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09/05/2008

n° 352 - Dossier de Palestine- 09-05 -Suite -: Mahmoud Abbas et Salam Fayyad s’occupent de tout : « You can do business in Palestine ».

n° 352 -  Dossier de Palestine- 09-05 -Suite -:  Mahmoud Abbas et Salam Fayyad s’occupent de tout : « You can do business in Palestine ».


Dossier de Palestine  Suite   

N°352                                    09-05

Par M.Lemaire    



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


 Sommaire Suite

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Sami Abdel-Shafi  : Un peuple étranglé

 5 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

5-1 USA: Des officiels de haut rang mettent en garde contre une terreur fabriquée.

5-3 Gadi Algazi : La Cisjordanie, nouveau « Far Est » du capitalisme israélien.



Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

4-1 Sami Abdel-Shafi  : Un peuple étranglé.
C'est une drôle d'impression: après avoir travaillé pendant cinq ans comme professionnel productif dans Gaza, je suis devenu un accro du marché noir.
Je passe plusieurs coups de téléphone par jour à la recherche d’essence pour ma voiture, de diesel pour le générateur électrique de secours qui attend de fournir de l’électricité à la maison, même des cigarettes et des vitamines.
La seule façon de se procurer ces choses, d’acheter des médicaments indispensables, d’acheter les choses essentielles à une vie digne, c’est par le marché noir, sinon vous n’avez rien.
Aujourd'hui, tous Gaza souffre de graves pénuries d'eau, puisque le carburant nécessaire au pompage et au transport de l'eau (ainsi que des eaux usées) est dangereusement rare. Les quelques voitures visibles dans la plupart des rues vides de Gaza aujourd'hui fonctionnent presque toujours à l’huile de cuisson usagée en raison de la pénurie de diesel.
Ce sentiment de singularité a continué quand j'ai lu la
déclaration faite par le Quarter à Londres hier.Les quatre puissances agissant en tant que médiateur au Moyen-Orient - les Nations Unies, l’Union Européenne, les États-Unis et la Russie – ont parlé de "profonde inquiétude" et ont exigé «des mesures concrètes des deux parties". Toutefois, il n’y avait aucun sentiment qu'ils aient bien compris l’ampleur de la situation désespérée à Gaza ou les réalités en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. La politique mondiale semble s'être transformée en diplomatie du refus : un refus de se positionner beaucoup plus fermement envers la cause d’un peuple occupé et mourant.
Cette diplomatie de refus ne fait qu’aider le désir d'Israël d'imposer ses volontés aux Palestiniens, et plus particulièrement aux Gazaouis assiégés. Le gouvernement israélien veut se prendre pour Dieu à Gaza en contrôlant carrément tous les aspects de la vie des civils. Le morcellement de la Cisjordanie présente une menace avec des conséquences aussi terribles.
La barrière de séparation et les centaines de checkpoints israéliens risquent de créer de nombreux petits Gazas en Cisjordanie. Les villages et les villes qui deviennent aujourd'hui de plus en plus isolées et étranglés économiquement pourraient devenir demain des points chauds de désespoir et de violence.
La semaine dernière à Gaza, Israël a non seulement continué de priver la population de carburant et de gaz de cuisine, mais il a empêché l’entrée de marchandises destinées aux organismes des Nations Unies comme l'UNRWA - l'agence qui fournit à la population pauvre et défavorisée de gaza les services de santé, l'éducation, l'aide alimentaire. En gênant les opérations de l'ONU, Israël gêne le Quartet, dont l'ONU fait partie.
La politique actuelle d’Israël expulse petit à petit les Palestiniens de leurs terres et pousse ceux qui restent dans la déchéance, le désespoir et l'extrémisme.
Le mot «siège» ne semble plus adéquat pour décrire ce qui se passe à Gaza. Les 1,5 millions de personnes du territoire ont été plongés dans une catastrophe humanitaire. C’est devenu un non-sens de parler de négociations de paix alors qu'Israël crée plus d'injustices sur le terrain en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.
Avant la réunion du Quartet de Londres, Condoleezza Rice, la Secrétaire d'Etat américain, avait reconnu, dans des déclarations, les "difficiles" questions des frontières et du sort de Jérusalem ainsi que la responsabilité d’Israël pour améliorer la vie des Palestiniens. Rice avait insisté sur le fait que les États-Unis ne considéraient pas l'expansion des colonies d’Israël comme un fait accompli dans le cadre d'un accord définitif sur les frontières.
S'il y avait une lueur d'espoir dans la déclaration du Quartet et dans les paroles de Rice, il est, cependant, difficile de présager d’actions constructives ensuite. L'administration américaine est presque la fin de son mandat. L'ONU est fragilisée.
Le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, calme les faucons de l’establishment militaire israélien, le mouvement des colons et la Knesset elle-même - au moment où il prolonge ce qui ressemble de plus en plus à une main de paix illusoire aux Palestiniens.
Les hommes politiques palestiniens doivent, aussi, reconnaître que leur confrontation embarrassante et source de division n’a fait que diminuer la compréhension de la souffrance de leur peuple par le reste du monde.
Entre-temps, le peuple palestinien se rapproche de plus en plus de la misère. Il n’est pas suffisant de la part du Quartet de pousser les Palestiniens et les Israéliens à faire la paix.
Les hommes politiques et les délégations du monde entier, y compris les Israéliens de toutes convictions, devraient être encouragés et autorisés à venir à Gaza et à témoigner de ce qui se passe ici aujourd'hui.
Seulement à ce moment-là, les observateurs seront en mesure d'évaluer dans quelles conditions les Palestiniens doivent vivre, et de juger les obligations morales du monde à l'égard d'un peuple qui mérite certainement une chance de vivre en paix et dans la dignité.
Sami Abdel-Shafi 04-05-2008
Sami Abdel-Shafi est le co-fondateur et associé principal du Groupe-conseil Emerge, une entreprise de conseil en gestion dans la ville de Gaza. Il peut être joint à l’adresse suivante : sami.abdelshafi @ emergeconsultants.com


5 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

5-1 USA: Des officiels de haut rang mettent en garde contre une terreur fabriquée.

Un certain nombre d’officiels de haut rang en poste ou à la retraite ont récemment averti que l’Administration Bush essayait d’instaurer une dictature aux Etats-Unis, et que, pour la mettre en place, elle organisera elle-même une fausse attaque terroriste.

Contexte

Des agents du FBI, le Time MagazineKeith Olbermann et The Washington Post ainsi que la revue Rolling Stone ont tous affirmé que l’Administration a diffusé des alertes terroristes sur la base de renseignements très insuffisants dans la but de rallier la population autour du drapeau quand le gouvernement était bas dans les sondages. Cela suppose -pour commencer- que l’Administration n’hésite pas prendre des libertés avec les faits afin de distiller la peur à des fins politiques. L’ancien et influent membre républicain du congrès Bob Barr va plus loin en affirmant que les Etats-Unis sont proches de devenir une société totalitaire et que l’Administration Bush utilise la peur afin de s’assurer que cela se produise. Le général Tommy Franks a déclaré que si une autre attaque terroriste se produisait aux Etats-Unis, « la constitution sera probablement abandonnée pour une forme militaire de gouvernement ». L’actuel membre du congrès Ron Paul a affirmé que le gouvernement « est déterminé à instaurer la loi martiale » et que ce dernier espère que le peuple soit « suffisamment craintif pour accepter le secours du “chevalier blanc” ». Et Daniel Ellsberg, le célèbre dénonciateur des « Papiers du Pentagone » a dit que « s’il y a un autre attentat terroriste, « je crois que le président obtiendra ce qu’il veut », et cela inclut une dictature.

Des citoyens des Etats-Unis victimes de terrorisme par le gouvernement américain?

Mais le gouvernement tuerait-il réellement ses propres concitoyens pour distiller suffisamment de peur et obtenir ce qu’il veut? Lisez ce que de brillantes personnalités disent à ce sujet et jugez par vous-mêmes. L’ancien analyste de la CIA Ray McGovern qui, pendant 27 ans, a préparé et présenté les rapports présidentiels quotidiens et a officié en tant qu’ analyste de haut niveau pour plusieurs présidents, a affirmé que s’il y avait un autre attentat d’ampleur aux Etats-Unis, cela mènerait à la loi martiale. Il a continué : Nous devons être attentifs. Si quelqu’un fait ce genre de provocation sous la forme d’explosions énormes et violentes, nous ne devons pas croire sur parole les maîtres à Washington quand ils disent que c’est un acte terroriste parce que cela pourrait aussi bien être une provocation leur permettant… d’obtenir ce qu’ils veulent L’ancien analyste de la CIA croit le gouvernement capable de jouer avec les alertes terroristes et même les attentats eux-mêmes de manière à rassembler la population derrière l’étendard. L’ancien secrétaire adjoint du Trésor au sein de l’administration Reagan, Paul Craig Roberts, appelé le « père de l’économie Reagan » , qui est un ancien rédacteur et éditorialiste du Wall Street Journal, du Business Week et du Scripps Howard News Service, a dit : « Demandez-vous si un gouvernement qui nous a menti pour nous plonger dans deux guerres, et qui continue à nous mentir pour attaquer l’Iran, hésiterait à orchestrer des attaques “terroristes” pour supprimer toute opposition à son programme ?». Il ajoute : Si l’administration Bush veut poursuivre ses guerres au Moyen-Orient et asseoir la primauté du pouvoir exécutif aux États-Unis, elle devra organiser des opérations sous fausse bannière qui terroriseront et enrageront le peuple américain au point de lui faire accepter la déclaration d’état “d’urgence nationale” de Bush et le retour de l’enrôlement militaire obligatoire, la conscription. Une autre solution serait pour l’administration Bush de simplement laisser se produire un véritable attentat terroriste sans s’y opposer. Une série d’attentats, orchestrés ou permis, serait présentée par les médias alignés comme la légitimation de la politique islamophobe des néo-conservateurs, dont l’intention est de détruire tous les gouvernements du Moyen-Orient qui ne sont pas des États marionnettes contrôlés par les Américains. En cas de succès, les États-Unis obtiendraient le contrôle du pétrole, mais le but principal est d’éliminer toute résistance à l’absorption complète par Israël de la Palestine dans un Grand Israël. Réfléchissez. Si une autre “faille de sécurité” du type 11 Septembre n’était pas en préparation, pourquoi le tsar de la Sécurité intérieure Chertoff se donnerait-il la peine de convaincre le Chicago Tribune que les Américains ont relâché leur vigilance vis-à-vis de la menace terroriste et qu’il sent “au fond de ses tripes” que l’Amérique sera bientôt durement frappée ? Le parlementaire britannique George Galloway a affirmé qu’il y avait un “danger réel” que le gouvernement américain mette en scène une attaque terroriste sous fausse bannière afin de justifier une guerre contre l’Iran et de prendre le contrôle total des Etats-Unis. L’ancien conseiller à la Sécurité Nationale Brzezinski a dit au Sénat qu’un acte terroriste pourrait être perpétré sur le sol américain et faussement attribué à l’Iran pour justifier une guerre contre cette nation. Récemment, le président Carter a reconnu implicitement le risque d’une provocation montée de toute pièce pour démarrer une guerre contre l’Iran. L’ancien sénateur Gary Hart a averti les Américains que la Maison Blanche pourrait créer un incident du type “golfe du Tonkin” ou “Souvenez-vous du Maine” pour justifier une guerre contre l’Iran. (Le passage dans la vidéo commence à 7mn15s) L’ancien inspecteur aux Armements aux Nations Unies, l’Américain Scott Ritter, qui a affirmé avant la guerre en Irak qu’il n’y avait aucune arme de destruction massive dit maintenant qu’il n’exclut pas un terrorisme d’Etat mis en scène par le gouvernement des Etats-unis. Enfin une note du parti républicain prétendument divulguée à la suite d’une fuite vante les bénéfices d’une attaque terroriste comme moyen d’inverser le déclin du parti.

Impossible, c’est du délire  Cela semble dément, n’est-ce pas ? Désolé de vous le dire mais “les attentats sous fausse bannière » -c’est-à-dire le terrorisme d’Etat, attribué au méchant de son choix- est une vieille ruse utilisée par les gouvernements du monde entier depuis des millénaires pour consolider leur pouvoir et s’assurer du soutien de leur peuple. Lisez cet article sur l’Incendie du Reichstag et cet article sur l’éternel stratagème de ceux qui accaparent le pouvoir. Mais même des événements récents donnent un aperçu de ce qu’est le monde des attentats sous fausse bannière : Le respecté ex-président d’Indonésie Abdurrahman Wahid croit que le gouvernement a pu avoir un rôle dans les attentats à la bombe de Bali.

En Irak, des Américains habillés en arabes ont apparemment fait exploser des voitures piégées. ("apparemment" seulement car quand il fut découvert que quelques-unes des voitures utilisées dans les récents attentats à la bombe en Irak provenaient des Etats-Unis, la version officielle des événements est devenue : des voitures américaines ont été impliquées dans les attentats à la voiture piégée parce qu’elles ont récemment été volées sur le sol américain puis envoyées en Irak– mais c’est à se demander pourquoi les insurgés irakiens auraient pris la peine d’aller voler des voitures aux Etats-Unis pour les expédier jusqu’en Irak) De manière similaire, un attentat sous fausse bannière perpétré par la Grande-Bretagne en Irak a fait la une. La presse a admis que la mort du principal instigateur de l’incident de Bassorah était mystérieuse. Enfin, l’ancien directeur de la NSA (Agence Nationale de Sécurité) William Odom a dit « Les Etats-Unis utilisent d’une manière ou d’une autre le terrorisme depuis longtemps. En 1978-1979, le sénat a essayé de faire passer une loi contre le terrorisme international – pour toutes les versions produites, les avocats ont dit que les Etats-Unis violeraient la loi ». L’histoire prouve que les avertissements d’officiels concernant des attentats terroristes par notre propre gouvernement sont fondés. http://news.reopen911.info/

Sélectionné par http://groups.google.fr/group/medias-mensonges-desinformation



5-3 Gadi Algazi :  La Cisjordanie, nouveau « Far Est » du capitalisme israélien Analyse intéressante sur l'entreprise colonialiste sioniste qui transforme les gens ordinaires mais souvent pauvres en colons malgré eux. Les ultra-orthodoxes servant eux carrément de chair à canon, c'est ce qui est dit à la fin de l'article... où l'on notera aussi qu'un des millionnaires qui financent et s'enrichit avec la colonisation fait partie de la secte Loubavitch...
40 000 logements en Cisjordanie pour un coût de 4,3 milliards de dollars
Alliance entre l’Etat, les promoteurs immobiliers et les colons extrémistes : Modi’in Illit est une colonie juive importante en Cisjordanie, qui occupe les terres de cinq villages palestiniens : Ni’lin, Kharbata, Saffa, Bil’in et Dir Qadis. C’est l’implantation qui se développe le plus vite ; elle devrait même se voir bientôt accorder le statut de ville : le ministère israélien du Logement prévoit qu’elle passera de 30 000 habitants à 150 000 en 2020. Elle fait partie de ces « blocs de colonies » que les gouvernements israéliens successifs ont étendu et entendent annexer. Elle illustre aussi le lien entre le mur de séparation et l’extension des colonies : le développement de Modi’in Illit a entraîné la ruine des agriculteurs palestiniens de Bil’in, un petit village de 1 700 habitants, que la construction du mur a dépouillé de la moitié des terres qui leur restaient : environ 2 000 dounams (1). Depuis février 2005, les habitants de Bil’in sont engagés dans une lutte non violente contre le mur. Aux côtés de militants israéliens pour la paix et de volontaires internationaux, ils manifestent tous les vendredis, main dans la main, face aux bulldozers et aux soldats. Leur mobilisation converge avec celle d’autres villages palestiniens qui mènent, depuis quatre ans, une difficile campagne de résistance. Ces actions, dont on ne sait quasiment rien hors de Palestine, souvent coordonnées par des comités populaires contre le mur, ont obtenu des résultats modestes, mais appréciables : elle ont permis de stopper ou de ralentir la construction des clôtures qui privent les habitants de leurs terres et les condamnent à vivre dans des enclaves. A Budrus et à Deir Ballut, les comités sont même parvenus à en faire dévier le tracé, et à récupérer ainsi une partie des vignes, des champs et des sources d’approvisionnement en eau confisqués. Ces modestes acquis prennent tout leur sens quand on songe à la supériorité militaire incontestée d’Israël. Grâce à sa force militaire comme au soutien des Etats-Unis, et récoltant les fruits du plan de désengagement de M. Ariel Sharon, l’Etat hébreu gagne du terrain face à des Palestiniens chaque jour plus isolés et diabolisés. A l’étranger, on accepte de plus en plus, même si c’est parfois à contrecœur, la politique unilatérale d’Israël. L’importance de cette « Intifada du mur » tient surtout à son influence à long terme. Les expériences de protestation de masse non violentes, fragiles et à petite échelle, qui avaient joué un rôle marginal au début de la seconde Intifada, semblent s’enraciner et commencer à porter des fruits. A mesure que les chances d’une paix juste en Palestine s’amenuisent et que les Palestiniens de Cisjordanie s’habituent à vivre dans des enclaves (2) entre barrières et murs, les manifestations pacifiques fraient de nouvelles voies pour l’avenir. Et elles sèment, de part et d’autre, les graines de futurs combats communs. Misère sociale et profits rapides Au total, 200 personnes ont été blessées à Bil’in lors de la dispersion violente de manifestations, et de nombreuses autres ont été arrêtées sous divers prétextes. L’armée israélienne, les gardes-frontières, la police ainsi que des sociétés privées de sécurité ont été mobilisés contre des manifestants aux mains nues. Matraques, bombes lacrymogènes, balles en caoutchouc et tirs à balles réelles firent de nombreuses victimes (3). Du côté israélien, on admet que des agents provocateurs, issus de forces spéciales (appartenant à l’unité Massada), se sont infiltrés, se faisant passer pour des Arabes, dans ces manifestations pacifiques afin d’inciter leurs participants à recourir à la force (4). Seule la détermination des membres du comité populaire a empêché que ces provocations ne conduisent à une escalade incontrôlable. En réalité, le mur a besoin d’une protection renforcée - contre l’opposition pacifique des villageois palestiniens et de leurs alliés. Car il est là pour permettre un grand projet colonial : Modi’in Illit. On évoque souvent l’occupation israélienne dans des termes empruntés aux conflits interétatiques (et la création de l’Autorité palestinienne n’a fait que renforcer cette tendance). Pourtant, il s’agit, au fond, d’un conflit colonial. Les gestes symboliques, les initiatives diplomatiques et les déclarations publiques s’évanouissent sur le terrain devant les faits bruts : puits et oliveraies, bâtiments et routes, émigration et implantation. C’est le paysage même qui se trouve radicalement bouleversé, et non les seules frontières politiques. Le contrôle militaire exercé par Israël depuis 1967 a créé un cadre favorable au renforcement de ce mécanisme colonial. Implantations, clôtures et routes en sont les signes les plus flagrants - les colonies constituant l’obstacle le plus sérieux à la création d’un Etat palestinien viable, véritablement indépendant. De 1967 à 2006, on estime que l’Etat hébreu a fait construire environ 40 000 logements en Cisjordanie pour un coût de 4,3 milliards de dollars. Et, en janvier, le nombre de colons implantés dans les territoires occupés - hors Jérusalem -, dont le Golan, dépassait les 250 000 (5). Généralement condamnées, les colonies israéliennes dans les territoires occupés sont rarement étudiées. Pour savoir à qui profite le projet colonial et pourquoi les gens ordinaires s’y rallient, il faudrait pourtant regarder de plus près leur composition et leur économie. Modi’in Illit est un cas révélateur à plusieurs égards. C’est d’abord une entreprise menée, non par des colons messianiques et leurs représentants politiques, mais par une alliance hétérogène entre promoteurs immobiliers intéressés par les terrains, investisseurs capitalistes à l’affût de profits et politiciens favorables à la colonisation. C’est l’une des rares implantations qui a continué de s’étendre pendant la seconde Intifada. Elle n’abrite pas des nationalistes purs et durs, mais essentiellement des familles nombreuses ultraorthodoxes, qui, peu concernées par le sionisme politique et même par Israël, recherchent avant tout de meilleures conditions de vie. Y convergent misère sociale, profits rapides et dépossession impitoyable. Modi’in Illit, qui s’appelait à l’origine Kiryat Sefer, ne doit pas sa création (1996), comme la plupart des colonies, à une alliance entre autorités gouvernementales, organisations sionistes et mouvements de colons extrémistes : l’initiative vint d’entrepreneurs privés, après les accords d’Oslo de 1993 et à un moment où la privatisation de l’économie s’intensifiait en Israël. C’est l’exemple type d’un nouveau style d’implantation coloniale, dirigée par des capitaux privés et soutenue par l’Etat. Le conseil local a accordé - indiquent les rapports de la Cour des comptes - un traitement de faveur aux promoteurs immobiliers : avantages spéciaux, dispenses en matière de réglementations de la construction, réductions d’impôts, etc. Des milliers de logements ont été bâtis en violation manifeste de la loi, avec l’approbation post facto du conseil local, qui a blanchi ces constructions illégales en réajustant rétroactivement le plan d’urbanisme (6). Dans le « Far Est » israélien, l’urgence politique de la colonisation va de pair avec des profits rapides pour les investisseurs. Selon une enquête menée en 1998, l’ensemble du domaine de Brachfeld, par exemple, sur les terres de Bil’in, a été érigé sans permis de construire - et pourtant aucune maison n’a été démolie ensuite. Une grande partie des eaux usées se déverse dans la rivière Modi’in, polluant les ressources aquifères locales. Cela ne résulte pas de la corruption ou d’une mauvaise gestion, mais d’une dimension structurelle de la frontière coloniale : l’implantation non réglementée offre la possibilité de vastes profits aux dépens de l’environnement. Les habitants palestiniens de Bil’in font face à une puissante alliance entre intérêts politiques et économiques. Deux quartiers doivent être construits sur les terres qui leur ont été confisquées. L’un d’eux, Green Park, a été confié à Dania Cebus, une filiale de l’Africa Israel Group, propriété d’un des hommes d’affaires les plus influents d’Israël, M. Lev Leviev (7) : ce projet colossal de 230 millions de dollars prévoit la construction de 5 800 appartements. Or les bénéfices d’exploitation réalisés par l’Africa Israel ont enregistré une hausse de 129 % au cours des trois premiers trimestres de 2005 (8). D’autres grandes entreprises du bâtiment ont rejoint M. Leviev. Autant d’investissements qui dépendent du tracé du mur, censé couper les villageois de Bil’in de leurs terres et assurer la « sécurité » des nouveaux quartiers. Comme dans de nombreuses autres colonies installées entre la « ligne verte » (la frontière israélienne d’avant 1967) et la «  clôture de sécurité », cette implantation complète le processus d’annexion et valorise les investissements immobiliers. Le Custodian of Absentee Property (Conservateur des biens des absents) et le Land Redemption Fund (Fonds de rachat des terres) se prétendent les propriétaires légaux des terres sur lesquelles se construit l’un de ces quartiers. Organisme gouvernemental chargé de gérer les « terres des absents », le Custodian sert en réalité à accaparer les terres palestiniennes appartenant à des réfugiés en Israël et, plus récemment, dans les territoires occupés. Des organisations israéliennes de défense des droits humains ont découvert qu’il sert de prête-nom au fonds des colons lors de « transactions tournantes ». Quant au Land Redemption Fund, créé il y a une vingtaine d’années, il se spécialise dans le rachat de terres dans des zones d’extension de colonies. Au nombre de ses fondateurs figure M. Era Rapaport, l’un des organisateurs du réseau terroriste opérant dans les territoires occupés au début des années 1980 - il a passé plusieurs années en prison pour la tentative d’assassinat dans laquelle le maire de Naplouse, M. Bassam Chakaa, perdit ses deux jambes (9). Deux journalistes israéliens ont enquêté minutieusement sur les méthodes d’acquisition de ce fonds, dont « le réseau de renseignement se compose d’anciens collaborateurs [palestiniens] qui sont retournés dans leur village après avoir été grillés, d’agents israéliens des services de sécurité générale à la retraite, qui fournissent des renseignements moyennant rétribution (...) et d’anciens gouverneurs militaires [qui utilisent leurs connexions dans les villages ». Des hommes de paille arabes servent d’intermédiaires : ils se font passer pour des acheteurs, alors que les terres sont acquises grâce à « des fonds provenant de millionnaires juifs de droite comme Lev Leviev et le magnat suisse Nissan Khakshouri (10)  ». Attirer des colons « non idéologiques » Des méthodes semblables ont été employées pour confisquer les terres de Bil’in (11). Ainsi, le plan colonial mêle inextricablement économie et politique. Parmi les donateurs du Fonds, on retrouve les capitalistes qui se chargent de la construction et de la promotion immobilière dans d’autres colonies. Ceux-ci versent des sommes considérables aux colons extrémistes, par conviction politique mais aussi dans l’attente de gros profits. Les secteurs où le Fonds choisit de se concentrer ont également leur importance : son projet principal est de « brouiller la “ligne verte” en reliant les implantations [en Cisjordanie] aux communautés à l’intérieur de la ligne et en étendant ces communautés en direction des territoires [occupés] » afin d’« établir des faits sur le terrain (12) ». Cela s’inscrit dans une opération plus vaste encore, conçue originellement par M. Sharon, qui est en cours depuis les années 1980 pour dissoudre la « ligne verte » en créant des implantations destinées à des colons « non idéologiques » à proximité des centres économiques d’Israël. Bloqué par la seconde Intifada, ce projet a repris progressivement en 2003, avec l’achèvement de certaines parties du mur, qui a conduit à l’annexion de facto de zones se trouvant entre la clôture et Israël. En faisant disparaître des communautés derrière le mur, on peut promettre aux investisseurs comme aux colons un niveau de vie plus élevé dans un espace sécurisé. Le nettoyage ethnique n’est pas nécessairement spectaculaire... Les colonies israéliennes adjacentes au mur de séparation revêtent une importance stratégique. Elles complètent le système de clôtures et de barrières prévu par Israël pour annexer certaines parties de la Cisjordanie. Mais elles constituent également le lieu stratégique où prend forme une puissante alliance politique et économique entre capitaux, groupes de colons hétérogènes et hommes politiques au pouvoir.

La « coalition du mur » qui dirige actuellement Israël ne date pas des dernières élections. Rassemblée autour de l’héritage de M. Sharon, elle regroupe les adeptes de l’annexion progressive (« Israël doit garder les blocs de colonies ») et ceux d’une expansion coloniale « raisonnable » (qui n’ont pas de mal à faire bonne figure à côté des « méchants » colons idéologiques désinhibés). Placée sous le double drapeau de la séparation ethnique et de la privatisation de l’économie, cette alliance ne promet pas la paix aux Israéliens, mais une pacification unilatérale liée à une annexion partielle qui démembrera la Cisjordanie et en divisera le reste en trois enclaves clôturées. Si cette alliance s’est formée récemment dans l’arène politique (ses partisans n’appartiennent pas seulement à Kadima, le parti de MM. Sharon et d’Ehoud Olmert), elle a construit ses fondements économiques et sociaux bien avant sur les collines de Cisjordanie. Elle regroupe les colons, les organismes d’Etat qui financent les clôtures, des sociétés immobilières et des entreprises high-tech - la vieille économie et la nouvelle. Les implantations actuellement bâties ou étendues à l’ombre du mur en sont l’expression. C’est précisément parce qu’elles ne reposent pas seulement sur la ferveur messianique de colons fanatiques, mais répondent aussi à des besoins sociaux - qualité de vie pour la bourgeoisie, emplois et logements subventionnés pour les défavorisés - que ces implantations élargissent la base sociale du mouvement de colonisation et y rallient d’autres intérêts : véritables profiteurs du mur, entrepreneurs, capitalistes et colons des classes supérieures à la recherche d’une meilleure qualité de vie dans de nouveaux ghettos dorés, loin des pauvres, et protégés des Palestiniens (13).

Les colonies juives n’ont cessé de grossir durant les années qui ont suivi les accords d’Oslo : le nombre de leurs habitants a plus que doublé entre 1993 et 2000. Mais, à y regarder de plus près, cette croissance a eu pour principal théâtre quelques implantations importantes où vivent des colons « non idéologiques » : immigrés de Russie et d’Ethiopie installés là par les autorités, habitants de banlieues pauvres aspirant à vivre mieux et familles nombreuses ultraorthodoxes à la recherche de logements subventionnés. Ces gens n’ont rallié le projet colonial qu’à la fin des années 1990, à contrecœur, poussés par les privatisations et le démantèlement rapide de l’Etat-providence en Israël. Modi’in Illit et Betar Illit comprennent à elles seules plus du quart des colons de Cisjordanie, essentiellement des juifs ultraorthodoxes. Alors que les autres colonies disposent d’un statut socio-économique supérieur à la moyenne israélienne, ces deux-là sont les plus pauvres communautés juives (14).

Comme un spécialiste l’expliquait à un journaliste en septembre 2003, c’est la crise du logement en Israël qui a incité ces familles à venir s’installer là : « Leur situation était si désespérée qu’elles étaient prêtes à aller n’importe où. » Et le porte-parole du conseil des colons de Modi’in Illit de confier : « Même si elles ne sont pas venues ici pour des raisons idéologiques, elles ne renonceront pas à leur maison si facilement (15). » Voilà comment on transforme des gens en colons malgré eux. Le maire de Betar Illit a avoué au même journaliste qu’on envoyait les ultraorthodoxes dans les territoires occupés contre leur volonté pour en faire de la « chair à canon ». Maintenant que le mur approche, les colons de Modi’in Illit et de Betar Illit pourraient placer leurs espoirs en lui - ils en attendent la sécurité et s’identifient du coup à l’entreprise de dépossession des Palestiniens. Mais, si l’extension des colonies se nourrit de l’érosion des droits sociaux en Israël, les conflits sociaux dans l’Etat hébreu ont des conséquences directes sur l’avenir de l’occupation car ils mettent en évidence le lien sous-jacent entre la lutte anticoloniale - contre le vol des terres palestiniennes et l’implantation de nouvelles colonies - et la lutte pour la justice sociale au sein même des frontières d’Israël.

Gadi Algazi Professeur d’histoire à l’université de Tel-Aviv et cofondateur de l’association judéo-arabe Taayoush (Vivre ensemble).

Notes

(1) Un dounam égale un dixième d’hectare, soit 1 000 mètres carrés. (2) Amira Hass, « Israeli restrictions create isolated enclaves in West Bank  », et « Four types of enclaves in the West Bank  », Haaretz, Tel-Aviv, 24 mars 2006. (3) Meron Rapoport, « Symbol of struggle », 10 septembre 2005., Haaretz (4) Meron Rapoport, « Bil’in residents : undercover troops provoked stone-throwing », Haaretz, 14 octobre 2005 ; David Ratner, « Bil’in protesters say bean bags are latest riot-control weapon », Haaretz, 21 octobre 2005. (5) Haaretz, 8 janvier 2006. (6) Cf. « Israel ’s State comptroller’s report », no 51 A (2000), Israel Government Printing Office, Jérusalem, p. 201-218. (7) M. Leviev a bâti sa fortune sur l’exploitation des diamants d’Afrique du Sud et en utilisant son appartenance à la secte ultraorthodoxe des Loubavitch. Sa compagnie se vante d’avoir été « pionnière dans l’établissement de ghettos dorés » en Israël. Elle gère par ailleurs des centres commerciaux et s’apprête à réaliser la première prison privée en Israël. Cf. Aryeh Dayan, « Leviev promises to treat his prisoners nicely », Haaretz, 28 novembre 2005. (8) Données récentes :http://maariv.bizportal.co.il (9) Shalom Yerushalmi, « Every prime minister who gave away Eretz Israel was hurt » (interview d’Era Rapaport), Maariv, Tel-Aviv, 5 avril 2002. (10) Shosh Mula et Ofer Petersburg , « The Settler National Fund », Yedioth Aharonoth, Tel-Aviv, 27 janvier 2005 (traduction anglaise : http://www.peacenow.org/hot.asp?cid=247). (11) Akiva Eldar, « Documents reveal West Bank settlement Modi’in Illit built illegaly », Haaretz, 3 janvier 2006 ; et « State mulls criminal probe into illegal settlement construction », Haaretz, 8 janvier 2006. (12) Shosh Mula et Ofer Petersburg , op. cit. (13) Oren Yiftachel, « Settlements as reflex action », dans Rafi Segal et Eyal Weizman (sous la dir. de), "A Civilian Occupation : The Politics of Israeli Architecture", Babel, Tel-Aviv, et Verso, Londres et New York , 2003, p. 32-38. (14) The Israel Central Bureau of Statistics, « Characterizing local councils and ranking them according to the socio-economic position of their population  », février 2004. Les Arabes d’Israël sont les plus pauvres des citoyens. Et, parmi les dix communautés les plus pauvres du pays, figurent huit villages bédouins et deux communautés juives : Modi’in Illit et Betar Illit. (15) Tamar Rotem, « The price is right », Haaretz, 26 septembre 2003. Sources CCIPPP
Le Monde diplomatique. Article reçu de Nadine Ghys 4 mai 2008

n° 352 - Dossier de Palestine- 09-05 –Suite 2 -: Mahmoud Abbas et Salam Fayyad s’occupent de tout : « You can do business in Palestine

n° 352 -  Dossier de Palestine- 09-05 –Suite 2 -:  Mahmoud Abbas et Salam Fayyad s’occupent de tout : « You can do business in Palestine ».


Dossier de Palestine  Suite 2    

N°352                                    09-05

Par M.Lemaire    



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 Sommaire Suite 1

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

5-4 Analyse du CPI : Les déclarations de Rice indiquent l’échec des négociations et le rôle américain est sécuritaire.

5-5 Analyse de Michel Bôle-Richard : ‘Le Quartet accentue sa pression sur Israël ...

5-6 Akiva Eldar : Bil’in : la Haute cour a exigé un nouveau tracé du mur, l’armée n’a toujours rien fait.



Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

5-4 Analyse du CPI : Les déclarations de Rice indiquent l’échec des négociations et le rôle américain est sécuritaire.

Le mouvement du Hamas a considéré que les déclarations de la ministre américaine des affaires étrangères, Condoleeza Rice lors de sa récente visite à Ramallah, n’ont rien ajouté au moment où le compromis prétendu de paix est complètement paralysé, tout en soulignant que Rice n’a pas répondu aux questions des journalistes concernant la continuation du colonialisme et des barrages militaires. Dans son communiqué de presse dont le Centre Palestinien d'Information a reçu une copie, le porte-parole du Hamas Dr. Sami Abou Zouhri a dit que lorsque Rice avait déclaré que le moment était venu pour créer un Etat palestinien, ce n'était qu'une tentative pour tromper une fois de plus l'opinion public et jouer sur les sentiments, en annonçant des slogans vides, loin de la vérité sur le errain, qui prouve que ces promesses ne sont que des mensonges. Il a ajouté que les déclarations de Rice sont  trompeuses et que  les Américains continuent d'appuyer l'occupation dans ses crimes, négligeant complètement les droits du peuple palestinien. Abou Zouhri a souligné que les déclarations de Rice prouvent que le rôle américain dans la région est uniquement sécuritaire et qu'il vise à unir les efforts des occupants israéliens avec le groupe de Ramallah pour frapper les forces de la résistance. "Abbas n'a pas profité de la récente crise après sa visite à Washington, et au lieu de renoncer aux négociations inutiles avec l'occupation, il s'attache toujours et fortement aux illusions et mensonges de la direction américaine qui prétend qu'un Etat palestinien serait créé avant la fin de cette année", a ajouté Abou Zouhri. Il a dit que l'appel d'Abbas à des élections anticipées n'est pas logique, car sa période de président va s'achever dans quelques mois, vers la fin de l'année 2008, et que les élections vont se dérouler habituellement dans leur délai et sans l'appel de quiconque. Il a déclaré qu'Abbas est obligé, par la loi palestinienne, de les effectuer bientôt. Il a affirmé que le conseil législatif possède sa souveraineté légale qui n'a pas encore fini la moitié de sa période législative, et que si Abbas possède quelques remarques à ce propos, il pourra donc en discuter sur la table de dialogue lorsqu'Abbas sera libéré du veto américain. Gaza – CPI 04-05


5-5 Analyse de Michel Bôle-Richard : ‘Le Quartet accentue sa pression sur Israël ... En raison du manque de résultats dans les négociations de paix et des accusations de "complaisance" envers Israël formulées par des organisations humanitaires internationales, le "Quartet" (Etats-Unis, Union européenne, Russie, ONU) a décidé, vendredi 2 mai à Londres, d'accentuer la pression sur Israël. "Le Quartet souligne l'importance de créer des progrès visibles sur le terrain afin de susciter la confiance et de favoriser une atmosphère de soutien aux négociations", souligne le communiqué, qui estime qu'il y a encore "beaucoup à faire sur le terrain pour améliorer la situation et les conditions de vie des Palestiniens". Le Quartet dénonce explicitement "la poursuite de la colonisation, et demande à Israël de la stopper, y compris la croissance naturelle, et de démanteler les implantations sauvages établies depuis mars 2001". Il s'agit bien d'une remontrance, d'autant qu'Israël soutient toujours qu'il est possible de construire de nouvelles habitations dans les blocs de colonies qui, en principe, devraient être rattachés à l'Etat juif en cas de création de l'Etat palestinien. Fait également inhabituel, le Quartet a exprimé "sa profonde inquiétude au sujet des victimes civiles, et notamment la mort d'une mère et de ses quatre enfants", le 28 avril à Beit Hanoun, dans la bande de Gaza, tués vraisemblablement par un missile israélien, alors que l'armée soutient que le missile a été une cause indirecte de ce carnage, puisqu'il aurait fait exploser une charge transportée par un activiste. Se référant au blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, le Quartet demande également "la poursuite de l'aide humanitaire d'urgence, la fourniture des services essentiels sans obstruction", et fait part de sa "préoccupation permanente pour la fermeture des principaux points de passage, compte tenu de l'impact que cela a sur l'économie et la vie quotidienne des Palestiniens". Tony Blair, émissaire du Quartet, a qualifié la situation dans la bande de Gaza de "terrible". Le Quartet a également élevé le ton concernant l'aide à apporter à l'Autorité palestinienne. Il a notamment demandé aux pays arabes de "remplir à la fois leurs rôles politique et financier pour soutenir le processus d'Annapolis", l'initiative de paix lancée aux Etats-Unis par George Bush le 27 novembre 2007. Or, comme l'a indiqué la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, plusieurs Etats arabes, notamment le Qatar, le Koweït et la Libye , sont réticents à honorer leurs engagements pris lors de la conférence de Paris en décembre 2007. Cette conférence avait permis de dégager une promesse d'aide totale de 7,7 milliards de dollars pour venir en aide à l'Autorité palestinienne et promouvoir une relance de l'économie. Michel Bôle-Richard
publié dans : ONU ISRAEL par Adriana Evangelizt

5-6 Akiva Eldar : Bil’in : la Haute cour a exigé un nouveau tracé du mur, l’armée n’a toujours rien fait.

 Israël est un Etat de droit, dit-on. En tout cas, pas quand il s’agit de défendre les intérêts de colonies, même s’il faut passer outre les jugements de la Haute cour de Justice   Huit mois après que la Haute cour de Justice a ordonné à l’Etat de détruire le segment de la clôture de séparation près du village palestinien de Bil’in "dans un délai raisonnable", le ministère de la défense n’a toujours rien fait. Il n’a même pas commencé à planifier un tracé alternatif, ainsi que le tribunal le lui demandait. Ces mesures ne font pas partie du plan de travail du ministère de la défense pour l’année 2008. Un porte-parole du ministère, Shlomo Dror, a affirmé hier que cette absence découle de contraintes budgétaires et qu’il espérait que cette planification ferait partie du plan de travail de 2009 - soit un an et quart après la décision de la Cour , pour le moins. En septembre 2007, la Haute cour avait jugé qu’un segment long de 1,7 km de la clôture près de Bil’in devait être détruit et reconstruit selon un autre tracé [1]. La Cour a également précisé dans ses attendus qu’Israël avait construit le segment en question sur une terre appartenant à des Palestiniens en évoquant de faux besoins en sécurité alors que l’objectif principal était de permettre l’expansion de la colonie voisine de Modi’in Illit. De plus, les juges avaient encore précisé que le tracé actuel était plus mauvais du point de vue topographique et qu’il mettait en danger les forces de sécurité qui patrouillaient dans cette zone.

Plus précisément encore, le jury, présidé par la présidente de la Cour suprême Dorit Beinisch, avaient jugé que le tracé actuel avait été conçu pour inclure du côté israélien le quartier en construction de Matityahou-Est [2]. En conséquence, les juges avaient ordonné que le tracé de remplacement soit conçu sans tenir compte des plans de développement de cette colonie. En dépit de tout cela, des entrepreneurs ont récemment commencé à poser les fondations en vue de construire la partie est de ce quartier, sur une terre dont la Haute cour a jugé qu’elle devrait se situer à l’est de la clôture de sécurité. Actuellement, le tracé de la clôture court à travers 26 hectares de terres de Bil’in. 16 autres hectares sont pris au piège entre la clôture et la ligne Verte. Ces dernières années, cette portion de la clôture est le lieu de manifestations d’habitants de Bil’in et de militants de gauche, israéliens et étrangers, qui protestent contre les difficultés qu’elle crée pour les Palestiniens . Les heurts ont été fréquents entre les manifestants et les forces de sécurité, avec parfois pour résultat des blessures des deux côtés. L’avocat des villageois [et de Shalom Arshav, ndt], Michael Sfard, menace d’entamer une procédure judiciaire contre le ministre de la défense et l’officier chargé la Cisjordanie pour ne pas avoir agi en la matière. Dans une lettre adressée il y a quelques jours au vice-procureur général Mike Blass, Me Sfard écrit qu’il le poursuivrait pour outrage au tribunal, à moins de recevoir avant la fin de la semaine une explication pour le retard pris dans la conception d’un tracé de remplacement. Il exige également que le ministère de la défense présente dès ce mois un tracé qui respecte les critères définis par la Haute cour. "Il est difficile de se débarrasser de l’impression ... que les défendeurs [les autorités israéliennes, A.E.] choisissent de jouer au plus fin avec le jugement de la Haute cour et de faire durer la procédure jusqu’à ce que les modifications apportées sur le terrain rendent son application impossible", écrit Sfard. Il ajoute que les habitants et les agriculteurs de Bil’in "continuent de vivre un enfer quand ils tentent d’aller sur leurs terres, censées être, d’après le jugement du tribunal, de ‘leur’ côté de la clôture." En trois autres endroits de Cisjordanie, Israël n’a pas modifié le tracé de la clôture malgré les injonctions de la Haute cour : dans la région d’Alfei Menashe, à Tzofin (Azoun) et à Hashmonaim (Na’alin). Le ministère de justice a fait savoir que les officiels concernés par cette affaire ne pouvaient pas être joints pour commentaire en raison des vacances de Pessah (Pâque).

Akiva Eldar   Ha’aretz, 25 avril 2008

 http://www.haaretz.com/hasen/spages...

Traduction : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant

n° 352 - Dossier de Palestine- 09-05 -FIN-: Mahmoud Abbas et Salam Fayyad s’occupent de tout : « You can do business in Palestine ».

n° 352 -  Dossier de Palestine- 09-05 -Fin-:  Mahmoud Abbas et Salam Fayyad s’occupent de tout : « You can do business in Palestine ».
Dossier de Palestine  -fint     N°352                                    09-05 Par M.Lemaire    


5-2 Retour sur le développement du mouvement national avant la Première Intifada. (Julien Salingue)

Je ne prétends évidemment pas faire ici un panorama exhaustif du développement du mouvement national palestinien durant ces années. Des livres entiers ont été écrits à ce sujet. Il s'agit plutôt, de manière synthétique, de tenter d'identifier les principaux groupes qui ont joué un rôle dans le développement du mouvement national à l'intérieur des territoires occupés, de penser leurs évolutions et de faire un "état des lieux" du poids de ces différents groupes et des rapports qu'ils entretiennent à la veille de la Première Intifada.
L'objectif de ce travail n'est pas juste "historique". Un certain nombre des dynamiques identifiées ici permettent d'apporter un éclairage sur bien des développements ultérieurs, que ce soit la Première Intifada elle-même, les Accords d'Oslo, la Seconde Intifada ou la situation complexe qui règne aujourd'hui dans les territoires palestiniens.
L'article comporte 5 parties :
1 Les élites palestiniennes traditionnelles
2) L'OLP
3) Le mouvement nationaliste dans les territoires palestiniens
4) La volonté d'hégémonie de l'extérieur
5) Les élites palestiniennes à la veille de l'Intifada
1) Les élites palestiniennes traditionnelles
«Le groupe politique dominant dans la société palestinienne durant le 19ème et le 20ème siècle a été la classe à laquelle on se réfère sous le nom de notables. La formation de cette classe de notables remonte au 19ème siècle, lorsque l'Empire ottoman, dans le cadre d'une restructuration administrative d'ampleur, a utilisé des personnalités locales proéminentes en Palestine comme intermédiaires entre [le pouvoir central] et le reste de la population de la zone. (…) [Mais] alors que la classe des notables a été généralement renversée, dans le Monde arabe, durant la période qui a suivi les indépendances, en Palestine elle a conservé sa position de domination. L'explication est assez simple : tous les Etats dominants ont continué de s'appuyer sur les notables palestiniens, intermédiaires utiles [entre ces Etats] et la population locale» 1.
Durant la période d’administration jordanienne (1948-1967), les autorités d'Amman s'appuient sur les notables palestiniens, qui ont subi des pertes considérables avec la guerre de 1948, l'annexion de plusieurs milliers d'hectares de terres par Israël et l'exode forcé de près de 800 000 Palestiniens. Industriels, commerçants et grands propriétaires terriens, les notables ont pour la plupart été frappés par la guerre. Leur rôle central dans la société palestinienne est menacé de décroître considérablement du fait de la forte diminution de leurs ressources et donc de la base matérielle de leur légitimité et de leur position sociale.
La stratégie du Roi de Jordanie, afin d'assurer la domination d'Amman sur la Cisjordanie , consiste donc à s'appuyer sur les notables menacés par la situation qui suit la guerre de 1948 en leur donnant une place et un rôle dans la nouvelle administration jordanienne de la Cisjordanie.
Le s notables palestiniens ont en effet perdu une partie importante de leurs sources de revenus et «[ne peuvent] conserver leur influence qu'en servant d'intermédiaires entre le pouvoir central, désormais principal prestataire de richesses, et la population locale» 2.
La Jordanie va donc utiliser ces notables affaiblis et dépendants du pouvoir central. Certains sont nommés maires, d'autres sont intégrés au Parlement, exerçant même parfois des responsabilités dans le gouvernement jordanien : Mohammad Ali al-Jabari, membre d'une grande famille d'Hébron, est nommé maire d'Hébron et sera Ministre de l'Education nationale; Raghib Bey al-Nashashibi, représentant d'une grande famille de Jérusalem est nommé gouverneur militaire de la Cisjordanie puis Ministre de l'Agriculture.
Les notables de Cisjordanie sont au cœur du dispositif jordanien d'administration de la rive ouest du Jourdain. «La volonté de la plus grande partie de l'élite de Cisjordanie de coopérer avec Amman sur la base d'arrangements temporaires rencontra l'approche jordanienne, qui consistait à développer une politique de pacification des relations avec les groupements politiques de Cisjordanie tant qu'ils ne remettaient pas en cause (…) le pouvoir du royaume. En ce sens, les tendances à la coopération chez l'élite palestinienne permirent au gouvernement jordanien d'assurer son contrôle sur cette élite sans avoir recours à la confrontation» 3.
Chacune des deux parties trouve son intérêt dans cet arrangement implicite : la Jordanie assoit son contrôle sur la Cisjordanie en évitant notamment de devoir affronter des revendications indépendantistes, dans la mesure où sont favorisés les notables qui sont le plus dépendants de la politique et de l'économie jordaniennes.
De leur côté, les notables palestiniens, qui deviennent des éléments incontournables, notamment dans le domaine administratif, pour la population palestinienne, continuent d'occuper, grâce au roi de Jordanie, une position sociale d'importance, qui était menacée par les pertes consécutives à la guerre.
Dans le même temps, la Jordanie se prémunit contre toute émergence d'une direction politique indépendante en Cisjordanie : les trois provinces qui la composent sont divisées en sept districts dont les autorités sont directement responsables devant le Ministère de l'Intérieur jordanien.
De même, Amman reste la capitale politique et administrative alors que des responsables palestiniens réclamaient le transfert d'un certain nombre d'institutions à Jérusalem.
Les autorités jordaniennes vont donc maintenir, voire renforcer, la position des notables, tout en les maintenant dans une situation de dépendance, notamment économique, et en veillant à fragmenter suffisamment le pouvoir en Cisjordanie pour que la «zone d'influence» de ces notables se limite à leur localité ou, au maximum, leur district.
La Jordanie va par ailleurs contrôler l'opposition en interdisant tous les partis politiques dissidents (avec notamment la Constitution de 1952 qui interdit toute organisation politique dont l'idéologie ou les activités menaceraient «l'ordre public et la sécurité»).
La politique jordanienne «renforce la structure patriarcale de la société [avec le recours] aux liens personnels plutôt qu'à des relations institutionnalisées comme unique mode de participation politique» 4.
Les notables sont liés individuellement à Amman, dépendent financièrement de la Jordanie , ce qui permet à cette dernière «[d']assurer son contrôle sur la Cisjordanie en soutenant ces "représentants" locaux, traditionnels, dont la loyauté est assurée tout en faisant obstacle à l'éventuelle formation d'une infrastructure politique palestinienne moderne et institutionnalisée, qui aurait réduit le pouvoir du régime hachémite» 5.
À Gaza, même s'il n'y a pas d'annexion comme en Cisjordanie, le pouvoir égyptien va également s'appuyer sur les notables locaux.
«Durant ses 19 années d'administration de Gaza, l'Egypte a utilisé les familles de notables comme intermédiaires avec la population locale. Les clans Shawwa et Rayyes ont été utilisés par les Egyptiens pour maintenir le calme politique à Gaza, et en conséquence les deux familles ont continué à prospérer» 6.
Nasser n'établit pas une administration directe de la bande de Gaza mais se contente de la contrôler indirectement via des grandes familles de notables cooptées politiquement et économiquement.
L'Egypte va permettre, en les contrôlant sévèrement, l'émergence de structures politiques palestiniennes comme le Gouvernement de toute la Palestine (créé en septembre 1948). Il s'agit pour l'Egypte, non de favoriser le développement de forces politiques palestiniennes autonomes, mais de s'en servir comme un outil dans sa lutte d'influence avec la Jordanie.
Le fait que le leadership du Gouvernement de toute la Palestine soit confié à Haj Amin al-Hussaini est révélateur : ce représentant d'une grande famille de Jérusalem est un rival déclaré du clan al-Nashashibi, avec lequel Amman a choisi d'entretenir une relation privilégiée.
Autre élément notable : contrairement à la Jordanie , l'Egypte n'impose pas aux réfugiés de Gaza l'acquisition de la nationalité égyptienne.
Ce faisant, Nasser indique qu'il ne souhaite pas, contrairement au Roi Abdallah, intégrer les territoires palestiniens et leur population à son propre Etat. Il ne faut cependant pas en conclure que Nasser a favorisé l'émergence d'un mouvement national palestinien autonome à Gaza.
Le véritable pouvoir a été confié aux grandes familles tandis que les structures politiques étaient sévèrement contrôlées par l'Egypte. Aussi les Frères Musulmans comme le Parti Communiste étaient-ils interdits à Gaza.
«À la différence de la Cisjordanie intégrée au royaume hachémite, la bande de Gaza n'a jamais été annexée par l'Égypte qui a toujours mis en avant le caractère provisoire de sa gestion d'un territoire palestinien placé sous contrôle militaire. L'Égypte n'en a pas pour autant favorisé ni même toléré le développement d'une vie politique palestinienne propre. L'éphémère expérience du " gouvernement arabe de toute la Palestine " comme celle de la première OLP n'ont ainsi été avant tout que des extensions de la politique égyptienne dans le cadre de la rivalité interarabe en matière palestinienne. Détenu par une classe étroite de personnel nommé par le gouverneur militaire, le pouvoir à Gaza n'a ainsi jamais donné lieu à une véritable compétition politique» 7.
Avec la Guerre des Six Jours et l'occupation israélienne la situation va progressivement se modifier. Israël fait le choix de maintenir une partie des structures locales de pouvoir (les maires sont laissés en place jusqu'à l'organisation d'élections en 1972), espérant pouvoir se décharger d'une partie des responsabilités de la gestion des territoires palestiniens en s'appuyant sur les leaders locaux, notamment les Maires et les Mukhtars (chefs de villages).
Certains, parmi les notables, se satisfont au départ de ce système : «Shaykh [Mohammed Ali al-] Jabari est passé facilement [d'une situation] où il était le lien vital des Jordaniens avec la population à [une situation] où il a joué le même rôle pour les Israéliens» 8.
Mais, comme les Jordaniens, les Israéliens encadrent strictement le pouvoir des notables locaux et veillent à ce qu'il ne s'étende pas au-delà des limites de la municipalité ou du district. «Avec la municipalité, ou au maximum le district, comme limite de l'influence du leader palestinien, les Israéliens ont rapidement découvert les avantages, pour une armée d'occupation, de l'absence d'un leadership uni et unifiant» 9.
Mais la relative stabilité (malgré le déséquilibre dans la relation entre Amman ou Le Caire et les notables palestiniens) qui avait caractérisé la période 1948-1967 ne va pas durer sous l'occupation israélienne. La puissance occupante ne va pas pouvoir établir un réseau d'alliés locaux comme elle l'espérait, et ce pour trois raisons principales :
a) Que ce soit d'un point de vue symbolique ou d'un point de vue politique, Israël n'est pas la Jordanie ou l'Egypte. Aux yeux de la population palestinienne elle présente toutes les caractéristiques d'une puissance étrangère occupante et, dans la mesure où elle se comporte comme telle, une stratégie d'alliance explicite avec les autorités d'occupation est impossible pour les notables.
b) Les bases matérielles du pouvoir des notables, notamment la possession de terres et le pouvoir économique, ont déjà été considérablement amoindries par la guerre de 1948. Avec la vassalisation de l'économie palestinienne, ces bases se restreignent encore plus.
L'économie palestinienne et son développement sont en effet subordonnés aux intérêts économiques israéliens. Les modifications que cette situation entraîne sont considérables et amoindrissent le pouvoir des notables.
Avec les confiscations de terres (chute des emplois dans le domaine agricole) et le recours massif à la main d'œuvre palestinienne en Israël, la population est de moins en moins dépendante de ces grands propriétaires terriens ou de ces grands commerçants.
De plus, contrairement à ce qui était le cas à l'époque jordanienne, les notables palestiniens n'exercent pas de fonctions d'importance dans l'administration israélienne. Leur statut de représentants incontournables du pouvoir central s'amoindrit lui aussi même s'ils restent dépositaires d'une partie des prérogatives de l'administration jordanienne. Les notables ne tirent donc pas de bénéfice de l'occupation israélienne, bien au contraire, et vont progressivement, pour une partie d'entre eux, se tourner vers le mouvement nationaliste.
c) Le développement de l'OLP et la prise de contrôle de sa direction par les mouvements de guérilla en 1969 va avoir des répercussions dans les territoires palestiniens. Durant les années 70 et 80 les notables vont perdre leur légitimité politique au profit des organisations et personnalités se revendiquant de l'OLP et du mouvement nationaliste.
2) L'OLP
À la fin des années 50, un groupe de Palestiniens exilés fonde, depuis le Koweït, le «Mouvement de libération nationale palestinienne», connu sous son acronyme inversé Fatah.
On trouve parmi ses membres fondateurs Yasser Arafat (Abu Ammar), Khalil al-Wazir (Abu Jihad), Salah Khalaf (Abu Iyad) et Farrouk Kaddoumi (Abu Lutf).
Tirant les conséquences de la défaite de 1948 et de ce qu'ils considèrent comme la passivité des régimes arabes depuis cette défaite et «à l'inverse des idéaux panarabes, nassériens ou baathistes dominants à l'époque, le mouvement fait de la libération de la Palestine la condition de l'unité du monde arabe. Dans un souci d'autonomisation de la décision palestinienne et fort des exemples vietnamien et algérien, il prône la "guerre populaire" menée par les "masses" avec ou sans le concours du monde arabe» 10.
Le Fatah va, à partir de 1965, multiplier les actions armées contre des objectifs militaires israéliens depuis les Etats arabes frontaliers, notamment la Jordanie et le Liban.
Mais ce n'est qu'après la défaite arabe de juin 1967 que le Fatah va connaître sa véritable expansion. «Au lendemain de la victoire d'Israël (…) la lutte armée du Fatah rendit l'espoir à des millions de personnes dans le monde arabe sur la possibilité de résister. Au cours de la "bataille de Karameh" menée par le Fatah en 1968, une guérilla palestinienne sous-équipée tint tête aux Forces de Défense Israéliennes tout près de la ville jordanienne de Karameh.
De partout dans le monde, des milliers de personnes, palestiniennes ou non, rejoignirent les rangs du Fatah
» 11.
C'est en 1968-1969 que le Fatah prend le contrôle de l'OLP.
L'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) a été créée en 1964 à l'initiative des Etats de la Ligue Arabe , notamment de l'Egypte de Nasser.
À ses origines l'OLP n'est pas une organisation dont les Palestiniens se seraient eux-mêmes dotés mais bel et bien une création ex nihilo des Etats arabes, qui reflète les débats et les oppositions qui traversaient la Ligue Arabe à l'époque. 12.
Les statuts et la charte de l'OLP adoptés en 1964 ne font aucune référence à une quelconque «souveraineté palestinienne», la Palestine est au contraire définie comme «une partie arabe liée par les liens du nationalisme aux autres contrées arabes qui forment avec elle la Grande Patrie Arabe» (art. l). «L'article 24 de la Charte précise même que l'OLP n'exerce aucune souveraineté «régionale» (iqlimiya) sur la Cisjordanie , ni sur la bande de Gaza, ni sur la région d'El Himma (territoire palestinien aux mains de la Syrie13.
En d'autres termes, l'OLP n'est à ses débuts qu'une création diplomatique qui ne rencontre aucun écho en Cisjordanie et à Gaza.
Après la défaite militaire de juin 1967, la légitimité des régimes arabes va considérablement s'affaiblir dans la population palestinienne, que ce soit celle des territoires occupés ou celle des pays alentours.
C'est dans ce contexte que le Fatah et sa ligne de refus de la subordination de la question palestinienne à la politique des régimes arabes vont gagner en popularité et en audience.
Avec la prise de contrôle de l'OLP par les organisations de guérilla (dont la plus connue et la plus forte est le Fatah), les choses vont donc se modifier.
«En juillet 1968, se réunit le quatrième Conseil national palestinien, dominé par le Fath. La Charte nationale ainsi que des statuts de l'OLP sont modifiés. Ils mettent en avant la lutte armée.
L'article 9 de la Charte amendée précise que "Le peuple arabe de Palestine [...] affirme son droit à l'autodétermination et à la souveraineté sur son pays
".
Dès l'article 1 on définit la Palestine comme la patrie du peuple arabe palestinien", dont le rôle est sans cesse souligné. Cette insistance se traduit dans la définition même de l'OLP, "qui représente les forces révolutionnaires palestiniennes, est responsable du mouvement du peuple arabe palestinien dans sa lutte en vue de recouvrer sa patrie, de la libérer et d'y revenir afin d'y exercer son droit à l'autodétermination14.
À ses débuts, la «nouvelle OLP» considère la lutte armée révolutionnaire comme seule tactique dans son combat contre Israël. L'occupation militaire de la Cisjordanie et de Gaza rend impossible l'établissement de cellules de guérilla, d'où une faible préoccupation, de la part de la direction de l'OLP, pour les territoires occupés et une focalisation sur les camps de réfugiés des pays arabes voisins et sur la construction de l'OLP comme entité politique à part entière.
Dès le début des années 70, Arafat et ses proches, à la recherche d'une légitimité internationale, adoptent le principe d'une solution négociée, pensée comme une étape vers la libération de toute la Palestine.
Dès lors, «l'OLP décida de conquérir sa place politique [dans les territoires occupés] face au royaume hachémite et manifesta pour la première fois son intérêt pour l'Intérieur.
La population, qui s'était détournée de la Jordanie après les massacres de Septembre Noir (1970), n'hésita pas à répondre positivement à cette demande et, rapidement, accorda un soutien massif à cette OLP renouvelée, dynamisée tant par ses succès diplomatiques à l'Extérieur (discours de Yasser Arafat à l'ONU et sommet arabe de Rabat en 1974) que par l'activité de quelques grandes figures charismatiques de l'Intérieur. L'OLP s'imposa alors comme acteur désormais central dans les territoires occupés bien qu'extérieur par la localisation de son haut commandement
» 15.
On assiste alors à un rapide mouvement de bureaucratisation à l'intérieur de l'organisation. «Un rapport sur "les structures de l'OLP", rédigé par le "responsable du bureau de Yasser Arafat", après avoir longuement décrit les différentes instances législatives, exécutives et judiciaires de la centrale palestinienne, y compris ses tribunaux, ses prisons et ses départements aussi variés que ceux de toute administration étatique, conclut : "L'OLP diffère par sa nature des autres organisations qui ont représenté, ou représentent encore, leurs peuples respectifs dans leur lutte de libération nationale. L'OLP n'est pas un parti politique, et elle est plus large qu'un front de libération. C'est une institution qui a la nature d'un Etat16.
Après son expulsion de Jordanie en 1970-1971, l'OLP-Fatah va établir au Liban un véritable Etat dans l'Etat, qui restera dans l'Histoire sous le nom de «République de Fakahani».
L'appareil bureaucratico-militaire de l'OLP emploie des dizaines de milliers de Palestiniens aux quatre coins du monde, avec entre autres la multiplication, à l'instar d'un Etat constitué, des représentations diplomatiques à l'étranger.
On peut enfin noter que l'établissement de cet «appareil d'Etat sans Etat» (Achcar) et la manne financière qui transite par ses caisses (dons des pays arabes mais aussi taxes sur les revenus des travailleurs palestiniens des pays pétroliers) vont donner naissance à un vaste réseau de corruption et de clientélisme sous le contrôle des plus hauts dirigeants de l'OLP, au premier rang desquels Yasser Arafat et les «spécialistes» des questions financières comme Ahmed Qoreï (Abu Ala) et Mahmoud Abbas (Abu Mazen).
Le développement et les choix stratégiques de l'OLP sous la direction du Fatah vont bouleverser la donne dans les territoires palestiniens occupés par Israël. Une reconfiguration du paysage politique s'opère au cours des années 70 : les élites traditionnelles vont voir progressivement s'éroder leur hégémonie sur le champ politique, que ce soit dans l'exercice des responsabilités (si infimes soient-elles) ou dans la représentation. On entre dans un combat à trois (Israël, la Jordanie , L'OLP) dans la lutte pour la légitimité auprès de la population des territoires occupés et pour le contrôle de ses élites.
3) Le mouvement nationaliste dans les territoires palestiniens
Les Palestiniens «de l'intérieur» n'attendent pas le changement de stratégie de la direction de l'OLP pour tenter de construire un front de résistance à l'occupation israélienne. Constatant l'impuissance des élites traditionnelles pour organiser la lutte contre l'occupation israélienne, et ce bien qu'une majorité d'entre elles y soit ouvertement hostile, des militants nationalistes décident de mettre en place des structures de lutte et de coordination dans les territoires occupés.
Le Front National Palestinien est fondé en 1972-1973.
L'initiative est prise par le Parti Communiste, rejoint par des militants du Mouvement Nationaliste Arabe, des Baathistes, des membres des organisations de guérilla (le Fatah bien sûr, mais aussi le Front Démocratique pour la Libération de la Palestine (FDLP), tous les deux membres de l'OLP). Une partie des notables se joignent à l'initiative.
«Les fondateurs du Front National Palestinien le voyaient avant tout comme un moyen d'organiser l'opposition politique à l'occupation militaire israélienne. (…) Le but du Front, prétendaient-ils, était l'unification de tous les groupes et de toutes les forces politiques des territoires occupés dans la lutte contre Israël, nonobstant leurs orientations idéologiques et politiques» 17.
Le Front National Palestinien est légitimé par le Conseil National Palestinien (CNP, «parlement» de l'OLP) de janvier 1973. Il est l'expression de l'émergence d'une nouvelle élite dans les territoires occupés, une élite politique qui, contrairement à la période de domination des notables, ne se confond pas avec l’élite sociale et économique : «Une nouvelle élite politique, plus jeune et à la base sociale plus diversifiée que les notables pro-jordaniens traditionnels, se structure ainsi au sein du Front dont le comité central, clandestin, regroupe des personnalités de tous bords politiques. L'unité entre la Cisjordanie et la bande de Gaza y est manifestée par la présence d'un représentant de Gaza» 18.
On trouve au sein du FNP des représentants des divers groupes de guérilla, des factions politiques, mais aussi des syndicats, des associations étudiantes, des organisations de femmes, des marchands, des propriétaires terriens, des paysans, ainsi que des représentants de l'establishment religieux.
Malgré la répression dont sont victimes ses membres, le FNP parvient à remporter, au nom de l'OLP, les élections municipales de 1976, expression du développement des courants nationalistes et du sentiment national dans les territoires palestiniens. Ce seront d'ailleurs les dernières élections qu'Israël tolèrera.
Le FNP disparaît en 1977 (pour de raisons sur lesquelles je reviendrai), mais d'autres structures du même type suivront, comme le Comité d'Orientation Nationale (1978-1982).
La croissance économique et la modification de la structure sociale palestinienne vont avoir comme conséquence la massification et la diversification sociale du milieu étudiant.
L'Université de Bir Zeit est fondée en 1972, celle de Bethléem en 1973-1974, l'Université al-Najah de Naplouse en 1977.
Les universités vont être un terrain d'intervention et de recrutement privilégié pour les factions politiques de l'OLP. La forte politisation du milieu étudiant, la répression dont sont victimes les étudiants nationalistes et l'expérience de la prison (lieu de formation politique pour de nombreux jeunes) participent de la modification de la composition des élites politiques palestiniennes et de l'émergence de nouveaux cadres.
C'est autour de cette nouvelle génération d'intellectuels issus de toutes les couches de la société palestinienne que se développent, au cours des années 1970 et 1980, les mouvements étudiants, les syndicats, les organisations de femmes et de multiples autres structures ayant vocation à venir en aide et à organiser la population des territoires occupés (associations médicales, coopératives agricoles…).
À l'initiative des organisations membres de l'OLP, ces structures ont deux objectifs intrinsèquement liés : pallier les manques liés à la situation d'occupation militaire et à la quasi-absence de prise en charge par les autorités israéliennes de ces manques (hôpitaux, aide aux agriculteurs...) et construire la conscience nationaliste et la résistance à l'occupation dans la population palestinienne.
C'est le Parti Communiste qui est le premier et le plus actif sur ce terrain, principalement pour des raisons politiques (privilégier la lutte des masses sur la lutte armée minoritaire) et aussi car, contrairement aux organisations de guérilla, ses cadres ne sont pas, sauf exception, à l'extérieur des territoires palestiniens.
Malgré les divisions entre factions palestiniennes, sur lesquelles je reviendrai, ces structures vont avoir un impact important sur l'ensemble de la population palestinienne des territoires occupés. Elles répondent à des demandes bien réelles, elles créent des liens unissant les différentes couches de la population (par exemple des centaines d'étudiants participent à des travaux de réhabilitation de terres agricoles, aux côtés des paysans) et elles popularisent l'OLP et la lutte contre l'occupation tout en marginalisant les notables et les élites traditionnelles.
En une quinzaine d'années, l'intervention des organisations de l'OLP a considérablement changé la donne à l'intérieur des territoires occupés par Israël. Elle a contribué à la légitimation de la direction « extérieure » de l'OLP et a permis l'émergence de leaders reconnus à l'intérieur des territoires. Elle a redonné l'espoir à des centaines de milliers de Palestiniens abattus par les défaites de 1948 et 1967 et par la violence de l'occupation israélienne.
Au-delà de ces considérations générales, la politique menée par l'OLP à cette époque nécessite un examen plus précis, notamment sous l'angle des rapports entre «intérieur» et «extérieur», qui permettra de comprendre certains processus qui se sont développés lors de l'Intifada et, plus tard, lors de l'établissement de l'Autorité palestinienne.
4) La volonté d'hégémonie de l'extérieur
Si le noyau dirigeant de l'OLP, constitué des membres fondateurs du Fatah et de quelques individus cooptés par Yasser Arafat et ses proches, entend s'appuyer, dans la perspective d'un processus négocié, sur le développement du mouvement national à l'intérieur des territoires occupés, il ne souhaite cependant pas l'établissement d'infrastructures politiques autonomes en Cisjordanie et à Gaza. Il s'agit pour ce groupe dirigeant d'éviter qu'émerge, à l'intérieur des territoires occupés, une direction politique alternative susceptible d'être un partenaire crédible aux yeux d'Israël et des Etats-Unis.
D'où une attitude ambivalente vis-à-vis des initiatives de l'intérieur, renforcée par le fait que les équilibres entre forces politiques diffèrent sensiblement entre l'intérieur et l'extérieur des territoires occupés. Le poids du Parti Communiste et de la gauche de manière générale est beaucoup pus important à l'intérieur que dans l'OLP (et dans ses instances exécutives, que le PC ne rejoindra qu'en 1987), ce qui permet par exemple de comprendre l'attitude de la direction Fatah de l'OLP vis-à vis du Front National Palestinien dont j’ai parlé plus haut.
Le FNP, bien qu'unitaire, est assez largement dominé par la gauche, notamment le Parti Communiste. Il affirme sa filiation à l'OLP et la reconnaît comme «seul représentant légitime du peuple palestinien».
Mais le FNP se pense comme l'organe le plus représentatif des Palestiniens vivant dans les territoires occupés et considère dès lors que ses rapports avec l'OLP ne doivent pas être à sens unique, en. ce sens que les orientations générales de l'OLP doivent tenir compte des positions du FNP (sur l'équilibre entre la lutte armée et la lutte populaire, sur la représentation des personnalités de Cisjordanie et de Gaza dans les instances dirigeantes de l'OLP…).
La direction de l'OLP refuse de laisser cette autonomie au FNP : «En 1975 le Conseil Central Palestinien (un organe politique intermédiaire entre le Comité exécutif de l'OLP et le CNP) demande que le FNP se contente de publier les déclarations de l'OLP. Et le Comité exécutif de l'OLP demande que la littérature du FNP soit élaborée à l'extérieur des territoires occupés et que le FNP soit responsable de sa seule diffusion en Cisjordanie et à Gaza» 19.
Les différends entre les organisations membres de l'OLP et l'intransigeance de la direction Arafat vis-à-vis de ce qu'elle considère comme une tentative d'élaborer une direction alternative à celle de l'OLP vont renforcer la factionnalisme au sein du FNP et progressivement mener à sa chute, chacun se rejetant mutuellement la responsabilité de cet échec.
Le Comité d'Orientation Nationale, fondé en 1978 par d'anciens dirigeants du FNP et d'autres personnalités de l'intérieur (maires, dirigeants d'associations…) constitue un autre exemple de tentative d'une partie des nouvelles élites de Cisjordanie et de Gaza de se doter de leurs propres instances de direction tout en continuant de reconnaître l'OLP comme représentant légitime du peuple palestinien. Si au début le Fatah participe aux instances de ce Comité, très rapidement la situation change et de nouveau la direction de l'OLP va tout faire pour réduire l’influence de cette structure auprès de la population des territoires occupés.
Pour ce faire, «Fath décide alors de s'attaquer à l'autorité du Comité d'Orientation en jouant de son contrôle de l’OLP et de sa nouvelle alliance avec la Jordanie dans le cadre du Comité Conjoint Jordano-palestinien (…), destiné à financer la résistance à Camp David.
Le Comité Conjoint décide ainsi, en février 1980 de contourner les municipalités contrôlées par les personnalités du Comité d'Orientation et jusque-là seules habilitées à recevoir les fonds, en distribuant lui-même directement les aides aux institutions de son choix. La Jordanie , de son côté, s'attache également à réduire les prérogatives des maires en rouvrant, par exemple, un bureau jordanien des passeports en
- Cisjordanie (documents jusque-là délivrés par les municipalités20.
La direction Arafat profite de son monopole dans la gestion des immenses ressources financières de l'OLP pour concurrencer le PC sur le terrain associatif.
Le large réseau d'associations évoqué plus haut est en effet largement dominé par le PC, même si ce dernier ne souhaite pas leur donner un caractère exclusivement factionnel.
Le Fatah va développer son propre réseau au début des années 80, renforçant dès lors le factionnalisme dans le domaine associatif : chaque faction va alors créer ses propres structures.
Par exemple, au milieu des années 80, on trouve quatre associations de femmes : Comités des Femmes au Travail affiliés au Parti Communiste, Comités des Femmes Palestiniennes affiliés au Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP), Comités du Travail Féminin affiliés au FDLP et Comités des Femmes pour le Travail Social affiliés au Fatah. Il en va de même dans le domaine de la Santé , sur le terrain syndical ou encore dans le domaine agricole.
Dans les universités, chaque faction constitue son propre bloc pour les élections aux conseils universitaires, même si parfois des alliances ponctuelles sont passées entre les différentes factions de l'OLP pour défaire les organisations islamiques

 

La création du mouvement de jeunesse du Fatah, Shabiba, en 1982, est un exemple de la politique de concurrence exacerbée entre les différents courants de l'OLP et de la politique spécifique du Fatah de «prise en main» des nouvelles élites politiques de Gaza et de Cisjordanie.
Avec la création de ce mouvement de jeunesse qui utilise largement les ressources financières de l'OLP, ressources qui lui permettent d'être un véritable prestataire de services pour les étudiants, le Fatah va considérablement élargir son audience et sa popularité auprès de jeunes qui deviendront les forces vives du mouvement national à l'intérieur des territoires occupés.
Les autres forces politiques ne peuvent se prévaloir de telles ressources financières, ni de la légitimité des dirigeants «historiques» de l'OLP (principalement Arafat et Abu Jihad, chargé des relations avec la Cisjordanie et Gaza) et vont progressivement perdre du terrain face à la machine Fatah.
De la sorte, la direction «de l'extérieur» se prémunit de la concurrence des forces politiques «de l'intérieur» et construit un réseau de dirigeants locaux qui sont largement dépendants, tant sur le plan matériel que sur le plan symbolique, des cadres de Tunis. Il s'agit en effet, tout en assurant la domination du Fatah sur les autres forces de l'OLP, de se prémunir dans le même mouvement de l'émergence d'une direction Fatah de l'intérieur qui pourrait revendiquer son autonomie vis-à-vis des dirigeants de l'extérieur.
La direction Fatah de l'OLP ne favorise pas l'émergence de véritables dirigeants politiques pouvant s'émanciper de leurs tuteurs, mais s'attelle à créer un réseau de «cadres intermédiaires», un «middle command» selon les termes d'Hillel Frisch 21, constitué «[d'hommes] qui savaient agir mais pas s'exprimer, suivre mais pas commander et respecter les règles fondamentales de base dans la relation entre l'OLP et les territoires» 22.
5) Les élites palestiniennes à la veille de l'Intifada
Au cours des vingt premières années de l'occupation israélienne, la structure des élites palestiniennes dans les territoires occupés s'est considérablement modifiée, que ce soit du point de vue de leur composition que dans le rapport de forces entre les différents groupes.
a) Les élites traditionnelles, pro-jordaniennes, représentent toujours une force sociale conséquente en Palestine même si leur pouvoir s'est progressivement érodé devant la montée des forces nationalistes. Leurs liens avec Amman sont toujours très forts, qui tente de s'assurer de la continuité de leur allégeance en leur prodiguant un soutien économique et politique.
Malgré les événements de septembre 1970, malgré l'ascension de l'OLP, malgré l'intégration économique des territoires palestiniens à Israël, la Jordanie continue d'être un acteur à part entière dans le combat pour le leadership politique sur les Palestiniens «de l'intérieur» et entretient en conséquence son réseau de notables.
Représentants officiels ou officieux du gouvernement jordanien, exerçant des responsabilités dans le domaine administratif (délivrance de divers documents officiels), intermédiaires commodes pour obtenir des postes dans cette administration ou des bourses pour étudier à l'Université d'Amman, les notables pro-jordaniens usent de leurs rapports privilégiés avec le Royaume hachémite pour maintenir leur statut dans la société palestinienne.
Ils ont une force «[qui n'est] pas basée sur un large soutien populaire mais sur leur rôle de médiateurs entre Amman et la population des territoires Occupés» 23.
Leur force réside également dans leur capacité à gérer les conflits internes à la société palestinienne qui, en l'absence de structures judiciaires autonomes, se règlent dans la plupart des cas par le recours à la loi coutumière et donc aux structures claniques.
b) Les élites nationalistes se sont largement développées et affirmées durant les années 70 et 80. Si elles sont la force sociale qui a le plus grand soutien dans les territoires palestiniens à la veille de l'Intifada et qu'elles affirment toutes leur reconnaissance de l'OLP comme «seul représentant légitime du peuple palestinien», il ne faut pas les considérer pour autant comme un groupe homogène. Je reprendrai ici la division de ce groupe en trois sous-ensembles, opérée par Ali Jarbawi 24 : le leadership organisationnel, les personnalités publiques, les indépendants.
Le leadership organisationnel se compose des dirigeants des diverses factions politiques de l'OLP et des différentes associations (syndicats, associations de femmes, d'étudiants, d'agriculteurs, associations professionnelles…).
Les leaders organisationnels sont des personnes reconnues comme d'authentiques militants anti-occupation, issus de cette «nouvelle élite» qui s'est constituée au cours des années 70 et 80, ils ont souvent connu la prison, ils sont présents dans l'ensemble des villes, villages et camps de réfugiés des territoires occupés et sont en contact permanent avec les directions de l'extérieur.
S'ils entrent parfois en conflit avec ces dernières, ils adoptent, en dernière instance, les vues qu'elles expriment. Malgré tout, ils souffrent d'un déficit de légitimité à l'échelle «nationale», en raison de la répression des forces d'occupation qui les oblige à agir dans la clandestinité et de la monopolisation de la représentation par la direction de l'OLP à Tunis et par quelques «personnalités publiques» à l'intérieur des territoires occupés.
Les personnalités publiques sont de deux types : notables et chefs de grandes familles qui ont décidé de soutenir l'OLP, membres d'associations professionnelles, journalistes ou universitaires nationalistes, choisis par l'OLP pour la représenter «publiquement» dans les territoires.
Ce groupe n'est pas homogène et doit être pensé comme un ensemble d'individus indépendants les uns des autres. Ils n'ont pas, au contraire du précédent, de passé ou de présent «organisationnel», ce qui présente au moins deux avantages : vis-à-vis de la direction de l'OLP, ils ne sont pas une «menace» car ils tirent leur seule légitimité du soutien que Tunis leur manifeste ; vis-à-vis d'Israël et des pays occidentaux ils apparaissent comme des personnalités «pragmatiques», «modérées», qui ont fait le choix de la discussion (dans un anglais qu'ils maîtrisent en général parfaitement) et de la négociation. «Il est essentiel de noter que si ces personnalités sont devenues populaires en-dehors des territoires occupés, particulièrement en Israël et en Occident, elles n'ont pas bénéficié en général d'un large soutien à l'intérieur» 25.
À l'instar du groupe précédent, le groupe des indépendants ne doit pas être pensé comme un groupe homogène. Les indépendants sont des intellectuels, des élus, des notables locaux qui ont rompu avec la Jordanie , des figures qui toutes, de longue date, participent à la lutte contre l'occupation israélienne, participation de laquelle ils tirent leur légitimité.
Si certains sont des «anciens» de telle ou telle faction de l'OLP, ils ont comme caractéristique commune de ne pas être membre d'une organisation politique et ne pas dépendre, en conséquence, des décisions prises par les directions «de l'extérieur».
Ils reconnaissent la légitimité de l'OLP, entretiennent des rapports parfois conflictuels avec sa direction mais dans la mesure où ils ne sont pas impliqués dans les querelles entre factions, «ils insistent sur l'unité dans les périodes de crise, et leur contribution la plus significative au mouvement national réside dans leur capacité à réduire les tensions internes» 26.
c) Ce panorama des élites palestiniennes ne serait pas complet sans mentionner l'ascension de l’intégrisme islamique dans les territoires occupés.
C'est au cours des années 70 que ce courant va se développer en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Monopolisé par les Frères Musulmans égyptiens et les diverses structures qui en sont issues, l'intégrisme islamique palestinien adopte, jusqu'au milieu des années 80, une stratégie d'islamisation «par en bas» de la société palestinienne, pensée comme un préalable à la lutte contre l'occupation israélienne.
Les intégristes se situent délibérément en-dehors de l'OLP et plus généralement du champ du nationalisme palestinien, privilégiant une politique de développement d'associations caritatives et d'associations étudiantes dont les objectifs affichés ne sont pas la lutte contre Israël mais la «réislamisation» de la société, qui passe entre autres par une dénonciation de l'athéisme des factions de la gauche de l'OLP, principalement du Parti Communiste.
La révolution iranienne et l'invasion soviétique de l'Afghanistan vont renforcer le poids des intégristes et leur hostilité aux forces de gauche.
Leur politique va rencontrer un écho important dans la bande de Gaza avec notamment le réseau d'associations connu sous le nom de Rassemblement Islamique, dont le leader charismatique est Cheikh Ahmad Yassin. Les Frères Musulmans vont asseoir leur contrôle sur les mosquées de la Bande et sur l'Université islamique de Gaza.
En Cisjordanie, leur écho est moindre et leur structuration beaucoup plus faible. Les affrontements avec la gauche sont parfois violents, notamment dans les universités (comme en 1981 à Naplouse 27) et avec certaines associations comme le Croissant Rouge à Gaza.
Leur attitude vis-à-vis du Fatah est plus ambivalente, avec parfois des confrontations dans les universités mais aussi un soutien affiché à Yasser Arafat lors de la mutinerie de 1983 28.
Ce n'est qu'au cours des années 80, avec l'apparition du Jihad Islamique, créé par d'anciens membres des Frères Musulmans, que certains fondamentalistes vont faire de la lutte, y compris armée, contre l'occupation israélienne, un élément concomitant de l'islamisation de la société palestinienne. À partir de 1984-1985, des commandos se revendiquant du Jihad Islamique vont multiplier les opérations armées contre les forces israéliennes.
Jean-François Legrain considère «le Jihad [islamique] comme catalyseur de la réconciliation entre l'islam et le patriotisme» 29.
Il est également le révélateur d'une évolution dans le leadership des organisations intégristes. Le leadership traditionnel est issu de milieux sociaux assez aisés et peu enclins à la lutte armée (intellectuels, médecins, marchands) mais, au cours des années 70 et 80, l'élargissement de la base des courants intégristes a entraîné l'apparition d'un nouveau type de leaders «intermédiaires», plus jeunes et plus radicaux, qui ont grandi sous l'occupation israélienne et ont été touchés par la vague de politisation et de radicalisation des universités palestiniennes.
Rejoignent ces nouveaux acteurs du mouvement nationaliste palestinien certains militants ou anciens responsables du Fatah ou d'autres organisations palestiniennes, séduits par l'idée d'un courant politique mêlant références à l'Islam comme fondement des relations sociales et lutte armée contre les troupes d'occupation.
À la veille de l'Intifada, les forces intégristes sont donc non seulement en plein développement mais aussi, pour une partie d'entre elles, en pleine réorientation stratégique.
Palestine - 04-05-2008
Source : http://juliensalingue.over-blog.com/

n°71 - Journal du Liban-24-04 au 09-05 -Début- L'ombre d'une guerre civile présente au Liban.

n°71 - Journal du Liban-24-04 au 09-05 -Début- L'ombre d'une guerre civile présente au Liban.

Journal du Liban     

N°71                   24-04 au 09-05

Par  M.Lemaire



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Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

L'ombre d'une guerre civile présente au Liban.

Au jour le jour

1 Lutte pour la libération du territoire



L'ombre d'une guerre civile présente au Liban.

 Au jour le jour

05-05 Les affrontements entre les partisans du président du ‎parlement libanais, Nabi Berri et ceux du chef du Courant ‎futur, Saad Hariri aux environs de Beyrouth ont fait trois ‎blessés. Les accrochages dimanche soir entre les Amalistes ‎et les Futuristes ont terminé après l'intervention des forces ‎de l'ordre, intervention soldée par l'arrestation des dizaines ‎de personnes IRIB 05-05 Walid Joumblatt réitère ses accusations contre la résistance libanaise, l’accusant de distribuer des armes et de former des milices ainsi que de nuire à la collecte des revenus de l’état notamment par la constitution d’un réseau de télécommunication. Libnanews 06-05 Le gouvernement libanais a décidé mardi de lancer une enquête sur un réseau de télécommunications qu'il accuse le Hezbollah d'avoir installé à travers le pays "avec l'aide de l'Iran", estimant qu'il s'agit d'une "violation" de la souveraineté de l'Etat.
le ministre de l'Information, Ghazi Aridi, a affirmé devant la presse que ce réseau était "illégal" et que l'Etat allait engager des poursuites judiciaires à l'encontre de toute partie impliquée.
L'installation par le Hezbollah de son propre réseau de télécommunications à Beyrouth et dans le sud du Liban avait été révélée l'été dernier.
Le Hezbollah, engagé dans un bras de fer avec le gouvernement, affirme que ce réseau fait partie de sa."résistance contre Israël" et est nécessaire de ce fait pour des raisons de sécurité.
http://www.rplfrance.org/ 06-05 Mardi, le quotidien d'opposition Al-Akhbar a accusé le gouvernement de Fouad Siniora de conduire le pays vers une "conflagration", en voulant enquêter sur le réseau de télécommunications du Hezbollah et en limogeant Wafiq Choukair, alors que la crise politique s'accentue davantage entre les deux camps rivaux sur fond de lutte sur le pouvoir. http://www.rplfrance.org/

07-05 Face à l’évolution de la situation, le Premier ministre a déclaré mercredi en fin de journée que son gouvernement envisageait de proclamer l’état d’urgence et un couvre-feu. Mais de source politique, on indique que le chef de l’armée, le général Michel Souleimane, a rejeté cette idée. AfP

 07-05 Face à l'évolution de la situation, le Premier ministre a déclaré mercredi en fin de journée que son gouvernement envisageait de proclamer l'état d'urgence et un couvre-feu. Mais de source politique, on indique que le chef de l'armée, le général Michel Souleimane, a rejeté cette idée. http://www.alterinfo.net/

08-05 Pour la deuxième journée consécutive, de violents affrontements ont opposé partisans de l’opposition et ceux de la majoité parlementaire dans les rues de Beyrouth, faisant quatre morts et huit blessés, Selon des responsables de la sécurité libanaise, une mère et son fils sont morts quand une roquette RPG est tombée sur leur appartement dans le quartier de Ras el-Nabeh durant les affrontements. Huit personnes ont été blessées dans les affrontements, précisait-on de même source. Un homme est mort par balle dans le même quartier. Un membre des forces de sécurité du Parlement a également été tué près de la résidence du président du Parlement Nabih Berri dans le quartier d’Ein al-Tineh, où les combats ont duré plusieurs heures. Par ailleurs, une autre femme a été tuée par une balle perdue après des tirs de réjouissances dans la banlieue sud de Haret Hreik après un discours du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah. AP

08-05 Les combats se sont intensifiés après que le chef du Hezbollah eut menacé de représailles immédiates contre toute attaque contre le mouvement. "Ceux qui tentent de nous arrêter, nous les arrêterons. Ceux qui nous tirent dessus, nous leur tirerons dessus. La main levée contre nous, nous la trancherons", avait lancé Hassan Nasrallah lors d’une conférence de presse retransmise en direct à la télévision depuis le lieu où il se cache. AP

08-05 Jeudi, dans la vallée de la Bekaa (est), les partisans des deux parties ont échangé des coups de feu dans le village de Saadnayel. Ceux du gouvernement ont fermé les principaux axes en faisant brûlé des pneus. A Masnaa, un petit groupe a réussi à bloquer le poste-frontière entre la Syrie et la capitale, ont affirmé des témoins. Dans la capitale, les habitants se sont réveillés jeudi matin avec de nouvelles lignes de démarcation faites de pneus brûlés et de rues bloquées. Certaines rues restaient fermées et la circulation était faible dans les quartiers ouest de la ville. L’armée a déployé des véhicules blindés sur les routes principales et les points de friction, avec des points de contrôle pour procéder à des fouilles des véhicules. AP

8 mai 2008. La majorité a accusé le Hezbollah d’être l’instigateur des troubles. "Il s’agit de tout sauf d’une grève contre la hausse des prix. C’est une tentative du Hezbollah de déstabiliser le gouvernement et l’Etat", a affirmé de son côté l’un des dirigeants de la majorité, Ghattas Khoury. http://www.aloufok.net/

08-05 "Ce qui s’est passé aujourd’hui est le début d’une campagne de désobéissance civile. Les routes resteront fermées, y compris celles menant à l’aéroport, jusqu’à ce que le gouvernement revienne sur ses décisions", a déclaré de son côté un porte-parole de l’opposition mercredi après-midi. http://www.aloufok.net/  

08-05 Pour la deuxième journée, l'aéroport international de Beyrouth était également fermé. Dans la capitale libanaise, les habitants se sont réveillés jeudi matin avec de nouvelles lignes de démarcation faites de pneus brûlés et de rues bloquées. AP

07-05 De violents heurts ont opposé des partisans du Hezbollah à ceux du gouvernement dans plusieurs quartiers de la capitale libanaise Beyrouth, alors que le Hezbollah bloquait les principaux axes de circulation pour imposer une grève anti-gouvernementale. Il s'agit des troubles les plus violents dans la ville depuis janvier 2007. Les troubles ont débuté après l'appel d'un syndicat à la grève pour des revendications salariales AP

 07-05 Les partisans du Hezbollah et ses alliés ont commencé à bloquer mercredi toutes les routes menant à l'aéroport ainsi que plusieurs grandes artères de la capitale, se heurtant dans certains quartiers à des partisans du gouvernement. Les échanges de tirs et de jets de grenades ont fait une dizaine de blessés. (Reuters)  

07-05  1- L'Armée fait évacuer un permanent du Parti Socialiste Progressiste (Walid Joumblatt) dans le quartier Al Cola à Beyrouth  

2- l'Armée, aidée par la population, fait évacuer tous les permanents du Courant du Futur (Hariri) à Beyrouth, sauf celui de Tariq Al jadideh. Dans le quartier Al Nouaïry, l'Armée a saisi une importante quantité d'armes dans un de ces permanents  

3- Parmi les éléments arrêtés et appartenant au Courant du Futur, un syrien, un égyptien, trois libanais de Akkar et six libanais de Aarsal.

07-05 M. Hariri a fait une contre-proposition prévoyant que les "décisions (liées au réseau) seront mises à la disposition de l'armée", l'élection immédiate du chef de l'armée Michel Sleimane comme président de la République et l'ouverture d'un dialogue national qui sera dirigé par ce dernier. L'opposition et le Hezbollah, selon sa chaîne de télévision Al Manar, a immédiatement rejeté cette proposition, précisant qu'il s'en tenait aux conditions fixées par Nasrallah. AFP - AP 08-05 Nasrallah a exigé jeudi, pour sortir de la crise, que le gouvernement revienne sur ses décisions d'enquêter sur le réseau de télécommunications et de limoger le chef de la sécurité de l'aéroport de Beyrouth présenté comme un proche du Hezbollah. Il a aussi réclamé qu'il accepte un dialogue national. AFP  

08-05 Le Hezbollah continue de bloquer tout accès à l'aéroport international de Beyrouth, au deuxième jour d'une campagne de désobéissance contre le gouvernement libanais qui a provoqué des fusillades dans la capitale. L'aéroport, seul lien aérien du pays avec le monde extérieur, pourrait devoir fermer. La compagnie nationale Middle East Airlines a suspendu tous les départs pendant douze heures, de minuit à midi (09h00 GMT) "dans l'attente de développements positifs". (Reuters) 08-05 L'armée, considérée comme neutre dans le bras de fer politique qui dure depuis 18 mois entre le gouvernement pro-occidental de Fouad Siniora et l'opposition soutenue par la Syrie et l'Iran, s'était déployée en force pour s'interposer entre groupes rivaux. Mais elle n'a pas tenté de démanteler les barricades.

08-05 L'opposition a fait savoir qu'elle avait l'intention d'étendre la révolte dans les prochains jours si le gouvernement ne revient pas sur des mesures à l'encontre du Hezbollah, notamment contre son réseau de télécommunications. Une telle hypothèse est exclue de source gouvernementale. (Reuters)

08-05 Le mufti Mohammad Rachid Kabbani, a dénoncé quant à lui les actes de "bandes armées hors la loi" dans Beyrouth et affirmé que le Hezbollah était devenu une force armée vouée à occuper Beyrouth. (Reuters) 08-05 Les violents affrontements armés ont fait au moins sept morts jeudi dans les rues de Beyrouth après un discours du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, sur une "déclaration de guerre" du gouvernement libanais. AFP

09-05 Des affrontements ont fait trois blessés dans la capitale et cinq autres dans la vallée de la Bekaa , dans l’est du pays, selon les services de sécurité. AP

09-05 Des tirs et des explosions ont retenti jeudi à Beyrouth où le chef du Hezbollah, le cheikh Sayyed Hassan Nasrallah, a accusé le gouvernement de lui avoir "déclaré la guerre". AP

09-05 Lors d’une conférence de presse, Nasrallah a reproché aux autorités libanaises de chercher à démanteler le réseau de communications mis en place par son groupe à travers le pays et a promis de "trancher les mains" de ceux qui chercheraient à le faire. "Cette décision est avant tout une déclaration de guerre, le lancement d’une guerre menée par le gouvernement (...) contre la résistance et ses armes, au bénéfice de l’Amérique et d’Israël", a-t-il dit. AfP

09-05 Le chef de la majorité libanaise Saad al Hariri propose un plan de sortie de crise qui qualifierait de "malentendu" la décision prise par le gouvernement de démanteler le réseau de communications du Hezbollah. Hariri a en outre suggéré que l’armée soit chargée de trancher cette question en vertu de l’attitude de neutralité dont elle a fait preuve jusqu’ici. Le Hezbollah, selon sa chaîne de télévision Al Manar, a immédiatement rejeté cette proposition, précisant qu’il s’en tenait aux conditions fixées par Nasrallah. AfP

09-05 Peu après la conférence de presse de Hassan Nasrallah, des affrontements violents ont éclaté dans les quartiers de Mazr’aa et de Ras el Nabae, au fusil d’assaut et au lance-roquette RPG.

09-05 L’armée, considérée comme neutre dans le bras de fer politique qui dure depuis 18 mois entre le gouvernement et l’opposition, a réagi jeudi en lançant un avertissement général. "La poursuite de cette situation porte un coup à l’unité de l’armée, a-t-elle dit dans un communiqué, au lendemain de son déploiement en force pour s’interposer entre les groupes rivaux. AfP

09-05 1- Le responsable de la sécurité au sein du Parti Socialiste Progressiste, Marwan Saab, déclare que Walid Joumblatt a trahi la cause; il demande aux miliciens de déposer les armes puis il se rend à l’Opposition

2- Des préparatifs sont en cours pour évacuer le Chef du Parti Socialiste Progressiste de son domicile de Clémenceau

3- Forte mobilisation de miliciens de Hariri à Tripoli

4- Mouvements de l’armée israélienne sur les frontières, particulièrement entre les régions de Al Labbouna et de Bawaabat Ramieh R.Richa 09-05 Des partisans du gouvernement ont bloqué le grand axe reliant Beyrouth au Sud du pays, avec des pneus en flammes et des monticules de terre. Sur la route menant à la frontière avec la Syrie , plusieurs barricades ont été érigées. AfP

09-05 L’opposition a fait savoir qu’elle avait l’intention d’étendre la révolte dans les prochains jours si le gouvernement ne revenait pas sur des mesures à l’encontre du Hezbollah. Une telle hypothèse est exclue de source gouvernementale. 09-05 Le Hezbollah a forcé vendredi tous les médias appartenant à la famille du leader de la majorité antisyrienne, Saad Hariri à fermer, a déclaré à l'AFP un responsable du groupe médiatique. AFP

 09-05 Une roquette a touché le mur d'enceinte de la résidence du leader de la majorité antisyrienne, Saad Hariri, situé à Koraytem, dans l'ouest de Beyrouth sans faire de victime, a déclaré à l'AFP une source proche de M. Hariri. AFP 09-05 Le port de Beyrouth a cessé toute activité vendredi en raison des combats qui secouent la capitale libanaise, a déclaré à l'AFP un responsable des autorités portuaires, Elie Zakhour. "Les syndicats ont décidé de fermer le port en raison de la situation au Liban", précisé M. Zakhour. AFP

09-05 Au moins 11 personnes ont été tuées jeudi dans les violents combats à Beyrouth entre les partisans du gouvernement issu de la majorité et ceux de l'opposition emmenée par le Hezbollah, selon un nouveau bilan fourni vendredi par un responsable de la sécurité. "Onze personnes au total ont été tuées jeudi, dont une mère et son fils âgé de 35 ans dans le quartier de Ras al-Nabeh dans l'ouest de Beyrouth", a précisé le responsable sous couvert de l'anonymat. Tous deux ont été tués par une balle dans la tête. Une trentaine de personnes ont par ailleurs été blessées dans la capitale et différentes régions libanaises.. Un précédent bilan de source hospitalière avait fait état jeudi d'au moins sept morts et 13 blessés dans les affrontements de jeudi. Des combats, de moindre intensité, ont continué vendredi dans l'ouest de la capitale libanaise et l'on ignorait s'ils ont fait des victimes. AFP A Genève, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a fait état d'au moins 10 morts et un nombre indéterminé de blessés dans les combats à Beyrouth, appelant les protagonistes à épargner les civils

09-05 Le président du Hezbollah, Hassan Nasrallah , a accusé le gouvernement pro-occidental libanais "d'avoir déclaré la guerre en prenant des décisions dangereuses à son encontre". AFP

 09-05 Le chef de la sécurité de l'aéroport de Beyrouth, présenté comme proche du Hezbollah, a été limogé. AFP

09-05 Les combats se poursuivaient vendredi matin pour le troisième jour consécutif à Beyrouth, faisant craindre une nouvelle guerre civile au Liban. AFP 09-05 "Beyrouth-Ouest plonge dans la guerre des rues", titre le quotidien francophone "L'Orient Le Jour". Selon des sources de sécurité et hospitalières, au moins sept personnes ont été tuées et plusieurs dizaines ont été blessées dans les affrontements qui ont éclaté en fin d'après-midi. "Nous sommes débordés par le nombre de blessés", a indiqué à l'AFP une responsable de l'hôpital Makassed, qui a reçu 30 blessés. Ces combats ont déjà fait au moins 11 morts et plus de 20 blessés AFP- Reuters - AP

09-05 Dans la soirée, de violentes explosions étaient entendues à travers la capitale, dont les rues étaient désertées par les habitants. Pendant la journée, la population se ruait dans les magasins pour stocker des vivres et du pain. AFP 09-05 Lors d'une vidéo-conférence, Hassan Nasrallah a fustigé la "déclaration de guerre" que représentent selon lui des décisions récentes du gouvernement. "Notre réponse à cette déclaration de guerre est notre droit à nous défendre, de défendre notre résistance, nos armes et notre existence", a insisté Nasrallah qui a réclamé que le gouvernement revienne sur ses décisions et accepte un dialogue national. AFP

09-05 Le dirigeant de la majorité Saad Hariri, a appelé M. Nasrallah à mettre fin au "siège" de la capitale et à "retirer les hommes armés des rues". AFP

09-05 L'armée, déployée pour s'interposer entre les deux camps, a prévenu qu'une escalade risquait de "porter atteinte à (son) unité". AFP 09-05 Selon un journaliste de l'AFP et des témoins, l'opposition gagnent du terrain et contrôlent désormais plusieurs quartiers considérés jusque-là comme des bastions de la formation de Saad Hariri dans l'ouest de Beyrouth où se concentrent les affrontements.

09-05 Le Hezbollah a pris le contrôle d'une grande partie de Beyrouth, dont des organes de presse pro-gouvernementaux, au troisième jour d'une campagne de désobéissance, qui a fait au moins 10 morts et 20 blessés, rapportent des sources proches des services de sécurité. Reuters

09-09 Le Hezbollah a a forcé, tous les médias --trois télévisions, un journal, une radio-- appartenant à la famille de Saad Hariri, à fermer, selon un responsable du groupe médiatique. AFP 09-05 L'armée, considérée comme neutre dans le bras de fer politique qui dure depuis 18 mois entre le gouvernement et l'opposition, a réagi jeudi en lançant un avertissement général.
"La poursuite de cette situation porte un coup à l'unité de l'armée, a-t-elle dit dans un communiqué, au lendemain de son déploiement en force pour s'interposer entre les groupes rivaux.
http://www.alterinfo.net/
09-05
L'opposition a fait savoir qu'elle avait l'intention d'étendre la révolte dans les prochains jours si le gouvernement ne revenait pas sur des mesures à l'encontre du Hezbollah. Une telle hypothèse est exclue de source gouvernementale. http://www.alterinfo.net/


Résistance Analyse

22-04_2008 Ben Noun a critiqué, lors d'une interview avec le journal hébreu "Maariv", l'ancien chef d'état-major de l'armée de l'occupation, le général Dan Haloutz, parce qu'il travaillait seul durant la guerre et qu'il ne connaissait pas les développements de la bataille sur  le terrain.
Il a appelé les dirigeants à activer la surveillance militaire, parce que les autorités de l'occupation israélienne vont perdre les guerres prochaines si les médias jouent le même rôle que celui effectué lors de la deuxième guerre du Liban.
CPI



Les relents de la guerre

a) Liban

24-04 Selon une dépêche de l’ANI, 5 garçons ont été blessés par l’explosion d’une bombe à sous munition au Sud Liban, élevant ainsi le nombre de personnes blessées par ces bombes non explosées à 257.Dernièrement, le Bureau libanais national pour le déminage a fait état de 40 morts et de de 252 blessés à cause des explosions des bombes à sous munitions. Toujours selon la même source, 85% des bombes non explosées dont le nombre est estimé à un million, se trouvent au sud du fleuve de Litani. Les spécialistes onusiens épaulés par les sapeurs de l'armée libanaise et de la FINUL ont réussi à déminer 42% des territoires considérés dangereux. Il est à noter qu’Israël refuse toujours de fournir des informations sur les des zones où ses troupes avaient lancé ces bombes à la fin du  conflit de juillet août 2006, ce qui complique les travaux de déminage Libnanews


b) Israël

28-04 L'armée libanaise a affirmé que 12 avions de guerre israéliens ont violé l'espace aérien du Liban en survolant Beyrouth et d'autres parties du pays lundi. Selon un communiqué de l'armée, "12 avions de guerre ennemis" ont violé l'espace aérien libanais peu avant midi. Quatre d'entre eux ont survolé la côte au large de Byblos, dans le nord, et ont ensuite pris la direction de la province d'Hermel, dans l'est. Huit autres ont survolé la ville de Rmeish, dans le sud, avant de se diriger vers Beyrouth, les montagnes du Chouf, puis Hermel, avant de retourner vers les territoires palestiniens. AP


c) Finul Les Casques bleus belges devraient prolonger leur mission au Liban

La Belgique devrait prolonger au moins jusqu'à la fin de l'année la présence de son contingent de Casques bleus au Liban, dont le mandat expire en principe le 15 juin prochain. "Il y a un accord politique sur la prolongation du mandat du contingent belge de la FINUL (Force intérimaire des Nations Unies au Liban), a-t-on indiqué de source diplomatique. Le ministère de la Défense était au départ réticent à prolonger cette mission, entamée en octobre 2006 pour une période initiale d'un an, après le renforcement de la FINUL consécutif à plus d'un mois de guerre entre Israël et le parti chiite libanais du Hezbollah. Mais le ministre de la Défense , Pieter de Crem, a désormais accepté le principe d'une prolongation jusqu'à la fin de cette année, selon son entourage. Le contingent belge de la FINUL compte quelque 360 Casques bleus.

 6 mai 2008 Le Vif http://www.rplfrance.org/

 


n°71 - Journal du Liban-24-04 au 09-05 -Suite- L'ombre d'une guerre civile présente au Liban.

n°71 - Journal du Liban-24-04 au 09-05 -Suite- L'ombre d'une guerre civile présente au Liban.

Journal du Liban -Suite-  

N°71                 24-04 au 09-05

Par  M.Lemaire



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be  

Sommaire de la lutte pour la libération du territoire. -Suite-

2  Politique Libanaise 

3 Politique internationale

a) Pays Arabes & voisins

4 Institutions internationales

5 Autres Pays

6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

6-1 "Beyrouth-Ouest plonge dans la guerre des rues",

6-2 Camp de réfugiés dévasté de Nahr al-Bared.

7 Brèves

7-1 Etat fort d'une stratégie de défense nationale !!!

 

7-2 Al-Mouallem exprime son inquiétude vis-à-vis de l'internationalisation de la crise libanaise.

7-3 La grève générale à Beyrouth prise en otage par les alliés des sionistes.

7-4 Kabalan met en garde contre les complots de l'ennemi au Liban.

7-5 Intensification des provocations israéliennes au Liban.

7-6 Hezbollah déjoue une opération israélienne à Beyrouth.

7-7 La grève générale à Beyrouth prise en otage par les alliés des sionistes.

7-8 Réaction du Hezbollah à la dernière démarche Etat-unienne.

7-9 Mécontentement européen face au silence libanais et onusien après les accusations israéliennes contre la Finul.


Politique Libanaise

1 Liban occupé :

Grève générale au Liban à l’appel de la CGTL Des manifestants ont bloqué mercredi 07 mai des routes au Liban, dont celle de l’aéroport international de Beyrouth, et ont brûlé des pneus pour réclamer une revalorisation de salaires, sur fond de grave crise politique. Les forces de sécurité intérieure et l’armée libanaises ont été déployées en force à travers la capitale, interdisant l’accès à certains secteurs pour éviter des heurts entre partisans de l’opposition et ceux du gouvernement. Des personnalités politiques, aussi bien de l’opposition que de la majorité, ont dit craindre que les manifestations pour une augmentation du salaire minimum ne dégénèrent en affrontements entre les deux camps en lutte pour le pouvoir depuis fin 2006. Les manifestations se déroulent à l’occasion d’une grève générale, soutenue par l’opposition, et organisée à l’appel de la Confédération générale des travailleurs au Liban (CGTL). La grève a été maintenue malgré une décision mardi du gouvernement de relever de 130 dollars USD le salaire minimum, à 330 USD (550.000 livres libanaises) en réponse à la grogne sociale et la hausse vertigineuse des prix, la CGTL ayant jugé insuffisante cette mesure. Plusieurs vols à l’aéroport international de Beyrouth ont été retardés ou annulés, selon une source aéroportuaire. Les employés de l’aéroport ont annoncé qu’ils cesseraient de travailler entre 09H00 locales (06H00 GMT) et 15H00 (12H00 GMT). Des rassemblements sont prévus dans l’ensemble du pays et une manifestation doit débuter à partir de 10H00 (07H00 GMT) dans l’ouest de la capitale. Des barbelés ont été installés en face de la Banque du Liban où devrait se terminer la manifestation, alors que la police anti-émeute était présente en masse. Le Liban est divisé entre le camp de la majorité et celui de l’opposition, qui s’accusent mutuellement d’entraver toute solution à la crise politique qui empêche l’élection d’un président de la République. http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4656

07 mai 2008 - Avec les agences de presse

Emile Lahoud et Fouad Siniora

 Fouad Siniora

03-05 Le Premier ministre libanais Fouad Seniora a déclaré vendredi qu'il soutenait des "relations spéciales" avec la Syrie basées sur un respect mutuel.
"Nous sommes déterminés à travailler pour mettre fin à la crise par l'élection d'un nouveau président, l'arrêt des sit-in et la reprise des institutions constitutionnelles pour avoir une économie productive", a déclaré M. Seniora en s'adressant au forum économique arabe à Beyrouth.
Il a indiqué que la situation économique au Liban s'était détériorée au Liban en raison de la tension politique et de l'insécurité depuis trois ans.
Le poste de président libanais est vacant depuis le 24 novembre dernier après que le mandat du président Emile Lahoud eut expiré. Le Parlement libanais a reporté 18 fois l'élection présidentielle à cause des désaccords entre la coalition au pouvoir et l'opposition. http://www.rplfrance.org/ 03 mai 2008 Xinhua 08-05 Face à l'évolution de la situation, Siniora a déclaré en fin de journée à la télévision que son gouvernement envisageait de proclamer l'état d'urgence et un couvre-feu. "Cette question fait l'objet de discussions et je n'en dirai rien tant qu'elle ne se concrétisera pas", a-t-il dit. (Reuters)


2-1 La crise gouvernementale

Au jour le jour

01-05 le chef du PSP M. Walid Joumblatt et le chef des FL M. Samir Geagea, le comité du suivi du 14 mars a publié un communiqué dans lequel il fait part de la décision de la coalition à accepter le retour au dialogue conditionné à l’élection immédiate d’un nouveau président de la République , et a annoncé que le chef du Courant du Futur M. Saad Hariri s’entretiendra prochainement avec le chef du Parlement M. Nabih Berri pour paver la voie à la tenue du scrutin présidentiel le 13 mai prochain. Mettant l’accent sur l’importance de l’élection d’un nouveau chef d’état considéré comme une priorité et ceci conformément à la Constitution libanaise et à l’initiative arabe, le 14 mars a insisté que les élections devraient se tenir sans être liées directement à une condition ou un accord préalable. Le chef du bloc de la Majorité M. Saad Hariri avait appelé la veille à l'élection immédiate d'un président de la République libanaise, et s'était déclaré  pour le dialogue, sans pour autant être sûr de sa réussite.  Libnanews 


2-2 Election du nouveau chef d’état. 04-05 Le dirigeant de la coalition gouvernementale du 14 Mars, le député Saad Hariri a indiqué son soutien à l’élection d’un nouveau président de la république et à l’adoption d’une nouvelle loi électorale.
Il s’est déclaré optimiste quant à l’élection du candidat de consensus entre majorité et opposition, le général Michel Souleiman, à la présidence de la république lors du prochain scrutin prévu le 13 mai. Revenant sur l’adoption d’une nouvelle loi électorale, le député de Beyrouth s’est prononcé ne pas être opposé à la division en circonscriptions de la capitale libanaise.
 Libnanews

 08-05 La majorité et l’opposition n’ont pas réussi à se mettre d’accord au Parlement sur le nom du chef de l’Etat. L’Assemblée est convoquée pour la dix-neuvième fois le 13 mai, mais les blocages entre les deux camps persistent. http://www.aloufok.net/


2-6 Sur le terrain

 05-05 Walid Joumblatt aborde la question de la présence des réfugiés palestiniens au Liban, rappelant que l’état hébreu continue à passer autre les demandes de la communauté internationale en poursuivant sa politique d’extension de ses colonies au-delà de la frontière de 1967. Le député dénonce ainsi la paralysie de la communauté internationale représentée par le Quartet et rappelle l’initiative de la Ligue Arabe proposant la paix contre la sécurité. Walid Joumblatt conclu en rappelant son soutien à la lutte palestinienne et rappelle le droit légitime des réfugiés à l’obtention de la constitution d’un état viable avec Jérusalem pour capitale. Libnanews 


2-7 Rafic Hariri.: tribunal international de l'ONU

05-05 Walid Joumblatt a estimé que certains partis libanais, faisant ainsi allusion à l’opposition souhaitent torpiller les accords de Taëf, de retarder la constitution du tribunal international en charge du jugement des suspects de l’assassinat de l’ancien premier ministre Rafic Hariri et de nuire à l’économie libanaise par l’organisation du sit-in permanent au centre ville de Beyrouth. Libnanews



3 Politique Internationale des térritoires occupés

a) Pays Arabes & voisins

 09-05 Le gouvernement  Siniora a reçu le soutien de l’Egypte, de Ryad et du Conseil de sécurité de l'ONU AFP

 09-05 L’Arabie Saoudite et l’Egypte appelle à une réunion extraordinaire des ministres des affaires étrangères arabes pour faire face à l’"agression" iranienne contre le Liban. R.Richa

Ligue arabe

29-04 Le secrétaire général de la Ligue Arabe M. Amr Moussa a mis l’accent sur l’importance d’un dialogue interlibanais, réitérant son soutien à l’élection immédiate et à n’importe quel moment d’un nouveau président de la République libanaise, pour que le Liban ne demeure pas plongé dans un vide constitutionnel sans bornes. Libnanews 09-05 La Ligue arabe a exhorté les dirigeants libanais à "éviter les affrontements", tandis que les Emirats arabes unis ont annoncé avoir débuté l'évacuation de leurs ressortissants. AFP



Les Pays Occidentaux  Usa (le parrain)

09-05 Le Hezbollah doit cesser immédiatement de "semer le trouble" au Liban, a averti Washington. AFP



2 Les institutions et leurs satellites 2 Otan - 3 Onu - 4 Nations Unies - Banque Mondiale- Mouvement des non-aligné (MNA)

ONU 09-05 Selon un responsable de l'ONU, Terje Roed-Larsen, le Hezbollah dispose d'une "infrastructure paramilitaire massive en marge de l'Etat". L'Union européenne a appelé "les parties libanaises à mettre fin" aux affrontements et l'opposition à "cesser toutes les activités perturbatrices". AFP


4 Nations Unies 09-05 Le secrétariat général des Nations Unies a exhorté les partisans du Hezbollah à lever tous les barrages routiers et à libérer l’accès à l’aéroport de la capitale. "Nous demeurons très inquiets quant à l’hypothèse que la situation dégénère", a déclaré un émissaire de l’Onu dépêché devant les membres du Conseil de sécurité, Terje Roed-Larsen. "Le secrétariat général invite tous les groupes à cesser immédiatement ces émeutes et à dégager les axes routiers", a-t-il ajouté. Par la suite, le Conseil de sécurité a lancé un appel "au calme et à la retenue" dans une déclaration politique n’ayant pas valeur contraignante. AfP 09-05 Le secrétariat général des Nations Unies a exhorté les partisans du Hezbollah à lever tous les barrages routiers et à libérer l'accès à l'aéroport de la capitale.
"Nous demeurons très inquiets quant à l'hypothèse que la situation dégénère", a déclaré un émissaire de l'Onu dépêché devant les membres du Conseil de sécurité, Terje Roed-Larsen.
"Le secrétariat général invite tous les groupes à cesser immédiatement ces émeutes et à dégager les axes routiers", a-t-il ajouté.
Par la suite, le Conseil de sécurité a lancé un appel "au calme et à la retenue" dans une déclaration politique n'ayant pas valeur contraignante.
http://www.alterinfo.net/

Conseil de sécurité 08-05 Les membres du Conseil de sécurité des Nations unies se sont déclarés jeudi "profondément préoccupés par les affrontements actuels et les troubles au Liban, dont le blocage des principales routes menant à l'aéroport international de Beyrouth". Dans un communiqué, le Conseil exhorte "toutes les parties à faire preuve de calme et retenue et appelle à la réouverture immédiate de toutes les routes". Les membres du Conseil soulignent également "l'importance vitale que toutes les parties travaillent ensemble à résoudre les problèmes du Liban par un dialogue pacifique". Le Conseil exhorte les parties rivales "à travailler d'urgence ensemble pour élire un nouveau président" en conformité avec le plan adopté par les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe au Caire en janvier dernier. AP


Europe

2 Espagne

28-04 La ministre espagnole de la Défense , Carme Chacon, s'est rendue lundi au Liban pour visiter le contingent espagnol de la Force intérimaire des Nations-Unies (Finul), a-t-on appris auprès du ministère espagnol de la Défense. Carme Chacon, devait se rendre sur la base Miguel de Cervantes, près de la localité de Mardjayoun, dans le sud-est du pays, où sont stationnés depuis septembre 2006, 1.100 militaires espagnols dans le cadre de la Finul , selon le ministère. AFP


3 France 09-05 La France appelle jeudi soir "à la retenue dans les déclarations comme dans les actes et à la reprise du dialogue dans le cadre institutionnel" au Liban, théâtre de violences entre les partisans de la majorité et de l’opposition. Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères indique que Paris "réitère son soutien au gouvernement du Liban ainsi qu’à l’armée dans l’exercice de leurs missions et prérogatives constitutionnelles, notamment de préservation de la stabilité et de la sécurité du pays". http://www.aloufok.net 09-05 Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner estime dans un communiqué que la situation au Liban est "préoccupante". " La France appelle à l’apaisement et à une résolution pacifique de la crise en cours, se traduisant par un retour rapide au calme, notamment par une réouverture des accès à l’aéroport", peut-on lire dans le document publié par le Quai d’Orsay. AfP


Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

6-1 "Beyrouth-Ouest plonge dans la guerre des rues",

09-05 La presse libanaise et arabe s'alarmait d'un retour à la guerre civile qui avait dévasté le Liban de 1975 à 1990. "Beyrouth-Ouest plonge dans la guerre des rues", titre le quotidien francophone "L'Orient Le Jour". "Pour la République toute entière, c'est tout autant, désormais une question de vie ou de mort". Pour le journal Al-Mostaqbal de la famille Hariri, "le siège de Beyrouth continue après la tentative de coup d'Etat menée par le Hezbollah". " Le Liban était hier au bord de la guerre civile", écrit le journal arabe Asharq al-Awsat. Et le journal Al-Anouar, proche de la majorité dont est issu le gouvernement de FOuad Siniora, titre "Nasrallah a décidé: soit le gouvernement se rétracte, soit c'est la guerre". AFP


6-2 Camp de réfugiés dévasté de Nahr al-Bared.

L’armée libanaise a permis l’accès à 20 de maisons de la rue Majles, dans le camp de réfugiés dévasté de Nahr al-Bared. Tous les 20 immeubles ont des traces de feu; parfois des pièces entières ou même des couloirs ont été complètement brûlés. Dans au moins 16 maisons, des traces de liquide inflammable sont visibles sur les murs.
L’armée libanaise a jusqu’à présent rigoureusement interdit de filmer ou de prendre des photographies de Nahr al-Bared. L’armée, les services secrets et leurs alliés locaux s’assurent que personne n’enfreint cette loi tacite.
Ce film de 10 minutes apporte la preuve détaillée de ces accusations.
Vous pouvez visionner plus de vidéos de Nahr al-Bared sur le site du collectif:
http://a-films.blogspot.com http://www.ism-france.org/news/article.php?id=8875&ty...



7 Les brèves Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

7-1 Etat fort d'une stratégie de défense nationale !!!

Dans son entretien avec le journal Al Safir, Walid Joumblatt avait déclaré qu’à terme, l’arme résistante sera entre les mains d’un Etat fort garantissant à tous justice et sécurité…
Plus loin, il ajoutait que Hezbollah devra admettre que cet Etat défendra tous les citoyens, les chiites compris, et que ce ne sera pas l’arme résistante, seule, qui le fera…
Ce refrain d’un Etat fort, seul garant de la souveraineté de notre Liban et de la défense des citoyens, maintes fois répété par le dirigeant socialiste, n’est pas une nouveauté fraîchement sortie des poubelles de l’Histoire.
Avant lui, les dirigeants fascistes libanais l’avaient répété et combiné avec l’autre thèse qui affirmait que, face à l’entité sioniste, la force du Liban réside dans sa faiblesse.
Ironie de l’Histoire : un refrain et une thèse farouchement combattus par Kamal Joumblatt, à l’époque où il appela, avec le camarade Georges Haoui, les citoyens aux armes, pour défendre la cause et la Patrie…
Dans ce même entretien, plus loin, Walid Joumblatt admet finalement l’idée d’une stratégie de défense nationale émise par notre Résistance.
Mais franchement à quelle stratégie pense-t-il ?
Serait-ce celle d’un Etat simultanément fort à l’intérieur et face à un pays arabe limitrophe, d’un Etat complètement soumis à l’entité sioniste, transformant notre pays en une grande base par laquelle toutes les manœuvres américano sionistes partiraient ?
Certainement, ce Liban là aurait droit à toutes les nouvelles technologies de l’armement pour deux raisons :
1- du fait de l’abandon national et de la complète collaboration avec l’ennemi, la problématique de la défense du Sud serait définitivement résolue et les frontières seraient ainsi bien ouvertes à toutes les convoitises sionistes
2- l’armement, entre les mains de l’Etat fort, serait exclusivement utilisé, non seulement contre toute émeute ou révolte populaire ébranlant l’ordre de la collaboration et du fascisme, mais aussi contre toute conscience collective de la nécessité de la résistance
Cette stratégie là, fondamentalement contradictoire à celle souhaitée par notre Résistance, est très certainement celle d’une défense nationale de l’entité sioniste menée au-delà des frontières, sur notre terre, et pour pérenniser la soumission de notre Liban, ainsi devenu fer de lance à d’autres convoitises encore, jusqu’à l’accomplissement du Nouveau Moyen Orient.
Belle stratégie que Welch cherche vainement à nous imposer, à travers sa logique qui se résume par la résolution 1559 ?
Bravo Walid Joumblatt qui s’acharne alors à nous la rappeler jusqu’à nous faire avaler la couleuvre.
Mais aussi, ce même Walid a oublié dans son fameux entretien de citer les faits réels suivants enregistrés par les forces de la FINUL :
1- Pour la période de Février 2008, 282 violations de notre espace par l’aviation sioniste
2- Pour la période de Mars 2008, 692 violations
3- Rien que pour la première quinzaine d’Avril 2008, 476 violations
Décidemment, des faits historiques, chiffres à l’appui, n’intéressent ni Walid Joumblatt et ni surtout David Welch…
Raymond RICHA 28 avril 2008 

7-2 Al-Mouallem exprime son inquiétude vis-à-vis de l'internationalisation de la crise libanaise. Koweit / M.Walid al-Mouallem, ministre syrien des affaires étrangères, a averti que l'objectif de la réunion, tenue aujourd'hui sur le Liban en présence du secrétaire d'Etat américain, sera l'internationalisation de la crise libanaise, "la chose qui débouchera sur davantage d'escalade de la situation". Au cours d'une conférence de presse qu'il a tenue aujourd'hui au Koweit au terme de la réunion élargie des pays voisins de l'Irak, M.al-Mouallem a averti que cette réunion pourrait viser à enlever la crise libanaise des mains de la Ligue arabe vers l'internationalisation. "Les crises qu'a subi la région arabe ont prouvé que l'internationalisation va compliquer davantage ces crises, car les intérêts des superpuissances vont entraver le règlement de ces crises, dont celle libanaise", a souligné M.al-Mouallem. M.al-Mouallem s'est demandé si les Etats-Unis veulent réellement une solution au Liban?, indiquant que seul Washington qui n'a pas soutenu l'initiative arabe "pour qu'il puisse maintenir la mainmise sur le Liban". M.al-Mouallem a souligné :"Kouchner a affirmé que la France veut une solution au Liban reposant à l'initiative arabe", a indiqué M.al-Mouallem, faisant noter que la France soutient l'initiative arabe et les efforts du secrétaire général de la Ligue arabe dans ce sens. M.al-Mouallem a affirmé que la Syrie ne participera jamais à tout effort visant à l'internationalisation de la crise libanaise. R.Jorf -22-04 http://www.sana.sy/fra

7-3 La grève générale à Beyrouth prise en otage par les alliés des sionistes. Le niveau de vie augmente de plus en plus (plus de 140% sur les matières de première nécessite : essence, pain, aliments, médicaments, écoles, etc.), mais pas les salaires (dont le niveau minimum n'a pas bouge depuis 1996), les gens ont faim, pas de travail, pas d'avenir, obligés d'émigrer pour les plus aises, obligés de se débrouiller pour les plus pauvres...
Le gouvernement collabore ouvertement avec les américano-sionistes, et empêche la résistance de faire son travail face a l'ennemi commun : l'Etat sioniste.
Le peuple fait entendre sa voix pour exiger une revalorisation du salaire minimum et des augmentations de salaire, et déjà les collaborateurs ont pris position sur les immeubles et dans les rues armes jusqu'aux dents pour susciter la guerre civile, comme le désirent leurs maitres américains et israéliens. Les milices des partis pro-gouvernement (les 14 marsiens) ont tire sur l'armée et provoqué les grévistes, la manifestation qui devait se diriger vers la banque centrale est annulée par la fédération des ouvriers et employés.
Employés, ouvriers, journaliers, résistants, même combat contre la corruption du gouvernement collabo qui cherche à désarmer la résistance, vendre le pays aux sionistes et mener les affaires et le business pour affamer le peuple et le manipuler. Au Liban comme en Palestine, les mêmes méthodes et les mêmes intérêts sont à l'œuvre.
Nadine Acoury
http://www.alterinfo.net/

7-4 Kabalan met en garde contre les complots de l'ennemi au Liban.

Le vice-président de la haute assemblée des chiites du Liban a mis en garde le peuple libanais contre les intrigues des agitateurs et notamment celles du régime sioniste. Selon l'IRNA, le cheikh Abdel Amir Kabalan dans un message diffusé hier et en évoquant la défaite du régime sioniste dans sa guerre récente contre la résistance libanaise qui fait honneur au monde musulman, a ajouté que le plan conjoint américano-israélien visait la résistance. En allusion aux affrontements à Beyrouth et à la démarche du gouvernement contre le réseau de télécommunications du Hezbollah, le cheikh Kabalan a déclaré que cet acte du gouvernement Siniora avait pour objectif d'aplanir le terrain à la réalisation des visées israéliennes contre la résistance. La haute assemblée des chiites libanais a annoncé dans sa réunion d'hier que la seule solution suscitée par le gouvernement était celle de renoncer à ces décisions. Lors des affrontements entre les partisans du gouvernement et les opposants dans divers quartiers de Beyrouth, 7 personnes ont été tuées et un certain nombre d'autres blessés jusqu'à présent. Rappelons qu'à l'invitation ders syndicats d'ouvriers libanais, le pays était le théâtre d'une grève général contre la politique du gouvernement Siniora IRIB http://www.alterinfo.net/ 09/05/2008  

7-5 Intensification des provocations israéliennes au Liban.
- Le 18 mars, un navire de guerre israélien est entré dans les eaux territoriales libanaises, avant d'être intercepté par les forces navales des Nations unies (dépêche du Monde, reproduite par exemple ici ; il est intéressant de noter que la dépêche est orientée autour des « critiques » que le Hezbollah fait à la communauté internationale).
- Le 13 avril au soir, selon l'armée libanaise, un groupe de cinq soldats israéliens sont entrés de 150 mètres dans la zone d'as-Shaal au sud du Liban et sont restés dans la zone pendant 10 minutes avant de la quitter.
Par aileurs, selon le Hezbollah : La formation chiite a indiqué que l'armée israélienne a également effectué des incursions dans les localités de Meis el Jabal (sud), d'El Ouazzani et dans la région de Ghajar (sud-est).
- Le 28 avril, L'armée libanaise a affirmé que 12 avions de guerre israéliens ont violé l'espace aérien du Liban en survolant Beyrouth et d'autres parties du pays lundi. Selon un communiqué de l'armée, “12 avions de guerre ennemis” ont violé l'espace aérien libanais peu avant midi. Quatre d'entre eux ont survolé la côte au large de Byblos, dans le nord, et ont ensuite pris la direction de la province d'Hermel, dans l'est. Huit autres ont survolé la ville de Rmeish, dans le sud, avant de se diriger vers Beyrouth, les montagnes du Chouf, puis Hermel, avant de retourner vers les territoires palestiniens. Les survols ont duré environ une heure, selon le communiqué.
- Le plus beau : communiqué de presse de l'ONU du 24 avril : UNIFIL had recorded a steep increase in the number of Israeli air violations, from 282 in February to 692 in March and 476 during the first half of April. Ce qui donne en français : La FINUL a enregistré une importante augmentation du nombre de violations aériennes israéliennes, de 282 en février à 692 en mars, et 476 pendant la première moitié d'avril. On se demande bien pourquoi la presse française parlerait de ça. Ça ne fait jamais que 32 intrusions d'avions ennemis chaque jour. Dans la dépêche du Monde citée au début, il est indiqué « L'aviation israélienne survole presque quotidiennement l'espace aérien libanais »... presque ?
Le lecteur français n'est certainement pas non plus intéressé par cette information du Jerusalem Post : Des avions appartenant à l'armée de l'air sont entrés à une basse altitude dans l'espace aérien libanais, et ils ont été la cible de tirs anti-aériens de la part des Forces armées libanaises (FAL), a déclaré la radio Reshet Bet, citant un rapport de la chaîne de télévision saoudienne Al-Arabiya, mercredi 23 avril. Évidemment, quand Israël rasera la moitié du Liban dans une nouvelle guerre, ces omissions de la presse française permettront de mieux nous faire comprendre que l'État hébreux est en situation de légitime défense.
http://www.alterinfo.net/ http://tokborni.blogspot.com/ http://www.protection-palestine.org/spip.php?article6150

7-6 Hezbollah déjoue une opération israélienne à Beyrouth. 7-6 Hezbollah déjoue une opération israélienne à Beyrouth.

Un officier du bureau militaire rattaché au premier ministre israélien Ehud Olmert, a annoncé qu’une importante opération a été déjouée le 25 avril par hasard. Une opération qui aurait porté un coup fatal au Hezbollah dans la capitale libanaise Beyrouth. Et selon le site israélien Filka, un haut officier de l’armée de l’air a assuré que les pilotes, les forces de défense aériennes ainsi que les forces de défense contre les missiles balistiques et marins ont reçu l’ordre, dans la nuit du 25 avril, de rester en Etat d’alerte, l’état de « pré déclaration de la guerre ». Les pilotes ont reçu l’ordre de se relayer dans l’air au lieu de rester sur terre à l’intérieur de leurs avions. Et selon le même site, le gouvernement israélien et l’Etat Major s’attendaient à des représailles violentes de la part du Hezbollah en cas de réussite de l’opération, qui est une opération militaire pour laquelle des moyens importants ont été mobilisés, comme les satellites américains ou les avions sans pilote, dernière acquisition de l’armée israélienne. Un expert en sécurité à l’institut Ariel à Haïfa a déclaré qu’une opération de cette envergure nécessite un groupe de commandos sur le sol libanais. Mais selon les renseignements militaires aucun groupe de commandos ne se trouve actuellement à l’extérieur d’Israël, ce qui veut dire que l’opération aurait réussi avec la coopération d’autres dispositifs de sécurité qui se seraient chargés de localiser la cible et diriger le bombardement aérien vers la cible stable ou mobile. Des informations de source libanaise ont rapporté que le Hezbollah a été alerté par des dispositifs de sécurité qu’il a qualifié d’adversaires ce qui l’a poussé à donner à ses combattants l’ordre de rester fermes avec les forces de sécurité libanaises qu’il a accusé de collaborer avec Israël en transmettant les informations qu’elles reçoivent de la police libanaise à l’Ambassade américaine à Beyrouth et qu’elles transmettaient via ligne directe aux commandements des dispositifs de sécurité israéliens. http://rplfrance.org/index.php?content=presse/080502tayyar.php 2 mai 2008 - Tayyar.org


7-7 La grève générale à Beyrouth prise en otage par les alliés des sionistes.

Le niveau de vie augmente de plus en plus (plus de 140% sur les matières de première nécessité : essence, pain, aliments, médicaments, écoles, etc.), mais pas les salaires (dont le niveau minimum n'a pas bougé depuis 1996), les gens ont faim, pas de travail, pas d'avenir, obligés d'émigrer pour les plus aisés, obligés de se débrouiller pour les plus pauvres...
Le gouvernement collabore ouvertement avec les américano-sionistes, et empêche la résistance de faire son travail face a l'ennemi commun : l'Etat sioniste.
Le peuple fait entendre sa voix pour exiger une revalorisation du salaire minimum et des augmentations de salaire, et déjà les collaborateurs ont pris position sur les immeubles et dans les rues armés jusqu'aux dents pour susciter la guerre civile, comme le désirent leurs maîtres américains et israéliens. Les milices des partis pro-gouvernement (les 14 marsiens) ont tiré sur l'armée et provoqué les grévistes, la manifestation qui devait se diriger vers la banque centrale est annulée par la fédération des ouvriers et employés.
Employés, ouvriers, journaliers, résistants, même combat contre la corruption du gouvernement collabo qui cherche à désarmer la résistance, vendre le pays aux sionistes et mener les affaires et le business pour affamer le peuple et le manipuler. Au Liban comme en Palestine, les mêmes méthodes et les mêmes intérêts sont à l'œuvre.
http://www.alterinfo.net


7-8 Réaction du Hezbollah à la dernière démarche Etat-unienne. "Enregistrer le nom du Mouvement de la Résistance islamique du Liban, Hezbollah, sur la liste américaine des groupes terroristes fait l'honneur ", a réagi le Hezbollah libanais au rapport du département d'Etat américain lequel qualifie de terroriste ce Mouvement libanais. " La Maison Blanche s'est permis dans ce rapport de juger modérés, les nations, les pays et les mouvements qui s'alignent sur sa politique et terroristes ceux qui réfutent les projets américains". Souligne le texte. Selon le communiqué du Hezbollah, l'Amérique est elle-même à l'origine du terrorisme mondial, elle n'a pas donc le droit de se prononcer à ce propos. " Les Etats-Unis qui ont mis sous pression les nations, et qu'ils obligent même leurs citoyens de payer le lourd prix de leurs politiques sanguinaires, ils n'ont pas le droit de parler du nationalisme et du terrorisme". Constate le Hezbollah dans son communiqué. IRIBhttp://www.alterinfo.net/index.php?action=article&numero=19404 Samedi 03 Mai 2008
7-9 Mécontentement européen face au silence libanais et onusien après les accusations israéliennes contre la Finul.

Le Liban officiel a gardé le silence face aux accusations d’Israël selon lesquelles la Finul « dissimule des informations au sujet de violations, par le Hezbollah, de la résolution 1701 » du Conseil de sécurité. Le secrétariat général de l’ONU n’y a pas non plus réagi, au moment où la Finul démentait formellement les allégations israéliennes.
De sources diplomatiques européennes à Beyrouth, on s’est arrêté sur ce double silence qu’elles ont indirectement critiqué en relevant qu’aucun responsable libanais n’a dénoncé ces accusations, « surtout qu’elles recèlent des objectifs cachés ».
Selon ces sources, les allégations israéliennes « peuvent servir de prétexte à une attaque que l’État hébreu planifierait contre la zone d’opérations de la Finul ou, du moins, à constituer une tentative visant à discréditer la force internationale de paix et à briser sa coordination étroite avec l’armée libanaise. Elles peuvent aussi avoir pour but de pousser la force intérimaire à empêcher les partisans du Hezbollah à mener une quelconque activité à caractère militaire en vue de provoquer un clash entre les deux parties, ce qui, de l’avis du commandant en chef de la Finul , le général Claudio Graziano, aurait des effets sismiques s’il se produisait ».
Dans le même temps, les sources diplomatiques ont relevé que l’énumération par Israël d’éventuelles violations de la 1701 par le Hezbollah signifie que l’État hébreu « espionne les Casques bleus à partir de leur zone d’opérations et que s’il rate un élément quelconque, des fonctionnaires de l’ONU sont prêts à combler ses lacunes ».
Jusqu’à présent, seul le chef de la diplomatie italienne, Massimo D’Alema, a rejeté les accusations israéliennes et défendu la Finul en insistant sur le fait que son action est appréciée par toutes les parties concernées et qu’elle accomplit sa mission conformément à la 1701, a-t-on ajouté de mêmes sources, en affirmant s’attendre à ce que la France , l’Espagne et la Belgique en fassent de même.
On a également estimé que la diplomatie libanaise devrait à son tour se mobiliser et effectuer des contacts avec les puissances occidentales en vue de pressions sur Israël, et ce pour l’empêcher de mener une attaque contre le Hezbollah dans la zone d’opérations de la Finul.

n°71-Journal du Liban-24-04 au 09-05 - L'ombre d'une guerre civile présente au Liban.

n°71 - Journal du Liban-24-04 au 09-05 -Fin- L'ombre d'une guerre civile présente au Liban.

Journal du Liban -Fin-  

 N°71                       24-04 au 09-05

 Par  M.Lemaire



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be  Le signe # veut dire : important (à mes yeux)  

Sommaire de la lutte pour la libération du territoire. -Fin-

2  Politique Libanaise 

3 Politique internationale

 a) Pays Arabes & voisins

4 Institutions internationales

5 Autres Pays

6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

6-1 "Beyrouth-Ouest plonge dans la guerre des rues",

6-2 Camp de réfugiés dévasté de Nahr al-Bared.

7 Brèves 7-1 Etat fort d'une stratégie de défense nationale !!!

7-2 Al-Mouallem exprime son inquiétude vis-à-vis de l'internationalisation de la crise libanaise.

7-3 La grève générale à Beyrouth prise en otage par les alliés des sionistes.

7-4 Kabalan met en garde contre les complots de l'ennemi au Liban.

7-5 Intensification des provocations israéliennes au Liban.

7-6 Hezbollah déjoue une opération israélienne à Beyrouth.

7-7 La grève générale à Beyrouth prise en otage par les alliés des sionistes.

7-8 Réaction du Hezbollah à la dernière démarche Etat-unienne. 7-9 Mécontentement européen face au silence libanais et onusien après les accusations israéliennes contre la Finul.

8 Dossiers

8-1 Point de vue de Khaled Hadadeh : "La résistance fait partie de notre culture et de notre histoire."

8-2 Point de vue de R.Richa : Sinioura déclare la guerre à la Résistance...

9 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

9-1 Le parti du pouvoir en place mène son dernier combat contre le Hezbollah : l’Etat sera à nous seuls ou ne sera pas.

9-2 Sayyed Nasrallah : 'Nous allons nous défendre contre la déclaration de guerre du Gouvernement.

9-3 Selon le Mossad, l'enfer au Moyen-Orient devait commencer le 25 avril.


8  Dossier Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information   

8-1 Point de vue de Khaled Hadadeh : "La résistance fait partie de notre culture et de notre histoire."

Interview de Khaled Hadadeh, secrétaire général du PCL, parti communiste libanais par Chris Den Hond, Mireille Court et Nicolas Qualander traduction de l'arabe par Hussein Sabbah Le Parti communiste libanais participe à la résistance contre l'occupation israélienne, résistance politique, sociale, mais aussi armée, malgré le peu de moyens dont il dispose. Nous avons passé une journée entière à Jamaliya, dans la vallée de la Bekaa , où 7 militants communistes sont tombés les armes à la main lors d'une opération israélienne en août 2006. Nous avons aussi rencontré Khaled Hadadeh, secrétaire général du PCL. Est-ce que la diplomatie française sous Sarkozy est différente de celle de Chirac ou de Bush concernant le Moyen Orient? On constate une modification de la façon dont le gouvernement français exerce sa politique au Liban et au Moyen Orient en général, mais ce n'est pas un changement important. C'est plutôt une réponse à ce qui s'est passé en Irak. Avec le recul de la mainmise nord américaine, il semble que l'Union européenne essaie de profiter de cette faiblesse pour regagner un peu de terrain perdu. J'ai l'impression que le nouveau gouvernement français essaie de compenser ce qu'il a perdu pendant l'occupation de l'Irak et la chute de Saddam Hussein, mais cela ne change pas grande chose dans le conflit israélo-arabe. L'Union européenne a toujours les mêmes relations, les mêmes points de vue dans l’ensemble que le gouvernement nord américain, comme s'ils étaient en train de se compléter pour défendre les intérêts d'Israël dans la région. La solution de paix, prônée par l'UE et le gouvernement américain, vise à préserver les intérêts israéliens militaires et politiques dans la région. Dans un communiqué de presse récent, le PCL se dit partisan d'une modification de la constitution pour changer le modèle confessionnel au Liban. Pourquoi? Le modèle confessionnel au Liban est à l'origine de problèmes et de guerres civiles depuis la création du grand Liban en 1926. C'est le représentant du mandat français au Liban qui l'a imposé et jusqu'à aujourd’hui les guerres civiles à caractère confessionnel se succèdent. La classe politique au Liban est comme une classe de féodaux, où des groupes humains géographiquement bien délimités suivent un chef politique ou tribal et où le régime libanais reflète une union de ces chefs féodaux qui représentent les intérêts de leur propre groupe communautaire. En plus, cette logique pousse les chefs de sectes à chercher l'appui de forces étrangères pour consolider leur pouvoir. Cette composition confessionnelle rend le Liban instable, ce qui est renforcé encore par l'instabilité régionale. N'importe quel changement dans le rapport de force régional se reflète au Liban en guerre civile, parce que le Liban est le maillon faible de la région avec le système politique le plus fragile. Nous pensons que ce système confessionnel et clientéliste est devenu la cause principale du problème du Liban. Nous proposons un début de solution pour établir un système laïc et démocratique au Liban, en se basant sur une réforme politique qui abandonnerait le système confessionnel et qui établirait une nouvelle loi électorale, basée sur la proportionnalité. Un Sénat pourrait alors représenter les intérêts des différentes confessions. Le PCL s'est déclaré partisan de la résistance contre Israël? Le Parti communiste ne soutient pas seulement la résistance, nous avons initié la résistance. Nous avons commencé dans les années 60 avec la création de la garde populaire pour faire face aux agressions israéliennes au Liban. Lors de l'invasion israélienne au Liban en 1982, le Parti et d’autres organisations communistes ont lancé le Front de la résistance nationale libanaise qui a libéré Beyrouth et la partie du Liban occupé jusqu'à la rivière Litani entre 1982 et 1985. La résistance contre l'occupation étrangère fait partie de notre culture et de notre histoire. Nous luttons également pour un changement démocratique à l'intérieur du Liban. Ce qui distingue notre résistance nationale par rapport à la résistance actuelle dominée par le Hezbollah, est que la résistance que nous voulons est une résistance avec un aspect national global et pas un aspect confessionnel. La résistance qu'on a voulu est une résistance qui fait le lien entre la libération des territoires occupés et le changement démocratique laïc interne au Liban. Mais nous nous considérons toujours comme faisant partie de la résistance, même si notre participation dans la dernière période est plus ou moins faible en raison de la faiblesse de nos moyens logistiques.
Au Liban les partis politiques présents, sauf le Parti communiste libanais, sont tous des partis à caractère confessionnel. Le Hezbollah n'est pas le seul parti islamique. Le Courant du futur, présidé par Monsieur Hariri, est un courant sunnite, donc un courant islamique. Ce courant devient même un espace pour l'émergence des courants islamiques intégristes comme Al Qaida.
Le Parti socialiste est un parti des Druzes, qui défend le point de vue druze. Les Forces libanaises, c'est un parti intégriste chrétien. Tous les partis libanais sont des partis à caractère confessionnel, pas seulement le Hezbollah. Notre parti a payé le prix fort pour sa position laïque et démocratique. Dans les années 80, il y a eu des confrontations entre nous et les forces chiites, Amal et Hezbollah. Dans les années 70, il y a eu des confrontations avec les forces chrétiennes. Nos camarades d'origine chrétienne ont été tués ou chassés de leur domicile dans la région dominée par les Forces libanaises. Les intégristes sunnites qui sont maintenant avec le courant de Hariri et le Courant du futur à Tripoli nous ont fait payer un prix très cher en tuant nos camarades à Tripoli. Toutes ces forces intégristes confessionnelles ont assassiné nos camarades. Le Hezbollah a changé? Avec le Hezbollah, la situation est un peu différente. Depuis les années 80, le Hezbollah a changé. Il a changé ses relations avec notre parti et les autres forces de la résistance. Je pense que le Hezbollah est persuadé qu'il ne peut pas créer un Etat islamique au Liban. Hassan Nasrallah l'a dit pendant son dernier discours lorsqu'il a parlé de deux vérités. Il n'évoque pas l'idée d'un Etat islamique ce qu'il avait fait dans une autre période quand d'autres clans évoquaient un Etat pour les chrétiens ou que chaque région soit dirigée par un clan. Nasrallah a abandonné cette option. Il appelle à un Etat partagé par tous les Libanais. Il a aussi mis l'accent sur le rôle national de la résistance à travers les partis qui l'ont initiée, donc à travers notre parti. Finalement la relation entre le Hezbollah et le PCL pendant la dernière guerre a créé des liens plus étroits entre nos militants et les partisans du Hezbollah. Ces facteurs nous poussent à dire que la possibilité de travailler ensemble entre le Parti communiste libanais et le Hezbollah est réelle. Bien sûr que cette coopération ne va pas se transformer en alliance forte entre les deux partis. Il reste des problèmes sérieux. Le Hezbollah ne fait pas suffisamment le lien entre le processus de libération de l'oppresseur étranger et le processus de changement démocratique et social au Liban. http://pagesperso-orange.fr/polex/palestine-moyenorient/interview_pcl.htm 04/05/2008

Fouad Sinioura et ses alliés du Club David Welsh, choqués et surpris par l’ampleur de la popularité de la grève du 7 Mai, incapables de faire face au danger qui guette désormais le système socio-économique inéluctablement voué à la chute, devaient immédiatement agir. Nous déclarons la guerre à la Résistance
La Patrie est en danger
Unissons-nous contre l’invasion chiite du Liban
Nous appelons à la solidarité arabe
Toutes les marionnettes, de Walid Joumblatt, le « socialiste progressiste » au Mufti Cheikh Mohammad Rachid Kabbani, sont en ce moment à l’œuvre, sous ces mots d’ordre.
Elles se préparent pour les jours qui viennent, à des divers rassemblements autour des lieux de prière sunnites, en vue d’une mobilisation sunnite contre la supposée invasion chiite.
Walid Joumblatt insiste beaucoup sur l’ultime objectif recherché : la liquidation de la Résistance.
E n ce moment même, elles sont à l’œuvre pour la mobilisation générale au Nord, dans la Bekaa Ouest et dans l’Iqlim Al Kharroub, espérant l’entrée dans la scène des groupuscules salafistes, sous la bannière de « Venons au secours de Ahl Al Sunna de Beyrouth
».
Là aussi, le grand « socialiste progressiste » et le Crocodile du Sérail, auteur de toutes les pages noires de notre Histoire Moderne rédigées depuis juillet 2006, préviennent de toute action déviant du but ultime recherché : mobilisation générale du peuple, soutenue par une intervention militaire arabe assistée par les grandes puissances, en vue de la liquidation de la Résistance.

La Résistance , dans toutes ses formes, définitivement éradiquée, toutes les voix revendiquant le pain et la dignité humaine, avec elle La lutte des classes est à son comble avec la grève générale décrétée par la C.G .T.
Cette lutte se poursuivra jusqu’à la satisfaction des revendications populaires, avec ou sans l’Opposition, pacifiquement, mais avec détermination car tout simplement, et loin des hypocrisies et manœuvres politiciennes, le pain, le lait, l’énergie et la reconnaissance de l’effort humain, manquent dans les foyers.
Cette lutte s’amplifiera car la politique de Sinioura et de ses alliés touche désormais tous les foyers sans aucune exception, chiites, sunnites, maronites, druzes ou autres.
Cette lutte se poursuivra car elle est une des formes de cet acte de résistance qui n’a aucune couleur confessionnelle.
Si la pauvreté et la faim ne distinguent plus nos foyers par leurs couleurs confessionnelles, politiques ou idéologiques, comment voulez-vous que les voix se taisent, pire encore s’entretuent, si ce n’est pour secourir un système politique et socio économique obsolète ?
Désormais, notre dignité humaine, l’avenir de notre jeunesse et notre fierté de citoyens libanais attachés à la souveraineté de notre Liban se résument en un seul acte : résister.
Nous résisterons par les armes face à quiconque qui piétinera notre sol et nous résisterons par la branche d’olivier face à quiconque des nôtres qui, déçu d’assister au début de la fin de ses privilèges de classe, tentera de rallumer la guerre civile.
Mères, à toutes nos mères souffrantes nous répondrons : PRESENTS
.


9 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

9-1 Le parti du pouvoir en place mène son dernier combat contre le Hezbollah : l’Etat sera à nous seuls ou ne sera pas.

Après l’échec des dernières tentations de David Welsh pour exiler Michel Aoun, en essayant de ramener le Hezbollah au camp de l’alliance quadripartite et ceci en leur promettant de classer le dossier des armes selon ce qu’a clairement déclaré le député Walid Joumblatt, promesse refusée par le Hezbollah… Et alors que l’impossibilité de franchir le pas suicidaire d’élire un Président de la République à la majorité absolue est maintenant claire, et après le retour du secrétaire général de la ligue arabe Amr Moussa de sa tentative de faire tourner la machine du dialogue, et quelques jours avant l’arrivée du Président américain Georges Bush dans la région le 13 mai qui correspond à la date prévue pour la séance d’élection du Président de la République , le parti de la majorité s’est pressé d’opter pour une ascension de la crise qui indique le début d’une semaine chaude, comme s’il lui avait été demandé de pousser la crise libanaise sur le chemin de l’explosion qui sonne le glas de toutes les tentatives et médiations visant à ranimer le dialogue entre les libanais pour arriver à une solution libano libanaise pour la crise. Il apparaît clairement que le parti du pouvoir en place mène une guerre de renversement de tout ce qu’il considérait comme bases et lignes infranchissables qu’il ne conviendrait pas de mêler au conflit politique qui l’oppose à l’opposition, et notamment l’institution militaire et son chef consensuel, et les forces de la sécurité intérieure, et le pouvoir judiciaire, et ceci en soulevant l’affaire de présence de caméras de surveillance dans les environs de l’aéroport de Beyrouth au service du Hezbollah ainsi qu’un réseau de télécommunication propre à ce dernier, pour pousser l’accusation plus loin et considérer cela comme « un projet d’expansion » pour étendre son hégémonie sur la totalité du territoire libanais. En réalité ceci n’est pas nouveau, tout le monde sait que le Hezbollah, son chef et la résistance sont depuis la guerre de Juillet la principale cible de l’Etat hébreux dont les commandants ont reconnu vouloir attenter à la vie du secrétaire général du parti et de ses chefs, ce qui a nécessité la création d’un réseau de protection de la résistance, que le gouvernement de Seniora, avant de devenir le gouvernement d’un parti, reconnaissait dans sa déclaration ministérielle et en reconnaissait également les prérogatives, à savoir les réseaux de sécurité, dans les camps palestiniens ou dans l’entourage de la résidence des principaux commandants du parti en place dans la capitale et le reste des régions. Que cette affaire ait été soulevée maintenant, après l’échec des deux tentatives de séparation entre Aoun et le Hezbollah, et entre le Hezbollah et l’opposition, indique l’existence d’un plan visant à démonter cette opposition et à isoler chacune de ses composantes l’une après l’autre, en détail et en gros, même si cela nécessiterait de porter un coup à l’image de l’institution militaire en montrant qu’elle est incapable de tenir la sécurité dans le pays, avec tout le mal que cela porterait à l’image du chef de l’armée, et en montrant que les dispositifs de sécurité ainsi que les forces de sécurité sont vendues et impuissantes, sur la base du principe suivant : « le gouvernement sera à nous ou ne sera pas » ! Et dans ce contexte, les observateurs se demandent pourquoi le pouvoir du fait accompli, alors qu’il en a le pouvoir, n’a-t-il pas résolu les deux affaires de l’aéroport et du réseau de télécommunication comme il le faisait avec le Hezbollah avant et qui a toujours été un succès, et pourquoi soulever ces deux affaires sur les plans politiques et médiatiques, et pourquoi n’ont-ils pas résolu l’affaire sur les plans sécuritaires et judiciaires, plutôt que de faire transpirer des courriers militaires secrets, où est la responsabilité des ministres de la défense, de la sécurité et de l’intérieur dans cette affaire ? Le traitement des espaces de sécurité comprendra t il tous les espaces de sécurité ou uniquement ceux de la résistance ? Les observateurs remarquent que cette évolution est concomitante à la campagne internationale menée contre la Syrie et l’Iran, ainsi qu’au retour des affrontements dans la rue, à commencer par la bombe sonore lancée sur les manifestants à Riyad El Solh, en passant par les affrontements nocturnes à Ouzai, Mazraa et d’autres régions, dans un climat hostile où le Hezbollah est accusé de chercher à contrôler la route littorale sud, en y créant des points de concentrations armées. Ces affaires, pourraient être traitées par le dialogue que le parti en place n’a de cesse de refuser. Et dans l’attente des décisions que prendra le gouvernement du fait accompli durant sa prochaine séance concernant les deux affaires de l’aéroport et du réseau de communication, une force importante composée de représentants de syndicats, ordres, et forces ouvrières s’apprête à un vaste mouvement pour demander une augmentation des salaires bloqués depuis 1996, ainsi que l’augmentation du salaire Minimum, et le freinage de la cherté de vie qui plombe le pouvoir d’achat de la livre libanaise qui croule sous le poids de la dette et les politiques économiques qui finiront par provoquer une explosion sociale. En bref, il est évident que le pouvoir en place tend à aggraver la crise, dans le but, peut être, de l’internationaliser après avoir fait échouer les tentatives de libanisation et d’arabisation, tandis que la solution par le dialogue est entre ses mains. Ce qui pose la question suivante : Quels intérêts ce pouvoir sert-il ? http://www.rplfrance.org/ 5 mai 2008 Tayyar.org


9-2 Sayyed Nasrallah : 'Nous allons nous défendre contre la déclaration de guerre du Gouvernement

Le Secrétaire général du Hezbollah a tenu une conférence de presse pour aborder les récents développements au Liban, en particulier la situation tendue dans les rues provoquée par les dernières décisions adoptées par le gouvernement inconstitutionnel de Fouad Saniora.
Sayyed Nasrallah a déclaré que la coalition au pouvoir a poussé le pays dans une situation totalement nouvelle.
"Les décisions des dirigeants sont une déclaration de guerre," a prévenu le Sayyed.
Par Mohamad Shmaysani

Concernant le réseau de télécommunications, Sayyed Nasrallah a déclaré que les réseaux de communication étaient nécessaires pour toutes les armées, les partis ou les milices.
"C’est un élément clé du contrôle et du commandement qui nous a conduit à la victoire," a expliqué Sayyed Nasrallah.
"Le réseau de communications existe depuis bien avant l'an 2000, mais il a été amélioré», a-t-il ajouté.
Sayyed Nasrallah a rappelé que le rapport Winograd avait recommandé la destruction du pouvoir de contrôle et de commandement du Hezbollah.
Le Sayyed a précisé que l'utilisation des systèmes de communication sans fil avait causé la mort de nombreux cadres et dirigeants de la résistance lors des précédentes guerres en ajoutant que le «réseau de communications de la résistance" était un système qui relie les bases et les maisons des dirigeants afin d'éviter les écoutes téléphoniques et la surveillance de l'ennemi.
«Notre réseau de communications n'est pas un service téléphonique commercial, mais plutôt un système de communication militaire qui soutient la résistance", a souligné le Sayyed .
Le gouvernement de Jumblatt a déclaré la guerre, notre devoir est de nous défendre
Le chef du Hezbollah a révélé qu’"il y a quelques mois, la question du réseau de communications avait été soulevée par la coalition au pouvoir, donc nous avons pris contact avec eux afin de les
rassurer. Nous avions prolongé une ligne de la banlieue sud de Beyrouth à Beyrouth au cours des jours qui ont suivi la guerre de 2006. Ils nous ont dit qu’ils avaient un problème avec cette arme et donc nous avons répondu en coupant la ligne.
Ils nous ont dit que nous étions en train d’installer une ligne entre Jbeil et Kesserwan et nous avons nié.
Ils nous ont dit que nous étions en train d’installer une ligne vers Tripoli et nous avons nié. Ils nous ont dit que nous avions installé une ligne de communications entre Dahiyeh et le sud du Liban, ce que nous avons reconnu
.
Ils nous ont dit qu'ils craignaient que nous installiions une ligne en direction du secteur de Chouf, et nous leur avons répondu que cela n'arriverait jamais. Ils ont été rassurés.
Plus tard, ils nous ont dit qu'ils fermeraient les yeux sur l’ensemble de notre réseau de communications réseau si nous mettions fin au sit-in dans le centre ville de Beyrouth. Si nous avions accepté, est-ce que notre réseau de communications serait devenu légal ?
Donc, nous avons refusé ce chantage.

En dehors de cela, le gouvernement inconstitutionnel de Walid Jumblatt, et non de Fouad Saniora parce qu'il n’est qu’un employé de Joumblatt, a de nouveau soulevé cette question. Donc, le gouvernement de Jumblatt s’est réuni et a pris sa décision en cette nuit bien sombre."
Sayyed Nasrallah a déclaré que la décision de la coalition au pouvoir considérant le réseau de communications comme une agression contre la souveraineté du Liban était une déclaration de guerre.
"Le gouvernement Joumblatt a déclaré une guerre par procuration à la résistance pour le compte d'Israël et des États-Unis… Cette coalition est dans une situation précaire.
L’un de leurs objectifs est de pousser l'armée libanaise dans une confrontation avec la résistance après que toutes les conspirations se soient révélées vaines.
Notre réponse à ces décisions : Celui qui nous déclare la guerre, même si c’était mon père, nous l’affronterons et nous nous défendrons, ainsi que nos armes. Le réseau de communications est la partie la plus importante de nos armes.
Après les sombres décisions du gouvernement Joumblatt, nous estimons qu’une guerre a été déclenchée contre nous et notre devoir est de nous défendre ainsi que nos armes, celui qui prévient est excusé.
Toutes les lignes rouges ont été franchies, aussi, peu importe qui ils sont, nous ne serons pas indulgents. Nous avons des informations qui disent que le réseau de communications n’est que le premier pas vers la destruction des capacités de la résistance."

Le gouvernement inconstitutionnel a également décidé d'incriminer quiconque a pris part à la construction de ce réseau, et quiconque l'utilise.
"Le réseau est au Hezbollah, et je suis le secrétaire général du parti, le réseau m'appartient et je l'utilise. Quiconque travaille dessus est un Mudjahid… Il est interdit de viser ces personnes… les viser, c'est viser les bras de la résistance", a dit le Secrétaire Général du Hezbollah.
Le Sayyed a ajouté que les choses doivent être dites clairement depuis que la situation a changé après "les sombres décisions du gouvernement Jumblatt."
"Nous détiendrons celui qui nous détient. Nous ouvrirons le feu sur celui qui ouvre le feu sur nous… Walid Jumblatt a admis être un menteur ; il a admis être un tueur, alors, qui gouverne le pays aujourd'hui ? Ce n'est pas une coalition au pouvoir, c'est un gang.
B.G. Shqeir et la question de l'aéroport
Sur la question de l'aéroport soulevée par Jumblatt, Sayyed Nasrallah a dit que le responsable de cette affaire est le Brigadier Général Wafik Shqeir.
"Shqeir n'appartient pas au mouvement Amal, ni au Hezbollah ni à une autre force d'opposition. Le problème est qu'ils veulent étendre leur contrôle sur l'aéroport, pas pour voler parce qu'ils le font déjà ; ils veulent transformer l'aéroport en base du Mossad, du FBI et de la CIA. C'est la raison pour laquelle il est devenu nécessaire de renvoyer Shqeir. Nous ne le tolèrerons pas.
Le vice-président du Haut Conseil Islamique Shiite, Sheikh Abdul Amir Qabalan, a appelé Saniora et lui a dit que si Shqeir avait fait quoique ce soit de condamnable, alors ouvrez une enquête, sinon, pourquoi le révoquer ?
Il ne défendait pas un officier shiite. Lorsqu'un officier patriote comme Shqeir est renvoyé, d'autres officiers patriotes sont menacés d'être mis à la porte.
Saniora a promis de faire ce qu'il pouvait dans le cas de Shqeir, mais que peut-il faire ? Il n'est qu'un employé. La décision de renvoyer Shqeir est illégitime.
Tout autre officier qui sera nommé à la tête de l'organe de sécurité de l'aéroport devra savoir qu'il est un imposteur, dont la mission est de transformer l'aéroport en une base pour le Mossad, la CIA et le FBI.
La trahison et la collaboration n'ont pas de religion.
La coalition au pouvoir a créé la crise actuelle
Sayyed Nasrallah a dit : "Nous ne tolèrerons pas que notre existence et notre légitimité soient visées. S'ils veulent dialoguer pour parvenir à un règlement, nous sommes prêts. La sortie de la crise, c'est que le gouvernement inconstitutionnel de Jumblatt retire ses décisions."
"La sédition sunni-shiite ne nous inquiète pas. Le problème réside entre un projet US et un projet de résistance. A la suite de la guerre de juillet 2006, nous avons subi une campagne brutale de la part de politiciens, de journalistes, d'écrivains, d'experts et autres ; toutefois, ils n'ont pas réussi à déformer l'image de la résistance. Nos armes ne sont pas destinées à attaquer quiconque, ni de faire un coup d'Etat.
Vous (la coalition au pouvoir) vous vous êtes tirés dessus vous-mêmes. Si nous voulions faire un coup d'Etat, vous vous seriez réveillés ce matin en prison.
Répondant à une question sur l'évaluation du Hezbollah des positions de l'Arabie Saoudite, Sayyed Nasrallah a exprimé l'espoir que le royaume ne répète pas son erreur de 2006 et travaille avec sagesse en ne prenant pas partie pour un groupe contre l'autre.
Un journaliste a demandé à Sayyed Nasrallah ce qu'il pensait de l'appel du Mufti Kabbani demandant à ceux qu'il a appelé "les agresseurs" de se retirer de Beyrouth.
Le Secrétaire général du Hezbollah a souligné qu'il n'y a pas d'agresseurs dans la capitale et que les gens sont les habitants de Beyrouth, "les gens qui vivent à Beyrouth et votent à Beyrouth."
"Il n'y a pas de guerre civile et les faits sont rapportés de manière exagérée. Oui, il y a un présage de guerre, mais c'est la guerre que les autres ont imposée. Nous ne voulons la guerre avec personne. Ceux qui ont pris ces sombres décisions qui pourraient conduire à la guerre devraient les retirer, et tout sera terminé."
Le Sayyed a souligné : "Nous négocions au sujet d'élections, pas au sujet de combats."
"Notre résistance n'est pas confessionnelle… et ne cherche pas le pouvoir. Je ne demande pas de soutien, je ne demande pas d'aide ; tout ce que je demande, c'est qu'on nous comprenne et qu'on ne nous entraîne pas sur une voie qui ne bénéficiera qu'aux USA et à Israël, qui célèbre son 60ème anniversaire sur les ruines de ce qui, pour nous, est sacré."
http://www.alterinfo.net/
9/05/2008

9-3 Selon le Mossad, l'enfer au Moyen-Orient devait commencer le 25 avril.

Le Mossad israélien avait prévu d'assassiner le 25 avril, probablement par sa méthode préférée, une voiture piégée, le chef du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah.
Par Wayne Madsen

WMR a appris, de ses sources dans les services de renseignements au Moyen-Orient, qu'une fuite du bureau du Premier ministre israélien, Ehud Olmert, a abouti au sabordage d’une opération des services de renseignements israéliens à Beyrouth qui aurait été la première d’une série d'événements qui aurait probablement déclenché la guerre entre Israël et le Liban, la Syrie et, sans doute, entre l'Iran et les États-Unis.
Le Mossad israélien avait prévu d’assassiner le 25 avril, probablement par sa méthode préférée, une voiture piégée, le chef du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah.
Comme l'assassinat aurait été le "prétexte parfait» pour le déclenchement d’une guerre au Liban, impliquant Israël, les États-Unis, la Syrie et l'Iran, un responsable du bureau Olmert a divulgué le projet d'assassinat.
Quand il est devenu évident qu'il y avait une fuite, le Mossad a sabordé l'ensemble de l'opération.
Immédiatement après, la CIA et le Hezbollah ont été informés du plan. On sait que des agents de la CIA à la retraite et l'entrepreneur Roland Carnaby, un libano-américain, ont des contacts étroits avec toutes les différentes factions libanaises.
Le 29 avril, quatre jours après le projet d'assassinat de Nasrallah par le Mossad, Carnaby a été tué en plein jour par la police de Houston. WMR avait précédemment indiqué que Carnaby avait réussi à infiltrer un réseau du Mossad actif dans la région de Houston.
Il est clair qu'Israël n'aurait pas procédé à l'assassinat Nasrallah sans que la cellule des Neocons, opérant dans le bureau du Vice Président, Dick Cheney, et plus largement dans l'US Air Force, la CIA et d'autres organisations fédérales, soient au courant et l’aient approuvé.
L’assassinat de Nasrallah par Israël aurait abouti à une frappe massive du Hezbollah sur Israël et, éventuellement, de Moqtada al Sadr en Irak sur les troupes américaines dans ce pays.
La massive flambée de violence entre les États-Unis et les forces shiites en Irak aurait préparé le terrain à une frappe américaine sur les soi-disant camps d'entraînement en Iran et d'autres cibles.
WMR a également obtenu une copie de la plainte civile déposée par la veuve de Carnaby, Susan Carnaby, contre la ville de Houston pour la mort injustifiée de son mari.
Source : http://portland.indymedia.org/
Traduction : MG pour ISM

n° 351 - Brèves de Palestine -08-05-: Le Hamas refuse le déploiement des forces internationales à Gaza.

n° 351 - Brèves de Palestine -08-05-: Le Hamas refuse le déploiement des forces internationales à Gaza. -


Brèves de Palestine                                                             

 N°351                    08-05

Par  M.Lemaire



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Tiré à part :

Protestation contre le salon du livre de Turin avec Israël comme invité d’honneur.

1 Les brèves

1-1 Le Hamas refuse le déploiement des forces internationales à Gaza.

1-2 Abou Zouhri : Rice renforce la sécurité de l’autorité et de l’occupation pour frapper la résistance.

1-3 L’Égypte a commencé le 1er mai 2008 ses livraisons de gaz à Israël.

1-4 Les eaux usées inondent Ascoolah dans le quartier Zeitoun, près de la ville de Gaza.

1-5 Gaza : L’autorité d’occupation alimente l’Unrwa en carburant.

1-6 Israël en négociations pour devenir le premier pays à recevoir les avions F35.

1-7 Participation israélienne à un exercice de sauvetage de l’OTAN : 'Le portail des Sous-marins'.



Tiré à part :

Protestation contre le salon du livre de Turin avec Israël comme invité d’honneur. La décision de choisir Israël comme invité d’honneur du Salon du livre de Turin (nord de l’Italie) est contestée, plusieurs écrivains, intellectuels et artistes ainsi que l’association "Free Palestine" ont décidé de protester contre ce choix en organisant lundi 5 et mardi 6 mai à l’université de Turin un séminaire intitulé "les démocraties occidentales et le nettoyage ethnique de la Palestine ". Un des porte-parole de ce mouvement, Tariq Ramadan, a critiqué lundi l’annonce de l’inauguration du Salon par le président de la République Giorgio Napolitano, estimant que cette visite "confirmait qu’il s’agit d’un événement politique et non pas culturel", selon l’agence Ansa. mardi 6 mai 2008



1 Les brèves Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

1-1 Le Hamas refuse le déploiement des forces internationales à Gaza.

 Le mouvement du Hamas a refusé l’appel au déploiement des forces internationales dans la bande de Gaza pour protéger le peuple palestinien, tout en considérant que cet appel représente une solution inefficace.
Il a appelé à lever du blocus sioniste imposé contre la bande de Gaza au lieu de déployer des forces internationales qui ne présenteront rien aux Palestiniens. Le porte-parole du mouvement du Hamas Fawzi Barhoum a dit que la proposition de déploiement de forces internationales dans la bande de Gaza est refusée, parce que le peuple palestinien veut mettre fin à l'occupation et lever le blocus sioniste imposé contre Gaza. Il a ajouté que ces appels sont inefficaces, parce que les forces internationales vont occuper la bande de Gaza pour garantir l'occupation sioniste et servir ses intérêts. Barhoum a considéré que l'acceptation de l'autorité palestinienne à Ramallah de l'appel au déploiement de forces internationales à Gaza représente l'état de l'échec politique de l'autorité. Il a dit : "L'autorité a accepté l'appel au déploiement des forces internationales à Gaza après qu'elle s'est liée aux projets défaitistes". Il a ajouté que l'acceptation du front démocratique vient dans le cadre de ses relations avec l'OLP et le président de l'autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Le journal sioniste "Jerusalem Post" avait rapporté, dans son numéro d'aujourd'hui lundi 5/5, que le premier ministre français François Fillon a informé la commission américo-sioniste que son pays et l'Europe ne peuvent pas participer aux forces internationales pour appuyer les services de sécurité palestinienne après l'accord des parties concernées.  5/05/2008 Gaza - CPI


1-2 Abou Zouhri : Rice renforce la sécurité de l’autorité et de l’occupation pour frapper la résistance.
Le porte parole du Hamas, Dr. Sami Abou Zouhri a accusé la ministre américaine des affaires étrangères, Condoleeza Rice, de travailler pour renforcer les coopérations sécuritaires entre la sécurité de l’autorité palestinienne et les services de renseignements de l’occupation pour frapper la résistance nationale palestinienne.
Abou Zouhri a dit dans sa déclaration à "Qods Press" que la visite de Rice dans la région vise à renforcer le compromis prétendu de paix avant l'arrivée du président George Bush au Moyen-Orient, et il a dit qu'elle tente d'organiser les efforts israélo-palestiniens pour frapper avec force la résistance nationale.
Il a souligné que Rice a exprimé ces tentatives de frapper la résistance lorsqu'elle avait dit que la direction américaine veut s'assurer de l'utilité de lutte de l'autorité palestinienne contre le terrorisme (la résistance).
Abou Zouhri a affirmé que la visite de Rice est connue d'avance et qu'elle va échouer, car il n'existe aucun horizon politique sioniste, ni volonté politique d'arrêter ses agressions continuelles contre le peuple palestinien
. Il a également ajouté que les efforts de Rice pour frapper la résistance vont échouer, car cette résistance est devenue l'unique projet du peuple palestinien et qu'il est impossible de l'exterminer. Il a confirmé que les activités militaires de la résistance progressent, de jour en jour, contre les forces armées de l'occupation. Gaza – CPI 05/05/2008

1-3 L’Égypte a commencé le 1er mai 2008 ses livraisons de gaz à Israël.

Le Parlement égyptien exigé, en vain, la dénonciation du contrat au motif que le prix de vente est largement inférieur eu cours mondial et constitue donc une subvention publique égyptienne à Israël. Malgré de vifs débats parlementaires, l’Égypte a commencé le 1er mai 2008 ses livraisons de gaz à Israël. East Mediterranean Gas (EMG) s’est engagé à livrer 1,7 milliards de mètres cubes de gaz par an à Israel Electric Ltd. durant 15 ans. La première tranche du contrat prévoit des livraisons aux centrales électriques de Tel-Aviv et Ashdod, permettant à la société israélienne d’accroitre sa production de 20 %. Le Parlement égyptien exigé, en vain, la dénonciation du contrat au motif que le prix de vente est largement inférieur eu cours mondial et constitue donc une subvention publique égyptienne à Israël. EMG a installé un gazoduc sous-marin pour effectuer ses livraisons. Le consortium est détenu à 53 % par l’Égyptien Hussain K. Salem et à 25 % par l’Israélien Yosef Maiman. Hussain K. Salem est le célèbre agent de renseignement qui organisa à la demande de Bush père la « filière égyptienne » (via l’Egyptian-American Transport Service Company —EATSCO— qu’il détenait avec Thomas Cline) lors du deal visant à retarder la libération des otages états-uniens à Téhéran pour qu’elle ne profite pas au président Carter (« October Surprise »). Cette filière fut ensuite utilisée pour les trafics d’armes de l’affaire Iran-Contras. Yosef Maiman est un autre célèbre agent de renseignement qui organisa les réseaux du Mossad en Amérique latine et fut l’éminence grise du président péruvien Alejandro Toledo (2001-2006). Proche du président Shimon Peres, il est administrateur du Centre d’études stratégique Jaffee et de l’International Policy Institute for Counter Terrorism. Sa société, Merhav-Ampal-American Israel Corporation, détient entre autres la 10e chaîne de télévision israélienne. Elle est aujourd’hui présente dans une cinquantaine de pays dans le monde, notamment en Asie centrale. 6/05 source:voltaire.net http://www.maghreb-observateur.qc.ca/news/146/


1-4 Les eaux usées inondent Ascoolah dans le quartier Zeitoun, près de la ville de Gaza.
L'inondation a endommagé la machine qui sépare les déchets solides des déchets liquides et elle ne peut pas être réparée avant de trouver des pièces de rechange. Jusqu'à présent, il n'y a pas eu d'autres inondations aujourd'hui. Il existe trois autres stations d’épuration dans la ville de Gaza qui n'ont pas de bassins de débordement et pas de carburant pour les générateurs électriques, mais à ce jour, elles n’ont pas fait l'objet d'inondation.
Les eaux usées sont également dirigées vers deux bassins d’eaux de pluie dans des zones dégagées à Cheikh Redwan dans la ville de Gaza et au centre du camp de Jabalia.
Selon l'OMS, le principal risque pour la santé est la diarrhée qui se propage par les mouches qui prolifèrent à proximité des eaux usées. Cela touche particulièrement les jeunes enfants et les personnes âgées.
La situation de l’eau reste la même avec 30% de la population qui reçoit de l'eau courante une fois par semaine, 40% une fois tous les quatre jours et 30% cent une fois tous les deux jours .
Les coupures d'électricité restent à trois ou quatre heures par jour.
Point sur le carburant:
L’association propriétaire des stations-services ont vidé les citernes de Nahal Oz et stockent l’essence dans sept endroits dans la bande de Gaza. Ils disent qu'ils vont continuer à prendre de carburant de Nahal Oz, mais qu’ils ne le vendront pas au public jusqu'à ce qu’Israël garantisse un approvisionnement suffisant. Un comité de l'association se réunira pendant le week-end pour décider ce qu’ils vont faire avec le carburant qu'ils ont maintenant
Concernant le gaz de cuisine, l'association affirme avoir reçu 290 tonnes de gaz de cuisine (besoin quotidien de 350 tonnes). L'essentiel a été distribué aux boulangeries et aux institutions et le reste est en train d'être distribué au public qui n’est autorisé qu’à acheter 6 kg par famille. Une bouteille de gaz normale fait 12 kg.
Gaz industriel : 1.000.000 litres devraient être distribués aujourd'hui.
Judith Harel 05-05
Communication and Media Analyst
Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
Source : http://www.ochaopt.org Traduction : MG pour ISM http://www.ism-france.org/news/


1-5 Gaza : L’autorité d’occupation alimente l’Unrwa en carburant

 L’autorité d’occupation a approvisionné en carburant l’Agence de Secours et de Travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient dans la bande de Gaza au lendemain de la mise en garde de l’Unrwa sur une inévitable suspension de son aide faute d’essence pour ses véhicules de distribution de vivres. Peter Lerner, porte-parole du coordinateur militaire de l’autorité d’occupation pour Gaza, a indiqué que du fioul avait été livré à Gaza "comme l’avait demandé l’Unrwa", qui apporte de l’aide à environ un tiers de la population de l’étroite bande côtière étranglée par le blocus économique israélien. D’après le porte-parole de l’agence de l’Onu, Christopher Gunness, il existe désormais assez de fioul pour poursuivre les opérations d’assistance alimentaire pendant une vingtaine de jours. Dimanche, l’Unrwa avait affirmé que la pénurie de carburant l’obligerait à suspendre dès ce lundi ses programmes de distribution de vivres concernant 650.000 personnes environ. La bande de Gaza est confrontée à une pénurie de carburant en raison de restrictions aux livraisons imposées par l’autorité d’occupation et d’une grève des distributeurs palestiniens de combustible 06-05


1-6 Israël en négociations pour devenir le premier pays à recevoir les avions F35.
Israel devrait se porter acquéreur de 100 chasseurs F 35 au prix de 100 millions de $ l'unité. Voilà à quoi sert le pognon envoyé par les USA  et autres donateurs. Et pendant ce temps-là, les rescapés de l'Holocauste font les poubelles et la misère ne cesse de grandir en Israel. Voilà l'Etat rêvé par les Sioniques. Cela pourrait se résumer en trois mots : Tracas Famine Patrouille, pour ce qui est de l'Intérieur quant à la situation à l'Extérieur,  grâce aux Sioniques, la Détestation est à son comble ! Mais on achète des avions invisibles pour continuer de bombarder où ça nous chante ! Israël souhaite être équipé rapidement des avions de combat de 6ème génération F35 en remplacement des F16. En faveur des accords commerciaux avec les Etats-Unis, Israël devrait se porter acquéreur d’une flotte de plus de 100 chasseurs F35 Lightning II, alias Joint Strike Fighter (JSF), pour la somme de 100 millions de $ l’unité. Le F35 a pour principale caractéristique de pouvoir décoller à la verticale (pour sa version STOVL), ce qui peut être utile en cas de bombardement des pistes de décollage. Cette technologie est héritée des avions Harrier développés par les Américains McDonnell Douglas et les Britanniques British Aerospace dans les années 1970. Egalement, sa signature radar a été réduite grâce aux angles et à la forme de la structure, assez semblable à celle du F-22 Raptor. Cet avion multi-rôles développé par le constructeur Lockheed Martin, en partenariat avec Northrop Grumman et BAE Systems, doit entrer en service à l’horizon 2010/2011. Une dizaine de pays participent à son financement et à sa réalisation et 2500 exemplaires devraient sortir des usines dans les 15 prochaines années. L’industrie israélienne participe activement à ce programme de développement, notamment dans le cadre de l’électro-optique et des instruments du cockpit digital. Seule une quinzaine de F35 sont sortis d'usine actuellement et servent d'étalon de test pour les essais en vol.
La
négociation entre le Ministère israélien de la Défense et Lockheed Martin sont à l'heure actuelle le sujet de controverses entre le Ministère et les dirigeants de l'industrie israélienne de défense. Ces derniers expliquent que ce méga-contrat de 10 milliards de $ va leur coûter une fortune en contrats de réciprocités avec leurs homologues américains. Rappel des négociations sur le F22 Raptor.
L'Armée de l'Air israélienne a consulté le Pentagone depuis début 2007 pour devenir la première force hors des Etats-Unis à bénéficier du nouveau F22. Le F22 Raptor est de loin le plus avancé des avions de combat actuels. Son point fort : l'indétectabilité. En effet, de part sa structure composite, sa forme, sa couleur, il serait indétectable par les radars modernes, notamment les radars russes dont sont équipés les voisins d'Israël. Même les missiles air-air qu'il transporte sont maintenus dans des soutes internes à l'avion pour conserver son indétectabilité. Lors de tir, les missiles sont éjectés des trappes en moins d'une seconde. En plus de dissimuler sa signature radar, le F22 peut cacher également sa signature infrarouge. Sources Israel Valley
Posté par Adriana Evangelizt

1-7 Participation israélienne à un exercice de sauvetage de l’OTAN : 'Le portail des Sous-marins'.

Israël a été invité à prendre part à l’exercice de sauvetage "Bold Monarch" qui se déroulera au large du port d’Arendal (Norvège) du 26 mai au 6 juin. La Russie et plusieurs pays de l’OTAN vont participer, mais ce sera la première fois qu’Israël prendra part à un tel exercice dans les eaux norvégiennes. L’exercice est destiné au sauvetage de l’équipage d’un sous-marin en détresse, bloqué au fond de la mer. Il n’est pas considéré comme un exercice militaire. Le commandant Aage Bernt, de la marine norvégienne, indique qu’il était tout naturel qu’Israël participe. Cette marine dispose aussi de sous-marins et elle pourrait venir à l’aide de sous-marins norvégiens, comme la Norvège pourrait les aider en cas de tragédie.

Référence : The Norway Post http://www.corlobe.tk/article8741.html 6 mai 2008

08/05/2008

n° 350 – Dossier de Palestine- Spécial : Anniversaire de la création d'Israël - 60 ans de désastre Début-


 n° 350 – Dossier de Palestine- Début- Spécial : Anniversaire de la création d'Israël -  60 ans de désastre

Dossier de Palestine  -Début-  

N°350                     08-05

 Par M.Lemaire    



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Qui, en dehors des criminels, célèbrent un crime ?

 60 ans de crimes permanents, ne sont pas une raison pour une célébration mais plutôt une raison d'avoir honte et de se repentir.
Il y a 60 ans,
nous étions agriculteurs, enseignants, travailleurs, commerçants, menuisiers, chauffeurs et poètes .........
maintenant, ils nous font passer pour des "terroristes".
Mais au moins, nous, les "terroristes", combattons contre le crime tandis que les Sionistes aux yeux bleus sont le crime, ces 60 ans de crime!
Les 6 guerres?
les 4 millions de réfugiés?
les 3 millions de personnes occupées?
les 1,5 millions d’otages enlevés?
les 254 km de mur d'Apartheid?
les 562 checkpoints d’humiliation?
les 20,000 prisonniers politiques?
les 468,831 nouveaux colons sur un territoire occupé?
La disparition de la Palestine ?
Le refus des droits de l'homme, des droits nationaux,des droits historiques, des droits politiques des Palestiniens?
L'importation de 4 millions d'imposteurs sur une terre volée, qui n'a jamais été la leur?
60 ans de misère, de privation et ou de nettoyage ethnique?
Que célèbrent-ils ?
La publication d'une résolution des Nations Unies qui, de toute façon, n'était pas contraignante, ce qui leur a permis de rester
ou le refus d'environ 40 autres résolutions qui étaient, elles, contraignantes, mais qui leur demandaient de partir ?
Que célèbrent-ils ?
Les massacres de Deir Yasssin, Sabra et Chatilla, Jénine et Gaza?
Raja Chemayel http://www.ism-suisse.org/

Palestine - 08-05-2008


Sommaire

Qui, en dehors des criminels, célèbrent un crime ?

Tiré à part

Chaque année, l’Indépendance d’Israël est fêtée selon le calendrier hébraïque le 5 Iyar.

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1    Silvia Cattori : Quand les médias dominants diront-ils enfin la vérité sur Israël ?

1-2 Cent personnalités britanniques ont déclaré : Nous n’allons pas célébrer le 60ème anniversaire d’Israël.

2 Les brèves

2-1 Un congrès national à l'occasion de la 60ème commémorations de la Nakba palestinienne.

2-2 Activités de solidarité avec les Palestiniens interdites en Jordanie.

3 Dossier

3-1 Point de vue de Seymour Alexander : "Non : nous ne célèbrerons pas l’anniversaire de la création d’Israël !"

3-2 Point de vue de leh An-Noami, : 60 ans après sa création, Israël cherche toujours la légitimité.



Tiré a part Chaque année, l’Indépendance d’Israël est fêtée selon le calendrier hébraïque le 5 Iyar. En 1948, c’était un 14 mai. Cette année, le 5 Iyar tombant un shabbat, les célébrations ont été déplacées au jeudi 8 mai (3 Iyar). Rachel Samoul
Service d'Information
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1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Silvia Cattori : Quand les médias dominants diront-ils enfin la vérité sur Israël ? Silvia Cattori Le 8 août 2003. Mur de séparation ethnique et désinformation Au moment où Israël, soutenu par les gouvernements occidentaux, s’apprête à célébrer avec faste le soixantième anniversaire de sa création (*), et alors que les Palestiniens, bouclés dans des ghettos, n’ont jamais été aussi opprimés, nous rediffusons un article, écrit en août 2003, qui conserve, malheureusement, toute son actualité.


L’Etat d’Israël a été fondé, en 1948, sur un crime que les victimes palestiniennes ont appelé "Nakba", "catastrophe". Cela s’est traduit par l’expulsion brutale de près de 90% des natifs palestiniens hors de chez eux. Nous pensons qu’il n’y aura aucune paix possible aussi longtemps qu’Israël ne reconnaîtra pas ses torts et ne rendra pas aux Palestiniens ce qu’il leur a extorqué par la force durant ces soixante années.
Alors que la situation des Palestiniens s’est dangereusement aggravée, du fait de l’étranglement maintenu par l’occupant israélien, nos gouvernements devraient avoir la décence de refuser de participer à ces célébrations. Et les journalistes devraient avoir enfin l’honnêteté de dire la vérité sur l’apartheid pratiqué par Israël vis-à-vis des Palestiniens, et de la répéter jusqu’à ce qu’une solution conforme au droit international soit apportée à cette tragédie.
Nous ne devons jamais cesser de chercher l’humaine réalité. Quand on découvre le degré de confusion dans lequel la désinformation a plongé les gens, dans les pays occidentaux, sur la guerre que livre Israël contre le peuple palestinien, on a de quoi s’inquiéter de l’efficacité de la propagande répandue par les autorités israéliennes et leurs relais. Or, si les journalistes avaient gardé une équidistance par rapport aux parties en cause, relaté les faits en toute objectivité, systématiquement rappelé cette chose simple : que les Palestiniens sont victimes d’une immense injustice qui demande réparation - l’arrivée massive sur leur terres d’immigrants de confession juive qui les ont graduellement chassés, persécutés, massacrés en toute impunité - nous n’en serions peut-être pas là. Il ne s’agit pas ici de refaire l’histoire, ni d’être pro-israélien ou pro-palestinien. Il s’agit simplement de savoir reconnaître la vérité des faits et de l’assumer humainement pour rendre justice aux victimes palestiniennes de l’oppression d’Israël, comme on a rendu justice, hier, aux victimes des crimes nazis (dont les Palestiniens ne sont en rien responsables). Israël, fort de ses services de propagande et de renseignements – services qui infiltrent, manipulent, corrompent, tissent des réseaux secrets - a su asseoir son pouvoir sur l’information avec une efficacité redoutable. Répercuter tout ce que cet allié des Etats-Unis décrète et répand est de bon ton dans les rédactions. Par contre, dénoncer ce qui l’incrimine gravement n’est pas convenable. Dans le respect de la vérité et de la justice, les citoyens doivent exiger des journalistes qu’ils cessent de les intoxiquer en rapportant les informations biaisées que les agents de communication, liés aux pouvoirs politiques et militaires dominants, ont pour métier de répandre. Israël et son influent « lobby » sont l’un de ces pouvoirs de manipulation et d’intoxication. Pouvoirs qui savent se faire craindre et que par conséquent, peu osent affronter ou contredire. C’est à force de tromperies et de servilité que certains journalistes obtiennent leurs galons et bâtissent leur carrière. Or, quand les médias nous livrent une information falsifiée ou expurgée, ce n’est pas sans graves conséquences pour les peuples concernés. Ils privent la société d’une connaissance précieuse pour la compréhension des faits et la possibilité d’agir, de secourir les victimes, quand il est encore temps. Les Palestiniens ont déjà trop souffert ; ils ne peuvent plus attendre dix ans, vingt ans. Nous sommes catégoriques : les journalistes portent une lourde responsabilité dans le pourrissement d’une situation qui fait l’affaire d’Israël et pénalise les Palestiniens. Depuis des décennies les grands médias occidentaux, fortement influencés par la propagande militaire israélienne et les organisations juives dans le monde, s’ingénient à accréditer l’idée qu’Israël serait "menacé par les Arabes et les musulmans". Des personnes de confession juive, partout dans le monde, se disent constamment menacées dans leur intégrité. Leurs dires sont tout à fait fantaisistes, mais n’en exercent pas moins une intense pression sur les gouvernements, les médias, l’opinion. De leur côté, des journalistes et des groupes de pression ouvertement pro-israéliens, n’ont pas cessé d’exploiter la souffrance générée par l’holocauste et d’agiter le spectre de l’antisémitisme pour culpabiliser ceux qui demandent justice pour les Palestiniens victimes, à leur tour, d’épuration ethnique, de ghettoisation. Or, quand on découvre l’étendue des persécutions qu’Israël a infligées aux Palestiniens depuis 1948, on demeure stupéfait par cette distorsion de la vérité. Pourquoi, depuis soixante ans, nous a-t-on parlé avec une telle insistance des victimes juives du nazisme alors qu’on passait sous silence les victimes palestiniennes des persécutions israéliennes ? Pourquoi deux poids deux mesures ? Israël, et ses indéfectibles relais, nous ont toujours donné une version totalement faussée de ce qui se passe au Moyen Orient. Les campagnes qui présentent constamment les personnes de confession juive en victimes, ont pour but d’étouffer toute critique à l’encontre de l’État d’Israël ; un État, qui, peu le savent, s’est créé sur de nouvelles injustices : les massacres, la déportation des Palestiniens, l’épuration ethnique qui se poursuit. Israël a toujours justifié ses annexions de terres palestiniennes, ses tueries de civils, ses destructions de villes et villages arabes, ses assassinats « extra judiciaires », en prétextant qu’ils étaient « nécessaires à sa sécurité ». Or, si l’on visite le Moyen Orient, on a vite fait de s’apercevoir que c’est l’État d’Israël - l’unique pays de la région qui possède des armes de destruction massive - qui a créé un climat d’insécurité et de désolation, également pour ses voisins syriens, libanais, irakiens. Depuis que l’Etat d’Israël a été fondé en 1948 - sur les terres palestiniennes, sur la Palestine - il s’est attaché à construire une image négative de l’Arabe et du musulman. Les prétendus « terroristes » qu’il s’agit « d’éradiquer » selon Israël, tout comme les prétendues armes de destruction massive en Irak, qu’il s’agissait de « démanteler » selon les Etats-Unis, ont pour but inavoué, inavouable, d’affaiblir l’adversaire pour mieux l’écraser. Sans la complaisance des médias qui maintiennent le monde dans l’ignorance, cela ne serait pas possible. C’est ainsi qu’Israël a pu mettre en place - sans susciter de réaction majeure des pays réputés « démocratiques » - un des pires systèmes d’apartheid. Tout, il peut tout se permettre : forcer les Palestiniens à vivre dans des ghettos surpeuplés, construire un mur immonde d’apartheid au travers de paysages bibliques sacrés que les Palestiniens n’avaient jamais osé toucher. Israël, qui dispose d’une des premières armées du monde, n’avait bien évidemment pas besoin de ce mur pour sa « sécurité ». Ce mur de séparation ethnique, conçu de longue date, attendait son heure dans les tiroirs. Dès l’annonce de sa construction par le « socialiste » Ehud Barak - en ce funeste mois d’avril 2002 qui est devenu synonyme d’offensives meurtrières et de tragédies - il a obtenu l’appui de toutes les forces politiques israéliennes, camp de la paix inclus. Israël a réussi son pari : mettre le monde devant un fait accompli. Le mur est là. Effrayant, indestructible. Ce mur de séparation ethnique - dont le tracé implique l’annexion de puits, la confiscation de terres, la déportation de villageois - affectera directement et durablement des millions de Palestiniens. Ces derniers, appuyés par le Mouvement de solidarité internationale ISM [1], ont multiplié conférences de presse et actions de résistance pacifique pour tenter d’attirer l’attention des journalistes internationaux basés en Israël et de l’Union européenne. Peine perdue. Ils se sont faits systématiquement brutaliser, jeter en prison, torturer, expulser par l’armée israélienne. Il a fallu attendre une année et demie, le jour où Bush a admis que ce mur constituait « un problème », pour que les médias occidentaux consentent à révéler au monde un peu de sa dimension. Bush, sous la pression de M. Ariel Sharon, se rétractera quatre jours plus tard. Or ce mur, qui emprisonnera les Palestiniens dans des ghettos infâmes, crée un obstacle de plus sur la voie de la paix ; car l’espoir des stratèges du « grand Israël » qui l’ont conçu est d’arriver, avec le temps, à rendre impossible toute reconnaissance des droits des Palestiniens à retourner sur leurs terres. Si le monde a finalement pu se représenter ce qu’est physiquement ce mur dit de « sécurité », ses implications réelles sur la vie des Palestiniens restent largement incomprises. A cause du langage utilisé. Les auteurs de cette nouvelle atteinte à la légalité internationale se sont arrangés à présenter la construction de ce mur honteux de façon qu’il apparaisse comme un « mal nécessaire ». Or ce mur, qui sépare les Palestiniens des Israéliens, officialise objectivement la ségrégation ethnique et rend encore plus précaire la vie des Palestiniens. Voilà où l’asservissement des principaux moyens d’information aux pouvoirs économiques et politiques conduit le monde. À justifier les crimes d’Israël et les mesures d’enfermement illégales des Palestiniens qu’il met en place. A donner l’illusion d’informer sur ce qui se passe en Palestine, alors que la réalité est totalement travestie. Si les correspondants occidentaux avaient révélé les nouvelles injustices que ce mur honteux allait imposer aux Palestiniens, Israël n’aurait peut-être pas pu l’ériger. Lorsqu’il en a annoncé le projet, il s’était attendu à de vives réactions ; le silence de l’Occident lui a donné carte blanche. C’est ainsi que, fort de cette impunité, en mars 2003, M. Sharon a modifié le tracé de ce mur de façon à annexer plus de terres et de colonies que prévu initialement. Peu après, conforté par l’indifférence du monde, il a encore annoncé l’ajout d’un mur supplémentaire qui enfermerait la Cisjordanie en entier. Les colonies, toutes illégales, qui sont la racine de tous les maux - soit quelque 450’000 nouveaux colons illégaux - sont les premières bénéficiaires de ces conquêtes territoriales. Il y a des êtres de grande probité qui payent de leur vie leur volonté de dire au monde les horreurs dont ils sont les témoins. Témoins que l’armée israélienne - très soucieuse de son image - chasse sauvagement, assassine, jette en prison. Israël qualifie toute personne qui dénonce ses crimes, comme « une menace pour sa sécurité ». Je songe ici à ces photographes et cameramen palestiniens pour commencer, qui ont à cœur de nous informer honnêtement et de témoigner de la souffrance de leur peuple au risque de leur vie. Leurs images, si difficilement arrachées, sont le plus souvent expurgées, voire dénaturées, par nos journalistes qui ne nous les montrent, du reste, qu’au compte gouttes, préférant se servir des films fournis par les services de propagande militaire israéliens. Ces reporters, ont été les meilleurs alliés des internationaux de l’ISM, présents comme eux, depuis mars 2002, sur ces lieux où l’armée israélienne mène des offensives particulièrement meurtrières. Ces hommes et femmes qui, par leur seule présence, caméra au poing, défient l’armée israélienne, méritent toute notre estime. Chacun de nous se souvient de Raffaele Ciriello, ce photographe italien qu’un soldat israélien a délibérément tué à Ramallah, au début de l’offensive militaire de mars 2002 [2] ; une offensive meurtrière toujours en cours, qui n’épargne pas ceux d’entre les journalistes étrangers qui veulent franchir le blocus militaire israélien pour entrer dans les quartiers palestiniens que l’armée israélienne a décrété « zones militaires ». Silvia Cattori Le 8 août 2003. [1] Voir le site de l’ISM : http://www.palsolidarity.org/

1-2 Cent personnalités britanniques ont déclaré : Nous n’allons pas célébrer le 60ème anniversaire d’Israël. Voir cette video : If Americans Knew Video seen by half a million people on youtube http://www.youtube.com/watch ?v=ynWjYHP91gA


2 Les brèves Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

2-1 Un congrès national à l'occasion de la 60ème commémorations de la Nakba palestinienne. L'association des "professeurs des universités" a annoncé la poursuite de ses préparatifs pour tenir le congrès de l'entente nationale, le 15 mai prochain, à Gaza pour commémorer la 60ème occasion de la (Nakba) du peuple palestinien, sous le slogan " transformez la commémoration de la Nakba à une journée de l'unité nationale". Il est prévu que le mouvement du Hamas, du Fatah et du Djihad islamique vont participer à un congrès national, pour la première fois depuis, depuis les événements de Gaza, le 14 juin 2007. L'association a envoyé une invitation au secrétaire général du front démocratique, Nayef Hawatma, pour participer au congrès, tout en disant que tous les palestiniens à Amman, Beyrouth, Damas, Ramallah, Al-Nassera et à Gaza vont participer à ce congrès et que les secrétaires généraux des factions palestiniennes vont donner des discours des lieux de leurs séjours. Les organisateurs du congrès ont déclaré que le mouvement du Hamas, la direction du front démocratique, le front populaire et le mouvement du Djihad islamique ont affirmé et annoncé leur participation, tout en indiquant qu'ils coordonnent avec la direction du mouvement Fatah en Cisjordanie et la bande de Gaza, ainsi que le bureau du président de l'autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, pour participer à ce congrès. Le président de l'organisation, Houssam Adwan, a exprimé son espoir que ce congrès va conduire à un dialogue palestinien général pour finir les désaccords palestiniens internes. Gaza – CPI


2-2 Activités de solidarité avec les Palestiniens interdites en Jordanie.

Le gouverneur de la capitale jordanienne Amman a refusé la demande du parti du travail islamique d'organiser, vendredi prochain, un festival populaire à l'occasion de la 60ème commémoration de la grande catastrophe (Nakba) du peuple palestinien.Le responsable du dossier palestinien au bureau exécutif du parti, Hekmat Al-Rawasheda, a critiqué ce refus en exprimant, dans une déclaration de presse publiée par le site internet du parti, son étonnement envers la décision du gouverneur d'Amman et du gouvernement jordanien d'interdire ces activités.
Il a ajouté que le refus de ces activités sert l'ennemi sioniste. Il a attaqué la position du gouvernement
jordanien (inconstitutionnel) envers les activités qui visent à rappeler la 60ème commémoration de la catastrophe (Nakba) du peuple palestinien, au moment où ce même gouvernement permet à l'ambassade sioniste à Amman de célébrer la commémoration de l'occupation sioniste en Palestine. Il est à noter que le gouvernement jordanien a interdit au mouvement islamique d'organiser des activités de solidarité avec le peuple palestinien, notamment avec les habitants de la bande de Gaza qui vivent sous un sévère blocus sioniste. [ 07/05/2008 - 13:00 ] Amman – CPI



3 Dossier Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

3-1 Point de vue de Seymour Alexander : "Non : nous ne célèbrerons pas l’anniversaire de la création d’Israël !" Le quotidien britannique The Guardian, publie dans son édition du 30 avril, un article dont on chercherait en vain l’équivalent dans un grand journal français. Il s’agit de la déclaration de plus de 100 personnalités juives qui affirment notamment : "Nous ne saurions célébrer l’anniversaire d’un Etat qui, encore aujourd’hui, pratique l’épuration ethnique, viole le droit international, inflige une punition collective monstrueuse à la population civile de Gaza et continue à dénier aux Palestiniens leurs droits humains et leurs aspirations nationales."

 Ci-dessous le texte traduit par Marcel Charbonnier

"Non : nous ne célèbrerons pas l’anniversaire de la création d’Israël ! Au mois de mai, certaines organisations célèbreront le soixantièmeanniversaire de la fondation de l’Etat d’Israël. Cela peut se comprendre, dans le contexte de siècles de persécutions ayant culminé dans l’Holocauste. Néanmoins, nous sommes des juifs qui ne célèbrerons pas cet anniversaire. Il est manifestement grand temps de reconnaître le récit de l’Autre, le prix payé par un autre peuple en raison de l’antisémitisme et de la politique génocidaire d’Hitler. Comme l’a souligné Edward Said, la Naqba est, aux yeux des Palestiniens, ce que l’Holocauste est à ceux des juifs. En avril 1948, en ce même mois qui vit l’atroce massacre de Deir Yassin et l’attaque au mortier contre des civils palestiniens sur la place du marché de Haïfa, le Plan Dalet a été mis en œuvre. Ce plan autorisait la destruction de villages palestiniens et l’expulsion de la population indigène à l’extérieur des frontières de l’Etat (israélien). Non, nous ne fêterons pas cela ! En juillet 1948, 70 000 Palestiniens furent chassés de leurs maisons à Lod et à Ramléh, au plus fort de la canicule de l’été, sans eau et sans nourriture. Des centaines d’entre eux perdirent la vie. Cet événement est connu sous le nom de « Marche de la Mort ». Non, nous n’avons aucun motif à nous réjouir ! Au total, ce sont au minimum 750 000 Palestiniens qui devinrent des réfugiés. Plus de 400 villages furent rayés de la carte. Mais cela ne mit pas fin à l’épuration ethnique. Des milliers de Palestiniens (citoyens israéliens) furent expulsés de la Galilée , en 1956. Plusieurs milliers de Palestiniens supplémentaires furent expulsés de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Selon le droit international, et comme le stipule la résolution 194 de l’Onu, les réfugiés de guerre ont le droit de retourner chez eux ou d’obtenir une compensation. Israël n’a jamais accepté ce droit. Non ; nous ne ferons pas la fête. Nous ne saurions célébrer l’anniversaire d’un Etat fondé sur le terrorisme, les massacres et la dépossession d’un autre peuple de sa terre. Nous ne saurions célébrer l’anniversaire d’un Etat qui, encore aujourd’hui, pratique l’épuration ethnique, viole le droit international, inflige une punition collective monstrueuse à la population civile de Gaza et continue à dénier aux Palestiniens leurs droits humains et leurs aspirations nationales. Nous ferons la fête quand les Arabes et les juifs vivront, en tant qu’égaux, dans un Moyen-Orient en paix." Seymour Alexander


3-2 Point de vue de leh An-Noami, : 60 ans après sa création, Israël cherche toujours la légitimité. Dans le soixantième anniversaire de la création d'"Israël", les Sionistes veulent montrer qu'ils ont de bonnes raisons d'être fiers. Leur Entité est, de loin, la plus forte, par rapport aux pays arabes, militairement et industriellement. Elle constitue une force économique redoutable. Et dans le domaine politique, elle a pu signer des accords de paix avec des pays arabes de poids, l'Egypte et la Jordanie , et un accord de principes avec l'OLP. De plus, elle a réussi à établir des relations, plus ou moins fortes, avec plusieurs pays arabes et musulmans.
Saleh An-Noami
Cependant, toutes ces réalisations ne pourront pas cacher une réalité tout à fait autre. Regardons quelques exemples de cette réalité.
Tout d'abord, on remarque qu'après 60 ans, "Israël" n'a pu atteindre son but principal consistant à pousser les Musulmans, les Arabes et surtout les Palestiniens à l'accepter. Tout au contraire, c'est la résistance contre elle qui monte en puissance. Bien que les régimes arabes aient depuis un moment démissionné, "Israël" ne sait comment faire face à la résistance palestinienne et arabe.
Après toutes ces longues décennies, elle se trouve toujours obligée d'augmenter le budget de la sécurité. Cette sécurité est dans un point si sombre que des doutes, quant à l'existence de leur Entité, commencent à trouver leur chemin dans les esprits des Sionistes. Les pétitions signées par des généraux en retraite demandant des accords avec les Arabes, avant que leur Entité disparaisse, n'en sont que des exemples.
Et puis en deuxième lieu, le mouvement sioniste n'arrive pas, soixante ans plus tard, à convaincre les Juifs du monde entier à aller vivre en "Israël", l'oasis de paix.
Cela se vérifie au même moment où le nombre de Juifs qui quittent définitivement "Israël" est en augmentation constante. 700 milles d'entre eux sont déjà partis. Non seulement ils refusent d'y retourner, mais beaucoup d'entre eux quittent aussi le Judaïsme.
Et en troisième lieu, la croyance au projet sioniste commence à s'affaiblir. Même des élites déclarent cette nouvelle tendance appelée "après le sionisme". L'ancien président de la Knesset israélienne va jusqu'à dire que "Israël" réagit comme le nazisme et aura le même destin.
Parlons en quatrième lieu de ces mythes sionistes qui commencent à s'effriter les uns après les autres. A titre d'exemple, la pratique confirme le contraire de ce mythe disant que les Juifs constituent un peuple des plus homogènes.
Et si la religion est le lien unificateur, elle reste le seul. Sur le terrain, les courants de la même religion sont en guerre permanente. Et quant à la langue, l'hébreu n'a pu être imposé à tous les habitants de "Israël". Les émigrants russes, qui constituent le plus grand groupe ethnique de l'Entité, parlent toujours leur langue d'origine, ainsi que leur médias.
Par ailleurs, le mythe qui voulait mettre "Israël" en avant, comme étant un paradis d'une démocratie exemplaire, a aussi échoué. Tous les Juifs ne sont pas traités sur le même niveau, mais plutôt selon leurs appartenances ethniques. Les Falashas y souffrent tant que le niveau de suicide n'arrête pas de monter en flèche.
Par ailleurs, personne n'accepte désormais l'allégation consistant toujours à dire que les Israéliens sont des victimes de l'agression israélienne. Un récent sondage réalisé par le réseau américain CBS a confirmé l'avis qu'"Israël" est le deuxième point noir au monde par ses effets négatifs.
Enfin et en résumé, "Israël" est l'unique Entité au monde qui a un problème de légitimité aussi forte. Difficile d'avoir une quelconque légitimité du fait qu'elle ait vu le jour en volant la terre d'un autre peuple. Ajoutons à cela que "Israël" souffre toujours d'une crise d'identité très aigue. En effet, il est impossible pour le mouvement sioniste de créer les ingrédients d'un peuple qui n'existe pas. Ses deux problèmes, la légitimité et l'identité, pousseront sans aucun doute le projet sioniste vers l'abîme, vers l'anéantissement total.
Article rédigé par Saleh An-Noami, résumé et traduit par le CPI

n° 350–Dossier de Palestine-Spécial: Anniversaire de la création d'Israël - 60 ans de désastre -Suite-

 n° 350 – Dossier de Palestine- Spécial : Anniversaire de la création d'Israël -  60 ans de désastre -Suite-

Dossier de Palestine  -Suite-  

 N°350                     08-05

Par M.Lemaire    



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Sommaire

3 Dossier (suite)

3-3 Dossier de Pierre Stambul : Il y a 60 ans, la Naqba.

3-4 Point de vue de Felicity Arbuthnot * : Du Nil à l’Euphrate : les « victimes d’une carte de géographie ».



3-3 Dossier de Pierre Stambul : Il y a 60 ans, la Naqba.

Les Israéliens parlent de l’indépendance d’Israël, proclamée le 14 mai 1948 et aussitôt entérinée par l’ONU. Pour les Palestiniens, c’est la Naqba , la catastrophe, la destruction de leur société et de leurs villages suivie de l’exil de la grande majorité de la population. Aujourd’hui, il y a environ 5 millions de Juifs et 5 millions de Palestiniens qui vivent entre Méditerranée et Jourdain. Les premiers ont un Etat dit « Juif » et occupent 90% de l’espace. Les seconds connaissent marginalisation, discriminations, assassinats « ciblés », misère et privation des droits élémentaires. 60 ans après la Naqba , des millions de Palestiniens sont toujours réfugiés, dispersés dans des camps du Proche-Orient, voire exilés plus loin. 60 ans après, les Palestiniens continuent de payer pour un crime européen : le génocide nazi. 60 ans après, c’est l’impunité d’Israël malgré les violations constantes du droit qui permet la poursuite de la destruction de la Palestine. Une injustice majeure a été commise : un nettoyage ethnique et l’expulsion de tout un peuple de sa terre. Il n’y aura pas de paix sans réparation et cette paix devra reposer sur les droits fondamentaux qui s’imposent à tou-te-s. Une rencontre improbable Beaucoup de guerres trouvent leurs racines dans l’histoire ancienne et proviennent de la manipulation de la mémoire, de l’identité ou de la souffrance. Celle-ci ne fait pas exception. Cette guerre est née de la rencontre improbable entre un peuple autochtone (le peuple palestinien) et des communautés juives (dispersées mais organisées autour d’un projet politique, le sionisme) qui ont eu recours au colonialisme pour conquérir un pays et s’y imposer. L’histoire de la Palestine ancienne repose en partie sur les mythes bibliques. Ce qui est avéré, c’est qu’un peuple y a vécu (les Hébreux) mais jamais seul, toujours aux côtés d’autres peuples : Iduméens, Moabites, Philistins, Cananéens. Les Hébreux avaient une grande singularité : une religion monothéiste (la religion juive). Au départ de la guerre actuelle et du conflit des « légitimités », il y a la destruction du deuxième temple en 70 après JC. Les historiens divergent sur la suite. Pour certains, les Juifs se sont répandus dans le monde entier, mais cette dispersion (« diaspora ») ne pouvait être que provisoire et il était « normal » qu’ils effectuent un jour ou l’autre leur « retour ». Cette interprétation est très discutable. C’est la religion qui s’est largement répandue. Les Juifs d’aujourd’hui sont largement les descendants de Berbères, Espagnols, Allemands, Khazars convertis au judaïsme et les Palestiniens sont un peuple autochtone, descendant de ceux qui sont restés en Palestine après la destruction du temple. L’histoire des Palestiniens est celle des autres peuples de la région. Occupation romaine puis Byzantine. Lors de la conquête arabe, la langue et la culture s’imposent. La majorité de la population devient musulmane avec une minorité chrétienne. Au XVIe siècle, la Palestine devient une province ottomane et elle le restera jusqu’en 1918. Existe-t-il UN peuple Juif ? Les Juifs du Maghreb, ceux de l’ex-empire russe ou ceux du Yémen n’ont pas grand-chose à voir entre eux. Il y a pour les Juifs dispersés une communauté de destin liée à la religion. Il y a le souvenir mythifié d’un passé idéalisé et une prière (« l’an prochain à Jérusalem ») qui n’a jamais été une aspiration à recréer un quelconque royaume. Les Juifs ont appris à vivre ou à survivre dans une situation de minorité. S’ils avaient un statut en pays musulman, ils ont subi en pays chrétien une longue suite de discriminations et de persécutions. L’antijudaïsme chrétien a produit l’interdiction de posséder la terre, l’enfermement dans le ghetto, les expulsions (la plus importante étant celle d’Espagne) et les pogroms. Quand l’émancipation des Juifs a commencé en Europe, cet antijudaïsme s’est transformé en antisémitisme racial, le Juif personnifiant pour les différents nationalismes l’obstacle à la création d’états « ethniquement purs ». C’est dans ce contexte qu’est apparu le sionisme. Le projet sioniste C’est un projet multiforme. Il a un côté nationaliste. Alors qu’à la fin du XIXe siècle, les nationalismes explosent, à contre courant de la majorité des Juifs de l’époque qui entrevoient leur émancipation dans celle de l’humanité toute entière, le sionisme élabore toute une série de « mensonges fondateurs ». Il théorise le « complexe de Massada », l’idée que l’antisémitisme est inéluctable, qu’il est vain de le combattre et que la seule issue est de fuir et de créer un Etat Juif. Il crée une notion revisitée de « peuple juif » avec une nouvelle langue (l’Hébreu) se substituant aux langues de la diaspora. Alors que la grande majorité des dirigeants sionistes ne sont pas croyants, les sionistes s’emparent du récit biblique pour revendiquer un prétendu retour en terre promise et la reconstitution d’une nation (le « royaume unifié » dont l’existence n’est pas avérée). La Palestine est présentée comme une « terre sans peuple pour un peuple sans terre ». Comment conquérir un pays ? Le sionisme a incontestablement un aspect colonialiste. Depuis plus d’un siècle, la même stratégie s’applique : s’emparer des terres, institutionnaliser le fait accompli, marginaliser le peuple autochtone, détruire son organisation sociale, expulser, repousser la frontière. En Palestine, comme dans les pays voisins, existait une communauté juive qui vivait sans heurts avec les Palestiniens d’autres religions. C’est la colonisation sioniste et la volonté de créer un Etat Juif qui déclenche dès les années 1930 le conflit actuel. La colonisation de la Cisjordanie entreprise après 1967 n’est pas un accident de l’histoire. Elle est la suite logique des terres palestiniennes confisquées après la Naqba et de la destruction des villages. Le sionisme affirme offrir un « havre de paix » aux Juifs persécutés. Et pourtant, s’il y a un pays où les Juifs sont en insécurité, c’est bien Israël et c’est à cause d’un projet qui n’est pas seulement criminel pour les Palestiniens : il est aussi suicidaire à terme pour les Juifs israéliens. Le sionisme n’est pas un projet religieux au départ, mais l’apparition après 1967 du courant « national-religieux » qui justifie annexion et expulsion au nom de Dieu complique le conflit. Le sionisme a un côté messianique. Pour créer l’Israélien nouveau, il a fallu « tuer » le Juif, le cosmopolite, l’universel. Il a fallu éradiquer les « valeurs » de la diaspora pour fabriquer un homme nouveau et une nation militariste, impérialiste voire raciste, méprisant ou ignorant le peuple autochtone privé de droit. Le sionisme a également transformé Israël en pion avancé de l’Occident et de l’impérialisme au Proche-Orient. Aujourd’hui, Israël reçoit une aide colossale publique et privée des Etats-Unis et en même temps, aucun dirigeant américain ne semble en mesure de s’opposer à une décision qui ferait consensus chez les dirigeants israéliens. Le sionisme a gommé les différences idéologiques. Dans les faits, la « gauche » sioniste a toujours suivi la droite qui depuis près de 80 ans est pour le « transfert » : l’expulsion des Palestiniens au-delà du Jourdain. Le sionisme utilise la peur comme un carburant : « les Israéliens ont peur de ne plus avoir peur ». Pour la propagande habituelle, toute contestation de la politique israélienne ne peut être qu’antisémite et vise à « jeter les Juifs à la mer ». Cette instrumentalisation de l’antisémitisme et du génocide nazi (qui a permis la fondation de l’Etat d’Israël) se poursuit plus que jamais. La paix passera par une sécularisation de la société israélienne, une « dé-sionisation » ou un dépassement du sionisme. Sans cela, ce seront les aventures militaires et les crimes de guerre sans fin. La guerre de 48 L’ouverture des archives et le travail des « nouveaux » historiens israéliens sont venus conforter ce que les historiens palestiniens savaient depuis longtemps. Il n’y a plus de place au doute. Tout d’abord, les années qui ont précédé la guerre ont été très défavorables aux Palestiniens : tandis que, depuis la déclaration Balfour, les Israéliens mettaient en place les instruments pour créer leur Etat, les Palestiniens ont été très affaiblis par la répression (de la part du colonisateur britannique) de la révolte de 1936. Ils ont eu beaucoup de morts, d’emprisonnés ou d’exilés. Le partage de 1947 de la Palestine n’était pas seulement incompréhensible pour les Palestiniens (au nom de quoi les a-t-on amputés de leurs terres ancestrales ?), mais il était très inégalitaire : l’Etat juif prévu par la partition était plus grand que l’Etat palestinien alors que les Juifs étaient moins nombreux. Si 10000 Israéliens seulement vivaient dans l’Etat palestinien, plus de 400000 Palestiniens vivaient dans l’Etat juif. Au coeur de l’Etat palestinien, Jérusalem était internationalisé. Un tel partage était inacceptable. Il se faisait contre les Palestiniens. Pire, il préparait le départ des non-juifs du futur Etat juif. A contrario, l’acceptation du partage par la direction israélienne a été purement tactique, celle-ci se préparait à des conquêtes beaucoup plus importantes. Cette guerre est présentée en Israël comme le combat de David contre Goliath, le « pauvre Israël » étant encerclé par des voisins hostiles. En réalité, il y avait un énorme déséquilibre en faveur des Israéliens. Ceux-ci ont au début du conflit 50000 hommes en arme contre à peine 10000 chez les Palestiniens. Et leur armement est beaucoup plus sophistiqué. De plus, aux côtés de l’armée israélienne et agissant de façon complémentaire, il y a les milices des futurs premiers ministres israéliens (l’Irgoun de Menahem Begin et le groupe Stern d’Yitzhak Shamir) qui n’hésitent pas à massacrer les civils. Avant même le 14 mai, plus de 350000 Palestiniens ont déjà été chassés de chez eux. Plusieurs documents de la Haganah (l’armée « officielle » israélienne) montrent que l’expulsion a été intentionnelle. L’historien Ilan Pappé parle du plan Dalet qui a organisé ce nettoyage ethnique. Quand la propagande israélienne répète inlassablement que « les Arabes sont partis d’eux-mêmes » à l’appel de leurs dirigeants, il s’agit d’un mensonge fondateur destiné à masquer le crime qui s’est déroulé, il y a 60 ans. L’aide internationale a été déterminante pour Israël qui a reçu pendant la guerre de grandes quantités d’argent et d’armes en provenance des Etats-Unis ou des pays de l’Est (Tchécoslovaquie, URSS). La « communauté internationale », malgré la guerre froide a trouvé un consensus facile : se débarrasser du problème juif (on est à une époque où des centaines de milliers de rescapés ne savent pas où aller, le Yiddishland a disparu) sur le dos d’un peuple innocent. Le peuple palestinien a été trahi par les dirigeants des pays arabes voisins. Il n’y avait pas la moindre coordination entre les troupes irakiennes, syriennes, égyptiennes ou jordaniennes, chaque armée agissant pour son compte personnel. Pire, la Jordanie , qui avait l’armée la plus forte, avait un accord secret avec la direction sioniste. Elle ne s’est battue que sur le tracé de la frontière et sur la volonté israélienne de conquérir un territoire pour désenclaver Jérusalem. À la fin de la guerre, Jordaniens et Egyptiens se sont partagé les restes ( la Cisjordanie , Jérusalem-Est et Gaza), ravis de faire disparaître la Palestine. Le bilan de la guerre de 48, ce sont 6000 morts israéliens et 13000 morts palestiniens. Mais ce sont surtout 800000 expulsé-e-s. Les villages ont été détruits et leur trace a souvent été effacée. Dès 1949, les terres des expulsé-e-s ont été confisquées. Israël a reconnu formellement le droit au retour des Palestiniens au moment des armistices de 1949, mais tout a été fait pour rendre impossible ce retour. Les Palestiniens qui ont échappé à l’expulsion en 1948 forment aujourd’hui avec leurs descendants 20% de la population israélienne. Certains dirigeants israéliens regrettent « qu’on n’ait pas achevé la guerre de 48 », qu’on n’ait pas expulsé tous les Arabes. Dans un Etat qui se définit comme juif, les non-juifs sont des citoyens de seconde zone. De très nombreux emplois leur sont interdits. Ils ont connu la loi martiale. Ils subissent toute une série de discriminations. Le taux de pauvreté chez eux est beaucoup plus important que dans la population juive. Les Bédouins du Néguev dont les terres ont été volées vivent majoritairement dans des bidonvilles 60 ans après la Naqba. Pourquoi la paix est-elle si lointaine ? Le peuple palestinien est un peuple de réfugiés. Pendant des années, tout a été fait pour effacer son existence, pour le diluer dans le monde arabe, pour transformer le conflit israélo-palestinien en guerre israélo-arabe. La guerre de 1967 est un tournant. Le gouvernement travailliste de l’époque prend la décision immédiate de coloniser les territoires occupés. Pour y parvenir, les travaillistes ont fortement contribué à créer le courant national-religieux. Cette mouvance intégriste représente aujourd’hui 25% de la société israélienne. 40 ans plus tard, il y a 500000 Israéliens installés en territoire occupé. Il y a les colons religieux qui ont accaparé les terres, l’eau, les routes. Mais il y a aussi les colons économiques attirés par les loyers à bas prix. Les limites de Jérusalem se sont considérablement étendues. Les nouvelles colonies du secteur (sur les ruines d’anciens villages palestiniens dont celui de Deir Yassine) deviennent des quartiers et sont progressivement intégrées à Jérusalem. La frontière a disparu. La ligne verte (la frontière de 1949) a été effacée. Elle ne figure sur aucune carte ou aucun livre scolaire israéliens. C’est une véritable société d’Apartheid qui s’est instaurée en Cisjordanie, en toute impunité. Après 1967, le mouvement national palestinien s’est structuré. Il a tout essayé. Des années de lutte armée ont été ponctuées par des revers militaires face à l’occupant mais aussi face à la Jordanie et la Syrie. L ’OLP a été contrainte à l’exil. C’est l’Intifada qui a provoqué une mutation majeure. En 1988, l’OLP abandonne son ancienne revendication (« un seul état laïque et démocratique en Palestine ») et reconnaît Israël dans ses frontières d’avant 1967, en ne revendiquant plus qu’un Etat Palestinien sur 22% de la Palestine historique (les territoires occupés). A priori, le nettoyage ethnique de 1948 ne diffère pas fondamentalement de la conquête et des annexions de 1967. La seule différence, mais elle n’est pas mince, c’est que le droit international reconnaît le fait accompli en 1948, mais ne reconnaît pas celui de 1967. L’OLP a fait en 1988 une concession énorme dont les dirigeants israéliens auraient dû se saisir pour obtenir enfin leur reconnaissance et leur insertion au Proche-Orient. Jusqu’à l’assassinat de Rabin, on a pu croire qu’un tel processus aboutirait. Sauf que la nature de l’Etat d’Israël a radicalement changé après 1967. La colonisation des territoires palestiniens est devenue centrale dans le projet sioniste. Il est d’ailleurs significatif que Rabin lui-même a installé 60000 nouveaux colons entre les accords d’Oslo et son assassinat. Le rêve fou de faire venir tous les Juifs du monde entier en Israël a semblé possible avec la disparition de l’URSS. Si les négociations avaient été basées sur le droit international et les droits fondamentaux, elles auraient dû aboutir rapidement. L’occupant ne l’a pas voulu. Il a sans arrêt mis en avant la question de la « sécurité de l’occupant ». Il a refusé de s’engager dans la fin de la colonisation, le démantèlement des colonies, la libération des prisonniers et le retrait des territoires occupés. Il a multiplié les actes criminels, les humiliations, les assassinats ciblés. Il a superbement ignoré toutes les résolutions internationales (comme celle qui proclame que la construction du mur est illégale). Dernier acte criminel en date : le siège de Gaza destiné à affamer un peuple dont le principal tort est d’avoir mal voté. Après l’échec des négociations, les dirigeants israéliens et leurs alliés américains se sont acharnés à faire porter sur les Palestiniens la responsabilité de l’échec. Ils ont exigé des Palestiniens une capitulation sur leurs droits historiques et sur le droit international (en particulier le droit des réfugiés). En fait, ce sont les Palestiniens qui « n’ont pas de partenaire pour la paix ». Ils n’ont jamais rencontré de dirigeant israélien respectueux du droit. Depuis Oslo, les différents gouvernements israéliens ont tout fait pour poursuivre la colonisation et rendre impossible la création d’un Etat Palestinien digne de ce nom. Il n’y a donc aucune perspective à continuer de discuter sur les bases actuelles. Le processus issu de la conférence d’Annapolis est mort-né. Pour vraiment négocier, il faudra en revenir au droit. Quelle issue ? Quelle solidarité ? La paix basée sur l’égalité et la justice passe avant tout par la fin de l’impunité d’Israël. Il faut sanctionner ce pays tant que durera l’occupation. Il faut un boycott politique, économique, sportif, moral, à l’image de celui qui a fait plier le régime de l’Apartheid. Ce boycott est demandé par de nombreuses associations palestiniennes. Il faut en finir avec une impunité qui conduit à la perpétuation d’une politique criminelle. Plus de 15% des Israéliens vivent hors d’Israël. La plupart des Israéliens voyagent. L’économie israélienne est totalement insérée dans la mondialisation libérale. Il ne fait pas de doute qu’un boycott suivi et organisé serait en mesure de convaincre les dirigeants israéliens que la fuite en avant n’est plus possible. Dans l’impunité israélienne, il y a aussi les crimes de guerre commis. Ceux-ci devront être jugés. Malgré l’occupation, malgré une économie qui a été détruite, malgré une pauvreté et un chômage massifs, la société palestinienne résiste. Ce pays a vu naître une société civile multiple, des associations de toutes sortes, des ONG, une auto organisation et des coopératives. Les Palestinien-ne-s ont besoin de notre aide. Nous devons les aider économiquement, matériellement, mais aussi moralement en allant là-bas et en témoignant de l’injustice majeure qu’ils/elles vivent depuis 60 ans. Il faut établir des jumelages, créer des projets concrets, briser le blocus de Gaza. Cette solidarité doit s’étendre aux Palestiniens d’Israël, citoyens de seconde zone et aux éternels oubliés, les réfugiés. Une jonction, une convergence ont commencé à s’établir entre la petite minorité « anticolonialiste israélienne » (les refuzniks, l’Alternative Information Center, les Anarchistes contre le Mur, Les Femmes en Noir, le Bloc de la Paix ...) et les Palestinien-ne-s. Cette convergence est fondamentale parce qu’elle porte en germe les termes d’une vraie paix. Nous devons la soutenir énergiquement. Enfin, le moteur du sionisme, c’est le « complexe de Massada », c’est la peur, ce sont les mécanismes utilisés pour persuader les Israéliens et les Juifs que toute inflexion de la politique actuelle aboutira à leur disparition. C’est la transformation de l’occupant en victime. Nous devons être très clair-e-s. La paix passe par l’égalité des droits entre les différents peuples de la région et le refus de toutes les formes de racisme ou de discrimination. En ce sens, l’antisémitisme, comme toutes les autres formes de racisme, est un crime et doit être dénoncé sans retenue. Mais son instrumentalisation aussi est un crime. Les dirigeants sionistes n’ont aucun droit à parler au nom des Juifs ou au nom du génocide nazi. Ils n’ont aucun droit à détruire la Palestine au nom d’un crime européen. Nous devons chercher à briser le front intérieur en Israël et à persuader les citoyens que leur avenir passe par une paix équitable et pas par la poursuite d’une aventure criminelle. Pierre Stambul
03 mai 2008



3-4 Point de vue de Felicity Arbuthnot * : Du Nil à l’Euphrate : les « victimes d’une carte de géographie ».

Lorsque l’Etat d’Israël proclama son indépendance, le 14 mai 1948, son vœu inaugural fut de : « … garantir l’égalité totale, politique et sociale de tous ses citoyens, sans distinction de religion, d’ethnie ou de sexe ; de garantir la liberté de religion, de conscience, d’éducation et de culture ; de sauvegarder les lieux saints de toutes les religions monothéistes et de soutenir loyalement les principes de la Charte des Nations Unies… » Israël exhorta « les Arabes habitant l’Etat d’Israël à préserver les voies de la paix et à jouer le rôle qui leur revient dans le développement de l’Etat (d’Israël), sur la base d’une citoyenneté pleine et égale, et d’une représentation équitable dans toutes ses institutions. » Israël s’apprête à célébrer en grande pompe ses soixante années de violations des droits de l’homme à l’encontre de la région, des Palestiniens, ainsi que la destruction de leurs terres se réduisant telles des peaux de chagrin, se vautrant, dans les faits, sur des tombes, d’anciennes cultures passées au bulldozer et près d’un demi-siècle de décimation de rêves, de maisons et d’héritage culturel. Le travestissement de la fondation de cette théocratie sur le mensonge cité plus haut, la trahison qui est la marque de fabrique de cet Etat, sont comme encapsulés dans l’histoire d’un enfant, emporté dans le déplacement inaugural de près de trois-quarts de million d’âmes chassées de leur terre natale. Début d’une guerre imposée, de fragmentations de familles, d’amitiés, de communautés – incessantes, depuis six décennies sinistres.  L’enfant avait six ans, en 1948. Une nuit, cette année-là, des soldats israéliens vinrent chez lui, à Al-Barwéh. Les membres de sa famille « … s’enfuirent dans une forêt, les balles sifflant au-dessus de leurs têtes, et ils parvinrent au Liban, où ils restèrent durant plus d’un an, survivant grâce aux maigres subsides des Nations-Unies ». Finalement, l’enfant fut ramené par son oncle à l’intérieur de la frontière, jusqu’au village de Deir-al-Asad, en Galilée. Ils ne purent pas retourner à Al-Barwéh, car ce village avait été rasé au sol par l’armée israélienne. « Tout ce qui s’était passé », racontait-il en 1969, « c’est que le réfugié avait échangé son ancienne adresse d’exil pour une nouvelle. J’avais été un réfugié au Liban, et désormais, j’étais un réfugié dans mon propre pays. » Par la suite, le premier recensement israélien considéra tout Palestinien non-recensé comme un « infiltré » et « par conséquent, comme n’ayant pas droit à une carte d’identité ». L’enfant se trouvait au Liban durant le recensement, et, de ce fait, il se retrouvait dans l’illégalité. Ce, dans son propre pays. Sa famille et les maîtres de son école primaire avaient pris l’habitude de le cacher quand la police ou des responsables officiels se pointaient. Finalement, on fit croire aux officiels qu’il s’était trouvé chez des Bédouins nomades durant le recensement, ce qui lui permit, en définitive, d’obtenir une carte d’identité, lui conférant un statut légal sur sa terre natale… Depuis sa prime jeunesse, la littérature et la poésie étaient sa passion. Tandis qu’il était encore à l’école primaire, le directeur de son école lui demanda de participer à la célébration, par le village de Deir al-Asad de la fondation de l’Etat d’Israël. « Je me suis trouvé derrière un micro, pour la première fois de ma vie, et j’ai récité un poème, qui était un cri lancé par un jeune garçon arabe, à un jeune garçon juif. » Il se souvient encore du thème de ses vers : « Toi, tu peux jouer au soleil tout ton saoul… Mais moi, non. Toi, tu as une maison ; moi, je n’en ai plus. Toi, tu as des fêtes ; moi, je n’en ai pas. Pourquoi ne pouvons-nous pas jouer ensemble ? » Le lendemain, le garçon était convoqué par le gouverneur militaire israélien, qui l’insulta et le menaça, concluant : « Si tu continues à écrire ce genre de poème, j’interdirai à ton père de travailler à la carrière de pierres. » L’enfant pleura amèrement. « C’était le premier juif que je rencontrais et auquel je parlais… Si c’était à ça que les juifs ressemblaient, pourquoi devrais-je adresser la parole à un jeune garçon juif ? » Il a été sauvé du « feu de la défiance » par une institutrice juive, qui était pour lui « comme une mère », et un symbole de tout ce qui était beau, et bon. Elle élargit ses connaissances en matière de poésie, refusant d’enseigner un programme « conçu pour déformer et discréditer notre héritage culturel ». Elle réussit à mettre à bas les murs de méfiance érigés par le gouverneur militaire. » [1]. Ce jeune garçon était un certain Mahmoud Darwish, sans doute le poète palestinien le plus universellement connu, lauréat du Prix Lotus(en 1969) et du Prix Lénine de la Paix (en 1983). Le calvaire de la Palestine trouve son reflet dans les cris doux et profonds de ses mots obsédants, chacun de ses poèmes est un requiem composé en l’honneur d’une terre, d’une histoire et d’un peuple violés par les diktats initiaux de Whitehall et d’un monde qui a détourné son visage de son « pays bien-aimé », démembré, mis en pièces. Comparer la richesse luxuriante de la Palestine , sur la carte de 1948, à ce que la Palestine est devenue, aujourd’hui, revient à comparer la vibration de la beauté à une Palestine affamée par la violence et mutilée, mais continuant à lutter pour son existence et son avenir, tellement précieux. Le contraste entre les vers poignants de Darwish et le langage obscène de ceux qui ont accédé aux postes politiques les plus élevés en Israël, est violent : « Nous allons vers un pays qui n’est pas de notre chair. Les noisetiers n’y sont pas de nos os… Nous allons vers un pays qui ne suspend nul soleil particulier au-dessus de nos têtes… » Un autre de ses poèmes commence ainsi : « Nous voyageons comme n’importe qui d’autre ; mais nous retournons vers nulle-part… » Et puis, celui-ci : « La terre se rapproche de nous, nous poussant à travers le dernier passage… « Nous avons vu les visages de ceux qui vont jeter nos enfants par les fenêtres de cet espace ultime… » Et puis encore, ces vers, presque insoutenables : « Fais-moi naître à nouveau, que je puisse savoir dans quel pays je mourrai, Sur quelle terre je renaîtrai, de nouveau, à la vie… » Le lexique dans lequel les dirigeants d’Israël ont puisé leurs imprécations, année après année, provient sans doute de quelque univers parallèle. Le premier Premier ministre d’Israël, David Ben Gourion, dit ainsi des Palestiniens, tandis que l’on détruisait systématiquement cinq-cents villages au cours d’une sorte de cérémonie où l’on pendait en quelque sorte la crémaillère nationale, et tandis qu’une violence absolue faisait rage : « Les vieux crèveront ; quand aux jeunes, ils oublieront… » Yitzhak Rabin a dit, à propos de l’épuration ethnique des habitants de Gaza : « Israël créera, durant les dix ou vingt ans à venir, des conditions telles qu’elles devraient générer l’émigration naturelle et volontaire, hors de Gaza, des réfugiés… » « Les Palestiniens sont des bêtes marchant debout… Eretz Israel sera restituée au peuple d’Israël. Tout Eretz Israël. Et ce, pour l’éternité », affirma Menachem Begin, que seul Yitzhak Shamir surpassa dans l’abjection : « Les Palestiniens… seront écrasés comme des sauterelles… leurs têtes seront écrasées sur les pavés et sur les murs. » Et Ehud Barak d’y aller de son commentaire : « Les Palestiniens sont comme les crocodiles ; plus vous leur donnez de bidoche, plus ils en réclament… » Ariel Sharon, intronisé « homme de paix » par George Deubeuliou Bush, l’initiateur des massacres de Sabra et Chatila, au Liban, en 1982, énonçant son plan d’action, déclara : « Tout le monde doit se magner, et s’emparer d’autant de sommets de collines (palestiniennes) qu’il le peut, afin d’agrandir les colonies (juives), parce que tout ce que nous prendrons aujourd’hui restera à nous… Et tout ce dont nous ne nous emparerons pas, c’est eux (les Palestiniens), qui l’auront. » Raphael Eitan, fondateur du parti de droite Tzomet, et manifestement âme-sœur de Sharon, affirma : « Quand nous aurons colonisé la terre, tous ce que les Arabes pourront faire, à ce sujet, c’est tourner en rond, comme des cafards drogués enfermés dans une bouteille. » [2] Cette rouerie sioniste, qui trouve ses reflets également à Washington et à Whitehall (le Quai d’Orsay britannique, ndt) vise et dénigre aussi la diaspora juive en Israël et dans le monde entier, dont plusieurs de ses membres ont consacré leur vie – et souvent mis en danger, voir perdu leur carrière – dans leur engagement non seulement envers une terre, mais envers une région où tous peuvent vivre en harmonie, côte à côte. Le vitriol auquel ils sont exposés, provenant de leurs coreligionnaires, comporte notamment le fait d’être traités de « juifs haineux d’eux-mêmes ». Orwell lui-même aurait bien du mal à mettre le signe d’égalité entre leur passion pour la paix et leur « tu aimeras ton prochain », d’un côté, et la « haine de soi », de l’autre… Alors que le Conseil de Sécurité de l’Onu menace d’embargo, a menacé d’embargo et impose des embargos contre certains des pays parmi les plus pauvres, en raison de violations, d’entorses ou de non-conformation (réelles, ou perçues) à ses Résolutions, Israël «… jouit d’une relation unique en son genre avec les Nations Unies. En dépit de sa non-application d’une foultitude de résolutions de l’Onu, aucune mesure n’est jamais prise à son encontre », écrit Geoff Simons, dans son étude exhaustive de l’organisation mondiale [3]. Simons liste quelques-unes des résolutions mises au panier de manière expédiente par l’« unique démocratie » au Moyen-Orient : il s’agit de celles portant, notamment, les numéros 242, 338, 465, 672, 673 et 681. L’ « importante » résolution 681, adoptée le 20 décembre 1990, « déplore la décision prise par le gouvernement d’Israël… de reprendre la déportation de civils palestiniens… » Israël répondit, très peu de temps après, par des déportations redoublées. La résolution 799, du 14 décembre 1992, fut prise à l’unanimité ; elle fut même – cas unique – soutenue par les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Elle dénonçait la poursuite de la violation du droit international par Israël, relevant qu’« en contravention avec ses obligations sous l’empire de la Quatrième Convention de Genève… Israël a déporté, le 17 décembre, des centaines de Palestiniens… ». Plus loin : « … condamne fortement cet acte… Réaffirme l’applicabilité de la Quatrième Convention de Genève à tous les territoires occupés par Israël… Réaffirme également la souveraineté indépendante et l’intégrité territoriale du Liban… Demande instamment à Israël, en tant que puissance occupante, de garantir le retour immédiat et dans la sécurité dans les territoires occupés de toutes les personnes déportées… » Le Secrétaire général de l’époque, Boutros Boutros-Ghali, exprima « sa grave préoccupation » au sujet des agissements israéliens. Le Foreign Office britannique développa fugitivement un semblant de colonne vertébrale, déclarant qu’Israël violait le droit international – et un diplomate prévit l’issue : «… Israël entend les Résolutions de l’Onu, puis il continue à faire ce qu’il était déjà en train de faire, sans nulle autre forme de procès. » Les réfugiés ont été déposés dans un désert aux petites heures d’un matin d’hiver, glacial. Israël fit la sourde oreille aux avertissements de l’Onu, et les pays occidentaux laissèrent faire. Les Palestiniens manifestèrent leur soutien aux déportés dans la bande de Gaza, et les militaires israéliens tirèrent dans la foule, tuant une fillette de dix ans et cinq autres personnes. En juillet 1993, Israël était de retour au Liban, décimant ce minuscule pays, par terre, par mer et par air. Le Liban a été revisité, et re-décimé, encore une fois (avec de belles fillettes israéliennes, que l’on nous a fièrement montrées, dans des bases militaires, en train de dédicacer des missiles, qui allaient être balancés sur les enfants libanais.) Le long « voyage au bout de la nuit » de la Palestine se poursuit, année après année, comme le fait le silence du monde. L’Irak gît, en ruines, pour avoir dit la vérité aux Nations Unies (tandis que l’agression, et le calvaire, subis depuis cinq ans par un autre pays musulman, l’Afghanistan, n’allume quasiment aucun voyant à l’Onu, ni ne produit aucun spot sur l’un quelconque des radars internationaux). La célébration du sept-cent-vingtième mois de trahison, par Israël, de son engagement à loyalement soutenir « les principes des Nations Unies » étant à notre porte, les violations les plus récentes incluent notamment l’assassinat de cinquante-cinq Palestiniens, dont des enfants de quinze ans, et les blessures de cent-cinq autres à Gaza, durant le seul mois d’avril, et trois-cents-quarante, durant le seul premier trimestre 2008.  Le remarquable site internet Uruknet fournit une litanie de misères, provenant de nombreuses sources ; en voici seulement trois exemples : - La fermeture et la confiscation planifiées de plusieurs orphelinats et de plusieurs internats abritant des milliers d’orphelins et d’élèves nécessiteux. Beaucoup des parents de ces orphelins ont été tués par l’armée israélienne, ainsi que par les terroristes juifs paramilitaires, connus également sous le nom de « colons »… - L’interruption incessante des opérations de secours de l’UNRWA dans la bande de Gaza, à cause de l’interruption de la fourniture du fuel indispensable pour faire fonctionner ses camions et ses centres déployés dans l’ensemble de la bande de Gaza… John Ging, directeur des opérations de l’UNRWA à Gaza, a déclaré mercredi dernier que l’ampleur des morts, des destructions et du désespoir, dans la bande de Gaza, est considérable et catastrophique… - La découverte, par son propre père, du corps mutilé de Hammad Nidar Khadabth, quinze ans, sur les territoires confisqués par la colonie israélienne illégale d’Al-Hamra. Hammad avait quitté son domicile, mardi 15 avril, pour aller travailler dans le champ appartenant à sa famille… Le corps de Hammad était dénudé, boursouflé, couvert de bleus et de traces de torture. Il avait le cou brisé, et son visage avait été écrasé à coup de pierres. Un de ses doigts avait été coupé, et il avait plusieurs trous dans la poitrine… Un officier de police israélien, arrivé sur les lieux afin d’enquêter sur l’incident, confirma que Hammad a été assassiné… Le mardi 22 avril, Saed Bannoura, de l’IMEMC, écrivait : « Un chargement d’aide alimentaire destiné aux habitants de la bande de Gaza s’est vu interdire l’entrée de ce territoire par l’armée israélienne, hier, lundi… L’Organisation Mondiale de la Santé a estimé que le taux de malnutrition dont souffrent les enfants de Gaza atteint vraisemblablement les 45 % en raison du siège imposé à la bande de Gaza par Israël. Les hommes politiques israéliens ont déclaré ouvertement qu’ils ont l’intention d’ « étouffer » et d’« affamer » Gaza, afin de forcer ses habitants à renoncer à leur résistance contre l’occupation militaire de leur terre. » On croirait lire la prose d’Yitzhak Rabin, dans un style à-peine différent… L’agence Associated Press a informé, le 25 avril 2008, que « les Etats-Unis, la Grande-Bretagne , la France , ainsi que d’autres pays membres, se sont retirés d’une réunion du Conseil de sécurité de l’Onu, mercredi dernier, après que la Libye eut comparé la situation prévalant aujourd’hui à Gaza aux camps de concentration de la Seconde guerre mondiale ». Le vice-ministre israélien de la Défense , Matan Vilnai, car c’est bien sûr de lui dont il s’agit, a déclaré un holocauste frappant le peuple de Gaza : la Libye , manifestement, sait donc parfaitement utiliser les bons dictionnaires. Le chirurgien traumatologue David Halpin a répliqué aux questions de l’émission Today de la BBC (le 25 avril), durant laquelle le porte-parole d’Israël Mark Regev tenta de défendre l’indéfendable. Halpin a écrit : « Les souffrances d’1,4 million de personnes, à Gaza, dont les deux-tiers sont des réfugiés et qui sont, de ce fait, classifiés comme des personnes éligibles à une protection particulière, outrepassent toute description et tout chiffrage ». En 1982, le célèbre poète arabe Adonis, né en Syrie (dont le nom est Ali Ahmad Sa’id), a écrit, à propos du siège de Beyrouth par l’armée israélienne :  « Vous ne mourrez pas parce que vous avez été créés et que, par conséquent, vous avez un corps. Non : vous mourrez parce que vous incarnez l’avenir… » Et aussi : « parce qu’on vous bombarde avec de l’obscurité ». Tandis qu’Israël marque le coup en bombardant ses voisins avec de l’obscurité, les lumières de l’humanité s’éteignent, l’une après l’autre, se perdant, restant coites, avec ceux qui ont quitté la salle, claquant la porte au nez de la vérité, aux Nations Unies. Le pantin de la Grande-Bretagne , lui aussi frappé de mutisme, j’ai nommé l’ « Envoyé Spécial de la Paix au Moyen-Orient » Anthony Lynton Blair QC., s’est, bien entendu, comme qui dirait perdu dans la correspondance. Peut-être l’exhumera-t-on, un jour, de dessous les innombrables milliers de bagages perdus à l’ignominieux Terminal Cinq flambant-neuf de l’aéroport londonien d’Heathrow, et peut-être réussira-t-on à le dépoussiérer, juste à temps, pour qu’il puisse aller rejoindre ses potes lamentable, à la sinistre fête d’anniversaire de l’Etat d’Israël ? [1] Les indications biographiques ainsi que les extraits choisis de poèmes de Darwish, ainsi que les œuvres évocatrices de Sami al-Qasim et d’Adonis (Ali Ahmed Sa’id), qui incarnent toute l’âme du Moyen-Orient, ont été choisis dans l’ouvrage : Victims of a Map, éditions Saqi Books. http://www.amazon.com/Victims-Map-Adonis/dp/0863565247 [2] Paradise: Lost, Jamil I. Toubbeh, Palestine Chronicle, 22nd April 2008. [3] The United Nations - A Chronology of Conflict, Geoff Simons, Macmillan, 1994. par Felicity Arbuthnot * on Uruknet, 26 avril 2008 http://www.uruknet.de/?s1=1&p=43448&s2=27

traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier Voir, également : http://www.hanini.org/Al-Nakbagallery.html

Vous pourrez vous remémorer la Nakba de mai 1948, et vous aurez ainsi des images devant lesquelles vous pleurerez sans difficulté. Felicity Arbuthnot 1/5 alterinfo

n° 350–Dossier de Palestine-Spécial: Anniversaire de la création d'Israël - 60 ans de désastre -Fin-

N° 350 – Dossier de Palestine- Spécial : Anniversaire de la création d'Israël -  60 ans de désastre -Fin-

Dossier de Palestine  -Fin-  

 N°350                     08-05

Par M.Lemaire    



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse fa032881@skynet.be



Sommaire

3 Dossier (Fin)

3-5 Point de vue de Michèle Sibony : L'anniversaire de la création d'Israël : Célébrer et continuer la conquête.

3-6 Point de vue de T. Hocine : Soixante ans après la création d’Israël : Les mêmes crimes.
4 Courrier des lecteurs &
trouvé sur le net & témoignage

4-1 Les musulmans en Europe affirment leur soutien au peuple palestinien et son droit légal au retour.

4-2  6oe anniversaire d'Israël - 21915 ballons noirs sur Jérusalem.

5 Annexe - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

5-1 Michèle Sibony : Véritable opération de blanchiment de l’histoire contre le peuple Palestinien.



3-5 Point de vue de Michèle Sibony : L'anniversaire de la création d'Israël : Célébrer et continuer la conquête. L'anniversaire de la création d'Israël est en passe de devenir une célébration internationale. Par exemple un défilé est organisé le 1e juin prochain au coeur de Manhattan portant des bannières de grands portraits d'Israéliens anonymes ou célèbres, surmontés du titre : "visages d'Israël". La volonté des organisateurs est d'affirmer que la société israélienne "...est une société similaire en de nombreux aspects à celle de New York - une fascinante combinaison d'immigrants qui sont venus ensembles pour créer une société aux facettes multiples. C'est l'histoire d'Israël".
Cependant, dans la liste de portraits l'unique arabe israélien comme ils les appellent sera Rania Jubran, une diplomate. (Israël conquiert la 5e avenue : Ynet 21 avril 2008)
La Russie a prévu d'être de la fête aussi avec un grand festival culturel destiné à célébrer la naissance d'Israël. Salons du livre, expositions, et événements festifs de toute sorte s'organisent dans tous les pays d'Europe.
Ce qui donnerait le meilleur contrepoint à ce concert mondial, c'est un double petit événement qui s'est passé en Israël dans la nuit du 24 avril et reporté par Haaretz.
Quelques anarchistes contre le mur, accompagnés par un journaliste ami et sympathisant ont été "tagguer" à Jaffa, contre le défilé de commémoration de la... conquête de la ville en 48 programmé le lendemain par un groupe de droite le Etzel.
Arrêtés par la police au milieu de la nuit ils sont emprisonnés. Dans la même nuit d'autres anarchistes contre le mur informés de l'arrestation s'emparent avec leurs amis palestiniens d'un avant-poste de colonie "légale" synagogue plantée sur une colline et que les colons n'occupent pas encore jour et nuit. Ils grimpent sur le toit, décrochent le drapeau israélien et le remplacent par le drapeau palestinien. Les colons alertés arrivent de toute part. La bataille rangée commence colons contre colonisés et anarchistes.
L'armée arrive et disperse les anarchistes contre le mur et les Palestiniens à coup de balles en caoutchouc.
Quelques éléments à tirer de cet événement presqu'anecdotique :
1 - Il s'agit en Israël de commémorer la conquête en faisant fi de toutes les violences qu'elle a causé, les centaines de milliers de palestiniens chassés, leurs biens détruits ou appropriés, des centaines de milliers puis des millions de Palestiniens en exil dans des camps de réfugiés, qui paient jusqu' aujourd'hui le prix de cette injustice. Eux qui vivent au Liban, en Syrie, en Jordanie, dans les Territoires palestiniens occupés, en Israël même comme "citoyens", n'existent pas et continuent d'être effacés des mémoires, de l'histoire, du présent. Ils devraient subir cette célébration de leur conquête et de leur dépossession en veillant à ne pas gâcher la fête. Tout cela dans un contexte non pacifié par un règlement du conflit, dans le respect du droit, ou une quelconque reconnaissance des torts causés, mais qui se caractérise au contraire par l'aggravation du sort des réfugiés du Liban, des Palestiniens, des TOP et de la Bande de Gaza, et une remise en question permanente des droits des citoyens palestiniens d'Israël.
2 - La conquête n'est pas achevée et il s'agit de la continuer, exactement comme le confiait Sharon en novembre 2001 au journal Haaretz : "La guerre d'Indépendance n'est pas terminée. Non. 1948 n'était qu'un chapitre." Et il annonçait une seconde étape de colonisation d'au moins 50 ans. Ces deux phrases il les a martelées en Israël et dans toutes ses visites à l'Etranger.
Les frontières d'Israël qui n'ont jamais été fixées, sont en train d'être dessinées dans le sang et par la force, au mépris de toutes les lois, par le plus fort, contre le plus faible. Retrait unilatéral de Gaza qui fixe la frontière sud ? Mais l'armée israélienne conserve le contrôle terrestre, aérien et maritime de toute la bande de Gaza et le gouvernement y a établi depuis des mois un siège ignoble qui affame toute la population, hommes femmes et enfants, un million et demi d'habitants.
En Cisjordanie, la colonisation se poursuit sans répit, et le mur réalise les enclaves prévues par le plan Sharon. Des gouvernements européens comme l'Allemagne ou le Japon financent déjà la construction de zones industrielles côté israélien du mur en face des enclaves, participant activement à leur Banthoustanisation. Ces enclaves constituent ainsi des réserves de travailleurs dont on imagine les droits. Devant Kalkylia, ville de 40 000 habitants complètement encerclée par le mur, la porte de la prison s'ouvre une demi heure le matin pour laisser sortir de la ville les travailleurs prisonniers, et elle se rouvre une demi heure le soir pour les laisser rentrer dans leur ville dortoir. Mais si vous dites Apartheid vous exagérez et vous êtes antisémite.
3 - Les commémorations internationales et nationales de la création d'Israël constituent ainsi une véritable opération de blanchiment de l'histoire telle qu'elle s'est passée : Il s'agit d'effacer de nier la Naqba palestinienne, l'expulsion massive 750 000 personnes, les massacres de Deir Yacine près de Jérusalem, de Tantoura près de Haïfa, de Dawaimeh, près de Hébron en 1948, puis de Kafr Kacem en 1956, et la seconde expulsion à l'occasion de la guerre de 67 d'encore 300 000 personnes.
Oublier les expropriations de terres massives entre 47 et 49, celles des pourchassés qui se sont réfugiés dans les pays voisins mais aussi les terres des "présents-absents" (grâce à la loi éponyme qui exproprie tous ceux qui ont fui leurs villages sans pour autant quitter Israël, mais ne pouvaient être "présents" et pour cause, sur leurs terres et propriétés au moment défini par la loi. De tout cela il ne sera pas question. Après les historiens palestiniens, mais eux n'ont pas été entendus, les nouveaux historiens, dès l'ouverture des archives de 48 (notamment celles de l'armée) ont confirmé les faits, Ilan Pappe entre autres relate dans son dernier ouvrage "Le nettoyage ethnique de la Palestine " (Fayard 2008) - avec minutie l'application du plan Daleth, l'expulsion organisée et planifiée. Une terre sans peuple pour un peuple sans terre. C'est ce qui était nécessaire, dans la logique sioniste au moment du vote de la partition en 47 et c'est donc ce qu'il fallait fabriquer.
Ne pas reconnaître ce passé, imposer la pérennité de la mythologie sioniste sur l'histoire c'est installer durablement toute la société israélienne dans un déni de la réalité et une autojustification des crimes dont on ne peut mesurer les conséquences qu'avec frayeur.
La première de ces conséquences est l'incompréhension totale du présent. Que de fois n'est-on surpris d'entendre justifier les crimes d'aujourd'hui par une position de victime, où l'agresseur est présenté comme celui qui se défend pour survivre à l'extermination.
4 - Ces commémorations veulent aussi blanchir le présent : celui de la colonisation qui continue, qui n'a jamais cessé, de la destruction de l'économie et de la société palestinienne, des milliers de prisonniers, des milliers de civils désarmés tués dans les TOP, de l'ignoble siège d'un million et demi de civils sans défense à Gaza. La politique de plus en plus ouvertement discriminante à l'égard des palestiniens d'Israël. C'est tout cela que la célébration israélienne passe à la lessiveuse, entérinant la morbidité d'une société élevée dans le déni de sa propre histoire et de son présent et l'angoisse fabriquée de l'anéantissement, nécessaire car c'est cette angoisse qui permet de tout justifier, et de tolérer l'intolérable.
L'active complicité de la plupart des gouvernements européens et de celui des Etats-Unis dans cette grande opération de blanchiment révèle à la fois combien l'idéologie sioniste qui s'est appuyée sur les conséquences de l'antisémitisme européen qu'elle a érigées en chantage permanant a réussi, et combien les "démocraties" néolibérales d'aujourd'hui engagées dans la destruction de tous les droits humains, sociaux, politiques, économiques, dans la destruction de l'environnement et la recolonisation de zones énormes du monde, se reconnaissent dans un tel modèle.
Sans abris, sans papiers, sans travail, sans sécu, sans retraite, les sans voix, les sans droits abondent aujourd'hui dans nos sociétés et se multiplient, la figure du Palestinien n'est-elle pas le parfait modèle de ce dénuement ? L'effacer, le nier, c'est nier pour ces gouvernements scélérats leurs propres oeuvres quotidiennes, les rendre invisibles. Admirer la force du plus fort, le laisser frapper et frapper encore, et dicter l'histoire comme il édicte le présent, c'est ce que le néolibéralisme veut nous imposer : Une épouvantable régression, la fin du droit international, la fin des droits tout court. Les prestations récentes du président français en Chine et en Tunisie le montrent, dans leur monde il n'y a pas de place pour les droits humains. Panem et circenses ? Les émeutes de la faim qui se multiplient dans le monde montrent qu'il n'y aura pas de pain pour tout le monde.
La volonté d'effacement des Palestiniens constitue le principal enjeu de la fête, avec la célébration par l'Occident du modèle qu'il a largement contribué à forger et qu'il revendique aujourd'hui comme universel : Apartheid, négation de l'autre, écrasement du droit par la force.
Célébrer cela ?
Sûrement pas. La voix palestinienne doit être portée haut et fort dans le monde avec tous ceux qui refusent le négationnisme dans tous ses aspects, et qui refusent le projet de société d'un Bush ou d'un Sarkozy... Les quelques dizaines de jeunes anarchistes israéliens contre le mur, bien qu'élevés dans la mythologie sioniste, ont réussi à ouvrir les yeux sur l'autre, le camarade palestinien colonisé, et ils ont choisi leur camp : celui d'un Avenir avec les Palestiniens sans murs, dans l'égalité la dignité et le respect. C'est ce programme qui doit être célébré, parce que c'est la seule perspective d'avenir pour cette région, et pour nous tous où que nous vivions. Michèle Sibony  Posté par Adriana Evangelizt Union Juive Française pour la Paix

3-6 Point de vue de T. Hocine : Soixante ans après la création d’Israël : Les mêmes crimes

Avec une semaine d’avance puisque sa proclamation a été faite le 15 mai 1948, Israël a décidé de célébrer, aujourd’hui, le 60e anniversaire de sa création. Ce fut alors la plus grande injustice faite à un peuple, le peuple palestinien, dépossédé de sa terre, poussé à l’exil ou alors contraint à vivre sous occupation israélienne dans des conditions semblables à celle de l’apartheid comme le décrivent de très nombreux spécialistes, et même l’ONU qui adoptera une résolution en ce sens et qu’Israël et ses alliés ont voulu effacer des annales. Israël, rappelle-t-on, a été créé, fait unique dans les relations internationales, par une résolution de l’ONU, la 189, portant partage de la Palestine , alors sous mandat britannique. Au nom de quoi ne cesse-t-on de se demander encore : un peuple est privé de sa terre ?
C’était au mois de novembre 1947, et tout juste six mois plus tard, la Grande-Bretagne mettait fin à son mandat sans jamais s’opposer à l’invasion de la Palestine , et surtout à la guerre que les nouveaux venus livreront au peuple palestinien, sous la bannière de mouvements terroristes comme l’Irgoun et la Haganah. Et ce n’est pas fini.
Les Palestiniens appellent cela la Nakba , la catastrophe, et elle porte bien son nom. Ils la vivent avec au moins un silence complaisant de nombreux Etats de la planète qui assurent l’impunité à Israël, malgré les massacres et la menace, toujours réelle, qu’il fait peser sur la région.
Ces mêmes Etats, par la magie du verbe, tentent de pervertir les données de cette question pour s’opposer à la stricte application de cette même résolution de 1947 qui prévoyait la création d’un Etat palestinien au nom de ce même partage. Israël, retiendra-t-on, sera même doté de l’arme nucléaire, et les Israéliens se plaisent à rappeler cet épisode qui aurait été impossible à concrétiser sans le soutien actif de l’Occident.
Et c’est ce même Occident qui déplace le centre de la menace en regardant tantôt à droite et tantôt à gauche, puisque après l’Irak et ses ADM (armes de destruction massive) qui n’ont jamais existé, voilà l’Iran et son arme nucléaire que l’on dit en voie de fabrication, même si on se perd dans les délais.
Tout cela pour dessiner à leur guise la carte du Proche-Orient, c’est-à-dire sans jamais restituer aux Palestiniens et aux Arabes leurs territoires respectifs occupés par Israël. Et ce dernier, toujours avec les mêmes soutiens, continue à entretenir des mythes de l’Etat encerclé, prenant le prétexte sur les roquettes palestiniennes à l’effet dérisoire, pour poursuivre l’occupation et la répression des Palestiniens.
Signe des temps, la bande de Ghaza a été décrétée entité hostile, alors qu’il s’agit d’un territoire occupé normalement, protégé par les conventions internationales réglementant normalement les situations de guerre.
Le seul problème depuis 1948, c’est que les Palestiniens refusent d’abdiquer, eux qui étaient voués à la disparition puisque, et jusqu’au milieu des années 60, le droit à l’existence leur était dénié.
A leur manière donc, ils préparent les célébrations de leur drame. Autrement dit, l’expulsion de centaines de milliers d’entre eux depuis la guerre de 1948. Un comité national va lancer dans les semaines à venir de nombreuses activités pour commémorer l’événement.
Cette année «sera complètement différente des années précédentes», a affirmé, à des journalistes à Ramallah, Omar Al Assaf, le directeur du comité, précisant que les événements comprendront des conférences et des activités culturelles et sportives.
Nous essayons d’amener tous les Palestiniens à s’habiller en noir au milieu du mois prochain, afin de lancer un message fort au monde que nous avons le droit de retourner dans les maisons dont nous avons été expulsés», a ajouté Al Assaf.
Les Palestiniens célébreront, quant à eux, le jour de la Nakba , le 15 mai. Taysir Nasrallah, un membre du comité, a déclaré que les officiels travailleront aux côtés d’organisations internationales pro-palestiniennes pour convaincre les dirigeants de ne pas assister à la cérémonie israélienne prévue aujourd’hui.
Le sort d’environ 4,5 millions de réfugiés palestiniens et de leurs descendants, vivant aujourd’hui principalement dans des camps de réfugiés au Liban, en Jordanie et dans les territoires occupés, a toujours été une question centrale des pourparlers de paix au Moyen-Orient. Et pourtant, depuis près de 20 ans, le mot paix n’a jamais été autant utilisé.
Tous les concepts ont été avancés, notamment la nécessité pour les Palestiniens d’avoir leur propre Etat. Mais le principe s’arrête là, car sa compréhension n’est pas la même pour tous.
Les Palestiniens parlent de droits nationaux et revendiquent l’application des résolutions de l’ONU, notamment les 242 et 338 ainsi que la 194 stipulant expressément le retour des réfugiés palestiniens de la première guerre de 1948.
L’ONU, auteur d’une injustice, tente d’en limiter les dégâts. Ce qu’Israël refuse obstinément, et il se trouve que des Etats l’encouragent dans son intransigeance, et vont jusqu’à lui reconnaître le droit à la légitime défense.
Eh oui, les rôles sont inversés, et la victime transformée en bourreau. C’est la triste réalité d’un peuple privé de ses droits.
http://www.ism-suisse.org/



Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage. Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

 4-1 Les musulmans en Europe affirment leur soutien au peuple palestinien et son droit légal au retour.

 Le chef de la fédération des organisations islamiques en Europe, Chakib Ben Makhlouf, a exprimé le soutien immuable des communautés islamiques dans toute l'Europe au peuple palestinien, en appelant au droit légal de retour des réfugiés palestiniens à leur terres d'origines occupées par les autorités sionistes depuis 60 ans, tout en affirmant qu'ils sont tous des palestiniens.
Ces déclarations de ce dirigeant musulman européen sont venues lors de l'ouverture du sixième congrès des palestiniens en Europe qui s'est organisé, le samedi 3/5, à Copenhague sous le slogan :" 60 ans et nous sommes proche du retour", devant plus de dix mille participants.
Il a salué également le peuple palestinien et sa résistance devant les escalades sionistes, en condamnant les massacres sauvages illimités, la judaïsation de la ville sainte d'Al Qods, la poursuite des activités coloniales en Cisjordanie et la confiscation continuelle des terres palestiniennes.
Il a appelé l'Europe et les pays du monde libre à soutenir fortement le retour des palestiniens à leurs terres confisquées illégalement par les autorités israéliennes depuis soixante ans, en montrant qu'il représente un droit sacré et fixe dont quiconque ne peut y renoncer.
Pour sa part, le directeur général de l'union des associations arabes "Itijah" (orientation), ainsi que le dirigeant palestinien, Amir Mokhawel a affirmé que "le retour des réfugiés palestiniens est le projet de tous les palestiniens qu'ils n'abandonneront jamais, car il représente un droit de tout le peuple palestinien".
Mokhawel a réaffirmé lors de son discours devant les participants que l'avenir sera pour les palestiniens, ainsi que leur retour en Palestine qui va être récupérée bientôt.
En ce qui concerne la continuation du blocus injuste contre les citoyens de Gaza et la fermeture persistante des passages qui continuent à étrangler les citoyens palestiniens, les participants au sixième congrès des palestiniens en Europe ont condamné fortement cette tragédie imposée illégalement contre les citoyens innocents, tout en appelant à l'arrêt immédiat des escalades militaires des autorités sionistes contre les palestiniens, ainsi que la levée du blocus inhumain et honteux qui viole les règles et les droits internationaux.
Les participants à ce congrès ont salué fortement le soutien des peuples, des organisations et des institutions au peuple palestinien et à sa question légitime, tout en remerciant les activités du monde libre contre les pratiques oppressives des autorités sionistes.
Hamas : le congrès de Copenhague dit à Abbas qu'il n'a pas le droit d'abandonner le droit de retour Le mouvement du Hamas a bien accueilli l'appel du président du mouvement islamique dans les territoires palestiniens occupés en 1948, Cheikh Raed Salah, au président de l'autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et au premier ministre au gouvernement d'unité nationale, Ismaïl Haniyeh, pour reprendre le dialogue national palestinien et finir les désaccords internes.
Le leader du Hamas, Ismaïl Redhwan, a dit que son mouvement salue l'appel du Cheikh Raed Salah qui a appelé, dans son discours lors du sixième congrès des palestiniens en Europe qui a eu lieu, hier samedi 3/5, dans la capitale du Danemark, Copenhague, à reprendre le dialogue nationale palestinien, sans conditions, pour reprendre l'unité nationale, répondre aux agressions sionistes et arrêter les négociations inutiles de l'autorité palestinienne avec l'occupation.
Redhwan a dit qu'ils sont prêts à faire réussir toutes les tentatives de dialogue, tout en appelant le président Abbas à répondre à cet appel pour reprendre le dialogue sans conditions.
Il a déclaré que le président Abbas ne possède pas la décision de dialogue à cause des pressions des Etats-Unis et de l'état de l'occupation, en insistant que les interventions de la direction américaine dans affaires palestiniennes internes paralysent le dialogue national palestinien.
Redhwan a souligné que la délégation du mouvement du Hamas qui a rencontré l'ancien président américain, Jimmy Carter, lui a expliqué les interventions négatives de la direction américaine dans les affaires palestiniennes internes et ses pressions sur l'autorité palestinienne, en disant que ces interventions doivent s'arrêter.
Il a salué tous les palestiniens qui célèbrent la 60ème commémoration de la catastrophe (Nakba) du peuple palestinien dans le monde entier, en soulignant qu'ils affirment que le droit de retour est sacré.
Ismaïl Redhwan a dit que ces activités représentent une lettre au président Abbas que personne ne possède le droit d'abandonner le droit de retour des réfugiés palestiniens après soixante ans de la catastrophe (Nakba) palestinienne et que les négociations inutiles du président Abbas avec l'occupation israélienne ne peuvent pas annuler ce droit.
Des discussions à Copenhague pour créer un forum de travaux palestino-européen  Des hommes d'affaires palestiniens qui habitent en Europe ont pris l'initiative pour créer un forum de travaux palestino-européen pour qu'il soit un noyau de rassemblement d'hommes d'affaires palestiniens dans toute l'Europe. Ce pas est venu lors de la recommandation de la présidence du forum palestinien des travaux à Londres pur regrouper les dames et les hommes palestiniens dans un cadre continental.
Le chef du comité préparatif du forum palestino-européen des travaux, l'homme d'affaire palestinien, Ziyad Al A'loul a affirmé que ce rassemblement va contribuer au renfort des coopérations entre les hommes d'affaires palestiniens en Europe en encourageant le développement des expériences d'exploitation en Palestine.
Suite aux préparatifs de ce forum palestino-européen organisé, le 3/5, des débats se sont déroulés pour mettre en vigueur des missions des coopérations d'hommes d'affaires palestiniens.
La conférence a été organisée sous le slogan "après 60 ans de refuge, le retour est proche", par le secrétariat général du congrès des palestiniens en Europe, ainsi que le centre palestinien de retour et le forum palestinien au Danemark, en coopération avec les institutions palestiniennes qui travaillent au Danemark et dans d'autres pays.
Haniyeh aux Palestiniens en Europe : Notre peuple ne sera pas toujours chassé, loin de son pays Le premier ministre du gouvernement d'unité nationale Ismaïl Haniyeh a exprimé sa confiance pour que le peuple palestinien ne reste pas toujours chassé dans les camps et en exil, tout en soulignant que les prochaines commémorations seront meilleures.
Le premier ministre a dit, aujourd'hui samedi 3/5, dans un discours télévisé adressé aux Palestiniens en Europe, à l'occasion de l'ouverture de leur sixième congrès qui a eu lieu dans la capitale du Danemark, Copenhague, en présence de délégations palestiniennes de tous les pays européens : "Nous sommes très fiers de la communauté palestinienne en Europe et de ses activités qui expliquent et montrent notre question palestinienne au monde entier".
Haniyeh a ajouté : "Je vous salue à partir de votre cher pays, la Palestine , de la ville occupée d'Al-Qods et de la bande de Gaza qui vit sous un sévère blocus sioniste".
Haniyeh a exprimé la position du peuple palestinien qui s'attache à ses principes et ses droits palestiniens dont le droit au retour des réfugiés palestiniens.
Au sujet du blocus sioniste imposé contre Gaza, Haniyeh a dit que l'occupation sioniste impose un blocus très sévère contre la bande de Gaza, depuis plus de dix mois, pour réaliser des objectifs politiques et obliger le peuple palestinien à présenter des abandon. Il a aussi affirmé l'échec de tous ces enjeux après deux ans de blocus sioniste contre les Palestiniens qui n'ont pas abandonné leurs droits et principes malgré toutes les souffrances et les situations très difficiles.
Haniyeh a également affirmé l'unité du peuple palestinien dans la bande de Gaza et en Cisjordanie ainsi que dans le monde entier, tout en soulignant la souffrance des réfugiés palestiniens à l'étranger, notamment des habitants du camp de Nahr Al-Bared au Liban et des réfugiés palestiniens en Irak.
Dimanche 04 Mai 2008 http://www.alterinfo.net/ 5 mai 2008


4-2  6oe anniversaire d'Israël - 21915 ballons noirs sur Jérusalem  

Pour célébrer ses 60 ans d’indépendance, Israël a l’intention d’organiser une surboum d’anniversaire sur une large échelle, avec des événements se déroulant dans beaucoup de pays différents dans le monde. A Jérusalem est prévu un colloque de trois jours sous le titre « Affronter demain » du 13 au 16 mai, auquel sont invités des dirigeants comme le Président US Bush et le Président français Sarkozy et des célébrités comme Barbara Streisand et Steven Spielberg qui ont l’intention d’y venir. Ce n’est pas bien de célébrer et nous devons faire quelque chose de GRAND pour que le monde et ceux qui se réunissent pour célébrer Israël nous voient et nous entendent. Nous avons eu cette idée et nous avons besoin de votre aide pour que cela se passe ! Le 15 mai, nous lancerons 21.915 (365 jours x 60 ans) ballons noirs dans les cieux de Jérusalem. Nous aspirons à obscurcir les cieux au-dessus des célébrations d’Israël pour faire savoir aux gens qu’il existe un autre aspect à l’histoire, un aspect de chagrin, de souffrance et de dépossession. En même temps, chaque ballon sera porteur d’une lettre d’un (d’une) enfant palestinien exprimant son espoir pour l’avenir, pour faire savoir au monde que nous croyons en la justice et que nous en rêvons.  edith rubinstein  



5 Annalyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

5-1 Michèle Sibony : Véritable opération de blanchiment de l’histoire contre le peuple Palestinien. L’anniversaire de la création d’Israël est en passe de devenir une célébration internationale. Par exemple un défilé est organisé le 1e juin prochain au coeur de Manhattan portant des bannières de grands portraits d’Israéliens anonymes ou célèbres, surmontés du titre : < visages d’Israël >. La volonté des organisateurs est d’affirmer que la société israélienne "...est une société similaire en de nombreux aspects à celle de New York - une fascinante combinaison d’immigrants qui sont venus ensembles pour créer une société aux facettes multiples. C’est l’histoire d’Israël". Cependant, dans la liste de portraits l’unique arabe israélien comme ils les appellent sera Rania Jubran une diplomate. (Israël conquiert la 5e avenue : Ynet 21 avril 2008) La Russie a prévu d’être de la fête aussi avec un grand festival culturel destiné à célébrer la naissance d’Israël. Salons du livre, expositions, et événements festifs de toute sorte s’organisent dans tous les pays d’Europe. Ce qui donnerait le meilleur contrepoint à ce concert mondial, c’est un double petit événement qui s’est passé en Israël dans la nuit du 24 avril et reporté par Haaretz. Quelques anarchistes contre le mur, accompagnés par un journaliste ami et sympathisant ont été < tagguer > à Jaffa, contre le défilé de commémoration de la... conquête de la ville en 48 programmé le lendemain par un groupe de droite le Etzel. Arrêtés par la police au milieu de la nuit ils sont emprisonnés. Dans la même nuit d’autres anarchistes contre le mur informés de l’arrestation s’emparent avec leurs amis palestiniens d’un avant-poste de colonie illégale une synagogue plantée sur une colline et que les colons n’occupent pas encore jour et nuit. Ils grimpent sur le toit décrochent le drapeau israélien et le remplacent par le drapeau palestinien. Les colons alertés arrivent de toute part. La bataille rangée commence colons contre colonisés et anarchistes. L’armée arrive et disperse les anarchistes contre le mur et les Palestiniens à coup de balles en caoutchouc. Quelques éléments à tirer de cet événement presqu’anecdotique : 1 - Il s’agit en Israël de commémorer la conquête en faisant fi de toutes les violences qu’elle a causées, les centaines de milliers de palestiniens chassés, leurs biens détruits ou appropriés, des centaines de milliers puis des millions de Palestiniens en exil dans des camps de réfugiés, qui paient jusqu’ aujourd’hui le prix de cette injustice. Eux qui vivent au Liban, en Syrie en Jordanie, dans les Territoires palestiniens occupés, en Israël même comme < citoyens >, n’existent pas et continuent d’être effacés des mémoires, de l’histoire, du présent. Ils devraient subir cette célébration de leur conquête et de leur dépossession en veillant à ne pas gâcher la fête. Tout cela dans un contexte non pacifié par un règlement du conflit, dans le respect du droit, ou une quelconque reconnaissance des torts causés, mais qui se caractérise au contraire par l’ aggravation du sort des réfugiés du Liban, des Palestiniens des TOP et de la Bande de Gaza, et une remise en question permanente des droits des citoyens palestiniens d’Israël. 2 - La conquête n’est pas achevée et il s’agit de la continuer, Exactement comme le confiait Sharon en novembre 2001 au journal Haaretz : La guerre d’Indépendance n’est pas terminée. Non. 1948 n’était qu’un chapitre. Et il annonçait une seconde étape de colonisation d’au moins 50 ans. Ces deux phrases il les a martelées en Israël et dans toutes ses visites à l’Etranger. Les frontières d’Israël qui n’ont jamais été fixées, sont entrain d’être dessinées dans le sang et par la force, au mépris de toutes les lois, par le plus fort, contre le plus faible. Retrait unilatéral de Gaza qui fixe la frontière sud ? Mais l’armée israélienne conserve le contrôle terrestre aérien et maritime de toute la bande de Gaza et le gouvernement y a établi depuis des mois un siège ignoble qui affame toute la population hommes femmes et enfants, un million et demi d’habitants. En Cisjordanie, la colonisation se poursuit sans répit, et le mur réalise les enclaves prévues par le plan Sharon. Des gouvernements européens comme l’Allemagne, ou le Japon financent déjà la construction de zones industrielles côté israélien du mur en face des enclaves, participant activement à leur Banthoustanisation. Ces enclaves constituent ainsi des réserves de travailleurs dont on imagine les droits. Devant Kalkylia, ville de 40 000 habitants complètement encerclée par le mur, la porte de la prison s’ouvre une demi heure le matin pour laisser sortir de la ville les travailleurs prisonniers, et elle se rouvre une demi heure le soir pour les laisser rentrer dans leur ville dortoir. Mais si vous dites Apartheid vous exagérez et vous êtes antisémite. 3 - Les commémorations internationales et nationales de la création d’Israël constituent ainsi une véritable opération de blanchiment de l’histoire telle qu’elle s’est passée : Il s’agit d’effacer de nier la Naqba palestinienne, l’expulsion massive 750 000 personnes, les massacres de Deir Yacine près de Jérusalem, de Tantoura près de Haïfa, de Dawaimeh, près de Hébron en 1948, puis de Kafr Kacem en 1956, et la seconde expulsion à l’occasion de la guerre de 67 d’encore 300 000 personnes. Oublier les expropriations de terres massives entre 47 et 49, celles des pourchassés qui se sont réfugiés dans les pays voisins mais aussi les terres des < présents-absents > (grâce à la loi éponyme qui exproprie tous ceux qui ont fui leurs villages sans pour autant quitter Israël, mais ne pouvaient être et pour cause, sur leurs terres et propriétés au moment défini par la loi. De tout cela il ne sera pas question. Après les historiens palestiniens, mais eux n’ont pas été entendus, les nouveaux historiens, dès l’ouverture des archives de 48 (notamment celles de l’armée) ont confirmé les faits, Ilan Pappe entre autre relate dans son dernier ouvrage < Le nettoyage ethnique de la Palestine > Fayard 2008 - avec minutie l’application du plan daleth, l’expulsion organisée et planifiée. Une terre sans peuple pour un peuple sans terre. C’est ce qui était nécessaire, dans la logique sioniste au moment du vote de la partition en 47 et c’est donc ce qu’il fallait fabriquer. Ne pas reconnaître ce passé, imposer la pérennité de la mythologie sioniste sur l’histoire c’est installer durablement toute la société israélienne dans un déni de la réalité et une autojustification des crimes dont on ne peut mesurer les conséquences qu’avec frayeur. La première de ces conséquences est l’incompréhension totale du présent. Que de fois n’est-on surpris d’entendre justifier les crimes d’aujourd’hui par une position de victime, où l’agresseur est présenté comme celui qui se défend pour survivre à l’extermination. 4 - Ces commémorations veulent aussi blanchir le présent : celui de la colonisation qui continue, qui n’a jamais cessé, de la destruction de l’économie et de la société palestinienne, des milliers de prisonniers, des milliers de civils désarmés tués, dans les TOP, de l’ignoble siège d’un million et demi de civils sans défense à Gaza. La politique de plus en plus ouvertement discriminante à l’égard des palestiniens d’israël. C’est tout cela que la célébration israélienne passe à la lessiveuse, entérinant la morbidité d’une société élevée dans le déni de sa propre histoire et de son présent et l’angoisse fabriquée de l’anéantissement, nécessaire car c’est cette angoisse qui permet de tout justifier, et de tolérer l’intolérable. L’active complicité de la plupart des gouvernements européens et de celui des Etats-Unis dans cette grande opération de blanchiment révèle à la fois combien l’idéologie sioniste qui s’est appuyée sur les conséquences de l’antisémitisme européen qu’elle a érigées en chantage permanant a réussi, et combien les < démocraties > néolibérales d’aujourd’hui engagées dans la destruction de tous les droits humains, sociaux, politiques, économiques, dans la destruction de l’environnement et la recolonisation de zones énormes du monde, se reconnaissent dans un tel modèle. Sans abris, sans papiers, sans travail sans sécu sans retraite, les sans voix, les sans droits abondent aujourd’hui dans nos sociétés et se multiplient, la figure du Palestinien n’est - elle pas le parfait modèle de ce dénuement ? L’effacer le nier, c’est nier pour ces gouvernements scélérats leurs propres oeuvres quotidiennes, les rendre invisibles. Admirer la force du plus fort, le laisse frapper et frapper encore, et dicter l’histoire comme il édicte le présent, c’est ce que le néolibéralisme veut nous imposer : Une épouvantable régression, la fin du droit international, la fin des droits tout court. Les prestations récentes du président français, en Chine et en Tunisie le montrent, dans leur monde il n’y a pas de place pour les droits humains. Panem et circenses ? Les émeutes de la faim qui se multiplient dans le monde montrent qu’il n’y aura pas de pain pour tout le monde. La volonté d’effacement des Palestiniens constitue le principal enjeu de la fête, avec la célébration par l’Occident du modèle qu’il a largement contribué à forger et qu’il revendique aujourd’hui comme universel : Apartheid, négation de l’autre, écrasement du droit par la force. Célébrer cela ? Sûrement pas. La voix palestinienne doit être portée haut et fort dans le monde avec tous ceux qui refusent le négationnisme dans tous ses aspects, et qui refusent le projet de société d’un Bush ou d’un Sarkozy... Les quelques dizaines de jeunes anarchistes israéliens contre le mur, bien qu’ élevés dans la mythologie sioniste, ont réussi à ouvrir les yeux sur l’autre, le camarade palestinien colonisé, et ils ont choisi leur camp : celui d’un Avenir avec les Palestiniens sans murs, dans l’égalité la dignité et le respect. C’est ce programme qui doit être célébré, parce que c’est la seule perspective d’avenir pour cette région, et pour nous tous où que nous vivions. Michèle Sibony
3 mai 2008 Mercredi 30 Avril 2008


07/05/2008

n°349-Journal de la Palestine-30-07 au 07-05 - Début-Ahmed Faouaz Kmeik, un civil de 20 ans, a été tué alors qu'il tentait de s'éloigner d'une confrontation entre les forces d'Abbas et des hommes assis dans un café. .

n°349-Journal de la Palestine-30 -07 au 07-05 - Début-Ahmed Faouaz Kmeik, un civil de 20 ans, a été tué  alors qu'il tentait de s'éloigner d'une confrontation entre les forces d'Abbas et des hommes assis dans un café. .

Journal de la Palestine   - Début-                                

N°349                         30-04 au 07-05

Par M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

Sommaire

3 Politique internationale des territoires occupés 

4 La Palestine en chiffre & au jour le jour

Détails par région:

Décompte des pertes humaines

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Israël interdit l’entrée en Palestine à la cinéaste Annemarie Jacir.

5-2 Silvia Cattori : Mur de séparation ethnique et désinformation.

5-3 Human Rights inquiète des enquêtes sur l'assassinat du cameraman de Reuters et des civils à Gaza.

6 Les brèves

6-1 Les Palestiniens se rassemblent au 60ème anniversaire de la ‎‎'Neqbah'.

6-2 Véritable opération de blanchiment de l’histoire contre le peuple Palestinien. 6-3 Au total, ce sont au minimum 750 000 Palestiniens qui devinrent des réfugiés.

6-4 Abbas à Bush : Cherche une autre personne que moi, si tu veux garder Olmert à mon détriment ...

6-5 Négociations de paix: Israël parle d'avancées, les Palestiniens sont réservés…

6-6 Rice souhaite une accélération du processus de paix israélo-palestinien.

6-7 Pots-de-vin : Olmert, prié de partir.

6-8 Des habitants de Naplouse prennent d'assaut les hangars pour demander l'aide alimentaire.



Tiré à part : 600 membres des forces d’abbas sont arrivés à Djénine en coordination avec Israël.
03-05
Des jeeps et des cars transportant, selon des commandants militaires, environ 600 membres des forces de sécurité sont arrivés samedi dans la ville en coordination avec Israël.
Cent cinquante autres déjà présents à Djénine, depuis longtemps un fief des activistes, les ont rejoints.
Les forces d'Abbas se sont déployés à Djénine dans le cadre d'une campagne de sécurisation appuyée(…)  par Washington qui met à l'épreuve la capacité d’Abbas à contenir les activistes, principale condition pour la création d'un Etat palestinien.
Le déploiement des forces d'Abbas, dont certains membres bénéficient de formations financées par les Etats-Unis en Jordanie, est la deuxième initiative d lancée par les Palestiniens dans une grande ville de Cisjordanie après une intervention similaire à Naplouse, à la fin de l'année dernière.
Les forces d'Abbas ont également pénétré dans le camp de réfugiés de Djénine, une première pour des membres de la sécurité palestinienne.

Ils avaient prévu de rester à Kabatia quelques jours en guise de démonstration de force mais ils se sont retirés jusqu'à l'entrée de la ville, craignant que la mort du civil n'accroisse les tensions.
La nouvelle force compte pénétrer dans une cinquantaine de villages autour de Djénine pour accomplir des missions similaires. aloufok.net

                                   30-04 au 07-05: Peuple Palestinien :  7 tués   -  27 blessés                                                                Occupants             :  0 tué     -  0 blessé


La lutte pour la libération dans les territoires occupé

Résistance

Au jour le jour

05-05 Les combattants de la résistance palestinienne ont attaqué par roquette les positions de l'armée sioniste, en représailles aux exactions du régime sioniste, a rapporté l'AFP citant un porte-parole de l'armée israélien IRIB 04-05 Les résistants ont attaqué la colonie israélienne de Sdrout par roquette. IRIB

05-05 Nombreux tirs de roquettes palestiniennes notamment sur la ville frontalière de Sderot. EuroNews



La lutte pour la libération dans les  territoires occupés

Bande de Gaza -

Au jour le jour

01-05 Les Brigades Qassam, la branche armée du mouvement Hamas, ont déclaré qu’un drone israélien avait tiré un missile sur Nafith Manssour, 40 ans, l’un des leaders des Brigades qui a été tué. Des sources palestiniennes ont signalé que de plus deux enfants ont été blessés par ces tirs visant le camp de réfugiés d'Al Shabura situé près de la ville de Rafah, jeudi matin.
01-05
 Imad Kadeh, 12 ans, a été gravement blessé d’une balle dans la tête tirée par les Forces d’Occupation Israélienne au cours d'une invasion visant le secteur d’Al Faraheen, à l'est de la ville de Khan Younis, au sud de la bande de Gaza.
Les sources locales ont déclaré que des chars et des bulldozers de l'armée israélienne avaient envahi Al Faraheen tôt ce jeudi et avaient commencé à ouvrir le feu au hasard sur les maisons des habitants.
Source : http://www.imemc.org/article/54588

Traduction : MG pour ISM IMEMC

 01-05 Jeudi après-midi, les Forces d’Occupation Israélienne ont tué par balle Mohamed Abu Duka, 55 ans. Des sources locales ont déclaré que les chars israéliens avaient tiré sur les maisons d'Al Faraheen, tuant Abu Duka. Source : http://www.imemc.org/article/54588 Traduction : MG pour ISM IMEMC  

05-05 Sur le terrain des combats ont éclaté après l'entrée de chars israéliens appuyés par des hélicoptères au sud de la bande de Gaza. EuroNews

05-05 Un Palestinien est mort et cinq autres ont été blessés lors de l'effondrement d'un tunnel à la frontière entre Gaza et l'Egypte aujourd'hui. Les sources médicales ont identifié l'homme tué comme étant Rami Alsha'er. Les équipes de secours recherchent un sixième blessé.
Des témoins ont déclaré que le tunnel était en construction lorsqu'il s'est effondré lundi après-midi, piégeant les hommes qui se trouvaient à l'intérieur.
Source : IMEMC

06-05 Les Forces d’Occupation Israélienne bombardent Beit Lahia et blessent gravement 2 habitants.
Des témoins ont déclaré que les soldats des Forces d’Occupation avaient tiré un missile sol-sol sur les habitants.
En outre, WAFA a indiqué que les soldats avaient envahi un secteur situé à l'est de la ville de Jabalia, au nord de la bande de Gaza.
L'agence a ajouté que des dizaines de véhicules militaires et trois bulldozers de l’armée ont envahi le secteur et tiré à balles sur plusieurs maisons.
WAFA

06-05 Une frappe aérienne près de la ville de Beït Lahiya, dans le nord de la bande de Gaza a eu lieu, a-t-on appris auprès d'hôpitaux et de l'armée israélienne. Selon des responsables d'hôpitaux gazaouis, quatre résistants ont été hospitalisés aux premières heures de mardi et l'un d'entre eux a succombé à ses blessures. (Reuters)

07-11 Selon des témoins palestiniens, quelque 25 chars et bulldozers blindés sont entrés peu avant l'aube sur l'étroite bande côtière à Abassan, un secteur situé à l'est de la ville de Khan Younes. L'aviation israélienne a lancé au moins trois frappes aériennes dont une attaque qui visait six militants du Hamas, a dit le Dr Moaiya Hassanain du ministère palestinien de la Santé. Trois de ces hommes sont dans un état critique. Par ailleurs, les médecins palestiniens ont déclaré que cinq autres Palestiniens dont un civil ont été blessés par deux frappes aériennes, ont rapporté des médecins palestiniens.. AP


Cisjordanie occupée par Israël depuis 1967 :

Au jour le jour 

 01-05 Jeudi matin les Forces d’Occupation Israélienne ont envahi plusieurs villes et villages. Au cours des attaques d’avant l’aube, l’armée d’occupation israélienne a kidnappé au moins 10 civils, dont cinq enfants dans un village près de Jénine. Source : http://www.imemc.org/article/54588  Traduction : MG pour ISM IMEMC 04-05 Des colons et l’armée israélienne attaquent Assira al Qibliya et blessent deux Palestiniens ISM

 05-05 En Cisjordanie aujourd'hui, l'armée israélienne a attaqué. Les attaques israéliennes ont eu lieu à Hébron, Jérusalem, Ramallah et Naplouse. Source : IMEMC Traduction : MR pour ISM

 03-05 Des habitants de la ville de Kabatia, près de Djénine, ont dit qu'Ahmed Faouaz Kmeik, un civil de 20 ans, avait été tué par balles alors qu'il tentait de s'éloigner d'une confrontation entre les forces d'Abbas et des hommes assis dans un café. .
aloufok.net



4-2 La Palestine en chiffre(Depuis le début de l'Intifada le 25 septembre 2000)

Palestine Civils & résistants tués                                                                            :  5.351 Civils & résistants  blessés                                                                      :  52.873 Internationaux blessés                                                                             : 192 (chiffre tout a fait minimal) (balles réelles ou caoutchoutées, gaz lacrymogène, autres moyens) Arrêtés     :                                                                                            :  47.733 En prison :                                                                                             : 11.800 Pacifistes en prison ou arrêtés                                                                  : 108 Autres actes            Journalistes tués                                                                                      : 10 Journalistes blessés                                                                                :  ? + 32 Nombre de maisons palestiniennes détruites ou partiellement démolies       :  66.275   2-2 Occupants: Israéliens  tués                                                                                        : 1.157                                                                                                                 ( 379 militaires/policiers) Israéliens blessés                                                                                     : 6.475                                                                                                                 ( 481  militaires/policiers)


06-05
Le porte-parole du Comité Populaire Contre le Siège de Gaza, Rami Abdou, a affirmé, que le nombre de victimes du blocus sioniste imposé contre Gaza est maintenant de 145 martyrs, après la mort de deux femmes (Zakia Mohammed Sa'ada (59 ans), & Nadmia Mouhareb Abed, 55 ans,et d’une fillette Ismahan Rafiq Al-Ja'al, 13 ans.
Source : http://www.palestine-info.cc 05-05 Le Centre Al-Mezan pour les droits de l’homme a révélé que les Forces d’Occupation Israéliennes (FOI) avaient tué 69 citoyens dans la Bande de Gaza en avril dernier.
Dans un communiqué, publié hier, le centre a indiqué que les FOI avaient lancé trente opérations militaires dans la Bande de Gaza, faisant 69 morts en avril. Cela porte à 316 le nombre de ceux qui ont été tués par l'armée israélienne depuis janvier 2008.
Selon le communiqué, les FOI ont arrêté 127 citoyens et détruit 15 maisons dans ce territoire côtier. En plus, 372 donomes de terres cultivables ont été rasés par bulldozers israéliens dans le sud et à l'est de la Bande de Gaza en avril. Al- Mezan a fait remarquer que les FOI ne fournissaient que 6406000 litres de diesel à Gaza en avril. Il a critiqué l'usage excessive de la force par les FOI contre la population civile dans les Territoires palestiniens occupés. Le centre a condamné le siège imposé par Israël à la Bande de Gaza, considérant cela comme une punition collective contre le peuple palestinien, sans justification. Il a souligné qu'un tel siège était une violation flagrante de la loi humanitaire internationale. Il a appelé la communauté internationale à assumer ses responsabilités envers le peuple palestinien, en mettant un terme le blocus imposé à Gaza par Israël


Les chiffres indiqués sont  vérifiés par le recoupement des chiffres des pertes communiqués par la résistance & les médias occidentaux & XINHUANET (Chine)  

1  Politique Palestinienne

MM Abbas & Haniyeh.

03-05 Dans la triste commémoration d'An-Nakba, le premier ministre Haniyeh a confirmé que soixante ans après la création d'"Israël", aux dépends du peuple palestinien, la Palestine ne s'efface pas de la mémoire de ce peuple comme l'avait auparavant cru "Israël". La Palestine restera toujours présente avec force dans l'esprit de toute la nation, de tous les hommes libres du monde entier. Quant à la résistance, elle continuera, efficacement, dit-il.


1-4 Les grandes manœuvres.

03-05 600 membres des forces ‘de sécurité’ palestiniennes ont été déployées aujourd'hui dans la région de Jénine, en Cisjordanie. Objectif : renforcer l'autorité du président Mahmoud Abbas. Ce déploiement vient renforcer les policiers, comptant 1.500 hommes, qui se trouve actuellement dans la région. Leur mission s'inscrit dans le cadre des engagements pris par les Palestiniens en novembre à Annapolis, aux Etats-Unis. Ce déploiement s'est fait en partenariat avec Israël, qui a lever plusieurs barrages érigés en Cisjordanie pour céder la place aux forces palestiniennes. Ces troupes ont suivi un entraînement en Jordanie parrainé par Washington. Le Hamas a accusé Mahmoud Abbas de faire le jeu d'Israël et a vivement dénoncé le déploiement de Jénine. EuroNews & AP


1-5 Négociations.

02-05 Le premier ministre Ismaël Haniyeh, a affirmé que la position des factions de la résistance palestinienne et du gouvernement, quant à l'accalmie, est actuellement aux mains des Egyptiens. Si l'accalmie fera face à un refus de l'Entité Sioniste, les Palestiniens n'abdiqueront jamais.
Haniyeh a dit : "L'initiative de l'accalmie est de l'Egypte. Et l'Egypte n'accepte guère que le blocus et la fermeture du point de passage de Rafah continuent. Elle aura alors une position, les factions auront aussi une position, si "Israël" refuse l'accalmie.
Nous n'accepterons aucunes conditions israéliennes. En effet, nous avons approuvé une trêve dans le but d'assurer l'intérêt de notre peuple et de faire réussir les efforts égyptiens", a ajouté Haniyeh.



2  Politique Israélienne 05-05 Une nouvelle affaire de corruption éclabousse M. Olmert, entendu vendredi par la police des fraudes. En dépit du black-out, les médias ont affirmé que l'affaire était particulièrement "grave" et pourrait acculer M. Olmert à la démission. AFP 05-05 Olmert soupçonné dans plusieurs affaires de corruption, a été entendu par la police au sujet du financement de campagnes électorales entre 1999 et 2002. Le quotidien "Haaretz" a publié lundi un article accusant le Premier ministre d'avoir usé de sa position de ministre du Commerce en 2005 pour donner un coup de pouce à la carrière de son épouse dans les arts. Des invitations à une exposition organisée à New York auraient ainsi été imprimées avec du matériel du ministère et le séjour du couple dans un hôtel de luxe aurait été payé par des sympathisants américains. AP

Olmert

04-05 Olmert serait l'objet de pressions croissantes des Occidentaux pour assouplir les restrictions sur les déplacements des Palestiniens et prendre d'autres mesures pour renforcer la position du président Abbas, dont l'autorité est limitée à la Cisjordanie depuis la prise de contrôle de la bande de Gaza par le Hamas en juin 2007. Par Arshad Mohammed et Mohammed Assadi Reuters http://fr.news.yahoo.com/fc/israel-palestiniens.html 04-05 Ehoud Olmert a annoncé, lors de la réunion hebdomadaire du Cabinet, qu'il avait l'intention de continuer dans ses fonctions à la tête de l'Etat, et ce malgré l'ouverture d'une nouvelle enquête de police à son encontre.  Infolive.tv


2-1 Processus de paix. 03-05 Nous respecterons une trêve, tant que l'occupant la respectera, dit le Djihad Islamique Les opérations militaires sionistes continuent dans la bande de Gaza. Le mouvement du Djihad Islamique voit dans cette continuation une volonté de mettre en échec les efforts de l'Egypte pour arriver à une trêve.
Khalid Al-Battach, leader dans le mouvement du Djihad Islamique, affirme que son mouvement respectera toute trêve, tant que l'occupant israélien la respectera. Si "Israël" respecte la trêve et le rôle de l'Egypte, cela promettra. Mais si elle la viole, aussi bien en Cisjordanie que dans la bande de Gaza, nous aurons le droit de répliquer. C'est elle qui en sera la responsable.
AFP 03-05 Al-Battach attire l'attention sur le fait que la trêve, pour son mouvement, signifie l'accalmie partout. Et le Djihad Islamique respectera l'accord national collectif. Il n'enfreindra l'accalmie, sauf si "Israël" l'aura violée. Elle est alors appelée à la respecter. Les factions de la résistance palestinienne ne font que défendre leur peuple et ses droits. Elles ne cèderont jamais face à une quelconque menace.
Le leader palestinien précise que l'accalmie a six mois pour durer. Elle devra contenir l'arrêt des opérations militaires, mais pas seulement. Il faut ouvrir les points de passage et stopper le blocus. Il faut également, ajoute-t-il, une réconciliation nationale entre les mouvements du Fatah et du Hamas, sous l'égide de l'Egypte.
AFP

2-2 Des Canons ... pas du beurre.

04-05 Un responsable de l'Autorité énergétique de Gaza a affirmé dimanche qu'Israël livrait du carburant à l'unique centrale électrique de la Bande de Gaza, où trois des quatre turbines avaient été arrêtées pour économiser l'énergie. Israël est la seule source de carburant de Gaza. La centrale fournit un tiers de l'électricité de la Bande de Gaza, l'Etat hébreu la plus grande partie du reste. AP


2-4 Les grandes manœuvres

05-05 La police israélienne est intervenue aujourd'hui pour interrompre l'installation d'une colonie juive près d'Hébron. http://fr.news.yahoo.com/fc/israel-palestiniens.html


2-10 Politique colonialiste israélienne. (Colonisation & colonies) 03-05 Israël continue de refuser à des centaines de personnes l'entrée à la Palestine , y compris à des cinéastes remarquables comme Jacir, et ce en toute impunité.
http://www.ism-suisse.org/news/

03-05  Un tribunal israélien a approuvé la décision de démolition des maisons dans le village palestinien d'Al-Aqaba. Dr. Ayman Dragma, député du Conseil Législatif Palestinien, a qualifié cette décision de déportation par la force.
Cette décision est une preuve évidente que l'occupation israélienne veut isoler la région d'Al-Aghwar pour l'écarter de toute négociation.
En effet, la politique de déportation, d'annexion de terrains, de construction de colonies confirme l'existence de projets israéliens visant à redessiner la Cisjordanie selon les intérêts de l'Entité sioniste. Cette Entité travaille de façon à rendre les négociations possibles que sur 60% des terrains de la Cisjordanie.
La région palestinienne d'Al-Aghwar est très importante, stratégiquement et dans les domaines de l'eau et de l'agriculture. Elle représente les poumons orientaux de la Palestine. Elle est également son ouverture vers le monde arabe et vers le monde extérieur. Il est impossible pour un Etat palestinien de voir le jour sans cette région. Il faut alors, ajoute le député Draghma, que tout le monde s'y mette pour sauver le village d'Al-Aqaba des griffes de l'occupation israélienne.
AFP

06-05- Lundi soir, dans le cadre des célébrations du 60e anniversaire de l'Etat d'Israël, le ministre de la guerre Barak, a ordonné un bouclage total sur tous les territoires palestiniens occupés par Israël avant la fête israélienne de la "Journée du Souvenir». La bande de Gaza occupée est déjà sous bouclage total, après avoir été mis en état de siège il y a 11 mois, mais en Cisjordanie, le bouclage sera imposé à partir de mardi soir. C'est une pratique courante pour l'armée israélienne que de réprimer l’ensemble de la population palestinienne à chaque fois que les Israéliens ont un four de fête.     Source : http://www.imemc.org/article/54680      Traduction : MG pour ISM

n°349-Journal de la Palestine-30-07 au 07-05 – Suite --Ahmed Faouaz Kmeik, un civil de 20 ans, a été tué alors qu'il tentait de s'éloigner d'une confrontation entre les forces d'Abbas et des hommes assis dans un café. .

n°349-Journal de la Palestine-30 -07 au 07-05 – Suite --Ahmed Faouaz Kmeik, un civil de 20 ans, a été tué  alors qu'il tentait de s'éloigner d'une confrontation entre les forces d'Abbas et des hommes assis dans un café. .

Journal de la Palestine  – Suite                                

N°349                         30-04 au 07-05

Par M.Lemaire



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Sommaire  (suite)

3 Politique internationale des territoires occupés 

4 La Palestine en chiffre & au jour le jour

Détails par région:

Décompte des pertes humaines

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Israël interdit l’entrée en Palestine à la cinéaste Annemarie Jacir.

5-2 Silvia Cattori : Mur de séparation ethnique et désinformation.

5-3 Human Rights inquiète des enquêtes sur l'assassinat du cameraman de Reuters et des civils à Gaza.

6 Les brèves

6-1 Les Palestiniens se rassemblent au 60ème anniversaire de la ‎‎'Neqbah'.

6-2 Véritable opération de blanchiment de l’histoire contre le peuple Palestinien. 6-3 Au total, ce sont au minimum 750 000 Palestiniens qui devinrent des réfugiés.

6-4 Abbas à Bush : Cherche une autre personne que moi, si tu veux garder Olmert à mon détriment ...

6-5 Négociations de paix: Israël parle d'avancées, les Palestiniens sont réservés…

6-6 Rice souhaite une accélération du processus de paix israélo-palestinien.

6-7 Pots-de-vin : Olmert, prié de partir.

6-8 Des habitants de Naplouse prennent d'assaut les hangars pour demander l'aide alimentaire.


3 Politique Internationale des térritoires occupés

1 Pays Arabes & voisins

 Égypte

03-05 Un plan de trêve sous médiation égyptienne est soumis à Israël. Douze groupes de résistance palestiniens ont donné mercredi leur accord à cette offre, mais il est peu probable qu'Israël l'accepte telle quelle. Le gouvernement Olmert estime que les résistants, notamment de Gaza, ne profitent d'une trêve pour se réarmer. http://www.alterinfo.net/


2 Le Monde 1 Usa (le parrain)

03-05 Si Bush, s'est déclaré optimiste quant à la conclusion d'un accord de paix au Proche-Orient avant qu'il ne quitte ses fonctions en janvier 2009, Condoleezza Rice a exprimé son scepticisme. "Il y a urgence, car (...) je suis convaincue que la fenêtre d'opportunité d'une solution à deux Etats ne va pas rester ouverte éternellement", a-t-elle noté. "En fait, on peut même dire qu'elle se réduit davantage chaque jour". LEMONDE.FR avec AFP


1 Bush

05-05 "Le président Bush croit fermement que le temps est venu d'établir un Etat palestinien, en conformité avec la feuille de route. Les parties travaillent donc simultanément sur cette feuille de route et sur les négociations." La Feuille de route, le dernier plan international lancé en 2003 par le Quartette, (regroupant les Etats Unis, L'UE, la Russie et l'ONU), prévoit notamment un gel de la colonisation israélienne et l'arrêt des attaques côté palestinien. EuroNews  

2 Rice

 03-05 Rice a dénoncé le peu d'empressement de certains riches pays arabes à verser les fonds promis, les accusant de chercher à "payer le moins possible".
Lors de la réunion des donateurs de Paris en décembre 2007, la communauté internationale s'était engagée à verser 7 milliards de dollars au total aux Palestiniens. Or 717 millions de dollars ont été versés à ce jour, dont 500 millions par l'Union européenne, la Grande-Bretagne , la Norvège , la France et les Etats-Unis tandis que les contributions des pays de la Ligue arabe s'élèvent à 215 millions de dollars, selon les chiffres du département d'Etat.
http://www.alterinfo.net/

04-05 Tout en estimant aussi un accord possible pour la fin de l'année, Rice a jugé "particulièrement problématique" la question des colonies juives et de la poursuite de leur extension en Cisjordanie. Reuters

05-05 Rice a affirmé que des observateurs américains allaient surveiller la levée des barrages militaires israéliens qui paralysent l'activité en Cisjordanie. "Cela signifie que nos observateurs" --des personnels de l'ambassade-- vont "discuter avec les gens qui essaient de franchir les contrôles et se faire une idée de la façon dont s'exercent les mouvements et accès", a dit Condoleezza Rice AFP  

05-05 la secrétaire d'Etat américaine a estimé : "Nous continuons à croire que cet objectif est à notre portée - un accord entre Palestiniens et Israéliens d'ici la fin de l'année et d'ici la fin du mandat du président Bush" Elle a ajouté que les Etats-Unis considéraient la poursuite des implantations juives dans les territoires comme "particulièrement problématique pour le climat de confiance qui est pourtant nécessaire". A propos des barrages routiers que les Israéliens ont promis de lever en Cisjordanie, elle s'est interrogée sur les effets concrets de cette mesure sur la vie quotidienne des Palestiniens. "Il ne faut pas regarder seulement la quantité, mais aussi les qualité des améliorations" apportées à la liberté de mouvement de la population, a-t-elle dit. Reuters Par Arshad Mohammed et Mohammed Assadi Reuters http://fr.news.yahoo.com/fc/israel-palestiniens.html



2 Les institutions et leurs satellites

 2 Otan - 3 Onu - 4 Nations Unies - Banque Mondiale- Mouvement des non-aligné (MNA)

 5/05 Selon un rapport de l'ONU, Israël a levé 44 "obstacles" en Cisjordanie sur les 61 qu'il s'était engagé à supprimer. Mais la plupart n'ont que peu ou pas d'importance. AFP - 

05-05 La radio publique israélienne a de son côté indiqué qu'un important barrage routier situé au sud de Hébron, en Cisjordanie, devrait être supprimé et remplacé par des barrages volants. http://fr.news.yahoo.com/fc/israel-palestiniens.html


3- Organisations Mondiales & régionales  

03-05 Plusieurs ONG présentes à Gaza ont appelé à une levée immédiate du blocus imposé par Israël dans la bande de Gaza depuis le 17 janvier. Oxfam, Care International et Médecins du monde-Grande-Bretagne ont ainsi appelé le Quartet"à cesser d'être complaisant en exerçant les pressions diplomatiques les plus fortes sur le gouvernement israélien". "L'étau sur les frontières de Gaza rend la vie des gens intolérable et le travail de l'ONU et des autres organisations humanitaires littéralement impossible", ont souligné les ONG, qui estiment qu'une "crise humanitaire est imminente". AFP


5 Quartette (composé des États-unis, de l'Union européenne, de la Russie et des Nations unies)

02-05 Alors que le processus de paix entre Israël et les Palestiniens est toujours dans l'impasse, le Quartet pour le Proche-Orient, a sommé les Etats arabes de tenir leur promesse de soutenir financièrement l'aide au développement des territoires palestiniens.
Le Quartet – qui regroupe l'UE, les Etats-Unis, la Russie et l'ONU – "a également exprimé sa profonde inquiétude face à la poursuite des activités de colonisation et a appelé Israël à geler toute activité (d'extension) des colonies, y compris la croissance naturelle, et à démanteler les avant-postes construits depuis 2001", a déclaré le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. Une demande régulièrement formulée par le Quartet, et qui figurait dans sa "feuille de route".
LEMONDE.FR avec AFP


6 Ue

03-05 Madame Luisa Morgantini, vice-président du parlement européen, a qualifié d'illégale la décision des autorités de l'occupation de fermer les associations de bienfaisance et de confisquer leurs biens.
Dans une lettre envoyée à la Campagne populaire pour soutenir les orphelins d'Al-Khalil, elle a exprimé son opinion concernant cette fermeture. Elle considère ladite décision comme despotique et illégale, émanant encore une fois de l'armée israélienne envers la société civile.
AFP

03-05
L'armée de l'occupation prétend que l'Association Islamique est impliquée dans des activités illégales liées au mouvement du Hamas. La député européenne Luisa Morgantini voit dans ces allégations des justifications sans aucune preuve. Elles sont de nouvelles actions destinées à sanctionner la pauvre et faible société civile. Cette société souffre déjà d'une situation très difficile à cause des colons, de plus de 100 barrages, du mur, des checkpoints qui entravent le mouvement des Palestiniens et transforme la ville d'Al-Khalil (Hébron) en ville fantôme.
Malheureusement, les institutions internationales, dont l'Union Européenne, sont responsables de cette occupation qui continue depuis quarante ans. Il faut toujours la condamner, dit elle dans sa lettre.
AFP



5 Médias/Vidéos 

5-1 Israël interdit l’entrée en Palestine à la cinéaste Annemarie Jacir.

Officiellement sélectionnée pour l'édition 2008 du Festival de Cannes qui aura lieu le mois prochain, la cinéaste palestinienne, Annemarie Jacir a été interdite d'entrée en Palestine le 30 avril dernier à la frontière jordanienne. Elle se rendait chez elle, en Palestine, pour la première mondiale de son nouveau film, "Le sel de la mer", qui est le premier long métrage d'une réalisatrice palestinienne.
Elle a été retenue à la frontière pendant six heures, questionnée à maintes reprises, son téléphone lui a été confisqué puis on lui a interdit l’entrée.
http://www.ism-suisse.org/news/
Palestine - 03-05-2008


5-2 Silvia Cattori : Mur de séparation ethnique et désinformation.
Quand les médias dominants diront-ils enfin la vérité sur Israël ? Au moment où Israël, soutenu par les gouvernements occidentaux, s’apprête à célébrer avec faste le soixantième anniversaire de sa création (*), et alors que les Palestiniens, bouclés dans des ghettos, n’ont jamais été aussi opprimés, nous rediffusons un article, écrit en août 2003, qui conserve, malheureusement, toute son actualité.
L’Etat d’Israël a été fondé, en 1948, sur un crime que les victimes palestiniennes ont appelé "Nakba", "catastrophe". Cela s’est traduit par l’expulsion brutale de près de 90% des natifs palestiniens hors de chez eux. Nous pensons qu’il n’y aura aucune paix possible aussi longtemps qu’Israël ne reconnaîtra pas ses torts et ne rendra pas aux Palestiniens ce qu’il leur a extorqué par la force durant ces soixante années.
Alors que la situation des Palestiniens s’est dangereusement aggravée, du fait de l’étranglement maintenu par l’occupant israélien, nos gouvernements devraient avoir la décence de refuser de participer à ces célébrations. Et les journalistes devraient avoir enfin l’honnêteté de dire la vérité sur l’apartheid pratiqué par Israël vis-à-vis des Palestiniens, et de la répéter jusqu’à ce qu’une solution conforme au droit international soit apportée à cette tragédie.
 http://www.silviacattori.net/article442.html


5-3 Human Rights inquiète des enquêtes sur l'assassinat du cameraman de Reuters et des civils à Gaza.

L'organisation internationale, Human Rights Watch, a affirmé que les enquêtes sur l'assassinat des civils sont insuffisantes et que le gouvernement de l'occupation devait effectuer des "enquêtes objectives sur le terrain"
Lors des son communiqué de presse, du 2 mai 2008, l'organisation de « Human Rights Watch » a souligné que les enquêtes sur l'assassinat des civils, seulement, sont insuffisantes, car le gouvernement de l'occupation devait effectuer des "enquêtes sur le terrain", objectives et profondes sur le bombardement qui a tué un cameraman de l'agence "Reuters" ainsi que les 3 citoyens civils à Gaza, le 16 avril 2008.
Human Rights Watch a déclaré, dans une lettre, envoyée le 30 avril 2008, au procureur général militaire des forces armées de l'occupation israélienne en lui affirmant que les enquêtes militaires sur le terrain au sujet de la sécurité des civils pendant les guerres n'étaient ni objectives, ni approfondies, alors qu'elles n'ont servi que des prétextes de mauvaise affirmations des forces de l'occupation.
Sarah Watson, directrice de l'organisation de "Human Rights Watch" au Moyen Orient, a accusé les enquêteurs militaires de l'occupation de ne pas chercher d'obtenir des preuves sur le terrain, en entendant d'autres témoins sur ces évènements, en qualifiant les enquêtes israéliennes d'insuffisantes autour de ces violations aux lois internationales.
L'organisation internationale s'est protestée fortement contre les enquêtes militaires de l'occupation, en les rappelant que, le 16 avril 2008 et durant cet incident, un char militaire de l'occupation a tiré un obus qui a tué Fadel Shana'a, 23ans, le caméraman de Reuters, avec Ahmed Aref Faraj Allah, 14 ans, Ghassan Khaled Otawi, 17ans et Khalil Ismaïl Daghmoush, 22 ans.
Des témoins oculaires ont déclaré à Human Rights Watch qu'il n'y avait pas eu de combats durant l'assaut militaire, ce jour-là, et que les soldats israéliens qui se trouvaient sur le char militaire avaient l'occasion d'identifier leurs cibles et éviter les civils.
Human Rights Watch a déclaré qu'Israël devrait également procéder à une enquête objective approfondie sur l'assassinat exécuté, le 28 avril à Beit Hanoun, par un avion israélien, en tuant une mère et ses quatre enfants dans leur maison.
Human Rights Watch a déclaré que ses travaux de recherche et d'enquêtes sur les évènements entre 2000 et 2005, ont constaté que les enquêtes de l'occupation étaient insuffisantes, non approfondies et non objectives.
Human Rights Watch demande de rendre publics les résultats des enquêtes sur les incidents du 16 et 28 avril, où des civils ont été sauvagement assassinés par les forces armées de l'occupation, afin de poursuivre en justice toute personne jugée responsable de ces graves violations aux droit humains.
"Nous avons constaté que les forces israéliennes ont un faible degré d'investigation personnelle," a déclaré Watson.
"Et si Israël veut épargner la vie des civils et veut montrer son engagement et son respect aux lois internationales pendant la guerre, elle doit donc permettre des investigations indépendantes," a ajouté Human Rights.
Human Rights Watch a réaffirmé que les États ont une obligation d'enquêter sur ces sérieuses violations perpétrées par leurs forces, en soulignant qu'une enquête profonde, sérieuse et indépendante serait très importante pour éviter d'autres évènements militaires semblables.
L'organisation a ajouté que cela impose une discipline de maintien responsable pour assurer la conformité aux lois et le respect des règles de la guerre.
"Ces enquêtes sont nécessaires lorsqu'il existe de graves violations aux lois de la guerre", a t-il réaffirmé Human Rights Watch.
Dimanche 04 Mai 2008 http://www.alterinfo.net/



6 Les brèves Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

6-1 Les Palestiniens se rassemblent au 60ème anniversaire de la ‎‎'Neqbah'

Au seuil du 60ème anniversaire de la mise en place du ‎régime factice sioniste, la diaspora palestinienne, dont ‎‎600.000 Palestiniens, habitant dans les camps syriens, se ‎prépare à organiser, un rassemblement anti-sioniste. Bien ‎que les Palestiniens organisent chaque année de vastes ‎manifestations en signe de protestation contre l'occupation ‎de leur territoire, les rassemblements de cette année seront ‎tout particulière, et ce, étant donné que l'occupation de la ‎Palestine passe à sa 6ème décennie et que les exactions des ‎Sionistes dans la bande de Gaza sont arrivées ces derniers ‎jours, à leur paroxysme. Au seuil de son 60ème funeste ‎anniversaire, le régime sioniste est confronté à une crise ‎véritable intérieure. Quoiqu'il s'écoule 60 ans de ‎l'occupation de la Palestine par le régime sioniste, Tel-‎Aviv est toujours considéré comme un régime usurpateur et ‎la plupart des pays, même certains partis et personnalités ‎juifs reconnaissent la nature illégitime et factice du régime ‎occupant Qods.‎
‎"Le sionisme, en tant que courant despotique et agresseur, ‎agit aux antipodes des enseignements du Livre saint des ‎juifs, la "Torah" », estiment les membres de l'Association ‎juive de Natury Karta, groupe anti-sioniste aux Etats-Unis, ‎dans un communiqué à l'occasion du 60ème anniversaire de ‎la création du régime usurpateur sioniste. ‎
Sans Israël, affirment ces rabbins, les conflits s'arrêteraient ‎au Moyen-Orient, d'autant plus qu'au nom du judaïsme, il ‎commet de nombreux crimes contre les Palestiniens, il les ‎tue et les expulse de leurs propres maisons. Aujourd'hui, le ‎monde est conscient que les tractations en coulisse d'il y a ‎‎60 ans entre la Grande-Bretagne , les Etats-Unis et les ‎Sionistes, avaient abouti à l'occupation de la Palestine et les ‎Sionistes comptent toujours sur le soutien de Washington et ‎Londres.
Depuis 60 ans, le monde est témoin des crimes ‎innombrables commis par les Sionistes dans les territoires ‎occupés, notamment dans la bande de Gaza. ‎ Lundi 05 Mai 2008


6-2 Véritable opération de blanchiment de l’histoire contre le peuple Palestinien. L’anniversaire de la création d’Israël est en passe de devenir une célébration internationale. A) Par exemple un défilé est organisé le 1e juin prochain au coeur de Manhattan portant des bannières de grands portraits d’Israéliens anonymes ou célèbres, surmontés du titre : < visages d’Israël >. La volonté des organisateurs est d’affirmer que la société israélienne "...est une société similaire en de nombreux aspects à celle de New York - une fascinante combinaison d’immigrants qui sont venus ensembles pour créer une société aux facettes multiples. C’est l’histoire d’Israël". Cependant, dans la liste de portraits l’unique arabe israélien comme ils les appellent sera Rania Jubran une diplomate. (Israël conquiert la 5e avenue : Ynet 21 avril 2008) B) La Russie a prévu d’être de la fête aussi avec un grand festival culturel destiné à célébrer la naissance d’Israël. Salons du livre, expositions, et événements festifs de toute sorte s’organisent dans tous les pays d’Europe. 3 mai 2008

6-3 Au total, ce sont au minimum 750 000 Palestiniens qui devinrent des réfugiés.
Plus de 400 villages furent rayés de la carte. Mais cela ne mit pas fin à l’épuration ethnique. Des milliers de Palestiniens (citoyens israéliens) furent expulsés de la Galilée , en 1956.
Plusieurs milliers de Palestiniens supplémentaires furent expulsés de la Cisjordanie et de la bande de Gaza.
Selon le droit international, et comme le stipule la résolution 194 de l’Onu, les réfugiés de guerre ont le droit de retourner chez eux ou d’obtenir une compensation. Israël n’a jamais accepté ce droit. Non ; nous ne ferons pas la fête.
Nous ne saurions célébrer l’anniversaire d’un Etat fondé sur le terrorisme, les massacres et la dépossession d’un autre peuple de sa terre.
Nous ne saurions célébrer l’anniversaire d’un Etat qui, encore aujourd’hui, pratique l’épuration ethnique, viole le droit international, inflige une punition collective monstrueuse à la population civile de Gaza et continue à dénier aux Palestiniens leurs droits humains et leurs aspirations nationales.
Nous ferons la fête quand les Arabes et les juifs vivront, en tant qu’égaux, dans un Moyen-Orient en paix.
Suit une liste de plus de  50 signataires
dont Seymour Alexander,Harold Pinter
Sources ISM
Posté par Adriana Evangelizt

6-4 Abbas à Bush : Cherche une autre personne que moi, si tu veux garder Olmert à mon détriment ... Le président de l'autorité palestinienne serait revenu très déçu des Etats-Unis. Il aurait informé l'administration américaine qu'il ne se présenterait pas pour un deuxième mandat, si cette administration ne fait rien pour obliger l'Entité Sioniste à respecter ses engagements.
Des sources palestiniennes dans la capitale jordanienne rapportent qu'Abbas y est arrivé, venant de Washington et allant à Ramallah, très en colère. Il aurait demandé à Bush qu'il déclare, dans son discours prochain devant la Knesset israélienne, son soutien à un Etat palestinien en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et dans la ville d'Al-Quds. Il faudra demander à l'Entité Sioniste d'arrêter toute colonisation dans tous les territoires palestiniens occupés en 1967.
Ce qui a mis Abbas dans cet état de colère, c'est le refus de Bush, qui lui a fait comprendre qu'une telle réponse pourra faire tomber le cabinet d'Olmert !
Abbas lui aurait répondu : "Vous voulez garder le gouvernement d'Olmert à mes dépends, au détriment de ma popularité, au préjudice de mon destin ?". "Cherchez un autre que moi qui pourra assumer la présidence de l'autorité".
Selon le quotidien qatari Ash-Sharq, Abbas aurait demandé à Bush de ne pas proposer une solution de demie mesure entre les Palestiniens et les Sionistes. Une telle solution sera inacceptable par les Palestiniens. Le président américain Bush aurait accepté cette demande.
Source : AFP

6-5 Négociations de paix: Israël parle d'avancées, les Palestiniens sont réservés… Des négociations se déroulent au moment où la position d'Ehud Olmert est affaiblie par un nouveau scandale de corruption. Israël a fait état lundi de "progrès significatifs" après un nouvel entretien Olmert et Abbas. Selon une source autorisée israélienne, des "progrès significatifs" ont été réalisés sur la question des frontières du futur Etat palestinien, mais pas sur deux autres épineuses questions, le futur statut de Jérusalem et le sort des réfugiés de 1948. Déclaration d’un haut responsable israélien : MM. "Olmert et Abbas ont demandé aux équipes de négociateurs d'avancer sur ces deux questions", a précisé ce responsable sous le couvert de l'anonymat, soulignant que les parties travaillaient "déjà sur cartes". La radio militaire israélienne a toutefois indiqué qu'Israéliens et Palestiniens campaient sur leur position sur le volet des réfugiés de 1948. A Ramallah, les responsables palestiniens ont mis un bémol. "Il est prématuré de tirer des conclusions et de commencer à mesurer les progrès ou l'absence de progrès", a déclaré à la presse l'un des principaux négociateurs palestiniens, Saëb Erakat. S'il a admis que les discussions avaient été "sérieuses et approfondies", M. Erakat a souligné qu'il n'y aurait "pas d'accord" avant un "accord sur tout". Il a appelé de nouveau Israël à appliquer la Feuille de route adoptée en 2003, le dernier plan de paix international, qui prévoit un gel total de la colonisation en Cisjordanie occupée et l'arrêt des violences côté palestinien. AFP

6-6 Rice souhaite une accélération du processus de paix israélo-palestinien. Par Anne Gearan AP - RAMALLAH, Cisjordanie - Arrivée samedi au Proche-Orient pour tenter de donner un coup d'accélérateur aux négociations de paix, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a jugé possible dimanche la conclusion d'un accord de paix israélo-palestinien d'ici la fin de l'année, malgré le scepticisme des deux parties sur l'atteinte d'un tel objectif. Mme Rice a fait ces commentaires après une rencontre à Ramallah avec le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, qui paraît de plus en plus pessimiste sur la conclusion d'un accord avec les Israéliens. Il accuse l'Etat hébreu de saper les pourparlers en continuant à construire des colonies juives sur des terrains que les Palestiniens revendiquent pour leur futur Etat, et en refusant de démanteler plusieurs centaines de postes de contrôle militaires en Cisjordanie. Lors d'une conférence de presse avec le dirigeant palestinien, la secrétaire d'Etat américaine a exhorté Israël à ne pas compromettre la conclusion d'un accord final, une référence à la construction de colonies. Et dans une critique assez inhabituelle, elle a suggéré que le gouvernement israélien pouvait faire plus pour améliorer la vie des habitants de Cisjordanie. A ses yeux, les gestes faits par les Israéliens doivent avoir un "effet réel" sur la vie des gens. "Nous essayons de ne pas regarder seulement la quantité, mais aussi la qualité des améliorations", a-t-elle affirmé. Mahmoud Abbas et le Premier ministre israélien Ehoud Olmert ont relancé les pourparlers de paix lors de la conférence d'Annapolis, en novembre dernier, et ils se sont fixés l'objectif d'un accord de paix pour décembre 2008. Leurs discussions sont basées sur la "feuille de route", un plan de paix international qui envisage la création d'un Etat palestinien indépendant. Mme Rice a affirmé que la mise en oeuvre de la "feuille de route" était un "travail très minutieux", mais a noté que le président George W. Bush croyait que "le temps est venu pour la mise en place d'un Etat palestinien". "C'est pourquoi nous travaillons si dur sur la feuille de route, simultanément avec les négociations. Et nous continuons à croire qu'il est possible de parvenir à un accord entre les Palestiniens et les Israéliens d'ici la fin de l'année, et d'ici la fin du mandat du président Bush", a-t-elle déclaré. Mme Rice a eu une série d'entretiens dimanche avec les dirigeants israéliens et palestiniens. Bien qu'il y ait peu de signes visibles de progrès, elle cherche à donner un nouveau souffle aux pourparlers de paix avant une visite dans la région, courant mai, du président américain, à l'occasion des célébrations du 60e anniversaire d'Israël. La secrétaire d'Etat américaine a observé qu'au cours des entretiens avec le ministre israélien de la Défense Ehoud Barak, il y avait eu une "discussion approfondie" sur les postes de contrôle. Israël maintient plusieurs centaines de barrages routiers et de postes de contrôle en Cisjordanie, les jugeant nécessaires pour protéger les colonies et empêcher d'éventuels agresseurs d'entrer dans l'Etat hébreu. Le Premier ministre palestinien Salam Fayyad s'est rendu à Djénine dimanche, rencontrant des policiers palestiniens qui s'y sont positionnés samedi. M. Fayyad a dit qu'il s'était entretenu au cours d'une rencontre avec Mme Rice et M. Barak des futurs déploiements de policiers palestiniens dans d'autres parties de Cisjordanie. De son côté, Mahmoud Abbas, qui doit rencontrer Ehoud Olmert lundi, a salué les efforts déployés par les Etats-Unis et a exclu la possibilité d'un échec. "Nous avons besoin de parvenir à un accord complet (...) Ne pensons pas à un échec maintenant", a-t-il lancé, bien qu'il se montre de plus en plus pessimiste. Dimanche soir, Mme Rice devait rencontrer les principaux négociateurs, la ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni et l'ancien Premier ministre palestinien Ahmed Qoreï. Mme Livni a affirmé qu'Israël ne tentait pas d'agrandir les constructions juives en Cisjordanie, avant un retrait militaire. "Je peux vous assurer qu'Israël n'a pas d'intentions non déclarées", a-t-elle dit. Parallèlement, à Gaza, des activistes ont tiré au moins dix roquettes sur le sud d'Israël, touchant un supermarché, une maison et un cimetière à Sderot. On ne faisait pas état de blessés.  AP Dimanche 4 mai http://fr.news.yahoo.com/fc/israel-palestiniens.html 

6-7 Pots-de-vin : Olmert, prié de partir.

Entendu, par les enquêteurs, sur une nouvelle affaire de corruption financière, le Premier ministre du régime sioniste, Ehud Olmert, a été prié, par les dirigeants des partis de droite et de gauche, de présenter sa démission. C'est dans ce contexte que le député du parlement du régime sioniste, Sylvan Shalom, a, déjà, pris contact avec plusieurs formations parlementaires, afin d'obtenir une majorité, en faveur de la dissolution de la Knesset et d'élections anticipées. Cette proposition sera évoquée par les membres du Likoud et du Parti travailliste, dès l'ouverture de la session estivale du parlement. La police israélienne a interrogé Ehud Olmert, déjà, soupçonné, dans d'autres affaires. Elle cherche à savoir si M. Olmert a reçu des pots-de-vin d'un homme d'affaires américain. Les bruits autour de la démission de M. Olmert a, de nouveau, levé un coin du voile sur les coulisses du pouvoir, au sein du régime de Tel-Aviv, disent les analystes, lesquels pensent que d'autres éléments plus importants que le détournement de fonds poussent la Knesset à réclamer la tête du Premier ministre du régime sioniste, d'autant plus, ajoutent-ils, que les affaires de corruption touchant les responsables et les hommes politiques israéliens ne sont pas choses nouvelles. L'expérience montre que ces accusations refont surface, lorsque les partis souhaitent renverser un Premier ministre. Or, une telle information ne saurait être étonnante, après la crise que traverse Israël, depuis la guerre de 33 jours contre le Liban et les pressions qui s'intensifient, depuis, sur Ehud Olmert. De nombreux responsables israéliens, parmi lesquels, les propres alliés politiques de M. Olmert, estiment insuffisants, les efforts que mène ce dernier, pour sortir le régime de Tel-Aviv de la crise à laquelle il est confronté. C'est pourquoi, certains hommes politiques israéliens pensent qu'une partie de chaise musicale, au sein du pouvoir, pourrait servir de solution à une sortie de crise. Les opposants d'Olmert cherchent à suggérer que c'est lui, le responsable de cette crise, afin de masquer les problèmes profonds d'Israël et de préparer le renversement de l'actuel Premier ministre et de son parti, Kadima. La défaite cuisante du régime sioniste, face au Hezbollah libanais, et son incapacité à mater le Hamas, sont autant de raisons à propager cette crise aigue que l'on vient d'évoquer. Que le Likoud et le Parti travailliste réclament la tête d'Ehud Olmert, ne change rien au fond du problème, même si l'actuel Premier ministre du régime sioniste a fait son temps et que, seules, des considérations politiciennes le maintiennent au pouvoir Lundi 05 Mai 2008 AFP 


6-8 Des habitants de Naplouse prennent d'assaut les hangars pour demander l'aide alimentaire.
Par Maan News Des centaines de Palestiniens de Naplouse ont attaqué les hangars du Programme Alimentaire Mondial dimanche, demandant à avoir accès à de la farine que le Ministre palestinien de la Santé dit impropre à la consommation humaine.
Ma'an a reçu des documents officiels du laboratoire qui indiquent que la farine est comestible.
Des sources au sein du Programme Alimentaire Mondial ont déclaré à Ma'an que 21.000 tonnes de farine ont été récemment acheminées pour le peuple palestinien. 4.000 tonnes sont arrivées à Naplouse, mais le Ministre palestinien de la Santé a refusé de les distribuer aux habitants, au prétexte que la farine n'était pas conforme aux standards palestiniens. Selon les sources internationales, la farine excède les standards palestiniens.
Un avocat palestinien de Naplouse affilié au Fatah, Najat Abu Bakr, a mis en garde contre ce qu'elle appelle "une révolte de la faim" à Naplouse, accusant les responsables palestiniens d'édicter de fausses règlementations au sujet de la qualité de la farine..
Elle s'est demandée, au cours de la conversation téléphonique avec Ma'an, pourquoi la même farine a été distribuée dans le reste de la Cisjordanie si elle a été interdite à Naplouse. Elle en a appelé au Président Mahmoud Abbas pour qu'il ordonne la distribution de la farine pour soulager la souffrance des citoyens de Naplouse, en particulier dans le contexte de la flambée des prix des denrées alimentaires.
Dimanche, les habitants des quartiers est de Naplouse ont essayé de pénétrer par effraction dans les hangars, pour avoir accès à la farine placée en quarantaine. La police est intervenue et a dispersé la foule. Les habitants ont dit qu'ils voulaient prendre la farine, même si elle n'était pas aux standards palestiniens.
Fathi Abu Mughli, Ministre palestinien de la Santé , a rejeté les déclarations du Programme Alimentaire Mondial. Il a souligné que selon les normes palestiniennes, la farine était impropre à la consommation humaine. Il a dit que cette réglementation avait été édictée par un comité d'experts du Ministère.
Entre temps, l'ancien vice-Premier Ministre palestinien Naser Addin Ash-Sha'ir a envoyé un message au Premier Ministre actuel Salam Fayyad et au Ministre de la Santé Abu Mughli, leur demandant de mettre fin à la crise de la farine.
Son message dit qu'il a des rapports de laboratoire qui prouvent que la farine est parfaitement comestible et saine. Il a ajouté que plus de 1.700 familles du district de Naplouse ont déjà utilisé cette farine sans aucune plainte sur sa qualité                                          
 Source : Maan News     Traduction : MR pour ISM

°349-Journal de la Palestine-30-07 au 07-05 – Fin --Ahmed Faouaz Kmeik, un civil de 20 ans, a été tué alors qu'il tentait de s'éloigner d'une confrontation entre les forces d'Abbas et des hommes assis dans un café.

n°349-Journal de la Palestine-30 -07 au 07-05 – Suite --Ahmed Faouaz Kmeik, un civil de 20 ans, a été tué  alors qu'il tentait de s'éloigner d'une confrontation entre les forces d'Abbas et des hommes assis dans un café. .

Journal de la Palestine   – Fin --                                

N°349                         30-04 au 07-05

Par M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

Sommaire

6-9 Moscou salue le déploiement de 600 policiers palestiniens à Jenine...

6-10 Gaza : le Hamas propose des voitures de police-taxis.

7 Dossier

7-1 1948-2008 - 60 ans de résistance contre Israël.

7-2 Point de vue de Jean Bricmont : Palestine : Dieu est à leur côté ?

8 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

8-1  « Soixantième commémoration de la Nakba  »

8-2 Non : nous ne célèbrerons pas l'anniversaire de la création d'Israël !

8-3  Double petit événement ...

8-4 Le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) appelle au boycott d’Israël.

8-5 Des colons et l’armée israélienne attaquent Assira al Qibliya et blessent deux Palestiniens.


6-9 Moscou salue le déploiement de 600 policiers palestiniens à Jenine...
La Russie a salué la décision des autorités israéliennes d’autoriser le déploiement de près de 600 policiers palestiniens dans la ville de Jenine en Cisjordanie.
"C'est une décision très importante et utile. Elle signifie avant tout l'élargissement de la zone de responsabilité de l'autorité palestinienne dans le cadre des efforts visant à remettre de l'ordre dans les territoires palestiniens", a déclaré le représentant spécial du président russe pour le Proche-Orient et vice-ministre des Affaires étrangères Alexandre Saltanov, sur la chaine d'information en continu russe, diffusée en arabe, Rusiya al-Yaum.
" La Russie continue d'accorder une aide multiforme à ce processus", a indiqué M. Saltanov. Dimanche, le service de presse de Tsahal a annoncé qu'avec l'accord des autorités israéliennes, près de 450 membres des forces de sécurité palestiniennes avaient été déployés à Jenine. En outre, les autorités israéliennes ont autorisé la construction dans les régions rurales de la Cisjordanie d'une vingtaine de postes de police qui recevront près de 500 membres des structures de force palestiniennes. RIA Novosti 04-05

6-10 Gaza : le Hamas propose des voitures de police-taxis. Des membres du Hamas proposent de transporter les habitants en voiture de police pour remédier à la paralysie du trafic causée par la pénurie de carburant. Les voitures bleues portent des autocollants orange sur lesquels ont peut lire : "Nous sommes prêts à vous véhiculer gratuitement". Les transports sont paralysés dans l’étroite bande côtière depuis qu’Israël a décidé de restreindre les livraisons d’essence et de diesel le mois dernier pour tenter de faire cesser les tirs de roquettes des militants contre son territoire. Les Gazaouis se retrouvent à faire rouler leurs voitures à l’huile végétale ou à se déplacer à pied et à bicyclette. 05-05 http://www.aloufok.net/


7 Dossier Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

7-1 1948-2008 - 60 ans de résistance contre Israël.
Le 29 novembre 1947, l’ONU partage la terre de Palestine sans consulter ses habitants pour la livrer aux colons sionistes qui déclarent la création de l’Etat colonial – Israël le 14 mai 1948 après avoir déplacé, expulsé et dispersé à travers le monde près de 900.000 Palestiniens (avant et après le 14 mai), assassiné 15.000 Palestiniens et rasé des centaines de villages avant le 14 mai.
Depuis, Israël continue son plan de colonisation de la Palestine historique par le nettoyage ethnique des Palestiniens, par la construction du mur et de nouvelles colonies sur les terres occupées en 1948 et en 1967.
Aujourd’hui, les 10 millions de Palestiniens (Palestine historique, Liban, Jordanie, Syrie, et ailleurs dans le monde), dont 6,5 millions de réfugiés, continuent de résister, de revendiquer leurs droits nationaux et historiques sur leur terre, la Palestine.
Hier comme aujourd’hui les impérialistes
étatsuniens, britanniques, français et les régimes réactionnaires de la région dont l’Arabie Saoudite, l’Egypte, la Jordanie et la Turquie , s’emploient à la destruction de la cause palestinienne et de sa résistance en attisant des conflits internes avec l’aide de collaborateurs palestiniens.
Depuis les élections législatives de janvier 2006, la population de la bande de Gaza est soumise à un blocus international visant à lui imposer de renoncer à la résistance. Les massacres de ces derniers jours ne font que poursuivre le nettoyage ethnique de la Palestine.
Nou s soutenons la cause palestinienne, symbole de la lutte des peuples pour leur souveraineté et leur autodétermination contre l’impérialisme et ses alliés.
Mobilisons-nous pour :
• Soutenir la résistance du peuple palestinien jusqu’à la libération de l’ensemble de la Palestine , le droit au retour dans leurs foyers d’origine de tous les expulsés depuis 1948 et l’abolition du système colonial et raciste de l’Etat d’Israël.
• Nous opposer à la collaboration du gouvernement français avec l’Etat colonial d’Israël à tous les niveaux.
http://www.ism-suisse.org/news/


7-2 Point de vue de Jean Bricmont : Palestine : Dieu est à leur côté ? Interview de Jean Bricmont par Emmanuel Katz. Palestine , Israël- une réalité complexe, sanglante, dramatique. Pour essayer d’y voir plus clair, nous avons rencontré Jean Bricmont, observateur et analyste lucide des événements du Moyen-Orient. « Dieu nous a donné cette terre » JB : « Dans toutes les guerres, les deux parties prétendent que Dieu est à leur côté. Il en était ainsi quand, avant la première Guerre mondiale, l’Allemagne et la France se disputaient l’Alsace et la Lorraine. Aujourd ’hui, les Israéliens affirment que Dieu leur a donné « la terre d’Israël ». Ils donnent aussi comme justification l’ « holocauste », les millions de Juifs exterminés par les Nazis au cours de la Deuxième Guerre Mondiale. Mais les Arabes n’y étaient pour rien.... Les Arabes sont diabolisés... JB : » Le soutien de l’Occident aux Israéliens va de pair avec un diabolisation des Arabes et du monde musulman.. La guerre d’agression d’Israël au Liban en 2006 est vue, de l’Occident, comme, au mieux, une « réaction démesurée ». Mais en Malaisie, il y a un pont que l’on a baptisé « Hezbollah ». Même les laïcs Libanais admirent Nasrallah et le Hesbollah pour leur résistance aux Israéliens. Comment en sortir ? JN : « Il faut cesser de jeter de l’huile sur le feu ...l’Europe doit cesser de soutenir Israël ou de provoquer les Arabes. Il ne faut pas accepter d’ « Israéliser » le Moyen-Orient. Nous avons eu assez de conflits historiques avec les Musulmans ». Qui, selon vous, a droit à Israël ? JB : « Tout le monde a des droits. Le droit au bonheur, les droit humains... Je pense toutefois que personne, ni les Juifs, ni les Palestiniens n’ont droit à Israël ». Un état bi-national ? JB : « C’était la position d‘Einstein ou d’Hannah Arendt. Même de Noam Chomsky, aujourd’hui. Mais, quelles que soient les formules de paix que l’on privilégie, force est de constater que les options des sionistes, de Jabotinsky à Olmert en passant par Ben Gourion, ne vont pas dans le sens d’une paix « juste et durable »... » Le processus de paix ? JB : « Ilan Pappé a dit que ce n’est ni aux Européens, ni aux Américains d’organiser le processus de paix en Israël/Palestine. D’ailleurs ce soi-disant processus de paix est considéré par beaucoup comme une façade, un leurre.... Même une personne aussi modérée que Régis Debray a déclaré (c’est le titre de son articles dans le Monde Diplomatique) que « les Israéliens se moquent de nous ». On pourrait même dire que le « processus de paix » a pour fonction...d’éviter la paix. Ou, en tous cas, de « pacifier » les palestiniens en les reléguant dans des bantoustans ». Boycott Israël ? JB : « Récemment, le London School of Economics a voté pour le boycott d’Israël. Des syndicats en Angleterre ont fait de même ». Que fait la gauche européenne ? JB : « Par rapport aux positions indépendantes de de Gaulle, la gauche européenne est en retrait- à la remorque des Etats-Unis et de l’Etat Israélien. Les partis Socialistes sont , en partie, « Sionisés » . Le problème des PS, c’est qu’ils servent les intérêts des multinationales européennes, y compris au Moyen-Orient. L’accusation d’antisémitisme est la couverture psychologique employée pour désamorcer la critique, pas la cause de cette critique ». Quel est le rôle des Etats Unis ? JB : « A Oslo, il n’y a pas eu de résolution sur le résultat final des pourparlers. Aujourd’hui, les territoires palestiniens sont toujours occupés, il y a même eu de nouvelles implantations. Et puis, bien sûr, il y a la pression du lobby juif américain. Barack Obama a dit que l’ONU ne doit pas condamner Israël, qu’Israël ne faisait que se défendre contre les tirs de roquettes venus de Gaza » Un état démocratique et la paix en Israël ? JB : « Ce serait une solution idéale. Mais si les Israéliens ne se retirent pas des territoires occupés, elle ne se réalisera pas. La solution n’est pas, non plus, de « vassaliser » les Palestiniens » Vous citez Bismarck « JB : « Il disait : « Les Balkans ne valent pas la vie d’un seul soldat prussien ». A quoi servent tous ces massacres ? Israël a perdu au Liban ; les Etats Unis sont en train de perdre en Irak et en Afghanistan. Et nous, européens, prétendons rester « neutres » ... Il y a même des « Chrétiens Sionistes » JB : « Le pourrissement de la situation encourage l’apparition de positions aussi aberrantes que celles des « Chrétiens Sionistes » , qui préconisent la judaïsation de la Palestine historique, comme condition du retour de Jésus, en tant que Christ triomphant de l’Apocalypse-et .. .de la conversion des juifs. Ce courant fondamentaliste protestant a fait sa jonction avec des sionistes radicaux et des Républicains de droite » Revenons au Hamas et à Gaza JB : « Récemment, David Rose, dans le magazine Vanity Fair, a révélé que les Etats-Unis, via leur homme fort, Mohammed Dahlan, avait préparé un coup de force contre le Hamas- ce qui a entraîné le contre-coup de force de Juin 2007 et la prise de contrôle de Gaza par le Hamas. La popularité du Hamas s’en est trouvé fortement renforcée, pas seulement à Gaza mais dans tous les territoires occupés . Uri Avnery, commentant l’article de David Rose sur son site Gush Shalom, affirme qu’il faut négocier avec le Fatah et le Hamas, ainsi que des personnalités qui ont la confiance de l’ensemble des Palestiniens, comme Marwan Barghouti . Et comprendre que, pour les peuples du Tiers-Monde, la Palestine a une signification universelle ». http://www.legrandsoir.info/spip.php?article6607 (JPG)


Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

 Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

8-1  « Soixantième commémoration de la Nakba  » Communiqué final du sixième Congrès des Palestiniens en Europe Le sixième Congrès des Palestiniens en Europe, qui s'est tenu samedi 3/5 à Copenhague, a eu lieu avec une participation de dix mille personnes, sous le slogan "Après soixante ans de colonisation, nous sommes proche du retour. Il a insisté sur l'attachement des réfugiés palestiniens au droit au retour.

Le texte du communiqué final du congrès, intitulé "Le document de la soixantième commémoration de la Nakba ", contenait 15 points essentiels :
1- Les Palestiniens en Europe soulignent qu'ils forment une partie très importante du peuple palestinien et de sa profondeur historique, de son patrimoine culturel et de ses origines arabes et musulmanes et que le peuple palestinien dans tous les lieux de refuge représente une seule masse indivisible.
2- Les Palestiniens en Europe annoncent leur fort attachement à leur origine palestinienne et aux intérêts suprêmes, droits et principes du peuple palestinien.
3- Les Palestiniens en Europe affirment le droit au retour des réfugiés palestiniens à leurs terres occupées, et soulignent que personne ne possède le droit de l'abandonner.
4- Les Palestiniens en Europe appellent la communauté internationale à activer le droit au retour des réfugiés palestiniens et à les dédommager des grandes pertes et souffrances qui se sont accumulées depuis 60 ans de tragédie et de refuge.
5- Les Palestiniens en Europe condamnent aavec force les tentatives des parties officielles et non officielles en Europe qui acceptent la commémoration du 60ème anniversaire de la création de l'Etat de l'occupation en négligeant l'expulsion injuste et illégale des Palestiniens de leurs terres origines depuis 1948 et la Nakba 'grande catastrophe') de 1967. Ils condamnent également la judaïsation continuelle, les confiscations des terres agricoles et la continuation des activités coloniales.
6- Les Palestiniens en Europe voient avec grande fierté et admiration la patience du peuple palestinien qui s'attache fortement à ses principes, ses droits et ses intérêts suprêmes, en présentant de grands sacrifices pour avoir sa liberté, chose qui prouve qu'il va bientôt récupérer ses droits légaux.
7- Les Palestiniens en Europe estiment avec grande fierté la résistance et la patience du peuple palestinien qui continue à présenter des martyrs, des blessés et des captifs depuis environ un siècle, luttant pour libérer sa patrie et ses lieux saints.
8- Les Palestiniens en Europe avertissent des grands dangers qui menacent la ville d'Al-Qods, notamment la sainte mosquée d'Al-Aqsa et les lieux sacrés islamiques et chrétiens.
9- Les Palestiniens en Europe renouvellent leur forte condamnation du blocus injuste et inhumain, imposé sévèrement contre un million et demi d'innocents citoyens. Ils appellent à sa levée immédiate et considèrent que l'Union Européenne est devant un examen réel et historique en ce qui concerne les droits de l'homme. Ils appellent aussi les pays arabes, notamment l'Égypte, à prendre ses responsabilités humaines et nationales pour mettre fin aux souffrances des Palestiniens et ouvrir le passage de Rafah.
10- Ils condamnent avec vigueur l'occupation et sa politique sioniste de judaïsation, ainsi que la continuation de la construction du mur de séparation raciste, le colonialisme, la fermeture des passages, l'installation de nouveaux barrages et la confiscation régulière des terres des citoyens palestiniens et de leurs ressources agricoles.11- Ils lancent une grande alerte face aux appels à la judaïsation de l'Etat de l'occupation pour expulser les habitants palestiniens de leurs territoires occupés en 1948.
12- Les Palestiniens en Europe adressent un message de grande admiration et de grande fierté aux 12 mille captifs palestiniens, comportant des enfants et des femmes, des députés et des ministres, qui souffrent dans les prisons de l'occupation, chose qui nécessite des interventions internationales pour arrêter les violations des autorités sionistes.
13- Les Palestiniens en Europe affirment leur attachement à l'entente nationale palestinienne qu'exige tout le peuple palestinien comme un choix unique et stratégique pour faire face aux crimes de l'occupation, et ils insistent sur le dialogue inter-palestinien.
14- Les Palestiniens en Europe confirment que l'OLP est le représentant légitime des Palestiniens après qu'il soit réformé sur des bases démocratiques et nationales, et après des élections libres dans lesquelles participeraient toutes les factions du peuple palestinien à l'intérieur et l'extérieur de la Palestine. Ils appellent aussi à révéler les conditions du meurtre du président Yasser Arafat.
15- Les Palestiniens en Europe rappellent l'importance de la question légitime palestinienne du retour des réfugiés palestiniens, et que l'autodétermination et la libération nécessitent, durant la 60ème commémoration de la Nakba , le soutien de tous ceux qui s'occupent de la justice, de ceux qui luttent pour les droits de l'homme.
Enfin, les Palestiniens en Europe ont présenté leurs chaleureuses salutations à tous les Palestiniens sans exception, et ont affirmé que les Palestiniens sont actuellement plus proches de leur retour à leur terres d'origines, grâce à leur résistance, à la patience et aux sacrifices.
Par Palestiniens en Europe Source : Palestine Info


8-2 Non : nous ne célèbrerons pas l'anniversaire de la création d'Israël ! Par The Guardian
Et nous non plus d'ailleurs. Ce jour là sera un jour de deuil et nos pensées iront aux Palestiniens... il y a quand même des limites à l'indécence. Et encore nous sommes polis !
Au mois de mai, certaines organisations célèbreront le soixantième anniversaire de la fondation de l'Etat d'Israël. Cela peut se comprendre, dans le contexte de siècles de persécutions ayant culminé dans l'Holocauste. Néanmoins, nous sommes des juifs qui ne célèbrerons pas cet anniversaire.
Il est manifestement grand temps de reconnaître le récit de l'Autre, le prix payé par un autre peuple en raison de l'antisémitisme et de la politique génocidaire d'Hitler.
Comme l'a souligné Edward Said, la Naqba est, aux yeux des Palestiniens, ce que l'Holocauste est à ceux des juifs.
En avril 1948, en ce même mois qui vit l’atroce massacre de Deir Yassin et l’attaque au mortier contre des civils palestiniens sur la place du marché de Haïfa, le Plan Dalet a été mis en œuvre.
Ce plan autorisait la destruction de villages palestiniens et l’expulsion de la population indigène à l’extérieur des frontières de l’Etat (israélien). Non, nous ne fêterons pas cela !
En juillet 1948, 70 000 Palestiniens furent chassés de leurs maisons à Lod et à Ramléh, au plus fort de la canicule de l’été, sans eau et sans nourriture. Des centaines d’entre eux perdirent la vie.
Cet événement est connu sous le nom de «Marche de la Mort ». Non, nous n’avons aucun motif à nous réjouir !
Sources ISM
Posté par Adriana Evangelizt


8-3  Double petit événement ...  … qui s’est passé en Israël dans la nuit du 24 avril et reporté par Haaretz. Quelques anarchistes contre le mur, accompagnés par un journaliste ami et sympathisant ont été < tagguer > à Jaffa, contre le défilé de commémoration de la... conquête de la ville en 48 programmé le lendemain par un groupe de droite le Etzel. Arrêtés par la police au milieu de la nuit ils sont emprisonnés. Dans la même nuit d’autres anarchistes contre le mur informés de l’arrestation s’emparent avec leurs amis palestiniens d’un avant-poste de colonie illégale une synagogue plantée sur une colline et que les colons n’occupent pas encore jour et nuit. Ils grimpent sur le toit décrochent le drapeau israélien et le remplacent par le drapeau palestinien. Les colons alertés arrivent de toute part. La bataille rangée commence colons contre colonisés et anarchistes. L’armée arrive et disperse les anarchistes contre le mur et les Palestiniens à coup de balles en caoutchouc. Quelques éléments à tirer de cet événement presqu’anecdotique : 1 - Il s’agit en Israël de commémorer la conquête en faisant fi de toutes les violences qu’elle a causées, les centaines de milliers de palestiniens chassés, leurs biens détruits ou appropriés, des centaines de milliers puis des millions de Palestiniens en exil dans des camps de réfugiés, qui paient jusqu’ aujourd’hui le prix de cette injustice. Eux qui vivent au Liban, en Syrie en Jordanie, dans les Territoires palestiniens occupés, en Israël même comme < citoyens >, n’existent pas et continuent d’être effacés des mémoires, de l’histoire, du présent. Ils devraient subir cette célébration de leur conquête et de leur dépossession en veillant à ne pas gâcher la fête. Tout cela dans un contexte non pacifié par un règlement du conflit, dans le respect du droit, ou une quelconque reconnaissance des torts causés, mais qui se caractérise au contraire par l’ aggravation du sort des réfugiés du Liban, des Palestiniens des TOP et de la Bande de Gaza, et une remise en question permanente des droits des citoyens palestiniens d’Israël. 2 - La conquête n’est pas achevée et il s’agit de la continuer, Exactement comme le confiait Sharon en novembre 2001 au journal Haaretz : La guerre d’Indépendance n’est pas terminée. Non. 1948 n’était qu’un chapitre. Et il annonçait une seconde étape de colonisation d’au moins 50 ans. Ces deux phrases il les a martelées en Israël et dans toutes ses visites à l’Etranger. Les frontières d’Israël qui n’ont jamais été fixées, sont entrain d’être dessinées dans le sang et par la force, au mépris de toutes les lois, par le plus fort, contre le plus faible. Retrait unilatéral de Gaza qui fixe la frontière sud ? Mais l’armée israélienne conserve le contrôle terrestre aérien et maritime de toute la bande de Gaza et le gouvernement y a établi depuis des mois un siège ignoble qui affame toute la population hommes femmes et enfants, un million et demi d’habitants. En Cisjordanie, la colonisation se poursuit sans répit, et le mur réalise les enclaves prévues par le plan Sharon. Des gouvernements européens comme l’Allemagne, ou le Japon financent déjà la construction de zones industrielles côté israélien du mur en face des enclaves, participant activement à leur Banthoustanisation. Ces enclaves constituent ainsi des réserves de travailleurs dont on imagine les droits. Devant Kalkylia, ville de 40 000 habitants complètement encerclée par le mur, la porte de la prison s’ouvre une demi heure le matin pour laisser sortir de la ville les travailleurs prisonniers, et elle se rouvre une demi heure le soir pour les laisser rentrer dans leur ville dortoir. Mais si vous dites Apartheid vous exagérez et vous êtes antisémite. 3 - Les commémorations internationales et nationales de la création d’Israël constituent ainsi une véritable opération de blanchiment de l’histoire telle qu’elle s’est passée : Il s’agit d’effacer de nier la Naqba palestinienne, l’expulsion massive 750 000 personnes, les massacres de Deir Yacine près de Jérusalem, de Tantoura près de Haïfa, de Dawaimeh, près de Hébron en 1948, puis de Kafr Kacem en 1956, et la seconde expulsion à l’occasion de la guerre de 67 d’encore 300 000 personnes. Oublier les expropriations de terres massives entre 47 et 49, celles des pourchassés qui se sont réfugiés dans les pays voisins mais aussi les terres des < présents-absents > (grâce à la loi éponyme qui exproprie tous ceux qui ont fui leurs villages sans pour autant quitter Israël, mais ne pouvaient être et pour cause, sur leurs terres et propriétés au moment défini par la loi. De tout cela il ne sera pas question. Après les historiens palestiniens, mais eux n’ont pas été entendus, les nouveaux historiens, dès l’ouverture des archives de 48 (notamment celles de l’armée) ont confirmé les faits, Ilan Pappe entre autre relate dans son dernier ouvrage < Le nettoyage ethnique de la Palestine > Fayard 2008 - avec minutie l’application du plan daleth, l’expulsion organisée et planifiée. Une terre sans peuple pour un peuple sans terre. C’est ce qui était nécessaire, dans la logique sioniste au moment du vote de la partition en 47 et c’est donc ce qu’il fallait fabriquer. Ne pas reconnaître ce passé, imposer la pérennité de la mythologie sioniste sur l’histoire c’est installer durablement toute la société israélienne dans un déni de la réalité et une autojustification des crimes dont on ne peut mesurer les conséquences qu’avec frayeur. La première de ces conséquences est l’incompréhension totale du présent. Que de fois n’est-on surpris d’entendre justifier les crimes d’aujourd’hui par une position de victime, où l’agresseur est présenté comme celui qui se défend pour survivre à l’extermination. 4 - Ces commémorations veulent aussi blanchir le présent : celui de la colonisation qui continue, qui n’a jamais cessé, de la destruction de l’économie et de la société palestinienne, des milliers de prisonniers, des milliers de civils désarmés tués, dans les TOP, de l’ignoble siège d’un million et demi de civils sans défense à Gaza. La politique de plus en plus ouvertement discriminante à l’égard des palestiniens d’israël. C’est tout cela que la célébration israélienne passe à la lessiveuse, entérinant la morbidité d’une société élevée dans le déni de sa propre histoire et de son présent et l’angoisse fabriquée de l’anéantissement, nécessaire car c’est cette angoisse qui permet de tout justifier, et de tolérer l’intolérable. L’active complicité de la plupart des gouvernements européens et de celui des Etats-Unis dans cette grande opération de blanchiment révèle à la fois combien l’idéologie sioniste qui s’est appuyée sur les conséquences de l’antisémitisme européen qu’elle a érigées en chantage permanant a réussi, et combien les < démocraties > néolibérales d’aujourd’hui engagées dans la destruction de tous les droits humains, sociaux, politiques, économiques, dans la destruction de l’environnement et la recolonisation de zones énormes du monde, se reconnaissent dans un tel modèle. Sans abris, sans papiers, sans travail sans sécu sans retraite, les sans voix, les sans droits abondent aujourd’hui dans nos sociétés et se multiplient, la figure du Palestinien n’est - elle pas le parfait modèle de ce dénuement ? L’effacer le nier, c’est nier pour ces gouvernements scélérats leurs propres oeuvres quotidiennes, les rendre invisibles. Admirer la force du plus fort, le laisse frapper et frapper encore, et dicter l’histoire comme il édicte le présent, c’est ce que le néolibéralisme veut nous imposer : Une épouvantable régression, la fin du droit international, la fin des droits tout court. Les prestations récentes du président français, en Chine et en Tunisie le montrent, dans leur monde il n’y a pas de place pour les droits humains. Panem et circenses ? Les émeutes de la faim qui se multiplient dans le monde montrent qu’il n’y aura pas de pain pour tout le monde. La volonté d’effacement des Palestiniens constitue le principal enjeu de la fête, avec la célébration par l’Occident du modèle qu’il a largement contribué à forger et qu’il revendique aujourd’hui comme universel : Apartheid, négation de l’autre, écrasement du droit par la force. Célébrer cela ? Sûrement pas. La voix palestinienne doit être portée haut et fort dans le monde avec tous ceux qui refusent le négationnisme dans tous ses aspects, et qui refusent le projet de société d’un Bush ou d’un Sarkozy... Les quelques dizaines de jeunes anarchistes israéliens contre le mur, bien qu’ élevés dans la mythologie sioniste, ont réussi à ouvrir les yeux sur l’autre, le camarade palestinien colonisé, et ils ont choisi leur camp : celui d’un Avenir avec les Palestiniens sans murs, dans l’égalité la dignité et le respect. C’est ce programme qui doit être célébré, parce que c’est la seule perspective d’avenir pour cette région, et pour nous tous où que nous vivions. Michèle Sibony http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4647...


8-4 Le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) appelle au boycott d’Israël. Les travailleurs et travailleuses des postes adoptent une position ferme pour soutenir les travailleuses et travailleurs palestiniens Ottawa – Au cours de son congrès national, qui a eu lieu plus tôt ce mois-ci, le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) s’est joint à la campagne internationale appelant au boycott d’Israël, au retrait des investissements dans ce pays et à l’imposition de sanctions contre l’État israélien. Les centaines de déléguées et délégués présents au congrès national du STTP ont adopté une résolution appelant à l’imposition de sanctions et demandant au Syndicat de militer activement contre les attentats-suicides, les attaques militaires et les autres actes de violence qui tuent des personnes innocentes. « Il est temps de faire pression en faveur d’une résolution juste et équitable au conflit afin que les Palestiniens et les Israéliens puissent vivre en paix, affirme Denis Lemelin, président national du STTP. Il ne peut pas y avoir de règlement tant qu’il y aura des colonies israéliennes en territoire palestinien et tant qu’une barrière de sécurité restreindra les mouvements des travailleuses et travailleurs palestiniens. » Le STTP est le premier syndicat nord-américain d’envergure nationale à adopter une résolution qui appuie la campagne appelant à un boycott, à un retrait des investissements et à des sanctions visant l’État israélien. Un certain nombre d’organisations au Canada et ailleurs dans le monde ont cependant déjà accordé leur soutien à la campagne. « Les déléguées et délégués à notre congrès national ont écouté le message des organisations et syndicats palestiniens et ils ont répondu à leur appel en se joignant à la campagne, explique Denis Lemelin. Il s’agit d’une stratégie non violente qui vise l’établissement d’une paix équitable. » En juillet 2005, plus de 170 organisations palestiniennes, notamment des partis politiques et des syndicats, ont lancé un appel en faveur d’une campagne mondiale de boycott et de retrait des investissements d’Israël similaire à celle dont l’Afrique du Sud avait fait l’objet à l’époque de l’apartheid. La campagne se poursuivra tant que l’État israélien n’aura pas reconnu le droit des Palestiniens à l’autodétermination et qu’il ne se sera pas complètement conformé au droit international. Le STTP représente 56 000 travailleuses et travailleurs du secteur des postes. Du 13 au 17 avril dernier, les travailleuses et travailleurs des postes se sont prononcés sur un vaste éventail de résolutions dans le cadre de leur congrès national. Date de publication : 2008-05-03 http://www.pajumontreal.org/paju_fr/?/Syndicat-des-travailleurs-et-travailleuses-des-postes-STTP-appele-au-boycott-d-Israel


8-5 Des colons et l’armée israélienne attaquent Assira al Qibliya et blessent deux Palestiniens. Vers 15h, un groupe d'environ 30 colons israéliens, de la colonie d’Yitzar, ont été vus sur un terrain près du village à Assira al Qibliya. Les colons ont pénétré sur les terres des villageois et leur ont jeté des pierres et ils ont même mis le feu aux champs.
Un camion de pompier palestinien est arrivé rapidement sur les lieux, et avec un groupe d'environ 20 villageois, ils ont tenté d'éteindre les flammes.
L'armée israélienne a manifesté sa présence en tirant à balles réelles, avec des balles en caoutchouc, du gaz lacrymogène et des bombes assourdissantes sur le terrain. Les témoins disent que les soldats ont tiré sur le camion de pompiers et un pompier a été tabassé par des soldats avant d'être relâché.
Vers 15h30, deux colons et des soldats ont empoigné deux villageois qu’ils ont frappés à coups de pierres et à coups de pied à maintes reprises. Ces deux habitants - un jeune de 15 ans et un homme de 40 ans, ont ensuite été détenu pendant plusieurs heures, mais ils récupèrent maintenant dans un hôpital de Naplouse.
Les soldats auraient également tiré des coups de feu à l'eau sur des citernes à eau installées sur les toits de deux maisons voisines.
Un porte-parole de l'armée israélienne a présenté les faits en disant que les incendies avaient été allumés par les habitants et que les colons n’étaient à aucun moment entrés dans le village – affirmations totalement fausses au vu des photos des incidents prises par les habitants. Les photos montrent clairement les colons allumer les incendies sur des terrains appartenant à des habitants du village, les familles Jihad et Ali Machmoud.
Lorsque nous avons parlé à un groupe d’habitants locaux, ils nous ont dit que ces attaques étaient monnaie courante dans Assira al Qibliya. Ils ont exprimé un sentiment de vulnérabilité en disant que ces attaques et ces rencontres avec les colons étaient hebdomadaires.
Une femme, Nahla Machmoud, la propriétaire des citernes à eau sur lesquelles les soldats ont tiré pendant l’attaque, a également déclaré qu’aujourd'hui trois colons s’étaient dirigés vers elle alors qu'elle était seule à l’extérieur de sa maison. Elle a ramassé des pierres pour se défendre, mais elle a eu trop peur, et elle les a lâchées avant de courir s’enfermer dans sa maison. Nahla a expliqué que les colons s’acharnaient sur sa maisons : Ils ont déjà attaqué sa maison, volé sa pompe à eau, et ils arrivent en groupes à son domicile, en criant tellement de manière agressive qu'elle a peur de sortir. Elle a indiqué qu'elle était allée se plaindre auprès de la police israélienne, mais ils lui ont montré les photos de plus de 200 photos de colons dont aucun n’était originaires de la région, elle a refusé leur aide.
Elle raconte que la police israélienne l’a mise en garde : "Si vous faites quelque chose aux colons qui viennent chez vous, même le simple fait de les pousser, nous vous mettrons en prison."
Lorsque les colons israéliens ont tabassé samedi les Palestiniens, en leur jetant des pierres et en leur donnant des coups de pied à maintes reprises, et qu’ils les aient gravement blessés, les soldats israéliens sont restés là à regarder et ils n’ont rien fait
. Naplouse - 04-05-2008 Source : http://www.palsolidarity.org/

Traduction : MG pour ISM http://www.ism-france.org/news/article.php?id=8878&type=temoignage&lesujet=Colonies

 


06/05/2008

n°357- Les Dossiers d'Irak-06-05 - Début -« Nous ramènerons l'Irak à l'âge de pierre ! » Colin Powell

n°357- Les Dossiers d'Irak-06-05 - Début -« Nous ramènerons l'Irak à l'âge de pierre ! » Colin Powell

Les Dossiers d'Irak - Début -

N° 357                        6/05/08

Par M.Lemaire        


Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be

Sommaire :

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1       Video : Abou Ghraib en Irak.

1-2       "Irak : la parole à la résistance"

1-3 Jürgen Todenhöfer : «J’ai honte de l’indifférence occidentale face à la tragédie irakienne »

1-4 Cohen Jeff : "Notre cible stratégique, c’est la population" ou comment les télévisions ont censuré les voix anti-guerre.

2 Brèves 2-1 Des armes européennes dernier cri envahissent ‎Bassora.

2-2 Occupation de l'Irak- l’occupant doit respecter la juridiction du pays occupé (conventions de la Haye et de Genève)

3 Dossier & Point de vue

3-1 Iraq : 5 ans d’occupation, 5 ans de destructions : « Nous ramènerons l'Irak à l'âge de pierre ! » Colin Powell, opération Desert Storm, 1991.


Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr :la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information  

1-1 Video : Abou Ghraib en Irak.  

La démocratie bushienne dans toute sa splendeur. C'est-à-dire toute son horreur.  Ah il peut mettre l'Iran sur la liste des terroristes, il est bien placé.  La video est en anglais. Vous y verrez ce qu'ils faisaient faire aux Irakiens et ce qu'ils continuent à faire, n'en doutons pas. Des obsédés sexuels et des malades mentaux qui forcent les détenus à se masturber devant eux et qui abusaient des femmes. Tortures et crimes. Et ça vient donner des leçons ! Qu'ils la ferment ! Une fois pour toutes.

Adriana Evangelizt Samedi 3 mai 2008

http://usa-menace.over-blog.com/article-19249772.html


1-2 "Irak : la parole à la résistance"
Sortie du livre : Mardi 6 mai…
aux : Editions Le temps des cerises
(156 pages – 14 euros).

Introduction de René Lacroix et Sliman Doggui
Choix des textes : Bruno Drweski et Yves Vargas.

1-3 Jürgen Todenhöfer : «J’ai honte de l’indifférence occidentale face à la tragédie irakienne » Le député chrétien-démocrate Jürgen Todenhöfer a rencontré en Irak des gens simples, victimes de la guerre et de l’occupation. Il a rapporté de son voyage un livre de témoignage et d’analyse qui donne à réfléchir sur notre perception de ce conflit, de cette population et de sa culture. Au cours des 25 dernières années, un certain nombre de pays ont particulièrement souffert de guerre et de privations. L’Irak en est un exemple.
D’abord une guerre contre l’Iran – fomentée par les États-Unis – pendant presque toute la décennie quatre-vingt, qui coûta 8 millions de victimes aux deux pays, menant ces derniers au bord d’une catastrophe économique.
Puis une guerre brève, menée avec une violence particulière ; une guerre qu’on aurait pu éviter par des négociations, comme on le sait aujourd’hui, mais que la coalition de guerre, menée par les États-Unis, voulait au début de 1991. _ Le résultat en fut non seulement des centaines de milliers de morts, la destruction d’une grande partie des infrastructures du pays, mais encore la contamination pour des années de cette région par des munitions à l’uranium.
Cela fut suivi de 12 années de sanctions particulièrement rudes qui coûtèrent la vie à 1,5 million d’Irakiens.
Enfin la résistance, qui dure depuis cinq ans, envers une agression et une occupation, menées par les États-Unis, au mépris du droit international, qui provoque, une fois de plus, des millions de victimes.
Comment perçoit-on ces événements en Europe ? Par exemple, en tant qu’Allemand qui mène une vie plus ou moins bien réglée, qui ne doit pas craindre que chaque jour soit le dernier pour lui, sa famille, ses voisins ou ses amis. Comment prend-on conscience que cette puissance, dont il est prétendu, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, qu’elle serait l’allié le plus sûr et le meilleur ami, commette les pires crimes de guerre ?
Et comment se fait-il que nous Européens, nous autres Allemands, laissions faire nos gouvernements, nos militaires, une partie de notre économie et de nos médias qui parti­cipent de près ou de loin à ces crimes ?

La langue de bois en faveur de la propagande de guerre US n’est plus de mise

Jürgen Todenhöfer, ancien politicien de la CDU (chrétiens-démocrates) et député du Land de Tübingen au Bundestag, actuellement vice-président du conseil d’administration de la maison d’édition Burda, vient de publier, dans la cinquième année de guerre en Irak, un livre (Warum tötest du, Zaid ? 2008, ISBN 978-3-570-01022-8) qui se présente comme un contre-poids. Un livre rapportant des conversations avec la résistance irakienne dans la ville de Ramadi, à l’ouest de Bagdad, un livre relatant les rencontres sur le plan humain et révélant les motifs et les objectifs de la résistance. Et il semble bien que ce soit là le premier livre, dans l’espace germanophone, qui ne manie pas la langue de bois dans le sens de la propagande de guerre, soit les questions de terrorisme et de guerres de religion, ou de la menace islamique qui justifieraient la présence de GI’S en Irak, mais qui donne la parole aux hommes et femmes qui résistent. C’est ainsi qu’on obtient une vue différenciée
 qui montre que la résistance est l’affaire de l’ensemble du peuple irakien ;
 qui dément le préjugé selon lequel les Irakiens se combattraient mutuellement pour des raisons religieuses ;
 qui démontre que les actes de terreurs dirigés contre la population ne sont que rarement le fait des Irakiens eux-mêmes, mais en majorité de combattants étrangers, de milices gouvernementales, d’escadrons de la mort menés par les États-uniens, voire des troupes d’occupations elles-mêmes ;
 qui apporte la preuve qu’on ne peut envisager la paix tant que les troupes d’occupation séviront dans le pays et que ce ne serait possible qu’une fois celles-ci retirées ;
 qui présente des hommes et des femmes qui n’ont plus d’autre solution que de résister à une troupe d’occupation barbare dans son comportement.
C’est pourquoi ce livre est davantage qu’un coup d’œil sur la résistance irakienne. C’est une fenêtre ouverte sur les agissements des troupes d’occupation. Enfin un auteur allemand de renom révèle ce que précédemment des auteurs états-uniens tels que Evan Wright (Generation Kill. Das neue Gesicht des amerikanischen Kriege » 2005, ISBN 3-86150-725-0) ou Joshua Key (Ich bin ein Deserteur 2007, ISBN 978-936096-80-4) avaient osé écrire.

Les victimes irakiennes ont enfin la parole

C’est un livre humain, laissant la parole aux victimes de ce pays
« Ne pouvez-vous pas faire comprendre à vos amis états-uniens qu’ils doivent cesser de placer nos enfants devant l’alternative soit d’assister sans sourciller au massacre de leurs familles ou de se mettre eux-mêmes à tuer ? Ne pouvez-vous leur inculquer qu’il est temps de cesser cette guerre, qui cause, de façon insensée, des victimes parmi leurs soldats et nos propres fils ? Nous n’en pouvons plus. Ce seront bientôt toutes les femmes irakiennes qui auront à pleurer l’un des leurs. Qu’avons-nous fait aux États-uniens ? » – C’est ce qu’entendit l’auteur de la part d’une mère.
A la fin de la première partie de son livre présentant ces entretiens, l’auteur exprime ses sentiments, tout comme s’il nous représentait nous tous, après avoir dialogué avec un jeune homme entré en résistance, alors qu’il avait perdu ses frères innocents par un commando de terreur des troupes d’occupation US : « Je n’oublierai jamais ce jeune homme quoiqu’il arrive ; jamais les larmes des gens que j’ai rencontrés à Ramadi. Une guerre maudite, reposant sur le mensonge et perdue – perdue pour tout le monde. Je suis écœuré de voir qu’en Occident on parle et rêve encore de ‹victoire› et j’ai honte de l’indifférence occidentale face à cette tragédie. Rarement j’ai eu un tel sentiment de honte comme à Ramadi » .

Quelques thèses concernant la relation entre le monde occidental et le monde de l’Islam

La deuxième partie du livre consiste en un « épilogue très personnel » qui dépasse toutefois largement une prise de position personnelle et rappelle à tout un chacun, en réflexion, combien il est erroné de considérer l’Islam comme agressif et menaçant pour le monde occidental. Bien au contraire : Jürgen Todenhöfer formule des thèses concernant la relation du monde occidental avec celui de l’Islam, qui jettent une autre lumière sur les conflits actuels. Par exemple :
 « L’Occident est nettement plus violent que le monde de l’Islam. Depuis le début de la colonisation, plus de quatre millions de civils arabes ont été tués. »
Ou bien
 « Du fait de la politique de guerre de l’Occident, il n’est pas étonnant d’observer que les extrémistes islamiques attirent toujours plus de monde. »
Ou bien
 « Les terroristes camouflés en islamistes sont des assassins. Mais quant aux dirigeants de guerres d’agression en dépit du droit international camouflés en chrétiens, c’est pareil. »
Ou bien
 « Les Musulmans furent et sont toujours, pour le moins, aussi tolérants que les Juifs et les chrétiens. Ils ont eu une grande influence sur la culture occidentale. »
Ou bien
 « On trouve l’amour de Dieu et de son prochain non seulement dans la Bible , mais aussi dans le Coran, comme commandement central. »
Ou bien
 « La politique de l’Occident par rapport au monde musulman se caractérise par une ignorance crasse des faits les plus ­simples. »
Ou bien
 « La nécessité du moment s’appelle l’art de diriger l’État et non pas celui de mener des guerres, qu’il s’agisse de celle d’Iran, d’Irak ou du conflit en Palestine. »
Toutes ces thèses méritent d’être étudiées à fond et de provoquer des discussions larges – ce qui irait vraiment dans le sens de l’auteur. Une bonne partie du livre est consacrée à de larges extraits de la Bible et du Coran. C’est une façon pour Jürgen Todenhöfer de réfuter la conception d’un inévitable « choc des civilisations » et du caractère irréconciliable du christianisme, du judaïsme et de l’Islam. Il se place ainsi dans la tradition du « Projet d’éthique planétaire », du théologien de Tübingen, Hans Küng. Il rappelle aussi que le monde des intellectuels avait accompli de plus grands progrès que l’idéologie néoconservatrice d’aujourd’hui, et bien plus loin que toute idéologie actuelle orientée vers le pouvoir et la violence qui l’accompagne. Il confirme aussi ce que 138 théologiens musulmans avaient écrit en octobre 2007 au pape Benoît XVI : « Le christianisme et l’Islam sont les deux plus grandes religions du monde, cela tout au long de l’histoire. Les chrétiens représentent un tiers de l’humanité, les musulmans un cinquième, ce qui fait 55% du total. La relation entre ces deux communautés religieuses prend donc une dimension particulière pour imposer la paix dans le monde. Si les chrétiens et les musulmans ne peuvent vivre en paix entre eux, alors il ne peut y avoir de paix dans le monde. » Karl Müller http://www.voltairenet.org/article156834.html

1-4 Cohen Jeff : "Notre cible stratégique, c’est la population" ou comment les télévisions ont censuré les voix anti-guerre.

Au cours de l’automne 2002, semaine après semaine, j’ai vigoureusement débattu contre l’invasion de l’Irak sur la chaine de télévision MSNBC. J’ai utilisé tous les arguments possibles pour tenter de convaincre le public – absence de menace réelle, le coût, l’instabilité. Mais lorsque la guerre se fît imminente, je me suis retrouvé exclu des débats. Dans mon livre de 2006 « Cable News Confidential » (1) j’explique comment j’ai perdu mon temps de parole :« Je n’avais plus ma place chez MSNBC après qu’ils aient lancé « Countdown : Iraq » [Compte à rebours : Irak] une émission quotidienne d’une heure qui paraissait plus prompte à présenter la guerre sous un côté glamour qu’à en analyser les fondements ou se poser des questions. L’émission présentait des colonels et des généraux à la retraite qui ressemblaient parfois à des petits garçons avec leurs jouets lorsqu’ils présentaient des cartes, des maquettes et des graphiques pour concocter des scénarii d’invasion. « Ils me faisaient penser à ces anciens joueurs de foot qui se lancent dans des analyses et présentent des schémas de jeu avant le match. Ce fût très pénible de se retrouver sur la touche chez MSNBC tout en observant ces non-débats où mensonges et désinformation furent servis sans la moindre contestation ».C’est déjà assez pénible de se voir réduit au silence. Mais pire encore, c’est de voir ces ex-généraux – dont beaucoup travaillaient pour des sociétés d’armement – ne jamais être contredits, ne jamais se voir poser une question délicate par un présentateur. (Je ne pouvais être présent sur un plateau de MSNBC qu’à la condition d’avoir en face de moi au moins un contradicteur volubile de droite). A part de découvrir l’audace et l’étendue de l’opération, je n’ai pas été réellement surpris par un article récent du New York Times (2) qui raconte comment le Pentagone avait recruté et formé des gradés militaires à la retraite pour devenir « des multiplicateurs de message » et des « substituts » à la propagande mortelle de Donald Rumsfeld. Les grands méchants dans cette histoire ne sont ni Rumsfeld ni le Pentagone, mais les chaines de télévision. Au pays du premier Amendement (article de la constitution qui garantit, entre autres, la liberté de la presse… – ndt) elles ont sciemment choisi d’abandonner le journalisme et d’évacuer le débat. Aucune agence gouvernementale n’a forcé MSNBC à donner constamment la parole aux généraux va-t-en guerre, sans jamais un contradicteur en face. Ou de licencier Phil Donahue. Ou de calomnier l’expert en désarmement Scott Ritter. Ou de mettre sur liste noire l’ancien Ministre de la Justice Ramsey Clark. Ce furent les dirigeants de MSNBC, pas le FBI, qui imposèrent à l’équipe de Donahue un quota de deux partisans de la guerre en cas de présence d’un opposant – de la discrimination positive en faveur des faucons. Je suis pour une enquête du Congrès sur cette opération de propagande du Pentagone sur l’Irak (3) – où l’on a même vu un général en exercice haranguer d’anciens militaires devenus porte-voix contre rémunération et déclarer « notre cible stratégique, c’est la population ». Les méchants Mais je suis aussi pour un examen de CNN, FOX, NBC, ABC, CBS et même NPR (chaine publique – NDT) (4) et qu’elles rendent des comptes pour leur participation à la mission de « contrôle de l’information » du Pentagone. Et pour avoir une idée du degré de corruption de la télévision étatsunienne aujourd’hui, il suffit de constater le silence quasi total qui y règne sur cet article du Times qui s’appuie sur 8000 pages de documentation interne au Pentagone, obtenue après un procès engagé et gagné par le journal. Il est important de se rappeler qu’au moment où les grandes chaines de Télévision décidèrent d’abandonner toute éthique journalistique dans leur course à la guerre contre l’Irak, les médias indépendants sur Internet connurent un boom d’audience en choisissant une ligne rédactionnelle totalement différente. Des émissions comme « Democracy Now ! » présentaient de véritables spécialistes de l’Irak et à qui – oh surprise ! – les faits ont donné raison. Des sites et des blogs indépendants, propulsés par le scepticisme sur la guerre, on vu leur audience exploser. Quant aux grandes chaines de télévision, elles n’ont PAS été embobinées par la propagande du Pentagone. Elles ont été volontairement complices, et le sont depuis des dizaines d’années. Il y a des années de cela, en tant que directeur de FAIR, j’ai commencé à interroger les dirigeants des média sur la fiabilité des interventions d’anciens gradés militaires sans contradicteurs. Après la guerre du Golfe de 1991, CNN et d’autres chaines de télévision se sont rendues compte que leurs ex-généraux avaient aidé le Pentagone à tromper et désinformer le public sur la conduite de la guerre. CNN m’a invité à débattre avec un colonel à la retraite de l’armée US sur ce sujet des ex-militaires intervenant à la télévision. Les analystes militaires n’ont pas l’habitude des débats et le notre commença à chauffer. Moi : « Pour parler d’écologie, il ne vous viendrait pas à l’esprit d’inviter, les uns derrière les autres, des experts qui seraient à la retraite d’organisations écologistes depuis 20 ou 30 ans et qui seraient toujours loyaux à ces groupes. Pour parler de travailleurs ou de conditions de travail il ne vous viendrait pas à l’esprit d’inviter, les uns derrière les autres, des experts qui n’ont pas côtoyé le monde du travail depuis 30 ans... Mais lorsqu’il s’agit de guerre et de politique étrangère, vous ramenez tous les généraux à la retraite, tous les secrétaires d’état à la retraite ». le Colonel (avec irritation) : « et qu’est ce que vous voudriez ? Qu’un inspecteur des impôts se ramène pour nous parler de stratégie militaire ? » Moi : « en plein dans le mille, Colonel... A part les généraux et les amiraux qui savent nous expliquer les différentes manières d’envoyer un missile ou une bombe, nous avons aussi besoin d’autres types d’experts : des experts en droits humains, des experts en médecine, des experts en opérations humanitaires, qui savent de quoi ils parlent lorsqu’ils parlent de bombes qui tombent sur des gens. » Avant la fin du débat, j’ai exprimé mes doutes de voir un jour les média se débarrasser de cette mauvaise habitude qu’ils ont de s’appuyer sur des sources militaires non fiables : « Il y ce rituel, ce scénario connu, cette routine, où les journalistes des grands média, à la fin de chaque guerre ou intervention militaire, qui disent « Ah mince, on a été manipulés. On s’est fait avoir. La prochaine fois, on sera plus prudents ». Et lorsque la prochaine fois arrive, on retrouve les mêmes journalistes en train d’interviewer les mêmes spécialistes qui alimentent la désinformation en provenance du Pentagone. »

Experts, et pas Partisans ? Quelques années plus tard, au cours du bombardement brutal US-OTAN sur la Serbie , Amy Goodman de Democracy Now ! interviewa le vice-président et présentateur de CNN, Frank Sesno : Goodman : « Si vous défendez la pratique qui consiste à rémunérer d’anciens militaires, des généraux, pour donner leur opinion en temps de guerre, seriez-vous prêt à défendre l’idée de rémunérer des pacifistes pour donner une opinion contradictoire en temps de guerre, d’être présents avec les généraux pour expliquer pourquoi ils pensent que la guerre est une erreur ? » Sesno : « Nous faisons appel à des généraux parce que ce sont des experts dans leur domaine. Nous les appelons en tant qu’analystes, pas en tant que partisans. » C’est évident : les experts en guerre sont objectifs ; les experts en paix sont partiaux. Même lorsque le Pentagone aide la chaine de télévision à monter son réseau d’experts militaires. Peu après l’invasion de l’Irak, les Chef de la rubrique information de CNN, Eason Jordan, reconnût en direct qu’il avait révisé avec le Pentagone la liste d’analystes éventuels. « Ils nous ont opiné pour tous ceux qui figuraient sur la liste. C’était important pour nous ». De tous les moments pénibles que j’ai vécus – après avoir été viré de MSNBC avec Phil Donahue et d’autres – le pire fut de voir le Général à la retraite Barry McCaffrey, le plus important analyste militaire de NBC, appeler sans cesse à la guerre contre l’Irak. Ce que les téléspectateurs ne savaient pas, c’est que le général était aussi un membre (avec Lieberman, McCain, Kristol et Perle) d’un comité en faveur de l’invasion de l’Irak appelé « Comité pour la libération de l’Irak ». Une des figures les plus notoires de ce groupe de partisans du Pentagone fut McCaffrey – personne n’a raconté autant de bêtises avec autant d’autorité. Par exemple sur les plans pour sécuriser l’Irak : « Je viens d’avoir un compte-rendu du Secrétaire Rumsfeld et de son équipe sur l’après-guerre. Et j’ai été surpris de voir à quel point ils ont pensé à tout et dans les moindres détails. » Après de début de l’invasion, McCaffrey croassa sur MSNBC « Que Dieu bénisse les tanks Abrams et les blindés Bradley ». Personne n’obligea NBC ou MSNBC à présenter McCaffrey seul, sans contradicteur. Personne n’empêcha non plus ces chaînes d’expliquer aux téléspectateurs que le général siégeait au Conseil d’Administration de plusieurs sociétés d’armement, dont une qui justement gagnait des millions de dollars grâce aux Abrams et Bradleys bénis par Dieu. (5) La séparation de la presse et du gouvernement est une des raisons qui poussent de plus en plus d’étatsuniens vers les médias indépendants au détriment des médias commerciaux. Et les médias indépendants ne diffusent pas des publicités embarrassantes comme celle que NBC diffusait avec fierté en 2003 : « Face-à-face en Irak, et seul NBC News vous offre les experts. Le Général Norman Schwarzkopf, commandant des forces alliées durant la guerre du Golfe. Le Général Barry McCaffrey, le général 4 étoiles le plus décoré de l’armée. Le Général Wayne Downing, ancien commandant des opérations spéciales et conseiller à la Maison Blanche. L’ambassadeur Richard Butler et ancien inspecteur en désarmement de l’ONU, David Kay. Personne ne connait aussi bien l’Irak que ces gens-là. Les experts. Le meilleur de l’information par le journal télévisé le plus regardé d’Amérique,

NBC News ! » COHEN Jeff 3 mai 2008 

Article Original :
http://www.consortiumnews.com/2008/...

Traduction VD pour Le Grand Soir  http://www.legrandsoir.info/spip.php?article6585 


2 Les Brèves

Ndlr :la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

2-1 Des armes européennes dernier cri envahissent ‎Bassora.

Des caches d'armes découverts dans cette ville ‎portuaire aux confins sud d'Irak préservaient jalousement ‎les derniers produits sortis tout fraîchement des firmes ‎d'armes européennes. « De telles armes ne pouvaient pas ‎venir des pays voisins d'Irak », a expliqué le porte-parole ‎du ministère irakien de la Défense , Mohammad Askari. En ‎l'occurrence, figure un missile 240 mm, qui, avec son ‎intense puissance explosive ne pourrait être opérationnel ‎que dans les mains d'un expert en la matière. Par un pur ‎hasard, ces propos tombent à quelques jours d'intervalles ‎d'une nouvelle campagne d'intoxication anti-iranienne - ‎pourtant ni la première ni la dernière - de Washington, qui, ‎faisant de ses allégations d'interférences iraniennes dans les ‎affaires irakiennes, le leitmotiv de sa politique en Irak, a eu ‎l'ingénieuse idée de prétendre que la date et le lieu de la ‎fabrication des armes découvertes à Bassora étaient d'Iran. ‎L'establishment américain soulève de temps en temps un ‎grand tapage contre l'Iran, mais ne se donne même la peine ‎d'avancer des preuves ni documents à l'appui. Cela pour ‎dire que de telle politique politicienne ne viserait qu'à ‎détériorer l'image de l'Iran chez les Irakiens, quoiqu'elle ‎soit parvenue à influer sur de rares responsables à Bagdad, ‎les autorités irakiennes, dans leur quasi-majorité, n'ont eu ‎de cesse d'évoquer, à toute occasion, le rôle constructif de ‎Téhéran dans le processus politique de leur pays et sa ‎contribution dans la stabilisation d'Irak. Cela pour dire que ‎Washington se multiplie à entraver les coopérations en ‎pleine croissance des deux voisins, mais il oublie un tout ‎petit détail : la ferme volonté qu'affichent de part et d'autre ‎pour donner un plus grand essor à leurs relations au beau ‎fixe. En fait, dès que la Maison Blanche ne se voit pas à la ‎hauteur des critiques qui pleuvent de toutes parts, sur les ‎erreurs de son locataire, George W. Bush, elle fait tendre le ‎câble déjà usé à corde d'accusations contre les voisins ‎d'Irak, et qu'importe si de telles allégations ne reposent sur ‎aucune base. La politique divisionniste de l'administration ‎américaine ne sert qu'à justifier sa présence militaire dans ‎un pays souverain, une présence qui sert à son tour un ‎objectif beaucoup plus important qui consiste à conforter ‎les assises des Etats-Unis sur les immenses champs ‎pétrolifères mésopotamiens. Un piètre bilan que celui de ‎l'administration Bush en Irak dont les échappés ne peuvent ‎plus leurrer ni les Irakiens ni les Américains. Imputer aux ‎autres ses défaites et ses erreurs ne serait-ce qu'un moyen, ‎pourtant désuète, pour occulter des visées hégémoniques ‎dans la terre de Mésopotamie. Lundi 5/05 http://www.alterinfo.net/Des-armes-europeennes-a-Bassora_a19460.html


2-2 Occupation de l'Irak- l’occupant doit respecter la juridiction du pays occupé(conventions de la Haye et de Genève),

1- L'Irak n’a pas été seulement spolié par ses agresseurs de sa souveraineté politique, de son patrimoine archéologique, de ses ressources pétrolières, mais aussi de sa souveraineté alimentaire. En violation de la Constitution irakienne, et des conventions de la Haye et de Genève qui stipulent que l’occupant doit respecter la juridiction du pays occupé, l’administrateur provisoire Paul Bremer (un ancien collaborateur de Kissinger) a édicté, avant l’installation d’un gouvernement fantoche par Washington, cent ordonnances scélérates qui ont force  de loi et qui ne peuvent être abolies ni modifiées par aucun gouvernement irakien (article 26 de la nouvelle constitution). L’ordonnance 81 du 26 avril 2004 a livré le pays en pâture aux multinationales qui contrôlent le commerce mondial des graines, comme Monsanto (le fabriquant de l’agent Orange), Syngenta et Dow Chemicals. L’ordonnance 81 a rendu illégales les traditions antiques de sélection des meilleures semences par les agriculteurs pour les réutiliser d’une année sur l’autre, et les échanges entre voisins.  (Selon la FAO , 97% des agriculteurs irakiens réutilisaient encore leurs graines, ou les achetaient sur le marché local en 2002). Par croisements, au fil des générations, ils avaient créé des variétés hybrides adaptées au dur climat de la région. Les agriculteurs « coupables » d’avoir semé des graines non achetées, ou dont le champ aurait été contaminé accidentellement, encourent de fortes amendes, voire des peines d’emprisonnement, la destruction de leurs récoltes, de leurs outils et de leurs installations (http://www.pressegauche.org/spip.php?article1596).

2- La nouvelle est publiée alors que la réduction des rations alimentaires menace l’Irak de malnutrition sévère et de famine. Le ministère irakien du commerce a en effet à restreint la fourniture d’aliments et de produits hygiéniques de base subventionnés dans le cadre du Système de distribution public. Le ministère a insisté pour dire que ces
restrictions étaient inévitables parce qu’on ne lui avait pas promis un budget adéquat pour 2008.En 2004, une étude réalisée par le World Food Program (WFP) trouva qu’au moins 6,5 millions d’Irakiens dépendaient fortement du programme de rationnement alimentaire
 Il n'y a guère eu d'amélioration depuis lors   (http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=3555). Atlasaltern publié dans : Proche-Orient
http://atlasalternatif.over-blog.com/article-19298141.html


3 Dossier & Point de vue Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information  

3-1 Iraq : 5 ans d’occupation, 5 ans de destructions : « Nous ramènerons l'Irak à l'âge de pierre ! » Colin Powell, opération Desert Storm, 1991

Voilà le travail des satrapes censés apporter la démocratie en Irak. Un pays avec une histoire millénaire complètement détruit. Comme le sera l'Iran qui lui aussi possède un passé archéologique aussi ancien que celui de l'Irak. Or, tout cela est fait sciemment. Le Nouvel Ordre Mondial fait table rase du passé pour imposer sa dictature planétaire sans aucune civilisation.  « Nous ramènerons l'Irak à l'âge de pierre ! » Colin Powell, opération Desert Storm, 1991.
17 ans plus tard, quand on regarde ce qui reste de l'Irak aujourd'hui, on mesure à quel point ses paroles étaient prophétiques. Et que ceux qui avaient bien voulus croire à toutes les balivernes racontées par les médias sur la soi-disante amélioration de la situation en Irak et des progrès accomplis lors de l'opération « Surge », cessent de s'illusionner. L'Irak s'enfonce chaque jour un peu plus dans le Chaos. 5 ans après, Bagdad, la capitale du pays survit avec au mieux deux heures d'électricité par jour et la plupart des habitants en sont réduits à acheter de la glace pour conserver un peu d'eau et de nourriture comme leurs grands-parents le faisaient il y à près 70 ans. Bagdad, naguère capitale « melting-pot » de la Mésopotamie est aujourd'hui divisée en dizaines de quartiers communautaires séparés par des murs hauts de trois mètres et fermés par des « checkpoints » et des barricades. Fallujah, qui comptait 100 000 habitants, est aujourd'hui une ville morte, détruite à 70 % et entourée de camps où chaque réfugié a vu ses données biométriques, empreintes digitales et oculaires, recueillis par les forces d'occupation. Bassora, la deuxième ville du pays est aujourd'hui aux mains de plus de 18 milices et autres gangs qui s'affrontent tous les jours pour le contrôle du marché noir du pétrole.

Et malheureusement, tout cela n'est que le décor d'un mauvais film rempli d'offensives militaires et médiatiques, d'alliances rompues aux moments où elles sont annoncées, de millions de dollars de dessous de tables et où les américains y tiennent le rôle de parrains, d'hommes de mains et de flics corrompus. Ainsi, le dernier épisode en date voit s'affronter le « gouvernement » irakien dominé par les partis chiites Dawa et SCII, leurs milices, « l'armée irakienne », les forces américaines et le mouvement chiite d'Al Sadr depuis les faubourgs d'Al Sadr city à Bagdad jusqu'à la ville de Bassora. Du point de vue irakien, il s'agit avant tout de préparer les élections provinciales qui devraient avoir lieu en octobre prochain. Jusqu'à présent, l'ensemble des provinces du Sud sont contrôlées par le SCII et le Dawa et tandis que dans la très convoitée province de Bassora, c'est le SCII et le parti Al Fadilah qui se partagent le pouvoir. Le mouvement Al Sadr qui avait boycotté ces élections, s'était retrouvé de fait hors des gouvernements provinciaux. Cependant, rien n'indique qu'il en soit de même pour les élections à venir, d'autant plus que le mouvement Al Sadr peut compter sur une popularité encore plus importante qu'en 2005 et que le bilan des partis au pouvoir dans ces provinces tient en deux mots, incompétence et corruption.

Si le mouvement Al Sadr venait à renverser l'ordre des choses dans ces provinces, le rêve d'une région autonome du Sud et son pétrole dirigé par le SCII et son faible allié, le Dawa s'envolerait d'autant plus que le mouvement Al Sadr refuse toute solution fédérale. Pour les américains, le mouvement Al Sadr, contrairement aux SCII et au Dawa, continue de s'opposer à l'occupation américaine, aux projets de bases militaires et à la privatisation du pétrole irakien, trois non de trop. En somme, les américains et leurs alliés ont décidés que le mouvement al Sadr devait être mis hors jeu afin que les élections provinciales de 2008 soient satisfaisantes pour tout le monde. Quant à l'Iran, cela reste un jeu où elle ne peut pas perdre, puisque tous ces partis sont ses alliés.

Mais le pire est reste à venir, car les Etats-Unis sont en train d'armer et de financer plusieurs centaines ou milliers de milices tribales qui doivent servir de renforts aux opérations de pacifications américaines et qui sans aucun doute ont déjà commencer à s'affronter elles aussi pour le contrôle des ressources et du territoire. Et après avoir soutenu la formation de milices confessionnelles chiites et provoqué une guerre civile confessionnelle entre chiites et sunnites, l'Empire est en train de paver la voie à des guerres tribales comme le pays n'en avait jamais connu. Ainsi, non content d'avoir détruit l'Etat irakien et ses infrastructures, d'avoir pillé ou laissé pillé ses trésors nationaux, détruit la moitié du pays et provoqué l'exil de plusieurs millions d'irakiens, communautarisé l'ensemble du pays et provoqué une guerre civile des plus atroces, les Etats-Unis sont en passe de réussir la totale désintégration d'une nation dont l'histoire remonte à plusieurs millénaires. « Natiocide », ce concept n'existe pas encore dans la juridiction internationale, pourtant c'est bien le crime que les Etats-Unis sont en train de commettre en Irak.

T.S  Sources CCIPPP
05-05

n°357- Les Dossiers d'Irak-06-05 - Suite -« Nous ramènerons l'Irak à l'âge de pierre ! » Colin Powell

n°357- Les Dossiers d'Irak-06-05 - Suite -« Nous ramènerons l'Irak à l'âge de pierre ! » Colin Powell

Les Dossiers d'Irak - Suite-

N° 357                        6/05/08 Par M.Lemaire      


3 Dossier & Point de vue (suite)

 3-1 Point de vue de DeDefensa : Les USA, notre aveuglement et notre fascination.

3-2 Point de vue de Hamid Barrada : La « nouvelle star » d'Al-Qaïda.

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Justice : Affaire « Pétrole contre nourriture »

 4-2 L’aide US à l’étranger : De plus en plus militarisée.

 4-3 Lettre au Parlement irakien - Comité juridique

5 Analyse - Géopolitique et stratégie

Réflexion. 5-1 L'ascension de Petraeus (en Irak) libère Cheney vis-à-vis de l'Iran.

5-2 Cargos de nuit (vague n° 1,2 & 3) : Le commerce des armes et ses ramifications dans le monde. fin



3-1Point de vue de DeDefensa : Les USA, notre aveuglement et notre fascination. Le plus remarquable dans notre univers modernisé, moralisé et constamment entraîné à la satisfaction de lui-même, essentiellement à l’Ouest, c’est sans aucun doute l’aveuglement. C’est aussi le signe classique des grandes décadences et des décadences accélérées. Nous sommes vraiment dans une très grande décadence et nous nous y précipitons à une très grande allure. Le silence religieux qui accompagne l’évolution de la situation devra être décrit, pour ceux qui ont l’oreille fine, comme aussi assourdissant que les préparatifs de l’apocalypse. Dans les réunions internes de la plupart des grands corps politiques comme dans les colonnes des journaux institués, l’auto-censure concernant la réelle gravité des conditions politiques aux USA est une règle d’or, presque un signe de la politesse nécessaire à leur bonne tenue. Certes, il y a d’autres chats à fouetter, comme ces dernières semaines nous ont montré; le débat furieux sur le Tibet et le sort de la flamme olympique en sont un exemple, et l’on comprend que des âmes, bonnes et vertueuses, et en mal de “bonnes causes”, s’émeuvent à ce propos jusqu’au bouleversement de l’émotion, bien plus qu’à propos du sort des USA. Cette réactualisation involontaire mais minutieuse dans le montage comme une horlogerie de l’antique discussion sur le sexe des anges est une marque convaincante de ce qui ne peut être défini autrement que comme la dissolution radicale, comme passée à l’équarrissage d’un acide diabolique, de la fermeté du caractère et de la responsabilité de l’esprit. Voyez qu’il n’est même plus question de servilité (des Européns vis-à-vis des USA) ou de toute autre faribole de la sorte. Il est question d’une démission sans préavis, sans état d’âme, sans rien, du devoir de la responsabilité de nos directions politiques sur le fondement et les perspectives fondamentales de quelque sujet d’importance que ce soit, et d’abord les plus graves d’entre eux. Il semble que les caractère ont acquis la tenue et la rectitude d’un éclair au chocolat. (Référence à cette immortelle définition du président McKinley par son vice-président Theodore Roosevelt: «Il a autant de colonne vertébrale qu’un éclair au chocolat.») Un amiral, chef d’état-major des forces armées des USA, parle comme un général turc à la veille d’une élection présidentielle en Turquie, avertissant tout le monde, y compris son propre pouvoir politique, de l’extrême volatilité de la période et de son intention de veiller au grain, y compris sur le processus politique en cours aux USA, – et qui s’en émeut? Non que nous en ayons contre l’amiral Mullen, loin de là et même au contraire, mais parce que simplement l’amiral Mullen se permet d’ouvrir les yeux sur la situation de son pays, cette “hyperpuissance” dont, paraît-il, dépend l’équilibre du monde. Nous pourrions en profiter pour ouvrir les nôtres, mais non...

«The transition is unlikely to be smooth, predicted Mullen, who assumed his position seven months ago for a two-year term. He said he hopes to offer a stabilizing influence as a military leader who will bridge two administrations. “We will be tested. . . . I'm preparing that this country will be tested, and I have a role in that regard, certainly providing advice to whoever the new president's going to be,” he said.» Tout cela est écrit dans le Washington Post, organe au-dessus de tout soupçon et de tout repos pour nos élites. N’est-ce pas un langage de crise? N’est-ce pas l’intervention d’un chef militaire annonçant: nous sommes dans un temps de crise («a time of vulnerability») et, s’il le faut, je prendrai mes responsabilités? Combien y a-t-il eu de commentaires en profondeur sur ces déclarations en Europe? Combien de journaux se sont empressés d’en faire leur grand titre? Combien de présentateurs TV...? Il y avait les défilés du 1er mai et les routes de vacances encombrées. On a les priorités qu’on peut. Vont-ils s’apercevoir que le processus politique aux USA est en train d’évoluer vers un blocage en pleine campagne des élections présidentielles? L’article du Times du 2 mai que nous commentions le même jour, est un parmi vingt autres à partir duquel nous devrions tirer des analyses et des conclusions plus larges sur les dangers qui guettent la structure institutionnelle des USA. (Le Times, d’ailleurs, s’en garde bien. Même ceux qui diffusent les informations qui devraient nourrir cette sorte d’analyse se refusent absolument à y réfléchir, – ou à s’y risquer, – question de conformité intellectuelle.) Comment se sortir d’un tel imbroglio, – surtout du côté démocrate, où l’élimination de l’un ou l’autre candidat conduira inévitablement à des remous, – sans risquer une tempête dans un sens ou l’autre? Sans risquer des remous populaires ou des prolongements inattendus pouvant conduire à un blocage institutionnel? Et, pendant ce temps, au pouvoir, une direction dont la marque est à la fois l’impuissance, l’impopularité, l’aveuglement, et une stupidité sans mesure dans l’appréciation des tensions du monde, et qui ne rêve que de précipiter un autre conflit où la puissance US pourrait se voir confrontée à l’enchaînement d’une défaite militaire indirecte majeure.

Le refus d’un destin tragique des USA

Comment un tel aveuglement est-il possible? Parce qu’il y a là une attitude psychologique qui représente un cas assez unique dans l’histoire, compte tenu des moyens sans nombre qui nous sont donnés de voir la chose. Qu’on ne nous parle ni de complot, ni de servilité, ni de rien de la sorte car l’heure de ces vices de la politique courante, même s’ils existent et persistent comme l’acné dont on ne se débarrasse pas, leur heure est passée. Il reste la réalité nue, qui est une attitude psychologique sans exemple. Précisons notre propos. L’aveuglement dont nous parlons n’est pas absolument celui de la méconnaissance par sottise ou du refus inconscient de la connaissance par réflexe pavlovien d’enfermement du jugement. Le cas existe évidemment car les caractères faibles et les psychologies pauvres abondent. A côté, il existe de-çi de-là, et de plus en plus, nous en avons l’écho assuré, des esprits placés dans les rouages des pouvoirs ou fort proches qui commencent à réaliser et à mesurer la monstruosité de la crise US qui se développe (et des autres crises également, parallèlement) et l’abîme où ce mouvement convulsif conduit cette puissance. Leurs constats sont crépusculaires et leur conclusion désespérée par l’absence de réponse à cette question: que faire? A côté de ces divers cas individuels existe une consigne générale non écrite, justifiée par un réflexe de refus du réel, qui est celle de l’emprisonnement volontaire du jugement; et cette consigne, en général, passe bien, elle nous conforte, elle nous berce comme une contine fait pour un nouveau-né trop pressé, elle nous rendort si parfois nous vient la faiblesse d’ouvrir un oeil; elle passe si bien, enfin, qu’il serait manifeste qu’elle correspondît à un désir profond, on dirait presque de l’ordre du psychanalytique. Peut-être est-ce le désir presque innocent de refuser le meurtre du père que serait la mise en cause de l’Amérique? Tout se passe comme si notre fascination pour l’Amérique réglait notre pensée, notre jugement et notre réflexe vital.

Date de publication : 05/05/2008 - Rubrique : Faits et commentaires 

http://dedefensa.org/article.php?art_id=5098


3-2 Point de vue de Hamid Barrada : La « nouvelle star » d'Al-Qaïda.  

Al Cia-Mossad-Al-Qaïda vient de nous sortir un nouveau figurant.... lui aussi un miraculé !
Les experts antiterroristes de Washington ont déniché un successeur à Oussama Ben Laden : un obscur prêcheur répondant au nom d’Abou Yahya al-Libi. À défaut de mettre la main sur Oussama Ben Laden, les Américains lui ont trouvé un successeur. Et ce n’est pas l’Égyptien Aymen al-Zawahiri mais un compatriote de Mouammar Kaddafi appelé Abou Yahya al-Libi. Plus qu’un patronyme, ce nom indique son pays d’origine, en l’occurrence la Libye. L ’héritier putatif de Ben Laden a utilisé d’autres noms de guerre : Hassan Qaïd, Younès Sahraoui, mais son véritable nom serait Mohamed Hassan. Il bénéficie de l’engouement des experts américains, qui sont souvent des anciens de la CIA reconvertis dans les centres de recherche affectés à la lutte contre le terrorisme et dépendants de l’armée. Pour eux, Abou Yahya est la star qui monte dans le ciel d’Al-Qaïda. À 30 ans, il « possède tous les talents, s’enthousiasme l’un de ces experts. Il est à la fois guerrier, poète et savant (en sciences islamiques). Personnalité charismatique, c’est un chef militaire et un maître à penser ». La légende d’Abou Yahya al-Libi dans le monde clos des djihadistes remonte à 2005. Dans la nuit du 10 juillet, cet obscur prêcheur a été le héros d’une évasion spectaculaire d’une prison américaine particulièrement bien surveillée installée à la base aérienne de Bagram, en Afghanistan. Avec trois compagnons, il avait bidouillé une serrure et trompé la vigilance de ses geôliers avant de traverser une immense contrée sans tomber entre les mains de l’ennemi. Un vrai miracle qui rappelle un épisode de l’hagiographie du Prophète, célébré encore aujourd’hui sur le site Internet d’Al-Qaïda. Jusque-là, l’itinéraire d’Abou Yahya n’avait guère attiré l’attention. Son frère aîné, incarcéré dans les geôles de Kaddafi et dont on ignore s’il fait partie des quatre-vingt-dix djihadistes libérés récemment, était une figure du Groupe combattant islamique libyen (GCIL), qui avait participé au djihad contre les Soviétiques en Afghanistan. Lui-même s’était consacré à des études de théologie en Mauritanie. Et quand il avait rejoint l’Afghanistan, la guerre était finie et le pays était tombé sous la coupe des talibans. Il n’a reçu qu’une formation militaire rudimentaire, et son rôle au sein d’Al-Qaïda s’apparente davantage à celui d’un prêcheur. Au lendemain du 11 septembre 2001, il est arrêté par les Pakistanais et livré aux Américains. C’est ainsi qu’il se retrouve à la base de Bagram.
Tout change après son évasion miraculeuse, qui a grandement favorisé son ascension fulgurante au sein d’Al-Qaïda. Il fera bientôt partie du premier cercle restreint autour de Ben Laden. Tout au long de 2007, alors que la guerre des vidéos fait rage entre les services américains et le mouvement djihadiste, Abou Yahya occupe une place de choix. Rompant avec les orateurs exaltés, il se distingue dans ses interventions par un effort pédagogique de rationalisation. Plutôt que de multiplier les partisans d’Al-Qaïda, il cherche à consolider ses fondements idéologiques. Ses cibles privilégiées sont les oulémas modérés, en particulier saoudiens et égyptiens, qui dénoncent le djihad en terre d’islam et le recours aux attentats-suicides. Auparavant, il s’était opposé, toujours sur la Toile , à Abou Moussab al-Zarqaoui (mort en juin 2006), dénonçant les massacres des civils en Irak et la guerre entre sunnites et chiites. Lorsque l’affaire des caricatures du Prophète a éclaté fin 2006, il avait appelé les fidèles à organiser des attentats en Europe…

Après la mort, au début de cette année, d’Abou Laïth al-Libi (aucun lien de parenté), Abou Yahya apparaît comme le chef des éléments libyens au sein de la mouvance djihadiste en Afghanistan. Mais ce sont les relations au sommet d’Al-Qaïda qui vont peut-être, à l’avenir, retenir l’attention. Avec cette question sous-jacente : dans quelle mesure les marques de considération des Américains à l’endroit d’Abou Yahya al-Libi, la « star qui monte », vont-elles affecter les deux vétérans vedettes qui ont pour nom Oussama Ben Laden et Aymen al-Zawahiri et alimenter, à terme, guerre des chefs et guerre de succession ?
Sources
Jeune Afrique
Posté par Adriana Evangelizt  : http://usa-menace.over-blog.com/article-19246436.html



4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information  

4-1 Justice :  Affaire « Pétrole contre nourriture »

 A Rennes, un « homme en colère »… Le rennais Gilles Munier, mis en examen il y a 3 ans pour «avoir violé une résolution de l’ONU » en Irak, n’a toujours pas le droit de sortir du territoire métropolitain. « C’est de l’acharnement juridique », dit-il « je suis un des seuls parmi les personnes impliquées dans l’Affaire Pétrole contre nourriture qui soit assigné de cette façon à résidence, alors que le juge Courroye a clos son instruction depuis juin 2007 » ». La « justice » française - il tient aux guillemets – craignait, semble-t-il jusque là, qu’il profite de déplacements à l’étranger pour « rencontrer des complices, détruire des documents ». « De la foutaise !  A Bagdad, les services secrets français savaient que je ne faisais en conscience rien de délictueux, sinon j’aurais eu des problèmes avant la chute de Saddam Hussein» clame-t-il, excédé, « m’empêcher de voyager est un prétexte, de nos jours avec un téléphone, Internet et une webcam, on peut communiquer discrètement n’importe où, il suffit d’aller dans un cyber café ». On lui a interdit de se documenter au Proche-Orient pour un livre sur le jeu américain dans la région, et pour les besoins d’articles sur la situation en Irak qu’il publie dans le mensuel Afrique Asie ou sur son blog*. En France, affirme-t-il : « on n’emprisonne pas pour des idées, on asphyxie financièrement pour réduire au silence ceux dont les engagements politiques déplaisent. Et après cela, on se permet de critiquer la Syrie , la Libye ou la Chine ». Son épouse a dû verser… 50 000 euros de caution pour qu’il reste en liberté conditionnelle. Secrétaire général des Amitiés franco-irakiennes depuis 1986, Gilles Munier s’imposait une « obligation de réserve ». « C’est fini», dit-il maintenant, « A Bagdad, j’ai vu beaucoup de soi disants porteurs de messages se réclamant, à tort et ou à raison, de Chirac ou même de Sarkozy. J’en parlerai. Le procès qui s’ouvrira – et pour moi le plus tôt sera le mieux – doit être celui du génocide qui a tué plus d’un million d’enfants irakiens, de la cupidité et des mensonges de certains hommes politiques, de l’hypocrisie occidentale ». Dans son dernier livre**, son avocat Jacques Vergès écrit qu’il fera du procès « un acte d’accusation contre les criminels camouflés sous le manteau de la démocratie ». Vu sa réputation, ce n’est certainement pas une vaine promesse. *   gmunier.blogspot.com ** Journal, la passion de défendre  (Ed. du Rocher, 2008) Paru dans l’hebdomadaire « 7 Jours » (Rennes) 2 mai 2008


4-2 L’aide US à l’étranger : De plus en plus militarisée.

Oxfam America a plaidé récemment en faveur d’une intervention plus intelligente de la prochaine Administration américaine dans le développement international. Pour Oxfam, il faut changer radicalement le système américain d’aide à l’étranger. Celui-ci est un véritable labyrinthe de mandats et d’exigences où une chatte n’y retrouverait plus ses petits. De plus, la sécurité est devenue l’obsession numéro un. Le département de la Défense contrôle plus de 20% de l’aide, lui qui n’en contrôlait que 3% en 1990.
Un signe qui ne trompe pas de la complexification du système américain d’assistance est l’épaisseur de la loi sur l’aide aux pays étrangers. En 1960, à la veille de l’élection de John Kennedy, cette loi comportait une centaine de pages. Aujourd’hui, elle en compterait plus de 1 500 !
Les « allocations spéciales » – sommes allouées par des élus américains aux projets qu’ils choisissent de soutenir – ont aussi pris beaucoup de place, toujours selon Oxfam. Les programmes qui s’attaquent plus globalement aux causes de la pauvreté afin de l’alléger en ont souffert.
De plus en plus militarisée
L’aide américaine redevient ce qu’elle était avant la chute des pays de l’Est : de plus en plus une aide militaire.
En moins d’une décennie, le montant total des crédits consentis aux pays étrangers pour acheter des armes américaines est passé de 700 millions à 5 milliards de dollars USD. Cet accroissement de l’aide militaire s’est fait au détriment de l’aide civile et humanitaire (Global Issues, US and Foreign Aid Assistance - Aid and Militarism).
Mais il ne s’agit pas que du montant de l’aide civile détourné à des fins militaires, même les opérations d’aide civile sont de plus en plus prises en charge par des militaires.
Signe des temps, le Center for Global Development organise
une rencontre le 6 mai à Washington, lors de laquelle USAID va défendre la nouvelle coopération qui s’est établie avec l’armée américaine non seulement en Irak et en Afghanistan, mais aussi en Afrique et en Europe. USAID est une agence du gouvernement américain chargée de fournir l’assistance économique et humanitaire des États-Unis à travers le monde. Elle doit composer avec cette nouvelle présence des militaires dans son champ d’intervention.
Qu’est-ce que ce rapprochement entre les civils de USAID et les militaires change, sinon de rendre public ce qui se produit depuis la fondation de USAID, répondront
ceux qui accusent le gouvernement américain d’utiliser cette agence comme couverture pour leurs actions secrètes d’infiltration et de déstabilisation.
Le Congrès américain s’inquiète
Le comité des affaires étrangères de la Chambre des représentants a entrepris une enquête parlementaire en profondeur sur le système américain d’aide à l’étranger. L’objectif est de comprendre ce qui ne va pas. Lors de
la première séance avec témoins, le président du comité, le représentant Howard Berman, s’est ouvertement inquiété de la trop grande présence des militaires dans l’aide étrangère et a appelé à un recentrage de l’armée sur sa mission première. Pour sa part, Lael Brainard de la Brookings Institution a témoigné le même jour en faveur d’une aide qui renouvellerait l’esprit du Plan Marshall et de l’Alliance pour le progrès de John F. Kennedy. L’échec de cette initiative d’aide économique favorisant le progrès démocratique en Amérique latine dans le but de contrer le communisme laisse songeur. Brainard a lié la question de la sécurité des États-Unis et celle du progrès économique et social dans le monde. (Son témoignage est disponible sur le site de la Brookings Institution). Mais, indépendamment de sa vision idéologique, le texte de Brainard vaut la lecture pour deux aspects : d’une part, elle fait un état de la situation démontrant à quel point l’aide étrangère « officielle » est devenue complexe, d’autre part elle met le doigt sur un gros bobo en révélant l’état de décrépitude de la partie civile de cette aide. Depuis 1990, USAID a vu son personnel réduit du tiers. De plus en plus, ce personnel est composé de chargés de projets. L’expertise civile technique et opérationnelle s’est rétrécie comme peau de chagrin. Le secrétaire à la Défense Gates l’a lui-même reconnu récemment : « Indeed, having robust civilian capabilities available could make it less likely that military force will have to be used in the first place, as local problems might be dealt with before they become crises  » (cité par Brainard). Au moment où le gouvernement américain est affaibli et empêtré dans la complexité de la structure administrative d’où émanent ses initiatives d’aide, l’aide non gouvernementale atteint des sommets, plus de 26 milliards de dollars selon Brainard, dépassant même le montant de l’aide gouvernementale. Il n’est pas étonnant, dans ces circonstances, que Bill Gates et ses amis milliardaires aient pris l’initiative en Afrique. Parmi les témoins, il y avait aussi Raymond C. Offenheiser, président d’Oxfam America, venu répéter l’argumentaire contenu dans le rapport publié en mars (Développement intelligent : pourquoi l’aide américaine doit être réformée).  Michel Monette http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=39534 Date de publication : 03/05/2008


4-3 Lettre au Parlement irakien - Comité juridique.
Turkmeneli partie adressée le Parlement irakien - Comité juridique par le biais d'une lettre avec une certaine proposition sur les conseils de gouvernorat prochaine élection
À: Chambre des Représentants - Comité juridique
Constitution irakienne permanente dans son quatrième trimestre, l'article 121 en ce qui concerne les administrations locales sont les suivantes: "Cette constitution garantit l'administratif, politique, culturelle, le droit à l'éducation de diverses ethnies (Turkmènes, les Chaldéens, les Assyriens, et tous les autres composants) et réglemente que par une loi "En fonction de l'élection de 1992 du Kurdistan Assemblée nationale, la répartition des sièges pour des Turkmènes, des Assyriens et Chaldéens et l'utilisation des fonds spéciaux pour eux, devrait être pris en compte pour représenter toutes les composantes du peuple iraquien à la Chambre comme il est dit dans l'article ( 47), premier alinéa, de la Constitution iraquienne.
Nous espérons que tous les membres du Comité et la Chambre des représentants prendra en considération les propositions suivantes: --
1 - Se fondant sur l'recensement de 1957 avec des cartes de rationnement pour les dossiers de Kirkouk province à organiser l'inscription des électeurs pour les élections aux conseils provinciaux en raison de circonstances particulières entourant le gouvernorat.
2 - Utilisation de système électronique pour les élections dans le gouvernorat de Kirkouk pour empêcher la falsification.
3 - 32% d'attribution des sièges pour chacun des Turkmènes, Arabes, Kurdes et 4% pour les Assyriens.
4 - Réglage des critères spéciaux pour les pays candidats à gouvernorat de conseil - le candidat doit être de Kirkouk habitant pour les 10 dernières années comme un minimum.
5 - Prise en compte de la représentation de toutes les composantes ethniques dans les conseils provinciaux de Bagdad, Diyala, Salahuddin, à assurer une réelle participation de toutes les parties au conseil local et de prévenir la fraude et les différends entre les composantes.
Turkmeneli partie Bureau de juristes 27/4/2008
BLEU FEMME
Je suis une femme européenne qui prend un intérêt dans la difficile situation des Turkmènes d'Irak.

Le nord de l'Irak a été la patrie des Turkmènes irakiens depuis plus d'un millénaire. Depuis la création de l'État iraquien en 1921 - comme une conséquence de WW1 qui a causé la désintégration de l'Empire ottoman et la prise en compte de la réalité nord de l'Irak dans l'État iraquien - les Turkmènes ont été systématiquement fait preuve de discrimination, marginalisés et opprimés de géopolitique et de des raisons économiques, comme Turkmeneli contient d'énormes réserves pétrolières et gazières, concentré autour de Kerkuk, Tél Afer et Khanaqueen.For ces économiques et des raisons géopolitiques l'gouvernements iraquiens successifs ont essayé d'assimiler les Turkmènes et ils ont délibérément sous-estimé leur nombre et leur véritable représentation en Iraq. Depuis l'occupation de l'Iraq en 2003 par l'US-UK coalition, la situation des Turkmènes s'est encore détériorée à la suite de la décision des États-Unis afin de permettre au partis kurdes et leurs milices à pénétrer, occuper et de contrôler Kerkuk et tous les autres turkmène les villes comme une récompense pour leur collaboration au cours de l'invasion de l'Iraq.
Lundi 28/04/2008 Traduction de  Turkmeneli Party's letter to the Iraqi ParliamentLetter to Iraqi parliament – legal committee



5 Annalyse-  Géopolitique et stratégie – Réflexion Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information  

5-1 L'ascension de Petraeus (en Irak) libère Cheney vis-à-vis de l'Iran.. La nomination du Général David Petraeus en tant que nouveau chef du Central Command des Etats-Unis garantit qu'il sera disponible pour défendre la politique de l'administration de George W Bush vis-à-vis de l'Iran et de l'Irak, du moins dans les derniers mois du mandat de Bush, et peut-être même au-delà. Cela donne aussi au Vice-président Dick Cheney une plus grande liberté d'action pour exploiter, durant les derniers mois de l'administration Bush, l'option d'une frappe aérienne contre l'Iran.
Selon le Secrétaire à la Défense Robert Gates, Petraeus prendra le commandement de CENTCOM à la fin de l'été ou au début de l'automne.
La capacité de l'administration américaine de menacer, à la fois publiquement et en coulisse, d'attaquer l'Iran a été spectaculairement réduite en 2007, par l'opposition de l'ancien chef de CENTCOM, l'Amiral William Fallon, jusqu'à ce qu'il se retire de ce poste, le mois dernier, sous la pression de Gates et de la Maison-Blanche.
Petraeus a prouvé sa volonté de coopérer étroitement avec la Maison-Blanche sur l'Irak et l'Iran, en fourbissant des arguments contre toute réduction post-"surge" [montée en puissance] des troupes et en accusant l'Iran de défier la présence militaire des Etats-Unis. En plus de la déférence du Congrès et des médias envers Petraeus, la malléabilité de ce dernier sur ces questions a fait de lui le choix évident pour remplacer Fallon.
Mais en fait, dès l'année dernière, Petraeus avait déjà pris le contrôle d'un grand nombre des pouvoirs du chef de CENTCOM.
En tant que commandant en chef en Irak, il était en théorie, dans la chaîne de commandement, sous les ordres de Fallon. En réalité, Petraeus ignorait les points de vue de Fallon et prenait directement ses ordres de la Maison-Blanche. Petraeus exerçait en effet le rôle de commandant en chef sur les questions jumelles de l'Irak et de l'Iran.
Depuis le début de sa prise de commandement de CENTCOM, Fallon s'est régulièrement querellé avec Petraeus sur le "surge" et le retrait d'Irak. Fallon s'est opposé au "surge" et il pensait que les Etats-Unis devraient commencer à retirer d'Irak la plupart de leurs soldats. Mais il était efficacement contrecarré par le lien étroit entre Petraeus et la Maison-Blanche , pour pouvoir influencer la politique militaire des Etats-Unis en Irak et dans l'ensemble de la région.
Fallon a aussi exercé beaucoup de pression, selon une source qui connaît bien sa manière de penser, pour tenter de négocier un accord avec l'Iran sur le passage inoffensif par le Détroit d'Ormuz, afin d'apaiser les tensions causées par le différent entre les Etats-Unis et l'Iran sur les obligations des navires de guerre transitant par ce détroit. Mais toutes négociations de ce type seraient entrées en conflit avec l'emphase que l'administration a placée sur une confrontation avec l'Iran, et ils n'étaient pas intéressés.
Petraeus a révélé dans son audition du 10 avril dernier devant le Congrès qu'il avait déjà assumé quelques-unes des fonctions normalement exercées par le chef de CENTCOM, en ce qui concerne les relations avec les chefs militaires dans la région. Petraeus a déclaré qu'il était "vraiment allé dans quelques pays voisins, dans une initiative … de découvrir les réseaux de certains de ces combattants étrangers, les pays dans lesquels ils opèrent, et leurs sources".
En fait, Associated Press a rapporté que Petraeus, depuis septembre 2007, s'était rendu dans cinq pays du Proche-Orient - la Jordanie , le Koweït, Bahreïn, la Turquie et les Emirats Arabes Unis. Ceci aurait normalement dû être le travail de Fallon, mais la Maison-Blanche a bien fait comprendre qu'elle voulait que ce soit Petraeus - pas Fallon - qui accomplisse ces missions. 
Selon la même source, il était devenu de plus en plus évident à Fallon qu'il ne dirigeait pas vraiment les choses à CENTCOM. La frustration de Fallon vis-à-vis du pouvoir de fait que Petraeus exerçait sur la politique au Proche-Orient était la raison principale pour laquelle il était prêt à se retirer.
Mais, ainsi que l'a rapporté le magazine Esquire au début du mois de mars, ce fut le refus de Fallon d'accepter que l'option d'une frappe militaire contre l'Iran soit toujours effectivement sur la table qui conduisit à des tensions sérieuses avec la Maison-Blanche. Il était évident que Fallon avait irrité Cheney, en suggérant publiquement en trois occasions, entre septembre et fin-novembre 2007, qu'une frappe militaire contre l'Iran avait été écartée par Washington.
L'annonce de la démission de Fallon, le 11 mars dernier, a été suivie moins d'une semaine plus tard par un voyage de 10 jours de Cheney au Proche-Orient, durant lequel le vice-président a parlé explicitement d'une option militaire contre l'Iran lors de ses visites en Turquie et en Arabie Saoudite. Ce qui semble indiquer que Cheney s'est senti plus libre de brandir la menace militaire contre l'Iran avec Fallon qui était neutralisé. 
Durant sa visite en Turquie le mois dernier, Cheney a sollicité agressivement le soutien politique des dirigeants turcs, pour une frappe des Etats-Unis contre les installations nucléaires iraniennes, selon une source bien au courant de la rencontre de Cheney à Ankara.
Cheney a été "très agressif" en demandant au Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan et au Président Abdullah Gul, de même qu'au chef d'état-major le Général Yasar Bukyukanit, de "s'embarquer" dans une telle attaque, selon cette source, qui a accès au compte-rendu de la visite de Cheney.
Cheney a indiqué que la Turquie avait été ajoutée à la dernière minute à son voyage, semblant ainsi indiquer que cette décision de rendre visite à Ankara était liée à la démission de Fallon. 
Après la rencontre entre Cheney et le Roi d'Arabie Saoudite Abdallah ben Abdul Aziz, lors du même voyage, des sources saoudiennes ont fait savoir aux médias que le Roi Abdallah avait dit à Cheney que son gouvernement s'opposait à toute frappe militaire des Etats-Unis contre l'Iran. Indiquant par là que Cheney avait abordé l'option militaire aussi à Riyad. 
Lors de ce voyage, l'un des principaux objectifs de Cheney semble avoir été de faire passer le message à l'Iran que l'option d'une frappe contre ses installations nucléaires est bien toujours d'actualité.
Dans une interview avec Cheney, alors que celui-ci se trouvait à Ankara, la journaliste d'ABC News, Martha Raddatz, a fait le commentaire suivant : "[Lorsque] vous venez ici, les gens dans la région se mettent à penser que vous êtes ici pour planifier quelque sorte d'action militaire".
Cheney a fortement sous-entendu que c'était en effet l'objectif majeur de son voyage. "Eh bien, je pense que la chose importante à garder en tête", a-t-il dit, "est l'objectif que nous partageons avec un grand nombre de nos amis dans la région, et c'est qu'un Iran doté de l'arme nucléaire serait très déstabilisant pour toute la région".
Petraeus est devenu le principal porte-parole de l'administration pour l'argument tenant l'Iran pour principalement responsable de la résistance militaire chiite à l'occupation étasunienne en Irak. Petraeus et son état-major ont développé l'idée, début 2007, selon laquelle l'Iran utilisait un soi-disant "groupe spécial" de combattants rebelles de l'Armée du Mehdi du dirigeant chiite Muqtada al-Sadr, pour livrer une guerre par procuration contre les forces étasuniennes.
Lors de sa dernière audition devant les commissions parlementaires, Petraeus a déclaré que ces "groupes spéciaux" prétendument organisés et manipulés par l'Iran "posent la plus grande menace à long-terme à la viabilité d'un Irak démocratique".
Gareth Porter 

Gareth Porter est historien. Il est aussi un analyste politique sur la sécurité nationale. (Inter Press Service) – traduction [JFG-QuestionsCritiques]

Asia Times Online, publié le 26 avril 2008

article original : "Petraeus' rise lets Cheney loose on Iran" http://questionscritiques.free.fr/edito/AsiaTimesOnline/Gareth_Porter/Petraeus_Fallon_Centcom_Cheney_Iran_240408.htm

5-2 Cargos de nuit (vague n° 1,2 & 3) : Le commerce des armes et ses ramifications dans le monde.

Fin La CIA choisissait mieux ses contractants, dans les années passées se dit-on à lire l’étonnante carrière de notre jeune héros perturbé. Comme quoi tout se perd... y compris Efraïm, depuis introuvable sur le territoire US : il pris la fille de l’air depuis que le contrat a été rompu et demeure introuvable depuis, bien sûr... serait-on tenté de dire. Pourtant, il avait bien alerté lui-même l’ambassade américaine à Tirana et obtenu un rendez-vous important avec les autorités, y compris jusqu’au ministre de la défense albanais, impliqué jusqu’au cou dans l’affaire. Selon le New York Times, Diveroli avait lui même constaté à quel point dans le pays tout était circonscrit à une mafia : "At the end, Mr. Diveroli appeared to lament his business with Albania. “It went up higher to the prime minister and his son,” he said. “I can’t fight this mafia. It got too big. The animals just got too out of control.” Au passage, le journal cite derrière l’intermédiaire chypriote déjà cité un autre homme au dessous de tout soupçon : Heinrich Thomet, trafiquant suisse réputé. Un rapport édifiant sur les vols des avions de Victor Bout à Bagdad le mettant en cause évoquait la disparition de lots complets de mitraillettes sur le marché parallèle, à peine débarquées de Bosnie cette fois : "Some 200 000 guns the US sent to Iraqi security forces may have been smuggled to terrorists, it was feared yesterday. The 99-tonne cache of AK47s was to have been secretly flown out from a US base in Bosnia . But the four planeloads of arms have vanished". Bien entendu, à Bagdad, personne n’avait vu les Antonov atterrir : "But air traffic controllers in Baghdad have no record of the flights, which supposedly took off between July 2004 and July 2005." Nous avons déjà évoqué ici largement ces liens troubles entre armée américaine et les fournisseurs d’insurgés. Pour en revenir au fameux dépôt albanais, la première réaction américaine a été d’envoyer six inspecteurs du FBI sur place. Car la firme censée nettoyer le dépôt était... américaine au départ et non albanaise. C’est Southern Ammunition (Southern Ammunition Co. Inc., or SACI), société sise à Loris, en Caroline du Sud, dans le comté de Horry County, et qui vend sur le net ... des armes. Elle est en ce moment même en attente d’arrivée de nouveaux produits : "In the coming months we expect to receive some 50 caliber ammo as well as 9MM +P, and 7.62X39 Russian surplus. Check back with us from time to time, or fill out our contact form and we will keep you updated on our latest offerings." On ne peut être plus clair. Mise en cause dans l’explosion, elle a répondu que son contrat s’était terminé le 8 décembre 2007, bien avant l’explosion. Ce qui s’appelle se laver les mains du problème. Le dépôt explosé, la firme américaine responsable du traitement des munitions rentrée chez elle, le jeune Efraim dans la nature, il ne reste plus grand chose à la procureure Albanaise pour dérouler l’écheveau du gigantesque trafic en cours depuis des années. A moins de s’en prendre directement au gouvernement, ce qu’elle tente de faire. Mais la partie s’annonce rude : l’embassade des Etats-Unis à Tirana, ou se promenait régulièrement Diveroli, a déjà repris les choses en main. Dans une réunion tenue le 2 mai dernier, elle expliquait que tout allait mieux se passer, maintenant, puisque qu’elle avait dépêché, je cite le bureau des "Alcools, Tabac, Armes à feu et Explosifs" pour s’occuper du problème. Sans rire. Et annoncer triomphalement que pour nettoyer le site, c’était ArmorGroup North America (AGNA) qui avait été sélectionné par le nouveau ministre de la défense Gazmend Oketa, le remplaçant de Fatmir Mediu, en cheville directe avec Donald Rumsfeld, pour continuer l’œuvre de la précédente société américaine sur place... une société privée basée à Londres que l’on retrouve essentiellement déployée... en Irak...  Voilà près de 200 millions de dollars qui valent bien les 300 dont avait hérité un gamin de 22 ans, en définitive. Au royaume des corrompus, seuls les trafiquants d’état sont rois. On le voit, les containers, présent aussi bien en Irak qu’en Albanie, servent à tout, et surtout à cacher des armes qui sont achetées et revendues par des trafiquants qui bénéficient clairement de la bienveillance des états. Ici, notamment, l’Albanie, les Etats-Unis et l’Irak, où la CIA pointe constamment derrière des transferts douteux. Nous verrons dans un prochain volet que les Balkans regorgent d’autres trafics, et d’autres liens avec les groupuscules d’obédience néo-nazis, et que d’autres ports, tel Odessa, constituent d’autres plaques tournantes dangereuses, en revenant une dernière fois sur Anvers, où un autre volet du problème est resté en suspend : celui du transport de produits irradiants, sans que la population, une fois encore, ne soit informé des dangers réels de ces trafics.

Morice Informaticien, ancien rédacteur en chef de revue informatique nationale, préoccupé aujourd’hui par la montée des extrêmismes en tout genre. Professeur d’histoire en collège pendant 15 ans. Maîtrise de Géographie, mémoire sur "l’industrie photographique au Japon". Résistant officiel depuis le 6 mai. Accessoirement chasseur de Trolls (une autre forme d’extrêmisme), espèce fort répandue sur le Net. Athée, au cas où certains pourraient en douter.  http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=39300

n°357- Les Dossiers d'Irak-06-05 - Fin 5-2 Cargos de nuit (vague n° 1,2 & 3) : Le commerce des armes et ses ramifications

°357- Les Dossiers d'Irak-06-05 - Fin -« Nous ramènerons l'Irak à l'âge de pierre ! » Colin Powell

Les Dossiers d'Irak - Fin -

N° 357                        6/05/08

Par M.Lemaire        


5-2 Cargos de nuit (vague n° 1,2 & 3) : Le commerce des armes et ses ramifications dans le monde.

Je vous propose de jeter un regard à nouveau sur le commerce des armes et ses ramifications dans le monde et spécialement en Europe ou Proche-Orient et en Afrique... L’actualité en effet met le projecteur à nouveau sur ce fléau, via un pays au bord de la guerre civile, où des hommes sont ravitaillés par des conteneurs bourrés d’armes.
Extrait  Le hic, c’est qu’il n’est pas le seul à bénéficier d’un laxisme évident à propos de la circulation des armes à bord de porte-conteneurs, censés être inspectés, en réalité perdus sciemment dans la masse vertigineuse des énormes bateaux, capables aujourd’hui d’emporter près de 10 000 caisses à la fois. Des bateaux aujourd’hui plus grands que le Queen Elisabeth ou plus longs qu’un porte-avion comme l’USS Enterprise  ! S’y ajoute une véritable mafia d’équipes de surveillance portuaire qui ont parfois de bien étranges ramifications politiques, et des Etats fournisseurs qui ferment les yeux au nom de profits gigantesques ou qui ont abandonné tout droit de regard sur la gestion de leurs ports, devenus d’étranges zones de non-droit étatique. Comme cette enquête est longue et ardue, je vous propose de l’effectuer en plusieurs fois, en plusieurs vagues, dont voici la toute première, en commençant tout de suite par le cas qui nous retient aujourd’hui, celui du cargo An Yue Jiang et de sa cargaison maudite, et de tenter de voir après comment se font ces envois d’armes via des conteneurs anodins. Au-delà de la possibilité d’un coup tordu (coup d’Etat ou entretien d’une guerre civile), arrêtons-nous un instant sur la nouvelle brute. Les agences fournissent d’emblée le nom du bateau, le An Yue Jiang, et même sa photo. C’est un porte-container classique de taille conséquente (149 m de long pour 21,80 de large) croisant à 14,5 nœuds de moyenne construit à 6 exemplaires en 1986 (il n’est donc pas tout neuf, ce dont on se doute à voir la rouille de sa poupe !), respectivement les AN QING JIANG, AN XIN JIANG, AN YUE JIANG, AN ZE JIANG, AN GUANG JIANG et AN SHUN JIANG. Tous ont été construits de 1980 à 1987 et ont la Chine comme port d’attache... à Guangzhou, mais sont affrétés à Damman, en Arabie saoudite par AL BOKHARI SHIPPING TRADING & IND. INTL, une division locale de COSCO, pour China Ocean Shipping (Group) Company. Les bateaux immatriculés en Chine sont donc gérés et affrétés... par des Saoudiens. Qui ont ouvert en 2007 un énorme complexe pour porte-containers de 300 millions de rials, décidé par le feu roi Abdelaziz, faisant passer la capacité d’accueil de 800 000 Teu à 2 millions. Le tout géré par un système entièrement neuf, avec un suivi électronique des marchandises vanté par les autorités portuaires saoudiennes... "Now all import cargo documents are exchanged electronically between the shipping agents, the custom brokers, the customs department, the Ports Authority and the port operating companies. Export documents are currently in implementation", dit le dépliant publicitaire. Tout va bien donc dans le meilleur des mondes, celui du trafic de conteneurs et son commerce florissant, dans un conteneur où l’on peut cacher ce que l’on veut, ou plus exactement on peut faire circuler ce qu’on veut si on contrôle à chaque bout le chargement. Et c’est bien cela le problème. COSCO est depuis plus de vingt ans sur la sellette, et personne n’est capable d’arrêter son expansionnisme. Même pas Maersk, devenu le super-géant du transport par conteneur, après son rachat de P&O Nedllyold en février 2006. Ces 77 tonnes d’armes, en effet, ne sont pas de la contrebande, car elles proviennent d’un accord militaire dûment signé il y a plusieurs mois auparavant et sont donc susceptibles d’être utilisées ici par un dictateur pour restaurer son autorité perdue par les urnes. Ceci nous amène directement à nous poser la question de la libre circulation d’armes à bord de containers de bateaux civils, dûment affrétés par des compagnies qui ont pourtant toutes signées un accord sur le contrôle des containers, accord proposé dans tous les ports importants par les Etats-Unis, après les attaques du 11-Septembre. Sous le nom de Maritime Transportation Security Act (MTSA) et signé le 25 octobre 2002, l’accord devait assurer contre toute attaque terroriste via un port : "This law is the U.S. equivalent of the International Ship and Port Facility Security Code (ISPS), and was fully implemented on July 1, 2004. It requires vessels and port facilities to conduct vulnerability assessments and develop security plans that may include passenger, vehicle and baggage screening procedures ; security patrols ; establishing restricted areas ; personnel identification procedures ; access control measures ; and/or installation of surveillance equipment". En 2007, l’administration Bush a souhaité aller encore plus loin dans la surveillance, pour se heurter aux dures lois du temps d’immobilisation des monstres des mers et l’impossibilité de tout scanner. C’est tout simplement impossible à faire, et ce ne sera pas fait, car beaucoup trop ont intérêt à ce que cela ne se fasse pas. En priorité, les sociétés d’armement, qui y voient une perte de temps et donc une perte avant tout d’exploitation. En fait, l’analyse va démontrer une chose : les seuls à pouvoir contrôler ce qu’ils veulent, ce sont les sociétés américaines, ce sont elles qui fournissent les scanners géants pour conteneurs et contrôlent même l’accès de certains terminaux via leurs sociétés de sécurité portuaires composées de mercenaires recrutés par elles seules. Résultat, elles acceptent de faire passer ce qu’elles veulent, à savoir leur propre contrebande d’armes ou de drogue si besoin est, quitte à dénoncer celle des autres dans le seul intérêt de sauvegarder leurs marchés forts lucratifs. Là-dedans, l’Etat américain n’a même plus son mot à dire. Et les militaires peuvent ou non sélectionner eux aussi ce qu’ils désirent voir ou ne pas voir. Nous avions déjà évoqué le problème ici, où des officiers peu regardants et pourtant haut placés semblaient bien participer aux trafics illicites d’armes. Des entreprises avaient été clairement épinglées, qui détournaient les armes destinées à la police irakienne. Aucune n’a été arrêtée à ce jour. Tous les jours, des centaines de porte-conteneurs sillonnent en effet le monde. A bord, de tout, du papier toilette aux tondeuses à gazon en passant par les jouets chinois et les AK-47 : depuis que le procédé est apparu au début des années 70, il est devenu incontournable pour tous ceux qui désirent commercer dans le monde entier, sans avoir à montrer directement le contenu de ce commerce. Dans ces immenses cargos de nuit aux allures paisibles circulent donc aussi des armes. Chez certains, c’est même une évidence reconnue. Si je vous montre cette photo (STR/AFP/Getty Images) d’enfants se baignant dans le canal de Suez au passage d’un porte-container, vous n’imaginez pas que ce dernier est un bateau... militaire. Et, pourtant, c’est bel et bien le cas. C’est le SS Westward Venture, il n’est pas nouveau, car il date de 1977, fait 790 pieds de long (240 m !) et avance à 24 nœuds. C’est un navire assez atypique avec une allure reconnaissable de loin avec sa rampe de chargement centrale accédant à une sorte d’étage à container. Armé par une société Alaskane, il est entré après vingt-huit ans de bons et loyaux services comme porte-container de l’armée au Military Sealift Command en juillet 2006, après avoir servi de transport pendant la première guerre du Golfe. Avant d’intégrer l’armée, il travaillait pour Totem Ocean Trailer Express (TOTE) dont le développement fulgurant avait reposé sur l’exploitation du pétrole de Prudhoe Bay en Alaska. Tote a été rachetée depuis par Totem, devenu depuis Saltchuk Resources, société sise à Seattle. En 1997, la firme signe un accord pour le transfert régulier "d’engins agricoles" vers la mer Noire. Tout le monde se doutait que sous le vocable agriculture se cachait tout autre chose. Oui, mais, vous allez me dire, c’est surveillé de près tout ça. Et c’est exact. Le 3 octobre 2001, on apprenait par exemple que la firme Lockheed Martin a signé un important accord avec la... Roumanie pour la surveillance par radar du trafic maritime en mer Noire. Un radar, dans le port de Constantza. Un port qui dispose de 4 terminaux contrôlés par les sociétés Socep, Constantza South Container Terminal, Umex and APM Terminals, une société d’origine danoise devenue depuis A.P. Moller Maersk et première mondiale pour le trafic de container. APM est en fait très présent au Nigeria notamment à Lagos Port Complex (Apapa), mais aussi en Equateur ou en Jamaïque. Et partout quasiment dans le monde. Odessa, le port pivot du trafic d’armes à partir de l’Europe centrale, est aussi desservi, et plutôt bien même. Maersk y recrute même ses treize personnes pour son bateau géant de 397 m de long, mais transporte aussi par avion cargo si le besoin s’en fait sentir. Maersk dispose de ses quais, gérés par la firme seule, au détriment des droits du pays qui l’héberge le plus souvent. Ses géants entrent dans près de 90 ports américains sans problème de papiers, car ces 90 ports, justement, sont tous gérés aux Etats-Unis même par des compagnies privées étrangères !

"At least 90 terminals at America’s largest ports are today operated by foreign companies, according to an excellent survey by the Washington Times that appeared on Feb. 22. The largest operators are China Ocean shipping Company, APM Terminals (Denmark), APL (Singapore), Hanjin Shipping (South Korea ), and three Japanese companies, Kawasaki, Kisen, Kaisha Ltd, Mitsui O.S.K. Lines, and Ceres Terminals." A noter que dans la liste apparaît justement COSCO (China Ocean Shipping Company), la compagnie chinoise détentrice de bateaux géants. Des géants qui ont parfois du mal à gérer leur taille, comme sur cet exemple où un navire Cosco, le Cosco Busan, de 810 pieds (246 m) et 65 131 tonnes s’est payé le 8 novembre dernier le pilier du San Francisco-Oakland Bay Bridge, pourtant bien visible (même si on invoque le brouillard !) en provoquant une mini-marée noire. Une première à cet endroit. En résumé, il y a bien longtemps que les ports et leur contrôle échappent à la vigilance des Etats.

Déjà, sous l’ère Clinton, aux Etats-Unis, l’affaire COSCO avait fait... des vagues. En janvier 1998, en effet, il y a dix ans donc, à la surprise générale, Clinton signait un accord étonnant avec la firme chinoise, lui accordant tous les droits de gestion des terminaux de conteneurs bâtis sur ce qui fut une ancienne base navale de la Navy , située à Long Beach en Californie. Les journaux titrent alors "l’armée chinoise contrôle le plus grand port de la côte Ouest". Pour ne rien arranger, les Américains découvrent que la firme est très liée au WAMPOA-HUTCHINSON GROUP, qui n’est rien d’autre que celui gérant... le canal de Panama. Ou qui gère Europe Container Terminals, en Hollande ou celui de Karachi, au Pakistan. Des sites droitistes tirent la sonnette d’alarme : à proximité de Long Beach, on trouve le Pacific Missile Test Center, le centre d’essai des missiles, le U.S. Naval Weapons Station, qui gère les tests de nouveaux armements navals, ou la flotille navale de sous-marins n° 5 ou un peu plus loin encore... la Silicon Valley. En 2006, on apprend que W. Bush a sélectionné Wampoa-Hutchinson pour détecter des possibles armes nucléaires à bord de conteneurs... tollé général aux Etats-Unis "The Bush administration selected Hong Kong-based Hutchison Whampoa to operate a U.S.-made nuclear weapons detection system at a container ship port in the Bahamas". Pour appuyer encore sur la crainte terroriste, on découvre dans un des conteneurs de COSCO trente-deux immigrants clandestins chinois entassés au milieu des cartons. Un commentateur fait remarquer que "COSCO ships have carried weapons to Iran, Iraq and Cuba ". Et rappelle un autre haut fait d’arme, sans jeu de mots, de la firme chinoise : "in 1998, U.S. intelligence agencies tracked a COSCO freighter from Shanghai to Karachi, Pakistan , with a load of weapons-related goods, including specialty metals and electronics used in the production of Chinese-designed Baktar Shikha anti-tank missiles".

Chez les républicains, on évoque plutôt le cas des chèques accordés par les Chinois à la campagne de Clinton... par le lobbyste taïwanais Johnny Chung. Chung avouera plus tard avoir reçu 300 000 dollars directement de Liu Chaoying, le colonel de l’armée chinoise à la tête des lancements spatiaux, pour alimenter les caisses démocrates. Chung sera reçu quarante-neuf fois de suite à la Maison-Blanche par les époux Clinton. Sa déposition devant le comité de la Chambre des représentants sera édifiante. Il évitera de peu trois tentatives d’assassinat, et travaillera même pour le FBI, le corps complètement gainé de câbles et de micros pour tenter de piéger ses anciens amis de la Chine rouge. En se comparant dans sa biographie à... Forrest Gump. Mais ce n’est pas le seul cas auprès de l’administration américaine. Le successeur de Clinton, W. Bush, choisissant lui un autre camp... celui de ses amis de toujours, les Saoudiens. En 2006, un accord passé entre APM Maersk et la ville de New York annonçait que la ville louait bien une partie des terminaux à APM, mais que désormais sa sécurité dépendrait de "Dubai Ports World" : à huit ans d’intervalle, l’administration Bush refaisait le coup de Long Beach, en cédant tous ses droits sur la gestion cette fois du port principal de la côte Est, mais aussi quelques autres et non des moindres : la Nouvelle-Orleans ou Miami, autres plaques tournantes des trafics en tout genre. Le capitalisme avide a engendré une hydre supra-nationale, qui décide désormais de qui peut entrer dans les ports d’un pays et y faire ce qu’il souhaite. En 1995, pourtant, le M/VEmpress Phoenix de COSCO avait été arraisonné par les douanes américaines. On avait découvert à bord de ces conteneurs 2 000 AK-47 destinés aux gangs de Los Angeles... On le retrouve en 2007 à inaugurer un service en compagnie de la CMA CGM , une société dont on connaît bien ici un autre fleuron...

Il n’empêche, W. Bush choisit lui aussi d’abandonner sa souveraineté nationale aux portes de ses principaux ports : "Dubai Ports World was scheduled to assume a 30-year lease and manage port operations of the Port Newark Container Terminal LLC in the Port of New York and New Jersey, as well as acquire terminals in Baltimore, Miami, New Orleans and Philadelphia in March 2006. Except for cargo screening functions performed by the U.S. Department of Homeland Security (“DHS”), the port operator is responsible for securing all cargo entering and exiting the port, maintaining the port facility itself, and hiring port security personnel ; yet, approximately 8% of containers entering U.S. ports are inspected by DHS, while the rest are monitored by the port operator". Une décision surprenante, diversement appréciée. A l’autre bout de la chaîne, en effet, on retrouve... l’Irak. C’est Maersk en effet qui gérait entièrement le terminal de Zubair en eau profonde en Irak depuis avril 2003, ce que d’aucuns avaient perçu comme un cadeau pour l’aide du Danemark au sein de la coalition : "Maersk was given control of Zubair by the invading troops, a political plum to reward Denmark for participating in the invading coalition forces". Le contrat en avait étonné plus d’un : "Lots of people were trying to make use of the chaotic situation to get themselves lucrative contracts.But Maersk were the most blatant of them all and openly took advantage of the situation. (They) presented us with a contract that had been signed by a low-ranking officer of the U.S. military who had no authorization to make such a deal." He called the terms of the contract so favorable to Maersk that it was "almost ridiculous." Maersk got 93 percent of all port fees plus almost $15,000 a day. Des contrats aussi juteux comme ça, en effet, ça ne se dégotte pas tous les jours. Au point de se faire tirer quand même l’oreille : en 2005, le 4 mars, le contrat n’est pas reconduit par le gouvernement irakien, qui n’y trouve pas son compte, certains diront plutôt son bakchich. L’ancien ministre des Transports, Nabil Atta dira même : "Maersk ruined everything for themselves. We were ready to give them a long-term contract for the port but the Maersk people... kept making demands that were completely unreasonable." A force d’avoir trop voulu pomper l’argent... Ailleurs, en Irak, c’est une autre firme qui décroche un autre contrat : à Um Qasr, "Stevedoring Services of America was given a no-bid contract by the US military, even before the invasion began, to operate half the terminals." Stevedeoring sera racheté en 2006 par SSA Marine. La firme fera appel à une bien étrange société pour sécuriser ses envois : Olive, une firme anglaise du type Blackwater. En résumé, ce sont des mercenaires privés qui vont "superviser" le trafic de container partant ou arrivant à Qasr. Là encore, l’administration américaine s’en lave les mains, et le gouvernement fantoche irakien aussi, fermant les yeux sur les trafics qui peuvent se mettre en place, faute d’autorité réelle. "SSA Marine was awarded a sub-contract last year (2003) for security at the port of Umm Qasr in Iraq to Olive Security, a United Kingdom-based company. The USAID-approved sub-contract of six months commenced last October 15 with the arrival of a team of 40 veterans from the Brigade of Gurkhas at the facility". Olive s’occupe également de la sécurité du mort de Dubai... ou son but est de développer je cite "the new makert enter strategy".

A l’origine du contrat, du favoritisme pur et simple : Tony Allum, père du fondateur d’Olive avait rencontré à plusieurs reprises les dirigeants de Bechtel pour préparer le terrain : "Olive came under scrutiny in 2003 after it emerged that the co-owner’s father, Tony Allum, visited Washington to meet with Bechtel leaders as an envoy of Iraq Industry Working Group, an arm of the British government. Allum and his son deny any contracts were awarded due to favoritism. Under another U.S.-Bechtel deal, Olive provided security in Mississippi for travel trailers and mobile homes in the wake of Hurricane Katrina". Ces mêmes mobile homes aujourd’hui fortement critiqués : ils sont bourrés de Formaldehyde et envoient tous leurs occupants rendus malades à l’hôpital. La société Olive est essentiellement composée d"anciens militaires anglais reconvertis dans le business militaire, à l’image de Blackwater et ses contrats juteux. Olive a son siège désormais à Dubai et... la boucle est bouclée : à chaque bout de la chaîne de transport, ce sont les mêmes mercenaires. En cas de problèmes juridiques, la société fait appel à un cabinet d’avocats de Dubai. Baker, Botts, LLP, fondé par l’ancien secrétaire d’Etat américain du père de W. Bush, James Baker, ancien de Reagan également. En 2006, c’est à lui que le président a confié un groupe d’études sur l’Irak... Evidemment, ses propositions restèrent dans le domaine du... risible, si le sujet n’avait pas été aussi grave... L’homme pointe toujours ses jetons de présence au Carlyle Group. Etant lui-même impliqué financièrement dans le relèvement de l’Irak, c’était bien le dernier à qui confier ce rôle ! A tous les étages, on rencontre soit du favoritisme, soit de la corruption, soit de l’irresponsabilité : à chaque bout du trajet commercial des conteneurs, on a des mercenaires et non un Etat. A partir de là, ce n’est plus la peine de croire que l’on peut échapper au trafic de drogue ou d’armes. L’argent prime largement sur le souci de la sécurité nationale. La guerre a bien été privatisée, comme l’avait dit un jour Donald Rumsfeld, dirigeant des armées et consultant chez Northrop Grumman Aerospace, l’un des plus gros fournisseurs en matériel de guerre de l’Etat américain.

Mais revenons-en donc à notre exemple de porte-conteneur américain resté au milieu de notre canal de Suez au début de l’article. Avant de devenir le Westward, ce bateau s’était fait appeler l’Atlantic Bear, sous le nom duquel il avait été testé par l’armée en 1983 avec le MV Cygnus, qui possédait lui deux grues de 35 tonnes à bord. Le bateau, l’année dernière encore, chargeait des engins Strykers à Bremerhaven destination l’Irak, comme le faisait son collègue l’USNS Mendonca de 950 pieds de long 62 000 tonnes de déplacement. Lancé lui le 14 avril 1999. C’est en effet un des dix-neuf cargos porte-containers de la Navy, dont le Bob Hope, du nom du célèbre amuseur national, qui a donné son nom à la classe de bateaux ! Un porte-conteneur à qui il est survenu une drôle d’histoire... vendredi 25 avril dernier, le SS Westward Venture a en effet tiré sur des vedettes iraniennes qui s’approchaient trop de lui, au canon de 50 et à la mitrailleuse de 30. Le bateau était donc bel et bien armé. Comme quoi ce peut être bien trompeur, aujourd’hui un porte-conteneur... Demain, nous suivrons les aventures de ses collègues et surtout les ramifications auprès des vendeurs d’armes, et nous irons même visiter... Anvers. Pour ce qui est du An Yue Jiang, pour l’instant, il a accosté en Angola, autre fief de la corruption et pays de tous les trafics que connaissent bien les Français via des personnes célèbres ici, tels le fils Mitterrand et notre grand visionnaire de salon Jacques Attali. Pendant qu’il est à quai, les affaires continuent... Dans les deux précédents articles, nous avons beaucoup évoqué le sort des containers en mer. Aujourd’hui, je vous propose de les suivre à terre, et spécialement à des endroits bien précis que sont les dépôts de munition, pour lesquels, comme pour beaucoup d’autres biens ils sont devenus indispensables.

Dans un seul, on peut glisser des millions de cartouches, de quoi alimenter un coup d’état, une sédition, une révolution ou une guerre civile. C’est selon. Dans ces endroits terrifiants que sont ces dépôts vaquent des gens conscient du danger... et parfois des gens qui le sont moins. En tout cas, ce sont bien souvent les points de départ des pires trafics existants.Les armes de contrebande, ça se trouve en effet au départ à des endroits précis. IL y a deux types d’armes : les neuves, sortant d’usine, et les usagées, le marché de seconde main. Celles qu’on trouve dans des dépôts où on sont entreposés ces anciens armements en attente de destruction, le plus souvent. Des dépôts, parfois gigantesques, où s’entassent obus, roquettes et balles ou vieux chars d’assaut, que des mains précises manipulent pour les classer ou pour préparer les commandes d’un quelconque marchant de mort. Ces endroits proviennent le plus souvent des lendemains de la guerre froide, qui ont rendu obsolètes un bon nombre de des armements, tels les canons ou les obusiers, les missiles ayant désormais la faveur des chefs militaires modernes. Des dépôts plutôt méconnus, dont on apprend parfois aussi l’existence quand une erreur de manipulation des artificiers qui s’en occupent provoque un embrasement généralisé. Dans ces endroits de mort, 153 explosions ont ainsi eu lieu en effet entre 1995 et 2007, tuant au total 2 575 personnes, dont une explosion à Lagos, au Nigeria le 27 janvier 2002 dans un dépôt situé au beau milieu d’un quartier résidentiel compte pour la moitié. Au Mozambique, à Maputo, par exemple encore, le 27 mars 2007, un dépôt de ce type avait sauté, provoquant la mort de 83 personnes. Le pays venait juste de sortir d’une guerre effroyable et rassemblait des munitions éparpillées un peu partout. Cinq heures après le début des explosions des engins sautaient encore. La température extérieure locale de 35°C ayant peut être provoqué le désastre. A Bangkok, en 2001, un dépôt du même genre de l’armée Thailandaise avait tué 14 personnes à Pak Chong, dans la province de Nakorn Rathchsima. Ces explosions de dépôt sont parfois le seul moyen de savoir ce qui s’y tramait. Or ce n’est pas toujours très reluisant. Censés être surveillés ou sécurisés, ils sont le lieu des pires trafics. Et certains finissent dans d’étranges circonstances, que l’histoire tend à reproduire avec une constance... désarmante, sans mauvais jeu de mots.
En 1988 déjà, au Pakistan, l’explosion d’un dépôt de munitions à Rawalpindi, démontrait déjà que les armes qui y étaient déposées étaient douteuses dans tous les sens du terme : les armes se voulaient au départ un "cadeau" des USA aux moudjaheddines afghans pour lutter contre les soviétiques. Pour ne pas que cela apparaisse officiellement, les armes avaient achetées à partir de 1980 au marché noir aux soviétiques eux-mêmes, par la CIA via des marchands d’armes écrans, et entreposées au dépôt d’ Ojiri en attendant d’être livrées, sous la garde de l’ISI, qui souhaitait lui les vendre, et pas autre chose. L’argent de la vente était allé en fait directement alimenter les recherches d’Ali Khan sur la bombe atomique pakistanaise ! Les américains, soupçonnant cette corruption des fonctionnaires pakistanais avaient bien envoyé des émissaires pour vérifier le dépôt, histoire de savoir s’ils avaient été bernés ou pas. Quelques semaines avant leur arrivée, le dépôt sautait fortuitement, entraînant la mort de plus de 100 personnes et en blessant près de 1000. La thèse officielle retenue alors fût celle de l’accident, alors qu’une enquête parallèle de l’ISI permit de découvrir après coup qu’il s’agissait bien d’un sabotage pour cacher le vol massif des munitions. Selon l’ambassadeur US de l’époque, il y en avait pour plus de 125 millions de dollars de partis en fumée. Ironie du sort, vingt après, c’est à Rawalpindi que Benazir Bhutto se faisait assassiner. Et vingt ans après, le même procédé destructeur allait réapparaître... en Albanie.
Le 14 octobre 2006, un autre dépôt qui part en fumée : c’est le dépôt américain en Irak de Camp Falcon qui saute, siué en bout de piste de la base aérienne de Al-Habbaniyah (Al-Anbar), à 13 km au Sud de Bagdad. Pour les troupes sur place il s’agirait d’un accident, pour les insurgés le résultat d’une attaque au mortier sur un dépôt où les pièces d’artillerie lourde étaient déposées à l’air libre, seulement entourées d’une barrière extérieure en béton. L’incendie et des explosions titanesques se succéderont toute la nuit. A ce stade, déposer ainsi des bombes l’une sur l’autre est de l’inconscience pure et simple, tous les observateurs le font remarquer le lendemain du désastre. Des soldats US en goguette filment ce soir-là le désastre sans prendre conscience de l’étendue des dégâts, qui semblent bien occasionnés au départ par des tirs de mortier extérieurs. Le lendemain, le camp est totalement dévasté. Seuls restent les vestiges de conteneurs, dont beaucoup portent des noms de sociétés commerciales de transport par bateaux bien ordinaires. Le bilan réel des morts et blessés ne sera jamais officiellement connu ; pour certains il aurait atteint les 165 blessés chez les américains, et 122 morts chez les irakiens de la police. Des chiffres assez surréalistes, beaucoup pensent que les blessés auraient pu atteindre la centaine, mais on n’a jamais réellement su le nombre de morts du côté US, l’image étant trop mauvaise dans l’opinion américaine. Une liste très certainement fausse, de soldats morts circule le lendemain sur internet à partir des réseaux pro-irakiens, mais elle ne présente aucune garantie d’authenticité. Les spécialistes militaires distinguent dans les explosions des bombes au phosphore (les nuages blancs sur les vidéos), pourtant interdites par la convention de Genêve, et des bombes à l’uranium appauvri (les explosions avec multiples flammèches). Les secondes sont un désastre écologique, car le camp est en bout de piste de la base et le souffle des avions va évacuer ces débris cancérigènes partout dans la région... jusque Bagdad même. Les explosions révèlent surtout l’inconsistance de la gestion du parc d’explosifs, déposés à la va-vite dans une aire aussi peu sécurisée. En fait, pour les militaires US, le contrôle des conteneurs à munitions est un véritable casse-tête : il y en a 60 000 désormais d’éparpillés en Irak, qui, s’il étaient mis bout à bout feraient 225 miles (362 km). Lors de la récente opération "TheSurge" de renforts US, ce sont 14 315 conteneurs qui ont été apportés en supplément. Empilés, il feraient 91 Empire State Building l’un sur l’autre ! En prime, comme beaucoup appartiennent à des compagnies maritimes, leur location mensuelle grève le budget militaire d’autan : 11 dollars par jour pour un conteneur de 20 pieds (6m), le plus répandu. Ce n’est qu’en 2006 que le COSCOM s’est aperçu de ce que ça lui coûtait, en traçant mieux les conteneurs loués et en les faisant retourner plus vite. L’économie passant de 3 millions/mois à moins de 300 000 dollars par mois. Il n’empêche : il aura fallu trois ans de gabegie pour que les militaires en prennent conscience. Sans pour autant se formaliser de la présence de bombes au phosphore dans leurs dépôts militaires.
Le troisième exemple est albanais, et c’est bien le pire de tous. Le samedi 15 février, c’est à Gerdec, près de Tirana, qu’un dépôt explose. Le souffle est ressenti à des kiomètres de là, à Skopje, devenue capitale de la Macédoine (à 200 km de là !) et les rares qui filment l’événement jetés au sol. Un énorme champignon noir se forme au dessus du village . Les seuls exemples que l’on ait de champignon non nucléaire montant aussi haut sont les expérimentations menées en plein désert par l’armée US, explosions qui en rappellent étrangement d"autres. Ça, ou celle du Pepcon en 1988 au Nevada également, à base de perchlorate d’ammonium, le comburant des boosters de fusées à poudre (comme dans Ariane 5). Les soviétiques utilisaient également le perchlorate dans leurs missiles, qui auraient pu être entreposés de la sorte en compagnie des milliers d’obus présents, ce qui rendait le site encore plus dangereux. On trouve au 25 janvier 2005 une demande de l’armée américaine à une firme, American Pacific Corporation, pour la fourniture de 2 000 livres de ce matériau. La firme, qui fait aussi dans le phamaceutique, fait aussi dans le carburant pour fusées. C’est à elle qu’appartient le site ravagé de Pepcon, à l’origine un nom déposé pour le traitement électrochimique de l’eau. Suite à l’explosion de 1988, le site a été déménagé à Cedar City l’année suivante. Dix ans après, une enquête démontre que le site originel a pollué toute la nappe phréatique lors de l’explosion. A Gerdec, Les sauveteurs dépêchés sur place découvrent une scène d’apocalypse, le dépôt ayant continué à exploser pendant 14 heures d’affilée. Autour des vestiges du dépôt, des centaines d’obus projetés et non explosés, et plus de 5500 maisons soufflées et éventrées. 26 morts au total et plus de 300 blessés dont de nombreux enfants. En Albanie, on ne saura sans doute jamais si l’explosion a été intentionnelle ou non. A Pepcon, c’était un simple mégot qui avait provoqué la catastrophe ! Une enquête est actuellement en cours. Une internaute faisait remarquer récemment que les conditions dans lesquelles travaillaient les ouvriers recrutés sur place et sans aucune formation préalable étaient assez dantesques. Des gens qui "ramenaient du travail chez eux", et qui dessertissaient les balles au milieu de leur salon, en plein cercle familial, ou l’exemple d’autres travaillant le mégot aux lèvres, un reportage télévisuel ayant montré il y a quelques jours seulement avant l’explosion ces exemples édifiants. La surprise étant que le dépôt n’ait pas sauté plus tôt. En réalité, le contrat passé par le gouvernement Albanais et son entreprise MEICO, avec une firme américaine, prévoyait de ne récupérer que le cuivre des douilles revendu au prix du kilo. L’opération avait d’autant prix de l’intérêt que les cours des métaux flambent depuis des années. Et le stock est énorme : on évalue à plus de 90 000 tonnes d’obus, de bombes et de balles le poids des différents dépôts disséminés dans le pays, que ce dernier tentait de regrouper. Selon Alexa Varriano, le choix de l’implantation du site de Gerdec n’était dû qu’à la proximité de l’aéroport, sans aucune prise en compte de la dangerosité dans la population avoisinante, uniquement pour réduire les coûts de transport ! Sans compter l’absence totale de surveillance. En juin 2000 déjà, un communiqué du ministère albanais indiquait qu’on avait perdu toute trace de 500 000 pistolets, et qu’il y en avait pour 85 millions de munitions de collectées... sur 1,5 milliard en circulation...
En réalité, les faits remontent quelques mois avant l’explosion, avec la découverte fortuite et dangereuse que font des soldats de l’armée afghane sur le point d’être attaqués par des talibans. Un lieutenant colonel curieux désireux de vérifier le contenu des fusils de ses hommes demande à un de ceux-ci de lui vider les balles de son chargeur devant lui. Avec effarement, il constate quelles sont vert de gris et non cuivrées. Le métal s’est oxydé... depuis le temps car elles datent des années 60 et sont.. chinoises. De 1966, exactement, et une enquête rapide (les cartons éventrés portent encore les marques d’origine) démontre qu’elles proviennent en réalité indirectement des dépôts d’un dictateur paranoïaque, d’Enver Hoxha, qui en avait stocké partout dans le pays dans la crainte d’être attaqué par l’Ouest. Ça et les affûts de DCA sur les usines, donnaient au pays des airs de pays perpétuellement dans la crainte de l’arrivée des méchants "capitalistes". Ils ont bien pris leur revanche depuis, remarquez, vendant au plus offrant le stock accumulé pendant des années, via la mafia locale reprenant le flambeau de la distribution, en cheville avec tous les vendeurs d’armes connus, auxquels il faut ajouter les basses œuvres de la CIA , toujours encline à s’en sortir au moindre frais et sans que les américains ne se doutent de ses exactions. Car les cartons, qui indiquent Tirana comme provenance, et plus exactement le dépôt de Gerdec, portent aussi étrangement des estampilles de Miami, en Floride. Les cartons de neuf millions de cartouches au total sont au nom de AEY (pour les prénoms de trois frères d’une même famillle, soient A, pour Avrahom Diveroli, E, pour Efraim Diveroli et Y, pour Yeshaya Diveroli), une mini-société de Floride qui avait hérité en juillet 2007 d’un contrat mirobolant de 287 millions de dollars signé avec le Pentagone pour les "Afghanistan Security Forces", la nouvelle armée afghane, conçue sur le modèle irakien (est ses mêmes déboires d’armement !). L’intermédiaire du marché étant chypriote, la société Evdin Ltd ,ainsi que Petr Bernatik, bien connu des tchèques comme marchand d’armes notoire. Le 27 mars, l’armée américaine se fend d’un communiqué indiquant que le contrat est rompu en raison de la mauvaise qualité de la prestation fournie : On y apprend que 80 livraisons ont déjà été effectuées, pour un montant de 54,6 millions de dollars, que les munitions devaient être... hongroises, et qu’en réalité certaines remontaient même à 1962... et devaient arriver à Kaboul par avion... sans préciser d’où venaient ces fameux avions.
De Tirana, ou de Floride... Le communiqué de l’armée est en fait saisissant :The Army contracted with AEY in January 2007 to supply various types of nonstandard ammunition for use by the Afghan National Army and Afghan National Police, an Army official said on background. The company was required to purchase the ammunition and deliver it to Kabul International Airport in Afghanistan . As of today, the Army has issued five task orders, collectively worth $155.3 million, the official said. AEY has made about 80 deliveries, with an estimated value of $54.6 million, into Kabul . Those deliveries violated two specific terms of the contract, the official said. One stated that the ammunition could not be acquired directly or indirectly from the People’s Republic of China , and the other specified that it must be packaged to comply with best commercial practices for international shipment. Although AEY specified that its 7.62 mm ammunition had been produced in Hungary for the civilian market, U.S. inspectors and Army investigators in Afghanistan determined that much of it actually was manufactured in China . In addition, much of the ammunition was older than specified, with some produced as early as 1962, officials said.

Et ce n’est pas tout : l’un des assistants du ministère de la défense précise dans ce même communiqué que les "performances" ou les qualités de "sécurité" de l’entreprise ne sont aucunement remises en cause. Le hic, c’est qu’un article assassin du New-York Times daté du même jour a remonté toute la filière pour annoncer au monde ébahi que le vendeur s’appelle Efraïm E. Diveroli, qu’il est âgé d’à peine 22 ans, et qu’il est devenu PDG à 19 d’une entreprise de 2 personnes dont le second, le fils d’un rabbin, a comme seule formation un diplôme de masseur ! On croît rêver, mais non, c’est bien ce drôle de jeune homme un peu perturbé qui a hérité d’un contrat officiel du Pentagone de plusieurs millions ! Il a déjà alors vendu de tout à l’armée américaine, de casques aux uniformes en passant par les... scanners X-RAY (pour détecter les armes !). Vendu a l’armée malgré plusieurs heurts consécutifs avec la police avec ses différentes petite amies ou après avoir roulé avec, permis falsifié, mais avec l’assurance d’une banque de Miami comme quoi il possédait bien plus de 5 millions de dollars en 2005 sur son compte bancaire, ce qui peut paraître un peu beaucoup à son âge. Quand il décroche le contrat afghan en 2007, l’armée lui envoie un étonnant satisfecit "AEY’s proposal represented the best value to the government.” Au même moment pourtant, l’armée américaine offre 2 millions de dollars à l’Albanie pour détruire 2 000 tonnes de munitions du dépôt de Gerdec ! Sans savoir que son contractant y puise allègrement ce qu’elle demande de détruire !!! l’Albanie a en fait accepté la destruction progressive de son stock, car elle souhaite entrer dans l’Otan, qui lui a signifié clairement que pour se faire, il fallait d’abord se débarrasser de son stock d’armes anciennes réputées dangereuses. L’histoire de Diveroli ne s’arrête pas là : il y a bien quelqu’un qui a dû l’inciter a devenir marchand d’armes plutôt que de faire des études de médecine. En effet, car le jeune homme n’est que l’arbre qui cache une forêt, celle d’un réseau ayant pignon sur rue de trafiquants d’armes américains.

Car ce quelqu’un si ce n’est son père, dirigeant de Worldwide Tactical LLC c’est son oncle, Bar Kochba Botach qui dirige Botach Tactical, ou le jeune Efraïm avait travaillé quelque temps, une division de Botach Defense Group, qui vend de tout à la police ou à l’armée comme l’indique son site internet. Un site où les plaintes s’accumulent pour diverses malversations sur les tarifs ou les livraisons. Botach est également une entité multiple qui s’appelle aussi parfois Kley Zion. Et son représentant à Miami est... le jeune Diveroli. Le réel détenteur de toutes ces entreprises, en réalité, et de plus de 144 autres propriétés existantes ou non à Los Angeles est en réalité Yoav Botach (ou Boteach), 79 ans, le patriarche de la famille, dont on vient récemment de découvrir que son magasin d’armes de Crenshaw Boulevard , 43rd Place, à Los Angeles, était au départ un mont de piété, de dépôt sur gages, et qu’il n’avait jamais spécifié de changement d’activité à la mairie de la ville, et ce depuis 12 ans au moins. Dans cette étrange famille où l’on se cache parfois pour vendre des armes dans le monde entier, le fils de Yoav n’est pas en reste : c’est Shmuley Boteach, qui lui a déjà fait la une des journaux pour d’autres raisons : c’est le rabbin à la mode qui avait fait en 2000 une soirée intitulée Time for Kids, qui devait rapporter de l’argent aux enfants malades... qui n’ont jamais vu cet argent venir. Accessoirement, Shmuley est aussi l’auteur de "Kosher Sex", le livre qui a fait sa fortune et sa réputation. Efraïm lui devant rester dans l’histoire pour une chose bien plus surprenante encore : d’être le seul vendeur d’armes du Pentagone à posséder sa fiche perso sur MySpace, réalisée en 2005 avec cette mention "a super nice guy". On veut bien le croire, mais ce n’est pas ce que doit en penser la police de Miami avec laquelle il a eu tant à faire. Selon son père, Michael souffre en fait de TDAH, ou trouble déficit de l’attention/hyperactivité, un syndrome"caractérisé par des états d’hyperactivité, des moments d’absence, des changements d’humeur, des problèmes de concentration et d’impulsivité." L’armée américaine aurait donc conclu un contrat de près de 300 millions de dollars avec un gamin atteint de troubles de l’enfance et de l’adolescence ! Un gamin assez doué, il est vrai, puisqu"il était aussi à la tête de AmmoWorks, société créée en 2004 au Nevada sous le nom de Manchester Property Corporation. Pour vendre sur le net... des armes et des munitions grâce à une publicité fort aguicheuse, un atavisme familial sans doute  ! Non, décidément, il faudra trouver autre chose pour nous faire croire que notre jeune homme mal dans sa peau puisse négocier seul avec un ministre de la défense albanais sans bénéficier d’aides occultes et haut placées.


Fin a  lire dans n°357- Les Dossiers d'Irak-06-05 -Suite

5-2 Cargos de nuit (vague n° 1,2 & 3) : Le commerce des armes et ses ramifications dans le monde.

Morice Informaticien, ancien rédacteur en chef de revue informatique nationale, préoccupé aujourd’hui par la montée des extrêmismes en tout genre. Professeur d’histoire en collège pendant 15 ans. Maîtrise de Géographie, mémoire sur "l’industrie photographique au Japon". Résistant officiel depuis le 6 mai. Accessoirement chasseur de Trolls (une autre forme d’extrêmisme), espèce fort répandue sur le Net. Athée, au cas où certains pourraient en douter. 

 http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=39300

05/05/2008

n° 356 -Journal d'Irak -du 28-04 au 04-05 -Début- MOyen-Orient : la paix ou la guerre totale.

n° 356 -Journal d'Irak -du 28-04 au 04-05 -Début- MOyen-Orient : la paix ou la guerre totale.

Journal d'Irak   

N°356      du 28/04 au 04/05/08

Par M.Lemaire



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be
Sommaire :

Tiré à part :

Etats-Unis: grève des dockers contre la guerre en Irak.

Bush demande 70 milliards de dollars en 2009 pour le financement des guerres d’Irak et d’Afghanistan.

Lutte pour la libération du territoire

La résistance contre l'agresseur

Résistance :

1 Analyse

Des résistants

Des occupants

2 Occupation de l'Irak

3 Politique

1) collaborateurs Irakiens

2) occupants 

3) Les voisins

La guerre dans la guerre

4 Libération du territoire

Détails.

L'Irak en chiffre.



L'Irak en chiffre: du 28-04 au 04/05/08

Tués Blessés
Peuple irakien 28 + x 215 + x
Usboys/Autres boys + miliciens 11 21
Policiers, armée et collaborateurs & miliciens 8 4+ x

Tiré à part :

Etats-Unis: grève des dockers contre la guerre en Irak

Ils protestaient contre la guerre en Irak. 25 000 dockers travaillant dans 29 ports de la côte Pacifique des Etats-Unis, observaient jeudi un mouvement de grève, a indiqué une source syndicale. Le 1er mai n'est pas un jour férié aux Etats-Unis, où la fête du Travail est célébrée en septembre." Cette grève d'un jour intervient cinq ans après l'annonce par Bush de la fin des opérations majeures de combat en Irak(…)  Nous soutenons les soldats et disons aux politiciens de Washington qu'il est temps d'arrêter la guerre en Irak", a déclaré le président du syndicat des dockers, Bob McEllrath. Des responsables des ports de Long Beach et de Los Angeles, dans le sud de la mégalopole californienne, les principaux terminaux de conteneurs de l'ouest des Etats-Unis, ont indiqué que leur activité était totalement paralysée. Cette grève, effective de 8h00 à 17h00 jeudi, intervient deux mois avant l'expiration d'un contrat de travail de six ans, conclu entre les dockers et l'Association maritime du Pacifique (PMA), qui représente les gestionnaires de ports et les armateurs. Le porte-parole du PMA, Steve Getzug, a indiqué à l'AFP que le mouvement social était analysé par son organisation comme un moyen de pression des dockers."  ats / 02 mai 2008 


Bush demande 70 milliards de dollars en 2009 pour le financement des guerres d’Irak et d’Afghanistan.

Bush a adressé aux parlementaires une demande de financement des guerres en Irak et en Afghanistan, d’un montant prévisionnel de 70 milliards de dollars (45,2 milliards d’euros) en 2009, ont déclaré vendredi des responsables du Congrès. Cette somme pour l’année budgétaire 2009 débutant le 1er octobre 2008 porterait à 875 milliards de dollars (566 milliards d’euros) les sommes engagées depuis 2001 pour les guerres en Irak et en Afghanistan, ajoutent ces responsables. La majeure partie des 70 milliards de dollars, 45 milliards (29,1 milliards d’euros), est destinée à financer les opérations de combat, tandis que deux milliards de dollars (1,2 milliard d’euros) Bush a également demandé 1,7 milliard de dollars (1,1 milliard d’euros) Motif invoqué : des améliorations aux infrastructures, des programmes sociaux et des initiatives de développement économique en Irak et en Afghanistan. (…) En vertu de sa demande, l’armée afghane recevrait 3,7 milliards de dollars (2,4 milliards d’euros) pour ses efforts de ‘contre-insurrection’ et l’armée irakienne deux milliards de dollars (1,3 milliard d’euros) dans le même but. Le Pakistan, recevrait 193 millions de dollars (125 millions d’euros) pour l’aide qu’elle apporte.

Source : http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4644 3 mai 2008



La résistance contre l'agresseur

Résistance :

Analyse & déclaration

02-05 Moqtada Sadr a refusé de négocier avec des parlementaires envoyés en Iran par le gouvernement Al-Mamiki. Des responsables américains, avaient salué cette tentative du gouvernement irakien, et souligné la nécessité d’inclure les sadristes dans le processus politique.(…) http://www.aloufok.net/



Occupation de l'Irak

Analyse & déclaration

USA & Coalition

01-05 Le général David Petraeus, a annoncé qu'un nombre "très, très significatif" (…) d'armes iraniennes avaient été saisies depuis fin mars.( plus d'un millier d'obus de mortier et d'artillerie, des centaines de roquettes et des dizaines de bombes antichars). Reuters



3) Politique

a) des collaborateurs Irakiens

Talabani & Maliki

Maliki 30-04 Le Premier ministre irakien Nouri al Maliki a répété que l'objectif final du gouvernement était de "démanteler l'Armée du Mahdi", et d'autres groupes de résistance, comme "l'Armée islamique, l'Armée d'Omar, ainsi qu'Al-Qaïda". (AFP)


Les grandes manoeuvres

01-05 Une délégation de cinq parlementaires de l'Alliance irakienne unie (AIU) est en Iran afin de "demander au gouvernement iranien d'arrêter de financer et de soutenir les résistants",(…)  a déclaré Sami al Askari, un influent député de l'AIU, qui comprend les principaux partis soutenant Maliki.Le porte-parole du gouvernement irakien, Ali Al Dabbagh, a déclaré que la délégation demanderait des réponses précises aux iraniens, notamment sur la question de l'armement des résistants. "Toutes les questions qui ont été soulevées seront évoquées (...). Nous attendons et nous voulons que l'intervention de l'Iran (en Irak) se fasse par le biais du gouvernement élu et non par un tiers", a-t-il dit, sans préciser quels seraient les interlocuteurs côté iranien. Reuters

04-05 Le gouvernement irakien a rejeté des allégations, avancées par les Etats-Unis, selon lesquelles les résistants recevaient un soutien iranien, et notamment des armes. "Nous n'avons pas ce genre de preuves", a indiqué le porte-parole du gouvernement Ali Dabbag, interrogé sur des saisies d'armes iraniennes évoquées par le commandement américain en Irak. Le commandement américain annonce régulièrement l'action des "groupes spéciaux", qui sont, selon lui, entraînés, financés et armés par des services iraniens. L'Iran a assuré soutenir les efforts du gouvernement irakien pour désarmer les milices en Irak mais lui a déconseillé l'usage de la force."Nous soutenons les efforts du gouvernement irakien pour désarmer les milices mais nous lui conseillons de ne pas confronter (par la force, ndlr) la population", a déclaré un responsable iranien ayant requis l'anonymat. Yahoo

05-05 Bagdad doit former une commission pour établir d'éventuelles interférences iraniennes en Irak, a annoncé le porte-parole du gouvernement, Ali Dabbag. Cette commission sera composée des représentants des ministères chargés des affaires de sécurité, a précisé M. Dabbag, laissant entendre que les ministères de la Défense et de l'Intérieur en feront partie. Interrogé sur des saisies d'armes iraniennes récentes évoquées régulièrement par le commandement américain en Irak, il a indiqué: "Nous n'avons pas ce genre de preuves. Nous cherchons des preuves et nous voulons présenter des documents plus tard". "Si nous obtenons ces preuves, nous défendrons notre pays", a ajouté le porte-parole.  (AFP)



B) Politiques des occupants 

3-1 Usa

Les grandes manoeuvres

01-05 Le directeur de la CIA Michael Hayden a déclaré "Mon opinion, c'est que la politique du gouvernement iranien, approuvée au plus haut niveau, est de faciliter la mort des Américains en Irak", "Soyez sûr qu'il y a des preuves à ce sujet". Il s'agit de la première déclaration d'un haut responsable Etats-unien. AP



C Les voisins

Turquie

La guerre dans la guerre

2 mai Raid aérien turc. Le bombardement a impliqué un grand nombre d'avions. (environ 50 avions ) Un total de 43 objectifs, comprenant des abris et un centre de communications du PKK, ont été détruits par les bombardements menés dans la région montagneuse de Qandil, qui ont débuté jeudi en fin de soirée et se sont poursuivis pendant la nuit, précise le communiqué. Pas de bilan officiel.

Le PKK a affirmé :"Des dizaines d'avions ont attaqué les monts Qandil qui abritent des bases du PKK. Nous n'avons pas eu de victimes". Jabbar Yawar, porte-parole des peshmergas, les forces de sécurité de la région autonome du Kurdistan d'Irak, a lui aussi rapporté le raid aérien turc et a déclaré ne pas avoir d'informations sur d'éventuelles victimes. Euronews

02-05

Selon le porte-parole du PKK, il y a "une coordination entre les militaires turcs et iraniens pour attaquer le PKK et le Pejak", une organisation séparatiste kurde d'Iran. "Nous avons des informations selon lesquelles il y a eu une rencontre entre Turcs et Iraniens, le 30 avril. La rencontre a eu lieu à la frontière sur le territoire iranien et visait à identifier les cibles qu'ils veulent attaquer", a affirmé le porte-parole du PKK. Le gouvernement turc dispose d'une autorisation d'un an du Parlement, qui expire en octobre, pour mener des opérations militaires transfrontalières contre le PKK. Depuis le début des actions d'Ankara contre le PKK en Irak, les Etats-Unis, allié de la Turquie au sein de l'Otan, l'assistent en lui fournissant en temps réel des informations sur les mouvements des rebelles kurdes en territoire irakien. La Maison Blanche a approuvé vendredi le nouveau raid turc. Les Etats-Unis, l'Irak et la Turquie sont tous trois engagés pour s'occuper de ce problème (…) ", a déclaré un porte-parole de la Maison Blanche , Gordon Johndroe. AFP) http://fr.news.yahoo.com/afp/20080502/twl-turquie-kurdes-irak-bombardements-3e-ba734b9.html

04-05 150  kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont été tués dans des raids dans la région des monts Qandil. La région des monts Qandil est une zone difficile d'accès située aux confins de l'Irak, de l'Iran et de la Turquie Le document souligne que des commandants du PKK pourraient figurer parmi les personnes a précisé vendredi soir un précédent communiqué de l'armée. Depuis décembre, l'armée turque a bombardé douze fois les positions du PKK dans le nord de l'Irak. Elle a effectué des raids aériens ainsi qu'une opération terrestre d'une semaine en février. (AFP) -



4 Lutte pour la libération du territoire

Pertes occupants.

29-04 Un militaire a été tué mardi lorsque son véhicule a heurté une bombe en bordure de route. Un deuxième a succombé à des blessures faisant suite à une attaque le même jour, a rapporté l’armée d’occupation mercredi. Les deux incidents ont eu lieu dans le nord-ouest de la capitale irakienne. Associated Press

30-04 Un soldat est mort dans l’explosion d’une bombe au bord d’une route au cours de la nuit de mardi à mercredi dans l’est de Bagdad, selon l’armée d’occupation. Le communiqué ne fournit pas plus de détails. . Associated Press.

30-04 L'armée américaine a annoncé que trois soldats américains avaient été tués mercredi dans l'explosion de deux bombes en deux endroits de Bagdad. (AFP)

02-05 Un soldat américain a é perdu la vie vendredi dans l'explosion d'une bombe posée en bord de route dans l'est de Bagdad, selon l'armée. AP

02-05 Une explosion dans un quartier commerçant du centre de la capitale irakienne a fait des tués dont un soldat américain, et 21 blessés, au passage d’une patrouille. http://www.aloufok.net/

04-05 Quatre soldats américains des forces d’occupation ont été tués vendredi par l’explosion d’une mine. L’explosion qui a tué les soldats américains s’est produite dans la province d’al-Anbar au passage du véhicule des Marines, indique un communiqué militaire qui ne donne aucun détail sur le lieu précis et les circonstances de cette attaque. Al-Anbar, largement désertique, est frontalière de la Syrie , de la Jordanie et de l'Arabie Saoudite. AFP 



Les combats par provinces

Détails autorisés par la censure.

1-1 Bagdad

28-04 "Ce qui se passe à Sadr City est un crime contre l'Humanité", avait estimé mardi le porte-parole des sadristes à Najaf, Salah al-Obeidi. (AFP

28-04 Dix résistants  ont trouvé la mort lors d’une attaque, dans la nuit de jeudi à vendredi, d’hélicoptères de combat américains armés de missiles et appuyés par des troupes au sol, dans l’est de Bagdad, a annoncé l’état-major américain. Selon des sources dans deux hôpitaux de la grande banlieue chiite de Sadr City, dans l’est de la capitale irakienne, onze corps de victimes - tous des hommes - de bombardements aériens ont été réceptionnés. Les hôpitaux ont également soigné 74 blessés, dont neuf femmes et 12 enfants. AP

28-04 Des troupes d’occupation nord-américaines et des soldats irakiens ont pris d’assaut aujourd’hui l’hôpital psychiatrique Al Rashad, à l’est de Bagdad, et ont arrêté toutes les personnes qui étaient à l’intérieur, y compris les malades, selon des informations fournies par le porte-parole du ministère de la santé, a rapporté EFE. Gramna

30-04 De nouveaux accrochages à Sadr City mercredi ont fait au moins 13 tués, selon un porte-parole américain, le colonel Steven Stover. (AFP

 01-05 Selon des sources irakiennes, au moins huit personnes ont été tués jeudi à Sadr City, où les combats ont fait plus de 900 morts en avril. http://www.aloufok.net/

02-05 Une explosion dans un quartier commerçant du centre de la capitale irakienne a fait des tués dont un soldat américain, et 21 blessés, au passage d’une patrouille. http://www.aloufok.net/

01-05 Une bombe placée en bordure de route a tué deux autres soldats dans le sud de Bagdad, selon un communiqué séparé. lAssociated Press.

03-05 A Sadr City, l'armée américaine continuait ses opérations dans le secteur, tirant des missiles sol-sol contre une cible à une cinquantaine de mètres seulement de l'hôpital de Sadr City. Le Dr Ali Bustan al-Fartusee, directeur général du département de la Santé de Bagdad, a par ailleurs déclaré à l'Associated Press que 23 civils ont été blessés par les raids. L'armée américaine a expliqué dans un communiqué avoir détruit "un centre de commandement et de contrôle " dans le secteur. Selon des journalistes locaux, des miliciens ont occupé par le passé des locaux près de l'hôpital.(…) Ces combats  ont fait 14 victimes parmi les résistants, a annoncé samedi l'armée américaine d’occupation. (Dont 3 ont été tués par des tirs de char M1A1 Abrams, après avoir attaqué des soldats irakiens, selon la même source) Les affrontements, qui ont commencé vendredi dans les quartiers adjacents d'Ubaydi et de Sadr City, (est de la capitale irakienne), ont également fait plus d'une centaine de blessés, selon des sources médicales irakiennes (AFP)

03-05 Une bombe a tué un civil et blessé huit policiers dans l'ouest de la capitale samedi. AP

04-05 Une salve de puissantes roquettes a endommagé samedi un hôpital et blessé 28 personnes dans Sadr City. L’hôpital se trouve relativement éloigné de la zone, plus au sud, des combats. Le commandement d’occupation a utilisé de puissantes roquettes guidées qui portent des charges explosives de plus de 100 kg chacune. Ce bombardement, survenu peu après 10H00 à provoqué la panique des employés et des patients de l’établissement. Devant l’entrée de l’hôpital, à une dizaine de mètres, une baraque a été réduite en un amas de briques et de débris de béton, selon un journaliste de l’AFP. Des sources sur place ont affirmé qu’il s’agissait d’une salle de repos pour des familles de personnes décédées. "C’est un crime de l’occupant", a lancé le Dr Ali Bistan, un responsable du ministère de la Santé venu sur place constater les dégâts. "Ils cherchent à détruire l’infrastructure du pays. Ils veulent empêcher les médecins de travailler, et les médicaments d’arriver", a-t-il accusé devant le journaliste de l’AFP. Un gardien de l’hôpital, Alaa Mohammed, 26 ans, visiblement encore sous le choc, a attribué à des avions de chasse américains le bombardement, précisant qu’il y avait eu cinq déflagrations. Les murs de bétons censés protégés le parking des ambulances ont été soufflés, des débris ont été projetés à plusieurs dizaines de mètres, et des fenêtres et des portes de l’hôpital ont été brisées. Les couloirs d’un bâtiment qui sert de dortoir au personnel médical étaient jonchés d’éclats de verre, de fils électriques, et de matériel de bureau renversé. "J’ai eu très peur. J’ai cru que j’allais mourir", a expliqué Zahra, une jeune infirmière en blouse blanche et un foulard sur la tête. "L’immeuble a tremblé et tout le monde a paniqué et s’est mis à courir dans tous les sens". AFP.

04-05 Dans la matinée de samedi, des rafales d’armes automatiques pouvaient être entendues sporadiquement et des hélicoptères d’attaque américains ont ouvert le feu à la roquettes au-dessus de la zone, dans le sud de Sadr City, où se déroulent les plus violents combats. Le commandement occupant annonçait que 14 résistants avaient été tués dans des affrontements depuis vendredi à Sadr City. http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4648

04-05 Le commandement américain a annoncé que treize résistants avaient été tués depuis samedi soir dans des accrochages dans Sadr City. Yahoo

04-05 L'épouse du président Talabani a échappé dimanche à une attaque dans le centre de Bagdad Le convoi de Mme Hero Ibrahim Ahmed, 60 ans, a été visé par une bombe près du Théâtre national, dans le quartier de Karrada. Elle a échappé à la déflagration mais quatre de ses gardes du corps ont été blessés. Auparavant, Adel Kawiss, chargé de la protection de l'épouse du président avait indiqué à l'AFP que l'explosion s'était produite vers 10H00 (07H00 GMT), et que le dernier véhicule du convoi avait été touché. Mme Talabani, âgée de 60 ans, est une femme d'affaires active dans le domaine de la communication. Elle est la fille d'Ibrahim Ahmed, l'un des fondateurs du Parti démocratique du Kurdistan (PDK). Yahoo

05-05 Au moins six personnes ont été tués dans des combats nocturnes dans le quartier de Sadr City, ont déclaré aujourd'hui des responsables des forces de sécurité et des services de santé irakiens.
AFP&  le figaro


1-3 Province de Ninive (Mossoul (capitale de la région nord du pays - à 375 km au nord de Bagdad,) Hawijah, Kassak"(70 km au nord-est de Mossoul) & Tall Afar ) 

 La province de Nievah dont Mossoul est le chef-lieu dispose déjà de quelque 18.000 policiers mais seuls environ 3.000 d'entre eux opèrent dans la ville de près de 2 millions d'habitants, selon le porte-parole de la police Saïd al-Jubouri. La grande ville du Nord est en outre situé à un carrefour stratégique, notamment entre Bagdad et la Syrie.   L’armée américaine d’occupation considère Mossoul, comme le premier bastion urbain d’Al Qaïda en Irak,)

Mossoul

Mossoul est considérée par les militaires US comme l'épicentre de la résistance.

02-05 Abdullah Saleh al-Ajmi,  ancien prisoniers à Guantanamo est mort à Mossoul, rapportait jeudi chaîne de télévision Al-Arabiya. Salem al-Ajmi, le cousin d'Abdullah Saleh al-Ajmi, a déclaré à Al-Arabiya que l'ancien prisonnier était à l'origine de la dernière attaque menée à Mossoul, sans donner plus de détails. Trois voitures piégées visant des forces de sécurité ont explosé à Mossoul le 26 avril, faisant au moins sept morts parmi les policiers et soldats. AP



L’Irak en chiffres (depuis le début de la guerre de conquête en mars 2003)

 

 
Peuple
Civils tués (depuis l'occupation) 679.733
Civils blessés (depuis l'occupation)  7071092 ( chiffre très très minimum)
Civils violés (par les troupes d'occupations) 2.507     (voir Ibrahim Allousch
Civils/Résistants arrêtes : (une dizaine par jour...) 48.938    (chiffre minimum)
Résistants (décrit tel quel ) tués 4156  (chiffre minimum)
Résistants (décrit tel quel ) blessés 3.885   (chiffre minimum)
En prison 40.268. (chiffre minimum)
Embargo 750.000 enfants (chiffre minimal)
Embargo 750.000 adultes (chiffre moyen)
Militaires irakiens tués pendant l'invasion 45.595 (chiffre minimal)
Civils tués pendant l'invasion 120.190 (chiffre minimal)
Coalition
Nombre de Soldats tués (ou morts...)  34.598
Soldats rapatriés (blessés ou malades) 52.805 (chiffre très minimal)
(*) dont 10% meurent en cours de route ou à l'hopital)
Disparus (dans la nature) 1.014
Désertions 5.501
Mutinerie 2 corps + 25
Aide psychologique 320.108***
Suicides Mercenaires tues                                                                                  79 933
non-combattants accidentés, 27 103
Policiers/soldats irakiens  tués 13.038
Policiers /soldats irakiens blessés <span style="font-size: 10
30-04

Le porte-parole civil du plan de sécurité de Bagdad, Tahsin Cheikhly, et les ministères irakiens de l'Intérieur, de la Défense et de la Santé , indiquent que 966 civils irakiens, 38 soldats et 69 policiers irakiens ont été tués en avril. Selon ces chiffres, 1.745 civils, 104 militaires et 159 policiers ont été blessés au cours de la même période.

(AFP)

n° 356 -Journal d'Irak -du 28-04 au 04-05 –Suite - MOyen-Orient : la paix ou la guerre totale.

n° 356 -Journal d'Irak -du 28-04 au 04-05 –Suite - MOyen-Orient : la paix ou la guerre totale.

Journal d'Irak   

N°356      du 28/04 au 04/05/08

Par M.Lemaire



Sommaire :

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Richard Hétu : Comment manipuler l'info sur la guerre.

5-2 "Notre cible stratégique, c’est la population" ou comment les télévisions ont censuré les voix anti-guerre.

7 Dossiers

7-1 Point de vue de Maurizio Matteuzzi : Irak. Plus de mercenaires que de soldats.

7-2 Point de vue de Renaud Delaporte : Deux mille quatre cents milliards de dollars. : Le coût de la guerre au Moyen-Orient remet en cause le fonctionnement de la démocratie américaine.(extraits)

7-3  Point de vue de DeDefensa : GW absolument historique.



5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

5-1 Richard Hétu : Comment manipuler l'info sur la guerre.
A l'ouest rien de nouveau mais si le New York Times en parle c'est que cela doit atteindre des pics vertigineux... Après avoir lu ce long reportage du New York Times, vous n’écouterez plus de la même façon les militaires retraités qui défilent à la télévision américaine pour expliquer ce qui se passe en Irak, en Afghanistan ou à Guantanamo. La plupart d’entre eux travaillent pour des sociétés qui ont des contrats avec le Pentagone, un fait qui est rarement dévoilé aux téléspectateurs. S’appuyant sur des entrevues et quelque 8000 pages de documents, le Times affirme que l’administration Bush a transformé ces analystes en cheval de Troie médiatique, les invitant à assister à des séances d’information sur la guerre avec des officiels du Pentagone qui ont une influence directe sur l’attribution des contrats militaires. Selon certains analystes militaires, ces séances d’information ne sont rien d’autre que des exercices de propagande. Je cite dans le texte un ancien Green Beret qui a servi d’analyste sur la chaîne Fox :“It was them saying, ‘We need to stick our hands up your back and move your mouth for you.’
Richard Hétu
Journaliste à Cyberpresse
Sources Blog Richard Hétu


5-2 "Notre cible stratégique, c’est la population" ou comment les télévisions ont censuré les voix anti-guerre.    COHEN Jeff

Au cours de l’automne 2002, semaine après semaine, j’ai vigoureusement débattu contre l’invasion de l’Irak sur la chaine de télévision MSNBC. J’ai utilisé tous les arguments possibles pour tenter de convaincre le public – absence de menace réelle, le coût, l’instabilité. Mais lorsque la guerre se fît imminente, je me suis retrouvé exclu des débats. Dans mon livre de 2006 « Cable News Confidential » (1) j’explique comment j’ai perdu mon temps de parole :« Je n’avais plus ma place chez MSNBC après qu’ils aient lancé « Countdown : Iraq » [Compte à rebours : Irak] une émission quotidienne d’une heure qui paraissait plus prompte à présenter la guerre sous un côté glamour qu’à en analyser les fondements ou se poser des questions. L’émission présentait des colonels et des généraux à la retraite qui ressemblaient parfois à des petits garçons avec leurs jouets lorsqu’ils présentaient des cartes, des maquettes et des graphiques pour concocter des scénarii d’invasion. « Ils me faisaient penser à ces anciens joueurs de foot qui se lancent dans des analyses et présentent des schémas de jeu avant le match. Ce fût très pénible de se retrouver sur la touche chez MSNBC tout en observant ces non-débats où mensonges et désinformation furent servis sans la moindre contestation ».C’est déjà assez pénible de se voir réduit au silence. Mais pire encore, c’est de voir ces ex-généraux – dont beaucoup travaillaient pour des sociétés d’armement – ne jamais être contredits, ne jamais se voir poser une question délicate par un présentateur. (Je ne pouvais être présent sur un plateau de MSNBC qu’à la condition d’avoir en face de moi au moins un contradicteur volubile de droite). A part de découvrir l’audace et l’étendue de l’opération, je n’ai pas été réellement surpris par un article récent du New York Times (2) qui raconte comment le Pentagone avait recruté et formé des gradés militaires à la retraite pour devenir « des multiplicateurs de message » et des « substituts » à la propagande mortelle de Donald Rumsfeld.

Les grands méchants dans cette histoire ne sont ni Rumsfeld ni le Pentagone, mais les chaines de télévision. Au pays du premier Amendement (article de la constitution qui garantit, entre autres, la liberté de la presse… – ndt) elles ont sciemment choisi d’abandonner le journalisme et d’évacuer le débat. Aucune agence gouvernementale n’a forcé MSNBC à donner constamment la parole aux généraux va-t-en guerre, sans jamais un contradicteur en face. Ou de licencier Phil Donahue. Ou de calomnier l’expert en désarmement Scott Ritter. Ou de mettre sur liste noire l’ancien Ministre de la Justice Ramsey Clark. Ce furent les dirigeants de MSNBC, pas le FBI, qui imposèrent à l’équipe de Donahue un quota de deux partisans de la guerre en cas de présence d’un opposant – de la discrimination positive en faveur des faucons. Je suis pour une enquête du Congrès sur cette opération de propagande du Pentagone sur l’Irak (3) – où l’on a même vu un général en exercice haranguer d’anciens militaires devenus porte-voix contre rémunération et déclarer « notre cible stratégique, c’est la population ».

Les méchants  :Mais je suis aussi pour un examen de CNN, FOX, NBC, ABC, CBS et même NPR (chaine publique – NDT) (4) et qu’elles rendent des comptes pour leur participation à la mission de « contrôle de l’information » du Pentagone. Et pour avoir une idée du degré de corruption de la télévision étatsunienne aujourd’hui, il suffit de constater le silence quasi total qui y règne sur cet article du Times qui s’appuie sur 8000 pages de documentation interne au Pentagone, obtenue après un procès engagé et gagné par le journal. Il est important de se rappeler qu’au moment où les grandes chaines de Télévision décidèrent d’abandonner toute éthique journalistique dans leur course à la guerre contre l’Irak, les médias indépendants sur Internet connurent un boom d’audience en choisissant une ligne rédactionnelle totalement différente. Des émissions comme « Democracy Now ! » présentaient de véritables spécialistes de l’Irak et à qui – oh surprise ! – les faits ont donné raison. Des sites et des blogs indépendants, propulsés par le scepticisme sur la guerre, on vu leur audience exploser. Quant aux grandes chaines de télévision, elles n’ont PAS été embobinées par la propagande du Pentagone. Elles ont été volontairement complices, et le sont depuis des dizaines d’années. Il y a des années de cela, en tant que directeur de FAIR, j’ai commencé à interroger les dirigeants des média sur la fiabilité des interventions d’anciens gradés militaires sans contradicteurs. Après la guerre du Golfe de 1991, CNN et d’autres chaines de télévision se sont rendues compte que leurs ex-généraux avaient aidé le Pentagone à tromper et désinformer le public sur la conduite de la guerre.

CNN m’a invité à débattre avec un colonel à la retraite de l’armée US sur ce sujet des ex-militaires intervenant à la télévision. Les analystes militaires n’ont pas l’habitude des débats et le notre commença à chauffer.

Moi : « Pour parler d’écologie, il ne vous viendrait pas à l’esprit d’inviter, les uns derrière les autres, des experts qui seraient à la retraite d’organisations écologistes depuis 20 ou 30 ans et qui seraient toujours loyaux à ces groupes. Pour parler de travailleurs ou de conditions de travail il ne vous viendrait pas à l’esprit d’inviter, les uns derrière les autres, des experts qui n’ont pas côtoyé le monde du travail depuis 30 ans... Mais lorsqu’il s’agit de guerre et de politique étrangère, vous ramenez tous les généraux à la retraite, tous les secrétaires d’état à la retraite ». le Colonel (avec irritation) : « et qu’est ce que vous voudriez ? Qu’un inspecteur des impôts se ramène pour nous parler de stratégie militaire ? »

Moi : « en plein dans le mille, Colonel... A part les généraux et les amiraux qui savent nous expliquer les différentes manières d’envoyer un missile ou une bombe, nous avons aussi besoin d’autres types d’experts : des experts en droits humains, des experts en médecine, des experts en opérations humanitaires, qui savent de quoi ils parlent lorsqu’ils parlent de bombes qui tombent sur des gens. » Avant la fin du débat, j’ai exprimé mes doutes de voir un jour les média se débarrasser de cette mauvaise habitude qu’ils ont de s’appuyer sur des sources militaires non fiables : « Il y ce rituel, ce scénario connu, cette routine, où les journalistes des grands média, à la fin de chaque guerre ou intervention militaire, qui disent « Ah mince, on a été manipulés. On s’est fait avoir. La prochaine fois, on sera plus prudents ». Et lorsque la prochaine fois arrive, on retrouve les mêmes journalistes en train d’interviewer les mêmes spécialistes qui alimentent la désinformation en provenance du Pentagone. »

Experts, et pas Partisans ? Quelques années plus tard, au cours du bombardement brutal US-OTAN sur la Serbie , Amy Goodman de Democracy Now ! interviewa le vice-président et présentateur de CNN, Frank Sesno : Goodman : « Si vous défendez la pratique qui consiste à rémunérer d’anciens militaires, des généraux, pour donner leur opinion en temps de guerre, seriez-vous prêt à défendre l’idée de rémunérer des pacifistes pour donner une opinion contradictoire en temps de guerre, d’être présents avec les généraux pour expliquer pourquoi ils pensent que la guerre est une erreur ? »

Sesno : « Nous faisons appel à des généraux parce que ce sont des experts dans leur domaine. Nous les appelons en tant qu’analystes, pas en tant que partisans. » C’est évident : les experts en guerre sont objectifs ; les experts en paix sont partiaux. Même lorsque le Pentagone aide la chaine de télévision à monter son réseau d’experts militaires. Peu après l’invasion de l’Irak, les Chef de la rubrique information de CNN, Eason Jordan, reconnût en direct qu’il avait révisé avec le Pentagone la liste d’analystes éventuels. « Ils nous ont opiné pour tous ceux qui figuraient sur la liste. C’était important pour nous ». De tous les moments pénibles que j’ai vécus – après avoir été viré de MSNBC avec Phil Donahue et d’autres – le pire fut de voir le Général à la retraite Barry McCaffrey, le plus important analyste militaire de NBC, appeler sans cesse à la guerre contre l’Irak. Ce que les téléspectateurs ne savaient pas, c’est que le général était aussi un membre (avec Lieberman, McCain, Kristol et Perle) d’un comité en faveur de l’invasion de l’Irak appelé « Comité pour la libération de l’Irak ». Une des figures les plus notoires de ce groupe de partisans du Pentagone fut McCaffrey – personne n’a raconté autant de bêtises avec autant d’autorité. Par exemple sur les plans pour sécuriser l’Irak : « Je viens d’avoir un compte-rendu du Secrétaire Rumsfeld et de son équipe sur l’après-guerre. Et j’ai été surpris de voir à quel point ils ont pensé à tout et dans les moindres détails. » Après de début de l’invasion, McCaffrey croassa sur MSNBC « Que Dieu bénisse les tanks Abrams et les blindés Bradley ». Personne n’obligea NBC ou MSNBC à présenter McCaffrey seul, sans contradicteur. Personne n’empêcha non plus ces chaînes d’expliquer aux téléspectateurs que le général siégeait au Conseil d’Administration de plusieurs sociétés d’armement, dont une qui justement gagnait des millions de dollars grâce aux Abrams et Bradleys bénis par Dieu. (5) La séparation de la presse et du gouvernement est une des raisons qui poussent de plus en plus d’étatsuniens vers les médias indépendants au détriment des médias commerciaux. Et les médias indépendants ne diffusent pas des publicités embarrassantes comme celle que NBC diffusait avec fierté en 2003 : « Face-à-face en Irak, et seul NBC News vous offre les experts. Le Général Norman Schwarzkopf, commandant des forces alliées durant la guerre du Golfe. Le Général Barry McCaffrey, le général 4 étoiles le plus décoré de l’armée. Le Général Wayne Downing, ancien commandant des opérations spéciales et conseiller à la Maison Blanche. L’ambassadeur Richard Butler et ancien inspecteur en désarmement de l’ONU, David Kay. Personne ne connait aussi bien l’Irak que ces gens-là. Les experts. Le meilleur de l’information par le journal télévisé le plus regardé d’Amérique, NBC News ! » COHEN Jeff 3 mai 2008  Article Original : http://www.consortiumnews.com/2008/...

Traduction VD pour Le Grand Soir  http://www.legrandsoir.info/spip.php?article6585

http://blogues.cyberpresse.ca/hetu/?p=70418870


02-05 .Sayyed Jassem Al-Battat, 38 ans, employé par le groupe al-Nakhil, dépendant du Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII), a été assassiné sur un marché d'Al-Qorna, à 80 km au nord de Bassorah (550 km au sud de Bagdad), a indiqué Adnane al-Yassiri. AFP

04-05 dimanche à Mossoul (nord) la journaliste freelance Tharwat Abdel Wahab, 30 ans, se rendait en taxi à son travail quand elle a été interceptée par un groupe d'hommes armés, qui lui ont alors tiré plusieurs balles dans la tête, selon la police. L'Observatoire irakien de la liberté de la presse avait indiqué vendredi que 235 employés de presse irakiens avaient été tués dans le pays depuis mars 2003. Yahoo



7 Dossier & Point de vue

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

7-1 Point de vue de Maurizio Matteuzzi : Irak. Plus de mercenaires que de soldats.

En 2003, le président Bush s’était mis à la tête de la croisade civilisatrice et avait donné le signal de la charge à la « coalition des volontaires » lancée dans la libération/démocratisation de l’Irak. Quatre ans d’embourbement plus tard, « the coalition of the willing » est devenue « the coalition of the billing ». De la coalition des volontaires à la coalition des payeurs, dans le calembour du reportage sur les contractors ( traduit dans cet article par mercenaires, NDT), publié  hier (4 juillet 2007, NDT) par le Los Angeles Times.
Le passage des willing aux billing – des grands chantiers national-idéaux à ceux commerciaux-privés, plus prosaïques – réside entièrement en deux données : en Irak les contractors privés sont désormais 180 mille contre les 160 mille soldats étasuniens
.(NDLR : sur le terrain…- il ne faut pas oublier touts ceux qui sont dans la maintenance(e.a : au Koweit)  – et sur les navires de guerres)

Dans les 180 mille mercenaires, parmi ceux préposés aux tâches de soutien, sorte d’hommes de confort de notre époque[1], et les security contractors (ceux qui sont armés) 21 mille sont américains, 43 mille étrangers, et 118 mille irakiens. Ces derniers sont les plus chanceux et en même temps les plus couillonnés, parce qu’au train où vont les choses, ce seront ceux qui se retrouveront comme les vietnamiens sur le toit de l’ambassade Us à Saigon, tendus vers un impossible hélicoptère du salut. En 2007, les Usa accorderont l’entrée, sur le papier, à 7 mille irakiens. En réalité les veinards n’ont été jusqu’à présent que quelques rares dizaines. Cocus et blousés (cornuti e mazziati[2]). Un ex-général étasunien à l’ancienne dit que la pratique du Pentagone de « louer des fusils » est « une obscénité ». En réalité c’est une merveille. Pour Bush c’est la quadrature du cercle. Avec la guerre il fait le bonheur du complexe militaro-industriel de toujours, en la privatisant il répond aux préceptes de l’équation libéralisme-dérégulation. Comme par hasard parmi les principales agences de mercenaires reviennent des noms connus : KBR de Houston qui est –ou a été – une succursale de Halliburton du vice-président de Bush, Dick Cheney ; et cette vieille ITT de chilienne mémoire… Oh que la guerre est jolie. MAURIZIO MATTEUZZI http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/05-Luglio-2007/art6.html
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio


7-2 Point de vue de Renaud Delaporte : Deux mille quatre cents milliards de dollars. : Le coût de la guerre au Moyen-Orient remet en cause le fonctionnement de la démocratie américaine.(extraits)

Ndlr : la publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage totalement le point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information

Deux mille quatre cents milliards de dollars. C’est le coût pour les citoyens étasuniens, à l’échéance de 2017, de la guerre menée en Irak et en Afghanistan compte tenu des intérêts des emprunts. Ce montant ne tient pas compte des dépenses supportées par les pays de la coalition. Il représente le cinquième du PIB des USA, 8 000 dollars par Etasunien ou 24 000 dollars par Irakien et par Afghan. Face aux objectifs proclamés et aux résultats atteints, il convient de s’interroger sur les véritables bénéficiaires de cette somme. Ce ne sont pas les citoyens américains.
Que l’on ne me fasse pas ici le procès du cynisme qui consisterait à regretter que l’on dépense tant d’argent face à la nécessité d’instaurer la démocratie, d’éradiquer les actions terroristes et d’instaurer la paix sur la planète.
Face à des enjeux aussi cruciaux, la question est au contraire de savoir si ces moyens sont employés de façon efficiente. En remettant le pouvoir à l’équipe Bush, l’électeur américain lui a donné les clés du coffre avec le mandat d’en faire bon usage, de lui assurer un meilleur confort de vie, une plus grande sécurité, dans le respect des valeurs démocratiques auxquelles il est attaché. Toutes ces choses constituent la quadrature du cercle électoral, défi auquel chaque candidat prétend savoir répondre. Les sommes engagées dans le conflit au Moyen-Orient, plus que tout autre indicateur, attestent que les objectifs réels divergent radicalement de ceux qui ont été proclamés. Afin de faire face à ces dépenses, l’équipe au pouvoir aux Etats-Unis a refusé d’accorder le minimum de protection sociale demandée par les plus démunis de ses électeurs.

Elle creuse les déficits publics, ce qui met en péril sa monnaie. Elle endette lourdement sa population. Asphyxiés par une économie de guerre et par l’augmentation des coûts de l’énergie qui en résulte, les Etats-Unis s’apprêtent à faire face à un accroissement important du nombre de faillites et donc du chômage. Les libertés individuelles sont en recul. L’habeas corpus a été supprimé. Les citoyens peuvent être séquestrés sans jugement. Quarante-cinq mille personnes sont interdites de vol aux USA - pour nous, Français, comprendre TGV - et un nombre plus grand encore figure sur une liste des personnes à surveiller pour avoir mis en cause la politique actuelle. Une recherche sur Google avec les mots "watch list" est proprement édifiante. Il faut que la notion de démocratie américaine soit profondément gravée dans les esprits pour que l’idée de la mise en place d’une dictature ne puisse encore paraître acceptable. Comment appeler autrement cette dérive ? Qu’en serait-il de l’image d’un Chavez ou d’un Poutine si leur police interdisait le déplacement de ses citoyens et fouillait régulièrement les élus de l’opposition ? Le mandat des électeurs américains à ses dirigeants comportait-il ces clauses ? Le conflit au Moyen-Orient a déplacé et ruiné des millions d’Irakiens, provoqué une guerre civile qui a coûté la vie à des centaines de milliers de personnes. Il a relancé la production d’opium en Afghanistan jusqu’à constituer 60 % du PNB de ce pays.

Cet opium revient en Occident détruire la santé mentale et physique de milliers de personnes. Les revenus qu’ils procurent sont considérables. À qui profitent-ils ? Les électeurs américains étaient persuadés que l’intervention au Moyen-Orient ramènerait la démocratie et témoignerait de ses valeurs auprès des populations concernées. Le résultat obtenu est exactement inverse. Jamais l’image des Etats-Unis n’a été aussi basse dans la région occupée, et dans le monde en général. Deux réunions internationales entre les pays limitrophes de la Caspienne puis les pays limitrophes de l’Irak les ont amenés à se prononcer contre l’utilisation de leur territoire pour la poursuite de cette offensive. Elles ont constitué un front anti-américain auquel Nasser lui-même n’aurait jamais rêvé. Cette coalition d’intérêts régionaux procure à la Russie et à la Chine , qui la favorisent, un poids diplomatique que ni la puissance soviétique, ni Mao Zedung n’ont pu obtenir dans cette partie du monde.
Chacun des 200 millions d’électeurs américains va payer 12 000 dollars pour entraîner sa nation dans un recul diplomatique sans précédent. Qui peut accepter que le produit de son travail soit dévolu à dévaloriser les valeurs qu’il tient pour essentielles ? Est-ce pour parvenir à ce résultat qu’ils ont porté l’équipe Bush au pouvoir ?

Sur le plan militaire, la déroute est totale. Des officiers généraux avouent en privé que l’Afghanistan est perdu. L’armée américaine subit l’humiliation de voir ses GI refuser de façon fréquente d’obéir aux instructions qu’ils reçoivent, réduisant leurs patrouilles à un stationnement dans un endroit tranquille. La vulnérabilité des États-Unis en tant qu’hyperpuissance apparaît de jour en jour. En Irak, tuer du GI est devenu un sport national. Aux USA même, la révolte des états-majors ne cesse de s’amplifier. On leur attribue la destruction d’un satellite d’observation nécessaire aux opérations en Iran et l’échec du transfert de missiles armés de bombes nucléaires vers le théâtre des opérations. Le gouvernement des États-Unis a perdu la confiance de ses propres forces armées. Doit-on se réjouir que, par ces actes de désobéissance, l’armée américaine s’honore de répondre à l’aspiration du plus grand nombre de ses habitants de mettre fin à cette guerre absurde ? Elle témoigne de l’intervention nécessaire de l’armée dans le fonctionnement même de la démocratie ! Rares sont les précédents dans l’histoire où un aussi petit nombre d’hommes aura utilisé une aussi grande quantité d’argent pour des conséquences aussi déplorables !

Pour quel objectif ? Si l’enjeu de ce conflit était de détruire des armes de destruction massive, ce à quoi plus personne ne croit, un renforcement des inspections ou le contrôle de forces de l’ONU n’aurait pas coûté plus du millième des sommes investies dans le conflit. Pourtant, l’argument a été repris envers l’Iran et justifie encore des menaces de guerre. (Notons en passant que l’opinion publique va devoir modifier ses croyances : cette rhétorique est de nouveau abandonnée.) La lutte contre le terrorisme ne serait-elle pas infiniment plus efficace et moins coûteuse si elle s’employait à mettre hors d’état de nuire toutes les personnes et les organismes qui en assurent le financement ? À l’heure où toutes les transactions bancaires peuvent être suivies à la trace, remontant les filières du financement des attentats du 11 Septembre, la première des choses ne consisterait-elle pas à vérifier sérieusement pourquoi les services secrets d’un État effectuent des virements importants à d’obscurs étudiants ? L’efficacité de l’action des services spéciaux, infiniment moins gratifiante pour un gouvernement que des déclarations tonitruantes d’un président sur le pont d’un porte-avion, l’emporte sur le terrain à tout déploiement massif de forces armées. Les crédits affectés dans ce domaine sont autrement efficaces que l’emploi de troupes blindées ou de chasseurs supersoniques. N’est-il pas également urgent de contraindre les paradis fiscaux, chambres officielles de blanchiment, à rendre des comptes ? Alors qu’aucune démocratie ne peut faire l’économie d’une surveillance efficiente des sommes circulant illégalement, jamais ces sommes n’ont été aussi importantes. En suivre le fil conduirait à dévoiler les collusions entre les services de renseignements engagés dans la déstabilisation des gouvernements, les trafics de drogue, les trafics d’armes et la corruption des hauts personnages des États dont l’Irangate représente l’archétype. L’absence de volonté à entreprendre un grand nettoyage dans ces écuries d’Augias mesure de façon certaine et inquiétante l’écart qui sépare l’idée que nous nous faisons d’une démocratie et la glauque réalité sur laquelle nous surnageons, faussement innocents. Le terrorisme armé est l’enfant caché du terrorisme financier qui règne en maître sur les transactions économiques. Si l’enjeu de ce conflit est la maîtrise des sources et de l’approvisionnement de pétrole, nous sommes en droit de nous poser la question de la fonction même des traités internationaux. Qui peut prétendre honnêtement qu’un traité international coûte 2 500 milliards de dollars ? Pour négocier, il faut venir en position de force. À tout vouloir, les Américains se sont affaiblis au point de risquer maintenant de perdre leur prééminence au profit de la Russie et de la Chine qui se seraient contentées, il y a quelques années encore, d’une part du gâteau. Les dernières sanctions financières contre l’Iran amplifient encore ce risque.

Les Seigneurs de la guerre : Le dollar ne tient que par sa position de monnaie des transactions des matières premières. Le pouvoir US est tombé dans les mains des propriétaires des banques émettrices de dollars qui s’enrichissent de toutes les transactions, légales et illégales, effectuées dans cette monnaie. Les sommes englouties dans la guerre au Moyen-Orient ne sont pas perdues pour elles. Elles contrôlent le système militaro-industriel, et ne s’en cachent pas. Leur aventurisme militaire augmente notablement leur fortune, leur puissance, élargit leur influence dans la sphère politique. Qu’importe le chaos : il produit bien plus de richesses qu’un moulin à farine ! Le coût exorbitant de la guerre au Moyen-Orient n’est justifié qu’à travers l’appropriation de ces sommes par un très petit nombre de Seigneurs de la guerre. Malgré les avertissements d’Eisenhower, le système électoral américain ne parviendrait-il plus qu’à porter au pouvoir tel ou tel chargé de représentation de leur commerce ? Dans ce cas, ces 2 400 milliards de dollars sont une taxe prélevée sur notre indigence, sur notre faiblesse, sur notre incapacité à admettre que ceux qui prétendent nous représenter nous utilisent pour assouvir leur volonté de puissance et sanctionnent notre aveuglement à ne pas le reconnaître. Ne jetons pas la pierre aux électeurs d’outre-Atlantique : nous allons entériner un traité européen liant de façon irrémédiable notre diplomatie à celle de Washington par le biais de l’OTAN.

Avons-nous encore le courage de la démocratie ?

Renaud Delaporte

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=30918


7-3  Point de vue de DeDefensa : GW absolument historique.

Le président GW Bush verra sans aucun doute l’exaucement de son voeu secret (il en a un, il nous l’a dit) de rester dans l’Histoire. A tous les points de vue, GW termine son mandat d’une façon historique par son caractère exceptionnel. Nul n’a jamais fait comme lui avant lui et l’on se demande si quelqu’un pourra faire mieux (c’est-à-dire pire, mais à quoi cela sert-il d’insister?). • D’abord, les sondages qui défilent et le fixent effectivement dans l’Histoire. GW bat tous les records de l’histoire statistique des USA par les opinions négatives. Un nouveau sondage (CNN/Opinion Research Corp. du 2 mai) nous le confirme: «Bush Disapproval Rating Makes History». Ce qui est remarquable, ce sont effectivement les opinions négatives qui battent tous les records (alors que les opinions positives restent meilleures que ses deux concurrents en impoptlarité, Harry Truman et Richard Nixon).

«A CNN/Opinion Research Corp. survey released Thursday indicates that 71 percent of the American public disapprove of how Bush is handling his job as president. “No president has ever had a higher disapproval rating in any CNN or Gallup Poll; in fact, this is the first time that any president's disapproval rating has cracked the 70 percent mark,” said Keating Holland, CNN's polling director. »“Bush's approval rating, which stands at 28 percent in our new poll, remains better than the all-time lows set by Harry Truman and Richard Nixon [22 percent and 24 percent, respectively], but even those two presidents never got a disapproval rating in the 70s,” Holland said. “The previous all-time record in CNN or Gallup polling was set by Truman, 67 percent disapproval in January 1952.” »While Gallup polling goes back to the 1930s, it wasn't until the Truman years that they began surveying monthly approval ratings. »CNN Senior Political Analyst Bill Schneider adds, “He is more unpopular than Richard Nixon was just before he resigned from the presidency in August 1974.” President Nixon's disapproval rating in August 1974 stood at 66 percent.»

• On ajoutera un autre résultat (du même sondage), confirmant le précédent, notamment dans la mesure où la rareté du cas de GW est qu’il soulève plus l’opinion contre lui qu’il n’est abandonné par ses rares soutiens. Il s’agit de l’opinion sur la guerre en Irak, malgré les efforts méritoires de ces 16 derniers mois et le montage du “surge” du complaisant général Petraeus: «The poll also indicates that support for the war in Iraq has never been lower. Thirty percent of those questioned favored the war, while 68 percent opposed it. “Americans are growing more pessimistic about the war,” Holland said. “In January, nearly half believed that things were going well for the U.S. in Iraq ; now that figure has dropped to 39 percent.”»

• Un autre aspect fait sortir définitivement GW Bush des séries pour nous convaincre qu’il y a chez lui quelque chose d’unique: sa roborative certitude d’avoir raison et son intention de poursuivre jusqu’au dernier jour sa bataille, notamment contre le Congrès, dans divers domaines où il n’a absolument aucune chance d’imposer quoi que ce soit. Il y a sans aucun doute quelque chose d’admirable chez lui, un entêtement d’une puissance inouïe, une formidable assurance, dont l'effet est de ne cesser d'accentuer la destruction et la puissance du système. Il s’agit d’un somnambule extraordinairement actif, entreprenant, on dirait presque: joyeux…

Même le digne et conformiste, et notoirement aligné Washington Post ne peut dissimuler, entre les lignes, une certaine stupéfaction, voire même de la fascination devant un animal aussi rare, d’une espèce dont on ne croyait pas qu'elle pût exister. Tout cela se trouve dans un article du Post de ce jour:

«After U.S. gasoline prices surged to a record high this week, President Bush strode into the Rose Garden to unveil his plans for coping with skyrocketing energy costs: drill for oil in Alaska, add U.S. refineries and build more nuclear plants. Even the White House conceded that the ideas did not have a chance. Democrats howled, Republicans shrugged and Washington moved on. »Ignoring the conventions of a lame-duck presidency, Bush is forging ahead with proposals that appear to have little chance of passage during his last nine months, relying on sharp rhetoric and strong-arm tactics in an attempt to influence the Democratic Congress. His plan for housing reform has languished since August, his push for a free trade pact with Colombia has been crushed, his climate-warming initiative has been largely ignored and he has yet to persuade the House to pass terrorist-surveillance legislation he deems vital to protecting the country. »Presidential aides characterize Bush as intent on pursuing matters of principle, regardless of the polls. Democrats accuse him of needless stubbornness at the expense of improving a battered economy and addressing other problems. »“I believe they're letting the American people down,” Bush said of Congress during his Tuesday news conference in the Rose Garden. He added a moment later: “I'm perplexed, I guess is the best way to describe it, about why there's no action – inactivity on big issues.”

L’affaire est si étonnante que même des commentateurs qu’on classerait parmi ses adversaires ne peuvent s’empêcher d’une certaine admiration. (Certes c’est cela ou bien c'est reconnaître qu’un système qui permet une telle situation, comme le fait le système de l’américanisme, est quelque chose qui signe son propre arrêt de mort.)… «Patrick J. Griffin, a White House legislative affairs chief during the Clinton administration, said Bush appears unconcerned with major legislation in his final year and is focused instead on long-range conservative goals. “They're at a moment where their concern about a legacy is much bigger than how much legislation they pass,” Griffin said. “He's defining himself as a man of principle and obviously not caring about the polls, not caring about what's politically expedient. Based on those criteria, then he's doing it just right.”» Il est certain qu’au fil du temps, lorsqu’il s’avère que les choses ne varient pas, lorsque le personnage tient ferme sur ses positions à ce point, on ne peut se défendre d’une certaine estime. C’est une sorte de “chapeau l’artiste”. GW Bush a développé d’une façon presque uniforme, sans un pli, d’une façon presque parfaite en un sens, une seule et unique politique, dont la caractéristique centrale est bien entendu la nullité absolue avec un caractère absolument destructeur. Ecartons cette caractéristique centrale de la nullité sans la moindre hésitation et apprécions la rectitude de l’entêtement. La puissance de sa psychologie, dans cette bataille pour maintenir droit le cap d’une politique nulle jusqu’au dernier souffle de sa présidence, est de l’ordre de l’exception. D’un autre côté et parce que les voies du Seigneur sont impénétrables, si GW a eu comme mission de détruire la puissance américaniste, ce qui prouverait qu’effectivement il reste en rapport constant avec le Seigneur, on ne pourrait alors que s’exclamer à propos de sa dimension historique. Jamais aucun homme n’aurait pu et ne pourrait faire mieux, et il s’agit d’un personnage historique. Nanti de cette certitude, il est assuré que GW Bush ira jusqu’au bout.

Mis en ligne le 3 mai 2008 à 18H00

http://dedefensa.org/article.php?art_id=5097

n° 356 -Journal d'Irak -du 28-04 au 04-05 –Fin -Moyen-Orient : la paix ou la guerre totale.

n° 356 -Journal d'Irak -du 28-04 au 04-05 –Fin - Moyen-Orient : la paix ou la guerre totale.



Journal d'Irak   

N°356      du 28/04 au 04/05/08

Par M.Lemaire


Sommaire : fin

8 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

8-1  L’ardent défenseur de la guerre (McCcain,) clarifie ses propos sur le pétrole.

8-2 GW absolument historique 

9 Annexe - Géopolitique et stratégie- Analyse

9-1 Analyse de Renaud Delaporte : Moyen-Orient : la paix ou la guerre totale.

9-2 Analyse de  Paul Craig Roberts : Récidive criminelle: La guerre d'Irak se métamorphose en guerre d'Iran.

9-3 Analyse de DeDefensa : Les USA, notre aveuglement et notre fascination.




8 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

8-1  L’ardent défenseur de la guerre (McCcain,) clarifie ses propos sur le pétrole.

McCain, l’ardent défenseur de la guerre en Irak, a été obligé  de clarifier ses commentaires suggérant que la guerre en Irak était liée à la dépendance américaine envers le pétrole étranger. Le candidat républicain à l'élection présidentielle de novembre a affirmé qu'il parlait de la première guerre du Golfe. "J'aurai une politique énergétique (...) qui éliminera notre dépendance au pétrole du Moyen-Orient et nous évitera de jamais avoir à envoyer à nouveau nos jeunes hommes et femmes au conflit au Moyen-Orient", avait expliqué M.MCCain à Denver, avant de rectifier à Phoenix: "Je parlais de ce que nous avons fait la (première) guerre du Golfe pour plusieurs raisons". L'une de ces raisons était l'invasion du Koweït par l'Irak de Saddam Hussein, a-t-il expliqué aux journalistes. "Nous ne voulions pas qu'il ait le contrôle du pétrole. Cette partie du monde est cruciale pour nous en raison de notre dépendance au pétrole étranger. C'est plus important que dans toute autre partie du monde", a-t-il ajouté. "Si les mots 'à nouveau' ont été mal interprétés: je veux éliminer notre dépendance au pétrole étranger pour des raisons de sécurité nationale, et c'est tout ce que je veux dire", a insisté le candidat républicain à la maison Blanche. "Les minutes du Congrès sont très claires: j'ai dit que nous étions entrés en guerre en Irak à cause des armes de destruction massive." AP http://fr.news.yahoo.com/ap/20080503/twl-usa-presidentielle-irak-mccain-1def439.html


8-2 GW absolument historique 

Le président GW Bush verra sans aucun doute l’exaucement de son voeu secret (il en a un, il nous l’a dit) de rester dans l’Histoire. A tous les points de vue, GW termine son mandat d’une façon historique par son caractère exceptionnel. Nul n’a jamais fait comme lui avant lui et l’on se demande si quelqu’un pourra faire mieux (c’est-à-dire pire, mais à quoi cela sert-il d’insister?). • D’abord, les sondages qui défilent et le fixent effectivement dans l’Histoire. GW bat tous les records de l’histoire statistique des USA par les opinions négatives. Un nouveau sondage (CNN/Opinion Research Corp. du 2 mai) nous le confirme: «Bush Disapproval Rating Makes History». Ce qui est remarquable, ce sont effectivement les opinions négatives qui battent tous les records (alors que les opinions positives restent meilleures que ses deux concurrents en impoptlarité, Harry Truman et Richard Nixon). «A CNN/Opinion Research Corp. survey released Thursday indicates that 71 percent of the American public disapprove of how Bush is handling his job as president. “No president has ever had a higher disapproval rating in any CNN or Gallup Poll; in fact, this is the first time that any president's disapproval rating has cracked the 70 percent mark,” said Keating Holland, CNN's polling director. »“Bush's approval rating, which stands at 28 percent in our new poll, remains better than the all-time lows set by Harry Truman and Richard Nixon [22 percent and 24 percent, respectively], but even those two presidents never got a disapproval rating in the 70s,” Holland said. “The previous all-time record in CNN or Gallup polling was set by Truman, 67 percent disapproval in January 1952.” »While Gallup polling goes back to the 1930s, it wasn't until the Truman years that they began surveying monthly approval ratings. »CNN Senior Political Analyst Bill Schneider adds, “He is more unpopular than Richard Nixon was just before he resigned from the presidency in August 1974.” President Nixon's disapproval rating in August 1974 stood at 66 percent.» • On ajoutera un autre résultat (du même sondage), confirmant le précédent, notamment dans la mesure où la rareté du cas de GW est qu’il soulève plus l’opinion contre lui qu’il n’est abandonné par ses rares soutiens. Il s’agit de l’opinion sur la guerre en Irak, malgré les efforts méritoires de ces 16 derniers mois et le montage du “surge” du complaisant général Petraeus: «The poll also indicates that support for the war in Iraq has never been lower. Thirty percent of those questioned favored the war, while 68 percent opposed it. “Americans are growing more pessimistic about the war,” Holland said. “In January, nearly half believed that things were going well for the U.S. in Iraq ; now that figure has dropped to 39 percent.”» • Un autre aspect fait sortir définitivement GW Bush des séries pour nous convaincre qu’il y a chez lui quelque chose d’unique: sa roborative certitude d’avoir raison et son intention de poursuivre jusqu’au dernier jour sa bataille, notamment contre le Congrès, dans divers domaines où il n’a absolument aucune chance d’imposer quoi que ce soit. Il y a sans aucun doute quelque chose d’admirable chez lui, un entêtement d’une puissance inouïe, une formidable assurance, dont l'effet est de ne cesser d'accentuer la destruction et la puissance du système. Il s’agit d’un somnambule extraordinairement actif, entreprenant, on dirait presque: joyeux… Même le digne et conformiste, et notoirement aligné Washington Post ne peut dissimuler, entre les lignes, une certaine stupéfaction, voire même de la fascination devant un animal aussi rare, d’une espèce dont on ne croyait pas qu'elle pût exister. Tout cela se trouve dans un article du Post de ce jour: «After U.S. gasoline prices surged to a record high this week, President Bush strode into the Rose Garden to unveil his plans for coping with skyrocketing energy costs: drill for oil in Alaska, add U.S. refineries and build more nuclear plants. Even the White House conceded that the ideas did not have a chance. Democrats howled, Republicans shrugged and Washington moved on. »Ignoring the conventions of a lame-duck presidency, Bush is forging ahead with proposals that appear to have little chance of passage during his last nine months, relying on sharp rhetoric and strong-arm tactics in an attempt to influence the Democratic Congress. His plan for housing reform has languished since August, his push for a free trade pact with Colombia has been crushed, his climate-warming initiative has been largely ignored and he has yet to persuade the House to pass terrorist-surveillance legislation he deems vital to protecting the country. »Presidential aides characterize Bush as intent on pursuing matters of principle, regardless of the polls. Democrats accuse him of needless stubbornness at the expense of improving a battered economy and addressing other problems. »“I believe they're letting the American people down,” Bush said of Congress during his Tuesday news conference in the Rose Garden. He added a moment later: “I'm perplexed, I guess is the best way to describe it, about why there's no action – inactivity on big issues.” L’affaire est si étonnante que même des commentateurs qu’on classerait parmi ses adversaires ne peuvent s’empêcher d’une certaine admiration. (Certes c’est cela ou bien c'est reconnaître qu’un système qui permet une telle situation, comme le fait le système de l’américanisme, est quelque chose qui signe son propre arrêt de mort.)… «Patrick J. Griffin, a White House legislative affairs chief during the Clinton administration, said Bush appears unconcerned with major legislation in his final year and is focused instead on long-range conservative goals. “They're at a moment where their concern about a legacy is much bigger than how much legislation they pass,” Griffin said. “He's defining himself as a man of principle and obviously not caring about the polls, not caring about what's politically expedient. Based on those criteria, then he's doing it just right.”» Il est certain qu’au fil du temps, lorsqu’il s’avère que les choses ne varient pas, lorsque le personnage tient ferme sur ses positions à ce point, on ne peut se défendre d’une certaine estime. C’est une sorte de “chapeau l’artiste”. GW Bush a développé d’une façon presque uniforme, sans un pli, d’une façon presque parfaite en un sens, une seule et unique politique, dont la caractéristique centrale est bien entendu la nullité absolue avec un caractère absolument destructeur. Ecartons cette caractéristique centrale de la nullité sans la moindre hésitation et apprécions la rectitude de l’entêtement. La puissance de sa psychologie, dans cette bataille pour maintenir droit le cap d’une politique nulle jusqu’au dernier souffle de sa présidence, est de l’ordre de l’exception.



9 Annexe - Géopolitique et stratégie- Analyse

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

9-1 Analyse de Renaud Delaporte : Moyen-Orient : la paix ou la guerre totale.

Atermoiements ? Principaux objectifs atteints ? Coup de vent d’est sur la bourse ? Les premiers signes d’une pause dans une offensive irakienne sont apparus avec la déclaration de Condoleeza Rice, qui venait en contrepoint de l’affluence annoncée de porte-avions et de navires-supports de débarquement dans le golfe Persique. De son côté, le Mossad annonçait ne pas envisager un conflit ouvert avec la Syrie tout en déplorant la présence des troupes de Damas le long de la frontière. L’acceptation par Washington d’une conférence à Bagdad accorde un répit à la montée des tensions. En pleine mobilisation de l’opinion publique, il faut voir dans cette pause un réel besoin de souffler au sein de l’administration Bush.
Gérer une montée de crise dans l’opinion publique requiert de respecter avec rigueur un processus bien déterminé. Il convient de présenter des menaces successives qui, prises individuellement, génèrent des craintes. Ensuite, d’en rapprocher le contenu afin que ces craintes se mêlent et dégénèrent en peur. Dans un troisième temps, d’apporter l’élément déterminant qui emportera l’adhésion à l’action proposée afin d’écarter tout danger. On l’a vu avec la Yougoslavie , l’Irak, la Corée du Nord ; on relit ce même scénario dans le problème iranien. En soi, une bombe iranienne génère des craintes. Ahmedinejab est incontrôlable, donc la bombe plus le président iranien c’est l’apocalypse assurée. La preuve, c’est qu’il attaque des Américains en Irak. Une riposte à une provocation devrait servir d’étincelle. Tous ces éléments en place, pourquoi s’arrêter et négocier ?
La réponse ne provient pas d’une faille du scénario si bien rodé. Il faut chercher ailleurs. Le contexte de sa mise en œuvre a notablement évolué ces dernières semaines. Plusieurs pistes sont envisageables.

Une crise mondiale.
La première, et sans doute la plus sûre, conduit à la pression internationale. Les crises précédentes étaient circonscrites, soit de bonne foi, soit avec une hypocrisie très diplomatique, à des crises régionales. La crise iranienne menace directement les intérêts russes et chinois au Moyen-Orient et dégénère depuis un moment en crise mondiale (au plus grand profit des mollahs, qui ont tout fait pour cela  !). Les consultations internationales de haut niveau s’accélèrent. La difficulté avec laquelle le Conseil de sécurité de l’ONU s’accorde sur des sanctions contre l’Iran démontre combien Russes et Chinois renâclent à mettre en difficulté l’économie iranienne, prélude, du point de vue américain, à un renversement du régime. Russes et Chinois pèsent de tout leur poids contre toute agression envers l’Iran. La rencontre entre les ministres des Affaires étrangères de ces deux puissances avec leur homologue indien à New Delhi le 14 février, qui s’est terminée par une condamnation sans équivoque de toute solution militaire, a donné une nouvelle impulsion à la conférence de Shanghai. Créée pour devenir à terme une OTAN eurasienne, la conférence rassemble la Russie , la Chine , le Kazakhstan, la Kirghizie , le Tadjikistan et l’Ouzbékistan. Les dirigeants de l’Inde, de Mongolie, d’Iran, du Pakistan et de l’Afghanistan étaient invités lors de sa dernière réunion à Douchanbe en octobre 2006. L’OSC peut devenir, en quelques années, un bloc apte à soutenir une résistance des pays non-alignés à l’expansion américaine pourvu que ses dirigeants s’accordent à manifester cette ambition d’une même voix et ne laissent pas Poutine monter seul au créneau. En accordant à l’Inde plus de liberté dans ses recherches nucléaires que n’en réclame l’Iran, Bush a essayé de casser cette dynamique. Les conclusions de la rencontre de New Delhi ne sont rien de moins qu’un pied de nez.
La technique de désinformation butte sur ces lignes de résistances qui commencent à dessiner un front solide. La menace contre l’Occident ne suffit plus à légitimer une action militaire contre l’Iran. Il faut prendre le temps de construire une menace sur le monde. Nous revenons ici à un scénario Bzrezinski évoqué le mois dernier dans ces colonnes.

Menaces d’extension de la guerre asymétrique.
La deuxième piste mène à un changement radical dans la nature du conflit. On ne dira jamais assez qu’en n’autorisant pas le COS français à " stopper " Ben Laden, l’administration Bush a prouvé le rôle essentiel qu’al-Qaida occupe dans sa stratégie de domination. Les spin-doctors de Washington chargés de maintenir la peur sur la planète n’ont pas chômé  : al-Qaida est au boulot pour jouer le méchant menaçant le monde entier. En vrai. Les premiers signaux sont venus du journal en ligne Asia Times Online, repris par Questions Critiques. Il est question d’une résurgence économique et opérationnelle d’al-Qaida ainsi que de fusées de construction amateur, les fusées Abeer, capables de porter à 120 kilomètres une charge de 20 kilos pouvant contenir des armes chimiques, biologiques et nucléaires. Il serait intéressant de connaître à ce sujet l’avis d’un praticien des propulseurs à poudre sur la faisabilité de l’engin par des non-professionnels. Les ingrédients ne doivent pas être en vente dans la droguerie du coin de la rue. La réalisation de l’engin nécessite l’intervention de professionnels qualifiés et d’un équipement adéquat. Nous sommes loin de la bombe artisanale assemblée à la hâte dans un coin de cuisine.
Autre remarque qui vaut son Oscar en moutarde : à qui profiterait de fournir à al-Qaida une bombe nucléaire de 20 kilos ? Les nominés sont : la Russie , la Chine , la France , l’Angleterre, les Etats-Unis et Israël. Chacun de ces Etats possède des armes nucléaires miniaturisées. L’Inde et le Pakistan ? Leur capacité de prétendre à cette participation reste à prouver. L’Iran et la Corée du Nord n’en ont aucun moyen. Quelques unes sont sorties d’Ukraine lors de la débandade de l’Union soviétique, mais dans quelles mains ? Les services secrets des principales puissances, après toutes ces années, l’ignoreraient encore  ? La question reste entière. La peur, elle, parcourra son chemin. Les cibles ? Le monde entier mais plus sûrement l’Eurasie afin de bien faire sentir à ses populations inconscientes du danger la nécessité de représailles que seule l’Amérique peut mener à bien. Un nouveau 11-Septembre sur le territoire américain pourrait se révéler funeste à une administration qui, cette fois, payerait comptant son incapacité à faire face à la menace. La poursuite du programme de domination de l’administration Bush changerait alors de nature et s’orienterait vers une guerre asymétrique, cette fois-ci-ci menée par les Etats-Unis, dont al-Qaida serait l’exécuteur.

Représailles boursières.
Une troisième piste, enfin, mène à une menace économique. Pour la Chine , le problème se pose dans des termes simples et clairs. L’empire du Milieu ne peut poursuivre son programme économique et satisfaire le développement de sa population que dans un contexte pacifique. Le PNB par habitant n’est que de 3 dollars et, chaque semaine, des manifestations de mécontentement sont réprimées. Le régime ne tient que par sa capacité à tenir la promesse du chinese way of live : le développement de sa classe moyenne. Elle ne dispose pas des moyens économiques suffisants pour obtenir une parité militaire avec les Etats-Unis. Elle n’a aucun moyen non plus de participer directement sur le terrain à la lutte contre al-Qaida. Elle dispose cependant d’une arme de destruction massive propre à rafraîchir les ardeurs les plus belliqueuses : le dollar.
La Chine a provoqué le petit séisme qui a animé la planète boursière cette semaine en annonçant qu’elle allait prendre des mesures contre la spéculation. La bourse de Shanghai a plongé aussitôt, entraînant les autres bourses mondiales dans le trou d’air. Les Chinois sont tout sauf naïfs et connaissent tout des arcannes de la spéculation internationale depuis l’ouverture de la route de la soie, il y a deux mille cinq cents ans. L’annonce concomitante de ce coup de semonce et de la conférence de Bagdad, qui, selon Iran-Resist, aurait été réunie à l’instigation des mollahs eux-mêmes, ressemble bien à un fait exprès. Il signale à l’administration Bush que la prospérité chinoise repose sur la paix et qu’en cas de conflit l’empire du Milieu ne saurait renoncer à cette prospérité qu’en liquidant le dollar. Dans le cas d’une refonte du système financier international, ne nous faisons aucune illusion : la Chine disposerait dans ces circonstances de plusieurs longueurs d’avance. Elle fait sa fortune sur la réponse aux besoins d’équipement des plus pauvres, et non sur la satisfaction des envies des nantis. Ses marchés seraient moins gravement perturbés par une grave crise économique que les marchés des puissances occidentales. Les ventes de vêtements à bas coût et d’accessoires de cuisine en plastique baisseraient beaucoup, mais celles des avions, des voitures de luxe et des ordinateurs s’effondreraient complètement. Si les économistes écartaient jusqu’à présent l’utilisation de cette arme ultime qu’est la destruction massive du dollar, il se pourrait que l’avertissement marque jusqu’où il ne faut pas aller trop loin. Nous rentrerions alors dans une nouvelle phase du conflit du Moyen-Orient : la paix ou la ruine. De quoi faire réfléchir les actionnaires du complexe militaro-pétrolier.

Servis. Nouvelle donne ?
Ces actionnaires ont obtenu, en échange de l’organisation de cette conférence, que soit promulguée en Irak la loi du pétrole qui leur accorde un droit de pillage irrévocable pendant soixante ans sur les hydrocarbures irakiens. La corrélation de l’ensemble des événements de cette semaine permet de penser que les menaces de guerre au Moyen-Orient viennent de changer de nature. L’administration Bush sait qu’elle doit maintenant soit s’engager dans un conflit total, diplomatique militaire, et financier, soit quitter la scène avec le magot encaissé et de reconnaître sa défaite.
Ce dernier point, hélas, risque de la pousser à l’irréparable. De nouvelles armes nucléaires sont en préparation aux Etats-Unis. Elles seront opérationnelles en 2008 et la construction en série de leurs vecteurs hypersoniques impossibles à intercepter a commencé. Il pourrait être temps, pour la France , et pour tous les pays de l’Eurasie qui en font partie, de quitter l’OTAN afin d’adhérer à l’OSC. Ne serait-ce que pour permettre aux troupes d’élite française de ne plus être empêchées de liquider Ben Laden puisque, semble-t-il, elles en sont seules capables.

Renaud Delaporte   http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=20190


9-2 Analyse de  Paul Craig Roberts : Récidive criminelle: La guerre d'Irak se métamorphose en guerre d'Iran.

C'est 1939 qui recommence.  Le monde attend, impuissant, le prochain acte d'agression de la part des Etats voyous. Sauf que cette fois-ci, les Etats voyous ne sont pas le Troisième Reich et l'Italie Fasciste. Ce sont les Etats-Unis et Israël.
Les futures victimes ne sont pas la Pologne et la France , mais l'Iran, la Syrie , les restes de la Cisjordanie et le Sud-Liban.
Les médias américains sont fous de joie. La couverture de la guerre attire les téléspectateurs et fait vendre de la publicité.
Les néoconservateurs sont en extase. L'hégémonie "über alles" est de retour.
L'US Air Force est impatiente "de montrer ce qu'elle est capable de faire".
Les contractants de la défense font des profits infinis.
Sous couvert de désordre et de propagande, Israël peut accaparer les restes de la Cisjordanie et faire une autre tentative pour mettre la main sur les ressources aquifères du Sud-Liban.
Contrairement aux Etats-Unis et à Israël, l'Iran n'occupe aucun territoire étranger, ni ne menace d'envahir un autre pays. Cela n'empêche pas les bouches étasuniennes et israéliennes de débiter à une vitesse croissante leur propagande contre l'Iran. Un mensonge après l'autre roule sur la langue des dirigeants des "deux grandes démocraties".
Le 27 avril, l'Amiral Mike Mullen, président de l'état-major interarmes, a accusé l'Iran d'avoir une "influence maléfique et de plus en plus létale" en Irak. L'Amiral Mullen a-t-il oublié que ce sont les Etats-Unis, et non pas l'Iran, qui sont responsables d'au moins un million de morts irakiens et de quatre millions de déplacés, les "dommages collatéraux" d'une "guerre facile" qui est maintenant dans sa sixième année ?
Le 26 avril, le Washington Post a rapporté que "le Pentagone prépare des actions militaires potentielles" contre l'Iran. Le conseiller à la sécurité nationale du Régime de Bush dit que l'Iran est une menace en Irak, une accusation reprise sans fin par le secrétaire à la défense Robert Gates, la secrétaire d'Etat Rice, le vice-président Cheney et le président Bush.

Les Etats-Unis, qui ont 150.000 soldats en Irak ne constituent pas une menace. Les troupes américaines protègent l'Irak de l'Iran, d'al-Qaïda et des Taliban. Il suffit de demander à FOX News !
Apportant sa contribution pour pousser à la guerre contre l'Iran, l'émission d'information de la TV américaine "60 Minutes", a donné du temps d'antenne au commandant de l'Armée de l'Air d'Israël, le Général Eliezer Shkedi, qui a déclaré dans une interview spéciale que le président iranien Ahmadinejad était le nouvel Hitler et que nous ne devons pas refaire la même erreur de ne pas croire un Hitler. Il y a de meilleurs candidats pour ce rôle qu'Ahmadinejad !
Le Général Shkedi lui-même nous rappelle Hitler accusant la Pologne d'avoir commencé la deuxième guerre mondiale. Ahmadinejad n'a attaqué aucun pays, alors qu'Israël a envahi régulièrement ses voisins et poursuit ses occupations depuis 40 ans des territoires palestinien et syrien.
Ainsi que Noam Chomsky l'a écrit, le gouvernement des Etats-Unis pense qu'il est le propriétaire du monde (Chomsky aurait pu ajouter qu'Israël pense être propriétaire du Proche-Orient et de l'Amérique). Les Américains peuvent se vautrer dans l'indignation à propos de l'occupation du Tibet par la Chine et se satisfaire pleinement de leur occupation de l'Afghanistan et de l'Irak. Israël peut disserter avec éloquence sur le "terrorisme palestinien", tandis que son armée et ses colons sionistes terrorisent les Palestiniens.
Les Américains ne voient aucune hypocrisie lorsque "leur" gouvernement accuse la Russie de s'opposer à l'incorporation de ses anciens satellites et éléments territoriaux dans une alliance militaire étasunienne.
Les Américains voient un destin manifeste, pas une agression de leur part, lorsque "leur" gouvernement largue des bombes sur la Serbie , l'Irak, l'Afghanistan, le Soudan et le Pakistan. Les Américains ne pensent pas qu'il s'agisse d'une agression lorsqu'ils mettent au point des plans de guerre pour attaquer l'Iran, la Chine ou la Corée du Nord, ou qui que ce soit d'autre, ou lorsqu'ils maintiennent des centaines de bases militaires partout sur la planète. Ces mêmes Américains qui deviennent hystériques à propos de "l'influence iranienne en Irak" et des "projets d'al-Qaïda d'amener la guerre en Amérique".
Ainsi que Chomsky le dit : le monde nous appartient. Rien d'autre ne compte, sauf Israël.
Israël compte tellement que tous les candidats présidentiels ont déclaré leur volonté de répandre tout le sang américain et l'argent nécessaires "pour protéger Israël". Il n'y a aucune limite à la promesse "de défendre Israël", peu importe ce qu'Israël fait, peu importe si Israël initie (encore et toujours) la guerre avec ses voisins, peu importe si Israël continue de chasser les Palestiniens de leurs maisons et de leurs villages afin de "créer un espace de vie" pour les Israéliens.
Avec cette sorte de promesse, pourquoi Israël devrait-il accepter moins que "le Grand Israël" ?
Exactement comme il a lancé son invasion illégale de l'Irak sur le dos de mensonges à propos d'armes de destruction massive et de champignons atomiques, le gouvernement étasunien prétend que s'il n'attaque pas l'Iran, l'Iran construira une arme nucléaire. Le Régime de Bush a appris à ne jamais se défaire d'un mensonge tant qu'il fonctionne.
Ce mensonge fonctionne pour le Congrès, les médias et une grande partie du public américains, mais il ne tient pas debout à l'étranger. Le 27 avril, le quotidien britannique, The Independent, répondait à la récente affirmation du gouvernement américain que l'installation attaquée en septembre dernier par Israël, dans un acte d'agression non déguisé, était un réacteur nucléaire construit par la Corée du Nord :
"Il n'y a aucun moyen indépendant de vérifier tout ceci, surtout depuis que cette installation a été détruite. Nous devons compter sur l'intégrité des services de renseignement israéliens et étasuniens. C'est là où nous rencontrons un problème. L'ancien secrétaire d'Etat Colin Powell avait présenté une preuve similaire au Conseil de Sécurité des Nations Unies en février 2003, montrant ce que l'on nous disait être une preuve sérieuse du stockage d'armes de destruction massive par l'Irak. Comme nous le savons tous, ces renseignements se sont avérés être bidons".
Une guerre inutile, un pays détruit, tout ça pour des renseignements bidons !
Pourquoi devons-nous répéter notre crime en Iran ? Pourquoi persistons-nous dans notre crime en Irak ? Le 27 avril, McClatchy Newspapers rapportait que 50 dirigeants politiques irakiens, représentant de nombreux groupes politiques, dont des Sunnites, se sont rendus à Sadr City pour protester contre le siège par l'armée américaine. Pourquoi Sadr est-elle entièrement assiégée ?
[Muqtada al-Sadr] a appelé à l'arrêt du bain de sang entre Irakiens, à "notre libération et celle de notre terre des occupants", à "un vrai gouvernement et à une vraie souveraineté". Cependant, pour le Régime de Bush, la rhétorique sur "la liberté et la démocratie" n'est rien d'autre qu'un masque derrière lequel imposer un gouvernement fantoche au service des Etats-Unis. Les véritables leaders irakiens, comme al-Sadr, sont des "terroristes" qui doivent être éliminés.
Pourquoi le peuple américain et "ses" représentants au Congrès continuent-ils de tolérer un Régime Bush criminel qui se sert de mensonges et de la propagande pour masquer ses actes d'agression flagrante, des crimes de guerre selon les normes de Nuremberg ?
Pourquoi le reste du monde continue-t-il de recevoir des représentants d'un gouvernement coupable de crimes de guerre ?
Que se passerait-il si le reste du monde disait aux Américains de fermer leurs bases, leurs ambassades, leurs opérations de la CIA et de rentrer chez eux ?
Les Américains auto-satisfaits considéreraient de telles exigences comme de l'effronterie ! Le monde nous appartient.

Par Paul Craig Roberts
CounterPunch, publié le 1er mai 2008
article original : "The Iraq War Morphs Into the Iran War"
Traduction : JFG-QuestionsCritiques
  Jeudi 01 Mai 2008


9-3 Analyse de DeDefensa : Les USA, notre aveuglement et notre fascination.

 Le plus remarquable dans notre univers modernisé, moralisé et constamment entraîné à la satisfaction de lui-même, essentiellement à l’Ouest, c’est sans aucun doute l’aveuglement. C’est aussi le signe classique des grandes décadences et des décadences accélérées. Nous sommes vraiment dans une très grande décadence et nous nous y précipitons à une très grande allure. Le silence religieux qui accompagne l’évolution de la situation devra être décrit, pour ceux qui ont l’oreille fine, comme aussi assourdissant que les préparatifs de l’apocalypse. Dans les réunions internes de la plupart des grands corps politiques comme dans les colonnes des journaux institués, l’auto-censure concernant la réelle gravité des conditions politiques aux USA est une règle d’or, presque un signe de la politesse nécessaire à leur bonne tenue. Certes, il y a d’autres chats à fouetter, comme ces dernières semaines nous ont montré; le débat furieux sur le Tibet et le sort de la flamme olympique en sont un exemple, et l’on comprend que des âmes, bonnes et vertueuses, et en mal de “bonnes causes”, s’émeuvent à ce propos jusqu’au bouleversement de l’émotion, bien plus qu’à propos du sort des USA. Cette réactualisation involontaire mais minutieuse dans le montage comme une horlogerie de l’antique discussion sur le sexe des anges est une marque convaincante de ce qui ne peut être défini autrement que comme la dissolution radicale, comme passée à l’équarrissage d’un acide diabolique, de la responsabilité du caractère et de l’esprit. Voyez qu’il n’est même plus question de servilité (des Européns vis-à-vis des USA) ou de toute autre faribole de la sorte. Il est question d’une démission sans préavis, sans état d’âme, sans rien, du devoir de la responsabilité de nos directions politiques sur le fondement et les perspectives fondamentales de quelque sujet d’importance que ce soit, et d’abord les plus graves d’entre eux. Il semble que les caractère ont acquis la tenue et la rectitude d’un éclair au chocolat. (Référence à cette immortelle définition du président McKinley par son vice-président Theodore Roosevelt: «Il a autant de colonne vertébrale qu’un éclair au chocolat.») Un amiral, chef d’état-major des forces armées des USA, parle comme un général turc à la veille d’une élection présidentielle en Turquie, avertissant tout le monde, y compris son propre pouvoir politique, de l’extrême volatilité de la période et de son intention de veiller au grain, y compris sur le processus politique en cours aux USA, – et qui s’en émeut? Non que nous en ayons contre l’amiral Mullen, loin de là et même au contraire, mais parce que simplement l’amiral Mullen se permet d’ouvrir les yeux sur la situation de son pays, cette “hyperpuissance” dont, paraît-il, dépend l’équilibre du monde. Nous pourrions en profiter pour ouvrir les nôtres, mais non... «The transition is unlikely to be smooth, predicted Mullen, who assumed his position seven months ago for a two-year term. He said he hopes to offer a stabilizing influence as a military leader who will bridge two administrations. “We will be tested. . . . I'm preparing that this country will be tested, and I have a role in that regard, certainly providing advice to whoever the new president's going to be,” he said.»

Tout cela est écrit dans le Washington Post, organe au-dessus de tout soupçon et de tout repos pour nos élites. N’est-ce pas un langage de crise? N’est-ce pas l’intervention d’un chef militaire annonçant: nous sommes dans un temps de crise («a time of vulnerability») et, s’il le faut, je prendrai mes responsabilités? Combien y a-t-il eu de commentaires en profondeur sur ces déclarations en Europe? Combien de journaux se sont empressés d’en faire leur grand titre? Combien de présentateurs TV...? Il y avait les défilés du 1er mai et les routes de vacances encombrées. On a les priorités qu’on peut.

Vont-ils s’apercevoir que le processus politique aux USA est en train d’évoluer vers un blocage en pleine campagne des élections présidentielles? L’article du Times du 2 mai que nous commentions le même jour, est un parmi vingt autres à partir duquel nous devrions tirer des analyses et des conclusions plus larges sur les dangers qui guettent la structure institutionnelle des USA. (Le Times, d’ailleurs, s’en garde bien. Même ceux qui diffusent les informations qui devraient nourrir cette sorte d’analyse se refusent absolument à y réfléchir, – ou à s’y risquer, – question de conformité intellectuelle.) Comment se sortir d’un tel imbroglio, – surtout du côté démocrate, où l’élimination de l’un ou l’autre candidat conduira inévitablement à des remous, – sans risquer une tempête dans un sens ou l’autre? Sans risquer des remous populaires ou des prolongements inattendus pouvant conduire à un blocage institutionnel? Et, pendant ce temps, au pouvoir, une direction dont la marque est à la fois l’impuissance, l’impopularité, l’aveuglement, et une stupidité sans mesure dans l’appréciation des tensions du monde, et qui ne rêve que de précipiter un autre conflit où la puissance US pourrait se voir confrontée à l’enchaînement d’une défaite militaire indirecte majeure.

Le refus d’un destin tragique des USA  : Comment un tel aveuglement est-il possible? Parce qu’il y a là une attitude psychologique qui représente un cas assez unique dans l’histoire, compte tenu des moyens sans nombre qui nous sont donnés de voir la chose. Qu’on ne nous parle ni de complot, ni de servilité, ni de rien de la sorte car l’heure de ces vices de la politique courante, même s’ils existent et persistent comme l’acné dont on ne se débarrasse pas, leur heure est passée. Il reste la réalité nue, qui est une attitude psychologique sans exemple. Précisons notre propos. L’aveuglement dont nous parlons n’est pas absolument celui de la méconnaissance par sottise ou du refus inconscient de la connaissance par réflexe pavlovien d’enfermement du jugement. Le cas existe évidemment car les caractères faibles et les psychologies pauvres abondent. A côté, il existe de-çi de-là, et de plus en plus, nous en avons l’écho assuré, des esprits placés dans les rouages des pouvoirs ou fort proches qui commencent à réaliser et à mesurer la monstruosité de la crise US qui se développe (et des autres crises également, parallèlement) et l’abîme où ce mouvement convulsif conduit cette puissance. Leurs constats sont crépusculaires et leur conclusion désespérée par l’absence de réponse à cette question: que faire? A côté de ces divers cas individuels existe une consigne générale non écrite, justifiée par un réflexe de refus du réel, qui est celle de l’emprisonnement volontaire du jugement; et cette consigne, en général, passe bien, elle nous conforte, elle nous berce comme une contine fait pour un nouveau-né trop pressé, elle nous rendort si parfois nous vient la faiblesse d’ouvrir un oeil; elle passe si bien,

http://dedefensa.org/article.php?art_id=5098


Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

04/05/2008

n°173 - dossiers de l'Afghanistan-03/05 -Début-: La résistance continue de s'étendre

n°173 - dossiers de l'Afghanistan-03/05  - -Début-: -: La résistance continue de s'étendre.

dossiers de l'Afghanistan -Début-:

n°173 au 03-05

Par M.Lemaire                                                                                 



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Tiré à part

La résistance continue de s’étendre.

Une étude récente par Sami Kovanen, un analyste pour la firme de sécurité Vigilant Strategic Services d’Afghanistan, rapporte 465 attaques en dehors de la zone déjà volatile du sud au cours des trois premiers mois de 2008, une augmentation de 35 pour cent comparativement à la même période l’an dernier. Dans la région centrale aux alentours de Kaboul, il y a eu 80 attaques contre-insurrectionnelles de janvier à mars 2008, une augmentation de 70 pour cent comparativement aux trois premiers mois de 2007. Dans les provinces du sud et du sud-est, incluant les centres insurrectionnels de Kandahar et Helmand, les attaques de guérillas ont augmenté de 40 pour cent, selon Kovanen. Antonio Giustozzio, un chercheur à la London School of Economics, rapporte que le Hizb-i-Islami croît au nord, et les représentants locaux disent que les talibans gagnent en force dans certains districts dans les régions éloignées de l’ouest du pays. Selon l’adjoint au gouverneur de la province de Faryab, la guérilla a lancé 17 attaques dans la province voisine de Badghis dans les trois premiers mois de cette année, comparativement à une seule attaque pour la même période l’an dernier. Barry Grey  3 mai 2008http://www.wsws.org/francais/News/2008/mai08/karz-m03.shtml sélectionné par http://groups.google.fr/group/medias-mensonges-desinformation


Sommaire :  

Tiré a part

La résistance continue de s’étendre.

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 La propagande garde du corps du mensonge.

2 Brèves

2-1 La mission de l'OTAN en Afghanistan en difficulté.

2-2 Offensive des troupes états-unienne et britanniques dans le sud.

2-3 Le Pentagone veut étendre le commandement US sur le sud de l'Afghanistan.

2-4 L'idée de dialoguer avec la résistance crée la controverse.

3 Dossier & Point de vue

3-1 : Point de vue de Barry Grey : Une attaque anti-Karzaï à Kaboul ébranle le gouvernement fantoche des Etats-Unis.



Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

1 La propagande garde du corps du mensonge.

La propagande est un excellent moyen pour rallier certains peuples oisifs, souvent aux prix d'amplifications, d'altérations voir aux prix de mensonges abusivement répétés et mis en relief par des experts, des politiques, des médias etc… Le but principal de ces mises en scènes permettent la validation des projets réfléchies depuis des années. Souvent, ces projets sont aux bénéfices de groupes d'influence, de firme, ou d'entreprise appartenant a ces mêmes experts et anciens directeurs ou responsables d'un quelconque secteur...
En exemple, la meilleure et la plus visible des propagandes est celle de C dans l'air qui attire toute sorte de spécialiste en terrorisme, en securité etc. ces derniers acceptent, ou jouent leur rôle de propagande avec un grand interet dissimulé :
ÉRIC DENÉCÉ : Directeur du Centre français de recherche sur le renseignement), 43 ans, ne rechigne pas à décliner clairement sa profession : spécialiste du renseignement. Reconverti dans le privé, cet ancien militaire travaille à découvert depuis une quinzaine d'années et a même créé, avec l'université de Bordeaux 4, un diplôme dédié au renseignement et aux services secrets.
Voici ce qu'il dit lors d'une interview :
"Pour quels genres de missions fait-on appel à vos… conseils ?"
"E.D : Il peut s'agir d'aider une entreprise à gagner un marché. Ou, à l'inverse, elle peut vouloir se prémunir face à l'agressivité d'un concurrent déloyal."
http://www.letudiant.fr
Eric denecé s'invente un parcours au Cambodge, en Asie et même un poste auprès du ministère de la défense.
Tout ceci, sans les moindres preuves, datations ou confirmation. des génies de la propagandes invités souvent par les mêmes (Yves Calvi) et qui utilisent l'outil de la peur pour précipiter leur entreprise en renseignement, de sécurité, de miliciens ou autres.
Alors que nous nous focalisons sur l'aspect militariste de la propagande, il y en a une plus machiavélique ; celle qui passe sous forme de diplomatie, d'expertise ou d'analyse implicitement belliciste.
Souvent la tactique de la propagande est difficilement decelable mais suit un schema bien definit :
- utilisation d'une histoire selective pour nourrir un objectif bien precis : pour envahir l'Afghanistan il fallait parler de la bourca. Le 11 septembre préparé dans la grotte de ce pays n'aurait pas suffit.
- évoquer une histoire partielle des faits : vous pourrez par exemple parcourir les 600 pages de la commission du 911 sans JAMAIS trouver une quelconque référence au WTC 7. c'est la faiblesse essentielle de la propagande belliciste.
-renforcer les motivations et les raisons d'une intervention militariste : par exemple, les chaînes américaines (foxnews, CNN etc) invitent souvent d'anciens généraux, d'agent du renseignement pour appuyer les évolutions de la nouvelle politique.

En France, nous sommes tout autant capable de faire parler les memes faux experts : Jean-Charles Brisard et Guillaume Dasquié, les pseudos-experts ont reconnu s'être trompé sur le financement des terroristes musulmans. Et pourtant ils étaient une référence en matière de terrorisme international, et démontraient pitoyablement que tout venaient des musulmans. Bref, retour en arrière, ils déclarent avoir raconté des mensonges depuis le début.
-une action de la propagande la plus répandu, mais peu perceptible est celle de la « demonisation » des « ennemis ». le meilleur moyen pour éviter a la masse de comprendre ou d'analyser la situation.
-l'autre moyen pour asseoir la propagande c'est d'utiliser des discours non discordant afin de créer un pseudo debat. Le meilleur exemple est celui, encore une, de C dans l'air. Inviter toujours les memes, les opposer (simuler une opposition) et permettre ainsi au telespectateur de croire a un vrai debat ou un vrai faux dialogue.
Parmi tous ces outils une véritable entreprise de dénigrement, de haine, de xénophobie et d'islamophobie est alimenté par toute sorte de personnalité ou de politique afin d'alimenter le rejet. Cela ne laissera aucunement place a l'analyse même pour le moins haineux ou le plus éduqué. Combiné a cela les émotions du patriotisme, de l'honneur, de la droiture, de la liberté etc… des valeurs sur lesquels toute personne, faiblement instruit serait en parfait accord.
Usuellement, sans l'appui de la politique étrangère, la propagande ne pourrait tenir interminablement et donc serait vainement qu'un simple appel a la mise en garde. En exemple, le premier a lâcher le mot guerre, fut le ministre des AE françaises contre l'Iran. Il esperait ainsi avoir l'aval des français, mais c'était sans compter qu'ils n'etaient pas aussi belliciste que les israéliens ou les américains.
Dernière chose, pour vaincre toute vérité, la propagande a des gardes du corps du mensonge pour éviter toute contradiction. En exemple, lorsque l'on veut, dans une émission alimenter un mensonge sur les musulmans, ils évitent d'inviter un spécialiste de l'islam, mais plutôt un islamologue. La différence entre ces deux cas est notable.
Dénigrer l'absent est beaucoup plus facile que de se confronter a lui.
http://antipropagandecom.blogspot.com/

http://www.alterinfo.net/La-propagande-garde-du-corps-du-...



2 Brèves

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

2-1 La mission de l'OTAN en Afghanistan en difficulté.

Le Premier ministre britannique Gordon Brown a indiqué à ses alliés que la mission de l'OTAN en Afghanistan manque "sérieusement" de troupes et d'équipements importants, a rapporté mardi le Daily Telegraph. M. Brown a tenté à maintes reprises de persuader ses alliés dont la France et l'Allemagne d'assumer plus de responsablité militaire en Afghanistan, mais ses efforts ont dans une large mesure échoué, a estimé le quotidien. Le journal a par ailleurs révélé que selon un "document confidentiel du Foreign and Commonwealth Office" qu'il a obtenu, il y a un catalogue de problèmes et de faiblesses dans les efforts de l'Occident de stabiliser l'Afghanistan. Le document de trois pages, qui résume l'opinion britannique de l'Afghanistan, a été rédigé sous la demande de M. Brown et sera distribué aux alliés occidentaux. Sur une liste de "domaines critiques à combler", le document précise que l'OTAN a besoin de trois bataillons d'infanterie ainsi que de plus d'hélicoptères, d'avions et d'équipes de formation afin d'assister l'armée afghane.   Le document met aussi l'accent sur la situation après novembre prochain, date à laquelle plus de 2.300 marines américains se retireront du sud de l'Afghanistan, où sont basées les troupes britanniques.   M. Brown a jugé le maintien de l'ordre et la justice vitales pour la démocratie en Afghanistan, mais le document reconnaît que les efforts de former et de soutenir la police afghane se détériorent. Quelque 7.800 soldats britanniques sont déployés en Afghanistan, faisant partie des 47.000 militaires de l'OTAN, dans le but de combattre les insurgés talibans et soutenir le gouvernement afghan élu [sic].  Xinhua - 29/4/2008


2-2 Offensive des troupes aétats-unienne et britanniques dans le sud. 

Offensive "Soyez libres... Les invahisseurs États-uniens ont incontestablement un sens de l'humour, presqu'aussi fin que le célèbre "Le travail rend libre" .Les soldats ont pour objectif de "renforcer la sécurité de la population" . Les lourdes frappes aériennes habituelles de ce genre d'offensive, accompagnées des dommages collatéraux bien prévisibles, vont certainement renforcer la sécurité de la population. Les troupes américaines et britanniques ont lancé lundi une grande offensive dans un bastion des talibans dans le sud de l'Afghanistan, a annoncé mardi la force de l'Otan. Cette opération militaire est la plus importante depuis des mois dans la province du Helmand, selon un communiqué de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) de l'Otan.  Des centaines de Marines américains, qui se sont déployés il y a quelques mois dans la province voisine de Kandahar pour renforcer les troupes de l'Isaf en sous-effectifs, ont été parachutés dans le Helmand la semaine dernière ou y ont progressé en convois, ajoute le communiqué. L'offensive de lundi, baptisée Azada Woza, "Soyez libres" en pachtoune, a été lancée en plusieurs endroits dans le Helmand, ajoute l'Isaf. Les soldats ont pour objectif de "renforcer la sécurité de la population" dans le district de Garmser et devront mener des pourparlers avec les chefs tribaux du Helmand pour chercher des solutions afin de rétablir la stabilité de cette province, poursuit l'Isaf. Aux côtés des Marines, des milliers de soldats britanniques qui forment l'essentiel des forces internationales déployées dans le Helmand, participent à l'offensive, selon l'Isaf. Le Helmand est le principal repaire des talibans, soutenus par des combattants étrangers "jihadistes", soulignent des responsables militaires. Cette province principalement désertique borde, le long d'une frontière très poreuse, les zones tribales du nord-ouest du Pakistan, où Washington et Kaboul assurent que les talibans afghans et Al-Qaïda disposent de bases arrières importantes dans lesquelles ils ont reconstitué leurs forces avec le soutien de tribus pakistanaises.
 Source : AFP 29.04.08 | 07h42
 


2-3 Le Pentagone veut étendre le commandement US sur le sud de l'Afghanistan.

Le Pentagone pourrait profiter de l'arrivée de troupes fraîches en Afghanistan pour tenter de modifier la structure du commandement en Afghanistan et renforcer le contrôle américain sur le sud du pays, toujours en proie à l'instabilité. Aucun chiffre n'a été officiellement avancé par l'administration Bush, mais 7500 militaires pourraient rejoindre, en 2009, le contingent américain qui s'élève aujourd'hui à 34 000 soldats.  La résistance des talibans s'est affermie dans la zone sud qui se trouve actuellement sous le commandement de l'OTAN depuis mi-2006 et qui réunit des militaires fournis par le Canada, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et le Danemark.  Les soldats canadiens sont au nombre de 2500, principalement détachés dans la province de Kandahar. C'est également un général canadien qui commande la région sud. Il doit être remplacé avant la fin de l'année par un général néerlandais, dans le cadre d'un système de rotation mis en place par l'OTAN. Ce que reproche le Pentagone, c'est précisément ce système de rotation: les commandants de la zone sud changent tous les 9 mois et, dans certains cas, les unités de combats ne restent pas en place plus de 6 mois.  Du point de vue américain, ces délais sont beaucoup trop courts pour optimiser l'efficacité des opérations militaires. Par comparaison, dans l'est du pays, les Américains effectuent des rotations de 15 mois et (en Afghanistan comme en Irak) les rotations des troupes de combat américaines passeront à 12 mois cet été. Certains membre de l'administration Bush pensent que le combat contre les talibans serait plus efficace si tout ou partie de la zone sud passait sous commandement américain, dont le mandat est pour le moment limité à l'est du pays.  L'idée de modifier la structure du commandement n'a pas encore pris la forme d'une proposition officielle auprès du secrétaire de la Défense , Robert Gates. Ce dernier a indiqué qu'aucune discussion sur ce sujet n'avait été entamée avec l'OTAN, mais que le sujet était effectivement évoqué en interne. "Je n'ai pas pris de décision, a-t-il déclaré. Je n'ai fait aucune recommandation au président. Nous continuons à en discuter". A long terme, Washington verrait bien l'OTAN prendre en charge les zones plus calmes du pays, comme le nord et l'ouest, où les missions de combat sont moins nombreuses que celles d'aide à la population. Reste qu'une telle réorganisation signifierait une "ré-américanisation" du conflit, ce qui serait délicat à gérer sur le plan politique. Washington a besoin de l'OTAN pour continuer sa lutte contre le terrorisme et ne souhaite probablement pas réitérer l'impair commis par Robert Gates en janvier dernier.  Le secrétaire de la Défense avait déclaré au Los Angeles Times que les soldats de l'OTAN n'étaient pas assez entraînés, ce qui avait soulevé une vague d'indignation chez les pays fournisseurs de troupes à l'OTAN et notamment, au Canada. La Presse Canadienne , 1er mai2008


2-4 L'idée de dialoguer avec la résistance créé la controverse.

Le ministre de la Défense du Canada a désavoué samedi les tentatives que des militaires canadiens auraient effectuées afin d'approcher des talibans pour négocier avec eux la paix dans le pays. Malgré l'opposition et le désaveu officiels de Peter MacKay, cette initiative suscite un certain intérêt tant au Canada qu'en Afghanistan. Samedi, le chef du NPD, qui était en visite à Saint-Jean, Terreneuve, a salué cette initiative. Jack Layton a estimé que la discussion et les négociations entre les combattants pouvaient être salutaires. Il a rappelé que de tels pourparlers avaient déjà été entrepris, il y a deux ans, avant d'être soudainement interrompus par le gouvernement. A Kandahar, au cours de discussions tenues en privé, des militaires canadiens ont qualifié l'idée de créative. Et le demi-frère du président afghan a exprimé son enthousiasme. Selon Ahmed Wali Karzaï, ce genre d'initiative est exactement ce qu'il faut pour faire cesser le carnage. Jeudi, le quotidien torontois The Globe and Mail avait cité le lieutenant-colonel Gordon Corbould, responsable du groupe de combat à Kandahar, et le sergent Tim Seeley, coordonnateur de l'équipe de reconstruction, qui confiaient que les canaux de communication étaient ouverts pour les talibans modérés. Peter MacKay avait réagi en affirmant qu'ils ne parlaient certainement pas au nom du gouvernement canadien et qu'Ottawa ne négociait pas avec les terroristes. Le Canada et les Etats-unis sont les deux seuls pays membres de l'OTAN présents dans le sud de l'Afghanistan à refuser de parler avec les talibans. Le Royaume-Uni et les Pays-Bas ont déjà établi le contact afin d'engager le dialogue et d'établir des cessez le feu locaux. samedi 3 mai,  Tara Brautigan, La Presse Canadienne http://cf.news.yahoo.com/s/capress/080503/monde/afghanist...



3  Dossiers

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3-1 : Point de vue de Barry Grey : Une attaque anti-Karzaï à Kaboul ébranle le gouvernement fantoche des Etats-Unis.

L’attaque armée lancée dimanche dernier contre le président afghan Hamid Karzaï au centre de Kaboul fut une démonstration éloquente de l’isolement du gouvernement parrainé par les Etats-Unis et du pouvoir d’attaque grandissant des forces anti-occupation à travers le pays. De peu, Karzaï s’en est tiré la vie sauve. Des ministres, des députés, des responsables militaires afghans et de l’OTAN ainsi que des diplomates étrangers, dont l’ambassadeur américain William Wood, ont fui en courant tête baissée ou ont été emmenés en vitesse en lieu sûr au moment où des forces anti-gouvernementales ont ouvert le feu sur une parade militaire Les forces insurrectionnelles ont ciblé la tribune officielle située en face de la plus grande mosquée de la ville, lors de la commémoration de la prise de Kaboul par les moudjahidin. Armés d’armes à feu et de mortiers ou lance-grenades, ils ont tué un membre du parlement et un chef de clan chiite et ont blessé 12 autres personnes. Un garçon âgé de 10 ans fut tué par les tirs entre les attaquants et les forces de sécurité. Les talibans ont aussitôt revendiqué l’attaque, affirmant qu’elle avait été menée par un groupe de six militants. Plus tard durant la journée, un second groupe islamiste dirigé par l’ancien allié des Etats-Unis Gulbuddin Hekmatyar a à son tour revendiqué l’assaut. Depuis l’attaque, le gouvernement a arrêté des centaines de suspects à Kaboul et a bouclé des sections entières de la ville alors que des responsables des services du renseignement procédaient à des rafles.

La capacité pour les forces anti-occupation de réaliser une telle attaque est d’autant plus surprenante étant donné les mesures extraordinaires qui avaient été prises pour assurer la sécurité lors de l’événement, qui était télédiffusé en direct à travers le pays. Plusieurs jours à l’avance, les troupes et la police afghanes avaient mis en place un cordon de sécurité autour de la région, postant des officiers en civils à travers la ville et installant des postes de contrôle pour les véhicules. On interdit aux piétons l’accès aux collines entourant le site de la cérémonie. Des tanks et des voitures blindées furent déployés sur les lieux de la parade, situés à proximité du palais présidentiel. L’attaque fut déclenchée au moment où l’on faisait jouer l’hymne national et où 21 gardes militaires procédaient à des tirs de cérémonie. Sir Sherard Cowper-Coles, l’ambassadeur britannique, qui se trouvait à la première rangée de la tribune officielle, déclara après coup à la presse : « J’ai vu une explosion et un nuage de poussière à ma gauche et j’ai ensuite entendu le crépitement d’armes à feu provenant de toutes les directions. » La transmission télévisuelle se poursuivit environ deux minutes après le début de l’attaque, montrant dans centaines de soldats afghans, de journalistes et de spectateurs fuyant les lieux. Un journaliste de la Presse associée se trouvant sur place a affirmé : « À notre surprise, des soldats en uniforme et des policiers armés fuyaient tout comme nous. Des musiciens en uniforme de l’orchestre se sont aussi enfuis. » À propos de la débâcle du gouvernement et de ses patrons américains et de l’OTAN, Ramazan Bashardost, un membre afghan du Parlement, a dit : « Il n’y a pas d’agence de sécurité en Afghanistan à laquelle les gens font confiance. Si vous examinez l’incident d’hier, les agents de sécurité ont fui la zone avant que les gens ordinaires le fassent. » Les assaillants auraient tiré à l’aide d’armes automatiques et auraient lancé des explosifs à partir du troisième étage d’un hôtel abandonné situé à 300 mètres d’une tribune réservée aux VIP qui se trouvait dans le périmètre de sécurité mis sur pied par la police et l’armée. Les agents de sécurité étaient positionnés en dehors de l’hôtel, qui est normalement occupé par des sans-abris et de pauvres clients de passage. Une grenade et un mortier ont explosé à seulement 20 mètres d’une tribune pour dignitaires et les talibans prétendent que leurs combattants se situaient à moins de 30 mètres de l’endroit où Karzaï et ses dignitaires rassemblés se trouvaient. Les forces militaires afghanes ont pris d’assaut l’hôtel et ont tué trois des assaillants, qui ont tous été identifiés comme étant des ressortissants afghans provenant de différentes régions du pays. Trois autres insurgés furent arrêtés. Les implications pour la sécurité du gouvernement Karzaï et de ses patrons américains sont aggravées par la facilité avec laquelle les assassins présumés ont pu approcher si près du président. Comme le New York Times l’a fait remarqué, le fait « suggère qu’ils ont eu de l’aide interne ». Environ deux heures après l’attaque, Karzaï, qui avait été précipité dans un lieu sûr par une sortie arrière du terrain du défilé, s’est adressé à la nation. Aussi improbable que cela puisse paraître, il a louangé les agents de sécurité afghans pour avoir cerné les insurgés et il a dit : « Merci Dieu, maintenant tout est rétabli et le peuple de l’Afghanistan doit être calme et confiant. » Mais l’incident est humiliant pour le régime, dont les relations avec ses alliés américains se sont refroidies pendant les derniers mois. Karzaï a critiqué les Etats-Unis et l’OTAN pour ne pas avoir laissé son armée et ses agents de sécurit