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12/01/2008

N°302 -Journal de Palestine 04-01 au 11-01 Début

Sommaire

 Résistance

1 Politique Palestinienne (en Palestine toujours occupée)

 2 Politique Israélienne

3 Politique internationale des territoires occupés 

4 La Palestine en chiffre & au jour le jour

 Détails par région:

Sommaire

6-1 Adriana Evangelizt : Les Etats-Unis envisagent une force internationale intérimaire en Cisjordanie.

6-2 Ismaïl Haniyeh juge les propositions de Bush "inacceptables" pour les générations palestiniennes futures.

 6-3 Olmert décide d’augmenter ses agressions militaires contre la bande de Gaza.

6-4 Barhoum : la sécurité d’Abbas complote avec l’occupation contre les droits du peuple palestinien.

6-5 Les services de renseignements: Abbas poursuit sa guerre contre le Hamas.

6-6 L’Apartheid israélien s’amplifie contre le peuple palestinien.

6-7 Les Gazaouis privés d’électricité huit heures par jour.

6-8 Comment, quand on est palestinien, tirer un trait sur les humiliations quotidiennes des militaires israéliens ?

 6-9 Les ministres arabes des affaires étrangères appellent à la levée du blocus imposé sur la bande de Gaza.

6-10 Al-Khoudri appelle à rendre les marchandises confisquées depuis huit mois.

6-11 Les Etats-Unis accorde 40 millions de dollars à l’aide aux réfugiés palestiniens.

6-12 Barghouti en échange de Gilad Shalit ?

6-13 Israël: défilé contre le démantèlement des colonies.

Résistance

Au jour le jour

04-01 Une roquette est tombée sur un quartier nord de la ville d’Ashkelon, une cité qui n’avait jamais été atteinte jusqu’alors par les tirs venant de Gaza. Al-Oufok

Analyse

 05-01 Le chef en exil du Hamas, Khaled Mechaal, a demandé le départ du gouvernement Fayyad, reconnu par la communauté internationale. "Notre peuple doit interdire à ce gouvernement de brader les intérêts palestiniens", a-t-il dit, en l’accusant de "poursuivre les résistants du Hamas partout". "Le Hamas restera attaché à la résistance jusqu’au départ du dernier soldat israélien du sol palestinien. C’est un choix stratégique. La résistance se poursuivra, personne ne pourra l’arrêter", a expliqué le chef du Hamas. (Al-oufok avec les agences de presse)

06-01 Le ministre la guerre Barak a reconnu que la résistance palestinienne a lancés plus de 32 missiles sur les colonies installées près de la bande de Gaza, depuis le début de cette année 2008, et que son armée a tué seulement.12 résistants durant le mois dernier .
Gaza - CPI

 09-01 Olmert a dit que le lancement de la roquette Grad de fabrication russe sur Ashkelon jeudi représente une escalade dans ce qu’il appelle « l’activité terroriste » émanant de la bande de Gaza.. Al-Manar  0

9-01 Le Djihad islamique a souligné que celui qui se moque de la résistance (Abbas) et des martyrs en liant le peuple palestinien aux accords et plans sécuritaires sionistes qui encerclent la résistance et confisquent ses armes ne représente plus le peuple palestinien. Le Djihad a aussi insisté sur le droit de la résistance à utiliser tous les moyens possibles qui permettent au peuple palestinien de faire face aux agressions et crimes sionistes. CPI
09-01


1  Politique Palestinienne

1-1 Processus de paix. 05-01 M. Mechaal a démenti des rencontres entre son organisation et Israël : "Il n’y a pas de contacts entre le Hamas et les sionistes qui sont nos ennemis." Il a révélé que son mouvement avait opposé récemment une fin de non-recevoir à une proposition européenne d’une rencontre entre le Hamas et les Israéliens pour examiner les moyens de calmer la situation. "Gaza est affamée, encerclée mais elle résiste", a dit M. Mechaal qui a demandé aux "dirigeants arabes de prendre une décision audacieuse pour lever l’embargo" imposé à Gaza. (Al-oufok avec les agences de presse) 06-01 Mahmoud Abbas & Ehoud Olmert ont décidé de discussions sur les questions du statut final pour tenter de parvenir à un accord de paix définitif d’ici la fin de l’année. Ils se sont mis d’accord sur la mise en place de trois "niveaux" de négociations en vue de parvenir à un accord de paix d’ici fin 2008. Les deux dirigeants, et les chefs des négociateurs dans de nouvelles discussions, se concentreront donc sur leurs principaux points de contentieux : frontières définitives d’un Etat palestinien, statut de Jérusalem, question des réfugiés palestiniens. D’autres négociateurs aborderont les questions plus immédiates, comme les barrages routiers israéliens. "Les deux dirigeants se sont mis d’accord pour autoriser" leurs négociateurs à "mener des négociations sur toutes les questions du statut final et toutes les questions de fond", a expliqué le porte-parole d’Ehoud Olmert, Mark Regev.  (Al-oufok avec les agences de presse)  

1-2 Les analyses (du processus de paix).

 09-01 Le Djihad islamique en Palestine a affirmé que les rencontres, visites et négociations entre la direction de l'autorité palestinienne dirigée par le président Mahmoud Abbas et l'occupation israélienne sont inutiles pour le peuple palestinien au moment où l'occupation tente de couper le choix de la résistance en imposant des engagements sécuritaires. Gaza - CPI
09-01

1-3 Sur le terrain.

 09-01 Plus de 5.000 personnes ont manifesté mercredi à Gaza contre la visite au Proche-orient de Bush, Les manifestants ont défilé dans les rues de Gaza en brûlant des effigies de Bush et d’Ehoud Olmert, ainsi que des drapeaux israéliens et américains. "Mort à l’Amérique !", scandait-on notamment dans la foule. Certains arboraient des affiches montrant un chien en train de mordre la tête du chef de la Maison Blanche , et un jeune homme piétinant le président américain. D’autres rassemblements ont eu lieu dans la bande de Gaza, dont une manifestation de quelque 200 partisans du Fatah de Mahmoud Abbas. Al-Oufok  

1-4 Dialogue national 

09-01 Le Djihad islamique a appelé à la reprise immédiate du dialogue national qui sert l'intérêt du peuple palestinien et sa question, en soulignant que le dialogue doit parler de l'intérêt général, de la fin des désaccords et de la protection des droits et principes palestiniens. Il a appelé les pays arabes et islamiques à exploiter leur rôle et à pratiquer des pressions afin de réaliser la réconciliation palestinienne. Le mouvement du Djihad a insisté sur le choix de la résistance en affirmant que le programme de la résistance représente la priorité du peuple palestinien et son projet national. CPI
09-01  

1-5 Négociations.

 09-07 Le premier ministre au gouvernement légal d’unité nationale, Ismaïl Haniyeh, a appelé le président français, Nicolas Sarkozy, à intervenir pour mettre fin au blocus imposé contre Gaza et arrêter les agressions israéliennes contre le peuple palestinien en affirmant que son gouvernement est prêt collaborer avec tous les efforts internationaux qui visent à renforcer la sécurité et la paix dans la région.
CPI
 

1-9 Action & déclaration palestinienne contre la politique colonialiste en général

 07-01 L’organisme public des réfugiés palestiniens a appelé les Arabes et la communauté internationale à intervenir immédiatement pour obliger Israël à arrêter ses agressions injustes et son siège imposé au peuple palestinien et à se soumettre aux résolutions de la légalité internationale sur le retrait de tous les territoires arabes occupés et l’établissement d’un Etat palestinien indépendant dont la capitale est Jérusalem.
  Dans un message adressé au commissaire général de l'UNRWA, l'organisme a affirmé que les droits palestiniens sont indiscutables, dont notamment celui au retour, et que c'est de la responsabilité du monde et des organisations internationales, en particulier l'ONU, qui avaient adoptées ce droit de l'assurer.
Sana

1-13 Déclaration et situation dans les geôles israéliennes - Prisons & tortures

05-01 M. Mechaal a évoqué le sort du soldat israélien Gilad Shalit qui avait été capturé le 25 juin 2006 par des groupes palestiniens en territoire israélien, à la lisière de la bande de Gaza. "Nous ne libérerons Gilad Shalit que si nos prisonniers sont libérés" par Israël, a-t-il affirmé.  (Al-oufok avec les agences de presse)

2  Politique Israélienne

Olmert

Olmert parlant de  la visite du président Bush dans la région cette semaine, à déclaré : « Nous l’accueillerons les bras ouverts. Voici un président qui a montré une grande amitié avec Israël durant son mandat et qui a été un allié stratégique dans les questions relatives à l’économie et aux relations étrangères d’Israël ».

Al-Manar

06-01 Olmert a affirmé dimanche qu'Israël allait attaquer encore plus sévèrement. Al-Oufok

2-2 Des Canons ... pas du beurre.

06-01 Deux jours avant une tournée de Bush dans la région, Olmert, a affirmé : 'cette attaquesur un quartier nord de la ville d’Ashkelon ! marqueune "escalade" et qu’en conséquence Barak avait ordonné une "intensification des opérations" contre les résistants de la bande de Gaza. "Nous continuerons à réagir et nos forces lanceront des opérations pour frapper les terroristes partout à Gaza et aussi en Judée-Samarie (Cisjordanie)", a dit Olmert. Al-Oufok

09-01 Olmert’ : ‘Israël continuera à répondre et à viser ceux qui sont responsables des attaques à Gaza’, ajoutant que son ministre ide la guerrea déjà donné pour ordre d’accroître les opérations de l’armée dans la région. Al-Manar 09-01 Des sources du bureau d’Olmert ont dit dimanche qu’en tirant la roquette Grad de fabrication russe sur Ashkelon, les Palestiniens « ont franchi la ligne ».  Les forces de sécurité prévoient de répondre en conséquence, et d’intensifier les opérations contre les cellules de lancements de roquettes. Al-Manar

09-01 Des sources de la défense israélienne ont dit que l’armée israélienne ne prévoyait pas d’opération militaire de grande échelle à Gaza, bien qu’elle ait accru l’utilisation des avions de guerre. Traduction : manar-fr.com 09-01  Israël projette de continuer ses raids au sol, trois kilomètres à l’intérieur de Gaza, et avec des frappes aériennes sur des combattants seniors.

Al-Manar Traduction : manar-fr.com

10-01 Les israéliens ont annoncé jeudi la "levée provisoire" des sanctions imposées depuis fin octobre à la bande de Gaza concernant la fourniture de fioul. Israël a commencé le 28 octobre à réduire l'approvisionnement en carburants au territoire de Gaza. Suite aux sanctions israéliennes, la compagnie gestionnaire de la seule centrale électrique de Gaza a annoncé dimanche dernier qu'elle devait procéder à des coupures prolongées de courant. Le ministre de guerre Barak a donné des consignes pour que les "fournitures de fioul en provenance d'Israël soient rétablies provisoirement au niveau de novembre", avant l'entrée en vigueur des sanctions, ont indiqué à la Cour suprême les représentants de l'Etat. Ils ont précisé que ces fournitures s'élèveront à 2,2 millions de litres par semaine. Dix organisations israéliennes et palestiniennes de défense des droits de l'Homme avaient introduit un recours devant la Cour suprême israélienne contre ces mesures de rétorsion, qu'elles dénonçaient comme "une punition collective en violation du droit international". Deux des ONG israéliennes, le Centre légal pour la liberté de circulation (Gisha) et le Centre légal pour les droits de la minorité arabe en Israël (Adalah) ont jugé dans un communiqué cette décision "trop tardive et insuffisante" car en hiver, la quantité de fioul nécessaire aux besoins de la bande de Gaza est de 2,5 millions de litres/semaine. (AFP -21h06)  

2-10 Politique colonialiste israélienne. (Colonisation & colonies) 03-01 Israël envisage de construire plus de 300 nouvelles résidences à Har Homa en dépit de ses obligations en vertu de la nouvelle feuille de route pour la Paix de 2003 et les résolutions prises à la conférence d’Annapolis. Irna 04-01 Un groupe de pacifistes palestiniens, israéliens et internationaux s'étaient rassemblés à l'entrée de la colonie illégale d'Har Homa, non loin de Bethléem, pour protester contre l'expansion continue des colonies illégales israéliennes en Cisjordanie Occupée. La vérité est que la communauté internationale n'a jamais reconnu ces frontières qui ont été établies unilatéralement par Israël après la guerre de 1967. Le monde reconnaît que Har Homa est située sur le territoire de la Cisjordanie Occupée et qu'elle doit être incluse dans le gel des colonies. Irna 09-01 Olmert a affirmé qu'il respecterait ses engagements concernant les colonies sauvages en Cisjordanie. (considérées comme illégales au regard de la législation internationale.). "Nous exigeons que les Palestiniens respectent aussi leurs engagements de mettre fin au terrorisme, et pas seulement à Gaza", a ajouté M. Olmert.  (AFP 18h20)


3 Politique Internationale des térritoires occupés

1 Pays Arabes & voisins

 06-01 Le Conseil de la Ligue arabe a averti des répercussions de l'ignorance, par le Conseil de Sécurité et le quartette, des violations israéliennes à l'encontre des civils palestiniens à Gaza et en Cisjordanie, appelant à la levée immédiate du blocus imposé sur la bande de Gaza. Sana 07-01 La réunion des ministres arabes des affaires étrangères avait adopté, une résolution appelant les parties palestiniennes au dialogue pour la récupération de leur unité et à l'engagement aux résolutions prises au Caire et à la Mecque. R.Jorf – Sana 07-01


2 Le Monde 1 Usa (le parrain)

1 Bush

11-01

George W. Bush a annoncé vendredi qu’il reviendrait en Israël en mai prochain … "La paix a de fortes chances, et je veux vous aider", a déclaré Bush, aux côtés d’Olmert et de Peres sur l’aéroport de Tel Aviv, alors qu’il partait pour le Koweït. "M. le Premier ministre et M. le Président, merci beaucoup pour votre nouvelle invitation que j’accepte", a déclaré George Bush avant de monter dans l’avion présidentiel Air Force One….

2 Les institutions et leurs satellites

Onu 10-01 L'ONU s'est dite "très préoccupée" en décembre par les réductions israéliennes de carburant à la bande de Gaza, compte tenu de l'impact sur l'ensemble de la population. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'était particulièrement alarmée de son impact sur les services de santé.  (AFP -21h06


5 Quartette (composé des États-unis, de l'Union européenne, de la Russie et des Nations unies)

11-01 L'envoyé spécial du Quartette pour le Proche-Orient (Etats-Unis, UE, Russie, ONU) : Blair : "Il est absolument possible d'avoir un accord de paix d'ici à la fin de l'année si les gens veulent que cela se produise", Mais tout accord exige des parties prenantes d'"avoir le courage de prendre les décisions difficiles pour faire des compromis difficiles". A ses yeux, la solution de deux Etats (israélien et palestinien) "vivant côte à côte" est la seule qui vaille. Tony Blair a cependant observé que la sécurité … d'Israël devait être garantie dans le cadre d'un accord. … AP

 


4 La lutte pour la libération dans les  territoires occupés   

Au jour le jour 

Cisjordanie occupée par Israël depuis 1967 

06-01 L’armée d’occupation s’est retirée de Naplouse, en Cisjordanie, où elle avait mené pendant quatre jours une vaste opération de raids et perquisitions tous azimuts, confinant les habitants chez eux. Selon des responsables palestiniens, plus de 40 personnes ont été blessées au cours de l’opération. Après le départ des forces d’occupation, le gouverneur de Naplouse Jamal Muheisin a été hué par la population alors qu’il se rendait dans la vieille ville. Il a rapidement quitté les lieux. Selon le Fayyad, l’opération visait à "faire monter la tension avant la visite de Bush", "Ils tentent de saboter les réussites de l’Autorité palestinienne dans la ville", a-t-il déclaré .


6 Les brèves

 Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

6-1 Adriana Evangelizt : Les Etats-Unis envisagent une force internationale intérimaire en Cisjordanie. Alors voilà quelque chose qui nous fait mieux comprendre pourquoi le fameux Alqaïdien Adam Yahiye Gadahn appelait à accueillir Bush avec des bombes. Les Etats-Unis préparent le déploiement d'une force internationale en Cisjordanie qui entérineraient le retrait de l'armée israélienne. Voilà une chose qui ne va pas plaire du tout aux sionistes. Attendons-nous à une recrudescence d'attentats en Irak et à d'autres trucs du même acabit. Déjà, une bombe à explosé hier au passage d'une voiture de la Finul , dans le Liban sud. D'autant que Bush est aussi en train de mettre sur pied une commission pour surveiller que les deux parties remplissent leurs obligations dont l'arrêt de la construction d'implantations. Ca doit trépigner sévère dans le Grand Kahal Sioniste. Les Etats-Unis préparent le déploiement d’une force intermédiaire pour sécuriser la région. La question de savoir comment traiter la période délicate entre le retrait des forces israéliennes de Cisjordanie et le moment où l’Autorité palestinienne sera en mesure de prendre le contrôle des territoires sous sa souveraineté, sera probablement abordée au cours des discussions entre le président Bush et le président de l’Autorité palestinienne jeudi 10 janvier.

L’envoyé spécial des Etats-Unis pour les questions de sécurité au Moyen-Orient, James Jones, a été chargé de préparer un plan d’ici 6 mois.
Plusieurs options
sont prises en compte, dont le déploiement d’une force de l’OTAN ou des forces jordanienne et égyptienne.
James Jones était le commandant militaire de l’OTAN de 2003 à 2005.
Bush devrait également dessiner les contours d’une nouvelle commission tripartite, composée des Palestiniens et des Israéliens sous la présidence des Etats-unis, dont la tâche sera de surveiller que les deux parties remplissent leurs obligations définies par la Feuille de route. Pour Israël, l’arrêt de la construction d’implantations. Pour les Palestiniens, la lutte contre le terrorisme et le démantèlement des organisations Sources Armées com

6-2 Ismaïl Haniyeh juge les propositions de Bush "inacceptables" pour les générations palestiniennes futures.

La visite de George W. Bush prouvait sa partialité envers Israël et était néfaste pour les aspirations palestiniennes à un Etat.

"Bush a donné à Israël toutes les promesses nécessaires au renforcement de son occupation (...) tout en donnant aux Palestiniens uniquement des illusions, des slogans, et des mots creux qui ne font qu’exprimer la tromperie qui a caractérisé cette visite", a déclaré Ismaïl Haniyeh à l’issue de la prière du vendredi. Au cours de sa visite de trois jours, Bush a exhorté Israël à mettre fin à son occupation de la Cisjordanie et a souligné que le futur Etat palestinien avait le droit à la continuité territoriale. Dans le même temps, il a conforté la position israélienne sur les principales implantations juives et sur la question du retour des réfugiés. Pour Haniyeh, les millions de réfugiés de la guerre de 1948 et leurs descendants doivent pouvoir revenir en Israël. "Ces concepts sont totalement inacceptables pour nous". "Une courte visite de quelques heures ne peut réduire ce droit historique et étrangler l’avenir de générations de Palestiniens sur la terre de Palestine". Et de dénoncer le fait que Bush ait qualifié le Mouvement de la résistance islamique d’obstacle à la paix. "Cela plante les graines de la sédition et est une tentative de créer une atmosphère propice à des guerres intestines palestiniennes", a-t-il déclaré. George W. Bush s’est entretenu à Ramallah avec Mahmoud Abbas. Haniyeh a mis en garde Abbas, l’appelant à ne pas "se glisser" derrière le gouvernement américain, estimant que cela pourrait mettre son pouvoir en danger. Source : Al-Oufok samedi 12 janvier 2008.

6-3 Olmert décide d’augmenter ses agressions militaires contre la bande de Gaza.

Le premier ministre du gouvernement d’occupation Olmert a décidé, aujourd’hui dimanche, avant l’arrivée du président américain Bush dans la région, d’escalader ses opérations militaires contre la bande de Gaza et de prendre en cible les leaders politiques des factions de la résistance, notamment du mouvement du Hamas. Olmert a dit qu'il a ordonné à Barak d'escalader les opérations contre la bande de Gaza, considérant que le bombardement contre la ville d'Askalane représente un développement dangereux. Il a ajouté que les forces occupantes vont poursuivre leurs opérations militaires en soulignant que son gouvernement va discuter d'une proposition de 23 millions de shekels dans le cadre d'un plan qui vise à protéger les colonies sionistes installées près de la Bande. On souligne que les agressions sionistes se poursuivent et que durant les dernières 24 heures, les forces occupantes ont tué trois citoyens palestiniens dont un adolescent âgé de moins de 17 ans, après avoir tué plus de 60 citoyens palestiniens le mois de décembre dernier. Source : Al Oufok

6-4 Barhoum : la sécurité d’Abbas complote avec l’occupation contre les droits du peuple palestinien.

Le Hamas a averti du dangereux rôle des services de la sécurité du président de l’autorité palestinienne, Mahmoud Abbas et du gouvernement illégal de Fayyad qui multiplient leurs campagnes d’agressions contre le mouvement du Hamas, ses leaders et la résistance palestinienne en Cisjordanie. Le porte-parole du mouvement du Hamas Fawzi Barhoum considère, que l'arrestation de Hussein Abou Kouik et de Faraj Roumana par les forces occupantes, après leur libération des prisons des services de sécurité préventive à Ramallah, représente l'échec moral, politique et sécuritaire du gouvernement de Fayyad. Il a souligné que le gouvernement de Fayyad n'est qu'un moyen utilisé par l'occupation israélienne et la direction US  contre le peuple palestinien et sa résistance légale et que ses complots confirment ses agendas US, en déclarant que le rôle dangereux du gouvernement de Fayyad vient dans le cadre de ses engagements sécuritaires visant à protéger la sécurité de l'Etat de l'occupation et à frapper la résistance palestinienne à Naplouse et en Cisjordanie.

Le mouvement du Hamas a averti que son silence face aux dangereux dépassements de l'autorité palestinienne et du gouvernement de Fayyad, qui jouent avec l'avenir du peuple palestinien, ne montre pas que le mouvement est faible. Il a de plus appelé tous les hommes nobles du peuple palestinien et ses forces résistantes à unir leurs positions contre les séries de complots menés à l’encontre de nos leaders politiques et de nos institutions nationales entrepris pour des intérêts personnels. CPI
09-01
6-5 Les services de renseignements: Abbas poursuit sa guerre contre le Hamas. Les services de renseignements israelien enregistrent la guerre lancée par les services de sécurité du président de l’autorité palestinienne Mahmoud Abbas contre le Hamas en Cisjordanie, en présentant de façon quotidienne un rapport aux responsables politiques israéliens.
Des sources de presse dans les territoires palestiniens occupés en 1948 ont dit qu'un rapport des services de renseignements a souligné que l'autorité palestinienne a augmenté, lors des dernières semaines, ses activités contre le mouvement du Hamas dans les villes de la Cisjordanie.
Il a souligné que les services de sécurité d'Abbas ont arrêté plus de 250 activistes du Hamas dont des fonctionnaires d'organisations de bienfaisance en plusieurs jours. Le rapport a enregistré toutes les activités des services de sécurité d'Abbas contre les activistes de la résistance palestinienne dans les villes de la Cisjordanie , ainsi que le nombre de citoyens palestiniens arrêtés et les armes confisquées dans chaque ville. Selon le rapport, la majorité des enlevés sont de la ville de Naplouse, et il est indiqué qu'ils ont arrêté, depuis le 28 novembre jusqu'au 2 décembre 2007, plus de 250 activistes du Hamas dont des résistants des brigades d'Al-Qassam ainsi que des fonctionnaires. 50 autres personnes ont aussi égé arrêtées durant la dernière semaine de décembre, dont 25 citoyens de Naplouse, 15 d'Al-Khalil, alors que les autres sont de la ville de Qalqilia, de Ramallah, de Jénine et de Tulkarem. Il est à noter que les services de renseignements rassemblent leurs informations à travers l'échange d'informations avec les services de sécurité d'Abbas ou à travers leurs agents déployés dans les villes de la Cisjordanie. Le ministre sioniste de la guerre a dit, dimanche derner, le 6/1, lors de l'audience hebdomadaire du gouvernement sioniste, que l'Etat de l'occupation déploie tous ses efforts pour aider l'autorité palestinienne dans sa guerre contre le mouvement du Hamas. Al-Nassera - CPI
09-01
 

6-6 L’Apartheid israélien s’amplifie contre le peuple palestinien. Alors que le Fatah demande la suspension de la colonisation en Palestine occupée,l’apartheid israélien s’amplifie contre le peuple palestinien.
Le Fatah a mis l’accent sur la suspension de l’expansion des colonies de peuplement dans les territoires occupés.
" Conformément au droit international, l'implantation des colonies de peuplement sioniste, en Palestine occupée est illégale", a déclaré le membre du Conseil révolutionnaire du Fatah, Mohammad al-Hourani.
Il a d'ailleurs averti que le régime d’Israël tentait de faire croire que la colonisation en Palestine occupée en Cisjordanie et le pillage des biens et des terres palestiniennes dans cette zone s'effectuait dans un cadre tout à fait légal.
Mohammad Al-Hourani a par ailleurs prôné la nécessité de mener à bien, via les voies diplomatiques, le dossier palestinien, pour qu’enfin les droits du peuple palestinien soient entre temps complètement respectés.
Et de souligner:" Le régime de Tel-Aviv ne peut jamais imposer, ses diktats au peuple palestinien. Le membre du Conseil révolutionnaire du Fatah a en fin du compte critiqué le soutien sans ambages de la Maison Blanche à Israël, jugeant inefficace la visite du président Bush au Moyen-Orient
Téhéran - Irna
05-01

N°301-Palestine 'Spécial Bush' Dossier. 1 article

8-1 Interview de Amr Hamzawi : Les présidents américains n’effectuent pas de visites d’adieu.

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

Amr Hamzawi, chercheur à l’Institut américain Carnegie pour la paix mondiale, à Washington, estime que le Golfe est une priorité dans la tournée du locataire de la Maison Blanche.

Al-Ahram Hebdo : Pourquoi George Bush envisage-t-il cette tournée dans la région ? Vient-il avec du nouveau ou est-ce une simple visite d’adieu ?

Amr Hamzawi : Traditionnellement, les présidents américains n’effectuent pas de visites d’adieu. Ils le font parfois vers les deux derniers mois de leur mandat et en destination de leurs alliés européens. Bush a encore un an en poste devant lui et c’est une longue période en dépit de la course présidentielle. Je crois que c’est une année-clé pour la politique américaine, surtout pour l’administration actuelle, sur au moins quatre grands dossiers : l’Iran, l’Iraq, Israël et le Liban.

- Dans le monde arabe, il y a des craintes que cette visite ne soit le prélude à une attaque contre Téhéran ...

- Je crois que la seule partie qui a intérêt aujourd’hui à frapper l’Iran c’est Israël. Après le rapport des services secrets américains, Bush aura beaucoup plus de mal à véhiculer, auprès des Américains et auprès des  alliés européens, l’idée d’une opération préventive contre Ahmadinejad, même si théoriquement, on doit attendre jusqu’au printemps pour trancher cette question. L’Iran est un dossier important dans cette visite, c’est pourquoi Bush passera le plus de temps dans les pays du Golfe. Son objectif est plutôt de contourner l’influence iranienne en établissant des arrangements sécuritaires dans la région. Et sa  mission est assez compliquée car Bush devrait s’efforcer de convaincre ces pays qu’ils ont toujours besoin de cette soupape de sûreté militaire américaine. La situation en Iraq a en effet réduit l’importance de celle-là et Bush veut récupérer le rôle américain. Il veut encore encourager les pays du Golfe à fermer les canaux ouverts avec Téhéran. Il ne faut pas oublier que les Emirats arabes ont d’importantes relations économiques avec Téhéran et l’Arabie saoudite entretient des relations diplomatiques avec cet Etat. Ahmadinejad mène une activité diplomatique claire dans la région : il a assisté au sommet des pays du Golfe et il s’est rendu à La Mecque pour le pèlerinage. Bush veut simplement encourager le Golfe à opter pour le contournement plutôt que l’ouverture sur l’Iran.

- S’il peut convaincre les pays du Golfe de changer de position, pourra-t-il arracher des concessions aux responsables israéliens sur le processus de paix ?

- Théoriquement, l’Administration américaine est la seule au monde capable de faire des pressions sur Israël et encore une administration républicaine. Le parti républicain est, contrairement aux Démocrates, libéré des pressions des financements de campagne ou des donations du lobby pro-israélien. Il existe des éléments contraints, surtout que c’est une année d’élections et donc de confusion pour l’Administration Bush qui ne veut pas laisser à son successeur un héritage difficile à gérer. Il ne faut pas non plus oublier que le groupe autour du vice-président Dick Cheney divise le Proche-Orient en ennemis et ami et ce dernier n’était qu’Israël. Les néo-conservateurs eux aussi rejettent toute pression sur Tel-Aviv. C’est pourquoi je crois que les pressions sont plus au niveau de la rhétorique et partiellement sur les colonies. Il tentera d’encourager les Israéliens d’être un peu plus flexibles et de geler certaines implantations qui changent la réalité sur le terrain, mais ne s’attaquera pas aux dossiers épineux comme les réfugiés, Jérusalem ou encore le délai de la création d’un Etat palestinien. Avec le président Abbass, il l’encouragera probablement à maintenir le statu quo avec le Hamas, c’est-à-dire à éviter tout dialogue et tout gouvernement d’union nationale.

- Bush a-t-il donc oublié tous ces discours sur la démocratie ? -

 Ceci sera un volet de ses discussions, peut-être pas en public. Il soulèvera la question au Koweït, au Bahreïn et en Egypte. Encore des mots simplement pour enraciner l’idée que l’Administration Bush est la première à avoir fait de la démocratie au Proche-Orient une priorité. - Si c’est vraiment son objectif, pourquoi le président américain a-t-il aussi tardé pour mener une visite dans la région ?

- Avant 2007, il n’y avait pas de diplomatie américaine dans la région. Les Américains optaient plus auparavant pour l’aventure comme en Afghanistan ou en Iraq et avec la visite de Bush, les Américains confirment qu’ils ont redécouvert la diplomatie après Annapolis. Elle prend le devant face à une politique basée uniquement sur la confrontation et les aventures. - N’est-ce pas un peu tard ? certains observateurs vont jusqu’à qualifier Bush de pire président américain ? - Il est impossible de juger au moment même. Il faudrait du recul, un peu plus de temps pour confirmer ou non cette idée. Mais ce qui certain c’est que les politiques de Bush sont simplement mauvaises. Cette Administration voulait recréer un nouveau Proche-Orient quelle que soit la nomination et ceci signifiait : plus d’amis pour les Etats-Unis, élimination des ennemis et moins de menaces pour les intérêts américains. Le bilan est autre. Les amis des Etats-Unis dans la région n’ont pas augmenté et ceux qui le sont ont du mal à le déclarer à cause de la mauvaise image de l’Amérique. Bush a éliminé Saddam et les Talibans, mais un ennemi plus grand a surgi : l’Iran. C’est une crise de gestion. L’Administration a échoué à réaliser ses objectifs

Propos recueillis par Samar Al-Gamal

N°301-Palestine 'Spécial Bush' Dossier. Début

7-1 Point de vue de Al-oufok : Première tournée proche-orientale pour un Bush en fin de parcours.

7-2 Point de vue de T. Hocine : Le président américain George W. Bush au Proche-orient : Une tournée alibi.

7-3 Point de vue de Mohamad Al-Menchawi : Visite de reconnaissance tardive…

7-4 Point de vue de Claire Dana Picard : Saeb Arekat  dit : Les USA ne doivent pas se mêler du conflit.

7-5 Point de vue de Adriana Evangelizt : Un ciel bas met Bush au niveau de certaines réalités palestiniennes.

7-6 Point de vue de Benjamin Barthe : Tayseer dit : "Nos dirigeants déroulent le tapis rouge sous les pas d’un tueur."

7-7 Point de vue de Karim Mohsen : Bush au proche-Orient … Une tournée des popotes.

7-8 Point de vue de Jeffrey Heller et de Matt Spetalnick (Reuters) : Bush affiche un engagement 'fort' pour un Etat palestinien.

7-9 Point de vue de Les résultats attendus de la tournée régionale de Bush.

8-1 Interview de Amr Hamzawi : Les présidents américains n’effectuent pas de visites d’adieu. 

  7 Les dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

7-1 Point de vue de Al-oufok : Première tournée proche-orientale pour un Bush en fin de parcours.

Il aura attendu la dernière de ses huit années de mandat pour effectuer une tournée digne de ce nom au Proche-Orient. George W. Bush, considéré dans la région comme un simple "spectateur", s’envole mardi pour un périple de huit jours dans cette partie du monde qu’il aura surtout vue de très loin et à travers le prisme de sa ‘guerre contre le terrorisme’. On y doute du sérieux de son engagement et de ses chances de réussite. Depuis qu’il est à la Maison Blanche , il a toujours évité de s’impliquer personnellement dans les négociations du processus de paix israélo-palestiniens. Il a fixé des objectifs généraux -son projet de "Grand Moyen-Orient" démocratique qui a fait long feu- tout en menant les controversées guerres d’Irak et d’Afghanistan. Il a délégué les détails à d’autres, posant rarement le pied dans la région, si ce n’est pour aller encourager ses troupes en Irak. "Dans la région et le monde arabe, il est considéré comme n’ayant été qu’un spectateur", note Bruce Riedel, ancien de la CIA et analyste de la Brookings Institution. Son collègue Jon Alterman, spécialiste du Proche-Orient au Centre d’études stratégiques et internationales à Washington, enfonce le clou : "La plupart des dirigeants de la région avec qui j’ai parlé semblent le considérer comme à la fois naïf et dur". Président en fin de mandat, donc déjà partie du passé, et dont le périple risque d’être éclipsé par la primaire du New Hampshire, Bush arrive mercredi en Israël. Un premier voyage dans ce pays qui est pourtant l’allié indéfectible des Etats-Unis. Il ira en Cisjordanie, déjà visitée en 1998, et pour la première fois au Koweït, au Bahreïn, aux Emirats arabes unis et en Arabie saoudite. Un bref passage est prévu à Charm el-Cheikh en Egypte, où il s’était rendu en 2003. Malgré les spéculations, la Maison Blanche ne confirme pas d’étape en Irak ni au Liban. Après la conférence d’Annapolis, le voyage de Bush vise à cultiver l’élan donné au processus de "paix", et à encourager une réconciliation arabo-israélienne plus vaste. En outre, en pleine escalade de cours pétroliers et alors que la récession menace l’Amérique, Washington a plus que jamais un intérêt bien compris dans la région : assis sur leur pétrole dont le prix a triplé depuis que George W. Bush est président, les peu démocratiques monarchies du Golfe investissent à tour de bras aux Etats-Unis. S’il compte bien sûr y réaffirmer l’engagement qui lui sert de credo depuis le 11 septembre 2001, la guerre contre le terrorisme, la priorité No1 de l’homme qui inventa l’"axe du mal" est l’Iran : à l’heure où un rapport du renseignement américain laisse entendre que l’Iran a arrêté son programme d’armement nucléaire en 2003, et après une année 2007 placée sous la menace d’une nouvelle guerre, Bush a baissé la garde et dit préférer l’option diplomatique, sans rien exclure pour autant. Selon Stephen Hadley, conseiller à la sécurité nationale, le président "signalera en privé et tranquillement que nous comprenons le défi que l’Iran constitue pour la région". Ce que Bush expliquait déjà vendredi à des journalistes arabes, disant que le projet nucléaire du régime des mollahs "reste une menace pour la paix". Pas rancunier, Israël, qui n’avait plus reçu de président américain depuis Bill Clinton, se met quant à lui en quatre pour Bush, qui séjournera bien sûr au prestigieux King David de Jérusalem, avec vue sur la Vieille ville illuminée a giorno pour l’occasion. Et sous une sécurité hors normes : avec 10.500 policiers mobilisés, pour une visite baptisée "Opération ciels dégagés", qui paralysera tout le pays pendant trois jours... George W. Bush compte faire pression sur Ehoud Olmert pour qu’il démantèle les colonies illégales et exhorter les parties à "prendre des décisions difficiles sur des questions complexes". Et dit espérer la signature d’un accord de paix d’ici son départ de la Maison Blanche , dans un an. Mais son éventuel poids dans l’affaire laisse les analystes sceptiques, d’autant qu’aucune réunion tripartite n’est prévue : "Tout le monde voit ça d’un très mauvais oeil. Ils n’ont jamais vu le président dans la région et personne ne pense qu’il soit vraiment engagé envers le processus de paix", note Kenneth Pollack, également analyste à la Brookings et ancien directeur des affaires du Golfe au Conseil de sécurité nationale. (Al-oufok avec les agences de presse)

08-01 janvier 2008

  7-2 Point de vue de T. Hocine : Le président américain George W. Bush au Proche-orient : Une tournée alibi.

Tapis rouge et discours dans la logique des relations liant les Etats -Unis et Israël.
Les dirigeants israéliens en ont même rajouté hier en accueillant le président américain, le premier ministre israélien lui déclarant qu’il était « l’allié le plus fort (d’Israël, ndlr) contre le terrorisme ». Ou encore : « Vous êtes notre allié le plus fort, ainsi qu’un soutien ferme dans notre quête pour la paix et la stabilité », a déclaré M. Olmert peu après la descente d’avion de M. Bush. En réponse, George Bush a dit voir une « nouvelle chance » pour la paix au Proche-Orient et a affirmé la force de l’alliance entre les Etats-Unis et Israël. L’alliance avec les Etats-Unis contribue à garantir la sécurité d’Israël comme « Etat juif », a-t-il déclaré. « L’alliance entre nos deux nations contribue à garantir sa sécurité en tant qu’Etat juif », a dit M. Bush en évoquant Israël. On sait que les Etats-unis et Israël sont liés par une alliance
stratégique ; mais, en ce qui concerne la paix, il y a lieu de se montrer dubitatif. De quelle paix peut-il s’agir quand Israël bafoue toutes les lois internationales, assuré d’une certaine impunité, et s’engage dans des actions unilatérales en ce qui concerne ses relations avec les Palestiniens ?

C’est le cas de tout processus de paix, et en ce qui concerne cette fois la venue de Bush, elle a été précédée par une décision israélienne d’étendre la colonisation juive. Voilà donc ce qui
marque la visite du président George W. Bush, arrivé hier en Israël pour une visite historique de trois jours qui le conduira aussi dans les territoires palestiniens. M. Bush est le quatrième président américain à se rendre en Israël après Richard Nixon en 1974, Jimmy Carter en 1979 et Bill Clinton en 1998.
M. Bush entame une visite historique censée aider Israéliens et Palestiniens à conclure un accord de paix dans la dernière année de son mandat, sept ans après son arrivée au pouvoir. Pour M. Bush, souvent accusé d’avoir délaissé la question israélo-palestinienne, il s’agit d’aider le Premier ministre israélien Olmert et le président palestinien Mahmoud Abbas à tenir la promesse faite sous ses auspices à la Conférence d’Annapolis (Etats-Unis) en novembre : s’entendre d’ici à fin 2008 sur les termes d’un accord conduisant à la création d’un Etat
palestinien coexistant en paix avec Israël. M. Bush devait rencontrer, hier, séparément, selon son programme actuel, les dirigeants israéliens et palestiniens, aujourd’hui, ainsi que le représentant du quartette pour le Proche-Orient, Tony Blair, demain. Il se partagera entre Israël et la Cisjordanie , évitant la bande de Ghaza, l’autre territoire palestinien passé. Mais il y a d’autres espaces que M. Bush ne verra pas. Des quartiers entiers d’El Qods sont en effet bouclés. L’armée israélienne a décrété le bouclage de la Cisjordanie. M. Bush arrive précédé par un scepticisme largement répandu et des attentes de part et d’autre : les Palestiniens espèrent qu’il fera pression sur les Israéliens pour que cessent la colonisation
et les raids ; les Israéliens, qu’ils défendent leurs intérêts. La secrétaire d’Etat Condoleezza Rice, qui accompagne M. Bush, a déconseillé d’attendre une « percée » de ce séjour. On dira encore une fois que les Américains ont le mérite de la clarté, malgré les discours,
comme en ce qui concerne la paix largement développé hier à l’aéroport de Tel-Aviv.
Les Israéliens, ne cesse-t-on de constater, entendent imposer leur vision de la paix, et une telle démarche ruine tous les espoirs.
T. Hocine 10 janvier 2008 El Watan
http://www.elwatan.com/spip.php?page=article&id_article=84393

7-3 Point de vue de Mohamad Al-Menchawi : Visite de reconnaissance tardive…

Extrait

Le chef de l’exécutif américain commence ce mercredi une tournée au Proche-Orient où il tentera de rattraper ou d’atténuer l’effet de deux mandats d’échec.

Son agenda reste un peu contradictoire.  « Tant que le Proche-Orient demeure un lieu où la liberté ne s’épanouit pas, il restera un emplacement de stagnation, de ressentiment et de violence prêts à être exportés » ... Tout le monde a aujourd’hui oublié ces mots et même le président Bush qui les a prononcés il y a un peu plus de 4 ans. Le ton d’une administration soutenant l’idée d’un Proche-Orient jouissant de plus de démocratie et d’une meilleure performance en matière de droits de l’homme s’est transformé en un langage plus pragmatique ou réaliste. En d’autres termes, une administration omettant beaucoup de valeurs qu’elle prêchait mais qui s’est rendue compte de leur danger sur les intérêts stratégiques américains. Et ce mercredi, il entame une visite de 9 jours dans la région. Israël, les territoires palestiniens, l’Arabie saoudite, le Koweït, Bahreïn et enfin l’Egypte. Son ordre du jour est loin d’être léger ; il veut contenir l’Iran, parler des prix du pétrole et pourquoi pas gratter la surface d’un processus de paix israélo-palestinien plus que compliqué. Le chef de la Maison Blanche entame la dernière année de son mandat avec des ambitions réduites pour terminer les tâches commencées. Le rêve de Bush, voire son « romantisme » aurait changé entre ses deux visites au Proche-Orient. Historiquement, aucun des présidents des Etats-Unis n’a vraiment bien passé la dernière année de son mandat. George Bush ne fait pas exception, il souffre de problèmes internes majeurs notamment après la chute du marché du financement immobilier sur fond d’un Congrès dominé par des Démocrates et qui lui est hostile. le Bush junior trouve une issue facile en se tournant vers la politique étrangère. En dépit de la chute de sa popularité et le début du marathon présidentiel, Bush croit qu’il n’a rien à perdre. Son rêve ultime serait apparemment de façonner son héritage. Il faut peut-être y croire, ne lui reste-t-il peu de temps et encore beaucoup moins de poids ? Qu’est-ce qu’un président américain peut faire en fin de mandat ? Officiellement, le Département d’Etat a affirmé que l’objectif de la tournée de Bush dans la région est de profiter de « l’élan » né de la conférence d’Annapolis. Le président américain, qui recevait cette semaine un nombre de journalistes arabes, a été plus explicite : il soutient la « vision de deux Etats » palestinien et israélien vivant côte à côte et il veut en convaincre ses alliés. Pourra-t-il arracher des concessions ? Bush s’est rattrapé lui-même. « Je peux faire des pressions quand il y a besoin et encourager quand il le faut. Et moi j’irai les encourager à continuer à se focaliser sur la grande image » ! ! Des mots qui nourrissent plutôt des doutes surtout que la porte-parole de la Maison Blanche , Dana Perino, vient de déclarer que « le président, qui rencontra Abbass et Olmert séparément, ne devrait pas s’engager personnellement dans les négociations ». Pour atténuer les attentes donc, Bush ne sera pas en mesure de parvenir à provoquer l’avènement d’un Etat palestinien viable dans ce délai, qu’il s’est fixé lui-même en 2001. Bush qui était le premier président américain à évoquer la création d’un Etat palestinien, le maximum qu’il peut faire désormais est d’insister auprès d’Israël pour un démantèlement des colonies érigées dans les territoires occupés sans pourtant faire aucune allusion au maintien des cinq grandes colonies de la Cisjordanie , construites à l’initiative des différents gouvernements israéliens et où vivent quelque 270 000 Israéliens. Difficile donc de dégager une stratégie d’ensemble de la politique américaine. Mais ce qui est sûr au moins d’après ce que croit Amr Hamzawi, chercheur à l’institut Carnegie pour la paix mondiale à Washington, c’est que « par cette visite, les Etats-Unis confirment qu’ils ont redécouvert la diplomatie après Annapolis. Elle prend le devant face à une politique auparavant basée uniquement sur la confrontation et les aventures ».(Lire entretien page 4). Timide diplomatie et timide simplification. A Washington, on l’interprète par un recul du rôle de Dick Cheney et une influence accrue de celui de Mlle Condi. Mais plus que la paix, Bush a d’autres visées : l’Iran est l’élément moteur de cette tournée.

….

L’espoir des Arabes aujourd’hui est que la visite de Bush ou sa nouvelle implication dans la région n’engendreront pas davantage de violences. L’expérience a démontré que c’était toujours le cas au point que beaucoup dans la région formulent sans gêne cette idée que George Bush aurait fait une bonne faveur au Proche-Orient, voire à l’ensemble du monde en restant simplement chez lui.

Mohamad Al-Menchawi

7-4 Point de vue de Claire Dana Picard : Saeb Arekat  dit : Les USA ne doivent pas se mêler du conflit.

De beaux discours ont été prononcés dans la matinée par le président des Etats-Unis et par son hôte à Ramallah, devant les caméras du monde entier. Mais dans l'entourage de Mahmoud Abbas, certains s'expriment différemment que ne le fait leur leader en public.
L'un d'entre eux n'est autre que le négociateur palestinien Saeb Arekat, qui a tenu à réagir à certaines remarques de Bush, émises lors de sa conférence de presse avec Olmert, mercredi soir.

Arekat n'a pas aimé, surtout, que le président américain dise que ''pour qu'un Etat palestinien voie le jour, il fallait s'assurer qu'il ne serait pas le refuge des terroristes qui veulent détruire Israël". Arekat a déclaré que "les Etats-Unis ne devaient pas se mêler du conflit", ajoutant
encore: "Les expressions qu'utilise Bush ne nous intéressent pas. Il n'est pas en mesure de distribuer des promesses concernant le règlement permanent. Le problème n'est pas entre les USA et Israël mais entre Israël et les Palestiniens".
A Gaza, le Hamas a organisé mercredi soir une manifestation contre la visite du président américain. Le Hamas a distribué des tracts dénonçant la visite de George Bush en des termes très virulents: "Bush est le grand Satan de l'administration américaine et représente le
Mal dans le monde. En se rendant en Samarie, il poursuit l'objectif d'enterrer définitivement le problème palestinien et d'encourager l'occupation".

Quant à Abou Mazen, il a été présenté comme un pantin entre les mains des Américains et les auteurs du tract lui ont demandé de ne pas rencontrer le président des Etats-Unis.
De son côté, le mouvement islamique d'Israël ainsi que le parti Balad ont publié un communiqué dans lequel ils indiquent: "Le président américain, dont les mains sont couvertes du sang des Irakiens, des Afghans et d'autres peuples opprimés, est arrivé dans le pays. Cette visite n'est pas la bienvenue étant donné que la politique de Bush et de son administration n'a pas changé et qu'elle a pour logique les affrontements et les guerres au lieu de règlements pacifiques justes et globaux". Ils ont dénoncé en particulier l'attitude de Bush qui s'est engagé à "garantir la sécurité d'Israël en tant qu'Etat juif".

Le chef du Hezbollah Hassan Nassrallah, commentant la visite de Bush, a estimé que c'était un "jour sombre pour les Arabes et les Musulmans du Proche-Orient". Et d'ajouter: "Bush est un Pharaon moderne. Si les Américains sont entrés en guerre dans la région, c'est uniquement pour défendre Israël".

Dans le monde arabe, les réactions ne sont pas plus tendres, on s'en doute bien. Le cheikh Ahmed Bader Al-Din Hassoun, Mufti de Syrie, a déclaré que George Bush était "un assassin méprisable" et que "cent ans ne suffiraient pas pour réparer les dégâts qu'il a causés dans la
région". Mercredi soir, le ministre syrien de l'Information Mohsein Bilal s'est attaqué à Bush, dénonçant même son intention de participer aux festivités du soixantième anniversaire de l'Etat d'Israël, prévues dans quelques mois lors de la fête de l'Indépendance, Yom Haatsmaout.

En Egypte, ce n'est pas l'enthousiasme non plus. D'après le journal A-Shark Al Awsat, paraissant à Londres, des discussions orageuses auraient eu lieu sur la question au sein de l'Union des Journalistes au Caire. L'un d'entre eux, appartenant aux Frères musulmans, aurait demandé à ses confrères de manifester sur les marches du siège de leur organisation.

Claire Dana Picard
jeudi 10 janvier 2008 - 14:44
http://a7fr.net/Article/46329.htm

7-5 Point de vue de Adriana Evangelizt : Un ciel bas met Bush au niveau de certaines réalités palestiniennes.

Il y a quand même un bon dieu... façon de parler... à cause d'une météo défavorable, Bush ne s'est pas rendu en Cisjordanie en hélicoptère, comme prévu, mais en voiture. Il a pu ainsi entrapercevoir ce que l'Occupant a mis sur les routes et voir aussi le mur d'apartheid.

Par contre, il avait été interdit aux palestiniens d'être dans les rues. Tout était désert. Un ciel bas met Bush au niveau  de certaines réalités palestiniennes Il aura fallu une météo défavorable pour que le président américain George W. Bush ait jeudi un contact direct, bien que fugitif, avec la réalité de la barrière de séparation et des postes de contrôles israéliens qui sont le quotidien pénible des Palestiniens.
M. Bush devait initialement parcourir en environ un quart d'heure d'hélicoptère les quelques kilomètres qui séparent Jérusalem de Ramallah, en Cisjordanie occupée.
Mais le brouillard l'a forcé à prendre la route pour aller à la rencontre du président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.
Sur l'une des deux routes reliant Jérusalem et Ramallah, M. Bush a eu un faible aperçu des centaines de barrages israéliens qui se dressent en Cisjordanie.
Il a aussi vu un tronçon du mur de béton et de grillage bourré d'électronique qu'Israël a érigé sur des centaines de kilomètres pour se protéger, en grande partie à l'intérieur même des Territoires.
M. Bush a montré lors d'une conférence de presse qu'il avait conscience que sa qualité de président du meilleur allié d'Israël lui valait un autre traitement que le commun des Palestiniens.
"Vous serez heureux d'apprendre que mon cortège de pas moins de 45 voitures a pu passer sans avoir à s'arrêter. Je ne suis pas vraiment sûr que ce soit le cas du voyageur moyen", a-t-il plaisanté.
Les barrages sont l'un des griefs primordiaux des Palestiniens de Cisjordanie. Ils entravent la circulation des biens mais aussi des familles. Ils soumettent à d'interminables attentes des Palestiniens qui se plaignent de traitements humiliants.
Quant au "mur" érigé par Israël, il a fracturé des villages entiers.
Encore le checkpoint de Beit El n'est-il pas réputé le plus strict. La route empruntée par M. Bush est elle-même réservée à des privilégiés ou à des services d'urgence. Et le transit de Jérusalem vers Ramallah est notoirement plus facile que dans le sens inverse.
Son séjour à Ramallah puis à Bethléem risque en revanche de n'avoir donné à M. Bush qu'une faible idée de l'ordinaire des Palestiniens. En dehors des membres des forces de sécurité jalonnant les rues, Ramallah avait des airs de ville fantôme.
Il n'y avait non plus quasiment pas âme qui vive à Bethléem lorsqu'il est arrivé pour visiter
la Basilique de la Nativité.
Passées
les boutades, M. Bush a reconnu l'acuité du problème.
"Je comprends la frustration des Palestiniens de devoir passer par des points de contrôle", a-t-il dit.
"Je comprends aussi que les Israéliens veulent un certain degré de sécurité tant que la confiance n'est pas instaurée de part et d'autre", a-t-il ajouté.
Mais, après avoir assuré la veille Israël de la solidité du lien avec les Etats-Unis et affirmé la nécessité que cessent les attaques contre leur allié, M. Bush était venu dire à Ramallah sa confiance de voir aboutir un accord de paix menant à la création d'un Etat palestinien.
Ainsi la future Palestine doit-elle disposer d'un territoire "continu" et ne pas ressembler à un "gruyère", a-t-il dit. Son message s'adressait aussi aux Israéliens, qui "devraient faciliter, non entraver, la modernisation des forces palestiniennes de sécurité".
Le brouillard s'étant levé, M. Bush a pu reprendre l'hélicoptère pour se rendre de Ramallah à Bethléem.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

7-6 Point de vue de Benjamin Barthe : Tayseer dit : "Nos dirigeants déroulent le tapis rouge sous les pas d’un tueur."
Un convoi de voitures blindées qui roule à tombeau ouvert dans des rues désertes. C’est le président George Bush qui arrive, jeudi 10 janvier, à Ramallah pour sa première visite dans les territoires occupés, la deuxième d’un chef d’Etat américain après la venue de Bill Clinton à Gaza en 1998.
Initialement, l’hôte de
la Maison Blanche avait prévu d’atterrir en hélicoptère dans la cour de la Mouqata ’a, le quartier général de l’Autorité palestinienne. Mais le brouillard qui enveloppe la ville ce matin, l’a obligé à changer ses plans.
Sur le passage de son cortège, les seuls témoins sont les forces de sécurité palestiniennes déployés en masse pour l’occasion. Quatre mille policiers en tout, casqués de neuf, le doigt sur la kalachnikov, qui quadrillent les carrefours, patrouillent dans les rues, stationnent sur
les toits et filtrent les principaux points d’accès de la ville. Dans un rayon de
500 mètres autour de la Mouqata ’a, la population a été sommée de rester chez elle.
Une consigne qui rappelle aux habitants de mauvais souvenirs. "C’est comme un couvre-feu israélien, tempête Khouloud, 32 ans, qui a mis plus d’une heure pour rejoindre à pied le centre-ville. Nos dirigeants déroulent le tapis rouge sous les pas d’un tueur. C’est un scandale."
Sur la place centrale de Ramallah, site en temps normal d’une effervescence frénétique, seules quelques échoppes ont ouvert leurs portes. Tayseer, un vendeur de journaux, ne décolère pas contre les "courbettes" du président Mahmoud Abbas devant son hôte américain. "C’est tellement stupide, dit-il. Bush est en fin de mandat, le monde
entier le méprise et nous l’accueillons avec des fleurs.
Ces images vont donner l’impression que nous avons un véritable Etat, avec un président qui traite d’égal à égal avec le président américain. Et l’occupation israélienne, elle est où dans tout ça ?"
Assis au fond de son atelier, Walid, un dessinateur, fait mine d’ignorer le ballet des policiers et des journalistes. "Bush est venu dans la région pour deux choses : conforter le pouvoir d’Israël et faire du tourisme religieux", maugrée-t-il en tirant sur une cigarette. "Si Bush
était venu pour nous aider, j’aurais construit une statue en son honneur, ajoute Walid. Mais en sept années de mandat, il n’a pas prononcé un seul mot de critique à l’encontre d’Israël. Jamais je ne pourrais vendre un portrait de lui".
Sur le marché aux légumes, en contrebas de la place, les marchands se disputent les rares clients qui se sont risqués dehors. Désœuvrés, ils pimentent leurs harangues de commentaires au vitriol sur l’événement du jour. "Bush vient nous vendre ses salades, vitupère Hassan, en poussant une charrette à bras. Ce type est en train d’égorger les Afghans et les Irakiens et on voudrait nous faire croire que c’est un homme de paix".
Il avise le cordon de policiers qui barre la route d’accès à
la Mouqata ’a et demande : "Pourquoi boucler la ville ? C’est le prophète qui arrive ?"
Dans un snack, quelques rues plus loin, Zoheir et ses collègues enfournent des sandwiches dans des sacs plastiques qu’ils entassent
ensuite dans des cartons. Les rations seront distribuées à midi aux policiers palestiniens déployés dans la ville. "J’en ai fait plus de 3 000 depuis l’aube, dit-il, la mine réjouie. Politiquement, Bush ne nous sert à rien. Mais question business, il peut revenir quand il veut."
Benjamin Barthe - Le Monde du 10 janvier 2008
Al-Oufok   Site du Mouvement Démocratique Arabe
http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4359

7-7 Point de vue de Karim Mohsen : Bush au proche-Orient … Une tournée des popotes.
C’est un pays sur les dents qui a accueilli le chef de la Maison-Blanche , lequel se rend pour la première fois dans cette région marquée par le conflit israélo-arabe.

Le chef de l’administration républicaine américaine, George W.Bush, est arrivé mardi soir  dans un pays sur les dents -alors que les forces de sécurité faisaient le siège de l’hôtel King David où l’hôte d’Israël est descendu- confortant d’emblée, dans sa première déclaration, l’irrédentisme israélien.
Dès qu’il a pris pied sur le tarmac de l’aéroport de Tel-Aviv, le président Bush a eu ces mots qui suscitent l’interrogation: «L’alliance entre nos deux pays contribue à garantir la sécurité d’Israël en tant qu’Etat juif.»
Exactement ce que les Israéliens voulaient entendre quant à la nature de leur Etat fondé sur la religion, cette qualification constituant même le principal obstacle dans les négociations entre Palestiniens et Israéliens.
En fait, ce n’est guère là une surprise de la part de dirigeants américains qui ont fait ces dernières années du soutien sans condition à l’Etat hébreu -qu’il ait tort ou raison- l’axe principal de leur politique moyen et proche-orientale.
M.Bush ne déroge donc pas à la tradition qui fait d’Israël le «pont avancé» de l’Occident en pays «ennemis».
Et surtout cette qualification d’Israël «d’Etat juif» de la part du chef de la première puissance mondiale, renvoie en fait dans les limbes près de deux millions d’Israéliens arabes qui se voient ainsi confirmée dans un statut de «second collège» donnant ainsi une visibilité particulière aux non-juifs israéliens. Ainsi, dès son arrivée en Israël, M.Bush donne sa bénédiction à la politique d’apartheid de l’Etat hébreu.
De fait, à Tel-Aviv, George W.Bush s’est exercé à un discours convenu qui n’apporte aucun élément nouveau au problème de l’heure: la création de l’Etat palestinien indépendant duquel en vérité, dépend la sécurité d’Israël, car cet Etat serait garant de la paix dans la région.
M.Bush n’a pas non plus mis en garde son protégé israélien sur ses actions militaires dans les territoires palestiniens qui vont à l’encontre des attendus de la conférence d’Annapolis censée remettre en marche le processus de paix israélo-palestinien.
George W.Bush a encore dit, s’adressant aux responsables israéliens venus l’accueillir: «Nous ferons plus que nous défendre» (contre l’extrémisme), «nous recherchons une paix durable. Nous voyons une nouvelle chance pour la paix, ici en Terre Sainte, et pour la liberté dans toute la région».
Certes, mais de quelle paix parle le président américain? D’une paix universelle négociée, d’égal à égal, entre Palestiniens et Israéliens ou seulement de la «pax israéliana», dans laquelle Israël serait le maître d’oeuvre, surtout lorsque M.Bush évoque la «paix» et la «liberté» pour toute «la région» quand les Palestiniens, sous le joug de l’armée israélienne et dont les Territoires sont fractionnés par Israël, ne connaissent ni la paix et encore moins la liberté?
Aussi la question qui se pose c’est de savoir ce que va dire M.Bush aux Palestiniens, lui qui sera aujourd’hui l’hôte du président Abbas. Cela risque d’être la curiosité du voyage présidentiel dans les territoires occupés. Par ailleurs, le président Bush sera vraisemblablement le seul homme d’Etat étranger en visite à Ramallah à ne pas se recueillir sur la tombe de Yasser Arafat.
M.Bush qui accusait le président défunt palestinien de «terrorisme» ne l’a d’ailleurs jamais rencontré. Aussi, il y a fort à parier que le «voyage» de George W.Bush au Proche-Orient ne sera qu’une simple tournée des popotes, une visite de fin de mandat qui n’apportera rien de positif au contentieux maintenant sexagénaire opposant Palestiniens et Israéliens.

10-01

Source : L'Expression
http://www.lexpressiondz.com/...

7-8 Point de vue de Jeffrey Heller et de Matt Spetalnick (Reuters) : Bush affiche un engagement 'fort' pour un Etat palestinien.

Vingt-quatre heures après avoir garanti à Israël sa sécurité "en tant qu'Etat juif", Bush lui a enjoint de mettre fin à 40 ans d'"occupation" et a réaffirmé son engagement ferme envers un Etat palestinien viable. Le président Bush a confié au président Abbas sa conviction qu'"un traité de paix" serait conclu avant son départ de la Maison blanche, dans un an. Dans l'entourage du président américain, on reconnaît toutefois que la perte de Gaza par les forces d'Abbas, en juin dernier, est susceptible de compliquer la conclusion de ce "traité" et de retarder l'avènement du futur Etat palestinien, dont le territoire passé aux mains du Hamas est un élément majeur. Bush, qui a réclamé la "fin de l'extension" des colonies et le démantèlement des implantations sauvages, a dénié à Israël la faculté de conserver des "poches" de population juive sur le territoire du futur Etat palestinien, car "le gruyère ne marchera pas". Abbas s'est réjoui des engagements de son hôte, que la météo a contraint de se rendre en voiture et non en hélicoptère jusqu'à Ramallah, un trajet de 20 km qui lui a permis de prendre de visu la mesure de l'ampleur de la colonisation juive autour de Jérusalem et du maillage militaire de la Cisjordanie.

"PLUS DE MURS NI DE CHECK-POINTS"

Successeur "fréquentable" de Yasser Arafat, tenu politiquement à l'écart par Bush jusqu'à sa mort en 2004 et dont il a évité le mausolée à Ramallah, Abbas a pressé Bush d'obtenir d'Israël l'arrêt de la colonisation et l'allègement des entraves aux allées et venues des Palestiniens.

Bush a reconnu que les restrictions imposées par Tsahal suscitaient des "frustrations massives" parmi la population palestinienne, mais il a dit "comprendre que le peuple israélien veuille savoir s'il sera protégé d'une minorité violente qui assassine". Bush, jugé en Israël comme le meilleur ami que l'Etat juif ait jamais eu à la Maison blanche et par nombre de Palestiniens comme trop partial pour jouer un rôle de médiateur, a reconnu que les initiatives israéliennes "nuisent à l'efficacité des services de sécurité palestiniens". "J'espère qu'un jour, à la suite de la formation d'un Etat palestinien, il n'y aura plus de murs ni de check-points. Les gens pourront se déplacer librement dans un Etat démocratique", a-t-il confié un peu plus tard en visitant la basilique de la Nativité à Bethléem. "Telle est ma vision, largement inspirée par la croyance qu'il existe un Tout-Puissant et que la liberté est un des dons de ce Tout-Puissant à chaque homme, femme et enfant sur Terre", a ajouté Bush, fervent chrétien, en confiant avoir eu "l'âme élevée" par cette visite du "lieu où Notre Sauveur est né".

"L'ETAT PALESTINIEN N'A QUE TROP TARDÉ"

Bush a clairement laissé entendre avant son arrivée et depuis le début de son séjour qu'il n'avait pas l'intention d'imposer les conditions d'un accord à Olmert et Abbas, invités une nouvelle fois à "faire des choix difficiles" pour conclure un accord avant la fin de son mandat.

Olmert comme Abbas doivent "s'assurer que leurs équipes négocient sérieusement, dès maintenant", a martelé le président américain à son retour à Jérusalem, où il a rencontré le Premier ministre israélien pour la seconde fois en 24 heures. "La route est encore longue", a-t-il admis, mais, selon son conseiller à la sécurité nationale Stephen Hadley, il est prêt à les aider en revenant "au moins une nouvelle fois, peut-être plus" dans la région avant de quitter la Maison blanche, en janvier 2009.

Entre-temps, Bush, qui poursuivra samedi sa tournée en se rendant au Koweït, aux Emirats arabes unis, en Arabie saoudite et en Egypte, a exhorté les pays arabes à faire avancer le dossier en tendant la main à Israël - "une initiative qui s'est trop longtemps fait attendre".

Bush a voulu balayer le scepticisme ambiant quant à son impartialité, en concluant au terme de la seconde journée de sa visite que "l'occupation qui a commencé en 1967 doit cesser." "L'établissement d'un Etat palestinien n'a que trop tardé. Le peuple palestinien le mérite", a-t-il ajouté en rappelant toutefois qu'"aucun accord et aucun Etat palestinien ne naîtra de la terreur". Un responsable israélien qui a requis l'anonymat, a jugé les propos du chef de la Maison blanche "positifs" pour la poursuite des négociations. "Nous considérons les déclarations de Bush comme la base d'une avancée (dans les discussions). Nous les acceptons. Nous les jugeons cohérentes avec nos accords avec les Américains", a-t-il dit. Bush a par ailleurs désigné le général William Fraser pour contrôler la mise en application de la "feuille de route" mise au point en 2003 par le quartet des médiateurs internationaux sur le Proche-Orient.

Reuters : Jeffrey Heller et Matt Spetalnick, version française Marc Delteil

Jeudi 10 janvier

7-9 Point de vue de Les résultats attendus de la tournée régionale de Bush.

La tournée de George Bush au Moyen-Orient, probablement la dernière de son mandat, commence ce mercredi en Israël. Lors de ses entretiens avec les dirigeants des pays qu’il va visiter, le président états-unien s’est fixé deux objectifs :
 1. Pousser les Palestiniens et les Israéliens à réaliser des progrès dans leurs négociations relancées à Annapolis.
 2. Mobiliser les Arabes pour la campagne anti-iranienne initiée par Washington sous le prétexte du programme nucléaire de Téhéran.

Concernant le premier point, la presse arabe etisraélienne pense que l’action de George Bush ne fera que jeter de la poudre aux yeux. En effet, le président états-unien et son administration ne cachent pas leur partialité en faveur d’Israël et ont prouvé à maintes reprises qu’ils font passer les priorités israéliennes avant toute autre considération. Des experts arabes et israéliens ont minimisé l’importance de l’annonce par Ehud Olmert et Mahmoud Abbas de leur intention de commencer des négociations sur les questions clé (réfugiés, Jérusalem, frontières du futur État palestinien et partage des eaux). Les analystes des deux bords ont mis en relief l’instabilité politique et les troubles internes chez les deux parties. Certains spécialistes prévoient la démission du Premier ministre israélien après la publication du rapport final de la Commission Winograd , qui a été reportée au 30 janvier pour ne pas perturber la visite de George Bush.

Côté palestinien, l’Autorité présidée par Mahmoud Abbas est tellement faible que la reprise du dialogue entre le Fatah et le Hamas est de plus en plus envisagée par la presse et les différents milieux politiques.
Les mesures israéliennes visant à accélérer la colonisation et à légaliser les implantations sauvages constituent, aux yeux de nombreux analystes, des violations flagrantes des résolutions prises à la conférence d’Annapolis. Ces décisions illustrent en soi la partialité des États-Unis qui refusent d’exercer la moindre pression sérieuse sur l’État hébreu, comme l’affirme le chercheur Henry Siegman. Dans une étude publiée récemment, le spécialiste des questions du Moyen-Orient estime que le fait de renflouer les caisses de Mahmoud Abbas avec des milliards de dollars ne lui permettra pas d’égaler la popularité des mouvements de la résistance palestinienne, lesquels proposent, selon la rue palestinienne, des ripostes adéquates aux agressions israéliennes quotidiennes.
Concernant la question iranienne, il est clair que l’engagement de George Bush ne dépassera pas le cadre des paroles et des discours politiques et médiatiques. Il se contentera de fournir à l’État hébreu des assurances sur la solidité de l’alliance stratégique avec les États-Unis et tentera de réfréner la course des monarchies pétrolières à normaliser et renforcer leurs relations avec
la République islamique. On voit mal un roi Abdallah d’Arabie saoudite invitant, il y a quelques semaines, Mahmoud Ahmadinejad au pèlerinage de la Mecque , et les États du CCG invitant ce même Ahmadinejad à leur dernier sommet, se lancer à corps perdu dans une aventure anti-iranienne aux conséquences inconnues.
D’ailleurs, les « frictions » entre des vedettes de la marine iranienne et des bâtiments de l’US Navy montrent que l’Iran ne se laisse pas impressionner par l’étalage de la force militaire entrepris par les États-Unis dans le détroit d’Ormuz et dans les autres régions du Golfe arabo-persique.

9 janvier 2008

AL-BAYAN : Tendances et événements au Proche-Orient


8 Annexe - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

11/01/2008

N°301-Palestine 'Spécial Bush' au jour le jour au PO Fin.

6-2 Proche-Orient : Bush se rend dans la région pour y réparer les revers américains.

La tournée à travers le Proche-Orient que le président américain entamera le 8 janvier prochain est appelée à neutraliser en quelque sorte ces innombrables défaites que Washington a essuyées dans la région, a déclaré dimanche le porte-parole de la diplomatie iranienne Mohammad Ali Hosseini. "Comme l'a déclaré George W. Bush lui-même, son voyage a pour but de rétablir le contrôle des Etats-Unis sur les processus politiques en cours dans la région et ce, dans le cadre de la politique américaine d'ingérence dans les affaires intérieures des pays dans cette partie du monde", a fait remarquer aux journalistes à Téhéran le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères. Quoi qu'il en soit, Mohammad Ali Hosseini a exprimé la certitude que les Etats du Proche-Orient ne cèderaient pas à la pression des Etats-Unis et continueraient à resserrer leurs liens avec la République islamique d'Iran. Selon le diplomate, en dépit des ententes enregistrées lors de la conférence sur le règlement au Proche-Orient de l'année dernière dans la ville américaine d'Annapolis, Israël "montre par ses faits et gestes qu'il n'entend pas respecter ses propres engagements". "Malgré la résistance dans la région, les Américains s'emploient à accélérer le processus de règlement (palestino-israélien)", relève le porte-parole de la diplomatie iranienne. George W. Bush se propose de visiter l'Arabie Saoudite, Bahreïn, les Emirats Arabes Unis, le Koweït, l'Egypte, les territoires sous contrôle de l'Autorité palestinienne et Israël. Comme l'a déclaré le président américain lors d'une rencontre à la Maison-Blanche avec des journalistes arabes à la veille de sa tournée au Proche-Orient, il entend obtenir des pays qu'il visitera la confirmation de leur attachement au processus de paix, compte tenu de la reconnaissance par ceux-ci de l'Etat d'Israël. Par ailleurs, George W. Bush a ajouté que sa visité avait pour objectif "d'isoler la Syrie " en raison de sa prise de position face à l'élection présidentielle au Liban et "d'achever l'isolement de l'Iran" que Washington considère toujours comme une "menace à la paix". TEHERAN - RIA Novosti
06-01

6-3 La visite de Bush vise à renforcer les désaccords palestiniens et à couvrir les crimes sionistes.

Les mouvements du Hamas et du Djihad islamique ont annoncé leur refus de la visite du président américain George Bush, prévue le 10 janvier prochain, dans la région, en considérant que cette visite vise à approfondir les désaccords palestiniens internes et à couvrir les agressions et les crimes continuels de l’occupation contre le peuple palestinien. Le porte-parole du mouvement du Hamas Dr. Sami Abou Zouhri a dit, lors d'une déclaration de presse dont le Centre Palestinien d'Information a reçu une copie, que la visite de Bush vise à servir l'occupation, à offrir un soutien politique et moral au gouvernement d'Olmert et à approfondir les désaccords palestiniens internes. De son côté, Khedr Habib, un leader du mouvement du Djihad islamique, a dit, hier samedi 5/1, dans une déclaration de presse, que la venue de Bush dans les territoires palestiniens est indésirable, tout en indiquant que cette visite ne servira jamais le peuple palestinien. CPI
06-01

6-4 Le Djihad : Celui qui se moque de la résistance et des martyrs ne représente pas le peuple palestinien (Bush).

Le Djihad islamique en Palestine a affirmé que le pari sur les projets de paix avec l’occupation a échoué et que celui qui croit que la visite du président Bush dans la région va activer les processus de paix vit dans l’illusion.
Le mouvement a dit, dans un communiqué, que la visite de Bush vient pour renforcer les désaccords palestiniens internes et ceux des pays et peuples arabes, en soulignant que les désirs et rêves de Bush et de sa direction criminelle vont augmenter la souffrance de la région arabe.
CPI

6-5 Raja : Nous refusons la visite de Bush qui soutient le terrorisme sioniste contre les palestiniens.

Le membre du bureau politique du front populaire pour la libération de la Palestine (le commandement général), Anwar Raja Raja a affirmé le refus de son front ainsi que des autres factions et forces du peuple palestinien à la visite du président américain aux territoires palestiniens.
Il a dit : "Je crois que le président Bush comprend que celui qui a sali ses mains avec le sang des fils de notre peuple et nation, ne peut pas nettoyer ses crimes lors d'une visite".

Raja a poursuivi que les citoyens arabes ne respectent pas la personne qui a transformé l'Irak en un cimetière collectif et qui essaye d'effacer l'identité et la culture de nos peuples. Il a affirmé que la direction du président Bush couvre et appuie le gouvernement de l'occupation pour qu'il poursuive ses agressions et ses crimes contre les Palestiniens en Cisjordanie et la bande de Gaza, en attirant l'attention sur le fait que la direction de Bush renforce le blocus sioniste imposé contre le peuple palestinien. Il a ajouté également : "Nous sommes sûrs que Bush, qui couvre les opérations agressives sionistes contre notre peuple, veut certainement enregistrer son nom dans l'histoire de la question nationale et des droits de notre nation". Il a souligné que le président Bush dirige le terrorisme international en imposant des termes et mesures racistes contre ceux qui s'opposent à ses politiques, dont ses campagnes de soutien au plan sioniste pour créer un Etat juif raciste sur les territoires palestiniens occupés. Damas - CPI
09-01

6-6 Bush effectue première visite d'un président américain en exercice à Ramallah, en Cisjordanie.

Bush poursuit coté palestinien une tournée historique. Avant lui, aucun président américain ne s'est rendu à Ramallah, siège de l'Autorité palestinienne établi par le prédecesseur de M. Abbas, le défunt Yasser Arafat honni par M. Bush qui ne se recueillera d'ailleurs pas sur sa tombe.

La réalité à laquelle M. Bush sera confronté dans une Cisjordanie bouclée pour la circonstance par l'armée israélienne est moins reluisante qu'on pourrait le penser. Et la population, échaudée par les échecs passés, l'attend sans grand enthousiasme.

D'autant que M. Abbas, président de l'Autorité palestinienne soutenu par les Occidentaux, apparaît affaibli par la perte de son contrôle sur la bande de Gaza passée l'an .

Cette partition des Territoires passe pour un obstacle majeur sur la voie d'un règlement de soixante ans de conflit entre Israéliens et Palestiniens.

La Maison Blanche essaie de la présenter comme une chance: il s'agirait de soutenir politiquement et financièrement M. Abbas, les modérés et la Cisjordanie avec l'espoir de rallier à terme la bande de Gaza, où le Hamas refuse de reconnaître le droit à l'existence d'Israël et les aspirations à la prospérité et à la liberté, selon les mots de M. Bush.

En attendant, les roquettes continuent à tomber sur Israël à partir de la bande de Gaza où des milliers de sympathisants du Hamas ont manifesté au cours des derniers jours contre la venue dans la région du président US qualifié de "boucher du monde". (AFP)

6-7 Ramallah boude la visite de Bush.

George W. Bush s'est engagé en faveur de la création d'un Etat palestinien. Mais il n'a pas réussi à dissiper la méfiance de la population.
Pas un drapeau, pas un calicot pour saluer, hier, l'arrivée de George Bush. Alors que Jérusalem s'est parée des couleurs américaines pour l'accueillir, Ramallah a largement boudé la première visite d'un président américain au siège de l'Autorité palestinienne.
Les habitants des quartiers environnant
la Mouqqata siège de la présidence avaient reçu la consigne de ne pas se pencher aux fenêtres ou aux balcons, au risque d'être pris pour cible par les tireurs d'élite américains.
«Si l'Autorité veut le recevoir, c'est son affaire. Le peuple ne veut pas de lui», lançait un marchand au moment où les forces de sécurité palestiniennes dispersaient une poignée de manifestants hostiles à la venue du criminel de guerre Bush sur la place Manara.
Dans son échoppe où s'alignent les portraits de Nasser et d'Arafat, le dessinateur Walid Ayoub n'a pas pris la peine d'afficher celui de Bush. «Si je dessine son portrait, je ne pourrai jamais le vendre. C'est lui le responsable de toutes les catastrophes du Proche-Orient, de l'Irak au Liban, et jusque chez nous», dit-il, résumant le sentiment d'hostilité vis-à-vis d'un président américain perçu comme un allié indéfectible d'Israël.
Un Etat avant un an
Au cours de la conférence de presse tenue avec Mahmoud Abbas, M. Bush a pourtant insisté sur l'engagement des Etats-Unis en faveur de la création d'un Etat palestinien avant la fin de son mandat, en janvier 2009. Et, a-t-il assuré, il ne s'agira pas d'un «Etat gruyère» sans
continuité territoriale.
Le président américain s'est ensuite rendu à Bethléem pour visiter la basilique de
la Nativité , comme l'avait fait avant lui Bill Clinton en décembre 1998. A
l'époque, ce dernier avait été chaleureusement accueilli à Gaza par Yasser Arafat. George Bush, qui n'avait jamais
voulu recevoir le président palestinien à
la Maison-Blanche
, a quant à lui refusé de se rendre sur son mausolée.
Le poids de Washington sera-t-il suffisant pour faire avancer les négociations israélo-palestiniennes?

Dans son restaurant de Ramallah, Boulos Mughnamy veut y croire. «Qu'un président américain vienne ici est déjà un grand pas. Cette visite va ouvrir des portes, confie-t-il, avant
d'ajouter: même si je suis l'un des rares à le penser.»
http://www.24heures.ch/pages/home/24_heures/l_actu/monde/...(contenu)/180726

Jeudi 10 Janvier 2008

6-8 Bush laisse sceptiques de nombreux Palestiniens

08-01 La première visite de George Bush mercredi et jeudi à Jérusalem et Ramallah laisse sceptiques de nombreux Palestiniens, qui n’en attendent aucun changement radical de leur condition. Pour nombre de Palestiniens ordinaires, il n’y a rien à espérer du meilleur ami que l’Etat d’Israël ait jamais eu à la Maison blanche, bien que celui-ci se dise résolu à obtenir un accord de "paix" avant l’expiration de son mandat, dans un an. Jugé inactif durant ses sept premières années de mandat, le président sortant ne fera pas progresser d’un iota leur rêve d’indépendance, pensent-ils. Selon Saad Moukbel, chauffeur de taxi à Ramallah, "Bush rentrera les mains vides".

George Bush, dont la dernière visite en Israël remonte à ses années de gouverneur du Texas, s’est lui-même montré très flou sur les résultats à attendre de sa visite, parfois qualifiée dans la région de "tournée d’adieux".

A la veille de sa venue, le sentiment d’inanité est plus palpable encore à Gaza, qu’en Cisjordanie, où le président Mahmoud Abbas recevra le président US.

Personne ne s’attendait à ce que le chef de la Maison blanche, dont ce sera la première incursion en Cisjordanie, mette également les pieds dans le "chaudron gazaoui".

Le Hamas, tenu par le gouvernement américain à l’écart de ses efforts diplomatique en tant qu’organisation terroriste, assure qu’il n’y aurait pas été le bienvenu, quoi qu’il arrive.

Les dirigeants du Hamas présentent la venue de Bush en terre palestinienne comme une "journée noire" ne visant dans son esprit qu’à une "séance de photos".

Le Hamas prépare des rassemblements populaires pour protester contre sa visite. Ceux-ci ont d’ailleurs débuté dès mardi, sur le thème "Olmert, Bush, terroristes !"

Pour le dirigeant du Hamas en exil à Damas Izzat al Richk, Bush va encourager Abbas à continuer à traquer et réprimer les résistants du Hamas en Cisjordanie, amplifiant encore les divisions interpalestiniennes.

Sami Abou Zouhri, un des chefs du mouvement à Gaza, estime pour sa part que Bush pourrait donner aussi à Israël son feu vert pour de nouveaux "assassinats ciblés" de dirigeants du Hamas dans l’étroite bande côtière, dont son chef local Ismaïl Haniyeh.

"Nous tenons à souligner que les règles du jeu changeraient complètement si on s’en prenait à l’un de ces dirigeants", a averti Abou Zouhri, sans vouloir expliciter cette mise en garde.

Victimes du blocus frontalier israélien et harcelés par les fréquentes incursions de l’armée d’occupation, les "Gazaouis de la rue" broient du noir à quelques heures de la visite de Bush.

"Bush a été au pouvoir ces huit dernières années. Comment pourrait-il trouver une solution durant sa dernière année de mandat ? On n’attend rien de bon de sa visite, qui sera une perte de temps", grommèle Iyad Sli, un fonctionnaire.

Tarek Abou Dayya, qui tient une boutique de souvenirs, marque à sa manière la venue de l’ancien gouverneur du Texas. Il propose des figurines animées habillées en cow-boys qui dansent au son de musique country. Il confie que le gadget symbolise "un président insoucieux, irréfléchi, pas assez sérieux pour apporter des solutions".

N°301-Palestine 'Spécial Bush' au jour le jour au PO Début

Sommaire

Résistance

 1 Politique Palestinienne (en Palestine toujours occupée)

2 Politique Israélienne

3 Politique internationale des territoires occupés 

4 La Palestine en chiffre & au jour le jour

Détails par région:

Décompte des pertes humaines

6 Les brèves

 6-1 Rencontre Olmert-Abbas avant l’arrivée de Bush.

6-2 Proche-Orient : Bush se rend dans la région pour y réparer les revers américains.

 6-3 La visite de Bush vise à renforcer les désaccords palestiniens et à couvrir les crimes sionistes.

6-4 Le Djihad : Celui qui se moque de la résistance et des martyrs ne représente pas le peuple palestinien (Bush). 6-5 Raja : Nous refusons la visite de Bush qui soutient le terrorisme sioniste contre les palestiniens.

6-6 Bush effectue première visite d'un président américain en exercice à Ramallah, en Cisjordanie.

 6-7 Ramallah boude la visite de Bush. 6-8 Bush laisse sceptiques de nombreux Palestiniens.

Tiré à part :

La dernière effronterie…

Les Afghans exercent une menace sérieuse sur les US(a) et font preuve d’une agressivité à leur égard tout à fait déraisonnable. Ils les combattent en Afghanistan et c’est répréhensible et punissable.
Les insurgés Irakiens témoignent d’une haine irrationnelle et d’une jalousie profonde des Étasuniens, ils les combattent en Irak. Ils méritent une sanction grave qui leur fera aimer les US(a).
Les Palestiniens tirent des roquettes artisanales sur Israël détenteur de bombes nucléaires et dotée de la quatrième force militaire au monde. Et s’ils mettent ainsi en péril l’existence de l’État sioniste, ce n’est pas parce qu’une poignée de Juifs occidentaux leur volent leur terre et détruisent leur société, c’est par anti-sémitisme atavique.
La communauté internationale a pris la sage mesure de ne pas contrarier le programme de leur extermination lente mais sûre par leur occupant.
Les Libanais ont rétorqué à une violation de leur territoire Sud par des soldats sionistes en les saisissant comme prisonniers de guerre. Au regard des mœurs occidentales, c’est une agression caractérisée qui a justifié 3 000 morts Libanais et la destruction de tout leur pays.
Les nations se sont entendues pour disposer de forces militaires sur le territoire libanais pour empêcher toute velléité de riposte lors des violations du territoire et de l’espace aérien libanais C’est une pure impudence et effronterie, quand ce n’est pas la haine du Juif, de rétorquer si un envahi répond  à son envahisseur et occupant.
Des bateaux militaires étasuniens dans les eaux territoriales iraniennes, et des garde-côtes tentent de les dissuader ? Mais c’est un crime de haute rébellion contre l’ordre établi de la pax americana qui veut que les US(a) sont partout chez eux. D’autant plus grave qu’une curieuse coïncidence veuille que l’empereur Bush fils soit en déplacement dans la région.
Convergence des Causes
9 janvier 2008


  04-01 au 10-01: Peuple Palestinien : 13 tués  - 16 blessés                               Occupants             :  0 tué     -   5 blessés

Résistance

Au jour le jour

05-01 Une salve de sept roquettes a été tirée samedi soir par des Palestiniens sur le sud d'Israël à partir de la bande de Gaza, causant des dégâts matériels. (AFP 00h37) 09-01 Des lanceurs de roquettes ont tiré plusieurs charges, dont trois sur Sdérot, (ville voisine du territoire palestinien) blessant un civil et provoquant des dommages", a indiqué une porte-parole. AFP.

Analyse

 04-01 Olmert "Jeudi dernier, des roquettes à longue portée ont été tirées et ont atteint ma ville d'Ashkelon", "Il ne fait pas de doute qu'il s'agit d'une escalade des activités des organisations terroristes, et le ministère de la Défense a ordonné aux services de sécurité d'accentuer leur riposte, qui était déjà très sévère ces dernières semaines". AFP. 09-01 Des sources gouvernementales ont dit dimanche que le Katioucha, tiré jeudi dernier, n’était pas un modèle de fabrication iranienne, mais plutôt un modèle russe de type Grad. C’était la distance la plus éloignée qu’une roquette de ce genre avait atteint. Le Katioucha a été lancé sur la région d’al-Attara, près de la limite nord de la bande de Gaza. L’armée israélienne estime qu’elle a parcouru 17 kilomètres. Al-Manar


1 Usa (le parrain)

1 Bush en visite

09-01 Bush se partagera jusqu’à vendredi entre Israël et la Cisjordanie , évitant la bande de Gaza. Dans une région parcourue de forts sentiments antiaméricains, Israël paraît a priori plus favorable à Bush. Mais plus de 11.000 policiers israéliens sont mobilisés pour l’opération "Ciel ouvert", nom de code de la visite, du jamais vu depuis la venue du pape Jean Paul II en 2000. Des quartiers entiers de Jérusalem sont fermés. L’armée d’occupation a décrété le bouclage de la Cisjordanie. (Al-Oufok avec les agences de presse)

09-01 Confronté à un scepticisme largement répandu, M. Bush s'est quand même dit confiant dans les chances de voir un accord sous sa présidence. (AFP)

" 09-01 Dès son arrivée à l’aéroport Ben Gourion, près de Tel Aviv, pour la première visite en Israël de sa présidence débutée en 2001, Bush et les dirigeants israéliens venus l’accueillir, Shimon Peres et Ehud Olmert, ont affirmé la force de l’alliance entre les deux pays. "Les Etats-Unis et Israël sont des alliés forts. La source de cette force est la foi partagée dans le pouvoir de la liberté humaine ", a dit M. Bush. M. Bush s'est en outre livré à un nouveau plaidoyer en faveur de la démocratie et des libertés dans la région, et a affirmé la nécessité de "résister fermement à ceux qui assassinent des innocents pour atteindre des objectifs politiques". Nous ferons plus que nous défendre" contre l'extrémisme, "nous recherchons une paix durable. Nous voyons une nouvelle chance pour la paix, ici en Terre sainte, et pour la liberté dans toute la région",. (AFP)

 09-01 "L'alliance entre nos deux pays contribue à garantir la sécurité d'Israël en tant qu'Etat juif" Bush a commencé sa visite en Israël en affirmant sa volonté d’une "paix durable", mais aussi en tenant des propos sur "l’Etat juif". Dans ce contexte, les propos de Bush sur un "Etat juif" ont retenu l’attention. "L’alliance entre nos deux pays contribue à garantir la sécurité d’Israël en tant qu’Etat juif", a-t-il dit. La Maison Blanche souligne que ce n’est pas la première fois que Bush parle "d’Etat juif". La question de la reconnaissance d’Israël comme "Etat juif" est cruciale dans les négociations entre Israéliens et Palestiniens, en particulier pour régler l’épineux différend sur le retour des réfugiés palestiniens. Mais le Hamas ne l’a pas entendu de cette oreille. Ces déclarations "constituent une reconnaissance américaine du caractère juif de l’Etat de l’occupation. (Elles) équivalent à un soutien américain à la mise en place d’un régime d’apartheid dans notre région au détriment des droits du peuple palestinien", a déclaré le porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri.

"Ces déclarations graves trahissent les vrais objectifs de Bush qui est venu dans la région pour offrir davantage de soutien politique à l’occupant (..) sans tenir compte des intérêts de notre peuple", a-t-il dit

(Al-Oufok avec les agences de presse) 09-01 Ehud Olmert et M. Bush ont lié mercredi un règlement à un arrêt des attaques contre Israël. Les colonies illégales "doivent disparaître", a dit M. Bush. Mais M. Olmert, au lustre politique guère plus reluisant que celui de M. Abbas, a pris soin de souligner qu'il n'avait pris aucun nouvel engagement auprès de M. Bush. La Maison Blanche a ainsi déconseillé d'attendre une avancée spectaculaire d'un périple qui, après trois jours en Israël et dans les Territoires, emmènera M. Bush dans le Golfe jusqu'au 16 janvier. Aucune rencontre trilatérale Abbas-Bush-Olmert n'est prévue à ce stade. ( AFP)

10-01 Vingt-quatre heures après avoir posé le pied en Israël, Bush poursuit dans les Territoires palestiniens une tournée destinée à favoriser la conclusion d'un accord de paix avant la fin 2008. Bush va aider le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas à faire la paix avec les Israéliens mais surtout lui rappeler les exigences de l'Etat juif. La réalité à laquelle M. Bush sera confronté dans une Cisjordanie bouclée pour la circonstance par l'armée israélienne est cependant moins reluisante que ne le suggère la statistique. M. Abbas, président affaibli de l'Autorité palestinienne, a perdu le contrôle de la Bande de Gaza.

10-01 A la Mouqataa , le quartier général de M. Abbas transformé en forteresse, M. Bush dira au président palestinien la même chose qu'à M. Olmert la veille: que les Etats-Unis les aideront mais qu'il appartient aux dirigeants palestinien et israélien de faire les "choix difficiles" et les "compromis politiques douloureux". Les Palestiniens, pour leur part, réclameront un arrêt des raids et des implantations sauvages israéliennes dans les Territoires. Chrétien fervent, M. Bush visitera jeudi après-midi l'église de la Nativité à Bethléem en Cisjordanie, où le Nouveau Testament situe la naissance du Christ. (AFP)

10-01 Bush a affirmé : "Un accord doit stipuler qu'il y aura une fin à l'occupation qui a commencé en 1967",  en faisant notamment allusion à l'occupation de la Cisjordanie , de la bande de Gaza et de Jérusalem-est, à la suite de la guerre israélo-arabe de juin 1967. (AFP 17h03) 10-01 Bush a proposé un mécanisme international d'indemnisation pour résoudre la question des réfugiés palestiniens. "Je pense que nous devons réfléchir à la création d'un Etat palestinien et d'un nouveau mécanisme international incluant des indemnisations, afin de résoudre la question des réfugiés" palestiniens depuis la création de l'Etat d'Israël en 1948, a déclaré M. Bush lors d'une intervention devant la presse à Jérusalem.  (AFP 16h07)

11-01 Bush a achevé sa première visite au Proche-Orient au mémorial de la Shoah , à Jérusalem. Il va se rendre dans la journée au Koweit.  (ats 11:32)  

Le point

10-01 Bush, a désormais "bon espoir" de contribuer à la conclusion d’un accord de paix israélo-palestinien d’ici la fin de son mandat début 2009. Il s’engage à "tout faire" pour y parvenir et retournera au Proche-Orient "au moins une fois, peut-être plus" d’ici l’an prochain, selon son conseiller à la sécurité nationale Stephen Hadley. Depuis Ramallah, il s’est dit convaincu que les leaders des deux parties comprennent "l’importance de deux Etats démocratiques vivant côte à côte" en paix, notant qu’il disposait d’une année pour y contribuer. "J’ai une échéance, j’ai douze mois", a-t-il dit. "Il est vital que chacun comprenne que satisfaire les objectifs fondamentaux de l’autre est la clé d’un accord", a-t-il insisté. "La sécurité pour Israël" et la "viabilité pour l’Etat palestinien", qui ne doit pas être réduit à un "gruyère", sont dans l’"intérêt mutuel des deux parties", selon Bush. Bush s’en est pris au Hamas. Elu pour améliorer le sort des Palestiniens, le Mouvement de la résistance islamique ne leur a apporté que des "souffrances", a-t-il affirmé. Il a par ailleurs employé un terme connoté politiquement, "occupation", pour appeler à la fin du déploiement militaire israélien en territoire palestinien. Bush faisait allusion à la Cisjordanie , selon le porte-parole de la Maison Blanche Gordon Johndroe. "Le point de départ pour des négociations sur un statut permanent (...) apparaissent claires. L’occupation qui a débuté en 1967" après la Guerre des Six-Jours "doit prendre fin. L’accord doit établir la Palestine comme patrie des Palestiniens, tout comme Israël est la patrie du peuple juif", a fait valoir George W. Bush. Il a appelé mercredi les Israéliens à démanteler les implantations "illégales" de colons juifs en territoire palestinien. Condoleezza Rice avait auparavant souligné de son côté que Washington s’opposait "depuis le tout début" au projet d’israélien d’implantations à Jérusalem-Est, qui attise les tensions avec les Palestiniens.  (Al-Oufok avec les agences de presse) 10-01  Bush a nommé le général Fraser pour superviser l'application par les Israéliens et les Palestiniens de la "Feuille de route", un plan international de règlement de leur conflit, a annoncé la Maison Blanche. Le général Fraser est actuellement assistant au chef d'état-major interarmées américain. Sa nomination a été annoncée par un porte-parole de la Maison Blanche , Gordon Johndroe, alors que le président américain est actuellement en tournée au Proche-Orient. Auprès du chef d'état-major, le général Fraser supervisait jusque-là les affaires réclamant un contrôle personnel étroit de la part du chef militaire des armées américaines, en particulier les affaires internationales et politico-militaires.  (AFP 16h07)

Réactions

10-01 Le Hamas, a vivement critiqué les déclarations du président américain sur le caractère juif d'Israël. Ces déclarations "constituent une reconnaissance américaine du caractère juif de l'Etat de l'occupation. Ces déclarations équivalent à un soutien américain à la mise en place d'un régime d'apartheid dans notre région au détriment des droits du peuple palestinien", a déclaré dans un communiqué le porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri. "Ces déclarations graves trahissent les vrais objectifs de Bush qui est venu dans la région pour offrir davantage de soutien politique à l'occupant (..) sans tenir compte des intérêts de notre peuple". Pour les Palestiniens, reconnaître Israël comme l'Etat des juifs revient à renoncer au droit au retour sur leurs terres de leurs réfugiés et leurs descendants, soit plus de quatre millions de personnes, poussés à l'exode au lendemain de la création de l'Etat hébreu en 1948.  (AFP 12h58)

 


1  Politique Palestinienne

1-3 Sur le terrain.

9-01 Des milliers de palestiniens ont manifesté mercredi à Gaza contre cette visite. Alors que son prédécesseur Clinton s'était rendu à Gaza, M. Bush fera l'impasse sur le territoire (AFP 16h45)

10-01 La police palestinienne a bouclé jeudi un grand nombre de quartiers à Ramallah afin d'assurer la sécurité de la première visite de Bush dans les territoires palestiniens. Les habitant vivant autour du bâtiment officiel ont reçu pour consigne de ne pas s'approcher des fenêtres et des balcons, car des tireurs américains y seront déployés, ont précisé des responsables de la sécurité palestiniens. AP

2  Politique Israélienne

2-3 Sur le terrain.

 08-01 Bush n'est pas le bienvenu dans une colonie juive de Jérusalem-Est où l'extrême droite mobilisé pour la poursuite de la colonisation. Ils dénoncent la venue de l’américain qui doit arriver dans la matinée. De son côté, l'Etat hébreu a renforcé sa sécurité pour cette première visite du président américain depuis son élection.  EuroNews

2-4 Les grandes manœuvres

 07-01 Selon le journal israélien Jérusalem Post, l'armée israélienne a reçu l'ordre de réduire ses opérations dans le territoire palestinien occupé pendant la visite de George Bush dans la région, " l'armée doit faire preuve de plus d'égard envers la population palestinienne pendant la visite du président américaine."
Cependant, Barak a souligné que l'armée devait poursuivre ses offensives contre les territoires palestiniens

WAFA

 


4 La lutte pour la libération dans les  territoires occupés  

Au jour le jour  Bande de Gaza

06-01 Incursion de l'armée israélienne appuyée par des attaques aériennes dans le camp de réfugiés d’Al Boureidj (la bande de Gaza) Deux civils  dont une femme, Iman Hamdane, ont été tués et une cinquantaine de blessées lorsqu'un missile air/sol a touché des maisons, un adolescent a été tué par des tirs à l'arme automatique de soldats. Les résistants ont tiré lors des combats des roquettes antichars dont une qui a blessé plusieurs soldats. Côté israélien, l'armée a signalé que 5 soldats avaient été blessés dont un sérieusement par le tir d'un missile antichar par des Palestiniens. Les militaires sont entrés dans le secteur avec des jeeps, des blindés et des bulldozers épaulés par un soutien aérien. Ils ont commencé à se retirer en début d'après-midi, selon des témoins. Un porte-parole de l'armée israélienne à Tel-Aviv a confirmé que "des opérations israéliennes de routine" (…)  étaient "en cours à environ un kilomètre à l'intérieur du centre de la bande de Gaza". (AFP 16h41)

06-01 Deux résistants ont été tués dans la nuit de samedi à dimanche lors de deux raids. Des appareils israéliens ont tiré des missiles air sol, à l'est de la localité de Jabaliya nord de la bande de Gaza). Un résistant âgé d’une trentaine d’années a succombé à ses blessures après les tirs de missiles air sol des appareils des forces d’occupation, à l’est de la localité de Jabaliya. Quatre autres hommes ont été blessés lors de l'attaque, selon des sources médicales et des témoins. Les cinq résistants,  membres des "Comités des résistance populaire" avaient pris position comme chaque nuit, non loin de la frontière israélienne pour faire face à une possible opération terrestre israélienne. (AFP 00h37)

 06-01 1 résistant a été tué et trois autres personnes blessées par le tir d'un missile antichar près de la localité de Beit Hanoun, également dans le nord de la bande de Gaza. (AFP 00h37)

07-01 Maïssa Abou Fanouna, 19 ans,, une étudiante de 23 ans inscrite au Djihad islamique et Bassem Abou Moustapha, 22 ans ont été tués par l'armée israélienne aux abords du point de passage d'Erez, au nord de la bande de Gaza, a indiqué un porte-parole de l'armée. AFP.& Al-oufok avec les agences de presse) 07-01 Cinq Palestiniens ont  été blessés dans l'explosion d'un engin dans une maison du quartier de Choujaïya à Gaza, selon une source médicale. AFP.

09-01 L'armée a mené un raid aérien dans la ville de Beit Hanoun, dans le nord de la bande de Gaza, contre un bâtiment, tuant deux de ses habitants: Khadra Wahdane, âgée de 30 ans, et Mohammed al-Kafarna, 22 ans, ont indiqué à l'AFP une source médicale et des témoins. (AFP 07h24) 09-01 Une attaque, menée quelques heures avant l'arrivée de Bush dans la région, a visé un groupe de résistants, à Beit Lahya, voisine de Beit Hanoun. L'un des résistant, Amjad Abdel Dayem, 24 ans, a été tué et quatre blessés, dont un grièvement, selon les sources médicales. Des témoins palestiniens ont fait état d'un raid aérien et l'armée israélienne a laissé entendre qu'elle avait également été menée au sol.  (AFP 07h24)

Cisjordanie occupée par Israël depuis 1967 

 07-01 A Jénine, dans le nord de la Cisjordanie , les militaires israéliens ont abattu le résistant Fawaz Firhat, qui s'approchait de l'une de leurs positions, a indiqué un porte-parole de l'armée. AFP. 08-01 Près de Djénine, en Cisjordanie, un autre résistant du Djihad islamique a été tué lors d’une opération de l’armée d’occupation, a-t-on appris de source médicale (Al-oufok avec les agences de presse)


4-2 La Palestine en chiffre (Depuis le début de l'Intifada le 25 septembre 2000)

Civils & résistants tués                                                                            :  5.902       

Palestiniens blessés                                                                               :  51.998

Internationaux blessés                                                                             : 192 (chiffre tout a fait minimal) (balles réelles ou caoutchoutées, gaz lacrymogène, autres moyens)

Arrêtés     :                                                                                            :  47.733

En prison :                                                                                             : 11.800

Pacifistes en prison ou arrêtés                                                                  : 108

Autres actes            Journalistes tués                                                                                      : 9

Journalistes blessés                                                                                :  ? + 32

Nombre de maisons palestiniennes détruites ou partiellement démolies       :  66.275 2-2 Occupants:

Israéliens  tués                                                                                        : 1.122

                                                                                                                ( 352 militaires/policiers)

Israéliens blessés                                                                                     : 6.346

                                                                                                                ( 431  militaires/policiers)Les chiffres indiqués sont  vérifiés par le recoupement des chiffres des pertes communiqués par la résistance & les médias occidentaux & XINHUANET (Chine)

6 Les brèves Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information
6-1 Rencontre Olmert-Abbas avant l’arrivée de Bush. A la veille de l’arrivée de George W. Bush dans la région, Ehoud Olmert et Mahmoud Abbas se sont rencontrés mardi à Jérusalem, et ont décidé de discussions sur les questions du statut final pour tenter de parvenir à un accord de paix définitif d’ici la fin de l’année. Les séances de négociations qui ont eu lieu depuis le sommet d’Annapolis, fin novembre, n’ont guère permis d’avancer, perturbées notamment par les projets de construction israéliens à Jérusalem-Est ainsi que par les violences en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza. Lors de leur rencontre, Ehoud Olmert et Mahmoud Abbas se sont mis d’accord sur la mise en place de trois "niveaux" de négociations en vue de parvenir à un accord de paix d’ici fin 2008. Les deux dirigeants, et les chefs des négociateurs dans de nouvelles discussions, se concentreront donc sur leurs principaux points de contentieux : frontières définitives d’un Etat palestinien, statut de Jérusalem, question des réfugiés palestiniens. D’autres négociateurs aborderont les questions plus immédiates, comme les barrages routiers israéliens. "Les deux dirigeants se sont mis d’accord pour autoriser" leurs négociateurs à "mener des négociations sur toutes les questions du statut final et toutes les questions de fond", a expliqué le porte-parole d’Ehoud Olmert, Mark Regev, à l’issue de leur entretien de deux heures. "Nous attendons avec impatience la visite du président Bush", a-t-il ajouté. Le négociateur palestinien Saeb Erekat a parlé d’un entretien "sérieux et en profondeur". Il a confirmé qu’Abbas et Olmert ont demandé à leurs négociateurs d’entamer des discussions sur les questions de fond.

10/01/2008

N°324 - Journal d'Irak - 02/01 au 09/01 Fin

Irak: les Usa et leurs pertes.

En 2007, l'armée US a déclaré 963 morts et 6.202 blessés, selon Globalsecurity.

Soit 2,64 morts et 17 blessés par jour, toutes causes confondues, y compris donc les accidents.  Ce taux de perte correspond globalement à celui enregistré depuis le début du conflit en mars 2003 (2,2 morts et 16,2 blessés chaque jour). 04-01


5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

5-1 Please see : http://turkmenfriendship.blogspot.com/2008/01/human-rights-iraq-new-blogs-mhri-and.html Regards, Merry Fitzgerald
5-2 New web site of Monitoring net of human rights in Iraq & CCER- Fallujah Dear All,
We starting releasing our reports and activities on new blogs as following:
Monitoring net of human rights in Iraq  (MHRI):
http://www.mhrinet.splinder.com
Conservation center of environmental and reserves in Fallujah (CCERF) :  http://ccerf.splinder.com
We hope you help us by distributing this links for all your list mailing to arrive the Iraqi victims voice...with out thanks....
8 janvier
Muhamad Al-Darraji  

5-3 La guerre en Irak. http://www.stopusa.be/contributions/videos.php 

5-4 James Blunt et la guerre en Irak. http://globalfreepress.com/ 

 5-5 Des infos sur Irak sur le site :
http://globalresearch.ca/


6 Les brèves

 Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

6-1 151'000 morts sont morts entre mars 2003 et juin 2006 .

Près de 151'000 Irakiens sont morts à cause du conflit entre mars 2003 et juin 2006, selon une étude publiée mercredi par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ", publiée sur le site internet du New England Journal of Medicine. En moyenne, au moins 128 Irakiens par jour ont perdu la vie dans la première année qui a suivi l'invasion. Ces estimations se fondent sur des entretiens menés par les autorités irakiennes et l'OMS auprès de 9345 ménages dans quelque 1000 quartiers et villages répartis sur tout le territoire irakien. Compte tenu de l'incertitude liée à ce type d'extrapolation, ainsi que des déplacements de population, les chercheurs précisent que le nombre d'Irakiens morts de mort violente pendant cette période d'un peu plus de trois ans pourrait aussi être 223'000. Des actions armées ont causé 80% des décès par mort violente, le reste étant classé dans la rubrique violences meurtrières "intentionnelles", a précisé en conférence de presse Ties Boerma, un responsable de l'OMS. "Nous n'avons pas demandé d'informations supplémentaires -si c'était une bombe ou un tir de tireur isolé-, et donc nous n'avons pas davantage de précisions sur le type de violence qui a causé la mort", a-t-il dit. "L'évaluation du nombre des décès dans les situations de conflit est une opération extrêmement difficile et les résultats de cette enquête sur les ménages doivent être interprétés avec prudence", a averti M. Mohamed Ali, un statisticien de l'OMS. "Toutefois, en l'absence d'une comptabilisation complète des décès par les services d'état civil et les hôpitaux, les enquêtes sur les ménages sont le meilleur moyen dont nous disposons", a-t-il ajouté. Les décès dans des accidents de la route ou à la suite de violences ayant provoqué la mort sans intention de la donner n'ont pas été comptabilisés. "Les résultats de l'enquête font apparaître une augmentation massive du nombre des décès depuis le début du conflit", a relevé le ministre irakien de la santé Salih Mahdi Motlab Al­Hasanawi. Les chiffres qui ressortent de cette enquête sont trois fois plus élevés que ceux établis dans le cadre du projet Iraq Body Count, sur la base d'une étude systématique des informations des médias. Ils sont quatre fois plus faibles que ceux résultant d'une enquête sur les ménages réalisée au début de l'année 2006. Cette enquête, publiée en octobre 2006, avait établi a  600'000 le nombre d’Irakiens tués en trois ans.

L'armée US n'a jamais fourni de statistiques concernant les morts civils et les études donnent des chiffres très variables. En 2006, une étude réalisée par des médecins Us pour le journal médical britannique The Lancet avait conclu que 655.000 Irakiens étaient morts en raison de l'attaque militaire Etats-unienne. En dehors des décès, l'enquête s'étend aux indicateurs de santé. Le taux de mortalité normal, sans les morts violentes, a ainsi augmenté de 60%, de 3,07 pour mille avant l'invasion anglo-américaine en mars 2003 à 4,92 pour mille. (ats & AFP)  09 janvier 2008)

ps je note dans L’Irak en chiffres (depuis le début de la guerre de conquête en mars 2003)
Peuple
Civils tués (depuis l'occupation)

679.370

6-2 261 millions de dollars (177 millions d'euros) pour 2.400.000 Irakiens chassés par la guerre. Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a demandé mardi 261 millions de dollars (177 millions d'euros) pour aider en 2008 des centaines de milliers d'Irakiens chassés de leurs foyers. Ces fonds doivent permettre d'apporter des soins, un soutien financier et d'autres formes d'assistance aux réfugiés irakiens les plus vulnérables parmi les deux millions qui ont fui à l'étranger, et d'aider 400.000 autres Irakiens déplacés dans leur pays. Le HCR estime à 2,2 millions au total le nombre de personnes déplacées en Irak. "Apporter de l'aide à un grand nombre d'entre eux est extrêmement difficile en raison de l'insécurité dans une grande partie du pays", souligne Ron Redmond, porte-parole de l'agence onusienne. La plupart des Irakiens qui ont fui dans d'autres pays vivent dans des zones urbaines en Syrie et en Jordanie, ajoute M. Redmond. "Beaucoup d'entre eux sont à court d'argent et ont de plus en plus de mal à s'en sortir." L'agence onusienne n'encourage pas le retour des réfugiés en raison de la situation sécuritaire sur le terrain, mais soutient les efforts du gouvernement irakien pour aider ceux qui veulent revenir volontairement, explique-t-il. Le HCR soutient également des gouvernements dans la région qui ont été confrontés à un afflux important de réfugiés irakiens. Outre la Jordanie et la Syrie , l'Iran, l'Egypte, le Liban, la Turquie et plusieurs Etats du Golfe en accueillent également.

Les fonds sollicités par le HCR permettront à 100.000 réfugiés irakiens d'aller à l'école cette année, soit deux fois plus que l'an dernier, a souligné M. Redmond. Certaines des familles de réfugiés dans le besoin reçoivent également une aide financière. Le HCR aide aussi 41.000 réfugiés non irakiens en Irak, dont des Iraniens et des Turcs, et est particulièrement préoccupé par le sort de 13.000 Palestiniens qui vivent dans le pays où ils sont pris pour cible par des groupes armés par les USA. Le HCR, qui emploie près de 350 personnes pour ses programmes couvrant l'Irak et sa région, a reçu 152 millions de dollars (103 millions d'euros) en 2007 pour aider les réfugiés irakiens et les déplacés à l'intérieur de l'Irak, selon M. Redmond. Eliane Engeler AP 08-01  

6-3 Corruption en Irak: Ahmed Saleh accuse la communauté internationale.

"La communauté internationale à une large responsabilité dans l'épidémie de corruption qui règne en Irak", "Le scandale +pétrole contre nourriture+ (...) a aggravé les problèmes du pays", a affirmé le vice-Premier ministre, Barham Ahmed Saleh. +pétrole contre nourriture+( en vigueur de 1996 à 2003)  permettait à l'Irak de vendre son pétrole et d'acheter en échange de la nourriture, des médicaments et de nombreux services - qui manquaient en raison de sanctions - sous la supervision de l'Onu. Les fraudes, portait sur des millions de dollars, et ont mis en difficulté (…)  l'Onu. "Le peuple irakien veut une évaluation claire de la manière dont cet argent a été géré, ce qu'est devenu l'argent volé et ceux qui ont joué avec l'argent public", a ajouté le vice-Premier ministre. Avec la Somalie et la Birmanie , l'Irak figure en tête des pays les plus corrompus du monde selon le dernier rapport de l'organisation Transparency International (TI), qui souligne la responsabilité des pays riches "complaisants". Selon un rapport publié fin septembre par l'ambassade des Etats-Unis, le gouvernement Nouri al-Maliki (mis en place et maintenu par les USA) est gangrené par la corruption. Des milliards de dollars pour la reconstruction de l'Irak ont également disparus.  (Source : AFP)  

6-4 Les diplomates états-uniens refusent d’être nommés d’office en Irak.

De nombreux diplomates refusent d'être nommés d'office en Irak, citant des questions de sécurité, d'éloignement avec leur famille mais aussi de désaccords avec la politique suivie par l'administration Bush, selon une enquête publiée mardi.

Cette étude a été réalisée fin 2007 par la Fédération du service américain des affaires étrangères, le syndicat représentant les diplomates US. Les 11.500 membres du corps diplomatique des Etats-Unis ont été interrogés et 4.311 ont répondu. Soixante-huit pour cent des diplomates ayant répondu au questionnaire du syndicat, soit 2.778, disent s'opposer "fortement" ou "très fortement" aux nominations d'office en Irak; 34% seulement y sont favorables. Parmi ceux qui s'opposent aux nominations de force, 64% citent la séparation et l'éloignement avec leur famille, 61% les problèmes de sécurité et 48% les désaccords avec l'administration Bush sur la politique en Irak. Le porte-parole du Département d'Etat a rejeté les résultats de cette enquête, la jugeant non représentative. Le ministère américain des Affaires étrangères avait commencé l'an dernier à recenser des diplomates pour des assignations d'office. Le Département d'Etat y a finalement renoncé, un nombre suffisant de volontaires s'étant finalement manifesté pour occuper la cinquantaine de postes vacants. Mais la décision du Département d'Etat a suscité la colère et opposition de nombreux diplomates, certains parlant de "peine de mort potentielle". AP

8 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

8-1 Les GI sous le feu croisé de la haine.

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

Quatre hommes sont alignés le long d’un mur de pisé, dans un village au nord de Bagdad. Des GI les interrogent sur el-Qaëda. « Il n’y a personne d’el-Qaëda ici », dit un suspect. « Mais je peux vous donner les noms des miliciens » du village voisin.
Une quarantaine de soldats américains ont été héliportés au petit matin dans le pauvre hameau d’Assouad Barzani (
80 km au nord-est de Bagdad), au cœur de l’ « État islamique d’Irak » Une centaine de GI ont dans le même temps investi ce village aux maisons de torchis, sans eau courante ni électricité, près duquel une importante cache d’armes avait été découverte quelques jours
plus tôt.
Dans la cour d’une maison où des poules courent en liberté, le capitaine Mike Stinchfield du 2e régiment de cavalerie entraîne un suspect d’une vingtaine d’années à l’intérieur d’une pièce aux murs nus et sales. Mais à toutes les questions sur el-Qaëda, Salah Mahdi jure en gesticulant qu’il n’y a « personne » de cette organisation dans le village. « Le problème, c’est l’Armée d’al-mahdi », dit-il.
Assouad Barzani est, selon ses habitants, régulièrement la cible de tirs de roquettes et d’armes automatiques en provenance du hameau voisin, dominé par la milice chiite de Moqtada Sadr.
Et les hommes ne peuvent plus, selon les habitants, quitter le village sans craindre d’être attaqués. Mais une position de tir pointant vers le village adverse montre que les habitants d’Assouad Barzani « savent aussi tirer », selon le capitaine Stinchfield.
Au même moment, des tirs d’armes légères visent des GI. La riposte se fait à coups d’obus de mortier vers le champ d’où provenaient les tirs.
« Savez-vous pourquoi nous sommes ici ? Pour assurer votre sécurité », lance le capitaine Stinchfield, 37 ans, aux quatre suspects. « Nous sommes heureux de la présence des Américains. C’est quand vous partez que l’Armée d’al-mahdi nous attaque », affirme, tête baissée, Salah, qui se dit illettré et sans travail comme la plupart des hommes au village.
Le capitaine Stinchfield pousse un soupir. « C’est vraiment très compliqué. Nous sommes pris ici au milieu d’un conflit sectaire qui profite à el-Qaëda, qui se pose en défenseur des sunnites. »
Quant à la police et l’armée irakiennes, Sabah Kifah, un autre homme interrogé, affirme qu’elles sont « contrôlées par l’Armée d’al-mahdi » et réclame la création dans son village d’un groupe d’autodéfense comme ceux existant déjà ailleurs, avec le soutien des Américains.
Quelques centaines de mètres plus loin, le village fantôme d’Assouad Sadrani témoigne des combats qui ont secoué la région. Des dizaines de maisons ont été éventrées par des obus ou incendiées. Aucune n’est intacte, comme si le village avait été rasé après le départ de ses occupants. « Selon le rapport que j’ai, l’armée irakienne avait affronté l’été dernier la résistance ici. Les civils avaient déjà quitté le village. Il a dû y avoir un soutien aérien de nos forces », selon le capitaine Stinchfield.
Un graffiti sur un mur, signé par « l’État islamique d’Irak », , accuse Moqtada Sadr, dont la milice observe officiellement depuis fin août une trêve, et le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki
d’avoir « détruit » l’Irak.
Les quatre hommes d’Assouad relâchés, c’est au tour du maire de la localité de Kadir, soupçonné de soutenir el-Qaëda, d’être interrogé jusque dans sa chambre à coucher par des GI aux bottes
boueuses. « Il n’y a pas d’el-Qaëda ici. S’il y a des caches d’armes, je ne suis pas au courant. Je suis peut-être le maire, mais je ne suis pas responsable de ce qui se passe hors de chez moi », martèle Dakhil Mansour, 58 ans, en fermant les yeux.
Sylvie BRIAND (AFP) Edité par Le quotidien libanais d'expression française
Mercredi 09 janvier 2008 |L’Orient-Le Jour
http://www.lorient-lejour.com.lb/page.aspx?page=article&id=361695


10-0 Annexe- Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

10-1 Gilles Munier : Le projet de « Grand Kurdistan » irakien : capitale Kirkouk !
Les Kurdes sont à peu près 30 millions, répartis principalement sur quatre pays :
la Turquie , l’Iran, l’Irak et la Syrie. Aujourd ’hui en Irak, Massoud Barzani et Jalal Talabani seraient – dit-on - sur le point de proclamer l’indépendance du Kurdistan. La carte du nouvel Etat, présentée en juillet dernier à l’ « Assemblée nationale », englobe des territoires sur lesquels les Kurdes n’ont aucun droit de préemption… mais qui sont riches en pétrole. Il ne fait aucun doute que ce « Grand Kurdistan», décrété unilatéralement, sera une source de conflits incessants qui déstabiliseront le Proche-Orient. Personne – à part les Etats-Unis et Israël - n’a à y gagner, surtout pas les Kurdes.

L’article 62 du Traité de Sèvres de 1920 - récusé en juillet 1923 par le Traité de Lausanne – prévoit d’accorder « l’autonomie locale » aux régions « où domine l’élément kurde ». Une carte du Kurdistan – que l’on pourrait intituler aujourd’hui « Très grand Kurdistan » - présentée à Sèvres par la délégation kurde, recouvre un territoire s’étendant des abords de
la Méditerranée au Golfe arabe… C’était inacceptable pour les grandes puissances de l’époque – France, Grande-Bretagne - pour la Turquie , pour les Arabes et pour les Arméniens qui revendiquent une partie des régions que les Kurdes s’approprient.

En Mésopotamie, ce Kurdistan englobait le Willayet de Mossoul, le Sindjar près de la frontière syrienne, la région de Soulimaniya, Kirkouk, et s’arrête du côté de Qanaqin, au nord-est de Bagdad sur la frontière avec
la Perse. Pour satisfaire ces revendications, les Anglais envisagaient de créer un royaume kurde, mais uniquement au nord du Willayet de Mossoul. Ils cherchaient en fait à court-circuiter les Turcs qui voulaient qu’on leur rétrocède la ville. Il n’était pas encore question de Kirkouk car le drapeau anglais n’y flottait pas encore. Le projet fut abandonné lors de la création de l’Irak (1) car le sous-sol du nord du pays est gorgé de pétrole...

Révoltes au Kurdistan irakien
Toutes les révoltes déclenchées par les Kurdes en Irak depuis cette époque l’ont été au nom de l’autonomie, mais la question des frontières administratives a rarement été abordée.
Pour Nouri Saïd – Premier ministre pro britannique, de mère kurde – l’autonomie n’est pas l’objectif réel des chefs rebelles. En octobre 1930, parlant de ses négociations avec eux, il informe le Haut Commissaire britannique à Bagdad : « Au début, il s’agissait d’obtenir l’inclusion de garanties… puis les Kurdes manifestent leur mécontentement à l’égard de l’administration existante… puis ils demandent une quasi autonomie et maintenant c’est la sécession » (2).

En Irak, le Kurdistan n’a jamais existé en tant d’Etat pour la simple raison qu’il n’y avait pas d’Etat dans l’empire Ottoman au sens occidental du terme. Il y avait bien eu des principautés kurdes plus ou moins indépendantes du Sultan d’Istanbul, mais elles ne couvraient qu’une infime partie du Kurdistan.

Le Cheikh Mahmoud Berzendji auto- proclamé « humkudar » (roi) du Kurdistan en 1922 ne règne que sur la région de Soulimaniya. Les représentants de Kirkouk siégeant dans son conseil – en fait, ses aides de camp - sont… Turcomans. Les Anglais écrasent sa révolte en utilisant des bombes incendiaires, des gaz asphyxiants, et le déportent dans le sud de l’Irak.

Autre révolte en 1931 : le Cheikh Ahmed Barzani – personnage haut en couleurs qui envisageait, dit-on, de se convertir avec sa tribu au christianisme – parvient à contrôler une région située entre la frontière turque et Aqra, au nord du Mossoul.
La RAF bombarde son PC de Barzan et le Cheikh s’enfuit en Turquie.

Son frère Mustapha Barzani prend la relève et ira en Iran avec plus d’un millier de guerriers au service de la petite République kurde de Mahabad. Le nouvel Etat, proclamé le 22 janvier 1946, s’effondre moins d’un an plus tard, abandonné par son allié soviétique. Qazi Mohamed, son Président, est condamné à mort et pendu ; et Mustapha Barzani se réfugie en URSS.

Mustapha Barzani, « Soldat de Kassem »

Mustapha Barzani revient triomphalement à Bagdad onze ans plus tard, après le renversement de la monarchie hachémite par le Général Abdel Karim Kassem. Plusieurs ministres kurdes entrent alors au gouvernement, dont le fils de Cheikh Mahmoud. En échange de la garantie du respect des « droits nationaux » des Kurdes au sein de « l’entité irakienne » et de la parution de journaux kurdes, Barzani se proclame « Soldat de Kassem », et aide celui qui se fait appeler le « Zaïm » (le Leader) à étouffer dans le sang une rébellion nationaliste arabe dirigée à Mossoul par le Colonel Abdel Wahab Chawaf. Blessé, le colonel est achevé sur son lit d’hôpital. Quatre cents de ses partisans – notamment des bédouins Chammar - sont massacrés dans une mosquée par les milices kurdes et les « Forces de Résistance Populaire ».

Le soutien de Barzani au régime de Kassem va plus loin. En mai 1959, il prête main-forte à l’armée irakienne pour réprimer… une révolte de chefs kurdes de la région de Rawandouz. Plus de 24 000 Kurdes s’enfuient en Turquie et en Iran !

Les relations entre Mustapha Barzani et le Général Kassem se détériorent après un long séjour passé par le chef kurde à Moscou, une façon sans doute pour les Soviétiques de signifier au « Zaïm » qu’ils n’apprécient pas sa décision d’évincer du pouvoir le Parti communiste irakien (PCI). Barzani se réfugie dans les montagnes et la guerre reprend. Curieusement, les revendications qu’il fait parvenir à Kassem en mars 1962 sont modérées. Il ne parle que d’ouvertures d’écoles, de développement agricole et industriel, de reconnaissance de la langue kurde ; pas d’autonomie ni de frontières.

Revendications autonomistes
Le 8 février 1963, les Baassistes et les Nassériens renversent Kassem. Abdul Salam Aref accède au pouvoir. Le 4 mars 1963, à la rencontre dite de Kani Maran (
la Source aux serpents), Barzani remet une liste de revendications assorties d’un ultimatum à une délégation venue de Bagdad. Cette fois, il réclame l’autonomie pour une région comprenant les liwas (provinces) de Soulimaniya, de Kirkouk, et d’Erbil et des districts des liwas de Mossoul et de Diyala ; ainsi que la répartition des revenus pétroliers entre Kurdes et Arabes. En cas de refus, il menace de reprendre les combats dans les 3 jours.

Bien évidemment, Bagdad rejette les exigences exorbitantes du chef kurde, ce que Barzani souhaite. Le Général Aref accepte néanmoins de reconnaître les « droits nationaux du peuple kurde » sur la base d’une sorte de décentralisation, ce qui dans le contexte politique régional de l époque est une avancée. Le ton monte : en avril 1963, Jalal Talabani – chef du courant dit progressiste au sein du Parti démocratique du Kurdistan (PDK) - accentue la pression sur le nouveau régime et demande la transformation de l’Irak en Etat bi-national. A Bagdad, on crie à la provocation ! Les Kurdes font sauter des installations pétrolières près de Kirkouk.

En novembre 1963, Aref élimine les Baassistes du pouvoir. Est-ce un hasard ? Les exigences de Barzani se font aussitôt moins pressantes… Le PDK l’accuse d’être trop conciliant. Menacé, Jalal Talabani s’enfuit en Iran. Ses partisans sont pourchassés par Obeidollah Barzani.

Nouveau retournement en 1964 : Mustapha Barzani exclut tout retour des « régions libérées » sous l’autorité de Bagdad et réclame l’autonomie. En secret, il s’allie au Chah d’Iran dont l’aide militaire et financière – avec celle des Etats-Unis et d’Israël - vont lui permettre de contrôler un territoire montagneux s’étendant de la frontière syrienne à la région de Qanaqin, à l’exception notable des grandes villes kurdes. Jalal Talabani, lui, prend le parti de Bagdad et participe avec des unités de mercenaires kurdes à la bataille du mont Hendrin (2875m) face à Idriss Barzani et 1 700 peshmergas.

Projet d’autonomie pour les Kurdes
Le 17 juillet 1968, le Général Abdel Rahman Aref – qui a pris la suite de son frère mort dans un accident d’hélicoptère – est renversé. Le Baas, avec à sa tête le Général Hassan Al-Bakr, prend le pouvoir et le consolide. Il soutient d’abord Jalal Talabani qui fait la chasse aux barzanistes, cette fois pour le compte du Baas… Les combats au Kurdistan font rage, sur fond de conflit larvé irano-irakien, jusqu’à ce que Saddam Hussein, alors Vice-président du Conseil de Commandement de
la Révolution (CCR), soit chargé d’entamer des négociations avec les rebelles.

Le 11 mars 1970, Arabes et Kurdes parviennent à un accord historique. Ils s’entendent pour que l’autonomie soit accordée, dans un délai fixé à 4 ans, aux gouvernorats peuplés majoritairement de Kurdes. La langue kurde devient langue officielle avec l’arabe dans la région autonome, un Vice-président de
la République sera obligatoirement kurde et les unités de mercenaires de Jalal Talabani devront être dissoutes. Enfin, le PDK peut reprendre ses activités et publier son journal « Al-Taakki ».

Pendant les quatre années suivantes, la délimitation des frontières administratives et le statut de la région autonome furent l’objet de discussions serrées entre Saddam Hussein et le PDK. Idriss Barzani, représentant son père, s’appuyant sur une carte du 18ème siècle, réclame l’intégration des régions de Sindjar - avec le champ de pétrole d’Aïn-Zaleh - de Kirkouk et de Khanaqin dans la future région autonome. Saddam Hussein refuse, arguant qu’il n’y a aucune raison de reconnaître des droits territoriaux aux Kurdes dans des régions où ils ne sont pas majoritaires, même si c’était le cas par le passé (3).

Finalement, les gouvernorats retenus sont : Dohouk, Erbil, Soulimaniya. Celui de Kirkouk, comportant de nombreux « secteurs mixtes » - c’est à dire peuplés de plusieurs ethnies et minorités non- kurdes, comme les Turcomans – ne fait pas partie du projet de région autonome.

La Région autonome du Kurdistan
Malgré ces avancées, Mustapha Barzani ne veut rien entendre. Il craint que l’autonomie ne remette en cause le pouvoir de la féodalité kurde sur les paysans qui la sert comme au Moyen Age. Il voit d’un mauvais oeil l’application au Kurdistan de la réforme agraire en vigueur dans le reste du pays. Comme à son habitude, il fait donc monter les enchères : il exige Kirkouk et demande que les ressources pétrolières du nord soient réparties au nombre d’habitants des régions concernées. L’autonomie financière fait-il savoir, est plus importante que l’autonomie administrative. Nouveau refus de Saddam Hussein. Un Etat, dit ce dernier, ne peut désavantager le développement d’une région moins peuplée qu’une d’autre. Barzani n’est plus, pour lui, dans une logique d’autonomie, mais de confédération.

La signature du Traité d’amitié irako-soviétique en avril 1972 et la nationalisation de l’Iraq Petroleum Company (IPC) vont changer la donne et lui offrir l’occasion de reprendre les combats. Dès le mois de mai 1972,
la CIA apporte secrètement son soutien financier. Conséquence : le 11 mars 1974, quand l’autonomie est enfin octroyée aux Kurdes, Mustapha Barzani la rejette. Il avouera plus tard au journaliste Paul Balta du Monde que « qu'Israël, l'Iran du Chah, et les Etats-Unis l'avaient fortement dissuadé d'accepter cet accord en espérant que les Kurdes déclencheraient une guérilla pour affaiblir Saddam Hussein dont le projet de modernisation de l'Irak inquiétait déjà les Etats-Unis et leur grand allié Israël » (4). Dans une interview au Washington Post du 22 juin 1973, il promet aux Etats-Unis de servir leur politique dans la région et si l’aide américaine s’avère « substantielle » de « prendre le contrôle des puits de Kirkouk et d’en confier l’exploitation à une compagnie américaine ». Selon le Rapport Pike rédigé par la CIA en 1975, il se serait même déclaré prêt à faire du Kurdistan le 51ème Etat des Etats-Unis !

Le PDK se disloque. Obeidollah Barzani est de ceux qui estiment que l’expérience d’autonomie négociée en Irak vaut la peine d’être tentée. En avril 74, il sera nommé ministre d’Etat. Son père le traite de « traître ». Plusieurs membres du Politburo fondent un PDK dissident à Bagdad, et il ne sera plus question des frontières de
la Région autonome du Kurdistan jusqu’à la chute de Bagdad en avril 2003.

La rébellion kurde teint tête à l’armée irakienne jusqu’à l’Accord d’Alger signé le 6 mars 1975 par le Chah et Saddam Hussein. Les deux pays belligérants s’engagent, dans une clause secrète : ne plus aider leurs oppositions respectives. La guérilla kurde s’effondre en quelques jours. Mustapha Barzani meurt le 2 mars 1979 d’un cancer aux Etats-Unis où il s’est installé avec son fils Massoud.

Indépendance de fait
On aurait pu penser que l’histoire des relations entre la rébellion kurde et Bagdad, riche en rebondissements, allait s’arrêter là. Il n’en est rien : après avoir renversé le Chah d’Iran, l’Ayatollah Khomeiny fait appel aux Kurdes pour déstabiliser l’Irak. Avant de mourir, Mustapha Barzani renvoie Massoud au Kurdistan irakien pour ne pas laisser le terrain libre à Jalal Talabani qu’il déteste.

Avec le déclenchement de
la Première guerre du Golfe (1980-1988), dite Iran-Irak, la rébellion est relancée. La répression est terrible. Lors de l’opération Anfal, dirigée par Ali Hassan Al-Madjid, une zone de sécurité est créée le long des frontières : les villages sont détruits et leur population déplacée et regroupée. A chaque intrusion iranienne en Irak, les gaz de combat sont utilisés, parfois de part et d’autre comme lors de la bataille controversée de Halabja. Pendant toute cette période, le gouvernement régional, situé à Erbil, poursuit ses activités.

L’accalmie découlant du cessez-le-feu signé par l’Iran le 18 juillet 1988 est de courte durée. L’’entrée des troupes irakiennes au Koweït en août 1990 débouche sur une Seconde guerre du Golfe, et à l’instauration en avril 1991 d’une zone d’exclusion aérienne au nord du 36ème parallèle. Massoud Barzani et Jalal Talabani ont les mains libres au Kurdistan pendant treize ans.

Les frontières inacceptables du « Grand Kurdistan » irakien
Aujourd’hui, son fils Massoud Barzani est Président de
la Région autonome. Jalal Talabani est « Président de la République ». Ils ont fait taire provisoirement leurs querelles et grignoté des portions de territoires hors de la Région autonome. Ils n’ont plus à craindre l’armée irakienne : elle a été dissoute par Paul Bremer ; et ils interdisent à toute force armée de pénétrer dans la zone qu’ils contrôlent si elles sont composées d’Arabes. Leurs milices entraînées, armées et protégées par les Américains et les Israéliens, sont apparemment en position de force pour s’emparer de Kirkouk, du Sindjar et de Qanaqin.

La carte présentée à l’Assemblée nationale irakienne en juillet 2005 par Mullah Bakhtiyar, un des dirigeants de l’UPK (Union Patriotique du Kurdistan), comprend le gouvernorat de Ninive dans sa totalité, c'est-à-dire avec Mossoul, Tell Afar (5% de Kurdes, 75% de Turcomans !), le Sindjar (Yézidi) et une grande partie du plateau de
la Djeziré. Elle englobe ensuite bien évidement Kirkouk et Tuz Kurmatu – tout le Turkmeneli, pays des Turcomans - puis elle coupe Baqubah et passe à une quinzaine de kilomètres à l’est de Bagdad pour descendre au sud-est jusqu’à Jassan et Badra sur la frontière avec l’Iran. La chaîne du Hamrin sert au nord de « ligne de démarcation » entre Arabes et Kurdes. Et encore, certains extrémistes kurdes font valoir que si le Kurde Salah Eddine (Saladin) est né à Tikrit – située au sud de cette montagne - c’est parce que la ville l’était aussi !

Le tracé de la carte du Kurdistan a été adopté par le Parlement kurde. Selon Mullah Bakhtiyar, il est basé sur des « faits historiques et géographiques ». Les Kurdes, a-t-il dit aux membres de l’assemblée médusés, veulent bien négocier des privilèges ou des postes ministériels mais les frontières du Kurdistan sont une ligne rouge à ne pas franchir (5). Les chefs kurdes pourraient bien réclamer que les Kurdes vivant en Irak hors du Kurdistan dépendent de l’Etat kurde et soient considérés comme des citoyens privilégiés, comme le demandait Barzani dans son contre projet de loi régissant la région autonome (6).

Jalal Talabani a proposé aux Turcomans en janvier dernier un statut d’autonomie (7) … au sein du futur Etat kurde, mais la confiance ne règne pas. Les Turcomans veulent qu’on respecte leurs droits sur la terre de leurs ancêtres. Talabani n’a d’ailleurs pas répondu lorsqu’on lui a demandé d’indiquer les régions concernées… Dans le projet « Grand Kurdistan », les Yézidis et les Shabaks (8) qui se disent ni Kurdes, ni Arabes sont « kurdifiés ». Les Assyriens sont décrétés Kurdes parce que parlant le kurde, à la différence des Chaldéens qui sont dits Arabes, comme si l’origine du schisme religieux entre ces deux communautés découlent de leur appartenance ethnique supposée.

Massoud Barzani et Jalal Talabani veulent « le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière »... Ils devraient se contenter du territoire de
la Région autonome avec quelques aménagements négociés, et entamer les réformes sociales tant attendues par leur peuple. Sinon, ils doivent s’attendre à des révoltes populaires, comme à Halabja en mars dernier où des manifestants furieux ont détruit le mausolée.

Qui peut croire que les Turcomans et les Arabes accepteront la politique du fait accompli ? Ils ne se laisseront déposséder ni leur identité ni de leurs terres. Il y aura de nouvelles guerres et les « amis » américains et israéliens ne répondront pas toujours aux appels à l’aide des féodaux kurdes.
Gilles Munier
(10/4/06)

Notes :
(1) Alerte au Kurdistan, par Edouard Sablier – Le Monde, 26/9/61 - (2) Lettre du 18 octobre 1930, source : Foreign Office 371 14 523, citée par Chris Kutschera, Le mouvement national kurde, Flammarion, 1979 - (3) Compte rendu des négociations - Exposé de Saddam Hussein, le 11 mars 1975 – Propos sur les problèmes actuels, Editions Ath-Thawra – Bagdad (sans date) - (4) Le projet politique des Etats-Unis n'est-il pas d'atomiser le Proche-Orient ?
Interview de Paul Balta par Saïd Branine (26/3/03)
http://www.oumma.com/article.php3?id_article=593&var_recherche=paul+balta
(5) Kurdish leaders redrawn map with larger
Kurdistan . (6) L’Irak nouveau et le problème kurde, par Aziz El Hadj, Ed. Khayat, 1977 – (7) The New Anatolian (30/1/06) - (8) Iraq ’s Shabaks are being opressed by Kurds, par le Dr. Hunain Al-Qaddo.
Http://web.krg.org/articles/article_print.asp?ArticleNr=4744 (AFP -10h49)

N°324 - Journal d'Irak - 02/01 au 09/01 Début

Sommaire

5-1 Please see.

5-2 New web site of Monitoring net of human rights in Iraq & CCER- Fallujah.

5-3 La guerre en Irak.

5-4 James Blunt et la guerre en Irak.

5-5 Des infos sur Irak sur le site.

 6-1 151'000 morts sont morts entre mars 2003 et juin 2006.

 6-2 261 millions de dollars (177 millions d'euros) pour 2.400.000 Irakiens chassés par la guerre.

 6-3 Corruption en Irak: Ahmed Saleh accuse la communauté internationale.

 6-4 Les diplomates états-uniens refusent d’être nommés d’office en Irak.

 8-1 Les GI sous le feu croisé de la haine.

10-1 Gilles Munier : Le projet de « Grand Kurdistan » irakien : capitale Kirkouk !

 

L'Irak en chiffre: du xx-01 au 09/01/08

Tués

Blessés

Peuple irakien

9

15

Usboys/Autres boys + miliciens

19

10

Policiers, armée et collaborateurs

22

44



Tiré à part : 09-01 Moqtada al-Sadr s’est élevé mercredi contre la tournée au Proche-Orient de W. Bush. Cette visite, vise à asseoir la domination des États-Unis sur le monde arabe. "Nous disons à Bush : ’vous nous avez apporté les guerres’" et celui qui "apporte les guerres ne peut pas apporter la paix", "Quittez notre terre et nous serons en sécurité"."Depuis que l’Amérique a commencé à être impliquée au Proche-Orient la souffrance des pays musulmans et non-musulmans est allée de mal en pis", a déclaré et  jugé Moqtada al-Sadr.

(Al-Oufok avec les agences de presse)


Occupation de l'Irak  Analyse & déclaration

Etats-Unis

09-01 L’armée américaine tente de généraliser sa stratégie aux zones chiites, à Bagdad ou dans le sud du pays, y soutenant la création de nouvelles milices du « Réveil ». L’Armée d’al-mahdi, puissante milice très présente dans ces zones, a déjà déclaré publiquement son hostilité à cette initiative. L’Orient-Le Jour

2 Les forces en présence Collabos 31-12 Près de 80.000 miliciens collabos, ont été mobilisés par l'armée américaine pour lutter contre la branche irakienne d'Al-Qaïda.   (AFP -10h49)

 


4 Lutte pour la libération du territoire Pertes occupants. 03-01 Deux soldats ont été tués jeudi dans une attaque alors qu'ils étaient en opération dans la province de Diyala, au nord-est de Bagdad, a précisé le commandement dans un communiqué. Un soldat a été blessé dans l'attaque et évacué vers un hôpital de la coalition. (ats / 20:50) Un de 2 soldats nommé Olmsted avait commencé à écrire pour le "Rocky Mountain News" le 21 mai dernier et avait rédigé ce qu'il avait appelé son "dernier message" en prévision de son possible décès. Il avait demandé à un ami de le poster sur son site Internet AndrewOlmsted.com s'il venait à mourir en Irak. Ce qui a donc été fait. Dans ce message, Olmsted, demande à ce que l'on n'utilise pas sa mort pour critiquer ou pour défendre la guerre en Irak. Il cite également Platon en écrivant que "seuls les morts ont vu la fin de la guerre". John Temple, rédacteur en chef du "Rocky Mountain News", "Cét homme courageux a offert une perspective sur l'Irak qui aurait été impossible pour un journaliste", dit-il. AP Sur Internet: http://blogs.rockymountainnews.com/denver/iraqiarmy" http://www.andrewolmsted.com

03-01 Un militaire aété tué par l'explosion d'un engin au passage de sa patrouille au sud de Bagdad, selon un second communiqué. (ats / 20:50)

05-01 L’armée d’occupation a annoncé qu’un soldat irakien à ouvert le feu sur d’autres militaires au cours d’une patrouille commune dans la périphérie ouest de la ville de Mossoul (370 km au nord de Bagdad- la province de Ninive), tuant deux de leurs soldats, dont un capitaine. Trois autres soldats US et un traducteur civil ont été blessés. Le soldat irakien "a pu fuir immédiatement après l’attaque mais a été rapidement identifié par un autre militaire irakien et a été finalement appréhendé". "Des enquêtes américaine et irakienne sont actuellement en cours", conclut le communiqué. (AL-oufok avec les agences de presse & AFP,)

05-01 L’armée d’occupation a annoncé qu'un de ses soldats avait été tué samedi par l'explosion d'un engin piégé au passage de son véhicule, dans la province de Diyala par une bombe placée en bordure de route. AP & AFP,

06-01 Un soldat américain a été tué dimanche dans l'explosion d'une bombe déposée en bord de route au passage de son véhicule à Bagdad, a annoncé l'armée américaine. (AFP 18h24)

07-01 Deux avions de chasse F-18 du porte-avions américain USS Harry Truman se sont abîmés dans le Golfe lundi après être entrés en collision dans les airs, a indiqué la Marine américaine. "Les trois pilotes ont été récupérés à bord de l'USS Harry Truman", a déclaré le vice-amiral Kevin Cosgriff, commandant de la Vème flotte américaine, basée à Bahreïn, lors d'une téléconférence avec la presse.  (AFP 23h07)

08-01 L’armée US a annoncé la mort de trois soldats mardi, dans une attaque qui a également blessé deux militaires dans la province de Salahuddine. (Al-Oufok avec les agences de presse)

09-01 Au cours des deux premiers jours d’une nouvelle opération dont le nom de code est "Phantom Phoenix", et qui vise principalement Diyala et trois autres provinces situées au nord de Bagdad afin d’éliminer des résistants des secteurs au nord de Bagdad  9 soldats US ont été tués et quatre autres ont été blessés dans deux attaques au nord de Bagdad, a rapporté mercredi l’armée américaine.

(Al-Oufok avec les agences de presse & AFP)

1-1 Bagdad Opération Wolf": et le nouveau plan de sécurité «Ordre et loi»

devenant Fardh al-Qanoon ou "Imposing Law", (Imposer la loi),

Et à Bagdad. pendant de ce temps..?

02-01 L’attaque la plus meurtrière depuis cinq mois, visait les membres des services secrets irakiens, venus en nombre avec leur famille assister aux obsèques d’un officier de l’armée irakienne. Au moins trente personnes ont été tuées.  (Al-oufok avec les agences de presse)

03-01 Trois personnes ont été tuées et onze blessés par l'explosion d'une bombe posée devant la maison d'un membre du parti du Premier ministre al-Maliki le Dawa, dans le sud-est de Bagdad, a précisé un policier. Le membre de ce parti n'était pas chez lui quand la bombe a explosé. AP

03-01 A environ 80km au nord de Bagdad, une source militaire irakienne ayant requis l’anonymat a affirmé que six soldats irakiens avaient été tués et deux autres blessés dans une opération conjointe avec les forces américaines d’occupation dans le village d’Abou Nakhal. (Al-Oufok avec les agences de presse)

06-01 Une attaque kamikaze a eu lieu dans le quartier de Karrada, dans le centre de la capitale Bagdad. L'attaque visait les locaux d'une organisation non gouvernementale qui hébergeait une cérémonie en présence de responsables de l'armée et de représentants du gouvernement. L’explosion a été suivie par de nombreux tirs d’armes légères des militaires et policiers sur place qui ont cru à une embuscade.

Au moins onze soldats, policiers et collaborateurs ont été tués, a annoncé un policier sous couvert de l'anonymat. Au moins 17 autres ont été blessés. (L’armée d’occupation, faisait état d'un bilan de quatre morts et quatre blessés.) Des civils ont également été blessés. AP

06-01 Trois personnes, dont un policier, ont été tuées dans l'explosion d'une voiture devant un restaurant du nord-est de la capitale. AP 06-01 Tôt dimanche à Bagdad, un chef de tribu Ismaiel Abbas, a été tué par balle devant sa maison, dans le quartier de Chaab. Un voisin a raconté qu'il participait à la formation d'un conseil armé pour lutter contre l'influence grandissante des milices dans son secteur. AP

07-01 Dix-huit personnes, dont l'un des principaux chefs des milices mobilisées par l'armée américaine à Bagdad p, ont été tuées lundi dans quatre attaques à l'explosif dans la capitale irakienne, selon les forces de sécurité irakiennes. (AFP)

07-01 Un kamikaze a déclenché la veste d'explosifs qu'il portait sur lui dans les locaux de la Fondation sunnite, dans le quartier d'Adhamiyah. Le colonel Riyad al-Sammaraï, du "Réveil d'Adhamiyah", a été tué avec au moins cinq autres personnes,(collaborateurs),  a indiqué Abou Abed, commandant de la milice dans ce quartier.

Le quartier d'Adhamiyah était selon Abou Abed depuis deux ans un bastion de la résistance. Les combattants du "Réveil d'Adhamiyah" en avaient repris le contrôle en novembre avec le soutien matériel de la ‘Fondation sunnite’, institution irakienne chargée de la gestion des mosquées sunnites. al-Sammaraï, 57 ans, faisait notamment l'intermédiaire entre le Réveil d'Adhamiyah et la Fondation sunnite. AFP 07-01 Un engin piégé a également explosé peu après dans une rue voisine au passage d'une voiture évacuant les blessés du premier attentat, faisant un nombre indéterminé de morts (au moins 13 morts), selon ces responsables qui ne pouvaient préciser dans l'immédiat le nombre exact de morts dans chacun des attentats. AFP 07-01 Des dizaines de milices baptisées "Al-Sahwa" (Réveils) ont été formés avec le soutien des USA, Ces groupes, sont devenus la cible d'attaques quasi-quotidiennes de la résistance. De nombreux leaders des Réveils ont trouvé la mort dans ces attaques qui se sont multipliés ces deux derniers mois. AFP 07-01 A la nuit tombée, des individus circulant à bord de cinq voiture ont enlevé entre huit et 10 volontaires dans le quartier de Chaab, dans le nord de Bagdad, a annoncé la police. Ces volontaires contrôlaient un barrage routier…. et un de leurs leaders a été tué, a indiqué hier un responsable du ministère de l’Intérieur.. (L’Orient-Le Jour- Reuters) 09-01 À Bagdad, cinq personnes, dont trois policiers, ont été tuées hier dans des attaques dont un perpétré par un kamikaze, vêtu d’une longue robe de femme, selon les forces de sécurité. L’Orient-Le Jour

1-7 Province de Diyala 

Khales

06-01 Non loin de Khalis, où la situation reste très instable, des militants soupçonnés d'appartenir à la résistance ont attaqué la maison d'un collaborateur (un cheikh local) et l'ont enlevé avec 13 membres de sa famille. AP


1-11  Province de Salahedinne : Baïji et Samarra sont situées dans la province de Salaheddine, qui a pour capitale Tikrit, Cette région est l'un des bastions de la résistance. Dans Salaheddine, les résistants ont lancé une nouvelle série d'attaques contre les responsables des forces de sécurité et les chef tribaux ralliés à l'armée US.),

Baiji (200 km au nord de Bagdad),

07-01 Un incendie s'est déclaré lundi dans l'une des plus importantes raffineries irakiennes de pétrole, entraînant un arrêt temporaire de la production, ont annoncé à l'AFP des responsables de ce secteur. L'incendie s'est déclaré après une "explosion dans une unité de gaz"a affirmé à l'AFP Assim Jihad, porte-parole du ministère du Pétrole. Ce porte-parole a souligné qu'il "était encore trop tôt pour savoir s'il s'agissait d'un accident ou non". (AFP -14h48) Début décembre, une attaque à la roquette avait provoqué un important incendie dans une raffinerie de pétrole en périphérie sud de Bagdad.

1-13 Les autres villes de l'Irak occupée

31-12 Une attaque kamikaze qui visait un barrage d’un poste de contrôle de miliciens collabo sur "la route principale de Tarmiyah", à environ 60 km au nord de Bagdad, a tué au moins cinq miliciens et quatre adolescents à déclaré a déclaré à l'AFP le  lieutenant Ahmed Abdallah. un responsable de la police. Le bilan pourrait encore s'alourdir alors que deux autres miliciens sont portés disparus après cette explosion, selon la même source. (AFP -10h49)


L’Irak en chiffres (depuis le début de la guerre de conquête en mars 2003)

 

 
Peuple
Civils tués (depuis l'occupation)

679.379

Civils blessés (depuis l'occupation)  70.586( chiffre très très minimum)
Civils violés (par les troupes d'occupations) 2.507     (voir Ibrahim Allousch
Civils/Résistants arrêtes : (une dizaine par jour...) 8.938    (chiffre minimum)
Résistants (décrit tel quel ) tués 3.995   (chiffre minimum)
Résistants (décrit tel quel ) blessés 3.885   (chiffre minimum)
En prison 40.268. (chiffre minimum)
Embargo 750.000 enfants (chiffre minimal)
Embargo 750.000 adultes (chiffre moyen)
Militaires irakiens tués pendant l'invasion 45.595 (chiffre minimal)
Civils tués pendant l'invasion 120.190 (chiffre minimal)

Coalition

Nombre de Soldats & miliciens tués (ou morts...) 

34.523

Soldats rapatriés (blessés ou malades) 57.916 (chiffre très minimal)
(*) dont 10% meurent en cours de route ou à l'hopital)
Disparus (dans la nature) 1.014
Désertions 5.501
Mutinerie 2 corps + 25
Aide psychologique 66.108***

Suicides

Mercenaires tues                                                                                 

79

933

non-combattants accidentés, 27 103
Policiers/soldats irakiens  tués

11.991

Policiers /soldats irakiens blessés

26.037 (chiffre minimal)

Policiers /soldats irakiens disparus (dans la nature) 13.854

Autres tués (collaborateur  & mercenaires & autres)

5.326

Autres blessés ( collaborateur & mercenaires & autres)

9.069

Oléoducs,les infrastructures pétrolières & d'ele

n°142 Géopolitique et stratégie de l'Afghanistan Début

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

10-1 Analyse de Adriana Evangelizt : Ben laden ou la théorie du complot islamiste 

Nous vous proposons un article sur ben Laden qui date de 2006.

On vous fera remarquer qu'aucun media ne parle des propos de Benazir Bhutto dans la video disant qu'Oussama ben Laden a été assassiné par Omar Sheik.... elle dit exactement "Omar Sheik who murdered Ossama ben Laden"... elle en parle naturellement comme d'une chose entendue. Et bien nous vous assurons que de gré ou de force, les médias seront obligés d'en parler. Car ils ont tous été invités par des dizaines de personnes à visionner cette vidéo sur tous les sites où elle se trouve.

Voici un argumentaire qui explique comment le gouvernement US et les médias qu'ils contrôlent ont fabriqué la théorie du complot islamiste, tout en considérant que les peuples occidentaux sont de grands idiots remplis de préjugés racistes, prêts à gober des mensonges risibles, dès lors qu'il s'agit de musulmans. L'insaisissable terroriste Oussama Ben Laden, principal responsable, dit-on, des attentats du 11 septembre 2001 s'exprime ( ?) via des cassettes interposées l'amenant notamment à commenter l'actualité récente, la dernière en date étant la mort de Zarqaoui. Voir le lien ci-dessous : http://www.lefigaro.fr/international/20 … jihad.html

Dans son précédent message sonore diffusé le 23 mai dernier, ben Laden avait affirmé que le Français Zacarias Moussaoui, condamné début mai aux Etats-Unis à la réclusion criminelle à perpétuité pour complicité dans les attentats du 11-Septembre, ainsi que les prisonniers détenus à Guantanamo (Cuba), n'avaient aucun lien avec ces attentats, dont il avait dit assumer seul l'entière responsabilité. http://www.lefigaro.fr/international/20 … embre.html Concernant le message du 23 mai dernier, parmi les imminents spécialistes qui ont commenté les propos de Ben Laden, aucun n'a remarqué que celui-ci ne s'est aucunement préoccupé d'innocenter Moussaoui durant son procès. Il ne l'a fait donc théoriquement qu'après le verdict prononcé et nous savons aujourd'hui que Moussaoui n'a échappé à la peine de mort que parce qu'un seul jurés s'y est opposé, voir le lien suivant : http://www.lefigaro.fr/international/20 … _mort.html

Bien entendu aucun de ces spécialistes n'a également remarqué que cette cassette dans laquelle Ben Laden dit assumer seul l'entière responsabilité des attentats du 11 septembre 2001 intervenait juste après la publication d'un sondage, le 17 mai 2006, d'où il ressortait que pas moins de 42% des américains interrogés faisaient part de leur doutes concernant la version officielle des évènements du 11 septembre 2001, voir le lien ci-dessous : http://www.911truth.org/images/911Truth … Report.htm et il ne viendra jamais à l'idée d'aucun d'entre eux ni des médias dominants de mettre en cause l'authenticité des cassettes de Ben laden, toutes authentifiées par la CIA.

Alors voyons cela d'un peu plus près.

Tout d'abord sur l'insaisissabilité de Ben Laden. Cela fait bientôt 5 ans que les attentats du 11 septembre 2001 ont eu lieu et on n'a pas encore été capable de le repérer et de l'arrêter, ce qui est pour le moins surprenant sachant notamment que les satellites espions actuels peuvent détecter un être humain lisant son journal dans son jardin et prendre son visage en photo : http://www.confidentiel.net/article.php3?id_article=229 sans parler des moyens disponibles pour espionner les communications, ni de tous les multiples moyens dont dispose des services secrets pour retrouver quelqu'un quand il le cherche vraiment. Eric laurent dans "la face cachée du 11 septembre" rappelle qu'au début de l'été 1967, des agents appartenant au service des opérations spéciales de la CIA apportèrent leur concours à l'armée bolivienne lancée sur les traces d'Ernesto « Che » Guevara. Alors que celui-ci se cachait dans une région montagneuse difficile d'accès, ils l'ont retrouvé. Avec des moyens technologiques qui sont loin de valoir ceux dont on dispose aujourd'hui, une NSA encore embryonnaire l'avait aisément repéré. Au mois de mars 2000, L'hebdomadaire Asiaweek précisait que Ben Laden n'en avait plus pour longtemps. L'islamiste soupçonné d'avoir commandité plusieurs attentats, était, selon cette source, en train de mourir d'une maladie des reins. L'hebdomadaire Asiaweek, publié à Hong Kong, qui citait une source au sein des services de renseignements occidentaux, soutenait qu'il continuait quand même à diriger un groupe de partisans. Oussama Ben Laden était caché en Afghanistan, qui refusait de l'extrader. Voir les deux liens ci-dessous : http://radio-canada.ca/nouvelles/43/43496.htm %0 http://www.cooperativeresearch.org/cont … nladenweak

Le deuxième lien cite des rapports (Context of 'March 17, 2000) qui suggèrent que Ben Laden semble faible et décharné lors d'un important meeting avec des supporters. Il peut être très malade avec des maux de foie, et cherche une machine de dialyse de rein. Autre lien en date de décembre 2001 sur la maladie de Ben Laden : http://www.alternatives-citoyennes.sgdg … bre-w.html

Qui comporte l'extrait suivant :

"Dans leur livre, devenu en trois semaines un best-seller traduit dans plusieurs langues, Jean-Charles Brisard, expert international en investigations policières et Guillaume Dasquié, rédacteur en chef d'Intelligence online, s'arrêtent, le temps d'un chapitre, sur cet épisode intriguant. D'où vient leur trouble ? Ils s'avisent, en effet, de comparer les références du mandat d'arrêt original réservé aux commissariats de police avec le texte public sur internet. Le « terroriste » recherché est bien le même homme, bien que sa photo, le montrant tout jeune, le révèle aussi moins anguleux qu'aujourd'hui, le visage moins creusé par la maladie (dont on dit qu'elle pourrait être un redoutable cancer des glandes surrénales) et la barbe plus épaisse d'un homme très loin encore du soir de sa vie". Les trois liens ci-dessus indiquent que Gravement malade, Oussama ben Laden a séjourné du 4 au 14 juillet 2001 à l'hôpital américain de Dubaï, où il aurait rencontré un responsable de la CIA , selon un témoin, partenaire professionnel de la direction administrative de l'hôpital. Ceci a bien évidemment été démenti par le gouvernement américain. Si cela devait être vrai, se pose, entre autres, les question suivantes : comment un homme gravement malade comme Ben laden qui a besoin de se faire hospitaliser à l'Hôpital "américain" de Dubai peut-il se préoccuper d'organiser le massacre de milliers de personnes aux Etats Unis deux mois plus tard, comment peut-il prendre le risque de se faire soigner dans cet hôpital "américain" alors qu'il est théoriquement recherché pour acte de terrorisme par les USA et pourquoi n'a-t-il pas été arrêté à cette occasion ? http://www.fromthewilderness.com/free/w … dubai.html http://perso.orange.fr/do/ag/351.htm#1 http://www.edition-grasset.fr/chapitres … eviere.htm

Poursuivons :

Les liens suivant concernent la mort de Ben Laden. Elle serait intervenue fin 2001 ou début 2002 selon les sources. Le site « stcom » situe la mort de Ben LADEN par défaut de dialyse au 15 décembre 2001.D'apres le journal égyptien Al-Wafd, daté du mercredi 26 décembre 2001, « le sheikh Oussama Ben Laden serait décédé de mort naturelle, il aurait eu besoin de se faire dialyser tous les trois jours, les conditions ou il vivait depuis le 11 septembre 2001 ne le permettant pas. Obligé de se cacher et privé de toute assistance d'infrastructures sanitaires de traitement de son insuffisance rénale, il n'aurait pas survécu ». http://www.israelfr.com/discus/messages … 1052481469 http://news.stcom.net/modules.php?name= … mp ;sid=627 http://www.naros.info/article.php3?id_article=46 http://www.abidjan.net/lettreouverte/im … sp ?id=1199 Extrait du lien ci-dessus des propos que tenaient le Président du Pakistan début 2002 : « Vendredi soir à la chaîne de télévision CNN, le président Musharraf a estimé qu'il y avait de fortes probabilités que Ben Laden, l'instigateur présumé des attentats meurtriers du 11 septembre aux Etats-Unis, ait succombé à une maladie des reins. « Pour être franc, je considère en possibilité numéro un qu'il est mort, pour la bonne raison qu'il est malade. Il a une maladie des reins. Et je sais --nous savons-- qu'il a offert deux machines à dialyse à l'Afghanistan. L'une était spécialement réservée à son usage personnel et l'autre pour un usage public », a expliqué M. Musharraf. Le Pakistan a entretenu des relations très étroites avec le régime taliban jusqu'aux attentats du 11 septembre, qui ont contraint Islamabad à réviser sa politique étrangère et à soutenir la campagne militaire américaine en Afghanistan. « Je ne sais vraiment pas si on lui administre ce traitement en Afghanistan aujourd'hui. Et les photographies qui ont été montrées de lui dernièrement à la télévision le font apparaître extrêmement faible. » Ces propos confirment la nature et la gravité des problèmes de Santé auxquels était confronté Ben Laden à cette époque. Si ce dernier était encore vivant aujourd'hui comment se débrouille-t-on pour ne pas repérer, avec les moyens dont je parlais plus haut, un homme qui a besoins d'infrastructures sanitaires pour se faire soigner et réaliser des dialyses fréquentes ? http://www.humanite.presse.fr/journal/2 … 2-27-29625 http://news.stcom.net/modules.php?name= … mp ;sid=618 http://www.bladi.net/forum/65317-casset … ation.html Dernier point de mon intervention : Les cassettes de Ben Laden. La première de la série a été retrouvée le 14 décembre 2001, c'est celle où Ben Laden Revendique les attentats du 11 septembre 2001.Elle est analysée par le lien suivant : http://911lies.org/fake_bin_laden.html Il est évident que le personnage de la vidéo n'a pratiquement aucune chance d'être Oussama Ben Laden . Entre le fait que l'homme de la vidéo semble avoir beaucoup plus d'embonpoint que le vrai Ben Laden, même en bonne santé, le fait que les traits de son visage ne sont pas les mêmes, le nez notamment semble avoir pris du volume par rapport à celui du vrai Ben Laden, on en conclut sans peine que cette vidéo de la confession ne peut être qu'un mensonge de plus du gouvernement américain.

Le lien ci-dessous donne l'analyse par les "Scholars for 9/11 Truth" aux USA de la cassette de Ben Laden du mois de mai dernier. (Ce lien rappelle au passage que des enregistrements, communiqués à l'occasion du procès de Zacarias Moussaoui, des soi-disant derniers instants du vol 93, qui s'est écrasé en Pennsylvanie concernaient, en particulier, des voix de passagers qui disaient notamment vouloir défoncer, en utilisant un chariot à boissons, la porte du cockpit supposée être fermée. Ces enregistrements étaient impossibles et donc faux, cela n'a pas été relevé par les médias, car l'appareil d'enregistrement de voix se trouvant dans le cockpit (poste de pilotage) n'a pas pour fonction d'enregistrer les voix de personnes se trouvant dans le compartiment passagers). http://www.globalresearch.ca/index.php? … cleId=2555

Quelques autres points tirés de cette analyse qui mériterait une traduction complète. L'agence Reuters a rapporté qu'il s'agissait bien de la voix de Ben Laden. Certes, mais il existe depuis 1999 une technologie de "voice morphing' (or 'voice synthesizing') permettant de créer d'excellentes imitations de la voix, à partir d'un simple enregistrement de la voix d'une personne et si cela s'avère nécessaire, les imitations peuvent être réalisés quasiment en temps réel pour répondre par exemple à une question : http://www.washingtonpost.com/wp-srv/na … 020199.htm Et éventuellement appeler par téléphone un proche qui authentifiera votre voix sans aucun problème. Cette technologie a vraisemblablement été utilisée pour faire croire à des appels par téléphones portables provenant de passagers des avions détournés. Ces appels, cela été démontré : http://www.physics911.net/projectachilles.htm Etaient essentiellement impossibles en 2001 aux altitudes et vitesses de croisières des avions de lignes. Ils ne sont devenus possible qu'à partir de 2004 grâce à des nouvelles technologies (cellule pico, satellite...) voir les liens ci-dessous : http://www.globalresearch.ca/index.php? … cleId=2356 http://www.nypress.com/17/30/news&c … nCabal.cfm http://www.usatoday.com/money/biztravel … ells_x.htm http://www.01net.com/editorial/311420/s … / ?rub=4427

D'après Éric Denece, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement[10], les commandos français en Afghanistan ont eu, pendant la première quinzaine de septembre 2004, Oussama Ben Laden de visu dans leurs jumelles longue distance. Cependant, prévenues, les forces américaines leur auraient demandé de ne pas intervenir."

Ce qui contredirait l'hypothèse selon laquelle Ben Laden serait mort fin 2001. Mais là on se trouverait dans le cas de figure où les autorités US auraient décidés de ne pas capturer Ben Laden tout en sachant où il se trouve. Si la raison pour laquelle elles ne veulent pas capturer Ben Laden s'il est encore vivant serait simplement parce qu'il détient des secrets compromettant pour le régime Bush, pourquoi, si Ben Laden est effectivement le coupable du crime du 11 septembre 2001 et que le gouvernement Bush n'y est pour rien, n'a-t-on même pas essayé de le tuer (ou dissimulé le fait de l'avoir tué si cela a été le cas alors que le gouvernement américain s'est glorifié de la mort d'Abou Moussab al Zarqaoui tué par l'armée US ?) A part le fait que c'est bien le gouvernement Bush (ou la partie "néocons" de celui-ci) qui est effectivement coupable du crime du 11 septembre 2001 et que les cassettes fabriquées de Ben Laden dont certaines très récentes où "celui-ci" revendique les attentats sont nécessaires au gouvernement Bush, je ne vois pas d'autre explication.  

Conclusion vraisemblable :

Les cassettes de Ben Laden n'ont sans doute pas d'autres finalités que de lui faire jouer le rôle du pigeon revendicateur des attentats du 11 septembre 2001 et du leader d'Al-Qaida , rôle qu'il avait refusé de jouer dans des déclarations à des journalistes pakistanais dans les jours suivants le 11 septembre 2001. Il leur déclarait notamment : "J'insiste pour dire que je n'ai pas perpétré cet acte, qui apparaît avoir été perpétré par des individus avec leur motivation propre ». Vraisemblablement mort et enterré depuis longtemps, Ben Laden n'est plus là pour démentir être l'auteur de ces cassettes. Jusqu'à quand peut se dérouler cette farce ? Si le régime Bush a en besoin sur un plan électoral il pourra éventuellement un jour organiser l'exécution d'un barbu ressemblant plus ou moins à Ben Laden et il y a fort à parier que, comme pour le gros Ben Laden de la cassette des aveux, cela passera comme une lettre à la poste. Oussama BenLaden, a plusieur reprise a niés etre l'auteur des atentats de NewYork et Washington. On retrouve cette alégation dans le journal pakistanai AusafHamid Mir, ainsi que dans un fax recu par l'agence de presse afghane AIP. Son fils Abdulah, dans une interview au Sunday Mirror a repeté « mon père n'y est pour rien, il n'a aucuns liens avec les attentats americain ». Le 28 septembre 2001, le quotidien pakistanai Ummat, basé a Karachi, publi la première interview d'Oussama depuis le 11 :« J'ai déja dit que je ne suis pas implique dans les attentats du 11. En tant que musulmans, j'essaie de faire de mon mieu pour éviter de dire un mensonge. Je n'ai pas eu conaissance de ces attaques et je ne considère pas l'asassinat de femme, d'enfantset d'autre humain comme un acte appreciable. » Dans Ummat, Oussama affirme que ni lui ni AlQaida ne sont mele aux attentat, PeterScholl Latour, un expert allemand du procheorient, donne son avis : « ce qui s'est passé aux EtatsUnis a muri durant des annés. Il y a eu un entrainement très long. On ne peut pas faire cela d'un telephone portable depuis l'Afghanistan. Sans oublier que les services americain sont a l'écoute de toutes les conversations ». de plus avnat les attentats BEnladen ete hospitalisé à Dubaï sous dialise Richard Labevière, journaliste d'investigations de hautes renomée en Suisse, a raporté les preuves qu'Oussamma avait ete hospitalisé durand 2 semaines en juin 2001 à l'hopital américain de Dubai, aux EmiratsArabes Unis, et soigné par le chirurgien Terry-Calaway, histoire confirmé par plusieurs agences de presses. L'agent de la CIA , Larry Mitchell, lui a rendus visite a cette occasion, une information reprise par de nombreux journaux, y compris Le Figaro du 31 octobre 2001 sous la plume d'Alexandra Richard.

Le 13 décembre 2001, le Pentagone a publié une vidéo amateur qui devait enfoncer le clous et prouver irrefutablement l'implication de BenLaden. Cette cassette a été trouvé dans une maison de Jalalabad en Afghanistan, par des unitées spéciales americaine. Puis la rumeur a circulé qu'elle provenait de Kandahar. Ce qui est certains c'est que le son de la bande était tres mauvais, et que meme les auditeur du monde arabe devaient s'apuyer sur les soustitres pour comprendre la conversation echangé entre benLaden et un cheik arabe. Diaa Rashwan, expert de l'Islam, a declare que la video était un fau. Le magazine televises allemand Monitor a prouvé que la traduction était fausse a plusieurs endroits décisifs. L'orientaliste Abdul ElHusseini a reperé 3 ereurs de traductions a propos de references temporel dont la présence change le sens du dialogue. Le journal ElShark a confirmé cette analyse : « la vidéo n'éclaircie pas les choses, elle ne devoile pas la vérité, elle pose encore plus de questions ». La traduction anglaise a été manipulé. Les passages qui sont censés prouver la culpabilité de BenLaden ne prouvent rien et sont différents de la réalité traduite par les américains.

la version donnée par les americains et plus que discutable, avec des aveu de Ben Laden sur une cassette videos superbasse resolution ou le personage ne ressemble a peine a ben laden, qui porte bijou en or ( interdit par l'islam ) et qui signe de la mains droite alors que sur le site du F.B.I il est indiqué comme gauché etc etc . En 2004, le journaliste d'investigations Eric Laurent (Grand reporter au Figaro et specialiste de politique internationale. Il est l'auteur de nombreu documents à succè dont " La guerre du Golfe" avec Pierre Salinger.) nous apprends que le leader terroriste BenLaden n'est en réalitée ni recherché ni inculpé par les autoritées américaines pour les attentats du 11 septembre. Jhon Aschcroft, ministre de la justice, dont dépend le F.B.I, n'a jamais donné l'ordre que l'on délivrent un avis de recherche fédéral contre BenLaden. Pour la justice et les agences chargés de l'enquete, Oussama n'est pas suspet dans le carnage du 11 septembre. Eric Laurent passage chez ardissopn

Mercredi 02 Janvier 2008

http://www.dailymotion.com/video/230368

Sources Paris Indymedia Posté par Adriana Evangelizt

http://usa-menace.over-blog.com/article-7335404.html

-2 Pierre Piérart : L’expansion de l’OTAN avant et après l’effondrement de l’URSS.

L’organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) a été créée le 4 avril 1949. Les préliminaires des cette organisation ont été complexes.

L’idée d’une alliance défensive fut lancée par Winston Churchill dans sont discours alarmiste de Fulton en mars 1946 ; elle fut reprise quelques jours plus tard par Harry S. Truman et en septembre 1947 par le secrétaire d’Etat canadien aux Affaires étrangères. Des pourparlers ultra-secrets eurent lieu en mars 1948 au Pentagone entre les Etats-Unis, la Grande Bretagne et le Canada en vue de créer les statuts de l’Alliance. Au cours de l’été 1948 la France et le Benelux rejoignirent les trois leaders.

Il est intéressant de signaler qu’en novembre 1941 différents ministres réfugiés à Londres firent la promotion d’une alliance atlantique. Il s’agit, entre autres, des ministres norvégien et néerlandais des Affaires étrangères (T. Lie et E.N. Van Kleffens) auxquels s’associa le ministre belge C. Gutt.

Cette idée sera reprise le 22 octobre 1942 par le Conseil des ministres de Belgique présidé par H. Pierlot. Rappelons également le Traité franco-britannique de Dunkerque de mars 1947 ainsi que le Traité de Bruxelles signé le 17 mars 1948 par la Belgique , la France , le Luxembourg et le Royaume Uni qui stipulait, entre autres, qu’en cas d’agression armée d’un de ces Pays les autres signataires du Traité lui porteraient aide et assistance.

Pendant la guerre froide l’histoire de l’OTAN fut marquée par plusieurs évènements importants qu’il est bon de rappeler. Le 10 mai 1966 le gouvernement français fait part aux 14 membres de l’Alliance de sa décision de se retirer de l’organisation militaire de l’OTAN. Cette décision entraîna le transfert hors de France des quartiers généraux qui s’établirent en Belgique, à Casteau, près de Mons. Cette décision française se caractérisait par le retrait de l’Organisation sans pour cela rompre avec le Traité de l’Alliance ; elle était justifiée par la volonté du général de Gaulle de se détacher des Etats-Unis tout en essayant d’être le troisième « grand » suite à la mise sur pieds d’une force nucléaire nationale.

D’autres crises ont marqué l’histoire de l’OTAN, notamment le 21 septembre 1964 avec l’accession à l’indépendance de l’Ile de Malte, où se trouvaient des forces et des installations de l’OTAN. En effet, en juin 1971 des élections parlementaires dans cette île amenèrent au pouvoir un gouvernement qui demanda le départ du quartier général de l’OTAN (Narsouth fut transféré à Naples). Ce coup porté à la défense du flanc sud de l’OTAN sera neutralisé par l’adhésion de l’Espagne en 1981-82.

Toujours en Méditerranée après l’invasion , en juillet 1973, des troupes turques à Chypres, la Grèce se retire de l’Organisation estimant n’avoir pas été soutenue par les membres de l’OTAN et en 1962, suite à l’accession de l’Algérie à l’indépendance, l’Alliance ne bénéficiera plus de cette zone stratégique.

En 1976-1980 l’OTAN déclencha une crise grave dans la société européenne avec l’installation de missiles de moyenne portée, Cruise et Perching 2, auprès de certains de ses membres. Ces missiles à moyenne portée devaient en principe répondre aux équivalents soviétiques, les SS20 mobiles.

Signalons aussi que l’OTAN a participé avec la CIA à la déstabilisation de plusieurs pays européens et à la préparation d’une résistance en cas d’une invasion de l’Europe occidentale par l’Armée rouge. La « Commission Church » du Sénat américain avait révélé en 1976 l’existence de groupes « stay behind » afin d’organiser un réseau pour combattre le communisme en Europe Occidentale et spécialement en Italie, France, Belgique, Grèce, etc.
En Italie le réseau connu sous la dénomination Gladio a collaboré avec les Services secrets de l’OTAN à l’aide de groupes d’extrême droite ou d’extrême gauche. Citons l’assassinat de trois carabiniers le 31 mai 1972 à Peteano (Frioul). Ils avaient été appelés par un coup de téléphone anonyme pour inspecter une Fiat 500 blanche ; au moment où les carabiniers ouvraient le coffre de la voiture ils ont été tués par la déflagration d’un explosif T4 utilisé par l’OTAN (instruction du juge Casson en 1984). De nombreux autres attentats ont eu lieu, rappelons, entre autres, l’attentat de la gare de Bologne en 1980 qui a fait de très nombreuses victimes (85 morts et 200 blessés). L’instruction judiciaire a encore prouvé que le T4 avait été utilisé par les terroristes.

On pourrait citer des dizaines d’exemples de déstabilisation en Italie, en Belgique et dans d’autres pays. Il n’est pas exclu que les tueurs du Brabant, en Belgique, n’aient pas été commandités par les Services secrets de l’OTAN. En outre des centaines de caches ont été découvertes lors d’instructions judiciaires, dans tous les pays de l’Europe occidentale contenant des armes, des munitions programmées par l’OTAN, en vue d’une résistance à l’occupation des territoires par les Soviétiques.

2.- La mutation de l’OTAN après l’effondrement de l’Union Soviétique et l’effacement du Pacte de Varsovie.

La politique de l’OTAN, après l’effondrement de l’URSS et l’effacement du Pacte de Varsovie (conclu en 1955 et rompu le 1er juillet 1991), a été non seulement de se maintenir et de ne pas baisser la garde mais au contraire de s’étendre vers l’Est malgré les accords de Mikhaïl Gorbatchev avec Helmut Kohl. Rappelons les conventions prises par les quatre puissances occupantes de Berlin – Etats-Unis, Grande-Bretagne, France et URSS – et les deux Allemagnes, connues sous le nom de « Deux plus quatre », et stipulant que les troupes américaines ne s’étendraient pas dans l’ex-RDA. Le 12 septembre 1990 la négociation « Deux plus quatre » stipulait que l’Allemagne retrouvait sa souveraineté, garantissait le respect des frontières, renonçait aux armes de destruction massive, s’engageait à ne pas permettre l’extension de l’OTAN et le stationnement d’armes nucléaires sur le territoire de l’ex-RDA.

Dès 1992 on observe déjà une dégradation dans les relations entre les Etats-Unis et la Russie. En 1993 sous l’administration Clinton la décision de procéder à l’élargissement de l’OTAN à l’Est de l’Europe est déjà prise à l’instigation de Henry Kissinger, Zbignev Brzezinski et Helmut Kohl. La mutation brutale aura lieu avec l’intervention militaire de l’OTAN, sans mandat du Conseil de Sécurité des Nations Unies, en Serbie avec des moyens absolument disproportionnés et des infractions au droit international, en bombardant les infrastructures de la région de Belgrade et le Kosovo qui provoquèrent la fuite de dizaines de milliers d’habitants. Cette guerre a été rendue nécessaire suite aux exigences de dernière minute proposées à la réunion de Rambouillet qui stipulaient que la Yougoslavie serait occupée militairement et dans sa totalité par des troupes de l’OTAN. A l’heure actuelle il y a toujours 17.000 Américains au Kosovo et des bases militaires extrêmement importantes. D’autre part, aidée par plusieurs membres (Allemagne, Belgique, Hollande, Canada, Grande-Bretagne), l’Alliance développe avec des moyens de plus en plus puissants la guerre en Afghanistan dont on ne voit pas la fin et dont les civils sont les principales victimes (bombes à uranium appauvri et à fragmentation).

Actuellement l’OTAN regroupe 29 membres et des nombreux pays opérant dans le cadre du Partenariat pour la Paix. Même des pays comme la Finlande , la Suède , l’Irlande et l’Autriche font partie de ce dernier. Les responsables de l’OTAN envisagent même de faire entrer l’Albanie, l’Ukraine et la Georgie dans leur organisation à l’occasion du prochain sommet à Bucarest, l’année prochaine, ce qui pourrait renforcer le projet d’indépendance du Kosovo soutenu par le ministre albanais des Affaires étrangères, Monsieur Bacha et son homologue français Monsieur Koushner.

Le comble est que les Etats-Unis ont passé des accords bilatéraux avec la Pologne et la République Tchèque pour y installer des infrastructures d’un bouclier anti-missiles, à savoir, une dizaine d’intercepteurs de missiles en Pologne et des radars très puissants à une vingtaine de kilomètres à l’Ouest de Prague. Ces accords se sont faits sans l’avis de l’Union Européenne et de ses membres qui ferment les yeux sur cette situation inadmissible.

Ce projet d’installation d’un bouclier anti-missiles en Europe centrale par les Américains ne fera qu’aggraver le régime de nucléarisation de l’Europe. Le ministère des Affaires étrangères russe par la voie de son ministre a déclaré à plusieurs reprises qu’il arrêtait les programmes START I et START II, c’est-à-dire le démantèlement des armes nucléaires et même conventionnelles, tant que les Américains, l’OTAN, l’Allemagne, la Belgique , l’Italie et les Pays-Bas ne se décidaient pas à retirer les centaines de bombes nucléaires à gravité déployées en Europe, c.-à-d. en dehors du territoire national américain.

L’OTAN est devenue une véritable pieuvre qui étend ses tentacules autour de la Russie et de la Chine et même autour de l’Afrique où se déroulent des manœuvres navales de l’Alliance. Le secrétaire américain à la Défense Robert Gates a de nouveau insisté pour que les Etats membres de l’OTAN engagent plus de moyens et de troupes dans la guerre en Afghanistan qui tourne à la catastrophe. Il y a déjà 37.000 soldats dans la Force d’assistance à la sécurité (Isaf) sous commandement de l’OTAN dans ce pays.

La situation en Afghanistan est devenue épouvantable, la misère s’est installée à Kaboul et dans de nombreuses provinces. Les principales victimes sont souvent des orphelins qui sont livrés à eux-mêmes pour survivre, qui sont kidnappés par des organisations criminelles et vendus dans le monde entier à des pédophiles mais aussi à des entreprises militaires américaines (Blackwater, Brown and Root, etc.). De nombreux réfugiés au Pakistan et en Iran ont été contraints de revenir en Afghanistan où ils se retrouvent dans une situation encore plus terrible qu’avant. L’aide humanitaire devient de plus en plus difficile à cause des opérations militaires. Comme au Kosovo les bombardiers utilisent des quantités énormes de bombes à uranium appauvri, de nombreux cancers sont déjà apparus. Quant à Monsieur de Hoop Scheffer, secrétaire général de l’OTAN, il a le culot de déclarer que l’Alliance n’est pas une organisation de développement mais qu’elle se contente de créer un milieu dans lequel la reconstruction et le développement sont possibles. Cela le conduit à demander à l’OTAN et à l’Union Européenne de redoubler leurs efforts pour développer un partenariat stratégique efficace.

En conclusion il n’est pas inutile de rappeler le message de George Kennan, célèbre diplomate américain, né en 1904 et qui vient de mourir en 2005, bien connu pour sa doctrine du « containment » publiée en 1947 et qui proposait une diplomatie et une stratégie militaire très souple. Récemment il avait déclaré que l’extension de l’OTAN vers l’Est serait la plus grande erreur politique des Etats-Unis depuis la 2ème guerre mondiale. Les prédictions de George Kennan se révèlent une réalité, l’Afghanistan en constitue un exemple, probablement plus effarant que ce qu’il avait prévu. Il est grand temps que les responsables européens prennent des mesures efficaces pour mettre un terme à cette situation inadmissible.

Pierre Piérart

Pour en savoir plus :

- Gilbert Achcar – La nouvelle Guerre froide – Le Monde après le Kosovo – Presses
Universitaires de France, 1999.
- Claude Delmas – l’OTAN – Presses Universitaires de France, 1981.
- Daniel Ganser – NATO’s secret Armies – Frank Cass-London and New York, 2005.
- Jan Willems (ouvrage collectif) – Gladio – éditions EPO.
- Charles Zorgbibe – L’Après-guerre froide en Europe – Presses Universitaires de France, 1993.
- Charles Zorgbibe – Histoire de l’OTAN – Editions Complexe, 2002.

09/01/2008

n°142 journal de l'Afghanistan 08-01 Suite 2

8-2 Point de vue de Joe Kay : Torture lors d’interrogatoires : Le complot criminel de la Maison Blanche et de la CIA.
La Maison Blanche et la CIA ont dissimulé à la Commission du 11 septembre les vidéos relatives à la torture lors d’interrogatoires En dépit de demandes répétées d’information sur les interrogatoires adressés aux dirigeants au plus haut niveau de la CIA et de la Maison Blanche , la CIA a, selon le directeur de la commission, caché à la Commission du 11 septembre des enregistrements vidéos montrant les sévices infligées à des présumés membres d’Al Quaïda. La CIA a reconnu avoir détruit en novembre 2005, plus d’un an après que les demandes aient été formulées, les cassettes des interrogatoires concernant deux dirigeants présumés d’Al Quaïda, Abou Zoubaydah et Abd al-Rahim al-Nashiri. Un mémo adressé par le directeur de la commission, Philip Zelikow, au président et ancien gouverneur du New Jersey, Thomas Kean, et au vice-président et ancien congressiste, Lee Hamilton, retrace l’histoire des contacts que la commission a eu à ce sujet avec la CIA. Le mémo daté du 13 décembre 2007 a été divulgué à la presse vendredi. (Voir : An analysis of the 9/11 Commission memo on interrogation tapes.“) Le compte rendu de Zelikow est une mise en accusation accablante de responsables de la Maison Blanche et de la CIA et émanant d’un Républicain éminent entretenant des liens étroits avec l’establishment des services de renseignement. (Zelikow avait été membre du Conseil national de sécurité dans le gouvernement de George Bush senior et avait co-écrit un livre avec l’actuelle secrétaire d’Etat, Condoleezza Rice). Selon le mémo, la commission avait fait des « demandes répétées d’information détaillée au sujet » des interrogatoires de la CIA en 2003 et en 2004, y compris celles des deux personnes dont les interrogatoires avaient été enregistrées sur les cassettes vidéo détruites. Les cassettes vidéo des interrogatoires auraient bien évidemment été déterminantes à l’enquête. Toutefois, selon Zelikow, la commission n’a jamais été informée quant à l’existence des cassettes vidéo et n’a eu que le droit d’accéder aux résumés des interrogatoires de la CIA. Zelikow a fait savoir que le fait de ne pas divulguer l’information était probablement illégal mais il a conclu en disant « qu’un complément d’enquête est nécessaire pour déterminer si ces dissimulations constituent une violation des lois fédérales. » Parmi les personnes nommées par Zelikow comme étant impliquées dans les discussions avec la Commission du 11 septembre figuraient : Alberto Gonzales, qui était alors le conseiller à la Maison Blanche et qui occupa par la suite le poste de ministre de la Justice , le secrétaire à la Défense , Ronald Rumsfeld, le sous-secrétaire à la Défense , Stephen Cambone, le directeur de la CIA , George Tenet, le conseiller général de la CIA , Scott Muller et le directeur adjoint de la CIA , John McLaughlin. Au cours du week-end, la CIA a réagi au mémo par une série de mensonges et d’obscurcissements. Le porte-parole de la CIA , Mark Mansfield, a dit que les cassettes vidéo auraient été transmises si la Commission les avait demandées. « C’est parce que l’on avait pensé que la commission pourrait réclamer à un moment donné les enregistrements qu’ils ne furent pas détruits tant que duraient les travaux de la Commission , » a-t-il dit. Mansfield n’a pas expliqué comment les vidéos auraient pu être réclamées si leur existence n’a seulement été connue que ce mois-ci. Dans un article du New York Times de samedi, il est dit que lors d’interviews avec Hamilton et Kean, les dirigeants de la commission « ont dit que la lecture du rapport [Zelikow] les avait convaincus que l’agence avait pris la ferme résolution de contrecarrer l’enquête de la Commission du 11 Septembre. » Le mémo de Zelikow est une preuve supplémentaire que le refus d’informer la Commission du 11 Septembre de l’existence de ces enregistrements et de la décision ultérieure de les détruire faisait partie intégrale d’un camouflage à haut niveau de la politique gouvernementale consistant à recourir à des méthodes d’interrogatoires sadiques qui sont clairement interdites par les lois internationales et nationales contre la torture. La semaine passée, le New York Times avait rapporté qu’au moins quatre conseillers juridiques travaillant pour le gouvernement auraient été impliqués dans les discussions pour savoir si les vidéos devaient être ou non détruites. Les discussions s’étaient déroulées entre 2003 et 2005, période même durant laquelle la Commission du 11 Septembre avait adressé des requêtes à la CIA pour recevoir les documents sur les interrogatoires. Les quatre conseillers juridiques, mentionnés par le Times, comprennent Gonzales ; Harriet Miers, qui avait succédé à Gonzales au poste de chef des services juridiques de la Maison Blanche  ; David Addington, conseiller et plus tard chef de cabinet du vice-président, Dick Cheney ; et John Bellinger III, l’avocat-conseil en chef à la sécurité nationale. Le Times a cité un ancien responsable des services de renseignement disant qu’il y avait eu de « forts sentiments » parmi certains des avocats en faveur de la destruction des enregistrements. Le fait qu’au moins Gonzales, un proche confident de Bush, ait participé aux deux discussions laisse fortement supposer que Bush et Cheney étaient eux aussi conscients de la dissimulation et de la destruction ultérieure des vidéos et qu’ils les avaient acceptées. Au moment même où avait lieu l’enquête de la Commission du 11 Septembre, plusieurs tribunaux fédéraux avaient émis des ordonnances sur la conservation des preuves relatives aux interrogatoires et à la torture potentielle des prisonniers détenus par les Etats-Unis. Un complot au plus haut niveau Il est presque sûr que Bush était au courant de l’existence des cassettes vidéo dès le début et il est tout à fait possible qu’il ait visionné personnellement certaines d’entre elles. Lorsque Zoubaydah fut arrêté en 2002, il fut considéré par le gouvernement comme un cas d’essai pour « les techniques d’interrogatoire musclé », à savoir de torture, que Bush brûlait de mettre en place. Un article du Times de Londres de dimanche (« CIA Chief to Drag White House into Torture Cover-Up Storm») rapporte que Vincent Cannistraro, l’ancien chef du service de contre-terrorisme de la CIA , a dit qu’il était impossible que Jose Rodriguez, ancien directeur des services clandestins de la CIA , ait agi à son propre compte. Rodriguez a été cité dans les médias pour avoir donné l’ordre de détruire les enregistrements. « Si tout le monde avait été contre la décision, pourquoi donc Jose Rodriguez, l’un des hommes les plus prudents que j’aie jamais rencontré, aurait-il décidé de les détruire ? » s’est demandé Cannistraro. Il y a des indices que Rodriguez pourrait impliquer la Maison Blanche lorsqu’il témoignera le mois prochain devant le Comité de surveillance des activités de renseignement. Rodriguez a réclamé et obtenu une assignation à comparaître afin de rendre sa déposition obligatoire ce qui s’accompagnera très probablement d’une immunité pour ce qu’il dira. Le journal a également cité Larry Johnson, autre ancien responsable de la CIA , impliquant fortement la Maison Blanche. «  La CIA et Jose Rodriguez sont dans une mauvaise posture mais c’est probablement la personne la moins coupable dans ce procès, » a dit Johnson. « Il ne s’est pas réveillé un matin en se disant, ‘je vais détruire les enregistrements.’ Il a consulté un grand nombre de gens et finalement il aura son mot à dire. » « Il semble de plus en plus probable que la décision ait été prise par la Maison Blanche , » a dit Johnson. Le Times de Londres a rapporté que Johnson « croit qu’il ‘est très probable’ que Bush ait visionné l’une des vidéos vu qu’il était intéressé dans le cas de Zoubaydah et qu’il avait été régulièrement tenu au courant par George Tenet de son interrogatoire. » Le correspondant dans le domaine de la sécurité nationale du New York Times, James Risen, cite dans son livre paru en 2006, State of War (Etat de guerre), une source bien informée qui lui aurait dit, « George Bush prenait un intérêt très personnel dans le cas de Zoubaydah » en 2002. Selon le rapport de Risen, lorsque le directeur de la CIA Tenet a dit à Bush qu’aucune information n’avait été arrachée à Zoubaydah parce qu’il était trop sonné par les analgésiques, Bush est supposé avoir répondu, ‘Qui a permis qu’on lui donne des analgésiques?’ » La torture de Zoubaydah avait été initiée peu de temps après cette conversation, et le traitement de Zoubaydah était devenu un précédent pour la torture des autres prisonniers, dans les prisons secrètes de la CIA , à Guantánamo Bay et plus tard à la prison d’Abou Ghraïb en Irak. Tenet dans son livre publié en 2007, At the Center of the Storm (Au cœur de la tempête), note que lorsque Zoubaydah fut capturé, « nous avons entamé des discussions au sein du Conseil national de sécurité (NSC) pour définir comment le traiter. » Le NSC comprend le président, le vice-président, la secrétaire d’Etat, le secrétaire au Trésor, le secrétaire à la Défense et d’autres responsables de haut rang. La remarque qu’une implication de la part des échelons les plus élevés de la hiérarchie ait eu lieu dans l’interrogatoire de Zoubaydah rend absurde la notion que les dirigeants gouvernementaux n’étaient pas au courant de l’enregistrement de cet interrogatoire. Il faudrait rappeler que le tristement célèbre « mémo de la torture » rédigé par le service juridique du ministère de la Justice afin de justifier les méthodes illégales d’interrogatoire avait été publié le 1er août au moment même où Zoubaydah subissait l’interrogatoire de la CIA. Le mémo avait en partie été écrit en réponse aux inquiétudes de la CIA que les méthodes imposées par le gouvernement pourraient exposer les agents du renseignement à des poursuites judiciaires. La révélation de l’existence des cassettes de torture et de leur destruction est devenue le point de convergence des divisions intenses qui existent au sein de l’establishment politique et du renseignement. Dans un volet différent, la CIA a demandé au ministère de la Justice d’enquêter pour savoir si John Kiriakou, ancien agent de la CIA , avait commis une violation d’information classifiée en révélant aux médias ce mois-ci que le waterboarding [simulacre de noyage] avait été employé contre Abou Zoubaydah. Kiriakou a dit qu’il considérait le waterboarding comme une torture mais il a également cherché à légitimer de telles méthodes en disant que le traitement de Zoubaydah avait été nécessaire pour « sauver des vies. » Kiriakou s’exprime au nom d’éléments au sein de l’agence qui insistent pour dire que les dirigeants au plus niveau gouvernemental avaient autorisé tous les aspects de l’interrogatoire. L’avocat de Kiriakou, Mark Zaid, a envoyé un avertissement au ministère de la Justice. Il a dit au Washington Post, « S’ils continuent [l’enquête de son client], ils ouvriront une boîte de Pandore qui braquera les projecteurs sur la question de savoir si ces interrogatoires étaient légaux et jusqu’à quel point ils ont été complètement divulgués par les responsables fédéraux. » Dans ces conditions, le gouvernement tente d’éviter un scandale qui risque d’échapper à son contrôle et au contrôle de personnalités en vue du Congrès, appartenant aux deux partis, et qui sont aussi impliquées dans ce camouflage. La semaine passée, Bush a poursuivi ses obscurcissements quant à sa connaissance de la destruction des cassettes. Lors d’une conférence de presse jeudi à la Maison Blanche , un journaliste de l’Associated Press a posé la question suivante : « Il y a une certaine ambiguïté dans le communiqué selon lequel vous ne vous souvenez pas de l’existence et de la destruction des vidéos d’interrogatoires de la CIA. Pourquoi ne pouvez-vous pas simplement dire oui ou non au sujet des enregistrements et de leur destruction ? » Bush a répondu en répétant simplement que son « premier souvenir » des enregistrements remonte au moment où le directeur de la CIA , Michael Hayden, lui en avait parlé au début du mois. La Maison Blanche a évité de faire tout commentaire direct pour dire que c’était la première fois que Bush avait entendu parler des enregistrements. Elle a laissé les questions des journalistes en suspens en publiant un communiqué précisant que la Maison Blanche n’aborderait pas le sujet vu qu’une enquête interne de la CIA et du ministère de la Justice était en cours. Lors d’une audience vendredi devant le tribunal d’instance du district de Colombia, le gouvernement a pressé le juge Henry Kennedy de refuser un mémoire en faveur d’une audience sur la destruction des cassettes. Kennedy avait émis une décision judiciaire en 2005 instruisant le gouvernement de conserver toutes les preuves relatives aux interrogatoires des prisonniers détenus à Guantánamo Bay. Les avocats des prisonniers de Guantánamo qui ont pétitionné son tribunal en faveur d’une révision de leur détention affirment à présent que la destruction des enregistrements pourrait constituer une violation de la décision du juge. Le gouvernement a réitéré son argument qu’il « serait peu judicieux et imprudent » pour le juge d’enquêter davantage en attendant la propre enquête du gouvernement. Joseph Hunt, un avocat du gouvernement, a publié une promesse que le tribunal serait informé des résultats de cette enquête gouvernementale sur le gouvernement lui-même et que le tribunal serait informé de toute violation des règles. Hunt a également affirmé que les enregistrements n’avaient rien à voir dans cette affaire étant donné que les personnes impliquées dans les interrogatoires enregistrés, Abou Zoubaydah et Abd al-Rahim al-Nashiri, n’étaient pas à Guantánamo Bay au moment de la décision judiciaire. Qu’ils aient été ou non à Guantánamo Bay, ces derniers auraient bien pu nommer des personnes voire fournir des informations sur les accusés dont les affaires sont jugées au tribunal. Même si les gens figurant sur les cassettes de la CIA n’ont rien dit qui concerne directement les accusés, la preuve documentaire que les Etats-Unis ont torturé des personnes sous interrogatoire et utilisé les informations ainsi obtenues pour assurer leurs poursuites militaires serait hautement dommageable aux commissions de gradés militaires opérant à Guantánamo. Toutes ses divulgations, et il ne fait pas de doute que la vérité va bien au-delà de ce qui a été révélé, montre un degré de criminalité qui excède l’affaire du Watergate, celle d’Iran-Contra et d’autres scandales passés. Le gouvernement compte beaucoup sur le Parti démocrate pour empêcher que le scandale n’échappe à tout contrôle. Les appels à enquêtes sont restés jusque-là extrêmement réduits et ils seront en grande partie tenus sous le contrôle des législateurs démocrates qui sont depuis des années au courant des enregistrements et des programmes de torture de la CIA. Joe Kay Sources WSWS publié par Adriana Evangelizt  


9 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme  

 9-1 Elias Davidsson répond à 3 dossiers de l'édition "dossiers de l'Afghanistan n°141 du 31-12"

Cher Marc, Je suis abonné à vos dossiers intéressants de l'Afghanistan.  En tant que chercheur dans le droit international, je me permets de vous envoyer quelques observations  critiques concernant des articles diffusés dans le tout dernier dossier:  

  1. Catherine-Aimée Roy écrit:

"D’abord, à la suite des attentats de New York en septembre 2001, les pays membres de l’OTAN se sont concertés afin de voir de quelle manière il fallait répondre à cette agression sournoise. En effet, 19 membres de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord excipent l’article V qui soutient qu’une attaque dirigée contre un État membre de l’organisation constitue un assaut contre tous. Ce droit à la réplique défensive est aussi reconnu par l’article 51 de la charte des Nations Unies. Dans l’histoire de l’OTAN, on fait appel à cet article pour la première fois depuis la création de l’association, en 1949." (a) L'auteur ne donne aucune précision sur la modalité de la concertation des pays membres de l'OTAN.  A ma connaissance il n'y a pas eu de "concentration" a proprement parler.  Je ne connais aucun document qui indique une concertation quelconque. (b) L'utilisation par l'auteur de l'expression "agression sournoise" pour désigner les évènements du 11 septembre 2001 est diffamatoire en ce sens qu'elle attribue le crime à des musulmans, les 19 présumés kamikazes.  Or ceci n'est qu'un mythe comparable aux mythes diffusés par la presse nazie contre les juifs pour justifier leur extermination.  Aucun de ces 19 "kamikazes", dont les noms ont été donnés par la FBI ,  ne s'est embarqué dans les avions dits détournés. Pas un seul.  L'auteur aurait dû consulter les sources avant d'accuser 19 personnes (qui ont vraisemblalement été assassinées par les services secrets américains après "usage") d'un crime contre l'humanité. Selon mes recherches des cinq années passées, il n'existe aucun document et aucun témoignage à l'appui du mythe des 19 kamikazes.   (c)  L'auteur essaye d'expliquer, sinon justifier, l'attaque contre l'Afghanistan en se référant au droit de réponse,  présumé inscrit dans l'article 51 de la charte des Nations Unies.  Or même si le crime du 11 septembre 2001 aurait été déclenché à partir de l'Afghanistan, le droit inscrit à l'article 51 ne peut pas être invoqué car une réponse un mois plus tard n'est pas licite.  Il n'y aucun droit de rétorsion ni de revanche.  Le droit à l'auto-défense est limité dans le temps et aussi en vu de l'envergure le 'attaque.  L'auteur semble ne pas connaître les normes du droit international réglant le droit inscrit à l'article 51 de la charte.  L'utilisation de la force contre l'Afghanistan en Octobre 2001 est qualifiée dans le droit international comme un acte d'agression, qui n'est pas seulement une infraction grave de la charte de l'ONU et du droit coutumier international même aussi un crime contre la paix qui devrait entraîner la culpabilité criminelle des auteurs (comme cela était fait à Nurnberg en 1945). (d)  L'auteur passe sous silence sur un fait important: C'est que l'OTAN et ses membres n'ont jamais publié de preuve que les évènements du 11 septembre 2001 avaient quelque lien avec l'Afghanistan.  Les gouvernements des membres de l'OTAN n'ont donc pas rempli leur obligation envers la communauté internationale ni envers leurs propres peuples de prouver le bien-fondé de leur décision.  Actuellement, la police fédérale américaine, la FBI , a reconnu en juin 2006 n'avoir aucune preuve liant Osama bin Laden avec le 11 septembre.  C'est la raison pour laquelle ces évènements ne sont pas mentionnés sur le site FBI dédié à Osamahttp://www.fbi.gov/wanted/topten/fugitives/laden.htm...

 

  1. Sylviane Zehil écrit: "Comment dans ces conditions expliquer que le nombre d'attentats ait été multiplié par sept depuis 2001 ? "
L'auteur ne cite aucune source pour faire cette affirmation et n'indique pas qui se cache derrière les auteurs. Sans cela, comment peut-on discuter de la menace terroriste?  Plus grave encore est tout le récit sur la situation financière d'Osama bin Laden et du coût du crime du 11 septembre.  L'auteur est bien sûr incapable de fournir des sources fiables pour ces chiffres et s'en garde bien.  Il s'agit de la fumisterie pure et simple. Comment peut l'auteur affirmer que le coût des attentats du 11 septembre a été "relativement faible" si nous ne savons pas comment la crime a été perpétré (puisqu'aucun des dits kamikazes n'a participé à ce crime)?
  1. Joschka Fischer,

 qui justifie l'agression contre l'Afghanistan et pourraît un jour être traduit en justice pour ce soutien, ment encore une fois en affirmant qu'en Afghanistan "est née la menace terroriste du 11 septembre." Ce monsieur doit savoir la vérité et il ment effrontément.  Il est de l'intérêt public que ces mensonges soient exposés au plus tôt.   Je me dois de le répéter encore une fois: Il n'y a aucun lien entre l'Afghanistan et le crime contre l'humanité commis le 11 septembre 2001. AUCUN.   Je fie quiconque à me prouver que j'ai tort. Avec mes meilleurs voeux pour la nouvelle année et pour une solidarité contre l'impérialisme, la guerre et les mensonges, Elias Davidsson Reykjavik, Islande www.juscogens.org

9-2 Conférence : Pour le retrait immédiat des troupes d’occupation. 

 « On ne pourra jamais compenser la perte des vies, la destitution du président, la désintégration sociale, les blessures morales et physiques, et l’humiliation dont l’'Irak souffre. »  Hans Von Sponeck   Une conférence internationale contre la guerre s'’est tenue à Londres le 1er décembre dernier. Organisée par Stop The War Coalition, elle a réuni 1200 délégués de mouvements anti-guerre venus de vingt-six pays de tous les continents. En introduction, Tony Benn, président de l’'organisation, a mis en garde contre l'’impérialisme américain : « comme tous les empires en déclin, les Etats-Unis sont d’'autant plus dangereux qu'’ils se comportent comme des tigres blessés ».  Les membres du Parlement britannique présents ont dénoncé l’'hypocrisie et les doubles standards des pays occidentaux qui accusent l’'Iran de développer des armes nucléaires (malgré le dernier rapport de l'’AIEA), alors qu'’ils en possèdent eux-mêmes des quantités énormes, et qu’'ils sont en train de renouveler leur arsenal. Georges Galloway, député britannique, a tourné en dérision les propos de Bush qui prétend souhaiter un Liban démocratique, tout en diabolisant Nasrallah. Il a dénoncé la farce de la conférence d'’Annapolis, dont tous les principaux élus régionaux ont été exclus, soulignant que le peuple était assiégé « parce qu'’il avait eu l'’audace de voter pour des gens dont les USA, la Grande-Bretagne et Israël ne veulent pas ». Il a regretté que le changement de 1er ministre n’'ait pas donné lieu à un changement de politique, Gordon Brown ayant « autre chose à faire que de projeter une nouvelle guerre contre un pays musulman ». Contredisant les allégations américaines selon lesquelles l’'Iran exacerberait les divisions religieuses en Iraq, il a rappelé que c'’est l’'occupant qui divise le pays afin de pouvoir justifier la poursuite de son occupation. Jeremy Corbyn a insisté sur la nécessité de ne pas oublier l'’Afghanistan, où la plupart des victimes du carnage qui se poursuit, qui a été programmé par le PNAC, n’'ont jamais entendu parler du 11 septembre ni de Bush. Hans von Sponeck, coordinateur humanitaire de l’'ONU en Irak (démissionnaire) exprimant sa colère contre l’'occupation anglo-américaine, « illégale, immorale et profondément répugnante », estime qu'’il faut demander des comptes à nos dirigeants, tous « lâches et inhumains ». Cependant, « on ne pourra jamais compenser la perte des vies, la destitution du président, la désintégration sociale, les blessures morales et physiques, et l'’humiliation dont l’'Irak souffre. » Il a conclu en citant l'’écrivain américain Gore Vidal: « Il n’est pas suffisant de gagner: les autres doivent perdre. » Pour Dennis Halliday, coordinateur humanitaire de l'’ONU en Irak (également démissionnaire) si nos gouvernements terroristes ont réussi à détruire l'’Irak, « l'’Esprit du peuple irakien est, lui, indestructible ». La Résistance finira par vaincre et « nous devons aider l’'Irak à restaurer sa souveraineté nationale ». Face au drame des réfugiés (20% de la population), il propose d’'exiger du Conseil de sécurité qu'’il commence de faire payer les agresseurs pour la reconstruction. Une commission internationale doit enquêter sur toutes les atrocités commises - notamment à Fallujah -, et sur l’'usage d’'ADM. Hassan Jumaa, Président du Syndicat Général des travailleurs du pétrole à Bassora, après avoir rappelé que Kissinger avait projeté dès 1974 le contrôle du Moyen-Orient  par les Etats-Unis, a mis l’'accent sur le fait que Bush n’'a pas seulement volé son pétrole, il  a aussi détruit l’'unité du pays, alors que les différentes composantes religieuses et ethniques vivaient en totale harmonie en Iraq (« Nous étions tous des Irakiens »). Ibrahim Mousawi, éditeur d’Al Intiqad (Hezbollah) a rappelé qu’« Un homme qui défend sa terre est considéré comme un résistant dans un pays, et comme un terroriste dans un autre.» Hanna Ibrahim a dénoncé les tortures des prisonniers, les mafias qui gangrènent le pays, le chômage  endémique (autour de 70%), la dégradation des conditions de vie des enfants et des femmes (souvent violées, tirées à vue par des snipers, forcées à se prostituer, victimes de la traite des blanches), et les crimes commis par les Escadrons de la mort qui ont déstabilisé le pays et détruisent l'’identité irakienne. Dans sa résolution finale, la conférence des délégués a insisté sur la nécessité d'’un front uni des organisations anti-guerre - au-delà des appartenances politiques et religieuses - contre l'’occupation de l’'Iraq, de l’'Afghanistan et de la Palestine , toutes les menaces israéliennes au Moyen-Orient, le plan d’agression contre l’'Iran, la planification d’'un nouveau coup d'’Etat au Venezuela, et le projet d'’installation de bases anti-missiles américaines en Europe de l'’Est. Le 21 mars 2008, date anniversaire de l’'invasion de l'’Irak, a été choisi comme journée internationale d’'action pour exiger le retrait immédiat des troupes d'’occupation en Iraq et en Afghanistan, et l’'arrêt des préparatifs de guerre contre l’'Iran.  Joëlle Pénochet (Londres) 

http://www.stopwar.org.uk/index.php?option=com_content&task=view&id=417&Itemid=115

9-3 Michael Byers : Pourquoi j'ai dit non à Manley.

J'ai refusé de comparaître devant le panel sur la mission du Canada en Afghanistan parce que, selon moi, il a été constitué de façon à arriver à des conclusions décidées à l'avance. Plus tôt, ce mois-ci, j'ai reçu l'invitation de comparaître devant le "Panel indépendant sur le rôle futur du Canada en Afghanistan" dirigé par John Manley. Ma première réaction a été de trouver cela positif. Depuis plusieurs années, je travaille beaucoup pour sonner l'alarme au sujet de failles relativement à la mission contre-insurrectionnelle du Canada et à nos politiques sur les détenus. Je pensais alors que le fait de parler à un panel établi par le gouvernement serait une occasion utile de réitérer mes inquiétudes. Mais quand j'ai fait un peu de recherche sur le panel, je me suis rendu compte que le mot "independent" dans le cas de ce panel était fallacieux. Il serait en effet difficile de trouver 5 personnes plus enclines à recommander la poursuite de la mission canadienne en Afghanistan que monsieur John Manley, Derek Burney, Jake Epp, Paul Tellier et Pamela Wallin. La mission du Canada est très liée aux relations entre le Canada et les États-Unis au sujet de l'Afghanistan. Aussi ce n'est pas une coïncidence que tous les membres du panel soient des partisans déclarés de relations économique et politique étroites avec les États-Unis.   Monsieur John Manley, en tant que ministre des affaires étrangère, a diriger les démarches d'après le 11 septembre 2001 pour convaincre Washington qu'Ottawa voulait faire de son mieux au sujet de la sécurité aux frontières.  Plus récemment, il a co-rédigé un rapport qui propose une union douanière entière entre les deux pays ainsi qu'un territoire de sécurité commun, qui serait appuyée par une intégration encore plus étroite des militaires canadiens et états-uniens.    Tous les cinq membres du panel ont été nommés à des postes au sein des grandes entreprises.  Entre eux, il siègent à 19 conseil d'administration de grandes entreprises, entre autres Nortel et CIBC (M. Manley), CTVglobemedia (Mme Pamela Wallin), CanWest Global et TransCanada Pipelines (M.Derek Burney).   Les panélistes semblent partager l'opinion que d'étroites relations avec notre voisin du Sud sont une condition indispensable pour la prospérité économique et, par conséquent pour la politique étrangère du Canada, quelles que soient les décisions du gouvernement é.-u. du moment.   Deux des membres du panel ont d'étroites relations avec l'industrie militaire canadienne. Mr Burney served as president of CAE Inc, the largest Canadian-owned military contractor. Mr Tellier headed up Bombardier when it was heavily involved in training pilots for the Canadian Forces and other NATO countries. Trois des cinq sont liés au Parti conservateur. Mr Epp was a cabinet minister in Brian Mulroney's government. Mr Tellier served as clerk of the Privy Council in the same government. Mr Burney led the transition team after Stephen Harper's January 2006 election victory.   Ce qui est le plus inquiétant c'est le fait que certains des membres du panel ont déjà exprimé clairement leur opinion sur plusieurs questions qu'on leur demande d'examiner. M. Manley a écrit, il n'y a que deux mois dans le magazine «Policy Options» : «Nous essayons souvent de définir le rôle du Canada dans le monde.  Eh bien, pour une raison quelconque nous en avons un en Afghanistan. Ne le laissons pas tomber trop facilement.» Michael Byers, professeur (Canada Research Chair in Global Politics and International Law Department of Political Science University of British Columbia Vancouver) publiée dans le quotidien «Ottawa Citizen», le 13 déc. 2007 Traduction et résumé en français Message suivant : Kamal Sent: Friday, January 04, 2008 12:50 PM Subject: Michael Byers on Afghanistan - from Science for Peace site

[CET ARTICLE EST PLUS LONG. mais n'a pas été traduit dans son entiereté] 

n°142 journal de l'Afghanistan 08-01 Suite

Province de Khost (sud-est)

 02-01 Mardi, un homme portant une veste a été abattu près d’un poste de police dans la province de Khôst, au sud-est de l’Afghanistan. « Il voulait viser la police mais nos hommes l’ont abattu avant qu’il ne réussisse à actionner sa bombe... », a déclaré un responsable de la police provinciale, Mohammad Yaqoub. AFP et Pajhwok 02-01 Un jeune homme a été tué durant une opération de recherche menée par les forces afghanes et internationales dans le village de Zamber, dans le district de Sabari. L’homme a(urait) ouvert le feu sur les soldats lorsqu’ils ont pénétré chez lui. Il a été tué par la riposte des soldats. AFP et Pajhwok 02-01 Deux agents de sécurité afghans ont été tués par l’explosion d’une bombe. L’incident s’est produit dans le district de Sabari. Les deux hommes travaillaient… avec l’équipe de reconstruction provinciale (commandée et armée par Washington dans cette province). AFP et Pajhwok  

Province de Nimroz (ouest),

 03-01 L’escorte d’un convoi d’ouvriers indiens travaillant à la construction d’une route à été la cible d’une double attaque jeudi dans le district de Khash Roud, dans la province de Nimrouz, au sud-ouest de l’Afghanistan. Dans un premier temps, une bombe fixée à une moto a été déclenchée à distance au passage du convoi, blessant un policier, a expliqué le gouverneur de la province, Gholam Dastagir. Puis, alors que le convoi était arrêté, un kamikaze s’est fait exploser, près du groupe de membres des forces de sécurité qui effectuaient une enquête sur une  explosion survenue plus tôt tuant 7 policiers et un ingénieur indien Dix policiers et deux Indiens ont également été blessés. (Avec AP & ats & Xinhua)  

Province de Paktiâ (sud-est)

30-12 Un soldat a été tué dans une explosion dans la province de Paktia, au sud-est de l’Afghanistan. AP et AFP  

Province du Wardak, (sud-ouest de Kaboul)

 29-12 Des résistants ont tiré des roquettes sur un convoi, tuant six agents de sécurité et deux policiers, ont annoncé dimanche des responsables afghans. L’attaque a été portée samedi soir dans les environs de Maydan Shahr, chef-lieu de la province du Wardak, sur la principale route du pays. Avec AP  

Province de Zaboul (sud-est)

01-01 L’explosion prématurée d’un engin -a tué deux personnes qui s’apprêtaient mardi à placer sur une route de la province méridionale de Zâbol. Avec AFP


4-1 L'Afghanistan en chiffre  Guerre appelée "Enduring Freedom déclenchée en octobre 2001 devenue en mai 2007 : "Force combinée 82 "

Civils tués                                                     : ? +  3.588 Civils blessés                                                : ? +  2.048 (chiffres trop bas) 

 


Résistances afghans tués :                           : ?  +  2.779 Résistances afghans blessés                         :?  +  1.576 (chiffres trop bas) Résistances afghans arrêtés :                        : ?  + 1.189 (chiffre invraisemblablement bas...)

 


Militaires occupants et milice privés occupante tués : 1152 Militaires et milice privés occupante blessés    : ?   + 1185 (chiffre invraisemblablement bas...) Suicides                                                           : ?  +  20 CIA tués :                                                         :          4

Soldats /policiers gouvernementaux tués             : ? + 3.864 Soldats gouvernementaux blessés                     : ?   + 3.864  (chiffre trop bas) Collabo   tués                                                       :      997 Collabo   blessés                                                 :?  +  502 ( chiffre trop bas) Collaborateurs disparus                                        : ? +   3 

Les chiffres indiqués sont  vérifiés par le recoupement des chiffres des pertes communiqués par la résistance & les médias occidentaux & Bassirat.net. Les chiffres indiqués sont  vérifiés par le recoupement des chiffres des pertes communiqués par la résistance & les médias occidentaux & Bassirat.net.

7 Les brèves Ndlr :  La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme Information.

7-1 2,5 millions d'Afghans se sont réfugiés en Iran.

Environ 2,5 millions d'Afghans vivent actuellement en Iran, selon les autorités iraniennes Environ 1,5 million  sont en situation irrégulière, et 925.000 autres bénéficient d'autorisations temporaires. Des centres existent pour les Afghans en situation irrégulière (les autorités iranienne affirment qu'il s'agissait de lieux de transit) Selon M. Ghaemi les réfugiés légaux peuvent vivre et exercer certains métiers dans quinze des trente provinces du pays, Les Nations unies et le gouvernement afghan étaient en train de voir "comment nous pouvons leur apporter des vivres et des vêtements", a-t-il dit. L'Iran a accueilli jusqu'à quatre millions d'Afghans fuyant les différents conflits qui ont frappé leur pays depuis presque trente ans, mais aussi la misère économique qui a accompagné ces guerres. L'Iran coopère depuis des années avec l'Agence des Nations unies pour les réfugiés et l'Afghanistan pour essayer de rapatrier les Afghans dûment enregistrés dans son pays, mais sans grand succès. Le gouvernement iranien a lancé en avril une campagne de retour pour plusieurs dizaines de milliers d'Afghans, mais qui s'est ralentie ensuite face notamment aux protestations de Kaboul. et les autorités iranienne ont affirmé  qu'il s'agissait de lieux de transit avant le retour dans le pays. Source : AFP  

7-2 L’Armée afghane (ANA) a reçu 42 boîtes de fusils canadiens C-7,

Après une longue et frustrante attente de trois ans, l'Armée nationale afghane (ANA) a finalement reçu 42 boîtes de fusils canadiens C-7, qui remplaceront ses AK-47 remontant à l'ère de l'Union soviétique. Les militaires canadiens ont commencé la semaine dernière à enseigner à leurs homologues afghans les rudiments de la manipulation de ces nouvelles armes à feu, qui faisaient partie de la réserve d'armurerie canadienne. "Ce sont des armes modernes et nouvelles, a déclaré le brigadier-général Gul Awa, mercredi, à La Presse Canadienne , avec l'aide d'un interprète. Les C-7 étaient vraiment nécessaires pour l'ANA." Il a ajouté que les AK-47 bloquaient souvent, laissant les soldats afghans vulnérables aux tirs ennemis. Le gouvernement canadien avait annoncé sans tambour ni trompette le mois dernier qu'il donnerait 2500 fusils à l'armée afghane, en plus de lui fournir des munitions et de l'entraînement, dans le but de renforcer sa capacité d'assurer la sécurité dans la province de Kandahar. Renforcer l'ANA, et plus récemment la police afghane, est considéré comme un point crucial de la stratégie de sortie de l'armée canadienne d'Afghanistan. Le brigadier-général canadien Guy Laroche, qui commande les troupes canadiennes dans le sud de l'Afghanistan, a expliqué que le délai de livraison des fusils a été très long, notamment parce que le Canada devait obtenir l'approbation des Etats-Unis et d'autres pays pour les distribuer en Afghanistan, la conception du C-7 étant inspirée de celle des fusils M-16 américains. "La technologie qui a servi à fabriquer ces C-7 vient de différents pays et nous devions nous assurer d'avoir l'approbation de ces pays pour partager la technologie avec l'Afghanistan", a indiqué le commandant Laroche. "Dans ce cas-ci, nous avons dû consulter les Etats-Unis pour déterminer exactement ce que nous pouvions partager, et c'est pour ça que ça a pris du temps." La taille relativement petite des soldats afghans avaient été citée en août comme un autre motif du délai. Le lieutenant-colonel Wayne Eyre, qui assumait le commandement de l'équipe de liaison canadienne responsable de l'entraînement de l'ANA, avait laissé entendre qu'à cause de la petite taille des soldats, on avait dû modifier les fusils. Le brigadier-général Aqa a dit comprendre que la livraison puisse prendre du temps, mais il est content que tout soit réglé. Il a toutefois noté qu'il faudrait plus d'armes, étant donné que 12 000 soldats de l'ANA sont déployés dans la province de Kandahar. Le brigadier-général Laroche a pour sa part soutenu que les 2500 fusils étaient suffisants pour les brigades appuyés par le Canada - quatre bataillons de 600 hommes et un cinquième qui s'y ajoutera dans les prochains mois. mercredi 2 jan, 18 h 05 Par Tobi Cohen, La Presse Canadienne

7-3 Les canadiens avaient initialement prévu un déploiement beaucoup plus important

Les Forces armées canadiennes avaient initialement prévu un déploiement beaucoup plus important en Afghanistan que ce qu'elles ont finalement livré, révèlent des documents divulgués récemment. Alors qu'un groupement tactique de 2200 soldats se préparaient à affronter les résistants il y a deux ans, l'aviation militaire a élaboré, à la fin de 2005, des plans en vue de déployer huit hélicoptères Griffon CH-146, modifiés pour en faire des appareils d'attaque, et une flotte de chasseurs-bombardiers CF-18. Ces propositions ont finalement été mises de côté malgré les appels pressants de l'OTAN en faveur d'un plus grand nombre d'appareils, plus particulièrement des hélicoptères de transport et d'attaque. Les Griffon et avions de combat étaient destinés à donner aux troupes canadiennes leur propre puissance de feu aérienne plutôt que d'avoir à compter sur les nations alliées, comme les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Le Canada a finalement choisi d'envoyer des avions de transport Hercules C-130, qui larguent du matériel à des bases situées dans des régions isolées du désert. Le chef d'état-major de la Défense Rick Hillier a dit qu'il avait d'abord demandé aux forces aériennes d'élaborer un plan d'urgence, pour finalement décider de ne pas recommander le déploiement d'avions et d'hélicoptères de combat. Simultanément à la décision des forces armées de déployer un escadron de vieux chars de combat Leopard C2 pour lutter contre la violence à l'automne 2006, l'aviation a conçu un plan en vertu duquel sept Griffon armés auraient été stationnés pendant un an à la base de Kandahar, à compter de février 2007. Le général Hillier a rejeté le plan. Il estimait que l'OTAN avait suffisamment de chasseurs-bombardiers et d'hélicoptères d'attaque basés à Kandahar, et que le CH-146 n'était pas le type d'appareil dont le Canada avait le plus besoin. Des critiques font pression sur le ministère de la Défense pour qu'il envoie des Griffon en Afghanistan - en partie pour pouvoir retirer les soldats canadiens des autoroutes farcies d'engins explosifs improvisés de la région de Kandahar. Le général Hillier a réfuté cet argument, en disant que le CH-146 n'est pas approprié pour fonctionner en altitude et par une chaleur pouvant atteindre 55 degrés C. Mais des documents internes des forces canadiennes laissent entendre que pour résoudre cet obstacle, il suffirait de réduire d'environ 450 kilos le poids au décollage. Le général a aussi indiqué qu'il n'était pas convaincu que l'hélicoptère pourrait fonctionner correctement dans un rôle de combat. 6 jan, 16 h 24 Par Murray Brewster, La Presse Canadienne

7-4 Des Super-Etendard bientôt à Kandahar ? "Trois Super-Etendard de la Marine sont attendus à Kandahar, avant l'été" affirme Jean-Marc Tanguy dans le mensuel Raids, qui vient de paraître. Ce journaliste, généralement bien renseigné, rentre d'Afghanistan et cette information doit donc être prise au sérieux, même si elle n'a pas encore pu être vérifiée. Ces trois SEM (Super Etendard Modernisés) porteraient à neuf le nombre d'avions de combat français basés à Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan. Ils rejoindraient trois Mirage 2000D et trois Rafale, ces derniers devant relevés les F1 en février. Faute de porte-avions disponible, l'aéronavale déploierait donc des avions d'assaut au sol. Sauf erreur il s'agit d'une première depuis la guerre d'Algérie. Jean-Marc Tanguy ajoute que trois hélicoptères de combat Tigre français devraient également arriver en Afghanistan, au second semestre 2008. Par ailleurs, les deux C160 Transall seraient relevés par deux Hercules C130. 29-12 Libération Network http://secretdefense.blogs.liberation.fr/defense/


8  Dossier Ndlr : La publication des articles ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

8-1 Point de vue de Oscar Grenfell : Des rapports font état d’une catastrophe sociale grandissante en Afghanistan.

Voilà un excellent article qui prouve ce qu'a apporté la démocratie de Bush en Afghanistan. Il peut aller y plastronner Sarkozy ! On ne l'a pas entendu nous parler de misère qui y règne et qui est pire que du temps des talibans. Adriana Evangelizt Plus de six ans après l’invasion de l’Afghanistan menée par les Etats-Unis, deux rapports récemment parus ont, une fois de plus, démontré la fausseté des affirmations de l’administration Bush selon lesquelles elle aide le peuple afghan. Les indices sociaux du taux d’alphabétisme, de l’espérance de vie et de l’accessibilité à la nourriture présentés dans le rapport fournissent un aperçu de la terrible crise sociale à laquelle sont confrontés des millions d’Afghans. Le Rapport sur le développement humain en Afghanistan produit en 2007 par les Nations unies et basé sur des statistiques produites en 2005 montre que l’Afghanistan a glissé dans le classement mondial. En 2004, il était classé 173e sur 178 pays dans l’indice de développement humain de l’ONU ; en 2007, il a glissé d’un rang pour se retrouver 174e, devant seulement quatre pays africains ravagés par la pauvreté : le Burkina Faso, le Mali, le Sierra Leone et le Nigeria. Selon le rapport,

l’espérance de vie moyen a chuté, passant de 44,5 ans en 2003 à 43,1 ans en 2005

et le taux d’alphabétisme chez les adultes est passé de 28,7 pour cent en 2003 à 23,5 pour cent en 2005. Lorsque ces statistiques sont comparées aux statistiques d’avant l’invasion de 2001, une image de régression sociale devient claire. Sous le régime des Talibans, l’espérance de vie moyenne était un peu plus élevée à 45,5 ans et le taux d’alphabétisme chez les adultes était de 31 pour cent. Le rapport soutient que de nombreux Afghans ne peuvent satisfaire leurs besoins alimentaires les plus minimaux, déclarant : « 6,6 millions d’Afghans n’atteignent pas le seuil minimum de nourriture nécessaire, alors que 24 pour cent des ménages ont une consommation de nourriture faible. Basé sur un apport minimum de calories de 2067 kilocalories par jour ajusté au sexe et l’âge, 30 pour cent de la population mange, en moyenne, moins que leurs besoins alimentaires quotidiens. Les ménages dans les zones urbaines sont un peu plus enclins à manquer de nourriture que les populations rurales ou Kuchis (nomades). Lorsque la diversité du régime alimentaire est incluse dans l’analyse, 61 pour cent des ménages sont vraisemblablement sous le seuil de l’insécurité alimentaire. » La pénurie de nourriture a entraîné une malnutrition et une sous-alimentation, avec près de 40 pour cent des enfants de moins de trois ans ayant un poids insuffisant, 54 pour cent des enfants sous l’âge de cinq ans ne grandissant pas correctement et 7 pour cent qui meurent de faim. Considérant que seulement 31 pour cent des ménages ont accès à de l’eau potable, il est clair qu’une catastrophe humanitaire majeure est en train de prendre place. Le rapport du Conseil SENLIS intitulé « Glissant dans le chaos, l’Afghanistan au bord de la catastrophe » se penche sur les questions derrière l’insurrection armée qui s’intensifie contre l’occupation menée par les Etats-Unis. En faisant cela, cependant, le Conseil est contraint à prendre en considération la colère et l’hostilité générées par la crise sociale qui fait rage dans le pays, par la corruption officielle omniprésente et par les promesses non tenues d’aide internationale. La rapport cite un docteur de l’hôpital Bost à Laskhar Gar qui explique : « Si la communauté internationale a envoyé de l’aide à la province d’Helmand, j’en n’ai pas vu. Il y a 25 000 réfugiés dans les camps autour d’Helmand. Pas une personne n’a parlé de livraison de nourriture. Dans quelques districts, il n’y a même pas de cliniques médicales; elles ont été détruites lors de combats entre les Talibans et les forces internationales. « Je crois qu’en fait personne ne reçoit d’aide. Nous avons donné à l’ambassadeur britannique et à des membres du Parlement une liste de tous les besoins hospitaliers. Nous n’avons reçu aucune réponse de leur part depuis. Nous n’avons pas reçu les médicaments qu’ils nous avaient promis, pas plus que l’équipement ou toute autre chose qu’ils nous avaient aussi promis. » On pouvait lire dans un article publié le mois dernier dans l’Ottawa Citizen que : « Les nations qui fournissent une aide importante, comme le Canada, ont dépensé officiellement 1,36 milliard de dollars en aide au développement pour l’Afghanistan durant une période d’un an qui s’est terminée en mars 2006. » Mais l’article fit ensuite remarquer que la majeure partie de l’argent ne se rendait pas jusqu’à la population afghane. Une étude de Peace Dividend Trust établit que « seulement 424 millions de dollars, ou environ 31 pour cent, avaient un "impact local" ». Un élément de la propagande américaine qui est utilisé pour justifier l’invasion consistait à soutenir que cette dernière allait mettre un terme à la discrimination contre les femmes qui avait cours sous le régime fondamentaliste islamique des talibans. Bien que certains changement se soient produits, la discrimination est toujours très répandue, surtout à l’extérieur des centres urbains. On estime le taux d’alphabétisation chez les femmes à seulement 12,6 pour cent, une baisse par rapport au taux de 15 pour cent en 2001. Les mariages d’enfants et les mariages forcés sont très répandus. Les taux d’inscriptions des filles et des femmes au niveau primaire, secondaire, et aux études supérieures se situent environ à la moitié de ceux des garçons et des hommes. Les femmes et les filles des régions rurales ont particulièrement peu d’opportunités en ce qui concerne l’éducation, en partie à cause du manque d’enseignantes, qui ne comptent que pour 28 pour cent du corps professoral. Après presque trois décennies de guerre, l’économie afghane est dans un état de désintégration. Un certain développement artificiel a pris place à Kaboul, mais dans les autres villes et en campagne, où vit la grande majorité de la population, les infrastructures et les services de base sont primitifs ou inexistants. Le taux de chômage estimé se situe à 40 pour cent et plus de la moitié de la population vit sous le seuil de la pauvreté. Nombreuses sont les personnes qui ont été forcées de quitter leurs résidences. Le rapport de SENLIS soutient que le taux de réfugiés au pays a augmenté au cours des 18 derniers mois, surtout en raison de l’intensification des combats au sud du pays. Les conditions dans lesquelles doivent vivre les réfugiés ont été décrites par deux occupants du camp de réfugiés IDP à Kandahar City. « Je ne peux pas m’occuper de ma famille; je n’ai pas de travail et je suis malade. Mon fils aîné n’a que trois ans. Ma mère mendie pour de la nourriture. Il n’y a que les gens à la mosquée qui ramassent un peu d’argent pour nous », témoigne l’un d’eux. « Nous ne recevons aucune aide, quelle qu’elle soit. Ma famille et moi n’avons rien à manger. Nous n’avons pas d’abris et pas d’eau potable. Nous pouvons avoir de l’eau uniquement des maisons autour du camp. Nous sommes forcé d’aller de place en place » explique le second. La seule industrie florissante en Afghanistan est la culture illicite et le trafic d’opium. Forcés de trouver un moyen pour nourrir leur famille, plusieurs fermiers se tournent vers la culture de pavot. La culture et le commerce de cette drogue sont si étendus que l’Afghanistan est parfois assimilé à un « narco état » Selon un rapport de 2007 de Développement humain de l’Afghanistan (Afghanistan Human Developpement), entre 80-90 pourcent de l’activité économique se déroule dans le secteur « informel ». «  La surface estimée de la culture du pavot en Afghanistan a augmenté de 59 pourcent », indique le rapport. Il est estimé que l’Afghanistan produit près de 90 pourcent de la production mondiale d’héroïne illégale. Selon l’étude sur l’opium pour l’année 2007 du bureau sur la drogue et le crime de l’ONU, la culture de cannabis a également augmenté de 40 pourcent cette année. Dans un article de l’Associated Press du mois dernier, un cultivateur expliquait : « Le gouvernement ne peut pas nous fournir un bon marché pour d’autres récoltes comme le coton, le melon d’eau ou des légumes, alors je dois cultiver la marijuana au lieu du pavot. » Un autre fermier Akbar Khan a dit : « Nous savons que la marijuana est une culture illégale, mais nous sommes très pauvres et nous devons la cultiver pour aider nos familles à survivre. Je n’aime pas faire pousser de la marijuana ou du pavot. Je ne veux pas que des personnes deviennent dépendantes de ces choses, mais je dois nourrir mes enfants et je n’ai pas d’autres moyens. » L’Angleterre, qui est responsable de l’éradication de la production d’opium, cherche des moyens d’encourager les fermiers à adopter une culture légale : de tels efforts ont été tentés et ont échoué avant. Washington, cependant, fait pression pour procéder à la destruction des champs de pavot par la voie des airs. Si cela se réalise à grande échelle, plusieurs communautés de fermiers seront laissées sans aucun revenu. Il y déjà eu des plaintes suite à la destruction de plantations d’opium. Alors que les informations et les statistiques demeurent parcellaires, les deux rapports constituent un acte accusatoire dévastateur de l’invasion menée par l’administration Bush, qui a accentué au lieu de soulager la crise qui frappe la population afghane. Sources WSWS

Posté par Adriana Evangelizt  

n°142 journal de l'Afghanistan 08-01 Début

Sommaire 1 Analyse Des résistants

Des occupants

2 Occupation de l'Afghanistan 

3 Politique

a) collaborateurs afghans

b) occupants 

4 Lutte pour la libération du territoire Détails.

L'Afghanistan en chiffre

 

7Brèves

7-1 2,5 millions d'Afghans se sont réfugiés en Iran.

7-2 L’Armée afghane (ANA) a reçu 42 boîtes de fusils canadiens C-7.

7-3 Les canadiens avaient initialement prévu un déploiement beaucoup plus important …

7-4 Des Super-Etendard bientôt à Kandahar ?

8 Dossiers

8-1 Point de vue de Oscar Grenfell : Des rapports font état d’une catastrophe sociale grandissante en Afghanistan.

8-2 Point de vue de Joe Kay  : Torture lors d’interrogatoires : Le complot criminel de la Maison Blanche et de la CIA. 9 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

9-1 Elias Davidsson répond à 3 dossiers de l'édition "dossiers de l'Afghanistann°141 du 31-12".

9-2 Conférence : Pour le retrait immédiat des troupes d’occupation. 

9-3 Michael Byers : Pourquoi j'ai dit non à Manley.

 10 Annexe - Géopolitique et stratégie- Analyse

10-1 Analyse de Adriana Evangelizt : Ben laden ou la théorie du complot islamiste.

10-2 Pierre Piérart : L’expansion de l’OTAN avant et après l’effondrement de l’URSS.

Tiré à part :

137 Attaques kamikaze en 2007  

Selon un bilan publié par l’agence de presse privée afghane Pajhwok,

a)  il y a(urait) eu 137  en Afghanistan en 2007.

ps  : L'année aura vu 140 attaques kamikaze  de plus en plus efficaces, annonce  Reuters- Ats

C’est légèrement moins qu’en 2006.

Toutefois, ces attaques ont fait plus de tués en 2007 qu’en 2006.

En 2006, l’Afghanistan a enregistré 141 attaques kamikaze qui ont fait 1.166 victimes (tuées ou blessées), selon Pajhwok.

En 2007, 1 730 personnes ont été tués. (Le nombre de victimes est supérieur de près de 50 %. )

Dans ce total la police afghane, a eu 171 policiers tués déclarés et 213 blessés. l’armée nationale afghane n’a(urait)  perdu que 37 hommes au cours d’attaques kamikaze qui ont également fait 50 blessés ans ces rangs.

Tandis que l’Otan déclare que 12 soldats étrangers ont été tués  dans ces attaques et que 54 ont été blessés.

Certaines attaques ont été particulièrement sanglantes.

En juin, 30 policiers et 5 collaborateurs ont perdu la vie dans l’attaque visant le quartier général de la police, à Kaboul. Cette attaque a fait 50 blessés.

En juin également, un autre kamikaze tuait 35 occupant d'un bus de la police.  

En février, un kamikaze a tué 23 personnes devant la principale base américaine de Bagram pendant la visite du vice-président Cheney. ..

En septembre, c’est l’Armée nationale afghane qui a été la cible. 27 soldats ont été tués dans l’attaque par un volontaire de la mort d’un bus militaire.

En novembre, plus de 80 personnes, dont 6 députés, ont perdu la vie dans la province de Baghlan (Nord-Est) dans une attaque mais surtout sous les balles des gardes du corps d’une firme privées qui ont, après l’explosion, ouvert le feu de manière indiscriminée pour des raisons inexpliquées….

Si on aborde la question de la géographie des attaques kamikaze, on s’aperçoit que 18 provinces sur 30 ont été frappées en 2007 La province de Kandahâr, berceau de la résistance, se détache nettement avec 42 attaques. La capitale afghane, symbole du pouvoir et de la présence étrangère, arrive en deuxième position de classement avec 22 attaques. La province méridionale de Helmand, où les combats sont probablement les plus durs, a connu 21 attaques. Les provinces de Paktykâ et de Khôst, au sud-est de l’Afghanistan, à la frontière du Pakistan, ont enregistré 11 attaques suicides chacune (soit 10 de moins qu’en 2006 pour la seule province de Khôst).

7 attaques kamikaze ont été exécutés dans la province de Koundouz, au nord-est du pays, où le Hezb-e Islami de l’ancien Premier ministre Gôlbouddine Hekmatyâr est mieux implanté que les résistants.

Des attaques ont également été effectuées dans les provinces de Paktia, Nangarhâr, Zaol, Nimrouz, Ourouzgân, Logar, Hérât, Farah.

Enfin, entrent pour la première fois dans ce classement les provinces de Takhar, Kounar, Laghman et Wardak.

Source : Bassirat.net - Reuters Avec Pajhwok mercredi 2 janvier 2008

03-01

En 2007, soit 6 ans après l'invasion de 2001 le nombre de tués des armées occupantes et collaboratrices a atteint un nouveau sommet : Plus de 925 policiers afghans ont été tués dans des combats.(mon relevé : 1.221 tués)

Pour l’OTAN l’an dernier le bilan s’élevait à 218, (bien plus élevé qu'en 2006), la plupart au combat..(mon relevé : 467 tués)

Les Etats-Unis déclare avoir eu 110 soldats tués.

La Grande-Bretagne déclare 41 soldats tués,

Le Canada 30,

Et les autres pays occidentaux 40.

Noter que le chiffre de l’Otan est inférieur aux chiffres qu’annoncent individuellement les pays occidentaux…

Les résistants évitent les grandes batailles et attaque toutes les patrouille mais surtout celles des forces afghanes, moins bien équipées et entraînées que les forces de l'ISAF et américaines.

Sources : Reuters- Ats

06-01

L’Otan a annoncé la mort de deux civils, dont un enfant, lors de combats qui ont opposé vendredi, dans la province d’Ourouzgân, la FIAS aux résistants.  « Les deux tués sont un enfant et un adulte et parmi les blessés figurent trois enfants », déclare la FIAS dans un communiqué. « Il n’a pas été établi par qui ils ont été atteints », indique le texte. AFP

03-01

Plus de vingt enfants sont morts de la rougeole depuis le début de l’hiver dans ce district, ont annoncé mercredi des habitants et des responsables locaux. L’absence de vaccins et de médicaments rendent très difficile la lutte contre cette maladie AFP et Pajhwok
L'Afghanistan en chiffre du 31-12 au 09-01-08 
tués blessés
Usboys / Autres boys

 12

 7

Policiers, armée et collaborateurs

 47

 20

Peuple Afghan

 54

  x

Occupation de l'Afghanistan

2-2 Les forces en présence

Résistance

USA

02-01

Les États-Unis ont 26.000 hommes dans le pays, dont la moitié sont intégrés dans la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) commandée par l'Otan L'autre moitié accomplit des missions variées…  (Reuters 

 Canada

30-12 Le Canada a 2.500 hommes déployés à Kandahar dans l’Isaf (Reuters)

France

06-01 Deux nouvelles OMLT (operational mentoring liaison team) françaises - sont arrivées fin décembre en Afghanistan, portant à quatre le nombre d'équipes de conseillers de l'armée nationale afghane. Ces OMLT sont insérées au sein des unités de la 1ere brigade du 201ème corps. Après avoir été "validées" par les Américains, elles devraient être opérationnelles vers la fin janvier. Les deux nouvelles OMLT proviennent de la 6e brigade légère blindée pour le génie et l'artillerie et de la 2e brigade logistique pour le soutien logistique. Une cinquième équipe sera déployée dans le courant de l'année pour être rattachée au contingent néérlandais engagé dans les combats de la province d'Oruzgan.

Rédigé le 06/01/2008 à 18:05 | http://secretdefense.blogs.liberation.fr/defense/2008/01/deux-omelettes.html


3) Politique

a) Les collaborateurs afghans

Les grandes manoeuvres

04-01

Le conseil des oulémas (docteurs de la loi islamique) a appelé Karzaï à s’opposer à l’action prosélyte de certaines organisations humanitaires chrétiennes. « Le conseil s’inquiète des activités de certains missionnaires et organisations impies et jugent ces actes contraires à la loi islamique, à la Constitution et la stabilité politique », expliquent-il dans une déclaration remise au chef de l’Etat et reprise par l’agence Reuters. Ils réclament en outre la reprise des exécutions publiques. Avec Reuters

Confection d'un gouvernement fantoche

01-01  

Fin décembre, Juma Khân Hamdard a été nommé conseil du président pour les affaires tribales et gouverneur de la province de Paktia, au sud-est de l’Afghanistan, en remplacement de Rahmatôllah Rahmat..

Juma Khân Hamdard était, jusqu’à ce remaniement, gouverneur de la province septentrionale de Djawzjan. Ancien commandant affilié au Hezb-e Islami de Gôlbouddin Hekmatyâr, Juma Khan Hâmdard est une figure importante dans le nord de l’Afghanistan. . En mai 2007, il a été mis en difficulté par le général Abdoul Rachid Dostom, chef de guerre ouzbek, qui a organisé une manifestation de ses partisans à Sherberghan, chef-lieu de la province de Djawzjan, au cours de laquelle au moins neuf personnes ont été tuées par la police. Avec Pajhwok

Sur le terrain

06-01 Confronté à une mauvaise récolte et à une augmentation du prix du blé sur les marchés internationaux, l’Afghanistan a lancé samedi un appel à l’aide internationale. Le ministre du Commerce, Mohammad Amin Farhang, a estimé que l’aide internationale était nécessaire pour faire face à la situation qui pourrait avoir de sérieuses répercussions sociales. Le prix du blé a doublé, voire quadruplé dans certaines régions. La semaine dernière, le gouvernement afghan a annoncé l’annulation, jusqu’au mois de mars, d’une taxe prélevée sur le blé importé et la réduction d’une autre taxe imposée sur les importations d’huile de cuisine. Avec BBC


Les voisins

Iran

03-01 Les autorités iraniennes ont averti le million et demi de réfugiés afghans en situation irrégulière sur son territoire qu'ils risquaient d'être détenus dans des camps pour des peines allant jusqu'à cinq ans. Le ministre afghan des Affaires étrangères, Sultan Ahmad Baheen, a indiqué que son gouvernement n'avait pas été "formellement" informé de la décision iranienne et a demandé aux autorités de Téhéran de suspendre cette mesure.

"Nous espérons que cette décision ne sera pas mise en oeuvre au moins pendant les mois d'hiver", précisant qu'une délégation afghane se rendrait "très bientôt" à Téhéran pour aborder la question. (AFP 13h14)


b) Les occupants  1) Usa  

Occupation de l'Afghanistan

02-01 Rudolph Giuliani, candidat à l'investiture républicaine pour l'élection présidentielle US prône le doublement des troupes de combat américaines en Afghanistan, dans le cadre d'une expansion militaire plus large. Giuliani, préconise "d'accroître la taille de notre armée, dès maintenant", en parlant de dix nouvelles brigades de combat, voire davantage si nécessaire…. Les marines devraient être au nombre de 200.000 au moins et la Navy disposer d'au moins 300 navires…

"Nous devons marquer une poussée en Afghanistan et la concrétiser dès maintenant", a-t-il dit mercredi.

La position de Giuliani est encore plus en flèche que celle du gouvernement de George Bush. Le secrétaire à la guerre Gates n’a réclamé le mois dernier que l'envoi de 7.500 militaires en renfort et il a clairement signalé que les USA souhaitait que l'effort soit porté avant tout par les autres pays … de l'Alliance atlantique. L'administration Bush a déjà fait voter un plan d'expansion militaire qui prévoit six nouvelles brigades de combat et huit brigades de soutien pour l'armée de terre, soit un total de 547.000 hommes, et un corps des marines de 202.000 hommes. La Navy compte actuellement 280 bâtiments. Mark Egan,( Reuters) version française Jean-Stéphane Brosse

Les alliés

1 Nations-Unies

02-01 Avec 42 employés (33 civils et neuf militaires) tués, l'année 2007 a été l'une des plus meurtrières pour le personnel des Nations unies.

Les décès ont été enregistrés en Algérie, Liban, Afghanistan, au Tchad, au Soudan, en Ouganda et dans la bande de Gaza.

Patrick Worsnip, (Reuters)  version française Henri-Pierre André

4 Lutte pour la libération du territoire

Pertes des occupants.- US & Isaf 

30-12 Un soldat canadien a été tué dans le sud de l'Afghanistan par l'explosion d'une bombe au passage de son véhicule blindé, a annoncé dimanche le ministère de la Défense. Quatre autres militaires ont été blessés dans l'attaque survenue à 20 km à l'ouest de Kandahar, dans le district de Zhari, un bastion de la résistance

(Reuters)

02-01 Mercredi, un engin a explosé au passage d’un véhicule de la coalition internationale.

Un soldat et un interprète afghan ont été tués et deux autres militaires blessés, selon le communiqué de la coalition.

L’attaque s’est produite dans la province de Khôst, au sud-est de l’Afghanistan. La nationalité du soldat tué par l’explosion n’a pas été rendue publique. L’armée américaine constitue le gros des troupes dans cette province frontalière du Pakistan. Avec AFP

06-01 Deux soldats canadiens ont trouvé la mort dimanche, lorsque leur véhicule blindé a effectué un tonneau … durant une opération dans le district de Zhari.

Selon les Forces occupantes le véhicule circulait sur un terrain accidenté dans la région de Nalgham, à environ 40 kilomètres au sud-ouest de Kandahar, quand il a capoté. Les deux soldats prenaient part à une opération de plusieurs jours dans le district de Zhari. Associated Press

07-01 La coalition internationale a annoncé la mort de deux de ses soldats dans l’explosion d’un engin explosif dans le district de Kot, dans la province orientale du Nangarhâr.

Selon le communiqué, les soldats étaient opposés a des résistants , lorsqu’un second engin a explosé près de leur véhicule. L’explosion a également fait un blessé dans les rangs de la coalition.

AFP &  ats / 05:32)

Pertes des forces collaboratrice locales   - Province non précisée

30-12 Quatre soldats afghans ont été tués dimanche dans l’explosion d’une mine, a annoncé le ministère de la Défense. AP et AFP

07-01 Un policier et un officier du renseignement ont découvert un engin explosif improvisé sur le bord d’une route. L’engin a explosé avant qu’il parvienne à sécuriser la zone. « Un policier et un officier du renseignement sont morts ainsi que deux civils, tandis que quatre civils ont été blessés », a déclaré lundi le chef de la police provinciale, Mohammad Hussain Andiwal. Avec AFP


Détails

Province de Badghis

01-01

Le ministère de l’Intérieur a annoncé mardi que des résistants ont été tués dans l’attaque d’un point de contrôle tenu par la police dans le district de Morghâb, dans la province de Badghis, au nord-ouest de l’Afghanistan. Un policier a été tué et deux autres blessés, selon le communiqué. Avec AFP et Pajhwok

Province de Baghlan (nord)

04-01 Vendredi soir, Qari Mohammad Alam, ancien commandant du Djamiat-e Islami, a été abattu dans le district de Nahrin, situé dans la province de Baghlan, au nord-est du pays.

Avec Pajhwok

Province d'Helmand  (sud de l'Afghanistan)

30-12 Deux policiers qui ont été tués dans l’explosion d’un engin explosif.

L’explosion s’est produite dans le district de Moussa Qala, a annoncé le chef de ce district qui a récemment été repris aux résistants… La veille dans cette province, deux civils avaient également péri dans une explosion similaire. Trois autres ont également été blessés. AP et AFP

01-01 « Plusieurs » résistants ont été tués mardi lors d’échanges de tirs avec des soldats de la coalition internationale dirigée par les États-Unis, a annoncé celle-ci dans un communiqué. AFP et AP

03-01 Dans un communiqué publié jeudi, le ministère de l’Intérieur a annoncé que plus de 20 résistants ont été tués dans des combats avec l’armée afghane dans la bourgade de Moussa Qala. AFP et Pajhwok

03-01  Un chef tribal de la région de Moussa Qala, Painda Khân, a été exécuté par la résistance qui l’accusait d’être un espion à la solde du gouvernement afghan. AFP et Pajhwok

07-01À Nad Ali, deux policiers ont été tués par la bombe qu'ils essayaient de neutraliser sur une route, ainsi que deux civils, selon le chef de la police locale, Mohammad Hussain Andiwal.

Des combats entre forces de l'OTAN et résistants ont par ailleurs fait cinq morts.

(Occupants ou résistants ?- ndlr : la façon de rédiger me fait penser qu’il s’agit d’occupants ou des collaborateurs) AP

Province de Kandahar (sud) 

31-12 25 membres des forces afghanes sont morts ces trois derniers jours, ont annoncé des sources officielles afghanes. Seize policiers ont notamment été tués lors de l'attaque samedi de leur poste dans la province sud de Kandahar par les talibans, a indiqué le ministère de l'intérieur.  (ats 11:13)  

02-01 Cinq ( ?)  résistants ont été tués mercredi par l’explosion d’une bombe qu’ils s’apprêtaient à poser sous une voiture, a annoncé le chef de la police de la province de Kandahâr. Avec AFP

02-01 La police de la province a annoncé mercredi la mort de trois civils, un homme qui avait combattu l’invasion soviétique et deux de ses gardes du corps, dans l’explosion d’une bombe le long d’une route à proximité de la ville de Kandahâr

02-01 La police provinciale a également fait état de la mort, dans une autre explosion, de deux policiers qui patrouillaient le long de la frontière avec le Pakistan . Avec AFP

05-01 Assadôllah Khalid, gouverneur de la province, a annoncé samedi que quatre résistants ont été tués et onze autres capturés lors d’une opération de police dans le district de Panjwayi. Avec Pajhwok

07-01 Un kamikaze c’est fait exploser à proximité d’une voiture de patrouille de la police afghane, tuant un policier et en blessant gravement quatre autres.

L’incident s’est produit dans la région de Spin Boldak, dans la province méridionale de Kandahâr. Avec AP et Xinhua

 

08/01/2008

N°62- Les dossiers du Liban 06-01 FIN

Ils nous voulaient comme décor

 

Vous étiez au pouvoir. Pourquoi n’êtes-vous pas restés et gardé le tiers garant ?

 

Il est d’abord important de rappeler que lorsque nous sommes entrés au gouvernement, il n’y avait aucune discussion sur le tiers garant, et nous ne sommes intervenus ni par une part, ni dans des négociations menées par le parti al-Mustaqbal (Harîrî) avec le courant national libre (Aoun), ni dans les négociations entre le président (gouvernement) Sanioura et le président (république) Lahoud autour du nombre des ministres.... Amal et le Hizbullah sont entrés au gouvernement sur la base d’un accord politique qui avait commencé avant les élections législatives. Ils ont rompu cet accord. De quoi parlait-il ? Un accord politique sur les armes de la résistance et sur la participation. Ce furent les points essentiels....

 

Mais lorsque nous entrés au gouvernement, les questions essentielles n’étaient plus discutées, ni dans le cadre de l’alliance quadripartite des partis, ni dans le gouvenement. Par exemple, la question de l’énergie, qui est un des principaux dossiers du pays (eau, électricité et pétrole). Le ministre de l’énergie est l’un des nôtres, il découvre que le chef du gouvernement a constitué un groupe de travail qui met les plans, les programmes et les politiques dépendant du ministère de l’énergie, sans qu’il en soit au courant, alors qu’il avait également constitué un groupe de travail. Les ministres de Amal et du Hizbullah découvrent aussi que le plan économique et financier du gouvernement était prêt, sans qu’ils ne soient consultés. L’équipe de la majorité avait même fait un plan pour l’agriculture, alors que le ministre de l’agriculture n’était pas au courant. Pour la question de la sécurité, il a été décidé, et le texte a été montré par le ministre Fneish qu’il sera constitué un bureau de renseignements avec la présence d’officiers internationaux, ce bureau aura pour tâche le contrôle des appareils sécuritaires libanais et la discussion de ses plans, de ses programmes, de son développement, de son équipement et financement. Au temps des Syriens, cela n’existait pas !.... Il s’est donc avéré que nous étions là pour le décor, afin de dire que toutes les confessions sont représentées dans le gouvernement, et c’est pourquoi nous avons préféré le quitter.

 

Nous ne leur accorderons pas la légitimité de gouverner seuls

 

Il leur reste un an et demi au pouvoir. Pourquoi ne pas les laisser gouverner jusqu’aux prochaines élections électorales ?

 

S’ils gouvernent pendant un an et demi sans l’opposition, ce sera un grave danger sur le liban... Le problème n’est pas dans la présidence de la république, que ce soit Michel Sulayman ou Michel Aoun, la situation sera la même et sans le tiers garant, le général Aoun ne pourra rien faire non plus. Vous dites que la situation antérieure était stable, oui, parce que le Liban, pendant 15 ans, a été tenu par un ordre régional et international. Maintenant, on nous dit : vous les Libanais, réglez vos problèmes vous-mêmes, quelle que soit l’intervention américaine ou étrangère. Nous nous sommes retrouvés confrontés aux problèmes réels, lors de notre présence au gouvernement... Il y a un groupe qui emmène le pays vers une voie dangereuse... Et je m’adresse aux Libanais, leur disant : la question est posée, est-ce que nous les laissons gouverner encore, est-ce que nous leur facilitons la tâche, par notre générosité ? L’opposition a facilité beaucoup de choses, à tel point que la base reproche beaucoup et je comprends ce reproche, mais c’est un autre problème. On nous dit : pourquoi insistez-vous sur le tiers garant, laissez élire le général Sulayman, qu’ils forment leur gouvernement, et dans un an et demi, ce seront les élections législatives. De mon point de vie, s’ils prennent le pouvoir sans faire participer l’opposition avec le tiers garant, et quel que soit le président de la république, cela constituera un danger sur le pays, dans différents domaines : politique, jurisique, économique, et même sécuritaire. Cela exige évidemment quelques explications.

 

Nous savons que le gouvernement fait la loi électorale. Qu’est-ce qui nous garantit que ce gouvernement que nous allons laisser gouverner pendant un an et demi, ne reviendra pas avec la nouvelle loi électorale, renouvelant la crise pour quatre ans supplémentaires ? La majorité veut une loi électorale qui lui permette de revenir, elle fera une loi lui garantissant la majorité au parlement, pour quatre ans.

 

Pour la question économique, les lois qui seront appliquées pendant un an et demi comportent de graves dangers pour les paysans, les industriels, la main d’œuvre et les fonctionnaires de l’Etat, avec l’augmentation des impôts et des taxes. Le programme économique de ce gouvernement est la conséquence de la conférence de Paris 3, et les conditions du Fonds monétaire international. La présence de l’opposition au gouvernement avec le tiers garant limite les effets de ce plan. Concernant la sécurité, en un an et demi, les appareils sécuritaires et l’armée seront recomposés et reformés de manière à constituer un danger sur le pays. Même si nous avons confiance dans la présence de Michel Sulayman à la présidence, le gouvernement, dans sa majorité écrasante (sans tiers garant), peut prendre des décisions relatives aux appareils sécuritaires et militaires, et si le président n’est pas d’accord, il sera isolé comme l’a été le président Emile Lahoud, le gouvernement pourra prendre des décisions concernant la refondation de l’appareil judiciaire. Il peut le faire en un an et demi. Ils peuvent organiser l’Etat pour garantir leurs propres intérêts et les intérêts de ceux qui sont derrière eux...

 

De notre côté, nous considérons le gouvernement actuel comme illégal, et ce qu’il fait est illégal. Cela est très dangereux, mais reste beaucoup moins dangereux que si nous leur remettons le pouvoir, car quand nous leur remettons le pouvoir, nous reconnaissons son caractère constitutionnel, légal, ce qui veut dire que nous lui donnons la possibilité de gouverner le pays d’une manière très dangereuse, et je ne parle pas ici du parti, car ils ne peuvent rien faire à ce niveau, mais il s’agit du pays en entier ; la situation actuelle reste beaucoup moins dangereuse que si le gouvernement gouverne sans opposition et sans tiers garant.

 

Par ailleurs, nous étions prêts à agir si jamais le pouvoir avait procédé à l’élection du président avec la formule de la moitié + 1 (nombre de députés, et non des deux tiers comme le réclame l’opposition et des députés de la majorité). Mais la période des fêtes est venue, nous avons donné le temps aux négociations. Nous avons la patience, nous avons attendu jusqu’à la fin de la période des fêtes. A notre avis, la médiation française n’est pas finie, malgré les déclarations de Sarkozy, et des efforts arabes sont en cours. Nous attendons de voir si ces médiations amèneront quelque chose de nouveau. Si ces médiations s’achèvent, et si le gouvernement persiste à vouloir exercer les responsabilités de la présidence, et s’il n’y a plus rien à l’horizon, nous prendrons le temps, une semaine ou dix jours, pour la consultation et la discussion entre les forces de l’opposition pour trancher. Qu’allons-nous faire ? Aujourd’hui, je ne peux rien dire, le parti n’est pas le seul dans l’opposition. Ce qu’adoptera la direction de l’opposition sera annoncé, sera fixé et par conséquent, mis en route. Mais que l’Mais que l’opposition garde son silence et ne bouge pas ? Non, si l’opposition est calme, c’est parce qu’il y a des médiations, et nous tenons à donner une chance à ces médiations.

 

Nous avions déjà entendu cela il y a un an. Les forces du pouvoir affirment que votre capacité ne va pas au-delà ce ce qui est, puisque vous ne déclarez que la guerre interne est interdite ?

 

J’affirme une fois encore qu’il s’agit d’un point de force pour l’opposition, cela montre son honnêteté, elle ne veut ni guerre civile ni guerre interne, elle tient à la paix civile, à la stabilité... En réalité, c’est ce souci qui a empêché l’opposition à aller vers l’avant, et les médiations étaient encore actives. Nous avons attendu jusqu’aux élections présidentielles. L’opposition a offert de grandes facilités, comme l’initiative du président (de l’assemblée nationale) Nabih Berri, où elle a abandonné sa condition de formation d’un gouvernement d’unité nationale avant les élections présidentielles.

 

’Et pourquoi n’a-t-il pas élu ?

 

Parce qu’ils disent nous voulons un président qui forme son propre gouvernement, et non un gouvernement d’unité nationale, ils ont pris une partie de la proposition et ont laissé l’autre, qui est aussi important que le premier. Il y aura un président s’il y a un gouvernement d’unité nationale, c’est ce qui résoudra le problème au Liban.

 

Ils ont arrêté le dialogue interne, ne voulant pas discuter avec le général Aoun, qui représente l’opposition. Quand ils discutaient avec Nabih Berri, représentant l’opposition, ils disaient que le chrétien dans l’opposition n’était qu’une annexe, et quand Nabih Berri a remis la responsabilité des négociations au général Aoun, ils ont dit qu’il est un outil utilisé par l’opposition et ont refusé de poursuivre les négociations avec lui. Il y a un problème de moralité au Liban : ils ont arrêté les négociations internes, les médiations arabes ont été arrêtées, et aussi les médiations internationales. Alors, l’opposition est contrainte de prendre des mesures, des moyens civils et légaux, pour y faire face.

 

La position syrienne

 

Qu’en est-il de la Syrie  ? Est-ce que la communauté internationale souhaite ou non l’intervention de la Syrie au Liban ?

 

Une grande pression était exercée sur la Syrie pour qu’elle n’intervienne pas, elle était accusée d’intervenir, et aujourd’hui, il y a une demande de la communauté internationale pour qu’elle intervienne. Tantôt, on veut punir la Syrie parce qu’elle intervient au Liban et tantôt, il lui est demandé d’intervenir. Cela montre d’abord l’échec de la politique américaine, qui voulait décider seule au Liban. Qu’est-il demandé de la Syrie  ? Ils lui demandent de faire pression sur l’opposition pour que cette dernière abandonne sa revendication naturelle et logique, concernant le gouvernement d’unité nationale et la loi électorale. Les Européens sont intervenus, à plusieurs reprises, et notamment le président Sarkozy. Les Français ont voulu alléché la Syrie par plusieurs propositions : les relations normales avec la Syrie , les relations euro-syriennes. Mais les dernières paroles du président Sarkozy, menaçant au sujet du tribunal international, signifient la politique de la menace aux côtés de la promesse.

 

En tant qu’opposition libanaise, il faudrait témoigner devant l’histoire : la Syrie qui a un intérêt certain dans la reprise des relations syro-françaises, et la reprise des relations arabo-syriennes, qui a un intérêt certain dans la reprise des relations syro-européennes, et éloigner la menace d’un tribunal qui la vise. Si la Syrie veut considérer ses propres intérêts, elle fait pression sur l’opposition, lui parlant d’intérêts régionaux. Mais, en fin de compte, est-ce que la Syrie peut exercer une pression ?

 

Est-ce que l’opposition se soumet à une telle pression ?

 

Elle le peut et l’opposition peut la refuser, mais les Syriens sont venus et ont discuté avec l’opposition, nous disant que les propositions sont telles et telles, qu’acceptez-vous et que refusez-vous ? En tant qu’opposition, nous avons dit, nous acceptons tel et tel points, ce dont nous parlons aujourd’hui. Ce que nous recherchons, c’est l’intérêt du Liban, un Liban indépendant et libre, non soumis à l’administration américaine, un Liban qui refuse la guerre civile. Nous avons accepté l’élection d’un président de concorde, mais accompagnée d’un groupe de revendications, qui sont le gouvernement d’unité nationale, etc...

 

La Syrie a mis en avant les intérêts de l’opposition nationale libanaise avant ses propres intérêts, prouvant qu’il s’agit d’une relation de respect et non de dépendance, car l’intérêt de la Syrie était de faire passer toute proposition, au détriment de l’opposition, afin de récupérer sa situation régionale et internationale, remettant à plus tard la question du Liban. Il y a de fortes pressions actuelles sur la Syrie , des menaces contre elle, une résolution du conseil de sécurité, ou ce dont a parlé Sarkozy, aucun président ne parle ainsi. Malgré tout, la Syrie n’a aucunement fait pression sur nous. Elle a les moyens de le faire, elle peut fermer les frontières, etc... mais elle a considéré que son rôle n’est pas de faire pression, mais de discuter avec l’opposition, car la décision est finalement celle de l’opposition.

 

Comment le problème syro-saoudien sera résolu ?

 

La réconciliation syro-saoudienne aidera à résoudre la crise libanaise, mais c’est surtout le facteur américain qui est principal, ce ne sont ni le facteur syrien, ni le facteur saoudien. Ce sont surtout les Etats-Unis qui empêchent une entente entre les Libanais.

 

Pas de victoire décisive, mais nous avons empêché l’application du plan américain

 

Avant de clore le dossier interne, une conclusion :

 

Ni le pouvoir ni l’opposition n’ont remporté de victoire décisive ou subi de défaite décisive, même si certains du pouvoir considèrent que donner le tiers garant à l’opposition signifie une victoire de celle-ci. Nous ne recherchons pas de victoire morale ou politique, nous recherchons une solution sérieuse à la crise actuelle du Liban, qui ne peut être résolue que par la participation.

 

Mais d’autre part, je voudrai m’adresser au peuple libanais, et plus spécifiquement au public de l’opposition : la chose dangereuse qui devait être accomplie au cours de ces trois dernières années, nous l’avons empêchée dans une grande mesure, le projet américain, qui menace le Liban. Au cours de ces trois années, ce projet n’a pu voir le jour, la résistance est toujours là, elle était visée par le projet américain et la résolution 1559, la résistance a été ciblée pour l’isoler politique, elle a été visée pendant la guerre de juillet, qui était une guerre à cent pour cent américaine, et par décision américaine.

 

Ensuite, il n’y a aucune chance, à cause de la présence d’une opposition forte, pour exécuter le plan de l’installation définitive des Palestiniens, qui sera appliqué s’ils prennent le pouvoir, selon un marchandage précis : nous vous accordons 40 milliards de dollars, et peut-être maintenant 60 milliards de dollars, donnez la nationalité à 250.000 Palestiniens, et trouvons une solution pour les 50.000 autres. Ils considèrent cette question à partir du salut national. Troisième point, l’opposition a empêché que le Liban devienne une partie du camp américain, jusqu’à présent. Est-ce que nous pouvons donc affirmer que les Etats-Unis ont échoué à réaliser leur projet ? Oui, il a échoué, et c’est la réalisation de l’opposition.

 

Mais l’opposition n’a pas réalisé son objectif, parce qu’elle est en situation défensive. Le problème n’est pas les forces du 14 février (14 mars, les deux sont utilisés, ce sont les forces du pouvoir), car l’opposition mène une lutte politique mondiale, comme la résistance a mené au cours de la guerre de juillet une guerre mondiale. Il y a une guerre mondiale (menée par) les Etats-Unis et la communauté internationale qui veulent imposer une formule précise sur les Libanais.

 

...

 

Nahr el-Bared et les plans de liquidation du droit au retour des réfugiés

 

Est-ce que vous craignez une autre (guerre) de Nahr el-Bared, au Liban ?

 

Je suis inquiet au sujet de la situation dans les camps. Dans quel sens ? Dans celui où l’ensemble de la question de la (présence) palestinienne est en discussion, et par conséquent, nous ne pouvons pas dire que le sujet est loin de tout projet dans la région. Je ne parle pas selon la logique d’un complot, mais je dis qu’il y a un effort concernant le sujet palestinien dont ils veulent finir, ils veulent finir avec le conflit israélo-palestinien. Le problème essentiel est celui des réfugiés, et le projet de l’installation définitive des Palestiniens au Liban est un projet très sérieux, très très sérieux, et je possède des indices et des éléments.

 

Le problème, c’est si on fait intervenir dans des conflits les camps palestiniens, à l’intérieur des camps ou avec son entourage, ou avec l’armée libanaise, par le biais de groupes inflitrés ici ou là. Je n’aborde pas ce problème pour faire peur, mais pour dire aux organisations palestiniennes, celles de l’OLP ou de l’alliance, aux habitants des camps et de l’entourage, à l’Etat libanais et à l’armée libanaise : le dossier palestinien, le dossier des camps, doit être notre souci à tous, afin qu’on ne soit pas entraîné vers l’erreur.

 

Vous aviez considéré à l’époque que le camp est une ligne rouge. L’armée a cependant réussi à dominer et à trancher le conflit ?

 

A quel prix ? Des pertes importantes, pour l’armée et les Palestiniens. Il y avait une possibilité de régler le problème sans payer ce prix et c’est ce que nous cherchions. Jusqu’à présent, les conséquences de Nahr el-Bared ne sont pas finies, ni ses conséquences humaines et sociales, la souffrance des habitants du camp de Nahr el-Bared, qui s’en aperçoit ? Mais également les souffrances des soldats qui ont offert tous ces grands sacrifices, et les conséquences sécuritaires. Qui a dit que ce dossier est clos ? Il était possible de régler cette question avec moins de coût, et tout ce que nous avions voulu dire à l’époque, était notre souci envers l’armée et envers les palestiniens, et le peuple palestinien dans les camps, c’est ce qui nous a fait dire que c’est une ligne rouge.

 

Une autre guerre israélienne ?

 

Est-ce qu’Israël peut lancer une attaque, à partir du rapport de la knesset disant que son armée a été impuissante ?

 

Du point de vue théorique, tout est possible, mais dans les faits, un mois, deux, trois, quatre ou cinq, cela exige une longue discussion. Les Israéliens parlent de guerre, Ashkinazî parle de la guerre prochaine contre le Liban qui serait victorieuse, mais aussi Ehud Barak. Les manœuvres menées dans la région nord, mais aussi les manœuvres partielles qui se mènent toutes les semaines, certains Libanais n’en entendent pas parler. Les Israéliens font également l’effort de recomposer leur armée, tous ces faits disent, et c’est normal vu sa nature agressive et expansionniste, qu’il pense à reprendre une guerre un jour ou l’autre, mais quand ? On ne le sait pas. De plus, ce n’est pas une question locale ou régionale. Est-ce que la guerre de juillet avait des considérations israélo-libanaises ? Non, elle était essentiellement américaine, et sa décision américaine. Par conséquent, les Etats-Unis peuvent donner l’ordre à tout moment à une attaque. Nous, par contre, nous sommes concernés en étant attentifs, à nous y préparer, à ne pas dormir sur l’idée que les israéliens ne feront rien. Nous faisons en sorte d’empêcher la guerre, et le moyen de l’empêcher consiste à s’y préparer, soit dire aux Israéliens que nous sommes prêts. Quand nous disons aux Israéliens que nous sommes capables de toucher tout point en Palestine occupée, nous ne faisons pas seulement de la guerre psychologique, mais nous disons : la guerre coûtera très cher. Ils ont dit beaucoup de choses pendant la guerre, nous n’avions pas répondu, mais aujourd’hui, tout se dévoile avec les enquêtes, comme lorsqu’ils ont dit, au début de la guerre, qu’ils avaient touché la capacité de lancement des fusées du Hizbullah, ce n’était pas vrai. Actuellement, les officiers supérieurs reconnaissent qu’ils avaient prétendu faussement avoir remporté une victoire au début de la guerre. Donc, nous nous préparons tous les jours, pour empêcher la guerre, mais si elle est déclenchée, nous y sommes prêts.

 

Question : qu’en sera-t-il des résolutions internationales ?

 

Que ceux qui les violent en supportent les conséquences. Nous de notre côté, nous ne déclencherons pas la guerre. Nous serons critiqués, comme nous sommes critiqués quand nous disons que nous ne voulons pas déclencher une guerre, ou critiqués quand nous disons que nous ferons la guerre. Cela nous est égal, nous assumerons notre responsabilité et défendrons notre pays et sa dignité. Nous ne voulons pas la guerre, mais si elle est déclenchée, nous défendrons notre pays.

 

Vous vous défendrez ou bien laisserez ce soin à l’UNIFIL et à l’armée libanaise ?

 

L’UNIFIL n’est pas dans une position de défendre le pays, d’ailleurs il ne considère pas que telle est sa mission. Ils écrivent des rapports, comme sur les violations aériennes actuelles. Quant à l’armée libanaise, toute seule, (elle en est incapable), elle a besoin de toutes les forces, sécuritaires, résistance populaire, etc..

 

Personne ne peut imposer quoi que ce soit à l’opposition

 

Quelle est votre position aujourd’hui ?

 

Pour les Libanais, nous leur disons que malgré la situation difficile, nous n’abandonnerons pas le pays pour ce qui est pire et plus dangereux. Les Libanais doivent savoir que malgré la situation que nous vivons, nous sommes en meilleure situation que la Palestine , que l’Irak, que l’Afghanistan, et même si nous comparons notre situation à celle du Pakistan, si nous voulons comparer notre situation à celle de tous les lieux où les Etats-Unis sont intervenus et voulu prendre en main les affaires. Jusqu’à présent, l’opposition a réussi à diriger la crise politique et le conflit politique avec le moindre dégât.

 

Où en est-on quant au problème des prisonniers ?

 

Nous sommes toujours en négociations, il est possible d’avoir des surprises positives ou négatives. Après l’échange partiel qui a eu lieu, nous faisions des pas de façon positive et avancée, mais il semble qu’il y ait eu intervention sur la ligne. Vous êtes au courant des cris émis par certains : que faites-vous ? Vous négociez avec le Hizbullah et leur accordez une victoire. J’ai personnellement insisté pour tempérer cette question, et c’est une réalisation partielle et limitée, mais plus d’une voix se sont élevées, alors que le dossier était en cours. Mais nous avons été surpris plus tard par la lenteur des négociations. Elles sont toujours là, mais certaines choses positives qui étaient fixées ont été remises en cause par les Israéliens.

 

Pourquoi ? Est-ce sous la pression des Américains ?

 

Je n’ai pas d’explications claire, mais ce que je peux dire, c’est qu’à un moment, nous avons senti que les Israéliens étaient sérieux, mais aujourd’hui, nous sentons qu’ils ne sont pas intéressés, ni d’avoir des renseignements sur les soldats, ni sur autre chose, car nous avons des parties de corps de soldats. Nous voulons proposé, lors des négociations, de les remettre, mais la partie israélienne n’était pas intéressée, sachant qu’auparavant, tout a été négocié, comme lors de l’opération d’Ansariyyé. Dans tous les cas, tout est possible, les négociations sont en cours, et il est possible que d’ici quelques semaines, des résultats apparaissent pour savoir si les négociations auront des conséquences positives ou négatives.

 

Al-Oufok

 

Traduction CIREPAL (Centre d’Information sur la Résistance en Palestine)

 

Vendredi 04 janvier 2008

 

http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4352

 

 

N°62- Les dossiers du Liban 06-01 Début

Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

1-1 Point de vue de Raymond Richa : Liban : 19 juillet 2006..2 décembre 2007 - Quand le pain se rallie au fusil. 

 1-2 Point de vue de Karim Mohsen : L’introuvable président libanais.

1-3 point de vue de Michel Aoun « Le vide constitutionnel est une stratégie qui cherche à anesthésier    les Libanais.

1-4 Point de vue de Alain Gresh : Le Liban, la Syrie et Nicolas Sarkozy.

1-5 Point de vue de Talal Salman : Le Liban entre deux baisers.

1-6 Point de vue de Al-Oufok ; Première tournée proche-orientale pour un Bush en fin de parcours

 1-7 Point de vue de Raymond Richa : Ben Laden s’en prend à Hassan Nasrallah,

1-8 Point de vue de Sayyed Nasrallah : La meilleure façon d’empêcher la guerre est d’y être prêt.

2-1 Provocations, mensonges et propos haineux riment-ils avec le dollar ?

2-2 Marie Nassif-Debs L'histoire du Liban.

2-3 Dr Elie Haddad : La crise présidentielle libanaise, origines et issues.

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

Dossier

Ndlr : La publication des articles ne signifie nullement que la rédaction partage les point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

1-1 Point de vue de Raymond Richa : Liban : 19 juillet 2006..2 décembre 2007 - Quand le pain se rallie au fusil.
Le 19 juillet 2006, les résistants Hossein Najdi et Hassan Karim sont tombés face à l'occupation, pendant que nos seigneurs féodaux de tous genres espéraient la défaite de notre Résistance.
Ils étaient tous deux militants de l'Union de
la Jeunesse Démocratique.
L
e 2 décembre 2007, des militantes et militants de l'Union de la Jeunesse Démocratique sont descendus dans la rue du quartier Mar Elias au cri de « Du pain… Le Peuple a faim ».
Au même moment, notre seigneur Saad Hariri distribuait des sommes importantes aux députés retranchés dans l'hôtel Phenicia, sommes variant entre 200.000 et un million de dollars.
Il est bon de savoir que ces sommes sont dégagés des bénéfices suite aux spéculations sur les actions Solidère où après avoir fait tomber le prix de l'action à 16 dollars, en propageant les mauvaises nouvelles, Hariri et son groupe ont racheté les actions à vendre sachant que le prix a de nouveau fortement haussé atteignant 24 dollars et les prévisions de hausse sont jusqu'à 50 dollars.
Certes ces jeunes n'étaient pas un million ; cependant, camarades de combat de Hossein et de Hassan, ils criaient fort ce que ressent notre Peuple.
Ils résistaient, comme nos résistants d'hier tombés sous les balles de l'armée d'occupation.
Nos mamans ne savent plus à laquelle des deux denrées, le pain ou le lait, devront-elles dorénavant donner la priorité. Pendant ce temps là, des responsables politiques se chamaillent autour d'une table ronde en vue d'un partage équitable de portefeuilles au sein du futur gouvernement.
Nos papas multiplient les activités au point de ne plus avoir droit au repos quotidien ou de dimanche, espérant ramener au foyer le pain et la chaleur. Pendant ce temps là, le gouvernement Sanioura ouvre avec acharnement à brader les services publics, à dilapider les ressources et les richesses, tout en étant fier du premier bilan de sa politique économique qui se résume à ce jour par ce qui suit :
. Une dette publique de 40,5 milliards de dollars
. 3,7% d'augmentation des prix à la consommation, pour la période janvier - octobre 2007
. Hausse de 8% des denrées alimentaires de première nécessité
. Hausse des carburants
. Emigration massive de notre jeunesse

De la terre brûlée en juillet 2006 aux fiefs de nos seigneurs féodaux s'enrichissant grâce à la souffrance de notre peuple, de notre sol pollué par les grappes de la mort dites « bombes à sous munitions » à notre espace aérien violé en permanence par les Awaks israéliens, il y aura un pas à franchir : celui de l'acte ultime de résistance, sous toutes ses formes et dans toute sa splendeur, épousant toutes les couleurs de l'arc-en-ciel.
3 décembre 2007
Raymond RICHA

1-2 Point de vue de Karim Mohsen : L’introuvable président libanais.

Nouvel échec, nouveau report d’une présidentielle de plus en plus problématique au Liban. Les parties libanaises sont restées pour la dixième fois consécutive sur leurs positions avec comme résultat un autre report de la tentative d’élire le chef de l’Etat libanais, poste vacant depuis la fin du mandat du controversé président Emile Lahoud. Un mois, jour pour jour, depuis que le 23 novembre à minuit, le président Lahoud ait définitivement quitté le palais de Baâbda, siège de la présidence libanaise, sans qu’un successeur ne lui soit trouvé. Durant ce laps de temps, aucun progrès n’a été réalisé, ni compromis trouvé entre ce qu’il est convenu d’appeler les pro-occidentaux, menés par le duo Saâd Hariri chef du courant Futur et Fouad Siniora, chef du gouvernement minoritaire soutenus par la frange chrétienne dont l’un des chefs de file est l’ancien président d’Amine Gemayel et les Druzes de Walid Joumblatt, face à l’opposition conduite par le Hezbollah de Hassan Nasrallah, Amal de Nabih Berri et Michel Aoun, chef du Courant patriotique libre (CPL).
Le tableau ainsi posé, l’on constate que le différend est plus politique et stratégique que confessionnel -comme cela a été le cas lors de la guerre civile (1975-1990)- avec en toile de fond cette curiosité de voir les chrétiens maronites partagés entre les deux camps, l’un mené par les sunnites (pro-américains et français) et l’autre par les chiites (pro-syriens et iraniens). A partir de là les choses se compliquent avec les interventions, ou les ingérences, c’est selon, de parties extérieures à la mouvance libanaise. Ainsi, le président français, Nicolas Sarkozy, avait-il «demandé» à son homologue syrien, Bachar Al-Assad, le respect de la date du samedi 22 décembre (pour l’élection du président, reportée vendredi au 29 décembre).
Vendredi, c’est l’ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU, Zalmay Khalilzad, qui a invité le Conseil de sécurité à faire «pression» sur «ceux qui bloquent l’élection» entendre
la Syrie. En fait, pour le moment, ce sont bien les Américains et les Français qui sont intervenus directement dans le processus présidentiel libanais. Le quotidien francophone beyrouthin, L’Orient-Le Jour résumait parfaitement hier la situation en titrant «le Liban est plus que jamais otage du bras de fer syro-occidental». Certes! Mais cela ne semble ni aussi simple ni aussi évident surtout lorsque certaines parties accusent la Syrie de vouloir «réoccuper» le Liban. La vérité est sans doute ailleurs, d’autant plus qu’aucun compromis ne semble possible sans le blanc-seing de Damas dont tout ce qui se passe ou peut se passer au pays du Cèdre a ou peut avoir un impact direct sur la sécurité de la Syrie elle-même, d’où le «droit de regard» que réclame Damas. Les Américains n’agissent pas autrement qui estiment leur sécurité menacée partout dans le monde, qui entretiennent des bases aux quatre points de la planète. Washington pense d’abord à ses propres intérêts avant la pérennité du Liban dont la situation géopolitique en fait, historiquement, un appendice de la Syrie dans laquelle le pays du Cèdre est enclavé. Ceci dit, la crise libanaise latente durant plusieurs mois, a pris de l’ampleur après la démission collective du gouvernement de six ministres dont cinq chiites, ce qui, en fait, a mis le cabinet Siniora en porte-à-faux avec la Constitution du pays, fondée sur le partage du pouvoir entre les trois communautés du Liban que sont les chrétiens (Maronites), les chiites et les sunnites. L’absence des chiites dans le gouvernement lui a enlevé, en fait, une grande part de sa légitimité. C’est en rapport avec cette légitimité que l’opposition demande à discuter de la composante future du gouvernement. Ce que refuse obstinément la majorité parlementaire, bloquant de fait tout débat sur le devenir prochain des institutions du Liban. L’autre point d’achoppement, qui persiste, est celui ayant trait au mode d’élection du chef de l’Etat, élection qui nécessite impérativement la révision de la Constitution , laquelle exige des hauts fonctionnaires candidats à ce poste, d’avoir démissionné de leurs fonctions au moins deux ans avant le scrutin.
Ce qui n’est pas le cas du chef de l’armée, le général Michel Sleiman, dont le nom fait consensus entre les deux parties. L’obstacle aujourd’hui est que gouvernement et opposition n’arrivent pas à s’entendre sur le mécanisme pris en compte pour la révision de la loi fondamentale.
En attendant que cet accord soit trouvé, l’élection du nouveau chef de l’Etat continuera à être reportée, ce qu’indiquait hier le président du Parlement, Nabih Berri, également l’un des leaders de l’opposition et dirigeant du mouvement chiite Amal. M.Berri, qui a fixé le prochain scrutin au 29 décembre, a indiqué qu’il convoquerait, «au besoin», le Parlement «chaque semaine» en janvier, jusqu’à l’élection du président de
la République si, entre temps, le rendez-vous du samedi prochain se solde, à son tour, par un échec. Au vu du fossé subsistant entre les deux camps, ceux-ci sont partis pour une longue tournée électorale sans la certitude de la voir aboutir.
Karim Mohsen

1-3 Point de vue de Michel Aoun « Le vide constitutionnel est une stratégie qui cherche à anesthésier les Libanais.

Le Général Michel Aoun, sur la NTV avec le journaliste Georges Salibi:

Michel Aoun « Le vide constitutionnel est une stratégie qui cherche à anesthésier les Libanais.

Nous ne laisserons pas tranquilles ceux qui imposent leur pouvoir. »

Le vide constitutionnel et la crise actuelle.

Lorsque l’axe du jeu politique consiste à l’éviction une personne sans raison valable nous parvenons à un vide constitutionnel. Ce vide constitutionnel est une demande américaine, car les US appuient le conflit entre Libanais et leur séparation les uns des autres. Je représente la seule partie politique qui établi un pont d'entente entre les Libanais, l’issue la plus exemplaire à un dialogue interlibanais pacifique. Je ne me laisse pas influencer par les discours qui ne correspondent pas à mes convictions. Nous luttons pour rectifier la démarche politique internationale au Liban. Organiser le vide constitutionnel est une façon d’anesthésier les Libanais pour faire perdurer le gouvernement actuel. Nous ne laisserons pas tranquille celui qui représente le moyen de subtilisation du Pouvoir, cette tranquillité va s’ébranler prochainement. Le conflit n'est pas causé par celui qui campe sur la Place Ryad El Solh mais par ceux qui occupent le Sérail où la Constitution est déchirée et piétinée quotidiennement."

Les négociations internationales.

Tous les émissaires et ambassadeurs étrangers m'ont demandé de jouer le rôle de «  King Maker » le faiseur de roi et non celui du roi. Pour répondre à leurs souhaits, j'ai retiré ma candidature et j'ai proposé en contrepartie une initiative de sauvetage, au lieu de me contenter de "désigner le roi". Alors que tous les émissaires m'aient demandé de désigner le Président, mon initiative fut directement accueillie d’un refus catégorique par les factions locales. J'ai fait alors savoir au Président français que les garanties internationales n’étaient pas suffisantes mais qu’elles devaient être avant tout locales. Il s'est avéré plus tard qu’il n'a pas pu assurer les garanties nécessaires, et mon initiative a été refusée. Les émissaires étrangers et les ambassadeurs sont repartis sans démasquer celui qui  a bloqué la situation.

L'initiative de sauvetage.

J'ai présenté une initiative pour sauver la République et éviter le vide constitutionnel. Cette initiative ne contient aucune clause qui contredit la Constitution. Celui qui ne l'a pas comprise et qui l'a qualifiée de "complexe" n'a qu'à demander à un professeur de la lui expliquer. Comment acceptent-ils une nomination par le Patriarche alors qu'ils refusent celle du représentant de la majorité chrétienne, en d'autres termes le "Patriarche politique" des rangs Chrétiens ?

Les négociations avec Hariri.

A Paris, j'ai demandé à Saad Hariri de proposer une solution pacifique avec Le Hezbollah, pour que je retire ma candidature. Il s’est avéré plus tard que le problème était en effet leur engagement dans cette solution pacifique. Malgré leurs appels au dialogue, ils ne veulent s’engager dans aucune solution. Je lui ai même demandé de nous compléter comme Béchara el Khoury et Ryad Solh pour sauver le Liban. Il m'a répondu  "les gens ne t'aiment pas" ! Chose à laquelle j'ai répliqué : "toi non plus les gens ne t'aiment pas. Alors, que proposes-tu comme solution?" Il a répondu "quelqu'un d'autre". En réaction à mon initiative de sauvetage, Hariri a déclaré être ravi d’une seule clause, celle où je retirais ma candidature !!

Les relations avec la Syrie.

Ceux qui ont rampé devant la Syrie et ont entièrement collaboré avec l'occupation n'ont aucun droit de me donner des conseils et des consignes concernant les relations avec la Syrie. Les services de renseignements américains, arabes et libanais savent que je n'ai eu aucun contact avec les Syriens ni de façon direct ni indirectement. Je ne crois pas qu'il y ait une conspiration syro-américaine sur le Liban. Ils ne m'ont pas écouté lorsque j'ai envoyé un message à la Syrie et proposé un congrès pour garantir un retrait pacifique de l’armée syrienne du Liban. Dans cette lettre, j'ai aussi évoqué les armes des Palestiniens et celles du Hezbollah qu'il contrôler dans le cadre d’une stratégie de défense. Mais se prenant tous pour des dieux ou des demi dieux, ils n'ont pas pris ma demande en considération !

La position des Chrétiens et le rôle politique de Bkerké.

Aujourd'hui, les Chrétiens vivent une période de grande déprime concernant leur présence au Liban. Pas de division dans le rang des Chrétiens mais la volonté d’un petite minorité de bloquer la décision des chrétiens qui ont élu leurs représentants. Or la Patriarche entend tout, mais ne divulgue rien. Il sait qui a empêché la rencontre inter chrétienne, et il lui incombe de déclarer cela. J'insiste, Bkerké ne devrait pas masquer la vérité car la rue chrétienne attend qu’il démasque celui qui a été derrière le sabotage de la rencontre et de l’entente inter chrétiennes. Bkerké joue le rôle du premier conseil politique alors qu'en réalité, pour les Chrétiens cette responsabilité se trouve à Rabyeh. Mon nom a figuré sur la liste du Patriarche pour qu'il soit effacé.

Les rencontres  à Rabyeh.

Pendant les journées de concertations à Rabyeh, nous allons soumettre aux personnalités chrétiennes le contenu des négociations qu'on a déjà entamées et demanderons leur  avis sur les futures démarches que nous suivrons. Il m'incombe de les tenir  informer de ma politique, mais aussi de les écouter et prendre leurs suggestions en considération. Par la suite, ils sont libres de changer leurs positions ou de les maintenir. Ceux qui ne veulent pas participer à ces rencontres auront d’emblée exprimé leur refus. A ce propos, je demande aux "occupants de la prison de l’Hôtel Phoenicia" de revenir à la raison. Ils sont les bienvenus à  Rabyeh, s'ils obtiennent l'autorisation de sortir bien entendu ! Quant aux ministres qui sont toujours au Sérail, ceux-là n'ont aucun sens de la responsabilité.

La réunion d'Annapolis.

Je crains tout Congrès international duquel est écarté le Président de la République libanaise garant de la Constitution et responsable de sa signature. En pratique, l'implantation des Palestiniens s’effectue suite aux longues années de leur présence au Liban, mais il lui manque la légalisation. Le soutien exagéré à Siniora cache beaucoup de secrets et nous paraît suspect. Nous glissons sur une pente très dangereuse et faisons notre possible afin de limiter les dégâts. »

Positions diverses ...

- Joumblatt devra s'excuser pour ses déclarations et ses actes avant de me rencontrer. Il a été un des responsables de mon éloignement du pays depuis 17 ans.
- La conduite du président Lahoud a servi de couverture au gouvernement Siniora.
- j’ai demandé des élections législatives anticipées dont personne ne peut deviner le résultat; Et puisqu’ils disent j’ai perdu ma représentativité chrétienne et que par conséquent je perdrai toute élection, pourquoi refusent-ils ma proposition ?
-  Le Haririsme politique se prend pour la  famille royale.
-  Je n'ai jamais rien demandé au Docteur Geagea, mais aujourd'hui je l’implore de publier ses mémoires pour les lire afin de comprendre pourquoi il refuse si catégoriquement ma candidature.

NTV
Traduit par l'équipe de presse de Rhône Alpes et Suzanne Sargon
Publié le 28 novembre 2007

1-4 Point de vue de Alain Gresh : Le Liban, la Syrie et Nicolas Sarkozy.

« La guerre civile silencieuse au Liban » se poursuit. Elle semble même prendre un cours plus dangereux avec l’échec des tentatives successives d’élire le général Michel Sleimane à la tête de l’Etat. Et cela malgré la nouvelle initiative de la Ligue arabe que rapporte le site du Monde, le 6 janvier, « La Ligue arabe propose une plan pour débloquer la situation politique au Liban » :

« A l’issue d’une réunion des ministres des affaires étrangères des 22 pays de la Ligue arabe, samedi 5 janvier, le secrétaire général de l’organisation panarabe, Amr Moussa, a annoncé qu’il se rendrait au Liban sous 48 heures afin de présenter un plan arabe demandant l’élection immédiate du chef de l’armée Michel Sleimane à la présidence du pays. Le Liban, qui se trouve sans président depuis le 24 novembre, tentera de choisir un nouveau chef de l’Etat le 12 janvier, après onze reports. »

« La Ligue arabe prévoit un plan de travail en trois étapes pour aider le Liban à sortir de l’impasse. Outre l’élection du président, la formation d’un gouvernement d’union nationale et la mise au point d’une nouvelle loi électorale sont également prévues. Les ministres arabes ont appelé "à un accord immédiat pour la formation d’un gouvernement d’union nationale de façon à ce qu’aucune partie n’aie la possibilité de faire adopter une décision ou de la bloquer", a précisé M. Moussa, précisant que "le président de la République possédera seul la possibilité de peser pour ou contre les décisions du gouvernement". »

Le problème réside dans le « déroulement » d’un tel plan, la majorité libanaise demandant l’élection d’un président avant la formation d’un gouvernement d’union nationale (dans lequel elle refuse, de plus, que l’opposition ait la minorité de blocage) ; l’opposition exigeant, au contraire, un accord simultané et voulant disposer une minorité de blocage. La formulation de la Ligue arabe rapportée par Le Monde (« qu’aucune partie n’ait la possibilité de faire adopter une décision ou de la bloquer ») est suffisamment floue pour... ne pas débloquer la situation.

Cette initiative arabe fait suite au désengagement de la France annoncé il y a quelques jours.

« Damas "arrête" son dialogue avec Paris sur la crise libanaise », tel est le titre de l’article (3 janvier) de la correspondante du Monde à Beyrouth, Mouna Naïm.

« Neuf mois après son lancement, le dialogue hésitant franco-syrien à propos du Liban a vécu. En riposte à Paris, qui a décidé de l’interrompre jusqu’à ce que Damas ait donné la preuve de sa bonne foi au pays du Cèdre, la Syrie a décidé d’"arrêter la coopération franco-syrienne" en la matière. L’annonce a été faite, mercredi 2 janvier, par le ministre syrien des affaires étrangères, Walid Moallem. La décision a été prise, a-t-il précisé, après que la France a tenté d’"imputer à Damas et à l’opposition libanaise la responsabilité de l’échec" de ses propres tentatives de "commercialiser" auprès de la majorité politique libanaise un "projet de solution français". »

Rappelons que le 30 décembre 2007, au cours d’une conférence de presse commune avec le président Moubarak, Nicolas Sarkozy avait déclaré :

« J’ai demandé son avis au Président Moubarak – j’espère qu’il va m’autoriser à le dire – : ai-je bien fait de prendre contact avec le Président Bachar el-Aszsad ? Je ne le regrette pas. Je l’assume, parce que j’ai voulu être de totale bonne foi en disant à la Syrie  : voilà, vous avez l’occasion de montrer que vous voulez prendre le chemin de la respectabilité. Force est de reconnaître, aujourd’hui, que l’on ne peut plus attendre. La Syrie doit arrêter de parler et doit démontrer. Ceci est la première chose et je ne prendrai plus de contact avec les Syriens – et l’ensemble de mes collaborateurs – tant que nous n’aurons pas des preuves de la volonté des Syriens de laisser le Liban désigner un Président de consensus. »

« Deuxièmement, la France débloquera les crédits nécessaires pour que l’on accélère la mise en place d’un Tribunal Pénal International. Est-ce que mon message est clair ? La France est honnête, la France veut, pour le Liban, un Président. Je rends hommage, encore une fois, aux efforts de la diplomatie française, et notamment de Bernard Kouchner. Si nous n’y étions pas allés, qui s’en serait occupé ? Et si cela était facile, cela se saurait. Eh bien, maintenant, il faut fournir des preuves et c’est le moment pour la Syrie , de les montrer. »

Cette remarque sur le Tribunal a suscité des réactions diverses à Beyrouth et dans le monde arabe. Elle a confirmé une partie de l’opinion que la mise en place de ce tribunal n’était rien d’autre qu’un moyen de pression et de chantage à l’égard de la Syrie. Une opinion confortée par le fait que, au même moment, les différents pays occidentaux rejetaient la demande de l’opposition pakistanaise d’un Tribunal pour enquêter sur l’assassinat de Benazir Bhutto. Ainsi, dans le quotidien jordanien Al-Dustur du 3 janvier, Ourayb Al-Rintawi dénonce les déclarations de Bernard Kouchner disant que la formation d’un tribunal international sur l’assassinat de Benazir Bhutto serait impossible. Il y voit « l’effondrement moral » qui caractérise certaines capitales dont celle de « la liberté et de la lumière » (Paris). Il conclut en disant que la diplomatie française à l’âge de Sarkozy-Kouchner est caractérisée par sa faiblesse. Le temps où la France jouait un rôle décisif sur la scène internationale est passé après que les deux hommes ont liquidé l’héritage d’indépendance et moral du gaullisme, choisissant au contraire la voie de Tony Blair d’être une annexe soumise à Washington. D’autre part, plusieurs journaux arabes soulignent la contradiction de la position de la France  : d’un côté, Paris affirme rejeter toute ingérence syrienne au Liban ; de l’autre, elle demande que Damas fasse pression sur ses alliés pour qu’un accord soit signé. Dans un article du 3 janvier de son correspondant à Paris Bashir Al-Baqr, le quotidien des Emirats arabes unis Al-Khaleej, se demande si la nouvelle position française de rupture avec la Syrie signifie que la période de grâce accordée par l’administration Bush à Nicolas Sarkozy est terminée. Selon ce correspondant, comme d’ailleurs beaucoup d’articles de la presse arabe, Nicolas Sarkozy aurait obtenu en novembre du président Bush le feu vert pour négocier avec Damas une sortie de la crise libanaise. Le fait que la politique française soit perçue de plus en plus dans le monde arabe comme le simple prolongement de la politique américaine est un signe bien inquiétant.

Dans un article de Libération du 4 janvier (« Comment l’Elysée s’est fait duper par Damas sur la question libanaise »), Jean-Pierre Perrin reprend une analyse qui reprend largement celle de la majorité parlementaire libanaise.

« Ce retour de Paris à la fermeté (à l’égard de la Syrie ) est néanmoins bien tardif. Il intervient après deux entretiens téléphoniques entre Nicolas Sarkozy et le président syrien, Bachar al-Assad ; une rencontre début novembre entre Bernard Kouchner et son homologue syrien, Walid Mouallem, à Istanbul et les visites en catimini à Damas, les 4 et 20 novembre, de deux très proches collaborateurs - Jean-David Levitte et Claude Guéant - du président français. « Nous avons estimé, et c’est là un point de rupture par rapport à une époque passée, que nous ne risquions rien en allant dialoguer avec la Syrie […]. En l’ignorant […], nous risquions de conduire la Syrie , par ostracisme, à bloquer le processus » de désignation d’un président libanais, expliquait alors Levitte. » (...) « Loin de faciliter l’élection présidentielle, la main tendue à la Syrie s’est avérée plutôt catastrophique pour la majorité antisyrienne soutenue par l’Occident. Elle a en effet donné aux dirigeants syriens une grande liberté de manœuvre et de négociations. « La médiation française a rétabli le rôle de négociateur influent de la Syrie au Liban. Elle est redevenue un facteur important dans les élections », estimait déjà en décembre Samir Frangié, un député de la majorité antisyrienne. Damas a même reconnu avoir marqué des points : «  La Syrie est aujourd’hui plus forte qu’elle ne l’était » pendant ses vingt-neuf ans de présence militaire, avouait récemment son vice-président, Farouk al-Charah. Mercredi, la majorité libanaise, par son chef, Saad Hariri, a fait savoir qu’il craignait que les récentes déclarations syriennes annoncent une prochaine déstabilisation du Liban. »

Cette analyse, comme bien d’autres, occulte un certain nombre de faits qu’il faut rappeler :

– la majorité parlementaire dirigée par Saad Hariri et Fouad Siniora ne représente pas la majorité de la population libanaise ; lors des élections parlementaires de 2005, les partis de l’actuelle majorité ont été alliés au Hezbollah (passé depuis dans l’opposition) contre le Courant patriotique libre du général Aoun ;

– l’opposition représente l’immense majorité des chiites et, d’après tous les observateurs, une majorité des maronites avec Michel Aoun ;

– qualifier l’opposition de simple pion syrien est difficile quand on sait que Michel Aoun fut le principal opposant à la présence syrienne, à l’époque où Rafic Hariri et Samir Geagea et Amine Gemayel (mais aussi Nebih Berri et le Hezbollah) acceptaient cette présence syrienne ;

– présenter la majorité comme "démocratique" est un abus de langage. Ni dans leur histoire, ni dans leurs pratiques, les phalanges ou les Forces libanaises n’ont démontré le moindre attachement aux formes démocratiques. De ce point de vue, on peut douter qu’il existe un fossé entre majorité et opposition.

La diplomatie française à l’égard du Liban est caractérisée par deux éléments contradictoires :

– une rupture avec le pire de l’héritage de Jacques Chirac : sa connivence avec la famille Hariri qui avait amené la politique française à un alignement pur et simple sur les positions de cette famille. Cette rupture a permis une plus grande ouverture à l’égard de Damas ;

– un alignement sur la politique régionale et internationale des Etats-Unis qui fait perdre à la France toute originalité et qui amène tous les protagonistes de la région (y compris la Syrie et l’Iran) à se dire que, s’il faut négocier, il vaut mieux négocier directement avec Washington.

Il faut y ajouter, et ce n’est pas un détail, la « touche Sarkozy », ce volontarisme qui fait penser au président de la République que l’on peut négocier les grands dossiers internationaux comme il a négocié la libération des infirmières bulgares en Libye, en contournant les canaux habituels, et notamment « les lâches du Quai d’Orsay » pour lequel son mépris n’est plus à démontrer.

Alain Gresh 

Source : Carnets du diplo
http://blog.mondediplo.net/...

1-5 Point de vue de Talal Salman : Le Liban entre deux baisers.

N’étaient quelques fautes minimes commises hier par le président français lors de ses déclarations au Caire, il aurait été du devoir des Libanais de le remercier chaleureusement, car c’est un homme qui en toutes circonstances porte le Liban dans son cœur, au point de l’inclure dans son intimité pendant les vacances qu’il passe avec ses belles amantes, qui suscitent la jalousie tant de ses ennemis que de ses amis.
Bien plus, ce président aux sentiments enflammé lui a consacré et lui consacre encore une part de son temps personnel, voire de sa vie intime, entre deux étreintes, deux baisers ou deux soupirs, ce qui prouve que son grand cœur peut aimer aussi le Liban et les Libanais, quel que soit le nombre de ses amantes et de ses petites amies.
Hier et lors d’un intermède qui a momentanément interrompu les tendres soupirs des vacances amoureuses qu’il passe à l’ombre des Pharaons, entre les temples d’Assouan au sud et
la Vallée des rois à Louxor, en passant par l’escale de Charm al cheikh, le président amoureux a prouvé qu’il peut combiner l’amour et le devoir, car il peut enlacer son amour au pied du Sphinx, l’étreindre au somment de la grande pyramide et partir ensuite vers le palais présidentiel d’al-Ittihadiyya, passant ainsi du badinage au sérieux !
«Le sérieux», c’est que le président compte suspendre tout contact avec
la Syrie à propos du Liban tant qu’il n’y aura pas de preuves suffisantes attestant du désir de ce pays qu’ «un président libanais consensuel soit élu».
Ce «sérieux»-là est une bonne chose.
Mais dans son élan, le président français est allé trop loin, et le voilà en train de menacer explicitement
la Syrie d’un tribunal international, pour lequel son pays, affirme-t-il, fournirait les financements nécessaires à sa formation.
Il est naturel dans ces circonstances que les Libanais répètent ce qu’a dit un ancien poète arabe : « Ah ! Si tu n’avais pas commis l’adultère, tu n’aurais pas eu à en payer le prix ! ». En langage moderne : il aurait mieux valu que le président français ne propose pas ses bons offices si c’est pour finir en agitant des menaces dont les Libanais pourraient bien payer le prix, sous forme de complications supplémentaires de la grave crise politique que leur pays traverse et dont la présidence de la république n’est qu’un élément parmi d’autres !
Il a été légitimement prouvé que Nicolas Sarkozy dans le rôle de l’amoureux a plus de succès que le président français dans le rôle du négociateur international.
Il a été également légitimement prouvé que Sarkozy n’est pas vraiment différent de ces responsables américains pour qui la seule relation amoureuse qu’ils n’aient jamais eue avec le Liban est… celle qui tue.
C’était également une occasion exceptionnelle pour Hosni Moubarak de prouver qu’il était un grand sage, plein d’amour pour le Liban, ce qu’il a fait en s’adressant à
la Syrie en ces termes : « J’appelle la Syrie à oeuvrer pour trouver une solution à ce problème, car c’est elle qui exerce le plus d’influence sur les parties en conflit».
Le président français a tellement dépassé les bornes qu’il en arrive à être encore plus extravagant que son ami américain le président Georges Bush. Il va même plus loin que lui quand il s’agit d’attiser la guerre civile au Liban.
Si les puissants amis du Liban avaient mis une sourdine à leur «amour» pour le Liban, nous aurions fort probablement trouvé notre voie personnelle pour sortir de cette terrible impasse où nous sommes et retrouver cette paix nationale que nous désirons tant.
Et puis, pourquoi le président français vise-t-il le tribunal international de cette façon si humiliante et si blessante, en l’utilisant d’entrée de jeu comme un moyen de chantage, en menaçant du doigt et en se comportant comme s’il avait déjà rendu son jugement et qu’il était là pour le faire exécuter ?

Peut-être que nous, au Liban, nous devons mille excuses au ministre ami Bernard Kouchner : il a prouvé qu’il est beaucoup plus pondéré que son président que l’amour aveugle au point qu’il ne fait plus la différence entre son rôle d’intermédiaire et son désir d’être le bourreau chargé d’exécuter la sentence, et agite le doigt en avertissant, menaces à l’appui, qu’il ne ressemble en rien à son prédécesseur Jacques Chirac qui avait – lui aussi – trop aimé le Liban et les Libanais.

Talal Salman

Beyrouth, le 31 / 12 / 07 

Traduction de l'arabe par Aziz HILAL

1-6 Point de vue de Al-Oufok ; Première tournée proche-orientale pour un Bush en fin de parcours.

Il aura attendu la dernière de ses huit années de mandat pour effectuer une tournée digne de ce nom au Proche-Orient. George W. Bush, considéré dans la région comme un simple "spectateur", s’envole mardi pour un périple de huit jours dans cette partie du monde qu’il aura surtout vue de très loin et à travers le prisme de sa ‘guerre contre le terrorisme’. On y doute du sérieux de son engagement et de ses chances de réussite.

Depuis qu’il est à la Maison Blanche , il a toujours évité de s’impliquer personnellement dans les négociations du processus de paix israélo-palestiniens.

Il a fixé des objectifs généraux -son projet de "Grand Moyen-Orient" démocratique qui a fait long feu- tout en menant les controversées guerres d’Irak et d’Afghanistan.

Il a délégué les détails à d’autres, posant rarement le pied dans la région, si ce n’est pour aller encourager ses troupes en Irak…

"Dans la région et le monde arabe, il est considéré comme n’ayant été qu’un spectateur", note Bruce Riedel, ancien de la CIA et analyste de la Brookings Institution.

Son collègue Jon Alterman, spécialiste du Proche-Orient au Centre d’études stratégiques et internationales à Washington, enfonce le clou : "La plupart des dirigeants de la région avec qui j’ai parlé semblent le considérer comme à la fois naïf et dur".

Président en fin de mandat, donc déjà partie du passé, et dont le périple risque d’être éclipsé par la primaire du New Hampshire, Bush arrive mercredi en Israël. Un premier voyage dans ce pays qui est pourtant l’allié indéfectible des Etats-Unis. Il ira en Cisjordanie, déjà visitée en 1998, et pour la première fois au Koweït, au Bahreïn, aux Emirats arabes unis et en Arabie saoudite.

Un bref passage est prévu à Charm el-Cheikh en Egypte, où il s’était rendu en 2003. Malgré les spéculations, la Maison Blanche ne confirme pas d’étape en Irak ni au Liban.

Après la conférence d’Annapolis, le voyage de Bush vise à cultiver l’élan (…) donné au processus de "paix", et à encourager une réconciliation arabo-israélienne plus vaste.

En outre, en pleine escalade de cours pétroliers et alors que la récession menace l’Amérique, Washington a plus que jamais un intérêt bien compris dans la région : assis sur leur pétrole dont le prix a triplé depuis que George W. Bush est président, les peu démocratiques monarchies du Golfe investissent à tour de bras aux Etats-Unis.

S’il compte bien sûr y réaffirmer l’engagement qui lui sert de credo depuis le 11 septembre 2001, la guerre contre le terrorisme, la priorité No1 de l’homme qui inventa l’"axe du mal" est l’Iran : à l’heure où un rapport du renseignement américain laisse entendre que Téhéran a arrêté son programme d’armement nucléaire en 2003, et après une année 2007 placée sous la menace d’une nouvelle guerre, Bush a baissé la garde et dit préférer l’option diplomatique, sans rien exclure pour autant.

Selon Stephen Hadley, conseiller à la sécurité nationale, le président "signalera en privé et tranquillement que nous comprenons le défi que l’Iran constitue pour la région". Ce que Bush expliquait déjà vendredi à des journalistes arabes, disant que le projet nucléaire du régime des mollahs "reste une menace pour la paix".

Pas rancunier, Israël, qui n’avait plus reçu de président américain depuis Bill Clinton, se met quant à lui en quatre pour Bush, qui séjournera bien sûr au prestigieux King David de Jérusalem, avec vue sur la Vieille ville illuminée a giorno pour l’occasion. Et sous une sécurité hors normes : avec 10.500 policiers mobilisés, pour une visite baptisée "Opération ciels dégagés", qui paralysera tout le pays pendant trois jours...

George Bush compte faire pression sur Olmert pour qu’il démantèle les colonies illégales et exhorter les parties à "prendre des décisions difficiles sur des questions complexes". Et dit espérer la signature d’un accord de paix d’ici son départ de la Maison Blanche , dans un an.

Mais son éventuel poids dans l’affaire laisse les analystes sceptiques, d’autant qu’aucune réunion tripartite n’est prévue : "Tout le monde voit ça d’un très mauvais oeil. Ils n’ont jamais vu le président dans la région et personne ne pense qu’il soit vraiment engagé envers le processus de paix", note Kenneth Pollack, également analyste à la Brookings et ancien directeur des affaires du Golfe au Conseil de sécurité nationale.

(Jeudi, 20 décembre 2007 – Al-Oufok avec les agences de presse)

1-7 Point de vue de Raymond Richa  : Ben Laden s’en prend à Hassan Nasrallah, Dans un message, Ben Laden s'est pris au chef du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah, accusé d'avoir autorisé l'entrée des troupes "croisées" des Nations unies au Liban à l'issue de la guerre de l'été 2006 contre Israël.
"Hassan Nasrallah a dupé le peuple en accueillant les troupes de l'ONU alors qu'il savait qu'elles étaient là pour protéger les juifs et fermer les frontières devant les honnêtes moudjahidine", a-t-il dit.

Sachez une fois pour toute, que nous libanais, toutes confessions religieuses confondues, rejetons vos idées et vos actes terroristes qui, en Iraq, tuent quotidiennement des dizaines d’innocents parmi la population
Nous ne nous reconnaissons pas dans votre action terroriste qui nourrit en permanence le terrorisme d’Etat, quel qu’il soit, en lui offrant le prétexte de frapper et de réprimer
Nous n’avons aucune leçon à recevoir de votre part quand il s’agit ou s’agira de définir et de mener l’acte résistant nous permettant de libérer le moindre mètre carré de nos dix mille
Vous êtes bien placé pour savoir que vos propos haineux à l’encontre de notre Sayyed convergent parfaitement avec ceux tenus à son encontre par les dirigeants israéliens et le clan Bush
Sûrement vous lui souhaitez, comme eux, le même sort que celui du grand cheikh Yassine assassiné par le terrorisme de d’Etat d’Israël
Vous savez très bien que votre action terroriste frappe les innocents ainsi que les femmes et hommes libres, épris de justice, et vous en êtes fier
Vous savez également que l’impérialisme et ses valets se nourrissent d’elle et trouvent en elle le parfait prétexte pour frapper à leur tour des innocents et liquider physiquement les femmes et hommes résistants, épris de justice, et vous vous félicitez
Mais en vain…car où que nous soyons, au Pakistan et en Iraq, en passant par l’Afghanistan, en Palestine et au Liban, sans oublier le Soudan et le Maghreb, nous serons de plus en plus nombreux à rejeter votre terrorisme et à rejoindre, tous unis, la noble idée de résister à l’Occupation et à l’Oppression
Rassurez-vous, l’idée de résister que nous enseigne notre Sayyed est bien enracinée dans notre sol meurtri ; elle est désormais notre seule voie menant à la libération car elle est simultanément humble, généreuse, pertinente lorsqu’elle prend chair, simple en disant vrai tout haut et fort et forte en visant bien quand il le faut…

30 décembre 2007
Raymond RICHA

N°62- Les dossiers du Liban 06-01 Suite

10 Annexe - Géopolitique et stratégie - Analyse

Ndlr : La publication des articles ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

2-1 Provocations, mensonges et propos haineux riment-ils avec le dollar ?

Walid Joumblatt :
« Le Hezbollah est responsable de tous les assassinats qui secouent notre Pays… »
Walid Joumblatt, plus loin :
« J’ai décidé de signer un pacte avec le démon pour épargner mon Pays des visées israéliennes…J’ai menti aux syriens pendant 25 ans pour me protéger…
»
L’itération de son discours et de ses propos, toujours de même nature (provocatrice, farouchement haineuse à l’encontre de notre Résistance, déstabilisatrice,…) est une caractéristique invariante du comportement de cet individu qui nous oblige à nous interroger sur le profit qu’il en tire…
Comme il le dit, il a menti pendant 25 ans…Aura-t-il le courage de nous dire combien de milliers de dollars ses maîtres lui versent pour chaque propos mensonger, haineux ou provocateur qu’il tient ?
L’art de déstabiliser un pays par plusieurs coups de chèques libellés en milliers de dollars est bien connu comme un des actes terroristes de l’impérialisme américain, le plus efficace : il suffit de relire la longue période qui précéda et prépara le putsch de Pinochet contre le Président Allende pour s’en convaincre…
Et ce n’est qu’une preuve parmi tant d’autres que l’on peut saisir ici et là, à travers l’Histoire moderne de l’Humanité.
Dites-nous Beik, combien ce fameux pacte vous rapporte-t-il par heure de discours et de propos haineux et mensongers ?
1er Janvier 2007
Raymond RICHA

 

2-2 Marie Nassif-Debs L'histoire du Liban.
Les divisions intestines, les luttes et les tutelles étrangères Le Liban moderne est né en deux temps. Le premier temps, celui de la création du « Petit Liban », Al Moutasarrifiat, dura soixante ans (de 1861 à 1920) et fut marqué par deux tutelles, brutales ou camouflées par un simulacre d’autonomie, exercées par le Sultanat ottoman et, à travers lui, par les grandes puissances occidentales du moment, dont la France en premier lieu. Le second commença en 1920, à la suite de la première guerre mondiale qui marqua le passage des anciennes colonies ottomanes de la partie orientale de la Méditerranée et jusqu’à la Jazira arabia ( la Presqu ’île arabique) à l’Occident triomphant. Il fut le temps de la création du « Grand Liban » dans ses frontières actuelles et qui passa, pendant 23 ans, sous le mandat de la France avant de recouvrer son indépendance politique le  22 novembre 1943. Mais cette naissance ne fut pas facile ; loin de là. L’histoire libanaise, surtout celle du XIX° siècle, est marquée par des événements sanglants, dont les plus importants sont ceux de 1840-1842 et de 1858-1860 que nous allons étudier rapidement, parce qu’ils constituent les bases solides de ce qui se passe actuellement et explicitent, donc,  le pourquoi des choses. ….. ●Tragédie ou farce ? L’HISTOIRE se répète, comme disait Karl Marx. Mais, elle se présente toujours au Liban sous la forme d’une tragédie, jamais sous la forme d’une farce… Ou, si nous voulons reprendre (presque) les mêmes mots de Marx, nous dirons : elle se répète sous la forme d’une farce tragique. Luttes fratricides et intestines, guerres civiles confessionnelles, alliances allant des Etats-Unis à la France et à la Grande Bretagne , mais aussi à l’Egypte ou la Syrie … Telle est, en résumé, l’histoire du Liban. Mais, c’est aussi une histoire faite de luttes de classes dégénérant presque toujours en divisions confessionnelles, depuis les Communes paysannes d’Antélias et de Lehfed, entre 1857 et 1860 et jusqu’à nos jours. Et, c’est, surtout, une lutte dans laquelle les grandes puissances, d’aujourd’hui comme d’antan, ont joué le rôle de déclencheur, à partir du « soutien » apporté par chacune d’elles à une confession religieuse, à travers le zaïm (le chef) de cette confession qu’elles mettent sous leur coupe. Tutelle directe ou indirecte : ainsi va la contradiction qui, à chaque tournant important, risque d’entraîner vers l’abîme ce petit pays de 10 453 kilomètres carrés qui suffit à peine à contenir ses 4 millions 500 000 habitants, sans oublier les 350 000 Palestiniens et les centaines de milliers de Syriens et autres Arabes qui y trouvent refuge ou qui y travaillent pour vivre. ……. ●Le régime politique instauré par la France en 1943 : Cette tutelle et cette inféodation à l’étranger, tantôt occidental et tantôt arabe, furent renforcées par le régime politique instauré par les Français avant leur reconnaissance de l’indépendance du Liban, en 1943, et leur retrait du pays, deux ans après. Une « formule » non écrite stipulait la division du pouvoir entre un triumvirat : -Un président de la République maronite, qui avait de larges prérogatives sans être « responsable » devant le parlement qui l’élit (bien que la Constitution écrite disait clairement que « le Liban était une République parlementaire »). -Un président du conseil sunnite qui avait peu de pouvoirs. -Un président de la chambre chiite dont les pouvoirs étaient très limités. Cette « formule » (as-sighat) orale était renforcée par un contenu très confessionnel des articles de la Constitution écrite, dont le fameux « article 6 bis » qui prévoyait « pour une période transitoire » la répartition des fonctions dans l’administration publique à égalité entre Chrétiens et Musulmans, en tenant compte aussi des confessions dans chaque religion. Sans oublier que cette même Constitution prévoyait aussi que la part des Chrétiens au parlement serait de 54 sur 99 (contre 45 sièges pour les Musulmans). Quant aux statuts de la personne, ils furent répartis sur des tribunaux « religieux », interdisant ainsi toute possibilité d’égalité entre un citoyen et un autre et, surtout, entre les Libanais et les Libanaises. Le contenu de la Constitution , ajouté à la sighat, transformait le Liban en une mosaïque de groupes hétéroclites qui avaient, chacun ses tribunaux, ses lois et ses chefs. Ces groupes avaient surtout, un droit de veto qu’ils pouvaient utiliser s’ils voyaient que ce qui se dit et se fait pouvait être en contradiction avec leurs intérêts représentés par ceux de leurs chefs (tant religieux que civils). Ainsi, le colonialisme sortant avait laissé une faille par laquelle il pouvait s’introduire : il suffisait de fomenter des troubles confessionnels ou de dire qu’il y a un déséquilibre dans les rapports des forces confessionnels au pouvoir pour voir apparaître les armadas ou les diplomates de telle ou telle puissance, à commencer par la France , longtemps appelée par les Maronites « notre mère compatissante », l’Egypte ou l’Arabie saoudite (selon le moment) dont les Sunnites du Liban constituaient l’avant-bras. La nation libanaise était, donc, née sur une base instable. D’ailleurs, dans la déclaration islamo chrétienne commune lors de l’indépendance, il fut dit que les Chrétiens délaisseraient leur rêve de faire partie de l’Occident tandis que les Musulmans délaisseraient leur rêve de s’unir à la nation arabe. Ce qui fit dire à un grand journaliste bien connu, Georges Naccache : « deux négations ne font pas une nation ». Et il avait bien raison. Parce que chaque changement dans le monde environnant avait ses répercussions directes sur le Liban et les Libanais, que ce soit dans la première guerre civile après l’indépendance, en 1958, ou, encore, dans celle qui fut déclanchée en 1975. La première avait pour cause mineure la volonté du président Camille Chamoun de briguer un second mandat de 6 ans, contrairement à ce que la Constitution prévoit ; mais, elle avait pour cause majeure la volonté de la Grande Bretagne et des Etats-Unis de faire adhérer le Liban au « Pacte de Bagdad » puis au « Pacte Turquie-Pakistan » tandis que sur un autre front l’unité entre l’Egypte, dirigée par Nasser, et la Syrie poussait les « arabisants » à chercher aide et assistance auprès de leur voisine pour contrecarrer les projets de pactes. Quant à la seconde, elle fut déclanchée par suite de la division sur le problème palestinien et la présence de l’OLP au Liban, présence acceptée par l’Accord du Caire, à la fin des années soixante, tandis que l’ouragan des projets étasuniens pour « pacifier » la région et normaliser les relations arabes avec Israël, à commencer par le « Projet Rogers » suivi par celui préconisé par Henry Kissinger et dans lequel nous retrouvons, à quelques détails près, le « Projet du Grand Moyen Orient » que l’administration étasunienne de George W. Bush voudrait appliquer dans notre région et qui fut, après la guerre contre l’Irak, à l’origine de l’agression israélienne contre le Liban durant l’été 2006 préconisée par le vice-président des Etats-Unis avec l’aide de certains responsables civils et militaires israéliens et supervisée par Condoleeza Rice, ministre des Affaires étrangères de ces mêmes Etats-Unis, qui s’écria devant les journalistes qui lui demandaient, lors de son passage en Italie, de mettre fin aux massacres de civils et, surtout, d’enfants libanais : « Ce sont les douleurs qui annoncent la naissance prochaine d’un nouveau Moyen Orient »… « Le nouveau Moyen Orient » Quel est ce nouveau Moyen Orient ? Et quel rôle assigne-t-on au Liban? Si nous prenons en considération le projet mis au point par Kissinger, au début des années soixante-dix, mais aussi les réunions faites en Turquie, en Egypte et, même aux Etats-Unis, à la suite de la chute du mur de Berlin, en tant que symbole de la victoire du capitalisme sur le camp soviétique, nous pouvons le définir comme suit : Le « Grand Moyen Orient » se définit par l’implosion du Monde arabe en une myriade de minis Etats sur des bases confessionnels et, aussi, ethniques (surtout avec la présence des Kurdes et des Turkmènes en Irak, des Berbères au Maghreb…). Ces minis Etats, antagonistes de par les contradictions qui les ont créés, se feront une guerre sans merci. Et, pour ce faire, ils doivent avoir recours à la seule Grande puissance des temps modernes, les Etats-Unis, dont les grandes sociétés militaires  leur fourniront armes et munitions tandis que les sociétés pétrolières étasuniennes mettraient la main sur les importantes sources d’énergie que recèlent les terres arabes, de la Presqu ’île arabique au Darfour dans les pays arabes de la Méditerranée , dont le Liban. Sinon, pourquoi l’Irak fut-il divisé par l’administration républicaine et pourquoi le Congres étasunien, de tendance démocrate, a-t-il voté un projet de partition de ce pays en trois Etats confessionnels et ethniques ? Il est vrai que l’administration étasunienne a connu un échec cuisant en Afghanistan. Il est vrai aussi qu’elle n’a pas réussi à « pacifier » l’Irak, malgré les quelques 250 000 soldats qui s’y trouvent. Cependant, elle a réveillé, volontairement, des démons que les peuples de la région avaient enfermés depuis longtemps, à savoir : les terrorismes de toutes sortes et la guerre civile. Cette dernière fut l’arme la mieux utilisée dans la fuite en avant de George W. Bush et de son équipe ; et cette forme de guerre est plus meurtrière et plus destructrice, parce que ses séquelles restent à jamais gravées dans les mémoires des survivants. Donc, même si les Etats-Unis seront, bientôt, obligés de quitter les territoires irakiens, les luttes fratricides se poursuivront, comme se poursuivront les luttes tribales en Afghanistan et les luttes confessionnels, séquelles du colonialisme britannique en Inde et au Pakistan… Le Liban dans ce « Nouveau Moyen Orient » Quant au Liban, ancienne voie de passage ou de transit des produits étasuniens et occidentaux en général, durant la période de coupure entre les nouveaux régimes arabes et l’Occident colonialiste et pro israélien (1952-1970 : entre la Révolution de juillet en Egypte, et tout ce qui s’ensuivit comme changements en Irak,Syrie et autres, et la mort de Nasser qui mit en avant Anouar Sadate, c’est-à-dire le début de l’ère étasunienne), il avait pris un nouveau visage, différent de celui que les grandes puissances voulaient. Des développements brusques l’avaient bouleversé : D’une part, le renforcement du mouvement palestinien armé (OLP), qui avait permis à une gauche florissante de développer son propre mouvement face aux violations israéliennes du territoire libanais. D’autre part, un grand mouvement de revendications à caractère laïc était né et déferlait dans les écoles, les universités, mais surtout parmi la classe ouvrière et les paysans, et même parmi les religieux, toutes confessions confondues. Il fallait, donc, en finir avec ce mouvement en mettant, à nouveau, la guerre civile au premier plan. Une guerre encore plus meurtrière que les précédentes et appuyée par des agressions israéliennes dans le Sud et dans la capitale même. Que veut-on du Liban, répondront certains, puisqu’il n’a ni pétrole ni sources d’énergie, tout en étant un petit pays ? -Le Liban a, d’abord, l’eau dont Israël et, avec elle, les nouveaux maîtres du monde, les Zionist-Christians et autres fanatiques appuyés par les capitalistes du nouveau monde ont besoin pour vaincre le désert et pouvoir rassembler de nouveaux colons dans une « Terre promise » vidée de ses habitants. -Le Liban, donc, a ensuite le plus fort rassemblement de Palestiniens qu’il « doit garder » au détriment de ses intérêts et de ceux du peuple palestinien. N’a-t-on pas, en 1993, acheté des millions de mètres carrés à Qoraïaa (sur la route de Saïda) afin d’y rassembler tous les camps palestiniens du Liban en un seul ? -Le Liban a aussi du pétrole, dit-on. Un immense lac de pétrole dans ses eaux territoriales. -Le Liban, enfin, est voisin, non seulement d’Israël, mais aussi de la Syrie dont il avait constitué le « ventre mou » pendant assez longtemps. A tout cela s’ajoute la présence d’une forte résistance (populaire et armée) contre toute normalisation des relations avec Israël, tant que celui-ci rejettent les Palestiniens, vole l’eau et viole toutes les lois internationales. Résistance qui fut créée par la Gauche libanaise, les Communistes notamment, à partir de 1969 et qui se poursuit, actuellement, à travers le Hezbollah, grand ami de l’Iran. Et, le Liban est facilement inflammable, comme nous venons de voir. Le projet du « Nouveau Moyen Orient » vise, donc, le morcellement du Liban, à l’exemple de l’Irak, en trois minuscules cantons confessionnels. Et, à partir de ce morcellement, la partition de la Syrie aussi. Ce qui transformera du tout au tout la région arabe moyen-orientale et permettra au « Grand Israël » de se former afin de continuer, pour les cent ans à venir, l’objectif de servir Washington et le grand capital international et d’aider les grandes compagnies pétrolières étasuniennes à contrôler les sources et les voies de transport de l’énergie vers le monde entier, puisque avec le contrôle de l’Irak, de la Jazira arabia, ainsi que du pétrole présent dans différents pays du Maghreb arabe et de l’Afrique, les Etats-Unis mettront la main sur 80% de l’énergie mondiale. Une nouvelle guerre civile ? Sur la base de telles données, une nouvelle guerre civile se prépare sous le couvert des élections présidentielles et de la nécessité de redistribuer les parts du gâteau libanais entre les confessions religieuses. Une guerre qui ne sera pas, cette fois, entre Chrétiens et Musulmans, mais entre Musulmans eux-mêmes, à l’exemple de l’Irak. C’est ainsi que nous comprenons la formation par Condoleeza Rice du « Groupes de pays arabes modérés » qui englobe l’Arabie Saoudite, l’Egypte, les Emirats arabes unies et la Jordanie. C ’est ainsi aussi que nous comprenons les interventions étasuniennes et jordaniennes concernant le projet iranien de former un « croissant » chiite qui passerait par le Sud de l’Irak pour arriver au Liban, à travers les régions alaouites de Syrie. Le Liban est préparé pour être, une fois de plus, l’arène sanglante où se jouerait l’avenir de la région entre le projet étasunien précité et un autre projet irano syrien qui lui barre, en partie, le chemin. Il pourra être l’arène, parce que tous les facteurs sont là : Israël et la Syrie , mais aussi les Européens ( la FINUL renforcée), les Palestiniens (armés) dans les camps, le Hezbollah et, même, tous les groupuscules terroristes sunnites (formés jadis par la CIA ) qui constituèrent l’alibi de George W. Bush en Afghanistan. Peut-on mettre en échec ce projet ? Difficilement, il est vrai. Mais, il y a toujours quelques lueurs d’espoir. Ces lueurs consistent dans la présence, même affaiblie, de la Gauche libanaise, des intellectuels, du mouvement syndical, des jeunes et des femmes, de tous ceux qui continuent à dire non. Nous pensons qu’il faut aller de l’avant sur une voie de rassemblement de tous ceux qui refusent la guerre civile sur les bases d’un programme d’envergure patriotique, mais aussi régionale. Le premier point de ce programme sera, dans l’immédiat, de créer toutes chances possibles devant un consensus national au Liban, suivi, rapidement, par des réformes politiques stables, dont une nouvelle loi électorale et l’application des articles de la Constitution (renouvelée à la suite de l’Accord de Taëf) concernant la suppression du confessionnalisme, non seulement du parlement et du gouvernement, mais aussi de toutes les lois. Le second point sera de s’opposer à ce que les pays arabes invités à la conférence d’Annapolis sur le conflit israélo palestinien puissent encore céder sur des points essentiels, dont le non-retour des Palestiniens dans leur pays. Est-ce une gageure ? Peut-être. Mais a-t-elle la chance de réussir ? Oui, même si cette chance est minime… Marie NASSIF-DEBS Barcelone le 22 novembre 2007   Références -Histoire du Liban, de Philippe Hitti -Histoire du Liban moderne, de Kamal Salibi -The Druzes and the Maronites under Turkish rule, de Charles Henry Churchill     -Articles de Marie Nassif-Debs parus, entre 2002 et 2007, dans plusieurs journaux et   revues libanais et européens. -Publications et rapports du Parti Communiste libanais (notamment ceux du Second et Troisièmes congrès).

Source : Parti communiste libanais 
http://www.lcparty.org/...

Etude complète : voir pièce jointe

 

2-3 Dr Elie Haddad : La crise présidentielle libanaise, origines et issues.

 

21 novembre 2007 Le Liban fait partie des rares pays où la composition démographique constitue l’une des raisons principales de son existence. Ce mélange unique de communautés religieuses vivant ensemble depuis des centaines d’années a poussé feu le Pape Jean Paul II à considérer le Liban comme pays message pour l’humanité.
En effet, dans ce monde moderne où le terrorisme s’est taillé une place prépondérante et l’intolérance s’est érigée comme moyen de communication, l’exemple que peut donner le Liban sur la coexistence entre ses différentes composantes devrait prouver que le choc des civilisations n’est pas une fatalité et que les êtres humains, avec un brin d’intelligence et de responsabilité, peuvent vivre ensemble et bâtir, en commun, leur société.
Au XIXème siècle, suite à des périodes successives de troubles internes, les libanais ont dû progressivement établir un régime sur des bases consensuelles (ou consociatives). Après l’indépendance en 1943 et avec l’aide de la France , pays mandataire, le Liban a définitivement adopté ce type de démocratie commune, privilégiant ainsi le partage du pouvoir entre les différentes composantes du pays. Cependant, le côté immuable de cette démocratie et son incapacité à évoluer avec le temps ont permis de fragiliser la société libanaise, pratiquement la seule démocratie dans un océan de théocraties et de dictatures. Ce fût ainsi la guerre dite « civile » ayant éclaté en 1975.
A la fin de cette dernière, en 1989, et pour pouvoir sortir de l’impasse, les libanais ont dû avoir recours, une fois de plus, à la même démocratie consensuelle avec cependant une nouvelle répartition des tâches au sein du pouvoir. Le président de la république était resté maronite mais a vu ses prérogatives fortement diminuées au profit d’un conseil des ministres toujours présidé par un sunnite. Le président du parlement devait sortir des rangs des chiites avec un rôle plus renforcé et une assise plus solide.
Cependant, l’occupation syrienne, qui a duré plus de 30 ans, n’a cessé de perturber cet équilibre, en privilégiant les alliés au profit des adversaires, dont la majorité était chrétienne.
Après le départ de l’armée syrienne, il était donc indispensable de rétablir l’équilibre socio-politique interne afin de permettre à chaque communauté d’être légitimement représentée au sein du pouvoir et de participer ainsi pleinement à l’entreprise de la reconstruction et la modernisation espérée après une longue période de guerre.Ainsi, eurent lieu les élections législatives de 2005. Malgré les multiples et sérieuses irrégularités qui les ont entachées, tant sur le fond que sur la forme, ce premier scrutin a permis de dégager une grande force dans chacune des trois principales communautés composant le pays ; près de 70% des voix des sunnites ont plébiscité les listes du Courant du Futur de Saad Hariri, le même pourcentage du vote des chrétiens les listes du Courant du Général Michel Aoun. En parallèle, plus de 85% des chiites ont donné leur voix au tandem Hezbollah-Amal. Ainsi, selon la formule historique du Patriarche Sfeir prononcée au lendemain de ces élections, chaque communauté avait choisi son leader.
Dans la suite logique de ce processus, le Courant Hariri a proposé Mr Siniora comme premier ministre, les deux pôles chiites ont voulu confier le perchoir à Nabih Berri. Toutes les forces politiques en présence ont dû entériner ces choix en cohérence avec l’esprit consensuel.
Il se trouve cependant qu’actuellement, nous nous retrouvons aux portes d’une nouvelle échéance, celle d’élire le nouveau président de la république qui devrait succéder au Général Lahoud. Il parait donc indispensable, dans le respect de l’esprit et le cadre de cette même démocratie, de confier la magistrature suprême au plus populaire, donc plus légitime, des leaders chrétiens, en l’occurrence Michel Aoun, étant donné qu’il est lui-même candidat.
Or, nous constatons, à ce jour, une volonté de la part de ladite « majorité » actuelle dirigée par Saad Hariri, de rompre la règle en vigueur et de s’opposer à la candidature Aoun en demandant l’accession au pouvoir d’un maronite « consensuel », comprenez insipide et non représentatif.
Cette rupture unilatérale de la règle régissant la vie commune comporte des risques de mise en péril de la paix civile. Elle doit être justifiée et bien argumentée sinon elle ne peut être considérée qu’un affront -un de plus- adressé aux chrétiens libanais.
Avant de lancer des accusations, il serait utile de reprendre les griefs exprimés par la « majorité » à l’encontre de Michel Aoun.
On lui reproche d’abord son « alliance » avec le Hezbollah. En effet, la vérité historique démontre que le vrai allié du parti de Dieu, aux législatives de 2005 et au gouvernement de Siniora, était justement le tandem Hariri et Joumblatt formant ainsi, avec le parti Amal de Mr Berri l’alliance quadripartite. Grâce aux voix chiites d’ailleurs, cette coalition a pu asseoir sa supériorité numérique et revendiquer la majorité. Cette dernière n’a pu cependant résister aux pressions externes qui avaient en ligne de mire le Hezbollah et son armement. Ainsi, entre vire voltages et double langage, cette alliance commençait à montrer les prémices de son implosion, traduites sur le terrain par des débuts d’affrontements entres chiites, sunnites et druzes. Les premières scènes de l’Irakisation commençaient à s’installer, si bien que le Général Aoun a dû établir un dialogue avec la partie chiite pour tenter de trouver une issue pacifique au conflit. Ce fût ainsi le fameux « document d’entente » signé le 6 février 2006 entre les deux partis apportant, en 10 points, des réponses à des questions fondamentales et conflictuelles qui gangrenaient la société libanaise. L’analyse globale du document en question dépasse le cadre de cet article ; il est cependant utile de préciser qu’il présente un mécanisme pacifique, le seul à ce jour, pour l’application de la résolution 1559. (cf. texte en référence).On lui reproche aussi un « prosyrianisme ». Permettez-moi de penser que là, nous frôlons le délire. L’Homme, qui était le premier à déclarer la guerre à l’armée syrienne en 1989, qui a donné 15 ans de sa vie en exil consacrant ses jours et ses nuits à la lutte contre cette occupation, soit taxé de prosyrianisme d’ailleurs par ceux-là même qui ont constitué, pendant toutes ces années, les proches collaborateurs et les hommes de main de la Syrie au Liban, relève tout simplement de l’irréel. Cependant, ces résistants de la 25ème heure doivent savoir qu’il est inutile pour le Liban, voire dangereux, de poursuivre une lutte contre un puissant voisin qui entoure 70% de son territoire. Quelque soient les attributs du régime syrien, le peuple libanais ne peut et ne doit, œuvrer à son remplacement du moment que son armée a évacué son territoire.

On lui reproche enfin, deux ans après les législatives de 2005, d’avoir perdu la légitimité du leader chrétien. Face à cette allégation, seules de nouvelles élections, auxquelles nous appelons de nos vœux depuis plus d’un an, peuvent rétablir une nouvelle légitimité. A défaut, les chiffres de 2005 restent les seules à prendre en considération. Cependant, il est important de préciser que tous les sondages d’opinion, toutes sources confondues, placent le Général Aoun en tête des présidentiables, loin devant ses adversaires.
En démontant ainsi, l’un après l’autre, ces arguments, nous pouvons légitimement suspecter une vraie volonté de poursuivre la marginalisation des chrétiens, dissimulée dans le refus de la personne de Michel Aoun.
En effet, dans le cadre de la crise régionale actuelle, nous assistons à une confrontation sunnite chiite ayant débuté en Irak et qui poursuit son chemin dans les autres pays du golfe. Le Liban n’aurait pas dû échapper à cette vague morbide mais la présence de la communauté chrétienne a permis de constituer un tampon entre ces deux communautés mahométanes et éviter leur clash. De surcroît, l’action politique du Général Aoun a permis de remettre ce conflit sur le terrain politique, privilégiant une confrontation entre une majorité et une opposition, empêchant ainsi le recours aux armes et épargnant au Liban et à la région une nouvelle plaie ouverte.

Il est clair pour nous que Mr Saad Hariri, chef de file du groupe dit « du 14 mars » ne fait pas partie des commanditaires dans cette déstabilisation globale, cependant par son action politique il ne peut que la conforter.
Ainsi, il nous semble hautement nécessaire que les gouvernements occidentaux, les européens en particulier, puissent prendre la vraie mesure des risques encourus à travers l’analyse de l’origine du problème et des solutions à proposer à la lumière de l’équilibre précaire à respecter entre les communautés.
Imposer un chrétien non représentatif à la tête de l’état alors que les deux autres présidents jouissent du plein soutien de leur communauté ne peut qu’aggraver les frustrations et élargir les fossés.

Solliciter les autorités religieuses chrétiennes pour proposer des noms et confier le choix aux deux autres leaders musulmans comporte deux risques majeurs :
1. Réduire les chrétiens à leur dimension religieuse, à l’instar des coptes d’Egypte, ce qui va leur ôter progressivement tout leur poids politique,
2. Créer un précédent grave à travers lequel les deux autres présidents musulmans pourront choisir le président chrétien sur proposition du clergé, tout en sachant que ce choix ne
s’effectue qu’en sens unique.

L’immigration chrétienne n’a pas cessé de croître depuis 1975, atteignant actuellement le stade de l’hémorragie. Dans les conditions décrites plus haut, elle ne pourra que s’aggraver. Il est cependant utile de rappeler que cette tendance ne s’était réellement inversée qu’à deux occasions : en 1982 avec l’élection de Béchir Gemayel et en 2005 après le retour du Général Aoun, deux hommes forts, de confiance et fortement représentatifs de leur communauté.
Le Courant Patriotique Libre est, à l’image de son chef, profondément laïque et croit fermement que la solution définitive aux maux de la société libanaise ne vient qu’à travers une démocratie basée sur la citoyenneté ainsi que la vraie séparation des pouvoirs, y compris celui des religieux. Cependant, cette laïcité ne peut être que le fruit d’une évolution naturelle de cette société et exige, par conséquent, que toutes ses composantes aient pu retrouver, dans un premier temps, leur espace complet et leur appartenance.
La présidentielle libanaise devrait être, en réalité, une occasion de renforcer la paix civile et une étape décisive à travers laquelle tous les libanais, sans exception, se retrouvent pour bâtir leur pays. Au vu de l’évolution actuelle, elle risque fort d’être, malheureusement, une porte d’entrée vers une crise plus longue et plus coûteuse.
Il est encore temps de revoir les objectifs stratégiques et de proposer de vraies solutions dans la paix et dans le respect de la démocratie libanaise.
Dr Elie HADDAD
Président
Rassemblement Pour Le Liban
Réf :Document d’entente entre le CPL et le Hezbollah à consulter sur le lien suivant :
http://www.rplfrance.org/documents/060206CPLHezbollah.pdf

 

Source : RPL
http://www.rplfrance.org/...

 

 

10-4 Hassan Nasrallah, « Nous avons empêché l’exécution du plan Etats-unien au Liban »

Dans une longue interview accordée à la chaîne NBN, le secrétaire général du Hizbollah a longuement décrit la situation libanaise en la rattachant à la situation régionale et internationale. Nous traduisons ici une partie de cette interview. Nous avons mis entre parenthèses les explications nécessaires à la compréhension de certains passages, et avons résumé certains autres.

Le plan américain

Les gens sont de plus en plus perdus, au Liban, ils ne savent plus qui croire, ne savent plus quel est le fond du problème. Est-ce que l’opposition a manqué dans sa tâche d’éclaircir la situation ?

Concernant le projet américain, nous avons toujours besoin de rappeler aux gens, ce que soit au public du (groupe du) 14 mars (les partis du pouvoir, nommé également 14 février), à l’ensemble du peuple libanais et tous les peuples de la région, qui suivent l’évolution de la situation et des événements au Liban, pour faire connaître la réalité de ce qui se déroule au Liban. Le projet américain au Liban fait partie du projet américain dans la région. Au Liban, tels que nous le voyons, il signifie quatre points qu’il nous faut connaître au moment où nous lui faisons face. Ces points sont :

1 - L’administration américaine veut qu’il y ait au Liban un pouvoir qui lui soit inféodé, qui exécute ses ordres et réalise ses objectifs dans la région. Ce qui veut dire que si les Etats-Unis souhaitent y avoir des bases (militaires), ce pouvoir leur faciliteront la tâche, comme ce qui existe dans les Etats de la région. Mais s’il y a un pouvoir qui refuse la présence de ces bases américaines au Liban, il sera un obstacle au projet américain. Par conséquent, s’il y a des forces politiques ayant une dimension nationale, qui font passer les intérêts nationaux avant les intérêts américains et qui ne sont pas prêts à être les outils du projet américain, elles n’ont aucune place dans ce pouvoir.

2 - Le projet américain au Liban est dépourvu de toute résistance, ni le Hizbullah, ni autre que le Hizbullah. Quiconque pense affronter les ambitions israéliennes et les agressions israéliennes, sa présence sera interdite au Liban, que ce soit au niveau de la pensée, de la culture ou des armes.

3 - L’installation définitive des Palestiniens, non pas pour résoudre la dimension humaine, mais pour liquider le droit au retour, pour supprimer la question palestinienne au profit de l’entité sioniste.

4 - Utilisation du Liban pour faire pression sur la Syrie , exercer un chantage sur ce pays et le pousser à se plier aux exigences des Etats-Unis, au niveau régional, au niveau du règlement global et au niveau du projet du nouveau moyen-orient.

La preuve de ce que j’avance :

1 - la résolution 1559 qui stipule l’élection d’un président sans intervention étrangère, sauf américaine, ce qui signifie que les Etats-Unis veulent recomposer le pouvoir qui lui est inféodé, c’est pourquoi les Américains ont refusé de donner un délai, même deux mois, pour légiférer sur une nouvelle loi électorale, ils ont insisté sur la date des élections (législatives) parce que George Bush avait déclaré qu’il fallait que les élections aient lieu avant telle date, et c’est pourquoi ils ont accepté une loi électorale dont ils disaient qu’elle est injuste et non équitable, l’ayant même nommé la loi de Ghazi Kanaan (renseignements syriens), car ils étaient pressés de mener ces élections, et d’être un pouvoir qui réalise ce but.

2 - Désarmer la résistance sous le prétexte de désarmer les milices.

3 - La question palestinienne devant conduire à l’installation définitve (tawtîn).

4 - La pratique depuis deux ou trois ans, en ce qui concerne l’attitude envers la Syrie. Personne au Liban ne souhaite que la Syrie dirige ou administre le Liban, ce sont les Libanais qui doivent administrer le Liban, ni la Syrie ni les Etats-Unis, ni la France , ni l’Arabie Saoudite, ni l’Iran, ni personne. Mais il n’est pas de l’intérêt du Liban qu’il devienne un ennemi ou un adversaire de la Syrie , mais dès le début, cela est allé dans cette direction.

C’est le projet américain qui se résume en : pouvoir inféodé, pas de résistance au Liban, pas de forces nationales refusant de prendre le train du projet américain, et il y a des forces nationales autres que le Hizbullah qui refusent et insistent à mettre en avant l’intérêt national, qui refusent l’installation définitive des Palestiniens, bien que certains présentent cette question dans sa dimension religieuse, soit l’augmentation du nombre des musulmans par rapport au chrétiens, ou dans le cadre confessionnel, l’augmentation des sunnites par rapport aux autres musulmans. Nous considérons, par contre, qu’il s’agit d’une liquidation du droit au retour en préalable de la liquidation de la question palestinienne. Car l’un des nœuds les plus complexes posés dans les négociations palestino-israéliennes est celui du droit au retour. Les Américains agissent pour réaliser ce but, soit par leurs activités politiques soit par les assassinats qu’ils commettent, selon mon explication et mon analyse, et je suis prêt à discuter de ce sujet, ces assassinats derrière lesquels se trouve, le plus probablement, Israël, ou soit par la guerre de juillet (2006) et toutes les pratiques des Etats-Unis.

En face, la résistance, dans sa dimension militaire ou l’opposition nationale dans sa dimension politique intérieure, mènent une lutte non pas contre ce courant ou ce parti appartenant au 14 mars, mais contre George Bush qui déclare suffoquer, ces jours-ci, et contre l’administration américaine, avec Abrams, Welsh, Condolizza Rice, et contre le projet américain qu’ils veulent imposer aux Libanais. C’est notre vision, nous devons l’expliquer et la clarifier. Les forces de l’opposition en sont conscientes, mais pour les forces du 14 mars, une partie est convaincue du projet américain, considérant que c’est pour l’intérêt du Liban, et une autre partie n’écoute pas, d’autres ont déjà écrit leur réponse à cette interview avant même d’en connaître le contenu, ou des communiqués d’insultes...

Le gouvernement d’union nationale

Les forces du pouvoir affirment que l’opposition ne veulent pas l’Etat tel qu’il est conçu ?

Ceci n’est pas vrai, la preuve étant qu’en 2005, lors des élections électorales, bien que nous n’étions pas convaincus de la loi électorale qui a été appliquée, nous avions accepté d’y participer, et nous n’étions pas convaincus de la date mais nous y sommes allés car au Liban, le début correct pour former un nouveau pouvoir part des élections législatives. Si les élections avaient eu lieu selon une loi électorale correcte, les résultats des élections auraient été sains, et le pouvoir aurait été sain également, mais nous avions accepté cela car nous voulons qu’il y ait un pouvoir au Liban et nous ne voulons pas le vide, notamment après le départ de la Syrie dont la présence était voulue au niveau international et arabe. Nous avions accepté le règlement, comme nous avions accepté l’accord quadripartite et sommes allés vers les élections au moment où nous n’étions pas convaincus, ni pour la date, ni pour la loi électorale, et pour prouver notre sérieux, nous sommes allés au gouvernement, et c’était la première fois où nous participions directement. Au début, nous avions soutenus le gouvernement, mais lorsque nous y sommes rentrés, ce n’était pas sur la base du tiers garant, nous y avions participé sur la base d’un accord politique, pour construire un pouvoir et un Etat et surmonter le vide existant.

Mais lorsque nous y sommes allés, nous nous sommes aperçus qu’il y a un projet qui se réalise par le biais du gouvernement et par le biais du pouvoir, et que nous étions uniquement des témoins incapables, ne pouvant rien changer ni au niveau politique ni au niveau administratif et économique.

Au début, nous sommes allés vers tout ce qui consolide l’Etat et forme le pouvoir, malgré les dangers, et lorsqu’il y a eu crise politique, nous sommes allés vers le dialogue, nous avions essayé, par le dialogue, de régler les questions essentielles en suspens, mais il y a une partie qui veut réaliser certains objectifs et se diriger sans les autres partenaires du pays, ce qui a conduit à la crise politique actuelle.

Est-ce qu’à votre avis, les Etats-Unis ont besoin d’une base au Liban ?

Les Américains ont besoin de bases n’importe où, car cela fait partie des priorités du projet américain, surtout après l’effondrement de l’Union soviétique, ils ont besoin d’une présence directe dans la région, ils ont besoin de tenir le pouvoir au Liban, les appareils sécuritaires et l’armée. C’est le projet réel pour que le Liban soit soumis à la politique américaine, qu’il fasse la concorde avec Israël, mette fin à l’état de résistance, installe définitivement les Palestiniens et que le Liban devienne un outil du projet américain dans la région.

...

Est-ce que l’accord de Taëf manque d’un mécanisme pour régler les dissensions entre les Libanais ?

Cela exige de longues discussions, est-ce que le problème se situe au niveau des mécanismes ? Je ne le crois pas, le problème est qu’il y a un groupe au pouvoir qui veut s’en accaparer et qui refuse la participation de l’autre partie. C’est pourquoi nous considérons que ceux qui disent que le tiers garant, ou annulateur ou qui fait tomber le gouvernement soit, accorder le tiers du gouvernement à l’opposition est un suicide politique, que c’est étrange. Dans tous les Etats du monde, lorsqu’il y a une crise interne, ou aux lendemains d’une guerre, ou dans le cadre de défis au niveau régional, ou international, ces Etats forment un gouvernement d’union nationale. Mais ici, au Liban, le gouvernement d’union nationale devient un suicide politique. Certains parlent de suicide politique, d’autres disent que cela est impossible et non envisageable, pendant qu’un troisième parle de cadavres..... Aujourd’hui, le problème réel, c’est que le principe de la participation, soit le tiers garant, veut dire que l’opposition devient associée dans la formation du pouvoir et dans l’administration du pays, cela veut dire qu’il n’y aura pas d’installation définitive des Palestiniens (tawtîn).

Est-il possible qu’ils dipalident le pays à ce point ?

Oui, et lors de la guerre de juillet (2006), ils l’ont fait : est-ce qu’il y a un Libanais qui demande aux Etats-Unis qu’Israël déclenche une guerre contre le Liban, qu’il détruite des régions entières ?

En êtes-vous certains ?

Oui, nous en sommes certains et j’en fais serment. La pratique au cours de la guerre confirme les accusations que nous portons. S’il y a une opposition, un tiers garant, cela veut dure qu’il y a un effort libanais officiel pour traiter les dossiers en suspens avec la Syrie , et de ce fait, ne pas utiliser le Liban pour la guerre et les pressions sur la Syrie. S ’il y a une opposition et un tiers garant, cela signifie que la question de la résistance se traite dans le cadre d’une stratégie de défense nationale qui consolide la force du Liban et non sur la base de la suppression de la résistance pour le profit d’Israël. S’il y a une opposition et un tiers garant, cela signifie qu’il y a une politique économique nationale non soumise aux conditions du Fonds monéraire international et de la Banque mondiale. S’il y a une opposition et un tiers garant, cela signifie qu’il y a des institutions militaires et sécuritaires nationales et non une armée et des appareils sécuritaires refondées et dont l’idéologie est refondée pour être, en fin de compte, des appareils de renseignements au service du FBI et de la CIA. C ’est cela, le tiers garant.

Ils nous voulaient comme décor

Vous étiez au pouvoir. Pourquoi n’êtes-vous pas restés et gardé le tiers garant ?

Il est d’abord important de rappeler que lorsque nous sommes entrés au gouvernement, il n’y avait aucune discussion sur le tiers garant, et nous ne sommes intervenus ni par une part, ni dans des négociations menées par le parti al-Mustaqbal (Harîrî) avec le courant national libre (Aoun), ni dans les négociations entre le président (gouvernement) Sanioura et le président (république) Lahoud autour du nombre des ministres.... Amal et le Hizbullah sont entrés au gouvernement sur la base d’un accord politique qui avait commencé avant les élections législatives. Ils ont rompu cet accord. De quoi parlait-il ? Un accord politique sur les armes de la résistance et sur la participation. Ce furent les points essentiels....

Mais lorsque nous entrés au gouvernement, les questions essentielles n’étaient plus discutées, ni dans le cadre de l’alliance quadripartite des partis, ni dans le gouvenement. Par exemple, la question de l’énergie, qui est un des principaux dossiers du pays (eau, électricité et pétrole). Le ministre de l’énergie est l’un des nôtres, il découvre q

N°61- Journal du Liban 06-01 Début

Sommaire de la lutte pour la libération du territoire..

 

1 Résistance

 

2 Les forces en présence

 

3 Politique Libanaise  

 

5 Politique internationale

 

7 Brèves

 

7-1 La présidence de la République

 

1 Le général Michel Aoun a déclaré soutenir la nomination du général Michel Souleiman à la présidence.

 

2 Sayyed Nasrallah : L'échéance présidentielle et les derniers développements sur la scène politique au Liban.

 

3 Présidentielle au Liban : La majorité soutient la candidature du chef de l’armée.

 

4 Le chef de l’armée Michel Sleimane désormais seul candidat en lice.

 

5 Le choix de Souleïmane, un revers pour la majorité au Liban.

 

6 Le choix de Souleïmane, devrait contribuer à désamorcer la crise libanaise.

 

7 Séance électorale du vendredi convertie en séance d’amendement constitutionnel...

 

7-2 Formation du prochain gouvernement.

 

1 Le général Aoun sera en charge des discussions au sujet de la formation du prochain gouvernement.

 

2 "Le retour possible de Fouad Siniora à la tête du gouvernement est une ligne rouge"

 

7-3 L’enquête de l’ONU sur l’assassinat de Rafic Hariri.

 

1 l’attentat à la bombe aurait pu être perpétré par deux équipes ou plus.

 

2 Neuvième rapport sur l’assassinat de l'ex-Premier Hariri et les autres.

 

7-4 Raymond Richa : Nous, Peuple du Liban.9-1 Juger les crimes de guerre israéliens au Liban

 

9-2 Non au terrorisme de l'État d'Israël contre les peuples palestinien et libanais.

 

9-3 Important rapport du 29/11/2007 du Bloc du Changement et de la Réforme.

 

9-4 Bush : Un petit battement d’ailes de papillon provoquera le tsunami résistant.

 

9-5 Le massacre de Qana.

 

9-6 An Muylaert : Dans les camps de réfugiés palestiniens au Liban.

 

 

1 Liban occupé :

 

Lutte pour la libération du territoire

 

Finul

 

 30-11

 

La Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) a observé un nombre significatif de survols de l'armée israélienne ces derniers jours, en violation de l'espace aérien libanais.», a déclaré la porte-parole du Secrétaire général, Michèle Montas,

 

« Le commandant de la Force , le général Claudio Graziano, a aussi soulevé la question avec le commandement de l'armée israélienne, exprimant sa grave préoccupation et lui demandant de cesser ces violations », a précisé la porte-parole.
Lors de son exposé mensuel sur le Moyen-Orient au Conseil de sécurité, le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, B. Lynn Pascoe, a indiqué aujourd'hui que ces vols « étaient parfois menés à basse altitude, passant le mur du son au-dessus de zones peuplées et causant un stress important ».
« Si nous notons les préoccupations en matière de sécurité avancées par Israël, notamment les allégations de violations de l'embargo sur les armes imposé par la résolution 1701 (2006) », ces vols « restent des violations de cette résolution et sapent la crédibilité de
la FINUL comme de l'armée libanaise », a regretté B. Lynn Pascoe.

 

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=15332&Cr=FINUL&Cr1=liban

 


Politique Libanaise

 

Emile Lahoud et Fouad Siniora

 

Fouad Siniora

 

01-12

 

Le Premier ministre Fouad Siniora interrogé sur l’application des résolutions 1701 et 1559, a rappelé que la 1701 n’évoque pas le désarmement du Hezbollah. « Au sujet de la 1559, nous avons déjà expliqué notre position et elle consiste à dire qu’il faut reconnaître l’autorité de l’État qui assure la sécurité et la paix aux Libanais et s’occupe de leurs besoins. Mais nous n’avons jamais appelé au désarmement du Hezbollah par la force. Tout doit se faire par le dialogue dans un esprit d’ouverture, non de confrontation, pour aboutir à des résultats », a déclaré le Premier ministre.
L’Orient-Le Jour

 

 

 

2-2 Des Canons ... pas du beurre

 

17-10

 

Samir Geagea a indiqué qu’il a soulevé « la question des fermes de Chebaa avec le secrétaire général de l’ONU ». «J’ai été informé du fait que l’organisation internationale a établi une carte préliminaire de la zone, qu’elle devrait parachever après avoir reçu certains détails de la part des pays concernés », a-t-il poursuivi.

 

L’Orient-Le Jour

 

 

2-3 Sur le terrain

 

17-11

 

Amine Gemayel a indiqué que sa « discussion avec Ban Ki-moon a porté sur les résolutions internationales qui aident le Liban à recouvrer son indépendance et sa souveraineté ». « Le secrétaire général est soucieux d’encourager les Libanais à élire un président qui puisse
renforcer l’entente et la souveraineté, coopérer pleinement avec l’ONU», a noté le président supérieur des Kataëb.
L’Orient-Le Jour

 

 

 

2-4 Election du nouveau chef d’état

 

23-11

 

Le président Emile Lahoud a quitté ses fonctions à l'expiration de son mandat ce vendredi à minuit (22 GMT, 23h à Paris), le Parlement ayant échoué à désigner son successeur.

 

Il a quitté son palais à minuit. Il affichait un sourire et a passé en revue les soldats de sa garde d'honneur alignés à la sortie du bâtiment situé à Baabda, dans la banlieue de Beyrouth.

 

"Ma conscience est tranquille. Le Liban va toujours bien", a-t-il dit.

 

Avant de monter dans sa voiture, Le président Lahoud a qualifié le gouvernement de Fouad Siniora  d'"illégitime et d'inconstitutionnel. Ils le savent, même si Bush dit le contraire".

 

Al-Oufok

 

23-11

 

Certains membres de la coalition au pouvoir estiment que la majorité a le droit d'élire le nouveau chef de l'Etat sans nécessairement que le quorum des deux-tiers des députés soit atteint.

 

La coalition pourrait donc appeler ses députés à se réunir pour élire un nouveau président. Elle dispose de trois sièges de plus que la majorité absolue de 65 sièges nécessaires pour remporter des votes.

 

Ce vote devrait avoir lieu à l'extérieur du parlement car seul Berri a le pouvoir de convoquer les députés en session. L'opposition estime qu'une telle initiative reviendrait à commettre un coup de force et certaines sources au sein de l'opposition ont mis en garde contre les violences de grande ampleur qu'elle pourrait provoquer.

 

(Reuters)

 

23-11

 

Lahoud, a suggéré l'idée de nommer le chef de l'armée, Michel Souleiman, à la tête d'un nouveau gouvernement.

 

(Reuters)

 

31-11

 

Michel Aoun, à donné son soutien au général Suleiman, considéré au Liban comme une personnalité neutre.

 

AP

 

31-11

 

La majorité parlementaire pro-occidentale a indiqué qu'elle soutenait la candidature du général Suleiman,

 

AP

 

01-12

 

Le Premier ministre Fouad Siniora a estimé qu’il fallait prendre au sérieux l’éventualité de l’élection d’un président de la République , et plus particulièrement celle du commandant en chef de l’armée, le général Michel Sleimane, qui, selon lui, est en mesure d’apporter une solution à la crise actuelle. M. Siniora a confié que les instances concernées sont actuellement en train d’étudier la possibilité d’amender la Constitution , surtout après la vacance à la tête de l’État. Il a insisté sur le fait qu’un amendement de la Constitution nécessite l’accord des Libanais puisqu’il doit se faire à la majorité des deux tiers des voix des députés.
L’Orient-Le Jour
01-12

 

Naïm Kassem, haut responsable du Hezbollah,  déclare "Nous, au Hezbollah, avons un avis positif du général Michel Suleiman, en plus de notre appréciation de la position du général Michel Aoun, et considérons cette alternative comme sérieuse","Il y a une opportunité majeure pour la discussion afin de trouver un accord sur l'élection présidentielle".

 

AP

 

03-12

 

Michel Aoun, lui-même candidat à la présidence, a appuyé également la candidature du général Sleimane, mais à condition qu’il occupe la présidence uniquement pour deux ans, soit jusqu’aux législatives de 2009.

 

Le mandat présidentiel est de six ans non renouvelables.

 

03-12

 

Le Parlement doit se réunir vendredi pour une séance destinée à désigner le prochain président, après le départ de Lahoud le 23 novembre sans successeur.

 

Les deux-tiers du quorum doivent être atteints pour lancer le processus.

 

Une modification constitutionnelle doit être approuvée par les deux tiers des 128 parlementaires, et le même nombre d'élu doit être réuni pour procéder à l'élection du président, ce qui signifie que la majorité et l'opposition doivent s'entendre pour procéder à l'élection.

 

AP

 

03-12

 

M. Hamadeh dit ne pas être sûr que la séance parlementaire de vendredi aura lieu mais il l'"espère". "Il y a des obstacles dressés par l'opposition", souligne-t-il. "J'espère que la séance de vendredi sera organisée pour élire le général Sleimane à la présidence."

 

AP

 

04-12

 

Le ministre ldes télécommunications Marouane Hamadeh a accusé l'opposition de chercher à faire obstruction à l'élection à la présidence du chef de l'armée Michel Sleimane.

 

M. Hamadeh a déclaré à l'Associated Press que les obstacles à l'élection de M. Sleimane venaient "principalement" du général chrétien Michel Aoun, allié au Hezbollah chiite, qui s'était porté candidat avant d'apporter son soutien au chef de l'armée.

 

AP

 

05-12

 

"L’élection du général Michel Sleimane est acquise", explique Ibrahim Bayram, analyste dans le quotidien proche de la majorité, An Nahar.

 

"L’important maintenant pour l’opposition est de garantir un partage véritable des portefeuilles ministériels et des principaux postes de sécurité" (commandant de l’armée, chef des renseignements de l’armée et chef des Forces de sécurité intérieure), ajoute-t-il.

 

(Al-oufk avec les agences de presse)

 

05-12

 

Le chef de l’armée libanaise Michel Sleimane est désormais le seul candidat en lice pour la présidentielle, selon la majorité et l’opposition, mais son élection attend toujours un amendement constitutionnel, alors que la présidence est vacante depuis plus d’une semaine.

 

"Le général Sleimane doit être maintenant concrétisé par un amendement de la Constitution ", a affirmé un responsable de l’opposition sous le couvert de l’anonymat.

 

 (Al-Oufok)

 

 07-12

 

Boutros Harb : Retrait de sa candidature et éventuel retrait des forces du 14 mars
Au cours du Talk-show Kalam el Nass avec le journaliste M. Marcel Ghanem diffusé en direct hier soir sur la chaîne de
la LBCI , le député du Batroun M. Boutros Harb a annoncé le retrait de sa candidature à la présidentielle, et ce retrait est définitif, même si le chef de l’armée n’a pas été élu à la présidence du pays.
Libnanews

 

07-12

 

Plusieurs sources médiatiques ont fait circuler la veille la nouvelle du report de la séance électorale consacrée à l’élection du nouveau chef d’état. Cependant, le quotidien local An-Nahar a indiqué aujourd’hui dans un article que le président de la Chambre M. Nabih Berri n’a pas voulu reporter la séance d’aujourd’hui en dépit du blocage persistant, et ceci par peur d’être accusé d’entraver l’activité parlementaire mais surtout afin de donner une chance à l’opération de l’amendement de la constitution. Toujours selon An-Nahar, le chef du Parlement s’est déclaré disposé à désigner une date très prochainement pour la séance du scrutin présidentiel au cas où un accord a été atteint entre les députés sur la question de la modification de la Constitution.

 

Libnanews

 

 

 

2-5 Confection d'un gouvernement...

 

01-12

 

Le Premier ministre Fouad Siniora a critiqué ce qu’il a appelé « la fermeture du Parlement », qui, selon lui, a été de nature à aggraver les problèmes, au lieu de contribuer à les résoudre.

 

L’Orient-Le Jour

 

03-12

 

Michel Aoun a déclaré que les partis libanais devaient parvenir à une "entente politique" sur un futur gouvernement avant de préparer l'élection de M. Sleimane.

 

Dans son édition de mardi, le quotidien proche de l'opposition "As-Safir" estime que ces exigences pourraient bloquer le vote.

 

Les services de M. Aoun réfutent ce risque, soulignant qu'il s'agit seulement garantir les droits des chrétiens, à qui revient la présidence en vertu du système politique libanais.

 

AP

 

03-12

 

Selon les observateurs, M. Aoun, chef du Courant patriotique libre (CPL) qui compte 23 députés mais ne participe pas à l'actuel gouvernement, souhaite une présence importante des chrétiens dans le prochain cabinet, traditionnellement moitié chrétien, moitié musulman.

 

AP

 

06-12

 

"Il ne peut y avoir aucune session parlementaire vendredi parce qu'il  manque un accord politique" sur le futur gouvernement, a déclaré à l'Associated Press le député de l'opposition Ibrahim Kenaan.

 

Selon lui, la majorité anti-syrienne bloque cet accord politique demandé par Michel Aoun, ce qui empêche la tenue de l'élection présidentielle.

 

Il a aussi rapporté que majorité et opposition ne sont toujours pas d'accord sur les changements à apporter à la Constitution pour permettre au général Sleimane d'être élu alors qu'il dirige l'armée.

 

Bernard Kouchner est présent sur place et rencontre les principaux dirigeants du pays pour les pousser à trouver un terrain d'entente politique. "Vous serez informés quand le travail sera terminé", a-t-il dit jeudi aux journalistes.

 

AP

 

 07-12

 

Selon des informations fournies à la télévision du CPL l’OTV, il appert qu’au cours de la deuxième rencontre tripartite tenue hier entre MM. Kouchner, Berri, Hariri, un accord serait possible pour la formation d’un gouvernement d’union nationale présidé par un ex-ministre dont le nom n’a pas été dévoilé avec l’élaboration d’une loi électorale basée sur la circonscription des cazas.

Libnanews

 

 

 

2-6 Sur le terrain

 

 

23-11

 

Le président sortant Emile Lahoud a décidé de "confier à l'armée la prérogative de préserver la sécurité sur l'ensemble du territoire et de mettre toutes les forces de sécurité sous l'autorité" de celle-ci, a affirmé son porte-parole Rafic Chalala.

 

Le président Lahoud doit quitter ses fonctions vendredi à minuit, en vertu de la Constitution , sans que le Parlement soit parvenu à élire son successeur.

 

(ats -19:51)

 

 

 

2-6 Rafic Hariri.: tribunal international de l'ONU

 

13-11

 

Le Belge Serge Brammertz a été nommé mardi procureur du Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie et sera remplacé par le Canadien Daniel Bellemare à la tête de la commission sur l'assassinat de l'ex Premier ministre Rafic Hariri.

 

(AFP)

 

13-11

 

Dans une lettre au Conseil de sécurité, M. Ban, fait part de son intention de nommer le Canadien Daniel Bellemare, ancien sous-procureur général adjoint du Canada, au poste de président de la commission internationale d'enquête sur l'assassinat de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri.

 

Il ajoute que M. Bellemare, 55 ans, qui a quitté le ministère canadien de la justice le 29 septembre dernier, prendra ses fonctions "à une date ultérieure". Sa nomination doit également être approuvée par le Conseil de sécurité.

 

(AFP)

 

 

17-11

 

Walid Joumblatt a salué « les efforts fournis par le secrétaire général de l’ONU concernant la formation du tribunal international ». « Nous avons informé (Ban Ki-moon) que nous avons
mandaté le député Saad Hariri pour mener les contacts avec le président de
la Chambre afin de parvenir à une élection présidentielle conforme aux règles constitutionnelles et fondée sur l’entente préconisée par le patriarche maronite », a ajouté le chef du PSP.
L’Orient-Le Jour

 


4  Politique internationale

 

a) Usa

 

Les grandes manœuvres

 

23-11

 

Les Etats-Unis

 

Le département d’Etat demande à l’armée et aux forces de l’ordre libanaises de respecter l’état de droit et d’assurer l’ordre. Il appelle les responsables politiques à négocier.

 

 Al-Oufok

 

 

Onu

 

17-11

 

Ban Ki-moon : « Mes discussions avec les responsables libanais ont été positives »,
a-t-il affirmé, avant de réitérer son appel à « la tenue de l’élection présidentielle dans les délais constitutionnels, conformément à
la Loi fondamentale, dans le respect des résolutions internationales et sans ingérences étrangères ». « Le monde attend le Liban.

 

Si les responsabilités ne sont pas assumées, il pourra s’approcher du bord de l’abîme », a-t-il noté.
« Les chefs libanais doivent élaborer une solution qui puisse jouir du soutien le plus large », a martelé Ban Ki-moon. Il a également souligné que « le prochain président, élu conformément à
la Constitution , doit respecter les résolutions internationales et profitera du soutien de la communauté internationale ».
L’Orient-Le Jour

 

 

Nations Unies

 

23-11

 

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a appelé vau calme les différentes forces politiques libanaises et les a invité à intensifier leurs efforts pour trouver un consensus sur la désignation du prochain président libanais.

 

 Al-Oufok

 

 


Europe

 

2 Italie

 

30-11

 

Le président du Conseil Prodi déclare " :"Nous sommes optimistes", "Il y a des développements qui semblent être positifs",

 

"On n'en est pas à un aboutissement, mais notre présence a contribué à éviter qu'une transition difficile se transforme en catastrophe"…

 

AP

 


7 Les brèves

 

 

Ndlr :  La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme

 

information

 

7-1 La présidence de la République

 

1 Le général Michel Aoun a déclaré soutenir la nomination du général Michel Souleiman à la présidence.

 

Au cours d’une conférence de presse depuis la villa Sehnaoui à Rabieh, le dirigeant du CPL, le général Michel Aoun a déclaré soutenir la nomination du commandant de l’armée libanaise, le général Michel Souleiman à la présidence de la république.

 

«  Ce qui est important aujourd’hui dans notre position est notre soutien à la nomination et à l’élection du Général Michel Souleiman. Si Dieu le souhaite, ils ne seront pas choqué par notre position », a déclaré le député Michel Aoun et d’ajouter vouloir considérer avec sérieux la nomination du commandant de l’armée libanaise et faisant état d’obstacles constitutionnels devant être surpassés, notamment en raison de « l’illégitimité du gouvernement ».

 

Le général Michel Aoun fait état de détails constitutionnels ne pouvant être abordés en public. 

 

Il indique qu’à coté d’un accord au sujet de l’élection du commandant de l’armée libanaise, demeure également d’autres sujets et notamment la question du désarmement du Hezbollah ainsi que la formation d’un nouveau gouvernement et l’adoption d’une nouvelle loi électorale.

 

Par ailleurs, le dirigeant du CPL appelle à des manifestations pacifiques qui débuteront la semaine prochaine.

 

Libnanews - 29 novembre

 

 

 

2 Sayyed Nasrallah : L'échéance présidentielle et les derniers développements sur la scène politique au Liban.
Abordant enfin la question de l'échéance présidentielle au Liban, le chef de
la Résistance a indiqué qu'il est normal que ce point préoccupe les Libanais, mais s'est demandé pourquoi toute la communauté internationale se préoccupe autant des présidentielles au Liban plus que les présidentielles aux USA, alors que selon la nouvelle constitution, le président libanais ne jouit plus des mêmes pouvoirs qu'il avait auparavant.
Estimant que ceux qui prétendent que la personne du président ne compte pas, Sayyed Nasrallah a qualifié ces paroles de dangereuses, parce que l'identité du futur chef d'état est cruciale et primordiale. Indiquant que le prochain président devrait se prononcer pour un gouvernement d'unité nationale et devrait nommer le prochain commandant en chef de l'armée, le dirigeant du Hezbollah a estimé que l'avenir du pays sera tracé par ce nouveau président, qui aura la lourde responsabilité de façonner un nouveau visage du Liban.
Faisant allusion au député Walid Joumblatt sans le citer en indiquant que certains membres de la majorité se déclarent faire partie du projet américain, Hassan Nasrallah s'est demandé comment un président faisant part de ce même camp pourrait être élu, alors qu'il ne représente pas la majorité du peuple. Soulignant que le président élu par la majorité aura pour unique mission l'application de la résolution 1559, le secrétaire général du Hezbollah a affirmé qu'aucune armée au monde ne pourra s'opposer au Hezbollah et appliquer cette résolution.

 


Il a également indiqué qu'il désire un président qui serait à même de résoudre les problèmes du pays, dont la corruption, la dette générale, l'économie chancelante, qui refuserait que le pays soit dévalisé comme il l'est actuellement, qui équiperait l'armée et la renforcerait pour mieux défendre le Liban.
Insistant que le vote doit se faire par un quorum des deux tiers des députés présents lors du scrutin présidentiel conformément à
la Constitution , Hassan Nasrallah a affirmé qu'un président élu par la majorité simple ne serait en aucun cas accepté par l'opposition qui le considèrerait comme violant le texte fondamental du Liban.  
Attestant qu’un accord portant sur l’élection d’’un président consensuel reste possible, le chef du Hezbollah a signalé que si une entente ne sera pas atteinte par les discussions en cours, il a écarté la proposition du suffrage universel pour une fois qu’il avait

 

pourtant proposé, invitant tous les politiciens à avoir recours à des élections parlementaires précoces, pour permettre à une majorité réelle d'avoir ses représentants au Parlement, pour ensuite élire par la suite un président représentant la majorité du peuple libanais.

 


Remerciant le président Emile Lahoud pour la mission qu'il a accompli lors de son mandat, le chef de
la Résistance a salué les positions prises par le président actuel en faveur du Liban et de la Résistance , et l'a appelé à assumer ses responsabilités devant Dieu, le pays, la Constitution et sa propre conscience si jamais l'entente n'a pas été réalisé entre les deux camps, en prenant les décisions et les positions nécessaires à l'égard du palais de Baabda et du gouvernement illégitime en dépit de toutes les pressions locales et étrangères qu'il aura à endurer dans un tel cas.

 

Extrait de - Tour d'horizon complet :  A lire en pièce jointe.)
Source: Libnanews.com
Publié le 11 novembre 2007

 

http://www.convergencedescauses.com/index.php?option=com_content&task=view&id=1074

 

13-11-2007

 

 

 

3 Présidentielle au Liban : La majorité soutient la candidature du chef de l’armée.

 

La majorité parlementaire du Liban a annoncé dimanche son soutien la candidature du général Michel Sleimane, commandant en chef des forces armées, à la présidence libanaise, a annoncé l'agence Associated Press.

 

Cette décision a été prise dans le cadre des mesures déployées pour sortir le Liban de la crise politique intérieure, due à l'incapacité des forces politiques d'établir un consensus sur le nom du futur président. La présidence est vacante depuis plus d'une semaine.

 

Le général Michel Aoun, leader de la communauté chrétienne du Liban, qui compose une alliance avec les mouvements d'opposition chiites et dont il est le candidat officiel à la présidence, s'est dit prêt à soutenir la candidature de Michel Sleimane, pourvu que la stagnation politique soit surmontée.

 

Il a cependant proposé que le président soit élu pour deux ans et réélu après les élections législatives de 2009. L'opposition devrait en outre pouvoir opposer son veto au gouvernement, dirigé par un premier ministre neutre.

 

La coalition au pouvoir a déjà accepté d'amender la Constitution afin de permettre à Michel Sleimane, connu pour ses bons rapports avec le Hezbollah, de briguer la présidence.

 

Le parlement libanais devait se réunir le vendredi 30 novembre pour élire un nouveau président en remplacement d'Emile Lahoud qui a quitté son poste le 23 novembre dernier. Cependant, la date de l'élection a de nouveau été reportée au 7 décembre. C'est la sixième fois en deux mois que les députés tenteront d'élire le président libanais, les réunions précédentes du parlement ayant été reportées en raison de l'incapacité de la coalition antisyrienne au pouvoir appuyée par l'Occident et de l'opposition soutenue par la Syrie et l'Iran, à trouver un compromis.

 

3 décembre - RIA Novosti.

 

 


4 Le chef de l’armée Michel Sleimane désormais seul candidat en lice.

 

Le chef de l’armée libanaise Michel Sleimane est désormais le seul candidat en lice pour la présidentielle, selon la majorité et l’opposition, mais son élection attend toujours un amendement constitutionnel, alors que la présidence est vacante depuis plus d’une semaine.

"Le général Sleimane doit être maintenant concrétisé par un amendement de la Constitution ", a affirmé un responsable de l’opposition sous le couvert de l’anonymat.

 

L’amendement est une condition sine qua non pour l’élection du chef de l’armée, car en vertu de l’article 49 de la Constitution libanaise, il est interdit aux hauts fonctionnaires de devenir chef de l’Etat, sauf s’ils démissionnent de leur poste deux ans avant l’élection.

 

L’amendement devrait être débattu en séance parlementaire dans les prochains jours, a ajouté le responsable.

 

Le chef de l’armée ne s’est jamais dit candidat, mais au Liban, il n’est pas obligatoire de faire acte de candidature pour devenir président. Le chef de l’Etat est élu par le Parlement.

 

La séance parlementaire consacrée à l’élection a été fixée à vendredi, après six reports faute de consensus entre les deux camps. "Si (l’amendement) passe comme prévu, on devrait avoir un président vendredi", a déclaré Karim Pakradoni, président du parti des Phalanges, membre de la majorité parlementaire.

 

 (Samedi, 03 -12 – Al-Oufok avec les agences de presse)

 

 

 

5 Le choix de Souleïmane, un revers pour la majorité au Liban.

 

Le choix du général Michel Souleïmane comme candidat de compromis à la présidence de la République est un revers pour la majorité pro-occidentale au pouvoir au Liban - donc un succès pour l'opposition dont le Hezbollah.

 

"Le Hezbollah a toujours été plus fort que les autres. C'est pourquoi il a fallu capituler", note Nadim Chehadi, chercheur à la Chatham House de Londres. .

 

Durant l'année écoulée, le Hezbollah a mis tout le poids de son appareil dans la balance pour remporter son bras de fer contre la majorité, mobilisant des centaines de milliers de manifestants, organisant une grève générale, paralysant le centre de Beyrouth.

 

"Les Etats-Unis ont senti leur impuissance, leur faiblesse et leur échec. Le recul de la politique américaine au Liban résulte de la force de la résistance et de la persévérance de l'opposition", assure le "sayed" Hachem Safieddine, membre du Hezbollah.

 

Le Mouvement du 14 mars, la majorité formée dans la foulée de l’assassinat de l’ex-Premier ministre Rafic Hariri en février 2005,

 

Tom Perry Reuters & Al-Oufok

 

03-12

 

 

 

N°61- Journal du Liban 06-01 Suite

6 Le choix de Souleïmane, devrait contribuer à désamorcer la crise libanaise. L’élection de Souleïmane, devrait contribuer à désamorcer la crise qui paralyse le pays depuis le départ des ministres d’opposition du gouvernement de Fouad Siniora, il y a un an. La majorité a justifié son ralliement au candidat de compromis par la nécessité de combler un vide institutionnel susceptible de déstabiliser davantage le Liban. Le Mouvement du 14 mars, qui voulait un président qui partage ces deux objectifs, a dû prendre note d’un rapport de force qui n’est plus en sa faveur, estime Sateh Noureddine, éditorialiste au quotidien libanais As Safir. "C’est un échec pour lui, c’est très évident."  (Al-oufk avec les agences de presse -03-12)  

7 Séance électorale du vendredi convertie en séance d’amendement constitutionnel...
Le Parlement est ouvert ce vendredi afin d’accueillir les députés non pas pour élire un nouveau président de la République , mais pour procéder à un amendement constitutionnel afin de permettre très prochainement l’élection du chef de l’armée le général Sleimane à la présidence libanaise. A l’heure où cet article a été rédigé, le président de la Chambre M. Nabih Berri est arrivé à la Place de l’étoile du centre-ville de Beyrouth, où se trouve le Parlement, ainsi qu’un grand nombre de députés des camps de la majorité et de l’opposition, pour assister à la session parlementaire qui se tiendra à 13h00 (heure locale. Le député Mustafa Alouch, membre du bloc parlementaire du Courant du Futur présidé par le député Saad Hariri, a déclaré ce matin sur les ondes de la radio locale VDL que les forces du 14 mars ne sont pas disposées à faire plus de concessions, ajoutant que toute modification constitutionnelle devrait passer par le gouvernement, ce qui représente actuellement un nœud politique en addition au nœud « aouniste ».

 

Libnanews

 7-2 Formation du prochain gouvernement.

1 Le général Aoun sera en charge des discussions au sujet de la formation du prochain gouvernement.

Selon le journal Al Liwa proche du Hezbollah, le général Michel Aoun sera en charge des discussions au sujet de la formation du prochain gouvernement qui sera formé suite à l’élection du commandant en chef de l’armée libanaise.a Considérant l’acceptation de la majorité parlementaire de la candidature du général Michel Souleiman comme prématurée en l’absence d’un accord au sujet de la formation du prochain cabinet, la nomination du prochain commandant de l’armée libanaise et de la question de l’application des résolutions internationales, le mouvement chiite demande que soit négocié par le dirigeant du CPL, le général Michel Aoun, un consensus sur ces questions. Le Hezbollah lie son soutien à la candidature du Général Michel Souleiman aux positions du dirigeant du CPL qui avait dernièrement accepté sous condition son élection à la magistrature suprême, tout en la liant à l’obtention de 45% des voix du prochain gouvernement à l’opposition et l’obtention de certains ministères clés. Le numéro II du mouvement chiite Naïm Kassem avait déjà indiqué avoir une opinion positive du commandant de l’armée libanaise et indiqué y voir une opportunité qualifiée de majeure pour arriver à un accord sur les présidentielles libanaises reportées depuis le 23 octobre. Ces déclarations interviennent alors que ce vendredi est prévu un nouveau scrutin électoral et alors que l’élection du chef de l’armée nécessite un amendement constitutionnel de l’article 77 interdisant aux fonctionnaires de première catégories d’accéder à la magistrature suprême jusqu’à la deuxième année suivant leur mise en retraite. Al Liwa  

2 "Le retour possible de Fouad Siniora à la tête du gouvernement est une ligne rouge" Une personnalité, Wiam Wahab, a averti mardi que "le retour possible de Fouad Siniora à la tête du gouvernement est une ligne rouge" Selon l’avocat Sleimane Takkieddine, "l’opposition ne permettra pas à la majorité d’imposer ses conditions et celle-ci devra composer avec cette situation". Le quotidien proche de l’opposition, As Safir, citait mardi des sources dans l’entourage de M. Aoun, selon lesquelles celui-ci "insiste sur la répartition des postes ministériels à 55% pour la majorité, soit 17 ministres, contre 45% pour l’opposition, soit 13 ministres". "Le règlement de la crise politique est désormais liée à la part que recevront Michel Aoun et le Hezbollah lors de la formation du gouvernement", affirme à l’AFP l’analyste Ziad Maged. AFP - 04-12    

7-3 L’enquête de l’ONU sur l’assassinat de Rafic Hariri.

1 l’attentat à la bombe aurait pu être perpétré par deux équipes ou plus.

Le principal responsable,  le procureur belge Brammertz,  de l’enquête des Nations unies sur l’assassinat de Hariri a fait état de plusieurs avancées déclarant que de nouveaux individus ont été ajoutés au dossier et que l’attentat à la bombe aurait pu être perpétré par deux équipes ou plus.

Le procureur belge Serge Brammertz n’a identifié personne, mais a fait état dans son rapport final au Conseil de sécurité de nouvelles "personnes d’intérêt" et de nouvelles pistes découvertes au cours des quatre derniers mois. Selon M. Brammertz, la Commission d’enquête indépendante internationale se "prépare activement" à remettre ses conclusions au tribunal international chargé de juger les assassins de Rafic Hariri. Un rapport de 2.000 pages rédigé depuis la dernière intervention de l’enquêteur devant le Conseil de sécurité en juillet devrait notamment constituer "un des outils principaux" lors du procès. M. Brammertz a également déclaré que la commission d’enquête a confirmé l’hypothèse selon laquelle des "liens opérationnels pourraient exister" entre les responsables de 18 autres assassinats ou attentats ciblés au Liban.  (Jeudi, 29 novembre 2007 – Al-Oufok avec les agences de presse)  

2 Neuvième rapport sur l’assassinat de l'ex-Premier Hariri et les autres.

Le Secrétaire général a transmis ce matin au Conseil de sécurité le neuvième rapport de la Commission d'enquête internationale sur l'assassinat de l'ex-Premier ministre libanais Rafik Hariri et les autres attentats politiques commis depuis 2004. « Le rapport fournit un aperçu des progrès réalisés par la Commission dans son enquête sur un certain nombre d'assassinats et d'attentats au Liban depuis octobre 2004 », a rapporté aujourd'hui un porte-parole du Secrétaire général. Dans son rapport précédent publié au mois de juillet, le chef de la Commission d'enquête, Serge Brammertz, se disait « satisfait de la confirmation d'un certain nombre d'éléments dans l'affaire Hariri, notamment le type et la quantité d'explosifs, le détonateur et les circonstances exactes de l'explosion, ainsi que des indices concernant le responsable de l'attentat suicide » (dépêche du 19.07.2007). L'enquête confirmait aussi les motifs politiques de l'attentat contre Rafik Hariri. Le rapport transmis aujourd'hui au Conseil est le dernier soumis par Serge Brammertz, qui sera remplacé à partir du mois de janvier par le canadien Daniel Bellemare. Centre de nouvelles ONU
28-11
 (TPIY).  

7-4 Raymond Richa : Nous, Peuple du Liban.

1- Ayant témoigné durant tous les mois de juillet et août 2006, à la fois de la barbarie sioniste et de la collaboration de quelques uns avec l'ennemi espérant ainsi la liquidation de notre Résistance, nous nous opposons à tout retour de ces collaborateurs dans le futur exécutif, quelle que soit la magique formule que génèrera la proposition de la Ligue Arabe.
Quel
l e que soit la combinaison sur laquelle se basera la formation du futur gouvernement, 10+10+10; 14+11+5; 16+9+5 ou autre de ce type, aucun des chiffres ou nombres qui en découlera ne devra être attribué à ces collaborateurs bien connus de tous.
Il n'y aura pas de la place au sein de l'Unité Nationale à ceux qui, par leur collaboration avec l'ennemi, avaient œuvré pour la liquidation de notre Résistance, pendant que cet ennemi perpétrait des massacres sur notre sol.
Comme si De Gaulle appelait à l'unité nationale avec les pétainistes en vue de la reconstruction de
la France d'après guerre!!!!
2-
Le futur gouvernement devra
clairement nous proposer son programme d'action portant à la fois sur la nouvelle stratégie de défense nationale, la réforme politique, le devenir des camps des réfugiés palestiniens, l'économie et le social, l'environnement et le patrimoine.

 

Dans le volet de la stratégie de défense, il s'engagera pour la protection de notre Résistance et pour une étroite collaboration de celle-ci avec notre Armée. Il s'engagera pour une nouvelle logique d'investissement sur les moyens matériels de défense permettant une efficace dissuasion.
3
Dans le volet économique et social, il s'engagera à répondre immédiatement aux urgences que maintes fois nous avons fortement exprimées. Il initiera une nouvelle logique économique avant tout basée sur la Justice Sociale.
4
Dans le volet
palestinien, il s'engagera à mettre un terme aux tentatives de liquidation du Droit au retour de nos frères et sœurs en Palestine; il œuvrera pour une politique économique, sociale, éducative et sanitaire dans les camps, avec un seul souci : le respect du Droit des femmes, des hommes et des enfants à vivre dans la dignité humaine.
5
Dans le volet de
l'environnement et du Patrimoine National, il s'engagera dans une véritable politique de protection et de mise en valeur, mettant un terme définitif à la spéculation immobilière et à l'urbanisation anarchique.

Sans ce programme, toute combinaison mathématique par laquelle le futur gouvernement sera formé, toute entente, toute unité, tout rapprochement entre l'opposition et la majorité,
ne pourront nous débarrasser définitivement du cycle infernal de la violence, de l'intolérance et de la misère.
Nous, Peuple du Liban, nous ne vous supplierons plus de faire; nous l'exigerons, par notre persévérance à résister... 8 janvier 2008

 

Raymond RICHA

9 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information  Marc

9-1 Juger les crimes de guerre israéliens au Liban.

« Jury international de la conscience en faveur du Liban" s'inscrit dans la lutte contre l'impunité de tous les crimes commis. Il entend promouvoir le droit international et en particulier le droit humanitaire en plaçant le respect des droits humains fondamentaux au dessus de toute autre considération. Les débats se dérouleront dans la plus grande sérénité et la publicité qui en sera faite s'inscrira exclusivement dans le cadre du droit humanitaire. Il ne sera question que des faits survenus pendant le conflit de juillet-août 2006 en rapport avec le respect de ce droit. » Du 1er au 3 février 2008, se tiendra à Bruxelles,à la Maison des Associations internationales, 40 rue de Washington,un tribunal où seront jugés les crimes de guerre israéliens au Liban. La poursuite de l’agression israélienne contre le Liban pendant 33 jours au cours de l’été 2006 sans que le conseil de sécurité de l’ONU n’émette une résolution pour exiger le cessez-le-feu a prouvé son approbation et son soutien à l’agression. Le fait de ne pas juger les criminels de guerre et les crimes contre l’humanité qui ont ensanglanté le Liban au cours de cette agression prouve que la communauté internationale officielle encourage l’agression et qu’elle a abandonné ses responsabilités évidentes. C’est pourquoi la société civile internationale doit prendre en charge le jugement des criminels de guerre et briser le droit à l’exception dont jouit Israël, l’un des devoirs de la communauté civile internationale étant d’instituer une légalité internationale plus juste et plus humaine. C’est pourquoi des personnalités dans le monde ont lancé l’initiative du   Jury International de la conscience en faveur du Liban Cette initiative a déjà reçu l’approbation signée de 2000 personnalités dans le monde, des juristes, savants, parlementaires ainsi que des sénateurs et des professionnels des médias. Elle a été soutenue par plusieurs forums internationaux : Nairobi, Mali, Calcutta et Istanbul. Elle a été adoptée par la coalition des associations et organismes civils au Liban. Elle est appuyée par des associations qui avaient déjà constitué des tribunaux populaires à Bruxelles, Istanbul, Le Caire et en Amérique Latine, comme le Tribunal des Peuples et la Commission Arabe des Droits de l’homme.   Les dossiers d’accusation sont préparés par un conseil de juristes confirmés du Liban. Un expert international a été nommé : Dr Hugo RUIZ DIAZ BALBUENA, avocat et représentant de l’Association américaine des juristes auprès du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies. Le Jury est composé de 5 personnes, représentant les cinq continents et exerçant la profession de magistrat. Plusieurs victimes seront présents pour témoigner. Les travaux du jury seront traduits en quatre langues et seront filmés. Ils seront diffusés en direct par plusieurs chaînes satellitaires. Des expositions et des projections de films documentaires seront assurées dans des salles annexes.   La coalition des associations et organismes civils au Liban appelle les juristes, les intellectuels, les responsables économiques ou sociaux, ainsi que les associations civiles et les courants politiques au Liban et dans les mondes arabe et musulman, ainsi que les hommes et femmes libres dans le monde à participer et à contribuer au succès de cette initiative. A - en faisant signer l’appel par des personnalités morales, intellectuelles, spirituelles et politiques. B – En diffusant documents, informations et photos sur internet et dans les autres moyens d’information de façon à assurer le succès du tribunal. C- En constituant des comités locaux pour lancer une campagne médiatique. D–En participant par l’envoi de délégations et de médias pour couvrir le tribunal. E–En contribuant financièrement à la tenue du tribunal pour couvrir les frais du tribunal, de la traduction, de la diffusion des documents et du déplacement des juges et des victimes.  

9-2 Non au terrorisme de l'État d'Israël contre les peuples palestinien et libanais. Monsieur le Secrétaire général des Nation-Unies Messieurs les Chefs d’États membres du Conseil de sécurité, Je condamne le terrorisme, y compris sa forme d’État. Non au terrorisme de l’État d’Israël contre le peuple palestinien Le terrorisme doit être condamné et combattu sous toutes ses formes, particulièrement sa forme d’État, qui est la plus conséquente vus les moyens mis en oeuvre. Aucun terrorisme n’est justifié. Tous les conflits doivent pouvoir être résolus dans le respect des droits de chaque individu, groupe d’individus ou peuple. A ce titre, il revient exclusivement aux Nations-Unies de mener la politique d’éradication du terrorisme dont les principales causes sont les injustices sociales, économiques et politiques. Nul ne doit pouvoir s’ériger en gendarme du monde et prétendre faire justice à lui tout seul. Il y va de la sécurité de tous les peuples et de leur droit fondamental à vivre en Paix. Aussi, je suis profondément inquiet de la situation en Palestine où, sous prétexte de sécurité et de lutte contre le terrorisme, l’État d’Israël met en oeuvre des moyens d’État au service d’une politique terroriste d’occupation des plus meurtrières contre le peuple palestinien, de ses biens, de ses moyens d’existence et de développement, visant à l’anéantissement de la mémoire et des structures de la société palestinienne elle-même. Aussi, je réclame qu’au même titre que les individus ou groupes d’individus, l’État d’Israël soit mis sur la liste noire du terrorisme. Qu’à ce titre, Israël soit privé de tout soutien ou aide financière et économique tant qu’il ne mettra pas fin à sa politique terroriste contre le peuple palestinien et tant qu’il ne respectera pas les résolutions prises par les Nations-Unies et son Conseil de sécurité. Bien respectueusement. vendredi 9 juin 2006. La Rédaction
http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=32  

9-3 Important rapport du 29/11/2007 du Bloc du Changement et de la Réforme. 29 novembre 2007 Il n'est point nécessaire d'être un citoyen averti pour comprendre qu'il y a un complot politique qui se trame. Ce complot tombe à point nommé puisque le gouvernement profite du vide présidentiel pour mettre à mal le sort de la seule institution garante de l'unité, de la sécurité et de la paix civile du pays. Il serait illusoire de croire que le gouvernement a subitement retrouvé son sens du patriotisme après avoir raté tant d'occasions et d'initiatives de sauvetage notamment celle du général Aoun. Le voilà soudainement nous proposer le nom du général Sleimane comme candidat consensuel à la présidence de la République dont le sort est à mal. Le gouvernement nous a proposé cette alternative sans vraiment pouvoir justifier son choix qui, au vu des tensions actuelles, semble une décision bien étrange. Nous aimerons savoir que s'est-il passé ces dernières heures pour que la majorité accepte d'amender la Constitution pour proposer le général Michel Sleimane, cette même majorité qui était contre ce candidat consensuel et contre l'amendement, on serait tenté de penser que cette décision leur a été imposée par un pays étranger. C'est à se demander pourquoi cette proposition n'a pas été formulée avant la fin du mandat présidentiel, quand il était plus aisé de modifier la Constitution , chose qui relève du très difficile aujourd'hui. Le hasard du calendrier a voulu que cette proposition coïncide avec les rencontres de paix d'Annapolis entre Palestiniens et Israéliens et coïncide également avec la publication du rapport Brammertz, vide de toute désignation d'inculpés, mais remplis de présumés coupables. Comment se fait-il que le gouvernement et ses alliés suggèrent le général Sleimane sans concertation préalable avec l'opposition tandis que la désignation d'un nom repose sur le consensus. Est-ce que le gouvernement s'est posé la question de sa légitimité et de sa légalité avant de proposer l'amendement de la Constitution  ? Nous rappelons que ce gouvernement peut au mieux gérer les affaires courantes du pays, il n'est plus exécutif. Nous aimerions savoir que s'est-il passé pour que le gouvernement et ses alliés acceptent aujourd'hui la candidature  du général Sleimane alors que nous, Opposition, n'avions pas refusé cette alternative. Les spécialistes trouvent deux explications à ce revirement: - Que des consignes soient parvenues d'Annapolis suite à un accord syro américain, il y aurait eu accord entre les deux pour régler la problématique de la présidentielle dans le cadre d'une solution régionale et internationale.
- La majorité, gouvernement et alliés, tente de griller les candidats maronites l'un après l'autre y compris le général Sleimane pour enfin nous sortir leur candidat désigné.
Ce jeu est très dangereux, éliminer le chef de l'Armée après avoir: - isolé la présidence de la République durant ces deux dernières années,
- monopolisé le pouvoir en excluant les Chiites
- anéanti le Conseil constitutionnel 
- isolé du pouvoir la majorité écrasante des Chrétiens
- bafoué l'initiative de Bkerké et toutes les autres.
Tous ces signes démontrent un plan de renversement de la Constitution et du Pouvoir. Ceci ne sera réalisable qu'en neutralisant la présidence de la République. Pour ces raisons, l'opposition reste vigilante et prudente et met les responsables politiques face à leur responsabilité car il y va de l'avenir du pays. L'opposition les met également en garde contre tout complot visant à disloquer l'Armée, ou qui bafouera les intérêts suprêmes de la nation au bénéfice d’intérêts régionaux et internationaux. BCR
Traduit par l’équipe de presse Rhone Alpes
© 2006 RPL
Publié le 30 novembre 2007 avec l'aimable autorisation du RPL
Source : RPL
http://www.rplfrance.org/...  

9-4 Bush : Un petit battement d’ailes de papillon provoquera le tsunami résistant. « Bienvenue à son Excellence » ; ce sont là les quatre mots que prononceront les responsables des pays arabes qui accueilleront G.W. BUSH.
Ils ont déjà donné l’ordre d’étaler le grand tapis rouge sous lequel notre grande cause qu’est
la Palestine et les aspirations au vrai changement du peuple du Pays des Cèdres seront bien cachées, prêtes à être encore une fois piétinées.
Bravo, grand bravo à ces chefs infiniment pliés pour embrasser les pieds du Grand Empereur des temps modernes : sauveur de leur ordre établi et de leur prétendue démocratie.

Que vont-ils encore lui céder en remerciement à son soutien ?
Pour ce qui concerne le Liban, ils devront s’appliquer à œuvrer pour le maintien au pouvoir de son préféré Sinioura et pour interdire le vrai changement tant souhaité par le peuple.

Quant à
la Palestine , elle a eu déjà son premier cadeau de Noël et de Nouvel An ; l’avez-vous deviné ? Il s’agit du premier bilan de leur Annapolis : cent cinquante martyrs parmi les résistants, plus de quatre cent tués et plus de deux cent nouveaux détenus…et la liste est loin d’être exhaustive. Ils peuvent donc s’en réjouir pour leur première obligation de résultats.

Leur Grand Sauveur sera bientôt parmi eux…Ils pourront lui lécher les pieds jusqu’à baver…Mais ceci, pas pour longtemps, car le cours de l’Histoire des luttes est autrement et, comme l’affirme justement
la Grande Théorie du Chaos, en Mathématiques,
un petit battement d’ailes de papillon provoquera le tsunami résistant qui balaiera leurs trônes. 6 janvier 2008
Raymond RICHA

 9-5 Le massacre de Qana.

La justice israélienne vient de déclarer Olmert et son gouvernement innocents, ceci devant l’indifférence des nations et la sourdine des organisations prétendant défendre les droits de l’Homme.
L’Histoire…
Durant la courte période précédant les 29 et 30 juillet 2006, la commune de Qana était sous le feu intensif de l’aviation et des vedettes maritimes israéliennes. Deux cent cinquante bombardements furent enregistrés pendant ce laps de temps, détruisant toutes les infrastructures environnantes, isolant ainsi la commune du reste du pays et rendant impossible tout secours à la population.
Le crime se préparait dans l’indifférence quasi générale des grandes puissances et des organisations humanitaires et de défense des droits de l’Homme.

Dans la nuit de samedi à dimanche des 29 et 30 juillet 2006, plus précisément à 01h00 après minuit, Qana témoigna du massacre de ses enfants.
Nos mamans, croyant être à l’abri des bombes du fait de la proximité d’un immeuble de trois étages par rapport à un lieu de culte, se réfugièrent dans la cave, portant leurs enfants serrés à leurs poitrines.

Le 30 juillet 2006, à 01h, le plus sophistiqué et le plus intelligent des engins de la mort, signé des innocentes mains israéliennes, fierté technologique des américains mise à disposition par Bush et sa Rice, et encore une fois devant l’indifférence des nations civilisées, frappa l’immeuble avec la précision qui lui a été dictée par le pilote.
L’immeuble implosa entièrement en quelques secondes, réduit ainsi en décombres.

Les secours n’avaient pu intervenir qu’à huit heures du matin, sept heures après le massacre. Ils dénombrèrent, parmi les victimes, une quarantaine de corps d’enfants inanimés.
Il a fallu que la fibre optique et les satellites de l’Internet et des médias interviennent presque instantanément pour que l’opinion internationale découvre devant ses quinze ou dix sept pouces d’écran l’horreur du massacre perpétré à Qana et pour que la majorité des nations et l’organisation des droits de l’Homme reconnaissent enfin l’entière responsabilité d’Olmert et de son gouvernement.

Fin décembre 2007, dix sept mois après, la justice israélienne rend son verdict : Olmert innocent.
Fin décembre 2007, le verdict est tombé et « justice » est rendue, devant les bouches cousues des grandes puissances et de leurs organisations humanitaires
.
Il ne reste plus que la pierre, les tombes et la mémoire de femmes et d’hommes libres du Pays des Cèdres pour témoigner.

 9-6 An Muylaert : Dans les camps de réfugiés palestiniens au Liban. 

22 décembre 2007  Hier nous sommes allés à Nahr el Bared, le camp au Nord de Tripoli qui a subi durant 6 mois un siège par l'armée libanaise pour détruire le groupe extrémiste Fatah al Islam. Les gens de l'hôpital El Shifaa que je connais dans le camp de Baddawi m'ont fabriqué un laissez-passer. Je ne peux décrire par des mots ce que j'ai vu là-bas. Il y a deux parties dans le camp, la vieille partie et la soi-disante partie récente. La vieille partie est fermée hermétiquement et strictement surveillée par l'armée libanaise. La partie la plus récente est accessible mais complètement détruite. Il n'y a pas un bâtiment qui reste debout. J'ai parlé des gens dont la maison était encore habitable après le siège mais ils me racontent que l'armée a saccagé les maisons qui restaient intactes et qu'ils y ont mis le feu. La maison du responsable du FPLP au Liban, Marwan Abdellal, qui habitait à Nahr el Bared est complètement détruite et mise à feu. Toute sa bibliothèque avec des centaines de livres a péri dans le feu. Il y a environ 8000 personnes des 30.000 qui sont retournées et qui habitent les ruines. C'est une vue hallucinante, mais les gens n'ont pas d'autre choix. Il y en a qui habitent un boxe de garage, il y en a qui habitent dans des chambres dont la façade a disparu. Certains habitent dans les débris ou dans des bâtiments caduques. C'est une ville fantôme. En ce qui concerne les soins médicaux: il y a une seule petite clinique, plutôt un dispensaire, celui de Al Shifaa, du FPLP. L'ancienne clinique était dans le vieille ville. Maintenant, le médecin qui est resté le plus longtemps possible dans le camp assiégé, est retourné et s'est construit une chambre de consultation avec quelques plaques de fibres dans un boxe de garage. Il a une petite table en plastique comme bureau de médecin, une table de soins qu'il faut monter par un bloc de béton emballé par un carton et deux étagères de médicaments. Les besoins sont énormes. Quand il y a des plaques de béton qui tombent ou glissent toute aide est vaine. Le médecin a fait ses études au Kazakhstan, en Union Soviétique, et sa famille est repartie là-bas pour survivre parce qu'il soigne gratuitement et n'a aucun revenu. Human Call a fait un plan d'urgence pour l'aider, entre autre avec votre aide de Belgique. Mais les palestiniens ne seraient pas des palestiniens s'ils laissaient tomber les bras. La première chose que nous avons vu à Nahr el Bared était un hangar où il y avait de l'animation d'enfants à l'occasion de la fête Adha: musique, danse, des jeux d'enfants,... Vraiment touchant! L'essentiel de mon message de Noël, vous l'aurez compris: pour les réfugiés palestiniens de Nahr el Bared, cela va durer des années avant qu'ils puissent retourner dans leur camp. Mais ils continuent à croire que ce camp-là n'est pas leur destinée ultime. Car tous, vraiment tous, ils restent convaincus et décidés qu'ils retourneront un jour dans leur pays. An Muylaert depuis Beyrouth
22 décembre 2007


11 Pièce jointe : a) Convergences des causes : Tour d’horizon de Sayyed Nasrallah. b) Marie Nassif-Debs  : L'histoire du Liban

 

07/01/2008

Interview d'Omar Barghouti, faite par Silvia Cattori Début

Interview d'Omar Barghouti, faite par Silvia Cattori : Aucun Etat n'a le droit d'exister comme Etat raciste  On continue à entendre, à la radio (FR. Culture, Inter, RFI), des phrases du style : "Hier 7 (par exemple) Palestiniens ont trouvé la mort (par exemple) à Gaza". En Palestine, les gens trouvent la mort... Ils cherchaient à aller à l'école, à la fac, au boulot (pour ceux qui en ont encore), aux  champs (pareil), au marché faire leurs courses pour ce qui reste à acheter, ils dormaient chez eux,  et caetera...  Et ils ont trouvé la mort. C'est ce qu'on appelle en linguistique un euphémisme, et en déontologie du journalisme une honte. Omar Barghouti appartient à cette nouvelle génération d’intellectuels Palestiniens qui n’ont jamais adhéré à la solution « Deux peuples, deux États » et qui appellent au boycott, au désinvestissement, et à des sanctions à l’égard d’Israël. Partisan d’un État laïque et démocratique, où Palestiniens et Israéliens partageraient des droits égaux après que les injustices historiques aient été corrigées et que les droits des réfugiés aient été respectés, il a accordé un entretien au Réseau Voltaire dans lequel il exprime le décalage entre son peuple et ses dirigeants internationalement reconnus. Dans cet entretien, il a notamment répondu aux questions suivantes. Peut-on établir un dialogue et promouvoir une « normalisation » entre occupants et occupés, s’il n’y a pas de rapports d’égalité ? La solidarité doit-elle continuer de travailler avec les représentants de l’Autorité palestinienne, une minorité de privilégiés qui collaborent avec l’occupant ? Doit-elle continuer de calquer ses orientations sur celles du « camp de la paix israélien », dont le désir d’en finir avec l’occupation est bien réel, mais dont la préoccupation, consciente ou inconsciente, est avant tout de préserver Israël en tant qu’État juif ? -------------------------------------------------------------------------------- Silvia Cattori : J’ai eu le privilège d’entendre la conférence que vous avez donnée à Milan le 8 octobre 2007 [1]. Votre analyse de la situation en Palestine rompt avec les orientations qui sont généralement véhiculées, y compris au sein du mouvement de solidarité. Avez-vous eu le sentiment que le public italien est réceptif à vos positions ?

 

 

 

Omar Barghouti : Je suis venu en Italie, en mars 2007, pour une tournée au cours de laquelle j’ai parlé sur différents sujets. Art et répression est l’un d’entre eux. J’ai également parlé de la solution « un seul État », ainsi que du boycott d’Israël [2]. Un mouvement est en train de se développer en Italie, qui comprend qu’il est nécessaire d’exercer une pression efficace sur Israël et qu’il n’est plus acceptable de continuer à se limiter à des actions de solidarité traditionnelles telles que manifestations, rédaction de lettres, etc. À l’évidence, de telles manifestations traditionnelles de solidarité ne pourront pas, à elles seules, faire bouger Israël, car elles n’aggravent en rien le prix politique à payer par Israël pour son occupation et son oppression des Palestiniens. Les Européens peuvent bien manifester autant qu’ils le veulent, Israël s’en moque. Je pense que de plus en plus d’Italiens s’en rendent compte. Faire progresser cette prise de conscience est assurément une chose importante qui devrait se poursuivre, aussi longtemps que le conflit colonial continue. Mais cela n’est plus suffisant. Après le 11 septembre 2001, Israël est devenu beaucoup plus belliqueux qu’auparavant. Aujourd’hui, il se préoccupe vraiment très peu de l’opinion publique internationale, alors qu’il était très sensible à l’opinion publique occidentale durant les années soixante-dix, quatre-vingt, et même quatre vingt-dix. En ce vingt et unième siècle, Israël devient de moins en moins sensible à l’opinion publique à cause de son immense pouvoir et de son influence sans égale sur Washington, qui reste, politiquement, le maître des Européens. Voici comment il voit les choses : « Puisque Washington est à nos côtés, pourquoi nous préoccuper des Européens ? » Pour donner un exemple : lorsque la Belgique a voulu mettre Ariel Sharon en jugement pour son rôle dans les massacres de Sabra et Chatila à Beyrouth en 1982, Mme Condoleezza Rice a menacé, en réponse, le Ministre belge des Affaires étrangères de retirer du pays le siège de l’OTAN, parmi d’autres mesures drastiques. Dans les jours qui ont suivi, le jugement a été renversé et le tribunal n’a jamais convoqué Ariel Sharon. Il y a eu des pressions du même genre sur l’Allemagne et la France à la suite du conflit avec l’Europe touchant la guerre en Irak en 2003. Israël a compris que sa vaste influence sur le Congrès se traduit en une influence substantielle, quoiqu’indirecte, sur l’Europe. De ce fait, Israël ne se préoccupe pas particulièrement de l’opinion publique européenne. De plus en plus d’Italiens se rendent compte qu’il est maintenant temps d’exercer une pression efficace sur Israël ; que l’on ne peut plus se contenter de dire « méchants garçons, vous faites de vilaines choses ». Silvia Cattori : Le Wall Street Journal a écrit récemment : « Le rêve qu’était la Palestine est finalement mort » [3]. Comment réagissez-vous à cette affirmation ?

 

 

 

Omar Barghouti : Je pense que c’est là, prendre ses désirs pour des réalités. Les néoconservateurs qui contrôlent le Wall Street Journal sont en passe de finir dans les poubelles de l’Histoire après tous leurs échecs en Irak et en Afghanistan. Ils voudraient bien croire que les « Palestiniens sont finis ». Je pense, que ce sont eux qui sont finis. Cela va prendre sans doute un peu de temps, mais je crois honnêtement que leur croisade s’est révélée criminelle et futile et que leurs arguments ont été réfutés. Leur grand dessein idéologique qui était censé commencer en Irak —déployer son effet domino tout au travers des régions pétrolières arabes et leur permettre de contrôler le monde— s’est fracassé. Leur vision a été dénoncée comme fondamentalement raciste, dogmatique et profondément erronée. Grâce principalement à la résistance en Irak, au Liban et en Palestine, cette vision néoconservatrice de l’empire est en voie d’être définitivement défaite. Silvia Cattori : Comment jugez-vous ceux de vos dirigeants qui collaborent avec l’occupant ? Omar Barghouti : Ceux qui, parmi les leaders palestiniens collaborent avec l’occupation font assurément partie du problème, et pas de la solution. Je les condamne dans les termes les plus vigoureux. J’ai exprimé publiquement ma position à ce sujet lorsque le Hamas a pris le contrôle de Gaza [4]. Bien que je sois très critique à l’égard du Hamas pour différentes raisons, je reconnais que la majorité des Palestiniens sous occupation l’ont démocratiquement élu pour les gouverner et mener la lutte pour la liberté et l’autodétermination. Le monde doit respecter ce choix palestinien démocratique, bien qu’un tiers seulement des Palestiniens aient participé à ces élections. Les deux autres tiers incluant les réfugiés palestiniens dispersés dans le monde et les Palestiniens de citoyenneté israélienne, n’ont même pas été considérés. Ce serait aux Palestiniens de demander des comptes au Hamas s’il manque à gouverner convenablement ou a réaliser les droits des Palestiniens, pas à l’Amérique, pas à l’Europe, et certainement pas à Israël. Certains dirigeants politiques palestiniens se font les complices du pouvoir colonial et raciste d’Israël d’une façon insidieuse. Au lieu d’une approbation ouverte de l’occupation, leur rôle est de donner au monde la fausse impression qu’il s’agit essentiellement d’une dispute ; et que l’on peut s’asseoir pour la négocier gentiment, en Suisse ou ailleurs. Ils masquent de ce fait la réalité, à savoir qu’il s’agit d’un conflit colonial nécessitant une lutte massive sur le terrain et l’appui d’une pression internationale soutenue pour en venir à bout. L’utilisation de ce terme « dispute » est un vrai désastre qui nous a affligés depuis les Accords d’Oslo [5]. En fait, tout cela a commencé avec les pourparlers de Madrid, avant Oslo ; mais le « processus d’Oslo » a été le coup le plus dévastateur pour la lutte palestinienne d’autodétermination, parce qu’il a conduit à un glissement de paradigme : d’une lutte d’un peuple opprimé contre ses occupants et colonisateurs, à une dispute entre deux groupes nationaux avec des droits et des revendications morales conflictuels mais symétriques. Silvia Cattori : Dès lors, comment expliquer que, en dépit du fait que toutes les négociations avec Israël n’ont apporté que plus de malheurs aux Palestiniens, des personnalités comme MM. Erekat, Abbas, Rabbo [6], poursuivent ce « processus de paix » et poursuivent obstinément dans cette même voie ? Quel espoir les Palestiniens peuvent-ils avoir face à cette situation ?

 

 

 

Omar Barghouti : Si vous prenez l’exemple de l’Afrique du Sud, les années les plus répressives de l’apartheid furent les années qui ont précédé sa fin ; non pas les années 60 ou 70, mais la fin des années 80 et le début des années 90. L’apartheid a atteint le sommet de son pouvoir, le sommet de la répression, juste avant de s’effondrer. Ainsi, en ce moment où le mouvement sioniste a tant d’influence dans le monde, je ne vois pas cela comme la fin de la question palestinienne. Au contraire, je le vois comme le début de la fin du sionisme. Israël et le sionisme ont perdu tout le respect et l’admiration dont ils ont joui autrefois au niveau international. Ils sont en train de devenir rapidement des parias. Israël, un Etat dont les incessantes actions de purification ethnique et de déshumanisation criminelle des Palestiniens se font de façon plus ou moins ouvertes, n’a plus recours aujourd’hui qu’à la brutalité, au terrorisme intellectuel, et à l’intimidation vis-à-vis de la communauté internationale et des autorités élues de l’Ouest, pour atteindre ses objectifs. Les peuples du monde n’aiment pas et ne soutiennent pas le sionisme, comme l’ont montré plusieurs sondages récents ; ils ont simplement peur du sionisme, et cela fait une énorme différence. Dans les années cinquante et soixante du siècle dernier, les Européens aimaient Israël –pays du « Kibboutz » présenté sous des couleurs romantiques- comme le ferment de la « démocratie libérale » dans une région affligée par l’autocratie et « l’arriération ». Les Européens, après tout, ont aidé à construire Israël de plus d’une façon ; et ils le voyaient, dès lors, comme leur « enfant » au milieu de cette « mer barbare d’Arabes ». Israël était perçu comme l’entité blanche, éclairée, civilisée, au sein d’une « jungle peuplée d’indigènes du Sud, de couleur et indisciplinés ». Et, alors que beaucoup d’Européens doivent encore se libérer de cette attitude coloniale et raciste à l’égard des Arabes, Israël ne jouit plus aujourd’hui que de très peu de sympathie, en Europe ou n’importe où dans le monde. Israël a des protégés qui sont très bien payés et des groupe de pression politiques extrêmement efficaces qui sont très bien rodés. Avec de tels outils, il a réussi à imposer son discours, sa ligne politique, dans les médias européens dominants, les parlements et les milieux de pouvoir. Comme leurs homologues états-uniens, les responsables politiques européens sont aujourd’hui confrontés au dur choix de suivre la ligne dictée par Israël, ou de briser leur carrière, et souvent aussi leur réputation. La complicité des Européens dans le maintien de l’occupation et de l’oppression israélienne est obtenue par la menace, l’intimidation, la brutalité, et pas par la persuasion. C’est là, sur le plan historique, la perte la plus significative du sionisme. Il a gaspillé la sympathie dont il jouissait autrefois, et complètement perdu sa capacité de toucher les cœurs et les esprits, même en Occident. Le sionisme maintenant obtient ce qu’il veut seulement par la trique. Mais combien de temps les gens resteront-ils effrayés et intimidés ? À la fin, ils se révoltent —si ce n’est pour notre intérêt, au moins pour sauvegarder leur liberté, leur dignité, et leur sens de la justice—. Je parle ici des citoyens européens et états-uniens qui jouissent de droits démocratiques établis, et pas des peuples appauvris du Sud qui manquent de moyens pour effectuer des changements. Vous les Européens, êtes des peuples qui vivent dans une relative démocratie –et elle est très relative ; vous vivez dans le bien être sur le plan économique ; vous pouvez faire valoir votre voix dans des élections régulières et vous pouvez l’utiliser pour provoquer un changement, mais il va falloir, pour vous réveiller, un bruyant appel du Sud néo-colonisé qui réaffirmera sa volonté et sa demande de justice, de développement durable, et de réparation pour des siècles de domination coloniale. Les citoyens européens peuvent être résolument convaincus de rejeter leur héritage colonial et de reprendre le contrôle de leurs destinées des mains de leurs élites dirigeantes défaillantes qui les ont pris en otage et trahissent de plus en plus leurs intérêts. Mais cela va demander un grand travail de conscientisation, et beaucoup de campagnes de persuasion, à petite échelle, mais soutenues et susceptibles de s’amplifier graduellement. Ce travail de fond est crucial et indispensable pour combler le fossé Nord-Sud, pas seulement sur le plan économique, mais également sur le plan conceptuel et culturel. Silvia Cattori : Vous, les Palestiniens, savez mieux que quiconque que les États-Unis et Israël se sont servis des attentats du 11 septembre 2001 pour qualifier toute résistance de « terrorisme ». Aujourd’hui, vos autorités aussi s’engagent à suivre cette même voie. M. Abbas proclame qu’il va combattre les « terroristes du Hamas », au nom des « musulmans modérés ». Le but réel n’est-il pas de combattre la seule résistance anticoloniale qui existe encore en Palestine ? Omar Barghouti : Oui, mais le mouvement sioniste a joué un rôle clé pour promouvoir frénétiquement cette théorie du « choc des civilisations », fondée sur la fausse prémisse que le 11 septembre était un combat entre les musulmans et le reste du monde, entre l’Islam et la —ainsi nommée— civilisation « judéo-chrétienne ». Ce concept néoconservateur adopté par le sionisme a conquis une place prééminente à l’Ouest, malheureusement, et a influencé beaucoup d’Européens. Vous ouvrez n’importe quel journal européen de grande diffusion et vous y trouvez toujours quelque chose qui renforce le portrait des musulmans comme celui de « l’autre » diabolique. Les musulmans sont nonchalamment qualifiés de « terroristes ». On ne vous parle jamais de quoi que ce soit touchant la civilisation islamique. Ce dont on vous bombarde par l’image et le son, ce sont des musulmans en colère, hurlant, brûlant des drapeaux et soutenant Ben Laden. Sans aucun contexte. Et vous n’entendez jamais ces gens parler par eux-mêmes. Il y a toujours quelque sage expert occidental pour les interpréter, les expliquer, parler à leur place, les recréer. Bien sûr, certains de nos « leaders », affligés d’une mentalité d’esclave et dépourvus de vision et de principes, ont interiorisé ces concepts au point qu’ils en ont oublié que la vie existe en-dehors de cette misérable réduction. De leur point de vue, comme l’avait autrefois écrit le pédagogue brésilien Paulo Freire : être, c’est être comme l’oppresseur, Silvia Cattori : Mais cela n’est-il pas d’une redoutable efficacité pour amener l’opinion à craindre ces Arabes et musulmans contre lesquels Israël et les États-Unis mènent une guerre sans fin, et la conditionner de façon à ce qu’elle ne s’émeuve pas quand on les massacre ? Omar Barghouti : Dans ce « clash », tel qu’il est perçu, cet aspect religieux reste de surface. En profondeur, le conflit n’a rien à voir avec la religion. Il a à voir seulement avec le racisme, l’exploitation économique, et l’hégémonie. Bien sûr, en convaincre les Européens sera un long processus, parce que le 11 septembre a été pour eux un choc très traumatisant. Quels que soient ceux qui ont commis ces attentats, ils savaient ce qu’ils faisaient. C’était presque une prophétie qui se réalise elle-même pour créer la base de cette théorie du « choc des civilisations » de façon dramatique et criminelle. Mais je ne crois pas au « choc des civilisations ». Je crois que les peuples et les nations, dans leur riche diversité, ont beaucoup de choses qui les unissent, ont beaucoup en commun. Oui, ce racisme européen anti musulman, qui se développe —la véritable nouvelle forme de l’« antisémitisme » si vous voulez— est certainement un phénomène très dangereux. Les musulmans sont même considérés comme moins humains que les Juifs européens ne l’ont été dans le passé. Je vous donne un exemple avec les caricatures danoises, ces caricatures racistes contre l’Islam et le Prophète. J’ai écrit à ce sujet un article [7] où j’ai dit : imaginez qu’un caricaturiste danois fasse la même chose contre le judaïsme, que se passerait-il en Europe ? Hélas, beaucoup d’Européens ne voient pas les choses comme cela parce que, pour eux, c’est une chose tolérable aujourd’hui d’être raciste à l’égard des musulmans. Malgré tout, je ne vois pas cela comme un phénomène durable à long terme, en particulier parce que l’Holocauste a conduit les Européens à faire l’expérience traumatisante de l’abîme moral et physique où le racisme les avaient entraînés. Silvia Cattori : Comment avez-vous réagi quand vous avez appris que la Suisse avait organisé durant deux années des rencontres secrètes entre Palestiniens et Israéliens, qui ont abouti à ce que l’on a appelé « Initiative de Genève » ou « Accord de Genève » ? [8] Omar Barghouti : L’« Initiative de Genève » est en contradiction avec les exigences de base d’une juste paix. Elle ignore l’injustice fondamentale, le noyau de la cause palestinienne, qui est le déni israélien du droit inaliénable des réfugiés palestiniens à retourner, comme tout autre réfugié dans le monde, sur les terres et dans les maisons dont ils ont été chassés. Il est donc très surprenant que le gouvernement suisse, en particulier, qui est un défenseur conséquent du droit humanitaire international, ait accepté un tel accord qui viole ouvertement ce droit. Silvia Cattori : Ne pensez-vous pas que les diplomates suisses ont pu être naïfs, induits en erreur par ceux qui avaient un parti pris pro-israélien, comme M. Alexis Keller par exemple [9], et qui donnaient une orientation favorable à Israël ? Sinon, comment expliquer que l’on ait choisi, du côté palestinien, des négociateurs qui m’ont, dans l’ensemble, paru de peu de probité et qui, comme M. Yasser Abed-Rabbo, étaient prêts à appuyer tout ce qui plaisait à l’occupant ?

 

 

 

Omar Barghouti : Je n’ai jamais défendu les politiciens palestiniens corrompus qui placent leurs intérêts égoïstes au-dessus de tout. Mais, indépendamment de cela, il s’agit ici du droit international, et la Suisse n’a pas besoin de qui que ce soit pour le lui enseigner. Elle est dépositaire des Conventions de Genève. Son approbation de cette Initiative ne peut donc pas être de la naïveté. Elle a voulu faire plaisir aux États-Unis, à l’Union Européenne et à d’autres pouvoirs. Et je pense que le calendrier lui non plus n’était pas complètement innocent. Ce n’est pas entièrement lié, mais je pense qu’un des facteurs qui a poussé la Suisse à promouvoir cette initiative a été le scandale bancaire lié aux réparations de l’Holocauste soulevé par les États-Unis, et l’énorme action judiciaire introduite contre d’importantes banques suisses, portant sur des milliards de dollars de compensations financières. L’image de la Suisse a été ternie aux États-Unis et, naturellement, cela affecte les affaires. La Suisse vit du secteur bancaire, plus que de toute autre chose. Dès lors, quand la réputation de son secteur bancaire est ternie, en Occident, aux États-Unis et dans le reste de l’Europe, cela est très mauvais pour la Suisse. Connaissant bien la capacité à calmer l’orage du lobby israélien aux États-Unis, la Suisse était prête, à cette époque, à tout faire pour plaire à Israël, même s’il fallait pour cela mettre de côté quelques principes. Silvia Cattori : Lorsque des crimes d’une telle ampleur sont commis en Palestine, le temps presse, nul n’a droit à l’erreur. C’est pourquoi il est fort regrettable que durant ces longues années de liquidation de la Résistance palestinienne on ait surtout donné la parole, dans le mouvement de solidarité, à des intervenants qui, certes, condamnaient l’occupation, mais qui par ailleurs soutenaient des solutions racistes, inacceptables pour le peuple palestinien, alors qu’ils auraient dû soutenir des mesures efficaces de lutte, comme le boycott d’Israël.
N’avez-vous pas le droit aujourd’hui de blâmer ceux qui ont dénaturé votre cause en n’insistant pas sur le droit inaliénable des réfugiés, qui ont toujours apporté leur appui à l’Autorité palestinienne issue d’Oslo en disant qu’elle représentait le peuple « qui luttait contre l’occupant », et qui continuent de prétendre que l’occupation commence en 1967 et non pas dès 1948 ?
Omar Barghouti : À quoi cela servirait-il de les accuser de trahison ? Je dis ce que j’ai à dire, mais je ne veux pas dénoncer ; je veux convaincre les gens d’aller de l’avant, d’abandonner les vieux slogans inefficaces du mouvement de solidarité et d’aller dans une nouvelle direction, en accord avec ce à quoi appelle la société civile palestinienne. Ainsi, au lieu de condamner les leaders de la solidarité, je veux juste leur dire : peut-être que vous avez été mal informés, peut-être que vous avez été trompés par la propagande israélienne parfois répétée par des perroquets palestiniens, peut-être que vous vous êtes fixés sur certains slogans que vous avez si souvent répétés qu’ils en sont presque devenus constitutifs de votre perspective. Le slogan « Deux États pour deux peuples » est devenu un dogme. Et le mouvement de solidarité est largement tombé dans ce dogme consolidé. Nous devons donc mettre en cause cette doctrine et entraîner les gens avec nous plutôt que de nous les aliéner. Et, selon mon expérience, beaucoup de gens connaissent une transformation et une radicalisation lorsqu’ils se trouvent confrontés à des faits, à des arguments rationnels et à une vision morale imposant le respect. Lorsque vous vous asseyez avec eux et que vous les gagnez à votre cause, vous vous apercevez que beaucoup de gens sont fondamentalement honnêtes. Ils sont sincères, ils nous aiment, ils soutiennent la justice, ils veulent la paix, mais ils sont simplement mal informés parce qu’ils ont entendu tant d’orateurs, palestiniens aussi, qui sont venus leur dire : « Deux États pour deux peuples, c’est ce que les Palestiniens veulent ». Silvia Cattori : Dans cette situation d’asymétrie, cela doit être réconfortant pour vous de voir que de plus en plus de gens se dressent et n’ont pas peur d’appeler par leur nom les violations des droits humains par Israël, comme vient de le faire le Rapporteur Spécial auprès du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés, M. John Dugard [10]. Quel message auriez-vous à lui transmettre ?

 

 

 

Omar Barghouti : Le Professeur Dugard est un juriste et un homme de principes courageux qui nous inspire. J’ai quelque chose de très clair à lui dire. Dans son dernier rapport sur les « territoires occupés », il a utilisé pour la première fois le mot d’« apartheid » pour décrire les politiques d’Israël ; il a écrit : « Certaines politiques de l’occupation israélienne ressemblent à l’apartheid ». Ce n’est pas un constat mineur venant d’un homme de la stature de M. John Dugard. Ce que je voudrais lui dire est ceci : s’il vous plaît, continuer à pousser dans cette direction parce que l’ONU dispose déjà des résolutions qui indiquent comment traiter l’apartheid, où que ce soit dans le monde. L’apartheid est un crime de portée générale. Il ne s’agissait pas que de l’Afrique du Sud. Maintenant, nous avons un précédent, nous n’avons pas à réinventer la roue. Tout ce dont nous avons besoin est de justifier et de populariser ce diagnostic qui qualifie Israël d’Etat d’apartheid. Bien qu’Israël soit, dans divers domaines, très différent de l’Afrique du Sud de l’apartheid —bien pire selon Desmond Tutu et quelques autres— ils ont suffisamment en commun pour justifier la comparaison. Après tout, jamais deux patients ne développent exactement les mêmes symptômes sous l’effet de la même maladie. Si Israël est jugé coupable de pratiquer l’apartheid, il y a des instruments du droit international, comme les sanctions, qui peuvent être appliqués par les Nations Unies pour le traiter. Silvia Cattori : N’auriez-vous pas souhaité que M. Dugard dise carrément qu’il s’agit « d’apartheid », et non de quelque chose qui « ressemble » à de l’apartheid ? Omar Barghouti : M. Dugard est un diplomate. Nous apprécions énormément qu’il ait eu le courage et la clarté morale de mentionner le mot très lourd de sens qu’est le terme « apartheid ». Vous ne pouvez pas attendre d’un fonctionnaire de l’ONU qu’il soit le premier à le dire de cette façon. C’est à nous, les Palestiniens d’être les premiers à le dire de cette manière, à le prouver, et à l’imposer. Le mouvement de solidarité doit le dire. Et ensuite, peut-être, l’ONU. On ne peut pas attendre grand-chose des Nations Unies en ce moment, particulièrement avec le nouveau Secrétaire Général, un médiocre bureaucrate à mon avis, qui se comporte comme s’il était un employé junior payé par le Département d’Etat états-unien. Mais les Nations Unies demeurent le seul forum où nous ayons quelque espoir de faire valoir nos droits selon la loi internationale. Je ne soutiens pas ceux qui disent qu’il nous faut passer par-dessus l’ONU, ou l’ignorer. Qu’avons-nous d’autre ? Aussi partiale et soumise aux intérêts états-uniens que l’ONU soit devenue, il y a encore place pour des réformes, pour la rendre plus sensible et la faire mieux répondre aux aspirations de l’humanité, et particulièrement à celles des peuples opprimés du Sud, y compris les Palestiniens. C’est toutefois une longue marche. Silvia Cattori : Les autorités israéliennes ont systématiquement rejeté les rapports de M. Dugard. J’étais présente aux Nations Unies, à Genève, quand l’Ambassadeur israélien a exprimé devant un parterre de diplomates, en des termes très humiliants, son désaccord officiel avec le rapporteur. Il l’a accusé de dire des mensonges, de faire des déclarations agressives et biaisées. Avez-vous été surpris par cette réaction ? Omar Barghouti : C’est la tactique à laquelle recourent de plus en plus les officiels israéliens et ceux qui les soutiennent ; ils ne se donnent plus la peine de convaincre, ni d’argumenter. Voyez, maintenant, ce qu’ils font aux États-Unis et en Grande-Bretagne : ils suppriment tout débat sur la politique israélienne ; le débat est tout simplement trop dangereux pour eux. Il ouvre l’esprit des gens. C’est précisément pourquoi nous nous battons pour le débat. Il ne devrait pas être acceptable, dans des sociétés qui se définissent elles-mêmes comme démocratiques, que le débat sur Israël – seulement sur Israël - soit censuré ou délégitimé. Silvia Cattori : Après la publication de son livre, qui dénonce l’apartheid pratiqué par Israël, avez-vous pris contact avec l’ancien Président Jimmy Carter ? [11] Omar Barghouti : Beaucoup de gens ont envoyé des lettres de soutien à Carter, mais les puissants groupes de pression sionistes ont mobilisé contre lui tout l’establishment des États-Unis. Maintenant, M. Carter, un ancien Président et également lauréat du Prix Nobel de la Paix , n’est plus interviewé à la télévision sur les grandes chaînes américaines ou dans les grands journaux. M. Carter a besoin d’une aide bien plus importante que celle de nos plus cordiaux remerciements. Silvia Cattori : Comment avez-vous réagi quand M. Bush a proposé M. Tony Blair comme « homme de paix » ? Omar Barghouti : M. Tony Blair ne fera rien pour aider à instaurer la paix ou la justice. Beaucoup de citoyens britanniques l’accusent, de façon convaincante, d’être un opportuniste malhonnête et un laquais des États-Unis. Je sympathise avec ces deux définitions. A mon avis, il n’a pas non plus la vision et le courage requis pour faire quoi que ce soit de significatif pour une juste paix. Silvia Cattori : Qu’avez-vous pensé de la conférence d’Annapolis qui s’est tenue aux États-Unis en novembre 2007 ? Omar Barghouti : En insistant sur le fait que les « négociateurs » palestiniens doivent reconnaître Israël comme « État Juif », Israël a vraiment donné un coup de pied dans les côtes du lion endormi, pour reprendre la métaphore utilisée par Uri Avnery – avec lequel, par ailleurs, je suis en complet désaccord. L’insistance imprudente et entêtée d’Ehud Barak au cours des discussions de Camp David II [12], en 2000, pour amener Yasser Arafat à renoncer au droit au retour des réfugiés palestiniens, avait provoqué un réel réveil de la communauté des réfugiés qui avait conduit à une mobilisation massive et à une pression concertée sur Arafat pour qu’il ne cède pas. Et, en effet, il a été tué sans avoir abandonné ce droit. Cette fois, il y avait deux lions auxquels Israël a donné un coup de pied dans les côtes en demandant une acceptation palestinienne officielle de son droit à exister comme État Juif : le même énorme lion représentant les réfugiés, et un plus petit, d’ordinaire beaucoup moins féroce, représentant la communauté palestinienne à l’intérieur d’Israël, c’est-à-dire environ 1,5 million de Palestiniens indigènes de citoyenneté israélienne qui ont été jusqu’ici complètement marginalisés, et mis de côté dans toutes les « négociations », visant à mettre fin à ce conflit colonial. Ehud Olmert et l’actuelle élite politique israélienne se sont montrés, en préparant Annapolis, aussi obtus que leurs prédécesseurs. C’est apparemment le prix qu’Israël doit payer pour être le champion du monde dans le recyclage des vieux dirigeants ! Tous les dirigeants israéliens qui accèdent au pouvoir (à l’exception de ceux qui décèdent ou qui sont assassinés par des colons israéliens d’extrême droite) se trouvent rapidement discrédités et empêtrés dans des scandales de toutes sortes : sexuels, financiers, crimes de guerre, etc. Ils ne tombent dans l’oubli que pour être réincarnés et réinventés quelques années plus tard en nouvel « espoir » d’une nation égarée, et se voient miraculeusement réélus avec un score respectable ! Les Israéliens ne souffrent pas seulement d’amnésie sélective ; ils sont véritablement en faillite au niveau du leadership. Un autre point important au sujet d’Annapolis est que Mahmoud Abbas n’a aucun mandat pour abandonner quoi que ce soit de significatif. Il n’est pas Arafat. Il est dépourvu de passé historique dans la lutte contre Israël. Sa popularité, quoique plus grande que les pathétiques 3 % dont est crédité Olmert, est néanmoins bien triste. Il manque dramatiquement de vision, à mon avis. Le Hamas contrôle Gaza, ce qui l’affaiblit encore. En bref, il n’est pas un leader capable de régler les « affaires » et de fournir les « produits » exigés par Israël et les États-Unis. Il va beaucoup parler, voyager encore plus, essayer d’apparaître courageux, mais il va flancher. Avec la disparition d’Arafat, Israël a perdu sa dernière occasion de pousser la solution des deux États, qui est de toute façon une solution injuste et immorale. Pas de regrets. La solution « Un seul État », l’alternative morale, n’est plus vue comme une idée utopique ; elle est de plus en plus étudiée et présentée comme une possibilité sérieuse planant dans les airs au-dessus de tous ces « négociateurs ». Voyez plutôt le récent avertissement lancé par Olmert dans le journal Ha’aretz : que, si le processus d’Annapolis échoue, Israël va se diriger vers l’apartheid (comme si cela n’avait pas déjà commencé !) Le processus d’Annapolis ne peut qu’échouer. Il ne s’attaque pas aux racines du conflit et ne promet ni justice ni égalité. Silvia Cattori : Que ressentez-vous quand vous voyez vos représentants politiques, faire le même travail que les occupants israéliens ? Omar Barghouti : Je les condamne absolument. C’est une honte pour l’Autorité palestinienne (AP) de jouer le rôle de sous-contractant des occupants en les déchargeant de certains de leurs fardeaux coloniaux. Silvia Cattori : Est-ce là l’opinion de la majorité des Palestiniens ? Omar Barghouti : Je suis certain que la majorité des Palestiniens dénoncent la complicité de l’AP à un degré ou à un autre. Presque tous ceux que je connais, universitaires, intellectuels, travailleurs culturels, artistes, etc.., ne pardonnent pas les arrestations illégales et arbitraires de militants dissidents par les forces de l’AP, par exemple, ou le rôle de l’AP pour disculper Israël. Silvia Cattori : Pour la majorité des Palestiniens, les membres du Hamas ne sont donc pas des « terroristes » mais des citoyens ordinaires ? Omar Barghouti : Ils ont été élus démocratiquement. Arrêter des gens parce qu’ils résistent à l’occupation est une honte. Ils n’ont pas violé les lois palestiniennes ; ils résistent à l’occupation israélienne. En fait, Israël veut que l’Autorité palestinienne lui serve de policier, fasse le travail pour lui. Silvia Cattori : Hors de Palestine, les choses ne sont pas simples non plus. Pendant longtemps, ceux qui voulaient parler du « lobby pro-israélien », du boycott, ou d’apartheid israélien, étaient écartés du débat, vilipendés par les responsables de la solidarité. N’est-ce pas là une manière de protéger Israël ? Si non, comment expliquer que la gauche, la plupart des responsables de la solidarité, n’aient jamais voulu que l’on mette Israël sur le même plan que l’Afrique du Sud de l’apartheid, et se soient toujours montrés si réticents à qualifier Israël d’État d’apartheid [13] ? Le peu d’écho donné à vos appels à boycotter Israël depuis 2004, vous a-t-il surpris ?

 

 

 

Omar Barghouti : Dans le mouvement de solidarité, certains « sionistes soft » font tout ce qu’ils peuvent pour dire « non, Israël ne pratique pas l’apartheid », parce qu’ils savent exactement ce qu’un tel mot signifie. Il peut très bien conduire à des sanctions et à un vaste éventail international de boycotts. Punir l’apartheid, beaucoup de gens dans le monde savent comment le faire. Et les « sionistes soft » l’ont compris. Ils ont compris qu’il s’agit là d’une arme bien plus puissante, bien plus efficace que toutes les armes palestiniennes. Les Palestiniens peuvent bien développer indéfiniment leurs « Quassam » (roquettes artisanales), elles ne frapperont jamais Israël autant qu’une campagne soutenue de boycott, une campagne non-violente de boycott, de désinvestissement et de sanctions à la sud africaine, en Europe, aux États-Unis, au Canada, etc. Silvia Cattori : Vous avez participé à une tribune consacrée au thème “Ethnos et religion : le cas d’Israël” [14]. N’avez-vous pas le sentiment que dans ce genre de rencontres on évite soigneusement de débattre de ce qui est le cœur du problème : le nationalisme sioniste, l’idéologie raciste ?

 

 

 

Omar Barghouti : A la conférence du « Festival Storia », il s’agit vraiment d’un débat ; ce n’est pas destiné à être une tribune harmonieuse. C’est un vrai débat entre différents points de vue. Silvia Cattori : Est-il difficile de vous trouver à la tribune avec des intervenants qui peuvent, certes, dénoncer les crimes d’Israël, mais qui ne remettent pas vraiment en cause la nature de cet État, et qui ne partagent pas toujours vos positions, au sujet du boycott, par exemple M. Michel Warschawsky ?
Des Palestiniens de citoyenneté israélienne qui, eux, vivent l’oppression coloniale et le racisme sioniste au sein même de l’État d’Israël, ne seraient-ils pas mieux qualifiés pour parler de ce qu’ils subissent dans leur chair à cause du racisme israélien ?
Omar Barghouti : Non, cela ne me dérange pas, parce que M. Warschawsky se définit lui-même comme un « antisioniste » et qu’il soutient la plupart des droits des Palestiniens. Nous sommes en désaccord avec lui sur les tactiques ; nous sommes en désaccord sur la façon de défendre certains droits. Mais il n’y a pas d’inconvénients à partager une tribune avec lui pour débattre des moyens de mettre fin à l’oppression israélienne. Je ne partagerais pas une tribune avec un représentant d’une institution israélienne qui ne prend pas position sur l’occupation, par exemple, ou qui ne soutient pas les droits des Palestiniens. Avec Michel Warschawsky, c’est un débat. Je le respecte, mais nous sommes en très grand désaccord sur le sujet du débat, à savoir le rôle de la religion et de l’ethnicité dans le racisme israélien. Nous avons besoin de rassembler toutes les forces. Nous devons donc faire la distinction entre les gens avec lesquels nous sommes en désaccord sur les tactiques, et les gens qui sont de vrais ennemis avec lesquels nous sommes en désaccord sur les principes essentiels de justice, de droit international, et sur le principe suprême d’égalité. Nous pouvons être en désaccord avec des gens sur la manière de mettre fin à l’injustice, ou même sur les formes d’injustice contre lesquelles nous devons nous battre ; mais nous devrions maintenir ce désaccord dans son contexte, comme un désaccord entre gens qui s’entendent sur un objectif clé : mettre fin à l’injustice. Notre principal combat est contre ceux qui soutiennent aveuglément Israël et s’opposent même à la fin de l’occupation. Il faut donc faire cette distinction. Cela ne signifie pas être naïfs et accepter que certaines limites artificielles soient posées au débat. Comme Palestinien, je ne peux accepter que quiconque, dans le mouvement de solidarité, me dise ce que je suis autorisé et ce que je ne suis pas autorisé à proposer ou à défendre. C’est nous qui décidons ce qui est autorisé. Même les gens qui ont des principes très solides dans le mouvement de solidarité avec les Palestiniens sont nos partenaires, nos camarades, mais ils ne sont pas « nous ». Ils ne devraient pas parler à notre place comme si nous avions cessé d’exister. Silvia Cattori : Mais c’est en grande partie ce qui se passe ! La voix des Palestiniens qui ont une vision comme la vôtre, est toute petite dans le débat. Les positions du « camp de la paix israélien » représentent une grande voix dans le débat en Europe. Une voix qui aime à dénoncer l’occupation mais ne tolère pas que l’on puisse toucher à la nature de l’« État juif » ». N’est-ce pas cette voix qui définit, de facto, les limites du débat en soutenant des solutions qui assurent à Israël la « suprématie juive » en Palestine ? Votre voix à vous est presque inaudible !
En France, par exemple, ce sont des organisations traditionnelles, travaillant avec les représentants de l’Autorité palestiniennes qui décident qui sont les « vrais amis » de la Palestine et qui non. Leurs publications émanent en grande majorité d’auteurs appartenant au « camp de la paix israélien », et de ceux qui, en Europe, travaillent avec eux [
15]. C’est la même chose dans les meetings. Les Palestiniens qui sont représentatifs de la résistance contre l’occupant, ne devraient-ils pas avoir une plus grande place ?

 

 

Interview d'Omar Barghouti, faite par Silvia Cattori

Interview d'Omar Barghouti, faite par Silvia Cattori : Aucun Etat n'a le droit d'exister comme Etat raciste

 

 On continue à entendre, à la radio (FR. Culture, Inter, RFI), des phrases du style : "Hier 7 (par exemple) Palestiniens ont trouvé la mort (par exemple) à Gaza".

 

En Palestine, les gens trouvent la mort... Ils cherchaient à aller à l'école, à la fac, au boulot (pour ceux qui en ont encore), aux  champs (pareil), au marché faire leurs courses pour ce qui reste à acheter, ils dormaient chez eux,  et caetera... 

 

Et ils ont trouvé la mort.

 

C'est ce qu'on appelle en linguistique un euphémisme, et en déontologie du journalisme une honte.

 

Omar Barghouti appartient à cette nouvelle génération d’intellectuels Palestiniens qui n’ont jamais adhéré à la solution « Deux peuples, deux États » et qui appellent au boycott, au désinvestissement, et à des sanctions à l’égard d’Israël. Partisan d’un État laïque et démocratique, où Palestiniens et Israéliens partageraient des droits égaux après que les injustices historiques aient été corrigées et que les droits des réfugiés aient été respectés, il a accordé un entretien au Réseau Voltaire dans lequel il exprime le décalage entre son peuple et ses dirigeants internationalement reconnus.

 

Dans cet entretien, il a notamment répondu aux questions suivantes.

 

Peut-on établir un dialogue et promouvoir une « normalisation » entre occupants et occupés, s’il n’y a pas de rapports d’égalité ?

 

La solidarité doit-elle continuer de travailler avec les représentants de l’Autorité palestinienne, une minorité de privilégiés qui collaborent avec l’occupant ?

 

Doit-elle continuer de calquer ses orientations sur celles du « camp de la paix israélien », dont le désir d’en finir avec l’occupation est bien réel, mais dont la préoccupation, consciente ou inconsciente, est avant tout de préserver Israël en tant qu’État juif ?

 

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Silvia Cattori : J’ai eu le privilège d’entendre la conférence que vous avez donnée à Milan le 8 octobre 2007 [1]. Votre analyse de la situation en Palestine rompt avec les orientations qui sont généralement véhiculées, y compris au sein du mouvement de solidarité. Avez-vous eu le sentiment que le public italien est réceptif à vos positions ?

 

Omar Barghouti : Je suis venu en Italie, en mars 2007, pour une tournée au cours de laquelle j’ai parlé sur différents sujets. Art et répression est l’un d’entre eux. J’ai également parlé de la solution « un seul État », ainsi que du boycott d’Israël [2]. Un mouvement est en train de se développer en Italie, qui comprend qu’il est nécessaire d’exercer une pression efficace sur Israël et qu’il n’est plus acceptable de continuer à se limiter à des actions de solidarité traditionnelles telles que manifestations, rédaction de lettres, etc. À l’évidence, de telles manifestations traditionnelles de solidarité ne pourront pas, à elles seules, faire bouger Israël, car elles n’aggravent en rien le prix politique à payer par Israël pour son occupation et son oppression des Palestiniens. Les Européens peuvent bien manifester autant qu’ils le veulent, Israël s’en moque. Je pense que de plus en plus d’Italiens s’en rendent compte.

 

Faire progresser cette prise de conscience est assurément une chose importante qui devrait se poursuivre, aussi longtemps que le conflit colonial continue. Mais cela n’est plus suffisant.

 

Après le 11 septembre 2001, Israël est devenu beaucoup plus belliqueux qu’auparavant. Aujourd’hui, il se préoccupe vraiment très peu de l’opinion publique internationale, alors qu’il était très sensible à l’opinion publique occidentale durant les années soixante-dix, quatre-vingt, et même quatre vingt-dix. En ce vingt et unième siècle, Israël devient de moins en moins sensible à l’opinion publique à cause de son immense pouvoir et de son influence sans égale sur Washington, qui reste, politiquement, le maître des Européens. Voici comment il voit les choses : « Puisque Washington est à nos côtés, pourquoi nous préoccuper des Européens ? »

 

Pour donner un exemple : lorsque la Belgique a voulu mettre Ariel Sharon en jugement pour son rôle dans les massacres de Sabra et Chatila à Beyrouth en 1982, Mme Condoleezza Rice a menacé, en réponse, le Ministre belge des Affaires étrangères de retirer du pays le siège de l’OTAN, parmi d’autres mesures drastiques. Dans les jours qui ont suivi, le jugement a été renversé et le tribunal n’a jamais convoqué Ariel Sharon. Il y a eu des pressions du même genre sur l’Allemagne et la France à la suite du conflit avec l’Europe touchant la guerre en Irak en 2003.

 

Israël a compris que sa vaste influence sur le Congrès se traduit en une influence substantielle, quoiqu’indirecte, sur l’Europe. De ce fait, Israël ne se préoccupe pas particulièrement de l’opinion publique européenne.

 

De plus en plus d’Italiens se rendent compte qu’il est maintenant temps d’exercer une pression efficace sur Israël ; que l’on ne peut plus se contenter de dire « méchants garçons, vous faites de vilaines choses ».

 

Silvia Cattori : Le Wall Street Journal a écrit récemment : « Le rêve qu’était la Palestine est finalement mort » [3]. Comment réagissez-vous à cette affirmation ?

 

Omar Barghouti : Je pense que c’est là, prendre ses désirs pour des réalités. Les néoconservateurs qui contrôlent le Wall Street Journal sont en passe de finir dans les poubelles de l’Histoire après tous leurs échecs en Irak et en Afghanistan. Ils voudraient bien croire que les « Palestiniens sont finis ». Je pense, que ce sont eux qui sont finis. Cela va prendre sans doute un peu de temps, mais je crois honnêtement que leur croisade s’est révélée criminelle et futile et que leurs arguments ont été réfutés.

 

Leur grand dessein idéologique qui était censé commencer en Irak —déployer son effet domino tout au travers des régions pétrolières arabes et leur permettre de contrôler le monde— s’est fracassé. Leur vision a été dénoncée comme fondamentalement raciste, dogmatique et profondément erronée. Grâce principalement à la résistance en Irak, au Liban et en Palestine, cette vision néoconservatrice de l’empire est en voie d’être définitivement défaite.

 

Silvia Cattori : Comment jugez-vous ceux de vos dirigeants qui collaborent avec l’occupant ?

 

Omar Barghouti : Ceux qui, parmi les leaders palestiniens collaborent avec l’occupation font assurément partie du problème, et pas de la solution. Je les condamne dans les termes les plus vigoureux. J’ai exprimé publiquement ma position à ce sujet lorsque le Hamas a pris le contrôle de Gaza [4]. Bien que je sois très critique à l’égard du Hamas pour différentes raisons, je reconnais que la majorité des Palestiniens sous occupation l’ont démocratiquement élu pour les gouverner et mener la lutte pour la liberté et l’autodétermination. Le monde doit respecter ce choix palestinien démocratique, bien qu’un tiers seulement des Palestiniens aient participé à ces élections. Les deux autres tiers incluant les réfugiés palestiniens dispersés dans le monde et les Palestiniens de citoyenneté israélienne, n’ont même pas été considérés.

 

Ce serait aux Palestiniens de demander des comptes au Hamas s’il manque à gouverner convenablement ou a réaliser les droits des Palestiniens, pas à l’Amérique, pas à l’Europe, et certainement pas à Israël.

 

Certains dirigeants politiques palestiniens se font les complices du pouvoir colonial et raciste d’Israël d’une façon insidieuse. Au lieu d’une approbation ouverte de l’occupation, leur rôle est de donner au monde la fausse impression qu’il s’agit essentiellement d’une dispute ; et que l’on peut s’asseoir pour la négocier gentiment, en Suisse ou ailleurs. Ils masquent de ce fait la réalité, à savoir qu’il s’agit d’un conflit colonial nécessitant une lutte massive sur le terrain et l’appui d’une pression internationale soutenue pour en venir à bout.

 

L’utilisation de ce terme « dispute » est un vrai désastre qui nous a affligés depuis les Accords d’Oslo [5]. En fait, tout cela a commencé avec les pourparlers de Madrid, avant Oslo ; mais le « processus d’Oslo » a été le coup le plus dévastateur pour la lutte palestinienne d’autodétermination, parce qu’il a conduit à un glissement de paradigme : d’une lutte d’un peuple opprimé contre ses occupants et colonisateurs, à une dispute entre deux groupes nationaux avec des droits et des revendications morales conflictuels mais symétriques.

 

Silvia Cattori : Dès lors, comment expliquer que, en dépit du fait que toutes les négociations avec Israël n’ont apporté que plus de malheurs aux Palestiniens, des personnalités comme MM. Erekat, Abbas, Rabbo [6], poursuivent ce « processus de paix » et poursuivent obstinément dans cette même voie ? Quel espoir les Palestiniens peuvent-ils avoir face à cette situation ?

 

Omar Barghouti : Si vous prenez l’exemple de l’Afrique du Sud, les années les plus répressives de l’apartheid furent les années qui ont précédé sa fin ; non pas les années 60 ou 70, mais la fin des années 80 et le début des années 90. L’apartheid a atteint le sommet de son pouvoir, le sommet de la répression, juste avant de s’effondrer. Ainsi, en ce moment où le mouvement sioniste a tant d’influence dans le monde, je ne vois pas cela comme la fin de la question palestinienne.

 

Au contraire, je le vois comme le début de la fin du sionisme. Israël et le sionisme ont perdu tout le respect et l’admiration dont ils ont joui autrefois au niveau international. Ils sont en train de devenir rapidement des parias. Israël, un Etat dont les incessantes actions de purification ethnique et de déshumanisation criminelle des Palestiniens se font de façon plus ou moins ouvertes, n’a plus recours aujourd’hui qu’à la brutalité, au terrorisme intellectuel, et à l’intimidation vis-à-vis de la communauté internationale et des autorités élues de l’Ouest, pour atteindre ses objectifs. Les peuples du monde n’aiment pas et ne soutiennent pas le sionisme, comme l’ont montré plusieurs sondages récents ; ils ont simplement peur du sionisme, et cela fait une énorme différence.

 

Dans les années cinquante et soixante du siècle dernier, les Européens aimaient Israël –pays du « Kibboutz » présenté sous des couleurs romantiques- comme le ferment de la « démocratie libérale » dans une région affligée par l’autocratie et « l’arriération ». Les Européens, après tout, ont aidé à construire Israël de plus d’une façon ; et ils le voyaient, dès lors, comme leur « enfant » au milieu de cette « mer barbare d’Arabes ». Israël était perçu comme l’entité blanche, éclairée, civilisée, au sein d’une « jungle peuplée d’indigènes du Sud, de couleur et indisciplinés ».

 

Et, alors que beaucoup d’Européens doivent encore se libérer de cette attitude coloniale et raciste à l’égard des Arabes, Israël ne jouit plus aujourd’hui que de très peu de sympathie, en Europe ou n’importe où dans le monde. Israël a des protégés qui sont très bien payés et des groupe de pression politiques extrêmement efficaces qui sont très bien rodés. Avec de tels outils, il a réussi à imposer son discours, sa ligne politique, dans les médias européens dominants, les parlements et les milieux de pouvoir.

 

Comme leurs homologues états-uniens, les responsables politiques européens sont aujourd’hui confrontés au dur choix de suivre la ligne dictée par Israël, ou de briser leur carrière, et souvent aussi leur réputation. La complicité des Européens dans le maintien de l’occupation et de l’oppression israélienne est obtenue par la menace, l’intimidation, la brutalité, et pas par la persuasion. C’est là, sur le plan historique, la perte la plus significative du sionisme. Il a gaspillé la sympathie dont il jouissait autrefois, et complètement perdu sa capacité de toucher les cœurs et les esprits, même en Occident. Le sionisme maintenant obtient ce qu’il veut seulement par la trique.

 

Mais combien de temps les gens resteront-ils effrayés et intimidés ? À la fin, ils se révoltent —si ce n’est pour notre intérêt, au moins pour sauvegarder leur liberté, leur dignité, et leur sens de la justice—. Je parle ici des citoyens européens et états-uniens qui jouissent de droits démocratiques établis, et pas des peuples appauvris du Sud qui manquent de moyens pour effectuer des changements.

 

Vous les Européens, êtes des peuples qui vivent dans une relative démocratie –et elle est très relative ; vous vivez dans le bien être sur le plan économique ; vous pouvez faire valoir votre voix dans des élections régulières et vous pouvez l’utiliser pour provoquer un changement, mais il va falloir, pour vous réveiller, un bruyant appel du Sud néo-colonisé qui réaffirmera sa volonté et sa demande de justice, de développement durable, et de réparation pour des siècles de domination coloniale. Les citoyens européens peuvent être résolument convaincus de rejeter leur héritage colonial et de reprendre le contrôle de leurs destinées des mains de leurs élites dirigeantes défaillantes qui les ont pris en otage et trahissent de plus en plus leurs intérêts. Mais cela va demander un grand travail de conscientisation, et beaucoup de campagnes de persuasion, à petite échelle, mais soutenues et susceptibles de s’amplifier graduellement. Ce travail de fond est crucial et indispensable pour combler le fossé Nord-Sud, pas seulement sur le plan économique, mais également sur le plan conceptuel et culturel.

 

Silvia Cattori : Vous, les Palestiniens, savez mieux que quiconque que les États-Unis et Israël se sont servis des attentats du 11 septembre 2001 pour qualifier toute résistance de « terrorisme ». Aujourd’hui, vos autorités aussi s’engagent à suivre cette même voie. M. Abbas proclame qu’il va combattre les « terroristes du Hamas », au nom des « musulmans modérés ». Le but réel n’est-il pas de combattre la seule résistance anticoloniale qui existe encore en Palestine ?

 

Omar Barghouti : Oui, mais le mouvement sioniste a joué un rôle clé pour promouvoir frénétiquement cette théorie du « choc des civilisations », fondée sur la fausse prémisse que le 11 septembre était un combat entre les musulmans et le reste du monde, entre l’Islam et la —ainsi nommée— civilisation « judéo-chrétienne ». Ce concept néoconservateur adopté par le sionisme a conquis une place prééminente à l’Ouest, malheureusement, et a influencé beaucoup d’Européens.

 

Vous ouvrez n’importe quel journal européen de grande diffusion et vous y trouvez toujours quelque chose qui renforce le portrait des musulmans comme celui de « l’autre » diabolique. Les musulmans sont nonchalamment qualifiés de « terroristes ». On ne vous parle jamais de quoi que ce soit touchant la civilisation islamique. Ce dont on vous bombarde par l’image et le son, ce sont des musulmans en colère, hurlant, brûlant des drapeaux et soutenant Ben Laden. Sans aucun contexte. Et vous n’entendez jamais ces gens parler par eux-mêmes. Il y a toujours quelque sage expert occidental pour les interpréter, les expliquer, parler à leur place, les recréer.

 

Bien sûr, certains de nos « leaders », affligés d’une mentalité d’esclave et dépourvus de vision et de principes, ont interiorisé ces concepts au point qu’ils en ont oublié que la vie existe en-dehors de cette misérable réduction. De leur point de vue, comme l’avait autrefois écrit le pédagogue brésilien Paulo Freire : être, c’est être comme l’oppresseur,

 

Silvia Cattori : Mais cela n’est-il pas d’une redoutable efficacité pour amener l’opinion à craindre ces Arabes et musulmans contre lesquels Israël et les États-Unis mènent une guerre sans fin, et la conditionner de façon à ce qu’elle ne s’émeuve pas quand on les massacre ?

 

Omar Barghouti : Dans ce « clash », tel qu’il est perçu, cet aspect religieux reste de surface. En profondeur, le conflit n’a rien à voir avec la religion. Il a à voir seulement avec le racisme, l’exploitation économique, et l’hégémonie. Bien sûr, en convaincre les Européens sera un long processus, parce que le 11 septembre a été pour eux un choc très traumatisant. Quels que soient ceux qui ont commis ces attentats, ils savaient ce qu’ils faisaient. C’était presque une prophétie qui se réalise elle-même pour créer la base de cette théorie du « choc des civilisations » de façon dramatique et criminelle. Mais je ne crois pas au « choc des civilisations ». Je crois que les peuples et les nations, dans leur riche diversité, ont beaucoup de choses qui les unissent, ont beaucoup en commun.

 

Oui, ce racisme européen anti musulman, qui se développe —la véritable nouvelle forme de l’« antisémitisme » si vous voulez— est certainement un phénomène très dangereux. Les musulmans sont même considérés comme moins humains que les Juifs européens ne l’ont été dans le passé. Je vous donne un exemple avec les caricatures danoises, ces caricatures racistes contre l’Islam et le Prophète. J’ai écrit à ce sujet un article [7] où j’ai dit : imaginez qu’un caricaturiste danois fasse la même chose contre le judaïsme, que se passerait-il en Europe ? Hélas, beaucoup d’Européens ne voient pas les choses comme cela parce que, pour eux, c’est une chose tolérable aujourd’hui d’être raciste à l’égard des musulmans.

 

Malgré tout, je ne vois pas cela comme un phénomène durable à long terme, en particulier parce que l’Holocauste a conduit les Européens à faire l’expérience traumatisante de l’abîme moral et physique où le racisme les avaient entraînés.

 

Silvia Cattori : Comment avez-vous réagi quand vous avez appris que la Suisse avait organisé durant deux années des rencontres secrètes entre Palestiniens et Israéliens, qui ont abouti à ce que l’on a appelé « Initiative de Genève » ou « Accord de Genève » ? [8]

 

Omar Barghouti : L’« Initiative de Genève » est en contradiction avec les exigences de base d’une juste paix. Elle ignore l’injustice fondamentale, le noyau de la cause palestinienne, qui est le déni israélien du droit inaliénable des réfugiés palestiniens à retourner, comme tout autre réfugié dans le monde, sur les terres et dans les maisons dont ils ont été chassés.

 

Il est donc très surprenant que le gouvernement suisse, en particulier, qui est un défenseur conséquent du droit humanitaire international, ait accepté un tel accord qui viole ouvertement ce droit.

 

Silvia Cattori : Ne pensez-vous pas que les diplomates suisses ont pu être naïfs, induits en erreur par ceux qui avaient un parti pris pro-israélien, comme M. Alexis Keller par exemple [9], et qui donnaient une orientation favorable à Israël ? Sinon, comment expliquer que l’on ait choisi, du côté palestinien, des négociateurs qui m’ont, dans l’ensemble, paru de peu de probité et qui, comme M. Yasser Abed-Rabbo, étaient prêts à appuyer tout ce qui plaisait à l’occupant ?

 

Omar Barghouti : Je n’ai jamais défendu les politiciens palestiniens corrompus qui placent leurs intérêts égoïstes au-dessus de tout. Mais, indépendamment de cela, il s’agit ici du droit international, et la Suisse n’a pas besoin de qui que ce soit pour le lui enseigner. Elle est dépositaire des Conventions de Genève. Son approbation de cette Initiative ne peut donc pas être de la naïveté. Elle a voulu faire plaisir aux États-Unis, à l’Union Européenne et à d’autres pouvoirs. Et je pense que le calendrier lui non plus n’était pas complètement innocent.

 

Ce n’est pas entièrement lié, mais je pense qu’un des facteurs qui a poussé la Suisse à promouvoir cette initiative a été le scandale bancaire lié aux réparations de l’Holocauste soulevé par les États-Unis, et l’énorme action judiciaire introduite contre d’importantes banques suisses, portant sur des milliards de dollars de compensations financières. L’image de la Suisse a été ternie aux États-Unis et, naturellement, cela affecte les affaires. La Suisse vit du secteur bancaire, plus que de toute autre chose. Dès lors, quand la réputation de son secteur bancaire est ternie, en Occident, aux États-Unis et dans le reste de l’Europe, cela est très mauvais pour la Suisse. Connaissant bien la capacité à calmer l’orage du lobby israélien aux États-Unis, la Suisse était prête, à cette époque, à tout faire pour plaire à Israël, même s’il fallait pour cela mettre de côté quelques principes.

 

Silvia Cattori : Lorsque des crimes d’une telle ampleur sont commis en Palestine, le temps presse, nul n’a droit à l’erreur. C’est pourquoi il est fort regrettable que durant ces longues années de liquidation de la Résistance palestinienne on ait surtout donné la parole, dans le mouvement de solidarité, à des intervenants qui, certes, condamnaient l’occupation, mais qui par ailleurs soutenaient des solutions racistes, inacceptables pour le peuple palestinien, alors qu’ils auraient dû soutenir des mesures efficaces de lutte, comme le boycott d’Israël.
N’avez-vous pas le droit aujourd’hui de blâmer ceux qui ont dénaturé votre cause en n’insistant pas sur le droit inaliénable des réfugiés, qui ont toujours apporté leur appui à l’Autorité palestinienne issue d’Oslo en disant qu’elle représentait le peuple « qui luttait contre l’occupant », et qui continuent de prétendre que l’occupation commence en 1967 et non pas dès 1948 ?

 

Omar Barghouti : À quoi cela servirait-il de les accuser de trahison ? Je dis ce que j’ai à dire, mais je ne veux pas dénoncer ; je veux convaincre les gens d’aller de l’avant, d’abandonner les vieux slogans inefficaces du mouvement de solidarité et d’aller dans une nouvelle direction, en accord avec ce à quoi appelle la société civile palestinienne.

 

Ainsi, au lieu de condamner les leaders de la solidarité, je veux juste leur dire : peut-être que vous avez été mal informés, peut-être que vous avez été trompés par la propagande israélienne parfois répétée par des perroquets palestiniens, peut-être que vous vous êtes fixés sur certains slogans que vous avez si souvent répétés qu’ils en sont presque devenus constitutifs de votre perspective.

 

Le slogan « Deux États pour deux peuples » est devenu un dogme. Et le mouvement de solidarité est largement tombé dans ce dogme consolidé. Nous devons donc mettre en cause cette doctrine et entraîner les gens avec nous plutôt que de nous les aliéner. Et, selon mon expérience, beaucoup de gens connaissent une transformation et une radicalisation lorsqu’ils se trouvent confrontés à des faits, à des arguments rationnels et à une vision morale imposant le respect. Lorsque vous vous asseyez avec eux et que vous les gagnez à votre cause, vous vous apercevez que beaucoup de gens sont fondamentalement honnêtes. Ils sont sincères, ils nous aiment, ils soutiennent la justice, ils veulent la paix, mais ils sont simplement mal informés parce qu’ils ont entendu tant d’orateurs, palestiniens aussi, qui sont venus leur dire : « Deux États pour deux peuples, c’est ce que les Palestiniens veulent ».

 

Silvia Cattori : Dans cette situation d’asymétrie, cela doit être réconfortant pour vous de voir que de plus en plus de gens se dressent et n’ont pas peur d’appeler par leur nom les violations des droits humains par Israël, comme vient de le faire le Rapporteur Spécial auprès du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés, M. John Dugard [10]. Quel message auriez-vous à lui transmettre ?

 

Omar Barghouti : Le Professeur Dugard est un juriste et un homme de principes courageux qui nous inspire. J’ai quelque chose de très clair à lui dire. Dans son dernier rapport sur les « territoires occupés », il a utilisé pour la première fois le mot d’« apartheid » pour décrire les politiques d’Israël ; il a écrit : « Certaines politiques de l’occupation israélienne ressemblent à l’apartheid ».

 

Ce n’est pas un constat mineur venant d’un homme de la stature de M. John Dugard. Ce que je voudrais lui dire est ceci : s’il vous plaît, continuer à pousser dans cette direction parce que l’ONU dispose déjà des résolutions qui indiquent comment traiter l’apartheid, où que ce soit dans le monde. L’apartheid est un crime de portée générale. Il ne s’agissait pas que de l’Afrique du Sud. Maintenant, nous avons un précédent, nous n’avons pas à réinventer la roue. Tout ce dont nous avons besoin est de justifier et de populariser ce diagnostic qui qualifie Israël d’Etat d’apartheid. Bien qu’Israël soit, dans divers domaines, très différent de l’Afrique du Sud de l’apartheid —bien pire selon Desmond Tutu et quelques autres— ils ont suffisamment en commun pour justifier la comparaison. Après tout, jamais deux patients ne développent exactement les mêmes symptômes sous l’effet de la même maladie. Si Israël est jugé coupable de pratiquer l’apartheid, il y a des instruments du droit international, comme les sanctions, qui peuvent être appliqués par les Nations Unies pour le traiter.

 

Silvia Cattori : N’auriez-vous pas souhaité que M. Dugard dise carrément qu’il s’agit « d’apartheid », et non de quelque chose qui « ressemble » à de l’apartheid ?

 

Omar Barghouti : M. Dugard est un diplomate. Nous apprécions énormément qu’il ait eu le courage et la clarté morale de mentionner le mot très lourd de sens qu’est le terme « apartheid ».

 

Vous ne pouvez pas attendre d’un fonctionnaire de l’ONU qu’il soit le premier à le dire de cette façon. C’est à nous, les Palestiniens d’être les premiers à le dire de cette manière, à le prouver, et à l’imposer. Le mouvement de solidarité doit le dire. Et ensuite, peut-être, l’ONU.

 

On ne peut pas attendre grand-chose des Nations Unies en ce moment, particulièrement avec le nouveau Secrétaire Général, un médiocre bureaucrate à mon avis, qui se comporte comme s’il était un employé junior payé par le Département d’Etat états-unien. Mais les Nations Unies demeurent le seul forum où nous ayons quelque espoir de faire valoir nos droits selon la loi internationale. Je ne soutiens pas ceux qui disent qu’il nous faut passer par-dessus l’ONU, ou l’ignorer. Qu’avons-nous d’autre ? Aussi partiale et soumise aux intérêts états-uniens que l’ONU soit devenue, il y a encore place pour des réformes, pour la rendre plus sensible et la faire mieux répondre aux aspirations de l’humanité, et particulièrement à celles des peuples opprimés du Sud, y compris les Palestiniens. C’est toutefois une longue marche.

 

Silvia Cattori : Les autorités israéliennes ont systématiquement rejeté les rapports de M. Dugard. J’étais présente aux Nations Unies, à Genève, quand l’Ambassadeur israélien a exprimé devant un parterre de diplomates, en des termes très humiliants, son désaccord officiel avec le rapporteur. Il l’a accusé de dire des mensonges, de faire des déclarations agressives et biaisées. Avez-vous été surpris par cette réaction ?

 

Omar Barghouti : C’est la tactique à laquelle recourent de plus en plus les officiels israéliens et ceux qui les soutiennent ; ils ne se donnent plus la peine de convaincre, ni d’argumenter. Voyez, maintenant, ce qu’ils font aux États-Unis et en Grande-Bretagne : ils suppriment tout débat sur la politique israélienne ; le débat est tout simplement trop dangereux pour eux. Il ouvre l’esprit des gens. C’est précisément pourquoi nous nous battons pour le débat.

 

Il ne devrait pas être acceptable, dans des sociétés qui se définissent elles-mêmes comme démocratiques, que le débat sur Israël – seulement sur Israël - soit censuré ou délégitimé.

 

Silvia Cattori : Après la publication de son livre, qui dénonce l’apartheid pratiqué par Israël, avez-vous pris contact avec l’ancien Président Jimmy Carter ? [11]

 

Omar Barghouti : Beaucoup de gens ont envoyé des lettres de soutien à Carter, mais les puissants groupes de pression sionistes ont mobilisé contre lui tout l’establishment des États-Unis. Maintenant, M. Carter, un ancien Président et également lauréat du Prix Nobel de la Paix , n’est plus interviewé à la télévision sur les grandes chaînes américaines ou dans les grands journaux. M. Carter a besoin d’une aide bien plus importante que celle de nos plus cordiaux remerciements.

 

Silvia Cattori : Comment avez-vous réagi quand M. Bush a proposé M. Tony Blair comme « homme de paix » ?

 

Omar Barghouti : M. Tony Blair ne fera rien pour aider à instaurer la paix ou la justice. Beaucoup de citoyens britanniques l’accusent, de façon convaincante, d’être un opportuniste malhonnête et un laquais des États-Unis. Je sympathise avec ces deux définitions. A mon avis, il n’a pas non plus la vision et le courage requis pour faire quoi que ce soit de significatif pour une juste paix.

 

Silvia Cattori : Qu’avez-vous pensé de la conférence d’Annapolis qui s’est tenue aux États-Unis en novembre 2007 ?

 

Omar Barghouti : En insistant sur le fait que les « négociateurs » palestiniens doivent reconnaître Israël comme « État Juif », Israël a vraiment donné un coup de pied dans les côtes du lion endormi, pour reprendre la métaphore utilisée par Uri Avnery – avec lequel, par ailleurs, je suis en complet désaccord. L’insistance imprudente et entêtée d’Ehud Barak au cours des discussions de Camp David II [12], en 2000, pour amener Yasser Arafat à renoncer au droit au retour des réfugiés palestiniens, avait provoqué un réel réveil de la communauté des réfugiés qui avait conduit à une mobilisation massive et à une pression concertée sur Arafat pour qu’il ne cède pas. Et, en effet, il a été tué sans avoir abandonné ce droit.

 

Cette fois, il y avait deux lions auxquels Israël a donné un coup de pied dans les côtes en demandant une acceptation palestinienne officielle de son droit à exister comme État Juif : le même énorme lion représentant les réfugiés, et un plus petit, d’ordinaire beaucoup moins féroce, représentant la communauté palestinienne à l’intérieur d’Israël, c’est-à-dire environ 1,5 million de Palestiniens indigènes de citoyenneté israélienne qui ont été jusqu’ici complètement marginalisés, et mis de côté dans toutes les « négociations », visant à mettre fin à ce conflit colonial.

 

Ehud Olmert et l’actuelle élite politique israélienne se sont montrés, en préparant Annapolis, aussi obtus que leurs prédécesseurs. C’est apparemment le prix qu’Israël doit payer pour être le champion du monde dans le recyclage des vieux dirigeants ! Tous les dirigeants israéliens qui accèdent au pouvoir (à l’exception de ceux qui décèdent ou qui sont assassinés par des colons israéliens d’extrême droite) se trouvent rapidement discrédités et empêtrés dans des scandales de toutes sortes : sexuels, financiers, crimes de guerre, etc. Ils ne tombent dans l’oubli que pour être réincarnés et réinventés quelques années plus tard en nouvel « espoir » d’une nation égarée, et se voient miraculeusement réélus avec un score respectable ! Les Israéliens ne souffrent pas seulement d’amnésie sélective ; ils sont véritablement en faillite au niveau du leadership.

 

Un autre point important au sujet d’Annapolis est que Mahmoud Abbas n’a aucun mandat pour abandonner quoi que ce soit de significatif. Il n’est pas Arafat. Il est dépourvu de passé historique dans la lutte contre Israël. Sa popularité, quoique plus grande que les pathétiques 3 % dont est crédité Olmert, est néanmoins bien triste. Il manque dramatiquement de vision, à mon avis. Le Hamas contrôle Gaza, ce qui l’affaiblit encore. En bref, il n’est pas un leader capable de régler les « affaires » et de fournir les « produits » exigés par Israël et les États-Unis. Il va beaucoup parler, voyager encore plus, essayer d’apparaître courageux, mais il va flancher. Avec la disparition d’Arafat, Israël a perdu sa dernière occasion de pousser la solution des deux États, qui est de toute façon une solution injuste et immorale. Pas de regrets.

 

La solution « Un seul État », l’alternative morale, n’est plus vue comme une idée utopique ; elle est de plus en plus étudiée et présentée comme une possibilité sérieuse planant dans les airs au-dessus de tous ces « négociateurs ». Voyez plutôt le récent avertissement lancé par Olmert dans le journal Ha’aretz : que, si le processus d’Annapolis échoue, Israël va se diriger vers l’apartheid (comme si cela n’avait pas déjà commencé !) Le processus d’Annapolis ne peut qu’échouer. Il ne s’attaque pas aux racines du conflit et ne promet ni justice ni égalité.

 

Silvia Cattori : Que ressentez-vous quand vous voyez vos représentants politiques, faire le même travail que les occupants israéliens ?

 

Omar Barghouti : Je les condamne absolument. C’est une honte pour l’Autorité palestinienne (AP) de jouer le rôle de sous-contractant des occupants en les déchargeant de certains de leurs fardeaux coloniaux.

 

Silvia Cattori : Est-ce là l’opinion de la majorité des Palestiniens ?

 

Omar Barghouti : Je suis certain que la majorité des Palestiniens dénoncent la complicité de l’AP à un degré ou à un autre. Presque tous ceux que je connais, universitaires, intellectuels, travailleurs culturels, artistes, etc.., ne pardonnent pas les arrestations illégales et arbitraires de militants dissidents par les forces de l’AP, par exemple, ou le rôle de l’AP pour disculper Israël.

 

Silvia Cattori : Pour la majorité des Palestiniens, les membres du Hamas ne sont donc pas des « terroristes » mais des citoyens ordinaires ?

 

Omar Barghouti : Ils ont été élus démocratiquement. Arrêter des gens parce qu’ils résistent à l’occupation est une honte. Ils n’ont pas violé les lois palestiniennes ; ils résistent à l’occupation israélienne. En fait, Israël veut que l’Autorité palestinienne lui serve de policier, fasse le travail pour lui.

 

Silvia Cattori : Hors de Palestine, les choses ne sont pas simples non plus. Pendant longtemps, ceux qui voulaient parler du « lobby pro-israélien », du boycott, ou d’apartheid israélien, étaient écartés du débat, vilipendés par les responsables de la solidarité. N’est-ce pas là une manière de protéger Israël ? Si non, comment expliquer que la gauche, la plupart des responsables de la solidarité, n’aient jamais voulu que l’on mette Israël sur le même plan que l’Afrique du Sud de l’apartheid, et se soient toujours montrés si réticents à qualifier Israël d’État d’apartheid [13] ? Le peu d’écho donné à vos appels à boycotter Israël depuis 2004, vous a-t-il surpris ?

 

Omar Barghouti : Dans le mouvement de solidarité, certains « sionistes soft » font tout ce qu’ils peuvent pour dire « non, Israël ne pratique pas l’apartheid », parce qu’ils savent exactement ce qu’un tel mot signifie. Il peut très bien conduire à des sanctions et à un vaste éventail international de boycotts.

 

Punir l’apartheid, beaucoup de gens dans le monde savent comment le faire. Et les « sionistes soft » l’ont compris. Ils ont compris qu’il s’agit là d’une arme bien plus puissante, bien plus efficace que toutes les armes palestiniennes. Les Palestiniens peuvent bien développer indéfiniment leurs « Quassam » (roquettes artisanales), elles ne frapperont jamais Israël autant qu’une campagne soutenue de boycott, une campagne non-violente de boycott, de désinvestissement et de sanctions à la sud africaine, en Europe, aux États-Unis, au Canada, etc.

 

Silvia Cattori : Vous avez participé à une tribune consacrée au thème “Ethnos et religion : le cas d’Israël” [14]. N’avez-vous pas le sentiment que dans ce genre de rencontres on évite soigneusement de débattre de ce qui est le cœur du problème : le nationalisme sioniste, l’idéologie raciste ?

 

Omar Barghouti : A la conférence du « Festival Storia », il s’agit vraiment d’un débat ; ce n’est pas destiné à être une tribune harmonieuse. C’est un vrai débat entre différents points de vue.

 

Silvia Cattori : Est-il difficile de vous trouver à la tribune avec des intervenants qui peuvent, certes, dénoncer les crimes d’Israël, mais qui ne remettent pas vraiment en cause la nature de cet État, et qui ne partagent pas toujours vos positions, au sujet du boycott, par exemple M. Michel Warschawsky ?
Des Palestiniens de citoyenneté israélienne qui, eux, vivent l’oppression coloniale et le racisme sioniste au sein même de l’État d’Israël, ne seraient-ils pas mieux qualifiés pour parler de ce qu’ils subissent dans leur chair à cause du racisme israélien ?

 

Omar Barghouti : Non, cela ne me dérange pas, parce que M. Warschawsky se définit lui-même comme un « antisioniste » et qu’il soutient la plupart des droits des Palestiniens. Nous sommes en désaccord avec lui sur les tactiques ; nous sommes en désaccord sur la façon de défendre certains droits. Mais il n’y a pas d’inconvénients à partager une tribune avec lui pour débattre des moyens de mettre fin à l’oppression israélienne.

 

Je ne partagerais pas une tribune avec un représentant d’une institution israélienne qui ne prend pas position sur l’occupation, par exemple, ou qui ne soutient pas les droits des Palestiniens. Avec Michel Warschawsky, c’est un débat. Je le respecte, mais nous sommes en très grand désaccord sur le sujet du débat, à savoir le rôle de la religion et de l’ethnicité dans le racisme israélien.

 

Nous avons besoin de rassembler toutes les forces. Nous devons donc faire la distinction entre les gens avec lesquels nous sommes en désaccord sur les tactiques, et les gens qui sont de vrais ennemis avec lesquels nous sommes en désaccord sur les principes essentiels de justice, de droit international, et sur le principe suprême d’égalité.

 

Nous pouvons être en désaccord avec des gens sur la manière de mettre fin à l’injustice, ou même sur les formes d’injustice contre lesquelles nous devons nous battre ; mais nous devrions maintenir ce désaccord dans son contexte, comme un désaccord entre gens qui s’entendent sur un objectif clé : mettre fin à l’injustice. Notre principal combat est contre ceux qui soutiennent aveuglément Israël et s’opposent même à la fin de l’occupation. Il faut donc faire cette distinction. Cela ne signifie pas être naïfs et accepter que certaines limites artificielles soient posées au débat.

 

Comme Palestinien, je ne peux accepter que quiconque, dans le mouvement de solidarité, me dise ce que je suis autorisé et ce que je ne suis pas autorisé à proposer ou à défendre. C’est nous qui décidons ce qui est autorisé. Même les gens qui ont des principes très solides dans le mouvement de solidarité avec les Palestiniens sont nos partenaires, nos camarades, mais ils ne sont pas « nous ». Ils ne devraient pas parler à notre place comme si nous avions cessé d’exister.

 

Silvia Cattori : Mais c’est en grande partie ce qui se passe ! La voix des Palestiniens qui ont une vision comme la vôtre, est toute petite dans le débat. Les positions du « camp de la paix israélien » représentent une grande voix dans le débat en Europe. Une voix qui aime à dénoncer l’occupation mais ne tolère pas que l’on puisse toucher à la nature de l’« État juif » ». N’est-ce pas cette voix qui définit, de facto, les limites du débat en soutenant des solutions qui assurent à Israël la « suprématie juive » en Palestine ? Votre voix à vous est presque inaudible !
En France, par exemple, ce sont des organisations traditionnelles, travaillant avec les représentants de l’Autorité palestiniennes qui décident qui sont les « vrais amis » de la Palestine et qui non. Leurs publications émanent en grande majorité d’auteurs appartenant au « camp de la paix israélien », et de ceux qui, en Europe, travaillent avec eux [
15]. C’est la même chose dans les meetings. Les Palestiniens qui sont représentatifs de la résistance contre l’occupant, ne devraient-ils pas avoir une plus grande place ?

 

Omar Barghouti : On ne peut pas accepter cette situation boiteuse, je suis d’accord. Le problème est que certains Palestiniens « mous » ont permis à l’ainsi nommé « camp de la paix israélien » de faire ce qu’il fait. En réalité, il n’y a pas de camp de la paix en Israël, dans le sens d’un mouvement soutenant une paix juste, la seule paix qui mériterait ce nom. Mais, malheureusement, il y a un certain nombre de Palestiniens qui sont dans ce « business ». Oui, c’est un business ; ils voyagent avec leurs « partenaires » israéliens ; ils parlent ensemble ; ils vont dans des hôtels luxueux ; ils sont invités par les gouvernements suisse et norvégien, dans des lieux de séjour, etc. Ils adorent ça ; c’est une entreprise lucrative. Et le prix qu’ils payent est de faire des compromis touchant les droits fondamentaux des Palestiniens et, indirectement, de faire des compromis touchant leur propre dignité. Ils cessent de parler pour eux-mêmes et permettent à ces faux faiseurs de paix de parler au nom des Palestiniens.

 

Silvia Cattori : Vous attribuez donc la responsabilité à ceux des Palestiniens qui acceptent de faire partie de ce « business » de paix ?

 

Omar Barghouti : Pas toute la responsabilité, mais une part de la responsabilité incombe à ces Palestiniens qui travaillent de façon telle qu’ils renoncent même à représenter les Palestiniens.

 

Silvia Cattori : Toujours est-il que ce « business » de paix a sans doute était un facteur très démobilisant, et dommageable pour les victimes de l’oppression israélienne. En 2002, lors de la guerre lancée par Sharon, il y avait un grand mouvement de protestation en Europe. Il y avait 30 000 personnes dans les rues de Paris. En 2005, quand les prisonniers palestiniens en Israël ont fait une grève de la faim et que les avions israéliens ont fait plus de cent morts à Jabalyia, (un massacre de l’ampleur de Jenin) il n’y avait pas plus qu’une centaine à Paris.
Tout cela devrait être pris très au sérieux car, en Palestine, les gens souffrent et meurent de toutes les erreurs et manipulations commises en leur nom. Il s’agit d’une guerre sans merci, non pas d’un conflit entre deux forces égales comme on le présente. S’il y a des intervenants dont l’objectif caché est de contenir le mouvement dans un cadre acceptable pour la survie d’Israël comme État juif, cela ne peut être que fort démoralisant pour ceux qui veulent que les Palestiniens obtiennent la reconnaissance de leurs droits.

 

Omar Barghouti : Je pense que c’est bien qu’il y ait des gens qui veulent travailler seulement pour mettre fin à l’occupation ; tant qu’ils ne disent pas que ceux qui travaillent sur tout l’éventail des droits des Palestiniens et contre les injustices israéliennes ont tort. En d’autres termes, si quelqu’un dit « voilà ma limite, je veux travailler contre l’occupation et organiser un groupe qui développe la prise de conscience sur ce sujet », il travaille pour les droits des Palestiniens. Si nous ne pouvons pas travailler avec ces gens là, nous allons nous en aliéner et en perdre beaucoup dans le courant dominant.

 

Silvia Cattori : Peut-on espérer que, grâce à des voix comme celles d’Ilan Pappe, John Mearsheimer, Stephen Walt [16], Jimmy Carter, John Dugard, qui ont brisé certains tabous, et grâce aux efforts d’anonymes qui aident ces voix à grandir, vous êtes au début d’une nouvelle ère en ce qui concerne une radicalisation vis-à-vis d’Israël ? Ces nouvelles voix vont-elles apporter un rééquilibrage à des voix comme celle d’Uri Avnery, certes utile, mais qui n’en soutient pas moins des solutions injustes, inacceptables

N°300 Dossier de Palestine 06-01 Fin

5-1 René Naba : Face à son destin, George Bush au Moyen-orient en janvier 2008. Face à son destin, George Bush retourne le 8 janvier au Moyen-orient pour négocier sa place dans l’Histoire, en tentant d’impulser une nouvelle dynamique de Paix israélo-palestinienne, alors que le compte à rebours de son départ du pouvoir a commencé avec les primaires électorales de l’Iowa le 3 janvier dernier. Sur le terrain de ses forfaits où il n’était plus revenu depuis le lancement de la feuille de route, il y a cinq ans, le Président américain va prendre la mesure de ses échecs et des ses désillusions. Conjurer le sort, en somme, pour que ce gâchis ne le catapulte dans l’Histoire comme le pire président des Etats-Unis. Cinq ans après le lancement de la feuille de route, dans la foulée de l’invasion américaine de l’Afghanistan, en 2001 et des préparatifs visant à l’invasion américaine de l’Irak, en 2003, le «Grand Moyen-orient», le projet phare de l’administration néo-conservatrice, est un champ de ruines: -L’Irak s’est mu en cimetière de la puissance américaine et l’Iran, par effet d’aubaine, en puissance régionale de fait, devenant du coup le «Nouveau Ennemi Public Numéro Un» de la diplomatie américaine susceptible donc d’une offensive militaire. -Son supplétif Kurde, la cible de l’aviation de son meilleur allié musulman, la Turquie , -Le Liban, le point de fixation traumatologique du mythe de l’invincibilité militaire israélienne, le lieu de carbonisation du fer de lance de l’axe saoudo-américain, l’ancien premier ministre sunnite Rafic Hariri, -L’Etat palestinien, la pilule dorée magique de la diplomatie occidentale, réduit à sa portion congrue cisjordanienne, -Gaza, promu en Hamasland. -Alors que ses partenaires de la zone, Noury Al-Malki (Irak), Mahmoud Abbas (Palestine), Fouad Siniora (Liban) et Ehud Olmert (Israël) sont maintenus sous perfusion permanente et les autocrates arabes, le Roi Abdallah d’Arabie saoudite, le président égyptien Hosni Moubarak, le colonel Mouammar Kadhafi de Libye, le président tunisien Zineddine Ben Ali, notamment confortés dans leurs postes. L’autre volet de la politique américaine, à l’autre extrémité de l’arc de crise, en Afghanistan, «la Guerre contre le terrorisme» bat aussi de l’aile avec la persistance de la guérilla taliban, contre le Président Hamid Karzaî ironiquement dénommé «Le Maire de Kaboul», dans une illustration caricaturale de sa zone de compétence et surtout l’assassinat de Benazir Bhutto, le plus cinglant désaveu de la politique américaine à l’égard de l’Islam asiatique depuis les attentats anti-américains du 11 septembre 2001. Au terme d’un arrangement conclu entre le président pakistanais Pervez Mucharraf et les Etats-Unis, Benazir Bhutto, héritière de la plus puissante dynastie politique pakistanaise, devait servir de caution démocratique à une junte militaire, tortionnaire de son père Zulficar Ali Bhutto, mort par pendaison. L’assassinat de l’enfant chérie des Américains six semaines après son retour d’exil à Rawalpindi même, siège de l’Etat-Major pakistanais et des services de renseignement, dont la redoutable ISI (Inter Services Intelligence), qui fut, de surcroît, l’ancienne capitale du Pakistan à l’époque où Zulficar Ali Bhutto exerçait ses responsabilités de chef du gouvernement, a conféré un retentissement supplémentaire à ce désastre majeur de la diplomatie américaine d’une ampleur comparable à l’assassinat de l’ancien président égyptien Anoir el Sadate (1981), voire du chef afghan le commandant Massoud Shah, quelques jours avant les attentats de septembre 2001, ou même du Président éphémère du Liban Bachir Gemayel (1982) dans la foulée du siège de Beyrouth par l’armée israélienne ou de l’ancien premier ministre libanais Rafic Hariri (2005). En Israël et en Palestine, au-delà de ses interlocuteurs désignés, Ehud Olmert et Mahmoud Abbas, et à contre-courant de ses alliés électoraux, les conseillers de l’ombre, notamment le vice-président Dick Cheney et la cohorte du christianisme sioniste, George Bush va s’employer à purger ses fantômes, l’expression synecdoquetique de l’impasse américaine: Ariel Sharon et Yasser Arafat, l’ancien premier ministre israélien, son partenaire activiste dans la politique de force unilatéraliste, qu’un coma biologique a propulsé symboliquement dans un coma politique, et, le chef du Mouvement National Palestinien qu’un confinement hideux a magnifié dans la mort. Ariel Sharon, point de déroutement de la politique israélienne qu’aucun dirigeant occidental n’a plus jamais mentionné publiquement dans son discours officiel deux ans après le début de son coma et Yasser Arafat, point de recueillement de la mémoire palestinienne, Dans un geste qui apparaît comme un brutal sursaut d’un sommeil dogmatique, George Bush a relancé le 27 Novembre 2007 les pourparlers de paix à Annapolis (Maryland), au siège de l’Académie navale américaine, incitant ses amis --les généreux donateurs arabes déconsidérés et ses alliés occidentaux déconfis dans la mésaventure irakienne--, à débloquer 7,5 milliards de dollars (sept milliards et cinq cents millions de dollars) à la Palestine , Cette somme excède de deux milliards de dollars la requête initiale palestinienne. Mais cette générosité inhabituelle, jamais vu dans les annales diplomatiques internationales s’agissant d‘une demande arabe, est destinée en priorité à maintenir à flot une autorité palestinienne exsangue ayant donc vocation à souscrire au nouvel arrangement américain en préparation, mais en en butte à une sérieuse concurrence de son rival idéologique le Hamas, qu‘il importe pour les Occidentaux et leurs alliés régionaux, de vaincre non par les armes, mais par une apparence d’abondance, la forme sournoise de la prévarication par l’assistanat. Nul n’a été dupe. Nul n’est dupe de cet élan de générosité dont le principal bénéficiaire en sera Israël, la puissance occupante, dont le quadrillage militaire contrôle l’espace aérien, terrestre et maritime du Bantoustan palestinien, de même que son espace douanier et marchand, le déplacement de sa population et de ses responsables politiques, sa main d’oeuvre, ses exportations, son ravitaillement hydroélectrique et alimentaire, en somme tout l’espace vital de la Palestine (1) avec la complicité des Occidentaux et la passivité des régimes arabes alliés de l‘Amérique. Une semaine après la conférence des pays donateurs de Paris, le gouvernement israélien a ordonné, le 24 Décembre, la veille de la fête de Noël, la construction de 750 logements complémentaires dans les territoires palestiniens occupés. Une mesure manifestement illégale qui grignote de surcroît un peu plus le futur Etat croupion palestinien que les Occidentaux veulent édifier en guise de solde de tout compte sur une superficie représentant 20 pour cent de la totalité du territoire de l’ancienne Palestine du Mandat britannique. Quatre cent cinquante barrages (450) et cent trente cinq colonies sauvages (135) ont été illégalement développées dans les territoires palestiniens par les autorités d’occupation israélienne, gangrenant l’espace vital palestinien, étranglant son économie, asphyxiant sa population et rompant sa continuité territoriale, sans compter le nouveau « Mur de Brandebourg» construit autour de Jérusalem, déclaré lui aussi illégal par la Cour de Justice Internationale. Mais nul au sein de la communauté des pays occidentaux ne s’est hasardé, --ou n’a osé--, sinon à condamner à tout le moins à commenter cette mesure qui signe manifestement l’arrêt de mort de la conférence d’Annapolis. Nul, pas plus George Bush, que Nicolas Sarkozy, le successeur de Tony Blair dans sa fonction de compagnon d’infortune du président américain, le nouveau petit génie de la diplomatie internationale, vacancier de luxe en croisière sur le Nil, trop bercé par les susurrements de sa nouvelle Dame de cœur pour dénoncer cette atteinte manifeste au Droit International, contraire au processus de Paix et à l’Esprit d’Annapolis (2). René Naba Paris le, 4 janvier 2008 1- cf à ce propos les deux plus récents ouvrages sur la question :

-«Israël confronté à son passé» de Sébastien Boussois, Editions de l’Harmattan-Décembre 2007.

-«Comment Israël expulsa les Palestiniens (1947-1949), les révélations des Nouveaux Historiens», Les Editions de l’Atelier-Novembre 2007- de Dominique Vidal, Historien et Journaliste du Monde diplomatique, et Sebastien Boussois, politologue, Directeur de la collection «Reportages» aux Editions du Cygne. 2- Rendons justice à M. Nicolas Sarkozy: le président français a mentionné la question générale des colonies sauvages israéliennes, d’une manière incidente, au cours d’une conférence de presse qui a suivi la fin de son somptueux séjour privé en Egypte, le 30 décembre 2007, une semaine après la décision israélienne. En réponse à une question d’un journaliste qui mettait en question la fiabilité de la diplomatique française dans les pays arabes du fait de sa partialité pro-israélienne, Nicolas Sarkozy a commencé par prononcer les premiers termes du mot «colonie» avant de se rétracter pour mentionner les « implantations, comme un obstacle à la paix ». La nuance est révélatrice: une colonie renvoie au colonialisme et au fait qu’Israël est une «puissance occupante» ce qu’il est effectivement au regard du Droit International, mais que ne se résout pas à admettre M. Sarkozy, alors qu’une implantation suggère plutôt une opération de chirurgie esthétique, à l’exemple d’une implantation mammaire, comme pour atténuer la caractère hideux de la colonisation rampante du secteur arabe de Jérusalem et de la Cisjordanie , une opération qui s’apparente par son ampleur à de la spoliation.

 

Comprendre

 5-2 Julie Lerat. : Comment Israël expulsa les Palestiniens (1947-1949)

[ Extrait ]

 Il y a soixante ans, presque jour pour jour, l'Assemblée générale des Nations unies décidait, à la majorité requise des deux tiers, de partager la Palestine en un État juif et un État arabe, plus une zone sous « régime international particulier » pour Jérusalem et les Lieux saints. Un an et demi plus tard, c'est à un tout autre partage qu'a abouti la guerre de 1948 : Israël a vu le jour et augmenté d'un tiers son territoire, annexant une partie de l'État palestinien, mort né, dont le reste est passé aux mains de la Jordanie et de l'Égypte. Et surtout plusieurs centaines de milliers de Palestiniens, qui vivaient sur les territoires finalement occupés par Israël, ont dû quitter leurs foyers. C'est sur ce dernier point que, depuis soixante ans, une intense bataille de propagande oppose deux versions des événements : Pour les historiens palestiniens et arabes, il s'agit d'une expulsion. La majorité de ces 700 000 à 900 000 réfugiés ont été contraints au départ, au cours des affrontements judéo-palestiniens, puis de la guerre israélo-arabe, dans le cadre d'un plan politico-militaire jalonné de nombreux massacres. C'est notamment la thèse défendue, dès 1961, par Walid Khalidi, dans son essai « Plan Dalet : Master Plan for the Conquest of Palestine », et, plus récemment, par Elias Sanbar dans Palestine 1948. L'Expulsion. Selon l'historiographie israélienne traditionnelle, au contraire, les réfugiés - 500 000 au maximum - seraient partis volontairement, répondant aux appels des dirigeants arabes qui leur auraient promis un retour rapide après la victoire. Non seulement les responsables juifs n'auraient pas planifié d'éviction, mais les rares massacres à déplorer - en premier lieu celui de Deir Yassine, le 9 avril 1948 - auraient été le fait des troupes extrémistes affiliées à l'Irgoun de Menahem Begin et au Lehi d'Itzhak Shamir. Dès les années 1950, quelques personnalités israéliennes, liées notamment au Parti communiste, contestaient cette thèse. Depuis la seconde moitié des années 80, elles ont été rejointes dans leur critique par un certain nombre de journalistes et de chercheurs : Simha Flapan, Tom Segev, Avi Schlaïm, Ilan Pappé et Benny Morris - c'est ce dernier, avec The Birth of the Palestinian Refugee Problem, qui a donné le signal du scandale et inventé l'expression « nouveaux historiens ». Au point de s'attirer les remontrances plus ou moins acerbes d'historiens plus ou moins orthodoxes qui s'efforcent de faire barrage à cette « révision » de l'histoire d'Israël.   Dominique Vidal - Ashkelon, 4 décembre 2007 La marche du monde (RFI), en reportage en Israël et dans les territoires palestiniens, à la recherche des témoignages de celles et ceux qui ont vécu la partition de la Palestine le 29 Novembre 1947. Des anciens qui ont des souvenirs d'avant la guerre, et qui nous apprennent comment et pourquoi leur vie a changé. Pourquoi tant de palestiniens ont-ils fui ? Que s'est-il passé dans les mois qui précèdent la création de l'état juif en Mai 48 ? Autant de questions auxquelles ceux que l'on appelle les nouveaux historiens israéliens tentent de répondre, relayés en France par le journaliste et néanmoins historien Dominique Vidal, auteur de Comment Israël expulsa les palestiniens ?, aux éditions de l'Atelier.  Le reportage est signé Julie Lerat.  Article et reportage sur : http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4349

  5-3 Jeremiah Haber : De la méthadone pour le peuple ?  Le « Guide rabbinique pour 40 ans d’occupation » du Brit Tzedek v’Shalom  Sam Bahour * a fait circuler la brochure de Brit Tzedek v’Shalom, curieusement intitulée « Rabbinic Guide to 40 years of Occupation » (ils voulaient dire : « Un Guide à destination des Rabbins »). La brochure est « destinée à encourager des centaines de rabbins, à travers les Etats-Unis, à profiter du 40e anniversaire de la guerre des Six Jours pour amener leurs congrégations à réfléchir aux implications de l’occupation israélienne ». J’ai parcouru le Guide rapidement et j’ai été, comme d’habitude, traversé de sentiments mêlés. D’un côté, on trouve l’habituel credo sioniste libéral selon lequel la disgrâce d’Israël aurait commencé en 1967 ou plus précisément, avec le début du mouvement de colonisation, le Péché originel. La nostalgie du « paradis » d’avant 1967 est palpable dans la brochure. Le Guide présente des poèmes, des mémoires et des exposés de seize Juifs et deux Palestiniens. Sans surprise, les deux seules mentions de 1948 sont le fait des Palestiniens, l’un d’eux relevant, à juste titre, que la tragédie de 1967 est issue de celle de 1948. En fait, ces chiffres ne sont pas tout à fait corrects : un des Juifs mentionne 1948 en écrivant que « la période allant de 1948 à 1967 a établi Israël comme un fait ». Voilà pour la Naqba et l’éradication de la Palestine par l’Etat juif à l’intérieur des lignes de l’armistice. Pourtant… il y a beaucoup à louer dans cet opuscule. Brit Tzedek v’Shalom se règle sur une large part de l’activisme à l’œuvre en Israël et fait joliment appel à leurs connaissances. La raison d’être de la brochure tient dans la liste qui est fournie d’organisations israéliennes parrainant des visites dans les Territoires occupées. (L’organisation « Encounter » n’est pas reprise. Pourquoi ?) Certes, le discours est tout entier sioniste libéral (le bref historique présenté par le Professeur Irwin Wall cite à l’occasion le point de vue palestinien, mais par sa sélectivité et son choix langagier, c’est clairement un document partisan). Toutefois, la communauté juive organisée est à ce point à droite que n’importe quoi se situant à sa gauche est digne de louange. A parler franchement, je regarde des documents comme ceux-là – et autres prises de position de sionistes libéraux aux Etats-Unis – comme apparentés à la méthadone. Ils sont utiles pour sevrer les Juifs américains de la mythologie et de la confusion mentale israéliennes vraiment dangereuses. Mais ils sont aussi, par eux-mêmes, dangereux et source de dépendance. Si les auteurs se disent « Bon, eh bien, il nous faut paraître ‘impartiaux’ pour être entendus », je peux serrer les dents et soutenir l’effort. Libéral velléitaire de toujours (j’ai décidé de soutenir Obama plutôt qu’Hillary : vous voyez à quel point je suis à gauche), je peux encore nourrir l’espoir qu’en dépit de leurs quarante années d’échecs répétés, les sionistes libéraux feront une entaille dans l’occupation. Mais si les auteurs croient vraiment que 1967 est la racine de tous les maux, et que 1947, ou 1917, ou même 1897, n’ont rien à voir avec 1967, alors ils sont eux-mêmes un élément du problème et non la solution. Et, comme si souvent dans le passé, la prochaine Intifada les assommera en les prenant au dépourvu, les décevra - vous souvenez-vous de la « gauche déçue », la dernière fois ? - et les renverra à la tente tribale, d’où ils ne réémergeront qu’après la prochaine période de calme. Car rappelez-vous : vous pouvez être contre l’occupation, considérer que c’est un désastre pour Israël, vous sentir désolé pour les Palestiniens, et être néanmoins un faucon libéral, ou un néocon. Quelques-uns de mes pires ennemis sont opposés à l’occupation. Vous, les sionistes libéraux, comptez-vous vous joindre à eux quand les choses tourneront au vinaigre, comme vous l’avez fait durant ces soixante dernières années, reflétant l’effondrement récurrent de la « gauche » israélienne à l’appui de la politique à courte vue et désastreuse du « centre chauviniste » d’Israël, pour reprendre la formule heureuse de Hayim Baram ? Ou bien vous joindrez-vous aux Palestiniens et aux Israéliens qui mettent tout sur la table, y compris le sionisme, et qui veulent une réconciliation historique basée sur 1897, et non pas 1967 ?

Jeremiah Haber

30 décembre 2007 The Magnes Zionist :

Traduction de l'hébreu : Michel Ghys *

 Sam Bahour est un homme d'affaires palestinien de nationalité américaine.  

 5-4 Adriana Evangelizt : Dernière vidéo de ben Laden signée CIA et MOSSAD

Ah Ben Laden refait surface. Ben Laden, notre sujet préféré. Et pour cause. La vérité se saura bientôt. Pour nous, la thèse que nous défendons est la suivante : Premier point : Ben Laden est mort depuis Juillet 2001, il n'a donc pas commandité les attentats du 11 septembre. Si l'Afghanistan a été pilonné en suivant soit disant pour le capturer, c'est qu'en HAUT LIEU, on savait qu'il était mort. L'invasion de l'Afghanistan pour le capturer n'est qu'un mensonge, le vrai but étant plus sûrement de s'emparer du pétrole, de se rapprocher de l'Iran et par là même de la Russie qui est l'ennemi number one pour les USA car Poutine veut que son pays émerge au rang de puissance mondiale, chose que ne veulent pas les Etats-Unis comme c'est expliqué ICI... Deuxième point : Derrière la manipulation Al-Qaïda-Ben Laden, se cache une structure montée par le MOSSAD et la CIA , chacune de ces entités oeuvrant à sa manière pour faire aboutir ses plans. Le Mossad est le bras armé du Sionisme International, des planificateurs, pas des juifs ni des israéliens, nous précisons. N'oublions jamais que les Peuples subissent et que l'on se sert d'eux dans la plus grande majorité des cas. Et si nous disons cela, nous qui sommes d'ascendance judaïque, nous tenons à dire que c'est parce que nous le savons. Le but du Haut Sionistan, à plus ou moins long terme est de s'emparer de toute la Palestine et de Jérusalem. Il faut lire Comment Israël expulsa les Palestiniens pour comprendre que les idéologues sionistes avaient tout savamment planifié avant d'avoir l'accord de l'ONU pour poser leur pied de fer en Palestine. L'ONU étant savamment infiltrée par leurs membres puisque c'est eux et pour eux que l'Organisation a été créée. Pour assurer l'impunité aux crimes sionistes avec la bénédiction des Etats-Unis et grâce à leur veto.  C'est dire déjà le haut degré de complicité qu'il existe entre ces deux pays et par là même entre leurs services secrets. Et nous pouvons même dire que tous les services secrets du monde savent cela, laissent faire, ce qui prouve bien qu'ils sont aussi complices. Toute la politique et géo-politique mondiale est basée sur ce concept. Le concept Sioniste : créer le Grand Eretz Israel. Or, pour parvenir à ce résultat, il faut déstabiliser sans cesse de nombreux pays, les infiltrer et faire en sorte que les évènements aillent dans leur sens. Mais ceci dit le Mossad et la CIA oeuvrent chacun dans l'intérêt de leur pays. Mais ils se rendent service. On en a encore la preuve avec la dernière intervention de ben Laden par l'intermédiaire de la fameuse Organisation SITE qui n'est qu'une agence Mossadienne dont Rita Katz est la parangonne. Pour les Eclairés toutes les vidéos ou audio de ben Laden sont truquées puisqu'Oussama ben Laden est mort, on pense aussi d'ailleurs que Zawahiri doit se trouver dans la même posture. En tout cas, dans une de ses dernières videos, ils ont bidouillé la voix et il se trouve qu'il y a deux voix différentes sur la bande. Si en France personne ne fait d'enquête sérieuse, aux Etats-Unis il y a d'éminents chercheurs qui, eux, ne dorment pas. Quand on pense que personne n'a trouvé bizarre que ben Laden parle sans ouvrir la bouche durant dix bonnes minutes, il y a de quoi se poser des questions sur les médias qui sévissent dans notre pays. Mais aussi sur les autorités qui se taisent lamentablement. Si nous avions Rita Katz en face de nous, nous exigerions qu'elle nous explique où et comment elle a les fameuses vidéos ou enregistrements. Comment peut-on franchement croire qu'elle a accès à des sites soit-disants terroristes et que personne ne les capture ? Texto, on nous dit : Cette société -SITE- dont le siège est aux Etats-Unis surveille les sites internet et les communications publiques liées aux groupes terroristes et islamistes radicaux. Quand on sait qui est Katz, pour qui elle est censée oeuvrer et le degré de manipulation du Mossad, on ne peut qu'être complètement écoeuré que personne n'approfondisse l'enquête sur le sujet. Car comme vous pourrez le lire ci-dessous, c'est SITE qui traduit aussi les propos du fantôme ben Laden. Pour nous, ils font les videos ou les enregistrements, ils les diffusent en se servant du nom de ben Laden et pour faire avancer tant leur politique que celle des Etats-Unis, ce qui prouve la connexion Mossad-Cia. Ou alors que la CIA est complètement infiltrée par le Mossad. Dans tous les cas, on notera que cette intervention tombe à pic au moment où Bush a demandé 70 milliards de dollars pour continuer la guerre en Irak alors que les démocrates et le Peuple Américain y étaient fortement opposés. Vous avouerez qu'elle tombe à pic, la voix de ben Laden appelant à s'en prendre aux collaborateurs des Américains. Elle tombe à pic pour Bush mais aussi pour les Sionistes. Là aussi un aveugle y verrait. Nous avons déjà signalé que Al Qaïda avait les mêmes ennemis que les USA et qu'Israël, à savoir l'Iran et Nazrallah... ce qui est déjà fort troublant. Et là, ben Laden s'en prend au chef du Hezbollah libanais et l'accuse d'avoir autorisé l'entrée des troupes "croisées" des Nations unies au Liban à l'issue de la guerre de l'été 2006 contre Israël." Il dit :  "Hassan Nasrallah a dupé le peuple en accueillant (les troupes de l'ONU) alors qu'il savait qu'elles étaient là pour protéger les juifs et fermer les frontières devant les honnêtes moudjahidine". Qui franchement peut croire que ben Laden ait prononcé ces mots ?   Alors que c'est un fervent défenseur de la Palestine et qu'il sait très bien que le Hezbollah est un mouvement de Résistance qui lutte de tout son coeur contre l'envahisseur Sioniste. C'est intenable. Ca ne tient pas la route une seconde. Les manipulateurs vont jusqu'à faire se trahir le leader charismatique qui est loin d'être ce que les menteurs en ont fait. Le véritable combat de ben Laden était contre l'impérialisme américain qui s'imposait dans de nombreux pays musulmans et contre le Sionisme qui martyrise la Palestine depuis plus de soixante ans. Alors comment, franchement, pourrait-il incriminer Nazrallah qui passe pour un héros dans le monde musulman ?  Quant on sait de surcroît que les Sionistes -Armée Israélienne et services secrets- n'ont jamais vu d'un bon oeil les troupes de l'ONU au Liban. On sait toutes les provocations qu'ont subi tant les allemands que les Français avec les avions israéliens qui faisaient des piquets au-dessus d'eux. Nous connaissons malheureusement trop bien le machiavélisme du Sionisme, sa perfidie,  pour ne pas comprendre qu'ils font aller ben Laden dans leur sens. On les imagine sans peine ricaner en préparant leur cinéma d'enregistrement. Par contre, les faux propos de ben Laden prouvent que Nazrallah est dans le collimateur des Sionistes. Il l'est depuis longtemps. Et nul doute que s'il est victime d'un attentat, toute la meute hurlera que c'est Al Qaïda pour protéger les vrais coupables encore une fois. Oui, cet enregistrement est riche d'enseignement quant à ceux qui l'ont concocté. Il faut savoir décrypter les messages de ceux qui se croient mâlins mais qui sont d'une nullité effroyable. Ainsi lorsque le cheick aurait dit qu'avec les combattants islamistes engagés en Irak, la "libération de la Palestine " suivrait, ajoutant que les moudjahidine ne reconnaîtraient jamais Israël, ni aucun gouvernement palestinien qui accepte l'Etat hébreu, y compris si ce gouvernement est conduit par le mouvement islamiste Hamas. Quand on sait, là encore, tout ce que subit Gaza et que les sionistes ont fermement l'intention de se débarrasser des chefs du Hamas, tous ces propos ne nous semblent pas de bonne augure. Ils vont dans le sens des Sionistes. Ainsi pourront-ils dire qu'ils sont en danger et qu'il faut frapper dur à Gaza pour éradiquer tout mouvement terroriste. On voit la manoeuvre. Tout comme l'irruption de ben Laden surgit à un moment où les Israéliens intensifient la colonisation alors que Bush doit se rendre prochainement dans l'Etat hébreu et qu'à Washington on n'est guère content du nouvel appel d'offre pour 750 logements à Jérusalem-Est. Toute cette manipulation est cousue de fil blanc. Elle va et dans le sens de Bush pour faire passer la pilule des milliards à débourser et dans le sens des sionistes qui ont tout intérêt à ce qu'une affaire étouffe l'histoire de l'appel d'offre et de l'éradication du Hamas qui est fortement programmée. Voilà comment nous voyons la chose et plus que jamais nous redisons que derrière l'affaire Al Qaïda-Ben Laden, c'est le Mossad-Cia qui tire les ficelles pour que les évènements aillent dans le sens de ceux pour qui ils oeuvrent. Bush et le Sionisme. Lundi 31 Décembre 2007

N°300 Dossier de Palestine 06-01 Suite

Suite article...

LE PROBLÈME est que personne ne sait comment dénouer le nœud gordien tramé par Ariel Sharon qui en fut le maître artisan

Sharon décida du "plan de séparation" , l’une des pire folie dans les annales de cet Etat si riche en folies. Comme on peut s’en souvenir, Sharon démantela les colonies et évacua la bande de Gaza sans dialoguer avec les Palestiniens et sans restaurer l’Autorité palestinienne. Il ne laissa aux habitants de la bande aucune possibilité de mener une vie normale. Il transforma le territoire en une gigantesque prison. Toutes les liaisons avec l’extérieur furent coupées. La marine israélienne bloqua les voies maritimes. La frontière avec l’Egypte fut vérouillée. L’ouverture d’un port fut interdite par la force. L’aéroport resta détruit. Le libre passage entre la bande de Gaza et la Cisjordanie fut hermétiquement fermé. Tous les points de passage restèrent sous un total contrôle israélien, ouverts ou fermés arbitrairement. Des dizaines de milliers de travailleurs de la bande de Gaza, qui avaient des emplois en Israël, furent privés de tout moyen d’existence.

Le chapitre suivant était inévitable : le Hamas prit le contrôle militaire de la bande de Gaza sans que les responsables politiques de Ramallah aient les moyens d’intervenir. Des roquettes Qassams et des obus de mortiers furent lancés de la bande de Gaza sur des villes et des villages israéliens voisins sans que l’armée d’Israël ait les moyens de l’empêcher. L’une des plus puissante armées du monde, avec les armes les plus sophistiquées se montre incapable de faire face aux armes les plus primitives qui soient au monde.

Puis ce fut un cercle vicieux : les Israéliens bloquent les Palestiniens dans la bande de Gaza. Les combattants de Gaza bombardent la ville israélienne de Sdérot. L’armée israélienne riposte en tuant des combattants et des civils palestiniens. Les gens de Gaza tirent des roquettes sur les kibboutz. L’armée lance des incursions et tue jour et nuit des combattants palestiniens. Le Hamas se procure des armes antichars plus efficaces. Aucune fin n’est en vue.

EN ISRAËL, le citoyen ordinaire n’a aucune idée de ce qui se passe dans la bande de Gaza. La séparation est absolue. Aucune Israélien ne peut entrer dans la Bande , presque aucun Palestinien ne peut en sortir. Ce que pensent la plupart des Israéliens est : nous avons quitté Gaza. Nous y avons démantelé les colonies au risque d’une profonde crise nationale. Or, qu’est-il arrivé ? Les Palestiniens continuent de nous tirer dessus depuis la Bande et transforment la vie à Sdérot en enfer. Nous n’avons plus d’autre choix que de faire de leur vie un enfer afin de les arrêter. Cette semaine, j’ai pris connaissance d’un rapport d’une des personnes les plus crédibles de Gaza, le docteur Eyad Sarraj, un psychiatre de renom, militant de la paix et des droits de l’homme. Voici certaines de ses paroles paroles parvenues à un cercle étroit de militants de la paix israéliens : Israël impose un blocus sur toutes les importations dans Gaza, à l’exception, d’une liste réduite à une demi-douzaine de produits de base. Alors que 900 camions assuraient les importations et les exportations, il n’en reste plus que 15. Par exemple, l’entrée de savon est interdite. Alors que l’eau sur place est non potable, Israël prohibe l’importation de bouteilles d’eau de même que l’importation de pompes à eau. Les pièces détachées sont introuvables. Le prix des filtres à eau est passé de 40 à 250 dollars. Seuls les plus riches peuvent s’en procurer. Cependant le chlore se maintient. Les importations de ciment sont proscrites. Quand il y a un trou au plafond, il est impossible de le réparer. L’aile réservée aux enfants à l’hôpital demeure silencieuse. En l’absence de pièces détachées, les instruments médicaux qui cessent de fonctionner ne peuvent être réparés, y compris les couveuses pour les bébés ou les appareils pour les dialyses. Les malades les plus graves ne peuvent accéder à un hôpital, que ce soit en Israël, en Egypte ou en Jordanie. Dans la plupart des cas, les malades sont condamnés à mourir. Les étudiants ne peuvent rejoindre les universités à l’étranger. Les ressortissants étrangers qui visitent Gaza ne peuvent en repartir s’ils sont titulaires d’une carte d’identité palestinienne. Les Palestiniens qui ont un contrat de travail à l’étranger ne sont pas autorisés à partir. Quelques Palestiniens ont eu la permission de transiter par Israël pour se rendre en Egypte mais ils furent refoulés par les autorités égyptiennes et durent rejoindre Gaza. Presque toutes les entreprises ont été fermées par manque de matières premières, leurs ouvriers jetés à la rue. Par exemple, l’usine Coca-Cola a fermé ses portes. Après 60 ans d’occupation par les Egyptiens puis par les Israéliens, la production de la bande de Gaza est pratiquement nulle à l’exception des oranges, des fraises, des tomates, etc. Les prix ont atteint des niveaux vertigineux dans la bande de Gaza. Ils ont été multipliés par 5 ou par 10. La vie est devenue plus chère qu’à Tel-Aviv. Le marché noir prospère. Comment vivre dans de telles conditions ? L’entr’aide s’organise au sein des familles étendues. Les nantis viennent en aide à leurs parents. L’UNRWA distribue des produits de base aux réfugiés qui constituent la majorité de la population. Existe-t-il une autre voie que l’invasion massive ? Evidemment oui. Mais cela supposerait de l’imagination, du sang froid et d’être prêts à agir à l’encontre des modèles établis. Il est possible de parvenir immédiatement à un cessez-le-feu. Selon toutes les informations, le Hamas y serait prêt, à condition qu’il soit général : les deux parties mettraient un terme à toutes les actions militaires, y compris les "assassinats ciblés" ou aux tirs de Qassams ou de mortiers. Les points de contrôle devraient s’ouvrir pour permettre une libre circulation des biens dans les deux sens. Le passage entre la bande de Gaza et la Cisjordanie devrait être ouvert, de même que la frontière entre Gaza et l’Egypte. L’apaisement de la situation encouragerait les deux gouvernement rivaux, le Fatah en Cisjordanie et le Hamas à Gaza, à renouer le dialogue sous l’égide de l’Egypte et de l’Arabie séoudite afin de combler leur différend et de constituer une direction nationale palestinienne unifiée ayant le pouvoir de signer des accords de paix. Au lieu des paroles "Que je meurs avec les Philistins", reprenons les mots de Dylan Thomas : "La mort n’imposera pas son empire !". Uri Avnery

Article publié, en hébreu et en anglais, le 16 décembre sur le site de Gush Shalom –

Traduit de l’anglais "To Die With the Philistines ?" : MV

Source : AFPS
http://www.france-palestine.org/...

3-5 Point de vue de Lorient-lejour : L’État hébreu pourrait agir contre les colonies en Cisjordanie la semaine prochaine.
Le vice-Premier ministre israélien Haïm Ramon a déclaré hier que son pays entamera probablement une action contre les colonies en Cisjordanie lors de la visite du président américain George Bush au Proche-Orient la semaine prochaine.
«J’espère et je pense que, dans la période à venir, et par la suite, durant la visite du président américain en Israël, de réelles mesures seront prises pour retirer les avant-postes », a déclaré Haïm Ramon à la radio israélienne. M. Ramon n’a pas précisé quelles seraient les colonies concernées par un éventuel démantèlement. Il a cependant fait allusion aux colonies implantées de l’autre côté du mur érigé par Israël le long de la frontière avec
la Cisjordanie. « Ces avant-postes illégaux situés à l’est de la barrière seront certainement » amenés à être
démantelés, a-t-il dit.
M. Bush, qui effectuera sa première visite en tant que président américain en Israël et dans les territoires palestiniens durant une tournée dans la région programmée entre le 8 et le 16 janvier, a insisté auprès d’Israël sur un démantèlement des colonies sauvages érigées en Cisjordanie occupée, dans une interview publiée hier par le quotidien israélien Yediot Aharonot. « Cette question sera bien entendu à l’ordre du jour de mes entretiens » avec M. Olmert, a-t-il ajouté. En revanche, il n’a pas exprimé son opposition au maintien des cinq grands blocs d’implantations construits à l’initiative des différents gouvernements israéliens après la conquête de
la Cisjordanie en juin 1967, où vit la grande majorité des 270 000 Israéliens installés dans ce territoire.
Interrogé sur cette question, il s’est borné à réaffirmer que les deux parties (Israéliens et Palestiniens) « comprenaient que les réalités sur le terrain influeraient sur le dessin des frontières futures d’un État palestinien ».
Parallèlement, le Premier ministre palestinien Salam Fayyad a dénoncé hier les activités de l’armée israélienne dans les territoires palestiniens, affirmant qu’un tel acte réduisait à néant la réforme des services de sécurité mise en œuvre avec l’appui des puissances occidentales.
De son côté, le Premier ministre d’Israël Ehud Olmert estime que son pays jouit d’un contexte international extraordinairement favorable qui offre une chance d’aboutir à un accord de paix avec les Palestiniens, dans une interview publiée hier. « Par un concours heureux de
circonstances, dans lequel on pourrait presque voir la “main de Dieu”, il se trouve que Bush est président des États-Unis, que Nicolas Sarkozy est président de
la France , Angela Merkel est chancelière d’Allemagne et Gordon Brown, Premier ministre de Grande-Bretagne », déclare M. Olmert au quotidien Jerusalem Post. « Quelle combinaison pourrait être plus favorable à Israël ? » poursuit-il en allusion au fait que tous ces dirigeants sont considérés comme des amis sûrs par Israël.
Dans ce contexte, souligne-t-il, « je pense que s’il est possible de parvenir à un accord (de paix) avant que M. Bush n’ait achevé son mandat (en janvier 2009), ce serait préférable ». M. Olmert se déclare à 100 % en phase avec le président américain qui « ne fait pas une seule chose pour laquelle je ne serais pas d’accord ».
Il a par ailleurs estimé qu’Israël devrait savoir que ses meilleurs amis voient son avenir dans ses frontières de 1967, sans
la Cisjordanie et le plateau syrien du Golan, et ne reconnaissent pas l’annexion de Jérusalem-Est après sa conquête durant la guerre des Six-Jours. « Même le monde sympathisant d’Israël – qui ne comprend pas des extrémistes et des fanatiques –, celui qui soutient vraiment Israël, envisage son avenir dans le cadre de ses frontières de 1967 et parle de division de Jérusalem », dit-il, tout en laissant clairement entendre que son gouvernement ne souscrivait pas à cette position.
Le Premier ministre reconnaît qu’Israël s’est engagé à geler la colonisation en Cisjordanie occupée, en donnant son accord à la feuille de route, le dernier plan international adopté en 2003 et resté lettre morte. Mais, selon lui, un accord de règlement permanent avec les
Palestiniens devra reconnaître que la colonie de « Maalé Adoumim (en Cisjordanie) est une partie intégrante de Jérusalem et de l’État d’Israël ». Dans le même temps, le Premier ministre palestinien Salam Fayyad a dénoncé hier l’opération militaire lancée par Israël en
Cisjordanie. Des centaines de soldats israéliens sont entrés mercredi dans Naplouse et ont arrêté au moins six Palestiniens lors de fouilles dans les maisons. Les soldats ont essuyé des jets de pierre de la part de jeunes Palestiniens, déclenchant une confrontation dans laquelle une trentaine de personnes ont été blessées selon des sources médicales. «
Ces opérations détruisent nos efforts dans le domaine de la sécurité, qui dernièrement ont porté leurs fruits au point que les Palestiniens ont senti des changements », accuse Fayyad dans un communiqué.

Pour le Premier ministre palestinien, les raids d’Israël à Naplouse et ailleurs ont « un énorme impact négatif sur les efforts en cours, y compris au niveau international, pour ressusciter le processus de paix ».
http://www.lorient-lejour.com.lb/page.aspx?page=article&id=361463

3-6 Point de vue de Yoav Stern : Une organisation arabe israélienne propose un régime supranational plutôt que deux Etats.

Le centre “Adalah” propose l’établissement d’un seul régime constitutionnel sur toute la Palestine historique, sur le territoire où existent aujourd’hui Israël et l’Autorité Palestinienne. Ce changement dans la position d’Adalah – la plus importante organisation juridique arabe active en Israël – se produit un an après avoir publié le document de la « Constitution démocratique » pour Israël, une proposition de constitution qui reconnaissait les frontières de 67. Hier, Adalah a annoncé qu’il lançait la rédaction d’une nouvelle proposition de Constitution, qui reconnaisse le droit à l’autodétermination des deux peuples entre le Jourdain et la mer, mais propose d’établir au-dessus d’eux un régime supranational. Des juristes, des universitaires et des intellectuels palestiniens d’Israël, des Territoires occupés et de la diaspora, ainsi que des juristes juifs israéliens, participeront à la rédaction de cette nouvelle Constitution. Dans ce projet, le brouillon de la nouvelle Constitution promettra aux réfugiés qu’ils pourront donner suite à leur droit au retour et prendra également en considération l’immigration de Juifs dans la région. La préparation de cette Constitution constituera une des composantes de l’activité d’Adalah visant à marquer les 60 ans de la Naqba (la « catastrophe » - création du problème des réfugiés palestiniens en 1948). Au-delà de la reconnaissance des droits collectifs des deux peuples, Adalah aspire à ce que la nouvelle proposition de Constitution offre un espace public commun dépassant les entités nationales. Elle assurera en outre les droits individuels de tous ceux qui vivent dans la région, conformément au droit international, où qu’ils habitent. D’après la publication mensuelle de l’organisation, parue hier, le modèle de cette nouvelle proposition de Constitution sera la Convention européenne des droits de l’homme. Aux termes de cette Convention, la Cour européenne des droits de l’homme de Strasbourg peut intervenir dans les décisions des différents parlements, en Europe, et assure les droits de l’homme partout dans l’Union Européenne. Chez Adalah, on repousse l’objection selon laquelle l’organisation fixerait ainsi une nouvelle position ne reconnaissant pas les frontières d’Israël. « Peu importe le nombre d’Etats qu’il y aura dans la région. Il pourra y avoir un Etat, deux Etats ou un régime fédéral. Ce qui importe, c’est que dans la Palestine historique, les droits de l’homme se voient garantis pour chacun », a déclaré, hier, le directeur de l’organisation, l’avocat Hassan Jabareen. La « Constitution démocratique » d’Adalah, publiée il y a un an, proposait d’abolir la Loi du Retour et de fixer qu’Israël absorbera toute personne qui viendrait pour des raisons humanitaires. Selon ce même document, Israël devrait être défini comme « bilingue et multiculturel » et ses symboles décidés par les Juifs et les Arabes ensemble. Cependant, ce document reconnaissait Israël dans les frontières de 1967. Ces frontières étaient également reconnues dans les trois autres documents publiés l’année dernière par des groupes arabes en Israël – « Une Constitution égale pour tous ? », du Centre Mossawa ; la « Vision future » du Comité des chefs des autorités locales arabes ; et aussi la « Convention de Haïfa » menée par le Centre Mada Al-Carmel. Mais on explique, chez Adalah, que la création d’un Etat palestinien à côté de l’Etat d’Israël dans les frontières de 67 ne répondra pas entièrement aux exigences de la population arabe en Israël, et plus généralement du peuple palestinien. On craint, au sein de l’organisation, que l’Etat d’Israël ne continue de limiter le lien entre les Arabes d’Israël, d’une part, et l’Etat palestinien et le reste du monde arabe, d’autre part.

L’organisation Adalah ?

« Adalah, le Centre juridique pour les droits de la minorité arabe en Israël », a été créé il y a plus de dix ans. Ce n’est pas une organisation politique, mais beaucoup de ses membres se sont identifiés, dans le passé, avec le parti Balad. Il y a un an, l’organisation a publié la « Constitution démocratique », esquisse d’une constitution pour Israël abolissant son caractère juif mais reconnaissant les frontières de 67.

Yoav Stern

Haaretz, 20 décembre 2007

www.haaretz.co.il/hasite/pages/ShArtPE.jhtml?itemNo=93664...

Version anglaise : Adalah center says it may seek supranational regime in 'all historic Palestine ' (Traduction de l'hébreu : Michel Ghys)

www.haaretz.com/hasen/spages/936490.html

3-7 Point de vue de Miko Peled : Bil’in et la prochaine Intifada.

Bien qu’il soit aujourd’hui courant de parler des 40 ans d’occupation, la vérité est que dès le début de son existence, l’Etat d’Israël s’est fait Etat d’occupation et d’apartheid, et que le système d’occupation est là, dans toute sa laideur, depuis le jour de la création d’Israël. D’emblée Israël a nié que le peuple palestinien fût un peuple, et avec l’aide d’un monstrueux appareil sécuritaire, Israël a tenté d’anéantir le peuple palestinien et de rayer la Palestine de la carte.

Après 60 ans d’occupation, d’oppression et de mesures policières, il n’est toujours pas possible de libérer Israël de la poigne étouffante de l’appareil sécuritaire. On peut raisonnablement supposer que ce système de l’occupation ou de la « sécurité » qui suce le sang d’Israël et de la Palestine depuis maintenant 60 ans, ne dédaignera aucun des moyens dont il dispose pour combattre tous ceux qui oseraient menacer sa position inébranlable. Les deux aspects que cet appareil doit conserver pour survivre, sont le caractère raciste d’Israël et l’occupation grâce à laquelle, comme un vampire, il aspire le sang et l’âme des deux peuples. La réaction violente et disproportionnée des forces de « sécurité » à l’égard du combat contre le mur de séparation à Bil’in, un combat caractérisé par la coopération et la non-violence, démontre qu’elles ont peur d’une résistance sans violence, et qu’elles y voient une vraie menace pour la poursuite de leur contrôle absolu sur les territoires de la Palestine. Tout cet appareil de mise en œuvre de l’occupation - depuis les mouchards et les informateurs, jusqu’aux garde-frontière et à l’armée, en passant par les collabos et le Shabak [services israéliens de la Sécurité générale - NdT] - tout cet appareil est nourri de violence. La violence est l’oxygène qui donne vie à cet appareil inhumain et c’est pourquoi la menace d’une lutte sans violence lui fait peur. Alors qu’une résistance ayant un caractère violent le renforce et l’établit solidement, la lutte non-violente est en mesure de couper cet appareil de sa source d’oxygène et de le subjuguer une fois pour toutes. Bil’in brandit le drapeau de la lutte non-violente contre l’occupation et il convient de rappeler l’attachement ferme et tenace des gens de Bil’in au principe de la non-violence. Beaucoup de Palestiniens déclarent, avec raison, que les clés de la paix sont entre les mains d’Israël. Cependant les réalités du terrain montrent qu’Israël n’est pas tourné vers la paix et qu’une autre Intifada est inévitable. Par exemple, pendant que des milliers de prisonniers palestiniens pourrissent dans les prisons israéliennes, les forces de « sécurité » d’Israël, sans être sanctionnées, tuent des Palestiniens innocents, de sans froid et sans distinction. En outre, le vol des terres et la construction du mur de séparation se poursuivent avec entrain tandis que de plus en plus de Palestiniens se retrouvent sans terre ni maison. Il faut espérer que si et quand commencera la prochaine Intifada, les Israéliens attachés à la paix la soutiendront afin qu’elle se fasse sur le modèle de la lutte à Bil’in - celui d’une lutte non-violente menée en commun. Les buts de la lutte commune doivent être clairs et inclure l’élimination de la discrimination visant les Palestiniens dans tout l’espace d’Israël-Palestine. Ce serait une grave illusion de croire qu’il est possible de mettre fin au conflit israélo-palestinien à l’aide de changements cosmétiques dans le style des accords d’Oslo. Le temps de la cosmétique est passé, tout comme le temps de deux Etats, et seule une entière égalité de droits pour les deux peuples dans leur patrie commune aurait le pouvoir de mettre un terme au conflit. Certains sceptiques diront qu’il faut être naïf pour tenir pareils propos et d’autres que cette ambition ne se réalisera jamais, mais la réussite de toute lutte est déterminée par la clarté de ses objectifs et l’inflexibilité de ses dirigeants et pas par le défaitisme des sceptiques. « Occupation » est le nom donné à un régime d’apartheid imposé par Israël dans tout l’espace de la Palestine et ce nom crée l’impression qu’il s’agit d’une situation temporaire. Mais ce régime qui opprime le peuple en Palestine et anéantit le peuple en Israël se maintient depuis maintenant 60 ans. La fin du régime d’occupation constitue un intérêt vital commun aux Palestiniens et aux Israéliens tout à la fois : elle débarrassera une fois pour toutes les Israéliens du joug destructeur qu’est le contrôle policier établi sur un peuple qui lutte pour ses droits et elle débarrassera le peuple palestinien du joug d’une vie de prisonnier sur sa propre terre. Le plus grand obstacle sur la voie menant à la fin de l’occupation et à la fin du conflit, c’est cet appareil appelé « appareil sécuritaire » d’Israël. C’est un ensemble puissant, alimenté comme on l’a dit par l’occupation et qui, comme un cancer incurable, n’est pas près de lâcher prise. Le discours sioniste affirme qu’il est possible de créer un Etat palestinien à condition que ce soit à côté d’un Etat à majorité juive couvrant la plus grande partie des territoires d’Israël-Palestine. Mais lorsque les gouvernements israéliens parlent d’un Etat palestinien, ils songent à des enclos sur le modèle de Gaza et non pas à un Etat palestinien indépendant. Non seulement la création de ghettos pour emprisonner tout un peuple ne résoudra pas le conflit mais elle conduira à une catastrophe comme nous l’avons déjà vu à Gaza. Et si l’on évoque Gaza, il convient de rappeler aussi qu’à côté des violentes luttes de pouvoir sur lesquelles les médias se sont appesantis, vivent à Gaza 1,4 million de personnes dont environ la moitié a moins de 18 ans.

En d’autres termes, près de 800.000 enfants vivent à Gaza sans protection face aux assauts des expéditions dévastatrices d’Israël. Si on arrêtait un moment la violence, il serait peut-être possible de penser aux moyens de protéger ces enfants et peut-être même leur permettre d’espérer un meilleur avenir. Mais tant qu’Israël emprisonne des gens sur leur terre, sans possibilité de mener une vie normale, les enfants de Gaza n’ont aucune raison d’espérer un avenir meilleur, et il se peut fort bien qu’une autre Intifada, à condition qu’elle soit non violente, constitue pour eux une issue.

Dans un excellent article publié récemment aux Etats-Unis, le Dr Mona al-Farra écrit depuis Gaza que ce n’est peut-être pas le bon moment pour parler d’un Etat unique pour les deux peuples mais que la situation actuelle à Gaza montre indubitablement que le système des bantoustans isolés mène à un échec écrasant. La question qui se pose est celle-ci : pourquoi est-il permis de parler d’égalité des droits partout dans le monde sauf en Israël et Palestine ? Dans les circonstances actuelles, il faut un courage surhumain pour soulever la question que pose le Dr al-Farra - le temps n’est-il pas venu de se dresser face au système qui alimente la violence et d’entamer un processus qui mène à sa fin ? La réponse à cette question est bien évidemment oui. Il faut lancer une lutte commune, résolue et non violente, une lutte qui sera dure et douloureuse, une lutte qui paralyse l’occupation et contraigne Israël à y mettre fin.

Il faut, une fois pour toute, libérer les deux peuples du joug du système maléfique qui les asservit depuis 60 ans déjà et qui leur impose le joug de l’occupation et de la guerre. Israéliens et Palestiniens doivent suivre ensemble la voie de Bil’in et agir ensemble pour mettre fin au conflit et à la violence.

Miko Peled - Kibush

mardi 21 août 2007

Miko Peled

  • L’auteur, Miko Peled, est un militant israélien de la paix qui vit aux Etats-Unis. Il est le fils de Matti Peled, le frère de Nourit Peled-Elhanan, et l’oncle de Smadar Elhanan. Miko Peled et Nader al-Banna, un Palestinien vivant aujourd’hui en Californie, sont à la tête d’une association à la mémoire de Smadar Elhanan et Abir Aramin.
  • Ensemble, ils ont organisé une opération visant à faire venir un millier de fauteuils roulants pour des enfants en Israël et dans l’Autorité Palestinienne, cinq cents de chaque côté.
    Traduit de l’hébreu par Michel Ghys

Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

4-1 Nadia Ben Dhifallah : Naplouse le 06/01/2008 - Fin du siège

 

L'armée s'est retirée hier soir non sans laisser de traces. Impact physique pour la ville et certains de ses habitants, impact psychologique pour les habitants, impact économique pour cette ville qui s'est vu complètement fermée 3 jours durant...Mais avant de partir cette armée d'occupation s'est bien fait entendre et a laisse sa signature, bombardement a outrance et lâche de gaz lacrymogène a tel point que, l'heure d'après, l'air que nous respirions était encore charge de gaz. Un gaz tellement puissant qu'on avait l'impression que la peau du visage se détachait.
Dans la vieille ville, plusieurs maisons ont été bombardées, comme celle de Soraya. Ils étaient 3 familles soient 15 personnes dans une chambre avec juste le droit de temps en temps d'aller aux toilettes et une fois de se préparer a manger. Leur colocation avec les soldats se résumait a des insultes et maltraitances durant plus de 24 heures. En guise de remerciement, les soldats, après avoir évacué les familles, ont bombarde la maison. L'excuse? 2 des enfants de Soraya sont recherches....Soraya se demande encore pourquoi ses 2 fils sont recherches. Elle m'explique que cela ne fait que 3 ans que Soraya et sa famille vit a Naplouse, auparavant ils habitaient au Venezuela.
Le mari de Soraya s'est fait insulter devant ses enfants durant tout le temps ou les soldats occupaient leur maison et a un moment le chef des soldats voulaient lui fracasser la tête avec son casque.
Ahmed, le jeune homme de 32 ans qui a été blesse a la tête et au cou, est décède... il était père de 2 enfants, un age de 4 ans et l'autre de 3 mois. Une erreur dit l'armée...cette erreur aurait pu avoir lieu dans un autre pays? Et le monde serait-il reste silencieux? Est-ce aussi une erreur pour Ahmed et sa famille et pour tous les Ahmed précédents et futurs? L'armée pensera-t-elle a leur mettre sur leur tombe une plaque sur laquelle elle inscrira "mort par notre faute mais par erreur"?
Apres le départ des soldats, c'est une ville dévastée que ses habitants ont retrouve. Rapidement la ville a envoyé ses pelleteuses et balayeurs comme pour effacer ce mauvais cauchemar, comme pour passer a autre chose, comme pour oublier...oublier, c'est certainement pas ce peuple oublie qui oubliera.
Ce n'est certainement pas moi qui oublierais...
Aujourd'hui la vie reprend ou continue, mais on ne cesse de penser a ceux qui furent arrêtes, les blesses, les morts, les gens se retrouvant sans maison...et surtout a quand le prochain siége?
Nadia

4-2 Jean-Marie Dermagne : L'affaire des T-shirts 'terroristes'.

Emblématique, cette affaire des « tee-shirts terroristes » qui vient de connaître son épilogue devant la justice de Copenhague après avoir défrayé la chronique durant plus de trois mois ! Un marchand de saucisses de 56 ans, un enseignant, un fonctionnaire, un vendeur de photocopies, un passionné d’informatique et deux étudiants ont été accusés d’avoir voulu financer le terrorisme. Diable !

Membres de l’association « Fighters + Lovers » , les sept Danois avaient eu l’idée de promouvoir, via Internet, l’achat de tee-shirts garnis des logos du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) ou des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Lorsque chacun d’eux a vu, un beau matin, débarquer à son domicile les Rambos de la lutte antiterroriste, ils avaient déjà vendu 600 tee-shirts à la déco révolutionnaire. Mais les mouvements palestinien ou colombien n’avaient pas encore pu recevoir quoi que ce soit. Et l’argent récolté de même que le stock restant de tee-shirts furent saisis sur le champ, comme produits du crime ou comme pièces à conviction. Traînés devant un tribunal, ils ont expliqué que, sur le prix de vente de chaque pièce décorée, 5 euros étaient destinés à financer l’achat de matériel logistique (comme des émetteurs pour des stations de radio). Résultat des courses : le parquet danois a requis leur condamnation pour « financement d’activités terroristes » . Le procès fut palpitant : le tribunal entendit des experts et des témoins, cités par l’accusation et par la défense, sur la question de savoir si le FPLP et les FARC étaient des mouvements terroristes ou, au contraire, des organisations de résistance légitime à l’occupation israélienne ou au régime qualifié par beaucoup de dictatorial en place à Bogota. Les juges danois furent ainsi obligés, vu la volonté du parquet de criminaliser la vente des tee-shirts « diaboliques », de se pencher sur des questions de géopolitique on ne peut plus brûlantes, comme la légalité de l’occupation des territoires palestiniens par Israël ou le caractère démocratique du gouvernement colombien !

Au même moment, se déroulait à Anvers (Belgique) le nouveau procès des militants ou sympathisants belges (ou résidents) du DHKP-C turc.

Sans qu’on ne leur reproche une quelconque action violente où que ce soit, une poignée de militants de gauche - dont les figures de proue sont Ferhye Erdal et Bahar Kimyongür - ont été détenus préventivement , puis condamnés chacun à plusieurs années de prison par le tribunal correctionnel de Bruges, d’abord, puis par la Cour d’appel de Gand, pour soutien à une organisation terroriste . La condamnation a été annulée par la Cour de cassation, d’où un nouveau procès à Anvers avec un arrêt annoncé pour le 20 décembre puis reporté au 19 janvier. Bahar Kimyongür risque gros car le parquet fédéral en fait une espèce de tête pensante du DHKP-C .

Son crime ? Avoir traduit dans nos langues encore nationales des communiqués du parti turc d’extrême gauche dont il se déclare sympathisant et que l’Etat turc veut anéantir sans que ses membres ne puissent trouver asile nulle part.
Traduction de textes appelant à la résistance ou à la lutte armée , d’un côté.

Vente de tee-shirts aux logos révolutionnaires, de l’autre.

Le parallélisme est aisé autant qu’inquiétant. Depuis que Che Guevara est au Panthéon de tous les adolescents du monde , qui n’a pas vendu, distribué ou acheté des vêtements ou des objets à l’effigie du bouillant révolutionnaire argentin abattu par la C.I .A. américaine ? Imaginez qu’il soit encore vivant, Ernesto Guevara, qui n’avait pas une stratégie différente des FARC, du FPLP, ou du DHKP-C, serait nécessairement considéré comme terroriste par les nouveaux Mc Carthy qui, aux U.S.A. et chez tous leurs satellites, font la chasse aux sorcières vertes, noires et rouges...

Résultat : tous les boutonneux rêvant de prendre le maquis aux côtés du Che pour combattre un monde injuste tomberaient dans les casseroles.

Jean-Marie Dermagne 

Avocat, Bâtonnier du Barreau de Dinant

4-3 Dorothy Naor : Des étudiantes réduites au silence et brutalisées.

alors qu’elles protestaient à l’occasion d’une conférence de politique internationale,  à l’Université Hébraïque de Jérusalem

Ce soir (18/12/07), à l’Université Hébraïque, s’est tenue une conférence publique intitulée « La démocratie peut-elle venir à bout de la terreur ? La démocratie combat la terreur avec une main liée derrière le dos. Quand, pourquoi et comment cette main doit-elle être déliée ? » Avec la participation de l’ancien président de la Cour suprême, le professeur Aharon Barak, le président de l’Université Hébraïque, le professeur Menachem Megidor, et Efraim Halevi, ancien chef du Mossad et directeur du Centre d’Etudes Stratégiques. Un tract (*) distribué dans le public déclarait : « Les mains de la démocratie sont "liées" par le droit humanitaire international. Les délier revient à légitimer des violations des droits humains fondamentaux sous forme de tortures, de châtiments collectifs et de crimes de guerre. » Et plus loin : « Présenter le droit humanitaire international comme des restrictions à l’efficacité militaire nous met tous en danger ». Nous protestons contre le fait que l’Université accorde une tribune à la légitimation de violations graves aux droits de l’homme et une protection académique à la torture et à la punition collective. Alors qu’Aharon Barak parlait de « l’équilibre » entre « sécurité » et « droit humanitaire international » en Israël, y compris dans les jugements qu’il a pu rendre à propos du Mur de séparation et de la séparation des familles, nous avons trouvé qu’il était de notre devoir de protester contre le piétinement brutal et quotidien des droits de l’homme et de la sécurité, souvent appuyé par les jugements d’Aharon Barak. - Nous insistons sur notre droit à protester contre des conférences antidémocratiques tenues dans une université publique, financée par les budgets de l’éducation. Il n’est pas possible que des conférences discutant de la démocratie réunissent exclusivement des hommes appartenant à l’élite dominante, en ne laissant aucune place à des gens dont les droits sont violés dans la réalité. 

Nous protestons contre la violence verbale et physique exercée contre nous alors qu’on nous faisait sortir avec une force exagérée et sans en avoir l’autorité, hors de la salle de conférence, contre le refus des agents de sécurité de s’identifier et contre le fait qu’ils nous ont retenues illégalement, alors que nous demandions à quitter le campus.

- Nous sommes consternées par la violence du public qui, avant même les brutalités des agents de la sécurité, réclamait le recours à la force pour se débarrasser de nous. Alors que des femmes étaient emmenées de force et traînées par terre, la majorité du public applaudissait.

- Nous demandons que le président de l’Université Hébraïque, le professeur Menachem Megidor, et l’ancien président de la Cour suprème, le professeur Aharon Barak, s’expliquent, dans la mesure où, en leur présence, de la violence verbale et physique a visé des femmes qui exprimaient leur protestation d’une manière démocratique. Et ils ont continué de parler de démocratie.

Contrairement à certains flash d’informations qui ont circulé, nous n’avons pas « quitté la salle sans heurts » : on nous a violemment entraînées, sous la clameur des applaudissements de la foule en colère. Cette conduite reflète parfaitement la raison de notre protestation : le faux « équilibre » entre sécurité et droits de l’homme est en réalité un piétinement systématique et délibéré de droits humains élémentaires, depuis la liberté d’expression jusqu’au droit à la vie.

Aujourd’hui, 5 étudiantes risquent le comité de discipline et des sanctions de l’Université.

Relayé par Dorothy Naor

Mardi 18 décembre 2007

Texte du tract

La démocratie peut-elle venir à bout de la terreur ?

La démocratie combat la terreur avec une main liée derrière le dos. Quand, pourquoi et comment cette main doit-elle être déliée ?

Qu’est-ce qui lie cette main ?

Les mains de la démocratie sont "liées" par le droit humanitaire international. Les délier revient à légitimer des violations des droits humains fondamentaux sous forme de tortures, de châtiments collectifs et de crimes de guerre. 

Comment suspendre la démocratie permet-il de vaincre la terreur ?

Si la terreur est définie comme le recours à une violence indiscriminée ne montrant aucun égard pour la vie humaine, alors elle ne peut être « vaincue » en manquant brutalement à l’engagement de la démocratie à l’égard du droit international. La terreur ne peut être combattue par la terreur. Qui plus est, en qualifiant de terroriste une personne ou un mouvement, le gouvernement acquiert un pouvoir illimité pour écraser toute opposition, en sapant ostensiblement la visée centrale d’une société démocratique. Qui définit la terreur ?

Depuis plus de quarante ans, 3,5 millions de personnes vivent sous l’autorité militaire et civile d’Israël, sans aucune représentation au sein de son gouvernement ni la garantie de leurs droits humains fondamentaux. Elles ne disposent d’aucun moyen d’amener un changement de l’intérieur du système politique d’Israël afin de protéger leur propre sécurité.  Toute tentative pour résister de l’extérieur du système politique d’Israël se voit automatiquement étiquetée de terrorisme. On ne peut pas discuter de la démocratie en excluant ouvertement les femmes, les Arabes et toute personne qui n’est pas blanche, riche et membre de l’élite politique et militaire. C’est là un programme étroit, menaçant l’hétérogénéité même que la démocratie est censée protéger et mettant donc en danger chacun d’entre nous.

Présenter le droit humanitaire international comme des restrictions à l’efficacité militaire nous met tous en danger.

En recourant à des moyens non démocratiques tels que la torture, le châtiment collectif, la détention administrative, les restrictions à la liberté de mouvement et à l’accès aux soins de santé, la confiscation de terres, l’accaparement des ressources en eau, les coupures d’électricité, le blocus, les démolitions de maisons,

vous ne triomphez pas de la terreur : vous vous devenez la terreur.

Combattez la terreur – Ne la provoquez pas !

 

(Traduction de l’hébreu et de l’anglais : Michel Ghys)