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30/04/2011

n°15 - Journal de Libye - 19-04 au 30-04 - Début - La rapine du siècle : l’assaut des « volontaires » sur les fonds souverains libyens.


n°15  - Journal de Libye - 19-04 au 30-04  -  Début - La rapine du siècle : l’assaut des « volontaires » sur les fonds souverains libyens.



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal de Libye

                                                              n°15                                       19-04 au 30-04        

                                                             C.De broeder & M.Lemaire



Le " Journal de Libye" est  visible  sur les blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Editorial 

Tiré à part 

Manlio Dinucci : La rapine du siècle : l’assaut des « volontaires » sur les fonds souverains libyens.

Kamel LAKHDAR-CHAOUCHE : Les Occidentaux possèdent un logiciel qu’ils appliquent aux Arabes: nous vous détruisons pour vous reconstruire

Paroles & action du président Obama

Manlio Dinucci : Les Predators surarmés arrivent en Libye.

1 Des Canons ... pas du beurre

Les rebelles libyens réclament de nouveau des armes …

2  Pays Arabes & voisins

3 Les pays

4  Dossier

4-1 Anne Morelli : « Femmes pour la Paix » et pas « Femmes pour la guerre ».

4-2 Jacques Borde : Libye – Vers l’impasse, selon le patron des forces US.

Fin

5 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

5-1 Fidel CASTRO : Libye : un incendie qui peut tout embrasé.

6  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

6-1 Tony Busselen : Libye : Que sont devenus les arguments  des partis Belge qui ont soutenu la guerre ?

6-2 Jacques Borde : Libye – Vers l’impasse, selon le patron des forces US.

7 Annexe

7-1 Manlio Dinucci : Le terroriste libyen ami de Washington.

 



Editorial 

Tiré à part 

Manlio Dinucci : La rapine du siècle : l’assaut des « volontaires » sur les fonds souverains libyens.
L’objectif de la guerre en Libye n’est pas seulement le pétrole, dont les réserves (estimées à 60 milliards de barils) sont les plus grosses d’Afrique et les coûts d’extraction parmi les plus bas du monde, ni le gaz naturel dont les réserves sont estimées à environ 1.500 milliards de m3. Dans le viseur des « volontaires » de l’opération « Protecteur unifié » il y a aussi les fonds souverains, les capitaux que l’Etat libyen a investi à l’étranger.
 Les fonds souverains gérés par la Libyan Investment Authority (Lia) sont estimés à environ 70 milliards de dollars, qui grimpent à plus de 150 si l’on inclut les investissements étrangers de la Banque centrale et d’autres organismes. Et ils pourraient être plus importants encore. Même s’ils sont inférieurs à ceux de l’Arabie saoudite ou du Koweït, les fonds souverains libyens se sont caractérisés par leur croissance rapide. Quand la Lia a été constituée en 2006, elle disposait de 40 milliards de dollars. En cinq années à peine, elle a effectué des investissements dans plus de cent sociétés nord-africaines, asiatiques, européennes, nord-américaines et sud-américaines :
holding, banques, immobilier, industrie, compagnies pétrolières et autres.
   En Italie les principaux investissements libyens sont ceux effectués dans UniCredit Banca (dont Lia et la Banque centrale libyenne possèdent 7,5%), dans Finmeccanica (2%) et Eni (1%) : ces investissements et d’autres (dont 7,5% au Juventus Football Club) ont une  signification plus politique qu’économique (ils se montent à environ 4 milliards de dollars).
La Libye, après que Washington l’ait effacée de sa liste de proscription des« Etats voyous », a essayé de se refaire une place à un niveau international en misant sur la « diplomatie des fonds souverains ». Quand les Etats-Unis et l’Union européenne ont révoqué leur embargo de 2004 et les grandes compagnies pétrolières sont revenues dans le pays, Tripoli a pu disposer d’un surplus
commercial d’environ 30 milliards de dollars annuels qu’il a destiné en grande partie aux investissements étrangers. La gestion des fonds souverains a cependant créé un nouveau mécanisme de pouvoir et corruption, aux mains de ministres et hauts fonctionnaires, qui a probablement échappé au contrôle de Kadhafi lui-même : confirmé par le fait qu’en 2009, ce dernier a proposé que les 30 milliards de dividendes pétroliers allassent « directement au peuple
libyen ». Ceci a accentué les fractures à l’intérieur du gouvernement libyen.
 C’est sur ces fractures que se sont appuyés les cercles dominants étasuniens et européens qui, avant d’attaquer militairement la Libye pour mettre la main sur sa richesse énergétique, se sont appropriés les fonds souverains libyens.
Cette opération a été favorisée par le représentant même de la Libyan Investment Authority, Mohamed Layas : comme le révèle un câblogramme exfiltré à travers Wikileaks, le 20 janvier Layas a informé l’ambassadeur étasunien à Tripoli que la Lia avait déposé 32 milliards de dollars dans des banques étasuniennes. Cinq semaines plus tard, le 28 février, le Trésor étasunien les a « gelés ». Selon les déclarations officielles, c’est « la plus grosse somme d’argent jamais bloquée aux Etats-Unis », que Washington garde « en dépôt pour l’avenir de la Libye ».

Elle servira en réalité pour une injection de capitaux dans l’économie étasunienne toujours plus endettée. Quelques jours plus tard, l’Union européenne a « gelé » environ 45 milliards d’euros de fonds libyens.
  L’assaut sur les fonds libyens aura un impact particulièrement fort en Afrique. Ici, la Libyan Arab African Investment Company a effectué des investissements dans plus de 25 pays, dont 22 en Afrique sub-saharienne, en programmant de les augmenter dans les cinq prochaines années, surtout dans les secteurs minier, manufacturier, touristique et dans celui des télécommunications. Les investissements libyens ont été décisifs dans la réalisation du premier satellite de télécommunications de la Rascom (Regional African Satellite Communications Organization) qui, mis en orbite en août 2010, permet aux pays africains de commencer à se rendre indépendants des réseaux satellitaires étasuniens et européens, en réalisant ainsi une économie annuelle
de centaines de millions de dollars.
 Plus importants encore ont été les investissements libyens dans la réalisation des trois organismes financiers lancés par l’Union africaine : la Banque africaine d’investissement, dont le siège est à Tripoli ; le Fond monétaire africain, siége à Yaoundé (Cameroun) ; la Banque centrale africaine, siège à Abuja (Nigeria). Le développement de ces organismes permettrait aux pays africains d’échapper au contrôle de la Banque mondiale et du Fond monétaire international, tous deux instruments de domination néo-coloniale, et marquerait la fin du franc Cfa, la monnaie que sont obligés d’utiliser 14 pays, ex-coloniesfrançaises.

Le gel des fonds libyens assène un coup très dur à tout le projet.
Les armes utilisées par les « volontaires » ne sont pas seulement celles del’opération « Protecteur unifié ».
Manlio Dinucci
Edition de vendredi 22 avril 2011 de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20110422/manip2pg/09/manip2pz/301857/
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio


Kamel LAKHDAR-CHAOUCHE : Les Occidentaux possèdent un logiciel qu’ils appliquent aux Arabes: nous vous détruisons pour vous reconstruire

CENTRE DE RECHERCHE STRATÉGIQUE ET SÉCURITAIRE À ALGER

Deux généraux décryptent la crise libyenne

«Le rôle de l’armée US dans la prise de décision politique» a fait, avant-hier, au siège du Centre de recherche stratégique et sécuritaire (Crss), à Ben Aknoun, l’objet d’une conférence-débat animée par le colonel à la retraite, Hadj Bendoukha.

S’exprimant sans détour, il a soutenu que la position de l’Algérie à l’égard du présent conflit en Libye est mal défendue.

Estimant que l’intervention de la coalition en Libye sous couvert de la résolution 1973 des Nations unies est inadmissible, l’ex-officier de l’ANP a soutenu qu’une telle «aventure» menace grandement la sécurité de la région.

Devant une assistance, composée essentiellement d’ex-diplomates, ex-militaires et chercheurs, l’ex-officier a soutenu que «le plus important à la lumière du conflit libyen est sans nul doute, le fait d’éclairer l’opinion nationale en lui expliquant les enjeux avoués et inavoués, liés au conflit libyen».

 

Abdelkrim Ghrieb, ex-ambassadeur d’Algérie au Mali a, quant à lui, fait savoir qu’aujourd’hui «il est plus que nécessaire de convaincre l’opinion nationale et lui expliquer la démarche incluant les intérêts suprêmes du pays». Décortiquant la question du conflit libyen en matière de retombées et dommages collatéraux, qu’ils soient internes ou externes, le général-major à la retraite, Abdelaziz Medjahed a soulevé des questions qui demeurent toutefois, sans réponse, en l’occurrence: «Qu’on me fasse comprendre comment des manifestants se sont retrouvés avec des chars?».

 

Le général-major Medjahed a précisé que la cohésion de défense du peuple libyen est désormais, vulnérable. Selon lui, «il y a une partie du peuple libyen qui veut que l’Otan aille plus loin dans son intervention. Elle demande indirectement une intervention terrestre, d’une part, et, de l’autre, une autre partie du peuple, qui par intérêt ou par nationalisme, refuse l’intervention de la coalition et de l’Otan».

 

Par ailleurs, le général Abdelaziz Medjahed a affirmé que l’on assiste à «l’Afghanisation» du conflit libyen. Et de conclure: «Le Monde arabe en général ne peut disposer d’une autonomie de défense stratégique car sa sécurité relève de son intégration dans des cercles de défense externes».

 

A ce propos, le général-major a souligné, qu’aujourd’hui, «le Maghreb assiste au retour des ex-entreprises coloniales, prétendant émanciper les peuples». «Dans le temps, les Occidentaux nous disaient qu’ils nous occupaient car ils voulaient nous civiliser. Aujourd’hui, ils nous détruisent sous prétexte qu’ils veulent nous libérer des dictatures.» Et de poursuivre: «Les Occidentaux possèdent un logiciel qu’ils appliquent aux Arabes: nous vous détruisons pour vous reconstruire.»

 

Dans le même sillage, le général-major a ajouté qu’un officiel US avait annoncé devant des journalistes en 2007 que «les Américains avaient orchestré un plan dès 2001 avec pour finalité l’imposition de leur tutelle et leur domination sur 7 pays: l’Irak, la Syrie, le Liban, la Somalie, le Soudan, la Libye et l’Iran». Une analyse partagée par le colonel à la retraite, Hadj Bendoukha, indiquant que l’armée américaine a souvent déployé, dans le cadre de son fonctionnement, 65 à 75% de l’effectif militaire en dehors des frontières des Etats-Unis. Abondant dans le même sens, pour le général à la retraite, Noureddine Amrani, ces chiffres constituent un signe fort du caractère de belligérance américaine. Pour ce faire, il a signalé que sur les 12.800 étrangers qui travaillent au département de la Défense US, il se trouve, a-t-il dit qu’il y a 5000 Maghrébins qui ont été recrutés après le 11 Septembre pour décrypter des conversations.

Kamel LAKHDAR-CHAOUCHE



Paroles & action du président Obama

Manlio Dinucci : Les Predators surarmés arrivent en Libye.

Le président Obama  a approuvé l’emploi en Libye des Predators armés, des avions télécommandés du type « hunter/killer » (chasseur/tueur) : l’annonce a été faite par le secrétaire de la Défense Robert Gates. Ceux qui sont utilisés dans l’opération « Protecteur unifié » appartiennent à la dernière génération des Predators (« prédateurs ») : ce sont les MQ-9 Reaper, utilisés pour la première fois en Afghanistan en 2007. Le Reaper (« broyeur », de vies humaines évidemment), en mesure de voler à 15milles mètres d’altitude, transporte une charge guerrière de plus d’une tonne et demie, composée surtout de missiles Hellfire (« feu de l’enfer »). Le Reaper peut en transporter 14, au lieu des deux du précédent Predator.

Les Reaper décollent probablement de la base de Sigonella (Sicile) où est déployé le personnel préposé au réapprovisionnement et à la manutention, mais ils sont conduits par un pilote et par un spécialiste des senseurs assis à leur console dans la base aérienne de Creech au Nevada. L’avion  possède des senseurs à l’infrarouge et des vidéos caméras spéciales qui, par le réseau satellitaire, permettent aux opérateurs de repérer les objectifs. Tuer en manoeuvrant un avion avec un joystick à plus de 10mille Kms de distance est la dernière frontière des technologies guerrières. « Voir les  mauvais sujets sur l’écran et comment on les envoie dans l’autre monde, et ensuite descendre au fastfood pour déjeuner, est une expérience surréelle », a déclaré à CNN le capitaine Matt Dean, un des pilotes de la base de Creech. Le problème cependant est de distinguer les « mauvais sujets » des autres :  l’utilisation des Predator/Reaper en Afghanistan, Pakistan, Irak et Yémen est jalonnée de continuelles « erreurs », c’est-à-dire de massacres de civils pris pour des « terroristes » ou pour des « insurgés ». En Afghanistan, il y a deux jours, un missile Hellfire lancé par un Reaper a tué aussi des militaires étasuniens, pris pour des insurgés.

En Libye, a spécifié le général James Cartwright dans la conférence de presse de Gates au Pentagone- les forces loyales à Kadhafi circulent à l’intérieur de zones habitées pour ne pas être la cible des avions OTAN. C’est pour cela que sont maintenant utilisés les Predator, « avions qui ont des capacités uniques, adaptées aux zones urbaines où par contre les bombardements traditionnels peuvent causer des dommages collatéraux ». Le général n’a cependant pas expliqué comment on peut éviter des « dommages collatéraux » en lançant, avec des Predator/Reaper, des missiles Hellfire, dont les têtes sont de trois types : antichar, explosive à fragmentation et thermobarique.

La tête thermobarique Agm-114N Metal Augmented Charge, utilisée pour la première fois en Irak en 2005, quand elle frappe l’objectif répand un nuage de poussière d’aluminium qui provoque une seconde explosion. Celle-ci produit une pression telle qu’elle crée un vide d’air, provoquant la mort par asphyxie de ceux qui se trouvent dans la zone, même à l’intérieur d’édifices ou de refuges. L’organisation Human Rights Watch la définit comme une arme « particulièrement brutale », car « elle rend pratiquement impossible pour les civils de trouver un refuge ». C’est ainsi qu’est réalisé l’objectif fondamental énoncé dans la résolution du Conseil de sécurité : la « protection des civils ».

Edition de samedi 23 avril 2011 de il manifesto,

Manlio Dinucci 

 26 avril 2011

Bulletin électronique Mondialisation.ca - www.Mondialisation.ca

URL de cet article: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=24500

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20110423/manip2pg/02/manip2pz/301909/   



1 Des Canons ... pas du beurre

Les rebelles libyens réclament de nouveau des armes …

Ndlr : La publication de l'article doit être vu comme information.

Un chef des rebelles libyens exhorte l'Otan de livrer de nouvelles armes. Pour lui, Kadhafi est "désespéré" et pourrait utiliser ses armes chimiques.

Un responsable des rebelles libyens a exhorté jeudi 28 avril à Bruxelles les Occidentaux à livrer des hélicoptères et des missiles anti-chars aux insurgés et a averti que le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi pourrait avoir recours à des armes chimiques.

 

Le général Abdel Fattah Younis, ancien ministre libyen de l'Intérieur qui a fait défection pour prendre en charge le commandement des insurgés, a fait ces demandes durant une visite à Bruxelles destinée à gagner un soutien plus poussé de l'UE et de l'Otan.

Nouvelobs.com – AFP

http://tempsreel.nouvelobs.com//actualite/les-revolutions-arabes/20110428.OBS2022/les-rebelles-libyens-reclament-de-nouveau-des-armes-aux-occidentaux.html

 

"Kadhafi possède des armes chimiques"

Ndlr : La publication de l'article doit être vu comme information.

"Kadhafi est à présent désespéré. Malheureusement, il dispose encore d'environ 25% de ses armes chimiques, qu'il utilisera peut-être puisqu'il est dans une situation désespérée", a déclaré M. Younis lors d'une conférence de presse.

Après 42 ans aux côtés du colonel Kadhafi, le général Younis qualifie aujourd'hui le dirigeant libyen "d'homme arrogant" qui "n'accepte jamais de battre en retraite" et qui se battra probablement jusqu'à sa mort après avoir refusé de s'exiler.

"Le plus probable, c'est qu'il soit tué ou qu'il se suicide", a estimé le responsable rebelle.
Abdel Fattah Younis a exhorté les Nations unies à mettre fin siège de la ville rebelle de Misrata (ouest), encerclée depuis deux mois par les forces pro-Kadhafi.

Nouvelobs.com – AFP

http://tempsreel.nouvelobs.com//actualite/les-revolutions-arabes/20110428.OBS2022/les-rebelles-libyens-reclament-de-nouveau-des-armes-aux-occidentaux.html

 

1.091 personnes évacuées de Misrata.

Ndlr : La publication de l'article doit être vu comme information.

1.091 personnes ont d'ailleurs été évacuées de Misrata dans bateau affrété par l'Organisation pour les migrants (OIM). Le navire, transportant des Nigériens, Soudanais, Egyptiens, Tunisiens et Libyens est arrivé jeudi à Benghazi, fief de la rébellion. Ils ont été emmenés au Centre médical de Benghazi. Parmi eux, se trouvaient des blessés dont un bloggeur français, Baptiste Dubonnet, touché d'une balle à la nuque.

Nouvelobs.com – AFP

http://tempsreel.nouvelobs.com//actualite/les-revolutions-arabes/20110428.OBS2022/les-rebelles-libyens-reclament-de-nouveau-des-armes-aux-occidentaux.html

 



2  Pays Arabes & voisins

Union africaine

L’Union Africaine reproche aux occidentaux de miner sa médiation en Libye.
L'Union africaine (UA) a reproché mardi aux pays occidentaux de miner ses efforts pour trouver une solution continentale au conflit libyenet prédit que la guerre civile actuelle allait aboutir à une impasse.
Le ministre libyen des Affaires étrangères, Abdelati Obeïdi, et des émissaires des insurgés rencontrent séparément depuis lundi des responsables de l'UA dans la capitale éthiopienne, siège de l'organisation panafricaine.
"J'aimerais souligner que la poursuite d'autres efforts en Libye, par des acteurs non africains, a eu des répercussions sur la mise en œuvre de  la feuille de route de l'UA", a déclaré le commissaire de l'Union pour la paix et la sécurité, Ramtane Lamamra, aux ministres des Affaires étrangères africains réunis à Addis-Abeba.
"Des efforts ont été faits pour marginaliser une solution africaine à la crise, à savoir la mise en oeuvre à point nommé de la feuille de route de
l'UA de façon conforme et complémentaire aux résolutions du Conseil de sécurité de l'Onu.

" L'UA a rejeté toute forme d'intervention extérieure et proposé une solution prévoyant une cessation immédiate des hostilités suivie par une période transitoire et un dialogue politique.
Les rebelles, qui sont soutenus par voie aérienne par une partie des Occidentaux, ont rejeté ce plan, exigeant que tout règlement inclue le
départ du colonel Mouammar Kadhafi et de ses fils, qui ont juré de se battre jusqu'à la mort.
Après des déboires avec ses tentatives éphémères d'union avec d'autres pays
arabes, dans les premières années de ses quarante et un ans de règne, Kadhafi s'est tourné vers l'Afrique, où il jouit désormais d'une grande influence financière et idéologique.
Il a présidé en 2009 l'UA, poussant à sa plus grande intégration, et il a financé lui-même les contributions de plusieurs petits pays membres.
Lamamra a fait observer que l'imposition par l'Onu le mois dernier d'une zone d'exclusion aérienne dans le ciel libyen et les bombardements  occidentaux n'avaient pas apporté de solution à la crise. "En fait, la situation militaire sur le terrain semble s'acheminer vers une impasse."

Reuters

26/04/

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20110426/twl-libye-ua-bd5ae06.html

 

L’UA appelle au respect de la légalité  internationale
L’Union africaine (UA) a appelé, hier, au respect de la légalité internationale en Libye, en réclamant la fin des frappes de l’OTAN contre ce pays, où de violents combats se poursuivaient entre les forces gouvernementales et les rebelles mettant en péril l’intégrité du territoire libyen.
Dans un communiqué du Conseil de paix et de sécurité de l’UA (CPS), qui s’est réuni à Addis- Abeba au niveau ministériel pour discuter de la crise en Libye, l’UA «demande instamment à tous les acteurs impliqués de s’abstenir d’actions, y compris des opérations militaires visant de hauts responsables libyens et des infrastructures socioéconomiques, qui risquent d’aggraver davantage la situation et de rendre plus difficile un consensus international sur la meilleure voie à suivre».
L’organisation panafricaine «souligne la nécessité pour tous les pays et organisations impliqués dans la mise en œuvre de la résolution 1973 (autorisant le recours à la force en Libye) d’agir d’une manière pleinement conforme à la légalité internationale et aux dispositions de cette résolution», poursuit le texte. Elle a également réitéré son engagement à respecter l’unité et l’intégrité du territoire libyen, tout en exprimant son inquiétude concernant la poursuite des affrontements
entre les forces loyales au colonel Mouammar El Gueddafi et les rebelles, ce qui risque, estime-t-elle, d’aggraver la situation humanitaire et de détruire les infrastructures du pays. Le Conseil de
paix et de sécurité de l’UA a mis en exergue la nécessité de la mise en œuvre de la feuille de route, élaborée par ses soins en mars dernier, sur la résolution du conflit en Libye prévoyant notamment une «cessation immédiate de toutes les hostilités».
Mardi, le Commissaire pour la paix et la sécurité (CPS) de l’UA Ramtane Lamamra, a affirmé que «la zone d’exclusion aérienne et les frappes militaires menées par les forces de l’OTAN en Libye n’ont pas résolu la crise dans ce pays». Il a également décidé d’accélérer ses consultations
«en vue d’ouvrir la voie à la tenue rapide (...) sous les auspices de l’UA, de la Ligue des Etats arabes, de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), de l’Union européenne (UE) et des Nations unies, de négociations sur un cessez-le-feu et les autres aspects de la crise libyenne». Concernant l’appel de la Libye à la tenue d’un sommet extraordinaire de l’UA pour faire face aux attaques visant les responsables libyens, M. Lamamra a affirmé que cette demande serait
étudiée par l’organisation.

El Watan 
  (Algérie)
Rédaction Internationale
le 28.04.11 | 01h00

http://www.elwatan.com/evenement/l-ua-appelle-au-respect-de-la-legalite-internationale-28-04-2011-122407_115.php



3 L'Otan

L'Otan réticente à armer les rebelles

L'armement des rebelles est une question qui divise la communauté internationale. L'Italie, ancien alliée de Kadhafi, y est favorable, mais d'autres membres de l'Otan sont plus tièdes, voire totalement opposés.

"Nous n'avons pas reçu les armes dont nous avons besoin", a expliqué Abdel Fattah Younis. "Nous ne parlons pas d'armements légers, mais d'hélicoptères Apache, de missiles anti-chars et de navires équipés de torpilles", a-t-il ajouté.

La France, l'Italie et le Royaume-Uni ont annoncé la semaine dernière qu'ils dépêchaient des conseillers militaires auprès des rebelles à Benghazi.

"Maintenant, c'est plus facile de coopérer et c'est plus efficace", a souligné le responsable de la rébellion.

Nouvelobs.com – AFP

http://tempsreel.nouvelobs.com//actualite/les-revolutions-arabes/20110428.OBS2022/les-rebelles-libyens-reclament-de-nouveau-des-armes-aux-occidentaux.html



3 Les pays

Italie

Manlio Dinucci  : La guerre en Libye nous coûte cent millions d’euros par mois 

Les premières données, partielles seulement, donnent une idée de ce que la guerre en Libye coûte à l’Italie (chiffres à convertir pour chaque pays allié…à la dépense, NdT).

[...]

un Storm Shadow (ombre de la tempête… NdT) coûte plus de 250mille euros. Et garder cinq navires de guerre devant les côtes libyennes coûte plus de 10 millions d’euros par mois. On arrive ainsi à environ 100 millions d’euros mensuels (pour l’Italie, NdT).    L’équivalent, en deniers publics, des salaires annuels bruts de 4.000 enseignants".

Article en pièce jointe.

Déclarations du ministre italien de la "défense", Ignazio La Russa : "les bombardements seront d'une absolue précision (...] des actions chirurgicales [...] On ne peut pas parler de bombardements parce que nous n'utiliserons pas des bombes mais des missiles guidés par satellites ou par laser".

Controverse de la Ligue du Nord (parti ultra-nationaliste et xénophobe) "à l'intérieur, pas contre le gouvernement italien" seulement parce que celui-ci " se met à genoux devant Paris"...

Vide de l'opposition dite de gauche (Pd).

A propos du Storm Shadow -l’ombre de la tempête_  version anglaise du missile mis au point à l'origine par Matra, voir

 "Scalp et Storm Shadow sur la Corse16/03/2011 11:43 - Aviateurs français et britanniques s'entraînent à la frappe dans la profondeur pendant l'exercice "Southern Mistral"Comme pour mieux donner corps au traité de coopération franco-britannique signé en novembre 2010, les états-majors français et britannique organisent du 15 au 25 mars l'exercice bilatéral "Southern Mistral", qui impliquera notamment six Tornado GR4 déployés sur la base de Nancy, ainsi que deux ravitailleurs VC-10 et un avion de surveillance E-3D Sentry mis en place à Istres.Ces moyens aériens de la Royal Air Force seront mis à profit pour mener le 23 mars un exercice peu courant de frappe dans la profondeur, baptisé "Southern Storm". Après plusieurs jours de planification franco-britannique, un raid longue distance impliquant quatre Tornado GR4 et autant de Mirage 2000D décollera de Nancy pour aller frapper un objectif situé en Corse, à l'issue d'un vol de plusieurs heures. Les appareils simuleront à cet effet le tir de missiles de croisière Scalp-EG/Storm Shadow, une capacité à laquelle les aviateurs français s'entraînent rarement au côté d'autres forces aériennes. Les appareils du raid bénéficieront de l'appui d'avions-ravitailleurs français et britanniques, ainsi que de l'E-3D Sentry et d'un E-3F français »(détails sur : http://www.air-cosmos.com/defense/201103160141710/scalp-et-storm-shadow-sur-la-corse.html et : 

"En ce jeudi 10 mars 2011, le Centre d'Etudes Supérieures de la Marine (CESM) a convié plusieurs intervenants afin de débattre de l'emploi d'un nouvel équipement qui rejoindra dans quelques années les rangs de la Marine nationale, le Missile De Croisière Naval (MDCN). Ces invités n'étaient autres que des hauts gradés de la Marine, des ingénieurs de la DGA,  des chercheurs d'instituts stratégiques français et anglais, mais également un ex-diplomate du Quai d'Orsay ainsi qu'un officier de l'US Navy. L'objectif de ce colloque était de tenter de répondre à la question "Le missile de croisière naval: quelles ruptures ?". Aeroplans a eu l'opportunité d'y assister et vous présente donc un résumé de cette demie journée des plus palpitantes".

Suite des palpitations sur http://www.aeroplans.fr/Aviation-militaire/le-missile-de-croisiere-naval-sinvite-dans-la-reflexion-strategique-francaise-1ere-partie.html

m-a



4  Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

4-1 Anne Morelli : « Femmes pour la Paix » et pas « Femmes pour la guerre ».

Éditorial du trimestriel "Femmes Pour la Paix" de janvier-mars 2011

Notre association s'intitule "Femmes pour la Paix". Ce nom implique obligatoirement qu'on réfléchisse avec esprit critique lorsque notre pays s'engage dans une guerre, même si celle-ci ne dit pas son nom mais se mue en "opération".

Alors que notre gouvernement est en "affaires courantes" et est de ce fait incapable de décider quoique ce soit dans des questions aussi vitales pour la planète que BHV , Linkebeek ou la nomination d'un conservateur dans un musée fédéral (!), il n'a eu aucun état d'âme à se lancer dans la guerre en Libye.

Le ministre de la Guerre (pardon, de la "Défense") De Crem s'y est lancé -et avec lui nos armes et nos soldats - avec une détermination rare. La presse a titré qu'il était "plus motivé que les Américains". Le Parlement belge n'a pas émis à son encontre la moindre réserve. Nous voici donc -une fois de plus - partis à la guerre. Mais pourquoi finalement ?

Bien sûr comme lors de chaque guerre, on nous a bien expliqué que ce sont nos adversaires qui ont commencé mais ici franchement on ne voit pas en quoi les Libyens - tout antipathique que soit leur régime menaçaient menaçaient en quoi que ce soit la Belgique. Comme lors de la guerre contre la Yougoslavie ou l'Irak, on nous a aussi bien enfoncé dans la tête qu'on ne faisait pas la guerre contre les peuples mais bien contre leur tyran fou (Milosevic, Saddam Hussein ou Khaddafi selon les cas). Mais, curieusement, Khaddafi fut reçu naguère en grande pompe à Bruxelles par Verhoofstadt et on nous le présentait alors comme un interlocuteur valable, seul capable de maintenir les immigrants de l'autre côté de la Méditerranée et (accessoirement !) de nous fournir en bon pétrole. De ce campeur original, plantant sa tente dans les jardins de Sarkozy ou Berlusconi, il n'est plus question puisqu'il a fait place au monstre par excellence.

Comme d'habitude on tente de nous faire croire qu'il s'agit d'une agression "humanitaire". Nous allons sauver de "pauvres" insurgés comme autrefois nous sommes venus au secours des talibans en Afghanistan, de l'UCK. au Kosovo ou des Adversaires de Saddam. Mais quelle assurance pouvons-nous avoir que ces "insurgés" (dont les chefs sont d'anciens proches de Khaddafi!) soient davantage que les talibans ou l'UCK, des parangons de la démocratie ? Par ailleurs la "démocratie" que nos bombes doivent leur apporter est aussi véhiculée par des alliés aussi peu rassurants que le Qatar ou les Emirats arabes.

Quant aux "atrocités" rapportées comme caractéristiques des troupes de Khaddafi, ne nous faisons pas d'illusion, elles sont certainement bien partagées entre les différents belligérants et l'évêque de Tripoli dénonçait récemment les victimes civiles de NOS bombardements.

Ne nous laissons donc pas influencer par la propagande ambiante. Dans beaucoup de pays participant à l'agression "humanitaire" contre la Libye, la population a manifesté son opposition à la guerre. Nous espérons qu'un tel mouvement se développe rapidement en Belgique.

Ce sont les Libyens et pas les puissances occidentales qui doivent décider de leur sort.

Malgré l'unanimité des politiques à soutenir cette guerre nous sommes "Femmes pour la Paix" et pas "Femmes pour la guerre".

Anne Morelli

P.S. : "Femmes d'Aujourd'hui" du 7 avril 2011 publie un sondage réalisé sur 1542 lectrices. 56 % d'entre elles ne sont PAS d'accord avec la participation belge aux raids sur la Libye.....


4-2 Jacques Borde : Libye – Vers l’impasse, selon le patron des forces US.

Q – Où en est-on du conflit ?

Jacques Borde – En fait, la Guerre de Libye conduite par l’Axe atlantique, ne va pas très fort !

Je sais : j’ai l’air de rabâcher, mais ça n’est pas moi qui le dit, mais un expert en la matière, puisqu’il s’agit du Chairman of the US Joint Chiefs of Staff (CJCS, chef d’état major interarmes), l’amiral Michael Glenn Mike Mullen, en personne. « On se dirige certainement vers une impasse », a, en effet, déclaré à Bagdad l’amiral Mullen lors d’une visite aux troupes d’occupation américaines. « Dans le même temps, nous avons réduit entre 30 et 40% du gros de ses forces terrestres, de ses capacités au sol. Et elles vont continuer à diminuer avec le temps », a-t-il précisé. Ce qui voudrait dire, qu’entre 60% et 70% d’entre elles ont échappé aux frappes massives otaniennes. Ce qui en signifie pas, pour autant, que ce pourcentage soit opérationnel.

De son côté, je ne sais plus si je vous l’ai déjà dit, le Pr. Mathieu Guidère a estimé le nombres de blindés lourds loyalistes détruits à une centaine d’engins. Pas plus. Cela donne, en tout cas, une idée des capacités réelles des forces de l’Axe atlantique à conduire cette guerre avec l’efficacité qu’elles prétendent. En un mot comme en cent, si on est bien en Libye, ça n’est franchement pas le Pérou !

Q – Que pensez-vous de l’offre de Kadhafi de refiler la patate chaude de Misrata aux tribus, tout en retirant ses forces régulières de la ville ?

Jacques Borde – A priori, cela semble fort habile.

Q – Les Occidentaux, et tout particulièrement les Européens ne risquent-ils pas, de leur côté, d’armer les insurgés ?

Jacques Borde – Probablement. La tentation va être grande. Mais les risques aussi. Encore plus, même.

Q – En quel sens ?

Jacques Borde – Armer les factions que l’on contrôle – ou en l’espèce, qu’on CROIT contrôler – est un vieux truc de forces d’occupation. Tout le problème est que sa maîtrise reste délicate. Je vais vous donner deux exemples.

Le premier a assez bien marché vu qu’il s’agit de l’Armée du Liban Sud(1), la milice qu’avait récupéré Tsahal dans la partie du pays des cèdres qu’elle occupait. À défaut de combattre très efficacement, les miliciens de l’ALS ont servi de force-tampon encaissant des coups très durs de la part de la Résistance Croyante(2). Tout au long de son existence, les pertes en équipements et armements ont toujours semblé supportables aux logisticiens israéliens.

Second exemple, qui a beaucoup moins fonctionné : l’Irak. « Entre 2003 et août 2006 », rappelle Jacques Baud, citant l’Office of the Special Inspector General for Iraq Reconstruction(3), « les États-Unis ont fourni aux nouveaux ministères irakiens de la Défense (forces armées) et de l’Intérieur (services de sécurité et police) quelque 370.251 armes légères, pour un montant total légèrement supérieur à 133 M$US. Or, un audit mandaté par le Département de la Défense a montré que seuls 2,7% des armes (soit environ 10.000) ont fait l’objet d’un enregistrement de leur numéro se série selon les normes et que 14.030 armes ont échappé purement et simplement à tout enregistrement »(4).

Q – Tiens, puisqu’on parle des Américains, l’agenda états-unien a-t-il changé ?

Jacques Borde – Difficile à évaluer. Comme on dit chez moi, dans les Pyrénées, les Américains sont sur ce dossier « francs comme des ânes qui reculent » ! Par ailleurs, on ne peut pas dire que le le chef d’état major interarmes, se soit montré très disert. L’amiral Michael Glenn Mike Mullen, a surtout rappelé ce que l’on savait déjà. À savoir que la « communauté internationale » (sic) s’accordait à réclamer le départ de Kadhafi, tout en admettant ne pas savoir combien de temps il faudrait pour parvenir à ce but. « Chaque action entreprise par les pays se poursuivra pour faire pression sur lui jusqu’à ce qu’il parte. Est-ce qu’il finira par comprendre ? Je n’en sais rien », a reconnu Mullen.

En fait, c’est à un autre titre que les propos de l’amiral Mullen me semble peu rassurants. Pour la coalition, il s’entend…

Q – Qu’est-ce à dire ?

Jacques Borde – Que le Chairman of the US Joint Chiefs of Staff ne semble pas montrer un grand intérêt pour le front libyen, qu’il a l’air d’abandonner quelque peu à ses petits camarades français et britanniques.

Q – Est-ce une voix isolée ?

Jacques Borde – Pas vraiment. Interrogé par les journalistes, le US Secretary of Defense (ministre de la Défense), Robert M. Gates, le patron direct de l’amiral Mullen, a, une fois de plus, réaffirmé que son pays n’avait pas l’intention d’envoyer de troupes, ni de conseillers militaires en Libye. À l’entendre, les États-Unis n’étofferont pas non plus leurs effectifs en Libye parce que cette guerre « coûte trop cher » pour Washington. Robert Gates n’a pas, non plus, manqué de rappeler que les troupes US sont déjà « trop éparpillées » dans le monde. Ce qui est rigoureusement exact.

« 100.000 hommes en Afghanistan, 50.000 hommes en Irak… 18.000 Marines aident le Japon à rétablir la situation après le séisme et le tsunami. Nous n’avons jamais eu le moindre doute que le rôle des États-Unis en Libye serait limité », a souligné le ministre US de la Défense. Fermez le ban !

Q – On a aussi parlé d’un déficit de moyens, côté européen. Que pouvez-vous nous en dire ?

Jacques Borde – Ce sont surtout les media états-uniens qui ont creusé cette piste. Ce qui ne veut pas dire qu’ils aient torts. Ni raison d’ailleurs. Les media francophones et français ont été plus discrets. En revanche, une note confidentielle, pour le moins surprenante, est parue dans la presse spécialisée. Air & Cosmos, dont le sérieux n’est plus à démontrer, a écrit, je vous la livre en totalité, que « dans les jours qui viennent, les aviateurs français vont utiliser un « nouvel armement » en Libye : des bombes inertes, dites « bombes de béton ». En fait, il s’agit de corps de bombe d’entraînement de 250 kg non explosives faites à base de résine lourde dont de récents tests, conduits par le CEAM, ont démontré l’efficacité contre les chars et les véhicules de combat. Avec pour avantage de réduire au maximum les risques de dommages collatéraux »(5). Intéressant, non ? Évidemment, vu de l’autre bout de la lorgnette, on pourrait aussi écrire que « l’armée de l’air en est réduite à utiliser des bombes d’exercice » ! Alors, où se trouve la vérité ?

Quitte à vous paraître méchant, je dirai plutôt que c’est davantage un déficit de résultats auquel nous assistons.

Q – Dans quel sens ?

Jacques Borde – Prenez simplement les résultats des raids. Le jeudi 21 avril 2011, les appareils de l’Otan ont effectué 152 missions, dont 62 sorties de combat. Résultat des courses : SEPT chars et TREIZE dépôts de munitions détruits. Et encore, TREIZE sites présentés comme des dépôts de munitions loyalistes, devrais-je dire.

Si l’on reprend le chiffre de la centaine de blindés liquidés avancé par le Pr. Guidère, ce ratio doit être rapporté, pour être évalué correctement, au total du travail accompli par, l’aviation de l’Axe atlantique. Soit : 3.300 missions, dont 1.373 de combat, depuis le 31 mars où l’Alliance a pris le commandement de l’opération internationale en Libye. Pas très exaltant tout ça !

Q – Va-t-on assister à un déploiement au sol ?

Jacques Borde – La France continue de soutenir cette option contre vents et marées et plaide pour ce qu’elle appelle confusément une « opération militaire de soutien à l’aide humanitaire » (sic) destinée à Misrata. La porte-parole adjointe du Quai d’Orsay, Christine Fages, s’est encore exprimé en ce sens, vendredi. la diplomatie française.

« Face à l’aggravation de la situation humanitaire, en particulier à Misrata, la planification d’une opération militaire de soutien à l’aide humanitaire se poursuit à l’état-major multinational de Rome » a, notamment, déclaré Mme Fages lors de son point de presse.

Q – Et les salafistes, là-dedans ?

Jacques Borde – Là, je vous arrête. Le terme de « salafiste » est inapproprié. Le salafisme est un mouvement réformateur, parfaitement respectable, qui a donné de grands réformateurs à l’Islam. Ceux que vous désignez sous ce terme, qu’ils reprennent, d’ailleurs, volontiers à leur compte, sont davantage des déviants que des disciples. Lisez ce qu’a écrit le Pr. Charles Saint-Prot(6) qui développe dans son Islam : l’avenir de la Tradition entre révolution & occidentalisation une idée apaisée de l’Islam en exposant que le véritable Islam, notamment largement l’Islam salafiste, est celui de la religion du « juste milieu » (dîn al wasat), celle d’une tradition réformiste, pratiquant l’ijtihad (l’effort d’adaptation) dans les affaires relatives à la vie sociale (mouamalat). Cette tradition réformiste est à l’opposé des dérives extrémistes minoritaires qui sont celles dont s’inspirent les djihâdistes.

Pour simplifier vos salafistes, comme vous les appelez ont à peu près autant de rapport avec le salafisme original que tous les psys prétendant se référer à Sigmund Freud.

Q – Vous ne croyez pas à la menace djihâdiste, en Libye, je veux dire ?

Jacques Borde – Oui, Oui Mais et, Non. Décryptons : Oui, dans la mesure où des voix, notamment celle, ô combien exercée à traiter de ces problèmes dans la régions qui nous préoccupe, du président tchadien, Idriss Déby Itno, ont rappelé le rôle de groupes comme l’Al-Jama’a al-Islamiyyah al-Muqatilah bi-Libya (Groupe islamique combattant) sont effectivement présents en Libye.

Oui mais, ensuite. Parce qu’il ne faut jamais oublier que derrière tout terrorisme djihâdiste, comme vous l’appelez, se cachent, aussi, des motivations locales et intrinsèques aux acteurs du pays. C’est ce qu’a clairement expliqué n°2 du Foreign Office, David Miliband lorsqu’il déclarait que « L’idée d’une « guerre contre la terreur » a donné l’impression d’un ennemi unifié et transnational incarné dans la figure d’Ossama Bin-Laden et Al-Qaïda. La réalité est que les motivations et les identités des groupes terroristes sont disparates. Le Laskhkar-é-Toïba a ses racines au Pakistan et dit que sa cause est au Cachemire. Le Hezbollah dit qu’il existe pour résister à l’occupation des hauteurs du Golan. Les groupes insurgés chi’ites et sunnites en Irak ont une myriade de demandes. Ils sont aussi différents que les mouvements européens des années 70 comme l’Ira, Baader-Meinhof et l’Eta. Tous ont utilisé le terrorisme et se sont parfois aidés entre eux, mais leurs causes n’étaient pas unifiées et leur coopération était opportuniste. Il en est de même aujourd’hui (…). La « guerre contre la terreur » a aussi impliqué que la réponse correcte était primairement militaire. Mais le général Petraeus m’a dit et à d’autres en Irak, que la coalition ne pouvait tuer pour sortir du problème de l’insurrection et du conflit civil »(7). Pour quelles raisons les choses seraient-elles différentes en Libye, où le morcellement et l’attachement tribaux sont omniprésents ?

Non, parce qu’il serait temps de ramener cette menace à de plus justes proportions. Comme l’a rappelé Nicolas Gauthier, nous avons « …peur d’un terrorisme islamistes qui depuis le 11 Septembre, a fait bien moins de morts que celles occasionnées par les piqûres de serpents en Inde… »(8).

Q – Un peu fort tout de même ?

Jacques Borde – Oui, mais, outre que la formule n’est pas de moi, je dirai qu’une forme de distanciation est nécessaire sur ce sujet. En quoi un djihâdiste qui n’est reconnu comme islamiste par pratiquement aucun dignitaire musulman de renommée internationale devait être labellisé du terme de terroriste « musulman » ou même « islamiste » ? Les membres de l’Óglaigh na hÉireann (Irish Republican Army, IRA) sont-ils pour autant qualifiés de « combattants chrétiens » ou « terroristes catholiques », alors que l’attachement de la majorité de ses membres à l’Église catholique romaine & apostolique ne saurait être niée ? Et ils ne sont pas les seuls(9). Quid de l’Euskadi Ta Askatasuna (Eta) et de l’Asala(10). Comment comptez-vous qualifier des groupes comme les Cadwyr Cymru(11) et le Byddin Rhyddin Cymru Y Gweriniaethwyr 12gallois ? Le Dachnak arménien ? Et le Phineas Priesthood, mouvement radical chrétien US, spécialisé dans les attaques de banque et de cliniques pratiquant l’avortement ? D’ailleurs, avant de vouloir régenter le monde en matière de terrorisme, les États-Unis seraient bien inspirés de, d’abord, faire le ménage chez eux…

Q – Les États-Unis, comme État soutenant le terrorisme, c’est original ?

Jacques Borde – Et pourquoi pas ? Déjà, par son incapacité à faire le ménage chez lui. Commençons par les chrétiens radicaux, notamment les mouvements anti-avortement prônant la violence, tels que listés par Jacques Baud dans son Encyclopédie des Terrorismes & Violences politiques :

Advocates for Life. Joli nom ? Mais nos avocats pour la vie de l’Oregon prônent le meurtre des médecins avorteurs.

American Coaltion of Life Activists, une dissidence radicale d’Operation Rescue.

Christian Action Group, du Mississippi, prône, lui aussi, le meurtre des médecins avorteurs.

Collegiates Actrivated to Liberate Life.

Defensive Action. Prône le meurtre des médecins avorteurs et, pour faire bon poids bonne mesure, celui de leurs avocats.

Helpers of God’s Precious Infants.

Life Enterprises. Prône le meurtre des médecins avorteurs, de ceux qui les aident et de tous ceux qui militent pour le libre choix. Un remake US de notre « tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens ».

Life Ministries.

Missionaries of the Preborn National.

Operation Rescue.

Operation Rescue National.

Pro-Life Action Network.

Pro-Life Virginia.

Rescue America.

Mais, les États-Unis hébergent sans doute l’une des principales organisations terroristes au monde : le Ku Klux Klan. En effet, le Klan compte un total de 85, oui 85 factions ! Officiellement, il abrite deux principales organisations dites « de combat » : les Keltic Kirk Knights of the KKK et les Orion Knights of the KKK, qui ne sont rien d’autres que des milices armées et sont impliqués dans des activités relevant largement du crime organisé de type mafieux. Je finirai ce, court, énoncé du terrorisme états-unien avec The Mountaineer Militia (TTM), milice de Virginie Occidentale qui, avant son démantèlement par le FBI, cherchait à offrir ses services sur le « marché » du terrorisme international…

Q – Mais ce ne sont pas des groupes religieux à proprement parler ?

Jacques Borde – Sauf qu’ils sont tous chrétiens, WASP pour être plus précis et combattent les Juifs, les Catholiques, les Afro-Américains, les Musulmans et, bien sûr, l’État fédéral. Or, étrangement, les seuls groupes d’opposition armée qu’on labellise religieusement sont ceux qui ont une composante musulmane. Sauf bien sûr si cela arrange leurs sponsors occidentaux. Comme le Sazéman-é-Mujaheddin-e-Khalq-é-Iran (MeK, Organisation des Combattants du peuple iranien), dont la composante religieuse, pour ne pas dire mystique, est totalement mise sur la touche lorsqu’on parle d’eux.

Comble du ridicule, certains journalistes peu scrupuleux arrivent même à étiqueter comme « musulmans » des groupes se définissant comme nationalistes et non-confessionnels. Exemple : le Parti social nationaliste syrien (PSNS)(13), dont les dirigeants sont des chrétiens de rite grec-catholique(14), ainsi que leurs principaux martyrs (dont des femmes) morts au cours d’opérations suicides.

Q – Donc nous avons une approche erronée de la menace terroriste dite, selon-vous, islamiste ?

Jacques Borde – C’est le moins qu’on puisse dire. Laissez-moi vous lire ce qu’en dit l’un des meilleurs spécialistes du genre, Jacques Baud, lorsqu’il nous rappelle la nature défensive du djihâd :

« En Occident la notion du djihâd est mal comprise et souvent associée à l’idée de croisade, de conquête et de guerre contre l’Occident. Or, la traduction occidentale de « djihâd » par « guerre sainte » est inexacte et nous renvoie au vocabulaire (chrétien !) des Croisades. En arabe, le mot « guerre », dans son sens militaire, se traduit par « harb » ou « qital ».

« Le mot « djihâd » est étymologiquement lié à la notion de s’efforcer (djahada), d’effort (djouhd) ou de résistance, de refus d’abandon aux tentations. Il désigne avant tout la volonté de défendre à titre individuel ou collectif l’Islam contre une agression extérieure, que celle-ci soit d’ordre moral ou physique. Le djihâd est donc essentiellement une attitude de l’esprit, qui cherche à préserver un ensemble de valeurs et qui suppose un certain nombre de sacrifices pour y parvenir.

« Le « djihâd dans la voie de Dieu » (djihâd fi Sabil Allah ou djihâd fi sabilillah) peut prendre des formes diverses et de nombreux exégètes musulmans ont exprimé des vues différentes à ce sujet, qui ne sont pas nécessairement contradictoires et appartiennent au débat intellectuel normal. Parmi les nombreuses lectures possibles du djihâd, quatre formes sont plus fréquemment évoquées :

Djihâd bil-Nafs (djihâd avec l’âme), qui est une lutte individuelle et intérieure contre le mal. Il constitue également la forme supérieure du djihâd (djihâd al-akbar) ;

Djihâd bil-Lisan (djihâd avec la langue), qui est la défense et la diffusion de l’Islam par le verbe (da’awah), les sermons et l’écriture ;

Djihâd bil-Yad (djihâd avec les mains), qui est la défense de l’Islam par ses actes, en pratiquant la charité, en prenant soin des déshérités, des veuves et des orphelins, ainsi qu’en exécutant le pèlerinage de la Mecque ;

Djihâd bis-Sayf (djihâd avec l’épée), qui est la défense de la communauté islamique, lorsqu’elle est attaquée par un ennemi extérieur. Le fait de combattre pour la défense de la foi est également appelé « combat dans la voie de Dieu » (qital fi sibil Allah). Il constitue la forme inférieure du djihâd ».

Dans sa note associée à ce passage, l’auteur précise qu’ « à l’époque où apparaît l’Islam, il n’y a pas de systèmes de sécurité sociale, les populations du désert, souvent nomades et sur un territoire sans frontières (califat) ne bénéficient pas de la protection et de l’aide d’un suzerain - comme on le voit à la même époque en Europe - le bien-être social dépend donc souvent de l’action individuelle. Le mariage avec plusieurs femmes est ainsi autorisé, afin que les veuves de ceux qui se sont battus pour l’Islam ne sombrent pas dans la misère »(15).

Q – Tiens, pour finir cet entretien : que font les Russes ?

Jacques Borde – Rien. Ou plutôt, si : ils parlent, commentent, condamnent…

Q – Et ?

Jacques Borde – Ils parlent, commentent, condamnent ! Des propos parfois, même souvent, non dénués d’intérêt. Mais dont personne ne tient compte. Côté occidental, je veux dire. Or, comme c’est le primus inter pares du camp occidental – j’ai nommé la thalassocratie états-unienne – qui conduit cette guerre, toute cette agitation ne sert pas à grand-chose.

Q – Et ces propos, quels sont-ils ?

Jacques Borde – Oh, je vais vous faire plaisir et vous citer ceux du Premier ministre russe, Vladimir Poutine, qui a estimé que la résolution est « viciée et inadéquate. Dès qu’on la lit, il devient évident quelle autorise n’importe qui à prendre des mesure contre un État souverain. Dans l’ensemble, cela me rappelle l’appel médiéval à la croisade ». Certes. Mais rappelons qu’en l’espèce, Poutine ne nous apprend rien de bien nouveau. C’est le ministre français de l’Intérieur, Claude Guéant, qui a, de lui même, reconnu qu’il s’agissait bien d’une « croisade ».

Q – La Russie ne vous a pas convaincu ?

Jacques Borde – Absolument pas.

Q – Elle aura, pourtant, tout fait pour se dédouaner ?

Jacques Borde – Oui. Mais c’est trop facile de se défausser de sa propre irresponsabilité sur le dos des autres. C’est, visiblement, ce qu’a tenté de faire le représentant de la Russie au Conseil de sécurité des Nations-unies, M. Choukrin, lorsqu’il a affirmé que « La responsabilité des conséquences humanitaires inévitables de l’emploi excessif d’une force extérieure en Libye incombera clairement et entièrement à ceux qui entreprendraient une telle action ». Certes. Mais j’ajouterai qu’une responsabilité identique doit échoir à ceux qui se sont mis plus bas que terre au sein de ce même Conseil de sécurité des Nations-unies, en n’y imposant pas leur veto. À mes yeux, Moscou est aussi responsable que Paris, Londres et Washington de ce qui se passe actuellement en Libye .

Note(s) :
1. Jaysh Lubnān al-Janūbiyy (Armée du Liban Sud, ALS,جيش لبنان الجنوبي). En hébreu :Tzvá Dróm Levanón (Tzadál, צבא דרום לבנון, צד"ל).
2. Là, l'auteur se réfère à une citation du secrétaire général adjoint du Hezbollah, Cheikh Na'ïm Qâssem, dans son dernier livre, et non au Mouqawamat al-Mou'mina, scission des années 86 du mouvement chi'ite Amal.
3. Iraqi Security Forces : Weapons provided by the US Department of Defense Using the Iraq Relief & Reconstruction Fund, SIGIR-06-033, October 28, 2006.
4. Encyclopédie des Terrorismes & Violences politiques, p.163, Jacques Baud, Lavauzelle, 2009.
5. Air & Cosmos, n°2262 (22 avril 2011).
6. Islam : l'avenir de la Tradition entre révolution & occidentalisation. Charles Saint-Prot, Paris, Le Rocher, 2008 & La tradition islamique de la réforme, Paris, CNRS éditions, 2010.
7. War on Terror was wrong, David Miliband, The Guardian (15 janvier 2003), cité in Djihâd, l'Asymétrie entre fanatisme & incompréhension, p.58, Jacques Baud, Lavauzelle, 2009.
8. Flash, n°61 (10 mars 2011).
9. Sont interdits au Royaume-Uni, en tant que groupes terroristes, les suivants : Continuity Army Council, Cumma na Ballan, Fianna na hEireann, Irish National Liberation Army (Inla) donr l'un des autres noms est Catholic Reaction Force, Irish People's Liberation Army (Iplo).
10. Armée secrète arménienne de libération de l'Arménie (Hayastani Azatagrut'yan Hay Gaghtni Banak).
11. Gardiens du Pays de Galles, mouvement indépendantiste radical, auteur d'attentats anti-anglais dans les années 70.
12. Armée du Pays de Galles libre.
13. PSNS, soit : الحزب السوري القومي الاجتماعي, al-Hizb as-Sūrī al-Qawmī al-Ijtimā`ī), connu aussi sous le nom donné par la France de Parti populaire syrien (PPS) ou de Parti saadiste ou encore au Liban de Parti nationaliste (حزب القومي).
14. Donc rattachés à Rome.
15. Djihâd, l'Asymétrie entre fanatisme & incompréhension, p.19, Jacques Baud, Lavauzelle, 2009.
Mardi, 26 avril 2011

http://www.geostrategie.com/verbatim/libye-vers-limpasse-selon-le-patron-des-forces-us/3220


n°15 - Journal de Libye - 19-04 au 30-04 - Fin - La rapine du siècle : l’assaut des « volontaires » sur les fonds souverains libyens

n°15  - Journal de Libye - 19-04 au 30-04  -  Fin  - La rapine du siècle : l’assaut des « volontaires » sur les fonds souverains libyens.


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal de Libye

                                                              n°15                                       19-04 au 30-04        

                                                             C.De broeder & M.Lemaire



Le " Journal de Libye" est  visible  sur les blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

5 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

5-1 Fidel CASTRO : Libye : un incendie qui peut tout embrasé.

6  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

6-1 Tony Busselen : Libye : Que sont devenus les arguments  des partis Belge qui ont soutenu la guerre ?

6-2 Jacques Borde : Libye – Vers l’impasse, selon le patron des forces US.

7 Annexe

7-1 Manlio Dinucci : Le terroriste libyen ami de Washington.

 


5 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

5-1 Fidel CASTRO : Libye : un incendie qui peut tout embrasé.
On peut être d’accord ou non avec les idées politiques du Kadhafi, mais nul n’a le droit de contester l’existence de la Libye comme État indépendant et membre des Nations Unies.

Le monde n’a pas encore atteint ce qui constitue aujourd’hui à mon avis une condition sine qua non de la survie de notre espèce : l’accès de tous les peuples aux ressources matérielles de cette planète, la seule de notre système solaire à réunir les facteurs les plus élémentaires de la vie que nous connaissons.

Les États-Unis eux-mêmes se sont toujours efforcés d’être un creuset de toutes les races, de toutes les croyances et de toutes les nations : blanches, noires, jaunes, indiennes et métisses, sans d’autres différences que celles de maîtres et d’esclaves, de riches et de pauvres, mais toujours dans les limites des frontières : au nord, le Canada ; au sud, le Mexique ; à l’est l’Atlantique ; à l’ouest, le Pacifique. L’Alaska, Porto Rico et Hawaï étaient de simples accidents historiques.

Le hic, c’est qu’il ne suffit pas du noble désir de ceux qui se battent pour un monde meilleur, ce qui est aussi digne de respect que les convictions religieuses des peuples. Il suffirait que des quantités relativement petites d’un certain nombre d’isotopes radioactifs émanent de l’uranium enrichi consommé par les centrales atomiques – car ils n’existent pas dans la nature – pour mettre fin à la fragile existence de notre espèce. Maintenir ces volumes croissants de déchets sous des sarcophages de béton et d’acier est l’un des plus gros problèmes de la technologie.

Des faits comme l’accident de Tchernobyl ou le séisme du Japon ont mis en lumière ces risques mortels.

Mais là n’est pas la question que je veux aborder aujourd’hui, sinon le spectacle étonnant que nous a présenté hier Walter Martínez dans son programme Dossier de la télévision vénézuélienne : la réunion entre le chef du département de la Défense étasunien, Robert Gates, et son homologue britannique, Liam Fox, qui s’est rendu aux USA pour discuter de la guerre criminelle déclenchée par l’OTAN contre la Libye. Un spectacle difficile à croire, mais digne d’un Oscar : le ministre britannique était un paquet de nerfs, il était tendu, il parlait comme un fou, on avait l’impression qu’il crachait ses mots.

Bien entendu, Gates l’attendait à l’entrée du Pentagone. Les drapeaux des deux pays, celui de l’ancien empire colonial britannique et celle de son fils putatif, l’empire étasunien, ondoyaient de chaque côté tandis que retentissaient les hymnes nationaux. La main droite sur le cœur, le salut militaire rigoureux et solennel de la cérémonie du pays hôte. Ce fut la cérémonie initiale. Les deux ministres sont entrés ensuite dans le bâtiment de la défense étasunienne. Ils sont censés avoir longuement parlé, si l’on en croit les images que j’ai vues quand ils sont revenus avec chacun un discours – sans doute préparé à l’avance – à la main.

L’environnement de ce scénario était constitué par du personnel en uniforme. À gauche, on voyait un jeune militaire, grand, maigre, rouquin en apparence, le crâne rasé, la casquette à la visière noire enfoncée presque sur la nuque, présentant le fusil, baïonnette au canon, sans ciller ni même sembler respirer, la vraie image du soldat prêt à tirer une balle de fusil ou un missile atomique emportant un charge destructive de cent mille tonnes de TNT. Gates a parlé en affichant le sourire et le naturel du maître de maison. L’Anglais, lui, en revanche, l’a fait comme je l’ai expliqué.

J’ai rarement vu quelque chose de plus horrible : il suintait la haine, la frustration, la fureur, il menaçait le dirigeant libyen dont il exigeait la reddition inconditionnelle. On constatait combien il était indigné que les avions de la puissante OTAN ne soient pas parvenus à faire plier la résistance libyenne en soixante-douze heures !

Il ne lui manquait plus que de s’exclamer : « Des larmes, de la sueur et du sang », à l’instar de Winston Churchill quand il avait calculé le prix que devrait payer son pays dans la lutte contre les avions nazis. Mais avec une petite différence : c’est l’OTAN qui joue maintenant le rôle des nazi-fascistes en lançant des milliers de missions de bombardement avec ses avions les plus modernes au monde.

L’administration étasunienne n’a pas hésité, elle, à autoriser l’emploi de drones pour tuer des hommes, des femmes et des enfants libyens, comme elle le fait toujours en Afghanistan, à des milliers de kilomètres de l’Europe de l’Ouest, mais cette fois-ci contre un peuple arabe et africain, sous les yeux de centaines de millions d’Européens et rien moins qu’au nom de l’Organisation des Nations Unies !

Le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, a déclaré hier que ces actes de guerre étaient illégaux et sortaient du cadre des accords adoptés par le Conseil de sécurité des Nations Unies.

Les grossières attaques contre le peuple libyen qui prennent un caractère nazi-fascistes peuvent devenir le lot de n’importe quel peuple du Tiers-monde.

La résistance de la Libye m’étonne vraiment.

Maintenant, cette organisation belliciste est à la merci de Kadhafi. Si celui-ci résiste et refuse ses exigences, il passera à l’Histoire comme l’un des grands personnages des pays arabes.

L’OTAN attise un incendie qui peut tout embraser !

Fidel Castro Ruz
Le 27 avril 2011

Traduction J-F Bonaldi, La Havane
URL de cet article 13535
http://www.legrandsoir.info/Libye-un-incendie-qui-peut-tout-embraser.html



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

6-1 Tony Busselen : Libye : Que sont devenus les arguments  des partis Belge qui ont soutenu la guerre ?

Après quelques semaines de guerre, il est utile de comparer les arguments des hommes politiques qui ont approuvé l’intervention occidentale en Libye à la réalité de l’évolution de la guerre sur place.

Tony Busselen

 La guerre de l’OTAN contre la Libye se poursuit et on est loin d’une solution. L’OTAN soutient désormais les troupes anti-kadhafistes à l’aide conseillers militaires, et donc, de troupes au sol. Et la Belgique est toujours dans le cockpit : les F-16 belges mènent chaque jour une ou deux missions et, la semaine dernière, ont effectué des bombardements à quatre reprises. Mais quels étaient les arguments pour partir en guerre, et quelle est la réalité aujourd’hui ?

 

1er argument : « L’intervention militaire était nécessaire pour sauver des vies humaines »

Guy Verhofstadt (Open Vld) : « Au cours des prochaines semaines, nous découvrirons sans aucun doute des massacres collectifs. Il y aura dix fois plus de sang versé sans intervention. » (De Standaard, 18 mars) Wouter De Vriendt (Groen!) : « Nous ne pouvons assister passivement à la façon dont Kadhafi bombarde son propre peuple. » (De Standaard, 28 mars)

 

La réalité. Le conflit armée entre les troupes de Kadhafi et les rebelles s’est intensifié avec l’intervention, avec plus de tués et de blessés dans les deux camps. À Misrata, on dénombre jusque 100 morts par jour et l’Unicef parle de 20 enfants tués. Mais nous n’avons pas encore vu de massacres de masse sur des citoyens désarmés. Et l’OTAN fait aussi des victimes civiles : le 21 avril, sept innocents ont perdu la vie sous les bombes de l’OTAN. Toutes les tentatives pour résoudre le conflit de façon pacifique – cessez-le-feu, médiations, négociations – ont été balayées de la table soit par la résistance, soit par la coalition de l’OTAN.

 

2e argument : « Il s’agit uniquement d’une zone d’exclusion aérienne, avec des frappes chirurgicales »

Le ministre de la Défense Pieter De Crem (CD&V) : « Une zone d’exclusion aérienne implique l’élimination des appareils libyens en l’air et consiste également à neutraliser la défense antiaérienne du régime libyen. » Guy Verhofstadt (Open Vld) : « Une interdiction de vol efficace pourrait requérir quelques interventions chirurgicales, mais pas tellement. » (De Standaard, 18 mars)

 

La réalité. On ne tire pas uniquement sur des avions et sur la défense antiaérienne, mais aussi sur des chars, des entrepôts, des bâtiments et autres infrastructures qui sont également d’une importance vitale pour la population civile (entre autres, la distribution d’eau). Et on ne s’en tient pas à des bombardements : la pression pour envoyer des troupes terrestres s’accroît. Grande-Bretagne, France et Italie ont envoyé des conseillers militaires. Au Vietnam, à l’époque, cela avait commencé par des bombardements. Ensuite, il y avait eu les « conseillers » qui, peu de temps après, s’étaient révélés être des troupes de combat qui, durant des années, allaient semer la terreur dans une sale guerre.

 

3e argument : « L’action militaire sera de courte durée »

Wouter De Vriendt (Groen!) : « L’opération doit rester la plus courte possible. Nous devons éviter un scénario à l’irakienne. » Juliette Boulet (Ecolo) plaide en faveur d’une « intervention militaire ciblée, balisée, efficace, limitée dans le temps ». Mais la N-VA et le CD&V parlaient en même temps d’une opération de longue haleine. Le ministre des Affaires étrangères, Vanackere, parlait même « d’un à deux ans ». (Radio 1, 19 mars)

 

La réalité. L’OTAN s’embourbe dans la guerre en Libye, tout comme en Irak et en Afghanistan.

 

4e argument : « Il ne s’agit pas d’un “changement de régime” » 

Le sp.a, Groen! et Ecolo insistaient : le « changement de régime » ne figure pas dans la Résolution 1973 de l’ONU. Mais Peter Luyckx (N-VA) veut que l’intervention ait pour but de « débusquer Kadhafi, de l’arrêter et, enfin, de le traduire en justice ». Le Premier ministre Yves Leterme (CD&V) a déclaré que « le régime de Kadhafi devait disparaître » et Jean-Marie Dedecker (LDD) dit qu’il faut y aller à fond, car « faire un petit peu la guerre est désormais devenu impossible ».

 

La réalité. Dès le premier jour, la France et la Grande-Bretagne y sont allées pour un changement de régime et c’est ce que veut aussi le président américain Obama. Que ceci aille à l’encontre du droit international, ils s’en moquent.

 

5e argument : « Nous ne le faisons qu’avec le soutien des pays arabes » 

Wouter De Vriendt (Groen!) a demandé des garanties pour l’implication des pays arabes, « sinon cette opération ne pourra être menée à bien ». Dirk Van der Maelen (sp.a) parlait d’un « grave problème » si le soutien des pays arabes et africains devait tomber à l’eau.

 

La réalité. Déjà le premier jour des bombardements, Amr Mousa, le secrétaire général de la Ligue arabe, se plaignait de voir les bombardements tuer des civils plutôt que de les sauver. Aux côtés de la coalition occidentale, nous ne trouvons que les mini-États pétroliers comme le Qatar et les Émirats arabes unis (avec, en coulisse, l’Arabie saoudite, pays antidémocratique). Pour le reste, la Ligue arabe et l’Union africaine ne veulent qu’une chose : une solution politique et non militaire.

 

6e argument : « Nous agissons sur demande et en soutien des rebelles qui veulent la démocratie » 

Juliette Boulet (Ecolo) a demandé « une intervention aérienne pour appuyer les insurgés ». Ecolo présente le Conseil national de transition comme « l’autorité légitime du peuple libyen ». Patrick Moriau (PS) baigne même en plein délire lyrique : « Il y a un nouvel espace politique qui est en train de se dessiner, entre la tyrannie et le djihadisme, entre Ben Ali et Ben Laden. »

 

La réalité. Vu de plus près, le Conseil national de transition ressemble plutôt à une combinaison entre… Ben Ali et Ben Laden ! La direction de la révolte est truffée de transfuges du régime Kadhafi et d’hommes de paille parachutés depuis les États-Unis. Vendredi dernier, le sénateur américain, républicain de droite, John McCain était en visite à Benghazi. Mais des formations islamiques tel le Groupe islamique combattant se réclamant d’Al-Qaïda, participent aussi aux combats et accroissent leur influence.

 

7e argument : « L’intervention militaire a le soutien du monde entier » 

Daniel Bacquelaine (MR) : « Il ne s'agit pas d'une intervention des Occidentaux en Libye, mais de défendre la conscience universelle. » Dirk Van der Maelen (sp.a) déclare ne pas vouloir perdre ce large soutien international.

 

La réalité. Il n’a jamais été question d’une communauté internationale unie au profit de l’intervention militaire. Les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) se sont abstenus au Conseil de sécurité de l’ONU et sont contre ; la plupart des pays arabes et africains sont contre, de même que l’ensemble de l’Amérique latine. S’il est question d’une « conscience universelle », elle ne peut être que pour la paix, pas pour la guerre.

  

Lire également le compte-rendu des débat de la chambre le 21 mars : http://csotan.org/textes/doc.php?art_id=540&type=documents ou http://www.lachambre.be/doc/PCRI/pdf/53/ip024.pdf

Tony Busselen

Solidaire, 28/04/2011

http://www.ptb.be/nieuws/artikel/libye-les-partis-qui-ont-soutenu-la-guerre-obliges-de-montrer-leur-jeu.html


6-2 Jacques Borde : Libye – Vers l’impasse, selon le patron des forces US.

Q – Où en est-on du conflit ?

Jacques Borde – En fait, la Guerre de Libye conduite par l’Axe atlantique, ne va pas très fort !

Je sais : j’ai l’air de rabâcher, mais ça n’est pas moi qui le dit, mais un expert en la matière, puisqu’il s’agit du Chairman of the US Joint Chiefs of Staff (CJCS, chef d’état major interarmes), l’amiral Michael Glenn Mike Mullen, en personne. « On se dirige certainement vers une impasse », a, en effet, déclaré à Bagdad l’amiral Mullen lors d’une visite aux troupes d’occupation américaines. « Dans le même temps, nous avons réduit entre 30 et 40% du gros de ses forces terrestres, de ses capacités au sol. Et elles vont continuer à diminuer avec le temps », a-t-il précisé. Ce qui voudrait dire, qu’entre 60% et 70% d’entre elles ont échappé aux frappes massives otaniennes. Ce qui en signifie pas, pour autant, que ce pourcentage soit opérationnel.

> De son côté, je ne sais plus si je vous l’ai déjà dit, le Pr. Mathieu Guidère a estimé le nombres de blindés lourds loyalistes détruits à une centaine d’engins. Pas plus. Cela donne, en tout cas, une idée des capacités réelles des forces de l’Axe atlantique à conduire cette guerre avec l’efficacité qu’elles prétendent. En un mot comme en cent, si on est bien en Libye, ça n’est franchement pas le Pérou !

> Q – Que pensez-vous de l’offre de Kadhafi de refiler la patate chaude de Misrata aux tribus, tout en retirant ses forces régulières de la ville ?

> Jacques Borde – A priori, cela semble fort habile.

> Q – Les Occidentaux, et tout particulièrement les Européens ne risquent-ils pas, de leur côté, d’armer les insurgés ?

> Jacques Borde – Probablement. La tentation va être grande. Mais les risques aussi. Encore plus, même.

> Q – En quel sens ?

> Jacques Borde – Armer les factions que l’on contrôle – ou en l’espèce, qu’on CROIT contrôler – est un vieux truc de forces d’occupation. Tout le problème est que sa maîtrise reste délicate. Je vais vous donner deux exemples.

> Le premier a assez bien marché vu qu’il s’agit de l’Armée du Liban Sud(1), la milice qu’avait récupéré Tsahal dans la partie du pays des cèdres qu’elle occupait. À défaut de combattre très efficacement, les miliciens de l’ALS ont servi de force-tampon encaissant des coups très durs de la part de la Résistance Croyante(2). Tout au long de son existence, les pertes en équipements et armements ont toujours semblé supportables aux logisticiens israéliens.

> Second exemple, qui a beaucoup moins fonctionné : l’Irak. « Entre 2003 et août 2006 », rappelle Jacques Baud, citant l’Office of the Special Inspector General for Iraq Reconstruction(3), « les États-Unis ont fourni aux nouveaux ministères irakiens de la Défense (forces armées) et de l’Intérieur (services de sécurité et police) quelque 370.251 armes légères, pour un montant total légèrement supérieur à 133 M$US. Or, un audit mandaté par le Département de la Défense a montré que seuls 2,7% des armes (soit environ 10.000) ont fait l’objet d’un enregistrement de leur numéro se série selon les normes et que 14.030 armes ont échappé purement et simplement à tout enregistrement »(4).

> Q – Tiens, puisqu’on parle des Américains, l’agenda états-unien a-t-il changé ?

> Jacques Borde – Difficile à évaluer. Comme on dit chez moi, dans les Pyrénées, les Américains sont sur ce dossier « francs comme des ânes qui reculent » ! Par ailleurs, on ne peut pas dire que le le chef d’état major interarmes, se soit montré très disert. L’amiral Michael Glenn Mike Mullen, a surtout rappelé ce que l’on savait déjà. À savoir que la « communauté internationale » (sic) s’accordait à réclamer le départ de Kadhafi, tout en admettant ne pas savoir combien de temps il faudrait pour parvenir à ce but. « Chaque action entreprise par les pays se poursuivra pour faire pression sur lui jusqu’à ce qu’il parte. Est-ce qu’il finira par comprendre ? Je n’en sais rien », a reconnu Mullen.

> En fait, c’est à un autre titre que les propos de l’amiral Mullen me semble peu rassurants. Pour la coalition, il s’entend…

> Q – Qu’est-ce à dire ?

> Jacques Borde – Que le Chairman of the US Joint Chiefs of Staff ne semble pas montrer un grand intérêt pour le front libyen, qu’il a l’air d’abandonner quelque peu à ses petits camarades français et britanniques.

> Q – Est-ce une voix isolée ?

> Jacques Borde – Pas vraiment. Interrogé par les journalistes, le US Secretary of Defense (ministre de la Défense), Robert M. Gates, le patron direct de l’amiral Mullen, a, une fois de plus, réaffirmé que son pays n’avait pas l’intention d’envoyer de troupes, ni de conseillers militaires en Libye. À l’entendre, les États-Unis n’étofferont pas non plus leurs effectifs en Libye parce que cette guerre « coûte trop cher » pour Washington. Robert Gates n’a pas, non plus, manqué de rappeler que les troupes US sont déjà « trop éparpillées » dans le monde. Ce qui est rigoureusement exact.

> « 100.000 hommes en Afghanistan, 50.000 hommes en Irak… 18.000 Marines aident le Japon à rétablir la situation après le séisme et le tsunami. Nous n’avons jamais eu le moindre doute que le rôle des États-Unis en Libye serait limité », a souligné le ministre US de la Défense. Fermez le ban !

> Q – On a aussi parlé d’un déficit de moyens, côté européen. Que pouvez-vous nous en dire ?

> Jacques Borde – Ce sont surtout les media états-uniens qui ont creusé cette piste. Ce qui ne veut pas dire qu’ils aient torts. Ni raison d’ailleurs. Les media francophones et français ont été plus discrets. En revanche, une note confidentielle, pour le moins surprenante, est parue dans la presse spécialisée. Air & Cosmos, dont le sérieux n’est plus à démontrer, a écrit, je vous la livre en totalité, que « dans les jours qui viennent, les aviateurs français vont utiliser un « nouvel armement » en Libye : des bombes inertes, dites « bombes de béton ». En fait, il s’agit de corps de bombe d’entraînement de 250 kg non explosives faites à base de résine lourde dont de récents tests, conduits par le CEAM, ont démontré l’efficacité contre les chars et les véhicules de combat. Avec pour avantage de réduire au maximum les risques de dommages collatéraux »(5). Intéressant, non ? Évidemment, vu de l’autre bout de la lorgnette, on pourrait aussi écrire que « l’armée de l’air en est réduite à utiliser des bombes d’exercice » ! Alors, où se trouve la vérité ?

> Quitte à vous paraître méchant, je dirai plutôt que c’est davantage un déficit de résultats auquel nous assistons.

> Q – Dans quel sens ?

> Jacques Borde – Prenez simplement les résultats des raids. Le jeudi 21 avril 2011, les appareils de l’Otan ont effectué 152 missions, dont 62 sorties de combat. Résultat des courses : SEPT chars et TREIZE dépôts de munitions détruits. Et encore, TREIZE sites présentés comme des dépôts de munitions loyalistes, devrais-je dire.

> Si l’on reprend le chiffre de la centaine de blindés liquidés avancé par le Pr. Guidère, ce ratio doit être rapporté, pour être évalué correctement, au total du travail accompli par, l’aviation de l’Axe atlantique. Soit : 3.300 missions, dont 1.373 de combat, depuis le 31 mars où l’Alliance a pris le commandement de l’opération internationale en Libye. Pas très exaltant tout ça !

> Q – Va-t-on assister à un déploiement au sol ?

> Jacques Borde – La France continue de soutenir cette option contre vents et marées et plaide pour ce qu’elle appelle confusément une « opération militaire de soutien à l’aide humanitaire » (sic) destinée à Misrata. La porte-parole adjointe du Quai d’Orsay, Christine Fages, s’est encore exprimé en ce sens, vendredi. la diplomatie française.

> « Face à l’aggravation de la situation humanitaire, en particulier à Misrata, la planification d’une opération militaire de soutien à l’aide humanitaire se poursuit à l’état-major multinational de Rome » a, notamment, déclaré Mme Fages lors de son point de presse.

> Q – Et les salafistes, là-dedans ?

> Jacques Borde – Là, je vous arrête. Le terme de « salafiste » est inapproprié. Le salafisme est un mouvement réformateur, parfaitement respectable, qui a donné de grands réformateurs à l’Islam. Ceux que vous désignez sous ce terme, qu’ils reprennent, d’ailleurs, volontiers à leur compte, sont davantage des déviants que des disciples. Lisez ce qu’a écrit le Pr. Charles Saint-Prot(6) qui développe dans son Islam : l’avenir de la Tradition entre révolution & occidentalisation une idée apaisée de l’Islam en exposant que le véritable Islam, notamment largement l’Islam salafiste, est celui de la religion du « juste milieu » (dîn al wasat), celle d’une tradition réformiste, pratiquant l’ijtihad (l’effort d’adaptation) dans les affaires relatives à la vie sociale (mouamalat). Cette tradition réformiste est à l’opposé des dérives extrémistes minoritaires qui sont celles dont s’inspirent les djihâdistes.

> Pour simplifier vos salafistes, comme vous les appelez ont à peu près autant de rapport avec le salafisme original que tous les psys prétendant se référer à Sigmund Freud.

> Q – Vous ne croyez pas à la menace djihâdiste, en Libye, je veux dire ?

> Jacques Borde – Oui, Oui Mais et, Non. Décryptons : Oui, dans la mesure où des voix, notamment celle, ô combien exercée à traiter de ces problèmes dans la régions qui nous préoccupe, du président tchadien, Idriss Déby Itno, ont rappelé le rôle de groupes comme l’Al-Jama’a al-Islamiyyah al-Muqatilah bi-Libya (Groupe islamique combattant) sont effectivement présents en Libye.

> Oui mais, ensuite. Parce qu’il ne faut jamais oublier que derrière tout terrorisme djihâdiste, comme vous l’appelez, se cachent, aussi, des motivations locales et intrinsèques aux acteurs du pays. C’est ce qu’a clairement expliqué n°2 du Foreign Office, David Miliband lorsqu’il déclarait que « L’idée d’une « guerre contre la terreur » a donné l’impression d’un ennemi unifié et transnational incarné dans la figure d’Ossama Bin-Laden et Al-Qaïda. La réalité est que les motivations et les identités des groupes terroristes sont disparates. Le Laskhkar-é-Toïba a ses racines au Pakistan et dit que sa cause est au Cachemire. Le Hezbollah dit qu’il existe pour résister à l’occupation des hauteurs du Golan. Les groupes insurgés chi’ites et sunnites en Irak ont une myriade de demandes. Ils sont aussi différents que les mouvements européens des années 70 comme l’Ira, Baader-Meinhof et l’Eta. Tous ont utilisé le terrorisme et se sont parfois aidés entre eux, mais leurs causes n’étaient pas unifiées et leur coopération était opportuniste. Il en est de même aujourd’hui (…). La « guerre contre la terreur » a aussi impliqué que la réponse correcte était primairement militaire. Mais le général Petraeus m’a dit et à d’autres en Irak, que la coalition ne pouvait tuer pour sortir du problème de l’insurrection et du conflit civil »(7). Pour quelles raisons les choses seraient-elles différentes en Libye, où le morcellement et l’attachement tribaux sont omniprésents ?

> Non, parce qu’il serait temps de ramener cette menace à de plus justes proportions. Comme l’a rappelé Nicolas Gauthier, nous avons « …peur d’un terrorisme islamistes qui depuis le 11 Septembre, a fait bien moins de morts que celles occasionnées par les piqûres de serpents en Inde… »(8).

> Q – Un peu fort tout de même ?

> Jacques Borde – Oui, mais, outre que la formule n’est pas de moi, je dirai qu’une forme de distanciation est nécessaire sur ce sujet. En quoi un djihâdiste qui n’est reconnu comme islamiste par pratiquement aucun dignitaire musulman de renommée internationale devait être labellisé du terme de terroriste « musulman » ou même « islamiste » ? Les membres de l’Óglaigh na hÉireann (Irish Republican Army, IRA) sont-ils pour autant qualifiés de « combattants chrétiens » ou « terroristes catholiques », alors que l’attachement de la majorité de ses membres à l’Église catholique romaine & apostolique ne saurait être niée ? Et ils ne sont pas les seuls(9). Quid de l’Euskadi Ta Askatasuna (Eta) et de l’Asala(10). Comment comptez-vous qualifier des groupes comme les Cadwyr Cymru(11) et le Byddin Rhyddin Cymru Y Gweriniaethwyr 12gallois ? Le Dachnak arménien ? Et le Phineas Priesthood, mouvement radical chrétien US, spécialisé dans les attaques de banque et de cliniques pratiquant l’avortement ? D’ailleurs, avant de vouloir régenter le monde en matière de terrorisme, les États-Unis seraient bien inspirés de, d’abord, faire le ménage chez eux…

> Q – Les États-Unis, comme État soutenant le terrorisme, c’est original ?

> Jacques Borde – Et pourquoi pas ? Déjà, par son incapacité à faire le ménage chez lui. Commençons par les chrétiens radicaux, notamment les mouvements anti-avortement prônant la violence, tels que listés par Jacques Baud dans son Encyclopédie des Terrorismes & Violences politiques :

> Advocates for Life. Joli nom ? Mais nos avocats pour la vie de l’Oregon prônent le meurtre des médecins avorteurs.

> American Coaltion of Life Activists, une dissidence radicale d’Operation Rescue.

> Christian Action Group, du Mississippi, prône, lui aussi, le meurtre des médecins avorteurs.

> Collegiates Actrivated to Liberate Life.

> Defensive Action. Prône le meurtre des médecins avorteurs et, pour faire bon poids bonne mesure, celui de leurs avocats.

> Helpers of God’s Precious Infants.

> Life Enterprises. Prône le meurtre des médecins avorteurs, de ceux qui les aident et de tous ceux qui militent pour le libre choix. Un remake US de notre « tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens ».

> Life Ministries.

> Missionaries of the Preborn National.

> Operation Rescue.

> Operation Rescue National.

> Pro-Life Action Network.

> Pro-Life Virginia.

> Rescue America.

> Mais, les États-Unis hébergent sans doute l’une des principales organisations terroristes au monde : le Ku Klux Klan. En effet, le Klan compte un total de 85, oui 85 factions ! Officiellement, il abrite deux principales organisations dites « de combat » : les Keltic Kirk Knights of the KKK et les Orion Knights of the KKK, qui ne sont rien d’autres que des milices armées et sont impliqués dans des activités relevant largement du crime organisé de type mafieux. Je finirai ce, court, énoncé du terrorisme états-unien avec The Mountaineer Militia (TTM), milice de Virginie Occidentale qui, avant son démantèlement par le FBI, cherchait à offrir ses services sur le « marché » du terrorisme international…

> Q – Mais ce ne sont pas des groupes religieux à proprement parler ?

> Jacques Borde – Sauf qu’ils sont tous chrétiens, WASP pour être plus précis et combattent les Juifs, les Catholiques, les Afro-Américains, les Musulmans et, bien sûr, l’État fédéral. Or, étrangement, les seuls groupes d’opposition armée qu’on labellise religieusement sont ceux qui ont une composante musulmane. Sauf bien sûr si cela arrange leurs sponsors occidentaux. Comme le Sazéman-é-Mujaheddin-e-Khalq-é-Iran (MeK, Organisation des Combattants du peuple iranien), dont la composante religieuse, pour ne pas dire mystique, est totalement mise sur la touche lorsqu’on parle d’eux.

> Comble du ridicule, certains journalistes peu scrupuleux arrivent même à étiqueter comme « musulmans » des groupes se définissant comme nationalistes et non-confessionnels. Exemple : le Parti social nationaliste syrien (PSNS)(13), dont les dirigeants sont des chrétiens de rite grec-catholique(14), ainsi que leurs principaux martyrs (dont des femmes) morts au cours d’opérations suicides.

> Q – Donc nous avons une approche erronée de la menace terroriste dite, selon-vous, islamiste ?

> Jacques Borde – C’est le moins qu’on puisse dire. Laissez-moi vous lire ce qu’en dit l’un des meilleurs spécialistes du genre, Jacques Baud, lorsqu’il nous rappelle la nature défensive du djihâd :

> « En Occident la notion du djihâd est mal comprise et souvent associée à l’idée de croisade, de conquête et de guerre contre l’Occident. Or, la traduction occidentale de « djihâd » par « guerre sainte » est inexacte et nous renvoie au vocabulaire (chrétien !) des Croisades. En arabe, le mot « guerre », dans son sens militaire, se traduit par « harb » ou « qital ».

> « Le mot « djihâd » est étymologiquement lié à la notion de s’efforcer (djahada), d’effort (djouhd) ou de résistance, de refus d’abandon aux tentations. Il désigne avant tout la volonté de défendre à titre individuel ou collectif l’Islam contre une agression extérieure, que celle-ci soit d’ordre moral ou physique. Le djihâd est donc essentiellement une attitude de l’esprit, qui cherche à préserver un ensemble de valeurs et qui suppose un certain nombre de sacrifices pour y parvenir.

> « Le « djihâd dans la voie de Dieu » (djihâd fi Sabil Allah ou djihâd fi sabilillah) peut prendre des formes diverses et de nombreux exégètes musulmans ont exprimé des vues différentes à ce sujet, qui ne sont pas nécessairement contradictoires et appartiennent au débat intellectuel normal. Parmi les nombreuses lectures possibles du djihâd, quatre formes sont plus fréquemment évoquées :

> Djihâd bil-Nafs (djihâd avec l’âme), qui est une lutte individuelle et intérieure contre le mal. Il constitue également la forme supérieure du djihâd (djihâd al-akbar) ;

> Djihâd bil-Lisan (djihâd avec la langue), qui est la défense et la diffusion de l’Islam par le verbe (da’awah), les sermons et l’écriture ;

> Djihâd bil-Yad (djihâd avec les mains), qui est la défense de l’Islam par ses actes, en pratiquant la charité, en prenant soin des déshérités, des veuves et des orphelins, ainsi qu’en exécutant le pèlerinage de la Mecque ;

> Djihâd bis-Sayf (djihâd avec l’épée), qui est la défense de la communauté islamique, lorsqu’elle est attaquée par un ennemi extérieur. Le fait de combattre pour la défense de la foi est également appelé « combat dans la voie de Dieu » (qital fi sibil Allah). Il constitue la forme inférieure du djihâd ».

> Dans sa note associée à ce passage, l’auteur précise qu’ « à l’époque où apparaît l’Islam, il n’y a pas de systèmes de sécurité sociale, les populations du désert, souvent nomades et sur un territoire sans frontières (califat) ne bénéficient pas de la protection et de l’aide d’un suzerain - comme on le voit à la même époque en Europe - le bien-être social dépend donc souvent de l’action individuelle. Le mariage avec plusieurs femmes est ainsi autorisé, afin que les veuves de ceux qui se sont battus pour l’Islam ne sombrent pas dans la misère »(15).

> Q – Tiens, pour finir cet entretien : que font les Russes ?

> Jacques Borde – Rien. Ou plutôt, si : ils parlent, commentent, condamnent…

> Q – Et ?

> Jacques Borde – Ils parlent, commentent, condamnent ! Des propos parfois, même souvent, non dénués d’intérêt. Mais dont personne ne tient compte. Côté occidental, je veux dire. Or, comme c’est le primus inter pares du camp occidental – j’ai nommé la thalassocratie états-unienne – qui conduit cette guerre, toute cette agitation ne sert pas à grand-chose.

> Q – Et ces propos, quels sont-ils ?

> Jacques Borde – Oh, je vais vous faire plaisir et vous citer ceux du Premier ministre russe, Vladimir Poutine, qui a estimé que la résolution est « viciée et inadéquate. Dès qu’on la lit, il devient évident quelle autorise n’importe qui à prendre des mesure contre un État souverain. Dans l’ensemble, cela me rappelle l’appel médiéval à la croisade ». Certes. Mais rappelons qu’en l’espèce, Poutine ne nous apprend rien de bien nouveau. C’est le ministre français de l’Intérieur, Claude Guéant, qui a, de lui même, reconnu qu’il s’agissait bien d’une « croisade ».

> Q – La Russie ne vous a pas convaincu ?

> Jacques Borde – Absolument pas.

> Q – Elle aura, pourtant, tout fait pour se dédouaner ?

> Jacques Borde – Oui. Mais c’est trop facile de se défausser de sa propre irresponsabilité sur le dos des autres. C’est, visiblement, ce qu’a tenté de faire le représentant de la Russie au Conseil de sécurité des Nations-unies, M. Choukrin, lorsqu’il a affirmé que « La responsabilité des conséquences humanitaires inévitables de l’emploi excessif d’une force extérieure en Libye incombera clairement et entièrement à ceux qui entreprendraient une telle action ». Certes. Mais j’ajouterai qu’une responsabilité identique doit échoir à ceux qui se sont mis plus bas que terre au sein de ce même Conseil de sécurité des Nations-unies, en n’y imposant pas leur veto. À mes yeux, Moscou est aussi responsable que Paris, Londres et Washington de ce qui se passe actuellement en Libye.

Note(s) :
 1. Jaysh Lubnān al-Janūbiyy (Armée du Liban Sud, ALS,جيش لبنان الجنوبي). En hébreu :Tzvá Dróm Levanón (Tzadál, צבא דרום לבנון, צד"ל).
2. Là, l'auteur se réfère à une citation du secrétaire général adjoint du Hezbollah, Cheikh Na'ïm Qâssem, dans son dernier livre, et non au Mouqawamat al-Mou'mina, scission des années 86 du mouvement chi'ite Amal.
3. Iraqi Security Forces : Weapons provided by the US Department of Defense Using the Iraq Relief & Reconstruction Fund, SIGIR-06-033, October 28, 2006.
4. Encyclopédie des Terrorismes & Violences politiques, p.163, Jacques Baud, Lavauzelle, 2009.
5. Air & Cosmos, n°2262 (22 avril 2011).
6. Islam : l'avenir de la Tradition entre révolution & occidentalisation. Charles Saint-Prot, Paris, Le Rocher, 2008 & La tradition islamique de la réforme, Paris, CNRS éditions, 2010.
7. War on Terror was wrong, David Miliband, The Guardian (15 janvier 2003), cité in Djihâd, l'Asymétrie entre fanatisme & incompréhension, p.58, Jacques Baud, Lavauzelle, 2009.
8. Flash, n°61 (10 mars 2011).
9. Sont interdits au Royaume-Uni, en tant que groupes terroristes, les suivants : Continuity Army Council, Cumma na Ballan, Fianna na hEireann, Irish National Liberation Army (Inla) donr l'un des autres noms est Catholic Reaction Force, Irish People's Liberation Army (Iplo).
10. Armée secrète arménienne de libération de l'Arménie (Hayastani Azatagrut'yan Hay Gaghtni Banak).
11. Gardiens du Pays de Galles, mouvement indépendantiste radical, auteur d'attentats anti-anglais dans les années 70.
12. Armée du Pays de Galles libre.
13. PSNS, soit : الحزب السوري القومي الاجتماعي, al-Hizb as-Sūrī al-Qawmī al-Ijtimā`ī), connu aussi sous le nom donné par la France de Parti populaire syrien (PPS) ou de Parti saadiste ou encore au Liban de Parti nationaliste (حزب القومي).
14. Donc rattachés à Rome.
15. Djihâd, l'Asymétrie entre fanatisme & incompréhension, p.19, Jacques Baud, Lavauzelle, 2009.
http://www.geostrategie.com/verbatim/libye-vers-limpasse-selon-le-patron-des-forces-us/3220
 Message du 28/04/11

 



7 Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

7-1 Manlio Dinucci : Le terroriste libyen ami de Washington.

Les plus de 700 documents classifiés sur les détenus de Guantanamo rendus publics par Wikileaks confirment ce qu’en général nous savions déjà. Parmi les 600 prisonniers transférés dans d’autres pays et les 172 qui restent encore dans le centre de détention, il y a soit des militants de la Jihad et d’autres opposants, soit des personnes absolument extérieures à la lutte ; soit des vieillards, comme l’Afghan Haji Faiz Mohammed, interné à l’âge de 70 ans alors qu’il était atteint de démence sénile ; soit des enfants, comme le Pakistanais Naqib Ullah interné à Guantanamo à l’âge de 14 ans et, de plus, atteint de tuberculose, ou le Canadien Omar Khadr, interné à l’âge de 15 ans, accusé d’avoir tué dans un combat un soldat des forces spéciales étasuniennes en Afghanistan, et détenu depuis 9 ans.

Mais d’autres personnages de divers genres sont aussi passés dans les cellules de Guantanamo. Emblématique est ainsi l’histoire du Libyen Abu Sufian Ahmed Hamuda Ben Qumu. Né à Derna en 1959, il s’enrôla dans l’armée comme conducteur de char, mais fut ensuite condamné à 10 ans de prison pour assassinat et trafic de drogue. Enfui en 1993, il partit en Egypte puis en Afghanistan. Après avoir été entraîné dans le camp de Torkham d’Ossama Ben Laden, il participa à l’organisation de la milice taliban. Il fut ensuite transféré au Soudan, où il entra dans la Wadi al-Aqiq, une des compagnies de Ben Laden. Obligé de quitter le Soudan, il partit à Peshawar, au Pakistan, puis à Kaboul en 2001, toujours avec un rôle de dirigeant de la milice taliban. Capturé, on l’emmena à Guantanamo en 2002.

Dans le document classifié de la Joint Task Force Guantanamo du Département d’Etat étasunien de la défense, daté du 22 avril 2005, il est écrit que « le gouvernement libyen indique Qumu, détenu à Guantanamo, comme un des chefs extrémistes des Arabes Afghans (les moudjahiddines restés en Afghanistan et au Pakistan après la Jihad anti-soviétique), en lien avec les talibans et Al Qaeda ». Tripoli le considère donc comme « un élément dangereux, sans scrupules pour commettre des actes terroristes ». En syntonie avec ce jugement, le Département d’Etat étasunien de la défense conclut que « le détenu Qumu constitue un élément de risque moyen-élevé, une menace probable pour les USA, pour leurs intérêts et leurs alliés ».

Deux ans après seulement, en 2007, Qumu est transféré de Guantanamo en Libye, où l’année suivante il est amnistié et libéré. Aujourd’hui, rapporte le New York Times, il demeure « une figure de pointe dans la lutte des rebelles libyens pour renverser Kadhafi », à la tête d’ « une bande de combattants connue comme Brigade Derna », du nom de la ville natale de Qumu où est né le Groupe combattant islamique libyen (dont Qumu lui-même a fait partie). « L’ennemi et prisonnier des Etats-Unis est à présent un allié », commente le New York Times. Rien d’étonnant : le cas Qumu est emblématique de la façon dont, sous couvert de lutte contre le terrorisme, Washington recrute et manœuvre des groupes terroristes selon ses intérêts du moment.

En oubliant cependant le vieux diton : qui sème le vent récolte la tempête.

Manlio Dinucci

Manlio Dinucci est géographe.

29 avril 2011   

Edition de mardi 26 avril 2011 de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20110426/manip2pg/09/manip2pz/302089/  

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


28/04/2011

n°1 - Journal de Syrie - 21-04 au 27-04 : Début - L'opposition syrienne financée par Bush mais aussi par Obama.

n°1 -  Journal de Syrie - 21-04 au 27-04 : Début -  L'opposition syrienne financée par Bush mais aussi par Obama.



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal de Syrie

 n°1                                                  21-04 au 27-04

        C.De broeder & M.Lemaire



Le " Journal de Syrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

1 Les grandes manœuvres

France

Syrie: Fabius veut une «intervention de l'ONU rapide».

2 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

2-1 Georges Malbrunot : Des groupes de francs-tireurs financés par le clan saoudien des Saidiris et encadrés par la CIA.

Fin

3 Dossier

3-1 L’opposition syrienne financée par Bush mais aussi par Obama.

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 New Orient News : La bataille pour la Syrie est décisive.



1) Les grandes manœuvres

France

Syrie: Fabius veut une «intervention de l'ONU rapide».

Laurent Fabius et Jean-Christophe Cambadélis réclament des sanctions contre le régime syrien et regrettent le silence de Nicolas Sarkozy.

L’ancien Premier ministre socialiste, Laurent Fabius, au même titre que le secrétaire national du PS à l’international, Jean-Christophe Cambadélis, a exhorté mardi la France à «durcir le ton» contre le régime syrien, qui réprime dans le sang la contestation populaire.

«Il faut une intervention de l’ONU rapide», a estimé M. Fabius sur Europe 1.

Après avoir relevé la «situation (géopolitique) particulière» de la Syrie, il a réclamé «dès maintenant la saisine des biens de la famille Assad à l’étranger».

 «Il faut en même temps interdire de faire du commerce avec ces pays-là et il faut enjoindre M. Assad (le président syrien, ndlr) de stopper les massacres de la population sous menace de la Cour pénale internationale (CPI)», a ajouté l’ancien Premier ministre. 

Si la France ne peut «intervenir militairement partout», Laurent Fabius a conclu qu’il fallait «durcir le ton».

«Il faut des sanctions sur la Syrie, il faut hausser le ton», a également jugé sur Canal + Jean-Christophe Cambadélis.

«Je suis très étonné que la France soit en deçà de la main par rapport à la Syrie. On est très dur à juste raison vis-à-vis de (Mouammar) Kadhafi et on ne dit rien vis-à-vis de la Syrie, c’est incompréhensible», a déploré le secrétaire national du PS à l’international.

Alors qu’on lui demandait si la France devait réclamer le départ du président Bachar al-Assad, M. Cambadélis a implicitement répondu par la positive.

«Si je prends les critères qui étaient ceux de M. Juppé, un dirigeant qui tire contre son peuple ne peut plus être le représentant de son peuple, on y est. A l’évidence il faut hausser le ton», a-t-il souligné. 

La répression contre la révolte populaire a fait près de 400 morts depuis le 15 mars en Syrie, et le régime de Bachar al-Assad semble avoir opté pour la solution militaire afin d’écraser ce mouvement de contestation sans précédent. 

(Source AFP)



2 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

2-1 Georges Malbrunot : Des groupes de francs-tireurs financés par le clan saoudien des Saidiris et encadrés par la CIA.

 le 19 avril 2011

Extrait

 Alors que des centaines de Syriens, civils et militaires, viennent de tomber sous les coups de snipers financés par les saidiris et encadrés par la CIA, les médias occidentaux accusent le gouvernement de Bachar el-Assad de tirer sur sa population et sur ses propres forces de l’ordre.

Cette campagne de désinformation vise à justifier une possible intervention militaire occidentale.

Le philosophe Domenico Losurdo rappelle que la méthode n’est pas nouvelle. Simplement, les nouveaux moyens de communication l’ont rendue plus sophistiquée. Désormais, le mensonge n’est pas seulement véhiculé par la presse écrite et audiovisuelle, il passe aussi par Facebook et YouTube.

 Obsèques de 15 policiers à l’hôpital militaire Tishreen de Damas, le 27 avril 2011. En un mois, plusieurs centaines de Syriens, civils et militaires, ont été assassinés par des groupes de francs-tireurs financés par le clan saoudien des Saidiris et encadrés par la CIA.

Depuis quelques jours, des groupes mystérieux tirent sur les manifestants et, surtout, sur les participants aux funérailles qui ont suivi les événements sanglants. De qui sont composés ces groupes ? Les autorités syriennes soutiennent qu’il s’agit de provocateurs, essentiellement liés aux services secrets étrangers. En Occident, par contre, même à gauche on avalise sans aucun doute la thèse proclamée en premier lieu par la Maison-Blanche : ceux qui tirent sont toujours et seulement des agents syriens en civil. Obama est-il la bouche de la vérité ? L’agence syrienne Sana rapporte la découverte de « bouteilles de plastique pleines de sang » utilisé pour produire « des vidéos amateurs contrefaites » de morts et blessés chez les manifestants. Comment lire cette information, que je reprends de l’article de L. Trombetta dans La Stampa du 24 avril ? Peut-être les pages qui suivent, tirées d’un essai qui sera bientôt publié, contribueront-elles à jeter quelque lumière là-dessus. Si quelqu’un se trouvait étonné voire incrédule à la lecture du contenu de mon texte, qu’il n’oublie pas que les sources que j’y utilise sont presque exclusivement « bourgeoises » (occidentales et pro-occidentales). (Voir aussi addenda en fin de texte, NdT).

« Amour et vérité »

Ces derniers temps, par les interventions surtout de la secrétaire d’État Hillary Clinton, l’administration Obama ne rate pas une occasion de célébrer Internet, Facebook, Twitter comme instruments de diffusion de la vérité et de promotion, indirectement, de la paix. Des sommes considérables ont été attribuées par Washington pour potentialiser ces instruments et les rendre invulnérables aux censures et attaques des « tyrans  ». En réalité, pour les nouveaux media comme pour les plus traditionnels, la même règle est de mise : ils peuvent aussi être des instruments de manipulation et d’attisement de la haine et même de la guerre. La radio a été savamment utilisée en ce sens par Goebbels et par le régime nazi.

Pendant la Guerre froide, plus encore qu’un instrument de propagande, les transmissions radio ont constitué une arme pour les deux parties engagées dans le conflit : la construction d’un efficient « Psychological Warfare Workshop » est un des premiers devoirs assignés à la CIA. Le recours à la manipulation joue un rôle essentiel aussi à la fin de la Guerre froide ; entre-temps, à côté de la radio, est intervenue la télévision. Le 17 novembre 1989, la « révolution de velours » triomphe à Prague, avec un mot d’ordre qui se voulait gandhien : « Amour et Vérité ». En réalité un rôle décisif est joué par la diffusion de la fausse nouvelle selon laquelle un étudiant avait été « brutalement tué » par la police. C’est ce que révèle, satisfait, à vingt ans de distance, « un journaliste et leader de la dissidence, Jan Urban » protagoniste de la manipulation : son « mensonge » avait eu le mérite de susciter l’indignation de masse et l’effondrement d’un régime déjà périclitant.

À la fin de 1989, bien que fortement discrédité, Nicolae Ceausescu est encore au pouvoir en Roumaine. Comment le renverser ? Les mass media occidentaux diffusent massivement dans la population roumaine les informations et les images du « génocide » perpétré à Timisoara par la police de Ceausescu. Qu’était-il arrivé en réalité ? Laissons la parole à un prestigieux philosophe (Giorgio Agamben), qui ne fait pas toujours preuve de vigilance critique à l’égard de l’idéologie dominante mais qui a synthétisé ici de façon magistrale l’affaire dont nous traitons :

« Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, des cadavres à peine enterrés ou alignés sur les tables des morgues ont été déterrés en hâte et torturés pour simuler devant les caméras le génocide qui devait légitimer le nouveau régime. Ce que le monde entier avait sous les yeux en direct comme vérité sur les écrans de télévision, était l’absolue non-vérité ; et bien que la falsification fût parfois évidente, elle était de toutes façons authentifiée comme vraie par le système mondial des media, pour qu’il fût clair que le vrai n’était désormais qu’un moment du mouvement nécessaire du faux ».

Dix ans après, la technique décrite ci-dessus est de nouveau mise en acte, avec un succès renouvelé. Une campagne martèle l’horreur dont s’est rendu responsable le pays (la Yougoslavie) dont le démembrement a déjà été programmé et contre lequel on est déjà en train de préparer la guerre humanitaire :

« Le massacre de Racak est atroce, avec des mutilations et des têtes coupées. C’est une scène idéale pour susciter l’indignation de l’opinion publique internationale. Quelque chose semble étrange dans la tuerie. Les Serbes tuent d’habitude sans procéder à des mutilations […] Comme la guerre de Bosnie le montre, les dénonciations d’atrocités sur les corps, signes de tortures, décapitations, sont une arme de propagande diffuse […] Peut-être n’est-ce pas les Serbes mais les guérilleros albanais qui ont mutilé les corps ».

Si ce n’est qu’à ce moment-là, les guérilleros de l’UCK ne pouvaient pas être suspectés d’une telle infamie : c’étaient des freedom fighters, des combattants de la liberté. Aujourd’hui, au Conseil d’Europe, le leader de l’UCK et père de la patrie au Kosovo, Hashim Thaci, « est accusé de diriger un clan politico-criminel né à la veille de la guerre » et impliqué dans le trafic non seulement d’héroïne mais aussi d’organes humains. Voici ce qui arrivait sous sa direction au cours de la guerre : « Une ferme à Rripe, en Albanie centrale, transformée par les hommes de l’UCK en salle d’opération, avec comme patients des prisonniers de guerre serbes : un coup dans la nuque, avant d’explanter leurs reins, avec la complicité de médecins étrangers » (on présume occidentaux). Et vient ainsi au jour la réalité de la « guerre humanitaire » de 1999 contre la Yougoslavie ; mais pendant ce temps son démembrement a été porté à terme et au Kosovo s’installe et veille une énorme base militaire étasunienne.

Faisons un autre saut en arrière de plusieurs années. Une revue française de géopolitique (Hérodote) a mis en relief le rôle essentiel joué, au cours de la « révolution des roses  » qui a lieu en Géorgie à la fin de 2003, par les réseaux télévisés qui sont aux mains de l’opposition géorgienne et par les réseaux occidentaux : ils transmettent sans discontinuer l’image (qui s’est révélée ensuite fausse) de la villa qui serait la preuve de la corruption d’Edouard Chevardnadze, le dirigeant qu’il s’agit de renverser. Après la proclamation des résultats électoraux qui signent la victoire de Chevardnadze et qui sont déclarés frauduleux par l’opposition, celle-ci décide d’organiser une marche sur Tbilissi, qui devrait sceller « l’arrivée symbolique, et pacifique même, dans la capitale, de tout un pays en colère ». Bien que convoquées de tous les coins du pays à grands renforts de moyens propagandistes et financiers, ce jour-là affluent pour la marche entre 5 000 et 10 000 personnes : « ce n’est rien pour la Géorgie » ! Et pourtant grâce à une mise en scène sophistiquée et de grande professionnalité, la chaîne de télé la plus diffusée du pays arrive à communiquer un message totalement différent : « L’image est là, puissante, celle d’un peuple entier qui suit son futur président ». Désormais les autorités politiques sont délégitimées, le pays est désorienté et abasourdi et l’opposition plus arrogante et agressive que jamais, d’autant plus que les médias internationaux et les chancelleries occidentales l’encouragent et la protègent. Le coup d’État est mûr, il va porter au pouvoir Mikhaïl Saakashvili, qui a fait ses études aux USA, parle un anglais parfait et est en mesure de comprendre rapidement les ordres de ses supérieurs.

 

Internet comme instrument de liberté

Venons-en maintenant aux nouveaux media, particulièrement chers à Madame Clinton et à l’administration Obama. Pendant l’été 2009 on pouvait lire dans un quotidien italien réputé :

« Depuis quelques jours, sur Twitter, circule une image de provenance incertaine […] Devant nous, un photogramme d’une valeur profondément symbolique : une page de notre présent.
Une femme avec le voile noir, qui porte un t-shirt vert sur des jeans : extrême Orient et extrême Occident ensemble. Elle est seule, à pieds. Elle a le bras droit levé et le poing fermé. Face à elle, imposant, la gueule d’un SUV, du toit duquel émerge, hiératique, Mahmoud Ahmadinejad. Derrière, les garde-du-corps.

Le jeu des gestes touche : de provocation désespérée, celui de la femme ; mystique, celui du président iranien ».

Il s’agit d’ « un photomontage  », qui certes semble « vraisemblable  », pour arriver plus efficacement à « conditionner des idées, des croyances ». D’autre part, les manipulations abondent. À la fin du mois de juin 2009, les nouveaux media en Iran et tous les moyens d’information occidentaux diffusent l’image d’une belle fille touchée par une balle : « Elle commence à saigner, elle perd conscience. Dans les secondes qui suivent ou peu après, elle est morte. Personne ne peut dire si elle a été prise dans le feu croisé ou si elle a été touchée de façon ciblée ». Mais la recherche de la vérité est la dernière chose à laquelle on pense : ce serait de toutes façons une perte de temps et ça pourrait même se révéler contre-productif. L’essentiel est ailleurs : « à présent la révolution a un nom : Neda ». On peut alors diffuser le message désiré : « Neda innocente contre Ahmadinejad », ou bien : « une jeunesse courageuse contre un régime vil  ». Et le message s’avère irrésistible : « Il est impossible de regarder sur Internet de façon froide et objective la vidéo de Neda Soltani, la brève séquence où le père de la jeune femme et un médecin essaient de sauver la vie de le jeune iranienne de vingt-six ans ». Comme pour le photomontage, dans le cas aussi de l’image de Neda, nous sommes en présence d’une manipulation sophistiquée, attentivement étudiée et calibrée dans tous ses détails (graphiques, politiques et psychologiques) dans le but de discréditer et de rendre la plus odieuse possible la direction iranienne. (Voir addenda en fin de texte, NdT).

Et nous arrivons ainsi au « cas libyen ». Une revue italienne de géopolitique a parlé à ce propos d’ « utilisation stratégique du faux », comme le confirme en premier lieu la « déconcertante affaire des fausses fosses communes » (et d’autres détails sur lesquels j’ai attiré l’attention). La technique est celle dont on se félicite et qu’on utilise depuis des décennies, mais qui à présent, avec l’avènement des nouveaux media, acquiert une efficience terrible : « La lutte est d’abord représentée comme un duel entre le puissant et le faible sans défense, et rapidement transfigurée ensuite en une opposition frontale entre le Bien et le Mal absolus  ». Dans ces circonstances, loin d’être un instrument de liberté, les nouveaux media produisent le résultat opposé. Nous sommes en présence d’une technique de manipulation, qui « restreint fortement la liberté de choix des spectateurs » ; « les espaces pour une analyse rationnelle sont comprimés au maximum, en particulier en exploitant l’effet émotif de la succession rapide des images ».

Et ainsi, on retrouve pour les nouveaux media la règle déjà constatée pour la radio et la télévision : les instruments, ou potentiels instruments, de liberté et d’émancipation (intellectuelle et politique) peuvent se renverser et souvent se renversent aujourd’hui en leur contraire. Il n’est pas difficile de prévoir que la représentation manichéenne du conflit en Libye ne résistera pas longtemps ; mais Obama et ses alliés espèrent dans l’intervalle atteindre leurs objectifs, qui ne sont pas vraiment humanitaires, même si la novlangue s’obstine à les définir comme tels.

Spontanéité d’Internet

Mais revenons au photomontage qui montre une dissidente iranienne défier le président de son pays. L’auteur de l’article que je cite ne s’interroge pas sur les artisans d’une manifestation si sophistiquée. Je vais essayer de remédier à cette lacune. A la fin des années 90 déjà, on pouvait lire dans l’International Herald Tribune : «  Les nouvelles technologies ont changé la politique internationale » ; ceux qui étaient en mesure de les contrôler voyaient augmenter démesurément leur pouvoir et leur capacité de déstabilisation des pays plus faibles et technologiquement moins avancés.

Nous sommes là en présence d’un nouveau chapitre de guerre psychologique. Dans ce domaine aussi les USA sont décisivement à l’avant-garde, ayant à leur actif des décennies de recherche et d’expérimentations. Il y a quelques années Rebecca Lemov, anthropologue de l’université de l’État de Washington, a publié un livre qui « illustre les tentatives inhumaines de la CIA et de certains parmi les plus grands psychiatres de "détruire et reconstruire" la psyché des patients dans les années 50  ». Nous pouvons alors comprendre un épisode qui s’est déroulé dans cette même période. Le 16 août 1951, des phénomènes étranges et inquiétants vinrent troubler Pont-Saint-Esprit, « un village tranquille et pittoresque » situé « dans le Sud-est de la France ». Oui, « le pays fut secoué par un mystérieux vent de folie collective. Cinq personnes au moins moururent, des dizaines finirent à l’asile, des centaines donnèrent des signes de délire et d’hallucinations […] Beaucoup finirent à l’hôpital avec la camisole de force ». Le mystère, qui a longtemps entouré ce coup de «  folie collective », est maintenant dissipé : il s’agît d’une « expérimentation menée par la CIA, avec la Special Operation Division (SOD), l’unité secrète de l’Armée USA de Fort Detrick, au Maryland » ; les agents de la CIA «  contaminèrent au LSD les baguettes vendues dans les boulangeries du pays », causant les résultats que nous avons vus ci-dessus. Nous sommes aux débuts de la Guerre froide : bien sûr les États-Unis étaient des alliés de la France, mais c’est justement pour ça que celle-ci se prêtait facilement aux expérimentations de guerre psychologique qui avaient certes comme objectif le « camp socialiste » (et la révolution anticoloniale) mais pouvaient difficilement être effectuées dans les pays situés au-delà du rideau de fer.

Posons-nous alors une question : l’excitation et l’attisement des masses ne peuvent-ils être produits que par voie pharmacologique ? Avec l’avènement et la généralisation d’Internet, Facebook, Twitter, une nouvelle arme a émergé, susceptible de modifier profondément les rapports de force sur le plan international. Ceci n’est plus un secret, pour personne. De nos jours, aux USA, un roi de la satire télévisée comme Jon Stewart s’exclame : « Mais pourquoi envoyons-nous des armées s’il est aussi facile d’abattre les dictatures via Internet que d’acheter une paire de chaussures ? ». À son tour, avec une revue proche du département d’État, un chercheur attire l’attention sur « comment il est difficile de militariser  » (to weaponize) les nouveaux media pour des objectifs à court terme et liés à un pays déterminé ; il vaut mieux poursuivre des objectifs de plus ample envergure. Les accents peuvent varier, mais la signification militaire des nouvelles technologies est dans tous les cas explicitement soulignée et revendiquée.

Mais Internet n’est-il pas l’expression même de la spontanéité individuelle ? Seuls les plus démunis (et les moins scrupuleux) argumentent ainsi. En réalité —reconnaît Douglas Paal, ex-collaborateur de Reagan et de Bush senior— Internet est actuellement « géré par une ONG qui est de fait une émanation du Département du Commerce des USA ». S’agit-il seulement de commerce ? Un quotidien de Pékin rapporte un fait largement oublié : quand en 1992 la Chine demanda pour la première fois à être reliée à Internet, sa requête fut rejetée en raison du danger que le grand pays asiatique ne put ainsi « se procurer des informations sur l’Occident ». Maintenant, au contraire, Hillary Clinton revendique l’ « absolue liberté » d’Internet comme valeur universelle à laquelle on ne peut renoncer ; et cependant —commente le quotidien chinois— « l’égoïsme des États-Unis n’a pas changé ».

Peut-être ne s’agit-il pas seulement de commerce. À ce sujet, l’hebdomadaire allemand Die Zeit demande des éclaircissements à James Bamford, un des plus grands experts en matière de services secrets états-uniens : « Les Chinois craignent aussi que des firmes américaines (étasuniennes, NdT) comme Google soient en dernière analyse des outils des services secrets américains (étasuniens, NdT) sur le territoire chinois. Est-ce une attitude paranoïde ? » « Pas du tout » répond-il immédiatement. Au contraire même —ajoute l’expert— des « organisations et institutions étrangères [aussi] sont infiltrées » par les services secrets étasuniens, lesquels sont de toutes façons en mesure d’intercepter les communications téléphoniques dans tous les coins de la planète et doivent être considérées comme « les plus grands hackers du monde ». Désormais —affirment encore dans Die Zeit deux journalistes allemands— cela ne fait aucun doute :

« Les grands groupes Internet sont devenus un outil de la géopolitique des USA. Avant, on avait besoin de laborieuses opérations secrètes pour appuyer des mouvements politiques dans des pays lointains. Aujourd’hui il suffit souvent d’un peu de technique de la communication, opérée à partir de l’Occident […] Le service secret technologique des USA, la National Security Agency, est en train de monter une organisation complètement nouvelle pour les guerres sur Internet ».

Il convient donc de relire à la lumière de tout ceci quelques événements récents d’explication non aisée. En juillet 2009 des incidents sanglants sont survenus à Urumqi et dans le Xinjiang, la région de Chine habitée surtout par des Ouigours. Sont-ce la discrimination et l’oppression contre des minorités ethniques et religieuses qui les expliquent ? Une approche de ce type ne semble pas très plausible, à en juger du moins par ce que réfère de Pékin le correspondant de La Stampa :

« De nombreux Hans d’Urumqi se plaignent des privilèges dont jouissent les Ouigours. Ceux-ci, de fait, en tant que minorité nationale musulmane, ont à niveau égal des conditions de travail et de vie bien meilleures que leurs collègues Hans. Un Ouigour, au bureau, a l’autorisation de suspendre son travail plusieurs fois pas jour pour accomplir les cinq prières musulmanes traditionnelles de la journée […] En outre ils peuvent ne pas travailler le vendredi, jour férié musulman. En théorie ils devraient récupérer le dimanche. Mais le dimanche les bureaux sont en fait déserts […] Un autre point douloureux pour les Hans, soumis à la dure politique d’unification familiale qui impose encore l’enfant unique, est le fait que les Ouigours peuvent avoir deux ou trois enfants. En tant que musulmans, ensuite, ils ont des remboursements en plus dans leur salaire étant donné que, ne pouvant pas manger de porc, ils doivent se rabattre sur la viande d’agneau qui est plus chère ».

Elles apparaissent alors pour le moins unilatérales ces accusations portées par l’Occident contre le gouvernement de Pékin de vouloir effacer l’identité nationale et religieuse des Ouigours. Alors ?

Réfléchissons sur la dynamique des incidents. Dans une ville côtière de Chine où, malgré les différentes traditions culturelles et religieuses préexistantes, des Hans et des Ouigours travaillent côte à côte, se répand tout d’un coup la rumeur selon laquelle une jeune fille han a été violée par des ouvriers ouigours ; il en résulte des incidents au cours desquels deux Ouigours perdent la vie. La rumeur qui a provoqué cette tragédie est fausse mais voici que se répand alors une deuxième rumeur plus forte encore et encore plus funeste : Internet diffuse dans son réseau la nouvelle selon laquelle dans la ville côtière de Chine des centaines de Ouigours auraient perdu la vie, massacrés par les Hans dans l’indifférence et même sous le regard complaisant de la police. Résultat : des tumultes ethniques dans le Xinjiang, qui provoquent la mort de presque 200 personnes, cette fois presque toutes hans.

Eh bien sommes-nous là en présence d’une intrication malheureuse et fortuite de circonstances ou bien la diffusion des rumeurs fausses et tendancieuses visait-elle le résultat qui s’est effectivement produit ensuite ? Nous sommes dans un situation où il s’avère désormais impossible de distinguer la vérité de la manipulation. Une société étasunienne a réalisé des « programmes qui permettraient à un sujet engagé dans une campagne de désinformation de prendre simultanément jusqu’à 70 identités (profils de réseaux sociaux, account in forum etc.) en les gérant parallèlement : le tout sans qu’on puisse découvrir qui tire les ficelles de cette marionnette virtuelle ». Qui a recours à ces programmes ? Il n’est pas difficile de le deviner. Le quotidien cité ici, non suspect d’antiaméricanisme (anti-étasunien, NdT) précise que la société en question « fournit des services à diverses agences gouvernementales étasuniennes, comme la CIA et le ministère de la Défense ». La manipulation de masse célèbre son triomphe tandis que le langage de l’Empire et la novlangue se font, dans la bouche d’Obama, plus doux et suaves que jamais.

Revient alors en mémoire l’ « expérimentation conduite par la CIA » pendant l’été 1951, qui produisit « un mystérieux vent de folie collective » dans « le village pittoresque et tranquille » de Pont-Saint-Esprit. Et de nouveau nous voici obligés de nous poser la question initiale : la « folie collective » peut-elle être produite seulement par voie pharmacologique ou bien aujourd’hui peut-elle être le résultat du recours, aussi, aux « nouvelles technologies » de la communication de masse ?

On comprend alors les financements par Hillary Clinton et par l’administration Obama destinés aux nouveaux media. Nous avons vu que la réalité des « guerres sur Internet » est désormais reconnue même par de réputés organes de presse occidentaux ; sauf que dans le langage de l’Empire et dans la novlangue la promotion des « guerres sur Internet » devient la promotion de la liberté, de la démocratie et de la paix.

Les cibles de ces opérations ne restent pas sans rien faire : comme dans toute guerre les faibles cherchent à combler leur désavantage en apprenant des plus forts. Et voici que ces derniers crient au scandale : « Au Liban ceux qui maîtrisent le plus les news media et les réseaux sociaux ne sont pas les forces politiques pro-occidentales qui soutiennent le gouvernement de Saad Hariri, mais les "Hezbollah" ». Cette observation laisse poindre un soupir : ah, comme ce serait beau si, ainsi qu’il en a été pour la bombe atomique et pour les armes (proprement dites) les plus sophistiquées, même pour les « nouvelles technologies » et les nouvelles armes d’information et de désinformation de masse, ceux qui détiennent le monopole étaient les pays qui infligent un interminable martyre au peuple palestinien et qui voudraient continuer à exercer au Moyen-Orient une dictature terroriste ! Le fait est —se lamente Moises Naïm, directeur de Foreign Policy— que les USA, Israël et l’Occident n’ont plus affaire aux « cyberidiots d’autrefois ». Ceux-ci « contre-attaquent avec les mêmes armes, font de la contre information, empoisonnent les puits » : une véritable tragédie du point de vue des présumés champions du « pluralisme ». Dans le langage de l’Empire et dans la novlangue, la timide tentative de créer un espace alternatif à celui qui est géré ou hégémonéisé par la superpuissance solitaire devient un « empoisonnement des puits ».

 

De nombreux snipers ont été arrêtés par les forces de l’ordre au cours des dernières semaines et leurs cellules démantelées. Chaque soir, la télévision syrienne publie de nouveaux interviews des terroristes qui relatent comment ils ont été recrutés, formés et armés (capture d’écran du Journal télévisé du 26 avril 2011).

 Sur Facebook en Syrie

Dès le début des manifs à Deraa, une page Facebook a été ouverte sous le titre "Révolution syrienne 2011" : slogan publicitaire inimaginable pour de vrais révolutionnaires : si on n’y arrive pas en 2011, on laisse tomber ?. Dans la journée, cette page comptait 80 000 amis, presque tous des comptes Facebook créés le même jour. Ceci est impossible sauf si les "amis" sont des comptes virtuels créés par des logiciels.

 

 

Références bibliographiques

•   Giorgio Agamben 1996, Mezzi senza fine. Note sulla politica, Bollati Boringhieri, Torino.

•   James Bamford (interview) 2010, « Passen Sie auf, was Sie tippen », par Thomas Fischermann, in Die Zeit, 18 février, pp. 20-21.

•   Ennio Caretto 2006, La Cia riprogrammò le menti dei reduci, in Corriere della Sera, 12 février, p. 14.

•   Germano Dottori 2011, Disinformacija. L’uso strategico del falso nel caso libico, in Limes. Rivista italiana di geopolitica, n. 1, pp. 43-49.

•   Alessandra Farkas 2010 « La Cia drogò il pane dei francesi ». Svelato il mistero delle baguette che fecero ammattire un paese nel ‘51, in Corriere della Sera, 13 mars, p. 25.

•   Thomas Fischermann, Götz Hamann 2010, Angriff aus dem Cyberspace, in Die Zeit, 18 février, pp. 19-21.

•   Carlo Formenti 2011, La « disinformazia » ai tempi del Web. Identità multiple per depistare, in Corriere della Sera, 28 février, p. 38.

•   Massimo Gaggi 2010, Un’illusione la democrazia via web. Estremisti e despoti sfruttano Internet, in Corriere della Sera, 20 mars, p. 21.

•   Régis Genté 2008, Des révolutions médiatiques, in Hérodote, revue de géographie et de géopolitique, 2° trimestre, pp. 37-68.

•   Mara Gergolet 2010, L’Europa : « Traffico d’organi in Kosovo », in Corriere della Sera, 16 décembre, p. 18.

•   Global Times 2011, The internet belongs to all, not just the US, in Global Times, 17 février.

•   Andrian Kreye 2009, Grüne Schleifen für Neda, in Süddeutsche Zeitung, 24 juin, p. 11.

•   Domenico Losurdo 2010, La non-violenza. Una storia fuori dal mito, Laterza, Roma-Bari.

•   Roberto Morozzo Della Rocca 1999, La via verso la guerra, in Supplément au n. 1 Quaderni Speciali) de Limes. Rivista Italiana di Geopolitica, pp. 11-26.

• Barack Obama, David Cameron, Nicolas Sarkozy, Libya’s pathway to peace, in International Herald Tribune, 15 avril, p. 7.

•   Douglas Paal (interview à) 2010, « Questo è l’inizio di uno scontro tra due civiltà », par Maurizio Molinari, in La Stampa, 23 janvier, p. 7.

•   Nicolas Pelham 2011, The Battle for Libya, in The New Review of Books, 7 avril, pp. 77-79.

•   Guido Ruotolo 2011, Gheddafi : ingannati dagli amici occidentali, in La Stampa, 1er mars, p. 6.

•   David E. Sanger 2011, As war in Libya drags on, U.S. goals become harder, in International Herald Tribune, 12 avril, pp. 1 et 8.

•   Clay Shirky 2011, The Political Power of Social Media, in Foreign Affairs, janvier-février 2011, pp. 28-41.

•   Bob Schmitt 1997, The Interrnet and International Politics, in International Herald Tribune, 2 avril, p. 7.

•   Francesco Sisci 2009, Perché uno han non sposerà mai una uigura, in La Stampa, 8 juillet, p. 17.

•   Evan Thomas 1995, The Very Best Men. Four Who Dared. The Early Years of the CIA, Simon & Schuster, New York

• Vincenzo Trione 2009, Quella verosimile manipolazione contro l’arroganza di Ahmadinejad, in Corriere della Sera, 2 juillet, p. 12.

 Domenico Losurdo

Domenico Losurdo Professeur d’histoire de la philosophie à l’université d’Urbin (Italie). Il dirige depuis 1988 la Internationale Gesellschaft Hegel-Marx für dialektisches Denken, et est membre fondateur de l’Associazione Marx XXIesimo secolo. 

 

Source : le Figaro 

Depuis Urbin (Italie)

Traduction Marie-Ange Patrizio

27 avril 2011 

 

n°1 - Journal de Syrie - 21-04 au 27-04 : Fin - L'opposition syrienne financée par Bush mais aussi par Obama.

n°1 -  Journal de Syrie - 21-04 au 27-04 : Fin -  L'opposition syrienne financée par Bush mais aussi par Obama.



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal de Syrie

 n°1                                                  21-04 au 27-04

        C.De broeder & M.Lemaire



Le " Journal de Syrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 New Orient News : La bataille pour la Syrie est décisive.





3 Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

3-1 L’opposition syrienne financée par Bush mais aussi par Obama.

Malgré toutes les dénégations, les documents sont têtus : le département d’État n’a pas cessé de financer l’opposition syrienne. Par conséquent, il ne peut pas prétendre tout ignorer de l’actuelle campagne de déstabilisation de la Syrie.

L’opposition syrienne financée par Bush mais aussi par Obama

Le Département d’État des USA a financé secrètement des groupes de l’opposition syrienne pour renverser Assad, et leurs projets parmi lesquels la télévision satellitaire Barada basée à Londres, selon des documents diffusés par Wikileaks et publiés hier par le Washington Post [1].

La télévision Barada, qui prend le nom du fleuve qui traverse la capitale Damas, est liée au réseau d’exilés syriens basé à Londres, le « Mouvement pour la justice et le développement » : selon les dossiers des diplomates étasuniens à Damas et l’article du quotidien, le département d’État étasunien leur a versé depuis 2006 jusqu’à 6 millions de dollars pour, justement, mettre en œuvre la télévision satellitaire, mais aussi pour financer d’autres activités en Syrie. Le flux d’argent a commencé sous la présidence de George W. Bush, après que, pendant son administration, les USA eurent, en 2005, gelé les rapports avec la Syrie et mis le pays sur liste noire à cause de son soutien au Hezbollah libanais. Jusqu’ici rien d’étrange : il est logique que Bush et sa bande de neo-cons fussent tentés aussi par un « changement de régime » à Damas, comme pour l’Afghanistan et l’Irak. Ce qui peut se révéler plus surprenant est, si l’on s’en tient aux câbles diplomatiques et au Washington Post, que le soutien financier aux groupes d’opposition syriens ait continué même après l’installation d’Obama à la Maison-Blanche (janvier 2009) : ceci alors que la nouvelle administration était en train de tenter de rétablir des rapports avec Damas, au point qu’en janvier dernier les USA aient décidé de renvoyer un ambassadeur en Syrie, le premier en six ans.

Selon les documents diffusés par le site de Julian Assange, les fonctionnaires de l’ambassade étasunienne à Damas commencèrent à s’inquiéter en 2009 après avoir appris que des agents de renseignement syriens avaient subodoré quelque chose et étaient en train de poser quelques questions sur les programmes étasuniens ; et que certains de ces fonctionnaires mêmes allèrent jusqu’à suggérer au département d’État de reconsidérer son implication en indiquant qu’elle pouvait mettre en danger les tentatives de rapprochement lancées par Obama.

Le Washington Post précise avoir choisi de ne pas publier de détails sur les noms et programmes à la demande du département d’État, pour éviter de mettre en danger des personnalités de l’opposition.


[1] « U.S. secretly backed Syrian opposition groups, cables released by WikiLeaks show », par Craig Whitlock, The Washington Post, 17 avril 2011.

Traduction Marie-Ange Patrizio.

Source Il Manifesto (Italie)

19 avril 2011

http://www.voltairenet.org:80/article169564.html

 



4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

4-1 New Orient News : La bataille pour la Syrie est décisive.

Al-Jazeera et la fin du professionnalisme

Très largement diffusée par la presse internationale, montre les obsèques d’un manifestant à Banias (Syrie). Mais contrairement aux légendes des journaux, la foule ne tient pas le président Bachar el-Assad pour responsable des morts durant les manifestations.

Au contraire, on voit à droite un portrait du président au milieu des drapeaux syriens. Les manifestants assassinés l’ont été par des tireurs embusqués sur les toits.

Certains ont été fait prisonniers et ont avoué appartenir à des groupes armés par une branche de la famille royale soudienne, des membres du parti haririste libanais et les services secrets US.

La tendance générale

Éditorial : La bataille pour la Syrie est décisive

La société syrienne traverse une période d’inquiétude à cause des troubles incessants qui ont fortement ébranlé la stabilité sécuritaire qui caractérisait la Syrie ces trente dernières années. Les dangers de violences confessionnelles sont réels, alimentés par les prêches sectaires dans un pays au tissu ethnico-religieux diversifié, considéré, hier encore, comme le dernier refuge des minorités en Orient grâce à son régime laïque et à son identité arabe.
Le vent du changement qui balaye le monde arabe a favorisé le mouvement populaire en Syrie qui réclame des réformes politiques, économiques et sociales. Mais il est important de noter que le président Bachar el-Assad, qui a lancé un vaste chantier de réforme récemment, est allé au-delà des revendications de certaines parties de l’opposition : il a levé l’État d’urgence et autorisé le droit de manifester pacifiquement, alors qu’un débat national sur les partis et les médias va commencer dans le but d’instaurer le multipartisme. Des figures de l’opposition ont accueilli favorablement toutes ces mesures, contrairement à celles qui veulent plonger le pays dans le chaos conformément à des agendas qui n’ont rien à voir avec la réforme et visent à détruire les constantes nationales directement liées au conflit israélo-arabe.
La volonté de provoquer des troubles en Syrie traduit une détermination extérieure à affaiblir ce pays, considéré comme le principal acteur dans la lutte pour l’avenir de la région. Une série d’indices et de preuves irréfutables le confirment :
 La nature et les liens extérieurs des principales forces qui provoquent les troubles. Elles sont au nombre de trois : l’ancien vice-président Abdel Halim Khaddam et ses partisans ; Ribal el-Assad —le cousin du président— et son groupe ; les Frères musulmans et leurs mouvances ainsi que leurs alliés au Liban, comme le Parti de la libération islamique. Le mélange d’activistes gauchistes ou libéraux ne joue qu’un rôle secondaire dans ce bloc politique conduit par les Frères musulmans. Sur le terrain, il est clair que ce conglomérat de forces dispose d’un réseau jouissant d’une couverture états-unienne et d’un soutien multiforme apporté par le prince saoudien Bandar Ben Sultan et le Premier ministre sortant au Liban, Saad Hariri. Cette carte des forces en présence pousse tout observateur à inscrire ce qui se passe en Syrie dans le cadre d’un projet israélo-US ayant pour objectif de ré-agencer la région du Moyen-Orient en démantelant l’axe de la résistance. Le slogan brandi par Saad Hariri au Liban, appelant au désarmement de la Résistance, en est la traduction libanaise.
 Des armes sont introduites en Syrie à partir du Liban, d’Irak et de Jordanie pour être utilisées contre les forces de l’ordre syriennes dans le but de provoquer des bains de sang. La détermination à utiliser la violence, même lorsque les forces de l’ordre ont des instructions précises de ne pas tirer sur les manifestants, les embuscades tendues aux unités militaires et les assauts lancés contre des positions de l’armée, sont autant d’appels à des représailles sanglantes qui feront des victimes des deux cotés pour que le sang n’arrête pas de couler. Ces incidents sont l’œuvre de cellules terroristes qui infiltrent les rangs des manifestants. Dans le village de Nawa, près de Damas, l’attaque d’un poste militaire, vendredi, a fait sept morts et des blessés dans les rangs de la troupe, qui a riposté, faisant de nombreuses victimes parmi les assaillants et les manifestants.
 Une gigantesque machine de propagande arabe et internationale, parfaitement synchronisée, est mise à contribution par des États, des partis politiques, des associations et des sociétés commerciales, ce qui prouve que nous sommes devant un plan orchestré. Comme l’ont révélé les câbles du département d’État publiés par Wikileaks, le Congrès US et d’autres institutions aux États-Unis financent des chaines de télévision syriennes émettant à partir de l’étranger, ainsi que des sites internet et des groupes de jeunes formés aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. Des chaines de télévision, des journaux et des radios, au Liban et dans les pays du Golfe, ainsi qu’une organisation religieuse sunnite internationale, animée par le prédicateur extrémiste Youssef Kardaoui, ont également été mobilisés pour exécuter ce plan. Autant dire que les moyens mis à contribution sont gigantesques et prouvent combien les enjeux sont importants.
Il s’agit d’une bataille décisive pour l’avenir de la région. Si Bachar el-Assad en sort vainqueur, il aura en même temps modernisé, revitalisé et rajeuni la vie politique en Syrie, et débarrassé le système syrien de ses impuretés, comme la corruption et la bureaucratie. Il aura sauvegardé l’indépendance politique de son pays, l’aura confirmé comme acteur essentiel dans la région et renforcé l’axe de la résistance.
C’est le projet de Bachar el-Assad d’instaurer un système régional duquel serait exclu Israël qui est visé. Aussi, la poursuite des réformes, pour isoler les forces déstabilisatrices appuyées et financées par l’étranger, renforcera l’immunité nationale syrienne et permettra l’émergence d’une Syrie forte, indépendante, démocratique et résistante.

Déclarations et prises de positions

Michel Sleiman, président de la République libanaise
« Les obstacles qui entravent la formation du gouvernement résident dans les revendications des blocs parlementaires. Ces revendications devraient être discutées par le dialogue, selon les intérêts nationaux et la Constitution. La constitution ne réserve des quotes-parts à personne, mais définie des mécanismes à la formation du gouvernement par les chefs des autorités. Il faut instaurer le climat de l’entente par la préservation des hauts intérêts nationaux et l’assainissement du discours politique. (…) Je suis en communication permanente avec le président syrien Bachar el-Assad. Le Liban appuie la stabilité au sein du monde arabe et notamment en Syrie, car la sécurité des deux pays est étroitement liée. Le Liban soutient les réformes approuvées en Syrie et reconnait les réclamations visant à l’établissement des réformes et non à semer la discorde. »

Naïm Kassem, secrétaire-général adjoint du Hezbollah
« Il n’y a pas de place au Liban pour la résolution 1559 et le dernier rapport de Ban Ki Moon n’est qu’un rêve irréalisable. Le secrétaire général de l’Onu se soumet aux diktats israéliens et est incapable de nous dire comment agir au Liban ou comment le protéger et préserver sa sécurité et stabilité. Ban Ki Moon et les États-uniens doivent laisser le Liban tranquille et il sera le plus stable parmi tous les pays du monde grâce à son armée, son peuple et sa Résistance. »

Nabil Kaouk, vice-président du conseil exécutif du Hezbollah
« Les preuves et les documents avancés par la Syrie concernant l’implication du Courant du futur dans les incidents qui ont lieu en Syrie sont suffisants pour que la Justice libanaise réagisse afin de juger les fauteurs de trouble. Tant qu’il n’y aurait pas de nouveau gouvernement la situation resterait telle quelle et le dossier judiciaire ne serait amorcé d’une manière sérieuse. Le sort de ce dossier sera le même que celui qui a été réservé aux faux témoins tant que les instruments de cette partie demeureront au sein des établissements étatiques et ne seront pas remplacés. Le groupe qui a accepté d’être un outil pour semer le chaos au Liban est le même outil utilisé par les États Unis pour déstabiliser la Syrie. Ce groupe a toujours été connu pour son animosité envers la Syrie et a constamment demandé aux États-Unis de changer le pouvoir en Syrie. »

Émir Talal Arslan, député druze
« Le retard dans la formation du gouvernement est un fardeau qu’assume le pays à tous les niveaux sociaux et économiques et engendre des difficultés supplémentaires. La situation régionale est compliquée et je regrette que certains au Liban ne veuillent pas tirer les leçons du passé. Ils parient toujours sur l’internationalisation de la politique libanaise. Le retard dans la formation du cabinet découle des faux paries régionaux et internationaux de certains, au Liban. La responsabilité du retard dans la formation du cabinet n’incombe pas uniquement au Premier ministre désigné Najib Mikati, mais aussi au régime confessionnel, incapable de se développer. Nous sommes pour la laïcité et pour la primauté de la citoyenneté sur le confessionnalisme et le sectarisme, pour l’égalité dans les droits et les obligations. Mais nous refusons de consacrer le facto de l’absence des druzes au sein des ministères et des institutions publiques. »

Presse

As Safir (Quotidien arabophone proche de la nouvelle majorité, 23 avril 2011)
Le directeur du bureau d’al-Jazeera à Beyrouth, le célèbre journaliste Ghassan Ben Jeddo, a présenté sa démission de la chaîne satellitaire qatarie pour protester contre les méthodes de couverture des troubles qui secouent plusieurs pays arabes.
Des sources bien informées ont indiqué que Ben Jeddo a présenté sa démission par écrit il y quelques jour, précisant que sa décision était motivée par plusieurs considérations, la plus importante étant que la chaîne a brisé le rêve du « professionnalisme et de l’objectivité ». Les mêmes sources ont ajouté que parmi les raisons qui ont mené Ben Jeddo à démissionner figurent les pratiques non professionnelles et inacceptables menées par al-Jazeera, en cette période historique que traverse la région.
Ben Jeddo reproche à al-Jazeera la couverture intensive des évènements en Libye, au Yémen et en Syrie, alors qu’elle n’accorde pas la moindre importance aux développements à Bahreïn. Sur l’existence d’un lien éventuel entre la démission de Ben Jeddo et la politique adoptée par al-Jazeera à l’égard de la Syrie, les sources ont expliqué que pour Ben Jeddo, il s’agit d’une question de principe. « Ben Jeddo soutient les mouvements populaires en Syrie qui réclament la liberté et les réformes, mais en parallèle, il soutient le grand projet national syrien », ont-elles ajouté.

As Safir (21 avril 2011)
Sateh Noureddine
La révolte populaire qui a renversé un certain nombre de régimes arabes revêt une double dimension, parce que deux principales motivations poussent le peuple à descendre dans la rue : la liberté politique et la justice sociale. Cette dernière revendication est liée à la crise économique qui mènera à un changement radical dans le régime libanais qui tient bon jusqu’à présent face aux séismes intérieurs et extérieurs. Cependant, les révolutions arabes pourraient entraîner le Liban dans leur sillage si les Libanais arrivent à la conviction que la crise économique constitue une occasion politique exceptionnelle pour changer un régime solidement ancré qui ne produit que les guerres civiles.

As Safir (20 avril 2011)
Wassef Awada
Le patriarche maronite Béchara Raï a réussi à réunir autour d’une même table les chefs de file chrétiens à Bkerké. Ce faisant, le prélat a cherché à jeter des ponts entre les maronites eux-mêmes avant de déblayer le chemin qui les mène aux autres avec, à la clé, la tenue d’un sommet spirituel islamo-chrétien, des contacts avec le Hezbollah, et la réouverture des canaux de contact avec la Syrie. Cependant, la politique adoptée par le patriarche Raï demeurera insuffisante et incapable d’atteindre l’objectif ultime, celui de la stabilité politique au Liban, si les maronites ne vont pas jusqu’au bout en sortant du système confessionnel dont certains croient à tort qu’il sert toujours les intérêts des chrétiens. Seule la citoyenneté protège les maronites, le Liban et les Libanais.

Al Hayat (Quotidien saoudien édité à Londres, 21 avril 2011)
Hassan Haidar
Pour quelle raison la Syrie a-t-elle choisi de prendre pour cible le parti de Saad Hariri après que celui-ci eut été écarté de la présidence du Conseil des ministres avec l’aide des alliés de Damas, malgré sa représentativité dans la rue sunnite ? Les mouvements hostiles au régime se sont poursuivis en Syrie après « la révélation » de « l’implication » du député Jamal Jarrah et après le renforcement de la surveillance aux frontières avec le Liban. L’éternelle théorie syrienne du complot traduit une volonté de récupérer un rôle perdu en dépit du discours officiel qui nie toute ingérence dans les affaires internes du Liban.

Al Hayat (20 avril 2011)
Paris, Randa Takieddine
L’allocution du ministre français des Affaires étrangères M. Alain Juppé, à l’occasion de la clôture du colloque Printemps arabe : enjeux et espoirs d’un changement, marque une nouvelle étape dans la politique française à l’égard du monde arabe. La large participation arabe et française et la participation efficace du M. Juppé à toutes les tables ronde témoignent du succès du colloque. La nouvelle approche audacieuse et franche de la diplomatie française mérite d’être relevée. Cependant, la mauvaise conjoncture économique en France et en Europe permettront-elles à Paris de mener à bien sa politique. Interrogé par Al-Hayat avant le colloque, le chef de la diplomatie française a dit : « Personne ne s’attendait à ces développements dans le monde arabe. Nous avons misé jusqu’au bout sur la stabilité des pays du bassin méditerranéen parce que cela nous convenait, mais les choses nous ont éclaté au visage du Maroc jusqu’au Yémen. Comment expliquer que nous n’ayons pas compris et que n’ayons pas vu ? »

An Nahar (Quotidien libanais proche du 14-Mars, édition du 20 avril 2011)
Paris, Samir Tuéni
On constate le début d’une dangereuse escalade dans le discours des protagonistes libanais. Le peuple libanais sera-t-il en mesure de sortir indemne de la guerre froide saoudo-iranienne ? Le dossier libanais n’est plus une priorité pour les forces régionales et internationales, occupées par les problèmes des autres pays arabes. Il faudra plus de tant pour parvenir à former un gouvernement. Le Hezbollah a été incapable d’imposer ses conditions après le renversement de Saad Hariri. Damas doit renoncer à son approche négative vis-à-vis du Liban en faveur. Quant aux Libanais, ils sont appelés à renouer avec le dialogue constructif pour consolider la paix civile et préserver les intérêts de leur pays, afin d’éviter les retombées négatives des événements en Syrie.

L’Orient-Le Jour (Quotidien libanais francophone proche du 14-Mars, édition du 21 avril 2011)
Scarlett Haddad
Les milieux de la nouvelle majorité, en particulier ceux qui sont proches du Hezbollah, estiment qu’une implication du Courant du futur de Saad Hariri dans les troubles en Syrie est possible, car elle s’inscrirait dans la ligne de la politique américaine dans la région consistant à affaiblir l’Iran et ses alliés, dont le principal reste le régime de Bachar el-Assad. Pour leur part, les milieux du 14-Mars démentent toute ingérence dans le soulèvement populaire de Syrie ainsi que la thèse de la conspiration américano-saoudienne, affirmant que le seul responsable de la situation actuelle est le régime d’Assad qui n’a rien vu venir, se croyant à l’abri de toute revendication en raison de sa politique d’hostilité aux plans américano-israéliens. Les deux camps sont d’accord sur un point : l’évolution en Syrie peut ne pas être rapide et il faudrait peut-être attendre deux mois pour voir dans quelle direction vont les développements. Serait-ce là la clé cachée de la formation du gouvernement ?

L’Orient-Le Jour (19 avril 2011)
Les partis et personnalités libanaises et palestiniennes proches de la Syrie ont organisé un meeting oratoire pour exprimer leur solidarité avec Damas, à l’hôtel Commodore. Les orateurs qui se sont succédé à la tribune, présentés par l’ancien chef du parti Kataëb Karim Pakradouni, ont insisté sur le fait que la sécurité de la Syrie et celle du Liban sont interdépendantes. En présence de l’ambassadeur de Syrie, Ali Abdel Karim Ali, les députés Nawwaf Moussaoui, Ali Hassan Khalil et Marwan Farès, ainsi que l’ancien vice-président de la Chambre Élie Ferzli et le chef des Mourabitoun (nassériens) et ancien chef de la garde présidentielle Moustapha Hamdane et d’autres personnalités ont mis l’accent sur les liens étroits entre la Syrie et le Liban ainsi que sur l’aide apportée par la Syrie au courant de la Résistance au Liban, ainsi que les efforts déployés par ce régime « pour éviter la partition du pays et s’opposer aux plans israéliens et américains ».
Ali Hassan Khalil, qui a pris la parole au nom du président de la Chambre Nabih Berry, a critiqué « ceux qui cherchent à intervenir dans la sécurité syrienne et qui avaient probablement fait dans le passé des paris sur les projets étrangers qui ont échoué ». Nawwaf Moussaoui a exprimé la solidarité totale du Hezbollah avec le régime syrien, précisant que celui-ci sera en mesure de surmonter cette crise et de déjouer les complots ourdis contre lui. Il a ainsi insisté sur la volonté du président Bachar el-Assad d’opérer des réformes. Karim Pakradouni a été encore plus clair : dénonçant les plans de « certains départements américains alliés au sionisme », il a demandé aux autorités libanaises d’empêcher toute partie libanaise d’intervenir dans les événements en Syrie. Même son de cloche chez Élie Ferzli, qui a estimé que ce qui se passe aujourd’hui en Syrie « fait partie d’un plan sioniste visant à démembrer le monde arabe », assurant la Syrie du soutien « des forces nationalistes » et affirmant que la victoire du régime syrien contre ceux qui complotent contre lui « sera le complément de la victoire de la résistance au Liban ».
En conclusion, les personnalités réunies ont affirmé qu’appuyer le régime syrien, « c’est en réalité appuyer le Liban, tant les deux pays sont liés » et ce qui arrive à l’un a forcément des répercussions sur l’autre.

Al Akhbar (Quotidien libanais proche de la nouvelle majorité, 23 avril 2011)
Quelque 300 personnes ont participé vendredi à Tripoli à la manifestation controversée de soutien aux protestataires syriens organisée par le Parti de la libération islamique (Hezb al-Tahrir al-Islami), ramenant cette formation à sa réelle dimension… très modeste.
Les autorités avaient un temps interdit cette manifestation, des responsables de la sécurité ayant prévenu qu’elle pouvait être considérée comme une ingérence dans les affaires intérieures de la Syrie. Les autorités s’étaient ensuite ravisées, autorisant finalement le défilé en raccourcissant nettement le parcours.
Les manifestants ont défilé de la mosquée Al-Mansouri jusqu’à une place à une cinquantaine de mètres, en présence de centaines de policiers et de militaires, qui avaient bloqué les rues et posté des hommes sur les toits des bâtiments alentours.
Agitant des drapeaux islamiques noirs, les manifestants arboraient des banderoles proclamant Arrêtez les massacres contre le peuple syrien et Les musulmans de Tripoli soutiennent leurs frères à Homs et Deraa. « Soutenir nos frères en Syrie est un devoir religieux », a déclaré Ahmed Kassas, porte-parole du parti, accusant le régime syrien de « tuer des manifestants pacifiques ».
Hezb al-Tahrir al-Islami, un mouvement panislamique, veut placer toutes les nations musulmanes sous le règne d’un seul État islamique dirigé par un calife.

Al Akhbar (20 avril 2011)
Ghassan Saoud
Le sommet maronite de Bkerké tenu sous l’égide du patriarche Béchara Raï est bon mais plus Sleiman Frangié, Samir Geagea, Michel Aoun et Amine Gemayel se serrent la main, plus ils se détestent les uns les autres. Le patriarche n’a pas cherché à faire converger les deux points de vue chrétiens, à prendre parti en faveur d’une idée aux dépens d’une autre, ou à encourager telle ou telle partie à modifier ses principes. Béchara Raï a simplement voulu faire comprendre aux dirigeants réunis sous son égide qu’il était possible de défendre calmement ses principes et qu’il n’y avait nul besoin de s’entretuer pour le faire. Reste qu’à part Sleiman Frangié et Samir Geagea, il ne s’est rien passé. La rencontre était celle des deux hommes. Elle était le début du roman « Geagea et Frangié » qui représentent à eux seuls « l’avenir maronite ».

Al Akhbar (19 avril 2011)
Hassan Olleik
Les responsables syriens sont convaincus que la Syrie est la victime d’un complot : Les mêmes parties qui complotaient contre la Syrie en 2005 et contre la Résistance au Liban en 2006, reviennent aujourd’hui à la charge. Ce complot a fait perdre au régime syrien un atout dont il se vantait devant ses pairs : la stabilité. Des sources soulignent l’ampleur de l’implication internationale dans les développements en Syrie, comme en témoigne l’activité quotidienne des services de renseignements. La télévision officielle syrienne a diffusé vendredi dernier, pour la première fois de son histoire, des images de manifestations anti-régime. C’est un exploit dans l’histoire des médias officiels syriens.

Wall Street Journal (Quotidien états-unien, 19 avril 2011)
Une guerre des mots entre les camps pro-occidental et celui soutenu par l’Iran au Liban suscite la crainte d’une guerre froide entre l’Iran chiite et l’Arabie saoudite sunnite.
Riyad, qui soutient le camp pro-occidental dirigé par Saad Hariri, a accusé l’Iran de soulever des protestations antimonarchiques à Bahreïn, un pays à majorité chiite dirigé par une dynastie sunnite. Et Téhéran, qui, avec la Syrie, est un grand partisan du Hezbollah, a répondu en accusant l’Arabie d’avoir envoyé ses troupes dans le petit royaume afin de contenir un soulèvement populaire légitime.
Les experts disent qu’alors que les tensions régionales règnent, une interminable crise politique au Liban pourrait prendre encore un tour plus dangereux. « C’est la première fois que Saad Hariri prend une position claire et dure contre l’Iran, étant donné que la menace actuelle n’existait pas avant », a déclaré Ghattas Khoury, conseiller de Hariri.
Amal Saad-Ghorayeb, auteur du livre Le Hezbollah : Politique et Religion, explique que la montée des tensions entre Hariri et le Hezbollah reflète une plus grande polarisation politique. Bien que le Hezbollah a clairement fait savoir qu’il soutient les manifestants chiites à Bahreïn, « les remarques de Saad Hariri relèvent clairement de la rhétorique américaine. »

La tendance dans le monde arabe

Éditorial : Al-Jazeera et la fin du professionnalisme
Pendant des années, les partisans de la résistance arabe ont fermé l’œil sur le fait que la chaine satellitaire qatarie, Al-Jazeera, a introduit l’Israélien dans la conscience collective et les foyers des Arabes. L’Israélien n’était plus présenté comme un criminel, un occupant et un spoliateur de la terre de Palestine, mais comme un « adversaire », un « Autre », avec qui il était possible de discuter et d’échanger des opinions, et lui permettre d’exposer des prétextes à ses crimes.
Face aux critiques, la direction et les journalistes d’Al-Jazeera ont développé tout un argumentaire basé sur les nouvelles technologies de la communication et les nouvelles valeurs du journalisme, avançant leur slogan « L’opinion et la contre-opinion. »
Les détracteurs de la chaine qui ont dénoncé la « normalisation médiatique » avec Israël, ont mis en sourdine leurs critiques lorsqu’Al-Jazeera s’est posée en défenseur des grandes causes arabes et des mouvements de résistance en Palestine, au Liban et en Irak.
Cependant, les événements à Bahreïn, en Libye et en Syrie ont constitué un choc pour un grand nombre de personnes qui ont vu la chaine passer d’un camp à l’autre, sans aucune considération pour les valeurs professionnelles et éthiques qu’elle prétend défendre. Elle a complètement passé sous silence la répression sanglante de la révolution pacifique bahreïnie et ignoré les mouvements de protestation en Arabie saoudite et dans d’autres pays du Golfe. Al-Jazeera, qui a bâti une grande partie de sa réputation et de sa gloire sur ses dénonciations des excès commis par les forces états-uniennes en Irak et en Afghanistan, s’est transformée, du jour au lendemain, en fervent défenseur de l’intervention de l’Otan en Libye, présentant un seul aspect des événements dans ce pays.
La couverture par Al-Jazeera des événements en Syrie est un véritable scandale. Le traitement professionnel de l’information a été remplacé par des incitations à manifester, des appels à la mobilisation, l’exagération des faits et du nombre de manifestants et l’occultation des attaques contre les forces armées.
Vendredi dernier, les présentateurs et les journalistes de la chaine se sont transformés dès les premières heures du matin en militants politiques. Les appels à manifester étaient passés en boucle, avec des images anciennes ou des films datant de plusieurs semaines et montrant des groupes de manifestants. En voix off, le présentateur rappelle sans cesse les appels à manifester et affirme que le peuple syrien estime que la levée de l’État d’urgence, la veille, par le président Bachar el-Assad, « est insuffisante ».
La chaine procède ensuite à une couverture directe des manifestations après la prière du vendredi. Elle amplifie les chiffres, gonfle les bilans, accuse les forces de l’ordre d’avoir ouvert le feu et ignore complètement les attaques contre les militaires et les policiers. Elle fait passer en direct à l’antenne des « témoins » dont certains apparaissent être des usurpateurs.
La politique d’Al-Jazeera est décidée par son propriétaire, l’émir du Qatar Hamad Ben Jassem Al Khalifa, qui est impliqué à fond, à la demande des États-uniens, dans le complot de destruction de la Syrie. Les journalistes ne font qu’exécuter la ligne éditoriale imposée par le propriétaire et ceux qui ne sont pas d’accord s’en vont, comme l’a fait le directeur du bureau de la chaine à Beyrouth, Ghassan Ben Jeddo.
Selon des informations sûres, le dossier syrien a été confié au correspondant d’Al-Jazeera au Pakistan, le Syrien Ahmad Zeidane, connu pour ses sympathies avec Al-Qaïda et les Taliban.
Il semble que l’émir Hamad n’a pas réfléchi aux conséquences de ses choix, surtout si les résultats du complot contre la Syrie ne correspondent pas aux souhaits israélo-US.

Evénements

Territoires palestiniens
• La radio de l’armée israélienne a révélé que « le ministère israélien du Logement a commencé à planifier la construction d’un nouveau quartier dans la colonie Givat Ze’ev (au nord-ouest de Jérusalem), qui comprendra 800 nouveaux logements. Le ministère a annoncé l’allocation d’un budget spécifique pour ce projet avant sa mise en œuvre sur le terrain. Des sources israéliennes avaient affirmé que l’occupation « tente de limiter les constructions en raison de la pression internationale ». Cependant, des experts des affaires israéliennes ont confirmé que « les Israéliens profitent des révoltes arabes actuelles et de la préoccupation des pays arabes pour appliquer leurs projets de judaïsation de Jérusalem ».
• Par ailleurs, des sources bien-informées dans la ville de Naplouse au nord de la Cisjordanie occupée ont déclaré que des bulldozers et des blindés israéliens ont commencé des travaux de creusements dans les terres agricoles du village d’Awarta au sud de Naplouse en vue d’établir une nouvelle colonie.
• Sur un autre plan, la Fondation Al-Aqsa pour le Waqf et le patrimoine a affirmé que les Israéliens ont accéléré ces derniers mois le creusement des tunnels sous la mosquée Al- Aqsa. « Les forces d’occupation mènent d’importants travaux sous et aux alentours de la mosquée Al-Aqsa, ainsi que du côté du Mur des Lamentations au niveau de la Porte des Maghrébins. Les tunnels s’étendent jusqu’à la Porte de la Chaine (Bab al-Silsila) et Bab al-Mathara, et sont liés à d’autres tunnels creusés à Wadi Helwa à Selwan. Ils pénètrent sous le mur de la Vieille Ville, près de la zone extérieure de la Porte des Maghrébins », a souligné la Fondation.

Pakistan
• Des drones états-uniens ont mené un raid contre le village d’Hassan Khil, dans la province pakistanaise du Waziristân du Nord. 20 personnes au moins ont été tuées et 5 autres blessées lors de ce bombardement.
• Lors d’une rencontre, à Islamabad, avec le chef d’état-major de l’armée US, Michael Mullen, le commandant de la force terrestre de l’armée pakistanaise a réclamé l’arrêt des raids états-uniens contre des régions tribales pakistanaises.
• La Commission des droits de l’Homme du Pakistan a annoncé qu’en 2010, 957 personnes ont trouvé la mort au cours des attaques états-uniennes contre le Nord-ouest du Pakistan.
• Washington prétend que ces raids visent les Taliban et Al-Qaïda. Cependant, la grande majorité des victimes sont des civils et 2,5 % seulement des tués sont des membres des Taliban ou d’Al-Qaïda.


Source New Orient News (Liban)
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26 avril 2011

http://www.voltairenet.org:80/article169564.html 



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


27/04/2011

n°13 - Journal de Côte d'Ivoire - 14-04 au 27-04 – Début - Après avoir installé le chaos en Côte d'Ivoire, la France recolonise le pays.!!!

n°13 - Journal de Côte d'Ivoire  - 14-04 au 27-04 – Début - Après avoir installé le chaos en Côte d'Ivoire, la France recolonise le pays.!!!



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources



       Journal de Côte d’Ivoire  

n°13                              14-04 au 27-04

    C.Debroeder &  M.Lemaire



Le journal de Côte d'Ivoire se retrouve

a) sur nos  blogs :  http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                             http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

c) sur le site de Eva Resis :  no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

Tiré à part 

le camp ouattara prépare-t-il l'assassinat du Pr. Gbagbo?

Chems Eddine Chitour : Fin de mission pour Laurent Gbagbo.

Bruno Ben MOUBAMBA : Ouattara ne peut pas diriger la Côte d’Ivoire légalement.

1 Côte d'Ivoire occupé :

Le Temps : Après avoir installé le chaos en Côte d’Ivoire, la France recolonise le pays.

2 Politique 

2-2 Des Canons ... pas du beurre

Mort de Désiré Tagro ex-ministre de Gbagbo.  

3  Politique internationale

a) Pays voisins

Les alliés de l'opposant

a) France

Fin

4 Médias

4-1 2 vidéos : les barbares.

4-3  Côte d’ivoire - Gbagbo 15 avril 2011 - Ben Vautier, Jacques Vergès chez Taddéi.

5  Dossier

5-1 ATTAC, CADTM : Contre les agressions impérialistes françaises en Afrique.

5-2 Djamel Labidi : Côte d'Ivoire, Lybie : Faits et méfaits du "droit d'ingérence".

5-3 Djamel Labidi : LE RÉGIME OUATTARA OU LA NAISSANCE D’UNE DICTATURE INCONTRÔLÉE!

6 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net 

6-1 LE DERNIER DEGRÉ DE L’HYPOCRISIE.

6-2 Dernière lettre de Patrice Lumumba à son épouse – Une épître réécrite en Cote d’Ivoire en 2011.

7 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

7-1 Yahia Gouasmi : La France de Sarkozy poursuit sa colonisation de l'Afrique et du monde arabo-musulman..

7-2 Cote d'Ivoire, Libye même armée, même argumentaire, même combat.

8 Annexe

8-1 Ann Talbot : Des Massacres… France et L’ONU responsables.

8-2 Pascal Affi N’guessan: Déclaration du Front populaire ivoirien (FPI)



Tiré à part 

le camp ouattara prépare-t-il l'assassinat du Pr. Gbagbo?

Le Président Laurent Gbagbo aurait tenté de se suicider samedi dans sa prison de Korhogo (nord), annonce dans sa parution de mardi Le Nouveau Réveil, quotidien proche du PDCI, allié de Ouattara.

Le quotidien pro-Ouattara tout en étant prudent, soutient détenir l’information d’ « une source bien informée ». Selon lui, le Chef de l’Etat  déposé par la coalition armée Licorne-ONUCI-FRCI chercherait ainsi à éviter la justice.

Cette information, pour les avertis de la scène politique, est « à prendre au sérieux » car « elle regorge étrangement des similitudes avec l’assassinat en 1960 de Lumumba (Premier ministre du Congo) ». « Arrestation par les casques bleus, déportation dans le fief de son ennemi juré, assassinat maquillé en suicide ou lynchage », analyse un observateur.

« Il s’agit de préparer l’opinion au futur meurtre de l’homme », poursuit notre observateur qui pense qu’ « il représente aujourd’hui un cadeau empoisonné pour Ouattara qui ne peut le faire juger sans craindre l’effet domino sur les crimes de son camp ».

L’information d'une tentative de suicide paraît invraisemblable d’autant que l’homme est connu pour son amour de la vie. Le Président l'a dit lui-même sur une chaîne française, « Je ne suis pas un kamikaze », en réponse à ses détracteurs qui l’accusaient de vouloir mourir en martyr.

Les avocats du Président Gbagbo ont dans un courrier au Secrétaire Général de l’ONU, engagé sa responsabilité personnelle et celle de la France quant à la vie et au traitement de leur client durant toute la période de sa détention irrégulière.

Le Président Laurent Gbagbo, son épouse ainsi qu’une centaine ses proches, avaient été capturés le 11 avril suite à une opération menée conjointement par les forces françaises, les casques bleus de l’ONUCI et les forces loyales à Ouattara.

Source: Directscoop

Mardi 26 avril 2011 2 26 /04 /Avr /2011 14:23

http://cotedivoire-lavraie.over-blog.fr/


Chems Eddine Chitour : Fin de mission pour Laurent Gbagbo.

Lundi  11 avril , après-midi, Laurent Gbagbo est « capturé » et conduit à l’hôtel du Golf où il est fait prisonnier avec sa femme. 

Avec un rare cynisme, Alain Juppé sur RTL, implique l’Afrique dans la crise ivoirienne.

« De grâce, essayons de ne pas faire toujours porter tout le chapeau à la France. Ce qui est en cause aujourd’hui, je le répète, c’est de savoir si le droit international, proclamé de façon tout à fait évidente par les Nations unies et par l’Union africaine est respecté, tous les chefs d’Etat africains ont fini par lâcher Gbagbo, ce n’est pas la France qui est seule en cause. C’est l’ensemble de l’Union africaine. Si en Afrique, on constate que des élections qui se sont correctement déroulées, qui ont été validées par l’Union africaine et par les Nations unies, sont bafouées par ceux qui ont été battus, alors c’en est fini de la démocratie en Afrique. C’est ça qui est en cause.» Après l’invasion, c’est la démocratie que les puissances occidentales veulent imposer par nouveaux serviteurs interposés. Ouattara est la personne désignée. Laurent Gbagbo a raison de dénoncer l’intervention militaire de la France dans son pays. « Je trouve, dit-il, vraiment ahurissant que la vie d’un pays se joue sur un coup de poker de capitales étrangères.»

Qui est Laurent Gbagbo?

Pour l’histoire, Laurent Gbagbo n’a pas jailli du néant. Il devient en 1970 professeur d’histoire au lycée d’Abidjan. Chercheur à l’Institut d’histoire, d’art et d’archéologie africaine (Ihaaa) à partir de 1974, il est également titulaire d’une maîtrise d’histoire de la Sorbonne. Il soutient enfin, en juin 1979, une thèse de doctorat. Parti en exil en France en 1985, il cherche à promouvoir le FPI et son programme de gouvernement visant à lutter contre la dictature du Parti démocratique de Côte d’Ivoire, alors parti unique, et à promouvoir le multipartisme. Idéologiquement proche du Parti socialiste français.

« La qualité peut-être dominante, écrit Philippe Bernard, est la personnalité. Le candidat a beaucoup réfléchi, il a un avis précis et le dit dans l’ensemble fort bien.» Le «candidat» en question s’appelle Gbagbo Laurent. Nous sommes le 22 juin 1979 et à l’université Paris VII-Jussieu, un jury de trois historiens salue ainsi la thèse de troisième cycle soutenue par cet étudiant déjà âgé de 34 ans, intitulée. «Les ressorts socio-économiques de la politique ivoirienne (1940-1960)». Revenu à Abidjan après sa thèse, il fonde dans la clandestinité le futur Front populaire ivoirien (FPI), mais doit à nouveau s’exiler à Paris en 1982. Le premier président ivoirien, qui fut ministre de la IVe République française, est présenté par M.Gbagbo comme «le représentant d’une bourgeoisie terrienne (ivoirienne) qui n’a pas intérêt à rompre avec l’ordre colonial, car elle en a besoin pour l’écoulement de ses produits agricoles qui n’ont pas de débouchés sur le marché intérieur». Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci) d’Houphouët, «en pactisant avec l’occupant (français) et en adoptant les mots d’ordre collaborationnistes, poursuit la thèse, a permis la seconde pacification et a instauré un climat politique propice à l’exploitation économique de type néocolonial». Quant à l’enseignement dispensé par les Français, il «permet à l’administration coloniale de pratiquer sur une vaste échelle le génocide culturel, prélude à la confiscation de la pensée des peuples soumis».(1)

Par qui a été arrêté Laurent Gbagbo?

Par la force, l’Occident a pris le pouvoir en Côte d’Ivoire, l’Otan sera sur place, la France coloniale et texane via Sarkozy a montré ses muscles et va continuer la politique françafricaine, le FMI pourra piller le pays et l’offrir aux multinationales et à Monsanto (à la clé, ruine des paysans, suicides, santé en péril), le sous-sol du pays le plus riche d’Afrique sera aux mains des Anglo-Saxons et des Israéliens, les Chinois seront boutés dehors, la pègre va diriger le pays, bref, à la tête du pays un sinistre valet de l’Occident criminel, à son image. Pauvres Africains!

Une dépêche Reuters, agence de presse américaine peu soupçonnable d’être complice de Gbagbo, a annoncé le lundi 11 avril 2011 à 15h41 que Gbagbo a été arrêté par les forces spéciales françaises. Et ce ne sont pas des hommes de Laurent Gbagbo qui le lui avaient signalé, mais des hommes de Ouattara! Un autre porte-parole du camp Ouattara, Hervé Cohx, basé à Paris, a précisé que Laurent Gbagbo avait été emmené à l’hôtel du Golf, QG des forces du vainqueur reconnu de l’élection présidentielle du 28 novembre. « Je vous confirme l’arrestation de Gbagbo qui se trouve actuellement à l’hôtel du Golf», a-t-il confié à Reuters. «Il a été arrêté par les forces françaises qui l’ont remis aux forces républicaines».(2)

Comment l’opinion internationale évalue la capture de Laurent Gbagbo?

Plusieurs médias occidentaux ont fait part de leur scepticisme concernant le scénario incanté par les chaînes françaises. « Que les bottes françaises aient foulé le sol du palais présidentiel ou pas, il est clair que les militaires français ont fait basculer la lutte pour le pouvoir en faveur de Ouattara », estime John Lichfield du journal The Independent. Pour le quotidien britannique, la position de la France était décidée avant même l’arbitrage de l’ONU et de la communauté internationale, qui ont déclaré Alassane Ouattara président élu: c’est Nicolas Sarkozy, lorsqu’il était maire de Neuilly, qui a marié le couple Ouattara. «Paris avait perdu patience avec Gbagbo depuis des années», croit savoir le journal, pour qui le rôle de la France en Côte d’Ivoire se résume à la «sale habitude» de la « Françafrique ». L’analyse est partagée par El Pais: selon le journal espagnol, cette «guerre» en Côte d’Ivoire est un héritage du passé colonial. Sous le couvert de l’ONU, Nicolas Sarkozy a joué le «rôle de gendarme néocolonial», commente El Pais. « Sarkozy a suivi la crise de très près en communiquant régulièrement avec Outtara par téléphone », souligne le journal.

L’intervention de la France dans la crise ivoirienne pourrait coûter cher à Ouattara, estiment les analystes. Pour Ishaan Tharoor, du magazine Time, « Ouattara devra se défaire de l’étiquette de marionnette de la communauté internationale et surtout de la France, que ses opposants essaient de lui coller ». Mais l’arrestation de Laurent Gbagbo ne signe pas la fin de la crise, prévient le New York Times. Les frappes aériennes de l’ONU et de la France «vont nourrir la colère des pro-Gbagbo, mus par un sentiment anti-occidental », prédit le quotidien américain.(3) «Pour déloger le président sortant de son bunker, écrit Leslie Varenne de la Tribune de Genève, la France et l’ONU ont sorti l’artillerie lourde. Opération réussie. L’opération minutieusement préparée par les forces françaises et onusiennes a été un vrai succès. Laurent Gbagbo et ses proches ont été arrêtés lundi en début d’après-midi et conduit directement à l’hôtel du Golf, QG d’Alassane Ouattara. »(4)

«  Lundi en milieu de matinée, une quarantaine de blindés quittent le camp militaire français, direction Cocody, le quartier où se trouve le président sortant avec ses proches. Selon un autre témoin, au même moment, des parachutistes sont largués au-dessus du Palais présidentiel. Puis les forces spéciales entrent en action du côté du bunker. Une heure plus tard, l’arrestation du clan Gbagbo est réalisée et rendue officielle. Dans un premier temps, l’ambassadeur de France reconnaît que l’arrestation a été réalisée par les soldats français. Puis, dans la foulée, une source diplomatique dément: «Le président Ivoirien sortant, Laurent Gbagbo, a été arrêté lundi dans sa résidence d’Abidjan par les forces de son rival Alassane Ouattara et non par les forces spéciales françaises.» Une source militaire déclare: «Ce ne sont pas les forces de Ouattara qui ont arrêté Laurent Gbagbo, ce n’est pas possible, l’armée de Ouattara n’a jamais pu approcher le périmètre.»(4)

« En fait, la situation était arrivée à un blocage. Il fallait crever l’abcès. En fin de matinée de lundi, rapporte le Monde, M.Gbagbo et son entourage avaient tenté une sortie de leur résidence qui était en feu, touchée par un tir de missile français la veille au soir. Les partisans de Laurent Gbagbo avaient riposté et mis les assaillants pro-Ouattara en fuite. Laurent Gbagbo avait ensuite tenté de s’enfuir par une vedette au bord de la lagune. Il semble en avoir été dissuadé par l’hélicoptère français. Les diplomates français estiment que la situation s’était à ce point dégradée, qu’ils n’avaient pas d’autre choix que de précipiter la chute de Laurent Gbagbo. Ne rien faire, aurait précipité le pays dans la guerre civile (...). La présence des troupes françaises à Abidjan ne relève pas cependant d’un hasard. Il est évidemment lié au passé colonial de la France. Mais l’intervention de Licorne, en 2011, n’a absolument pas les mêmes bases que celle des soldats français en 2004. Il s’agissait alors des militaires du bataillon d’infanterie de marine basé à Abidjan qui avaient tiré sur la foule des «jeunes patriotes», lancés dans des manifestations anti-françaises. Le bombardement mortel de l’aviation ivoirienne sur le camp français de Bouaké avait conduit la France à détruire l’intégralité de l’aviation ivoirienne et déclenché en représailles des manifestations «patriotiques» ».(5)

« La décision prise par Nicolas Sarkozy d’intervenir directement, même sous un clair mandat de l’ONU, contredit toutefois formellement ses discours antérieurs. L’interpellation de Laurent Gbagbo ne signifie pas nécessairement la fin du conflit, étant donné le nombre important d’armes qui a été distribué à ses partisans ces derniers jours. Le retour à la paix dépendra aussi de la capacité du nouveau président à enclencher un processus de justice visant les auteurs de violence, y compris dans son propre camp. Un autre grand défi sera la reconstitution d’une armée réellement nationale avec la fusion des forces qui viennent de s’entretuer. Cette fusion, qui devait être réalisée depuis plusieurs années, ne l’a pas été. Guillaume Soro, ancien chef de la rébellion du Nord, ancien Premier ministre de Laurent Gbagbo, et actuel Premier ministre de M.Ouattara, a probablement pris encore de l’ascendant en tant que responsable militaire des opérations qui ont conduit à la reconquête de la totalité du territoire ivoirien. Chef militaire, connu pour son impulsivité, il pourrait, en effet, s’imposer face au très policé Alassane Ouattara ».(5)
Le sort des civils

La guerre civile qui a eu lieu s’est soldée par la mort de plusieurs centaines de civils. Les deux camps se rejettent mutuellement la responsabilité. Cependant, des informations font état de massacres perpétrés par les troupes de Ouattara.

« Jusqu’à un millier de civils auraient été massacrés dans la ville de Duékoué en Côte d’Ivoire, pays d’Afrique de l’Ouest. C’est la plus forte perte en vies humaines dans l’ancienne colonie française depuis les élections présidentielles contestées de novembre 2010. (...) La résolution de l’ONU a donné le feu vert à une guerre civile aux conséquences désastreuses pour la population civile. Un million de personnes sont supposées avoir fui la Côte d’Ivoire ces derniers mois. La politique de la France en Côte d’Ivoire suit le modèle fixé en Libye où la France et la Grande-Bretagne ont obtenu une résolution de l’ONU pour une zone d’exclusion aérienne, sous prétexte de protéger les civils. L’action militaire en Libye et en Côte d’Ivoire reflète l’attitude de plus en plus agressive que les puissances occidentales sont en train d’adopter en Afrique où elles se trouvent confrontées à une concurrence de plus en plus acharnée de la part de la Chine et d’autres économies émergentes pour l’obtention de ressources.

  Paris a dépêché maintenant 300 troupes supplémentaires en faisant passer le nombre de soldats français à 1400. Ils ont pris le contrôle du principal aéroport. (...) L’aéroport s’était précédemment trouvé entre les mains de l’ONU et aurait pu servir à une évacuation en cas de besoin. La prise de contrôle de l’aéroport par les Français est un acte d’agression coloniale. Sous le couvert du droit international et de préoccupations humanitaires, la France est en voie de réaffirmer un contrôle direct sur la Côte d’Ivoire. Les victimes à Duékoué sont les conséquences immédiates de cette poussée de la France de ré-établir son pouvoir en Afrique. Washington a été obligé de critiquer Ouattara malgré son soutien politique à son égard. La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a exprimé des préoccupations au sujet du massacre à Duékoué, en appelant «les forces du président Ouattara à respecter les règles de la guerre et à cesser d’attaquer des civils.» Guillaume Ngéfa, directeur adjoint de l’Onuci, a dit que les forces de Ouattara avaient perpétré les meurtres à Duékoué. «Nous avons des preuves, nous avons des photos. C’était des représailles.»

  «Nous recevons des appels de partout, du nord, de l’Est, du sud, d’Abidjan et de villages aussi,» a dit Guillaume Ngéfa à la radio Deutsche Welle. La porte-parole de la Croix-Rouge (Icrc) Dorothea Krimitsas, a reconnu: «Il ne fait pas de doute que quelque chose s’est produit dans cette ville sur une grande échelle et sur quoi l’Icrc continue de recueillir des informations. Tout semble indiquer qu’il s’agissait de violence interethnique.»(6)

 

Y aura-t-il une justice pour ces morts? On aurait cru que le colonialisme c’est du passé. Il n’en n’est rien, il renaît de ses cendres sous les habits humanitaires. Farid Mellal écrit à ce propos: «La France l’a voulu, la France l’a obtenu. Laurent Gbagbo est tombé. Les intérêts français en Côte d’Ivoire sont sauvés. La fameuse force «Licorne», a montré ce lundi que ce n’était pas qu’une simple force d’interposition, mais une armée au service de l’Etat français pour sauver l’intérêt de la France dans un pays indépendant et souverain depuis le 7 août 1960. La Françafrique a de beaux jours devant elle. La France ne serait plus le «gendarme de l’Afrique», avait promis Sarkozy. Gbagbo est tombé...mais le gendarme français est de retour en Afrique». (7) Nous sommes d’accord.
Notes/Références

1. Philippe Bernard. En 1979, la thèse marxiste de «l’étudiant» Gbagbo Le Monde 12.04.2011

2. http://fr.reuterscom/article/topNews/idFRPAE73AODU720110411     
3. Flora Genoux. Côte d’Ivoire: la presse internationale juge «néo-coloniale» l’action de la France. Le monde.fr 12.04.2011

4. Leslie Varenne. Laurent et Simone Gbagbo, sont désormais aux mains de Ouattara, La tribune de Genève 11.04.2011

5. Côte d’Ivoire: «L’interpellation de Laurent Gbagbo ne signifie pas nécessairement la fin du confit». Le Monde. fr 12.04.2011

6. Ann Talbot: Des civils massacrés en Côte d’Ivoire par les forces soutenues par l’Occident. Mondialisation.Ca 7.04.2011

7. http://bellaciaoorg/fr/spip.php?article116043

Chems Eddine Chitour

Pr Chems Eddine Chitour : Ecole Polytechnique enp-edu.dz

Chems Eddine Chitour est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.

 Articles de Chems Eddine Chitour publiés par Mondialisation.ca

Mondialisation.ca,

Le 15 avril 2011


Bruno Ben MOUBAMBA : Ouattara ne peut pas diriger la Côte d’Ivoire légalement.

Le Conseil constitutionnel ivoirien a constaté « la vacance du pouvoir » – M. Ouattara ne peut pas légalement diriger la République de Côte d’Ivoire.

L’information est passée sous silence mais elle est pourtant de taille.

Le Conseil Constitutionnel de la République de Côte d’Ivoire a constaté la vacance du pouvoir il y a quelques jours à Abidjan. Logiquement, c’est donc comme le veut la Constitution Ivoirienne, le Président de l’Assemblée Nationale qui doit assurer une nouvelle transition politique devant aboutir sur de nouvelles élections. Alassane Ouattara et ses soutiens internationaux le savent c’est pourquoi ils ont exigé dès lundi 11 avril 2011 du Président légal de la RCI, M. Laurent Gbagbo, la signature d’un acte de démission, autant dire, d’une capitulation. L’Histoire reconnaîtra la grandeur de cet homme qui, assiégé par des tanks français et des rebelles sans foi ni loi, bombardé par des missiles onusiens, disons-le sans détour, de « l’opération Licorne », a fait fi de sa vie en refusant d’apposer sa signature au bas d’un document inique. Certaines indiscrétions font même état de sommes, en millions d’euros, qui ont été proposées à Laurent Gbagbo, à vie, s’il démissionnait. On croit rêver.

La loi de la jungle, c’est-à-dire celle du plus fort, veut s’appliquer dans toute sa rigueur aux Ivoiriens. Nous leur disons aujourd’hui, faites appel à votre loi fondamentale, montrons leur qu’au XXIe siècle, les africains sont conscients désormais d’être devenus, au bout de cinq siècles d’exploitation, la civilisation qui connaît «la plus longue servitude de tous les temps ».

Un coup d’état international des fascistes libéraux

Un monstre, le libéral-fascisme, menace l’Afrique en général et l’Afrique francophone plus que jamais. Son objectif est de faire payer sa crise financière internationale à ceux qui ont été considérés depuis toujours comme des esclaves. Cet « Homme Africain qui n’est pas assez entré dans l’Histoire » comme le disait le Président Nicolas Sarkozy dans son fameux discours de Dakar en 2007. Il est urgent pour les Ivoiriens qu’ils utilisent les armes du droit et de la raison face au déploiement de la force brutale.

Comment Alassane Ouattara peut-il être Président de la Côte d’Ivoire alors même qu’il n’a pas prêté serment devant le Conseil Constitutionnel et que cette même institution ne l’a pas reconnu comme Président de la République ? C’était pourtant l’exigence minimale de l’Union Africaine. Le silence de la plupart des Chefs d’Etat du continent africain, qui n’ont pas noyé M. Ouattara sous les félicitations est éloquent. Certes quelques uns (le Président de la Guinée Equatoriale par exemple) auraient félicité M. Ouattara mais il est clair que le fait que ce dernier s’avise à marcher sur les institutions d’un pays qu’il est supposé diriger n’est pas rassurant.

A vrai dire, le Président de la Communauté internationale, l’ami du Président français, n’a pas d’autre solution s’il veut favoriser des institutions fortes selon le discours du Président Obama à Accra, que d’assumer son coup d’Etat international devant le monde, mais les coups d’Etat sont mal vus par l’Union Africaine, ou alors de retourner aux urnes. Il a prêté serment par écrit dit-il, mais nous lui répondons que le Conseil Constitutionnel ne l’a pas déclaré Chef de l’Etat.
Le libéral-fascisme (à l’aide entre autre des médias, nouveaux missionaires) agresse l’Afrique au nom de la crise économique et de la génétique ! Pas au nom de la démocratie !

Un imbroglio politico-militaro-juridique

La puissance ne suffit pas si elle ne se greffe pas sur le droit et avant tout sur celui des Etats.

Si le « coup d’Etat international » de M. Ouattara est accepté alors n’importe qui pourra se déclarer Président de la République n’importe où à l’avenir. Si l’option armée est privilégiée sur la légalité alors tous les peuples africains doivent savoir qu’ils sont perdus pour plus d’un siècle sans doute.

Les élections dans nos pays ne seront toujours qu’une plaisanterie. La rapacité des ultra-libéraux qui tiennent les médias et les pouvoirs politiques occidentaux risquent de nous entraîner dans un nouvel esclavage qui ne dit pas son nom. Voilà pourquoi toute l’Afrique doit protester derrière les Ivoiriens.

Aucun africain digne de ce nom ne peut accepter ce que M. Ouattara a fait à la Côte d’Ivoire : financer un premier coup d’Etat contre M. Konan Bédié fin 1999 ; sponsoriser une rébellion armée en 2002, oublier qu’il doit son retour dans le jeu politique ivoirien à M. Gbagbo ; privilégier la brutalité en marchant sur des milliers de cadavres pour réaliser son rêve de Chef d’Etat ; cacher au monde entier le fait qu’il ne peut pas prêter serment par écrit et se considérer comme Chef d’Etat. Où a-t-on vu cela ? Le Conseil Constitutionnel Ivoirien ne peut pas se dédire. Ou alors, il faut que le Parlement dissolve le Conseil Constitutionnel. D’autres veulent nous réduire au rang de « primates à peine évolués » et M. Ouattara est en train de leur donner des arguments en écrasant sous un tapis de bombes le droit de son pays. Des dictateurs comme Omar Bongo faisaient au moins semblant de respecter la Constitution du Gabon ! Pourquoi pensez-vous que le clan Bongo bichonne autant la Cour Constitutionnelle de la République Gabonaise ? Mais c’est bien parce qu’il sait qu’une fois les recours des autres candidats aux présidentielles déposés, et après que la Cour Constitutionnelle ait validé une élection contestable, le tricheur qui prête serment devant la Cour et les institutions du pays devient légalement le Président.
Que devons nous faire ? La guerre ? Il faut croire que les acteurs politiques gabonais soient plus légalistes qu’Alassane Ouattara, c’est pourtant sur la décision de la Cour Constitutionnelle Gabonaise, malgré les preuves de la tricherie, que le Président Nicolas
Sarkozy a été le premier à féliciter Ali Bongo Ondimba en 2009. Les ultra-libéraux qui en veulent coûte que coûte aux richesses du Golfe de Guinée ne parviennent même plus à cacher leurs mensonges.
Le fascime hitlerien ou la démocratie de gré ou de force : un dangereux précédent !

Si Laurent Gbagbo, le Président légal de la Côte d’Ivoire, doit partir, alors pourquoi Ali Bongo reste-t-il au pouvoir ? Pourquoi André Mba Obame, officieusement vainqueur du scrutin présidentiel de 2009, n’est-il pas installé sur le fauteuil présidentiel au Gabon ?

Alors, cher Peuple Ivoirien, courage. Battez-vous au nom de la loi car Monsieur Ouattara et ses soutiens internationaux ont déjà perdu la bataille du droit.

Bruno Ben MOUBAMBA

cameroonvoice.com



1 Côte d'Ivoire occupé :

Le Temps : Après avoir installé le chaos en Côte d’Ivoire, la France recolonise le pays.
C’est clair. La France a créé le chaos en Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, elle procède à sa recolonisation.

Le Plateau, le Manhattan ivoirien, cité des affaires, n’est plus que l’ombre de lui-même. Vitrine de la Côte d’Ivoire, cette commune est plongée dans un désordre total duquel il lui sera difficile de se relever. Tout a été pillé par les hommes que la France y a déversés. Cette cité est aujourd’hui à l’image de Bouaké, Korhogo, Man… Des villes pillées, ruinées par la rébellion. Aucun magasin ni supermarché n’est épargné, encore moins les bureaux de l’administration. Tout a été emporté par les pillards que le camp Ouattara qualifie d’anonymes. Alors que c’est le fait de ses combattants qui nous ont habitués à de telles scènes.

 [...]

A la vérité, la France vient de réaliser son rêve : mettre la Côte d’Ivoire à genou. Le pays s’est retourné à l’Etat sauvage. Plus aucune structure, police, - aucune gendarmerie et autres services-, de l’Etat ne fonctionne. Ce sont les combattants à la gâchette facile que la France y a déversés, qui font la loi. Gare à celui qui les défie. Il prendra une décharge de plomb qui le fera taire à jamais. « Ils ont exécuté un voisin du quartier qui a refusé de leur remettre sa voiture. A qui le tour demain ?», a expliqué un habitant d’Angré, la peur au ventre.

 

Et conscient de cela, Alassane a renforcé la démarche colonisatrice de la France, en lui confiant, (à la Licorne et à l’Onuci) officiellement, la sécurité du Port autonome d’Abidjan et de points stratégiques comme l’Aéroport. Un port que Paris guettait depuis longtemps comme outil de recolonisation. Aberration que l’on n’a pas encore constatée dans des pays comme le Bénin et le Togo. En Côte d’Ivoire, la France se comporte en territoire conquis, comme à la « belle » époque coloniale. C’est elle qui fait désormais la loi en Côte d’Ivoire.

 

C’est pourquoi la Licorne peut se permettre d’aller combattre à Yopougon, avec chars et autres armes lourdes, à la place de la rébellion. Leur prétexte, désarmer les résistants pro-Gbagbo. Alors qu’au même moment, les soldats français tolèrent les atrocités commises par les bandes armées venues du Nord. « La France est venue bombarder des civils ici à Yopougon. Nous ne savons à qui nous plaindre. C’est difficile. C’est comme si nous ne sommes plus des hommes », confie un habitant du sous quartier Koweït, théâtre des bombardements de l’armée française. Aujourd’hui, le peuple ivoirien élève la voix et confie son sort au Ciel. Puisque la France, dans sa volonté colonisatrice, s’adonne à tout, même au pire des exactions, comme au temps jadis.

Le Temps (Côte d'Ivoire),

 22 avril 2011
http://news.abidjan.net/h/397311.html__._,_.___



2 Politique 

 

2-2 Des Canons ... pas du beurre

Mort de Désiré Tagro ex-ministre de Gbagbo 

12/04

Désiré Tagro, ex-ministre de l'Intérieur et proche de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, est décédé mardi dans des circonstances encore troubles, au lendemain de son arrestation avec M. Gbagbo à Abidjan, a-t-on appris de sources concordantes.
M. Tagro faisait partie des fidèles de M. Gbagbo qui avaient été arrêtés avec lui lundi après l'assaut sur la résidence présidentielle des forces du nouveau chef d'Etat Alassane Ouattara, et avait été conduit comme eux à l'Hôtel du Golf, ont indiqué une source du camp Ouattara et un diplomate en poste à Abidjan.
Selon les mêmes sources, M. Tagro a été vu blessé à son arrivée à l'hôtel, et avait été ensuite transféré dans une clinique, où il est décédé mardi matin.
Pascal Affi N'Guessan, chef du parti de M. Gbagbo, le Front populaire ivoirien (FPI), a affirmé à l'AFP qu'il avait été "assassiné" d'"une balle à l'Hôtel du Golf", une version fermement démentie dans le camp Ouattara.
Selon la source diplomatique, il aurait tenté de se suicider d'une balle dans la bouche lors de l'arrestation, et aurait succombé à ses blessures.
Désiré Tagro était un homme fort du régime défait. Porte-parole de M. Gbagbo puis ministre de l'Intérieur puissant, il avait été nommé secrétaire général de la présidence après le scrutin controversé de novembre 2010.
Homme à poigne, souvent considéré comme un "dur", il avait été l'un des artisans de l'accord de paix de 2007 entre M. Gbagbo et la rébellion.

 http://www.lorientlejour.com/category/Derni%C3%A8res+Infos/article/699689/Abidjan_%3A_mort_dun_ex-ministre_de_Gbagbo.html

Bombardement massifs des Force républicaine de Côte d'Ivoire  à Yopougon d'Abidjan

La commune de Yopougon, reputé pro-Gbagbo, fait l'objet de bombardement intense des Force républicaine de Côte d'Ivoire (FRCI) et de l'ONUCI, depuis hier nuit et toute cette journée du 20 avril.

Apres l'ultimatum donné lundi dernier par les nouvelles autorités de Côte d'Ivoire, pour le dépôt des armes des résistants, l'offensive est désormais lancée contre cette poche de résistance; une poche de résistance, qui selon le ministre de l'Intérieur Hamed Bakayoko, serait composée de jeunes patriotes et de mercenaires à la solde du président sortant ivoirien, Laurent Gbgbo;

Selon cette offensive militaire, il faut en finir une bonne fois pour toute; pour pacifier définitivement le pays et lancer le programme de reconstruction; d'où le pilonnage à l'arme lourde et des obus, de tout le quartier de Yopougon;

Selon des habitants joints à Xinhua, ces tirs désormais incontrôlés font de nombreuses victimes au sein des populations civiles de cette commune, la plus grande de Côte d'Ivoire; " Nous lançons un SOS, à la communauté internationale, diront Konan Henri et Lago Paul, habitant cette commune sinistrée, pour que cessent ces tueries massives des populations civiles, lancée par les FRCI et l'ONUCI".

Cette nouvelle offensive militaire fait peur à la population; une population ivoirienne qui n' a plus d'argent, plus de nourriture, ni de médicaments pour survivre.

21/04/11
http://french.peopledaily.com.cn/96852/7357435.html

 

Ouattara menace de recourir à la force contre les derniers groupes armés actifs  

23/04

Le Président ivoirien, Alassane Ouattara, a menacé, vendredi, de "désarmer par la force" les derniers groupes armés encore actifs, à Abidjan, s'ils ne déposent pas "rapidement" les armes. Lors d'une réunion avec les chefs des forces armées et de sécurité, il les a chargés de "demander aux chefs miliciens, de demander au commandant Ibrahim Coulibaly, de venir les voir et de déposer les armes. Il faut que cela soit fait rapidement". Les Forces républicaines (FRCI) du Président Ouattara ont, progressivement, pris le contrôle de la majeure partie d'Abidjan, après l'arrestation de M. Gbagbo, le 11 avril, mais ne sont pas encore parvenues à sécuriser deux quartiers. Mercredi soir, les "FRCI" se sont affrontées, à Abobo (Nord), aux combattants du "commando invisible" de l'ex-putschiste Ibrahim Coulibaly, dit "IB", qui tient des barrages, dans une bonne partie du quartier.

 http://french.irib



3   Politique internationale

a) Pays voisins

Gambie

La Gambie refuse de reconnaître Alassane Ouattara comme président ivoirien.  

La Gambie a indiqué samedi qu`elle ne reconnaissait pas Alassane Ouattara comme président de laCôted`Ivoire,aprèsl`arrestation lundi de son prédécesseur Laurent Gbagbo, avec l`aide de l`ONU et des forces françaises.
« Le gouvernement gambien ne reconnaîtra aucun président, le président Ouattara inclus, ni gouvernement africain qui aura été imposé par des forces
extérieures au continent africain, peu en importe la raison », affirme un communiqué. Le gouvernement gambien souligne que, « selon la constitution ivoirienne », Laurent Gbagbo est « le président légitime de la Côte d`Ivoire ».
« Il ne peut pas être jugé alors qu`Alassane Ouattara, le président ivoirien choisi par la communauté internationale, est resté impuni après avoir massacré des milliers de civils, seulement pour être président », estime le gouvernement de Gambie – un petit pays enclavé dans le Sénégal.
« La seule solution pour éviter une longue guerre civile en Côte d`Ivoire (…) est de réorganiser une élection le plus rapidement possible », préconise le texte publié par le bureau du président Yahya Jammeh.
« Il est aujourd`hui très clair pour tous les Africains que le complot pour re-coloniser l`Afrique est bien réel, et que nous devons nous y opposer »,
Ajoute le communiqué.
M. Gbagbo a été élu à la présidentielle du 28 novembre, avec 51% des suffrage et reconnu par le conseil constitutionnel qui la investi

16/04/2011  

http://abidjan360.wordpress.com/2011/04/16/la-gambie-refuse-de-reconnaitre-alassane-ouattara-comme-president-ivoirien/


Ouganda

L'Afrique doit être décisive face à l'intervention militaire étrangère

 Le président ougandais Yoweri Museveni a déclaré samedi que l'Afrique devrait être décisive face à une intervention militaire étrangère croissante sur le continent.
Dans une déclaration faite à la presse dans sa résidence dans l'ouest de l'Ouganda, M. Museveni a dit que l'Afrique ne pouvait pas supporter une intervention militaire continue sur le continent, en citant les frappes aériennes contre la Libye par les puissances occidentales et l'intervention de la France en Côte d'Ivoire.
"L'intervention des troupes étrangères en Afrique sans autorisation de l'Union africaine est inacceptable", a souligné le président Museveni.
Selon lui, l'intervention étrangère sur le continent africaine est un nouvelle phénomène qui doit être examiné par les dirigeants africains.
Il a indiqué que cette question serait examinée lors du prochain sommet de l'UA prévue en juin ou lors d'un sommet extraordinaire de l'organisation panafricaine qui serait organisé avant la réunion de juin.
M. Museveni appelle depuis longtemps les pays africains à s'unir pour contre l'intervention étrangère.

 17/04/2011

http://french.news.cn/afrique/2011-04/17/c_13832476.htm



Les alliés de l'opposant

a) France

 CIV : Vergès portera plainte en France.

Sur le dossier ivoirien, l'avocat Jacques Vergès déclare qu'il entend porter plainte contre X la semaine prochaine pour crimes contre l'humanité. Celui qui fait partie du collectif d'avocats chargés de défendre le président déchu Laurent Gbagbo révèle dans une interview à 20minutes qu'il va défendre des familles de victimes des massacres de Duékoué.

Ancien défenseur du président ivoirien élu, Alassane Ouattara, l'avocat octogénaire a soutenu son rival durant la crise postéléctorale en Côte d'Ivoire en compagnie de son confrère Gilbert Collard.

"Le collectif a décidé mardi de porter plainte en France la semaine prochaine contre X pour crimes contre l’humanité, visant les forces rebelles et certains éléments de la force Licorne. Le collectif le fait dans le cadre de la défense d’une douzaine de familles de victimes des massacres de Duékoué", a affirmé le controversé homme de loi. "L’objectif de notre plainte est de clarifier ce qui s’est passé, obtenir des sanctions et dédommager les familles des victimes", a ajouté cet habituel défenseur des dirigeants contestés.

Au moins 330 personnes ont été massacrées dans la ville de Duékoué entre le 27 et le 29 mars. L'Onuci avait alors accusé les forces pro-Ouattara d'être coupables de la "plupart" des crimes.

Selon Jacques Vergès, le nouveau président élu de Côte d'Ivoire a "droit à la présomption d'innocence". "Il n'a pas donné d'ordre mais il a couvert le massacre. Ouattara est l'otage de bandes armées", a estimé l'avocat.

 20 avril  

http://www.europe1.fr/International/CIV-Verges-portera-plainte-en-France-507707/


n°13 - Journal de Côte d'Ivoire - 14-04 au 27-04 – Fin - Après avoir installé le chaos en Côte d'Ivoire, la France recolonise le pays.!!!


n°13 - Journal de Côte d'Ivoire  - 14-04 au 27-04 – Fin - Après avoir installé le chaos en Côte d'Ivoire, la France recolonise le pays.!!!



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources



       Journal de Côte d’Ivoire  

n°13                              14-04 au 27-04

    C.Debroeder &  M.Lemaire



Le journal de Côte d'Ivoire se retrouve

a) sur nos  blogs :  http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                             http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

c) sur le site de Eva Resis :  no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

4 Médias

4-1 2 vidéos : les barbares.

4-3  Côte d’ivoire - Gbagbo 15 avril 2011 - Ben Vautier, Jacques Vergès chez Taddéi.

5  Dossier

5-1 ATTAC, CADTM : Contre les agressions impérialistes françaises en Afrique.

5-2 Djamel Labidi : Côte d'Ivoire, Lybie : Faits et méfaits du "droit d'ingérence".

5-3 Djamel Labidi : LE RÉGIME OUATTARA OU LA NAISSANCE D’UNE DICTATURE INCONTRÔLÉE!

6 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net 

6-1 LE DERNIER DEGRÉ DE L’HYPOCRISIE.

6-2 Dernière lettre de Patrice Lumumba à son épouse – Une épître réécrite en Cote d’Ivoire en 2011.

7 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

7-1 Yahia Gouasmi : La France de Sarkozy poursuit sa colonisation de l'Afrique et du monde arabo-musulman..

7-2 Cote d'Ivoire, Libye même armée, même argumentaire, même combat.

8 Annexe

8-1 Ann Talbot : Des Massacres… France et L’ONU responsables.

8-2 Pascal Affi N’guessan: Déclaration du Front populaire ivoirien (FPI)


4 Médias

4-1 2 vidéos : les barbares

1- http://atlasalternatif.over-blog.com/article-gbagbo-arret...

2 < http://www.wat.tv/video/barbares-dans-residence-president... >

Jeudi 14 avril 2011


4-3  Côte d’ivoire - Gbagbo 15 avril 2011 - Ben Vautier, Jacques Vergès chez Taddéi

http://mai68.org/spip/spip.php?article2706



5  Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

5-1 ATTAC, CADTM : Contre les agressions impérialistes françaises en Afrique.

Les frappes françaises du 4 avril à Abidjan démontrent plus que jamais quelle option a choisi la France dans sa politique étrangère en Afrique. En détruisant aujourd’hui ce qu’il a « aidé » à construire hier sous le règne d’Houphouët Boigny à coup de prêt à taux préférentiels et d’aide liée, le gouvernement français confirme aux yeux du monde son image de force impérialiste en Afrique au service du capital international.

Après avoir poussé la communauté internationale à intervenir contre le régime Khadafi, anciennement ami de Mr Sarkozy et entraîné la Lybie vers une guerre civile déstabilisante pour tout le Maghreb, la France, par cette dernière action plonge toute la nation ivoirienne vers le déchirement et renforce un peu plus le sentiment francophobe dans ce pays autrefois considéré comme un miracle économique du système libéral.

 

Le miracle ivoirien est bien loin et tout sera à reconstruire au sortir de cette guerre civile dont les plus grands vainqueurs seront les entreprises françaises, qui seront rappelées par leur ami Allassane Ouattara pour la reconstruction du pays. Et ce alors que depuis dix ans, ils ont aidé à le détruire, en finançant chacun des camps en conflit. L’histoire de la Côte d’Ivoire ces dix dernières années a été construite par des acteurs politiques véreux contre un peuple et son développement. Ce peuple meurtri dans son identité est entrain de vivre les moments les plus troubles de son existence après cinquante années « d’indépendance ».

 

En effet, traumatisée par un coup d’Etat militaire en décembre 1999, elle n’a pu se remettre d’une élection en 2000 qui, de mémoire, était tout aussi calamiteuse. Celle-ci ayant été animée par la rhétorique xénophobe issue d’un concept tant abject que trivial, résumé par le vocable « ivoirité ».

 

La suite, nous la connaissons : une rébellion qui va éclater le 19 septembre 2002, coupant le pays en deux. Après plusieurs accords politiques, une gestion collégiale du pouvoir intervient entre les deux parties ennemies. Le dernier des accords fut l’accord politique de Ouagadougou (APO), décidant de la tenue d’une élection présidentielle avec un code électoral spécial et de la mise sur pied d’une commission électorale particulière. Présentée comme l’issue finale après dix ans de conflit, dont les conséquences en vies humaines restent incalculables, cette élection voit sombrer définitivement un peuple autrefois envié de toute l’Afrique.

 

Des milliers de mort-e-s, de disparu-e-s et de réfugié-e-s pour en arriver à un coup de force impérialiste de la France et de l’ONU sans que l’Afrique ait son mot à dire.

 

En solidarité avec les peuples meurtris par les agressions, les réseaux CADTM Afrique et ATTAC Afrique appellent à une mobilisation des peuples contre les visées impérialistes du capitalisme néolibéral mondialisé en Côte d’ivoire, tout comme en Libye, et contre les interventions militaires françaises répétées en Afrique. Les réseaux ATTAC Afrique et CADTM Afrique exigent de la France le démantèlement de ses bases militaires en Afrique, par le biais desquelles elle continue sa politique néocoloniale sur le continent. 

Source : CADTM 

tiré d'Investig'action

12 avril 2011


5-2 Djamel Labidi : Côte d'Ivoire, Lybie : Faits et méfaits du "droit d'ingérence"

Après la Lybie, la France intervient en Côte d'Ivoire. 

On pourrait tout autant dire  qu'avant la Lybie, la France était intervenue en Côte d'Ivoire, tant l'ingérence et l'intervention militaire de la France  ont été chroniques dans ce pays depuis son indépendance. En 2004, les troupes françaises avaient ouverts le feu sur la foule à Abidjan, faisant  90 morts et 2000  blessés.

Les deux interventions militaires, en Lybie et Côte d'Ivoire,  ont des points communs.

Tout d'abord la recherche de la  couverture  du Conseil de Sécurité de l'ONU pour légaliser  une ingérence flagrante dans les affaires d’un autre Etat. Pour ce qui est de  la Côte d’Ivoire, les forces de l’ONU n’ont été, d’évidence, qu’un paravent à l’intervention des forces françaises. Pour la Lybie, on sait comment la résolution 1973 a été manipulée et  violée, sans qu'une réelle opposition à  cela puisse s'imposer au sein du Conseil de sécurité

                                                    LE CONSEIL DE L'INSECURITE

Du fait de la répétition de ces pratiques, le Conseil de sécurité apparaît aujourd'hui comme l'organe d'une sorte de dictature mondiale à travers une alliance des principales puissances militaires occidentales, USA, Angleterre, France. Ces trois puissances  sont, en général partantes pour toutes les interventions militaires.

La Chine et la Russie, en pleine transition industrielle, n'ont d'évidence pas les moyens actuellement de s'opposer à cette domination. Elles réservent apparemment l'utilisation de leur droit de veto aux situations où leurs intérêts vitaux sont directement touchés, ce qu’évite d’ailleurs de faire les puissances occidentales.

Il s'agit d'une dictature, car la "Communauté internationale" à laquelle on se réfère, et qui est supposée fournir la justification morale à ces interventions, n'a jamais été aussi absente et silencieuse au sein de l'ONU. L'Assemblée générale de l'ONU, qui en est l’expression, ne joue plus le rôle de relai de l'opinion mondiale, qu’elle remplissait auparavant, quand elle avait par exemples condamné l'apartheid ou défini le sionisme comme une forme de racisme. Le rôle du Secrétaire général de l'ONU  semble, lui aussi,  se réduire de plus en plus à celui d’ un employé docile et effacé du Conseil de Sécurité, qui sert par sa présence d'alibi dans les conférences internationales, et qui n'ose même pas s'inquiéter de la bonne application et du respect des résolutions du Conseil de Sécurité.

Le Tribunal pénal international(TPI), conçu au départ comme un des instruments de la démocratie internationale, est peu à peu détourné, instrumentalisé au service d'une dictature internationale, selon le "deux poids, deux mesures". Les dirigeants occidentaux et pro-occidentaux  y bénéficient de l'immunité. Les morts civils des bombardements des forces militaires occidentales, sont des "bavures "ou des "dommages collatéraux", tandis que ceux causés par l'adversaire, ou attribués à lui, sont des "crimes contre l'humanité". Pour la Lybie et la Côte d'Ivoire, il est intéressant de voir comment la menace du TPI est brandie ou retirée selon l'objectif, qu'on veuille écraser et humilier un dirigeant, ou lui laisser entrevoir une porte de sortie.

                                                  INGERENCE ET GUERRES CIVILES

Un autre point commun à la situation en Lybie et en Côte d’Ivoire, est que l’intervention militaire étrangère y déclenche ou y nourrit une guerre civile. Celle-ci,  comme son nom l'indique, est la plus coûteuse  en vies civiles, alors que l'objectif proclamé au départ de l’intervention  est de protéger les populations. En Lybie, comme en Côte d'ivoire, les interventions se sont vite transformées en ingérence caractérisée au profit toujours d'un camp, celui jugé pro-occidental par rapport à l'autre. L'ingérence fausse le jeu des rapports de force internes à une société et rend toujours plus difficile la recherche du compromis et le dialogue entre les forces nationales d'un pays.

 En Lybie, c'est une insurrection, déclenchée dans des conditions obscures, qui a fourni le prétexte à l'intervention puis carrément à l'ingérence. Du coup, les véritables données sur la situation en Lybie, s'en sont trouvés brouillées et l'intervention du peuple libyen paralysé. Celui ci  apparaît d'ailleurs étrangement absent et silencieux comme s'il était seulement l'enjeu passif des combats. Chaque camp peut alors revendiquer le soutien du peuple sans que rien ne permette de contrôler la véracité de ce qui est  proclamé. Que l'intervention ait eu pour objectif de déclencher un affrontement interne, ou qu'il en soit la conséquence, le résultat est le même: la guerre civile est installée et elle nourrit  à son tour l'ingérence, dans une situation où on ne peut plus alors  distinguer les effets des causes. C'était déjà  la situation en Irak et en Afghanistan, cela risque de devenir celle de la Lybie et de la Côte d'Ivoire. La haine diffusée dans la société par la guerre civile rend alors le pays qui en est victime  fragile et vulnérable  pour longtemps.

En Côte d'Ivoire, c'est le non respect du résultat des élections présidentielles qui a été la raison proclamée de l'ingérence. Mais là, c'est l'ingérence qui a précédé l'intervention militaire violente  actuelle, bien que la présence de troupes officiellement sous le contrôle de l'ONU (mais dont l'action dépend  en réalité opérationnellement de celle des troupes françaises) soit plus ancienne. C'est donc déjà la preuve que l'ingérence peut aggraver les problèmes jusqu'à provoquer et justifier à la fois une intervention militaire. Un engrenage s’installe alors où l’intervention a alimenté la guerre civile en Côte d'Ivoire, alors, qu’à l'origine, elle était supposée vouloir l'empêcher.

Pour le résultat des élections, dans les deux cas, que ce soit celui du comptage de la Commission de l'ONU en faveur de Ouattara ou celui du Conseil constitutionnel ivoirien en faveur de Gbagbo, le nombre de voix était proche et indiquait une population électorale répartie en deux camps d'une importance à peu près égale. Dans de telles conditions, la pression faite par la France sur Ouattara pour qu'il agisse militairement, puis l'intervention militaire française en sa faveur  ne peuvent  que pousser à la guerre civile, être un drame   pour la société Ivoirienne, et fausser  les équilibres en son sein, tels qu'ils ont été révélés par les élections. Il faut rapprocher cette fébrilité et cette impatience du Gouvernement français à intervenir, de l'attitude et de la  patience de l'Union africaine à rechercher une solution pacifique.

                                                                  L'AVEU

C'est prendre les gens pour des imbéciles que d’ affirmer, comme le fait le ministre des affaires étrangère français, Alain Juppé, que c'est Ouattara qui est allé à l'assaut de la résidence de Gbagbo ou que c'est l'ONU qui a réquisitionné l'intervention des troupes françaises. Il est en effet clair que sans la présence des troupes françaises Ouattara ne serait d'aucune efficacité militaire, ni ne penserait probablement même à agir militairement. De leur côté, les troupes de l'ONU apparaissent peu motivées pour agir, preuve en est d'ailleurs l'intervention française. On retrouve à peu près la même situation en Lybie ou l'action de l'insurrection se révèle de plus en plus être totalement dépendante de l'intervention étrangère.

Dans les deux cas, en Lybie, comme en Côte d'Ivoire, les forces étrangères, et leurs alliés locaux, reprochent aux troupes d’El Gueddafi comme à celle de Gbagbo "d'utiliser les populations civiles comme bouclier humains". On fait appel ainsi à des valeurs chevaleresques contre un adversaire qu'on attaque sans risques, du haut du ciel, par hélicoptère en Côte d'ivoire, et par avions de chasse et missiles en Lybie,  et qu'on préférerait évidemment  avoir à sa merci, en rase campagne. Les medias, désormais simples instruments de propagande, matraquent de tels arguments. Elles oublient un simple détail, c'est qu'El Gueddafi et Gbagbo sont eux dans leur pays, quoi qu'on puisse penser d'eux. Comment peut-on s'arroger le droit d'occuper le pays des autres. Et pourquoi ce droit est-il celui de certains pays, toujours les mêmes..

En tout cas, face à l'intervention étrangère, Gbagbo comme El Gueddafi, auront réussi à donner à leur action le sens d'un  acte de résistance nationale. Les deux hommes, dans des contextes différents, font preuve d'une fierté et d'un courage physique qui deviennent eux mêmes un élément du rapport de forces et qui ne semblent pas avoir été prévus par les forces d'intervention. Les déclarations du ministre des affaires étrangères français exigeant de Laurent Gbagbo l'humiliation de  signer un document reconnaissant la victoire de Ouattara, et déclarant le  7 mars qu'il ne tardera pas dans quelques heures à se rendre,  trahissent des relents de mépris colonial et éclaircissent, mieux que toute analyse, l'esprit réel et les buts cachés de l'intervention. La France a voulu essayer de sauver les apparences en déclarant qu'elle n'interviendrait pas dans l'assaut final contre Gbagbo. Il a bien fallu qu'elle le fasse, révélant du même coup qu'Ouattara n'était rien sans elle. L'insistance des autorités françaises à dire qu'elles n'ont pas procédé, elles, à l'arrestation de Gbagbo, est significative. Elle trahit la crainte d'une réaction de l'opinion ivoirienne. C'est donc  l'aveu  même du caractère immoral de l'intervention militaire.

Laurent Gbagbo, par  sa résistance acharnée et têtue, malgré l'énorme déséquilibre du rapport de forces militaires, aura eu un mérite: celui de mettre à nu à la fois  les véritables objectifs de l'ingérence et ses conséquences prévisibles sur l'indépendance de son pays. Du même coup, cette résistance entre dans l'Histoire de la Côte d'Ivoire. La victoire française n'aura rien réglé. C'est une victoire à la Pyrrhus. Elle n'aura d'autre résultat que de ternir l'image de la France  en Côte d'Ivoire et en Afrique et d'unifier toujours plus les Ivoiriens dans leur longue lutte nationale. Elle rendra très difficile à l'ex Directeur général adjoint du FMI, Mr Ouattara la gestion du pays, faute d'autorité morale. Elle risque alors, comme pour certains de  ces prédécesseurs de la "Franceafrique", de le  pousser, quels que soient ses intentions, vers une dictature. Tout sera alors à refaire.

                                              AU NOM DE LA DEMOCRATIE

  Le troisième point, et non le moindre, commun aux interventions en Côte d'Ivoire et en Lybie, est  qu'elles se font au nom de la démocratie. En Lybie, c'est l'absence de démocratie, en Côte d'Ivoire c'est le non respect du résultat du suffrage populaire, qui en ont été les justifications. Démocratie que de crimes, on commet en ton nom…

On pourrait penser que c'est un progrès si l'ingérence se réclame désormais de la défense de la démocratie. Certes, dans un certains sens, et c'est déjà le signe d'un changement d'époque. En effet, les interventions militaires se faisaient naguère pour sauver des régimes dictatoriaux et corrompus en Afrique. Par exemple, les interventions françaises au Gabon en 1964, au Zaïre, pour sauver le dictateur Mobutu en 1978 et 1996, au Tchad en 1983, au Rwanda en 1994.  Mais à y regarder de prés, on peut se demander si ce n'est pas seulement une opération visant à mieux vendre le même produit. Ouattara est désormais pour toujours un président installé par l'étranger, et qui plus est par l'ancienne (et toujours présente) puissance coloniale. Les insurgés libyens ne pourront jamais légitimer leur recours à l'étranger par l'objectif atteint du renversement ou de l'éviction  de El Gueddafi, au cas où cela se fait. On ne fait pas faire sa révolution par les autres. Dans les deux cas, ceux qui auront eu recours à de tels moyens, n'auront donné au mieux à eux et à leurs peuples que de nouveaux maitres.

Ceci rappelle l'illusion, au début du 20eme siècle, d'une certaine bourgeoisie éclairée arabe au Moyen Orient, fascinée par l'Occident, qui croyait que celui ci allait la libérer de la domination turque et lui apporter la démocratie. On sait ce qu'il en advint. De même, aujourd'hui, aussi bien au Machrek qu'au Maghreb, qu'en Afrique, ceux qui attendent  de l'intervention militaire occidentale, qu'elle leur apporte la démocratie, ressemblent comme une goutte d'eau, par une sorte de filiation historique, à ceux qui attendaient du colonialisme la modernité et la civilisation. On ne peut dominer une société sans avoir des relais en son sein. Ceux qui avaient servi de relai au colonialisme y voyaient des aspects positifs, leur descendance, génétique ou spirituelle, voient aujourd'hui  dans l'ingérence étrangère des aspects positifs  pour la démocratie.

Au fond, l'Histoire se répète toujours et en même temps ne se répète jamais, car on retrouve à chaque fois les mêmes questions mais dans un contexte toujours différent. Les rapports entre la question de la démocratie et la question nationale ont toujours été étroits En 1789, en France, l'idée de la démocratie a été inséparable de celle de la nation. De même, pour la naissance de la nation américaine. En Algérie, pendant longtemps le mouvement national a cru qu'il pourrait obtenir l'indépendance pacifiquement, par la démocratie. C'est en fait, la France qui a créé, en Algérie, la méthode de manipulation du résultat des urnes, avec ce qu'on a appelé les élections à la Naegelen (socialiste français, gouverneur de l'Algérie de 1948 à 1951,  resté célèbre pour son organisation de la fraude électorale massive). Peu après éclatait  la révolution armée et la démocratie a été sacrifiée aux nécessités de la libération nationale. C'est peut être là l'une des raisons de la sous-estimation de la démocratie au profit du nationalisme longtemps après l'indépendance.

L'Histoire donc se répète dans le sens où aujourd'hui l'ingérence étrangère, loin de faciliter la transition démocratique au contraire la bloque, en obligeant les peuples agressés à mobiliser leurs forces pour obtenir ou défendre en priorité  leur indépendance. Peut être est ce là le but des ingérences et des interventions militaires, celui d'empêcher une véritable démocratie.

On en vient ainsi à une question particulièrement intéressante, qui mériterait réflexion.  Comment s'est diffusée la démocratie dans les nations européennes. Pourquoi les nations européennes, à part la tentative d'exporter la révolution française par Napoléon qui s'est soldé par un désastre, n'ont-elles jamais connu depuis  de situation où une force étrangère vient régler par les armes un conflit concernant l'application des règles de la démocratie. Pourtant ces conflits sont inhérents à la vie démocratique. Il n'y a pas si longtemps, par exemple, lors de sa première élection, le président Gorges. W. Bush a, c'est connu, été "très mal" élu. Pourtant tout le monde aux Etats unis a accepté la décision de la Cour suprême. La cohésion nationale a  été jugée par tous plus importante que le différend autour du résultat des élections. Pourquoi la décision de la Cour constitutionnelle, en faveur de Gbagbo  en Côte d'Ivoire n'aurait-elle pas du avoir la même autorité. Certes, on peut douter, et à raison,  de son impartialité. Mais Gbagbo, de son côté, pouvait estimer lui aussi  à juste titre, que la présence des forces françaises faussait le résultat des élections et que  l'ONU et la France était à la fois juges et parties.

Que ce soit sous la forme du soutien apporté aux régimes antidémocratiques et corrompus, ou de l'intervention militaire au nom de la démocratie, l'ingérence occidentale peut être légitimement soupçonnée de viser depuis toujours  les mêmes buts, puisqu' elle aboutit au même résultat: celui de paralyser les capacités internes de chaque société à régler ses conflits et donc de les exacerber suivant le vieux principe de "diviser pour régner".

A la fin des années 1980, en même temps que basculait le rapport de forces dans le monde au profit des principales puissances occidentales, le "droit d'ingérence" a été brandi comme un devoir des nations les plus fortes. Atténué au départ par le mot  "humanitaire", il a fini par produire "des bombardements humanitaires". Qualifié au départ de "devoir d'ingérence", il est devenu peu à peu, par glissement successifs, un "droit d'ingérence" tout court avec comme mission nouvelle d'exporter  la démocratie. Le bilan de ce droit d'ingérence est très lourd en termes de souffrances pour les peuples et de tensions internationales. Les faits sont là: il n'a été qu'un instrument pour servir des desseins de domination. Il n'a nulle part aidé à la démocratie, aussi bien au niveau des rapports internationaux qu'au niveau national.

Articles de Djamel Labidi publiés par Mondialisation.ca

Le Quotidien d'Oran

Mondialisation.ca,

Le 14 avril 2011


5-3 Djamel Labidi  : LE RÉGIME OUATTARA OU LA NAISSANCE D’UNE DICTATURE INCONTRÔLÉE!

Après avoir été installé par la force française, Alassane Ouattara se trouve de nombreuses équations que le Président devra résoudre. Parmi celles-ci, figure celle des massacres des civils et partisans du président Gbagbo perpetrés par ces forces rebelles ces derniers mois en Côte d’Ivoire.

Une violence qui est loin d’avoir cessé depuis l’arrestation de Laurent Gbagbo et de son entourage, le 11 avril. Bien au contraire: les images de Laurent et Simone Gbagbo déchus, humiliés, se retournent déjà contre Ouattara, accusé d’avoir laissé faire cette violence cathartique.

D’autres images ont suivi, celles-là plus choquante qui montrent les traitements inhumains et les assassinats programmés dont été victimes et continuent jusqu’à ce jour d’être victimes les partisans réels ou supposés de Laurent Gbagbo. Les voix s’élèvent, émanant de Human Rights Watch et d’Amnesty International, pour demander à Alassane Ouattara de faire arrêter les auteurs de crimes dans son propre camp, et de faire respecter un minimum de discipline dans ses rangs, mais rien y fit, les pillages et les meurtres continuent.

Dans la ville d’Abidjan, par exemple, la plupart des stations d’essence ont été pillées et servent désormais de lieu de détention, comme vous le voyez dans l’image ci-dessous:

La cité adminstrative et la banque du trésor au plateau ont reçu aussi la visite des forces pro-ouattara. Les ordinateurs, les véhicules de service de l’Etat et les coffres forts ont été emportés. Comment dans ce cas, la reprise du service sera-t-elle possible demain?

Tout se passe comme si Alassane Ouattara ne maîtrise pas ses troupes.

Avec ce nouveau régime imposé par la communauté internationnale, on pensait à la fin des rackettes, mais non. Tous ces jeunes malinkés et parfois analphabètes, armés par le camp ouattara et qui constituent les soldats de troupes de la FRCI (force pro-ouattra), rançonnent actuellement les passants et les quelques véhiculent de transport publiques qui roulent. “ Ah les vielles mères, eh les vié per, nous sommes là pour vos sékirités, fo fè kêkê chose pour nous, on a faim“. Cette phrase est loin d’être une supplication, il faut la considérer comme ordre et s’exécuter en raison de 200 F.CFA au risque de tout perdre.

C’est à juste titre que affirmait dans le journal Libération un élément des Forces Licornes ayant collaboré avec les FRCI, « Alassane Ouattara a du pain sur la planche, les soldats traditionnels (dozos) sont tres indisciplinés » .

Les élites ivoiriennes pourchassées

Deux jours après la capture du président Laurent Gbagbo par la force licorne française, plus d’une centaine de ses collaborateurs ont été arrêtés, certains assignés à résidence, d’autres froidement battues et assassinés comme ce fut le cas du Ministre Désiré Tagro. Les hommes politiques d’aspiration socialiste sont largement visés, et recherchés à travers le pays, parmi lesquelles Laurent AkounAmani N’GuessanAlphonse DouatiGomon Diagou, ou encore Bohoun Bouabré. Les anciens compagnons de lutte du Président Houphouet-Boigny n’ayant pas soutenu Alassane Ouattara ne sont pas épargnés, ainsi Jean-Jacques Béchio et Ben Soumahoro ont été lynchés par les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI, pro-Ouattara), tandis que des anciens ministres d’Houphouet-Boigny sont activement recherchés. La liste des recherchés s’étend aussi aux acteurs de la vie économique, sociale et culturelle qui ne sont pas forcement ancrés dans une formation politique, il s’agit notamment d’Ahoua Don Mello (Ex- President du BNETD), Philippe AtteyZadi KesséMichel Digbeu (Digbeu Cravatte), O’nel MalaBailly Spinto (liste non exhaustive).

Une première pour la Côte d’Ivoire, jamais une chasse à l’homme de cette ampleur n’avait été observée, même sous le régime de Gbagbojamais un opposant politique n’avait été arrêté.

Au regard de tous ces événements, sans être partisan, nous somme en droit de nous demander si nous ne risquons pas de perdre toute une partie de la classe politique ou même une partie des élites ayant contribué directement ou indirectement au développement de la nation depuis l’indépendance. Alassane Ouattara, l’homme qui se dit économiste devrait savoir l’importance du capital humain et des ressources humaines en général, dans la perspective de croissance économique d’un pays. L’on ne peut pas remplacer tous les fonctionnaires de l’État par son bon vouloir. Il faudra compter sur des anciens hauts fonctionnaires connaissant biens les dossiers pour bâtir une politique économique efficace. Et non se contenter de nommer à des postes stratégiques des personnalités aux connaissances plus que douteuses, dont les parcours académiques sont limités comme Hamed Bakayoko (Ministre de l’intérieur), Guillaume Soro (Premier Ministre), Sidiki Konaté ou encore la ministre de l’Education Kandia Camara dont le cursus universitaire est limité au BAC+1 .

La Chasse aux civils sous la base ethnique

La situation est encore plus grave pour les civils, l’on constate que les populations du sud tels que les Attiés, Ebriés, Adjoukrous, Bétés ou encore Agnis, pour ne citer que ceux la, sont persécutés par les FRCI dans certaines zones de la capitale économique ivoirienne. C’est le cas notamment à Yopougon Gesco et Abidjan sud. Les populations dioulas et baoulés sont par contre épargnés._

Les populations de l’ouest subissent les plus grandes exactions de la part de FRCI : viols et crimes par centaines, notamment à DuékouéDaloaGagnoaIssia ou encore Toulépleu. Selon des témoins sur place, les FRCI ont commencés depuis une semaine à arracher les terres cultivables aux populations autochtones pour les transmettre à des individus d’ethnie MossiMoré ou Dioula.

La reconciliation version Alassane Ouattara a de beaux jours devant elle.

Sources: http://cotedivoire-lavraie.over-blog.fr



6 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net 

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme

6-1 LE DERNIER DEGRÉ DE L’HYPOCRISIE.

DISCOURS SUR LE COLONIALISME  -1950

Entre colonisateur et colonisé, il n’y a de place que pour la corvée, l’intimidation, la pression, la police, l’impôt, le vol, le viol, les cultures obligatoires, le mépris, la méfiance, la morgue, la suffisance, la muflerie, des élites décérébrées, des masses avilies.

Aucun contact humain, mais des rapports de domination et de soumission qui transforme l’homme colonisateur en pion, en adjudant, en garde-chiourme, en chicote et l’homme indigène en instrument de production.

A mon tour de poser une équation : colonisation=chosification.

J’entends la tempête. On me parle de progrès, de “réalisations”, de maladies guéries, de niveaux de vie élevés au-dessus d’eux mêmes.

Moi, je parle de sociétés vidées d’elles-mêmes, de cultures piétinées, d’institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, d’extraordinaires possibilités supprimées. On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de routes des canaux, des chemins de fer.

Moi, je parle de milliers d’hommes scrifiés au Congo-Océan. Je parle de ceux qui, à l’heure où j’écris, sont en train de creuser à la main le port d’Abidjan. Je parle de millions d’hommes arrachés à leurs terres, à leurs habitudes, à leurs vies, à la vie, à la danse, à la sagesse.

Je parle de millions d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme.

On m’en donne plein la vue de tonnage de coton ou de cacao exporté, d’hectares d’oliviers ou de vignes plantés.

Moi je parle (…) (p. 23-24)

…L’Europe colonisatrice est déloyale à légitimer à postériori l’action colonisatrice par les évidents progrès matériels réalisés dans certains domaines sous le régime colonial attendu que (…) NUL NE SAIT A QUEL STADE DE DEVELOPPEMENT MATERIEL EUSSENT ETE CES MEMES PAYS SANS L’INTERVENTION EUROPEENNE. (p. 27) 

Aimé CESAIRE.

Le jour où Nicolas Sarkozy, président de la république française faisait bombarder le palais présidentiel de SEM Laurent GBAGBO, président élu reconnu par la cour constitutionnelle de Côte d’Ivoire, en vue de réaliser son coup d’état, il rendait au panthéon un hommage de la nation française à Aimé Césaire. pour cette hommage hypocrite, la famille du “Chantre” de la négritude ne lui autorisa que la pose d’une plaque commémorative.

La dépouille d’Aimé Césaire, que la France voulait installer dans son panthéon, repose comme à sa demande dans sa Martinique natale qu’il a tant aimée.”

By: Annick

http://www.ivoirediaspo.net/?p=5542


6-2 Dernière lettre de Patrice Lumumba à son épouse – Une épître réécrite en Cote d’Ivoire en 2011

Ma compagne chérie,

Je t’écris ces mots sans savoir s’ils te parviendront, quand ils te parviendront et si je serai en vie lorsque tu les liras. Tout au long de ma lutte pour l’indépendance de mon pays, je n’ai jamais douté un seul instant du triomphe final de la cause sacrée à laquelle mes compagnons et moi avons consacré toute notre vie. Mais ce que nous voulions pour notre pays, son droit à une vie honorable, à une dignité sans tache, à une indépendance sans restrictions, le colonialisme belge et ses alliés occidentaux – qui ont trouvé des soutiens directs et indirects, délibérés et non délibérés, parmi certains hauts fonctionnaires des Nations-unies, cet organisme en qui nous avons placé toute notre confiance lorsque nous avons fait appel à son assistance – ne l’ont jamais voulu. Ils ont corrompu certains de nos compatriotes, ils ont contribué à déformer la vérité et à souiller notre indépendance.

Que pourrai-je dire d’autre ?

Que mort, vivant, libre ou en prison sur ordre des colonialistes, ce n’est pas ma personne qui compte. C’est le Congo, c’est notre pauvre peuple dont on a transformé l’indépendance en une cage d’où l’on nous regarde du dehors, tantôt avec cette compassion bénévole, tantôt avec joie et plaisir. Mais ma foi restera inébranlable. Je sais et je sens au fond de moi même que tôt ou tard mon peuple se débarrassera de tous ses ennemis intérieurs et extérieurs, qu’il se lèvera comme un seul homme pour dire non au capitalisme dégradant et honteux, et pour reprendre sa dignité sous un soleil pur.

Nous ne sommes pas seuls. L’Afrique, l’Asie et les peuples libres et libérés de tous les coins du monde se trouveront toujours aux côtés de millions de congolais qui n’abandonneront la lutte que le jour où il n’y aura plus de colonisateurs et leurs mercenaires dans notre pays. A mes enfants que je laisse, et que peut-être je ne reverrai plus, je veux qu’on dise que l’avenir du Congo est beau et qu’il attend d’eux, comme il attend de chaque Congolais, d’accomplir la tâche sacrée de la reconstruction de notre indépendance et de notre souveraineté, car sans dignité il n’y a pas de liberté, sans justice il n’y a pas de dignité, et sans indépendance il n’y a pas d’hommes libres.

Ni brutalités, ni sévices, ni tortures ne m’ont jamais amené à demander la grâce, car je préfère mourir la tête haute, la foi inébranlable et la confiance profonde dans la destinée de mon pays, plutôt que vivre dans la soumission et le mépris des principes sacrés. L’histoire dira un jour son mot, mais ce ne sera pas l’histoire qu’on enseignera à Bruxelles, Washington, Paris ou aux Nations Unies, mais celle qu’on enseignera dans les pays affranchis du colonialisme et de ses fantoches. L’Afrique écrira sa propre histoire et elle sera au nord et au sud du Sahara une histoire de gloire et de dignité. Ne me pleure pas, ma compagne. Moi je sais que mon pays, qui souffre tant, saura défendre son indépendance et sa liberté.

Vive le Congo ! Vive l’Afrique !

Patrice Lumumba

April 16th,



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

7-1 Yahia Gouasmi : La France de Sarkozy poursuit sa colonisation de l'Afrique et du monde arabo-musulman...
Le retour de l’Empire colonial français semble être une des ambitions de Sarkozy, croyant sans doute, améliorer sa cote dans les sondages, voire laisser une trace dans l’Histoire !

Ainsi, malgré tout ce que l’on veut bien nous raconter, c’est bien l’armée française qui a participé, directement ou indirectement, à l’arrestation du président Laurent Gbagbo et de sa famille, dans son palais présidentiel à Abidjan. Laurent Gbagbo a longtemps été un protégé de Paris, dans le cadre bien connu que l’on appelle la Françafrique. Il aura du cesser de plaire ou de se soumettre à Paris et on a alors voulu nous faire croire que le véritable vainqueur de l’élection présidentielle en Côte-d’Ivoire était Alassane Ouattara, l’homme du FMI, soutenu par Obama et par la France.

Ne soyons pas naïfs ! Dans quel pays de la Françafrique, les élections se déroulent-elles normalement, sans trucage, avec l’Ambassadeur de l’ancienne puissance coloniale dans les coulisses, pour veiller à ce que « l’élu » continue à bien servir les intérêts français ? Nous pourrions citer l’exemple du Gabon où le fils Bongo a succédé à son père dans le cadre d’élections pour le moins contestables. Mais, Bongo servant fidèlement les intérêts français, il n’y a pas eu de campagne orchestrée contre lui et encore moins d’intervention militaire avec ou sans mandat onusien.

Nous n’allons pas nous étendre sur les causes de la disgrâce de Gbagbo. Peut-être a-t-il eu envie de se rapprocher de la Chine dont la présence en Afrique se heurte de plus en plus aux intérêts français. Cette Chine qui n’a jamais colonisé un pays africain, bénéficie d’un à priori souvent favorable auprès de nombreux Africains. Les vraies causes seront connues ultérieurement. En attendant, il y a les faits. L’armée de l’ancienne puissance coloniale est intervenue militairement pour chasser un dirigeant africain et le remplacer par un autre, ayant le soutien de Paris et de Washington. Ce n’est pas la première fois (voir notre précédent article consacré aux interventions militaires françaises en Françafrique), mais cette fois, on a l’impression qu’un nouveau pas a été franchi.

Tout au long de cette affaire, on a pu sentir dans la classe politique française, un climat ouvertement colonialiste. Droite et Gauche ont retrouvé la même unanimité d’autrefois quand « l’ordre colonial » se maintenait avec la canonnière.

Cette unanimité de la Droite et de la Gauche dans le soutien des récentes agressions contre l’Afghanistan, la Libye et la Côte d’Ivoire signifie un resserrement des rangs occidentaux (y compris en France) autour de ce qui semble être la nouvelle doctrine : une reconquête directe des zones utiles de l’Afrique et du monde arabo-musulman, c'est-à-dire les régions renfermant des matières premières. A ces zones, il faut ajouter les voies d’approvisionnement nécessaires pour les Etats-Unis et pour l’Occident.

Cette stratégie suppose des dirigeants locaux totalement soumis et n’étant jamais tentés de changer de « patrons » ou de clients (comme il semble que ce fut le cas de Gbagbo avec la Chine). Le sort de ce dernier est aussi un avertissement à tous les autres dirigeants africains… Elle implique aussi un remodelage du continent ; les nouvelles frontières, les vraies, seront celles dessinées par les multinationales, avec milices locales et sociétés privées de mercenaires pour sécuriser l’extraction et l’acheminement des matières premières. Le reste du continent, vide de richesses intéressant l’Occident sera voué à un sort comparable à celui de la Somalie, déchirée par les factions.

Obama, embourbé en Afghanistan et en Irak, a laissé le premier rôle, dans certaines limites, à Sarkozy. C’est à la fois le flatter et lui tendre un piège. Le flatter parce que les spécialistes de la CIA qui l’ont façonné, connaissent bien le personnage travaillé par ce désir de revanche sociale qui taraude toujours les parvenus. Mais, c’est aussi lui tendre un piège : éliminer le peu de sympathie que garde la France en Afrique pour contribuer à la chasser et ensuite, si nécessaire, s’entendre avec les Chinois. Après tout, entre puissants, on finit toujours par s’entendre aux dépens des serviteurs !

Pour les peuples africains et arabes, le message doit être clair. La guerre déclarée par l’USraël et par l’Occident pour le pillage de leurs richesses va s’accentuer. Cette guerre, malgré ci et là quelque mandat onusien, sera, de plus en plus, une guerre de reconquête directe de l’Occident par milices et forces d’intervention interposées, avec son cortège de réfugiés et de populations déplacées dans des états voués à la partition et à l’émiettement. Les peuples arabes et africains savaient déjà à quoi s’en tenir en ce qui concerne les Etats-Unis, une puissance impérialiste et agressive aux mains d’un lobby sioniste et d’un complexe militaro-financier que l’aventurier politique Obama a tenté, en vain, de rendre plus présentable. La France, pour des raisons historiques et affectives diverses, gardait encore une image relativement meilleure. Là aussi, Sarkozy a bradé le peu qui nous restait, pour servir les intérêts du complexe financier mondialiste qui, comme c’est curieux, ne comprend en son sein que des sionistes. Une coïncidence sans doute !

Yahia Gouasmi
Président du Parti Anti Sioniste
Dimanche 17 avril 2011

Source : P.A.S


7-2 Cote d'Ivoire, Libye même armée, même argumentaire, même combat.
Gbagbo arrêté, répression sanglante contre ses partisans
En décembre nous avions expliqué en quoi les atermoiements de la commission électorale ivoirienne, dans un contexte où celle-ci subissait de fortes pressions françaises, et tandis que les irrégularités importantes entâchaient le vote dans les deux camps il était devenu impossible de savoir lequel des deux candidats à l'élection présidentielle avait remporté le scrutin.
Cela n'a pas empêché les puissances occidentales de faire valider par l'ONU, malgré les réticences russes, l'élection de leur protégé, M. Ouattara, et d'assurer sa défense militaire à l'hôtel du Golf d'Abidjan.
Les supporters de Laurent Gbagbo dont les ressources fiscales ont été sensiblement réduites par le boycott international, notamment celui du FMI n'ont guerre opposé de résistance aux Forces républicaines d'Allassane Ouattara, armées par les Occidentaux, qui sont passées à l'offensive le 28 mars dernier.
Le 30 mars, la France a fait adopter au Conseil de sécurité de l'ONU une résolution 1975 autorisant la force de maintien de la paix Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) à utiliser « tous les moyens nécessaires pour mettre en œuvre son mandat de protéger les civils (…) y compris pour prévenir l’usage d’armes lourdes »
Cette résolution, comme son équivalent n°1973 en Libye, a été rapidement détournée pour cautionner l'implication des forces françaises de l'opération Licorne, spécialement à Abidjan lorsque les forces de M. Gbagbo ont pu se reconstituer et offrir une résistance efficace. La bataille d'Abidjan au cours de laquelle l'armée française n'a pas hésité à bombarder les sites stratégiques des forces de Gbagbo, a duré douze jours à partir du 31 mars 2011, et s'est soldée le 12 avril au soir par la capture de Laurent Gbago dans son palais présidentiel le 13 avril 2011 par les forces spéciales françaises ou du moins avec leur concours.
L'opération de conquête militaire menée par les forces pro-occidentales d'Alassane Ouattara a été émaillée de massacres de masse face auxquels la cour pénal internationale - qui était intervenue à propos de Kadhafi alors que la Libye est étrangère à sa juridiction - est demeurée étrangement silencieuse. Human Rights Watch a notamment dévoilé le massacre de plusieurs centaines de membres de l'ethnie Guéré, favorable à Laurent Gbagbo dans la région de Douékoué entre le 6 et le 30 mars, notamment à Bloléquin le jour du passage à l'offensive de l'armée de Ouattara. Les villages de Didier Drogba, de Charles Blé Goudé et du Président Gbagbo ont été pillés et incendiés par les rebelles.
La prise du palais présidentiel après l'arrestation de L. Gbagbo a aussi été le théâtre d'atrocités. Le ministre de l'intérieur Désiré Trago a été assassiné, la liste des responsables tués ou grièvement blessés est ici. Plus d'une centaine de personnes, dignitaires du gouvernement et leur famille ont été arrêtés.Les partisans de l'ex-président mettent notamment en avant le viol collectif de l'épouse du président, et l'élimination systématique depuis deux jours des partisans de l'ex-président à Abidjan (notamment dans les quartiers de Yopougon et Koumassi) et des bétés (de l'ethnie de Gbagbo) sans que l'ONUCI ne s'interpose.
Le détournement de la résolution 1975 par la France a fait l'objet de nombreuses condamnations.

Le ministre des affaires étrangères russe, Sergei Lavrov, a accusé l'ONU d'outrepasser son mandat en Côte d'Ivoire.L'Union africaine a également dénoncé sans appel d'ingérence néo-coloniale française.



8 Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

8-1 Ann Talbot : Des Massacres… France et L’ONU responsables

La France et L’ONU Responsables Des Massacres Commis Par Les Forces D’Ouattara En Côte D’Ivoire

« …Des survivants qui se sont enfuis de l’autre côté de la frontière au Libéria voisin parlent de victimes tuées par balles ou avec des machettes, certaines éventrées vivantes, des femmes violées par des gangs puis égorgées. Plus d’ 1 million de personnes ont fui de chez elles… »

Des informations commencent à faire surface concernant des attaques systématiques contre des civils dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire la région où les forces loyales au président élu soutenu par l’Occident, Alassane Ouattara, ont lancé une offensive le mois dernier.

Des survivants qui se sont enfuis de l’autre côté de la frontière au Libéria voisin parlent de victimes tuées par balle ou avec des machettes, éventrées vivantes de femmes violées par des gangs et égorgées. Plus d’ 1 million de personnes ont fui de chez elles.

Selon les premières informations au moins 1000 personnes ont été tuées. HRW et la Croix Rouge Internationale ont confirmé la mort de 230 personnes dont des enfants dans la ville de Duékoué. Ils ont indiqué qu’il y avait plusieurs centaines d’autres victimes dans les villages alentours. Le chiffre total n’est pas encore connu car on pense qu’il y a des charniers. Des survivants rapportent que des victimes ont été enterrées par des bulldozers.

La guerre civile a éclaté le mois dernier en Côte d’Ivoire suite à une dispute prolongée sur les résultats des élections présidentielles de Novembre 2010. Le président sortant, Laurent Gbagbo , a refusé de reconnaître que son rival Ouattara avait gagné l’élection. La victoire d’Ouattara a été reconnue internationalement. La France l’ancienne puissance coloniale, l’ONU, les US, l’UE et l’UA toutes ont déclaré que c’était lui le vainqueur et ont demandé à ce que Gbagbo quitte le pouvoir.

En Mars Ouattara a lancé une offensive majeure contre Gbagbo. Ses forces se sont emparées de la zone de production du cacao dont le centre est Duékoué et ont rapidement pris le contrôle de la capitale commerciale, Abidjan, où ils ont tenté de s’emparer de la résidence de Gbagbo. Gbagbo a repoussé l’assaut et a continué de résister dans un bunker. Pendant le weekend ses forces ont tiré partie d’un cessez le feu pour s’emparer d e positions clés et ont attaqué le QG d’Ouattara à l’Hotel du Golf.

Le rôle des forces françaises et de l’ONU lors de l’offensive d’Ouattara suscite un vif débat. Une vidéo montre d’énormes explosions dans Abidjan, alors que leurs avions touchaient les positions de Gbagbo. On a rapporté que sa résidence a été bombardée par les avions français et ceux de l’ONU. Ceci est une violation du mandat de l’ONU. L’UNOCI (United Nations Operation in Côte d’Ivoire) est officiellement une force de maintien de la paix et n’a pas de mandat pour cibler Gbagbo. Les Français qui ont gardé une présence militaire en Côte d’Ivoire depuis l’indépendance de celle-ci en 1960 sont mandatés pour aider l’UNOCI.

Le ministre des affaires étrangères russe, Sergei Lavrov, a accusé l’ONU d’outrepasser son mandat en Côte d’Ivoire et de prendre partie pour Ouattara. L’UA qui soutenait la victoire électorale d’Ouattara a également exprimé son inquiétude concernant les actions de l’UNOCI.

Le chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU, Alain Le Roy, a insisté pour dire que l’UNOCI avait seulement attaqué des positions à partir desquelles il y avait eu des tirs à l’armes lourdes contre des civils et les forces de l’ONU et a affirmé que l’UNOCI n’avait pas visé la résidence de Gbagbo, seulement les armes lourdes à proximité utilisées pour bombarder des zones civiles dans la ville.

Mais des diplomates ont exprimé des inquiétudes sur cette implication de l’UNOCI dans ce qui semble être un soutien aérien rapproché de l’attaque d’Ouattara contre la résidence de Gbagbo. « Nous soutenons le mandat pour protéger des vies innocentes. Mais nous sommes préoccupés par le fait que la résolution soit strictement appliquée. C’est difficile de le dire car nous n’avons pas d’information précise en terme de cibles » a dit un diplomate africain.

La BBC a fait remarquer que c’était « Mr Sarkozy qui a le premier émis l’idée d’interdire des armes lourdes en Côte d’Ivoire. Ceci, ajouté au rôle principal joué par la France poussant à utiliser la force en Libye , a été perçu par certains comme faisant partie d’une politique militaire musclée pour rehausser sa position en interne dans une année électorale. »

Peggy Hollinger a mis en avant dans le Financial Times ce qu’elle décrit comme « les contradictions de la politique étrangère française » en Côte d’Ivoire.

« L’opération militaire est la deuxième de la France sur le continent africain en moins d’un mois ce qui suscite chez beaucoup la question de savoir si c’est le signal d’une politique nouvelle plus interventionniste pour débarrasser le continent de dictateurs dérangeants…des frappes aériennes contre le palais résidentiel et la TV nationale ne peuvent pas être décrites comme ayant pour objectif de détruire des armes lourdes. Il ne fait aucun doute que les attaques françaises sont allées au-delà du principe de « responsabilité de protéger » et visaient à aider à chasser Mr Gbagbo et installer Mr Ouattara à la place qui lui revient ».

Hollinger cite Phyllis Bennis du think tank basé à Washington, Institute for Policy Studies, qui fait remarquer que le choix du moment des frappes franco onusiennes « renforce l’argument que les frappes aériennes sont plus une intervention politique qu’humanitaire ». L’opération donne l’impression de viser «à rétablir la présence française en Afrique francophone ».

Hollinger se demande si l’intervention de la France en Libye et en Côte d’Ivoire font toujours partie d’une nouvelle politique étrangère car chacune d’elles est née de circonstances différentes. Mais elle reconnait que « l’impression que la France intervient plus ouvertement dans les affaires africaines a une conséquence sérieuse. L’opinion publique est de plus en plus irritée part ce qu’elle considère comme une interférence d’une ancienne puissance coloniale ».

Cette perception a des chances de se renforcer par l’association de la France et de l’ONU à des forces qui ont commises des atrocités contre des civils. La responsabilité des massacres de civils doit être imputée à la France et à l’ONU qui ont toléré et éventuellement soutenu activement la campagne militaire d’Ouattara.

Des survivants ont décrit des tueries délibérés dirigées contre des groupes ethniques considérés comme soutenant Gbagbo. Des journalistes ont fait un parallèle avec le Rwanda. L’étendue des massacres est pour l’instant moindre mais au Rwanda aussi la France a été impliquée.

Le London Times a cité Emmanuel Guer qui a dit :

« nous marchions vers une enceinte en ville. Lorsque nous sommes arrivés il y avait 150 personnes dans le hall. Sur le devant ils traînaient des personnes, hommes et femmes, 5 par 5, 5 par 5. A chaque fois qu’ils les faisaient sortir on entendait des tirs »

Guer a continué « Comment puis je décrire comment c’était ? Nous étions serrés comme du bétail tout ce que l’on pouvait voir dans le noir c’était des yeux exorbités, des femmes pleuraient hystériquement. Des personnes se battaient pour rester en queue de file. Ils nous tuaient de façon tout à fait préméditée. C’était de l’extermination ».

« Ils leur tiraient dessus derrière la tête et puis ils emmenaient les cadavres « a-t-il dit. « Mais cela leur prenait beaucoup de temps. Finalement moi et six autres personnes nous nous sommes frayés un passage vers l’extérieur par une fenêtre de derrière et nous nous sommes échappés en passant par-dessus la barrière. Alors que nous courions vers l’autoroute la route était remplie de cadavres. Un grand nombre de femmes avaient la gorge tranchée. »

Pierre M’lehi, un planteur de cacao, a décrit un bulldozer creusant des fosses communes dans Duékoué. «Les cadavres alignés le long du bord de route étaient frais et entrain de se décomposer. C’était comme s’ ils avaient été placés là en signe d’avertissement ».

Une femme a décrit comment des prisonniers âgés étaient sorties chaque jour et tuées. Les personnes âgées semblaient particulièrement vulnérables parce qu’incapables de s’échapper. Dans au moins 10 villages aux alentours de Toulépleu et Bloléqui dans l’Ouest, des récoltes et maisons ont été incendiées. Ceux visés semblaient appartenir principalement à un groupe ethnique le Guere considérés comme des supporters de Gbagbo.

Youssoufou Bamba, l’ambassadeur d’Ouattara à l’ONU, a affirmé que les forces pro Gbagbo étaient responsables d’atrocités. Selon Bamba, les forces de l’UNOCI et les agences d’aide ont été obligées de quitter la région à cause de la situation sécuritaire précaire sous Gbagbo.

« C’est seulement quand les forces d’Ouattara sont venues que toutes les ONG de même que l’UNOCI ont pu revenir pour surveiller la situation » a-t-il affirmé.

Les forces de Gbagbo ont continué à commettre des atrocités a-t-il prétendu alors qu’elles se retiraient. Il a nié que les forces d’Ouattara puissent être responsables des violences intercommunales entre différents groupes ethniques dans la région.

En fait, les forces de l’ONU étaient présentes dans la région au moment des massacres. Quel a été leur rôle n’est toujours pas clair, mais leur mandat c’est de protéger la population civile et elles ont échoué dans cette mission.

Les civils courent également des risques dans Abidjan. On peut voir des cadavres dans les rues. Des milices loyales à Gbagbo et Ouattara agissent dans la ville. On ne sait pas combien de personnes sont mortes dans les attaques aériennes françaises et de l’ONU. D’énormes explosions ont été filmées en vidéo suggérant que le nombre de victimes sera important quand il sera possible de les compter.

Pendant le weekend de nombreuses ambassades ont commencé à évacuer leur personnel alors que la situation dans Abidjan se détériorait. Le département d’état US a répété son alerte au danger de voyager en Côte d’Ivoire car les combats étaient devenus « plus intense dans un certain nombre de quartiers «
Ann Talbot

 11/04/2011
http://www.planetenonviolence.org/La-France-et-L-ONU-Responsables-Des-Massacres-Commis-Par-Les-Forces-D-Ouattara-En-Cote-D-Ivoire_a2410.html


8-2 Pascal Affi N’guessan: Déclaration du Front populaire ivoirien (FPI)
Déclaration-23/4/2011

Déclaration de Pascal Affi N’guessan au nom du FPI (Front Populaire Ivoirien)

* Après cette déclaration, Pascal Affi N’guessan, le président du FPI a été conduit de force au QG de Ouattata et la parole lui est désormais imterdite

La situation sociopolitique dans notre pays a été marquée cette semaine par deux faits majeurs :

- Les tentatives des nouvelles autorités pour remettre en marche la machine économique et sociale ;

- Le processus de légitimation du nouveau régime à travers le ballet des Présidents et Chefs d’Institutions.

Vivement préoccupés par la persistance de l’insécurité et dans le souci de contribuer à la normalisation rapide de la vie politique, économique et sociale du pays, le Front Populaire Ivoirien (FPI) et La Majorité Présidentielle (LMP), par ma voix, estiment indiqué :

• de faire le point de la situation sociopolitique nationale ;

• d’analyser le processus de légitimation institutionnelle entrepris par le nouveau régime ;

• d’évoquer la nécessité d’une solution politique de sortie de crise.

I- SITUATION SOCIOPOLITIQUE NATIONALE

Presque deux semaines après les douloureux événements du 11 avril 2011, la situation sociopolitique reste marquée par la persistance de l’insécurité et des atteintes aux libertés et aux droits de la personne humaine.

En l’absence des forces régulières de police et de gendarmerie, des combattants armés continuent de sévir dans les différents quartiers d’Abidjan et à l’intérieur du pays. Chaque jour, il est fait écho d’arrestations arbitraires et de détentions abusives sous le prétexte de la recherche de caches d’armes. Les violations de domiciles sont monnaies courantes et les actes de pillages continuent.

Pour échapper aux exactions, voir à la mort, les cadres, militants et sympathisants du FPI et de LMP vivent depuis plus d’un mois dans la clandestinité, la peur et la précarité, séparés de leurs familles, femmes et enfants. Beaucoup d’entre eux ont pris le chemin de l’exil. A ce jour, plus de dix mille exilés sont enregistrés au Ghana, Togo et Bénin.

Le sentiment d’insécurité est renforcé à Abidjan en particulier par la poursuite des combats, notamment à Yopougon et à Abobo où entre groupes d’auto-défense, Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) et partisans d’Ibrahim Coulibaly dit IB, on ne sait plus qui attaque qui. Le tout est que les populations fuient les quartiers, abandonnant leurs domiciles aux pilleurs. Ces pillages sont d’une telle ampleur et si systématiques qu’ils apparaissent comme une dimension du plan de conquête d’Abidjan.

Dans ce contexte de violence, l’Etat de droit et les libertés sont étouffés. L’arbitraire règne en maître. Les acquis démocratiques de la longue lutte du FPI sont aujourd’hui menacés. « Notre Voie », le quotidien du FPI ne peut paraître ; les bureaux ont été saccagés, le matériel informatique et technique emporté et l’imprimerie d’un coût de près de cinq cent millions (500 000 000) FCFA incendiée. L’opposition est réduite au silence.

C’est le règne de la pensée unique dans l’audiovisuelle comme dans la presse écrite et une ambiance de dictature s’installe progressivement sur le pays. Elle alimente la peur et la méfiance des uns. Elle encourage les actes d’agression et d’humiliation perpétrés par les autres. Le pays est divisé : entre les vainqueurs du 11 avril et les autres.

Comment combler cette fracture ? Comment rassembler et légitimer les institutions représentatives à même de restaurer la paix et la cohésion nationales ?

La guerre et la violence ont montré leurs limites. Malgré le 11 avril 2011, le pays n’a pas retrouvé la paix ; au contraire les positions se sont radicalisées et la fracture sociale s’est élargie ; il n’y a pas de solution militaire à une crise politique. Mais en même temps, il serait illusoire d’espérer résoudre la crise politique par des arrangements entre Chefs d’Institutions.

II- DE LA LEGITIMATION INSTITUTIONNELLE

Les visites au Chef de l’Etat, du Président de l’Assemblée Nationale d’une part et du Président du Conseil Constitutionnel d’autre part, remettent au goût du jour les questions initiales de la crise post-électorale que sont la question de la légitimité et celle de la légalité.

Les aborder aujourd’hui signifie que le 11 avril ne les a pas régler. Mais les aborder par le biais des institutions est une illusion ; car ces questions sont d’abord politiques c’est-à-dire qu’elles sont en liaison avec les choix et les déterminations du peuple, avant d’être juridiques et institutionnelles.

C’est pourquoi est d’avance vouée à l’échec, toute solution qui chercherait, comme cela semble se dessiner à l’heure actuelle, à faire l’impasse sur l’ouverture de négociations franches et sincères avec les forces politiques et sociales significatives du pays.

Au demeurant, comment le groupe parlementaire FPI peut-il siéger dans la sérénité et participer activement aux débats de l’Assemblée Nationale alors que sa Présidente est emprisonnée pour des motifs politiques et sans que son immunité parlementaire n’ait été levée ?

Comment le Groupe parlementaire peut-il avoir une oreille attentive au discours du Chef de l’Etat alors que Laurent Gbagbo, Fondateur du parti croupit en prison en un lieu inconnu de ses proches et que cette situation divise le pays ?

Comment le Président du Conseil Constitutionnel peut-il justifier et fonder l’investiture de deux Présidents pour la même élection présidentielle ? Etc.

En définitive, seule une solution politique issue de négociations et d’un consensus de la classe politique peut permettre à notre pays d’éviter le ridicule et de sortir dignement de cette crise politique.

III- D’UNE SOLUTION POLITIQUE DE SORTIE DE CRISE

Sortir le pays de la crise exige courage politique et sens élevé de la responsabilité. Faire preuve de courage politique, c’est regarder la vérité en face et reconnaître que le pays est en crise et que cette crise est principalement d’ordre politique.

Faire preuve de responsabilité, c’est reconnaître que depuis la chute du mur de Berlin et dans les pays en développement et en transition démocratique comme le nôtre, il n’y a pas trente-six mille manières de résoudre une crise politique, mais une seule, celle de la négociation et du dialogue politique. Elle exige humilité, hauteur de vue et ouverture d’esprit, sens de l’intérêt national. Elle exige de la patience ; mais elle est durable si la sincérité et la bonne foi animent les différents acteurs.

En l’occurrence, la solution politique de sortie de crise permettra de restaurer la confiance mutuelle, d’assurer la décrispation de l’environnement sociopolitique et de créer les conditions de la paix, de la sécurité, de la réconciliation nationale et de la stabilité politique.

La solution politique de sortie de crise adressera les questions suivantes liées à :

- L’ordre public et la sécurité des personnes et des biens ;

- Au désarmement, au retour des militaires dans les casernes, au rapatriement des mercenaires, etc. ;

- La sécurité physique, juridique et professionnelle des membres des Forces de Sécurité et de Défense (FDS) loyalistes ;

- L’adoption d’une solution négociée, dans la dynamique de la réconciliation nationale pour mettre fin aux mouvements armés à Yopougon et à Abobo ;

- La réinstallation des déplacés et le retour des exilés ;

- Le rétablissement des médias d’Etat et le traitement équitable des différents courants d’opinion ;*

- La restauration des acquis démocratiques ;

- L’adoption d’une loi d’amnistie pour fermer la grande parenthèse et la crise sociopolitique en Côte d’Ivoire et pour poser les jalons de la réconciliation nationale ;

- La libération du Président Laurent Gbagbo et de tous les prisonniers politiques.

CONCLUSION

Terre d’espérance, la Côte d’Ivoire est à genoux, mais elle ne s’est pas encore écroulée. Elle peut et elle doit se relever avec l’engagement de tous ses fils et de toutes ses filles.

C’est pourquoi il est impérieux que s’engage ici et maintenant, le dialogue politique et des négociations avec les forces politiques et sociales pour fonder un consensus national pour un nouveau contrat social ; un contrat pour la restauration et pour la réconciliation nationale.

Fait à Abidjan le 21 avril 2011

Pascal Affi N’guessan

Président du FPI

http://www.ivoirediaspo.net/?p=5624

25/04/2011

n°4 - Journaux de guerre - 24-04 - Début - Barack Obama autorise l'utilisation de drones américains ...

n°4 - Journaux de guerre - 24-04 - Début  - Barack Obama autorise l'utilisation de drones américains ...


 Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions occidentales.



Journaux de guerre

n°4                             24-04

C.Debroeder &  M.Lemaire



Le Journaux de guerre se retrouve

a) sur nos  blogs :  http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                               http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

c) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

Tiré à part

Barack Obama autorise l'utilisation de drones américains armés en Libye

Une semaine en ....

1- Lybie

Tant qu'à faire ...

a) La Gambie expulse l'ambassadeur libyen.

b) Smaïn Bédrouni : "la Libye est un pays magnifique ..."

c) Manlio Dinucci : La rapine du siècle : l’assaut des « volontaires » sur les fonds souverains libyens.

d) Daniel Lagot : Gaza, Lybie,… : ambiguïtés et détournements du droit international humanitaire. 

e) Philippe Leymarie : Le prix d'une guerre.

Fin

La semaine en ...

2-Syrie

a) L’opposition syrienne financée par Bush mais aussi par Obama.

b) Gilles Munier : Syrie, Libye - Comment la CIA provoque des ’révolutions’ dans les pays qu’elle veut soumettre.

c) Gilles Munier :  La Syrie, prochaine cible de l'OTAN ?

d) Bachar el-Assad lève l’état d’urgence en Syrie.

e) Manlio Dinucci : L’OTAN manque de bombes. Autres armes et avions pour la guerre.

f) Le chef d'état-major américain sceptique sur l'issue de l'opération en Libye

La semaine en ...

3 - Côte d'Ivoire

a) Bombardement massifs à Yopougon d'Abidjan.

b) Après avoir installé le chaos en Côte d’Ivoire, La France recolonise le pays.

La semaine en ...

4 Bahreïn

a) Alain Gresh : Silence sur Bahreïn.



Tiré à part

Barack Obama autorise l'utilisation de drones américains armés en Libye

Le président Barack Obama a approuvé l'utilisation de drones armés en Libye, autorisant les frappes aériennes américaines contre les forces au sol pour la première fois depuis que les États-Unis ont transféré le contrôle de l'opération à l'OTAN, le 4 avril.

Ce sera aussi la première fois que des drones seront utilisés pour mener des frappes aériennes depuis le début du conflit en Libye le 19 mars, même si des drones effectuent fréquemment des missions de surveillance, a déclaré jeudi le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, à des journalistes réunis au Pentagone.

M. Gates a affirmé que les États-Unis fourniraient jusqu'à deux patrouilles aériennes de combat par jour, assurées par des drones Predator.

Le général James Cartwright, vice-président du Comité des chefs d'États-majors interarmées, a précisé que les drones pouvaient aider à contrecarrer les tactiques des forces de Mouammar Kadhafi, qui se déplacent dans des véhicules civils afin de se fondre dans les rangs des rebelles.

Le général Cartwright a expliqué que les drones avaient la capacité de voler à plus basse altitude, ce qui leur permet d'avoir une meilleure visibilité sur les cibles. Il a ajouté que ces appareils étaient particulièrement appropriés dans les zones urbaines.

Robert Gates a rejeté la prétention selon laquelle l'approbation des frappes de drones signifiait que les États-Unis glisseraient lentement vers un rôle plus actif dans les combats, malgré la promesse du président Obama de se limiter à fournir un soutien à l'OTAN.

Les États-Unis ont joué un rôle de premier plan dans les premiers jours du conflit en Libye. Mais les forces américaines étant occupées en Irak et en Afghanistan et dans les opérations humanitaires au Japon, le Pentagone a cédé le contrôle de la mission à l'OTAN, affirmant que les États-Unis ne mèneraient que des frappes aériennes limitées pour détruire les défenses aériennes des forces du colonel Kadhafi. Les États-Unis ne mèneront plus de frappes aériennes pour protéger la population civile, a dit le président Obama.

«Je crois que c'est un rôle additionnel très limité de notre part, mais il procure des capacités additionnelles à l'OTAN», a dit le secrétaire à la Défense. «Et si nous pouvons faire une modeste contribution avec ces Predators armés, nous allons la faire. (...) Je crois que personne d'entre nous ne voit cela comme un changement d'orientation de la mission.»

M. Gates a ajouté que Barack Obama avait été clair sur le fait qu'il n'y aurait pas de soldats américains déployés au sol, et que les principales frappes aériennes étaient de la responsabilité des alliés de l'OTAN.

Un premier drone Predator a tenté de mener une mission en Libye jeudi, mais l'appareil, armé de missiles Hellfire, a dû rebrousser chemin à cause du mauvais temps, sans avoir tiré une seule de ses munitions, a dit le général Cartwright.

De Lolita C. Baldor, Robert Burns, The Associated Press
http://www.google.com/hostednews/canadianpress/article/ALeqM5hKoq1qyBLYCHZf5e_2dLjOkgWKSg?docId=6636477

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Une semaine en ....

1- Lybie

Tant qu'à faire ...

a) La Gambie expulse l'ambassadeur libyen.

La Gambie a décidé d'expulser l'ambassadeur de Libye, fidèle à Moammar Kadhafi, en poste dans le pays, et a annoncé soutenir le Conseil national de transition (CNT), qui représente la rébellion libyenne. 

Dans un communiqué publié vendredi, le gouvernement gambien donne à l'ambassadeur et à ses collaborateurs libyens 72 heures pour quitter ce petit pays d'Afrique de l'Ouest enclavé dans le Sénégal. Les autorités annoncent également le gel des avoirs détenus en Gambie par le régime Kadhafi. 

Ceux-ci incluent deux hôtels cinq étoiles et un parc de loisir, et représentent un investissement important dans le pays. La Gambie explique que sa décision est motivée par les "atrocités" commises par le régime Kadhafi "contre des citoyens innocents".

The Associated PressAP –

22 avr. 2011


b) Smaïn Bédrouni : "la Libye est un pays magnifique ..."

Exclusif (LVO) : Smaïn Bédrouni le fondateur de "La Voix des Opprimés" est allé en Libye récemment et a fait une déclaration à son retour en France disant que "les médias racontent n'importe quoi concernant la situation en Libye. Ce qu'ils disent ne correspond pas du tout à la réalité.

Les journalistes semblent répondre uniquement aux besoins de l'agenda de la guerre.  

LVO : Vous venez de rentrer de Libye, comment est la situation sur place ? 

Smaïn Bédrouni : Entre deux bombardements de la coalition internationales, les villes sont paisibles, les habitants sont heureux et veulent qu'on les laisse vivre en paix.  Lorsqu'on se trouve sur place en Libye, on comprends vite que Kadhafi est le symbole National et que s'en prendre à sa personne, c'est porter atteinte à l'honneur de tout un peuple, un pays, une nation. Imaginez qu'en France on brûle le drapeau national en plein Paris devant l'Elysée, est ce que cela est toléré ? Je ne pense pas, les forces de polices vous arrêteraient immédiatement, s'ils vous voyaient tenter de brûler le drapeau tricolore. Si vous insultez sarkozy de dictateur, vous seriez tout de suite poursuivi par la justice pour diffamation. Alors de quel droit, les hommes politiques français se permettent-ils d'insulter le leader Libyen de dictateur ou de fou ? En insultant le leader de la révolution libyenne c'est toute l'histoire de la Libye et son peuple qu'ils insultent . Cela est très très grave de la part d'un pays qui se dit défenseur des droits de l'homme. 

 Tout cela ne ressemble à rien d'autre qu'une manipulation à grande échelle pour voler un pays, une nation prospère. 
La Libye est un pays en plein essor et ses infrastructures sont en plein développement, j'y ai vu de nombreux chantiers de constructions à l'arrêt à cause des bombardements de la coalition internationale. De magnifiques constructions sont en cours ou ont été réalisées, les habitants jouissent de conditions de vies que jalouseraient de nombreux pays du monde. Des villes entières ont été construites par l'Etat qui a distribué pratiquement gratuitement les maisons aux familles. Les libyens ne travaillent pratiquement pas, ils touchent un salaire mensuel des revenus du pétrole. Des nombreux immigrés viennent des quatre coins du monde pour travailler en Libye. Selon ce que m'ont dit des réfugiés africains qui quittaient le pays à cause des bombardements occidentaux, la Libye à toujours été un pays très accueillant et généreux mais les "rebelles" font la chasse aux africains noirs pour les massacrer car ils les accusent d'être des mercenaires. On y trouve une forte population d'africains, sans papier pour certains, travaillant depuis plusieurs années qui envoyaient de l'argent à leurs familles qui dépendaient de ces revenus pour vivre. Je ne sais pas ce que vont devenir ces familles qui n'ont plus rien pour vivre maintenant que leur fils, leur frère ou leur père ne travail plus et est obligé de rentrer au pays.

Quelle est la position du peuple concernant Kadhafi

Comme je viens de le dire, le peuple libyen veut garder son leader de la révolution qu'il considère comme son guide, son père, son fils, et son frère...
J'ai rencontré la population et j'ai filmé quelques témoignages de gens dans les rues de Tripoli et tous sans exception soutiennent Kadhafi et reprochent à la France ses agression injustifiées contre celui qu'ils considèrent comme le père de la Nation Libyenne.

Pourquoi êtes vous parti en Libye ?

 Je dirige une association qui œuvre pour le développement de l'Afrique et la Libye est un acteur incontournable de ce continent en matière de développement. Kadhafi est un africain qui aime vraiment toute l'Afrique et qui a fait beaucoup pour ce Continent, il travail depuis des années à la réalisation des Etats Unis d'Afrique et a proposé des solutions constructives afin de permettre à tous les pays membre des EUA de sortir du sous développement. Il est évident pour moi que c'est une des principales raisons pour laquelle Kadhafi est attaqué depuis tant d'années et que malgré ses actions positives ils veulent le faire passer pour un monstre. Les hommes politiques le jalousent de par sa position au niveau international car il a été désigné par les rois traditionnels et présidents africains comme leur roi et Imam des croyants. Aucun homme politiques à travers le monde n'a bénéficié d'une telle considération au niveau international. 

Etes-vous parti en Libye afin de soutenir Kadhafi ?

 Pas du tout , cela n'est pas l'objectif de notre association "Niaguis Développement durable" qui est une organisation non gouvernementale, nous ne dépendons d'aucun gouvernement et notre association populaire est au service des peuples. Ce qui m'a poussé à me rendre sur place, c'est mon désire de montrer au peuple libyen en tant que français que le peuple de France n'est pas d'accord avec la guerre et que nous sommes solidaires avec eux. Je suis allé à Bab Al-Azizya ou habite Kadhafi et j'ai parlé au micro devant les milliers de personnes qui étaient présentes, hommes femmes et enfants qui se rendent chaque jour et chaque nuit, sur place afin de protéger Kadhafi des bombardements "croisés". Le peuple est prêt à mourir pour lui, je pense que la communauté internationale à fait une énorme erreur en attaquant un symbole nationale et internationale comme Mou3ammar Kadhafi et que le temps donnera raison à la vérité. Les médias et les politiques peuvent mentir, comme ils le font toujours, mais à chaque fois avec le temps, le mensonge disparait pour laisser place à la vérité.  

Que dit la population libyenne au sujet de l'intervention de l'Occident ?

Nous avons parcouru plusieurs villes et rencontré les habitants. Tous nous ont dit être avec Kadhafi, "C'est notre Kadhafi à nous, c’est notre père, il est le fils de la Libye, le père de la révolution libyenne, notre symbole national, le frère guide, nous allons nous battre contre quiconque essais de toucher à notre Kadhafi, nous couperont toute main qui tenterait de l'approcher, nos bras, nos jambes, nos corps, nos têtes, nos âmes et nos biens, le peuple tout entier du plus petit au plus âgé est avec Mou3ammar." Les occidentaux ne sont pas venu pour la démocratie, ils sont venus pour le pétrole, vous mentez.../... Surtout pas Kadhafi, Obama.../... Sarkozy dégage.../... Allah, Mou3ammar, la Libye et c'est tout !"
Lorsque j'ai entendu ces propos j'ai été surpris. Je savais que les médias mentaient mais à ce point je n'aurais pas imaginé. J'ai interviewé ces personnes et je possède les vidéos que je garde à disposition des médias qui voudraient parler un peu de l'avis du peuple libyen.
J'en conclus donc que l'information que l'on donne est orientée afin de servir d'autres intérêts que ceux du peuple libyen. Comme on dit : "Broutez broutez moutons afin que l'on puisse vous tondre."
Je suis chercheur depuis plus de 20 ans dans ces domaines et j'ai acquis une certaine capacité d'analyse, j'ai tout de suite su que l'on arriverait à un échec de la part de la coalition internationale. Cela était évident. Lorsque j'ai expliqué cette réalités à certains de mes proches, on m'a regardé de haut, sauf quelques amis qui me connaissent depuis longtemps et qui ont compris la manipulation internationale des fausses révolutions populaires. 

Un artiste français s'est aussi rendu sur place en Libye, êtes vous au courant ? L'avez-vous rencontré?

Tout à fait, vous parlez de Dieudonné Mbala Mbala, nous nous sommes rendu ensemble en Libye avec Ginette Skandrani et Maria Poumier dans le cadre de la première commission d'enquête populaire pour la vérité sur la Libye" que nous avons mis en place au travers de nos différentes associations.

Vous étiez ensemble ? Mais pourquoi n'êtes vous pas intervenu à travers les médias français au moment ou Dieudo, Ginette et Maria ont donné leur conférence de presse ?

Je m'y trouvais mais je ne voulais pas spécialement intervenir car les journalistes sont tellement en décalage par rapport à la réalité que je pense qu'ils ne sont pas prêts à diffuser toute la vérité sur la Libye pour le moment. j'ai quand même parlé à quelques journalistes après la conférence de presse hors caméra et ils sont tombés des nues lorsque je leur ai donné quelques informations sur la situation réelle.

A Tripoli, nous avons donné une conférence de presse et les journalistes présents étaient très en colère après nous, voyant que nous allions à contre courant de ce qu'ils disaient. Nous leurs avons rappelé leur responsabilité en matière d'information ensuite ils font ce qu'ils veulent. Mais en ce qui nous concerne, nous avons vu par nous même la réalité sur place. J'ai vu le quartier Al-Fashlum à Tripoli, ses rues, ses commerces, ses belles villas et ses routes intactes alors que les médias nous avaient dit que l'aviation de Kadhafi avait bombardé ce quartier. La vie y était normale, les boutiques ouvertes les passants dans les rues vivaient normalement comme dans n'importe quelle ville du monde, les médias avaient encore menti comme ils l'on fait au sujet de Ginette, Maria et Dieudo et comme ils l'on fait à mon sujet durant toutes ces années depuis 2001.   Lorsque nous étions en Libye les médias étaient encore en trains de mentir sur Dieudonné en disant qu'il était parti pour visiter les bases militaires et rencontrer Kadhafi. J'étais sur place et je peux vous assurer que tout cela est faux. Pour moi le mensonge est flagrant. A notre retour en France, un journal suisse à voulu faire plus que les autres médias et il est allé jusqu'à inventer que Dieudonné allait organiser des attentats en France... De la vrai science fiction.

Je pense que dans quelques jours les médias vont enfin pouvoir parler des crimes commis par la coalition internationale contre le peuple libyen, des bombardements des hôpitaux civiles et des villes comme Sabha et autres soumises des nuits entières aux raids de l'aviation occidentale. La coalition internationale a commis des crimes contre l'humanité en Libye et ce sera difficilement avouable de leur part, ils vont surement parler d'accidents ou d'erreurs, ou même de dégâts collatéraux. j'ai apporté avec moi de Libye des images de ce qui s'est passé. 

Vous n'avez pas confiance aux médias, pourquoi ?  

Il y a dix ans j'ai aussi été moi-même diabolisé par ces mêmes médias, parce que j'avais dénoncé des réseaux de pédophilie ainsi que leurs mensonges concernant le 911. Pour la petite histoire, ces "journaleux" m'ont qualifié de terroriste islamiste, intégriste, antisémite et toute la clique... de quoi me faire passer dix fois sous la guillotine ou sur le brasier.
Voila ce que ca coute d'oeuvrer pour les droits de l'homme et de donner un avis dans un pays démocratique tel que la France. C'est dommage car ce n'est pas l'idée que j'avais de la démocratie.

Lorsque j'étais en Libye j'ai critiqué volontairement Kadhafi afin de voir la réaction des gens, j'ai dis qu'il était un dictateur et que la presse nous rapportaient la vérité. Vous savez qu'elle a été la réaction des gens dans les rues ? Ils m'ont parlé avec beaucoup de sagesse et arguments en me parlant de la réelle personnalité de Kadhafi, de sa proximité avec son peuple, de sa dévotion et humilité, de toutes ces qualités qui font de nous un homme honnête et bon. Ils m'ont parlé de tout ce qu'il a fait pour son peuple et pour l'Afrique. Je vous avoue que je me suis dit à ce moment la que si c'est ça un dictateur, alors comment devons nous qualifier nos chef d'Etats à nous dans nos démocraties. je me suis retrouvé ridicule, j'avais vraiment honte que mon pays soit à l'origine de l'agression contre la Libye.

Les médias racontent n'importe quoi concernant la situation en Libye. Ce qu'ils disent ne correspond pas du tout à la réalité. Les journalistes semblent répondre uniquement aux besoins de l'agenda de la guerre. La réalité sur place est que la Libye est un pays magnifique et sa population est avec son leader.  
Comme je vous l'ai dit, ce sont les journalistes sur place qui mentent. Ceux que j'ai vu étaient tous à Tripoli. Ils résidaient dans le plus prestigieux hotel de la capitale aux frais du peuple Libyen, nourris des meilleurs plats, logés dans le plus grand confort, disposant de toutes les technologies de communications, ils n'ont fait à ma connaissance pratiquement aucun travail de recherche sérieux afin de connaître la vérité en Libye. Tout ce qu'ils faisaient consistait à rédiger des articles dans le but de justifier l'agenda de la guerre que leurs chefs en Europe ou en Amérique leurs avaient imposé. Ils étaient vraiment organisés comme des soldats de la propagande de guerre. Nous leurs avons donné une conférence de presse et raconté une toute petite partie de ce que nous avions vu sur place et ils semblaient très gênés pour certains d'entre eux et très en colère pour les autres d’être dévoilés. Le plus dangereux en Libye ce n'est certainement pas Kadhafi contrairement à ce que l'on a essayé de nous faire croire mais les journalistes qui soutiennent une politique internationale qui soutien des groupes armés terroristes qui tentent de prendre le contrôle du pétrole et des armes de la Libye avec le soutien de la communauté internationale.

Avez-vous eu peur d'aller en Libye ?

Avant de partir, j'avais assez peur à cause de ce que nous racontaient les médias mais lors de notre voyage et pendant toute la duré du séjour, je n'ai à aucun moment ressenti une peur quelconque au contraire, je me sentais très bien mais le pays était en danger, il était agressé par des bandes armées soutenues par les armées de la coalition internationale et c'est ce grand danger qui est apparu de manière flagrante pour la population.

Dans toute cette histoire ce sont certainement les médias qui poussent les populations occidentales à accepter des agressions contre des pays souverains au mépris du droit international. Que nos politiques fassent les voyous, nous en avions déjà l'habitude mais que les professionnels des médias qui n'ont d'autre solution pour vivre que de faire la propagande des criminels de guerre ne fassent rien pour empêcher le sang des innocents opprimés de couler est une chose que ni les peuples du monde, ni l’histoire ne pourront oublier. 

Smaïn Bédrouni

Orientz - www.stcom.net

http://news.stcom.net:80/modules.php?name=News&file=article&sid=6047

AP


c) Manlio Dinucci : La rapine du siècle : l’assaut des « volontaires » sur les fonds souverains libyens.

L’objectif de la guerre en Libye n’est pas seulement le pétrole, dont les réserves (estimées à 60 milliards de barils) sont les plus grosses d’Afrique et les coûts d’extraction parmi les plus bas du monde, ni le gaz naturel dont les réserves sont estimées à environ 1.500 milliards de m3. Dans le viseur des « volontaires » de l’opération « Protecteur unifié » il y a aussi les fonds souverains, les capitaux que l’Etat libyen a investi à l’étranger.

 Les fonds souverains gérés par la Libyan Investment Authority (Lia) sont estimés à environ 70 milliards de dollars, qui grimpent à plus de 150 si l’on inclut les investissements étrangers de la Banque centrale et d’autres organismes. Et ils pourraient être plus importants encore. Même s’ils sont inférieurs à ceux de l’Arabie saoudite ou du Koweït, les fonds souverains libyens se sont caractérisés par leur croissance rapide. Quand la Lia a été constituée en 2006, elle disposait de 40 milliards de dollars. En cinq années à peine, elle a effectué des investissements dans plus de cent sociétés nord-africaines, asiatiques, européennes, nord-américaines et sud-américaines : holding, banques, immobilier, industrie, compagnies pétrolières et autres.

 

En Italie les principaux investissements libyens sont ceux effectués dans UniCredit Banca (dont Lia et la Banque centrale libyenne possèdent 7,5%), dans Finmeccanica (2%) et Eni (1%) : ces investissements et d’autres (dont 7,5% au Juventus Football Club) ont une  signification plus politique qu’économique (ils se montent à environ 4 milliards de dollars).

 

La Libye, après que Washington l’ait effacée de sa liste de proscription des « Etats voyous », a essayé de se refaire une place à un niveau international en misant sur la « diplomatie des fonds souverains ». Quand les Etats-Unis et l’Union européenne ont révoqué leur embargo de 2004 et les grandes compagnies pétrolières sont revenues dans le pays, Tripoli a pu disposer d’un surplus commercial d’environ 30 milliards de dollars annuels qu’il a destiné en grande partie aux investissements étrangers. La gestion des fonds souverains a cependant créé un nouveau mécanisme de pouvoir et corruption, aux mains de ministres et hauts fonctionnaires, qui a probablement échappé au contrôle de Kadhafi lui-même : confirmé par le fait qu’en 2009, ce dernier a proposé que les 30 milliards de dividendes pétroliers allassent « directement au peuple libyen ». Ceci a accentué les fractures à l’intérieur du gouvernement libyen.

 

C’est sur ces fractures que se sont appuyés les cercles dominants étasuniens et européens qui, avant d’attaquer militairement la Libye pour mettre la main sur sa richesse énergétique, se sont appropriés les fonds souverains libyens. Cette opération a été favorisée par le représentant même de la Libyan Investment Authority, Mohamed Layas : comme le révèle un câblogramme exfiltré à travers Wikileaks, le 20 janvier Layas a informé l’ambassadeur étasunien à Tripoli que la Lia avait déposé 32 milliards de dollars dans des banques étasuniennes. Cinq semaines plus tard, le 28 février, le Trésor étasunien les a « gelés ». Selon les déclarations officielles, c’est « la plus grosse somme d’argent jamais bloquée aux Etats-Unis », que Washington garde « en dépôt pour l’avenir de la Libye ». Elle servira en réalité pour une injection de capitaux dans l’économie étasunienne toujours plus endettée. Quelques jours plus tard, l’Union européenne a « gelé » environ 45 milliards d’euros de fonds libyens.

 

L’assaut sur les fonds libyens aura un impact particulièrement fort en Afrique. Ici, la Libyan Arab African Investment Company a effectué des investissements dans plus de 25 pays, dont 22 en Afrique sub-saharienne, en programmant de les augmenter dans les cinq prochaines années, surtout dans les secteurs minier, manufacturier, touristique et dans celui des télécommunications. Les investissements libyens ont été décisifs dans la réalisation du premier satellite de télécommunications de la Rascom (Regional African Satellite Communications Organization) qui, mis en orbite en août 2010, permet aux pays africains de commencer à se rendre indépendants des réseaux satellitaires étasuniens et européens, en réalisant ainsi une économie annuelle de centaines de millions de dollars. 

Plus importants encore ont été les investissements libyens dans la réalisation des trois organismes financiers lancés par l’Union africaine : la Banque africaine d’investissement, dont le siège est à Tripoli ; le Fond monétaire africain, siége à Yaoundé (Cameroun) ; la Banque centrale africaine, siège à Abuja (Nigeria). Le développement de ces organismes permettrait aux pays africains d’échapper au contrôle de la Banque mondiale et du Fond monétaire international, tous deux instruments de domination néo-coloniale, et marquerait la fin du franc Cfa, la monnaie que sont obligés d’utiliser 14 pays, ex-colonies françaises. Le gel des fonds libyens assène un coup très dur à tout le projet. Les armes utilisées par les « volontaires » ne sont pas seulement celles de l’opération « Protecteur unifié ».

Edition de vendredi 22 avril 2011 de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20110422/manip2pg/09/manip2pz/301857/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio


d) Daniel Lagot : Gaza, Lybie,… : ambiguïtés et détournements du droit international humanitaire. 

On a beaucoup dit, à propos de la position récente du juge Goldstone sur Gaza, qu’il s’est renié. On a aussi beaucoup dénoncé à juste titre le système « deux poids-deux mesures » appliqué au niveau international. Pour mieux comprendre ce qu’il en est, ce qu’est le droit international humanitaire et la manière dont les pays occidentaux l’utilisent et le détournent à leur profit, rappelons d’abord quelques aspects peu connus de ce droit.

   Droit international humanitaire et pertes civiles

    Il repose d’abord dans ce domaine sur les traités. Les Conventions de Genève (1949), ratifiées par tous les pays, protègent entre autres les personnes « au pouvoir d’une partie au conflit ou d’une puissance occupante » contre les atteintes à leur intégrité physique, ce qui peut s’appliquer au cas d’attaques contre des populations dans des zones ou territoires où n’a pas ou plus lieu de conflit armé (voir ci-dessous le cas de Gaza), mais elles ne protègent pas les populations civiles contre les effets des hostilités en cours de conflit. C’est leur Protocole additionnel I de 1977 qui est une avancée majeure dans ce domaine. Il s’applique aux conflits entre Etats ainsi qu’aux « luttes des peuples contre la domination coloniale, l’occupation étrangère ou les régimes racistes », et a été ratifié par 171 pays, mais pas par les Etats-Unis ou Israël et avec des réserves au sens juridique par les grands pays occidentaux européens. Le Statut de la CPI, Cour pénale internationale (1998), a, lui, été ratifié par 114 pays. Il a été mis au point sous influence occidentale y compris des Etats-Unis même s’ils trouvent plus commode de ne pas le ratifier, et il est en net recul par rapport au Protocole dans le domaine qui nous concerne ici : voir ci-dessous. Le « droit coutumier », notion cependant incertaine, est supposé représenter de son côté le droit tel qu’il semble s’imposer, que les Etats aient ou non ratifié tel ou tel traité. Y sont entre autres des crimes de guerre, dont les responsables devraient être poursuivis au niveau international i) les attaques intentionnelles contre des populations civiles et ii) les attaques visant des objectifs militaires mais pouvant causer des pertes civiles (« dommages collatéraux ») trop graves et/ou disproportionnées.

    Il n’y a cependant pas consensus sur les énoncés précis de ces principes. Sur le point i), le Protocole précise que la présence de non civils isolés « ne prive pas la population de sa qualité civile », précision non reprise dans le Statut de la CPI  qui parle d’attaques intentionnelles contre les populations « en tant que telles ». Sur le point ii), le Protocole interdit les attaques « indiscriminées », ne pouvant pas viser de manière précise un objectif militaire déterminé et susceptibles de causer incidemment des pertes civiles « excessives par rapport à l’avantage militaire direct et concret attendu ». Elles y sont des crimes de guerre si elles sont menées en sachant qu’elles vont causer de telles pertes. Le Statut de la CPI ne reprend pas cette définition des attaques indiscriminées et définit comme crimes de guerre, dans le cas de conflits entre Etats, les attaques menées en sachant qu’elles vont causer des pertes civiles « qui seraient manifestement excessives par rapport à l’ensemble de l’avantage militaire…». Il ne donne pas de règle sur les « dommages collatéraux » pour les conflits internes à un pays.

     La notion d’ensemble de l’avantage militaire a plusieurs interprétations, dont celle des grands pays occidentaux européens lors de leur ratification du Protocole selon laquelle « l’avantage militaire doit désigner celui de l’ensemble de l’attaque et non de ses parties isolées ou particulières » donnant au mot attaque le sens d’un ensemble d’opérations militaires. Les changements par rapport au Protocole renforcent l’ambiguïté qui y était encore en partie présente, et rendent difficile des poursuites contre les dirigeants responsables de politiques de bombardements causant de graves pertes civiles sauf à prouver leur intention d’attaquer les populations en tant que telles (voir cas de Gaza ci-dessous).

     Le Statut de la CPI affirme définir « le cadre établi du droit international » et n’a pas été modifié sur les points i) et ii) lors de sa révision en juin 2010 en dépit de tout ce qui s’est passé de 1998 à nos jours. Une étude de 2005 du CICR, Comité international de la Croix-Rouge, sur le droit coutumier avait entretemps repris sur le point i) la formulation de la CPI et sur le point ii) la notion d’attaque indiscriminée du Protocole et des formules intermédiaires entre celles du Protocole et du Statut, pour tous les conflits armés, y compris internes. L’étude constate les problèmes posés par le Statut, en cherchant à en diminuer l’importance avec des arguments peu convaincants. Le rapport Goldstone fin 2009 ne donne pas de formulations précises mais sa teneur générale est assez proche du Protocole ou de l’étude du CICR.

 

     Gaza, rapport Goldstone (2009) et position récente (2011) du  juge Goldstone

     Le rapport, sans être le jugement d’un tribunal, mettait fortement en cause Israël, suggérait qu’il y aurait eu de sa part crimes de guerre, voire contre l’humanité (politique d’attaque systématique et généralisée contre une population civile, en temps de guerre ou en l’absence de conflit armé à proprement parler), et pointait vers une responsabilité éventuelle à un niveau élevé. Le juge Goldstone présente un point de vue plus favorable à Israël dans un article récent du Washington Post, en tenant compte, dit-il, de ce qu’il a appris depuis. S’est-il « renié » ? Le rapport demandait des enquêtes sérieuses de la part d’Israël. Le juge considère aujourd’hui qu’elles ont largement eu lieu et ont abouti ou pourraient aboutir à la mise en cause de quelques subalternes dans des cas d’attaques délibérées contre des civils, mais il pense aujourd’hui qu’il n’y a pas intention des dirigeants israéliens d’attaquer les civils en tant que tels…, et il semble reprendre la thèse d’Israël, qui est aussi (malgré quelques réserves) celle des pays occidentaux, selon laquelle les pertes civiles ont certes été très regrettables mais non « manifestement » excessives par rapport à l’ « ensemble » de l’avantage militaire qui était attendu de l’attaque Plomb durci, à savoir assurer la sécurité d’Israël en détruisant l’ « organisation terroriste du Hamas ».

    Qu’en est-il ? On peut penser que les dirigeants souhaitaient attaquer les civils « en tant que tels », mais il est difficile de l’affirmer. Ce qui est clair est que les ordres étaient de bombarder en y « mettant le paquet », et tant pis pour les « dommages collatéraux », dès lors qu’une présence ennemie même isolée était soupçonnée ou qu’un objectif civil était selon Israël susceptible de contribuer à la résistance palestinienne. Crime de guerre ? Oui selon le Protocole, situation beaucoup moins claire selon le Statut de la CPI.

      Quant aux Conventions de Genève, le rapport Goldstone suggère que Gaza serait toujours au pouvoir d’Israël via entre autres le blocus, et territoire occupé sur le plan juridique malgré une administration palestinienne à laquelle auraient été délégués des pouvoirs limités. L’attaque Plomb durci aurait ainsi eu lieu contre une population en son pouvoir, en l’absence de conflit armé à proprement parler. Cette thèse, cependant controversée, est abandonnée aujourd’hui par le juge. Israël estime, lui, bien entendu qu’il y avait conflit armé : tirs palestiniens de roquettes vers Israël,….Selon le rappor, ces tirs sont aussi des crimes de guerre, voire contre l’humanité et, sans mettre directement en cause le Hamas, le rapport lui demandait des enquêtes sérieuses et des poursuites contre les responsables. Le juge considère aujourd’hui qu’elles n’ont pas eu lieu et que l’attaque Plomb durci aurait été justifiée par ces tirs. Sont-ils des crimes de guerre ? Oui selon le Protocole, même s’ils n’ont fait que peu de victimes. Les palestiniens, s’ils s’appuient sur le Statut de la CPI, peuvent cependant dire qu’il ne s’agissait pas d’attaque contre une population civile « en tant que telle » mais de tirs au hasard vers un territoire occupé par l’ennemi sans intention d’atteindre les civils.

  

     Le cas de la Lybie

     La Charte de l’ONU interdit les interventions militaires, y compris des Nations Unies, contre un pays, sauf en cas de « menace contre la paix et la sécurité internationales ». Selon la résolution 1674 du Conseil de sécurité sur la « responsabilité de protéger » , « le fait de prendre délibérément pour cible des civils et de commettre des violations systématiques, flagrantes et généralisées du droit international humanitaire et des droits de l’homme peut constituer une telle menace… ». Pour les pays occidentaux, ce n’était évidemment pas le cas à Gaza, mais il s’agissait bien entendu d’une politique délibérée d’attaques systématiques et généralisées contre les populations civiles de la part du gouvernement lybien, justifiant l’intervention militaire « pour protéger les civils » selon la résolution 1973. Et, selon ces mêmes pays, il fallait attaquer dans ce but et détruire l’armée gouvernementale lybienne…au prix d’autres pertes civiles très probablement, en écartant toute possibilité de dialogue.

    S’il y a clairement eu crimes avant et pendant la guerre civile, dont on souhaiterait que les responsables soient poursuivis et jugés, les informations ne semblent pourtant pas permettre de confirmer la thèse occidentale d’attaque généralisée contre les populations civiles, ce que ne confirme pas le CICR. Mais, après avoir affaibli le droit international humanitaire à leur profit, les pays occidentaux ne pouvaient  pas s’appuyer sur les « dommages collatéraux » éventuels, et utilisent donc ces affirmations, comme cela a aussi été le cas en Côte d’Ivoire.

    On ne peut que dénoncer la manière dont les pays occidentaux ont tout d’abord affaibli le droit international humanitaire, puis le détournent à leur profit, et souhaiter, ce qui est peu réaliste à ce jour, que l’opinion internationale puisse imposer un vrai droit international humanitaire, dans la ligne du Protocole I de 1977, s’appliquant également à tous et permettant à la fois de rendre les guerres moins inhumaines et de rendre les agressions et crimes des pays les plus puissants plus difficiles, en limitant fortement l’emploi de leurs moyens militaires,…par exemple en interdisant de manière générale les bombardements aériens ou  les « armes lourdes », comme le préconisent les résolutions récentes du Conseil à sens unique.

     Je vous envoie ci-joint un texte que vous pouvez utiliser a votre convenance, si vous le souhaitez. J'y discute certains aspects lies a Gaza (declarations recentes du juge Goldstone,...), la Lybie,...en essayant de les clarifier de maniere plus precise.

     Cordialement,

Daniel Lagot, président de l’Association pour le droit international humanitaire, France


e) Philippe Leymarie : Le prix d'une guerre.

Philippe Leymarie, collaborateur du Monde diplomatique, a été chargé des questions africaines et de défense sur Radio-France internationale (RFI). Il est l’auteur, avec Thierry Perret, des 100 Clés de l’Afrique (Hachette littérature, 2006).

Les guerres, combien ça coûte – et par exemple celle que mène la France en Libye ? Cette question, volontiers considérée comme « triviale » à l’heure des grandes envolées humanitaro-onusiennes, a reçu de l’actuel ministre français de la défense, Gérard Longuet, une réponse fort churchillienne : « Ça coûtera beaucoup moins cher que le déshonneur de voir un peuple se faire massacrer. » Tant de soudaine sollicitude pour les peuples souffrants de la planète ne manque pas d’émouvoir. Mais n’empêche pas de tenter une estimation des coûts et surcoûts de ce que la communauté militaire nomme les « opérations extérieures »…

Table des matières

C’est un propos de Jean-Baptiste Colbert, contrôleur général des finances du roi Louis XIV : « Celui qui fait la guerre à meilleur marché est assurément supérieur à l’autre » [1].

Les soucis des gestionnaires actuels ne sont pas moindres. Eric Querenet de Breville, sous-directeur à la Direction du budget, se plaignait récemment devant des députés de ne pouvoir discerner les contours financiers des « opex » [2] : « La budgétisation et le financement des opérations extérieures sont un exercice difficile, qui s’apparente à du tir sur une cible mobile, se déformant dans le temps, dont la position nous est notifiée par le ministre de la défense sans qu’on puisse la vérifier, et dont la taille est approximative, puisqu’il s’agit d’une dépense évaluative ».

Jean-Paul Hébert [3], rappelait que les « coûts » dont on parle à propos des « opex » sont en réalité des surcoûts : il s’agit de la différence imputable à l’opération examinée par rapport au coût de l’unité en fonctionnement « normal », sur le territoire national.

Faute d’avoir accès aux documents comptables officiels, cet économiste spécialiste des questions de défense avait dû dépouiller cinquante trois rapports parlementaires pour tenter de rédiger un article sur « le coût des opex françaises » (Arès n°60, décembre 2008) : ces rapports fournissaient des informations parfois contradictoires, entre lesquelles il avait dû arbitrer. Au total, il estimait à 20 milliards les surcoûts en question, entre 1976 et 2008, soit entre 1,5 et 2 % du budget de la défense voté en loi de finances initiale.

Le jeu des relèves

Ce montant, qui a eu tendance à gonfler au début des années 1990, puis à partir de 2000, n’incluait que les engagements exceptionnels et réputés provisoires (même s’ils ont duré plus de vingt ans, comme au Tchad…), et non les frais occasionnés par les autres stationnements hors Hexagone : les 17 000 hommes en « forces de souveraineté » (en 2007), essentiellement dans les Dom-Tom ; et les 6 000 hommes des « forces de présence » (les bases permanentes en Afrique).

En ce début 2011, l’effectif des militaires directement engagés en « opex » est de 13 000 hommes environ, ce qui ne comprend pas les personnels d’état-major et de soutien des centres de commandement et bases dans l’Hexagone, mobilisés pour l’occasion. En outre, les militaires en « opex » sont relevés d’habitude tous les quatre mois (6 mois pour l’Afghanistan, 20 jours pour les pilotes), ce qui multiplie les effectifs …

Par ailleurs, les personnels dans les bases permanentes bénéficient d’une « indemnité de sujétion pour service à l’étranger », et les militaires en « opex » d’une prime de combat, avec pour tous des régimes particuliers de permissions. L’évaluation des surcoûts est encore rendue plus complexe à propos du matériel : on peut l’évaluer en quantité, mais est-ce à la valeur d’acquisition à l’origine, ou à leur valeur de remplacement ? En outre, le matériel est beaucoup plus sollicité, avec un taux d’usure et donc un coût de maintien en condition opérationnelle (MCO) plus important ; enfin, une partie est perdue au combat, ou laissée sur place (armement, véhicules, infrastructures), avec là encore un choix difficile entre valeur de remplacement ou valeur d’inventaire…

A la louche

Sans prétendre atteindre un tel degré de finesse financière, on peut tenter de cerner grossièrement les coûts des trois conflits les plus chauds du moment, auxquels participent les armées françaises : Côte d’Ivoire, Libye, Afghanistan (les autres opex « lourdes » mais moins actives sont le Liban et le Tchad). Et d’abord de la plus spectaculaire – la Libye – sachant que :

— l’heure de vol d’un chasseur Rafale est évaluée entre 12 000 et 20 000 euros (selon ce qu’on y inclut) ;

— une quarantaine de chasseurs français sont engagés dans les frappes en Libye depuis un mois (seize sur le porte-avions Charles de Gaulle, vingt-quatre sur la base de Solenzara en Corse) ;

— une vingtaine d’avions-radars, de ravitaillement ou de transport tactique (basés à Istres, Avord, Orléans) sont également mobilisés ;

— l’ensemble de ces appareils effectuent environ trente sorties par jour (soit neuf cents sorties environ, côté français, depuis le déclenchement des frappes) ;

— 3 200 militaires (2 600 sur les bateaux, 600 sur les bases à terre) interviennent directement ;

— l’heure de fonctionnement du porte-avions et de son escorte (présents sur zone depuis plus de trois semaines) peut être évaluée à 45 000 euros, environ (soit près d’un million par jour) ;

— un missile de croisière Scalp (équivalent du Tomahawk américain) vaut 750 000 euros (il en a été tiré onze par l’aviation française), les A2SM 150 à 200 000 euros, les bombes guidées GBU 50 000 euros l’unité ;

— une partie des heures de vol et des tirs peuvent être comptabilisés dans les quotas d’entraînement, quitte bien sûr à « lisser » ensuite au maximum les dépenses sur ces postes ;

— le tout dans un contexte de forte augmentation du coût des carburants (25 dollars de plus le baril, depuis la révolte en Tunisie)

Bref, sachant tout cela, et à la louche, on arrive à un coût (qui n’est qu’en partie un « surcoût » …) d’un montant d’un million et demi d’euros, en moyenne, par journée d’intervention en Libye, pour ce qui est des hommes et des matériels, compte non tenu des munitions (dont l’usage est très variable suivant les jours ou périodes).

Tendance à l’enlisement

Les Américains (dominants durant les deux premières semaines) s’étant retirés des frappes et ayant passé le commandement opérationnel à l’OTAN, la France et la Grande-Bretagne assurent pratiquement la moitié des actions offensives dans le ciel libyen. Pour la France seule, qui se veut leader « politique » de l’opération, la participation se monte à 20 % environ de l’effort général (lors de l’intervention au Kosovo, qui avait duré quatre-vingts jours, la France avait assuré un dixième de l’effort de la coalition).

En ces temps de restrictions budgétaires, et de baisse tendancielle de la plupart des crédits de défense, en tout cas dans les Etats européens, on est en droit de s’interroger sur le financement de surcoûts dus à des « aventures » militaires qui (comme c’est presque toujours le cas) ont, au surplus, tendance à s’enliser : l’opération en Afghanistan depuis 2002, Licorne en Côte d’Ivoire depuis 2004, l’actuelle intervention au Liban depuis 2008…

Dans l’immédiat, assure-ton officiellement, l’enveloppe « opex » prévue par avance dans le budget 2011 (soit 900 millions d’euros, contre 861 en 2010) épongerait le surcoût libyen … si du moins l’engagement ne s’éternise pas – car cela pourrait poser, notamment à l’armée de l’air, des problèmes sur les aéronefs, les personnels, et les munitions.

Le « Bush français »

Selon le porte-parole du ministère de la défense, « le niveau actuel des engagements français ne représente pas un pic, et reste en phase avec les moyens et le contrat opérationnel des armées », tel qu’il est défini par le Livre blanc de la défense, paru en 2008 [4]. Et on fait valoir que, pour renforcer Licorne en Côte d’Ivoire (passée de 900 à 1 800 hommes en quelques semaines), il a suffi de différer la relève d’unités sur place, et de prélever des compagnies déployées sur les bases au Gabon et au Tchad. Le coût annuel de la présence en Côte d’Ivoire en 2010 a été de 150 millions d’euros, et de 450 millions au bas mot pour l’engagement en Afghanistan.

Le surcoût d’ensemble des « opex » devrait cependant dépasser le milliard d’euros cette année (assez loin des 70 à 80 milliards de dollars de rallonge que l’ex-président américain George W. Bush demandait chaque année au Sénat pour financer ses guerres en Irak et en Afghanistan…). Une ardoise qui s’ajoutera à la considérable dette publique française, mais qui – pour celui qu’aux Etats-Unis on commence justement à appeler le « Bush français » – peut paraître modeste, si on la rapproche de retombées « immatérielles » : des guerres pour fabriquer du consensus hexagonal, et un président-chef de guerre pour tenter d’en cueillir les fruits, à un an de l’élection présidentielle [5] et faire oublier le social ; du grain à moudre pour les armées ; une vitrine pour les exportations (et notamment pour l’invendable Rafale de Dassault, à deux mois du Salon aéronautique du Bourget)…

Notes

[1] Cité par « Mon blog défense », 8 avril 2011.

[2] Audition du 5 mai 2009, mission d’évaluation et de contrôle du financement des opérations militaires extérieures, Assemblée nationale.

[3] Chercheur à l’EPHESS, où il animait un séminaire sur l’industrie de l’armement, jusqu’à son décès en juillet 2010.

[4] Cf. Nathalie Guibert, « Le temps, principal ennemi de l’armée française », Le Monde, 9 avril 2011.

[5] La classe politique, à quelques extrêmes près, ne trouve rien à y redire. 

 Philippe Leymarie

Vendredi 15 avril 2011

Philippe Leymarie, collaborateur du Monde diplomatique, a été chargé des questions africaines et de défense sur Radio-France internationale

Olivier MONTULET

Ce message vous est adressé à titre et usage privés exclusivement. Seuls les textes signés de ma plumes sont publics et libres de droits pour autant que l'usage n'en déforme pas les propos (« Le droit de chercher la vérité implique aussi un devoir. On ne doit cacher aucune partie de ce qui a été reconnu comme étant vrai » Albert Einstein) et que mon nom soit cité.

 

n°4 - Journaux de guerre - 24-04 - Fin - Barack Obama autorise l'utilisation de drones américains ...

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 Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions occidentales.



Journaux de guerre

n°4                             24-04

C.Debroeder &  M.Lemaire



Le Journaux de guerre se retrouve

a) sur nos  blogs :  http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                               http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

c) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

 

2-Syrie

a) L’opposition syrienne financée par Bush mais aussi par Obama.

b) Gilles Munier : Syrie, Libye - Comment la CIA provoque des ’révolutions’ dans les pays qu’elle veut soumettre.

c) Gilles Munier :  La Syrie, prochaine cible de l'OTAN ?

d) Bachar el-Assad lève l’état d’urgence en Syrie.

e) Manlio Dinucci : L’OTAN manque de bombes. Autres armes et avions pour la guerre.

f) Le chef d'état-major américain sceptique sur l'issue de l'opération en Libye

La semaine en ...

3 - Côte d'Ivoire

a) Bombardement massifs à Yopougon d'Abidjan.

b) Après avoir installé le chaos en Côte d’Ivoire, La France recolonise le pays.

La semaine en ...

4 Bahreïn

a) Alain Gresh : Silence sur Bahreïn.


La semaine en ...

2 - Syrie

a) L’opposition syrienne financée par Bush mais aussi par Obama.

 Selon les câblogrammes de Wikileaks et le Washington Post :

par la Rédaction de il manifesto

"Le Département d’Etat des USA a financé secrètement des groupes de l’opposition syrienne pour renverser Assad, et leurs projets parmi lesquels la télévision satellitaire Barada basée à Londres, selon des documents diffusés par Wikileaks et publiés hier par le Washington Post. La télévision Barada, qui prend le nom du fleuve qui traverse la capitale Damas, est liée au réseau d’exilés syriens basé à Londres, le « Mouvement pour la justice et le développement » : selon les dossiers des diplomates étasuniens à Damas et l’article du quotidien, le département d’Etat étasunien leur a versé depuis 2006 jusqu’à 6 millions de dollars pour, justement, mettre en œuvre la télé satellitaire mais aussi pour financer d’autres activités en Syrie. Le flux d’argent a commencé sous la présidence de George W. Bush, après que, pendant son administration, les USA eurent, en 2005, gelé les rapports avec la Syrie et mis le pays sur liste noire à cause de son soutien au Hezbollah libanais. Jusqu’ici rien d’étrange : il est logique que Bush et sa bande (terme d’origine, NdT) de neo-cons fussent tentés aussi par un « regime change » à Damas, comme pour l’Afghanistan et l’Irak. Ce qui peut se révéler plus surprenant est, si l’on s’en tient aux câblogrammes et au Washington Post, que le soutien financier aux groupes d’opposition syriens ait continué même après l’installation d’Obama à la Maison Blanche (janvier 2009)" [...] 

Texte intégral des deux articles en pièce jointe et (avec photos) sur :

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=24394

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=24395

http://www.voltairenet.org/article169489.html  


b) Gilles Munier : Syrie, Libye - Comment la CIA provoque des ’révolutions’ dans les pays qu’elle veut soumettre.

Syrie: Israël et les Etats-Unis jettent de l'huile sur le feu
Les manifestations qui ont lieu en Syrie font le bonheur des dirigeants israéliens. Bien que les contestataires syriens affirment être tous attachés à l’unité de la Syrie, le vieux rêve sioniste de partition du pays (1) en quatre Etats – sunnite, druze, alaouite, kurde - leur semble à portée de main.

Invité aux Etats-Unis par le Centre S. Daniel Abraham pour la paix au Moyen-Orient (2) Shimon Peres a été reçu, le 5 avril dernier, à l’USIP - United States Institute for Peace - un think tank créé par le Congrès américain en 1984 pour « prévenir et résoudre les conflits dans le monde ». Il a appelé la « Communauté internationale » a soutenir la « transition en Syrie » (3). Apparemment sur la même longueur d’onde que les anciens chefs des services de renseignements israéliens – Mossad et Shin Beth – qui avaient présenté un nouveau plan de paix quelques jours plus tôt (4), il a offert de restituer à la Syrie le Golan, occupé en 1967 puis annexé en 1981. 

 Alors qu’il ne devrait être question que du respect des résolutions des Nations unies, Shimon Peres a posé trois conditions: que la Syrie « divorce » d’avec l’Iran et le Hezbollah, que le plateau soit démilitarisé, que le retrait israélien s’effectue dans le cadre d’un traité de paix. Après avoir regretté le renversement de son ami Hosni Moubarak, il s’en est ensuite pris aux Frères musulmans égyptiens, incapables, selon lui, de faire reculer la pauvreté (« Le problème de l’Egypte », a-t-il déclaré, « n’est pas de prier dix fois par jour… »).

  Les Arabes du Golan (5) occupé, vaccinés contre les promesses fallacieuses des gouvernements israéliens successifs, ne se font pas d’illusion. Ils ont manifesté en nombre le 2 avril à Buqata, en brandissant des drapeaux syriens et des photos de Bachar al-Assad. « Nous sommes venus pour soutenir le dirigeant de notre patrie, que des gens tentent de gêner dans sa gestion du pays », a dit un druze à Ynet (6), site d’information israélien proche des colons.

Financement de groupes d’opposition par les Etats-Unis 

Dans l’ombre, en coordination ou non avec Israël, les Etats-Unis - voire Qatar - des forces s’affèrent pour renverser Bachar al-Assad et le régime baasiste. Selon un télégramme diplomatique révélé par WikiLeaks, Saad Hariri – Premier ministre libanais - a demandé aux Etats-Unis, en août 2006, d’isoler le président syrien et de le remplacer par une coalition d’opposants comprenant l’ancien vice-président syrien Abdel Halim Khaddam – dont il finance en partie les activités - et les Frères musulmans (FM) (6).

D’autres télégrammes, également révélés par WikiLeaks, font état du financement de l’opposition syrienne par le Département d’Etat américain (7). Parmi les bénéficiaires : le Mouvement pour la justice et le développement, basé à Londres, dont les membres sont décrits comme des « libéraux, islamistes modérés », d’anciens Frères musulmans. Sa chaîne satellitaire Barada TV aurait perçu six millions de dollars depuis 2006. Des fonds sont également versés à des organisations – dites citoyennes - par le Conseil de la démocratie de Los Angeles. Au total, le Département d’Etat aurait consacré environ 12 millions de dollars entre 2005 et 2010 à ses programmes de subversion en Syrie. Malgré la nomination d’un ambassadeur à Damas par Barack Obama, des versements se poursuivraient en sous-main.

Notes :

(1) Oded Yinon, journaliste lié au ministère des Affaires étrangères israélien, a publié en 1982 « Une stratégie pour Israël dans les années 80 », dans Kivunim, une revue de l’Organisation sioniste mondiale, où il préconisait la partition de l’Irak et de la Syrie en « zones ethniques et religieuses monocolores ». Cf. la traduction de l’article en anglais par Israël Shahak, ancien président de la Ligue israélienne des droits de l’homme :

http://members.tripod.com/alabasters_archive/zionist_plan.html 

(2) Think tank fondé par le milliardaire américain Daniel Abraham qui a fait fortune avec le régime amaigrissant Slim Fast. Il est proche, politiquement, de l’ancien Premier ministre Ehud Olmert et de Shimon Peres, et un des donateurs du Parti démocate.   

(3) Israeli president calls for democracy in Syria, par  Josh Rogin (Foreign Policy - 7/4/11)

http://thecable.foreignpolicy.com/posts/2011/04/07/israeli_president_calls_for_democracy_in_syria

(4) Former Israeli defense chiefs draft new Mideast peace plan (Haaretz – 5/4/11)

http://www.haaretz.com/news/diplomacy-defense/former-israeli-defense-chiefs-draft-new-mideast-peace-plan-1.354278

 «L’inititive de paix israélienne », conçue « à la lueur des événements dramatiques au Moyen-Orient » (c'est-à-dire les révolutions arabes) a été signée par un quarantaine de personnalités israéliennes, dont Dany Yatom (ancien chef du Mossad), Yaakov Perry et Dany Ayalon (ancien chef du Shin Beth), Amnon Lipkin-Shahak (ex-chef d’Etat major de l’armée), Amran Mitzna (ancien secrétaire du Parti travailliste), et par Youval Rabin, fils de Yitzhak Rabin. Les signataires proposent qu’Israël évacue une partie de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, la création d’un Etat palestinien comprenant la bande de Gaza, et la restitution du plateau du Golan à la Syrie ; le tout en échange d’un traité de paix. 

(5) La résistance des Arabes du Golan, par Gilles Munier

http://0z.fr/3S0mM 

(6) Des druzes du Golan manifestent pour le président Assad

http://www.jforum.fr/actualites/article/des-druzes-du-golan-manifestent 

(7) U.S. secretly backed Syrian opposition groups, cables released by WikiLeaks show

http://www.washingtonpost.com/world/us-secretly-backed-syrian-opposition-groups-cables-released-by-wikileaks-show/2011/04/14/AF1p9hwD_story.html

Gilles Munier
Mardi 19 avril 2011

http://mai68.org/spip/spip.php?article2532


c) Gilles Munier :  La Syrie, prochaine cible de l'OTAN ?

Comme les autres pays arabes, la Syrie est secouée par des manifestations d’opposants. A la différence de ce qui s’est passé en Tunisie et en Egypte, dont les révolutions ont renversé des despotes pro-occidentaux, on ne peut parler dans son cas de soulèvement spontané, mais d’une opération de déstabilisation conçue aux Etats-Unis et en Israël.

Le 30 mars, dans son discours devant les parlementaires syriens, le Président Bachar al-Assad a dénoncé une « conspiration qui vient de l’étranger, mais aussi de l’intérieur du pays. Les personnes derrière cette tentative de déstabilisation mélangent trois éléments : les conflits religieux, les réformes et les besoins quotidiens du peuple », et il a accusé une « minorité » de semer le chaos.

Selon l’agence de presse indépendante Champress (1), les techniques d’agitation employées pour soulever la population à Deraa, près de la frontière jordanienne, ont pour origine un plan ourdi en 2008 par le prince Bandar bin Sultan, ancien ambassadeur saoudien aux Etats-Unis, et Jeffrey Feltman, ancien ambassadeur américain au Liban (2004-2008). Objectif avoué : renverser le Président Bachar al-Assad et diviser la Syrie. Coût de l’opération : 2 milliards de dollars.

Tentative de coup d’Etat en Arabie 

A Washington, Bandar bin Sultan était surnommé Bandar-Bush en raison de ses liens avec l’ancien président étatsunien qui l’avait mis dans le secret du projet d’invasion de l’Irak avant le secrétaire d’État américain Colin Powell. Il est marié avec la princesse Iffat, fille du roi Fayçal, connue pour avoir versé des sommes importantes à une fondation caritative, retrouvées ensuite sur le compte bancaire d’un des pirates de l’air saoudien du 11 septembre.

Fin 2008, Bandar bin Sultan aurait tenté de s’emparer du pouvoir en Arabie, avec le soutien des néo-conservateurs américains. Le coup d’Etat, prévu pendant l’agression israélienne de Gaza, devait se dérouler au cours de la période de transition du pouvoir entre George W. Bush et Barack Obama (2). Alerté par les services secrets russes, le roi d’Arabie aurait fait emprisonner Bandar bin Sultan, ainsi que quatre officiers supérieurs (3), puis l’aurait éloigné du pays pour « raisons de santé ». Il est rentré en grâce en 2010. 

Son acolyte, Jeffrey Feltman, a été chef de la section politique de l'ambassade des États-Unis en Tunisie de 1998 à 2000. Début 2004, il a représenté la coalition à Erbil, au Kurdistan irakien. Nommé ensuite au Liban, il aurait participé à la création et au financement de l’organisation palestinienne Fatah al-islam, sponsorisée par l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, puis il a été de ceux qui ont désigné la Syrie responsable de l’assassinat de ce dernier.

 

Instrumentalisation des mécontentements 

Jusque dans les détails, les opposants syriens appliquent les directives du plan de 2008, ce qui n’a rien d’étonnant puisque Jeffrey Feltman est aujourd’hui sous-secrétaire d'État américain pour les Affaires du Proche-Orient. Les réseaux de mécontents dont la création était préconisée, via Internet, sont opérationnels. De petits rassemblements, organisés autour d’agitateurs, sont filmés avec des téléphones portables. Quant ils ne sont pas dispersés par la police, les badeaux sont attaqués par des voyous simulant « des forces de sécurité habillées en civil ». Les vidéos, généralement courtes, sont ensuite envoyées à la chaîne qatarie Al-Jazeera et aux médias internationaux. 

A noter que parmi les opposants syriens participant à la conspiration, le Parti de la Réforme de Syrie, basé aux Etats-Unis, est le plus actif, médiatiquement parlant. Proche du lobby pro-israélien américain AIPAC, il se veut l’équivalent syrien du CNI (Congrès national irakien) d’Ahmed Chalabi formé en 1992 par la CIA pour renverser Saddam Hussein. L’homme d’affaires Farid al-Ghabri qui le dirige s’est fait remarquer en manifestant devant l’ambassade de Syrie à Washington avec des militants de l’American Jewish Committee, puis en intervenant en 2007 à la Knesset à l’invitation du Likoud où les parlementaires arabes l’ont traité de mercenaire (4).

Les phases ultimes du plan Bandar-Feltman comprennent l’organisation de troubles ethniques et religieux, de dissensions dans l’armée, et la constitution d’un conseil politique destiné à être reconnu par les Occidentaux et leurs obligés arabes. Si, ce qu’à Dieu ne plaise, les conspirateurs parviennent à leurs fins, il ne manquera plus alors qu’un Sarkozy de service et des bombardiers de l’OTAN pour venir en aide aux rebelles…

Comme l’a déclaré Bachar al-Assad au Parlement, la Syrie traverse « un moment exceptionnel qui apparaît comme un test de son unité ».

Gilles Munier,

 (1) Media sources reveal details of a conspiracy by Bandar Bin Sultan and Feltman to “destroy” Syria

http://www.champress.net/index.php?q=en/Article/view/86507

(2) L’Arabie saoudite face au double défi Part 2/2

http://www.renenaba.com/l%E2%80%99arabie-saoudite-face-au-double-defi-part-22

(3) Where is Saudi Prince Bandar bin Sultan ?

http://thegulfblog.com/2010/01/20/where-is-saudi-prince-bandar-bin-sultan

(4) Arab MKs attack visiting exiled Syrian leader

http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3411213,00.html

Gilles Munier, l

4 avril 2011


d) Bachar el-Assad lève l’état d’urgence en Syrie.

Bachar el-Assad a promulgué trois décrets, approuvant la levée de l’état d’urgence en vigueur dans le pays depuis 48 ans, l’abolition de la Cour de sûreté de l’État et un changement de la réglementation concernant les manifestations.

La fin de l’état d’urgence, en vigueur depuis l’arrivée au pouvoir du parti Baas en mars 1963, était l’un des principaux prétextes à la "contestation". S’il faut des guillemets au mot "contestation" dans ce cas, c’est parce que les "manifestants" sont manipulés par l’État d’Israël, via Facebook qui appartient à la CIA. C’est d’ailleurs de la ville syrienne de Deraa, proche du plateau du Golan occupé par Israël qu’est partie l’insurrection armée déguisée en "manifestation pacifique".

Israël et les USA, le Mossad et la CIA, voudraient installer en Syrie un pouvoir qui leur soit favorable. Rappelons que l’actuel pouvoir en Syrie soutient la résistance libanaise (le Hezbollah de Nasrallah) contre l’expansionisme israélien.

Rappelons aussi que tous les peuples arabes soutiennent la résistance à Israël et qu’en ce sens, le pouvoir actuel en Syrie est bien plus démocratique, puisqu’il fait au moins de ce point de vue ce que veut la population, qu’un éventuel futur pouvoir à la botte de l’impérialisme américano-sioniste tel que les anciennes dictatures de Ben Ali en Tunisie et de Moubarak en Égypte.

http://mai68.org/spip/spip.php?article2726


e) Manlio Dinucci : L’OTAN manque de bombes. Autres armes et avions pour la guerre..

Régimes de transition et gestion conjointe

"Mustapha Abdul Jalil, qui, il y deux mois encore, était ministre de la justice de Kadhafi, est aujourd’hui en visite officielle à Rome où, en habit de « président du conseil national de transition libyen », il rencontre le ministre des affaires étrangères Franco Frattini et le président du conseil Silvio Berlusconi, et sera reçu par le président de la république Giorgio Napolitano. Ce qui intéresse le plus Jalil est ce que Frattini lui a promis à la récente réunion du « Groupe de contact » à Doha : « Des armes mais aussi des instruments de communication et des appareils pour l'interception des communications radio du régime ».

    Le général Abdul Fatah Younis, chef d’une tribu de la Cyrénaïque qui était, jusqu’à il y a deux mois, ministre de l’intérieur de Kadhafi et qui est maintenant à la tête des forces anti-Kadhafi, a déclaré dans une interview à Al Arabiya que ses forces « reçoivent des armes », même s’il n’a pas spécifié de qui. L’émir du Qatar, Cheikh Hamad bin Khalifa al -Thani, l’a dit, en déclarant à CNN avoir envoyé des fournitures d’armes aux rebelles. Ces derniers jours de nombreux containers d’ « aides humanitaires » sont arrivés à Bengazi, du Qatar. Qui, rappelle le New York Times, a déjà reconnu, avec l’Italie et la France, le conseil de Bengazi comme « gouvernement légitime de la Libye ». [...]

Manlio Dinucci



La semaine en ...

3 - Côte d'Ivoire

a) Bombardement massifs à Yopougon d'Abidjan.
La commune de Yopougon, reputé pro-Gbagbo, fait l'objet de bombardement intense des Force républicaine de Côte d'Ivoire (FRCI) et de l'ONUCI, depuis hier nuit et toute cette journée du 20 avril.

 Apres l'ultimatum donné lundi dernier par les nouvelles autorités de Côte d'Ivoire, pour le dépôt des armes des résistants, l'offensive est désormais lancée contre cette poche de résistance; une poche de résistance, qui selon le ministre de l'Intérieur Hamed Bakayoko, serait composée de jeunes patriotes et de mercenaires à la solde du président sortant ivoirien, Laurent Gbgbo;

Selon cette offensive militaire, il faut en finir une bonne fois pour toute; pour pacifier définitivement le pays et lancer le programme de reconstruction; d'où le pilonnage à l'arme lourde et des obus, de tout le quartier de Yopougon;

 Selon des habitants joints à Xinhua, ces tirs désormais incontrôlés font de nombreuses victimes au sein des populations civiles de cette commune, la plus grande de Côte d'Ivoire; " Nous lançons un SOS, à la communauté internationale, diront Konan Henri et Lago Paul, habitant cette commune sinistrée, pour que cessent ces tueries massives des populations civiles, lancée par les FRCI et l'ONUCI".

Cette nouvelle offensive militaire fait peur à la population; une population ivoirienne qui n' a plus d'argent, plus de nourriture, ni de médicaments pour survivre.

xinhua ,

21/04/11
http://french.peopledaily.com.cn/96852/7357435.html 


b) Après avoir installé le chaos en Côte d’Ivoire, La France recolonise le pays.
C’est clair. La France a créé le chaos en Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, elle procède à sa recolonisation.

Le Plateau, le Manhattan ivoirien, cité des affaires, n’est plus que l’ombre de lui-même. Vitrine de la Côte d’Ivoire, cette commune est plongée dans un désordre total duquel il lui sera difficile de se relever. Tout a été pillé par les hommes que la France y a déversés. Cette cité est aujourd’hui à l’image de Bouaké, Korhogo, Man… Des villes pillées, ruinées par la rébellion. Aucun magasin ni supermarché n’est épargné, encore moins les bureaux de l’administration. Tout a été emporté par les pillards que le camp Ouattara qualifie d’anonymes. Alors que c’est le fait de ses combattants qui nous ont habitués à de telles scènes.

 [...]

A la vérité, la France vient de réaliser son rêve : mettre la Côte d’Ivoire à genou. Le pays s’est retourné à l’Etat sauvage. Plus aucune structure, police, - aucune gendarmerie et autres services-, de l’Etat ne fonctionne. Ce sont les combattants à la gâchette facile que la France y a déversés, qui font la loi. Gare à celui qui les défie. Il prendra une décharge de plomb qui le fera taire à jamais. « Ils ont exécuté un voisin du quartier qui a refusé de leur remettre sa voiture. A qui le tour demain ?», a expliqué un habitant d’Angré, la peur au ventre.  

Et conscient de cela, Alassane a renforcé la démarche colonisatrice de la France, en lui confiant, (à la Licorne et à l’Onuci) officiellement, la sécurité du Port autonome d’Abidjan et de points stratégiques comme l’Aéroport. Un port que Paris guettait depuis longtemps comme outil de recolonisation. Aberration que l’on n’a pas encore constatée dans des pays comme le Bénin et le Togo. En Côte d’Ivoire, la France se comporte en territoire conquis, comme à la « belle » époque coloniale. C’est elle qui fait désormais la loi en Côte d’Ivoire.

C’est pourquoi la Licorne peut se permettre d’aller combattre à Yopougon, avec chars et autres armes lourdes, à la place de la rébellion. Leur prétexte, désarmer les résistants pro-Gbagbo. Alors qu’au même moment, les soldats français tolèrent les atrocités commises par les bandes armées venues du Nord. « La France est venue bombarder des civils ici à Yopougon. Nous ne savons à qui nous plaindre. C’est difficile. C’est comme si nous ne sommes plus des hommes », confie un habitant du sous quartier Koweït, théâtre des bombardements de l’armée française. Aujourd’hui, le peuple ivoirien élève la voix et confie son sort au Ciel. Puisque la France, dans sa volonté colonisatrice, s’adonne à tout, même au pire des exactions, comme au temps jadis.

Le Temps (Côte d'Ivoire),

22 avril 2011
http://news.abidjan.net/h/397311.html



La semaine en ...

4 Bahreïn

a) Alain Gresh : Silence sur Bahreïn.

Les images sur Al-Jazira se répètent et le monde arabe semble en suspens, hésitant entre révolution et contre-révolution. Des dizaines de milliers de manifestants et de manifestantes au Yémen, dont de nombreuses portant la burqa, réclament le départ du président et la démocratie. En Syrie, le feu éclate ici et là, et le régime semble incapable de répondre par autre chose qu’une répression brutale. En Egypte, le président et ses deux fils ont été arrêtés et interrogés par la police et le premier hospitalisé après une crise cardiaque ; l’enquête prouve au moins que le mouvement n’a pas été stoppé et, pas à pas, arrive à imposer des changements. En Libye, une sorte d’équilibre s’est établie entre les forces du colonel Kadhafi et celles des rebelles. Ces incertitudes ne doivent pas masquer l’essentiel : le mouvement déclenché par les Tunisiens a atteint tous les pays arabes – des blogueurs ont même été arrêtés aux Emirats arabes unis – et la région en sera profondément modifiée, même si les puissances occidentales n’arrivent pas à mesurer ce qui s’est passé (lire Marwan Bishara, « It’s Arab and it’s personal », Al Jazeera English, 12 avril). Nous non plus, sans doute, tellement ce tremblement de terre ébranle tous les paradigmes à travers lesquels on comprenait la région.

Il peut paraître étrange, dans ces conditions, et surtout à partir de Ramallah, d’écrire quelques lignes sur un petit émirat qui ne fait pas la Une, et au sujet duquel les dirigeants occidentaux, si prompts à dénoncer les répressions, semblent privés de parole. Pourtant, c’est là que la contre-révolution se déploie avec brutalité, menant une guerre confessionnelle. Les autorités de Bahreïn ont confirmé que Karim Fakhrawi était mort en détention : c’était un homme d’affaires, membre de l’organisation Al-Wefaq, qui disposait de 18 sièges sur 40 au Parlement élu (« Bahrain opposition figure ’dies in custody’ », Al Jazeera English, 12 avril). Il est difficile de se faire une idée de qui se passe, les autorités maintenant un grand silence et les arrestations arbitraires se multipliant : on évalue à plusieurs centaines de personnes, voire à un millier, le nombre de personnes incarcérées et au moins quatre sont mortes, sans doute sous la torture — pratique courante dans l’émirat depuis les années 1970, quand des conseillers britanniques encadraient la police locale. Les rapports de Human Rights Watch ou des articles de presse, comme celui paru dans The New York Times du 12 avril, jettent pourtant une lumière inquiétante sur ce qui se passe : Clifford Krauss (« Hospital Is Drawn Into Bahrain Strife ») : on y voit les autorités arrêter des médecins, entrer dans un hôpital, confisquer des dossiers médicaux de gens qui ont été soignés à la suite de la répression... En revanche, on peut noter le profil bas d’Al-Jazira, prise dans les relations complexes entre Qatar et l’Arabie saoudite.

Rappelons que le royaume est dirigé par une dynastie sunnite tandis que la majorité de la population est chiite.

La campagne de répression et l’intervention des troupes saoudiennes et du Golfe ont mis fin à toute idée de dialogue national. Pour les autorités, la majorité de la population chiite est désormais suspecte et accusée de collaborer avec Téhéran. Dans un entretien donné au quotidien Al-Sharq Al-Awsat le 20 mars, cheikh Abdalatif Al-Mahmoud, le leader du Rassemblement de l’unité nationale (dont le nom est bien trompeur, il ne représente qu’une partie des sunnites), affirme que les chiites avaient un plan pour s’emparer du pouvoir et organiser un coup d’Etat. Il divise les chiites bahreinis en trois catégories : ceux qui travaillent avec l’Iran, ceux qui attendent le résultat de la confrontation et ceux qui soutiennent le régime. Il affirme que ces derniers représentent 20% des chiites — une manière de reconnaitre que la majorité de la population du royaume s’oppose au régime. Rarement a-t-on vu quelqu’un dénoncer la majorité de son propre peuple comme des agents de l’étranger (je ne sais pas si c’est le caractère scandaleux des propos qui a amené le journal à ne pas traduire cet entretien sur le site en anglais).

La situation au Bahreïn est certes compliquée, et la dimension confessionnelle ne peut être négligée, mais le mouvement qui a débuté en février exigeait une constitution démocratique et la transformation de la monarchie en monarchie constitutionnelle. Bien des sunnites ont participé aux rassemblements. Pour connaître les détails de ce mouvement, et aussi les calculs des uns et des autres, on lira le rapport de l’International Crisis Goup, « The Bahrein Revolt », 6 avril 2011).

Ce sont les éléments les plus réactionnaires dans la famille royale qui ont à la fois utilisé la violence en faisant tuer des manifestants pacifiques et avivé le caractère confessionnel du conflit. La brutalité des forces de l’ordre, toutes sunnites, souvent composées d’étrangers naturalisés pour la seule raison qu’ils étaient sunnites, a pu se déployer encore plus avec l’entrée des troupes saoudiennes sous le drapeau de « Bouclier du désert », l’organisation commune de défense du Conseil de coopération du Golfe (CCG), composé de l’Arabie saoudite, Bahreïn, Qatar, les Emirats arabes unis, le Koweït et Oman. Mais, rien ne prévoit une telle intervention, si ce n’est une menace extérieure, qui n’existait évidemment pas à Bahreïn, même si le CCG dénonce l’Iran.

Les effectifs totaux des forces sous le commandement intégré s’élèvent à 40 000 hommes ; elles disposent d’une base permanente à Hafar Al-Batin (Arabie saoudite). En fait, c’est Riyad qui mène le jeu et des tensions se sont fait sentir au sein du CCG depuis l’intervention, Qatar regrettant que seule soit mise en œuvre la répression, alors qu’il faudrait relancer les tentatives de dialogue national. Pour Riyad, l’installation d’un régime démocratique à ses frontières (l’île est reliée à l’Arabie par un pont de 26 kilomètres) est d’autant plus inacceptable que Bahreïn jouxte la province est du royaume, où sont concentrées les ressources pétrolières et la minorité chiite saoudienne.

On lira une interview du commandant en chef de « Bouclier du désert » dans Al-Sharq Al-Awsat, 27 mars (traduit en anglais le 28 mars sur le site du journal, « A talk with Peninsula Shield force commander Mutlaq Bin Salem al-Azima »). La complaisance des questions est à la mesure de l’alignement du quotidien sur la politique saoudienne (lire Mohammed El-Oifi, « Voyage au cœur des quotidiens panarabes », Le Monde diplomatique, décembre 2006). Le commandant en chef affirme que la force intervenue à Bahreïn représente 10% des effectifs des forces de « Bouclier du désert », soit 4 000 hommes (et non 1 500, comme l’a rapporté la presse).

Bahreïn est le siège de la Ve flotte américaine et du commandement de la composante navale du Centcom et il offre aux avions américains une base (à Issa) ainsi que l’utilisation de l’aéroport international. La base contribue à 1% du PNB du royaume et Washington a décidé d’investir plus d’un demi-milliard de dollars d’ici 2015 pour en doubler les capacités (lire Alexander Cooley et Daniel H. Nexon, « Bahrein’s Base Politics. The Arab Spring and America’s Military Bases », Foreign Affairs, 5 avril.)

Bien que les Etats-Unis aient au départ été réticents face à l’entrée des troupes saoudiennes, ils se sont ralliés depuis à l’idée des ingérences iraniennes qui justifieraient la politique de la famille royale. La visite du secrétaire américain à la défense Robert Gates le 6 avril à Riyad a confirmé cet infléchissement.

S’il est probable qu’il existe des ingérences iraniennes (et aussi saoudiennes, américaines, etc.) et si les autorités de Téhéran ont condamné avec force l’intervention saoudienne, c’est surtout en Irak que les réactions ont été les plus vives, les chiites irakiens et bahreïnis étant très liés – et les relations entre Bagdad et Riyad sont déjà très tendues.

Le résultat sera sans doute l’aggravation des tensions entre chiites et sunnites, un moyen de détourner les révolutions arabes de leur objectif démocratique. La demande des pays du CCG de reporter le sommet arabe qui devait se tenir fin mars à Bagdad en est un signe parmi d’autres.

Alain Gresh

Mercredi 13 avril 2011

Alain Gresh est directeur adjoint du Monde diplomatique, spécialiste du Proche-Orient. 

Ce message vous est adressé à titre et usage privés exclusivement. Seuls les textes signés de ma plumes sont publics et libres de droits pour autant que l'usage n'en déforme pas les propos (« Le droit de chercher la vérité implique aussi un devoir. On ne doit cacher aucune partie de ce qui a été reconnu comme étant vrai » Albert Einstein) et que mon nom soit cité.

Monthulet


23/04/2011

n°513 - Journal d'Irak - 02- 04 au 22-04 -: Début - Une révolution populaire arabe, également dans l'Irak occupé


n°513  -  Journal d'Irak - 02- 04 au 22-04 -: Début -  Une révolution populaire arabe, également dans l'Irak occupé



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!



Journal d'Irak

n°513                 du 02/04                   au 22/04/11

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Journal d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur mes  blog :  http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                              http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dir...

c) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

Tiré à part :

Bert De Belder : Irak : « Qu’as-tu appris à l’école aujourd’hui, petit Ali ? »

Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge.

136 civils tués au mois de mars

Paroles & action du président...

Obama, plus belliciste que Bush !!! 

Le Moyen-Orient au cœur des débats.

Une révolution populaire arabe, également dans l’Irak occupé

Politique

1) collaborateurs Irakiens

2) occupants 

3  Libération du territoire

Détails.

L'Irak en chiffre. 

Fin - 

4 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

 4-1 video Gilles Munier : Saddam à Hollywood.

5 Dossier & Point de vue

5-1 Mahmoud SALEH : Carnage au conseil provincial – note de la rédaction (A qui profite  le crime ?)

6  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

6-1 La participation de la Grande-Bretagne à l'invasion de l'Irak était liée aux intérêts des firmes pétrolières britanniques.

6-2 M. Saadoune : Butin de sang.

7 Annexe

7-1 Les règles de la propagande de guerre.

 



Tiré à part :

Bert De Belder : Irak : « Qu’as-tu appris à l’école aujourd’hui, petit Ali ? »
En 2003, Bush Jr. décidait d'apporter la démocratie en Irak. Huit ans plus tard, quels sont les bienfaits de l'occupation US sur le système d'éducation du pays ? 

Le séminaire sur l’Irak se tenant à l’université de Gand, du 9 au 11 mars, était organisé par le BRussells Tribunal et par le groupe de recherche sur le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord de l’université de Gand (MENARG), et rassemblait des experts irakiens et internationaux.

Au cours de la séance d’ouverture, le professeur Sami Zemni a dépeint l’enseignement irakien de manière particulièrement sombre.

Un récent rapport de l’Unesco affirme que 5 des 30 millions d’Irakiens sont illettrés – alors que le pays recevait en 1982 un prix de cette même organisation pour l’éradication de l’analphabétisme. 40% des enfants irakiens abandonnent l’école prématurément, à cause de la guerre : ils doivent travailler pour augmenter les revenus du foyer, ou prennent la fuite avec leur famille.

Plus de 400 professeurs et enseignants sont assassinés, dans le cadre d’une croisade systématique. Les responsables américains, tels que Wolfowitz (vice-ministre de la Défense sous G.W. Bush jusqu’en 2005), parlent sans aucune gêne de politique de state ending, la fin pure et dure de chaque État. Cela se traduit également par la vétusté des équipements d’utilité publique : électricité, réseau d’égouts, approvisionnement en eau. Le système de soins de santé est une catastrophe. Le professeur Saad Naji Jawad (Bagdad) l’a d’ailleurs illustré avec des chiffres effarants. Un rapport du ministère irakien de la Santé publique paru récemment révèle qu’entre 8000 et 9000 médecins ont fuit le pays, depuis l’invasion et l’occupation de l’Irak en 2003. Plus de 2 000 d’entre eux ont été tués.

Un scandale oublié

Hans von Sponeck était coordinateur des Nations Unies en Irak en octobre 1998, lorsque le pays était soumis aux sanctions occidentales. Il démissionna en février 2000 en guise de protestation. Il est devenu un éminent écrivain, orateur, professeur et activiste, luttant contre l’occupation. Il a qualifié la situation irakienne de
« scandale international oublié », et ajoute que « chaque point du droit international mis en place depuis 150 ans a été violé ». Huit années de guerre et de destruction ont fait de l’Irak « la plus grande poubelle du monde », pleine de tonnes de déchets d’armements, de munitions non utilisées et de champs de mines. Mais le pays semble également avoir jeté aux oubliettes l’éducation de sa population. Von Sponeck avance un rapport d’Oxfam : « 92% des enfants irakiens sont confrontés à des problèmes d’apprentissage. »

L’ex-coordinateur de l’ONU en faisait peser la responsabilité sur les États-Unis et la Grande-Bretagne, mais soulignait qu’il nous imputait à tous de ne pas laisser l’Irak tomber dans l’oubli. Saad Naji Sawad a également demandé avec insistance que nous ne nous contentions pas de critiquer, mais que nous suggérions des solutions et que nous mettions des actions en place.

Et c’est précisément ce que fait BRussells Tribunal depuis des années. Grâce, notamment, à l’instauration de la « Charte de Gand » pour la protection de l’enseignement irakien, immédiatement signée par les recteurs de cinq universités belges et par une kyrielle de personnalités belges et étrangères.

Bert De Belder

31 mars 2011

Source : intal


Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge.

136 civils tués au mois de mars

AP01.04

Le nombre de civils, policiers et soldats tués dans les violences en Irak a augmenté en mars, montrent des chiffres du gouvernement communiqués ce vendredi.

Le ministère de la Santé a déclaré que 136 civils avaient péri dans des attentats à la bombe et d'autres attaques le mois dernier, contre 119 en février.  

Par ailleurs, 55 policiers et 56 soldats ont également été tués, contre 15 et 33 respectivement le mois précédent, selon les chiffres des ministères de l'Intérieur et de la Défense.

En mars, 215 civils, 80 policiers et 75 soldats ont aussi été blessés.

Cette augmentation du nombre de tués s'explique en partie par le bilan très lourd de l'attaque du gouvernorat de la province de Salahdine, mardi à Tikrit, qui a fait 58 morts dont un journaliste pigiste de Reuters.



Paroles & action du président...

Obama, plus belliciste que Bush !!! 

Pour l’auteur et analyste américain, Stephan Landmann, le président actuel des Etats-Unis est plus belliciste que son prédécesseur, George W. Bush.
«Il est encore pire que Bush. Celui-ci n’a lancé que deux guerres, au vu et au su de tout le monde, mais Obama, lui, compte mener quatre guerres déclarées et plusieurs autres, par procuration, et ce, mis à part les plans qu’il prémédite çà et là.

Tout ceci provoquera davantage de pertes et de dégâts», a affirmé Landmann au journaliste de PressTV. «C’est vrai que, nous, les Américains, nous sommes parvenus à nous débarrasser de Bush, mais qu’avons-nous eu en échange ? Un président pire que lui», a-t-il, encore, poursuivi.

Au cours de sa dernière intervention, Barack Obama a prétendu que son pays n’avait aucune envie d’user de la force, pour résoudre les problèmes, à travers le monde, mais que le recours à celle-ci s’imposait, à chaque fois que les intérêts et les valeurs américaines étaient mises en jeu.

31/03/2011

 http://french.irib.ir/info/international/item/111533-obama-plus-belliciste-que-bush



Le Moyen-Orent au cœur des débats.

Une révolution populaire arabe, également dans l’Irak occupé

Tout comme Le Caire (Égypte), Bagdad à également sa place Tahrir. Ce vendredi 4 mars, 10 000 à 12 000 personnes sont descendues dans la rue pour manifester contre la corruption et la répression du gouvernement d’Al Maliki.

Jahya Al Kubaisa est un jeune professeur irakien à Amman (Jordanie), mais il suit les évènements de son pays de près. Il me raconte que la révolution populaire irakienne est unique, « le changement qualitatif le plus important en Irak depuis 2003 ». Il m’en explique les raisons : « Un : c’est la première fois que les jeunes générations descendent dans la rue. Deux : ce sont les mêmes exigences pour tout le pays, à l’encontre du gouvernement national. Cela va à l’encontre de l’image et des tentatives visant à toujours tout observer le long de lignes de démarcations sectaires. Trois : on trouve des lieux de protestation dans tout le pays, dans 16 des 18 gouvernorats (provinces, NdlR). Quatre : enfin, c’est la première fois depuis les années 60 qu’il est question de manifestation citoyenne spontanée et libre. » Je l’interroge sur les exigences des manifestants, qui vont indéniablement dans le même sens que celles des peuples tunisien et égyptien. Jahya Al Kubaisi : « Je classerais ces exigences en quatre catégories. Certains réclament de meilleurs services publics (eau, électricité, soins de santé, NdlR). D’autres manifestent contre la corruption largement répandue. Le peuple veut également plus d’emplois. Enfin, les manifestants veulent plus de libertés et s’opposent aux violations des droits de l’homme. Ces exigences ne sont pas forcément présentes simultanément partout. Et, par mesure de précaution, elles n’incitent pas à la chute du régime, mais bien à sa “réforme”. »

Bert De Belder

31 mars 2011

Source : intal



L'Irak en chiffre: du 08-03 au 22-04-11



 

 

 

Tués

Blessés

 

 

 

 

 

Peuple irakien

5 + x

1 + x

 

 

 

 

 

Usboys/Autres boys + miliciens

1

X

 

 

 

 

 

Policiers, armée et collaborateurs & miliciens

6

23

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



1 La résistance contre l'agresseur

Analyse & déclaration

a) Résistance :

Manifestations contre la présence américaine, dans le pays.  

Des milliers d’Irakiens, en descendant dans les rues de Bagdad, ont manifesté contre la présence des militaires américains, dans ce pays.
Selon Press TV, les manifestants, à Bagdad, en scandant des slogans anti-américains, ont réclamé le retrait immédiat des militaires américains de ce pays dévasté par la guerre. Selon ce même rapport, les Irakiens ont, également, demandé de maintenir la solidarité entre les Sunnites et les Chiites de ce pays. Ces protestations interviennent, après le discours de Robert Gates, le secrétaire américain à la Défense, le jeudi 7 avril, où il a fait part de l’intention des Etats-Unis de maintenir leur présence militaire, en Irak, après 2011 et l’expiration de l’Accord de sécurité Washington/Bagdad.

Moqatda Sadr, l’un des éminents dignitaires religieux chiites d’Irak, a demandé, samedi, à ses disciples de poursuivre leur résistance, au cas où les Etats-Unis s’abstiendraient de retirer leurs troupes d’Irak.

09/04

 http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/111951-irak-manifestations-contre-la-pr%C3%A9sence-am%C3%A9ricaine-dans-ce-pays

 

Manifestations dans le nord de l’Irak.

Au moins 90 personnes ont été blessées lors d’affrontements qui, pour le deuxième jour consécutif, ont opposé manifestants et forces de sécurité à Souleimanieh, dans le nord de l’Irak, a-t-on appris de sources policière et médicale. La grogne populaire dans la région kurde semi-autonome du nord de l’Irak est dirigée contre le gouvernement régional dominé depuis des décennies par deux partis politiques dont les anciens mouvements de guérilla ont été reconvertis en forces de sécurité.

Les forces de sécurité ont ouvert le feu et ont utilisé des gaz lacrymogènes pour tenter de disperser les manifestants, faisant 29 blessés, et 61 policiers ont été blessés par des pierres et autres projectiles jetés sur eux. Au moins 35 personnes avaient été blessées la veille à Souleimanieh, deuxième ville de la région et théâtre de manifestations qui se poursuivent depuis février.

19 avril

http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Manifestations-dans-le-nord-de-l%E2%80%99Irak-au-moins-90-blesses_6346-1769192-fils-tous_filDMA.Htm



2 Politique

Les occupants 

a) Usa

Obama, plus belliciste que Bush !!! 

Pour l’auteur et analyste américain, Stephan Landmann, le président actuel des Etats-Unis est plus belliciste que son prédécesseur, George W. Bush.
«Il est encore pire que Bush. Celui-ci n’a lancé que deux guerres, au vu et au su de tout le monde, mais Obama, lui, compte mener quatre guerres déclarées et plusieurs autres, par procuration, et ce, mis à part les plans qu’il prémédite çà et là.

Tout ceci provoquera davantage de pertes et de dégâts», a affirmé Landmann au journaliste de PressTV. «C’est vrai que, nous, les Américains, nous sommes parvenus à nous débarrasser de Bush, mais qu’avons-nous eu en échange ? Un président pire que lui», a-t-il, encore, poursuivi.

Au cours de sa dernière intervention, Barack Obama a prétendu que son pays n’avait aucune envie d’user de la force, pour résoudre les problèmes, à travers le monde, mais que le recours à celle-ci s’imposait, à chaque fois que les intérêts et les valeurs américaines étaient mises en jeu.

31/03/2011

 http://french.irib.ir/info/international/item/111533-obama-plus-belliciste-que-bush


Extension des guerres ?

Les Etats-Unis se dissent’ inquiets de l'action du gouvernement irakien contre le groupuscule ‘terroriste’ des Monafeghin  ‘

Nb : Ndlr : la publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage l'analysedes auteur, mais doit être vu comme information.

 

Le département d'Etat américain a exprimé, vendredi, dans un communiqué, ses profondes inquiétudes, quant à l'action du gouvernement irakien contre le groupuscule terroriste des Monafeghin.

L'inquiétude exprimée par Washington est intervenue, à un moment où le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, vient d'effectuer une visite inopinée. Le porte-parole du gouvernement irakien a affirmé que le groupuscule des Monafeghin, installé, en Irak, est une organisation terroriste, et que sa présence, en Irak, est illégale. Le porte-parole du gouvernement irakien a ajouté: «La présence de ce groupuscule, en Irak, n’a aucune justification légale, la loi irakienne est applicable à tous, et ce groupuscule n’en est pas exempté. Ce groupuscule, en Irak, est considéré comme une organisation terroriste". "La présence de cette organisation nous a causés de nombreuses difficultés intérieures et avec la région. Sa présence, en Irak, est illégale, et il n’y a aucune loi qui la protège», a-t-il ajouté. Dans le même temps, Ali Al-Moussavi, Conseiller pour les affaires médiatiques du Premier ministre irakien, a déclaré que Bagdad ne peut pas tolérer, sur son sol, la présence d'une organisation, dont les activités terroristes portent préjudice aux relations entre l'Irak et ses voisins. Le groupuscule terroriste, responsable d'attentats, à l'encontre du peuple iranien, a collaboré avec l'ancien régime irakien de Saddam et le réseau Al-Qaïda, pour commettre des crimes horribles, à l'encontre du peuple irakien. L'Iran a, à maintes reprises, demandé au gouvernement irakien de démanteler la base de ce groupuscule terroriste, sur son territoire, mais, à chaque fois, les Etats-Unis ont exercé des pressions sur le gouvernement irakien, afin de l'empêcher de prendre une décision dans ce sens.

L'intéressant, c'est que les Etats-Unis, qui ont placé ce groupuscule sur la liste des organisations terroristes, ont accordé une immunité judiciaire à ses principaux membres. En effet, les Etats-Unis ont utilisé ce groupuscule, pour intensifier le terroriste et l'insécurité, en Irak et en Afghanistan, en vue de réaliser, ainsi, leurs objectifs, à l'échelle régionale. Il s'agit, en fait, d'une stratégie, menée, par l'Occident, qui consiste à provoquer des conflits interconfessionnels, dans la région. Dans le contexte actuel, les autorités américaines cherchent à créer des tensions, afin de détourner l'attention de l'opinion publique du fait que le vrai terrorisme émane de la présence d'envergure des Etats-Unis et de l'OTAN, dans la région.

09/04/2011

http://french.irib.ir/analyses/commentaires/item/111966-les-etats-unis-sont-inquiets-de-laction-du-gouvernement-irakien-contre-le-groupuscule-terroriste-des-monafeghin


c) Sur le terrain

Manifestation anti-guerre, aux Etats-Unis  

12/04 

Des milliers de militants ont participé à une manifestation, samedi, dans les rues de New York, appelant le gouvernement à retirer les troupes d'Irak, d'Afghanistan et de Libye, et à réorienter les recettes financières, afin d'aider les Américains à retrouver un emploi. Ils ont, également, exprimé leur opposition aux nouvelles guerres lancées par les Etats-Unis, en Libye et dans d'autres pays de la région. Les manifestants ont exprimé, aussi, leur indignation, quant à l'élargissement de la guerre américaine au Pakistan. A ce propos, Sarah Flounders, la Directrice du centre d'Action internationale, a déclaré, dans un entretien avec la radio anglophone iranienne, que le peuple américain souhaitait l'instauration de la liberté de presse et de la démocratie, dans tous les pays de la région, et qu'il s'opposait à ce que les hommes d'Etat américains détruisent la démocratie, dans ces pays. Tout en critiquant les expéditions militaires américaines, elle a indiqué que le motif de l'intervention militaire américaine, en Libye, était de s'emparer du pétrole de ce pays. "Les Etats-Unis entendent dominer la région, pour avancer leurs propres objectifs politiques et militaires", a-t-elle précisé.

http://french.irib.ir/info/international/item/112111-manifestation-anti-guerre-aux-etats-unis



c) Les alliés (des Usa)

1 Onu

L’ONU réclame une enquête sur la mort de 34 opposants iraniens

La Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Navi Pillay, a vivement condamné vendredi le raid des forces de sécurité irakiennes qui a causé la mort de 34 opposants au régime de Téhéran dans le camp d'Ashraf et réclamé une enquête sur cette intervention.

"Les militaires irakiens connaissaient bien les risques liés au lancement d'une opération dans un lieu tel qu'Ashraf", a estimé Mme Pillay. "Il n'y a pas d'excuse possible pour ce nombre de victimes. Il doit y avoir une enquête complète, indépendante et transparente."

"Toute personne responsable d'une utilisation excessive de la force doit être poursuivie", a souligné l'ancienne juge sud-africaine.

L'ONU avait annoncé jeudi à New York que trente-quatre personnes avaient été retrouvées mortes après un raid de l'armée irakienne le 8 avril dans le camp d'Ashraf, au nord de Bagdad, où vivent des membres de l'opposition iranienne.

Les autorités irakiennes ont indiqué qu'elles allaient "enquêter sur cette affaire".

"Nos forces de sécurité pensent que ceci (les morts) a été le fait de leurs gardes (des Moudjahidine du Peuple) qui ont tué ceux qui voulaient s'échapper. Ils avaient déjà commis des actes identiques dans le passé", a souligné à Bagdad le porte-parole du gouvernement irakien, Ali Dabbagh.

AFP /

15 avril



3 Lutte pour la libération du territoire

Pertes déclarée du contingent en fin de mission de combat

02-04

Deux militaires américains ont péri hier en Irak après avoir été blessés par une attaque "ennemie", a annoncé aujourd'hui l'armée américaine. "Deux militaires américains ont succombé le 2 avril à des blessures après l'attaque de leur unité par des forces ennemies

AFP

10/4

Un soldat américain a perdu la vie dans un «incident non-hostile» survenu au nord de l'Irak, a fait savoir l'armée des États-Unis par voie de communiqué.
Le communiqué militaire diffusé dimanche ne contient aucun détail sur l'incident et ne divulgue pas non plus l'identité du soldat, ses proches n'ayant pas encore été avertis de sa mort.
Le soldat, tué le 9 avril, est officiellement le sixième militaire américain à perdre la vie en Irak depuis le début du mois.

AP

 


Pertes des forces collaboratrice locales   - Province non précisée

03/04

Une attaque contre le ministre  irakien de l'Industrie et des Ressources minérales, Ahmad al-Karbouli, a été exécutée par des inconnus, faisant un mort et trois blessés, a annoncé dimanche à RIA Novosti une source proche des forces de sécurité de l'Irak.
"La voiture du ministre et le convoi qui l'accompagnait sont tombés dans un piège. Après avoir fait exploser un engin sur la route, les réssistants ont ouvert le feu à l'arme automatique, faisant un mort et quatre blessés parmi les gardes du corps. Le ministre s'en est sorti indemne", a précisé l'interlocuteur de l'agence.

AFP - RIA Novosti

Les armées répugnent à donner des chiffres officiels



Les combats par provinces

1-1 Bagdad

12/04

Toujours dans l'ouest, à Abou Ghraib, à 20 km de la capitale, deux cousins, qui travaillaient comme entrepreneurs pour l'armée irakienne, ont été tués et trois membres de leur famille blessés, quand leur maison a été dynamitée, ont indiqué la police et des sources médicales.

AFP

19/04

Un fonctionnaire du ministère de l'Education a été tué dans l'explosion de sa voiture à Bagdad.
AFP

 


1-2 Province d'Anbar (vaste territoire à l'ouest de Bagdad comprenant les villes de Amiriya, Baghdadi, Diyarah, Falloujah, Habbaniyah, Haditha, Haqlaniyah, Hawija Hit, Houssabayh, Karabilah,  Khaldiyah, Koussaïba, Mahawil, Oubaïdi, Ramadi (capitale de la province d'Al-Anbar,) Kaïm (à la frontière avec la Syrie), Sindjar & Zaidan

12/04

Unpolicier a été tué et quatre autres ont été blessés par des bombes magnétiques attachées à leur voiture à Fallouja et Garma, deux localités situées à une cinquantaine de km à l'ouest de Bagdad

AFP

12/04

A Iskandariya, à 50 km au sud de Bagdad, deux policiers ont péri et deux de leurs collègues ont été blessés par l'explosion d'une bombe au passage de leur patrouille.

afp

Koubaissa,

02/04

Trois soldats et trois policiers irakiens ont été tués aujourd'hui avant l'aube dans une attaque de leur point de contrôle à près de 200 km à l'ouest de Bagdad, a annoncé un responsable de la police.
L'attaque, qui a eu lieu vers 5 heures (4 heures à Paris) dans la localité de Koubaissa, a également fait huit blessés, dont quatre civils, selon cet officier de la police de la province d'Al-Anbar qui s'exprimait sous couvert de l'anonymat. Aucun des assaillants n'a été tué ou capturé.

AFP


1-3  Province de Babylone (Hilla (chef-lieu de la province de Babylone)

12/04
Par ailleurs, à
Moueikha dans la province de Babylone, au sud de Bagdad, un chef local des Sahwa, milice qui lutte contre Al-Qaïda, a été tué et son garde du corps blessé par une bombe magnétique.
En outre dans la capitale, à Yamouk (ouest) et à Dora (sud), deux personnes ont été tuées et deux autres blessées dans des attaques similaires contre un minibus et contre une voiture, selon une source du ministère de l'Intérieur.

AFP


1-5 Province de Diyala

11 avril

Deux bombes ont explosé dans la province irakienne de Diyala, au nord-est de Bagdad, faisant 10 morts et deux blessés, a-t-on appris de source proche de la police de Diyala. Les explosions se sont produites dans un village proche de la ville de Khan Bani Saad, à une trentaine de kilomètres au nord-est de Bagdad.

La première explosion a tué six membres d'une famille et quatre personnes qui s'étaient portées à leur secours ont été tuées par la seconde explosion qui a aussi fait deux blessés.

AP

 


1-6 Province de Ninive (Mossoul (capitale de la région nord du pays - à 375 km au nord de Bagdad,) Hawijah, Kassak"(70 km au nord-est de Mossoul) & Tall Afar )

Rabia

14/04

Trente-quatre personnes ont été tuées dans le camp d'Ashraf, où vivent des membres de l'opposition iranienne au nord de Bagdad, lors d'un raid de l'armée irakienne,

AFP



L’Irak en chiffres (depuis le début de la guerre de conquête en mars 2003) 


Peuple

 

Civils tués (depuis l'occupation)                             

1 368 710 (chiffre  minimum)

Civils blessés (depuis l'occupation) 

 

1.148.762 + x)  chiffre très très minimum)

Civils violés (par les troupes d'occupations)

2.507     (voir Ibrahim Allousch

Civils/Résistants arrêtes : (une dizaine par jour...)

8.945   (chiffre minimum)

Résistants (décrit tel quel ) tués

4.175 (+ x)( chiffre minimum)

Résistants (décrit tel quel ) blessés

3.899   (chiffre minimum)

En prison

1.900 (chiffre minimum)

Embargo

750.000 enfants (chiffre minimal)

Embargo

750.000 adultes (chiffre moyen)

 

 

Militaires irakiens tués pendant l'invasion

45.596 (chiffre minimal)

Civils tués pendant l'invasion

120.200 (chiffre minimal)

 

 

Coalition

 

Nombre de Soldats tués (ou morts...) 

34.717

Soldats rapatriés (blessés ou malades)

744..113

(*) dont 10% meurent en cours de route ou à l'hôpital)

 

Disparus (dans la nature)

1.014

Désertions

5.501

Mutinerie

2 corps + 25

Aide psychologique

66.108***

Suicides

Mercenaires tues                                                                                 

5.683 (chiffre très minimal)

986

Mercenaires blessés

7 106

Policiers/soldats/miliciens irakiens  tués

13.796

Policiers /soldats/miliciens irakiens blessés

27.870  (chiffre minimal)

Policiers /soldats irakiens disparus (dans la nature)

13.916

 

 

Autres tués (collaborateur)

5792

Autres blessés (collaborateur)

9.783

 

 

Nombre d'attaques de la résistance de 2003 à 2011:

Oléoducs, les infrastructures pétrolières & d'électricité

164.001 + X 

464 attaques (grand minimum)

Infrastructures du rail

195 attaques (idem)

Hélicoptères

104  ++              (idem)

Avions (& drone)

29 ++


Ces   totaux sont obtenus par le recoupement (si possible) des chiffres des pertes communiqué par la résistance & les médias occidentaux + XINHUANET


 


         

Cost of U.S. War and Occupation of Iraq

786.426.953.720

23.-04 - 10h32

http://www.costofwar.com/

http://www.nationalpriorities.org/costofwar_home
For more details, click here.


Ces   totaux sont obtenus par le recoupement (si possible) des chiffres des pertes communiqué par la résistance & les médias occidentaux + XINHUANET


n°513 - Journal d'Irak - 02- 04 au 22-04 -: Fin - Une révolution populaire arabe, également dans l'Irak occupé

°513  -  Journal d'Irak - 02- 04 au 22-04 -: Fin -  Une révolution populaire arabe, également dans l'Irak occupé



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!



Journal d'Irak

n°513                 du 02/04                   au 22/04/11

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Journal d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur mes  blog :  http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                              http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dir...

c) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

4 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

 4-1 video Gilles Munier : Saddam à Hollywood.

5 Dossier & Point de vue

5-1 Mahmoud SALEH : Carnage au conseil provincial – note de la rédaction (A qui profite  le crime ?)

6  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

6-1 La participation de la Grande-Bretagne à l'invasion de l'Irak était liée aux intérêts des firmes pétrolières britanniques.

6-2 M. Saadoune : Butin de sang.

7 Annexe

7-1 Les règles de la propagande de guerre.

 

4 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

Ce qui se passe en Irak actuellement :

Voici un vidéo qui démontrent un peu ce qui se passe en Irak, faut voir :
http://www.youtube.com/watch?v=Mye_VnKh-n4
et une autre:
http://www.youtube.com/watch?v=LN_P3f030S0&feature=player_embedded
et voilà, selon Abdul Ilah al Bayaty, pourquoi manifestent les Irakiens ?
Une vie d'enfer.
Les images très dure

http://www.youtube.com/watch?v=ldSkCiyNREA


4-1 video Gilles Munier : Saddam à Hollywood.

La télévision et le cinéma sont des outils de propagande privilégiés. Hollywood et la BBC ne se sont jamais privés d’influencer les opinions publiques, pour le meilleur et parfois pour le pire, comme la justification des crimes commis dans le monde par les administrations américaines et les gouvernements britanniques.

    « Plus vulgaire que Sacha Baron Cohen, tu meurs ! »… L’acteur britannique est connu pour ses interprétations de personnages caricaturaux, politiquement incorrects et hilarants : Borat, journaliste kazakh antisémite, et Brüno, journaliste homosexuel autrichien antisémite. Il sera Saddam Hussein dans « Le dictateur », en cours de tournage à Hollywood, comédie reprenant le titre du célèbre film de Charlie Chaplin. Selon la Paramount, le long métrage est inspiré de Zabiba et le Roi, livre écrit par le président irakien, dont j’ai coordonné la traduction en français, avec son accord (1). Mais, comme chacun sait, le respect de la vérité historique n’est pas le fort des scénaristes de Hollywood, et encore moins le souci de Sacha Baron. Le film raconte donc « les aventures héroïque d'un dictateur qui a risqué sa vie pour s'assurer que la démocratie n'arrivera jamais dans un pays si amoureusement opprimé », c'est-à-dire l’inverse du message concluant l’ouvrage. En effet, avant de mourir, le monarque remet ses pouvoirs à une assemblée populaire, comme le lui a conseillé Zabiba avant de mourir, une Jeanne d’Arc babylonienne.

    Saddam Hussein souhaitait que son roman soit adapté au cinéma. En janvier 2003, Hamid Youssef Hamadi (2), ministre de l’Information et de la Culture, m’avait demandé de rechercher un metteur en scène intéressé par le projet, et envisageait la réalisation du film sous la forme d’une coproduction franco-irakienne. La guerre du Golfe en a décidé autrement.

Docu-fictions britanniques

   La vie de Saddam Hussein semble fasciner la télévision britannique qui lui trouve des aspects shakespeariens, voir diaboliques au sens propre du terme. En 2007, la BBC a programmé Saddam Tribe (La tribu Saddam), le Président irakien étant interprété par l’Irlandais Stanley Townsend. Le téléfilm, inspiré d’entretiens avec Raghad - fille de Saddam réfugiée à Amman - et Latif Yahia – sosie officiel d’Oudaï Saddam Hussein – relate les violents démêlés de Hussein Kamel al-Majid, gendre du Président et ministre de l’Industrie militaire, avec le fils aîné de Saddam, présenté comme un dangereux déséquilibré. Le scénariste prend quelques libertés avec l’épilogue sanglant concluant sa défection. Il fut tué après un énième assaut de la villa où il s’était retranché, à Bagdad, apparemment pas mitraillés à bout portant par les gardes du corps de Ali Hassan al-Majid, un des chefs du clan Al-Majid. Un détail parmi d’autres, mais il s’agit après tout d’une fiction, pas d’une reconstitution historique.

   En 2008, dans le feuilleton The House of Saddam, l’acteur Igal Naor, juif bagdadi ayant émigré tout jeune en Israël, fait du Président irakien une synthèse de Staline et de Marlon Brando dans le rôle du Parrain, machiavélique et sans pitié. Naor raconte qu’il rêvait d’interpréter Saddam depuis qu’un missile Scud est tombé près de son domicile en 1991. La reconstitution de la réunion où le Président irakien lit les noms des dirigeants baasistes accusés de comploter contre lui et les  fait exécuter, est d’une grande intensité dramatique. Igal Naor est un habitué des rôles d’arabes. Il était Mahmoud al-Hamchari, représentant de l’OLP assassiné par le Mossad à Paris en 1973, dans « Munich », de Steven Spielberg, et le général Muhammad al-Rawi, un des chefs de la résistance baasiste, dans Green Zone.

   La diabolisation de Saddam Hussein est une affaire rentable pour l’industrie cinématographique occidentale, mais elle est sans influence notable sur la perception qu’a la majorité des Arabes et des musulmans du leader irakien. L’embargo-génocide du peuple irakien, les mensonges de la guerre du Golfe, le courage du Président lors de son exécution-lynchage, sont imprimés dans les mémoires sont des souvenirs intenses d’indignation, de douleur et de fierté, difficiles à effacer. Au lieu de ridiculiser Saddam avec son « Dictateur », dont la sortie est prévue en mai 2012, Sacha Baron va renforcer son mythe. L’acteur britannique, ancien militant d’une organisation de jeunesse sioniste « de gauche », aurait du demander conseil à ses amis du kibboutz Rosh Haniqra, près de la frontière israélo-libanaise, où il a longtemps séjourné. Ils lui auraient répondu qu’humilier un ennemi ne sert qu’à provoquer sa colère, son désir de vengeance... et à récolter en retour une pluie de missiles.

Moi et Saddam

   Pendant ce temps, et sans que les médias s’y intéressent, une série télévisée de 30 épisodes sur la vie de Saddam Hussein va être tournée en Syrie. Intitulée Ana wa Saddam (Moi et Saddam), elle est programmée pour le mois de Ramadan 2011(3). Son impact dans les pays musulmans sera autrement plus important que Le Dictateur de Sacha Baron. L’annonce que Saddam devrait être Jamal Souleiman, célèbre interprète de Salah Eddine al-Ayyoubi (Saladin), chef de la résistance musulmane aux Croisés, donne un avant-goût du scénario.

Appendice 1 :

Les longs jours

   L’Office irakien du cinéma a réalisé en 1980, Al-ayyam al-tawila (Les longs jours) tiré d’un roman de l’Irakien Abd al-Amir Mu’alla. Produit par Terence Young - réalisateur des premiers James Bond -, mis en scène par l’Egyptien Tewfiq Saleh, le film raconte le complot organisé en 1959, par le parti Baas, pour assassiner le Président irakien Abdel Karim Kassem. Mohammad al-Saqr, le héros membre du commando, n’est autre que Saddam Hussein. L’opération ayant échouée, le jeune révolutionnaire entra dans la clandestinité, caché notamment une ferme au bord de l’Euphrate, celle où leColonel James Hickey, des Forces spéciales américaines, le découvrit, dit-on, en décembre 2003 !

    Dans Les longs jours, Saddam est interprété par un proche parent : le colonel Saddam Kamel, un des chefs de la garde présidentielle, qui lui ressemblait physiquement. Le film fut retiré des écrans irakiens en août 1995, après la défection de ce dernier, en Jordanie, en compagnie de son frère Hussein Kamel. Les deux hommes, tués par des membres de leur tribu après leur retour à Bagdad, étaient mariés respectivement à Raghad et Rana, filles du président irakien.

Appendice 2 :

Zabiba et le roi : message posthume de Saddam ?

   A sa sortie en France, il y a dix ans, Zabiba et le roi* de Saddam Hussein, était présenté comme un conte philosophique prémonitoire sur la solitude du pouvoir et l’issue fatale de la guerre annoncée. Aujourd’hui, la mise en question des régimes arabes liés aux occidentaux, incapables de satisfaire les attentes de leur peuple, jette un éclairage nouveau sur la pensée du président irakien. A travers Zabiba, « fille et conscience du peuple » symbolisant l’Irak, il se montre opposé au pouvoir absolu et à sa transmission héréditaire, convaincu de l’inéluctabilité du pouvoir populaire. Le roman décrit des débats parlementaires remettant en cause les principes de la monarchie. Après la mort de Zabiba, violée un 17 janvier, jour où les Etats-Unis ont envahi l’Irak en 1991, l’ouvrage s’achève par « Vive le peuple... Vive l’armée » que ne renieraient pas les manifestants de Tunis et du Caire. Rien à voir avec le scénario délirant concocté à Hollywood par la Paramount et Sacha Baron Cohen.

* Zabiba et le Roi, « par son auteur » (Saddam Hussein) – Ed. du Rocher, 2003.

Gilles Munier

2 /4

http://www.france-irak-actualite.com/

 



5 Dossier & Point de vue

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

5-1 Mahmoud SALEH : Carnage au conseil provincial – note de la rédaction (A qui profite  le crime ?)

Nb : Ndlr : la publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage l'analysedes auteur, mais doit être vu comme information.

Un sentiment de colère face aux carences des mesures de sécurité dominait mercredi à Tikrit, au nord de Bagdad, au lendemain de la mort de 58 personnes dans l'attaque la plus sanglante en Irak depuis août.

Le couvre-feu, décrété dès le début de l'attaque du conseil provincial mardi, était toujours en vigueur dans l'ex-fief de l'ancien président Saddam Hussein, dont les rues étaient désertes et les magasins fermés.

Mardi, un commando armé a tenu tête pendant plus de cinq heures aux forces de sécurité irakiennes en se retranchant dans ce bâtiment officiel.

"Le Premier ministre Nouri al-Maliki a récemment déclaré que l'Irak était devenu le pays le plus stable et le plus sûr de la région. Mais où est la sécurité?", a demandé Mahmoud al-Bazi, un enseignant de 35 ans.

"Cette attaque, qui a privé la province de son élite, est arrivée par la faute des services de sécurité et du gouvernement central", a-t-il accusé.

Si les violences ont nettement diminué en Irak ces dernières années, ce carnage illustre de nouveau la capacité de certains groupes armés à mener des attaques d'envergure, et ce à neuf mois du retrait prévu des 50.000 militaires américains.

Profitant de la panique générée par un premier attentat suicide, les hommes armés déguisés en militaires, qui portaient selon un responsable de la police des ceintures d'explosifs, se sont engouffrés dans le bâtiment du centre de Tikrit.

"Quand ils sont entrés, ils ont jeté plusieurs grenades et commencé à tirer dans tous les sens dans le bâtiment, où se trouvaient des dizaines de personnes et d'employés", a déclaré par téléphone à l'AFP Hussein al-Chatab, membre du conseil provincial. "Beaucoup d'entre nous avons pu nous enfuir par l'arrière."

Trois membres du conseil provincial figurent au nombre des morts, parmi lesquels le président de la commission de la Santé Wathiq Chaker dont le frère Hafez exigeait mercredi la démission du gouverneur Ahmed Abdallah Abed et du chef de la police provinciale.

"Comment ce carnage a-t-il été possible dans un bâtiment qui est le symbole des autorités locales?", interrogeait ce vétérinaire de 40 ans.

Le conseil provincial a décrété un deuil de trois jours, alors que les familles des victimes enterraient leurs proches. Policiers et militaires se sont déployés en force dans Tikrit et les mesures de sécurité ont été renforcées aux entrées de cette province à majorité sunnite, située juste au nord de Bagdad.

M. Maliki a promis mercredi dans un communiqué que "les criminels qui ont organisé et exécuté ce crime n'échapperont pas à la punition".

Il a dit attendre "au plus vite" les conclusions d'une enquête lancée sur cette attaque, la plus sanglante depuis l’attaque exécuté le 17 août contre un centre de recrutement de l'armée à Bagdad, qui avait fait 59 morts et 125 blessés.

Ce carnage n'a pas été revendiqué…

Mardi, les renforts des forces de sécurité ont été accueillis au conseil provincial par l'explosion d'une voiture piégée garée à proximité et qui a fait de nombreuses victimes.

La police irakienne a finalement donné l'assaut du bâtiment en fin d'après-midi, et aucun des six membres du commando n'a survécu.

Les forces de sécurité ont bénéficié d'une assistance de l'armée américaine pour la surveillance aérienne des lieux, a indiqué un porte-parole américain, qui a précisé que plusieurs militaires américains qui se trouvaient au sol à proximité avaient été légèrement blessés.

(AFP) –

31/3



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

6-1 La participation de la Grande-Bretagne à l'invasion de l'Irak était liée aux intérêts des firmes pétrolières britanniques.
La Grande-Bretagne discutait de l'exploitation du brut irakien avec les géants pétroliers britanniques cinq mois avant d'envahir l'Irak avec les Etats-Unis, rapporte mardi 19 avril le quotidien The Independent.

Citant des documents obtenus par l'activiste Greg Muttitt, spécialiste du pétrole irakien, le journal affirme que des responsables gouvernementaux ont rencontré, à cinq reprises au moins, les compagnies BP et Royal Dutch Shell en octobre et novembre 2002.

L'objectif était, selon des propos qu'aurait tenus à l'époque le responsable du Moyen-Orient au Foreign Office, d'assurer à ces deux entreprises britanniques une part des grandes ressources pétrolières de l'Irak après la chute de Saddam Hussein.
La participation de la Grande-Bretagne à l'invasion de l'Irak en 2003 a été la décision la plus controversée de Tony Blair lors de son passage à Downing Street.
De nombreux Britanniques ont accusé le premier ministre d'avoir menti sur les raisons de l'intervention militaire, les armes de destruction massive n'ayant jamais été trouvées sur le sol irakien. Selon les documents révélés par The Independent, BP a déclaré au ministère des affaires étrangères que l'Irak "était plus important que tout ce qu'on avait vu depuis bien longtemps".
La ministre du commerce de l'époque, Elizabeth Symons, aurait dit au groupe pétrolier que, compte tenu du soutien apporté par Blair au projet du président américain George W. Bush, les entreprises britanniques obtiendraient probablement une part des réserves de gaz et de pétrole de l'Irak.

Une porte-parole du Foreign Office n'a pas souhaité faire de commentaires dans l'immédiat.

BP et Shell sont restés, quant à eux, injoignables.

19.04.
ttp://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/04/19/la-...


6-2 M. Saadoune : Butin de sang.

Non seulement ils peuvent trouver de bons Arabes pour financer la guerre, mais ils s’arrangent à butiner en grand.

Plusieurs mois avant la guerre « démocratique » contre l’Irak, le très préventif gouvernement du menteur Tony Blair discutait des « parts » qui seront dévolues aux entreprises pétrolières britanniques. Les documents publiés par un activiste militant, Greg Muttit, dans The Indépendant, ne surprennent personne.

Ils sont édifiants néanmoins sur le cynisme et l’absence de scrupules d’hommes politiques occidentaux qui ont choisi délibérément et sans raison de lancer une guerre qui a fait des centaines de milliers de morts uniquement pour la prise du butin pétrolier. Bush, Blair ont commis des massacres de masse pour le pétrole. Même si la Cour pénale internationale ne leur demandera pas compte, il est bon de le rappeler.

Surtout en ces moments où les Occidentaux, avec l’alibi de quelques États arabes et d’un pitoyable SG de la Ligue arabe en fin de mandat, déversent leurs bombes en Libye au nom de la protection des civils.

Celle-ci serait, à en croire ses propagandistes, une guerre humanitaire « pure », sans lien avec le pétrole et le gaz de Libye. On nous amène même des « spécialistes » qui nous expliquent que seuls nos esprits malintentionnés ne voient qu’intentions cupides là où il n’y a que noblesse et humanité. Que nous n’avions pas entendues sur l’Irak, où les introuvables armes de destruction massive ont été remplacées par l’impératif de libérer les Irakiens de leur dictateur et d’établir la démocratie !

Le glissement s’opère en Libye, où l’imposition d’une zone d’exclusion aérienne est jugée « insuffisante » pour protéger les civils et où les appels à l’intervention au sol se font très pressants. Gageons que derrière les envolées lyriques sur la liberté et la démocratie, d’âpres discussions se font déjà dans les pays occidentaux et à Benghazi sur la manière de partager le butin.

Mais ce serait scandaleux de faire ce constat élémentaire ! Comme il était « scandaleux » pour l’establishment américain et les assassins qui occupaient la Maison-Blanche et le Pentagone que M. Alan Greespan, ancien directeur de la Réserve fédérale américaine, lâche une petite phrase franche et nette dans ses mémoires The Age of Turbulence parus en septembre 2007 : « Cela m’attriste qu’il soit politiquement incorrect de reconnaître ce que chacun sait : la guerre en Irak est largement une question de pétrole ».

Selon les documents révélés par The Indépendant, le gouvernement britannique veillait à ce que le retour sur investissement dans la guerre soit assuré pour les compagnies BP et Royal Dutch Shell. C’est qu’ils sont efficaces ces messieurs ! Non seulement ils peuvent trouver de bons Arabes pour financer la guerre, mais ils s’arrangent à butiner en grand.

Ces dirigeants sans scrupule, fondés de pouvoir d’un capitalisme qui vit des désastres provoqués, comme l’a démontré de manière implacable le livre de la Stratégie du choc de Naomi Klein, se piquent de donner des leçons de morale aux autres. Ceux qui, par légitime répulsion à l’égard du grotesque dictateur libyen, approuvent aveuglément ce que font les Occidentaux, ne devraient jamais oublier qu’on a massacré des centaines de milliers de personnes en Irak pour l’unique motif de s’accaparer son pétrole.

Quand des troupes occidentales viennent « libérer » un peuple arabe, les dégâts sont forcément là et la facture très longue à payer.

M. Saadoune –

Le Quotidien d’Oran



7 Annexe

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

 

7-1 Les règles de la propagande de guerre.
Comment les médias occidentaux ont-ils couvert les diverses guerres qui ont suivi la première guerre du Golfe ? Peut-on dresser des constats communs ? Existe-t-il des règles incontournables de la « propagande de guerre » ? Oui.

1. Cacher les intérêts. Nos gouvernements se battent pour les droits de l’homme, la paix ou quelque autre noble idéal. Ne jamais présenter la guerre comme un conflit entre des intérêts économiques et sociaux opposés.
2. Diaboliser. Pour obtenir le soutien de l’opinion, préparer chaque guerre par un grand médiamensonge spectaculaire. Puis continuer à diaboliser l’adversaire particulièrement en ressassant des images d’atrocités.
3. Pas d’Histoire ! Cacher l’histoire et la géographie de la région. Ce qui rend incompréhensibles les conflits locaux attisés, voire provoqués par les grandes puissances elles-mêmes.
4. Organiser l’amnésie. Eviter tout rappel sérieux des précédentes manipulations médiatiques. Cela rendrait le public trop méfiant.

Règle n° 1. Cacher les intérêts.
La règle la plus fondamentale de la propagande de guerre, c’est de cacher que ces guerres sont menées pour des intérêts économiques bien précis, ceux des multinationales. Qu’il s’agisse de contrôler les matières premières stratégiques ou les routes du pétrole et du gaz, qu’il s’agisse d’ouvrir les marchés et de briser les Etats trop indépendants, qu’il s’agisse de détruire tout pays pouvant représenter une alternative au système, les guerres sont toujours économiques en définitive. Jamais humanitaires. Pourtant, à chaque fois, c’est le contraire qu’on raconte à l’opinion.

La première guerre contre l’Irak a été présentée à l’époque comme une guerre pour faire respecter le droit international. Alors que les véritables objectifs, exprimés dans divers documents – même pas internes – du régime US étaient :
1. Abattre un régime qui appelait les pays arabes à s’unir pour résister à Israël et aux Etats-Unis.
2. Garder le contrôle sur l’ensemble du pétrole du Moyen-Orient.
3. Installer des bases militaires dans une Arabie saoudite déjà réticente. Il est très instructif, et cocasse, de relire aujourd’hui les nobles déclarations faites à l’époque par la presse européenne européenne sur les nobles motivations de la première guerre du Golfe.

De tout cela, zéro bilan.
Les diverses guerres contre la Yougoslavie ont été présentées comme des guerres humanitaires. Alors que, selon leurs propres documents, que chacun pouvait consulter, les puissances occidentales avaient décidé d’abattre une économie trop indépendante face aux multinationales, avec d’importants droits sociaux pour les travailleurs. Le vrai but était de contrôler les routes stratégiques des Balkans (le Danube et les pipe-lines en projet), d’installer des bases militaires (donc de soumettre la forte armée yougoslave) et de coloniser économiquement ce pays. Actuellement, de nombreuses informations sur place confirment une colonisation éhontée par les multinationales dont US Steel, le pillage des richesses du pays, la misère croissante qui s’ensuit pour la population. Mais tout cela reste soigneusement caché à l’opinion internationale. Tout comme les souffrances des populations dans les divers autres pays recolonisés.
L’invasion de l’Afghanistan a été présentée comme une lutte anti-terroriste, puis comme une lutte d’émancipation démocratique et sociale. Alors que, là aussi, des documents US parfaitement consultables révélaient de quoi il s’agissait. 1. Construire un pipe-line stratégique permettant de contrôler l’approvisionnement de tout le sud de l’Asie, continent décisif pour la guerre économique du 21ème siècle. 2. Etablir des bases militaires US au centre de l’Asie. 3. Affaiblir tous les « rivaux » possibles sur ce continent - la Russie, l’Iran et surtout la Chine - et les empêcher de s’allier.
On pourrait analyser pareillement comment on nous cache soigneusement les véritables enjeux économiques et stratégiques des guerres en cours ou à venir : Colombie, Congo, Cuba, Corée... Bref, le tabou fondamental des médias, c’est l’interdiction de montrer que chaque guerre sert toujours des multinationales bien précises. Que la guerre est la conséquence d’un système économique qui impose littéralement aux multinationales de dominer le monde et de le piller pour empêcher ses rivaux de le faire.

Règle N°2. Diaboliser.
Chaque grande guerre commence par un grand médiamensonge qui sert à faire basculer l’opinion pour qu’elle se range derrière ses gouvernants.

- En 1965, les Etats-Unis déclenchent la guerre du Vietnam en inventant de toutes pièces une attaque vietnamienne contre deux de leurs navires (incident « de la baie du Tonkin »).
- Contre Grenade, en 83, ils inventent une menace terroriste (déjà !) qui viserait les USA.
- La première agression contre l’Irak, en 1991, est « justifiée » par un prétendu vol de couveuses dans une maternité de Koweït City. Médiamensonge fabriqué de toutes pièces par la firme US de relations publiques Hill & Knowlton.
- De même, l’intervention de l’Otan en Bosnie (95) sera « justifiée » par des récits truqués de « camps d’extermination » et des bombardements de civils à Sarajevo, attribués aux Serbes. Les enquêtes ultérieures (tenues secrètes) montreront pourtant que les auteurs étaient en fait les propres alliés de l’Otan.
- Début 99, l’attaque contre la Yougoslavie sera « justifiée » par une autre mise en scène : un prétendu « massacre de civils » à Racak (Kosovo). En réalité, un combat entre deux armées, provoqué par les séparatistes de l’UCK. Ceux que les responsables US qualifiaient de « terroristes » au début 98 et de « combattants de la liberté » quelques mois plus tard.
- La guerre contre l’Afghanistan ? Plus fort encore, avec les attentats du 11 septembre. Sur lesquels toute enquête sérieuse et indépendante sera étouffée, pendant que les faucons de l’administration Bush se précipiteront pour faire passer des plans d’agression, préparés depuis longtemps, contre l’Afghanistan, l’Irak et quelques autres.
Chaque grande guerre commence par un médiamensonge de ce type : des images atroces prouvant que l’adversaire est un monstre et que nous devons intervenir pour une « juste cause ».
Pour qu’un tel médiamensonge fonctionne bien, plusieurs conditions sont nécessaires : 1. Des images épouvantables. Truquées si nécessaire. 2. Les marteler plusieurs jours, puis prolonger par des rappels fréquents. 3. Monopoliser les médias, exclure la version de l’autre camp. 4. Ecarter les critiques, en tout cas jusqu’au moment où il sera trop tard. 5. Qualifier de « complices », voire de « révisionnistes » ceux qui mettent en doute ces médiamensonges.

Règle N° 3. Pas d’Histoire !
Dans tous les grands conflits de ces dernières années, les médias occidentaux ont caché à l’opinion les données historiques et géographiques essentielles pour comprendre la situation des régions stratégiques concernées.

En 1990, on nous présente l’occupation du Koweït par l’Irak (qu’il ne s’agit pas ici de justifier ou d’analyser) comme une « invasion étrangère ». On « oublie » de dire que le Koweït avait toujours été une province de l’Irak, qu’il en a été séparé en 1916 seulement par les colonialistes britanniques dans le but explicite d’affaiblir l’Irak et de garder le contrôle de la région, qu’aucun pays arabe n’a jamais reconnu cette « indépendance », et enfin que le Koweït est juste une marionnette permettant aux Etats-Unis de confisquer les revenus du pétrole.
En 1991, en Yougoslavie, on nous présente comme de gentils démocrates « victimes » deux dirigeants extrémistes, racistes et provocateurs, que l’Allemagne a armés avant la guerre : le Croate Franjo Tudjman et le Bosniaque Alia Izetbegovic. En cachant qu’ils renouent avec le plus sinistre passé de la Yougoslavie : le génocide anti-serbe, anti-juif et anti-rom de 41-45. On présente aussi les populations serbes de Bosnie comme des envahisseurs alors qu’elles y vivaient depuis des siècles.
En 1993, on nous présente l’intervention occidentale en Somalie comme « humanitaire » en cachant soigneusement que des sociétés US ont acheté le sous-sol pétrolifère de ce pays. Et que Washington entend contrôler cette région stratégique de la « Corne de l’Afrique » ainsi que les routes de l’Océan Indien.
En 1994, on nous présente le génocide rwandais en faisant silence sur l’histoire de la colonisation belge et française. Laquelle avait délibérément organisé le racisme entre Hutus et Tutsis pour mieux les diviser.
En 1999, on nous présente le Kosovo comme une terre envahie par les Serbes. On nous parle de « 90% d’Albanais, 10% de Serbes ». Passant sous silence la forte diminution du nombre des Serbes lors du génocide commis dans cette province durant la Seconde Guerre mondiale, puis durant l’administration albanaise de la province (années 80). On escamote aussi l’existence au Kosovo de nombreuses minorités (Roms, Juifs, Turcs, Musulmans, Gorans, etc...). Minorités dont « nos amis » de l’UCK avaient programmé le nettoyage ethnique, qu’ils réalisent aujourd’hui sous les yeux et avec la bénédiction de l’Otan.
En 2001, on crie haro sur les talibans, régime certes peu défendable. Mais qui les a amenés au pouvoir ? Qui les a protégés des critiques des organisations des droits de l’homme afin de pouvoir construire avec eux un juteux pipeline transcontinental ? Et surtout, au départ, qui a utilisé le terrorisme de Ben Laden pour renverser le seul gouvernement progressiste qui avait émancipé la paysannerie et les femmes ? Qui a ainsi rétabli la pire terreur fanatique en Afghanistan ? Qui, sinon les Etats-Unis ? De tout ceci, le public ne sera guère informé. Ou trop tard.
La règle est simple. Occulter le passé permet d’empêcher le public de comprendre l’histoire des problèmes locaux. Et permet de diaboliser à sa guise un des protagonistes. Comme par hasard, toujours celui qui résiste aux visées néocoloniales des grandes puissances.
Règle N° 4. Organiser l’amnésie.
Lorsqu’une grande puissance occidentale prépare ou déclenche une guerre, ne serait-ce pas le moment de rappeler les grands médiamensonges des guerres précédentes ? D’apprendre à déchiffrer les informations transmises par des états-majors ô combien intéressés ? Cela s’est-il produit à l’occasion des diverses guerres des années 90 ? Jamais. A chaque fois, la nouvelle guerre devient la « guerre juste », plus blanche encore que les précédentes, et ce n’est pas le moment de semer le doute.
Les débats seront pour plus tard. Ou jamais ? Un cas flagrant : récemment, un super-menteur a été pris la main dans le sac, en flagrant délit de médiamensonge. Alastair Campbell, chef de la « communication » de Tony Blair, a dû démissionner quand la BBC a révélé qu’il avait truqué les informations sur les prétendues armes de destruction massive. Ceci a-t-il provoqué un débat sur les précédents exploits du dit Campbell ? N’aurait-il pas été intéressant d’expliquer que toute notre information sur le Kosovo avait été concoctée par ce même Campbell ? Que cela méritait certainement un bilan et une réévaluation de l’information donnée sur la guerre contre la Yougoslavie ? Il n’en a rien été.

Michel Collon

22 mars 2011

http://michelcollon.info/Les-regles-de-la-propagande-de.html


21/04/2011

n° 577 - Analyse de Palestine - 17-04 - Début - Gaza, Lybie,. : ambiguïtés et détournements du droit international humanitaire

n° 577 - Analyse de Palestine - 17-04   - Début  - Gaza, Lybie,. : ambiguïtés et détournements du droit international humanitaire



n° 577 - Analyse de Palestine - 17-04  Les mascarades de “paix” de Micheline Calmy-Rey.



       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 

                                                       



Analyse de Palestine

 n°577                  17-04                                                                            

                                                         C.De Broeder & M.Lemaire   

 



Vous retrouverez ce journal 

a) sur mes blog : 

http://www.dhblogs.be/categories/International.html

http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens...

c) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 



Sommaire

1 Analyse

1-1 Silvia Cattori : Les mascarades de “paix” de Micheline Calmy-Rey.

1-2 Stephen Lendman : C’est à Israël qu’il faut s’en prendre, pas à la Libye !

1-3 Myriam Abraham: Nouvelle folie : «Jeter A La Mer».

1-4 Diego : Attentat de Jérusalem: à qui profite le crime?

1-5 Khalid Amayreh : Israël est coupable, il porte la responsabilité des récentes violences.

1-6 Javier Sethness : La crise infligée à Gaza.

Fin

2 Annexe

2-1 Daniel Lagot  :Gaza, Lybie,… :ambiguïtés et détournements du droit international humanitaire 

2-2 Alison Weir : Assassiner des bébés est admissible s’ils sont Palestiniens.



1 Analyse

Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullemen