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14/04/2011

n° 12 - Journal de Côte d'Ivoire - 06-04 au 14-04- :- Suite - Les soldats français en Côte d'Ivoire... pour la « bonne cause » ?-

n° 12 -  Journal de Côte d'Ivoire  -  06-04 au 14-04- :- Suite -  Les soldats français en Côte d'Ivoire... pour la « bonne cause » ?-


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources



       Journal de Côte d’Ivoire  

n°12                              06-04 au 14-04

 

   C.Debroeder &  M.Lemaire



Les informations contenues dans ce journal sont obtenues par la lecture journalière des journaux en ligne.:

                    Nos informations sont également le résultat de recoupements car les médias occidentaux donnent des informations qui ou se contredissent ou ne prennent en note qu’une partie des infos

 



Le journal de Côte d'Ivoire se retrouve

a) sur nos  blogs :  http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                               http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

c) sur le site de Eva Resis :  no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-              solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire




2 Politique 

Les liens familiaux d’Ouattara avec les grands spéculateurs du cacao.

Visage rond, chemises roses, yeux bleus, Anthony Ward, 51 ans, grand amateur des pistes de ski alpines, est considéré comme l’un des meilleurs traders de sa génération.

Au début des années 2000, alors que tous les analystes se montrent optimistes sur l’avenir de la Côte d’Ivoire après l’accession de Laurent Gbagbo au pouvoir, le fondateur de la société londonienne Armarajo est persuadé que le marché du cacao va se trouver en déficit…et se met à stocker dans des entrepôts européens des dizaines de milliers de tonnes de fèves. Deux ans plus tard, une rébellion éclate. Ward a 400 000 tonnes de cacao entre les mains. Il ne reste qu’à attendre le moment où les cours seront élevés pour les revendre et empocher un bonus considérable. Acquérant ainsi son surnom de « chocolate fingers ».
Huit ans plus tard, rebelote. Anthony Ward renouvelle son exploit. Quatre mois avant les élections ivoiriennes de 2010, tablant sur les difficultés politiques futures du pays, il achète d’un seul coup 240 000 tonnes de cacao qu’il revendra... la semaine dernière… juste avant l’offensive des forces rebelles du candidat malheureux à la présidentielle Alassane Ouattara contre le président Laurent Gbagbo. Le prix du cacao venait d’atteindre son plus haut sommet depuis 32 ans.
De quelle bonne fée dispose donc ce fils de militaire sans diplôme, converti dans le négoce international pour prévoir avec autant de justesse les évènements politiques en Côte d’Ivoire ?
Détail, son beau-père n’est autre qu’un certain... Ouattara, champion de la communauté euro-nord américaine ! Celui-là même qui a déclenché les deux guerres sans lesquelles le prix du cacao n’aurait aussi augmenté. Curieusement, on retrouve un autre proche du président de la communauté internationale à la tête de la direction Afrique d’Armajaro, un certain Loïc Folloroux, le fils de Dominique Nouvian, la deuxième épouse de…Ouattara !

Le monde est petit !

12 avril 2011

Source : Le gri-gri international

 

 


22-3 Sur le terrain

L'ex-ministre de Laurent Gbagbo, Désiré Tagro décède dans des circonstances troubles

Désiré Tagro, homme fort du régime du président ivoirien sortant, est mort au lendemain de son arrestation.

Source AFP

Désiré Tagro, ex-ministre de l'Intérieur et proche de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, est décédé mardi dans des circonstances encore troubles, au lendemain de son arrestation avec Laurent Gbagbo à Abidjan, a-t-on appris de sources concordantes.

Désiré Tagro faisait partie des fidèles de Laurent Gbagbo qui avaient été arrêtés avec lui lundi après l'assaut sur la résidence présidentielle des forces du nouveau chef de l'État Alassane Ouattara, et avait été conduit comme eux à l'hôtel du Golf, ont indiqué une source du camp Ouattara et un diplomate en poste à Abidjan. Selon les mêmes sources, Tagro a été vu blessé à son arrivée à l'hôtel, et avait été ensuite transféré dans une clinique, où il est décédé mardi matin.

Assassinat ou suicide ?

Pascal Affi N'Guessan, chef du parti de Laurent Gbagbo, le Front populaire ivoirien (FPI), a affirmé à l'AFP qu'il avait été "assassiné" d'"une balle à l'hôtel du Golf", une version fermement démentie dans le camp Ouattara. Selon la source diplomatique, il aurait tenté de se suicider d'une balle dans la bouche lors de l'arrestation, et aurait succombé à ses blessures.

Désiré Tagro était un homme fort du régime défait. Porte-parole de Gbagbo puis ministre de l'Intérieur puissant, il avait été nommé secrétaire général de la présidence après le scrutin controversé de novembre 2010. Homme à poigne, souvent considéré comme un "dur", il avait été l'un des artisans de l'accord de paix de 2007 entre Laurent Gbagbo et la rébellion.

Clément Petreault

Le Point.fr 12/04



3   Politique internationale

a) Usa

Le sénateur américain James Inhofe accuse la France de néo-colonialisme.

Le sénateur américain James Inhofe a accusé mardi la France de mener une politique néo-colonialiste en Côte d'Ivoire et demandé au département d'Etat que l'exil soit accordé à Laurent Gbagbo dans un "endroit où il ne soit pas assassiné".
"Je renouvelle mon appel pour une audition devant la commission des Affaires étrangères, sur les bombardements et les massacres par les Nations unies, la France et les rebelles de Ouatarra", a déclaré Inhofe devant le Sénat.
Le sénateur républicain, un proche du président sortant Laurent Gbagbo et de son épouse Simone, arrêtés lundi à Abidjan, en était à son cinquième discours devant le Sénat sur la Côte d'Ivoire en une semaine pour dénoncer l'action de la France et des Nations unies à Abidjan.
"J'ai averti les Nations unies et les Français quatre fois la semaine passée qu'ils auraient du sang sur les mains s'ils continuaient à soutenir les forces rebelles d'Alassane Ouatarra", a-t-il dit en montrant des agrandissements de photos de personnes qui auraient été tuées par les rebelles
à Duékoué. 
"Gbagbo n'est pas le problème, le problème, c'est le retour à l'impérialisme colonial français", a-t-il dit.
Par ailleurs, le sénateur a affirmé que des brutalités auraient été commises contre le couple Gbagbo lors de son arrestation.
Il demande au département d'Etat que l'exil soit accordé à M. Gbagbo dans un "endroit où il ne soit pas assassiné", a dit le sénateur, avant de précisé que celui-ci ne devait pas être jugé car cela signifierait pour lui "la prison à vie".
"J'aime les Français", a dit le sénateur à l'AFP, mais "ils ont complètement tort en ce qui concerne leur politique en Afrique sub-saharienne".
De son côté, le président des Etats-Unis Barack Obama a appelé mardi Alassane Ouattara pour le féliciter de sa prise de fonctions "en tant que président démocratiquement élu de Côte d'Ivoire" et l'assurer de son soutien, a annoncé la Maison Blanche.

afp - 14-04



b) France

"La France n'a pas à jouer un rôle de gendarme, en Afrique"  a oublié Zarkozy.

"La France n'a pas à jouer un rôle de gendarme, en Afrique", déclarait, en 2008, Nicolas Sarkozy.  Paris a trahi ses promesses, en s'engageant militairement, en Libye et en Côte d'Ivoire, aux côtés de l'ONU, note le "Süddeutsche Zeitung". Voilà des images que la France voulait éviter à tout prix, des soldats français tirant sur des positions militaires et des dépôts de munitions, en Côte d'Ivoire, et aidant les casques bleus à attaquer le palais présidentiel, à Abidjan. Les partisans du chef de l'Etat sortant, Laurent Gbagbo, accusent les Français de barbarie et de néocolonialisme. Ceux d'Alassane Ouattara, le Président élu, réclament, au contraire, que Paris s'implique fortement. La France se retrouve, malgré elle, entraînée dans la guerre civile, et doit, désormais, mener une seconde intervention, dans un pays africain, en plus de celle à laquelle elle participe, en Libye. Sarkozy était, pourtant, entré en fonction, en promettant de réduire la présence militaire française, en Afrique. Il voulait normaliser les relations entre la France et ses anciennes colonies, et débarrasser la politique africaine de ses relents d'ingérence et de primauté des intérêts économiques. La Françafrique devait prendre fin. La France ne serait plus le "gendarme de l'Afrique", avait promis Sarkozy. Ces derniers jours, la pression s'est, considérablement, accrue sur Sarkozy. Les deux camps ivoiriens se sont livrés à des massacres. Abidjan est devenue la proie de violents combats. On risquait d'assister à un bain de sang chez la population civile et de voir le chaos se répandre, dans tout le pays. On a demandé à Sarkozy pourquoi il intervenait, en Libye, et pas, aussi, en Côte d'Ivoire. Le génocide rwandais, lors duquel, Paris avait, de son propre aveu, commis de graves erreurs d'appréciation, constituait une mise en garde. Les partisans de Gbagbo ne cessaient de vitupérer contre Paris. Deux Français ont été enlevés par des soldats de Gbagbo, à Abidjan. Les 12.000 Français résidant, en Côte d'Ivoire, ont commencé à craindre pour leur vie. Et n'oublions pas les intérêts économiques de la France, dans ce pays, riche en pétrole, en gaz naturel et minéraux divers. Qu'est-ce que la France cherche, en intervenant, militairement, dans son ancienne colonie, cinquante ans après l'indépendance? Sarkozy peut répondre qu'il agit, sur la base d'une résolution du Conseil de sécurité, et à la demande des Nations unies. La France maintient, depuis longtemps, une force, nommée "Licorne", en Côte d'Ivoire. Ses effectifs sont passés, récemment, de 900 à 1.100 hommes. Les soldats contrôlent l'aéroport d'Abidjan et tentent de mettre en sûreté des milliers de Français et d'autres étrangers. Le 5 avril, des hélicoptères de combat français volaient, à nouveau, au-dessus d'Abidjan, où la bataille finale faisait rage. Le "gendarme français" est de retour, en Afrique.

07/04

 http://french.irib

 

Ca n'a pas trainé : une aide de 400 millions d'euros à la Côte d'Ivoire  

A l’issue de la réunion des ministres des finances de la zone franc au Tchad, Christine Lagarde, ministre de l’Economie, va annoncer un soutien budgétaire exceptionnel de la France à l’égard de la Côte d’Ivoire. Dans un communiqué, la ministre justifie cet aide «pour financer les dépenses d’urgence pour les populations, la ville d’Abidjan et le redémarrage des services publics essentiels et de l’activité économique». Cette aide sera de 400 millions d’euros.

Christine Lagarde fera officiellement cette annonce lors d’une conférence de presse en présence de Charles Koffi Diby, ministre de l’Economie de la Côte d’Ivoire et collaborateur du président Ouattara. La ministre de l’Economie y rendra «hommage au calme, à la retenue et au principe de réconciliation que n’a cessé de prôner le président Ouattara», tout en déplorant l’occupation militaire pendant le conflit d'institutions financières ivoiriennes, notamment la Banque centrale ivoirienne par les forces pro-Gbagbo.  

Le conflit ivoirien pèse lourdement sur la zone franc

L’annonce de cette aide intervient au lendemain de l’arrestation de Laurent Gbagbo. Les partisans de l’ancien président accusent la France de l’avoir conduit directement aux mains de Ouattara. Une information que l’Etat-major français dément.

Représentante de la France qui préside le G20, Christine Lagarde et les participants à la réunion de ce mardi devraient également «s’engager à plaider résolument, avec son collègue ivoirien, pour un réengagement aussi rapide que possible [en Côte d’Ivoire] des institutions financières internationales lors des réunions de printemps du FMI et de la Banque Mondiale ». Le conflit ivoirien pèse lourdement sur la zone franc. Ce pays représente un tiers du PIB des pays d’Afrique de l’Ouest membres de la zone franc.

Mathieu Goar, à N'Djamena

Mardi 12 avril 2011 2 12 /04 /Avr /2011 14:09


 


b) Organisations internationale

"Human Rights Watch

 "HRW" accuse les pro-Ouattara d'atrocités, dans l'Ouest du pays.  
Les forces d'Alassane Ouattara, le Président de Côte d'Ivoire reconnu par la communauté internationale, ont commis de nombreuses exactions contre les partisans du Président sortant, Laurent Gbagbo, dans l'Ouest du pays, au cours du mois de mars, indique "Human Rights Watch" (HRW), dont les accusations viennent s'ajouter à d'autres informations, faisant état de récents massacres, dans cette région.
Dans un rapport, obtenu, samedi soir, par l'Associated Press, "HRW" accuse les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) d'avoir tué plusieurs centaines de civils, commis des viols et brûlé des villages, lors de leur offensive. Selon le rapport, la majorité de ces exactions ont été commises entre le 6 et le 30 mars, période à laquelle les villages de Toulepleu, Doké, Blolequin, Duékoué et Guiglo, dans l'Ouest du pays, sont tombés aux mains des forces pro-Ouattara. L'ONG demande au président ivoirien d'enquêter sur ces faits et de poursuivre les coupables. Elle accuse, également, le camp Gbagbo d'avoir tué une centaine de civils, en représailles à ces exactions. Celles-ci ont été commises, lors de l'offensive, lancée, fin mars, par les forces loyales à Ouattara, qui leur a permis de reprendre des dizaines de localités, avant de buter sur la résistance des pro-Gbagbo, à Abidjan, la capitale économique du pays. Laurent Gbagbo, qui refuse de céder le pouvoir, est toujours retranché, dans sa résidence, en ville.

10/04/2011

http://french.irib.ir/info/afrique/item/112021-c%C3%B4te-d%E2%80%99ivoire-hrw-accuse-les-pro-ouattara-datrocit%C3%A9s-dans-louest-du-pays



4 Médias

4-1 Les hommes d'Alassane OUATTARA ont brûlé des personnes vivant encore.

 10 Avril

Plus de 1.000 personnes ont été tués cette semaine dans la mission salésienne de Sainte Thérèse de Lisieux à Duékoué par les troupes fidèles à Alassane Ouattara.
La population ivoirienne native est surtout la religion catholique et animiste qui voit les objets et le monde naturel comme ayant une âme. Et cela, en soi, est un défi à la vie quotidienne.

VISIONNER LA    VIDEO ICI

http://www.alterinfo.net/Video-Les-hommes-d-Alassane-OUATTARA-ont-brule-des-personnes-vivantes-en-Cote-d-Ivoire_a57339.html
Source : http://afrohistorama.over-blog.com/ext/http://www.minutodigital.com/2011/04/06/asi-queman-vivos-los-musulmanes-a-los-cristianos-en-costa-de-marfil/  



5  Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

5-1 Qui a capturé Laurent Gbagbo ?

Laurent Gbagbo a été capturé lundi après-midi.

Le journal Top Médias parle d’un coup d’Etat de la France.

En effet, les proches de l’ex-président accusent l’armée française de lui avoir mis les menottes alors qu’il téléphonait à LCI pour dénoncer la présence des uniformes de la « Licorne » sous ses balcons.

La France officielle se dit choquée, outrée par ces assertions et dément formellement sa présence sous le ciel ivoirien.

A peine si elle n’accuse pas le Palais de Gbagbo du coup de l’éventail.

Selon la version soft du Taggarin français, les forces spéciales tricolores n’étaient que de passage à Abidjan et leur flânerie, la fleur au fusil d’assaut, les avaient ramenées, par inadvertance, et en dehors de leur propre volonté, du côté du palais résidentiel.

A propos de la présence d’une trentaine de blindés chantant la marseillaise et se dirigeant vers la résidence de Gbagbo, le ministre de la Défense rira fort. En fait, il ne s’agit que d’un convoi nuptial d’un sergent de la force Licorne qui a pris comme épouse la soeur du cuisinier du palais présidentiel. Quant à l’hélicoptère qui survolait en permanence la terrasse résidentielle, il n’était là, selon la version de l’UMP, que pour empêcher les pigeons de saloper le linge présidentiel qui y était étendu. Les partisans de Gbagbo doutent de la version française et affirment que leur président a été livré poings et pieds liés aux hommes de Ouattara.

Les partisans de la rose doutent également du scénario. La logique aussi. La nouvelle diplomatie française à la hussarde, prônée par le demi-Napoléon, veut ainsi rattraper les dernières bourdes estampillées MAM qui avait achevé le travail de sape de Kouchner, le médecin « m’astu vu trimballer des sacs de riz sur mes épaules ». Plus qu’un détail, l’importance de la nationalité de celui qui a passé les bracelets à Gbagbo est primordiale puisqu’elle engage son passeport sur la responsabilité morale de la France.

Une France, qui se trouve en terre du cacao, n’est là que par procuration de l’ONU, avec la seule mission de protéger les civils, blancs et européens, en premier et d’interdire tout usage des armes lourdes. Maintenant, si Paris a ordonné à ses soldats d’arrêter Gbagbo c’est qu’elle a outrepassé les clauses de son mandat et selon les analyses de ceux qui réfléchissent, la présidence de Ouattara serait du coup suspendue à de nombreux points d’interrogation. De là à le qualifier de président placé par les Français, il n’y a qu’un pas que beaucoup ont déjà franchi. Cette parenthèse ivoirienne illustre magnifiquement la déliquescence de la diplomatie française empêtrée dans le désert libyen, accusée devant un tribunal annabi et malmenée un peu partout dans le monde.

Moncef Wafi

http://senegal-actu.com/a-la-une/cote-divoire-qui-a-capture-laurent-gbagbo-1991.html


5-2 Philippe Leymarie : Les soldats français en Côte d'Ivoire... pour la « bonne cause » ?

Philippe Leymarie, collaborateur du Monde diplomatique, a été chargé des questions africaines et de défense sur Radio-France internationale (RFI). Il est l’auteur, avec Thierry Perret, des 100 Clés de l’Afrique (Hachette littérature, 2006).

Les hélicoptères « MI-24 » blancs de l’ONU qui tirent des roquettes sur les derniers réduits de Laurent Gbagbo… Les « Gazelle » françaises qui détruisent au canon les chars et batteries des forces restées fidèles au président sortant… La « bataille d’Abidjan », déclenchée après quatre mois de contestations, blocages, médiations, palabres, puis dans un contexte de guerre civile larvée, de massacres interethniques, et de chaos urbain, s’est jouée au final sur cet engagement soudain de la « communauté internationale », jusque-là réputée « impuissante ». Et de l’ancienne puissance coloniale, qui pourtant se jurait de ne plus jamais rééditer les « exploits » du passé. Tout cela au prix d’une dangereuse tombée des masques… même si c’est en principe pour la « bonne cause ».

Un engagement français chasse l’autre. « Quitte ou double » ? « Tournant majeur » ? « Engrenage fatal » ? « Paris à l’assaut du camp Gbagbo » [1] ? En tout cas, ces salves dans la nuit de lundi à mardi, contre certains des armements de supériorité dont disposait encore le président déchu, ont constitué un sacré coup de main en faveur du camp Ouattara, dont les combattants butaient depuis samedi sur les défenses des unités restées fidèles à Laurent Gbagbo.

Le porte-parole de l’état-major français a précisé que ses soldats n’avaient pris pour cibles que « des casernes, des armes lourdes et des véhicules blindés », en vertu du mandat de l’ONU. Les blindés du camp de gendarmerie d’Agban, la poudrière et le camp d’Akouedo (qui abrite trois bataillons de l’armée pro-Gbagbo), le quartier général de la garde républicaine, ainsi que des batteries autour de la résidence présidentielle et du palais semblent avoir été pulvérisés.

A la faveur des frappes aériennes qu’elles attendaient depuis plusieurs jours, les Forces républicaines (pro-Ouattara) ont pu progresser dans les quartiers d’Abidjan. Selon la plupart des observateurs, mardi à la mi-journée, ce n’était plus « qu’une question d’heures ». Le général Philippe Mangou, chef d’état-major de l’armée de M. Gbagbo, affirmait alors que ses troupes ont « arrêté les combats » contre les forces d’Alassane Ouattara et il « demandait un cessez-le-feu » à l’Onuci, pour « protéger les populations, les militaires, partant la Garde républicaine commise à la sécurité du président de la République, le président de la République lui-même et sa famille, et les membres du gouvernement ». Ces derniers négociaient, disait-on, leur reddition…

« Forces impartiales »

Durcissement des moyens de l’ONU. A la mi-février, l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci) – forte d’une dizaine de milliers de casques bleus, mais peu armée – avait révélé que des hélicoptères de combat avaient été mis à sa disposition pour lui permettre de renforcer son dispositif de sécurisation, afin d’assurer « la protection des civils, la protection de l’hôtel Golf (où se trouve retranché le vainqueur de la présidentielle ivoirienne selon la communauté internationale Alassane Ouattara), ainsi que la sauvegarde des résultats de l’élection présidentielle du 28 novembre ». En outre, le mandat des 500 Casques bleus issus de la Mission des Nations unies au Libéria (MINUL), qui avaient été mis à la disposition de l’Onuci pendant l’élection présidentielle, avait été renouvelé pour trois mois, dans l’attente du renfort de 2 000 soldats supplémentaires promis par le Conseil de sécurité (mais dont une partie seulement avaient pu être acheminés en Côte d’Ivoire).

La force Licorne, à puissance variable. Cette force militaire française, dont les effectifs avaient été réduits ces dernières années, passant de 2 600 à 900 hommes, était restée en attente pour assurer la protection de l’importante communauté française (12 000 personnes, dont plus de la moitié de double-nationalités) et servir de force de réaction rapide, au profit de l’Onuci. Elle faisait partie, avec les casques bleus, de ce qu’on appelait les « forces impartiales », pour les distinguer des forcés belligérantes ivoiriennes. Dans la pratique, elle s’était retirée de l’ancienne ligne de front qui avait séparé le nord et le sud de la Côte d’Ivoire à partir de 2002 ; elle restait cantonnée à Abidjan, et n’avait jamais été sollicitée par l’Onuci.

Au fil de la dégradation du climat politique, ces derniers mois, Licorne avait été à nouveau renforcée, passant à 1200 hommes fin janvier ; et complétée ces derniers jours par trois compagnies de légionnaires, de parachutistes, et d’éléments des forces spéciales, prélevées notamment sur les bases françaises au Gabon et au Tchad – jusqu’à constituer un effectif total de 1 650 hommes. Ainsi se vérifie, à nouveau, qu’avec ce réseau de bases en Afrique, actuellement en cours de démontage au moins partiel, Paris dispose – sur un plan technique ou politique – d’une « boîte à outils » militaire qui n’a pas d’équivalent dans le genre.

Vide sécuritaire

Engagement glissant. C’est, une fois de plus, ce que l’on constate dans les cas où une force étrangère est en place dans un pays (comme la force dite « Licorne » [2] en Côte d’Ivoire), avec le souci de la protection des ressortissants étrangers (c’est la mission numéro un de Licorne, détachement provisoire, depuis la dissolution du 43e Bataillon d’infanterie de marine à la demande des anciennes autorités ivoiriennes), mais se retrouvant de proche en proche à faire le coup de feu (soit pour assurer l’exfiltration, dans des conditions parfois périlleuses, d’étrangers dont la sécurité est menacée ; soit pour modifier un rapport de forces, et faire pencher une balance, en application de directives politiques).

Au siècle dernier de nombreuses interventions françaises d’urgence en Afrique, menées sous couvert du sauvetage de ressortissants, avaient débouché sur des processus de « pacification », de présence sur le long terme (avec accusation « d’occupation »), de coopération militaire plus ou moins clandestine, etc., comme au Zaïre, au Congo, en Centrafrique, au Rwanda, au Tchad…

L’inévitable engrenage. Cette participation, même limitée dans le temps, aux combats contre les irrédentistes ivoiriens, a valu aux militaires français d’être à nouveau accusés par les partisans de l’ancien président de vouloir la mort de Laurent Gbagbo, d’occuper la Côte d’Ivoire, etc. L’avocat Jacques Vergès, qui affirmait lundi vouloir porter plainte contre les responsables français pour « crimes contre l’humanité » et « crimes de guerre », a été jusqu’à souhaiter qu’Abidjan devienne « le tombeau des envahisseurs » !

La France s’est retrouvée « aspirée » par le conflit ivoirien, alors qu’elle avait la hantise du scénario de 2004, qui avait débouché sur un affrontement direct. Mais, cette fois, il n’y a pas eu d’engagement au sol face à la foule ou aux combattants pro-Gbagbo, les seuls soldats déployés dans les quartiers ayant été chargés de l’exfiltration des ressortissants étrangers se sentant menacés.

Des obus dans la ville

Paris, comme l’ONU, s’est défendu « d’entrer en guerre » contre la Côte d’Ivoire, comme n’ont pas manqué de l’en accuser les partisans de Gbagbo. Côté français, la justification « politique » de l’intervention a été appuyée sur une série de constatations :

— les troupes de Laurent Gbagbo tiraient, depuis plusieurs semaines, des obus en pleine ville, notamment dans le grand quartier d’Abobo (une des places-fortes des partisans d’Alassane Ouattara) ;
— elles s’en prenaient également, depuis quelques jours, aux soldats, puis au siège de l’Onuci ;
— le vide sécuritaire, et le chaos s’installaient dans la capitale économique, ainsi que dans certaines villes de province, comme Duékué, dont la prise par les forces pro-Ouattara avait donné lieu à des massacres interethniques ayant fait plusieurs centaines de victimes ;
— le président sortant avait promis, naguère, de « braiser » la capitale, s’il son régime était attaqué, il a commencé au milieu de la semaine dernière à armer ses jeunes patriotes – le plus souvent des désœuvrés des quartiers, invités à servir de « boucliers » en cas d’attaque contre leurs champions, Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé (son ministre de la jeunesse, qui avait déjà mené en 2004 des expéditions punitives contre la communauté française) ;
— l’exécutif ivoirien régulièrement élu (sous les auspices de l’ONU) restait assiégé depuis plus de trois mois dans l’hôtel Golf, à Abidjan, où il résidait depuis le scrutin, sans pouvoir exercer la plénitude de ses pouvoirs ;
— en outre, depuis plusieurs semaines, les accusations pointaient sans cesse le « double discours » de la dite communauté internationale : offensive en Libye, mais attentiste en Côte d’Ivoire …

Demande urgente

L’habillage politico-juridique. Il est celui de la légalité internationale : les résolutions successives du Conseil de sécurité mandatent la force des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci) pour faire respecter cette légalité. Ban Ki-Moon, le secrétaire général de l’ONU, avait adressé dans une lettre datée du 3 avril une demande d’aide à Nicolas Sarkozy :

« Il est urgent de lancer les opérations militaires nécessaires pour mettre hors d’état de nuire les armes lourdes qui sont utilisées contre les populations civiles et les casques bleus. L’Onuci a identifié de multiples emplacements concernant ces armes. Etant donnés la nécessité de lancer les opérations contre tous ces emplacements de façon simultanée et les moyens militaires limités de l’Onuci, je vous serais reconnaissant de bien vouloir autoriser, de façon urgente, la force « Licorne », qui est mandatée par le Conseil de sécurité pour appuyer l’Onuci, à exécuter ces opérations conjointement avec l’Onuci. »

« Les hélicoptères des forces françaises visent des armes lourdes et des détachements de blindés utilisés contre la population civile », expliquait donc lundi l’état-major des armées à Paris, en réponse à la demande de l’ONU : des armes qui ont été utilisées ainsi ou pourraient l’être, mais qui dans l’immédiat sont bien des armes d’un belligérant contre un autre. Les frappes lancées par les troupes françaises et celles de l’ONU « visaient à protéger les civils et non à s’attaquer au président sortant Laurent Gbagbo », assurait le secrétaire général des Nations unies : certes, mais – comme dans le cas libyen – l’objectif final non-dit était bien de se débarrasser, d’une manière ou d’une autre, du fauteur de trouble du moment... ce qui semble avoir été fait.

Les Européens et les Américains s’en sont lavé les mains. Le président américain Barack Obama a simplement exhorté à nouveau lundi le président ivoirien sortant à respecter la volonté de ses compatriotes, et à « cesser de revendiquer la présidence ». Et Catherine Ashton s’est contentée, au nom de l’Union européenne, de répéter son message consensuel, mais qui n’implique aucune modalité pratique : « Alassane Ouattara est le président démocratiquement élu de la Côte d’Ivoire et Laurent Gbagbo (doit donc) se retirer immédiatement et se livrer aux autorités légales. La mission des Nations unies en Côte d’Ivoire doit pouvoir pleinement exercer son mandat de protéger la population civile. »

Des Européens tentés – comme le souligne notre confrère du site Bruxelles2 – de laisser la France se débrouiller, pour le meilleur ou pour le pire : elle a des relations historiques et encore des intérêts en Côte d’Ivoire, et connaît mieux le terrain. Les armées de ces pays sont occupées en Afghanistan, voire en Irak, et certaines en Libye : elles sont donc à la limite de leurs capacités. Certaines ont en outre des limites constitutionnelles à leur engagement sur le terrain : Allemagne, Autriche, Irlande. Et toutes doivent compter avec des restrictions budgétaires …

Danger d’instabilité

Quelques questions en suspens, parmi beaucoup d’autres :

— par qui sont pilotés ces hélicoptères armés de l’ONU [3] et quel est leur statut : sont-ils des « casques bleus » dépendants d’un pays, ou des sortes de mercenaires, l’ONU ayant pris le tournant de la « privatisation » de sa propre armée ?
— comment les « forces nouvelles » des ex-rebelles du nord ont-elles pu se reconstituer aussi vite et bien, au point de faire figure – sous le nom de Forces républicaines – d’une véritable armée-bis, avec équipement, encadrement, etc. ?
— comment Laurent Gbagbo, malgré quatre mois de sanctions économiques et autres, a-t-il fait pour fidéliser auprès de lui, jusqu’au bout, certaines unités d’élite de son armée ?

Et des interrogations majeures :

— comment la Côte d’Ivoire, où la légitimité est imposée à coups de canon (tout comme la « liberté » en Libye l’est en ce moment par le truchement des chasseurs de l’OTAN), va-t-elle pouvoir se relever ?
— l’arrivée au pouvoir de Ouattara, au surplus dans ces conditions dramatiques, marque-t-elle un basculement géopolitique, avec une Côte d’Ivoire plus nordiste et musulmane, ou la coupure entre les deux Cote d’Ivoire va-t-elle rester sensible, malgré le règlement du contentieux politique ?
— faut-il craindre, comme prix de ce rétablissement nécessaire d’une légalité internationale bafouée, le retour à une instabilité de fait, qui achèverait de mettre la Côte d’Ivoire à genoux, et ne serait pas sans conséquences sur toute cette fragile région ouest-africaine (Liberia, Guinée, Burkina) ?

Notes

[1] Ce dernier titre est du quotidien Libération du 5 avril 2011.

[2] Les chefs militaires sont de grands poètes, férus de culture gréco-latine, amateurs de sciences héraldiques, etc. Ainsi ont-ils choisi, pour leur contingent en Côte d’Ivoire, cette licorne, animal légendaire : un cheval à corne frontale, pattes d’antilope, queue de lion, barbe de chèvre…

[3] Les pilotes seraient ukrainiens.

Olivier MONTULET

Mardi 5 avril 2011


5-3 K. Habib/M. Saadoune : Paris enferré : Dérives françaises.

Quand les Français se rendront compte que l’activisme agité de leur président aura contribué à générer les impasses dans lesquelles vont se retrouver la Côte d’Ivoire et la Libye, alors le retour de manivelle n’en sera que plus brutal.

par Kharroubi Habib

Laurent Gbagbo, le président ivoirien sortant, est fini. Son départ au moment où nous écrivons est question d’heures. Il en sera de même à plus ou moins longue échéance pour le leader libyen Muammar El-Kadhafi. Ces deux aboutissements vont faire pousser des « cocoricos » pleins de suffisance à la France sarkozyenne. Sauf qu’elle risque de vite déchanter au vu de ce qui va se passer en Côte d’Ivoire et en Libye après les chutes de Gbagbo et de Kadhafi. Dans les deux cas, la France a mis les doigts dans un engrenage dont elle sera incapable de se dépêtrer et dont les développements n’augurent rien de bon pour ses intérêts nationaux dans ces deux pays et même ailleurs.

Il n’y a pas que la France comme acteur étranger impliqué dans les crises ivoirienne et libyenne. Il se trouve néanmoins que Paris y joue, pour différentes raisons, un rôle moteur qui ne lui vaut pas qu’approbation et satisfecit. Les départs de Gbagbo et de Kadhafi ne signifieront nullement la fin des crises que vivent la Côte d’Ivoire et la Libye. Ces crises se sont muées en guerres civiles qui ne cesseront pas dès l’éviction de ces deux hommes d’État qui en furent à l’origine. Leurs partisans dénoncent, à tort ou à raison, la France d’avoir outrepassé les mandats onusiens qui ont rendu possible sa participation aux interventions internationales destinées à chasser leurs « héros » nationaux respectifs et sous couvert desquelles elle a en fait appliqué ses propres plans.

En Libye et en Côte d’Ivoire, il est vite apparu effectivement que Paris s’est fixé d’autres objectifs que celui de faire respecter les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU afférents à ces deux pays. Ni l’Élysée ni le Quai d’Orsay n’en conviennent évidemment : Paris se prétend respectueux de la légalité internationale incarnée par l’ONU. Mais dans les deux cas, en Côte d’Ivoire et en Libye, c’est sa diplomatie qui a fortement contribué à rendre impossible une solution pacifique négociée de leur crise nationale et fait le forcing pour la confrontation militaire avec les régimes de Gbagbo et de Kadhafi.

Pour les camps tant en Côte d’Ivoire qu’en Libye, qui estiment être victimes d’une ingérence étrangère injustifiée, c’est la France qui la symbolise à leurs yeux. Outre qu’ils ne vont pas désarmer malgré leur défaite, ils feront de la France et de ses intérêts la cible de leur combat. Il apparaîtra alors rapidement que Nicolas Sarkozy a endossé pour son pays un rôle qui aura des répercussions négatives sur sa politique africaine et arabe.

Dans l’immédiat, il a peut-être engrangé un petit bénéfice en faisant grimper de quelques points sa cote de popularité dans l’Hexagone. Mais quand les Français se rendront compte que l’activisme agité de leur président aura contribué à générer les impasses dans lesquelles vont se retrouver la Côte d’Ivoire et la Libye, alors le retour de manivelle n’en sera que plus brutal.

En faisant prendre à la France une position en flèche dans les deux crises, Nicolas Sarkozy et ses diplomates ont cru que cela lui permettra d’être influente dans la Libye post-Kadhafi et de conserver celle prépondérante qu’elle a en Côte d’Ivoire. Un calcul de courte vue qui n’a pas tenu compte des rancoeurs et des haines que l’agitation française suscite et pas seulement dans ces deux pays.

Plus qu’un État ayant apporté sa contribution à la réalisation de décisions émanant du consensus onusien, la France sarkozyenne est perçue comme un pays qui n’a pas renoncé à jouer à la grande puissance capable d’imposer ses volontés. Quitte à renouer avec son passé colonial et ses pratiques contraires aux droits des peuples et de l’homme.

K. Habib/M. Saadoune
Le Quotidien d’Oran

6 avril

 


5-4 A. Mbog Pibasso: La France en ses terres conquises d’Afrique

Bien qu’on ait voulu tronquer l’Histoire, la réalité s’est imposée à tous, puisqu’on a fini par admettre que l’Afrique, à travers ses combattants au nom peu respectable de « tirailleurs », a énormément contribué à la libération de la France alors que « l’ex-métropole » venait d’être annexée par les troupes allemandes en plein XXè siècle.

Sans réserve, les Africains se donnèrent à fond au combat, des milliers d’entre eux périrent tandis que les survivants allaient se contenter d’une maigre pension, comparée aux « vrais Français ». Pourtant, cette même France, des décennies plus tôt, posa ses valises en Afrique non en amie - évidemment -, mais plutôt en impérialiste résolue. Le colon venu de très loin de la Gaule, imposait sa loi aux peuples « indigènes » d’Afrique au terme de pires massacres, puis, s’est efforcé de « civiliser » les Africains qu’on traita longtemps de cannibales et de sauvages. Ah, pauvre Afrique.

 

Une période « civilisatrice » qui a débouché il y a un demi-siècle, à l’indépendance – factice – de la plupart des colonies françaises d’Afrique et des pays considérés comme tel – cas du Cameroun -, avant que la France, de manière peu ou prou déguisée, n’installe un encombrant tutorat dans les ex territoires alors sous son administration. Une politique que d’aucuns ont appelée le néo-colonialisme et dont le terme générique essentiellement ambigüe « Françafrique », - ironie du sort car ayant entre autres pour auteurs l’ancien président ivoirien Félix Houphouët Boigny - résume à lui seul la complexité et le flou qui ont toujours entouré les relations franco-africaines. En réalité, la France a donné l’impression de partir pour mieux s’installer, en comptant notamment sur des dirigeants contrôlables qu’ils a placés ou contribué à placer au pouvoir.

 

L’ambigüe françafrique

Le 11 avril 2011, l’Histoire retiendra que le quatrième président de la République de Côte d’Ivoire, en l’occurrence Laurent Koudou Gbagbo, fut délogé de sa résidence présidentielle d’Abidjan sous les balles, les tirs nourris de roquettes et les obus de l’armée française, aidée par les forces de l’Onu, a priori impartiales et protectrices. Au-delà des tentatives de démenti du gouvernement français tendant à démontrer que le président sortant a été arrêté par les éléments fidèles au président déclaré élu Alassane Dramane Ouattara, le « mal » était déjà fait, car en véritable village planétaire qu’il constitue grâce au développement des technologies de l’information et de la communication, le monde entier était déjà au courant de ce scoop que c’est bel et bien l’armée française à travers ses « forces spéciales » pas moins, qui a pêché ce gros poisson de la politique ivoirienne, alors reclus dans le bunker avec le dernier carré de fidèles, dont son épouse Simone.

 

Au regard des immixtions indénombrables de la France dans les affaires intérieures africaines, on peut quand même se demander pourquoi la « mère patrie » perd-elle tant d’énergie pour démentir une information au demeurant vraie et paradoxalement rendue publique par les médias français ? A se demander si tous ces médias dont on ne doute guère du professionnalisme pour peu qu’ils veuillent bien faire leur boulot se sont tous plantés – comme par enchantement - alors que des dizaines d’envoyés spéciaux et de correspondants permanents déployés sur place depuis quatre mois veillaient au grain dans l’espoir de capter ce qui pourrait être l’image de l’année non seulement en Côte d’Ivoire, mais peut-être en Afrique? En acceptant « d’apporter un appui » à l’armée restée fidèle à Ouattara, avec des chars d’assaut « sans entrer dans la résidence présidentielle », la France n’acceptait-elle pas déjà d’être partie prenante d’une guerre civile « ivoiro-ivoirienne » comme Paris l’a maintes fois réitéré? Son parti pris pour l’un des protagonistes de cette crise post-électorale ne souffrait d’aucune ambigüité. En acceptant ouvertement de « détruire » « l’armement lourd » de Gbagbo, la France savait qu’elle faisait partie intégrante des belligérants qui pourraient interpeler pour rendre compte des exactions et autres tueries sauvages consécutives à ce conflit.

Heureusement que dans cette France manipulatrice, oppressante, démagogue et non respectueuse de la souveraineté des Etats, fussent-ils d’anciennes colonies, il y a des citoyens français qui ont le sens de l’honneur, de l’équité, du bon sens et de la véracité des faits. Au sein même de la classe politique française, indépendamment des chapelles politiques, on reconnaît sans ambages que «ce sont bien des chars français qui sont rentrés dans la résidence». Qui plus est, l’on décrit aux moindres détails que «le général qui a remis son arme en signe de reddition l'a remise à un Français de la force Licorne », cette dernière étant comme on le sait, la force spéciale d’environ deux mille militaires déployés en Côte d’Ivoire pour accompagner le processus démocratique dans ce pays.

L’Onu en guerre.

Sur ses ergots, la vaniteuse France bien installée en terrain conquis, et qui se plaît à distribuer les rôles, n’a pas à se justifier de son intervention armée en Côte d’Ivoire. Encore que l’indépendance qu’elle a octroyée à la Côte d’Ivoire comme aux autres ex-colonies françaises d’Afrique reste et demeure une indépendance factice. Raison pour laquelle les peuples africains doivent comprendre et intégrer que plus que jamais, la lutte pour la totale indépendance de l’Afrique les attend. Cette lutte est imposée à l’Afrique qui doit en prendre conscience et se donner les moyens d’en sortir victorieuse. A contrario, le développement de l’Afrique ne serait qu’une vue de l’esprit. La grande France doit-elle se justifier devant les petits Africains d’une intervention armée qui n’a fait qu’un peu plus d’un millier de morts de « nègres » alors que le secrétaire général de l’Onu, le très obséquieux Ban Ki-moon avait donné un mandat « par écrit » à la France d’intervenir avec tout ce que cela peut suggérer comme un libertinage d’actions, tout au moins, comme l’a expliqué le président français Nicolas Sarkozy ? N’est-ce pas cette même France qui était intervenue en 2002 pour contrer les rebelles devenus « Forces nouvelles » alors que ceux-ci se dirigeaient sur Abidjan ? Et que dire de l’intervention de l’armée française en février 2008 alors que le régime du président Idriss Déby Itno allait céder sous la pression des mouvements rebelles tchadiens ? On pourrait citer des exemples de ce genre d’interventionnisme français à profusion ; nonobstant le discours « révolutionnaire » de Dakar pendant lequel l’actuel président français annonçait bruyamment la mort de la Françafrique. Trois ans plus tard, cette Françafrique est plus que jamais renforcée.

Qu’on se le dise, la France n’aime pas l’Afrique pour ses beaux yeux. La France n’aime même pas l’Afrique et les Africains. La France aime plutôt les richesses d’Afrique : pétrole, minerais, matières premières et toutes les autres richesses qui permettent à la France d’être parmi les économies les plus puissantes du monde. Les autorités françaises et les milieux d’affaires ne s’en cachent que peu d’ailleurs. Le jour où cette Afrique prendra conscience de sa force, le discours des « ministrons » français qui braillent sans cesse contre les Africains qui viennent « noircir » la belle France changera. Et un peu à l’image de la « Dialectique du maître et de l’esclave » dont parlait il y a plus de trois siècles le philosophe Allemand Friedrich Hegel. Juste ce rappel aux Africains : la liberté ne s’octroie pas

A. Mbog Pibasso   

Mercredi, 13 Avril 2011

http://www.lanouvelleexpression.info/projet/chronique/2954.html


13/04/2011

n°575 - Journal de Palestine - 16-03 au 13-04 – début - l'occupant israélien est responsable de l'escalade de la violence

n°575  - Journal de Palestine -  16-03 au  13-04 – début - l'occupant israélien est responsable de l'escalade de la violence



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal de Palestine

n°575                           16-03 au  13-04

C.De Broeder          &   M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

e) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 


NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire

Tiré a part

Al Qassam Website : Gaza : l’occupant israélien est responsable de l’escalade de la violence.

Le spectre d’une nouvelle guerre israélienne contre la bande de Gaza se profile de nouveau.

1 La lutte pour la libération dans les  territoires occupés

Au jour le jour

Gaza: l'ensemble des groupes armés menace Israël de représailles.  

Pertes des Résistants 

Bande de Gaza - Au jour le jour

Cisjordanie occupée par Israël depuis 1967 : Au jour le jour

2 La Palestine en chiffre (Depuis le début de l'Intifada le 25 septembre 2000)

3 Politique

a) Politique Israélienne

Pays cherche …

Israël projette de créer une île artificielle au large de Gaza

Fin

b) Politique Internationale

c) Les voisins

d) Monde

 



16-03 au 13-04: Peuple Palestinien : 12 tués   -  4 blessés

                           Occupants              :  0 tué     -    0 blessé



Tiré a part

Al Qassam Website : Gaza : l’occupant israélien est responsable de l’escalade de la violence.

Les Brigades Ezzedeen al Qassam, l’aile militaire du mouvement Hamas ont confirmé dans une conférence de presse qu’il était impossible de discuter d’une accalmie avec l’occupant israélien alors que celui-ci bombarde et commet des massacres contre notre peuple.

Les Brigades réaffirment que le sang de notre peuple est précieux, qu’il ne peut être gaspillé et que la résistance ne permettra jamais que l’ennemi répande le sang palestinien à volonté.

Abu Obeida a déclaré dans une conférence de presse tenue ce samedi après-midi [9 avril 2011] à la tour Shawa et Hosari, que l’occupation sioniste est responsable de l’escalade récente de violence dans la bande de Gaza, et que l’insistance et l’arrogance de l’ennemi à commettre des crimes contre notre peuple n’empêcheront jamais [la résistance] de faire son devoir en répliquant aux agressions.

Il a déclaré que « nous-mêmes ainsi que tous les autres révolutionnaires de notre nation et du monde libre iront sur le chemin du Djihad et de la révolution contre les occupants et les usurpateurs, et ce jusqu’à la libération de la Palestine et l’expulsion des envahisseurs sionistes, si Dieu le veut »,

Abu Obeida a déclaré : « l’ennemi sioniste continue de commettre des crimes, avec ses pratiques de toujours consistant à assassiner, à dévaster et à détruire ; l’occupation israélienne a intensifié depuis mars et plus récemment en avril son offensive contre notre peuple, frappant indifféremment civils et combattants de la résistance, tout en bénéficiant du silence international ».

Des frappes aériennes israéliennes sur Gaza ont encore eu lieu samedi soir, tuant un Palestinien et en blessant quatre autres.

Un missile tiré d’un drone sioniste et qui visait le quartier d’Al-Zeitoun dans la ville de Gaza a blessé quatre personnes, dont deux gravement, et tué Raed Zuhair Al-Bar, âgé de 30 ans, ont confirmé les médecins.

Conférence de presse sur l’agression contre Gaza

Au peuple palestinien ... Aux nations arabes et islamiques ...

L’entité sioniste poursuit ses crimes de guerre contre les civils palestiniens. Au mois de mars et mois d’avril, l’escalade dans l’agression a sérieusement augmenté, en ciblant les civils comme les combattants de la résistance et en profitant du silence international.

En mars, l’entité sioniste a commis un massacre contre les enfants de la famille Al Hilu, à l’est du quartier Ash-Shijaia, puis a commis l’assassinat des dirigeants d’Al Qassam, Ismail et Abdullah Lubbad et Mohamed Ad-Daya. L’entité sioniste a également pris pour cible les ambulanciers, la presse, les mosquées.

A l’est de la ville de Khanyounis, l’entité sioniste a assassiné une mère et sa fille de la famille Qideh. Elle devait bientôt se marier.

Les Brigades Al-Qassam ne sont pas restées les bras croisés, et nous avons répondu à cette agression barbare qui a conduit à la mort de près de cinquante civils palestiniens depuis le début de cette année et en particulier ces dernières semaines ; la majorité des tués n’étaient pas des combattants.

Opération des Brigades Al-Qassam pendant les quarante-huit dernières heures :

  le ciblage d’un bus qui roulait entre les sites sionistes militaires à la frontière de la bande de Gaza, à l’est de la ville de Gaza, vers environ trois heures le jeudi 7 avril à proximité du lieu appelé « Saad Kfar ». Le bus de déplaçait sur la même route que les chars et l’artillerie [sionistes].

  le pilonnage par Al-Qassam ces dernières 48 heures des sites militaire sioniste à proximité de la bande de Gaza, en tirant 28 roquettes et 40 obus de mortier.

Les Brigades Al-Qassam Brigades insistent sur les faits suivants :

  L’ennemi sioniste est responsable de ses crimes et de l’escalade de la violence dans la bande de Gaza ; l’arrogance sioniste et ses agressions ne nous empêcheront pas de faire notre devoir en répliquant aux attaques.

  Il n’y a pas de possibilité de parler d’accalmie avec l’occupation alors que l’entité sioniste bombarde notre peuple et commet des massacres, mais le sang de notre peuple ne sera pas répandu en vain.

  Nous allons continuer notre révolution et notre Djihad contre les occupants, aidés de notre nation tout entière et du monde libre, et ce jusqu’à libération de la Palestine.

Al Qassam Website –

9 avril 2011

Traduction : Info-Palestine.net -

Vous pouvez consulter cet article à : http://www.qassam.ps/news-4401-Isra...


Le spectre d’une nouvelle guerre israélienne contre la bande de Gaza se profile de nouveau.

17 palestiniens ont été tués depuis jeudi dernier. Aucun du côté israélien.
Alors que certaines agences internationales parlent de confrontation entre « Israël » et le Hamas, la situation sur le terrain est toute autre : des raids aériens israéliens menés par des drones et un pilonnage d’obus de chars et d’artillerie s’abattent dans l’enclave palestinienne, contrés par des salves de projectiles artisanaux qui font plus de peur que de mal.
Une trentaine de projectiles (20 obus de mortiers et 10 roquettes d’une portée de 50 Km) tirés de la bande de Gaza se sont abattus samedi dans le sud de la Palestine occupée, sans faire ni victime ni dégât majeur, a déclaré la radio militaire israélienne. Une cinquantaine avait été lancées vendredi.
De plus, les Israéliens sont récemment protégés par le nouveau système de défense antimissile Iron Dome ("Dôme de fer"), quoique pas très efficace. Depuis vendredi soir, il a intercepté cinq roquettes de type Grad , affirme la radio israélienne. 
Sans oublier non plus que malgré l’inoffensivité de ces projectiles palestiniens, les maisons des Israéliens sont équipées d’abris pour ce genre de situation. Selon l’AFP, la radio israélienne a précisé que la majorité des 700.000 habitants du sud d'Israël avait dû passer la nuit de vendredi à samedi dans des abris ou des "pièces protégées" de leurs habitations, conçues pour résister à des explosions.
Bien entendu, il n’en est de tous ces moyens de défense et de protection pour les palestiniens dans la Bande de Gaza. Abandonnés à eux-mêmes.

Depuis ce sont dont 17 d'entre eux qui ont été tués, dont cinq palestiniens abattus le premier jour. La plupart étant des membres des Qassam, branche armée du Hamas. Mais des civils également font également parti des victimes .
Et depuis la nuit dernière, 3 nouveaux palestiniens ont trouvé la mort sous les bombardements meurtriers israéliens :
Un membre des Qassam, abattu samedi matin par un obus de char à l'est de la ville de Gaza, et deux militants du Hamas tués lors d'un raid israélien sur Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, selon des sources médicales. Tous trois circulaient dans une voiture. 
Trois autres attaques aériennes, qui n'ont pas fait de victime, ont visé un tunnel de passage de marchandises près de Rafah, le camp de réfugiés de Jabaliya (nord) et une voiture à l'est de la ville de Gaza, selon l’AFP.
    Vendredi, neuf Palestiniens avaient trouvé la mort : cinq civils (dont un garçon de 10 ans, une femme de 45 ans et sa fille de 21 ans et un homme de 55 ans) et quatre combattants du Hamas.
À constater que le gouvernement de Gaza n’a cessé de multiplier ses déclarations d’accalmie, assurant que les mouvements de résistance palestiniens  se sont entendus pour reconduire une trêve tacite avec « Israël », à condition qu'elle soit réciproque.
Alors que les responsables israéliens font tout le contraire, multipliant leurs déclarations belliqueuses.
Le ministre de l'Education, Gideon Saar, membre du cabinet de sécurité, a déclaré à la radio: "Nous avons asséné des coups durs au Hamas et nous allons continuer à le faire". 
Mais ce samedi, le Hamas a haussé le ton. Après avoir décrété l'état d'urgence pour les services de sécurité, de même que les services de la défense civile et les services médicaux, il affirmé par la voix de son député Mouchir AlMasri qu’il n’est pas question que «  la résistance reste les bras croisés face à cette escalade israélienne ».
AlMasri  a aussi demandé à la Communauté internationale d'assumer ses responsabilités par rapport à ce qui se passe dans la Bande de Gaza.
Feu vert de l’ONU pour les Israéliens ??
Or, pour de la part de l’ONU, c’est tout à fait le contraire qui s’est dégagé.
Son secrétaire général Ban Ki-Mon a exigé « un arrêt immédiat des tirs de roquettes », ce qui semble une demande adressée aux Palestiniens.
Alors qu’il s’est dit « préoccupé par les informations faisant état de victimes civiles des opérations israéliennes à Gaza » et s’est contenté d’appeler à la retenue maximale, en s’adressant aux Israéliens.
Cette position semble adhérer à la version israélienne des faits, relayée bien entendu par les agences internationales:  Celle qui présente les bombardements israéliens depuis jeudi comme étant une riposte aux tirs de roquettes palestiniens, notamment à un tir de missile antichar  contre un bus qui a blessé jeudi un adolescent israélien! Un tir, dont la responsabilité a bel et bien été reconnue par les Qassam du Hamas.
Mais ce que ni les agences occidentales n’évoquent pas, ni les responsables onusiens ne mentionnent est que cette attaque avait été perpétrée en riposte à une série d’assassinat contre des militants du Hamas, dont trois d’entre eux ont été tués le 2 avril !!
Depuis le début de l'an 2011, "Israël" a tué 47 Palestiniens de la Bande de Gaza dont 7 enfants(5 le mois de janvier, 7 le mois de février, 15 le mois de mars). 
Dans un silence international plus que complice!

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=10423&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=20&s1=1



1 La lutte pour la libération dans les  territoires occupés

Au jour le jour

Gaza: l'ensemble des groupes armés menace Israël de représailles.  

L'ensemble des branches armées des mouvements palestiniens de la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas, a menacé dimanche Israël de représailles pour ses "crimes", après un raid israélien qui a coûté la vie à trois membres de l'aile militaire du Hamas. "Ce crime odieux ne restera pas impuni et l'ennemi devra en supporter les conséquences", ont affirmé des porte-parole des groupes armés palestiniens, lisant un communiqué conjoint lors d'une conférence de presse à Gaza. "Les dirigeants débiles de l'occupation vont regretter la minute où ils ont eu l'idée de commettre ces stupidités et l'avenir prouvera la véracité de nos dires", ont-ils ajouté, en référence au raid lancé dans la nuit de vendredi à samedi. "Les factions de la résistance étudient la réplique à ce crime et disposent de plusieurs options pour dissuader l'occupant et la résistance se mettra d'accord là-dessus en fonction de son appréciation de la situation", selon le texte, laissant entendre que la riposte ne serait pas immédiate. Les groupes armés de Gaza ont également rejeté la justification du raid par l'armée israélienne, selon laquelle il s'agissait d'une opération préventive contre "une cellule terroriste du Hamas qui planifiait des enlèvements (d'Israéliens) dans la péninsule du Sinaï et en Israël pendant les prochaines fêtes de la Pâque juive". Ces accusations ont pour "but de créer des tensions entre nous et la direction égyptienne", ont accusé les groupes armés de Gaza, alors que le Hamas s'est félicité de la chute de l'ancien président égyptien Hosni Moubarak. "La politique de la résistance est de limiter ses opérations à l'intérieur des frontières de la Palestine occupée", ont-ils rappelé, apparemment en référence aux frontières de la Palestine mandataire, soit les territoires palestiniens et Israël. Il y a une semaine, la branche armée du Jihad islamique, les Brigades al-Qods, avait déjà déclaré qu'elle "répondrait au moment et à l'endroit appropriés" à un autre raid aérien israélien qui avait coûté la vie à deux de ses membres à Gaza. Le Hamas venait pourtant d'obtenir des groupes armés à Gaza une reconduction de la trêve de facto afin d'éviter une nouvelle épreuve de force, après la dévastatrice opération "Plomb durci" à l'hiver 2008/2009.

03/04

 http://www.lorientlejour.com/category/Derni%C3%A8res+Infos/article/697977/___Gaza%3A_lensemble_des_groupes_armes_menace_Israel_de_represailles.html



Pertes des Résistants 

Bande de Gaza - Au jour le jour

Quatre nouvelles frappes aériennes sur la bande de Gaza.

La situation continuait de s'envenimer, jeudi 24 mars, entre Israël et Gaza, où les tirs de roquettes palestiniens continuent de répondre aux raids israéliens, et vice versa. Après que le ministre de la défense, Ehoud Barak, eut déclaré qu'Israël ne tolérera pas "d'attaques terroristes", l'armée de l'air israélienne a effectué quatre frappes dans la soirée dans le nord de la bande de Gaza.

La première frappe a touché un ancien QG des services de renseignement de l'Autorité palestinienne, dans le nord du territoire palestinien, et a fait plusieurs blessés, selon des témoins. Le deuxième raid a visé un groupe de combattants palestiniens qui s'apprêtaient à tirer des obus de mortier à Beit Hanoun, près de la frontière avec Israël, selon les mêmes sources. La troisième frappe a détruit un lance-roquette dans le quartier de Zeïtoun, à la périphérie est de la ville de Gaza. Enfin, le quatrième raid a ciblé un terrain d'entraînement des Brigades al-Qassam, la branche armée du Hamas au pouvoir à Gaza, dans le camp de réfugiés de Beach Camp, également dans le nord du territoire.

CYCLE DE REPRÉSAILLES

Jeudi après-midi, deux roquettes de type Grad tirées de Gaza se sont abattues sur le sud d'Israël, près du port d'Ashdod. "Une roquette est tombée dans la ville et l'autre au nord de la ville", a précisé Micky Rosenfeld, porte-parole de la police israélienne. Ces tirs n'ont fait aucune victime. En tout, ce sont pas moins de onze projectiles qui ont été tirés de la bande de Gaza vers Israël.

La branche armée du Djihad islamique, les Brigades Al-Qods, avait affirmé, mercredi, son intention de frapper de plus en plus profondément en Israël, au lendemain de la mort de huit Palestiniens, quatre civils et quatre membres des Brigades Al-Qods, dans des frappes israéliennes à Gaza. "L'étape consistant à viser les deux villes de Sderot et Ashkelon, dans le sud d'Israël, est dépassée", avait déclaré un porte-parole des Brigades Al-Qods, Abou Ahmad, en référence à deux villes proches de la bande de Gaza.

Un officier de police israélien tient les restes d'une roquette tirée de la bande de Gaza. REUTERS/NIR ELIAS

Quelques heures plus tôt, l'aviation israélienne avait lancé un nouveau raid dans le nord de la bande de Gaza contre "des terroristes qui s'apprêtaient à tirer des roquettes contre Israël", selon une porte-parole de l'armée.

"VOLONTÉ DE FER"

Cet enchaînement meurtrier se poursuit depuis plusieurs jours, constituant les pires violences depuis la dernière guerre dans la bande de Gaza, il y a plus de deux ans. Dans ce contexte, mercredi, un attentat à la bombe a fait un mort et plus de trente blessés à Jérusalem.

L'attaque, non revendiquée pour l'instant, est le premier attentat à la bombe depuis l'arrivée au pouvoir du premier ministre Benyamin Nétanyahou, en 2009. "Ils [les groupes armés palestiniens] tentent de tester notre volonté et notre détermination, et ils vont découvrir que ce gouvernement, l'armée et le peuple israélien ont une volonté de fer pour défendre leur pays", a prévenu le premier ministre israélien juste avant de s'envoler pour une visite de vingt-quatre heures à Moscou.

24.03.1

sponsorisés par http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/03/24/trois-raids-israeliens-menes-a-gaza_1497641_3218.html

 

Israël s’attaque aux civils dans la bande de Gaza : 8 tués en 2 jours, dont 2 enfants

Les Forces d’Occupation Israéliennes (FOI) ont continué à commettre des crimes de guerre dans la bande de Gaza et ont intensifié leurs bombardements aériens et d’artillerie sur des zones habitées.

Ces bombardements prennent clairement pour cible des civils palestiniens. Hier, 22 Mars 2011, les FOI ont assassiné quatre civils palestiniens. Deux enfants ont été tués. Un homme, sa petite-fille, son cousin et un voisin ont également été tués.

Onze autres civils, dont huit enfants, ont été blessés dont trois grièvement. Ces enfants ont été pris pour cible alors qu’ils jouaient au football près de leurs maisons dans le quartier al-Shejaeya dans l’est de la ville de Gaza.

Selon une enquête menée par le PCHR, à environ 15h10 le 22 Mars 2011 les FOI positionnées le long de la frontière à l’est de la ville de Gaza ont tiré une série de quatre obus d’artillerie sur la rue al-Nazzaz dans le quartier al-Shejaeya. La rue Al-Nazzaz est à environ 2 kilomètres de la ligne frontalière.

Le premier obus est tombé sur une maison de 2 étages appartenant à Samer Walid Mushtaha. Le deuxième étage de la maison a été totalement détruit tandis que le premier étage a été partiellement endommagé. Le deuxième obus a atterri sur un terrain vague situé à proximité de terrains appartenant à la famille al-Helo.

Le troisième obus a atterri près d’un groupe d’enfants et de jeunes garçons qui jouaient au football sur un petit terrain près de leurs maisons dans la rue al-Nazzaz.

Mohammed Saber Harara, âgé de 19 ans, et Mohammed Jalal al-Helo ont immédiatement été tués et leurs corps ont été réduits en morceaux. Juste quelques instants après, le quatrième obus a atterri près de Yaser Hamed al-Helo, âgé de 51 ans, et de son petit-fils Yaser Ahed al-Helo, âgé de 15 ans, alors qu’ils étaient en train d’ouvrir la porte de leur garage et de sortir leur voiture pour secourir les blessés. Ils ont été tués sur le coup.

Onze autres civils, dont huit enfants, ont été blessés par des éclats d’obus. Trois des blessés sont considérés comme dans un état grave.

Le PCHR ne communique pas pour l’instant les noms des blessés.

Dans une autre série d’assassinats, à environ 19h50 le 22 Mars 2011, l’aviation des forces d’occupation a tiré deux missiles sur des militants des Brigades al-Qods - la branche armée du mouvement du Jihad islamique - près de la mosquée Abdul Aziz al-Rantissi dans le quartier d’al -Zaytoon, toujours à l’est de la ville de Gaza. Ils étaient environ à 1500 mètres de la frontière avec Israël.

Quatre d’entre eux ont été immédiatement tués :

1. Sadi Mahmoud Helles, 22 ans, du quartier d’al-Shejaeya

2. Adham Fayez al-Harazin, 28 ans, du quartier d’al-Shejaeya

3. Mohammed Ateya al-Harazin, 27 ans, du quartier d’al-Shejaeya

4. Mohammed Akram Abed, 32 ans, du camp de réfugiés d’al-Shati

Traduction : Info-Palestine.net

24 mars

PCHR Gaza - http://www.pchrgaza.org/portal/en/i...

 

 

Israël pousse à la guerre : 3 militants du Hamas assassinés dans Gaza.

Un raid aérien a frappé une voiture dans la ville de Khan Yunis, tuant trois militants du Hamas

Une frappe aérienne israélienne a tué trois Palestiniens dans le sud de la bande de Gaza.

Selon des habitants, les premières cibles tôt ce samedi ont été une voiture circulant entre la ville de Khan Yunis et le camp de réfugiés de Deir al-Balah.

Un porte-parole militaire israélien a prétendu que le raid, planifiée conjointement avec l’agence de sécurité intérieure Shin Bet, était une attaque préventive contre des militants prévoyant de capturer des Israéliens lors de la prochaine fête juive de Pâques [il ne reste aucun colon israélien dans la bande de Gaza depuis août 2005. Ces résistants palestiniens assassinés devaient-ils s’échapper de leur ghetto et aller faire ces captures en Israël même ? N’importe quoi... N.d.T].

Le mouvement Hamas a déclaré que les trois hommes abattus étaient des membres de son groupe, mais les responsables ont refusé de commenter les allégations de l’armée israélienne.

Dans une déclaration publiée plus tard, le Hamas a qualifié la frappe « de crime » et a promis des représailles.

Un raid aérien israélien dans la même zone de Gaza a tué mercredi un membre du Jihad islamique circulant en moto. Provoquant une hausse de la violence au cours du mois dernier, Israël a mené une série de frappes aériennes, et des groupes armés palestiniens ont répondu par des salves de tirs de roquettes artisanales.

La plupart des tirs palestiniens ont été attribués au Djihad islamique. [mouvement de la résistance palestinienne].

2 avril

Al Jazeera

06/04

L'aviation israélienne a lancé tôt mercredi un raid dans la bande de Gaza, blessant quatre personnes, ont indiqué des médecins et des témoins.
Les cibles de cette attaque étaient un groupe de militants palestiniens et un atelier de fabrication d'explosifs, à l'est de la ville de Gaza. Tous les blessés étaient dans l'atelier au moment de l'attaque.

AFP



Cisjordanie occupée par Israël depuis 1967 :  Au jour le jour

Un jeune palestinien écrasé par une voiture à al-Qods. 

Un citoyen palestinien est mort  jeudi matin dans la ville d’al-Qods occupée, après s’être fait écrasé par une voiture de manière délibérée.

Des sources locales ont affirmé : « la voiture sioniste a écrasé un jeune palestinien âgé d’une trentaine d’années, et il a été tué sur le coup mais son identité reste inconnue ».

Les citoyens maqdissins subissent des agressions répétées de la part des colons sionistes de diverses manières, dont la dernière est le martyre du jeune Houssam Rouidi âgé de 24 ans et provenant de Kafr Aqb. Il a été poignardé à mort par des colons sionistes alors qu’il se rendait sur son lieu de travail dans la ville occupée.

01/04/2011

 http://www.palestine-info.cc/fr/



2 La Palestine en chiffre (Depuis le début de l'Intifada le 25 septembre 2000)



Civils & résistants tués                                                                            :  7.114

Palestiniens blessés                                                                               :  54.865

Internationaux blessés                                                                             : 192 (chiffre tout a fait minimal)

(balles réelles ou caoutchoutées, gaz lacrymogène, autres moyens)

Arrêtés     :                                                                                            :  47.733

En prison :                                                                                             : 11.800

Pacifistes en prison ou arrêtés                                                                  : 108

Autres actes           

Journalistes tués                                                                                      : 9

Journalistes blessés                                                                                :  ? + 38

Nombre de maisons palestiniennes détruites ou partiellement démolies       :  66.275

 

2-2 Occupants:

Israéliens  tués                                                                                        : 1.215

                                                                                                                ( 359 militaires/policiers)

Israéliens blessés                                                                                     : 6633


Les chiffres indiqués sont  vérifiés par le recoupement des chiffres des pertes communiqués par la résistance & les médias occidentaux & XINHUANET (Chine)  



3 Politique

a) Politique Israélienne

Netanyahu & Lieberman

Netanyahu menace de frappes plus dures si les tirs de Gaza continuent .

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a menacé dimanche le mouvement islamiste Hamas au pouvoir dans la bande de Gaza de frappes encore "plus dures" si les groupes armés palestiniens continuent leurs attaques contre Israël.

"Si les attaques criminelles se poursuivent contre des militaires ou des civils israéliens, la réaction d'Israël sera beaucoup plus dure", a averti M. Netanyahu devant la presse, à l'ouverture du Conseil des ministres.

L'armée a déjà" infligé des coups sévères au Hamas et aux organisations terroristes, en hommes comme en matériel", s'est félicité le chef du gouvernement.

A l'issue de la réunion hebdomadaire du gouvernement, le cabinet de sécurité israélien, qui rassemble les principaux ministres du cabinet Netanyahu, doit tenir une réunion exceptionnelle, a rapporté la radio militaire.

Au total, 18 Palestiniens ont été tués et près de 70 blessés, selon des sources médicales palestiniennes, depuis le début de cette nouvelle flambée de violence, déclenchée jeudi par un tir de missile antichar contre un autobus scolaire qui a grièvement blessé un adolescent en Israël.

Les tirs de projectiles palestiniens --roquettes et obus-- vers Israël ont repris dimanche matin, avec une intensité moindre toutefois que lors des dernières 72 heures.

Des combattants palestiniens ont lancé dimanche matin trois obus de mortier et une roquette sur le sud d'Israël sans faire de blessé, selon un communiqué de l'armée israélienne.

10 avril

Afp


Sur le terrain.

Des colons prennent d'assaut l'est d'al Khalil.

Des dizaines de colons  ont pris d'assaut, hier lundi 28/3, la zone de Bouib à l'est de Yatta dans la province d'al Khalil (Hébron) et ont agressé les agriculteurs et les bergers dans la région sous la protection des soldats de l'occupation.

Le coordinateur du Comité populaire anti-mur et colonisation à l'est d'al Khalil, Rateb Jabour, a déclaré que des dizaines de colons  protégés par les soldats et les policiers de l'occupation ont pénétré dans la zone de Bouib à l'est de Yatta, agressé les fermiers et les bergers de façon arbitraire, causant la peur parmi les citoyens.

Jabour a souligné que les soldats sionistes n'interviennent pas pour arrêter les agressions répétées des colons sionistes dans cette région et les autres zones à l'est de Yatta.

De son côté, le secrétaire général des Comités populaires palestiniens, Azzmi Chioukhi, a exprimé sa crainte des résultats de la politique programmée de l'occupation et ses colons extrémistes contre les habitants de l'Est de Yatta et de la région de Bouib dans le but de les expulser.

Il a appelé toutes les côtés juridiques et officiels à intervenir immédiatement pour sauver les habitants de l'Est de Yatta et renforcer leur fermeté face à la politique de nettoyage ethnique adoptée par l'occupation.

29/03

http://www.palestine-info.cc/fr/

 

L'occupation envahit le village d'Orta et enlève des dizaines d'habitants.  

Les forces de l'occupation ont pris d'assaut le village d'Orta au sud-est de la ville de Naplouse en Cisjordanie occupée, le lundi soir 28/3, dans une opération qui a été décrite comme dangereuse dans le cadre des vagues d'assauts effectués par les forces contre le village depuis l'opération de la colonie d'Itimar, à la mi-mars.

Des témoins oculaires ont déclaré que les forces occupantes ont pénétré dans le village, y causant de grands ravages, et ont enlevé plus de 70 citoyens qu'ils ont laissés dans les cours principales du village après avoir fouillé leurs maisons et endommagé les contenus.

Les témoins ont souligné que les forces occupantes qui ont pris d'assaut le village par un grand nombre de blindés militaires ont commencé à interroger les personnes enlevées, avant de libérer plusieurs d'entre elles, alors que les sort des autres est inconnu jusqu'à maintenant.

Le village d'Orta subit, depuis l'opération de la colonie d'Itimar installée illégalement sur les terres agricoles du village et dans laquelle 5 colons ont été poignardés, à des opérations programmées et soudaines par les forces occupantes.

29/03/2011

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Israël démolit un nombre record de maisons palestiniennes
En mars, les autorités israéliennes ont démoli 76 maisons palestiniennes en Cisjordanie (contre 70 en février et 29 en janvier), d'après les chiffres de l'Office de secours des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient (UNRWA).
"Le nombre de maisons palestiniennes démolies en Cisjordanie a atteint un record en mars", a annoncé Chris Gunness, porte-parole de l'UNRWA.
Selon l'intéressé, les actions de l'armée israélienne ont privé de logement 158 personnes, dont 64 enfants, au mois de mars, 105 en février et 70 en janvier. Il a jugé que ces actes constituaient une "forme de discrimination", avant d'ajouter que la colonisation juive empêchait la création d'un Etat palestinien en Cisjordanie.
Israël n'a pas encore commenté les déclarations de l'UNRWA.
Les Palestiniens plaident pour le retrait des troupes israéliennes des territoires palestiniens occupés depuis la guerre de 1967 (Cisjordanie, Bande de Gaza et Jérusalem-Est), dans lesquels ils envisagent de créer leur Etat avec Jérusalem-Est pour capitale. Israël considère toute
reconnaissance de l'Etat palestinien comme un obstacle aux négociations de paix. A peine relancées le 2 septembre dernier, les négociations de paix directes palestino-israéliennes ont été interrompues par le refus d'Israël de prolonger le gel de la construction de colonies dans les territoires palestiniens qui avait expiré le 26 septembre.

RIA Novost
GAZA, 4 avril -
http://fr.rian.ru/world/20110404/189063272.html

 

Planpour construire 942 nouvelles unités coloniales à al-Qods.

L'organisation colonialiste "Ir Amim" a annoncé que le soi-disant "Comité local pour la planification et la construction" examinera, aujourd'hui lundi 4/4, un nouveau plan colonialiste pour construire 942 nouveaux logements coloniaux dans le côté sud-est de la colonie "Gilo".

Après l'exécution de ce plan, les frontières de la colonie "Gilo" seront proches de la rue N° 60 connue sous le nom de "Route des Tunnels", et il est prévu que le comité local sioniste approuve ce plan afin de le proposer au prétendu Comité de district.

L'organisation a souligné dans une déclaration de presse publiée le dimanche, que l'un des principaux objectifs de ce plan est de travailler pour relier la colonie "Gilo" aux forêts naturelles situées au sud-est de la colonie, afin de fournir un cadre naturel aux résidents de la colonie.

Notons que les forêts naturelles appartiennent au village palestinien d'al-Walajah.

Le président du comité sioniste, Cobi Cahloun, avait déclaré que ce plan a déjà été proposé en janvier dernier, mais son approbation a été reportée suite à la demande de modification du comité.
La municipalité de l'occupation dans la ville occupée d'al-Qods a confirmé la poursuite du travail pour approuver ce plan en faveur des occupants juifs, et que l'extension colonialiste dans la ville sacrée est nécessaire à son développement - en d'autres termes, sa judaïsation.

 05/04/2011

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Cisjordanie: plus de 100 Palestiniennes arrêtées.

L'armée israélienne a appréhendé plus d'une centaine de femmes dans une localité palestinienne près de Naplouse, en Cisjordanie, dans le cadre de l'enquête sur le meurtre d'une famille de colons juifs, ont indiqué des responsables locaux. Les femmes, dont certaines âgées, ont été regroupées dans un camp de l'armée proche d'Awarta où leurs empreintes digitales ont été relevées, et la plupart d'entre elles ont ensuite été relâchées, selon un journaliste de l'AFP.

Des centaines de soldats israéliens ont pénétré à Awarta dans la nuit et y ont imposé le couvre-feu avant d'arrêter ces femmes, a précisé à l'AFP le chef du conseil municipal de la localité Tayis Awwad. Les militaires ont procédé dans la nuit à des perquisitions sur place, a-t-il ajouté en citant des responsables des services palestiniens de sécurité.
L'armée israélienne avait appréhendé mardi une quarantaine de Palestiniens à Awarta pour les interroger.

Les troupes israéliennes pénètrent régulièrement et massivement à Awarta depuis la tuerie du 11 mars dans laquelle une famille de l'implantation israélienne limitrophe d'Itamar, les parents et leurs trois enfants, dont un bébé, ont été égorgés dans leur sommeil. L'armée israélienne a notamment imposé la semaine dernière un couvre-feu de cinq jours à Awarta à la suite de ces assassinats, attribués à des Palestiniens, dont les auteurs n'ont pour l'instant pas été identifiés.

 07/04/2011

 http://www.palestine-info.cc/fr/

 

Le régime israélien poursuit ses frappes aériennes sur Gaza  

Le régime israélien a poursuivi ses raids aériens sur Gaza samedi portant à 17 le nombre de morts, neuf Palestiniens ont été tués dans des attaques aériennes, vendredi.
Le gouvernement du Hamas a estimé que depuis jeudi, le régime israélien a commis des crimes de guerre contre les femmes, les enfants et les personnes âgées. Il a également noté que le régime israélien n’a pas hésité à tirer sur des ambulances de Gaza.
«Israël ne parviendra pas à atteindre ses objectifs politiques et n’y à briser l'esprit du peuple palestinien qui résiste face à l'escalade.
Le correspondant de l’Irna dans la ville de Gaza a compté près de 40 personnes blessées après les raids sur la bande de Gaza et dans le sud près de la ville de Gaza.
La violence est monté d’un cran le long de la frontière entre le régime israélien et la bande de Gaza depuis des semaines.
Après 10 jours de frappes aériennes israéliennes et de roquette contre Israël, et la crainte de voir la tension s’aggraver pour aboutir à une autre confrontation, est très présente.
Dans le sud de Gaza, où habitait la plupart des victimes de jeudi, les funérailles ont eu lieu après la prière du vendredi midi et des dizaines de personnes y ont assisté en demandant: «Vengeance! Vengeance! "
Le Hamas a menacé samedi le régime israélien de représailles s'il poursuivait ses frappes aériennes sur la bande de Gaza, où 18 Palestiniens ont été tués en trois jours par Tsahal.
La tension à la frontière entre Israël et la bande de Gaza est montée d'un cran jeudi.
Un porte-parole du Hamas a déclaré mis en garde samedi contre une escalade des tensions si le régime israélien ne mettait pas un terme aux frappes aériennes.
"Si l'escalade israélienne se poursuit, dans le silence complice de la communauté internationale, les réactions des factions résistantes s'accroîtront", a prévenu Sami Abou Zouhri.
Un autre porte-parole du mouvement, Fawzi Barhoum, a exhorté la Ligue arabe, qui a les yeux tournés vers les contestations populaires qui secouent depuis janvier le monde arabe, d'organiser une réunion sur la question de la bande de Gaza.
"Il est temps pour eux de reconnaître Gaza et d'inscrire le combat palestinien à leur ordre du jour", a déclaré Barhoum.

09/04/2011

http://www2.irna.ir/fr/news/view/line-98/1104091751171645.htm



Pays cherche …

Israël projette de créer une île artificielle au large de Gaza

Israël étudie des plans pour la création d'une île artificielle au large de la bande de Gaza avec un port et un aéroport destinés aux Palestiniens, a indiqué mardi la deuxième chaîne de télévision privée israélienne.

Ce projet, mis au point depuis trois mois par le ministre des Transports Yaakov Katz, avec le soutien du chef du gouvernement Benjamin Netanyahu, prévoit la construction d'une île artificielle de 4 km de long sur 2 km de large.

Cette île accueillerait, outre un aéroport, un port, une zone touristique, une marina, des hôtels et une unité de dessalement de l'eau de mer.

Elle serait reliée à la terre ferme à Gaza par un pont de quatre km de long. Son coût est estimé à 5 à 10 milliards de dollars selon les options choisies tandis que les travaux devraient durer de 6 à 10 ans, a ajouté la télévision.

Les responsables du projet, qui doivent encore obtenir le soutien final et officiel de Benjamin Netanyahu, estiment que cette île devrait être gérée par l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas.

Soumise à un strict embargo maritime par Israël, la bande de Gaza, un étroit territoire de sable parmi les zones les plus déshéritées au monde, est contrôlée depuis juin 2007 par le mouvement islamiste Hamas.

Selon le projet de développement israélien, les contrôles de sécurité des personnes, mais aussi des marchandises, seraient assurés par une «force internationale», qui pourrait inclure des représentants de l'OTAN, à la fois sur l'île ainsi que sur le pont «afin d'éviter des trafics».

Selon la télévision, ce projet, qui a également reçu le «soutien enthousiaste» du président Shimon Peres, permettrait à Israël de se débarrasser «définitivement de la bande de Gaza» en abandonnant sa tutelle sur les échanges commerciaux du territoire tout en maintenant son blocus en pleine mer pour empêcher la contrebande d'armes.

29 mars 2011

http://alqods-palestine.blogspot.com/


n°575 - Journal de Palestine - 16-03 au 13-04 – Fin - l'occupant israélien est responsable de l'escalade de la violence


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal de Palestine

n°575                           16-03 au  13-04

C.De Broeder          &   M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

e) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 


NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire

b) Politique Internationale

c) Les voisins

d) Monde

 



b) Politique Internationale

Organisations Mondiales & régionales

Onu

L'ONU dénonce la politique d'Israël isolant les Palestiniens de Jérusalem-Est.

 Les mesures prises par Israël depuis 1967 concernant la résidence des Palestiniens de Jérusalem, leur accès à l'éducation et la santé, ainsi que leur capacité à planifier et développer leurs communautés, ont modifié le statut de Jérusalem-Est, violant le droit international et augmentant leur vulnérabilité, estime un rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) publié ce mercredi.

Intitulé « Jérusalem-Est : les préoccupations humanitaires clés », ce rapport d'une centaine de pages estime que ces mesures israéliennes ont « accru l'isolement de Jérusalem-Est par rapport aux Territoires palestiniens occupés » et que si « ces facteurs de pressions » ne sont pas traités, « la présence des Palestiniens à Jérusalem-Est est remise en cause à long terme ».  

« Dans le passé, Jérusalem-Est était, pour les musulmans, les chrétiens et toute la population palestinienne, le centre de la médecine spécialisée, de l'enseignement universitaire, des activités économiques, sociales et culturelles », indique OCHA, qui dénonce notamment « les politiques de restriction d'accès » et « l'édification de la barrière », qui créent « la séparation physique, politique, économique, sociale et culturelle de Jérusalem-Est ».  

Premier constat établit par le rapport : le droit de résidence des Palestiniens à Jérusalem-Est « n'est pas sécurisé ».  

« La législation israélienne prévoit que les Palestiniens de Jérusalem-Est sont des résidents permanents d'Israël et non des citoyens », souligne OCHA, qui rappelle que l'octroi du statut de résidence requiert des Palestiniens qu'ils « prouvent que le centre de leur vie est à l'intérieur des frontières de la municipalité de Jérusalem ». Conséquence de ces règles, « les Palestiniens de Jérusalem qui font des séjours prolongés en Cisjordanie ou dans la bande de Gaza peuvent voir leur statut de résident annulé ». L'agence onusienne indique que cela a été le cas de « 14.000 Palestiniens depuis 1967 ».

OCHA souligne également que la législation israélienne ne prévoit pas le transfert du statut de résident lors des mariages. « Un Palestinien de Jérusalem-Est qui veut vivre en ville avec sa femme originaire de la Cisjordanie ou de la bande de Gaza, doit faire une demande de regroupement familial », souligne son rapport, qui précise qu'il en est de même pour les enfants.

« Des Palestiniens de Cisjordanie ou de la bande de Gaza résident illégalement à Jérusalem-Est avec leurs épouses », « des familles sont séparées, avec l'un des partenaires obligé de vivre hors de la ville » et il y a des « difficultés dans l'enregistrement des enfants quand un parent n'est pas résident de Jérusalem », regrette l'agence, qui énumère une série de recommandations pour remédier à ces problèmes.

OCHA demande au gouvernement israélien « d'arrêter de révoquer le statut de résidence des résidents palestiniens de Jérusalem-Est, de restaurer la résidence de ceux dont le statut a été révoqué, d'octroyer un statut de résident aux couples et à leurs enfants ».  

Soulevant ensuite le problème des logements des Palestiniens à Jérusalem-Est, le rapport stipule que « depuis 1967, Israël n'a pas réussi à fournir aux résidents palestiniens de Jérusalem-Est une cadre de planification leur permettant de répondre à leurs besoin de logements de base et de développement ».

Il relève en particulier que « plus d'un tiers des propriétaires de terres à Jérusalem-Est on été expropriés pour construire des colonies israéliennes », que « seulement 13% de Jérusalem-Est sont consacrés aux constructions palestiniennes, dont une grande partie sont déjà bâties ».

« Ce n'est que dans cette zone limitée que les Palestiniens peuvent demander des permis de construire, et le nombre de permis accordés chaque année ne répond pas aux besoins de logement », indique-t-il encore, soulignant « la grave pénurie de logements » à laquelle les Palestiniens de Jérusalem-Est sont confrontés.  

Rappelant que « les autorités israéliennes ont démoli environ 2.000 maisons à Jérusalem-Est depuis 1967, dont 82 en 2010 », OCHA met en avant le fait que « de nombreux habitants n'ont pas d'autre choix que de construire illégalement et de faire face aux risques de démolition, de déplacement, et de sanctions, notamment des amendes onéreuses, la confiscation du matériel de construction, voire des peines de prison »  

Dans ses recommandations, l'agence réclame donc l'arrêt des démolitions des habitations palestiniennes et la recherche d'une solution permettant de « légaliser » les constructions sauvages, entreprises sans permis de construire. Selon elle, l'une des priorités réside aussi dans la planification et le zonage de Jérusalem-Est, « pour répondre aux besoins des communautés palestiniennes à Jérusalem-Est ».  

Le rapport met ensuite en lumière les problèmes posés par la colonisation israélienne, « dans et autour de Jérusalem-Est, en violation du droit international ».  

« Elle constitue les plus grandes colonies de peuplement dans le territoire palestinien occupé, avec une population d'environ 200.000 personnes en plus à Jérusalem-Est », souligne-t-il, avant d'indiquer que « quelque 80% de tous les colons de Cisjordanie vivent dans un rayon de 25 km autour de Jérusalem ».  

OCHA ajoute encore que la superficie des territoires pris pour la construction des colonies correspond à autant de superficie en moins disponible pour les ressources, le développement et les constructions des Palestiniens de Jérusalem-Est. Il précise aussi que les terres et les biens confisqués aux Palestiniens, ou dont ils ont été expropriés, créent « des colonies au milieu de zones résidentielles palestiniennes ».  

« L'impact de cette activité de colonisation dans les territoires palestiniens comprend des restrictions sur l'espace public, sur la croissance résidentielle et la liberté de mouvement », poursuit encore le Bureau des affaires humanitaires de l'ONU, avant de réclamer « le gel de toutes les constructions de colonies à Jérusalem-Est », « l'arrêt des expulsions des habitants palestiniens » et « la restitution des propriétés confisquées par des organisations de colons ».  

Enfin, dernier point soulevé par le rapport, le mur de séparation construit par Israël. Pour les rédacteurs du rapport, « dans la zone de Jérusalem, la barrière constitue la séparation entre Jérusalem-Est et le reste de la Cisjordanie, en violation de l'avis consultatif rendu par la Cour internationale de justice ».  

S'il rappelle que le gouvernement israélien a approuvé la construction de ce mur à l'été 2002, « pour empêcher les kamikazes de Cisjordanie d'entre en Israël », OCHA souligne surtout que « le tronçon de 142 kms qui traverse le district de Jérusalem, suit la ligne verte sur seulement 4 kms et s'enfonce jusqu'à 14 kms par endroit en Cisjordanie ».

Principale conséquence relevée, « la barrière redessine effectivement la réalité géographique du Grand Jérusalem », en intégrant toutes les colonies du côté israélien de la barrière, « tout en séparant dans le même temps, les quartiers palestiniens et les faubourgs de Jérusalem-Est les uns des autres ».

 « La barrière sépare également les communautés rurales de leurs terres dans l'arrière-pays de Jérusalem, entravant l'accès des agriculteurs à leurs terres et entrainant une baisse de leur production agricole et de leurs moyens de subsistance ». En conclusion, OCHA recommande donc au gouvernement israélien de « se conformer à l'avis de la Cour internationale de justice sur la barrière », selon lequel le tracé de celle-ci serait illégal au regard du droit international, « d'assurer un accès sécurisé à l'école à Jérusalem-Est pour les élèves et les enseignants du reste de la Cisjordanie » et de « veiller à ce que les hôpitaux spécialisés de Jérusalem-Est soient accessibles à tous les patients palestiniens et au personnel du reste de la Cisjordanie et de la bande de Gaza ».

23 mars 

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=24811&Cr=Israël&Cr1=Palestiniens

 

Jérusalem-Est : Un expert de l'ONU parle de nettoyage ethnique.

Le Rapporteur spécial de l'ONU sur les Territoires palestiniens occupés, Richard Falk, a exhorté lundi le Conseil des droits de l'homme de l'ONU à concentrer son attention sur « l'intensification de la détérioration des droits humains dans les territoires occupés de Jérusalem-Est ».
« La poursuite de l'expansion des colonies à Jérusalem-Est combiné avec les expulsions forcées de Palestiniens résidents depuis longtemps sont en train de créer une intolérable situation qui ne peut être décrite, par son impact cumulé, que comme une forme de nettoyage ethnique », a alerté Richard Falk lors de la présentation de son dernier rapport sur la situation des droits de l'homme dans les Territoires palestiniens occupés.
« Israël a pris ces dernières années des mesures afin d'altérer la composition démographique de la partie occupée de Jérusalem et ce d'une manière irréversible », a souligné l'expert.
« Les colons israéliens continuent de prendre les maisons des Palestiniens et de les expulser de leurs résidences de Jérusalem qu'ils occupent depuis des décennies et des générations alors que les autorités israéliennes soutiennent ces action illégales », a-t-il précisé.
Ce cycle d'expulsion, de destruction et d'expansion des colonies ainsi que les expropriations violentes menées par les colons contre   les Palestiniens dans les Territoires occupés de Jérusalem-Est constituent une violation des droits de l'homme et des principes de la quatrième Convention de Genève relative à l'occupation par les belligérants », a déclaré vendredi Richard Falk dans un communiqué qualifiant la situation comme « particulièrement perturbante ».
Le 6 mars 2011, les 15 familles ont reçu un préavis d'évacuation leur laissant 10 jours pour déménager de leurs logements. Les autorités israéliennes justifient souvent ces démolitions lorsque les propriétaires ne détiennent pas de permis de construire, ce qui est quasiment impossible à obtenir pour les Palestiniens, a souligné Richard Falk.
« Au-delà des conséquences désastreuses pour les familles qui sont confrontées à la perte de leurs maisons, de tels actes constituent une image plus large de l'annexion, non pas comme une réclamation israélienne légale mais comme la mise en œuvre d'un projet politique », a prévenu l'expert.
Depuis le début de l'année 2011, les autorités israéliennes ont démoli plus de 96 logements de Palestiniens en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est. Au total 175 personnes, dont la moitié sont des enfants, ont perdu leurs maisons. A la même époque en 2010, 129 personnes ont été déplacées à cause de 23 démolitions.  
Pour Richard Falk, il faudrait que la Cour internationale de justice évalue les accusations d'occupation prolongée en Cisjordanie et à Jérusalem-Est et s'exprime notamment sur le caractère « colonialiste » et de « nettoyage ethnique » de ces actions.

22 Mars

http://www.alterinfo.net/Jerusalem-Est-Un-expert-de-l-ONU-parle-de-nettoyage-ethnique_a56595.html

 

Le secrétaire général de l’ONU a qualifié l’occupation non durable.  

Le secrétaire de l’ONU a qualifié l’occupation du régime sioniste de non durable.
Selon l’IRNA, citant le bureau d’études de l’ONU, Ban Ki-moon, le Secrétaire général de l’ONU, en insistant, lors d’une réunion avec les dirigeants des pays de l’Amérique latine et des Caraïbes, en Uruguay, sur la fin de l’occupation du régime sioniste, a exigé de ce régime de mettre fin à ses colonisations, en Cisjordanie, de même qu’à ses violences et à ses actes provocateurs. Cette réunion de 2 jours, en Uruguay, a été consacrée à des discussions et des échanges de vue, sur l’extension des implantations, la sainte Qods et la reconnaissance d’un Etat palestinien, de la part des gouvernements de la région, tels que le Brésil, l’Argentine et l’Uruguay. Le secrétaire général de l’ONU a demandé à Tel-Aviv d’améliorer la situation sécuritaire et économique des Palestiniens, par l’arrêt des opérations militaires, en accordant des libertés aux Palestiniens et en étendant le domaine d’influence de l’Autorité autonome palestinienne, en Cisjordanie.

30/03/2011 

 http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/111496-le-secr%C3%A9taire-g%C3%A9n%C3%A9ral-de-l%E2%80%99onu-a-qualifi%C3%A9-l%E2%80%99occupation-du-r%C3%A9gime-sioniste-de-non-durable


Oci

Organisation de la Conférence Islamique : Ihsanoglu: la colonisation est une guerre ouverte contre les Palestiniens  

"L'extension colonialiste continuelle dans la ville occupée d'al-Aqsa est une agression grave et une guerre ouverte contre le peuple palestinien et ses droits légitimes", a considéré, le professeur Ekmeleddin Ihsanoglu, secrétaire général de l'Organisation de la Conférence Islamique, condamnant fermement la décision du gouvernement sioniste de construire 942 nouveaux logements coloniaux dans la ville sacrée.

Dans une déclaration de presse publié sur le Site Internet de l'Organisation de la Conférence Islamique, Ihsanoglu a confirmé que la continuation des pratiques illégitimes et oppressives de l'entité sioniste vise à isoler al-Qods de ses alentours et créer des nouveaux faits accomplis sur le terrain à travers la construction illégale des colonies, la confiscation des terres, la démolition des maisons, l'expulsion des Palestiniens et le renforcement des politiques de la judaïsation, considérant que tout cela est un défi flagrant au droit international et aux résolutions de la législation internationale et les conventions de Genève. B

Il a appelé le Quartet et la Communauté Internationale à intervenir immédiatement pour stopper toutes les formes de la colonisation sioniste qui porte atteinte aux droits constants du peuple palestinien.

07/04/2011

 http://www.palestine-info.cc/fr/


Ue

Lancement d'une initiative européenne visant à supprimer le mur et les colonies

Le lancement de l'initiative européenne pour enlever le mur et les colonies sionistes, a été annoncé à partir des Payas-Bas et qui sera basée à La Haye qui abrite le siège du Tribunal international, et l'initiative est un groupement de nombreuses organisations et organes des droits d'exploitation dans l'ensemble du continent européen, qui rejettent la construction de colonies, celle du mur de séparation raciale mis en place par les autorités sionistes dans les terres de la Cisjordanie.

Cela est intervenu pendant le festival intitulé "Festival de la Palestine en 2011 .. Pas à l'occupation, non au blocus", qui a eu lieu plus tôt cette semaine dans le hall "Zazat Blaine" dans la ville de "Rotterdam" aux Pays-Bas, où il a été souligné durant le festival, des fondamentaux du peuple palestinien, et le plaidoyer pour mettre fin au siège imposé à la bande de Gaza pour la cinquième année consécutive .

Amin Abou Rashid, président du festival a affirmé dans son discours que "l'annonce du lancement de l'initiative européenne vise à travailler contre les colonies et le Mur de l'Apartheid dans les territoires palestiniens, qui constituent une violation claire et flagrante du droit international et de l'humanité".

Il a ajouté que "l'initiative accompagne les différentes questions liées à la colonisation et le mur d'apartheid dans les territoires palestiniens occupés, notamment dans la ville de Jérusalem, où la construction de colonies s'intensifie plus que jamais, surtout qu'elle est entourée du mur, intensifiant le déplacement de ses habitants indigènes, la démolition de maisons et la confiscation de leurs terres".

Amin a également noté que l'initiative va documenter, rechercher et  diffuser les informations sur le mur et ses conséquences, comme établies par le règlement du projet sioniste, pour faire entendre la voix palestinienne et ses demandes au niveau international, et de fournir divers médias, dans diverses langues, des informations constamment authentiques de la Palestine ainsi que sur les développements et les initiatives de solidarité croissante, et d'organiser, soutenir les initiatives et les événements visant à redynamiser les intervenants dans les politiques européennes par une action conjointe et la coordination entre les organisations et institutions de solidarité.

Au cours du festival qui a vu une présence importante des Palestiniens de la diaspora à travers le continent européen et en solidarité avec la cause palestinienne, une exposition des produits et de la cuisine palestinienne a été faite, ainsi des enchères de produits pour soutenir le peuple palestinien.

En outre, Khaled Alterani, directeur de l'association médiatique «INFORM» à Bruxelles et Abbas Nasser correspondant d'al-Jazeera, ont été séletionnés en tant qu'invités de la Conférence, où ils ont parlé à la fois sur leur expérience en participant à la "flotte Liberté 1", qui se dirigeait vers la bande de Gaza, où elle a été attaquée par la marine  sioniste causant la mort de 9 turcs et la blessures des dizaines de militants pacifistes sur le bord de la flotte, ainsi des centaines d'arrestations.

De sa part, Anna Dionj  qui a participé à la «flottille de la liberté" pour le premier navire a annoncé qu'un bateau privé sera lancé à partir des Pays-Bas et d'y adhérer pour participer à la «flotte Freedom 2", qui devrait naviguer vers la bande de Gaza au mi-mai prochain.

Anna a souligné que "les souffrance des Palestiniens de la bande de Gaza sont inacceptables et tout le monde doit savoir ce qui se passe dans le secteur assigé pour la 5ème année consécutive, en l'absence de médicament ou aliment, alors que leurs maisons sont encore détruites depuis plus de 2 années à cause de l'agression israélienne sur le secteur, ce qui a exacerbé les souffrances de la population là-bas".

Pour sa part, la coordinatrice du projet "Plantez les olives en Cisjordanie", Christian Dor, a parlé des grandes souffrances des civils palestiniens perpétrées par les forces de l'occupation israélienne et les colons extrémistes qui déracinent les arbres qui confirment le droit des Palestiniens à leur terre depuis des milliers d'années, disant qu'elle irait de l'avant avec son projet pour la culture des olives en Palestine.

CPI

29/03

http://alqods-palestine.blogspot.com/

 



c) Les voisins

Egypte

L'Egypte met en garde Israël contre toute intervention dans la bande de Gaza.  

Israël ne doit pas se précipiter dans une quelconque opération militaire opérations militaires à Gaza, a déclaré Nabil Elaraby, le ministre égyptien des Affaires étrangères, dans une message relayé par son porte-parole quelques heures après l’explosion d’un bus à Jérusalem.
Elaraby a demandé à Israël de faire preuve de retenue et a mis en garde contre « toute précipitation dans une opération militaire à Gaza ».
Il a également averti «les autres concernés» - une référence apparente à des groupes palestiniens – de ne pas donner à Israël une excuse pour recourir à la violence, ajoutant que l'Egypte rejette et condamne la violence contre les civils.
Nabil Elaraby est connu pour être un fervent opposant au blocus de Gaza, que l’Egypte compte affaiblir prochainement en facilitant les conditions de passage à la porte de Rafah, seul point d’accès non contrôlé par les Israéliens entre Gaza et le reste du monde

Diego

24/03/2011

http://www.alterinfo.net/notes/

 

Les "Frères musulmans" égyptiens demandent la fin du blocus de Gaza  

 Le principal parti politique égyptien, "les Frères musulmans" (FM), a exigé que le Conseil suprême des Forces armées prenne des mesures, pour la fin du siège de Gaza, a rapporté Press Tv.
Les "Frères musulmans" ont demandé au Conseil au pouvoir en Egypte, de reconnaître le désir des Egyptiens qui souhaitent la fin du siège de Gaza. "Maintenant que le monde arabe est train de se débarrasser des régimes autoritaires soutenus par les Etats-Unis, le temps est venu, pour le gouvernement au pouvoir, en Egypte, d'aider nos frères arabes à Gaza", indique un communiqué, publié, jeudi, par le parti. "Le régime déchu de Hosni Moubarak a servi les intérêts d'Israël, en aidant et en gardant le silence, sur le massacre des habitants de Gaza", poursuit le communiqué des "Frères musulmans", qui ont, également, appelé tous les Arabes à adopter une position ferme contre le siège de Gaza.

26/03

  http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/111233-les-fr%C3%A8res-musulmans-%C3%A9gyptiens-demandent-la-fin-du-blocus-de-gaza

 

L’Egypte veut ouvrir une nouvelle page avec le Hamas, le Hezbollah et l’Iran.  

Le ministre égyptien des Affaires étrangères Nabil alArabie a déclaré lors d’une conférence de presse tenue au Caire, que " l’Egypte compte améliorer ses relations avec le Hamas surtout en ce qui concerne les besoins humanitaires de la bande de Gaza et le maintien de l’ouverture du passage de Rafah, soulignant que l'Egypte ne souhaite pas imposer un blocus contre la bande de Gaza".
En réponse à une question sur la politique de l'Egypte envers le Hezbollah, le ministre égyptien a souligné : "Il y a une grande différence entre le statut du Hamas et le statut du Hezbollah, le Hamas est dans un territoire occupé, mais le Hezbollah fait partie de la formule libanaise, et donc il s’agit là d’une question interne, cela dit tout Libanais qui souhaite établir des relations avec nous, sera le bienvenue".
Il a également déclaré que "l'Egypte va ouvrir une nouvelle page avec tous les pays arabes et musulmans y compris l’Iran" !
Et de poursuivre :" Nous sommes prêts à ouvrir une nouvelle page avec l'Iran. C’est un pays voisin avec lequel nous avons des liens historiques qui se prolongent à travers les âges, le gouvernement égyptien ne considère pas l’Iran un pays hostile ou ennemi, il souhaite ouvrir une nouvelle page avec tous les pays, y compris l'Iran ".
Interrogé sur l’avenir des relations diplomatiques entre les deux pays sachant qu’il n’ y a pas d’ambassade de l’Egypte en Iran mais un bureau de services d’intérêts, alArabie a répondu : " tout dépend des deux parties, de notre côté nous sommes prêts à ouvrir une nouvelle page et nous allons voir leur réaction".
Justement, la réaction ne s'est pas fait attendre côté iranien : le ministre des affaires étrangères Ali Salehi a applaudi les propos de son homologue égyptien.
Salehi, a déclaré dans un communiqué publié par l'agence iranienen MeherNews : "le peuple égyptien a ouvert une nouvelle page dans l'histoire de son pays rien qu'en invoquant ses droits légitimes et en réalisant ses demandes, je vous félicite encore une fois pour cette victoire".
Il a ajouté:" les relations historiques entre les deux pays n’ont jamais été interrompues en dépit des fluctuations, et nous espérons voir dans le nouveau climat un renforcement des relations entre les deux pays et entre les peuples d'Iran et l'Égypte".
Et de conclure : "Certainement, les bonnes relations entre les deux pays contribueront à établir la sécurité, la stabilité et le développement dans la région."

30/03

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=9013&cid=21&fromval=1&frid=21&seccatid=41&s1=1

 

 

El-Baradeï : "Si Israël attaque Gaza, nous déclarerons la guerre".  

 "Si je gagne les présidentielles égyptiennes, je ferai ouvrir les passages frontaliers du pays avec la bande de Gaza", a déclaré Mohammad el-Baradeï.  Il a précisé que s'il sortait victorieux de la présidentielle égyptienne, il procèderait au suivi de la "défense arabe commune", pour, ainsi, pouvoir riposter, fermement, à toute offensive du régime sioniste contre la bande de Gaza. "Israël a occupé les territoires palestiniens et il n'entreprend aucune démarche sérieuse, dans le sens du processus de compromis, puisqu'il n'y a pas, pour l'heure, dans la région, ce qu'on appelle un équilibre des forces", a fait remarquer El-Baradeï. A noter que la présidentielle égyptienne aura lieu, en octobre ou en novembre de l'année en cours.

02/04/2011

 

Un accord de paix avec Israël ne signifie pas des rapports exclusifs avec lui…  

Dans une interview télévisée sur la chaîne satellitaire égyptienne Dream2, le ministre égyptien des Affaires étrangères Nabil alArabie a non seulement souligné que "l’Egypte, réanimée par un nouvel esprit, compte retrouver son rôle régional et international", aussi que" le fait d’avoir signer un accord de paix avec Israël n’implique pas nécessairement des relations privilégiées et exclusives avec lui" !
AlArabie a ajouté :" la politique étrangère égyptienne s’est limitée ces dernières années à de simples réactions envers ce qui se passe, et ce faute d’une vision entière, aussi parce que le conseil de sécurité nationale n’avait pas une vision claire sur les décisions qu’il fallait prendre, ce qui a entraîné la prise de décisions improvisées et aléatoires", soulignant que" la position égyptienne envers la guerre de Gaza était une honte, la participation de l'Égypte au siège des civils est inacceptable voire elle est égale à des crimes de guerre ".
Pour ce qui est des relations égypto-israéliennes, alArabie a regretté la confusion qui s’est établie dans le monde arabe sur la nature de ces relations, estimant que "la signature d’un accorde paix entre l'Egypte et Israël a crée l'impression chez certains qu’il fallait traiter avec lui de façon privilégiée et exceptionnelle. "
Et de réitérer : "l'Iran a le droit de jouer un rôle correspondant à son statut tout comme la Turquie," appelant à "ne pas considérer l’Iran comme un Etat ennemi, d'autant plus que beaucoup d'Egyptiens ne savent pas que l'Egypte a un ambassadeur en Iran et que l'Iran dispose également d'un représentant semblable au Caire. Les délégations entre les deux pays ne se sont pas arrêtées, de plus les relations tendues entre les deux pays sont le résultat d’un manque de confiance mutuelle entre les parties" !
Et de conclure : "les comparaisons faites entre la menace iranienne et la menace israélienne sur l’Egypte sont futiles, car tant qu'il n'y a pas d'état de guerre avec l'un des deux, il faut traiter avec chacun normalement"

03/04

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=9533&cid=21&fromval=1&frid=21&seccatid=41&s1=1

Des milliers d’égyptiens manifestent contre ’Israël’  

Pour la première fois depuis la chute du président égyptien déchu Hosni Moubarak, des milliers d’égyptiens étaient au rendez-vous de la manifestation anti israélienne organisée en face du siège de l’ambassade d’Israël au Caire, en marge de la manifestation principale organisée à place Tahrir.
Selon la chaîne qatarie AlJazira, plus de 4.000 se sont rassemblés aux cris exigeant l’expulsion de l’ambassadeur israélien et la fermeture de l’ambassade, en riposte aux attaques meurtrières israéliennes qui se poursuivent contre la Bande de Gaza, et ont causé la mort de 17 Palestiniens jusqu’à présent.
Rassemblés sur le pont de l’Université, dans le quartier de Jizeh, les manifestants ont également réclamé l’abrogation de tous les accords de paix conclus entre les Arabes et l’entité sioniste, la rupture de toutes les relations avec elle, pour les crimes qu’elle commet contre le peuple palestinien sans armes, et ont demandé que soit mis en berne le drapeau israélien dans la capitale égyptienne.
Les manifestants ont également réclamé que toutes les armées arabes s’unissent dans une seule guerre contre « cette entité hostile aux Arabes et aux Musulmans ».
« L’armée arabe est où », « nous voulons combattre, nous voulons combattre »ont scandé les participants.

09/04/2011  

 http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=10403&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=41&s1=1


Iran

Ramin Mehmanparast condamne un raid aérien des chasseurs du régime israélien contre Gaza.

 Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Ramin Mehmanparast a fermement condamné jeudi un raid aérien des chasseurs du régime israélien contre Gaza les qualifiant "de folie furieuse" à l’encontre de la bande de Gaza.

"Ce régime sioniste, illégitime, qui profite d’un climat de guerre dans la région afin d'atteindre ses objectifs sinistres, a une fois de plus des mains entachées du sang de personnes innocentes de Gaza", a poursuivi Ramin Mehmanparast.
Les chasseurs du régime israéliens ont attaqué, ce jeudi, tôt, dans la matinée, la bande de Gaza.
Selon un porte-parole du Hamas, les chasseurs israéliens ont frappé, ce matin, un tunnel souterrain, entre la bande de Gaza et l’Egypte.
Les avions de guerre du régime sioniste ont, aussi, frappé une centrale électrique, d’où la coupure d’électricité, dans certaines régions de Gaza.
Il a ajouté que la République Islamique d'Iran se tiendra comme elle l’a toujours fait aux côtés de la nation résistante palestinienne, soulignant la volonté et la détermination de cette farouche nation éprise de liberté pour combattre les ennemis et défendre la cause sacrée de la Palestine.
Mardi, neuf Palestiniens dont quatre civils parmi lesquels trois garçons jouant au football, et cinq résistants ont été tués par l'armée israélienne à Gaza.

Téhéran.Irna.

24 Mars 

http://www2.irna.ir/fr/news/view/line-97/1103240884123436.htm

 



d) Monde

Afrique du Sud

L’université de Johannesburg rompt ses relations avec Israël.

Un moment historique pour le mouvement de boycott contre Israël.

Aujourd’hui, auteur d’un précédent à retentissement international en matière de boycott universitaire d’Israël, l’Université de Johannesburg (UJ) a rompu ses relations avec l’Université israélienne Ben Gourion (BGU).

Cette rupture a eu lieu après le rejet par le Conseil de l’UJ d’une dernière requête judiciaire déposée par le lobby pro-israélien, d’avoir deux accords bilatéraux séparés – l’un avec une université palestinienne et l’autre avec une université israélienne.L’UJ, elle, a choisi de confirmer la résolution qu’avait prise son Conseil, laquelle demandait qu’elle joue un rôle de premier plan pour les universités palestiniennes. Les universités palestiniennes ont unanimement rejeté toute collaboration avec BGU sous quelque forme que ce soit, et ont exprimé leur soutien total au boycott universitaire contre Israël. UJ a choisi de respecter ce choix.

L’UJ est la première institution à officiellement rompre ses relations avec une université israélienne, écrivant ainsi une page capitale d’une campagne de boycott qui prend de l’ampleur, Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre Israël. Tout au long de la campagne, les militants des droits de l’Homme, ont attendu cette décision. Cette décision de boycott venant d’une institution sud africaine, revêt une signification particulière. Elle crée en effet un précédent qui doit entraîner un effet domino de boycott !!

Le mouvement, qui avait pour objet une rupture des relations avec BGU a été boosté par le soutien écrasant des signataires de la pétition Uj (www.ujpetition.com) – contenant une déclaration et une campagne en faveur des enseignants et des étudiants de UJ qui demandaient à leur université de cesser tout commerce avec l’orientation ségrégationniste de BGU. La réunion du Conseil de UJ s’est tenue aujourd’hui, il s’avère que plus de 400 enseignants sud africains, comprenant neuf Vice-Chancelliers et Adjoints, avaient signé la pétition de l’UJ.

Dans la liste des signataires, on trouve les noms des grandes figures du théâtre des idées sud africain : Les professeurs Neville Alexander, Kader Asmal, Allan Boesak, Breyten Breytenbach, John Dugard, Antjie Krog, Barney Pityana and Sampie Terreblanche. Le dessinateur populaire sud africain Jonathan « Zapiro » Shapiro.

Le lauréat du prix Nobel Desmond Tutu, L’Evèque Rubin Phillips, l’ancien ministre Ronnie Kasrills et le leader de la lutte pour les droits sociaux Zackie Achmat, ont aussi soutenu la campagne.

De plus, plus de 100 internationaux ont commencé de manifester leur soutien, parmi eux, plusieurs intellectuels internationaux de premier rang : les professeurs Judith Butler, Vijay Prashad, Michael Burawoy, Wendy Brown, Ernesto Laclau, ainsi que l’auteur nominé John Berger.

Aujourd’hui UJ a écrit une page d’histoire en réaffirmant et en promouvant l’intégrité morale de l’université. Les Palestiniens, les Sud-Africains ainsi que la communauté universitaire internationale célèbrent cette victoire historique que constitue le refus de l’apartheid israélien et le soutien pour la liberté, la dignité et la justice pour le peuple palestinien. L’UJ poursuit son mouvement anti-apartheid – contre l’Israël de l’Apartheid.

Rédigé par le groupe de travail sur le BDS. (Afrique du Sud)

Publié par Pacbi

27 mars

http://www.epacbi.eu/articles/unive... Traduction : JM

http://oumma.com/L-universite-de-Johannesburgh


Colombie

La Colombie refuse de reconnaître l'Etat palestinien.  

La Colombie ne reconnaîtra pas la Palestine comme Etat indépendant, a déclaré jeudi le président colombien Juan Manuel Santos lors d'une rencontre avec une délégation du Congrès juif mondial à Bogota.
"Nous ne reconnaîtrons pas l'Etat palestinien, parce que pour nous c'est une question de principe. Nous apprécions hautement l'amitié et le courage du peuple juif", a souligné le leader colombien.
D'après les médias colombiens, il s'agit d'un grand succès de la diplomatie juive qui est parvenue à persuader Bogota de ne pas suivre l'exemple de plusieurs pays d'Amérique latine qui avaient déjà reconnu l'Etat palestinien.
L'Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, l'Equateur, le Guyana, le Paraguay, le Suriname et l'Uruguay figurent parmi les Etats d'Amérique latine qui ont reconnu la Palestine. Le Mexique et le Nicaragua délibèrent sur la même question.
Les Palestiniens plaident pour le retrait des troupes israéliennes des territoires palestiniens occupés suite à la guerre de 1967 (Cisjordanie, Bande de Gaza et Jérusalem-Est), où ils envisagent de créer leur Etat avec Jérusalem-Est pour capitale. Israël considère toute reconnaissance de l'Etat palestinien comme un obstacle aux négociations de paix.

01/04/2011

 http://fr.rian.ru


France

Sarkozy interpellé sur le sort du Franco-Palestinien détenu en ’Israël’  

Le Parti socialiste français a demandé mardi au président Nicolas Sarkozy de recevoir la mère du Franco-Palestinien Salah Hamouri, détenu en "Israël" depuis six ans et condamné pour une "tentative de meurtre visant un rabbin ultra-orthodoxe".
"Le Parti socialiste demande à M. Sarkozy d'honorer cette demande et d'intervenir auprès du gouvernement israélien", a indiqué le PS dans son communiqué.
"Les 23 et 24 avril prochain, Denise Hamouri, sa mère, sera en France. A cette occasion, elle a demandé à être reçue par le président de la République", a précisé le PS.
"Malgré les mobilisations de nombreuses personnalités et de citoyens au sein d'un comité de soutien, le gouvernement israélien continue de refuser l'organisation d'un procès civil équitable", fait valoir le PS.
Salah Hamouri a été arrêté en avril 2005. Jugé en 2008 par un tribunal militaire israélien, il a été accusé d'avoir projeté d'assassiner le chef spirituel du parti ultra-orthodoxe Shass, le rabbin Ovadia Yossef.
Selon le PS, il est "emprisonné à Guilboa en Israël, accusé par le tribunal militaire pour un +délit d'intention terroriste+, ce qu'il a toujours nié".
Salah Hammouri aura purgé la totalité de sa peine le 28 novembre 2011. En août 2009, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait rejeté la demande de Sarkozy de le libérer.

30/03/2011  

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=8993&frid=19&seccatid=26&cid=19&fromval=1

 


5 Russie

Colonies: Moscou appelle Israël à se raviser
Moscou qualifie de "mauvais signal" la récente décision israélienne de construire de nouveaux logements dans les territoires palestiniens occupés et appelle Israël à revenir sur cette décision, a indiqué mardi Alexandre Loukachevitch, porte-parole de la diplomatie russe.
"Moscou considère comme inadmissible toute démarche (au Proche-Orient), susceptible de prédéterminer l'issue des négociations sur le statut définitif du futur Etat palestinien. La colonisation israélienne dans les territoires palestiniens, notamment à Jérusalem-Est est illégale", a souligné le diplomate.
La municipalité israélienne de Jérusalem a approuvé lundi un projet de construction de 942 nouveaux logements à Jérusalem-Est. Le principal négociateur palestinien, Saëb Erakat, a fermement condamné cette décision qui, à ses yeux, "prouve une nouvelle fois qu'Israël a choisi les colonies plutôt que la paix".
Dans ces conditions, la Russie exhorte Israéliens et Palestiniens à s'abstenir de toute démarche susceptible de menacer le retour de la paix au Proche-Orient
Le processus de paix est au point mort en dépit des efforts de la communauté internationale visant à le relancer. Le contentieux de la colonisation constitue la principale pierre d'achoppement à la reprise des négociations.
Les Palestiniens conditionnent leur retour à la table des négociations à un arrêt total de l'extension des implantations juives en Cisjordanie (dont Jérusalem-Est annexée en juin 1967).
Israël s'y refuse. Le gouvernement de l'Etat hébreu, dirigé par Benjamin Netanyahu, insiste sur la reprise sans préalable du dialogue avec les Palestiniens.

5/4
http://fr.rian.ru/world/20110405/189080684.html



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


12/04/2011

n° 87 - OTAN - Analyse des Guerres de l'Otan - Début - : L’OTAN a le doigt sur la gâchette.


n° 87 - OTAN -   Analyse des Guerres de l'Otan -  Début - : L’OTAN a le doigt sur la gâchette.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



  Analyse des Guerres de l'Otan.  n° 87- 11-04

                                                    C.De Broeder & M.Lemaire     



Le " Journal des Guerres de l'Otan " est  visible :

a)   sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 


NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

 … au cœur des débats.

La guerre en Libye est devenue une « patate chaude » pour l'Occident. 

Guerres de l'Otan

Au jour le jour

1  Politique 

Dans les coulisses 

L’OTAN a bloqué pendant 18 jours la médiation de l’Union africaine.

Sur le terrain

L'Otan va poursuivre ses bombardements en Libye

2 Dossiers

2-1 Otan :  Perte de vitesse au front et sur le plan diplomatique.

2-2 M. Saâdoune : L’OTAN a le doigt sur la gâchette.

2-3 Manlio Dinucci : Préparation du débarquement des troupes en Libye.

3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Libye : Nous refait-on le coup du Kosovo ?

Fin

3-2 Fidel Castro : La guerre fasciste de L'Otan.

4 Annexe

4-1 Comaguer : Si tu veux faire la guerre, prépare la guerre !

4-2 William BLUM : Barack Obama « je tuerais pour un prix Nobel de la paix ». 

 



 

… au cœur des débats.

La guerre en Libye est devenue une « patate chaude » pour l'Occident. 

Au fur et à mesure que la guerre en Libye s'est enlisée dans les sables, des voix s'élèvent de la communauté internationale pour un règlement pacifique de ce problème, avec une plus grande intensité. La Turquie, l'Afrique du Sud, la Russie et d'autres pays émergents, ainsi que l'Allemagne, la Finlande, le Danemark, la Norvège et d'autres pays européens appellent à un règlement de la crise par la voie pacifique et par le dialogue.

 

Il y a toujours trop de facteurs d'incertitude provoqués par une guerre. Comme les Etats-Unis ont fait face à beaucoup de «problèmes inattendus » dans leurs attaques contre l'Irak à l'époque, cette fois-ci les forces alliées américaines, britanniques et françaises font face également à plusieurs « problèmes inattendus » que voici.

Le premier, on n'avait pas pensé que la force vitale du pouvoir de Kadhafi était si puissante. Le deuxième, on n'avait pas pensé que l'opposition libyenne était si faible. L'occident a mis l'enjeu politique trop tôt sur les forces antigouvernementales de la Libye. Et après, l'Occident espérait qu'avec une intervention militaire de sa part, les forces de l'opposition pouvaient prendre des lieux stratégiques de la Libye pour renverser le pouvoir de Kadhafi. Mais, on n'avait pas pensé que les forces antigouvernementales, telles qu'un château de sable, puissent être mises en déroute, dès qu'elles ont rencontré des troupes gouvernementales. Même avec un soutien aérien de l'Occident, les forces antigouvernementales, qui manquent d'un commandement unifié, d'armes lourdes et d'un entraînement nécessaire, n'arrivent pas à vaincre les troupes gouvernementales et ne peuvent tout au plus que rivaliser avec elles. La guerre au moyen de hautes technologies « brûle de l'argent », Plus la guerre dure, plus elle est défavorable à l'Occident. En outre, les prix de pétrole ont augmenté du fait de cette guerre. Maintenant, les Etats-Unis ont déjà remis le pouvoir de commandement à l'Otan. Quant à la Grande-Bretagne et la France, leur confiance a diminué.

Du point de vue de la morale, l'Occident s'est enlisé dans les sables d'Afrique du nord. A l'heure actuelle, les événements en Libye sont déjà devenus une guerre civile réelle, non plus une « répression de civils par le gouvernement », aux yeux de l'Occident. Si l'intervention de Occident continue, elle causerait une plus grande perte en vies humaines. Cela irait à l'encontre de l'objectif initial des forces alliées occidentales, celui de « protéger les civils ». Du point de vue militaire, du fait que la force de combat des forces antigouvernementales est insuffisante, pour pouvoir atteindre son objectif de mettre fin au pouvoir de Kadhafi, l'Occident ne pourrait que dépêcher des troupes terrestres. Cela dépasserait le cadre du pouvoir autorisé par l'ONU et verrait probablement se reproduire le schéma de la guerre en Irak. Au regard de la morale, quand les forces alliées des Etats-Unis et de pays européens ont lancé au début leurs attaques aériennes contre la Libye, elles ont été suspectées d'utiliser la résolution de l'ONU à des fins « personnelles ». A mesure que la guerre se prolonge, le but réel de la Grande-Bretagne et de la France se révèle de plus en plus. Le Président vénézuélien Hugo Chavez et le Président iranien Mahmoud Ahmadinejad ont critiqué cette fois-ci l'Occident de « lancer des attaques pour le pétrole ».

Somme toute, le règlement du problème libyen par des moyens militaires s'est avéré jusque là inefficace et le règlement politique a été déjà inscrit à l'ordre du jour. Mais les moyens militaire et politique ne sont que l'envers et l'endroit d'une même pièce de monnaie. Les problèmes « inattendus », autant de problèmes épineux, attendent encore d'être réglés.

lQuotidien du Peuple en ligne,

11 avril
http://french.people.com.cn/Horizon/7346479.html



1 Guerres de l'Otan

Au jour le jour

10-04

Sur le terrain, l'Otan a intensifié dimanche ses bombardements contre les forces de Mouammar Kadhafi contre la ville de Misrata, dans l'ouest de la Libye, et entraver leur progression dans l'est du pays.

L'Alliance atlantique dit avoir détruit 11 chars aux abords de la ville d'Ajdabiah, qui semblait sur le point de tomber dimanche, et 14 près de Misrata, le seul bastion insurgé dans l'ouest de la Libye, assiégé depuis six semaines.

Les frappes de l'Otan semblent avoir permis de repousser un assaut lancé samedi par les forces de Mouammar Kadhafi contre Ajdabiah, un verrou sur la route menant à Benghazi, capitale de la Cyrénaïque et bastion des insurgés dans l'Est.

Les combattants loyalistes ont bombardé Ajdabiah pendant plusieurs heures, certains s'avançant même dans la ville, avant que les insurgés n'en reprennent le contrôle dimanche dans l'après-midi.


Politique 

Dans les coulisses 

L’OTAN a bloqué pendant 18 jours la médiation de l’Union africaine.

Une délégation de l’Union africaine est parvenue, dimanche 10 avril 2011, à rencontrer le colonel Mouammar Kadhafi à Tripoli. À l’issue des entretiens, le chef de la délégation, le président sud-africain Jacob Zuma, a indiqué à la presse que la « feuille de route » permettant la sortie de crise avait été acceptée par le « Frère Guide ».

La délégation, composée —outre du secrétaire général Jean Ping— des présidents sud-africain, malien (Amadou Toumani Touré), mauritanien (Mohamed Ould Abdel Aziz) et congolais (Denis Sassou Nguesso), est alors partie pour Benghazi afin d’y rencontrer le Conseil national de transition. 

La « feuille de route » a été rédigée par le Comité ad hoc de l’Union africaine le 19 mars à Nouackchott, soit le jour même du début des opérations militaires de la coalition.
Elle a été adoptée le 23 mars par le Conseil Paix et Sécurité de l’Union africaine.
Depuis cette date, l’Union africaine tente désespérément de se rendre à Tripoli pour conclure avec le colonel Kadhafi, mais s’en trouve empêchée par la coalition. Il aura fallu de nombreuses démarches diplomatiques, dont la saisine du secrétaire général des Nations Unies pour qu’il se coordonne avec l’OTAN, afin qu’un couloir aérien soit ouvert pour la délégation de l’UA. 

Les dirigeants occidentaux n’ont eu de cesse d’expliquer à leurs opinions publiques que les opérations militaires étaient soutenues par l’Union africaine, tandis que de son côté l’UA dénonçait le recours à la force, boycottait les sommets organisés par à la coalition à Paris (19 mars) et à Londres (29 mars), et accusait l’OTAN d’avoir outrepassé le mandat des Nations Unies. La coalition a en réalité bloqué les négociations et procédé à 18 jours de bombardements sauvages. Comme cela était malheureusement prévisible, les conseillers occidentaux des rebelles libyen les poussent actuellement à rejeter la « feuille de route ». Le Conseil national de transition exige donc comme préalable à toute « négociation »… la capitulation du colonel Kadhafi.

http://www.voltairenet.org/article169382.html
11/04


Sur le terrain

L'Otan va poursuivre ses bombardements en Libye

L'Otan va poursuivre ses frappes aériennes en Libye sur les forces de Mouammar Kadhafi tant qu'elles constitueront une menace pour les civils, a déclaré lundi un responsable de l'Alliance atlantique.

Le président sud-africain, Jacob Zuma, a exhorté l'Otan à mettre fin à ses bombardements contre l'armée régulière pour offrir une chance de succès à un éventuel cessez-le-feu.

Le colonel Kadhafi a accepté dimanche la "feuille de route" de l'Union africaine, qui prévoit un cessez-le-feu immédiat dans le pays, après une rencontre à Tripoli avec les membres de la délégation africaine.

"Nous continuerons à faire pression sur les forces qui menacent les civils et nos opérations vont se poursuivre", a dit à Reuters un responsable de l'Otan, qui a requis l'anonymat. "Nos avions volent toujours (dans le ciel libyen) et quand nous voyons une menace pour les civils nous agissons", a-t-il ajouté.

 Reuters, 11 avril - 7h10



Dossiers

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

2-1 Otan :  Perte de vitesse au front et sur le plan diplomatique.

« Jusqu’à hier (jeudi 7 avril 2011) nous n’étions pas informés que les forces de l’opposition utilisaient des tanks ». C’est en ces termes agacés que le contre-amiral Russell Haring, du Commandement unifié de l’OTAN, a refusé hier à Naples de « s’excuser » pour la tragique erreur de jeudi, où au moins quatre roquettes tirées par ces chasseurs bombardiers de la coalition ont touché un convoi de tanks des insurgés qui allait d’Ajdabiya vers Braga, donc vers la ligne de front, provocant la mort de 4 (ou 13) (ou « 6.000 », NdT) anti-kadhafistes. La réaction des insurgés a été âpre : nous les avions avisés que nous allions nous déplacer vers l’ouest, a dit Abdel Fattah Younis, le chef militaire des rebelles (qui a révélé pour la première fois avoir reçu des « armes antichars » d’un pays tiers, le Qatar). C’est le troisième cas reconnu d’erreurs tragiques ou d’effets collatéraux depuis que l’OTAN a pris la conduite de la guerre humanitaire, il y a une semaine (à part la quarantaine de civils morts dans les attaques sur Tripoli dénoncés par l’évêque catholique Martinelli). «Il arrive qu’il y ait des erreurs », a dit le ministre des affaires étrangères anglais Hague, et l’OTAN dira « sorry ». Plus tard, le secrétaire de l’Alliance, Rasmussen, a corrigé le tir : il n’a pas présenté d’excuses mais a dit que l’OTAN « regrette fortement la perte de vies humaines » et essaiera d’être plus attentive (peut-être est-ce pour cela que les rebelles ont décidé de peindre en rose les toits des véhicules qu’ils utilisent), même si l’irritation est palpable envers les insurgés qui, il y a deux jours seulement, avaient demandé une forte augmentation des « air strikes ». Le cas témoigne en tous cas de la situation chaotique, sur le terrain militaire comme sur le plan diplomatique où prolifèrent les rencontres et les initiatives mais où, pour le moment, les résultats font défaut. Hier la polémique portait sur l’état de la guerre : «  en perte de vitesse », « fluide » ou « impasse » ? L’OTAN travaille « pour trouver une solution politique » qui passe par un cessez-le-feu immédiat et « la transition vers la démocratie », a déclaré un porte-parole. Quoi qu’il en soit, le front, 20 jours après le début de l’intervention humanitaire, semble à l’arrêt. On se bat autour de Ajdabiya et Brega et -situation la plus dramatique- à Misurata, où hier un navire de la FAO a apporté des vivres et des médicaments de première nécessité, et où l’Unicef et la Croix-Rouge essaient de vérifier les accusations selon lesquelles des tireurs embusqués tirent sur les enfants. Mardi est programmée à Luxembourg une réunion des ministres des affaires étrangères de l’Union européenne (on est en train de discuter si on invite aussi « à un niveau formel » des représentants du Conseil national de transition de Bengazi, ainsi que l’ont demandé la France, l’Italie et l’Espagne) ; et mercredi, à Doha (Qatar), la deuxième réunion du Groupe de contact sur la Libye : où l’on fera le point sur la situation, et où le premier ministre turc Erdogan présentera sa « roadmap » pour la pacification de la Libye (déjà rejetée par le Cnt en tant qu’ « initiative personnelle » : « aucune négociation avant que Kadhafi et sa famille n’aient quitté le pays »).

   A l’ONU on parle d’une possible mission « militaire humanitaire » à Misurata, à confier à l’OTAN ou à l’Ue. Mission qui pourrait cependant être aussi le prétexte pour contourner l’interdiction d’envoyer des troupes sur le terrain. Demain, enfin, partira pour la Libye (« l’est et l’ouest ») la commission d’enquête sur les violations des droits humains instituée en février par la résolution du Conseil de l’ONU pour les droits humains. A Genève on assure qu’elle sera « juste, impartiale et indépendante ».

Dommage qu’elle parte après et non avant que la guerre (motivée à l’ONU par la violation des droits humains sur le terrain, NdT) n’ait été déclenchée. s.d.q.

 

Edition de samedi 9 avril 2011 de il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20110409/manip2pg/06/manip2pz/300974/  


2-2 M. Saâdoune : L’OTAN a le doigt sur la gâchette.

Les déploiements militaires au large de la Libye ne sont pas destinés uniquement à évacuer des réfugiés en fuite d’un pays en plein tumulte. Ce sont des pré-positionnements armés en attente d’une opportunité d’intervention.Et c’est de Kadhafi et de ses milices qu’ils attendent le vrai feu vert.

Kadhafi et son clan sont surpris de la versatilité de leurs amis occidentaux qui les lâchent aujourd’hui alors qu’ils ont fait preuve de tant de largesses envers eux. Le « zingua, zingua » de Tripoli ne désespère pas, apparemment, de les convaincre qu’il est le rempart qui empêcherait Ben Laden d’envoyer ses bateaux « corsaires » à l’assaut de la paisible Europe. Bien entendu, Kadhafi ne croit pas un traitre mot de ce qu’il avance. Il sait aussi qu’en face, chez les Européens, on n’accorde pas vraiment d’importance à ce qu’il dit. Mais on observe l’usage des moyens militaires à sa disposition.

Les Occidentaux ont clairement entendu les insurgés leur signifier sur tous les tons que leurs troupes sont indésirables en Libye. Ce n’est donc pas chez les insurgés qu’ils trouveront l’alibi ou la légitimation à une intervention directe. Cet alibi, ils semblent plutôt l’attendre de Kadhafi et de son clan. Ce serait l’ultime service que ce régime rendra à ses « amis » occidentaux. Ils comptabilisent déjà ses crimes réels - et sans doute en rajoutent-ils - pour rapprocher le moment où « l’ingérence humanitaire » deviendra nécessaire.

Les déploiements militaires au large de la Libye ne sont pas destinés uniquement à évacuer des réfugiés en fuite d’un pays en plein tumulte. Ce sont des pré-positionnements armés en attente d’une opportunité d’intervention. Et c’est de Kadhafi et de ses milices qu’ils attendent le vrai feu vert.

Car, à l’évidence, certains en Occident ne peuvent se contenter de l’idée, soutenue par l’insurrection, de créer une zone d’exclusion aérienne pour empêcher l’usage des avions de combat contre les civils. Ce qu’ils veulent, c’est une occupation directe qui permet de contrôler directement les puits pétroliers et d’orienter la future Libye dans la « bonne direction ».

Kadhafi qui croit qu’il est la « gloire et l’histoire et l’avenir » ne fera rien pour épargner aux Libyens cette intrusion extérieure catastrophique. Il n’est pas prêt à se rendre à l’évidence en se démettant et de rendre ainsi le seul service possible à son pays. Il cherche une ingérence qui créera la confusion et installera la division parmi les Libyens. En face, on n’attend que ça. Les marchés sur-réagissent à une réduction de la production pétrolière libyenne - très aisément compensable par les Saoudiens et d’autres - et renforcent l’appel à ingérence. De manière ingénue - n’est-ce pas ? -, des analystes boursiers en traitant de la hausse du prix du pétrole posent des questions d’ordre militaire du type : « Combien de temps les Occidentaux peuvent-ils rester sans intervenir ? ». On connaît la réponse : le temps que Kadhafi accumule les éléments d’un alibi.

L’Otan qui est une alliance militaire, historiquement hostile à la libération des peuples, va discuter de la Libye jeudi et vendredi. Officiellement, elle n’entend pas intervenir mais se contente « d’effectuer une planification prudente, pour toute éventualité ». Mais son secrétaire général, Anders Fogh Rasmussen, qui en tant que Premier ministre danois s’est livré à un discours de détestation des Arabes digne des adeptes des guerres de civilisations et de religion, a le doigt sur la gâchette, qui le démange. « Si Kadhafi et ses militaires continuent à attaquer la population libyenne de manière systématique, je ne peux imaginer que la communauté internationale et l’ONU restent passives ».

On ne peut mieux dire... Kadhafi ne rendra pas à son pays le seul service possible de s’en aller. Il semble prêt à rendre un nouveau service, l’ultime, à cet impérialisme qu’il faisait mine de pourfendre mais dont il est devenu l’un des plus serviles laquais.

mardi 8 mars 2011 - 09h:01

M. Saâdoune - Le Quotidien d’Oran


2-3 Manlio Dinucci : Préparation du débarquement des troupes en Libye.

Depuis que l’OTAN, le 31 mars, a pris le commandement de la guerre en Libye, rebaptisée « Opération protecteur unifié », sa Task force conjointe, dont le quartier général est à Naples, a effectué plus de 1.500 raids aériens, c’est-à-dire plus de 150 par jour. Y participent - avec les chasseurs bombardiers anglais Typhoon, les français Mirage et Rafale, et d’autres avions- des avions étasuniens passés de l’US Air Force à l’OTAN. Parmi ceux-ci les A-10 Thunderbolt (foudre, NdT) et AC-130 Specter, dotés de canons qui tirent jusqu’à 6.000 projectiles à la minute, en majorité à l’uranium appauvri. Participe aussi à l’opération, avec le bombardier stratégique B-2 Spirit d’attaque nucléaire qui a frappé Tripoli avec des bombes non-nucléaires d’une tonne chacune, le sous-marin Uss Florida de la classe Ohio : doté de 24 rampes de lancement pour missiles nucléaires Trident, il est maintenant armé de 154 missiles Tomahawk non-nucléaires (mais avec une tête à l’uranium appauvri) et transporte 100 commandos qui effectuent des incursions en mini-sub.

Tout cela pourtant ne suffit pas. Le contre-amiral britannique Russell Harding, commandant-adjoint de l’opération, a déclaré dans une conférence de presse à Naples que les bombardements aériens et navals ont réduit de 30% la capacité militaire libyenne, rendant l’aviation inopérante, et réduisant fortement les défenses anti-aériennes. Mais il a ajouté que les forces gouvernementales ont recours à des « tactiques non conventionnelles », en se mêlant au trafic routier. Les accusant ainsi d’être eux-mêmes les responsables du fait que les avions OTAN ont touché des forces rebelles, en les prenant pour ennemies. 

Dans une audition au Sénat, à Washington, le général Carter Ham, chef du Commandement Africa qui a conduit l’opération avant que le Pentagone ne la passe à l’OTAN, a confirmé que les USA ont mis à disposition de l’Alliance des avions de combat, comme les puissantes canonnières volantes AC-130 : mais malgré tout cela, la situation sur le terrain reste bloquée. Les attaques aériennes et navales OTAN en soutien aux forces rebelles n’arrivent pas à permettre à celles-ci d’avoir le dessus sur les forces gouvernementales, car elles sont numériquement et militairement inférieures. En même temps, les préoccupations vont croissant quant à la fourniture d’armes aux rebelles, étant donnée la présence de groupes d’Al Qaeda dans leurs rangs. Le général Ham retient ainsi que « l’utilisation d’une force terrestre internationale constitue un plan possible pour soutenir les rebelles libyens ». 

Mais, prévient le général Ham, les conditions ne sont pas idéales pour envoyer des troupes étasunienes sur le sol libyen : le président Obama a exclu à plusieurs reprises cette possibilité, et cet envoi susciterait des réactions dans le monde arabe. Il convient en outre de considérer que, si des forces étasuniennes étaient employées trop longtemps en Libye, cela aurait des effets négatifs à long terme pour d’autres missions. Nombre de ces troupes se préparent à partir en Afghanistan, ou en sont à peine revenues.  

Le général Ham conclut donc : « Il est important que les USA donnent cette charge à l’OTAN ». Nous sommes donc avertis : sous peu l’appel aux armes pourrait arriver aussi aux troupes italiennes. Fassent nos « volontaires » à nous, ceux qui soutiennent la guerre, que les troupes italiennes débarquent à Tripoli le 5 octobre : elles pourront ainsi célébrer le centenaire de l’entreprise coloniale italienne en Libye.

Edition de dimanche 9 avril 2011 de il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20110410/manip2pg/03/manip2pz/301039/



3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

3-1 Libye : Nous refait-on le coup du Kosovo ?

Moins de 12 ans après que l’OTAN ait mis la Yougoslavie en pièce sous les bombes, et détaché la province du Kosovo de la Serbie, il y a des signes que l’alliance militaire se prépare pour une autre petite « guerre humanitaire » victorieuse, cette fois contre la Libye. Les différences sont, bien entendu, énormes. Mais penchons-nous sur quelques-unes des similitudes troublantes. 

Un chef de file diabolisé

En tant que "nouvel Hitler", l’homme que vous adorez détester et avez besoin de détruire, Slobodan Milosevic était en 1999 un néophyte par rapport à Mouammar Kadhafi aujourd’hui. Les médias avaient eu moins d’une décennie pour transformer Milosevic en un monstre, alors qu’avec Kadhafi, ils ont disposé de plusieurs décennies. Et Kadhafi est plus exotique, parle moins l’anglais et se présente devant le public dans des tenues qui pourraient avoir été créées par John Galliano (un autre monstre récemment démasqué). Cet aspect exotique suscite les moqueries et mépris ancestraux envers les cultures inférieures avec lesquels l’Occident a gagné sa place victorieuse, avec lesquels l’Afrique a été colonisée, et avec lesquels le Palais d’Eté de Beijing a été ravagé par les soldats occidentaux se battant pour rendre le monde sûr pour la dépendance à l’opium.

Le choeur des « nous devons faire quelque chose »

Comme avec le Kosovo, la crise en Libye est perçue par les faucons comme une opportunité pour affirmer la puissance. L’inénarable John Yoo, le conseiller juridique qui a coaché l’administration Bush II dans les avantages de la torture des prisonniers, a utilisé le Wall Street Journal pour conseiller à l’administration Obama d’ignorer la Charte des Nations Unies et de sauter dans la mêlée libyenne. « En mettant de côté les règles archaïques de l’ONU, les États-Unis peuvent sauver des vies, améliorer le bien-être global, et, en même temps, servir ses propres intérêts nationaux » a proclamé J.Yoo. Et un autre théoricien de l’impérialisme humanitaire, Geoffrey Robertson, a déclaré à The Independent que, malgré les apparences, violer le droit international est légal.

Le spectre des « crimes contre l’humanité » et du « génocide » est évoqué pour justifier la guerre

Comme avec le Kosovo, un conflit interne entre un gouvernement et des rebelles armés est présenté comme une « crise humanitaire » dans lequel un seul côté, le gouvernement, est supposé être « criminel ». Cette criminalisation a priori est exprimée en faisant appel à un organe judiciaire international pour examiner les crimes qui sont supposés avoir été commis, ou être sur le point d’être commis. Dans son éditorial, Geoffrey Robertson rend clair comme du cristal la manière dont la Cour pénale internationale est utilisée pour préparer le terrain à une intervention militaire éventuelle. La CPI peut être utilisé par l’Occident pour contourner le risque d’un veto du Conseil de sécurité à une action militaire, explique-t’il :

"Dans le cas de la Libye, le Conseil a au moins à un important précédent en endossant à l’unanimité une référence à la Cour pénale internationale. [...] Alors, qu’advient-il si les inculpés lybiens non-arrêtés aggravent leurs crimes - par exemple en pendant ou en fusillant de sang-froid leurs adversaires, des témoins potentiels, des civils, des journalistes ou des prisonniers de guerre ? [Notons que jusqu’à présent il n’y a pas d’"inculpés", et aucune preuve des "crimes" que ces inculpés pourraient "aggraver" de diverses façons imaginaires. Mais Robertson est désireux de trouver un moyen pour l’OTAN de "relever le gant", si le Conseil de sécurité décide de ne rien faire.]

"Les imperfections du Conseil de sécurité exigent la reconnaissance d’un droit limité, sans son mandat, pour une alliance comme l’OTAN d’utiliser la force pour empêcher la perpétration de crimes contre l’humanité. Ce droit se pose une fois que le Conseil a identifié une situation comme une menace à la paix mondiale (et c’est ainsi qu’il a identifié la Libye, en la déferrant, à l’unanimité, au procureur de la CPI). "

Donc déferrer un pays au procureur de la CPI peut être un prétexte pour mener une guerre contre ce pays ! Soit dit en passant, la compétence de la CPI est censée s’appliquer aux Etats qui ont ratifié le traité l’instituant, ce qui, si je ne m’abuse, n’est pas le cas de la Libye - ni des États-Unis. Une grande différence, cependant, c’est que les États-Unis a été en mesure de convaincre, d’intimider ou de corrompre de nombreux Etats signataires afin qu’ils acceptent des accords selon lesquels jamais, en aucune circonstance, ils n’envoyeront aucun contrevenant américain à la CPI. C’est un privilège refusé à Kadhafi.

Robertson, membre du conseil de justice des Nations Unies, conclut que : « Le devoir d’arrêter un massacre d’innocents, comme étant le mieux que nous pouvons faire s’ils implorent notre aide, a "cristallisé" le fait que faire usage de la force par l’OTAN est non seulement "légitime", mais "légal". »

L’idiotie de gauche

Il ya douze ans, la plus grande partie de la gauche européenne a soutenu "la guerre du Kosovo" qui a mis l’OTAN sur le chemin sans fin qu’elle poursuit aujourd’hui en Afghanistan. N’ayant rien appris, beaucoup semblent prêts à une répétition. Une coalition de partis qui se fait appeler la Gauche Européenne a publié une déclaration « condamnant fermement la répression perpétrée par le régime criminel du colonel Kadhafi » et exhortant l’Union européenne à « condamner l’usage de la force et à agir rapidement pour protéger les personnes qui manifestent pacifiquement et luttent pour leur liberté ». Dans la mesure où l’opposition à Kadhafi n’est pas exactement en train de « manifester pacifiquement », mais a en partie pris les armes, cela revient à condamner l’usage de la force par certains et pas par d’autres - mais il est peu probable que les politiciens qui ont rédigé cette déclaration réalisent même ce qu’ils disent.

La vision bornée de la gauche est illustrée par la déclaration d’un document trotskyste selon laquelle : « De tous les crimes de Kadhafi, celui qui est sans doute la plus grave et le moins connu est sa complicité avec la politique migratoire de l’UE ... » Pour l’extrême gauche, le plus grand péché de Kadhafi est de coopérer avec l’Occident, de même que l’Occident doit être condamné pour avoir coopéré avec Kadhafi. C’est une gauche qui complète utilement le cortège pour la guerre".

Les réfugiés

La masse des réfugiés fuyant le Kosovo alors que l’OTAN commençait sa campagne de bombardement a été utilisée pour justifier ces bombardements, sans enquête indépendante sur les diverses causes de cet exode temporaire - une cause principale étant probablement les bombardemernts mêmes. Aujourd’hui, à la manière dont les médias rapportent sur le grand nombre de réfugiés qui quittent la Libye depuis que les troubles ont commencé, le public pourrait avoir l’impression qu’ils fuient la persécution faite par Kadhafi. Comme c’est souvent le cas, les médias se concentrent sur l’image superficielle sans rechercher des explications. Un peu de réflexion peut combler le déficit d’information. Il est très peu probable que Kadhafi chasse les travailleurs étrangers que son gouvernement a amené en Libye pour réaliser des projets d’infrastructure importants. Au contraire, il est assez clair que certains des rebelles « démocratiques » ont attaqué les travailleurs étrangers par pure xénophobie. L’ouverture de Kadhafi aux Africains Noirs en particulier, a contrarié un certain nombre d’Arabes. Mais il ne faut pas dire trop à ce sujet, puisqu’ils sont maintenant nos "Bons". C’est un peu la façon dont les attaques albanaises contre les Roms au Kosovo ont été négligés ou excusé par les occupants de l’OTAN au motif que « les Roms avaient collaboré avec les Serbes ».

Oussama ben Laden

Une autre ressemblance entre l’ex-Yougoslavie et la Libye, c’est que les États-Unis (et ses alliés de l’OTAN) se retrouvent une fois de plus du même côté que leur vieil ami du temps des moudjahidin afghans, Oussama ben Laden. Oussama ben Laden a été un allié discret du parti islamiste d’Alija Izetbegovic au cours de la guerre civile en Bosnie, un fait qui a été soigneusement négligé par les puissances de l’OTAN. Bien entendu, les médias occidentaux ont largement rejeté l’affirmation actuelle de Kadhafi selon laquelle il se bat contre Ben Laden comme les divagations d’un fou. Cependant, le combat entre Kadhafi et Ben Laden est très réel et antérieure au 11 Septembre 2001, les attentats contre les Twin Towers et le Pentagone. En effet, Kadhafi a été le premier à essayer d’alerte Interpol sur Ben Laden, mais n’a obtenu aucune coopération de la part des États-Unis. En Novembre 2007, l’AFP a rapporté que les dirigeants du "Groupe islamique combattant" en Libye avaient annoncé qu’ils se joignaient à Al-Qaïda. Comme les moudjahidin qui ont combattu en Bosnie, le groupe islamiste lybien a été créé en 1995 par des vétérans de la lutte contre les Soviétiques en Afghanistan dans les années 1980, lutte parrainée par les USA . Leur objectif déclaré était de renverser Kadhafi en vue d’établir un état islamiste radical. La base de l’Islam radical a toujours été la partie orientale de la Libye où la révolte en cours a éclaté. Puisque cette révolte ne ressemble en rien aux manifestations de masse pacifiques qui ont renversé les dictateurs en Tunisie et en Egypte, mais a visiblement une composante de militants armés, on peut raisonnablement supposer que les islamistes prennent part à la rébellion.

Le refus de négociations

En 1999, les États-Unis était désireux d’utiliser la crise du Kosovo pour donner au nouveau rôle « hors zone » de l’OTAN son baptême du feu. La mascarade des pourparlers de paix à Rambouillet a été sabordée par Secrétaire d’Etat étatsunienne Madeleine Albright, qui a mis à l’écart les dirigeants albanais du Kosovo plus modéré en faveur de Hashim Thaci, le jeune chef de l’"Armée de Libération du Kosovo", un réseau notoirement lié aux activités criminelles. Il y avait un peu de tout dans les rebelles albanais du Kosovo, mais comme cela arrive souvent, les États-Unis sont arrivés et en ont pris le pire.

En Libye, la situation pourrait être encore pire

Mon impression, en partie en raison de la visite que j’ai faite à Tripoli il y a quatre ans, c’est que la rébellion actuelle est un ensemble beaucoup plus varié, avec de graves contradictions internes potentielles. Contrairement à l’Egypte, la Libye n’est pas un État fort peuplé, qui a des milliers d’années d’histoire, un fort sentiment d’identité nationale et une longue culture politique. Il y a un demi-siècle, c’était l’un des pays les plus pauvres de la planète, et il n’est pas encore complètement sorti de sa structure clannique. Kadhafi, à sa manière excentrique personnelle, a été un facteur de modernisation, utilisant les revenus du pétrole pour élever le niveau de vie à l’un des plus élevés sur le continent africain. L’opposition vient, paradoxalement, à la fois de réactionnaires islamistes traditionnels d’une part, qui le considèrent comme un hérétique pour ses opinions relativement progressistes, et d’autre part des bénéficiaires occidentalisé de la modernisation, qui sont gênés par l’image de Kadhafi et veulent encore plus de modernisation. Et il y a d’autres tensions qui peuvent conduire à la guerre civile et même à un éclatement du pays selon des critères géographiques.

Jusqu’à présent, les chiens de guerre sont en train de renifler ici et là pour avoir d’avantage d’effusions de sang qu’il n’y en a déjà. Les États-Unis ont mené l’escalade du conflit au Kosovo dans le but « d’avoir à intervenir », et c’est c’est ce qui risque de se passer actuellement avec la Libye, où est encore plus grande l’ignorance de l’Occident sur ce qu'il y produira.

La proposition de Chavez de médiation neutre pour éviter la catastrophe est la voie de la sagesse. Mais en Otanie, la notion même de résoudre les problèmes par la médiation pacifique plutôt que par la force, semble s’être évaporée.

Source : Jacques Tourtaux

16 mars 2011


n° 87 - OTAN - Analyse des Guerres de l'Otan - Fin - : L’OTAN a le doigt sur la gâchette.

n° 87 - OTAN -   Analyse des Guerres de l'Otan -  Fin - : L’OTAN a le doigt sur la gâchette.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



  Analyse des Guerres de l'Otan.  n° 87- 11-04

                                                    C.De Broeder & M.Lemaire     



Le " Journal des Guerres de l'Otan " est  visible :

a)   sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 


NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-2 Fidel Castro : La guerre fasciste de L'Otan.

4 Annexe

4-1 Comaguer : Si tu veux faire la guerre, prépare la guerre !

4-2 William BLUM : Barack Obama « je tuerais pour un prix Nobel de la paix ». 

 



3-2 Fidel Castro : La guerre fasciste de L'Otan.

Pas besoin d’être voyant pour savoir que ce que j’avais prévu avec une précision rigoureuse dans trois Réflexions publiées sur le site CubaDebate entre le 21 février et le 3 mars :

« Le plan de l’OTAN est d’occuper la Libye »,

« La danse macabre du cynisme » et

« La guerre inévitable de l’OTAN », allait se passer.

Même les dirigeants fascistes de l’Allemagne et de l’Italie ne furent pas aussi impudents lors de la guerre civile espagnole de 1936, un épisode dont beaucoup se sont sans doute souvenus ces jours-ci.

Presque soixante-quinze ans se sont écoulés depuis, mais rien n’est comparable aux changements qui ont eu lieu en soixante-quinze siècles ou, si on le veut, en soixante-quinze millénaires de vie humaine sur notre planète.

Ceux qui, comme moi, donnent une opinion sereine sur ces points semblent parfois exagérer. J’ose dire que nous sommes plutôt naïfs de supposer que tout le monde devrait être conscient de la duperie ou de l’ignorance colossale où l’humanité a été entraînée.

En 1936, deux systèmes, deux idéologies à peu près égaux en pouvoir militaire se faisaient face d’une manière intense.

Les armes d’alors ressemblaient à des jouets au regard des armes actuelles. Malgré leur pouvoir destructeur et  localement meurtrier, la survie de l’humanité était garantie. Des villes entières, voire des nations pouvaient être virtuellement rasées, certes, mais jamais les être humains en leur totalité ne pouvaient être plusieurs fois exterminés à cause du pouvoir stupide et suicidaire que permettent les sciences et les technologies actuelles.

Compte tenu de ces réalités, les nouvelles qui ne cessent de parvenir au sujet de puissants missiles dirigés par laser et d’une précision totale, de chasseurs-bombardiers qui volent à deux fois la vitesse du son, de puissants explosifs capables de faire fondre des métaux durcis à l’uranium, un matériaux dont l’effet sur les habitants et leurs descendants perdure pour des temps indéfinis, ont de quoi faire honte.

Cuba a exposé sa position sur le problème interne libyen à la réunion de Genève : elle a défendu sans hésiter l’idée d’un règlement pacifique et elle s’est opposée catégoriquement à toute intervention militaire étrangère.

Dans un monde où les États-Unis et les puissances capitalistes développées d’Europe, leurs alliées, s’emparent toujours plus des ressources et du fruit du travail des peuples, tout citoyen honnête, quelle que soit sa position face à son gouvernement, s’opposerait catégoriquement à une intervention militaire étrangère dans sa patrie.

Le plus absurde de la situation actuelle, c’est que, juste avant le déclenchement de cette guerre brutale dans le Nord de l’Afrique, un accident nucléaire s’était produit dans une autre région du monde à presque dix mille kilomètres de là, à l’un des endroits les plus densément peuplés de la planète, à la suite d’un séisme de magnitude 9 et du tsunami qu’il a provoqué, ce qui a coûté à un pays aussi travailleur que le Japon presque trente mille victimes fatales. Un accident pareil n’aurait plus se produire voilà soixante-quinze ans.

En Haïti, un pays pauvre et sous-développé, un tremblement de terre de seulement 7 de magnitude à l’échelle Richter a provoqué plus de trois cent mille morts et des centaines de milliers de blessés.

Mais ce qu’il y a de plus terriblement tragique au Japon, c’est l’accident de la centrale atomique de Fukushima dont il reste encore à déterminer les retombées.

…..

Je peux exprimer en toute liberté mes vues sur la guerre en Libye.

Je ne partage pas des conceptions politiques ou religieuses du leader de ce pays.

Je suis, je l’ai dit, marxiste-léniniste et martinien.

Je vois la Libye comme un membre du Mouvement des pays non alignés et un État souverain, au même titre que les presque deux cents membres de l’Organisation des Nations Unies.

Jamais un pays, grand ou petit – en l’occurrence un pays d’à peine cinq millions d’habitants – n’a été victime d’une attaque aussi brutale de la part de forces de l’air d’une organisation belliciste qui possède des milliers de chasseurs-bombardiers, plus de cent sous-marins, des porte-avions nucléaires et assez d’arsenaux pour détruire bien des fois la planète.

Notre espèce n’a jamais connu une telle situation, et rien de pareil n’existait voilà soixante-quinze ans quand les bombardiers nazis attaquaient des objectifs en Espagne.

Il n’empêche que l’OTAN, cette criminelle discréditée, nous écrira une « belle » histoire à dormir debout sur son bombardement « humanitaire ».

Si Kadhafi veut faire honneur aux traditions de son peuple et se décide à se battre, comme il l’a promis, jusqu’à son dernier souffle aux côtés des Libyens qui endurent les pires bombardements que jamais aucun pays n’a connus, il traînera dans la fange de l’ignominie l’OTAN et ses visées criminelles.

Les peuples accordent leur respect et leur confiance à ceux qui savent remplir leur devoir.

Voilà plus de cinquante ans, après que les États-Unis eurent assassiné plus de cent Cubains en faisant exploser le cargo La Coubre, notre peuple s’est exclamé :

« La patrie ou la mort ! » Il a tenu parole et il a toujours été prêt à la tenir.

L’un des combattants les plus glorieux de notre histoire s’est écrié :

« Quiconque tente de s’emparer de Cuba ne recueillera que la poussière de son sol baigné de sang ! »

Qu’on me pardonne la franchise avec laquelle j’aborde cette question.

Fidel Castro Ruz

Le 28 mars 2011

canempechepasnicolas



4 Annexe

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

4-1 Comaguer : Si tu veux faire la guerre, prépare la guerre !

Comme chaque année à la même saison, le SIPRI (Stockholm International Peace Research Institute - http://www.sipri.org ) publie son rapport sur le commerce international des armes pendant l’année précédente. Le SIPRI est une fondation indépendante mais son travail très sérieux n’est pas contesté par les Etats concernés. Le rapport ne concerne que les armes conventionnelles puisque les armes nucléaires ne font, en principe, pas l’objet d’échanges commerciaux.

Cette année le SIPRI fait en outre un tableau rétrospectif du commerce des armes de 2006 à 2010.

Le fait majeur de ce quinquennat est que le commerce international des armes conventionnelles a augmenté de 21 % par rapport au quinquennat précédent :2001-2005.

La « guerre contre le terrorisme » lancée en Septembre 2001 continue donc à produire tout son effet dans ce domaine d’activité, la machine militaro-industrielle ayant atteint progressivement, après l’impulsion initiale des guerres d’Afghanistan et d’Irak aujourd’hui poursuivie par l’opération libyenne, une vitesse de croisière élevée. S’ajoute à cette activité strictement guerrière, l’orchestration par les puissances impérialistes de tensions permanentes en premier lieu autour de la Corée du Nord et de l’Iran  et de petits conflits : Somalie, Soudan….permettant de maintenir un état général d’inquiétude des gouvernements très favorable aux vendeurs d’armes. Soulignons au passage que les industriels de l’armement qu’ils soient privés ou publics sont soumis à un contrôle strict des Etats dans lesquels ils sont installés et donc que toute vente d’armes a une signification politique immédiate.

 

Il est donc parfaitement justifié que le SIPRI classe en priorité les vendeurs d’armes par pays et non par firmes ( ce qu’il fait par ailleurs dans d’autres bases de données)

Sur la période 2006-2010 les principaux vendeurs d’armes ont été dans l’ordre : Etats-Unis 30%, Russie 23%, Allemagne 11%, France 7%, Royaume-Uni 4%. Ces 5 pays assurent à eux seuls 75% des exportations mondiales d’armement.

Dans ce classement l’évolution la plus notable est l’installation à la 3° place de l’Allemagne  qui a doublé ses ventes par rapport à la période 2001-2005. Cette croissance se  fait au détriment de la France qui recule de 8% à 7% et du Royaume Uni dont les ventes ont diminué de 11% entre les deux périodes.

Les ventes de la France et du Royaume-Uni additionnées sont aujourd’hui égales à celles de l’Allemagne. C’est une des raisons parmi d’autres de l’alliance renforcée entre les vieilles puissances coloniales dans le nucléaire comme dans les aventures guerrières en cours qui permettent de démontrer, sur cibles vivantes, les capacités des matériels proposés. 

Les  acheteurs sont beaucoup plus dispersés que les vendeurs. Aucun n’atteint 10% du marché. Le classement pour les années 2006-2010 place dans l’ordre : Inde 9%, Chine 6% Corée du Sud 6%, Pakistan 5%  Grèce, Singapour et Emirats Arabes unis 4%, Algérie, Australie et Etats-Unis 3%. Ces dix importateurs ne représentent que la moitié d’un marché mondial très dissymétrique : des vendeurs peu nombreux et en position de domination, des acheteurs nombreux et dépendants de fournisseurs  dont l’avance technique est le fruit d’une politique d’Etat poursuivie sans relâche et qui souffre peu des aléas de la conjoncture économique. Il s’agit donc d’une donnée structurelle qui donne une image exacte de la réalité industrielle et technologique  de l’appareil productif de l’impérialisme contemporain.

Quelques observations sur les acheteurs cités.

L’inde dont la bourgeoisie dirigeante aspire à un rôle mondial doit moderniser une armée toujours prête à un conflit avec le voisin pakistanais et toujours inquiète de l’avance technologique de son voisin  chinois que la propagande occidentale présente à l’envi comme agressive. Cependant l’Inde, poursuivant une politique héritée du temps de la guerre froide continue, malgré les offensives de charme des Etats-Unis, à beaucoup acheter à la Russie.

La Chine a désormais assuré son indépendance complète, technique et industrielle,  en matière d’armements stratégiques et n’intervient sur le marché que pour des achats de matériel léger : munitions, armes légères.

La Corée du Sud que  la présence massive sur son territoire de l’armée US (prés de 40 000 hommes) ne semble pas rassurer achète beaucoup aux Etats-Unis qui entretiennent ce mouvement en agitant à longueur de temps l’épouvantail nord-coréen. La Corée du Nord qui ne compte que sur ses propres forces est ainsi contrainte de consacrer une fraction importante de son PIB à son armement.

La Grèce est le pays de l’Union Européenne qui consacre le pourcentage le plus élevé de son PIB à la Défense : 4%. Elle traduit ainsi sa volonté historique de conserver la parité avec l’armée turque. L’Allemagne – qui vend aussi beaucoup à la Turquie - et la France sont ses deux principaux fournisseurs et sont venues à son secours pour que ses difficultés budgétaires ne viennent pas interrompre ce flux régulier.

L’Afrique est encore peu présente dans ce commerce, les deux principaux acheteurs étant dans l’ordre l’Algérie et l’Afrique du Sud.

Israël qui s’était hissé en 2009 dans les cinq premiers vendeurs d’armes a nettement reculé en 2010, les achats de ses deux plus gros clients : la Colombie et la Turquie ayant sensiblement diminué.

La Libye sous embargo jusqu’en Septembre 2003 n’a depuis concrétisé aucun de ses  projets d’achat bien qu’elle ait été sollicitée par la France, l’Italie, l’Allemagne et le Royaume-Uni. La destruction systématique depuis une semaine de son armée démodée va ouvrir, en cas d’installation  d’un régime soumis à l’Occident, un vaste champ aux vendeurs d’armes.  Nul ne peut prédire lequel d’entre eux prendra la meilleure place sur ce marché mais l’exemple de l’Egypte et des monarchies pétrolières laisse penser que les Etats-Unis n’inviteront personne  à la table de ce nouveau festin alimenté par les recettes pétrolières et les plus va-t-en guerre  de la coalition : France et Royaume-Uni,  qui auront beaucoup dépensé dans les opérations militaires, ont de bonnes chances d’être floués.

http://comaguer.over-blog.com
Au fil des jours et des lectures n°87
25 mars 2011


4-2 William BLUM : Barack Obama « je tuerais pour un prix Nobel de la paix ». 
Il y a des mots qu’ils ont du mal à prononcer : « guerre civile ».

La Libye connait une guerre civile. Les Etats-Unis et l’Union Européenne et l’OTAN – la Sainte Trinité – sont en train d’intervenir, de manière sanglante, dans une guerre civile. Pour renverser Kadhafi.

La première Sainte Trinité a parlé d’imposer une zone « d’exclusion aérienne ». Après avoir obtenu le soutien des institutions internationales sur ce point précis, ils ont immédiatement déclenché une guerre au quotidien contre les forces armées libyennes et tous ceux qui se trouveraient à proximité. Dans le monde du commerce, on appelle ça « faire mordre le client à l’hameçon ».

Quel est le crime de Kadhafi ? Celui de n’avoir jamais montré suffisamment de respect pour la Sainte Trinité, qui n’a de comptes à rendre qu’aux Nations Unis surtout lorsqu’elle en a besoin pour ses basses besognes et tout en comptant sur Chine et la Russie d’être aussi lâches et hypocrites qu’Obama. Celui que la Sainte Trinité mettra à la place de Kadhafi se montrera plus respectueux.

Alors qui sont les Bons ? Les rebelles libyens, nous dit-on. Ceux qui assassinaient et violaient les noirs africains sur la foi qu’ils étaient tous des mercenaires de Kadhafi. Peut-être que quelques unes de leurs victimes étaient bel et bien des membres des milices gouvernementales, ou peut-être pas. Au cours des années 90, au nom de l’unité pan-africaine, Kadhafi a ouvert les frontières à des dizaines de milliers d’africains du sub-sahara pour venir vivre et travailler en Libye. Ceci, avec sa vision initiale du Pan-Arabisme, ne lui a pas fait gagner des points auprès de la Sainte Trinité. Les patrons ont le même problème lorsque leurs employés prétendent créer des syndicats. Sans oublier que Kadhafi est fermement antisioniste.

Quelque connaît le genre de gouvernement que les rebelles vont mettre en place ? La Trinité n’en a aucune idée. Dans quelle mesure le nouveau gouvernement sera sous influence islamique, par opposition au gouvernement laïque actuel ? Quelles forces djihadistes seront lâchées dans la nature ? (Et ces forces existent dans l’est de la Libye, où les rebelles sont concentrés). Se débarrasseront-ils d’une bonne partie de l’Etat-providence que Kadhafi a financé avec l’argent du pétrole ? Est-ce que l’économie contrôlée par l’état sera privatisée ? Qui deviendra le propriétaire du pétrole libyen ? Est-ce que le nouveau régime continuera d’investir les revenus du pétrole dans des projets de développement sub-sahariens ? Autorisera-t-il une base militaire US et des exercices de l’OTAN sur son territoire ? Apprendrons-nous d’ici peu que la « rebellion » a été instiguée et armée par les services de renseignement de la Sainte Trinité ?

Dans les années 90, Slobodan Milosevic de la Yougoslavie étaient coupable de « crimes » similaires à Kadhafi. Son pays était souvent qualifié de « dernier bastion communiste en Europe ». La Sainte Trinité l’ont bombardé, arrêté, et l’ont laissé mourir en prison. Notons que le gouvernement Libyen s’appelle la Grande Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire et Socialiste. La politique étrangère des Etats-Unis n’est jamais réellement sortie de la guerre froide.

Il faut examiner de près la « zone d’exclusion aérienne » mise en place en Irak par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne (mesure prétendument autorisée par les Nations Unies) au début des années 90 et qui a duré plus de dix ans. C’était en réalité un permis de bombarder régulièrement le pays et de tuer des Irakiens, pour affaiblir le pays en vue d’un changement de régime. Qui dans tout l’univers peut résister à la Sainte Trinité ? A-t-on jamais vu dans toute l’histoire tant de puissance de frappe et tant d’arrogance ?

Et au fait, pour la 10ème fois, Kadhafi n’est pas l’auteur de l’attentat contre le vol 103 de la PanAm en 1988 (1). Merci d’en informer vos auteurs progressistes préférés.

 

Barack « je tuerais pour un prix nobel de la paix » Obama

Est-ce que quelqu’un a fait le compte ?

Moi, si. Avec la Libye, ça fait 6.

Six pays contre qui Barack H. Obama a mené une guerre au cours de ses 26 premiers mois de mandat. (Et si quelqu’un me dit que larguer des bombes sur une zone habitée n’est pas un acte de guerre, je lui rappellerais le bombardement japonais de Pearl Harbor).

Le premier président noir des Etats-Unis envahit l’Afrique.

Y’a-t-il encore quelqu’un pour croire que Barack Obama représenterait une sorte d’amélioration par rapport à George W. Bush ?

Il y en a probablement qui le pensent encore : 1- Ceux pour qui la couleur de la peau a une grande importance, et 2 – Ceux qui sont très impressionnés par la capacité de construire des phrases grammaticalement correctes.

Ca ne peut pas être pour une question d’intellect ou d’intelligence. Obama a dit beaucoup de choses qui, prononcées par Bush, auraient provoqué des tollés, des sarcasmes et des rires dans les grands médias. Comme ce que le Président a répété à de nombreuses reprises lorsqu’on lui demandait de mettre Bush et Cheney en accusation pour crimes de guerre, « je préfère regarder vers l’avenir, pas vers le passé ». Imaginez un accusé devant un juge qui se défendrait avec de tels arguments. Une telle phrase rend tout simplement caduc toute notion de loi, d’application de la loi, de crime, de justice ou de faits.

Il y a aussi l’excuse avancée par Obama pour ne pas poursuivre les coupables de torture : parce qu’ils ne faisaient qu’obéir aux ordres. Est-ce que cet homme « éduqué » a déjà entendu parler du Tribunal de Nuremberg, où une telle excuse fut sommairement rejetée ? Et à tout jamais, avait dit le tribunal.

A peine 18 jours avant la marée noire dans le Golfe du Mexique, Obama a dit «  Au fait, il se trouve que les plateformes pétroliers ne provoquent pas de marées noires. Ils sont technologiquement très avancés. » (Washington Post, 27 mai 2010). Imaginez si George W. avait dit la même chose, et les réactions qui auraient suivi.

 « Toutes les forces que nous voyons en œuvre en Egypte sont des forces qui devraient naturellement s’aligner sur nous, et sur Israël, » a dit Obama le 2 mars (2). Imaginez si Bush avait fait une telle déclaration – que les manifestants arabes en Egypte contre un homme qui recevait des milliards de dollars d’aide des Etats-Unis dont des moyens de répression et de torture, devraient « naturellement » s’aligner avec les Etats-Unis et – que Dieu nous en préserve – Israël.

Une semaine plus tard, le 10 mars, le porte-parole du Département d’Etat P.J. Crowley a déclaré devant un forum à Cambridge, Massachusetts, que le traitement infligé par le Ministère de la Défense au héros de Wikileaks, Bradley Manning, dans une prison de la Marine était « ridicule, contreproductive et stupide. » Le lendemain, notre président « intello » fut interrogé sur la déclaration de Crowley. Le Grand Espoir Noir a répondu : « J’ai demandé au Pentagone si les procédures prises pour son emprisonnement étaient appropriées et correspondent à notre éthique. Ils m’ont assuré que oui. »

Tout à fait George. Je veux dire Barack. Bush aurait du demander à David Rumsfeld si quelqu’un entre les mains des Etats-Unis était torturé quelque part dans le monde. Il aurait pu ensuite tenir une conférence de presse comme Obama pour annoncer la bonne nouvelle - « Pas de torture en Amérique ! ». On en rigolerait encore.

Obama a conclu sa remarque par « Je ne peux pas entrer dans les détails concernant leurs préoccupations, mais cela a quelque chose à voir aussi avec la propre sécurité du soldat Manning. » (3)

Mais oui, bien sûr, Manning est torturé pour son propre bien. Est-ce que quelqu’un peut me rappeler si le bon vieux George s’est rabaissé à de telles absurdités pour justifier l’enfer carcéral de Guantanamo ?

Barack Obama n’est-il pas gêné par l’atteinte aux droits de l’homme de Bradley Manning, de la lente dégradation de la santé mentale du jeune homme ?

La réponse à cette question est Non. Le Président n’est pas gêné par ce genre de choses.

Comment je le sais ? Parce que Barack Obama n’est gêné par rien tant qu’il a la possibilité d’exulter dans son rôle de Président des Etats-Unis, de manger ses hamburgers et de jouer au basket. Permettez-moi de rappeler ce que j’ai écrit en mai 2009 :

 « Je crains de plus en plus que le problème est que cet homme ne croit vraiment en rien, et certainement pas lorsque le sujet est controversé. Il a appris il y a longtemps à prendre position pour éviter le controverse, comment exprimer une opinion sans prendre clairement parti, à parler avec éloquence pour ne rien dire, comment communiquer à l’auditoire une ensemble de clichés émouvants, de platitudes et de slogans. Et ça a marché. Et même bien ! Que pourrait-il bien arriver, maintenant qu’il est président des Etats-Unis, qui le ferait changer ? »

Rappelez-vous que dans son propre livre « The Audicity of Hope », Obama a écrit : « J’ai présenté un écran blanc sur lequel des gens d’horizons politiques divers ont projeté leurs propres aspirations.  »

Obama est un produit de marketing. Il est l’exemple même du produit « Vu à la télé ».

L’écrivain Sam Smith a récemment écrit qu’Obama est le président Démocrate le plus conservateur que nous ayons jamais eu. «  Dans l’ancien temps, on aurait trouvé un nom pour lui : Républicain. »

En fait, si John McCain avant remporté l’élection de 2008, et avait fait exactement la même chose qu’Obama, les progressistes seraient fous de rage.

Je crois qu’Obama est une des pires choses qui soit jamais arrivée à la gauche américaine. Les millions de jeunes qui l’ont soutenu avec enthousiasme vont mettre beaucoup de temps à s’en remettre avant de sacrifier à nouveau leur idéalisme et leur passion sur l’autel du militantisme.

Si vous n’aimez pas la tournure qu’ont pris les choses, la prochaine fois renseignez-vous sur ce que votre candidat veut dire exactement par « changement ».

 

[...]

 

Les méchants

J’ai écrit à de nombreuses reprises sur les EOD de l’Amérique – EOD Ennemis Officiellement Déclarés : Mahmoud Ahmadinejad, Hugo Chávez, Fidel Castro, Daniel Ortega, Hasan Nasrallah, Moammar Gaddafi et d’autres. A partir du moment que le gouvernement des Etats-Unis fait clairement savoir qu’un dirigeant étranger particulier ne fait pas partie des Gentils, qu’il croit que les Etats-Unis ne sont pas un cadeau de Dieu à l’humanité, et qu’il n’est pas disposé à laisser son pays devenir un état servile, les grands médias embrayent systématiquement et font tout leur possible pour dénigrer le dirigeant en question chaque fois que l’occasion leur est offerte. (Si quelqu’un peut me citer une seule exception à cette règle, je serais curieux de la connaître.)

Juan Forero a longtemps été le correspondent en Amérique latine du Washington Post. Il l’est aussi pour la Radio Publique Nationale. Il m’arrivait d’envoyer des courriers au Washington Post au sujet de sa manière de déformer les faits chaque fois qu’il écrivait sur Hugo Chavez et où des erreurs par omission côtoyaient des erreurs sur commande. Aucun de mes courriers n’a jamais été publié, alors j’ai commencé à envoyer mes courriers directement à Forero. Il a répondu une fois qu’il était (en quelque sorte) d’accord avec moi sur un point que j’avais soulevé et il a laissé entendre qu’il tenterait d’éviter de telles erreurs à l’avenir. J’ai pu observer une petite amélioration qui n’a pas duré bien longtemps, puis les habitudes se sont réinstallées. Au cours des troubles en Libye, il a écrit : « Chavez a dit que "c’était un gros mensonge" que les forces de Kadhafi aient attaqué les civils. » (7)

Est-ce que Hugo Chavez prend tout le monde pour des imbéciles ? Nous avons tous vu et lu les attaques de Kadhafi contre les civils.

Mais il se trouve que si vous mettez la main sur la version originale en espagnol, vous n’avez pas tout à fait le même son de cloche. Selon l’agence de presse UPI, dans un communiqué en espagnol, Chavez a dit que les combats en Libye constituaient une guerre civile et que ceux qui étaient attaqués n’étaient donc pas de simples manifestants ou civils. Ils faisaient partie d’un des camps dans une guerre civile, ils étaient donc des combattants. (8)

 

Al Jazeera en Amérique

Les soulèvements en Afrique du nord et au Moyen orient ont sérieusement boosté l’audience d’Al Jazeera, la télévision basée à Doha, au Qatar. Il y a encore peu, les Américains s’en tenaient éloignés car la chaine était trop souvent associée au Moyen orient et aux Musulmans, ce qui évidemment à son tour fait penser aux terroristes et au « terrorisme ». Tout Américain qui se respecte savait que cette station ne pouvait pas être aussi objective que CBS, CNN, NPR ou Fox News. La station avait quelques raisons pour être paranoïaque quant à ses bureaux aux Etats-Unis, le pays des 10 millions de cinglés (dont plus d’un occupe un poste de haut rang dans le gouvernement). Ses bureaux occupent 6 étages d’un immeuble dans le centre de la capitale, Washington, mais son nom n’apparaît nulle part. 

A présent les grands médias citent la chaîne en anglais d’Al Jazeera et retransmettent ses images. De nombreux progressistes, y compris moi, ont pris pour habitude de préférer cette chaîne aux médias US. En général, les informations sont plus consistantes, les invités plutôt progressistes, et il n’y a pas de publicité. Cependant, plus je la regarde, et plus je me rends compte que ses présentateurs et correspondants ne sont pas nécessairement aussi progressistes que ça.

Un exemple parmi de nombreux que je pourrais citer : le 12 mars, le correspondant d’Al Jazeera, Roger Wilkinson, faisait un reportage sur le procès à Cuba d’Alan Gross, un Américain arrêté après avoir distribué des équipements électroniques à des citoyens cubains. Gross étaient entré à Cuba avec un visa touristique mais se trouvait sur l’île en réalité pour le compte de Development Alternatives Inc. (DAI), un sous-traitant privé qui travaille pour l’Agence pour le Développement International (AID, acronyme anglais, souvent citée comme USAID - NdT), qui est une division du Département d’Etat des Etats-Unis. Gross agissait donc en tant qu’agent non déclaré au service d’une puissance étrangère. Wilkinson a raconté cette histoire très controversée avec tout l’innocence et les déformations dignes des grands médias US. Il a mentionné au passage que le gouvernement cubain tente de contrôler l’Internet. Que peut-on conclure d’autre, sinon que le gouvernement cubain veut cacher quelque chose à son peuple ? Tout comme les grand médias US, Wilkinson n’a pas donné d’exemple de site internet bloqué par le gouvernement cubain, peut-être pour la simple et bonne raison qu’il n’y en a pas. Et en quoi consisterait cette terrible réalité que les Cubains pourraient découvrir sur Internet ? Ironiquement, c’est le gouvernement des Etats-Unis et les multinationales US qui empêchent l’accès de l’île à Internet, pour des raisons politiques et en facturant leurs services à un prix prohibitif pour le Cuba. C’est la raison pour laquelle Cuba et le Venezuela sont en train d’installer leur propre câble sous-marin.

Wilkinson a parlé du programme d’aide d’USAID destiné à « promouvoir la démocratie », mais n’a pas précisé que dans le monde d’USAID et de ses sociétés privées sous-traitantes – dont celle pour laquelle travaillait Gross – ce terme désigne en fait « un changement de régime ». USAID a longtemps joué un rôle subversif dans le monde. Ecoutons John Gilligan, Directeur d’USAID sous l’administration Carter :

 « A un moment donné, de nombreux bureaux locaux d’USAID étaient infiltrés de haut en bas par les gens de la CIA. L’idée était de placer des agents dans toutes les activités que nous avions à l’étranger, officielles, bénévoles, religieuses... toutes. » (9)

USAID n’est qu’une des nombreuses institutions utilisées par les Etats-Unis depuis plus de 50 ans pour miner la révolution cubaine. C’est pour cela que nous pouvons poser l’équation suivante : les Etats-Unis représentent pour le gouvernement cubain ce qu’Al Qaeda représente pour le gouvernement des Etats-Unis. Les lois cubaines qui concernent les activités comme celles d’USAID et DAI reflètent cette réalité historique. Ce n’est pas de la paranoïa, c’est de l’instinct de conservation. Et aborder un sujet comme celui d’Alan Gross sans prendre compte de cette équation constitue une grave entorse au journalisme et à l’analyse politique.

Il faut espérer que l’affaire Gross servira à calmer les ardeurs des Etats-Unis pour « promouvoir la démocratie » à Cuba.

La politique de Washington – et donc celle de la Grande-Bretagne – envers Cuba a toujours été le résultat d’une volonté d’empêcher l’île de devenir un bon exemple d’alternative au capitalisme pour le Tiers monde. Mais les dirigeants occidentaux ne comprennent pas, ou ne veulent pas comprendre, ce qui peut bien motiver des gens comme les dirigeants cubains et leurs partisans. Voici ce que révèle un des câbles Wikileaks, daté du 25 mars 2009 : William Hague, à l’époque député conservateur et chargé des affaires étrangères pour son parti (dans l’opposition – NdT) faisant son rapport à l’ambassade US à Londres sur sa récente visite à Cuba. Hague « a déclaré qu’il était quelque peu surpris que les dirigeants cubains ne paraissaient pas s’orienter vers une ouverture du modèle économique à la chinoise, mais qu’ils étaient encore des "révolutionnaires romantiques" » Lors de sa conversation avec le ministre des affaires étrangères de Cuba, Bruno Rodriguez, « la discussion a abordé la question de l’idéologie politique, et Hague a dit que les gens en Grande-Bretagne étaient plus intéressés par le shopping que par l’idéologie. » (Mon Dieu, quel magnifique argument en faveur de l’Occident. Rule Britannia ! God Bless América !) Hague raconte ensuite que "Rodriguez semblait mépriser cette notion et a répondu qu’on n’avait besoin du shopping que pour acheter de la nourriture ou quelques bons livres." » 

[...] 

William Blum

3 avril 2011

http://killinghope.org/bblum6/aer92.html

Traduction « avec tout ça, les magasins sont fermés et le frigo est vide » pour le Grand Soir par VD avec probablement les fautes et coquilles habituelles.

1. killinghope.org/bblum6/panam.htm

2. March 4, 2011, Democratic Party function, Miami, FL, CQ Transcriptions

3. Los Angeles Times, March 11, 2011

4. For this and the previous two examples, see "Jim DeMint’s Theory Of Relativity : ’The Bigger Government Gets, The Smaller God Gets’", Think Progress, March 15, 2011

5. Fox News Sunday, December 19, 2010

6. Washington Post, September 19, 2001

7. Washington Post, March 7, 2011

8. UPI Reporte LatAm, March 4, 2011

9. George Cotter, "Spies, strings and missionaries", The Christian Century (Chicago), March 25, 1981, p.321

URL de cet article 13292
http://www.legrandsoir.info/Barack-je-tuerais-pour-un-prix-nobel-de-la-paix-Obama.html

 



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

11/04/2011

n° 86 - Journal des Guerres de l'Otan. - 11-04 : Début : Si tu veux faire la guerre, prépare la guerre !

n° 86 - Journal des Guerres de l'Otan. - 11-04 : Début   : Si tu veux faire la guerre, prépare la guerre !



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



  Journal des Guerres de l'Otan.  n° 86- 11-04

            C.De Broeder & M.Lemaire     



Le " Journal des Guerres de l'Otan " est  visible :

a)   sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Tiré à part :

Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

Francesca Pilla : De nombreux civils sont tués par les «raids humanitaires»

Guerres de l'Otan

Philippe Leymarie : L’OTAN superstar en Libye.

'Otan

Extension des guerres ?

La Syrie, prochaine cible de l'OTAN?

Usa

Paroles du président...

« Obama : Echelle horrible – »

Canada - France

Fin

 Brèves

2-1 Le nouveau siège de l’Otan à Bruxelles coûtera plus de 110 millions d’euros à la France.

3 Dossiers

3-1 Jean Bricmont : Le Retour de l’Impérialisme Humanitaire.

3-2 Domenico Losurdo : Orwell, l’OTAN et la guerre contre la Libye

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Le collapsus de la diplomatie.



Tiré à part :

Nous voulons que l'opération se déroule dans le cadre de l'Otan. Cette alliance a un potentiel exceptionnel...»

"La possibilité de les armer, de leur fournir des armes, est une des options que nous sommes en train de considérer ", déclare le porte-parole de la maison blanche. C'est une façon de parler, car les infos montrent clairement qu'ils sont déjà bel et bien armés. 

...



Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

Francesca Pilla : De nombreux civils sont tués par les «raids humanitaires»

Dans la nuit de mercredi à jeudi les raids aériens sur Tripoli ont causé la mort d'au moins 40 civils : le général canadien Charles Bouchard en est parfaitement au courant tandis qu'il se prépare à la conférence de presse de la base Jfc (Joint Force Allied , NdT) (1) à Bagnoli (Naples). C'est aussi aujourd'hui (jeudi 31 mars 2011, NdT) qu'arrive dans ses mains la direction unique de l'opération « Protecteur Unifié » qui passe sous commandement OTAN ; mais le militaire, qui a une longue arrière derrière lui, sait que le monde lui demandera des comptes sur les victimes, femmes et enfants (et hommes, NdT) ensevelis sous les décombres d'un immeuble écroulé. Et même si les bombardements étaient sous contrôle de la coalition des volontaires, conduite par USA, France et Grande-Bretagne, l'OTAN ne peut pas faire mine de rien. Mais cette fois, celui qui hausse le ton sur les dommages collatéraux des attaques aériennes qui devraient avoir un objectif « humanitaire », n'est pas un membre du régime Kadhafi, mais bien l'évêque de Tripoli, monseigneur Giovanni Martinelli : « Les raids dits humanitaires -a-t-il déclaré très tôt dans la matinée- ont fait des dizaines de victimes parmi les civils dans certains quartiers de Tripoli. J'ai recueilli divers témoignages de personnes dignes de foi à ce sujet. En particulier, dans le quartier de Buslim, à cause des bombardements, une habitation civile s'est écroulée en provoquant la mort d'au moins 40 personnes ».

 Le général canadien Charles Bouchard

Bouchard arrive avec 15 minutes de retard dans une petite salle de conférence installée, d'après le commandement OTAN, à la hâte ces derniers jours. De Bruxelles aussi les media internationaux, en vidéoconférence, piaffent d'impatience et font pression pour savoir la vérité, mais les hauts gradés freinent des quatre fers : « Le général a très peu de temps et ne peut répondre qu'à 5 questions de Bruxelles, et 3 ici à Naples ». Tactique qui cache mal l'intention de concéder aussi peu d'informations que possible.

Bouchard parle d'abord de l'opération, explique que le passage de pouvoir s'est réalisé sans problèmes, qu'en quelques heures ont déjà été accomplies « plus de 90 actions » de bombardement, parce que l'Alliance peut compter sur « plus de cent avions de combat et de soutien et sur une douzaine entre bâtiments navals et sous-marins ». Le général souligne que l'objectif est celui de faire respecter l'embargo d'armes et la zone d'exclusion aérienne, et rappelle ainsi à plusieurs reprises, comme il l'avait fait mardi (29 mars 2011, NdT)) de cette même base militaire, que la mission de son commandement était de protéger la population civile. Les questions de la salle cependant lui rappellent les 40 morts, un journaliste américain (étasunien) lit les déclarations de Martinelli : « S'il est vrai que les bombardements semblent ciblés -a déclaré l'évêque de Tripoli- il est tout aussi vrai qu'en frappant des objectifs militaires, qui se trouvent au milieu de quartiers civils, on touche aussi la population ». « Nous mènerons une enquête dans la chaîne de commandement pour voir s'il y a des preuves, nous sommes en train d'enquêter sur ce qui s'est passé », est la réponse expéditive du général qui dit être au courant de l'épisode ; et que l'OTAN « est en train d'enquêter » pour vérifier si ses forces sur le terrain sont impliquées ou non. Puis Bouchard dont le visage ne trahit aucune émotion se disculpe à la Ponce Pilate : « Nous avons pris le commandement complet des opérations seulement à 6 heures du matin, heure Greenwich. Nous sommes en train de prendre tous les aspects au sérieux, mais l'opérativité totale de l'OTAN n'était pas encore activée au moment des faits ; nous vous informerons quand l'enquête sera terminée ».

En réalité, cette fois, qu'il y ait eu un massacre de civils est une chose assez claire pour tout le monde, il ne s'agit pas des cent personnes décédées, de la propagande, au début de l'attaque, du régime Kadhafi (à propos desquels l'auteur ne donne cependant aucune source certifiant la propagande, NdT), et arrivent après les 11 victimes de Tajoura et les 17 blessés de ces jours derniers à Dita, sur la route de Misurata, quand un autre hôpital a été touché (selon un reportage de Euronews)(sources à chercher, NdT) Mais à ce propos, même l'amiral Giampaolo Di Paola, président du comité militaire de l'OTAN, n'a pas voulu faire de commentaires, pratiquant la même attitude que Bouchard, de renvoi de la responsabilité sur d'autres : « L'OTAN n'a pris le total commandement des opérations qu'à 8 heures (locales ; remarquable marque d'indépendance par rapport au commandement étasunien -de protection- unifié(e)... NdT). Mais c'est un fait que jusqu'à présent les attaques contre les civils viennent du régime de Kadhafi ». De Naples enfin arrive aussi l'avertissement à Kadhafi et à ses soutiens : « Je conseille vivement aux assaillants de se désister et de se retirer immédiatement, sinon ils paieront les conséquences de leurs actions », dit le commandant de l'opération Protecteur Unifié, en partant à toute allure.

Francesca Pilla

1er avril 2011 -

(Traduit de l'italien par Marie-Ange Patrizio)

Il Manifesto,

 



Guerres de l'Otan

Philippe Leymarie : L’OTAN superstar en Libye.

Depuis ce jeudi à 6 h GMT, l’OTAN — alliance transatlantique à dominante américaine, étiquetée « occidentale » — assume le commandement militaire de l’ensemble des opérations de la « communauté internationale » contre le régime libyen : les bombardements en appui aux troupes insurgées, le respect de la zone d’exclusion aérienne, le contrôle de l’embargo sur les armes. C’est ce que souhaitaient les Etats-Unis, qui ne voulaient plus apparaître en première ligne. Et c’est le contraire de ce pour quoi les diplomates français militaient depuis plusieurs semaines, en tout cas en paroles. Mais déjà, le couple franco-britannique — qui prétend conserver le « pilotage politique » de l’intervention par le truchement d’un « groupe de contact » assez fumeux — évoque la possibilité de fournir des armes aux insurgés.

Faut-il fournir des armements à la rébellion ? Cette mesure fait partie des pistes envisagées depuis quelques semaines, dans les cercles spécialisés, pour hâter la chute du régime Kadhafi. Il s’agit d’éviter l’enlisement, une hantise en matière d’intervention multinationale : la Finul est déployée au Liban depuis 1978, la K-For au Kosovo depuis 1999, l’ISAF en Afghanistan depuis 2002, l’Onuci en Côte d’Ivoire depuis 2004, etc. Une longévité rarement gage de réussite.

En dehors de ralliements espérés (ou suscités) de proches du « Guide » Mouammar Kadhafi, ou de l’éventualité qu’une partie de son armée se retourne contre lui, la livraison d’armements, susceptible d’aider les insurgés à recréer un rapport de forces favorable, est la principale « technique » pouvant hâter un dénouement. Elle est un substitut à l’envoi de troupes au sol :

— qui n’a pas été prévu par la résolution 1973 ;

— qui aurait un effet désastreux en Afrique et dans le monde islamique, surtout si ces soldats n’étaient qu’occidentaux ;

— qui n’est pas souhaité (en tout cas officiellement) par les insurgés ;

— et qui est jugé trop dangereux pour les troupes en question. 

Résolution souple

Les Etats-Unis « n’excluent pas » de possibles livraisons d’armes, ainsi que l’a déclaré le président Barack Obama en début de semaine, assurant qu’il ne « disait pas non plus que cela allait se faire ». Il est vrai qu’ils sont orfèvres en la matière (Asie, Amérique latine). On explique d’ailleurs, au département d’Etat, que la résolution de l’ONU est assez « souple » pour permettre une telle aide en matériel. Le Pentagone, en liaison avec la CIA, n’a pas manqué d’en étudier les modalités pratiques : les voies d’acheminement ne manquent pas, via l’Egypte notamment.

De hauts responsables américains ont d’ailleurs indiqué à l’agence Reuters, mercredi 30 mars, que le président Obama avait signé, ces dernières semaines, un décret confidentiel autorisant des opérations secrètes de la CIA en Libye pour soutenir les insurgés. Et selon The New York Times, de « petits groupes » d’agents de la CIA sont déployés en Libye pour prendre contact avec la rébellion et guider les frappes de la coalition.

Londres et Paris, le duo conservateur qui a pris la tête de la coalition anti-Kadhafi, y est favorable. Mercredi, le premier ministre britannique David Cameron n’a pas exclu d’armer les rebelles. La chaîne américaine ABC assure que « des dizaines de membres des forces spéciales britanniques et d’agents du service d’espionnage MI6 travaillent en Libye », en particulier pour recueillir des renseignements sur les positions des forces loyalistes.

Limite technique

« Nous sommes prêts à en discuter avec nos partenaires », avait indiqué de son côté le ministre français des Affaires étrangères, M. Alain Juppé, qui a cependant reconnu mardi à Londres — à l’issue de la première réunion du « groupe de contact » qui revendique le pilotage politique de l’intervention contre Kadhafi — que « ce n’est pas ce que prévoit la résolution 1973 ».

Jeudi matin, lors d’un point de presse à Paris, le ministre de la défense Gérard Longuet a assuré « qu’une telle assistance n’est pas à l’ordre du jour parce qu’elle n’est pas compatible avec la résolution 1973 » : cette « limite technique ne permet pas aujourd’hui l’envoi de troupes au sol », si elle n’empêche pas l’appui aux bombardements depuis le sol. Ce principe « n’est pas remis en cause à cette heure ».

La France, qui vient d’installer à Benghazi, siège du Conseil national de transition libyen, un diplomate de haut rang [1] semble cependant avoir pris les devants : profitant de rotations à vocation « humanitaire » de navires de la marine nationale française, la DGSE — le service de renseignement et d’action extérieure — aurait livré discrètement à Benghazi, dès la mi-mars, quelques canons de 105 mm et des batteries antiaériennes mobiles [2].

Présence voyante

Des opérations de ce type ne sont pas sans risques :

— elles impliquent la présence, qui peut être trop voyante, de formateurs ou « conseillers », pour mettre en œuvre ces matériels, dont les insurgés ne connaissent pas le maniement ;

— le risque existe qu’une partie de ces armes tombent dans des mains non désirées, par exemple celles d’activistes d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) [3] — « C’est un risque non négligeable, quand un Etat se délite », a reconnu Gérard Longuet lors de son point de presse ;

— sur un plan politique, c’est la voie ouverte aux accusations « d’ingérence » (que la Russie n’a pas manqué de formuler, aussitôt connue cette éventualité), ou à une désagrégation de la coalition (l’Italie, la Norvège, le Danemark, la Belgique se sont déjà prononcés contre).

Paradoxe : c’est Anders Fogh Rasmussen, le secrétaire général de l’OTAN qui — pour des raisons surtout tactiques, afin de préserver l’unité de sa coalition — a dû mettre les pendules à l’heure, à l’issue de la réunion de Londres : « La résolution 1973 est très claire : elle exige l’imposition d’un embargo sur les armes. Nous sommes donc là pour protéger les populations, pas pour les armer. »

Embargo qui, si l’on en croit les nouvelles « idées » émises à Paris, Londres et Washington, pourrait donc être violé par ceux-là mêmes qui se sont donné pour mission de le faire voter et de le faire respecter… mais seulement à l’encontre d’un camp. A Washington, on fait valoir que l’embargo s’applique contre le régime de Kadhafi, et ne concernerait pas l’autre camp. En revanche, pour le représentant portugais à New-York, en charge du Comité des sanctions de l’ONU, l’embargo sur les armes est total et s’applique à tout le monde. Bref, au train où vont les débats, il faudra arracher au Conseil de sécurité une nouvelle résolution sur mesure…

.....

Effectif depuis jeudi 31 mars à 6 heures GMT, le transfert de l’ensemble des responsabilités opérationnelles a concerné dans un premier temps les moyens militaires, essentiellement aériens, de la Belgique, du Canada, du Danemark, d’Espagne, du Royaume-Uni et des Pays-Bas.

L’Alliance atlantique, qui assurait déjà depuis plusieurs jours deux autres missions — le contrôle de l’embargo sur les armes et l’imposition de la zone d’interdiction aérienne — planifie désormais les frappes en soutien aux insurgés libyens.

En famille

Le centre d’opérations aériennes combinées de l’OTAN (CAOCC) de Poggio Renatico, dans le nord de l’Italie, a commencé à émettre les ordres opérationnels sous forme de plans de vol pour les unités engagées dans la campagne aérienne en Libye, mettant en œuvre les directives du Commandement aérien d’Izmir (ACC), en Turquie, en liaison avec le commandement maritime (MCC) et le commandement inter-armes de l’opération (JFC) basés à Naples, en Sicile.

Selon l’état-major français, la « bascule » s’est faite sans heurt, en raison de la longue expérience de travail sous procédures OTAN des principaux pays concernés. En outre, la nouvelle chaîne de commandement est un décalque de l’ancien dispositif de coordination assuré par les forces américaines en Europe. L’amiral James Stavridis, qui supervise l’ensemble de l’intervention en tant que commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR)… faisait de même, ces deux dernières semaines, en tant que commandant des forces américaines en Europe.

Quant au général canadien Charles Bouchard, nommé ces derniers jours commandant de l’opération OTAN en Libye, il a effectué l’essentiel de sa carrière dans les état-majors américains, et il est l’adjoint en titre de l’amiral Samuel Locklear, chef du commandement conjoint (JOC) de l’Alliance à Naples… qui commandait ces dernières semaines l’opération américaine « Odyssey Dawn » (Aube de l’Odyssée) depuis le Mount Whitney, navire-amiral de la 6ème flotte. On reste en famille…

Notes

[1] M. Antoine Sivan, ancien sous-directeur pour le Moyen-Orient au ministère des affaires étrangères.

[2] Cf. Le Canard enchaîné, 16 mars 2011.

[3] L’amiral James Stavridis, commandant des forces américaines en Europe, a évoqué récemment des « signes » de leur présence au milieu des insurgés libyens.

[4] Même son ex-adversaire à l’élection présidentielle de 2008, le républicain John McCain, a vanté « l’excellence » de ce discours.

 Philippe Leymarie

Jeudi 31 mars 2011



1  Politique 

Les parties prenantes

a) L'Otan

Extension des guerres ?

La Syrie, prochaine cible de l'OTAN?

 Comme les autres pays arabes, la Syrie est secouée par des manifestations d’opposants. A la différence de ce qui s’est passé en Tunisie et en Egypte, dont les révolutions ont renversé des despotes pro-occidentaux, on ne peut parler dans son cas de soulèvement spontané, mais d’une opération de déstabilisation conçue aux Etats-Unis et en Israël.

Le 30 mars, dans son discours devant les parlementaires syriens, le Président Bachar al-Assad a dénoncé une « conspiration qui vient de l’étranger, mais aussi de l’intérieur du pays. Les personnes derrière cette tentative de déstabilisation mélangent trois éléments : les conflits religieux, les réformes et les besoins quotidiens du peuple », et il a accusé une « minorité » de semer le chaos.

   Selon l’agence de presse indépendante Champress (1), les techniques d’agitation employées pour soulever la population à Deraa, près de la frontière jordanienne, ont pour origine un plan ourdi en 2008 par le prince Bandar bin Sultan, ancien ambassadeur saoudien aux Etats-Unis, et Jeffrey Feltman, ancien ambassadeur américain au Liban (2004-2008). Objectif avoué : renverser le Président Bachar al-Assad et diviser la Syrie. Coût de l’opération : 2 milliards de dollars.

Tentative de coup d’Etat en Arabie

A Washington, Bandar bin Sultan était surnommé Bandar-Bush en raison de ses liens avec l’ancien président étatsunien qui l’avait mis dans le secret du projet d’invasion de l’Irak avant le secrétaire d’État américain Colin Powell. Il est marié avec la princesse Iffat, fille du roi Fayçal, connue pour avoir versé des sommes importantes à une fondation caritative, retrouvées ensuite sur le compte bancaire d’un des pirates de l’air saoudien du 11 septembre.

Fin 2008, Bandar bin Sultan aurait tenté de s’emparer du pouvoir en Arabie, avec le soutien des néo-conservateurs américains. Le coup d’Etat, prévu pendant l’agression israélienne de Gaza, devait se dérouler au cours de la période de transition du pouvoir entre George W. Bush et Barack Obama (2). Alerté par les services secrets russes, le roi d’Arabie aurait fait emprisonner Bandar bin Sultan, ainsi que quatre officiers supérieurs (3), puis l’aurait éloigné du pays pour « raisons de santé ». Il est rentré en grâce en 2010.

Son acolyte, Jeffrey Feltman, a été chef de la section politique de l'ambassade des États-Unis en Tunisie de 1998 à 2000. Début 2004, il a représenté la coalition à Erbil, au Kurdistan irakien. Nommé ensuite au Liban, il aurait participé à la création et au financement de l’organisation palestinienne Fatah al-islam, sponsorisée par l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, puis il a été de ceux qui ont désigné la Syrie responsable de l’assassinat de ce dernier.

Instrumentalisation des mécontentements

Jusque dans les détails, les opposants syriens appliquent les directives du plan de 2008, ce qui n’a rien d’étonnant puisque Jeffrey Feltman est aujourd’hui sous-secrétaire d'État américain pour les Affaires du Proche-Orient. Les réseaux de mécontents dont la création était préconisée, via Internet, sont opérationnels. De petits rassemblements, organisés autour d’agitateurs, sont filmés avec des téléphones portables. Quant ils ne sont pas dispersés par la police, les badeaux sont attaqués par des voyous simulant « des forces de sécurité habillées en civil ». Les vidéos, généralement courtes, sont ensuite envoyées à la chaîne qatarie Al-Jazeera et aux médias internationaux.

A noter que parmi les opposants syriens participant à la conspiration, le Parti de la Réforme de Syrie, basé aux Etats-Unis, est le plus actif, médiatiquement parlant. Proche du lobby pro-israélien américain AIPAC, il se veut l’équivalent syrien du CNI (Congrès national irakien) d’Ahmed Chalabi formé en 1992 par la CIA pour renverser Saddam Hussein. L’homme d’affaires Farid al-Ghabri qui le dirige s’est fait remarquer en manifestant devant l’ambassade de Syrie à Washington avec des militants de l’American Jewish Committee, puis en intervenant en 2007 à la Knesset à l’invitation du Likoud où les parlementaires arabes l’ont traité de mercenaire (4).

Les phases ultimes du plan Bandar-Feltman comprennent l’organisation de troubles ethniques et religieux, de dissensions dans l’armée, et la constitution d’un conseil politique destiné à être reconnu par les Occidentaux et leurs obligés arabes. Si, ce qu’à Dieu ne plaise, les conspirateurs parviennent à leurs fins, il ne manquera plus alors qu’un Sarkozy de service et des bombardiers de l’OTAN pour venir en aide aux rebelles…

Comme l’a déclaré Bachar al-Assad au Parlement, la Syrie traverse « un moment exceptionnel qui apparaît comme un test de son unité ».

(1) Media sources reveal details of a conspiracy by Bandar Bin Sultan and Feltman to “destroy” Syria

http://www.champress.net/index.php?q=en/Article/view/86507

(2) L’Arabie saoudite face au double défi Part 2/2

http://www.renenaba.com/l%E2%80%99arabie-saoudite-face-au-double-defi-part-22

(3) Where is Saudi Prince Bandar bin Sultan ?

http://thegulfblog.com/2010/01/20/where-is-saudi-prince-bandar-bin-sultan

(4) Arab MKs attack visiting exiled Syrian leader

http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3411213,00.html

http://www.france-irak-actualite.com/article-la-syrie-prochaine-cible-de-l-otan-70958591.html

4 avril



b) Usa

Paroles du président...

« Obama : Echelle horrible – »

Les Américains se désengagent-ils ?

 L’abandon du commandement de l’opération qu’ils avaient eux-mêmes baptisée « Aube de l’Odyssée » peut le faire penser. Il a été théorisé par le président Obama, à l’occasion d’une allocution prononcée à l’université de la défense de Washington [4] à quelques heures de la tenue de la conférence de Londres, dont voici quelques extraits :

— « Je suis absolument d’accord pour dire que l’Amérique ne doit pas faire la police partout dans le monde… Mais cela ne doit pas être un argument pour ne jamais intervenir » ;

— « Nous étions confrontés à la perspective d’un massacre de la population par Kadhafi à une échelle horrible. Ignorer cette situation et la responsabilité de l’Amérique en tant que leader aurait été une trahison de nos valeurs et de ce que nous sommes » ;

— « Le coût de la non intervention aurait été plus lourd que celui de l’intervention » ;

— « Participer au renversement de Kadhafi par la force est inacceptable », a cependant affirmé le numéro un américain, qui s’est défendu d’engager son pays dans un nouvel engrenage militaire ;

— « La recherche d’un consensus à l’ONU et le montage de la coalition nous ont pris 31 jours » ; « S’il n’y avait eu les Français et les Britanniques, il ne se serait probablement rien passé » (alors qu’il avait fallu un an de débats au temps du président Clinton, pour se mettre d’accord sur une intervention en Bosnie, a-t-il souligné).

— « Exercer le leadership ne consiste pas à agir seuls, mais à pousser les autres afin qu’ils prennent leur part du fardeau », a-t-il insisté (à l’adresse notamment des républicains, attachés au rôle « impérial » des Etats-Unis).

Opération transfert

Dans ce discours, Barack Obama a bien précisé qu’il avait pris bien soin d’éviter d’agir de manière unilatérale, privilégiant le partage du fardeau et le transfert du commandement de l’opération à ses alliés de l’OTAN. Durant ces deux dernières semaines, l’armée américaine avait assumé le commandement opérationnel de la coalition, et assuré à elle seule plus de la moitié des frappes contre les centres de commandement, batteries antiaériennes et convois blindés des troupes loyales à Mouammar Kadhafi.

Le transfert du commandement n’est qu’un désengagement partiel, le président Obama ayant affirmé que les Etats-Unis restaient en soutien, y compris en matière de neutralisation de centres de communications, de renseignement, de transport et ravitaillement logistiques : « En raison de ce transfert à une coalition basée sur l’OTAN, les risques et coûts pour les contribuables américains seront significativement réduits », a-t-il plaidé. Les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne assuraient jusqu’ici les quatre cinquièmes des sorties aériennes.

 Philippe Leymarie

Jeudi 31 mars 2011


Dans les coulisses 

Manlio Dinucci : Avant d’envoyer dollars et fusils le Pentagone va faire passer « l’examen » aux insurgés.

Faisant référence aux rebelles libyens qui se battent contre Kadhafi, le porte-parole de la Maison Blanche Jay Carney a déclaré : « La possibilité de les armer, de leur fournir des armes, est une des options que nous sommes en train de considérer ». Mais, a-t-il ajouté, si nous choisissons cette option nous devons être « bien informés » et conscients de « ce que nous essayons de réaliser ». Washington -explique le New York Times- est très attentif à ne pas jeter des armes dans un conflit qui implique « des groupes sur lesquels l’intelligence est limitée ». Il serait « prématuré », a dit Carney ironiquement, d’« envoyer une cargaison d’armes à une boîte postale en Libye ». De ce fait, « nous sommes en train  d’utiliser de nombreux canaux pour contacter des groupes et individus de l’opposition, pour en savoir plus sur les objectifs qu’ils poursuivent, sur ce qu’ils veulent ». En d’autres termes : les différents groupes qui participent à la rébellion sont soumis à une sorte d’examen par des agents de la Cia et des fonctionnaires étasuniens, évidemment déjà au travail en Libye. Ceci est confirmé indirectement par Mustapha Abd al Jalil (ex ministre de la justice de Kadhafi, aujourd’hui président de l’organe politique des rebelles), qui a parlé de contacts avec des représentants étasuniens. Le but de l’examen est d’établir quels rebelles sont fiables et lesquels ne le sont pas. Le résultat, si les rebelles arrivaient à renverser Kadhafi ou si c’est l’OTAN qui le fait, étant que les groupes que Washington considère fiables auront le pouvoir en main avec la force des armes et de l’entraînement reçus du Pentagone.

A Washington,  confirme le New York Times, on est en train de considérer l’option non seulement d’armer les rebelles (ceux qui auront réussi l’examen de la Cia), mais aussi de les entraîner et de leur fournir de l’intelligence, c’est-à-dire des informations sur les objectifs à frapper. Une autre option prise en considération est celle d’ « infiltrer de petites équipes des Forces pour les opérations spéciales, pour assister les rebelles comme ça a été fait en Afghanistan pour renverser les Talibans ». Ces équipes sont spécialisées dans l’entraînement de groupes rebelles, de façon à « les transformer en une nuit en combattants plus efficients, en leur fournissant quelques connaissances de base, des équipements et un leadership ».

Dans ce contexte, un rôle important est joué par les bases étasuniennes de Camp Darby, entre Pise et Livourne, et de Sigonella en Sicile. La première a été activée pour l’envoi d'« aides humanitaires de l’US Aid », officiellement destinées aux réfugiés à la frontière entre la Tunisie et la Libye. Les matériaux sont transportés par le 3ème Bataillon de la 405ème Brigade à l’aéroport militaire (italien, NdT) de Pise, où ils sont chargés sur des C-130J arrivés de la base de Ramstein en Allemagne.  Notre position, dit le commandant de la brigade (étasunienne, NdT), nous offre « des capacités logistiques uniques puisque notre dépôt est à 30 minutes de l’aéroport (italien, NdT) de Pise », celui-là même où se trouvera le Hub militaire national (italien, NdT) qui va être mis à disposition aussi de Camp Darby. Comme c’est Camp Darby qui se charge d‘envoyer dans d’autres pays des armes et des « donations » de l’US Aid, personne ne peut savoir ce qu’il y a dans les paquets cadeau qui arrivent à la frontière des zones libyennes contrôlées par les rebelles.

Au même moment a été activée la base aéronavale de Sigonella, d’où partent d’autres avions, les KC-130 des marines, toujours pour apporter des « aides humanitaires ». Mais, détail non négligeable, c’est de Sigonella qu’opère une force spéciale étasunienne pour des missions secrètes en Afrique, et d’où partent les vols des avions-espions Global Hawks. Les « faucons global » qui tournoient déjà sur la Libye, non pas pour y apporter la démocratie mais pour amener la Libye et sa richesse énergétique sous la domination des Etats-Unis /OTAN.

Edition de mercredi 9 mars 2011

 il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/09-Marzo-2011/art18.php3


Sur le terrain

Zone d'exclusion Libye: les Etats-Unis préfèrent l'Otan à une coalition

Les Etats-Unis préfèreraient que ce soit l'Otan, et non une coalition de pays, qui conduise les opérations si l'ONU donnait son feu vert à l'imposition d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye, a indiqué mercredi un haut responsable américain.

"Les Etats-Unis estiment que l'Otan est le choix naturel" pour mener une telle opération, a-t-il déclaré à la veille d'une réunion de deux jours des ministres de la Défense de l'Otan qui sera dominée par la crise libyenne.

Il s'est refusé à commenter les propos du ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, qui a jugé mardi que "l'Otan n'est pas l'organisation adaptée" pour imposer une zone d'interdiction aérienne et empêcher ainsi le régime de Mouammar Kadhafi d'utiliser son aviation contre les insurgés.

Le même haut responsable américain n'a pas voulu non plus discuter de possibles divisions au sein de l'Otan sur l'opportunité de faire intervenir l'Alliance atlantique en Afrique du nord, vivement mise en doute par le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, dont le pays est membre de l'Otan.

L'Otan, une organisation intergouvernementale, ne prend ses décisions que par consensus, autrement dit à l'unanimité.

Les alliés de l'Otan sont "unis sur la marche à suivre", a seulement répondu le haut responsable américain.

Mais, a-t-il insisté, "nous voulons que l'opération se déroule dans le cadre de l'Otan. Cette alliance a un potentiel exceptionnel".

"Nous ne serions pas en mesure d'utiliser les moyens que l'Otan a" si l'intervention n'était pas menée par elle, a-t-il souligné.

"Ce serait une opération complexe, difficile et coûteuse, qui demande un large engagement" des pays de l'Otan, a-t-il estimé.

Au cas où l'Otan ne parviendrait pas à s'entendre sur une opération menée en son nom, un autre scénario, celui d'une coalition, est évoqué: certains pays comme les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne, qui disposent d'avions radars Awacs et d'importants moyens aéronavals, seraient susceptibles d'agir quand même avec des pays comme l'Italie et l'Allemagne, voire des pays arabes, sur la base du même mandat de l'ONU.

"Avec la Grande-Bretagne, on travaille sur ce qui pourrait être fait hors de l'Otan. Le drapeau de l'Otan (en Libye) serait provoquant", a estimé une source diplomatique française à Paris.

Aujourd'hui, l'Otan elle-même n'est cependant pas encore en mesure de décider d'une intervention, a noté le haut responsable américain. 

Avant que l'Otan puisse statuer sur la date et les modalités d'une intervention, encore faut-il que trois principes soient respectés, a-t-il énoncé:

-- primo, que la démonstration soit faite qu'une telle intervention s'impose,

-- secundo, que l'intervention s'appuie sur une base juridique claire, autrement dit que le Conseil de sécurité de l'ONU ait voté une résolution en ce sens,

-- et tertio, que les pays de la région l'approuvent et apportent leur coopération.

Le responsable américain a insisté sur le fait que les 28 alliés avaient accepté de demander aux militaires de l'Otan d'étudier les différents scénarios et les options à leur disposition pour faire face à toute éventualité.

Le commandant en chef de l'Otan en Europe, l'amiral américain James Stavridis, doit présenter jeudi aux ministres de la Défense l'état de la planification et les diverses variantes qui se présentent.

Si une zone d'exclusion aérienne fait partie des actions programmées, en revanche, l'Otan n'envisage pas "à ce stade" d'"intervention terrestre", a affirmé le haut responsable américain.

AFP

09 mars 2011



1 Les parties prenantes

L’Otan dans le monde

Canada

Un Canadien commandera la mission de l'OTAN -- à la très grande honte du Canada

Le ministre de la Défense Peter MacKay a annoncé le 25 mars que le lieutenant-général canadien Charles Bouchard, actuellement en poste au Commandement des forces interarmées à Naples, en Italie, dirigera l'agression militaire de l'OTAN contre la Libye.

Les États-Unis ont indiqué qu'ils ont souhaité transférer le plus rapidement possible le commandement de la mission en Libye. Les médias citent le major-général Lewis MacKenzie qui dit que Bouchard est « le choix évident » car il y a des questions politiques advenant que la France ou la Grande-Bretagne assume la direction.

« Voici ce Canadien qui est déjà au quartier général, le commandement des forces alliées interarmées à Naples », a dit MacKenzie à l'émission Power Play à la chaîne CTV. « Je ne pense pas qu'il ait fallu aux 28 membres du Conseil de l'Atlantique Nord à Bruxelles [beaucoup de temps] pour dire :« Eh, ce gars est un bon choix ». »

Bouchard a déjà servi en tant que commandant adjoint de NORAD. Il s'est enrôlé dans les Forces canadiennes en 1974 et a servi autrefois avec l'armée américaine à Fort Hood, au Texas.

Un représentant de l'OTAN a confirmé que Bouchard sera responsable de la campagne aérienne internationale et de l'embargo sur les armes mises en application par les navires de la flotte militaire. Il servira sous les ordres de l'amiral américain Samuel Locklear, qui est le commandant du quartier général des opérations de l'OTAN pour la Méditerranée, en Italie. La Presse canadienne rapporte qu'Ottawa est susceptible d'envoyer un petit nombre d'employés pour travailler avec Bouchard dans le cadre de son nouvel emploi.

MacKenzie a déclaré que les fonctions de Bouchard inclueront « d'aplanir les dissensions parmi les commandants militaires » qui ont des opinions divergentes sur ce que la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU leur permet de faire en Libye.

MacKay a déclaré que l'OTAN demeure « en discussion » sur la composition et la forme que prend la mission militaire.

« L'OTAN continue de planifier et nous espérons que le Conseil de l'Atlantique Nord sera d'accord pour un plan opérationnel et une directive d'exécution dans les prochains jours », a dit MacKay.

Jusqu'à ce que ce plan soit établi, MacKay a dit que les patrouilles de l'OTAN dans la zone d'exclusion aérienne « se dérouleront en parallèle avec les activités de la coalition » qui sont dirigées pour le moment par les États-Unis. Lors de la conférence de presse à Ottawa, MacKay a également annoncé que le major-général Tom Lawson -- qui a récemment fait un exposé aux médias sur les opérations en Libye -- est sur le point d'être promu au grade de lieutenant-général et aura un poste supérieur à NORAD.

LML déplore la décision de participer à cette agression. La suggestion que de confier le commandement de l'OTAN à un lieutenant-général canadien est un signe de maturité du Canada est idiote. Cela signifie simplement que le Canada est chargé de maintenir la domination des États-Unis sur ses partenaires européens au sein de l'OTAN. Une telle servilité abjecte est déplorable. Pour le Canada c'est une honte, pas un objet de fierté.

Windsor, le 26 mars 2011


France

Robin Philpot : Libye: les bombes humanitaires et d'autres balivernes

Après s'en être pris, selon ses mots, à « la racaille » des banlieues de Paris, le président Sarkozy s'en prend maintenant à « la racaille » en Libye, avec tout ce qu'il y de plus destructeur.

Convaincu que la France a perdu des galons en 2003, à cause de sa position de principe ferme contre l'invasion de l'Irak, il fait du zèle pour regagner la faveur de Washington et de Londres, tout en voulant cultiver chez lui l'électorat va-t-en-guerre qui s'en allait chez Marine Le Pen.

Mais avec le transfert du commandement vers l'OTAN, on s'aperçoit que, au lieu de gagner en importance et en respect aux yeux du monde entier – comme ce fut le cas en 2003 sous Chirac et de Villepin – il en perd, et du coup prend l'allure d'un autre Tony Blair, le caniche du maître George W. Bush.

Tout ça sous l'oeil bienveillant du « guide suprême » de la politique française, Bernard-Henri Lévy ou BHL pour les intimes, qui, le premier, est allé à la rencontre des « rebelles » et a amené Sarkozy à reconnaître le Conseil national de transition fraîchement formé comme le « seul représentant légitime du peuple libyen. »1 Première déclaration de guerre !

La surprise, c'est la quasi absence de voix qui s'élèvent au Québec contre cette nouvelle guerre contre un autre pays musulman. Mais aussi l'oubli de la gifle que ce même Sarkozy a assénée au Québec en octobre 2009. On « lisait » même sur le blogue d'un certain commentateur prolifique que Sarkozy était « le plus audacieux » des leaders internationaux, que la France était « courageuse », que l'administration Obama tardait malheureusement à agir et qu'il fallait mettre en oeuvre au plus vite la politique de la « responsabilité de protéger » qui, selon ce même blogueur, serait une invention canadienne.

Bombes « humanitaires » ?

Puisque les mots ont encore un sens, il faut revoir le vocabulaire utilisé pour mener cette guerre. On parle pudiquement de zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye. Or, on aurait dû savoir dès le début qu'il s'agissait là d'une prise de possession d'un territoire africain dans la bonne vieille tradition colonialiste de l'Europe. Car celui qui contrôle l'espace aérien au-dessus d'un pays contrôle le pays.

Les « rebelles », qui réclamaient l'intervention entre autres de la France en brandissant le drapeau français, à côté du vieux drapeau royaliste du roi Idris 1er, perdaient rapidement du terrain jusqu'à ce que l'aviation française, britannique et américaine vienne leur ouvrir le chemin à coups de bombardements intenses... mais « humanitaires ».

On veut nous faire croire que le déploiement des chasseurs vise seulement à protéger les civils. Comment peut-on ainsi applaudir en voyant ces « rebelles » avancer sous la protection des tirs groupés des grandes puissances ? Ceux qui y voient progresser un supposé « printemps » arabe seraient bien avisés de retourner étudier l'histoire du colonialisme : quand la poussière tombe après une intervention militaire de ce genre, les gens se réveillent avec de nouvelles chaînes dont il est très difficile de se libérer.

On peut prévoir, dans peu de temps, un retour au statut d'avant 1969 caractérisé notamment par une importante base militaire des États-Unis en Libye et la prise de contrôle par des intérêts étrangers de l'importante industrie pétrolière libyenne.

De plus, les pétrodollars libyens, qui ont réussi à hisser au sommet des pays africains le niveau de vie du peuple libyen et qui ont servi à soutenir beaucoup de pays africains, prendront le chemin de la Bourse de Londres, tout comme les pétrodollars des pays du Golfe arabo-persique, tous des dictatures qui répriment leurs propres peuples, mais aussi de bons amis qui ne seront jamais inquiétés par les guerriers de l'OTAN.

On se gargarise avec le fameux vote au Caire de la Ligue arabe en faveur de l'intervention militaire, alors que les plus va-t-en-guerre contre Kadhafi de cette ligue moribonde sont justement ces mêmes dictatures.

En revanche, qui signale aujourd'hui le vote quasi unanime de l'Union africaine contre l'intervention, unanime sauf... le Rwanda de Paul Kagame, dont la position est la même qu'en 2003 lors de l'invasion de l'Irak : il était pour !

L'Union Africaine sait ce qui se passe. Alors que la Libye a constamment soutenu des pays africains au sud du Sahara, les « rebelles », qui s'adonnent au lynchage de travailleurs africains à Benghazi et aux Noirs libyens (La Presse, 29 mars 2011), mettraient rapidement fin à cette politique une fois au pouvoir.

La fausse prémisse de l'échec au Rwanda

Qu'en est-il de l'autre baliverne, la responsabilité de protéger, (la fameuse R2P pour les initiés) qui serait une création canadienne et qui trouverait son origine dans l'échec au Rwanda en 1994 ?

On nous dit que les femmes de l'entourage d'Obama, dont Susan Rice et Samantha Power, traumatisées par « l'échec » au Rwanda, auraient amené le président à approuver l'agression militaire en Libye.

Le problème, c'est qu'il n'y a pas eu d'échec au Rwanda, du moins du point de vue de l'administration américaine de Bill Clinton.

Comme le démontre avec brio Pierre Péan dans son plus récent ouvrage Carnages, les guerres secrètes des grandes puissances en Afrique (Fayard 2010), Washington a gagné sur toute la ligne dans cette guerre froide feutrée qui a mis l'Afrique centrale à feu et à sang entre 1990 et 2005.

Si l'ONU n'est pas intervenue au Rwanda en 1994, c'est parce que Washington et Londres ne voulaient pas et ils ont mis tout leur poids pour empêcher l'ONU d'intervenir.

Leur objectif, quel qu'en soit le coût, était de permettre au Front patriotique rwandais sous la direction de Paul Kagame d'emporter une victoire décisive et de partir par la suite à l'assaut du Zaïre, aujourd'hui la République démocratique du Congo. Ce qui fut fait.

Malheureusement, grâce à la répétition continue par les grands médias de l'histoire officielle de la tragédie rwandaise – Ô quel dommage qu'il n'y ait pas eu d'intervention ! La prochaine fois nous utiliserons tous les moyens nécessaires pour éviter un tel échec ! – on a réussi à créer de toutes pièces un nouveau droit des grandes puissances : celui de s'ingérer dans les affaires d'un pays souverain au nom de la responsabilité de protéger.

Plus besoin de respecter la souveraineté des États ; plus besoin de recourir à la diplomatie ; plus besoin de chercher une solution politique ; on sort les bombes « humanitaires », les missiles de croisière Tomahawk, les porte-avions, les drones et même les avions de chasse CF-18, et on va-t-en-guerre dès qu'on trouve un adversaire un tantinet indépendant ou malcommode jumelé à un groupe de « rebelles », de préférence armés et arborant nos drapeaux, comme par hasard. Et si ces « rebelles » n'existent pas, on les invente.

Pour ceux qui applaudissent les femmes militaristes dans l'entourage d'Obama, comme Susan Rice, rappelons son autre grand geste international récent : c'est elle qui, le 18 février dernier, a imposé le véto des États-Unis, tuant ainsi la résolution de l'ONU qui aurait condamné Israël pour la poursuite de son occupation et de sa colonisation de la Cisjordanie, y compris Jérusalem est. Les 14 autres pays membres du Conseil de sécurité appuyaient la résolution.

On pourrait peut-être ces dames applaudir si elles proposaient une zone d'exclusion aérienne au-dessus de.... Gaza !

La question qui hante cette guerre macabre : mais d'où ces pays qui bombardent tiennent-ils leur autorité morale ?

Notes
1.L'idée du « guide suprême » est celle de la journaliste et écrivaine Diana Johnstone.

* Robin Philpot s'entretiendra avec la journaliste et écrivaine Diana Johnstone sur la guerre en Libye à l'émission L'effet versant sur les ondes de CIBL 101,5 (www.cibl1015.com) le lundi 4 avril à 13 h. Diana Johnstone est l'auteure entre autres de La croisade des fous : Yougoslavie, première guerre de la mondialisation (Le Temps des Cerises).

- Robin Philpot,

30 mars 2011 -

L'aut'Journal,


 

n° 86 - Journal des Guerres de l'Otan. - 11-04 : Fin : Si tu veux faire la guerre, prépare la guerre !


n° 86 - Journal des Guerres de l'Otan. - 11-04 : Fin   : Si tu veux faire la guerre, prépare la guerre !



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



  Journal des Guerres de l'Otan.  n° 86- 11-04

            C.De Broeder & M.Lemaire     



Le " Journal des Guerres de l'Otan " est  visible :

a)   sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

 Brèves

2-1 Le nouveau siège de l’Otan à Bruxelles coûtera plus de 110 millions d’euros à la France.

3 Dossiers

3-1 Jean Bricmont : Le Retour de l’Impérialisme Humanitaire.

3-2 Domenico Losurdo : Orwell, l’OTAN et la guerre contre la Libye

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Le collapsus de la diplomatie.




 Brèves

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

2-1 Le nouveau siège de l’Otan à Bruxelles coûtera plus de 110 millions d’euros à la France.

Le nouveau siège de l’Otan, qui sera construit en face de l’actuel à Bruxelles d’ici à 2015, coutera plus de 110 millions d’euros à la France, soit un peu plus de 10 % de son coût total.

Le secrétaire général de l’Otan a mentionné récemment que le projet global de construction devrait s’élever aux envrions d’un milliard d’euros, le double du chiffre évoqué l’année dernière et dont nous faisions alors l’écho sur ce blog.

Interrogé par nos soins, le ministère de la Défense a bien voulu nous communiquer les précisions suivantes sur la contribution de notre pays :

" La France participe à hauteur de 11,7477% pour les parties communes (clé à partir de notre part relative dans les budgets de l’OTAN) et de 3,776% des parties privatives (parkings). Sur la durée du projet, notre participation s’élève à 110, 112 million d’euros".

La France est le quatrième contributeur financier au sein de l’Alliance, derrière les Etats-Unis, l’Allemagne et le Royaume-Uni.

Alors que les responsables de l’Alliance atlantique et notamment le secrétaire général de l’Otan ne cesse de dénoncer, souvent à juste titre, la faiblesse des dépenses militaires en Europe, le choix de consacrer un milliard d’euros pour abriter la bureaucratie de l’Alliance mériterait au moins d’être discuté...

jeudi 17 février 2011,

 Comité Valmy



3 Dossiers

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

3-1 Jean Bricmont : Le Retour de l’Impérialisme Humanitaire.

Le Gang au complet est de retour : les partis de la gauche européenne (inclus les partis « modérés« communistes européens ) les « Verts » avec José Bové maintenant allié à Daniel Cohn Bandit qui a toujours soutenu les guerres de l’OTAN, différents groupes Troskystes et bien sûr Bernard Henry Levy et Bernard Kouchner tous appelant à une sorte d »’intervention humanitaire » en Libye ou accusant la gauche d’Amérique Latine dont les positions sont bien plus sensées d’agir comme des « idiots utiles » pour le « Tyran libyen » .

Douze ans plus tard c’est de nouveau le Kosovo. Des centaines de milliers de morts irakiens, l‘OTAN acculée dans une position impossible en Afghanistan et ils n’ont rien appris ! La guerre du Kosovo a été lancée pour stopper un génocide inexistant, la guerre afghane pour protéger les femmes (allez donc vérifier leur situation actuellement) et la guerre d’Irak pour protéger les Kurdes. Quand vont-ils comprendre qu’on affirme que toutes les guerres sont justifiées pour des raisons humanitaires ? Même Hitler « protégeait les minorités » en Tchécoslovaquie et en Pologne.

D’un autre côté Robert Gates a mis en garde que tout futur secrétaire d’état qui conseillerait au président US d’envoyer des troupes en Asie ou en Afrique « on doit lui examiner le cerveau ». L’Amiral MC Mullen a de même conseillé la prudence. Le grand paradoxe de notre époque c’est que le QG du mouvement de la paix se trouve au Pentagone et au département d’état tandis que le parti pro guerre est une coalition de néo conservateurs et d’interventionnistes libéraux de différentes sortes dont des guerriers gauchistes humanitaires de même que certains Verts des féministes ou des communistes repentis.

Donc maintenant tout le monde doit réduire sa consommation à cause du réchauffement climatique mais les guerres de l’OTAN sont recyclables et l’Impérialisme a été intégré au Développement Durable.

Bien sûr les US feront ou non la guerre pour des raisons qui sont bien différentes des conseils offerts par la gauche pro guerre. Bien sûr le pétrole ne sera pas le facteur principal de leur décision car tout gouvernement libyen futur devra vendre du pétrole et la Libye ne pèse pas suffisamment sur le cours du pétrole. Bien sûr le chaos en Libye mène à la spéculation qui elle-même affecte les prix mais cela est un autre sujet. Les Sionistes ont certainement deux avis sur la Libye : ils haïssent Kadhafi et aimerait le voir chasser du pouvoir comme Saddam de la façon la plus humiliante possible mais ils ne sont pas sûrs qu’ils apprécieront son opposition (et selon le peu que l’on connaît ils ne l’aiment pas).

L’argument principal pro guerre c’est que si tout va vite et facilement cela réhabilitera l’OTAN et l’intervention humanitaire dont l’image a été ternie par l’Irak et l’Afghanistan. Un nouveau Grenade ou au mieux un nouveau Kosovo c’est exactement ce qu’il faut. Un autre motif d’intervention c’est de mieux contrôler les rebelles en venant les « sauver » dans leur marche vers la victoire. Mais cela a peu de chance de marcher : Karzai en Afghanistan les nationalistes kosovars les Shi’ites d’Irak et bien sûr Israël sont parfaitement contents de bénéficier de l’aide américaine quand ils en ont besoin mais après cela ils poursuivent leur propre agenda. Et une occupation militaire totale de la Libye après la « libération » est peu faisable ce qui bien sûr du point de vue des US rend l’intervention moins attrayante.

D’un autre côté si les choses tournent mal ce sera probablement le début de la fin de l’Empire américain d’où la prudence des gens qui sont actuellement en charge et qui ne se contentent pas d’écrire des articles dans le Monde ou de pester contre les dictateurs devant les caméras.

C’est difficile pour des citoyens ordinaires de savoir exactement se qui se passe en Libye car les médias occidentaux se sont complètement discrédités en Irak en Afghanistan au Liban et en Palestine et les sources d’informations alternatives ne sont pas toujours crédibles non plus. Cela bien sûr n’empêche pas la gauche pro guerre d’être absolument convaincue de la vérité des pires informations sur Kadhafi comme elle l’était il y a douze ans sur Milosevic.

Le rôle négatif de la Cour Internationale de Justice est de nouveau apparent ici comme l’a été celui du Tribunal International pour la Yougoslavie dans le cas du Kosovo. L’une des raisons pour laquelle il y a eu relativement peu de sang versé en Tunisie et en Egypte c’est qu’il y avait une sortie possible pour Ben Ali et Moubarak. Mais la « justice internationale » veut être sûre qu’une telle sortie n’est pas possible pour Kadhafi et probablement pour les gens proches de lui les poussant ainsi à combattre jusqu’à un dénouement tragique.

Si « un autre monde est possible » comme la Gauche Européenne le proclame sans arrêt alors un autre Occident devrait être possible et la Gauche Européenne devrait commencer à œuvrer pour cela. La rencontre récente de l’Alliance Bolivarienne pourrait servir d’exemple : la gauche d’Amérique Latine veut la paix et ils veulent empêcher l’intervention des US car ils savent qu’ils sont dans la ligne de mire des US et que leur processus de transformation sociale exige d’abord et avant tout la paix et la souveraineté nationale. Donc ils ont suggéré d’envoyer une délégation internationale conduite éventuellement par Jimmy Carter (qu’on ne peut pas accuser d’être une marionnette de Kadhafi) pour commencer un processus de négociation entre le gouvernement et les rebelles. L’Espagne s’est dite intéressée par cette idée qui est bien sûr rejetée par Sarkozy. Cette proposition peut sembler utopique mais si l’ONU met tout son poids derrière ce ne sera pas le cas. Ce serait une façon de remplir sa mission actuellement rendue impossible par l’influence des US et de l’Occident. Cependant ce n’est pas impossible que maintenant ou dans une prochaine crise une coalition de nations non interventionnistes dont la Russie la Chine l’Amérique Latine et peut être d’autres puissent œuvrer ensemble pour construire des alternatives crédibles à l’interventionnisme occidental.

Contrairement à la gauche d’Amérique Latine la version pathétique gauche européenne a complètement perdu le sens de ce que cela veut dire de faire de la politique. Elle n’essaie pas de proposer des solutions concrètes aux problèmes et est seulement capable d’adopter des positions morales dénonçant en particulier de façon grandiloquente les dictateurs et les violations des droits de l’homme. La gauche social démocrate suit la droite avec au mieux quelques années de retard et n’a pas d’idées personnelles. La gauche « radicale » réussit souvent à dénoncer à la fois les gouvernements occidentaux de toutes les manières possibles et à demander que ces gouvernements interviennent militairement partout dans le monde pour défendre la démocratie. Leur manque de réflexion politique les rend particulièrement vulnérable aux campagnes de désinformation et en fait des supporters des guerres US - OTAN.

La gauche n’a pas de programme cohérent et ne saurait pas quoi faire même si Dieu les mettait au pouvoir. Au lieu de « soutenir » Chavez et la Révolution Vénézuélienne une affirmation vide de sens que certains se complaisent à répéter ils devraient humblement apprendre d’eux et d’abord et avant tout réapprendre ce que cela veut dire de faire de la politique.
Article en anglais :
http://www.counterpunch.org/

 Jean Bricmont

08/03/2011

Jean Bricmont enseigne la physique en Belgique et est membre du Tribunal de Bruxelles. Son livre "Humanitarian Imperialism" est publié par «Monthly Review Press la version française « Impérialisme Humanitaire » l’est aux éditions Aden

http://www.planetenonviolence.org/Libye-Retour-De-L-Imperialisme-Humanitaire-Avec-Le-Soutien-Du-Vieux-Gang_a2383.html


3-2 Domenico Losurdo : Orwell, l’OTAN et la guerre contre la Libye

Les mots ont-ils encore un sens ? En lisant des articles sur la guerre de Libye dans la presse anglo-saxonne et italienne, Domenico Losurdo a été frappé par l’inversion des signifiés. La propagande de l’OTAN, comme celle imaginée par George Orwell dans son célèbre roman d’anticipation, passe d’abord par un grossier trucage sémantique.

En 1949, tandis que fait rage une guerre froide qui risque de se transformer d’un moment à l’autre en holocauste nucléaire,George Orwell publie son dernier livre et plus célèbre roman : 1984. Si le titre donne dans l’anticipation, la cible est clairement constituée par l’Union Soviétique, représentée comme le « Grand frère » totalitaire, qui rend vaine toute possibilité de communication, en subvertissant le langage et en créant une « novlangue » (newspeak), dans le cadre de laquelle tout concept se renverse en son contraire. En publiant son roman l’année même de la fondation de l’OTAN (l’organisation militaire qui prétendait défendre même la cause de la morale et de la vérité), Orwell apportait ainsi sa brave contribution à la campagne de l’Occident. Il ne pouvait certes pas imaginer que sa dénonciation allait se révéler beaucoup plus pertinente pour décrire la situation advenue, quelques années seulement après 1984, avec la fin de la Guerre froide et le triomphe des USA. De même que sa surpuissance militaire, la superpuissance multimédiatique de l’Occident ne semble pas non plus rencontrer d’obstacle : le renversement de la vérité vient s’imposer par un bombardement multimédiatique incessant et omniprésent, de caractère absolument totalitaire. C’est ce qui émerge clairement de la guerre en cours en Libye.

Guerre

En effet, est à l’œuvre ici le plus puissant appareil militaire jamais vu dans l’histoire ; à coup sûr, les victimes civiles des bombardements de l’OTAN ne manquent pas ; on utilise des armes (à l’uranium appauvri) dont l’impact est destiné à durer dans le temps ; dans le déchaînement des hostilités et dans la conduite des opérations militaires, outre les USA, se distinguent deux pays, la France et le Royaume-Uni, qui ont derrière eux une longue histoire d’expansion et de domination coloniale au Proche-Orient et en Afrique ; nous sommes dans une aire riche en pétrole et les experts et moyens d’information les plus autorisés sont déjà à l’analyse de la nouvelle organisation géopolitique et géo-économique. Et, cependant —nous assurent Obama, ses collaborateurs et ses alliés et subalternes— il ne s’agit pas de guerre, mais d’une opération humanitaire qui vise à protéger la population civile et qui en outre est autorisée par le Conseil de sécurité de l’ONU.

En réalité, tout comme à l’égard de ses victimes, l’OTAN procède à l’égard de la vérité aussi de façon absolument souveraine. En premier lieu, il faut noter que les opérations militaires de l’0ccident ont commencé avant et sans l’autorisation de l’ONU. Dans le Sunday Mirror du 20 mars, Mike Hamilton révélait que depuis « trois semaines » opéraient déjà en Libye « des centaines » de soldats britanniques, encadrés dans un des corps militaires les plus sophistiqués et redoutés du monde (SAS) ; parmi eux se trouvaient « deux unités spéciales appelées "Smash" à cause de leur capacité destructive » [1]. Donc, l’agression avait déjà débuté, d’autant plus que collaboraient avec les centaines de soldats britanniques des « petits groupes de la CIA », dans le cadre d’ « une vaste force occidentale agissant dans l’ombre » voulue par « l’administration Obama » chargée, toujours « avant le déclenchement des hostilités le 19 mars », d’« approvisionner les rebelles et de saigner à blanc l’armée de Kadhafi » [2]. Il s’agit d’opérations d’autant plus remarquables qu’elles sont conduites dans un pays déjà fragile en lui-même à cause de sa structure tribale et du dualisme de longue date entre Tripolitaine et Cyrénaïque.

Deuxièmement, même quand ils s’adressent à l’ONU, les USA et l’Occident continuent à se réserver le droit de déclencher des guerres sans autorisation du Conseil de sécurité : c’est par exemple ce qui s’est produit en 1999 à l’occasion de la guerre contre la Yougoslavie et en 2003 pour la deuxième guerre contre l’Irak. Aucune personne censée ne qualifierait à présent de « démocratique » un gouvernement qui s’adresserait à son Parlement avec ce discours : je vous invite à me donner votre confiance, mais même sans votre confiance je continuerais à gouverner comme je considère que c’est le mieux… C’est dans ces termes que les USA et l’Occident s’adressent à l’ONU ! C’est-à-dire que les votes qui se déroulent au Conseil de sécurité sont régulièrement pervertis par le chantage constant auquel ont recours les États-Unis et l’Occident.

Troisièmement : dès qu’ils ont eu arraché au Conseil de sécurité (grâce au chantage décrit ci-dessus) la résolution désirée, les USA et l’Occident se sont hâtés de l’interpréter de façon souveraine : l’autorisation d’imposer une zone d’exclusion aérienne en Libye devient de fait une autorisation d’imposer une sorte de protectorat.

Mais si puissant soit-il, l’appareil multimédiatique des agresseurs ne parvient pas à occulter la réalité de la guerre. Et pourtant, la novlangue s’obstine à nier l’évidence : elle préfère parler d’opération de police internationale. Mais il est intéressant de noter l’histoire de cette catégorie. Renouant avec la doctrine Monroe, qu’il a réinterprétée et radicalisée, en 1904 Theodore Roosevelt (président des États-Unis) théorise un « pouvoir de police internationale » que la « société civilisée » doit exercer sur les peuples coloniaux et qui, en ce qui concerne l’Amérique latine, revient aux États-Unis. Nous voici ramenés à la réalité du colonialisme et des guerres du colonialisme, à la réalité que la novlangue essaie de refouler.

Nous trouvons malheureusement au premier rang de la promotion de la novlangue et du renversement de la vérité le président de la République italienne, Giorgio Napoletano, plus éloquent que tout autre dans la démonstration que ce qui est en cours en Libye… n’est pas une guerre ! S’il laissait un tant soit peu ré-affleurer ses souvenirs de militant communiste, il comprendrait que le refoulement, tenté, de la guerre est en réalité une confession. Comme l’avait expliqué Lénine en son temps, les grandes puissances ne considèrent pas leurs expéditions coloniales comme des guerres, et cela non seulement à cause de l’énorme disproportion des forces entre les deux parties en présence sur le terrain, mais aussi parce que les victimes « ne méritent même pas l’appellation de peuples (les Asiatiques et les Africains seraient-ils peut-être des peuples ?) » [3].

Civils

La guerre, soit l’opération de « police internationale », déchaînée contre la Libye vise à protéger les « civils » du massacre projeté par Kadhafi. Sauf que la novlangue est immédiatement démentie par les organes mêmes de la presse qui est engagée à la diffuser. Le Corriere della Sera du 20 mars affiche la photo d’un avion précipité en flammes dans le ciel de Bengazi. La légende de la photo et l’article qui la commente (de Lorenzo Cremonesi) expliquent qu’il s’agit d’un « chasseur » piloté par un des « pilotes les plus experts » à disposition des rebelles et qu’il est abattu par des « missiles terre-air de Kadhafi ». Loin d’être désarmés, les révoltés disposent d’armes sophistiquées et s’avèrent, de plus, assistés depuis le début par la CIA et autres services secrets, par « une ample force occidentale qui agit dans l’ombre » et par des corps spéciaux britanniques fameux ou redoutés à cause de leur « capacité destructive ». Serait-ce là les « civils » ? Maintenant, avec l’intervention d’une puissante force internationale, c’est plutôt le front d’en face qui s’avèrerait substantiellement désarmé.

Mais une réflexion ultérieure peut être opportune sur la catégorie dont nous discutons ici. Comme l’observe Avishai Margalit, un enseignant de l’Université hébraïque de Jérusalem, le gouvernement israélien inclut aussi le « lancer de pierres » dans le compte officiel des « attaques terroristes hostiles ». Et —on le sait— contre les terroristes on ne peut pas s’arrêter à mi-chemin. Dans la plus éminente presse étasunienne (International Herald Tribune) nous pouvons lire le récit de « scènes exaspérantes de mort », qui s’avèrent « alors qu’un char d’assaut et un hélicoptère israélien ouvrent le feu sur un groupe de manifestants palestiniens, enfants compris, dans le camp de réfugiés de Rafah ». Oui, même un enfant qui jette des pierres contre l’armée d’occupation peut être considéré et traité comme un « terroriste ». Leah Tsemel, une avocate israélienne engagée dans la défense de Palestiniens, rapporte le cas d’« un enfant de dix ans tué près d’un check-point à la sortie de Jérusalem par un soldat à qui il avait simplement lancé une pierre » [4]. Ici la novlangue célèbre son triomphe : un pilote expert qui combat aux commandes d’un avion militaire est un « civil », mais un enfant qui lance des pierres contre l’armée d’occupation est clairement un « terroriste » !

Justice internationale

Si les champions de la lutte contre les enfants « terroristes » et palestiniens peuvent dormir tranquilles, ceux qui se rangent contre les « civils » à l’œuvre en Libye seront déférés à la Cour pénale internationale. Et les militaires et les hommes politiques qui commandent l’appareil militaire ne seront pas les seuls à risquer d’être déférés (et condamnés). Non, c’est un groupe beaucoup plus large qui est pris pour cible. Déjà dans The Guardian du 25 février Patrick Wintour et Julian Borger expliquaient : « Des officiers britanniques sont en train de contacter des personnels libyens de haut rang pour les mettre au pied du mur : abandonner Muhamar Kadhafi ou être jugés avec lui pour crimes contre l’humanité » [5]. En effet, sur ce point les gouvernants de Londres et occidentaux en général ne cessent d’insister. Ils considèrent la Cour pénale Internationale comme Cosa Nostra, c’est-à-dire comme un « tribunal » mafieux. Mais le point le plus important et le plus révoltant est ailleurs : ceux qui sont menacés d’être emprisonnés pour le reste de leur vie sont des fonctionnaires libyens, à qui n’est reproché aucun délit. C’est-à-dire qu’après être intervenus dans une guerre civile et l’avoir probablement attisée et en tous cas alimentée, après avoir lancé l’intervention militaire bien avant la résolution de l’ONU, Obama, Cameron, Sarkozy etc. continuent à violer les règles du droit international, en menaçant avec leur vendetta et leur violence de frapper, même après la fin des hostilités, ceux qui ne se rendent pas immédiatement à la volonté de puissance, de domination et de saccage exprimée par le plus fort. Et la novlangue aujourd’hui en vigueur transforme les victimes en responsables de « crimes contre l’humanité » et les responsables de crimes contre l’humanité en artisans de la « justice internationale ».

Pas de doute : en même temps qu’un appareil de destruction et de mort sans précédents dans l’histoire, c’est la novlangue qui fait rage aujourd’hui : c’est-à-dire le langage de l’Empire

Domenico Losurdo
Professeur d’histoire de la philosophie à l’université d’Urbin (Italie). Il dirige depuis 1988 la Internationale Gesellschaft Hegel-Marx für dialektisches Denken, et est membre fondateur de l’Associazione Marx XXIesimo secolo.

Dernier ouvrage traduit en français : Staline : histoire et critique d’une légende noire (Aden, 2011).
http://www.aden.be/index.php?aden=staline-histoire-et-critique-d-une-legende-noire

[1] « Crack SAS troops hunt Gaddafi weapons inside Libya », par Mike Hamilton, Sunday Mirror, 20 mars 2011.
http://www.mirror.co.uk/news/top-stories/2011/03/20/crack-sas-troops-hunt-gaddafi-weapons-inside-libya-115875-23002207/
[2] « C.I.A. Agents in Libya Aid Airstrikes and Meet Rebels », par Mark Mazzetti et Eric Schmitt, The New York Times, 30 mars 2011.
http://www.nytimes.com/2011/03/31/world/africa/31intel.html?hp
[3] Lénine, Œuvres complètes, vol. 24, p. 416-17 de l’édition italienne.

[4] Sur tout cela voir Il linguaggio dell’Impero, par Domenico Losurdo, Laterza, Roma-Bari, 2007, chap. I, § 13
http://www.laterza.it/index.php?option=com_laterza&Itemid=97&task=schedalibro&isbn=9788842081913
[5] « Libya : UK officials tell Gaddafi loyalists to defect or face war crimes trial », par Patrick Wintour et Julian Borger, The Guardian, 25 février 2011.
http://www.guardian.co.uk/world/2011/feb/25/libya-uk-gaddafi-sas-embassy

Traduction Marie-Ange Patrizio

Repris sur http://www.voltairenet.org/article169270.html



4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Le collapsus de la diplomatie.

Avec la déplorable décision prise par l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord, OTAN, Washington, Londres et Paris à la tête, de poursuivre les bombardements contre la Libye tant que le leader Mouammar El Kadhafi ne quittera pas le pouvoir, nous avons assisté au collapsus définitif de la diplomatie comme voie pour résoudre les contradictions entre les peuples et les nations.

La réunion des ministres des Affaires étrangères de 36 pays, a Londres, lors de laquelle ils ont décidé que le gouvernement libyen avait perdu toute légitimité et qu'il doit abandonner le pouvoir, est venue prouver que tout comme à la fin des deux guerres mondiales du siècle dernier, le monde peut être divisé selon le désir des puissants.

Le plus grave est sans doute que l'Humanité, qui s'était dotée, au terme de la seconde guerre mondiale, d'un mécanisme pour trouver des solutions aux problèmes internationaux, avec la création de l'ONU, sans avoir à les résoudre sur le champ de bataille, constate aujourd'hui avec tristesse, qu'à la fin tout à été un château de cartes.

Nous vous donnons quelques arguments qui le prouvent :

En tout premier lieu, le cas qui nous occupe n'est pas un conflit international, mais un problème interne, où des opposants et des forces loyales au gouvernement se disputent le pouvoir. Il est très important de le rappeler, car les discours ont trompé l'opinion. On a dit que les attaques de l'OTAN avaient pour but de protéger des civils innocents, mais en réalité cette alliance belliciste protège des bandes bien armées qui ont occupé des villages par la force, ayant recours pour ce faire aux armes à feu et qui ont été ensuite délogées par l'armée.

Il est vrai que des civils désarmés se sont retrouvés au milieu des échanges d'artillerie, mais ce n'est pas eux que les missiles et les bombes de l'OTAN défendent. Sinon, pourquoi sont-ils largués dans des zones urbaines, justement là où vivent ces gens-là ?

Ce que les envahisseurs sont en train de faire est de tendre un rideau de feu pour protéger les opposants et leur permettre d'avancer sur Tripoli, la capitale, ce qui signifie qu'ils ont pris partie. Ils donnent leur appui inconditionnel à l'une des parties, ce qui enlève complètement l'étiquette de mission humanitaire avec laquelle ont a prétendu justifier l'attaque.

En tout cas, pourquoi n'a-t-on pas agi avec la même énergie au Rwanda en 1994 ? Il y avait alors là bas, des troupes de l'ONU, mais les États-Unis, la France et la Grande Bretagne, comme par hasard, ont entravé leur mobilisation et ont donc permis la mort de 500 000 à un million de civils.

Pourquoi une zone d'exclusion aérienne et navale n'a pas été imposée à Israël après l'opération Plomb fondu qu'il a lancée contre la Bande de Gaza, opération qui a duré 25 jours entre décembre 2008 et janvier 2009 et au cours de laquelle plus de 1000 civils palestiniens pour la plupart des enfants et des femmes ont trouvé la mort ?

Pourquoi n'interviennent-ils pas au Bahreïn, où il y a eu plus de morts que durant le conflit en Libye et ceux-ci, oui, étaient désarmés ?

La réponse à de telles questions, l'a donnée le Président Barack Obama, lorsqu'il a dit, faisant référence à l'agression contre la Libye « c'est ainsi que la communauté internationale doit agir, plus de nations, avec les États-Unis au centre, certes, mais pas seuls, toutes redoublant d'efforts, en train d'assumer leurs responsabilités". Voilà le monde qui nous attend.

La diplomatie ? Il faudra la chercher dans des musées ou des bibliothèques pour des raretés juridiques obsolètes.

- Éditorial, Radio Havana Cuba, 1er avril 2011 -


10/04/2011

n°11 - Géopolitique et stratégie de Libye - 08-04 au 10-04 –Début- Nous n'étions pas informés que les forces de l'opposition utilisaient des tanks...


n°11 - Géopolitique et stratégie de Libye - 08-04 au 10-04 –Début- Nous n'étions pas informés que les forces de l'opposition utilisaient des tanks...

 



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



‘Géopolitique et stratégie’  de Libye

n°11                                       08-04 au 10-04

C.De broeder & M.Lemaire



Le " Géopolitique et stratégie de Libye" est  visible  sur les blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.



Tiré à part :

Nous allions nous emparer de sept pays en cinq ans, commençant par l'Irak, puis la Syrie, le  Liban, la Libye, la Somalie, le Soudan et pour finir l'Iran »

L'Otan mise en cause.

Nous n’étions pas informés que les forces de l’opposition utilisaient des tanks...

Manlio Dinucci : Préparation du débarquement des troupes en Libye.

1 Vidéo

1-1 Vidéo : Thierry Meyssan à propos de la guerre en Libye.

2 Dossiers

2-1 La Boîte de Pandore a été ouverte en Libye.

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Pathé Mmodje : Les Pieds Nickelés, Bras Armé de l’Occident Chrétien en Croisade.

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion.

4-1 Yahia Gouasmi : De la Libye à la Côte d'Ivoire, la colonisation française continue !

Suite

4-2 Julien Salingue et Henri Maler   : Les mots de la guerre au service de la guerre ?

5 Annexe

5-1 Michel Collon : Comprendre la guerre en Libye.

Fin

5-2 Michel Collon : Comprendre la guerre en Libye (2/3)



Tiré à part :

Nous allions nous emparer de sept pays en cinq ans, commençant par l'Irak, puis la Syrie, le  Liban, la Libye, la Somalie, le Soudan et pour finir l'Iran »
Une video circule sur Internet mettant en scène l'ex-général américain Wesley Clarck, parlant devant un public de septembre 2001 (à l'époque il quittait ses fonctions de commandant en chef des armées de l'OTAN).
Extraits :
« Environ 10 jours après le 11 septembre 2001, je me suis rendu au pentagone, où j'ai vu le secrétaire à la défense Rumsfeld, son adjoint
Wolfowitz ; je suis descendu un étage plus bas pour saluer des personnes qui avaient travaillé avec moi.
L'un des généraux a voulu em parler.Il me dit : 'Nous avons pris la décision d'attaquer l'Irak'.
J'ai dit : 'Mais pourquoi ?'
Il a répondu : 'Je n'en sais rien' (Rires dans la salle) .
Il a dit : 'Je suppose qu'ils ne savent pas quoi faire d'autre' (...)
Je suis retourné le voir quelques semaines plus tard. A ce moment, on était en train de bombarder l'Afghanistan, je lui ai demandé si on allait toujours faire la guerre à l'Irak et il a répondu : 'Non, c'est pire que cela ! 'Il a pris une feuille de papier qui décrivait comment nous allions nous emparer de sept pays en cinq ans, commençant par l'Irak, puis la Syrie, le Liban, la Libye, la Somalie, le Soudan et pour finir l'Iran »
Voir la video en anglais - 1'36 <http://www.youtube.com/watch?v=FNQiL-TPobM>

 

L'Otan mise en cause.

"Mise en cause par les rebelles, l'Otan a défendu hier son action en Libye. Elle a affirmé que ses frappes aériennes contre les troupes  de Mouammar Kadhafs'intrensifisaient chaque jour, tout en rappelant la nécessité d'épargner les populations civiles.

Mardi, Abdel-Fattah Younes, chef d'état major militaire des rebelles, avait estimé que l'otan "ne faisait rien".

Il avait notamment critiqué les lourdeurs bureaucratiues de l'Alliance à l'origine, selon lui, de retards dans ses frappes aériennes.(...)

La porte-parole de l'Otan, Carmen Romero a expliqué que "le tempo des opérations est en train de s'accélérer".

Elle a ainsi expliqué que

137 missions aériennes avaient été menées lundi

186 mardi et que

198 étaient prévues hier".

Journal "Metro" 7.4.2011

 

Nous n’étions pas informés que les forces de l’opposition utilisaient des tanks...

« Jusqu’à hier (jeudi 7 avril 2011) nous n’étions pas informés que les forces de l’opposition utilisaient des tanks ». C’est en ces termes agacés que le contre-amiral Russell Haring, du Commandement unifié de l’OTAN, a refusé hier à Naples de « s’excuser » pour la tragique erreur de jeudi, où au moins quatre roquettes tirées par ces chasseurs bombardiers de la coalition ont touché un convoi de tanks des insurgés qui allait d’Ajdabiya vers Braga, donc vers la ligne de front, provocant la mort de 4 (ou 13) (ou « 6.000 », NdT) anti-kadhafistes. La réaction des insurgés a été âpre : nous les avions avisés que nous allions nous déplacer vers l’ouest, a dit Abdel Fattah Younis, le chef militaire des rebelles (qui a révélé pour la première fois avoir reçu des « armes antichars » d’un pays tiers, le Qatar). C’est le troisième cas reconnu d’erreurs tragiques ou d’effets collatéraux depuis que l’OTAN a pris la conduite de la guerre humanitaire, il y a une semaine (à part la quarantaine de civils morts dans les attaques sur Tripoli dénoncés par l’évêque catholique Martinelli). «Il arrive qu’il y ait des erreurs », a dit le ministre des affaires étrangères anglais Hague, et l’OTAN dira « sorry ». Plus tard, le secrétaire de l’Alliance, Rasmussen, a corrigé le tir : il n’a pas présenté d’excuses mais a dit que l’OTAN « regrette fortement la perte de vies humaines » et essaiera d’être plus attentive (peut-être est-ce pour cela que les rebelles ont décidé de peindre en rose les toits des véhicules qu’ils utilisent), même si l’irritation est palpable envers les insurgés qui, il y a deux jours seulement, avaient demandé une forte augmentation des « air strikes ». Le cas témoigne en tous cas de la situation chaotique, sur le terrain militaire comme sur le plan diplomatique où prolifèrent les rencontres et les initiatives mais où, pour le moment, les résultats font défaut. Hier la polémique portait sur l’état de la guerre : «  en perte de vitesse », « fluide » ou « impasse » ? L’OTAN travaille « pour trouver une solution politique » qui passe par un cessez-le-feu immédiat et « la transition vers la démocratie », a déclaré un porte-parole. Quoi qu’il en soit, le front, 20 jours après le début de l’intervention humanitaire, semble à l’arrêt. On se bat autour de Ajdabiya et Brega et -situation la plus dramatique- à Misurata, où hier un navire de la FAO a apporté des vivres et des médicaments de première nécessité, et où l’Unicef et la Croix-Rouge essaient de vérifier les accusations selon lesquelles des tireurs embusqués tirent sur les enfants. Mardi est programmée à Luxembourg une réunion des ministres des affaires étrangères de l’Union européenne (on est en train de discuter si on invite aussi « à un niveau formel » des représentants du Conseil national de transition de Bengazi, ainsi que l’ont demandé la France, l’Italie et l’Espagne) ; et mercredi, à Doha (Qatar), la deuxième réunion du Groupe de contact sur la Libye : où l’on fera le point sur la situation, et où le premier ministre turc Erdogan présentera sa « roadmap » pour la pacification de la Libye (déjà rejetée par le Cnt en tant qu’ « initiative personnelle » : « aucune négociation avant que Kadhafi et sa famille n’aient quitté le pays »).

   A l’ONU on parle d’une possible mission « militaire humanitaire » à Misurata, à confier à l’OTAN ou à l’Ue. Mission qui pourrait cependant être aussi le prétexte pour contourner l’interdiction d’envoyer des troupes sur le terrain. Demain, enfin, partira pour la Libye (« l’est et l’ouest ») la commission d’enquête sur les violations des droits humains instituée en février par la résolution du Conseil de l’ONU pour les droits humains. A Genève on assure qu’elle sera « juste, impartiale et indépendante ».

Dommage qu’elle parte après et non avant que la guerre (motivée à l’ONU par la violation des droits humains sur le terrain, NdT) n’ait été déclenchée. s.d.q.

Edition de samedi 9 avril 2011 de il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20110409/manip2pg/06/manip2pz/300974/


Manlio Dinucci : Préparation du débarquement des troupes en Libye.

Depuis que l’OTAN, le 31 mars, a pris le commandement de la guerre en Libye, rebaptisée « Opération protecteur unifié », sa Task force conjointe, dont le quartier général est à Naples, a effectué plus de 1.500 raids aériens, c’est-à-dire plus de 150 par jour. Y participent - avec les chasseurs bombardiers anglais Typhoon, les français Mirage et Rafale, et d’autres avions- des avions étasuniens passés de l’US Air Force à l’OTAN. Parmi ceux-ci les A-10 Thunderbolt (foudre, NdT) et AC-130 Specter, dotés de canons qui tirent jusqu’à 6.000 projectiles à la minute, en majorité à l’uranium appauvri. Participe aussi à l’opération, avec le bombardier stratégique B-2 Spirit d’attaque nucléaire qui a frappé Tripoli avec des bombes non-nucléaires d’une tonne chacune, le sous-marin Uss Florida de la classe Ohio : doté de 24 rampes de lancement pour missiles nucléaires Trident, il est maintenant armé de 154 missiles Tomahawk non-nucléaires (mais avec une tête à l’uranium appauvri) et transporte 100 commandos qui effectuent des incursions en mini-sub.

  Tout cela pourtant ne suffit pas. Le contre-amiral britannique Russell Harding, commandant-adjoint de l’opération, a déclaré dans une conférence de presse à Naples que les bombardements aériens et navals ont réduit de 30% la capacité militaire libyenne, rendant l’aviation inopérante, et réduisant fortement les défenses anti-aériennes. Mais il a ajouté que les forces gouvernementales ont recours à des « tactiques non conventionnelles », en se mêlant au trafic routier. Les accusant ainsi d’être eux-mêmes les responsables du fait que les avions OTAN ont touché des forces rebelles, en les prenant pour ennemies.

   Dans une audition au Sénat, à Washington, le général Carter Ham, chef du Commandement Africa qui a conduit l’opération avant que le Pentagone ne la passe à l’OTAN, a confirmé que les USA ont mis à disposition de l’Alliance des avions de combat, comme les puissantes canonnières volantes AC-130 : mais malgré tout cela, la situation sur le terrain reste bloquée. Les attaques aériennes et navales OTAN en soutien aux forces rebelles n’arrivent pas à permettre à celles-ci d’avoir le dessus sur les forces gouvernementales, car elles sont numériquement et militairement inférieures. En même temps, les préoccupations vont croissant quant à la fourniture  d’armes aux rebelles, étant donnée la présence de groupes d’Al Qaeda dans leurs rangs. Le général Ham retient ainsi que « l’utilisation d’une force terrestre internationale constitue un plan possible pour soutenir les rebelles libyens ».

  Mais, prévient le général Ham, les conditions ne sont pas idéales pour envoyer des troupes étasunienes sur le sol libyen : le président Obama a exclu à plusieurs reprises cette possibilité, et cet envoi susciterait des réactions dans le monde arabe.  Il convient en outre de considérer que, si des forces étasuniennes étaient employées trop longtemps en Libye, cela aurait des effets négatifs à long terme pour d’autres missions.  Nombre de ces troupes se préparent à partir en Afghanistan, ou en sont à peine revenues.

  Le général Ham conclut donc : « Il est important que les USA donnent cette charge à l’OTAN ». Nous sommes donc avertis : sous peu l’appel aux armes pourrait arriver aussi aux troupes italiennes. Fassent nos « volontaires » à nous, ceux qui soutiennent la guerre, que les troupes italiennes débarquent à Tripoli le 5 octobre : elles pourront ainsi célébrer le centenaire de l’entreprise coloniale italienne en Libye.

Edition de dimanche 9 avril 2011 de il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20110410/manip2pg/03/manip2pz/301039/



1 Vidéo

1-1 Vidéo : Thierry Meyssan à propos de la guerre en Libye.

http://www.dailymotion.com/video/xhsnuz_thierry-meyssan-a-propos-de-la-guerre-en-libye_news#from=embed



2 Dossiers

2-1 La Boîte de Pandore a été ouverte en Libye.

Le 30 mars dernier, alors que les troupes terrestres loyales au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi repoussaient les forces rebelles en dehors du port pétrolier-clé de Ras Lanouf, les membres de la coalition dirigée par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France ont commencé à discuter de la possibilité d'armer les combattants de l'opposition. Pris sous le feu continu et puissant des frappes aériennes, les soldats de Kadhafi ont battu en retraite.
Au vu de leurs dernières actions, l'objectif des forces de la coalition semble désormais clair : paralyser les troupes de Kadhafi et renverser son régime. Il est aussi clair que les forces de la coalition essaient de contrôler les régions productrices de pétrole sur lesquelles Kadhafi et ses soutiens se sont appuyés.
Nous devons mieux comprendre les motivations qui sont derrière l'implication de la coalition dans les combats. Tout comme le président vénézuelien Chavez, Kadhafi a constamment réajusté sa politique d'exportation de pétrole ces dernières années, ce qui a eu pour résultat une grosse perte pour l'accès des Etats-Unis aux champs pétroliers libyens. La Libye et les Etats-Unis ont renégocié un accord datant des années 1960 à la fin de 2007, ce qui a eu pour résultat un coût supplémentaire de plusieurs milliards de Dollars pour l'accès des entreprises pétrolières américaines au marché lybien. De plus, les Etats-Unis sont particulièrement mécontents de n'avoir pas réussi à obtenir plusieurs contrats en Lybie ces dernières années. Ce qui fait qu'assurer le contrôle des régions productrices de pétrole par les rebelles est favorable aux Etats-Unis et à leurs alliés.
Plus encore, l'opposition a fait savoir que dans une ère post-Kadhafi, des politiques pétrolières favorables seront accordées aux différents pays, en se basant sur leur niveau de soutien à la rébellion. Si cette promesse venait à être respectée, il est facile alors de voir l'intérêt stratégique qu'a l'OTAN à procéder à des frappes aériennes.
Si la situation actuelle de la Libye ne peut être résolue au plus vite, les prix du pétrole ne pourront pas rester stables. Un conflit prolongé affectera le développement économique des pays importateurs de pétrole, dont la Chine, ralentira la reprise économique mondiale et risque même d'aggraver la crise économique.
La puissance militaire des forces de la coalition est suffisamment forte pour vaincre le Gouvernement de Kadhafi. Cependant, la question est de savoir si l'opposition est en mesure de combattre les forces de Kadhafi dans la capitale, Tripoli.
Benghazi, la base des rebelles et deuxième plus grande ville de Libye, est une des villes d'Afrique les plus proches de l'Europe, et elle est devenue depuis ces quinze dernières années un point de passage pour les immigrants illégaux africains vers l'Europe. Têtes de serpent, clandestins et bandes sont endémiques dans la ville. La ville abrite également des organisations comme le Groupe Islamique Combattant Libyen, qui a annoncé en 2007 qu'il se joignait à Al-Qaida. L'implication de ces organisations a rapidement conduit les manifestations pacifiques en Libye à tourner en rébellion armée.
Bien que ces groupes soient peut-être en mesure de s'unir temporairement pour combattre Kadhafi, il est difficile de dire s'ils seront capables de diriger le pays de façon efficace, voire démocratique. Le gouvernement intérimaire rebelle et le conseil national de transition soutenus par la France ont déjà montré de profondes différences politiques et idéologiques dans leur gestion de la rébellion.
Dans ce pays d'Afrique du Nord constitué d'une centaine de tribus, il n'y a jamais eu d'institutions étatiques modernes. Kadhafi avait maintenu l'unité du pays en trouvant des accords avec les différentes tribus. Mais à présent, les divergences d'opinion entre les tribus a tourné à la haine et à l'hostilité, et l'intervention militaire occidentale a enflammé la situation, qui tourne à une guerre telle qu'on la connait en Irak. Il est probable que le rêve d'un gouvernement démocratique unifié ne devienne pas réalité dans l'ère post-Kadhafi.
Même si la guerre se termine, une dangereuse Boîte de Pandore a été ouverte en Libye. Hélas, il faudra peut-être beaucoup de temps avant que le peuple libyen ne puisse jouir de la paix.
L'auteur est correspondant à Paris du journal Wen Hui Daily de Shanghai.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

Articles pertinents

Mise à jour 06.04.2011 13h44



3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.  

3-1 Pathé Mmodje : Les Pieds Nickelés, Bras Armé de l’Occident Chrétien en Croisade.

Cruel retour des choses : après près de trois semaines de bombardements sans retenue, la réalité est là que Khadafi résiste toujours et reprend même du poil de la bête sur des pieds nickelés sans envergure réels mais armés par des croisés modernes pour déloger le héros d’hier qu’il faut désormais liquider.

Les troupes loyalistes sont en effet toujours aussi actives et les coalisés-croisés s’enlisent, passent de l’Otan aux États-Unis et inversement. Il faut désormais déclarer une guerre qui ne dit pas son nom avec un appui au sol qui est une exégèse de la résolution 1973 des Nations-unies et qui était déjà effective bien avant le 19 mars, aussi bien du côté américain que chez les Français ("Liberté", quotidien, Algérie, édition du lundi 04 avril 2011 : "Guerre de barbouzes, paranoïa ou roman policier ? CIA, MI6 et DGSE en chasse en Libye").

En plus d’un guidage au sol, il faudra peut-être armer des Pieds Nickelés, ce qui équivaudrait à remobiliser et réarmer Al Qaïda au Maghreb islamique. Douloureux dilemme car la promenade de santé n’a pas été aussi facile que prévu, ni ici, ni en Côte d’Ivoire. Apparemment, l’Occident a vécu de méprises, au sens premier du terme (erreurs de jugement, d’appréciation), en méprise culturelle en estimant des gens inférieurs, taillables et corvéables à volonté.

Un petit coin de la Gaule existe en Afrique, sous divers aspects, en Côte d’Ivoire et en Libye, pour rappeler le devoir de résistance et les velléités indépendantistes légitimes de tous les peuples. Si, chez le guide de la révolution, Benghazi est le fief historique de tout mouvement indépendantiste, en Côte d’Ivoire, le palais présidentiel, symbole du pouvoir, a démontré avec Gbagbo la difficulté de transition lorsque trois jours de siège successifs n’ont pas permis de liquider le boulanger, malgré l’occupation française dont l’armée peut transformer des zones de souveraineté (aéroport, casernes) en territoires occupés.

En 122 avant Jésus Christ, Rome avait annexé la Gaule transalpine dont la capitale est Narbonne ; avec la défaite de Vercingétorix à Alésia en -52, Rome par Jules César occupe toute la région qui s’étend des Pyrénées au Rhin, disent les annales historiques. L’Italie d’aujourd’hui n’a apprécié ni la mainmise sur le nord, ni celle du sud : au lendemain des bombardements, certains journaux proches de Berlusconi dévoilaient le rôle joué par Paris dès octobre, avec l’affaire Nouri Masrani, du nom de cet ancien chef du protocole présidentiel libyen surnommé par la suite “Libyan WikiLeak” pour les informations militaires qu’il aurait livrées et, apparemment, ne sont pas toutes exactes si l’on en juge par les résultats de bombardements ; la solidarité affichée depuis ce 4 avril avec la reconnaissance du Conseil national de Transition (Cnt) laisse alors la porte ouverte à toutes les supputations sur la solidité de l’Europe dans l’affaire de la guerre imposée à Khadafi.

"Liberté" note ainsi que "Le quotidien Libero, citant des documents confidentiels du renseignement français, obtenus par le renseignement italien, et basés sur des rapports dans le bulletin diplomatiques "Maghreb Confidentiel", raconte que la révolte libyenne a éclaté après que Paris eut retourné l’homme le plus digne de confiance du colonel Kadhafi, son chef de protocole, Nouri Masmari".

Londres, le 29 mars, a crevé l’abcès : il ne s’agit plus d’ériger des corridors aériens pour préserver une zone de révolution armée, cheval de Troie de l’Occident chrétien en croisade en terre musulmane, mais d’aller outre en décidant à la place des locaux de leur devenir immédiat, de leur avenir : Mouammar Kadhafi doit partir. Il ne s’agit plus d’appliquer stricto sensu la résolution 1973 de l’Onu sur la création d’une zone, mais de faire partir un dirigeant qui en a fait autant que le Syrien, le Jordanien, le Yéménite, etc... et qui, n’ont pas nécessité la convocation du Politbureau de New York pour jeter la fatwa chrétienne sur Khadafi.

Paris et Washington, qui avaient peut-être d’autres motivations en tête, avaient oublié de faire dans la prospective et avaient oublié l’instabilité sous-régionale. Des rebelles libériens ont ainsi été arrêtés à leur retour au pays, avec leur matériel de guerre et les voitures ; Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) s’est renforcée dans la sous-région (Algérie, Niger, Mali, Mauritanie) en récupérant des armes lourdes transportées dans la zone sahélienne, ce qui constituait un danger pour toute la zone.

Bien que reconnaissant que cela n’était pas prévu par les récentes résolutions de l’ONU, la France se disait prête il n’ y a guère à discuter avec ses alliés d’une aide militaire aux rebelles, ce que les croisés avaient entamé depuis. En effet, malgré les réserves de la communauté internationale divisée sur ce chapitre qui trouve cette mesure "extrême" (Italie, Norvège, Russie), les États-Unis, la France et la Grande Bretagne avaient déjà commencé d’armer de rebelles pourtant jugés peu fiables par le Congrès américain. Paris entamait sa stratégie de liquidation de Khadafi, dès octobre, après l’arrivée du chef du protocole, Nouri Masmari chouchou de Sarkozy malgré la requête de Tripoli d’arrêter et d’extrader l’ex-chef du protocole du Guide libyen. Sarkozy nommait derechef un ambassadeur esseulé à Tripoli et recevait les fidèles d’hier qui ne juraient que par le Guide.

Pathé MBODJE
journaliste, sociologue
www.pathembodje.com

URL de cet article 13302
http://www.legrandsoir.info/Les-Pieds-Nickeles-Bras-Arme-de-l-Occident-Chretien-en-Croisade.html


Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion.

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

4-1 Yahia Gouasmi : De la Libye à la Côte d'Ivoire, la colonisation française continue !

Désormais, la France est en guerre contre et dans trois pays : l’Afghanistan, la Libye et la Côte d’Ivoire. Le premier pays, l’Afghanistan, est musulman et situé en Asie. Le second, la Libye, est aussi musulman et situé au Maghreb. Quant au dernier, la Côte d’Ivoire, il est chrétien et musulman et situé en Afrique. Ces trois nations ont été colonisées ou agressées, autrefois, par des puissances occidentales. De plus, elles possèdent des matières premières ou occupent un emplacement stratégique.
La dernière agression française concerne la Côte d’Ivoire. Profitant d’un désordre auquel elle a grandement contribué, la France intervient militairement pour chasser un président qui prétend avoir été régulièrement élu. Nous ne voulons pas intervenir dans les affaires intérieures de ce pays, mais nous devons constater que le candidat dit démocrate et « vainqueur » des élections, est aussi un ancien haut fonctionnaire du FMI, soutenu par Obama et par Sarkozy. Avec de tels parrainages, on comprend que beaucoup d’Ivoiriens et d’anti-impérialistes dans le monde aient plus que des doutes ! La vérité est toute simple, la Côte d’Ivoire est un des principaux producteurs de cacao et occupe une place stratégique dans le Golfe de Guinée, riche en pétrole off-shore. On comprend, de suite, que la question des droits de l’homme et de la démocratie est tout à fait secondaire.

En Libye, la France de Sarkozy-Lévy a été, avec la Grande-Bretagne, la principale instigatrice de l’agression, pour le compte de l’USraël et d’Obama. La situation semble se diriger vers une intervention terrestre qui a déjà commencé, avec la présence de nombreux agents américains et occidentaux auprès des insurgés. La seule question qui reste à trancher est de savoir qui, des Américains ou de leurs alliés, va partir en premier, en débarquant sur le sol libyen et affronter les troupes loyalistes. L’enjeu de la guerre contre la Libye n’est pas seulement le pétrole, c’est aussi tout le remodelage du Sahara et du Sahel, riches en matières premières. En attendant, la Libye risque fort de connaître un sort semblable à celui de l’Irak ou de la Somalie : occupation, morcellement territorial, conflits ethniques ou tribaux, soigneusement entretenus par les puissances occupantes.

Tout cela rappelle la politique de la canonnière des siècles passés.

Nous remarquons que les forces en présence sont les mêmes que celles qui se sont partagées l’Afrique, le monde arabe et l’Asie à la fin du XIXème siècle !  C’est la même guerre qui continue, ou plutôt qui n’a jamais cessé. Et, à nouveau, cette politique brutale se masque derrière des raisons humanitaires !  Avant ils prétendaient apporter la civilisation, aujourd’hui la démocratie et les droits de l’homme !
Une question vient à l’esprit : pourquoi la France accepte-t-elle de jouer un tel rôle ? Qu’est-ce qui a changé dans ce pays, depuis le refus de M. Chirac et de M. de Villepin d’entraîner notre pays dans la guerre de Bush contre l’Irak ? Tout simplement, avec la venue de Sarkozy à l’Elysée, l’arrivée au pouvoir de tout le lobby américano-sioniste. On a fait réintégrer la France dans le commandement militaire intégré de l’OTAN, toute notre politique est alignée sur celles de Tel-Aviv et de Washington et c’est Bernard-Henri Lévy qui décide et commente la politique étrangère de la France sur les plateaux de télévision !  Voilà où nous en sommes : un sioniste mondain décide de la vie et de la mort des soldats français, et nous entraîne dans des guerres qui sont celles d’Israël et des États-Unis (ses deux vraies patries) et non pas celle des Français.
En France, il faut que tous les Africains soucieux de l’indépendance et de la dignité de leur continent, comprennent que les deux agressions (en Libye et en Côte d’Ivoire) ne se produisent pas en même temps, par le seul fait du hasard. Il y a un lien, une logique entre toutes ces agressions. Ce sont les mêmes forces, les mêmes intérêts, les mêmes lobbies qui en sont la cause. C’est l’USraël et une Europe soumise qui veulent continuer à dominer le monde, un monde qui leur échappe, de plus en plus. Les révolutions qui ébranlent actuellement les pays arabo-musulmans vont trouver nécessairement leur prolongement dans les pays africains, les mêmes causes produisant les mêmes effets. La géographie et l’histoire ont voulu que le Libye soit le trait d’union entre ces deux mondes. Il n’y a donc pas de hasard si la Libye et la Côte d’Ivoire sont attaquées en même temps, ce ne sont que les deux facettes d’un même combat mené contre la même domination.

Yahia Gouasmi
Président du Parti Anti Sioniste

Mercredi 6 avril 2011



 

n°11 - Géopolitique et stratégie de Libye - 08-04 au 10-04 –Suite - Nous n'étions pas informés que les forces de l'opposition utilisaient des tanks...


n°11 - Géopolitique et stratégie de Libye - 08-04 au 10-04 –Suite - Nous n'étions pas informés que les forces de l'opposition utilisaient des tanks...



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



‘Géopolitique et stratégie’  de Libye

n°11                                       08-04 au 10-04

C.De broeder & M.Lemaire



Le " Géopolitique et stratégie de Libye" est  visible  sur les blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.



4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion.

4-2 Julien Salingue et Henri Maler   : Les mots de la guerre au service de la guerre ?

5 Annexe

5-1 Michel Collon : Comprendre la guerre en Libye.


4-2 Julien Salingue et Henri Maler   : Les mots de la guerre au service de la guerre ?

Lexique médiatique de la guerre de Libye

Les mots de la guerre au service de la guerre ?

Toutes les informations ne relèvent pas de la propagande ou ne se réduisent pas à de la propagande. Et la propagande ne consiste pas seulement (ni parfois principalement) en mensonges grossiers et délibérés ou en parti-pris outranciers, cibles faciles pour la contre-propagande.

Dans les conflits les plus aigus, qu’ils soient sociaux ou militaires, les médias et les journalistes et, le cas échéant, leurs critiques, ne sont jamais de simples observateurs. Ce sont des acteurs. Mais ce n’est pas rêver à un improbable « neutralité » ou à une très aléatoire « objectivité », que de souligner que les partis-pris les plus insidieux se dissimulent derrière le vocabulaire apparemment le plus anodin.

Que l’on soit ou non favorable à l’intervention militaire en cours en Libye, on est en droit d’attendre des médias et des journalistes, quelles que soient leurs prises de position, que la condamnation du régime libyen ne se transforme pas en propagande de guerre qui se bornerait à rediffuser, sans les vérifier, les informations fournies par les états-majors, ou, plus simplement, à épouser le vocabulaire diplomatique, politique ou militaire de l’un des camps en présence.

« Guerre » - Se dit, dans le cas présent, le moins souvent possible, non seulement dans les déclarations des responsables politiques et militaires, mais sous la plume et dans la bouche de nombre de commentateurs. Comme dans nombre de guerres modernes, l’opération militaire actuellement menée en Libye porte un nom, peu repris il est vrai  : « Aube de l’Odyssée ». Pourtant – qui peut le nier ? – cette guerre est une guerre.

« Riposte » - Se dit des opérations militaires de « nos » armées, quand on veut en souligner le caractère prétendument défensif.

Les états-majors et les chefs de gouvernement n’ont pas osé prétendre que l’opération militaire en Libye pouvait être considérée comme une « riposte ». Qu’à cela ne tienne. Certains journalistes ont franchi le pas. Mais ne soyons pas malhonnêtes, ils ne sont pas majoritaires dans la profession. Pour l’instant. Mais, comme le montrent les deux captures d’écran qui suivent, on ne parle pas ici de médias totalement marginaux :
Ou encore, sur le site de l’Express : « Pendant que le débat diplomatique se prolonge, certains évoquent un risque réel de voir les forces de Kadhafi gagner la partie sur le terrain avant que les grandes puissances conviennent
d’une riposte au conflit » (15 mars).

Une « riposte » ? Les « grandes puissances » ou « l’Occident » auraient-ils été agressés par Kadhafi ? Se borneraient-ils à « répondre » à une attaque, à « riposter » ? A moins d’être de mauvaise foi, la réponse est évidemment non. Alors, a-t-on affaire ici à de simples excès de langage ou à de mauvaises habitudes prises à force de traiter des guerres présentées comme « préventives », c’est-à-dire au cours desquelles l’attaque est une « riposte » par anticipation ? A voir. Mais dans un cas comme dans l’autre, les lecteurs et les auditeurs ne sortent pas gagnants de l’emploi totalement déplacé d’un terme aussi dépourvu d’ambiguïté…

« Les alliés » - Se dit, sans autre précision, des Etats engagés dans la guerre qui ne dit pas ou fort peu son nom. Ceux-ci peuvent être affublés de plusieurs autres désignations : « la coalition », « le front anti-Kadhafi », voire même « les occidentaux » (par un lapsus fort peu diplomatiques envers ceux qui ne le sont pas)… Mais « alliés » est l’un des termes les plus souvent employés, et l’un des plus significatifs :

« Libye : les alliés mettent au point leur dispositif militaire » (titre d’un article du Figaro, 18 mars) ; « Libye : les alliés verrouillent le ciel » (titre d’un article du Midi-Libre, 21 mars) ; « La route d’Ajdabiah en partie rouverte par les alliés » (site de l’Express, 20 mars) ; etc.

« Les alliés ». Lors de l’invasion de l’Irak déjà, l’attelage américano-britannique (flanqué de quelques troupes auxiliaires, mais privé de « la France »), avait, comme nous le relevions alors, bénéficié de cette appellation. Elle vaut soutien à la guerre en cours : un soutien qui relèverait du débat public, s’il s’assumait comme tel au lieu de s’abriter derrière une référence historique qui renvoie à l’un des deux camps en présence lors de la deuxième guerre mondiale. Chacun avouera que la comparaison est des plus osées, pour ne pas dire hasardeuses, quelle que soit l’ampleur des crimes commis par le régime libyen. Rien ne nous garantit, devant l’abondance de la référence aux « Alliés », que Kadhafi ne nous sera pas présenté demain comme le nouvel Hitler. Ou, pour être plus exact, comme le nouveau nouveau nouvel Hitler. Contre lequel la mobilisation armée de la « communauté internationale » ne peut être contestée.

« Communauté internationale » - Se dit, indifféremment, des membres du Conseil de Sécurité qui ont adopté la résolution, de ceux qui la soutiennent et de ceux qui, en s’abstenant, l’ont réprouvé. Cette expression semble désormais moins utilisée que lors de l’euphorie des premiers jours :

« La communauté internationale montre sa solidarité avec le printemps arabe » (site de la Croix, 20 mars) ; « Kadhafi menace la communauté internationale » (titre tout en nuance d’une dépêche publiée sur le site du Point le 19 mars) ; « Dossier Libye : la communauté internationale décide d’intervenir » (site de Marianne, 19 mars) ; etc.

Ce disant - comme nous l’avions déjà fait remarquer dans un article précédent - les médias ont pendant quelques jours oublié «  de rappeler que quelques pays mineurs, périphériques et peu influents, n’ont pas voté la résolution de l’ONU, la Russie, la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Allemagne… ». On a semblé davantage s’intéresser aux quatre avions (de fabrication française) gracieusement mis à disposition par ce géant qu’est le Qatar qu’aux réactions des gouvernements de pays qui représentent plus de la moitié de l’humanité… Plutôt que de s’efforcer d’informer pour les comprendre, quitte, ensuite, à les soutenir ou les désavouer, l’on n’a guère épilogué sur les raisons pour lesquelles ils n’étaient pas convaincus de cette guerre. Ou plutôt, de ces « frappes ».

« Frappes » - Désigne les bombardements effectués par « les alliés » : en effet, les « alliés » ne bombardent pas, ils « frappent ». Ils « frappent » la Libye, comme d’autres « frappent » à la porte, « frappent » un ballon de football ou se « frappent » dans les mains. On parle pourtant bien de centaines de missiles. Mais chacun avouera que le terme « frappes » n’est pas aussi négativement connoté que le mot « bombardements » :

« Libye. Les frappes militaires devraient baisser d’intensité, selon les USA » (titre glané sur le site internet de Ouest France, 22 mars) ; « Libye : frappes françaises en suspens » (titre d’une dépêche AFP, 21 mars) ; « Le pétrole recule légèrement, malgré la poursuite des frappes en Libye » (site du Parisien, 22 mars) ; etc.

Quant à Kadhafi et ses forces armées, ils ne « frappent » pas, ils « pilonnent » :

« Kadhafi pilonne la population civile » (site de France info, 16 mars) ; « Libye : les pro-Kadhafi pilonnent Zenten » (titre d’une dépêche AFP, 19 mars) ; « Les forces pro-Kadhafi […] ont notamment pilonné la ville pétrolière de Ras Lanouf » (Libération, 11 mars) ; etc…

Ce Kadhafi ne respecte décidément rien. Il aurait pu se contenter d’opérer, comme les « alliés », des « frappes ». Des « frappes », dont on nous assure qu’elles sont « ciblées ».

« Ciblées » - Dans le langage militaro-médiatique, qualifie les « frappes », de préférence à « chirurgicales ». Les « frappes chirurgicales » ont eu leur heure de gloire, chacun comprenant alors que les bombardements étaient effectués avec la précision de chirurgiens qui tentent de sauver des vies et non d’en prendre. Mais la ficelle était peut-être un peu grosse. Désormais les frappes sont « ciblées » :

« Paris envisagerait des frappes ciblées en Libye » (titre d’une dépêche Reuters, 19 mars) ; « Les frappes aériennes ciblées contre les troupes du colonel Kadhafi vont-elles suffire à le chasser du pouvoir ? » (question posée par le Télégramme, 22 mars) ; variation sur un même thème avec le site TF1 news : « En Libye, les opérations ciblées de la coalition semblent donner de l’air aux insurgés de Benghazi » (22 mars) ; etc.

On l’aura donc compris : les « frappes » sont « ciblées ». Les journalistes qui reprennent complaisamment cette expression se sont-ils demandé ce que seraient des « frappes non-ciblées » ? On shoote au hasard ? On déverse des bombes au petit bonheur la chance ? Que l’on soit dans un chasseur, un hélicoptère de combat, un navire de guerre ou un char d’assaut, avant de tirer, on vise. Une cible. Le problème n’est pas de savoir s’il y a une cible, mais quelle est la cible. Dire d’une « frappe » qu’elle est « ciblée » est un artifice rhétorique qui tente de relativiser le caractère intrinsèquement violent d’un bombardement. Et de parler, en cas d’erreur sur la cible, de « dommages collatéraux ».

« Dommages collatéraux » - Dans le langage militaro-médiatique, désigne (avec « bavures ») les victimes civiles des « frappes », laissant ainsi entendre que si les guerres font des victimes - du moins quand « nos » soldats y prennent part - c’est toujours par accident. Et que c’est bien « dommage ». Ce triste euphémisme, typiquement militaire, est toujours utilisé par certains journalistes, sans aucune distance critique, et sans guillemet :

« Par ailleurs, il n’y a pas eu de dommages collatéraux du fait de l’armée française. Certains objectifs n’ont pas été visés en raison de risques de dommages collatéraux, a précisé l’état-major français » (site de France-soir, 22 mars) ; « Libye : les dommages collatéraux évités » (titre d’une dépêche sur le site d’Europe 1, 22 mars) ; « Il n’y a pas eu de dommages collatéraux du fait de l’armée française » (site de 20 minutes, 22 mars) ; etc.

Ce n’est pas nouveau : Sur les « frappes », « dommages collatéraux », « bavures » et autres « incidents », voir notamment ici même le lexique de la guerre en Afghanistan et les mots de la guerre contre l’Irak.

Quant aux « forces ennemies », elles ne font jamais de « dommages collatéraux », puisque il va de soi que, toujours et partout, elles « prennent délibérément pour cible des civils désarmés ». Ce que fait, bien évidemment, l’armée « kadhafiste ».

« Kadhafiste » - Désigne les partisans du dictateur libyen parfois appelés « pro-kadhafi ». Tout comme les « sarkozystes » ou les « pro-sarkozy » sont, en France, les partisans du président français. Soit. Mais ces dernières semaines, l’usage du terme « kadhafiste », s’est souvent substitué à « loyaliste » pour désigner l’ennemi et ses armes.

« Mohamed Nabbous, ingénieur en télécoms, photographe et blogueur improvisé, est mort, tué par un sniper kadhafiste dans une rue de Benghazi » (site de La règle du jeu, 20 mars) ; « L’aviation kadhafiste, qui compte sur le papier plus de 200 appareils de combat, ne semble en mesure d’en aligner qu’une quarantaine » (site de l’Express, 18 mars) ; « Le président français et le gouvernement britannique ont été les avocats les plus fervents de l’instauration d’une zone d’exclusion dans le ciel libyen afin de neutraliser l’aviation kadhafiste » (site de 20 minutes, 15 mars) ; etc…

« Sniper kadhafiste », « aviation kadhafiste »… Imagine-t-on un seul instant les médias français nous parlant de « soldats sarkozystes », d’ « aviation obamiste » ou de « marine cameroniste » ? Evidemment non. Le passage par un adjectif dérivé du nom du dictateur est une prise de position contre les forces armées libyennes, dont on se gardera ici de minorer la violence. Mais cela ne doit pas interdire de relever un abus de langage qui, consciemment ou non, participe du caractère partisan de l’ « information » diffusée au sujet de la Libye. Le JDD a publié sur son site, le 20 mars, une dépêche dont le titre était : « Libye : Paris confirme avoir abattu un avion kadhafiste ». Si l’inverse s’était produit, le JDD aurait-il titré « Libye : Tripoli confirme avoir abattu un avion sarkozyste » ? C’est peu vraisemblable. Les avions sont « français ». Pour certains, ce sont même « nos » avions..

« Nos soldats » - Se dit, avec « nos » moyens militaires, des forces engagées par l’Etat français dans la guerre qui ne dit pas son nom. Un appel empathique et patriotique à l’identification avec les soldats français.

Nous l’avions noté dans un précédent article : certains journalistes ont adopté une attitude tellement va-t-en guerre que l’on se demande parfois s’ils n’ont pas déjà revêtu leur treillis pour aller prendre directement part aux combats. Il semble que jusqu’à présent, aucun d’entre eux n’ait franchi le pas. Mais à l’écrit, certains y sont déjà, et s’expriment comme s’ils étaient membres à part entière de l’état-major français :

« L’arrivée sur zone du groupe aéronaval constitue donc un renfort important, démultipliant nos moyens militaires dans cette partie de la Méditerranée » (le Parisien, 22 mars) ; « Jusqu’à présent, aucun avion français n’a été directement menacé par la défense aérienne libyenne, mais nos appareils ont été "illuminés" samedi par les radars de poursuite » (Jean-Dominique Merchet, de Marianne, le 21 mars) ; « Alors que nos soldats sont engagés en Afghanistan, l’ouverture d’un nouveau front terrestre en Libye semble peu probable en cas d’enlisement du conflit » (la Dépêche, 22 mars) ; « Nos Mirage ont cependant réellement mis le feu à une concentration de chars et de véhicules kadhafiens aux environs de Benghazi » (Guy Sitbon, de Marianne, le 21 mars) ; etc

Au cas où le public ne l’aurait pas compris, « nous » sommes en guerre. Ce n’est pas l’armée française qui bombarde la Libye, c’est la France (comme l’ont complaisamment souligné les médias qui, plutôt que de titres sur le déclenchement de la guerre elle-même, ont préféré proclamer à la « Une », à grand renfort de « cocoricos » que « la France frappe la première »). Ce n’est pas l’armée française qui bombarde la Libye, c’est « notre » armée. Chacun est ainsi invité à se sentir personnellement concerné et impliqué dans l’offensive en cours. Un rappel à l’ordre patriotique, accompagné de moult articles vantant les mérites et les compétences de « notre armée ». A moins qu’il ne s’agisse d’un simple appel au civisme… Pourquoi en douter ? D’ailleurs, « nos » journalistes ne manqueront pas, à l’avenir, d’évoquer le destin de « nos » professeurs, de « nos » magistrats et de « nos » chômeurs, lorsqu’ils se mobiliseront à leur tour. Et ils reprendront, comme ils le font avec « nos » officiers, le moindre de leurs termes.

« Sur zone » - Désigne, dans le langage militaro-médiatique, la localisation de « nos » soldats et de « nos » armes :

« L’arrivée sur zone du groupe aéronaval constitue donc un renfort important » (site du Parisien, 22 mars) ; « Mais le coût des sorties devrait être en partie réduit avec l’arrivée mardi sur zone du porte-avions Charles de Gaulle » (site du Nouvel Obs, 22 mars) ; « La France dispose d’une centaine de Rafale et Mirage 2000, en plus d’avions de surveillance Awacs. Un porte-hélicoptères de type Mistral était de plus récemment sur zone » (site du Parisien, 20 mars) ; ou encore ce titre, mystérieux pour les non-initiés, sur le site du Berry Républicain : « Un Awacs français est sur zone dans le ciel libyen ». Diantre.

L’emploi récurrent de l’expression «  sur zone » est un exemple parmi d’autres de reprise quasi-automatique de termes du langage militaire. Nouvelle confirmation de ce désolant mimétisme qui pousse nombre de journalistes qui « couvrent » les guerres à se prendre pour des militaires en singeant leur vocabulaire. Machinalement ou pour avoir le sentiment de participer à l’effort de guerre ? On ne sait… Mais chacun avouera qu’un tel mimétisme qui n’apporte rien à la précision ou à la qualité de l’information est symptomatique d’un certain journalisme de guerre, qui se fait même parfois un peu plus militaire que les propos de l’armée elle-même.

« Propagande » - Se dit (presque) exclusivement, dans les médias français, des interventions du Colonel Kadhafi et de ses partisans, des informations qu’ils diffusent et des images qu’ils montrent :

« [Kadhafi] va recourir à l’arsenal complet de ses méthodes à la fois terroristes et de propagande » (Christian Makarian, site de l’Express, 20 mars) ; « Après les premiers succès militaires, la propagande libyenne redouble » (titre d’une dépêche AFP, 11 mars) ; « A l’école de la propagande Kadhafi » (titre d’un reportage de Delphine Minoui, du Figaro, 19 mars) ; etc.

Cette distance salutaire (et largement justifiée en l’occurrence) ne s’applique ni aux prises de position des gouvernements impliqués dans l’offensive militaire contre le régime de Kadhafi, ni aux informations distillées par leurs forces armées, ni à leur vocabulaire. Comme s’ils ne relevaient pas eux aussi d’une propagande dont le journalisme de guerre se serait affranchi. Ce dont on est en droit de douter…

Julien Salingue (avec Henri Maler)

Julien Salingue est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.

 Articles de Julien Salingue publiés par Mondialisation.ca

Le 2 avril 2011Oumna.com

 



5 Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

5-1 Michel Collon : Comprendre la guerre en Libye.

Partie 1 : Des questions qu’il faut se poser à chaque guerre
Partie 2 : Les véritables objectifs des USA vont bien au-delà du pétrole
Partie 3 : Pistes pour agir

Des questions qu’il faut se poser à chaque guerre.

27 fois. Les Etats-Unis ont bombardé un pays à 27 reprises depuis 1945. Et chaque fois, on nous a affirmé que ces actes de guerre étaient « justes » et « humanitaires ». Aujourd’hui, on nous dit que cette guerre est différente des précédentes. Mais on l’avait dit aussi la fois passée. Et la fois d’avant. On le dit chaque fois. N’est-il pas temps de mettre sur papier les questions qu’il faut se poser à chaque guerre pour ne pas se faire manipuler ?

 

Pour la guerre, il y a toujours de l’argent ?

Dans le pays le plus puissant du globe, quarante-cinq millions de gens vivent sous le seuil de pauvreté. Aux Etats-Unis, écoles et services publics tombent en ruines, parce que l’Etat « n’a pas d’argent ». En Europe aussi, « pas d’argent » pour les retraites ou pour créer des emplois.

Mais lorsque la cupidité des banquiers provoque une crise financière, là, en quelques jours, on trouve des milliards pour les sauver. Ce qui a permis à ces mêmes banquiers US de distribuer l’an dernier 140 milliards $ de récompenses et bonus à leurs actionnaires et traders spéculateurs.

Pour la guerre aussi, il semble facile de trouver des milliards. Or, ce sont nos impôts qui paient ces armes et ces destructions. Est-il bien raisonnable de faire partir en fumée des centaines de milliers d’euros à chaque missile ou de gaspiller cinquante mille euros de l’heure avec un porte-avions ? A moins que la guerre soit une bonne affaire pour certains ?

Pendant ce temps, un enfant meurt de faim toutes les cinq secondes et le nombre de pauvres ne cesse d’augmenter sur notre planète en dépit des promesses.

Quelle différence entre un Libyen, un Bahreini et un Palestinien ?

Présidents, ministres et généraux jurent solennellement que leur objectif est seulement de sauver des Libyens. Mais, au même moment, le sultan du Bahrein massacre des manifestants désarmés grâce aux deux mille soldats saoudiens envoyés par les Etats-Unis ! Au même moment, au Yemen, les troupes du dictateur Saleh, allié des USA, tuent 52 manifestants à la mitrailleuse. Ces faits n’ont été contestés par personne, mais le ministre US de la Guerre, Robert Gates, a juste déclaré : « Je ne crois pas que ce soit mon rôle d’intervenir dans les affaires internes du Yemen » [1].

Pourquoi ce « deux poids, deux mesures » ? Parce que Saleh accueille docilement la Vème Flotte US et dit oui à tout ce que lui commande Washington ? Parce que le régime barbare d’Arabie saoudite est complice des multinationales pétrolières ? Il y aurait de « bons dictateurs » et de « mauvais dictateurs » ?

Comment les USA et la France peuvent-ils se prétendre humanitaires ? Lorsqu’Israël a tué deux mille civils en bombardant Gaza, ont-ils instauré une « no fly zone » ? Non. Ont-ils pris des sanctions ? Aucune. Pire : Javier Solana, alors responsable des Affaires étrangères de l’U.E. a déclaré à Jérusalem : « Israël est un membre de l'Union européenne sans être membre de ses institutions. Israël est partie prenante à tous les programmes » de recherche et de technologie de l'Europe des 27. Ajoutant même : « Aucun pays hors du continent n'a le type de relations qu'Israël entretient avec l'Union européenne. » Sur ce point, Solana dit vrai : l’Europe et ses fabricants d’armes collaborent étroitement avec Israël dans la production des drônes, missiles et autres armements qui sèment la mort à Gaza.

Rappelons qu’Israël a chassé sept cent mille Palestiniens de leurs villages en 1948, refuse toujours de leur rendre leurs droits et continue à commettre de multiples crimes de guerre. Sous cette occupation, 20% de la population palestinienne actuelle a séjourné ou séjourne dans les prisons d’Israël. Des femmes enceintes sont forcées d’accoucher attachées à leur lit et renvoyées immédiatement dans leurs cellules avec leurs bébés ! Mais ces crimes-là sont commis avec la complicité active des USA et de l’UE.

La vie d’un Palestinien ou d’un Bahreini ne vaut pas celle d’un Libyen ? Il y aurait les « bons Arabes » et les « mauvais Arabes » ?

Pour ceux qui croient encore à la guerre humanitaire…

Dans un débat télévisé que j’ai eu avec Louis Michel, ancien ministre belge des Affaires étrangères et commissaire européen à la Coopération au développement, celui-ci m’a juré - la main sur le cœur - que cette guerre visait à « mettre en accord les consciences de l’Europe ». Il a été appuyé par Isabelle Durant, dirigeante des Verts belges et européens. Ainsi, les écologistes « peace and love » ont muté va-t-en-guerre !

Le problème, c’est qu’on nous parle de guerre humanitaire à chaque fois, et que ces gens « de gauche » comme Durant s’y sont à chaque fois laissé prendre. Ne feraient-ils pas mieux de lire ce que pensent vraiment les dirigeants US au lieu de juste les écouter à la télévision ?

Ecoutez par exemple, à propos des bombardements contre l’Irak, le célèbre Alan Greenspan, qui fut longtemps directeur de la réserve fédérale des USA. Il écrit dans ses mémoires : « Je suis attristé qu’il soit politiquement incorrect de reconnaître ce que chacun sait : la guerre en Irak était essentiellement pour le pétrole » [2]. Ajoutant : « Les officiels de la Maison-Blanche m’ont répondu : ‘Eh bien, malheureusement, nous ne pouvons parler du pétrole’. » [3]

Ecoutez, à propos des bombardements contre la Yougoslavie, John Norris, directeur de com de Strobe Talbott qui était alors vice-ministre US des Affaires étrangères, chargé des Balkans. Norris écrit dans ses mémoires : « Ce qui explique le mieux la guerre de l’Otan, c’est que la Yougoslavie résistait aux grandes tendances des réformes politiques et économiques (il veut dire : refusait d’abandonner le socialisme), et ce n’est pas notre devoir envers les Albanais du Kosovo. » [4]

Ecoutez, à propos des bombardements contre l’Afghanistan, ce que disait alors l’ancien ministre US des Affaires étrangères Henry Kissinger : « Il existe des tendances, soutenues par la Chine et le Japon, à créer une zone de libre échange en Asie. Un bloc asiatique hostile combinant les nations les plus peuplées du monde avec de grandes ressources et certains des pays industriels les plus importants serait incompatible avec l’intérêt national américain. Pour ces raisons, l’Amérique doit maintenir une présence en Asie… » [5]

Ceci confirmait la stratégie avancée par Zbigniew Brzezinski, qui fut responsable de la politique étrangère sous Carter et est l’inspirateur d’Obama : « L’Eurasie (Europe + Asie) demeure l’échiquier sur lequel se déroule le combat pour la primauté globale. (…) La façon dont les Etats-Unis ‘gèrent’ l’Eurasie est d’une importance cruciale. Le plus grand continent à la surface du globe en est aussi l’axe géopolitique. Toute puissance qui le contrôle, contrôle par là même deux des trois régions les plus développées et les plus productives. 75% de la population mondiale, la plus grande partie des richesses physiques, sous forme d’entreprises ou de gisements de matières premières, quelque 60% du total mondial. » [6]

A gauche, n’a-t-on rien appris des médiamensonges humanitaires des guerres précédentes ?

Quand Obama le dit lui-même, vous ne le croyez pas non plus ?

Ce 28 mars, Obama a justifié ainsi la guerre contre la Libye : « Conscients des risques et des coûts de l’action militaire, nous sommes naturellement réticents à employer la force pour résoudre les nombreux défis du monde. Mais lorsque nos intérêts et valeurs sont en jeu, nous avons la responsabilité d’agir. Vu les coûts et les risques de l’intervention, nous devons chaque fois mesurer nos intérêts face à la nécessité d’une action. L’Amérique a un important intérêt stratégique à empêcher Kadhafi de défaire ceux qui s’opposent à lui. »

N’est-ce pas clair ? Alors, certains disent : « Oui, c’est vrai, les Etats-Unis n’agissent que s’ils y trouvent leur intérêt aussi. Mais au moins, à défaut de pouvoir intervenir partout, on aura sauvé ces gens-là. »

Faux. Nous allons montrer que seuls les intérêts seront défendus. Pas les valeurs. D’abord, chaque guerre US fait plus de victimes qu’il n’y en avait avant (en Irak, un million de victimes directes ou indirectes !). Ensuite, l’intervention en Libye en prépare d’autres…

Qui refusait de négocier ?

Mais, dès que vous émettez un doute sur l’opportunité de cette guerre contre la Libye, tout de suite, on vous culpabilise : « Vous refusez donc de sauver les Libyens du massacre ? »

Question mal posée. Supposons que tout ce qu’on nous a raconté se soit vraiment passé. Premièrement, arrête-t-on un massacre par un autre massacre ? Nous savons qu’en bombardant, nos armées vont tuer de nombreux civils innocents. Même si, comme à chaque guerre, les généraux nous promettent que celle-ci sera « propre », nous avons l’habitude de cette propagande.

Deuxièmement, il y avait un moyen beaucoup plus simple et efficace de sauver des vies tout de suite. Tous les pays d’Amérique latine ont proposé d’envoyer immédiatement une mission de médiation, présidée par Lula. La Ligue arabe et l’Union africaine soutenaient cette démarche et Kadhafi avait accepté (proposant aussi d’envoyer des observateurs internationaux pour vérifier le cessez-le feu).

Mais les insurgés libyens et les Occidentaux ont refusé cette médiation. Pourquoi ? « Parce que Kadhafi n’est pas de bonne foi », disent-ils. Possible. Tandis que les insurgés et leurs protecteurs occidentaux ont toujours été de bonne foi ? A propos des Etats-Unis, il est utile de rappeler comment ils se sont comportés dans toutes les guerres précédentes à chaque fois qu’un cessez-le-feu était possible…

En 1991, lorsque Bush père a attaqué l’Irak parce que celui-ci avait envahi le Koweit, Saddam Hussein a proposé de se retirer et qu’Israël évacue aussi les territoires illégalement occupés en Palestine. Mais les USA et les pays européens ont refusé six propositions de négociation. [7]

En 1999, lorsque Clinton a bombardé la Yougoslavie, Milosevic avait accepté les conditions imposées à Rambouillet, mais les USA et l’Otan en ont rajouté une, volontairement inacceptable : l’occupation totale de la Serbie. [8]

En 2001, lorsque Bush fils a attaqué l’Afghanistan, les talibans avaient proposé de livrer Ben Laden à un tribunal international si on fournissait des preuves de son implication, mais Bush a refusé de négocier.

En 2003, lorsque Bush fils a attaqué l’Irak sous prétexte d’armes de destruction massive, Saddam Hussein a proposé d’envoyer des inspecteurs, mais Bush a refusé car il savait que les inspecteurs ne trouveraient rien. Ceci a été confirmé par la divulgation du mémo d’une réunion entre le gouvernement britannique et les dirigeants des services scecrets briatnniques en juillet 2002 : « Les dirigeants britanniques espéraient que l’ultimatum soit rédigé en des termes inacceptables afin que Saddam Hussein le rejette directement. Mais ils étaient loin d’être certains que cela marcherait. Alors, il y avait un Plan B : les avions patrouillant dans la « no fly zone » jetant de nombreuses bombes en plus dans l’espoir que ceci provoquerait une réaction qui donnerait une excuse pour une large campagne de bombardements. » [9]

Alors, avant d’affirmer que « nous » disons toujours la vérité tandis que « eux » mentent toujours, et aussi que « nous » recherchons toujours une solution pacifique, tandis que « eux » ne veulent pas de compromis, il faudrait être plus prudents… Tôt ou tard, le public apprendra ce qui s’est vraiment passé lors des négociations en coulisses, et constatera une fois de plus qu’il a été manipulé. Mais il sera trop tard, et on ne ressuscitera pas les morts.

La Libye, c’est comme la Tunisie et l’Egypte ?

Dans son excellente interview publiée il y a quelques jours par Investig’Action, Mohamed Hassan posait la bonne question : « Libye : révolte populaire, guerre civile ou agression militaire ? ». A la lumière des recherches récentes, il est possible de répondre : les trois, en fait. Une révolte spontanée, rapidement récupérée et transformée en guerre civile (qui avait été préparée), le tout servant de prétexte à une agression militaire. Qui, elle aussi, avait été préparée. Rien ne tombe du ciel en politique. Expliquons-nous…

En Tunisie et en Egypte, la révolte populaire a grandi progressivement en quelques semaines, s’organisant peu à peu et s’unifiant sur des revendications claires, ce qui a permis de chasser les tyrans. Mais quand on analyse l’enchaînement ultra-rapide des événements à Benghazi, on est intrigué. Le 15 février, manifestation des parents de prisonniers politiques de la révolte de 2006. Manifestation durement réprimée, comme cela a toujours été le cas en Libye et dans les autres pays arabes. Et, à peine deux jours plus tard, re-manifestation, mais cette fois, les manifestants sont armés et passent directement à l’escalade contre le régime de Kadhafi. En deux jours, une révolte populaire devient une guerre civile ! Tout à fait spontanément ?

Pour le savoir, il faut examiner ce qui se cache sous le vocable imprécis « opposition libyenne ». A notre avis, quatre composantes aux intérêts très différents. 1° Une opposition démocratique. 2° Des dignitaires de Kadhafi « retournés » par l’Ouest. 3° Des clans libyens mécontents du partage des richesses. 4° Des combattants de tendance islamique.

Qui compose cette « opposition libyenne » ?

Dans cet enchevêtrement, il est important de savoir à qui on a à faire. Et surtout quelle faction a été intégrée dans les stratégies des grandes puissances…

1° Opposition démocratique. Il est légitime d’avoir des revendications face au régime Kadhafi, dictatorial et corrompu comme les autres régimes arabes. Un peuple a le droit de vouloir remplacer un régime autoritaire par un système plus démocratique. Cependant, ces revendications sont jusqu’ici peu organisées et sans programme précis. On rencontre aussi, à l’étranger, des mouvements révolutionnaires libyens, également assez disparates, mais tous opposés à l’ingérence étrangère. Pour diverses raisons que l’on va clarifier, ce ne sont pas ces éléments démocratiques qui ont grand chose à dire aujourd’hui sous la bannière des USA et de la France.

2° Dignitaires « retournés ». A Benghazi, un « gouvernement provisoire » a été instauré et est dirigé par Mustapha Abud Jalil. Cet homme était, jusqu’au 21 février, ministre de la Justice de Kadhafi. Deux mois plus tôt, Amnesty l’avait placé sur la liste des plus effroyables responsables de violations de droits humains d’Afrique du nord ». C’est cet individu qui, selon les autorités bulgares, avait organisé les tortures de infirmières bulgares et du médecin palestinien longtemps détenus par le régime. Un autre « homme fort » de cette opposition est le général Abdul Fatah Younis, ex ministre de l’Intérieur de Kadhafi et auparavant chef de la police politique. On comprend que Massimo Introvigne, représentant de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) pour la lutte contre le racisme, la xénophobie et la discrimination, estime que ces personnages « ne sont pas les ‘démocrates sincères’ des discours d’Obama, mais parmi les pires instruments du régime de Kadhafi, qui aspirent à chasser le colonel pour prendre sa place ». (1)

3° Clans mécontents. Comme le soulignait Mohamed Hassan, la structure de la Libye est restée fortement tribale. Durant la période coloniale, sous le régime du roi Idriss, les clans de l’est dominaient et les richesses pétrolières leur profitaient. Après la révolution de 1969, Kadhafi s’est appuyé sur les tribus de l’ouest et c’est l’est qui a été défavorisé. Il faut le regretter, un pouvoir démocratique et juste doit veiller à combattre les discriminations entre régions. On peut aussi se demander si les anciennes puissances coloniales n’ont pas encouragé les tribus mécontentes à saper l’unité du pays. Ce ne serait pas la première fois. Aujourd’hui, France et USA misent sur les clans de l’est pour prendre le contrôle du pays. Diviser pour régner, un vieux classique du colonialisme.

4° Eléments d’Al-Qaida. Des câbles diffusés par Wikileaks avertissaient que l’Est de la Libye était, proportionnellement, le premier exportateur au monde de « combattants - martyrs » en Irak. Des rapports du Pentagone décrivaient un « scénario alarmant » sur les rebelles libyens de Benghazi et Derna. Derna, ville de 80.000 habitants à peine, serait la première source de jihadistes en Irak. De même, Vicent Cannistraro, ancien chef de la CIA en Libye, signale parmi les rebelles beaucoup d’ « extrémistes islamiques capables de créer des problèmes » et que les « probabilités [sont] élevées que les individus les plus dangereux puissent avoir une influence dans le cas où Kadhafi devrait tomber ». (1).

Evidemment, tout ceci s’écrivait lorsque Kadhafi était encore « un ami ». Mais ça montre l’absence totale de principes dans le chef des USA et de leurs alliés. Quand Kadhafi a réprimé la révolte islamiste de Benghazi en 2006, ce fut avec les armes et le soutien des Occidentaux. Une fois, on est contre les combattants à la Ben Laden. Une fois, on les utilise. Faudrait savoir.

Parmi ces diverses « oppositions », quel élément l’emportera ? C’est peut-être aussi un but de l’intervention militaire de Washington, Paris et Londres : veiller à ce que « les bons « l’emportent ? Les bons de leur point de vue évidemment. Plus tard, on utilisera la « menace islamique » comme prétexte pour s’installer durablement

En tout cas, une chose est sûre : le scénario libyen est différent des scénarios tunisien ou égyptien. Là, c’était « un peuple uni contre un tyran ». Ici, on est dans une guerre civile, Kadhafi disposant du soutien d’une partie de la population. Et dans cette guerre civile, le rôle qu’ont joué les services secrets US et français n’est déjà plus si secret que ça…

Quel a été le rôle des services secrets ?

En réalité, l’affaire libyenne n’a pas commencé en février à Benghazi en février, mais à Paris le 21 octobre 2010. Selon les révélations du journaliste italien Franco Bechis (Libero, 24 mars), c’est ce jour-là que les services secrets français ont préparé la révolte de Benghazi. Ils ont alors « retourné » (ou peut-être déjà avant) Nuri Mesmari, chef du protocole de Kadhafi, qui était quasiment son bras droit. Le seul qui entrait sans frapper dans la résidence du guide libyen. Venu à Paris avec toute sa famille pour une opération chirurgicale, Mesmari n’y a rencontré aucun médecin, mais se serait par contre entretenu avec plusieurs fonctionnaires des services secrets français et de proches collaborateurs de Sarkozy, selon le bulletin web Maghreb Confidential.

Le 16 novembre, à l’hôtel Concorde Lafayette, il aurait préparé une imposante délégation qui allait se rendre deux jours plus tard à Benghazi. Officiellement, il s’agissait de responsables du ministère de l’Agriculture et de dirigeants des firmes France Export Céréales, France Agrimer, Louis Dreyfus, Glencore, Cargill et Conagra. Mais, selon les services italiens, la délégation comportait aussi plusieurs militaires français camouflés en hommes d’affaires. A Benghazi, ils rencontreront Abdallah Gehani, un colonel libyen que Mesmari a indiqué comme étant prêt à déserter.

A la mi-décembre, Kadhafi, méfiant, envoie un émissaire à Paris pour essayer de contacter Mesmari. Mais la France l’arrête. D’autres Libyens se rendent visite à Paris le 23 décembre, et ce sont eux qui vont diriger la révolte de Benghazi avec les milices du colonel Gehani. D’autant que Mesmari a fourni aux Français de nombreux secrets de la défense libyenne. De tout ceci, il ressort que la révolte à l’est n’est donc pas si spontanée qu’on nous l’a dit. Mais ce n’est pas tout. Il n’y a pas que les Français…

Qui dirige à présent les opérations militaires du « Conseil national Libyen » anti-Kadhafi ? Un homme tout juste arrivé des USA le 14 mars, selon Al Jazeera. Décrit comme une des deux « stars » de l’insurrection libyenne par le quotidien britannique de droite Daily Mail, Khalifa Hifter est un ancien colonel de l’armée libyenne, passé aux Etats-Unis. Celui qui fut un des principaux commandants militaires de la Libye jusqu’à la désatreuse expédition au Tchad fin des années 80, a ensuite émigré aux USA et vécu ces vingt dernières années en Virginie. Sans source de revenus connue, mais à petite distance des bureaux… de la CIA. [10] Le monde est petit.

Comment un haut militaire libyen peut-il entrer aux Etats-Unis en toute tranquillité, quelques années après l’attentat terroriste de Lockerbie, pour lequel la Libye a été condamnée, et vivre vingt ans tranquillement à côté de la CIA ? Il a forcément dû offrir quelque chose en échange. Publié en 2001, le livre Manipulations africaines de Pierre Péan retrace les connexions d’Hifter avec la CIA et la création, avec le soutien de celle-ci, du Front National de Libération Libyen. Le seul exploit du dit Front sera l’organisation en 2007, aux USA, d’un « congrès national » financé par le National Endowment for Democracy [11], traditionnel intermédiaire de la CIA pour arroser les organisations au service des Etats-Unis…

En mars de cette année, à une date non communiquée, le président Obama a signé un ordre secret autorisant la CIA à mener des opérations en Libye pour renverser Kadhafi. Le Wall Street Journal, qui relate ceci le 31 mars, ajoute : « Les responsables de la CIA reconnaissent avoir été actifs en Libye depuis plusieurs semaines, tout comme d’autres services occidentaux. ».

Tout ceci n’est plus très secret, ça figure depuis un bon moment sur Internet, et ce qui est étonnant, c’est que les grands médias n’en aient pas dit un mot. Pourtant, on a déjà connu de nombreux exemples de « combattants de la liberté » ainsi armés et financés par la CIA. Par exemple, dans les années 80, les milices terroristes contras, mises sur pied par Reagan pour déstabiliser le Nicaragua et renverser son gouvernement progressiste. N’a-t-on rien appris de l’Histoire ? Cette « gauche » européenne qui applaudit aux bombardements n’utilise pas Internet ?

Faut-il s’étonner que les services italiens « balancent » ainsi les exploits de leurs confrères français et que ceux-ci « balancent » leurs collègues US ? Seulement si on croit aux belles histoires sur l’amitié entre « alliés occidentaux ». On va en parler…

A SUIVRE :

2. Les objectifs des USA vont bien au-delà du pétrole

3. Pistes pour agir

Source : www.michelcollon.info

Notes

[1] Reuters, 22/3.

[2] Sunday Times, 16 septembre 2007.

[3] Washington Post, 17 septembre 2007.

[4] Collision Course, Praeger, 2005, p.xiii.

[5] Does America need a foreign policy ?, Simon and Schuster, 2001, p. 111.

[6] Le Grand Echiquier, Paris 1997, p. 59-61.

[7] Michel Collon, Attention, médias ! Bruxelles, 1992, p. 92.

[8] Michel Collon, Monopoly, - L’Otan à la conquête du monde, Bruxelles 2000, page 38.

[9] Michael Smith, La véritable information des mémos de Downing Street, Los Angeles Times, 23 juin 2005.

[10] McClatchy Newspapers (USA), 27 mars.

[11] Eva Golinger, Code Chavez, CIA contre Venezuela, Liège, 2006

7 avril 2011

http://www.michelcollon.info/Comprendre-la-guerre-en-Libye.html



 

n°11 - Géopolitique et stratégie de Libye - 08-04 au 10-04 – Fin- Nous n'étions pas informés que les forces de l'opposition utilisaient des tanks...

n°11 - Géopolitique et stratégie de Libye - 08-04 au 10-04 – Fin- Nous n'étions pas informés que les forces de l'opposition utilisaient des tanks...

 



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



‘Géopolitique et stratégie’  de Libye

n°11                                       08-04 au 10-04

C.De broeder & M.Lemaire



Le " Géopolitique et stratégie de Libye" est  visible  sur les blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.



5 Annexe

5-2 Michel Collon : Comprendre la guerre en Libye (2/3)




5-2 Michel Collon : Comprendre la guerre en Libye (2/3)

8 avril 2011

Quels sont les véritables objectifs des Etats-Unis ?

A ce stade de notre réflexion, plusieurs indices permettent déjà d’écarter définitivement la thèse de la guerre humanitaire ou de la réaction impulsive face aux événements. Si Washington et Paris ont délibérément refusé toute négociation, s’ils ont « travaillé » depuis un bon moment l’opposition libyenne et préparé des scénarios détaillés d’intervention, si les porte-avions se tenaient depuis longtemps prêts à intervenir (comme l’a confirmé l’amiral Gary Roughead, chef de l’US Navy : « Nos forces étaient déjà positionnées contre la Libye », Washington, 23 mars), c’est forcément que cette guerre n’a pas été décidée au dernier moment en réaction à des événements soudains, mais qu’elle avait été planifiée. Parce qu’elle poursuit des objectifs majeurs qui dépassent largement la personne de Kadhafi. Lesquels ?

Voir la partie 1

 

Les objectifs des USA vont bien au-delà du pétrole

Dans cette guerre contre la Libye, Washington poursuit plusieurs objectifs simultanément : 1. Contrôler le pétrole. 2. Sécuriser Israël. 3. Empêcher la libération du monde arabe. 4. Empêcher l’unité africaine. 5. Installer l’Otan comme gendarme de l’Afrique.

Ca fait beaucoup d’objectifs ? Oui. Tout comme lors des guerres précédentes : Irak, Yougoslavie, Afghanistan. En effet, une guerre de ce type coûte cher et comporte des risques importants pour l’image des Etats-Unis, surtout quand ils ne parviennent pas à gagner. Si Obama déclenche une telle guerre, c’est qu’il en attend des gains très importants.

 

Objectif n° 1 : Contrôler l’ensemble du pétrole

Certains disent que cette fois, ce n’est pas une guerre du pétrole, car les quantités libyennes seraient marginales dans la production mondiale et que, de toute façon, Kadhafi vendait déjà son pétrole aux Européens. Mais ils ne comprennent pas en quoi consiste la « guerre mondiale du pétrole »…

Avec l’aggravation de la crise générale du capitalisme, les grandes puissances économiques se livrent une compétition de plus en plus acharnée. Les places sont chères dans ce jeu de chaises musicales. Pour garantir une chaise à ses multinationales, chaque puissance doit se battre sur tous les fronts : conquérir des marchés, conquérir des zones de main d’œuvre profitable, obtenir de gros contrats publics et privés, s’assurer des monopoles commerciaux, contrôler des Etats qui lui accorderont des avantages… Et surtout, s’assurer la domination sur des matières premières convoitées. Et avant tout, le pétrole.

En 2000, analysant les guerres à venir dans notre livre Monopoly, nous écrivions : « Qui veut diriger le monde, doit contrôler le pétrole. Tout le pétrole. Où qu’il soit. ». Si vous êtes une grande puissance, il ne vous suffit pas d’assurer votre propre approvisionnement en pétrole. Vous voudrez plus, vous voudrez le maximum. Non seulement pour les énormes profits, mais surtout parce qu’en vous assurant un monopole, vous serez à même d’en priver vos rivaux trop gênants ou de les soumettre à vos conditions. Vous détiendrez l’arme absolue. Chantage ? Oui.

Depuis 1945, les Etats-Unis ont tout fait pour s’assurer ce monopole sur le pétrole. Un pays rival comme le Japon dépendait par exemple à 95% des USA pour son approvisionnement en énergie. De quoi garantir son obéissance. Mais les rapports de force changent, le monde devient multipolaire et les Etats-Unis font face à la montée de la Chine, à la remontée de la Russie, à l’émergence du Brésil et d’autres pays du Sud. Le monopole devient de plus en plus difficile à maintenir.

Le pétrole libyen, c’est seulement 1% ou 2% de la production mondiale ? D’accord, mais il est de la meilleure qualité, d’extraction facile et donc très rentable. Et surtout il est situé tout près de l’Italie, de la France et de l’Allemagne. Importer du pétrole du Moyen-Orient, d’Afrique noire ou d’Amérique latine se ferait à un coût bien supérieur. Il y a donc bel et bien bataille pour l’or noir libyen. D’autant plus pour un pays comme la France, la plus engagée dans un programme nucléaire devenu bien hasardeux.

Dans ce contexte, il faut rappeler deux faits. 1. Kadhafi désirait porter la participation de l’Etat libyen dans le pétrole de 30% à 51%. 2. Le 2 mars dernier, Kadhafi s’était plaint que la production pétrolière de son pays était au plus bas. Il avait menacé de remplacer les firmes occidentales ayant quitté la Libye par des sociétés chinoises, russes et indiennes. Est-ce une coïncidence ? Chaque fois qu’un pays africain commence à se tourner vers la Chine, il lui arrive des problèmes.

Voici un autre indice : Ali Zeidan, l’homme qui a lancé le chiffre de « six mille morts civils », qui auraient été victimes des bombardements de Kadhafi, cet homme est aussi le porte-parole du fameux CNT, le gouvernement d’opposition, reconnu par la France. Eh bien, à ce titre, Ali Zeidan a déclaré que « les contrats signés seront respectés", mais que le futur pouvoir « prendra en considération les nations qui nous ont aidés » ! C’est donc bien une nouvelle guerre du pétrole. Mais elle ne se déroule pas seulement contre la Libye…

 

Pourquoi ces rivalités USA – France - Allemagne ?

Si la guerre contre la Libye est juste humanitaire, on ne comprend pas pourquoi ceux qui la mènent se disputent entre eux. Pourquoi Sarkozy s’est-il précipité pour être le premier à bombarder ? Pourquoi s’est-il fâché lorsque l’Otan a voulu prendre le contrôle des opérations ? Son argument « L’Otan est impopulaire dans les pays arabes » ne tient pas debout. Comme si lui, Sarkozy, y était tellement populaire après avoir à ce point protégé Israël et Ben Ali !

Pourquoi l’Allemagne et l’Italie ont-elles été si réticentes face à cette guerre ? Pourquoi le ministre italien Frattini a-t-il d’abord déclaré qu’il fallait « défendre la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Libye » et que « l’Europe ne devrait pas exporter la démocratie en Libye »[1] ? Simples divergences sur l’efficacité humanitaire ? Non, il s’agit là aussi d’intérêts économiques. Dans une Europe confrontée à la crise, les rivalités sont de plus en plus fortes aussi. Il y a quelques mois encore, on défilait à Tripoli pour embrasser Kadhafi et empocher les gros contrats libyens. Ceux qui les avaient obtenus, n’avaient pas intérêt à le renverser. Ceux qui ne les avaient pas obtenus, y ont intérêt.

Qui était le premier client du pétrole libyen ? L’Italie. Qui était le deuxième ? L’Allemagne. Continuons avec les investissements et les exportations des puissances européennes… Qui avait obtenu le plus de contrats en Libye ? L’Italie. Numéro deux ? L’Allemagne.

C’est la firme allemande BASF qui était devenue le principal producteur de pétrole en Libye avec un investissement de deux milliards d’euros. C’est la firme allemande DEA, filiale du géant de l’eau RWE, qui a obtenu plus de quarante mille kilomètres carrés de gisements de pétrole et de gaz. C’est la firme allemande Siemens qui a joué le rôle majeur dans les énormes investissements du gigantesque projet « Great Man Made River » : le plus grand projet d’irrigation au monde, un réseau de pipelines pour amener l’eau depuis la nappe aquifère de la Nubie jusqu’au désert du Sahara. Plus de 1.300 puits, souvent à plus de cinq cents mètres de profondeur qui, une fois tous les travaux terminés, fourniront chaque jour 6,5 millions de mètres cubes d’eau à Tripoli, Benghazi, Syrte et d’autres villes. [2] 25 milliards de dollars qui ont attiré quelques convoitises ! De plus, avec ses pétrodollars, la Libye avait aussi engagé un très ambitieux programme pour renouveler ses infrastructures, construire des écoles et des hôpitaux et pour industrialiser le pays.

Profitant de sa puissance économique, l’Allemagne a noué des partenariats économiques privilégiés avec la Libye, l’Arabie saoudite et les pays du Golfe arabique. Elle n’a donc aucune envie d’abîmer son image dans le monde arabe. Quant à l’Italie, il faut rappeler qu’elle colonisa la Libye avec une brutalité inouïe en s’appuyant sur les tribus de l’ouest contre celles de l’est. Aujourd’hui, à travers Berlusconi, les sociétés italiennes ont obtenu quelques beaux contrats. Elles ont donc beaucoup à perdre. Par contre, la France et l’Angleterre qui n’ont pas obtenu les plus beaux morceaux du gâteau, sont à l’offensive pour obtenir le repartage de ce gâteau. Et la guerre en Libye est tout simplement le prolongement de la bataille économique par d’autres moyens. Le monde capitaliste n’est vraiment pas beau.

La rivalité économique se transpose sur le plan militaire. Dans une Europe en crise et dominée par une Allemagne ultraperformante (grâce notamment à sa politique de bas salaires), la France rompt ses alliances et se tourne à présent vers la Grande-Bretagne pour tenter de rééquilibrer la situation. Paris et Londres ont davantage de moyens militaires que Berlin, et tentent de jouer cette carte pour contrer leur faiblesse économique.

 

Objectif n° 2 : Sécuriser Israël

Au Moyen-Orient, tout est lié. Comme Noam Chomsky nous l’a expliqué dans un entretien [3] : « A partir de 1967, le gouvernement US a considéré Israël comme un investissement stratégique. C’était un des commissariats de quartier chargés de protéger les dictatures arabes productrices de pétrole. ». Israël, c’est le flic du Moyen-Orient.

Seulement, le problème nouveau pour Washington, c’est que les nombreux crimes commis par Israël (Liban, Gaza, flotille humanitaire…) l’isolent de plus en plus. Les peuples arabes réclament la fin de ce colonialisme. Du coup, c’est le « flic » qui a besoin d’être protégé. Israël ne peut survivre sans un entourage de dictatures arabes ne tenant aucun compte de la volonté de leurs peuples d’être solidaires des Palestiniens. C’est pourquoi Washington a protégé Moubarak et Ben Ali, et protégera les autres dictateurs.

Les Etats-Unis craignent de « perdre » la Tunisie et l’Egypte dans les années à venir. Ce qui changerait les rapports de force dans la région. Après la guerre contre l’Irak en 2003, qui était aussi un avertissement et une intimidation envers tous les autres dirigeants arabes, Kadhafi avait senti la menace. Il avait donc multiplié les concessions, parfois exagérées, aux puissances occidentales et à leur néolibéralisme. Ce qui l’avait affaiblie sur le plan intérieur des résistances sociales. Quand on cède au FMI, on fait du tort à sa population. Mais si demain la Tunisie et l’Egypte virent à gauche, Kadhafi pourra sans doute revenir sur ces concessions.

Un axe de résistance Le Caire – Tripoli – Tunis, tenant tête aux Etats-Unis et décidé à faire plier Israël serait un cauchemar pour Washington. Faire tomber Kadhafi, c’est donc de la prévention.

 

Objectif n° 3 : Empêcher la libération du monde arabe

Qui règne aujourd’hui sur l’ensemble du monde arabe, son économie, ses ressources et son pétrole ? Pas les peuples arabes, on le sait. Mais pas non plus les dictateurs en place. Certes, ils occupent le devant de la scène, mais les véritables maîtres sont dans les coulisses.

Ce sont les multinationales US et européennes qui décident ce qu’on va produire ou non dans ces pays, quels salaires on paiera, à qui profiteront les revenus du pétrole et quels dirigeants on y imposera. Ce sont les multinationales qui enrichissent leurs actionnaires sur le dos des populations arabes.

Imposer des tyrans à l’ensemble du monde arabe a des conséquences très graves : le pétrole, mais aussi les autres ressources naturelles servent seulement aux profits des multinationales, pas à diversifier l’économie locale et à créer des emplois. En outre, les multinationales imposent des bas salaires dans le tourisme, les petites industries et les services en sous-traitance.

Du coup, ces économies restent dépendantes, déséquilibrées et elles ne répondent pas aux besoins des peuples. Dans les années à venir, le chômage va encore s’aggraver. Car 35% des Arabes ont moins de quinze ans. Les dictateurs sont des employés des multinationales, chargés d’assurer leurs profits et de briser la contestation. Les dictateurs ont pour rôle d’empêcher la Justice sociale.

Trois cent millions d’Arabes répartis en vingt pays, mais se considérant à juste titre comme une seule nation, se trouvent donc placés face à un choix décisif : accepter le maintien de ce colonialisme ou devenir indépendants en empruntant une voie nouvelle ? Tout autour, le monde est en plein bouleversement : la Chine, le Brésil et d’autres pays s’émancipent politiquement, ce qui leur permet de progresser économiquement. Le monde arabe demeurera-t-il en arrière ? Restera-t-il une dépendance des Etats-Unis et de l’Europe, une arme que ceux-ci utilisent contre les autres nations dans la grande bataille économique et politique internationale ? Ou bien l’heure de la libération va-t-elle enfin sonner ?

Cette idée terrorise les stratèges de Washington. Si le monde arabe et le pétrole leur échappent, c’en est fini de leur domination sur la planète. Car les Etats-Unis, puissance en déclin économique et politique, sont de plus en plus contestés : par l’Allemagne, par la Russie, par l’Amérique latine et par la Chine. En outre, de nombreux pays du Sud aspirent à développer les relations Sud – Sud, plus avantageuses que la dépendance envers les Etats-Unis.

Ceux-ci ont de plus en plus de mal à se maintenir comme la plus grande puissance mondiale, capable de piller des nations entières et capable de porter la guerre partout où ils le décident. Répétons-le : si demain le monde arabe s’unit et se libère, si les Etats-Unis perdent l’arme du pétrole, ils ne seront plus qu’une puissance de second rang dans un monde multipolaire. Mais ce sera un grand progrès pour l’humanité : les relations internationales prendront un nouveau cours, et les peuples du Sud pourront enfin décider de leur propre sort et en finir avec la pauvreté.

Ceux pour qui la démocratie est dangereuse

Les puissances coloniales ou néocoloniales d’hier nous jurent qu’elles ont changé. Après avoir financé, armé, conseillé et protégé Ben Ali, Moubarak et compagnie, voilà que les Etats-Unis, la France et les autres nous inondent de déclarations touchantes. Comme Hillary Clinton : « Nous soutenons l’aspiration des peuples arabes à la démocratie. »

C’est un mensonge total. Les Etats-Unis et leurs alliés ne veulent absolument pas d’une démocratie arabe, ne veulent absolument pas que les Arabes puissent décider sur leur pétrole et leurs autres richesses. Ils ont donc tout fait pour freiner la démocratisation, pour maintenir au pouvoir des responsables de l’ancien régime. Et, quand cela échoue, pour imposer d’autres dirigeants à eux, chargés de démobiliser les résistances populaires. Le pouvoir égyptien vient par exemple de prendre des mesures anti-grèves très brutales.

Expliquer la guerre contre la Libye par cette idée qu’après la Tunisie et l’Egypte, Washington et Paris auraient « compris » et voudraient se donner bonne conscience ou en tout cas redorer leur blason, ce n’est donc qu’une grosse tromperie. En réalité, la politique occidentale dans le monde arabe forme un ensemble qui s’applique sous trois formes diverses : 1. Maintenir des dictatures répressives. 2. Remplacer Moubarak et Ben Ali par des pions sous contrôle. 3. Renverser les gouvernements de Tripoli, Damas et Téhéran pour recoloniser ces pays « perdus ». Trois méthodes, mais un même objectif : maintenir le monde arabe sous domination pour continuer à l’exploiter.

La démocratie est dangereuse quand on représente seulement les intérêts d’une toute petite minorité sociale. Ce qui fait très peur aux Etats-Unis, c’est que le mécontentement social a éclaté dans pratiquement toutes les dictatures arabes… En Irak (et nos médias n’en ont rien dit), de nombreuses grèves ont touché le pétrole, le textile, l’électricité et d’autres secteurs. A Kut, les troupes US ont même encerclé une usine textile en grève. On a manifesté dans seize des dix-huit provinces, toutes communautés confondues, contre ce gouvernement corrompu qui abandonne son peuple dans la misère. A Bahrein, sous la pression de la rue, le roi a fini par promettre une bourse spéciale de 2.650 $ à chaque famille. A Oman, le sultan Qaboos bin Said a remplacé la moitié de son gouvernement et augmenté le salaire minimum de 40%, ordonnant de créer cinquante mille emplois. Même le roi saoudien Fahd a débloqué 36 milliards de dollars pour aider les familles à bas et moyens revenus !

Evidemment, une question surgit de suite chez tous les gens simples : mais s’ils avaient tout cet argent, pourquoi le gardaient-ils dans leurs coffres ? La question suivante étant : combien d’autres milliards ont-ils volé à leurs peuples avec la complicité des Etats-Unis ? Et la dernière : comment mettre fin à ce vol ?

« Révolutions Facebook », grand complot US ou vraies révolutions ?

Une interprétation erronée s’est répandue sur Internet : les révolutions arabes auraient été déclenchées et manipulées par les Etats-Unis. Ils en auraient tiré les ficelles pour opérer des changements bien contrôlés et pouvoir attaquer la Libye, la Syrie, l’Iran. Tout aurait été « fabriqué ». L’argument pour cette thèse : des organismes plus ou moins officiels avaient invité aux USA et formé des « cyberactivistes » arabes qui ont joué un rôle en pointe dans la circulation des infos et qui ont symbolisé une révolution de type nouveau, la « révolution Facebook ».

L’idée de ce grand complot ne tient pas. En réalité, les Etats-Unis ont tout fait pour maintenir aussi longtemps que possible Moubarak, dictateur bien utile. Cependant, ils le savaient en mauvaise santé et « fini ». Dans ce genre de situations, ils préparent évidemment un « Plan B » et même un « Plan C ». Le Plan B consistait à remplacer Moubarak par un de ses adjoints. Mais ça avait peu de chances de marcher, vu la colère profonde du peuple égyptien.

Donc, ils avaient préparé aussi un, voire plusieurs Plan C, comme ils le font d’ailleurs dans pratiquement tous les pays qu’ils veulent contrôler. Ca consiste en quoi ? Ils achètent à l’avance quelques opposants et intellectuels - que ceux-ci s’en rendent compte ou non - et « investissent » donc dans l’avenir. Le jour venu, ils propulsent ces gens sur le devant de la scène. Combien de temps ça marchera, c’est une autre question dès lors que la population est mobilisée et qu’un régime, même relifté, ne peut résoudre les revendications populaires si son but est de maintenir l’exploitation des gens.

Parler de « révolution Facebook » est un mythe qui arrange bien les USA. Autant nous avons signalé depuis longtemps l’importance cruciale des nouvelles méthodes d’info et de mobilisation sur Internet, autant est absurde l’idée que Facebook remplacerait les luttes sociales et les révolutions. Cette idée convient bien aux grands capitalistes (dont Moubarak était le représentant), mais en réalité ce qu’ils craignent par dessus tout, c’est la contestation des travailleurs, car elle met directement en danger leur source de profits.

 

Le rôle des travailleurs

Facebook est une méthode de lutte, ce n’est pas l’essence de la révolution. Cette présentation veut escamoter le rôle de la classe ouvrière (au sens large), qui serait remplacée par Internet. En réalité, une révolution est une action par laquelle ceux d’en bas donnent leur congé à ceux d’en haut. Avec un changement radical non seulement du personnel politique, mais surtout dans les rapports d’exploitation sociale.

Aïe ! Selon nos grands penseurs officiels, ça fait longtemps qu’on n’aurait plus le droit d’employer le terme « lutte de classe » qui serait dépassé et même un peu obscène. Pas de chance pour vous, le deuxième homme le plus riche du monde, le grand boursier Warren Buffet, a lâché le morceau il y a quelque temps : « D’accord, il y a une lutte de classe en Amérique. Mais c’est ma classe, la classe des riches, qui fait la guerre et nous la gagnons. ». [4] Ça, Monsieur Buffett, il ne faut jamais en jurer avant la fin de la pièce ! Rira bien…

Mais les réalités tunisiennes et égyptiennes confirment la réalité de la lutte des classes, en accord avec Monsieur Buffett… Quand Ben Ali a-t-il fait sa valise ? Le 14 janvier, quand les travailleurs tunisiens étaient engagés dans une grève générale. Quand Moubarak a-t-il quitté son trône ? Lorsqu’une puissante grève des ouvriers égyptiens a paralysé les usines de textile, la poste et même les médias officiels. Explication par Joel Beinin, professeur à l’université de Stanford et ancien directeur à l’université américaine du Caire : « Ces dix dernières années, une vague énorme de protestations sociales avaient touché plus de deux millions de travailleurs dans plus de trois mille grèves, sit-ins et autres formes de protestation. Tel était l’arrière-plan de tout ce soulèvement révolutionnaire des dernières semaines… Mais dans les derniers jours, on a vu des dizaines de milliers de travailleurs lier leurs revendications économiques avec l’exigence d’abolir le régime Moubarak… ». [5]

La révolution arabe ne fait que commencer. Après les premières victoires populaires, la classe dominante, toujours au pouvoir, tente d’apaiser le peuple avec quelques petites concessions. Obama souhaitait que la rue se calme au plus vite et que tout reste comme avant. Cela peut marcher un temps, mais la révolution arabe est en route. Elle peut prendre des années mais sera difficile à arrêter.

Objectif n° 4 : Empêcher l’unité africaine

Continent le plus riche de la planète, avec une profusion de ressources naturelles, l’Afrique est aussi le plus pauvre. 57% vivent sous le seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec moins d’1,25 $ par jour.

La clé de ce mystère ? C’est justement que les multinationales ne paient pas ces matières premières, elles les volent. En Afrique, elles pillent les ressources, imposent des bas salaires, des accords commerciaux défavorables et des privatisations nuisibles, elles exercent toutes sortes de pressions et chantages sur des Etats faibles, elles les étranglent par une Dette injuste, elles installent des dictateurs complaisants, elles provoquent des guerres civiles dans les régions convoitées.

L’Afrique est stratégique pour les multinationales, car leur prospérité est basée sur le pillage de ces ressources. Si un prix correct était payé pour l’or, le cuivre, le platine, le coltan, le phosphate, les diamants et les produits agricoles, les multinationales seraient beaucoup moins riches mais les populations locales pourraient échapper à la pauvreté.

Pour les multinationales des Etats-Unis et d’Europe, il est donc vital d’empêcher l’Afrique de s’unir et de s’émanciper. Elle doit rester dépendante. Un exemple, bien exposé par un auteur africain, Jean-Paul Pougala… « L’histoire démarre en 1992 lorsque quarante-cinq pays africains créent la société RASCOM pour disposer d’un satellite africain et faire chuter les coûts de communication sur le continent. Téléphoner de et vers l’Afrique est alors le tarif le plus cher au monde, parce qu’il y avait un impôt de 500 millions de dollars que l’Europe encaissait par an sur les conversations téléphoniques même à l’intérieur du même pays africain, pour le transit des voix sur les satellites européens comme Intelsat.

Un satellite africain coûtait juste 400 millions de dollars payable une seule fois et ne plus payer les 500 millions de location par an. Quel banquier ne financerait pas un tel projet ? Mais l’équation la plus difficile à résoudre était : comment l’esclave peut-il s’affranchir de l’exploitation servile de son maître en sollicitant l’aide de ce dernier pour y parvenir ? Ainsi, la Banque Mondiale , le FMI, les USA, l’Union Européenne ont fait miroiter inutilement ces pays pendant quatorze ans. C’est en 2006 que Kadhafi met fin au supplice de l’inutile mendicité aux prétendus bienfaiteurs occidentaux pratiquant des prêts à un taux usuraire ; le guide libyen a ainsi mis sur la table 300 millions de dollars, La Banque Africaine de Développement a mis 50 millions, la Banque Ouest Africaine de Développement, 27 millions et c’est ainsi que l’Afrique a depuis le 26 décembre 2007 le tout premier satellite de communication de son histoire. Dans la foulée, la Chine et la Russie s’y sont mises, cette fois en cédant leur technologie et ont permis le lancement de nouveaux satellites, sud-africain, nigérian, angolais, algérien et même un deuxième satellite africain est lancé en juillet 2010. Et on attend pour 2020, le tout premier satellite technologiquement 100% africain et construit sur le sol africain, notamment en Algérie. Ce satellite est prévu pour concurrencer les meilleurs du monde, mais à un coût dix fois inférieur, un vrai défi.

Voilà comment un simple geste symbolique de 300 petits millions peut changer la vie de tout un continent. La Libye de Kadhafi a fait perdre à l’Occident, pas seulement 500 millions de dollars par an mais les milliards de dollars de dettes et d’intérêts que cette même dette permettait de générer à l’infini et de façon exponentielle, contribuant ainsi à entretenir le système occulte pour dépouiller l’Afrique. (…) C’est la Libye de Kadhafi qui offre à toute l’Afrique sa première vraie révolution des temps modernes : assurer la couverture universelle du continent pour la téléphonie, la télévision, la radiodiffusion et de multiples autres applications telles que la télémédecine et l’enseignement à distance ; pour la première fois, une connexion à bas coût devient disponible sur tout le continent, jusque dans les zones rurales grâce au système par pont radio WMAX. » [6]

Tiens, voilà quelque chose qu’on ne nous avait pas raconté sur le méchant Kadhafi ! Qu’il aidait les Africains à s’émanciper de l’étouffante tutelle des Occidentaux. Y aurait-il encore d’autres non dits de ce genre ?

Kadhafi a défié le FMI et Obama joue les pick-pockets

Oui. En soutenant le développement du « Fonds monétaire africain » (FMA), Kadhafi a commis le crime de défier le Fonds Monétaire International (FMI). On sait que le FMI, contrôlé par les Etats-Unis et l’Europe, et présidé par Dominique Strauss-Kahn, exerce un véritable chantage sur les pays en développement. Il leur prête seulement à condition que ces pays acceptent de se défaire de leurs entreprises au profit des multinationales, de passer des commandes inintéressantes ou de réduire leurs budgets santé et éducation. Bref, ce banquier FMI est très nuisible.

Eh bien, de même que les Latinos ont lancé leur propre Banco Sur, pour contrer les chantages arrogants du FMI et décider eux-mêmes quels projets vraiment utiles ils veulent financer, voici que le FMA pourrait commencer à offrir une voie plus indépendante aux Africains. Et qui finance le FMA ? L’Algérie a fourni 16 milliards, et la Libye 10 milliards. Soit ensemble 62% de son capital.

Mais, dans la plus grande discrétion médiatique, Obama vient tout simplement de voler trente milliards au peuple libyen. Comment ça s’est passé ? Le 1er mars (bien avant la résolution de l’ONU), il a donné l’ordre au Trésor US de bloquer les dépôts de la Libye aux USA. Puis, le 17 mars, il s’est arrangé pour insérer dans la résolution 1973 de l’ONU une petite phrase autorisant à geler les avoirs de la banque centrale de Libye mais aussi de la compagnie nationale libyenne du pétrole. On sait que Kadhafi a amassé un trésor pétrolier qui lui a permis d’investir dans de grandes sociétés européennes, dans de grands projets de développement africain (et peut-être aussi dans certaines campagnes électorales européennes, mais ceci ne semble pas constituer une forme efficace d’assurance-vie !)…

Bref, la Libye est un pays assez riche (200 milliards de dollars de réserves) qui a attiré les convoitises d’une puissance hyper-endettée : les Etats-Unis. Alors, pour détourner les dizaines de milliards de dollars de la banque nationale libyenne, bref pour faire les poches du peuple libyen, Obama a simplement baptisé tout ça « source potentielle de financement du régime Kadhafi » et le tour était joué. Un vrai pick-pocket.

Malgré tous ses efforts pour amadouer l’Occident en multipliant les concessions au néolibéralisme, Kadhafi inquiétait toujours les dirigeants des Etats-Unis. Un câble de l’ambassade US à Tripoli, datant de novembre 2007, déplore cette résistance : « Ceux qui dominent la direction politique et économique de la Libye poursuivent des politiques de plus en plus nationalistes dans le secteur de l’énergie. » Refuser la privatisation tous azimuts, ça mérite donc des bombardements ? La guerre est bel et bien la continuation de l’économie par d’autres moyens.

Objectif n° 5 : Installer l’Otan comme gendarme de l’Afrique

Au départ, l’Otan était censée protéger l’Europe contre la « menace militaire soviétique ». Donc, une fois l’URSS disparue, l’Otan aurait dû disparaître aussi. Mais ce fut tout le contraire…

Après avoir bombardé en Bosnie en 1995, Javier Solana, secrétaire-général de l’Otan, déclarait : « L’expérience acquise en Bosnie pourra servir de modèle pour nos opérations futures de l’Otan ». A l’époque, j’avais donc écrit : « L’Otan réclame en fait une zone d’action illimitée. La Yougoslavie a été un laboratoire pour préparer de prochaines guerres. Où auront-elles lieu ? ». [7] Et je proposais cette réponse : « Axe n° 1 : Europe de l’Est. Axe n° 2 : Méditerranée et Moyen-Orient. Axe n° 3 : le tiers monde en général. » Nous y sommes, c’est ce programme qui se réalise aujourd’hui.

Dès 1999, l’Otan bombardait la Yougoslavie. Une guerre pour soumettre ce pays au néolibéralisme, ainsi que nous l’avons vu. Etudiant les analyses des stratèges US, je soulignai alors cette phrase de l’un d’eux, Stephen Blank : « Les missions de l’Otan seront de plus en plus ‘out of area’ (hors de sa zone de défense). Sa fonction principale deviendrait donc d’être le véhicule de l’intégration de régions toujours plus nombreuses dans la communauté occidentale économique, de sécurité, politique et culturelle. » [8]

Soumettre des régions toujours plus nombreuses à l’Occident ! J’écrivis alors : « L’Otan est l’armée au service de la globalisation, l’armée des multinationales. Pas à pas, l’Otan se transforme bel et bien en gendarme du monde. » [9]. Et j’indiquais les prochaines cibles probables de l’Otan : Afghanistan, Caucase, retour en Irak… Pour commencer.

Aujourd’hui que tout cela s’est effectivement réalisé, certains me demandent : « Vous aviez une boule de cristal ? ». Pas besoin de boule de cristal, il suffit d’étudier les documents du Pentagone et des grands bureaux de stratégie US, qui ne sont même pas secrets, et de saisir leur logique.

Et cette logique de l’Empire est en fait très simple : 1. Le monde est une source de profits. 2. Pour gagner la guerre économique, il faut être la superpuissance dominante. 3. Pour ça, il faut contrôler les matières premières, les régions et les routes stratégiques. 4. Toute résistance à ce contrôle doit être brisée : par la corruption, le chantage ou la guerre, peu importent les moyens. 5. Pour rester la superpuissance dominante, il faut absolument empêcher les rivaux de s’allier contre le maître.

Expansion de l’Otan : sur trois continents déjà !

Pour défendre ces intérêts économiques et devenir le gendarme du monde, les dirigeants de l’Otan sèment la panique : « Notre monde sophistiqué, industrialisé et complexe a été assailli par bon nombre de menaces mortelles : changement climatique, sécheresse, famine, cybersécurité, question énergétique » [10], Ainsi, des problèmes non militaires, mais sociaux et environnementaux sont utilisés comme prétextes pour augmenter les armements et les interventions militaires.

Le but de l’Otan est en fait de se substituer à l’ONU. Cette militarisation du monde rend notre avenir de plus en plus dangereux. Et cela a bien sûr un coût terrible : les Etats-Unis prévoient pour 2011 un budget militaire record de 708 milliards. Soit 2.320 dollars par habitant ! Deux fois plus qu’aux débuts de Bush. De plus, le ministre US de la Guerre, Robert Gates, ne cesse de pousser les Européens à dépenser plus : « La démilitarisation de l’Europe constitue un obstacle à la sécurité et à une paix durable au 21ème siècle. » [11]Les pays européens ont dû s’engager envers Washington à ne pas diminuer leurs dépenses militaires. Tout profit pour les firmes d’armement.

L’expansion mondiale de l’Otan n’a rien à voir avec Kadhafi, Saddam Hussein ou Milosevic. Il s’agit d’un plan global pour maintenir la domination sur la planète et ses richesses, pour maintenir les privilèges des multinationales, pour empêcher les peuples de choisir leur propre voie. L’Otan a protégé Ben Ali, Moubarak et les tyrans d’Arabie saoudite, l’Otan protégera ceux qui vont leur succéder, l’Otan brisera seulement ceux qui résistent à l’Empire.

Pour devenir gendarme du monde, l’Otan avance en effet pas à pas. Une guerre en Europe contre la Yougoslavie, une guerre en Asie contre l’Afghanistan et à présent, une guerre en Afrique contre la Libye. Déjà trois continents ! Elle avait bien été tentée d’intervenir aussi en Amérique latine en organisant des manœuvres contre le Venezuela il y a deux ans. Mais là, c’était trop risqué, car l’Amérique latine est de plus en plus unie et refuse les « gendarmes » des USA.

Pourquoi Washington veut-elle absolument installer l’Otan comme gendarme de l’Afrique ? A cause des nouveaux rapports de forces mondiaux, analysés plus haut : Etats-Unis en déclin, contestés : par l’Allemagne, la Russie, l’Amérique latine et la Chine, et même par des pays petits et moyens du tiers monde.

Pourquoi ne parle-t-on pas d’Africom ?

Ce qui inquiète le plus Washington, c’est la puissance croissante de la Chine. Proposant des relations plus égalitaires aux pays asiatiques, africains et latino-américains, achetant les matières premières à meilleur prix et sans chantage colonial, proposant des crédits plus intéressants, réalisant des travaux d’infrastructure utiles au développement, la Chine leur offre une alternative à la dépendance envers Washington, Londres ou Paris. Alors, que faire pour contrer la Chine ?

Le problème, c’est qu’une puissance en déclin économique a moins de moyens de pression financière même sur les pays africains, les Etats-Unis ont donc décidé d’utiliser leur meilleure carte : la carte militaire. Il faut savoir que leurs dépenses militaires dépassent celles de tous les autres pays du globe réunis. Depuis plusieurs années, ils avancent peu à peu leurs pions sur le continent africain. Le 1er octobre 2008, ils ont installé « Africom » (Africa Command). Tout le continent africain (à l’exception de l’Egypte) a été placé sous un seul commandement US unifié regroupant l’US Army, l’US Navy, l’US Air Force, les Marines et les « opérations spéciales » (débarquements, coups d’Etat, actions clandestines…). L’idée étant de répéter ensuite le mécanisme avec l’Otan pour appuyer les forces US.

Washington, voyant des terroristes partout, en a trouvé en Afrique aussi. Comme par hasard aux alentours du pétrole nigérian et d’autres ressources naturelles convoitées. Donc, si vous voulez savoir où se dérouleront les prochains épisodes de la fameuse « guerre contre le terrorisme », cherchez sur la carte le pétrole, l’uranium et le coltan, et vous aurez trouvé. Et comme l’Islam est répandu dans de nombreux pays africains, dont le Nigéria, vous avez déjà le prochain scénario…

Objectif réel d’Africom : « stabiliser » la dépendance de l’Afrique, l’empêcher de s’émanciper, l’empêcher de devenir un acteur dépendant qui pourrait s’allier à la Chine et à l’Amérique latine. Africom constitue une arme essentielle dans les plans de domination mondiale des Etats-Unis. Ceux-ci veulent pouvoir s’appuyer sur une Afrique et des matières premières sous contrôle exclusif dans la grande bataille qui s’est déclenchée pour le contrôle de l’Asie et pour le contrôle de ses routes maritimes. En effet, l’Asie est le continent où se joue d’ores et déjà la bataille économique décisive du 21ème siècle. Mais c’est un gros morceau avec une Chine très forte et un front d’économies émergentes qui ont intérêt à former un bloc. Washington veut dès lors contrôler entièrement l’Afrique et fermer la porte aux Chinois.

La guerre contre la Libye est donc une première étape pour imposer Africom à tout le continent africain. Elle ouvre une ère non de pacification du monde, mais de nouvelles guerres. En Afrique, au Moyen-Orient, mais aussi tout autour de l’Océan indien, entre l’Afrique et la Chine.

Pourquoi l’Océan indien ? Parce que si vous regardez une carte, vous voyez que c’est la porte de la Chine et de l’Asie toute entière. Donc, pour contrôler cet océan, Washington cherche à maîtriser plusieurs zones stratégiques : 1. Le Moyen-Orient et le Golfe persique, d’où sa nervosité à propos de pays comme l’Arabie saoudite, le Yemen, Bahrein et l’Iran. 2. La Corne de l’Afrique, d’où son agressivité envers la Somalie et l’Erythrée. Nous reviendrons sur ces géostratégies dans le livre Comprendre le monde musulman – Entretiens avec Mohamed Hassan que nous préparons pour bientôt.

Le grand crime de Kadhafi

Revenons à la Libye. Dans le cadre de la bataille pour contrôler le continent noir, l’Afrique du Nord est un objectif majeur. En développant une dizaine de bases militaires en Tunisie, au Maroc et en Algérie ainsi que dans d’autres nations africaines, Washington s’ouvrirait la voie pour établir un réseau complet de bases militaires couvrant l’ensemble du continent.

Mais le projet Africom a rencontré une sérieuse résistance des pays africains. De façon hautement symbolique, aucun n’a accepté d’accueillir sur son territoire le siège central d’Africom. Et Washington a dû maintenir ce siège à… Stuttgart en Allemagne, ce qui était fort humiliant. Dans cette perspective, la guerre pour renverser Kadhafi est au fond un avertissement très clair aux chefs d’Etat africains qui seraient tentés de suivre une voie trop indépendante.

Le voilà, le grand crime de Kadhafi : la Libye n’avait accepté aucun lien avec Africom ou avec l’Otan. Dans le passé, les Etats-Unis possédaient une importante base militaire en Libye. Mais Kadhafi la ferma en 1969. C’est évident, la guerre actuelle a notamment pour but de réoccuper la Libye. Ce serait un avant-poste stratégique permettant d’intervenir militairement en Egypte si celle-ci échappait au contrôle des Etats-Unis.

Quelles sont les prochaines cibles en Afrique ?

La question suivante sera donc : après la Libye, à qui le tour ? Quels autres pays africains pourraient être attaqués par les Etats-Unis ? C’est simple. Sachant que la Yougoslavie avait aussi été attaquée parce qu’elle refusait de rentrer dans l’Otan, il suffit de regarder la liste des pays n’ayant pas accepté de s’intégrer dans Africom, sous le commandement militaire des Etats-Unis. Il y en a cinq : Libye, Soudan, Côte d’Ivoire, Zimbabwe, Erythrée. Voilà les prochaines cibles.

Le Soudan a été scindé et placé sous la pression de sanctions internationales. Le Zimbabwe est sous sanctions également. La Côte d’Ivoire s’est vu imposer une guerre civile fomentée par l’Occident. L’Erythrée s’est vu imposer une guerre terrible par l’Ethiopie, agent des USA dans la région, elle est sous sanctions également.

Tous ces pays ont été ou vont être l’objet de campagnes de propagande et de désinformation. Qu’ils soient dirigés ou non par des dirigeants vertueux et démocratiques n’a rien à voir. L’Erythrée tente une expérience de développement économique et sociale autonome en refusant les « aides » que voudraient lui imposer la Banque mondiale et le FMI contrôlés par Washington. Ce petit pays remporte de premiers succès dans son développement, mais il est sous menace internationale. D’autres pays, s’ils « tournent mal », sont également dans le collimateur des Etats-Unis. L’Algérie particulièrement. En fait, il ne fait pas bon suivre sa propre voie…

Et pour ceux qui croiraient encore que tout ceci relève d’une « théorie du complot », que les USA ne programment pas tant de guerres mais improvisent en réagissant à l’actualité, rappelons ce qu’avait déclaré en 2007 l’ex-général Wesley Clark (commandant suprême des forces de l’Otan en Europe entre 1997 et 2001, qui dirigea les bombardements sur la Yougoslavie) : « En 2001, au Pentagone, un général m’ a dit : ‘Je viens de recevoir un mémo confidentiel (‘classified’) du secrétaire à la Défense : nous allons prendre sept pays en cinq ans, en commençant par l’Irak, ensuite la Syrie, le Liban, la Libye, la Somalie, le Soudan et pour finir l’Iran’. » [12] Des rêves à la réalité, il y a une marge, mais les plans sont là. Juste retardés.

Source : www.michelcollon.info


[1] Marianna Lepore, The war in Libya and Italian interests, inaltreparole.net, 22 février.

[2] Ron Fraser, Libya accelerates German-Arabian peninsula alliance, Trumpet.com, 21 mars

[3] Michel Collon, Israël, parlons-en !, Bruxelles 2010, p. 172.

[4] New York Times Magazine, novembre 2006.

[5] Interview radio Democracy now, 10 février.

[6] J-P Pougalas, Les mensonges de la guerre contre la Libye, palestine-solidarite.org, 31 mars

[7] Michel Collon, Poker menteur, Bruxelles, 1998, p 160-168.

[8] Nato after enlargement, US Army War College, 1998, p. 97.

[9] Michel Collon, Monopoly – L’Otan à la conquête du monde, Bruxelles 2000, pp. 90 et 102).

[10] Assemblée commune Otan – Lloyd’s à Londres, 1er octobre 2009.

[11] Nato Strategic Concept seminar, Washington, 23 février 2010.

[12] Interview radio Democracy Now, 2 mars 2007

 

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" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


08/04/2011

n°10 - Journal de Libye - 04-04 au 07-04 - Début- On ne veut pas d'un règlement pacifique, on veut la guerre pour protéger les civils !"


n°10 - Journal de Libye - 04-04 au 07-04 -  Début- On ne veut pas d'un règlement pacifique, on veut la guerre pour protéger les civils !"


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal de Libye

n°10                                             04-04 au 07-04

C.De broeder & M.Lemaire



Le " Journal de Libye" est  visible  sur les blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm


Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.


Tiré à part :

On ne veut pas d'un règlement pacifique, on veut la guerre pour protéger les civils !"

Brèves...

Au jour le jour

1 Politique de l'Otan

2 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

2-1 Pourquoi L’OTAN veut-elle un cesser-le-feu à Misrata ? 

2-2 La bataille d’Ajdabiya : 

2-3 Des bombes à l’uranium "appauvri" pleuvent sur la population libyenne (vidéos) :

2-4 L’URANIUM APPAUVRI OU LA GUERRE ATOMIQUE CAMOUFLÉE :

3 Les brèves

3-1 Medvedev et Chavez prônent le règlement pacifique du conflit.

4 Dossier

4-1 Alex Lantier : Des reportages indiquent que les services secrets français ont encouragé les protestations anti-Kadhafi.

4-2 Pierre Beylau : Pluie d'obus humanitaires sur la Côte d'Ivoire et la Libye. 

4-3 Stefan Ulrich : Chassez la Françafrique, elle revient au galop.

4-4 Barry Grey : Les États-Unis a rejeté l'offre de cessez-le-feu.

Fin

4-5 Alex Lantier : Des reportages indiquent que les services secrets français ont encouragé les protestations anti-Kadhafi. 



Tiré à part :

On ne veut pas d'un règlement pacifique, on veut la guerre pour protéger les civils !"

"On ne veut pas d'un règlement pacifique, on veut la guerre pour protéger les civils !" Mais c'est Chavez qui est fou... 

"Le toit des véhicules rebelles arborait des marques jaunes, sur les conseils de l'OTAN, pour permettre l'identification des forces de l'opposition..."

Et tout le monde trouve cela normal.

Ces infos mettent bien en évidence l'hypocrisie extrême de la situation. La résolution des Nations-Unies c'est prétendument "pour protéger les civils", pas du tout a priori pour soutenir des rebelles armés (pas si mal armés que ça, ils ont - ou ils avaient du moins des chars) contre un gouvernement pas plus illégitime qu'eux en tout cas. La résolution n'exige pas du tout de permettre l'avancée des troupes rebelles en leur ouvrant la voie en pillonant les forces gouvernementales. La prise des villes où la population est majoritairement pro-Kadhafi se solderait probablement par un massacre sur lequel on ne voudra pas trop s'appesantir. Comme en Côte d'Ivoire.

La nature de cette "intervention" ne diffère pas beaucoup de l'agression contre l'Irak  ("contre Saddam" disait Bush, comme aujourd'hui c'est "contre Kadhafi"). 

La différence fondamentale, c'est le bel emballage humanitaire. Cela est suffisant pour faire fondre complètement l'immense mobilisation contre la guerre de 2003. Mettez en avant ''intervention contre les atrocités', "protection des civils" et les guerres coloniales des siècles passées seront à nouveau parfaitement au goût du jour


Brèves...

-Une info ou intox de plus: le 05/04/11: "Gbagbo s'est rendu et demande la protection de l'ONU"
                                       le 06/04/11: "Gbagbo, jusqu'au-boutiste retranché dans son bunker" (Le mot "bunker" rappelle qq chose).

jmb



Au jour le jour

Les rebelles libyens accusent l'OTAN d'avoir frappé leurs troupes.

Les rebelles libyens ont affirmé jeudi avoir été victimes de frappes aériennes de l'OTAN, qui a, selon eux, bombardé leurs forces près de la ligne de front, dans la région de Brega (nord-est). Au moins deux insurgés ont été tués et 16 autres blessés, selon une source médicale. 

L'attaque, survenue jeudi à 30 km du port pétrolier stratégique de Brega, serait la deuxième frappe accidentelle de l'OTAN contre les rebelles en moins d'une semaine. Le commandant rebelle Ayman Abdul-Karim a précisé que les avions de l'OTAN ont frappé des chars et un convoi comprenant un bus qui transportait des combattants. 

Selon un médecin de l'hôpital d'Ajdabiya, au moins deux rebelles ont été tués et 16 autres blessés dans l'attaque, dont certains souffrent de graves brûlures. Des rebelles ont de leur côté fait état de plusieurs dizaines de tués ou blessés. 

Le toit des véhicules rebelles arborait des marques jaunes, sur les conseils de l'OTAN, pour permettre l'identification des forces de l'opposition, a précisé le commandant Abdul-Karim. Mais les insurgés utilisent des véhicules de l'armée libyenne, et, vu du ciel, leurs convois peuvent ainsi potentiellement ressembler à ceux des forces kadhafistes. 

A Bruxelles, un responsable de l'OTAN a déclaré sous le couvert de l'anonymat que les affirmations des rebelles seraient examinées. Samedi, une frappe de l'OTAN avait dejà tué 13 rebelles dans l'est du pays. Un porte-parole de l'opposition libyenne avait évoqué un "accident malheureux".

L'action de l'OTAN suscite une frustration croissante chez les insurgés. Leurs commandants se sont plaints ces derniers jours que les frappes aériennes n'intervenaient pas assez rapidement et n'étaient pas assez précises pour leur donner un réel avantage sur les troupes de Kadhafi. L'OTAN explique que les pro-Kadhafi se mêlent aux civils pour contrarier les raids alliés. 

Alors que les rebelles comptent sur les gisements pétroliers sous leur contrôle pour financer l'achat d'armes et d'autres marchandises, un pétrolier d'une capacité d'un million de barils a quitté mercredi le port de Tobrouk (est), aux mains de l'opposition, pour Singapour.

Reste que des attaques contre les principaux champs pétroliers contrôlés par les rebelles ont paralysé la production. La Libye affirme que des avions britanniques ont bombardé les installations, mais l'OTAN a démenti, attribuant ces attaques aux forces de Kadhafi.

AP, 7 avril



1 Politique de l'Otan

Intensification des frappes

 "Mise en cause par les rebelles, l'Otan a défendu hier son action en Libye. Elle a affirmé que ses frappes aériennes contre les troupes

de Mouammar Kadhafs 'intrensifisaient chaque jour, tout en rappelant la nécessité d'épargner les populations civiles.

Mardi, Abdel-Fattah Younes, chef d'état major militaire des rebelles, avait estimé que l'otan "ne faisait rien".

Il avait notamment critiqué les lourdeurs bureaucratiues de l'Alliance à l'origine, selon lui, de retards dans ses frappes aériennes.(...)

La porte-parole de l'Otan, Carmen Romero a expliqué que "le tempo des opérations est en train de s'accélérer".

Elle a ainsi expliqué que

137 missions aériennes avaient été menées lundi

186 mardi et que

198 étaient prévues hier".

L'Otan rejette les critiques des insurgés.

Les insurgés libyens ont tort de critiquer l'opération militaire de la coalition occidentale en Libye, a déclaré mercredi le commandant-adjoint de l'Otan dans l'opération libyenne, l'amiral Russell Harding, selon les médias. 

Les insurgés libyens ont mis en cause mardi l'efficacité des forces de l'Otan en Libye et menacé de porter plainte auprès du Conseil de sécurité de l'Onu contre l'insuffisance de l'aide militaire accordée par l'Alliance, qui provoquerait des pertes humaines. 

"Je vous assure que nous veillons jour et nuit à ce qui se passe en Libye et adoptons des mesures pour protéger les populations civiles", a indiqué l'amiral britannique devant les journalistes, en affirmant que l'Alliance contrôlait la situation. 

Les avions de l'Otan effectuent chaque jour des dizaines de vols, prenant pour cibles des sites militaires et des regroupements de blindés libyens, a-t-il rappelé, mais les troupes pro-Kadhafi restent opérationnelles envers et contre tout. 

Le chef d'état-major des insurgés libyen Abdel Fattah Younes a indiqué auparavant que les forces de l'Otan agissaient très lentement, ce qui permettait aux troupes de Mouammar Kadhafi de prendre des villes.  
Selon lui, les rebelles donnent à l'Otan toutes les coordonnées disponibles sur les mouvements des troupes loyalistes et les techniques qu'elles utilisent. Cependant, les décisions ne sont pas prises à temps.

6 avril - RIA Novosti


Sur le terrain

Anders Fogh Rasmussen, voudrait profiter de la situation en Libye

Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, voudrait profiter de la situation en Libye pour étendre la zone de responsabilité otanienne au-delà du territoire européen, a déclaré vendredi à RIA Novosti Dmitri Rogozine, délégué permanent russe auprès de l'Alliance.
En visite à Budapest pour assister à une réunion des ministres de la Défense des 27 pays membres de l'UE, le secrétaire général de l'Alliance a convoqué d'urgence à Bruxelles une réunion des ambassadeurs des pays membres de l'Otan pour discuter de la situation en Libye.
"Le fait même de convoquer une telle réunion du Conseil de l'Otan témoigne du désir du secrétaire général d'élargir la zone géographique de responsabilité de l'Organisation au-delà des pays européens", a indiqué le diplomate.
Jusqu'à présent, la Libye n'était pas un partenaire de l'Alliance et "intéressait peu de personnes au sein de l'Etat-major de l'Otan", a poursuivi l'intéressé. "Néanmoins, les événements récents donnent un prétexte à l'Otan pour essayer de s'implanter dans cette région, sous couvert de vouloir pacifier la situation en Afrique du Nord", a affirmé le représentant permanent.
Interrogé sur une éventuelle convocation du Conseil Russie-Otan consacré à la situation en Libye, M.Rogozine a donné une réponse négative.
"Ce genre de réunion dans le cadre du Conseil Russie-Otan est impossible pour la simple raison que l'Alliance entreprend une démarche assez expérimentale en mettant l'Afrique du Nord sous son égide, ce qui est susceptible de provoquer des mécontentements au sein même de l'Alliance. Il ne s'agit donc pas non plus d'impliquer la Russie", a conclu M.Rogozine.

RIA Novosti


2 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information 

2-1 Pourquoi L’OTAN veut-elle un cesser-le-feu à Misrata ?

À quoi sert un cesser-le-feu pour les Occidentaux ?

L’OTAN veut renouveler à Misrata la stratégie utilisée par la coalition à Ajdabiya. C’est-à-dire vider la ville de ses habitants afin de pouvoir ensuite aider les Benghazistes en bombardant partout dans la ville et autour de la ville avec des obus à l’uranium "appauvri" dans le but de détruire les chars et les armes de l’armée Libyenne.

Et tant pis si la population civile ainsi "protégée" par l’OTAN attrape à son retour le cancer, et si ses enfants naissent désormais avec deux têtes, comme au Kosovo ou en Irak où, là aussi, les Occidentaux se sont débarrassés d’une partie de leurs déchets nucléaires en bombardant à profusion ces pays avec de l’uranium dit "appauvri".

Mais, pour pouvoir vider la ville de ses habitants, afin de la bombarder ensuite, il faudrait commencer par arrêter les combats pendant quelques jours pour que les habitants puissent s’en aller sans trop de risques apparents ; car, s’ils ont peur, il refuseront de partir. C’est pourquoi l’OTAN propose un cesser-le-feu à Misrata.

 

Pour les Occidentaux, un cesser-le-feu, ça sert à préparer la guerre !

 

2-2 La bataille d’Ajdabiya :

http://spip.mai68.org/spip.php?article2518

 

2-3 Des bombes à l’uranium "appauvri" pleuvent sur la population libyenne (vidéos) :

http://spip.mai68.org/spip.php?article2488

 

2-4 L’URANIUM APPAUVRI OU LA GUERRE ATOMIQUE CAMOUFLÉE :

http://spip.mai68.org/spip.php?article2490

(Ce dernier article résume une ancienne émission de Canal + qui prouve qu’en réalité, les munitions à l’uranium "appauvri" sont fabriquées avec des déchets nucléaires.)



3 Les brèves

3-1 Medvedev et Chavez prônent le règlement pacifique du conflit.

Le conflit en Libye doit être réglé par les moyens pacifiques, ont estimé jeudi soir le président russe Dmitri Medvedev et son homologue vénézuélien Hugo Chavez lors d'un entretien téléphonique. 

"Les interlocuteurs ont souligné que toutes les parties concernées devaient respecter les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU. Il faut garantir avant tout la sécurité des civils, mettre fin à l'effusion de sang et rechercher un règlement du conflit dans le cadre du dialogue politique", a rapporté jeudi le service de presse du Kremlin.

7 avril - RIA Novosti



4 Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

4-1 Alex Lantier : Des reportages indiquent que les services secrets français ont encouragé les protestations anti-Kadhafi.

Des reportages sont apparus dans les médias européens prétendant que les efforts déployés par les services secrets français pour déstabiliser ou renverser le gouvernement libyen du colonel Mouammar Kadhafi auraient joué un rôle dans les protestations du mois derniers à Benghazi et qui ont finalement mené à la guerre en Libye.

Le Conseil national, un groupe rebelle libyen basé à Benghazi et dirigé par d’anciens responsables du régime, a réclamé des pouvoirs occidentaux un soutien militaire. Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et le gouvernement français du président Nicolas Sarkozy ont alors lancé une guerre contre la Libye le 19 mars.

Des allégations sur l’implication des services secrets français tournent autour d’un article du journaliste Franco Bechis publié le 23 mars dans le quotidien italien de droite Libero, et intitulé « ‘Sarko’ a manigancé la révolte libyenne. » Il met l’accent sur l’étrange affaire de Nouri Mesmari – ancien chef du protocole de Kadhafi qui s’était enfui à Paris en octobre – et affirme que Mesmari avait mis les fonctionnaires français en contact avec des officiers de l’armée et des activistes à Benghazi complotant contre Kadhafi.

Bechis s’appuie en grande partie sur des dépêches du portail français de l’intelligence économique Maghreb Confidential. Le 21 octobre de l’année dernière, Maghreb Confidential avait rapporté que le «  chef du protocole de Mouammar Kadhafi, Nouri Mesmari, [était] présentement à Paris après une escale en Tunisie. Normalement, Mesmari ne quitte pas son patron d’une semelle et donc des bruits courent qu’il pourrait avoir rompu ses relations de longue date avec le dirigeant libyen. »

Un influent réformateur pro libre-échange de l’élite dirigeante libyenne, Mesmari a joué un rôle crucial au sein du régime Kadhafi. Il a coordonné les visites en Libye des chefs d’Etat étrangers et leur utilisation de la flotte d’avions privés de la Libye. Il a aussi supervisé les versements d'argent de l’Etat aux enfants de Kadhafi qui sont devenus d’importants dirigeants d’entreprises en Libye en s’octroyant des  fonds de l’Etat.

Jeune Afrique, magazine d’informations français sur les affaires africaines, a observé que l’affaire Mesmari « alimente les rumeurs les plus contradictoires. Le ‘Guide’ [c’est-à-dire Kadhafi] aurait, dit-on, giflé et insulté Mesmari lors du sommet arabo-africain qui s’est tenu à Syrte les 9 et 10 octobre. Ce fut en tout cas la dernière apparition publique de l’intéressé avant que ne filtre, le 22 octobre, l’information selon laquelle il aurait fui pour la France. »

Le 18 novembre, Maghreb Confidential écrivait, « Les allées et venues de Nouri Mesmari ont suscité beaucoup de curiosité ces dernières semaines. Le chef du protocole de Mouammar Kadhafi qui semblait être le frère siamois du dirigeant libyen, s’était rendu en France fin octobre, en passant par la Tunisie. Officiellement, Mesmari, qui souffre d’une maladie chronique, était venu à Paris pour subir une intervention chirurgicale. Sa femme et sa fille lui avaient en effet rendu visite et résider un temps à l’Hôtel Concorde Lafayette de Paris. Il a été perdu de vue depuis. Mesmari qui voudrait prendre sa retraite est l’un des plus proches confidents de Kadhafi et connaît parfaitement tous ses secrets. »

Le même jour, Maghreb Confidential faisait état de pourparlers entre des opérateurs français et américains du marché du blé – dont France Export Céréales, FranceAgrimer, des managers de Soufflet, de Louis Dreyfus, de Glencore, de Cani Céréales, Cargill et Conagra – et les moulins d’Etat libyen. Ceux-ci incluaient le Moulin à farine national & Cie à Benghazi et la Compagnie des Moulins à farine & à Fourrage à Tripoli.

La classe dirigeante française était déterminée à développer sa part de marché en Libye. Avant la visite du 14-17 décembre – des banques française Crédit Agricole et Société Générale, les firmes d’ingénierie Alstom et Thales, le groupe Lafarge [matériaux de construction] –Maghreb Confidential écrivait : « Les firmes françaises sont déterminées à grimper dans la hiérarchie des partenaires commerciaux de la Libye. L’Italie est actuellement le numéro un, avec la Chine arrivant en deuxième position et la France loin derrière au sixième rang. »

Mais, selon Bechis, ces visites ont fourni un prétexte aux responsables de l’armée française pour sonder l’opposition des militaires libyens.

Fait intéressant, la visite du négoce du blé avait été initialement prévue en octobre, mais les fonctionnaires français l’avaient reportée à novembre, en mentionnant les grèves d’octobre dans les terminaux pétrolier en France. Ceci a signifié que la visite a eu lieu après la signature finale du 2 novembre de l’alliance militaire entre la Grande-Bretagne et la France, les deux principales puissances qui bombardent la Libye.

L’alliance franco-britannique comprenait un accord pour effectuer un long exercice de bombardement du 21 au 25 mars, portant le nom de code « Southern Mistral » (Mistral du Sud), et ressemblant au bombardement à longue distance de la Libye qui a débuté le 19 mars. L’opération a été annulée en raison du déclenchement de la guerre.

Selon le site Internet de l’armée de l’air française Southern Mistral, « La France et la Grande-Bretagne ont signé le 2 novembre 2010 des accords sans précédent sur la défense et la sécurité. L’opération franco-britannique Southern Mistral qui s’inscrit dans le cadre de ces accords devrait se dérouler du 21 au 25 mars 2011 sur plusieurs bases aériennes françaises. A cette occasion, les forces françaises et britanniques effectueront des missions aériennes de type COMAO (Composite Air Operation, [missions aériennes combinées]) et un raid aérien spécifique (Southern Storm, Tempête du Sud) en vue de délivrer une frappe conventionnelle à très longue distance. (Retraduit de l’anglais)

En commentant la visite de négoce du blé de novembre, Bechis écrit que « sur le papier, il s’agi[ssai]t d’une mission commerciale française pour essayer d’obtenir à Benghazi de juteux contrats. Mais, des militaires français se trouv[aient] aussi dans le groupe, déguisés en hommes d’affaires. A Benghazi, ils vont rencontrer, Abdallah Gehani, un colonel de l’aviation libyenne. Il est au-dessus de tout soupçon, mais l’ancien chef du protocole de Kadhafi a révélé qu’il était prêt à déserter et qu’il avait aussi de bons contacts dans les cercles dissidents tunisiens. L’opération est menée en grand secret, mais quelque chose filtre jusqu’aux hommes les plus proches de Kadhafi. Le colonel se doute de quelque chose. »

Le 28 novembre, Kadhafi a lancé un mandat d’arrêt international à l’encontre de Mesmari pour détournement de fonds et Mesmari a été arrêté le lendemain en France.

Lors de sa garde à vue, il aurait fourni des informations extensives sur la Libye au gouvernement français. Maghreb Confidential avait écrit le 9 décembre, « Craignant pour sa vie, Mesmari a demandé l’asile politique. Officiellement, la Libye affirme qu’il a détourné de l’argent. Jadis, un proche de Mouammar Kadhafi, il a été décrit comme le « WikiLeak libyen » en raison de tout ce qu’il sait sur le régime. S’attendant à ce que d’autres fassent défection, Tripoli a confisqué les passeports de plusieurs fonctionnaires, dont le ministre des Affaires étrangères, Moussa Koussa, qui fait également l’objet d’une enquête pour fraude. »

Mais, le 15 décembre, la cour d’appel de Versailles relâche Mesmari, en jugeant que sa détention était « irrégulière. » Après sa libération, Mesmari est descendu dans une sélection d’hôtels de luxe à Paris, sous la protection du gouvernement français.

Au cours du mois suivant, une série de fonctionnaires libyens ont été envoyés à Paris pour faire revenir Mesmari en Libye. Bechis écrit, « Le 16 décembre, c’est Abdallah Mansour, le chef de la télévision libyenne qui essaie. Les autorités françaises l’arrêtent dans le hall d’entrée de l’hôtel [Concorde Lafayette]. Le 23 décembre, d’autres Libyens arrivent à Paris : Farj Charrani, Fathi Boukhris et All Ounes Mansouri. » Ceux-ci seraient des membres du mouvement anti-Kadhafi lancé le 17 février à Benghazi.

En janvier, la situation devenait plus tendue en Libye alors que les protestations de la classe ouvrière s’étendaient partout dans le pays voisin, en Tunisie, en forçant le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali à démissionner le 14 janvier.

Le fils de Kadhafi, Moatassim, a passé une semaine à Paris en tentant en vain de convaincre Mesmari de revenir en Libye : « Moatassim Kadhafi, a quitté Paris bredouille le 5 février. Le fils de Mouammar Kadhafi qui séjournait depuis fin janvier à l’hôtel de luxe Bristol, n’a pas réussi à persuader Nouri Mesmarai de rentrer au pays. L’ancien chef du protocole de Kadhafi, Mesmari se trouvait officiellement à Paris pour des raisons médicales mais fut brièvement interpellé par les autorités françaises après le lancement du mandat d’arrêt international à son encontre. Tout en affirmant que ‘tout a à présent été résolu’, Mesmari semble peu disposé à rentrer sans disposer de ‘garanties’ à toute épreuve. »

Comme le régime Kadhafi prenait des mesures de sécurité de plus en plus extensives, il a arrêté l’homme nommé par Bechis comme le principal contact de la France à Benghazi, le colonel Abdallah Gehani. Le 27 janvier, Maghreb Confidential a rapporté, « Le général Aoudh Saati, chef du service de renseignement dans l’Est de la Libye (Benghazi), une région historiquement rebelle, a reçu l’ordre d’écraser toute manifestation de solidarité avec la révolution tunisienne. Le gouvernement central reproche à certains officiers de perdre trop de temps sur les réseaux sociaux de l’Internet qui ont tendance à propager des protestations. Plusieurs officiers ont été arrêtés, dont le colonel des forces aériennes Abdallah Gehani. »

Le 17 février, Maghreb Confidential a écrit, « Benghazi est depuis longtemps une épine dans le pied du colonel Kadhafi. La deuxième ville ‘égyptienne’ de la Libye est historiquement un foyer de la rébellion et elle est à la hauteur de sa réputation. Sur huit activistes arrêtés ces derniers jours, six appartiennent au mouvement du 17 février, nommé d’après la répression sanglante contre les manifestants anti-gouvernement à Benghazi du 17 février 2006. Ceux sont Farj Charrani, Fathi Boukhris, Ali Ounes Mansouri, Safiddin Hilal Sahrif, Jalal Kouafi et, bien sûr, [Jamal] Al Hajji »

Le commentaire de Bechis, « Mais c’était trop tard: Gehani avait déjà préparé une révolte avec les Français à Benghazi. »

Par Alex Lantier
31 mars 2011
 

(Article original paru le 28 mars 2011)

http://www.wsws.org/francais/News/2011/mar2011/pari-m31.shtml

 

n°10 - Journal de Libye - 04-04 au 07-04 - On ne veut pas d'un règlement pacifique, on veut la guerre pour protéger les civils !"


n°10 - Journal de Libye - 04-04 au 07-04 -  Fin - On ne veut pas d'un règlement pacifique, on veut la guerre pour protéger les civils !"




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Journal de Libye

n°10                                             04-04 au 07-04

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Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.


Tiré à part :

On ne veut pas d'un règlement pacifique, on veut la guerre pour protéger les civils !"

Brèves...

Au jour le jour

1 Politique de l'Otan

2 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

2-1 Pourquoi L’OTAN veut-elle un cesser-le-feu à Misrata ? 

2-2 La bataille d’Ajdabiya : 

2-3 Des bombes à l’uranium "appauvri" pleuvent sur la population libyenne (vidéos) :

2-4 L’URANIUM APPAUVRI OU LA GUERRE ATOMIQUE CAMOUFLÉE :

3 Les brèves

3-1 Medvedev et Chavez prônent le règlement pacifique du conflit.

4 Dossier

4-1 Alex Lantier : Des reportages indiquent que les services secrets français ont encouragé les protestations anti-Kadhafi.

Fin

4-2 Pierre Beylau : Pluie d'obus humanitaires sur la Côte d'Ivoire et la Libye. 

4-3 Stefan Ulrich : Chassez la Françafrique, elle revient au galop.

4-4 Barry Grey : Les États-Unis a rejeté l'offre de cessez-le-feu.

4-5 Alex Lantier : Des reportages indiquent que les services secrets français ont encouragé les protestations anti-Kadhafi. 


 


4-2 Pierre Beylau : Pluie d'obus humanitaires sur la Côte d'Ivoire et la Libye. 

Il n'est pas possible de faire la guerre à moitié. Et les prétextes humanitaires empêchent d'aller jusqu'au bout.

"C'est une erreur fatale d'entrer en guerre sans la volonté de la gagner."

L'aphorisme est du général Douglas MacArthur. Le vainqueur de la guerre du Pacifique affirmait que si l'on s'engage dans un conflit, il faut avoir des objectifs clairs et être prêt à aller jusqu'au bout pour les atteindre. 

Les interventions en Libye et en Côte d'Ivoire, de nature très différente, ont un point commun. Dans les deux cas ont été invoquées des raisons humanitaires : la protection de populations menacées. C'est ce qui figure en toutes lettres dans les résolutions de l'ONU. Les vrais motifs sont, bien sûr, ailleurs : se débarrasser de Kadhafi à Tripoli et de Gbagbo à Abidjan. Et stabiliser durablement ces deux pays. [bonne chance, c'est bien parti]

Entre Paris et Abidjan, des liens historiques 

Dans nos États occidentaux, et singulièrement en France, l'utilisation de la force armée est par essence suspecte. Il n'est plus possible, par exemple, de mettre en avant la défense d'intérêts stratégiques. Ce n'est pourtant pas honteux, c'est même pour cette mission que sont, notamment, mandatés nos gouvernants. La France et la Côte d'Ivoire ont des liens historiques et Paris, même s'il le voulait, ne peut pas se désintéresser de la tragédie qui s'y déroule. Son intervention est donc des plus légitime.

Mais si vous estimez devoir expédier des avions dans le ciel libyen ou dépêcher une compagnie de légionnaires à Cocody, il vous faut habiller la chose de manière à ce que cela soit compatible avec l'air du temps. Exit donc la défense de nos intérêts. Ne pensez même pas faire figurer cette notion dans un plan com. La promotion de la démocratie à la pointe des baïonnettes, l'obligation morale de mettre un terme à des dictatures barbares sont déjà plus vendables, bien qu'entachées du fâcheux précédent de George Bush en Irak. Reste donc une seule solution pour faire accepter, tant bien que mal, par les opinions publiques le déclenchement des orages d'acier : la menace de génocide pesant sur les populations.

La guerre humanitaire, un oxymore

Mais ce processus contient ses propres contradictions. Sur le plan sémantique comme politique, la guerre humanitaire est un redoutable oxymore à gérer. Si l'intervention n'est qu'humanitaire, comment expliquer que l'on aille bien au-delà de la stricte démarche de protection ? Comment argumenter quand des hélicoptères anéantissent quelques dizaines de véhicules à Abidjan, que des avions bombardent Tripoli ? 

Jadis on prenait évidemment moins de gants : lors de l'opération Barracuda à Bangui (Centrafrique), en 1979, qui aboutit à l'éviction de l'empereur Bokassa, son remplaçant David Dacko, en exil en France, voyageait dans l'un des avions qui transportaient les parachutistes... Époque, bien sûr, révolue.

Reste qu'il serait peut-être plus clair d'expliquer en détail aux Français les véritables raisons d'intervenir en Libye ou en Côte d'Ivoire. Et de ne pas s'abriter éternellement derrière le paravent troué de l'humanitaire.

Pierre Beylau, rédacteur en chef du service Monde

Le Point.fr –

Publié le 07/04/2011


4-3 Stefan Ulrich : Chassez la Françafrique, elle revient au galop.

"La France n'a pas à jouer un rôle de gendarme en Afrique", déclarait en 2008 Nicolas Sarkozy.

Paris a trahi ses promesses en s'engageant militairement en Libye et en Côte d'Ivoire aux côtés de l'ONU, note la Süddeutsche Zeitung.

Voilà des images que la France voulait éviter à tout prix : des soldats français tirent sur des positions militaires et des dépôts de munitions en Côte d'Ivoire et aident les casques bleus à attaquer le palais présidentiel à Abidjan. Les partisans du chef de l'Etat sortant, Laurent Gbagbo, accusent les Français de barbarie et de néocolonialisme. Ceux d'Alassane Ouattara, le président élu, réclament au contraire que Paris s'implique fortement. La France se retrouve malgré elle entraînée dans la guerre civile et doit désormais mener une seconde intervention dans un pays africain, en plus de celle à laquelle elle participe en Libye.

Le président Sarkozy était pourtant entré en fonctions en promettant de réduire la présence militaire française en Afrique. Il voulait normaliser les relations entre la France et ses anciennes colonies, et débarrasser la politique africaine de ses relents d'ingérence et de primauté des intérêts économiques. La Françafrique* devait prendre fin. La France ne serait plus le "gendarme de l'Afrique", avait promis Sarkozy.

La Côte d'Ivoire fournit l'occasion de pratiquer cette nouvelle politique de réserve. Ce pays riche – comparé aux autres Etats africains – avait depuis longtemps la réputation d'être la "vitrine" de la France sur le continent. Sous la présidence du "père" de l'indépendance, Félix Houphouët-Boigny, les relations étaient restées excellentes. Les choses changèrent après l'élection de Laurent Gbagbo en l'an 2000. Le nouveau président chercha rapidement à unir dans la haine contre la France son pays ravagé par la guerre civile. Français et Ivoiriens s'affrontèrent en 2004. La foule fit la chasse aux ressortissants français à Abidjan. Plus de 8 000 d'entre eux durent quitter