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14/03/2011

n°3 - Journal de Libye - 05-03 au 11-03 - Suite- : Le scénario yougoslave pour la Libye?

n°3 - Journal de Libye - 05-03 au 11-03 - Suite- : Le scénario yougoslave pour la Libye?



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Libye : Géopolitique et stratégie 

 n°3 du 13-03

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Le " dossiers du libye" est  visible  sur mes blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) Sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

c) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) Sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm 

 

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Sommaire :  

Tiré à part :

Mohamed Belaali : Le cas de la Libye.

Annie Lacroix-Riz : Sur les appels à "stopper la répression en Libye" .

2 Dossier

2-1 Michel Chossudovsky : Insurrection et intervention militaire: Tentative de coup d'État des États-Unis et de l'OTAN en Libye?

2-2 Grégoire Lalieu, Michel Collon : Libye : révolte populaire, guerre civile ou agression militaire ? 



2-2 Grégoire Lalieu, Michel Collon : Libye : révolte populaire, guerre civile ou agression militaire ?

Depuis trois semaines, des affrontements opposent les troupes fidèles au colonel Kadhafi à des forces d’opposition issues de l’est du pays. Après Ben Ali et Moubarak, Kadhafi sera-t-il le prochain dictateur à tomber ?

Ce qui se passe en Libye est-il semblable aux révoltes populaires en Tunisie et en Egypte ?

Comment comprendre les frasques et les retournements de veste du colonel ?

Pourquoi l’Otan se prépare-t-elle à la guerre ?

Comment expliquer la différence entre un bon Arabe et un mauvais Arabe ?

Dans ce nouveau chapitre de notre série Comprendre le monde musulman, Mohamed Hassan répond aux questions d’Investig’Action...

Intervieweur : Grégoire Lalieu & Michel Collon 

Après la Tunisie et l’Egypte, la révolution arabe aurait-elle gagné la Libye ?

Ce qui se passe actuellement en Libye est différent. En Tunisie et en Egypte, le manque de libertés était flagrant. Mais ce sont les conditions sociales déplorables qui ont véritablement poussé les jeunes à la révolte . Tunisiens et Egyptiens n’avaient aucune possibilité d’entrevoir un avenir.

En Libye, le régime de Mouammar Kadhafi est corrompu, monopolise une grande partie des richesses et a toujours réprimé sévèrement toute contestation. Mais les conditions sociales des Libyens sont meilleures que dans les pays voisins. L’espérance de vie en Libye est plus importante que dans le reste de l’Afrique. Les systèmes de santé et d’éducation sont convenables. La Libye est d’ailleurs l’un des premiers pays africains à avoir éradiqué la malaria. Même s’il y a de fortes inégalités dans la répartition des richesses, le PIB par habitant est d’environ 11.000 dollars. Un des plus élevés du monde arabe. Vous ne retrouvez donc pas en Libye les mêmes conditions objectives qui ont conduit aux révoltes populaires en Tunisie et en Egypte.

 

Comment expliquez-vous alors ce qui se passe en Libye ?

Pour bien comprendre les évènements actuels, nous devons les replacer dans leur contexte historique. La Libye était autrefois une province ottomane. En 1835, la France s’empara de l’Algérie. Par ailleurs, le gouverneur égyptien Mohamed Ali, sous tutelle de l’Empire ottoman, menait une politique de plus en plus indépendante. Avec, d’une part, les Français en Algérie et, d’autre part, Mohamed Ali en Egypte, les Ottomans craignaient de perdre le contrôle de la région : ils envoyèrent leurs troupes en Libye. 

A cette époque, la confrérie des Senoussis exerçait une influence très forte dans le pays. Elle avait été fondée par Sayid Mohammed Ibn Ali as Senoussi, un Algérien qui, après avoir étudié dans son pays et au Maroc, alla prêcher sa vision de l’islam en Tunisie et en Libye. Au début du 19ème siècle, Senoussi commençait à faire de nombreux adeptes, mais n’était pas bien perçu par certaines autorités religieuses ottomanes qu’il critiquait dans ses prêches. Après un passage en Egypte et à la Mecque, Senoussi décida de s’exiler définitivement en Cyrénaïque, dans l’est de la Libye. 

Sa confrérie s’y développa et organisa la vie dans la région, y percevant des taxes, résolvant les conflits entre les tribus, etc. Elle possédait même sa propre armée et proposait ses services pour escorter les caravanes de commerçants passant par là. Finalement, cette confrérie des Senoussis devint le gouvernement de fait de la Cyrénaïque, étendant même son influence jusque dans le nord du Tchad. Mais ensuite, les puissances coloniales européennes s’implantèrent en Afrique, divisant la partie sub-saharienne du continent. Cela eut un impact négatif pour les Senoussis. L’invasion de la Libye par l’Italie entama aussi sérieusement l’hégémonie de la confrérie dans la région.

En 2008, l’Italie a versé des compensations à la Libye pour les crimes coloniaux.

La colonisation avait été à ce point terrible ?

Ou bien Berlusconi voulait se faire bien voir pour conclure des accords commerciaux avec Kadhafi ? 

La colonisation de la Libye fut atroce. Au début du 20ème siècle, un groupe fasciste commença à diffuser une propagande prétendant que l’Italie, vaincue par l’armée éthiopienne à la bataille d’Adoua en 1896, devait rétablir la primauté de l’homme blanc sur le continent noir. Il fallait laver la grande nation civilisée de l’affront infligé par les barbares. Cette propagande affirmait que la Libye était un pays sauvage, habité par quelques nomades arriérés et qu’il conviendrait aux Italiens de s’installer dans cette région agréable, avec son paysage de carte postale. 

L’invasion de la Libye déboucha sur la guerre italo-turque de 1911, un conflit particulièrement sanglant qui se solda par la victoire de l’Italie un an plus tard. Cependant, la puissance européenne ne contrôlait que la région de la Tripolitaine et devait faire face à une résistance tenace dans le reste du pays, particulièrement dans la Cyrénaïque. Le clan des Senoussis y appuyait Omar Al-Mokhtar qui dirigea une lutte de guérilla remarquable, dans les forêts, les grottes et les montagnes. Il infligea de sérieux dégâts à l’armée italienne pourtant mieux équipée et supérieure en nombre.

Finalement, au début des années trente, l’Italie de Mussolini prit des mesures radicales pour éliminer la résistance. La répression devint extrêmement féroce et l’un de ses principaux bouchers, le général Rodolfo Graziani écrivit : « Les soldats italiens étaient convaincus qu’ils étaient investis d’une mission noble et civilisatrice. (…) Ils se devaient de remplir ce devoir humain quel qu’en fût le prix. (…) Si les Libyens ne se convainquent pas du bien-fondé de ce qui leur est proposé, alors les Italiens devront mener une lutte continuelle contre eux et pourront détruire tout le peuple libyen pour parvenir à la paix, la paix des cimetières… ». 

En 2008, Silvio Berlusconi a payé des compensations à la Libye pour ces crimes coloniaux. C’était bien sûr une démarche intéressée : Berlusconi voulait bien se faire voir de Kadhafi pour conclure des partenariats économiques. Néanmoins, on peut dire que le peuple libyen a terriblement souffert du colonialisme. Et parler de génocide ne serait pas exagéré.

 

Comment la Libye gagna-t-elle son indépendance ?

Pendant que les colons italiens réprimaient la résistance en Cyrénaïque, le chef des Senoussis, Idriss, s’exila en Egypte pour négocier avec les Britanniques. Après la Seconde Guerre mondiale, l’empire colonial européen fut progressivement démantelé et la Libye devint indépendante en 1951. Appuyé par la Grande-Bretagne, Idriss prit le pouvoir. Pourtant, une partie de la bourgeoisie libyenne, influencée par le nationalisme arabe qui se développait au Caire, souhaitait que la Libye soit rattachée à l’Egypte. Mais les puissances impérialistes ne voulaient pas voir se développer une grande nation arabe. Elles appuyèrent donc l’indépendance de la Libye en y plaçant leur marionnette, Idriss.

 

Le roi Idriss répondit-il aux attentes ?

 Tout à fait. A l’indépendance, les trois régions qui constituent la Libye - la Tripolitaine, le Fezzan et la Cyrénaïque - se sont retrouvées unifiées dans un système fédéral. Mais il faut savoir que le territoire libyen est trois fois plus grand que la France. A cause du manque d’infrastructures, les limites de ce territoire n’ont pu être clairement définies qu’après l’invention de l’avion. Et en 1951, le pays ne comptait qu’un million d’habitants. De plus, les trois régions nouvellement unifiées avaient une culture et une histoire très différentes. Enfin, le pays manquait de routes permettant aux régions de communiquer. En fait, la Libye était à un stade très arriéré, ce n’était pas une véritable nation.

 

Pouvez-vous préciser ce concept ?

 L’Etat-nation est un concept lié à l’apparition de la bourgeoisie et du capitalisme. En Europe, durant le moyen-âge, la bourgeoisie capitaliste souhaitait développer son commerce sur une échelle aussi large que possible, mais était freinée par toutes les contraintes du système féodal. Les territoires étaient morcelés en de nombreuses petites entités, ce qui imposait aux commerçants de payer un grand nombre de taxes pour livrer une marchandise d’un endroit à un autre. Sans compter les divers privilèges dont il fallait s’acquitter auprès des seigneurs féodaux. Toutes ces entraves ont été supprimées par les révolutions bourgeoises capitalistes qui ont permis la création d’Etats-nations avec de grands marchés nationaux sans entraves. 

Mais la nation libyenne a été créée alors qu’elle était encore à un stade précapitaliste. Elle manquait d’infrastructures, une grande partie de la population était nomade et impossible à contrôler, les divisions étaient très fortes au sein de la société, l’esclavage était encore pratiqué… De plus, le roi Idriss n’avait aucun projet pour développer le pays. Il était totalement dépendant des aides US et britanniques.

 

Pourquoi la Grande-Bretagne et les Etats-Unis le soutenaient-ils ? Le pétrole ?

En 1951, le pétrole libyen n’avait pas encore été découvert. Mais les Anglo-Saxons avaient des bases militaires dans ce pays qui occupe une position stratégique pour le contrôle de la mer Rouge et de la Méditerranée.

Ce n’est qu’en 1954 qu’un riche Texan, Nelson Bunker Hunt, découvrit le pétrole libyen. A l’époque, le pétrole arabe se vendait aux alentours de 90 cents le baril. Mais le pétrole libyen était acheté à 30 cents le baril tellement ce pays était arriéré. C’était peut-être le plus misérable d’Afrique.

 

De l’argent rentrait pourtant grâce au pétrole. A quoi servait-il ?

Le roi Idriss et son clan, les Senoussis, s’enrichissaient personnellement. Ils redistribuaient également une partie des revenus pétroliers aux chefs des autres tribus pour apaiser les tensions. Une petite élite s’est développée grâce au commerce du pétrole et quelques infrastructures ont été construites, principalement sur la côte méditerranéenne, la partie la plus intéressante pour commercer avec l’extérieur. Mais les zones rurales dans le cœur du pays restaient extrêmement pauvres et des tas de miséreux s’amassaient dans des bidonvilles autour des cités. Cela a continué jusqu’en 1969, quand trois officiers ont renversé le roi. Parmi eux, Kadhafi.

 

Comment se fait-il que la révolution soit venue d’officiers de l’armée ?

Dans un pays profondément marqué par les divisions tribales, l’armée était en fait la seule institution nationale. La Libye n’existait pas en tant que telle sauf à travers cette armée. A côté de ça, les Senoussis du roi Idriss possédaient leur propre milice. Mais dans l’armée nationale, les jeunes Libyens issus des différentes régions et tribus pouvaient se retrouver.

Kadhafi a d’abord évolué au sein d’un groupe nassériste, mais lorsqu’il a compris que cette formation ne serait pas capable de renverser la monarchie, il s’est engagé dans l’armée. Les trois officiers qui ont destitué le roi Idriss étaient très influencés par Nasser. Gamal Abdel Nasser était lui-même un officier de l’armée égyptienne qui renversa le roi Farouk. Inspiré par le socialisme, Nasser s’opposait à l’ingérence des puissances néocoloniales et prônait l’unité du monde arabe. Il nationalisa d’ailleurs le canal de Suez, jusque là géré par la France et la Grande-Bretagne, s’attirant les foudres et les bombardements de l’Occident en 1956.

Le panarabisme révolutionnaire de Nasser avait eu un effet important en Libye, notamment dans l’armée et sur Kadhafi. Les officiers libyens auteurs du coup d’Etat de 1969 suivirent le même agenda que Nasser.

 

Quels furent les effets de la révolution en Libye ?

Kadhafi avait deux options. Soit laisser le pétrole libyen aux mains des compagnies occidentales comme l’avait fait le roi Idriss. La Libye serait alors devenue comme ces monarchies pétrolières du Golfe où l’esclavage est encore pratiqué, où les femmes n’ont aucun droit et où des architectes européens peuvent s’éclater à construire des tours farfelues avec des budgets astronomiques qui proviennent en fait des richesses des peuples arabes. Soit suivre une voie indépendante des puissances néocoloniales. Kadhafi a choisi cette deuxième option, il a nationalisé le pétrole libyen, provoquant la colère des impérialistes.

Dans les années 50, une blague circulait à la Maison Blanche, au sein de l’administration Eisenhower qui se développa ensuite en véritable théorie politique sous Reagan. Comment distinguer les bons des mauvais Arabes ? Un bon Arabe fait ce que les Etats-Unis lui disent. En échange, il reçoit des avions, est autorisé à déposer son argent en Suisse, est invité à Washington, etc. Eisenhower et Reagan nommaient ces bons Arabes : les rois d’Arabie Saoudite et de Jordanie, les cheikhs et émirs du Koweït et du Golfe, le Shah d’Iran, le roi du Maroc et bien-sûr, le roi Idriss de Libye. Les mauvais Arabes ? Ceux qui n’obéissaient pas à Washington : Nasser, Kadhafi, Saddam plus tard…

 

Tout de même, Kadhafi n’est pas très…

Kadhafi n’est pas un mauvais Arabe parce qu’il fait tirer sur la foule. On fait la même chose en Arabie Saoudite ou au Bahreïn et les dirigeants de ces pays reçoivent tous les honneurs de l’Occident. Kadhafi est un mauvais Arabe parce qu’il a nationalisé le pétrole libyen que les compagnies occidentales considéraient - jusqu’à la révolution de 69 - comme leur appartenant. Ce faisant, Kadhafi a apporté des changements positifs en Libye, au niveau des infrastructures, de l’éducation, de la santé, de la condition des femmes, etc.

 

Bon, Kadhafi renverse la monarchie, nationalise le pétrole, s’oppose aux puissances impériales et apporte des changements positifs en Libye. Pourtant, quarante ans plus tard, c’est un dictateur corrompu, qui réprime l’opposition et qui ouvre à nouveau les portes du pays aux compagnies occidentales. Comment expliquer ce changement ? 

Dès le départ, Kadhafi s’est opposé aux grandes puissances coloniales et a généreusement soutenu divers mouvements de libération dans le monde. Je trouve qu’il a été très bien pour ça. Mais pour être complet, il faut aussi préciser que le colonel était anticommuniste.

En 1971 par exemple, il fit dérouter vers le Soudan un avion transportant des dissidents communistes soudanais qui furent aussitôt exécutés par le président Nimeyri.

 

En fait, Kadhafi n’a jamais été un grand visionnaire. Sa révolution était une révolution de nationaliste bourgeois et il a instauré en Libye un capitalisme d’Etat. Pour comprendre comment son régime est parti à la dérive, nous devons analyser le contexte qui n’a pas joué en sa faveur, mais aussi les erreurs personnelles du colonel.

Tout d’abord, nous avons vu que Kadhafi était parti de rien en Libye. Le pays était très arriéré. Il n’y avait donc pas de gens éduqués ou une forte classe ouvrière pour appuyer la révolution.

La plupart des personnes ayant reçu une éducation faisaient partie de l’élite qui bradait les richesses libyennes aux puissances néocoloniales. Evidemment, ces gens n’allaient pas soutenir la révolution et la plupart d’entre eux quittèrent le pays pour organiser l’opposition à l’étranger.

 

De plus, les officiers libyens qui ont renversé le roi Idriss étaient très influencés par Nasser. L’Egypte et la Libye prévoyait d’ailleurs de nouer un partenariat stratégique. Mais la mort de Nasser en 1970 fit tomber le projet à l’eau et l’Egypte devint un pays contre-révolutionnaire, aligné sur l’Ouest. Le nouveau président égyptien, Anouar al-Sadate, se rapprocha des Etats-Unis, libéralisa progressivement l’économie et s’allia avec Israël. Un bref conflit éclata même avec la Libye en 1977. Imaginez la situation dans laquelle se trouvait Kadhafi : le pays qui l’avait inspiré et avec lequel il devait conclure une alliance capitale devenait soudainement son ennemi !

 

Un autre élément contextuel a joué en défaveur de la révolution libyenne : la baisse importante du cours du pétrole dans les années 80. En 1973, dans le cadre de la guerre israélo-arabe, les pays producteurs de pétrole décidèrent d’un embargo, faisant grimper en flèche le prix du baril. Cet embargo provoqua le premier grand transfert de richesses du Nord vers le Sud. Mais dans les années 80, eut lieu ce qu’on pourrait appeler une contre-révolution pétrolière orchestrée par Reagan et les Saoudiens. L’Arabie Saoudite augmenta considérablement sa production de pétrole et inonda le marché, provoquant une chute radicale des prix. Le baril passa de 35 dollars le baril à 8 dollars.

 

L’Arabie Saoudite ne se tirait-elle pas une balle dans le pied ?

Cela eut en effet un impact négatif sur l’économie saoudienne. Mais le pétrole n’est pas le plus important pour l’Arabie Saoudite. Sa relation avec les Etats-Unis prime avant tout, car c’est le soutien de Washington qui permet à la dynastie saoudienne de se maintenir au pouvoir.

Ce raz-de-marée pétrolier eut des conséquences catastrophiques pour de nombreux pays producteurs de pétrole qui s’endettèrent. Et tout cela se produisit dix années seulement après la montée au pouvoir de Kadhafi. Le dirigeant libyen, parti de rien, voyait en plus les seuls moyens dont il disposait pour construire quelque chose, fondre comme neige au soleil avec la chute des cours du pétrole.

Notez également que cette contre-révolution pétrolière accéléra la chute de l’URSS, alors empêtrée en Afghanistan. Avec la disparition du bloc soviétique, la Libye perdait son principal soutien politique et se retrouva très isolée sur la scène internationale. Isolement d’autant plus grand que l’administration Reagan avait placé la Libye sur la liste des Etats-terroristes et imposé toute une série de sanctions.

 

Qu’en est-il des erreurs commises par Kadhafi ?

Comme je l’ai dit, ce n’était pas un grand visionnaire. La théorie développée autour de son livre vert est un mélange d’anti-impérialisme, d’islamisme, de nationalisme, de capitalisme d’Etat et d’autres choses encore. Outre son manque de vision politique, Kadhafi a d’abord commis une grave erreur en attaquant le Tchad dans les années 70. Le Tchad est le cinquième plus grand pays d’Afrique et le colonel, considérant sans doute que la Libye était trop petite pour ses ambitions mégalomaniaques, a annexé la bande d’Aozou. Il est vrai qu’historiquement, la confrérie des Senoussis exerçait son influence jusque dans cette région. Et en 1935, le ministre français des Affaires étrangères, Pierre Laval, voulut acheter Mussolini en lui proposant la bande d’Aozou. Mais finalement, Mussolini se rapprocha d’Hitler et l’accord resta lettre morte.

 

Kadhafi a néanmoins voulu annexer ce territoire et s’est livré à une lutte d’influence avec Paris dans cette ancienne colonie française. Finalement, les Etats-Unis, la France, l’Egypte, le Soudan et d’autres forces réactionnaires de la région, ont soutenu l’armée tchadienne qui mit en déroute les troupes libyennes. Des milliers de soldats et d’importantes quantités d’armes furent capturés. Le président du Tchad, Hissène Habré, vendit ces soldats à l’administration Reagan. Et la CIA les utilisa comme mercenaires au Kenya et en Amérique latine.

Mais la plus grande erreur de la révolution libyenne est d’avoir tout misé sur les ressources pétrolières. En effet, les ressources humaines sont la plus grande richesse d’un pays. Vous ne pouvez pas réussir une révolution si vous ne développez pas l’harmonie nationale, la justice sociale et une juste répartition des richesses.

Or, le colonel n’a jamais supprimé les discriminations ancestrales en Libye. Comment mobiliser la population si vous ne montrez pas aux Libyens que, quelque soit leur appartenance ethnique ou tribale, tous sont égaux et peuvent œuvrer ensemble pour le bien de la nation ?

La majorité de la population libyenne est arabe, parle la même langue et partage la même religion. La diversité ethnique n’est pas très importante. Il était possible d’abolir les discriminations pour mobiliser la population.

Kadhafi a également été incapable d’éduquer le peuple libyen sur les enjeux de la révolution.

Il n’a pas élevé le niveau de conscience politique de ses citoyens et n’a pas développé de parti pour appuyer la révolution.

 

Pourtant, dans la foulée de son livre vert de 1975, il instaure des comités populaires, sorte de démocratie directe.

Cette tentative de démocratie directe était influencée par des concepts marxistes-léninistes.

Mais ces comités populaires en Libye ne s’appuyaient sur aucune analyse politique, aucune idéologie claire. Ce fut un échec. Kadhafi n’a pas non plus développé de parti politique pour appuyer sa révolution. Finalement, il s’est coupé du peuple. La révolution libyenne est devenue le projet d’une seule personne. Tout tournait autour de ce leader charismatique déconnecté de la réalité. Et lorsque le fossé se creuse entre un dirigeant et son peuple, la sécurité et la répression viennent combler le vide. Les excès se sont multipliés, la corruption s’est développée de manière importante et les divisions tribales se sont cristallisées. 

Aujourd’hui, ces divisions resurgissent dans la crise libyenne. Il y a bien sûr une partie de la jeunesse en Libye qui est fatiguée de la dictature et qui est influencée par les événements en Tunisie et en Egypte. Mais ces sentiments populaires sont instrumentalisés par l’opposition dans l’est du pays qui réclame sa part du gâteau, la répartition des richesses étant très inégale sous le régime de Kadhafi. Bientôt, les véritables contradictions vont apparaître au grand jour. 

On ne sait d’ailleurs pas grand-chose sur ce mouvement d’opposition. Qui sont-ils ?

Quel est leur programme ?

S’ils voulaient vraiment mener une révolution démocratique, pourquoi ont-ils ressorti les drapeaux du roi Idriss, symboles d’un temps où la Cyrénaïque était la province dominante du pays ?

Ont-ils demandé leur avis aux autres Libyens ?

Peut-on parler de mouvement démocratique lorsque ces opposants massacrent les Noirs de la région ?

Si vous faites partie de l’opposition d’un pays, que vous êtes patriotique et que vous souhaitez renverser votre gouvernement, vous tentez cela correctement. Vous ne créez pas une guerre civile dans votre propre pays et vous ne lui faites pas courir le risque d’une balkanisation.

 

Selon vous, il s’agirait donc plus d’une guerre civile résultant des contradictions entre clans libyens ?

C’est pire, je pense. Il y a déjà eu des contradictions entre les tribus, mais elles n’ont jamais pris une telle ampleur. Ici, les Etats-Unis alimentent ces tensions afin de pouvoir intervenir militairement en Libye.

Dès les premiers jours de l’insurrection, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton a proposé d’apporter des armes aux opposants. Dans un premier temps, l’opposition organisée sous le Conseil National a refusé toute ingérence des puissances étrangères, car elle savait que cela jetterait le discrédit sur son mouvement. Mais aujourd’hui, certains opposants en appellent à une intervention armée. 

Depuis que le conflit a éclaté, le président Obama a dit envisager toutes les options possibles et le sénat US appelle la communauté internationale à décréter une zone de non-vol au-dessus du territoire libyen, ce qui serait un véritable acte de guerre. De plus, le porte-avion nucléaire USS Enterprise, positionné dans le golfe d’Aden pour combattre la piraterie, est remonté jusqu’aux côtes libyennes. Deux navires amphibies, l’USS Kearsage et l’USS Ponce, avec à leur bord plusieurs milliers de marines et des flottes d’hélicoptère de combat, se sont également positionnés dans la Méditerranée.

La semaine passée, Louis Michel, l’ancien commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire de l’Union Européenne, s’est demandé avec force sur un plateau de télévision quel gouvernement aurait le courage de défendre devant son parlement la nécessité d’intervenir militairement en Libye. Mais Louis Michel n’a jamais appelé à une telle intervention en Egypte ou à Bahreïn. Pourquoi ?

 

La répression n’est-elle pas plus violente en Libye ?

La répression était très violente en Egypte, mais l’Otan n’a jamais positionné des navires de guerre le long des côtes égyptiennes pour menacer Moubarak. On l’a tout juste appelé à trouver une issue démocratique !

Pour la Libye, il faut être très prudent avec les informations qui nous parviennent. Un jour, on parle de 2.000 morts et le lendemain, le bilan est revu à 300. On a aussi dit dès le début de la crise que Kadhafi avait bombardé son propre peuple, mais l’armée russe, qui surveille la situation par satellite, a officiellement démenti cette information. Si l’Otan se prépare à intervenir militairement en Libye, nous pouvons être sûrs que les médias dominants vont diffuser la propagande de guerre habituelle.

 

En fait, la même chose s’est passée en Roumanie avec Ceausescu. Le soir du réveillon de Noël 1989, le premier ministre belge Wilfried Martens a fait un discours à la télévision. Il a prétendu que les forces de sécurité de Ceausescu venaient de tuer 12.000 personnes. C’était faux. Les images du fameux charnier de Timisoara ont également fait le tour du monde. Elles étaient censées démontrer la violence aveugle du président roumain. Mais il s’est avéré plus tard que tout cela était une mise en scène : des cadavres avaient été sortis de la morgue et placé dans des fosses pour impressionner les journalistes. On a aussi dit que les communistes avaient empoisonné l’eau, que des mercenaires syriens et palestiniens étaient présents en Roumanie ou bien encore que Ceausescu avait formé des orphelins pour en faire des machines à tuer. C’était de la pure propagande pour déstabiliser le régime.

Finalement, Ceausescu et sa femme furent tués après un simulacre de procès qui dura 55 minutes. Bien sûr, tout comme Kadhafi, le président roumain n’était pas un enfant de chœur. Mais que s’est-il passé depuis ? La Roumanie est devenue une semi-colonie de l’Europe. La main d’œuvre bon marché y est exploitée. De nombreux services ont été privatisés au profit des compagnies occidentales et sont hors de prix pour une grande partie de la population. Et maintenant, chaque année, des tas de Roumains vont pleurer sur la tombe de Ceausescu. La dictature était une chose terrible, mais depuis que le pays a été économiquement détruit, c’est pire !

 

Pourquoi les Etats-Unis voudraient-ils renverser Kadhafi ? Depuis une dizaine d’années, le colonel est devenu à nouveau fréquentable pour l’Occident et a privatisé une grande partie de l’économie libyenne au profit des compagnies occidentales.

Il faut analyser tous ces événements à la lumière des nouveaux rapports de force dans le monde. Les puissances impérialistes sont en déclin alors que d’autres forces sont en plein essor. Récemment, la Chine a proposé de racheter la dette portugaise ! En Grèce, la population est de plus en plus hostile à cette Union Européenne qu’elle perçoit comme une couverture de l’impérialisme allemand. Les mêmes sentiments se développent dans les pays de l’Est. Par ailleurs, les Etats-Unis ont attaqué l’Irak pour s’emparer du pétrole mais au final, seule une compagnie US en profite, le reste étant exploité par des compagnies malaisiennes et chinoises. Bref, l’impérialisme est en crise.

Par ailleurs, la révolution tunisienne a fortement surpris l’Occident. Et la chute de Moubarak encore plus. Washington tente de récupérer ces mouvements populaires, mais le contrôle lui échappe. En Tunisie, le premier ministre Mohamed Ghannouchi, un pur produit de la dictature Ben Ali, était censé assurer la transition et donner l’illusion d’un changement. Mais la détermination du peuple l’a contraint à démissionner. En Egypte, les Etats-Unis comptent sur l’armée pour maintenir en place un système acceptable. Mais des informations me sont parvenues confirmant que dans les innombrables casernes militaires disséminées à travers le pays, de jeunes officiers s’organisent en comités révolutionnaires par solidarité avec le peuple égyptien. Ils auraient même fait arrêter certains officiers associés au régime de Moubarak.

La région pourrait échapper au contrôle des Etats-Unis. Intervenir en Libye permettrait donc à Washington de briser ce mouvement révolutionnaire et d’éviter qu’il ne s’étende au reste du monde arabe et à l’Afrique. Depuis une semaine, des jeunes se révoltent au Burkina-Faso mais les médias n’en parlent pas. Pas plus que des manifestations en Irak.

L’autre danger pour les Etats-Unis est de voir émerger des gouvernements anti-impérialistes en Tunisie et en Egypte. Dans ce cas, Kadhafi ne serait plus isolé et pourrait revenir sur les accords conclus avec l’Occident. Libye, Egypte et Tunisie pourraient s’unir et former un bloc anti-impérialiste. Avec toutes les ressources dont ils disposent, notamment les importantes réserves de devises étrangères de Kadhafi, ces trois pays pourraient devenir une puissance importante de la région. Probablement plus importante que la Turquie.

 

Pourtant, Kadhafi avait soutenu Ben Ali lorsque le peuple tunisien s’est révolté.

Cela montre à quel point il est faible, isolé et déconnecté de la réalité. Mais les rapports de force changeants dans la région pourraient modifier la donne. Kadhafi pourrait changer son fusil d’épaule, ce ne serait pas la première fois.

 

Comment pourrait évoluer la situation en Libye ?

Les puissances occidentales et ce soi-disant mouvement d’opposition ont rejeté la proposition de médiation de Chavez. Ce qui laisse entendre qu’ils ne veulent pas d’issue pacifique au conflit. Mais les effets d’une intervention de l’Otan seront désastreux.

On a vu ce que cela a donné au Kosovo ou en Afghanistan.

De plus, une agression militaire pourrait favoriser l’entrée en Libye de groupes islamistes qui pourraient s’emparer d’importants arsenaux sur place. Al-Qaïda pourrait s’infiltrer et faire de la Libye un deuxième Irak. Il y a d’ailleurs déjà des groupes armés au Niger que personne ne parvient à contrôler. Leur influence pourrait s’étendre à la Libye, au Tchad, au Mali, à l’Algérie… En fait, en préparant une intervention militaire, l’impérialisme est en train de s’ouvrir les portes de l’enfer !

En conclusion, le peuple libyen mérite mieux que ce mouvement d’opposition qui plonge le pays dans le chaos. Il lui faudrait un véritable mouvement démocratique pour remplacer le régime de Kadhafi et instaurer la justice sociale. En tout cas, les Libyens ne méritent pas une agression militaire. Les forces impérialistes en déroute semblent pourtant préparer une offensive contre-révolutionnaire dans le monde arabe. Attaquer la Libye est leur solution d’urgence. Mais cela leur retomberait sur les pieds. 

Source : www.michelcollon.info

Mohamed Hassan* est un spécialiste de la géopolitique et du monde arabe. Né à Addis Abeba (Ethiopie), il a participé aux mouvements d’étudiants dans la cadre de la révolution socialiste de 1974 dans son pays. Il a étudié les sciences politiques en Egypte avant de se spécialiser dans l’administration publique à Bruxelles. Diplomate pour son pays d’origine dans les années 90, il a travaillé à Washington, Pékin et Bruxelles. Co-auteur de L’Irak sous l’occupation (EPO, 2003), il a aussi participé à des ouvrages sur le nationalisme arabe et les mouvements islamiques, et sur le nationalisme flamand. C’est un des meilleurs connaisseurs contemporains du monde arabe et musulman.


n°3 - Journal de Libye - 05-03 au 11-03 – Fin - : Le scénario yougoslave pour la Libye?


n°3  - Journal de Libye - 05-03 au 11-03 – Fin - : Le scénario yougoslave pour la Libye?



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Libye : Géopolitique et stratégie 

 n°3 du 13-03

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Le " dossiers du libye" est  visible  sur mes blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) Sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

c) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) Sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm 

 

Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

2 Dossier

2-3 Robert Bibeau : Tout se met en place en Libye. 

3 Brèves

3-1 Kadhafi menace de révéler un 'grave secret' sur Sarkozy.

3-2 Le PCP(ortugais) exprime sa plus ferme opposition à toute intervention militaire étrangère.

3-3 DECLARATION DU CONSEIL POLITIQUE DE L'ALBA-TCP CONCERNANT LA LIBYE.

3-4 "Non à l’intervention étrangère en Libye !

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 SARKOZY PLONGE L'EUROPE DANS LA STUPEUR....

4-2 Maurizio Matteuzzi : La longue attente des raids « humanitaires » qui divisent même les insurgés…

4-3 Andreï Fediachine : Le scénario yougoslave pour la Libye.

5 Historique

Wikepedia  : La Libye

 


2-3 Robert Bibeau : Tout se met en place en Libye. 

Comme nous l'indiquions il y a une semaine déjà, ( http://www.robertbibeau.ca/palestine/edito3032011.html )  les comparses au sein de l'OTAN ne s'entendent pas sur le partage de la dépouille libyenne.
Les USA voudraient avaler tout  le morceau  libyen après avoir été mis à l'écart trop longtemps par leurs alliés et concurrents européens.
La France simule les gros bras  et le tonitruant  petit Sarkosy laisse entendre qu'il est le plus fort.  Le porte siège BHL  introduit les truffions des tribus monarchistes de l'EST  auprès du saint siège élyséen (voir le texte ci-dessous) et arrange le mariage contre nature entre le garant  de la RÉPUBLIQUE laïc française et les monarchistes islamistes libyens.  
Les  pseudos  révolutionnaires  monarchistes-islamistes quémandent des frappes, des attaques, des destructions, des bombardements, une invasion coloniale contre leur propre pays, des meurtres contre leur propre peuple, qu'a cela ne tienne, leur pouvoir est au bout  des fusils  français.  Leur soif  de pouvoir et de capital est plus grand que leur honneur et leur dignité. Quand à leur patriotisme,  ce ne fut jamais qu'un leurre. La bourgeoisie n'a pas de patrie,  elle n'a que du crédit et des profits (qui s'envolent ces temps-ci). 
La paix  coloniale doit être imposée et le tyran remplacer par une autre mascotte, les flots de pétrole a destination de l'Europe doivent être rétabli,  gémirent les plénipotentiaires des clans de l'EST à Paris.
L'Allemagne bien arrimée  aux États-Unis et n'ayant pas de compagnie pétrolière en Libye, regimbe dans son coin  et refuse de donner l'aval  à des massacres stictement européens, leurs amis américains doivent être associés à la curée pense la dame Merkel.  
Le petit homme monte le ton et menace de porter seul le destin colonial de la France et de l'Europe toute entière et de mener seul les frappes contre Tripoli et la Libye restée dans le camp ennemi de l'autre côté du pays néo-clonisé. 
Mais  les brigands ont forniqué pendant longtemps et chacun des comparses (Sarkozy et Kadhafi)  connaît quelques secrets malodorants à propos de son complice rampant. Le tyran  libyen sait des choses compromettantes à propos du nabot parisien. 
Sans la couverture  militaire- satellitaire américaine je ne crois pas que Paris attaquera seul le peuple libyen,  et le porte siège en sera quitte pour  s'en retourner  s'exciter sur un blindé dans les rues de Benghazi, à moins que les tribus de l'EST l'ait déjà investi.  BHL devra alors se contenter de parader à Paris, ridicule et impuissant, le pauvre Dandy.    
Soufflons  un peu, pendant que les hyènes s'entredéchirent le peuple libyen bénéficie de quelques répits.
12.03.2011 
http://boycottisraelinternational.com
http://www.robertbibeau.ca/palestine.html
robertbibeau@hotmail.com
  



3 Brèves

3-1 Kadhafi menace de révéler un 'grave secret' sur Sarkozy
Le régime libyen a affirmé jeudi 10 mars, via son agence officielle, que la révélation d'un 'grave secret' allait entraîner la chute du président français Nicolas Sarkozy, peu après la reconnaissance par Paris du Conseil national de transition comme représentant du peuple libyen. L'agence officielle libyenne Jana a annoncé avoir 'appris qu'un grave secret va entraîner la chute de Sarkozy, voire son jugement en lien avec le financement de sa campagne électorale'.
Cette annonce, reprise par la télévision officielle, est survenue peu après la reconnaissance par Paris du Conseil national de transition (CNT) libyen, qui réunit l'opposition au régime du colonel Mouammar Kadhafi, comme le seul 'représentant légitime du peuple libyen' et sa décision d'envoyer prochainement un ambassadeur à Benghazi.
En outre, un responsable du ministère des affaires étrangères libyen a menacé de rompre tout lien diplomatique avec la France en raison de la reconnaissance par Paris du CNT. 'La Libye va réfléchir à rompre ses relations avec la France en raison d'informations circulant sur l'intervention dommageable de la France dans les affaires intérieures libyennes', a dit ce diplomate à l'agence Jana.

R.Bibeau


3-2 Le PCP(ortugais) exprime sa plus ferme opposition à toute intervention militaire étrangère.

Exprimant sa profonde inquiétude concernant les événements les plus récents en Libye, le PCP appelle à une solution pacifique et politique au conflit, sans ingérence étrangère

Face à une escalade dangereuse et grave des actions présentes qui, au lieu de contribuer à abaisser la tension, cherche à préparer des actes d'agression par les Etats-Unis et par l'OTAN contre la Libye, le PCP exprime sa plus ferme opposition à toute intervention militaire étrangère dans ce pays et exige que le gouvernement portugais prenne une position claire de rejet, d'abord au Conseil de sécurité des Nations unies, concernant des plans ou des actes d'ingérence, d'agression ou d'occupation de la Libye.
Toute agression contre ce pays - quel que soit les prétextes et «mandats» - aurait des conséquences graves pour un peuple qui vit déjà dans une situation de profonde tension et d'insécurité. Elle serait profondément néfaste pour tous ceux qui, en Libye, se battent pour leurs droits, pour la démocratie, la souveraineté et la paix, et ajouterait de sérieux facteurs d'instabilité et de graves conflits dans la région.
Toute agression militaire par les Etats-Unis et leurs alliés - qui est inséparable de leurs objectifs de contrôler les ressources naturelles libyennes - ne prendrait pas seulement pour cible le peuple libyen, mais aussi tous les peuples de la région qui se sont levés et se battent pour leurs droits sociaux et politiques, pour la liberté, la démocratie et la souveraineté réelle et l'indépendance de leurs pays.

Le Blog de Nicolas Maury

INFO REPRISE PAR

LE BLOG DE JACQUES TOURTAUX


3-3 DECLARATION DU CONSEIL POLITIQUE DE L'ALBA-TCP CONCERNANT LA LIBYE.

Le Conseil Politique de l'Alternative Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique -TCP, partage la préoccupation mondiale sur la situation de conflit en Libye, avec la perte de vies humaines et exprime son intérêt pour que ce peuple frère arabo-africain à atteindre une solution pacifique et souveraine au conflit armé qui se passe ici, sans ingérence étrangère en assurant l'intégrité territoriale de ce pays.
Le Conseil Politique de l'ALBA-TCP prend en charge l’initiative du processus de paix et unité en cours du Président de la République Bolivarienne du Venezuela, Hugo Chávez, de créer une « Commission Humanitaire Internationale pour la Paix et l'Intégrité de la Libye", afin d'éviter une attaque militaire de l'OTAN et dans le cadre des efforts visant à faire la communauté internationale pour aider le peuple libyen.

Le Conseil Politique de l'ALBA-TCP rejette catégoriquement toute intervention de l'OTAN ou de la puissance étrangère en Libye et toute intention d'exploiter, sur les médias et opportunistes, la situation tragique créée pour justifier une guerre de conquête sur les ressources énergétiques et de l'eau, qui sont le patrimoine du peuple libyen et ne peuvent être utilisés pour se conformer à la voracité du capitalisme.
Le Conseil Politique de l'ALBA-TCP appelle l'opinion publique internationale et les mouvements sociaux dans le monde à se mobiliser dans l'opposition aux plans militariste et interventionniste en Libye.

7 mars

Nicolas Maury

 

 


3-4 "Non à l’intervention étrangère en Libye !

Je voudrais en guise d'introduction a cet appel, que je signe des deux  mains, rappeler le précédent de l'Irak ou les Kouchner et autres  zélateurs de l'impérialisme au nom du «ni Saddam ni Bush » avaient réussi  avec une efficacité certaine a freiner la lutte contre l'intervention  américaine. Aujourd'hui le piège est de même nature.
 Les soussignés, attachés à l’idéal de paix et d’égalité entre les hommes et entre les peuples et les nations, portent, en fonction des informations diffusées par les médias, des appréciations différentes sur les événements
de Libye, et sur les protagonistes de la guerre qui s’y déroule, d’autant que le matraquage médiatique laisse peu de place à la réalité des faits. Mais nous ne pouvons rester silencieux face au danger de guerre qui menace la Méditerranée et le monde.
 Chaque peuple a le droit absolu de choisir lui-même ses dirigeants, son régime politique et social et de s’exprimer librement. C’est au seul peuple libyen de décider de son avenir, non aux puissances occidentales ou aux sociétés pétrolières multinationales. Toutes interventions armées, notamment le contrôle de l’espace aérien libyen par l’OTAN, les États-Unis ou les pays européens, à fortiori tout bombardement ou déploiement au sol,  seraient des actes de guerre et d’occupation inacceptables.
Les politiciens, les journalistes et les médias en général, les juristes de la Cour Pénale Internationale, les responsables de l’ONU, qui les proposent sous des prétextes hypocritement humanitaires, sont en fait les vecteurs de la vieille mentalité coloniale et impérialiste européenne, et jouent avec la paix du monde".
Manlio Dinucci
 http://www.collectif-communiste-polex.org/afrique/maghreb/lybie_signature.htm



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information  

 

4-1 SARKOZY PLONGE L'EUROPE DANS LA STUPEUR....
La reconnaissance par Paris du Conseil national de transition (CNT), qui rassemble l'opposition au colonel Kadhafi, comme étant le "représentant légitime" du peuple libyen a provoqué la stupeur de ses partenaires européens, dont les ministres des Affaires étrangères se sont réunis jeudi à Bruxelles pour discuter de la Libye.
La décision française a suscité des réactions "réservées voire négatives" de la part de nombreux ministres des Affaires étrangères, a indiqué le ministre belge Steven Vanackere à l'issue de la réunion.
A Paris, une source proche du dossier a en outre déclaré, un peu plus tard, que le président Nicolas Sarkozy allait proposer à ses partenaires de l'UE des "frappes aériennes ciblées" en Libye, ainsi que le brouillage des systèmes de transmission du commandement de Mouammar Kadhafi.
"L'Italie ne participera pas à des frappes ciblées en terre libyenne", a aussitôt prévenu le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini.
"Nous ne voulons pas être aspirés dans une guerre en Afrique du Nord", avait dit auparavant son homologue allemand Guido Westerwelle.
"La France a reconnu le Conseil national de transition comme étant le représentant légitime du peuple libyen", a annoncé à la presse un émissaire du CNT, Ali Essaoui, à l'issue d'un entretien avec M. Sarkozy à l'Elysée.
Cette information a été immédiatement confirmée par la présidence de la République, faisant de la France le premier pays à reconnaître le CNT en tant que seul représentant "légitime" du peuple libyen.
Paris a reçu le soutien du Parlement européen à Strasbourg qui a voté à une écrasante majorité une résolution demandant au chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, d'"établir des relations avec le CNT" et d'"entamer le processus" menant à une reconnaissance officielle de cette instance.
Mme Ashton avait refusé la veille de soutenir la demande du CNT d'être reconnu comme étant la seule autorité légitime en Libye.
Les gouvernements européens sont en effet très divisés sur la conduite à tenir. Berlin juge la situation "encore trop confuse pour décider comment on doit procéder", a expliqué le secrétaire d'Etat allemand aux Affaires étrangères, Werner Hoyer.
Même si le gouvernement actuel est "discrédité", les structures d'un gouvernement de transition "ne sont pas encore claires", a-t-il souligné.
Le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, a jugé quant à lui "préférable d'attendre la position de l'ensemble de l'Union européenne".
M. Berlusconi a souligné que la démarche française représentait "la position d'un seul gouvernement".
"Le fait de reconnaître doit être une décision européenne, pas nationale", a renchéri Franco Frattini. "Nous reconnaissons les Etats, pas les groupes", a-t-il averti.
Une porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères a convenu que le CNT était "un interlocuteur valable", mais n'a pas parlé de "représentant légitime".
Nous reconnaissons le CNT "de facto", a pour sa part déclaré le chef de la diplomatie hongroise Janos Martonyi, en ajoutant que cette reconnaissance "n'avait pas de base juridique". "Nous devons être prudents", a dit M. Martonyi dont le pays assure actuellement la présidence de l'UE.
L'opposition libyenne poursuit néanmoins sa campagne de demande de reconnaissance. Le Premier ministre belge, Yves Leterme devait recevoir en fin d'après-midi deux de ses représentants et décider de l'attitude à observer.
La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a pour sa part annoncé son intention de rencontrer l'opposition libyenne lors de son déplacement au Caire la semaine prochaine.

R.Bibeau


4-2 Maurizio Matteuzzi : La longue attente des raids « humanitaires » qui divisent même les insurgés…

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information 

Il se peut que, dans une situation aussi volatile, cette hypothèse soit démentie dans les prochaines heures ou jours. Mais l’impression est nette, quand on regarde la crise  libyenne d’ici, à Tripoli, que les choses vont prendre du temps. Avant-hier (vendredi 4 mars, ndt), le vendredi musulman, était considéré come une sorte de D-day. Celui où le précaire équilibre établi sur le terrain entre les « pro-Kadhafi » et les « anti-Kadhafi », aurait pu se rompre en défaveur du Colonel. Il n’en a rien été. Il est probable qu’à la fin, Kadhafi, après 42 ans de pouvoir solitaire, d’une façon ou d’une autre devra tirer sa révérence, mais le déloger ne sera pas facile. Beaucoup moins facile qu’avec le tunisien Ben Ali et l’égyptien Moubarak.

Il est probable qu’une intense activité diplomatique transversale ou souterraine soit en cours -plus que l’offre de médiation du président vénézuélien Chavez, celle de la « diplomatie tribale » entre les chefs et les anciens de ce facteur encore décisif que sont les tribus et les clans ici en Libye- , mais en ce moment, malgré les attaques et contre-attaques signalées quotidiennement dans diverses villes du pays (Az Zaywah, à une cinquantaine de Kms à l’ouest de Tripoli, avant toutes les autres), il semble clair que ni les « pro » ne soient en mesure de reconquérir Bengazi et les autres villes de Cyrénaïque libérées ou occupées (à l’exception de Syrte) par les insurgés, ni les « anti » ne soient en mesure de prendre Tripoli et les autres villes de Tripolitaine (et du Fezzan, la région saharienne, la plus méridionale) sous le contrôle du Colonel. 

L’est rebelle proclame être désormais proche de la constitution d’une « armée nationale » qui marchera sur Tripoli et la « libèrera », l’ouest kadhafien proclame pouvoir reprendre quand il veut la partie du pays perdue dans le cas où il déciderait d’employer toute la force de choc de l’armée et de l’aviation (jusqu’ici utilisées au compte-gouttes pour « éviter des victimes civiles »). Simples proclamations, exactement, bonnes pour la propagande interne et internationale, tandis que sur le terrain la situation est bloquée.

 

Un blocage qui ne pourrait se rompre, à tout instant, qu’avec un facteur externe. Une intervention militaire de l’extérieur pour se libérer une fois pour toutes de Kadhafi, pourrait l’être. Mais les insurgés de l’est ne sont pas unanimes sur ce point. Point très sensible, qui constituerait un précédent dangereux dans une situation critique et dynamique comme celle partie de Tunisie en janvier, dont on ne sait pas encore où elle va conduire (d’où l’importance stratégique de l’issue de la révolte libyenne). Une partie d’entre eux, à Bengazi, Derna, Al Bayda, dit « non » à une intervention extérieure, parce qu’un appui militaire étranger, sous quelque forme que ce soit, dénaturerait la « révolte pour la démocratie » qui a éclaté le 17 février, et serait un très mauvais signal. Mais certains aussi disent « non mais », d’autres « oui cependant » et d’autres encore, « oui ». 

Abdel Fattah Younes, l’ex-ministre de l’Intérieur qui est passé du côté des insurgés après une vie entière aux côtés de Kadhafi, a dit, dans une interview à Al Jazeera du 1er mars, que l’hypothèse de « recevoir des troupes étrangères ou d’accepter des bases militaires sur le sol libyen est hors de question », mais si Kadhafi et les siens « n’arrêtent pas les massacres », les insurgés sont « fermement convaincus que les raids aériens doivent être lancés », à condition que - mais cela a tout l’air de se parer d’une feuille de vigne- « aucun bombardier n’atterrisse en territoire libyen ».

 

Le 2 mars, Al Jazeera encore écrivait que le Conseil national de Bengazi « a lancé un appel pour des raids aériens sponsorisés par l’ONU sur les mercenaires étrangers employés par Kadhafi contre son propre peuple ». Mercenaires dont on parle beaucoup mais dont on ne voit quasiment rien, et dont on sait moins encore. Hafiz Ghoga, porte-parole du Conseil national, motivait ainsi l’appel : « les mercenaires africains » employés par Kadhafi dans les villes libyennes « configurent une invasion du pays ». Donc…

Pour sortir de l’impasse il est probable que ce type d’appels, dans les prochains jours ou semaines (ou mois ?), ne se multiplient. Et ne trouvent des oreilles promptes à les écouter. Il y a quelques jours, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton, a dit que l’administration Obama « est  prête à offrir tout type d’assistance à quiconque désire la recevoir des Etats-Unis ».

On annonçait pour hier (samedi 5 mars) à Bengazi la première réunion du nouveau Conseil national des insurgés. On verra rapidement si prévaudra en son sein le non, le non mais quand même, le oui mais, ou le oui. Et de quel type sera l’aide fraternelle assurée par madame Clinton : qui semble très occupée -pour la Libye, au contraire de la Tunisie et de l’Egypte- à jeter encore un peu d’essence sur le feu de la guerre civile.

Maurizio Matteuzzi 

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
Edition de dimanche 6 mars 2011 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/06-Marzo-2011/art37.php3


4-3 Andreï Fediachine : Le scénario yougoslave pour la Libye.

Le président Barack Obama a enfin annoncé qu’il n’excluait aucun scénario de règlement du problème libyen, politique ou militaire.

C’est la première fois que la Maison Blanche le déclare aussi directement.

Hélas, l’opposition n’arrive pas à renverser rapidement Mouammar Kadhafi et à faire la révolution en limitant le nombre de victimes. On assiste certainement au recours à la tactique visant à faire fuir Kadhafi en exerçant sur lui une pression de l’extérieur et de l’intérieur. En recourant à la diplomatie, aux sanctions et aux moyens militaires. La diplomatie et les sanctions ont déjà été utilisées. Désormais, l'utilisation de l’arsenal des moyens militaires apparaît également comme une solution.
"Intervention libérale"

Auparavant, on aurait appelé cela la "diplomatie de la canonnière", mais aujourd’hui cette expression ne convient plus tout à fait. On s’est souvenu du terme "interventionnisme libéral." Et tout commence à rappeler le "schéma yougoslave." On semble revivre les bombardements de 1999.

Et même les "instruments" sont parfaitement identiques. Même les navires. Même le mois coïncide: les bombardements de la Yougoslavie par les Etats-Unis et l’OTAN ont commencé le 24 mars. Il ne reste plus qu’à attendre la création d’une zone d’exclusion dans l’espace aérien de la Libye (ce qui a été fait à l’égard de la Yougoslavie).

Les consultations à l’ONU se tiennent tous les jours et des événements surprenants peuvent être observés dans cette "arène." On a bien sûr le droit de haïr Kadhafi de toutes ses forces (ou en tous cas ne pas apprécier le dictateur à demi-fou), mais au sein de l’ONU on assiste à des débordements étranges, la hâte et la perfidie. Par exemple, le procureur général de la Cour pénale internationale pénale, l’Espagnol Luis Moreno-Ocampo a annoncé le 3 mars que la Cour a "pris bonne note" du cas Kadhafi et de ses fils, et qu’elle ouvrait une information judiciaire sur l’éventuel violation des droits de l’homme. Formellement, il a raison: le 26 février la Conseil de sécurité des Nations Unies a ordonné l’enquête. Etant donné que la Libye n’est pas signataire du Statut de Rome de la Cour, seul le Conseil de sécurité peut autoriser ce genre de démarche.

Le plus intéressant est que la résolution a été approuvée à l’unanimité par les 15 membres du Conseil de sécurité, dont trois membres permanents: les Etats-Unis, la Russie et la Chine. Les Etats-Unis et la Russie n’ont pas ratifié le Statut de Rome, ne reconnaissent pas sa juridiction et, par conséquent, ne font pas juridiquement partie des membres du Statut. Ils émettent des réserves concernant le droit de la Cour de juger leurs citoyens. Quant à la Chine, elle ne reconnaît pas la Cour du tout. Les Américains ont même insisté pour que la résolution comporte une clause stipulant que leurs citoyens ne sont pas soumis à la juridiction de la Cour. Au cas où ils devraient débarquer en Libye avec une mission militaro-humanitaire. Ce n’est plus de la perfidie, c’est de l’hypocrisie pure et dure: on juge tout le monde, mais on ne peut pas nous juger.
Les forces d'intervention en Libye sont pratiquement prêtes

Depuis la fin de la première semaine de février, une importante concentration militaire des Etats-Unis et de l’OTAN s’est formée au large des côtes libyennes. Le porte-hélicoptère d’assaut américain USS Kearsarge, le bâtiment de débarquement USS Ponce et le sous-marin nucléaire USS Scranton ont déjà traversé le canal de Suez et sont arrivés le 4 mars dans le golfe de Syrte. Tous font partie du groupe de débarquement méditerranéen de l’unité tactique de la marine américaine sous le commandement du porte-avions USS Enterprise. Ce dernier se trouve actuellement en mission au Nord de la mer Rouge. La Libye est à portée immédiate.

Seules la Russie et la Chine se prononcent ouvertement contre l’intervention militaire. Les autres membres du Conseil de sécurité possédant le droit de veto "n’excluent aucun scénario", mais reconnaissent que la sanction de l’ONU est nécessaire pour intervenir.

Les déclarations sur la nécessité de l’accord du Conseil de sécurité pour l’intervention militaire est une sorte de mantras à l’ONU qui précèdent une rupture décisive avec les normes du droit international.

Et cela ressemble également à tout ce qui a précédé l’opération en Yougoslavie Force alliée, selon la codification OTAN, ou Ange miséricordieux, selon la codification américaine. Au printemps 1999, la Russie et la Chine ont bloqué la sanction de l’intervention militaire contre la Yougoslavie. L’OTAN a commencé les bombardements sans aucune autorisation, en violant la Charte des Nations Unies, en n’obéissant qu’à ses propres Statuts. Et de toute manière ces Statuts ont reçu une interprétation tellement "large", que toute ingérence peut désormais se faire car tel est le bon plaisir des pays membres. Le fait est que la Yougoslavie n’avait attaqué aucun pays de l’OTAN, et la situation dans le pays ne présentait aucun danger pour l’Alliance. D’ailleurs, la décision de bombarder a également été prise par un président démocrate, Bill Clinton, et non pas par un républicain sanguinaire. Les mauvaises langues affirment toujours que la "pacification yougoslave" était nécessaire pour détourner l’attention de l’opinion publique des Etats-Unis du scandale lié à Monica Lewinsky, au mensonge du président au Congrès et à la perspective de sa destitution.

Ce n’est pas le cas de Barack Obama. Au contraire, il a déjà deux guerres "sur le dos", et n’en a pas besoin d’une troisième. Mais la pression exercée sur la Libye, visant à faire fuir Kadhafi, ne constitue pas une menace de troisième guerre. Kadhafi a tellement épuisé ses propres ressources que seules les forces dépendant désespérément du régime le soutiennent.

Par contre, Barack Obama pourrait devoir faire face à un problème plus grave que le Kosovo: l’augmentation des prix du pétrole menace déjà de stopper le rétablissement économique et, par conséquent, de réduire considérablement ses chances d’être réélu l’année prochaine. On ne plaisante pas avec ce genre de choses.
Encore un peu de sang et ça ira

Pour l’instant la concentration des bâtiments de guerre au large de la Libye est une simple démonstration de force, un moyen de pression. Toute guerre ou intervention nécessite des raisons. Ou des prétextes. La guerre en Afghanistan avait une très bonne raison: les attentats du 11 septembre 2001 à New York. George W. Bush n’avait qu’une seule solution: l’invasion. La guerre en Irak n’avait aucune raison valable, mais le prétexte a été fabriqué: il s'agissait de la prétendue création par Saddam Hussein d'armes de destruction massive. Il s’est avéré que c’était un mensonge du début jusqu’à la fin.

L’invasion de la Libye n’a aucune justification juridique internationale. Pour l’instant.

Mais les actions de Kadhafi pourraient donner des raisons de le faire. Personne ne parle pour le moment d’intervention militaire. Mais nul ne nie sa probabilité. Les déclarations du type "il est trop tôt pour parler des actions militaires" sont accompagnées par le refrain disant que si l’effusion de sang continue, rien ne peut être exclu. Cela ressemble à "encore un peu de sang et on ne se retiendra plus."

Des communiqués en provenance de la Libye parlent déjà de "l’offensive des forces fidèles à Kadhafi" contre les villes rebelles à l’Est du pays et des centaines de morts.

Il faut "pousser" Kadhafi encore un peu à réprimer les villes révoltées, et il y aura suffisamment de sang pour l’invasion. Les congressistes américains républicains exigent directement l’intervention.

Les préparatifs actuels en mer Méditerranée ne sont pas un simple "redéploiement des forces" de la marine américaine juste au cas où. Les préparations militaires ont toujours une certaine "masse critique", une limite, au-delà de laquelle les actions sont inévitables.

Les composantes matérielle et financière sont pratiquement prêtes pour franchir cette limite. Les navires qui mouillent au large des côtes libyennes ne sont pas des boîtes d’allumettes. Le porte-hélicoptère USS Kearsarge est l’un des plus grands bâtiments de débarquement d’attaque de cette classe, ayant un déplacement d’eau de 40.000 tonnes et une longueur de 253 mètres. Il embarque à son bord plusieurs dizaines d’hélicoptères, de missiles, d’engins de débarquement, plus de 2.000 fantassins de marine. Qu’il soit dit en passant, c’est le même Kearsarge qui en 1999 opérait près des côtes yougoslaves, débarquait les troupes de marines, de renseignement et de sabotage. Les premières forces américaines qui ont touché le sol yougoslave ont été débarquées par ce bâtiment. Le bâtiment de débarquement USS Ponce, ayant un déplacement d’eau de 17.000 tonnes, a également participé à l’opération en Yougoslavie. De même que le sous-marin nucléaire USS Scranton. Ces classes d’engins sont dotées de missiles de croisière, mais le plus important, ils sont spécialement adaptés pour des missions secrètes de débarquement et de sabotage près des côtes de l’ennemi.

Les bombardements de la Yougoslavie en 1999 n’étaient pas conduits seulement par des porte-avions (à l’époque l’USS Theodore Roosevelt), mais également par les bases aériennes italiennes et françaises et les porte-avions français et britanniques. Et toute cette "armada" est aujourd’hui bien plus proche de la Libye que de la Yougoslavie de l’époque.

D’ailleurs, Londres a déjà annoncé qu’il envoyait pour le sauvetage d’environ 20 pétroliers britanniques, coincés quelque part au Sud-Est de la Libye, des unités de la force spéciale SAS. C’est l’équivalent du Navy Seals américains ou de l’unité Alpha russe.
Andreï Fediachine

05/03/2011

RIA Novosti


5 Historique

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

Wikepedia  : La Libye

Sous le prétexte de désordres dans le pays, en particulier des persécutions à l’égard des minorités italiennes, l’Italie adresse un ultimatum à la Turquie lui signifiant son intention d’occuper militairement le pays. Le 29 septembre 1911, elle lui déclare la guerre.

 

Après la Seconde Guerre mondiale

 

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Libye est conquise par les armées alliées combattant les armées italiennes et allemandes au cours de ce qui est appelée la « Guerre du désert ».

Les Forces françaises libres prirent ainsi le contrôle du Fezzan et du Ghadamès au sud-ouest du pays, qui resta un territoire militaire occupé de 1943 jusqu'en 1951, comme en témoignent les timbres italiens surchargés, puis les émissions militaires britanniques et françaises.

La reconstruction est rendue difficile par les munitions non explosées, mines et matériels et séquelles de guerre laissés par les belligérants. Indépendante en 1951.
La Libye devient une monarchie et profite rapidement de la découverte de gisements pétroliers sur son territoire
[3] (poursuites en responsabilité, selon le principe pollueur-payeur par exemple).

En 1969, le roi Idris Ier est déposé lors d’un coup d’État sans effusion de sang mené par le colonel Mouammar Kadhafi qui entend changer radicalement la politique de son pays : il prône la fusion avec d’autres pays arabes. Il introduit un socialisme d'État dans son pays en nationalisant les principales branches industrielles (dont pétrolières). L’année suivante, il fait fermer des bases militaires britannique et américaine et nationalise les sociétés détenues par des Italiens. En 1973, la défiance de Kadhafi vis-à-vis de l’Occident est confirmée par sa participation à l’embargo pétrolier et par ses multiples implications dans le terrorisme et le soutien à de nombreuses rébellions dans le monde. En 1977, Kadhafi déclare la « révolution du peuple » : il change le nom du pays de République arabe libyenne en Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste et met en place des « comités révolutionnaires ». La Libye devient une Jamahiriya, soit littéralement un État des masses, officiellement gouverné selon un système de démocratie directe.

Les années 1980 sont marquées par une confrontation entre le régime en place et la communauté internationale, et tout spécialement les États-Unis et le Royaume-Uni. En 1981, deux avions libyens sont abattus par l’armée américaine à propos d’un contentieux sur les eaux territoriales. En 1982, les États-Unis décrètent un boycott de la Libye, accusée de soutenir le terrorisme international[4]. En 1984, le Royaume-Uni rompt toute relation avec le pays suite à la mort par balle d’une policière britannique devant l’ambassade libyenne à Londres. En 1986, déclarant agir en représailles d’un attentat dans une discothèque berlinoise fréquentée par des militaires américains, et à la suite d'accrochages aériens dans le golfe de Syrte, les États-Unis bombardent des complexes militaires libyens, des zones résidentielles de Tripoli et de Benghazi, tuant 101 civils et ratant de peu Kadhafi lui-même[5],[6]. En 1988, année où Kadhafi entame une légère libéralisation économique de son pays, les services secrets libyens sont accusés d’avoir provoqué l’explosion en plein vol d’un avion de ligne américain au-dessus de la ville écossaise de Lockerbie.

En 1992, le Conseil de sécurité des Nations unies met en place des sanctions à l’égard de la Libye afin que celle-ci livre les deux agents secrets suspectés de l’attentat aérien de 1988. C’est finalement chose faite en 1999 ce qui provoque la suspension des sanctions et le rétablissement des relations diplomatiques avec le Royaume-Uni. Le régime joue même, via la Fondation Kadhafi, un rôle d’intermédiaire dans plusieurs libérations d’otages, comme à Jolo en 2000 et au Sahara occidental en 2003. En août 2003, la Libye endosse formellement la responsabilité pour l’attentat de Lockerbie et signe un contrat de compensation avec les familles des victimes ce qui lui vaut en septembre 2003 la levée définitive des sanctions de la part du Conseil de sécurité des Nations unies.

En parallèle à cela, à partir du 11 septembre 2001, Kadhafi opère un changement dans sa politique probablement pour éviter une fin violente à l’irakienne, pour lui et son régime. Dès janvier 2002, il entame des discussions avec les États-Unis sur la question du financement du terrorisme. Par la suite, en conséquence de négociations diplomatiques tenues pendant toute l’année 2003 entre responsables libyens, britanniques et américains, Kadhafi annonce en décembre de cette année qu’il renonce officiellement à son programme d’armes de destruction massive. Enfin, en mars 2004, il signe le protocole additionnel du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).

Grâce à cela et une politique d’assouplissement de sa réglementation en matière économique permettant l’ouverture du marché local aux entreprises internationales, le régime de Kadhafi assure sa survie et se rapproche des puissances occidentales et particulièrement de certains pays européens, comme le Royaume-Uni, la France, l’Espagne et l’Italie. Mouammar Kadhafi déclare désormais qu’il entend jouer un rôle majeur dans la pacification du monde et la création d’un Moyen-Orient sans armes de destruction massive. Particulièrement par rapport aux relations avec l’Union européenne, ce volte-face de la Libye peut notamment être vu sous l’angle du combat des gouvernements de l’Union contre l’immigration illégale.

 

Les unions (malheureuses) du colonel[modifier]

Depuis son arrivée au pouvoir en 1969, le colonel Kadhafi a tenté à plusieurs reprises d'unir la Libye avec d'autres pays arabes ou africains. Voici la liste (non exhaustive) de ces unions avortées :

1972: création de l'Union des Républiques arabes regroupant l’Égypte, la Libye et la Syrie (dissoute en 1977);

1974: fusion entre la Libye et la Tunisie (annulée par manœuvre du premier ministre);

1980: fusion entre la Libye et la Syrie (restée sans lendemain);

1981: fusion entre la Libye et le Tchad (restée sans lendemain);

1984: union entre la Libye et le Maroc (dissoute en 1986);

1988: union entre la Libye et l'Algérie (annulée par manœuvre du premier ministre);

1990: signature d'une charte d'intégration avec le Soudan (restée sans lendemain).

Wikepedia : 13-03-11

13/03/2011

n°2 - Journal de Libye - 05-03 au 11-03 - Début - : Le scénario yougoslave pour la Libye?


 

n°2  - Journal de Libye - 05-03 au 11-03 - Début - : Le scénario yougoslave pour la Libye?



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal de Libye

   n°2                                   05-03 au 11-03

                                                          C.De broeder & M.Lemaire



Le " Journal de Libye" est  visible  sur les blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Tiré à part :

Andreï Fediachine : Le scénario yougoslave pour la Libye.

Sara Flounders : Bateaux de guerre près de la Libye : le danger d'une intervention militaire impérialiste s’accroît.

1 Lutte pour la libération du territoire

 2 Politique

a) Politique Libyenne

3  Politique internationale

Fin

a) Pays Arabes & voisins

4 Institutions internationales

5 Autres Pays

6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

6-1 Vidéo : Hugo Chavez propose une issue pacifique pour la Libye.

6-2 Corruption en Libye : Les journalistes "indépendants" et autres "envoyés spéciaux" peuvent être achetés par des liasses de billets.

7 Les brèves

7-1 Le plan de Chavez soutenu par ses alliés latino-américains’.

7-2 Manlio Dinucci : Avant d’envoyer dollars et fusils le Pentagone va faire passer « l’examen » aux insurgés…

8  Dossier

8-1 Les Forces Spéciales des Etats-Unis ont (aurait ?) débarqué en Libye pour entraîner les anti-Kadhafi.

8-2 Manlio Dinucci : Le Pentagone « repositionne » les forces navales et terrestres.

8-3 Robert Fisk : «Les Américains ont demandé aux Saoudiens d’aider les rebelles libyens »

8-4 Robert Fisk : Pour les Etats-Unis la guerre a déjà commencé en Libye.

Commentaire de Danielle Bleitrach.

8-5 Manlio Dinucci : Libye, le rébus de la zone d'interdiction aérienne.  

 



Editorial

Tiré à part :

Andreï Fediachine : Le scénario yougoslave pour la Libye ?

Le président Obama a enfin annoncé qu’il n’excluait aucun scénario de règlement du problème libyen, politique ou militaire. C’est la première fois que la Maison Blanche le déclare aussi directement. 

Hélas, l’opposition n’arrive pas à renverser rapidement Mouammar Kadhafi et à faire la révolution en limitant le nombre de victimes. On assiste certainement au recours à la tactique visant à faire fuir Kadhafi en exerçant sur lui une pression de l’extérieur et de l’intérieur. En recourant à la diplomatie, aux sanctions et aux moyens militaires. La diplomatie et les sanctions ont déjà été utilisées. Désormais, l'utilisation de l’arsenal des moyens militaires apparaît également comme une solution.

"Intervention libérale" 

Auparavant, on aurait appelé cela la "diplomatie de la canonnière", mais aujourd’hui cette expression ne convient plus tout à fait. On s’est souvenu du terme "interventionnisme libéral."

Et tout commence à rappeler le "schéma yougoslave." On semble revivre les bombardements de 1999.

Et même les "instruments" sont parfaitement identiques. Même les navires. Même le mois coïncide: les bombardements de la Yougoslavie par les Etats-Unis et l’OTAN ont commencé le 24 mars.

Il ne reste plus qu’à attendre la création d’une zone d’exclusion dans l’espace aérien de la Libye (ce qui a été fait à l’égard de la Yougoslavie). 

Les consultations à l’ONU se tiennent tous les jours et des événements surprenants peuvent être observés dans cette "arène." On a bien sûr le droit de haïr Kadhafi de toutes ses forces (ou en tous cas ne pas apprécier le dictateur à demi-fou), mais au sein de l’ONU on assiste à des débordements étranges, la hâte et la perfidie.

Par exemple, le procureur général de la Cour pénale internationale pénale, l’Espagnol Luis Moreno-Ocampo a annoncé le 3 mars que la Cour a "pris bonne note" du cas Kadhafi et de ses fils, et qu’elle ouvrait une information judiciaire sur l’éventuel violation des droits de l’homme. Formellement, il a raison: le 26 février la Conseil de sécurité des Nations Unies a ordonné l’enquête. Etant donné que la Libye n’est pas signataire du Statut de Rome de la Cour, seul le Conseil de sécurité peut autoriser ce genre de démarche.

 

Le plus intéressant est que la résolution a été approuvée à l’unanimité par les 15 membres du Conseil de sécurité, dont trois membres permanents: les Etats-Unis, la Russie et la Chine.

Les Etats-Unis et la Russie n’ont pas ratifié le Statut de Rome, ne reconnaissent pas sa juridiction et, par conséquent, ne font pas juridiquement partie des membres du Statut. Ils émettent des réserves concernant le droit de la Cour de juger leurs citoyens. Quant à la Chine, elle ne reconnaît pas la Cour du tout. Les Américains ont même insisté pour que la résolution comporte une clause stipulant que leurs citoyens ne sont pas soumis à la juridiction de la Cour. Au cas où ils devraient débarquer en Libye avec une mission militaro-humanitaire. Ce n’est plus de la perfidie, c’est de l’hypocrisie pure et dure: on juge tout le monde, mais on ne peut pas nous juger.

 

Les forces d'intervention en Libye sont pratiquement prêtes

Depuis la fin de la première semaine de février, une importante concentration militaire des Etats-Unis et de l’OTAN s’est formée au large des côtes libyennes. Le porte-hélicoptère d’assaut américain USS Kearsarge, le bâtiment de débarquement USS Ponce et le sous-marin nucléaire USS Scranton ont déjà traversé le canal de Suez et sont arrivés le 4 mars dans le golfe de Syrte. Tous font partie du groupe de débarquement méditerranéen de l’unité tactique de la marine américaine sous le commandement du porte-avions USS Enterprise. Ce dernier se trouve actuellement en mission au Nord de la mer Rouge. La Libye est à portée immédiate. 

Seules la Russie et la Chine se prononcent ouvertement contre l’intervention militaire. Les autres membres du Conseil de sécurité possédant le droit de veto "n’excluent aucun scénario", mais reconnaissent que la sanction de l’ONU est nécessaire pour intervenir.

Les déclarations sur la nécessité de l’accord du Conseil de sécurité pour l’intervention militaire est une sorte de mantras à l’ONU qui précèdent une rupture décisive avec les normes du droit international.

Et cela ressemble également à tout ce qui a précédé l’opération en Yougoslavie Force alliée, selon la codification OTAN, ou Ange miséricordieux, selon la codification américaine. Au printemps 1999, la Russie et la Chine ont bloqué la sanction de l’intervention militaire contre la Yougoslavie. L’OTAN a commencé les bombardements sans aucune autorisation, en violant la Charte des Nations Unies, en n’obéissant qu’à ses propres Statuts. Et de toute manière ces Statuts ont reçu une interprétation tellement "large", que toute ingérence peut désormais se faire car tel est le bon plaisir des pays membres. Le fait est que la Yougoslavie n’avait attaqué aucun pays de l’OTAN, et la situation dans le pays ne présentait aucun danger pour l’Alliance. D’ailleurs, la décision de bombarder a également été prise par un président démocrate, Bill Clinton, et non pas par un républicain sanguinaire.

Les mauvaises langues affirment toujours que la "pacification yougoslave" était nécessaire pour détourner l’attention de l’opinion publique des Etats-Unis du scandale lié à Monica Lewinsky, au mensonge du président au Congrès et à la perspective de sa destitution.

Ce n’est pas le cas de Barack Obama.

Au contraire, il a déjà deux guerres "sur le dos", et n’en a pas besoin d’une troisième.

Mais la pression exercée sur la Libye, visant à faire fuir Kadhafi, ne constitue pas une menace de troisième guerre. Kadhafi a tellement épuisé ses propres ressources que seules les forces dépendant désespérément du régime le soutiennent. 

Par contre, Barack Obama pourrait devoir faire face à un problème plus grave que le Kosovo: l’augmentation des prix du pétrole menace déjà de stopper le rétablissement économique et, par conséquent, de réduire considérablement ses chances d’être réélu l’année prochaine. On ne plaisante pas avec ce genre de choses.

 

Encore un peu de sang et ça ira 

Pour l’instant la concentration des bâtiments de guerre au large de la Libye est une simple démonstration de force, un moyen de pression. Toute guerre ou intervention nécessite des raisons. Ou des prétextes. La guerre en Afghanistan avait une très bonne raison: les attentats du 11 septembre 2001 à New York. George W. Bush n’avait qu’une seule solution: l’invasion. La guerre en Irak n’avait aucune raison valable, mais le prétexte a été fabriqué: il s'agissait de la prétendue création par Saddam Hussein d'armes de destruction massive. Il s’est avéré que c’était un mensonge du début jusqu’à la fin.

 

L’invasion de la Libye n’a aucune justification juridique internationale. Pour l’instant. 

Mais les actions de Kadhafi pourraient donner des raisons de le faire. Personne ne parle pour le moment d’intervention militaire. Mais nul ne nie sa probabilité. Les déclarations du type "il est trop tôt pour parler des actions militaires" sont accompagnées par le refrain disant que si l’effusion de sang continue, rien ne peut être exclu. Cela ressemble à "encore un peu de sang et on ne se retiendra plus."

 

Des communiqués en provenance de la Libye parlent déjà de "l’offensive des forces fidèles à Kadhafi" contre les villes rebelles à l’Est du pays et des centaines de morts. 

Il faut "pousser" Kadhafi encore un peu à réprimer les villes révoltées, et il y aura suffisamment de sang pour l’invasion. Les congressistes américains républicains exigent directement l’intervention.

 

Les préparatifs actuels en mer Méditerranée ne sont pas un simple "redéploiement des forces" de la marine américaine juste au cas où. Les préparations militaires ont toujours une certaine "masse critique", une limite, au-delà de laquelle les actions sont inévitables.

Les composantes matérielle et financière sont pratiquement prêtes pour franchir cette limite. Les navires qui mouillent au large des côtes libyennes ne sont pas des boîtes d’allumettes. Le porte-hélicoptère USS Kearsarge est l’un des plus grands bâtiments de débarquement d’attaque de cette classe, ayant un déplacement d’eau de 40.000 tonnes et une longueur de 253 mètres. Il embarque à son bord plusieurs dizaines d’hélicoptères, de missiles, d’engins de débarquement, plus de 2.000 fantassins de marine. Qu’il soit dit en passant, c’est le même Kearsarge qui en 1999 opérait près des côtes yougoslaves, débarquait les troupes de marines, de renseignement et de sabotage. Les premières forces américaines qui ont touché le sol yougoslave ont été débarquées par ce bâtiment. Le bâtiment de débarquement USS Ponce, ayant un déplacement d’eau de 17.000 tonnes, a également participé à l’opération en Yougoslavie. De même que le sous-marin nucléaire USS Scranton. Ces classes d’engins sont dotées de missiles de croisière, mais le plus important, ils sont spécialement adaptés pour des missions secrètes de débarquement et de sabotage près des côtes de l’ennemi.

 

Les bombardements de la Yougoslavie en 1999 n’étaient pas conduits seulement par des porte-avions (à l’époque l’USS Theodore Roosevelt), mais également par les bases aériennes italiennes et françaises et les porte-avions français et britanniques. Et toute cette "armada" est aujourd’hui bien plus proche de la Libye que de la Yougoslavie de l’époque.

 

D’ailleurs, Londres a déjà annoncé qu’il envoyait pour le sauvetage d’environ 20 pétroliers britanniques, coincés quelque part au Sud-Est de la Libye, des unités de la force spéciale SAS.

C’est l’équivalent du Navy Seals américains ou de l’unité Alpha russe.
Par Andreï Fediachine,

RIA Novosti

05/03/2011
http://fr.rian.ru/discussion/20110305/188780082.html


Sara Flounders : Bateaux de guerre près de la Libye : le danger d'une intervention militaire impérialiste s’accroît.

Qui dirige l’opposition ?

Il est important d’analyser le mouvement de l’opposition, spécialement ceux qui sont si abondamment cités par les médias internationaux. (...)

Un article de premier plan, dans le New York Times du 25 février, décrivait la différence entre la Libye et les autres luttes qui ont éclaté dans tout le monde arabe. A la différence des rébellions de jeunes rendues possibles par Facebook, l’insurrection, dans ce cas, a été dirigée par des gens plus matures et qui se sont opposés activement au régime depuis un certain temps. L’article décrit la contrebande d’armes à travers la frontière égyptienne durant des semaines, permettant que la rébellion monte rapidement et violemment en un peu moins de une semaine.

 Le groupe d’opposants qui est souvent cité est le Front National pour le Salut de la Libye (NFSL en anglais) On sait que le NFSL,fondé en 1981, une organisation financée par la CIA, avec des officines à Washington, DC. a maintenu une force militaire, nommée l’armée nationale libyenne, près de la frontière égypto-libyenne. Une recherche sur google sur le Front National pour le Salut de la Libye et la CIA confirmera rapidement certaines références.

C’est exprimé amplement à la conférence nationale de l’opposition libyenne. C’est une coalition formée par le NFSL qui inclut aussi l’Union Constitutionnelle Libyenne (LCU) dirigée par Muhamad as –Senussi, prétendant au trône libyen. Le Web de la LCU appelle le peuple libyen à renouveler son serment de loyauté au roi Idris el Senussi en tant que leader historique du peuple libyen. Le drapeau utilisé par la coalition est le drapeau de l’ancien royaume de Libye. 

Evidemment, ces forces financées par la CIA et les anciens monarchistes sont politiques et socialement différentes de la jeunesse privée de droits et des travailleurs qui ont marché par millions contre les dictateurs appuyés par les USA en Egypte et en Tunisie et qui,aujourd’hui, manifestent au Bahrein, au Yemen et à Oman. 

Selon l’article du Times, l’aile militaire du NFSL, utilisant des armes de contrebande, ont rapidement pris des postes policiers et militaires dans la ville portuaire de Bengasi et les environs proches au nord des champs pétrolifères les plus riches de Libye, où se trouve la majeure partie des gazoducs et oléoducs, les raffineries et son port de gaz naturel liquéfié. Le Times et autres medias occidentaux affirment que cette zone est actuellement sous « contrôle de l’opposition », y compris 80% des installations pétrolifères de Libye. 

L’opposition libyenne, à la différence des mouvements des autres lieux du monde arabe a demandé l’aide internationale depuis le début. Et les impérialistes ont répondu rapidement.

 Par exemple, Mohammed Ali Abdallah, secrétaire général adjoint du NFSL, a envoyé un appel désespéré : « Nous nous attendons à un massacre » « Nous envoyons un SOS à la communauté internationale pour qu’elle intervienne ». Sans efforts internationaux pour contenir Kadhafi « il y aura un bain de sang en Libye dans les prochaines 48 heures. »

 Le Wall Street Journal, voix du Grand Capital, a écrit dans son éditorial du 23 février, que les USA et l’Europe devraient aider les Libyens à destituer le régime de Kadhafi.

 

Intérêts des USA : le pétrole.

Pourquoi, Washington et les puissances européennes sont –elles désireuses et disposées à intervenir en Libye ?

 Quand se produit quelque chose de nouveau, il est important de passer en revue ce que nous savons du passé et nous interroger : quels sont les intérêts des multinationales étasuniennes dans la région ?

 La Libye est un pays riche en pétrole- un des 10 plus riches du monde- . La Libye possède les plus grandes réserves prouvées de pétrole en Afrique, au moins 44 millions de barils. Elle produit 1,8 million de barils de pétrole par jour. Un cru léger considéré de la plus grande qualité et qui nécessite moins de raffinage que la plus grande partie du pétrole. La Libye possède aussi de grands gisements de gaz naturel, facile à canaliser pour les marchés européens. C’est un pays très vaste avec une population faible de 6,4 millions de personnes.

 C’est ainsi que voient la Libye les puissantes multinationales pétrolières et militaires et les institutions financières des USA qui dominent le marché des USA.

 Actuellement, le pétrole et le gaz sont les matières premières les plus valorisées et la meilleure source de bénéfices dans le monde.  

Obtenir le contrôle des champs pétrolifères, les oléoducs, les raffineries et les marchés constitue, en grande partie, ce qui impulse la politique impérialiste des USA.

Durant deux décennies de sanctions des USA contre la Libye pendant lesquelles les USA espérèrent mettre à bas le régime, les intérêts corporatistes européens investirent fortement dans le développement de cadres et infrastrutures dans ce pays. Près de 85% des exportations d’énergie de Libye vont à l’Europe.

Les multinationales européennes- en particulier BP, Royal Dutch Shell, Total, ENI, BASF, Statoil y Repsol- ont dominé le marché Libyen. Les gigantesques multinationales pétrolières des USA étaient exclues de ces accords lucratifs. La Chine a acheté une quantité croissante de pétrole produit par la Corporation nationale de pétrole de Libye et a construit un petit oléoduc en Libye .

Les immenses bénéfices qu’ils pourraient obtenir avec le contrôle du pétrole et du gaz naturel de Libye sont le motif de l’appel de plus en plus bruyant des médias US en faveur de l’intervention humanitaire pour sauver des vies »/ 

Manlio Dinucci,journaliste italien qui écrit dans le Manifesto d’Italie, expliquait le 25 février que si Kadhafi était expulsé du pouvoir, les USA pourraient démolir tout le marché des relations économiques et ouvrir le chemin aux multinationales basées aux USA qui, actuellement,sont totalement exclues de l’exploitaion des réserves énergétiques en Libye. Ainsi, les USA pourraient contrôler le robinet des sources d’énergie desquelles dépend une grande partie de l’Europe et aussi l’approvisionnement de la Chine.

 

Antécédents de la Libye.

 La Libye a été une colonie italienne depuis 1911 jusqu’à la défaite de l’Italie à la seconde guerre mondiale. Les puissances impérialistes occidentales établirent dans la région depuis la guerre, des régimes qui furent appelés Etats indépendants mais qui étaient dirigés par des monarches nommés sans vote démocratique des peuples. La Libye devint un pays souverain seulement en apparence., mais qui était lié aux USA et à la Grande Bretagne par un nouveau monarque, le roi Idris.

 En 1969, une vague de luttes anticoloniales mobilisa le monde colonisé, de jeunes officiers militaires nationalistes de mentalité panarabe déposèrent le roi Idris alors qu’il était en vacances en Europe. Le leader du coup d’Etat était Muamar Kadhafi âgé de 27 ans.

 La Libye changea son nom et de Royaume de Libye devint la République arabe libyenne et ensuite la Grande Jamahiriya arabe de Libye populaire et socialiste.

 Les jeunes officiers ordonnèrent la fermeture des bases US et GB en Libye, y compris la grande base aérienne Wheelus du Pentagone. Ils nationalisèrent l’industrie du pétrole et beaucoup d’intérêts commerciaux qui étaient sous contrôle impérialiste des USA et de la GB.

 Ils réalisèrent de nombreux changements progressistes. La nouvelle Libye fit beaucoup de progrès économiques et sociaux. Les conditions de vie des masses s’améliorèrent radicalement . La majeure partie des besoins essentiels- aliments, logement, combustible, surveillance sanitaire et éducation – fut fortement subventionnée voire même devint gratuite. On utilisa les subsides comme la meilleure façon de redistribuer la richesse nationale.

 La condition des femmes changea drastiquement . en 20 ans, la Libye gagna le premier rang de l’Afrique en ce qui concerne l’indice de développement humain.- un critère des Nations Unies en ce qui concerne l’espérance de vie, la réussite sur le plan éducationnel et les gains réels- Durant les années 60 et 80,la Libye fut connue internationalement pour ses fortes prises de position antiimpérialistes et son appui aux autres luttes révolutionnaires, du Congrès national africain en Afrique du Sud à l’organisation pour La libération de la Palestine et l’Armée républicaine irlandaise.

 

Les USA réalisèrent de nombreuses tentatives d’assassinat et de coups d’Etat contre le régime de Kadhafi et financèrent des groupes armés d’opposition comme le NSFL- quelques attaques étasuniennes furent flagrantes et ouvertes . par exemple, 66 avions de chasse US bombardèrent sans avertissement la capitale libyenne de Tripoli et sa seconde ville Bengasi, le 15 avril 1986. La maison de Kadhafi fut bombardée et sa petite fille mourut dans l’attaque ainsi que cinq autres personnes.

 Durant les années 80 et 90 les USA réussirent à isoler la Libye grâce à de strictes sanctions économiques. Ils ifrent tout ce qu’ils pouvaient pour saboter l’économie et destabiliser le gouvernement.

 

Diabolisation de Kadhafi.

 C’est le peuple libyen, d’Afrique et du monde arabe qui doit évaluer le rôle contradictoire de Kadhafi, président du Conseil de commandement révolutionnaire de Libye. La population des USA, le centre d’un empire basé sur l’exploitation globale, ne devrait pas adhérer aux caractérisitiques racistes, à la ridiculisation et la satanisation de Kadhafi qui saturent les médias .

 Y compris si Kadhafi avait été tranquille et austère comme un moine et aussi soigneux qu’un diplomate, il aurait toujours été,en tant que président d’un pays africain riche en pétrole, préalablement sous-développé, haï, ridiculisé et diabolisé par l’impérialisme étasunien dans la mesure où il offrait une résistance à la domination étasunienne. Ce fut son véritable crime et c’est pour cela que les USA ne le lui ont jamais pardonné.

 Il est important de signaler que jamais ils n’utilisent de termes dégradants et racistes contre des pions fidèles des USA ou des dictateurs, si corrompus ou implacables soient-ils avec leur propre peuple.
(...)

Sara Flounders
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=FLO20110306&articleId=23547 



Paroles & action du président Kadafi

Kadhafi et la Ligue arabe acceptent le "plan Chavez"

Le président Mouammar Kadhafi et le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa ont approuvé le plan de règlement pacifique du conflit libyen proposé par le président vénézuélien Hugo Chavez, a annoncé jeudi la chaîne télévisée Al Jazeera, une information qui n'a toutefois pas été confirmée officiellement.

Selon la chaîne, Chavez s'est déjà entretenu par téléphone avec Kadhafi et Moussa et a obtenu leur consentement de principe pour la réalisation de son plan.

Ce plan prévoit notamment d'envoyer en Libye une mission de médiateurs de plusieurs pays d'Amérique latine, d'Europe et de Proche-Orient. Elle sera chargée de négocier avec les parties en conflit les voies permettant de trouver une sortie de crise afin d'empêcher une intervention militaire étrangère. 

Hier, le colonel Kadhafi, intervenant à Tripoli devant ses partisans, a invité les Nations unies à envoyer en Libye une commission spéciale pour enquêter sur la situation dans le pays. Il a également adressé à l'Occident une sévère mise en garde contre toute intervention militaire dans le conflit libyen, en soulignant que dans ce cas "le nombre de morts en Libye se chiffrerait par milliers".

3 mars –

RIA Novosti



1 Politique Libyenne  

Sur le terrain

Mousar Ibrahim : La Libye fait face à une rébellion armée soutenue par les étrangers’.

Les manifestations contre le gouvernement libyen se sont transformées en rébellion armée soutenue par les pays étrangers, au lieu d'un mouvement pacifique, a déclaré le porte-parole du gouvernement libyen, Mousar Ibrahim, à Xinhua dans une interview exclusive accordée jeudi à Tripoli.
"Nous sommes en crise, aucun doute, mais pas comme le disent certains médias. Il y a 144 journalistes étrangers ici aujourd'hui, qui n'ont découvert aucune preuve de massacres ou de meurtres. Tout ce qu'ils ont trouvé, ce sont des cas individuels ici ou là, qui sont des rébellions armées contre le gouvernement", a souligné Mousar Ibrahim.
Les manifestations contre le gouvernement ont éclaté pour la première fois le 16 février à Benghazi, dans l'est du pays, pour demander la fin des 42 années de règne de Mouammar Kadhafi.
Les manifestations se sont transformées en des affrontements sanglants entre les troupes pro-Kadhafi et les manifestants antigouvernementaux dans plusieurs villes, tuant des centaines de personnes des deux côtés, selon le porte-parole.
"Ce ne sont pas des manifestants pacifiques mais des individus armés, dont beaucoup sont affiliés aux groupes islamiques fondamentaux", a-t-il déclaré.
"Ils ont attaqué les bases militaires et les postes de police", a-t-il affirmé, ajoutant : "Ce n'est pas un mouvement pacifique pour apporter des changements politiques, mais une rébellion armée. Aucun pays du monde, quel que soit son système politique, ne le permettrait".
Par ailleurs, il a qualifié la résolution 1970 de l'ONU, qui impose un embargo sur les armes contre la Libye, d'une "des plus grandes blagues de l'histoire de l'ONU", ajoutant que l'organisation internationale devrait envoyer une mission d'enquête au lieu de prendre des décisions "basées entièrement sur les informations médiatiques".
Le gouvernement libyen a demandé à l'ONU et aux ONG de venir voir le pays de leurs propres yeux, a poursuivi l'officiel.
Par ailleurs, le porte-parole a accusé l'Occident de vouloir mettre la main sur "son pétrole"
A la fin de l'interview, Mousar Ibrahim a démenti les informations selon lesquelles le leader Mouammar Kadhafi a perdu le soutien des grandes tribus du pays.

Source: xinhua


Des Canons ... pas du beurre

Porte-parole du gouvernement : La Libye fait face à la rébellion armée soutenue par les étrangers.

Les manifestations contre le gouvernement libyen se sont transformées en rébellion armée soutenue par les pays étrangers, au lieu d'un mouvement pacifique, a déclaré le porte-parole du gouvernement libyen, Mousar Ibrahim, à Xinhua dans une interview exclusive accordée jeudi à Tripoli.

"Nous sommes en crise, aucun doute, mais pas comme le disent certains médias. Il y a 144 journalistes étrangers ici aujourd'hui, qui n'ont découvert aucune preuve de massacres ou de meurtres. Tout ce qu'ils ont trouvé, ce sont des cas individuels ici ou là, qui sont des rébellions armées contre le gouvernement", a souligné Mousar Ibrahim. 

Les manifestations contre le gouvernement ont éclaté pour la première fois le 16 février à Benghazi, dans l'est du pays, pour demander la fin des 42 années de règne de Mouammar Kadhafi.

 Les manifestations se sont transformées en des affrontements sanglants entre les troupes pro-Kadhafi et les manifestants antigouvernementaux dans plusieurs villes, tuant des centaines de personnes des deux côtés, selon le porte-parole. 

"Ce ne sont pas des manifestants pacifiques mais des individus armés, dont beaucoup sont affiliés aux groupes islamiques fondamentaux", a-t-il déclaré. 

"Ils ont attaqué les bases militaires et les postes de police", a-t-il affirmé, ajoutant : "Ce n'est pas un mouvement pacifique pour apporter des changements politiques, mais une rébellion armée. Aucun pays du monde, quel que soit son système politique, ne le permettrait". 

Par ailleurs, il a qualifié la résolution 1970 de l'ONU, qui impose un embargo sur les armes contre la Libye, d'une "des plus grandes blagues de l'histoire de l'ONU", ajoutant que l'organisation internationale devrait envoyer une mission d'enquête au lieu de prendre des décisions "basées entièrement sur les informations médiatiques".

Le gouvernement libyen a demandé à l'ONU et aux ONG de venir voir le pays de leurs propres yeux, a poursuivi l'officiel. 

Par ailleurs, le porte-parole a accusé l'Occident de vouloir mettre la main sur "son pétrole"

A la fin de l'interview, Mousar Ibrahim a démenti les informations selon lesquelles le leader Mouammar Kadhafi a perdu le soutien des grandes tribus du pays.

Xinhua, 5 mars 


Les grandes manœuvres

Les manifestants font la chasse aux mercenaires africains.

Plusieurs de nos observateurs libyens rapportent que des mercenaires d’Afrique subsaharienne ont été appelés en renfort par le régime de Mouammar Kadhafi pour mater les manifestants. Des vidéos circulant sur Internet montrent que plusieurs de ces mercenaires supposés ont été capturés et lynchés par la foule.

"L’envoi de mercenaires africains est une erreur stratégique de Kadhafi, car cela a poussé de nombreux policiers et soldats à retourner leurs armes contre le régime"

Omar est un opposant libyen exilé à Londres. Il coordonne le mouvement Libyan Youth Movement, composé de jeunes vivant en Libye et à l'étranger, qui organise la contestation grâce aux réseaux sociaux. 
Les manifestants ont filmé ces vidéos, non par sadisme, mais pour montrer au monde entier que Mouammar Kadhafi a recruté des mercenaires africains pour s’assurer que la répression soit radicale. Il y a une rumeur selon laquelle ils seraient payés 9 000 euros par Libyen tué [Certains sites libyens parlent de 30 000 dollars (22 000 euros) pour la mission, d’autres de 500 dollars par jour (370 euros). Ces rumeurs ne sont pas vérifiées
][mais propageons-les donc gaiement - RM]. Ce qui est sûr, c’est qu’ils ne parlent pas l'arabe dialectal local. Ils parlent souvent anglais ou français.

Deux cadavres de supposés mercenaires africains sur le capot d’une voiture, à Al-Baïda.

Vidéo postée sur YouTube le 20 février. 
Dans l’est du pays, ces mercenaires ont été chassés des villes par les manifestants avec le soutien de la police. Kadhafi a fait une erreur stratégique en les envoyant dans cette région. À Al-Baïda, à Derna ou à Benghazi, les policiers locaux ont des membres de leurs familles qui participent aux manifestations. Même au sein de l’armée, cela aurait causé de nombreuses désertions de soldats, notamment à Benghazi et à Syrte [La Fédération internationale des droits de l’Homme a confirmé lundi à l’AFP que plusieurs villes sont "tombées" aux mains des manifestants]. 
Aujourd’hui, bien qu’indépendantes et contrôlées par la population, ces trois villes sont encerclées par les mercenaires. L'une de mes sources à Benghazi m’a dit que certains ont été capturés par les manifestants. C’est comme ça qu’on sait qu’ils viennent du Tchad ou de Mauritanie, qu’ils portent un uniforme militaire et, parfois, un casque jaune. Ils sont habillés comme les soldats de Kadhafi, mais ils sont noirs."

Frabce24,

21/02

http://observers.france24.com/fr/content/20110221-libye-manifestations-kadhafi-benghazi-derna-al-baida-tripoli-mercenaires



2 Politique des Usa

Des Canons ... pas du beurre

Manlio Dinucci : Les canons de l’ « opération humanitaire » arrivent
Le déploiement aéronaval étasunien et allié en Méditerranée se développe, pour la grande « opération humanitaire » en Libye. Tandis que le président Obama décidait l’utilisation d’avions militaires, officiellement pour rapatrier de Libye les émigrés égyptiens, le secrétaire à la défense Robert Gates a « ordonné au Commandement Africa de prendre la direction de la planification de la défense concernant la situation en Libye ». Ceci signifie que les opérations aéronavales vont être dirigées par le quartier général des Forces navales du Commandement Africa étasunien, à Naples, où se trouvent aussi les commandements des Forces navales étasuniennes et de la Force conjointe alliée, tous trois dans les mains du même amiral étasunien Sam J. Locklear III. 

 

Dans le cadre de cette opération, le patrouilleur Libra de la marine italienne a levé l’ancre dans le port de Catane (Sicile) : équipé de canon OtoMelara et de mitrailleuses lourdes, officiellement pour apporter à Bengazi de la nourriture et des médicaments aux insurgés. Alors qu’est rentré au port le torpilleur lance-missiles Mimbelli, de retour d’une « mission de secours humanitaire » en Libye, armé de trois canons à tir rapide, 16 missiles Aspis, ainsi que fusées et torpilles. Prêts à partir, les navires amphibies San Marco et San Giorgio.

 

Unités modernes, disparaissant cependant face au navire d’assaut étasunien amphibie Kearsarge qui, flanqué du navire d’appui Ponce et du torpilleur lance-missiles Barry, se positionne actuellement devant les côtes de Libye, toujours pour l’ «opération humanitaire ». Le Kearsarge est le plus grand des navires amphibies : long de 250 mètres, il a une double fonction : porte-avions pour des avions à décollage vertical et hélicoptères de combat, et, par ailleurs, doté de puissants véhicules de débarquement, capables de transporter à chaque fois jusqu’à 400 marines, chars d’assaut et autres véhicules de combat. Ces véhicules hovercraft, soutenus par un coussin d’air, se déplacent rapidement aussi bien sur l’eau que sur un terrain plat côtier. Le Kearsarge peut ainsi lancer une attaque massive par avions et hélicoptères et, simultanément, débarquer rapidement presque 2 mille marines.  

Depuis le Détroit de Gibraltar, est en train de le rejoindre la frégate britannique Westminster, équipée de missiles (parmi lesquels les Sea Wolf et les Harpoon), canons à tir rapide et autres armements parmi les plus modernes qui soient, gérés par des systèmes électroniques de dernière génération. De France arrive, pour « évacuer les réfugiés », le porte-hélicoptères Mistral, escorté de la frégate Georges-Leygues. Le Mistral, qui opère comme navire de commandement et unité d’assaut amphibie, a à son bord 16 gros hélicoptères de combat (Tigre, Puma et Panthère), 13 chars d’assaut (lourds) et 500 commandos. Du Canada arrive sur les côtes libyennes la frégate Charlottetown et, de Corée du Sud, le navire de guerre Choi Young, qui a quitté l’ « opération anti-piraterie » dans l’Océan Indien pour l’ « opération humanitaire » en Méditerranée.  

Devant cet imposant déploiement militaire, on se demande : si c’était une opération vraiment humanitaire, ne vaudrait-il pas mieux envoyer des navires civils, beaucoup plus adaptés pour le transport de personnes et de vivres, escortés par quelque unité militaire ? Pourquoi envoyer les plus gros navires d’assaut amphibie ? La réponse est simple : pour donner l’assaut à ce qui intéresse le plus : l’or noir libyen. L’histoire se répète. « Des murs de Montezuma aux plages de Tripoli » : c’est ainsi que commence l’hymne des marines qui, en 1805, débarquèrent en Libye soutenus par les canons de l’U.S. Navy.

 Manlio Dinucci
6 mars 2011 : il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/06-Marzo-2011/art42.php3


n°2 - Journal de Libye - 05-03 au 11-03 - Fin - : Le scénario yougoslave pour la Libye?


n°2  - Journal de Libye - 05-03 au 11-03 - Fin - : Le scénario yougoslave pour la Libye?



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal de Libye

   n°2                                   05-03 au 11-03

                                                          C.De broeder & M.Lemaire



Le " Journal de Libye" est  visible  sur les blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

a) Pays Arabes & voisins

4 Institutions internationales

5 Autres Pays

6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

6-1 Vidéo : Hugo Chavez propose une issue pacifique pour la Libye.

6-2 Corruption en Libye : Les journalistes "indépendants" et autres "envoyés spéciaux" peuvent être achetés par des liasses de billets.

7 Les brèves

7-1 Le plan de Chavez soutenu par ses alliés latino-américains’.

7-2 Manlio Dinucci : Avant d’envoyer dollars et fusils le Pentagone va faire passer « l’examen » aux insurgés…

8  Dossier

8-1 Les Forces Spéciales des Etats-Unis ont (aurait ?) débarqué en Libye pour entraîner les anti-Kadhafi.

8-2 Manlio Dinucci : Le Pentagone « repositionne » les forces navales et terrestres.

8-3 Robert Fisk : «Les Américains ont demandé aux Saoudiens d’aider les rebelles libyens »

8-4 Robert Fisk : Pour les Etats-Unis la guerre a déjà commencé en Libye.

Commentaire de Danielle Bleitrach.

8-5 Manlio Dinucci : Libye, le rébus de la zone d'interdiction aérienne.  

 



3 Pays Arabes & voisins

Israël

Israël vole au secours de son allié Khadafi.

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

Le cabinet Netanyahu a demandé à la société israélienne Global CST de secourir le régime ami du colonel Khadafi.

Global CST envisage de recruter et d’acheminer jusqu’à 50 000 mercenaires, ce qui paraît fort ambitieux.

Global CST a encadré les forces géorgiennes durant l’attaque de l’Ossétie du Sud, a organisé la libération d’Ingrid Betancourt prisonnière des FARC, et entraîne les forces spéciales péruviennes contre les guérilleros du Sentier lumineux.

Ex-nassérien, le colonel Khadafi s’est fait une spécialité durant de nombreuses années de jouer un tortueux double jeu, au risque de se mettre à dos les deux camps à la fois. Il tenait un discours ultra-radical contre l’impérialisme états-unien et le sionisme, tout en servant souvent leurs intérêts, notamment en liquidant sur commande certains de leurs principaux opposants (par exemple l’Irano-Libanais Moussa Sadr ou le Soudanais Abdel Khaleq Mahjoub).

 Il n’a jamais entrepris aucune action contre Israël et s’est officiellement réconcilié avec Washington depuis 2003.

03-03

http://www.voltairenet.org:80/article168711.html



4 Les institutions

Otan

Maurizio Matteuzzi : L’OTAN « étudie » l’option militaire

Ballons d’essai ou bourrasques de guerre humanitaire ?

« Les attaques contre les civils sont un crime contre l’humanité »,

« Nous sommes prêts à intervenir mais seulement sur mandat de l’ONU »,

« Si Kadhafi et son régime continuent à attaquer systématiquement la population civile, nous ne pouvons pas imaginer que la communauté internationale et l’ONU restent des spectateurs ».

Le secrétaire général de l’OTAN Anders Fogh Rasmussen a lancé hier un avertissement très clair au Colonel libyen. Nous n’en sommes pas encore à la conférence de Rambouillet, février 1999, dont l’échec programmé amena l’intervention de l’OTAN contre la Serbie de Milosevic. Ni à celle de Tony Blair aux Communes, septembre 2002, sur les armes de destruction de masse de Saddam, « prêtes à être utilisées en 45minutes » ou au discours du secrétaire d’Etat Colin Powell au Conseil de sécurité, février 2003, dans lequel il brandissait une éprouvette pleine de poudre blanche (l’ « anthrax » du raïs irakien), qui servirent à faire avaler à l’ONU la guerre contre l’Irak. Mais l’évocation par Rasmussen d’une intervention humanitaire contre la Libye de Kadhafi est un signal, même si ce n’est plus maintenant Georges W. Bush qui est à la Maison Blanche mais un Barak Obama qui semble plus réticent à se jeter dans une nouvelle aventure dans la zone explosive (et pas seulement à cause du pétrole) de la Méditerranée, de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, mais qui s’est immédiatement placé hier aux côtés de Rasmussen : attention Kadhafi, « l’OTAN étudie l’option militaire ».

Signal inquiétant parce que les expériences précédentes montrent que quand la grande machine de la « guerre humanitaire » se met en marche, il s’avère ensuite difficile si ce n’est impossible de l’arrêter.

Pour ce qu’on peut voir et comprendre de la situation depuis Tripoli, le régime de Kadhafi est, du moins dans cette phase, très attentif à éviter des attaques « systématiques » contre les civils. Par exemple, la bataille acharnée pour le contrôle de Az Zaywah, ville qui est à une cinquantaine de Kms de la capitale -unique centre conquis par les insurgés à l’ouest de Tripoli- semblait se conclure dimanche par le retour aux mains des gouvernementaux avec un bilan probable, selon des témoins oculaires, de 13 insurgés et 4 gouvernementaux tués. Et l’offensive des forces kadhafistes sur Ras Lanouf, en Cyrénaïque, pour arrêter l’avancée des insurgés de l’est vers la partie occidentale du pays, a continué hier avec un raid aérien qui aurait fait trois victimes.

Contrôler la véracité de ces nouvelles et des ces chiffres est pratiquement impossible parce que la guerre entre les deux Libye, en plus du terrain, se déroule aussi sur celui de la propagande. D’où viennent ces nouvelles -le plus souvent venues de l’extérieur- est une chose impossible à vérifier pour qui est ici, d’un côté ou de l’autre du front. Tout au plus peuvent-elles paraître vraisemblables et possibles ou improbables et sans fondements.

Entrent dans ce décompte deux voix qui ont circulé ici hier, diffusées par deux journaux arabes imprimés à Londres : celle de al-Sharq al-Awsat selon qui Kadhafi aurait proposé son exil au Conseil national de Bengazi en échange de l’impunité pour lui et sa famille (paroles apparemment sans fondements) ; et l’autre venant de Libya al-Youn d’après qui un cadavre décapité trouvé dans une ville de Cyrénaïque contrôlée par les insurgés serait celui de Abdullah al-Senoussi, le puissant chef des services de renseignements militaires de Kadhafi (improbable mais sait-on jamais).

Au-delà de la guerre sur le terrain et de celle psychologique avec leurs côtés obscurs, certains éléments sont clairs et avancent sur deux voies. La première est l’offensive militaire des forces kadhafistes, qui ne semble cependant pas être une offensive à outrance mais plutôt destinée à faire pression sur les insurgés en évitant des attaques indiscriminées qui pourraient faire précipiter la situation internationale et saboter la deuxième voie sur laquelle semble avancer Kadhafi : la voie diplomatique.  Hier le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a nommé comme envoyé spécial en Libye l’ex-ministre des affaires étrangères jordanien Kadhafi Al-Khatib ; et est arrivée ici à Tripoli la première mission Ue, conduite par l’italien Agostino Miozzo : officiellement pour vérifier la situation des citoyens de l’Union mais peut-être aussi pour observer un peu ce qui se passe et donner quelques signaux. La semaine prochaine on attend une délégation des pays de l’Alba, le groupe de pays initié par Chavez, pour voir si la proposition du président vénézuélien de former une commission internationale (peut-être conduite par l’ex-président Lula da Silva) a quelque chance ou si c’est pur velléitarisme.

Kadhafi qui s’est beaucoup plaint jusqu’ici d’avoir été condamné par l’opinion publique internationale et puni avec les sanctions du Conseil de sécurité de l’Onu sur la seule base de « rapports des media », devrait être satisfait d’accueillir ces visiteurs. Le ministre des affaires étrangères libyen Moussa Kusa a immédiatement donné son accord pour l’arrivée prochaine d’une équipe des Nations Unies qui devra vérifier la véracité des accusations et des horreurs dénoncées. Enfin.

Maurizio Matteuzzi

Edition de mardi 8 mars 2011 de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/08-Marzo-2011/art37.php3
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio



Commission Européenne

Libye: un commissaire européen prend ses distances avec la position de l’UE  
Le commissaire européen maltais John Dalli a défendu samedi ses propos tenus la veille dans son pays, où il a refusé de demander le départ du pouvoir de Mouammar Kadhafi, se démarquant ainsi de la position officielle de l'UE.
M. Dalli, 62 ans, qui dans le passé a étroitement travaillé avec la Libye pendant de nombreuses années en tant qu'homme d'affaires, avait déclaré vendredi au cours d'un forum économique maltais qu'il ne pensait "pas avoir le droit, pas plus que quiconque, de se prononcer sur le fait de savoir si Kadhafi doit démissionner".
"Je pense qu'il appartient à Kadhafi de prendre ses propres décisions", a déclaré M. Dalli, commissaire chargé de la Santé et de la protection des consommateurs, se voulant conciliant à l'égard de celui qui depuis près de 42 ans dirige d'une main de fer la Libye: "je pense que Kadhafi a fait une première tentative de conciliation" en proposant de négocier avec les insurgés.
John Dalli a également apporté du grain à moudre à la thèse du colonel Kadhafi selon laquelle des forces extérieures à la Libye ont manipulé et exagéré l'importance des manifestations de protestation dans son pays, à l'intention des médias étrangers.
"Il y a des fois où le doute s'installe lorsqu'on voit des gens parlant parfaitement l'anglais être portés par un groupe de personnes pour leur donner l'allure d'une foule", a dit le commissaire. "Je me demande s'il n'y a pas des images qui sont créées pour les journalistes", a-t-il ajouté, cité par des médias maltais.
Ces propos sont largement en contradiction avec la position adoptée par l'UE et en particulier par le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.
Ce dernier a clairement appelé cette semaine le colonel Kadhafi à quitter le pouvoir. "Il est temps qu'il parte et qu'il rende le pays à la population libyenne, afin de permettre aux forces démocratiques de tracer un avenir", avait dit M. Barroso mercredi, qualifiant la situation en Libye d'"atroce".
Le porte-parole de M. Dalli, Frédéric Vincent, interrogé par l'AFP samedi, a défendu les propos du commissaire en les qualifiant de "commentaires personnels" sur un pays qu'il connaît bien, "ce n'est pas un secret", et qui ne doivent "pas être confondus avec des convictions profondes".
M. Dalli a aussi déclaré à Malte qu'une solution devait être trouvée "qui respecte les droits de l'Homme", a fait valoir son porte-parole, "ce qui est parfaitement conforme avec les valeurs de la Commission".
"En ajoutant certains commentaires personnels --devant un auditoire à Malte qui, il faut s'en souvenir, est un voisin très proche (de la Libye)-- il a simplement fait ce que font des millions de personnes dans le monde", a encore dit M. Vincent.
Les propos de John Dalli, qui fut ministres des Finances et des Affaires étrangères dans son pays, sont potentiellement embarrassants car il a pendant longtemps fait des affaires avec la Libye.
Entre 2004 et 2008, il a notamment dirigé une société de conseil facilitant les investissements maltais en Libye, avec un bureau à Tripoli, qui appartient aujourd'hui à sa famille. Il fut aussi de 1987 à 2004, pratiquement sans interruption, à la tête d'une commission spécialisée dans les relations entre Malte et la Libye, à une période où Tripoli était soumis à des sanctions internationales.

06/03/2011

 http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=21&frid=21&eid=5613



5 Les Pays

Europe

UK

BP a suspendu ses achats de pétrole.  

British Petroleum (BP), le plus gros groupe pétrolier britannique ne fait actuellement aucune transaction pour acheter du pétrole libyen, a annoncé son PDG, Robert Dudley, cité mercredi par les médias occidentaux.
Robert Dudley a souligné que son groupe surveillait étroitement l'évolution de la situation sur le marché mondial du pétrole et que l'instabilité provoquée par les désordres en Libye était contrebalancée par une augmentation de la production des pays de l'OPEP.

Le PDG a noté que les Emirats arabes unis, le Koweït et l'Arabie saoudite avaient déjà accrus leurs volumes de production d'or noir.
Depuis plusieurs jours, les principaux groupes pétroliers et les banques ont suspendu leurs achats de pétrole libyen en raison des sanctions économiques internationales décrétées contre ce pays.
Selon The Wall Street Journal, la banque Morgan Stanley, le groupe pétrolier ConocoPhilips Co. et le géant énergétique Exxon Mobil Corp, tous trois américains, ont suspendu leurs achats de pétrole en Libye.
Le quotidien financier américain précise que si la Libye produisait 1,6 millions de barils de pétrole par jour avant les désordres, sa production actuelle a baissé de deux tiers, faisant perdre chaque jour à la Libye près de 100 millions de dollars.

09/03/2011

http://fr.rian.ru/


5 Russie

Dmitri Babitch : La Lybie, catalyseur des relations Russie-UE

Apparemment, les événements en Libye sont en train de devenir un puissant catalyseur de l’amélioration des relations entre la Russie et l’Union européenne, du moins en termes de relations économiques.

Jugez par vous-mêmes.

Après une longue interruption, les discussions sur l’adhésion de la Russie à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) avant 2012 ont repris. Et ce n’est plus le chef de la délégation russe Maxim Medvedkov, mais les patrons du milieu des affaires européen qui en font l'annonce.

Le président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso a fait preuve d’une extraordinaire tolérance face aux dures remarques du premier ministre russe Vladimir Poutine lors de leur récente rencontre à Bruxelles.

Rappelons que l’invité russe a qualifié le troisième paquet énergétique de l’UE, qui oblige Gazprom à faire participer des partenaires supplémentaires étrangers inutiles, de "confiscation des biens." Toute allusion à l’ingérence gouvernementale dans les droits de propriété dans l’Europe contemporaine est considérée comme une accusation très grave. Néanmoins, cette fois M.Barroso n’a pas riposté aux propos caustiques de Poutine, mais a déclaré que l’UE comprenait les préoccupations de la Russie et allait tenter d’accéder à sa volonté.

Que ce passe-t-il?

Bien sûr, il n’est pas question de l’abandon par les représentants de l’Union européenne de leur vision de la Russie contemporaine, une opinion totalement négative, remplie de stéréotypes de la rhétorique antisoviétique obsolète.

Tout simplement la menace de la suspension des approvisionnements en hydrocarbures en provenance de Libye, et à l’avenir d’Algérie et d’Egypte, a dégrisé les "eurocrates." Des coups aussi durs contraignent les cerveaux occultés par l’idéologie rigoureusement fausse des membres de la Commission européenne à reconnaître la réalité. Lorsqu’en Libye on bombarde les manifestants, et que Kadhafi menace de détruire les sites pétroliers occupés par les rebelles, toutes les discussions au sujet d’un "embargo énergétique" en provenance de la Russie "hostile à la démocratie" paraissent ce qu’elles sont: une absurdité.

En effet, la Russie voudrait recevoir plus d’argent ou d’actifs économiquement intéressants pour ses hydrocarbures, où qu’ils soient fournis, en Allemagne, en Ukraine ou même en Biélorussie, alliée de la Russie. Mais pour cela la Russie n’a pas l’intention de faire du "chantage" à qui que ce soit, bien que la presse européenne en parle depuis une quinzaine d’années. Aujourd’hui, lorsque l’UE est confrontée à un véritable chantage de Kadhafi qui, contrairement à la Russie, n’a pas été victime de discrimination européenne depuis quelques années, les porte-paroles idéologiques de l’Union européenne ont dû revenir à la réalité oubliée depuis longtemps.

"Les conflits de transit avec l’Ukraine ont été entièrement réglés, les conflits de transit avec la Biélorussie ne sont possibles que sous la forme de prises de bec mutuelles intermittentes; la construction du gazoduc Nord Stream progresse et prochainement renforcera le soutien de l’UE par le gaz russe."

Aujourd’hui, ce résumé des relations économiques entre la Russie et l’Union européenne est fait par le porte-parole bruxellois de l’UE New Europe. Le journal se permet même de parler de South Stream, longtemps ignoré par l’UE, dans un contexte positif: "South Stream, dont la fin de la construction est bien plus plausible que Nabucco qui bat de l’aile, fournira à l’Europe 33 milliards de mètres cubes de gaz supplémentaires. Et étant donné que le gaz de schiste s’est avéré une alternative bien moins abordable pour l’UE qu’il n'avait semblé, la compétition des prix du gaz de schiste en provenance des pays de l’UE et du gaz naturel en provenance de Russie est peu probable à court terme."

Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que les Etats-Unis aient également décidé de prendre en compte les intérêts des alliés européens et ont activé les négociations concernant l’adhésion de la Russie à l’OMC. (La Secrétaire d’Etat adjoint Judith McHale a qualifié l’adhésion de la Russie à l’OMC de "priorité" pour les Etats-Unis lors du forum russo-américain à Boston). C’est d’autant plus important qu’auparavant les Etats-Unis étaient le principal obstacle à l’adhésion de la Russie à cette organisation.

"La stratégie américaine jusqu’à dernièrement consistait à donner la préférence à l’Ukraine. Au final, l’Ukraine a adhéré à l’OMC plus tôt [que la Russie]", a déclaré une source du siège de l’OMC à Genève. Notons que l’adhésion de l’Ukraine à l’OMC n’a pas protégé l’Ukraine de la paupérisation et de l’augmentation des prix des services publics: l’adhésion à l’OMC profite aux économies puissantes, ouvertes à leurs voisins. Pendant la présidence de Iouchtchenko (ancien président) et de Timochenko (ancienne première ministre), l’Ukraine ne faisait pas partie de telles économies.

Aujourd’hui, la tâche de la Russie consiste à utiliser la conjoncture favorable à l’intensification des relations avec l’UE pour obtenir l’ouverture des marchés européens aux produits russes et pour se joindre aux alliances économiques, auxquelles on lui fermait l’accès auparavant. Très prochainement, la conjoncture pourrait encore changer. Bien sûr, défavorablement pour la Russie.

Dmitri Babitch,

05/03/2011

 RIA Novosti


La Russie et l'Arabie saoudite refusent toute ingérence.

La Russie et l'Arabie saoudite sont opposées à une ingérence étrangère, tant politique que militaire, en Libye, qui ne pourrait qu'aggraver la situation, rapporte jeudi, dans un communiqué, le ministère russe des Affaires étrangères.

Le document a été publié à l'issue d'un entretien à Moscou entre Alexandre Saltanov, représentant spécial du président russe pour le Proche-Orient et vice-ministre russe des Affaires étrangères, et Ali Hassan Jaafar, ambassadeur d'Arabie saoudite en Russie. 

"Les interlocuteurs ont échangé leurs vues sur la situation dans le monde arabe et notamment en Libye. Ils ont insisté sur la préoccupation de la Russie et de l'Arabie saoudite au sujet de l'aggravation de la confrontation dans ce pays et de l'escalade de la tension dans la région. Les parties ont indiqué que des tentatives d'ingérence extérieure en Libye ne pourraient que compliquer les problèmes auxquels le peuple libyen était confronté à présent", lit-on dans le communiqué de la diplomatie russe. 

Depuis le 15 février dernier, le régime de Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis 42 ans, vacille sous la pression de violentes manifestations. Selon les ONG, les autorités répriment cruellement ce soulèvement populaire. On parle déjà de 6.000 victimes dans les affrontements entre manifestants et forces de l'ordre, épaulées par des mercenaires africains à la solde du colonel Kadhafi.

De nombreux Etats rapatrient leurs ressortissants pris au piège des violences en Libye, alors que les Etats-Unis regroupent leurs forces navales et aériennes dans la région.
3 mars –

RIA Novosti

 



Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

6-1 Vidéo : Hugo Chavez propose une issue pacifique pour la Libye.

http://www.youtube.com/watch?v=5umYBMucRPg&feature=player_embedded#at=121


6-2 Corruption en Libye : Les journalistes "indépendants" et autres "envoyés spéciaux" peuvent être achetés par des liasses de billets. 

Maintenant que vous savez que les prétendus "révoltés" de Benghazi ont plein de fric, demandez-vous d’où il provient. De la CIA ou du Mossad ?
Maintenant que vous savez que les journalistes "indépendants" et autres "envoyés spéciaux" peuvent être achetés par des liasses de billets, vous savez par la même occasion que vous ne pouvez plus leur faire confiance.
Mais, cette histoire d’achat de journalistes à Benghazi m’en rappelle une autre, qui s’est passée à Guernica en 1937.
À Guernica, l’on n’acheta pas les journalistes, on les menaça 
 …

Pour voir la vidéo, cliquer ci-dessous : http://mai68.org/spip/spip.php?article2367

 « Le 29 avril, vers midi, les Franquistes entrent dans Guernica et font visiter, sous bonne escorte, les ruines de la ville aux correspondants de presse étrangers. Les articles de ceux-ci sont soumis à censure. Sous la menace des mitraillettes, tous envoient dans leurs pays respectifs des articles expliquant comment et pourquoi les anarchistes ont brûlé Guernica ! »
La dictature franquiste se fonda sur le mensonge de Guernica.
Dans l'est de la Libye, à Benghazi, c’est la même technique, à part qu’au lieu de menacer les journalistes, on les achète.
Vous pourrez constater que c’est la même Caroline Mier qui fit quelque temps après une horrible propagande anti-Kadhafi dont il est facile de prouver qu’elle est mensongère :
http://mai68.org/spip/spip.php?article2352



7 Les brèves

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

7-1 Le plan de Chavez soutenu par ses alliés latino-américains’.

Sans surprise, les alliés d’Hugo Chavez ont apporté leur soutien au plan de médiation du président vénézuélien dans la crise libyenne. Les ministres des Affaires étrangères de l’ALBA, l’Alternative bolivarienne pour les Amériques, se sont réunis pour étudier la proposition vénézuélienne qui entend “éviter une intervention militaire de l’Otan”.

“Après un tour d’horizon de la situation internationale, les représentants des pays membres de l’ALBA ont exprimé leur rejet des intentions interventionnistes qui menacent le peuple libyen”, a dit Hugo Chavez, “avec comme but principal, l’appropriation de ses ressources naturelles”. 

Cette initiative a très peu de chance d’aboutir. Elle est rejetée par l’opposition libyenne, et la plupart des pays occidentaux, les Etats-Unis, notamment, dont deux bâtiments de guerre ont accosté vendredi en Crète. Une arrivée qui n’est pas du goût de tous. “Une fois encore, il est clair que les impérialistes n’hésitent pas à faire couler le sang pour leur profit”, s’insurge cette manifestante grecque. “Personne ne croit qu’ils veulent défendre les droits de l’Homme. Ce sont les mêmes qui supportaient le régime de Kadhafi qui le condamnent aujourd’hui, et c‘était la même chose en Egypte”. Pour l’heure, le déploiement de force se veut à but humanitaire. L’OTAN a souligné qu’aucune action militaire n‘était envisagée, tout en disant se préparer à toute éventualité

 Euronews,

5/3
http://fr.euronews.net/2011/03/05/libye-le-plan-de-chavez-soutenu-par-ses-allies-latino-americains/


7-2 Manlio Dinucci : Avant d’envoyer dollars et fusils le Pentagone va faire passer « l’examen » aux insurgés…
Faisant référence aux rebelles libyens qui se battent contre Kadhafi, le porte-parole de la Maison Blanche Jay Carney a déclaré : « La possibilité  de les armer, de leur fournir des armes, est une des options que nous sommes en train de considérer ».

Mais, a-t-il ajouté, si nous choisissons cette option nous devons être « bien informés » et conscients de « ce que nous essayons de réaliser ». Washington -explique le New York Times- est très attentif à ne pas jeter des armes dans un conflit qui implique « des groupes sur lesquels l’intelligence est limitée ». Il serait « prématuré », a dit Carney ironiquement, d’« envoyer une cargaison d’armes  à une boîte postale en Libye ».

De ce fait, « nous sommes en train d’utiliser de nombreux canaux pour contacter des groupes et individus de l’opposition,  pour en savoir plus sur les objectifs qu’ils poursuivent, sur ce qu’ils veulent ».

En d’autres termes : les différents groupes qui participent à  la rébellion sont soumis à une sorte d’examen par des agents de la Cia et  des fonctionnaires étasuniens, évidemment déjà au travail en Libye. Ceci est confirmé indirectement par Mustapha Abd al Jalil (ex ministre de la justice de Kadhafi, aujourd’hui président de l’organe politique des rebelles), qui a parlé de contacts avec des représentants étasuniens. Le but de l’examen est d’établir quels rebelles sont fiables et lesquels ne le sont pas. Le résultat, si les rebelles arrivaient à renverser Kadhafi  ou si c’est l’OTAN qui le fait, étant que les groupes que Washington considère fiables auront le pouvoir en main avec la force des armes et de l’entraînement reçus du Pentagone".

Manlio Dinucci



8  Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

8-1 Les Forces Spéciales des Etats-Unis ont (aurait ?) débarqué en Libye pour entraîner les anti-Kadhafi.  

 Les Forces Spéciales des Etats-Unis ont débarqué en Libye pour entraîner les rebelles anti-Kadhafi pour un coup d’état appuyé par l’occident dans les environs du pays riche en pétrole, avec des "assistant pour la défense" Français et Anglais également débarqués pour établir des camps d’entraînement dans la région orientale du pays, sous contrôle des rebelles.
Selon une information du journal "Pakistan Observer", des centaines de membres du personnel des Forces Spéciales des Etats Unis, de Grande Bretagne et de France sont arrivés les 23 et 24 février "dans des navires de guerre américains et français et des petits canots dans les ports libyens de Benghazi et de Tobruk".
Le reportage affirme que l’information a été confirmée par un diplomate Libyen de la région : "Les trois pays occidentaux ont débarqué leurs troupes des Forces Spéciales en Cyrénaïque et sont actuellement en train de créer leurs bases et centre d’entraînement", dans l’intention de renforcer les rebelles qui résistent à la milice de Kadhafi dans les environs.
"Les forces occidentales se préparent à établir des bases d’entraînement pour des milices locales pour un contrôle effectif de la région riche en pétrole et contrecarrer toute pression des forces en faveur de Kadhafi depuis Tripoli" indique l’information.
Par ailleurs, les efforts pour "neutraliser" l’Armée de l’Air Libyenne sont en route, dans l’intention de faire obstacle aux possibilités de Kadhafi de gouverner depuis Tripoli s’il parvient à rester au pouvoir.
La Marine américaine a aussi confirmé que le porte-avion USS Enterprise, lequel était auparavant en service contre les "pirates" face aux côtes de Somalie, se dirige maintenant vers la Libye, pendant que la tension monte.
La secrétaire d’Etats Américaine Hillary Clinton a admis publiquement pour la première fois le 28 Février que les Etats-Unis se préparaient à soutenir les rebelles anti-gouvernement, malgré les avertissements de Hafiz Ghota, porte-parole du récent Conseil National de Libye dans la ville orientale de Benghazi contrôlée par les rebelles, disant qu’aucune "intervention étrangère" ne serait bienvenue.
"Le restant de la Libye sera libéré par le peuple... et les forces de sécurité de Kadhafi seront éliminées par le peuple de Libye", a exprimé Ghoga au cours d’une conférence de presse.
Pendant ce temps, l’ex représentant européen pour le groupe Carlyle et ex premier ministre britannique John Major a décidé en dernier d’ajouter sa voix au choeur croissant de ceux qui appellent à une intervention militaire pour renverser Kadhafi.
Major appuie "les autres leaders occidentaux qui sont sur le point de donner l’ordre d’actions militaires contre Mouamar Kadhafi de crainte que le président Libyen n’utilise des "armes chimiques" contre son propre peuple" informe "The Telegraph".
Le premier ministre Britannique actuel, David Cameron, a, lui aussi, été occupé à préparer un scénario pour un coup d’état soutenu par l’occident, en demandant une zone d’exclusion aérienne sur le pays.
"Si le colonel Kadhafi utilise la force militaire contre son propre peuple, le monde ne peut rester en dehors. C’est pourquoi nous devrions rechercher une zone d’exclusion aérienne’, a dit Cameron. Le chancelier Russe, Serge Lavrov, a critiqué l’idée d’une zone d’exclusion aérienne comme état "superflue", en même temps qu’il faisait part de son appui aux sanctions soutenues par l’ONU.
Vendredi, quarante néo conservateurs influents ont signé une lettre à Barack Obama, exhortant le président à préparer "immédiatement" une action militaire pour renverser Kadhafi.
Tout changement de régime qui aura lieu avec l’aide des pays occidentaux fournira un accès plus profond à un pays qui possède les plus grandes réserves de pétrole d’Afrique et est le dixième plus grand du monde, avec des réserves de production d’environ 66 ans.

05/03/2011

 http://nasr-moqawama.blogspot.com/2011/03/les-forces-speciales-des-etats-unis-ont.html


8-2 Manlio Dinucci : Le Pentagone « repositionne » les forces navales et terrestres.
Opération Libye en préparation. 

 « Les Etats-Unis sont en train de déplacer leurs forces navales et aériennes dans la région » pour préparer « leur gamme complète d’options » à l’égard de la Libye : c’est ce qu’annonce hier (mardi 1er mars) le porte-parole du Pentagone, colonel de marines Dave Lapan. Il a ainsi dit que « c’est le président Obama qui a demandé aux militaires de préparer ces options », car la situation en Libye empire. Les militaires ont donc commencé « la phase de planification et préparation » pour une intervention en Libye. Les stratèges du Pentagone travaillent à plusieurs plans spécifiques, en fonction desquels a commencé le « repositionnement des forces » de façon à avoir la plus grande flexibilité  pour mettre en acte n’importe quelle option.

Dans ce cadre, le porte-avions nucléaire USS Enterprise, envoyé dans le Golfe d‘Aden officiellement pour des opérations anti-piraterie, a commencé à remonter la Mer Rouge pour traverser le Canal de Suez et se placer devant les côtes libyennes. Même déploiement pour le navire amphibie de débarquement USS Kearsarge, avec à son bord une escadrille d’hélicoptères d’attaque et 2 mille marines. Une première option pourrait être l’imposition d’une « no-fly zone » sur la Libye : les chasseurs étasuniens et d’autres pays de l’OTAN empêcheraient tout avion de décoller pour survoler le territoire libyen, en l’abattant s’il le faisait. Cette mesure, dont la motivation officielle serait d’empêcher les chasseurs de Kadhafi de frapper les rebelles, isolerait, en pratique, la capitale. Une autre mesure, qui pourrait être mise en œuvre en même temps, serait d’interrompre toutes les télécommunications entre la capitale et le reste du pays. On prépare simultanément une troisième option : le débarquement de forces en Libye, officiellement pour ouvrir « des couloirs humanitaires ».

 

Les opérations aéronavales sont dirigées par le Commandement des forces navales USA en Europe, à Naples, où se trouvent aussi le quartier général des forces navales du Commandement Africa et celui de la Force conjointe alliée. Les trois commandements sont dans les mains du même amiral étasunien Sam J. Locklear III.  Un rôle important revient aussi à la base aéronavale de Sigonella (en Sicile), d’où opère depuis longtemps une force spéciale étasunienne pour des missions secrètes en Afrique. Mais c’est tout le réseau des bases USA/OTAN en Italie, Sixième flotte comprise,  qui est en état d’alerte pour « la gamme complète des options ». C’est ce qu’a confirmé le secrétaire étasunien « à la défense » (guillemets de la traductrice) Robert Gates, dans une interview au Wall Street Journal et au Weekly Standard : à propos de l’imposition d’une no-fly zone sur la Libye, il a déclaré que « la France et l’Italie ont les structures qui permettraient de mettre en acte l’opération plus rapidement ».

 

Ce que serait la couverture politique de l’opération, c’est la secrétaire d’Etat Hillary Clinton qui l’a anticipé. Dans une intervention depuis la base aérienne d’Andrews, elle a annoncé que les Etats-Unis sont en train de prendre « des contacts avec de nombreux Libyens qui s’organisent dans la partie orientale du pays, tandis que la révolution avance vers l’ouest ». Ceci confirme indirectement les informations, provenant de diverses sources, que « des conseillers » étasuniens et OTAN sont déjà au travail chez les rebelles. Le feu vert à l’imposition d’une « no-fly zone » et au débarquement de forces USA/OTAN en Libye serait donné à la demande des rebelles eux-mêmes ou d’un « gouvernement provisoire », dirigé par quelque notable qui ait quitté intempestivement la barque du raïs pour passer sur celle des rebelles.  

Ce qui apparaît ressemble à un plan de « balkanisation » de la Libye, qui exploite le mécontentement et la haine évidente pour le chef et son clan accumulés chez une partie de la population et, donc, la lutte de ceux (surtout des jeunes) qui se battent sincèrement pour la démocratie et la justice sociale. Un plan, conçu à Washington, qui ne prévoit pas d’éteindre les flammes de la guerre civile, mais de les alimenter pour affaiblir ultérieurement la Libye. La mise est claire : le contrôle des précieuses réserves énergétiques libyennes. Le mot « révolution » dans la bouche de la secrétaire d’Etat Hillary Clinton devrait résonner comme un signal d’alarme quant au type d’ « assistance » qu’elle offre « à quiconque désire la recevoir des Etats-Unis ».

 Manlio Dinucci 

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Edition de mercredi 2 mars 2011 de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/il-manifesto/in-edicola/numero/20110302/pagina/05/pezzo/298325/


8-3 Robert Fisk : «Les Américains ont demandé aux Saoudiens d’aider les rebelles libyens »

Selon le célèbre journaliste britannique Robert Fisk, les États-Unis qui s’efforcent de ne pas s’impliquer en Libye auraient demandé à l’Arabie Saoudite d’armer les révolutionnaires dans ce pays.
Dans sa chronique hebdomadaire publiée dans « The Independant », Fisk révèle que cette demande est top secret, sans préciser d’où il l’a prise. D’après lui,  le roi Abdallah qui éprouve de l’aversion à l’encontre du leader libyen pour avoir tenté de l’assassiner l’an dernier n’a toujours pas répondu.
L'auteur soutient que la demande de Washington est compatible avec l'histoire de la coopération militaire américaine avec le royaume. Il a souligné que l'Arabie saoudite est toujours le seul allié arabe qui bénéficie d'un emplacement stratégique et la capacité de fournir les rebelles libyens en armes.
Le journaliste britannique considère que l’aide saoudienne permettra à Washington de paraître impliqué militairement dans la révolution, quand bien même les armements seront américains, tout en étant payés par les Saoudiens.
«  on a rapporté aux Saoudiens que les rebelles libyens avaient besoin de missiles anti chars et d’obus de mortiers particulièrement indispensables pour affronter les blindés des forces loyales à Kadhafi, et des missiles sol-air pour abattre les avions qui les bombardent », indique le journal.  
Il a ajouté que « si les insurgés pouvaient continuer à lancer des attaques contre les forteresses de Kadhafi à l'ouest de la Libye , la pression politique sur l'Amérique et l'OTAN, du moins celle provenant  des membres du Parti républicain au Congrès américain pour imposer zone d'exclusion aérienne sera réduite ».
Dans cette zone, expliquent des planificateurs interrogés par Fisk, il serait nécessaire de mener des raids aériens américains contre les bases des missiles anti aériens, ce qui veut dire que Washington entrera en guerre aux côtés des opposants de Kadhafi.  
Fisk précise que les avions de surveillance britanniques de type Awacs sont d’ores et déjà en action et planent autour de la Libye, tout en maintenant un contact permanent avec la tour de contrôle de Malte pour lui demander le parcours des avions libyens. Dont entre autre les avions qui ont quitté la Libye durant les dernières 48 heures pour se rendre en Jordanie, avant d’y retourner avant ce début de semaine.
Selon lui, si l’Arabie saoudite approuve la demande américaine de dépêcher des armements aux rebelles libyens, il sera impossible au président américain de condamner un recours à la violence contre les chiites saoudiens dans les régions du nord-est du royaume.

08/03/2011

http://www.almanar.com.lb


8-4 Robert Fisk : Pour les Etats-Unis la guerre a déjà commencé en Libye.

Commentaire de Danielle Bleitrach.

Le journal Britannique The Independant a publié des informations du reporter Robert Fisk qui révèle la manière dont dans les 48 heures les Etats-Unis prétendent fournir toutes les armes nécessaires aux insurgés libyens, et le même journal montre que déjà l’aviation nord-américaine a placé sous contrôle avec l’aide de Malte l’espace aérien libyen? Il est assez étonnant de voir la presse française traiter Kadhafi de fou parce qu’il dénonce l’attitude des Etats-Unis et celle de la France qui a envoyé Bernard Henri Levy puis Juppé en reconnaissance officielle d’un Conseil National de l’opposition. Ce Conseil National a pour le moment comme seule base de crédibilité l’unique fait que l’ancien ministre de la justice de Kadhafi s’en est autoproclamé le dirigeant avec la bénédiction des Etats-Unis.

Que l’on prenne position pour l’ingérence, voir la guerre pour des intérêts bien évidemment pétrolier est déjà une énormité mais que l’on désigne comme fou celui qui dénonce une telle intrusion est au-delà de l’imaginable en matière de droit. Les médias ont chauffé à blanc l’opinion publique occidentale qui est capable de ce fait d’accepter de voir son pays sans aucun mandat de ses citoyens conduire ce qu’on peut considérer en matière de droit international comme de la piraterie et une agression que rien ne justifie si ce n’est une vision hypocrite de la morale de ces pays qui sont les pourvoyeurs d’armes de tous les camps et prétendent intervenir comme juge.

On peut se demander au nom de quoi les Occidentaux se considérent-ils comme au-dessus de toute légalité internationale, jouant à la fois le rôle de juge, de policier et de gangster, ce qui est le propre de la mafia? Que l’on ne se fasse pas d’illusion c’est en ces termes que l’essentiel de la planète juge nos pays. Nous citoyens français portons la responsabilité des actes fascistes de nos gouvernants.

Etonnez vous qu’un nombre grandissant de français soient prêts à se donner comme président des fascistes quand on les habitue à se conduire comme tel au plan international. Ce qui est vrai également aux Etats-unis où désormais l’extrême-droite républicaine a pris en otage le président démocrate. Rien ne sert de se lamenter sur le fait que le fascisme gagne les esprits quand le citoyen français perd à ce point le respect de son image dans le monde en contribuant aux pires aventures.

 

Londres, 7 mars – Le journal britannique The Independant dans un article du 7 mars signé par Robert Fisk soutient que les Etats-Unis ont demandé à l’Arabie Saoudite de livrer des armes aux insurgés de Benghazi,en Libye, mais jusqu’à aujourd’hui le royaume saoudien n’a pas encore répondu à la la demande de Washington en matière de livraison d’armes lourdes, fusées anti-char, missiles, etc… .

Les Saoudiens demeurent l’unique allié arabe des Etats-Unis, stratégiquement bien placés et capables de fournir des armes aux insurgés libyens.

Leur aide permettra à Washington de nier n’importe quelle participation militaire dans la chaîne d’approvisionnement malgré le fait que les armes proviendraient des EU et seraient payées à la place des Saoudiens, révèle le The Independent.

Le rapport publié ce lundi indique que les Saoudiens auraient dit que les adversaires de Khadafi ont besoin de fusées antichars et de missiles pour abattre les bombardiers de l’aviation de la Libye.

« Les équipements lourds militaires pourraient atteindre Benghazi dans 48 heures mais ils devraient être livrés aux bases aériennes en Libye ou à l’aéroport de Benghazi. Si les guérilleros peuvent alors continuer à l’offensive et mener l’assaut contre les bastions de Khadafi en Libye occidentale, la pression politique sur l’Amérique et l’OTAN – pressions que les membres Républicains de Congrès ne sont pas les derniers à exercer – pour établir une zone sécurisé de vol serait diminuée. 

Des experts militaires américains ont déjà précisé qu’une zone de ce type nécessiterait des attaques aériennes américaines sur les installations Libyennes , si elle est sérieusement déployée, et des bases de missile antiaériennes, conduisant ainsi Washington serait conduit directement à entrer en guerre au côté des adversaires de Khadafi. 

Durant quelques jours des avions de vigilance AWACS des EU ont volé autour de la Libye, De plus,ils ont maintenu un contact constant avec Malte pour obtenir les détails sur tous les modes de vol d’avions originaires de la Libye, y compris des voyages faits dans les dernières 48 heures par l’avion à réaction privé de Khadafi qui a volé en Jordanie et revenu en Libye juste avant le week-end.  

Officiellement, l’OTAN décrira seulement la présence d’avions d’AWACS américains comme la partie de son post-9/11 l’Opération l’Effort Actif, qui a la large portée pour entreprendre des mesures contre-terroristes aériennes dans la région du Moyen-Orient.

Les données de l’AWACS sont transmises à tous les pays de L’OTAN conformément au mandat prévu par la mission. Maintenant que Khadafi a été défini comme un super-terroriste dans le lexique de l’Ouest, cependant, la mission de L’OTAN peut facilement être utilisée pour chercher d’autres objectifs en Libye si des opérations militaires actives sont entreprises. 

La chaîne de télévision d’Al Jazeera en anglais a émis dans la nuit de dimanche à lundi la reproduction d'enregistrements en provenance de l’aviation américain au contrôleur de la navigation aérienne maltais, demandant des informations sur des vols libyens, particulièrement l’avion à réaction de Khadafi.

07-03-2011

Danielle Bleitrach

http://socio13.wordpress.com/2011/03/07/revelation-pour-les-etats-unis-la-guerre-a-deja-commence-en-libye/

 


8-5 Manlio Dinucci : Libye, le rébus de la zone d'interdiction aérienne.  

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

Ce qui se passe en Lybie a encore moins à faire avec une "révolution" ; ça passe à la faveur des révolutions tunisienne et égyptienne comme un même "mouvement populaire pour la liberté",  mais il s'agit bien plutôt d'une rébellion armée, d'une guerre de clans, dont l'un est plus que probablement armé et soutenu par les USA. L'Otan pourrait être dans l'attente d'un "massacre médiatique" suffisamment émouvant pour pouvoir lancer une opération 'humanitaire' au profit des Bons désignés.

Les militaires retrouvés massacrés dans les zones "libérées" sont systématiquement présentés comme "des militaires punis pour avoir refusé de tirer sur la foule" : quelle crédibilité? Pourquoi ne pourrait-il pas s'agir de militaires pro-kadhaffi tués par les rebelles?

On a déjà beaucoup parlé des massacres voire du "génocide" qui serait perpétré par Kadhafi et ses sbires, les mercenaires noirs, la chasse aux Tunisiens et aux Egyptiens. Il faut bien sûr toujours se méfier des appels émotionnels en exhibant massacres et horreurs, mais il y a actuellement des informations qui circulent dans l'autre sens : précisément parce qu'on désigne les Noirs comme "les mercenaires de Kadhafi", les Noirs seraient systématiquement pris en chasse par les Bons rebelles : lire, entre les lignes, la dernière info.

 

Les leaders des rebelles, réunis hier (mercredi 2 mars) dans leur quartier général de Bengasi, ont conclu qu’ils n’arriveront pas seuls à renverser Kadhafi. Ils demandent donc, à la majorité, une intervention aérienne Usa/OTAN, en commençant par l’imposition d’une zone d’interdiction aérienne sur la Libye. « Les Etats-Unis -disent-ils- ont apporté la démocratie quand ils sont intervenus au Kosovo ». Une partie des rebelles cependant est contre : « Nous devons nous libérer seuls, demander une intervention étrangère équivaudrait à une trahison ».

Le même jour, à Washington, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton a confirmé que l’imposition d’une zone d’interdiction aérienne sur la Libye est prise « en sérieuse considération » par les Usa et leurs alliés. C’est pourtant le secrétaire à la défense Robert Gates qui refroidit les enthousiasmes : il a déclaré que « ce n’est pas le moment pour les Etats-Unis d’entrer dans une autre guerre ». Le républicain Gates, auparavant secrétaire à la défense de l’administration Bush, prend dans ce cas le rôle de la « colombe », tandis que la démocrate Clinton prend celui du « faucon ». Du Pentagone, hier, Gates, avec à ses côtés le chef d’état-major Mike Mullen, a déclaré qu’il convient de réfléchir avant d’envoyer des militaires dans un autre pays, étant donné que les Etats-Unis ont déjà 50 mille soldats en Irak et 100 mille en Afghanistan.

 

L’amiral Mullen a ajouté qu’imposer une zone d’interdiction aérienne sur la Libye est « une opération extrêmement complexe ». Ce qu’a confirmé le général Mattis, chef du Commandement central des Etats-Unis. « Il n’y a pas d’illusions à se faire » a-t-il  dit hier à la commission sénatoriale sur les services armés, « ce serait une opération militaire ». Etant donné que les forces de Kadhafi disposent de missiles terre-air, il faudrait « mettre hors d’usage les défenses aériennes libyennes par des attaques aériennes ». Cela demanderait « un grand nombre d’avions, qui opéreraient depuis les bases étasuniennes en Italie méridionale ». Pour cette opération, d’autres aéroports seraient aussi nécessaires, surtout en Egypte et en Tunisie.

 

Le Conseil de sécurité de l’ONU, bien qu’ayant décrété des sanctions contre Kadhafi, n’a pas décidé l’imposition d’une zone d’interdiction aérienne, à laquelle Chine et Russie s’opposent. Pour Washington, cet obstacle est secondaire, étant habitué à mettre les autres pays devant le fait accompli. Le Sénat étasunien a en effet, à l’unanimité, voté hier en faveur d’une zone d’interdiction aérienne sur la Libye. L’administration Obama, en ce point, a carte blanche. Sur ordre du président, le Pentagone est en train de repositionner les forces navales et aériennes pour préparer « la gamme complète d’options », y compris l’attaque aérienne pour mettre hors d’usage les défenses de Tripoli et mettre en oeuvre la zone d’interdiction aérienne. Gates a annoncé que le navire d’assaut amphibie Kearsarge, avec à bord marines et hélicoptères de combat Cobra et flanquée d’une unité d’appui, est entré en Méditerranée par le Canal de Suez afin de prendre position face aux côtes libyennes, où viendra aussi se ranger le porte-avions nucléaire Enterprise. L’objectif  officiel étant l’ « aide humanitaire ».

Au Commandement des forces navales étasuniennes en Europe, à Naples, dans la base de Sigonella et dans les autres bases étasuniennes en Italie, tout est prêt.  Dans le désintérêt complet du parlement, presque toute l’ « opposition » comprise, qui attend la décision de la Maison Blanche, en ignorant les lourdes implications de l’utilisation du territoire italien pour une opération guerrière, dirigée par les USA, dans l’Afrique du Nord voisine.

Manlio Dinucci  

Edition de jeudi 3 mars 2011 de il manifesto
Cet article est paru sous le titre : No-fly zone e attacco, i militari frenano

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/03-Marzo-2011/art9.php3



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


12/03/2011

N°85 'Géopolitique et stratégie ' des Guerres de l'Otan. - 11-03 – Début - Il faut dire NON clairement et catégoriquement à toute intervention militaire.


N°85 'Géopolitique et stratégie ' des Guerres de l'Otan. -  11-03 – Début -  Il faut dire NON clairement et catégoriquement à toute intervention militaire.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'Otan et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



'Géopolitique et stratégie '

des

Guerres de l'Otan.

n° 85- 11-03

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com  - http://no-war.over-blog.com/

d) Sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm 

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Tiré à part :

Robert Bibeau : BHL, Bobos, ONG finances par la CIA sont unanimes, il faut remettre la Libye aux Etats-Unis.

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Comité Surveillance Otan : En attendant l'invasion de l'Armée Rouge...

1-2 Fabien Terpan  : Sommet de Lisbonne : l'OTAN possible rivale de l'UE sur le terrain de la gestion des crises ?

1-3 R.Marounek : Réunion du Comité militaire de l’OTAN après le sommet de Lisbonne.

Fin

2 Dossiers.

2-1 Maurizio Matteuzzi : L’OTAN « étudie » l’option militaire.

2-2 M. Saâdoune : Libye : L’OTAN a le doigt sur la gâchette.

2-3 Comité Surveillance Otan   : Il faut dire NON clairement et catégoriquement à toute intervention militaire de l’Otan.

2-4 Fidel Castro: La guerre inévitable de l’OTAN (II). 

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Raouf : L’impérialisme étatsunien et l’UE, unis dans l’OTAN, déploient des moyens militaires et de propagande.

3-2 Seul le peuple Libyen a le droit en toute souveraineté de décider du sort de Khaddafi.

3-3 Fidel Castro : OTAN : La danse macabre du cynisme.

4 Sommet de Lisbonne.

4-1 Roland Marounek : Exit Strategy - le scénario en trompe-l'œil de l'Otan.

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 La libye selon Obama.  

5-2 Aled-Dilwyn Fisher : La Norvège, comme l’OTAN, dissimule les rapports sur les pertes civiles en Afghanistan.



Tiré à part :

Robert Bibeau : BHL, Bobos, ONG finances par la CIA sont unanimes, il faut remettre la Libye aux Etats-Unis.

Les exemples historiques ne leurs servent à rien à ces  "BOBOS", à l'exemple de BHL,  ils s'agitent en ce moment à côté des ONG financés par la CIA pour obtenir  rapidement que l'OTAN  massacre  la population de Tripoli  et occupe la Libye ce que  l'OTAN voudrait bien mais les partenaires européens de l'OTAN (France, Italie, Royaume-Uni) ne veulent pas donner le pétrole libyen aux américains, alors  les ONG, les "BOBOS",  BHL et Avaz,   réclament que vous preniez parti vous aussi et que vous signez une pétition en faveur de l'invasion américaine de la Libye afin de remettre ce pétrole libyen aux américains, l'Italie ne sait pas bien gérer sa néo-colonie et la  Libye  doit lui être retirée pour être donnée à plus futé que Berlusconi.

VOICI  comment à partir des reportages  "objectifs et exhaustifs"  de la revue française  LE POINT,  les "BOBOS = Bourgeois bohêmes ou petits bourgeois l'armoyants",  BHL  et une ONG financée  présentent le contexte de cette invasion souhaitée par l'OTAN organisme "humanitaire" dirigé par  le Pentagone autre organisme "humanitaire" (nouvelle vocation du Pentagone) :


CITATION :

"Que les avions de Kadhafi bombardent le peuple libyen, le Conseil de Sécurité des Nations Unies doit décider dans 48 heures si oui ou non une zone d'exclusion aérienne sera imposée pour maintenir la flotte gouvernementale au sol.
Ensemble, nous avons déjà envoyé 450 000 messages au Conseil de Sécurité de l'ONU et "submergé" la Présidence du Conseil, contribuant ainsi à l'obtention de sanctions ciblées et à un début de justice pour le peuple libyen.

Aujourd'hui, pour stopper le bain de sang, nous devons nous mobiliser massivement pour imposer une zone d'exclusion aérienne. Si Kadhafi ne domine plus l'espace aérien, il perdra aussitôt une arme décisive dans cette guerre où les civils paient le prix fort. Mais aussi longtemps que ses hélicoptères de combat et ses bombardiers seront en vol, le nombre de morts augmentera.

Il ne nous reste que 48 heures, allons jusqu'à un million de messages pour stopper les attaques meurtrières de Kadhafi avant qu'il ne soit trop tard:  (...)
L'opposition libyenne a appelé la communauté internationale à "tout faire pour protéger le peuple libyen qui subit des crimes contre l'humanité". Le Ministre anglais des Affaires Etrangères (Tien tien depuis quand est-il crédible celui-là ?)  souligne que "des rapports crédibles font état de l'usage d'hélicoptères de combat par les forces gouvernementales et contre les civils."

Le Chef de l'OTAN  (L'ami des peuples opprimés) a quant à lui indiqué que tout effort pour instaurer une zone d'exclusion aérienne nécessiterait d'abord une résolution de l'ONU. Dans de nombreuses crises similaires à celle-ci, certains pays de l'ONU ont opposé leur veto à des positions fortes -- mais dans le cas de la Libye, quelque chose de différent est en train de se passer. Les sanctions du Conseil de Sécurité sont une réalité. Les Ambassadeurs à l'ONU indiquent que les délégations se sont "largement ralliées" à l'idée d'un départ inéluctable de Kadhafi. Ce dont ils ont besoin à présent, c'est d'une nouvelle impulsion de la part des citoyens du monde entier.

Une résolution de l'ONU ne sera pas un remède miracle -- la mise en application d'une zone d'exclusion aérienne serait dangereuse et complexe. Mais le simple fait de sentir la menace réelle d'une telle décision pourrait montrer à Kadhafi qu'il doit partir. Nos gouvernements doivent comprendre que nous soutenons le peuple libyen et que nous n'accepterons aucun délai supplémentaire. Envoyez-leur un message et faites suivre cet email à vos proches et vos amis:
(...) 
Les mouvements démocratiques non violents dans le monde arabe ont fasciné les peuples du monde entier. Cependant, Kadhafi a décidé de prendre le chemin le plus sombre, celui de la répression violente visant à anéantir un soulèvement courageux et pacifique. Deux avenirs semblent se dessiner pour la Libye aujourd'hui: celui de la violence maintenue par un dictateur à l'encontre de son peuple, et celui de l'action internationale déterminée visant à soutenir les aspirations du peuple libyen (et de l'occupation par l'OTAN et le Pentagone). 
En ces jours cruciaux, nous devons prendre conscience que nos actions, en tant que citoyens du monde entier, auront un impact sur le destin de nos frères et nos soeurs en Libye. Et c'est donc le moment d'agir en solidarité -- avec ceux qui sont tombés et ceux qui se battent pour survivre.
Avec espoir,

Ben, Luis, Graziela, Benjamin, Ricken, Stephanie, Rewan et toute l'équipe d'Avaaz
SOURCES
Libye: violents bombardements, nouveaux soutiens à la zone d'exclusion aérienne:
http://www.avaaz.org/lepoint_libye
Les forces pro-Kadhafi pilonnent les rebelles sur le front oriental:
http://www.avaaz.org/nouvelobs_libye
 


Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

1-1 Comité Surveillance Otan : En attendant l'invasion de l'Armée Rouge...

En 2007, l'historien Suisse Daniele Ganser a publié une étude fouillée sur les réseaux "Stay-Behind" de l'Otan, détaillant avec précision la situation particulière de chaque pays européen membre de l'Alliance, et les ramifications plus ou moins fortes et/ou établies selon les cas de ces structures occultes avec le terrorisme qui a secoué certains pays dans les années 70 et 80 – et selon les sources qui sont disponibles, les documents de l'Otan restant classifiés 20 ans après la fin théorique de la guerre froide.

Ce livre est remarquable, non seulement par l'éclairage apporté sur le passé, mais surtout pour ce qu'il révèle de la raison d'être réelle de l'Otan, ainsi que pour ce qu'il permet de suggérer sur la "guerre au terrorisme", nouvelle priorité affichée de l'Otan. 

C'est en 1990 que l'existence des armées secrètes anti-communistes de l'Otan fut révélée au grand jour par le premier ministre Andreotti en personne, lequel précisait que des structures identiques existaient dans chaque pays européen de l'Alliance : comme l'explique D. Genser, la mise sur pied d'une « autorité de Sécurité nationale chargée d’encadrer la lutte contre le communisme par des groupes clandestins de citoyens » faisait partie dès sa création, des clauses secrètes de l'Otan (Directive OTAN/SACEUR sur la guerre non-conventionnelle).  

La commission parlementaire d'enquête mettait en lumière l'implication de Gladio, la variante italienne, dans les attentats terroristes en Italie dans les années 70-80, culminant avec l'attentat de la gare de Bologne, le 2 août 1980 – 85 morts et 200 blessés.

La constitution d''une armée secrète se justifiait et se justifie toujours officiellement par la nécessité d'être prêt à la résistance et au sabotage le jour où surviendrait l'invasion de l'Europe par l'URSS, ce dont comme disait Spaak, le Monde Libre avait si peur. C'est ainsi que Antoine de Donnea pouvait déclarer sans complexe lorsque l'existence de l'armée secrète Stay-Behind en Belgique ne put plus être cachée : « Il était parfaitement justifié… de préparer des réseaux de résistance susceptibles d'être activés dans le cas d'une occupation de notre territoire par les Armées du Pacte de Varsovie. Nous sommes redevables à tous ceux qui ont œuvré dans ces réseaux ». Le dit Pacte de Varsovie a été créé 6 ans après l'Otan, soit dit en passant, et il y a de lourdes présomptions que ceux qui ont œuvré dans ces réseaux soient, toujours en passant, derrière les tueries du Brabant : voir à ce sujet, le chapitre consacré à la Belgique. 

Mais dans la réalité, les choses étaient en fait juste inversées : les Etats-Unis n'avaient subi aucune destruction sur leur territoire et sortaient de la guerre particulièrement renforcés; l'URSS était un pays dévasté, bien plus qu'aucun autre de l'Europe à l'Ouest de l'Allemagne, un pays qui avait tout à reconstruire. Sa plus grande préoccupation était de se protéger d'une nouvelle tentative de destruction. Il était parfaitement légitime dans cette perspective, qu'elle ait tout fait pour s'assurer que sa frontière occidentale soit désormais constituée de pays amis, et non plus de pays prêts à s'associer à une nouvelle agression, comme cela avait été le cas par deux fois en moins de 30 ans. Les USA, en lançant 'pour l'exemple' deux bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, mais aussi par la destruction gratuite de Dresde, avaient démontré à l'URSS leur puissance et leur détermination. Lancer dans ces conditions une invasion eut été à l'évidence suicidaire.  

Et il est impossible que les chefs militaires de l'Alliance n'en aient pas été tout à fait conscients. Ils avaient en fait une connaissance précise de l'état des forces, que l'URSS a toujours tenté de maintenir suffisant pour empêcher une agression, jusqu'à l'épuisement. Affirmer avoir peur d'une invasion soviétique ne pouvait être qu'une mise en scène destinée à l'opinion publique occidentale. 

Pourquoi dans ce cas ces armées "stay-behind" ? La réponse est donnée à de multiples reprises par les responsables et exécutants mêmes de ces réseaux, cités dans le livre : l'armée secrète devait s'activer "également" en cas de prise du pouvoir par les communistes.  

Au moment d’intégrer l’OTAN en 1949, l’Italie signa, outre le Pacte Atlantique, une série de protocoles secrets prévoyant la création d’une organisation non officielle « chargée de garantir l’alignement de la politique intérieure italienne sur celle du bloc de l’Ouest par tous les moyens nécessaires, même si la population devait manifester une inclination divergente »  

Nous touchons ici me semble-t-il au point central : Le mouvement communiste avait avec la guerre et la lutte contre le fascisme, acquis un prestige et une légitimité sans précédent, et la possibilité était très concrète que certains pays choisissent la voie socialiste – ou sombrent dans le communisme selon l'option que l'on adopte. Ceci était autrement plus réaliste qu'une invasion par l'Armée Rouge. L'armée secrète de l'Otan, avec son réseau de saboteurs et de terroristes, devait alors être prête pour que cette éventualité soit la plus désastreuse possible. Des caches d'armes de guerres étaient aménagées un peu partout, des systèmes de communication de pointe gracieusement offerts par les USA... Tout était en place pour saboter effectivement le pays qui aurait tenté de suivre, démocratiquement, la voie socialiste.  

La possibilité d'une arrivée au pouvoir des communistes par les urnes était particulièrement forte dans l'Italie d'après guerre, et c'est également dans ce pays que le réseau stay-behind Gladio a été le plus dramatiquement actif, et certainement efficace. L'Otan et son armée secrète ont délibérément utilisé la "stratégie de la tension" au moyen d'attentats terroristes frappant aveuglément la population, attentats dont étaient ensuite accusés les communistes.  

Il est intéressant d'entendre aujourd'hui l'Otan affirmer devoir protéger le Monde Libre du terrorisme, et se trouver malheureusement contrainte de pouvoir s'étendre n'importe où dans le monde pour assurer cette protection légitime. Ce devoir de protection l'a amenée à s'associer activement à l'invasion destructrice de l'Irak et au soutien sans réserve au gouvernement fantoche mis en place par les USA, à l'occupation et au bombardement de l'Afghanistan, demain sans doute sera-t-elle obligée pour nous défendre, de détruire l'Iran…. « La tâche principale de l'OTAN est la défense du territoire des pays alliés, mais nous devons réaliser que dans le monde actuel, la défense de nos propres frontières commence bien souvent très loin », Anders Fogh Rasmussen. Des attentats singuliers, qui semblent insensés, ciblant la population et non les armées d'occupation, ensanglantent le Pakistan et l'Afghanistan, attentats dont la responsabilité est automatiquement attribuée aux si abominables Taliban, souvent malgré les dénégations de ceux-ci. Il est particulièrement difficile de distinguer ce qui se passe réellement. Cependant, au vu de l'histoire très récente de l'Otan, une prudence élémentaire est indispensable, et on ne peut éluder la question de qui est, en définitive, le véritable bénéficiaire de cette terreur.

http://www.csotan.org/ao/article.php?ao_id=36&art_id=479&Mois=d%E9cembre&Year=2009


1-2 Fabien Terpan  : Sommet de Lisbonne : l'OTAN possible rivale de l'UE sur le terrain de la gestion des crises ?

Chaque mois, nonfiction.fr publie l’opinion d’un expert sur une question européenne ou de relations internationales. Cet article de Fabien Terpan, maître de conférences à Sciences-Po Grenoble, inaugure cette rubrique. 

Lors du sommet qui s’est tenu à Lisbonne les 19 et 20 novembre 2010, les vingt-huit chefs d’Etat et de gouvernement de l’OTAN ont adopté un concept stratégique[1] censé guider leur action pour les dix années à venir. Cet ajustement aux nouvelles conditions de la sécurité internationale paraissait nécessaire, le précédent concept datant d’avril 1999. Plusieurs données nouvelles devaient être prises en compte, telles que l’impact du 11 septembre, les guerres en Afghanistan et en Irak, le lancement d’une politique européenne de sécurité et de défense, l’élection de Barack Obama. Il s’agissait aussi et surtout de rappeler que l’OTAN reste une organisation utile, voire indispensable, en dépit des difficultés qu’elle éprouve sur le terrain afghan. D’ailleurs, le fait que l’adoption du nouveau concept soit couplée à l’annonce d’une stratégie de sortie en Afghanistan montre bien la volonté de redorer le blason d’une organisation quelque peu affaiblie. 

Le document réaffirme la mission centrale de l‘OTAN- assurer la défense collective des membres de l’Alliance sur la base de l’article V du traité de l’Atlantique nord- tout en rappelant son apport à la gestion des crises et à la sécurité coopérative. Mais il insiste aussi sur deux éléments plus nouveaux, susceptibles d’entraîner d’importantes conséquences : le bouclier anti-missile, auquel la Russie est invitée à se joindre ; la nécessité d’une approche globale- politique, civile, militaire- de la gestion des crises. 

Les Etats-Unis ont réussi à inscrire la défense anti-missile dans le cadre de l’OTAN, en liant ce projet à la construction d’un partenariat fort avec la Russie. Le bouclier est présenté comme susceptible d’accroître la sécurité internationale, dans l’attente d’un monde dénucléarisé (la fameuse "option zéro" défendue par Barack Obama). En proposant aux Russes de participer, le président Obama a démontré que le système anti-missile n’était pas dirigé contre Moscou. De manière générale, l’apaisement des relations avec la Russie peut être considéré comme l’un des principaux apports de la nouvelle administration américaine dans le domaine extérieur. Si le bouclier soulève encore des interrogations quant à sa fiabilité et son impact sur la dissuasion, il est, incontestablement, un domaine de coopération riche de potentialités pour l’OTAN.

En orientant l’Alliance vers une approche globale de la sécurité, le nouveau concept contient les germes d’une possible concurrence avec l’Union européenne et sa politique étrangère et de sécurité commune [2]. Les guerres d’Irak et d’Afghanistan ont mis à jour les dangers d’une vision trop étroitement militaire de la gestion des crises.  Il n’est donc pas étonnant que le concept vise la mise en oeuvre d’une approche à la fois politique, civile et militaire, qui s’étendrait de la prévention des crises à la stabilisation post-conflit. Dans le même ordre d’idées, la coopération avec les Etats tiers, notamment sous la forme de dialogues politiques, est présentée dans le document comme un domaine important pour l’OTAN, bien qu’on se situe là sur le terrain de la diplomatie et non du militaire. Enfin, la prise en compte de défis majeurs tels que le changement climatique, la raréfaction de l’eau ou les besoins énergétiques, incite l’OTAN à développer des réponses qui se situent sur l’ensemble du spectre de la politique étrangère. D’où la création, annoncée à Lisbonne, d’une capacité, modeste mais adéquate, de gestion civile des crises. Or, si l’Union européenne peine à se doter d’une dimension défense, elle a depuis longtemps obtenu des résultats en matière commerciale, humanitaire, ou dans le domaine de la coopération extérieure.  S’agissant de la gestion des crises, elle s’est spécialisée, depuis 2003, dans les opérations civiles- ou civilo-militaires- de soutien à l’état de droit ou à la reconstruction. Dès lors, on comprend que le nouveau concept atlantique pose la question de la concurrence avec l’UE.

Il y a deux façons d’interpréter la situation actuelle. On peut tout d’abord considérer que l’OTAN ne deviendra jamais un acteur majeur de la politique étrangère, et restera essentiellement une organisation militaire chargée de la défense territoriale et du maintien de la paix. La politique étrangère est l’apanage des Etats-Unis, des Etats membres de l’Union européenne, voire de l’UE elle-même. L’OTAN n’est pas équipée pour développer une politique étrangère globale[3]: elle peut apporter une contribution importante mais pas assurer un leadership dans ce domaine. Et si elle intègre à ses préoccupations la gestion civile des crises, elle ne mènera jamais une politique commerciale, une politique de développement ou même sa propre action humanitaire. La relance, lors du sommet de Lisbonne, du partenariat stratégique entre l’UE et l’OTAN confirmerait alors l’idée selon laquelle l’Union est particulièrement bien placée pour mettre en oeuvre l’approche globale de l’OTAN. 

La seconde interprétation prend au sérieux le risque de concurrence entre la capacité de gestion civile des crises au sein de l’OTAN et la capacité d’ores et déjà existante au sein de l’UE. La Politique de sécurité et de défense commune (PSDC) de l’Union risque fort de pâtir des nouvelles ambitions de l’OTAN, tandis que cette dernière pourrait dans le même temps se détourner de ses tâches centrales (de nature militaire). Si les Etats membres de l’Union européenne acceptent, voire favorisent, la dérive civile de l’OTAN, c’est qu’ils envisagent la possibilité d’une victoire définitive du projet atlantique sur le projet d’Europe puissance.

Pour l’heure, il semble que la première interprétation soit plus proche de la réalité. Le commerce, le développement, l’humanitaire donnent à l’Union européenne les atouts d’un acteur global : l’OTAN en est encore loin. Cependant, on ne saurait écarter l’hypothèse d’une Alliance marginalisant l’Union européenne sur le terrain de la gestion des crises. Si cette option devait se réaliser, ce serait cependant en totale contradiction avec les objectifs fixés par le nouveau concept de l’OTAN : une défense européenne plus forte et plus performante, le renforcement de la capacité de l'UE à faire face aux défis de sécurité communs, le renforcement du partenariat stratégique entre l’OTAN et l’UE, la complémentarité des deux organisations, ou encore le respect de l'autonomie et de l'intégrité institutionnelle des deux organisations.

Fabien Terpan
Mardi 15 février 2011

Si vous souhaitez réagir à cette tribune, ou publier une opinion dans la rubrique Europe/ Relation Internationales de Nonfiction.fr, vous pouvez écrire à Estelle Poidevin à monde@nonfiction.fr .

Olivier MONTULET

« Au lieu de répéter jusqu'à l'ivresse en Occident que les forces d'opposition dans le monde arabe sont dangereuses, parce qu'exclusivement islamistes et radicales, et que, implicitement, il serait donc justifié que l'on limitât l'accès des Arabes et des musulmans à la démocratie, il serait bon d'accompagner les peuples vers leur liberté »

Tariq Ramadan, Le Monde, 11 février 2011

[1]     "Engagement actif, défense moderne", Concept stratégique pour la défense et la sécurité des membres de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord adopté par les chefs d’État et de gouvernement à Lisbonne, 19 novembre 2010.

[2]     Fabien Terpan, La politique étrangère et de sécurité commune de l’Union européenne, La documentation française, 2010.

[3]     Sven Biscop, "From Lisbon to Lisbon : Squaring the Circle of EU and NATO Future Roles", Security Policy Brief, Egmont, Royal Institute of International Affairs, vol.16, janvier 2011.

Fabien Terpan
15 février 2011


1-3 R.Marounek : Réunion du Comité militaire de l’OTAN après le sommet de Lisbonne.

Deux jours de réunions des chefs d’état-major de la défense (CEMD) et des représentants militaires (RM) de soixante-six pays membres et partenaires de l’OTAN viennent de s’achever au siège de l’OTAN.

Sous la présidence de l’amiral Giampaolo Di Paola, Président du Comité militaire, ces réunions de haut niveau, qui constituent la 164e conférence du Comité militaire en session des CEMD (CM/CEM), sont également le premier grand rassemblement officiel des autorités militaires de l’OTAN depuis le sommet de l’OTAN tenu à Lisbonne en novembre 2010.

Y ont également participé les deux commandants stratégiques de l’OTAN, l’amiral James Stavridis (commandant suprême des forces alliées en Europe – SACEUR) et le général Stéphane Abrial (commandant suprême allié Transformation – SACT), ainsi que le président du Comité militaire de l’Union européenne, le général Hakan Syren.

Au cours de la réunion consacrée à l’Afghanistan, le haut représentant civil, l’ambassadeur Mark Sedwill, et le commandant de la FIAS, le général David Petraeus, ont dressé le bilan de l’année 2010, notamment au sujet du processus de transition. Ils ont convenu que le moment était venu de prendre appui sur les acquis et de les consolider pour que les progrès réalisés deviennent irréversibles. En ce sens, ils ont décidé qu’il était nécessaire en priorité de prendre d’urgence des mesures supplémentaires afin de disposer des formateurs indispensables pour appuyer la montée en puissance des forces de sécurité nationales afghanes. L’évaluation du Comité militaire constituera un avis essentiel pour le Conseil de l’Atlantique Nord, en vue des prochaines réunions des ministres de la défense de l’OTAN en mars 2011.

En ce qui concerne le Kosovo, les CEMD ont suivi les exposés présentés par le SACEUR, par le commandant de la KFOR, le général Erhard Buehler, et par le chef de la mission EULEX, M. Xavier Bout de Marnhac, qui estiment que la situation de sécurité globale est positive, compte tenu de l’évolution de la KFOR vers une présence dissuasive, de l’allègement du dispositif de protection de sites et de la capacité croissante des forces de sécurité du Kosovo (KSF). Les pays contributeurs ont réaffirmé leur engagement à remplir effectivement le mandat de la KFOR, en reconnaissant que la paix et la stabilité à long terme dans la région dépendront essentiellement de la bonne gouvernance et des progrès de la lutte contre la criminalité organisée.

Les opérations maritimes en cours de l’OTAN, Ocean Shield et Active Endeavour, ont également été examinées. Les CEMD ont analysé les options qui permettraient d’améliorer les résultats obtenus dans le cadre de ces missions, en les adaptant aux menaces actuelles et futures liées à la sécurité maritime et en tenant compte des ressources disponibles.

Deux réunions du CM/CEM étaient consacrées aux partenariats de l’OTAN. Les représentants militaires du Dialogue méditerranéen et ceux du Conseil de partenariat euro-atlantique ont convenu de poursuivre l’accomplissement de la tâche fondamentale relative à la sécurité coopérative, mentionnée dans le nouveau concept stratégique. Ils se sont montrés vivement intéressés par l’examen des options permettant d’approfondir la coopération militaire afin de mieux répondre aux défis de sécurité naissants tels que le terrorisme, la prolifération des armements, le trafic de drogue, les cyberattaques, la protection du secteur de l’énergie et la piraterie.

Au cours de la réunion consacrée à la coopération militaire entre l’OTAN et l’Ukraine, les CEMD ont examiné les développements actuels des réformes de défense et de la transformation en Ukraine, et présenté des recommandations fondées sur l’expérience acquise par leurs pays dans ces deux domaines. La grande valeur de la participation continue de l’Ukraine aux opérations de l’OTAN a de nouveau été saluée.

Plusieurs aspects clés de la transformation de l’OTAN ont été abordés : la réforme de l’OTAN, le processus de planification de défense et le développement des capacités, et, en particulier, la mise en œuvre du nouveau concept stratégique. Sur ce dernier point, les CEMD ont examiné les contributions militaires relatives aux trois tâches fondamentales : la défense collective, la gestion de crise et la sécurité coopérative, qui seront cruciales pour l’élaboration de la directive politique qui régit la mise en œuvre du concept stratégique sur le plan militaire.

Au cours de la réunion du Conseil OTAN-Russie au niveau des représentants militaires (COR-RM), les 29 CEMD ont approuvé le plan de travail militaire élargi du COR pour 2011. Ce plan de travail, d’une portée considérable, est le plus ambitieux qui ait jamais été présenté, et le premier résultat concret de la poursuite de la coopération militaire entre l’OTAN et la Russie depuis le sommet de Lisbonne. Les échanges entre instituts de formation militaire sont particulièrement fructueux et permettront aux militaires de l’OTAN et de la Russie de partager leurs points de vue sur les questions de sécurité stratégique d’intérêt commun afin d’élargir leur coopération.

Par ailleurs, le COR a approuvé le «Glossaire général de la coopération OTAN-Russie ». Ce document contient plus de 6000 termes et couvre des domaines clés de la coopération politique et militaire entre l’OTAN et la Russie. Le général d’Armée Nikolaï Makarov et l’amiral Giampaolo Di Paola assumeront conjointement la responsabilité générale de l’édition du glossaire du COR.

La coopération militaire est un aspect important de la poursuite du développement des relations entre l’OTAN et la Russie. Le plan de travail 2011 s’inscrit dans le cadre de coopération entre militaires OTAN-Russie du COR-RM, qui prévoit quatre domaines de coopération déjà agréés : la logistique, la lutte contre le terrorisme, la recherche et le sauvetage en mer et la lutte contre la piraterie.

Les résultats des débats qui ont eu lieu au cours des différentes réunions du Comité militaire ouvriront la voie à la mise en place de la « nouvelle OTAN », qui a été définie comme une priorité importante au sommet de Lisbonne.

R.Marounek 


n 85 'Géopolitique et stratégie ' des Guerres de l'Otan. - 11-03 – Fin - Il faut dire NON clairement et catégoriquement à toute intervention militaire..

n 85 'Géopolitique et stratégie ' des Guerres de l'Otan. -  11-03 – Fin -  Il faut dire NON clairement et catégoriquement à toute intervention militaire.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'Otan et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



'Géopolitique et stratégie '

des

Guerres de l'Otan.

n° 85- 11-03

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com  - http://no-war.over-blog.com/

d) Sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm 

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

2 Dossiers.

2-1 Maurizio Matteuzzi : L’OTAN « étudie » l’option militaire.

2-2 M. Saâdoune : Libye : L’OTAN a le doigt sur la gâchette.

2-3 Comité Surveillance Otan   : Il faut dire NON clairement et catégoriquement à toute intervention militaire de l’Otan.

2-4 Fidel Castro: La guerre inévitable de l’OTAN (II). 

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Raouf : L’impérialisme étatsunien et l’UE, unis dans l’OTAN, déploient des moyens militaires et de propagande.

3-2 Seul le peuple Libyen a le droit en toute souveraineté de décider du sort de Khaddafi.

3-3 Fidel Castro : OTAN : La danse macabre du cynisme.

4 Sommet de Lisbonne.

4-1 Roland Marounek : Exit Strategy - le scénario en trompe-l'œil de l'Otan.

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 La libye selon Obama.  

5-2 Aled-Dilwyn Fisher : La Norvège, comme l’OTAN, dissimule les rapports sur les pertes civiles en Afghanistan.




2 Dossiers.

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

2-1 Maurizio Matteuzzi : L’OTAN « étudie » l’option militaire.

Ballons d’essai ou bourrasques de guerre humanitaire ? « Les attaques contre les civils sont un crime contre l’humanité », « Nous sommes prêts à intervenir mais seulement sur mandat de l’ONU », « Si Kadhafi et son régime continuent à attaquer systématiquement la population civile, nous ne pouvons pas imaginer que la communauté internationale et l’ONU restent des spectateurs ». Le secrétaire général de l’OTAN Anders Fogh Rasmussen a lancé hier un avertissement très clair au Colonel libyen. Nous n’en sommes pas encore à la conférence de Rambouillet, février 1999, dont l’échec programmé amena l’intervention de l’OTAN contre la Serbie de Milosevic. Ni à celle de Tony Blair aux Communes, septembre 2002, sur les armes de destruction de masse de Saddam, « prêtes à être utilisées en 45minutes » ou au discours du secrétaire d’Etat Colin Powell au Conseil de sécurité, février 2003, dans lequel il brandissait une éprouvette pleine de poudre blanche (l’ « anthrax » du raïs irakien), qui servirent à faire avaler à l’ONU la guerre contre l’Irak. Mais l’évocation par Rasmussen d’une intervention humanitaire contre la Libye de Kadhafi est un signal, même si ce n’est plus maintenant Georges W. Bush qui est à la Maison Blanche mais un Barak Obama qui semble plus réticent à se jeter dans une nouvelle aventure dans la zone explosive (et pas seulement à cause du pétrole) de la Méditerranée, de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, mais qui s’est immédiatement placé hier aux côtés de Rasmussen : attention Kadhafi, « l’OTAN étudie l’option militaire ».

 Signal inquiétant parce que les expériences précédentes montrent que quand la grande machine de la « guerre humanitaire » se met en marche, il s’avère ensuite difficile si ce n’est impossible de l’arrêter.

  Pour ce qu’on peut voir et comprendre de la situation depuis Tripoli, le régime de Kadhafi est, du moins dans cette phase, très attentif à éviter des attaques « systématiques » contre les civils. Par exemple, la bataille acharnée pour le contrôle de Az Zaywah, ville qui est à une cinquantaine de Kms de la capitale -unique centre conquis par les insurgés à l’ouest de Tripoli- semblait se conclure dimanche par le retour aux mains des gouvernementaux avec un bilan probable, selon des témoins oculaires, de 13 insurgés et 4 gouvernementaux tués. Et l’offensive des forces kadhafistes sur Ras Lanouf, en Cyrénaïque, pour arrêter l’avancée des insurgés de l’est vers la partie occidentale du pays, a continué hier avec un raid aérien qui aurait fait trois victimes.

 Contrôler la véracité de ces nouvelles et des ces chiffres est pratiquement impossible parce que la guerre entre les deux Libye, en plus du terrain, se déroule aussi sur celui de la propagande. D’où viennent ces nouvelles -le plus souvent venues de l’extérieur- est une chose impossible à vérifier pour qui est ici, d’un côté ou de l’autre du front. Tout au plus peuvent-elles paraître vraisemblables et possibles ou improbables et sans fondements.

   Entrent dans ce décompte deux voix qui ont circulé ici hier, diffusées par deux journaux arabes imprimés à Londres : celle de al-Sharq al-Awsat selon qui Kadhafi aurait proposé son exil au Conseil national de Bengazi en échange de l’impunité pour lui et sa famille (paroles apparemment sans fondements) ; et l’autre venant de Libya al-Youn d’après qui un cadavre décapité trouvé dans une ville de Cyrénaïque contrôlée par les insurgés serait celui de Abdullah al-Senoussi, le puissant chef des services de renseignements militaires de Kadhafi (improbable mais sait-on jamais).

   Au-delà de la guerre sur le terrain et de celle psychologique avec leurs côtés obscurs, certains éléments sont clairs et avancent sur deux voies. La première est l’offensive militaire des forces kadhafistes, qui ne semble cependant pas être une offensive à outrance mais plutôt destinée à faire pression sur les insurgés en évitant des attaques indiscriminées qui pourraient faire précipiter la situation internationale et saboter la deuxième voie sur laquelle semble avancer Kadhafi : la voie diplomatique.  Hier le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a nommé comme envoyé spécial en Libye l’ex-ministre des affaires étrangères jordanien Kadhafi Al-Khatib ; et est arrivée ici à Tripoli la première mission Ue, conduite par l’italien Agostino Miozzo : officiellement pour vérifier la situation des citoyens de l’Union mais peut-être aussi pour observer un peu ce qui se passe et donner quelques signaux. La semaine prochaine on attend une délégation des pays de l’Alba, le groupe de pays initié par Chavez, pour voir si la proposition du président vénézuélien de former une commission internationale (peut-être conduite par l’ex-président Lula da Silva) a quelque chance ou si c’est pur velléitarisme.

  Kadhafi qui s’est beaucoup plaint jusqu’ici d’avoir été condamné par l’opinion publique internationale et puni avec les sanctions du Conseil de sécurité de l’Onu sur la seule base de « rapports des media », devrait être satisfait d’accueillir ces visiteurs. Le ministre des affaires étrangères libyen Moussa Kusa a immédiatement donné son accord pour l’arrivée prochaine d’une équipe des Nations Unies qui devra vérifier la véracité des accusations et des horreurs dénoncées. Enfin.

Edition de mardi 8 mars 2011 de il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/08-Marzo-2011/art37.php3


2-2 M. Saâdoune : Libye : L’OTAN a le doigt sur la gâchette.

Les déploiements militaires au large de la Libye ne sont pas destinés uniquement à évacuer des réfugiés en fuite d’un pays en plein tumulte. Ce sont des pré-positionnements armés en attente d’une opportunité d’intervention.Et c’est de Kadhafi et de ses milices qu’ils attendent le vrai feu vert.

Kadhafi et son clan sont surpris de la versatilité de leurs amis occidentaux qui les lâchent aujourd’hui alors qu’ils ont fait preuve de tant de largesses envers eux. Le « zingua, zingua » de Tripoli ne désespère pas, apparemment, de les convaincre qu’il est le rempart qui empêcherait Ben Laden d’envoyer ses bateaux « corsaires » à l’assaut de la paisible Europe. Bien entendu, Kadhafi ne croit pas un traitre mot de ce qu’il avance. Il sait aussi qu’en face, chez les Européens, on n’accorde pas vraiment d’importance à ce qu’il dit. Mais on observe l’usage des moyens militaires à sa disposition.

Les Occidentaux ont clairement entendu les insurgés leur signifier sur tous les tons que leurs troupes sont indésirables en Libye. Ce n’est donc pas chez les insurgés qu’ils trouveront l’alibi ou la légitimation à une intervention directe. Cet alibi, ils semblent plutôt l’attendre de Kadhafi et de son clan. Ce serait l’ultime service que ce régime rendra à ses « amis » occidentaux. Ils comptabilisent déjà ses crimes réels - et sans doute en rajoutent-ils - pour rapprocher le moment où « l’ingérence humanitaire » deviendra nécessaire.

Les déploiements militaires au large de la Libye ne sont pas destinés uniquement à évacuer des réfugiés en fuite d’un pays en plein tumulte. Ce sont des pré-positionnements armés en attente d’une opportunité d’intervention. Et c’est de Kadhafi et de ses milices qu’ils attendent le vrai feu vert.

Car, à l’évidence, certains en Occident ne peuvent se contenter de l’idée, soutenue par l’insurrection, de créer une zone d’exclusion aérienne pour empêcher l’usage des avions de combat contre les civils. Ce qu’ils veulent, c’est une occupation directe qui permet de contrôler directement les puits pétroliers et d’orienter la future Libye dans la « bonne direction ».

Kadhafi qui croit qu’il est la « gloire et l’histoire et l’avenir » ne fera rien pour épargner aux Libyens cette intrusion extérieure catastrophique. Il n’est pas prêt à se rendre à l’évidence en se démettant et de rendre ainsi le seul service possible à son pays. Il cherche une ingérence qui créera la confusion et installera la division parmi les Libyens. En face, on n’attend que ça. Les marchés sur-réagissent à une réduction de la production pétrolière libyenne - très aisément compensable par les Saoudiens et d’autres - et renforcent l’appel à ingérence. De manière ingénue - n’est-ce pas ? -, des analystes boursiers en traitant de la hausse du prix du pétrole posent des questions d’ordre militaire du type : « Combien de temps les Occidentaux peuvent-ils rester sans intervenir ? ». On connaît la réponse : le temps que Kadhafi accumule les éléments d’un alibi.

L’Otan qui est une alliance militaire, historiquement hostile à la libération des peuples, va discuter de la Libye jeudi et vendredi. Officiellement, elle n’entend pas intervenir mais se contente « d’effectuer une planification prudente, pour toute éventualité ». Mais son secrétaire général, Anders Fogh Rasmussen, qui en tant que Premier ministre danois s’est livré à un discours de détestation des Arabes digne des adeptes des guerres de civilisations et de religion, a le doigt sur la gâchette, qui le démange. « Si Kadhafi et ses militaires continuent à attaquer la population libyenne de manière systématique, je ne peux imaginer que la communauté internationale et l’ONU restent passives ».

On ne peut mieux dire... Kadhafi ne rendra pas à son pays le seul service possible de s’en aller. Il semble prêt à rendre un nouveau service, l’ultime, à cet impérialisme qu’il faisait mine de pourfendre mais dont il est devenu l’un des plus serviles laquais.

mardi 8 mars 2011 -

M. Saâdoune - Le Quotidien d’Oran


2-3 Comité Surveillance Otan   : Il faut dire NON clairement et catégoriquement à toute intervention militaire de l’Otan,

Les révoltes des populations  embrasent tout le sud de la Méditerranée sur des milliers et des milliers de kilomètres, pour exiger la justice sociale, des droits démocratiques.  Mais il s’y mêle aussi les révolutions de palais, les coups de force entre différents clans locaux, encouragés ou même fomentés  par les Etats-Unis et certaines puissances européennes. 

 

Mais les populations veulent aussi le partage des richesses de leurs pays et  la souveraineté et l’indépendance politique contre leurs anciens et nouveaux colonisateurs. C’est cela qui fait le plus peur au sein de l’Alliance Atlantique et surtout parmi ses plus puissants membres, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Allemagne. Cette peur commune est encore plus grande que les disputes et les concurrences économiques entre eux. 

 

L’Otan offre ses services militaires et n’attend plus qu’un mandat de l’ONU. Les navires de guerre américains dans la Méditerranée se rapprochent de la Libye et Hilary Clinton ordonne à Kadhaffi de dégager. On ne peut que s’inquiéter  de cette exigence, qui n’avait pas du tout la même énergie en Egypte ou en Tunisie. Les dirigeants occidentaux clament leur indignation devant la répression en Libye, mais ils n’ont pas fini de mener ou de soutenir une guerre de conquête atroce en Irak qui se solde sans doute par un million de mort et 4 millions de réfugiés. Les discours main sur le coeur sur les valeurs et les droits de l'homme sont aujourd'hui comme hier le masque de la défense cynique des intérêts économiques concrets.

 

Le Conseil de Sécurité de l’ONU vient de voter une série de sanctions contre la Libye et le « clan » Khadaffi, mais la résolution  laisse aussi la porte ouverte à une intervention militaire. Ban Ki Moon a prévenu : « les mesures prises aujourd’hui sont sévères et, dans les jours à venir, si les choses ne changent pas, des mesures encore plus audacieuses pourront être prises ».

 

D’autre part, l'insistance avec laquelle le mot de "génocide" est relayé hors propos, quelle que soit la réalité ou l'ampleur de la répression et des combats inter-factions, en dit long sur la volonté de manipulation de l'opinion publique.

 

L'Otan serait "tout naturellement" en première ligne d'une telle intervention : La situation en Libye n’est-elle pas présentée comme un exemple  de menaces auxquelles l’Otan est amenée à réagir : « grave crise humanitaire », « danger pour la sécurité d’approvisionnement énergétique », soit le contenu-type des menaces décrites dans le nouveau Concept Stratégique de l'Otan que la Belgique vient de cosigner au dernier Sommet de Lisbonne.

 

Ces interventions armées ne sont pas de nature à régler le moindre problème humanitaire, et ce n'est en aucune façon leur but réel. Le mouvement pour la Paix en Belgique doit en être  conscient. La guerre de l’Otan contre la Yougoslavie n’a réglé aucun problème, a causé des milliers de morts supplémentaires, et a conduit à inventer un nouvel Etat, le Kosovo, immense base militaire américaine. La guerre en Afghanistan dans laquelle s'est graduellement enfoncée l'Otan a ajouté aux désastres, à la misère, aux morts et à des coûts incommensurables. La guerre et l’occupation de l’Irak continue avec la participation de l’Otan et il y a chaque mois plus de morts là-bas que dans tous les récents affrontements en Libye !  

Il faut dire NON clairement et catégoriquement à toute intervention militaire de l’Otan, et dire NON à toute participation belge, qu’elle soit directement militaire ou sous la couverture humanitaire !

1er mars 2011

Le Comité Surveillance Otan    


2-4 Fidel Castro: La guerre inévitable de l’OTAN (II) 

Quand, s’inspirant de son collègue égyptien Abdel Gamal Nasser, le colonel de l’armée libyenne, Mouammar el-Kadhafi, alors âgé de vingt-sept ans, renversa le roi Idris Ier, il prit d’importantes mesures révolutionnaires comme la réforme agraire et la nationalisation du pétrole. Il consacra les revenus croissants au développement économique et social, en particulier aux services éducationnels et sanitaires de la peu nombreuse population d’un immense pays majoritairement désertique aux rares terres cultivables.

Une mer d’eau fossile très étendue et profonde gît sous ce désert. Et il m’avait semblé, après avoir connu une zone de culture expérimentale, que ces eaux seraient à l’avenir plus précieuses que le pétrole. 

La foi religieuse, prêchée avec la ferveur qui caractérise les peuples musulmans, aidait en partie à compenser la forte tendance tribale qui caractérise encore ce pays arabe. Les révolutionnaires libyens élaborèrent leurs propres idées et les appliquèrent dans des institutions juridiques et politiques que Cuba se fit une norme de respecter. 

Elle s’abstint absolument d’émettre des vues sur les conceptions de la direction libyenne. Mais je constate clairement que les États-Unis et l’OTAN s’inquiètent surtout, non de ce qu’il se passe en Libye, mais de la vague révolutionnaire qui déferle dans le monde arabe et qu’ils veulent freiner à tout prix.

Car il est incontestable que, ces dernières années, les rapports des USA et de leurs alliés de l’OTAN avec la Libye étaient excellents…, jusqu’à la rébellion en Égypte et en Tunisie. Aucun dirigeant des pays de l’OTAN ne faisait état de problèmes quand il rencontrait Kadhafi ; la Libye était devenue une source sûre de pétrole de grande qualité, de gaz, voire de potasse. Les difficultés surgies entre eux dans les premières décennies avaient été surmontées.

Le pays s’était ouvert à l’investissement étranger dans des secteurs stratégiques comme la production et la distribution du pétrole.

La privatisation avait touché de nombreuses sociétés publiques. Le Fonds monétaire international jouait son rôle béatifique dans la mise en place de ces opérations. Bien entendu, Aznar ne tarissait pas d’éloges envers Kadhafi. Et, à sa suite, Blair, Berlusconi, Sarkozy, Zapatero et jusqu’à mon ami le roi d’Espagne défilèrent sous le regard narquois du leader libyen. Ils étaient heureux.

 

J’ai l’air de me moquer, mais c’est faux. Car je me demande tout simplement : pourquoi veulent-ils maintenant envahir la Libye et traduire Kadhafi devant la Cour pénale internationale de La Haye ?

On l’accuse du matin au soir d’avoir fait tirer contre des citoyens désarmés qui protestaient. Pourquoi ne dit-on pas au monde que ce sont les États-Unis, la Grande-Bretagne et d’autres hôtes illustres de Kadhafi qui lui ont fourni les armes et surtout les équipements de répression sophistiqués qu’il possède ? 

Je m’oppose aux mensonges cyniques par lesquels on prétend justifier l’invasion et l’occupation de la Libye. 

Ma dernière visite à Kadhafi remonte à mai 2001. Quinze années s’étaient écoulées depuis que Reagan avait attaqué sa résidence plutôt modeste, mais il avait tenu à me faire constater les grandes destructions qu’y avait causées la frappe directe de l’aviation, laquelle avait aussi tué sa petite fille de trois ans… Assassinée par Ronald Reagan ! Il n’y avait pas eu dans ce cas d’accord préalable de l’OTAN, du Conseil des droits de l’homme ni du Conseil de sécurité.

Ma visite antérieure datait de 1977, huit ans après le début de la révolution en Libye. J’avais visité Tripoli ; j’avais participé au Congrès du peuple libyen à Sebha ; j’avais parcouru les zones agricoles où se déroulaient les premières expérimentations à partir des eaux tirées de l’immense mer fossile ; j’avais connu Benghazi où j’avais fait l’objet d’un accueil chaleureux. La Libye était un pays légendaire qui avait été le théâtre de batailles historiques durant la dernière guerre mondiale. Elle ne comptait même pas six millions d’habitants, et ses énormes réserves de pétrole léger et d’eau fossile n’avaient pas encore été découvertes. Et les anciennes colonies portugaises d’Afrique s’étaient déjà libérées. 

En Angola, nous avions lutté quinze années durant contre les bandes mercenaires organisées par les États-Unis sur des bases tribales, contre le gouvernement de Mobutu et contre l’armée raciste de l’apartheid, bien équipée et bien entraînée. Celle-ci, obéissant – on le sait aujourd’hui – à des instructions des États-Unis, avait envahi l’Angola en 1975 pour empêcher son indépendance, et ses forces motorisées étaient parvenues aux portes de Luanda. Plusieurs instructeurs cubains moururent durant cette invasion brutale face à laquelle nous dépêchâmes de toute urgence des ressources. Une fois expulsées du pays par les troupes internationalistes cubaines et les troupes angolaises jusqu’à la frontière de la Namibie occupée par l’Afrique du Sud raciste, celle-ci reçut pendant treize ans la mission de liquider la révolution en Angola. 

Elle mit au point l’armée atomique avec l’appui des États-Unis et d’Israël. Et elle la possédait déjà quand les troupes cubaines et angolaises mirent en déroute ses forces terrestres et aériennes à Cuito Cuanavale et, bravant les risques, utilisant les tactiques et les moyens classiques, progressèrent jusqu’à la frontière namibienne où les troupes de l’apartheid prétendaient résister. Nos troupes ont, deux fois dans leur histoire, couru le risque d’être attaquées par ce genre d’arme : en octobre 1962 et dans le Sud angolais, mais, dans ce second cas, même l’arme nucléaire n’aurait pas empêché la défaite de l’Afrique du Sud qui marqua la fin de son système odieux. Tout ceci se passait sous l’administration Ronald Reagan aux USA et sous Pieter Botha en Afrique du Sud. 

Nul ne parle de cette aventure impérialiste, ni des centaines de milliers de vies qu’elle a coûtées.

 

Je regrette d’avoir à rappeler ces faits quand un autre grand risque pèse sur les peuples arabes parce qu’ils ne résignent plus au pillage et à l’oppression dont ils sont victimes. La révolution dans le monde arabe, que redoutent tant les États-Unis et l’OTAN, est la révolution de ceux qui n’ont aucun droit face à ceux qui font étalage de tous les privilèges et elle est donc appelée à être plus profonde que celle qui éclata en Europe à partir de la prise de la Bastille en 1789.

Même Louis XIV, qui proclama : « L’État, c’est moi ! », ne bénéficiait pas des prébendes du roi Abdallah d’Arabie saoudite, encore moins de l’immense richesse qui git sous la surface de ce pays quasi désertique où les transnationales yankees décident de l’extraction du pétrole et contrôlent donc les cours mondiaux de ce produit. Depuis que la crise a éclaté en Libye, l’extraction du pétrole en Arabie saoudite a augmenté d’un million de barils par jour, à un coût minime, de sorte que les revenus de ce pays et de ceux qui le contrôlent s’élèvent, rien qu’à ce titre, à un milliard de dollars par jour. 

Mais que personne ne pense que le peuple saoudien baigne dans la richesse. Les récits des conditions de vie de nombreux travailleurs du bâtiment et d’autres secteurs, contraints de travailler treize ou quatorze heures par jour pour des salaires misérables, sont émouvants.

Effrayée par la vague révolutionnaire qui ébranle le système de pillage en place depuis les faits dont les travailleurs ont été les protagonistes en Égypte et en Tunisie, mais aussi par les actions des jeunes chômeurs en Jordanie, dans les territoires occupés de Palestine, au Yémen, et même au Bahreïn et dans les Émirats arabes aux revenus plus élevés, la haute hiérarchie saoudite vit sous l’impact des événements.

À la différence de ce qu’il se passait autrefois, les peuples arabes reçoivent aujourd’hui des informations presque immédiates, quoiqu’extraordinairement manipulées, sur le cours des événements.

Le pire pour le statut des secteurs privilégiés, c’est que les faits – qui sont têtus, on le sait – coïncident avec une hausse considérable des cours des aliments et avec les retombées dévastatrices des changements climatiques, tandis que les États-Unis, le plus gros producteur de maïs au monde, utilisent presque 40 p. 100 de ce produit subventionné et une part importante de leur soja pour fabriquer des biocarburants destinés aux moteurs de voitures. Lester Brown, l’écologiste étasunien le mieux informé au monde sur les produits agricoles, peut nous offrir sûrement une idée de la situation alimentaire actuelle.

Le président bolivarien Hugo Chávez tente un vaillant effort pour trouver un règlement en Libye sans intervention de l’OTAN. Ses possibilités de succès augmenteraient s’il parvenait – ce qui serait un exploit – à créer un vaste mouvement d’opinion avant, et non après, l’intervention, afin que les peuples ne voient pas se répéter dans d’autres pays l’atroce expérience de l’Iraq.

Je conclus ici ces Réflexions. 

Fidel Castro Ruz

Traduction J-F Bonaldi,
Le 3 mars 2011



3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Raouf : L’impérialisme étatsunien et l’UE, unis dans l’OTAN, déploient des moyens militaires et de propagande.

A la faveur des soulèvements des peuples d’Afrique du Nord et des pays arabes, l’impérialisme étatsunien et l’UE, unis dans l’OTAN, déploient des moyens militaires et de propagande pour réaliser le projet du « Grand Moyen-Orient » initié par G-W.Bush. Leur cible privilégiée est, aujourd’hui, la Lybie.
Les régimes réactionnaires qu’ils soutenaient sont ébranlés et il s’agit pour eux de trouver de nouveaux moyens, de nouvelles marionnettes pour perpétuer leur domination, l’exploitation du peuple et des ressources naturelles.
Et de contrôler une « transition » pseudo démocratique. « Tout changer, pour que rien ne change » et prévenir toute solution révolutionnaire aux soulèvements.
 
L'augmentation des prix des denrées alimentaires, le chômage élevé, l'absence de mobilité sociale et la répression politique  ont, notamment, provoqué les soulèvements. Les régimes de Tunis et du Caire ont été jugés illégitimes car ils ont exploité la richesse de la nation et mis la population dans le besoin.
L’impérialisme, fidèle à son alliance inconditionnelle avec l’Etat sioniste, cherche aussi à détourner la colère des masses, non seulement contre les systèmes corrompus mais aussi contre la répression dont est victime le peuple palestinien.
 
En Lybie, l’aspect apparent, est une guerre civile, comme toujours lors des agressions impérialistes (guerre d’Espagne, Grèce, Viet-Nam, Palestine, Yougoslavie…). Déjà des « instructeurs » européens et nord-américains encadrent les insurgés et les arment.
 
Les trémolos humanitaires hypocrites ne peuvent masquer le fait que l’UE, en collaboration avec l’UE et le dispositif policier FRONTEX, a transformé la Lybie en gigantesque camp de concentration pour les émigrants de l’Afrique subsaharienne. Avec comme conséquence dramatique qu’ils sont empêchés de quitter le pays et sont victimes à la fois des combats et de pogroms racistes. Une intervention « pour-venir-au secours-des-populations » ? Non, une course au pétrole !

Il y a évidemment des contradictions dans le camp impérialiste. La Lybie de Khadafi fourni plus d’un tiers de son pétrole à l’ENI, compagnie « nationale » italienne.
Nous nous opposons à toute intervention militaire et politique dans la lutte des peuples pour leur libération.
Nous défendons la lutte de ces peuples pour la souveraineté de leurs pays, une souveraineté populaire qui garantisse les droits des travailleurs, ouvriers et paysans, droit au travail, à un salaire juste, à la sécurité, à la santé, à l’éducation, au logement et à la culture.

Dans les conditions actuelles, la lutte pour la paix est-elle illusoire ? Faut-il « choisir son camp » ?
La seule solution juste est celle proposée par les pays latino-américains de l’ALBA, l’Alliance bolivarienne (Vénézuela, Cuba, Bolivie, Equateur, Nicaragua, Saint-Vincent-Grenadines, Dominique et Antigua-et-Barbuda), pays qui luttent résolument contre l’impérialisme. 
Ici, la propagande impérialiste bat son plein et les gouvernements n’ont jamais cessé d’impliquer la Belgique dans les agressions militaires. L’oligarchie qui gouverne est un fidèle allié de l’OTAN, de l’Etat sioniste et de tous les régimes réactionnaires. Les partis gouvernementaux qui n’ont  cessé de tenter d’étouffer ces alliances qui apparaissent maintenant au grand jour, vident la démocratie, la révolte de sa signification révolutionnaire et craignent par-dessus tout la lutte qui commence. Et celle des peuples d’Afrique du Nord et de tous les peuples arabes. 

Raouf

(8/03/2011)


3-2 Seul le peuple Libyen a le droit en toute souveraineté de décider du sort de Khaddafi.

L’OCCIDENT IMPERIALISTE A PEUR DES REVOLUTIONS EN AFRIQUE ET DANS LE MONDE ARABE :

NON A L’INGERENCE ET L’INTERVENTION DE L’OTAN/ONU EN LIBYE ! 

Par la rue et la grève les peuples de Tunisie et d’Egypte ont chassé les pro-consuls étasuniens et européens, Ben Ali et Moubarak et leurs partis (le RCD et le PND) membres de l’Internationale Socialiste. Ces révolutions démocratiques s’étendent maintenant de façon inégale à toute l’Afrique du nord et au monde Arabe. Tour à tour les peuples s’emparent des rues en Algérie, au Maroc, en Libye, à Bahreïn, à Oman, au Koweit, au Yémen, en Arabie Saoudite et même en Irak, etc. L’ingérence impérialiste qui s'est manifestée dès le début par les injonctions arrogantes et manipulatrices d’Obama, Merkel et Sarkozy, lâchant les tyrans Ben Ali et Moubarak, devient maintenant une menace d'intervention militaire contre Khadhafi.

Tout y passe : les médias occidentaux grouillent d’allusions jamais prouvées de « mercenaires noirs, serbes, bosniaques qui tuent des Libyens pour le compte de Khaddafi » alors que les mêmes ont monnayé pour 5 milliards d’euros la transformation de la Libye en un centre de rétention à ciel ouvert pour juguler les flux migratoire provenant  d’Afrique noire ; La rumeur entretenue pendant 24h sur « la fuite de Khaddafi au Venezuela » est ensuite remplacée par « Khaddafou qui génocide son peuple par des bombardements aériens aveugles et utilisent des tortionnaires » et des justifications prétendument « humanitaires de l’arrestation de soldats Hollandais » donc de l’OTAN en territoire Libyen. Les USA et l’UE se précipitent pour demander des sanctions au Conseil de Sécurité de l’ONU et le gel des avoirs de Khadhafi, ce qu’ils n’ont fait ni contre Ben Ali, ni contre Moubarak et ni contre aucun de leurs vassaux qui tuent chaque jour dans les pays actuellement en révolte. Et successivement on apprend que des ambassadeurs de la Libye à l’ONU et dans plusieurs capitales de l’UE rejoignent le camp des « libérateurs de Benghazi », bizarrement lieu où se concentre la production pétrolière Libyenne et les 44 milliards de barils de réserves prouvées.

Pendant ce temps les médias occidentaux nous submergent d’images d’une émigration massive en particulier d’Egyptiens de la Libye non vers leur pays à l’est soi disant « libéré par les anti-Khaddafi », mais là aussi bizarrement, vers la Tunisie pays de départ du vent démocratique d’où partent maintenant des appels à « l’aide humanitaire pour contenir le flot d’immigrés ».

En fait il apparaît nettement que l’OTAN veut intervenir en Libye pour faire pression sur la révolution Egyptienne en cours et pour submerger la révolution Tunisienne par un afflux massif qui lui permettra d’y prendre pied au nom de « l’ingérence humanitaire ». Khaddafi, qui a été un adversaire de l’Occident impérialiste avant de se soumettre, devient le nouveau Saddam Hussein du monde Arabe à abattre et pendre. L’actuelle campagne anti-Khadaffi est une diversion impérialiste pour retourner le contexte actuel contre les peuples en révolution. Il s’agit aussi de stopper l’approfondissement et l’extension de la révolution au second pilier décisif du dispositif de domination US qu’est l’Arabie Saoudite après le premier qu’est Israël et la chute en cours du troisième qu’est l’Egypte.

La Tunisie où deux gouvernements ont été remanié et où le peuple vient d’obtenir le départ du premier ministre de la transition et l’Egypte où le pouvoir militaire appelle en vain à l’arrêt des grèves sont devenus le cauchemar des impérialistes et des dictatures semi-coloniales en Afrique et dans le monde Arabe. L’exclusion arbitraire du candidat du Parti Communiste du Bénin dans les élections est aussi un signe de la peur du vent libérateur au sein des pouvoirs Françafricains aux abois.

Les révolutions en cours ont un caractère démocratique en ce sens qu’elle renversent des tyrannies autocratiques apatrides pro-impérialistes. Mais elle ont aussi une dimension sociale que révèle la poursuite de la mobilisation et les grèves massives en Tunisie et en Egypte. Le jeune Bouazizi s’est immolé parce que la dictature corrompue de Ben Ali appliquant les diktats libéraux du FMI et de la BM l’empêchait de vivre de son diplôme universitaire et de survivre comme marchand de rue de légumes.

C’est en cela que les révolutions démocratiques actuelles sont aussi anti-libérales et objectivement anti-impérialistes. Le vent libérateur antilibéral et anti-impérialiste actuel en Afrique et dans le monde Arabe prolonge et fusionne avec les victoires anti-libérales et anti-impérialistes en Amérique du sud né de la résistance de Cuba. C’est cela le spectre du martyr Bouazizi qui hante les nuits des Obama, Merkel, Sarkozy et de leurs valets néo-coloniaux.

Pour Ferñent seul le peuple Libyen a le droit en toute souveraineté de décider du sort de Khaddafi.

A bas l’impérialisme ! Vive la seconde phase de libération nationale des peuples opprimés !

1er mars 2011   

Mouvement des Travailleurs Panafricains – Sénégal

« Union libre des peuples libres d’Afrique. Solidarité internationaliste des travailleurs »


3-3 Fidel Castro : OTAN : La danse macabre du cynisme.

Réflexions du compañero Fidel

La politique de pillage imposée par les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN au Moyen-Orient est entrée en crise. Et cette crise est due, forcément, à la hausse des cours des céréales dont les retombées ont été plus fortes dans les pays arabes où la rareté de l’eau, les zones désertiques et la pauvreté du peuple généralisée contrastent avec les revenus très élevés des secteurs privilégiés liés aux énormes ressources pétrolières.

Alors que les prix des aliments ont triplé, les fortunes immobilières et les trésors de la minorité aristocratique se chiffrent à des billions de dollars.

Le monde arabe, de culture et de religion majoritairment musulmane, s’est en plus senti humilié par la mise en place, à feu et à sang, d’un État qui n’a respecté aucune des obligations élémentaires ayant présidé à sa création dans le cadre de l’ordre colonial qui existait à la fin de la Deuxième Guerre mondiale et qui permit aux puissances victorieuses de fonder l’ONU et d’imposer les règles du jeu régissant le commerce et l’économie mondiaux.

La trahison de Anwar El-Sadat à Camp David a empêché l’existence de l’État arabe palestinien visé dans les accords de l’ONU de novembre 1947, si bien qu’Israël est devenu une forte puissance nucléaire alliée des États-Unis et de l’OTAN.

Le complexe militaro-industriel étatsunien a livré des dizaines de milliards de dollars tous les ans à Israël et même aux États arabes que celui-ci soumettait et humiliait.

Le génie s’est échappé de la bouteille, et l’OTAN ne sait pas comment le contrôler.

Il va s’efforcer de tirer le plus gros profit des regrettables événements libyens. Nul n’est capable de savoir actuellement ce qu’il se passe dans ce pays. L’Empire a fait publier par ses médias toutes sortes de chiffres et de versions, jusqu’aux plus saugrenus, afin de semer le chaos et la désinformation.

De toute évidence, une guerre civile se déroule en Libye. Pourquoi et comment a-t-elle éclaté ? Qui en paiera les conséquences ? L’agence Reuters, se faisant l’écho d’une banque japonaise bien connue, la Nomura, a signalé que les cours du pétrole pourraient battre tous les records :

« "Si la Libye et l’Algérie arrêtaient leur production pétrolière, les cours pourraient dépasser 220 dollars le baril, et l’OPEP verrait réduite sa capacité inutilisée à 2,1 millions de barils par jour, similaire aux niveaux de la guerre du Golfe, et au record de 147 dollars le baril établi en 2008", a affirmé la banque dans une note. »


Qui pourrait payer des prix pareils? Quelles en seraient les conséquences en pleine crise alimentaire ?

Les principaux leaders de l’OTAN jubilent. Le Premier ministre britannique, David Cameron – selon ANSA – « …a admis dans un discours au Koweït que les pays occidentaux avaient fait erreur d’avoir soutenu des gouvernements non démocratiques dans le monde arabe. » Félicitons-le du moins pour sa franchise.

Son collègue français Nicolas Sarkozy a déclaré : « La poursuite de la répression brutale et sanglante contre la population civile libyenne est répugnante. »

Le ministre italien des affaires étrangères, Franco Frattini, a jugé « crédible » la quantité de mille morts à Tripoli, et a parlé de "chiffres tragiques" et de "bain de sang".

Selon Hillary Clinton, le « bain de sang » est « absolument inacceptable » et « doit cesser ».

Pour Ban Ki-moon, « le recours à la violence dans ce pays est absolument inacceptable… le Conseil de sécurité agira en accord avec les décisions de la communauté internationale… nous envisageons une série de variantes. »

En fait, ce qu’attend Ban Ki-moon, c’est qu’Obama dise le dernier mot.

Le président étatsunien a parlé ce mercredi après-midi. Il a fait savoir que sa secrétaire d’Etat partirait en Europe afin de décider avec les alliés de l’OTAN des mesures à prendre. À le voir, on constatait qu’il ne voulait pas laisser filer l’occasion de se colleter avec le sénateur républicain d’extrême droite, John McCain, avec le sénateur pro-israélien du Connecticut, Joseph Lieberman, et avec les dirigeants du Tea Party, et de garantir son investiture par le Parti démocrate.

Les médias de l’Empire ont préparé le terrain en vue d’une action. Une intervention militaire en Libye n’aurait rien de surprenant, ce qui garantirait par ailleurs à l’Europe les presque deux millions de barils par jour de pétrole léger qu’elle importe, si des événements qui mettraient fin au leadership ou à la vie de Kadhafi n’intervenaient pas avant.

De toute façon, le rôle d’Obama est plutôt compliqué. Comment réagira le monde arabe et musulman si une telle équipée faisait couler à flot le sang libyen ? La vague révolutionnaire déclenchée en Égypte freinera-t-elle une intervention de l’OTAN en Libye ?

L’invasion de l’Iraq déclenchée par Bush sous de faux prétexte – mission remplie ! s’était-il exclamé – a coûté la vie à plus d’un million d’Arabes innocents.

Nul dans le monde n’acceptera jamais la mort de civils innocents, en Libye ou ailleurs. Je me demande : les États-Unis et l’OTAN appliqueront-ils un jour ce même principe aux civils désarmés que leurs drones et leurs soldats tuent tous les jours en Afghanistan et au Pakistan ?

C’est vraiment la danse macabre du cynisme !

Fidel Castro Ruz
Le 23 février 2011


4 sommet de Lisbonne,

4-1 Roland Marounek : Exit Strategy - le scénario en trompe-l'œil de l'Otan.

Les documents officiels publiés à l'issue du sommet de Lisbonne, et en particulier la Déclaration sur un partenariat durable cosignée avec Hamid Karzai éclairent la manière dont l'Otan envisage l'avenir de sa présence en Afghanistan.

La presse semble avoir conclu un peu hâtivement de la transition annoncée que les forces de l'Otan se retireraient progressivement de 2011 à 2014 pour céder la place à une armée nationale afghane instruite ou construite par l'Alliance. « L'Otan confirme un retrait d'Afghanistan d'ici à fin 2014 » affirme Le Point, « A Lisbonne, les 28 dirigeants de l’Alliance atlantique ont organisé le retrait de leurs troupes d’ici à 2014 », 'analyse' Libération. …

En fait c'est tout le contraire qu'indiquent ces documents1 :

« Le début de ce processus de transition offre au Gouvernement de la République islamique d’Afghanistan et à l’OTAN une occasion opportune de développer un partenariat durable et solide qui complète la mission de sécurité de la FIAS et se poursuive après celle-ci. […]

« Consciente que l’Afghanistan est pour elle un partenaire important, l’OTAN compte apporter aux institutions de sécurité afghanes un soutien pratique prolongé visant […] à maintenir et à améliorer leur capacité et leur aptitude à lutter efficacement contre les menaces pesant sur la sécurité, la stabilité et l’intégrité de l’Afghanistan, et à contribuer à la sécurité régionale.

« Le Gouvernement de la République islamique d’Afghanistan réaffirme son engagement […] à être un partenaire durable de l’OTAN et à fournir à l’OTAN l’aide nécessaire à la réalisation de ses activités de partenariat […]

« Des mesures efficaces de coopération doivent être mises en place conformément […] à la capacité de l’OTAN de lui apporter un soutien prolongé. Ces mesures pourraient inclure les éléments suivants : […] le maintien d’une liaison de l’OTAN en Afghanistan, […] le maintien de la mission OTAN de formation – Afghanistan, […] un programme d'activités supplémentaires de coopération [qui] pourrait prévoir une aide au développement et à la réforme des ministères chargés de la sécurité et d’autres institutions nationales … » etc., etc.

Lors d'une conférence de presse, le Secrétaire général de l'Alliance a été tout aussi clair : « Nous resterons après la transition dans un rôle de soutien... Pour le dire simplement, si les résistants ou qui que ce soit d’autre attend de nous voir dehors, ils peuvent l’oublier. Nous resterons aussi longtemps que nécessaire pour finir le travail »

Il n’y a donc aucune exit strategy dans l’esprit des responsables de l’Otan. Il n’y a qu’une stratégie de duperie à destination de l’opinion occidentale : un départ en trompe-l’œil des troupes combattantes, lesquelles seraient rebaptisées "formateurs", ou "aide au développement", ou "soutien à la sécurité"... Une copie conforme de la manière dont les Etats-Unis ont mis en scène leur retrait d'Irak, et qui se solde là par un stationnement permanent de plus de 50.000 GI's, un nombre indéterminé de mercenaires, et un chapelet d'une cinquantaine de bases militaires conçues pour le très long terme.

Pour ceux (s'il en reste) qui prendraient encore au sérieux la raison officielle de l'invasion et de l'occupation de l'Afghanistan, 9 années de "guerre à la terreur" n'ont fait que multiplier en Afghanistan même les résistant-terroristes (ou prétendus tels), et partout dans le monde les préparations et menaces d'attentats terroristes. Le dernier en date, ce 12 décembre 2010 à Stockholm, la capitale suédoise échappant nous dit-on par miracle à une catastrophe. Malgré les surveillances et atteintes aux libertés qui n'ont fait que s'amplifier de manière démentielle, voila le prodigieux résultat de 9 ans de 'guerre à la terreur' ! Les succès de la lutte contre la drogue, qui fait également partie du bundle de partenariat à long terme, sont tout aussi spectaculaires.

D'autres pourraient bien se souvenir de documents états-uniens bien antérieurs à l'invasion de l'Afghanistan et de l'Irak, qui analysaient très justement la nécessité pour l'Occident (USA en tête comme il se doit) d'établir une présence militaire à long terme en Asie pour maintenir le plus loin possible leur domination globale. « Le renforcement militaire US en Asie est la clé pour parer à la montée de la Chine » écrivaient en 2000 ceux qui allaient diriger les USA un an plus tard, et le constat reste objectivement vrai quelle que soit l'équipe dirigeante. Les dernières provocations délibérées en Corée montrent que l'objectif d'encerclement de la Chine et la perspective d'une confrontation reste bel et bien la ligne directrice de la politique étrangère US. La raison d'être d'une présence militaire occidentale en Afghanistan est tout aussi pressante aujourd'hui, et elle ne le sera que davantage les années à venir : les USA et l'Otan projettent une présence indéfinie en Asie Centrale.

L'unique scénario crédible d'exit strategy d'Afghanistan, est un scénario à la vietnamienne. Il ne fait visiblement pas partie des options officiellement présentées à Lisbonne. Mais a-t'on réellement besoin d'autres fuites pour réaliser que de plus en plus de personnes doutent du succès de l'opération en Afghanistan, et que les « Européens ne sont là que par respect pour les Etats-Unis et non pour l'Afghanistan »2- le 'respect' du vassal pour son maître qui a encore quelques bons moyens de se faire 'respecter'...

1. Ces documents sont disponibles en français sur le site de l'Otan à l'adresse www.nato.int/cps/fr/SID-330151E2-4D027349/natolive/official_texts.htm
2. Hermann Von Rompuy, en tant que président du Conseil Européen, 'trahi' sur WikiLeaks

Roland Marounek



5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 La libye selon Obama.  

 http://www.google.be/search?hl=fr&source=hp&q=vid%C3%A9o+obama+sur+la+libye&aq=f&aqi=&aql=&oq=


5-2 Aled-Dilwyn Fisher : La Norvège, comme l’OTAN, dissimule les rapports sur les pertes civiles en Afghanistan.

De nouvelles révélations de Wikileaks par le journal norvégien Afgtenposten continuent d’embarrasser les gouvernements de la Norvège et des USA. Elles montrent que les ambassadeurs norvégiens ont suivi l’exemple de l’OTAN et de son leader étasunien dans leur effort pour éviter un débat gênant au sujet des pertes civiles en Afghanistan.

Les câbles de la délégation étasunienne à l’OTAN qui ont fuité ont été rédigés en septembre 2008. On y lit : "L’ambassadeur de Norvège a souligné la nécessité d’éviter un débat public sur le nombre de civils tués." D’après ces câbles l’ambassadeur de l’époque et l’ancien ministre adjoint aux affaires étrangères, Kim Traavik auraient jeté le discrédit sur le bilan des morts présenté par l’ONU en disant que : "Même les employés de l’ONU en poste à Kaboul doutaient de la méthode utilisée."

Traavik -qui est actuellement l’ambassadeur de Norvège en Grande Bretagne- a nié avoir consciemment omis des faits, et a dit à Aftenposten que le rapport des câbles de l’ambassade des USA devait être un "malentendu". Il a affirmé que la Norvège était un des pays qui "demandait le plus vivement" que l’OTAN et la FAIS (la force internationale d’assistance et de sécurité, missionnée par l’OTAN en Afghanistan) prennent des mesures pour éviter les pertes civiles. "Nous l’avons fait pour des raisons humanitaires" a dit Traavik à Aftenposten, "mais aussi pour prendre en considération l’opinion publique des nations membres et d’Afghanistan."

"Tout à fait inacceptable"

Les organisations des droits de l’homme internationales ont cependant été promptes à émettre des critiques et le secrétaire général de la branche norvégienne d’Amnistie Internationale, John Peder Egenaes, a dit : "il est tout à fait inacceptable que la Norvège ait accepté de dissimuler le bilan des victimes." Il a qualifié les révélations de "contraires à ce que l’on attend des autorités norvégiennes et à l’image que le gouvernement veut donner de lui-même."

Le malaise de la Norvège et de ses alliés a propos des écarts entre le bilan établi par l’ONU et celui établi par l’OTAN, a conduit l’OTAN à demander à l’ONU de mener des études conjointes sur les morts civiles. Le représentant spécial de l’ONU en Afghanistan, Kai Eide, s’y est fermement opposé en disant, selon le compte-rendu étasunien, qu’une telle coopération, "compromettrait l’indépendance de l’ONU et provoquerait un tollé chez les militants des droits de l’homme." Eide était déjà considéré comme "trop indépendant" par les alliés de l’OTAN et Victoria Nuland, l’ambassadeur étasunien à l’OTAN a demandé à un diplomate norvégien expérimenté de "faire cause commune avec la FAIS en public et de défendre la mission chaque fois que des tragédies inévitables comme des pertes civiles se produisaient."

"Sans contact avec la réalité"

Eide a beaucoup critiqué la position de l’OTAN sur la question en disant qu’il "s’était rendu compte au cours des discussions que l’OTAN avait complètement perdu le contact avec la réalité du terrain en Afghanistan."

Le bombardement de Bala Baluk a particulièrement contrarié Eide ; des documents révélés aussi pendant le week-end indiqueraient que les USA ont caché un rapport de la Croix Rouge qui faisait état de 89 civils tués dans ce bombardement alors qu’un officiel étasunien prétendait qu’il n’y avait eu que 26 victimes. Eide va bientôt sortir un livre qui relate apparemment en détails ses désaccords avec les USA notamment en ce qui concerne la dissimulation des pertes civiles.

D’autres documents de Wikileaks ont montré que, lorsqu’on les questionne sur les pertes civiles, la réponse habituelle de l’OTAN, que les USA ont concoctée, a été de s’excuser pour les victimes qui ont perdu la vie, de promettre une enquête et d’accuser les Talibans d’être responsables des morts.

Pour consulter l’original : http://www.newsinenglish.no/2011/02...

Traduction : D. Muselet pour LGS

23 février 2011

URL de cet article 12871
http://www.legrandsoir.info/La-Norvege-comme-l-OTAN-dissimule-les-rapports-sur-les-pertes-civiles-en-Afghanistan.html



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

 

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

11/03/2011

n° 84 - Guerres de l'Otan. - 10-03 – Début - La Lybie : Est-ce qu'on nous refait le coup du Kosovo ?

n° 84 - Guerres de l'Otan. - 10-03 – Début - La Lybie : Est-ce qu'on nous refait le coup du Kosovo ?



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'Otan et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Guerres de l'Otan.

n° 84- 10-03

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com  - http://no-war.over-blog.com/

d) Sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm 

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Tiré à part :

Annie : Il faut se méfier d’un consensus suspect et bien lire les textes de pétition.

Diana Johnstone : La Lybie : Est-ce qu'on nous refait le coup du Kosovo ? 

Et pendant ce temps en Afghanistan, l'Otan massacre discrètement.

Fidel Fidel  : Le pire serait maintenant de faire silence sur le crime que l’OTAN s’apprête à commettre contre le peuple libyen.

Fin

1 Guerres de l'Otan

2  Politique 



OTAN  retire toi de Libye.



Tiré à part :

Annie : Il faut se méfier d’un consensus suspect et bien lire les textes de pétition.

Chers camarades,

L’appel auquel Carole fait référence (http://www.avaaz.org/fr/libya_stop_the_crackdown_fr) ne nous enjoint pas seulement de soutenir le peuple libyen contre la répression : il ouvre sur la légitimation d’une intervention étrangère en Libye.  Il convient de savoir où nous allons dans ce soutien du combat des Libyens contre le régime de Kadhafi. S'agit-il de soutenir un peuple contre un régime dont les profiteurs se sont approprié l’essentiel du produit national ? On pourra d'ailleurs observer que l’importance du prélèvement s’est nettement accrue depuis que le régime libyen a donné aux impérialismes « occidentaux » des gages qui ont amené ceux-ci à décréter Kadhafi, jusqu'alors voué aux gémonies, « respectable ». S'agit-il seulement de soutenir le peuple libyen contre ces profiteurs qui pratiquent aujourd'hui la répression ‑ répression sur laquelle nous sommes d'ailleurs très diversement informés : « la chaîne de télévision Al Jazeera a fait état du bombardement par l'armée des populations de Tripoli et Bengazi (d'où sont partis les troubles le 15 février), alors que le gouvernement a évoqué le bombardement de dépôts d'armes » (Atlas alternatif, 22 février 2011). Sommes-nous absolument sûrs que c’est Tripoli qui ment, comme on nous l’a certifié pour Milosevic, Saddam Hussein et alii ?

S'agit-il, au motif que les Etats-Unis, l’Union européenne et l’OTAN ont déclaré la croisade contre le régime libyen, de couvrir une intervention militaire ayant toutes les caractéristiques de la politique de la canonnière qui a été appliquée ‑‑  sous divers prétextes, tous couverts du manteau de la défense de la démocratie contre les rouges, les terroristes, les islamistes, etc. ‑‑ aux Balkans, à l’Irak, à l’Afghanistan, etc. Si je ne me trompe, l’OTAN n’a pas prôné d’intervention en Tunisie et en Egypte, dont les impérialismes étrangers contrôlent encore les gouvernements en place, mais il s’agite fébrilement contre la Libye.

On nous a honteusement dupés sur toutes les circonstances de lancement des croisades contre les Serbes, contre Saddam Hussein, contre les islamistes d’Al Qaïda (groupement dont tel ancien responsable des Renseignements généraux, comme nombre de personnalités étrangères, dément jusqu'à l’existence) ? Je rappelle à tous les camarades sous quels divers nobles  prétextes s’est mise en place l’intervention militaire contre la Yougoslavie (pas contre les Serbes seuls, malgré les apparences, contre l’existence de la Yougoslavie, seule digue qui résistait encore, dans cette zone, aux impérialismes américain et allemand rivaux), contre l’Irak, contre l’Afghanistan, et le bilan qu’on peut en dresser après près de vingt ans de nouvelles guerres coloniales et de démembrements territoriaux.

La défense des populations victimes de répression s’impose aux syndicats et à tout mouvement démocratique. Mais assurément pas le soutien à l’application, par les impérialismes « occidentaux » de « la technique d’une guerre civile extérieure » ‑‑ expression utilisée par un homme politique français à l'époque où les impérialismes italien et allemand appliquaient ladite formule à l’Espagne républicaine, depuis juillet 1936, avec le soutien passif et actif des impérialismes, tous réunis, des démocraties.

Le Snesup n'est pas l’organe de BHL ni des va-t-en-guerre, il ne saurait se transformer en instrument du « devoir d’ingérence » ‑‑ nouveau synonyme du colonialisme pur et dur ‑‑ prescrit par un récent ministre des Affaires étrangères. Il ne saurait prendre la responsabilité du soutien à une nouvelle guerre pour le contrôle américain ou « occidental » du pétrole, comme la chose a été faite contre l’Irak, désormais revenu à l’âge de pierre. Il faut se méfier d’un consensus suspect et bien lire les textes de pétition.

Amitiés,

Annie

 

Diana Johnstone : La Lybie : Est-ce qu'on nous refait le coup du Kosovo ? 

Moins de 12 ans après que l'OTAN ait mis la Yougoslavie en pièce sous les bombes, et détaché la province du Kosovo de la Serbie, il y a des signes que l'alliance militaire se prépare pour une autre petite «guerre humanitaire» victorieuse, cette fois contre la Libye. Les différences sont, bien entendu, énormes. Mais penchons-nous sur quelques-unes des similitudes troublantes.

 

Un chef de file diabolisé. 

En tant que "nouvel Hitler", l'homme que vous adorez détester et avez besoin de détruire, Slobodan Milosevic était en 1999 un néophyte par rapport à Mouammar Kadhafi aujourd'hui. Les médias avaient eu moins d'une décennie pour transformer Milosevic en un monstre, alors qu'avec Kadhafi, ils ont disposé de plusieurs décennies. Et Kadhafi est plus exotique, parle moins l'anglais et se présente devant le public dans des tenues qui pourraient avoir été créées par John Galliano (un autre monstre récemment démasqué). Cet aspect exotique suscite les moqueries et mépris ancestraux envers les cultures inférieures avec lesquels l'Occident a gagné sa place victorieuse, avec lesquels l'Afrique a été colonisée, et avec lesquels le Palais d'Eté de Beijing a été ravagé par les soldats occidentaux se battant pour rendre le monde sûr pour la dépendance à l'opium.

 

Le choeur des «nous devons faire quelque chose» 

Comme avec le Kosovo, la crise en Libye est perçue par les faucons comme une opportunité pour affirmer la puissance. L'inénarable John Yoo, le conseiller juridique qui a coaché l'administration Bush II dans les avantages de la torture des prisonniers, a utilisé le Wall Street Journal pour conseiller à l'administration Obama d'ignorer la Charte des Nations Unies et de sauter dans la mêlée libyenne. «En mettant de côté les règles archaïques de l'ONU, les États-Unis peuvent sauver des vies, améliorer le bien-être global, et, en même temps, servir ses propres intérêts nationaux» a proclamé J.Yoo. Et un autre théoricien de l'impérialisme humanitaire, Geoffrey Robertson, a déclaré à The Independent que, malgré les apparences, violer le droit international est légal.

 

Le spectre des «crimes contre l'humanité» et du «génocide» est évoqué pour justifier la guerre. 

Comme avec le Kosovo, un conflit interne entre un gouvernement et des rebelles armés est présenté comme une «crise humanitaire» dans lequel un seul côté, le gouvernement, est supposé être «criminel». Cette criminalisation a priori est exprimée en faisant appel à un organe judiciaire international pour examiner les crimes qui sont supposés avoir été commis, ou être sur le point d'être commis. Dans son éditorial, Geoffrey Robertson rend clair comme du cristal la manière dont la Cour pénale internationale est utilisée pour préparer le terrain à une intervention militaire éventuelle. La CPI peut être utilisé par l'Occident pour contourner le risque d'un veto du Conseil de sécurité à une action militaire, explique-t'il :

    "Dans le cas de la Libye, le Conseil a au moins à un important précédent en endossant à l'unanimité une référence à la Cour pénale internationale. [...] Alors, qu'advient-il si les inculpés lybiens non-arrêtés aggravent leurs crimes - par exemple en pendant ou en fusillant de sang-froid leurs adversaires, des témoins potentiels, des civils, des journalistes ou des prisonniers de guerre ? [Notons que jusqu'à présent il n'y a pas d'"inculpés", et aucune preuve des "crimes" que ces inculpés pourraient "aggraver" de diverses façons imaginaires. Mais Robertson est désireux de trouver un moyen pour l'OTAN de "relever le gant", si le Conseil de sécurité décide de ne rien faire.]     
    "Les imperfections du Conseil de sécurité exigent la reconnaissance d'un droit limité, sans son mandat, pour une alliance comme l'OTAN d'utiliser la force pour empêcher la perpétration de crimes contre l'humanité. Ce droit se pose une fois que le Conseil a identifié une situation comme une menace à la paix mondiale (et c'est ainsi qu'il a identifié la Libye, en la déferrant, à l'unanimité, au procureur de la CPI). "

Donc déferrer un pays au procureur de la CPI peut être un prétexte pour mener une guerre contre ce pays! Soit dit en passant, la compétence de la CPI est censée s'appliquer aux Etats qui ont ratifié le traité l'instituant, ce qui, si je ne m'abuse, n'est pas le cas de la Libye - ni des États-Unis. Une grande différence, cependant, c'est que les États-Unis a été en mesure de convaincre, d'intimider ou de corrompre de nombreux Etats signataires afin qu'ils acceptent des accords selon lesquels jamais, en aucune circonstance, ils n'envoyeront aucun contrevenant américain à la CPI. C'est un privilège refusé à Kadhafi.

 

Robertson, membre du conseil de justice des Nations Unies, conclut que: «Le devoir d'arrêter un massacre d'innocents, comme étant le mieux que nous pouvons faire s'ils implorent notre aide, a "cristallisé" le fait que faire usage de la force par l'OTAN est non seulement "légitime", mais "légal". »

 

L'idiotie de gauche. [Leftist idiocy.] 

Il ya douze ans, la plus grande partie de la gauche européenne a soutenu "la guerre du Kosovo" qui a mis l'OTAN sur le chemin sans fin qu'elle poursuit aujourd'hui en Afghanistan. N'ayant rien appris, beaucoup semblent prêts à une répétition. Une coalition de partis qui se fait appeler la Gauche Européenne a publié une déclaration «condamnant fermement la répression perpétrée par le régime criminel du colonel Kadhafi» et exhortant l'Union européenne à « condamner l'usage de la force et à agir rapidement pour protéger les personnes qui manifestent pacifiquement et luttent pour leur liberté ». Dans la mesure où l'opposition à Kadhafi n'est pas exactement en train de « manifester pacifiquement », mais a en partie pris les armes, cela revient à condamner l'usage de la force par certains et pas par d'autres - mais il est peu probable que les politiciens qui ont rédigé cette déclaration réalisent même ce qu'ils disent. 

La vision bornée de la gauche est illustrée par la déclaration d'un document trotskyste selon laquelle: «De tous les crimes de Kadhafi, celui qui est sans doute la plus grave et le moins connu est sa complicité avec la politique migratoire de l'UE ...» Pour l'extrême gauche, le plus grand péché de Kadhafi est de coopérer avec l'Occident, de même que l'Occident doit être condamné pour avoir coopéré avec Kadhafi. [ This is a left that ends up, out of sheer confusion, as cheerleader for war. : traduction incertaine : C'est une gauche qui se termine, de la confusion totale, comme une pom-pom girl pour la guerre. J'ienvisageais le sens possible suivant, "C'est une gauche qui complète utilement le cortège pour la guerre" - note du traducteur improvisé]

 

Les réfugiés. 

La masse des réfugiés fuyant le Kosovo alors que l'OTAN commençait sa campagne de bombardement a été utilisée pour justifier ces bombardements, sans enquête indépendante sur les diverses causes de cet exode temporaire - une cause principale étant probablement les bombardemernts mêmes. Aujourd'hui, à la manière dont les médias rapportent sur le grand nombre de réfugiés qui quittent la Libye depuis que les troubles ont commencé, le public pourrait avoir l'impression qu'ils fuient la persécution faite par Kadhafi. Comme c'est souvent le cas, les médias se concentrent sur l'image superficielle sans rechercher des explications. Un peu de réflexion peut combler le déficit d'information. Il est très peu probable que Kadhafi chasse les travailleurs étrangers que son gouvernement a amené en Libye pour réaliser des projets d'infrastructure importants. Au contraire, il est assez clair que certains des rebelles «démocratiques» ont attaqué les travailleurs étrangers par pure xénophobie. L'ouverture de Kadhafi aux Africains Noirs en particulier, a contrarié un certain nombre d'Arabes. Mais il ne faut pas dire trop à ce sujet, puisqu'ils sont maintenant nos "Bons". C'est un peu la façon dont les attaques albanaises contre les Roms au Kosovo ont été négligés ou excusé par les occupants de l'OTAN au motif que « les Roms avaient collaboré avec les Serbes ».

 

Oussama ben Laden.

Une autre ressemblance entre l'ex-Yougoslavie et la Libye, c'est que les États-Unis (et ses alliés de l'OTAN) se retrouvent  une fois de plus du même côté que leur vieil ami du temps des moudjahidin afghans, Oussama ben Laden. Oussama ben Laden a été un allié discret du parti islamiste d'Alija Izetbegovic au cours de la guerre civile en Bosnie, un fait qui a été soigneusement négligé par les puissances de l'OTAN. Bien entendu, les médias occidentaux ont largement rejeté l'affirmation actuelle de Kadhafi selon laquelle il se bat contre Ben Laden comme les divagations d'un fou. Cependant, le combat entre Kadhafi et Ben Laden est très réel et antérieure au 11 Septembre 2001, les attentats contre les Twin Towers et le Pentagone. En effet, Kadhafi a été le premier à essayer d'alerte Interpol sur Ben Laden, mais n'a obtenu aucune coopération de la part des États-Unis. En Novembre 2007, l'AFP a rapporté que les dirigeants du "Groupe islamique combattant" en Libye avaient annoncé qu'ils se joignaient à Al-Qaïda. Comme les moudjahidin qui ont combattu en Bosnie, le groupe islamiste lybien a été créé en 1995 par des vétérans de la lutte contre les Soviétiques en Afghanistan dans les années 1980, lutte parrainée par les USA . Leur objectif déclaré était de renverser Kadhafi en vue d'établir un état islamiste radical. La base de l'Islam radical a toujours été la partie orientale de la Libye où la révolte en cours a éclaté. Puisque cette révolte ne ressemble en rien aux manifestations de masse pacifiques qui ont renversé les dictateurs en Tunisie et en Egypte, mais a visiblement une composante de militants armés, on peut raisonnablement supposer que les islamistes prennent part à la rébellion.

 

Le refus de négociations. 

En 1999, les États-Unis était désireux d'utiliser la crise du Kosovo pour donner au nouveau rôle «hors zone» de l'OTAN son baptême du feu. La mascarade des pourparlers de paix à Rambouillet a été sabordée par Secrétaire d'Etat étatsunienne Madeleine Albright, qui a mis à l'écart les dirigeants albanais du Kosovo plus modéré en faveur de Hashim Thaci, le jeune chef de l'"Armée de Libération du Kosovo", un réseau notoirement lié aux activités criminelles. Il y avait un peu de tout dans les rebelles albanais du Kosovo, mais comme cela arrive souvent, les États-Unis sont arrivés et en ont pris le pire.

 

En Libye, la situation pourrait être encore pire. 

Mon impression, en partie en raison de la visite que j'ai faite à Tripoli il y a quatre ans, c'est que la rébellion actuelle est un ensemble beaucoup plus varié, avec de graves contradictions internes potentielles. Contrairement à l'Egypte, la Libye n'est pas un État fort peuplé, qui a des milliers d'années d'histoire, un fort sentiment d'identité nationale et une longue culture politique. Il y a un demi-siècle, c'était l'un des pays les plus pauvres de la planète, et il n'est pas encore complètement sorti de sa structure clannique. Kadhafi, à sa manière excentrique personnelle, a été un facteur de modernisation, utilisant les revenus du pétrole pour élever le niveau de vie à l'un des plus élevés sur le continent africain. L'opposition vient, paradoxalement, à la fois de réactionnaires islamistes traditionnels d'une part, qui le considèrent comme un hérétique pour ses opinions relativement progressistes, et d'autre part des bénéficiaires occidentalisé de la modernisation, qui sont gênés par l'image de Kadhafi et veulent encore plus de modernisation. Et il y a d'autres tensions qui peuvent conduire à la guerre civile et même à un éclatement du pays selon des critères géographiques.

Jusqu'à présent, les chiens de guerre sont en train de renifler ici et là pour avoir d'avantage d'effusions de sang qu'il n'y en a déjà. Les États-Unis ont mené l'escalade du conflit au Kosovo dans le but «d'avoir à intervenir», et c'est c'est ce qui risque de se passer actuellement avec la Libye, où est encore plus grande l'ignorance de l'Occident [of what they would be doing : de ce qu'ils y produiront ?]

 

La proposition de Chavez de médiation neutre pour éviter la catastrophe est la voie de la sagesse. Mais en Otanie, la notion même de résoudre les problèmes par la médiation pacifique plutôt que par la force, semble s'être évaporée.

Diana Johnstone

7 mars 2011

http://www.counterpunch.org/johnstone03072011.html

 

 

Et pendant ce temps en Afghanistan, l'Otan massacre discrètement.

L'Otan a tué 65 civils dans l'est afghan

Soixante-cinq civils, dont une quarantaine d'enfants, ont été tués par les forces de l'Otan à la mi-février dans la province de Kunar, dans l'est de l'Afghanistan, selon un nouveau bilan fourni dimanche par une mission d'enquête mandatée par le président Hamid Karzaï. Au total, 21 garçons, 19 filles, 10 femmes et 15 hommes adultes ont péri dans la série d'opérations menée par les forces de l'Otan dans la province de Kunar, estime la mission citée par un communiqué de la présidence afghane.

Karzai a ordonné aux responsables gouvernementaux chargés de la sécurité d'évoquer ce problème avec les forces internationales, ajoutent ses services sans plus de détails. En réponse, le porte-parole de la force de l'Otan en Afghanistan (Isaf), le lieutenant colonel John Dorrian, s'est dit "profondément désolé" pour "les victimes civiles qui pourraient avoir résulté de cette opération". Mais il a contesté le bilan de la mission d'enquête, affirmant que seuls cinq à sept civils pourraient avoir été blessés. Les enquêtes sur cette affaire se poursuivaient, a-t-il ajouté.

Jeudi, la commission d'enquête avait annoncé que 62 civils avaient été tués dans ces opérations menées dans le district de Ghaziabad. Le 20 février, le président Karzaï, disant se baser sur des informations des services de renseignements afghans (NDS), avait affirmé que l'Isaf avait tué "environ 50 civils" lors de plusieurs jours d'opérations dans la Kunar. La force internationale, composée d'environ 132.000 soldats aux deux tiers américains, est régulièrement accusée par les autorités locales de tuer des civils lors de ses opérations aériennes ou au sol contre les insurgés, ce qu'elle reconnaît parfois après enquête. 

La mort de ces civils nourrit le ressentiment de la population à l'égard des forces étrangères, plus de neuf ans après leur arrivée dans le pays. Les civils sont les premières victimes du conflit afghan. Au moins 2.400 ont péri en 2010 selon l'ONG afghane ARM (Afghan Rights Monitor) et 3.200 ont été blessés

 

Fidel Fidel  : Le pire serait maintenant de faire silence sur le crime que l’OTAN s’apprête à commettre contre le peuple libyen.

LE PLAN DE L'OTAN EST D'OCCUPER LA LIBYE

Réflexions du compañero Fidel 

Le pétrole est devenu la principale richesse aux mains des grandes transnationales yankees ; cette source de richesse leur a permis de disposer d’un instrument qui a accru considérablement leur pouvoir politique dans le monde. Quand elles avaient décidé de liquider la Révolution cubaine qui venait de promulguer les premières lois justes et souveraines dans notre patrie, elles avaient recouru à une arme qu’elles jugeaient imparable : nous priver de pétrole.

C’est sur cette source d’énergie que s’est développée la civilisation actuelle. Sur notre continent, le Venezuela a été le pays qui l’a payé le plus cher dans la mesure où les USA s’étaient emparés des gisements énormes dont la Nature a doté ce pays frère.

À la fin de la dernière guerre mondiale, des quantités toujours plus élevées de pétrole ont été extraites des gisements d’Iran, ainsi que ceux d’Arabie saoudite, d’Iraq et des pays arabes situés autour qui en devinrent les principaux fournisseurs. La consommation mondiale n’a cessé de s’élever pour atteindre le chiffre fabuleux d’environ quatre-vingts millions de barils par jour, y compris ceux qui sont extraits des États-Unis, à quoi sont venus s’ajouter le gaz, l’énergie hydraulique et l’énergie nucléaire. Le charbon avait été jusqu’au début du XXe siècle la source d’énergie fondamentale qui permit le développement industriel, avant la production de milliards de véhicule automobiles et de moteurs consommant le carburant liquide.

Le gaspillage du pétrole et du gaz est associé à l’une des plus grandes tragédies, absolument pas solutionnées, que souffre l’humanité : les changements climatiques.

Quand notre Révolution a vu le jour, l’Algérie, la Libye et l’Égypte n’étaient pas encore productrices de pétrole, et une bonne partie des grosses réserves de l’Arabie saoudite, de l’Iraq, de l’Iran et des Émirats arabes unis restaient encore à découvrir.

La Libye est devenue en décembre 1951 le premier pays africain à atteindre son indépendance après la Deuxième Guerre mondiale au cours de laquelle son territoire fut le théâtre de combats importants entre les troupes allemandes et celles du Royaume-Uni qui rendirent célèbres les généraux Erwin Rommel y Bernard L. Montgomery.

Le territoire de la Libye est désertique à 95 p. 100. La technologie a permis de découvrir d’importants gisements d’excellent pétrole léger – qui produisent aujourd’hui 1,8 million de barils par jour – et des gisements abondants de gaz naturel. Cette richesse a permis au pays d’avoir une espérance de vie de presque soixante-quinze ans et le revenu par habitant le plus élevé d’Afrique. Son rude désert est situé sur un énorme lac d’eau fossile, qui fait le triple de la surface de Cuba, ce qui lui a permis de construire un vaste réseau de conduits d’eau potable à travers tout le pays.

La Libye, qui comptait un million d’habitants à son indépendance, en a aujourd’hui un peu plus de six.

La Révolution libyenne a eu lieu en septembre 1969. Son principal dirigeant était Mouammar Kadhafi, un militaire d’origine bédouine, qui s’inspira dès sa première jeunesse des idées du leader égyptien Gamal Abdel Nasser. Nombre de ses décisions furent sans doute associées aux changements qui se produisirent quand, tout comme en Égypte, une monarchie faible et corrompue y fut renversée.

Les habitants de ce pays ont des traditions guerrières millénaires. On dit que les anciens Libyens firent partie de l’armée d’Annibal quand celui-ci faillit liquider l’ancienne Rome en traversant les Alpes.

On peut d’accord ou non avec Mouammar Kadhafi. Le monde est actuellement bombardé de nouvelles de toutes sortes, surtout produites par les médias. Il faudra attendre le temps nécessaire pour connaître vraiment ce qu’il a de vrai et de mensonges ou de semi-vérités dans ce qu’on nous dit de la situation chaotique en Libye. Ce qui est absolument évident à mes yeux, c’est que l’administration étasunienne se fiche bien de la paix en Libye et qu’elle n’hésitera pas à donner l’ordre à l’OTAN d’envahir ce riche pays, peut-être même dans quelques heures ou quelques jours.

Ceux qui, motivés par de perfides desseins, ont inventé, hier dimanche 20 février dans l’après-midi,  le mensonge selon lequel Mouammar Kadhafi se dirigeait au Venezuela, ont eu droit aujourd’hui à la digne réponse du ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Nicolás Maduro, qui a affirmé « souhaiter que le  peuple libyen trouve, dans l’exercice de sa souveraineté, un règlement pacifique à ses difficultés, de façon à préserver son intégrité et celle de sa nation, sans ingérence de l’impérialisme… »

Je n’imagine pas, quant à moi, que le dirigeant libyen puisse abandonner le pays et fuir les responsabilités qu’on lui impute, qu’elles soient fausses ou non en tout ou partie.

Toute personne honnête sera toujours opposée à n’importe quelle injustice commise contre n’importe quel peuple du monde. La pire serait maintenant de faire silence sur le crime que l’OTAN s’apprête à commettre contre le peuple libyen.

Pour les chefs de cette organisation belliciste, il y a urgence. Il faut le dénoncer ! 

Fidel Castro Ruz

Le 21 février 2011


 

n° 84 - Guerres de l'Otan. - 10-03 – Fin - La Lybie : Est-ce qu'on nous refait le coup du Kosovo ?


n° 84 - Guerres de l'Otan. - 10-03 – Fin - La Lybie : Est-ce qu'on nous refait le coup du Kosovo ?



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'Otan et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Guerres de l'Otan.

n° 84- 10-03

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com  - http://no-war.over-blog.com/

d) Sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm 

 

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

1 Guerres de l'Otan

2  Politique 



1 Guerres de l'Otan

Au jour le jour

Libye : L’OTAN monte une opération de zone exclusion aérienne.

Le Conseil de sécurité a prononcé une série de sanctions financières contre la famille et les proches du Colonel Kadhafi vendredi. En réaction à la violente repression du régime contre les insurgés libyens, le Conseil de sécurité de l’ONU, a l’unanimité, a décidé de saisir la Cour pénale internationale. Le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki Moon avait alors évoqué de possibles autres sanctions.

Lundi matin, le porte parole du ministère des affaires étrangères a confirmé que l’OTAN préparait une opération en Libye. Il s’agirait pour l’alliance atlantique de faire respecter dans le ciel libyen une zone d’exclusion aérienne. Le porte parole du Quai d’Orsay a précisé que « Nous sommes en train de monter cette opération. Je serai en mesure de vous en donner le détail un peu plus tard ».

fév 28, 2011
http://www.toulouse7.com/2011/02/28/libye-lotan-monte-une-operation-de-zone-exclusion-aerienne/

 

L'OTAN prépare une intervention militaire en Libye

La Grande-Bretagne et ses alliés au sein de l'Organisation du traité de l'atlantique nord (OTAN) sont en train d'élaborer des plans d'envoyer des avions de chasse en Libye et d'armer les rebelles qui se révoltent contre le colonel Moammar Kadhafi, rapporte mardi le quotidien britannique The Times.

Le Premier ministre britannique, David Cameron, a été le premier chef de gouvernement occidental à brandir la menace d'intervention militaire en Libye, quand il a annoncé lundi devant le parlement de Westminster avoir demandé à son ministre de la Défense et à l'Etat-major des forces armées britanniques d'élaborer des plans pour la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne en Libye en réponse à l'escalade de la violence dans ce pays.

Des avions de chasse occidentaux seront déployés pour empêcher Kadhafi de bombarder les manifestants, indique le Times.

Lors de son intervention devant le parlement de son pays, Cameron a insisté que le monde ne tolérera pas davantage d'escalade de la violence en Libye, où le peuple demande le départ de l'homme qui préside aux destinées de la Libye depuis 42 ans. 

D'après le Times, l'intervention militaire de l'occident sera décisive. Des sources militaires, citées par le journal, ont indiqué que la Grande-Bretagne dispose d'un nombre d'avions Typhoon capables d'assurer la surveillance de la zone d'exclusion projetée. 

Parmi les autres options évoquées par Cameron figure l'armement des groupes rebelles libyens, indique le Times, ajoutant que le chef du Downing Street est également prêt à envoyer, le cas échéant, des troupes terrestres en Libye. Des responsables de la primature britannique ont indiqué que cette dernière option ne bénéficie toujours pas de l'unanimité. 

Par ailleurs, certains journaux comme le Daily Telepgraph, ont rapporté que le colonel Kadhafi pourrait utiliser des armes chimiques contre la population en cas d'intervention étrangère.

1er Mars

http://www.aufaitmaroc.com/monde/maghreb/2011/3/1/lotan-prepare-une-intervention-militaire-en-libye

 

Maurizio Matteuzzi : L’OTAN « étudie » l’option militaire

Ballons d’essai ou bourrasques de guerre humanitaire ?

« Les attaques contre les civils sont un crime contre l’humanité »,

« Nous sommes prêts à intervenir mais seulement sur mandat de l’ONU »,

« Si Kadhafi et son régime continuent à attaquer systématiquement la population civile, nous ne pouvons pas imaginer que la communauté internationale et l’ONU restent des spectateurs ».

Le secrétaire général de l’OTAN Anders Fogh Rasmussen a lancé hier un avertissement très clair au Colonel libyen. Nous n’en sommes pas encore à la conférence de Rambouillet, février 1999, dont l’échec programmé amena l’intervention de l’OTAN contre la Serbie de Milosevic.

Ni à celle de Tony Blair aux Communes, septembre 2002, sur les armes de destruction de masse de Saddam, « prêtes à être utilisées en 45minutes » ou au discours du secrétaire d’Etat Colin Powell au Conseil de sécurité, février 2003, dans lequel il brandissait une éprouvette pleine de poudre blanche (l’ « anthrax » du raïs irakien), qui servirent à faire avaler à l’ONU la guerre contre l’Irak.

Mais l’évocation par Rasmussen d’une intervention humanitaire contre la Libye de Kadhafi est un signal, même si ce n’est plus maintenant Georges W. Bush qui est à la Maison Blanche mais un Barak Obama qui semble plus réticent à se jeter dans une nouvelle aventure dans la zone explosive (et pas seulement à cause du pétrole) de la Méditerranée, de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, mais qui s’est immédiatement placé hier aux côtés de Rasmussen : attention Kadhafi, « l’OTAN étudie l’option militaire ».

Signal inquiétant parce que les expériences précédentes montrent que quand la grande machine de la « guerre humanitaire » se met en marche, il s’avère ensuite difficile si ce n’est impossible de l’arrêter.

Pour ce qu’on peut voir et comprendre de la situation depuis Tripoli, le régime de Kadhafi est, du moins dans cette phase, très attentif à éviter des attaques « systématiques » contre les civils. Par exemple, la bataille acharnée pour le contrôle de Az Zaywah, ville qui est à une cinquantaine de Kms de la capitale -unique centre conquis par les insurgés à l’ouest de Tripoli- semblait se conclure dimanche par le retour aux mains des gouvernementaux avec un bilan probable, selon des témoins oculaires, de 13 insurgés et 4 gouvernementaux tués. Et l’offensive des forces kadhafistes sur Ras Lanouf, en Cyrénaïque, pour arrêter l’avancée des insurgés de l’est vers la partie occidentale du pays, a continué hier avec un raid aérien qui aurait fait trois victimes.

Contrôler la véracité de ces nouvelles et des ces chiffres est pratiquement impossible parce que la guerre entre les deux Libye, en plus du terrain, se déroule aussi sur celui de la propagande. D’où viennent ces nouvelles -le plus souvent venues de l’extérieur- est une chose impossible à vérifier pour qui est ici, d’un côté ou de l’autre du front. Tout au plus peuvent-elles paraître vraisemblables et possibles ou improbables et sans fondements.

Entrent dans ce décompte deux voix qui ont circulé ici hier, diffusées par deux journaux arabes imprimés à Londres : celle de al-Sharq al-Awsat selon qui Kadhafi aurait proposé son exil au Conseil national de Bengazi en échange de l’impunité pour lui et sa famille (paroles apparemment sans fondements) ; et l’autre venant de Libya al-Youn d’après qui un cadavre décapité trouvé dans une ville de Cyrénaïque contrôlée par les insurgés serait celui de Abdullah al-Senoussi, le puissant chef des services de renseignements militaires de Kadhafi (improbable mais sait-on jamais).

Au-delà de la guerre sur le terrain et de celle psychologique avec leurs côtés obscurs, certains éléments sont clairs et avancent sur deux voies. La première est l’offensive militaire des forces kadhafistes, qui ne semble cependant pas être une offensive à outrance mais plutôt destinée à faire pression sur les insurgés en évitant des attaques indiscriminées qui pourraient faire précipiter la situation internationale et saboter la deuxième voie sur laquelle semble avancer Kadhafi : la voie diplomatique.  Hier le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a nommé comme envoyé spécial en Libye l’ex-ministre des affaires étrangères jordanien Kadhafi Al-Khatib ; et est arrivée ici à Tripoli la première mission Ue, conduite par l’italien Agostino Miozzo : officiellement pour vérifier la situation des citoyens de l’Union mais peut-être aussi pour observer un peu ce qui se passe et donner quelques signaux. La semaine prochaine on attend une délégation des pays de l’Alba, le groupe de pays initié par Chavez, pour voir si la proposition du président vénézuélien de former une commission internationale (peut-être conduite par l’ex-président Lula da Silva) a quelque chance ou si c’est pur velléitarisme.

Kadhafi qui s’est beaucoup plaint jusqu’ici d’avoir été condamné par l’opinion publique internationale et puni avec les sanctions du Conseil de sécurité de l’Onu sur la seule base de « rapports des media », devrait être satisfait d’accueillir ces visiteurs. Le ministre des affaires étrangères libyen Moussa Kusa a immédiatement donné son accord pour l’arrivée prochaine d’une équipe des Nations Unies qui devra vérifier la véracité des accusations et des horreurs dénoncées. Enfin.

Edition de mardi 8 mars 2011 de il manifesto
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/08-Marzo-2011/art37.php3

 

"Claudine Pôlet : "L'ingérence militaire otanienne commence..."

 Extrait de METRO, 9 mars 2011 : L'OTAN SURVEILLERA LE CIEL LIBYEN 24H. SUR 24- 

 "L'Otan a décidé lundi d'accroître très rapidement, dans les prochaines heures ou jours, la surveillance de l'espace aérien libyen

avec des avions radar AWACS, de façon à la rendre permanente", a indiqué hier une porte-parole de l'Alliance Atlantique.

Le Conseil de l'Atlantique Nord (les ambassadeurs des 28 pays membres) a pris cette décision lundi après-midi, afin d'avoir "une meilleure image de ce qui se passe en Libye", alors que les ministres de la Défense de l'Otan se réunissent demain et vendredi à Bruxelles.

Le Conseil a donné pour instruction au SACEUR, l'amiral américain James Stavridis, d'augmenter le degré de surveillance de la région, le faisant passer de 10 à 24 heures par jour" a précisé la porte-parole adjointe de l'Otan, Carmen Romero, confirmant des propos tenus par l'ambassadeur américain auprès de l'Otan, Ivo Daalder.

Il s'agit de la seule décision prise lundi par le Conseil concernant la Libye, a assuré Mme Romero.

M. Daalder a ajouté qu'il avait formulé lundi, au nom des Etats-Unis, plusieurs propositions sur ce que l'Alliance pourrait faire dans le cadre de la crise libyenne, notamment

pour coordonner les opérations de secours humanitaire avec les moyens navals et aériens dont dispose l'Otan dans la région.

L'ambassadeur a aussi évoqué l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye pour empêcher les bombardements contre les insurgés...." 

Lundi soir, les pays du Conseil de coopération du Golfe (Emirats, Arabie Saoudite, Koweit, Qatar, sultanat d'Oman et Bahrein) s'étaient déclarés favorables à une "no fly zone",

"pour protéger les civils".

La France et la Grande Bretagne travaillent sur un projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU imposant une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye, qu'ils veulent

présenter dès cette semaine.

Son adoption semble cependant délicate en raison de la réticence de la Chine, et surtout de la Russie, selon des diplomates.

METRO, 9 mars 2011 



2  Politique 

Les parties prenantes

a) L'Otan

Fogh Rasmussen

Libye: Rasmussen voudrait profiter de la situation

Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, voudrait profiter de la situation en Libye pour étendre la zone de responsabilité otanienne au-delà du territoire européen, a déclaré vendredi à RIA Novosti Dmitri Rogozine, délégué permanent russe auprès de l'Alliance.
En visite à Budapest pour assister à une réunion des ministres de la Défense des 27 pays membres de l'UE, le secrétaire général de l'Alliance a convoqué d'urgence à Bruxelles une réunion des ambassadeurs des pays membres de l'Otan pour discuter de la situation en Libye.
"Le fait même de convoquer une telle réunion du Conseil de l'Otan témoigne du désir du secrétaire général d'élargir la zone géographique de responsabilité de l'Organisation au-delà des pays européens", a indiqué le diplomate.
Jusqu'à présent, la Libye n'était pas un partenaire de l'Alliance et "intéressait peu de personnes au sein de l'Etat-major de l'Otan", a poursuivi l'intéressé. "Néanmoins, les événements récents donnent un prétexte à l'Otan pour essayer de s'implanter dans cette région, sous couvert de vouloir pacifier la situation en Afrique du Nord", a affirmé le représentant permanent.
Interrogé sur une éventuelle convocation du Conseil Russie-Otan consacré à la situation en Libye, M.Rogozine a donné une réponse négative.
"Ce genre de réunion dans le cadre du Conseil Russie-Otan est impossible pour la simple raison que l'Alliance entreprend une démarche assez expérimentale en mettant l'Afrique du Nord sous son égide, ce qui est susceptible de provoquer des mécontentements au sein même de l'Alliance. Il ne s'agit donc pas non plus d'impliquer la Russie", a conclu M.Rogozine.

25/02/2011

RIA Novosti

 


Dans les coulisses 

La réunion ministérielle de l'OTAN sur la Libye

Les ministres de la défense de l'OTAN se réuniront, prochainement, pour discuter de la Libye et des perspectives, à longue portée, dans cette région. C'est ce qu'a annoncé le Secrétaire général de l'instance, Anders Fogh Rasmussen, lors d'une conférence de presse, au siège de l'Alliance. Les 10 et 11 mars, les ministres se réuniront, pour décider du rôle d'assistance de l'OTAN, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

Olivier MONTULET

Mardi, 08 Mars 2011 


2  Politique 

Les parties prenantes

b) Les USA

Dans les coulisses 

Washington évoque les options militaires avec leurs partenaires de l'Otan.

Les Etats-Unis discutent avec leurs partenaires de l'Otan différentes options militaires afin de parvenir à un règlement en Libye, a déclaré aux journalistes la représentante des Etats-Unis auprès de l'Onu, Susan Rice.

"Nous discutons avec nos alliés de toutes les variantes et scénarios du développement des événements", a annoncé Mme Rice au terme d'une rencontre du secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon avec le président américain Barack Obama.

"Les Etats-Unis essaient de nouer des contacts avec l'opposition libyenne, mais pour le moment cette dernière est désorganisée… jusqu'à ce qu'elle se soit unie, il est prématuré d'évoquer une aide militaire", a souligné la diplomate.

Lundi, le Pentagone a annoncé l'envoi des porte-avions près de la Libye. Notamment, le porte-avions Enterprise engagé dans la lutte contre la piraterie au large de la Somalie, a mis le cap sur le canal de Suez à destination de la Libye. Le Pentagone envisage également de déployer un bataillon d'infanterie de marine supplémentaire à bord du porte-hélicoptères Kearsarge.

1er mars –

RIA Novosti


Sur le terrain

Hilary Clinton confirme le déploiement du bouclier antimissile en Pologne 

La secrétaire d'Etat américaine Hilary Clinton a confirmé que les Etats-Unis envisageaient de déployer en Pologne des éléments de leur système de défense antimissile et une unité des Forces aériennes.

"Comme l'ont déjà annoncé les présidents polonais et américain en décembre, nous envisageons de déployer une unité des Forces aériennes sur une base permanente en Pologne, de construire des éléments du système de défense antimissile et de développer un plan de protection militaire de la Pologne", a indiqué la chef de la diplomatie américaine lors d'une rencontre avec son homologue polonais, Radoslaw Sikorski.

Prétextant une menace balistique iranienne et nord-coréenne, l'administration républicaine Bush projetait de déployer des missiles intercepteurs en Pologne et un radar en République tchèque. Moscou y voyait une menace directe pour son potentiel stratégique. Le président Barack Obama a décidé de reporter la mise en œuvre de ces projets, sans les abandonner définitivement.

La Roumanie et la Bulgarie ont annoncé en février dernier qu'elles négociaient avec les Etats-Unis un éventuel déploiement sur leur territoire d'éléments du bouclier antimissile américain.

RIA Novosti,

3.03.2011 



2 Les parties prenantes

c) L’Otan dans le monde

France

C'est bien l'Otan qui est à la manœuvre

Dans une interview à France 24, ce 6 mars 2011, le ministre français Alain Juppé  précise ce qu'il entendait par  une "non intervention militaire en Libye". Il rejette l'idée d'une intervention terrestre avec débarquement de troupes Otan sur la côte libyenne. (Vu les expériences d'Irak et d'Afghanistan, le gouvernement français n'est pas rassuré...). Mais il affirme aussi que  l'Otan étudie la mise en oeuvre  d'une zone d'interdiction de vol dans le ciel libyen, ajoutant que la France y collabore.

C'est bien l'Otan qui est à la manœuvre, et agit en fonction des objectifs fixés au dernier Sommet de Lisbonne. Des opérations militaires de ce type sont étudiées très attentivement et discrètement, comme on peut s'en rendre compte dans le communiqué ci-dessus. Un des partenariats de l'Otan - Le Dialogue de la Méditerranée- est chargé notamment d'assurer "la protection du secteur énergétique".  Rien à voir avec la défense de la démocratie et le soutien à une "révolution contre Khadaffi".

Beaucoup à voir avec la main mise sur les ressources pétrolières de la Libye.

CP

26 janv. 2011 – 27 janv. 2011

 

Fillon : Interdire le survol nécessite d'étudier une implication de l'Otan.

Le Premier ministre François Fillon a indiqué lundi qu'interdire le survol de la Libye pour empêcher des massacres impliquait de "réfléchir" à une "implication de l'Otan", et estimé qu'il fallait étudier "toutes les solutions" pour inciter Mouammar Kadhafi à quitter le pouvoir. 

"Nous étudions toutes les solutions pour faire en sorte que le colonel Kadhafi comprenne qu'il doit s'en aller. (...) Je sais qu'on évoque des solutions militaires, ces solutions font l'objet d'évaluation de la part du gouvernement français", a affirmé M. Fillon sur RTL. 

"J'ai entendu plusieurs observateurs expliquer qu'il fallait par exemple interdire le survol du territoire libyen. C'est une option qui est étudiée", a-t-il poursuivi. 

Mais, selon le chef du gouvernement français, une telle décision "ne peut être prise que sur la base d'une décision du conseil de sécurité des Nations unies (...) et ne peut l'être que dans le cadre d'une opération conjointe avec des grands pays".

"Personne aujourd'hui en Europe n'a les moyens tout seul de réaliser cette opération. Il faudrait donc impliquer l'Otan et je pense là qu'il y a une réflexion à avoir", a avancé le Premier ministre. 

"Est-ce que l'Otan doit être impliquée dans une guerre civile au sud de la Méditerranée? C'est une question qui pour le moins mérite d'être réfléchie avant d'être lancée", a-t-il souligné. 

Selon le New York Times, les Etats-Unis et ses alliés européens envisagent d'interdire tout survol de la Libye pour empêcher le massacre de civils par l'aviation libyenne fidèle au dictateur Mouammar Kadhafi. 

D'après le quotidien, citant un haut responsable de l'administration américaine ayant requis l'anonymat, aucune décision n'a encore été prise.

28 février 

AFP,

Fillon: Deux avions français en mission humanitaire…

F.Fillon a annoncé lundi matin le lancement d'une opération humanitaire française en Libye. Deux avions ravitailleront les opposants au colonel Kadhafi à Benghazi.

La France ne se contente plus d'appeler au départ de Kadhafi. Son soutien au nouveau « gouvernement provisoire » de l'insurrection instauré dimanche est désormais acté, avec la décision annoncée lundi par François Fillon d'envoyer deux avions militaires français à Benghazi. La deuxième ville de Libye et foyer originel de la contestation démarrée le 15 février est depuis plusieurs jours maintenant aux mains des opposants au « Frère guide ».

Après les polémiques visant Michel-Alliot Marie, la diplomatie française est décidée à sortir de la zone de turbulences. Les jets privés sont priés de dégager le tarmac pour laisser la place aux appareils de l'armée de l'air. À bord de ces avions prêts à décoller « dans quelques heures » : du matériel médical, des médicaments et du personnel humanitaire. « Ce sera le début d'une opération massive de soutien humanitaire aux populations des territoires libérés », a expliqué le chef du gouvernement sur RTL.

Désormais, la France est en première ligne, à entendre le chef du gouvernement. « C'est nous qui avons demandé que le conseil européen adopte une position commune face à ce sujet. C'est nous qui avons été à l'origine avec la Grande-Bretagne de la résolution des Nations unies qui a été votée pendant le week-end », a t-il souligné.
Toutes les options envisagées

Par ailleurs, les solutions militaires font également, « l'objet d'évaluations de la part du gouvernement français ». Une des options consisterait à interdire le survol du territoire libyen afin d'empêcher l'aviation fidèle à Kadhafi de bombarder les insurgés. Une décision qui ne pourrait être envisagé que « sur la base d'une décision du conseil de sécurité, loin d'être acquise aujourd'hui », et impliquant les pays de l'OTAN. « Est-ce que l'OTAN doit être impliqué dans une guerre civile au sud de la Méditerranée? C'est une question qui pour le moins mérite d'être réfléchie avant d'être lancée », a ajouté le Premier ministre.

http://www.francesoir.fr/actualite/international/libye-deux-avions-francais-en-mission-humanitaire-77249.html

 

 

 

La re-soumission de Sarkozy à l'OTAN américaine va coûter à une France déjà en faillite plus de 112 millions d'euros!

Le nouveau siège de l'Otan, qui sera construit en face de l'actuel à Bruxelles d'ici à 2015, coutera plus de 110 millions d'euros à la France, soit un peu plus de 10% de son coût total.
Le secrétaire général de l'Otan a mentionné récemment que le projet global de construction devrait s'élever aux environs d'un milliard d'euros, le double du chiffre évoqué l'année dernière.
Interrogé, le ministère de la Défense a bien voulu nous communiquer les précisions suivantes sur la contribution de notre pays : " La France participe à hauteur de 11 ,7477% pour les parties communes( clé à partir de notre part relative dans les budgets de l’OTAN) et de 3,776% des parties privatives (parkings). Sur la durée du projet, notre participation s’élève à 110, 112 million d’euros" La France est le quatrième contributeur financier au sein de l’Alliance, derrière les Etats-Unis, l'Allemagne et le Royaume-Uni.
Alors que les responsables de l'Alliance atlantique et notamment le secrétaire général de l'Otan ne cesse de dénoncer la faiblesse des dépenses militaires en Europe, le choix de consacrer un milliard d'euros pour abriter la bureaucratie de l'Alliance mériterait au moins d'être discuté...Inutile, les veaux paieront!

http://www.toutsaufsarkozy.com/cc/article04/EkAZAyylVZTkdFhHne.shtml



Russie

Bouclier antimissile: les plans américains en Pologne contredisent l'Acte Fondateur

Le développement du système américain de défense antimissile en Pologne contredit l’Acte Fondateur, signé par la Russie avec l’OTAN en 1997. « Il y est fixé, en particulier, que l’OTAN devait se retenir de renforcer son infrastructure militaire à proximité des frontières russes », a déclaré  l’ambassadeur de Russie à l’OTAN Dmitri Rogozine, cité par Interfax.

C’est ainsi qu’il a commenté la déclaration de la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton concernant les plans d’installer en Pologne à titre permanent une nouvelle unité de l’Armée de l’air des Etats-Unis et de construire une base de défense antimissile.

RIA Novosti,

4.03.2011

 

Moscou ne participe pas au projet de défense anti-missile de l'OTAN  

De nouvelles négociations ont eu lieu entre la Russie et l'OTAN, notamment, lors de la réunion de Lisbonne, au sujet de la création du projet de défense anti-missile, sans aboutir, pour autant; à un résultat tangible, d'autant plus que les deux parties ne semblent pas être décidées à coopérer sur l'affaire.  Quelques jours après la nouvelle année chrétienne, le Conseil de l'OTAN et la Russie ont procédé, à Bruxelles, à des consultations, avec l'objectif de  former un bouclier anti-balistique commun, pour protéger l'Europe devant des attaques éventuelles par missiles. Ces pourparlers ont été effectués, dans le but de trouver une issue à la mise à exécution des accords conclus, lors de la réunion OTAN/Russie, à Bruxelles, pour créer un système commun de défense balistique. Le chef adjoint de l'état-major général des Forces armées russes, Valeri Guerassimov, assumait la présidence de l'équipe de négociations russe. Il est vrai que les experts militaires estiment qu'étant donné la sensibilité de l'affaire, Moscou et Bruxelles ne peuvent pas parvenir, dans un court délai, à un résultat précis et commun. Certains sont d'avis qu'il existe, encore, l'éventualité de trouver des voies permettant une coopération étroite sur le bouclier anti-balistique. Il y a, pourtant, quelques raisons qui ont affaibli la possibilité d'un accord commun OTAN/Moscou, sur le déploiement d'un système anti-balistique commun. Primo, les deux parties divergent sur leur évaluation de la menace et de la source de la menace balistique pour l'Europe. Moscou ne considère pas l'Iran comme le principal danger balistique menaçant la  sécurité de l'Europe; il y a même, en Russie, des personnes qui estiment qu'aucun danger n'existe de la part de l'Iran, pour le continent européen, alors  que, pour l'OTAN, surtout, les Etats-Unis, l'Iran s'avère la première et principale menace balistique. Par ailleurs, il paraît difficile qu'un accord soit conclu entre les deux parties, sur les principes et la structure du système anti-missile européen. La Russie estime que tout système, (bouclier anti-balistique russe et celui de l'OTAN), doit être formé, selon des critères distincts, ce qui a été, d'ailleurs, évoqué, à maintes reprises, par le Président russe, Dmitri Medvedev, lors de la réunion de Lisbonne. Autrement dit, les Russes veulent que le bouclier anti-balistique de l'OTAN se déploie sur ses frontières et celui de la Russie, sur les frontières russes. Dans ce droit fil, le représentant de la Russie à l'OTAN, Dmitri Rogozine, a rappelé que l'OTAN a proposé, à Moscou, la création de deux structures de défense, européenne et russe, mais que la Russie a refusé l'idée de la formation d'un système de défense anti-balistique européen. Rogozine a annoncé, le mardi 8 mars, qu'un accord entre l'OTAN et Moscou ne verra le jour que si le système de défense balistique de l'OTAN n'affecte pas la puissance nucléaire russe. Il semble, donc, que l'affaire de la défense balistique s'avère le plus important sujet de différends entre la Russie, l'OTAN et les Etats-Unis. Les responsables russes ont, à maintes reprises, averti que, si les Etats-Unis et l'OTAN déploient leur système anti-balistique, près des frontières russes, Moscou aura certainement une réaction appropriée!

09/03/2011

http://french.irib.ir

 



Italie

Manlio Dinucci : Rome : au Sénat, soutien bipartisan aux missions militaires italiennes.

Tandis que le gouvernement central états-unien annonce que les raids OTAN/Isaf en Afghanistan sont montés à environ 34 mille interventions annuelles (plus du double de 2007), avec utilisation de plus de 5 mille bombes et missiles, le Sénat italien reconduit le financement de la mission militaire en Afghanistan, avec le projet de loi 2537 sur la « prorogation des interventions de coopération au développement et au soutien des processus de paix et de stabilisation, ainsi que des missions internationales des forces armées et de police ». Déjà passé à la Chambre, il a été approuvé hier par le Sénat avec 208 voix contre 9, ces dernières provenant toutes de l’IdV (Italie des Valeurs, parti d’opposition de l’ancien magistrat Antonio Di Pietro, NdT)  Pour les six premiers mois de 2011 sont alloués 754,3 millions d’euros : plus d’un milliard et demi pour l’année. Cette somme, inscrite au budget du ministère des finances, s’ajoute à la dépense militaire, qui a atteint environ 25 milliards d’euros annuels.



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

 

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

09/03/2011

n°23 - dossiers du 11-09 - 08-03 - Début - : Croyez-vous vraiment aux miracles ? (Suite & Fin)


n°23 - dossiers du 11-09 - 08-03 - Début - : Croyez-vous vraiment aux miracles ? (Suite & Fin)



dossiers du 11-09

n°23 du 08-03

C.De Broeder & M.Lemaire



 Le "dossier du 11-09 " est  visible  sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

Vous retrouverez ce journal 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm


Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire : 

Les conclusions :

Les agents de la CIA qui ont commis des erreurs après le 11 Septembre ont été promus au lieu d’être sanctionnés.

L’enseignement :

Hicham Hamza : Dick Cheney traité de « criminel de guerre » et de « terroriste »

La Vérité sur le 11 Septembre.

Chauprade : "Nous saurons la vérité sur le 11-Septembre".

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Vidéo : Robert McCoy -- Architecte de gratte-ciel.

1-2 Karen Kwiatkowski, et Joe Trento"La cabale".

Dossier & Point de vue

Pilotes pour la vérité sur le 11/9: Conclusion des experts - rien ne prouve que les données des boîtes noires soient celles du vol American Airlines 77.

3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 David Ray Griffin : Croyez-vous vraiment aux miracles ? (Suite & Fin)



Les conclusions :

Les agents de la CIA qui ont commis des erreurs après le 11 Septembre ont été promus au lieu d’être sanctionnés.

C’est sans doute l’un des aspects politiques les plus incompréhensibles de la version officielle du 11/9 : comment se fait-il qu’alors que les services de Renseignement US ont subi une des plus grandes déculottées de leur histoire, personne parmi les responsables en poste le 11 septembre 2001 n’ait eu à rendre de comptes et n’ait été sanctionné après coup ? Le premier exemple qui vient à l’esprit est évidemment celui de Condoleezza Rice, conseillère à la Sécurité nationale de Bush, et qui fut promue au poste de Secrétaire d’État en 2004. Mais à bientôt 10 ans de distance, bien d’autres "fautifs" du 11-Septembre ou de bavures post-11 Septembre ont continué leur carrière comme si de rien n’était, voire, ont reçu des promotions. Certains sont même devenus conseillers du Président Obama. Où est la logique ? Mesure-t-on à travers ces apparentes aberrations les limites réelles du pouvoir d’un président américain ?

Les agents de la CIA qui ont commis des erreurs après le 11-Septembre ont été promus, au lieu d’être sanctionnés

Une enquête a révélé que certains agents de la CIA qui avaient commis des erreurs ayant entrainé l’emprisonnement à tort, voire la mort de certaines personnes sont aujourd’hui des officiers supérieurs  conseillers de l’administration Obama.

Des agents [du Renseignement] qui avaient bâclé certaines affaires dans les années qui ont suivi les attaques terroristes du 11-Septembre ont reçu des sanctions mineures, voire aucune sanction.

L’ Associated Press a déterminé qu’au lieu de cela, ils ont été promus au rang d’officiers supérieurs en charge de la guerre contre le terrorisme.

En 2003 un citoyen allemand, Khaled el-Masri a été détenu et interrogé dans une prison secrète en Afghanistan durant cinq mois après avoir été capturé par les forces de sécurité.

Mais il y avait eu erreur sur la personne. L’affaire avait plongé l’Agence dans un des pires embarras diplomatiques que les États-Unis aient connus dans leur lutte contre les terroristes.

Pourtant, malgré les recommandations, l’analyste au coeur de cette bavure n’a jamais été puni.

Au contraire, il occupe maintenant un des postes les plus importants au centre de contre-terrorisme de la CIA et participe aux efforts du président Obama pour démanteler al-Qaïda.

Bien que M. Obama ait tenté de mettre fin au programme d’interrogatoires de la CIA, le résultat après une décennie  de responsabilités "floues"  est que de nombreux agents auteurs de bavures sont à présent des cadres supérieurs en charge de mener ses guerres d’espionnage.

 

Alors qu’il terminait l’an dernier son mandat en tant que premier représentant du parti républicain au Comité du Renseignement du Sénat, l’ancien sénateur Kit Bond, a déclaré :

Une personne qui a fait une énorme erreur ne devrait pas [continuer à] travailler pour l’Agence.’

Nous avons vu de nombreux cas où absolument personne n’a été tenu pour responsable.’

En 2002, un terroriste présumé mourut de froid dans une prison de la CIA en Afghanistan. L’ inspecteur général de la CIA attribua la faute à "Matt", qui était l’espion dirigeant la prison. (Associated Press a accepté de ne diffuser que les prénoms des agents afin de protéger leur identité).

[L' inspecteur général] exprima également certaines préoccupations à propos de "Paul", l’officier supérieur dans ce pays, selon d’anciens responsables.

Mais la CIA décida de ne sanctionner ni "Matt", ni "Paul" et ce dernier fut [même] promu au grade supérieur, en charge des opérations au Moyen-Orient.

"Matt" occupa des postes au Bahrain, en Afghanistan et au Pakistan.

Dans une autre affaire de maltraitance de prisonniers, un agent dénommé "Albert"  chargé des interrogatoires avait, dans une prison secrète en Pologne, pointé une arme déchargée et une perceuse sans mèche sur la tête d’un homme soupçonné d’être un terroriste.

L’inspecteur général avait qualifié cela de ‘fausse exécution’, une pratique interdite par la loi aux États-Unis.

‘Albert’ a été réprimandé, mais a conservé son poste jusqu’à sa retraite. Son chef, ‘Mike’, qui dirigeait la prison, est parti à la retraite au cours de l’enquête.

L’enquête a révélé que le processus de responsabilisation à la CIA était imprévisible et incohérent, une affirmation relayée par certains au sein même de l’Agence.

[L'enquête] a indiqué que le système disciplinaire mettait plusieurs années à rendre ses décisions, appliquait des sanctions de manière incohérente, et était considéré à l’intérieur [de la CIA] comme sujet au favoritisme.

George Little, un des porte-parole de la CIA affirme pourtant que le système de responsabilisation est sévère, et qu’il agit en profondeur.

Il déclare que  "toute allégation selon laquelle l’Agence ne prendrait pas au sérieux ses obligations d’examiner les fautes de ses employés – y compris celles d’officiers supérieurs – est totalement erronée".

Le directeur de la CIA Leon Panetta est peut-être en train de durcir sa position sur les questions de discipline. Un fonctionnaire des renseignements des États-Unis affirme que depuis sa nomination en 2009, près de 100 employés ont fait l’objet d’une enquête disciplinaire.

Parmi eux, plus d’une douzaine étaient des officiers supérieurs. Plusieurs ont été licenciés ou ont démissionné.

La CIA encourage les agents à prendre des risques. Comme l’ancien Directeur de la CIA Michael Hayden l’a expliqué au Congrès, les agents doivent opérer tout près des lignes jusqu’à en avoir de "la craie sous les crampons".

Les officiels ont affirmé qu’après que la Commission d’enquête sur le 11-Septembre eut condamné la CIA pour son "aversion pour le risque", les dirigeants ont fait très attention à ne pas décourager toute prise de risque.

Dans son livre Beyond Repair [au-delà de toute possibilité de réparation - ndlt], le très expérimenté officier de la CIA Charles Faddis explique que contrairement à ce qui se passe à la CIA, dans l’armée US les officiers sont tenus pour responsables de leurs fautes et de celles de leurs subordonnés.

C. Faddis explique qu’"un tel système n’est pas en vigueur à la CIA, et que les effets sont terriblement destructeurs à long terme."

Daily Mail Reporter
le 9 février 2011

Traduction STTC pour ReopenNews

21 février, 2011 by GeantVert 


L’enseignement :

Hicham Hamza : Dick Cheney traité de « criminel de guerre » et de « terroriste »

Dick Cheney sera-t-il un jour appelé à répondre réellement de ses actes le 11-Septembre ?

Saura-t-on dans quelles conditions il a, avec Donald Rumsfeld, activé la Continuity of Governement (COG) ? Aura-t-il à rendre des comptes devant la Justice à propos des deux conflits majeurs qu’il a décidés en tant qu’ex-président de George Bush Jr. en Irak et en Afghanistan ?

Alors qu’il vient à peine de trouver un arrangement de 250 millions de dollars avec le Nigéria dans une sombre affaire de pots-de-vin, cette fois en tant que dirigeant de la société de services pétroliers Halliburton, Dick Cheney a été copieusement hué lors d’un récent rassemblement conservateur, et certains militants de l’organisation militante We Are Change ont même réussi à l’interpeller directement. Mais il en faudra plus pour troubler celui qui fut pendant huit ans le deuxième homme le plus puissant des USA.

Dick Cheney traité de « criminel de guerre » et de « terroriste ».

Jeudi dernier, l’ancien vice-président américain Dick Cheney a rendu une visite surprise à un rassemblement de la droite conservatrice.

A son apparition sur scène, certains militants, proches du Républicain libertaire Ron Paul, se sont mis à le huer avant de quitter la salle en signe de protestation. Malgré la majorité de supporters scandant « USA, USA, USA ! », l’un des réfractaires en profita pour traiter Dick Cheney de « criminel de guerre », ce qui n’a pas manqué de faire ricaner l’intéressé.

Quelques minutes plus tard, le sort s’acharna à nouveau contre le co-responsable des invasions d’Afghanistan et d’Irak  : des membres de l’association We Are Change -un mouvement civique réclamant une nouvelle enquête sur les attentats du 11 septembre 2001- ont réussi à s’approcher de Dick Cheney lors de son départ. Luke Rudkowski et James Lane l’interpellent alors vigoureusement, sollicitant auprès de lui une réponse à une seule question : « Pourquoi avez-vous ordonné une non-intervention lors du 11-Septembre ? ». Il s’agit là d’une allusion au témoignage troublant de l’ancien ministre des Transports, Norman Mineta, devant la Commission d’enquête en 2003 : selon lui, Dick Cheney, réfugié ce matin-là dans le bunker souterrain de la Maison Blanche, était non seulement informé en direct de l’approche de l’avion qui allait heurter le Pentagone mais avait également ordonné à son assistant militaire de maintenir une procédure en cours de non-intervention.

A peine embarrassé par la question des activistes, l’ancien homme fort de l’Administration Bush qui a couvert l’usage de la torture s’éclipsa dans un ascenseur, laissant échapper, au moment où James Lane le traite de « terroriste », un étrange sourire.

Hicham Hamza

oumma.com,16 février 2011

19 février, 2011 by GeantVert


La Vérité sur le 11 Septembre.

Chauprade : "Nous saurons la vérité sur le 11-Septembre".

Le 11 décembre 2010, Aymeric Chauprade était l’invité de Russia Today.

Revenant sur l’épisode de sa révocation du Collège interarmées de défense sur intervention directe du ministre de la Défense Hervé Morin (pour avoir présenté de façon trop complaisante les "théories du complot" sur les attentats du 11 septembre 2001), le géopoliticien se montre optimiste quant à l’éclosion prochaine de la vérité sur le 11-Septembre :

"La vraie raison pour laquelle j’ai perdu mon travail, c’est que j’étais en désaccord avec la nouvelle politique de défense française pro-OTAN. Mais il est vrai que dans mon dernier livre j’émettais des doutes sur la version officielle du 11-Septembre. Je suis très confiant pour l’avenir concernant la vérité, j’attends seulement ce qui va arriver, mais de nombreux experts pensent que la version officielle n’est pas juste. Nous avons le temps, mais nous saurons la vérité.

Dans le monde occidental, il est très difficile de questionner la version officielle, mais les choses changeront, car, comme je vous l’ai dit, même aux Etats-Unis beaucoup de gens pensent qu’il s’agit d’une sorte de complot intérieur. Nous avons le temps, je suis un historien de la longue durée, donc j’attends et je suis confiant pour l’avenir."

Dans ces quelques mots, Chauprade va un peu plus loin que dans ses précédentes interventions. Jusqu’ici, il se contentait de dire qu’il ne croyait pas la version officielle, et son livre Chronique du choc des civilisations n’était censé, dans son introduction, que présenter les "théories du complot", sans y adhérer ; à présent, il semble prendre le parti de ceux qui pensent que le 11-Septembre fut "une sorte de complot intérieur".

Quant à partager l’optimisme affiché par Aymeric Chauprade... Il est probable que dans 100 ans les historiens en sauront plus sur ces événements, mais le citoyen lambda, qui n’a pas 100 ans devant lui, aimerait aussi savoir... Pour lui, pas d’autre choix : il faudra accélérer le rythme normal de l’histoire. Internet pourrait constituer le moyen de cette accélération : mobiliser - via Facebook - les masses du monde dans une revendication simple et consensuelle : une réelle enquête - après avoir rappelé les graves insuffisances de la première -, et non pas la défense - beaucoup plus clivante - de quelque théorie alternative que ce soit. Sceptiques, "conspirationnistes", défenseurs de la version officielle... tous les êtres informés et doués de bon sens ne pourraient que souscrire à une telle requête : la recherche d’une vérité plus complète et la levée des trop nombreuses zones d’ombre.

Depuis dix ans, beaucoup de choses ont été faites, certes, par les "journalistes citoyens" pour montrer les failles de la version officielle, dénoncer les mensonges d’Etat, et exhumer des informations oubliées... mais les choses traînent néanmoins. La radicalisation des uns et des autres - et le dialogue de sourds qui s’ensuit - est le principal frein à toute avancée décisive, qui nécessite la mobilisation du plus grand nombre et donc la recherche d’un dénominateur commun. Au lieu d’appuyer sur ce qui nous divise, appuyer sur les revendications qui nous rassemblent. Internet peut être un formidable outil révolutionnaire, à condition de savoir l’utiliser avec un minimum d’intelligence stratégique. A défaut, rendez-vous dans 100 ans, pour ceux qui seront encore présents...

Publié sur AgoraVox TV



1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information. 

1-1 Vidéo : Robert McCoy -- Architecte de gratte-ciel,

VO, sous-titres français

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=1CIKjFO11bI#at=99


1-2 Karen Kwiatkowski, et Joe Trento"La cabale"

Depuis le 11 septembre, les Etats-Unis se sont lancés dans une guerre au terrorisme, au nom du monde "libre". Cette vision ' impériale ' n'a rien de surprenant pour un pays qui, guerres mondiales mises à part, a dépêché des troupes dans 28 pays en un siècle !

Premier bénéficiaire de cette frénésie interventionniste : le complexe militaro-industriel, dont la menace fut jadis prophétisée par le président Eisenhower. 50 ans plus tard, à l'heure de la présence américaine en Irak, le Pentagone (ministère de la Défense, nda) absorbe à lui seul les trois quarts des dépenses militaires de la planète. La démocratie américaine peut-elle survivre à un tel appétit pour le recours à la force ?

Dans "La Cabale", Karen Kwiatkowski, ex-militaire de carrière, et Joe Trento, écrivain, racontent les ressorts d’une addiction à la guerre sans cesse croissante. Ils reviennent pour cela sur la genèse de la guerre d'Irak, la sophistication criminelle du scénario servi à l’opinion à propos des armes de destruction massive. Ils détaillent le mensonge fait au peuple américain, au Congrès, aux alliés, aux Nations Unies, au monde... Et ses dégâts politiques.)

 

VIDEOS

partie 1 http://www.dailymotion.com/video/xbwxfs_la-cabale-1-6_news#from=embed

partie 2 http://www.dailymotion.com/video/xbwxnu_la-cabale-2-6_news

partie 3 http://www.dailymotion.com/video/xbwxwr_

partie 4 http://www.dailymotion.com/video/xbwy4q_la-cabale-4-6_news

partie 5 http://www.dailymotion.com/video/xbwycp_la-cabale-5-6_news

partie 6 http://www.dailymotion.com/video/xbwz05_la-cabale-6-6_news

Matthieu VERBOUD (2008).



Dossier & Point de vue

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

Pilotes pour la vérité sur le 11/9: Conclusion des experts - rien ne prouve que les données des boîtes noires soient celles du vol American Airlines 77.

Des données supposées être celles du vol 77 qui s’est écrasé contre le Pentagone le 11 septembre 2001 ont récemment été publiées (au travers de la loi états-unienne sur la liberté d’information) et analysées par différents spécialistes dont certains affirment qu’elles corroborent la version officielle des faits.

L’association des Pilotes pour la Vérité sur le 11/9 s’est penchée sur ces données et ces analyses et vient de publier une réponse, que voici.

Rien ne prouve que les données des boîtes noires soient celles du vol American Airlines 77

paru sur Pilots For 911 Truth (Pilotes pour la vérité sur le 11/9), janvier 2011

Traduction :  Martin & STTC pour ReOpenNews

Les données des boîtes noires sont incompatibles avec les performances d’un Boeing 757, elles ne soutiennent pas la thèse de l’impact contre le Pentagone.

L’expert en enregistreurs de données de vol [boîtes noires = Flight Data Recorder, ou FDR - ndlt] Dennis Cimino, a confirmé que les données fournies dans le cadre de la loi sur la liberté d’information (Freedom Of Information Act, ou FOIA) par le Bureau de la sécurité aérienne (National Transportation Safety Board, ou NTSB) ne comportent pas certaines informations essentielles qui, selon lui, devraient s’y trouver et qui permettent d’attribuer ces données à un avion et à une flotte spécifiques.

Le NTSB a fourni trois séries de données par le biais de la FOIA pour ce qu’ils prétendent être le vol d’American Airlines 77, immatriculation N644AA : un fichier CSV [Comma Separated Value – ndlt], une reconstruction [du vol] par animation, et un fichier de données brutes. Rob Balsamo de l’association "Pilots For 9/11 Truth" (Pilotes pour la vérité sur le 11/9) ainsi que de nombreux experts aéronautiques, y compris des investigateurs chevronnés dans le domaine de l’analyse des accidents aériens, ont étudié les fichiers et conclu que ces données n’étaient pas compatibles avec un impact sur le Pentagone.

Par ailleurs, ces données montrent des dépassements importants des performances liées tant à la conception qu’aux capacités d’un Boeing 757 standard.

Ces conclusions sont basées sur des données déjà analysées par de nombreux experts chevronnés, y compris par ceux qui ont effectivement volé sur le modèle d’avion qui aurait été utilisé pour les attentats du 11/9. Voir les vidéos Flight Of American 77 ("Le vol American Airlines 77"), "9/11: Attack On The Pentagon" ("11-Septembre : Attaque contre le Pentagone"), et "9/11: World Trade Center Attack" ("11-Septembre : attentats contre le World Trade Center") sur le site Pilotsfor911Truth.org pour une analyse détaillée et complète, accompagnée d’interviews).

Un fichier en particulier, le fichier compressé binaire supposé contenir une copie directe des informations de l’enregistreur de données de vol, a récemment été analysé par un expert présumé en informatique. Il a prétendu décoder 4 secondes supplémentaires de données valides, au-delà du décodage du NTSB, bien que l’existence de ce supplément de données n’ait été vérifié par personne d’autre. La raison qui a été invoquée pour expliquer que le NTSB n’ait pas pu décoder ce supplément de données est que le logiciel utilisé par le NTSB, et celui du fabricant des boîtes noires (L3 Communications), comportent une erreur. Si cette affirmation était correcte, cela aurait de graves conséquences pour la sécurité, du fait que les données de vol sont utilisées pour améliorer les règles et les procédures, et donc la sécurité des vols. Le NTSB et L3 Communications ont été contactés, et un rapport de sécurité aérienne a été déposé auprès de la NASA.  Il n’y a eu aucune réponse confirmant l’existence d’une telle erreur.

Un document a été publié récemment par l’ "expert" informatique susmentionné avec un autre auteur prétendant être un chimiste. Ils affirment que les 4 secondes supplémentaires plaident en faveur d’un impact sur le Pentagone. Ils fondent cette affirmation sur un paramètre de radio-sonde que le NTSB a listé comme "ne fonctionnant pas ou non confirmé" dans le rapport du NTSB sur les enregistreurs de vol1. Lorsque cette information est corrélée avec le paramètre d’altitude réelle fourni par l’altimètre primaire "fonctionnant et confirmé", l’avion est encore trop haut pour heurter le Pentagone2. Cela peut seulement signifier que la radio-sonde effectuait une mesure sur un objet situé au-dessus du niveau du sol.(voir note *)

Les radio-sondes ne garantissent pas une mesure absolue de la hauteur par rapport au sol. Ils mesurent la hauteur par rapport aux objets survolés dans une certaine plage, (un bâtiment, des arbres … etc). La capacité de suivi de l’altimètre radio est de 110 mètres par seconde, soit un peu moins de 370 km/heure3. Selon les données, l’appareil se déplaçait à une vitesse de 850-890 km/h. Très au-dessus des capacités de suivi de la radio-sonde, et tout à fait en dehors des capacités d’un Boeing 757 standard.

Il est intéressant de noter que les auteurs, les éditeurs et plus généralement le journal dans lequel l’article ci-dessus est publié sont très critiques voire sceptiques vis-à-vis des données et des rapports de l’Institut national des standards et de la technologie (NIST) concernant l’effondrement du World Trade Center, mais que pourtant ils tentent ici d’utiliser des données non vérifiées provenant d’un autre organisme gouvernemental pour soutenir la fable gouvernementale sur l’impact contre le Pentagone. Leurs motivations sont encore plus étranges puisqu’en réalité les données du NTSB ne confirment pas l’impact et montrent de surcroît des dépassements très importants des limitations de performances et de capacité d’un Boeing 757 standard telles que définies par le fabricant suivant les résultats de tests en soufflerie et d’essais en vol. Cela est aussi démontré par de précédentes analyses. Il est également clair que l’article n’a pas fait l’objet d’une relecture par un expert de l’aviation avant sa publication, car il est parsemé de spéculations et d’erreurs grossières. Pour plus d’informations concernant ce document et les nombreuses erreurs qu’il contient, merci de consulter les discussions sur le forum des "Pilotes pour la Vérité sur le 11/9"4.

Dennis Cimino, expert en FDR, va plus loin en déclarant :

Tout est ramené à deux champs de données qui ont été remis à zéro. "Pas de ticket, pas de vestiaire", sans eux il est… impossible d’établir un quelconque lien entre cette boîte noire et une immatriculation ‘N’ (‘N’ est la première lettre d’immatriculations des avions enregistrés aux Etats-Unis – ndlt) dans les registres de la Federal Aviation Administration (FAA). Non pas que cette lettre figure directement dans le champ "ID AC", (ID = identification, AC = Aircraft Certificate, ndlt) mais le nombre qui figure dans le champ de données "ID AC" est directement attribuable à une immatriculation ‘N’ donnée dans le registre de la FAA, et l’identificateur de la flotte (Fleet ID) montre à quel transporteur (ou compagnie aérienne) il a été attribué.

En l’absence de ces nombres, les données peuvent venir de n’importe où.

Personne ne fait voler des  boîtes noires avec ces données mises à zéro ou manquantes. Sans ces données dans le CPM [Crash Protected Memory - Mémoire sauvegardée en cas de crash, ndlt], au début de l’enregistrement, on ne peut pas les rapprocher de l’immatriculation d’un avion.

Je l’ai vu au premier coup d’oeil ….. la personne qui a extrait ces données aurait dû voir les mentions « ACFT ID absent » et  « FLEET ID absent » (pas de numéro d’identification de l’avion, ni de la flotte, ndlt) et dire : "c’est de la merde ce truc", et ensuite il aurait dû demander à son superviseur pourquoi  il devait décoder ces conneries.

Qualification et expérience de Dennis Cimino :

Ingénieur électricien

Pilote commercial depuis 1981

Spécialiste des systèmes de combat naval : RADAR, ECM (contre-mesures electroniques, ndt), communications cryptées

Ingénieur de Smiths Aerospace en enregistreur de données

BA-609, IDARS, militaires et commerciaux

Expert depuis 1973 en radar millimétrique et contre-mesures radars

Deux brevets détenus pour des radars Doppler (Kavouras) : a) RADAR à large signal et réseau à compensation statique, et b) Guide de détection des ondes RADAR de haute puissance.

Un autre élément venant confirmer l’absence de preuves liant les données du FDR au vol "American 77", numéro d’immatriculation N644AA, est discuté dans ces pages :

Le gouvernement peut-il prouver sa version ? La localisation de l’enregistreur de vol

Mensonges, Rapports contradictoires et dissimulations – La localisation de l’enregistreur de vol d’AA77 – Part II

L’étrange absence des numéros de série sur les “boites noires” des avions utilisés le 11/9

Interview avec l’expert en enregistreurs de données de vol

Donc, si les données ne proviennent pas du N644AA (immatriculation du Boeing 757-223 du vol 77 de AAL), si elles ne sont pas compatibles avec un impact sur le Pentagone, et révèlent en fait des capacités et des performances inaccessibles à un Boeing 757 standard, alors qu’est-ce qui a causé tous ces dégâts au Pentagone ?

C’est précisément ce que l’association des « Pilotes pour la Vérité sur le 11/9 » essaie de découvrir, et la raison pour laquelle il est nécessaire d’ouvrir une nouvelle enquête réellement indépendante. Certains souhaiteraient ignorer ces données, d’autres, sans compétences particulières, analysent le problème tout en disant « Circulez, il n’y a rien à voir ». Alors, n’attendez plus, écrivez à vos représentants au Congrès et à vos sénateurs. Appelez pendant les émissions TV, pour leur dire qu’il y a un nombre croissant de professionnels de l’aviation qui remettent en cause la version gouvernementale des événements du 11/9. Dites-leur que les données fournies par le FOIA ne sont pas compatibles avec  la version du gouvernement.

Fondée en août 2006, "Pilots for 9 / 11 Truth" est une organisation en pleine extension qui accueille un nombre croissant de professionnels de l’aviation du monde entier. L’organisation a analysé les données fournies par le National Transportation Safety Board (NTSB) sur l’attaque du Pentagone, sur les événements à Shanksville en Pennsylvanie, et sur l’attaque du World Trade Center. Les données ne sont pas en accord avec la thèse gouvernementale. Le NSTB/FBI se refuse à tout commentaire.

"Pilots for 9 / 11 Truth" ne propose pas de théorie particulière et ne blâme personne pour l’instant. Cependant, il existe une quantité toujours plus impressionnante d’informations contradictoires et de données que les organismes gouvernementaux et les responsables refusent d’admettre. La liste des membres de l’association "Pilots for 9 / 11 Truth" ne cesse de s’allonger.

Consultez http://pilotsfor911truth.org/core.html pour connaitre la liste complète des membres [ainsi que leurs états de service – ndlt]

http://pilotsfor911truth.org/join pour rejoindre l’association.

Notes de l’auteur :

Rapport d’expertise du NTSB sur le vol A77

Fil du forum de discussion de l’association "Pilotes pour la Vérité sur le 11/9"

Site Web de Rockwell Collins (page absente ? NdT)

Fil du forum de discussion de l’association "Pilotes pour la Vérité sur le 11/9"

 

Traduction Martin & STTC pour ReOpenNews

Notes ReOpenNews :

[*] : Deux types de données sont utilisés pour définir la position d’un avion dans le plan vertical. L’une, définie comme l’ "altitude" fait référence à la position verticale par rapport au niveau de la mer. L’autre, définie comme la "hauteur" fait référence à la position verticale par rapport au sol, à l’endroit que survole l’avion.

La mesure de ces paramètres se fait :

- soit à l’aide d’une radio-sonde, dont les antennes sont placées sous l’avion et qui mesure le temps de parcours aller/retour d’une onde émise de l’avion et qui y revient après avoir été réféchie par un obstacle situé sous l’avion (principe du "radar"). Le résultat de cette mesure est forcément une "hauteur" au-dessus du sol, ou d’un obstacle (bâtiment) lui-même situé au dessus du sol,

- soit à l’aide d’une mesure de pression barométrique (dite "statique") qui est indiqué par "l’altimètre primaire" auquel il est fait référence plus haut. La valeur indiquée par cet instrument dépend d’un "calage de référence" introduit par le pilote. Lorsque ce calage est une référence de "pression au niveau de la mer", l’altimètre indique "l’altitude". Lorsque ce calage est une référence de "pression au niveau de l’aérodrome", l’altimètre indique "la hauteur au dessus du terrain". Ces pressions de référence sont données aux pilotes par les organes de contrôle aérien, entre autres. Il existe en outre un troisième calage qui est appelé "calage standard" et qui permet d’espacer les avions verticalement entre eux en dehors des trajectoires de décollage et d’atterrissage.

13 février, 2011 by GeantVert

 http://www.reopen911.info/News/2011/02/13/conclusion-des-experts-rien-ne-prouve-que-les-donnees-des-boites-noires-soient-celles-du-vol-american-airlines-77/


 

 


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n°23 - dossiers du 11-09 - 08-03 - Fin- : Croyez-vous vraiment aux miracles ? (Suite & Fin)


n°23 - dossiers du 11-09 - 08-03 - Fin- : Croyez-vous vraiment aux miracles ? (Suite & Fin)



dossiers du 11-09

n°23 du 08-03

C.De Broeder & M.Lemaire



 Le "dossier du 11-09 " est  visible  sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

Vous retrouverez ce journal 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm


Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire : 

3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 David Ray Griffin : Croyez-vous vraiment aux miracles ? (Suite & Fin)




3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

3-1 David Ray Griffin : Croyez-vous vraiment aux miracles ? (Suite & Fin)

Mouvement pour la vérité sur le 11-Septembre  

Partie III 

Question de David Ray Griffin aux principaux détracteurs de la Gauche américaine qui critiquent le Mouvement pour la vérité sur le 11-Septembre : Croyez-vous vraiment aux miracles ?

Question de David Ray Griffin aux principaux détracteurs de la Gauche américaine qui critiquent le Mouvement pour la vérité sur le 11-Septembre : Croyez-vous vraiment aux miracles ?

19 janvier, 2011 by GeantVert

Si vous deviez ne lire qu’un seul article technique sur le 11/9, prenez le temps de lire cette série, car elle fournit de façon claire et détaillée la plupart des arguments faisant débat sur les effondrements des Tours Jumelles et du bâtiment 7 du World Trade Center le 11 septembre 2001 à New York.

Voici donc la troisième partie de la réponse de l’écrivain David Ray Griffin aux critiques souvent expéditives opposées au Mouvement pour la Vérité sur le 11-Septembre par les tenants de la Gauche américaine. Après les deux premières parties (consultables ici et ici) où l’auteur dressait à la fois un bilan des termes et arguments contradictoires utilisés par les détracteurs du 911 Truth Movement, et aussi des véritables miracles contenus dans le récit officiel de l’effondrement du WTC7, l’auteur s’intéresse maintenant à la chute des Tours jumelles et aux phénomènes extraordinaires induits par les analyses officielles de ces événements.

Introduction
4. Les Tours Jumelles : effondrement quasiment à la vitesse de la chute libre
5. Les miracles à mi-hauteur de la tour sud
6. Éjections horizontales dans les Tours Jumelles

7. Des incendies qui font fondre le métal
8. Des feux impossibles à éteindre
9. Du soufre surnaturel

III Laquelle des théories du complot est véritablement un discrédit et une diversion ?

1. La peur du discrédit
2. La peur de la diversion

Conclusion
 

Traduction Corto pour ReOpenNews

II. 4.     Les Tours Jumelles : effondrement quasiment à la vitesse de la chute libre

Tant en ce qui concerne l’effondrement du WTC7 que la destruction des Tours Jumelles, le compte-rendu officiel fait appel à des miracles.

Des miracles sont nécessaires dans le cadre du récit officiel à la fois concernant l’effondrement du WTC7, et aussi celui de la destruction des Tours Jumelles. D’après ce récit, la tour nord (WTC1) et la tour sud (WTC2) se sont effondrées à la suite de trois facteurs, et trois facteurs seulement : (i) les impacts des avions, qui ont causé des dommages structuraux ; (ii) les incendies qui s’en sont suivis, lesquels furent initiés puis alimentés par le kérosène des avions ; et (iii) la force de gravité. Le NIST affirme ainsi qu’aucun explosif ni système incendiaire n’a contribué à faire s’effondrer ces bâtiments.

L’un des miracles implicites contenus dans ce récit officiel est que bien que chaque tour ait compté 287 colonnes de support en acier -240 colonnes périphériques, et 47 colonnes massives au cœur [de la tour] – et bien qu’aucun explosif ni système incendiaire n’ait été utilisé pour détruire ces colonnes, chacune des tours s’est effondrée, comme le NIST l’a écrit lui-même, "essentiellement à la vitesse de la chute libre," 62 Comment cela est-il possible ?

Selon le NIST, chacun des avions de ligne emporta plusieurs colonnes périphériques et centrales au niveau de son impact, et créa également des incendies gigantesques, qui commencèrent à affaiblir l’acier. Après un certain laps de temps (56 minutes pour la tour sud, 102 minutes pour la tour nord), « en haut [de chacun] des bâtiments, la partie massive située au-dessus des incendies et des étages de l’impact » s’effondra sur les sections inférieures, « qui ne purent résister à l’énergie phénoménale développée par le mouvement vers le bas [de la partie supérieure] ».63 Et de fait, le rapport du NIST mentionna :

« Étant donné que les étages situés sous le niveau de départ de l’effondrement n’opposèrent que peu de résistance à l’énergie phénoménale libérée par la masse du bâtiment qui s’effondrait, la section supérieure tomba essentiellement en chute libre, comme on le voit dans les vidéos. »64

Le NIST tenta ensuite de décrire de façon plus complète sa théorie explicative, et écrivit :

« L’énergie potentielle libérée par le mouvement vers le bas de la masse énorme du bâtiment excédait la capacité de la structure intacte située en dessous à absorber cette énergie au travers d’une énergie de déformation… Alors que les étages inférieurs cédaient de manière séquentielle, la masse en chute augmenta, accroissant [ainsi] la sollicitation sur les étages inférieurs, qui furent incapables d’arrêter la masse en mouvement. En d’autres termes, l’élan [des étages supérieurs] tombant sur la structure porteuse en dessous… excéda tellement la capacité de résistance de la structure inférieure que [cette dernière] fut incapable de stopper ou même de ralentir la masse qui chutait. »65

Avant même d’envisager une quelconque loi physique violée par ce récit (en partant du principe qu’aucun explosif ou système incendiaire ne fut utilisé pour saper les colonnes en acier), nous pouvons voir intuitivement que cette version implique [l’existence d’] un miracle : comme l’a fait remarquer Jim Hoffman, un des critiques du NIST, on « nous demande de croire que les structures massives en acier des [parties inférieures des] tours n’ont pas opposé plus de résistance aux débris en train de tomber, que [ne l’aurait fait] l’air. »66

Quant à déterminer pourquoi les lois de la physique invalident la version du NIST, William Rice, qui a pratiqué et enseigné l’ingénierie des structures, a fait remarquer que le récit du NIST « violait la loi de Newton de conservation de l’impulsion », qui exige que, « chaque fois que l’inertie d’un étage est vaincue par le choc [de la partie située au-dessus], la vitesse de chute doit décroître. »67 Un rapport de physiciens et d’ingénieurs publié dans un journal d’ingénierie confirme cela, en déclarant que :

« Le NIST néglige de manière évidente une loi fondamentale de la physique en traitant de manière désinvolte l’effondrement remarquable en chute libre de chaque tour, et cette loi s’appelle la Loi de conservation de l’impulsion. Cette loi de la physique signifie que les centaines de milliers de tonnes de matériaux [de la partie inférieure] doivent ralentir la partie supérieure du building sur son passage à cause de leur masse. »68

Une lettre au NIST, signée entre autres par le physicien Steven Jones, le chimiste Kevin Ryan, et l’architecte Richard Gage, fit la même observation, en déclarant :

« Les principes de base de l’ingénierie (par exemple la Loi de conservation de l’impulsion) imposeraient que la partie intacte de la structure située en dessous de la zone initiale d’effondrement devrait à tout le moins résister et ralentir le mouvement vers le bas des étages supérieurs. Il est par ailleurs fort probable que la résistance structurelle de l’ouvrage d’acier en dessous puisse arrêter le mouvement de chute des étages du dessus. »69

Le NIST, comme nous l’avons vu plus haut, a déclaré que les parties inférieures n’ont pas retardé – sans même parler de l’arrêter – le mouvement de chute de la partie supérieure, parce que "l’énergie phénoménale" de l’impulsion vers le bas de la partie supérieure était irrésistible. Examinons cette affirmation dans le cas de la tour nord. Elle a été touchée au 95e étage, donc la partie supérieure ne comprenait que 16 étages. Par ailleurs, la structure à cette hauteur avait relativement peu de poids à supporter en comparaison de la structure du bas, du fait que les colonnes d’acier dans la partie supérieure, celle située au-dessus de la zone d’impact, étaient bien plus fines que celles de la partie inférieure. Cela signifie que les 16 étages supérieurs constituaient probablement moins de 15% du poids total du bâtiment. Enfin, la partie supérieure ne se serait effondrée que d’un étage ou deux avant de percuter la partie inférieure [ndlr. intacte], donc elle n’aurait pas atteint une vitesse élevée avant de percuter la partie inférieure. Pour ces raisons, la partie supérieure n’aurait pas créé une si forte "impulsion", et il semble donc bien que son énergie n’ait pas été aussi "phénoménale" au point d’être irrésistible pour la partie inférieure, avec ses milliers de tonnes d’acier interconnectées.

Cette conclusion, basée sur une analyse de pur bon sens, a été confirmée par une analyse technique de l’effondrement de la tour nord faite par l’ingénieur en mécanique Gordon Ross. Loin d’échouer à retarder le mouvement de chute de la partie supérieure du bâtiment, son analyse montra que la partie inférieure aurait rapidement et complètement stoppé la descente de la partie supérieure.

Après avoir procédé à tous les calculs nécessaires (ce que le NIST n’a pas fait), Ross a conclu que « le mouvement vertical de la partie qui chute aurait été stoppé… en 0,02 seconde après l’impact. Un effondrement causé par la seule gravité n’aurait pas continué à progresser au-delà de ce point. »70

Même si les calculs de Ross ne font qu’approcher la réalité, le récit du NIST – selon lequel les Tours Jumelles sont tombées « essentiellement à la vitesse de la chute libre » sans avoir été démolies professionnellement – implique deux énormes miracles (un pour chaque tour).

Un autre élément fondamental du récit du NIST est la déclaration selon laquelle les incendies dans les bâtiments ont affaibli l’acier, qui n’a ainsi pu fournir qu’une résistance inférieure à la normale. « Lorsque l’acier nu atteint une température de 1000° Celsius », écrit le NIST, « il ramollit et sa résistance diminue jusqu’à environ 10% de sa valeur à température ambiante. »71 Le NIST sous-entend, sans le dire, que les colonnes d’acier ont été chauffées jusqu’au point où elles perdent 90% de leur résistance.

De cette manière, le NIST a été en mesure d’induire en erreur quelques journalistes non scientifiques en les inclinant à penser que le feu aurait pu causer l’effondrement des Tours Jumelles. Alexander Cockburn, déclarant que les effondrements n’ont pas nécessité l’emploi d’explosifs pré-installés, a écrit : « L’acier de haute qualité peut plier de façon désastreuse sous une chaleur extrême ».72 Chris Hayes, pour qui les allégations du mouvement international pour une nouvelle enquête concernant les Tours Jumelles ne sont pas fondées, a écrit (dans un passage cité plus haut) : « L’acier peut ne pas fondre à 1500° (Fahrenheit, Ndlr. soit 815°C), température à laquelle brûle le kérosène, mais il commence à perdre beaucoup de sa résistance, suffisamment pour provoquer la défaillance des poutres de soutien. »73

Cependant, l’idée que l’acier chauffé par l’incendie puisse expliquer l’effondrement des Tours Jumelles est fausse pour au moins deux raisons. Tout d’abord, même si l’acier avait vraiment perdu 90% de sa résistance, il en aurait quand même offert un peu, puisque la loi de conservation de l’impulsion n’a pas "baissé la garde". Et donc, un effondrement "essentiellement à la vitesse de la chute libre" aurait été impossible.

En second lieu, il n’y a pas de base empirique pour affirmer que l’acier des deux tours a perdu une partie de sa résistance, et encore moins 90% de celle-ci. D’un côté, comme le professeur en ingénierie du MIT Thomas Eagar l’a fait remarquer, l’acier de la structure « commence à se ramollir vers 425°C [797°F] »74 D’un autre côté, des études scientifiques sur 16 colonnes de la périphérie menées par des scientifiques du NIST ont révélé que « seules trois [des colonnes périphériques] montraient des signes de températures supérieures à 250°C [482°F]. » Ces scientifiques du NIST n’ont pas non plus trouvé d’indices que cette température (250°C [482°F]) avait bien été atteinte par une des colonnes du cœur.75

Donc, loin d’avoir des preuves montrant que l’acier des colonnes aurait atteint la température (1000°C [1832°F]) à laquelle il peut perdre 90% de sa résistance, le NIST n’avait aucun indice qu’au moins une colonne aurait perdu ne serait-ce que 1% de sa résistance. Si ni explosifs ni systèmes incendiaires n’ont été utilisés pour éliminer les 287 colonnes support, alors la partie supérieure du building est tombée en passant à travers la partie inférieure comme si elle n’existait pas, alors que l’acier était là et à sa résistance maximale.

C’est pourquoi, en déclarant que les Tours Jumelles se sont effondrées "essentiellement" à la vitesse de la chute libre sans l’aide d’aucun système incendiaire ou d’explosifs, le NIST a fait appel à des violations énormes du principe de la Physique connu sous le nom de conservation de l’impulsion (Law of conservation of momentum). Bien que Rothschild ait accusé le mouvement pour la vérité sur le 11-Septembre d’être irrationnel et non scientifique, cette caractéristique s’applique en fait au rapport du NIST sur les Tours Jumelles, et à quiconque l’accepte en l’état.

II. 5.     Les miracles à mi-hauteur de la tour sud

Après avoir illustré le miracle précédent en ce qui concerne la tour nord, je vais maintenant m’intéresser à un miracle spécifique à la tour sud. Celle-ci a été touchée au 80e étage, de sorte que sa partie supérieure consistait en un bloc de 30 étages. Comme le montrent les vidéos du début de son effondrement, ce bloc commença à s’incliner vers le coin qui avait été le plus endommagé par l’impact de l’avion de ligne. D’après la loi de conservation du moment angulaire, cette section aurait dû tomber au sol en dehors [du périmètre] de l’empreinte du bâtiment. « Cependant », comme l’ont observé Jim Hoffman et l’universitaire chercheur sur le 11/9, Don Hoffman, « au moment où le haut commence à tomber, la rotation ralentit. Et elle change même de direction [et cela malgré la] loi de conservation du moment angulaire qui dit qu’un objet solide en rotation continuera de tourner sur lui-même à la même vitesse, sauf si l’on exerce sur lui une force opposée. »76

Puis, comme si ce n’était déjà pas assez miraculeux :

« Nous observons [écrit le physicien Steven Jones] qu’environ 30% des étages supérieurs entrent en rotation d’un seul bloc, vers le sud-est. Ils commencent par basculer, et non par chuter tout droit. Le couple exercé sur ce bloc dû à la gravité est énorme, s’agissant d’un moment angulaire. Mais ensuite – et cela m’a toujours laissé perplexe – ce bloc se transforme quasiment dans sa totalité en poussière à mi-hauteur ! Comment pouvons-nous interpréter ce comportement étrange, sans [l’utilisation d’]explosifs ? »77

Si quelqu’un posait la question de savoir comment on peut expliquer ce comportement, même avec des explosifs, on pourrait rappeler une déclaration de Mark Loizeaux, le Président de Controlled Demolition, Inc. En réponse à la question d’un journaliste qui lui demandait comment il faisait « danser ou marcher les structures condamnées à la destruction », Loizeaux répondit :
« En contrôlant de façon différenciée la vitesse de rupture dans les différentes parties de la structure, vous pouvez la faire marcher, vous pouvez la faire s’enrouler, vous pouvez la faire danser. Nous la prenons et la déplaçons, puis nous la lâchons ou la déplaçons, la plions et la déplaçons encore plus loin – puis nous la stoppons et nous la déplaçons à nouveau. Nous avons abattu des structures de 15 étages, les avons stoppées puis couchées sur le côté. Des structures initialement orientées vers le nord peuvent terminer leur course vers le nord-ouest. »78

Si l’on admet que des explosifs ont été utilisés, on peut alors comprendre la "danse" à mi-hauteur exécutée par la partie supérieure de la tour sud.

Mais si l’on refuse d’envisager l’utilisation d’explosifs, on se retrouve face à un miracle majeur : bien que le bloc supérieur soit entré en rotation et se soit incliné de sorte que son moment angulaire aurait dû causer sa chute sur le côté, il s’est en quelque sorte redressé en se désintégrant.

Incidemment, cette désintégration ébranle un peu plus la théorie officielle, selon laquelle l’énergie phénoménale de la chute de ce bloc est la cause de l’effondrement de la partie inférieure de la tour sud. Cette théorie requiert que la partie supérieure, tel un bloc solide, ait écrasé la partie inférieure. Les vidéos montrent cependant que ce n’est pas le cas. Comme Gage, Jones, Ryan et d’autres de leurs collègues l’ont fait remarquer au NIST : « La portion supérieure du WTC2 n’est pas tombée comme un bloc sur la portion inférieure intacte, mais s’est désintégrée lors de sa chute. Il n’y a donc pas eu d’impact majeur d’un gros bloc en train de tomber… [mais seulement] une série de petits impacts au moment où les fragments de la portion supérieure qui se désintégrait sont arrivés ».79

II.6.     Ejections horizontales à partir des Tours Jumelles

Dwain Deets, ancien directeur de recherche à la Division ingénierie du Centre de recherche sur le vol de la NASA à Dryden, a écrit que « des morceaux massifs de structure éjectés horizontalement » depuis les Tours Jumelles « ne laissent aucun doute » dans son esprit sur « le recours à des explosifs ».80

Deets se référait au fait que l’effondrement de chacune des Tours commença par une explosion massive près du sommet, pendant laquelle des sections énormes de colonnes du périmètre furent éjectées horizontalement avec une puissance telle que certaines d’entre elles furent propulsées sur 500 à 600 pieds (150 à 200 mètres) . Bien que cette caractéristique des effondrements n’ait pas été mentionnée dans le rapport du NIST sur les Tours Jumelles (de 2005), il n’y a aucun doute possible à leur sujet, car certaines des sections sont allées se planter dans les bâtiments alentours, comme on peut le voir dans des vidéos et sur des photographies.81

Ces éjections font maintenant partie, de toute façon, du récit officiel, puisque le NIST les a mentionnées dans le rapport sur le WTC7, les trouvant apparemment nécessaires pour expliquer comment les feux ont démarré dans cet immeuble. Au cours de sa déclaration en préambule de la conférence de presse d’août 2008 qui annonçait la publication du rapport final du NIST sur le WTC7, Shyam Sunder (le chef enquêteur du NIST) a expliqué : « Les débris de la Tour 1… initièrent des feux sur au moins 10 étages du bâtiment. »82 Le rapport du NIST sur le WTC7 précise : « Les feux dans le WTC7 furent initiés à la suite de l’impact des débris de l’effondrement du WTC1, qui était approximativement à 110 mètres (350 pieds) au Sud. »83

Par là même, le NIST admet que des débris ont été propulsés horizontalement depuis la tour nord sur au moins 350 pieds [110 mètres].84 Le rapport du NIST déclarait aussi :

« Lorsque le WTC1 s’effondra à 10 h 28 min 22 sec… quelques fragments [de débris] furent éjectés avec force et parcoururent des distances jusqu’à plusieurs centaines de mètres. Des morceaux du WTC1 heurtèrent le WTC7, endommageant 6 colonnes aux étages 7 à 17 sur la façade sud, et une colonne sur la façade ouest près de l’angle sud-ouest. Les débris causèrent aussi des dommages entre les étages 44 et le toit. »85

Les débris qui causèrent de tels dommages, y compris en affaiblissant sept colonnes d’acier, devaient être assez lourds. Le NIST semblait donc reconnaître que des sections de colonnes d’acier avaient été projetées sur au moins 650 pieds (puisque "des centaines de mètres" signifie au moins 200 m, donc environ 650 pieds). Il faut une force énorme pour éjecter de grandes sections d’acier aussi loin.

Qu’est-ce qui pourrait avoir produit cette force ? Selon le NIST, comme nous l’avons vu plus haut, seuls trois facteurs ont causé l’effondrement des Tours Jumelles : les impacts des avions, les incendies, et l’attraction  gravitationnelle. Les impacts des avions ont eu lieu 56 minutes (tour sud) et 102 minutes (tour nord) plus tôt, et la force gravitationnelle a entraîné l’ensemble vers le bas. Le feu pourrait certainement produire des éjections horizontales en faisant exploser le kérosène, mais le kérosène a brûlé "en quelques minutes" comme le fait remarquer le NIST.86 C’est pourquoi, bien que le NIST ait admis que ces éjections horizontales avaient bien eu lieu, il n’a suggéré aucune source d’énergie pour les expliquer.

Des explosifs à haute énergie, comme le RDX ou la nanothermite,(*) pourraient expliquer ces éjections horizontales. Selon le NIST cependant, aucun explosif n’a contribué à la destruction des Tours Jumelles. Ceux qui acceptent le récit du NIST doivent donc regarder ces éjections horizontales comme constitutives d’un autre miracle.
 Notes de l’auteur (en FR) :

  1. Comme le savent ceux qui connaissent l’histoire de la théologie moderne, l’un de ses écrits de référence furent les discours de Friedrich Schleiemacher’s sur la "Religion et des détracteurs cultivés" (1799). Ces "détracteurs cultivés" de la religion étaient des personnes que Schleiermacher admirait et avec lesquelles il était en accord sur bien des points. Il pensait cependant qu’ils se fourvoyaient à propos de la religion, principalement du fait qu’ils n’en saisissaient ni sa vraie nature, ni l’expérience sur laquelle elle se fonde. Je m’adresse à ceux que j’appelle "les détracteurs de gauche du Mouvement pour la Vérité sur le 11/9" dans le même état d’esprit.
  2. David Ray Griffin est l’auteur de 36 ouvrages abordant différent sujets : la philosophie, la théologie, la philosophie des religions, la philosophie de la Science, ainsi que le 11-Septembre et l’Impérialisme US. En septembre 2009, la revue The New Statesman l’a placé en 41e position parmi les "50 personnalités qui comptent aujour’dhui". Son plus récent livre s’intitule "The Mysterious Collapse of World Trade Center 7: Why the Final Official Report about 9/11 is Unscientific and False" (2009) [en français : Le mystérieux effondrement du WTC7 : pourquoi le rapport officiel sur le 11-Septembre est non scientifique et faux]. Son prochain livre portera le titre "Cognitive Infiltration: An Obama Appointee’s Plan to Undermine the 9/11 Conspiracy Theory" (September 2010) [en français : L'infiltration cognifive : Un responsable nommé par Obama prévoit de saper les théorie du compot sur le 11/9]. Il remercie quatre scientifiques : Jim Hoffman, Frank Legge, Kevin Ryan, et John Wyndham – et trois autres formidables critiques  – Matthew Everett, Tod Fletcher, etElizabeth Woodworth – pour leur aide à l’écriture de cet ouvrage.

[...]

  1. NIST, Final Report on the Collapse of the World Trade Center Towers, September 2005 (http://wtc.nist.gov/NCSTAR1/PDF/NCSTAR%201.pdf) , 146.
  2. NIST, “Answers to Frequently Asked Questions,” August 30, 2006 (http://wtc.nist.gov/pubs/factsheets/faqs_8_2006.htm), Question 2.
  3. NIST NCSTAR 1, Final Report on the Collapse of the World Trade Center Towers, 146.
  4. NIST, “Answers to Frequently Asked Questions,” Question 6. In the italicized portion of this statement, NIST was quoting NIST NCSTAR 1, Final Report on the Collapse of the World Trade Center Towers, Section 6.14.4 (page 146).
  5. Jim Hoffman, “A Reply to the National Institute for Standards and Technology’s Answers to Frequently Asked Questions” (http://911research.wtc7.net/reviews/nist/WTC_FAQ_reply.html).
  6. William Rice’s statement is quoted at Patriots Question 9/11 (http://patriotsquestion911.com/engineers.html#Rice).
  7. Steven E. Jones, Frank M. Legge, Kevin R. Ryan, Anthony F. Szamboti, and James R. Gourley, “Fourteen Points of Agreement with Official Government Reports on the World Trade Center Destruction,” Open Civil Engineering Journal, 2/1 (2008): 35-40 (http://www.bentham-open.org/pages/content.php?TOCIEJ/2008/00000002/00000001/35TOCIEJ.SGM).
  8. “Request for Correction Submitted to NIST,” Journal of 9/11 Studies, Vol. 12: June 2007 (http://www.journalof911studies.com/volume/200704/RFCtoNISTbyMcIlvaineDoyleJonesRyanGageSTJ.pdf). This letter, dated April 12, 2007, was also signed by Bob McIlvaine, Bill Doyle, and Scholars for 9/11 Truth and Justice.
  9. Gordon Ross, “Momentum Transfer Analysis of the Collapse of the Upper Storeys of WTC 1,” Journal of 9/11 Studies, Vol. 1: June 2006 (http://www.journalof911studies.com/articles/Journal_5_PTransferRoss.pdf) : 32-39, at 37.
  10. NIST, “Answers to Frequently Asked Questions,” Question 7.
  11. Alexander Cockburn, “The 9/11 Conspiracy Nuts: How They Let the Guilty Parties of 9/11 Slip Off the Hook,” Counterpunch, September 9/10, 2006 (http://www.counterpunch.org/cockburn09092006.html).
  12. Hayes, “9/11: The Roots of Paranoia.”
  13. Thomas W. Eagar and Christopher Musso, “Why Did the World Trade Center Collapse? Science, Engineering, and Speculation,” JOM, 53 (12), 2001 (http://www.tms.org/pubs/journals/jom/0112/eagar/eagar-0112.html).
  14. NIST NCSTAR 1, Final Report on the Collapse of the World Trade Center Towers, 90.
  15. Don Paul and Jim Hoffman, Waking Up from Our Nightmare: The 9/11/01 Crimes in New York City (San Francisco: Irresistible/Revolutionary, 2004), 34.
  16. Steven Jones, “Why Indeed Did the WTC Buildings Completely Collapse?” Journal of 9/11 Studies, Vol. 3 (September 2006), 1-47, at 28 (http://www.journalof911studies.com/volume/200609/Why_Indeed_Did_the_WTC_Buildings_Completely_Collapse_Jones_Thermite_World_Trade_Center.pdf).
  17. Quoted in Liz Else, “Baltimore Blasters” (see note 50, above).
  18. “Request for Correction Submitted to NIST.”
  19. The statement by Deets is at Architects and Engineers for 9/11 Truth (http://www.ae911truth.org/profile.php?uid=998819).
  20. See “911 Eyewitness: Huge Steel Sections Ejected More than 600 Feet” (http://video.google.com/videoplay?docid=1807467434260776490), or “9/11 Mysteries: Demolition” (http://video.google.com/videoplay?docid=-1337231563159418946#).
  21. Sunder, “Opening Statement.”
  22. NIST NCSTAR 1A: xxxvi.
  23. NIST NCSTAR 1-9, Vol. 1: 125.
  24. NIST NCSTAR 1A: 16.
  25. NIST NCSTAR 1, Final Report on the Twin Towers, 183, 184.

 

Traduction Corto pour ReOpenNews

Note ReOpenNews :

(*) : La nanothermite n’est pas exactement un explosif, mais un accélérateur thermique ultrapuissant permettant, une fois mis à feu, de faire monter en température instantanément le matériau à son contact au point de le liquéfier

 

Partie IV

Question de David Ray Griffin aux principaux détracteurs de la Gauche américaine qui critiquent le Mouvement pour la vérité sur le 11-Septembre : Croyez-vous vraiment aux miracles ?

02 février, 2011 by GeantVert

Suite de l’analyse par le professeur David Ray Griffin des invraisemblances de la version officielle sur les effondrements des trois Tours du WTC le 11 septembre 2001. Dans cette 4e partie, il est plus particulièrement question des étranges caractéristiques des incendies qui sont, officiellement, venus à bout de la résistance de la structure en acier des Tours.

Aux principaux détracteurs appartenant à la Gauche américaine qui critiquent le Mouvement pour la vérité sur le 11/9 : Croyez-vous vraiment aux miracles ?

Lettre ouverte à Terry Allen, Noam Chomsky, Alexander Cockburn, David Corn, Chris Hayes, George Monbiot, Matthew Rothshild, et Matt Taibbi.1

David Ray Griffin2GlobalResearch.ca, 6 juillet 2010

Introduction

I – L’accusation selon laquelle les théories du Mouvement pour la vérité sur le 11 Septembre reposent sur des croyances en des faits non scientifiques, voire magiques. 

II – Les miracles contenus dans les explications du NIST sur la destruction du World Trade Center

1. L’effondrement par le feu du Bâtiment 7 du WTC : Un apparent miracle
2. Effondrement du WTC7 : l’imitation parfaite d’une implosion
3. La descente du WTC7 en chute libre absolue
4. Les Tours Jumelles : effondrement quasiment à la vitesse de la chute libre

5. Les miracles à mi-hauteur de la tour sud
6. Éjections horizontales dans les Tours Jumelles
7. Des incendies qui font fondre le métal
8. Des feux impossibles à éteindre
9. Du soufre surnaturel

III Laquelle des théories du complot est véritablement un discrédit et une diversion ?

1. La peur du discrédit
2. La peur de la diversion

Conclusion

Traduction GV pour ReOpenNews

II.7.     Des incendies qui font fondre le métal

Au vu des effets sans précédent étudiés plus haut, produits (selon la version officielle) par les incendies dans les tours du WTC, il semble bien que ces feux aient eu des pouvoirs miraculeux. Cette déduction se trouve renforcée par l’examen d’autres effets, encore plus extraordinaires.

De l’acier-gruyère. Dans les mois qui  ont suivi le 11/9, trois professeurs de l’Institut polytechnique de Worcester (WPI, au Massachusetts) ont publié un bref rapport sur une pièce métallique récupérée parmi les débris du WTC7, et ont expliqué qu’elle avait subi des "altérations microstructurelles", incluant une "fusion intergranulaire."87 Une version plus complète de ce rapport, qui contenait la description d’une pièce d’acier portant les mêmes traces d’érosion, mais provenant d’une des deux Tours Jumelles, figure en annexe du premier rapport officiel sur la destruction des Tours Jumelles rédigé par la FEMA en 2002.88

Un article du New York Times, faisant remarquer que certaines de ces pièces d’acier avaient "littéralement fondu", même si "aucun incendie dans aucun des bâtiments n’avait vraisemblablement atteint des températures suffisantes pour faire fondre l’acier", affirmait que ces découvertes constituaient "peut-être le plus grand mystère non élucidé par l’enquête."89 Dans un article décrivant de façon plus détaillée ces mystérieux morceaux d’acier, et intitulé "Le grand mystère de l’acier fondu", le magazine du WPI expliquait :

"L’acier – dont le point de fusion est de 2 800°F (1 538°C) – peut s’affaiblir et se tordre, mais ne peut pas fondre lors d’un incendie de bureau. Et pourtant… une colonne [d’acier] épaisse de 3,5 cm a vu son épaisseur réduite de moitié. Ses angles – froissés comme du vieux parchemin –  ont été rendus presque aussi tranchant qu’un rasoir. Des trous béants, certains larges comme une pièce de monnaie (silver dollar) – laissent passer la lumière à travers ce qui était auparavant l’aile d’une poutre. Cet aspect de "gruyère" a choqué tous les professeurs spécialistes du feu, qui s’attendaient à trouver des déformations et des effets de cintrage, mais certainement pas des trous."90

Les propos d’un des trois professeurs du WPI, Jonathan Barnett, furent cités par le Times, lorsqu’il écrivait que l’acier "semblait s’être en partie évaporé à des températures extraordinairement élevées."91

Le fait que l’acier se soit effectivement  évaporé – et n’ait pas simplement "fondu"- fut aussi rapporté dans un autre article du New York Times. Le professeur Abolhassan Astaneh-Asl de l’université de Californie à Berkeley, en évoquant l’une des poutres horizontales en forme de I du WTC7, aurait expliqué qu’ "une partie de la portion plate supérieure du I, qui était auparavant d’1,5 cm d’épaisseur, s’était vaporisée."92

Pourquoi ces phénomènes tiennent-ils du miracle ? Parce que des incendies, même dans des conditions idéales (lesquelles n’étaient pas présentes), ne peuvent pas dépasser les 1 800°F (température maximale possible pour des feux de bureau à base d’hydrocarbures – c’est comme cela que l’on nous a décrit ces feux), alors que le point de fusion et le point d’ébullition de l’acier se situent légèrement plus bas que ceux du fer qui sont respectivement de 2 800°F et 5 182°F (2 861°C).93 Donc si l’on accepte la version officielle selon laquelle la chaleur provenait exclusivement des feux du bureau, il faut bien accepter le fait que ces feux possédaient des pouvoirs extraordinaires.

Le National Institute of Standards and Technology (NIST), qui prit le relais de la FEMA pour la rédaction des rapports officiels sur le WTC, a évité de traiter ce problème en omettant tout simplement de parler de ces pièces d’acier, bien que deux d’entre elles aient été  mentionnées en annexe du rapport de la FEMA. Le NIST a même affirmé qu’aucun acier récupéré au WTC7 n’avait pu être identifié du fait que, contrairement à celui utilisé dans les Tours Jumelles, "il ne contenait aucune caractéristique particulière [permettant de] l’identifier."94

Toutefois, par cette affirmation, il est clair que le NIST ne dit pas la vérité. Et pour une raison simple ; le NIST a publié un document dans lequel il fait référence à de l’acier récupéré au WTC7 – y compris la pièce dont parlent les professeurs du WPI.95 De plus, l’affirmation du NIST selon laquelle aucun acier du WTC7 n’a pu être identifié a été faite en août 2008, peu après la diffusion en juillet 2008 de l’émission de la BBC sur le WTC7, dans laquelle un de ces professeurs du WPI, Jonathan Barnett, avait parlé d’un morceau d’acier "érodé et déformé" provenant du WTC7, que lui et ses collègues avaient examiné en 2001. Ces professeurs connaissaient sa provenance, a expliqué Barnett, car ce type bien particulier d’acier avait été utilisé dans le WTC7 et pas dans les Tours Jumelles.96

Donc, bien que le NIST parle de la chute du WTC7 comme de "la première occurrence d’un effondrement total d’un gratte-ciel à cause d’incendies"97, il est prouvé qu’il avait connaissance d’une pièce d’acier récupérée [dans les débris] de ce bâtiment que seul un incendie [aux pouvoirs] miraculeux pouvait générer. De même, il est certain que le NIST avait connaissance de la pièce présentant les mêmes traces d’érosion et provenant d’une des Tours Jumelles, qui avait également été mentionnée par les professeurs du WPI dans leur article figurant en annexe du rapport de la FEMA de 2002.

Si les incendies dans le WTC7 et les Tours Jumelles avaient des pouvoirs miraculeux, on pouvait s’attendre à ce que d’autres effets extraordinaires soient découverts, et ce fut effectivement le cas.

Du métal fondu. Le groupe RJ Lee, une organisation de recherche scientifique, fut mandaté par la Deutsche Bank, qui possédait un bâtiment tout près du World Trade Center, pour prouver que la poussière qui avait contaminé ce bâtiment après le 11/9 n’était pas de la poussière ordinaire, comme l’affirmait sa compagnie d’assurance, mais provenait de la destruction du World Trade Center. Le rapport du groupe RJ Lee montra que la poussière [retrouvée] dans le bâtiment de la banque possédait la même signature chimique – unique – que celle provenant des Tours Jumelles, caractérisée entre autres par des "particules sphériques de fer"98. Et l’on trouvait une quantité énorme de ces particules : alors que les particules de fer constituent habituellement environ 0,04% de la poussière d’un bâtiment, elles représentaient 5,87% de celle du WTC.99 La présence de ces sphères, expliquait le groupe RJ Lee, prouve que du fer a été "fondu pendant les événements du WTC."100 Les scientifiques de l’Environmental Protection Authority (EPA) qui ont mené l’étude sur les poussières du WTC, avaient à un moment donné envisagé de mentionner les "particules de fer" parmi les composants ; il serait intéressant de savoir pourquoi cette idée a été abandonnée.101

En tout cas, la détection de particules de fer à la fois par l’Environmental Protection Authority et par le groupe RJ Lee constitue encore un nouveau miracle, pour la raison donnée plus haut : le point de fusion du fer est de 2 800°F mais les feux du WTC n’ont pas pu dépasser les 1 800°F.102

Du molybdène fondu. Les scientifiques de l’US Geological Survey (USGS), lors d’une étude destinée à aider à "l’identification des éléments contenus dans la poussière du WTC", ont mis à jour un effet de ces feux encore plus miraculeux. Outre la découverte de particules sphériques riches en fer, ces scientifiques ont trouvé que du molybdène, dont le point de fusion est de 4 753°F (2 623°C) avait lui aussi fondu. Et malgré le fait que ces scientifiques du USGS ont omis de le mentionner lors de la publication de leur rapport,103 une autre équipe de scientifiques qui a obtenu les résultats du groupe de l’USGS via une requête FOIA (Freedom of Information Act), a apporté des preuves selon lesquelles les scientifiques de l’USGS avaient effectué une étude détaillée d’une "particule sphérique riche en molybdène."

II.8.     Des feux impossibles à éteindre

S’ajoutant à la faculté de produire les effets miraculeux décrits plus haut, les incendies du WTC avaient aussi celle d’être impossible à éteindre. Le fait que les incendies aient continué de brûler dans les ruines de Ground Zero pendant plusieurs mois, malgré toutes les tentatives pour les éteindre, a été largement rapporté [par les médias]. Le titre d’un article du New York Times de la mi-novembre, deux mois après les attentats, parlait des "feux les plus tenaces". Un autre article du New Scientist paru en décembre s’intitulait "Les feux de Ground Zero brûlent encore." Des incendies extrêmement chauds ont continué de brûler sous la pile de débris de Ground Zero, indiquaient ces articles, malgré les grosses averses, les millions de litres d’eau déversés sur le tas de débris, et les inhibiteurs chimiques qui y ont été injectés.105

D’après Greg Fuchek, vice-président d’une société fournissant des équipements informatiques capables d’identifier des restes humains sur le site, les conditions de travail à Ground Zero restèrent "infernales"  pendant six mois, car la température du sol atteignait entre 600 et 1 500°F (soit 315 et 815°C).106

Ces feux inextinguibles restaient un mystère. En admettant que la version officielle sur la destruction du World Trade Center soit vraie, il ne se trouvait rien d’autre dans cette pile de débris que du matériel de construction [et de bureau] ordinaire, qui ne peut brûler qu’en présence d’oxygène. Mais il aurait dû y avoir très peu d’oxygène disponible dans cette montagne de débris compact, et aux endroits où il y en avait, les feux auraient dû être facilement éteints par les énormes quantités d’eau et d’inhibiteurs chimiques déversés sur la pile de débris. L’extraordinaire capacité de ces feux à continuer de brûler ne peut pas s’expliquer par la présence du carburant des avions (auquel certains semblent accorder des pouvoirs miraculeux alors que ce n’était que du kérosène), puisque celui-ci s’est entièrement consumé en quelques minutes, comme expliqué plus haut.

Une explication qui ne fait pas appel à des miracles en série nous est suggérée par la découverte d’une grande quantité de résidus de nanothermite dans les poussières du WTC, découverte qui fit l’objet d’une publication dans un journal scientifique à comité de lecture en 2009.107 Étant [un produit] à la fois incendiaire et explosif, la nanothermite est un de ces nombreux types de "nanocomposite énergétique" – décrit par un article de l’Environmentalist comme des "matériaux chimiques énergétiques, qui fournissent leur propre combustible et oxydant et ne sont pas affectés par l’eau, la poussière ou les inhibiteurs chimiques."108 La découverte de résidus de nanothermite dans la poussière fournit par conséquent une base empirique à une explication non miraculeuse de ces feux de longue durée à Ground Zero.

Selon la version officielle pourtant, les bâtiments se sont effondrés sans l’aide d’aucun produit incendiaire ou explosif. D’après le NIST, et comme nous l’avons vu plus haut, le WTC7 s’est effondré à cause de l’incendie, et cet incendie, ajoute le NIST, était "un feu de bureau ordinaire."109 Concernant les Tours Jumelles,  elles ont été détruites par un effet combiné de l’impact des avions et des feux qui s’en sont suivis : le NIST a explicitement rejeté "les hypothèses alternatives suggérant que les tours du WTC s’étaient effondrées suite à une démolition contrôlée à l’explosif." 110

Par conséquent, pour tous ceux qui acceptent la version officielle, les feux impossibles à éteindre de Ground Zero fournissent une nouvelle démonstration des pouvoirs miraculeux que possédaient les incendies du World Trade Center.

II.9.     Du soufre surnaturel

Dans la section 7 plus haut, j’ai parlé de ces deux pièces d’acier-gruyère qui ont été récupérées dans les décombres du World Trade Center – l’une provenant du WTC7 et l’autre des Tours Jumelles. Mais je n’ai pas encore parlé d’une caractéristique fondamentale de ces morceaux d’acier, qui est la raison principale pour laquelle le New York Times a dit d’elles que c’était la "chose la plus mystérieuse."

Il s’agit du fait que la réduction de l’épaisseur de cet acier était le résultat, selon le rapport des trois professeurs du WPI, d’une "sulfuration", bien qu’il n’y ait pas d’explication sur la provenance du soufre ou sur le mécanisme par lequel il s’est introduit dans l’acier. D’après les analyses préliminaires rapportées par les professeurs, peut-on lire dans un article du New York Times, "le soufre libéré pendant les incendies – personne ne sait d’où il vient – a pu se combiner avec les atomes d’acier pour former des composants qui ont fondu à des températures plus basses."111

Ce phénomène a été débattu de façon plus exhaustive dans l’article "Le grand mystère de l’acier fondu" (“The ‘Deep Mystery’ of Melted Steel”) paru dans le magazine du WPI, et qui attribuait les trous et la réduction de l’épaisseur [de l’acier]  à une "réaction eutectique*" survenue à la surface et ayant causé une fusion intergranulaire capable de transformer une solide poutre d’acier en un véritable gruyère."112

Pour résumer leurs découvertes mentionnées dans l’annexe du rapport de la FEMA, les trois professeurs ont écrit :

"La réduction de l’épaisseur de l’acier s’est produite sous l’effet d’un corrosion à haute température due à une combinaison d’oxydation et de sulfuration."

"L’échauffement de l’acier dans un environnement hautement corrosif approchant les 1 000°C (1 832°F) a eu pour effet la formation d’une mixture eutectique de fer, d’oxygène et de soufre qui a fait fondre l’acier."

"L’action de sulfuration des joints [constitués de grains] d’acier a accéléré l’érosion et la corrosion de l’acier."113

Puis, après avoir parlé de la sulfuration dans chacun des trois points ci-dessus, les professeurs ont ajouté : "L’importante corrosion et l’érosion qui s’en est suivie sur les échantillons 1 et 2 constituent un événement tout à fait inhabituel. Aucune explication claire sur l’origine du soufre n’a été trouvée. (…) Une étude détaillée des mécanismes ayant engendré ce phénomène est nécessaire."114

Pourtant, bien qu’Arden Bement, le directeur du NIST au moment où celui-ci a pris le relais de la FEMA sur le projet WTC, ait déclaré que le rapport du NIST répondrait "à toutes les recommandations importantes contenues dans le rapport [de la FEMA],"115 le NIST a [royalement] ignoré cette recommandation. De fait, comme nous l’avons vu plus haut, il n’a même pas parlé de ces pièces d’acier trouées comme du gruyère.

Aussi, lorsque plus tard on a questionné le NIST à propos de la sulfuration, l’institut a tenté de maintenir la position selon laquelle l’origine du soufre n’était absolument pas un mystère, expliquant que "le soufre est présent dans le gypse des plaques de plâtre qui se trouvaient souvent à l’intérieur des cloisons".116

Mais il y a trois problèmes avec cette explication. Premièrement, le gypse est du sulfate de calcium, et donc si tout le soufre découvert provenait du gypse des plaques de plâtre, il aurait dû y avoir une proportion équivalente de calcium. Pourtant, ce ne fut pas le cas.117

Deuxièmement, les professeurs du WPI n’ont pas seulement écrit qu’il y avait du soufre dans les débris, mais que l’acier avait été "sulfuré". Cela signifie que le soufre a pénétré dans la structure intergranulaire de l’acier (ce que l’article du New York Times a indiqué en écrivant que le soufre "s’était combiné avec les atomes de l’acier"). Comme l’explique le chimiste Kevin Ryan, la question à laquelle le NIST devrait répondre est la suivante : "Comment les sulfates provenant des plaques de plâtre ont-elles fait pour pénétrer dans la microstructure intergranulaire de l’acier et y former ainsi des sulfures ?"118 Le professeur Steven Jones a ajouté :

"Si le NIST affirme que le soufre présent dans l’acier provient du gypse, il pourrait effectuer un test simple en chauffant de l’acier à environ 1 000°C en présence de gypse et vérifier si le soufre pénètre dans l’acier…Il découvrira que dans de telles circonstances, le soufre n’entre pas dans l’acier."119

Le professeur de chimie Niels Harrit a expliqué pourquoi il n’y pénètrerait pas : bien que le gypse contienne en effet du soufre, ce n’est pas du soufre "élémentaire", celui qui pourrait réagir avec l’acier, mais du soufre sous forme de sulfate de calcium, qui lui ne peut pas.120

La version officielle de la destruction des tours du World Trade Center, implique par conséquent que l’acier sulfuré a été produit au moyen d’un double miracle : en plus du fait que les incendies, comme nous l’avons vu plus haut, n’auraient pu faire fondre l’acier que s’ils avaient possédé des pouvoirs miraculeux, le soufre de ces plaques de plâtre n’aurait pu pénétrer dans l’acier fondu que grâce à des pouvoirs surnaturels.

Encore une fois, une explication, rationnelle celle-ci, existe : il suffit de supposer que de la thermate, un incendiaire bien connu, a été utilisé. Comme l’écrit Steven Jones :

"La réaction de la thermate est très rapide, et est même généralement plus rapide que la thermite de base pour couper l’acier, à cause de la présence du soufre. (L’élément Soufre forme avec le fer une [réaction] eutectique permettant une température de fonte plus basse.)"121

En plus de fournir une explication à la réaction eutectique, la thermate pourrait aussi, comme l’indique le professeur Jones, expliquer la fusion, l’oxydation et la sulfuration de l’acier :
"Quand vous mettez du soufre dans la thermite, cela permet de faire fondre l’acier à une température plus basse, et au lieu de fondre à environ 1 538°C (2 800°F), il fond autour de 988°C (1 820°F), et vous obtenez les effets de sulfuration et d’oxydation sur l’acier attaqué."122

Malgré tout, le NIST persiste à dire qu’aucun produit incendiaire n’a été utilisé : le WTC7 a été détruit uniquement par le feu ; les Tours Jumelles par les incendies combinés aux dommages causés par l’impact des avions. Ceux qui acceptent cette version officielle sont donc bien obligés d’admettre encore l’existence d’un autre miracle.

Notes de l’auteur (en FR) :

Comme le savent ceux qui connaissent l’histoire de la théologie moderne, l’un de ses écrits de référence furent les discours de Friedrich Schleiemacher’s sur la "Religion et des détracteurs cultivés" (1799). Ces "détracteurs cultivés" de la religion étaient des personnes que Schleiermacher admirait et avec lesquelles il était en accord sur bien des points. Il pensait cependant qu’ils se fourvoyaient à propos de la religion, principalement du fait qu’ils n’en saisissaient ni sa vraie nature, ni l’expérience sur laquelle elle se fonde. Je m’adresse à ceux que j’appelle "les détracteurs de gauche du Mouvement pour la Vérité sur le 11/9" dans le même état d’esprit.

David Ray Griffin est l’auteur de 36 ouvrages abordant différent sujets : la philosophie, la théologie, la philosophie des religions, la philosophie de la Science, ainsi que le 11-Septembre et l’Impérialisme US. En septembre 2009, la revue The New Statesman l’a placé en 41e position parmi les "50 personnalités qui comptent aujour’dhui". Son plus récent livre s’intitule "The Mysterious Collapse of World Trade Center 7: Why the Final Official Report about 9/11 is Unscientific and False" (2009) [en français : Le mystérieux effondrement du WTC7 : pourquoi le rapport officiel sur le 11-Septembre est non scientifique et faux]. Son prochain livre portera le titre "Cognitive Infiltration: An Obama Appointee’s Plan to Undermine the 9/11 Conspiracy Theory" (September 2010) [en français : L'infiltration cognifive : Un responsable nommé par Obama prévoit de saper les théorie du compot sur le 11/9]. Il remercie quatre scientifiques : Jim Hoffman, Frank Legge, Kevin Ryan, et John Wyndham – et trois autres formidables critiques  – Matthew Everett, Tod Fletcher, etElizabeth Woodworth – pour leur aide à l’écriture de cet ouvrage.

[...]

Jonathan Barnett, Ronald R. Biederman, and Richard D. Sisson, Jr., “An Initial Microstructural Analysis of A36 Steel from WTC Building 7,” JOM 53/12 (2001), 18 (http://www.tms.org/pubs/journals/JOM/0112/Biederman/Biederman-0112.html).

Jonathan Barnett, Ronald R. Biederman, and R. D. Sisson, Jr., “Limited Metallurgical Examination,” Appendix C of World Trade Center Building Performance Study, FEMA, 2002 (http://www.fema.gov/pdf/library/fema403_apc.pdf).

James Glanz and Eric Lipton, “A Search for Clues in Towers’ Collapse,” New York Times, February 2, 2002 (http://query.nytimes.com/gst/fullpage.html?res=9C04E0DE153DF931A35751C0A9649C8B63).

Joan Killough-Miller, “The ‘Deep Mystery’ of Melted Steel,” WPI Transformations, Spring 2002  (http://www.wpi.edu/News/Transformations/2002Spring/steel.html).

James Glanz, “Engineers Suspect Diesel Fuel in Collapse of 7 World Trade Center,” New York Times, November 29, 2001 (http://www.nytimes.com/2001/11/29/nyregion/29TOWE.html). I have here quoted Glanz’s paraphrase of Barnett’s statement.

See Kenneth Change, “Scarred Steel Holds Clues, And Remedies,” New York Times, October 2, 2001 (http://query.nytimes.com/gst/fullpage.html?res=9B05E6DC123DF931A35753C1A9679C8B63).

WebElements: The Periodic Table on the Web: Iron (http://www.webelements.com/iron/physics.html).

“Questions and Answers about the NIST WTC 7 Investigation,” August 21, 2008 (http://911research.wtc7.net/mirrors/nist/wtc_qa_082108.html). This statement was repeated in a version of this document that was updated April 21, 2009 (http://911research.wtc7.net/mirrors/nist/wtc_qa_042109.html). Thanks to Jim Hoffman for preserving these documents at his website, after NIST had removed them from its own website.

See NIST NCSTAR 1-3C, Damage and Failure Modes of Structural Steel Components, September 2005 (http://wtc.nist.gov/NCSTAR1/PDF/NCSTAR%201-3C%20Damage%20and%20Failure%20Modes.pdf), in which the authors, Stephen W. Banovic and Timothy Foecke, referred to “the analysis of the steel from WTC 7 (Sample #1 from Appendix C, BPAT/FEMA study) where corrosion phases and morphologies were able to determine a possible temperature region” (233).

The Conspiracy Files: 9/11 – The Third Tower, BBC, July 6, 2008 (available at http://video.google.com/videoplay?docid=9072062020229593250# and http://www.911blogger.com/node/16541); the statement by Barnett is at 48:00. I am indebted to Chris Sarns for this discovery as well as the one in the previous note. Barnett during this interview, incidentally, speculated that the steel had “cooked” in the underground fire. This explanation was, however, deceptive at best, for three reasons: First, the effects being discussed by Barnett could have been caused only by something producing much higher temperatures than ordinary hydrocarbon fires could have produced – fires fueled, for example, by nanothermite or some other energetic nanocomposites, as explained below in Section 8. The second and third reasons also involve facts discussed in that section: Ordinary hydrocarbon fires would not have been able to keep burning underground without oxygen; and they would, in any case, have been extinguished by the water and chemical suppressant that were pumped into the rubble.

“NIST WTC 7 Investigation Finds Building Fires Caused Collapse.”

RJ Lee Group, “WTC Dust Signature,” Expert Report, May 2004 (http://www.nyenvirolaw.org/WTC/130%20Liberty%20Street/Mike%20Davis%20LMDC%20130%20Liberty%20Documents/Signature%20of%20WTC%20dust/WTCDustSignature_ExpertReport.051304.1646.mp.pdf) : 11.

RJ Lee Group, “WTC Dust Signature Study: Composition and Morphology,” December 2003 (http://www.nyenvirolaw.org/WTC/130%20Liberty%20Street/Mike%20Davis%20LMDC%20130%20Liberty%20Documents/Signature%20of%20WTC%20dust/WTC%20Dust%20Signature.Composition%20and%20Morphology.Final.pdf): 24.

 Ibid., 17.

See “Comments on WTC Signature Study and Peer Review from Greg Meeker, Paul Lioy and Mort Lippmann, November 3, 2005” (http://www.epa.gov/wtc/panel/pdfs/SubGroupComments_110305.pdf). I am indebted to Kevin Ryan for this information.

WebElements: The Periodic Table on the Web: Iron (http://www.webelements.com/iron/physics.html).

Heather A. Lowers and Gregory P. Meeker, U.S. Geological Survey, U.S. Department of the Interior, “Particle Atlas of World Trade Center Dust,” 2005 (http://pubs.usgs.gov/of/2005/1165/508OF05-1165.html).

Steven E. Jones et al., "Extremely High Temperatures during the World Trade Center Destruction," Journal of 9/11 Studies, January 2008 (http://journalof911studies.com/articles/WTCHighTemp2.pdf): 4.

Eric Lipton and Andrew C. Revkin, “The Firefighters: With Water and Sweat, Fighting the Most Stubborn Fire,” New York Times, November 19, 2001 (http://www.nytimes.com/2001/11/19/nyregion/19FIRE.html); Jonathan Beard, “Ground Zero’s Fires Still Burning,” New Scientist, December 3, 2001 (http://www.newscientist.com/article.ns?id=dn1634).

Trudy Walsh, “Handheld APP Eased Recovery Tasks,” Government Computer News, 21/27a: September 11, 2002 (http://911research.wtc7.net/cache/wtc/evidence/gcn_handheldapp.html).

Niels H. Harrit, Jeffrey Farrer, Steven E. Jones, et al., “Active Thermitic Material Observed in Dust from the 9/11 World Trade Center Catastrophe,” The Open Chemical Physics Journal, 2009, 2: 7-31 (http://www.bentham.org/open/tocpj/openaccess2.htm). [Note du 24 février 2011 : le document a disparu sans explications du site Web Bentham.org. Nous avons sauvegardé le fichier PDF ici]

Kevin R. Ryan, James R. Gourley, and Steven E. Jones, “Environmental Anomalies at the World Trade Center: Evidence for Energetic Materials,” The Environmentalist, 29 (2009): 56-63, at 58, 56.

NCSTAR 1-9, Vol. 1: 330.

NIST, “Answers to Frequently Asked Questions,” Question 2.

Glanz and Lipton, “A Search for Clues in Towers’ Collapse.”  

Killough-Miller, “The ‘Deep Mystery’ of Melted Steel.”

Barnett, Biederman, and Sisson, “Limited Metallurgical Examination.”

Ibid., C-13.

Dr. Arden L. Bement, Jr., Testimony before the House Science Committee Hearing on “The Investigation of the World Trade Center Collapse,” May 1, 2002 (http://911research.wtc7.net/cache/wtc/official/nist/bement.htm). In the quoted statement, the name “FEMA” replaces “BPAT,” which is the abbreviation for “Building Performance Assessment Team,” the name of the ASCE team that prepared this report for FEMA.

“Answers to Frequently Asked Questions,” NIST, Question 12.

Jones et al., "Extremely High Temperatures during the World Trade Center Destruction,” 3.

Email letter from Kevin Ryan, October 16, 2008.

Email letter from Steven Jones, October 17, 2008.

Personal communications from Niels Harrit, May 8, 2009, and June 25, 2010.

Steven E. Jones, “Revisiting 9/11/2001: Applying the Scientific Method,” Journal of 9/11 Studies, Vol. 11: May 2007 (http://www.journalof911studies.com/volume/200704/JonesWTC911SciMethod.pdf), 81.

Ibid., 75.  

 Traduction GV pour ReOpenNews

 

 

Partie V

 Question de David Ray Griffin aux principaux détracteurs de la Gauche américaine qui critiquent le Mouvement pour la vérité sur le 11-Septembre : Croyez-vous vraiment aux miracles ?

25 février, 2011 by GeantVert

Suite et fin de l’analyse par le professeur David Ray Griffin du traitement réservé par les leaders de la gauche  américaine aux arguments contestant la version officielle du 11-Septembre. Ce que David Ray Griffin explique pour la gauche américaine vaut aussi en France et certainement pour de nombreux pays occidentaux, à savoir qu’on ne peut ignorer l’impact de l’acceptation quasi unanime de la version officielle des événements du 11-Septembre sur la géopolitique mondiale et sur les guerres impérialistes anglo-américaines qui s’en sont suivi, et que ceux qui militent pour plus de justice, pour l’arrêt des guerres et des abus contre les libertés seraient bien inspirés de répondre aux questions que M. Griffin leur pose dans ce texte remarquable.

 III Laquelle des théories du complot est véritablement un discrédit et une diversion ?

1. La peur du discrédit
2. La peur de la diversion

Conclusion
 

 Traduction Buzz L’éclair / GV pour ReOpenNews

III.     Laquelle des théories du complot est véritablement un discrédit et une diversion ?

Au vu des faits énoncés précédemment, je pose la question à Terry Allen, David Corn, Noam Chomsky, Alexander Cockburn, Chris Hayes, George Monbiot, Matthew Rothschild, et Matt Taibbi : vous sentez-vous toujours à l’aise en soutenant le récit officiel de la destruction du World Trade Center ?

Une étude sur les "Crimes d’État contre la démocratie" parue dans l’un des principaux journaux en sciences sociales, l’American Behavioral Scientist123 s’est récemment intéressée à cette question. Comparant la "doctrine secrète d’Orwell" du 2+2=4, que les intellectuels doivent protéger durant les périodes sombres, avec les lois fondamentales de la physique, un des auteurs de l’étude a critiqué "l’incroyable silence intellectuel qui a permis d’ignorer royalement plusieurs lois de la thermodynamique lors de l’effondrement du World Trade Center".124 Ce silence est en partie celui du milieu académique qui n’a pas protesté lorsque le "professeur Steven Jones a été démis de son poste pour avoir simplement rappelé au monde que les lois de la physique, que personne ne remet en cause, sont incompatibles avec la théorie officielle sur la chute des tours du WTC."125

Je me demande si vous êtes toujours aussi à l’aise en apportant votre soutien au NIST lorsque celui-ci "ignore royalement" certains principes incontestés de la physique – comme le fit Cockburn lorsqu’il se moqua du Mouvement pour la vérité sur le 11/9 et de ses "litanies délirantes à propos… de l’effondrement des tours du WTC", ou Matt Taibbi, quand il évoque de façon si méprisante les "soi-disant anomalies de la physique liées à la chute du WTC7"126 J’aurais pensé que s’il existait de bonnes raisons de suspecter que ces principes de la physique avaient été violés dans le but de dissimuler un crime d’État majeur contre la démocratie, vous auriez été particulièrement gênés de lui apporter votre soutien.

Certains d’entre vous ont manifesté une crainte évidente de voir la gauche discréditée si elle se mettait à approuver les théories du complot sur le 11/9. À sa propre question datant de 2007 "Pourquoi est-ce que je me préoccupe de ces crétins ?", George Monbiot répondit : "Parce qu’ils détruisent le mouvement que quelques-uns parmi nous ont mis de longues années à essayer de bâtir."127 En 2009, David Corn a écrit : "Lorsque les théories du complot sur le 11/9 ont commencé à émerger à gauche, j’ai écrit plusieurs articles les dénigrant, de peur que ces idées hasardeuses n’affectent la gauche et d’autres milieux – discréditant quiconque s’en approcherait."128

De plus, certains d’entre vous se sont opposés au 9/11 Truth Movement au titre qu’il détournait l’attention de problèmes réellement importants. Les théories du complot sur le 11/9, écrivait Corn en 2002, servent à "distraire le peuple des vrais méfaits."129 Cockburn renchérit en 2006 lorsqu’il écrivit :

"Les cinglés de la conspiration se sont alliés pour mettre sur pied une gigantesque diversion."130 La même année, Chomsky disait : "L’une des conséquences majeures du Mouvement [pour la vérité] sur le 11/9 a été de détourner une quantité énorme d’énergie et d’efforts loin d’un activisme dirigé vers les vrais crimes d’État en cours actuellement."131 Et Monbiot, citant en 2007 quelques-unes des questions réellement importantes desquelles, de son point de vue, la théorie du complot sur le 11/9 nous avait écartés, mentionnait "le changement climatique, la guerre en Irak, la prolifération nucléaire, les inégalités, … [le fait] que le pouvoir des multinationales pèse trop lourdement sur nos démocraties [et] que les criminels de guerre, les escrocs et les menteurs n’ont pas à répondre de leurs actes."132

Je vais aborder dans l’ordre ces deux craintes – celle du discrédit, et celle de la diversion.

III. 1.     La peur du discrédit

Vous avez tout à fait raison de craindre que la gauche soit discréditée si elle s’alignait sur une théorie du complot invraisemblable scientifiquement, voire absurde. Il est cependant difficile d’imaginer ce qui pourrait plus discréditer la gauche que le fait de voir certains de ses meneurs approuver la théorie conspirationniste de l’administration Bush-Cheney sur le 11/9, surtout lorsque les scientifiques et professionnels qualifiés sont de plus en plus nombreux à pointer du doigt ses absurdités.

Théories du Complot et Récit officiel du 11/9 :

Je me rends bien compte que la plupart d’entre vous ne parviennent pas à admettre que la version officielle sur le 11/9 est elle aussi une théorie du complot, étant donné la partialité et le caractère propagandiste avec lesquels ce terme est communément employé désormais. Comme l’explique le philosophe néozélandais Charles Pigden dans un superbe texte intitulé : "Théories du complot et sagesse conventionnelle" :

"Qualifier quelqu’un de "théoricien du complot" revient à suggérer que cette personne est irrationnelle, paranoïaque ou perverse. Et, bien souvent, cela revient à dire que les théories du complot ne sont pas seulement suspectes, mais invraisemblables, et tellement absurdes qu’elles ne méritent même pas qu’on perde du temps à les réfuter."133

Pourtant, continue Pigden, utiliser ce terme dans ce sens est malhonnête intellectuellement, car "une théorie du complot est simplement une théorie qui présuppose un complot – un plan secret d’un groupe pour influencer le cours des événements par quelque moyen secret."134 Et, en partant de cette définition relativement neutre donnée par le dictionnaire :

"Toute personne possédant une certaine culture politique et historique est un grand théoricien du complot, puisque chacune d’elles souscrit à toute une série de théories du complot… Il existe de nombreux faits qui n’admettent aucune autre explication que "conspirationniste" et nombreuses sont les théories de la conspiration qui sont [maintenant] suffisamment fondées pour être qualifiées de "connaissances". Il est [extrêmement difficile] d’organiser un coup d’État [ou un assassinat] sans qu’il y ait complot…Par conséquent, quiconque ayant connaissance des Ides de Mars ou de l’assassinat de l’archiduc Franz Ferdinand ou du Tsar Alexandre II est bien obligé de souscrire à une théorie du complot, et donc d’être un théoricien du complot."135

À la lecture de la définition relativement neutre du terme [de théorie du complot] fournie par Pigden, nous sommes tous des théoriciens du complot au sujet du 11/9, et pas seulement ceux qui croient que le gouvernement US s’est rendu complice. D’après la théorie gouvernementale, les attentats du 11/9 sont le résultat d’un complot entre Oussama ben Laden, certains leaders d’al-Qaïda (comme Khalid Sheikh Mohammed), et 19 jeunes membres d’al-Qaïda qui ont accepté de détourner des avions de ligne.136

L’incapacité à accepter ce fait peut avoir des conséquences absurdes. Par exemple, après qu’un article sur le 11/9 rédigé par l’ex-gouverneur du Minnesota Jesse Ventura, et paru sur le Huffington Post a été retiré [du site], l’éditeur de ce journal a fourni l’explication suivante : "La politique éditoriale du Huffington Post (HP) … interdit la promotion ou la promulgation de théories du complot – y compris celle sur le 11/9. En tant que telle, cette contribution a été supprimée." En réponse, j’ai souligné le fait que cette politique obligeait alors le HP à "ne pas accepter d’articles indiquant explicitement ou implicitement qu’al-Qaïda était responsable des attentats du 11/9." Ce point a été reconnu, ai-je ajouté, par l’ancien professeur de droit et actuel membre de l’administration Obama, Cass Sunstein – qui se référait à l’article de Charles Pigden cité plus haut. Lune des conséquences de cet état de fait, compte tenu de la politique [éditoriale] du Huffington Post, ai-je conclu, est que le HP "ne peut pas laisser le Président Obama dire que nous sommes en Afghanistan pour ‘chasser ceux qui nous ont attaqués le 11/9′, car il cautionnerait alors une théorie du complot sur le 11/9, celle du Bush et Cheney."138 Bien évidemment, ces incohérences n’ont par dérangé le Huffington Post qui n’a rien changé à sa politique éditoriale.

En tout cas, une fois que l’on reconnaît que les deux principales théories du complot sur le 11/9 sont des théories de la conspiration, le Mouvement pour la vérité sur le 11/9 ne peut rationnellement être rejeté du seul fait qu’il s’agit d’une théorie de la conspiration. Vouloir juger de façon rationnelle nécessite de comparer les deux théories de la conspiration pour voir laquelle est la plus plausible. Et lorsqu’on pose le problème de cette façon, la théorie officielle n’est pas à son avantage, que ce soit d’un point de vue scientifique ou simplement à première vue (prima facie).

Le non-sens le plus évident de la théorie officielle de la conspiration : même lorsqu’on ne fait que la survoler, les éléments centraux du récit officiel – en faisant évidemment abstraction du fait qu’il s’agit de la version officielle – sont absolument invraisemblables. Ils auraient même été beaucoup trop invraisemblables pour servir de scénario de complot dans un mauvais film hollywoodien. C’est un peu ce que Matt Taibbi a déclaré à propos des différentes allégations du Mouvement pour la vérité sur le 11/9, lorsqu’il disait que si l’on rassemble toutes ces affirmations dans un script cohérent, "on obtient l’une des histoires les plus ridicules depuis le film Pirates de Roman Polanski."139 Pourtant, mis à part le fait que Matt Taibbi n’étaye ce jugement d’aucun argument, il ignore tout simplement le caractère absurde de l’histoire officielle qui, résumée en une seule phrase, donne la chose suivante :

Des pirates musulmans inexpérimentés, armés seulement de couteaux et de cutters, ont pris le contrôle de quatre avions de ligne, et, déjouant l’ensemble du système de défense aérienne le plus sophistiqué du monde, ont utilisé deux de ces avions pour faire s’effondrer trois gratte-ciel (verticalement, quasiment à la vitesse de la chute libre)140, puis, presque une heure plus tard – alors que le système de défense aérienne US aurait dû être au plus haut niveau d’alerte – ont envoyé un troisième avion, sans se faire repérer, depuis le Midwest [États centraux du nord des États-Unis, NdT] jusqu’à Washington DC, où – grâce aux incroyables prouesses d’un homme qui n’avait jamais piloté un avion de ligne et qui était connu, d’après le New York Times, comme un “pilote lamentable”, incapable même de manœuvrer sans risques un petit avion – ce troisième avion de ligne a donc plongé suivant une trajectoire extrêmement difficile (estimée par plusieurs pilotes de ligne expérimentés comme "trop difficile pour eux") pour aller frapper le rez-de-chaussée du Pentagone – certainement le bâtiment le mieux protégé de la planète -, et cela, sans même endommager la pelouse devant le bâtiment.

Qu’est-ce qui pourrait davantage discréditer “la gauche” que le fait que vous qui faites partie de ses principaux porte-parole, ayez approuvé tant d’inepties ?

Les positions scientifiques des deux théories du complot.

En fait, il y a une chose qui pourrait être encore plus discréditante : si, après vous avoir signalé au moins neuf miracles auxquels cette version fait appel, vous ne parveniez pas à abandonner votre acceptation de celle-ci.

Aussi, les miracles contenus dans la version officielle ne sont pas les seuls à discréditer vos prises de position selon lesquelles la "vraie science" soutiendrait le récit officiel et non celui du 911 Truth Movement. Bien que cette affirmation ait pu être moins déraisonnable il y a quelques années, du moins par ceux qui ne pouvaient ou ne voulaient pas regarder les preuves en face, elle est bien évidemment tout à fait déraisonnable désormais, au vu de tous les éléments apparus ces dernières années.

En 2006, comme nous l’avons vu précédemment, Chomsky a suggéré qu’il existait deux tests décisifs concernant les preuves avancées par le 911 Truth Movement : (i) "les soumettre à des spécialistes possédant les compétences requises en génie civil mécanique, en sciences des matériaux, et en construction de bâtiments", (ii) "les soumettre à un journal sérieux à comité de lecture pour publication."

Commençons par le deuxième test : Quelques mois avant décembre 2006, au moment où Chomsky faisait cette suggestion, le physicien Steven Jones qui était à l’époque professeur à la Brigham Young University, lançait avec quelques autres scientifiques une nouvelle revue en ligne, le Journal of 9/11 Studies. Jusqu’à maintenant, cette revue a publié des dizaines d’articles [vérifiés par un] comité de lecture, dont 5 sont cités plus haut : “Pourquoi les bâtiments du WTC se sont-ils complètement effondrés ?” (par Jones lui-même) ; “11/9 : L’étude de l’accélération prouve la démolition contrôlée” (par Frank Legge) ; “Réexaminer le 11/9/2001, en appliquant la méthode scientifique” (par Jones) ; “Analyse du transfert de mouvement de l’effondrement des étages supérieurs du WTC1” (par Gordon Ross) ; et “Températures extrêmes lors de la démolition du World Trade Center” (par Jones et 7 autres scientifiques).

Évidemment, ceux qui restent sceptiques devant les affirmations du Mouvement pour la vérité sur le 11/9 supposeront – à tort, d’après ce que je sais – que ce journal, étant favorable à de telles thèses, possède un comité de lecture aux procédures tout sauf rigoureuses. Et ce que Chomsky avait suggéré, dans tous les cas, était que les scientifiques du Mouvement pour la vérité sur le 11/9 devraient soumettre des articles aux revues scientifiques majeures, pour voir s’ils passaient leurs procédures de comité de lecture.

Jones et d’autres scientifiques, décidant de relever le défi de Chomsky, ont commencé à travailler à la soumission d’articles, et depuis 2008, au moins six articles contestant le récit officiel [de l’effondrement du] WTC ont été publiés dans des revues grand public :

"Quatorze points de convergence avec les rapports officiels sur la destruction du World Trade Center", [traduit en français - NdT] par Steven E. Jones, Frank M. Legge, Kevin R. Ryan, Anthony F. Szamboti, et James R. Gourley, publié en 2008 dans l’Open Civil Engineering Journal.141

"Anomalies environnementales au World Trade Center : Preuves de la présence de matériaux énergétiques", par Kevin R. Ryan, James R. Gourley, et Steven E. Jones, publié en 2009 dans The Environmentalist.142

"Observation de matériau thermitique actif dans les poussières de la catastrophe du World Trade Center le 11/9", par le professeur Niels Harrit de l’Université de Copenhague et huit collègues (comprenant Jones, Ryan, Legge, et Gourley), publié en 2009 dans The Open Chemical Physics Journal.143

"Discussion sur "l’Effondrement progressif du World Trade Center : une analyse simple" de K.A. Seffen", par le physicien Crockett Grabbe, publié en 2010 dans le Journal of Engineering Mechanics, qui est diffusé par l’American Society of Civil Engineers (ASCE) [Société Américaine du Génie Civil, NdT].144

"Discussion sur la "Mécanique de l’effondrement progressif : Les enseignements du World Trade Center et des démolitions de bâtiments" de Zdenek P. Bazant et Mathieu Verdure", par l’ingénieur chimiste James R. Gourley, publié en 2010 dans le Journal of Engineering Mechanics de l’ASCE.145

"Discussion sur "Qu’est-ce qui a et n’a pas causé l’effondrement des Tours Jumelles du World Trade Center à New York ?" de Zdenek P. Bazant, Jia-Liang Le, Frank R. Greening, et David B. Benson", par Anders Björkman, publié en 2010 dans le Journal of Engineering Mechanics de l’ASCE.146

Vu le temps qu’il faut pour écrire un article scientifique et pour le voir passer les procédures de comité de lecture, et vu le nombre relativement réduit de scientifiques publiant sur ces questions, il s’agit là d’une réussite impressionnante. Cette partie du test [dont parlait] Chomsky semble bien avoir été passée avec succès.

Ces publications démontrent par ailleurs que bon nombre de ces mêmes scientifiques qui avaient publié dans le Journal of 9/11 Studies ont maintenant écrit des articles qui ont passé avec succès les procédures de comité de lecture dans des revues scientifiques majeures. Il n’y a ainsi aucune base empirique soutenant l’hypothèse selon laquelle la procédure de comité de lecture du Journal of 9/11 Studies est moins critique. Nous pouvons donc ajouter les 25 articles scientifiques sur les effondrements du WTC du Journal of 9/11 Studies aux 6 articles récemment parus dans les grandes revues, ce qui nous donne au total plus de 30 articles scientifiques à comité de lecture contestant la théorie officielle sur la destruction du WTC, parus depuis 2006.

Je reviens maintenant sur l’autre suggestion faite par Chomsky aux membres du Mouvement pour la vérité, en vue de tester les preuves matérielles qu’ils considèrent comme réfutant l’histoire officielle : "les soumettre à des spécialistes possédant les compétences requises en génie civil mécanique, en sciences des matériaux, et en construction de bâtiments". Cela a été fait, et suite à cela, le mouvement a vu un nombre toujours plus grand de spécialistes en sciences physiques, d’ingénieurs, et d’architectes le rejoindre.

Les spécialistes en sciences physiques (en plus de ceux déjà mentionnés) incluent :

Dr. A. K. Dewdney, professeur émérite de mathématiques et de physique, université de Western Ontario.

Dr. Timothy E. Eastman, consultant, Plasmas International, Silver Spring, Maryland.

Dr. Mark F. Fitzsimmons, maître de conférences en chimie organique, université de Plymouth.

Dr. David L. Griscom, ancien physicien chercheur du Naval Research Laboratory; principal auteur de cent articles pour des revues scientifiques; membre de l’American Physical Society et de l’American Association for the Advancement of Science (Association Américaine pour l’Avancée de la Science).

Dr. Jan Kjellman, chercheur en physique nucléaire et en nanotechnologie, école polytechnique fédérale, Lausanne.

Dr. Herbert G. Lebherz, professeur émérite, département de chimie, université d’État de San Diego.

Dr. Eric Leichtnam, professeur de mathématiques et de physique, université de Paris.

Dr. Terry Morrone, professeur émérite, département de physique, université d’Adelphi.

Dr. John D. Wyndham, ancien membre de la recherche, Institut de technologie de Californie.147

En ce qui concerne les architectes et les ingénieurs : En décembre 2006, quand Chomsky fit sa suggestion, pratiquement aucun architecte ou ingénieur n’avait remis en cause publiquement le compte-rendu officiel de la destruction du World Trade Center. Mais en janvier 2007, l’architecte Richard Gage, membre de l’American Institute of Architects (AIA), lança [l’association des] Architectes et Ingénieurs pour la vérité sur le 11/9, dont la liste de membres inclut aujourd’hui plus de 1 200 architectes et ingénieurs professionnels [1 400 au moment de la mise en ligne de cette traduction - NdT].

Voici quelques-uns de ces architectes :

Daniel B. Barnum, membre de l’AIA; fondateur du Comité d’architecture résidentiel de l’AIA de Houston.

Bertie McKinney Bonner, M. Arch [Master en architecture, NdT]; membre de l’AIA; architecte agréé de Pennsylvanie.

David Paul Helpern, membre de l’AIA ; fondateur de Helpern Architects.

Cynthia Howard, M. Arch ; architecte du Maine et du Massachusetts; ancienne présidente de la branche AIA en Nouvelle-Angleterre.

David A. Johnson, PhD, architecte et urbaniste internationalement reconnu ; a présidé les départements d’urbanisme des universités de Syracuse et de Ball State ; ancien président de la Fulbright Association aux États unis [Association d’échanges culturels et universitaires, NdT].

Kevin A. Kelly, membre de l’AIA; auteur de Problem Seeking: An Architectural Programming Primer, devenu un manuel de référence.

Anne Lee, M. Arch, membre de l’AIA; architecte agréée de l’État du Massachusetts.

Dr. David Leifer, coordinateur du programme d’étude supérieure en gestion des équipements, université de Sydney; ancien professeur de la Mackintosh School of Architecture.

Paul Stevenson Oles, membre de l’AIA, qui le nomma en 1989 “doyen aux USA des illustrateurs pour architecture”; cofondateur de la Société américaine des perspectivistes en architecture.

David A. Techau, B. Arch., MS [Bachelor en architecture, Master en science, NdT]; membre de l’AIA; architecte agréé à Hawaï.148

Voici quelques-uns des ingénieurs :

John Edward Anderson, PhD ; professeur émérite, ingénieur en mécanique, université du Minnesota ; ingénieur professionnel agréé (PE).

Robert Bowman, PhD; ancien chef du département d’ingénierie aéronautique de l’Institut de technologie de l’US Air Force; directeur du développement avancé des programmes spatiaux (“Star Wars”) sous les présidents Ford et Carter.

Ronald H. Brookman, Master en science d’ingénierie; ingénieur civil et de structure agréé de Californie.

Dwain Deets, ancien directeur de recherche en ingénierie et projets aérospatiaux au centre de recherche en vol de la NASA à Dryden, qui lui décerna un prix de la NASA pour service d’exception.

Joel Hirschhorn, PhD; ancien professeur, ingénieur en métallurgie, université du Wisconsin, Madison; ancien membre d’équipe au bureau d’évaluation technologique du Congrès.

Richard F. Humenn, ingénieur agréé (retraité); ingénieur en chef de la conception de projet, systèmes électriques du World Trade Center.

Fadhil Al-Kazily, PhD; ingénieur civil agréé.

Jack Keller, PhD; professeur émérite, ingénieur civil, université d’État de l’Utah; membre de l’Académie nationale d’ingénierie; nommé parmi les 50 principaux contributeurs en science et technologie au service de la société, par Scientific American [magazine mensuel scientifique, NdT].

Heikki Kurttila, PhD; ingénieur en sécurité et analyste d’accident pour l’autorité technologique de sécurité nationale de Finlande.

Ali Mojahid, PhD, ingénieur civil et en architecture; ; ingénieur professionnel agréé (PE).

Edward Munyak, ingénieur en mécanique et en protection incendie; ancien ingénieur en protection incendie pour la Californie et les départements de l’énergie et la Défense US.

Kamal S. Obeid, Master en science, ingénieur civil et en structure agréé.149

En plus des Architectes et Ingénieurs pour la vérité sur le 11/9, plusieurs organisations de professionnels se sont formées de par la pertinence de leur expertise, comme les Pompiers pour la vérité sur le 11/9150, les Officiers du Renseignement pour la vérité sur le 11/9151, les Professionnels de la médecine pour la vérité sur le 11/9152, les Pilotes pour la vérité sur le 11/9153, le Scientific Panel Investigating Nine-Eleven (Comité scientifique enquêtant sur le 11-Septembre) ou le SPINE154, les Vétérans pour la vérité sur le 11/9155.

D’autres organisations de professionnels dont la pertinence est moins directe, mais certainement pas totalement inappropriée, incluent les Journalistes et autres Professionnels des Médias pour la vérité sur le 11/9156, les Avocats pour la vérité sur le 11/9157, les Leaders politiques pour la vérité sur le 11/9158, les Leaders religieux pour la vérité sur le 11/9159, les Chercheurs pour la vérité et la Justice sur le 11/9160. Si l’on additionne les membres de ces organisations à ceux du précédent paragraphe, on constate que plusieurs milliers de professionnels ont publiquement déclaré leur soutien au Mouvement pour la vérité sur le 11/9.

À la lumière des développements décrits ci-dessus, peut-on objectivement nier que les éléments apportés par le Mouvement pour la vérité sur le 11/9 ont passé avec brio le double test de Chomsky ?

Compte tenu de la composition du Mouvement pour la vérité sur le 11/9, peut-on objectivement être d’accord avec les déclarations concernant le Mouvement citées dans la première partie de cet essai, selon lesquelles ses membres sont des “cinglés de conspirationnistes”, “des idiots”, et des “crétins”, qui, dépourvus de “toute notion de preuve,” sont “prêts à abandonner la Science” au profit de la “magie” ? Dans un essai de 2009, David Corn se montrait préoccupé au sujet de la "stupidité de la conspiration sur le 11/9".161 Mais il est difficile d’imaginer chose plus stupide et même plus discréditante que le fait d’émettre de tels jugements vis-à-vis de scientifiques, d’architectes, d’ingénieurs, d’officiers du renseignement, d’avocats, de personnel médical, de leaders politiques, et d’autres professionnels qui se sont publiquement déclarés en phase avec le Mouvement pour la vérité sur le 11/9.

Comme je le disais lors d’une tournée au début 2009 :

"Parmi les scientifiques et les professionnels des domaines concernés qui ont étudié les éléments de preuve, le poids de l’opinion scientifique et professionnelle penche désormais de manière écrasante du côté du Mouvement pour la vérité [sur le 11/9]. Alors que la position de ce mouvement est publiquement appuyée par plus d’un millier de ces personnes, il n’y a pratiquement pas de scientifiques ou de professionnels qui, dans leur domaine de compétence, ont ouvertement pris la défense de la version officielle – à l’exception de ceux dont le gagne-pain serait menacé s’ils refusaient d’y apporter leur soutien. Cette observation a son importance, car, comme le fit notoirement observer Upton Sinclair : “Il est difficile d’obtenir d’un homme qu’il comprenne une chose quand son salaire dépend du fait qu’il ne la comprenne pas."162

En dehors de ces personnes-là, quasiment tous ceux dotés d’une expertise dans un domaine pertinent [par rapport au 11/9] et qui ont sérieusement étudié les éléments de preuve rejettent la théorie officielle du complot. Par conséquent, il est temps pour les journalistes et pour tout le monde d’y apporter "un second regard."163

Un problème plus général avec la théorie officielle du complot :

Outre le fait que la version officielle de la destruction du World Trade Center fait appel à des miracles, et qu’elle a été de plus en plus rejetée par des personnes indépendantes et bien informées appartenant à des professions pertinentes [par rapport aux problématiques du 11/9], cette version perd encore plus de sa crédibilité à cause d’un problème plus général : lorsque l’on étudie scrupuleusement chacun de ses détails, c’est l’ensemble de l’histoire qui s’écroule – comme je l’ai montré dans mon livre paru en 2008 The New Pearl Harbor Revisited164 (qui d’ailleurs fut le « Pick of the Week » du magazine Publishers Weekly165, une distinction qui n’est généralement pas réservée aux livres écrits par des crétins ou des idiots).

Un des pans de l’histoire qui s’écroule est [par exemple] l’idée selon laquelle il y avait des pirates de l’air appartenant à al-Qaïda dans les avions. Dans mon livre, j’examine les différents types d’éléments à l’appui de cette idée, mais je vais ici me focaliser sur le plus important : les soi-disant appels téléphoniques passés depuis les avions, durant lesquels la présence des pirates de l’air a été signalée. Vous avez tous, bien évidemment, admis ces appels comme étant véridiques.

Par exemple, Matthew Rothschild, soutenant la thèse gouvernementale des événements survenus sur le vol United 93, écrivit : "Nous savons d’après les conversations sur les téléphones portables que les passagers à bord de l’avion envisageaient d’affronter les pirates de l’air."166 On nous explique pourtant qu’environ 10 des appels passés depuis cet avion l’ont été depuis des téléphones portables, et la plupart alors que l’avion volait à 10 000 mètres d’altitude ou plus, mais la technologie à l’époque ne permettait pas à de tels appels d’être effectués par des téléphones portables depuis des avions volant à ces altitudes, comme cela a été souligné par les membres du 911 Truth Movement – et de la façon la plus convaincainte par A.K. Dewdney et Michel Chossudovsky en 2003 et 2004.167

Chris Hayes reprocha au Mouvement pour la vérité de se concentrer sur ce qu’il appelle des “broutilles physiques” comme “en Pennsylvanie, l’altitude à laquelle les téléphones portables sur le vol 93 auraient dû cesser de fonctionner.”168 Il semble pourtant que le FBI a pris ces "broutilles" très au sérieux : lorsque [le FBI] présenta son rapport en 2006 sur les (prétendus) appels depuis les avions du 11/9, il ne désignait que deux d’entre eux comme provenant de téléphones portables, et ces deux-là, déclarait le FBI, furent passés depuis le Vol 93 alors qu’il était à basse altitude, sur le point de s’écraser. Tous les autres appels rapportés comme ayant été passés depuis ce vol (tout comme l’ensemble de ceux des autres vols) auraient été effectués à l’aide de téléphones de bord, dont trois à cinq appels que Deena Burnett déclara avoir reçus de son mari, Tom Burnett.169

Ce changement de version permit de se débarrasser de l’impossibilité technologique (miraculeuse) de tels appels, mais cela a généré un nouveau problème : comment expliquer les rapports signalant la dizaine d’appels faits depuis ce vol, appels qui, selon leurs destinataires, avaient été passés depuis des téléphones portables. Pour certains d’entre eux, nous pouvons accepter l’idée que les destinataires n’aient pas compris ou se souviennent mal de ce qu’on leur a dit. Mais Deena Burnett a expliqué – et elle l’a répété elle-même au FBI à propos du 11/9 – qu’elle savait que son mari avait utilisé son téléphone portable, car elle avait reconnu son numéro sur l’écran de son téléphone (par présentation du numéro de l’appelant). Si Tom Burnett avait réellement appelé sa femme depuis un téléphone de bord, comme l’affirme désormais le FBI, le fait que le numéro de portable de son mari est apparu à plusieurs reprises sur son écran tient vraiment du miracle.

J’aurais pensé que des personnes qui se montrent généralement sceptiques face aux allégations faites par le gouvernement, surtout celles dont profite le complexe militaro-industriel, considèreraient ce problème – ainsi que je le détaille dans mon livre The New Pearl Harbor Revisited170 – comme nécessitant une [nouvelle] enquête.

J’ai également soulevé certaines questions au sujet des prétendus appels téléphoniques émis par la correspondante de CNN, Barbara Olson, et qui furent rapportés le jour même par son mari, l’adjoint au Procureur général US, Ted Olson. Elle lui a téléphoné par deux fois, a-t-il déclaré, depuis le vol 77 d’American Airlines (lequel s’est prétendument écrasé contre le Pentagone peu de temps après).

Commentant ma liste de questions de son ton dédaigneux, Rothschild expliquait : "Griffin met en doute le fait que ces appels ont effectivement existé."171 Mais Rothschild sera sans doute plus impressionné par le fait que dans le rapport de 2006 sur les appels téléphoniques passés depuis les avions du 11/9, le FBI ne soutient pas la version selon laquelle les appels de Barbara Olson "ont effectivement existé". Bien que Ted Olson ait déclaré avoir reçu deux appels de sa femme, le premier d’"environ une minute"172, et le deuxième de "deux, trois ou quatre minutes",173 le rapport du FBI sur les appels du vol 77 d’American [Airlines] indique que Barbara Olson a tenté de téléphoner, mais que l’appel a échoué ("non abouti"), et que donc sa durée fut de "0 seconde".174

Les appels que Barbara Olson aurait passés sont d’une grande importance : ils ont fourni au public la première preuve du détournement des avions ; ils ont permis de préparer le public américain à la riposte contre les musulmans à travers la "Guerre contre le terrorisme" ; et ce fut aussi le seul élément de preuve d’un aspect que tout le monde connait [désormais], à savoir que les pirates étaient armés de "cutters". On aurait pu imaginer dans ces conditions que cela aurait éveillé un réel intérêt chez les personnes préoccupées par les orientations états-uniennes en matière de politique étrangère depuis le 11 septembre 2001, qu’un rapport du FBI paru en 2006 affirme que ces appels ne se sont jamais produits.

C’est également le FBI qui – en dépit de l’affirmation pleine d’assurance de Rothschild selon laquelle il n’y a aucun doute sur la responsabilité d’Oussama Ben Laden dans les attentats, puisqu’il les a (soi-disant) revendiqués dans une vidéo (soi-disant) retrouvée en Afghanistan par l’armée américaine – ne le met pas sur la liste des personnes recherchées pour [les attentats du] 11-Septembre. Pour quelles raisons ? Parce que, comme l’a expliqué un porte-parole du FBI, “le FBI n’a pas de preuve solide reliant Ben Laden au 11-Septembre.”175 Le FBI doit avoir moins de certitudes que Rothschild sur la valeur probante de cette soi-disant vidéo-confession – et pour de solides raisons, comme je l’ai montré par ailleurs.176

Par conséquent, dans la mesure où vous, les détracteurs de gauche du Mouvement pour la vérité sur le 11/9, avez voulu ne pas vous discréditer en soutenant une théorie du complot irrationnelle, invraisemblable, non fondée et même scientifiquement impossible, vous arrivez au résultat exactement inverse aussi longtemps que vous restez sur vos positions en soutenant la théorie de l’administration Bush – et maintenant de l’administration Obama – sur le complot du 11-Septembre.

III. 2.     La peur de la diversion

La seconde crainte – celle de se focaliser sur une fausse théorie du complot et de détourner ainsi l’attention de nombreuses personnes des problèmes bien plus importants – est tout aussi valide. Mais cette crainte a été dirigée contre la mauvaise théorie du complot. Rien n’a distrait davantage les États-Unis et leurs alliés des questions comme celles de l’apartheid mondial, de la crise écologique, de la prolifération nucléaire, et du pouvoir des entreprises, que la "guerre contre la terreur" – avec ses énormes opérations en Afghanistan et en Irak, ses incessantes alertes terroristes, ses histoires d’attaques déjouées, et l’épuisement de nos finances nationales qu’elle a occasionné. Cette soi-disant guerre au terrorisme prend ses racines, aussi bien historiquement que comme justification actuelle, dans le compte-rendu officiel du 11/9. C’est cela, comme je l’écrivais en réponse, à Cockburn dans Le Monde diplomatique (édition norvégienne – NdT) il y a trois ans, "La version gouvernementale du 11 Septembre EST la vraie diversion".177

Si les aberrations de cette version avaient été soulignées dans les semaines qui suivirent – comme cela aurait pu, et aurait dû se passer – la guerre en Afghanistan, qui a maintenant abusé de notre temps, de nos talents, et de notre argent depuis presque une décennie, aurait pu être évitée. Si les aberrations de la théorie de la conspiration avancée par Bush et Cheney avaient été dévoilées dans l’année qui a suivi, le fiasco en Irak aurait pu être évité. Si la vérité avait émergé dans les trois ans qui ont suivi, ces guerres auraient pu être stoppées depuis longtemps et l’administration Bush Cheney aurait été démise avant d’obtenir un second mandat. Dans ce cas, l’administration suivante, n’étant pas distraite par deux conflits majeurs et par la peur exagérée d’attaques terroristes sur le sol américain (homeland), aurait pu se concentrer sur la nécessité de renforcer de nombreuses règles environnementales. Cela aurait pu aussi permettre d’éviter que ne survienne la véritable éruption (et pas simplement la "fuite") de pétrole dans le Golfe du Mexique qui pourrait avoir des conséquences extrêmement graves sur l’écosystème de notre planète. Le fait que la théorie officielle de la conspiration sur le 11/9 a détourné l’attention des États-Unis et de ses alliés de la crise écologique est en effet loin d’être négligeable, et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

Le fait qu’en revanche, le 911 Truth Movement ne peut pas être considéré comme détournant l’attention de sujets bien plus importants a été expliqué de façon fort convaincante en août 2006 par l’ex-agent de la CIA Bill Christinson, qui au terme de sa carrière de 28 ans avait occupé à la CIA le poste de Directeur du bureau d’analyse régionale et politique (et qui est malheureusement décédé alors que j’écrivais ces lignes.178) Dans un article intitulé "Arrêtons de dénigrer les théories sur le 11-Septembre", Christison écrivait :

"Après avoir passé la majeure partie de ces cinq dernières années à considérer ces théories avec le plus grand scepticisme, j’ai consacré un temps considérable à les étudier en profondeur [et] j’en suis arrivé à penser que des pans importants des théories [alternatives] sur le 11/9 sont vrais, et que donc des pans importants du ‘’récit officiel’’ fait par le gouvernement US et la Commission du 11/9 sont faux."179

Ensuite, après avoir énuméré neuf éléments qui l’avaient amené à cette conclusion – une d’elles étant qu’il est pratiquement établi que "les tours nord et sud du World Trade Center ne se sont pas effondrées à cause des avions qui les ont percutées" – il ajouta :

"Si ces éléments (…) sont vérifiés, (…) ils suggèrent fortement que certaines personnes ou certains groupes inconnus, au sein du gouvernement ou en lien avec lui, étaient en train d’élaborer activement un événement de type "Pearl Harbor", très probablement en vue d’obtenir le soutien du public sur la politique étrangère agressive qui s’en est suivie – politique qui devait, en premier lieu, "transformer’’ l’ensemble du Moyen-Orient, et en second lieu, permettre d’étendre la domination globale des USA."

Puis, expliquant les raisons pour lesquelles les indices à l’appui de cette conclusion ne pouvaient pas raisonnablement être rejetés comme une diversion d’autres sujets importants, il écrivit :

"Une masse importante d’éléments de preuves récoltés méthodiquement et analysés sont déjà disponibles (…) [et indiquent que] des individus au sein de l’administration Bush, et sans doute d’autres groupes étrangers ou américains, sont impliqués dans une gigantesque imposture vis-à-vis du peuple américain, fumisterie qui a conduit à la mort de plusieurs milliers de personnes. Cette accusation de fraude, si elle était prouvée, implique un crime bien plus grand contre le peuple américain que la manipulation [de l’opinion publique] qui l’a préparée à l’invasion de l’Irak en mars 2003. Il s’agit là d’une accusation que nous ne devrions pas évacuer sous le tapis, car ce qui se passe au Liban, à Gaza, en Irak, en Syrie, et en Iran semble [alors] encore plus urgent et plus accablant. C’est une accusation qui prend encore plus d’importance du fait qu’elle est liée aux régions mentionnées plus haut – après tout, les événements du 11/9 ont été utilisés par l’Administration pour justifier chacun des aspects de la politique étrangère US au Moyen-Orient depuis le 11-Septembre. C’est une accusation qui est d’autant plus importante qu’elle affecte le cœur même de notre système politique tout entier. Si elle était prouvée, il s’agirait d’une conspiration, réussie jusque-là, non seulement contre le peuple des États-Unis, mais contre le monde entier."

Dans cet extrait, Christison utilise le conditionnel pour formuler cette accusation d’imposture, disant "si elle est prouvée". Il a précisé plus tard, cependant, qu’il avait personnellement trouvé convaincants les éléments de preuve, faisant référence aux attaques du 11/9 comme à un "coup monté" (inside job).180

En tout cas, en plus de dire que le 11/9 est plus important que les crimes de l’Amérique au Moyen-Orient du fait que "les événements du 11/9 ont été utilisés par l’Administration pour justifier chaque aspect de la politique étrangère US au Moyen-Orient depuis le 11-Septembre", en expliquant aussi que l’escroquerie du 11/9 "affectait le cœur même de notre système politique tout entier", il anticipe sur l’étude citée plus haut dans l’American Behavioral Scientist, qui traite du 11/9 comme d’un exemple probable du sujet [de l’étude] : "les Crimes d’État contre la Démocratie." Le message implicite de Christison à Chomsky était par conséquent le suivant : étant donné votre intérêt pour les "véritables crimes d’État en cours actuellement", je vous suggérerais respectueusement de faire ce que j’ai finalement fait : examiner véritablement les éléments de preuve selon lesquels le 11-Septembre fut un de ces crimes.

Quant à l’intérêt de poursuivre en justice des criminels de guerre, quels plus grands criminels de guerre pourrait-il y avoir que ceux qui, à l’intérieur même de notre propre gouvernement, ont manigancé ces attaques, puis les ont utilisées comme prétexte pour les guerres en Afghanistan et en Irak, lesquelles ont fait des victimes par millions.181

Quant à l’espoir d’arrêter ces guerres terriblement meurtrières et coûteuses, quels meilleurs moyens pourrait-il y avoir que celui constitué par ces preuves – que des scientifiques, architectes, ingénieurs, pompiers, et pilotes au sein du Mouvement pour la vérité sur le 11/9 ont réunies – et qui montrent que le compte rendu officiel sur le 11/9 est un vaste mensonge, et que les attentats ont nécessairement été, au moins en partie, un complot de l’intérieur.

Conclusion

Je viens de terminer une tournée de conférences dans 15 villes, présentant un texte intitulé "La guerre en Afghanistan est-elle justifiée par le 11/9 ?" Mon espoir était qu’en fournissant des éléments clairs montrant que ce n’était pas le cas – puisque le compte-rendu officiel est faux du début à la fin – "le Mouvement pour la vérité sur le 11/9 et d’autres groupes pacifistes et anti-guerre plus traditionnels seraient en mesure d’unir leurs forces pour s’opposer à cette guerre illégale et immorale".182 J’ai écrit cet essai avec le même espoir. Mais si cet espoir doit se réaliser, les ‘’anciens’’ détracteurs de gauche du Mouvement pour la vérité sur le 11/9 devront apporter la preuve que l’accusation faite par Cockburn contre les membres de ce Mouvement ("Ils sont immunisés à tout examen de la réalité") et l’accusation de Corn (ils "ne sont pas ouverts à la persuasion")183 ne s‘appliquent pas en fait d’abord et avant tout à eux-mêmes

Notes de l’auteur (en FR) :

Comme le savent ceux qui connaissent l’histoire de la théologie moderne, l’un de ses écrits de référence furent les discours de Friedrich Schleiemacher’s sur la "Religion et des détracteurs cultivés" (1799). Ces "détracteurs cultivés" de la religion étaient des personnes que Schleiermacher admirait et avec lesquelles il était en accord sur bien des points. Il pensait cependant qu’ils se fourvoyaient à propos de la religion, principalement du fait qu’ils n’en saisissaient ni sa vraie nature, ni l’expérience sur laquelle elle se fonde. Je m’adresse à ceux que j’appelle "les détracteurs de gauche du Mouvement pour la Vérité sur le 11/9" dans le même état d’esprit.

David Ray Griffin est l’auteur de 36 ouvrages abordant différent sujets : la philosophie, la théologie, la philosophie des religions, la philosophie de la Science, ainsi que le 11-Septembre et l’Impérialisme US. En septembre 2009, la revue The New Statesman l’a placé en 41e position parmi les "50 personnalités qui comptent aujour’dhui". Son plus récent livre s’intitule "The Mysterious Collapse of World Trade Center 7: Why the Final Official Report about 9/11 is Unscientific and False" (2009) [en français : Le mystérieux effondrement du WTC7 : pourquoi le rapport officiel sur le 11-Septembre est non scientifique et faux]. Son prochain livre portera le titre "Cognitive Infiltration: An Obama Appointee’s Plan to Undermine the 9/11 Conspiracy Theory" (September 2010) [en français : L'infiltration cognifive : Un responsable nommé par Obama prévoit de saper les théorie du compot sur le 11/9]. Il remercie quatre scientifiques : Jim Hoffman, Frank Legge, Kevin Ryan, et John Wyndham – et trois autres formidables critiques  – Matthew Everett, Tod Fletcher, etElizabeth Woodworth – pour leur aide à l’écriture de cet ouvrage.

[...]

Symposium on State Crimes Against Democracy, American Behavioral Scientist 53 (February 2010): 783-939 (http://abs.sagepub.com/content/vol53/issue6).

Matthew T. Witt, “Pretending Not to See or Hear, Refusing to Signify: The Farce and Tragedy of Geocentric Public Affairs Scholarship,” American Behavioral Scientist 53 (February 2010): 921-39 (http://abs.sagepub.com/content/vol53/issue6), at 934.

Ibid., 932 (emphasis in original).

Cockburn, “The Decline of the Left,” The Free Press, September 30, 2006 (http://www.freepress.org/columns/display/2/2006/1440); Taibbi, “The Idiocy Behind the ’9/11 Truth’ Movement.”

 “9/11 Fantasists Pose a Mortal Danger to Popular Oppositional Campaigns.”

 Corn, “How 9/11 Conspiracy Poison Did in Van Jones.”

 Corn, “When 9/11 Conspiracy Theories Go Bad.”

 Cockburn, “The 9/11 Conspiracy Nuts: How They Let the Guilty Parties of 9/11 Slip Off the Hook.”

 “Chomsky Dismisses 9/11 Conspiracy Theories As ‘Dubious.’”

 Monbiot, “9/11 Fantasists Pose a Mortal Danger to Popular Oppositional Campaigns.”

 Charles Pigden, “Conspiracy Theories and the Conventional Wisdom,” Episteme, 4 (2007), 219–32, at 219.

 Ibid., 222.

 Ibid., 223.

 Although political leaders, the mainstream press, and even much of the left-leaning press have been reluctant to admit that the official account of 9/11 is a conspiracy theory (often because they like to use this label to discredit people without examining their evidence), former Harvard law professor Cass Sunstein, who was appointed to a senior post in the Obama administration, acknowledged this fact in a co-authored essay: Cass R. Sunstein and Adrian Vermeule, “Conspiracy Theories: Causes and Cures,” Journal of Political Philosophy, 17/2 (June 2009), 202-27, at 208. Sunstein also helpfully referred to Charles Pigden’s above-quoted article, which criticizes the widespread use of the “conspiracy theory” label to avoid substantive issues. I deal with the Sunstein-Vermeule essay in Cognitive Infiltration: An Obama Appointee’s Plan to Undermine the 9/11 Conspiracy Theory (Northampton: Olive Branch [Interlink Books], September 2010).

Quoted in “Jesse Ventura’s Piece on 9/11 – KILLED BY HUFFPOST!” News from the Underground, March 9, 2010 (http://markcrispinmiller.com/2010/03/jesse-venturas-piece-on-911-killed-by-huffpost).

"HuffPost’s Absurd Stand on ‘Conspiracy Theories’ (David Ray Griffin),” News from the Underground, March 11, 2010 (http://markcrispinmiller.com/2010/03/huffposts-absurd-stand-on-conspiracy-theories-david-ray-griffin).

 Taibbi, “The Idiocy Behind the ’9/11 Truth’ Movement.”

 See “Two Hit, Three Down – The Biggest Lie,” by National Medal of Science-winner Lynn Margulis, Rock Creek Free Press, January 24, 2010 (http://rockcreekfreepress.tumblr.com/post/353434420/two-hit-three-down-the-biggest-lie).

 Jones et al., “Fourteen Points of Agreement with Official Government Reports on the World Trade Center Destruction.”

 Kevin R. Ryan, James R. Gourley, and Steven E. Jones, “Environmental Anomalies at the World Trade Center: Evidence for Energetic Materials,” The Environmentalist, 29 (2009): 56-63 (published online, August 4, 2008 (http://www.springerlink.com/content/f67q6272583h86n4/fulltext.html).

Niels H. Harrit, Jeffrey Farrer, Steven E. Jones, Kevin R. Ryan, Frank M. Legge, Daniel Farnsworth, Gregg Roberts, James R. Gourley, and Bradley R. Larsen, “Active Thermitic Material Observed in Dust from the 9/11 World Trade Center Catastrophe,” The Open Chemical Physics Journal, 2009, 2: 7-31 (http://www.bentham.org/open/tocpj/openaccess2.htm). [Note du 24 février 2011: le document a disparu sans explications du site Web Bentham.org. Nous avons sauvegardé le fichier PDF ici]

Crockett Grabbe, “Discussion of ‘Progressive Collapse of the World Trade Center: A Simple Analysis’ by K.A. Seffen,” Journal of Engineering Mechanics 136/4 (April 2010): 538-39 (http://dx.doi.org/10.1061/(ASCE)EM.1943-7889.0000025 ).

James R. Gourley, “Discussion of ’Mechanics of Progressive Collapse: Learning from World Trade Center and Building Demolitions’ by Zdenek P. Bazant and Mathieu Verdure,” Journal of Engineering Mechanics 134/10 (October 2008): 915-16 (http://dx.doi.org/10.1061/(ASCE)0733-9399(2008)134:10(915)).

Anders Björkman, "Discussion of ‘What Did and Did Not Cause Collapse of World Trade Center Twin Towers in New York?’ by Zdenek P. Bazant, Jia-Liang Le, Frank R. Greening, and David B. Benson," ASCE, Journal of Engineering Mechanics, 136/7 (July 2010): 933-34 (http://dx.doi.org/10.1061/(ASCE)EM.1943-7889.0000090).

Some of these scientists belong to Scholars for 9/11 Truth and Justice (http://stj911.com); others belong to S.P.I.N.E.: The Scientific Panel Investigating Nine-Eleven (http://physics911.net); and still others have been quoted on Patriots Question 9/11 (http://patriotsquestion911.com). The remainder will be announcing their affiliation with the 9/11 Truth Movement in the near future.

Information about these and other architects who question the official story can be found at Architects and Engineers for 9/11 Truth (http://www.ae911truth.org) or under “Engineers and Architects” at Patriots Question 9/11 (http://www.patriotsquestion911.com/engineers.html#Search).  

Information about these and other engineers who question the official story can be found under “Engineers and Architects” at Patriots Question 9/11 (http://www.patriotsquestion911.com/engineers.html#Search).

Firefighters for 9/11 Truth (http://firefightersfor911truth.org).

Intelligence Officers for 9/11 Truth (http://IO911truth.org).  

Medical Professionals for 9/11 Truth (http://mp911truth.org).  

Pilots for 9/11 Truth (http://pilotsfor911truth.org).

Scientific Panel Investigating Nine-Eleven: Physics 911 (http://physics911.net).

Veterans for 9/11 Truth (http://v911t.org).

Journalists and Other Media Professionals for 9/11 Truth (http://mediafor911truth.org).

Lawyers for 9/11 Truth (http://l911t.com).  

Political Leaders for 9/11 Truth (http://pl911truth.com).  

Religious Leaders for 9/11 Truth (http://rl911truth.org).  

Scholars for 9/11 Truth and Justice (http://stj911.com).  

Corn, “How 9/11 Conspiracy Poison Did in Van Jones.”

Upton Sinclair, “I, Candidate for Governor: And How I Got Licked (1935; University of California Press, 1994), 109.

“9/11: Time for a Second Look.” For the text, see Voltaire.net.org, April 18, 2009 (http://www.voltairenet.org/article159749.html). For the lecture as delivered in Boston, see the YouTube video at davidraygriffin.com (http://davidraygriffin.com/calendar/april-11-2009-boston ). For the lecture as delivered in Hamburg, see the YouTube video at davidraygriffin.com (http://davidraygriffin.com/calendar/may-9-2009-hamburg).

David Ray Griffin, The New Pearl Harbor Revisited: 9/11, the Cover-Up, and the Exposé (Northampton: Olive Branch, 2008); henceforth NPHR.

Publishers Weekly, November 24, 2008 (http://www.publishersweekly.com/pw/by-topic/1-legacy/15-web-exclusive-book-reviews/article/6017-web-exclusive-reviews-week-of-11-24-2008-.html).   

Rothschild, “Enough of the 9/11 Conspiracy Theories, Already.”

A. K. Dewdney, “The Cellphone and Airfone Calls from Flight UA93,” Physics 911, June 9, 2003 (http://physics911.net/cellphoneflight93.htm); Michel Chossudovsky, “More Holes in the Official Story: The 9/11 Cell Phone Calls,” Global Research, August 10, 2004 (http://www.globalresearch.ca/articles/CHO408B.html). For discussion of this issue, see Griffin The New Pearl Harbor Revisited, 112-14.

Hayes, “9/11: The Roots of Paranoia.”

The FBI’s report on the phone calls from the four flights is at United States v. Zacarias Moussaoui, Exhibit Number P200054 (http://www.vaed.uscourts.gov/notablecases/moussaoui/exhibits/prosecution/flights/P200054.html).  But these documents can be more easily viewed in Jim Hoffman’s “Detailed Account of Phone Calls from September 11th Flights” (http://911research.wtc7.net/planes/evidence/calldetail.html).

Griffin, NPHR 115-18.

Rothschild, “Enough of the 9/11 Conspiracy Theories, Already.”

FBI, “Interview with Theodore Olsen [sic],” 9/11 Commission, FBI Source Documents, Chronological, September 11, 2001Intelfiles.com, March 14, 2008, (http://intelfiles.egoplex.com:80/2008/03/911-commission-fbi-source-documents.html).