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29/11/2010

n° 61 - Journal de PAKISTAN. -18-11 au 28-11 - Fin - L'histoire (afghane) se reproduit .... Ben Laden résiderait confortablement au Pakistan .... Va t'on déclaré la guerre et envahir le Pakistan... ?


n° 61 - Journal de PAKISTAN.  -18-11 au 28-11 - Fin - L'histoire (afghane) se reproduit ....  Ben Laden résiderait confortablement au Pakistan  .... Va t'on déclaré la guerre et envahir le Pakistan... ?


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal de PAKISTAN.  

n° 61- 18-11 au 28-11

C.De Broeder & M.Lemaire



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Avant propos

·                     ·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes



Sommaire.

2 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

2-1 Vidéo : "La Face Cachée du Pétrole" (1/2) : Le partage du monde.

3 Brèves

3-1 Le Pakistan fustige les frappes de drones américains.

3-2 Londres, principal partenaire militaire de Washington.

4  Dossiers

4-1 Escalade de la guerre étatsunienne au Pakistan.

4-2 Olivier Montulet : Washington veut frapper plus loin au Pakistan et envoyer des chars en Afghanistan…

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Le Figaro : Les États-Unis et le Pakistan condamnés à s'entendre.

6 Annexe

6-1 Robert Parry*, Andrew Hughes, Allan Nairn, Roxana Tiron : Obama nomme des officiers corrompus à la tête des armées.

 




6 Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

6-1 Robert Parry*, Andrew Hughes, Allan Nairn, Roxana Tiron : Obama nomme des officiers corrompus à la tête des armées.

Enquête primée par "Projet censuré 2010"

Les responsables de la Defense nommés par Barack Obama sont ceux là mêmes qui ont commis les pires crimes et les pires malversations sous les administrations précédentes. En fait de changement, seul le discours est nouveau, les pratiques, elles, sont anciennes. Le plus surprenant est l’indifférence qui a accompagné la clôture de l’enquête financière sur la disparition de 3400 milliards de dollars et la promotion des responsables du plus gigantesque détournement de fonds de l’histoire.

19 octobre 2010

Le maintien par Obama du républicain Robert Gates au poste de secrétaire à la Defense est sans égal historique. C’est en effet la première fois qu’une administration entrante du parti d’opposition (en l’occurrence démocrate) maintient un ministre de l’administration précédente (républicaine). Ayant remplacé Donald Rumsfeld qui s’opposait à une nouvelle escalade du conflit en Irak, Gates a été, pendant les deux dernières années de la présidence Bush, l’architecte de la vague de renforts (« surge »).

Obama a confié les principales responsabilités de la Defense et du renseignement à des personnalités incarnant à maints égards les pires aspects de la politique de sécurité nationale états-unienne des trente dernières années.
Ses choix contredisent ses principaux arguments de campagne sur le « renseignement politisé » et le « manque de transparence ». Les « décennies d’expérience » tant louées de ces responsables sont parsemées de fautes éthiques, de mensonges au Congrès et surtout de « conflits d’intérêts » sous la forme d’allées-et-venues régulière entre le gouvernement et le complexe militaro-industriel.
Obama avait bien promis de ne pas confier de postes gouvernementaux élevés (ou importants) aux lobbyistes, mais cela ne l’a pas empêché de désigner d’anciens lobbyistes ou conseillers de sociétés faisant affaire directement avec le Pentagone.

Toute la carrière de Robert Gates a consisté à porter haut et mettre en œuvre les idées néo-conservatrices, et il s’est d’ailleurs montré critique vis-à-vis du plan d’Obama pour le retrait gradué des troupes d’Irak.
Il débuta comme officier de renseignement sous Nixon, mais, comme l’indique la chronique de Robert Parry [
1], c’est en tant que haut responsable de la CIA dans les années 80, sous l’administration Reagan, qu’il brisa l’échine au concept de renseignement objectif auparavant si cher à la division analytique de l’agence d’espionnage.

Dans son récent ouvrage Failure of Intelligence : The Decline and Fall of the CIA (Echec du renseignement : décadence et chute de la CIA), l’ex-analyste Melvin A. Goodman décrit Gates comme « l’officier du service action ayant dirigé l’adaptation de la production de renseignement aux desiderata politiques de la Maison-Blanche, sous l’administration Reagan ». Analyste en chef sous la direction de William Casey, Gates « a supervisé le premier "bidonnage de rapports" institutionnalisé à la CIA dans les années 80, en mettant l’accent sur la nécessité de retoucher le renseignement ayant trait à l’Union soviétique, à l’Amérique centrale et au Sud-Ouest asiatique », assure Goodman, et ceci dans le but de justifier les dépenses militaires croissantes et le soutien actif des États-Unis à des guerres périphériques sanglantes constituant l’axe principal de la politique extérieure de Reagan.

Son audition de confirmation pour le poste de directeur de la CIA, sous George H. W. Bush (père) en 1991, fut le théâtre d’un défilé d’officiers de l’agence dévoilant publiquement des histoires « de la maison » selon lesquelles ce personnage avait corrompu le métier du renseignement.
Gates est en outre soupçonné d’être en lien avec les mensonges servis au Congrès sur les opérations secrètes Iran-Contra, au milieu des années 80, obstacle qui l’empêcha d’accéder à la direction de la CIA à la mort de Casey, en 1987. C’est également lui qui fut chargé de fournir à Saddam Hussein, pendant la guerre entre l’Irak et l’Iran, des armes chimiques, munitions et autres équipements.

Gates a un temps siégé au conseil de direction de la Science Applications International Corporation (SAIC), qui déclara des bénéfices de 7,5 milliards de dollars pour 2005. La SAIC est active à tous les niveaux, de la collecte de renseignement à la reconstruction de l’Irak, pour le compte du Pentagone.

Le 21 janvier 2009, Obama signait un décret fixant des règles éthiques plus rigoureuses et interdisant notamment que des postes gouvernementaux soient attribués à des lobbyistes ayant exercé auprès de la même administration dans les deux dernières années.

Corruption au Pentagone

A peine deux jours plus tard, le 23 janvier, la Maison-Blanche faisait savoir que ses nouvelles règles d’éthique dure ne s’appliquaient pas au sous-secrétaire à la Defense, William Lynn, qui avait été vice-président pour les opérations et stratégies gouvernementales du géant de la Defense Raytheon et avait fait du lobbying pour cette société privée jusqu’en juillet 2008.

Raytheon est le cinquième fabricant d’armes des Etats-Unis par ordre d’importance. Il vend des radars, missiles, munitions en tous genres, systèmes spatiaux et autres technologies pour une valeur de 18 milliards de dollars par an [2]. Le sénateur républicain pour l’Iowa, Charles Grassley, s’est opposé énergiquement à la nomination de Lynn, alléguant « des pratiques douteuses qui, de toute évidence, ne servaient pas l’intérêt public », lorsqu’il exerçait à l’inspection des finances du Pentagone sous l’administration Clinton.

Pour l’année fiscale 1999, le département de la Defense faisait état de la « disparition » de 2300 milliards de dollars, auxquels s’ajoutaient 1100 milliards pour l’année 2000. Au total donc, 3400 milliards de dollars versés par le contribuable sont partis en fumée sous l’œil vigilant de William Lynn, qui se trouve maintenant au cœur du tourniquet unissant le département de la Defense et le complexe militaro-industriel [3].

En sa qualité de directeur financier du département de la Defense, Lynn était responsable de toute l’administration et de l’information budgétaire. Il avait en outre sous sa responsabilité la publication soumise à audit des états financiers, ce qu’il ne fit pas alors qu’il était en poste, et ces derniers n’ont toujours pas été publiés.

Robert Hale a été maintenu à son poste de sous-secrétaire à la Defense (inspection des Finances) après avoir été secrétaire assistant à l’Air Force, chargé des contrôles financiers, entre 1994 et 2001. Aux côtés de Lynn, il était responsable de la gestion des fonds du département de la Defense.
Hale est en outre « gestionnaire financier certifié Defense », spécialisé dans l’achat, ce qui lui fait entretenir des relations privilégiées avec le complexe militaro-industriel.

L’écrivain Andrew Hughes fait remarquer que : « À eux deux, ces postes ont dilapidé assez d’argent du contribuable pour financer quatre fois le programme de stimulation de l’économie mis en œuvre par Obama, et voilà qu’ils sont à nouveau responsables de la supervision des acquisitions au département de la Defense ».

L’attentat survenu le 11 septembre 2001 au Pentagone n’a pas été dirigé contre le bureau du secrétaire à la Defense. La cible était située dans une aile opposée du bâtiment. L’explosion a détruit les archives financières et tué les controlleurs financiers chargés d’identifier les bénéficiaires du détournement de fonds le plus important de l’histoire.

Mensonges au Congrès

L’amiral Dennis Blair, choisi par Obama pour diriger le Renseignement national, qui supervise les 16 agences de renseignement, fut commandant des forces militaires du Pacifique sous Clinton [4]. A ce poste il joua un rôle essentiel lors de l’occupation du Timor oriental par l’Indonésie en 1998, après la chute du dictateur Suharto soutenu par les États-Unis.

En 1999, lorsque les militaires indonésiens semèrent la terreur parmi la population pour faire échec aux réformes démocratiques, le département d’Etat des États-Unis et Clinton envoyèrent Blair exiger du général indonésien Wiranto qu’il mette fin aux massacres.

Loin de s’acquitter de cette mission, l’amiral Blair informa le général qu’il bénéficiait du soutien total des États-Unis. Les atrocités, dans lesquelles le gouvernement était impliqué, montèrent d’un cran. Blair mentit alors au Congrès, déclarant que la violence n’était le fait que de petites unités, alors que les hauts commandements militaires indonésiens se livraient à toutes sortes d’exactions : enlèvements, massacres et tortures. Dans les faits, Blair soutint le général Wiranto et le massacre de civils indonésiens, contre les ordres du Congrès qu’il désinformait.

Blair est un des membres de la Commission trilatérale. Il siégeait à la direction de Earl Dodge Osborne (EDO), une société sous-traitante pour le programme F-22 Raptor. Il a également participé à la direction de Tyco International, qui fabrique de petits composants électroniques utilisés pour le F-22 et d’autres pièces à usage militaire. On l’a vu enfin à la direction de Tridium, une société fabricante de satellites.
En 2006, Blair a dû démissionner de la présidence de l’Institute for Defense Analysis (Institut pour l’analyse de la Defense, IDA) pour cause de « conflits d’intérêts ». Il faut dire que l’IDA était en train d’évaluer pour le Pentagone le programme F-22.

Alors qu’il était aux ordres de Blair, l’ex-général quatre étoiles James L. Jones a été désigné à la tête de l’Agence de la sécurité nationale. Jones fut non seulement commandant de l’OTAN et commandant du corps des Marines, il est en outre membre de la Commission trilatérale. Il a prêté ses services aux conseils de direction de Chevron, Boeing et Invacare Corp (qui produit du matériel médical pour le Pentagone) jusqu’en décembre 2008. [5] Jusqu’à janvier 2009 il était consultant auprès de Cross Match Technologies, une compagnie de biométrique travaillant avec le Pentagone et le FBI. Il a par ailleurs siégé au conseil de direction de MIC Industries, qui a mis au point la « Ultimate Building Machine », un dispositif mobile de construction, utilisé uniquement en Irak et en Afghanistan, servant à déployer rapidement les structures d’acier des installations militaires.

Tout récemment, Jones a été nommé président de l’Institute for 21st Century Energy (Institut de l’Energie pour le XXIè siècle), think tank dépendant de la Chambre de commerce des Etats-Unis.

Mise à jour de Robert Parry (de ConsortiumNews.com)

Au sujet du fameux « danger de conserver Robert Gates à son poste » : celui-ci se trouve être lourd de signification. Cette décision prise par Obama juste après son élection était le signe évident que sa politique de sécurité nationale ne s’écarterait pas fondamentalement de celle de son prédécesseur. Elle révélait aussi qu’Obama n’avait pas la moindre intention de remettre en question la désinformation de Washington, distillée au fil des décennies précédentes à dominante républicaine, depuis l’implication-clé de Gates dans plusieurs scandales, y compris l’Iran-Contra et la politisation du renseignement de la CIA, deux facteurs qui préparaient les désastreuses décisions prises par Bush ces dix dernières années. En conservant Gates, Obama a indiqué qu’il éviterait les débats susceptibles d’engager les États-Unis dans une voie drastiquement différente. Dans les faits, Obama cédait au statu quo.

Depuis la publication de l’article, les intentions d’Obama ne sont que plus évidentes. Si, au niveau du discours, il prend ses distances par rapport au style belliqueux de Bush, il maintient dans les faits la substance de cette politique, avec Gates et les autres opposants à un retrait rapide d’Irak, partisans du renforcement de la présence militaire étrangère en Afghanistan. Obama refuse même d’aborder les responsabilités des anciens chefs de Gates, tout comme le président Clinton avait caché sous le tapis les scandales dans lesquels avaient trempé Gates et les administrations Reagan-H. W. Bush.

Gates personnifie l’angélisme permanent régnant dans le microcosme de Washington, du moins vis-à-vis de lui-même, au point que les médias affichent avec un certain naturel leur manque d’intérêt pour faire la lumière sur les méfaits passés ou présents du personnage. Gates était l’une des coqueluches du tout-Washington du temps de Reagan-Bush, et il le reste.

Lorsque Gates fut désigné secrétaire à la Defense par George W. Bush (fils) en novembre 2006, les médias se trompèrent du tout au tout sur le sens de cette décision. On a cru alors que la désignation de Gates était le signe de l’acceptation par Bush du plan du Groupe d’études sur l’Irak et donc du désamorçage de la guerre. En réalité, Gates était bien plus belliqueux que Donald Rumsfeld.

Mais les journalistes de renom n’ont jamais rectifié le tir : ils ont continué de nous peindre un Gates couleur de rose. L’émission « 60 minutes » de CBS a brossé tout récemment un portrait de Gates dans lequel on évoquait sa « profonde préoccupation personnelle pour les troupes », même si toute sa carrière a fait le lit des guerres déclenchées par George W. Bush, fils, (essentiellement par la voie de la corruption des services analytiques de la CIA), et que son soutien aveugle à l’escalade Irakienne a envoyé à la mort plus de mille soldats états-uniens supplémentaires.

Les éléments d’information critiques sur Gates continuent de nous parvenir, essentiellement en provenance de fonctionnaires de la CIA ayant travaillé avec lui par le passé et voyant en lui un ambitieux consommé. Par exemple, l’ex-analyste de la CIA Melvin A. Goodman consacre une part importante de son livre Failure of Intelligence : The Decline and Fall of the CIA au rôle de Gates dans le crépuscule de la tradition « sérieuse » de la CIA, qui cessa de rechercher du renseignement fiable pour fournir celui qui répondait aux désirs des responsables politiques des États-Unis. Cette tradition disparut dans les années 80, lorsque Gates dirigea les services analytiques et où le renseignement fut « poli » dans le style requis par les idéologues de l’ère Reagan.

Mise à jour de Andrew Hughes (de Global Research)

Depuis la publication de l’article, en février 2009, les médias n’ont pas écrit une seule ligne au sujet de ce gigantesque hold-up de deniers publics. En fait, celui-ci a été éclipsé par une autre escroquerie non moins grave, dissimulée sous l’atour dénommé « résoudre la crise du crédit ». Les montants de cette dernière affaire représentent presque cinq fois les 3400 milliards subtilisés par le département de la Defense.

Le 7 mai 2009, William Lynn et Robert Hale rendaient public le budget de la Defense proposé pour 2010, accroissant les dépenses d’environ 4 % pour atteindre 663,8 milliards. Ceci dans une période où la population s’appauvrit sous l’effet du chômage croissant, où les programmes sociaux fédéraux et ceux des 50 Etats sont en repli, et où la richesse passe des foyers étasuniens au cartel financier et bancaire de Wall Street.

Ce qu’il faut retenir de l’article original est moins la disparition des 3400 milliards de dollars du département de la Defense que le fait que ces malversations étaient monnaie courante dans une administration hors de contrôle. Et même si l’occupant de la Maison Blanche a changé, ces vols de fonds publics par le gouvernement se poursuivent.

Lorsque nous écoutions les discours de campagne d’Obama en 2008, et qu’il mettait l’accent sur l’importance de l’Afghanistan en tant que nouveau front de la « guerre contre la terreur », une guerre floue, interminable et surtout impossible à gagner, il était évident que ces discours, portés aux nues par les grands médias, étaient inspirés par le programme de Zbigniew Brzezinski et le Projet pour un nouveau siècle américain (la plate-forme idéologique de George W. Bush). Le paquet n’avait fait que changer d’emballage, avec un nouveau personnage et son slogan : « Des changements crédibles »

Depuis la publication de mon article, les événements ont montré qu’aucun engagement n’a été pris pour s’assurer de la fiabilité de la comptabilité des caisses publiques. Aucune enquête n’a été diligentée sur les milliards évaporés, aucune question n’a été posée sur ce méfait commis sous l’égide de Donald Rumsfeld, de William Lynn et de Robert Hale. Le département de la Defense a augmenté ses dépenses. La guerre s’est intensifiée en Afghanistan, et les puissances intermédiaires des États-Unis dans la région ont déstabilisé le Pakistan. Obama est responsable de l’assassinat de centaines de civils pakistanais par les drones Predator pilotés à distance par des agents de la CIA. Les promesses de mettre un terme à la guerre d’Irak ont été cyniquement ignorées, ou plutôt recyclées dans le double discours politique.

Tout ces discours tendent à prouver que le gouvernement et l’industrie militaire agissent en symbiose pour défendre leurs propres intérêts : un appât du gain et une soif de pouvoir portés à un niveau jamais vu dans l’histoire de l’humanité. Nul ne peut écarter d’un revers de main la corruption dénoncée dans l’article, qui révèle avec le recul sa véritable nature et la manière dont se tisse la toile qui unit le système.

Ce système s’est considérablement renforcé au fil des décennies et il s’est protégé contre toute enquête sérieuse ou toute retombée inquiétante : le département de la Defense a fait en sorte de coopter les sociétés en charge de l’information, via les acquisitions de ces médias par les grands groupes d’armement, et en y plaçant des employés du Pentagone et de la CIA.

Le système a donné des preuves éclatantes de sa solidité lorsque Donald Rumsfeld s’offrit le luxe de déclarer, le 10 septembre 2001, en conférence de presse publique, sans avoir à craindre de réaction, que des 2300 milliards de dollars s’étaient évaporés, qu’il n’y aurait pas d’enquête et que les responsables ne seraient pas jugés. On a pu constater la même arrogance à propos de scandale de la torture, du scandale de l’aide d’urgence offerte aux banquiers, du scandale de la guerre d’Irak et de l’avancée de la vague policière constituée par le département de la Sécurité de la patrie pour ranger sous l’étiquette de « terroriste » toute personne en désaccord avec la politique du gouvernement ou attachée à la Constitution des États-Unis.

Il est essentiel et urgent d’engager une enquête sur les milliards ayant disparu du département de la Defense, prélude à d’autres enquêtes ultérieures sur la corruption manifeste du gouvernement des États-Unis. C’est le seul moyen de regarder la réalité en face, de réfuter les mensonges des grands médias et de comprendre que la corruption menace de détruire ce qu’il reste de la Constitution, de la confiance publique et de la liberté réelle.

Robert Parry

Journaliste à l’Associated Press et Newsweek, Robert Parry a été un des principaux enquêteurs sur l’affaire dite de l’Irangate sous la présidence Reagan. Déçu par la futilité et l’incurie des journalistes de la presse anglo-saxonne, il a fondé en 1995, avec Robert Solomon, le magazine d’investigation Consortium News et réalisé des documentaires sur les tractations secrètes autour de la libération des otages en Iran (October Surprise), les narcotrafiquants politiques soutenus par l’administration US (Contra-Coca), l’influence grandissante de la secte Moon à Washington ainsi que l’ascension de la famille Bush et les manipulations électorales lors de l’élection 2000. Il est notamment l’auteur de Secrecy & Privilege : Rise of the Bush Dynasty from Watergate to Iraq et de Lost History : Contras, Cocaine, the Press & ’Project Truth’."

Sources :

Project Censored / Red Voltaire.
Traduction : Réseau Voltaire.

Nous remercions les contributions de : Étudiant chercheur : Chris McManus.
Tuteur : Diana Grant, Ph.D., Sonoma State University.

1] ConsortiumNews.com, 13 novembre 2008, “The Danger of Keeping Robert Gates”, par Robert Parry ;

[2] William Matthews, “Lynn gets waiver from Obama lobbyist rules”, Federal Times, 26janvier 2009.

[3] Global Research, 13 février 2009, “Obama’s Defense Department Appointees- The 3.4 Trillion Dollar Question”, par Andrew Hughes.

[4] Democracy Now ! 7 janvier 2009, “Obama Nominee Admiral Dennis Blair Aided perpetrators of 1999 church Killings in East Timor”, par Allan Nairn (interviewé).

[5] The Hill, 24 novembre 2008, “Ties to Chevron, Boeing Raise Concern on Possible NSA Pick”, par Roxana Tiron.

http://www.voltairenet.org/article167030.html



Pakistan.

Généralités.

Nom officiel du pays : République islamique du Pakistan.

Création : fondé le 14 août 1947, le Pakistan entretient des relations très tendues avec l'Inde depuis sa création en raison, notamment, du partage entre ces deux pays du territoire du Cachemire.

Pays limitrophes : Chine, Inde, Iran, Afghanistan.

Superficie : 803 000 km2.

Nombre d'habitants : 163 902 000 (estimation pour 2007).

Démographie

Population (estimation INED, en millions)

157,9

 

Composition de la population (en %)

Pendjabis (50 %), Sindis (15 %), Pathans (Pachtounes, 15 %), Mohajirs (immigrés d''''Inde au moment de la partition et leurs descendants, 8 %), Baloutches (5 %), autres (7 %).

 

Population urbaine

34 %. Principales villes : Karachi (9,2 millions d''''habitants), Lahore (5 millions), Faisalabad (1,9 million), aggl. Islamabad-Rawalpindi (1,4 million).

 

Densité (hab./km²)

198,4

 

Espérance de vie (années)

62,9

 

Fécondité (nombre moyen d'enfants/femme)

4,27

 

Taux d'alphabétisation (%)

44

 

Croissance démographique annuelle (%)

2,0

Nom des habitants : Pakistanais.

Religions : musulmans 97 % (dont sunnites 74 %, chiites [dont 2 millions d'ismaéliens] 26 %), autres (chrétiens, hindous, ahmadis, parsis [zoroastriens], 3 %).

Capitale : Islamabad.

Langues : ourdou et anglais.

Monnaie : roupie pakistanaise.

Religions : musulmans 97 % (dont sunnites 74 %, chiites [dont 2 millions d'ismaéliens] 26 %), autres (chrétiens, hindous, ahmadis, parsis [zoroastriens], 3 %).

Capitale : Islamabad.

Arme de destruction massive : le Pakistan dispose de l'arme nucléaire, à l’instar de l’Inde (puissances nucléaires de fait [les cinq autres puissances nucléaires officielles étant la Chine, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et la Russie]). 

 

Nature de l'État : république à régime parlementaire.

Chef d’État : Asif Ali Zardari (né le 21 juillet 1956 à Nawabshah, Pakistan), élu président du Pakistan le 6 septembre 2008. Veuf de l'ancienne Premier ministre Benazir Bhutto (1953-2007).

Chef du gouvernement : Yousaf Raza Gilani (né en 1952 à Karachi, Pakistan).

Constitution : adoptée en 1973. Révisée en avril 1997 et en décembre 2003. La Constitution, suspendue le 15 octobre 1999 suite au coup d''''Etat du général Pervez Musharraf, le 12 octobre 1999. Chef de l''''état-major, Musharraf s''''est proclamé chef de l''''exécutif. Il a créé un Conseil de sécurité nationale (8 personnes), organe exécutif suprême.

En 1998, la charia et la sunna deviennent lois suprêmes ; il existe une Cour fédérale islamique chargée de veiller au respect de la charia. En mai 2000, la Cour suprême a validé le coup d''''Etat du 12 octobre 1999 en permettant au général Musharraf de rester au pouvoir pendant 3 ans.

Le Parlement islamique (Assemblée nationale, 237 membres élus pour 5 ans au suffrage universel, 20 sièges réservés à des femmes et 10 à des non-musulmans ; et Sénat, 87 membres élus pour 6 ans par les assemblées provinciales) a été dissolu par Musharraf le 15 octobre 1999. Cependant, les partis politiques ont été maintenus

Partis au pouvoir : Ligue musulmane du Pakistan (Pakistan Muslim League, PML-Q), Parti du peuple pakistanais (PPP, social-démocrate).Autres partis : Jamaat-i-Islami (JI, Alliance démocratique islamique, fondamentaliste sunnite).
Muttahida Majlis-e-Amal (MMA, alliance de six partis religieux islamiques, dont le principal parti est le Jamaat-i-Islami).
Muttahida Qaumi Movement (MQM, ex-Mohajir Qaumi Movement, parti des musulmans venus d'Inde lors de la partition, en 1947 ; formation dirigée depuis Londres).

Adhésions supranationales : OMC (Organisation mondiale du commerce), OCI (Organistion de la conférence islamique), IDB (Banque interaméricaine de développement), ADB (Banque pour le développement de l’Asie). . Le pays est composé de 4 Provinces : Pendjab, Sind, Province-de-la-Frontière-du-Nord-Ouest (NWFP) et Baloutchistan, chacune dotée d''''une Assemblée. Il existe également 2 Territoires : les Zones tribales (FATA, autonomes, situées dans la NWFP, mais en relation directe avec Islamabad) et le Territoire de la capitale. Le Pakistan administre également une partie du Cachemire, l''''Azad Kashmir, le "Cachemire libre", et les Territoires du Nord. Le Pakistan revendique la région du Cachemire de l''''Etat indien du Jammu-et-Cachemire. En 1998, la charia et la sunna deviennent lois suprêmes ; il existe une Cour fédérale islamique chargée de veiller au respect de la charia. En mai 2000, la Cour suprême a validé le coup d''''Etat du 12 octobre 1999 en permettant au général Musharraf de rester au pouvoir pendant 3 ans.

Le Pakistan a été réintégré dans le Commonwealth en mai 2004 après cinq ans d'exclusion..

http://www.courrierinternational.com/fiche-pays/pakistan

http://www.larousse.fr/encyclopedie/article/Le%20Pakistan...



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

 

27/11/2010

n° 63 - Iran : Analyse & Réflexion - 21-11 : - : Début - Fidel Castro: Les dangers d'une guerre nucléaire.


n° 63 -  Iran : Analyse & Réflexion - 21-11 : - : Début - Fidel Castro: Les dangers d'une guerre nucléaire.



Iran : Analyse & Réflexion

La guerre aura-t-elle lieu ?

           n°63du 21-11                              C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire :  

Tiré à Part

1 Analyse & Réflexion

1-1 Alain Grech : La gauche et l’Iran.

1-2 Lahouari Addi : Le « harki du système » et la croisade contre l'Iran.

1-3 Viktor Nadeine-Raïevsky:Le problème de la sécurité dans le Caucase demeure une question cruciale pour la Russie. 

1-4 Jeffrey Blankfort : Israël est la menace la plus immédiate au futur de notre planète.

Fin

1-5 Entretiens avec Fidel Castro: Les dangers d'une guerre nucléaire.



1 Analyse & Réflexion

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information..

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

1-1 Alain Grech : La gauche et l’Iran.

Depuis la révolution iranienne de 1978-1979, sans doute le plus grand mouvement populaire du dernier quart du XXe siècle, la gauche occidentale s’est divisée sur l’appréciation qu’elle pouvait porter sur ces événements et sur le régime mis en place.

Ce débat s’est évidemment intensifié avec l’arrivée de Mahmoud Ahmadinejad au pouvoir et encore davantage avec l’élection présidentielle contestée de juin 2009

(Lire Immanuel Wallerstein, « The World Left and the Iranian Elections », Zcommunications, 5 août 2009).

Parmi les points de désaccord à l’intérieur de la gauche, la place de la religion dans le mouvement politique. Souvent, au nom de l’anticléricalisme, elle rejette tout mouvement qui se réclame de la religion.

Mais n’est-ce pas aussi, au nom de la religion, qu’ont été menés bien des combats anticolonialistes (mais pas tous, que l’on pense à l’Indochine, par exemple) au cours des XIXe et XXe siècles ?

Et il est vrai aujourd’hui que, avec le recul des idées marxistes, nombre de combats intègrent une dimension religieuse. Que l’on songe à l’Amérique latine, au Brésil ou au Venezuela, avec des aspects parfois franchement réactionnaires, comme le refus du droit des femmes à l’avortement.

D’autre part, la dimension « anti-impérialiste » du combat mené par ces pays, de l’Iran au Venezuela – et qui est assumé par eux dans une alliance dont a témoigné la récente visite de Hugo Chavez en Iran – complique aussi le positionnement de la gauche radicale.

On peut noter que des mouvements comme le Hamas et le Hezbollah allient une vision assez libérale de l’économie avec une résistance déterminée à ce qu’une grande partie des populations du monde arabe dénonce comme les tentatives israélo-américaines de contrôler la région.

Un dilemme plus ou moins similaire s’est posé avec le régime de Saddam Hussein en Irak (la dimension religieuse en moins), bien qu’il ait abandonné, dès la fin des années 1970, la moindre prétention à la lutte anti-impérialiste. Une partie de la gauche radicale américaine (et des progressistes irakiens en exil) s’est ralliée à l’intervention américaine de 2003, au nom du renversement des dictatures.

Je verse à ce dossier la traduction d’un article de Fayazmanesh Sasan, professeur émérite d’économie à l’université California State, Fresno, paru sur le site Counterpunch, 22-24 octobre (« The Left and Iranian Exiles »). Il est l’auteur de The United States and Iran : Sanctions, Wars and the Policy of Dual Containment (Routledge, 2008).

« Il ya quelques jours j’ai reçu un courriel intitulé “CounterPunch publie de l’agitprop ouvertement CIA-israélienne contre l’Iran.”

L’e-mail faisait référence à un article paru récemment dans CounterPunch par une irano-américaine qui avait assisté à un dîner à New York organisé par le président Ahmadinejad pour des militants anti-guerre, pour la justice sociale et la paix, alors que M. Ahmadinejad était en visite aux Etats-Unis pour assister à l’Assemblée générale. L’auteur de l’article, qui soutient sans doute le “mouvement vert” en Iran, a été bouleversée par le fait que les activistes américains assistant au dîner n’ont pas contesté les violations des droits humains en Iran, et, au contraire pour la plupart, ont exprimé leur indignation devant la politique étrangère des Etats-Unis.

L’auteur de l’e-mail a trouvé l’article similaire à ceux que l’Iran publie pour dénoncer les propagandistes israélo-américains. Qu’un tel article ait été publié sur un site progressiste semblait l’inquiéter.

J’avais également reçu des commentaires similaires sur d’autres articles écrits par certains des partisans du mouvement vert iranien et publiés sur le site CounterPunch. Ces billets étaient apparemment destinés à m’avertir que comme un contributeur de longue date de CounterPunch et un critique de “l’USrael” – un terme que certains croient à tort que j’ai inventé – je suis resté silencieux devant ces articles de certains partisans du mouvement vert en Iran.

(...) A la suite à de l’élection présidentielle controversée de 2009, j’ai exprimé mon avis sans détour sur la nature complexe du gouvernement iranien et les problèmes auxquels font face les progressistes américains lorsqu’ils traitent de cette complexité. Ces points de vue m’ont rendu persona non grata dans les médias en Iran. (...)

Dans un autre article dans CounterPunch, j’ai également mis en garde certains partisans du mouvement vert au sujet de leur liaison dangereuse avec les opposants pro-américains et israéliens au gouvernement iranien. Cet avertissement m’a valu de nombreux témoignages de reconnaissance de lecteurs de CounterPunch, notamment de nombreux Iraniens progressistes. Mais il a aussi suscité des grognements de certains exilés iraniens qui, souvent, essaient de dépeindre toute critique de leurs opinions politiques comme un “soutien au régime iranien.”

Entre autres choses, j’ai été accusé d’être indifférent aux violations des droits humains en Iran. On m’a aussi dit que je n’étais pas suffisamment informé, ignorant le fait que tel ou tel individu était mort ou avait perdu la vue sous la torture dans la célèbre prison d’Evine. Je n’ai pas répondu à toutes ces idioties. Si je l’avais fait, j’aurais certainement rappelé à ces critiques la déclaration de Martin Luther King que les Etats-Unis sont “le plus grand pourvoyeur de violence dans le monde d’aujourd’hui”. La déclaration était vraie à l’époque de King et elle continue à l’être de nos jours. Alors pourquoi ignorer le grand pourvoyeur de violence et violateur des droits humains et se concentrer sur l’adversaire chétif ? Pire, pourquoi faire appel au premier contre le second ? (...)

La réaction des exilés iraniens verts était emblématique de leur politique et de leur tactique. Ces exilés sont aussi satisfaits d’eux-mêmes que les "principalists" qu’ils abhorrent (“principalist” est un terme utilisé pour désigner les différentes factions iraniennes qui sont opposés aux réformistes et au mouvement vert). Ces exilés sont aussi intolérants à d’autres vues que leurs homologues tyranniques en Iran sont dédaigneux de la voix de la dissidence. »

Chaque progressiste américain qui choisit de se concentrer sur la critique de la ligne politique israélo-américaine envers l’Iran, par opposition à la question des droits humains, est dénoncé par ces exilés, comme un fou gauchiste ou un ignorant des subtilités internes de l’Iran. Et ceci en dépit du fait que ces Américains montrent souvent, à travers leurs analyses approfondies, une meilleure connaissance de l’Iran que ces exilés qui écrivent de longs essais rhétoriques. Ainsi, tandis que le mouvement vert exilés est obsédé par “l’élection volée” de 2009, il faut surtout compter sur des observateurs non-iraniens pour analyser les derniers rapports de l’AIEA, les dernières sanctions américaines et résolutions de l’ONU, le rôle des groupes de lobbying israéliens dans la formulation de ces résolutions, l’effet de ces sanctions sur l’économie iranienne, etc. (...)

Visitez n’importe quel site web Internet iranien vert et tout ce que vous y trouvez est la critique du régime actuel. C’est comme si tous les troubles en Iran étaient causés par le pouvoir et que tous les problèmes disparaîtraient s’il y avait un changement de régime en faveur des Verts.

Les accusations absurdes se sont tellement intensifiées que le site web vert le plus populaire, et le principal porte-parole du mouvement vert en Iran, a déclaré le 2 octobre 2010, que la crise financière récente en Iran et les fluctuations monétaires étaient le fait du gouvernement lui-même ! Sous le titre “La continuation de la crise des devises et de l’or : le bénéfice du gouvernement dans l’accroissement des échanges”, le site fait valoir que le gouvernement iranien a créé la crise et bénéficié de la dévaluation du rial parce que le gouvernement calcule ses dépenses en rial et ses revenus en dollars. Si ce site ne faisait pas une telle fixation sur la question du changement de régime, et s’il avait une seule personne à son comité de rédaction avec une certaine connaissance élémentaire de l’économie, de telles absurdités n’auraient pas été publiées.

Inutile de dire que la crise financière récente en Iran, comme la plupart des crises de ce type ailleurs, a été le résultat de l’incertitude, d’une peur intense, et de la spéculation sur le marché des devises. Et la peur et l’incertitude ont été largement causée par l’effet cumulatif de sanctions qui étouffent l’économie iranienne et provoquent de la douleur et la souffrance de masse.

L’obsession du mouvement vert iranien avec “l’élection volée”, comme je le craignais, a poussé ces exilés à se rapprocher de la politique “USraelienne”. Certains groupes de pression nationalistes iraniens qui durant l’administration Bush s’étaient opposés à l’adoption de sanctions supplémentaires contre l’Iran ont récemment activement poussé l’administration Obama à sanctionner le gouvernement iranien et le corps des pasdarans, comme si de telles sanctions n’existaient pas déjà et comme si une telle intensification n’était pas orchestrées par les groupes de lobbying israéliens et leurs représentants dans le gouvernement des Etats-Unis. Les exilés, bien sûr, ont vu leur souhait satisfait et plus de sanctions ont été adoptées.

Le 29 Septembre 2010, le président Obama a signé un ordre exécutif qui a imposé des sanctions sur les huit fonctionnaires iraniens “considérés comme responsables ou complices de violations graves des droits humains”.

Bien sûr, une fois de plus, le cerveau derrière cette décision de l’exécutif n’était autre que le suspect habituel, le néo-conservateur Stuart Levey, sous-secrétaire pour le terrorisme et le renseignement financier du département du Trésor. Lors d’une cérémonie annonçant les sanctions, M. Levey a été félicité par les secrétaires Geithner et Clinton pour “la conception de ces actions financières significatives”.

Quelques jours plus tard, les médias “principalist” en Iran ont utilisé le fait que certains exilés verts avaient remercié l’administration Obama pour avoir imposé une nouvelle série de sanctions.

Une de ces médias, a exploité le titre d’une émission Radio Free Europe / Radio Liberty : “Merci M. le président Obama, pour vos sanctions concernant les droits humains.” L’article visait l’activiste et lauréate du prix Nobel Shirin Ebadi se félicitant des sanctions. Dans un entretien avec le service persan de Deutsche Welle elle a affirmé que les sanctions marquent un “tournant” non seulement pour l’Iran, mais pour “l’histoire des droits humains”.

La même Radio Free Europe/Radio Liberty a publié plus récemment un autre article à l’occasion du voyage de M. Ahmadinejad au Liban intitulé : “Les intellectuels iraniens au peuple libanais : ‘Ahmadinejad ne mérite pas votre confiance’.” L’article indiquait qu’un groupe d’environ trente journalistes iraniens, intellectuels et universitaires en poste aux Etats-Unis, au Canada et en Europe avaient dit dans une lettre ouverte adressée au peuple du Liban qu’il ne devrait pas se laisser berner par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qu’ils accusent d’être bon à rien. La lettre, clairement inspirée par le mouvement vert comme le montrent sa référence élogieuse à la visite du président Mohammad Khatami au Liban en 2003 et la condamnation de “l’élection volée” en Iran, qualifie la politique d’Ahmadinejad de “dangereuse” et responsable des sanctions généralisées contre l’Iran et des risques d’un guerre potentielle. Elle mentionne également l’appui Ahmadinejad pour un “certain groupe” au Liban, qui est à l’origine de tensions dans ce pays (clairement il visait le Hezbollah libanais).

La lettre ci-dessus n’est pas vraiment sincère lorsqu’elle affirme que la politique d’Ahmadinejad est responsable des sanctions. Les intellectuels et les universitaires iraniens savent sûrement que l’Iran a fait l’objet de nombreuses sanctions depuis plus de trente ans. Ils savent aussi que l’une des sanctions les plus oppressives, à savoir, la Iran-Libya Sanctions Act, a été imposé à l’Iran en 1996, sous la présidence de Mohammad Khatami, l’un des principaux leaders du mouvement vert. La lettre n’est pas non plus sincère lorsqu’elle assure que la tension au Liban est provoquée par Ahmadinejad et le Hezbollah, et non par Israël et ses alliés traditionnels au Liban. Etant donné la popularité que le Hezbollah doit à sa résistance héroïque et à ses batailles contre Israël, il est difficile d’imaginer qu’une lettre d’opposition au Hezbollah rendrait le mouvement vert iranien beaucoup plus populaire au Liban.

« Ce compte-rendu partiel de la politique et des tactiques employées par certains partisans du mouvement vert en exil explique pourquoi de nombreux progressistes américains se méfient de ce mouvement et de son avenir. Ils se souviennent du fait que des exilés irakiens progressistes, face à un gouvernement despotique, sont devenus de plus en plus réactionnaires. Ils se souviennent du fait que la question des droits humains est devenue un des prétextes pour provoquer un changement de régime en Irak. Ils se souviennent du fait que dans le processus qui a pavé la voie à l’invasion de l’Irak, les exilés irakiens, dont certains progressistes, sont devenus d’utiles outils (aux mains des néoconservateurs). Ils se souviennent aussi que la dévastation de l’Irak, des millions de morts et de déplacés et une économie en ruine, ont été le prix de l’établissement d’un gouvernement ami des Etats-Unis qui ne soutient plus le mouvement de résistance contre Israël.

C’est pourquoi un certain nombre de lecteurs de CounterPunch semblent préoccupés par certains articles publiés sur ce site progressiste par les exilés iraniens. Mais ces lecteurs ne doivent pas oublier que CounterPunch a également publié de nombreux articles qui critiquent les Iraniens qui appuient les “USraeliens”. Ils doivent aussi se rappeler que la situation en Iran est complexe et qu’il est légitime de se préoccuper de l’actuelle intolérance du gouvernement iranien à l’égard de toute voix dissidente, même sincère et indépendante.

Dans cette situation complexe, séparer le bon grain de l’ivraie, établir la différence entre les préoccupations légitimes et les prétentions exagérées, distinguer les analystes sincères des opportunistes politiques, et reconnaître la différence entre les nationalistes étroits et les internationalistes qui ne se rallieront pas à la politique américaine et israélienne, pourrait devenir extrêmement difficile. C’est pourquoi je n’envie pas le travail de ceux qui siègent au comité de rédaction des médias progressistes comme CounterPunch. Ils sont confrontés à des choix difficiles. »

Alain Grech :

4 novembre 2010

source : http://blog.mondediplo.net/2010-10-...

http://www.michelcollon.info:80/La-gauche-et-l-Iran,2771.html


1-2 Lahouari Addi : Le « harki du système » et la croisade contre l'Iran.

Dans une interview publiée le 18 octobre 2010 par Le Quotidien d’Oran, Sid Ahmed Ghozali a assumé son geste de condamnation de la présence du président iranien au siège de l’Onu.

Il avait personnellement écrit au maire de New York pour lui demander de refouler Ahmadinejad à son arrivée à New York. Qu’un ancien Premier ministre algérien s’associe à la croisade de l’Occident contre l’Iran sous prétexte que le régime iranien n’est pas démocratique est pour le moins surprenant.

Compte tenu du déficit démocratique de nombreux pays arabes, Ghozali risque d’écrire à tous les maires des capitales occidentales de ne pas recevoir des chefs d’Etat arabes en visite officielle.

L’incohérence du « harki du système »

Les journalistes K. Sélim et K. Daoud du Quotidien d’Oran ont relevé l’incohérence et l’absurdité d’une telle démarche en faisant remarquer qu’il n’y a pas qu’en Iran où les droits de l’Homme sont violés. L’Égypte, l’Arabie saoudite et même l’Algérie sont souvent citées dans des rapports d’ONG de droits de l’Homme sans que Ghozali ne s’en indigne outre mesure. Le dernier rapport de Reporters sans frontières place les pays arabes parmi les derniers dans le monde en matière de liberté d’expression. L’Algérie occupe la position peu enviable de 133e sur 178 pays. A cette objection, l’intéressé répond que le pouvoir iranien a tué 30 000 opposants.

C’est exact et cela s’est passé durant une période de violence au début des années 1980. Sid Ahmed Ghozali oublie que le conflit en Algérie des années 1990 a fait 200 000 morts pour une population deux fois moindre. Il peut encore arguer que les terroristes islamistes ont tué une partie de ces 200 000 personnes, mais peut-il chiffrer le nombre de celles tuées par les services de sécurité ?

Le plus grave, c’est qu’il porte une responsabilité personnelle devant l’histoire puisqu’il a, en tant que chef formel de l’exécutif, annulé les élections de décembre 1991, annulation qui a provoqué la tragédie nationale qui a ruiné le pays. Qu’il le veuille ou non, Ghozali a été le chef du gouvernement qui a fait avorter la transition démocratique commencée après Octobre 1988 au prix de dizaine de milliers de morts.

Quand on porte une telle responsabilité, la moindre des choses, c’est de se faire oublier et ne pas verser des larmes de crocodile sur les victimes d’Iran ou d’ailleurs. En janvier 1992, il n’a même pas eu la dignité de démissionner comme Chadli Bendjedid qui, pourtant, n’a pas étudié comme lui à l’Ecole polytechnique de Lausanne. Aujourd’hui, pour se déculpabiliser, il affirme qu’il a été « le harki du système » et qu’il n’a fait qu’obéir à « l’armée politique ». Il ne se rend pas compte que sa responsabilité est pleine et entière. Car cette « armée politique » avait besoin de perspectives, de projet, d’orientations qu’il a été incapable de lui fournir. Le coup d’Etat de janvier 1992 n’est pas une fatalité et il aurait pu être évité en amont et en aval des élections.

Machiavel disait qu’un homme politique doit avoir la fortuna (l’opportunité) et la virtu (les capacités). Ghozali a rencontré la première et il ne l’a pas exploitée parce qu’il n’a pas la deuxième. Il a été de tous les gouvernements depuis l’indépendance, ayant occupé les postes les plus prestigieux de l’Etat sans avoir eu la capacité de s’affirmer autour de ses collaborateurs ou d’avoir un crédit ou une base sociale dans le pays. Aujourd’hui, il rue dans les brancards et donne des coups à l’ancien employeur dès lors qu’il a été écarté.

A quoi pouvait s’attendre l’employeur qui a toujours prisé les civils apolitiques, incompétents et sans convictions ? La leçon sera-t-elle retenue pour opérer une véritable rupture ? L’expression « harki du système » est lourde de sens et confirme ce que le discours politique officiel a toujours nié : l’existence d’une bipolarité au sommet de l’Etat où cohabitent un pouvoir formel (président et gouvernement) qui n’a pas l’autorité politique pour diriger le pays et un pouvoir réel (ce que S.A.G. appelle « l’armée politique »), source de légitimité, en contradiction avec la constitution et en décalage avec les institutions. C’est là qu’il faut chercher la cause profonde de la crise politique qui empêche l’Etat et les institutions d’être représentatifs et de véhiculer les demandes sociales de la population.

Mais Sid-Ahmed Ghozali n’apporte pas sa contribution pour sortir de la crise, ni pour dépasser cette contradiction héritée du mouvement national. Il exprime un dépit, une insatisfaction de quelqu’un qui estime avoir été écarté injustement et qui se venge en divulguant « un secret ». On n’est pas dans la politique, on est plutôt dans l’incohérence et les contradictions d’un serviteur zélé apolitique d’un ordre politique anachronique qui n’a pas compris les ressorts de la conflictualité mondiale, alors qu’il a été ministre des Affaires étrangères et ambassadeur.

Les enjeux de la croisade occidentale contre l’Iran

Sid-Ahmed Ghozali n’est pas un homme politique et il l’a encore montré en envoyant cette lettre au maire de New York qui l’a aussitôt mise à la corbeille. Cette lettre n’est pas une erreur, c’est une faute lourde de la part d’un ancien responsable algérien, compte tenu de la nature du conflit qui oppose l’Iran à l’Occident.

La croisade contre l’Iran n’a pas pour enjeu les droits de l’Homme mais le rapport de force entre Israël et les Palestiniens. Il faut consulter les médias occidentaux pour s’apercevoir comment l’opinion publique est conditionnée en présentant l’Iran comme un régime du Moyen-Âge, comme si les alliés saoudien et égyptien étaient des modèles de démocratie.

Le nucléaire iranien est devenu l’obsession de l’Occident qui s’identifie à la droite israélienne. Au lieu de faire pression sur l’Etat hébreu pour conclure la paix avec les Palestiniens, l’Occident désigne l’Iran comme l’ennemi irréductible qui menace la sécurité de la région. Mais l’enjeu véritable n’est pas la sécurité d’Israël puisque l’Iran n’osera jamais attaquer Israël avec une arme nucléaire sachant que les représailles seront telles que des millions d’Iraniens périraient et que le régime disparaîtrait. Et les Iraniens savent aussi qu’une telle attaque nucléaire de leur part frapperait aussi durement les Palestiniens et porterait des dommages irrémédiables à la Jordanie, la Syrie et l’Égypte. L’exiguïté de la région et l’absence de profondeur stratégique interdisent l’emploi du nucléaire en cas de conflit.

Ce qui n’exclut pas que la possession de l’arme atomique modifie les rapports de force et donne à la diplomatie des tons plus agressifs.

Comment alors expliquer l’hostilité, pour ne pas dire plus, de l’Occident à l’endroit de l’Iran ?

Ce que l’Occident ne pardonne pas à ce pays, c’est d’avoir remplacé l’Égypte de Nasser, dans son opposition à Israël. Au moment où l’Occident a mis à genoux le nationalisme arabe, certes seulement verbalement révolutionnaire, au moment où Sadate signait le traité de la honte avec Israël en contrepartie de quelques millions de dollars, Khomeini prend le pouvoir à Téhéran, rompt les relations diplomatiques avec Israël, invite Yasser Arafat et proclame son désir de libérer Jérusalem.

L’Iran des ayatollahs venait de ruiner le rêve d’une installation irréversible d’Israël dans la région.

Dans les années 1950, Nasser était assimilé à Hitler et était accusé de vouloir perpétrer un génocide contre les survivants des camps d’extermination nazis. Le même discours est aujourd’hui mobilisé contre Ahmadinejad présenté comme antisémite alors que le Parlement iranien est le seul dans le monde musulman où siègent deux députés iraniens de confession juive. L’Occident soutient et défend Israël pour deux raisons. La première est liée à la mauvaise conscience de son passé anti-sémite qui a mené droit aux crimes contre l’humanité perpétrés par l’Allemagne nazie contre des millions de juifs européens. L’innommable injustice contre ces derniers a été réparée en 1948 par l’injustice contre les Palestiniens qui payent pour des crimes qu’ils n’ont pas commis.

La deuxième raison est que la création d’Israël est la contrepartie de la décolonisation du monde arabe. Il ne faut pas oublier que les droites occidentales n’ont accepté la décolonisation que du bout des lèvres. Le discours irréel sur les aspects positifs de la colonisation, traduit en lois votées en 2005 au Parlement français, en est une illustration. Israël est la continuité du fantasme colonial que les droites occidentales n’ont pas abandonné, et il est faux de croire que le conflit du Moyen-Orient est dû au supposé antisémitisme des musulmans. Ce conflit est plutôt l’expression d’un différend et d’un lourd contentieux entre les droites occidentales et les peuples des anciennes colonies.

L’armée israélienne utilise contre les Palestiniens des avions et des chars payés par les contribuables américains et européens, ce qui indique le degré d’implication de l’Occident dans ce conflit. En dehors des Palestiniens, les musulmans vivent l’occupation de la Palestine comme une colonisation symbolique. Comme l’a fait remarquer Pierre Vidal-Naquet, Israël est un Etat colonial créé quand a commencé la décolonisation. Par conséquent, le conflit israélo-palestinien oppose l’Occident aux peuples du Tiers- Monde, et c’est ce qu’ont compris de nombreux dirigeants d’Amérique latine qui apportent leur soutien aux Palestiniens et aux Iraniens.

Le nucléaire iranien bouleverse la géopolitique de la région

La campagne contre l’Iran, à laquelle s’est associé l’homme au papillon, a pour objectif de maintenir la supériorité géopolitique d’Israël dans la région, supériorité remise en cause par la volonté de l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire. Cette dernière gêne Israël sur le plan démographique et militaire, deux éléments vitaux pour son existence. A l’exception de Hiroshima et Nagasaki, l’arme nucléaire n’a jamais été utilisée et il est probable qu’elle ne le sera pas, et c’est tant mieux. Les pertes humaines sont toujours à déplorer, y compris celles de civils israéliens. Il n’empêche que la bombe atomique installe un climat de terreur parmi les populations, ce qui dissuaderait de nombreux juifs d’Europe et d’Amérique à venir s’installer sur les terres des Palestiniens et poussera peut-être ceux déjà installés à repartir vers leurs pays d’origine.

Compte tenu de la croissance démographique desdits Arabes israéliens et des Palestiniens des Territoires, l’avenir d’Israël comme Etat exclusivement juif serait compromis. Il risque de s’éteindre démographiquement. L’autre raison pour laquelle Israël n’accepte pas le nucléaire iranien est que son armée ne servira plus à rien dans une situation de « guerre improbable, paix impossible » pour reprendre la formule de Raymond Aron utilisée dans le cadre de la guerre froide entre les États-Unis et l’URSS. L’arme nucléaire a empêché la troisième guerre mondiale, ce qui a amoindri le facteur militaire dans la géopolitique mondiale.

Or, Israël assure sa survie en faisant une guerre aux Palestiniens et à ses voisins tous les dix ans.

Lui enlever l’usage de la guerre classique, c’est donner un avantage politique à ses adversaires qui profiteront de la couverture diplomatique du nucléaire iranien pour lui imposer des compromis qui atténueront le caractère juif de l’Etat israélien et qui l’amèneront à accepter le scénario sud-africain, ce qui est un cauchemar pour les sionistes extrémistes et racistes soutenus par les droites occidentales qui tiennent encore à leur fantasme colonial anachronique.

Par conséquent, la croisade contre l’Iran menée par Washington, Paris, Londres et Berlin n’a pas pour enjeu les droits de l’Homme en Iran, ni la sécurité d’Israël. Elle a pour finalité la supériorité de ce pays dont les gouvernants continuent de nier aux Palestiniens le droit à un Etat. Quand un ancien Premier ministre algérien s’associe à cette croisade, cela signifie que le personnel politique algérien a renoncé aux valeurs de Novembre 54, qu’il s’allie aux nostalgiques de l’Algérie française et ne croit plus à la solidarité avec les peuples opprimés. Autrement, comment expliquer qu’il n’y a pas eu de réaction officielle ni du pouvoir ni de ses partis.

Article publié avec l’accord de l’auteur

Le Soir d’Algérie

Note de la rédaction : L’expression « harkis du système »a été utilisée par Sid Ahmed Ghozali lui-même dans dans un entretien accordé au Quotidien d’Oran le 18 octobre 2010 dans lequel il affirmait : « Je n’ai jamais fait partie du système, (…) Il faut parler de système dans le système et identifier celui et ceux qui prennent la décision. Moi et d’autres, nous n’avons jamais pris la décision. Quelque part, je le dis aujourd’hui, nous avons été les « harkis du système ».

Lahouari Addi

Samedi 6 novembre 2010

Source : Oumma.com
Publié le 8 novembre 2010 avec l'aimable autorisation d'Oumma.com

http://www.oumma.com/..


1-3 Viktor Nadeine-Raïevsky:Le problème de la sécurité dans le Caucase demeure une question cruciale pour la Russie. 

Interview accordée par Viktor Nadeine-Raïevsky à RIA Novosti

- Quels intérêts géopolitiques la Russie poursuit-elle dans le Caucase du Sud?
- Le problème de la sécurité dans le Caucase demeure une question cruciale pour
la Russie. Pour cette raison, nous sommes prudents en ce qui concerne le Haut-Karabakh et tentons de laisser cette question aux parties, sans rien dicter à qui que ce soit.
Bien sûr, nous sommes intéressés par une coopération internationale équitable et équilibrée, et par la préservation de l'équilibre actuel des acteurs extérieurs car tout déséquilibre pourrait conduire à des conséquences imprévisibles. Personne ne souhaite une nouvelle guerre, du moins c'est le cas de
la Russie.
- Qui
pourrait être intéressé par la déstabilisation de cette région?
- Il ne peut s'agir que de forces avides de renforcer leurs propres positions et d'affaiblir celles des principales puissances régionales, en premier lieu de
la Russie. Je ne peux pas accuser directement un gouvernement occidental quelconque, mais il semblerait que, à en juger par le comportement de certains acteurs étrangers, leur politique soit destinée à créer un déséquilibre, du moins dans le cas de la Géorgie.
Les
mêmes tentatives pourraient se rapporter à l'Azerbaïdjan. Apparemment, les bombes informationnelles dangereuses et insidieuses selon lesquelles Bakou s'apprêterait à fournir des bases aux américains, y compris pour mener des actions contre l'Iran, n'ont pas été lancées par hasard. L'Azerbaïdjan réfute catégoriquement toute action ou même tentative d'action armée contre l'Iran. C'est une position correcte car la situation pourrait devenir réellement incontrôlable.

-Comment évaluez-vous les actions de deux autres acteurs cruciaux de la région, l'Iran et
la Turquie?
-Dernièrement, on note une activité accrue de ces deux pays qui se déroule de manière distincte. Si auparavant il était possible d'envisager la politique turque comme un prolongement de la lame de l'OTAN en Méditerranée orientale, aujourd'hui la donne a changé. La politique de
la Turquie vise depuis longtemps les intérêts nationaux du pays. L'Occident n'y est pas encore habitué et pour cette raison, il condamne certaines démarches de la Turquie.
Parfois
, cela va même jusqu'à insinuer l'existence d'une alliance russo-turque mais ce ne sont, bien sûr, que des bavardages. Evidemment, il n'est aucunement question d'une union stratégique militaire quelconque. Ces pays ont des intérêts et des objectifs différents. Néanmoins, des axes communs de coopération existent et l'un d'eux concerne la stabilisation du Caucase.
Quant aux relations entre l'Azerbaïdjan et
la Turquie, ces deux pays avaient signé un accord avant la visite de Medvedev à Erevan, ce qui a constitué un événement stratégique de premier ordre. Bien sûr, on dit que la Turquie adopte une position strictement pro-azerbaïdjanaise dans plusieurs domaines, ce qui concerne avant tout le Karabakh, mais toutefois, il faut noter à l'honneur du gouvernement turc que ce dernier exclut les extrêmes et agit dans les limites du réel.
La Turquie est un acteur influent dans la région déterminé à tirer des dividendes considérables de sa politique active. La Turquie tente de devenir une sorte de plaque énergétique tournante, en d'autres termes un carrefour de transit des ressources énergétiques à destination de l'ouest, du centre, de sud et même du nord de l'Europe. Certains projets sont déjà mis en œuvre, par exemple, l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan.
Dans ce contexte, l'Iran joue un rôle important car il fournit du gaz à
la Turquie. Mais cela ne réussit pas toujours car les sabotages sont fréquents. De plus, la Turquie est particulièrement intéressée par une participation au développement de l'Iran. Beaucoup d'argent turc y est investi malgré les reproches, voire même des menaces de la part des États-Unis qui ont introduit des sanctions importantes sur les investissements en Iran.
Auparavant on ne pouvait pas investir plus de 20 millions de dollars dans les projets énergétiques en Iran, et désormais les restrictions sont plus importantes. L'Europe occidentale s'est jointe à ses sanctions. On nous affirme que ces sanctions ne sont pas dirigées contre le bien-être du peuple iranien. Mais en évaluant la situation objectivement, il est clair que ce sont des paroles en l'air. Les sanctions, bien entendu, ont un effet destructeur car il est évident qu'en instaurant des restrictions sur l'importation de carburant en Iran, l'Occident prend des mesures qui ont des répercussions considérables sur la vie quotidienne des Iraniens.
L'Iran ne dispose pas de suffisamment de raffineries de pétrole et importe la majeure partie de carburant étranger. Les compagnies turques, ainsi que russes, ont ignoré l'interdiction et continuent leur commerce avec les Iraniens. Malgré son adhésion à l'OTAN,
la Turquie ne s'est pas jointe aux sanctions. Au contraire, elle améliore ses relations avec Téhéran et maintien un contact permanent. Cependant, les extrapolations de l'Occident concernant une soi-disant alliance entre l'Iran et la Turquie, une sorte de solidarité islamique, sont infondées. Les courants islamiques de ces pays sont différents, ce sont des chiites et des sunnites.
Le chiisme est impopulaire en Turquie dont 8% de la population est pourtant chiite. Par conséquent, parler d'une union sur une base islamique n'est pas sérieux. Mais en ce qui concerne les intérêts économiques, c'est en effet un facteur important. Et
la Turquie est prête à devenir une plateforme pour le transfert du gaz et du pétrole iranien, bien qu'il y ait encore beaucoup de choses à accomplir dans ce sens.

Concernant les intérêts de l'Iran dans le Caucase, les Iraniens ont à maintes reprises proposé leurs services pour la régularisation du conflit du Karabakh. Ils étaient prêts à jouer un rôle de médiateur dans cette région. L'Iran mène une politique prudente et amicale envers l'Arménie, ce qui n'est pas une surprise en raison des bonnes relations entre l'Iran et l'Azerbaïdjan. De plus, l'Iran fait du commerce avec l'Arménie, livre du gaz, et participe conjointement avec la compagnie des chemins de fer russes à la construction des voies ferrées dans ce pays.
Viktor Nadeine-Raïevsky, expert de l'Institut de l'économie mondiale et des relations internationales.

Propos recueillis par Samir Chakhbaz


1-4 Jeffrey Blankfort : Israël est la menace la plus immédiate au futur de notre planète.

Jeffrey Blankfort est américain. Il est photographe, producteur d’émission de radio et analyste du Moyen Orient. C’est un militant pro-palestinien connu et ses articles ont été publiés dans beaucoup d’organes d’information progressistes.

Il offre des émissions sur KZYX à Mendocino et KPOO à San francisco. Auparavant Blackford a été le directeur de publication du Middle East Labor Bulletin et co-fondateur du Labor Committee of the Middel East. En février 2002, il a gagné un procès contre l’organisation sioniste Anti-Defamation League (ADL) qui avait espionné des citoyens américains qui critiquaient Israël et sa politique d’expansion.

Jeffrey a accepté de me donner une interview exclusive portant sur l’influence du lobby israélien sur les décideurs du gouvernement américain, le programme nucléaire illégal et secret d’Israël, le conflit Israélo-palestinien et la menace d’une attaque imminente d’Israël contre les installations nucléaires de l’Iran.

Blankfort ne craint pas de critiquer clairement le régime d’apartheid israélien et il croit qu’Israël est la menace la plus immédiate à l’avenir de la planète.

Kourosh Ziabari

Kourosh Ziabari : Dans votre article : "Le lobby israélien et la gauche : des questions difficiles" vous explorez de manière approfondie la domination du lobby israélien sur l’administration américaine et vous citez des exemples convaincants de l’influence de riches sionistes sur les multinationales et sur les médias de la pensée dominante en Amérique. Ma question est la suivante : Quelle est la source de l’immense pouvoir et de l’immense richesse que les sionistes détiennent ? Comment les Juifs ont-ils pu développer un pouvoir d’influence et des capacités financières telles qu’ils sont désormais capables de cadrer, changer et modifier les composantes de la politique des USA ?

Jeffrey Blankford : Cette question nécessiterait une réponse élaborée. Mais on peut dire qu’un segment important et bien organisé de la communauté juive s’est consacré, après la seconde guerre mondiale, à l’établissement et à la prospérité d’un état juif dans la Palestine historique dans lequel la vie et la subsistance des Palestiniens arabes autochtones n’avait aucune valeur.

Le fait que ce groupe ne représentait pas - et n’a jamais représenté - la majorité des Juifs américains a été largement compensé par l’ardeur de son militantisme au profit d’Israël dans tous les secteurs importants de la société américaine et à tous les niveaux de la vie politique de la nation. Son succès n’aurait pas été possible, cependant s’il n’y avait pas eu dans ses rangs un nombre important de riches hommes d’affaire juifs désireux de contribuer financièrement à acheter le soutien du Congrès américain ainsi que celui de pratiquement tout le corps législatif ou à intimider et faire taire les éventuels critiques d’Israël.

Bien avant la naissance des premiers sionistes, des banquiers et des capitalistes juifs s’étaient établi en Europe et aux USA, de sorte qu’il n’est pas surprenant que certains d’entre eux, à commencer par Lord Rothchild au début du siècle dernier, aient soutenu le projet sioniste. Aujourd’hui ils forment de loin le plus important groupe de donateurs privés des deux partis politiques.

Les médias, comme on peut s’y attendre, ont été une de leurs premières cibles, et on peut hélas constater chaque jour que des supporters avoués d’Israël qui ne sont pas nécessairement juifs, comme Rupert Murdoch, les contrôlent maintenant complètement.

Il n’y a aucun doute que le réseau de soutien d’Israël, qu’on appelle par euphémisme "lobby" a influencé de manière significative l’ensemble de la politique des USA au Moyen-Orient et a été un facteur déterminant de la gestion du conflit israélo-palestinien, cependant sa puissance a des limites. Certes, grâce à ses contacts à la Maison Blanche et au Pentagone, il a réussi à entraîner les USA dans la guerre d’Iraq, mais il n’est pas encore arrivé à convaincre Washington de bombarder l’Iran ni à obtenir le feu vert des USA pour bombarder les installations nucléaires iraniennes. Il est clair qu’il y a des éléments importants du Pentagone et des services secrets qui sont conscients qu’une attaque de l’Iran par les USA ou Israël provoquerait presque certainement une catastrophe globale.

KZ : Dans votre article vous faites allusion aux conflits et luttes entre Israël et l’Administration américaine des dernières dizaines d’années au cours desquelles les Présidents des USA, Richard Nixon en tête, ont essayé de contenir la politique d’expansion d’Israël et d’améliorer les conditions de vie des Palestiniens opprimés. En admettant que l’Administration ait vraiment tenté d’oeuvrer dans ce sens tout en réitérant sans cesse son engagement à garantir la sécurité d’Israël, pourquoi alors ses efforts ont-ils échoué ?

JB : Aucun Président américain, j’en ai peur, ne s’est soucié des conditions de vie du peuple palestinien. Arrêter l’expansion d’Israël et obtenir que Tel Aviv se retire de tous les territoires qu’il avait conquis en 1967 était pour les Américains une mesure d’intérêt national.

Tous les efforts précédents ont échoué parce qu’aucun président n’a voulu payer le prix politique intérieur nécessaire pour forcer Israël à se retirer des territoires occupés d’autant plus qu’ils savaient que leurs efforts seraient contrecarrés par l’écrasante majorité des deux chambres du Congrès quelle que soit leur affiliation politique de même que par les médias qui sont aux mains des sionistes.

Le seul qui ait fait un effort sérieux dans ce sens et qui ait osé affronter le réseau sioniste et le Congrès a été Georges Bush Senior quand il a refusé de satisfaire la demande d’Israël de 10 milliards de prêts garantis en 1991 et de nouveau en 1992 mais même lui dut finalement céder.

KZ : Les Israéliens ont l’habitude de qualifier d’antisémites pour les diffamer et les vilipender ceux qui osent critiquer leur politique et leurs actes belliqueux et agressifs. Ils accusent tous ceux qui les critiquent d’être antisémites. Cela inquiète les faiseurs d’opinion et les politiciens et les décourage de parler d’Israël en termes négatifs. Y a-t-il un moyen de faire prendre conscience au public que l’étiquette antisémite n’est pas rédhibitoire* et que critiquer Israël n’est pas de l’antisémitisme ?

JB : Les allégations "d’antisémitisme" brandies contre ceux qui critiquent Israël n’ont plus le poids qu’elle ont eues mais elles sont encore très efficaces particulièrement quand l’accusé est l’employé des médias dominants, comme nous l’avons vu dernièrement avec le cas d’Helen Thomas, d’Octavia Nasr et de Rick Sanchez et dans l’industrie du cinéma qui a été longtemps un bastion sioniste ayant été développée par des Juifs au 19ième siècle, bien qu’à l’époque aucun d’eux n’était sioniste.

Le pouvoir qu’a l’accusation d’antisémitisme de mettre les personnes publiques à genoux finira le jour où un assez grand nombre de personnalités américaines ne l’accepteront plus. Quand à dire quand cela arrivera, je n’en sais rien.

KZ : La Fédération des Scientifiques Américains a confirmé qu’Israël possédait jusqu’à 200 têtes nucléaires même si elles ne sont pas déclarées. Comme il n’a pas signé le Traité de Non Prolifération, Israël n’a jamais permis à l’IAEA de contrôler son arsenal nucléaire. Nous savons déjà ce qui est arrivé à Mordecai Vanunu qui a perdu sa liberté pour avoir dit la vérité. Que pensez-vous qui va arriver au programme nucléaire israélien ? Tel Aviv va-t-il continuer à bénéficier du privilège de ne pas avoir à rendre compte de ses actes ?

JB :Tant que le réseau de soutien du sionisme contrôle le Congrès, tant qu’aucun Président américain n’a pas le courage de simplement mentionner l’existence des armes nucléaires israéliennes et tant que les USA continuent de tenir les cordons de la bourse de l’ONU, Israël bénéficiera de l’impunité et de l’immunité. Si la direction des mouvements antinucléaires américains maintenant disparus comme "le mouvement pour la paix" n’avait pas été dominée par les sionistes, il y aurait peut-être eu un débat sur le sujet, mais comme elle l’était le sujet a été considéré tabou.

KZ : Parlons maintenant de l’Iran. L’Iran est décrite dans les médias étasuniennes d’une manière déformée et hypocrite. Beaucoup d’Américains qui n’avaient jamais entendu parler de l’Iran sont aujourd’hui confrontés à l’image horrible et terrifiante qu’en donnent les médias dominées par les sionistes. Ils n’ont aucune idée de ce qu’est la civilisation iranienne, ni de ce qu’ont de spécifique sa société et sa culture. Comment pourrait-on porter la vraie nature de l’Iran à la connaissance des Américains qui n’ont pas les moyens de la découvrir par eux-mêmes ?

JB : La plupart des Américains ne sont pas capables de trouver l’Iran ni quelque autre pays du Moyen Orient ni même n’importe quel pays du monde, sur une carte. Pour la plupart ils sont confrontés à ce qu’on pourrait appeler un "problème géographique" autant qu’historique. Il n’y a pas d’antidote à cela au monde et c’est la raison pour laquelle Washington peut se permettre de faire la guerre à des pays qui ne lui ont jamais fait aucun mal. Si les soldats étaient des appelés comme pendant la guerre du Vietnam, ni la guerre d’Iraq ni celle de l’Afghanistan n’auraient duré aussi longtemps et il y aurait une grande opposition à une attaque contre l’Iran.

Quand Nixon a eu l’intelligence de supprimer la conscription des hommes de 18 ans au début des années 1970, cela a détruit l’épine dorsale du mouvement anti-guerre et c’est la raison pour laquelle Washington ne veut pas revenir à la conscription malgré la pression énorme résultant de la nécessité de maintenir une armée assez nombreuse pour mener plusieurs guerres de front. Sans la crainte que leur jeunes de 18 ans ne soient appelés au combat, il n’y a pas de mouvements contre la guerre et c’est pourquoi il n’y a pas d’opposition à la guerre digne de ce nom aux USA à l’heure actuelle.

KZ : Beaucoup de gens dans le monde croient que la presse américaine est complètement libre et peut dire tout ce qu’elle veut sans que la moindre restriction ou censure ne lui soit imposée par l’Administration. On peut presque dire que le gouvernement américain ne se mêle pas directement de ce qui concerne les médias ; cependant on a l’impression qu’il y a une pression implicite sur les médias pour ne pas dépasser la ligne rouge et violer des lois non écrites comme l’interdiction de critiquer Israël. Pouvez-vous nous en dire plus ?

JB : Ce n’est pas le gouvernement qui empêche les critiques d’Israël de s’exprimer, c’est la peur des réactions qu’engendre toute critique sincère d’Israël que ce soit dans un article ou un dessin humoristique des médias même si le journaliste est juif. Il y a plusieurs organisations, dont les plus importantes sont la Anti-defamation League, CAMERA et HonestReporting, qui sont capables d’envoyer immédiatement un torrent d’emails et de lettres à l’éditeur d’un journal qu’ils jugent offensant et parfois même de se rendre dans les bureaux du journal en question pour s’assurer que les médias comprennent bien ce qu’ils peuvent écrire ou pas. Comme il n’y a pas de pression équivalente en faveur de la critique d’Israël, les médias préfèrent éviter l’affrontement.

Il fut un temps où un certain nombre de journalistes des médias dominants écrivaient des articles critiques sur Israël sans avoir de problèmes. Mais c’était il y a 20 ans et ils ne sont plus là.

KZ : Voici ma dernière question : Comment voyez-vous l’avenir d’Israël ? Va-t-il continuer à déterminer la politique étrangère américaine et contrôler les politiciens américains ? Est-il capable de maintenir le blocus de Gaza ? Et finalement Israël parviendra-t-il à survivre politiquement ?

JB : Tant que les supporters d’Israël ou ses agents aux USA parviennent à contrôler le Congrès américain et à intimider tous les présidents en exercice, et tant que ces mêmes forces dominent les médias, il n’y aura pas de changement aux USA ni à Gaza. Bien que le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions se développe petit à petit aux USA, il n’y a pas l’intensité qu’il a ailleurs et ses cibles sont limitées à ce que les firmes américaines et Israéliennes produisent en Cisjordanie, aussi, si l’on veut être réaliste, il y a peu de chance que les USA exercent une pression déterminante sur Israël.

Ce que fait Israël, cependant, peut engendrer des changements qu’il est impossible de prévoir aujourd’hui. Après avoir été vaincu deux fois par le Hezbollah, les officiels israéliens ne cessent de menacer de déclarer une nouvelle guerre au Liban et comme les USA, l’Europe et l’ONU n’ont pas sanctionné leurs précédentes guerres au Liban, ils vont sûrement encore essayer.

A la différence des Palestiniens, les Libanais n’ont pas l’intention de se laisser faire et sont capables de rendre coup pour coup, comme les Israéliens en ont fait l’expérience quand les Libanais ont résisté à leur occupation et stoppé la Wehrmacht israélienne tant vantée en 2006. Si Israël attaquait l’Iran les répercussions seraient peut-être suffisantes pour entraîner Israël dans un processus qu’on pourra sans doute qualifié d’autodestructeur. Pour le moment, vu le soutien inconditionnel à tous ses crimes dont il bénéficie de la part des Américains et son arsenal de d’armes nucléaires, je considère Israël comme la menace la plus immédiate à l’avenir de la planète.

28 octobre 2010

 

Pour consulter l’original : http://dissidentvoice.org/2010/10/i...

Note du traducteur :

* A la différence de la France qui s’est dotée de la loi Gayssot, ce qui permet les poursuites juridiques et augmente donc d’autant la capacité d’intimidation du lobby sioniste.

Jeffrey Blankfort

Kourosh Ziabari est un reporter freelance et un correspondant de presse iranien.

Ses articles ont été publiés dans de nombreux médias et journaux comme le Tehran Times, Salem News, Palestine Think Tank, Press TV, Foreign Policy, Journal, Islam Online et Middle East Online. Il est membre de Llaxcala translaters Network for Linguistic Diversity.

Traduction : D. Muselet

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n° 63 - Iran : Analyse & Réflexion - 21-11 : - : Fin - Fidel Castro: Les dangers d'une guerre nucléaire.


n° 63 -  Iran : Analyse & Réflexion - 21-11 : - : Fin - Fidel Castro: Les dangers d'une guerre nucléaire.



Iran : Analyse & Réflexion

La guerre aura-t-elle lieu ?

           n°63du 21-11                              C.De Broeder & M.Lemaire



Le dossier « Iran : Analyse & Réflexion » est visible sur les blogs :

 http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

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b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

 

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

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d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

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Sommaire :  

1-5 Entretiens avec Fidel Castro: Les dangers d'une guerre nucléaire.


1-5 Entretiens avec Fidel Castro: Les dangers d'une guerre nucléaire

par Fidel Castro Ruz et Michel Chossudovsky.

Mondialisation.ca,

14 novembre 2010

AVANT-PROPOS

Du 12 au 15 octobre 2010, j’ai soutenu à La Havane des entretiens prolongés et détaillés avec Fidel Castro au sujet des périls d’une guerre nucléaire, de la crise économique mondiale, du caractère du Nouvel Ordre mondial et d’autres points.

La première partie de ces Entretiens publiée par mondialisation.ca et CubaDebate est axée sur les périls d’une guerre nucléaire. Le monde se trouve à un tournant dangereux. Nous avons atteint un point critique décisif dans notre histoire.

Les entretiens avec Fidel Castro offrent une interprétation de la nature de la guerre moderne : si les États-Unis et leurs alliés décidaient de lancer une opération militaire contre la République islamique d’Iran, ils ne pourraient pas remporter une guerre conventionnelle et il se pourrait dès lors que celle-ci se convertisse en une guerre nucléaire.

On a occulté à l’opinion publique les détails des préparatifs militaires contre l’Iran.

 Comment faire face au présupposé diabolique et absurde de l’administration étasunienne : le recours aux armes nucléaires tactiques contre l’Iran rendra le monde plus sûr ?

Le leader de la Révolution cubaine formule un concept de base : la « bataille d’idées ». Seule une grande bataille de ce genre pourrait modifier le cours de l’histoire mondial, afin d’empêcher l’impensable : une guerre nucléaire qui menace de détruire la vie sur la planète.

Les médias transnationaux participent à ce camouflage en minimisant ou en passant sous silence les conséquences dévastatrices d’une guerre nucléaire. En de telles circonstances, il faudra donc écouter le message de Fidel au monde ; tous les peuples de la planète devront comprendre la gravité de la situation et agir énergiquement à tous les niveaux de la société pour inverser le cours des événements.

La « Bataille d’idées » fait partie d’un processus révolutionnaire. Face à ce torrent de désinformation, Fidel Castro est décidé à répandre la parole d’un bout à l’autre du monde, à informer l’opinion publique mondiale, à « rendre l’impossible possible », à empêcher une équipée militaire qui menace, au vrai sens du mot, l’avenir de l’humanité.

Quand une guerre parrainée par les USA se convertit en un « instrument de paix », et que les institutions mondiales et les plus hautes autorités mondiales, dont l’ONU, l’approuvent et l’acceptent

on atteint un point de non-retour : la société humaine court irréversiblement à sa perte.

La « Bataille d’idées » prônée par Fidel doit se traduire en un mouvement mondial. Les peuples doivent se mobiliser contre ces visées bellicistes diaboliques.

Les peuples pourront éviter cette guerre s’ils mettent la pression sur leurs gouvernements et sur leurs représentants élus, s’ils s’organisent localement dans les villes, les villages et les communes, s’ils répandent la parole, s’ils informent leurs concitoyens des conséquences d’une guerre thermonucléaire et s’ils engagent des débats et des délibérations avec les forces armées.

Il faut un mouvement massif des peuples qui conteste énergiquement la légitimé de la guerre, un mouvement mondial des peuples qui la pénalise.

Dans son message du 15 octobre, Fidel Castro a averti le monde des périls d’une guerre nucléaire : « Les dirigeants politiques et militaires des USA nous disent que la guerre provoque des dommages collatéraux, ce qui leur permet de justifier la mort d’innocents. Dans une guerre nucléaire, le dommage collatéral serait tout simplement  l’existence même de l’humanité. Ayons le courage de dire tout haut que toutes les armes, qu’elles soient nucléaires ou classiques, que tout ce qui sert à faire la guerre doit disparaître ! »

La « Bataille d’idées » consiste à faire front aux criminels de guerre qui occupent de hautes responsabilités afin de briser le consensus – piloté par les USA – en faveur d’une guerre mondiale, de modifier la mentalité de centaines de millions de personnes, d’abolir les armes nucléaires. Bref, la « Bataille d’idées » consiste dans son essence à restaurer la vérité et à jeter les fondations d’un monde de paix.

Michel Chossudovsky,
Centre de recherche sur la mondialisation (CRG)
www.mondialisation.ca,
Montréal le 11 novembre 2010, Jour du souvenir

« Si les USA font le choix de la guerre classique en Iran, ils la perdront. Et l’alternative de la guerre nucléaire n’en est une pour personne. Par ailleurs, la guerre nucléaire se convertirait inévitablement en une guerre nucléaire mondiale. » « Je crois que personne au monde ne désire l’extinction de l’espèce humaine. Voilà pourquoi je suis d’avis qu’il faut faire disparaître non seulement les armes nucléaires, mais aussi les armes classiques. Il faut offrir des garanties de paix à tous les peuples sans distinction. »« Dans une guerre nucléaire, le dommage collatéral serait tout simplement  l’existence même de l’humanité. Ayons le courage de dire tout haut que toutes les armes, qu’elles soient nucléaires ou classiques, que tout ce qui sert à faire la guerre doit disparaître ! »
« Exigeons que le monde ne soit pas conduit à un désastre nucléaire, exigeons la préservation de la vie. »

Fidel Castro Ruz, octobre 2010 
ENTRETIENS
Michel Chossudovsky.  Je me sens très honoré d’avoir l’occasion d’échanger avec vous sur des questions si fondamentales, qui concernent la société humaine dans son ensemble, et sur la notion que vous avez présentée dans vos dernières Réflexions, la menace qui pèse sur l’Homo sapiens, et qui me semble essentielle.

Alors, quelle est donc cette menace, ce danger de guerre nucléaire et la menace qui pèse sur les êtres humains, sur l’Homo sapiens ?

Fidel Castro Ruz. Depuis bien longtemps, des années, dirai-je, mais surtout depuis plusieurs mois, je m’inquiète de l’imminence d’une guerre dangereuse qui se convertirait vite en guerre nucléaire.

Avant, j’avais axé mes efforts sur l’analyse du système capitaliste en général, sur les méthodes que la tyrannie impériale a imposées à l’humanité. Les USA violent dans le monde les droits humains les plus élémentaires.

Pendant la Guerre froide, on ne parlait pas de guerre, ni des armes nucléaires ; on parlait d’une paix apparente, censément garantie entre l’URSS et les USA, selon la fameuse théorie de la « destruction mutuelle garantie », et il semblait que le monde allait jouir des délices d’une paix prolongée pour une durée illimitée.

Michel Chossudovsky. La fin de la Guerre froide a mis fin à cette notion de  « destruction mutuelle » et la doctrine nucléaire a été reformulée. En fait, personne ne pensait à une guerre nucléaire pendant la Guerre froide. Il existait un danger, bien entendu, comme l’a même dit Robert McNamara à un moment donné… Mais la doctrine nucléaire a été reformulée à partir de la fin de la Guerre froide et surtout à compter du 11 septembre. 

Fidel Castro Ruz. Vous m’avez demandé quand j’ai commencé à me rendre compte du danger imminent de guerre nucléaire. Je vous l’ai dit : voilà à peine six mois. L’un des faits qui a le plus attiré mon attention à cet égard est le torpillage du Cheonan durant des manœuvres militaires, le meilleur navire de la marine sud-coréenne, dernier cri. C’est ces jours-là que j’ai trouvé sur le site Global Research l’article de ce journaliste qui offrait une information claire et vraiment cohérente du torpillage du Cheonan, qui ne pouvait pas être l’œuvre d’une torpille lancée par un sous-marin nord-coréen vieux de plus de soixante ans, de fabrication soviétique, alors que le Cheonan n’avait pas besoin d’être doté d’appareils de pointe pour le repérer au cours de manœuvres conjointes avec les bâtiments les plus modernes des USA !

Cette provocation contre la République populaire et démocratique de Corée s’ajoutait à mes inquiétudes déjà plus anciennes au sujet d’une agression contre l’Iran dont je suivais de près l’évolution politique. Je savais parfaitement ce qu’il s’était passé dans les années 50 quand l’Iran avait nationalisé les biens de British Petroleum, qui s’appelait alors Anglo Persian Oil Company.

 

C’est le 9 juin dernier que les menaces contre l’Iran deviennent à mes yeux totalement réelles, quand le Conseil de sécurité adopte la Résolution 1929 qui condamne ce pays pour ses recherches dans le domaine nucléaire et pour avoir produit une petite quantité d’uranium enrichi à 20 p. 100, et l’accuse de constituer une menace pour le monde. On connaît les positions de chaque membre du Conseil de sécurité : 12 voix pour, dont les 5 à droit de veto, 1 abstention et 2 contre, le Brésil et la Turquie. Une fois cette résolution adoptée, la plus agressive de toutes, un porte-avions étasunien dans le cadre d’un groupe de combat et un sous-marin nucléaire franchissent presque aussitôt le canal de Suez avec la coopération du gouvernement égyptien, et sont ensuite rejoints par des bâtiments israéliens dans le golfe Persique et dans les eaux avoisinantes.

 

Les sanctions imposées à l’Iran par les USA et leurs alliés de l’OTAN sont absolument abusives et injustes. Et je ne comprends pas pourquoi la Russie et la Chine n’ont pas mis leur veto à cette dangereuse Résolution 1929 du Conseil de sécurité des Nations Unies. De mon point de vue, ça a compliqué terriblement la situation politique et mis le monde au bord de la guerre.

 

Je me suis souvenu des attaques israéliennes contre des centres de recherche nucléaire de pays arabes : d’abord, en Iraq en juin 1981, sans demander la permission à personne, sans en parler à personne, et l’Iraq a accusé le coup ; ensuite, en 2007, contre un centre de recherche en chantier en Syrie. Dans ce dernier épisode, il y a quelque chose que je ne comprends pas : la tactique, autrement dit les raisons pour lesquelles la Syrie n’a pas dénoncé cette attaque israélienne contre un centre de recherche où elle travaillait incontestablement à quelque chose avec la coopération de la Corée du Nord, quelque chose de légal…

 

J’avoue franchement ne pas comprendre. Il aurait été important de dénoncer cette attaque. Ce sont là deux précédents très importants.

Il y a bien d’autres raisons, à mon avis, pour penser qu’on tentera de faire pareil contre l’Iran, autrement dit de détruire ses centres de recherche ou ses centres de production d’énergie. Le résidu de l’uranium utilisé dans la production d’électricité, c’est, on le sait, le plutonium.

Michel Chossudovsky. Il est vrai que cette Résolution du Conseil de sécurité annule en quelque sorte le programme de coopération militaire que
la Russie et la Chine ont avec l’Iran, en particulier celui de la Russie au système de defense antiaérienne, avec le système S-300.

Juste après cette décision du Conseil de sécurité entérinée par la Chine et la Russie, le ministre russe des affaires étrangères a dit : « Nous avons approuvé cette Résolution, mais ça ne va pas interrompre notre coopération militaire avec l’Iran. » C’était en juin. Mais quelques mois après, Moscou a confirmé que cette coopération militaire serait interrompue, si bien que l’Iran se retrouve dans une situation très grave parce qu’il a besoin de la technologie russe pour maintenir sa sécurité, sa defense antiaérienne.

 

Mais toutes les menaces à la Russie et à la Chine visent à ce que ces deux pays ne se mêlent pas

de l’Iran, autrement dit qu’en cas de guerre, ils n’interviennent absolument pas, après avoir suspendu leur coopération militaire. C’est là une manière d’étendre la guerre au Moyen-Orient sans confrontation avec la Russie et la Chine. Je crois que c’est un peu le scénario actuel.

 

Les menaces envers la Russie et la Chine sont multiples aux différentes frontières. Le fait que les frontières de Chine soient militarisées, la mer au sud de la Chine, la Mer jaune, la frontière avec l’Afghanistan, le détroit de Taïwan, tout ceci est en quelque sorte une menace pour dissuader la Chine et la Russie de jouer un rôle de puissances dans l’arène géopolitique mondiale et pour préparer le terrain et le consensus en vue d’une guerre contre l’Iran, qui devrait se battre alors que son système de defense antiaérienne est affaibli… En anglais, il existe une expression : a sitting duck, qui veut dire littéralement « un canard assis » et au figuré : une cible facile. Disons donc que l’Iran est une cible facile compte tenu de ses possibilités de defense antiaérienne

 

Fidel Castro Ruz. À mon avis modeste et serein, il aurait fallu bloquer cette Résolution..

Ça a tout compliqué à plusieurs égards. Sur le plan militaire, comme vous l’avez expliqué, les Russes s’étaient engagés à livrer des S-300 à l’Iran et avaient signé des contrats. Ce sont des armes antiaériennes très efficaces. Ensuite, il y a les livraisons de carburant qui sont très importantes pour la Chine, parce que c’est le pays dont la croissance est la plus forte, et que son économie exige le plus de pétrole et de gaz. Bien qu’il existe des accords avec la Russie de livraisons de pétrole et de gaz, que la Chine développe aussi l’énergie éolienne et d’autres formes d’énergie renouvelables, qu’elle possède d’énormes réserves de charbon, son énergie nucléaire ne croîtra pas beaucoup et ne produira que 5 p. 100 de l’électricité requise, et ce pour bien des années encore, et elle aura donc besoin de beaucoup de gaz et de pétrole, et je ne conçois vraiment pas comment elle pourra obtenir cette énergie et à quel prix si le pays où elle a fait de gros investissements est détruit par les USA !

Mais le risque pire est une guerre de ce genre contre l’Iran. Qui est un pays musulman, qui possède des millions de combattants entraînés et absolument motivés.

L’Iran compte des dizaines de millions de personnes qui ont suivi un entraînement militaire, formés du point de vue politique et entraînés, des millions d’hommes et de femmes entraînés et n’ayant pas peur de mourir. Ce sont des gens qui ne vont pas se laisser intimider et que la force ne va pas faire changer. Par ailleurs, vous avez les Afghans – assassinés par les drones – les Pakistanais, les Iraquiens, qui ont vu mourir de un à deux millions de leurs compatriotes par suite de la guerre antiterroriste engagée par Bush. Vous ne pouvez pas gagner une guerre contre le monde musulman. C’est insolite ! C’est de la folie !

Michel Chossudovsky. Et c’est tout à fait vrai : ses forces classiques sont énormes. L’Iran peut mobiliser du jour au lendemain plusieurs millions de soldats à la frontière iraquienne, à la frontière afghane, et même s’ils mènent une guerre type blitzkrieg, les USA ne pourront pas éviter une guerre classique tout près de leurs bases militaires dans la région.

Fidel Castro Ruz. Cette guerre classique, ils la perdraient. Personne ne peut gagner une guerre classique contre des millions de soldats et de personnes. La population de tout un pays ne va pas se concentrer à un endroit pour que les Étasuniens la tuent !

J’ai été guérillero, et je me rappelle avoir dû beaucoup penser à la manière dont il fallait utiliser nos forces, et je n’aurais jamais commis l’erreur de les concentrer, parce que plus vos forces sont concentrées et plus les armes de destruction massive vous causeront de pertes.

 

Michel Chossudovsky. Vous avez dit que l’appui de la Chine et de la Russie à la Résolution 1929 au Conseil de sécurité était très important, car elles se font du tort à elles-mêmes. D’abord, la Russie ne peut plus exporter d’armes, qui sont sa principale source de devises, d’autant que l’Iran était l’un des principaux acheteurs. Ça revient donc à tarir une entrée de devises importante qui soutient l’économie de consommation et les besoins de la population russe.

Vous avez aussi signalé à quel point la Chine a besoin de l’énergie pour sa croissance économique. En fait, que la Chine et la Russie aient rejoint le consensus au Conseil de sécurité veut dire en quelque sorte : « Nous acceptons que vous tuiez notre économie, que vous interrompiez nos accords commerciaux avec un pays tiers. » C’est très grave. Le tort n’est pas seulement contre l’Iran, mais aussi pour ces deux pays. Je ne suis pas un homme politique, mais je suppose qu’il a dû y avoir de terribles divisions au sein des dirigeants russes et chinois pour que ces deux pays acceptent de ne pas opposer leur veto au Conseil de sécurité.

Des journalistes russes m’ont dit que ce n’est pas là un consensus du gouvernement en tant que tel, mais une ligne de conduite. Mais des gens au gouvernement ont d’autres points de vue sur les intérêts de la Russie et sur son attitude au Conseil de sécurité. Comment voyez-vous ça ?

Fidel Castro Ruz. Comment je vois la situation générale ? Si les USA font le choix de la guerre classique en Iran, ils la perdront. Et l’alternative de la guerre nucléaire n’en est une pour personne.

Par ailleurs, la guerre nucléaire se convertirait inévitablement en une guerre nucléaire mondiale. D’où, à mon avis, la dangerosité de la situation actuelle vis-à-vis de l’Iran, compte tenu des raisons que vous avancez et de bien d’autres données qui me font conclure que la guerre prendrait un caractère nucléaire.

Michel Chossudovsky. Autrement dit, comme les USA et leurs alliés sont incapables de gagner une guerre classique, ils vont recourir à l’arme nucléaire, mais comme ils ne peuvent pas non plus gagner cette guerre, nous allons tout perdre.

Fidel Castro Ruz. Tout le monde la perdrait. C’est une guerre que nous perdrions tous ! Que gagnerait la Russie à une guerre nucléaire ? Et la Chine ? Quel caractère aurait cette guerre, comment le monde réagirait-il, quels effets aurait-elle sur l’économie mondiale ?  Vous l’avez expliqué à l’Université de La Havane, quand vous avez parlé du système de defense centralisé mis au point par le Pentagone. Ça ressemble à de la science-fiction, ça n’a plus rien à voir avec la Deuxième Guerre mondiale. L’autre point, aussi, est très important : la tentative de convertir les armes nucléaires en armements tactiques classiques.

Aujourd’hui même, 13 octobre, j’ai lu dans une dépêche de presse que les habitants d’Hiroshima et Nagasaki protestaient énergiquement devant les essais nucléaires dits subcritiques réalisés par les USA. On les appelle comme ça parce que l’arme nucléaire est utilisée sans qu’on déploie toute l’énergie que permettrait la masse critique.

La voici. Son titre : « Indignation à Hiroshima et  à Nagasaki pour un essai nucléaire des USA. »

 

Hiroshima et Nagasaki, les deux villes japonaises victime d’une attaque nucléaire à la fin de la Deuxième Guerre mondiale ont déploré aujourd’hui que les USA aient réalisé en septembre dernier un essai nucléaire dit subcritique, parce qu’il ne déclenche pas de réactions nucléaires en chaîne.

L’essai, le premier de ce genre dans ce pays depuis 2006, a eu lieu le 15 septembre dans un centre du Nevada, aux États-Unis. Selon le journal Japan Times, il a été confirmé officiellement  par le département de l’Énergie.

Que dit ce journal ?

« "Je le déplore profondément parce que j’espérais que le président Barack Obama prendrait la tête en vue de l’élimination des armes nucléaires", a déclaré aujourd’hui le gouverneur de Nagasaki, Hodo Nakamura, en conférence de presse. »

Vient toute une série de nouvelles à ce sujet.

« L’essai  a aussi provoqué des protestations parmi les habitants d’Hiroshima et de Nagasaki, dont celles de plusieurs survivants des bombes nucléaires qui ravagèrent ces deux villes en août 1945.

« "Nous ne pouvons pas tolérer cette action des USA qui trahit la promesse du président Barack Obama de progresser vers un monde dénucléarisé", a affirmé Yukio Yoshioka, sous-directeur du Conseil des victimes de la bombe nucléaire d’Hiroshima. 

« Le gouvernement a déclaré qu’il n’avait pas l’intention de protester. »

Il laisse ça au domaine social. On lit ensuite :    

« Ceci porte à vingt-six la quantité d’essais nucléaires subcritiques réalisés par les USA depuis juillet 1997, date de la première. »

La dépêche ajoute :

« Washington estime que ces essais ne violent pas le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (CTBT), car ils ne déclenchent pas de réactions en chaîne et ne dégagent donc pas d’énergie nucléaire, de sorte qu’on peut le considérer des essais de laboratoire. »

Les États-Unis disent que ces essais sont indispensables à la sécurité de leur arsenal nucléaire. Comme ils ont de grands arsenaux nucléaires, ils doivent les protéger. 

Michel Chossudovsky. Revenons à la menace contre l’Iran.  Vous dites que les USA et leurs alliés ne peuvent pas gagner une guerre conventionnelle. C’est vrai. Mais l’arme nucléaire pourrait être utilisée en remplacement d’une guerre classique, et ça, c’est de toute évidence une menace à l’humanité, comme vous l’avez souligné dans vos écrits.

Ce qui m’inquiète, c’est de voir se développer, après la Guerre froide, la notion d’arme nucléaire à visage humanitaire, sous prétexte qu’il ne s’agirait pas d’une arme dangereuse pour les civils. Il s’agirait en quelque sorte de changer l’étiquette de l’arme nucléaire. Selon ces concepts, l’armée nucléaire ne se différencie pas de l’arme conventionnelle. Et maintenant, les manuels militaires disent que l’arme nucléaire tactique ne fait pas de mal aux civils. Au point que, dans une situation donnée, ceux qui décideraient d’attaquer l’Iran à l’arme nucléaire ne se rendraient même pas compte des conséquences que cela pourrait voir pour le Moyen-Orient, l’Asie centrale, mais aussi pour l’ensemble de l’humanité, car ils pourraient dire : « De notre point de vue, cette arme nucléaire est différente de celle de la Guerre froide, et nous pouvons l’employer contre l’Iran pour garantir la paix mondiale. »

Comment voyez-vous ça ? C’est là quelque chose de terriblement dangereux, parce qu’ils croient à leur propre propagande. Une propagande interne au sein des forces armées, au sein de l’appareil politique.

Selon les documents rendus publics en 2002, en 2003, au sujet de l’arme nucléaire tactique, le sénateur Edward Kennedy a même dit à cette époque que c’était une manière d’effacer la frontière entre armes conventionnelles et armes nucléaires. Or, nous y sommes. Nous sommes à une époque où l’arme nucléaire n’est pas différente de la Kalachnikov… J’exagère, bien entendu, mais ça fait partie en quelque sorte de la boîte à outils – c’est l’expression qu’ils utilisent – d’où ils tirent l’armement à employer, si bien que l’arme nucléaire tactique pourrait être employée sur un théâtre de guerre classique. Ça nous conduirait à des scénarios impensables : une guerre nucléaire régionale qui aurait des répercussions à l’échelle planétaire.


Fidel Castro Ruz. J’ai écouté ce que vous avez dit au cours de la Table ronde télévisée : que ces armes, censément inoffensives pour les habitants proches du lieu d’impact, ont une puissance explosive allant d’un tiers à six fois celle de la bombe qui fut lancée sur Hiroshima.Or, on connaît parfaitement les terribles dommages qu’elle a causés. Une seule bombe a tué instantanément cent mille personnes. Imaginez une bombe six fois plus puissante, ou deux fois, ou aussi puissante, ou seulement le tiers… C’est absurde !

Vous avez aussi parlé à l’Université de la tentative de la présenter comme une arme humanitaire dont pourraient disposer les troupes en opérations. De sorte qu’à un moment donné, un commandant d’une zone d’opération pourrait décider de l’employer parce que plus efficace que les autres, ce qui serait son devoir dans le cadre des doctrines militaires et des enseignements donnés dans les écoles militaires.

Michel Chossudovsky. Dans ce sens, je ne crois pas que cette arme nucléaire soit utilisée sans l’aval, mettons, du Pentagone ou du commandement centralisé, mais je crois qu’elle pourrait l’être sans celui du président des USA et du commandant en chef des forces armées, autrement dit le président en personne. Bref, nous ne sommes plus du tout dans la logique de la Guerre froide, avec son téléphone rouge…

 

Fidel Castro Ruz Je comprends que ce que vous dites, professeur, au sujet de cette arme qui serait utilisée comme faculté des instances supérieures du Pentagone, et il me semble correct que vous le précisiez pour qu’on ne vous accuse pas d’exagérer le danger de cette arme.

Mais, quand on sait les antagonismes et les discussions entre le Pentagone et le président des USA, on ne doute guère de ce que serait la décision du Pentagone au cas où le chef d’un théâtre d’opérations demanderait l’autorisation d’employer cette arme s’il le juge nécessaire ou indispensable.

Michel Chossudovsky. Il y a un autre facteur : le déploiement actuel des armes nucléaires dans plusieurs pays européens membres de l’OTAN, qui implique tout un déploiement d’armes nucléaires tactiques, en Turquie, en Italie, en Allemagne, si bien que des tas de petites bombes nucléaires se trouvent tout près du théâtre d’opération. Et, par ailleurs, il y a Israël.

De toute façon, je ne crois pas qu’Israël lance une guerre à son compte. C’est impossible des points de vue stratégique et décisionnel. Dans la guerre moderne, où les systèmes de communications, de logistique et tout le reste sont centralisés, c’est là une décision centralisée. Mais il se pourrait que les USA lui donnent le feu vert et qu’Israël lance alors la première attaque. Ce n’est pas du domaine de l’impossible, bien que certains commentateurs disent maintenant que la guerre va commencer par le Liban et la Syrie sous forme de guerre frontalière classique, ce qui servira de prétexte ensuite à une escalade des opérations militaires.

On connaît aussi les inquiétudes d’Israël à ce sujet, car les Libanais sont des combattants, qui possèdent trois fois plus de missiles à réaction que lors du précédent conflit avec ce pays, et les techniciens israéliens disent qu’il leur faut l’aviation pour combattre ces projectiles et qu’Israël ne pourrait attaquer l’Iran que pendant quelques heures, et non pendant trois jours, car il faudrait fairea attention au danger des projectiles libanais. Les Israéliens, de ce point de vue, sont de plus en plus inquiets, parce que ces armes font partie de l’arsenal classique des Iraniens. Ceux-ci possèdent par exemple des centaines de lance-missiles contre des bâtiments de surface du côté de la Mer caspienne. Or, on sait, depuis la guerre des Malouines, qu’un bâtiment de guerre peut se défendre contre un, deux ou trois missiles, mais qu’il est incapable de résister à une pluie de projectiles. Les Iraniens possèdent des bâtiments rapides conduits par des gens bien entraînés, car cela fait trente ans que ce pays prépare ses gens et qu’il a mis au point des armes classiques efficaces.

Durant la dernière guerre mondiale, avant l’apparition des armes nucléaires, plus de cinquante millions de personnes ont été tuées par des armes classiques.

Une guerre aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celles du XIXe siècle, avant l’apparition de l’arme nucléaire. Et elles étaient déjà extrêmement destructives. Les armes nucléaires sont apparues à la dernière minute, parce que Truman a voulu les employer, faire un essai avec la bombe d’Hiroshima, dont la masse critique provenait de l’uranium, tandis que celle de la bombe de Nagasaki est née du plutonium. Toutes deux ont tué environ cent mille personnes d’un coup, sans parler de la quantité de gens qui sont décédés ensuite par blessures et irradiation, et qui en souffrent les effets depuis de longues années.

De plus, une guerre nucléaire provoquerait un hiver nucléaire. Je vous parle des dangers que représenterait une guerre par ses dommages immédiats. Mais il suffirait d’une quantité d’armes limitée, par exemple celles que possèdent les deux puissances qui en ont le moins, l’Inde et le Pakistan, pour provoquer un hiver nucléaire qui durerait de huit à dix ans et auquel aucun être humain ne survivrait. En quelques semaines, on ne verrait plus la lumière du soleil.

L’homme est sur la Terre depuis moins de deux cent mille ans. Jusqu’ici, tout se déroulait d’une manière normale, les lois de la Nature jouaient, les lois de la vie se développaient sur notre planète Terre depuis plus de trois milliards d’années. Selon toutes les études, l’existence de l’homme sur la Terre, de l’Homo sapiens, de l’être intelligent ne représente dans le temps que les huit dixièmes d’un million. Voilà deux cents ans, on ignorait virtuellement tout. Aujourd’hui, on connaît les lois qui régissent l’évolution des espèces. Les scientifiques, les théologiens, voire les religieux les plus sincères, qui se faisaient au départ l’écho de la campagne des grandes institutions religieuses contre la théorie de Darwin, acceptent aujourd’hui les lois de l’évolution comme réelles, sans que cela leur ait interdit de professer leurs croyances dans lesquelles les gens trouvent bien souvent une compensation à leurs souffrances les plus vives.

Je crois que personne au monde ne désire l’extinction de l’espèce humaine. Voilà pourquoi je suis d’avis qu’il faut faire disparaître non seulement les armes nucléaires, mais aussi les armes classiques. Il faut offrir des garanties de paix à tous les peuples, sans distinction, aussi bien aux Iraniens qu’aux Israéliens, et il faut distribuer les ressources de la Nature. Il le faut ! Je ne dis pas que ça va se faire, ni que ce soit facile à faire, mais il n’y a pas d’autres solutions pour l’humanité, dans un monde limité en étendue et en ressources déterminées, même si toutes les forces scientifiques sont capables de se développer pour créer des sources d’énergie renouvelables. Le monde compte presque sept milliards d’habitants : il faut mettre en place une politique démographique. Il faut en fait bien des choses. Quand vous les placez toutes ensemble les unes à côté des autres, vous vous posez la question : L’être humain sera-t-il capable de le comprendre et de surmonter toutes ces difficultés ? Vraiment, seul l’enthousiasme peut pousser quelqu’un à dire qu’on va faire face à un tel problème et le régler facilement.

Michel Chossudovsky. Ce que vous avez dit au sujet de Truman est extrêmement important. Truman avait dit qu’Hiroshima était une base militaire et que les civils ne souffriraient pas.

…La notion des dommages collatéraux, qui semble la continuation de la doctrine nucléaire depuis 1945.  Je veux dire : pas au niveau de la réalité, mais au niveau de la doctrine et de la propagande. L’argument en 1945 a été en effet le suivant : nous allons sauver l’humanité en tuant cent mille personnes et en niant qu’Hiroshima est une ville civile, non une base militaire. Mais, de nos jours, la falsification est bien sophistiquée, plus généralisée, et l’arme nucléaire est bien plus avancée. Ainsi donc, quand nous parlons de l’avenir de l’humanité et de la menace d’une guerre nucléaire à l’échelle planétaire, il faut comprendre que le mensonge, que la fiction au cœur même du discours politique et militaire nous conduira à une catastrophe sans même que les politiciens comprennent leurs propres mensonges.

Vous avez dit que les êtres humains intelligents existent depuis deux cent mille ans. Mais cette intelligence traduite au niveau des institutions, de la presse, des services de renseignement, des Nations Unies devient le facteur qui va nous détruire, parce que vous finissez pas croire vos propres mensonges, et la guerre nucléaire surviendra sans même que nous nous rendions compte que ce sera la dernière, comme l’avait dit Einstein clairement : Une guerre nucléaire menace la survie de l’humanité, et c’est là la menace mondiale. »

Fidel Castro Ruz. Ce sont de très bonnes paroles, professeur : le dommage collatéral, en l’occurrence, ce serait tout bonnement l’humanité. La guerre est un crime, il n’y a pas besoin d’une nouvelle loi, car, depuis Nuremberg on la considère comme le plus grand crime contre l’humanité et la paix, le plus horrible de tous les crimes

Michel Chossudovsky. Les textes de Nuremberg le disent clairement : « La guerre est un acte criminel, c’est l’acte de guerre suprême contre la paix. » Ce texte de Nuremberg est très souvent cité. Après la guerre, les Alliés voulaient l’utiliser contre les vaincus. Je ne dis pas que ça ne soit pas valable, mais le fait est que les crimes qu’ils ont commis, eux, contre l’Allemagne, contre le Japon, personne n’en parle.

Fidel Castro Ruz. Et avec l’arme nucléaire, dans le second cas.

Michel Chossudovsky. Bref, c’est pour moi une question extrêmement importante. Si nous voulons former une contre-alliance pour la paix, la criminalisation de la guerre me paraît fondamentale. Il faut abolir la guerre, éliminer cet acte criminel.

Fidel Castro Ruz. Qui juge les principaux criminels ?

Michel Chossudovsky. Le hic, c’est qu’ils contrôlent aussi les cours de justice, et les juges sont aussi des criminels. Que pouvons-nous faire ?

Fidel Castro Ruz. Je dis que ça fait partie de la bataille d’idées.

Et maintenant, il faut exiger que le monde ne soit pas conduit à une catastrophe nucléaire ; maintenant, il s’agit de préserver la vie. Je ne sais, mais je suppose que si les gens prennent conscience que leur propre existence, celle de leur peuple, celle de leurs être les plus chers, jusqu’aux chefs militaires des USA changeraient d’avis, même s’ils ont été formés dans leurs écoles à obéir à des ordres, bien souvent génocidaires, comme cet emploi d’armes nucléaires tactiques ou stratégiques…

Comme tout ceci est insensé, aucun politique n’est exonéré du devoir de faire connaître ces vérités à la population. Il faut y croire ; sans ça, il n’y aurait rien pour quoi se battre.

Michel Chossudovsky. Je crois que ce que vous dites, c’est que, au moment actuel, le grand débat historique de l’humanité est le danger d’une guerre nucléaire qui menace son avenir et que tout débat sur les besoins essentiels ou sur l’économie exige qu’on évite la guerre et qu’on instaure la paix mondiale afin qu’il soit possible de planifier le niveau de vie à l’échelle mondiale à partir des besoins de base. Et que si nous ne solutionnons pas la question de la guerre, le capitalisme ne pourra pas non plus survivre. Est-ce bien ça ?

Fidel Castro Ruz.  Non, compte tenu des analyses que nous avons faites, il ne pourra pas survivre. Le système capitaliste et l’économie de marché qui lui donne vie ne vont pas disparaître du jour au lendemain, mais l’impérialisme fondé sur la force, sur les armes nucléaires et classiques à technologie de pointe doit disparaître si nous voulons que l’humanité survive.

Tenez, voyez ce qu’il passe aujourd’hui et qui prouve l’énorme désinformation dont le monde est victime : la nouvelle que les trente-trois mineurs chiliens attrapés à sept cents mètres de profondeur ont été sauvés a plongé le monde dans une jubilation énorme. Je me demande : que fera le monde s’il prend conscience qu’il y a 6 877 596 300 personnes à sauver ? Si trente-trois ont provoqué une telle allégresse universelle et si les médias du monde entier ne parlent que de ça ces jours-ci, pourquoi ne sauve-t-on pas les presque sept milliards de personnes attrapés par le terrible péril de disparaître et de souffrir une mort aussi horrible qu’à Hiroshima et à Nagasaki ?

Michel Chossudovsky. Vous entrez là dans la couverture médiatique que l’on fait de différents événements et de la propagande qui en émane.

Je pense que les Chiliens ont mené une opération humanitaire fantastique. Mais si une menace comme celle que vous dites pèse sur l’humanité, alors, elle devrait faire la une de tous les journaux du monde, parce que la victime est l’ensemble de l’humanité qui pourrait souffrir les conséquences d’une décision prise par un simple général à trois étoiles. Oui, c’est un fait que les medias, surtout occidentaux, cachent la question la plus grave qui concerne potentiellement le monde entier, à savoir le danger d’une guerre nucléaire que nous devons, hélas, prendre au sérieux parce qu’Obama aussi bien qu’Hillary Clinton ont dit qu’ils avaient l’idée d’employer l’arme nucléaire dans une guerre dite préventive contre l’Iran.

Alors, que répondons-nous ? Que dites-vous à Hillary Clinton et à Barack Obama au sujet du recours unilatéral éventuel à l’arme nucléaire contre l’Iran, un pays qui ne représente aucun danger pour personne ?

Fidel Castro Ruz. Je sais deux choses. Ce qui a été discuté, ce qui a été révélé ces jours-ci, les fortes discussions au sein du Conseil de sécurité nationale des USA. C’est toute la valeur du livre de Woodward qui révèle comment se sont déroulées ces discussions. On connaît la position de Biden, d’Hillary, d’Obama… En tout cas, celui qui s’est montré le plus résolu contre l’extension de la guerre, qui a discuté avec les militaires, c’est Obama. C’est un fait, et j’en ai parlé dans mes dernières Réflexions. Le seul à lui avoir donné un conseil, quelqu’un qui avait été son adversaire en tant que républicain, c’est Colin Powell, qui lui a rappelé que le président des États-Unis, c’était lui. Un conseil encourageant.

Je crois qu’il faut leur faire parvenir à tous ce message dont nous avons parlé : je crois que beaucoup lisent sur Global Research les articles que vous publiez. Je crois qu’il faut les divulguer. Et, compte tenu de nos conversations, je me réjouis à l’idée de les faire connaître, et de faire connaître vos arguments, vos raisonnements, car il existe à mon avis un énorme déficit d’information pour les motifs que vous avez expliqués.

Nous, il faut que nous inventions. Quelles seraient les meilleures manières de faire connaître tout ça. À leur époque, les apôtres n’étaient que douze et ils ont entrepris de divulguer les enseignements qu’un prédicateur leur avait transmis. Bien entendu, ils avaient des centaines d’années devant eux ; nous, en revanche, nous ne les avons pas. J’ai consulté la liste des plus de vingt personnalités qui collaborent à Global Research, des gens prestigieux, assurément, qui soulèvent les mêmes points, mais elles ne disposent pas de centaines d’années. Non, le temps est vraiment très court.


Michel Chossudovsky. Le mouvement contre la guerre aux USA, au Canada et en Europe est très divisé. Certains pensent que la menace vient d’Iran, que ce sont des terroristes ; il y a beaucoup de désinformation au sein du mouvement antibelliciste.

Même au Forum social mondial, ce problème de la guerre nucléaire ne fait pas partie des débats chez les gens de gauche, les progressistes. Durant la Guerre froide, on en parlait et les gens en étaient conscients.

À la dernière réunion des Nations Unies sur la non-prolifération, l’accent a été mis sur la menace nucléaire provenant non des États, mais des terroristes. Le président Obama disait que la menace vient d’Al Qaeda qui possède l’arme nucléaire. Si vous lisez les discours d’Obama, vous verrez qu’il insinue que les terroristes sont capables de fabriquer de petites bombes nucléaires, ce qu’ils appellent une bombe sale… Bref, l’accent est absolument modifié.

Fidel Castro Ruz. C’est ce qu’on lui dit, c’est ce que veulent lui faire croire les gens qui l’entourent.

Tenez, qu’est-ce que je fais de mes Réflexions ? Je les distribue aux Nations Unies, je les envoie à tous les gouvernements, celles qui sont courtes, bien entendu, et je sais que beaucoup de gens les lisent. La question est de savoir si vous dites la vérité ou non. Bien entendu, quand vous réunissez toute cette information sur un problème plus concret, ça a plus d’impact. Parce que les Réflexions abordent plusieurs problèmes, et ça se dilue. Je crois que, de mon côté, je dois me concentrer davantage sur les choses essentielles, parce que vous ne pouvez pas tout aborder.

Michel Chossudovsky. J’aimerais vous poser une question, parce qu’il y a une question fondamentale relative à l’histoire de la Révolution cubaine. J’estime que ce débat sur l’avenir de l’humanité fait aussi partie du discours révolutionnaire. Si la société dans son ensemble est menacée par une guerre nucléaire, alors il faut provoquer une révolution de la pensée et des actions pour pouvoir contrer cette menace.

Fidel Castro Ruz. Il faut dire, je le répète, que l’humanité est à huit cents mètres de profondeur et qu’il faut la tirer de là. Qu’il faut faire une sorte d’opération de sauvetage. Voilà le message que nous devons transmettre à beaucoup de gens. Si beaucoup de gens le pensent, alors ils vont faire ce que vous faites et vont appuyer les mêmes causes que vous, et ça ne dépendra plus seulement de ceux qui le disent.

Il faut inventer la manière de toucher les masses les plus conscientes. La solution, ce ne sont pas les journaux. Internet existe, il est plus économique, il est plus accessible. Tenez, je vous ai découvert sur Internet en cherchant des nouvelles, pas à travers les agences de presse, les organes de presse ou CNN, mais à travers un bulletin que je reçois tous les jours contenant des articles publiés sur Internet. Plus de cent pages tous les jours.

Hier, vous disiez qu’aux USA, il y a quelque temps, les deux tiers de l’opinion publique étaient contre la guerre en Iran, et que maintenant la moitié et quelque était en faveur d’actions militaires contre ce pays

Michel Chossudovsky. Ce qu’il s’est passé ces derniers mois, c’est qu’on a dit : « Oui, c’est vrai, la guerre nucléaire est très dangereuse, c’est un danger, mais la menace vient d’Iran. » On a vu des affiches à New York qui disaient : « Dis non à un Iran nucléaire ! » Autrement dit, ces affiches présentaient l’Iran comme une menace à la sécurité du monde, alors que ce pays ne possède même pas l’arme nucléaire ! Voilà où nous en sommes. The New York Times a même publié en début de semaine un article où il est dit que les assassinats politiques sont légaux.

Alors, quand vous avez une presse qui vous présente des choses de ce genre, avec le tirage qu’elle a, vous avez fort à faire pour lutter contre. Nous n’avons pas la possibilité d’inverser ce processus à travers les médias alternatifs. D’autant qu’une bonne partie de ces médias alternatifs sont financés maintenant par le pouvoir économique.

Fidel Castro Ruz. N’empêche qu’il faut se battre !

Michel Chossudovsky. Absolument. Le message que vous avez fait hier, c’est qu’en cas de guerre nucléaire le dommage collatéral serait tout bonnement l’humanité.

Fidel Castro Ruz. Oui, l’humanité, la vie de l’humanité.

Michel Chossudovsky. C’est vrai qu’Internet doit continuer de fonctionner comme un instrument de divulgation pour que cette guerre n’éclate pas.

Fidel Castro Ruz. C’est la seule manière de l’empêcher, si nous croyons en l’opinion mondiale.

C’est comme l’exemple que je vous ai donné : il y a presque sept milliards de personnes coincées à huit cent mètres de profondeur. Nous devons utiliser la comparaison avec le Chili pour divulguer ces vérités.

Michel Chossudovsky.  J’aime la comparaison que vous faites entre le sauvetage des trente-trois mineurs chiliens, qui ont eu droit à une couverture médiatique colossale, et le sauvetage de presque sept milliards de personnes coincées à huit cents mètres sous terre, dont aucun média ne parle et qui ne comprennent pas ce qu’il se passe, mais qu’il faut sauver, parce que l’ensemble de l’humanité est menacée par les armes nucléaires des USA et de leurs alliés qui vont jusqu’à dire qu’ils sont prêts à y recourir…

Fidel Castro Ruz. Et ils vont y recourir s’il n’y a pas d’opposition, de résistance. Ils se trompent, ils sont drogués par leur supériorité militaire et la technologie moderne, et ils ne savent pas ce qu’ils font. Ils n’en comprennent pas les conséquences, ils croient que tout ça peut se maintenir. C’est impossible.

Michel Chossudovsky. Ou alors ils pensent que c’est une arme classique quelconque.

Fidel Castro Ruz. Oui, ils se trompent eux-mêmes et ils pensent qu’on peut continuer d’employer cette arme. Ils se trompent d’époque, ils ne se rappellent pas ce que disait Einstein, qu’il ne savait pas avec quelles armes on lutterait dans la troisième guerre mondiale, mais que dans la quatrième, ce serait avec des bâtons et des pierres. Et moi, j’ai juste ajouté : « sauf qu’il n’y aura plus personne pour manier les bâtons et les pierres ». C’est la réalité. Je l’ai écrit dans le bref discours que vous m’avez suggéré d’écrire.

Michel Chossudovsky. Le problème que je vois, c’est que le recours à l’arme nucléaire ne va pas forcément conduire à la fin de l’humanité du jour au lendemain, parce que les retombées radioactives sont un phénomène graduel.

Fidel Castro Ruz. Redites ça, je vous prie.

Michel Chossudovsky. L’arme nucléaire a plusieurs conséquences : 1) l’explosion et la destruction sur le théâtre d’opération, ce qui s’est passé à Hiroshima ; 2) la radioactivité qui s’étend graduellement. .

Fidel Castro Ruz. Oui, l’hiver nucléaire, pour ainsi dire. Le prestigieux chercheur étasunien, Alan Robock, professeur émérite à l’Université Rutgers, de New Jersey, a démontré d’une manière irréfutable qu’une guerre entre deux des huit puissances nucléaires possédant le moins d’armes nucléaires provoquerait un « hiver nucléaire ».

Il a fait cette découverte à la tête d’un groupe de chercheurs qui ont utilisé des modèles informatique ultra-scientifiques.

Il suffirait de l’éclatement de cent armes nucléaires stratégiques – sur les 25 000 que possèdent les huit puissances mentionnées –pour provoquer des températures inférieures à zéro sur toute la planète et une longue nuit qui durerait environ huit ans. C’est quelque chose de si terrible, estime Robock, que les gens tombent dans un « état de déni,  qu’ils ne veulent pas penser à ça, qu’ils préfèrent simuler que ça n’existe pas ». Il me l’a dit personnellement, au cours d’une conférence internationale qu’il a prononcée et où j’ai eu l’honneur de converser avec lui.

Mais je pars de la thèse suivante : si une guerre éclate en Iran, elle deviendra forcément une guerre nucléaire mondiale. C’est pour ça que je disais hier qu’il n’avait pas été correct de permettre cette résolution au Conseil de sécurité, parce que ça a tout facilité, vous vous rendez compte ?

Une guerre de ce genre aujourd’hui en Iran ne peut être locale, parce que les Iraniens ne vont pas plier devant la force. Si la guerre se maintient comme guerre classique, les États-Unis et l’Europe ne peuvent pas la gagner, et je soutiens qu’elle deviendra vite nucléaire. Si les USA commettent l’erreur de recourir aux armes nucléaires tactiques, une grande commotion se produirait dans le monde et le contrôle des événements leur échapperait.

Si Obama a dû discuter si dur avec le Pentagone de ce qu’il fallait faire en Afghanistan, imaginez alors sa situation avec les soldats étasuniens et israéliens se battant contre des millions de combattants iraniens… Les Saoudiens ne vont pas se battre en Iran, ni les Pakistanais ni d’autres soldats arabes ou musulmans. Et il se peut que les Yankees aient de sérieux conflits avec les tribus pakistanaises qu’ils attaquent et tuent avec leurs drones, et ils le savent. Quand ils lancent des drones contre elles, ils attaquent d’abord et ils avertissent ensuite le gouvernement, pas avant, et c’est une des choses qui irritent le plus les Pakistanais. Il y a là-bas de forts sentiments anti-étasuniens.

Ils se trompent s’ils croient que les Iraniens se rendront s’ils emploient contre eux les armes nucléaires tactiques, et le monde serait vraiment bouleversé quand il sera peut-être trop tard.

Michel Chossudovsky. Ils ne peuvent pas gagner une guerre classique.

Fidel Castro Ruz. Non, ils ne peuvent pas.

Michel Chossudovsky. On l’a déjà vu en Iraq, et en Afghanistan, ils peuvent détruire le pays, mais ils ne peuvent pas le gagner d’un point de vue militaire.

Fidel Castro Ruz. Mais le détruire à quel prix ! À quel prix pour le monde ! À quel coût économique ! Ce serait la marche à la catastrophe. Les problèmes que vous avez signalés s’aggravent, et même le peuple étasunien réagirait. Parce que le peuple étasunien, même s’il réagit bien souvent en retard, finit par le faire, et il le ferait devant les pertes, les morts…

Bien des gens appuyaient l’administration Nixon lors de la guerre du Vietnam. Nixon avait même suggéré à Kissinger d’employer l’arme nucléaire contre ce pays, et Kissinger l’a convaincu de ne pas faire ce pas criminel. Les USA ont été contraints de mettre fin à la guerre par le peuple étasunien, ils ont été contraints de négocier et d’abandonner le Sud. L’Iran devrait renoncer au pétrole de la zone. Qu’est-ce que les USA ont abandonné en partant du Vietnam. Des dépenses. Et vous les voyez maintenant de nouveau au Vietnam, achetant du pétrole, faisant des affaires… De nombreuses vies se perdraient en Iran, et les installations pétrolières seraient peut-être détruites dans une grande partie de la région.

Dans la situation actuelle, il est très probable qu’ils ne comprennent pas notre message. Si la guerre éclate, je suis convaincu que ni eux-mêmes ni le monde n’y gagneront. Si elle restait une guerre conventionnelle, ce qui est très peu probable, ils la perdraient irrémédiablement ; et si elle devenait nucléaire, c’est toute l’humanité qui la perdrait.

Michel Chossudovsky. L’Iran a des forces classiques tout à fait significatives.

Fidel Castro Ruz. Des millions d’hommes.

Michel Chossudovsky. Des forces terrestres, mais aussi des missiles et des possibilités de se défendre.

Fidel Castro Ruz. Tant qu’il restera un homme avec un fusil, c’est un ennemi qu’ils devront vaincre…

Michel Chossudovsky. Et il y a des millions de gens avec des fusils. Et plusieurs millions de fusils.

Fidel Castro Ruz. Des millions. Et Washington devrait sacrifier de nombreuses vies étasuniennes, et ce serait alors, hélas, que le peuple réagirait, quand il serait trop tard. Il faut l’écrire, il faut le divulguer dans toute la mesure de nos possibilités. Rappelez-vous que les chrétiens étaient persécutés, enfermés dans les catacombes, assassinés, lancés dans la fosse aux lions, qu’ils ont refusé pendant des siècles de renier leur foi, et que ce sont eux ensuite qui ont fait pareil aux musulmans sans jamais parvenir à les faire plier.

Il existe de nos jours une guerre réelle contre les musulmans. Comment peut-on oublier ainsi les leçons de l’Histoire ? J’ai lu beaucoup d’articles de vous sur les dangers de cette guerre.

Michel Chossudovsky. Revenons à l’Iran. Ce que je crois très important, c’est que l’opinion mondiale comprenne le scénario de la guerre. Vous dites clairement que les USA perdront la guerre classique, comme ils sont en train de la perdre en Iraq et en Afghanistan, parce que l’Iran dispose de bien plus de forces classiques que l’OTAN.

Fidel Castro Ruz. Bien plus expérimentées et motivées. Les USA sont actuellement en guerre en Afghanistan et en Iraq, mais il y a une troisième guerre qu’ils ne mentionnent pas : les Pakistanais appartenant à la même ethnie que celle qui résiste en Afghanistan, et qu’ils considèrent perdue, comme on peut le constater par les discussions à la Maison-Blanche, selon les révélations du livre de Woodward, Les guerres d’Obama. Imaginez alors un peu qu’on y ajoute la guerre qu’ils devront livrer en Iran pour liquider ce qui restera après les premières frappes !

Donc, les USA se retrouveront soit dans une situation de guerre classique qu’ils ne peuvent pas gagner, soit contraints à une guerre nucléaire mondiale, dans des conditions qui provoqueraient une terrible commotion dans le monde. Je ne sais vraiment pas qui pourrait justifier le genre de guerre qu’ils doivent faire. Ils ont comptabilisé quatre cent cinquante objectifs à détruire en Iran, dont certains par des ogives nucléaires tactiques à cause de leur emplacement dans les montagnes ou de la profondeur où ils se trouvent. Bien des personnels russes et d’autres nationalités qui collaborent avec les Iraniens périraient.

Comment réagirait l’opinion mondiale face à cette frappe que les médias ont stimulée d’une manière tout à fait irresponsable avec le soutien de nombreux Étasuniens ?

Michel Chossudovsky. Par ailleurs, l’Iran, l’Iraq, l’Afghanistan sont tous des pays voisins. L’Iran a des frontières avec l’Afghanistan et avec l’Iraq, tandis que les USA et l’OTAN ont des installations militaires dans les pays qu’ils occupent. Que va-t-il se passer ? Les troupes iraniennes franchiront les frontières aussitôt, je présume…

Fidel Castro Ruz.  Je ne sais pas quelle tactique suivra l’Iran. Mais si j’étais eux, je ne concentrerai pas mes troupes, parce qu’elles seraient alors victimes plus faciles de l’attaque aux armes nucléaires tactiques. Compte tenu de cette menace, le mieux serait que l’Iran utilise une tactique pareille à celle que nous avons employée dans le Sud de l’Angola quand nous avons soupçonné que l’Afrique du Sud disposait d’armes nucléaires : nous avons créé des groupes tactiques de mille combattants dotés d’une puissance de feu terrestre et antiaérienne. Ainsi, les armes nucléaires n’auraient jamais pu frapper des concentrations de soldats. Et les missiles à réaction et d’autres armes similaires appuyaient nos forces. Les armes et le terrain changent, et les tactiques doivent changer constamment.

Michel Chossudovsky. Des troupes dispersées, donc.

Fidel Castro Ruz. Dispersées, mais pas des hommes isolés. Un millier d’hommes dotés des armes adéquates, sur un terrain sablonneux : dès qu’ils arrivaient quelque part, ils devaient creuser et se protéger sous terre, en gardant toujours la plus grande distance entre les composants. Nous n’avons jamais offert à l’ennemi l’occasion de frapper un coup décisif sur les 60 000 soldats cubains et angolais dans le sud du pays.

Ce que nous avons fait dans ce pays frère, c’est ce qu’une armée de cent mille hommes aurait fait selon des critères traditionnels. Nous n’étions pas cent mille dans le Sud angolais, mais 60 000 entre Cubains et Angolais. Compte tenu des exigences techniques, les groupes tactiques étaient constitués principalement de Cubains, parce qu’ils conduisaient les chars, maniaient les missiles, la DCA, les communications, mais l’infanterie, elle, était formée de soldats cubains et angolais, dotés d’un grand esprit de lutte, qui n’ont pas hésité un instant à faire face à l’armée blanche de l’apartheid appuyée par les USA et Israël. Qui manipulait les nombreuses armes nucléaires existant alors ?

En Iran, des nouvelles révèlent que les gens creusent des trous, et quand on le leur demande, ils répondent qu’ils font des cimetières pour enterrer les envahisseurs. Je ne sais pas si c’est de l’ironie, mais je crois qu’ils doivent vraiment creuser beaucoup pour protéger leurs forces de l’attaque dont on les menace.

Michel Chossudovsky. Mais l’Iran peut mobiliser plusieurs millions de combattants.

Fidel Castro Ruz.  Ce ne sont pas seulement les troupes qui sont décisives, mais aussi les postes de commandement. À mon avis, la déconcentration est très importante. Les attaquants s’efforceront d’empêcher la transmission des ordres. Chaque unité de combat doit savoir d’avance ce qu’elle doit faire en toutes circonstances. L’attaquant s’efforcera de frapper et de désarticuler la chaîne de commandement par ses armes radioélectroniques. Il faut tenir compte de tous ces facteurs. L’homme n’a jamais connu une telle expérience.

En tout cas, l’Afghanistan et l’Iraq sont des bagatelles comparées à ce qu’ils vont trouver en Iran : l’armement, l’entraînement, la mentalité, le type de soldat… Si, voilà trente et un ans, les soldats iraniens nettoyaient les champs de mines en marchant dessus, ils seront sans aucun doute les adversaires les plus redoutables auxquels se heurteront les Étasuniens.

Mondialisation.ca,

Le 14 novembre 2010

traduction de l'espagnol par Cuba Debate.

 Articles de Fidel Castro Ruz publiés par Mondialisation.ca

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=21915


Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

 ·         " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19 
    

  

26/11/2010

n°62 -Dossier d'Iran - 25-11 - :Début - La Syrie et l'Iran "subissent des pressions et font l'objet de complots" de la part des occidentaux

n°62   -Dossier d'Iran -  25-11 - :Début - La Syrie et l'Iran "subissent des pressions et font l'objet de complots" de la part des occidentaux.



Dossier d'Iran   n°62 du 25-11

                                C.De Broeder & M.Lemaire



 Le "dossier d'Iran" est  visible  sur les blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/  

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

 

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

http://www.palestine-solidarite.org/journaux.CathyetMarc.htm 

cette page est accessible depuis la page d'accueil ( http://www.palestine-solidarite.org/ ) colonne de gauche.

 

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :  

Tiré à Part

M. Mouallem : La Syrie et l'Iran "subissent des pressions et font l'objet de complots" de la part des occidentaux.

1  Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

"La Face Cachée du Pétrole" (1/2) : Le partage du monde.

2 Dossier & Point de vue

2-1James Blitz, Joseph Menn et Daniel Dombey: Affaire Stuxnet : la cyberguerre a commencé.

2-2 Robert Gates met les points sur les I à Netanyahou en ce qui concerne l'Iran.

2-3 Michel Chossudovsky : Un mouvement anti-guerre à l'envers : la « voie humanitaire » vers la guerre nucléaire ?

Fin

3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

3-1 Fabdany : Décryptage de la stratégie militaire iranienne.

3-2 Dmitri Zaks : La Russie dit à l'Iran de conserver des ambitions nucléaires pacifiques.

3-3 Lahouari Addi : Le « harki du système » et la croisade contre l'Iran.

4  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 Jeffrey Blankfort : Israël est la menace la plus immédiate au futur de notre planète.

 



Tiré à Part

M. Mouallem : La Syrie et l'Iran "subissent des pressions et font l'objet de complots" de la part des occidentaux.

La Syrie et l'Iran "subissent des pressions et font l'objet de complots" de la part des occidentaux, a-t-il souligné.
Concernant le dossier nucléaire iranien controversé, Mouallem a affirmé que « les Iraniens ont assuré que leur programme était civil » signalant que la Syrie était "opposée à l'utilisation de l'énergie nucléaire à des fins militaires".
Le ministre syrien a déploré la "double politique" menée par la communauté internationale dans ce domaine: "Israël possède plus de 250 ogives nucléaires ainsi que des centrales qui produisent des armes nucléaires et le monde garde le silence", a-t-il lancé.
www.almanar.com.lb



1  Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

"La Face Cachée du Pétrole" (1/2) : Le partage du monde.

“La face cachée du pétrole”, documentaire de Patrick Barbéris adapté du livre du même nom d’Éric Laurent, montre en deux fois une heure que “l’or noir” aura été le moteur de l’histoire du XXè siècle et de ce début de XXIè siècle.

Des premiers forages de Rockefeller en 1860 jusqu’à l’actuelle guerre en Irak, en passant par la Seconde Guerre mondiale, la Guerre froide et le choc pétrolier de 1973, toute l’histoire géopolitique est intrinsèquement liée à l’or noir.

VIDEO 1 cliquez sur ce lien : http://www.dailymotion.com/video/xewkez_la-face-cachee-du-petrole-12-le-par_news

VIDEO 2 cliquez sur ce lien: http://www.dailymotion.com/video/xewm92_la-face-cachee-du-petrole-2-2-les-g_news



2 Dossier & Point de vue

2-1James Blitz, Joseph Menn et Daniel Dombey: Affaire Stuxnet : la cyberguerre a commencé.

Israël a-t-il, il y a quelques mois, lancé un « ver » informatique à l’assaut du programme nucléaire iranien? Peut-être. Quelle est l’ampleur des dégâts? Personne n’en sait rien. Est-ce l’apparition d’un nouveau type de conflit? Sans doute, hélas!

Assis dans son bureau, à Hambourg, Ralph Langner, un spécialiste allemand de la cybersécurité, se souvient du jour où il s’est retrouvé nez à nez avec le ver informatique* Stuxnet. « Les bras m’en sont tombés, raconte-t-il. Étant dans le métier depuis vingt ans, j’avais prévenu mes clients que ce genre de tuile risquait d’arriver. Mais jamais je n’aurais pensé que ça prendrait une forme aussi sophistiqué et agressive.

Le logiciel malveillant Stuxnet est apparu il y a cinq mois. Depuis, il n’inquiète pas seulement les experts en nouvelles technologies, mais aussi les militaires et les gouvernements. À commencer par le régime iranien, dont le programme nucléaire pourrait avoir été sérieusement touché.

Il y a des années que les États ont pris conscience de la cybermenace. Le Pentagone admet que des hackers attaquent périodiquement ses systèmes de sécurité et tentent de s’emparer de ses secrets militaires. Et l’on a déjà vu un acteur (la Russie, sans doute) mener deux cyberattaques de grande ampleur, l’une contre l’Estonie en 2007, l’autre contre la Géorgie en 2008, qui ont désorganisé brièvement les réseaux de communication de ces deux pays.

L’apparition de Stuxnet a fait naître de nouvelles craintes. Car, pour la première fois, un groupe à ce jour inconnu est parvenu à fabriquer un ver capable de se propager tout seul et de pénétrer des systèmes industriels (d’une usine, d’une raffinerie ou d’une centrale nucléaire) afin d’en prendre le contrôle. « Il est programmé pour tout faire exploser, comme un cybermissile », explique Langner, qui a été l’un des premiers à attirer l’attention sur ses capacités destructrices.

Stuxnet a été découvert en Biélorussie, dans une entreprise de sécurité. En août, Microsoft a révélé qu’il avait infecté plus de quarante-cinq mille de ses ordinateurs. Les spécialistes ont alors établi qu’il visait spécifiquement des systèmes informatiques conçus par la firme allemande Siemens et utilisés pour faire fonctionner des pipelines ou des centrales électriques et nucléaires dans le monde.

Référence biblique

À la fin de septembre, la cible et les motifs de l’attaque se sont précisés. L’américain Symantec, qui aide les particuliers et les entreprises à sécuriser leurs systèmes d’information, a révélé que 60 % des ordinateurs infectés par le virus se trouvaient en Iran. Les autorités de ce pays ont reconnu que le ver avait infecté les systèmes Siemens de son réacteur nucléaire civil de Bouchehr, qu’elles espèrent être bientôt opérationnel.

Après cet aveu, les rumeurs sur l’origine de Stuxnet se sont intensifiées. Sa complexité et le fait qu’il soit configuré pour attaquer uniquement un certain type d’installations industrielles ont conduit les experts à penser que seul un État pouvait en être le concepteur. Certains montrent du doigt Israël, qui a beaucoup investi dans Unit 8-200, son centre secret contre la guerre informatique, et qui, convaincu que l’Iran s’efforce de se doter de l’arme atomique, considère ce pays comme une menace mortelle. La découverte dans le code du ver du mot « Myrtus » (une référence biblique à la reine Esther, l’une des grandes figures de l’histoire juive) conforterait cette hypothèse.

Mais deux autres pays, les États-Unis et le Royaume-Uni, s’inquiètent eux aussi des intentions iraniennes et sont dotés d’organismes qui pourraient être à l’origine de Stuxnet: le Pentagone, à Washington; l’Agence de sécurité nationale (NSA), dans le Maryland; et le Government Communications Headquarters (GCHQ), à Cheltenham, dans le sud-ouest de l’Angleterre.

Les agences de renseignements ont tenté d’évaluer les ravages causés par ce ver. Fin septembre, l’Iran a affirmé qu’aucun des centres vitaux de Bouchehr n’avait été endommagé, mais l’information est invérifiable. D’autant qu’au même moment Hamid Alipour, directeur adjoint de la société d’État iranienne des technologies informatiques, affirmait que « l’attaque continuait » et que « de nouvelles versions du ver se propageaient ».

Pourquoi Israël ou un autre pays s’en seraient-ils pris à Bouchehr? « Quiconque attaque un réacteur nucléaire est un irresponsable, car il risque de causer d’irréparables dommages à l’environnement, estime Mark Fitzpatrick, de l’Institut international d’études stratégiques, à Londres. D’autant que Bouchehr ne constitue pas une menace pour les Occidentaux. » À l’en croire, il serait plus intéressant de savoir si Stuxnet a contaminé la centrale à uranium enrichi de Natanz…

Dans de sales draps

Quoi qu’il en soit, l’affaire Stuxnet soulève bien d’autres problèmes. Son apparition laisse augurer une ère de guerre informatique durant laquelle un certain nombre d’États – et même des organisations terroristes – pourraient être amenés à faire usage de cette arme de destruction massive. « On n’est plus dans un scénario de film catastrophe, mais dans une tentative bien réelle de sabotage de systèmes de contrôle industriels », souligne Éric Chien, qui a étudié les ravages du ver chez Symantec.

Voici, selon Langner, comment Stuxnet se développe. D’abord, ses concepteurs doivent accéder au réseau des installations visées. Une infrastructure sensible n’est presque jamais connectée à internet, ce qui rend les attaques en ligne impossibles. Dans le cas de Bouchehr, le ver a sans doute été inoculé par des clés USB infectées qu’une agence de renseignements étrangère aurait installées en secret lors de la construction du réacteur par des ingénieurs russes. Le ver peut alors prendre le contrôle de l’ordinateur et exploiter les ressources de celui-ci pour assurer sa reproduction. « Et là, poursuit Langner, vous êtes dans de sales draps. Stuxnet peut s’infiltrer dans les systèmes de contrôle de l’usine. » Impossible, dès lors, de l’arrêter. « Même si les ingénieurs découvrent son existence et déconnectent leurs ordinateurs portables, le ver est programmé pour poursuivre son attaque. »

Comment les gouvernements occidentaux entendent-ils se protéger contre pareille menace? À Washington, on redoute depuis longtemps que des hackers réussissent à voler des secrets industriels ou gouvernementaux. On craint aussi le développement d’une « petite » cybercriminalité, comme le vol de données bancaires. Mais Stuxnet a ravivé la crainte d’une guerre informatique de grande ampleur au cours de laquelle des infrastructures vitales seraient détruites.

Patron du nouveau centre chargé de défendre le Pentagone contre ce type d’attaques, le général Keith Alexander le reconnaît volontiers: un nouveau Stuxnet pourrait provoquer une « catastrophe majeure ». Les dirigeants américains affirment aussi vouloir protéger le secteur privé, mais beaucoup doutent qu’ils tiennent leur promesse. « Logiquement, c’est notre boulot de protéger les infrastructures privées du pays, commente Richard Clarke, un ancien responsable de la lutte antiterroriste. Hélas, le gouvernement n’a pas de politique en ce domaine… » Plusieurs officiers supérieurs mettent notamment en garde contre la très grande vulnérabilité des centrales hydroélectriques occidentales.

Les grandes puissances (États-Unis, Chine, Russie) pourraient décider conjointement de fixer des règles du jeu, comme elles le font pour lutter contre la prolifération nucléaire. « Nous savons que nous pouvons nous causer mutuellement de graves dommages, et personne n’y a intérêt », résume un ancien conseiller de Barack Obama. Il n’empêche: toutes les tentatives de la Maison Blanche pour parvenir à un accord ont échoué. Et les soupçons qui pèsent sur Israël, allié des États-Unis, à propos de Stuxnet ne vont pas arranger les choses.

Autre difficulté: « Comment riposter à ces cyberattaques alors qu’il est quasi impossible d’en déterminer la provenance? » s’interroge William Lynn, le secrétaire adjoint américain à la Défense.

Toutes ces questions vont assurément dominer les débats sur la sécurité mondiale au cours de la prochaine décennie. Mais dans l’immédiat, il s’agit avant tout d’évaluer l’ampleur des dégâts que Stuxnet a infligés aux Iraniens. S’ils sont importants et ont frappé leur programme nucléaire, Américains, Israéliens et Européens se frotteront les mains. Il n’y aurait pourtant pas de quoi se réjouir. Car cela signifierait que la guerre de l’informatique vient de commencer. 

* Logiciel malveillant qui, contrairement à un virus informatique, n’a pas besoin d’un programme hôte pour se reproduire et s’infiltrer dans les systèmes de contrôle des installations industrielles. Son objectif est d’espionner l’ordinateur dans lequel il se trouve, de détruire ses données et/ou d’envoyer de multiples requêtes vers un serveur internet dans le but de le saturer.

Olivier MONTULET

« Si un homme pervers vous apporte une nouvelle, vérifiez-en la teneur, de crainte de faire du tort à des innocents, par ignorance, et d’en éprouver ensuite des remords »

 Les Appartements, 49.6., Coran

« Quelque critiques que puissent être la situation et les circonstances où vous vous trouvez, ne désespérez de rien; c’est dans les occasions où tout est à craindre, qu’il ne faut rien craindre; c’est lorsqu’on est environné de tous les dangers, qu’il n’en faut redouter aucun; c’est lorsqu’on est sans aucune ressource, qu’il faut compter sur toutes; c’est lorsqu’on est surpris, qu’il faut surprendre l’ennemi lui-même »

Sun-Tse, L’Art de la Guerre

« La liberté commence où l’ignorance finit »

Victor Hugo 

Optimisme

L'état providence en fait c'est l'Etat qui renfloue les banques et qui s'endette auprès d'elles en payant des intérêts usuriers pour emprunter l’argent qu’il leur a donné.

Message de l'auteur

"Ce message vous est adressé à titre et usage privés exclusivement. Seuls les textes signés de ma plumes sont publics et libres de droits pour autant que l'usage n'en déforme pas les propos (« Le droit de chercher la vérité implique aussi un devoir.

On ne doit cacher aucune partie de ce qui a été reconnu comme étant vrai » Albert Einstein) et que mon nom soit cité."

James Blitz, Joseph Menn et Daniel Dombey (FT)

19/11/2010


2-2 Robert Gates met les points sur les I à Netanyahou en ce qui concerne l'Iran.

Le moins que l'on puisse dire est que Netanyahou est vraiment la bonne grosse marionnette du Klan sioniste planqué à Washington. Chaque fois que vous le voyez se rendre aux Etats-Unis, il va chercher les "ordres". Là-bas, ils vont lui tracer la "Feuille de route" à suivre pour la colonisation d'abord. Il va lui être intimé l'ordre de ne pas stopper quoique ce soit dans le processus colonial. Ils ont dû remarquer qu'il avait eu un "léger flottement" lorsqu'il a proposé "un gel de la colonisation contre la reconnaissance d'un Etat du Peuple juif." Qui peut être dupe de ce marché de maquignon ? Comme déjà expliqué Netanyahou n'a été choisi que pour les "casseroles" qu'il se trimballe. Selon la Bible Protocolaire des machiavéliques pervers dont nous avons déjà parlé ICI :

Pour arriver à de tels résultats, nous prendrons nos mesures, afin qu'on nomme des présidents ayant à leur passif un scandale..., ou quelque autre affaire louche du même genre. Un président de cet acabit sera le fidèle exécuteur de nos plans, parce qu'il craindra d'être découvert, et sera dominé par cette peur qui s'empare toujours d'un homme parvenu au pouvoir et qui désire vivement conserver les privilèges et les honneurs que lui confère sa haute charge.

 Nous donnerons ce pouvoir au président responsable, qui sera comme une marionnette entre nos mains.  Protocole VI 

Netanyahou possède tous les atouts pour être servile aux "Maîtres d'oeuvre". D'abord parce que c'est un corrompu de nature. Un individu superficiel sans intelligence que l'on peut facilement acheter. Il aime le luxe, la grande vie, parader, jouer les gros bras alors qu'il n'est qu'un ventre mou. Comme le trois-quart des sionistes qui lui ressemblent. C'est un faiblard doublé d'un menteur et d'un hypocrite. En haut lieu, ils savent très bien qu'il peut s'asseoir sur son Honneur sans problème, dire une chose et son contraire, promettre et ne pas tenir, passer pour un con aux yeux de la communauté internationale, cela ne le dérangera pas du tout.

Dans un avenir proche, nous rendrons le PRESIDENT RESPONSABLE. Nous APPLIQUERONS HARDIMENT alors, et SANS SCRUPULES, LES PLANS DONT NOTRE "DUMMY" (CELUI QUI FAIT LE "MORT" au whist) sera responsable.   

Ceux qui croient que les Protocoles sont des faux se trompent lourdement. C'est la Feuille de route de la Caste qui a posé son grappin sur les juifs dans le seul but de profiter d'eux, de leur nuire et en suivant profiter et nuire au monde entier. Netanyahou n'est qu'un pantin manipulable à souhait. A cause de ses magouilles d'abord et de sa personnalité insipide en second.   

Des présidents responsables réduits au rôle de pantins. 

Nous donnerons ce pouvoir au PRESIDENT RESPONSABLE, QUI SERA COMME UNE MARIONNETTE ENTRE NOS MAINS...  

Netanyahou peut ramener sa grosse fraise en Israël et jouer les importants, il n'est rien d'autre qu'un jouet aux mains de l'Armée et des services secrets, bras armés du sionisme... dont chaque membre est endoctriné depuis son plus jeune âge pour servir la NATION. Ils sont autour de lui pour le cantonner dans son rôle de mounaque, prendre les décisions à sa place et appliquer le programme qui vient de Washington. 

Fonctionnaires serviles

Nous choisirons parmi le public des ADMINISTRATEURS AUX TENDANCES SERVILES. Ils seront INEXPERIMENTES DANS L'ART DE GOUVERNER. Nous LES TRANSFORMERONS FACILEMENT EN PIONS SUR NOTRE ECHIQUIER où ils seront MUS PAR NOS SAVANTS ET SAGES CONSEILLERS, TOUT SPECIALEMENT FORMES DES LA PLUS TENDRE ENFANCE pour le gouvernement du monde.   

Et si jamais Netanyahou s'égare, c'est-à-dire s'il prend des décisions qui ne sont pas prévues dans le "programme" -malgré les conseils des "agents de Sion"- alors il reçoit un coup de téléphone de Washington où il lui est explicitement demandé de rappliquer là-bas, sans rechigner et dare-dare, où ils lui mettront les points sur les I.   

Tout ceux qui soutiennent la Palestine ou qui se disent pour la Paix entre les Peuples ignorent cette dimension de l'Organisation qui chapeaute l'ensemble du processus dit "sioniste". Juifs ou non-juifs. Sionistes ou non-sionistes. Ils sont toujours dans leur petit nuage, plus de soixante-ans après l'implantation de cet appareillage en Palestine. Ils font semblant d'ignorer que cette "Entreprise" ne veut pas de Palestine. Ils continuent de se noyer dans l'Illusion. La Vérité leur fait peur. Et pourtant, la Vérité est celle-là. La Palestine n'est pas prévue au programme. C'est d'ailleurs l'unique raison qui fait que la colonisation n'a jamais cessé et va toujours grandissant. Un aveugle y verrait. Mais comme tout le monde ignore le Plan du Sommet, tout le monde continue d'espérer connement comme s'il y avait quelque chose à espérer de ceux qui veulent mener le monde à sa perte.   

Car le problème de la Palestine n'est que l'arbre qui cache la forêt. Il est, en effet, le moyen qui permettra aux Planificateurs de déclencher la 3ème guerre mondiale comme ils ont programmé les deux premières. Tout ce qu'ils font est calculé. Voilà pourquoi Netanyahou fanfaronne en disant aux colons que "l'Amérique ne se mettra pas en travers de notre chemin, on en fait ce qu'on en veut." C'est ce qu'il croit stupidement. Mais ceux qui le commandent savent très bien que pour réussir, ils seront obligés de passer en force. Ce qui inévitablement se traduira par des tensions de plus en plus fortes venant de tous les pays du monde, y compris de l'Amérique. Voilà pourquoi Robert Gates s'est permis de remettre les pendules à l'heure à la marionnette du Sionisme, en ce qui concerne les pressions demandées sur l'Iran.  

Mais les tensions, les récriminations ou toute autre forme de contestation contre l'Entreprise Sionisme ne feront qu'accentuer sa rage de poursuivre ce qui a été commencé. Leur Plan l'exige. Reprendre tous les territoires liés à l'Histoire Mythique, s'emparer de Jérusalem. Il y a un troisième point très important pour eux dont nous ne parlerons pas ici mais qui concerne la Rédemption des Juifs. Voilà pourquoi ils tiennent tout particulièrement à les parquer là-bas tout comme ils tiennent à ce que l'Etat soit "juif" et non israélien. Celui qui ignore l'Histoire Mythique ignore également l'Histoire Mystique. Bref. L'avenir s'annonce lugubre car pour mener à bien leur Plan, ils vont être obligés d'utiliser tout un tas de subterfuges, false-flags, attentats, et autres moyens de convaincre les récalcitrants, tout en faisant porter le chapeau aux Musulmans, cela va de soi. Nous en avons déjà un aperçu avec les incessantes apparitions de ben Laden qui gît à six pieds sous terre depuis belle lurette ou les menaces d'attentats sur l'Europe, et notamment dans les pays qui ne se conforment pas à leurs dicktats.

Lorsque les chefs d'Etat ont le malheur de ne pas aller dans leur sens, il y a toujours rétorsion. Observons ce qui va se passer là, après la réplique de Gates à Netanyahou. Il faut s'attendre à des attentats en Irak, à des soldats américains tués en Afghanistan ou à tout autre action dans ce genre. Car c'est ainsi que fonctionne la Cohorte qui trône au sommet du monde.

Mais malheureusement tout le monde est aveugle et sourd à cette menace. Et cette ignorance sert les manipulateurs.   

Washington en désaccord avec Tel-Aviv 

L'administration Obama rejette les prétentions du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou selon lesquelles une menace militaire « crédible » doit nécessairement être brandie pour empêcher le régime iranien de développer une bombe nucléaire. 

« Je ne serais pas d'accord pour dire que seule une menace militaire crédible peut forcer l'Iran à prendre des mesures pour mettre fin à son programme d'armes nucléaires », a déclaré le secrétaire à la Défense Robert Gates.

« Nous sommes prêts à faire ce qui est nécessaire, mais en ce moment, nous continuons de penser que l'approche économique et politique que nous avons adoptée a en fait un impact sur l'Iran », a précisé M. Gates, lundi, lors d'une conférence de presse donnée à Melbourne, en Australie.

Les États-Unis affirment qu'ils n'écartent pas l'idée de recourir à la force contre l'Iran, mais ne croient pas qu'il s'agisse de la meilleure option. Washington cherche plutôt à conclure un marché en vertu duquel les puissances occidentales enrichiraient l'uranium produit en Iran afin de lui fournir du combustible pour ses centrales nucléaires civiles.

Des discussions à ce sujet entre Téhéran et le groupe 5 + 1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité et l'Allemagne) pourraient reprendre bientôt. Un projet d'entente semblable a avorté l'an dernier.

Processus de paix bloqué

L'appel en faveur d'une menace militaire crédible a été lancé dimanche par le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, lors d'une rencontre avec le vice-président américain Joe Biden à La Nouvelle-Orléans, en Lousiane.

« La seule manière de s'assurer que l'Iran n'obtienne pas d'armes nucléaires est de brandir une menace crédible d'action militaire contre lui s'il n'arrête pas sa course à la bombe atomique », a dit M. Nétanyahou à Joe Biden, selon un haut responsable israélien, qui a requis l'anonymat.

Selon le porte-parole du premier ministre israélien, Mark Regev, M. Nétanyahou a aussi affirmé à Joe Biden que « les sanctions sont importantes et augmentent la pression contre l'Iran ». « Jusqu'a présent, il n'y pas eu de changement dans la conduite de l'Iran et une augmentation de la pression internationale est nécessaire », a ajouté le premier ministre.

Lors d'un discours prononcé devant l'Assemblée générale des fédérations juives d'Amérique du Nord après sa rencontre avec M. Nétanyahou, M. Biden a déclaré : « Nous continuons de rechercher une solution pacifique et espérons que les leaders iraniens reconsidéreront leur ligne de conduite destructrice ». Il a ajouté que les États-Unis étaient fermement résolus à empêcher l'Iran de fabriquer une arme nucléaire.

Le régime iranien affirme qu'il développe son programme nucléaire à des fins strictement civiles. Les puissances occidentales sont cependant sceptiques et ont adopté plusieurs séries de sanctions contre Téhéran afin de le forcer à coopérer avec la communauté internationale, et notamment avec l'Agence internationale de l'énergie atomique.

Les affirmations du premier ministre israélien surviennent au moment où les négociations avec les Palestiniens, que souhaite Washington, sont au point mort.

La relance du processus de paix, fin août, aux États-Unis, s'est arrêtée un mois plus tard lorsqu'un moratoire sur les constructions dans les colonies juives de Cisjordanie a expiré. Les Palestiniens refusent de négocier tant que des colons israéliens continuent de construire sur leurs terres.

Rencontre avec Ban Ki-moon

Le premier ministre Nétanyahou doit lui-même s'adresser à l'assemblée générale des fédérations juives. Il se rendra ensuite à New York pour s'entretenir avec le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. Il compterait notamment s'opposer à une éventuelle déclaration unilatérale d'indépendance des Palestiniens.

Le New York Times a récemment révélé que les autorités palestiniennes préparent cette option en coulisse, étant donné le blocage dans les négociations de paix.

M. Nétanyahou rencontrera la secrétaire d'État Hillary Clinton jeudi. Il ne rencontrera cependant pas le président Barack Obama, qui effectue une tournée de 10 jours en Asie.

Sources Radio Canada

Posté par Adriana Evangelizt

Mardi 9 novembre 2010 2 09

http://palestine.over-blog.net/article-robert-gates-met-les-points-sur-les-i-a-netanyahou-en-ce-qui-concerne-l-iran-60636576.html


2-3 Michel Chossudovsky : Un mouvement anti-guerre à l'envers : la « voie humanitaire » vers la guerre nucléaire ?
 Militance anti-guerre bidon : la « voie humanitaire » vers la guerre nucléaire ?

Certaines guerres étasuniennes sont catégoriquement condamnées, alors que d’autres sont présentées comme des « interventions humanitaires ». Une part significative du mouvement antiguerre étasunien condamne la guerre mais appuie la campagne contre le terrorisme international, qui constitue le fondement de la doctrine militaire des États-Unis.

La théorie de la « guerre juste » a servi à camoufler la nature de la politique étrangère étasunienne, tout en procurant un visage humain aux envahisseurs. Autant dans sa version classique que contemporaine, la théorie de la guerre juste préserve l’idée de la guerre comme « opération humanitaire ». Elle appelle à l’intervention militaire pour des raisons éthiques et morales contre les « insurgés », les « terroristes » et les « États faillis » ou « voyous ».

Enseignée dans les académies militaires étasuniennes, une version moderne de la théorie de la guerre juste a été incorporée dans la doctrine militaire des États-Unis. La « guerre au terrorisme » et la notion de « préemption » sont fondées sur le droit à l’« autodefense ». Elles définissent « quand il est permissible de faire la guerre » : jus ad bellum.

Le jus ad bellum a servi à fabriquer un consensus au sein des structures de commandement des Forces armées. Elle a également aidé à convaincre les troupes qu’elles se battent pour une « cause juste ». De manière plus générale, dans sa version moderne, la théorie de la guerre juste fait partie intégrante de la propagande guerrière et de la désinformation médiatique, pratiquées dans le but d’obtenir l’appui du public pour un programme de guerre. Avec Obama comme lauréat du prix Nobel de la paix, la guerre juste est maintenant acceptée universellement, défendue par la soi-disant communauté internationale.

Le but ultime est d’assujettir les citoyens, de dépolitiser complètement la vie sociale aux États-Unis, d’empêcher les gens de penser et de conceptualiser, d’analyser les faits et de contester la légitimité de la guerre menée par les États-Unis et l’OTAN.

« La guerre devient la paix », « une entreprise humanitaire » qui en vaut la peine, et la dissidence pacifique devient de l’hérésie.

L’éclatement de la guerre en Yougoslavie en mars 1999 a été à maints égards un point tournant dans le développement de la « guerre juste » menée pour des « raisons humanitaires ». De nombreux secteurs de la gauche, en Amérique et en Europe de l’Ouest ont embrassé le concept de la « guerre juste ». Bien des organisations « progressistes » ont défendu ce qu’ils percevaient comme une « guerre humanitaire » visant à protéger les droits des Albanais du Kosovo. La guerre a été décrite comme une guerre civile plutôt que comme une invasion et un bombardement menés par les États-Unis et l’OTAN.

Au plus fort des bombardements de l’OTAN, plusieurs auteurs « progressistes » ont décrit l’Armé de libération du Kosovo (ALK) comme une armée de libération nationaliste de bonne foi, dévouée à la defense des droits civils des Albanais kosovars. L’ALK était une organisation terroriste soutenue par la CIA et liée au crime organisé. Sans preuves, on a présenté le gouvernement yougoslave comme responsable du déclenchement d’une crise humanitaire au Kosovo. Dans les termes du professeur Richard Falk :

La guerre du Kosovo était une guerre juste car elle a été entamée pour éviter un cas probable de

 « nettoyage ethnique » entrepris par le leadership serbe de l’ancienne Yougoslavie et elle a réussi à donner au peuple du Kosovo l’opportunité d’un avenir pacifique et démocratique. Il s’agissait d’une guerre juste, bien qu’elle ait été lancée illégalement, sans l’autorisation des Nations Unies, et même si la façon dont elle a été menée a indûment causé des pertes civiles chez les Kosovars et les Serbes, tout en minimisant le risque de décès ou de blessures du côté de l’OTAN ». (Voir http://www.wagingpeace.org/articles/2003/08/01_falk_interview.htm)

Comment une guerre peut-elle être « juste » lorsqu’elle « est entreprise illégalement » et qu’elle entraîne la mort d’hommes, de femmes et d’enfants?

Une guerre illégale, qui constitue un acte criminel, est justifiée comme étant une entreprise humanitaire.

Plusieurs médias progressistes ont pris le train en marche en condamnant sans preuves le « régime Milosevic », tout en excusant la guerre menée par l’OTAN et en exprimant un appui mitigé pour l’ALK. Stephen Shalom l’exprimait ainsi, dans un article de ZNet :

« Je sympathise avec l’argument suivant : si les gens [de l’ALK] veulent se battre pour leurs droits, s’ils ne demandent pas à d’autres de le faire pour eux, alors les armes qui les aideront à réussir devraient leur être fournies. Un tel argument me semblait convainquant relativement à la Bosnie. » (Cité dans Michael Karadjis, Bosnia, Kosova & the West, Resistance Books, 2000, p. 170).

Human Rights Watch (HRW), connu pour son appui à la politique étrangère étasunienne, a « fortement conseillé un changement de régime en Yougoslavie, soit par la mise en accusation du président Slobodan Milosevic ou par une guerre étasunienne qui aurait le même résultat ». (Edward S. Herman, David Peterson et George Szamuely, Yugoslavia: Human Rights Watch in Service to the War Party, Global Research, 9 mars, 2007). Selon un article de Fred Abrahams de HRW publié par le New York Herald Tribune :

[L]’incapacité de la communauté internationale à punir Milosevic pour des crimes commis en Croatie et en Bosnie a envoyé le message qu’il pourrait récidiver et s’en sortir à nouveau impunément. Il est maintenant évident que l’on ne peut pas se fier à l’homme qui a déclenché ces conflits pour les faire cesser. (Fred Abrahams, "The West Winks at Serbian Atrocities in Kosovo," International Herald Tribune, 5 août, 1998. Cité dans Edward S. Herman et al, op. cit.)

Punir un chef d’État en faisant la guerre à son pays?

En 1999, Milosevic était qualifié de « boucher de Belgrade » par l’hebdomadaire britannique « progressiste » The Observer (Voir Peter Beaumont et Ed Vulliamy, Ten years on, the end of the line, The Observer, 24 juin 2001) 

Le même raisonnement a été mis de l’avant relativement à Saddam Hussein durant les mois qui ont mené au bombardement et à l’invasion de l’Irak en mars 2003. Saddam Hussein a été décrit par le même auteur du London Observer comme le « boucher de Bagdad » :

Le rédacteur en chef aux affaires étrangères, Peter Beaumont, décrit l’enfance de Saddam dans la solitude, son bain de sang vers le pouvoir et son mauvais calcul fatal concernant ses ennemis étrangers. (Voir Peter Beaumont. The death of Saddam Hussein, The Observer, dimanche 31 décembre, 2006)

Entre-temps, on mentionne rarement les noms des « bouchers de Washington, de Londres et de Bruxelles » qui ont mené une « guerre juste » contre les peuples de la Yougoslavie, de l’Afghanistan, de la Palestine et de l’Irak.

Faux activisme antiguerre : présenter l’Iran comme une menace nucléaire

Nombreux sont ceux dans le mouvement antiguerre qui, tout en blâmant l’administration étasunienne, condamnent aussi le gouvernement du président Ahmadinejad pour sa position belliqueuse envers Israël. Le raisonnement jus ad bellum ayant servi de prétexte au bombardement de la Yougoslavie pour des raisons humanitaires est désormais appliqué à l’Iran.

Le président Ahmadinejad voudrait qu’Israël soit « rayé de la carte », comme le rapportait le New York Times pour la première fois en octobre 2005 :

Le nouveau président conservateur iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a dit mercredi qu’Israël doit être « rayé de la carte » et qu’il serait détruit par les attaques des Palestiniens, selon l’agence de presse ISNA.

Ahmadinejad parlait à un public d’environ 4000 étudiants à une émission nommée « Le monde sans sionisme » […] Son ton évoquait les débuts de la révolution islamique iranienne en 1979. Depuis ce temps, l’Iran et Israël sont des ennemis jurés et les slogans anti-Israël sont fréquents lors de rassemblements. (Voir Nazila Fathi, Wipe Israel 'off the map' Iranian says - The New York Times, 27 octobre 2005)

Le commentaire « rayé de la carte » attribué au président iranien n’a jamais été fait. La rumeur a été fabriquée par les médias étasuniens dans le but de discréditer le chef d’État et de fournir une justification pour mener une guerre totale contre l’Iran :

Le 25 octobre 2005 [...] le président iranien nouvellement élu Mahmoud Ahmadinejad a fait un discours à une émission intitulée « Le monde sans sionisme » […]

Avant de se pencher sur la remarque tristement célèbre, il est important de noter que la « citation » en question en était déjà une : ce sont les mots de feu l’ayatollah Khomeini, le père de la révolution islamique. Bien qu’il ait cité Khomeini pour affirmer sa propre position face au sionisme, les mots exacts sont de Khomeini, pas d’Ahmadinejad. Par conséquent, on a attribué à Ahmadinejad (ou blâmé celui-ci pour) une citation qui non seulement n’est pas originale, mais qui représente également un point de vue qui existait déjà bien avant qu’il n’arrive au pouvoir.

LA CITATION EXACTE :

Alors qu’est-ce qu’Ahmadinejad a dit exactement ? Pour citer ses termes exacts en farsi :

« Imam ghoft een rezhim-e ishghalgar-e qods bayad az safheh-ye ruzgar mahv shavad. »

Pour la plupart des gens, ce passage ne voudra rien dire, mais un des mots évoquera peut-être quelque chose : rezhim-e. Il s’agit du mot « régime », qui se prononce comme en français avec le son « eh » ajouté à la fin. Ahmadinejad n’a pas fait référence à Israël en tant que pays, ou en tant que masse terrestre, il a fait référence au régime israélien. Cette distinction est considérablement significative, puisqu’on ne peut pas rayer un régime de la carte. Ahmadinejad ne mentionne même pas Israël, il utilise plutôt spécifiquement la phrase « rezhim-e ishghalgar-e qods » (le régime occupant Jérusalem).

Cela soulève donc la question suivante : que voulait-il donc « rayer de la carte »? La réponse est : rien. Et ce, parce que le terme « carte » n’a jamais été utilisé. Le terme « carte », « nagsheh » en persan, n’apparaît nulle part dans sa citation originale en persan, ni d’ailleurs dans tout son discours. Le terme occidental « rayer » n’a pas non plus été dit. Pourtant, on est porté à croire que le président de l’Iran a menacé de « rayer Israël de la carte », même s’il n’a jamais prononcé les mots « carte », « rayer » ou même « Israël ».

LA PREUVE :

La citation complète traduite littéralement en français est : « L’Imam a dit que ce régime occupant Jérusalem doit disparaître de la page du temps. »

Voici la traduction mot-à-mot : 

Imam (Khomeini) ghoft (a dit) een (ce) rezhim-e (régime) ishghalgar-e (occupant) qods (Jérusalem) bayad (doit) az safheh-ye ruzgar (la page du temps) mahv shavad (disparaître de).

La transcription complète du discours en farsi, archivée sur le site web d’Ahmadinejad, est disponible à l’adresse ci-dessous :

www.president.ir/farsi/ahmadinejad/speeches/1384/aban-84/840804sahyonizm.htm  

(Voir l’article détaillé d’Arash Norouzi, Israel: "Wiped off The Map". The Rumor of the Century, Fabricated by the US Media to Justify An All out War on Iran , Global Research, 20 février 2007)

Ce soi-disant commentaire, « rayer Israël de la carte », a non seulement servi à justifier une attaque préemptive contre l’Iran, mais aussi à assujettir et contenir le mouvement antiguerre.

Alors que le danger d’une guerre totale contre l’Iran est préoccupant, il ne représente pas une priorité pour les mouvements antiguerre étasunien, canadien et européen. Aux États-Unis, il y a très peu d’événements antiguerre axés sur les menaces des États-Unis et d’Israël contre l’Iran. (Voir Main US antiwar collective: United for Peace & Justice : IndexUnited for Peace & Justice : Events).

Par ailleurs, une campagne menée par United Against Nuclear Iran (Unis contre un Iran nucléarisé) est en cours, appelant le président Obama et le Congrès étasunien à empêcher l’Iran de développer des armes nucléaires. (Voir la page d’accueil d’UANI). Le collectif UANI, fondé par des personnes nommées par Obama, Richard Holbrooke et Gary Samore, prétend inclure « des organismes humanitaires et défendant les droits humains, le mouvement syndical, des organisations locales et à la defense d’intérêts politiques ». (Coalition | UANI)   

Exception faite de la désapprobation d’Arash Norouzi, nombreux sont ceux dans le mouvement antiguerre qui, tout en condamnant les États-Unis, continuent de croire que l’Iran constitue une menace et que la solution consiste en un « changement de régime ». Le financement des ONG (lesquelles sont des membres constituants d’importants collectifs antiguerre) par des organismes de charité et des fondations privées exonérés d’impôts, a également contribué à l’affaiblissement du mouvement antiguerre par rapport à l’Iran. De nombreux activistes perçoivent ce pays comme un agresseur potentiel. Ses armes nucléaires inexistantes sont considérées comme une menace à la sécurité mondiale.

Une guerre préventive (« preemptive ») contre l’Iran à l’aide d’armes nucléaires tactiques étasuniennes est sur la planche à dessin du Pentagone depuis le milieu de l’année 2003. Le président Obama et la secrétaire d’État Hillary Clinton ont tout deux déclaré que « toutes les options sont sur la table », incluant l’utilisation d’armes nucléaires contre l’Iran, sans réaliser que l’utilisation de ces armes pourrait conduire l’humanité à une guerre nucléaire mondiale, comme l’a souligné Fidel Castro dans un récent discours :Il existe aujourd’hui un risque imminent de guerre impliquant ce genre d’arme et je n’ai pas le moindre doute qu’une attaque des États-Unis et d’Israël contre la République islamique d’Iran se transformerait inévitablement en conflit nucléaire mondial. (Fidel Castro Ruz, VIDEO: Message de Fidel contre la guerre nucléaire: "Dans une guerre nucléaire, le dommage collatéral serait la vie humaine, l'existence même de l'humanité.", Mondialisation.ca, 21 octobre 2010)

La guerre et l’économie

L’économie de guerre est présentée comme un moyen de générer de l’emploi. Au plus fort d’une crise économique, on demande aux syndicats non seulement de faire semblant de promouvoir la création d’emploi dans l’industrie de la defense, mais aussi d’assouplir leur position antiguerre. Ironie amère du sort, selon le Washington Post une guerre contre l’Iran aurait aussi l’avantage de résoudre la crise économique et de déclencher une « reprise économique de guerre ».

« Quoi d’autre pourrait avoir un impact sur l’économie? La réponse est évidente, mais ses implications sont effrayantes. La guerre et la paix influencent l’économie.

Revenons à FDR et à la Grande dépression. Qu’est ce qui a résolu la crise économique? La Seconde Guerre mondiale.

C’est là qu’Obama semble triompher. À l’aide d’un fort appui républicain au Congrès pour contester les ambitions de l’Iran de devenir une puissance nucléaire, il peut passer beaucoup de temps en 2011 et 2012 à orchestrer une confrontation avec les mollahs. Cela l’aidera sur le plan politique puisque le parti de l’opposition l’incitera à aller dans cette direction. Puis, lorsque la tension montera et que nous accélérerons les préparations de guerre, l’économie se portera mieux.

Certes, je ne suggère pas que le président provoque une guerre pour être réélu. Cependant, la nation se ralliera à Obama dans ce cas puisque l’Iran représente la plus grande menace pour le monde en ce jeune siècle. S’il arrive à confronter cette menace et à contenir les ambitions nucléaires de l’Iran, il aura rendu le monde davantage sécuritaire et pourra être vu comme l’un des présidents les plus prospères de l’histoire. »

(David Broder, The War Recovery, Washington Post, 31 octobre 2010) 

4 nov. 2010
Article original en anglais : 
Fake Anti-war Activism. The "Humanitarian Road" Towards an all out Nuclear War ?, publié le 4 novemebre 2010.
Traduction par Julie Lévesque pour Mondialisation.ca. [j'ai remplacé sa trad du titre "Un mouvement antiguerre à l’envers" que je trouve ambiguë, par une traduc plus litérale de "Fake Antiwar Activism"" - RM]

 

Michel Chossudovsky est directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur émérite de sciences économiques à l'Université d'Ottawa.

 Il est l'auteur de Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre et de la Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial (best-seller international publié en 12 langues).  

Michel Chossudovsky est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  

Michel Chossudovsky est directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur émérite de sciences économiques à l’Université d’Ottawa. Il est l’auteur de Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre et de la Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial (best-seller international publié en 12 langues).

Articles de Michel Chossudovsky publiés par Mondialisation.ca

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=21855


   
    

  

n°62 -Dossier d'Iran - 25-11 - :Fint - La Syrie et l'Iran "subissent des pressions et font l'objet de complots" de la part des occidentaux.


n°62   -Dossier d'Iran -  25-11 - :Fint - La Syrie et l'Iran "subissent des pressions et font l'objet de complots" de la part des occidentaux.



Dossier d'Iran   n°62 du 25-11

                                C.De Broeder & M.Lemaire



 Le "dossier d'Iran" est  visible  sur les blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/  

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

 

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

http://www.palestine-solidarite.org/journaux.CathyetMarc.htm 

cette page est accessible depuis la page d'accueil ( http://www.palestine-solidarite.org/ ) colonne de gauche.

 

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :  

3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

3-1 Fabdany : Décryptage de la stratégie militaire iranienne.

3-2 Dmitri Zaks : La Russie dit à l'Iran de conserver des ambitions nucléaires pacifiques.

3-3 Lahouari Addi : Le « harki du système » et la croisade contre l'Iran.

4  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 Jeffrey Blankfort : Israël est la menace la plus immédiate au futur de notre planète.

 



3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

Des articles pour mieux connaître l'Iran

3-1 Fabdany : Décryptage de la stratégie militaire iranienne.

Comme je l’avais annoncé dans le billet précédent de la série L’Iran pour les nuls, voici un billet sur la stratégie militaire iranienne, basée sur des tactiques innovantes et soutenant les objectifs impériaux de l’Iran.

Afin d’illustrer le propos sur la stratégie militaire de l’Iran, il me parait avant tout nécessaire de faire un état des lieux des capacités de ses forces armées avant de détailler la façon dont elles pourraient être mises en oeuvre. J’avais décrit succintement les composantes des forces armées iranienne dans un précédent billet. Mais il me semble nécessaire de faire un rapide rappel.

Les iraniens comptent plus sur leur defense anti-aérienne que sur la capacité de leur armée de l'air à défendre leur ciel.

Depuis la disparition de l’armée de Saddam Hussein, l’Iran est devenu le pays disposant de la plus grande armée du Moyen-Orient, avec environ un million de personnels, répartis entre l’Armée (Artesh, comptant pour 3/4 des effectifs ) et le Corps des Gardiens de la Révolution (CGRI ou pasdaran, comptant pour 1/4). L’Iran a perdu beaucoup de ses capacités militaires après la guerre Iran-Irak et oeuvre à les reconstruire depuis. Son armée de l’air et sa marine sont mal équipées et peu nombreuses (matériel conventionnel vieillissant ou obsolète). Pour pallier la faiblesse de la defense de son espace aérien, l’Iran a fait de la defense anti-aérienne une armée à part entière en 2009.

La réorganisation des forces armées est en cours depuis plusieurs années pour permettre aux forces armées iraniennes d’atteindre plus aisément leurs objectifs. Ces objectifs sont avant tout ceux de n’importe quelle autre armée du monde : la protection du territoire national. Le gouvernement iranien considère aussi la sécurité intérieure comme particulièrement importante (le CGRI a pour objectif de « défendre la révolution islamique », comme son nom l’indique. Ils sont assistés par le corps des volontaires des Bassijis, qui assurent le respect des règles sociales imposées par la république islamique).

L’Armée iranienne est sous le commandement suprême du Guide de la Révolution, l’Ayatollah Ali Khamenei. C’est un organe sous son autorité, appelé Conseil Suprême de Sécurité nationale qui est en charge de toutes les politiques de defense, de l’organisation des forces armées, de leur coordination et du renseignement. Ce conseil est présidé par le président de la république, Mahmoud Ahmadinejad (une liste des membres peut être consultée ici).

Pour pallier à son isolement international et aux faiblesses de ses capacités conventionnelles, l’Iran a développé des tactiques militaires innovantes depuis une vingtaine d’années. Puisque les iraniens ne pourraient pas faire face à une attaque conventionnelle d’Israël ou des Etats-Unis, ils ont choisi dans leur stratégie de développer des capacités de guerre asymétrique en mettant à profit l’expérience acquise par le CGRI dans les années 1980.

Parmi ces tactiques de guerre innovantes, citons la tactique « en essaim ». Comme dans la nature quand des petits animaux (guêpes, fourmis, loups…) allient vitesse de frappe et attaque simultanée pour venir à bout d’animaux plus gros qu’eux ; les iraniens ont compris que l’utilisation d’armes peu élaborées pouvait occasionner de lourds dégâts. Ainsi comptent-ils s’attaquer aux grands navires de guerre étrangers et aux supertankers, s’ils devaient répondre à une attaque par la mer. Les gardiens de la révolution disposent de petits bateaux rapides dans le Golfe Persique, dont la dangerosité a été prouvée en 2008 lors de l’incident avec un navire de guerre américain.

Les autres tactiques employées par l’Iran reposent sur des principes simples et efficaces :

  • l’art du secret ;
  • être à la pointe de la technologie ;
  • la maitrise des explosifs ;
  • la crédibilité comme force de dissuasion.

L’art du secret tel qu’il est pratiqué en Iran ne se résume uniquement pas au secret-defense des militaires. Il s’agit plutôt d’un trait culturel qu’on retrouve chez les chiites iraniens, dérivant d’une doctrine religieuse, la tariqa (dissimulation), autorisant un fidèle chiite à dissimuler ses croyances religieuses en cas de danger. Je détaillerais ce point dans mon prochain billet au sujet des spécifités du chiisme iranien. Revenons aux tactiques militaires. Les iraniens sont donc passés maîtres dans l’art d’échapper à la surveillance et aux bombardements. Ils ont pour cela enterrés de nombreuses installations (lance-missiles, lance-roquettes) ou ont fait en sorte de les installer dans des bâtiments civils au coeur de zones urbaines pour être indétectables ou inattaquables sans de lourdes pertes parmi les civils. Les communications sont fortement sécurisées, et les sujets importants seront plutot discutés en face à face, comment cela été fait dès la guerre Iran-Irak.

Etre à la pointe de la technologie permet aux forces armées iraniennes de pallier leurs insuffisances par ailleurs. L’accent n’est pas mis sur les matériels de guerre conventionnelle, mais sur les capacités de guerre asymétrique. Les iraniens ont surement aidé le Hezbollah pour leur permettre de décrypter les codes de l’armée israélienne au Liban. L’électronique de pointe peut être utilisée dans la confection de bombes difficilement désamorcables, les artificiers des Pasdarans semblent posséder le savoir-faire nécessaire. Les iraniens ont également perfectionné les charges creuses ou formées (un explosif dans une boite, avec des clous ou boulons pour faire des schrapnels), qui, ironie de l’histoire, avaient été apprises aux Moudjahidin-e Khalq dans les années 1980. Ce même type de bombes artisanales tue aujourd’hui des soldats américains en Irak ou en Afghanistan. Présents sur ces terrains depuis longtemps, les gardiens de la révolution ont perfectionné ces instruments.

Les iraniens veulent pouvoir contrôler les flux de pétrole dans le golfe persique et protéger leurs propres installations, pour éviter de connaitre les mêmes pertes que pendant la guerre Iran-Irak en cas de conflit.

L’Iran est également passée maitre dans l’art des explosifs. Avec les opérations à la voiture piégée au Liban que les gardiens de la révolution avaient organisés contre des cibles américaines ou israëliennes dans les années 1980, l’efficacité meurtrière de la voiture piégée a été démontrée.

Enfin, la dernière des tactiques pour assurer la defense de l’Iran : la crédibilité de la menace iranienne sert de force de dissuasion. Cette crédibilité se manifeste dans plusieurs domaines. La menace nucléaire iranienne par exemple. Les services de renseignements occidentaux n’arrivent toujours pas à se mettre d’accord sur la réalité et l’activité réelle du programme nucléaire iranien (selon le NIE 2007, l’Iran ne serait plus autant déterminé à acquerir l’arme nucléaire). Ce doute, qu’entretiennent les iraniens en soufflant le chaud et le froid à ce sujet, est suffisant pour rendre la menace iranienne crédible. Le développement de missiles longue portée (Shahab-3) participe aussi de cette crédibilité. La stratégie des intermédiaires qu’entretient l’Iran dans des zones clés du Moyen-Orient est un dernier élément de cette crédibilité. Le Hezbollah, à l’origine groupe terrorriste, s’est transformé en véritable force de guérilla, capable de tenir tête à Tsahal. L’influence sur les chiites irakiens permet à Téhéran d’avoir la main sur une partie de l’Irak. Cette main-mise sur les intermédiaires donne à l’Iran un fort pouvoir de nuisance sur le terrain où ses ennemis identifiés opèrent (sur Israël, sur les Etats-Unis en Irak ou en Afghanistan).

A la lumière de ce contexte, il devient peut-être plus facile de lire les actualités en rapport avec les forces armées iraniennes. Chaque déclaration ou chaque test d’armement pourrait être une des manifestations des manoeuvres militaires visant à mettre la main sur le Moyen-Orient. L’Iran défend sa côte du Golfe Persique grâce à des missiles Silkworm achetés aux chinois, ou essaie d’acheter des S-300 à la Russie, qui serviraient à infliger des dégats à tous les navires circulant dans le Golfe. La flotte américaine pourrait subir une contre-attaque de la part des flotilles de vedettes rapides des Pasdaran qui attaqueraient en essaim. La protection du voisinage immédiat, à l’est et à l’ouest, suit à peu près les mêmes schémas en Irak comme en Afghanistan : renforcement des patrouilles de gardes-frontières et de Pasdaran pour éviter l’entrée de groupes hostiles à l’Iran, que ce soit des forces de guérilla ou des équipes des forces spéciales américaines. L’influence politique et religieuse sur les populations chiites de ces pays ainsi que les les liens économiques sont aussi utilisés pour décourager les gouvernements de ces pays de prendre des décisions qui iraient à l’encontre des intérêts de la defense de l’intégrité territoriale iranienne. Les groupes terroristes ou de guérilla peuvent aussi être instrumentés pour amener l’Iran à ses fins. Plus loin vers l’ouest, l’Iran doit se protéger de la menace israëlienne. Pour ce faire, il adopte une attitude plus agressive vis à vis d’Israël, en faisant la démonstration de ses missiles de croisière sol-sol ou en entretenant le doute sur l’aspect militaire de son programme nucléaire. De plus, les iraniens contrôlent plus ou moins le Hezbollah, le Hamas et d’autres groupes libanais ou palestiniens représentent une menace sérieuse pour Israël qui se verrait attaqué sur son sol si une attaque était lancée sur les iraniens.

La stratégie militaire des iraniens se fait à long terme, contrairement aux occidentaux qui ont plus tendance à considérer le court terme. Pour arriver à ses fins, j’ai parfois l’impression que l’Iran fait ses opérations en suivant les conseils de Sun Tzu : « Un bon général tire parti de tout, et il n’est en état de tirer parti de tout que
parce qu’il fait toutes ses opérations avec le plus grand secret, qu’il sait conserver son
sang-froid, et qu’il gouverne avec droiture, de telle sorte néanmoins que son armée
a sans cesse les oreilles trompées et les yeux fascinés ».

Références :

fabdany

février 4th, 2010 à 12:38

http://www.liranpourlesnuls.net/2010/02/04/decryptage-de-la-strategie-militaire-iranienne/


3-2 Dmitri Zaks : La Russie dit à l'Iran de conserver des ambitions nucléaires pacifiques.

Le président russe Dmitri Medvedev a insisté jeudi sur l'importance du caractère «pacifique» du programme nucléaire iranien, lors de sa première rencontre avec son homologue iranien Mahmoud Ahmadinejad depuis la dégradation des relations entre les deux pays ces derniers mois.

Au cours d'une «conversation très ouverte» en marge d'un sommet régional dans la capitale azerbaïdjanaise Bakou, M. Medvedev a souligné «l'importance du caractère pacifique dans la poursuite du programme nucléaire iranien», a déclaré le conseiller diplomatique du chef de l'État russe, Sergueï Prikhodko.

«Aucune question fâcheuse n'a été évitée, ni de notre côté, ni de celui de nos collègues» iraniens, a-t-il ajouté à l'issue de la rencontre. Celle-ci intervenait après le récent refus par Moscou de livrer à Téhéran des missiles sophistiqués S-300.

L'Iran et les grandes puissances réunies au sein du groupe 5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU: États-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne, plus l'Allemagne) sont convenus de reprendre le 5 décembre leurs discussions autour du programme nucléaire iranien, interrompues depuis octobre 2009. Mais ni le lieu de cette rencontre, ni le détail de son ordre du jour n'ont pour l'heure été fixés.

La communauté internationale soupçonne l'Iran de chercher, malgré ses dénégations, à se doter de l'arme nucléaire sous couvert de son programme nucléaire civil.

Avant sa rencontre avec M. Medvedev, le président iranien a déclaré que Téhéran était «toujours prêt à négocier» sur son programme nucléaire mais a rejeté toute pression.

Les pays occidentaux «pensent qu'ils parviendront à quelque chose en faisant pression sur l'Iran, mais ce ne sera pas le cas. Ils espèrent qu'un blocus de l'Iran changera le peuple iranien. Mais le peuple iranien ne sera pas brisé par les sanctions», a affirmé M. Ahmadinejad.

Outre le nucléaire, «les questions sur l'indispensable développement des relations avec l'Iran ont été abordées», a ajouté M. Prikhodko, en évoquant notamment les échanges commerciaux.

La Russie veut poursuivre sa coopération avec la République islamique dans les domaines qui ne tombent pas sous le coup des sanctions de l'ONU, a-t-il expliqué.

En septembre, M. Medvedev a annulé la vente de missiles S-300 en invoquant les sanctions prévues par une résolution de l'ONU, qui a condamné en juin pour la sixième fois en quatre ans le programme nucléaire iranien controversé.

Ces sanctions interdisent notamment la livraison de certains matériels militaires à Téhéran, mais les dirigeants iraniens ont présenté cette décision comme une soumission de la Russie aux États-Unis.

L'Europe, les États-Unis et Israël s'étaient élevés contre la vente de S-300 car ce système perfectionné de missiles, équivalent du système américain Patriot, permettrait à Téhéran de défendre efficacement ses installations nucléaires en cas de frappes aériennes.

L'épisode concernant ces missiles n'est qu'un des signes illustrant les distances prises par la Russie vis-à-vis de l'Iran, selon des experts.

Moscou a déjà soutenu une série de résolutions de l'ONU sanctionnant Téhéran et M. Medvedev a admis l'été dernier que l'Iran était «proche d'avoir le potentiel» de construire une bombe nucléaire.

La rencontre Medvedev-Ahmadinejad est intervenue en marge du troisième sommet des pays riverains de la mer Caspienne, parmi lesquels figurent aussi l'Azerbaïdjan, le Kazakhstan et le Turkménistan.

Peu de progrès étaient attendus au cours des pourparlers entre les représentants des cinq États qui ne parviennent pas à s'entendre sur le partage des vastes ressources de cette mer fermée.

Dmitri Zaks
Agence France-Presse
18 novembre

http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/nucleaire-iranien/201011/18/01-4343905-la-russie-dit-a-liran-de-conserver-des-ambitions-nucleaires-pacifiques.php


3-3 Lahouari Addi : Le « harki du système » et la croisade contre l'Iran.

nb / Ndlr : la publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

Dans une interview publiée le 18 octobre 2010 par Le Quotidien d’Oran, Sid Ahmed Ghozali a assumé son geste de condamnation de la présence du président iranien au siège de l’Onu.

Il avait personnellement écrit au maire de New York pour lui demander de refouler Ahmadinejad à son arrivée à New York. Qu’un ancien Premier ministre algérien s’associe à la croisade de l’Occident contre l’Iran sous prétexte que le régime iranien n’est pas démocratique est pour le moins surprenant.

Compte tenu du déficit démocratique de nombreux pays arabes, Ghozali risque d’écrire à tous les maires des capitales occidentales de ne pas recevoir des chefs d’Etat arabes en visite officielle.

L’incohérence du « harki du système »

Les journalistes K. Sélim et K. Daoud du Quotidien d’Oran ont relevé l’incohérence et l’absurdité d’une telle démarche en faisant remarquer qu’il n’y a pas qu’en Iran où les droits de l’Homme sont violés. L’Égypte, l’Arabie saoudite et même l’Algérie sont souvent citées dans des rapports d’ONG de droits de l’Homme sans que Ghozali ne s’en indigne outre mesure. Le dernier rapport de Reporters sans frontières place les pays arabes parmi les derniers dans le monde en matière de liberté d’expression. L’Algérie occupe la position peu enviable de 133e sur 178 pays. A cette objection, l’intéressé répond que le pouvoir iranien a tué 30 000 opposants.

C’est exact et cela s’est passé durant une période de violence au début des années 1980. Sid Ahmed Ghozali oublie que le conflit en Algérie des années 1990 a fait 200 000 morts pour une population deux fois moindre. Il peut encore arguer que les terroristes islamistes ont tué une partie de ces 200 000 personnes, mais peut-il chiffrer le nombre de celles tuées par les services de sécurité ?

Le plus grave, c’est qu’il porte une responsabilité personnelle devant l’histoire puisqu’il a, en tant que chef formel de l’exécutif, annulé les élections de décembre 1991, annulation qui a provoqué la tragédie nationale qui a ruiné le pays. Qu’il le veuille ou non, Ghozali a été le chef du gouvernement qui a fait avorter la transition démocratique commencée après Octobre 1988 au prix de dizaine de milliers de morts.

Quand on porte une telle responsabilité, la moindre des choses, c’est de se faire oublier et ne pas verser des larmes de crocodile sur les victimes d’Iran ou d’ailleurs. En janvier 1992, il n’a même pas eu la dignité de démissionner comme Chadli Bendjedid qui, pourtant, n’a pas étudié comme lui à l’Ecole polytechnique de Lausanne. Aujourd’hui, pour se déculpabiliser, il affirme qu’il a été « le harki du système » et qu’il n’a fait qu’obéir à « l’armée politique ». Il ne se rend pas compte que sa responsabilité est pleine et entière. Car cette « armée politique » avait besoin de perspectives, de projet, d’orientations qu’il a été incapable de lui fournir. Le coup d’Etat de janvier 1992 n’est pas une fatalité et il aurait pu être évité en amont et en aval des élections.

Machiavel disait qu’un homme politique doit avoir la fortuna (l’opportunité) et la virtu (les capacités). Ghozali a rencontré la première et il ne l’a pas exploitée parce qu’il n’a pas la deuxième. Il a été de tous les gouvernements depuis l’indépendance, ayant occupé les postes les plus prestigieux de l’Etat sans avoir eu la capacité de s’affirmer autour de ses collaborateurs ou d’avoir un crédit ou une base sociale dans le pays. Aujourd’hui, il rue dans les brancards et donne des coups à l’ancien employeur dès lors qu’il a été écarté.

A quoi pouvait s’attendre l’employeur qui a toujours prisé les civils apolitiques, incompétents et sans convictions ? La leçon sera-t-elle retenue pour opérer une véritable rupture ? L’expression « harki du système » est lourde de sens et confirme ce que le discours politique officiel a toujours nié : l’existence d’une bipolarité au sommet de l’Etat où cohabitent un pouvoir formel (président et gouvernement) qui n’a pas l’autorité politique pour diriger le pays et un pouvoir réel (ce que S.A.G. appelle « l’armée politique »), source de légitimité, en contradiction avec la constitution et en décalage avec les institutions. C’est là qu’il faut chercher la cause profonde de la crise politique qui empêche l’Etat et les institutions d’être représentatifs et de véhiculer les demandes sociales de la population.

Mais Sid-Ahmed Ghozali n’apporte pas sa contribution pour sortir de la crise, ni pour dépasser cette contradiction héritée du mouvement national. Il exprime un dépit, une insatisfaction de quelqu’un qui estime avoir été écarté injustement et qui se venge en divulguant « un secret ». On n’est pas dans la politique, on est plutôt dans l’incohérence et les contradictions d’un serviteur zélé apolitique d’un ordre politique anachronique qui n’a pas compris les ressorts de la conflictualité mondiale, alors qu’il a été ministre des Affaires étrangères et ambassadeur.

Les enjeux de la croisade occidentale contre l’Iran

Sid-Ahmed Ghozali n’est pas un homme politique et il l’a encore montré en envoyant cette lettre au maire de New York qui l’a aussitôt mise à la corbeille. Cette lettre n’est pas une erreur, c’est une faute lourde de la part d’un ancien responsable algérien, compte tenu de la nature du conflit qui oppose l’Iran à l’Occident.

La croisade contre l’Iran n’a pas pour enjeu les droits de l’Homme mais le rapport de force entre Israël et les Palestiniens. Il faut consulter les médias occidentaux pour s’apercevoir comment l’opinion publique est conditionnée en présentant l’Iran comme un régime du Moyen-Âge, comme si les alliés saoudien et égyptien étaient des modèles de démocratie.

Le nucléaire iranien est devenu l’obsession de l’Occident qui s’identifie à la droite israélienne. Au lieu de faire pression sur l’Etat hébreu pour conclure la paix avec les Palestiniens, l’Occident désigne l’Iran comme l’ennemi irréductible qui menace la sécurité de la région. Mais l’enjeu véritable n’est pas la sécurité d’Israël puisque l’Iran n’osera jamais attaquer Israël avec une arme nucléaire sachant que les représailles seront telles que des millions d’Iraniens périraient et que le régime disparaîtrait. Et les Iraniens savent aussi qu’une telle attaque nucléaire de leur part frapperait aussi durement les Palestiniens et porterait des dommages irrémédiables à la Jordanie, la Syrie et l’Égypte. L’exiguïté de la région et l’absence de profondeur stratégique interdisent l’emploi du nucléaire en cas de conflit.

Ce qui n’exclut pas que la possession de l’arme atomique modifie les rapports de force et donne à la diplomatie des tons plus agressifs.

Comment alors expliquer l’hostilité, pour ne pas dire plus, de l’Occident à l’endroit de l’Iran ?

Ce que l’Occident ne pardonne pas à ce pays, c’est d’avoir remplacé l’Égypte de Nasser, dans son opposition à Israël. Au moment où l’Occident a mis à genoux le nationalisme arabe, certes seulement verbalement révolutionnaire, au moment où Sadate signait le traité de la honte avec Israël en contrepartie de quelques millions de dollars, Khomeini prend le pouvoir à Téhéran, rompt les relations diplomatiques avec Israël, invite Yasser Arafat et proclame son désir de libérer Jérusalem.

L’Iran des ayatollahs venait de ruiner le rêve d’une installation irréversible d’Israël dans la région.

Dans les années 1950, Nasser était assimilé à Hitler et était accusé de vouloir perpétrer un génocide contre les survivants des camps d’extermination nazis. Le même discours est aujourd’hui mobilisé contre Ahmadinejad présenté comme antisémite alors que le Parlement iranien est le seul dans le monde musulman où siègent deux députés iraniens de confession juive. L’Occident soutient et défend Israël pour deux raisons. La première est liée à la mauvaise conscience de son passé anti-sémite qui a mené droit aux crimes contre l’humanité perpétrés par l’Allemagne nazie contre des millions de juifs européens. L’innommable injustice contre ces derniers a été réparée en 1948 par l’injustice contre les Palestiniens qui payent pour des crimes qu’ils n’ont pas commis.

La deuxième raison est que la création d’Israël est la contrepartie de la décolonisation du monde arabe. Il ne faut pas oublier que les droites occidentales n’ont accepté la décolonisation que du bout des lèvres. Le discours irréel sur les aspects positifs de la colonisation, traduit en lois votées en 2005 au Parlement français, en est une illustration. Israël est la continuité du fantasme colonial que les droites occidentales n’ont pas abandonné, et il est faux de croire que le conflit du Moyen-Orient est dû au supposé antisémitisme des musulmans. Ce conflit est plutôt l’expression d’un différend et d’un lourd contentieux entre les droites occidentales et les peuples des anciennes colonies.

L’armée israélienne utilise contre les Palestiniens des avions et des chars payés par les contribuables américains et européens, ce qui indique le degré d’implication de l’Occident dans ce conflit. En dehors des Palestiniens, les musulmans vivent l’occupation de la Palestine comme une colonisation symbolique. Comme l’a fait remarquer Pierre Vidal-Naquet, Israël est un Etat colonial créé quand a commencé la décolonisation. Par conséquent, le conflit israélo-palestinien oppose l’Occident aux peuples du Tiers- Monde, et c’est ce qu’ont compris de nombreux dirigeants d’Amérique latine qui apportent leur soutien aux Palestiniens et aux Iraniens.

Le nucléaire iranien bouleverse la géopolitique de la région

La campagne contre l’Iran, à laquelle s’est associé l’homme au papillon, a pour objectif de maintenir la supériorité géopolitique d’Israël dans la région, supériorité remise en cause par la volonté de l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire. Cette dernière gêne Israël sur le plan démographique et militaire, deux éléments vitaux pour son existence. A l’exception de Hiroshima et Nagasaki, l’arme nucléaire n’a jamais été utilisée et il est probable qu’elle ne le sera pas, et c’est tant mieux. Les pertes humaines sont toujours à déplorer, y compris celles de civils israéliens. Il n’empêche que la bombe atomique installe un climat de terreur parmi les populations, ce qui dissuaderait de nombreux juifs d’Europe et d’Amérique à venir s’installer sur les terres des Palestiniens et poussera peut-être ceux déjà installés à repartir vers leurs pays d’origine.

Compte tenu de la croissance démographique desdits Arabes israéliens et des Palestiniens des Territoires, l’avenir d’Israël comme Etat exclusivement juif serait compromis. Il risque de s’éteindre démographiquement. L’autre raison pour laquelle Israël n’accepte pas le nucléaire iranien est que son armée ne servira plus à rien dans une situation de « guerre improbable, paix impossible » pour reprendre la formule de Raymond Aron utilisée dans le cadre de la guerre froide entre les États-Unis et l’URSS. L’arme nucléaire a empêché la troisième guerre mondiale, ce qui a amoindri le facteur militaire dans la géopolitique mondiale.

Or, Israël assure sa survie en faisant une guerre aux Palestiniens et à ses voisins tous les dix ans.

Lui enlever l’usage de la guerre classique, c’est donner un avantage politique à ses adversaires qui profiteront de la couverture diplomatique du nucléaire iranien pour lui imposer des compromis qui atténueront le caractère juif de l’Etat israélien et qui l’amèneront à accepter le scénario sud-africain, ce qui est un cauchemar pour les sionistes extrémistes et racistes soutenus par les droites occidentales qui tiennent encore à leur fantasme colonial anachronique.

Par conséquent, la croisade contre l’Iran menée par Washington, Paris, Londres et Berlin n’a pas pour enjeu les droits de l’Homme en Iran, ni la sécurité d’Israël. Elle a pour finalité la supériorité de ce pays dont les gouvernants continuent de nier aux Palestiniens le droit à un Etat. Quand un ancien Premier ministre algérien s’associe à cette croisade, cela signifie que le personnel politique algérien a renoncé aux valeurs de Novembre 54, qu’il s’allie aux nostalgiques de l’Algérie française et ne croit plus à la solidarité avec les peuples opprimés. Autrement, comment expliquer qu’il n’y a pas eu de réaction officielle ni du pouvoir ni de ses partis.

Article publié avec l’accord de l’auteur

Le Soir d’Algérie

Note de la rédaction : L’expression « harkis du système »a été utilisée par Sid Ahmed Ghozali lui-même dans dans un entretien accordé au Quotidien d’Oran le 18 octobre 2010 dans lequel il affirmait : « Je n’ai jamais fait partie du système, (…) Il faut parler de système dans le système et identifier celui et ceux qui prennent la décision. Moi et d’autres, nous n’avons jamais pris la décision. Quelque part, je le dis aujourd’hui, nous avons été les « harkis du système ».

Lahouari Addi

Samedi 6 novembre 2010

Source : Oumma.com
Publié le 8 novembre 2010 avec l'aimable autorisation d'Oumma.com

http://www.oumma.com/...



4  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

4-1 Jeffrey Blankfort : Israël est la menace la plus immédiate au futur de notre planète.

Jeffrey Blankfort est américain. Il est photographe, producteur d’émission de radio et analyste du Moyen Orient. C’est un militant pro-palestinien connu et ses articles ont été publiés dans beaucoup d’organes d’information progressistes.

Il offre des émissions sur KZYX à Mendocino et KPOO à San francisco. Auparavant Blackford a été le directeur de publication du Middle East Labor Bulletin et co-fondateur du Labor Committee of the Middel East. En février 2002, il a gagné un procès contre l’organisation sioniste Anti-Defamation League (ADL) qui avait espionné des citoyens américains qui critiquaient Israël et sa politique d’expansion.

Jeffrey a accepté de me donner un interview exclusif portant sur l’influence du lobby israélien sur les décideurs du gouvernement américain, le programme nucléaire illégal et secret d’Israël, le conflit Israélo-palestinien et la menace d’une attaque imminente d’Israël contre les installations nucléaires de l’Iran.

Blankfort ne craint pas de critiquer clairement le régime d’apartheid israélien et il croit qu’Israël est la menace la plus immédiate à l’avenir de la planète.

Kourosh Ziabari

Kourosh Ziabari : Dans votre article : "Le lobby israélien et la gauche : des questions difficiles" vous explorez de manière approfondie la domination du lobby israélien sur l’administration américaine et vous citez des exemples convaincants de l’influence de riches sionistes sur les multinationales et sur les médias de la pensée dominante en Amérique. Ma question est la suivante : Quelle est la source de l’immense pouvoir et de l’immense richesse que les sionistes détiennent ? Comment les Juifs ont-ils pu développer un pouvoir d’influence et des capacités financières telles qu’ils sont désormais capables de cadrer, changer et modifier les composantes de la politique des USA ?

Jeffrey Blankford : Cette question nécessiterait une réponse élaborée. Mais on peut dire qu’un segment important et bien organisé de la communauté juive s’est consacré, après la seconde guerre mondiale, à l’établissement et à la prospérité d’un état juif dans la Palestine historique dans lequel la vie et la subsistance des Palestiniens arabes autochtones n’avait aucune valeur.

Le fait que ce groupe ne représentait pas - et n’a jamais représenté - la majorité des Juifs américains a été largement compensé par l’ardeur de son militantisme au profit d’Israël dans tous les secteurs importants de la société américaine et à tous les niveaux de la vie politique de la nation. Son succès n’aurait pas été possible, cependant s’il n’y avait pas eu dans ses rangs un nombre important de riches hommes d’affaire juifs désireux de contribuer financièrement à acheter le soutien du Congrès américain ainsi que celui de pratiquement tout le corps législatif ou à intimider et faire taire les éventuels critiques d’Israël.

Bien avant la naissance des premiers sionistes, des banquiers et des capitalistes juifs s’étaient établi en Europe et aux USA, de sorte qu’il n’est pas surprenant que certains d’entre eux, à commencer par Lord Rothchild au début du siècle dernier, aient soutenu le projet sioniste. Aujourd’hui ils forment de loin le plus important groupe de donateurs privés des deux partis politiques.

Les médias, comme on peut s’y attendre, ont été une de leurs premières cibles, et on peut hélas constater chaque jour que des supporters avoués d’Israël qui ne sont pas nécessairement juifs, comme Rupert Murdoch, les contrôlent maintenant complètement.

Il n’y a aucun doute que le réseau de soutien d’Israël, qu’on appelle par euphémisme "lobby" a influencé de manière significative l’ensemble de la politique des USA au Moyen-Orient et a été un facteur déterminant de la gestion du conflit israélo-palestinien, cependant sa puissance a des limites. Certes, grâce à ses contacts à la Maison Blanche et au Pentagone, il a réussi à entraîner les USA dans la guerre d’Iraq, mais il n’est pas encore arrivé à convaincre Washington de bombarder l’Iran ni à obtenir le feu vert des USA pour bombarder les installations nucléaires iraniennes. Il est clair qu’il y a des éléments importants du Pentagone et des services secrets qui sont conscients qu’une attaque de l’Iran par les USA ou Israël provoquerait presque certainement une catastrophe globale.

KZ : Dans votre article vous faites allusion aux conflits et luttes entre Israël et l’Administration américaine des dernières dizaines d’années au cours desquelles les Présidents des USA, Richard Nixon en tête, ont essayé de contenir la politique d’expansion d’Israël et d’améliorer les conditions de vie des Palestiniens opprimés. En admettant que l’Administration ait vraiment tenté d’oeuvrer dans ce sens tout en réitérant sans cesse son engagement à garantir la sécurité d’Israël, pourquoi alors ses efforts ont-ils échoué ?

JB : Aucun Président américain, j’en ai peur, ne s’est soucié des conditions de vie du peuple palestinien. Arrêter l’expansion d’Israël et obtenir que Tel Aviv se retire de tous les territoires qu’il avait conquis en 1967 était pour les Américains une mesure d’intérêt national.

Tous les efforts précédents ont échoué parce qu’aucun président n’a voulu payer le prix politique intérieur nécessaire pour forcer Israël à se retirer des territoires occupés d’autant plus qu’ils savaient que leurs efforts seraient contrecarrés par l’écrasante majorité des deux chambres du Congrès quelle que soit leur affiliation politique de même que par les médias qui sont aux mains des sionistes.

Le seul qui ait fait un effort sérieux dans ce sens et qui ait osé affronter le réseau sioniste et le Congrès a été Georges Bush Senior quand il a refusé de satisfaire la demande d’Israël de 10 milliards de prêts garantis en 1991 et de nouveau en 1992 mais même lui dut finalement céder.

KZ : Les Israéliens ont l’habitude de qualifier d’antisémites pour les diffamer et les vilipender ceux qui osent critiquer leur politique et leurs actes belliqueux et agressifs. Ils accusent tous ceux qui les critiquent d’être antisémites. Cela inquiète les faiseurs d’opinion et les politiciens et les décourage de parler d’Israël en termes négatifs. Y a-t-il un moyen de faire prendre conscience au public que l’étiquette antisémite n’est pas rédhibitoire* et que critiquer Israël n’est pas de l’antisémitisme ?

JB : Les allégations "d’antisémitisme" brandies contre ceux qui critiquent Israël n’ont plus le poids qu’elle ont eues mais elles sont encore très efficaces particulièrement quand l’accusé est l’employé des médias dominants, comme nous l’avons vu dernièrement avec le cas d’Helen Thomas, d’Octavia Nasr et de Rick Sanchez et dans l’industrie du cinéma qui a été longtemps un bastion sioniste ayant été développée par des Juifs au 19ième siècle, bien qu’à l’époque aucun d’eux n’était sioniste.

Le pouvoir qu’a l’accusation d’antisémitisme de mettre les personnes publiques à genoux finira le jour où un assez grand nombre de personnalités américaines ne l’accepteront plus. Quand à dire quand cela arrivera, je n’en sais rien.

KZ : La Fédération des Scientifiques Américains a confirmé qu’Israël possédait jusqu’à 200 têtes nucléaires même si elles ne sont pas déclarées. Comme il n’a pas signé le Traité de Non Prolifération, Israël n’a jamais permis à l’IAEA de contrôler son arsenal nucléaire. Nous savons déjà ce qui est arrivé à Mordecai Vanunu qui a perdu sa liberté pour avoir dit la vérité. Que pensez-vous qui va arriver au programme nucléaire israélien ? Tel Aviv va-t-il continuer à bénéficier du privilège de ne pas avoir à rendre compte de ses actes ?

JB :Tant que le réseau de soutien du sionisme contrôle le Congrès, tant qu’aucun Président américain n’a pas le courage de simplement mentionner l’existence des armes nucléaires israéliennes et tant que les USA continuent de tenir les cordons de la bourse de l’ONU, Israël bénéficiera de l’impunité et de l’immunité. Si la direction des mouvements antinucléaires américains maintenant disparus comme "le mouvement pour la paix" n’avait pas été dominée par les sionistes, il y aurait peut-être eu un débat sur le sujet, mais comme elle l’était le sujet a été considéré tabou.

KZ : Parlons maintenant de l’Iran. L’Iran est décrite dans les médias étasuniennes d’une manière déformée et hypocrite. Beaucoup d’Américains qui n’avaient jamais entendu parler de l’Iran sont aujourd’hui confrontés à l’image horrible et terrifiante qu’en donnent les médias dominées par les sionistes. Ils n’ont aucune idée de ce qu’est la civilisation iranienne, ni de ce qu’ont de spécifique sa société et sa culture. Comment pourrait-on porter la vraie nature de l’Iran à la connaissance des Américains qui n’ont pas les moyens de la découvrir par eux-mêmes ?

JB : La plupart des Américains ne sont pas capables de trouver l’Iran ni quelque autre pays du Moyen Orient ni même n’importe quel pays du monde, sur une carte. Pour la plupart ils sont confrontés à ce qu’on pourrait appeler un "problème géographique" autant qu’historique. Il n’y a pas d’antidote à cela au monde et c’est la raison pour laquelle Washington peut se permettre de faire la guerre à des pays qui ne lui ont jamais fait aucun mal. Si les soldats étaient des appelés comme pendant la guerre du Vietnam, ni la guerre d’Iraq ni celle de l’Afghanistan n’auraient duré aussi longtemps et il y aurait une grande opposition à une attaque contre l’Iran.

Quand Nixon a eu l’intelligence de supprimer la conscription des hommes de 18 ans au début des années 1970, cela a détruit l’épine dorsale du mouvement anti-guerre et c’est la raison pour laquelle Washington ne veut pas revenir à la conscription malgré la pression énorme résultant de la nécessité de maintenir une armée assez nombreuse pour mener plusieurs guerres de front. Sans la crainte que leur jeunes de 18 ans ne soient appelés au combat, il n’y a pas de mouvements contre la guerre et c’est pourquoi il n’y a pas d’opposition à la guerre digne de ce nom aux USA à l’heure actuelle.

KZ : Beaucoup de gens dans le monde croient que la presse américaine est complètement libre et peut dire tout ce qu’elle veut sans que la moindre restriction ou censure ne lui soit imposée par l’Administration. On peut presque dire que le gouvernement américain ne se mêle pas directement de ce qui concerne les médias ; cependant on a l’impression qu’il y a une pression implicite sur les médias pour ne pas dépasser la ligne rouge et violer des lois non écrites comme l’interdiction de critiquer Israël. Pouvez-vous nous en dire plus ?

JB : Ce n’est pas le gouvernement qui empêche les critiques d’Israël de s’exprimer, c’est la peur des réactions qu’engendre toute critique sincère d’Israël que ce soit dans un article ou un dessin humoristique des médias même si le journaliste est juif. Il y a plusieurs organisations, dont les plus importantes sont la Anti-defamation League, CAMERA et HonestReporting, qui sont capables d’envoyer immédiatement un torrent d’emails et de lettres à l’éditeur d’un journal qu’ils jugent offensant et parfois même de se rendre dans les bureaux du journal en question pour s’assurer que les médias comprennent bien ce qu’ils peuvent écrire ou pas. Comme il n’y a pas de pression équivalente en faveur de la critique d’Israël, les médias préfèrent éviter l’affrontement.

Il fut un temps où un certain nombre de journalistes des médias dominants écrivaient des articles critiques sur Israël sans avoir de problèmes. Mais c’était il y a 20 ans et ils ne sont plus là.

KZ : Voici ma dernière question : Comment voyez-vous l’avenir d’Israël ? Va-t-il continuer à déterminer la politique étrangère américaine et contrôler les politiciens américains ? Est-il capable de maintenir le blocus de Gaza ? Et finalement Israël parviendra-t-il à survivre politiquement ?

JB : Tant que les supporters d’Israël ou ses agents aux USA parviennent à contrôler le Congrès américain et à intimider tous les présidents en exercice, et tant que ces mêmes forces dominent les médias, il n’y aura pas de changement aux USA ni à Gaza. Bien que le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions se développe petit à petit aux USA, il n’y a pas l’intensité qu’il a ailleurs et ses cibles sont limitées à ce que les firmes américaines et Israéliennes produisent en Cisjordanie, aussi, si l’on veut être réaliste, il y a peu de chance que les USA exercent une pression déterminante sur Israël.

Ce que fait Israël, cependant, peut engendrer des changements qu’il est impossible de prévoir aujourd’hui. Après avoir été vaincu deux fois par le Hezbollah, les officiels israéliens ne cessent de menacer de déclarer une nouvelle guerre au Liban et comme les USA, l’Europe et l’ONU n’ont pas sanctionné leurs précédentes guerres au Liban, ils vont sûrement encore essayer.

A la différence des Palestiniens, les Libanais n’ont pas l’intention de se laisser faire et sont capables de rendre coup pour coup, comme les Israéliens en ont fait l’expérience quand les Libanais ont résisté à leur occupation et stoppé la Wehrmacht israélienne tant vantée en 2006. Si Israël attaquait l’Iran les répercussions seraient peut-être suffisantes pour entraîner Israël dans un processus qu’on pourra sans doute qualifié d’autodestructeur. Pour le moment, vu le soutien inconditionnel à tous ses crimes dont il bénéficie de la part des Américains et son arsenal de d’armes nucléaires, je considère Israël comme la menace la plus immédiate à l’avenir de la planète.

Pour consulter l’original : http://dissidentvoice.org/2010/10/i...

Note du traducteur :

* A la différence de la France qui s’est dotée de la loi Gayssot, ce qui permet les poursuites juridiques et augmente donc d’autant la capacité d’intimidation du lobby sioniste.

Jeffrey Blankfort

Kourosh Ziabari est un reporter freelance et un correspondant de presse iranien.

Ses articles ont été publiés dans de nombreux médias et journaux comme le Tehran Times, Salem News, Palestine Think Tank, Press TV, Foreign Policy, Journal, Islam Online et Middle East Online. Il est membre de Llaxcala translaters Network for Linguistic Diversity.

Traduction : D. Muselet

28 octobre 2010

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Israel-est-la-menace-la-plus-immediate-au-futur-de-notre-planete-Dissident-Voice.html

http://www.legrandsoir.info:80/Israel-est-la-menace-la-plus-immediate-au-futur-de-notre-planete-Dissident-Voice.html



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

 ·         " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19 

25/11/2010

n°61 - journal d'Iran - 05-11 au 24-11 - : début : Bill Van Auken : Les Etats-Unis intensifient les menaces de guerre contre l'Iran.


n°61 -  journal d'Iran - 05-11 au 24-11 - : début   : Bill Van Auken : Les Etats-Unis intensifient les menaces de guerre contre l'Iran.



journal d'Iran   n°61 du 05-11 au 24-11

                C.De Broeder & M.Lemaire



a) Le "Journal d'Iran" est  visible  sur les blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

http://www.palestine-solidarite.org/journaux.CathyetMarc.htm 

cette page est accessible depuis la page d'accueil ( http://www.palestine-solidarite.org/ ) colonne de gauche.

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

Tiré à Part

Les Etats-Unis, Israël suivis par les Européens harcèlent Téhéran

Dmitri ZAKS : Les relations Russie-Iran à l'épreuve lors d'un sommet à Bakou.

Paroles & action du président Ahmadinejad  ...

Sakineh Mohammadi Ashtiani.

Les Usa au cœur des débats.

El Watan : Les USA : Peine de mort et non-ratification des traités internationaux.

Paroles & action du président Obama

2 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos  

1 Politique

1) Iran

Suite

2 Politique Internationale

1 Usa

2 Les voisins

3 Organisations Mondiales & régionales

4 Le Monde

2 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

2-1 Diabolisation de l'Iran

2-2  "La Face Cachée du Pétrole"  : Le partage du monde.

2-3 Pascal Sacre : Ces prisonniers politiques dont les médias ne parlent pas.

Fin

3 Les brèves

3-1 Ashkenazi évacuera la population dans la prochaine guerre. 

3-2 Sanctions contre l'Iran: BP met fin à l'exploitation d'un gisement conjoint.

 3-3 Shirin Ebadi accuse Ericsson d'aider le régime de Téhéran.

4 Dossier & Point de vue

4-1 Bill Van Auken : Les Etats-Unis intensifient les menaces de guerre contre l'Iran.

4-2 Rick Rozoff : Préparations de guerre contre l'Iran ?

 



Tiré à Part

Les Etats-Unis, Israël suivis par les Européens harcèlent Téhéran.

Agacés par l’attachement de la République islamique à son in indépendance et son soutien aux mouvements de résistance anti israéliens au Liban et en Palestine, les Etats-Unis, Israël suivis par les Européens harcèlent Téhéran, en l’accusant de vouloir se doter de l’arme atomique sous couvert  de son programme nucléaire civil. Sachant que l’Agence internationale de l’énergie atomique qui supervise ce programme n’a jamais trouvé un quelconque indice étayant ces accusations.
Ces dernières années, Israël tente par tous les moyens de persuader Washington de mener une frappe militaire contre l’Iran.

Ayant réitéré récemment une nouvelle fois sa demande de brandir la menace militaire contre Téhéran, Tel Aviv s’est vu afficher une fin de non recevoir de la part de Washington, qui a déclaré par la voix de son secrétaire d’état à la guerre Robert Gates qu’elle se contentera de sanctions et des pressions.

15/11/2010

 http://french.irib.ir

 

Dmitri ZAKS : Les relations Russie-Iran à l'épreuve lors d'un sommet à Bakou.
Les présidents russe et iranien se rencontrent jeudi à Bakou, capitale de l'Azerbaïdjan, en marge d'un sommet des pays de la mer Caspienne, pour tenter de surmonter une crise sans précédent dans leurs relations, depuis que Moscou a approuvé des sanctions à l'ONU contre Téhéran.
La rencontre entre Dmitri Medvedev et Mahmoud Ahmadinejad sera la première depuis le refus de la Russie de livrer un système de missiles antiaériens S-300 acheté par l'Iran, provoquant une polémique entre les deux pays.
En septembre, M. Medvedev a annulé cette vente, invoquant les sanctions prévues par la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, qui a condamné le 9 juin, pour la sixième fois en quatre ans, le programme nucléaire iranien controversé.
Ces sanctions interdisent notamment la livraison de certains matériels militaires à Téhéran, mais les dirigeants iraniens ont vivement critiqué Moscou et présenté cette décision comme une soumission de la Russie aux Etats-Unis.
Dès lors, "c'est une rencontre extrêmement importante qui intervient sur fond de détérioration sans précédent des relations bilatérales", estime l'analyste Rajab Safarov, du Centre iranien d'études contemporaines à Moscou.
Les relations bilatérales n'ont "jamais été aussi basses dans l'histoire récente", ajoute-t-il.
"C'est la dernière chance de l'Iran de transiger avec la communauté internationale", renchérit l'expert Dmitri Trenine, du Centre Carnegie de Moscou.
L'Europe, les Etats-Unis et Israël s'étaient élevés contre le contrat sur les S-300, car ce système perfectionné de missiles, équivalent au système Patriot américain, permettrait à Téhéran de défendre efficacement ses installations nucléaires en cas de frappes aériennes.
Cette saga autour de la livraisons de ces missiles n'est que l'un des signes illustrant les distances prises par la Russie vis-à-vis de l'Iran, selon des experts.
Moscou a déjà soutenu une série de résolutions de l'ONU sanctionnant Téhéran et M. Medvedev a admis l'été dernier que l'Iran était "proche d'avoir le potentiel" de construire une bombe nucléaire, rompant ainsi avec la traditionnelle retenue du Kremlin sur ce dossier.
Aux yeux des analystes, la Russie a été particulièrement irritée par la décision de l'Iran l'an passé de rejeter un projet des grandes puissances d'envoyer de l'uranium faiblement enrichi en Russie puis en France, pour le transformer en combustible pour son réacteur de recherche médicale.
"L'Iran a essayé de jouer avec cette proposition et s'est vu infliger une sévère réprimande", estime le directeur adjoint de l'Institut USA-Canada, Viktor Kremeniouk.
Du coup, la Russie a "repris ses S-300 et commencé à soutenir la position américaine au Conseil de sécurité de l'ONU", ajoute-t-il.
La rencontre Medvedev-Ahmandinejad risque de jeter une ombre sur le troisième sommet des pays riverains de la Caspienne, parmi lesquels figurent aussi l'Azerbaïdjan, le Kazakhstan et le Turkménistan, deux pays d'Asie centrale.
Peu de progrès sont attendus au cours des pourparlers entre les représentants des cinq Etats qui ne parviennent pas à s'entendre sur le partage des riches ressources de cette mer fermée.
L'Iran insiste sur une division de la Caspienne en cinq parts égales, tandis que l'Azerbaïdjan propose un accès proportionnel aux dimensions des côtes maritimes de chaque pays.
De son côté, la Russie est prête à accepter une sorte de compromis, mais selon des sources russes, un accord est peu probable à Bakou.

Dmitri ZAKS
17 nov 2010

(AFP) –

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/11/17/97001-20101117FILWWW00415-les-relations-russie-iran-a-l-epreuve.php



Paroles & action du président Ahmadinejad  ...

Sakineh Mohammadi Ashtiani.

Le président Ahmadinejad a démenti que Sakineh Mohammadi Ashtiani ait été condamnée à mort par lapidation et il a accusé les médias étrangers d'avoir forgé cette histoire de toutes pièces pour discréditer la République islamique.

16 novembre



Les Usa au cœur des débats.

El Watan : Les USA : Peine de mort et non-ratification des traités internationaux.
Les USA épinglés par le Conseil des droits de l’homme
L’Examen périodique universel (EPU) est né en 2006 des cendres de la Commission des droits de l’homme décriée pour son incapacité à faire respecter les valeurs fondamentales de l’ONU.
Washington a été passé au crible par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, hier à Genève. Sous une pluie de critiques portant notamment sur le centre de détention de Guantanamo, la peine de mort ou la non-ratification de traités internationaux, la délégation américaine a reconnu ne pas être satisfaite de la situation. «Nous ne sommes pas satisfaits du statu quo et nous continuerons à améliorer nos lois», a assuré le secrétaire d’Etat adjoint américain pour les droits de l’Homme, Michael Posner. Aux détracteurs invoquant des violations des droits de l’Homme dans les guerres en Irak et en Afghanistan, le conseiller juridique du Département d’Etat américain, Harold Koh, a rétorqué : «Qu’il n’y ait aucun doute là-dessus, les Etats-Unis ne pratiquent pas la torture et ne la pratiqueront pas».
Le débat à l’ONU intervient alors que le Washington Post a révélé jeudi que l’ancien président américain, George W. Bushj, avouait dans ses mémoires avoir personnellement donné son aval aux agents de la CIA pour soumettre le cerveau des attentats du 11 septembre, Khaled Cheikh Mohammed, à la simulation de noyade. La secrétaire d’Etat adjointe américaine auprès des organisations internationales, Esther Brimmer, a déclaré que cet Examen périodique universel (EPU) que passe pour la première fois son pays devant ses pairs «représente une   étape dans notre long engagement pour promouvoir les droits de l’Homme».
L’EPU est une innovation majeure du Conseil, née en 2006 des cendres de la Commission des droits de l’homme décriée pour son incapacité à faire respecter les valeurs fondamentales de l’ONU. Il permet l’examen systématique et régulier de la situation des droits de l’Homme dans chacun des 192 pays membres de l’ONU, pour éviter l’accusation de sélectivité. Premier sur une liste de 87 orateurs, Cuba a demandé aux Etats-Unis de mettre fin à l’embargo américain contre l’île, décrit comme «un génocide» et de  libérer cinq militants cubains aux Etats-Unis considérés par La Havane comme des «prisonniers de guerre».
Autre ennemi juré des Etats-Unis, l’Iran a estimé que «malheureusement, les Etats-Unis ont été et continuent d’être ceux qui violent le plus systématiquement les droits de l’Homme». Plusieurs pays occidentaux dont la Grande-Bretagne et l’Australie ont pour leur part demandé un moratoire ou l’abolition de la peine de mort. La France a «salué l’engagement pris par le président Obama de fermer le centre de détention de Guantanamo». «Il importe que cette promesse soit honorée», a déclaré l’ambassadeur français, Jean-Baptiste Mattei. Près de 300 organisations non gouvernementales américaines ont livré pour l’occasion un rapport de 400 pages détaillant «les insuffisances criantes» en matière de droits de l’Homme aux Etats-Unis, dont les discriminations raciales dans le système judiciaire et le traitement des immigrés.
Les Etats-Unis, qui avaient refusé de faire partie du Conseil en 2006, ont rejoint l’organisme onusien avec l’arrivée aux affaires du président Barack Obama. Washington a rejoint officiellement le Conseil en mai 2009.

Rédaction internationale

El Watan,
 06.11.
http://www.algeria-watch.org/fr/article/pol/us/usa_epingles.htm



Paroles & action du président Obama ...

L’Iran au cœur des débats.

Obama reconduit le gel des avoirs iraniens pour au moins un an

Le président américain Barack Obama a renouvelé, ce mercredi, pour un an le gel des avoirs iraniens aux Etats-Unis, imposé par l'ancien président Jimmy Carter après la victoire de la révolution islamique en 1979, c’est ce qu’a indiqué la Maison Blanche. 
Dans la notification officielle de sa décision publiée par la Maison Blanche, Obama note que les relations entre les deux pays ne sont toujours pas revenues à la normale, et qu'il y a donc lieu de prolonger l'état "d'urgence nationale".  
Ce renouvellement des sanctions intervient alors que les Etats-Unis et leurs partenaires accusent toujours l'Iran de vouloir se doter de l'arme atomique, ce que Téhéran dément catégoriquement.

11/11/2010

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=161863&language=fr



1) Politique Iranienne

Ahmadinejad

Une liaison entre le Golfe persique et l’Asie centrale servira la paix et le progrès des nations de la région.  

 Selon un communiqué du site présidentiel, le président Ahmadinejad lors d'une rencontre réunissant l'Iran, le Turkménistan, Oman et l’Ouzbékistan a déclaré mardi que « dans le domaine de la libre circulation des marchandises, la conclusion d'un accord visant à faciliter les liaisons entre le golfe Persique et l'Asie centrale engendrera de nombreuses opportunités, ce qui ne peut que servir la paix et le progrès des nations de la région ».
Le président Mahmoud Ahmadinejad, lors d'une rencontre avec les ministres des Affaires étrangères respectifs d'Oman, du Turkménistan et de l'Ouzbékistan a déclaré que les prochaines générations ne pourront que se féliciter de la mise en place de ces coopérations régionales.
Il a affirmé que cette entrevue témoigne de l'existence d'un front commun entre ces quatre nations qui partagent de nombreux points communs et ont l'intention de construire un avenir fait de paix, de sécurité et d'amitié.
Le président iranien a noté que cette coopération permettrait également d'ouvrir de nouvelles perspectives dont toutes les nations et même les générations futures se féliciteront.
Au début de la rencontre, le ministre omanais des Affaires étrangères a déclaré que la liaison entre le golfe Persique et les pays d'Asie centrale par l'Iran constitue une nouvelle étape dans l'histoire de la région.
Le ministre des Affaires étrangères du Turkménistan, en se référant aux relations fraternelles entre l'Iran et le Turkménistan, a précisé que "nous espérons dans le cadre de cette réunion quadrilatère, la mise en place d'une coopération durable et profonde entre les pays de la région.
L'Ouzbékistan, par la vois de son ministre des Affaires étrangères, pour sa part, a déclaré que cette réunion est, en fait, la reconstruction de liens anciens tissés entre les quatre nations de la région, qui prennent un nouvel historique.

10/11/2010

httphttp://www2.irna.ir


Les grandes manœuvres  

L’Occident veut s’accaparer le nucléaire pour préserver sa supériorité.  

Le chef du parlement iranien Ali Larijani a soupçonné les États-Unis et l’Occident en général à vouloir s’accaparer les activités nucléaires dont l’enrichissement pour préserver leur supériorité politique et réaliser plusieurs privilèges.
«  L’Occident et les États-Unis ne font que fabriquer de faux prétextes et dresser des obstacles face à notre programme nucléaire pacifique », a-t-il affirmé lors d’une rencontre avec le président de la Commission des relations étrangères au parlement turc, Mourad Mourjane.
Selon Larijani, les puissances nucléaires et surtout les États-Unis ne veulent pas que les pays indépendants puissent maîtriser le cycle de la production et de l’obtention du carburant nucléaire stratégique et l’utiliser dans des activités pacifiques, scientifiques et techniques.  
Concernant la situation en Irak et en Afghanistan, Larijani a estimé que Washington les a envahis en brandissant des slogans sur la promotion de la démocratie et la lutte contre le terrorisme, alors que son intention véritable était de s’emparer des ressources économiques et sécuritaires de ces deux pays.

12/11/2010

http://www.almanar.com.lb


Politique extérieure

Négociations avec les Six : Programme nucléaire exclu.
Téhéran ne discutera pas de son programme atomique lors des négociations avec les Six médiateurs sur le dossier nucléaire iranien (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie), a annoncé le porte-parole de la diplomatie iranienne Ramin Mehmanparast, cité mardi par les médias occidentaux.
"Les négociations entre l'Iran et les Six ne seront pas consacrées au programme nucléaire", a-t-il déclaré.
Plus tôt dans la journée, les médias ont annoncé que le dialogue devait reprendre le 15 novembre prochain à Istanbul.
Les négociations des Six et de l'AIEA avec l'Iran ont été lancées en 2003 afin d'obliger Téhéran à suspendre l'enrichissement d'uranium.
Téhéran s'est retiré des négociations en novembre 2009, après l'adoption par le Conseil des gouverneurs de l'Agence d'une résolution condamnant le lancement d'un deuxième site iranien d'enrichissement d'uranium.
En juin 2010, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté la résolution 1929, imposant un nouveau train de sanctions contre l'Iran.

RIA Novosti

9 novembre

http://fr.rian.ru/world/20101109/187821812.html

 

Téhéran et Alger plaident pour l'essor des coopérations bilatérales. 

" Vu de nombreuses affinités historiques et culturelles irano-algériennes, il s'avère donc nécessaire de promouvoir la coopération des part et d'autre", a déclaré le premier vice-président iranien, lors de sa rencontre avec le premier ministre algérien. Mohammad Reza Rahimi a affirmé qu'en raison de ses luttes historiques contre le colonialisme, l'Algérie était un pays bien célèbre sur l'échiquier international. Il a affirmé que les relations Iran/Algérie n'étaient à la hauteur de leurs potentialités. Le premier vice-président iranien a remercié le gouvernement d'Alger pour ses soutiens au programme nucléaire iranien. Il a précisé que l'Iran ne voyait aucun obstacle à l'élargissement de sa coopération avec l'Algérie. De son côté, le premier ministre algérien a considéré l'Iran comme l'un des grands pays musulmans du monde. " En dépit d'une grande distance géographique entre les deux pays, ils sont en mesure de développer davantage leurs relations dans les domaines politiques et économiques.", a-t-il ajouté.

22/11

 http://french.irib.ir

 


Sur le terrain

L’Iran dément toute violence à l'encontre des employés de l’ambassade de France.  

Le porte-parole de la diplomatie iranienne a démenti les allégations des responsables français en ce qui concerne les actes de violence des forces de sécurité devant l’ambassade de France à Téhéran.  Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Ramin Mehmanparast a rappelé que la police diplomatique avait déjà mis en garde contre la présence de certaines personnes à cette cérémonie.

Le ministère français des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur de la RII à Paris en guise de protestation contre ce qui s’est passé devant l’entrée de la résidence de son ambassadeur à Téhéran. Paris prétend que les forces de sécurité iranienne avaient bloqué l’entrée de l’ambassade et empêché les invités d’y entrer.

18/11/2010  

 http://french.irib.ir


Préparation à la guerre

L’Iran affine son système de défense analogue aux S-300 russes.

L’Iran a réussi à mettre au point un système de defense aérienne (DCA) analogue à celui des missiles S-300 russe, a annoncé mercredi à l’agence IRNA le porte-parole de la DCA iranienne Mohammad Hasan Mansurian.

Selon lui, le système de missiles de longue portée, mis au point par les spécialistes du complexe militaro-industriel national en est au stade final de la construction et de la préparation aux tirs d’essai.

"Dans les délais les plus brefs, nous procèderons aux tirs et j’espère pouvoir annoncer des bonnes nouvelles concernant l’équivalent iranien des S-300 russes", a indiqué le porte-parole.

RIA Novosti

10 novembre -

http://www.comite-valmy.org:80/spip.php?breve472

 

Nouvelle manœuvre militaire aérienne iranienne. 

Les forces armées iraniennes vont procéder à une manœuvre militaire lors de laquelle seront testés les systèmes de defense aériens de la République islamique, a indiqué dimanche un haut responsable cité par l'agence Fars.
La manœuvre "se tiendra dans tout le pays afin d'améliorer la capacité defensive", a dit le général Ahmad Mighani, commandant du siège du système antiaérien 
Assurant que l’objectif de ces exercices est de défendre les frontières du pays, Mighani a précisé que la portée des radars anti aériens devra atteindre les 3.000 km.
Il a rappelé que cinq manœuvres ont déjà été exécutées tout au long de l’an, dans les installations nucléaires et signalé que la particularité de la prochaine manœuvre est de mettre en action toutes les unités d’interception des forces aériennes.  Son objectif étant de riposter rapidement aux plans de l’ennemi.
«  Les unités qui participeront à ces exercices œuvreront dans les domaines des missiles, des radars et de l’artillerie ; des milliers de positions de radars seront déployées », a-t-il détaillé. 
Parmi les opérations exercées dans les trois étapes, Mighani a  cité : le lancement des unités des patrouilles, la riposte aux opérations des ennemis en brouillant  ses systèmes dirigés vers les radars iraniens, la collecte des informations via les avions iraniens, et la simulation d’attaque contre l’ennemi  via des drones…
Mercredi, un responsable iranien avait déclaré que son pays est en train de fabriquer le système anti aérien S300, dont la Russie a suspendu la livraison, prévue depuis 2007, sur pressions américaines et israéliennes, arguant se plier aux dernières sanctions onusiennes.   

 15/11/2010

 http://french.irib.ir

 

L'Iran dit avoir testé avec succès une version améliorée du missile S-200.  

L'Iran a "testé avec succès" une version améliorée de son système de missiles antiaériens S-200, développée après le refus de Moscou de livrer des S-300 à Téhéran, a déclaré le général Mohammad Hassan Mansourian, commandant adjoint de la defense antiaérienne.   
Ce nouveau système a "la même capacité que le système russe S-300", selon le site internet de la chaîne de télévision en anglais Press-TV citant le général Mansourian.
 "Nous avons développé ce système en améliorant des systèmes comme le S-200, et nous l'avons testé avec succès", a affirmé le général Mansourian cité par Press-TV.

 Le général Mansourian avait annoncé le 10 novembre que Téhéran allait "tester très bientôt des missiles de longue portée de defense aérienne, dont des S-300".
Les responsables militaires iraniens ont annoncé à plusieurs reprises leur intention de se doter de missiles antiaériens à longue portée de performance comparable au S-300, après le refus de Moscou de livrer ce système à l'Iran en raison des sanctions internationales contre le programme nucléaire iranien.

Selon les sites spécialisés, le S-300 est un système de missiles sol-air de moyenne et haute altitude à longue portée (jusqu'à 150 km) développé par la Russie à partir des années 1980 pour pouvoir intercepter simultanément plusieurs cibles, avions ou missiles, comme le Patriot américain. 
Le S-300 constitue un développement du système S-200, acheté par l'Iran à l'ex-URSS dans les années 1980 et qui date des années 1960.
"Les menaces situées à longue portée représentent 20% des menaces contre la nation, et nous avons élaboré des solutions (pour y faire face) incluant une amélioration du système S-200 qui a été testée", a précisé le général Mansourian cité par l'agence officielle Irna.

18/11/2010

 http://www.almanar.com.lb

 

Les bases utilisées par un pays agresseur seront notre cible. (Pasdarans)  

Un haut responsable de l'armée iranienne a, une nouvelle fois, mis en garde contre toute attaque américaine en relation avec le programme nucléaire de son pays.  
"Les bases utilisées par un pays agresseur sont considérées comme (étant) son pays et (constituent) une cible pour les combattants iraniens. Cela devrait être sérieusement pris en compte par les pays qui hébergent des bases américaines", a notamment averti le chef du département aérospatial des Gardiens de la Révolution (Pasdarans).  
Cité par les agences Fars et Mehr, Amir-Ali Hajizadeh, a en outre affirmé que "Téhéran est l'une des rares capitales au monde qui a été équipée avec un système de défense contre les missiles de croisière perfectionnés".
Il a ajouté que ce système de défense avait été testé lors d'exercices militaires (défenseurs du ciel du Velayat III ) cette semaine. 
Notons que les Etats-Unis et « Israël » n'ont pas exclu d'attaquer l'Iran sous prétexte d'empêcher ce pays d'obtenir la soi-disant « bombe atomique ».
Or, des responsables iraniens mettent régulièrement en garde l'Occident contre toute attaque, menaçant de terribles représailles.
Rappelons que l'Iran a annoncé jeudi avoir testé avec succès une version améliorée de son système de missiles antiaériens S-200, développée après le refus de Moscou de livrer des S-300 à Téhéran.
20/11/2010

http://www.almanar.com.lb


"Les systèmes de missiles iraniens capables de contrer toute menace"!

Le Porte-parole des manœuvres des défenseurs du ciel du Vellayat III a déclaré que les systèmes de missiles sol-air moyenne portée " Mersad" conçus sur le territoire iranien, sont capables de contrer toute menace aérienne.
" Ce système de missile dispose d'une grande capacité pour faire face à la guerre électronique" a souligné le général de Brigade, Hamid Argeangui. Ce dernier a fait des radars sophistiqués fabriqués par l'Iran, capables de couvrir l'ensemble de l'espace aérien du pays.
Interrogé par le correspondant militaire de l’agence d’information iranienne Farsnews, le responsable de ces systèmes de défense anti-missiles,  le colonel Qali Zadeh , a déclaré que ces systèmes  sont capables de capter les ondes magnétiques et électroniques émanant de l'avion ennemi.
Il a ajouté que  "dans les guerres,  l'objectif du pays qui attaque est de saboter  les  systèmes de radar du  pays attaqué en déclenchant des ondes magnétiques, afin de ne pas rencontrer de problèmes électroniques lors de son offensive."
Et de poursuivre : «le pays agressé fait alors de son mieux pour contrecarrer l'effet de cette attaque et garder ses radars qui sont déployés dans la région, opérationnels."
 «Les forces de la République islamique d'Iran s’efforcent à  récolter le plus de  renseignements qu'elles désirent et analyser la situation en fonction des données récoltées (..)  Après avoir étudié  les ondes qui émanent de l'avion ennemi, nous pouvons déterminer le type d'avion et la base militaire de laquelle il a décollé » a-t-il précisé !

20/11/2010

http://www.almanar.com.lb

 

L'Iran annonce qu'il va lancer des satellites, développer un missile S-300.

 L'Iran va lancer de nouveaux satellites "dans un proche avenir" et développer un système de missiles antiaériens de type S-300, a annoncé dimanche le ministre de la Défense Ahmad Vahidi cité par l'agence Mehr.
Item fulltext "Nous sommes en train de construire de nouveaux satellites, et dans un proche avenir nous allons lancer certains d'entre-eux", a déclaré M. Vahidi lors d'une visite à Khorramabad (ouest de l'Iran), sans donner plus de précision.Téhéran avait annoncé le 16 août le report du lancement prévu fin août d'un satellite baptisé "Rasad" (observation), qui devait être le deuxième mis sur orbite par l'Iran.L'Iran avait évoqué un "retard" dans la construction de ce satellite destiné à transmettre des photos météo de la terre, reportant son lancement à "la seconde moitié de l'année" iranienne qui s'achève en mars 2011.
M. Vahidi a par ailleurs affirmé dimanche que l'Iran avait entamé la conception d'un système de missile antiaérien de type S-300, après le refus de la Russie de lui livrer cet équipement en raison des sanctions internationales liées à la politique nucléaire de Téhéran."La production du missile S-300 demeure à l'ordre du jour de nos experts, et elle est en cours", a-t-il affirmé, précisant que le projet "est actuellement dans la phase de conception".L'Iran a affirmé depuis le début de l'année être capable de développer un système équivalent au S-300 russe.

 21/11/2010

http://french.irib.ir


Prisons

Allemands arrêtés en Iran poursuivis pour espionnage.

Les deux ressortissants allemands arrêtés le mois dernier en Iran alors qu'ils interviewaient le fils de Sakineh Mohammadi Ashtiani, condamnée à mort par lapidation, sont poursuivis pour espionnage, ont indiqué mardi des sources judiciaires.

L'Iran avait d'abord accusé les deux hommes, entrés dans le pays avec des visas de touristes, de travailler illégalement comme journalistes pour réaliser cette interview du fils de Sakineh Ashtiani, dont la condamnation a été suspendue face aux protestations de la communauté internationale.

Mais le chef de la justice de la province d'Azerbaïdjan de l'Est a déclaré que les deux hommes étaient inculpés pour espionnage, un crime passible en Iran de lourdes peines, jusqu'à la peine capitale.

Dans une interview diffusée lundi par la télévision publique iranienne, l'un des deux journalistes affirme avoir été trompé par une militante iranienne vivant en Allemagne. "Elle m'a envoyé en Iran en espérant pouvoir tirer un bénéfice de mon arrestation à des fins de propagande", a-t-il dit.

16 novembre

http://fr.news.yahoo.com/4/20101116/twl-iran-allemagne-38cfb6d_1.html


n°61 - journal d'Iran - 05-11 au 24-11 - : Suite : Bill Van Auken : Les Etats-Unis intensifient les menaces de guerre contre l'Iran.


n°61 -  journal d'Iran - 05-11 au 24-11 - : Suite  : Bill Van Auken : Les Etats-Unis intensifient les menaces de guerre contre l'Iran.



journal d'Iran   n°61 du 05-11 au 24-11

                C.De Broeder & M.Lemaire



a) Le "Journal d'Iran" est  visible  sur les blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

http://www.palestine-solidarite.org/journaux.CathyetMarc.htm 

cette page est accessible depuis la page d'accueil ( http://www.palestine-solidarite.org/ ) colonne de gauche.

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

2 Politique Internationale

1 Usa

2 Les voisins

3 Organisations Mondiales & régionales

4 Le Monde

2 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

2-1 Diabolisation de l'Iran

2-2  "La Face Cachée du Pétrole"  : Le partage du monde.

2-3 Pascal Sacre : Ces prisonniers politiques dont les médias ne parlent pas.

 


2) Politique des Usa

Préparation à la guerre

Gates avertit les pays latino-américains négociant avec l'Iran.

Le secrétaire américain à la guerre Robert Gates a mis en garde dimanche les pays d'Amérique latine qui mènent des négociations avec l'Iran sur le développement de capacités nucléaires, les appelant à la prudence face aux motivations de Téhéran.
Le responsable américain s'adressait à la presse à son arrivée à Santa Cruz (est de la Bolivie) où se tient à partir de lundi la 9e conférence des ministres de la Défense des Amériques. Le pays hôte, la Bolivie, est l'un des pays d'Amérique latine intéressés par une coopération avec l'Iran dans le domaine du nucléaire.
Compte tenu de "la volonté délibérée" des Iraniens "d'ignorer les résolutions successives du Conseil de sécurité de l'ONU, "je pense que les pays qui sont en train de négocier avec l'Iran dans ce domaine doivent être très circonspects et très prudents dans leurs rapports avec les Iraniens pour ce qui concerne les motivations de ces derniers et ce qu'ils tentent réellement de faire", a prétendu Gates.
Si les négociations portent sur l'énergie nucléaire à usage civil, "tous peut être garanti sous l'égide de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique), et nous n'aurions aucune objection", a ajouté Gates, qui a mis en doute la capacité de l’Iran de réaliser de tels projets. 
Fin octobre, le président bolivien Evo Morales avait annoncé qu'un projet commun avec l'Iran de construction d'une centrale nucléaire en Bolivie pour produire de l'électricité était à l'étude.  
L'Iran a développé ces dernières années ses relations avec plusieurs pays d'Amérique latine, en particulier le Venezuela, la Bolivie, le Brésil et le Nicaragua, qui ont pris leurs distances par rapport aux pressions des Etats-Unis pour isoler

22/11/2010

l'Iran.http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=162915&language=fr


Dans les coulisses et au sénat

Les Etats-Unis refusent la présence de la Turquie et du Brésil dans les prochaines négociations avec l'Iran.  

 La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton dans une décision égoïste a rejeté la présence de la Turquie et du Brésil dans le cadre des prochaines négociations entre les États occidentaux et l’Iran l'Iran.
Elle a affirmé que les discussions ne devaient avoir lieu que dans le cadre du Groupe 5+1.

Mme Clinton a déclaré mercredi que seuls les représentants des États composant le groupe 5 +1 doivent assister à la première série de discussions avec l'Iran.
Elle a également déclaré que la date et le lieu des négociations devraient être fixés par la Haute représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, au nom du groupe 5+1.
Le chef du dossier nucléaire iranien, Saïd Jalili, a proposé aux six grandes puissances une rencontre à Istanbul le 23 novembre ou le 5 décembre, a indiqué mardi une source diplomatique européenne.
L'Iran et le groupe 5+1 composé des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France, de la Russie, de la Chine et e l'Allemagne ont affirmé en octobre leur volonté de reprendre les discussions interrompues en octobre 2009.
Plusieurs sources diplomatiques ont estimé que la dernière initiative de la secrétaire d’Etat américaine allait à l'encontre des normes internationales qualifiant ses déclarations de mercredi comme une entrave à la reprise la tenue des pourparlers.
S'exprimant sur la question, un diplomate a déclaré au correspondant de l’IRNA à Vienne, que "les États-Unis ne cessent de parler de la communauté internationale se demandant si la Turquie et le Brésil sont ou pas membres à part entière de la communauté internationale".

Il a ajouté ironiquement qu’il s’agissait peut-être d’une communauté virtuelle internationale découverte par les États-Unis.

12/11/2010

httphttp://www2.irna.ir


Sur le terrain

Les importations américaines en provenance de l'Iran: 100% d'augmentation  

Les importations des Etats-Unis, en provenance de l'Iran, ont augmenté de plus de 100%, dans les trois premiers trimestres de cette année, malgré les sanctions unilatérales de Washington contre Téhéran, a rapporté Press TV.
Selon les chiffres publiés par les statistiques du Bureau de commerce extérieur des Etats-Unis, les Américains ont importé 92,7 millions de dollars de marchandises, en provenance de l'Iran, de Janvier à Septembre 2010, comparativement à 45,1 millions de dollars, durant la même période, en 2009.

Ces chiffres montrent, clairement, que malgré les sanctions unilatérales imposées par les Etats-Unis et leur volonté de se faire accompagner par les autres pays, Washington a échoué dans sa politique.

15/11/2010

 http://french.irib.ir



2) Politique d'Israël

Netanyahou

Netanyahu va demander aux USA de menacer l'Iran militairement pour le contraindre à renoncer à son programme nucléaire.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, va demander dimanche au vice-président américain Joe Biden que les Etats-Unis menacent l'Iran militairement pour le contraindre à renoncer à son programme nucléaire, a-t-on appris de sources politiques israéliennes. Lire la suite l'article

Benjamin Netanyahu a entamé ce dimanche une visite de cinq jours aux Etats-Unis où il doit rencontrer Joe Biden mais pas le président Barack Obama, en tournée en Asie.

D'après ces sources, le chef du gouvernement israélien envisage de dire au vice-président américain: "La seule manière de s'assurer que l'Iran ne deviendra pas une puissance nucléaire est de créer une menace crédible d'action militaire à son encontre s'il continue d'avancer vers l'arme nucléaire."

"Les sanctions économiques compliquent la tâche de l'Iran mais on ne distingue aucun signe montrant que le régime des ayatollahs envisage d'arrêter son programme nucléaire à cause d'elles."

Interrogé sur ces propos, un membre de la délégation accompagnant le Premier ministre israélien aux Etats-Unis a déclaré que Benjamin Netanyahu insisterait dans toutes ses interventions sur la nécessité pour les Etats-Unis d'intensifier leurs pressions sur l'Iran.

POURPARLERS DIRECTS

La République islamique dément que son programme d'enrichissement d'uranium soit destiné à se doter de l'arme atomique.

La rencontre entre Biden et Netanyahu doit avoir lieu dimanche avant que le vice-président ne prenne la parole devant la Conférence américano-juive, où le Premier ministre israélien prononcera à son tour un discours, lundi.

Netanyahu se rendra ensuite à New York pour des entretiens lundi avec le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon et jeudi avec la secrétaire d'Etat Hillary Clinton.

Celle-ci a déclaré œuvrer sans relâche à une reprise des pourparlers directs entre Israéliens et Palestiniens, que ces derniers conditionnent à un nouveau gel de la colonisation juive en Cisjordanie.

Mais certains analystes estiment que les déboires de l'administration démocrate d'Obama aux élections de mi-mandat, cette semaine, ont réduit sa capacité à faire pression sur Israël, dont les républicains sont les alliés les plus proches outre-Atlantique.

"C'est notre ardent désir que l'impasse actuelle puisse être surmontée et que nous assistions à un retour rapide à des pourparlers directs avec les Palestiniens", a déclaré Mark Regev, porte-parole de Netanyahu, durant le vol Tel Aviv-La Nouvelle Orléans.

8/11

http://fr.news.yahoo.com/4/20101107/twl-usa-netanyahu-38cfb6d.html

http://www.voltairenet.org:80/article164071.html



Les Voisins

Turquie

12-11

Le parlementaire turc Mourad Mourjane, a souligné lors d’une rencontre avec le président de la Commission des relations étrangères au parlement turc, la nécessité de poursuivre la collaboration entre son pays et l’Iran, et salué la position du guide suprême Sayed Ali Khamenei qui a décrété l’interdiction de recours à l’arme atomique.

http://www.almanar.com.lb


Russie

10-11

En 2007, Téhéran et Moscou ont signé un contrat d’un montant d’environ 800 millions de dollars portant sur les livraisons à l’Iran de cinq divisions de missiles S-300 PMU-1

Le président russe Dmitri Medvedev a publié mercredi 22 septembre un décret interdisant la livraison de missiles sol-air S-300 à l’Iran, en application des sanctions prises en juin dernier par le Conseil de sécurité de l’Onu , imposant des restrictions sur la fourniture à Téhéran d’armes conventionnelles, dont les missiles, les chars, les hélicoptères de combat, les avions d’assaut et les bâtiments de guerre.

RIA Novosti

http://www.comite-valmy.org:80/spip.php?breve472



Dans le monde

Belgique

Jean-Pierre Stroobants : Deux entreprises belges ont livré de l'uranium à l'Iran.

Deux entreprises belges ont livré de l'uranium enrichi et du zirconium à l'Iran. Ce matériel, exporté illégalement, pourrait être utilisé à des fins civiles, mais aussi militaires, par Téhéran. Les entreprises font actuellement l'objet d'enquêtes judiciaires.

L'affaire a été révélée, mardi 9 octobre, par un député écologiste flamand, Kristof Calvo, qui a interpellé le ministre fédéral de l'énergie Paul Magnette (PS).

Ni le cabinet du ministre, ni le ministère de la Région flamande, en partie compétente pour l'octroi de certaines licences d'exportation, n'ont révélé le nom des deux entreprises, qui seraient situées en Flandre.

COMPLEXITÉ DES PROCÉDURES BELGES ?

Il y a quelques mois, le gouvernement fédéral avait refusé à des entreprises le droit d'exporter en Iran du matériel pour des turbines nucléaires. D'autres sociétés auraient pu profiter de la complexité des procédures belges. Les régions sont compétentes pour les octrois de licences d'exportation d'armement, l'Etat fédéral pour le nucléaire. Une région, saisie d'une demande d'exportation de matériel, doit saisir une commission d'avis avant d'obtenir une autorisation du ministère fédéral de l'énergie…

Selon le député Kristof Calvo, l'affaire tombe d'autant plus mal pour la Belgique qu'elle exerce actuellement la présidence du Conseil européen. Le gouvernement d'affaires courantes pourrait, selon l'élu écologiste, faire l'objet de critiques sévères de la part de la Commission européenne et de l'Agence internationale de l'énergie atomique.

Jean-Pierre Stroobants

Le Monde.fr |

10.11.

http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/11/10/deux-entreprises-belges-ont-livre-de-l-uranium-a-l-iran_1437931_3214.html



2 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

Ndlr : la publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information. 

 

2-1 Diabolisation de l'Iran

 http://www.youtube.com/watch?v=z27HIF6TARg&feature=player_embedded#!

 

2-2 Diabolisation de l'Iran part2

VIDEO 1 http://www.alterinfo.net/Diabolisation-de-l-Iran_a51747.html

 

2-3 Diabolisation de l'Iran par 3 

VIDEO 2 http://www.youtube.com/watch?v=vClrjV7ws5Q&feature=player_embedded

 


2-2  "La Face Cachée du Pétrole"  : Le partage du monde.

Ndlr : la publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

“La face cachée du pétrole”, documentaire de Patrick Barbéris adapté du livre du même nom d’Éric Laurent, montre en deux fois une heure que “l’or noir” aura été le moteur de l’histoire du XXè siècle et de ce début de XXIè siècle. Des premiers forages de Rockefeller en 1860 jusqu’à l’actuelle guerre en Irak, en passant par la Seconde Guerre mondiale, la Guerre froide et le choc pétrolier de 1973, toute l’histoire géopolitique est intrinsèquement liée à l’or noir.

VIDEO 1 cliquez sur ce lien : http://www.dailymotion.com/video/xewkez_la-face-cachee-du-petrole-12-le-par_news

VIDEO 2 cliquez sur ce lien: http://www.dailymotion.com/video/xewm92_la-face-cachee-du-petrole-2-2-les-g_news


2-3 Pascal Sacre : Ces prisonniers politiques dont les médias ne parlent pas.

Vendredi 5 novembre 2010
À la prisonnière 650

Quelle différence y a-t-il entre des opposants politiques emprisonnés aux États-Unis, en Iran ou en Chine ?

Entre des prisonniers condamnés à mort, soumis à la torture, incarcérés sans procès et internés en institution psychiatrique en Norvège, aux États-Unis, en Arabie Saoudite, en Iran ou en Chine ? Entre Aafia Siddiqui, Lynne Stewart, Synnove Fjellbakk Tafto et Liu Xiaobo (Prix Nobel de la paix 2010), Farah Vazehan [1], Hossein Derakhshan [2] ?

Le traitement médiatique et politique de ces prisonniers d’opinion n’est pas du tout le même selon qu’ils servent ou desservent les intérêts de l’impérialisme des États-Unis et de leurs alliés.

Aafia Siddiqui, une femme pakistanaise de 36 ans, fut amenée le 5 août 2008 enchaînée, blessée aux épaules par deux coups d’armes à feu, squelettique, tremblante et en état de choc, dans une salle de tribunal de « la plus grande » démocratie occidentale, à New York. Cette femme est diplômée en neurologie du Massachusetts Institute of Technology et de l’Université de Brandeis [3] aux USA, mère de trois enfants, elle a vécu de nombreuses années tranquilles aux États-Unis.

Elle a été accusée de tentative d’assassinat sur des officiers de l’armée et des agents du FBI, après avoir été interpelée puis emprisonnée au Pakistan dans des circonstances obscures, accusée de complicité avec le terrorisme à l’issue d’un simulacre d’enquête dans laquelle les simples déclarations des militaires US ont eu force de preuve. Aafia Siddiqui avait été enlevée en mars 2003 avec ses trois enfants, à Karachi, par les services secrets pakistanais (ISI), et remise au personnel militaire étasunien qui l’avait transférée dans la terrible prison à l’intérieur de la base de Bagram, en Afghanistan. Aafia, c’était la « prisonnière 650 » dans ce qui est devenu le tristement célèbre « département tortures » de la prison de Bagram. Sa sœur Fawzia, qui habite à Karachi, a déclaré : « Elle a été violée et torturée pendant 5 ans, nous ne savons rien de ce qui a pu arriver à ses trois fils. »

Siddiqui et d’autres femmes ont été, et sont toujours, incarcérées à Bagram et dans d’autres prisons qui pratiquent la torture pour le compte des États-Unis. Les déclarations des témoins selon lesquels elle aurait tiré sur des militaires avec un fusil d’assaut, laissé, on ne sait pourquoi, à portée de main, sont peu crédibles, mais furent retenues comme des preuves irréfutables. Aafia fut la seule atteinte par une balle. Aucun des militaires n’a été blessé. Imaginez cette histoire en Iran ou en Chine, avec une opposante politique au régime ! Ensuite, « on » l’a retrouvée en 2008 en Afghanistan, désorientée et ayant sur elle des plans pour faire sauter des édifices à New York… Digne de la série 24 heures chrono. Lady Al-Qaeda (sic !), surnom donné par le NY Daily New, a été condamnée en janvier dernier. Pendant tout le procès, le Ministère public n’a pas cessé d’utiliser le terme de terroriste en se référant à elle. Il n’y avait aucune preuve formelle attestant qu’elle avait tiré sur des militaires ou qu’elle s’était livrée à des activités terroristes. Au cours du procès, les témoins ont décrit Siddiqui comme « une femme complètement brisée ».

Elizabeth M. Fink, l’avocate d’Aafia Siddiqui a déclaré : « C’est une femme profondément traumatisée par les tortures qu’on lui a fait subir pendant les 5 années de sa détention, et par l’angoisse de ne pas savoir ce que ses fils sont devenus. On lui a seulement bandé ses blessures, alors qu’elle aurait eu besoin de bien d’autres soins dans un hôpital. À cause de la lutte contre le terrorisme la justice des États-Unis est devenue arbitraire, aveuglément féroce, infâmante pour le nom de notre pays dans le monde entier. » [4] Aafia Siddiqui, la « prisonnière 650 » de Bagram, n’est même pas une opposante politique mais plus probablement une victime anonyme sacrifiée sur l’autel de la lutte contre le prétendu terrorisme.

Elle fait partie de ces méchants inventés par l’Occident pour accréditer ses thèses afin que ses populations croient à sa fable de la guerre contre le mal. « Lady Al-Qaeda » ! Un alibi fabriqué de plus pour justifier l’injustifiable. Aafia Siddiqui a été condamnée à une peine de prison incompressible de 86 ans. [5] L’article « Triumph Of Evil » (Le Triomphe du Mal) [6], écrit par John Kozy, ancien professeur à l’université en philosophie et logique, témoigne de la corruption et de la dégradation de toutes les strates du système juridique et policier US : Cours locales et fédérales, Cour Suprême, Bureaux de procureurs, laboratoires d’« expertise ».

Les preuves sont manipulées, des témoignages partiaux sont pris comme faits avérés, les informateurs et les policiers sont crus sur parole, des aveux sont extorqués par la force et pris au sérieux par les juges. Nous sommes très éloignés des séries télévisées (« Les Experts ») qui nous font prendre la mythologie pour la réalité. Sur le terrain, révélée grâce à des témoignages de lanceurs d’alerte courageux et intègres, c’est bien à la criminalisation de toute une société que nous assistons. Le crime devient la règle, et la loi ne protège plus les gens mais est utilisée par le gouvernement étasunien pour nuire à sa population et protéger les dirigeants. [7] Cela s’observe également dans d’autres gouvernements occidentaux comme la France [8] ou l’Italie.

Comme le dit le professeur John Kozy, « Les sociétés modernes ont justifié leur utilisation de méthodes criminelles en argumentant que de telles techniques étaient nécessaires pour combattre le mal. Mais la guerre menée par le bien contre le mal ne peut être gagnée en utilisant les armes du mal. Le mal n’apporte jamais de bien, et en usant de ces viles pratiques, la somme de mal augmente en quantité et qualité. Tenter de sauver la nation en devenant ce dont vous essayez de sauver cette nation est suicidaire. » [9] Contredisant la pensée malfaisante de Richard Dick Cheney [10], et de beaucoup de moralisateurs occidentaux, chaque fois que nous voulons combattre le mal en utilisant ses armes, torture, mensonges, sacrifices d’innocents, meurtres, massacres, jugements sans preuves, plutôt que le réduire, nous augmentons la quantité, et la qualité du mal dans nos sociétés.

C’est exactement ce cycle de violence progressive, degré par degré, avec son cortège de banalisations et de cynisme, d’arrogance et de mauvaise foi qui finalement conduit aux massacres de masse et aux comportements inhumains comme ceux de la période nazie. La complicité des médias et des « experts » y joue un rôle important. « La fin justifie les moyens » est un slogan populaire dans nos pays qui cultivent et s’arrogent la bonne conscience. Pourtant cela n’est pas vrai. N’importe quelle fin ne justifie jamais n’importe quel moyen. Les moyens utilisés déterminent la fin qui nous attend. Même pour nous défendre du mal, user de moyens vils nous rend vil à notre tour, sans retour en arrière possible.

 

Le 19 novembre 2009, Lynne Stewart, âgée de 70 ans, avocate spécialisée dans la defense des droits civils et militante de longue date, condamnée à 28 mois de prison, a été incarcérée pour conspiration et soutien matériel au terrorisme. Lynne Stewart a consacré sa vie aux pauvres, aux défavorisés, à la communauté noire et à la justice. Ceux d’entre eux qui n’avaient pas les moyens de payer les services d’un avocat pouvaient frapper à sa porte. [11]

Sa seule faute est d’avoir contrevenu aux mesures administratives spéciales (Special Administrative Measures, SAM) du bureau américain des prisons (US Bureau of Prisons). Elle avait été obligée de signer ces mesures pour pouvoir défendre le Cheik Omar-Abdel Rahman. Les SAM sont inconstitutionnels : elles violent le Premier Amendement ainsi que le Sixième Amendement de la Constitution américaine selon lequel, tout accusé a droit à un avocat et à être jugé par un jury d’État impartial dans l’État même où le crime a été commis et seulement pour ce crime. L’Administration Clinton n’a pas considéré Lynne Stewart comme une terroriste et un traître. À l’époque, son cas a simplement été considéré comme une faute administrative. Lynne Stewart a reçu une lettre à cet effet, et n’a pas pu rendre visite à son client pendant quelque temps. Puis, elle a pu reprendre ses visites au Cheik en prison et poursuivre son travail d’avocate. Ce n’est que le 9 avril 2002 qu’elle a été arrêtée à son domicile par le FBI, quelques mois après les évènements du 11 septembre 2001 et dans un climat d’hystérie collective. Le soir de son arrestation, John Ashcroft, ministre de la Justice des États-Unis, est allé à l’émission populaire de David Letterman, Late Night Show, et a déclaré à toute l’Amérique que Lynne Stewart était un traître à la nation. » [12] Lynne Stewart, de même qu’Aafia Siddiqui, n’est pas une héroïne, pas plus qu’une terroriste.

C’est une victime d’un système odieux qui dit combattre le mal mais qui pour cela, en commet bien plus, sans que les médias, prompts à fustiger l’Iran, la Chine, Cuba ou le Venezuela au moindre écart de conduite, ne trouvent rien à y redire, quand c’est l’Occident. « C’est une femme de 70 ans avec des années d’expérience de vie en tant que mère, grand-mère, activiste et avocate. Jeune femme blanche, elle s’est engagée et a lutté pour la cause de ses compatriotes noirs, parce qu’elle croyait dans la justice. Des décennies plus tard, elle a défendu le Cheik Omar-Abdel Rahman, parce qu’elle croyait toujours dans la justice. » [13] Lynne a mis en garde les autres avocats de la defense : « C’est un avertissement pour les autres avocats. (Le gouvernement leur envoie le message) Ne défendez pas vos clients avec trop de vigueur, ne faites pas de zèle ».

 

Synnove Fjellbakk Tafto, ancienne avocate du ministère des Affaires étrangères en Norvège, et dissidente politique, a été hospitalisée de force pour la cinquième fois et s’est vue administrer un traitement psychiatrique quelques jours après la publication d’un article subversif. [14] Un article subversif ? Internée et obligée de prendre un « traitement » psychiatrique pour un article subversif ? Imaginez si madame Tafto était chinoise ou iranienne. 

Depuis 1994, comme le rapporte Ron Paul, le député républicain US, madame Tafto accuse les dirigeants de son pays d’avoir trahi la nation en adoptant des accords anticonstitutionnels visant à contourner l’opposition de la population. Ce mépris des acquis constitutionnels est devenu la règle en Occident, depuis les attentats du 11 septembre 2001. Il n’est pas propre à la Norvège, mais gangrène tous nos pays qui se targuent malgré tout de représenter des valeurs qu’ils bafouent tous les jours : égalité, vérité, liberté, honneur. Comme les Irlandais en 2008 [15], les Norvégiens ont refusé à deux reprises, par référendum, de rejoindre l’Union Européenne, en 1972 [16] et en 1994. [17] La militante a dénoncé notamment l’accord qui a malgré tout fait rentrer le pays dans l’Espace économique européen.

Dans son dernier article « subversif », elle accuse le ministre des Affaires étrangères norvégien, Jonas Gahr Störe, d’être un agent au service des intérêts mondialistes. La sanction est l’internement psychiatrique.

Terroriste. Traître qui mérite la pire punition. Ennemi antipatriotique. Nos médias et nos gouvernants ont leurs formules pour salir, diaboliser toute résistance à l’autorité. Des référendums bafoués, des votes et opinions populaires ignorés, des « terroristes » fabriqués, des emprisonnements et jugements arbitraires, des médias partisans, des films et séries TV propagandistes. Des dissidents, des résistants internés, torturés, incarcérés après en avoir faits nos ennemis, des « terroristes », après avoir diabolisé, sali leur image ou plus simplement fait en sorte que personne n’en entende parler. C’est ainsi que se comportent nos démocraties occidentales, qui parviennent à tirer l’oreille à des pays comme la Chine ou l’Iran.

L’attribution de médailles et de prix, comme le Prix Nobel de la Paix, ou la Médaille de la Liberté, participe de cet endoctrinement des populations occidentales et plus généralement de celles des États-Unis et de leurs alliés de la Coalition. Certains de ces alliés (Arabie Saoudite, Egypte, Colombie) le sont parce que, pragmatiques, ils y trouvent leur intérêt (financier, armements, permissions d’opprimer leur propre population) mais la plupart, dont les peuples européens, se persuadent eux-mêmes qu’ils se trouvent dans le camp du Bien et de la Justice. Le Prix Nobel de la paix fait partie des « jouets », des artifices leur permettant de flatter leur bonne conscience.

Ainsi après Henry Kissinger, Al Gore, Barack Obama, voilà le « valeureux » dissident chinois Liu Xiaobo [18] décoré de la prestigieuse médaille. Car à condition d’être de Chine ou d’Iran, les opposants politiques ont bonne presse en Occident. Ces Prix et Médailles sont des instruments politiques utilisés par le système occidental et ses alliés, dans le but d’envahir le monde entier et de lui imposer ses doctrines, le capitalisme inégalitaire et la domination par une minorité, la légitimité d’une micro-caste de riches amoraux s’arrogeant le droit inné d’occuper le sommet de l’échelle sociale et de dominer tous les peuples du monde. Cela est fait par la force (les guerres, les coups d’état, les assassinats) et surtout par la ruse (la moralisation démocratique, les prix et médailles, les fondations « philanthropiques » et les organes « mondiaux » de régulation, FMI, Banque Mondiale, OMC, OMS, ONU).

Plusieurs auteurs et chercheurs indépendants, dont le Réseau Voltaire (« Le prix Nobel de la paix au service de l’impérialisme ») [19], Thierry Meyssan (« Le dessous du prix Nobel de la paix 2009 ») [20], le professeur Domenico Losurdo (« Le Nobel de la guerre aux Messieurs du « Nobel de la paix ») [21], le professeur Chems Eddine Chitour (L’ordre occidental impérial : Stratégie d’attribution des prix Nobel) [22], nous révèlent toute la corruption qui règne au cœur de cette institution soumise, le Nobel, asservie comme toutes les autres institutions officielles aux mondialistes occidentaux, appuyés aujourd’hui sur les États-Unis et leurs alliés de la Coalition.

Ceux-ci nous gouvernent au moyen de leurres et instrumentalisent sans cesse notre bonne conscience, avec l’aide des médias et des institutions dans lesquelles nous avons naturellement confiance. Sans risquer l’internement, l’incarcération ni la torture, vous pouvez toujours parler autour de vous de la « prisonnière 650 », en lui rendant son nom : Aafia Siddiqui et en rétablissant sa véritable histoire, voire signer la pétition réclamant sa libération, gopetition.com, parler de Lynne Stewart, de Synnove Fjellbakk Tafto et afficher leurs photos, leurs calvaires, partout où vous pouvez.

Notes

[1] gopetition.com

[2] guardian.co.uk

[3] L’Université de Brandeis (Brandeis University) est une université privée américaine située à Waltham dans le Massachusetts, à 16 km à l’ouest de Boston. wikipedia.org

[4] legrandsoir.info

[5] emceebeulogue.fr

[6] The Triumph of Evil, by Prof. John Kozy globalresearch.ca

[7] Le projet diabolique et criminel appelé États-Unis d’Amérique. Le gouvernement étasunien utilise la loi pour nuire aux gens et protéger les dirigeants, par John Kozy mondialisation.ca

[8] Affaires Bettencourt, Karachi, Wildenstein… lemonde.fr

[9] Op.cit., The Triumph of Evil, by Prof. John Kozy

[10] Réflexion menaçante du vice président Cheney juste après l’attentat contre les Tours Jumelles : « Maintenant l’Amérique va devoir entrer dans le versant obscur de son histoire »

[11] Lynne Stewart en prison : Quand la justice déraille, par Claude Herdhuin. mondialisation.ca

[12] Op.cit., Lynne Stewart en prison : Quand la justice déraille

[13] Ibid., Claude Herdhuin

[14] Revue Nexus, Juillet-Août 2010, n°69, p.4

[15] Les Irlandais rejettent à 53,4 % le traité de Lisbonne

[16] Le 25 septembre 1972, les Norvégiens sont appelés à se prononcer par référendum au sujet de l’adhésion de leur pays aux Communautés européennes. À l’issue du scrutin, le non l’emporte avec 53,5% des suffrages. lemonde.fr

[17] 1994 la Norvège s’oppose pour la deuxième fois par référendum à l’entrée dans l’Union européenne. strasbourg-europe.eu

[18] Qui est Liu Xiaobo ? Ce que le jury Nobel vous cache mondialisation.ca

[19] Les lauréats du Prix Nobel de la paix après le 11-Septembre mondialisation.ca

[20] voltairenet.org

[21] futurquantique.org

[22] mondialisation.ca

Source : Le Grand Soir via Le Brasier
http://www.legrandsoir.info/...


n°61 - journal d'Iran - 05-11 au 24-11 - :Fin : Bill Van Auken : Les Etats-Unis intensifient les menaces de guerre contre l'Iran.


n°61 -  journal d'Iran - 05-11 au 24-11 - :Fin  : Bill Van Auken : Les Etats-Unis intensifient les menaces de guerre contre l'Iran.



journal d'Iran   n°61 du 05-11 au 24-11

                C.De Broeder & M.Lemaire



a) Le "Journal d'Iran" est  visible  sur les blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

http://www.palestine-solidarite.org/journaux.CathyetMarc.htm 

cette page est accessible depuis la page d'accueil ( http://www.palestine-solidarite.org/ ) colonne de gauche.

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

3 Les brèves

3-1 Ashkenazi évacuera la population dans la prochaine guerre. 

3-2 Sanctions contre l'Iran: BP met fin à l'exploitation d'un gisement conjoint.

 3-3 Shirin Ebadi accuse Ericsson d'aider le régime de Téhéran.

4 Dossier & Point de vue

4-1 Bill Van Auken : Les Etats-Unis intensifient les menaces de guerre contre l'Iran.

4-2 Rick Rozoff : Préparations de guerre contre l'Iran ?

 


3 Les brèves

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

 

3-1 Ashkenazi évacuera la population dans la prochaine guerre. 

“Israël sera contraint d’évacuer la population lors d’un prochain conflit avec le Hezbollah au Liban, ou avec le Hamas dans la bande de Gaza », a déclaré le chef d’état-major israélien Gabi Ashkenazi.
« Nous n’allons pas confronter l’ennemi dans l’avenir dans un champ de bataille classique. Le Hamas choisit de combattre dans des zones résidentielles au lieu des zones ouvertes. Nous allons alors recourir aux forces terrestres et aux bombardements permanents », a-t-il révélé devant « le congrès international sur les combats communs dans les zones construites », tout en reconnaissant l’incapacité de l’arme aérienne de trancher la guerre.  
Il a par ailleurs souligné que l’armée de l’occupation « établit actuellement une banque de données sur les cibles du Hezbollah et du Hamas qu’il faut attaquer, pour qu’elle n’aille pas à la recherche d’un ennemi caché parmi les civils. Nous devons transformer notre ennemi d’un ennemi invisible à un ennemi visible ».  
Le responsable militaire sioniste a insisté sur l’importance de procéder à des frappes préventives contre l’ennemi, à la base de renseignements bien définis au début des combats, reconnaissant le besoin de s’approvisionner en armes capables d’atteindre des cibles avec une haute précision.  
 De son côté, le coordinateur des affaires du gouvernement israélien dans les territoires palestiniens occupés le lieutenant Itan Dangot a estimé que le Hezbollah possédait « près de 40.000 roquettes, dont des roquettes de longue portée qui peuvent atteindre toute l’étendue d’Israël ».
Il a accusé l’Iran d’armer les organisations « terroristes », d’acheminer les armes via le Yémen, le Soudan, la Syrie et l’Egypte, et a appelé la communauté internationale à cesser le flux de l’argent iranien à la Syrie, au Liban et à la bande de Gaza.
Le ministre israélien pour les affaires stratégiques Moshé Yaalon a, lui, mis en garde contre la tentative syrienne d’acquérir des armes qui brisent l’équilibre de la terreur dans la région. Et de l’accuser d’acheter des armes de l’Iran et de la Russie. Lors de la commémoration de la 20ème année du lancement des relations entre « Israël » et l’union soviétique à Tel Aviv, Yaalon a remercié la Russie pour son annulation de la vente de missiles à l’Iran, tout en qualifiant cette mesure d’ « insuffisante ».

11/11/2010

http://www.almanar.com.lb


3-2 Sanctions contre l'Iran: BP met fin à l'exploitation d'un gisement conjoint.
Suite à l'application des sanctions européennes contre Téhéran, le pétrolier britannique BP a procédé à l'arrêt des opérations sur un gisement gazier situé dans la mer du Nord et détenu conjointement avec une compagnie iranienne, rapporte Dow Jones.
"Les préparatifs en vue de l'arrêt des opérations ont commencé", a déclaré un représentant de BP, avant d'ajouter que l'ensemble des travaux prendrait plusieurs jours.
BP est l'opérateur du gisement gazier Rhum de la mer du Nord et en détient 50% des actions. La National Iranian Oil Company détient les autres 50%.
Il y a deux semaines, l'UE avait annoncé la fermeture possible du gisement dans le cadre des sanctions contre l'Iran.
Au mois d'octobre, les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'UE ont adopté des sanctions supplémentaires contre Téhéran. Il s'agit du gel des investissements dans le secteur petrogazier, de l'interdiction du transfert des technologies et de l'équipement, ainsi que de l'embargo sur la production qui pourrait être utilisée pour des objectifs militaires.
Début novembre, BP a promis d'exiger des explications de la part du gouvernement britannique concernant le veto sur l'exploitation du gisement gazier.
Plusieurs pays occidentaux, les Etats-Unis en tête, accusent l'Iran de vouloir créer l'arme atomique sous couvert d'un programme nucléaire mené, selon Téhéran, à des fins pacifiques.

11/11

http://fr.rian.ru/world/20101110/187832881.html


3-3 Shirin Ebadi accuse Ericsson d'aider le régime de Téhéran.

nb : Ndlr : la publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

 «Nous demandons aux pays occidentaux de ne conclure aucun marché avec l'Iran, de ne pas aider le gouvernement iranien, sa répression et sa censure», a lancé Mme Ebadi, lors d'une intervention à l'Université de Stockholm University.

La lauréate iranienne du Prix Nobel de la Paix Shirin Ebadi a accusé lundi le groupe suédois de télécommunications Ericsson de fournir au régime de Téhéran des technologies servant à surveiller la population.

«Je demande instamment aux Iraniens vivant en Suède d'envoyer des courriels à Ericsson, et de protester en demandant : ''Pourquoi vendez-vous au gouvernement des logiciels avec lesquels il peut contrôler son peuple?''», a déclaré Mme Ebadi lors d'une intervention à l'Université de Stockholm University.

Selon elle, Ericsson a conclu un marché avec le gouvernement iranien similaire à celui passé auparavant par le numéro un mondial des téléphones mobiles, le finlandais Nokia, pour fournir la technologie permettant de contrôler les messages électroniques et les appels de téléphones mobiles.

Mme Ebadi a également critiqué l'opérateur satellite européen Eutelsat pour avoir accédé à une demande du régime iranien en retirant des programmes en farsi de la BBC et de Voice of America de canaux satellite émettant vers l'Iran.

«En réalité, de cette façon, Eutelsat a coopéré avec le gouvernement iranien en matière de censure», a-t-elle dénoncé.

«Nous demandons aux pays occidentaux de ne conclure aucun marché avec l'Iran, de ne pas aider le gouvernement iranien, sa répression et sa censure», a lancé Mme Ebadi, qui a reçu en 2003 le Prix Nobel de la Paix pour ses efforts en faveur de la démocratie et des droits de l'homme.

Elle n'est pas retournée en Iran depuis qu'elle a quitté son pays à la veille des élections contestées du 12 juin 2009 qui ont reconduit le président iranien Mahmoud Ahmadinejad pour un deuxième mandat.

http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/201011/22/01-4345224-shirin-ebadi-accuse-ericsson-daider-le-regime-de-teheran.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_moyen-orient_291_section_POS2



4 Dossier & Point de vue

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

4-1 Bill Van Auken : Les Etats-Unis intensifient les menaces de guerre contre l'Iran.
Le sénateur républicain en vue Lindsey Graham a annoncé après les élections de mi-mandat l’intensification des menaces américaines contre l’Iran en appelant publiquement à une guerre totale qui « neutraliserait » Téhéran, laissant le pays dans l’incapacité de résister.

Graham a fait cette déclaration samedi lors d’une conférence sur la sécurité internationale à Halifax, Canada. « L'endiguement n’est plus à l’ordre du jour, » a-t-il déclaré par rapport au programme nucléaire de l’Iran.

Washington et ses alliés ont accusé Téhéran de développer son programme nucléaire dans le but de construire une arme. Le gouvernement iranien a nié de façon constante cette accusation en insistant pour dire que son programme est uniquement d’usage pacifique et civil.

En employant ce genre de rhétorique de guerre totale qui était le discours dans les années 1930 en Allemagne le sénateur républicain de Caroline du Sud a juré qu’une attaque serait effectuée « non seulement pour neutraliser son programme nucléaire mais pour couler sa marine, détruire son armée de l’air et porter un coup décisif à la garde révolutionnaire. En d’autres termes, neutraliser ce régime. Détruire sa capacité à riposter. »

Graham a ajouté que si en dépit de la défaite des Démocrates lors des élections de la semaine passée, le président Barack Obama « décide d’être dur avec l’Iran au-delà des sanctions, je pense qu’il va sentir beaucoup de soutien de la part des Républicains car nous ne pouvons pas laisser l’Iran développer une arme nucléaire. »

Le sénateur Mark Udall (Démocrate du Colorado), qui s’était joint à Graham en intervenant devant un forum lors de la conférence à Halifax, a préconisé le maintien des sanctions contre le régime en ajoutant toutefois que « toutes les options étaient sur la table, » un euphémisme faisant référence à une agression armée des Etats-Unis.

En prenant la parole lors de la même conférence, le ministre israélien de la Defense, Ehoud Barak, a décrit l’Iran comme « une menace majeure pour toute conception d’ordre mondial. » Il a reproché à Téhéran d’être « déterminé à atteindre une capacité nucléaire militaire, » qui a-t-il dit « serait la fin de tout régime de non-prolifération concevable. »

Israël, qui a défié les efforts de non-prolifération de l’ONU et qui est la seule puissance à détenir l’arme nucléaire dans la région, a à plusieurs reprises menacé l’Iran d’attaques militaires. Le mois dernier, le ministre israélien des Finance, Yuval Steinitz, a prôné un blocus maritime – ce qui est un acte de guerre – si Téhéran ne se pliait pas aux exigences de Washington.

Ces dernières menaces sont exprimées une semaine à peine avant la prochaine série de négociations entre l’Iran et le P5+1 qui comprend les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies – la Grande-Bretagne, la France, la Russie et les Etats-Unis – plus l’Allemagne. Les pourparlers devraient avoir lieu à Vienne.

Le triomphe des Républicains aux élections de mi-mandat infléchira encore davantage à droite la politique étrangère américaine en intensifiant la menace de guerre contre l’Iran. Ileana Ros-Lehtinen (Républicaine de Floride) présidera en janvier le Comité des Affaires étrangères du Parlement. Elle rejette une diplomatie avec l’Iran en préconisant le type d’embargo économique qu’elle a soutenu de façon véhémente contre Cuba.

Ros-Lehtinen est également une fervente partisane des Moudjahidine-e-Khalq (MEK) qui ont affirmé avoir perpétré des attaques terroristes en Iran et qui ont été désignés par le Département d’Etat américain comme « organisation terroriste étrangère. »

Près d’un tiers des Républicains de la Chambre des Représentants a soutenu en juillet dernier la résolution accordant un soutien explicite à Israël pour qu'il procède à des frappes militaires contre l’Iran.

Le gouvernement Obama et les démocrates du congrès ont déjà durci les menaces contre l’Iran. Après avoir fait passer de force une nouvelle série de sanctions anti iraniennes au Conseil de sécurité des Nations unies, le gouvernement a promulgué en juillet dernier une loi prévoyant une nouvelle série de sanctions unilatérales américaines visant à paralyser l’économie iranienne en accroissant la misère de la population dans le pays de façon à déstabiliser le gouvernement.

Ces sanctions pénalisent les banques et les entreprises étrangères qui investissent ou qui négocient avec l’Iran en restreignant leur accès aux marchés américains et en leur supprimant la possibilité d’accéder aux contrats du gouvernement américain. Ces sanctions ciblent tout particulièrement le secteur clé de l'énergie en Iran.

Selon un article de David Sanger paru la semaine passée dans le New York Times, même si l’Iran devait participer la semaine prochaine aux négociations à Vienne, Washington n’engagerait pas de négociations sérieuses. Son principal objectif motivant sa participation est de voir « si une nouvelle série exceptionnellement vastes de sanctions économiques modifierait le calcul nucléaire de l’Iran. »

L’article explique que la nouvelle proposition américaine est « même encore plus coûteuse qu'un marché que le dirigeant suprême du pays, l’ayatollah Ali Khamenei, avait refusé l’année dernière. » Elle nécessiterait que l’Iran stoppe la production d’énergie nucléaire et abandonne plus de deux-tiers d’uranium en plus qu’il n’est stipulé dans l’accord conclu à titre d’essai lors des pourparlers d’il y a un an.

L’article du Times dit que Washington croit que jusque-là on « n’a pas obtenu grand-chose » pour ce qui est des sanctions «  ce qui a déclenché une discussion à la Maison Blanche quant à la question de savoir s’il serait utile ou contre-productif s’il [Obama] parlait plus ouvertement des options militaires.

Dennis Ross, le conseiller spécial d’Obama sur les Affaires du Proche-Orient, a eu un discours identique lors d’une allocution prononcée le 25 octobre à l’occasion d’une conférence du Comité américain des affaires publiques d’Israël, le principal groupe de pression américain pro Israël.

Après s’être vanté que les sanctions américaines avaient provoqué une importante crise économique, de l’inflation et du chômage en Iran, Ross a soulevé la menace implicite d’une guerre : « Finalement nous espérons que la forte pression à laquelle l’Iran est confrontée aujourd’hui l’obligera à adopter une autre attitude. La porte de la diplomatie reste ouverte et nous recherchons bien sûr une solution pacifique à notre conflit avec l’Iran. Mais si l’Iran devait poursuivre son attitude défiante en dépit de son isolement grandissant et des dommages causés à son économie, ses dirigeants devraient écouter attentivement le président Obama qui a souvent dit, « nous sommes déterminé à empêcher que l’Iran obtienne l'arme nucléaire. »

L’appel, peut-être le plus glaçant, à une escalade de la menace militaire contre l’Iran se trouve dans une rubrique intitulée « La relance par la guerre? », écrite la veille des élections de mi-mandat par le chroniqueur du Washington Post, David Broder, le soi-disant « doyen des chroniqueurs politiques de Washington. »

Se plaignant de ce que l’aggravation de la crise économique est en train de créer une « situation décourageante » pour espérer qu'Obama remporte un deuxième mandat en 2012, Broder, un partisan servile du président démocrate, a imaginé deux scénarios à l’aide desquels ce défi pourrait être surmonté. Le premier est l’espoir vain que la crise économique sera surmontée par une relance économique. Broder conclut que « le marché ira où il doit aller » et qu’un tel résultat n’était pas fiable.

Il suggère une autre solution fondée sur l’histoire tumultueuse du 20ème siècle.

« Rappelez-vous FDR [Franklin Delano Roosevelt] et la grande dépression, » écrit-il. « Qu’est-ce qui a finalement résolu cette crise économique ? La Seconde guerre mondiale. »

« Et c’est là qu'Obama pourrait réussir. Recueillant un fort soutien des Républicains au Congrès s'il défie les ambitions de l’Iran de devenir une puissance nucléaire, il peut passer une grande partie de 2011 et 2012 à orchestrer une épreuve de force avec les mollahs. Ceci l’aidera politiquement parce que le parti d’opposition l’encouragera dans ce sens. Et, à mesure que la tension va monter et que nous accélérerons les préparatifs de guerre, l’économie s’améliorera. »

Et voilà où l’on en est: une modeste proposition pour relancer l’économie et gagner la campagne pour un second mandat, au prix de la mort de centaine de milliers sinon de millions de personnes.

Ce qui sous-tend de telles propositions sanguinaires ne sont pas seulement les cyniques calculs politiques de l’un ou de l’autre des deux partis américains droitiers pro-impérialistes mais plutôt le déclin historique du capitalisme américain et la plus profonde crise du système capitaliste mondial depuis la Grande dépression des années 1930.

Ces deux partis souscrivent au militarisme. Ceci reflète le consensus, au sein de l’élite dirigeante, que le capitalisme américain est en mesure de compenser son déclin économique par le recours à la force militaire pour établir l’hégémonie américaine dans les régions riches en énergie et géo-stratégiquement cruciales du Moyen-Orient et d’Asie centrale.

Les paroles de Broder et des Républicains ainsi que les actions du gouvernement Obama soulignent la menace d’une nouvelle guerre qui sera bien plus sanglante et qui impliquera le danger d’une conflagration mondiale

Bill Van Auken

19 novembre

Source : WSWS
http://www.wsws.org/...

http://www.palestine-solidarite.org:80/analyses.Bill_Van-Auken.191110.htm


4-2 Rick Rozoff : Préparations de guerre contre l'Iran ?

La mer d'Oman au centre de la guerre de l'Occident au 21e siècle.

La progression monumentale des ventes d'armes et le développement de la puissance navale et aérienne dans la région de la mer d'Oman sont sans précédent.

Ces deux phénomènes sont également des plus alarmants.

Bientôt, un quart des porte-avions nucléaires du monde seront dans la mer d'Oman.

Le super porte-avions à propulsion nucléaire de classe Nimitz, l’USS Abraham Lincoln, est arrivé dans la région le 17 octobre pour se joindre au groupe aéronaval de l'USS Harry S. Truman, lequel est arrivé sur les lieux le 18 juin dans le cadre d'une ronde régulière.

Le Charles de Gaulle, navire-amiral de la marine française, le seul porte-avions du pays et l'unique porte-avions nucléaire non étasunien, rejoindra prochainement ses deux semblables des États-Unis. Ces derniers possèdent la moitié des vingt-deux porte-avions du monde entier, les onze super porte-avions (pouvant transporter plus de 70 000 tonnes) et onze des douze porte-avions nucléaires.

En ce qui concerne le déploiement non planifié d'un second porte-avions étasunien dans la région, un reportage de CBS News signalait :

Les frappes aériennes en Afghanistan ont doublé et le secrétaire à la Defense Robert Gates a ordonné qu'un deuxième porte-avions, l'USS Lincoln, prenne part au combat.

La présence de deux porte-avions opérant au large de la côte du Pakistan signifie qu'environ cent vingt aéronefs sont disponibles pour des missions en Afghanistan, cela sans compter les missions des Forces aériennes étasuniennes provenant de Bagram et de Kandahar [1].

Les pays entourant la mer d'Oman sont la Somalie, Djibouti, le Yémen, Oman, l'Iran, le Pakistan, l'Inde et les îles Maldives.

L'USS Lincoln et l'USS Truman sont actuellement assignés à la zone de responsabilité de la 5e Flotte des États-Unis, laquelle englobe le nord de l'océan Indien et ses affluents : la mer d'Oman, la mer Rouge, le golfe d'Aden et la côte est de l'Afrique jusqu'au sud du Kenya, le golfe d'Oman et le golfe Persique.

En plus des pays mentionnés ci-dessus, les pays bordant la mer Rouge et le golfe Persique sont l'Égypte, l'Érythrée, Israël, la Jordanie, l'Arabie Saoudite, le Soudan, Bahreïn, l'Irak, le Koweït, le Qatar et les Émirats arabes unis.

La 5e Flotte est la première flotte créée après la guerre froide. Inactive depuis 1947, elle a été remise en service en 1995. (La 4e Flotte, assignée à la mer des Caraïbes, à l'Amérique centrale et du Sud, a aussi été remise en service il y a deux ans après avoir été désarmée en 1950.)

Cette flotte partage son commandant et son quartier général avec le Commandement central des forces navales des États-Unis (CENTCOM) à Manama à Bahreïn, situé face à l'Iran, de l'autre côté du golfe Persique. CENTCOM a été le dernier commandement fondé par le Pentagone durant la guerre froide (1983) et sa zone de responsabilité, appelée Grand Moyen-Orient, s'étend de l'Égypte à l'ouest au Kazakhstan à l'est, aux frontières de la Chine et de la Russie.

La 5e Flotte et le Commandement central des forces navales sont conjointement responsables de cinq forces opérationnelles à l'œuvre dans la mer d'Oman et les environs, lesquelles patrouillent plusieurs passages obligés de la planète : le canal de Suez liant la mer Rouge à la Méditerranée, où la 6e Flotte des États-Unis et l'opération Active Endeavor de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) ont une grande influence; Bab el-Mandeb, reliant la mer Rouge au golfe d'Aden; et le détroit d'Ormuz, entre le golfe d'Oman et le golfe Persique.

La force opérationnelle interalliée 150 (CTF-150) est un groupe naval multinational fondé en 2001, possédant des installations logistiques dans la corne de l'Afrique, à Djibouti. Elle mène des opérations du détroit d'Ormuz à la mer Rouge, en passant par le golfe d'Aden et Bab el-Mandeb, et au sud jusqu'aux Seychelles, pays de l'océan Indien. L'an dernier le Pentagone a fait l'acquisition d'une installation militaire dans ce pays, sa deuxième dans un pays africain, où des véhicules aériens sans pilotes Reaper (drones), des anti-sous-marins PC-3 Orion, des aéronefs de surveillance, ainsi que 112 personnels de la Marine ont été déployés. La Grande-Bretagne, le Canada, le Danemark, la France, l'Allemagne, le Pakistan, la Corée du Sud et la Thaïlande fournissent à l'heure actuelle des navires et du personnel à la CTF-150. D'autres participants se sont joints récemment, dont l'Australie, l'Italie, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, le Portugal, Singapour, l'Espagne et la Turquie.

La force opérationnelle interalliée 151 (CTF-151) a pour sa part été établie en janvier 2009. Elle mène des opérations dans le golfe d'Aden et le bassin Somalien, et couvre une zone de 1,1 million de mille carré. Il est prévu que vingt pays participeront à cette force opérationnelle menée par les États-Unis. La Grande-Bretagne, le Canada, le Danemark, la France, les Pays-Bas, le Pakistan, Singapour, la Corée du Sud et la Turquie se sont déjà engagés.

De son côté, la force opérationnelle interalliée 152 (CTF-152) est à l’œuvre du nord du golfe Persique au détroit d’Ormuz, entre les zones de responsabilité des CTF-150 et CTF-158, et fait partie de l’Opération libération de l’Irak.

Enfin, la force opérationnelle 158 (CTF-158) opère dans l’extrême nord du golfe Persique. Elle fait également partie de l’Opération libération de l’Irak et se compose de navires britanniques, australiens et étasuniens. Ses principales tâches comprennent la supervision des installations pétrolières de l’Irak et la création d’une marine irakienne contrôlée par le Pentagone.

Les États-Unis ont divisé le monde en six commandements militaires régionaux et en six flottes. La mer d’Oman est couverte par trois des commandements militaires du Pentagone : le Commandement central, le Commandement pour l’Afrique (USAFRICOM ou AFRICOM) et le Commandement du Pacifique. Cela indique l’importance attachée à la région.

En plus du quartier général de la 5e Flotte et du Commandement central des forces navales à Bahreïn, le Commandement central dirige des bases aériennes, de déploiement avancé et d’instruction dans le golfe Persique au Koweït, à Oman, au Qatar et aux Émirats arabes unis, s’ajoutant aux 56 000 troupes et aux bases aériennes, navales et de l’infanterie en Irak.

Plusieurs mois avant les attaques du 11 septembre 2001 à New York et au Pentagone, les États-Unis ont signé un accord avec un petit pays, Djibouti (avec une population de 725 000 d’habitants), pour l’acquisition d’une ancienne base navale française, Camp Lemonnier. Celle-ci est devenue une base expéditionnaire étasunienne hébergeant le groupe de forces interarmées multinationales pour la Corne de l’Afrique, affecté au Commandement pour l’Afrique, puisque ce dernier a été mis en service il y a deux ans. La zone de responsabilité du groupe de forces interarmées multinationales pour la Corne de l’Afrique comprend Djibouti, l’Éthiopie, l’Érythrée, le Kenya, les Seychelles, la Somalie, le Soudan, la Tanzanie, l’Ouganda, le Yémen, ainsi que ces pays de l’océan Indien : les Comores, Maurice et Madagascar.

Au début de 2002, les États-Unis ont déployé 800 troupes des opérations spéciales au Camp Lemonnier pour mener des opérations clandestines au Yémen, situé en face du Djibouti, de l’autre côté du golfe d’Aden. Il y a maintenant environ 2000 troupes étasuniennes dans le pays et 3000 troupes françaises sur cette base militaire décrite comme la plus grande de la France à l’étranger. Au début de la décennie, l’Allemagne a déployé 1200 troupes à Djibouti avec des forces espagnoles et néerlandaises. La Grande-Bretagne a ajouté des troupes en 2005.

En tout, il y a entre 8000 et 10 000 personnels militaires des pays membres de l’OTAN à Djibouti. Le Pentagone a utilisé le Camp Lemonnier, le port de Djibouti et l’aéroport international du pays pour lancer des attaques au Yémen et en Somalie, et les troupes françaises au pays ont assisté Djibouti dans son conflit armé avec sa voisine l’Érythrée en 2008. La France utilise le pays pour entraîner ses troupes pour la guerre en Afghanistan et le Pentagone s’en est servi pour soutenir l’invasion de la Somalie en 2006.

Habituellement, un porte-avions, au coeur d’un groupe aéronaval d’attaque, est affecté à la 5e Flotte des États-Unis. Avec l’arrivée de l’USS Lincoln se joignant à l’USS Truman ce mois-ci dans la mer d’Oman, deux porte-avions sont maintenant affectés à cette flotte. L’USS Lincoln est accompagné d’un destroyer lance-missiles et « amène plus de 60 aéronefs additionnels à ce théâtre en soutien à l’opération "Liberté immuable" [2] ».

Le groupe d’attaque de l’USS Truman comprend quatre destroyers équipés du système Aegis et pour des missiles antimissiles balistiques Standard Missile-3, d’un croiseur lance-missiles et de la frégate allemande FGS Hessen. Le Carrier Wing 3 rattaché au porte-avions comprend trois escadrons d’avions de combat, un escadron naval d’interception et d’attaque, ainsi que des escadrons de détection aérienne avancée, d’attaque électronique et d’hélicoptères anti-sous-marins.

Depuis qu’il est passé par le canal de Suez le 28 juin et jusqu’à la fin du mois dernier, le Carrier Wing 3 avait « complété plus de 3300 sorties aériennes et enregistré plus de 10 200 heures de vol, dont plus de 7200 en appui aux forces terrestres de la coalition en Afghanistan [3] ». Sept mille matelots et marines sont rattachés au groupe aéronaval d’attaque USS Truman.

Préalablement, peu après son entrée dans la mer Méditerranée en mai, l’USS Truman a engagé le combat avec son semblable, le porte-avions nucléaire français Charles de Gaulle, lors d’exercices d'interopérabilité interarmées à Marseille. Des avions de guerre français ont atterri sur le pont du Truman et des avions étasuniens sur celui du Charles de Gaulle.

Le porte-avions français a été renvoyé au port pour des réparations le jour où il prenait la mer pour « une mission de quatre mois visant à appuyer le combat en Afghanistan [mais] il reprendra le temps perdu en mer et son itinéraire ne changera probablement pas ».

Sa nouvelle mission, la première depuis 2007, « est de se joindre à la bataille contre la piraterie au large de la Somalie dans l’océan Indien et à la mission de l’OTAN en Afghanistan ».

« La nouvelle mission du navire est de se joindre au combat contre les pirates qui a lieu au large de la côte somalienne dans l’océan Indien, [où une] mission de l’OTAN est en cours [4]. » Des porte-avions nucléaires constituent un choix étrange pour faire face à la piraterie.

Le déploiement de l’OTAN en question est l’opération Ocean Shield, inaugurée en août 2009 et prolongée jusqu’à la fin de 2012. Les 1er et 2e Groupes de la Force navale permanente de réaction de l'OTAN, lesquels ont également visité Bahreïn, le Koweït, le Qatar, les Émirats arabes unis et participé à des manœuvres navales interarmées avec le Pakistan, à l’extrémité est de la mer d’Oman, effectuent des rotations pour l’opération dans le golfe d’Aden.

L’opération étasunienne « Liberté immuable » inclut 16 pays au total : l’Afghanistan, le Pakistan, l’Ouzbékistan, Cuba (baie de Guantánamo), Djibouti, l’Érythrée, l’Éthiopie, la Jordanie, le Kenya, le Kirghizistan, les Philippines, les Seychelles, le Soudan, le Tadjikistan, le Turquie et le Yémen. Les efforts de l’OTAN égalent et renforcent ceux du Pentagone sur toute la largeur de la mer d’Oman, de la Corne de l’Afrique à l’Asie centrale et du Sud.

Lors de son sommet à Istanbul en Turquie en 2004, l’OTAN a lancé l’Initiative de coopération d’Istanbul afin d’établir un partenariat militaire avec les six États membres du Conseil de coopération du Golfe, soit Bahreïn, le Koweït, Oman, le Qatar, l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis, et, entre-temps, a fait de la coopération et des échanges militaires avec eux [5]. Les Émirats arabes unis ont fourni des troupes à l’OTAN pour la guerre en Afghanistan et hébergent une base aérienne secrète pour le transit des troupes et de l’équipement vers la zone de guerre.

En mai 2009, le président français Nicolas Sarkozy a ouvert une base militaire aux Émirats arabes unis, la première base française permanente dans le golfe Persique et la première à l’étranger depuis 50 ans. Avec ses bases navale et aérienne et son camp d’entraînement, l’ouverture de cette installation a donné l’impression d’une démonstration de force contre l’Iran, qui se dispute avec les Émirats arabes unis l’île d’Abu Moussa dans le golfe Persique.

Les forces de l’OTAN opèrent également à partir de bases au Kirghizistan, au Tadjikistan et en Ouzbékistan. L’Alliance de l’Atlantique Nord a lancé plusieurs attaques d’hélicoptères de combat au Pakistan depuis la fin du mois dernier et a tué trois soldats pakistanais le 30 septembre.

Cent vingt mille troupes provenant d’environ 50 pays servent sous l’égide de la Force internationale d'assistance à la sécurité de l’OTAN en Afghanistan.

 

Cette année, l’OTAN a transporté des troupes ougandaises par avion en Somalie pour qu’elles prennent part au conflit armé dans ce pays.

Le porte-avions Charles de Gaulle en route vers la mer d’Oman, également pour appuyer la guerre en Somalie ainsi que pour des opérations au large de la côte somalienne, a été commandé en 2001. Sept mois plus tard il est parti pour la mer d’Arabie pour appuyer l’opération « Liberté immuable » et la guerre en Afghanistan. Le 19 décembre cette année-là, des avions d’attaque Super Étendard et des chasseurs Rafale ont décollé de son pont pour effectuer des bombardements et des missions de reconnaissance, plus de 140 au total.

Les avions de guerre Super Étendard et Mirage affectés par la suite en mars au Charles de Gaulle on lancé des attaques aériennes avant et durant l’opération Anaconda dirigée par les États-Unis.

Lorsque le porte-avions français arrivera dans la mer d’Oman ce mois-ci, il sera accompagné de deux frégates, d’un sous-marin d’attaque, d’un navire-citerne ravitailleur, de 3000 matelots et de 27 aéronefs : 10 chasseurs Rafale F3, 12 avions d’attaque Super Étendard, 2 avions d’alerte lointaine Hawkeye et trois hélicoptères.

Selon le commandant du groupe, le contre-amiral Jean-Louis Kerignard « la force aiderait les marines alliées à combattre la piraterie au large de la côte somalienne et enverrait des jets pour appuyer l’OTAN dans le ciel afghan ».

Les navires s’entraîneront avec des alliés de l’Arabie Saoudite, de l’Inde, de l’Italie, de la Grèce et des Émirats arabes unis et feront deux escales à la base française de Djibouti avant de retourner en France en février 2011 [6].

En comptant le groupe aéronaval d’attaque composé de l’USS Lincoln et de l’USS Truman, il y aura trois porte-avions, dix autres navires, un sous-marin d’attaque et pas moins de 150 aéronefs militaires dans la mer d’Oman. Cela s’ajoute aux cinq navires de guerre du 1er Groupe de la Force navale permanente de réaction de l'OTAN déjà dans ce théâtre, aux 14 à 15 navires de la CTF 150 et probablement à une douzaine d’autres avec les CTF-151, CFT-152 et CTF-158. Une formidable armada couvrant la mer d’un bout à l’autre.

En ce qui a trait au nord de la mer d’Oman, du golfe d’Oman et du golfe Persique, le 21 octobre les États-Unis ont annoncé un contrat de vente d’armes de 60 milliards de dollars avec l’Arabie Saoudite pour des chasseurs perfectionnés, des hélicoptères, des missiles et d’autres armes et équipements, « le plus gros contrat de vente d’armes de l’histoire des États-Unis selon une agence de presse occidentale [7] ».
Des bases militaires étasuniennes entourent l’Iran

Le mois dernier le Financial Times a dévoilé que Washington prévoit vendre des armes à l’Arabie Saoudite, au Koweït, à Oman et aux Émirats arabes unis pour une valeur de 123 milliards de dollars. En janvier de cette année, des rapports ont fait surface concernant des plans de la Maison-Blanche pour la vente de batteries de missiles Patriot à Bahreïn, au Koweït, au Qatar et à l’Arabie Saoudite. Par ailleurs, la Marine des États-Unis patrouille dans le golfe Persique avec des navires de guerre équipés de missiles intercepteurs Standard Missile-3 [8].

Relativement à l’est de la mer d’Oman, la secrétaire d’État Hillary Clinton a annoncé le 23 octobre un plan d’aide militaire de cinq ans d’une valeur de 2 milliards de dollars au Pakistan. On rapporte également que la visite du président Obama en Inde prévue le mois prochain aura entre autres pour but une importante vente d’armes qui fera des États-Unis le principal fournisseur d’armes de l’Inde, évinçant ainsi la Russie.

La progression monumentale des ventes d'armes et le développement de la puissance navale et aérienne dans la région de la mer d'Oman sont sans précédent. Ces deux phénomènes sont également des plus alarmants.

L’Occident, les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN intensifient les opérations militaires dans la région, de l’Asie à l’Afrique en passant par le Moyen-Orient. Le théâtre d’opérations s’est récemment élargi, allant de l’Asie du Sud à la péninsule d’Arabie, avec des attaques de drones et d’hélicoptères au Pakistan et des frappes de missiles de croisière au Yémen.

Une guerre qui a commencé au début du siècle en est à sa dixième année et tout porte à croire qu’elle sera permanente.

Notes

1) CBS News, October 18, 2010

2) Navy NewsStand, October 17, 2010

3) Navy NewsStand, September 26, 2010

4) Associated Press, October 14, 2010

5) NATO In Persian Gulf: From Third World War To Istanbul, Stop NATO, February 6, 2009, http://rickrozoff.wordpress.com/2009/08/26/nato-in-persian-gulf-from-third-world-war-to-istanbu

6) Expatica, October 13, 2010

7) Deutsche Presse-Agentur, October 21, 2010

8) U.S. Extends Missile Buildup From Poland And Taiwan To Persian Gulf,    Stop NATO, February 3, 2010,    http://rickrozoff.wordpress.com/2010/02/03/u-s-extends-missile-buildup-from-poland-and-taiwan-to-persian-gulf

Article original en anglais : Ongoing Iran War Preparations? Arabian Sea: Center Of West's 21st Century War, publié le 25 octobre 2010.

Rick Rozoff

Mondialisation.ca,

Le 5 novembre 2010
Rick Rozoff est correspondant à Chicago pour le Centre de recherche sur la mondialisation (
Mondialisation.ca/Globalresearch.ca).

 Son site web : Stop NATO
http://groups.yahoo.com/group/stopnato
Le blog de Rick Rozoff :
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Articles de Rick Rozoff publiés par Mondialisation.ca

Traduit par Julie Lévesque pour Mondialisation.ca.

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Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

24/11/2010

n°464 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan - 23/11 : Début - : Le Sommet de l'OTAN à Lisbonne consacre le militarisme du XXIe siècle.


n°464 - Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan - 23/11 : Début - : Le Sommet de l'OTAN à Lisbonne consacre le militarisme du XXIe siècle.



                          Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

                              Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan

   n°464                                                                                                                             23/11/10

                   C.De Broeder    &   M.Lemaire                       



Le Dossier " 'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan " est visible  sur ...

a)   sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

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d) un sommaire à :  http://www.palestine-solidarite.org/journaux.CathyetMarc....

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Sommaire :

Tiré à part 

Ataulfo Riera : Le Sommet de l'OTAN à Lisbonne consacre le militarisme du XXIe siècle.

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Yahia Gouasmi : Afghanistan: La guerre perdue d'avance.

1-2 Le Monde : La partition de l'Afghanistan, une fausse bonne idée.

Suite

2 Histoire

2-1 Américains et Européens fêtent-ils la même Otan?

2-2 Peter Dale Scott et Robert Parry : États-Unis, deux siècles d’histoire de sang et de brutalité.

Fin

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Une guerre insensée entame sa dixième année….

3-2 Ben Laden, terroriste bon teint bon œil exhibé selon les besoins !

3-3 Roger Romain : 2008: 78 millions d'euros (plus de 3 milliards de f. belges) à la poubelle pour leur saloperie de guerre en AFGHANISTAN ...

3-4 Antonio Artuso : Le gouvernement sous la direction deStephen Harper a consacré 22 milliards de dollars en dépenses militaires.

3-5 Accords militaires Franco-britanniques: quand la France et la Grande-Bretagne rament à contre-sens au mépris de la sécurité de la planète.

3-6 Afghanistan : les "toubibs" s'expriment dans le Quotidien du médecin.

4 Annexe

4-1 Les familles de militaires à la loupe de la sociologie.


Avant propos

·                    Les militaires américains usent du terme générique- 'Al Qaida-' 'Taliban - pour désigner tous les résistants ...'


Tiré à part 

Ataulfo Riera : Le Sommet de l'OTAN à Lisbonne consacre le militarisme du XXIe siècle.

Le Sommet de l'OTAN au Portugal, réunissant les chefs d'Etats des 28 pays membres, a adopté « une nouvelle stratégie de défense et de sécurité » (« OTAN 2020 ») pour cette organisation criminelle internationale. Une stratégie « pour le XXIe siècle adaptée aux nécessités et aux dangers de la nouvelle ère globale », qui consacre définitivement son rôle de bras armé de la globalisation capitaliste et de gendarme planétaire des intérêts des grandes puissances impérialistes, Etats-Unis en tête. L'occupation et la guerre en Afghanistan se poursuit avec des moyens renforcés. La prise de décision interne pour mener de nouvelles opérations et interventions militaires – sur base d'une définition de la « sécurité » pour le moins élastique - sera simplifiée pour être accélérée et de nouvelles bases militaires seront établies à travers le monde.

Du « péril rouge » à la « menace terroriste »: justifier la guerre permanente

Créée le 4 avril 1949, l’OTAN était alors une organisation politico-militaire dirigée contre l’URSS sur le sol européen. Après la chute du Mur de Berlin en novembre 1989, loin de se dissoudre, l’OTAN commence au contraire à étendre à la fois ses zones d'intervention et ses objectifs, qui vont de la défense des « approvisionnements en ressources vitales », à la lutte contre « la prolifération des armes de destruction massive » ou contre « le terrorisme ».

L’OTAN intègre également peu à peu les anciens pays membres du Pacte de Varsovie, l'ancien glacis défensif de l'URSS, reculant ses frontières jusqu'aux portes d'une Russie qui se sent ainsi encerclée et menacée. A partir de 1995, elle intervient directement dans le conflit en ex-Yougoslavie et le 24 mars 1998, elle déclenche une campagne de bombardements intensifs contre la Serbie, sans mandat de l’ONU.

En avril, 1999, le 50e sommet de l’OTAN adopte son premier « concept stratégique pour le XXIe siècle », qui transforme l’organisation initialement à vocation régionale en organisation militaire globale. Le 12 septembre 2001, suite aux attentats à New York, est mis en oeuvre de l’Article 5 de la Charte de l’OTAN sur la « solidarité mutuelle entre Etats membres » et le 20 décembre, le Conseil de sécurité de l’ONU confie à l’OTAN la conduite des opérations militaires en Afghanistan, consacrant ainsi sa première opération militaire de grande ampleur « hors zone» et, cette fois-ci, sous mandat des Nations Unies.

Afghanistan: L'OTAN est le problème, pas la solution

L'Alliance s'embourbe dans un conflit qu'elle ne peut pas gagner et qui s'étend de plus en plus au Pakistan, constituant ainsi un foyer de déstabilisation permanente dans la région, justifiant ainsi en retour sa présence permanente, ce qui est bien son objectif. Mais en attendant, ce sont les populations civiles qui payent le prix fort de ce « Grand Jeu » pour le contrôle de la zone géostratégique essentielle de l'Asie Centrale et de ses ressources. Selon les Nations Unies, depuis 2001, plus de 10.000 Afghans sont morts à cause de la guerre, dont 2.400 rien qu'en 2009. Près de 300.000 personnes ont quitté leur pays depuis 2001, la grande majorité survivant dans des camps de fortune au Pakistan. Une infime partie de ces exilés tente sa chance en Europe, où ces mêmes gouvernements qui détruisent leur pays se refusent à leur accorder le droit d'asile.

En dépit des farces électorales, c'est l’occupation militaire internationale qui permet, seule, la survie du régime du président fantoche Amid Kharzaï. L'OTAN impose ainsi à la population un régime despotique, réactionnaire et corrompu et une économie libérale de marché qui a totalement échoué à réduire la misère. Selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), la situation humanitaire a empiré depuis que les opérations de l'OTAN ont débutées: 61% de la population souffre de malnutrition chronique, 65% n'a pas l'accès à l'eau potable. Quant au droit des femmes, utilisé comme prétexte pour l’intervention militaire de 2001, leur situation s’est dégradée sous de nombreux aspects. Mais qui s’en soucie aujourd’hui?

L’Alliance militaire déclare mettre tout en œuvre pour reconstruire un pays... qu’elle détruit activement par ailleurs. Mais le déséquilibre entre l’effort militaire et l’aide civile est béant : depuis 2001, 140 milliards de dollars ont été dépensés pour la guerre et seulement 7 milliards pour «l’aide civile»… et 40% de cette aide est consacrée à payer des entreprises capitalistes étatsuniennes et européennes, qui ont remporté ainsi de juteux contrats. La technique est désormais bien rodée, ces entreprises « reconstruisent » ce que l'OTAN, qu'elles suivent comme des charognards, a détruit. La décision, prise au Sommet de Lisbonne, de renforcer les capacités « civiles » de l'Alliance n'a pas d'autre but que d'institutionnaliser ce partage des rôles.

Fer de lance de la prolifération nucléaire et de la course aux armements

L’OTAN possède aujourd’hui 480 missiles nucléaires déployés dans 5 pays (dont la Belgique). Malgré l'opposition des populations concernées, elle relance activement la course aux armements nucléaires entre les grandes puissances, avec la construction d'un bouclier antimissile en Pologne et en Tchéquie qui coûtera la bagatelle de près de 800 millions d'euros.

Les dépenses militaires cumulées des membres de l’Alliance s’élevent quant à elles à plus de 1.000 milliards d'euros et, malgré la crise, ses 28 Etats membres se sont engagés à consacrer jusqu'à 2% de leur budget à leur machine de guerre. De plus, l'institutionnalisation du financement de l'OTAN implique que les budgets consacrés par les gouvernements des Etats membres à l'Alliance échappent à tout contrôle ou opposition des parlements nationaux.

L’Union Européenne complice

Tous les traités européens consacrent l’OTAN comme le cadre privilégié de la coopération militaire. Le Traité de Lisbonne affirme que l’OTAN « reste, pour les Etats qui en sont membres, le fondement de leur défense collective et l’instance de sa mise en oeuvre ».

Les Etats européens avalisent le déploiement du système antimissile US en Pologne et en République Tchèque ainsi que l’élargissement géographique de l’OTAN; ils acceptent que les définitions de ses missions soient toujours plus globalisées pour en faire l’instrument principal au service de la politique de domination économique, politique et militaire des USA et de leurs alliés. 25 des Etats membres de l’UE sur 27 ont envoyé des troupes en Afghanistan; plus de la moitié des soldats étrangers présents sont européens... et parmi eux 600 militaires belges et plusieurs avions de combat « humanitaires ».

Revendiquer, comme le font la plupart des Partis Socialistes ou des partis Verts, la construction d'une « véritable politique de sécurité et de défense européenne », indépendante face à l'OTAN parce que cette dernière est dominée par les Etats-Unis, est donc absurde. En quoi l’impérialisme et le militarisme européens sont-ils plus « démocratiques », « humanitaires » et « acceptables »? Il ne s'agit pas de défendre un bloc impérialiste contre un autre, mais bien de mobiliser contre l'OTAN, « l'Europe de la défense » et le militarisme qu'ils incarnent l'un et l'autre à la perfection.

Assez d’argent pour la guerre!

L'OTAN, on le voit, constitue une menace tangible pour la paix. C'est un instrument de domination profondément non démocratique et hors de tout contrôle des institutions parlementaires des pays membres. En Belgique,  comme l'a dénoncé la CNAPD, le gouvernement « en affaires courantes » a refusé de soumettre à la discussion parlementaire le contenu de sa note préparatoire au Sommet de Lisbonne, dont les décisions seront pourtant lourdes de conséquences. Vous avez dit, démocratie?

L'adoption du nouveau concept stratégique de l'OTAN intervient au moment où la crise du capitalisme accroît les tensions commerciales, sociales et guerrières dans le monde et la fuite en avant dans la course aux armements, pour le seul profit du complexe militaro-industriel. En 2009, 1.531 milliards de dollars ont été dépensés en armements dans le monde (+50% par rapport à 2000). Or, une infime partie de ces moyens suffirait à répondre aux besoins les plus criants. 15 milliards de dollars par an suffisent pour fournir de l'eau potable à tous les humains; 20 milliards pour éradiquer la faim et la malnutrition et 12 milliards pour éduquer tous les enfants. La folie et l'irrationalité du capitalisme s'illustrent de manière particulièrement tragique dans ces quelques chiffres. Le combat contre la guerre et l’impérialisme est indissociable de la lutte contre un système capitaliste qui engendre ces crises, cette misère et ces injustices criminelles.

La dissolution de l'OTAN est plus que jamais un objectif nécessaire. La sécurité des peuples ne peut être assurée que par des réponses politiques et sociales; elle doit se baser sur la solidarité, le respect des droits démocratiques les plus larges, sur la justice sociale et la satisfaction des besoins sociaux. Ce que le système actuel est bien incapable d'assurer – d'autant plus avec la crise et l'explosion de ses contradictions -, ce pourquoi il maintient et renforce un instrument aussi nuisible que l'OTAN.

Ataulfo Riera

21 Novembre



1  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 Yahia Gouasmi : Afghanistan: La guerre perdue d'avance.
Dans un enregistrement daté du 27 octobre 2010, Ben Laden s’en prend nommément et exclusivement à la France.

Les griefs portent sur l’interdiction de la Burqa en France, et sur la participation de notre pays à la guerre en Afghanistan. La prise d’otages français au Niger par le groupe dit « Al-Qaida au Maghreb islamique » est également mentionnée. La participation militaire de la France à ce que Ben Laden appelait « La guerre de Bush » semble être en réalité le cœur du problème. Une question se pose alors : que fait la France en Afghanistan ?  Autrement dit : pourquoi sommes-nous entraînés dans ce conflit ?
Cinquante militaires français ont déjà été tués au cours de cette guerre qui n’ose pas dire son nom. Il s’agit, officiellement, d’une participation française aux côtés des États-Unis. Cela a ainsi permis que l’intervention de M. Sarkozy aux côtés de Bush, puis d’Obama, échappe à tout contrôle de l’Assemblée nationale, et à tout vote. Le résultat de ce dernier n’aurait certes pas fait de doute, compte-tenu de la majorité UMP à l'Assemblée, mais il aurait au moins permis un débat. Cela aurait contraint chaque parlementaire à prendre ses responsabilités, et donc à en répondre si nécessaire devant les familles endeuillées, et devant l’opinion publique. On observe d’ailleurs que la prétendue opposition, notamment le Parti Socialiste, ne souhaite pas gêner M. Sarkozy sur cette question. Où sont en effet les interventions de leurs parlementaires ?  Pourquoi n’exigent-ils pas un retrait immédiat de nos troupes après chaque mort ?  Il s’agit donc d’une vraie guerre, non déclarée, poursuivie dans le dos de la représentation nationale mais avec sa totale complicité : une guerre dont il faut chercher à comprendre les vrais buts.
Certains nous affirment qu’un des objectifs de la participation française à ce conflit est l’établissement de la « démocratie » en Afghanistan, et en particulier la libération des femmes afghanes du port de la Burqa !  A ceux-là, nous répondons que les pires guerres coloniales et impérialistes se sont toujours faites au nom du « droit » et de la « démocratie ». Les millions de tués, autrefois en Algérie ou au Vietnam, et aujourd’hui essentiellement dans les pays musulmans (Palestine, Iraq, Afghanistan), témoignent largement de l’hypocrisie d’un tel argument. Par ailleurs, chaque peuple a ses propres traditions en matière de démocratie. Notre « démocratie parlementaire » à la française est totalement étrangère aux traditions afghanes, et semble même le devenir pour une grande partie des Français, de plus en plus sceptiques. Les dernières grèves et manifestations massives en France ont ainsi montré la coupure entre la majorité de la population d'une part, et le gouvernement et le Parlement d'autre part.
Quant au port de la Burqa, il s’agit d’un usage propre à ce pays, et dont la décision de son maintien ou de sa suppression revient exclusivement aux Afghans. Que penserait-on d’une agression militaire contre la France pour supprimer le port de la mini-jupe ? 

Les objectifs de cette guerre sont en réalité ailleurs…
Ces objectifs sont d'abord géopolitiques. L’Afghanistan est en effet le passage obligé des oléoducs et gazoducs reliant les Républiques d’Asie Centrale aux tankers américains et occidentaux. Le Pakistan, pays musulman possédant l’arme atomique, acquiert par ailleurs une importance de premier plan. Déjà, des observateurs occidentaux craignent – ou font semblant de craindre – que la bombe pakistanaise ne tombe aux mains de résistants ou prétendus tels. A partir de là, toutes les manipulations et provocations sont envisageables, y compris un attentat nucléaire (en Europe par exemple) facilement imputable aux « islamistes ». Un 11 septembre bis qui créerait un choc psychologique, et permettrait à l’USraël de relancer la machine…
Les objectifs de cette guerre sont également économiques. On connait en effet les immenses réserves en matières premières (dont certaines sont très rares) du sous-sol afghan, lesquelles représentent un véritable enjeu pour plusieurs grandes puissances, dont les États-Unis et la Chine. A cet enjeu, s’en ajoutent d’autres : l’encerclement de l’Iran, la mainmise américaine sur l’ensemble afghano-pakistanais, ou encore la culture et le trafic du pavot dont les immenses profits ont souvent financé les guerres occultes de la CIA et le système bancaire international.
Il ne faut pas oublier les aspects psychologiques et symboliques non négligeables : dominer, assujettir, en un mot « mater » des pays musulmans en les maintenant dans une mentalité de soumis et d’éternels occupés.
L'engagement de notre pays dans cette guerre illustre l’alignement total de la politique étrangère de Sarkozy sur celle de Washington. Les soldats français en Afghanistan, sous direction et contrôle nord-américain, ne sont que des supplétifs, des auxiliaires. Tout le monde sait qu’un jour ou l’autre – et ce jour est proche – les Américains se retireront d’Afghanistan, comme s’en sont retirés les Soviétiques en leur temps. Déjà, la presse américaine fait état de négociations dans certaines régions afghanes, entre le pouvoir de Kaboul et des chefs résistants. Ces négociations ne peuvent se faire qu’avec l’accord et la protection nord-américaine. Alors pourquoi attendre le retrait – inévitable – des Américains pour retirer nos propres troupes ?  Combien faudra-t-il encore de morts jusqu’aux élections présidentielles de 2012 pour rapatrier nos soldats, et sortir de ce bourbier ?
La participation de la France de M. Sarkozy à la guerre américaine en Afghanistan a des conséquences négatives pour notre pays. La France est non seulement perçue comme un ennemi dans tout le monde musulman, mais également comme un auxiliaire des États-Unis qui voudrait en faire plus que son maître. Les effets de cette politique sont déjà perceptibles : prise d’otages français au Sahel (des Français travaillant à l’extraction de l’uranium au Niger), perte de toute crédibilité de notre politique (la France apparaît désormais, sur le plan international, comme étant incapable de proposer quelque solution alternative que se soit)… Tout cela ne fait que creuser davantage le fossé entre notre pays et les pays musulmans, alors que des politiques antérieures nous donnaient une image relativement positive dans les capitales arabes, et plus généralement chez tous ceux qui n’acceptent pas la domination nord-américaine.
La guerre de la France en Afghanistan n’est peut-être pas sans liens avec les campagnes islamophobes que connaît notre pays depuis un certain temps. Tantôt de manière ouverte, tantôt de manière plus insidieuse, on désigne le musulman comme étant l’ennemi. On tend à faire croire aux Français que la guerre menée à Kaboul devra un jour se mener aussi à Paris. Cette politique est catastrophique, et on en voit déjà les effets chez nous : désignation d’un bouc émissaire, préfigurant des conflits communautaires auxquels une propagande semble déjà nous préparer.
En conclusion, lorsque les Américains se retireront d’Afghanistan, le gouvernement de M. Sarkozy y aura sacrifié des vies humaines, et fait perdre à la France la totalité de son crédit dans le monde musulman. A qui tout cela profite ?  A ceux qui ont toujours su provoquer et instrumentaliser, à leur profit exclusif, des guerres menées par d’autres : le lobby sioniste.

Yahia Gouasmi

Lundi 1er novembre 2010

Source : P.A.S.


1-2 Le Monde : La partition de l'Afghanistan, une fausse bonne idée.

nb : Ndlr : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage l'analyse des auteurs mais doit être vu comme information

Un spectre hante l'Afghanistan : la partition.

A mesure que la guerre s'enlise, l'idée de diviser le pays selon des lignes de clivage ethnique progresse. Aux yeux de ses promoteurs, elle seule permettrait d'éviter la reconquête intégrale de l'Afghanistan par les résistants. Le projet est à ce stade purement théorique, mais il faut prendre au sérieux sa lente maturation, sur le terrain afghan comme chez certains analystes occidentaux. Car il peut s'imposer comme l'ultime recours, si la situation politico-militaire devait évoluer dans un sens contraire aux intérêts occidentaux ou aux minorités ethniques afghanes. Or une telle formule est le type même de la fausse bonne idée.

Elle serait même la recette d'un nouveau chaos.

L'Afghanistan est une nation multiethnique composée de quatre grands groupes : les Pachtouns (environ 45 % de la population), les Tadjiks (23 %), les Hazaras chiites (10 %) et les Ouzbeks (8,5 %). En gros, les Pachtouns sont concentrés dans le sud du pays et les non-Pachtouns dans le nord. L'insurrection recrutant principalement chez les Pachtouns, on devine aisément la conclusion qu'en tirent les tenants de la partition. Devant l'impasse actuelle, ces derniers recommandent d'abandonner le Sud pachtoun aux résistants pour mieux sanctuariser l'OTAN dans le Nord à majorité non-pachtoune, où l'insurrection est plus limitée.

Ce scénario de la fracture géographique est le plus radical des "plans B" qui fleurissent à la veille de la grande révision stratégique annoncée par l'administration Obama à la fin de l'année. Divergents dans leurs conclusions, tous ces "plans B" partagent le même présupposé : il faut renoncer à la chimérique vision du State building (construction de l'Etat) et à la trop ambitieuse doctrine de la contre-insurrection (gagner le "coeur" des communautés locales) pour se recentrer sur l'intérêt sécuritaire "vital" de l'Occident en Afghanistan, à savoir prévenir le retour des camps d'Al-Qaida. Or cet objectif premier - et accessoirement le but originel de l'intervention militaire en Afghanistan déclenchée par les attentats du 11-Septembre - passe, pensent ces auteurs, par un affaiblissement ou un contournement de l'Etat central afghan et non par son renforcement. C'est un brutal renversement de perspective au regard de toute l'entreprise politique conduite en Afghanistan par la communauté internationale depuis 2001.

Quatre textes importants, publiés récemment, illustrent cette nouvelle pensée sur le devenir afghan. Dans la hiérarchie de l'audace, le premier - A New Way Forward, rapport signé de l'Afghanistan Study Group, un panel d'experts américains - récuse l'option de la construction de l'Etat et la "création d'un Etat afghan unifié" pour préconiser un "pouvoir décentralisé". Le deuxième, un article ("Defining Success in Afghanistan") de la revue Foreign Affairs (juillet-août) signé de Stephen Biddle, Fotini Christia et J. Alexander Thier, propose de renforcer l'"autonomie locale", évoquant même l'idée d'une "souveraineté mixte " entre l'Etat central et les pouvoirs régionaux.

Le troisième texte, une tribune (10 septembre) dans l'International Herald Tribune de John Chipman, directeur de l'International Institute for Strategic Studies (IISS) de Londres, appelle de ses voeux un "Etat plus fédéral" avec un "redéploiement" dans le Nord des troupes étrangères dont la mission (de type "force deréaction rapide") se limiterait à "dissuader" les résistants du Sud d'élargir leur zone d'influence. Enfin, le dernier texte, paru sur le site américain Politico sous la signature de Robert Blackwill, ex-conseiller adjoint pour la sécurité nationale de George W. Bush, radicalise la réflexion en proposant sans fard une "partition de facto" entre un Sud taliban et un Nord antitaliban. Comme John Chipman, Robert Blackwill suggère que la prévention du risque Al-Qaida dans le Sud s'organise à partir de cette place forte pro-occidentale du Nord. "Le ciel de l'Afghanistan pachtoun doit être noir de drones et d'avions de la coalition", écrit-il.

Cette littérature relèverait de la fantaisie académique si elle ne rencontrait un écho en Afghanistan, au sein des communautés non-pachtounes. Ces dernières s'inquiètent de plus en plus de la perspective d'un retour au pouvoir des résistants qui réinstallerait l'hégémonie historique des Pachtouns sur l'Afghanistan. La montée des tensions ethniques dans le Nord entre, d'un côté, les Tadjiks, Hazaras et Ouzbeks et, de l'autre, les poches minoritaires pachtounes - porte d'entrée des incursions talibanes - conforte les chantres séparatistes d'une sorte de Ligue du Nord à l'afghane.

Il faut être conscient du risque.

Une partition ouvrirait une boîte de Pandore, rallumant une guerre interethnique dont l'Afghanistan a déjà souffert, dans les années 1990, après le départ des Soviétiques. L'imbrication et l'emboîtement des communautés sont tels qu'une reconfiguration des territoires se traduirait inévitablement par un "nettoyage ethnique". Plutôt que d'être "dissuadés", les résistants auraient toutes les chances de profiter de ce nouveau chaos en se posant en hérauts authentiques du nationalisme afghan. Périlleux retour de flamme.

02.11.

http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/11/02/la-partition-de-l-Afghanistan-une-fausse-bonne-idee_1434318_3232.html



n°464 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan - 23/11 : Suite - : Le Sommet de l'OTAN à Lisbonne consacre le militarisme du XXIe siècle.


n°464 - Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan - 23/11 : Suite  - : Le Sommet de l'OTAN à Lisbonne consacre le militarisme du XXIe siècle.



                          Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

                              Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan

   n°464                                                                                                                             23/11/10

                   C.De Broeder    &   M.Lemaire                       



Le Dossier " 'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan " est visible  sur ...

a)   sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

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b) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

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d) un sommaire à :  http://www.palestine-solidarite.org/journaux.CathyetMarc....

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Sommaire :

2 Histoire

2-1 Américains et Européens fêtent-ils la même Otan?

2-2 Peter Dale Scott et Robert Parry : États-Unis, deux siècles d’histoire de sang et de brutalité.


2 Histoire

2-1 Américains et Européens fêtent-ils la même Otan?

7S7 contexte   Américains et Européens vont fêter sur les bords du Rhin les 60 ans de la plus puissante alliance militaire du globe, mais il n'est pas sûr que leur belle unanimité résisterait si Washington se mettait en tête de promouvoir une Otan mondiale au XXIe siècle.
UE et USA réconciliés
"Les Européens renouent avec les Etats-Unis et vice versa", se félicite un responsable américain à l'Otan, ravi de l'atmosphère de retrouvailles que favorisera au sommet de Strasbourg-Kehl la symbolique du retour de la France dans sa structure militaire. Pour François Heisbourg, conseiller auprès de la Fondation pour la recherche stratégique à Paris, "l'administration du président Barack Obama cherche à montrer au monde un visage coopératif".
En fait, selon l'expert en stratégie belge Joseph Henrotin, "le vrai changement des Etats-Unis à l'égard de l'Europe remonte au deuxième mandat de George W. Bush". Après le grave différend transatlantique sur l'Irak en 2003, "il y a eu, note-t-il, une inflexion consistant à dire que l'on ne pouvait pas se passer des Européens". A rebours de l'idée des néo-conservateurs américains que l'Europe, déclassée face à la montée de l'Asie, est définitivement hors du coup.
Les Européens, meilleurs partenaires des Américains
Jeremy Shapiro, analyste de l'Institution Brookings de Washington, confirme: "l'ensemble du monde politique américain considère que les Etats-Unis ne trouveront pas de partenaires plus efficaces et plus sûrs dans le monde" que les Européens. Après tout, l'Otan représente encore 75% des dépenses militaires mondiales. Mais si l'on veut que le partenariat euro-atlantique se perpétue, encore faut-il lui trouver une mission évidente, 19 ans après la Guerre froide.
Aucune menace militaire directe ne pèse plus sur l'Europe. Selon un officier allié, l'Otan garde néanmoins tout son sens pour Washington: "tandis que les Européens eux y cherchent une garantie militaire des Etats-Unis, les Américains viennent y chercher l'appui politique des Européens à leurs entreprises". "L'Otan tel qu'il fonctionne sur la base de l'unanimité est plutôt un boulet pour les Américains. Mais ils y restent pour la transformer en une alliance planétaire destinée à encadrer les Etats +malfaisants+, accessoirement tenir en respect la Russie et à terme endiguer la Chine", estime l'officier.
Perspective de "global Nato"
En somme, "ils veulent avoir leurs arrières assurés". Perspective de "global Nato" (Otan mondiale) que confirme M. Shapiro. Même s'il admet que les Américains, conscients de l'opposition de nombre de pays européens à un tel programme, ne vont pas se battre pour que cela figure dans le nouveau "concept stratégique" que l'alliance va préparer pour la fin 2010. Pour M. Shapiro, peu importe les oppositions "théoriques". "En pratique, oui, l'Otan est en train de se transformer en une organisation mondiale", et "c'est ce dont ont besoin les Etats-Unis".
C'est pourquoi ils poussent l'Otan à approfondir la coopération militaire avec la trentaine de partenaires extérieurs à la zone atlantique qu'elle a déjà. Cela rassemble quatre pays dits de "contact" (Australie, Japon, Nouvelle-Zélande et Corée du sud), les sept du Dialogue méditerranéen (dont l'Egypte et Israël), les quatre pays du Golfe de l'Initiative d'Istanbul, et la vingtaine de nations du Partenariat pour la paix (Asie centrale, Caucase, cinq neutres européens, plus l'Ukraine, le Belarus et même la Russie).
"Espérons que nos amis américains ne poussent pas jusqu'à une coalition du genre ligue des démocraties", avertit pourtant François Heisbourg, "car cela conduirait au choc des civilisations". "Si quelque chose peut casser l'Otan, c'est bien un projet de ce genre", insiste-t-il, prévenant qu'il serait contraire à la fois au traité de Washington ayant fondé l'Alliance atlantique et à la Charte des Nations unies ne reconnaissant qu'un seul organisme à vocation mondiale, le Conseil de sécurité.
(afp/th)

03/04/09

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/806838/2009/04/03/Americains-et-Europeens-fetent-ils-la-meme-Otan.dhtml



2-2 Peter Dale Scott et Robert Parry : États-Unis, deux siècles d’histoire de sang et de brutalité.

Beaucoup d’Etasuniens voient leur pays et leurs soldats comme les « bons » qui propagent la « démocratie » et la « liberté » dans le monde entier.

Quand les Etats-Unis infligent mort et destruction inutile, cela est vu comme une erreur ou une aberration. Dans l’article suivant, Peter Dale Scott et Robert Parry examinent la longue histoire de ces actes de brutalité, une trajectoire qui suggère qu’il ne s’agit pas d’une « erreur » ou d’une « aberration », mais plutôt d’une doctrine plutôt consciente de contre-insurrection par le « côté obscur ».

Consortium News.

Il y a un fil obscur – rarement reconnu – qui parcourt la doctrine militaire des Etats-Unis, qui provient des premiers jours de la République.

Cette tradition militaire a explicitement défendu l’usage sélectif de la terreur, que ce soit dans la répression de la résistance des américains natifs aux frontières du XIXe Siècle, dans la protection d’intérêts étasuniens à l’étranger au XXe Siècle, ou dans « une guerre contre la terreur » pendant la dernière décennie.

Une grande partie du peuple étasunien ne prend pas en compte cette tradition occulte parce que la plupart de la littérature qui défend la terreur soutenue par l’État se limite soigneusement aux cercles de sécurité nationale et elle s’étend rarement au débat public, qui est dominé par des messages de bon ton sur les interventions bien intentionnées des EU à l’étranger.

Pendant des décennies, des enquêtes du Congrès et de journalistes ont mis en lumière certains de ces abus. Mais quand cela arrive, généralement les dossiers sont considérés comme des anomalies ou des excès de soldats hors contrôle.

Mais la documentation historique montre que les tactiques de terreur sont depuis pas mal de temps le côté obscur de la doctrine militaire des EU. Les théories demeurent toujours dans les manuels sur la guerre de contre-insurrection, les conflits « de basse intensité » et le « contre-terrorisme ».

Quelques historiens datent l’acceptation formelle de ces doctrines brutales aux années 1860 quand l’armée des EU affrontait le Sud rebelle et la résistance des américains natifs à l’ouest. De ces crises, a émergé le concept militaire moderne de la « guerre totale » qui inclut des attaques contre les civils et l’infrastructure économique comme une partie intégrale d’une stratégie victorieuse.

En 1864, le général William Tecumseh Sherman a laissé une trace de destruction sur un territoire civil en Géorgie et en Caroline. Son plan était de détruire la volonté de combattre du Sud et sa capacité de maintenir une grande armée sur le terrain. La dévastation a incendié des plantations et a généré les plaintes généralisées de la Confédération sur des viols et des assassinats de civils.

Pendant ce temps, dans le Colorado, le colonel John M. Chivington et la Troisième Cavalerie du Colorado employaient ses propres tactiques de terreur pour pacifier les cheyennes.

Un explorateur appelé John Smith a décrit par la suite l’attaque par surprise à Sand Creek, Colorado, contre des indiens pris au dépourvu dans un campement pacifique.

« Ils ont été scalpés ; leurs cerveaux vidés ; les hommes ont utilisé leurs couteaux, ils ont étripé les femmes, ils ont battu les petits enfants, ils les ont frappés sur la tête avec leurs fusils, ils ont vidé leurs cerveaux par les coups, ils ont mutilé leurs corps dans tous les sens du mot. » [Congrès des EU, Sénat, 39 eme Congrès, 2eme séance, « The Chivington Massacre, des Rapports of the Committees ».

Bien que l’objectivité de Smith fût controversée à l’époque, même des défenseurs de l’incursion de Sand Creek acceptent que la majorité des femmes et des enfants fussent assassiné et mutilée. (Voir : lieutenant colonel William R. Dunn, I Stand by Sand Creek.)

Cependant, en 1860, de nombreux blancs du Colorado ont considéré le massacre comme l’unique chemin réaliste pour obtenir la paix, comme Sherman a considéré que sa « marche vers la mer » était nécessaire pour imposer la reddition au Sud.

Les tactiques brutales de l’[Far]Ouest ont aussi aidé à aplanir le chemin pour le chemin de fer transcontinental, ont créé des fortunes pour les hommes d’affaires favorisés et ont consolidé le pouvoir politique républicain pendant plus de six décennies, jusqu’à la Grande Dépression des années trente. Voir : « Indian Genocide and Republican Power », Consortiumnews.com, le 3 octobre 2010.

Quatre ans après la Guerre civile, Sherman est devenu commandant général de l’armée et a intégré les stratégies de pacification des indiens – ainsi que ses propres tactiques – à la doctrine militaire des EU. Le général Philip H. Sheridan, qui avait dirigé les guerres contre les indiens sur le territoire du Missouri, a succédé à Sherman en 1883 et a encore plus enraciné ces stratégies dans la politique. Voir : « Ward Churchill, A Little Matter of Genocide. »

À la fin du XIXe Siècle, les guerriers américains natifs avaient été vaincus, mais les stratégies victorieuses de l’armée ont continué d’exister.

Les Etats-Unis impériaux

Quand les Etats-Unis ont revendiqué la conquête des Philippines dans la guerre Hispano-Etasunienne, les insurgés philippins ont résisté. En 1900, le commandant étasunien, le général J. Franklin Bell, a consciemment modelé sa campagne brutale de contre-insurrection comme les guerres indiennes et « la marche à la mer » de Sherman.

Bell croyait que, après avoir écrasé les Philippins les plus riches grâce à la destruction de leurs maisons – comme Sherman l’avait fait au Sud – Ils se trouveraient obligés d’aider à convaincre leurs compatriotes pour qu’ils se soumissent.

Apprenant des « guerres indiennes » il a aussi isolé les groupes de guérilleros en obligeant les Philippins à aller dans des zones strictement contrôlées où des écoles et d’autres installations sociales ont été construites.

« Toute la population en dehors des villes principales à Batangas a été dirigée vers des camps de concentration », a écrit l’historien Stuart Creighton Miller. « L’objectif principal de Bell fut les classes les plus nanties et mieux élevées … Comme si ce n’était pas assez, Bell a fait que ces gens transportent le pétrole utilisé pour brûler leurs propres maisons de campagne. » Voir : « Benevolent Assimilation » de Miller.

Pour ceux qui étaient en dehors des zones protégées, la terreur a prévalu. Le correspondant favorable a décrit une scène dans laquelle des soldats étasuniens ont tué « des hommes, des femmes, des enfants … à partir de 10 ans et plus, puisque prévalait l’idée que le Philippin, tel quel, était un peu moins qu’un chien … »

« Nos soldats ont introduit de l’eau salée dans les hommes, ‘pour les faire parler’, ils ont emprisonné les gens qui levaient les mains et qui se rendaient pacifiquement, et une heure après, sans un atome de preuve montrant qu’ils étaient des insurgés, ils les ont planté sur un pont et ils les ont tué un à un par coup de feu, pour qu’ils tombent dans l’eau et flottent comme exemple pour ceux qui trouvaient ces corps criblés de balles. »

Pour défendre ces tactiques, le correspondant souligne que « ce n’est pas une guerre civilisée, mais nous n’avons pas à faire à des gens civilisés. L’unique chose qu’ils connaissent et dont ils ont peur est la force, la violence et la brutalité. » [Philadelphia Ledger, le 19 novembre 1900]

En 1901, des anti-impérialistes au Congrès sont sortis à la lumière et ont dénoncé les tactiques brutales de Bell. Cependant, les stratégies de Bell ont été acclamées par les militaires comme une méthode raffinée de pacification.

Dans un livre de 1973, un historien militaire favorable à Bell, John Morgan Gates, a qualifié d’ « exagérés « les rapports sur ces atrocités et a salué « une compréhension excellente de Bell du rôle de la bienveillance dans la pacification ».

Gates a rappelé que la campagne de Bell au Batanga a été considérée par des stratèges militaires comme une pacification « dans sa forme la plus perfectionnée ». ir : « Schoolbooks and Krags : The United States Army in the Philippines, 1898-1902 de Gates ».

Ils propagent la méthodologie

Au début du siècle, la méthodologie de pacification a aussi été un cliché populaire parmi les puissances coloniales européennes. De la Namibie à l’Indochine, les Européens ont eu des difficultés pour soumettre les populations locales.

Souvent le massacre sans limites a donné des résultats, comme les Allemands l’ont démontré avec les massacres de la tribu Herrero en Namibie entre 1904 et 1907. Mais les stratèges militaires ont souvent comparé leurs notes sur des techniques plus subtiles de terreur sélective combinée avec des manifestations de bienveillance.

Les stratégies de contre-insurrection sont revenues à la mode après la Deuxième Guerre mondiale quand de nombreux peuples opprimés ont exigé une indépendance du régime colonial et que Washington s’est préoccupé de l’expansion du communisme. Dans les années cinquante, la rébellion Huk contre la domination des EU a recommencé à transformer les Philippines en laboratoire, et ils se sont clairement rappelé les leçons passées de Bell.

« La campagne contre le mouvement Huk aux Philippines … s’est considérablement ressemblée à la campagne américaine de presque 50 ans avant », a remarqué l’historien Gates. « L’objectif américain vers le problème de la pacification avait été étudié ».

Mais la guerre contre les Huk a eu quelques nouveaux objectifs, particulièrement le concept moderne de la guerre psychologique ou psy-war.

En suivant les stratégies pionnières du général de division de la CIA, général Edward G. Lansdale, la guerre psychologique a été un nouveau tour de l’ancien jeu de briser la volonté d’une population cible. L’idée était d’analyser les faiblesses psychologiques d’un peuple et de développer des « sujets » qu’ils puissent induire des actions favorables à ceux qui réalisaient l’opération.

Bien que la guerre psychologique inclût la propagande et la désinformation, elle était aussi basée sur des tactiques de terreur de nature démonstrative. Un pamphlet de la guerre psychologique de l’armée, qui est basé sur l’expérience de Lansdale aux Philippines, défendait « la violence criminelle exemplaire – l’assassinat et la mutilation de captifs et l’exhibition de leurs corps », selon « Instruments of Statecraft » de Michael McClintock.

Dans ses mémoires, Lansdale s’est vanté d’un truc légendaire de la guerre psychologique utilisé contre les Huk, qui étaient considérés superstitieux et peureux d’une créature similaire à un vampire appelée asuang.

« L’escadron de la guerre psychologique montait une embuscade le long d’un sentier utilisé par les Huk », a écrit Lansdale.

Quand une patrouille Huk apparaissait par le sentier, les participants à l’embuscade capturaient le dernier homme de la patrouille, sans que leur action ne fût détectée dans l’obscurité de la nuit. Ils perforaient deux trous dans son cou, comme si cela avait été un vampire, soutenaient le corps par les pieds, le vidaient d’un sang, et replacaient le cadavre dans le sentier. »

« Quand les Huk revenaient chercher le disparu et trouvaient leur compagnon saigné à blanc, tous les membres de la patrouille croyaient que l’asuang en avait fini avec lui. » Voir : « In the midst of wars de Lansdale ».

La rébellion Hukfut aussi témoin du perfectionnement des zones de libre feu, une technique utilisée effectivement par les forces de Bell un demi-siècle avant. Dans les années cinquante, ils ont assigné des escadrons spéciaux pour faire le sale travail.

« La tactique spéciale de ces escadrons était de clôturer des zones ; tous ceux qui se trouvaient dans celles-ci étaient considérés comme ennemi », a expliqué un colonel philippin favorable aux EU « Presque tous les jours on trouvait des corps flottant dans la rivière, plusieurs d’eux s victimes de l’Unité Nenita du major [Napoléon] Valeriano » Voir : « The Huk Rebellion : À Study of Peasant Revolt in the Philippines de Benedict J. Kerkvliet. »

Vers le Viêt-Nam

La répression heureuse des Huk a mené les architectes de la guerre à partager leurs leçons dans d’autres endroits en Asie et au delà. Valeriano a été coauteur d’un important manuel étasunien sur la contre-insurrection et a fait partie de l’effort de pacification étasunienne au Viêt-Nam, avec Lansdale.

En suivant le modèle philippin, les Vietnamiens ont été entassés dans des « villages stratégiques » ; déclarées « zones de libre feu », les maisons et les cultures ont été détruites ; et le programme Phoenix a éliminé des milliers de cadres présumés Vietcong.

Les stratégies implacables ont été absorbées et acceptées, même par des personnages militaires amplement respectés, comme le général Colin Powell qui a servi deux fois au Viêt-Nam et a appuyé la pratique routinière d’assassiner des hommes vietnamiens comme une partie nécessaire de l’effort de contre-insurrection.

« Je me rappelle une phrase que nous utilisons sur le terrain, MAM, pour military-age male [homme en âge militaire] » a écrit Powell dans ses mémoires si saluées My American Journey.

« Si un hélico [hélicoptère étasunien] voyait un paysan avec des pyjamas noirs qui paressait suspect, un MAM possible, le pilote tournait et tirait face à lui. S’il bougeait, son mouvement était jugé comme une intention évidente hostile, et la bordée suivante n’était pas lancée en face de lui, mais contre sa personne. »

« Brutal ? Peut-être. Mais un commandant de bataillon très capable avec qui j’avais servi dans la Gelnhausen [Allemagne de l’Ouest], le lieutenant colonel Walter Pritchard, est mort par le feu de francs-tireurs ennemis pendant qu’il observait des MAMs depuis son hélicoptère. Et Pritchard fut un parmi bien d’autres. La nature du tuer ou mourrir au combat tend à émousser des perceptions fines du bien et mal. »

En 1965, la communauté des renseignements des EU a formalisé ses leçons apprises de contre-insurrection de la pire façon, en établissant un programme de secret maximum appelé Project X. Basé au Centre et à l’École d’Intelligence de l’Armée des EU à Fort Holabird, dans le Maryland, le projet a été basé sur une expérience sur le terrain et a développé des plans de formation pour « fournir un entraînement en intelligence à des pays étrangers amis », selon un rapport du Pentagone préparé en 1991 et publié en 1997.

Appelé « guide pour la conduite d’opérations clandestines », le « Project X » a été utilisé par l’École d’Intelligence des EU à Okinawa pour entraîner pour la première fois des Vietnamiens et, peut-être, d’autres étrangers », signale le rapport.

Linda Matthews, de la Division de Contre-espionnage du Pentagone, a rappelé qu’en 1967-68 une partie du matériel d’entraînement du Project X a été préparé par des employés en liaison avec le programme Phoenix. « Elle a suggéré la possibilité qu’une partie du matériel délictueux du programme Phoenix ait pu être intégrée aux matériels du Project X à l’époque », dit le rapport du Pentagone.

Dans les années soixante-dix, le Centre et l’École d’Intelligence de l’Armée des EU ont déménagé à Fort Huachuca en Arizona et ont commencé à exporter du matériel du Project X aux groupes d’aide militaire des EU qui travaillaient avec « des pays étrangers amis ». Vers le milieu des années soixante-dix, du matériel du Project X arrivait à des armées dans le monde entier.

Dans son étude de 1992, le Pentagone a reconnu que le Project X a été la source de nombreuses leçons « réprouvables » de l’École des Amériques, où des Officiers Latinoaméricains ont été entraînés aux chantages, séquestrations, assassinats et espionnage contre des adversaires politiques non violents.

Mais la révélation de toute l’histoire a été bloquée juste à la fin du premier gouvernement Bush, quand les hauts fonctionnaires du Pentagone qui travaillaient pour le secrétaire de la Défense de l’époque Dick Cheney, ont ordonné la destruction de la plupart des fichiers du Project X. Voir : « Lost History » de Robert Parry.

Une vie dangereuse

Vers le milieu des années soixante-dix, une partie des leçons étasuniennes de contre-insurrection était aussi arrivée en Indonésie. L’entraînement militaire des EU a été rapide, parce que Washington considérait que le leader neutraliste Sukarno était politiquement suspect. L’entraînement fut permis uniquement pour faciliter l’influence des EU sur les forces armées indonésiennes qui étaient considérées plus fiables.

L’aide étasunienne et l’entraînement ont consisté presque entièrement en « action civique » de nature inoffensive, ce qu’on pense en général consiste à la construction de routes, à la fourniture de personnel de cliniques de santé et à la réalisation d’autres activités « de cœurs et d’ esprits » avec des civils. Mais l’ « action civique » a aussi servi de couverture en Indonésie, comme aux Philippines et au Viêt-Nam, à la guerre psychologique.

Les connexions secrètes militaires entre les EU et l’Indonésie ont eu leur compensation pour Washington quand a éclaté une crise politique, qui menaçait le gouvernement de Sukarno.

Pour contrer le puissant Parti Communiste d’Indonésie, connu comme PKI, les Bérets Rouges de l’armée ont organisé le massacre de dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants. Les nombreux corps qui ont été jetés dans les rivières de la Java Orientale les ont teintées de sang.

Dans une classique tactique de guerre psychologique les cadavres gonflés ont aussi servi d’avertissement politique aux villages en aval.

« Pour assurer qu’ils ne coulaient pas, les cadavres ont été délibérément attachés ou empalés avec un pieu en bambou », a écrit le témoin oculaire Pipit Rochijat. « Et le départ des cadavres de la région Kediri par le Brantas a atteint son âge d’or quand les corps ont été entassés dans les radeaux sur lesquels ondoyaient orgueilleusement le drapeau du PKI ». Voir : « Am I PKI or Non-PKI ? » de Rochijat, Indonésie, octobre 1985.

Quelques historiens ont attribué la violence grotesque à une armée démente qui s’est lancée dans une « brutalité non planifiée » ou dans une « hystérie massive » qui a finalement conduit au massacre de près d’un million et demi d’indonésiens, plusieurs d’entre eux d’origine chinoise.

Mais la tactique répétée de mettre des corps en exhibition insupportable s’adapte aussi aux doctrines militaires de guerre psychologique [psy-war], mots que l’un des principaux assassins militaires a utilisés de façon non traduite pour ordonner l’élimination du PKI.

Sarwo Edhie, chef du bataillon para-commando politique connu comme les Bérets Rouges, a remarqué que « il ne faut pas donner l’occasion de se concentrer/consolider » à l’opposition communiste. « Elle doit systématiquement être repoussée par tous les moyens, y compris la guerre psychologique ». Voir : « The Revolt of the G30S/PKI and Its Suppression » traduit par Robert Cribb dans The Indonesian Killingsr

Sarwo Edhie avait été identifié comme contact de la CIA quand il a servi à l’ambassade indonésienne en Australie. Voir : « Pacific, mai - juin 1968 ».

Sympathie dans les médias des Etats-Unis.

La réaction de l’élite des Etats-Unis devant l’horrible massacre fut et continue à être ambivalente depuis ce temps-là. Le gouvernement de Johnson a nié toute responsabilité dans les massacres, mais le journaliste du New York Times, James Reston, a parlé pour beaucoup de leaders d’opinion quand il a favorablement qualifié les événements sanglants en Indonésie de « rayon de lumière en Asie ».

Les démentis étasuniens quant à leur participation se sont maintenus jusqu’à 1990 quand des diplomates des EU ont admis devant un journaliste qu’ils avaient aidé l’armée indonésienne grâce à la fourniture de listes de communistes présumés.

« C’était réellement une grande aide pour l’armée », a dit le fonctionnaire de l’ambassade Robert Martens à Kathy Kadane de States News Service.« J’ai probablement beaucoup de sang sur mes mains, mais ce n’est pas si mauvais. Il y a un temps où il faut frapper fort à un moment décisif ». Martens avait dirigé l’équipe des EU qui ont établi les listes de la mort.

L’histoire de Kadane a provoqué une réaction significative de l’auteur confirmé des éditoriaux du Washington Post, Stephen S. Rosenfeld. Il a accepté le fait que des fonctionnaires des Etats-Unis ont aidé « cet épouvantable massacre », mais ensuite il a justifié les assassinats.

Rosenfeld a argumenté que le massacre « fut, et continue d’être amplement considéré comme la chance sombre mais méritée d’un parti révolutionnaire conspirateur que représentait le même monstre communiste qui était en marche au Viêt-Nam ».

Dans une colonne intitulée : « L’Indonésie 1965 : L’année pour vivre cyniquement ? » Rosenfeld a justifié que « ou l’armée liquidait les communistes, ou les communistes liquidaient l’armée », on pensait : L’Indonésie était un domino, et la fin du PKI a maintenu l’Indonésie dans le monde libre …

« Bien que les moyens fussent gravement déshonorants, on peut dire que nous –les exigeants ainsi que les obstinés et les cyniques – jouissons des fruits de la stabilité géopolitique de cette partie importante de l’Asie, de la révolution qui n’a jamais eu lieu ». Washington Post, 13 juillet 1990

Cependant, le goût fut beaucoup plus amer pour les peuples de l’archipel indonésien. En 1975, l’armée du nouveau dictateur de l’Indonésie, le général Suharto, a envahi l’ancienne colonie portugaise du Timor Oriental. Quand les timorais orientaux ont offert de la résistance, l’armée indonésienne est revenue aux atrocités habituelles et a lancé un vrai génocide contre la population.

Un missionnaire catholique a fourni un témoignage direct d’une mission de recherche et de destruction au Timor Oriental en 1981.

« Nous avons vu de nos propres yeux le massacre de gens qui se rendaient : tous morts, y compris femmes et enfants, même les plus petits … ils n’ont même pas sauvé les femmes enceintes : elles ont été étripées … Ils ont fait la même chose qu’ils avaient fait aux petits enfants l’année précédente, ils les ont saisis par les jambes et ont frappé leurs têtes contre des roches …

« Les commentaires d’officiers indonésiens révèlent la qualité morale de cette armée : « Nous avons fait pareil [qu’en 1965] à Java, Bornéo, Célèbes, Irian Jaya, et cela a donné des résultats » ». Voir : “East Timor : Land of Hope” d’A. Barbedo de Magalhaes.

Les références au succès du massacre de 1965 n’ont pas été rares. Dans Timor : « A People Betrayed », l’auteur James Dunn a remarqué que « du côté indonésien, il y a eu de nombreux rapports selon lesquels beaucoup de soldats ont vu leur opération comme une phase de plus dans la campagne pour éliminer le communisme qui est venu après les événements de septembre 1965 ».

Les stratégies classiques de guerre psychologique et de pacification ont été inconditionnellement suivies au Timor Oriental. Les indonésiens ont exhibé des cadavres et les têtes de leurs victimes. Les timorais ont aussi été dirigés vers des camps contrôlés par le gouvernement avant d’être repositionnés d’une manière permanente dans des « villages de réimplantation » loin de leur maison.

« Le problème est que les gens sont obligés à vivre dans ces installations et qu’on ne leur permet pas de voyager dehors, » a dit monseigneur Costa Lopes, administrateur apostolique de Dili.« C’est le motif principal pouruoi les gens ne peuvent pas cultiver assez d’aliments. » Voir :« Indonesia’s Forgotten War : The Hidden History of East Timor » de John G. Taylor.

Une aversion publique

À travers la télévision dans les années soixante et soixante-dix, la Guerre du Viêt-Nam a fini par rapprocher les horreurs de la contre-insurrection de millions d’Etasuniens. Ils ont vu comment des soldats des Etats-Unis incendiaient des villages et obligeaient des vieilles désespérées à abandonner leurs foyers ancestraux.

Des équipes de chasseurs d’images ont gravé dans des films les interrogatoires brutaux de Vietcong présumés, l’exécution d’un jeune officier Viêt-Cong, et le bombardement d’enfants avec du napalm.

En effet, la Guerre du Viêt-Nam fut la première fois que les Etasuniens sont arrivés à être au courant des stratégies de pacification qui avaient été développées en secret comme politique de sécurité nationale dès le XIXe Siècle. Résultat, des millions d’Etasuniens ont protesté contre la conduite de la guerre et le Congrès a imposé tardivement en 1974 la fin de la participation des Etats-Unis.

Mais les débats doctrinaires de la guerre psychologique n’ont pas été résolus par la Guerre du Viêt-Nam. Les défenseurs de la contre-insurrection se sont regroupés dans les années quatre-vingts derrière le président Ronald Reagan qui a monté une défense enthousiaste de l’intervention au Viêt-Nam et a réaffirmé la décision d’Etats-Unis d’employer des tactiques similaires contre des forces gauchistes, surtout en Amérique Centrale. Voir : « Guatemala : A Test Tube for Repression », Consortiumnews.com, le 3 octobre 2010.

Reagan a aussi ajouté un nouveau composant important au mélange. En reconnaissant que les images et les rapports honnêtes de la zone de guerre avait affaibli l’appui public pour la contre-insurrection au Viêt-Nam, Reagan a autorisé une opération intérieure agressive de « diplomatie publique » qui correspond à ce qui a été appelé « gestion de la perception » – en effet, l’intimidation de journalistes pour assurer que seule l’information épurée arrivait au peuple étasunien.

Les journalistes qui ont révélé les atrocités des forces entraînées par les Etats-Unis, comme le massacre El Mozote par le bataillon Atlacatl au Salvador en 1981, ont été durement critiqués et leurs carrières bloquées.

Quelques opérateurs de Reagan ne se sont pas montrés timides au sujet de sa défense de la terreur politique comme nécessité de la Guerre Froide. Neil Livingstone, consultant en contre-terrorisme du Conseil National de Sécurité, a qualifié les escadrons de la mort « d’un instrument extrêmement efficient, aussi odieux qu’ il est, dans le combat contre le terrorisme et les défis révolutionnaires ». Voir : « Instruments of Statecraft » de McClintock.

Quand les démocrates au Congrès ont protesté contre les excès des interventions de Reagan en Amérique Centrale, le gouvernement a réagi avec plus de pression dans les relations publiques et politiques, en mettant en cause le patriotisme des critiques. Par exemple, l’ambassadrice de Reagan danauxNations Unies, Jeane Kirkpatrick, a accusé tous ceux qui prêtaient attention aux crimes appuyés par les Etats-Unis « d’accuser d’abord les Etats-Unis »

Beaucoup de démocrates au Congrès et de journalistes dans le milieu de la presse de Washington se sont pliés devant les attaques, en donnant beaucoup de liberté au gouvernement de Reagan pour mener les stratégies brutales « des escadrons de la mort » au Salvador, en Honduras, au Guatemala et Nicaragua.

Ce qui reste clair dans ces expériences en Indonésie, au Viêt-Nam, en Amérique Centrale et dans d’autres endroits, c’est que les Etats-Unis, pendant des générations, ont maintenu deux formes de pensée parallèles mais opposées sur les atrocités militaires et les droits de l’homme : l’une, d’une bienveillance étasunienne, en général soutenue par le public, et l’autre de la brutalité dans laquelle la fin justifie les moyens, embrassée par les spécialistes de la contre-insurrection.

Normalement les spécialistes mènent leurs actions dans des endroits lointains, sans que la presse nationale informe beaucoup sur le sujet. Mais parfois les deux visions en concurrence – d’un Etats-Unis juste et de l’autre implacable – se heurtent ouvertement, comment c’est arrivé avec le Viêt-Nam.

Ou le côté obscur de la politique de sécurité des Etats-Unis est sorti à la lumière par des exfiltrations non autorisées, comme les photos de détenus abusés dans la prison Abu Ghraib en Irak, ou par des révélations sur waterboarding [asphyxie avec de l’eau] et d’autres tortures autorisées par la Maison Blanche de George W. Bush comme faisant partie « de la guerre contre la terreur ».

Alors seulement le public arrive à avoir une idée de la réalité atroce, des tactiques sanglantes et brutales qui ont été considérées « nécessaires » pendant plus de deux siècles pour défendre des supposés « intérêts nationaux ».

Article original en anglais : A Long History of America’s Dark Side, Consortium News, le 8 octobre 2010

Traduit de l’espagnol (publication en espagnol par Rebelión) pour « El Correo » de : Estelle et Carlos Debiasi.

Peter Dale Scott et Robert Parry

Peter Dale Scott est un écrivain et poète dont les livres se sont concentrés sur la « politique occulte », « l’intersection d’économie, de criminalité et de sécurité nationale ». « Nouvel ordre mondial ou nouveau désordre mondial » (en français).

(Pour plus d’information, voyez http://www.peterdalescott.net/)

Robert Parry est un véteran journaliste d’investigation à Washington. (Pour ses livres, voyez http://www.neckdeepbook.com)

Source : Mondialisation.ca,

2 novembre 2010, par Comité Valmy

n°464 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan - 23/11 : Fin - : Le Sommet de l'OTAN à Lisbonne consacre le militarisme du XXIe siècle.


n°464 - Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan - 23/11 : Fin  - : Le Sommet de l'OTAN à Lisbonne consacre le militarisme du XXIe siècle.



                          Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

                              Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan

   n°464                                                                                                                             23/11/10

                   C.De Broeder    &   M.Lemaire                       



Le Dossier " 'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan " est visible  sur ...

a)   sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

d) un sommaire à :  http://www.palestine-solidarite.org/journaux.CathyetMarc....

cette page est accessible depuis la page d'accueil ( http://www.palestine-solidarite.org/ ) colonne de gauche.

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 


Sommaire :

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Une guerre insensée entame sa dixième année….

3-2 Ben Laden, terroriste bon teint bon œil exhibé selon les besoins !

3-3 Roger Romain : 2008: 78 millions d'euros (plus de 3 milliards de f. belges) à la poubelle pour leur saloperie de guerre en AFGHANISTAN ...

3-4 Antonio Artuso : Le gouvernement sous la direction deStephen Harper a consacré 22 milliards de dollars en dépenses militaires.

3-5 Accords militaires Franco-britanniques: quand la France et la Grande-Bretagne rament à contre-sens au mépris de la sécurité de la planète.

3-6 Afghanistan : les "toubibs" s'expriment dans le Quotidien du médecin.

4 Annexe

4-1 Les familles de militaires à la loupe de la sociologie.




3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Une guerre insensée entame sa dixième année….

Voici un discours à la Nation du Président Barack Obama…. tel que rapporté par Michael Moore 

" Mes chers concitoyens américains, 

Il y a aujourd’hui neuf ans, nous avons envahi l’Etat-nation afghan. Je venais d’avoir 40 ans. J’avais un discman, je roulais en Oldsmobile (1) et je m’intéressais vraiment au LiveJournal (2). C’était il y a bien longtemps.  C’est si loin, quelqu’un se souvient-il encore des raisons qui nous ont poussés  à aller là-bas ? Je crois que tout le monde voulait capturer Oussama Ben Laden pour le traîner devant la Justice. Mais il a filé à un moment ou un autre dès le mois suivant. Il s’est tiré. Nous sommes restés. Maintenant, quand on y regarde de plus près, cela n’a aucun sens.

Puisque nous devions trouver une autre raison pour la mission, nous avons décidé de renverser les extrémistes religieux qui s’occupaient de l’Afghanistan. Et c’est ce qu’on a fait. Enfin… à peu près. A la différence d’Oussama, eux ne sont jamais partis. Pourquoi ? Eh bien… ils étaient afghans, c’était leur pays. Et – quoi de plus étrange – beaucoup d’autres Afghans les soutenaient. A ce jour, les Taliban n’ont que 25000 combattants armés. Pensez-vous vraiment qu’une armée aussi minuscule pourrait contrôler et anéantir une nation de 28 millions d’habitants contre leur volonté ? Qu’est-ce qui cloche là-dedans ? Mais p… ain qu’est-ce qui se passe vraiment là-bas ?

La vérité, c’est que je ne trouve pas de réponse. Mes généraux ne savent pas très bien me dire quelle est notre mission. Si nous sommes allés là-bas pour déloger Al-Qaïda, bon, ils sont partis aussi. La CIA me dit qu’il en reste moins de 100 parmi eux dans tout le pays ! (3)

Mes généraux ont aussi reconnu devant moi les points suivants :

1/ Nous ne pouvons vaincre les Taliban d’aucune manière. Ils bénéficient d’un soutien populaire bien trop important dans les zones rurales, qui représentent la majorité du territoire.

2/ Même si nous sommes là depuis neuf ans, la vérité est que ce sont les Taliban, pas nous, pas le gouvernement afghan, qui contrôlent le pays.  Au bout de neuf ans, nous avons complètement délogé les Taliban… de 3% de l’Afghanistan. Trois pour cent !!! (juste pour mémoire, il nous a fallu onze mois après le Débarquement pour battre complètement les nazis dans toute l’Europe).

3/ Nos troupes et leurs commandements essayent toujours d’apprendre la langue, la culture, les coutumes de l’Afghanistan. Le fait est que nos troupes n’ont pas la confiance des gens de la rue (surtout après avoir tué tant de civils, soit par imprudence, soit "pour le sport").

4/ Le gouvernement afghan que nous avons installé est corrompu au-delà de l’imaginable. La population n’a pas confiance en lui. Le président Karzaï est sous antidépresseurs et nos conseillers nous apprennent qu’il est souvent imprévisible et loufoque. Son frère a des relations cordiales avec les Taliban et est soupçonné d’être un important trafiquant de pavot (héroïne). Les fleurs de pavot sont la ressource numéro un de l’économie afghane.

La guerre en Afghanistan est un vrai "b… el". L’insurrection grandit – et pourquoi en serait-il autrement : les troupes étrangères ont envahi et occupé leur territoire ! Les personnes responsables du 11-Septembre n’y sont plus. Alors pourquoi y sommes-nous toujours ? Pourquoi exposons-nous les vies de nos fils et filles chaque jour un jour de plus – pour des raisons que personne n’est capable d’expliquer.

En fait, la seule raison que je vois, c’est que cette guerre permet aux contractants de la Defense d’empocher des milliards de bénéfice. Est-ce là une bonne raison de rester que de permettre à Halliburton de publier des profits trimestriels encore plus énormes ?

Pour moi, il est temps de ramener nos troupes à la maison – tout de suite. Plus un seul Américain ne doit mourir là-bas. Leur mort ne nous rend pas la vie plus sûre, et n’apporte pas la démocratie en Afghanistan.

Ce n’est pas notre mission que de vaincre les Taliban. C’est le boulot du peuple afghan – si c’est ce qu’il choisit de faire. Il y a beaucoup de groupes ou de dirigeants critiquables dans le monde. Nous n’allons pas envahir trente pays et renverser tous ces régimes. Ce n’est pas notre boulot.

Je ne vais pas rester en Afghanistan simplement parce que nous y sommes déjà, et que nous n’avons pas encore "gagné". Il n’y a rien à gagner. Personne, de Gengis Khan à Leonid Brejnev, n’a été capable de l’emporter là-bas. Alors les troupes doivent rentrer à la maison.

Je refuse de contribuer à effrayer le peuple américain avec une stupide "guerre contre la terreur". Les terroristes existent-ils ? Oui. Frapperont-ils encore ? Malheureusement, oui. Mais ces actes terroristes sont isolés et sporadiques, et ne devraient pas nous dicter notre façon de vivre au quotidien, ou nous pousser à ignorer des droits constitutionnels (4). Ils ne devraient pas nous distraire de ce que doivent être nos vraies priorités pour rendre notre pays plus sûr et mieux sécurisé : que chacun ait un bon travail, que les familles aient la possibilité de posséder leurs propres maisons et d’envoyer leurs enfants à l’école, qu’un système de santé universel soit coordonné par vos représentants élus au gouvernement – pas par des compagnies d’assurances cupides et avides de profits. C’est CELA qui constituerait une vraie sécurité intérieure (5).

Et au sujet d’Oussama Ben Laden ? Neuf années et nous ne sommes pas foutus de retrouver un homme arabe d’ 1 mètre 93 ("6 feet 5 inches") qui apparemment est sous dialyse ? Même après avoir offert 25 millions de dollars à quiconque nous dirait où il est ? Vous ne pensez pas que quelqu’un aurait cafté là-dessus depuis tout ce temps ?

Voilà ce que je sais : Oussama Ben Laden est un multimillionnaire – et s’il y a bien quelque chose que j’ai appris sur les riches, c’est qu’ils ne vivent pas dans des grottes pendant neuf ans. Ben Laden est soit mort, soit planqué dans un endroit protégé par son argent. Ou peut-être est-il simplement rentré à la maison.

Et nous devrions faire de même. Tout de suite. Mes condoléances vont aux familles de tous ceux qui sont morts dans cette guerre. La plupart d’entre eux ont signé après le 11 Septembre (6) et voulaient accomplir leur devoir parce qu’ils avaient été attaqués. Mais nous n’avons pas été attaqués par un pays. Nous avons été attaqués par une poignée d’extrémistes religieux. Et vous ne venez pas à bout d’une bande de voyous (NdT: !) en expédiant à l’autre bout du monde des milliers de véhicules blindés et des centaines de milliers de soldats. C’est complètement idiot.

Et cela prend effet ce soir.

Que Dieu soit avec vous.

Je ne suis pas un musulman."

(fin du discours, tel que transcrit par Michael Moore).

Jeudi 7 octobre 2010, par Micheal Moore,

 sur michaelmoore.com 

 

Lu sur le site de MichaelMoore:

  • U.S. Military Deaths (Afghanistan) 1245
  • U.S. Military Wounded (Afghanistan) 7266
  • U.S. Military Deaths (Iraq) 4424
  • U.S. Military Wounded (Iraq) 31951
  • Excess Iraqi Deaths 655000

 

Notes de traduction

(1) la marque Oldsmobile, filiale de General Motors, n’existe plus depuis la restructuration du géant de Détroit suite à la crise de 2000 / 2001. La dernière Oldsmobile sortie des chaines fut une Alero le 29 avril 2004.

(2) liveJournal est un ancien site pour créer des blogs proposant en ligne des fictions au sens large, d’apprentis-écrivains. Nous pensons que Moore oppose cette utilisation raisonnée de l’expression directe sur le net, à l’hyperréalité instinctive d’un réseau comme Facebook qui monopolise les internautes parfois de façon frénétique depuis les années 2000..

(3) en France, M. Alain Chouet, ancien de la DGSE a dressé exactement le même constat le 29 janvier 2010 devant la commission des affaires étrangères du Sénat. Il a même appuyé sa conférence d’un article de haut vol paru dans la revue mensuelle militaire "MARINE".

(4) en cause ici la polémique juridique qui entoure aujourd’hui encore la légitimité internationale mais aussi constitutionnelle des lois américaines du Patriot Act (qui continuent d’essaimer dans le monde). Ceci dit, ces mots résonnent en France avec beaucoup d’écho au moment même où nos ressortissants sont attaqués de toutes parts (Afghanistan, Niger, Mali), et où notre Mère-patrie est menacée sur son sol aux dires des experts anglos-saxons, et donc "vigipiratée" jusqu’au fond de nos chaussures, tout ceci dans l’indifférence ou presque de nos concitoyens dont nous ne savons pas si c’est de la lucidité, le bon sens ou l’inertie du peuple, ou le fruit d’une anesthésie générale provoquée par ailleurs par les mêmes qui ne savent pas doser leurs injections de tension.

(5) allusion au Homeland Security Act, la plus grande réforme administrative et juridique américaine en matière de sécurité intérieure, qui inclut le Patriot Act, et dont s’est inspiré notre président français lors de sa prise de fonction en 2007 pour réorganiser nos propres services de renseignement (création de la DCRI), notre administration militaire (divers regroupements et redécoupages) et nos forces de police (regroupement avec la gendarmerie autrefois militaire).

(6) une donnée fondamentale de cette pseudo-guerre, que le clairvoyant David Ray Griffin a parfaitement mise en avant dans un long article sur la justification de la guerre en Afghanistan (en cours de traduction), est que cette pseudo-guerre ne repose pas sur la conscription, comme  la Seconde Guerre Mondiale ou la guerre du Vietnam, mais sur l’engagement volontaire:

David Ray Griffin: "Bien qu’il y ait beaucoup de ressemblances [entre la guerre du Vietnam et la guerre en Afghanistan], il y a aussi une énorme différence : cette fois, il n’y a pas de conscription.  S’il y avait la conscription, de sorte que  les étudiants de l’Université et leurs amis de retour à la maison, soient envoyés en Afghanistan, il y aurait d’énormes manifestations contre cette guerre sur les campus dans tout le pays. Si les fils et les filles de parents aisés des classes moyennes revenaient dans des cercueils, ou avec des blessures à vie, ou avec des syndromes de stress post-traumatique, cette guerre aurait été stoppée il y a bien longtemps. Les gens ont souvent demandé: "Avons-nous appris quelque chose des leçons du Vietnam?"

Le gouvernement américain en a appris une: Si vous ne voulez pas mener une guerre impopulaire, ne recourez pas à la conscription – embauchez des mercenaires ! "

En lien avec cet article: 

Published on octobre 10, 2010 par Blue Rider

traduction et mise en forme Bluerider

http://www.reopen911.info/News/2010/10/10/Afghanistan-rien-ne-va-plus-4-par-michael-moore/


3-2 Ben Laden, terroriste bon teint bon œil exhibé selon les besoins !

Depuis bientôt 10 ans, on nous le sort comme un guignol qu’on nous exhibe pour servir et valoir ce que de droit …

Logiquement un guignol c’est pour faire peur certains enfants et en faire rire d’autres. On nous le montre dans une photo datant de plus de 12 ans, pouponné … paraissant jeune et en très bonne santé, alors qu’on le savait déjà vieillissant et en santé défaillante.

Hijack 

Ben Laden par ci, Ben Laden par là ... et si ça se trouve, il est déjà dans l'au-delà !
Qu’on se le dise … B.L n’a jamais revendiqué les attentats du 11/09 !!!
Toutes les cassettes vidéos soit disant authentifiées l’ont été uniquement par la CIA … et démenties par des experts indépendants.
Alors comme ça, B.L parle de la France … wow !!! Chouette !!! On existe alors !!! Je n’en sais rien, s’il est mort ou vivant, maisprobablement mort ou alors réduit à l’état de SDF en planque, malade, plus vieux (on se permet de nous le présenter bien jouflu et en bonnesanté … parce qu’il le vaut bien ! … veulent-ils nous faire croire.
Les services secrets américains et autres, capables de suivre une mouche par satellite n’importe où sur la planète … échouent dès qu’ils’agit du dit terroriste bon teint bon œil, tous leurs moyens technologiques, humains ne parviennent pas à mettre la main dessus, même dans un dessin animé ça ne passera pas … mais pourtant, nos médias y croient … j’espère pour eux qu’ils tentent juste de faire peur, autrement, je les plains sincèrement.
Faire tout ce tapage avec des faux est méprisable … la France passe pour une conne et les français pour des cons !
La vraie histoire de Ben Laden ne vaut pas plus que la version des guignols !
La cassette ben Laden vue par les Guignols
Vidéo :
http://www.reopen911.info/video/la-cassette-ben-laden-vue-par-les-guignols.html


3-3 Roger Romain : 2008: 78 millions d'euros (plus de 3 milliards de f. belges) à la poubelle pour leur saloperie de guerre en AFGHANISTAN ...

En 2008, jouer à la guerre en Afghanistan AFGHANISTAN a coûté au trésor belge la bagatelle de 76 millions d'euros: 40,8 millions pour les frais de logistique et 34,7 millions pour la solde des 485 petits soldats. Le coût par soldat engagé est de 156.700 euros. Ces chiffres ont été transmis à la Cour des comptes par le ministre de la "Défense". Une piste, peut être, pour combler un peu le trou béant du budget ?   Les Afghans nous en seraient reconnaissants, les Amerloques un peu moins...
LA BELGIQUE en guerre en AFGHANISTAN !

Des soldats belges sous le feu des résistants Afghan...

Sous les ordres de nos gouvernants belgo-européens, ricanisés et otanisés, la BELGIQUE participe à une guerre d’agression et d'occupation en AFGHANISTAN.

Des soldats belges sont en ce moment sous le feu des Résistants et doivent maintenant participer aux combats.

Dans l'indifférence générale, sans déclaration de guerre, contre un pays souverain membre de l'Onu, à des milliers de kms de nos frontières.

Pas question pour cela "de réduire les dépenses publiques".  Ce sont les Ricains qui commandent pour cette guerre déclenchée par Bush et amplifiée par Obama.

Un seul mot d'ordre: RETRAIT IMMEDIAT des soldats belges d' AFGHANISTAN et dissolution de l' alliance impérialiste otanienne !

Assez de guerres pour l’Amérique et enrichir les marchands de canons !

La Belgique doit cesser d'être une colonie ricaine depuis plus de 60 ans et de participer à des aventures de conquêtes colonialistes !

RoRo


3-4 Antonio Artuso : Le gouvernement sous la direction deStephen Harper a consacré 22 milliards de dollars en dépenses militaires.

Comme le camarade Roger Romain, qui dénonce la Belgique, nous dénonçons le Canada et les puissances impérialistes, qui mènent la guerre criminelle d'invasion et d'occupation de l'Afghanistan et les préparatifs d'une 3ème guerre mondiale entre blocs impérialistes et contre les peuples.

Voici un petit aperçu des politiques fascistes du Canada, au Canada même et dans les autres pays.

Et, en conclusion, un aperçu sur la nécessité pour les communistes de renforcer ou de reconstruire le Parti communiste dans tous les pays et le Mouvement communiste international.

Le gouvernement conservateur du Canada, sous la direction du premier ministre Stephen Harper ont consacré 22 milliards de dollars en dépenses militaires seulement pour l'Afghanistan.

Le gouvernement conservateur du Canada a l'appui total de la soi-disant oposition, dirigée par le Parti libéral.

Le parti conservateur et le parti libéral du Canada dirigent l'État canadien, machine de répression de la bourgeoisie contre les travailleurs et le peuple canadiens.  

Le Canada est membre de l'OTAN, organisation fasciste, qui vise l'hégémonie mondiale du bloc de pays sous la direction des États-Unis.

Le Canada, pays impérialiste, connu dans le monde comme exemple de pays démocratique, est un allié fidèle de l'impérialisme états-unien.

En même temps l'impérialisme canadien se développe rapidement en Afrique, en Amérique latine, en Asie dans le secteur minier.

Les capitalistes canadiens sont de plus en plus responsable de destructions écologiques, de zones cultivables et poissonnières, de massacres d'indigènes, de corruption de gouvernements, d'appui à la répression et aux assassinats de leaders qui luttent contre les destructions et les crimes de ces compagnies canadiennes.

Quelques exemples récents des politiques canado-états-uniennes :

(1) Le Canada a bombardé, pendant 90 jours, hôpitaux, réseaux d'électricité, d'eau, de routes d'un pays pacifique qui a disparu, la Yougoslavie;

(2) Le Canada, conjointement avec les États-Unis et la France, a participé au renversement le président Aristide, élu en Haïti et constamment attaqué;

(3) Le Canada est un allié inconditionnel de l'État sioniste et un ennemi des droits du peuple palestinien;

(4) Le Canada a intégré ses armées avec celles des États-Unis;

(5) Le Canada collabore avec les services d'intelligence des États-Unis, et au moins 4 citoyens canadiens d'origine arabo-musulmanes ont été mis en prison et torturés (cas de Maher Arar) par les États-Unis;

(6) Le Canada a appuyé totalement le 1er coup d'État d'Obama au Honduras;

(7) Le Canada appuie toutes les politiques visées par les États-Unis, pour le Canada et pour l'étranger : démantèlement de la Commission canadienne du blé qui commercialisait le grain produit par les agriculteurs canadiens pour appuyer 5 monopoles états-uniens, démantelement des services de santé, d'éducation, les services sociaux comme aux États-Unis;

(8) Le Canada et le Mexique ont déjà signé des mesures en vue de leur intégration aux États-Unis sous la domination des capitalistes états-uniens;

(9) Le Canada a refusé de signer les documents internationaux reconnaissant les droits des nations autochtones;

(10) Le Canada a refusé de signer les accords en vue de la réduction des émissions.

Stephen Harper, premier ministre du Canada, fondamentaliste chrétien, laquais de l'impérialisme états-uniens, est le plus fasciste de l'histoire du Canada.

Comment expliquer que les peuples votent contre leurs intérêts?

1)  Le développement, au cours des 50 années du révisionnisme :

- du révisionnisme en URSS (mort de Staline, rôle du traître révisionniste Khrouchtchev, 20ème Congrès du PC de l'URSS, démantèlement de la planification en URSS, théorie révisionniste de la voie pacifique vers le socialisme, abandon total du marxisme-léniniste (1) ligne idéologique; (2) ligne politique; et (3) ligne organisationnelle des Partis communistes devenus révisionnistes et du Mouvement communiste international);

- du révisionnisme chinois (alliance du PC chinois avec la bourgeoisie nationale chinoise, prise de contrôle de la bourgeoisie au sein du Parti et de l'État).

2) Le révisionnisme a permis le développement de l'impérialisme sur les plans idéologique, politique et organisationnel.

Aujourd'hui l'impérialisme, stade suprême du capitalisme (depuis 1890), a trois caractéristiques :

(1) crise économique capitaliste mondiale (accompagnée de crises écologique, alimentaire, migratoires, etc.);

(2) montée du fascisme dans tous les pays; et

(3) multiplication des guerres civiles et locales, ainsi que préparatifs d'une troisième guerre mondiale

La guerre "froide" était une 3ème guerre mondiale non-déclarée, qui a causé entre autre la mort de 6 millions seulement au Viêt-Nam, au Cambodge et au Laos, et qui visait le génocide de la gauche et du mouvement ouvrier en Amérique latine, en Asie, en Afrique).

Les États-Unis multiplient les bases militaires, préparent de nouvelles armes (drones, véhicules militaires télécommandés, nouveaux types d'armements et de systèmes logistiques) en plus de 700 bases à travers le monde.

La Chine, puissance montante, est un danger mortel pour les États-Unis, alors qu'elle contrôle de plus en plus de mines en Afrique et dans le monde, et s'implique dans les luttes locales.  Les États-Unis ne vont pas attaquer directement la Chine mais affaiblir et attaquer les pays alliés à la Chine.  Les États-Unis, animal blessé à mort, sont prêts à mettre le monde à feu et à sang pour sauver les intérêts des capitalistes états-uniens.

Que faire?

Les communistes doivent renforcer ou reconstruire les Partis communistes et renforcer le Mouvement communiste international.

Les communistes doivent se baser sur le marxisme-léninisme, et adopter les 2 volets du programme de 1903 de Lénine, au 2ème Congrès du POSDR :

A) le programme maximal : la tâche essentielle du Parti de la classe ouvrière (1) la révolution socialiste et (2) l'instauration de la dictature du prolétariat; et

B) le programme minimal : les tâches immédiates du Parti avant le renversement de l'ordre capitaliste, avant l'instauration de la dictature du prolétariat : le renversement de l'autocratie tsariste, l'instauration d'un gouvernement démocratique, l'application de la journée de 8 heures pour les ouvriers, la suppression de tous les vestiges du servage à la campagne, etc.

(Pages 44 et 45 - Histoire du Parti communiste (bolchévik) de l'URSS - Éditions en langues étrangères - Moscou, 1949)

Antonio Artuso - Reconstruction communiste Canada –

7 novembre 2010


3-5 Accords militaires Franco-britanniques: quand la France et la Grande-Bretagne rament à contre-sens au mépris de la sécurité de la planète.
Communiqué - Mouvement de la Paix
Vendredi 5 novembre 2010

Le président français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique David Cameron ont annoncé mardi 2 novembre à Londres la signature de deux traités de coopération militaire.
« A l’aube du 21ème siècle, il faut de nouvelles idées. (…) Il faut provoquer des changements. (…) il faut une vision et une grande ambition » ont-ils indiqué en ouverture de leur conférence de presse. Pourtant, leurs annonces s’inscrivent dans des conceptions bien anciennes de la sécurité.
Si l’argument principal avancé est le coût, il n’en demeure pas moins qu’il faut s’interroger sur la finalité de tels traités.
En effet les deux traités signés portent sur la création d’un corps expéditionnaire commun de plusieurs milliers d’hommes, la construction d’un centre de simulation des armes nucléaires, le lancement de nouveaux programmes de missiles ainsi que la fabrication de drones européens.
Pour quoi faire ?
Pour le Mouvement de la Paix, cet accord annoncé comme historique comporte deux traités anachroniques, à contre-sens du contexte international, marqué par l’inefficacité et le rejet massif de solutions purement militaires, ainsi que par la dynamique planétaire en faveur de l’abolition des armes nucléaires.
Cette manière dominatrice de concevoir la sécurité de la Planète, s’appuie sur une arrogance à l’égard du monde, qui ne manquera pas d’isoler encore un peu plus la France et la Grande-Bretagne sur la scène internationale. Au contraire, les pays européens auraient un rôle majeur à jouer pour bâtir la paix par la construction d’un monde plus juste, moins discriminant, plus démocratique.
En poursuivant dans la voie d’armes toujours plus sophistiquées, la France et la Grande-Bretagne tournent le dos à cette aspiration majoritaire des peuples de résoudre autrement que par la guerre et par la force les problèmes du monde.
Aucun des deux pays n’est menacé sur son territoire. Quelle menace clairement identifiée justifie donc un corps expéditionnaire commun, si ce n’est l’objectif politique d’être des gendarmes du monde ? A quelques jours du sommet de L’Otan à Lisbonne qui doit valider le nouveau concept stratégique de l’alliance, Paris et Londres confirment leur vision d’une alliance atlantique à forte vocation politique, en concurrence directe avec l’Onu.
Alors que les puissances nucléaires (dont la France et la Grande-Bretagne) se sont engagées, lors de la Conférence d’examen du Traité de non-prolifération nucléaire, en mai dernier à l’Onu, à présenter en 2014 un rapport sur leurs engagements en matière de désarmement, voilà qu’elles annoncent une mesure de prolifération verticale par la création d’un centre d’expérimentation commune à Valduc (Côte d’Or) et à Aldermaston (Grande-Bretagne).
Le Mouvement de la Paix considère au contraire que la France et la Grande-Bretagne auraient tout à gagner à agir ensemble pour mettre en œuvre les engagements du TNP, accepter les contrôles de l’AIEA imposés à tous les pays non dotés d’armes nucléaires, et agir pour une zone exempte d’armes de destruction massives au Moyen-Orient.
Oui, il y a du nouveau à inventer au 21ème siècle. Notre planète dispose de suffisamment de richesses pour permettre à tous d’y vivre décemment et dignement, en intelligence et en coopération avec ses voisins. « Une grande vision et une grande ambition » seraient l’action résolue de la France et de la Grande-Bretagne pour répondre aux objectifs du Millénaire pour le développement ainsi que des initiatives pour la prochaine conférence de Cancun sur le Climat.
Les sommes colossales consacrées aux projets militaires communs y seraient bien plus utiles pour prévenir les guerres et construire la paix.
Pour Le Mouvement de la Paix, l’enjeu est le dépassement de la vieille culture de guerre – héritage d’un passé de dominations, d’obscurantisme et d’ignorance – par une culture de la paix, du quartier à la planète, comme un ensemble de valeurs, d’attitudes, de comportements et de modes de vie qui rejettent la violence et préviennent les conflits en s’attaquant à leurs causes profondes et en résolvant les problèmes par la voie du dialogue et de la négociation entre les personnes, les groupes et les nations.
Oui, les peuples du monde ont à inventer les formes et les chemins de civilisations de paix.
A l’opposé de ces enjeux, Nicolas Sarkozy et David Cameron ont endossé les habits étroits de fantassins désuets.
Source : Mouvement de la Paix
http://www.mvtpaix.org/...


3-6 Afghanistan : les "toubibs" s'expriment dans le Quotidien du médecin.

Le Quotidien du médecin publie aujourd'hui une enquête sur les médecins militaires français face à l'Afghanistan. Voici des extraits de leurs témoignages.

«Un départ pour Kaboul fait réfléchir tout médecin militaire. Plus jeune, avec une certaine inconscience, je suis moi-même parti pour Sarajevo un peu la fleur au fusil. (...)

Aujourd’hui, je considère une mission à Kaboul avec une appréhension légitime. On ne peut pas ne pas se demander : qu’est-ce que je viens f... dans ce m... ? C’est un théâtre où l’on ignore qui sont les amis et qui sont les ennemis; pour aller récupérer un blessé, il faut traverser des check-points en risquant de se faire tirer dessus. Cela dit, nous sommes formés à l’urgence et aux conditions opérationnelles de soutien de nos forces. »

« Nous observons une raréfaction du nombre des médecins disponibles, conséquence de la féminisation du service. La pression se fait sentir d’autant plus sur les médecins hommes. Maintenant, si pour remplir sa mission de médecin militaire, je dois exposer ma vie et être tué, il faut l’accepter par avance. Sans être une tête brûlée, cela fait partie du contrat à honorer. »

« Pour éviter de se retrouver en Afghanistan, certains mettent en avant des problèmes de conjugopathie, ainsi que des soucis liés aux enfants. Mais cela ne fait que repousser le départ de quelque temps. D’autres se font mettre en congé-maladie. Deux cas de démission ont aussi été évoqués."

"Le problème le plus massif découle de la féminisation du SSA. Ceux d’entre nous qui partent en OMLT (Operational Monitoring Liaison Team) sont susceptibles d’être intégrés à l’armée afghane et les femmes en sont exclues. D’autre part, dans les missions de GTIA (groupement tactique interarmes), assez physiques, les femmes sont peu nombreuses. On ne sollicite donc, principalement, que le vivier masculin. Et ce sont toujours les mêmes qui s’y collent. Cela crée un problème, sur lequel nous avions alerté la direction centrale il y a dix ans, en demandant l’instauration de quotas, ou d’épreuves de sélection physique au concours. Maintenant, c’est trop tard, nous avons le nez dedans. »

« J’ai servi précédemment dans la Légion et dans les paras. J’ai fait la guerre du Golfe. En Afghanistan, le niveau de risque est supérieur à celui de la Nouvelle-Calédonie, l’éventualité de revenir d’un théâtre comme celui-là entre quatre planches n’est pas exclue. Mais nous sommes formés pour le prendre et l’assumer. Si un médecin militaire n’est pas d’accord, il faut qu’il change de métier. »

http://secretdefense.blogs.liberation.fr/defense/


4 Annexe

4-1 Les familles de militaires à la loupe de la sociologie.

C'est un rapport fort utile qu'ont livré à la direction des ressources humaines du ministère de la Defense la sociologue Carine Le Page et le statisticien Jérôme Bensoussan.

Titré Les militaires et leur famille, ce copieux document de 172 pages visite en profondeur un aspect mal connu de ce groupe social qui fait encore, par bien des aspects, figure d'énigme. Bourrée de statistiques, de tableaux et de chiffres, cette étude, qui doit être publiée la semaine prochaine, s'intéresse successivement à la situation conjugale des militaires, à leurs enfants et aux modes de garde qui leur sont réservés. Les structures familiales dans lesquelles vivent les militaires sont également étudiées, leurs conjoints sont passés à la loupe et leurs logements au microscope.

Sans oublier leurs ressources, leurs diplômes et leur origine familiale. Bref, une somme !

La première leçon que l'on peut tirer de la lecture du document, c'est que les militaires sont très largement des Français comme les autres, et se différencient pour l'essentiel par leur âge (60 % ont moins de 35 ans) et leur sexe (85 % sont des hommes).

Leur vie familiale est sans surprise : 75 % vivent en couple, mais ce chiffre monte à 85 % après 35 ans. Rien de surprenant non plus dans le mode de relation du couple : 70 % des jeunes militaires vivent en concubinage et à partir de 30 ans, 66 % des couples sont mariés. À partir de 45 ans, plus de 90 % des hommes militaires et 80 % des femmes sont parents. À en croire l'étude, les couples sont majoritairement stables : "Le modèle familial dominant est composé des deux conjoints et de leurs enfants (65 %), vient ensuite celui restreint au couple (26 %). Les autres formes familiales composées soit d'un seul parent et de ses enfants (3 %), soit d'un couple avec des enfants issus d'une précédente union (6 %) sont largement minoritaires."

Les divorces en augmentation

La jeunesse des militaires est une composante imposante de leur statut familial, qui évolue avec l'âge : "Plus les militaires appartiennent à une catégorie hiérarchique élevée, plus ils sont âgés, et moins souvent ils sont célibataires. Ainsi, moins d'un quart des officiers se trouve dans cette situation, contre plus d'un tiers des sous-officiers et plus des trois quarts des militaires du rang." On notera aussi que les familles nombreuses (quatre enfants et plus) sont en nombre plus important au service de santé des armées, où 9 % des militaires concernés sont parents de familles nombreuses, contre 5 % dans l'armée de terre, 6 % dans la marine, 3 % dans la gendarmerie et 2 % dans l'armée de l'air.

S'agissant du Pacs, les auteurs notent que "parmi les unions enregistrées pour l'année 2007, 36 % des militaires se sont pacsés et 64 % se sont mariés ; en 2008, les proportions sont proches, passant à 41 % pour le Pacs et 58 % pour le mariage. Comme pour le reste des Français, ces deux types d'union sont désormais presque aussi fréquents l'un que l'autre et dans les deux populations, on se rapproche d'un Pacs pour deux mariages. Le rapprochement des régimes fiscaux du Pacs et du mariage en 2005 est de nouveau une piste explicative. Mais une dimension sociologique manque dans cette analyse : le nombre de Pacs conclus entre personnes du même sexe. Il aurait été intéressant de connaître la similarité de ce chiffre, ou pas, avec celui concernant reste de la population. Il semble que la rumeur concernant le nombre des divorcés dans l'armée française, qui serait en augmentation notamment en raison de la multiplication des opérations extérieures, prenne quelque consistance : 4 % des militaires étaient divorcés en 2001. Et 6 % en 2009. Une augmentation presque de moitié, c'est énorme !

Origines familiales

Autre donnée intéressante : le statut professionnel des conjoints : "Plus la catégorie hiérarchique des hommes militaires est élevée, moins leurs conjointes exercent un emploi. L'écart est particulièrement net entre les conjointes d'officiers supérieurs et celles des militaires des autres catégories : la moitié d'entre elles seulement travaille, contre les deux tiers des femmes d'officiers subalternes, et plutôt les trois quarts au sein des autres catégories. La part de femmes au chômage restant relativement similaire d'une catégorie à l'autre, c'est donc la part d'inactives qui augmente de façon sensible."

Arrêtons-nous aussi sur l'origine des militaires : pour plus de 30 % d'entre eux, un membre au moins de leur famille d'origine est lui-même militaire. Dans ce tiers de militaires, 63 % ont un père militaire, et 53 % de ceux qui sont membres d'une fratrie ont un frère ou une soeur dans le même cas : "Quelle que soit l'armée, un tiers des militaires a évolué dans un environnement militaire (un des membres de la famille est militaire). De même, que le militaire soit officier supérieur ou militaire du rang, la proportion de militaires présents dans l'environnement familial ne se distingue pas de manière significative, variant entre 31 % et 39 % d'une catégorie hiérarchique à l'autre."

Des insatisfactions

L'étude se penche aussi sur les "insatisfactions qui impactent le moral" et relève les principales.

Les auteurs notent ainsi que "l'inadéquation entre les tâches demandées et les moyens octroyés, ainsi que l'état du matériel et la réduction d'effectifs, qui entraînent une difficulté à remplir les missions et une dégradation des conditions de travail. Cette situation a un effet néfaste sur le moral, qui peut conduire à une démotivation". Mais l'insatisfaction porte aussi sur "les restructurations, qui impliquent la dissolution de certaines unités et entraînent des craintes pour l'avenir."

Par ailleurs, "certains militaires sont démotivés car ils ont peu de perspectives de carrière en termes d'avancement de grade (...) Des militaires du rang, mais surtout des sous-officiers, se plaignent du manque de considération qui leur est accordé dans l'institution." Enfin, la politique d'incitation au départ n'est pas bien acceptée : "certains anciens ne comprennent pas la politique menée actuellement. Pour eux, celle-ci consisterait à recruter beaucoup de jeunes et à écarter les plus expérimentés. Ceci leur semble en contradiction avec la volonté de mettre en place une armée professionnelle."

29/10

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/jean-guisnel/les-familles-de-militaires-a-la-loupe-de-la-sociologie-29-10-2010-1256121_53.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20101030



Tout individu i a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


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23/11/2010

n° 463 - Les dossiers de la Lutte Afghane - 22-11 - Début - : Pas de fin à la guerre des États-Unis et de l'OTAN en Afghanistan.


n° 463 -   Les dossiers de la Lutte Afghane  - 22-11  - Début  - : Pas de fin à la guerre des États-Unis et de l'OTAN en Afghanistan.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Les dossiers de la Lutte Afghane 

n° 463 - du 22-11                                         C.De Broeder & M.Lemaire



Le "Afghanistan le dossier" est  visible  sur mes blogs : 

a)   sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis   :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

d) un sommaire à :  http://www.palestine-solidarite.org/journaux.CathyetMarc.htm

cette page est accessible depuis la page d'accueil ( http://www.palestine-solidarite.org/ ) colonne de gauche.

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

Tiré à part :

L’Otan tente une relance des relations avec la Russie…

1 Dossiers

1-1 Comment l’Onu ferme les yeux sur les violations des droits de l’homme en Afghanistan.

1-2 Rick Rozoff : Abandon du calendrier de retrait - Pas de fin à la guerre des États-Unis et de l'OTAN en Afghanistan.

1-3 "Ceux que nous capturons sont exécutés sur le champ de bataille" - Quels sauvages !

Fin

1-4 Normand Beaudet : L'armée nationale afghane : La solution ou le piège?

1-5 Heidi Vogt : Les États-Unis auraient (ont) une prison secrète en Afghanistan.

1-7 Guantanamo : Les dossiers

1 Quand les médecins de la CIA perfectionnent les tortures…

2 Indépendance des Chercheurs : Ghailani  ou  l’es Etats-Unis : la détention sans jugement, en cause’. (I)

3 Etats-Unis : la détention sans jugement, en cause (II)



Tiré à part :

L’Otan tente une relance des relations avec la Russie

La Russie est l’invitée de marque du sommet de l’Otan qui s’ouvre ce vendredi à Lisbonne. Au menu aussi, le retrait d’Afghanistan, un « nouveau concept stratégique » et la mise en place d’un bouclier antimissile en Europe. Analyse dans « Le Soir »

Les Etats-Unis et leurs 27 alliés vont entériner l’afghanisation progressive des opérations militaires à partir du premier semestre 2011. Cette “transition”, c’est-à-dire le transfert progressif des responsabilités à l’armée afghane, doit s’achever fin 2014.

Présente en Afghanistan depuis 2003, jamais l’Alliance atlantique n’a mené une intervention armée aussi importante, aussi longue et aussi loin de ses bases traditionnelles, avec des pertes croissantes (650 morts dans ses rangs déjà cette année).

Les autres grands thèmes sont la défense antimissile en Europe, la rénovation de l’Otan et la relance de la coopération avec la Russie. Vendredi, les chefs d’Etat et de gouvernement commenceront par débattre d’un nouveau “concept stratégique”, qui doit servir d’ordre de mission à l’Alliance pour les 10 prochaines années.

Outre les dures leçons tirées de l’expérience afghane, il y sera question de s’organiser pour faire face aux menaces nouvelles : terrorisme, cyberguerre, piraterie, ou prolifération balistique et nucléaire.

Les 28 alliés doivent adopter la décision de principe de se doter d’un bouclier antimissile pour protéger le territoire européen. Ils vont aussi entériner une forte cure d’amaigrissement des structures permanentes de l’Otan, qui se traduira par une réduction d’un tiers de ses 20.000 civils et militaires.

Le samedi devrait être consacré à l’Afghanistan, avec la réunion des 48 pays participant à l’Isaf, la force internationale sous commandement Otan plus le Japon, ainsi que le président afghan Hamid Karzaï.

Relance des relations avec la Russie ?

Les dirigeants alliés rencontreront ensuite le président russe Dmitri Medvedev pour un sommet Otan-Russie, qui devrait approfondir leur coopération après la brouille consécutive à la guerre russo-géorgienne d’août 2008. On s’attend notamment à ce que Moscou accorde des droits de transit supplémentaires aux trains transportant des équipements pour l’Otan, des pays baltes à l’Afghanistan. Surtout, la Russie, surmontant sa méfiance à l’égard de tout ce qui pourrait affecter son arsenal de dissuasion, pourrait accepter d’étudier conjointement comment relier son propre bouclier antimissile et celui dont l’Otan veut se doter.

(afp)



1 Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 Comment l’Onu ferme les yeux sur les violations des droits de l’homme en Afghanistan.

Les lecteurs de Rivarol connaissent depuis bien longtemps le caractère très “relatif” de l’attachement des organisations internationales aux « droits de l’homme », attachement qui varie au gré des intérêts financiers et géostratégiques des grandes puissances occidentales, au premier rang desquelles, bien sûr, les États-Unis et leur allié israélien. Ils ne seront donc pas surpris de ce nouvel épisode qui révèle une fois encore, mais avec une particulière clarté, la tartufferie qu’est cette prétendue préoccupation « droit de l’hommarde » à géométrie variable.

En effet, plusieurs journaux, notamment d’Afrique du Nord, ont révélé que l’Onu avait « volontairement passé sous silence » un rapport sur des « violations massives des droits de l’homme » en Afghanistan entre avril 1978 et décembre 2001, accusant “Soviétiques”, « factions islamistes » et « forces américaines » d’avoir pris part à des “atrocités”.

Ces informations font suite à la publication très attendue et très médiatiquement commentée d’un rapport controversé de l’Onu évoquant la possibilité de “génocide” commis par l’armée rwandaise en République Démocratique du Congo à la fin des années 1990.

Mais un autre rapport, commandité lui aussi par le Haut Commissariat de l’Onu aux droits de l’homme, tout aussi sulfureux et se penchant sur les crimes commis entre 1978 et 2001 en Afghanistan, a lui été délibérément bloqué par les Nations unies.

Ce rapport, finalisé en décembre 2004 après un an de travail, d’enquête et de recoupement d’informations, devait être publié en janvier 2005. Cette publication a tout d’abord été suspendue, puis reportée une première fois, puis une seconde fois… avant que le dossier ne soit définitivement enterré et rejoigne dans les archives poussiéreuses de l’institution internationale les autres rapports imprudemment rédigés sur des sujets qui fâchent.

Le document “étouffé” répertorie les diverses exactions et atteintes aux droits des gens perpétrées par toutes les factions qui ont participé aux diverses guerres qui ensanglantent cette terre martyre d’Afghanistan depuis la fin des années 1970. Les bavures et autres crimes des Gi’s américains y sont ainsi mis sur le même pied que ceux des troupes soviétiques d’occupation, des milices communistes ou des partisans moujahiddines.

Le rapport accuse en effet « Soviétiques, chefs communistes, moudjahidine, factions islamistes, et même forces américaines » d’avoir « pris part, à des degrés divers, aux atrocités (tortures, pillages, exécutions sommaires, détentions arbitraires, massacres de civils, viols en série, enrôlement d’enfants) endurées par les Afghans ».

Un affront que l’Oncle Sam ne pouvait tolérer ! Car chacun sait que l’armée américaine n’est pas une armée comme les autres, mais celle de la démocratie et de la civilisation, prédestinée à étendre le paradis libéral sur l’ensemble de la planète.

Le rapport a donc prudemment été dirigé vers les oubliettes par l’Onu dont on remarquera encore une fois la très grande célérité et la très grande discrétion lorsqu’il s’agit de ne pas contrarier les puissants. Une soumission éhontée aux intérêts américains qui donne un écho particulier aux récentes déclarations du président du Rwanda dénonçant une « Onu à deux vitesses ».

A la tribune de l’assemblée générale, Paul Kagamé a en effet fortement contesté le rôle de l’Onu dans les relations internationales, estimant qu’il était temps de réexaminer le fonctionnement et la place de l’institution au sein de la « gouvernance mondiale ». Reprochant « l’occidentalo-centrisme » de ladite institution, le président rwandais a notamment déclaré : « l’Onu a certains standards pour certains pays et d’autres standards pour les autres pays. Nous devons nous assurer que cette organisation ne devienne pas un outil pour les puissants, pour protéger leurs intérêts, renforcer leur influence ou subjuguer celles des autres ».

Difficile aujourd’hui de ne pas partager son constat.

© Rivarol n° 2974

11 novembre,

http://www.medialibre.eu/4146/comment-l%E2%80%99onu-ferme-les-yeux-sur-les-violations-des-droits-de-l%E2%80%99homme-en-Afghanistan


1-2 Rick Rozoff : Abandon du calendrier de retrait - Pas de fin à la guerre des États-Unis et de l'OTAN en Afghanistan. Abandon du calendrier de retrait

Les grands médias et les médias alternatifs ont reproduit une révélation récente, qui n'a surpris personne, provenant de la chaîne de journaux McClatchy : « L'administration Obama a décidé de renoncer publiquement à ce qu'elle avait auparavant appelé ses dates-clé en ce qui concerne la guerre en Afghanistan pour minimiser la promesse de Barack Obama de commencer le retrait des troupes américaines en juillet 2011. »[1]

Un article publié il y a un mois par cette chaîne, « Les États-Unis et l'OTAN en guerre : Une guerre de 15 ans en Afghanistan et au Pakistan »[2], le révélait et quiconque a suivi les nouvelles sur Internet pendant les semaines qui ont précédé la parution de l'article n'a pas été surpris des révélations de McCkatchy.

Le 25 octobre, le secrétaire du Conseil du Traité de l'Atlantique Nord, Edmund Whiteside, a fait un discours à l'Université Concordia à Montréal dans lequel il aurait dit selon la presse : « Vous pouvez vous attendre à ce que la guerre en Afghanistan, le plus long engagement militaire de l'histoire des États-Unis et du Canada, continue encore très longtemps. » « L'Afghanistan est une entreprise militaire de très longue durée », aurait-il dit.

Son opinion sera confirmée par le Sommet de l'OTAN à Lisbonne au Portugal la semaine prochaine, qui adoptera le nouveau Concept stratégique de l'alliance que dominent militairement les États-Unis : le maintien de l'arsenal nucléaire de l'OTAN et le stationnement de bombes nucléaires américaines en Europe. « Le Canada dit ne pas avoir besoin de missiles balistiques, a dit Whiteside. Le Canada, ne l'oublions pas, fait partie d'une alliance qui a une politique nucléaire. Cela n'est pas sans conséquences... »[3]

Le 8 novembre, un jour avant la parution de l'article de la chaîne McClatchy, le brigadier-

général allemand Josef Blotz, porte-parole de la Force d'assistance à la sécurité de l'Afghanistan qui est dirigée par l'OTAN et qui comprend 152 000 soldats provenant de 50 pays, a dit : « Nous n'avons pas établi de calendrier de retrait des troupes de la coalition de l'Afghanistan. »

Blotz a ensuite confirmé : « Il n'y a pas encore de calendrier. »

Au sujet du transfert du contrôle de la sécurité aux forces afghanes, il a ajouté : « Nous n'allons pas agir selon un calendrier rigide mais selon les conditions telles qu'elles se développeront dans les années qui viennent. »[4]

Le premier ministre du Canada Stephen Harper a dit le 11 novembre dernier, en marge du Sommet du G20 à Séoul, en Corée du Sud, qu'il avait décidé « de garder des soldats en Afghanistan dans un rôle non combattant d'entraînement une fois la mission de combat terminée en 2011 ».

L'Associated Press a cité un représentant du gouvernement canadien disant que le Canada « maintiendra 750 entraîneurs militaires et 250 membres de personnel de soutien en Afghanistan jusqu'en 2014... »[5]

Les médias ont rapporté que le jour précédent, le commandant en chef des forces britanniques dans le sud de l'Afghanistan, le major-général Nick Carter avait « présenté un tableau désastreux de l'effort de guerre en Afghanistan » pour rendre improbable un retrait ou même un début de retrait des troupes l'an prochain.

Carter a admis que « sous mon commandement j'ai perdu 302 soldats, la plupart américains. Le coût en vies et en argent est énorme. » Il a ajouté que l'OTAN ne serait pas en mesure de savoir s'il était en train de remporter la victoire (un mot qui ne signifie pas grand chose dans une guerre qui s'étire depuis dix ans et s'escalade à chaque jour) avant juin 2011 « quand la saison des combats va reprendre » et que l'Alliance atlantique et le Pentagone seront en mesure de « comparer les attaques des Talibans avec celles de cette année ».[6]

Les États-Unis et l'OTAN (la distinction est mince quand on sait que 140 000 des 150 000 soldats étrangers en Afghanistan servent maintenant sous le commandement de l'OTAN), ont perdu 633 soldats cette année en date du 11 novembre. Ils en ont perdu 521 l'an dernier et 295 en 2008. Sur le total de 2 203 morts parmi les soldats occidentaux dans le pays, 1 184 se sont produites dans les derniers 22 mois.

Citant des statistiques de la US Air Force, un reportage de ABC News du 10 novembre intitulé « Nombre record de frappes aériennes en Afghanistan » révélait que le nombre de frappes aériennes effectuées en Afghanistan en octobre – près de 1 000 – était le nombre mensuel le plus élevé depuis que la guerre a débuté en 2001, alors qu'il était de 700 le mois précédent, une hausse de 172 % par rapport à septembre 2009.

L'article mentionnait également que les sorties de combat américaines et de l'OTAN cette année, soit 26 948, dépassent déjà le nombre record de 26 474 établi l'année dernière.[7]

Ne serait-ce que depuis le début du mois dernier, les États-Unis ont lancé 20 attaques de drones de combat au Pakistan, qui ont tué plus de 130 personnes.

Une violation de l'espace aérien du Pakistan par un hélicoptère armé de l'OTAN a eu lieu dans les régions tribales fédérales du Pakistan le 2 novembre dernier ; c'était au moins la cinquième violation du genre depuis septembre et l'attaque au drone du 31 octobre avait causé la mort de trois soldats pakistanais.

Des députés de l'opposition ont exprimé plus tôt en novembre « leur sérieuse préoccupation face à la violation de l'espace aérien du Pakistan par les forces de l'OTAN » et ils « ont quitté une session du sénat en signe de protestation et condamné avec force les violations de l'espace aérien par les forces de l'OTAN ».[8]

Le magazine indien Frontline rapporte que « le président Obama a accru substantiellement ses dépenses pour la défense et étendu la guerre en Afghanistan » et que « l'administration Obama a complètement endossé la politique de l'administration Bush de tuer les personnes soupçonnées de terrorisme au moyen de drones aériens de combat sans pilotes ».

« Plutôt que de capturer les supposés terroristes dans leurs cachettes dans les villes densément peuplées ou les villages éloignés, ce qui est plus laborieux, les drones bombardent la maison ou le village ou les suspects se cachent. Cela cause beaucoup de dommages collatéraux. Le nombre de civils innocents qui sont tués par cette méthode dépasse de beaucoup le nombre des gens qui sont tués dans la lutte contre l'occupation. »

« Depuis qu'il est arrivé au pouvoir il y a deux ans, Obama a fait des drones meurtriers un élément clé de sa lutte contre les militants en Afghanistan et au Pakistan. Les drones sont aussi utilisés de façon indiscriminée pour cibler des militants au Yemen et en Somalie. »[9]

En cette dixième année de la guerre en Afghanistan, le conflit est maintenant beaucoup plus étendu, devenant plus important et mortel avec chaque semaine qui passe. Il va s'accroître encore davantage avant qu'il ne commence à diminuer, si jamais cela arrive.

La promesse de l'an dernier du président Obama de « repositionner » l'an prochain les forces de combat américaines et de l'OTAN de l'Asie centrale et du Sud – elles sont également en poste au Kirghizistan, au Tadjikistan et en Ouzbékistan – se révèle maintenant être une manipulation ouvertement politique, comme ce le fut depuis le début.

Un texte signé par Stephen M. Walt a été publié le 11 novembre sur le site du National Public Radio sous le titre : « La politique étrangère en Afghanistan : un attrape-nigaud ».

Walt est professeur de relations internationales au John F. Kennedy School of Government à l'Université de Harvard, siège au comité de rédaction de la politique étrangère, des études de sécurité, des relations internationales et du périodique d'études sur la guerre froide, et est le co-auteur avec John Mearsheimer du livre intitulé The Israel Lobby and US Foreign Policy.

Il se demande pourquoi tout ce brouhaha réel ou feint au sujet de l'article de McClatchy, indiquant :

« Je ne connais personne qui pense que les États-Unis pourraient changer les choses en l'espace de 18 mois, et ce délai n'est notamment pas plus qu'une manoeuvre politique conçue pour rendre l'escalade comparable à une étape provisoire. Les gens raisonnables peuvent être en désaccord avec la décision d'Obama d'escalader le conflit en Afghanistan (je pense qu'elle n'est pas la bonne), mais la tergiversation d'Obama sur cette question est l'une des raisons pour lesquelles certains de ses partisans les plus enthousiastes sont devenus désenchantés. »

Énumérant des précédents historiques et faisant allusion à la crédulité maladive du public, Walt ajoute : « Il y a une longue tradition de présidents qui disent au peuple américain que certaines nouvelles missions militaires ne dureront pas longtemps et ne coûteront pas tant que ça. Nixon nous a dit qu'il avait un "plan secret" pour mettre fin à la guerre du Vietnam (il n'en n'avait pas) et Bill Clinton a déclaré que les troupes américaines ne seront en Bosnie que pour 12 mois (cela a plutôt duré neuf ans). Le président George W. Bush et ses conseillers ont déclaré que l'occupation de l'Irak sera brève et s'autofinancera mais aujourd'hui nous sommes toujours là et maintenant Obama a fait essentiellement la même chose : vendant un plus grand engagement en suggérant que ce n'est que temporaire, puis reniant la date limite qu'il s'était lui-même imposée ».[10]

D'autres promesses de désamorcer un conflit qui s'avère non seulement la plus longue guerre de l'histoire américaine mais aussi en Afghanistan, vont visiblement suivre leur cours selon le cycle politique aux États-Unis, en particulier l'élection présidentielle de 2012 et la quête présumée d'Obama pour sa réélection, mais vont s'avérer aussi fausses que celles de l'an passée.

Le Pentagone et ce qui sera officiellement dévoilé les 19 et 20 novembre comme étant une OTAN mondiale ont tiré des avantages considérables de la guerre en Afghanistan, et ils ne sont pas prêts à y renoncer. Leurs forces armées se sont installées à long terme au centre de l'Eurasie. Et ils ont construit un réseau international d'installations et de partenariats militaires au service de la guerre, allant de la première base d'opération de transport aérien multinational stratégique en Hongrie jusqu'à une base de transit au Kirghizistan à travers laquelle au moins 50 000 soldats passent chaque mois vers et hors de l'Afghanistan et la subordination des forces armées d'un grand nombre de nations en Europe et en Asie.

Ces derniers jours, par exemple, la guerre en Afghanistan a offert aux États-Unis et à l'OTAN des possibilités sans précédent d'étendre leur portée militaire au monde entier :

Le président Nursultan Nazarbayev du Kazakhstan qui possède la plus grande réserve de pétrole et de gaz naturel dans le bassin de la mer Caspienne et qui a des frontières communes avec la Russie et la Chine, a visité le siège de l'OTAN à Bruxelles pour rencontrer le secrétaire général, Anders Fogh Rasmussen. Rasmussen « a remercié le président Nazarbaïev pour le soutien de son pays à la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) de l'OTAN en Afghanistan ».[11] et Nazarbaïev a annoncé que « plusieurs soldats kazakhs serviront au siège de la coalition internationale en Afghanistan ».[12]

L'amiral Giampaolo di Paola, président du Comité militaire de l'OTAN, s'est rendu en Géorgie pour rencontrer les ministres de la Défense et des Affaires étrangères du pays et le chef de l'état-major des Forces armées de la Géorgie et pour inspecter le Centre national de formation Krtsanisi soutenu par l'OTAN, le Bureau de liaison de l'OTAN nouvellement établi dans la capitale nationale et « le 33e bataillon de la 3e Brigade d'infanterie qui va remplacer [le] contingent du 32e bataillon actuellement déployé en Afghanistan ».[13] En août 2008, la Géorgie a mené une guerre de cinq jours contre la Russie et l'OTAN est en train de former ses forces armées pour autre chose que simplement la guerre en Afghanistan.

Le commandement des opérations spéciales des États-Unis a récemment conclu en Allemagne des exercices d'entraînement pour les troupes de la République tchèque, de la Lituanie et de la Pologne. Le Pentagone a décrit leur objectif comme suit :

« La coordination et la synchronisation entre les forces d'opérations classiques et spéciales (FOS) sont cruciales sur le champ de bataille moderne, puisque les deux jouent un rôle complémentaire au sein d'une responsabilité commune – qu'il s'agisse de la collecte de renseignements ou de mener des opérations de combat ... L'activité de formation fait partie de la mission de la brigade dont un exercice annuel d'entraînement ... afin de préparer des unités de forces conventionnelles attribués à la zone du Commandement étasunien des opérations européennes pour le déploiement en Afghanistan ».[14]

La Lituanie et la Pologne ont des frontières avec la Russie et les deux accueillent des forces de l'OTAN, le premier pays à une base aérienne et le second à un centre de formation. Plus tôt ce mois-ci le parlement tchèque a approuvé le déploiement en Afghanistan l'année prochaine de troupes supplémentaires, y compris des forces spéciales, ce qui accroît le contingent de ce pays pour l'OTAN à 720 soldats.

Également ce mois-ci, des troupes polonaises se sont entraînées à une base de la Garde nationale de l'Illinois, à une heure de route de Chicago, et un officier polonais impliqué dans la formation, a déclaré : « Nous nous entraînons ensemble parce que nous luttons ensemble. Si nous nous entraînons ensemble nous nous battons et travaillons mieux en Afghanistan. C'est une bonne idée de s'entraîner ensemble avant de se déployer. Nous sommes de bons soldats et de notre brigade a été déployée deux fois en Irak et en Afghanistan et nous travaillons à un niveau élevé. Nous sommes prêts. »[15]

Le lien entre les pays qui contribuent des troupes à la guerre en Afghanistan et l'engagement des États-Unis à intervenir en leur faveur dans des conflits avec des pays voisins a été mis en lumière récemment par Philip H. Gordon, secrétaire d'État adjoint pour les Affaires européennes et eurasiennes.

Lors d'une réunion de stratégie en Pologne le mois dernier il a dit : « Je crois qu'il y a beaucoup d'appui parmi les alliés pour un équilibre entre les missions traditionnelles de l'OTAN menées en vertu de l'Article 5, sur la défense collective, et le besoin d'affronter de nouveaux défis de sécurité dans le monde, et nous sommes très confortables avec cet équilibre. »[16]

Le parlement suédois a prolongé le déploiement de soldats en Afghanistan, où la Suède participe à des opérations de combat et a perdu des soldats pour la première fois en deux siècles, plusieurs mois après que le gouvernement ait éliminé le dernier élément de conscription pour satisfaire les demandes de « professionnalisation » de l'OTAN et après l'annonce d'un déploiement obligatoire pour tous les soldats.

La semaine dernière le ministre de la Défense de l'Allemagne Karl-Theodor zu Guttenberg était en Mongolie, qui a des frontières communes avec la Chine et la Russie, où il a rencontré « des soldats du premier contingent de la mission mongolienne, qui avait été déployé dans le secteur allemand en Afghanistan. »[17]

Dans le contexte de la visite du président Obama à Mumbai et New Delhi, on a appris que l'Inde pourrait être appelée à contribuer des soldats à la Force internationale d'assistance à la sécurité en Afghanistan. L'analyste des affaires de la défense Bharat Singh affirmait récemment que « les près de 9 000 soldats indiens déployés dans des missions de maintien de la paix de l'ONU pourraient facilement être redéployés en Afghanistan. »[18]

En Bulgarie, où le Pentagone a fait l'acquisition de quatre nouvelles bases militaires, dont deux bases aériennes, depuis 2006, le ministre de la Défense Anyu Angelov a récemment déclaré que 7 % du budget de la défense (si on peut l'appeler ainsi) de la Bulgarie est consacré à la guerre en Afghanistan. Le nombre de soldats bulgare déployés en Afghanistan passera de 536 à plus de 600. Il a également dit que la Bulgarie « ne fixera pas d'échéance pour le retrait de ses troupes d'Afghanistan ».[19]

Néanmoins, James Warlick, ambassadeur des États-Unis en Bulgarie, qui intervenait à une conférence intitulée « L'Europe en Afghanistan : de la compréhension à l'appui » tenue au Club militaire de la capitale bulgare, a dit que « la Bulgarie pourrait accroître ses efforts en Afghanistan et faire plus ».[20]

La consolidation d'un partenariat militaire de longue portée pour la guerre en Afghanistan ne se limite pas à l'Europe de l'Est. Le mois dernier « un petit coin de Cornwall est devenu l'Afghanistan ». À la base de la Royal Air Force de St-Mawgan, 1 000 soldats du Corps de réaction rapide des forces alliées de l'OTAN ont pris part à « un important exercice d'entraînement, le premier en son genre au Royaume-Uni »[21] en préparation pour le déploiement en Afghanistan en janvier.

« Les soldats du Corps de réaction rapide étaient au pays pour préparer leur formation finale avant d'être déployés pour le service opérationnel en Afghanistan l'année prochaine.

« Les exercices du Corps de réaction rapide vise la formation des recrus en vue de leur participation à la Force internationale d'assistance à la sécurité de l'OTAN. »[22]

De Cornwall à la Mongolie, du Kazakhstan à l'Illinois, de la Suède au pays de Gales, de la Pologne à la Géorgie, de la Lituanie à l'Inde et au-delà, l'OTAN et le Pentagone renforcent les partenariats et les réseaux militaires autour de la guerre en Afghanistan. Ni Washington ni Bruxelles n'est pressé d'abandonner un conflit qui leur a permis de mondialiser leurs rôles militaires.

Notes

1. Nancy A. Youssef, »Obama officials moving away from 2011 Afghan date », McClatchy Newspapers, 6 novembre 2010
2. « 
U.S. And NATO To Wage War 15-Year War In Afghanistan And Pakistan », Stop NATO, 6 octobre 2010
3. The Link, 2 novembre 2010,
4. Xinhua News Agency, 8 novembre 2010
5. Associated Press, 11 novembre 2010
6.
Daily Mirror, 11 novembre 2010
7. Luis Martinez, « Number of Afghan Air Strikes Highest Ever », ABC News, November 10, 2010
8. Daily Times, 4 novembre 2010
9. John Cherian, « Hellfire from the sky »,
Frontline, 6-19 novembre 2010
10. Stephen M. Walt, « Foreign Policy : Bait And Switch in
Afghanistan », National Public Radio, 11 novembre 2010
11. North Atlantic Treaty Organization, 26 octobre 2010 « ....
Kazakhstan : U.S., NATO Seek Military Outpost Between Russia And China », Stop NATO, 14 avril 2010
12.
Central Asia Online, 27 novembre 2010
13. Ministère de
la Défense de la Géorgie, 29 octobre 2010
14.
U.S. European Command, 26 octobre 2010
15. Belleville News Democrat, 1er novembre 2010
16. Polish Radio, 29 octobre 2010
17.
Ulaanbaatar Post, 5 novembre 2010 « .... Mongolia : Pentagon Trojan Horse Wedged Between China And Russia« , Stop NATO, 31 mars 2010
18. Daily Times, 7 novembre 2010
19. Sofia News Agency, 26 octobre 2010
20. Sofia News Agency, 26 octobre 2010
21. Pirate FM, 14 octobre 2010
22. This Is Cornwall, 14 octobre 2010
23. The Star, 1er novembre 2010

(Traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste)

Rick Rozoff,

Stop NATO, le 2 novembre 2010 -

(Traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste)

http://www.cpcml.ca/francais/Lmlq2010/Q40180.htm#3


Réflexions du compañero Fidel 

1-3 "Ceux que nous capturons sont exécutés sur le champ de bataille" - Quels sauvages !

Quels sauvages ! Me suis-je exclamé après avoir lu jusqu’à la dernière ligne les révélations que le fameux journaliste Seymour Hersh a publiées dans Democracy Now et qui sont présentées comme l’une des vingt-cinq nouvelles les plus censurées aux États-Unis.

Le texte, intitulé : « Les crimes de guerre du général étasunien Stanley McChrystal », a été inclus dans le Project Censored, élaboré par une université de Californie qui comprend les paragraphes essentiels de ces révélations.

« Le général Stanley McChrystal, qu’Obama a nommé responsable de la guerre en Afghanistan en mai 2009, avait été auparavant le chef de l’État-major interarmes des opérations spéciales (JSOC), qui dépendait de Dick Cheney [le vice-président de George W. Bush]. Le gros de la carrière militaire de trente-trois ans du général McChrystal reste classés [autrement dit secrète], dont ses services de 2003 à 2008 comme chef du JSOC, une unité d’élite si clandestine que le Pentagone en a nié l’existence pendant des années. Le JSOC est une unité spéciale d’ "opérations noires" [assassinats] de la Navy Seals (Forces spéciales de la marine de guerre) et de Delta Force [des soldats secrets de l’armée chargés d’opérations spéciales, qui s’appelle formellement "Détachement-delta opérationnel des forces spéciales" (SFOD-D), tandis que le Pentagone l’appelle Groupe d’applications de combats (CAG)].

"Seymour Hersh, Prix Pulitzer de journalisme, a révélé que l’administration Bush avait mis en place un ceinturon exécutif d’assassinats qui dépendait directement du vice-président Dick Cheney et au sujet duquel le Congrès ne s’est jamais soucié d’enquêter. Des équipes du JSOC se rendaient dans différents pays, sans même en parler à l’ambassadeur ou au chef de la station CIA, porteurs d’une liste de gens qu’ils recherchaient, qu’ils retrouvaient et qu’ils tuaient, pour repartir ensuite. Il existait une liste de cibles dressée par le bureau du vice-président Cheney. [...] Des personnes furent assassinées dans des dizaines de pays du Moyen-Orient et d’Amérique latine, a affirmé Hersh, qui a ajouté : "Un décret exécutif signé dans les années 70 par le président Ford interdit de telles actions. Ceci ne viole pas seulement ce décret, mais c’est illégal, c’est immoral, c’est contre-productif."

« Le JSOC a aussi été impliqué dans des crimes de guerre, dont la torture de prisonniers dans des sites de détention secrets, " fantômes" (ghost). Le camp Nama, en Iraq, confié au JSOC conduit par McChrystal, fut l’une des installations "fantômes", dont le Comité international de la Croix-Rouge ignorait l’existence et qui a été accusée des pires actes de torture. »

Le général était établi officiellement à Fort Braga, en Caroline du Nord, mais « il fréquentait assidument le camp Nama et d’autres base des forces spéciales en Iraq et en Afghanistan où opérèrent les forces sous son commandement ».

Le document aborde ensuite un point tout à fait intéressant, quand ces actions entraient en conflit avec des fonctionnaires qui, dans l’exercice de leurs fonctions, étaient contraints de faire des choses qui violaient ouvertement la loi et entraînaient de graves délits.

« Un interrogateur du Camp Nama a raconté qu’on enfermait les prisonniers dans des conteneurs pendant vingt-quatre heures sous des chaleurs extrêmes, puis qu’on les exposait à de très grands froids en les aspergeant périodiquement d’eau glacée, qu’on les bombardait de lumières brillantes et de musique bruyante, qu’on les privait de sommeil et qu’on les tabassait sauvagement".

Le document aborde ensuite les flagrantes violations des principes du droit international et des conventions souscrits par les USA. Les lecteurs cubains se rappelleront comment j’ai raconté durant deux Réflexions nos rapports avec la Croix-Rouge internationale à laquelle nous avions remis un grand nombre de prisonniers de l’armée ennemie tombés entre nos mains durant la Defense de la sierra Maestra et la contre-offensive stratégique menée ensuite contre l’armée cubaine, entraînée et équipée par les USA. Nous n’avons jamais maltraité un seul prisonnier et nous avons soigné immédiatement tous les blessés. Cette institution basée en Suisse pourrait en attester.

« Le Comité international de la Croix-Rouge est l’organe chargé, en droit international, de superviser le respect des conventions de Genève et il a donc le droit d’examiner toutes les installations où sont enfermés les prisonniers de n’importe quel pays en guerre ou sous occupation militaire.

« Expliquant pourquoi aucun autre média n’a suivi cette histoire, Hersh a affirmé : "Mes collègues de la presse accréditée ne la suivent pas souvent, non parce qu’ils ne veulent pas, mais qu’ils ne savent pas où se tourner. Si j’écris quelque chose sur l’État-major interarmes des opérations spéciales, qui est apparemment une unité classifiée, comment vont-ils m’en parler ? L’administration me dira que tout ce que j’écris est incorrect ou qu’elle ne peut pas faire de commentaires. Vous vous retrouvez vite au chômage avec des histoires pareilles. Je pense que les rapports avec le JSOC sont en train de changer sous Obama. Il y a plus de contrôle maintenant."

« …la décision de l’administration Obama de nommer le général McChrystal nouveau responsable de la guerre en Afghanistan et le maintien de la juridiction militaire pour les prisonniers qu’ont faits les USA dans leur guerre contre le terrorisme dans la prison de la baie de Guantánamo, sont, hélas, des exemples de la façon dont l’administration Obama suit les traces de Bush.

« Rock Creek Free Press a fait savoir en juin 2010 que Seymour Hersh, intervenant à la Conférence sur le journalisme d’investigation à Genève, avait critiqué le président Obama en avril 2010 et dénoncé que les forces étasuniennes réalisaient des "exécutions sur le champ de bataille" : "Ceux que nous capturons en Afghanistan sont exécutés sur le champ de bataille", a-t-il dit. »

À ce point, le récit recoupe une réalité extrêmement actuelle : le fait que le successeur continue de suivre la même politique que le délirant W. Bush, qui inventa une guerre pour s’emparer des ressources gazières et pétrolières les plus importantes du monde dans une région habitée par plus de 2,5 milliards de personnes, à la suite d’actes commis contre le peuple étasunien par une organisation d’hommes que la CIA recruta et arma pour lutter en Afghanistan contre les soldats soviétiques et qui continue de jouir de l’appui des alliés les plus proches des USA.

La zone complexe et imprévisible dont on se dispute les ressources s’étend du Moyen-Orient aux lointaines limites de la région chinoise du Xinjiang, en passant par l’Iraq, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes réunis, l’Iran et les anciennes républiques soviétiques du Turkménistan, de l’Ouzbékistan, du Kazakhstan, du Kirghizstan et du Tadjikistan, capable de fournir le gaz et le pétrole à l’économie en pleine croissante de la République populaire de Chine et à l’Europe industrialisée. La population civile de l’Afghanistan et d’une partie du Pakistan, un pays peuplé de 170 millions d’habitants et possesseur d’armes atomiques, est victime des attaques des drones yankees.

Parmi les vingt-cinq nouvelles les plus censurées par les grands médias et choisies, comme elle le fait depuis trente-quatre ans, par la Sonoma State University (Californie) pour la période 2009-2010, l’une concerne : « Les crimes de guerre du général Stanley McChrystal » ; deux autres ont trait à notre île : « Les médias ignorent l’aide médicale de Cuba en Haïti » et « Les prisonniers de Guantánamo sont toujours victimes de brutalités », et la quatrième s’intitule : « Obama réduit les dépenses sociales et augmentent les dépenses militaires ».

Notre ministre des Relations extérieures, Bruno Rodríguez, avait été le responsable politique de la mission médicale cubaine dépêchée au Pakistan dont le rude Nord-Est avait été ravagé par un terrible séisme et dont de vastes zones peuplées par la même ethnie aux mêmes culture et traditions, furent divisées arbitrairement par le colonialisme anglais en des pays qui tombèrent ensuite sous la coupe des USA.

Dans son intervention d’hier, 26 octobre, devant l’ONU, il a prouvé qu’il était excellemment informé de la situation internationale dans notre monde complexe.

Sa brillante plaidoirie et la Résolution votée hier par l’ONU demandent, par leur importance, des Réflexions que je me propose d’écrire.

Fidel Castro Ruz  

Le 27 octobre 2010