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17/11/2010

n°18 - Dossier du 11-septembre - 16 - 11 : - Fin :- : Il y a des ambiguïtés au sujet du 11 septembre 2001.

n°18 - Dossier du 11-septembre - 16 - 11 :  - Fin :- : Il y a des ambiguïtés au sujet du 11 septembre 2001. 



dossiers du 11-09

n°18 du 16- 11

C.De Broeder & M.Lemaire



 Le "dossier du 11-09 " est  visible  sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

Vous retrouverez ce journal 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm


Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire : 

2 Brèves

2-1 Ily a des ambiguïtés au sujet du 11 septembre 2001.  

2-2 11-Septembre : Vers une commission d’enquête des Nations Unies.

2-3-Al-Aulaqi a été invité au Pentagone après le 11-Septembre.

3 Dossier & Point de vue

3-1 : Philip Shenon : Les dossiers classifiés que les enquêteurs du 11/9 ont loupés.

3-2 Noam Chomsky : Aucune preuve qu’al-Qaïda a perpétré les attentats du 11 Septembre.

 

 


2 Brèves

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information. 

2-1 Il y a des ambiguïtés au sujet du 11 septembre 2001.  

" La moitié des citoyens américains et européens s'interrogent, sérieusement, sur les ambiguïtés autour des causes et des modalités de l'exécution des attentats du 11 septembre 2001" c'est ce qu'a déclaré le porte-parole du Ministère iranien des Affaires étrangères, Ramin Mehman-Parast.  " Au lieu de faire des réactions hâtives, les autorités américains devront fournir des réponses aux questions posées par l'opinion publique mondiale sur le 11 septembre pour lever toutes les ambiguïtés sur ce sujet" a-t-il ajouté.

Le porte-parole de la diplomatie iranienne a déclaré que la visite du Président iranien, Mahmoud Ahmadinejad à New York a fourni une bonne occasion pour faire entendre la position transparente de l'Iran aux nations du monde, y compris le peuple américain.

08/10/2010

http://french.irib.ir


2-2 11-Septembre : Vers une commission d’enquête des Nations Unies.
Le 11 Septembre 2001, le monde a assisté impuissant aux attentats qui ont endeuillé les Etats-Unis. Contre toute logique, l’administration Bush a imputé ces attaques à un complot islamiste ourdi par quelques fanatiques dans une grotte afghane.

Cette imputation a été exploitée pour justifier d’une guerre au terrorisme qui devait commencer en Afghanistan et en Irak et se poursuivre, selon le président Bush, dans 60 Etats.
Au lendemain de ces attentats, j’ai ouvert un débat mondial pour contester cette présentation des événements et dénoncer la logique du clash des civilisations. En 2002, j’ai appelé à la création d’une commission d’enquête sur le 11-Septembre au sein des Nations Unies. En 2005, avec la conférence
Axis for Peace, j’ai jeté les bases d’un mouvement international d’intellectuels résistants à ce projet de domination.
Aujourd’hui, 23 septembre 2010,
le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a appelé l’Assemblée générale des Nations Unies à constituer cette commission d’enquête. Il a également annoncé la convocation d’une conférence mondiale contre le terrorisme, en marge de laquelle se tiendra à Téhéran la conférence Axis for Peace 2011
Il n’est plus possible d’arrêter la marche de
la Vérité.

Thierry Meyssan

Analyste politique français, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Il publie chaque semaine des chroniques de politique étrangère dans la presse arabe et russe. Dernier ouvrage publié : L’Effroyable imposture 2, éd. JP Bertand (2007

http://11septembre2001.blogspot.com/

http://www.voltairenet.org/article167054.html


2-3-Al-Aulaqi a été invité au Pentagone après le 11-Septembre.

Anwar al-Aulaqi, placé par Washington sur sa liste des cibles à assassiner en raison de ses liens présumés avec Al-Qaïda, a été invité à déjeuner au Pentagone dans les mois qui ont suivi le 11-Septembre, selon un responsable américain.
L'imam a été invité au Pentagone dans le cadre des efforts du bureau du secrétaire à
la Défense de l'époque, Donald Rumsfeld, pour établir un contact avec la communauté musulmane modérée après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, a indiqué mercredi à l'AFP le colonel Dave Lapan, porte-parole de l'armée.
"D'après ce que l'on en sait, il s'est agi d'une rencontre informelle menée par une partie du personnel du ministère à la suite du 11-Septembre afin d'acquérir une meilleure connaissance de l'islam", a ajouté le colonel Lapan.
Né dans l'Etat du Nouveau-Mexique (sud-est des Etats-Unis) en 1971, Anwar al-Aulaqi vit actuellement au Yémen. Il est connu pour avoir entretenu une correspondance avec le commandant américain Nidal Hassan accusé de la fusillade qui a fait 13 morts en novembre 2009 à la base de Fort Hood (Texas).
Il a également été mis en cause dans l'attentat raté commis par le Nigérian Umar Farouk Abdulmutallab dans un avion américain reliant Detroit à Amsterdam le jour de Noël 2009.
En avril, l'administration américaine a donné son feu vert à l'élimination de l'imam, après que les services de renseignement eurent affirmé qu'il ne se contentait plus de soutenir le terrorisme mais y participait directement.
Mi-juillet, elle a annoncé le gel de ses avoirs et interdit à tout ressortissant américain d'entrer en contact avec lui.
Les informations concernant ce déjeuner auquel ont participé des responsables de l'armée et du ministère de
la Défense avaient été dans un premier temps annoncées par la chaîne de télévision Fox News, qui citait des sources et des documents du FBI.
Selon ces éléments, une employée du ministère de
la Défense avait dit au FBI en 2009 qu'elle avait aidé à l'organisation du déjeuner au Pentagone après avoir entendu l'imam prononcer un discours à Alexandria, dans la banlieue de Washington.
L'employée "se souvient d'avoir été impressionnée par l'imam. Il avait condamné Al-Qaïda et les attentats terroristes", selon un document du FBI posté sur internet par Fox News.
La police fédérale avait commencé à s'intéresser à l'imam après les attentats du 11-Septembre, revendiqués par le chef d'Al-Qaïda Oussama ben Laden, en raison de ses liens supposés avec certains des leurs auteurs. Mais les responsables du Pentagone qui ont approuvé l'organisation du déjeuner avec l'imam n'étaient apparemment pas au courant de l'intérêt porté par le FBI à celui-ci.

AFP



3 Dossier & Point de vue

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

 

Les dossiers classifiés que les enquêteurs du 11/9 ont loupés.

Nous vous avions récemment présenté un dossier sur la lourde mais discrète machine qu’est la National Security Agency (NSA), le centre de renseignement US par excellence. Dotée d’une technologie de pointe qui permet d’épier les moindres conversations téléphoniques et de surveiller les échanges d’emails dans le but d’assurer la sécurité des Etats-Unis, la NSA a pourtant été incapable de déjouer les attentats du 11-Septembre.

Si de toute évidence l’ "Agence des agences" détient des renseignements sur les préparatifs de ce terrible événement, un célèbre journaliste américain, Philip Shenon, pose à juste titre cette question : pourquoi les documents détenus par la NSA n’ont-ils pas été étudiés par les enquêteurs de la Commission d’enquête sur le 11-Septembre, et  pourquoi ne le sont-ils pas à ce jour ?

3-1 : Philip Shenon : Les dossiers classifiés que les enquêteurs du 11/9 ont loupés.

Installé à Washington DC, Philip Shenon est journaliste d’investigation et auteur à succès.

Il a consacré la plus grande part de sa carrière au New York Times en tant que journaliste, de 1981 à 2008. Il a quitté le journal en mai 2008, quelques semaines après son premier livre, La Commission : L’histoire non censurée de l’enquête sur le 11/09, qui a rejoint les listes des best-sellers du New York Times et du Washington Post.

Ayant couvert plusieurs zones de guerre, il fut l’un des deux journalistes du Times intégrés aux troupes terrestres américaines lors de l’invasion de l’Irak dans la guerre du Golfe de 1991.
Pourquoi la commission d’enquête sur les attentats dévastateurs d’al-Qaïda en 2001 n’a-t-elle pas minutieusement épluché les dossiers de la NSA ?
Y a-t-il encore de nombreux secrets sur le 11/ 9 cachés dans les dossiers top-secret du gouvernement ?
C’est quasiment certain selon les anciens membres de la Commission sur le 11/9.

La nation étant sur le point de célébrer le neuvième anniversaire des attentats terroristes ce week-end, les anciens membres confient au Daily Beast qu’il est clair que la Commission sur le 11/9, ayant fermé ses portes en 2004, n’a pas procédé à l’inspection minutieuse de la plupart des données du renseignement sur al-Qaïda et le complot du 11/9. Et personne ne semble avoir étudié ces renseignements depuis.
Les archives préservées au siège de
la National Security Agency à Fort Meade, Maryland ont – curieusement – seulement été examinées les derniers jours de l’enquête de la commission, uniquement parce que le personnel s’est plaint à la dernière minute que l’importante base de données de la NSA avait été ignorée.
Tout au long de l’enquête, le personnel s’est plaint que les dirigeants de la commission se soient focalisés sur ce que pourraient révéler les fichiers du terrorisme de
la CIA et du FBI, deux grandes cibles sujettes à critiques dans le rapport final de la commission, mais qu’ils ont largement ignoré la NSA, la principale agence d’espionnage du gouvernement.
Lorsque la commission s’est occupée des archives de
la NSA au cours d’un week-end de recherches frénétiques désespérées en juin 2004, elle a trouvé des informations explosives suggérant des liens entre les conspirateurs du 11/09, le gouvernement iranien et les militants du Liban soutenus par le Hezbollah iranien. Le document sur l’Iran a été pris en compte dans le rapport final de la commission dans un contexte limité et sans aucune chance d’être suivi par la commission sur le point de fermer. (J’en ai révélé plus dans mon livre de 2008, La Commission : L’histoire non censurée de l’enquête sur le 11/9)
"Je suis toujours effrayé à l’idée de ce qui se trouve encore à
la NSA, quel que soit ce qu’on n’a jamais eu le temps de consulter", a déclaré un ex-membre de la commission qui travaille maintenant ailleurs au gouvernement fédéral, mais qui ne peut dire à la presse où il est assigné. "Je suis un peu choqué que personne n’ait tenté d’y revenir depuis. Nous n’avons certainement pas tout vu à la NSA."
"Ce qui se trouve à
la NSA m’effraie, quel que soit ce qu’on n’a jamais eu le temps de consulter", a déclaré un ex-membre de la commission.
Les anciens membres précisent qu’ils ne disent pas que les archives inédites de
la NSA soutiendront une quelconque théorie du complot des plus farfelues à propos du 11/9 – surtout pas l’idée que les attentats du 11/9 aient été une sorte de "coup monté de l’intérieur" par l’administration Bush.
Mais, selon eux, il peut très bien y avoir des preuves à l’agence suggérant des liens plus étroits que ceux découverts entre al-Qaïda et les gouvernements étrangers, et que le gouvernement a reçu des avertissements bien plus explicites concernant une attaque terroriste imminente en 2001.
Rien n’indique que quelqu’un au Capitol Hill ou ailleurs dans le gouvernement ait tenté de retourner à
la NSA pour consulter à nouveau ses archives sur le terrorisme pre-11/9 bien qu’elles se trouvent, sans conteste, dans la bibliothèque la plus complète au monde détenant les communications interceptées entre al-Qaïda et ses partisans, dont plusieurs des pirates de l’air du 11/9 et ses mécènes étrangers.
Dans une déclaration au Daily Beast,
la NSA affirmait avoir "pleinement soutenu" la Commission du 11/9 "et laissé libre accès à ses installations, documents, au personnel et aux moyens nécessaires à son enquête. Les fonctionnaires de l’Agence n’ont fait aucun commentaire lorsqu’on leur a demandé si la NSA s’inquiétait de savoir si ses archives n’avaient pas été suffisamment examinées par la commission, ou si d’autres groupes avaient examiné les documents depuis.
Les porte-parole de
la Chambre et les comités du renseignement du Sénat n’ont pas répondu aux questions similaires.
En termes de budget,
la NSA est la plus grande agence d’espionnage de la nation; elle dépense des dizaines de milliards de dollars par an dans les satellites-espions et les bases d’interception au sol, en grande partie consacrés à l’écoute d’appels téléphoniques et l’interception de courriels entre les terroristes et leurs alliés. Les données brutes recueillies à partir des interceptions sont ensuite réparties entre la CIA et d’autres organismes pour analyse.
L’ancien sénateur démocrate de Floride, Bob Graham, qui avait mené une enquête conjointe au Congrès sur le 11/9, ayant précédé la formation de
la Commission sur le 11/9, dit au Daily Beast qu’il savait que la commission pourrait être passée à côté de tant de preuves à la NSA.
"La
NSA a bien fourni plus de la moitié des renseignements bruts que la communauté du renseignement récoltait à ce moment," dit-il.
Graham dit qu’il s’inquiétait particulièrement que la commission puisse passer à côté d’autres preuves de
la NSA sur l’aide étrangère à Al-Qaïda; l’enquête du Congrès était remontée jusqu’à la preuve que certains responsables du gouvernement de l’Arabie saoudite, dont un diplomate saoudien basé à Los Angeles, avaient pu fournir une assistance aux pirates de l’air du 11/9 après leur arrivée aux États-Unis.
John R. Schindler, un ancien analyste du renseignement à
la NSA, maintenant professeur des affaires de sécurité nationale à l’U.S. Naval War College, dit qu’il exhorterait les enquêteurs du Congrès et d’autres à examiner les documents de la NSA que la Commission sur le 11/9 a loupés. Il se dit déconcerté par fait qu’à l’époque, les archives n’ont pas fait l’objet d’un examen scrupuleux.
"Depuis des décennies, c’était de loin la principale source de renseignement du gouvernement des États-Unis, dit-il en parlant de
la NSA. "Un très fort pourcentage de cas de terrorisme évoqués dans les médias part des informations interceptées par la NSA."
Qu’aurait loupé
la Commission sur le 11/9 ?
"On ne le saura pas tant qu’on ne cherchera pas", dit-il. "Il est important de se rappeler que lorsqu’on a pu avoir accès aux archives de l’agence qui précédait
la NSA durant la Seconde Guerre mondiale, toute l’histoire de la Seconde Guerre mondiale a dû être réécrite." Il faisait allusion à la divulgation, des décennies après la guerre, sur le fait que les États-Unis et leurs alliés avaient rompu les codes nazis, ce qui expliquait les victoires alliées, qu’on avait auparavant attribuées au seul génie des instances militaires américaines.

Philip Shenon pour The Daily Beast

10 septembre 2010

http://www.reopen911.info/News/2010/10/12/des-dossiers-top-secret-a-la-nsa-que-les-enqueteurs-du-119-nauraient-pas-vus-cafouillage-du-renseignement/

http://11septembre2001.blogspot.com/


3-2 Noam Chomsky : Aucune preuve qu’al-Qaïda a perpétré les attentats du 11 Septembre.

Le vénérable universitaire américain Noam Chomsky n’en finit pas de « tourner autour du pot » au sujet du 11 Septembre[1].

Pourtant cette fois, l’évolution est de taille : en se positionnant contre neuf années d’insinuations et de confusion de la part de la Maison Blanche et des médias occidentaux, qui font d’Oussama ben Laden le « mastermind«  évident du 11 Septembre (quand ce n’est pas Khalid Mohammed Sheikh, ou Omar Sheikh, ou d’autres selon les circonstances), Noam Chomsky se rapproche de la vérité nue.

Sur l’Afghanistan, après Eric Margolis, ou encore Paul Craig Roberts, ou le haut magistrat Dieter Deiseroth, ou aussi Jean-Luc Melenchon en France (ils sont peu nombreux ici) voilà cette fois un intellectuel de premier plan qui questionne logiquement la légalité de la présence américaine et de l’OTAN.

Comme lui, nous pensons que la guerre en Afghanistan est un acte criminel.

Nous vous renvoyons à nos précédentes News en bas d’article pour vous remémorer l’évolution des déclarations de cet éminent linguiste.

Rappelons aussi que face à cet « étau de la vérité » qui se resserre inexorablement d’année en année, nous aurions apprécié à la rédaction que le film hagiographique et pontifiant Chomsky et Compagnie, de Daniel Mermet, nous donne l’opportunité d’en savoir plus sur une certaine année… 2001, mystérieusement absente de ce documentaire… lente est la progression, mais lente le restera-t-elle ?

Naom Chomsky - Interview de la TV iranienne PressTV le 3 novembre 2010

« Le motif explicite et public de la guerre en Afghanistan était de contraindre les talibans à livrer aux Etats-Unis les gens qu’ils accusaient d’être impliqués dans les actes terroristes contre le World Trade Center et le Pentagone.

Les talibans… ont exigé des preuves… et l’administration Bush a refusé d’en fournir. »
L’universitaire de 81 ans a fait cette remarque sur PressTV dans l’émission « Une simple question »
« Nous avons plus tard découvert l’une des raisons pour lesquelles ils n’ont pas fourni de preuves : ils n’en avaient aucune. »
L’analyste politique a aussi dit que l’inexistence de telles preuves fut confirmée par le FBI huit mois plus tard.
« la direction du FBI, après l’enquête internationale la plus importante de l’histoire, a informé la presse que le FBI soupçonnait que le complot ait pu être préparé en Afghanistan, mais qu’il a probablement été organisé aux Emirats-Arabes-Unis et en Allemagne. »
Chomsky a ajouté qu’ « après 3 semaines de guerre, un officier britannique déclara que les Etats-Unis et
la Grande-Bretagne continueraient de bombarder, jusqu’à ce que le peuple afghan renverse les talibans… C’est ce qui fut ensuite invoqué comme justification de la guerre. »
« Tout cela était totalement illégal, et même plus, c’était criminel« , a déclaré Chomsky.

vidéo N.Chomsky: Aucune preuve contre al-Qaida pour le 11-Septembre

http://www.dailymotion.com/video/xfkme6_n-chomsky-aucune-preuve-contre-al-qaida-pour-le-11-septembre_news#from=embed

Comme Wired l’a rapporté le 27 septembre 2001 :
Le Président Bush a déclaré qu’il dispose des preuves de la présence de ben Laden derrière les attaques, donc il semblait évident que le FBI allait l’inclure sur sa page web dans la liste des dix terroristes les plus recherchés.
Réfléchissez…
Ben Laden figure dans la liste, mais [seulement] pour les attentats de 1998 contre les ambassades américaines en Tanzanie et au Kenya. Il n’y a aucune mention de l’attentat de 1993 contre le World Trade Center, ou de l’attaque contre l’USS Cole en 2000. Dans les deux cas pourtant, il est fortement soupçonné d’en être l’organisateur. et ne parlons pas du 11-Septembre.
La raison ? Les fugitifs sur la liste doivent être formellement inculpés et ben Laden est un simple suspect dans les attaques récentes contre New York et Washington.
« Il va se passer un temps considérable avant que quiconque associé aux attentats soit véritablement inculpé » a dit Rex Tomb, qui est à la tête du département des relations publiques [du FBI] en matière d’accusations et qui participe aux décisions de faire apparaitre ou non un accusé sur la liste. « Pour inculper quelqu’un d’un crime, il faut avoir trouvé des preuves qui confirment vos suspicions, et qu’un juge ait déclaré qu’il va porter l’affaire en justice. »
Larry C. Johnson, ancien officier de
la CIA qui était directeur adjoint du bureau du contre-terrorisme au département d’Etat [NdT. équivalent plus large de notre ministère des Affaires étrangères], de 1989 à 1993, a déclaré dans une interview du 12 septembre 2001 sur Frontline qu’il n’y a aucune preuve concrête de la responsabilité de ben Laden pour l’USS Cole et pour l’attentat de 1993 au WTC, mais que ben Laden a célébré ces attentats et s’est associé à des gens qui en sont responsables.
Le Président Bush a promis de révéler les preuves des liens entre ben Laden et les pirates suicidaires qui ont attaqué le World Trade Center et le Pentagone. Ben Laden a applaudi les attentats tout en niant toute implication directe.
Mais l’administration Bush n’a jamais publié de telles preuves.
Comme je l’ai écrit en décembre dernier:
Le Président Obama a déclaré mardi soir, pour justifier le renforcement des troupes en Afghanistan :
« Nous n’avons pas cherché ce combat. Le 11 septembre 2001, 19 hommes ont détourné 4 avions et les ont utilisés pour assassiner près de 3000 personnes. La base d’al-Qaïda était l’Afghanistan, où ils étaient hébergés par les talibans qui refusèrent de remettre Oussama ben Laden. »
Est-ce vrai?
Le 14 octobre 2001, les talibans proposèrent de livrer ben Laden à un pays neutre si les USA cessaient les bombardements et si on leur apportait la preuve de l’implication de ben Laden dans le 11-Septembre.
Plus précisément, comme l’a écrit The Guardian :
De retour à
la Maison Blanche après un week-end à Camp David, le Président a déclaré que les bombardements ne cesseraient pas, à moins que les talibans au pouvoir « défèrent ben Laden, défèrent ses compagnons de route, défèrent tous les otages qu’ils détiennent. » Il a ajouté « Il n’y a pas besoin de discuter d’innocence ou de culpabilité. Nous savons qu’il est coupable. »
Le Premier ministre adjoint de l’Afghanistan, Haji Abdul Kabir, déclara aux reporters que les talibans exigeaient les preuves comme quoi ben Laden était derrière les attentats de Septembre-2001.
« Si on donne aux talibans la preuve qu’Oussama ben Laden est impliqué, et que la campagne de bombardements cesse, alors nous sommes prêts à le déférer à un pays tiers« , a ajouté M. Kabir.
Cependant, The Guardian fait ensuite remarquer:
« Un ministre taliban haut placé a proposé un accord de dernière minute pour déférer Oussama ben Laden au cours d’une visite secrête à Islamabad » , ont déclaré au Guardian la nuit dernière des sources haut placées au Pakistan.
« Pour la première fois, les talibans ont proposé de déférer Ben Laden pour être jugé dans un pays différent des USA sans demander d’abord à voir les preuves, en échange d’une cessation des bombardements, » a déclaré une source proche des chefs de l’armée pakistanaise.
Et pourtant… les USA déclinèrent l’offre et au lieu de cela déclenchèrent la guerre. Et en 2006, l’agent du FBI Rex Tomb répondit au journaliste Ed Haas que le FBI n’avait toujours pas suffisamment de preuves
« La raison pour laquelle le 11-Septembre n’est pas mentionné sur la fiche d’Oussama ben Laden « recherché » (Wanted) est que le FBI n’a aucune preuve tangible reliant ben Laden au 11-Septembre. »
En fait, de nombreux leaders progressistes ont exprimés des doutes sur le 11-septembre, y compris Daniel Ellsberg, Ray McGovern, William Blum, Dennis Kucinich, Mike Gravel, Lewis Lapham, Dan Hamburg, Michael Moore, Cindy Sheehan, Amy Goodman, Thom Hartmann, Rabbi Michael Lerner, Marc Crispin Miller, Howard Zinn, Robert McChesney, Gore Vidal, Chris Floyd, Robert Fisk, Medea Benjamin, Doris « Granny D » Haddock, Paul Hawken, David Cobb, Randy Hayes, Ernest Callenbach, Dennis Bernstein, Paul H. Ray, Michael Franti, Janeane Garafalo and Ed Asner.
De même que des conservateurs traditionalistes de premier plan. Et les commissionnaires du 11-Septembre eux-mêmes

Notes ReOpenNews :

  1. On se réfèrera notamment à l’analyse que faisait  le chercheur David ray Griffin de la position de Noam Chomski sur le 11-Septembre telle qu’il l’exprimait en avril 2006, et qui semble donc avoir notablement évolué depuis.

.http://11septembre2001.blogspot.com/

http://comprendrelemonde.fr/histoire-et-faits-marquants/5557-noam-chomsky-aucune-preuve-qu%E2%80%99al-qaida-a-perpetre-les-attentats-du-11-septembre/



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

 

16/11/2010

n° 79 - 'Géopolitique et stratégie ' des Guerres de l'Otan - 14-11 – Début « Pour la paix! Non à l'OTAN ».


n° 79 - 'Géopolitique et stratégie ' des Guerres de l'Otan - 14-11 – Début   « Pour la paix! Non à l'OTAN ».



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'Otan et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



'Géopolitique et stratégie '

des

Guerres de l'Otan.

n° 79- 14-11

C.De Broeder & M.Lemaire



a)   sur mes blog : 

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d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Tiré à part : Transit vers l'Afghanistan: accord élargi Russie-Otan à Lisbonne  

1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Hans-Jürgen Falkenhagen : Faire entrer la Russie dans l’OTAN ? Dans ce cas, il faudrait rebaptiser l’organisation !

6-2 Andreï Fediachine : La Russie, sauveur de l’OTAN en Afghanistan, mais à quel prix ?

6-3 F. William Engdahl : Le Kirghizistan, un pivot géopolitique.

Fin  

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Le PC Portugais défend à l'Assemblée son rejet du « nouveau Concept stratégique de l'OTAN »

2-2 Canada hors de l'OTAN! Démantelez l'OTAN !

2-3 Appel en vue du sommet de l'OTAN : « Pour la paix! Non à l'OTAN ».



 

 

Tiré à part 

Transit vers l'Afghanistan: accord élargi Russie-Otan à Lisbonne.  

La Russie et l'Otan vont signer un accord élargi sur le transit via le territoire russe du matériel destiné aux troupes de l'Alliance en Afghanistan, lors du sommet Otan-Russie prévu fin novembre à Lisbonne, a rapporté mercredi le quotidien russe Kommersant. 
"Pour l'instant, on effectue le transit vers l'Afghanistan, conformément aux accords avec des pays séparés de l'Otan. A l'issue du sommet, le transit pourra être effectué dans les deux sens, et ce sera un accord avec toute l'Alliance", a déclaré une source au sein du ministère russe des Affaires étrangères, citée par le journal. 
Selon Kommersant, "cet accord de transit est commercialement avantageux pour Moscou, compte tenu du projet de l'Otan de commencer le retrait des Forces internationales d'assistance et de sécurité (ISAF) d'Afghanistan à partir de l'année prochaine". 
 "Avec le début de ce processus, le besoin de transit sera bien plus grand. Il s'agit de dizaines de milliers de wagons de fret par mois", a indiqué une source au ministère des Affaires étrangères, citée par le journal. 
 Un accord sur la livraison d'une vingtaine d'hélicoptères russes Mi-17 à l'armée afghane peut également être signé dans le cadre du sommet à Lisbonne le 20 novembre, selon la source du journal.

10/11/2010

 http://www.almanar.com.lb



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

1-1 Hans-Jürgen Falkenhagen : Faire entrer la Russie dans l’OTAN ? Dans ce cas, il faudrait rebaptiser l’organisation !

Faire entrer la Russie dans l’Otan ? 

La Chancelière Merkel pense que c’est trop demander aux 28 membres actuels de l’organisation, et son secrétaire général, Rasmussen ne peut même pas s’imaginer pareille éventualité [voir notamment L'Afghanistan : question cruciale pour l'Otan et „Zukunft der NATO noch geheim“ (L’avenir de l’Otan reste dans l’ombre)]. Madame Merkel comme Monsieur Rasmussen noient le poisson : l’adhésion de la Russie changerait fondamentalement le caractère de l’OTAN.

Jusqu’à présent l’OTAN est restée une alliance des USA avec le Canada et des États d’Europe occidentale (que d’aucuns nomment ironiquement les États à la marge occidentale de l’Eurasie). Cette alliance est sans conteste dominée par la puissance usaméricaine. Si la Russie y entrait, de vastes pans de l’Eurasie suivraient, et la Russie est une grande puissance nucléaire, qui ne se pliera pas facilement aux intérêts des USA, sauf s’il s’y trouvait un nouveau Gorbatchev.  

L’adhésion de la Russie entraînerait obligatoirement celle de l’Ukraine, du Bélarus, des États d’Asie centrale : Ouzbékistan, Tadjikistan, Turkménistan, Kazakhstan, Kirghizistan ainsi que de l’Arménie et d’autres États de la CEI; un espace presque infini disposant d’une force presque illimitée  S’y ajouteraient l’allié actuel de la Russie, la RP de Chine, et ses alliés de facto : le Myanmar, la Corée du nord, l’Iran et le Soudan.

Un conglomérat que l’on ne pourrait plus appeler l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). La décision de faire entrer la Russie dans l’OTAN ne sera sûrement pas prise lors de la session de novembre de l’OTAN, à Lisbonne, même si le Président Medvedev doit y assister.

À supposer que la Russie devienne effectivement membre de l’OTAN, ou d’un système d’alliances portant un autre nom, contre qui cette nouvelle alliance se ferait-elle ? Contre la Chine et ses alliés ?

Cette question n’est pas absurde. Au début du 20ème siècle les grandes puissances impérialistes ont conclu une brève alliance contre la Chine pour écraser le soulèvement anti-impérialiste et anticolonialiste des Boxers, contre lequel l’Allemagne a joué  un rôle important.

L’un des cris de guerre était «  Germans to the front» (Les Allemands au front)

Mais ensuite les grandes puissances coloniales qui avaient participé à l’écrasement de la révolte des Boxers - Grande-Bretagne, France, USA, Allemagne - ainsi que le petit nouveau dans la cour des grands, le Japon, ne réussirent pas à se mettre d’accord avec la Russie sur le dépeçage territorial de la Chine. C’est l’Empire tsariste qui s’est taillé la part du lion en Chine du Nord, en termes de zones d’influence.

Aujourd’hui la RP de Chine, abstraction faite de sa position de principal concurrent économique des 

USA, qui peut naturellement constituer elle aussi une raison de l’attaquer, offre bien moins d’intérêt comme masse continentaleà conquérir pour les grandes entreprises des USA et d’Europe occidentale que la Russie, qui dispose de gigantesques ressources en matières premières stratégiques. À l’heure actuelle les matières premières indispensables au commerce mondial détenues par la Chine se bornent à quelques métaux rares, qui ne valent pas une alliance antichinoise mondiale et une guerre. En outre, pour pouvoir conquérir et exploiter économiquement la Chine, il faudrait éliminer la majorité des 1,3 à 1,4 milliards de Chinois.

 Et comme nous vivons à l’ère des armes nucléaires de destruction massive, la RP de Chine serait en mesure, au moyen d’un armement nucléaire adapté, de se protéger d’ennemis beaucoup plus puissants qu’elle, à moins que ces derniers ne souhaitent le « selfkilling-effect » - c’est à dire s’anéantir eux-mêmes dans l’enfer nucléaire.

Donc, qu’est-ce que l’Occident attend de la Russie ?

De toute évidence, l’Occident, USA en tête, vise à obtenir de la Russie, par le biais du « partenariat stratégique », sa neutralité face à de nouvelles opérations de répression et de conquête en Asie et Afrique, et même en Amérique latine.

C’est surtout pour se sortir avec succès de la guerre en Afghanistan que les USA ont besoin que la Russie continue à ne rien faire et à ne rien dire. Et c’est cela qui inquiète les capitales des États membres de l’OTAN. C’est aussi, malgré toutes les précautions verbales prises pour le dissimuler, le principal souci actuel de l’OTAN.

Dans son article publié sur Tlaxcala ,  Brigitte Queck a très bien analysé ce qui se produirait si la Russie entrait dans l’OTAN aux conditions posées par de Washington.

L’ordre du jour du sommet de l’OTAN à Lisbonne (19-20 novembre) comporte également la mise en place d’un système de boucliers anti-missiles pour l’Europe avec la participation ou l’accord de la Russie. On peut appeler cela une idée fixe, car un tel système est au fond absurde, comme le faisait fort justement remarquer Bernd Biedermann [colonel en retraite de l’armée de RDA et ancien attaché militaire à Bruxelles] dans une interview publiée dans le « junge Welt » du 23 octobre dernier.

Le seul intérêt en serait, pour la politique occidentale, de permettre une fois de plus aux grosses entreprises d’armement de trinquer aux milliards d’euros supplémentaires que représenteraient pour elles ces contrats. La seule solution sensée est un désarmement nucléaire et militaire général à l’échelon mondial, couplé à la mise en œuvre d’une politique pacifiste planétaire soutenable et persévérante, débarrassée de la politique d’agression de la superpuissance US.

Hans-Jürgen Falkenhagen

Traduit par  Michèle Mialane 

Edité par  Fausto Giudice

URL de cet article: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=2204


6-2 Andreï Fediachine : La Russie, sauveur de l’OTAN en Afghanistan, mais à quel prix ?

nb :Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

On s’attend à une percée dans les relations Russie-OTAN.

Moscou et l’OTAN n’avaient encore jamais déployé une activité militaro-diplomatique aussi intense qu'à la veille du sommet de l’OTAN, prévu les 19 et 20 novembre à Lisbonne. Et comparé à la période qui a suivi les événements d’août 2008 dans le Caucase, cela ressemble à ‘’ un redémarrage total ‘’, bien plus important qu’avec les Etats-Unis.
Le fait que le président russe Dmitri Medvedev ait accepté l'invitation à se rendre au sommet de l’OTAN à Lisbonne a, bien sûr, provoqué une poussée d’adrénaline chez les militaires et les diplomates. Bien qu’officiellement Dmitri Medvedev se rende au sommet du Conseil Russie-OTAN le 20 novembre, nous savons dès maintenant qu’il participera à une réunion spéciale de deux heures avec le président Barack Obama, à un entretien particulier avec le Secrétaire général de l’OTAN Anders Rasmussen et aux réunions particulières avec les chefs d’Etat des puissances membres de l’alliance.

Une activité accrue sur tous les axes
Le Secrétaire général de l’OTAN Anders Fogh Rasmussen, en changeant son emploi du temps et en avançant sa visite de trois jours, s’est rendu à Moscou le 2 novembre afin de rencontrer le lendemain le président Medvedev et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov pour préparer la visite du président russe. La veille, les 1 et 2 novembre, on assistait à une activité russo-otanienne particulièrement fébrile : des négociations entre le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, le ministre russe de la Défense Anatoli Serdioukov, le chef de l’Etat-major général Nikolaï Makarov et le chef des forces de l’OTAN en Europe, l’amiral américain James Stavridis. La délégation de l’OTAN a ensuite rencontré les représentants du ministère russe des Situations d’urgence, du Conseil de sécurité, de la région militaire de l’Ouest, et a visité certains centres russes de formation militaire. Sergueï Lavrov s’est entretenu en tête-à-tête avec le ministre des Affaires étrangères allemand Guido Westerwelle. Les thèmes n'avaient pas changé, ils concernaient la Russie et l’OTAN. En septembre, le ministre de la Défense Serdioukov s’était rendu au Pentagone pour rencontrer son homologue américain Robert Gates.
Ce que l’OTAN attend de la Russie…
La Russie et l’OTAN pendant le sommet et/ou plus tard (si le délai imparti s’avère insuffisant pour préparer les accords avant le sommet de Lisbonne) signeront plusieurs accords de coopération, dont :
L'assistance de l’OTAN à la livraison du fret, y compris militaire, en Afghanistan via le territoire russe, aussi bien par air que par fer ou par route
;
La livraison en Afghanistan d’hélicoptères russes;
La formation des pilotes, des forces spéciales, des militaires, des unités de lutte contre les stupéfiants et le terrorisme dans les centres de formation russes par des instructeurs russes.
L’adhésion probable de
la Russie au système de défense antimissile de l’OTAN
Le dernier point est non seulement probable, mais plus vraisemblable qu’il pourrait le sembler.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a reconnu à l’issue de la rencontre avec James Stavridis : Moscou a déjà ‘’ des plans ‘’ concernant le système conjoint de défense antimissile de l’OTAN. Le plus important serait de comprendre comment s’intégrera ici la défense antimissile américaine selon ‘’ l’interprétation d’Obama. ‘’ Elle diffère du projet européen de George Bush, mais sa configuration est loin d’être une variante aussi neutre que les Américains ne veulent bien la présenter.
On parle des hélicoptères russes depuis près d’un an. Il s’agit de la fourniture à l’armée afghane d’environ 20-21 appareils, y compris des Mi-17. Les appareils sont plus robustes et plus adaptés aux conditions environnementales du pays que leurs homologues occidentaux. En fait,
la Pologne, membre de l’ISAF (Force internationale d'assistance et de sécurité), a déjà reçu quatre Mi-17.
    …et pourquoi l’alliance aspire-t-elle à ‘’ une nouvelle amitié ‘’
En fait, des changements importants, qui ne sauraient survenir sans le soutien de la Russie, sont attendus en Afghanistan, ce pays des ‘’ guerres perdues ‘’ en permanence, et des réputations gouvernementales souillées.

L’OTAN et les Etats-Unis préfèrent ne pas en parler ouvertement, mais le reconnaissent en privé.
Au sommet de Lisbonne on devrait assister à l’adoption de la déclaration pour la coopération entre l’OTAN et le gouvernement de Hamid Karzaï après 2014-2015.

Conformément à ce calendrier provisoire, la présence des forces de l’OTAN en Afghanistan devraient être réduite au minimum précisément en 2014-2015, et le contrôle de la sécurité devrait être transmis aux militaires et aux policiers afghans.
Toutefois, il est clair que compte tenu des particularités afghanes, l’OTAN ne réussira jamais à remporter la guerre contre les talibans, à conclure la paix avec eux ou à sécuriser et stabiliser le pays avant ce délai.
La Russie est la seule capable de sortir l’OTAN du gouffre afghan, car elle a déjà été prise ‘’ au piège ‘’ et a déjà connu cette situation. L’OTAN a besoin du couloir russe de transit, des ports baltiques jusqu’au Tadjikistan, via la Russie, le Kazakhstan et le Kirghizstan. La voie pakistanaise ne peut plus assurer toute la logistique de l’OTAN. L’OTAN a besoin des instructeurs russes pour les soldats afghans, du matériel russe, de l’aide russe dans la lutte contre les stupéfiants et le terrorisme qu’il génère. Mais pour l’instant…
 ‘’ Les Russes pourraient nous rendre la vie particulièrement difficile en Afghanistan, mais ils ne le font pas ‘’, a déclaré un diplomate de l’OTAN. Et l’OTAN espère que
la Russie passera d’une ‘’ assistance passive ‘’ à une aide active.
    Condamnés au ‘’ partenariat afghan ‘’
L’OTAN souligne qu’il ne pourrait être question de l’envoi en Afghanistan de soldats et d'instructeurs russes. Il serait maladroit de rappeler à la Russie les souvenirs particulièrement douloureux de la guerre en Afghanistan. Ce qui pourrait avoir des conséquences intra-politiques graves aussi bien pour Dmitri Medvedev que pour Vladimir Poutine.
Cependant, la situation le long des frontières sud de
la Russie risque de s’aggraver de toute façon.

La participation de Moscou à la formation conjointe avec l’OTAN des militaires du ‘’ régime pro-occidental de Karzaï ‘’, l’ouverture du ‘’ couloir afghan ‘’, les opérations conjointe avec l’OTAN et les Etats-Unis contre les trafiquants de stupéfiants font de Moscou, au même titre que l’OTAN et les Etats-Unis, une cible pour les talibans et Al-Qaïda.
Mais nous n’y pouvons rien. Sans l’alliance avec l’OTAN, la situation en Afghanistan sera bien pire. Dans le contexte des frontières poreuses, pratiquement inexistantes, de nos voisins du sud permettant d’importer des tonnes d’héroïne en provenance d’Afghanistan,
la Russie n’a aucune autre solution que de soutenir l’OTAN. Même un retrait partiel des troupes de l’OTAN sans une formation adéquates des forces afghanes serait une catastrophe pour Moscou avec l’apparition d’un territoire ‘’ héroïnien ‘’ incontrôlable et bien armé sous son nez.
La Russie voudrait, et c’est bien légitime, exiger de l’OTAN, en échange de son esprit de conciliation ‘’ au sud ‘’ des garanties qu’au ‘’ nord ‘’ l’OTAN limitera et réduira quantitativement son contingent dans les pays de l’ancien bloc soviétique, oubliera l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud (peu probable) et prendra en charge la destruction des plantation de pavot en Afghanistan.
Globalement,
la Russie pourrait demander beaucoup de choses en échange de son aide. Mais il ne faudrait surtout pas que cette assistance prenne la forme de ‘’ chair à canon. ‘’
Ce texte n’engage pas la responsabilité de RIA Novosti.

Andreï Fediachine

Jeudi 4 Novembre 2010

http://fr.rian.ru/


6-3 F. William Engdahl : Le Kirghizistan, un pivot géopolitique.

Au fin fond de l’Asie Centrale, le Kirghizistan constitue ce que le stratège britannique Halford Mackinder aurait appelé un pivot géopolitique : un territoire qui, en vertu de ses caractéristiques géographiques, occupe une position centrale dans les rivalités des grandes puissances.

Aujourd’hui ce petit pays lointain est secoué par ce qui peut apparaître comme un soulèvement populaire extrêmement bien organisé pour déstabiliser le président atlantiste Kourmanbek Bakiev. Dans leurs premières interprétations, certains analystes émirent l’hypothèse que Moscou trouverait un intérêt plus que passager à soutenir un changement de régime au Kirghizistan. Les événements qui s’y déroulent seraient le fait du Kremlin qui mettrait en scène sa propre version en négatif des « Révolutions colorées » instiguées par Washington : la Révolution des roses de Géorgie en 2003, la Révolution orange ukrainienne en 2004, ainsi que la Révolution des tulipes en 2005, qui avait porté le président pro-américain Bakiev au pouvoir au Kirghizistan. Pourtant, dans le contexte du changement de pouvoir qui se joue au Kirghizistan, comprendre qui fait quoi, et dans l’intérêt de qui, est loin d’être aisé.

En tout cas, on sait que ce qui se joue a d’immenses implications pour la sécurité militaire de tout le heartland (île mondiale) du continent eurasien, de la Chine à la Russie, et même au-delà. En effet, cette situation se répercute sur la présence future des Etats-Unis en Afghanistan et, par extension, dans toute l’Eurasie.

Une poudrière politique

Des protestations à l’encontre du président Bakiev se sont élevées en mars dernier à la suite des révélations de soupçons de corruption aggravée pesant sur lui et des membres de sa famille. En 2009, Bakiev avait révisé un article de la Constitution, fixant les dispositions concernant la succession de la présidence en cas de décès ou de démission inopinée. Cette démarche, largement interprétée comme la tentative d’instaurer un « système dynastique » de transfert des pouvoirs, est l’un des facteurs à l’origine des récentes vagues de protestation dans tout le pays. Il a placé son fils et d’autres proches à des postes-clefs où ils ont engrangé de larges sommes d’argent – estimées à 80 millions de dollars par an – pour l’attribution aux États-Unis du droit d’installer une base aérienne à Manas, et pour d’autres contrats [1].

Le Kirghizistan est l’un des pays les plus pauvres d’Asie Centrale ; plus de 40 % de sa population vit sous le seuil de pauvreté. Bakiev a nommé son fils Maxim (qui trouve aussi le temps et les fonds pour être l’un des propriétaires d’un club de football britannique) à la tête de l’Agence centrale pour le développement, l’investissement et l’innovation, un poste qui lui a permis de contrôler les ressources les plus juteuses du pays, dont la mine d’or de Kumtor [2].

A la fin de l’année 2009, Bakiev a fortement relevé les taxes sur les petites et moyennes sociétés, et début 2010, il a mis en place de nouvelles taxes sur les télécommunications. Il a privatisé le plus grand fournisseur d’électricité du pays, tandis qu’en janvier dernier, cette entreprise privatisée, dont la rumeur dit qu’elle avait été vendue à des amis de la famille pour moins de 3 % de sa valeur estimée, a doublé le prix de l’électricité. Le prix du gaz de ville a augmenté de 1 000 %. L’hiver kirghize est extrêmement rude.

L’opposition accusait Maxim Bakiev d’avoir organisé une privatisation de complaisance du réseau de télécommunications national en le cédant à un ami dont l’entreprise offshore est domiciliée aux Canaries. Dans les grandes lignes, la colère populaire contre Bakiev et consort se comprend. La question primordiale est avec quel succès cette colère est canalisée et par qui.

Les protestations se sont enflammées après la décision du gouvernement en mars dernier d’augmenter spectaculairement des prix de l’énergie et des télécommunications, multipliés par quatre voire plus, dans un pays déjà exsangue. Au cours des révoltes du début du mois de mars, Mme Otounbaïeva a été nommée porte-parole du Front uni formé par tous les partis d’opposition. Elle appelait à l’époque les Etats-Unis à prendre une position plus active contre le régime de Bakiev et son absence de normes démocratiques ; appel laissé manifestement sans réponse [3].

Selon des sources russes bien informées, au même moment, Roza Otounbaïeva s’entretenait avec le Premier ministre russe Vladimir Poutine à propos de la détérioration de la situation. Dans la foulée de la formation du gouvernement provisoire dirigé par Otounbaïeva, Moscou était le premier à le reconnaître et proposait 300 millions de dollars au titre d’une aide immédiate à la stabilisation, en transférant une partie d’un prêt de 2,15 milliards de dollars accordé par les Russes en 2009 au régime de Bakiev pour la construction d’une centrale hydraulique sur la rivière Naryn.

Au départ, ces 2,15 milliards de dollars furent accordés juste après la décision de Bakiev de fermer la base militaire états-unienne de Manas ; décision que les dollars US avaient cassée quelques semaines plus tard. Pour Moscou, l’aide russe et l’annonce de la fermeture de la base de Manas par Bakiev étaient liées.

Ce versement de 300 millions de dollars, parmi les 2,15 milliards promis par Moscou, relancé après l’éviction de Bakiev, irait directement à la Banque nationale kirghize [4].
Selon une dépêche de l’agence de presse moscovite RIA Novosti, le Premier Ministre déchu, Daniar Oussenov, aurait affirmé à l’ambassadeur russe à Bichkek que les médias russes, qui jouissent d’une forte présence dans l’ancien Etat soviétique, dont la langue officielle est toujours le russe, avaient pris parti contre le gouvernement Bakiev-Oussenov [5].

Les forces de sécurité du gouvernement de Bakiev, dont feraient partie les tireurs des Forces spéciales postés alors sur les toits, ont tué 81 manifestants, entraînant une dangereuse escalade des protestations au cours de la première semaine d’avril.

Ce qu’il est intéressant de noter à propos de ces événements, et qui suggère qu’il se passe bien plus en coulisse, est le fait que ce soulèvement populaire, éclos à son point de maturité, fut précédé de peu de signes avant son surgissement sur la scène médiatique internationale.

Les manifestations de protestation se multipliaient depuis que Bakiev avait pris les commandes de la Révolution des tulipes avec le soutien financier des Etats-Unis [6]. Ce changement de régime, en 2005, avait fait intervenir la traditionnelle liste des ONG états-uniennes, comprenant Freedom House, l’Albert Einstein Institution, le National Endowment for Democracy et l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) [7]. Aucun des soulèvements antérieurs à ceux du mois d’avril n’avaient eu la même vigueur ni la même sophistication. Les événements semblent avoir pris tout le monde par surprise, en premier lieu Bakiev et ses soutiens états-uniens.

Le calme avec lequel s’est déroulé le ralliement de l’armée, de la police et des services de sécurité aux frontières dans les premières heures des vagues de protestation laisse penser à une coordination complexe et ingénieuse, planifiée à l’avance. Encore aujourd’hui, rien n’indique de manière claire si les décisionnaires agissaient de l’étranger ou non, et, le cas échéant, s’ils appartenaient au FSB russe, à la CIA ou à quelque autre service.

Le 7 avril 2010, alors que Bakiev perdait le contrôle de la situation, il semble s’être précipité auprès des États-uniens. Mais constatant le sang répandu dans les rues par les tireurs d’élite de Bakiev et prenant la mesure de l’ire de la foule contre le gouvernement, les Etats-Unis auraient exfiltré le président et sa famille vers sa ville natale d’Osh, vraisemblablement dans l’espoir de le faire revenir lorsque la situation se serait calmée [8]. Ce qui ne s’est jamais produit.

À l’instar de son gouvernement et des dirigeants de l’armée, de la police nationale et des services de sécurité aux frontières, Bakiev démissionne le 16 avril et fuit vers le Kazakhstan voisin. Aux dernières nouvelles, il est confiné en Biélorussie, où le président Lukashenko, en mal de ressources pécuniaires, l’aurait accueilli en échange de 200 millions de dollars. [9]

Le nouveau gouvernement provisoire du Kirghizistan, dirigé par l’ancienne opposition et reposant sur la personne de Roza Otounbaïeva, l’ex-ministre des Affaires étrangères, a déclaré vouloir lancer une enquête internationale sur les crimes commis par Bakiev. Un dossier à charge a déjà été constitué contre lui, ses fils, son frère et d’autres de ses proches.

Bakiev n’avait d’autre choix que de fuir. Plusieurs jours avant sa fuite, l’armée et la police s’étaient déjà ralliées à l’opposition menée par Otounbaïeva, attitude qui corrobore l’idée d’événements extrêmement bien planifiés par au moins une partie de l’opposition.

Un pivot géographique

Aujourd’hui, le Kirghizistan occupe une place de pivot géographique. Ce pays enclavé partage une frontière avec la province chinoise du Xinjiang, un lieu hautement stratégique pour Pékin. Se plaçant parmi les plus petits pays d’Asie Centrale, il est aussi frontalier, au nord de son territoire, avec le Kazakhstan et ses ressources pétrolifères ; à l’est, il est bordé par l’Ouzbékistan et au sud, par le Tadjikistan. Plus encore, la vallée de Ferghana, à la situation politique explosive en raison de ses importantes richesses naturelles, se trouve sur une partie du Kirghizistan ; cette zone multiethnique coutumière de frictions politiques s’étend aussi sur les territoires de l’Ouzbékistan et du Tadjikistan.
Le Kirghizistan est un pays de hautes montagnes : les chaînes de montagnes du Tian Shan et du Pamir occupent 65 % de son territoire. Environ 90 % du pays s’élève à plus de
1500 mètres d’altitude.

En termes de ressources naturelles, hormis l’agriculture qui représente un tiers de son PIB, le Kirghizistan possède de l’or, de l’uranium, du charbon et du pétrole. En 1997, la mine d’or de Kumtor a démarré l’exploitation de l’un des plus grands gisements aurifères du monde.

Jusqu’à une date récente, l’agence nationale Kyrgyzaltyn possédait toutes les mines et administrait la plupart d’entre elles en joint-venture en association avec des compagnies étrangères. La mine d’or de Kumtor, près de la frontière chinoise, est détenue dans sa globalité par la société canadienne Centerra Gold Inc. Jusqu’à l’éviction de Bakiev, son fils Maxim, à la tête du fonds pour le Développement, dirigeait Kyrgyzaltyn, agence qui est également le plus gros actionnaire de Centerra Gold, aujourd’hui propriétaire de la mine d’or de Kumtor.

Il est tout à fait révélateur que Centerra Gold, basé à Toronto, ait déjà annoncé le « remplacement » de Maxim Bakiev en tant que chef de Kyrgyzaltyn, par Aleksei Eliseev, directeur-adjoint de l’Agence nationale kirghize pour le Développement, au sein de l’équipe dirigeante de Centerra, peut-être sous l’impulsion du Département d’Etat des Etats-Unis et sans que les électeurs kirghizes ne l’y élisent [10].
Le Kirghizistan possède également d’importantes ressources d’uranium et d’antimoine. Il bénéficie en outre de considérables réserves de charbon estimées à 2,5 milliards de tonnes, essentiellement situées dans le gisement de Kara-Keche, au nord du pays.

Pourtant, plus cruciale encore que les richesses minières, reste la principale base de l’US Air Force à Manas, ouverte dans les trois mois suivant le lancement de la « guerre globale contre le terrorisme » en septembre 2001. Peu après, la Russie installait sa propre base militaire non loin de Manas. Aujourd’hui, le Kirghizistan est le seul pays à accueillir à la fois des bases militaires états-unienne et russe, un état de fait peu confortable au bas mot.
En somme, le Kirghizistan, positionné au centre du territoire le plus stratégique au monde, l’Asie Centrale, fait figure de trophée géopolitique très convoité.

La politique de Washington marche sur des œufs

Le département d’État états-unien avait tenté de maintenir Bakiev dans l’espoir, semble-t-il, de pouvoir disperser les manifestants, faire cesser les émeutes et maintenir l’homme des Tulipes en place. Hillary Clinton avait préalablement appelé l’opposition parlementaire (formée par les Ministres au gouvernement condamnant la corruption et le népotisme de Bakiev) à négocier et à entamer le dialogue avec le président Bakiev, financé par les Etats-Unis. Malgré la publication de dépêches annonçant la démission de toute l’administration kirghize, le département d’Etat émet des déclarations selon lesquelles le gouvernement du président Kourmanbek Bakiev est toujours opérationnel [11].

Le 7 avril, au moment le plus tendu des troubles, alors que l’issue en était encore floue, le porte-parole de la secrétaire d’Etat américaine, P. J. Crowley déclare devant des journalistes : « Nous voulons voir le Kirghizistan évoluer, tout comme nous le souhaitons pour d’autres pays de la région. Mais, cela dit, il possède un gouvernement qui siège effectivement. Nous sommes les alliés de ce gouvernement dans la mesure où il nous apporte son soutien, vous savez, dans les opérations internationales en… Afghanistan. » [12]. George Orwell aurait admiré cet exercice de double langage diplomatique.

Le 15 avril, quand il est devenu clair que Bakiev ne remporte que peu de soutien dans son pays, le département d’État états-unien déclare ne vouloir prendre parti ni pour le président déchu, ni pour l’opposition parlementaire. Dans un communiqué montrant combien Washington marche sur des œufs, craignant d’en casser quelques uns, en particulier sur la question des droits d’accès à la base aérienne de Manas, Philip Crowley déclare : « Nous voulons voir la situation se dénouer pacifiquement. Et nous ne voulons pas prendre parti. » [13]. Depuis lors, après les pourparlers avec le Ministre des Affaires Etrangères Roza Otounbaïeva et ses collaborateurs, le Département d’État états-unien et Obama ont chaudement approuvé la nouvelle situation politique kirghize.

Otounbaïeva, membre influent du Parti communiste pendant l’ère soviétique, avait obtenu le premier poste d’ambassadeur aux Etats-Unis de l’ère post-soviétique ; plus tard, elle fut l’un des assistants du Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan. Le gouvernement provisoire dirigé par Otounbaïeva annonce qu’il rédigera la nouvelle Constitution dans les six mois et qu’il préparera des élections démocratiques dans le pays. L’opposition prétend avoir la situation bien en main au Kirghizistan, malgré la persistance d’émeutes et de pillages hors de Bichkek [14].

Qui mène la danse ?

Bien que beaucoup spéculent au sujet d’un rôle actif sur place des services secrets russes dans l’anti-Révolution des tulipes, nous devons laisser cette question ouverte.

Lors d’une déclaration au cours de sa visite officielle à Washington le 14 avril, au bout d’une semaine de troubles, le président russe Dmitri Medvedev exprimait ses préoccupations au sujet de la stabilité du Kirghizistan : « Le risque de voir le pays se diviser en deux parties — l’une au nord, l’autre au sud — est réel. C’est pour cela que notre devoir est d’aider nos partenaires kirghizes à trouver une solution de sortie en douceur de cette situation. » Il imagine les grandes lignes du pire scénario qui pourrait se produire : déstabilisé, le gouvernement kirghize resterait impuissant face aux extrémistes envahissant le pays ; une redite de la situation afghane [15].

A la tribune de la conférence sur le désarmement nucléaire à Prague, le conseiller pour la Russie à la Maison-Blanche, Michael McFaul, s’exprimait à propos des événements au Kirghizistan : « Il ne s’agit pas d’un coup d’Etat monté contre les Américains. Cela, nous en sommes sûrs et il ne s’agit pas non plus d’un coup d’Etat mené par les Russes. » [16].

En théorie, les Etats-Unis auraient toutes les raisons de croire qu’ils peuvent « travailler » avec les dirigeants du nouveau gouvernement provisoire kirghize.

On connait bien Roza Otounbaïeva à Washington depuis qu’elle y a officié en tant qu’ambassadeur dans les années 1990.
Le numéro deux de son gouvernement provisoire, l’ancien porte-parole du Parlement Omourbek Tekebaïev, une figure-clef de la « Révolution des tulipes » de 2005 qui avait porté Bakiev au pouvoir, est alors ramené à Washington par le département d’État pour qu’il participe à l’un de leurs « programmes de découverte », où l’on enseigne aux figures politiques étrangères émergeantes les vertus de l’American way of life.
Tekebaïev s’exprimait à l’époque librement sur cette expérience : « J’ai constaté que les États-uniens savent comment choisir les gens, comment faire une évaluation précise de ce qu’il se passe et comment faire des pronostics quant à l’évolution et aux changements politiques à venir. » [17].

Certains éléments tendent à montrer que le soutien de Moscou dans les récents événements du Kirghizistan était conçu comme une révolution colorée en négatif, visant à contrebalancer la présence états-unienne grandissante en Asie Centrale. Il y a également des éléments attestant d’un second changement de régime épaulé par les Etats-Unis, peut-être après que l’administration Obama a réalisé que son homme, Bakiev, se rapprochait trop étroitement de la Chine en termes économiques. Une troisième, et peu probable version, attribue les soulèvements récents à une opposition de pacotille, interne au pays et désorganisée, qui ne serait jamais parvenue à rassembler plus que quelques milliers de personnes dans les rues pour protester contre la politique de Bakiev des cinq dernières années.

Ce qui parait clair à présent est que Moscou et Washington passent par les mêmes tergiversations pour afficher un semblant de consensus à propos des événements se déroulant au Kirghizistan.
Le 15 avril, Kanat Saudabayev, le président de l’OSCE (l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), affirmait que l’évacuation du président Bakiev sain et sauf résultait des efforts conjoints d’Obama et de Medvedev [18].

De toute évidence, Washington et Moscou souhaitent ardemment imposer leur présence, quelque soit le gouvernement qui s’établira dans ce pays d’Asie centrale de cinq millions d’habitants déchiré par les conflits. Ce que l’on sait moins, mais qui est tout aussi évident, est l’enjeu vital que constituent des relations stables avec le Kirghizistan pour la Chine, avec lequel elle partage une frontière très étendue. Vu d’ici, ce qui semble plus intéressant est la tournure que prendront les événements dans ce pays lointain mais stratégique du point de vue géopolitique.

Quel avenir pour la base aérienne de Manas ?

L’une des questions les plus pressantes pour Washington est celle, vitale, de l’avenir de la base aérienne de Manas, située tout près de la capitale Bichkek. Dans un communiqué officiel du département d’Etat américain en date du 11 avril, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton insiste sur « le rôle important que le Kirghizistan joue en accueillant le centre de transit de l’aéroport de Manas ». Elle laissait ainsi peu de place au doute quant aux priorités de Washington dans le pays ; elles ne concernent ni la démocratie, ni son essor économique [19].

Après la mise en place du plan de « Guerre contre le terrorisme » par Washington, le Pentagone obtenait les droits d’implantation militaire dans plusieurs Etats stratégiques en Asie Centrale, le faisant ouvertement pour mener la lutte contre Oussama ben Laden en Afghanistan. En même temps que les droits d’accès de ses troupes en Ouzbékistan, Washington obtint la concession de Manas.

La présence militaire états-unienne en Afghanistan s’est bien-sûr densifiée. L’une des premières décisions d’Obama en tant que président fut d’autoriser le surge, la montée en puissance des forces d’occupation ; il envoya 30 000 hommes supplémentaires et donna son aval pour la construction de huit nouvelles bases militaires « temporaires » en Afghanistan, portant à 22 le nombre ahurissant de bases états-uniennes sur le territoire afghan, dont les importants sites de Bagram et de Kandahar.

Le secrétaire à la Défense Robert Gates refuse de définir une limite de durée à la présence US en Afghanistan. Non pas à cause des Talibans, mais en vertu de la stratégie à long terme de Washington de diffuser sa « Guerre contre le terrorisme » dans toute l’Asie centrale, et particulièrement dans la zone cruciale de la vallée de Ferghana qui s’étend entre l’Ouzbékistan et le Kirghizistan. C’est dans ce contexte que les récents événements kirghizes s’avèrent plus qu’avantageux pour la Russie, la Chine et les États-Unis.

Le 14 avril, Gates confiait à la presse sa certitude de voir les Etats-Unis obtenir les droits d’exploitation de la base de Manas pour développer ce que le Pentagone appelle le Northern Distribution Network (réseau de distribution du Nord), qui permet l’approvisionnement par avion des zones de combat afghanes [20]. Seulement quelques jours auparavant, des personnalités du gouvernement provisoire à Bichkek avaient indiqué que l’attribution aux Américains des droits d’accès à Manas était l’un des premiers dossiers à faire annuler.

Au cours d’un entretien avec le Russe Medvedev, Barack Obama a admis que les événements du Kirghizistan n’étaient pas commandés par les Russes. Il a aussitôt annoncé que les États-Unis reconnaissaient la légitimité du gouvernement provisoire de Roza Otounbaïeva.

Aujourd’hui la question qui reste en suspens porte sur le rôle que le Kirghizistan jouera dans la spectaculaire partie d’échecs géopolitique pour le contrôle de l’Asie centrale, et, par voie de conséquence, pour celui du heartland eurasien, selon la terminologie du géopoliticien britannique Halford Mackinder. Les acteurs majeurs extérieurs au Kirghizistan, dans cette partie d’échecs aux forts enjeux géopolitiques en Asie Centrale, sont la Chine, la Russie et les États-Unis. La partie suivante de ce dossier s’attachera à examiner les intérêts géopolitiques portés par la Chine sur le Kirghizistan, l’un de ses partenaires au sein de l’Organisation du traité de coopération de Shanghai.

(A suivre…)

F. William Engdahl

Journaliste états-unien, il a publié de nombreux ouvrages consacrés aux questions énergétiques et géopolitiques. Derniers livres parus en français : Pétrole, une guerre d’un siècle : L’ordre mondial anglo-américain (Jean-Cyrille Godefroy éd., 2007) et OGM : semences de destruction : L’arme de la faim (Jean-Cyrille Godefroy éd., 2008).

Traduction Nathalie Krieg

Mardi, 15 juin, 2010

L’article du Réseau Voltaire

http://www.medialibre.eu/3661/le-kirghizistan-un-pivot-geopolitique#comments


n° 79 - 'Géopolitique et stratégie ' des Guerres de l'Otan - 14-11 – Fin « Pour la paix! Non à l'OTAN ».

n° 79 - 'Géopolitique et stratégie ' des Guerres de l'Otan - 14-11 – Fin    « Pour la paix! Non à l'OTAN ».



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'Otan et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



'Géopolitique et stratégie '

des

Guerres de l'Otan.

n° 79- 14-11

C.De Broeder & M.Lemaire

 



a)   sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Tiré à part :

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Le PC Portugais défend à l'Assemblée son rejet du « nouveau Concept stratégique de l'OTAN »

2-2 Canada hors de l'OTAN! Démantelez l'OTAN !

2-3 Appel en vue du sommet de l'OTAN : « Pour la paix! Non à l'OTAN ».



2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Le PC Portugais défend à l'Assemblée son rejet du « nouveau Concept stratégique de l'OTAN » bientôt adopté au sommet de l'OTAN de Lisbonne de novembre

Le projet de Résolution N.º 294/XI-2ª Propose le rejet du nouveau Concept stratégique de l'OTAN

L'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) a annoncé la tenue d'un sommet les 19 et 20 novembre, au Portugal, où elle prévoit la révision de son concept stratégique, ce qui représente un nouveau et dangereux saut qualitatif dans le rôle, la mission et les objectifs bellicistes de cette Organisation.

Avec son nouveau concept stratégique, l'OTAN cherche à inscrire dans sa doctrine ce qui est déjà sa pratique: l'extension territoriale de son champ d'intervention et la projection de ses forces sur l'ensemble du globe; l'élargissement du champ de ses missions à des questions telles que l'énergie, l'environnement, les migrations et les questions de sécurité intérieure des Etats; sa réaffirmation comme bloc militaire nucléaire malgré tout le discours sur le désarmement nucléaire, en prévoyant l'usage de l'arme nucléaire dans le cadre d'attaques militaires; le développement encore plus important du complexe militaro-industriel et de la recherche militaire, et l'augmentation exigée à tous ses membres des dépenses militaires; la promotion de la course aux armements et l'installation de nouveaux systèmes de missiles en Europe; l'inclusion dans ses missions des actions d'ingérence directe et d'occupation sous prétexte de missions d'interposition et de maintien de la paix; l'instrumentalisation de l'ONU, portée encore plus loin, afin de poursuivre leurs objectifs et renforcer son rôle de bras armé de l'impérialisme.

L'OTAN joue un rôle central dans la militarisation des relations internationales et dans la course aux armements, étant la principale fauteuse de conflits et de tension qui marquent l'actualité.

L'OTAN impose une escalade belliciste, en particulier dans dans la course aux armements, de grande ampleur – dont la guerre en Afghanistan est un élément-clé.

La réalisation de ce Sommet au Portugal signifie la confirmation d'une politique d'engagement du pays dans les desseins militaristes de ce bloc politico-militaire qui constitue une menace pour la paix et la sécurité internationale. Le gouvernement subordonne les intérêts du Portugal et du peuple Portugais et met au service des intérêts des Etats-unis d'Amérique, de l'OTAN et de l'Union Européenne, sa politique étrangère et les forces armées portugaises, dont sont des exemples les interventions en Afghanistan et au Kosovo.

A un moment où le gouvernement PS annonce de nouvelles mesures s'attaquant aux droits des travailleurs, augmentant la précarité et l'exploitation, et détériorant les conditions de vie des travailleurs, des retraités, du peuple portugais, à un moment où le gouvernement PS impose de nouveaux sacrifices à ceux qui ont le moins, avec le vol des salaires, l'augmentation des prix, la diminution des retraites et des pensions, la réduction et la mise sous condition de l'accès aux allocations sociales, la diminution de l'investissement public et l'intensification de l'attaque contre l'école publique et le droit à la santé; le maintien ou l'envoi de forces militaires portugaises au service de ses agressions militaires, au service de la stratégie de l'OTAN, qui n'a rien à voir avec les intérêts nationaux.

L'engagement du gouvernement portugais au sein de l'OTAN va à l'encontre des principes fondamentaux qui devraient régir les relations internationales de notre pays tels qu'ils sont inscrits dans la Constitution de la République portugaise: d' « indépendance nationale, du respect des droits de l'Homme, des droits des peuples, de l'égalité entre les Etats, de la résolution pacifique des conflits internationaux, de non-ingérences dans les affaires internes des autres Etats et de coopération avec tous les autres peuples pour l'émancipation et le progrès de l'humanité », préconisant « l'abolition de l'impérialisme, du colonialisme et de toute autre forme d'agression, de domination et d'exploitation dans les relations entre les peuples, ainsi que le désarmement général, simultané et contrôlé, la dissolution des blocs politico-militaires et la mise en place d'un système de sécurité collective, avec en vue la création d'un ordre international capable d'assurer la paix et la justice dans les relations entre les peuples ».

En ces termes, et en ayant en considération ce qui a été exposé ci-dessous, en vertu des dispositions légales et réglementaires applicables, les Députés membres du Groupe parlementaire du PCP proposent que l'Assemblée de la République adopte la proposition suivante:

Résolution

L'Assemblée de la République recommande au gouvernement, dans les termes du point 5 de l'article 166 de la Consititution, la mise en œuvre des mesures suivantes:

La défense de la dissolution de cette organisation, dont le Portugal doit progressivement se retirer;

Une politique qui refuse l'orientation contenue dans les objectifs du sommet de l'OTAN de promotion de la course aux armements et d'augmentation des dépenses militaires;

Le retrait des forces portugaises impliquées dans des missions militaires de l'OTAN;

La fin des bases militaires étrangères et des installations de l'OTAN sur le territoire national;

Le refus de la militarisation de l'Union Européenne, qui la transforme en pilier européen de l'OTAN;

La défense d'une politique de désarmement, pour la fin des armes nucléaires et de destruction massive;

La mise en œuvre effective d'une politique étrangère portugaise en conformité avec les principes consacrés par la Constitution de la République portugaise et la Charte des Nations-Unies, dans le respect du droit international, et de la souveraineté et de l'égalité des peuples

Assemblée de la République, 18 octobre 2010

Mercredi 27 octobre 2010

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


2-2 Canada hors de l'OTAN! Démantelez l'OTAN !

Deuxième Forum sur la sécurité internationale à Halifax

Le Marxiste-léniniste lance l'appel à tous d'appuyer les actions qui s'organisent contre le Deuxième Forum sur la sécurité internationale d'Halifax (FSIH) à l'Hôtel Westin du 5 au 7 novembre. L'événement inaugural de l'an dernier tenu au même endroit avait été contesté par de nombreux groupes venant de partout des Maritimes.

En 2009, l'opinion publique progressiste au Canada et partout dans le monde a décrit ce forum sur la « sécurité » comme un rassemblement de fauteurs de guerre et la population de Halifax a réitéré sa demande que Halifax et le Canada ne fournissent « Pas de ports pour la guerre ! »

Cette année, alors que le nombre de « vedettes » de l'OTAN semble être en déclin, des groupes encore plus nombreux des Maritimes se sont joints au mouvement d'opposition et envoient des représentants.

Ce n'est pas par hasard qu'une conférence de l'OTAN soit imposée à la population de Halifax.

Halifax et son port ont depuis longtemps une importance stratégique pour les impérialistes et leurs visées monopolistes. Il s'agit de l'un des plus grands ports naturels au monde, il est le plus à l'est des ports en Amérique du Nord et il est relié à tout le continent par un réseau de chemins de fer transcontinental. Durant la Première Guerre mondiale, Halifax a été au centre de l'effort de guerre des impérialistes britanniques et la population de Halifax l'a payé chèrement. L'explosion du 6 décembre 1917, causée par un incendie sur un navire transportant des munitions, a tué environ 2 000 personnes, blessé un autre 7 000 et détruit la moitié des logements de la ville. C'était la plus grande explosion de ce genre en terme d'envergure avant le bombardement atomique de Hiroshima. À cette époque, la zone autour du port de Halifax était habitée principalement par des ouvriers, par une importante population afro-canadienne et par des autochtones.

En 2009, la version inaugurale de ce rassemblement de fauteurs de guerre réunis par l'OTAN, présenté comme un « forum sur la sécurité internationale » et convoqué sur ce qui semblait être le point de départ d'une agression par les États-Unis contre la République islamique d'Iran, a réuni plus de 400 personnes. Selon une liste mise à jour le 27 octobre par les commanditaires de la conférence, il y a environ 75 % moins de participants attendus à l'événement cette année.

Sur les 102 participants cités à ce jour, 67 sont des élus ou des fonctionnaires, des représentants des institutions de la défense, de l'industrie de la guerre et de groupes de réflexion de la plupart (mais pas tous) des 28 pays membres de l'OTAN, plus l'État d'Israël et l'Autorité palestinienne, et un certain nombre d'autres pays (Japon, Monténégro, Pakistan et Yémen).

Des États-Unis, il y a sur la liste 34 représentants élus et non élus, des journalistes et représentants du German Marshall Fund des États-Unis.

Du Canada, il y a en tout neuf représentants, soit :

- deux ministres du cabinet conservateur actuel : Vic Toews, de la Sécurité publique, et Peter MacKay, de la Défense ;
- l'ancien ministre libéral, ancien vice-premier ministre et maintenant président du Conseil canadien des chefs d'entreprise, John Manley ;
- le chef d'état-major de
la Défense, le général Walter Natynczyk ;
- le gouverneur de
la Banque du Canada, Mark Carney ;
- la sénatrice et ex-chef de pupitre de CTV, Pamela Wallin ;
- le journaliste et ancien adjoint exécutif du ministre de
la Défense, Dan Dugas ;
- l'actuelle correspondante à Washington pour CBC, Susan Bonner, et
- la directrice du groupe canadien de réflexion sur les affaires étrangères, Janice Gross Stein, du Munk School of Global Affairs à l'Université de Toronto.

Les commanditaires principaux de cet événement sont le German Marshall Fund des États-Unis et le ministère de la Défense nationale du Canada. Cependant, l'ordre du jour du Forum provient du Pentagone. Malgré que les contradictions entre les membres de l'OTAN sur ce programme et son « nouveau concept stratégique » fasse rage derrière des portes closes et loin de la vue du public, ces contradictions sont objectives et s'aiguisent à l'heure où les États-Unis veulent élargir l'OTAN pour déplacer et remplacer tous les autres arrangements militaires et de sécurité en place dans le monde entier.

La population de Halifax a une longue tradition d'opposition à l'utilisation du port comme tremplin pour des aventures impérialistes à l'étranger. Sous le slogan « Pas de port pour la guerre ! », les Haligoniens s'opposent vigoureusement à la présence de navires de guerre et de criminels de guerre américains qui considèrent leur ville comme un territoire colonial où ils peuvent faire comme bon leur plaît, tandis que les gouvernements canadiens quisling leur facilitent la vie.

Non au Forum sur la sécurité internationale de Halifax !
Pas de port pour la guerre ! Canada, hors d'Afghanistan !
Oui à la fin de l'occupation et au rapatriement des troupes dès maintenant !
Pas un jeune pour la guerre impérialiste !
Canada, hors de l'OTAN ! Démantelez l'OTAN !

 (Pour plus d'information sur les actions prévues contre le Forum de cette année, voir le TML Daily)


2-3 Appel en vue du sommet de l'OTAN à Lisbonne : « Pour la paix! Non à l'OTAN ».

Les 13 partis participants à la réunion du groupe de travail des Rencontres internationales des partis communistes et ouvriers sont les premiers signataires de la Résolution proposée par le PCP sous le titre « Pour la paix! Non à l'OTAN! ». Le document, adopté par la réunion du groupe de travail, est désormais proposé à la signature de tous les partis qui participent au processus des rencontres internationales des partis communistes et ouvriers avec l'objectif de se transformer en un appel mondial large et représentatif de lutte pour la paix, contre le militarisme et l'OTAN.

Pour la paix! Non à l'OTAN!

« Dans un contexte marqué par l'approfondissement de la crise structurelle du capitalisme, par l'approfondissement de l'exploitation des travailleurs et des peuples, par les rivalités inter-impérialistes et par des processus complexes de réagencement des forces à l'échelle internationale, l'impérialisme se lance dans de nouvelles dérives anti-démocratiques et des interventions militaristes et avance avec des solutions de force pour tenter de se perpétuer et de défendre ses intérêts de classe. »

« L'offensive militarisée menée par les puissances impérialistes et par l'OTAN a un caractère global et multiforme.

« La guerre impérialiste s'intensifie à l'échelle mondiale sous prétexte de lutte contre le terrorisme. Les blocs impérialistes, comme l'OTAN, se renforcent. La militarisation de l'Union Européenne s'accélère avec l'adoption frauduleuse du Traité de Lisbonne dans lequel est inscrit la conception de l'Union comme pilier européen de l'OTAN. La course aux armements se poursuit ainsi que l'investissement dans de nouvelles armes encore plus meurtrières. Les dépenses militaires atteignent des chiffres record, notamment aux Etats-Unis et dans l'Union Européenne. L'élargissement des zones d'influence et des alliances militaro-stratégiques impérialistes progresse, notamment à travers ce qu'on appelle 'les partenariats pour la paix', en Asie, dans les territoires d'ex-URSS, tout comme en Afrique.

Le maillage mondial des bases militaires des Etats-Unis et des pays de l'OTAN se densifie et leurs forces militaires se déploient de l'Amérique Latine à l'Afrique; du Moyen-Orient, de l'Océan Indien et de l'Asie Centrale à l'Europe de l'Est, au Caucase et à la Mer Noire.

« Les occupations de l'Afghanistan et de l'Irak se poursuivent et on se lance dans des agressions militaires contre plusieurs pays. Les conspirations et les manœuvres d'ingérence se succèdent en Amérique Latine et dans plusieurs pays du continent Africain et les provocations se multiplient, comme au Liban. La question palestinienne n'est toujours pas réglée, comme celle du Sahara Occidental, alors que les crimes impérialistes continuent à rester impunis. Les provocations s'intensifient contre la République Populaire de Chine, dont la vente d'armes à Taiwan par les Etats-Unis constitue un exemple particulièrement grave, ainsi que les menaces proférées contre des pays comme l'Iran et la Syrie.

« Les attaques contre la souveraineté des Etats s'intensifient, notamment à travers des modifications de frontières, dont l'indépendance auto-proclamée de la province serbe du Kosovo est un grave exemple. Le Droit International, produit du rapport de force résultant de la défaite du nazisme et du fascisme lors de la Seconde guerre mondiale, est sérieusement remis en cause et la cible d'un processus qui vise à sa destruction.  

« Au nom de la 'sécurité' et du 'combat contre le terrorisme', on relance des dérives sécuritaires, on attise le nationalisme xénophobe et l'intolérance religieuse et culturelle, des crimes se commettent contre les droits de l'Homme, comme contre les droits économiques, sociaux, démocratiques et de participation et d'organisation politique et sociale; des campagnes anti-communistes se développent et on persécute les forces qui résistent à l'offensive de l'impérialisme et défendent les droits sociaux et nationaux des peuples.

 « La réalité mondiale de ce début de XXIème siècle dément les campagnes de réhabilitation de l'image de l'impérialisme nord-américain déclenchées autour de l'élection de Barack Obama. La nature et les objectifs de la politique des Etats-Unis et de l'OTAN sont clairs désormais: la domination sur les ressources natures et énergétiques, le contrôle des technologies, l'expansion des marchés, la domination militaire et géo-stratégique. Autrement dit, une réponse par la force à l'affaiblissement relatif de la position des Etats-Unis au niveau international.

 « La rhétorique du 'multilatéralisme' et du 'dialogue' est démasquée par la politique belliciste et interventionniste des Etats-Unis, l'Union Européenne et l'OTAN, par l'offensive impérialiste en cours et par le risque réel de nouveaux conflits militaires du Moyen-Orient et de l'Asie Centrale à l'Amérique Latine. En dépit des antagonismes entre les Etats-Unis et l'Union Européenne, les deux convergent dans l'offensive contre les droits sociaux et nationaux des peuples.

 « La guerre et l'agression sont l'autre visage de la mondialisation économique impérialiste et l'OTAN est une pièce maitresse de sa stratégie de domination hégémonique et de persécution des forces et des pays qui s'y opposent. L'OTAN joue un rôle central dans la militarisation des relations internationales et dans la course aux armements, en étant le principal fauteur des conflits et de la tension qui rythment l'actualité. Sous l'allusion aux 'nouvelles menaces globales' – doctrine qui se substitue au vieux prétexte de 'menace communiste' – l'OTAN impose une escalade belliciste et militariste à grande échelle – dont la guerre en Afghanistan est un élément clé.

 « L'OTAN organisera, en Novembre, au Portugal, un Sommet dans lequel elle cherchera à rénover sa doctrine stratégique et qui représentera un nouveau et extrêmement dangereux saut qualitatif dans le rôle, la mission et les objectifs de l'Organisation.

 « Avec sa nouvelle doctrine stratégique, l'OTAN envisage de changer sa doctrine pour y inscrire ce qu'elle fait déjà en pratique: étendre son champ d'intervention et la projection de ces forces sur l'ensemble du globe; élargir le cadre de ses missions à des questions comme l'énergie, l'environnement, les migrations et les questions de sécurité interne des Etats; se réaffirmer comme un bloc militaire nucléaire malgré la rhétorique du désarmement militaire, en prévoyant l'usage de l'arme nucléaire dans des attaques militaires; développer davantage le complexe militaro-industriel et la recherche militaire et exiger de tous leurs membres une augmentation des dépenses militaires; inclure dans ses missions des actions d'ingérence directe et d'occupation sous couvert de missions d'interposition et de maintien de la paix; aller plus loin dans l'instrumentalisation de l'ONU pour poursuivre ses objectifs et approfondir son rôle de bras armé de l'impérialisme.

 « L'impérialisme paraît être tout-puissant, mais il ne l'est pas. Comme la réalité nous le montre, aux grands dangers résultant de la réponse par la force de l'impérialisme à la crise du capitalisme s'opposent à la lutte progressiste et révolutionnaire des peuples. Dans de nombreuses régions du monde, les peuples prennent entre leurs mains la défense de leurs droits et de la souveraineté et de l'indépendance de leurs pays, résistent sous les formes les plus variées et imposent des revers importants à la stratégie de domination impérialiste.

 « En ce sens, et en exprimant notre profonde conviction que, par la lutte, il est possible de mettre en échec l'OTAN et ses objectifs bellicistes et militaristes, il est possible de construire un avenir de paix, de progrès et de justice sociale, où chaque peuple peut décider librement de son destin, inséparable de la lutte pour le socialisme, nous, Partis Communistes et Ouvriers signataires de cette déclaration:

 

● « Exigeons la fin de la course aux armements, le désarmement nucléaire en commençant par les plus grandes puissances nucléaires du Monde, comme les Etats-Unis, la destruction complète des armes chimiques et biologiques, la fin des bases militaires étrangères.

● « Lançons un appel aux travailleurs et aux peuples du monde entier, aux forces progressistes et de gauche, au mouvement ouvrier et aux autres organisations sociales qui se mobilisent et renforcent la lutte pour la paix, contre la guerre et l'OTAN. Nous réaffirmons notre soutien de toujours au mouvement pour la paix. Nous félicitons le Conseil Mondial de la Paix pour son 60ème anniversaire et pour sa campagne contre l'OTAN.  

● « Déclarons notre intention de marquer les 65 ans de la victoire sur le nazisme et le fascisme comme une importante journée de lutte pour la paix et contre la distorsion monumentale de l'Histoire qui tente d'effacer le rôle central des communistes dans la libération des peuples du joug nazi et fasciste et mettre sur le même plan nazisme et communisme.  

● « Réaffirmons notre solidarité avec les peuples qui résistent aux occupations, agressions et ingérences de l'impérialisme et qui mènent de rudes batailles pour leur auto-détermination et leur indépendance, notamment avec les peuples du Moyen-Orient, les peuples palestiniens, libanais et syrien, et d'Asie Centrale. Nous exigeons le retrait immédiat de toutes les troupes engagées en Irak et en Afghanistan et dans toutes les autres interventions impérialistes dans le monde.

● « Exigeons la dissolution de l'OTAN et soutenons le droit souverain des peuples à décider de la sortie de leurs pays de cette alliance agressive. Nous réaffirmons notre opposition frontale à la militarisation de l'Union Européenne et à sa politique militariste et impérialiste, à l'élargissement de l'OTAN et à la mise en place du nouveau 'système anti-missile' des Etats-Unis et de l'OTAN en Roumanie et en Bulgarie. Nous exprimons notre solidarité avec le peuple de Chypre (Greco-Chypriotes et Turco-Chypriotes) et à sa lutte contre l'occupation turque et pour la réunification de leur patrie, pour une solution juste au problème chypriote.

● « Exigeons la fin des provocations et des ingérences en Amérique Latine et dans les Caraibes. Nous exprimons notre solidarité avec Cuba Socialiste et avec les peuples, les forces politiques et les gouvernements nationaux de nature démocratique, progressiste, populaire et anti-impérialiste de la région comme ceux du Vénézuela Bolivarien, de la Bolivie, de l'Équateur et du Nicaragua. Nous exigeons la libération des cinq patriotes cubains injustement prisonniers aux Etats-Unis. Nous réitérons notre soutien à la lutte du peuple hondurien pour la démocratie et contre le régime putschiste et pour son droit à décider de son avenir. Nous exigeons le retrait de la IV ème Flotte Nord-Américaine dirigée contre l'Amérique Centrale et du Sud, la fermeture des bases militaires des Etats-Unis dans la région, notamment celle de Guantanamo et les bases en Colombie. Nous dénonçons l'intervention militaire des Etats-Unis à Haïti et réclamons que les Nations Unies interviennent, dans le cadre d'une mission civile, dans ce Pays. Nous revendiquons que les actions de solidarité et de coopération avec le peuple haïtien contribuent au renforcement de l'État national indépendant et au développement économique et social du pays.  

● « Exprimons notre solidarité avec les peuples d'Afrique dans leur lutte pour le droit au développement et avec le peuple du Sahara Occidental pour le droit à son auto-détermination. Nous exigeons la fin de la militarisation et de l'ingérence impérialiste sur le continent, notamment sur les côtes de Somalie, dans toutes la région de la corne de l'Afrique, en République Démocratique du Congo et au Soudan. Nous réaffirmons notre engagement à poursuivre la lutte contre le commandement militaire nord-américain sur le continent (AFRICOM)  

● « Exprimons notre soutien au mouvement de la paix, au mouvement syndical de classe, de jeunesse, des femmes et à d'autres organisations qui au Portugal ont animé la Campagne pour la Paix et contre l'OTAN. Nous prenons l'engagement de faire tout ce qui est à notre pouvoir pour soutenir et mobiliser pour des actions de lutte contre l'OTAN et sa nouvelle doctrine stratégique prévues pour Novembre de cette année au Portugal.

Traduction AC pour

 http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-appel-en-vue-du-sommet-de-l-otan-a-lisbonne-en-novembre-et-signe-par-62-partis-communistes-et-ouvriers-pour-la-paix-non-a-l-otan-52857591.html



3 Annexe

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

3-1 Des révélations sur l'implication américaine dans la guerre du Liban.  

Dans son livre intitulé "Un été en feu", l’ex-commandant en chef de la Finul, le général Alain Pelligrini, révèle les coulisses de la guerre israélienne contre le Liban en 2006.

Il précise comment les Israéliens espionnent les forces des Nations-Unies au sud Liban.

Le général Pelligrini raconte comment les Etats-Unis ont essayé d’intervenir militairement dans la guerre de 33 jours déclenchée par le régime d'Israël contre le Liban, notamment à travers les forces de l’Otan, après l’échec du régime israélien à vaincre les forces de la résistance libanaise et le Hezbollah.

"Les pays occidentaux, sauf la France, s’étaient mis d’accord dans leurs consultations à New York, à accuser la Finul d’ inefficacité, et essayer par ce biais de justifier l’envoi d'autres forces, sans les casques bleus, comme l'Otan ou l'Union européenne, ou une force multinationale, l'ancien président américain GW Bush voulait le plus rapidement possible réunir cette force sans attendre un cessez-le-feu" a ainsi déclaré le général Pelligrini.

Ces révélations et déclarations sur la guerre de 33 jours montrent jusqu'où sont allés les complots américano-israéliens contre le Liban, mais elles donnent aussi des indications à l'opinion publique sur le soutien et le feu vert de Washington au régime israélien pour sa politique militariste et guerrière. Principal rempart à la politique hégémonique de la Maison Blanche au Liban, la résistance islamique libanaise a toujours été dans la ligne de mire des Etats-Unis. Car, pour Washington et ses projets hégémoniques au MO, le Liban demeure toujours le point de départ. Il en était ainsi pour le plan du "Grand MO" imaginé par les Etats-Unis qui ont décidé de lancer ce plan au Liban. Les dirigeants américains qui n'ont pas digéré l'échec de leur plan, ont alors voulu prendre leur revanche sur le peuple libanais et à travers lui la résistance islamique. C'est la raison pour laquelle, disent les analystes, on pourrait dire que la guerre de 33 jours était une guerre américano-israélienne contre le Liban et, ajoutent-ils, Washington et complice des exactions israéliennes contre le peuple libanais. L'Afghanistan, l'Irak et maintenant le Liban. Il n'est pas étonnant de voir le ressentiment de l'opinion publique internationale vis-à-vis de la politique expansionniste des Etats-Unis à travers le monde.

05/11/2010

 http://french.irib.ir



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

15/11/2010

n° 78 - Journal des Guerres de l'Otan - 14-11 – Début - L'OTAN ne compte pas réduire son arsenal nucléaire.

n° 78 - Journal des Guerres de l'Otan  - 14-11 – Début  -  L'OTAN ne compte pas réduire son arsenal nucléaire.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal des Guerres de l'Otan.  

   n° 78- 14-11      

 C.De Broeder & M.Lemaire       



Le " Journal des Guerres de l'Otan " est  visible :

a)   sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Tiré à part :

Tiré à part :

Brigitte Queck : La Russie va-t-elle entrer dans l’OTAN ?

L'OTAN ne compte pas réduire son arsenal nucléaire.

Guerres de l'Otan

Au jour le jour

1 Politique 

Les parties prenantes

a) L'Otan

b) Les USA

c) L’Otan dans le monde

d) Le reste du monde

e) Institutions internationales

Suite

Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

2-1Alexander Dorin, Zoran Jovanović : Srebrenica, ce qui s’est réellement passé.

3 Brèves 3-1 Sergueï Lavrov : Désarmement: aucune entente secrète entre la Russie et les Etats-Unis.

3-2 Medvedev et Obama auront une entrevue au Japon.

Fin

4  Dossiers

4-1 Nils Andersson : Le « Nouveau concept stratégique de l’OTAN »

4-2 Tobias Pflüger : L'Afghanistan : question cruciale pour l'Otan.

4-3 Manlio Dinucci : Pisa No Hub.

4-4 Manlio Dinucci : Les armes atomiques états-uniennes en Europe, bientôt toutes en Italie.

 



Tiré à part :

Brigitte Queck : La Russie va-t-elle entrer dans l’OTAN ?

Volker Rühe, ex-ministre de la Défense et actuel expert de la CDU pour les questions de sécurité, a déclaré dans une tribune parue dans la „Rheinische Post“ de Düsseldorf le 16 octobre 2010 : « Dans des régions d’importance vitale pour nous, l’Europe, l’Amérique et la Russie ont des intérêts communs »

Et de citer des défis communs : le soi-disant « combat contre le terrorisme », la question de la non-prolifération nucléaire et de l’instabilité au Moyen-Orient.

En outre, « la Russie aurait de nombreuses possibilités de soutenir l’engagement de l’OTAN en Afghanistan » Frithjof Schmidt, le chef de la fraction parlementaire des Verts a déclaré le 22 octobre 2010 qu’il était important, « de cesser de considérer la Russie comme un ennemi ».

Il faudrait créer « un véritable système de sécurité collective allant de Vancouver à Vladivostok » Cette unanimité entre des politiciens allemands de premier plan est-elle un hasard ?

Il faut voir que la dernière Conférence de Bilderberg où de grosses pointures de l’économie, des politiciens, des grands pontes des médias et des journalistes influents et sponsorisés par le patronat se rencontrent chaque année pour débattre de la stratégie et de la tactique à mettre en œuvre en direction des États qui ne font pas partie de notre « communauté de valeurs » a eu lieu récemment ! I
Il est sûr que quelques politiciens occidentaux, principalement usaméricains, aimeraient bien faire entrer
la Russie dans l’OTAN. On ne peut s’empêcher à cette occasion de se rappeler comment l’Occident fit froidement main basse sur la RDA et les autres États socialistes à la belle époque de la perestroïka.
Simplement, aujourd’hui, il n’ya plus de Russie socialiste, mais une tentative de l’Occident de dépouiller totalement
la Russie de sa souveraineté et de la faire entrer dans le système de valeurs occidental.

Le discours-programme prononcé par Hillary Clinton le 8 septembre 2010 devant le Council on Foreign Relations a révélé l’intérêt majeur qu’y trouvent les USA.
Elle y confirme que les USA s’en tiennent à leur principe d’hégémonie mondiale. Et déclare notamment :

« La complexité et l’interdépendance qui caractérisent le monde actuel ont ouvert une nouvelle ère pour l’Amérique, une ère où notre rôle de leader mondial revêt une grande importance, même si nous devons souvent emprunter des chemins inédits. »
Et le Dr Josef Brame de
la DGAP (Deutsche Gesellschaft für Auswärtige Politik, Société allemande de politique étrangère) cite dans sa contribution « L’Occident et le monde. Perspectives politiques américaines pour l’OTAN sous la présidence d’Obama à la Zeitschrift für Außen-und Sicherheitspolitik (Revue de politique étrangère et de sécurité) n° 3/2009 les paroles du Président US :  

« Une OTAN mondiale est un instrument qui permettra aux USA de promouvoirleurs intérêts à l’échelon mondial. Outre leurs alliés transatlantiques, les démocraties asiatiques doivent aussi être tenues de contribuer militairement et financièrement à un ordre mondial libéral. »
 Valentin Drouchinine, Russie/Ukraine
L’entrée de
la Russie dans l’Otan permettrait aux USA :
1/ de faire un grand pas en direction de leur rôle d’unique puissance dominante mondiale, car en acceptant de devenir membre de l’OTAN,
la Russie accepterait tous les autres engagements qu’implique l’Alliance.
2/Les USA et leurs alliés de l’OTAN se verraient ouvrir un contrôle illimité sur les ressources du sous-sol russe et leur exploitation.
3/
La Russie perdrait toute possibilité de défendre à l’ONU un monde multipolaire.
4/L’implication désormais totale de
la Russie dans l’invasion de l’Afghanistan l’affaiblirait très fortement aux plans politique, économique et militaire et entraînerait sa transformation progressive en une simple province de l’Occident.
5/ Cela repousserait à plus tard, voire rendrait impossibles, l’élaboration des nécessaires solutions au problème du Moyen-Orient ou la fin de la guerre de l’OTAN en Afghanistan.
6/ En perdant le soutien de
la Russie la recherche d’un ordre mondial plus juste serait renvoyée à beaucoup plus tard. Autrement dit : l’entrée de la Russie dans l’OTAN ne servirait ni les intérêts de la Russie, ni ceux de la communauté mondiale.
Brigitte Queck
 

Date de parution de l'article original: 25/10/2010
URL de cet article:
http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=2184

 

L'OTAN ne compte pas réduire son arsenal nucléaire.

L'OTAN n'a pas l'intention de réduire son arsenal nucléaire, a déclaré le général français Stéphane Abrial, Commandant suprême allié Transformation de l'Alliance atlantique, lors du 2ème Forum sur la sécurité internationale, qui se tenait ce week-end à Halifax, capitale de la province canadienne de Nouvelle-Ecosse.
"Tant que le monde est nucléaire, l'Alliance  doit garder des armes nucléaires", a déclaré le général.
Le problème de l'arsenal
nucléaire tactique de l'OTAN en Europe sera vraisemblablement évoqué lors du sommet des 28 pays membres de l'Alliance qui se déroulera les 19-20 novembre à Lisbonne.
Auparavant, l'Allemagne, les Pays-Bas,
la Belgique, le Luxembourg et la Norvège ont initié une discussion interne sur la politique nucléaire de l'OTAN.
Selon les experts, près de 240 ogives nucléaires américaines se trouvent en Allemagne, en Belgique, en Italie, aux Pays-Bas et en Turquie.
La nouvelle doctrine nucléaire nationale, rendue publique par les Etats-Unis, fait mention d'un éventuel retrait des armes nucléaires tactiques américaines du continent européen.

08/11/2010

http://fr.rian.ru/world/20101108/187806521.html



Guerres de l'Otan

1  Politique 

Les parties prenantes

a) L'Otan

Fogh Rasmussen

Otan: Rasmussen admet des opérations hors des frontières de l'Alliance.

Intervenant mercredi à la radio Echo de Moscou, le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen n'a pas exclu des opérations de l'Alliance en dehors des frontières de ses membres.

"Quant aux opérations en dehors des frontières des pays membres de l'Otan, cela dépendra pour beaucoup de la situation. La tâche essentielle est de défendre les territoires des membres de l'Alliance, mais, dans le monde d'aujourd'hui, une défense efficace de nos territoires peut commencer en dehors de nos frontières", a-t-il déclaré.

3 novembre

 

L'Otan réduit ses troupes au Kosovo.

L'Otan, très engagée en Afghanistan, a annoncé aujourd'hui qu'elle allait diminuer quasiment de moitié ses troupes au Kosovo, jugeant que la situation y était assez calme en dépit d'une crise gouvernementale et de la perspective d'élections anticipées.
"L'Otan a décidé aujourd'hui d'adapter la présence de (sa force),
la Kfor, au Kosovo" dont les effectifs, "au cours des prochains mois", "vont être progressivement réduits pour passer à environ 5.000 soldats au total", a indiqué M. Rasmussen dans une "déclaration".
Alors que
la Kfor déployait encore près de 14.000 militaires, l'Otan avait décidé en juin 2009 d'en ramener en trois étapes les effectifs à 2.200. La première a été franchie en janvier dernier avec une réduction de 5.000 hommes.
Les principaux contingents par ordre décroissant sont allemand, italien, américain et français.
Afin notamment de pouvoir envoyer des renforts en Afghanistan, certains des 32 pays, dont 25 de l'Otan, qui contribuent à
la Kfor, comme la Slovaquie et la Tchéquie par exemple, souhaitaient accélérer le retrait total ou partiel du Kosovo.

29/10

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/10/29/97001-20101029FILWWW00465-l-otan-reduit-ses-troupes-au-kosovo.php


Dans les coulisses 

ABM: l'OTAN propose à Moscou de créer un système commun.

L'OTAN a proposé à la Russie de réaliser un système de défense antimissile commun (ABM), a déclaré mercredi le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov lors d'une conférence de presse avec le secrétaire général de l'Alliance Anders Fogh Rasmussen. 
"Nous avons reçu les propositions supplémentaires du secrétaire général sur la participation de
la Russie à la création d'un système ABM. Le président russe Dmitri Medvedev a confirmé que Moscou serait prêt à participer à la création d'un tel système mixte qui viserait la lutte contre les défis communs", a indiqué M. Lavrov.
Selon lui, la partie russe s'est familiarisée avec le contenu de la nouvelle conception stratégique de l'Alliance qui sera adoptée lors du sommet de Lisbonne les 19 et 20 novembre.

 03/11/

http://fr.rian.ru/world/20101103/187783812.html


Sur le terrain

L’armée afghane incapable de prendre le relais de l’OTAN ?

 « Pas question pour l’OTAN de quitter l’Afghanistan après la passation des opérations militaires aux Afghans », c’est ce qu’affirme James Appathurai, le porte parole de l’OTAN aujourd’hui : « transfert ne veut pas dire départ ». 

En substance, J.A. précise qu’il n’y aura pas de vide dès le transfert effectué au profit de l’armée afghane, dès 2011, en prédisant que l’OTAN restera aussi longtemps que nécessaire en Afghanistan, du moins jusqu’en 2014, fin présumée du transfert.

Cette déclaration, faite à Bruxelles, laisse présager de sombres perspectives si d’aventure, les forces afghanes se révélaient être incompétentes. Il y a fort à parier que des soldats mal payés soient tentés par d’autres aventures plus lucratives et plus en accord avec les réalités de demain ; un ralliement à la cause talibane par exemple, à moins que des accords n’aient lieu entre les talibans et le pouvoir en place. Quoi qu’il en soit, la mission de l’OTAN reste largement inachevée et le moment du transfert correspond au pire moment de ce que l’OTAN aura vécu depuis le début de son intervention, harcelée et victime des pertes humaines les plus lourdes depuis le début du conflit. 

Les pays membres de l’ISAF se réuniront le 20 novembre prochain pour examiner une situation dont chacun voudrait bien se retirer sans y laisser davantage de soldats encore. En parlant de partenariat durable avec l’OTAN, dixit le porte-parole, n’y-a-t-il pas une volonté de rester stationné en Afghanistan au-delà du temps strictement nécessaire ? L’explication d’Obama concernant le renforcement du dispositif de l’ISAF de 30.000 soldats supplémentaires laisse perplexe alors qu’il explique en même temps que le retrait commencerait à s’opérer en juillet prochain. On voit mal aujourd’hui comment les forces afghanes pourraient prendre le relais de l’alliance la plus militarisée et réputée la plus performante de la planète alors qu’elle ne parvient pas à sécuriser le pays et, pire, subit de plus en plus d’attaques et d’actes terroristes compromettant la mission qu’elle s’était assignée.

Jean-Marc Trappler
12 novembre 2010

http://www.armees.com/L-armee-afghane-incapable-de,34081.html



1 Les parties prenantes

Le reste du monde

Belgique

Faibles espoirs d'un débat en Belgique sur l'avenir de l'OTAN.

Le texte suivant véhicule à nouveau l'idée commune que l'Otan était une alliance défensive légitime jusqu'en 1990.

Les auteurs seraient bien inspirés de lire le livre de  Daniele Genser, 'Les Armées secrètes de l'Otan' (http://www.editionsdemilune.com/lesarmessecrtesdelotan-p-16.html) L'Otan était dès sa création une alliance agressive et sa création même en 49 entrait en contradiction directe avec la Charte des Nations Unies.

Si on peut laisser de "détail" de côté, au nom de la lutte commune contre l'Otan, d'autres passages du texte font quand même se poser quelques questions sur les orientations des auteurs. L'agression contre la Yougoslavie est qualifiée dans la pure tradition journalistique "intervention de l’OTAN au Kosovo", "les Etats membres ont ressenti le besoin d’adopter un nouveau concept stratégique" imaginent-ils ; L'ambition de l'Otan de se doter de capacités civiles n'est critiquée qu'au nom du double emploi que cela ferait avec cette excellente organisation neutre et humanitaire qu'est l'Union Européenne. Le problème majeur avec le dit Bouclier Antimissile c'est qu'il ne sera pas totalement imperméable ni empêcher le dégagement de radiations par les missiles interceptés... et si on arrive à démontrer que si, c'est bien le cas, il n'y a pas de problème alors?

Le fait que le gouvernement en affaires courantes s'apprête tranquillement à engager lourdement le Belgique à long terme n'est même pas dénoncé, on demande, ou on espère simplement "un débat", débat qui amènerait peut-être le démocrate-chrétien Pieter De Crem ( 'notre' min. de la défense) à adopter des positions plus chrétiennes?

Pax Christi et la CNAPD sont des organisations de paix majeures en Belgique francophone.

La Commission Justice et Paix est liée à la Conférence Épiscopale de Belgique.

Roland Marounek

 

Faibles espoirs d'un débat en Belgique sur l'avenir de l'OTAN

On peut légitimement se demander quelle position défendra le gouvernement belge pendant le prochain Sommet de l’OTAN. Pourtant, cette réunion n’est pas anodine. Il s’agit d’adopter un nouveau concept stratégique, un tournant dans l’histoire de l’Alliance atlantique. Malgré cela, ce n’est qu’à la veille de l’ouverture du Sommet que le Parlement a obtenu de pouvoir en discuter avec le Gouvernement. 

Depuis la fin de la Guerre froide, l’OTAN se cherche un nouveau rôle. D’alliance défensive qu’elle était, elle est devenue progressivement un outil bien plus interventionniste. Faisant fi de son traité fondateur, elle n’hésite plus à intervenir en dehors de son territoire. Depuis le terrorisme jusqu’aux changements climatiques, en passant par la pression démographique, la sécurité des approvisionnements ou les tensions ethniques, la liste des menaces qui légitiment à ses yeux ses interventions s’étend à l’infini. 

Ces menaces et ces stratégies sont définies dans des concepts stratégiques. Le dernier d’entre eux, adopté en 1999, commençait à dater. L’intervention de l’OTAN au Kosovo (sic), les attentats du 11 septembre, l’élargissement du nombre de membres, la guerre d’Afghanistan et la profonde modification des rapports géopolitiques ont changé les données du problème. Les Etats membres ont ressenti le besoin d’adopter un nouveau concept stratégique. C’est l’objectif du Sommet de Lisbonne qui se tiendra ces 19, 20 et 21 novembre. 

Il semblerait que l’OTAN ambitionne de se doter d’« une organisation plus légère, réactive sur le plan décisionnel, plus efficace et efficiente ». Cette réforme passerait notamment, selon M. Rasmussen, Secrétaire général de L’OTAN, par l’institutionnalisation d’un financement commun. Cette disposition pourrait amener les Etats à voir le contrôle d’une partie de leurs budgets militaires leur échapper.

L’OTAN devrait également renforcer sa capacité à intervenir en dehors de son territoire. D’exceptionnelle à partir de 1999, cette capacité deviendrait la règle. L’Otan pourrait ainsi s’arroger le droit d’intervenir aux quatre coins du globe et s’attribuer le rôle de gendarme au service de ceux qui la commandite.

Constatant très justement que les solutions militaires ne sont pas la panacée pour assurer leur sécurité, les Etats membres envisagent également de doter l’OTAN de capacités civiles, notamment de reconstruction. D’autres organisations, l’Union européenne par exemple, disposent pourtant d’une expertise reconnue dans ce domaine.

Quel sens trouve-t-on dès lors à dédoubler les capacités à l’heure où les finances de nos pays sont au plus bas ? 

Acteur déterminant dans la course aux armements à laquelle on assiste aujourd’hui, l’Alliance envisage de lancer la construction d’un bouclier antimissile, un dispositif qui ne pourra jamais être totalement imperméable ni empêcher le dégagement de radiations par les missiles interceptés. Cette nouvelle chimère coûterait entre 200 et 800 millions d’euros d’après M. Rasmussen. Pourtant, les seuls budgets de recherche ont déjà dépassé les centaines de milliards de dollars. En dépit du bon sens, certains Etats, comme la Belgique, soutiennent ce projet, persuadés qu’ils sont qu’un tel bouclier les dispenserait d’armes nucléaires sur leur sol.

Toutes ces questions méritent un débat en Belgique. Elles vont engager notre pays sur des questions aussi fondamentales que la guerre, la paix, l’ordre mondial pour les années à venir. La note préparatoire du sommet est déjà prête mais le gouvernement refuse d’en discuter la teneur avec les parlementaires. Que notre Gouvernement soit en affaires courantes n’excuse rien ; elles devraient au contraire l’engager à établir avec les représentants du peuple légitimement élus une position cohérente et qui satisfasse chacun. Maintenant, l’espoir de voir un véritable débat démocratique et transparent sur ces enjeux cruciaux étant déçu, il ne nous reste plus qu’à espérer que notre gouvernement défendra à Lisbonne une position équilibrée qui n’engage pas la Belgique de façon inconsidérée et qui prenne en compte la tradition pacifiste de sa population. Maigre espérance !

 Nicolas Bossut, Secrétaire général de Pax Christi Wallonie-Bruxelles

Samuel Legros, Chargé de plaidoyer de la CNAPD

Santiago Fischer, Chargé de mission de la Commission Justice et Paix 

9 novembre 2010


Canada

Afghanistan: présence militaire canadienne jusqu’en 2014.

Stephen Harper vient d’en faire la déclaration à Seoul ; les militaires canadiens prêteront main forte aux armées afghanes, assurant une mission de formation et d’accompagnement. Cette déclaration vient en contradiction d’une précédente et récente déclaration appelant à un retrait et retour des forces canadiennes d’Afghanistan, hormis quelques militaires en charge de la sécurité de l’ambassade canadienne à Kaboul. 

Toutes les forces de la coalition sont d’accord sur un point : les Afghans ne sont pas en capacité de prendre le relais, faute de formation suffisante et d’encadrement compétent ; c’est ce que revendique Harper pour justifier son changement d’avis et de préciser que l’engagement futur des militaires canadiens se limiterait strictement à l’instruction excluant ainsi toute mission de combat. Affirmer se cantonner à l’instruction sans prendre part aux missions de combat paraît cependant hasardeux ; comment passer d’un monitorat d’instruction à une mission de combat en manquant d’encadrement opérationnel compétent ? C’est un problème que toutes les forces alliées vont devoir résoudre car se limiter strictement à l’instruction présente un risque de débandade certain dès les premiers accrochages.

Après bientôt dix années de guerre et d’assistance militaire, on en vient à estimer qu’il faudra encore rester, au moins jusqu’en 2014, pour que la formation des militaires afghans porte ses fruits. Sommes nous donc naïfs à ce point de croire que les Afghans sont capables de réaliser en si peu de temps – assurer la sécurité de 100% de leur territoire – alors que nous n’avons pu le faire en dix ans. L’OTAN risque de rester un peu plus longtemps que prévu dans la place et les Français itou.  

Jean-Marc Trappler

11 novembre 2010
http://www.armees.com/Afghanistan-OTAN-presence,34086.html
11 novembre 2010


France

L'armée française aux ordres ? Après l'OTAN, la GB et les USA.

Veuillez trouver ci-joint, la question écrite de André Gerin au ministre de la défense concernant la création d'une   "force expéditionnaire conjointe". Il demande un débat parlementaire sur ce sujet.

Q U E S T I O N  E C R I T E

Monsieur André GERIN attire l’attention de M. le ministre de la défense sur les traités de partenariat qui viennent d’être conclus avec la Grande-Bretagne.

Il s’agit de la création d’une « force expéditionnaire conjointe » de plusieurs milliers d’hommes, mobilisable pour des opérations extérieures bilatérales ou sous drapeaux de l’OTAN, de l’ONU ou de l’Union européenne.

S’il est rappelé que chacune des nations contractantes demeure libre de ses choix, nous sommes en droit de nous demander de quels types d’opérations extérieures il peut s’agir.

Nul n’ignore les approches géostratégiques différentes de la Grande-Bretagne et de notre pays.

Nos voisins d’Outre-Manche se sont ainsi engagés sans réserve aux côtés des Etats-Unis pour conduire la guerre en Irak, sous des prétextes initiaux – la présence d’armes de destructions massives – aujourd’hui démentis. La France non seulement ne s’est pas rangée aux côtés de cette coalition mais a combattu à l’ONU cette décision de guerre.

Certes notre pays a rejoint le commandement intégré de l’OTAN en rupture avec tout ce qui avait fondé sa stratégie originale et sa vision du monde.

Ces accords de défense avec la Grande-Bretagne font craindre des allégeances encore plus grandes à l’égard de l’OTAN et des Etats-Unis, l’engagement de notre pays dans des aventures militaires que nous avons jusqu’à présent combattues. Le maintien de notre présence en Afghanistan est un exemple de cette dérive.

En plus de la force conjointe, Paris et Londres partageront, à partir de 2020, leurs deux porte-avions afin de permettre à l’un des pays d’opérer à partir du navire de son voisin, ce qui revient à dire que nous serions susceptibles d’intervenir, par la mise à disposition du Charles de Gaulle, dans des opérations où nos forces ne seraient pas engagées et que nous pourrions ne pas approuver.

Plus grave encore est le second traité concernant la coopération technologique sur le nucléaire militaire. La France va ainsi permettre aux Britanniques de vérifier l’état des matières destinées à leurs ogives en leur offrant l’accès aux technologies du site de Valduc en Bourgogne, rattaché à la direction des applications militaires du Commissariat à l’énergie atomique (CEA). De la matière fissile sera ainsi transportée au Royaume-Uni vers Valduc pour y être testée, soumise à des simulations, puis rapatriée. Un centre de recherche sera en parallèle ouvert aux spécialistes des deux pays, dans le Sud-Est de l’Angleterre.

Il serait infiniment plus souhaitable que la coopération se déploie en vue du désarmement nucléaire et non d’un renforcement de l’arsenal.

L’inquiétude est d’autant plus vive que, comme dans le domaine conventionnel, la France et la Grande-Bretagne, cette dernière dépendante des Etats-Unis, n’ont pas les mêmes approches du rôle et de la place de l’armement nucléaire dans leur stratégie de défense.

Nous apprêtons donc à opérer des transferts de technologies dont nous ne maîtrisons pas les éventuelles finalités d’utilisation.

Le député demande à M. le ministre de la défense de lui préciser le contenu de ces accords qui seront, au final, au nombre de dix sept, et de prévoir un débat au Parlement sur ce sujet.

novembre 2010

http://fr.rian.ru/world/20101103/187781226.html


Russie

Russie-OTAN: Moscou exige des restrictions de déploiement en Europe.  

La Russie exhorte l'OTAN à une interdiction de déploiement des "forces de combat importantes" sur le territoire des nouveaux membres de l'Alliance, rapporte mercredi le journal russe Kommersant.
"Nous souhaitons que la prédictibilité des activités militaires sur le territoire des pays ayant adhéré récemment à l'OTAN soit plus élevée qu'actuellement", a annoncé au quotidien le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov.
Selon M.Riabkov, un projet d'accord ad hoc est déjà soumis à l'examen de l'Alliance. L'accord proposé prévoit de limiter le déploiement des forces de combat importantes dans les pays qui ont été intégrés au sein de l'Alliance lors des dernières vagues d'élargissement.
Le projet intitulé "Accord sur les bases des relations Russie-OTAN" a été transmis au secrétaire générale de l'Alliance, Anders Fogh Rasmussen, par le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, en décembre dernier. Depuis ce moment, les pourparlers sur la signature du document se poursuivent.
"Il y a un certain temps, le ministre Lavrov nous a proposé de signer un accord juridiquement contraignant", a confirmé une source au sein de l'Etat-major de l'Alliance. "Mais pour le moment, on ne sait pas ce qui va en sortir".
Selon le journal, le projet concerné fera l'objet des discussions lors de la visite de M.Rasmussen en Russie prévue début novembre à la veille du sommet de Lisbonne.

27/10

http://fr.rian.ru/

Medvedev se rend à Lisbonne pour resserrer les liens entre la Russie et l'Otan  

Le président russe Dmitri Medvedev se rend au sommet Russie-Otan de Lisbonne pour que l'Alliance tienne davantage compte de l'approche, des préoccupations et des aspirations stratégiques de Moscou, a indiqué devant les journalistes une source au Kremlin.
"A notre sens, il s'agit incontestablement d'une coopération équilibrée à long terme qui s'effectue sur un pied d'égalité entre la Russie et les pays membres de l'Otan et qui est dictée par les intérêts nationaux des Etats", a déclaré la source.
Le représentant du Kremlin a reconnu que l'attitude envers l'Alliance restait "plutôt sceptique" en Russie, ce qui était l'une des conséquences de la "guerre froide", mais que les efforts déployés au niveau du Conseil Russie-Otan donnaient des résultats.
"Nous avons appris et apprenons toujours à mieux nous comprendre les uns les autres. Le principal est maintenant de comparer nos objectifs stratégiques lors de l'évaluation des risques et des dangers effectifs, ainsi que des réponses à apporter aux menaces communes", a-t-il souligné.
En septembre dernier, le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen a proposé de tenir un sommet du Conseil Russie-Otan en marge du sommet de l'Alliance de Lisbonne qui aura lieu les 19 et 20 novembre prochains.

29/10/2010

 http://fr.rian.ru/

 

ABM: la Russie et l'Otan ne coopéreront que sur un pied d'égalité.

La coopération entre la Russie et l'Otan dans le cadre du bouclier antimissile européen (ABM) n'est possible qu'entre partenaires égaux, a indiqué mercredi le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov lors d'une conférence de presse.

"Sans entrer dans les détails, j'affirme que nos partenaires de l'Otan réalisent que la Russie ne collaborera (dans le domaine de l'ABM, ndlr) qu'en cas d'égalité absolue", a indiqué le ministre russe interrogé sur le contenu de la proposition faite par l'Otan.

En septembre dernier, le secrétaire général de l'Alliance atlantique, Anders Fogh Rasmussen, a invité Moscou à prendre part à un système de défense antimissile commun.

"Compte tenu de (notre position, ndlr), M.Rasmussen a suggéré d'effectuer une analyse conjointe afin de comprendre si une telle coopération est envisageable.

C'est une démarche indispensable que, j'espère, nous mettrons en œuvre et qui permettra à nos dirigeants de prendre les décisions appropriées", a conclu M.Lavrov.

 03/11/

http://fr.rian.ru/world/20101103/187784670.html

 

Robert Pszczel devient le représentant permanent de la Russie auprès de l'OTAN.

Les autorités russes ont accepté d'accréditer Robert Pszczel à la tête du bureau d'information de l'OTAN à Moscou, a annoncé vendredi le représentant permanent de la Russie auprès de l'Alliance Dmitri Rogozine.
Depuis avril 2010, le bureau de l'OTAN à Moscou fonctionnait sans son chef,
la Canadienne Isabelle François privée d'accréditation en réponse à l'expulsion par l'Alliance de deux diplomates russes.
La
nomination de M. Pszczel a été annoncée par le secrétaire général de l'OTAN Anders Fogh Rasmussen lors d'une visite officielle à Moscou, le 3 novembre dernier.
"Nous avons bien étudié les méthodes de travail de Robert Pszczel au moment de la dégradation des rapports entre
la Russie et l'OTAN. Nous partageons l'avis selon lequel il sera très utile à la tête du bureau d'information de l'OTAN à Moscou. C'est une personne qui manifeste un vif intérêt pour le développement des relations avec la Russie", a déclaré M.Rogozine.
Selon lui, le nouveau représentant de l'Alliance "parle bien le russe et connaît au fond les dessous de la politique otanienne".

Dmitri Rogozine

05/11

http://fr.rian.ru/world/20101105/187794604.html

 

La Russie ne devrait pas introduire ses troupes en Afghanistan.

La Russie n’a rien à gagner à réintroduire ses troupes en Afghanistan, a annoncé jeudi à Moscou Oleg Koulakov, professeur de l’Université militaire.

"A mon avis, la Russie ne devrait pas introduire ses troupes en Afghanistan pour plusieurs raisons. La première raison est évidente, elle est affective et liée à notre expérience passée", a indiqué l’expert, en référence à la défaite soviétique, lors de la table ronde "Afghanistan : la coopération Russie-Etats-Unis est-elle possible ?".

Fin octobre, des médias occidentaux ont annoncé que l’envoi d’un contingent russe en Afghanistan avait été évoqué en prévision du prochain sommet de l’Otan. La Russie a démenti ces infirmations.

"D’autre part, il n’est pas opportun de recourir ce moyen. (…) Nous sommes éloignés de l’Afghanistan, et n’avons même pas de frontières communes ce qui poserait un problème de ravitaillement technique, ce qui a provoqué un tiers de nos pertes par le passé", a ajouté M.Koulakov. Les raisons pour lesquelles Moscou aurait pu introduire ses troupes dans ce pays, dont les intérêts de la sécurité nationale et la lutte contre le trafic de stupéfiants, peuvent être gérées à distance sans qu’un contingent, russe ou étranger, n’y soit présent, a conclu l’expert.

RIA Novosti

11 novembre 2010

http://www.armees.com/La-Russie-ne-devrait-pas,34088.html


Turquie

La Turquie pourrait accueillir le bouclier antimissile de l'OTAN
L'OTAN poursuit les négociations avec Ankara sur le déploiement éventuel d'éléments du système de défense antimissile (ABM) sur le territoire turc, a déclaré mercredi le porte-parole de la diplomatie turque Selcuk Unal.
"Les négociations sont en cours", a dit le diplomate. Selon lui,
la Turquie prône la création par l'OTAN d'un système ABM cohérent visant à garantir la sécurité de l'ensemble des pays membres de l'Alliance.
Les autorités turques ont plusieurs fois souligné qu'Ankara préférait l'ABM otanien à l'ABM américain.
Le Conseil de sécurité nationale se penchera mercredi sur le déploiement du système ABM otanien en Turquie, selon la chaîne turque NTV.
Les négociations entre Ankara et l'OTAN doivent s'achever avant le sommet de l'Alliance prévu à Lisbonne au mois de novembre.

28/10/2010

http://fr.rian.ru/world/20101027/187724969.html



d) Institutions internationales.

UE

Caucase: l'accord Medvedev-Sarkozy toujours pas respecté.

 (mission de l'UE)
Les troupes russes doivent regagner leurs positions d'avant le conflit osséto-géorgien d'août
2008, a déclaré le chef de la Mission d'observation de l'UE en Géorgie (EUMM Georgia) Hansjörg Haber,
soulignant que le départ des gardes-frontières russes de Perevi était insuffisant pour parler du respect des accords Medvedev-Sarkozy.
Le porte-parole de la diplomatie russe Andreï Nesterenko a déclaré mardi qu'après le départ des gardes-frontières russes du village de Perevi (zone disputée à la frontière entre l'Ossétie du Sud et
la Géorgie), personne ne pourrait reprocher à Moscou de ne pas respecter les ententes intervenues entre les chefs d'Etat russe et français.
"Cette déclaration était attendue. C'est la position de
la Russie et non celle de l'UE. Nous considérons que le plan en six points n'est toujours pas entièrement respecté. La Russie doit se retirer sur les positions antérieures au conflit", a indiqué M.Haber.
Le 12 août 2008, soit quelques jours après le début des hostilités, les présidents russe et français ont formulé six principes de règlement des conflits en Géorgie. Baptisés "plan Medvedev-Sarkozy", ces principes prévoient le non-recours à la force, l'arrêt des hostilités, le libre accès à l'aide humanitaire, le retour des forces armées géorgiennes dans leurs bases et celui des troupes russes sur leurs cantonnements antérieurs aux hostilités et le début d'une discussion internationale
sur les moyens de garantir la sécurité de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud.
Le plan Medvedev-Sarkozy a été concrétisé le 8 septembre 2008. Ses nouvelles dispositions prévoient notamment la mise en place de mécanismes internationaux d'observation. Créée conformément à ces dispositions, l'EUMM Georgia a été officiellement déployée le 1er
octobre 2008.

Elle réunit près de 200 observateurs de 22 pays de l'UE.

RIA Novosti –

21/10/2010
http://fr.rian.ru/world/20101020/187675222.html


n° 78 - Journal des Guerres de l'Otan - 14-11 – Suite - L'OTAN ne compte pas réduire son arsenal nucléaire.


 n° 78 - Journal des Guerres de l'Otan  - 14-11 – Suite  -  L'OTAN ne compte pas réduire son arsenal nucléaire.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal des Guerres de l'Otan.  

   n° 78- 14-11      

 C.De Broeder & M.Lemaire       



Le " Journal des Guerres de l'Otan " est  visible :

a)   sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

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b) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

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 d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

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Sommaire.

Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

2-1Alexander Dorin, Zoran Jovanović : Srebrenica, ce qui s’est réellement passé.

3 Brèves 3-1 Sergueï Lavrov : Désarmement: aucune entente secrète entre la Russie et les Etats-Unis.

3-2 Medvedev et Obama auront une entrevue au Japon.  

Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

2-1Alexander Dorin, Zoran Jovanović : Srebrenica, ce qui s’est réellement passé.

Préface de Peter Priskil

Srebrenica est une petite ville dans l’Est de l’ancienne république yougoslave (et aujourd’hui, l’État, fondé lors d’un baptême du feu des œuvres de l’Otan) de Bosnie-herzégovine, une enclave dans la zone serbe d’implantation habitée surtout par des musulmans jusqu’au milieu des années 1990.

Mais Srebrenica fut bien davantage : dans la république fédérée qui devait bientôt être occupée par les troupes de l’ONU et de l’Otan et ravagée par la guerre civile, ce fut une « zone sûre » (prétendument démilitarisée), mise en place par les puissances d’occupation, en sus d’autres zones comme Žepa, Goražde, Sarajevo, Tuzla et Bihać. Toutes ces « zones sûres » étaient situées dans des régions principalement habitées par des Serbes mais étaient sous contrôle des Nations unies ou de l’Otan, ce qui revenait au même. Sous la protection des anciennes forces d’occupation, les musulmans, qui étaient tout sauf « démilitarisés » et étaient équipés d’armes modernes (des témoignages de serbes survivants les ont décrits comme des « Ustaša » ou des « Turcs »), lancèrent des attaques contre les villages serbes des alentours, en maltraitèrent de façon bestiale les habitants, puis les torturèrent et les massacrèrent. Ceci se produisit dans la zone entourant Srebrenica depuis 1992 et se prolongea jusqu’à l’été 1995, lorsque les forces serbes prirent la ville sans qu’il y eût de combat (!), et le présent document concerne les crimes commis contre des civils serbes et qui sont demeurés impunis jusqu’à ce jour : Srebrenica, ce qui s’est réellement passé.

            Mais Srebrenica est encore un peu plus : Lorsque les politiciens occidentaux et leurs médias inféodés contrôlés par les États-Unis mentionnent ce nom, c’est aussi un lieu chargé d’émotions très prenantes, une atroce métaphore sanguinaire dans laquelle le racisme, le fascisme, la folie génocidaire, le chauvinisme, le nationalisme impérial(iste), le ratiboisement ethnique, les viols de masse – bref, toutes les étiquettes essayées et approuvées qu’on peut coller sur les attrape-nigauds du politiquement correct au cours des deux dernières décennies – ne sont pas seulement exprimés, mais aussi gueulés jusqu’à l »’assourdissement de tout un chacun. Et qu’on note bien ceci : c’est toujours le Serbe l’assassin, tout comme lors de la Première Guerre mondiale, ou lors de l’invasion de la Yougoslavie, ou maintenant, pour la troisième et sans doute dernière fois. L’empire américain et ses vassaux ont bouclé la boucle dans une perversion des faits qui « permet » aux Serbes, au lieu d’être, comme ils l’étaient, les victimes d’un génocide perpétré par l’Église catholique et les nazis, d’être dépeints comme un peuple fasciste de criminels en tous genres. Clinton, l’ancien chancelier allemand « socialiste » Schröder et son ancien ministre verdâtre des Affaires étrangères Fischer ne sont rien d’autres que les exécuteurs testamentaires de l’héritage d’Hitler.

            Dans sa version officielle, « Srebrenica » est un mensonge de propagande qui ne se muera jamais en vérité, bien qu’il soit très fréquemment répété haut et fort. Ce que fut le Sender Gleiwitz pour les nazis, la petite ville de Srebrenica l’est devenue pour l’Otan.

            Proportionnellement à la dimension du crime même, qui ne fut possible en premier lieu que via ce mensonge, on ne peut que le comparer aux bébés en couveuse prétendument massacrés et aux prétendues armes de destruction massive en Irak. Alors que, dans un même temps en Irak, des dizaines de milliers de personnes tombaient, victimes des sanctions économiques imposées à la Serbie depuis 1992. Au printemps 1999, ce qui restait de la Yougoslavie fut bombardé par l’Otan durant onze semaines et, à l’époque, le cœur historique et religieux de la Serbie, l’Amselfeld (« Kosovo »), fut amputé, occupé et, en violation des importantes stipulations des Nations unies qui garantissaient l’intégrité territoriale du peu qui restait de la Yougoslavie, « libéré afin de recevoir son indépendance ». Aujourd’hui, quinze ans plus tard, ce mensonge est ravivé une fois de plus, parce qu’il est temps aujourd’hui de sortir des jugements à la fois contre la direction politique et militaire des Serbes et contre les combattants ordinaires dans des procès à grand spectacle organisés par les vainqueurs et d’enterrer vivantes toutes ces personnes dans des prisons – à moins, bien entendu, qu’ils ne soient déjà morts dans des circonstances douteuses. Et le monde ne découvrira rien de bine important, et surtout pas sur Internet, en dehors des quelques minutes de braillements des incontournables émissions de haine. Cela en devient spectral : Radovan Karadžić ou Vojislav Šešelji, dont les partisans sont des millions, se muent en monstres médiatiques et en stéréotypes de la terreur. La classe dirigeante a sans aucun doute tiré ses leçons depuis la débâcle nazie, lors du procès de Georgi Dimitrov et des autres, après l’incendie du Reichstag : le mensonge progresse dans le sens du temps et la technologie le rend possible à l’échelle mondiale. La propagande autour de « Srebrenica » est le faux Auschwitz de l’Otan.

            Srebrenica, telle qu’elle fut vraiment : l’une des centaines de zones de conflit de la Bosnie-Herzégovine déchirée par la guerre civile entre les Croates catholiques, les Serbes orthodoxes et les musulmans convertis de force sous la domination turque. Exactement comme les nazis, les impérialistes américains ont soumis le pays en se servant de l’axe islamique-catholique et le mensonge domina dès le départ : les Serbes de Bosnie sont supposés avoir tué plus de 250.000 personnes, alors qu’il est prouvé qu’un total se situant entre 30.000 et 60.000 personnes de tous les camps de la guerre civile ont été tuées : les mauvais et archi-mauvais Serbes sont supposés avoir systématiquement pratiqué des « viols de masse » sur 60.000 femmes, non, 40.000, en fait, puis, non, 20.000 jusqu’au moment où, en fin de compte, il n’est plus resté que 119 cas répertoriés (sans compter les victimes serbes de viols, bien sûr), etc., etc. Jusqu’à un certain point, la « Srebrenica » de la propagande est le terme générique pour désigner cette orgie de mensonges qui pleuvent sur nos têtes depuis des années. Il y a eu des combats aussi, dans la véritable Srebrenica – naturellement, serait-on presque tenté de dire – qui se sont soldés par la mort au combat d’environ 2000 musulmans. Des études sérieuses existent, à ce propos, aucune n’étant plus exemplaire que celle proposée par le coauteur du présent document, Alexander Dorin (« Srebrenica – Die Geschichte eines salonfähigen Rassismus » – Srebrenica. L’histoire d’un racisme présentable –, Berlin 2010), par le Bulgare Germinal Civikov et quelques autres. Soit, leurs voix sont faibles, ce qui est inévitable sous un régime de censure à l’échelle du monde.

            Mais, avant la « Srebrenica » de la propagande, des crimes réels furent commis dans la même région et on les a occultés, passés sous silence, dissimulés, balayés sous la carpette parce qu’ils avaient été commis contre des Serbes. Et c’est de cela que traite le présent document. Alexander Dorin n’a épargné ni ses efforts, ni son temps ni son argent, durant toutes ses années de douloureuses recherches afin de mettre en lumière tous ces faits qui ont été niés et, sans un coup de chance – sous la forme d’une rencontre avec le coauteur Zoran Jovanović – il n’y serait toujours pas parvenu. Ce qu’ils ont mis en lumière est horrible, mais néanmoins vrai. (Quelque autorité de censure passera-t-elle à l’action, cette fois aussi, agissant au nom de la « protection de la jeunesse », contre la « racisme », la « misogynie » ou que sais-je encore ? Nous verrons…).

            En tout cas, il est devenu possible, pour l’observateur impartial, d’entendre le fameux « autre camp », dont la voix, sans cela, aurait été réduite au silence à jamais – et c’est une raison suffisante, et urgente, en effet, pour publier le présent document.

Fribourg-en-Brisgau, juillet 2010

Peter Priskil

181 p.

Actuellement en anglais, en allemand, en serbe.

Y compris Dossier Srebrenica, un documentaire en DVD par D. Josipović et M. Knežević

ISBN: 978-3-89484-820-0

Octobre 2010



3 Brèves

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

3-1 Sergueï Lavrov : Désarmement: aucune entente secrète entre la Russie et les Etats-Unis.

Il n'existe aucune entente secrète entre la Russie et les Etats-Unis dans le cadre du traité sur la réduction des armements stratégiques offensifs (START), a déclaré jeudi aux journalistes le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

"Il n'y a aucune entente secrète dépassant le cadre de ce qui est écrit noir sur blanc dans le traité et ses annexes", a indiqué le ministre interrogé par les journalistes sur l'existence éventuelle de points secrets dans le traité START.
Le chef de la diplomatie russe a affirmé que certains sénateurs américains avaient cherché à savoir, pendant les négociations sur le document, si les négociateurs de leur pays avaient pris des engagements secrets susceptibles de nuire aux projets de l'administration américaine de créer un bouclier antimissile (ABM) global.
"Je ne connais pas le détail de ces requêtes. Je ne peux dire qu'une seule chose: toutes nos ententes figurent tant dans le traité que dans ses annexes. Ce sont des documents ouverts au public qui sont en possession des sénateurs américains, des membres du Conseil de
la Fédération de Russie et des députés de la Douma", a souligné M.Lavrov.
Le Traité sur la réduction des armes stratégiques a été signé par les présidents russe et américain le 8 avril à Prague. Pour entrer en vigueur il doit être adopté par les deux chambres du parlement russe et par le Sénat américain.
Aux termes du document, les deux pays s'engagent à réduire le nombre total de leurs ogives nucléaires à 1.550 pour chacun en sept ans, soit d'un tiers par rapport à la limite du traité de Moscou de 2002 qui prévoyait une réduction à 2.200 charges.

Lavrov

21/10

http://fr.rian.ru/


3-2 Medvedev et Obama auront une entrevue au Japon.

Les présidents russe et américain Dmitri Medvedev et Barack Obama auront une rencontre dans le cadre du sommet du Forum de coopération Asie-Pacifique (APEC) les 13-14 novembre à Yokohama, a annoncé lundi le conseiller du Kremlin Sergueï Prikhodko.
"Nous travaillons à l'organisation d'une rencontre entre le président Medvedev et son homologue américain", a dit M. Prikhodko aux journalistes.
"Au menu des négociations figurent le renforcement des relations bilatérales, y compris sur la scène internationale, le maintien de la stabilité stratégique mondiale et la ratification du traité de réduction des armes stratégiques offensives (START)", a indiqué le responsable.
Selon lui, les deux chefs d'Etat pourraient évoquer également le prochain sommet de l'OTAN à Lisbonne, en marge duquel se tiendra un  sommet du Conseil Russie-OTAN.

 8/11

http://fr.rian.ru/world/20101108/187806845.html


n° 78 - Journal des Guerres de l'Otan - 14-11 – Fin - L'OTAN ne compte pas réduire son arsenal nucléaire.


 n° 78 - Journal des Guerres de l'Otan  - 14-11 – Fin  -  L'OTAN ne compte pas réduire son arsenal nucléaire.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

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Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal des Guerres de l'Otan.  

   n° 78- 14-11      

 C.De Broeder & M.Lemaire       



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a)   sur mes blog : 

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b) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

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Sommaire.

4  Dossiers

4-1 Nils Andersson : Le « Nouveau concept stratégique de l’OTAN »

4-2 Tobias Pflüger : L'Afghanistan : question cruciale pour l'Otan.

4-3 Manlio Dinucci : Pisa No Hub.

4-4 Manlio Dinucci : Les armes atomiques états-uniennes en Europe, bientôt toutes en Italie.

 


4  Dossiers

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

4-1 Nils Andersson : Le « Nouveau concept stratégique de l’OTAN » :

assurer la défense et les voies d’approvisionnement des « sociétés modernes »

L’un des principaux objectifs du 24ème Sommet de l’OTAN les 19 et 20 novembre à Lisbonne est l’adoption d’un nouveau concept stratégique. Sa raison d’être étant contestée à la fin de la guerre froide, en 1991, un premier « nouveau concept stratégique » est adopté dans le but d’assurer la pérennité de l’OTAN. Le déchirement de l’ex-Yougoslavie va servir, alléguant des carences de l’Europe, à « légitimer » la nouvelle fonction affichée : assurer sur le continent européen la stabilité du nouvel ordre mondial. 

En 1999, le deuxième « nouveau concept stratégique de l’OTAN » fixe comme objectif de « sauvegarder - par des moyens politiques et militaires - la liberté et la sécurité » de l’Amérique du Nord et de l’Europe, c’est-à-dire de devenir le bras armé des intérêts occidentaux et de l’économie de marché. Son rôle n’est plus dès lors limité à son cadre historique euro-atlantique, le 11 septembre va concrétiser cette stratégie et marquer le passage, avec la guerre d’Afghanistan, à une OTAN globalisée. 

Quel est le troisième « nouveau concept stratégique » de l’OTAN ? Pour l’élaboration de ce nouveau concept stratégique a été créé en septembre 2009 un « Groupe des sages », groupe d’experts placé sous la présidence de Madeleine Albright, qui fut la secrétaire d’État ultra atlantiste de Bill Clinton, et la vice-présidence de Jeroen Van der Veer, ancien PDG de Royal Dutch Shell. Parfaite illustration d’une OTAN instrument militaire de l’idéologie atlantiste et protectrice des intérêts économiques des transnationales. Le représentant de la France à ce « groupe de sages » qui a publié un rapport : « OTAN 2020, une sécurité assurée, un engagement dynamique », est Bruno Racine, président de la Bibliothèque nationale mais également président du Conseil d’administration de la Fondation de la recherche stratégique et l’un des auteurs du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale. 

Quelles sont les menaces considérées comme prioritaires ? Toujours la menace terroriste, la piraterie et la prolifération nucléaire, mais d’autres priorités sont fixées : se défendre contre les risques de cyberattaques qui peuvent provoquer la paralysie d’un pays (la meilleure des défenses étant l’attaque, l’OTAN profile la guerre cybernétique) et la sécurité des voies d’approvisionnement par pipelines ou maritimes, le Rapport précise que « l’OTAN à tout intérêt à protéger les axes vitaux qui alimentent les sociétés modernes ». On ne peut être plus clair, le rôle du Traité de l’Atlantique Nord est d’assurer la sécurité énergétique et l’approvisionnement de moins de 15% de la population mondiale. 

Il est aussi demandé de prendre en compte la pauvreté, la faim, l’eau, les mouvements migratoires, le changement climatique, non pas pour résoudre ces fléaux et menaces mais pour les sources de crises et de troubles qu’ils représentent. Bras armé du néo-libéralisme, l’OTAN doit aussi servir à réprimer les peuples qui luttent pour leur survie.

Trois missions principales sont fixées à l’OTAN. La première rappelle ce qui est à son fondement depuis sa création en 1949 : « défendre contre toute menace d'agression d’où qu’elle vienne » les pays membres de l’Alliance (article 5 du Traité). Il est évident qu’en raison des nouveaux rapports de force mondiaux, des crises financières, économiques et sociales, le nouveau concept stratégique ne peut se limiter à un simple rappel des principes fondateurs et que cela influe sur les objectifs, la stratégie et la structure de l’Alliance.

Il est en particulier confirmé que l’OTAN doit être dotée de « capacités expéditionnaires pour des opérations militaires au-delà de la zone du traité », sa « mission » est donc confortée d’intervenir partout dans le monde où les intérêts bien compris « des sociétés modernes » seront menacés. Madame Albright a d’ailleurs précisé dans une lettre à l’OTAN que cette proposition va « bien au-delà de ce qui était envisagé » dans la précédente version du « concept stratégique ». Un triptyque la résume : réaliser des missions globales, de portée globale, avec des partenaires globaux. 

L’échec de la guerre d’Afghanistan et de la guerre d’Irak, les conséquences de la crise financière auxquelles est confrontée l’OTAN, sont des réalités qui pèsent sur le nouveau concept stratégique adopté à Lisbonne. D’où l’importance accordée, pour être en mesure de mener des opérations globales de portée globale, au troisième volet du triptyque, les partenaires globaux. Ainsi, pour être en mesure d’intervenir tous azimuts, renforcer la coopération avec d'autres partenaires que les membres du Traité de l’Atlantique Nord, devient l’axe central du nouveau concept stratégique. 

L'élargissement de l'OTAN par les partenariats

La première étape de ce processus a été l’élargissement de l’OTAN sur le continent européen en intégrant des pays de l’Europe centrale et orientale. Avec l’adhésion de 12 nouveaux membres depuis 1999, elle a pratiquement doublé de taille. Mais, aujourd’hui, la voie de la globalisation adoptée par l’OTAN est, plus que l’intégration de nouveaux membres, celle des partenariats.

Quels sont ces partenariats ? Leur énumération permet de comprendre la toile tissée par l’OTAN dans la zone euro atlantique et hors de celle-ci :

- le Partenariat pour la paix regroupe les pays européens ou de l’ex-Union soviétique d’Europe et d’Asie, non-membres de l’OTAN, couvrant ainsi l’ensemble du continent ; 

- le partenariat avec l’Union européenne, considérée comme un partenaire stratégique global de l’OTAN. Le concept stratégique prévoit, dans le cadre des dispositions du Traité de Lisbonne, de créer une agence OTAN-UE des capacités de défense et un partenariat véritablement complet « sur le principe de la réciprocité… englobant l’ensemble des activités mutuelles des deux institutions », autrement dit d’assujettir l’Europe de la défense aux États-Unis, dont le budget militaire représente 80 % des budgets de l’ensemble d’États membres de l’OTAN, dans un monde néolibéral, disposer de 80% du capital ou de la force financière d’une société ou d’une institution, c’est détenir le pouvoir ;

- le Partenariat avec l’ONU, sert à légitimer des opérations de l’OTAN en lui transférant des prérogatives de l’ONU, comme en Afghanistan, ce qui se fait en violation de la Charte des Nations unies ;

- le Partenariat avec l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) joue un rôle politique important dans les Balkans, suite à l’implosion de l’ex-Yougoslavie et dans le Caucase ; 

- le Partenariat avec la Russie, bien que les relations soient souvent tendues, l’OTAN restant considérée par Moscou comme un organisme dirigé contre elle (cf. les questions des missiles antimissiles ou du Caucase), le Rapport des experts accorde une grande attention à la relation avec la Russie et on y relève que Moscou se montre « disposée à soutenir le transport aérien et terrestre des approvisionnements pour les forces de l’OTAN en Afghanistan » ; 

- les Partenariats avec l’Ukraine et la Géorgie. Le rapport des Sages précise que malgré l’opposition de la Russie, l’élargissement de l’OTAN à l’Ukraine et à la Géorgie reste d’actualité et qu’il est toujours à l’examen ; toutefois, le nouveau gouvernement ukrainien n’étant plus demandeur, la tension autour de cette question s’en voit réduite.

À ces partenariats qui couvrent, au-delà des 28 États membres de l’OTAN, l’ensemble de la zone euro atlantique, viennent s’ajouter des partenariats ou des alliances ad hoc hors zone comme : 

- le Dialogue Méditerranéen, réunissant la Mauritanie, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, l’Égypte, la Jordanie et… Israël, qui tiennent des réunions communes au niveau des ministres de la Défense, un des objectifs étant l’interopérabilité des forces armées de ces pays ! ; 

- l’Initiative d’Istanbul, à laquelle participent le Bahreïn, le Qatar, le Koweït et les Émirats arabes unis, avec une intention semblable à celui du Dialogue méditerranéen ; 

Au-delà de ces partenariats, la toile de l’OTAN s’étend à des « partenaires d’opérations » ; ainsi le rapport Albright souligne que 18 pays non membres de l’OTAN participent aux opérations en Afghanistan, que « l’Australie fournit en fait plus de troupes que la moitié des Alliés, que la Nouvelle-Zélande apporte également une grosse contribution, que la Corée du Sud s’est engagée à déployer un contingent non négligeable… » S’ajoutent le concours du Japon, de l’Inde, de l’Indonésie, les liens établis en Afrique et en Amérique latine. Il est aussi précisé que la Chine participe à des patrouilles communes de lutte contre la piraterie dans le golfe d’Aden. 

S’il ne s’agit pas du passage à une OTAN planétaire, que certains préconisent, ces partenariats et alliances ad hoc couvrent les zones de guerres et d’instabilité majeures et cette toile est considérée dans la nouvelle stratégie globale de l’OTAN comme une priorité pour assurer militairement la défense des intérêts financiers, économiques et étatiques euro atlantique et plus largement de l’économie de marché.

Du recours aux interventions militaro-civiles au renforcement de la capacité armée 

Troisième mission, les interventions militaires pour « assurer la sécurité internationale. » On ne peut être à ce sujet que stupéfait de constater que le rapport des experts ne tire aucune conséquence de l’échec de la guerre en Afghanistan. On y lit en effet : «  Aujourd’hui, si l’OTAN n’existait pas, l’Afghanistan aurait pu retomber sous la coupe des talibans… » !!! Un tel refus de l’évidence est confondant. 

Toutefois, l’échec étant là, le Rapport propose que l’OTAN combine à l’avenir les approches militaires et civiles, en ayant recours au « savoir-faire dans le domaine civil » des institutions internationales ou des ONG. Le concept d’interventions militaro-civiles représente une dangereuse confusion entre interventions militaires et humanitaires en amenant les populations à confondre l’action humanitaire avec celle des armées occupantes. Bien que ces effets pervers soient connus et dénoncés, la leçon tirée de la guerre d’Afghanistan n’est pas le développement économique et social, ni de rompre avec la logique du conflit de civilisations, mais bien d’avoir recours à la stratégie du déploiement d’un parapluie civil pour couvrir des actes de guerre !

 Le Rapport apporte d’autres précisions sur la stratégie globale fixée à l’OTAN pour les dix années à venir. Concernant le retrait des armes nucléaires stationnées en Europe, ses conclusions sont sans ambiguïté. La stratégie de dissuasion demande le maintien de la composante nucléaire, aucun plan de désengagement du dispositif étatsunien en Europe n’est envisagé et le groupe d'experts s'est prononcé contre tout retrait unilatéral. Plus encore, la défense antimissile est considérée comme «  une mission militaire essentielle » et il est précisé que les missiles antimissiles qui seront déployés « seront beaucoup plus efficaces… que ceux qui étaient prévus initialement. » Stratégiquement, leur déploiement est considéré comme renforçant le principe de l’indivisibilité de la sécurité euro atlantique et signifie donc une emprise militaire plus forte encore des États-Unis sur le continent européen. Entendons à ce propos ce qu’a déclaré Anders Fogh Rasmunssen, le secrétaire général de l’OTAN au Club militaire central de l’OTAN : « J'estime que le moment est venu pour que nous allions de l'avant et pour que nous fassions de la défense antimissile une véritable mission de l'Alliance. Tel est mon objectif pour le sommet de l'OTAN à Lisbonne. » 

Sur le plan de la structure organisationnelle de l’OTAN, un commandement unifié de l’OTAN est une demande récurrente et il est précisé que « dans toute la mesure du possible les forces militaires de l’OTAN devraient opérer dans une chaîne de commandement unifiée. » De nouvelles étapes sont franchies vers cet objectif, ainsi la force d’opérations spéciales (qui a pour objectifs militaires, politiques, de guerre économique ou de guerre psychologique, d’intervenir y compris à l’aide de moyens non conventionnels dans des zones hostiles ou sensibles) sera dotée d’un état-major multinational. Dans la même voie, la création de formations multinationales ayant un commandement unifié est demandée ; ceci va à l’encontre de l’un des arguments évoqués pour le retour de la France dans le commandement militaire intégré, qui était d’obtenir que l’Union européenne crée un quartier général européen capable de planifier les opérations militaires de l’Union européenne. C’est clairement une option inverse qui est préconisée, celle d’un quartier général euro-atlantique. 

Les effets de la crise financière et économique sont là et le Rapport qualifie les problèmes d’ordre budgétaire de l’OTAN comme un « facteur de faiblesse. » Ainsi, il est relevé que seuls 6 membres sur 28 consacrent plus de 2% du PIB, seuil exigé, à leur budget de défense, que moins de la moitié des États remplissent les objectifs de déployabilité fixés dans la directive politique globale qui prévoit qu’au moins 50% des forces terrestres des pays membres sont projetables dont 10% dans des opérations prolongées de l’OTAN ou consacrent 20% de leur budget de défense aux investissements (notamment à l’achat d’armes ‘high tech’ ou pour le renforcement de l’interopérabilité des armées). Ayant fait ces constats, les experts demandent purement et simplement qu’il soit mis fin à la baisse des dépenses militaires. 

Dans le Rapport qui fonde la stratégie de l’OTAN jusqu’en 2020, il est un mot qui n’est jamais mentionné, auquel il n’est nulle part fait allusion : le mot peuple. Il est donc plus que jamais important que les peuples rappellent leur existence aux experts, aux états-majors, aux politiques, aux idéologues atlantistes et qu’ils expriment leur opposition à l’OTAN et à ses objectifs militaires, que les peuples demandent la dissolution de l’OTAN et le respect de l’article 1 de la Charte des Nations unies, fondée sur une vision multilatéraliste du monde, précisant que seules les forces de l’ONU sont habilitées à « réprimer tout acte d'agression ou autre rupture de la paix. » Au contraire de ce qui est écrit en conclusion du Rapport, l’OTAN ne répond pas à « des besoins immuables », le seul besoin immuable des peuples est une politique de paix et non un engrenage et une logique de guerre.

 Nils Andersson, membre du Conseil scientifique d'Attac-France (Nov 2010)


4-2 Tobias Pflüger : L'Afghanistan : question cruciale pour l'Otan.

Sans aucun doute, les intérêts géostratégiques et économiques ont joué et jouent un rôle important dans l'intervention militaire de l'Otan en Afghanistan. Mais c'est beaucoup plus que cela qui est en jeu dans l'Hindou Kouch. D'un point de vue occidental, c'est ni plus ni moins que l'avenir de l'Otan qui se décide là-bas.

Dans les années 1990, l'Otan a été transformé, au moins sur le papier, d'une alliance defensive en une alliance d'interventions internationales. Ce processus a presque abouti pendant la guerre contre la Yougoslavie et lors de l'adoption d'un nouveau « concept stratégique » début 1999, lesquelles ont coïncidé.

Depuis lors, l'Otan a prouvé qu'elle n'a pas seulement la volonté, mais aussi la capacité à renforcer ses membres que l'usage de la violence intéresse, bien loin de son alliance territoriale d'origine – et pas seulement à sa périphérie, comme c'était le cas pour les Balkans.

À cet effet, l'Afghanistan en est devenu – délibérément ou non – le théâtre central.

Parce que de telles « missions de stabilisation » seront la norme future, comme le souligne le document Otan 2020 : une sécurité assurée ; un engagement dynamique, publié en mai 2010.

La proposition pour une actualisation du « concept stratégique » de l'Otan, produit au nom d'Anders Fogh Rasmussen, secrétaire général de l'Otan, explique : « En raison de la complexité et de l’imprévisibilité du climat sécuritaire qui devrait prévaloir au cours des dix prochaines années, on ne saurait écarter la possibilité qu’à l’avenir l’Otan participe à des missions de stabilisation similaires (dont on peut espérer qu’elles seraient moins longues). »

Mais si l'Otan échoue en Afghanistan, elle ne sera alors pas capable de mener pour longtemps de telles aventures, comme l'a pointé Angela Merkel, chancelière allemande : « Je crois pouvoir dire […] que la stabilisation de l'Afghanistan est actuellement l'un des défis majeurs de l'Otan et de ses États membres.

C'est de l'ordre du test décisif quant à la gestion réussie d'une situation de crise et quant à la capacité de l'Otan à agir. » Robert Naumann, ambassadeur américain en Afghanistan jusqu'en 2007, était encore plus clair : « L'Otan a pris l'engagement fondamental de gagner en Afghanistan. L'échec ou le succès de cet engagement sera celui de l'organisation. »

La guerre en Afghanistan se trouve en arrière plan de conflits croissants avec l'émergence nouvelle de rivaux (Chine, et à un moindre niveau Russie), plan dans lequel beaucoup voient les grandes lignes d'une nouvelle guerre froide.

Une défaite en Afghanistan signifierait un affaiblissement de l'Otan, ce qu'on ne peut pas se permettre dans l'optique de ces nouvelles rivalités, argumente par exemple Kestenl, président de l'Académie fédérale pour la politique de sécurité (Bundesakademie für Sicherheitspolitik), le centre de formation des dirigeants de l'armée allemande : « Que nous l'acceptions ou non, les signaux liés au succès ou à l'échec dans l'Hindou Kouch sont forts et portent beaucoup plus loin que l'Afghanistan. […] Mais il y a plus en jeu. La mission en Afghanistan [...] est devenue un sérieux test de la cohésion interne et aussi du pouvoir de l'alliance de l'Atlantique Nord. […] Cela signifie concrètement : si le Président Obama veut augmenter les efforts des États-Unis pour conduire la mission de l'Otan en Afghanistan à un succès final, il devra alors soutenir cet effort d'une contribution appropriée.

Sans cela, nous ne mettrons pas seulement en danger la nouvelle politique étrangère américaine, que nous souhaitons tant, mais nous éroderions aussi la pertinence de l'alliance. Nous ne pouvons pas l'accepter au regard des changements dans l'ordre mondial du pouvoir, et des risques futurs. »

De plus, Tendances globales pour 2025, un rapport de 2008 des services secrets américains, qui a fait sensation, prédit pour la première fois non seulement une significative perte de pouvoir des États-Unis (et de l'Europe), mais aussi des conflits féroces avec la Chine et la Russie. Il s'y trouve une phrase très éclairante, qui révèle le sens profond de la guerre en Afghanistan.

Le rapport des services secrets inclut une lettre fictive, datée d'avant 2015, au secrétaire général de l'Otan par le dirigeant de l'Organisation de coopération de Shanghai (SCO). Cette organisation est en partie considérée comme une alliance militaire anti-Otan de la Russie, de la Chine et de quelques États d'Asie centrale.

On y lit : « Il y a quinze ou vingt ans, je n'aurais jamais imaginé que la SCO serait l'égale de l'Otan – et encore moins […] une organisation internationale quelque peu plus importante. J

e pense qu'il est bon de dire que cela a débuté quand vous vous êtes retirés d'Afghanistan sans avoir accompli votre mission de pacification des Talibans. »

La mission en Afghanistan est pour cela non pas une « exception déplorable », c'est une expression et un test décisif quant à l'ambition de pouvoir de l'Occident pour renforcer sa domination, si nécessaire par la force – et pour ceci l'Otan est leur instrument de choix. Cette raison de gagner la guerre n'est pas des moindres – ça passe ou ça casse – et se demander ce que ça signifie pour le peuple d'Afghanistan n'a aucun sens.

Tobias Pflüger

21/10/2010 

Original: Afghanistan: Gretchenfrage der NATO
Courtesy of 
War Resisters' International
Source:
http://wri-irg.org/node/11075
Publication date of original article: 23/09/2010
URL of this article:
http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=2049

http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=2049


4-3 Manlio Dinucci : Pisa No Hub.

(Pise Non au Hub)[i][i][i]

A la date symbolique du 4 novembre (Fête des forces armées, ndt) est apparue à Pise, sur la non moins symbolique Piazza Garibaldi qui donne sur l’Arno, en face de la Mairie, la banderole du tout nouveau Coordinamento No Hub (Coordination non au Hub), auquel participent de nombreux groupes associatifs et politiques de la ville.

Lors de cette première sortie publique, a été diffusé un tract pour informer les habitants que Pise a été désormais choisie comme siège du Hub aérien national des forces armées : c’est d’ici que transiteront, à partir de 2013, tous les militaires et les matériels dirigés du territoire italien vers les théâtres d’opération, et vice versa. Une mégastructure qui, reliée avec les principales lignes de viabilité (navale, ferroviaire et routière) et en mesure de recevoir des avions de moyennes et grandes dimensions, pourra déplacer chaque mois 36 mille militaires parfaitement équipés et 12 milles tonnes de matériels. Tout cela dans une ville qui compte moins de 90.000 résidents, où l’impact environnemental de l’aéroport (à direction militaire élargi au civil) est déjà aujourd’hui à la limite du soutenable. Est-il possible - demande la Coordination No Hub - qu’un projet de cette importance soit imposé à toute une ville sans que les citoyens n’aient été un minimum consultés ?

La Commission défense de la Chambre a aussi donné son feu vert, le 9 novembre. Comme au Sénat, le Pd (Partito democratico, « centre-gauche », ndt) a exprimé un vote d’abstention ; la commission ayant le quorum, a ainsi donné un avis favorable.  Le Pd s’est abstenu -a expliqué l’hon. Antonio Rugghia- non pas sur la base d’une estimation de capacité (qu’on comprend positive), mais à cause de l’absence d’une stratégie gouvernementale dans le secteur de la Défense qui, du fait de la « réduction des ressources », est dans une telle « situation précaire » qu’elle met « en grand danger le déroulement même des missions internationales ». Le Pd critique donc le gouvernement non pas parce qu’il dépense trop pour le militaire, mais parce qu’il dépense trop peu et mal.

Au même moment, les représentants toscans du Pd se mobilisent en soutien au Hub militaire.  Le maire Marco Filippeschi l’a défini comme un « honneur pour notre ville », avant même qu’il soit présenté au parlement. Mais sur quelle base a-t-il pu fonder un tel jugement ?  Dans le premier débat au conseil communal, le délégué à l’urbanisme Fabrizio Cerri a de fait admis qu’«aucun de nous n’a vu un projet » ni « une cartographie pouvant exprimer un projet accompli ». Il s’est agi d’un « équivoque », a expliqué le maire, précisant qu’il était fier non pas de l’opération en ciment (dont seront fiers les militaires) mais de la présence des institutions militaires à Pise et du fait que partent d’ici les missions de paix et de solidarité. Le maire Filippeschi s’occupe pourtant aussi de « ciment » : pour faire un peu de place au Hub militaire il a de fait lancé, de concert avec le ministre des infrastructures et des transports Altero Matteoli, la « délocalisation » de 44 habitations d’une zone limitrophe à l’aéroport. La dépense, prévue pour 15 millions d’euros, grèvera en grande partie le budget civil. Et ne suffira probablement pas à couvrir la valeur réelle des immeubles, dont l’estimation a été confiée à l’Agence du territoire de Pise.

Venant prêter main forte au maire Filippeschi, est descendu aussi dans l’arène l’on. Paolo Fontanelli, ex maire de Pise. Sur son blog il se lamente qu’on soit « en train de discuter de façon plutôt approximative et toute en prétextes » et s’en prend en particulier  aux « opinions de Dinucci ». Il rapporte donc ce qui, selon lui, sont les faits. Avant tout, « il n’est question d’aucune hypothèse d’utilisation de l’aéroport de Pise pour des activités de la base USA de Camp Darby ». Chose démentie pourtant par le rapport de la Chambre : « La structure, une fois réalisée, pourra être mise à disposition  de l’OTAN en support des flux de matériel et de personnel en cas de  crises internationales ». Comme le précise la documentation présentée à la Chambre, au Hub de Pise pourront atterrir et décoller également les gigantesques C-17 Globemaster III de l’aéronautique états-unienne, dont la capacité de cargaison est trois fois supérieure à celle des C-130J de l’aéronautique italienne.

A Camp Darby a été récemment construit un nouveau et gigantesque complexe de dépôts et bâtiments d’une superficie de plus de 40 mille m2 (équivalent de 7 terrains de foot). D’après les informations données par l’Us Army, on a pour ce faire déplacé 220 mille m3 de terre, utilisé 5.565 tonnes d’acier, 10 Km de câbles électriques et 16 Km de canalisation. Ceci a augmenté la capacité de matériels militaires, dont le mouvement est géré par le 3° Bataillon de la 405° Brigade, en charge aussi de la réparation des véhicules de la 173° Brigade aéroportée, envoyés ici par la base de Vicence (base Dal Molin, ndt). Avec l’entrée en fonction du Hub militaire, Camp Darby pourra aussi utiliser, en plus du port de Livourne, l’aéroport de Pise de façon beaucoup plus importante qu’aujourd’hui.

Selon Fontanelli cependant, le Hub militaire, qui est le fruit d’une exigence de rationalisation, ne comporte aucun développement des activités militaires. Il ne sera pas une base d’avions de combat. Nous pouvons donc être tranquilles : quand nous verrons les C-17 Globemaster (« Maîtres du monde ») décoller de Pise chargés de soldats et d’armes, nous saurons, comme nous l’assure Fontanelli, qu’ils sont destinés à des « missions de paix, humanitaires et de protection civile ». 

Edition de jeudi 11 novembre de il manifesto

Traduction de l'italien par Marie-Ange Patrizio.

http://www.ilmanifesto.it/il-manifesto/in-edicola/numero/20101111/pagina/16/pezzo/291059/


4-4 Les armes atomiques états-uniennes en Europe, toutes en Italie...

"Le sommet de l’OTAN convoqué le 19 novembre à Lisbonne devra adopter la nouvelle doctrine stratégique de l’Alliance atlantique.

Dans cette optique, l’OTAN procédera à une réorganisation de ses forces nucléaires.

Ainsi que le révèle Manlio Dinucci, toutes les armes nucléaires non-stratégiques US stockées en Europe seront transférées en Italie.

Cet Etat pourra en faire lui-même usage sous réserve d’un accord préalable de l’Alliance.

Bien que l’Italie ait officiellement renoncé à la bombe, elle deviendra de fait et en violation des traités internationaux une importante puissance nucléaire".

Réseau Voltaire

Manlio Dinucci :Les armes atomiques états-uniennes en Europe, bientôt toutes en Italie.

« Tant qu’il y aura des armes nucléaires, l’OTAN restera une alliance nucléarisée » : c’est la directive de Washington que le secrétaire général de l’Alliance atlantique Anders Fogh Rasmussen est en train de transmettre et que les alliés européens ont approuvé dans la réunion des ministres de la défense qui s’est déroulée à Bruxelles le 14 octobre : en préparation du Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement le 19-20 novembre à Lisbonne. En d’autres termes, les Etats-Unis garderont en Europe un arsenal nucléaire. Pourtant dans son discours « historique » de Prague le 5 avril 2009, le président B. Obama déclarait que les Etats-Unis feraient des pas concrets vers un monde sans armes nucléaires, renforçant le Traité de non-prolifération qui engage les pays nucléaires à les éliminer et ceux non nucléaires à ne pas les acquérir. Il laissait donc entendre qu’il était favorable au déplacement des armes nucléaires états-unienne hors de l’Europe. Sur cette base, cinq membres de l’OTAN -Allemagne, Belgique, Luxembourg, Norvège et Pays-Bas- avaient exprimé leur intention de soulever la question au Sommet de Lisbonne.

Ce qu’il en est réellement à l’heure actuelle émerge du rapport U.S. non-strategic nuclear weapons in Europe : a fundamental Nato debate, présenté en octobre par un comité de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN. Avant tout celui-ci confirme qu’on ne connaît pas exactement le nombre des armes nucléaires non stratégiques (à portée inférieure à 5.500 Kms) que les USA conservent dans quatre pays européens de l’OTAN -Italie, Belgique, Allemagne et Pays-Bas- et en Turquie. Selon une estimation au rabais, citée dans le rapport, il y en aurait entre 150 et 200, dont 70-90 en Italie (à Aviano et à Ghedi-Torre). Selon d’autres estimations, au moins le double. Ce sont des bombes B-61 de différentes versions, dont la puissance va de 45 à 170 kilotons (13 fois plus que la bombe d’Hiroshima). Parmi celles-ci, probablement, la B61-11 qui peut pénétrer dans la terre afin de créer, par explosion nucléaire, une onde de choc capable de détruire des objectifs souterrains. Toutes ces bombes sont déposées dans des hangars spéciaux avec des chasseurs-bombardiers F-15, F-16 et Tornado, prêts pour l’attaque nucléaire. 

Le rapport confirme l’existence d’ « accords nucléaires bilatéraux » secrets, en vertu de quoi une partie de ces armes peut être utilisée par les forces armées des pays hôtes une fois que les USA en ont décidé l’emploi. Mais, rappelle-t-on dans le rapport, les partisans du contrôle des armements soutiennent que « l’OTAN a la responsabilité de mettre fin à une telle pratique de partage nucléaire », car elle viole le Traité de non-prolifération : celui-ci interdit aux Etats en possession d’armes nucléaires de les transférer à d’autres (Art. 1) et aux Etats non nucléaires de les recevoir de qui que ce soit (Art. 2).

Entre l’option de garder les armes nucléaires états-uniennes en Europe telles qu’elles sont et celle de les retirer complètement, il y a des propositions intermédiaires. La plus accréditée, selon le rapport, est celle de l’Us Air Force, de « regrouper les armes nucléaires dans moins de localités géographiques ». Selon la plus grande partie des experts, « les localités les plus probables pour cette relocalisation sont les bases sous contrôle états-unien d’Aviano, en Italie (région Frioul Vénétie Julie) et Incirlik en Turquie ». Il est significatif, relève le rapport, que, à la réunion des ministres des affaires étrangères de l’OTAN en avril 2010, la question des armes nucléaires états-uniennes en Europe ait été soulevée par l’Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas, alors que l’Italie et la Turquie sont restées silencieuses. Ceci laisse supposer que le gouvernement italien ait déjà donné son accord au plan de ramener les armes nucléaires USA d’Allemagne, de Belgique et des Pays-Bas pour les rassembler à Aviano, où seraient aussi transférées celles de Ghedi-Torre. 

A Aviano, est stationné le 31ème Fighter Wing, composé de deux escadrilles de chasseurs-bombardiers F-16 : le 510ème Fighter Squadron et le 555ème Fighter Squadron. Sa mission est de « fournir une puissance de combat d’un pôle à l’autre du globe pour poursuivre les objectifs des USA et de l’OTAN ». Puissance nucléaire aussi, comme la montre l’emblème du 510 ème Fighter Squadron où, à côté de l’aigle impérial, figure le symbole de l’atome avec trois éclairs qui frappent la terre.

[1] « Speech dealing with nuclear issues », by Barack Obama, Voltaire Network, 5 avril 2009.

[2] Les Armes nucléaires non stratégiques des Etats-Unis en Europe, un débat fondamental pour l’OTAN, rapport présenté par Raymond Knops

Manlio Dinucci 

Traduction Marie-Ange Patrizio
Source Il Manifesto (Italie)

29-10

Il manifesto,

28 octobre 2010.

http://www.ilmanifesto.it/il-manifesto/in-edicola/numero/20101028/pagina/03/pezzo/289968/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

http://www.voltairenet.org/article167438.html



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19



 

14/11/2010

n°559 - 'Tiré à part' - 13-11 - Début - : Israël maintient volontairement les Gazaouis à un niveau proche de la famine.


n°559 - 'Tiré à part' - 13-11 -  Début - : Israël maintient volontairement les Gazaouis à un niveau proche de la famine.   



       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources                                                        



‘Tiré à part’ 

n°559 du 13-11

C.De Broeder & M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com  - http://no-war.over-blog.com/

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 


Sommaire

Tiré a part

Saed Bannoura : Israël maintient volontairement les Gazaouis à un niveau proche de la famine.

1 Dossier

1-1 Des voix israéliennes contre le fascisme israélien.  

1-2 Ahmed Amri : Defamation: quand les enfants désavouent le père.

1-3 Gidéon Lévy : La république juive d’Israël.

1-4 L’anomalie étatique sioniste.

Suite

1-5 Zeev Sternhell : La droite israélienne a besoin de la guerre à perpétuité.

1-6 Zuhayr Andraos : Démocratie pour les « maîtres » et dictature contre les « esclaves ».

1-7 Khaled Amayreh : Les têtes nucléaires d'Israël. ...sont tournées vers Le Caire, Beyrouth, Damas, Téhéran ou peut-être La Mecque et Médine.

1-8 Jeffrey Blankfort : Israël est la menace la plus immédiate au futur de notre planète.

Fin

 2 Analyse - Géopolitique et stratégie

2-1 Samidoun  : Quelle belle expression, la « communauté internationale »!

3 Médias/Vidéos 

3-1 Jacob COHEN : Le printemps des sayanim.



Tiré a part

Saed Bannoura: Israël maintient volontairement les Gazaouis à un niveau proche de la famine.
Des documents du gouvernement israélien révèlent une politique délibérée pour maintenir les Gazaouis à un niveau proche de la famine.

Des documents dont l’existence était niée par le gouvernement israélien depuis plus d’un an ont été publiés après une bataille juridique conduite par le groupe israélien des droits de l’homme, Gisha. Ces documents révèlent qu’une politique délibérée a été mise en œuvre par le gouvernement israélien où les besoins alimentaires de la population de Gaza sont froidement calculés, et où les quantités de nourritures que le gouvernement israélien laisse passer sont exactement mesurées pour laisser à la population juste ce qu’il faut pour être au-dessus de la famine. Ceci nous rappelle qu’un certain nombre d’officiels israéliens avaient déclaré qu’ils mettraient « la population de Gaza au régime ».

 En 2007, quand Israël commença son siège total de la bande de Gaza, Dov Weisglass, conseiller du Premier ministre d’alors, Ehud Olmert, l’avait déclaré sans ambages, « L’idée c’est de mettre les Palestiniens au régime, mais pas de les faire mourir de faim ». Les documents récemment publiés contiennent les équations dont s’est servi le gouvernement israélien pour calculer les quantités exactes de nourriture, carburant et autres produits de première nécessité pour l’appliquer avec précision.

Les documents sont encore plus inquiétants, disent les militants des droits de l’homme, quand on prend en compte le fait que près de la moitié de la population de Gaza à moins de dix-huit ans. Cela veut dire qu’Israël a, volontairement, forcé à une sous-alimentation des centaines de milliers d’enfants, en violation caractérisée du droit international et de la Quatrième Convention de Genève.

 

Cette communication de documents contredit aussi sérieusement les affirmations ressassées par Israël comme quoi le siège serait justifié par des « raisons sécuritaires », alors que ces documents montrent une politique délibérée et méthodique de punition collective contre l’ensemble de la population de la bande de Gaza.

Le directeur de Gisha déclare, par rapport aux documents, « Israël a interdit le glucose pour les biscuits et le carburant nécessaire à une fourniture régulière d’électricité - paralysant toute vie normale dans la bande de Gaza et affectant le caractère moral de l’Etat d’Israël. Je suis désolé de dire que les principaux éléments de cette politique sont toujours en application aujourd’hui ».

Dans sa déclaration qui accompagne la publication des documents, Gisha écrit :

« Les documents révèlent que l’Etat a approuvé "une politique de réduction délibérée" des produits alimentaires de première nécessité pour la bande de Gaza (section h.4, page 5). Ainsi, par exemple, Israël a restreint la fourniture du carburant nécessaire à la centrale électrique, interrompant de fait la distribution d’électricité et d’eau. L’Etat a fixé une "ligne basse d’alerte" (section g.2, page 5) pour prévenir de pénuries probables dans des produits donnés, mais en même temps, l’Etat était d’accord pour ne tenir aucun compte de ces avertissements, si la nourriture en question était soumise à une politique de "restriction délibérée". En outre, l’Etat a défini une "ligne rouge haute" au-dessus de laquelle même les aides humanitaires basiques peuvent être bloquées, même encore si elles sont très demandées (section g.1, page 5). L’Etat prétend dans une lettre explicative adressée à Gisha que dans la pratique, il n’a pas autorisé de restrictions sur les "produits de première nécessité" en-dessous de la "ligne basse d’alerte", mais il dit aussi qu’il n’a pas précisé quels étaient ces "produits de première nécessité" ».

Le journaliste états-unien Richard Silverstein écrit :

« En examinant la liste des produits autorisés à l’importation, vous réalisez que ce sont là les seuls produits autorisés. Autrement dit, si un produit n’est pas sur cette liste, il est interdit. Tenez, par exemple, voilà la liste des épices autorisées : le poivre noir, la soupe en poudre, l’hysope, le sésame, la cannelle, l’anis, le babuna (camomille), la sauge. Désolé pour vous le cumin, le basilic, le laurier, le piment de Jamaïque, le carvi, la cardamome, le chili (mélange d’épices), les ciboulettes, la coriandre, les clous de girofle, l’ail, le sésame, le tamarin, le thym, l’origan, le poivre de Cayenne. Vous n’êtes pas sur la liste. Vous n’êtes pas des épices dont les Palestiniens ont besoin selon certaines grandes bêtasses des Forces de défense israéliennes. Et les tomates, les pommes de terre, les concombres, les laitues, les jouets, les verreries, les peintures, et les chaussures ? Vous pouvez faire une croix dessus aussi. Tous les articles de luxe, ou d’autres, sont une menace pour la sécurité ».

Malgré la nature inquiétante de ces documents récemment communiqués, qui montrent une politique calculée visant à mettre volontairement toute une population en sous-alimentation, aucun média important n’en a parlé.

Le texte intégral des documents publiés, et l’original de la requête déposée par Gisha au titre du Freedom of Information Act (FOIA) (loi US sur la liberté d’information), sont disponibles sur le site de Gisha à l’adresse suivante : http://www.gisha.org/index.php?intL...

Saed Bannoura:

11 novembre 2010

Source : Info-Palestine
http://www.michelcollon.info:80/Israel-maintient-volontairement.html



1 Dossier

Ndlr : La publication des analyses ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

1-1 Des voix israéliennes contre le fascisme israélien.  

Le fascisme prend des proportions inquiétantes en Israël.
C’est l’avis d’intellectuels et d’hommes politiques israéliens qui accusent le Premier ministre Benjamin Netanyahou d’attiser ces sentiments de haine et de populisme, et critiquent les dernières lois sur la citoyenneté.
Dans le cadre d’une conférence organisée à
la Knesset, mardi, intitulée «  Urgence pour protéger la démocratie », une trentaine de députés, d’activistes et d’intellectuels juifs et arabes ont lancé un appel pour stigmatiser ces lois qui lient l’obtention de la nationalité israélienne à l’allégeance à un «  état juif démocratique » ; ce qu’ils considèrent être un nouveau fascisme.  
En tête de ces contestataires à cette loi, le député de Kadima Shlomo Molla, lequel se préoccupe de ce qu’il considère être «  le fascisme de Liebermann », mettant en garde contre «  le débordement des lois non démocratiques ».
Alors que pour le député arabe Jamal Zahalka, président du bloc du Rassemblement national démocratique (RND), « ce fascisme est le fruit des politiques gouvernementales qui se sont succédées et non des directives d’une tel ministre ou tel ». En appelant à une «  lutte commune », il a mis en garde contre des lois qui n’ont pour but, d’après lui,  que d’usurper aux arabes leur identité et leur esprit.
«  Ce nouveau racisme est alimenté par une haine contre les Arabes, et des considérations populistes chez des politiciens israéliens qui nourrissent une stratégie de peur et d’apeurement », a-t-il précisé. Et de conclure que «  le racisme en Israël revêt une gravité accrue vu qu’il est assorti par la force ». 
Quant à la député également arabe, Hanane Zoebi, le problème actuel en Israël n’est pas dû à la nouvelle loi de citoyenneté mais à une réalité israélienne hostile aux citoyens arabes : «  jamais il n’y a eu une réelle démocratie en Israël avant la loi de la citoyenneté », a-t-elle affirmé.
Pour sa part, le député arabe, Mohammad Barka, du Front démocratique de la paix et l’égalité, a évoqué les habitants arabes du village Arakib, comme étant les victimes les plus typiques du fascisme israélien, vu que leur village a été détruit six fois.
«  Existe-t-il un état dans ce monde qui mène des campagnes militaires contre ses propres citoyens, comme le fait Israël, quoiqu’ils soient originaires de ce pays ?? », a signifié le représentant du village, cheikh Sayyah Tourri, selon lequel des centaines de familles sont jetées dans la rue, sans abris en contre partie.
Selon un député juif, originaire du Maroc, Daniel Ben Simon, les «  nouvelles lois sur la judaïcité de l’état «  obscurantistes, et oppressives, et relevant d’un certain talibanisme » chez les juifs, lui rappellent l’Europe raciste, en allusion à l’Allemagne nazie, et les ghettos juifs qu’il a fuis.
Lui aussi, estime que Netanyahou trempe aussi bien que Lieberman dans ce fascisme.  
Parmi les trois professeurs qui ont également participé à cette rencontre, le professeur universitaire Mordechaï Krimnster s’attend à ce que ces lois aboutissent à propager des accusations de traitrise, aussi bien à l’encontre des juifs que des Arabes.
Alors que pour le professeur Yarone Ezrahi, «  Israël a renversé les choses, plaçant le pouvoir au dessus du peuple » et prévoyant que ces lois racistes vont démanteler l’état de l’intérieur ».  
Alors que le professeur Yehuda Chenhaf estime que ces lois sont plus que racistes, donc fascistes, voire « antisémites contre les Arabes ».
«  Ces législations sortent les juifs de l’histoire et les ramènent à une des pires aliénations », a-t-il conclu.
(Traduit à partir de la chaîne alJazeera)

20-10

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=158868&language=fr


1-2 Ahmed Amri : Defamation: quand les enfants désavouent le père.

Né aux USA puis transmis vers l'Europe, le vent de la sédition intellectuelle qui souffle sur le sionisme n'est pas près de faiblir, loin de là.

Tout en prenant l'allure d'une révolution culturelle de masse marquant la nouvelle décennie de ce siècle, il frappe à présent Israël où il se propage à la faveur d'une conscience juive dissidente et libérée de l'identité séculaire du sémite , éternel persécuté et, en tout lieu, victime. De plus en plus d'intellectuels et d'artistes emboîtent le pas à Chomsky, Norman Gary Finkelstein, Rony Brauman, entre autres "brebis galeuses" juives, et montent au créneau pour fustiger le sionisme et désavouer la politique de leur État. Ce mal délétère qui condamne le sionisme et laisse présager de sa fin certaine dans un proche avenir est bien moins l'effet de l'antisémitisme présumé revenu en force dans le monde que le contrecoup d'un abus sioniste de l'arme "antisémitisme" . Perverti, instrumentalisé à outrance dans une propagande mensongère et surannée, l'argument de l'antisémitisme se tourne à présent contre les apprentis sorciers , ceux qui en ont fait une litanie burlesque, un croque-mitaine mal ficelé, l'ersatz d'une épée de Damoclès menaçant toute pensée contestataire ou réflexe critique.

Après Shlomo Sand démontant l'histoire du peuple juif inventé à partir d'historiographies et de mythes, c'est au tour de Yoav Shamir, cinéaste israélien de 40 ans, de s'attaquer à la machine lobbyiste qui industrialise le mensonge, la diffamation.

Une certaine « image de marque », entretenue à la fois par ses partisans et, dans une certaine mesure, ses ennemis, voudrait que le sionisme soit doté d'une puissance suprahumaine. Diabolique, cela va de soi, mais surréelle. Quels que soient les fondements de cette perception par le passé, aujourd’hui il faut bien reconnaître que la réalité est tout autre. En témoigne cette nouvelle conscience humaine qui, de l’Amérique à l’Europe, des pays traditionnellement « amis » d’Israël à Israël même, se dresse partout et conteste de plus en plus le sionisme. Ce qui semblait s’apparenter, il y a quelques ans seulement, à « un vent de sédition » cantonné dans l’espace restreint de l’élite intellectuelle, s’avère plus intense et étendu, s’amplifiant sans cesse et gagnant, outre les masses en Occident, les plumes et les caméras israéliennes (1). Le dragon sioniste ne fait plus peur, ni aux lointains, toutes tendances confondues, ni aux prochains dont certains montent au créneau, décidés à « allumer le feu à la maison ». Et son antre, même s’il fume et enfume encore, n’intimide plus autant qu’il agace et enrage. Les signes d’une révolution culturelle antisioniste se multiplient, autant en Israël qu’ailleurs, pour consolider l’idée que cette doctrine est bien loin de son âge d’or. Elle est depuis le début de ce siècle en phase de décroissance qui, jour après jour, se révèle un état de décrépitude irrémédiable.
Essoufflé par ses perpétuelles fuites en avant, vicié par son propre mal qu’il n’a cessé de propager depuis la fondation de sa doctrine, la diffamation, trahie par la cuirasse usée de la mythomanie, et à en juger par le désaveu grandissant que de plus en plus de juifs et Israéliens lui intentent sans arrêt, disons-le sans réserve: le sionisme est déjà moribond.

S'il peut quand même donner l'illusion qu'il respire encore, c'est grâce à une potion magique fumigène qui, tout en le dopant aux yeux de ses partisans fanatiques et des incurables "malades de la culpabilité historique", ne fait que le rapprocher à rythme accéléré de son terme fatidique. Cette potion qu'il fait ingurgiter à ses enfants et en répand la fumée au-delà des frontières d’Israël est tirée d’une substance opiacée qui s’appelle Antisémitisme: le mensonge réitéré à l'intérieur comme à l'extérieur d'Israël et faisant du monde, sous toutes ses latitudes, l'antisémite impénitent et, en parallèle, du juif où qu’il se trouve l’éternel persécuté, la cible de la haine universelle et des menaces de chaque instant.
La production de cette substance ainsi labellisée est confiée à une machine lobbyiste dont le quartier général est à New York : l’ADL. Par la vertu de la mythomanie, de la naissance du sionisme à nos jours, « Antisémitisme » est non seulement le remède dopant des Israéliens mais la panacée universelle que les sionistes brûlent dans leurs encensoirs et agitent en toute circonstance et tout lieu hanté par les vieux démons. Le spectre de la peste brune, les fantasmagories en rapport, les phobies et les délires font partie de cette entreprise diabolique destinée à garder en otage la conscience humaine. De sorte que celles et ceux qui sont tentés de repenser les vérités momifiées ou douter un instant du bien-fondé de la politique israélienne s’assagissent à temps et s’interdisent tout sacrilège, tout péché d’acte ou de pensée à l’encontre d’Israël.
L’extorsion de fonds et chantage auxquels le monde est soumis depuis la création d’Israël (argent, armes et capitaux de sympathie) se font à la faveur de cette panacée dont la fabrication et l’administration sont confiées à l’ADL.
ADL, Anti-Defamation League : 29 bureaux aux USA et trois en Europe, un budget de plus de 70 millions de dollars par an, est une organisation dont « les oreilles sont collées au sol ». Ces oreilles sont à l’affût du moindre mot qui puisse s’interpréter comme insultant pour les juifs, de la moindre agression, égratignure, fût-elle consécutive à une bagarre, du moindre témoignage, même dénué de tout fondement crédible, tout ce qui peut constituer « une pièce à conviction » de l’antisémitisme. L’ADL collecte ces données et publie périodiquement des rapports qui sont utilisés à la fois en Israël (pour la consommation locale) et à l’extérieur pour défendre l’entité sioniste.
En plus de ces rapports, l’ADL a aussi pour mission de « perfuser » en tout lieu l’holocauste: contacts permanents avec des chefs d’états, des ambassadeurs, des ministres d’affaires extérieures, des délégués d’états aux assemblées des Nations Unis, le pape, les médias…en vue de nourrir et raviver dans la conscience des hommes l’épine de
la Shoah.
Stratégi
e de tous les entretiens : utiliser le COMPLEXE DE LA CULPABILITÉ historique, jouer sur cette fibre, ou la greffer si elle n’existe pas, afin de légitimer les agissements d’Israël dans ce que cet État appelle « mesures de sécurité ».
Comment les agents de l’ADL réussissent-ils à voir et influencer autant de personnalités si importantes ? En entretenant le mythe de leur puissance d’influence à Washington, en répétant partout qu’ils ont les mains longs, qu’ils sont capables de faire la pluie et le beau temps. Un mythe qui s’effrite d’ores et déjà, comme l’ensemble des mythes fondateurs de l'État d’Israël, grâce à des juifs qui désavouent un « père » monstre et vers qui nous tendons la main fraternelle pour un demain plus vivable.
Le réalisateur de ce film, Yoav Shamir, a réussi à infiltrer l’ADL et côtoyer de près ses agents pour produire ce chef-d'œuvre d'intérêt humain, mis en ligne en 9 parties.

Vous ne perdrez pas votre temps à le voir.

A. Amri
04.11.10

Yoav Shamir:

Né à Tel Aviv, novembre 1970 Lycée : Vitzo France, une école des beaux-arts, l'équivalent d'un lycée avec baccalauréat. Spécialisation : photographie Université de Tel-Aviv : BA d'histoire et de philosophie. MFA d'art cinématographique, mention excellent. Films en tant que réalisateur & caméraman:

2001- « Marta and Luis » - documentaire de 50 min. - présenté dans le cadre du Festival du film d'Edinburgh, à l'IDFA, DOCAVIV et autres festivals cinématographiques internationaux.

2003- « Checkpoint » - documentaire de 80 min - remporte la première distinction à l'IDFA, Toronto, San Francisco, Munich, Madrid, Barcelone, Rome, Belgrade, Rio de Janeiro, etc. Reçoit plus de vingt distinctions et est présenté lors de plus de 120 festivals du film internationaux.

2005-« 5 days »- documentaire de 94 min - participe au festival du film Sundance, à l'IDFA, Edinburgh, Melbourne, Göteborg, Seoul et lors de quelque 40 festivals du film internationaux où ce film a reçu plusieurs distinctions.

2007-« Flipping out »- documentaire de 83 min - Berlinale, le Festival international du film de Berlin 2008. Thessalonique, Buenos Aires, Cracovie, San Francisco, et env. 40 autres festivals internationaux du film.

Source des infos biographiques: http://www.defamation-thefilm.com/html/sur_yoav_shamir.html

Defamation est disponible ici: http://soutien-palestine.blogspot.com/2010/01/defamation.html

Sur Facebook:
Part 1:
http://www.facebook.com/video/video.php?v=174545432560209
Part 2:
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Part 3:
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Part 7:
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Part 8:
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Part 9:
http://www.facebook.com/video/video.php?v=174560355892050

Article publié sur le blog d'Ahmed Amri

Jeudi 4 novembre 2010

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Ahmed_Amri.041110.htm


1-3 Gidéon Lévy : La république juive d’Israël.
Un destin qui va dépendre d’une prestation de serment à un état juif... Cela peut transformer le pays en une théocratie, comme l’est l’Arabie Saoudite.

Rappelez-vous de ce jour. C’est le jour où Israël peut changer de nature. Il peut aussi par conséquent changer son nom au profit de « République juive d’Israël », comparable à la République islamique d’Iran.

Certes, le projet de loi de serment de fidélité que le Premier ministre Benjamin Netanyahu tente de faire passer ne concerne soi-disant que les nouveaux arrivants qui ne sont pas juifs, mais il affecte le sort de chacun d’entre nous.

A partir de maintenant, nous allons vivre dans un nouveau pays, uniformisé, ethnocratique, théocratique, nationaliste et raciste. Quiconque imagine que cela ne l’affecte pas se trompe. Il y a une majorité silencieuse qui accepte cela avec une apathie inquiétante, comme pour dire : « Je me fiche de ce pays où je vis ». Aussi toute personne qui pense que le monde continuera à se référer à Israël comme à une démocratie après cette loi, ne comprend pas de quoi il s’agit. C’est une nouvelle étape de franchie qui nuit gravement à l’image d’Israël.

Le premier ministre Netanyahou va prouver aujourd’hui qu’il est en fait un leader d’Yisrael Beinteinu. Les dirigeants Avigdor Lieberman, ministre de la Justice et Yaakov Neeman, vont certifier qu’il est vraiment un membre loyal du parti Israël Beitenou. Le parti travailliste va prouver qu’il n’est rien de plus qu’un paillasson. Et aujourd’hui, Israël va prouver qu’il se fiche de tout.

A présent un projet de loi sur le serment de fidélité, et demain une la loi sur un serment de loyauté. Le barrage va maintenant craquer, menaçant de noyer les restes de la démocratie, jusqu’à nous laisser peut-être avec un Etat juif d’un genre que personne ne comprend vraiment mais qui ne sera certainement pas une démocratie. Ceux qui exigent ce serment de fidélité sont ceux qui détournent le sens de la loyauté envers l’État.

Lors de sa prochaine session, la Knesset doit débattre de près de 20 autres projets de loi anti-démocratiques.

Au cours du week-end, l’Association pour les droits civils en Israël a publié une liste noire dans l’actuelle législation :

 une loi de fidélité pour les membres de la Knesset

 une loi de fidélité pour la production cinématographique -une loi de fidélité pour les organismes sans but lucratif 

 une loi plaçant la catastrophe palestinienne, la Nakba, hors-la-loi 

 une loi interdisant les appels au boycott, et un projet de loi pour la révocation de la citoyenneté.

C’est une tournure maccarthyste dangereuse de la part de législateurs ignorants qui n’ont même pas commencé à comprendre ce qu’est la démocratie. C’est dangereux, même si seulement une partie de ces projets se transforme en lois, parce que notre destin et notre nature vont changer.

Ce n’est pas difficile de comprendre le duo Netanyahu-Lieberman. Comme nationalistes forcenés, on ne s’attend pas à ce qu’ils comprennent que la démocratie ne signifie pas seulement la loi de la majorité, mais d’abord et avant tout des droits pour les minorités. C’est beaucoup plus difficile de comprendre la complaisance de la foule. Les places des villes auraient dû être aujourd’hui remplies de citoyens qui ne souhaitent pas vivre dans un pays où la minorité est opprimée par des lois draconiennes, telles que celle qui les obligent à prêter un faux serment à un État juif. Mais étonnamment, presque personne ne semble se sentent concerné.

Pendant des décennies, nous avons futilement discuté de savoir qui est juif. A présent la question de qui est juif ne va pas disparaître. Qu’est-ce que « l’Etat de la nation juive » ? Appartient-il plus aux Juifs de la Diaspora qu’à ses citoyens arabes ? Vont-ils décider de son sort, et l’appeler une démocratie ? Est-ce que les ultra-orthodoxes de la secte Neturei Karta, qui s’opposent à l’existence de l’État, ainsi que des centaines de milliers de Juifs qui ont évité de venir y faire ce qu’ils veulent ? Qu’est-ce qui est juif ? Des fêtes juives ? Un régime casher ? Le poids accru de l’establishment religieux, comme s’il n’y avait pas assez de lui pour fausser la démocratie ? Prêter serment à un Etat juif va décider du sort de chacun. Il est susceptible de transformer le pays en une théocratie, comme l’est l’Arabie Saoudite.

Certes, pour le moment, c’est un slogan ridicule et creux. Il n’y a pas trois Juifs qui pourraient se mettre d’accord sur ce à quoi ressemble un Etat juif, mais l’histoire nous a appris que des slogans vides peuvent ouvrir la voie vers l’enfer. En attendant, la nouvelle loi proposée ne fera qu’augmenter l’aliénation des Arabes israéliens et aboutira à l’aliénation de segments beaucoup plus large de la population [aliénation est à prendre ici dans son sens de « perte de liens » - N.d.T].

C’est ce qui se passe quand le feu couve encore sous le tapis, le feu de l’absence de foi en la justice de ce que nous faisons. Seul un tel manque de confiance peut produire une loi aussi grotesque que celle proposée aujourd’hui et sans aucun doute approuvée demain. Le Canada n’a pas besoin que ses citoyens prêtent serment à l’État canadien, et aucun autre pays n’exige un acte similaire. Sauf Israël. Et cela est fait soit pour provoquer encore plus la minorité arabe et la pousser à un plus grand manque de loyauté, de façon à ce que vienne un jour pour finalement se débarrasser d’elle, soit pour faire échouer la perspective d’un accord de paix avec les Palestiniens. D’une façon ou d’une autre, à Bâle lors du premier congrès sioniste en 1897, l’Etat juif a été fondé comme l’a dit Théodore Herzl, et aujourd’hui, c’est la République juive d’Israël qui sera fondée.

Gidéon Lévy

12 octobre 2010

Source : Haaretz

Traduction : Info-Palestine

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9524

http://www.michelcollon.info:80/La-republique-juive-d-Israel.html


1-4 L’anomalie étatique sioniste.

nb Ndlr : La publication des analyses ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

Celles  et ceux qui sont suffisamment au courant de l’histoire des partisans de l’application de l’idéologie sioniste, qui occupent la Palestine, au minimum depuis fin 1945, ont pour habitude de ne même pas utiliser le terme « état hébreu » (dont les fondateurs voulaient  qu’il soit habité par l’« hébreu nouveau », non religieux) , mais le vocable « entité sioniste ».

A la réflexion, si on a le souci logique et didactique d’utiliser « le juste mot pour la juste chose », ça n’est pas encore le bon choix et on « peut mieux faire » et plus juste .  Cela tout  en n’ayant réellement aucune antipathie pour l’ensemble des Juifs ou personnes pensant l’être – ( tout  en étant évidemment incapable de prouver que ne serait-ce que la majorité de leurs ascendants habitaient  la Palestine et pratiquaient une des nombreuses versions du judaïsme déjà en l’an 0 de notre ère !  )- mais  en exécrant le sionisme, sinon les sionistes actuels dans leur ensemble,  lesquels sont peut-être finalement encore beaucoup  plus à plaindre qu’à blâmer.

C’est pourquoi on peut proposer « anomalie étatique sioniste », parce que beaucoup pensent que c’est un état « ordinaire et comme les autres »;  ils le  savent sioniste, sans connaître les écrits publics ou privés  et un minimum  de la vie des deux (2) plus beaux fleurons de cette idéologie  raciste, pour le moins aussi éthiquement inadmissible que le nazisme ou le communisme soviétique.

Pour ce qui est de Benjamin Ze’ev, alias Theodor Herzl,   il est toujours  assez amusant de voir la tête que font de jeunes juifs israéliens, qui ignorent souvent , entre autres,  cette manie des « pères fondateurs » d’hébraïser  leur appellation de naissance,  quand on leur montre honnêtement des extraits des  premiers propos écrits de l’Hongro-autrichien juif  qui sont carrément ce qu’il est convenu à tort de qualifier d’antisémites .

Eux mêmes et leurs  parents ignorent, entre autres, que le correspondant à Paris du journal viennois Die Neue Freie Presse pendant l’affaire Dreyfus avait d’abord rêver  de faire baptiser catholique tous les Juifs de Vienne lors d’une même cérémonie, pour mieux les intégrer à la société autrichienne !

Mais l’ignorance  est aussi du côté  des anti qui ne savent pas, entre autres,  que le projet Ouganda n’a toujours été, aux yeux  du (non)-fondateur du sionisme, qu’un pis aller provisoire, un « asile de nuit » (selon son  terme en allemand) , en attendant l’installation « sur la terre de nos aïeux donnée par Yahweh à son seul  peuple élu ». Donné sans acte de donation  présentable, faut-il le préciser, même si on a pu entendre ça et là, chez les fanatiques  religieux, hélas relayés par d’étranges chrétiens sionistes que…  « Notre cadastre, c’est la Bible »

Pour ce qui est de David Grün ; alias David Ben Gourion, il est extrêmement difficile, tant la matière est abondante (et peu louable aurait dit Molière) , de sélectionner les quatre ou cinq plus exécrables et révélatrices illustrations de son arrogance cynique, de son racisme sans borne et de sa gourmandise territoriale qui ont fait école.  Quoique très cultivé, ce Russo-polonais, fils d’Amants de Sion qui commença a apprendre l’hébreu  à 10 ans et l’enseigna à ses camarades à quatorze,  fut conscient que la majorité  des Arabes palestiniens qu’il s’apprêtait à faire tuer ou expulser étaient probablement descendants de Juifs convertis à l’Islam.  Difficile, mais on peut toujours essayer une sélection, en  demandant le pardon des connaisseurs, de plus en plus nombreux en France.

« Si j’étais un leader arabe, je ne signerais jamais un accord avec Israël. C’est normal; nous avons pris leur pays. Il est vrai que Dieu nous l’a promis, mais comment cela pourrait-il les concerner ? Notre dieu n’est pas le leur. Il y a eu l’antisémitisme, les Nazis, Hitler, Auschwitz, mais était-ce leur faute ? Ils ne voient qu’une seule chose : nous sommes venus et nous avons volé leurs terres. Pourquoi devraient-ils accepter cela ? » ( Ben Gourion cité par Nahum Goldmann dans « Le Paradoxe Juif », page 121 et page 99 dans la version anglaise The Jewish Paradox, trans. Steve Cox (Grosset and Dunlap, 1978)

« Nous devons tout faire pour nous assurer qu’ils (les Palestiniens) ne reviennent pas » et « Les vieux mourront et les jeunes oublieront ».  (journal du 18 juillet 1948).

« Un Etat juif partiel n’est pas une fin, mais seulement un commencement. Je suis convaincu que l’on ne peut nous empêcher de nous établir dans les autres parties du pays et de la région. » ( dans une lettre à son fils en 1936) et  : « Les frontières des aspirations sionistes, incluent le Liban Sud, le sud de la Syrie, la Jordanie d’aujourd’hui, toute la Cisjordanie, et le Sinaï. » (au Conseil de Paalei Zion, futur Parti Travailliste, à Tel-Aviv en 1938). Si ce n’est pas du fanatisme amoral, c’est quoi ?

Mais, quoiqu’il en soit du florilège, alors que d’autres sionistes ne sont pas en reste pour ce qui est de susciter le dégoût du racisme foncier, pourquoi   »anomalie », dont la définition possible est « Ce qui s’écarte de la norme, d’un modèle habituel » avec pour étymologie le latin  anomalia, traduisible comme en grec par irrégularité  (non lisse) ?

Parce qu’incontestablement cette application idéologique territoriale, appelée Israël,  par un vote hâtif le 12 mai 1948 au soir par la crème du Yichouv, le gouvernement provisoire  sioniste  (soit une dizaine de votants), de préférence à « Sion » qui eut été à la fois plus religieux, plus historique et  plus clair,  est totalement hors  norme.

Pas de constitution (malgré l’engagement solennelle lors de la déclaration encore mal dite d’indépendance), Pas de frontières définitives, vu la volonté toujours  actuelle de s’étendre « un jour » jusqu’au  mythique et totalement infondé « Eretz Israël » qui va jusqu’à l’est de la frontière  jordanienne, au Nil et au fleuve libanais  Litani ; cet objectif n’étant pas que celui des fanatiques religieux .

Pas de …, pas de .., pas de … et, le  comble,  pas de nationalité unique, ce qu’ignorent probablement, par exemple, 90 % de nos parlementaires et leurs attachés réunis ; aucun habitant de la Palestine « historique », fut-il juif de trimillénaire ascendance juive garantie, (ce qui est strictement impossible, comme pour nous tous) n’ayant effectivement et juridiquement  la nationalité israélienne aux yeux même de la loi locale.

C’est bien pourquoi  il est légitime de dire qu’on n’a pas vraiment affaire  à un état au sens habituel et normal du terme et qu’il s’agit bien, sinon d’un « machin » comme l’ONU dont  les décisions ne sont pas respectées par « l’état hébreu » ,  du moins véritablement d’une anomalie étatique.

Alors que précisément à l’ONU, censé représente la mythique et tout aussi inexistante « communauté internationale », toute fondamentale et vitale  décision très dérangeante pour l’anomalie étatique sioniste est systématiquement annihilée par les USA, dont  il est amplement prouvé et reconnu par certains parlementaires qu’il est impossible  d’être  un élu, présidence incluse, si on ne se soumet pas  aux diktats du puissant lobby sioniste AIPAC, ce  qu a permis au criminel Ariel Sharon (qui n’en finit pas de mourir, comme son état) de dire :

« Chaque fois que nous faisons quelque chose, vous me dites que l’Amérique fera ceci ou fera cela … je vais vous dire quelque chose de très clair : Ne vous préoccupez pas de la pression de l’Amérique sur Israël, nous, les Juifs, contrôlons l’Amérique, et les Américains le savent ». (3 octobre 2001, à Shimon Pérès, cité sur la radio Kol Yisrael).

Le même ayant  aussi,  entre autres, déclaré  «Les accords d’Oslo (première tentative d’accord de paix entre autorités israéliennes et Palestiniennes) sont la plus grande catastrophe qu’ait connue Israël depuis sa création » et « Tant qu’il restera un seul Arabe dans le pays, la guerre d’indépendance ne sera pas terminée »

Cette gouvernance effective sioniste  des USA, autre énorme anomalie s’il en est,  ne  laissant pas beaucoup d’espoirs aux Palestiniens patriotes. Même s’il n’est pas besoin d’espérer pour entreprendre de faire connaître, non seulement l’’inéthiquité’ que les faits quotidiens depuis plus de 62 ans rendent pourtant évidente, mais encore illégitimité, selon le droit international, de la création et de la perdurance  de l’anomalie étatique sioniste.

Evolspir

24 octobre 2010

http://www.centpapiers.com/l%e2%80%99anomalie-etatique-sioniste/42998


n°559 - 'Tiré à part' - 13-11 - Suite - : Israël maintient volontairement les Gazaouis à un niveau proche de la famine.


n°559 - 'Tiré à part' - 13-11 - Suite - : Israël maintient volontairement les Gazaouis à un niveau proche de la famine.   



       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources                                                        



‘Tiré à part’ 

n°559 du 13-11

C.De Broeder & M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com  - http://no-war.over-blog.com/

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 


Sommaire

1 Dossier

Suite

1-5 Zeev Sternhell : La droite israélienne a besoin de la guerre à perpétuité.

1-6 Zuhayr Andraos : Démocratie pour les « maîtres » et dictature contre les « esclaves ».

1-7 Khaled Amayreh : Les têtes nucléaires d'Israël. ...sont tournées vers Le Caire, Beyrouth, Damas, Téhéran ou peut-être La Mecque et Médine.

1-8 Jeffrey Blankfort : Israël est la menace la plus immédiate au futur de notre planète..



1-5 Zeev Sternhell : La droite israélienne a besoin de la guerre à perpétuité.

Reconnaissons-le, les chefs des partis de droite ont le sens de la stratégie et voient loin, tout comme ils savent trouver l’outil adéquat pour mener leur mission à bien.

Le nouvel amendement proposé à la loi de citoyenneté (1), voué à fomenter un état de constante hostilité entre les Juifs et tous les autres, n’est jamais qu’un aspect du plan plus vaste dont le ministre des Affaires Étrangères, Avigdor Lieberman, est le porte-parole officiel. L’autre aspect est la promesse du ministre aux nations du monde que notre guerre avec les Palestiniens sera éternelle. Israël a tout à la fois besoin d’un ennemi intérieur et extérieur, d’un constant sentiment d’urgence — car la paix, avec les Palestiniens dans les Territoires ou les Palestiniens de l’intérieur, est susceptible de l’affaiblir jusqu’à la limite du danger existentiel.

En effet la droite, y compris la plupart des dirigeants du Likoud, est pénétrée de la conscience que la société israélienne vit à l’ombre d’une menace d’implosion. Le virus démocratique et égalitaire dévore le corps politique de l’intérieur. Ce virus repose sur le principe universel des droits de l’homme et offre un dénominateur commun à l’ensemble des humains du fait qu’ils sont des êtres humains. Et quoi de plus commun aux êtres humains que leur droit à la maîtrise de leur propre destin et à l’égalité entre eux ?

Aux yeux de la droite, c’est précisément là le problème : les négociations en vue d’un partage territorial représentent un danger existentiel en ce qu’elles reconnaissent aux Palestiniens l’égalité des droits, sapant ainsi les fondements du statut unique des Juifs sur la Terre d’Israël. Aussi, afin de préparer les cœurs et les esprits au contrôle exclusif du pays tout entier par les Juifs, est-il nécessaire de s’en tenir au principe selon lequel ce qui compte vraiment dans la vie des êtres humains n’est pas ce qui les unit, mais bien ce qui les sépare. Et qu’est-ce qui sépare mieux les gens que l’histoire et la religion ?

Par ailleurs, une claire hiérarchie des valeurs existe. Avant tout, nous sommes juifs ; et seule la certitude d’une absence de conflit entre notre identité tribale-religieuse et les impératifs de la loi juive d’une part, et les valeurs démocratiques de l’autre, peut permettre à Israël d’être démocratique. Mais sa judéité se verra en tout cas accorder une nette préférence.  Ce qui nous garantit une lutte sans fin, puisque les Arabes vont refuser d’accepter la sentence d’infériorité que l’État de Lieberman et du ministre de la Justice, Yaakov Neeman, leur destine.

C’est pourquoi ces deux membres du cabinet, avec le soutien tacite du Premier ministre Benjamin Netanyahu, ont repoussé la proposition voulant que le serment de fidélité s’inscrive “dans l’esprit de la déclaration d’Indépendance”(2). À leurs yeux, la déclaration d’Indépendance, qui promet l’égalité de tous sans distinction de religion ni d’origine, est un texte destructeur dont l’objectif réel en son temps était d’apaiser les Gentils et de s’assurer leur concours durant la guerre d’Indépendance. Aujourd’hui, dans un Israël armé jusqu’aux dents, seul un ennemi du peuple [juif] pourrait vouloir donner statut légal à une déclaration qui, de toute façon, n’a jamais été prise au sérieux que par quelques-uns.

C’est là que la dimension religieuse s’inscrit tout naturellement dans le tableau. Exactement comme pour les conservateurs révolutionnaires du début du xxe siècle (3) et les neoconservateurs nationalistes de nos jours, la religion joue un rôle décisif en soudant la solidarité nationale et en renforçant la société.

La religion s’entend là, bien sûr, comme un système de contrôle social dénué de contenu métaphysique. Ainsi des gens qui exècrent la religion et son substrat moral peuvent-il évoluer à l’aise aux côtés de quelqu’un comme Neeman, qui espère imposer un jour la loi rabbinique en Israël. De leur point de vue, le rôle de la religion est de décréter le caractère unique de la judéité et de repousser les principes universels au-delà des limites de la vie nationale.

C’est ainsi que la discrimination et les inégalités ethniques et religieuses sont devenues la norme, et que le processus de délégitimisation d’Israël a franchi un palier. Et tout ceci est l’œuvre de mains juives

Notes

(1)        ”Je jure de respecter les lois de l’État d’Israël comme État juif et démocratique”, tel est le texte du projet d’amendement à la loi de Citoyenneté (qui régit les modalités de l’accession à la citoyenneté israélienne pour les non-Juifs, la loi du Retour les régissant pour les Juifs) proposé par Avigdor Lieberman et voté le 10 octobre par le gouvernement, malgré l’opposition des ministres travaillistes et de trois des ministres du Likoud. [NdlT]

(2)        Selon un communiqué de l’AFP en date du 18 octobre, cependant, ce projet de serment serait d’ores et déjà en voie de modification, Benjamin Netanyahu ayant “demandé au ministre de la Justice de préparer un nouveau projet de loi […] qui concernera toutes les personnes qui demanderont la citoyenneté israélienne”, y compris celles bénéficiant de la loi du Retour, donc. [idem]

(3)       Mouvance intellectuelle et politique formée, dans l’Allemagne de l’après Première Guerre mondiale, de plusieurs courants unis dans la détestation de la république “bourgeoise” de Weimar et dans le rejet des Lumières.  Revendiquant une certaine modernité et mêlant des thématiques souvent perçues comme contradictoires, les représentants de la Konservative Revolution voulurent concilier libération nationale et libération sociale dans une troisième voie, ni communiste, ni nationale-socialiste. [idem]

Zeev Sternhell

Traduction : Tal pour La Paix Maintenant

Ha’aretz, le 15 octobre 2010


1-6 Zuhayr Andraos : Démocratie pour les « maîtres » et dictature contre les « esclaves ».

Avec l’ouverture de la 18ème session d’hiver de la Knesset, la discussion à l’intérieur des partis sionistes à propos de la nature démocratique et ethnique d’"Israël" a pris le pas. Dans son allocution, le président de la Knesset, Raoufin Revline a critiqué la déclaration du premier ministre, Benyamin Netanyahu, disant qu’il est impensable que le gouvernement ôte à la Knesset sa fonction et l’empêcher d’exercer ses tâches dans le cadre de ce qui s’appelle démocratie parlementaire, insistant sur le fait que l’Etat hébreu ne peut accepter que le gouvernement actuel continue à contrôler les projets de loi.
Revline, comme nous le savons, est un sioniste, et son discours traduit son souci à protéger l’Etat juif et son inquiétude quant à son avenir, mettant en garde contre le fait qu’"Israël" ne se transforme en un Etat semi-présidentiel, et c’est une mise en garde logique, du point de vue de quiconque a adopté le sionisme et a accepté ses enseignements. Ce mouvement et sa réalisation, "Israël", sont les deux faces d’une même monnaie : le colonialisme colonial, qui s’est emparé de
la Palestine et a installé un Etat sur ses ruines, et qui ne s’est pas contenté de cela, ses ambitions ont dépassé les frontières de la Palestine historique pour inclure le monde arabe.
La discussion à l’intérieur de l’institution sioniste en "Israël" reste une discussion interne, non pas parce qu’elle ne nous concerne pas, mais au contraire, nous devons l’étudier et définir ses dimensions et ses conséquences sur les Palestiniens de l’intérieur. Cependant, nous pensons que l’évolution de ce qui est appelé la démocratie ethnique est une évolution naturelle d’un régime de pouvoir installé sur des bases colonialistes et dont les outils sont coloniaux, ce qui veut dire que le danger réel que nous percevons aujourd’hui, sur la démocratie parlementaire, selon la logique du président de
la Knesset et quelques-uns de ses partisans, est chose acquise, le régime du pouvoir en "Israël" est devenu un régime semi-présidentiel, ou en termes plus clairs, un régime semi-fasciste, il s’agit d’une construction supplémentaire pour qu’"Israël" atteigne l’étape post-raciste et pré-fasciste.
De plus, nous affirmons en toute assurance que l’Etat hébreu, depuis sa fondation en 1948, n’a jamais été démocratique dans le sens exact du terme. Il a été et est toujours la démocratie de la majorité juive, ou la majorité automatique, cette démocratie mensongère qui fut le principal outil pour s’emparer des terres qui étaient restées entre les mains des Arabes et imposer des réalités sur le terrain dans le but d’empêcher le retour des réfugiés palestiniens, qui furent exilés loin de leur pays au cours de
la Nakba, et pour exercer la répression sous toutes ses formes contre ceux qui sont restés attachés à leur terre et leur patrie. Par conséquent, ce à quoi nous assistons aujourd’hui, ce déluge de lois racistes, est chose naturelle pour toute société gouvernée par une élite de droite et extrémiste qui considère, en paroles et en actes, que le fait d’atteindre l’apartheid, avec tous les aspects négatifs qu’il comporte sur la scène internationale, nécessite de se débarrasser de la démocratie parlementaire, que Revlin et ses compères considèrent comme la forteresse pouvant empêcher le régime de pouvoir en "Israël" d’être semi-présidentiel.
La démocratie israélienne est une démocratie pour les « maîtres » soit la majorité, et la dictature contre les «esclaves », c’est-à-dire les Arabes de ce pays. Il faut simplement rappeler, à titre d’exemple, que les Blancs aux Etats-Unis pensent qu’ils représentent la majorité dans ce pays, et que les décisions sont prises par la majorité. C’est vrai, les Blancs sont la majorité, mais n’y a-t-il pas un moyen qui permette aux intellectuels et décideurs d’étudier la possibilité de limiter la démocratie de la majorité, dans le but d’accorder à la minorité un espace donné de participation aux prises de décision et de définition de la nature du régime ? Cela n’existe pas, ni dans le pays qui se prétend celui des libertés, les Etats-Unis, ni dans l’Etat qu’il protège, "Israël", qui ne cesse de proclamer matin et soir qu’il est un oasis de démocratie dans le Moyen-Orient.
Même si nous admettons les célèbres points de Wilson, après la première guerre mondiale, qui furent désignés par impérialisme progressiste, ayant compris, entre autres, la diplomatie ouverte, la liberté de la presse, la liberté de commerce, le recul de l’armement, l’auto-détermination et la création de
la Société des Nations, etc.. et même la déclaration du premier président israélien, Haïm Weizmann disant que notre premier examen devant le monde sera la manière de nous comporter avec les minorités, même si nous admettons tout cela, nous ne pouvons en aucun cas considérer "Israël" comme une démocratie. Il est impossible qu’"Israël" devienne un jour démocratique, car ce qui y est désigné par démocratie est mort dès sa naissance, et aucun être sur cette planète ne peut lui rendre la vie. Que dire alors ses maîtres sont proches et même très proches du fascisme ?

Zuhayr Andraos

17 octobre 2010

http://www.palestine-solidarite.org:80/analyses.Zuhayr_Andraos.171010.htm


1-7 Khaled Amayreh : Les têtes nucléaires d'Israël. ...sont tournées vers le Caire, Beyrouth, Damas, Téhéran ou peut-être La Mecque et Médine
Intériorisons quelques-uns des faits axiomatiques stratégiques relatifs à la situation à laquelle sont confrontés les Arabes et les Musulmans dans cette région et au-delà :
Le premier fait est que les centaines de têtes nucléaires et bombes que possède Israël, ou qu’on admet généralement qu’il possède, ne sont tournées ni vers le Zimbabwe, le Gabon ou Haïti, mais vers Le Caire, Beyrouth, Damas, Téhéran ou peut-être
La Mecque et Médine.

Le deuxième fait est que l’acquisition par Israël de la capacité nucléaire vise à soumettre, intimider et maintenir le monde arabe dans un état de perpétuelle infériorité stratégique vis-à-vis de l’Etat hébreu. Un Israël nucléaire, non découragé par aucune dissuasion arabe réciproque, pourrait se permettre de commettre l’impensable, c’est-à-dire déporter de leur patrie ancestrale les Palestiniens restant. Il pourrait aussi s’autoriser à lancer des ultimatums contre des pays comme l’Egypte, à savoir menacer de détruire des cibles égyptiennes stratégiques comme le Barrage d’Assouan si le pays arabe aux 80 millions d’habitants ne se comporte pas comme il le souhaite.
Nous avons vu récemment comment les dirigeants égyptiens dociles se sont crus obligés de jouer les ‘marie-couche-toi-là’ devant un Israël ostensiblement hautain pendant la récente attaque génocidaire israélienne contre
la Bande de Gaza. Si l’Egypte avait eu une dissuasion stratégique, elle aurait montré un semblant de dignité nationale et aurait dit « non » aux menaces israéliennes, implicites ou explicites.
Le troisième fait est que le régime sous contrôle des Etats-Unis de non prolifération nucléaire est un ramassis d’absurdité. C’est une chimère destinée à amadouer et à réduire au silence les nations qui sont prêtes à vendre leur dignité nationale et qui veulent maintenir leurs peuples sous un risque stratégique perpétuel en échange de quelque aide financière et militaire envoyée par Washington. Inutile de dire qu’une telle aide conditionnelle n’a strictement aucune valeur stratégique.
Un exemple de ce fiasco (et de cette stupidité) arabe à cet égard est l’énorme et récent contrat d’armement entre l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis. Bientôt, 60 milliards de dollars d’argent musulman seront convertis en rouille et contribueront à hauteur de zéro pour cent à améliorer la sécurité globale des Musulmans vis-à-vis d’Israël.
C’est parce que la plupart des dynasties dictatoriales arabes sont davantage comptables devant leurs protecteurs américains que devant leurs propres peuples. Par conséquent, ces despotes n’achètent pas juste des armes aux Etats-Unis, ils doivent acheter des armes, sinon ils perdent leur statut d’ « allié précieux », ou plus exactement « marionnette précieuse » plutôt qu’allié !

Le quatrième fait est que les Etats-Unis et autres puissances occidentales permettent en toute connaissance de cause à Israël de posséder les armes nucléaires. En conséquence, l’allégation que ces puissances devraient protéger ces régimes et leurs populations d’une possible agression sioniste est encore plus une chimère, en particulier étant donné le fait que les Etats-Unis et autres gouvernements occidentaux sont eux-mêmes soumis à Israël et au pouvoir sioniste. En dernière analyse, les putes politiques américaines à Washington ne peuvent pas ni ne désobéiront aux ordres de leurs maquereaux israéliens ou juifs. Ils savent qu’ils commettraient un suicide politique, en interne, s’ils le faisaient.

Heureusement, quelques pays musulmans de la région ont compris la maxime intemporelle qui dit que si vous ne vous protégez pas vous-mêmes, personne ne vous protègera. Ces mêmes pays ont aussi compris que si vous ne créez pas une sorte d’assurance de destruction mutuelle vis-à-vis de votre ennemi, vous serez attaqué, humilié et brutalisé.
Malheureusement, des pays arabes plus grands et plus riches n’ont pas réussi à comprendre ce que le Pakistan et l’Inde ont compris. Au lieu de cela, ces régimes essentiellement autoritaires ont choisi de rester dans un état de soumission prostituée-proxénète vis-à-vis de Washington, qui, comme nous le savons tous, est dirigé par le lobby juif. Ariel Sharon n’a-t-il pas dit, « Nous dirigeons l’Amérique, et ces imbéciles d’Américains le savent. » ?
Il ne fait aucun doute que les Etats arabes, de
la Mauritanie ou Bahreïn, resteront dans un état d’infériorité stratégique vis-à-vis d’Israël tant qu’ils ne possèderont pas une réelle dissuasion nucléaire qui obligerait Israël à abandonner un peu de son insolence, de son arrogance et de son orgueil.
En bref, Israël n’oserait pas larguer une ou deux bombes nucléaires sur Le Caire, ni même la menacer, s’il savait qu’une ou deux bombes nucléaires pourraient tomber sur Tel Aviv ou Haïfa peu après toute attaque nucléaire éventuelle contre n’importe quelle capitale arabe ou musulmane. N’est-ce pas la raison réelle et profonde derrière la campagne israélienne frénétique contre la nucléarisation supposée de l’Iran ?
Il n’est jamais souhaitable de se lancer dans des calculs macabres, en particulier quand il s’agit des abominables armes nucléaires. Cependant, le comportement d’Israël, qui a beaucoup de similitudes avec celui des nazis, nous a convaincu de toujours attendre l’impensable, venant d’Israël.
Il y a quelques années, Israël a largué entre 2 et 3 millions de bombes à fragmentation sur le Liban, suffisamment pour tuer ou mutiler 2 à 3 millions d’enfants. Ensuite, les dirigeants dépravés du soi-disant « monde libre » ont réagi à cette monstruosité barbare avec cynisme, disant que « Israël a le droit de se défendre », comme si le Liban avait posé la moindre menace à Israël-nucléaire, qui tient l’Amérique et d’autres pays occidentaux à la gorge.
De même, l’armée de l’air israélienne a fait pleuvoir du phosphore blanc sur Gaza il y a près de deux ans, nous confrontant à des scènes qui auraient pu être empruntées à Dresde ou à d’autres villes allemandes réduites en cendres par les forces aériennes alliées dans les derniers mois de
la Deuxième Guerre mondiale.
C’est vraiment le cœur lourd que j’aborde ce sujet.
C’est pourquoi mon conseil aux Etats arabes de cette région est le suivant : mangez du sable, mangez de l’herbe, mangez de la merde !

Que les files d’attente pour le pain fassent dix mètres de long. Mais procurez-vous la bombe !

Ne soyez pas la risée du monde.

Ne laissez pas un Etat merdique comme Israël détruire la civilisation islamique.

Khaled Amayreh

Source : ISM

Traduction : MR pour ISM

Lundi 1er novembre 2010

http://www.ism-france.org/news/article.php?id=14548&type=analyse&lesujet=Armement%20isra%E9lien

http://www.ism-france.org/...


1-8 Jeffrey Blankfort : Israël est la menace la plus immédiate au futur de notre planète.

Jeffrey Blankfort est américain. Il est photographe, producteur d’émission de radio et analyste du Moyen Orient. C’est un militant pro-palestinien connu et ses articles ont été publiés dans beaucoup d’organes d’information progressistes.

Il offre des émissions sur KZYX à Mendocino et KPOO à San francisco. Auparavant Blackford a été le directeur de publication du Middle East Labor Bulletin et co-fondateur du Labor Committee of the Middel East. En février 2002, il a gagné un procès contre l’organisation sioniste Anti-Defamation League (ADL) qui avait espionné des citoyens américains qui critiquaient Israël et sa politique d’expansion.

Jeffrey a accepté de me donner un interview exclusif portant sur l’influence du lobby israélien sur les décideurs du gouvernement américain, le programme nucléaire illégal et secret d’Israël, le conflit Israélo-palestinien et la menace d’une attaque imminente d’Israël contre les installations nucléaires de l’Iran.

Blankfort ne craint pas de critiquer clairement le régime d’apartheid israélien et il croit qu’Israël est la menace la plus immédiate à l’avenir de la planète.

Kourosh Ziabari

Kourosh Ziabari : Dans votre article : "Le lobby israélien et la gauche : des questions difficiles" vous explorez de manière approfondie la domination du lobby israélien sur l’administration américaine et vous citez des exemples convaincants de l’influence de riches sionistes sur les multinationales et sur les médias de la pensée dominante en Amérique.

Ma question est la suivante : Quelle est la source de l’immense pouvoir et de l’immense richesse que les sionistes détiennent ?

Comment les Juifs ont-ils pu développer un pouvoir d’influence et des capacités financières telles qu’ils sont désormais capables de cadrer, changer et modifier les composantes de la politique des USA ?

Jeffrey Blankford : Cette question nécessiterait une réponse élaborée. Mais on peut dire qu’un segment important et bien organisé de la communauté juive s’est consacré, après la seconde guerre mondiale, à l’établissement et à la prospérité d’un état juif dans la Palestine historique dans lequel la vie et la subsistance des Palestiniens arabes autochtones n’avait aucune valeur.

Le fait que ce groupe ne représentait pas - et n’a jamais représenté - la majorité des Juifs américains a été largement compensé par l’ardeur de son militantisme au profit d’Israël dans tous les secteurs importants de la société américaine et à tous les niveaux de la vie politique de la nation. Son succès n’aurait pas été possible, cependant s’il n’y avait pas eu dans ses rangs un nombre important de riches hommes d’affaire juifs désireux de contribuer financièrement à acheter le soutien du Congrès américain ainsi que celui de pratiquement tout le corps législatif ou à intimider et faire taire les éventuels critiques d’Israël.

Bien avant la naissance des premiers sionistes, des banquiers et des capitalistes juifs s’étaient établi en Europe et aux USA, de sorte qu’il n’est pas surprenant que certains d’entre eux, à commencer par Lord Rothchild au début du siècle dernier, aient soutenu le projet sioniste. Aujourd’hui ils forment de loin le plus important groupe de donateurs privés des deux partis politiques.

Les médias, comme on peut s’y attendre, ont été une de leurs premières cibles, et on peut hélas constater chaque jour que des supporters avoués d’Israël qui ne sont pas nécessairement juifs, comme Rupert Murdoch, les contrôlent maintenant complètement.

Il n’y a aucun doute que le réseau de soutien d’Israël, qu’on appelle par euphémisme "lobby" a influencé de manière significative l’ensemble de la politique des USA au Moyen-Orient et a été un facteur déterminant de la gestion du conflit israélo-palestinien, cependant sa puissance a des limites. Certes, grâce à ses contacts à la Maison Blanche et au Pentagone, il a réussi à entraîner les USA dans la guerre d’Iraq, mais il n’est pas encore arrivé à convaincre Washington de bombarder l’Iran ni à obtenir le feu vert des USA pour bombarder les installations nucléaires iraniennes. Il est clair qu’il y a des éléments importants du Pentagone et des services secrets qui sont conscients qu’une attaque de l’Iran par les USA ou Israël provoquerait presque certainement une catastrophe globale.

KZ : Dans votre article vous faites allusion aux conflits et luttes entre Israël et l’Administration américaine des dernières dizaines d’années au cours desquelles les Présidents des USA, Richard Nixon en tête, ont essayé de contenir la politique d’expansion d’Israël et d’améliorer les conditions de vie des Palestiniens opprimés. En admettant que l’Administration ait vraiment tenté d’oeuvrer dans ce sens tout en réitérant sans cesse son engagement à garantir la sécurité d’Israël, pourquoi alors ses efforts ont-ils échoué ?

JB : Aucun Président américain, j’en ai peur, ne s’est soucié des conditions de vie du peuple palestinien. Arrêter l’expansion d’Israël et obtenir que Tel Aviv se retire de tous les territoires qu’il avait conquis en 1967 était pour les Américains une mesure d’intérêt national.

Tous les efforts précédents ont échoué parce qu’aucun président n’a voulu payer le prix politique intérieur nécessaire pour forcer Israël à se retirer des territoires occupés d’autant plus qu’ils savaient que leurs efforts seraient contrecarrés par l’écrasante majorité des deux chambres du Congrès quelle que soit leur affiliation politique de même que par les médias qui sont aux mains des sionistes.

Le seul qui ait fait un effort sérieux dans ce sens et qui ait osé affronter le réseau sioniste et le Congrès a été Georges Bush Senior quand il a refusé de satisfaire la demande d’Israël de 10 milliards de prêts garantis en 1991 et de nouveau en 1992 mais même lui dut finalement céder.

KZ : Les Israéliens ont l’habitude de qualifier d’antisémites pour les diffamer et les vilipender ceux qui osent critiquer leur politique et leurs actes belliqueux et agressifs. Ils accusent tous ceux qui les critiquent d’être antisémites. Cela inquiète les faiseurs d’opinion et les politiciens et les décourage de parler d’Israël en termes négatifs. Y a-t-il un moyen de faire prendre conscience au public que l’étiquette antisémite n’est pas rédhibitoire* et que critiquer Israël n’est pas de l’antisémitisme ?

JB : Les allégations "d’antisémitisme" brandies contre ceux qui critiquent Israël n’ont plus le poids qu’elle ont eues mais elles sont encore très efficaces particulièrement quand l’accusé est l’employé des médias dominants, comme nous l’avons vu dernièrement avec le cas d’Helen Thomas, d’Octavia Nasr et de Rick Sanchez et dans l’industrie du cinéma qui a été longtemps un bastion sioniste ayant été développée par des Juifs au 19ième siècle, bien qu’à l’époque aucun d’eux n’était sioniste.

Le pouvoir qu’a l’accusation d’antisémitisme de mettre les personnes publiques à genoux finira le jour où un assez grand nombre de personnalités américaines ne l’accepteront plus. Quand à dire quand cela arrivera, je n’en sais rien.

KZ : La Fédération des Scientifiques Américains a confirmé qu’Israël possédait jusqu’à 200 têtes nucléaires même si elles ne sont pas déclarées. Comme il n’a pas signé le Traité de Non Prolifération, Israël n’a jamais permis à l’IAEA de contrôler son arsenal nucléaire. Nous savons déjà ce qui est arrivé à Mordecai Vanunu qui a perdu sa liberté pour avoir dit la vérité. Que pensez-vous qui va arriver au programme nucléaire israélien ? Tel Aviv va-t-il continuer à bénéficier du privilège de ne pas avoir à rendre compte de ses actes ?

JB :Tant que le réseau de soutien du sionisme contrôle le Congrès, tant qu’aucun Président américain n’a pas le courage de simplement mentionner l’existence des armes nucléaires israéliennes et tant que les USA continuent de tenir les cordons de la bourse de l’ONU, Israël bénéficiera de l’impunité et de l’immunité. Si la direction des mouvements antinucléaires américains maintenant disparus comme "le mouvement pour la paix" n’avait pas été dominée par les sionistes, il y aurait peut-être eu un débat sur le sujet, mais comme elle l’était le sujet a été considéré tabou.

KZ : Parlons maintenant de l’Iran. L’Iran est décrite dans les médias étasuniennes d’une manière déformée et hypocrite. Beaucoup d’Américains qui n’avaient jamais entendu parler de l’Iran sont aujourd’hui confrontés à l’image horrible et terrifiante qu’en donnent les médias dominées par les sionistes. Ils n’ont aucune idée de ce qu’est la civilisation iranienne, ni de ce qu’ont de spécifique sa société et sa culture. Comment pourrait-on porter la vraie nature de l’Iran à la connaissance des Américains qui n’ont pas les moyens de la découvrir par eux-mêmes ?

JB : La plupart des Américains ne sont pas capables de trouver l’Iran ni quelque autre pays du Moyen Orient ni même n’importe quel pays du monde, sur une carte. Pour la plupart ils sont confrontés à ce qu’on pourrait appeler un "problème géographique" autant qu’historique. Il n’y a pas d’antidote à cela au monde et c’est la raison pour laquelle Washington peut se permettre de faire la guerre à des pays qui ne lui ont jamais fait aucun mal. Si les soldats étaient des appelés comme pendant la guerre du Vietnam, ni la guerre d’Iraq ni celle de l’Afghanistan n’auraient duré aussi longtemps et il y aurait une grande opposition à une attaque contre l’Iran.

Quand Nixon a eu l’intelligence de supprimer la conscription des hommes de 18 ans au début des années 1970, cela a détruit l’épine dorsale du mouvement anti-guerre et c’est la raison pour laquelle Washington ne veut pas revenir à la conscription malgré la pression énorme résultant de la nécessité de maintenir une armée assez nombreuse pour mener plusieurs guerres de front. Sans la crainte que leur jeunes de 18 ans ne soient appelés au combat, il n’y a pas de mouvements contre la guerre et c’est pourquoi il n’y a pas d’opposition à la guerre digne de ce nom aux USA à l’heure actuelle.

KZ : Beaucoup de gens dans le monde croient que la presse américaine est complètement libre et peut dire tout ce qu’elle veut sans que la moindre restriction ou censure ne lui soit imposée par l’Administration. On peut presque dire que le gouvernement américain ne se mêle pas directement de ce qui concerne les médias ; cependant on a l’impression qu’il y a une pression implicite sur les médias pour ne pas dépasser la ligne rouge et violer des lois non écrites comme l’interdiction de critiquer Israël. Pouvez-vous nous en dire plus ?

JB : Ce n’est pas le gouvernement qui empêche les critiques d’Israël de s’exprimer, c’est la peur des réactions qu’engendre toute critique sincère d’Israël que ce soit dans un article ou un dessin humoristique des médias même si le journaliste est juif. Il y a plusieurs organisations, dont les plus importantes sont la Anti-defamation League, CAMERA et HonestReporting, qui sont capables d’envoyer immédiatement un torrent d’emails et de lettres à l’éditeur d’un journal qu’ils jugent offensant et parfois même de se rendre dans les bureaux du journal en question pour s’assurer que les médias comprennent bien ce qu’ils peuvent écrire ou pas. Comme il n’y a pas de pression équivalente en faveur de la critique d’Israël, les médias préfèrent éviter l’affrontement.

Il fut un temps où un certain nombre de journalistes des médias dominants écrivaient des articles critiques sur Israël sans avoir de problèmes. Mais c’était il y a 20 ans et ils ne sont plus là.

KZ : Voici ma dernière question : Comment voyez-vous l’avenir d’Israël ?

Va-t-il continuer à déterminer la politique étrangère américaine et contrôler les politiciens américains ? Est-il capable de maintenir le blocus de Gaza ? Et finalement Israël parviendra-t-il à survivre politiquement ?

JB : Tant que les supporters d’Israël ou ses agents aux USA parviennent à contrôler le Congrès américain et à intimider tous les présidents en exercice, et tant que ces mêmes forces dominent les médias, il n’y aura pas de changement aux USA ni à Gaza. Bien que le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions se développe petit à petit aux USA, il n’y a pas l’intensité qu’il a ailleurs et ses cibles sont limitées à ce que les firmes américaines et Israéliennes produisent en Cisjordanie, aussi, si l’on veut être réaliste, il y a peu de chance que les USA exercent une pression déterminante sur Israël.

Ce que fait Israël, cependant, peut engendrer des changements qu’il est impossible de prévoir aujourd’hui. Après avoir été vaincu deux fois par le Hezbollah, les officiels israéliens ne cessent de menacer de déclarer une nouvelle guerre au Liban et comme les USA, l’Europe et l’ONU n’ont pas sanctionné leurs précédentes guerres au Liban, ils vont sûrement encore essayer.

A la différence des Palestiniens, les Libanais n’ont pas l’intention de se laisser faire et sont capables de rendre coup pour coup, comme les Israéliens en ont fait l’expérience quand les Libanais ont résisté à leur occupation et stoppé la Wehrmacht israélienne tant vantée en 2006.

Si Israël attaquait l’Iran les répercussions seraient peut-être suffisantes pour entraîner Israël dans un processus qu’on pourra sans doute qualifié d’autodestructeur. Pour le moment, vu le soutien inconditionnel à tous ses crimes dont il bénéficie de la part des Américains et son arsenal de d’armes nucléaires, je considère Israël comme la menace la plus immédiate à l’avenir de la planète.

Pour consulter l’original : http://dissidentvoice.org/2010/10/i...

Note du traducteur :

* A la différence de la France qui s’est dotée de la loi Gayssot, ce qui permet les poursuites juridiques et augmente donc d’autant la capacité d’intimidation du lobby sioniste.

Jeffrey Blankfort

Kourosh Ziabari est un reporter freelance et un correspondant de presse iranien.

Ses articles ont été publiés dans de nombreux médias et journaux comme le Tehran Times, Salem News, Palestine Think Tank, Press TV, Foreign Policy, Journal, Islam Online et Middle East Online. Il est membre de Llaxcala translaters Network for Linguistic Diversity.

Traduction : D. Muselet

28 octobre

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n°559 - 'Tiré à part' - 13-11 - Fin - : Israël maintient volontairement les Gazaouis à un niveau proche de la famine.



3 Médias/Vidéos 

3-1 Jacob COHEN : Le printemps des sayanim.

Franck ABED reçoit Jacob COHEN pour un entretien évoquant le livre : Le printemps des sayanim.

Ce livre qui se veut un roman traite des sayanim - informateurs en hébreu - qui sont des juifs de la

diaspora et par " patriotisme ", ils acceptent de collaborer ponctuellement avec le Mossad, ou autres institutions sionistes.

En France, leur nombre serait évalué à 3000.

Les sayanim (hébreu: singulier: sayan, de l'hébreu aide, assistant) sont des agents passifs appelés plus communément «agents dormants», établis en dehors d’Israël, prêt à aider les agents du Mossad en leur fournissant une aide logistique.

Le terme désigne également des Palestiniens ayant accepté de collaborer avec l'armée israélienne ou les juifs de la diaspora décidant de collaborer de manière momentanée avec le Mossad par sentiment de patriotisme envers Israël (Affaire Lavon).

En principe, les sayanim ne s'engagent que dans des activités légales et ils ne s'associent pas à des opérations de renseignements ou d'espionnage, malgré des exceptions notables.

Né en 1944 à Meknès, Jacob Cohen obtient une licence en Droit (Casablanca) et le diplôme de Sciences-Po (Paris). Il vit à Berlin et Montréal avant de revenir à Casablanca, où il est maître-assistant à la faculté de Droit, de 1978 à 1987. Il vit depuis à Paris. Il a déjà publié Les noces du commissaire, Moi, Latifa S., Du danger de monter sur la terrasse, L’espionne et le journaliste. Il tient un blog.
Interview de l’auteur.

Franck Abed : Le Printemps des Sayanim’ : Pourquoi ce titre ?

J’ai voulu que le terme « sayanim » apparaisse d’emblée et interpelle le lecteur. On se pose la question, et la définition se trouve juste dans les premières lignes de la 4e. La problématique est installée, sans faux-fuyants, et sans réserve. Idéalement, j’aimerais que ce terme entre dans le vocabulaire courant, dans les analyses, et dans les commentaires.

Voulez-vous nous la rappeler ?

Les sayanim – informateurs en hébreu – sont des juifs de la diaspora qui, par « patriotisme », acceptent de collaborer ponctuellement avec le Mossad, ou autres institutions sionistes, leur apportant l’aide nécessaire dans le domaine de leur compétence.

Comment avez-vous eu l’idée d’écrire sur les sayanim ?

C’est la conjugaison de plusieurs éléments. La lecture de tout livre sérieux sur le Mossad montre l’importance essentielle de ces citoyens juifs qui décident de travailler pour les services secrets israéliens. Imaginez des dizaines de milliers d’agents, occupant des fonctions dans toutes les couches sociales, et qui obéissent au doigt et à l’œil au Mossad. Il est à noter que les auteurs anglo-saxons sont beaucoup plus prolifiques sur ce sujet. Je suis d’assez près l’actualité proche-orientale, et je consulte les médias des 2 bords. Et je suis sidéré, presque fasciné, par la puissance médiatique du lobby pro-israélien. Et comment il arrive à faire rentrer dans les esprits, jusqu’à devenir des banalités admises, des concepts comme « la seule démocratie de la région », ou tellement aberrants, comme « assurer la sécurité d’Israël ».

Le fait de savoir que des sayanim sont en grande partie le moteur de cette propagande permet une lecture plus lucide et plus pertinente de l’actualité.

Est-ce une réalité ?

Je comprends le sens de la question. Je cite Gordon Thomas au début du livre. C’est un spécialiste reconnu des services secrets, en particulier du Mossad. Tellement reconnu qu’il a interviewé tous les chefs du Mossad depuis les années 60, et tous ont admis, en s’en glorifiant, l’apport crucial des sayanim à travers le monde.

Je cite également Victor Ostrovsky, l’un des rares agents du Mossad à avoir publié, après son départ de l’institution, un témoignage unique et inédit sur le service secret, ses méthodes, ses objectifs, ses ressources.

Quel est leur nombre ?

En France ils seraient près de 3000. Ostrovski, ex-agent du Mossad, estime leur nombre à 3000 rien qu’à Londres. On peut imaginer leur importance aux Etats-Unis. Mais le « réservoir » est infini. Si on associe le Bnai Brit (franc-maçonnerie juive internationale), la WIZO (organisation internationale des femmes sionistes), les organisations judéo-sionistes nationales, comme l’UPJF, l’UEJF, le CRIF… en France, et dans les autres pays, ainsi que les sympathisants, on arrive facilement au chiffre de un million de juifs prêts à travailler pour le Mossad. Evidemment ils ne sont pas tous recrutés à cette tâche. Car il faudrait des centaines d’agents pour les traiter. Le Mossad se contente d’en avoir dans tous les secteurs d’activité, avec un accent particulier sur les plus sensibles : les médias, les grands hôtels et les agences de voyage (pour surveiller les allées et venues des Arabes en général, des agents de renseignement, des hommes d’affaire, enfin de toute personne susceptible d’atteindre les intérêts israéliens), les secteurs économiques et commerciaux, en particulier les sociétés d’importation qui leur servent souvent de couverture.

Un cas concret pour en comprendre le mécanisme ?

Pour revenir à Victor Ostrovsky. Lorsque la France a construit une centrale nucléaire en Irak dans les années 70, des scientifiques irakiens étaient venus à Saclay pour se perfectionner. Le Mossad était bien sûr intéressé à les connaître pour pouvoir agir sur eux. N’importe quel autre service secret aurait eu besoin de moyens en hommes, de filature, d’argent pour corrompre, peut-être de tentatives d’effraction, et de temps, pour y arriver éventuellement. Le Mossad, et c’est sa supériorité, s’est tout simplement adressé à un informateur juif (sayan) qui travaillait à Saclay. Et a demandé que lui fussent fournis les dossiers complets originaux. Car il se méfiait des photocopies. La majorité des renseignements étant en arabe, c’est lui-même qui s’est acquitté de cette tâche. Quel autre service de renseignements peut bénéficier de telles complicités ? Après, ce fut un jeu d’enfant pour piéger l’un de ces scientifiques, remonter jusqu’à leur responsable, et l’assassiner lors de sa visite à Paris.

Ces agents juifs n’interviennent-ils que dans des cas d’espionnage ?

Pas du tout. Les sayanim interviennent aussi et surtout dans les manipulations médiatiques. D’ailleurs le Mossad possède un département important, appelé le LAP, pour « guerre de propagande ». Il me revient un exemple historique. Rappelez-vous le film EXODUS. Il a réécrit l’histoire de 1948 et imposé la vision sioniste pour au moins une génération. En 1961, c’est le premier ministre israélien en personne qui a accueilli l’équipe du film à l’aéroport. C’est dire l’importance qu’on lui accordait.

Rappelons l’importance du Bnai Brit. 500 000 membres dans le monde, probablement 400 000 aux Etats-Unis, dont 6 000 dans le secteur du cinéma. Comment imaginer qu’un film ou qu’une série défavorable à Israël puisse voir le jour ?

Et plus récemment ?

Le cas le plus flagrant est celui du soldat israélien enlevé par le Hamas. Le réseau des sayanim à travers le monde a fait en sorte que son nom soit tellement matraqué que personne ou presque n’ignore son nom. Par ailleurs, son père a été reçu à plusieurs reprises par tous les dirigeants occidentaux, par Sarkozy, Merkel, Blair, Berluscuni, Zapatero, Barroso, par le secrétaire général de l’ONU, par le parlement européen, par l’assemblée de l’UNESCO, enfin le gratin mondial. Comment est-ce possible sans l’intervention de sayanim bien placés dans les instances gouvernementales, économiques, culturelles, médiatiques ? Je rappelle qu’il s’agit d’un caporal d’une armée d’occupation. Quel autre prisonnier peut bénéficier d’une telle sollicitude internationale ? Et avoir son portrait géant sur l’édifice de la Mairie du 16e arrondissement ? Des hommes politiques français, dont Sarkozy et Kouchner, ont exigé sa libération pour raisons humanitaires. Sans dire un mot des milliers de prisonniers palestiniens.

Dans quel but ?

Il s’agit de faire pénétrer dans l’opinion internationale qu’Israël a un « otage » (un seul !) aux mains du Hamas. Cela fait oublier les 11 000 prisonniers palestiniens détenus dans les geôles israéliennes. L’écrasante majorité d’entre eux sont des prisonniers politiques, c’est-à-dire condamnés pour leur lutte pacifique pour l’indépendance. Rappelons qu’Israël est le seul pays « démocratique » au monde qui applique la détention administrative : pouvoir emprisonner n’importe quel citoyen, même étranger, sans avocat, sans jugement, sans motif, sans limitation dans le temps.

Et c’est sur cette base que les forces d’occupation ont kidnappé, juste après l’enlèvement du soldat, 45 personnalités politiques du Hamas, en majorité des élus du peuple. Sans qu’elles n’aient rien à leur reprocher. Cela s’appelle des « représailles collectives » condamnées par le droit international, et rappelle le comportement de l’occupant nazi en France.

Ainsi, pendant que les médias nous matraquent avec le soldat « otage », on oublie le plus important, et le plus horrible.

Une expérience personnelle : Le 26 juin, le journal du matin de TV5 avait encore fait un reportage sur le drame de ce soldat « otage ». J’ai écrit en rappelant que l’honnêteté journalistique aurait exigé de mentionner les prisonniers soumis à la détention administrative et le kidnapping des 45 élus du Hamas. Aucune réponse, aucun correctif.

Comment se fait-il qu’on ne parle pas beaucoup des sayanim ?

Cela reste un mystère. Comment des journalistes aguerris ont pu disserter sur Israël sans mettre sur le doigt sur cet aspect capital ! Je mets cela sur la puissance des sayanim qui ont réussi l’exploit de ne pas faire parler d’eux. Il ne faut pas oublier que la chape qui écrasait les médias pour diffuser la pensée unique favorable à Israël n’a commencé à se fissurer que depuis quelques années.

Pourquoi des citoyens juifs français par exemple deviennent des sayanim ?

Vous savez, l’idéologie sioniste, jusqu’en 1948, était loin d’être majoritaire dans les communautés juives. Je me souviens qu’au Maroc, dans les années 50, les rabbins vilipendaient les sionistes. Et puis la création d’Israël, la propagande, la hantise d’un nouveau génocide, ont fait en sorte que les institutions juives ont basculé dans un appui inconditionnel à l’Etat juif. Aujourd’hui en France il n’est pas admissible d’exprimer la moindre réserve dans le cadre des institutions juives. La propagande est telle que les citoyens juifs qui vivent dans le cadre de ces institutions développent un second patriotisme et un nationalisme hors du commun. Au besoin, comme illustré dans le roman (l’épisode du cardiologue), le Mossad fera appel au chantage patriotique pour amener un citoyen français à trahir son serment de médecin pour satisfaire les visées du Mossad.

Vous donnez une grande importance à la franc-maçonnerie dans votre livre. Pourquoi ?

La franc-maçonnerie me paraît une illustration parfaite du travail d’infiltration et de propagande mené par les sayanim. D’abord pour montrer qu’aucun domaine ne leur échappe. Il n’y a pas de « petits profits ». Là où on peut pousser à la défense d’Israël, on le fait sans états d’âme.

Par ailleurs, cela montre que les juifs sionistes ne reculent devant rien. Car peu de gens ignorent – même si on n’est pas familier avec la franc-maçonnerie – que celle-ci est d’abord laïque, ouverte à tous sans distinction de race, de religion, ou d’orientation politique. Et voilà que des franc-maçons juifs et sionistes créent en 2002 une loge spécifiquement juive, et sioniste pour défendre Israël. Je l’ai vécu personnellement, car j’ai été franc-maçon pendant près de 17 ans. Cela s’est passé en 2002, au plus fort de la seconde intifada. Cela n’était pas dit expressément, car c’est contraire à l’éthique maçonnique, mais dans les faits cela revenait au même. Ne devinant pas de quel bord j’étais, ces frères m’ont mis au parfum sans ambages. Et à mon avis c’était couvert par les instances supérieures. Tout ce qui se disait dans la loge était favorable à Israël (voir le 1er chapitre et la conférence tendant à faire un parallèle entre les réfugiés palestiniens et les juifs partis des pays arabes, souvent à l’instigation du Mossad). Et chaque année, la loge organise un « voyage d’information » en Israël, encadré par des fonctionnaires du ministère israélien des Affaires étrangères.

Un de mes personnages principaux, Youssef El Kouhen, va subir les foudres des sayanim franc-maçons. Fils d’immigrés maghrébins, il pense faire un pas décisif dans son intégration républicaine en étant admis au sein du Grand Orient. Mais ayant découvert l’existence de cette loge « judéo-sioniste », il va tenter, avec d’autres frères arabes de contrer leur propagande en créant une loge pro-palestinienne. Mais là il va se heurter à la puissance du lobby sioniste implanté au Grand Orient de France et subira une défaite cinglante. Ce lobby va agir au mépris de toutes les lois de l’Obédience.

En parcourant le livre, on s’aperçoit que certains personnages ressemblent étrangement à des personnes connues, surtout pour leurs sympathies sionistes.

Parmi les 3 000 sayanim français, certains sont connus. Pas en tant que sayanim. Par définition, ce sont des agents secret. Mais étant donné leur soutien constant à Israël et leur participation active à des campagnes savamment orchestrées, il est probable qu’ils agissent dans ce cadre. J’ai voulu les montrer en action, par exemple pour recruter un nouvel agent, ou pour monter en épingle une rencontre sportive israélo-palestinienne à Paris, sans autre finalité que de donner l’illusion d’un processus de paix.

Et plus explicitement ?

Il y a plusieurs années, un match de football a eu lieu au Parc des Princes entre des jeunes israéliens et palestiniens. Ce qui avait donné lieu à un battage publicitaire démesuré. J’ai repris cet événement en tentant d’imaginer les coulisses, les pressions, les manipulations, les interventions. Pour obtenir gratuitement le stade, pour le remplir avec des jeunes de banlieue en faisant intervenir le rectorat, en sollicitant des subventions de l’Union européenne et de la Mairie de Paris, en faisant pression sur les dirigeants musulmans « modérés » pour qu’ils apportent leur caution. Une opération de propagande rondement menée grâce aux sayanim, et leurs alliés, dont les plus indéfectibles : SOS Racisme et la Mairie de Paris.

On retrouve souvent SOS Racisme. Pourquoi ?

Pour moi, cette organisation sert de courroie de transmission aux idéologies sionistes. Sa proximité incestueuse avec l’UEJF, un des piliers du soutien à Israël, en est une illustration. Jamais SOS Racisme n’a lancé par exemple une campagne contre l’occupation israélienne, alors qu’elle se démène contre le Soudan. En occupant le terrain, grâce à des subventions généreuses, SOS Racisme empêche l’émergence d’autres organisations anti-racistes plus proches des exigences de la majorité de ses membres. On entend d’ailleurs plusieurs voix, dont celle de Joey Star, réclamer une autre organisation anti-raciste, issue des quartiers, et les représentant légitimement.

Dans le roman, je développe un point de vue qui ne doit pas être loin de la réalité. C’est-à-dire la dépendance de SOS Racisme vis-à-vis de l’UEJF et de ses alliés. Lorsque ces derniers par exemple cherchent un successeur au président actuel, un noir qui finit son mandat. Ils cherchent un beur présentable, qui a bien assimilé les rapports de force et les consignes. Celui qui est approché subira des « tests » pour montrer sa fidélité aux idéaux sionistes (qu’on appelle pudiquement des « positions modérées et pacifistes »). En l’occurence Moulay Elbali, doctorant d’origine banlieusarde, qui veut sortir de sa condition à n’importe quel prix. Un détail : Lorsqu’un président de l’UEJF quitte ses fonctions, il devient vice-président de SOS Racisme. Pour mieux les contrôler ?

Tout un chapitre est consacré à la Mairie du 16e arrondissement. Pour quelle raison ?

Cette Mairie est un des châteaux forts des sionistes. Le Bnai Brit s’y réunit régulièrement et y organise son salon du livre. Son maire est un ardent défenseur d’Israël. Dans sa croisade pour l’Etat juif, il n’hésite pas à utiliser les symboles coloniaux (défense de la civilisation judéo-chrétienne, avant-poste de la démocratie) à l’instar de l’ancien premier ministre espagnol qui avait déclaré récemment : « Il faut défendre Israël à tout prix, car s’il tombe, l’Europe aussi tombera ». D’ailleurs un portrait géant du soldat israélien enlevé par le Hamas orne la façade de la Mairie.

Il y a ce personnage, MST, qui traverse tout le roman, et qui ressemble furieusement à BHL…

Je vous laisse la responsabilité de ce constat. Il est vrai qu’il y quelques ressemblances, mais en principe ce n’est pas lui. Ceci dit, il ne me déplait pas que certains fassent ce rapprochement. Michel-Samuel Taïeb est effectivement un personnage central, correspondant à son rôle flamboyant, à ses nombreux réseaux, à son implication sans réserve en faveur d’Israël, à l’acharnement avec lequel il recrute d’autres sayanim. C’est lui qui va recruter le cardiologue, qui va intervenir à l’Elysée pour donner l’ordre aux rectorats de remplir le stade de jeunes beurs, qui va appeler un responsable d’émission à Canal Plus pour humilier en direct des militantes de SOS Palestine, qui va faire pression sur le recteur de la Mosquée de Paris pour soutenir ce prétendu « match pour la paix », etc. Le chef du Mossad à l’ambassade d’Israël à Paris de lui : « Il vaut plus que 100 sayanim ».

On a l’impression que vous vous êtes pas mal amusé avec les noms des sayanim.

Je n’ai pas pu m’en empêcher. Le fait de trouver ces noms, que d’aucuns pourraient rapprocher de personnages réels, me remplissait de joie (sarcastique) à chaque fois. Delanoix, Fauderch, Idler, MST, Goldnavet, Vil-Neuf, j’en passe et des meilleurs. Il est vrai que mes sympathies vont là où vous savez. Je n’avais aucune raison de les épargner.

Est-ce à dire que c’est un roman politique ?

Si on entend par là qu’il prend position de façon claire et nette, tout en dénonçant les pratiques de chantages et de manipulations au profit d’une politique impérialiste, alors oui, c’est un roman politique. D’ailleurs il est dédié « à tous ceux qui se battent pour la justice en Palestine ». La forme romanesque n’est qu’une méthode pour y arriver. Bien qu’une grande partie du livre se base sur des faits réels, ou exprime une réalité telle qu’elle pourrait se dérouler. Lorsque MST appelle Canal Plus, je n’étais pas à l’écoute, mais la façon dont la plupart des grands médias lui déroulent le tapis rouge me fait penser que c’est sa manière d’agir. Et d’être obéi.

Est-ce qu’on vous mettra des bâtons des les roues ?

Certainement. Les sayanim et leurs complices, et ils sont nombreux et occupent des postes stratégiques, feront tout pour élever un mur de silence. Ou bien ce sera le déni. Ou enfin le recours à ces vieilles méthodes de l’amalgame. Une critique d’Israël équivaut à de l’antisémitisme. Parler des sayanim, c’est revenir à cette accusation de « complot » que certains antisémites au tournant du 20e siècle lançaient aux juifs pour les discréditer. Le discours du déni, et d’un certain terrorisme intellectuel, est bien rodé.

Que peut-on vous souhaiter ?

J’espère d’abord que ce livre ouvrira les yeux sur cette force puissante et insidieuse mise au service d’une idéologie de domination. Qu’il permette ensuite un décryptage plus pointu des événements. Et enfin qu’il favorise l’émergence de contre-pouvoirs.

Le Printemps des Sayanim de Jacob COHEN
éditions l’HARMATTAN
ISBN-10 : 2296112846
ISBN-13 : 978-2296112841

Jacob COHEN

Source : Le grand soir

Lundi, 01 Novembre 2010 01:27

http://www.uam93.com:80/news/le-printemps-des-sayanim-5749.html



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


13/11/2010

n°558 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine – Début : - A1PALP - Le lent génocide de Gaza.

n°558 - Les  Dossiers  'Géopolitique et stratégie' de  Palestine – Début : -  A1PALP - Le lent génocide de Gaza.



L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 



Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de  Palestine

558 du 12-11

C.De Broeder & M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis       :  no-war.over-blog.com

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

  

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 


Sommaire

Tiré a part

Silvia Cattori : Le lent génocide de Gaza.

Gaza : Aïd sous le blocus

1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

1-1 Gershon Baskin : La terre de la promesse.  

1-2 Jeffrey Blankfort : Israël est la menace la plus immédiate au futur de notre planète.

Suite

1-3 Myriam Abraham : Pour survivre Israël a besoin d’être perpétuellement en guerre a l’intérieur comme a l’extérieur : « Ein Brecha » – Pas le choix.

1-4 Uri Misgav : La marche folle d'Israël, les implantations.

1-5 Akiva Eldar : Une "construction modérée" dans les colonies, ça n’existe pas.

2 Courrier des lecteurs & Trouvé sur le net & Témoignage

2-1 La famille de Rachel Corrie n'ont pas pu voir l'accusé.   

2-2 Qui veut la peau de notre solidarité ?

Début

2-3 BDS : Action à la Gandhienne .

1 Chérif Boudelal : La Révolution à la Gandhienne des BDS en marche et ne s’arrêtera pas !

2 Myriam De Ly : Arrestation et détention arbitraire dans le cadre d'une vaste opération policière au marché de Châtelineau.

3 Sakina se pourvoit en cassation après un jugement  inique du tribunal de Bordeaux.

4 Lettre à Bernard Kouchner

10 Histoire

9-1 Si la Palestine m’était contée.



Tiré a part

Silvia Cattori : Le lent génocide de Gaza.

Dans le témoignage que nous vous livrons ici, un Palestinien de 49 ans (*) résidant au nord-est de Gaza porte un regard lucide et amer sur les privations de toutes sortes endurées par son peuple, ainsi que sur la nature des aides parvenues à Gaza. Sa critique de la prolifération de programmes d’aide financés par des fonds étatiques, et par des ONG qui n’ont de « non gouvernemental » que le nom, nous indique que ce qui soulage notre mauvaise conscience peut aussi se révéler inadéquat, voire blessant.

9 novembre 2010 |

Question : Pressé par les États-Unis, après le massacre en mer qui a coûté la vie à 9 citoyens turcs en mai 2010, Israël a annoncé qu’il allait laisser entrer nombre de produits à Gaza. Comment cela s’est-il traduit dans les faits ?

Réponse : Le passage commercial de Kerem Shalom, par où les Israéliens autorisent les camions à entrer à Gaza, n’est ouvert que de manière épisodique. Ils l’ouvrent un jour ; ils le referment d’autres jours. Et quand ils l’ouvrent, ils ne laissent passer qu’un nombre limité de camions par jour. Du fait de ces restrictions continues, les quantités que les camions peuvent transporter sont insuffisantes [1]. Sur certains produits de base il y a pénurie, ce qui fait flamber les prix. Les gens sans revenu n’ont pas de quoi les payer. Les matériaux pour la reconstruction, comme le ciment, sont toujours interdits.

Question : Comment réagissez-vous à ces restrictions ?

Réponse : Nous attendons tout le temps qu’ils ouvrent les frontières, mais cela n’arrive jamais. Sans aucune liberté de mouvement, nous ne pouvons rien faire. Notre enfermement n’a pas commencé en 2007, comme il est dit couramment. Nous n’avons jamais connu la liberté. Nous [les Palestiniens ordinaires qui n’ont pas accès aux permis VIP - ndr] vivons emprisonnés, à des degrés divers, non seulement à Gaza mais aussi en Cisjordanie. L’enfermement s’est accentué considérablement depuis 2000. Il s’est aggravé en 2005 quand les colons sont partis de Gaza. Il est devenu total en 2007, après la tentative de coup d’État par les forces du Fatah fidèles à Mahmoud Abbas [ce coup d’État raté devait renverser les autorités du Hamas - ndr).

Notre liberté de parole a toujours été très limitée. À Gaza - mais aussi en Cisjordanie - critiquer les autorités, peut conduire en prison. Aujourd’hui, où les autorités du Hamas sont assiégées et sous la menace des drones de l’armée israélienne, cela n’arrange pas les choses ; celui qui critique leur politique peut se voir interpellé par les agents de sécurité, soupçonné de travailler pour les gens qui collaborent avec l’ennemi.

Question : À Gaza, comme en Cisjordanie sous l’Autorité Palestinienne de Ramallah, les gens ne parlent pas librement ?

Réponse : C’était déjà ainsi du temps de Yasser Arafat. La situation serait sans doute moins étouffante aujourd’hui pour les Palestiniens s’ils ne vivaient pas sous une double menace. La menace d’Israël et la menace des éléments qui s’associent à l’ennemi pour revenir au pouvoir. Mais si nous comprenons que les autorités du Hamas doivent assurer la sécurité, je crois que cela ne doit pas se faire en bâillonnant toute critique.

La propagande des Autorités de Ramallah est très active. Récemment, elles ont accusé le Hamas de pourchasser des membres du Fatah à Gaza ; elles ont présenté l’arrestation d’un homme, au nom totalement inconnu à Gaza, comme étant celle d’un chef du Fatah. Ce n’est pas la première fois que l’arrestation d’un trafiquant d’armes ou de drogue est présentée comme une affaire politique.

Question : Toutes ces restrictions doivent être terriblement frustrantes ?

Réponse : Il y a ici mille occasions d’être frustrés. Elles viennent parfois de ceux qui veulent nous aider. D’ONG qui prolifèrent et lancent des programmes contre-productifs et qui heurtent nos traditions, qui abusent de notre faiblesse, qui nous maintiennent dans une situation d’infériorité. Je m’interroge sur la valeur de nombre de projets dont l’objectif à long terme semble être de nous façonner à une certaine idéologie. Il y a de quoi se poser des questions sur des organismes humanitaires dont l’activité se concentre sur des projets qui permettent de pénétrer les foyers, partant, de mener un travail de fond sur chaque individu. Je pense que cela échappe au contrôle du Hamas.

Question : Une ONG peut s’installer sans autres ? Quelle ONG chercherait en particulier, à vous « façonner » ?

Réponse : Après l’agression israélienne de 2008-2009, c’était un tel désastre ! De nombreuses ONG se sont ruées sur Gaza.

Au départ les agences arrivent en apportant des médicaments, de la nourriture ; puis leur aide se transforme en programmes pour encadrer et orienter psychologiquement et culturellement les jeunes et les femmes. Il ya des groupes dont les membres, sous couvert d’aide humanitaire, semblent faire du renseignement [2].

L’activité d’une ONG comme Mercy Corps [3] par exemple, s’est beaucoup développée depuis la Nakba de 2009. Cette ONG avait commencé à s’implanter en 2005, l’année ou Israël a retiré ses colons de Gaza. Mais depuis 2009, elle s’est installée de manière plus massive, d’abord en apportant de la nourriture et des médicaments.

Des grosses ONG d’aide médicale financent, dans des hôtels, des séminaires qui sont perçus comme de la simple distraction.

Il y a une tendance à nous considérer comme des « sous développés ». On ne prend pas en compte le fait que les gens ici sont bien formés, bien éduqués. Nous n’avons pas besoin d’experts, d’expatriés ; nous sommes capables de gérer des projets utiles pour notre peuple si on nous donne les moyens matériels de les réaliser. On a vu passer assez d’experts envoyés par les États, l’ONU, etc, et sans résultat.

C’est quand il y a des massacres, des centaines de corps déchiquetés, que les humanitaires de ces ONG seraient attendus et utiles [4]. Nous pouvons fort heureusement compter sur le dévouement et le courage de notre personnel médical.

Question : Qu’en est-il de la qualité de l’eau maintenant ?

Réponse : L’eau contaminée demeure notre grande préoccupation. Elle est toujours imbuvable, et nous devons malgré tout la boire. Les gens qui n’ont pas les moyens d’acheter une eau potable, sont de plus en plus effrayés de devoir boire et cuisiner avec cette eau. Une eau saumâtre, très salée.

Question : Les convois et flottilles qui, depuis 2008, cherchent à aider la population de Gaza vous aident-elles dans ce contexte cauchemardesque à garder le moral et un peu d’espoir ?

Réponse : Le soutien extérieur est très important. L’action de ces gens qui se mobilisent pour Gaza signale à Israël que nous ne sommes pas seuls et qu’il devra tôt ou tard rendre des comptes. Israël fait tout pour torpiller l’aide matérielle. L’argent engagé est à chaque fois perdu. J’aimerais dire aux gens qui veulent venir ici, de venir sans rien apporter. Il y a eu des stocks de médicaments et de nourriture bloqués sur la route, qui ont du être jetés car ils étaient avariés. Au lieu de nous apporter des choses inutiles, les gens peuvent apporter de l’argent, le donner à des municipalités. Cela peut servir à financer des projets utiles à toute la collectivité. Notamment pour rendre l’eau potable.

Silvia Cattori

 

Gaza : Aïd sous le blocus

Deux jours juste avant l’Aid pour les Gazaouis 

Depuis le blocus mortel imposé par Israël en 2006, les habitants de Gaza tentent de s’organiser au quotidien. Coupures d’électricité, manque d’équipement hospitalier, produits de première nécessité inabordables…

Nos reporters ont partagé le quotidien des Gazaouis.

À Gaza,  malgré tout la vie continue sous le blocus. La plupart des Gazaouis que je rencontre disent la même chose : “On s’est habitué “. L’habitude comme une résilience, comme une thérapie collective.

Coincés entre la situation dure dans la quelle nous vivons et la politique ultra-sécuritaire d’Israël, les Gazaouis n’ont pas d’échappatoire. Alors à Gaza-Ville et dans les marchés, c’est les jours Aïd qui monopolisent les conversations. La fête d’Al Aïd permet aux Palestiniens de Gaza d’oublier les difficultés de la vie quotidienne pour un temps.

En descendant dans le souk de Gaza nous remarquons la tristesse et le désespoir sur les visages des gens qui essaient de les cacher en faisant semblant que c'est la fatigue mais pour eux il n'ya pas assez de vente, pas de clients, 18% de travail en moins qu’avant d'après les commerçants.

La vie est très dure pour les boulangers (pâtissiers) qui veulent travailler pour  mettre de l'argent de coté pour l'année car ils sont restés plus de 10 mois sans un véritable travail.

Concernant les bouchers c'est la période la plus exécrable de l’année car les gens ne peuvent plus acheter de la viande pour faire les Audhia (les sacrifices) cela leur coûte énormément cher.

Les gens veulent bien faire des sacrifices mais leurs moyens financier ne permettent même pas d'acheter de la viande et cela gène énormément les gens qui le font habituellement.

La question que tout le monde se pose est combien de temps cela va-t’il encore durer ?

Nasser  Elsayyed



1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

1-1 Gershon Baskin : La terre de la promesse.  

[Vous êtes en passe de faire perdre patience à Barack Obama et son gouvernement, lançait il y a quelques jours Gershon Baskin à Mahmoud Abbas comme à Benjamin Netanyahu –

Nous étions à la veille des élections américaines, et nul ne sait vraiment à l’heure actuelle si le gouvernement américain va désormais faire profil bas sur le Moyen-Orient ou, au contraire, adopter des positions d’autant plus fortes à l’international que ses mesures sociales seront freinées à l’intérieur. 
”Il faut à nos peuples des dirigeants qui comprennent qu’ils ne seront pas jugés sur la longueur du sursis face à l’inévitable, mais sur leur diligence à résoudre le conflit”, poursuivait-il, et cette suggestion ne s’adresse là qu’à eux. 
 

Le président Barack Obama et le gouvernement américain perdent patience à force de devoir composer avec de mesquines chamailleries israélo-palestiniennes sur des points de procédure. C’est ce que nous dit l’éditorialiste du New York Times Thomas Friedman, [triple] lauréat du Pulitzer. Son conseil : le Premier ministre Benjamin Netanyahu devrait accéder à la requête américaine de prolonger de soixante jours le moratoire de la construction dans les colonies, en modique contrepartie de la nature du soutien accordé à Israël par les États-Unis.

Peut-être a-t-on même fait remarquer à Netanyahu que Friedman joue au golf avec Obama, et sait généralement ce dont il parle quand il donne une indication quant à ses attentes.

Regardons les choses en face, le problème du développement des colonies, comme le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, l’a dit [au journal télévisé] Mabat (1), était l’œuvre des Américains. À son arrivée au pouvoir, Obama insista pour qu’Israël gèle toute construction dans les implantations, à quoi Abbas répondit : “Comment peut-on s’attendre à ce que je me contente de moins ?“ Il ne s’agit pas là de sous-estimer l’exigence d’un gel des implantations ; les Palestiniens ont assisté à des négociations en cours tandis que le territoire discuté se réduisait à en être méconnaissable. Il est clair qu’Israël ne peut être sérieux quant à des pourparlers de paix tout en persistant à construire sur une terre qui fera peut-être partie d’un État palestinien.

Le président George W. Bush avait posé la même demande, et l’avait même inscrite dans la Feuille de Route, mais j’imagine que nul ne l’avait vraiment pris au sérieux puisque, après le sommet d’Annapolis en novembre 2007, les négociations bilatérales directes prirent leur plein essor et se poursuivirent jusqu’à la fin du gouvernement d’Ehud Olmert. Israël ne cessa pas un seul jour de construire.

ALORS, QUELLES PERSPECTIVES maintenant ? Soit Netanyahu accède à la demande/exigence américaine, soit c’est Abbas qui renonce, ou les États-Unis pourraient bien leur dire à tous deux : “Vous avez notre numéro ; appelez-nous quand vous serez sérieux.“ Pour le moment, les Palestiniens examinent diverses mesures unilatérales. Israël s’affaire à agiter les menaces de son propre arsenal de mesures unilatérales. Le gouvernement américain continue de chercher une formule magique pour ramener les deux parties à la table de négociation. 

Je suppose que si Netanyahu et Abbas avaient la moindre confiance en leur capacité à parvenir à un accord véritable, ils trouveraient leur propre moyen de revenir à la table de négociation. Mais il semble qu’aucun des deux ne croie en la possibilité d’un accord, alors pourquoi mettre leurs carrières politiques en danger ? La paix devrait leur importer un peu plus qu’au président des États-Unis. Les raisons de cette absence d’efforts sur le terrain pour faire avancer le processus sont incompréhensibles, sachant que ni Israël ni la Palestine n’ont aucune option stratégique pour le maintien de leur existence nationale en dehors de la paix.

Qu’est-ce qui empêche Netanyahu de faire à Abbas une offre qu’il ne pourrait refuser, ou vice-versa ? Peut-être qu’un grand “point final aux conflit et revendications” serait trop espérer – mais pourquoi Netanyahu ne peut-il présenter à Abbas une carte montrant quelles zones au sein des frontières du 4 juin 1967 (2) Israël est prêt à donner en échange des blocs d’implantations qu’il souhaite annexer ? Cela montrerait un sérieux dont on pourrait difficilement faire fi.

0u pourquoi Abbas ne peut-il présenter une carte montrant quelles zones les Palestiniens sont prêts à laisser Israël annexer – Abbas sait certainement que Ramat-Eshkol, Ha-Guiva ha-Tzarfatith [la “Colline française“] Guilo, Efrat et d’autres blocs d’implantations ne feront jamais partie d’un État palestinien. Pourquoi ne dit-il pas à Netanyahu : “Nous comprenons que ces zones vont faire partie d’Israël – Qu’êtes-vous prêt à nous donner en échange ? Qu’est-ce qui empêche Netanyahu de soumettre un plan de sécurité cohérent joint à un plan de retrait des Territoires permettant la naissance de l’État palestinien ? Pourquoi Abbas ne peut-il dire à Netanyahu qu’une fois l’État palestinien fondé et l’occupation finie, une fois les droits de la minorité nationale palestinienne garantis au sein d’Israël et une solution trouvée d’un commun accord à la question des réfugiés, la Palestine reconnaîtra Israël comme l’Etat nation juif ? Qu’est-ce qui empêche Netanyahu de dire à Abbas qu’Israël est prêt à soutenir et parrainer la candidature palestinienne à l’entrée à l’ONU dans le cadre d’un accord plein et entier sur tous les points du statut définitif ? Pourquoi Netanyahu et Abbas ne peuvent-ils se mettre d’accord pour qu’Abbas appelle tous les chefs d’État de la Ligue Arabe à venir à son invite prier à la mosquée al-Aqsa (3) ? Pourquoi les deux dirigeants ne peuvent-ils convenir que, lorsque la paix se fera, chacune des nations aura son ambassade à Jérusalem, unie dans la paix et capitale des deux États. C’est la Terre promise. C’est aussi la terre des promesses, habitée par des peuples de grande promesse. 

Les deux peuples continueront à ne récolter que souffrances s’ils échouent à faire la paix. Nous ne faisons pas une fleur à Obama en acceptant de négocier. Ce ne sera pas pour faire plaisir au reste du monde que nous accepterons de vivre en paix – dans deux États pour deux peuples. Certes, la paix servira les intérêts du monde et ceux des États-Unis, mais c’est aux peuples d’Israël et de Palestine qu’en reviendront les bénéfices majeurs. Aucune des deux sociétés ne réalisera jamais son vrai potentiel sans mettre fin au conflit. Aucun Premier ministre israélien ni aucun président palestinien ne pourra jamais générer la sécurité et la prospérité sans la paix.

Nos peuples ont besoin de dirigeants qui comprennent qu’ils ne seront pas jugés sur la longueur du sursis face à l’inévitable, mais sur leur diligence à résoudre le conflit. Quand ce sera chose faite, Abbas pourra tenir ses promesses de liberté, d’indépendance et d’affranchissement de l’occupation.

Netanyahu pourra tenir sa promesse de voir Israël au nombre des quinze premières nations en termes de développement économique et social. Israël  et la Palestine se montreront capables de se surpasser et de proposer un modèle exemplaire de coopération entre d’anciens ennemis dans leur intérêt mutuel.

Notes

(1)  Mabat (“Regard“), est le journal télévisé de la première chaîne israélienne. [NdlT].

(2)  Les frontières d’Israël à la veille de la guerre des Six Jours, souvent désignées comme “la ligne verte”. [idem].

(3)   Al-Aqsa, la plus grande des mosquées de Jérusalem, fut construite au VIIe siècle sur le Mont du Temple/Esplanade des Mosquées – laquelle est considérée depuis cette époque comme le 3e lieu saint de l’islam, le Prophète étant dit y avoir entrepris son ascension vers le septième ciel. [idem].

Gershon Baskin

Gershon Baskin est, avec Hanna Siniora, l’un des deux directeurs exécutifs de l’Icpri, le Centre israélo-palestinien de recherche et d’information travaillant à proposer des solutions aux points en conflit entre les deux parties.

Gershon Baskin publie régulièrement une colonne dans le Jerusalem Post. T.A.]

 

The Jerusalem Post,

 le 25 octobre 2010

Traduction : Tal pour La Paix Maintenant

PALESTINE REPORTAGE PHOTOS de Philip Poupin cliquer sur le lien : http://www.philip-photos.com/photos-fr-palestine-5-0.html

http://www.youtube.com/watch?v=yknnNWOJlrk&feature=share (pour les pressés -> àpd 2min43)

http://www.jpost.com/Opinion/Columnists/Article.aspx?id=192761


1-2 Jeffrey Blankfort : Israël est la menace la plus immédiate au futur de notre planète.

Kourosh Ziabari : Dans votre article : "Le lobby israélien et la gauche : des questions difficiles" vous explorez de manière approfondie la domination du lobby israélien sur l’administration américaine et vous citez des exemples convaincants de l’influence de riches sionistes sur les multinationales et sur les médias de la pensée dominante en Amérique. Ma question est la suivante : Quelle est la source de l’immense pouvoir et de l’immense richesse que les sionistes détiennent ? Comment les Juifs ont-ils pu développer un pouvoir d’influence et des capacités financières telles qu’ils sont désormais capables de cadrer, changer et modifier les composantes de la politique des USA ?

Jeffrey Blankford : Cette question nécessiterait une réponse élaborée. Mais on peut dire qu’un segment important et bien organisé de la communauté juive s’est consacré, après la seconde guerre mondiale, à l’établissement et à la prospérité d’un état juif dans la Palestine historique dans lequel la vie et la subsistance des Palestiniens arabes autochtones n’avait aucune valeur.

Le fait que ce groupe ne représentait pas - et n’a jamais représenté - la majorité des Juifs américains a été largement compensé par l’ardeur de son militantisme au profit d’Israël dans tous les secteurs importants de la société américaine et à tous les niveaux de la vie politique de la nation. Son succès n’aurait pas été possible, cependant s’il n’y avait pas eu dans ses rangs un nombre important de riches hommes d’affaire juifs désireux de contribuer financièrement à acheter le soutien du Congrès américain ainsi que celui de pratiquement tout le corps législatif ou à intimider et faire taire les éventuels critiques d’Israël.

Bien avant la naissance des premiers sionistes, des banquiers et des capitalistes juifs s’étaient établi en Europe et aux USA, de sorte qu’il n’est pas surprenant que certains d’entre eux, à commencer par Lord Rothchild au début du siècle dernier, aient soutenu le projet sioniste. Aujourd’hui ils forment de loin le plus important groupe de donateurs privés des deux partis politiques.

Les médias, comme on peut s’y attendre, ont été une de leurs premières cibles, et on peut hélas constater chaque jour que des supporters avoués d’Israël qui ne sont pas nécessairement juifs, comme Rupert Murdoch, les contrôlent maintenant complètement.

Il n’y a aucun doute que le réseau de soutien d’Israël, qu’on appelle par euphémisme "lobby" a influencé de manière significative l’ensemble de la politique des USA au Moyen-Orient et a été un facteur déterminant de la gestion du conflit israélo-palestinien, cependant sa puissance a des limites. Certes, grâce à ses contacts à la Maison Blanche et au Pentagone, il a réussi à entraîner les USA dans la guerre d’Iraq, mais il n’est pas encore arrivé à convaincre Washington de bombarder l’Iran ni à obtenir le feu vert des USA pour bombarder les installations nucléaires iraniennes. Il est clair qu’il y a des éléments importants du Pentagone et des services secrets qui sont conscients qu’une attaque de l’Iran par les USA ou Israël provoquerait presque certainement une catastrophe globale.

KZ : Dans votre article vous faites allusion aux conflits et luttes entre Israël et l’Administration américaine des dernières dizaines d’années au cours desquelles les Présidents des USA, Richard Nixon en tête, ont essayé de contenir la politique d’expansion d’Israël et d’améliorer les conditions de vie des Palestiniens opprimés. En admettant que l’Administration ait vraiment tenté d’oeuvrer dans ce sens tout en réitérant sans cesse son engagement à garantir la sécurité d’Israël, pourquoi alors ses efforts ont-ils échoué ?

Jeffrey Blankford  : Aucun Président américain, j’en ai peur, ne s’est soucié des conditions de vie du peuple palestinien. Arrêter l’expansion d’Israël et obtenir que Tel Aviv se retire de tous les territoires qu’il avait conquis en 1967 était pour les Américains une mesure d’intérêt national.

Tous les efforts précédents ont échoué parce qu’aucun président n’a voulu payer le prix politique intérieur nécessaire pour forcer Israël à se retirer des territoires occupés d’autant plus qu’ils savaient que leurs efforts seraient contrecarrés par l’écrasante majorité des deux chambres du Congrès quelle que soit leur affiliation politique de même que par les médias qui sont aux mains des sionistes.

Le seul qui ait fait un effort sérieux dans ce sens et qui ait osé affronter le réseau sioniste et le Congrès a été Georges Bush Senior quand il a refusé de satisfaire la demande d’Israël de 10 milliards de prêts garantis en 1991 et de nouveau en 1992 mais même lui dut finalement céder.

KZ : Les Israéliens ont l’habitude de qualifier d’antisémites pour les diffamer et les vilipender ceux qui osent critiquer leur politique et leurs actes belliqueux et agressifs. Ils accusent tous ceux qui les critiquent d’être antisémites. Cela inquiète les faiseurs d’opinion et les politiciens et les décourage de parler d’Israël en termes négatifs. Y a-t-il un moyen de faire prendre conscience au public que l’étiquette antisémite n’est pas rédhibitoire* et que critiquer Israël n’est pas de l’antisémitisme ?

Jeffrey Blankford  : Les allégations "d’antisémitisme" brandies contre ceux qui critiquent Israël n’ont plus le poids qu’elle ont eues mais elles sont encore très efficaces particulièrement quand l’accusé est l’employé des médias dominants, comme nous l’avons vu dernièrement avec le cas d’Helen Thomas, d’Octavia Nasr et de Rick Sanchez et dans l’industrie du cinéma qui a été longtemps un bastion sioniste ayant été développée par des Juifs au 19ième siècle, bien qu’à l’époque aucun d’eux n’était sioniste.

Le pouvoir qu’a l’accusation d’antisémitisme de mettre les personnes publiques à genoux finira le jour où un assez grand nombre de personnalités américaines ne l’accepteront plus. Quand à dire quand cela arrivera, je n’en sais rien.

KZ : La Fédération des Scientifiques Américains a confirmé qu’Israël possédait jusqu’à 200 têtes nucléaires même si elles ne sont pas déclarées. Comme il n’a pas signé le Traité de Non Prolifération, Israël n’a jamais permis à l’IAEA de contrôler son arsenal nucléaire. Nous savons déjà ce qui est arrivé à Mordecai Vanunu qui a perdu sa liberté pour avoir dit la vérité. Que pensez-vous qui va arriver au programme nucléaire israélien ? Tel Aviv va-t-il continuer à bénéficier du privilège de ne pas avoir à rendre compte de ses actes ?

Jeffrey Blankford  :Tant que le réseau de soutien du sionisme contrôle le Congrès, tant qu’aucun Président américain n’a pas le courage de simplement mentionner l’existence des armes nucléaires israéliennes et tant que les USA continuent de tenir les cordons de la bourse de l’ONU, Israël bénéficiera de l’impunité et de l’immunité. Si la direction des mouvements antinucléaires américains maintenant disparus comme "le mouvement pour la paix" n’avait pas été dominée par les sionistes, il y aurait peut-être eu un débat sur le sujet, mais comme elle l’était le sujet a été considéré tabou.

KZ : Parlons maintenant de l’Iran. L’Iran est décrite dans les médias étasuniennes d’une manière déformée et hypocrite. Beaucoup d’Américains qui n’avaient jamais entendu parler de l’Iran sont aujourd’hui confrontés à l’image horrible et terrifiante qu’en donnent les médias dominées par les sionistes. Ils n’ont aucune idée de ce qu’est la civilisation iranienne, ni de ce qu’ont de spécifique sa société et sa culture. Comment pourrait-on porter la vraie nature de l’Iran à la connaissance des Américains qui n’ont pas les moyens de la découvrir par eux-mêmes ?

Jeffrey Blankford  : La plupart des Américains ne sont pas capables de trouver l’Iran ni quelque autre pays du Moyen Orient ni même n’importe quel pays du monde, sur une carte. Pour la plupart ils sont confrontés à ce qu’on pourrait appeler un "problème géographique" autant qu’historique. Il n’y a pas d’antidote à cela au monde et c’est la raison pour laquelle Washington peut se permettre de faire la guerre à des pays qui ne lui ont jamais fait aucun mal. Si les soldats étaient des appelés comme pendant la guerre du Vietnam, ni la guerre d’Iraq ni celle de l’Afghanistan n’auraient duré aussi longtemps et il y aurait une grande opposition à une attaque contre l’Iran.

Quand Nixon a eu l’intelligence de supprimer la conscription des hommes de 18 ans au début des années 1970, cela a détruit l’épine dorsale du mouvement anti-guerre et c’est la raison pour laquelle Washington ne veut pas revenir à la conscription malgré la pression énorme résultant de la nécessité de maintenir une armée assez nombreuse pour mener plusieurs guerres de front. Sans la crainte que leur jeunes de 18 ans ne soient appelés au combat, il n’y a pas de mouvements contre la guerre et c’est pourquoi il n’y a pas d’opposition à la guerre digne de ce nom aux USA à l’heure actuelle.

KZ : Beaucoup de gens dans le monde croient que la presse américaine est complètement libre et peut dire tout ce qu’elle veut sans que la moindre restriction ou censure ne lui soit imposée par l’Administration. On peut presque dire que le gouvernement américain ne se mêle pas directement de ce qui concerne les médias ; cependant on a l’impression qu’il y a une pression implicite sur les médias pour ne pas dépasser la ligne rouge et violer des lois non écrites comme l’interdiction de critiquer Israël. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Jeffrey Blankford : Ce n’est pas le gouvernement qui empêche les critiques d’Israël de s’exprimer, c’est la peur des réactions qu’engendre toute critique sincère d’Israël que ce soit dans un article ou un dessin humoristique des médias même si le journaliste est juif. Il y a plusieurs organisations, dont les plus importantes sont la Anti-defamation League, CAMERA et HonestReporting, qui sont capables d’envoyer immédiatement un torrent d’emails et de lettres à l’éditeur d’un journal qu’ils jugent offensant et parfois même de se rendre dans les bureaux du journal en question pour s’assurer que les médias comprennent bien ce qu’ils peuvent écrire ou pas. Comme il n’y a pas de pression équivalente en faveur de la critique d’Israël, les médias préfèrent éviter l’affrontement.

Il fut un temps où un certain nombre de journalistes des médias dominants écrivaient des articles critiques sur Israël sans avoir de problèmes. Mais c’était il y a 20 ans et ils ne sont plus là.

KZ : Voici ma dernière question : Comment voyez-vous l’avenir d’Israël ? Va-t-il continuer à déterminer la politique étrangère américaine et contrôler les politiciens américains ? Est-il capable de maintenir le blocus de Gaza ? Et finalement Israël parviendra-t-il à survivre politiquement ?

Jeffrey Blankford  : Tant que les supporters d’Israël ou ses agents aux USA parviennent à contrôler le Congrès américain et à intimider tous les présidents en exercice, et tant que ces mêmes forces dominent les médias, il n’y aura pas de changement aux USA ni à Gaza. Bien que le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions se développe petit à petit aux USA, il n’y a pas l’intensité qu’il a ailleurs et ses cibles sont limitées à ce que les firmes américaines et Israéliennes produisent en Cisjordanie, aussi, si l’on veut être réaliste, il y a peu de chance que les USA exercent une pression déterminante sur Israël.

Ce que fait Israël, cependant, peut engendrer des changements qu’il est impossible de prévoir aujourd’hui. Après avoir été vaincu deux fois par le Hezbollah, les officiels israéliens ne cessent de menacer de déclarer une nouvelle guerre au Liban et comme les USA, l’Europe et l’ONU n’ont pas sanctionné leurs précédentes guerres au Liban, ils vont sûrement encore essayer.

A la différence des Palestiniens, les Libanais n’ont pas l’intention de se laisser faire et sont capables de rendre coup pour coup, comme les Israéliens en ont fait l’expérience quand les Libanais ont résisté à leur occupation et stoppé la Wehrmacht israélienne tant vantée en 2006. Si Israël attaquait l’Iran les répercussions seraient peut-être suffisantes pour entraîner Israël dans un processus qu’on pourra sans doute qualifié d’autodestructeur. Pour le moment, vu le soutien inconditionnel à tous ses crimes dont il bénéficie de la part des Américains et son arsenal de d’armes nucléaires, je considère Israël comme la menace la plus immédiate à l’avenir de la planète.

Pour consulter l’original : http://dissidentvoice.org/2010/10/i...

Note du traducteur :

* A la différence de la France qui s’est dotée de la loi Gayssot, ce qui permet les poursuites juridiques et augmente donc d’autant la capacité d’intimidation du lobby sioniste.

Jeffrey Blankfort

Jeffrey Blankfort est américain. Il est photographe, producteur d’émission de radio et analyste du Moyen Orient.

C’est un militant pro-palestinien connu et ses articles ont été publiés dans beaucoup d’organes d’information progressistes.

Il offre des émissions sur KZYX à Mendocino et KPOO à San francisco. Auparavant Blackford a été le directeur de publication du Middle East Labor Bulletin et co-fondateur du Labor Committee of the Middel East. En février 2002, il a gagné un procès contre l’organisation sioniste Anti-Defamation League (ADL) qui avait espionné des citoyens américains qui critiquaient Israël et sa politique d’expansion.

Jeffrey a accepté de me donner un interview exclusif portant sur l’influence du lobby israélien sur les décideurs du gouvernement américain, le programme nucléaire illégal et secret d’Israël, le conflit Israélo-palestinien et la menace d’une attaque imminente d’Israël contre les installations nucléaires de l’Iran.

Blankfort ne craint pas de critiquer clairement le régime d’apartheid israélien et il croit qu’Israël est la menace la plus immédiate à l’avenir de la planète.

Kourosh Ziabari

Kourosh Ziabari est un reporter freelance et un correspondant de presse iranien.

Ses articles ont été publiés dans de nombreux médias et journaux comme le Tehran Times, Salem News, Palestine Think Tank, Press TV, Foreign Policy, Journal, Islam Online et Middle East Online. Il est membre de Llaxcala translaters Network for Linguistic Diversity.

Traduction : D. Muselet

28 octobre 2010

 

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Israel-est-la-menace-la-plus-immediate-au-futur-de-notre-planete-Dissident-Voice.html

http://www.legrandsoir.info:80/Israel-est-la-menace-la-plus-immediate-au-futur-de-notre-planete-Dissident-Voice.html


n°558 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine – Suite : - A1PALP - Le lent génocide de Gaza.


n°558 - Les  Dossiers  'Géopolitique et stratégie' de  Palestine – Suite : -  A1PALP - Le lent génocide de Gaza.



L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 



Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de  Palestine

558 du 12-11

C.De Broeder & M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis       :  no-war.over-blog.com

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

  

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 


Sommaire

1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion. (Suite)

1-3 Myriam Abraham : Pour survivre Israël a besoin d’être perpétuellement en guerre a l’intérieur comme a l’extérieur : « Ein Brecha » – Pas le choix.

1-4 Uri Misgav : La marche folle d'Israël, les implantations.

1-5 Akiva Eldar : Une "construction modérée" dans les colonies, ça n’existe pas.

2 Courrier des lecteurs & Trouvé sur le net & Témoignage

2-1 La famille de Rachel Corrie n'ont pas pu voir l'accusé.   

2-2 Qui veut la peau de notre solidarité ?



1-3 Myriam Abraham : Pour survivre Israël a besoin d’être perpétuellement en guerre a l’intérieur comme a l’extérieur : « Ein Brecha » – Pas le choix.

La plus grande menace existentielle pour Israël c’est la Paix. Toute discussion portant sur le partage de territoire est vu comme une menace existentielle car elle suppose l’acceptation de droits égaux pour les Palestiniens, une menace pour l’idéologie sioniste basée sur la suprématie juive en Palestine occupée. Cette suprématie doit être démographique mais aussi historique.

La Palestine deviendrait légalement et définitivement Eretz Israël. Ainsi, le Grand Dessein Sioniste de falsification de l’histoire s’accomplirait.

 Le nouvel amendement à la loi sur la citoyenneté exigeant des Non Juifs pour se naturaliser de faire allégeance à Israël comme « état juif et démocratique » vise à y créer une hostilité permanente entre les Juifs et les Non Juifs- majoritairement des Palestiniens – les premiers incapables d’affirmer leur identité comme Juif sans avoir à humilier et écraser les seconds en leur demandant un serment d’allégeance qui n’a aucun sens puisqu’Israël ne peut être à la fois un état Juif et Démocratique la première affirmation discriminatoire et raciste contredisant la seconde.(Prés de 2 Juifs israéliens sur 3 sont favorables à cet amendement selon un sondage publié vendredi dans le quotidien israélien Yediot Aharonot).

De plus comme ils s’affirment Juifs avant d’être démocrates, le fait que le régime fasciste du tandem Lieberman Netanyahou veuille imposer aux Arabes israéliens un statut inférieur est désormais perçu comme « normal » par une écrasante majorité de Juifs israéliens. Ils sont confortés dans cette suprématie juive par le soutien de leurs gourous spirituels fanatiques.

Ainsi l’un d’entre eux – ils s’accordent eux -mêmes le titre de « rabbi »- le « rabbi » Levanon, installé dans une colonie de Cisjordanie occupée, Elon Moreh, a-t-il déclaré que le système démocratique de gouvernance et de prise de décision « déformait la réalité » car il crée un faux consensus c’est pourquoi les « rabbis » croient en la Vérité Absolue de la Torah – leur interprétation personnelle et restrictive de la Torah bien entendu – et n’ont pas d’obligation vis-à-vis de la démocratie. Ce « rabbi » c’est déjà fait remarquer par ses prises de position anti égalitaires concernant les femmes dans la fonction publique puisqu’il considère qu’elles ne peuvent y occuper de postes à responsabilité et que c’est à travers leurs maris qu’elles ont seulement le droit de s’exprimer.

Pour ses « rabbis » fascistes le rôle de la religion c’est d’imposer la singularité juive et de mettre de côté les principes universels, droits de l’homme, démocratie égalité incluses. Leur influence croissante dans la société israélienne et les prises de décision politiques, justifie que le régime sioniste soit dénoncé comme une théocratie fasciste.

Mais Israël ne se contente pas de semer la discorde à l’intérieur. Récemment, le ministre des affaires étrangères israélien, Avigdor Lieberman, a affirmé sur la scène politique internationale que la guerre d’Israël contre les Palestiniens est une guerre éternelle.

Israël a appris à gérer cette situation à son seul profit. Israël est devenue la 5ème puissance exportatrice d’armement, son économie est florissante malgré la récession économique mondiale.

Israël a à la fois besoin d’un ennemi intérieur et extérieur pour maintenir un sentiment permanent d’urgence face à un danger imminent de ce que les Juifs israéliens appellent « Ein Brecha « : Pas le Choix.

« Ein Brecha » on oblige les Juifs à venir coloniser la Palestine et ou soutenir inconditionnellement l’état sioniste « salvateur » qui se présente à tout Juif comme une assurance vie contre l’antisémitisme qu’il contribue lui-même à créer et/ou entretenir.

« Ein Brecha » on obliger les Etats Nations à l’ONU – en violation flagrante de sa Charte sur le Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » à reconnaître Israël.

« Ein Brecha » on les oblige à se soumettre au diktat politique sioniste de guerre éternelle en Terre Sainte et plus largement dans toute la région parce que cette soumission est un « dû » une dette contractée par tous pour un génocide perpétré par une bande de Nazis fanatiques seuls responsables de ces massacres… point à la ligne.

« Ein Brecha » on massacre des civils palestiniens en les brûlant au phosphore, avec des armes à l’UE, et autres armements interdits et que seul Israël possède et qui sont expérimentées dans le laboratoire à ciel ouvert que constitue la Bande de Gaza.

« Ein Brecha » on tue à bout portant des humanitaires turcs de la Freedom Flottilla dans les eaux internationales parce que :

« Ein Brecha » face à un danger imminent – de nos jours imaginaire Israël est armé jusqu’aux dents y compris d’armes nucléaires – on revendique la « légitime défense » pour justifier l’injustifiable, son statut d’assassin de celui qui porte au front l’invisible marque de Caïn.

Le danger de cet amendement à la loi sur la Citoyenneté va bien au-delà de cette discrimination et de ce racisme vis-à-vis de la minorité palestinienne principalement visée.

Ce qui se dissimule derrière c’est la légalisation de la falsification par les Sionistes de l’histoire de la Palestine.

Reconnaître l’état d’Israël comme Etat JUIF c’est reconnaître sa version contestée de l’histoire des Juifs en Palestine, leur « droit éternel » sur la Terre Sainte et par conséquent leur refus de reconnaître le droit du peuple palestinien à retourner sur sa terre ancestrale voire tout simplement de continuer à vivre sur les 20% à peine de la Palestine originelle dont les Sionistes se sont emparés par la force et occupent depuis 1967 de même que le refus de reconnaître aux Palestiniens restés CHEZ EUX dans ce qui constitue l’entité sioniste – peut-on parler d’Etat quand ce dernier ne s’est jamais intentionnellement préoccupé de délimiter ses frontières – le droit de continuer à y vivre.

C’est définitivement enterrer l’existence de la Palestine comme entité politique géographique reconnue cartographiée répertoriée historiquement – bien avant que les Sionistes n’aient décidé de s’en emparer pour la coloniser – que l’ONU sous la pression des ex empires coloniaux et des nouveaux a injustement et illégalement partagée puisque le peuple qui depuis des siècles s’y était enraciné n’a pas été consulté.

Cet amendement à la loi sur la citoyenneté fait partie du Grand Dessein Sioniste de falsification de l’histoire pour s’approprier un pays, La Palestine, qui ne lui appartient pas, pour légitimer une présence illégale, pour enraciner politiquement une entité pseudo nationaliste bâtarde qui vit de la peur et de la haine qu’elle suscite et qui crée elle-même les conditions de sa propre disparition par autodestruction parce que le régime sioniste qui a fait volontairement le choix de la guerre porte dans son essence même sa propre menace existentielle prête à tout moment à le faire imploser.

7 comments

Myriam Abraham

16 octobre 2010

Planète non Violence

http://www.futurquantique.org/?p=13064


1-4 Uri Misgav : La marche folle d'Israël, les implantations.

  [Du New York Times au mexicain The News, en passant par les dépêches de l’agence Guysen, peu suspecte de sympathie envers La Paix Maintenant, la presse internationale a fait écho au survol aérien du nord de la Cisjordanie organisé lundi 20 septembre par ce mouvement à l’intention d’un groupe de députés et de personnalités de la société civile.

Pour Yariv Oppenheimer, secrétaire général de LPM, il s'agissait d'alerter quant à la perspective d'un État binational, du fait de la réalité nouvelle sur le terrain, ces passagers aux opinions parfois diamétralement opposées.

 “Cela me réchauffe le cœur de voir sous tous les angles des Juifs habitant le moindre recoin de la Terre d’Israël”, déclarait ainsi le député Arieh Eldad, à l’extrême droite de l’échiquier politique ; tandis que le dramaturge Yehoshoua Sobol comparait  les implantations “étendant leurs métastases” à ”des tiques collées au flanc des villages arabes”.

L’auteur de cet article, Uri Misgav, voyait là quant à lui un cas d’école, “l’exemple tragique d’un État agissant à l’encontre de ses intérêts propres”.]

Yedioth internet, le 27 septembre 2010

On définit la folie comme une stupidité poussée à l’extrême et un dramatique déploiement d’inanité. Au plan national la folie consiste, pour un État, à persister à mener une action parfaitement contraire à ses intérêts propres. [Phénomène étrange, dont l'étude valut la gloire à celle qui en dressa le tableau clinique].

Dans son ouvrage célèbre, La Marche folle de l’histoire (1), Barbara Tuchman indique trois conditions essentielles à l’entrée dans ce club douteux : les conséquences de la folie doivent apparaître clairement non a posteriori, mais tandis qu’elle a encore lieu ; une alternative saine doit exister en parallèle ; il faut, enfin, que la folie soit revendiquée comme la politique d’un groupe, plutôt que celle d’un dirigeant, et se poursuive sur plus d’une génération.

L’historienne a consacré la majeure partie de son travail à deux exemples flagrants : l’affrontement entre la Grande-Bretagne et ses colonies américaines au 18e siècle, et l’enlisement des États-Unis dans le marécage vietnamien dans la seconde partie du 20e siècle. Eût-elle été en vie aujourd’hui, nul doute qu’elle aurait ajouté à son livre un chapitre portant sur l’entreprise israélienne d’implantation dans les territoires occupés.

Les colonies vont à l’encontre des intérêts d’Israël en ce qu’elles rendent plus difficile la partition territoriale, menaçant ainsi la continuité de l’entreprise sioniste. Elles contraignent aussi Israël à maintenir le règne de l’occupation militaire ; l’isolent sur la scène internationale ; accentuent vivement l’animosité arabe et celle du monde contre Israël et les Juifs.

En dépit de quoi les gouvernements israéliens s’acharnent cependant, depuis deux générations déjà, à faire exister des colonies et y déverser d’énormes ressources. Les implantations sont notre folie. C’est un puissant symbole que de voir le sort du processus diplomatique dépendre, cette fois encore, de la construction de colonies, plutôt que d’arrangements de sécurité, du retour de réfugiés, ou de la souveraineté sur Jérusalem.

Dans leur majorité, les Israéliens ne sont pas convaincus

J’ai récemment survolé les implantations, à l’occasion d’un vol organisé                                                                                                             par le mouvement La Paix Maintenant. Je connais assez bien le terrain, mais la vue aérienne donnait toute sa force à la vieille histoire. Voilà les toits rouges et les piscines bleues, comme un clou planté dans le flanc de collectivités palestiniennes grises et surpeuplées, se répandant au moyen de caravanes blanches en une structure de 95 avant-postes illégaux (2).

 Non moins saillantes, surgissaient les constructions attendant la fin du “gel” [pour reprendre] – des milliers d’habitations potentielles, pour la plupart réservées à des ultra orthodoxes que rien n’intéressait sinon d’être logés à bas prix grâce aux aides gouvernementales.

J’ai aussi remarqué les vastes autoroutes construites par le gouvernement à travers la Cisjordanie. Elles étaient vides. Il se peut que les colonies soient parvenues à s’implanter dans les milieux politiques, mais ni dans les cœurs ni dans les jambes de la population : jusqu’à présent, seuls 300 000 Israéliens ont choisi de vivre au-delà de la Ligne verte. C’est tout juste si les autres excursionnent en Judée et Samarie, ou dans les gorges du Jourdain. Ils connaissent à peine la région.

 Lors du récent débat autour du boycott du théâtre d’Ariel (3), on a pu voir que la plupart des Israéliens n’imaginaient pas à quel point Ariel est loin de la Ligne verte, et combien insister pour le conserver au sein d’Israël dans le cadre d’un accord final sur le statut territorial irait à l’encontre d’un traité de paix, ou dessinerait une frontière irréaliste tant en termes de sécurité que de géographie.

 Cela, bien sûr, n’empêche pas le gouvernement de fonder en ce moment même à Ariel une nouvelle zone industrielle, tout en subventionnant un collège et une zone high-tech dans la ville. Pendant les vacances, j’ai rencontré un jeune et brillant entrepreneur high-tech en passe de délocaliser sa start-up à Ariel. ”Nulle part ailleurs je n’aurais eu des conditions pareilles”, disait-il avec tristesse. J’ai regardé son visage défait, et j’ai vu le visage de notre pays.

 La seule chose que j’aurais alors voulu faire était de hurler à la face des cieux deux mots, dans le droit fil de la tradition juive faisant front à l’élément étranger qui envahit un corps sain et le pousse à une conduite totalement insensée : “Hors d’ici, Dibbouk !”

NOTES 

(1) Barbara Wertheim Tuchman, The March of Folly: from Troy to Vietnam, Ballantine Books, nombreuses rééditions depuis 1985 ; en traduction française, La Marche folle de l’histoire, de Troie au Vietnam, Robert Laffont, 1992.

(2) Voir la carte interactive des implantations, consultable et téléchargeable à partir des sites israélien et/ou américain de LPM : http://www.peacenow.org/map.php

Vous y trouverez également une application I-Phone, Facts on the Ground :  http://itunes.apple.com/us/app/apn-facts-on-ground-map-project/id385800990?mt=8

 (3) Il s’agit du refus personnel de nombreux artistes israéliens d’aller se produire à Ariel, par delà la Ligne verte : la frontière antérieure à la guerre des Six Jours, en partie rematérialisée par le Mur, sinon sur les cartes.

Uri Misgav

Trad. : Tal pour La Paix Maintenant

06-10

sos-crise.over-blog.com/article-la-marche-folle-d-israel-les-implantations- 58361414.html


1-5 Akiva Eldar : Une "construction modérée" dans les colonies, ça n’existe pas.

[quelques rappels "douloureux" à  Benjamin Netanyahou (comme ses fameuses" concessions" ?) , sous forme d’une  lettre (ironique et fictive) de Mahmoud Abbas]]
Benjamin Netanyahou a tout à fait raison. "Une construction modérée et restreinte en Judée et Samarie dans  l¹…
Ha¹aretz, 10 avril 2010
L’année qui vient n¹affectera en aucune sorte la carte de la paix", a-t-il déclaré.
Car après tout, il ne s¹agit que du simple problème humanitaire de quelques milliers de jeunes couples qui veulent avoir un toit.

Qu¹est-ce qu¹ilsveulent de nous, que nous ordonnions un gel du taux de natalité au-delà de la ligne Verte ?

Que nous interdisions les crèches et les écoles ?

Peut-on concevoir que des goys interdisent à des Juifs d¹ériger une synagogue dans²la cité des Patriarches ? Est-ce pour cela qu¹un Etat juif a été créé ?
Pour qui se prend-il, cet Hussein Obama ? Pense-t-il pouvoir nous acheter avec ses armes et ses garanties ? Attend-il de Bibi qu¹il renonce  à "une construction modérée et restreinte en Judée et Samarie dans l’année qui vient, qui n¹affectera en aucune sorte la carte de la paix« pendant 60 jours pleins en échange d¹un contrôle à long terme sur la sécurité dans
la Vallée du Jourdain ? {ces 6O jours ont été evoqués par l'entourage de Netanyahou, comme prolongation éventuelle du moratoire sur la construction dans les colonies. La garantie de sécurité dans la Vallée du Jourdain aurait fait partie de la négociation - ndt]
Si j¹étais le président Mahmoud Abbas, j¹écrirais sur-le-champ à Bibi lalettre suivante :« Monsieur le Premier ministre, je vous comprends. Quel besoin d¹en faire des tonnes pour quelques centaines d¹appartements en plus pour des jeunes couples et une poignée de crèches ? Moi aussi, j¹ai des enfants et des petits-enfants. Après tout, dans un an, nous serons en train de signer un accord sur la fin des colonies et les frontières définitives. Vous l¹avezdit. Alors oublions les violations par Israël de ses engagements officiels(la feuille de route, vous vous souvenez ?) de geler la construction dans les colonies, y compris pour répondre à une croissance naturelle.
 Je veux bien, même, ne pas tenir compte des colonies sauvages que vous avez construites sur la terre de paysans pauvres. Soit dit en passant, j¹airetrouvé dans mes archives le fait qu¹en janvier 2006, vous aviez promis, dans votre discours d¹Hertzliya, que si le gouvernement Sharon décidaitd¹évacuer les colonies, le Likoud voterait pour. Dans votre discours deBar-Ilan, vous avez dit que vous comptiez démanteler les colonies sauvages.
D¹après les chiffres de Shalom Arshav, plusieurs dizaines de caravanes et de maisons préfabriquées, même de bâtiments en dur, s¹y sont rajoutées depuis. Sous le nez de l¹armée et de l¹Administration civile.
Je ne poserai qu¹une condition : Au lieu de suspendre la construction pourles Juifs, reprenons la construction pour tous les habitants de Cisjordanie.
Y compris en zone C, que, dans notre grande naïveté, nous avons accepté de remettre sous votre contrôle. Cela, en plus du vieux tour que vous avez appris des Ottomans ­ la qualification de « terres d¹Etat », où environ un million de doums des terres ont été confisqués et transformés en terres juives. Vous vous souvenez certainement qu¹en 1995, quand nous avons signéles accords d¹Oslo, qui plaçaient entre vos mains 60% de
la Cisjordanie occupée, on nous avait promis que ce n¹était que provisoire.
Vous vous souvenez certainement qu¹en 1998, Yasser Arafat et Bill Clinton ont signé avec vous l¹accord de Wye qui stipulait que 13% des terres de lazone C devaient passer sous notre contrôle. Mais que, là encore, les colons vous ont fait plier et que cet accord a été jeté aux oubliettes. Au bout du compte, vous n¹y aviez rien gagné et perdu le pouvoir. Sans alternative, ils bâtissent sans permis, puis l¹administration civile démolit ces bâtiments.
Car j¹ai du nouveau pour vous : il y a aussi un taux de natalité à Ramallah!
Pendant toutes les années de votre domination, vous n¹avez pas construit un seul village dans les territoires. Et maintenant que nous sommes en train de construire notre première ville près de Ramallah, vous avez peur des colons et refusez de laisser passer dans la zone C la route menant à Rawabi.
Mon peuple à Jérusalem Est discnt que leurs conditions de vie (en fait, vos conditions de vie, après tout c¹est vous qui dites que les mêmes règless¹appliquent à Jérusalem comme à Tel-Aviv) se font dans une telles surpopulation que Jérusalm-Est commence à ressembler à Gaza. Nir Barkat [lemaire de Jésusalem, ndt] distribue plus volontiers aux Palestiniens des décrets de démolition que des permis de construire. Le manque de logements à Jérusalem-Est est estimé en dizaines de milliers. Même votre Haute Cour a tancé le ministère de l¹éducation pour le manque criant de classes.

Comment avez-vous dit, cher Monsieur ? Tout ce dont nous nous occupons, c¹est « d¹une construction modérée et restreinte en Judée et Samarie dansl¹année qui vient qui n¹affectera en aucune sorte la carte de la paix ». Je suis convaincu que vous ne pensiez pas seulement aux enfants juifs. Alors, allons-y ! Construisons pour tout le monde, partout. D¹ailleurs, comme vous dites, dans un an, nous serons en train de faire la paix. »

Akiva Eldar

Traduction: Gérard pour La Paix  Maintenant
30-9

http://www.haaretz.com/print-edition/opinion/there-s-no-such-thing-as-modera



2 Courrier des lecteurs & Trouvé sur le net & Témoignage

Ndlr : La publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

 

2-1 La famille de Rachel Corrie n'ont pas pu voir l'accusé.   

 La famille de la militante pacifiste américaine Rachel Corrie, écrasée par un bulldozer israélien lors d'une manifestation à Gaza en 2003, a pu entendre le conducteur du véhicule qui l'a tuée pour la première fois jeudi lors d'une audience civile.  
Les proches de la victime n'ont pas pu voir l'accusé, qui a témoigné dissimulé par un écran lors d'une audience à Haïfa dans le cadre du procès qu'ils ont intenté à « Israël » devant la justice. 
La mère de Rachel Corrie, Cindy, a cependant affirmé "très décevant de pouvoir entendre sa voix, mais pas le voir". 
"Pour moi, cet écran est la poursuite de la volonté du gouvernement israélien depuis sept ans de cacher, couvrir ce qui s'est vraiment passé", a déclaré Mme Corrie.
Elle a indiqué que la famille avait été déçue par le manque de remords exprimés par le meurtrier.
"Nous n'avons entendu aucun remord. Il n'y a pas eu un seul instant où, dans ses mots, j'ai entendu quelque chose qui s'apparente à du remord", a-t-elle souligné, regrettant son "indifférence".  
Selon des militants qui ont assisté à la mort de Rachel Corrie, elle s'était positionnée avec d'autres personnes, comme boucliers humains autour de maisons palestiniennes dans la ville de Rafah, pour en empêcher la destruction.  
Sur place depuis deux heures, elle était clairement visible pour le chauffeur, avaient-ils affirmé.  
Le procès, au cours duquel la famille Corrie demande à l'entité sioniste un dollar symbolique de dommages et intérêts - outre les frais de justice - doit reprendre le 4 novembre.
Rappelons que l'armée israélienne avait conclu son enquête en 2003, sans prendre de sanctions disciplinaires, estimant que le pilote du bulldozer n'avait pas vu la jeune fille, cachée par un soi-disant « tas de gravats ».

22/10/2010

http://www.almanar.com.lb


2-2 Qui veut la peau de notre solidarité ?

Communiqué suite aux attaques récentes contre le CICP, le MRAP et l'appartement du président de Génération Palestine

Dans la nuit de samedi à dimanche 19 septembre, le CICP (Centre International pour les Cultures Populaires) a été cambriolé.

Les portes des bureaux de plusieurs associations ont été fracturées, ordinateurs portables et caisses ont été dérobés. La nuit suivante, la devanture du MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples) a été aspergée d'essence.

Lundi 20, l'appartement d'Omar Alsoumi, président de Génération Palestine, a été cambriolé à son tour.

Au total, les préjudices financiers s'élèvent à plus de 10.000 €.

Le CICP est le siège de nombreuses associations de solidarité internationale et de défense des droits humains. Il héberge notamment les bureaux de l'AFPS (Association France Palestine Solidarité), l'UJFP (Union Juive Française pour la Paix), la CCIPPP (Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien), Génération Palestine et de "BDS France". Le MRAP recueille les fonds pour la campagne "Un bateau pour Gaza" impulsée par le Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens", qui regroupe 40 associations et organisations syndicales et politiques.

Ces trois évènements se sont produits en l'espace de 36 heures. Il nous est très difficile de croire à un concours de circonstances. En tout cas, nous prenons ces actes très au sérieux.

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou définissait le mouvement international de solidarité avec le peuple palestinien comme une des trois "menaces stratégiques majeures" prioritaires pour son gouvernement. Ron Dermer, un de ses principaux conseillers, affirmait en juillet dans une interview au Jerusalem Post : "le gouvernement israélien va consacrer davantage de temps et de ressources humaines pour combattre ces ONG" (*).

Des groupes qui soutiennent le gouvernement extrémiste israélien multiplient actuellement les procès contre les militants de la campagne pacifique pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions contre l'occupation et la colonisation israéliennes. Des voix, au sein du gouvernement français, se sont élevées pour traiter de "criminels" les appels à ces actions non-violentes de citoyens mobilisés pour la paix et le droit. Nous avons déjà dénoncé l'injustice de ces positions.

Aujourd'hui, nous l'affirmons avec force, les criminels ne sont plus seulement ceux qui violent les droits humains des Palestiniens. Ce sont aussi ceux qui voudraient, par l'intimidation et la menace, faire taire la société civile française mobilisée pour l'application du droit international.

Le gouvernement français doit clarifier sa position : contre la colonisation et les crimes de guerre israéliens et pour la défense de la démocratie et les droits des citoyens. Nous nous battrons pour le respect du droit à l'expression de notre solidarité.

GP

Post-Scriptum :

Avant toute chose, ABNA PHILISTINE (ENFANTS DE LA PALESTINE) dénonce avec la plus grande fermeté ces exactions et apporte sa pleine solidarité aux associations et personnes qui en ont été victimes. Ces actions sont signées. Elles sont sans hésitation l'œuvre des factions extrémistes pro-israéliennes qui en France et dans d'autres pays ont à cœur depuis plusieurs années de terroriser le mouvement de solidarité avec la Palestine. Les moyens mis en œuvre jusque là pour intimider consistaient en des tags injurieux, des agressions physiques à l'encontre de personnes, des tentatives violentes d'empêcher la tenue de réunions publiques, tout cela orchestré par des milices sionistes à l'impunité judiciaire légendaire comme le Bétar ou la Ligue de Défense Juive. Ces dernières semaines, afin de tenter d'enrayer la campagne de boycott international d'Israël, ces mêmes inconditionnels de l'État sioniste tentent de faire poursuivre en justice des personnes agissant dans le cadre de BDS, comme notre amie la sénatrice Alima Boumédienne à laquelle nous signifions toute notre solidarité. Et puis ces derniers jours, un nouveau pas a été franchi avec ces cambriolages qui dénotent d'un sentiment d'impunité grandissant de la part de ceux qui les ont perpétrés. Il est clair que ceux-ci se sentent encouragés par la politique résolument pro-israélienne des gouvernements français et européens en général. Entre autres par leur scandaleuse indolence face à l'assassinat délibéré des militants turcs de la flottille de la paix pour Gaza. Où les partisans de l'État colon Israël s'arrêteront-ils ?

Quelles sont les complicités des nervis sionistes avec cet État terroriste et au sein même du gouvernement français pour faire preuve d'une telle audace ?

Rédaction Enfants de (la) Palestine,

28 septembre 2010, par :

http://www.enfantsdepalestine.org:80/ar,1385


n°558 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine – Fin : - A1PALP - Le lent génocide de Gaza.

n°558 - Les  Dossiers  'Géopolitique et stratégie' de  Palestine – Fin : -  A1PALP - Le lent génocide de Gaza.



L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 



Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de  Palestine

558 du 12-11

C.De Broeder & M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis       :  no-war.over-blog.com

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

  

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 


Sommaire

2-3 BDS : Action à la Gandhienne .

1 Chérif Boudelal : La Révolution à la Gandhienne des BDS en marche et ne s’arrêtera pas !

2 Myriam De Ly : Arrestation et détention arbitraire dans le cadre d'une vaste opération policière au marché de Châtelineau.

3 Sakina se pourvoit en cassation après un jugement  inique du tribunal de Bordeaux.

4 Lettre à Bernard Kouchner

10 Histoire

9-1 Si la Palestine m’était contée.


2-3 BDS : Action à la Gandhienne .

1 Chérif Boudelal : La Révolution à la Gandhienne des BDS en marche et ne s’arrêtera pas !

Les magistrats refusent le chantage des israéliens de France : ils commencent à prendre conscience du cynisme sioniste. Pour le moment ils les déboutent mais ils ne les condamnent pas. Il faut faire en sorte qu’ils soient condamnés à chaque plainte abusive. Les magistrats espagnols font la même chose.

Chérif Boudelal (CPCP - France)

Chères amies, Chers amis,
Nous avons une deuxième très bonne nouvelle à vous annoncer (après la relaxe d'Alima et d'Omar jeudi dernier) : Les 9 militants espagnols qui passaient en procès lundi matin à Madrid pour avoir participé à une action de boycott d'Israël, ont été acquittés une demi-heure plus tard, le juge reconnaissant leur droit à la liberté d'expression.
Pour rappel, une soixantaine de militants espagnols du Réseau de Solidarité contre l'Occupation de
la Palestine (RESCOP)* avaient manifesté le 24 juin dernier leur opposition à la tenue de conférences destinées à promouvoir les investissements d'entreprises espagnoles en Israël. Comme seulement neuf d'entre eux ont été inculpés, tous les autres participants, ainsi que plusieurs dizaines d'autres Espagnols, soit un total de 117 personnes ont demandé formellement à être co-inculpées. Une telle mobilisation à entraîné cette victoire éclatante. Elle nous encourage à poursuivre sur cette voie, celle du refus de l'intimidation et du "Moi aussi, je boycotte".
PROCES BDS EN FRANCE

Le prochain procès BDS qui est annoncé en France est celui de nos camarades de Mulhouse, le 29 novembre prochain.
Il y a d'autres personnes inculpées ailleurs, mais les dates des jugements sont soit plus tardives, soient encore non déterminées.
Ainsi, le procès de nos 3 camarades de Perpignan, Jeanne, Yamina et Bernard, initialement prévu le 11 octobre
2010, a été renvoyé au 24 janvier 2011.
Olivia Zémor, présidente de CAPJPO-EuroPalestine est citée à comparaître devant la 17ème chambre correctionnelle du tribunal de Paris, pour avoir publié sur le site EuroPalestine la vidéo d'une action collective de la campagne BDS à Evry en juillet 2009, signée par une dizaine d'associations.

La date de ce procès sera annoncée le 29 octobre prochain. Le même jour, au Palais de justice de Paris, il se trouve que nous serons confrontés à un membre de la LDJ, Steve Bismuth, qui nous a envoyé une vidéo de menaces. Il a été condamné à trois mois de prison avec sursis en première instance, et il fait appel.
Un autre procès impliquant 4 personnes (dont Olivia Zémor), citées à comparaître pour leurs actions de boycott dans le 93 (Saint-Denis et Aulnay) et à Paris, en février et mars 2009,  juste après les massacres de Gaza, doit avoir lieu au tribunal de Bobigny. La date en sera fixée le 18 novembre prochain.
Les plaignants sont les mêmes (la bande à Ghozlan-Goldnadel), ainsi que les chefs d'inculpation.
Nous vous tiendrons informés de ces échéances dès qu'elles nous aurons été transmises, ainsi que du jugement en appel de Sakina Arnaud, qui doit être rendu ce vendredi à Bordeaux.
Mais nous pouvons d'ores et déjà indiquer que nous espèrons, pour ces différents actions, auxquelles avaient participé plus d'une centaine de personnes, mettre en oeuvre la procédure des comparants volontaires, tout comme nos camarades espagnols.
Et nous tenons à souligner, comme ces derniers, que nous ne cèderons pas aux tentatives d'intimidation. Les appels au boycott de l'occupant israélien se poursuivent en France comme dans les autres pays. Nous vous engageons notamment à interpeller tous les commerçants qui vendent des produits dits "israéliens" ou d'origine non précisée, et tous les politiques qui acceptent que ces produits illicites entrent en France.
L'appel lancé par la société civile palestinienne, le boycott d'Israël, est légitime. Il vise à mettre un terme à l'impunité de l'Etat d'Israël, en faisant payer à l'occupant le prix de l'occupation, de la colonisation, du nettoyage ethnique des Palestiniens, et de tous ses crimes de guerre. Il concerne le boycott économique, culturel, universitaire et sportif.
Ce mouvement est en plein essor. Hier encore, on apprenait la décision du célèbre réalisateur britannique Mike Leigh de boycotter un déplacement en Israël, en raison des nouvelles loi racistes votées par le Parlement israélien, qui exige désormais que les non-juifs prêtent serment d'allégeance à l'"Etat juif et démocratique" pour acquérir la citoyenneté israélienne)

Amicalement,

Chérif Boudelal
CAPJPO-EuroPalestine
http://www.europalestine.com


2 Myriam De Ly : Arrestation et détention arbitraire dans le cadre d'une vaste opération policière au marché de Châtelineau.
Samedi 16 octobre. Nous nous trouvons avec quelques membres de la Plate-forme Charleroi-Palestine avec un stand au marché de Châtelineau. Tout se passe bien, nous avons de multiples discussions avec les gens, très réceptifs à nos arguments sur le boycott des produits israéliens.

Vers midi, un hélicoptère tourne sans arrêt au-dessus de la place. Nous nous demandons ce qui se passe. Un peu plus tard, une camionnette de la police se fraie un chemin le long du marché, passant à proximité de notre stand.

Puis un ami de la Plate-forme vient nous dire : « Ils sont en train d'arrêter plein de sans-papiers, là-bas. » Cela se passe dans une rue donnant sur le marché, tout près de notre emplacement.

Je décide d'aller voir. Là, derrière une camionnette de police, je vois quatre ou cinq personnes alignées contre une grille, les mains menottées dans le dos. Je m'en vais un peu plus loin, puis je reviens sur mes pas et je prends deux photos. Un policier me dit, calmement, que je dois laisser la police faire son travail et que je ne peux pas prendre de photos. Je demande pourquoi on arrête tous ces gens. Il me répond qu'ils vendent des produits de contrefaçon.

Je m'éloigne, je retourne au stand, la rage au coeur. Pourquoi s’en prend-on aux petits vendeurs, souvent des sans-papiers n'ayant pas la possibilité de faire un autre boulot, alors que ce ne sont pas eux qui font écouler la marchandise sur le marché.

On discute un peu au stand, et voilà qu'un commissaire de la police s'amène.

« Vous pouvez venir une minute avec moi ? » Je le suis, un membre de la Plate-forme le suit aussi. Le commissaire me dit : « Vous avez posé une question au policier. Vous n'avez pas le droit de poser des questions. » « Vous avez pris des photos aussi. On va vous entendre au commissariat. » Il appelle son « team d'arrestation ». Trois ou quatre policiers en civil s'amènent très rapidement. Ils me prennent de force, me soulèvent des deux côtés à la fois.

On me pousse dans la camionnette, on me prend mon GSM, mon appareil photo et on met tout cela dans un sac en plastic. Dans la camionnette, il y a trois personnes arrêtées, menottées. J'apprends que deux d'entre elles n'ont pas de papiers de séjour, le troisième n'a pas de permis de travail.

J'entends par la radio de la camionnette que l'opération d'arrestation se poursuit. Des policiers en civil passent régulièrement près de la camionnette.Mon GSM sonne tout le temps. Je demande de pouvoir répondre. « Vous n'en avez pas le droit, vous êtes en détention administrative. »On ne part toujours pas. En fait, le chauffeur attend du renfort...

Une des personnes arrêtées supplie : « S'il vous plaît, éloignez-nous d’ici : les gens du marché vont nous prendre pour des criminels... » Le policier du marché propose d'accompagner la camionnette pour qu'enfin celle-ci puisse partir.

Nous arrivons au commissariat de Châtelet. On nous amène dans un couloir. À gauche, il y a le bureau d'« accueil ». À droite, des cellules où des jeunes d'origine étrangère se trouvent par deux, les mains liées, derrière les barreaux. Il y a un va-et-vient impressionnant, dans ce couloir. De nouveaux « arrivages » de personnes arrêtées, de policiers en civil.

Un policier particulièrement excité et très autoritaire (et je reste polie) donne les ordres et décide qui va où.

Je suis « appelée » dans ce bureau. Le policier hyper-excité se met à m'aboyer dessus. Je lui réponds que je ne suis pas son chien. Vu que mon comportement n'est pas assez collaborant, il m'accuse de « trouble de l'ordre public », « rébellion », « outrage à policiers en fonction ». « Maintenant vous avez deux dossier judicaires et vous êtes en détention judiciaire."  Le lendemain, un avocat me dira qu'ils m'ont dit n'importe quoi. Je ne pouvais pas être en arrestation judiciaire, parce que je n'avais pas vu un juge d'instruction.

Je dois enlever mon bonnet, mon manteau, mes châles, mes sacs... Le policier donne l’ordre à une collègue de me fouiller et envoie une deuxième policière pour l’accompagner car « elle (moi, en fait) se rebelle ».

Je laisse faire la fouille. (Je dois enlever les chaussures, les chaussettes, le jeans, le T-shirt, le pull. Me mettre de face, me mettre de dos. Soulever le soutien-gorge). Après, je dis aux policières qu'il n'est pas normal qu'on me traite ainsi, uniquement parce que je pose une question et que je prends des photos.

On m'amène dans un bureau pour que je fasse une déclaration. Je le refuse. C'est mon droit. Les policiers à qui j’ai affaire ne sont pas contraires. Je dis que je voudrais déposer plainte. Ils me disent que j'ai le droit de déposer plainte au comité P.

De retour à « l'accueil », le policier hyper-excité ordonne qu'on m'emmène dans une cellule en bas. Je vois de nouveaux visages de personnes arrêtées derrière les barreaux. Il y a de nouveau plein de monde dans le couloir.

On m'emmène dans les caves. Je dois enlever mes chaussures, on me fait entrer dans une cellule, je dois enlever mon soutien-gorge. Le froid me tombe dessus. Je demande d'avoir ma veste. « Vous n'avez pas le droit, il y a une couverture. »

Cette cellule ressemble plus à un cachot qu'à autre chose. Il n'y a pas de lumière de jour, elle est à demi éclairée par un spot placé au-dessus de la porte d'acier. Un banc, une toilette. 2 m sur 2 m 30. Il y fait très froid. Je ne peux pas mettre les pieds à terre car le carrelage est très froid lui aussi. Je mets la couverture autour de moi, des épaules jusqu'aux pieds et j'attends sur le banc.

A un certain moment, j'entends qu'un policier vient dans le couloir. Je tape avec mon coude contre la porte d'acier : « Je veux téléphoner à mon mari et à un avocat. » « Vous n'avez pas le droit, vous êtes en détention judiciaire. » Encore un qui dit n'importe quoi.

Je reste au moins deux heures dans cette cellule froide. Heureusement, en élevant la voix, je peux échanger quelques mots avec la personne qui se trouve à côté. J'apprends que c'est la personne qui était assise avec moi dans la camionnette. « Madame, vous êtes là ? »...  « Oui. »... « Putain !... ».

Je lui demande s'il ne craint pas d'être expulsé. Il me dit que, la fois précédente, on l'a relâché après quelques heures. J'espère pour lui que ce sera pareil maintenant. « Patience, Madame, quelques heures... »

A nouveau, des pas dans le couloir. Le commissaire qui a ordonné la détention administrative ouvre la porte, accompagné de deux autres policiers. Il me dit que je peux sortir. Je récupère mes affaires à « l'accueil ».

Mais je suis encore amenée dans un autre bureau. Avec le commissaire, encore les deux mêmes policiers qui sont venus jusqu'à la cellule, et un nouveau, en civil.

Le commissaire précise qu'il m'a mise en détention administrative, mais que cela n'a rien à voir avec mes activités sur le marché. « Je ne vous ai pas non plus parlé de photos. » Ce qui est manifestement faux. « Il y a trois dossiers contre vous : celui du marché, rébellion, trouble de l'ordre public. »

Le « civil » dit que son rôle est de protéger les policiers en fonction. Il me demande de voir les photos pour constater s'il y a des policiers reconnaissables. Apparemment, il faut protéger les indics.

Il montre une photo que j'ai prise du stand de la Plate-forme. « Vous vendiez des objets à votre échoppe ? » Je lui réponds que je n'ai rien à dire là-dessus. « Moi, je suis passé à 8 h 35, vous vendiez de la marchandise. » « Alors cela, c'est votre quatrième dossier. » Je lui ai répondu que c'est un grossier mensonge. En réalité, nous étions sur place à 10 h 30. Il me rend l'appareil.

Les photos des arrestations ne sont pas enlevées. Il faut dire qu'elles n'étaient pas très réussies non plus.

Je m'adresse au commissaire. « Je voudrais connaître votre identité. Je vais déposer plainte contre vous. » Réponse : « Votre avocat n'a qu'à faire son travail. »

Je suis reconduite à la sortie. Il est 16 h 50. J'ai été arrêtée pendant 3 h 30.Je demande qu'on me reconduise à Châtelineau, ma voiture se trouve trois ou quatre kilomètres plus loin. Cela, c'est rêver, évidemment.

Ce n'est qu'une fois chez moi, que j'apprends que des amis ont averti un avocat, lequel a téléphoné au commissariat, et qu'un camarade est venu voir le commissaire pour connaître la raison de ma détention. Ce sont probablement ces interventions qui ont fait que j’ai été libérée plus tôt.

Tout au long de mon « séjour », j'ai pu constater que certains policiers, en particulier ceux qui sont responsables du marché, semblaient plus qu'embarrassés et n’étaient visiblement pas d'accord avec les méthodes utilisées.

J'estime que ces faits, me concernant, sont très graves, c’est une réelle atteinte aux droits démocratiques (au même moment se déroulait une manifestation à Bruxelles sur le même sujet) et je ne resterai pas les bras croisés.

Mais évidemment les personnes arrêtées et qui sont d'origine étrangères ont subi un sort bien plus dur que moi.

Je n'ai pas été menottée (alors qu'on m'a dit que c'était la procédure). Je n'ai pas dû m'inquiéter si j'allais être amenée dans un centre fermé et expulsée du pays. J'ai encore pu répliquer aux aboiements de certains policiers, sans qu'on me frappe. D'ailleurs, un policier m'a dit : « Vous avez vu qu'on a mis des gants, lorsqu'on vous a amenée à la camionette. « Je n'allais pas vous frapper, vous avez l'âge de ma mère. »

Il a oublié de dire aussi que je suis « blanche » et que j'ai la nationalité belge.

Myriam De Ly

From: Plate-forme Palestine


3 Sakina se pourvoit en cassation après un jugement  inique du tribunal de Bordeaux.
> Chères amies, Chers amis,
Sans surprise, le tribunal de Bordeaux a confirmé ce vendredi en appel la condamnation scandaleuse de Sakina Arnaud en première instance, pour avoir collé un autocollant "Boycott Israël Apartheid" sur une bouteille de jus d'orange dans le magasin Carrefour de Mérignac.
Un pourvoi en cassation vient d'être aussitôt déposé par ses avocats.
Toutes les personnes présentes au procès le 24 septembre avaient pu  constater, dès les premières minutes de l'audience le parti pris de la  présidente du tribunal qui n'avait pas pris la peine de cacher son écoute privilégiée des parties civiles. Tous les juges ne sont pas indépendants, malheureusement, on le sait. Les consignes du gouvernement ont donc été suivies, le parquet se permettant y compris des réflexions déplacées à l'encontre de la prévenue lors de l'audience en appel. On avait également eu droit à des interrogations de la plus mauvaise foi concernant la signification de l'inscription figurant sur l'autocollant, pour savoir qui pratiquait l' "apartheid" et si la tache rouge qui se trouvait sur le code barre 729 voulait dire qu'il fallait faire couler le sang des Israéliens !
Ceux qui sont censés dire la loi confondent souvent l'ordre établi et la justice. L'article 24 de la loi du 29 juillet 1881, qui réprime les "discriminations envers une personne ou un groupe de personnes en raison de son appartenance à une religion, une ethnie, une nation" a ainsi été interprété par ce tribunal dans le sens souhaité par Mme Alliot Marie et Monsieur Hortefeux, qui défendent la colonisation israélienne et ses représentants en France.
> Ceux qui discriminent les Palestiniens depuis plus de 60 ans, les expulsent, les massacrent, les colonisent, les torturent, ont le soutien des dirigeants français. On le savait. Ces derniers voudraient que leur collaboration avec le terrorisme d'Etat israélien soit cautionnée par l'ensemble de la population. Mais ce n'est pas le cas. Les gens de conscience, qui n'ont pas l'intention de laisser étrangler le peuple palestinien, qui souhaitent faire respecter les droits de l'Homme et le droit international, poursuivront leurs actions non violentes visant à faire payer à l'occupant le prix de l'occupation.
>
La Cour de cassation devra certes trancher. La messe n'est pas dite, y  compris sur le plan judiciaire. Mais, quoi qu'il en soit, la loi ne rimant pas toujours avec lesprincipes d'éthique universelle, comme on peut le constater dans différents domaines, aujourd'hui comme par le passé, le boycott de l'occupant israélien est plus quejamais à l'ordre du jour.
(ENGLISH Translation below)
Amicalement,

CAPJPO-EuroPalestine


4 Lettre à Bernard Kouchner

Le 28 octobre, Jean-Claude Lefort, en tant que député honoraire, a écrit une nouvelle fois à Bernard Kouchner. Il lui demande, "encore et encore, que la justice soit appliquée et exigée pour ce citoyen Français comme pour tous les autres."

M. Bernard Kouchner
Ministre des Affaires étrangères
37, quai d’Orsay
75007 Paris

Monsieur le Ministre,

Depuis votre passage à Jérusalem, au printemps 2008, votre action a abouti à ce que Salah Hamouri soit condamné à 7 ans de prison, au terme d’un chantage qui n’a rien à voir avec un « plaider coupable ».

Le « choix » étant 7 ans ou 14 ans mais en aucun cas la liberté. Un tribunal digne d’un Etat de droit et conforme aux Conventions internationales laisse ouverte la porte du « plaider non-coupable » et donc celle de la liberté. Lui, il a été condamné d’avance, par principe, et ceci par un tribunal militaire d’occupation. Sa culpabilité n’étant pas à démontrer puisqu’elle était acquise pour ce tribunal militaire, hors preuves, avant tout procès et avant toute plaidoirie. Coupable par « définition », il ne pouvait en aucun cas être déclaré « innocent ». C’est ainsi que les choses se passent devant un tribunal militaire d’occupation.

Accepter 7 ans, dans ces conditions, ce n’est pas reconnaître quoi que ce soit. C’est tout simplement éviter le pire, c'est-à-dire 14 ans de prison. Vous auriez préféré qu’il choisisse 14 ans en plaidant « non-coupable » made in un tribunal militaire d’occupation israélien ?

Cela vous aurait conforté ou fait je ne sais quelque plaisir ?

Je n’ose y croire.

Depuis le début vous avez accepté la thèse selon laquelle Israël était un Etat de droit tandis que Salah était aux mains d’une force occupante condamnée par l’ONU, et donc aussi condamnée par la France. Théoriquement. Je ne dis pas, ici, de sottise, Monsieur le Ministre ?

Or jamais vous n’avez demandé la libération de Salah Hamouri pas plus que le Président de la République qui, de surcroît, n’a même pas daigné recevoir la famille de Salah. Pourquoi cette discrimination flagrante qui touche cette famille et uniquement cette famille ?

Je suis outré par cette attitude qui n’est pas conforme aux engagements présidentiels mais plus encore à l’idée que je me fais de la République. Je vous tiens pour coresponsable et de ce mépris inhumain et du sort de Salah qui a déjà effectué plus de 5 ans et demi de prison.

Depuis le début vous avez admis incroyablement ce que l’ONU a condamné, : Jérusalem n’est pas la capitale « éternelle » de l’Etat israélien mais la partie située à l’Est n’est, ni plus ni moins, qu’illégalement occupée. Occupée.

Salah est un prisonnier politique et uniquement politique. Vous le savez parfaitement bien : son dossier est totalement vide. Une « intention » supposée, voilà son délit qui lui vaut cet

emprisonnement qui n’en finit pas.
Dans ces conditions demander « la clémence », comme l’a fait le Président de
la République il y a quelque temps sans agir effectivement et fermement, c’était pour lui une façon de faire « bonne figure » pour tenter d’apaiser  les esprits épris de « liberté sans frontières ».

Mais pis : c’était surtout admettre purement et simplement les vues israéliennes et donc s’exposer au sec refus de Netanyahu. Ce dernier n’a pas le droit avec lui dans cette affaire non plus or vous le lui avez reconnu, vous le lui avez même accordé et même offert. C’est intolérable.

Salah est Français et uniquement Français de jure puisqu’Israël lui refuse sa bi-nationalité du fait qu’il habite Jérusalem-Est occupée. Occupée.

Actuellement, c’est le seul Français au monde ayant fait plus de 5 ans de prison pour des raisons uniquement politiques.

Je ne vous demande donc pas, à l’instar du « Comité national de soutien » qui rassemble des femmes et des hommes politiques de tous horizons, un passe-droit. Non. Je vous demande seulement, encore et encore, que la justice soit appliquée et exigée pour ce citoyen Français comme pour tous les autres. Salah n’a rien à faire en prison. Pas plus que Clothilde Reiss sortie des griffes du régime iranien au terme d’un procès que vous avez qualifié vous-même de « truqué » en parlant d’« aveux extorqués ».

C’est exactement le cas de Salah, sauf que Salah est toujours en prison bien qu’Israël ne soit pas l’Iran. Salah n’a tué personne. Il n’a volé personne. Il n’a menacé personne. Il n’a brandi aucune arme contre personne. Il n‘a rien fait. Il est victime de l’occupation et on lui demande en plus aujourd’hui de s’excuser d’être hostile à celle-ci ! Refuser une occupation étrangère est un honneur, Monsieur le Ministre.

Je ne parviens pas – pour parler vite - à imaginer que vous puissiez penser un seul instant que le fait de passer en voiture devant le domicile du rabbin Yossef Ovadia, un extrémiste notoire, constitue la preuve « d’intentions » irréfutablement négatives que Salah aurait nourries contre ce dernier.

Vous savez ce qu’une situation d’occupation militaire veut dire, Monsieur le Ministre ?

Si vous aviez dépensé pour Salah un centième des efforts que vous avez justement consentis pour Guilad Shalit – dont la libération a encore été demandée hier par Stéphane Hessel et Régis Debray à Gaza devant Ismail Hanihey – Salah serait déjà libre. Vous ne l’avez pas fait.
Non seulement vous ne l’avez pas fait pour Salah mais vous avez donné crédit aux israéliens et attenté à la dignité des membres de sa famille en les mettant à l’index comme des pestiférés infréquentables.

Vous l’avez rencontrée quelques minutes à Jérusalem et vous allez partout répétant ou écrivant : « J’ai reçu la famille » ! Bah voyons : 5 minutes ! Une rencontre pour vous…

Par contre, alors que le temps vous manquait paraît-il, vous êtes allé récemment à la rencontre de la famille de Guilad Shalit, sur place, en Israël ?

Très bien. Mais l’idée de recevoir et de rencontrer aussi dignement sur place la famille Hamouri ne vous a même pas traversée la tête ?

Pas une seconde ?

C’est à vomir. Pour la France.
L
a question aujourd’hui est simple : une remise de peine déposée légalement a été refusée à Salah. Il n’ya donc pas d’autre solution maintenant que d’obtenir une libération sans condition. Israël libère des prisonniers autrement plus « significatifs » que Salah. C’est un choix politique, bien sûr.

La balle est donc toujours dans votre camp et je ne saurais accepter que vous me disiez, encore et encore, que vous faites tout ce que vous pouvez pour Salah. C’est faux. Totalement faux. Les preuves abondent. Si jamais…
Salah devrait être dans sa maison depuis longtemps. Il n’y est pas. Il est dans une prison à Guilboa, une prison que vous ne connaissez pas alors qu’il vous est possible de vous y rendre. Déjà plus de 5 ans de sa vie en prison, lui qui avait 20 ans quand il y est entré. Vous imaginez ? En prison pour « rien » ? Cela ne vous émeut pas ? Cela ne touche pas le « French Doctor » partisan ardent de « l’ingérence humanitaire » ? Non ? Vous avez dit qu’il fallait vous « provoquer » s’agissant de cas qui touchent aux droits humains. Vous avez déclaré cela en remettant un prix de
la République française à une ONG palestinienne (le PNGO).

Monsieur le Ministre : sachez que je suis prêt à tout pour cela, sans me défaire de mon esprit démocratique.

Car je viens quant à moi de rencontrer Salah Hamouri dans sa prison de Guilboa le 5 octobre dernier. Et je vous le dis tout net : on est plus qu’en train de « casser » ce jeune homme. Mentalement. Humainement. On le casse.

Il m’est impossible d’imaginer que sa libération ne soit envisageable qu’en novembre 2011, selon les volontés des juges militaires qui sont, évidemment, hors de tout soupçon certainement selon vous. Pour vous : car votre silence assourdissant vaut approbation.

A bon entendeur !

Je vous suggère de me croire et je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en ma détermination et mes républicaines salutations.
Jean-Claude Lefort

Député honoraire

Source : Jean-Claude Lefort

Samedi 30 octobre 2010

http://www.palestine-solidarite.org/dossier.Salah_Hamouri.jcl.301010.htm



10 Histoire

Ndlr : La publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

9-1 Si la Palestine m’était contée.

LA QUESTION PALESTINIENNE ET L’ÉTAT PALESTINIEN

Il est fortement recommandé d’aborder l'ensemble des problèmes, des événements à présenter, à analyser ou à expliquer sur le territoire de la Palestine mandataire en les traitant d’abord sous l'angle de LA QUESTION NATIONALE PALESTINIENNE.

Il n’est pas recommandable de  privilégier l'angle du « conflit » israélo-palestinien, ni de privilégier l'angle d’analyse du sionisme et des négociations de paix, ni l’angle de la violence et de la non-violence, ni l’aspect de la réconciliation nationale, etc. ([1][1][1]).

Ne jamais privilégier non plus l’analyse sous l’angle de l’État à construire en Palestine occupée, ne jamais privilégier aucun autre angle que LA QUESTION NATIONALE PALESTINIENNE. Les autres problèmes subsidiaires à LA QUESTION PALESTINIENNE lui sont subordonnées et s’éclairent à la lumière de cette  question.

Quelle différence de perspective me direz-vous ? 

Toute une différence. En adoptant l’approche de la question nationale palestinienne chaque question secondaire prend la place qui lui revient et l’analyste évite de se laisser emporter par toutes  sortes de distracteurs, toutes sortes de leurres, de pseudo-problèmes vers lesquels nous entraînent les amis bien intentionnés de la Palestine occupée. Le risque est grand alors de ne rien comprendre, d’expliquer tout de travers, d’embrouiller plutôt que de clarifier et ainsi d’intervenir maladroitement dans le combat palestinien.

Prenons la question en débat dans la « communauté internationale » (2) à propos de la création d’un seul État binational, laïc et démocratique, ou alors de deux ou pourquoi pas de trois États en Palestine occupée (Gaza, Cisjordanie, Israël) ! Question qui, incidemment, ne soulève aucune passion parmi les Palestiniens.

Un individu pourrait aborder ce problème par l’interrogation suivante : Dois-je soutenir la solution d’un seul État démocratique, laïc et républicain ou dois-je appuyer la solution de deux États et pourquoi pas de trois États sur le territoire de l'antique Palestine du mandat britannique ? La réponse devient rapidement évidente pour l’individu préoccupé par LA QUESTION PALESTINIENNE.

Naissance de la question palestinienne

Arbitrairement, remontons historiquement à l'année 1920.  Il n'y avait pas alors de QUESTION PALESTINIENNE. Ce territoire était occupé par le peuple arabe local, que nous pourrions déjà prénommer le peuple palestinien à contrario de madame Golda Meir, la chef sioniste israélienne, qui prétendit sa vie durant que le peuple palestinien n’existait pas, alors que nous nous savons que c’est le peuple « juif » qui n’existe pas en tant que nation.  À cette époque des Arabes de religion musulmane côtoyaient des Arabes de religion judaïque (juifs) et d'autres de religion chrétienne, etc. La paix régnait entre eux et il n'y avait aucune Shoah de l'une envers l'autre partie de la communauté nationale en émergence. Un seul peuple divisé en plusieurs confessions religieuses comme il en existe dans chacun de nos ensembles nationaux (Canada, France, Allemagne, États-Unis, etc.) occupait cette terre bénie des dieux et promise à nul autre qu’à ceux qui l’habitaient.

 

Que s'est-il passé entre 1920 et 1948 ?  Les impérialistes britanniques, français et allemands ont créé LA QUESTION PALESTINIENNE en expatriant vers cette terre des milliers d’Ashkénazes, des gens de différentes nationalités européennes mais possédant la caractéristique commune de présenter un nom à consonance « juive », ou encore pour certains d’entre eux de pratiquer la religion judaïque - juive –, souvent des gens fanatisés par l'idéologie raciste sioniste.

Ces émigrés sionistes ont commencé à s’emparer de la terre, à se former en milices terroristes, à provoquer des troubles, à commettre des attentats terroristes et à tuer des Palestiniens de différentes religions, y compris de religion juive.  Ils ont poussé l'audace, encouragés en cela par les sionistes d'Europe et armés  par les impérialistes britanniques et français (3), jusqu'à lancer une offensive de conquête et de nettoyage ethnique expulsant entre 700 000 et 800 000 Palestiniens devenus les réfugiés de la Naqba  dans leur propre contrée.

 

LA QUESTION PALESTINIENNE était née. Elle devenait la bataille du peuple palestinien pour le recouvrement de sa terre, de ses droits, de ses habitations, de sa dignité, du maintien de son vouloir-vivre collectif sur sa terre ancestrale. LA QUESTION PALESTINIENNE est une question de lutte de libération nationale. Ce n'est pas d’abord une question de violence ou de paix, ce n'est pas d’abord une question de lutte pour le socialisme, ni de lutte pour les droits civiques, pour la libération de la femme, ni une question de partage de la terre entre l'occupant et l'occupé et encore moins de constitution de un ou de plusieurs États sur le territoire occupé par les sionistes. Ces questions subsidiaires  s’intègrent à la question principale qu’elles orientent.

 Elles doivent être prises en charge et résolues par le peuple palestinien dans le cadre de sa lutte de libération nationale.

LA QUESTION PALESTINIENNE est une lutte de libération nationale classique.

La solution de LA QUESTION PALESTINIENNE concerne d'abord les Palesti- niens. Le choix de la nature, de la forme de l'État et du nombre d'États à naître sur cette terre qui est la leur les concerne exclusivement.  Associeront-ils les envahisseurs sionistes, les colonialistes hébreux à cette démarche et de quelle façon, est aussi une question qui les concerne eux et eux exclusivement. LA QUESTION PALESTINIENNE traite du recouvrement par le peuple palestinien (pas par l'oligarchie palestinienne, non plus que par l'Autorité palestinienne, pas plus que par l'OLP ou par le Hamas) de ses droits nationaux inaliénables complets  et la récupération de la terre ancestrale dans son intégralité; accepter ou non de la partager avec les descendants des envahisseurs colonialistes occupants deviendra leur choix et chacun devra le respecter.

Par ailleurs, LA QUESTION NATIONALE PALESTINIENNE est une lutte anti-impérialiste parce que l’impérialisme occidental dirige le projet colonial sioniste, le soutient, l’équipe en armement et l’approvisionne en munitions meurtrières (4); ille subventionne, le protège diplomatiquement à l’ONU et à l’AIEA (5), l’intègre aux grandes alliances agressives comme l’OTAN,  l’Union Européenne, l’OCDE, etc. C’est l’agression de l’impérialisme américain qui fait de cette lutte de résistance et de libération nationale une lutte de libération anti-impérialiste.

  

La question de l'État palestinien

Quelle attitude doivent prendre les militants pour la libération de la Palestine sur la question de l'État palestinien ? Notez que je n'écris pas sur la question du partage israélo-palestinien de la terre palestinienne car nous traitons ici de LA QUESTION PALESTINIENNE exclusivement - l'État - ou entité - sioniste est un avatar qui est né par la guerre et par le sang, qui ne peut être transformé et qui sera probablement détruit par la guerre et par le sang (ce qui ne signifie pas que les israéliens devront être boutés à la mer) pour que se résolve LA QUESTION PALESTINIENNE.  Quelle doit être l'attitude des interlocuteurs occidentaux à propos de l'État palestinien ?  

 

Un individu sincère, extérieur à la nation palestinienne, doit se mettre à l'écoute du peuple palestinien à travers ses organisations de défense et de résistance. L'Organisation de Libération de la Palestine (OLP),  lors de sa création en 1964, avait  proposé une solution précise à LA QUESTION PALESTINIENNE, solution qu'elle a reniée lors du XIXe Conseil National Palestinien à Alger en 1989, et qu'elle a de nouveau trahie lors de la signature des Accords d'Oslo. Ce fut une trahison des clercs Palestiniens envers LA QUESTION PALESTINIENNE comme le souligne Khaled Mesh'al dans une entrevue (6).  La récente décision du FPLP de quitter l’OLP s’explique dans ce contexte (7). La prétendue « unité nationale » entre le Hamas, qui dirige la résistance, et le Fatah qui dirige la capitulation est pour sa part incompréhensible (8).

Le Hamas et plusieurs autres organisations de résistance du peuple palestinien sont nées ou ont prospéré suite à cette trahison et à cause de cette trahison de la question nationale. Ils furent la réponse du peuple palestinien à cette trahison. La Charte de l'OLP n'était pas et n'est toujours pas obsolète dans ses principes ni dans sa ligne stratégique. Le Hamas n’a pas été créé par le Mossad contrairement à ce que prétend la propagande israélienne. Mohamed  Al-Rantissi,  frère de l’un des fondateurs du Hamas, a très bien décrit dans son livre intitulé « Survivre à Gaza» (9) la naissance de cette organisation dans l’adversité et la répression sioniste. Le Hamas a été créé pour reprendre le flambeau abandonné par l'OLP.  

De bon droit le Hamas et d'autres organisations de la résistance, qui représentent ensemble la majorité du peuple palestinien, rejettent la décision du XIXe Conseil National Palestinien ainsi que les Accords d'Oslo, ne reconnaissent pas l'entité sioniste et n'acceptent pas la cession de 80 % de la terre palestinienne à l’envahisseur sioniste, aux colonialistes.

Un militant pro-palestinien appuie et soutient les organisations de la résistance ainsi que les solutions que celles-ci proposent à LA QUESTION PALESTINIENNE.  Il n'est pas de question de « un, deux ou trois États » qui tienne. Tout ceci n'est que leurre.  Il n’y a que LA QUESTION PALESTINIENNE et l’avènement d'un territoire palestinien totalement libéré du colonialisme sur l’ensemble de la Palestine historique qui importe. Sera-t-il démocratique, laïc ou musulman, républicain ou royaliste comme la Grande-Bretagne et la Suède, l’État régissant ce territoire libéré? Cette question ne concernera que les Palestiniens une fois leur territoire libéré du colonialisme et il y a encore beaucoup à faire avant ce jour.

Pour conclure, l'État palestinien sur tout le territoire de la Palestine historique adviendra-t-il dans vingt ans ou après 191 ans d’occupation comme il en fut de la destruction du Royaume Latin de Jérusalem érigé par Baudoin 1er et les Croisés européens en 1100 de notre ère et libéré par les Mamelouks d’Égypte en 1291 ap. JC, nul ne saurait le dire avec certitude, mais il adviendra.

SAMIDOUN

(1)  « Pourparlers directs et réconciliation nationale palestinienne ». 15.09.2010.  http://www.robertbibeau.ca/palestine/edito15-09-2010.html 
(2)  The Houston Conference on ONE DEMOCRATIC STATE ON PALESTINE.
Houston, Texas. 22-24 2010.  L’ordre du jour et la déclaration de Houston sont  disponibles sur  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html 

(3)  http://www.robertbibeau.ca/palestine/Ghiles-Meilhac,%20Le%20Monde%20diplomatique%20et%20Israel.pdf  Ghiles-Meilhac. Éditions Le manuscrit. 2006. 259 pages.

(4) http://www.robertbibeau.ca/palestine/edito20-09-2010.html

(5) http://libanresistance.blogspot.com/2010/09/le-comble-de-lhypocrisie.html

(6) http://ism-france.org/news/article.php?id=14380&type=analyse&lesujet=Interviews

(7) http://www.aloufok.net/spip.php?article2509

(8) http://www.aloufok.net/spip.php?article2519

(9) http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=6159

SAMIDOUN

30.09.2010

http://www.robertbibeau.ca/palestine.html



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19




 

12/11/2010

n° 1- 'Géopolitique et stratégie ' des Guerres de l'eau ' - 11-11- Début - La prochaine guerre mondiale sera t’elle la guerre de l’eau

n° 1-  'Géopolitique et stratégie ' des Guerres de l'eau ' - 11-11- Début - La prochaine guerre mondiale sera t’elle la guerre de l’eau


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'Otan et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



'Géopolitique et stratégie '

des

Guerres de l'eau.

n° 1-                                                  11-11

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis        :  no-war.over-blog.com  - http://no-war.over-blog.com/

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens...

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Tiré à part

Frédéric Lasserre : Les guerres de l'eau auront-elles lieu ?

René-Eric Dagorn : Géopolitique de l'eau.

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Michael Klare : Les prochaines guerres auront pour enjeu les ressources « naturelles »,

François-Georges Dreyfus : Eau et géostratégie au Moyen-Orient.

Suite

2 Dossiers

2-1 Kourosh Ziabari : Israël est la menace la plus immédiate au futur de notre planète.(Dissident Voice)

2-2 Amel Blidi : Litige à propos du partage des ressources du Nil.

2-3 Amin Abu Warda : Israël contrôle 80% de l'eau palestinienne.

2-4 Les eaux transfrontières.

Fin

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Quand Israël s’en mêle…

4 Brèves

4-1 La prochaine guerre mondiale sera t-elle la guerre de l’eau ?

4-2 La véritable crise au Yémen : les ressources en eau -

4-3 Israël vole l'eau du Golan, la Syrie saisit l'ONU. 

4-4 Les occupants israéliens volent l'eau des Palestiniens et les assoiffent.

 



Tiré à part :

Frédéric Lasserre : Les guerres de l'eau auront-elles lieu ?

Dans nos pays développés il est dans nos habitudes de tourner le robinet sans que cela amène à réflexion tant il nous semble naturel que l'eau coulât à flot.

Pourtant s'il est un domaine où l'acuité de sa pérennité va faire l'objet de maints enjeux pour les générations à venir c'est bien celui-là.
Comme se sujet me préoccupe j'étudie avec minutie les différents articles concernant ce problème de société. J'ai donc trouvé dans Sciences Humaines un article de René-Eric Dagorn intitulé : « Géopolitique de l'eau » qui donne un aperçu des divers enjeux que nous réservent la surexploitation de l'eau. Si l'article m'a paru bien sérier les problèmes dans son ensemble, je lui ferais néanmoins un petit reproche sur le fait de n'avoir pas suffisamment insisté sur l'appropriation de l'eau par les multinationales. En effet, je suis de ceux qui pensent que l'eau devrait être déclarée Bien Commun de l'Humanité comme l'a si bien défini Ricardo Pétréla, donc à nous tous, et non à une oligarchie avide de profit…

 

René-Eric Dagorn : Géopolitique de l'eau.

Les problèmes géopolitiques autour de l'eau ne sont pas toujours ceux que l'on croit. Si des tensions existent autour du partage des ressources des grands fleuves, ce sont des questions plus politiques qui structurent les espaces de l'eau: concurrence ville-agriculture, pollution des nappes phréatiques et réfugiés climatiques.

Vers une pénurie mondiale ?

Les constats de départ sont terribles: plus d'un milliard d'hommes n'a pas accès à l'eau potable; chaque jour 3000 personnes meurent pour avoir consommé de l'eau polluée; dans le bassin de la mer d'Aral, une mer détruite par la surexploitation des deux fleuves qui l'alimentaient en eau, les taux de mortalité infantile atteignent 118‰, l'un des plus élevés au monde (en France il est de 3,6‰).

Et pourtant, l'eau est naturellement une ressource abondante. Sur la totalité de l'hydrosphère planétaire, l'eau de mer salée représente 97,5% et l'eau douce 2,5%. L'essentiel de cette eau douce se trouve gelé dans les deux inlandsis géants du Groenland et de l'Antarctique, et dans les glaciers des grandes chaînes montagneuses planétaires. Il reste 0,7% d'eau douce accessible en surface (cours d'eau, lacs, nappes souterraines). Cela représente 40000 km3 disponibles par an, largement de quoi couvrir les besoins des sociétés planétaires, même en tenant compte de l'augmentation prévue de la population mondiale (9,1 milliards à l'horizon 2050 d'après la dernière estimation de l'Onu en mars 2009) puisque le monde consomme aujourd'hui 5500 km3 par an.

Contrairement à une idée reçue bien ancrée, ce n'est donc pas l'eau «naturelle» qui compte, mais la capacité des sociétés à fabriquer les espaces permettant d'accéder à l'eau potable.

Or les sociétés et les économies contemporaines sont de plus en plus consommatrices d'eau. Chaque Français consomme 180 litres d'eau par jour pour le simple usage domestique, un Japonais 280 litres, un Américain 295 litres et un Canadien 330 litres. L'eau induite, cachée dans les processus de production économique, est bien plus importante encore: il en faut en moyenne 4000 litres pour produire 1 kg de riz, et 4 m3 pour produire l'équivalent de 1 mégawatt/heure dans une centrale électrique thermique. Avec le développement économique des pays émergents (Chine, Inde, Brésil…), la demande en eau est en train de croître de façon exponentielle: à elle seule, l'Asie consomme désormais 3500 km3/an (contre 2000 km3 pour l'ensemble des autres régions mondiales).

De plus en plus de régions à risque à l'horizon 2020

Comment accéder à l'eau ?

Dans les cours de géographie à l'ancienne, les élèves et les étudiants planchent sur un graphique célèbre: le cycle de l'eau. L'évaporation des eaux océaniques est le point de départ d'une grande boucle planétaire: les 500000 km3 d'eau qui s'évaporent chaque année se transforment en précipitations à la fois sur les mers (458000 km3) et sur les terres (120000 km3 dont 78000 s'évaporent de nouveau: reste 42000 km3 d'eaux de ruissellement). Ces dernières se divisent alors en ruissellement de surface (40000 km3) et en ruissellement des eaux souterraines (2000 km3). L'ensemble ruisselle jusqu'à la mer… et revient alimenter le cycle continu.

Or, s'il faut avoir en tête ces dimensions «naturelles» de la question de l'eau, c'est un autre cycle qui est réellement important aujourd'hui: le cycle de l'eau potable. Car, de la production au traitement, c'est la capacité des sociétés à fabriquer les espaces de l'accès à l'eau potable qui est déterminant: quelles sont les conditions de captage (à la fois économiques, sociales, culturelle, politiques…)? De distribution? D'entretien des réseaux? De collecte des eaux usées? De dépollution et de traitement? Ainsi, organiser l'utilisation et la consommation d'eau suppose des approches techniques très différemment maîtrisées par les sociétés: développement de l'irrigation par goutte à goutte, réduction de la pollution dans les secteurs industriels et urbains, diminution des pertes par évaporation ou par fuite en entretenant les réseaux sur le long terme, etc.

Toutes les sociétés n'ont pas les mêmes moyens économiques et techniques pour fabriquer les espaces d'accès à l'eau potable. Le récent Forum mondial de l'eau qui s'est tenu à Istanbul en mars 2009 a ainsi estimé que 90% des trois milliards d'habitants de la planète qui vont se rajouter à la population mondiale d'ici 2050 se trouveront dans des pays en développement où l'accès à l'eau potable et à l'assainissement n'est déjà assuré que de façon limitée et précaire. À court terme, c'est 340 millions d'Africains qui n'auront toujours pas d'accès à l'eau en 2015 et 2,4 milliards d'individus qui, à l'échelle planétaire, n'auront pas accès à un service d'assainissement minimal.

Sans compter bien sûr que ce sont les pays du Nord qui auront les moyens de construire les espaces permettant de gérer les dimensions sanitaires du changement climatique et de ses conséquences sur les ressources en eau.

Les guerres de l'eau auront-elles lieu ?

« Verra-t-on effectivement des États s'affronter pour l'eau?» La question était posée l'an dernier par le géographe canadien Frédéric Lassere (1). Les ressources en eau sont, semble-t-il, au centre de tensions géopolitiques croissantes, et le Forum mondial de l'eau de l'Onu en a fait l'un de ces thèmes principaux de réflexion. Un certain nombre d'éléments militent en effet pour cette hypothèse.

Alors que la pression démographique se fait plus forte (la population mondiale va encore augmenter de plus de 2,5 milliards de personnes dans les quarante ans à venir), que la demande de niveau de vie à l'occidentale accentue ces pressions, et que le changement climatique va exacerber encore les concurrences potentielles, ce ne sont pas moins de 260 bassins fluviaux qui sont partagés entre deux ou plusieurs États. Déjà des tensions se font sentir. C'est, entre Israël et la Syrie, la question du contrôle du plateau du Golan, au nord-est du lac de Tibériade: annexé en 1981, Israël considère le plateau comme une région à part entière. Une partie des affluents du Jourdain y trouve leurs sources, et Israël y puise 35% de son alimentation en eau.

On retrouve ces mêmes tensions géopolitiques entre l'Égypte et le Soudan sur le Nil, entre la Turquie, la Syrie et l'Irak pour le partage des eaux du Tigre et de l'Euphrate, mais aussi entre les États-Unis et le Mexique sur les eaux du Colorado (encadré ci-contre).

Malgré tout, cette liste est déjà révélatrice des limites de l'analyse de futures guerres pour les ressources en eau. Ces litiges n'ont, jusqu'à présent, presque jamais débouché sur des conflits ouverts à grande échelle. Et tous les pays concernés sont lancés depuis plusieurs années dans des processus de discussion et de coopération qui fonctionnent très correctement. Les États et les acteurs internationaux ont tout intérêt à privilégier les partages négociés et non les épreuves de force: le dérèglement climatique en cours – de même que la crise financière – rappelle chaque jour que, dans la «société du risque» (Ulrich Beck), il n'est plus possible de se débarrasser des tensions sur ses voisins, car celles-ci reviennent en boomerang sur ceux qui les produisent.

Note :

Frédéric Lasserre, «Guerres de l'eau: paradigme des guerres du XXIe siècle?», communication au Festival international de géographie de Saint-Dié-des-Vosges, octobre 2008.

René-Eric Dagorn

Posté par Michel Mengneau le 29/6/2009 9:10:00 (1023 lectures) Articles du même auteur

 http://fig-st-die.education.fr/actes/actes_2008/lasserre/article.html

Son blog : Le ragondin furieux

http://www.forumdesforums.com/modules/news/article.php?storyid=30686



1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

Michael Klare : Les prochaines guerres auront pour enjeu les ressources « naturelles »,

Le meilleur allié des Etats-Unis - la Grande Bretagne - proclame que le changement climatique a ouvert une ère nouvelle de conflits violents autour de l’énergie, de l’eau et de la terre arable.

C’est officiel : c’est une ère de guerres pour les ressources qui nous attend. John Reid, le Secrétaire à la défense britannique, a averti que le changement climatique global et l’épuisement des ressources naturelles se conjuguent pour accroître la probabilité de conflits violents portant sur la terre, l’eau et sur l’énergie. Selon lui, le changement climatique « rendra encore plus rares des ressources, l’eau propre, la terre agricole viable, qui sont déjà rares » et cela va « accroître plutôt que décroître la probabilité de conflits violents. »

Bien qu’elle ne soit pas sans précédent, cette prédiction de John Reid, pour qui on va assister à un regain de conflits autour des ressources, est hautement significative tant par la fonction ministérielle qu’il occupe que par la véhémence de ses paroles. « La vérité brutale, c’est que la pénurie d’eau et de terres agricoles est un facteur qui contribue significativement au conflit tragique que nous voyons se développer au Darfour. » Et d’ajouter : « Nous devons considérer cela comme un signal d’alarme. »

Selon John Reid, de tels conflits autour des ressources ont plus de probabilités de se multiplier dans les « pays en développement », mais pour lui il est peu probable que les pays plus avancés et plus riches soient épargnés par les effets déstabilisants et néfastes du changement climatique mondial. Si le niveau des mers s’élève, si l’eau et l’énergie deviennent de plus en plus rares et si les meilleures terres agricoles se transforment en déserts, les guerres civiles pour l’accès aux ressources vitales vont devenir un phénomène global.

C’est dans le cadre du prestigieux Chatham House, l’équivalent à Londres de ce qu’est à Washington le Conseil pour les relations extérieures, que John Reid a prononcé son discours. Ce n’est que l’expression la plus récente de la tendance croissante dans les cercles stratégiques à considérer que ce sont les effets d’environnement et de ressources, plutôt que l’orientation politique et l’idéologie, qui deviennent la cause la plus importante de conflits armés dans les prochaines décennies. Avec la croissance de la population mondiale, l’envol des taux mondiaux de consommation, l’épuisement rapide des sources d’énergie et la destruction de bonnes terres agricoles par le changement climatique, le décor est planté dans le monde entier pour des batailles chroniques autour des ressources vitales. Dans un tel scénario, les conflits religieux et politiques ne vont pas disparaître, mais vont plutôt être canalisés en affrontements dont l’enjeu sera les meilleures sources d’eau, de nourriture et d’énergie.

Jusqu’à ce discours du Secrétaire britannique à la défense, l’expression la plus significative de ce point de vue était ce rapport préparé en octobre 2003 pour le Département de la défense de Washington, le Pentagone, par un bureau de consultants californiens intitulé « Scénario de changement climatique brusque et ses implications pour la sécurité nationale des Etats-Unis » [1] . Ce rapport avertissait que le changement climatique mondial va plus probablement déboucher sur des évènements environnementaux cataclysmiques soudains plutôt qu’une simple hausse graduelle (et donc gérable) des températures moyennes. De tels évènements pourraient inclure une hausse substantielle des niveaux des mers dans le monde, des tempêtes et ouragans intenses et des phénomènes de désertification à l’échelle de continents entiers. Cela déclencherait des conflits sanglants entre les survivants à ces effets pour l’accès à la nourriture, l’eau, les terres habitables et les sources d’énergie.

Ce rapport de 2003 écrivait : « La violence et les turbulences découlant des tensions créées par des changements abrupts du climat impliquent une menace pour la sécurité nationale différente de ce que nous avons l’habitude de voir aujourd’hui. (...) Des confrontations militaires peuvent être déclenchées par un besoin désespéré de ressources naturelles comme l’énergie, la nourriture et l’eau plutôt que par des conflits autour de l’idéologie, de la religion ou de l’honneur national. »

Jusqu’à présent, ce mode d’analyse n’avait pas réussi à attirer l’attention des décideurs placés aux sommets des gouvernements des Etats-Unis et du Royaume Uni. Le plus souvent, eux insistent que ce sont des divergences idéologiques et religieuses, principalement le choc entre les valeurs de tolérance et de démocratie, d’un côté, et, de l’autre côté, des formes extrémistes de l’Islam qui restent les principaux moteurs des conflits internationaux. Mais le discours de John Reid à Chatham House laisse à penser qu’un changement important de la réflexion stratégique pourrait être en train de s’effectuer. L’ordre du jour de la sécurité mondiale pourrait bientôt être dominé par des périls environnementaux.

Ce changement est dû en partie au poids croissant des données qui indiquent une responsabilité humaine significative dans la transformation des systèmes fondamentaux du climat de la planète. Des études récentes montrant le recul rapide des calottes de glace polaires, la fonte accélérée des glaciers de l’Amérique du Nord, la fréquence accrue des ouragans sévères et tout un ensemble d’autres effets de cette sorte suggèrent tous que des changements du climat mondial dramatiques et potentiellement néfastes ont commencé à se dérouler. Ce qui est plus important encore, ces études récentes arrivent à la conclusion que c’est le comportement humain, à savoir principalement la combustion des combustibles fossiles dans les usines, centrales électriques et véhicules à moteur, qui est la cause la plus probable de ces changements en cours. Cette conclusion peut n’avoir pas encore pénétré à la Maison Blanche et dans d’autres bastions où l’on réfléchit comme l’autruche qui met sa tête dans le sable, mais elle gagne manifestement du terrain parmi les scientifiques et les analystes sérieux dans le monde entier.

Pour l’essentiel, la discussion publique du changement climatique mondial a eu tendance à décrire ses effets comme un problème d’environnement, une menace pour l’eau potable, la terre arable, les forêts tempérées, certaines espèces etc. C’est sûr que le changement climatique est une grave menace pour l’environnement, c’est même en fait la plus grave menace imaginable. Mais considérer le changement climatique comme un problème d’environnement ne rend pas justice à la magnitude du péril ainsi créé. Comme le disent clairement le discours de John Reid et le rapport du Pentagone de 2003, le principal danger que pose le changement climatique mondial n’est pas la dégradation des écosystèmes en soi mais plutôt la désintégration de sociétés humaines entières pouvant engendrer des famines de masse, des migrations de masse et des conflits récurrents autour des ressources.

Comme le note le rapport du Pentagone, « quand ils seront frappés par la famine, la maladie et des désastres météorologiques dus au changement climatique abrupt, les besoins de nombreux pays vont dépasser leur capacité productive », c’est-à-dire leur capacité à fournir le minimum nécessaire à la survie humaine. Cela « va créer un sentiment de désespoir qui va probablement conduire à une agression offensive » contre des pays disposant d’une plus grande réserve de ressources vitales. « Imaginez les pays d’Europe de l’Est, obligés de lutter pour nourrir leurs populations avec une baisse de leurs ressources en nourriture, eau et énergie, jetant leurs yeux sur la Russie, dont la population est en baisse, pour accéder à son blé, ses minéraux et ses sources d’énergie. »

Des scénarios similaires se répéteront tout autour de la planète, tandis que ceux qui sont privés des moyens de survie envahiront ou immigreront chez ceux disposant d’une plus grande abondance, suscitant des conflits sans fin autour des ressources entre les nantis et les démunis.

C’est cette perspective qui plus que tout, préoccupe John Reid. Il s’est inquiété en particulier des capacités inadéquates de pays pauvres et instables à faire face aux effets du changement climatique et des risques qui en résultent d’effondrement de certains Etats, de guerres civiles, de migrations massives. « Plus de 300 millions de personnes en Afrique manquent d’aujourd’hui d’accès à l’eau potable » a-t-il fait remarquer et « le changement climatique ne fera qu’aggraver encore cette situation terrible » provoquant d’autres guerres comme celle du Darfour. Et même si ces désastres sociaux vont se produire principalement dans le monde en développement, les pays plus riches seront entraînés dans la spirale de tels troubles, soit en participant à des opérations de maintien de la paix et d’aide humanitaire, soit en ayant à repousser des immigrants non-désirés ou encore en ayant à combattre outremer pour l’accès à des approvisionnements en nourriture, pétrole et minéraux.

Quand on lit de tels scénarios de cauchemar, il est facile d’évoquer des images de gens affamés désespérés s’entre-tuant avec des couteaux, des pieux et des gourdins. C’était ainsi par le passé et cela pourrait facilement être ainsi à nouveau. Mais ces scénarios envisagent aussi le recours à des armes plus meurtrières. « Dans ce monde d’Etats guerriers » prédisait en 2003 le rapport du Pentagone, « la prolifération des armes nucléaires est inévitable ». Au fur et à mesure que le pétrole et le gaz naturel vont s’épuiser, de plus en plus de pays se rabattront sur l’énergie nucléaire pour satisfaire leurs besoins d’énergie, et cela « va accélérer la prolifération des armes nucléaires avec le développement par les pays de capacités d’enrichissement et de retraitement de l’uranium dans le but de garantir leur sécurité nationale. »

Bien qu’ils soient spéculatifs, ces rapports disent clairement une chose : quand nous réfléchissons aux effets calamiteux du changement climatique mondial, nous devons souligner leurs conséquences sociales et politiques tout autant que leurs effets strictement environnementaux. Sécheresses, inondations et tempêtes peuvent nous tuer et le feront sûrement, mais aussi les guerres entre les survivants de ces catastrophes pour ce qui restera de nourriture, d’eau potable et d’abris. Comme le discours de John Reid l’indique, aucune société, même riche, n’échappera à une implication dans ces formes de conflits.

Nous pouvons réagir à ces prédictions de deux manières : soit en nous en remettant aux fortifications et à la force militaire pour obtenir quelque avantage dans la lutte mondiale pour les ressources ou soit en prenant des mesures sensées pour réduire le risque de changements cataclysmiques.

Il ne fait pas de doute que de nombreux politiciens et maîtres à penser des médias, tout particulièrement dans notre pays les Etats-Unis, vont vanter la supériorité de la solution militaire en insistant sur la prépondérance de force dont disposent les Etats-Unis. Ils argumenteront qu’en fortifiant nos frontières et nos côtes pour tenir à distance les immigrants indésirables et en menant le combat partout dans le monde pour nous assurer les sources de pétrole nécessaires, nous pourrons maintenir notre niveau de vie privilégié plus longtemps que d’autres pays moins bien dotés en moyens de puissance. Peut-être. Mais l‘atroce guerre indécise en Irak et la faillite de la réaction nationale à l’ouragan Katrina montrent combien ces moyens peuvent être inadéquats quand ils s’affrontent aux dures réalités d’un monde sans pitié. Comme le rapport du Pentagone de 2003 nous le rappelle, « des batailles constantes pour des ressources en diminution » vont les « réduire encore plus au-delà même des effets climatiques. »

La supériorité militaire peut apporter l’illusion d’un avantage dans les luttes pour les ressources vitales à venir, mais ne peut pas nous protéger des ravages du changement climatique mondial. Certes, nous pouvons nous en tirer un peu mieux que les habitants d’Haïti ou du Mexique, mais nous aussi nous souffrirons de tempêtes, sécheresses et inondations. Quand nos partenaires commerciaux d’outremer s’enfonceront dans le chaos, nos importations vitales de biens alimentaires, matières premières et énergie disparaîtront, elles aussi. Il est vrai que nous pourrions établir des bases militaires dans quelques-unes de ces endroits pour nous garantir un trafic continu de matières premières décisives. Mais le prix à payer croîtra sans cesse tant en sang qu’en dollars du budget et finira par dépasser nos moyens jusqu’à nous détruire. En fin de compte, notre seul espoir d’un futur sûr et garanti réside dans une réduction substantielle de nos émissions de gaz à effet de serre et dans une collaboration avec le reste du monde pour ralentir le rythme du changement climatique mondial.

Michael Klare

Michael Klare est professeur d’études pour la paix et la sécurité mondiale au Hampshire College à Amherst, Massachusetts (Etats-Unis). Son livre le plus récent est Blood and Oil : The Dangers and Consequences of America’s Growing Petroleum Dependency, Holt, New York 2004 (Sang et Pétrole : Les dangers et conséquences de la dépendance pétrolière croissante des Etats-Unis).

 Source anglais Z Net
www.zmag.org/content/showarticle.cfm?ItemID=9900.

 Traduction : A l’encontre

 Source : A l’ encontre
www.alencontre.org

28 mars 2006

 Michael Klare.

Réserves d’eau : les USA cherchent à contrôler la Triple Frontière, les peuples trahis doivent réagir. Joaquin Oramas, Adolfo Pérez Esquivel.

L’eau convoitée de l’aquifère Guarani, par Hinde Pomeraniec.

Comment Cuba a survécu au peak oil, par Megan Quinn.

Ressources naturelles en jeu.L’expansion des Etats-Unis a besoin de l’eau de la région amazonienne, par Samir Amin.

[1] Rapport secret du Pentagone sur le changement climatique, Editions Allia, Paris, 2006, 68 pages

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Les-prochaines-guerres-auront-pour-enjeu-les-ressources.html

http://www.legrandsoir.info/article3478.html


François-Georges Dreyfus : Eau et géostratégie au Moyen-Orient.

Quand on pense au Moyen-Orient, on ne cesse de parler de pétrole, de gaz naturel, d’oléoduc et généralement on oublie l’eau -pourtant si l’on veut se passer de l’hydrocarbure (ce fut le cas pendant des millénaires), on ne peut se passer de l’eau.

Au Moyen-Orient, région au climat en général méditerranéen, parfois semi-aride, l’eau pose encore plus de problèmes que dans d’autres parties du monde en raison des besoins de l’agriculture. Dans un pays comme la France l’agronome Ch. Riou1 estime que l’agriculture représente 60% de la consommation en eau. On imagine assez bien le poids de l’agriculture dans lacon sommation des pays secs ou semi-arides. En utilisant le concept d’évapotranspiration potentiel (ETP) on constate que dans les régions semi désertiques,il est près de trois fois supérieur à celui que connaît le Bassin parisien, l’ETP est en effet de 1876 dans la région du Lac Tchad, de 1369 à Tunis et de 698 en Ile de France -ce que l’on appelle le « croissant fertile » et en particulier l’Irak et la Palestine où les pluies sont rares (entre 400 et500mm/an)2 a donc besoin d’eau venant de régions extérieures, le Taurus en Turquie, les Monts du Liban ou le Golan en Syrie occupée par l’armée israélienne.

La Turquie est au Moyen-Orient un véritable château d’eau en particulier dans sa partie orientale : le Taurus est à la source de tout un réseau fluvial qui converge vers le Tigre et l’Euphrate. L’Euphrate est un fleuve au débit important, près de 1000 m?/s à la frontière turco-syrienne, mais irrégulier car lié à la fonte des neiges ; il est donc puissant de fin mars à juin.

Pendant des siècles on l’a mal utilisé ; depuis un demi-siècle, les barrages ont cherché à dompter le fleuve. Des barrages sont particulièrement importants en Syrie depuis les travaux entrepris par la France dans la région du Zor Ournout. En Turquie a été planifié en 1970 le Great Anatolian Project (GAP) avec tout le complexe des barrages, en particulier le barrage Atatürk. Le GAP intègre un énorme ensemble des eaux du Tigre, de l’Euphrate, de leurs affluents. Ils vont constituer une réserve d’eau considérable ayant pour but de régulariser les fleuves, de faciliter l’irrigation et produire de l’électricité. La Turquie attend la moitié de son énergie électrique.3

Ce programme gigantesque va avoir à moyen terme, des conséquencesa uxquelles on ne songe guère : 25% de l’eau du Tigre manquera dans les prochaines années à l’Irak, et un même volume manquera à la Syrie- comme le note Aymeric Chauprade « pour compenser son déficit en eau en ponctionnant davantage le Yarmouk (rivière syrienne) ce qui ne facilitera pas les relations avec Israël…tandis que l’Irak tenterait de compenser par le Chattel-arab (confluence de l’Euphrate et du Tigre) ce qui ne serait pas sans conséquence sur les relations avec l’Iran » .4

Tout cela crée une situation belligène puis aggrave encore les tensions dans cette partie du monde. Souvenons-nous, comme le rappelle A. Chauprade que dans les années 1970 la mise en eau du barrage de Tabqa sur l’Euphrate avait failli conduire à un conflit militaire que seule une médiation saoudienne put éviter. Toutefois, la crise irakienne et l’isolement diplomatique de la Syrie favorisent les desseins turcs. Notons d’ailleurs que le problème de l’eau est aussi un enjeu dans l’affaire tchétchène : la Tchétchénie est aussi un château d’eau qui favorise la mise en valeur de la steppe jusqu’à Groznyï.

Mais la zone où le problème de l’eau se pose avec le plus d’acuité, c’est en Palestine.

En effet, la Palestine et au-delà la Jordanie disposent de ressources hydrauliques faibles (entre 390 et 500 m? par habitant /an) situation qui risque de s’aggraver dans les années à venir en raison de la croissance de la population qui dans les zones de peuplement musulman est de l’ordre de3.5 % par an ; en d’autre termes, il est vraisemblable que la population doublera  d’ici une vingtaine d’années. Dans le cas d’Israël la croissance n’est  non plus négligeable non par accroissement naturel mais par la persistance de l’immigration. Elle demeure importante même si les arrivées de ces prochaines années seront moindres. La plupart des juifs de l’URSS voulant s’installer en Israël l’étant déjà. Toutefois, le renouveau d’anti-lenitismeukrainien lié à l’hype rnationalisme qui règne en Ukraine pourrait entraîner de nouvelles arrivées

On peut penser qu’à l’horizon 2025 le bassin du Jourdain aura près de25 millions d’habitants

Source, Population et Sociétés, INED, août 2005.

Dès lors on peut penser qu’en 2025 ces régions veulent leur disponibilité en eau autour de 250 m3/hab/an en Israël et à moins de 100m3en Jordanie. Or le développement de la Palestine juive, au temps du Foye rnational juif comme aujourd’hui en Israël est largement lié au problème de l’eau. Même si la définition du Dictionnaire de géopolitique, dirigé par Y. Lacoste, sont inexactes et exagérés « le sionisme, c’est une soif de territoire et de démographie…l’eau répond à cette soif », il est incontestable que l’eau a été un élément essentiel de la politique des premiers colons comme aujourd’hui de l’Etat d’Israël.

L’agriculture juive avant 1947, et israélienne depuis, est une agriculture moderne réclamant infiniment plus d’eau que l’agriculture arabe. De surcroît Israël a su très vite donner les dimensions agronomiques de l’agriculture, protection des sols, lutte contre l’érosion, apports d’engrais et de fertilisants.

A la fin des années 1950, les rendements israéliens pour les agrumes ou les céréales étaient supérieurs de plus de 20 % aux rendements des régions agricoles cultivées par les colons français du Maghreb.

A la demande d’une consommation importante d’eau la politique israélienne a su rationaliser de manière assez extraordinaire l’utilisation de l’eau. Les zones irriguées israéliennes connaissent des rendements supérieurs d’un tiers aux zones irriguées syriennes en consommant moins d’eau. Mais la consommation israélienne par tête d’habitant est considérable d’autant que l’on a cherché (et réussi) à mettre en valeur le désert du Néguev en mettant en place un aqueduc allant du Lac de Tibériade jusqu’à la hauteur de Beersheba.

Avec le partage de l’Onu de 1947, Israël disposait de ressources hydrauliques convenables par exemple le petit château d’eau qu’est la Galilée au Sud-Liban est affecté à l’Etat arabe de Palestine. La première guerre israélo-arabe déclarée par les États arabes contre Israël est une lourde défaite pour les agresseurs et entraîne l’annexion par Israël de la Galilée et du Néguev du Nord avec Beersheba. Le potentiel en eau de l’Etat d’Israël est constamment renforcé. En 1947 les grandes réserves accueillies sont arabes et elles sont d’autant plus importantes que les sources des fleuves et rivières qui alimentent Israël sont sous contrôle arabe ; les imprudences arabes ont profondément modifié la situation au profit de l’État hébreu. En réalité on assiste à un véritable partage de la Palestine entre l’Etat d’Israël et la Jordanie qui annexe la Cisjordanie.

Si l’on examine une carte on constate cependant que la Cisjordanie dispose d’importantes ressources aquifères et que les bords du Jourdain sont en 1949 majoritairement arabes. Cette zone va être peu à peu colonisée parles Israéliens. A en croire l’historien israélien Ilan Greilsammer, un des nouveaux historiens d’Israël sioniste de Cisjordanie purement et simplement expulsés. Dans cette région les Israéliens entament alors des constructions de l’aquaduc alimenté par les eaux du Jourdain qui doit irriguer le Néguev.

En fait le Jourdain qui marque la frontière avec la Syrie est« dé syrianisé » malgré l’appui donné aux Arabes par les Etats-Unis. Le plan Johnson prévoit le partage des eaux du Jourdain entre Israël, la Syrie et la Jordanie, un tiers à chacun : mais Nasser considérant que ce serait une reconnaissance de l’existence d’Israël met un veto. Les Arabes cherchent à dériver les affluents en amont du Jourdain vers les États arabes, c’est un tel risque pour Israël que l’aviation de Tsahal détruit en 1965 les premières i installations.

La Guerre des Six Jours en 1967 règle le problème, le Golan est occupé ,par conséquent la Syrie n’a plus accès au Jourdain et les réserves d’eau du Golan sont désormais contrôlées par Israël. L’Etat hébreu occupe également la Cisjordanie et contrôle de ce fait l’énorme réserve en eau que conserve la Galilée. En définitive après la guerre des Six Jours le potentiel des ressources en eau passe de 1600 millions de m3 à 2500 millions.

Mais les besoins en eau d’Israël ne cessent d’augmenter. Jusqu’à quel point la politique libanaise de Tel Aviv n’a-t-elle pas été liée au contrôle des eaux, en particulier au contrôle du Litani du Sud-Liban qui sera occupé pendant plus de vingt ans par Tsahal ?

Le Litani, fleuve côtier libanais a toujours été un objectif de toutes les administrations palestiniennes. Depuis la fin de l’administration ottomane en 1916-1919 par exemple il a fait l’objet de débats entre la France et le Royaume Uni lors des accords de partage de la région6. Le Litani demeure l longtemps une revendication britannique, et elle est reprise par Israël dès1949.

Le besoin en eau demeure une obsession pour Israël et cela explique largement la situation dans les territoires occupés. Ils disposent de plus d’un demi-milliard de m3 mais l’essentiel de cette eau est à la disposition de facto des Israéliens d’autant que lorsque l’on regarde l’implantation des colonies israéliennes en Cisjordanie on constate qu’elles se retrouvent dans les zones où l’on peut facilement atteindre la nappe phréatique. De toute manière, l’économie israélienne étant ce qu’elle est, on voit mal comment Israël renoncera à ces réserves ; c’est peut être bien une des raisons de la construction du « Mur ».

Certes, on a construit des usines de désalinisation d’eau de mer et on envisage la construction d’un aqueduc Turquie-Israël permettant à l’Etat hébreu d’avoir sa part du château d’eau du Taurus.

Mais cela ne suffira que

Eau et géostratégie au Moyen-Orient 95

Géostratégiques n° 13 - Juillet 2006difficilement. Il faudrait sans doute dé saliner davantage d’eau méditerranéenne.

Incontestablement le problème de l’eau est un élément fondamental des discussions sur le sort du Moyen-Orient, tant en ce qui concerne l’Irak etla Syrie qu’en ce qui concerne les rapports israélo-palestiniens.

*Professeur émérite d’histoire contemporaine à la Sorbonne Paris IV, après avoir été pendant trente ans enseignant à l’Université de Strasbourg, où il a dirigé successivement l’Institut d’études politiques, le Centre des études germaniques et l’Institut des hautes études européennes. Il vient de publier une Histoire de la Russie aux éditions de Fallois.

1. Ch. Riou, Les besoins en eau des cultures, INRA, 1985.

2. Article « Eau », Encyclopédia universalis.

3. Cf. G. Mutin, L’eau dans le monde arabe, Paris : Ellipses, 2000. La note de François Thual, « Le Moyen-Orient et l’Eau » pour le Sénat (2000). Voiraussi les études de Marwa Daoudy, « Entre le Tigre et l’Euphrate, la bataille de l’or bleu », Les Cahiers de l’Orient, 1996.

4. A. Chauprade, Géopolitique, Paris, Ellipses, 2002, p. 577.

5. Cf. Ilan Greilsammer, Une Nouvelle Histoire d’Israël, Gallimard, 1998.

6. Cf. F-G Dreyfus, 1919-1939, L’Engrenage, de Fallois, 2002.

http://www.strategicsinternational.com/13_04.pdf


n° 1- 'Géopolitique et stratégie ' des Guerres de l'eau ' - 11-11- Suite - La prochaine guerre mondiale sera t’elle la guerre de l’eau

n° 1-  'Géopolitique et stratégie ' des Guerres de l'eau ' - 11-11- Suite - La prochaine guerre mondiale sera t’elle la guerre de l’eau


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'Otan et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



'Géopolitique et stratégie '

des

Guerres de l'eau.

n° 1-                                                  11-11

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

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b) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis        :  no-war.over-blog.com  - http://no-war.over-blog.com/

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens...

 

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Sommaire.

2 Dossiers

2-1 Kourosh Ziabari : Israël est la menace la plus immédiate au futur de notre planète.(Dissident Voice)

2-2 Amel Blidi : Litige à propos du partage des ressources du Nil.

2-3 Amin Abu Warda : Israël contrôle 80% de l'eau palestinienne.

2-4 Les eaux transfrontières.




2 Dossiers

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

2-1 Kourosh Ziabari : Israël est la menace la plus immédiate au futur de notre planète.(Dissident Voice)

Jeffrey Blankfort est américain. Il est photographe, producteur d’émission de radio et analyste du Moyen Orient. C’est un militant pro-palestinien connu et ses articles ont été publiés dans beaucoup d’organes d’information progressistes.

Il offre des émissions sur KZYX à Mendocino et KPOO à San francisco. Auparavant Blackford a été le directeur de publication du Middle East Labor Bulletin et co-fondateur du Labor Committee of the Middel East. En février 2002, il a gagné un procès contre l’organisation sioniste Anti-Defamation League (ADL) qui avait espionné des citoyens américains qui critiquaient Israël et sa politique d’expansion.

Jeffrey a accepté de me donner un interview exclusif portant sur l’influence du lobby israélien sur les décideurs du gouvernement américain, le programme nucléaire illégal et secret d’Israël, le conflit Israélo-palestinien et la menace d’une attaque imminente d’Israël contre les installations nucléaires de l’Iran.

Blankfort ne craint pas de critiquer clairement le régime d’apartheid israélien et il croit qu’Israël est la menace la plus immédiate à l’avenir de la planète.


Kourosh Ziabari : Dans votre article : "Le lobby israélien et la gauche : des questions difficiles" vous explorez de manière approfondie la domination du lobby israélien sur l’administration américaine et vous citez des exemples convaincants de l’influence de riches sionistes sur les multinationales et sur les médias de la pensée dominante en Amérique. Ma question est la suivante : Quelle est la source de l’immense pouvoir et de l’immense richesse que les sionistes détiennent ? Comment les Juifs ont-ils pu développer un pouvoir d’influence et des capacités financières telles qu’ils sont désormais capables de cadrer, changer et modifier les composantes de la politique des USA ?

Jeffrey Blankford : Cette question nécessiterait une réponse élaborée. Mais on peut dire qu’un segment important et bien organisé de la communauté juive s’est consacré, après la seconde guerre mondiale, à l’établissement et à la prospérité d’un état juif dans la Palestine historique dans lequel la vie et la subsistance des Palestiniens arabes autochtones n’avait aucune valeur.

Le fait que ce groupe ne représentait pas - et n’a jamais représenté - la majorité des Juifs américains a été largement compensé par l’ardeur de son militantisme au profit d’Israël dans tous les secteurs importants de la société américaine et à tous les niveaux de la vie politique de la nation. Son succès n’aurait pas été possible, cependant s’il n’y avait pas eu dans ses rangs un nombre important de riches hommes d’affaire juifs désireux de contribuer financièrement à acheter le soutien du Congrès américain ainsi que celui de pratiquement tout le corps législatif ou à intimider et faire taire les éventuels critiques d’Israël.

Bien avant la naissance des premiers sionistes, des banquiers et des capitalistes juifs s’étaient établi en Europe et aux USA, de sorte qu’il n’est pas surprenant que certains d’entre eux, à commencer par Lord Rothchild au début du siècle dernier, aient soutenu le projet sioniste. Aujourd’hui ils forment de loin le plus important groupe de donateurs privés des deux partis politiques.

Les médias, comme on peut s’y attendre, ont été une de leur premières cibles, et on peut hélas constater chaque jour que des supporters avoués d’Israël qui ne sont pas nécessairement juifs, comme Rupert Murdoch, les contrôlent maintenant complètement.

Il n’y a aucun doute que le réseau de soutien d’Israël, qu’on appelle par euphémisme "lobby" a influencé de manière significative l’ensemble de la politique des USA au Moyen-Orient et a été un facteur déterminant de la gestion du conflit israélo-palestinien, cependant sa puissance a des limites. Certes, grâce à ses contacts à la Maison Blanche et au Pentagone, il a réussi à entraîner les USA dans la guerre d’Iraq, mais il n’est pas encore arrivé à convaincre Washington de bombarder l’Iran ni à obtenir le feu vert des USA pour bombarder les installations nucléaires iraniennes. Il est clair qu’il y a des éléments importants du Pentagone et des services secrets qui sont conscients qu’une attaque de l’Iran par les USA ou Israël provoquerait presque certainement une catastrophe globale.

KZ : Dans votre article vous faites allusion aux conflits et luttes entre Israël et l’Administration américaine des dernières dizaines d’années au cours desquelles les Présidents des USA, Richard Nixon en tête, ont essayé de contenir la politique d’expansion d’Israël et d’améliorer les conditions de vie des Palestiniens opprimés. En admettant que l’Administration ait vraiment tenté d’oeuvrer dans ce sens tout en réitérant sans cesse son engagement à garantir la sécurité d’Israël, pourquoi alors ses efforts ont-ils échoué ?

JB : Aucun Président américain, j’en ai peur, ne s’est soucié des conditions de vie du peuple palestinien. Arrêter l’expansion d’Israël et obtenir que Tel Aviv se retire de tous les territoires qu’il avait conquis en 1967 était pour les Américains une mesure d’intérêt national.

Tous les efforts précédents ont échoué parce qu’aucun président n’a voulu payer le prix politique intérieur nécessaire pour forcer Israël à se retirer des territoires occupés d’autant plus qu’ils savaient que leurs efforts seraient contrecarrés par l’écrasante majorité des deux chambres du Congrès quelle que soit leur affiliation politique de même que par les médias qui sont aux mains des sionistes.

Le seul qui ait fait un effort sérieux dans ce sens et qui ait osé affronter le réseau sioniste et le Congrès a été Georges Bush Senior quand il a refusé de satisfaire la demande d’Israël de 10 milliards de prêts garantis en 1991 et de nouveau en 1992 mais même lui dut finalement céder.

KZ : Les Israéliens ont l’habitude de qualifier d’antisémites pour les diffamer et les vilipender ceux qui osent critiquer leur politique et leurs actes belliqueux et agressifs. Ils accusent tous ceux qui les critiquent d’être antisémites. Cela inquiète les faiseurs d’opinion et les politiciens et les décourage de parler d’Israël en termes négatifs. Y a-t-il un moyen de faire prendre conscience au public que l’étiquette antisémite n’est pas rédhibitoire* et que critiquer Israël n’est pas de l’antisémitisme ?

JB : Les allégations "d’antisémitisme" brandies contre ceux qui critiquent Israël n’ont plus le poids qu’elle ont eues mais elles sont encore très efficaces particulièrement quand l’accusé est l’employé des médias dominants, comme nous l’avons vu dernièrement avec le cas d’Helen Thomas, d’Octavia Nasr et de Rick Sanchez et dans l’industrie du cinéma qui a été longtemps un bastion sioniste ayant été développée par des Juifs au 19ième siècle, bien qu’à l’époque aucun d’eux n’était sioniste.

Le pouvoir qu’a l’accusation d’antisémitisme de mettre les personnes publiques à genoux finira le jour où un assez grand nombre de personnalités américaines ne l’accepteront plus. Quand à dire quand cela arrivera, je n’en sais rien.

KZ : La Fédération des Scientifiques Américains a confirmé qu’Israël possédait jusqu’à 200 têtes nucléaires même si elles ne sont pas déclarées. Comme il n’a pas signé le Traité de Non Prolifération, Israël n’a jamais permis à l’IAEA de contrôler son arsenal nucléaire. Nous savons déjà ce qui est arrivé à Mordecai Vanunu qui a perdu sa liberté pour avoir dit la vérité. Que pensez-vous qui va arriver au programme nucléaire israélien ? Tel Aviv va-t-il continuer à bénéficier du privilège de ne pas avoir à rendre compte de ses actes ?

JB :Tant que le réseau de soutien du sionisme contrôle le Congrès, tant qu’aucun Président américain n’a pas le courage de simplement mentionner l’existence des armes nucléaires israéliennes et tant que les USA continuent de tenir les cordons de la bourse de l’ONU, Israël bénéficiera de l’impunité et de l’immunité. Si la direction des mouvements antinucléaires américains maintenant disparus comme "le mouvement pour la paix" n’avait pas été dominée par les sionistes, il y aurait peut-être eu un débat sur le sujet, mais comme elle l’était le sujet a été considéré tabou.

KZ : Parlons maintenant de l’Iran. L’Iran est décrite dans les médias étasuniennes d’une manière déformée et hypocrite. Beaucoup d’Américains qui n’avaient jamais entendu parler de l’Iran sont aujourd’hui confrontés à l’image horrible et terrifiante qu’en donnent les médias dominées par les sionistes. Ils n’ont aucune idée de ce qu’est la civilisation iranienne, ni de ce qu’ont de spécifique sa société et sa culture. Comment pourrait-on porter la vraie nature de l’Iran à la connaissance des Américains qui n’ont pas les moyens de la découvrir par eux-mêmes ?

JB : La plupart des Américains ne sont pas capables de trouver l’Iran ni quelque autre pays du Moyen Orient ni même n’importe quel pays du monde, sur une carte. Pour la plupart ils sont confrontés à ce qu’on pourrait appeler un "problème géographique" autant qu’historique. Il n’y a pas d’antidote à cela au monde et c’est la raison pour laquelle Washington peut se permettre de faire la guerre à des pays qui ne lui ont jamais fait aucun mal. Si les soldats étaient des appelés comme pendant la guerre du Vietnam, ni la guerre d’Iraq ni celle de l’Afghanistan n’auraient duré aussi longtemps et il y aurait une grande opposition à une attaque contre l’Iran.

Quand Nixon a eu l’intelligence de supprimer la conscription des hommes de 18 ans au début des années 1970, cela a détruit l’épine dorsale du mouvement anti-guerre et c’est la raison pour laquelle Washington ne veut pas revenir à la conscription malgré la pression énorme résultant de la nécessité de maintenir une armée assez nombreuse pour mener plusieurs guerres de front. Sans la crainte que leur jeunes de 18 ans ne soient appelés au combat, il n’y a pas de mouvements contre la guerre et c’est pourquoi il n’y a pas d’opposition à la guerre digne de ce nom aux USA à l’heure actuelle.

KZ : Beaucoup de gens dans le monde croient que la presse américaine est complètement libre et peut dire tout ce qu’elle veut sans que la moindre restriction ou censure ne lui soit imposée par l’Administration. On peut presque dire que le gouvernement américain ne se mêle pas directement de ce qui concerne les médias ; cependant on a l’impression qu’il y a une pression implicite sur les médias pour ne pas dépasser la ligne rouge et violer des lois non écrites comme l’interdiction de critiquer Israël. Pouvez-vous nous en dire plus ?

JB : Ce n’est pas le gouvernement qui empêche les critiques d’Israël de s’exprimer, c’est la peur des réactions qu’engendre toute critique sincère d’Israël que ce soit dans un article ou un dessin humoristique des médias même si le journaliste est juif. Il y a plusieurs organisations, dont les plus importantes sont la Anti-defamation League, CAMERA et HonestReporting, qui sont capables d’envoyer immédiatement un torrent d’emails et de lettres à l’éditeur d’un journal qu’ils jugent offensant et parfois même de se rendre dans les bureaux du journal en question pour s’assurer que les médias comprennent bien ce qu’ils peuvent écrire ou pas. Comme il n’y a pas de pression équivalente en faveur de la critique d’Israël, les médias préfèrent éviter l’affrontement.

Il fut un temps où un certain nombre de journalistes des médias dominants écrivaient des articles critiques sur Israël sans avoir de problèmes. Mais c’était il y a 20 ans et ils ne sont plus là.

KZ : Voici ma dernière question : Comment voyez-vous l’avenir d’Israël ? Va-t-il continuer à déterminer la politique étrangère américaine et contrôler les politiciens américains ? Est-il capable de maintenir le blocus de Gaza ? Et finalement Israël parviendra-t-il à survivre politiquement ?

JB : Tant que les supporters d’Israël ou ses agents aux USA parviennent à contrôler le Congrès américain et à intimider tous les présidents en exercice, et tant que ces mêmes forces dominent les médias, il n’y aura pas de changement aux USA ni à Gaza. Bien que le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions se développe petit à petit aux USA, il n’y a pas l’intensité qu’il a ailleurs et ses cibles sont limitées à ce que les firmes américaines et Israéliennes produisent en Cisjordanie, aussi, si l’on veut être réaliste, il y a peu de chance que les USA exercent une pression déterminante sur Israël.

Ce que fait Israël, cependant, peut engendrer des changements qu’il est impossible de prévoir aujourd’hui. Après avoir été vaincu deux fois par le Hezbollah, les officiels israéliens ne cessent de menacer de déclarer une nouvelle guerre au Liban et comme les USA, l’Europe et l’ONU n’ont pas sanctionné leurs précédentes guerres au Liban, ils vont sûrement encore essayer.

A la différence des Palestiniens, les Libanais n’ont pas l’intention de se laisser faire et sont capables de rendre coup pour coup, comme les Israéliens en ont fait l’expérience quand les Libanais ont résisté à leur occupation et stoppé la Wehrmacht israélienne tant vantée en 2006. Si Israël attaquait l’Iran les répercussions seraient peut-être suffisantes pour entraîner Israël dans un processus qu’on pourra sans doute qualifier d’autodestructeur. Pour le moment, vu le soutien inconditionnel à tous ses crimes dont il bénéficie de la part des Américains et son arsenal de d’armes nucléaires, je considère Israël comme la menace la plus immédiate à l’avenir de la planète.

Kourosh Ziabari est un reporter freelance et un correspondant de presse iranien. Ses articles ont été publiés dans de nombreux médias et journaux comme le Tehran Times, Salem News, Palestine Think Tank, Press TV, Foreign Policy, Journal, Islam Online et Middle East Online. Il est membre de Llaxcala translaters Network for Linguistic Diversity.

Pour consulter l’original : http://dissidentvoice.org/2010/10/i...

Note du traducteur :

* A la différence de la France qui s’est dotée de la loi Gayssot, ce qui permet les poursuites juridiques et augmente donc d’autant la capacité d’intimidation du lobby sioniste.

Kourosh Ziabari

28 octobre 2010

Traduction : D. Muselet

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Israel-est-la-menace-la-plus-immediate-au-futur-de-notre-planete-Dissident-Voice.html


2-2 Amel Blidi : Litige à propos du partage des ressources du Nil.
La guerre de l’eau aura-t-elle lieu ?
Le Nil, décrit comme «le fleuve éternel» par le poète Ahmed Chawki, alimente les tensions entre le duo Soudan-Egypte et les pays de l’Afrique de l’Est. Dix pays se disputent ainsi les ressources du fleuve roi.
Les Etats africains dans lesquels coule le Nil espèrent voir «un partage
équitable» de ses ressources, faisant planer le spectre d’«une guerre de l’eau» dans la région.

Car l’Egypte devient nerveuse dès qu’on cherche à convoiter les ressources du fleuve qui fait sa prospérité.Le pays de Hosni Moubarak
prétend détenir des droits «historiques» sur le deuxième fleuve le plus long au monde qu’aucun autre pays ne peut contester.

La fronde menée par l’Ethiopie, l’Ouganda, le Rwanda, la Tanzanie, le Kenya est perçue comme une tentative «d’assassiner» l’Egypte.
Pour les 80 millions d’Egyptiens qui en reçoivent 90% de leurs ressources en eau, le fleuve est intimement lié à l’histoire de leur pays. Le fait que l'Egypte se situe en aval du fleuve rend son existence tributaire des pays situés en amont.
Pour justifier sa position, le gouvernement égyptien s’appuie sur un texte de 1959 qui réserve à l’Egypte la part du lion avec 55 milliards de mètres cubes, et au Soudan — où se rejoignent le Nil Blanc et le Nil Bleu — avec 18,5 milliards de mètres cubes. Face à la fronde des autres pays du Nil, Le Caire a resserré ses liens avec Khartoum en vue de faire front aux tentativesd’exploiter ce qu’ils considèrent comme «leur» ressource. En mai dernier, cinq pays situés en’amont ont signé unilatéralement un nouveau traité, sans l'Egypte ni le Soudan. La soif des pays traversés par le «fleuve roi» est exacerbée par une démographie galopante et une volonté de développer leur économie.
Parmi les pays qui mènent la révolte, l’Ethiopie, avec ses 85 millions d’habitants, qui abrite la source du Nil Bleu (85% du débit) dans le lac Tana, ainsi que l’Ouganda (31 millions d’âmes) celle du Nil Blanc dans le lac Victoria. Le premier cité ambitionne de devenir le principal exportateur d’électricité en Afrique de l’Est.
Les convoitises autour Nil deviendraient même, aux yeux des responsables égyptiens, une manœuvre visant à déstabiliser leur pays. Ils se méfient particulièrement d’Israël, qui participe à des projets d’ouvrages sur le Nil en Ouganda et en Ethiopie, dont certains canaux transportant les eaux du fleuve parviendraient déjà près de la frontière israélienne.
Face aux Etats africains (Ethiopie, Tanzanie, Ouganda, Kenya, République démocratique du Congo, Rwanda et le Burundi) qui ont signé, en mai
dernier, un traité plus en accord avec leurs intérêts, l’Egypte a émis des avertissements : «L’Egypte se réserve le droit de prendre toutes les
mesures pour défendre ses droits historiques sur les eaux du Nil», a affirmé devant le Parlement, Mohamed Nasreddine Allam, le ministre de l’Eau et de l’Irrigation.
Le fait est, par ailleurs, que le réchauffement climatique risque de compliquer encore plus la situation. Une baisse du débit du fleuve aurait un impact dramatique sur l’Afrique de l’Est.
La guerre de l’eau aura-t-elle donc lieu ? Si les observateurs internationaux jugent peu probable la possibilité d’une expédition égyptienne contre les Etats africains, les litiges autour des eaux du Nil restent néanmoins récurrents.
En 1978, la menace de construction d’un barrage sur le lac Tana, en Ethiopie, avait amené Sadate à agiter le spectre de la guerre. «L’eau est le seul mobile qui pourrait conduire l’Egypte à entrer de nouveau en guerre» disait, en 1979, le président assassiné.
L’ancien secrétaire général de l’ONU, Boutros Ghali, soulignait, lui aussi, que la prochaine guerre que livrera son pays se déroulera dans les eaux du Nil.


Chronologie
- 1869. Un conflit armé lié à l’eau a eu lieu entre l’Egypte et l’Ethiopie.
- 1929. Un accord signé entre l’Egypte et
la Grande-Bretagne interdit à tout pays au sud de l’Egypte de réduire le volume des eaux atteignant l’Egypte et le nord du Soudan. Le traité stipule que, sans le consentement du gouvernement égyptien, aucun plan d’irrigation et aucune construction hydroélectrique ne peuvent être menés à bien sur les affluents du Nil ou sur ses lacs si ces réalisations sont susceptibles de diminuer le volume d’eau de façon dangereuse pour l’Egypte.
- 1959. Le traité sur l’utilisation totale des eaux du Nil a été signé, à l’issue d’une crise, entre l’Egypte et le Soudan en 1958. Khartoum revendiquait une part plus importante que celle que lui accordait le traité de 1929. Le traité fixe la part du Soudan à 18 milliards de mètres cubes du débit du fleuve.
- 1967. Le barrage d’Assouan naît dans des conditions politiques très particulières. La guerre froide bat son plein. Jugeant le colonel Nasser «trop à gauche»,
la Banque mondiale renonce à financer le projet.
Finalement, c’est l’Union soviétique qui prend le relais et réalise ce gigantesque barrage.
- 1980. L’Egypte menace de guerre l’Ethiopie après que son président,
Mengistu Hailé Mariam, se soit opposé au président Anwar Sadate qui voulait amener l’eau du Nil au Sinaï.
- 1999. Fondation de «l’initiative du bassin du Nil» avec l’aide de
la Banque mondiale pour apaiser les tensions.
- 2010. Cinq pays africains signent un nouveau traité qui, sans préciser
le volume du partage des eaux, annule les traités de 1929 et 1959.
Amel Blidi

07.11.
El Watan Dimanche 7 novembre 2010


2-3 Amin Abu Warda : Israël contrôle 80% de l'eau palestinienne.

Israël contrôle 80% de l'eau palestinienne et le contrôle régional s'est méthodiquement accru depuis des années 
Le chercheur palestinien Abu Kishek a déclaré que la sécurité de l'eau arabe est menacée par la politique israélienne et que toute solution politique au problème palestinien passera forcément par la question de l'eau.

Le chercheur dit que la sécurité de l'eau arabe affronte de nombreux défis, et ce depuis très longtemps. Pourtant, on fait très peu cas de la prise de contrôle continue d'Israël sur les ressources en eau. "La solution à la situation repose entièrement sur l'eau." Il a souligné qu'Israël a commencé à contrôler l'eau palestinienne lorsque l'Etat a été créé en 1948. L'eau est devenue la priorité pour Israël depuis qu'il l'a nationalisée en 1949.
Israël s'acharne à gagner le contrôle de l'eau souterraine et de surface dans le bassin du Jourdain, menaçant les zones agricoles les plus fertiles.
Après l'occupation des Hauteurs du Golan, de
la Cisjordanie, de Jérusalem Est et de la Bande de Gaza en 1967, Israël a commencé à prendre le contrôle de toutes les ressources en eau et les incursions au Liban ont commencé. Israël a récemment construit un barrage près des Hauteurs du Golan syrien qu'il occupe, près de la ligne de cessez-le-feu.
Le gouvernement israélien interdit aux Palestiniens de creuser de nouveaux puits sur leurs propres terres. Ceci est une vieille pratique qui signifie que lorsqu'un puit est sec, il n'y a plus d'eau.
A l'intérieur des colonies israéliennes, les eaux coulent librement des forages, comme on peut le remarquer, de loin, par la verdure. Le chercheur palestinien rapporte qu'Israël contrôle 80% des ressources palestiniennes en eau.
Abu Kishek dit que le tracé du mur israélien à l'intérieur de
la Cisjordanie suit à 100% le cours des bassins aquifères et nappes phréatiques.
Les Israéliens à l'intérieur des frontières israéliennes consomment, par habitant, quatre fois plus d'eau que les Palestiniens, et les colons israéliens en Cisjordanie sept fois plus que les Palestiniens.
Au sujet de la politique israélienne pour contrôler l'eau en Palestine, il dit qu'elle inclut la destruction de nombreux matériels, comme la démolition des puits, la destruction des systèmes d'irrigation, des réservoirs et des canalisations en Cisjordanie. Le résultat est un déficit majeur de la réserve souterraine, et l'augmentation des difficultés d'une partie de la population dans l'accès quotidien à l'eau potable.
La destruction par Israël des provisions d'eau de nombreuses villes palestiniennes, ajoutée au sel contenu dans l'eau venant des puits en Cisjordanie et dans
la Bande de Gaza, entraînent également le déclin de la production agricole.
Abu Kishek souligne qu'Israël a creusé 500 dispositifs pour l'eau le long de la frontière avec
la Cisjordanie, en même temps que sur le côté nord de la Bande de Gaza, les pompes israéliennes fonctionnent 18 heures par jour.
Le tracé du mur en Cisjordanie a été fait pour intégrer les ressources en eau palestiniennes à l'intérieur des frontières israéliennes, en plus de ce qui est déjà pris par les colonies israéliennes à l'intérieur de
la Cisjordanie. Et cela inclut la destruction de l'agriculture existante.
Israël a également détourné l'eau du Jourdain, ainsi qu'une partie des eaux du bassin ouest du Néguev. Les effets catastrophiques du vol de l'eau israélien sont clairs dans
la Mer Morte, et les Israéliens sont maintenant en train d'essayer de pomper l'eau de la Mer Rouge en détruisant de grands pans de terre pour construire une connexion avec la Mer Morte.
Ab
u Kishek ajoute que le but des fréquentes incursions d'Israël au Liban était de prendre le contrôle de l'eau de la région.
En 1978, Israël était parvenu à contrôler les eaux de la rivière Litani et avait installé des pompes près du Pont Khardali, avec une conduite longue de 10 kms depuis la rivière et passant par la ville de Taibe.
Israël avait installé d'énormes citernes de stockage dans les environs sud de la ville de Aita Al Shaab pour stocker l'eau de
la Rivière Litani et la distribuer aux colonies de Galilée. Israël avait transféré les eaux de la Litani au lac Tibériade, qui est à l'intérieur des frontières israéliennes et sous son contrôle. Israël avait aussi pris le contrôle des eaux de la Rivière Hasbani.
On note aussi des tentatives israéliennes pour prendre le contrôle des eaux du Tigre et de l'Euphrate, ainsi que son rôle dans le conflit pour les eaux du Nil.
Abu Kishek dit qu'en Palestine comme dans le monde arabe, les raisons de la crise de l'eau sont multiples.

Elles vont des chutes de pluie irrégulières jusqu'au fait que la plupart des rivières prennent leur source à l'extérieur des frontières politiques, aux effets du réchauffement global, aux fortes augmentations de population, et aux projets et ambitions de ceux qui cherchent à contrôler et à exploiter l'eau qui ne leur appartient pas.

Amin Abu Warda

Mondialisation.ca,

Le 8 janvier 2007

Source : Palestine News Network 

Traduction : MR pour ISM

http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=4377


2-4 Les eaux transfrontières.

« La concurrence féroce que se livrent les pays pour les ressources en eau fait craindre
que cet enjeu renferme les germes de conflits violents. [...] Nous pouvons, si tous les peuples du monde travaillent ensemble, garantir à tous un approvisionnement durable en eau à l’avenir. »

Kofi Annan, ancien Secrétaire général de l'ONU

Lorsque la qualité de l’eau se dégrade ou que la quantité disponible doit satisfaire une demande de plus en plus importante avec le temps, la compétition entre les usagers de l’eau s’intensifie. Ce phénomène n’est nulle part plus déstabilisant que dans les bassins fluviaux qui chevauchent des frontières politiques. L’expérience prouve cependant que, dans bien des situations, la nécessité de partager l’eau peut engendrer une coopération inattendue au lieu de générer des conflits ouverts.

Malgré la complexité des problèmes, le passé montre que les conflits liés à l’eau peuvent être résolus de façon diplomatique. Seuls 37 conflits graves impliquant des violences ont eu lieu au cours des 50 dernières années, alors que 150 traités ont été signés. Les nations accordent de l’importance à ces traités parce qu’ils rendent les relations internationales liées à l’eau plus stables et plus prévisibles.

Distribution sectorielle des 145 accords sur des eaux transfrontalières

L’histoire des traités internationaux liés à l’eau remonte à 2500 av. J.-C, lorsque les deux cités-États sumériennes de Lagash et d’Umma forgèrent un accord mettant fin à un conflit lié à l’eau le long du Tigre, accord souvent cité comme le premier traité toutes catégories confondues. Depuis, de nombreux traités ont été signés. Selon l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture, plus de 3.600 traités liés aux ressources internationales en eau ont été rédigés depuis 805 ap. J.-C. La majorité d’entre eux porte sur la navigation et la démarcation des frontières. Au cours du siècle dernier, les négociations et les traités ont délaissé la navigation pour se focaliser sur l’utilisation, le développement, la protection et la conservation des ressources en eau.

Des accords légaux sur le partage de l’eau ont été négociés et maintenus alors même que des conflits persistaient sur d’autres questions. Le Cambodge, le Laos, la Thaïlande et le Vietnam ont pu collaborer depuis 1957 dans le cadre de la Commission du Mékong et ont entretenu des échanges techniques tout au long de la guerre du Vietnam. Depuis 1955, Israël et la Jordanie ont régulièrement tenu des pourparlers au sujet du partage du fleuve Jourdan, alors même qu’ils étaient officiellement en guerre jusqu’il y a peu. La Commission du fleuve Indus a survécu à deux guerres entre l’Inde et le Pakistan. Un accord cadre pour le bassin fluvial du Nil, qui abrite 160 millions de personnes et est partagé entre 10 pays, a été scellé en février 1999 afin de combattre la pauvreté et de stimuler le développement économique dans la région en encourageant une utilisation équitable des ressources communes en eau pour le bien de tous. Les neuf pays du bassin fluvial du Niger ont convenu d'un accord cadre pour un partenariat du même type. Ces exemples illustrent deux aspects importants de la coopération internationale en matière de ressources en eau : le besoin d’une institution qui élabore efficacement un processus d'engagement et le soutien d'une tierce partie bénéficiant de bons financements et ayant de la confiance de toutes les factions.

Si les plus de 3.600 accords et traités signés sont une réussite en eux-mêmes, un examen plus attentif révèle néanmoins des faiblesses importantes. Ce sont des dispositions de suivi applicables, des mécanismes d’application et des dispositions précises de répartition de l'eau qui tiennent compte des variations de débit des eaux et des besoins fluctuants qui sont nécessaires. La Convention des Nations Unies sur le droit relatif aux utilisations des cours d'eau internationaux à des fins autres que la navigation de 1997 est un instrument international qui se focalise sur les ressources communes en eau. Elle a posé deux principes clés pour guider le comportement des nations en ce qui concerne les cours d'eau communs : « une utilisation équitable et raisonnable » et « l'obligation de ne pas causer de dommages significatifs » aux pays voisins. Cependant, c’est aux pays eux-mêmes de clarifier la signification précise de ces termes dans leurs bassins versants.

Les experts s’accordent pour reconnaître que les accords internationaux sur les cours d'eau doivent être plus concrets, énonçant des mesures d'application des traités et incorporant des mécanismes de résolution des conflits détaillés en cas de litige. Une meilleure coopération implique également de définir un système de répartition des eaux clair tout en restant flexible, qui tienne compte des phénomènes hydrologiques, de la dynamique changeante des bassins et des valeurs sociétales.

Sources :

Le saviez-vous?

  • Les 263 lacs et bassins fluviaux transfrontaliers du monde couvrent près de la moitié de la surface des terres émergées de la Terre.
  • 145 nations ont des terres qui font partie de bassins fluviaux internationaux et 21 pays sont situés intégralement dans des bassins fluviaux internationaux.
  • Si la plupart des bassins fluviaux ne sont partagés qu’entre deux pays, il existe de nombreux bassins pour lesquels ce nombre est largement plus élevé. Treize bassins dans le monde sont partagés par entre 5 et 8 nations riveraines. Cinq bassins fluviaux, ceux du Congo, du Niger, du Nil, du Rhin et du Zambèze, sont partagés par entre 9 et 11 pays. Le fleuve qui traverse le plus grand nombre de nations est le Danube, dont le cours traverse le territoire de 18 nations.

http://www.un.org/french/waterforlifedecade/boundary.html


n° 1- 'Géopolitique et stratégie ' des Guerres de l'eau ' - 11-11- Fin - La prochaine guerre mondiale sera t’elle la guerre de l’eau

n° 1-  'Géopolitique et stratégie ' des Guerres de l'eau ' - 11-11- Fin  - La prochaine guerre mondiale sera t’elle la guerre de l’eau


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'Otan et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



'Géopolitique et stratégie '

des

Guerres de l'eau.

n° 1-                                                  11-11

C.De Broeder & M.Lemaire

 



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Sommaire.

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Quand Israël s’en mêle…

4 Brèves

4-1 La prochaine guerre mondiale sera t-elle la guerre de l’eau ?

4-2 La véritable crise au Yémen : les ressources en eau -

4-3 Israël vole l'eau du Golan, la Syrie saisit l'ONU.  


3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Quand Israël s’en mêle…
Israël soutient publiquement les revendications des pays du sud du bassin du Nil.

L’Etat hébreu multiplie les opérations de séduction envers les pays africains en vue d’un partage des eaux du Nil.
La récente tournée du ministre israélien des Affaires étrangères dans les trois pays qui contrôlent le bassin nilotique — Ouganda, Ethiopie et Kenya — a grandement inquiété le régime égyptien. Israël et l’Egypte cherchent ainsi à étendre leur influence dans ces pays : pendant que Le Caire finance le creusement de puits au Kenya ou le nettoyage des lacs ougandais envahis par les jacinthes d’eau, Tel-Aviv participe à la construction de barrages en Ethiopie et s’engage à financer trois autres ouvrages en Ouganda.
L’enjeu, pour Tel-Aviv, est l’accès à l’eau. L’idée d’exploiter le Nil apparaissait déjà dans le livre du théoricien du sionisme, Théodore Hertzel. En 1974, un projet envisageant la restitution de Jérusalem-Est aux Palestiniens en échange du transfert annuel de 840 millions de mètres cubes — pour couvrir les besoins en eau d’Israël à l’époque — avait déjà été effleurée.
Le Nil, deuxième plus long fleuve du monde
Le Nil est le fleuve le plus long du monde après l’Amazone, il mesure
6671 km de long. Il est formé par la confluence, à Khartoum, du Nil Bleu et du Nil Blanc. Le Nil Blanc prend sa source dans le lac Victoria, un immense réservoir d’eau douce de 69 485 kilomètres carrés. Mais c’est le Nil Bleu, prenant sa source dans le lac de Tana (ou Tsana) en Ethiopie, qui, avec les autres cours d’eau éthiopiens, contribue le plus, et de loin, au débit du Nil : 84% en moyenne et pas moins de 95% lors de la saison des crues. Toute cette eau est partagée entre dix pays, principalement l’Egypte, le Soudan, l’Ethiopie, l’Ouganda, la Tanzanie, le Kenya, l’Erythrée, le Rwanda, le Burundi et le Congo-Kinshasa. Pour des raisons historiques, c’est toutefois l’Egypte qui, jusqu’à présent, se taille la part du lion – une situation de plus en plus remise en cause aujourd’hui par les pays situés en amont.
le 07.11.10 | 03h00


4 Brèves

4-1 La prochaine guerre mondiale sera t-elle la guerre de l’eau ?

La surface de la Terre est recouverte à 70% par de l'’eau à l’état liquide. A cela, il faut rajouter l’eau, à l’état solide, que l’on trouve sous forme de glace.
Pourtant, l’eau douce, essentielle à notre survie, ne correspond qu’à 3% de toute l’eau présente sur Terre.
De plus, près des quatre cinquièmes de cette eau douce sont prisonniers des régions polaires sous forme de glaciers; un cinquième se situe sous terre, dans les nappes souterraines. Seul 0,3'% de l'eau douce existe sous forme liquide dans les fleuves, lacs, rivières et marécages.
Ce sont ces 0,3% qui sont les plus facilement exploitables par l’homme.

La pollution et le réchauffement de la planète sont deux menaces qui mettent en péril les ressources d’eau. L’eau douce qui est accessible est très inégalement répartie sur l’ensemble de notre planète.
L’agriculture intensive et l’augmentation de la population créent une demande croissante. Nous sollicitons de manière irresponsable nos ressources sans penser à préserver nos réserves.

http://www.dinosoria.com/eau.htm


4-2 La véritable crise au Yémen : les ressources en eau -

Extrait

Le Yémen occupe le devant de l’actualité internationale depuis que le pays menace de devenir un nouveau front dans la guerre qui oppose les Etats-Unis à al-Qaeda et ses alliés locaux. Mais la véritable crise qui frappe actuellement le pays a une autre source : ce sont les ressources en eau qui viennent à manquer cruellement.

 En cause, la surexploitation des aquifères, notamment pour cultiver le qat, un narcotique léger abondamment utilisé dans le pays. Sanaa, capitale du pays et joyau historique, serait menacée d’être purement et simplement abandonnée du fait de l’épuisement des ressources. (Ajoutons que le Yémen, contrairement à ses voisins arabes, n’a pas de pétrole pour lui payer des usines de dessalement ou acheter des terres en Afrique.)

L’agence de presse Reuters vient de publier une dépêche. Voir ici une dépêche AFP en français datant d’il y a quelques semaines, au même sujet. Voir aussi ici (en anglais).

La presse internationale s’était d’ailleurs déjà fait l’écho des problèmes d’eau du Yémen fin 2009, avant que la présence virtuelle d’al-Qaeda dans ce pays ne devienne un enjeu prioritaire.

Dernière mise à jour : février 2010

http://www.partagedeseaux.info/article367.html


4-3 Israël vole l'eau du Golan, la Syrie saisit l'ONU.  

La Syrie a demandé aux Nations unies d'empêcher « Israël » de "continuer de voler l'eau dans le Golan occupé", dans une lettre adressée au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, c’est ce qu’ont rapporté, ce mardi, les médias officiels.
La lettre, envoyée lundi par le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem, accuse "les forces d'occupation israéliennes de mener une politique visant à contrôler les eaux du Golan et à empêcher les citoyens syriens d'user de leur droit naturel à ces eaux".  
"Le détournement par Israël des eaux du lac Massaada constitue une catastrophe économique et environnementale pour les habitants syriens du Golan, ainsi qu'une violation flagrante du droit international", ajoute le texte publié par la presse syrienne.
La lettre demande à l'Assemblée nationale de l'ONU d'"assumer ses responsabilités et d'empêcher Israël de poursuivre ses violations en volant notamment les ressources naturelles dans les territoires arabes occupés y compris dans le Golan syrien occupé".
Le plateau du Golan, qui renferme d'importantes sources d'eau, est occupée par l’entité sioniste en 1967.
La Syrie réclame, en échange de la paix, la restitution totale de ce plateau jusqu'aux rives du lac de Tibériade, ce qu'Israël refuse.

27/10/2010

http://www.almanar.com.lb 


4-4 Les occupants israéliens volent l'eau des Palestiniens et les assoiffent.

De manière très abusive, les occupants israéliens ont rebouché plusieurs puits partout en Cisjordanie. Ils privent les Palestiniens de leurs eaux. Ils tuent les vrais propriétaires de la terre et son eau, afin que l’eau souterraine ne baisse pas dans les colonies sionistes installées sur les territoires palestiniens.

Il y a peu de temps, les forces israéliennes d'occupation ont rebouché quatre puits dans le village de Dir Abou Daïf, à l’est de la ville de Jénine, source d’eau potable et d’eau d’irrigation.

Le Palestinien Khaled Yassine raconte qu’un bulldozer militaire épaulé d’une dizaine d’engins a détruit quatre puits dans la vallée du village. Les puits sont les propriétés de Fayeq Abdou Al-Rahman Yassine, Mohammed Hossein Jaber Yassine, Ibrahim Abdou Al-Rahman Yassine et Yasser Asaad Yassine.

Les forces israéliennes d'occupation ont également détruit les pompes installées sur ces puits, des pertes de dizaines de milliers de dollars.

Une vingtaine de puits ont été condamnés dans le seul village de Kafrdan, à l’ouest de la ville de Jénine, une perte inestimable.

Le fermier Mohammed Abed, du village Kafrdan, dit que son village fournissait l’eau potable à toute la région via les citernes. Par cette destruction, les villageois commencent à s’inquiéter pour leur avenir, pour ce qui est de l’eau.

La guerre de l’eau

Des institutions juridiques locales et internationales accusent les autorités de l’occupation israélienne de mener une réelle guerre de l’eau contre les Palestiniens. En fait, les occupants israéliens volent les eaux palestiniennes en mettant la main sur 85% de l’eau souterraine de la Cisjordanie.

Ils volent leur eau et ils la leur vendent à des prix exorbitants. Ils le font contre la Cisjordanie comme ils le font contre la bande de Gaza, elle qui est privée d’eau, de nourriture, de carburant, de médicaments.

L’écrivain israélien Jadoun Lifi écrit dans le journal hébreu Haaretz que son gouvernement empêche l’eau d’arriver aux villages palestiniens.

Il note que l’organisation internationale de la santé délimite 100 litres d’eau par personne la quantité d’eau nécessaire. Un Israélien consomme en moyenne 348 litres, tandis que le gouvernement israélien ne donne au Palestinien que 70 litres, au maximum.

L’écrivain israélien a critiqué son gouvernement qui ne respecte pas les accords sur la distribution de l’eau. Quelque 150 villages palestiniens souffrent d’un grand manque d’eau et ne sont reliés à aucun réseau d’eau.

Al-Aghwar

La région d’Al-Aghwar est le meilleur exemple de cette catastrophe d’eau créée par les occupants israéliens. La région est riche en eau mais les Palestiniens en sont privée, au moment où ils voient les tuyaux passer sous leurs pieds pour aller gorger les colonies sionistes d’eau palestinienne !

Dans cette région vivent quelque sept mille colons. Ils consomment, eux seuls, plus que ce que tous les Palestiniens de la Cisjordanie consomment !

Les forces israéliennes d'occupation nous interdisent de puiser dans nos eaux souterraines. Nous sommes obligés d’acheter à prix cher l’eau pour nous et pour nos bêtes, dit Ibrahim Bani Owda, du village de Ras Al-Hamra.

La société sioniste Microt monopolise la distribution d’eau, en "Israël". Elle veut assoiffer environ seize mille Palestiniens, en décidant de baisser l’eau fournie à plusieurs villages palestiniens jusqu’à la moitié, au moment où les colonies sionistes profitent à satiété de l’eau palestinienne !

Le Centre Palestinien d'Information

10 novembre 2010

Source : CPI
http://www.palestine-info.cc/...

http://www.palestine-solidarite.org:80/rapport.CPI.101110.htm



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

 

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

11/11/2010

n°557 - Dossier de Palestine - 10-11 - Début - : C'est la résistance qui empêche la guerre contre Gaza, non Abbas.


n°557 - Dossier de Palestine  - 10-11 -  Début - :   C'est la résistance qui empêche la guerre contre Gaza, non Abbas.



       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

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Dossier de Palestine

                                                                            n°557                                10-11

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Sommaire

 Tiré a part

De quoi le moment palestinien actuel est-il fait ?

Suite

Les brèves

1-1 Un député suédois d'origine turque expulsé d'Israël.

1-2 Livni attaque la Turquie en l'accusant de tenter de légitimer le pouvoir du Hamas à Gaza.  

2 Les Dossier

2-1 Zouhair Lahna : L’humanitaire comme politique ?

2-2 Le Hamas affirme son attachement aux principes et appelle à soutenir la résistance.

2-3 Al-Bardawil : C'est la résistance qui empêche la guerre contre Gaza, non Abbas.

2-4 Le Hamas : "Ce qui se passe en Cisjordanie est une attaque vicieuse contre les fils de la résistance".

2-5 L’Autorité Palestinienne emprisonne et torture des militants.

Fin

2-6 La terre brûlée, une nouvelle politique sioniste contre les Palestiniens.

2-7 Woudiwan Jean-Marie : Les « Caprices » de Benjamin Netanyahu.

BLOCUS DE GAZA

2-8 Rapporteur spécial des droits de l'homme : Le blocus de Gaza et l'occupation de Cisjordanie ont un coût humanitaire très élevé.

2-9 Flottille & Viva Palestina5

1 Israël intercepte un bateau de pacifistes en route vers Gaza

2 Flottille humanitaire : Tsahal a tiré 308 fois contre les pacifistes.

3 Viva Palestina5 est à Gaza, mission accomplie !

4 Victoire pour Viva Palestina dans Gaza !



Tiré a part

De quoi le moment palestinien actuel est-il fait ?

Quelles sont les tâches du mouvement de solidarité internationale

Publié le lundi 8 novembre 2010.

Le bavardage sur le processus de paix qui aboutirait à la « solution des deux Etats », les positions en demi-teinte pratiquant l’ambigüité des « oui mais », des « immenses espoirs menacés »…souffrent d’absence d’analyse, remplacée par des attentes et des spéculations qui rejoignent dans les meilleurs des cas le champ des vœux pieux. La lutte du peuple palestinien arrive aujourd’hui à un tournant dans sa longue trajectoire, qui annonce la fin d’une étape commencée en 1965 avec la naissance du mouvement des Fédayins et du nouvel OLP. Il est pertinent de constater que ce changement croise et recoupe celui que connaît le mouvement de solidarité internationale avec cette lutte, notamment avec l’adoption de la campagne Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre Israël. Nous ne pensons pas que ce recoupement soit le fruit d’un hasard.

I - Pourquoi conserve-t-on le cadavre ?

Le processus de paix, tel que né des accords d’Oslo, est bien mort. Mais ceci ne veut en aucun cas dire que son maintien factice en vie est sans conséquences. L’exercice qui consiste à conserver le cadavre en état présentable pour l’exposer et donner un semblant d’action possède une double fonction : 1) remplir le vide, car reconnaître l’échec et s’engager dans une autre voie est très coûteux pour les partenaires Palestiniens et Arabes qui l’ont porté, et en sont devenus ses otages et ses bénéficiaires en même temps, 2) permettre un certain camouflage de la progression des plans d’expansion des colonies, de leur enracinement, de la judaïsation de Jérusalem, de l’implantation d’un système de type apartheid en Israël même, du refus définitif du retour des réfugiés, et de la diabolisation de Gaza et sa mise à l’écart…des bonnes raisons pour que les différents gouvernements israéliens jouent le jeu. Les positions officielles, américaines et européennes en sont les complices consentantes, nullement pour des raisons obscures ou essentialistes, mais parce que leurs intérêts se recoupent. Le souci majeur qui leur est commun étant de conserver l’ordre établi en général, indépendamment du respect de toute notion de justice ou de droit. Des petits intérêts rentrent parfois en jeu, tels le besoin de reluire l’image d’Obama avant les élections du Congrès, ou celui d’alléger l’impact de la détérioration de la situation américaine en Iraq et en Afghanistan…

Mais quel est l’intérêt de la direction palestinienne ? Est-il exact que les autres alternatives sont inexistantes et que seule la participation aux négociations actuelles garantit aux Palestiniens une présence sur l’échiquier politique international, sans quoi leur cause sera négligée et leur sécurité encore plus menacée ? Est-il exact que le rapport de force ne permet pas mieux actuellement, mais qu’une avancée par étapes peut conduire à des améliorations futures ? Est-il exact que l’alternance de la bonne volonté affichée, d’une souplesse satisfaisante aux yeux des Américains et de quelques épisodes d’intransigeance est une tactique payante ? Dans la complexité de la situation palestinienne, l’impuissance d’imaginer d’autres perspectives que ce qui est en cours, de voir l’horizon et non pas la forêt, peut conduire au désespoir. Mais surtout, la façon adoptée par l’AP pour aborder la question palestinienne aujourd’hui fait partie du système de reddition en construction. Car c’est d’un « système » qu’il s’agit, c’est à dire d’un ensemble articulé, dont fait partie les négociations dites « directes » entre l’Autorité palestinienne et Israël, qui vont reprendre rapidement dès qu’une porte de sortie capable de sauver la face de l’AP sera trouvée.

II - Des négociations pour la paix ?

Tout d’abord, de quelle « paix » s’agit-il ? D’une coexistence « pacifique » entre les deux peuples, but louable en soi s’il n’ignorait pas qu’un des deux peuples est soumis à la colonisation expansionniste, à la répression brutale et au déni de droits. Une paix ou même une coexistence pacifique ne peut se construire sur une situation aussi extrême de domination. Il faut caractériser cette situation, son camouflage sous un faux nom est une tromperie.

Mais « que faire alors ? » dit une Autorité palestinienne qui s’enfonce dans ces négociations sous visa arabe (c’est se couvrir mutuellement), ne cesse de parler de « rapport de force » qui lui est défavorable, prétend parfois qu’elle cherche à démasquer Israël devant le monde entier, et particulièrement devant les Etats-Unis, espère que ceci donnera au peuple palestinien un début de justice, un Etat palestinien, même en forme de Bantoustans, sans souveraineté et sous totale domination, mais qui sera « un pas en avant ». C’était, rappelons-le, Yasser Arafat qui avait qualifié de Bantoustans ce qui lui était proposé durant les négociations de Camp David 2, refusant de cautionner ce résultat.

Examinons ces arguments qui sont les fondements des multiples justifications que pratique l’AP, et avec elle tous ceux qui pensent qu’il faut être « réaliste » et « pragmatique ».

1)La dégringolade des pouvoirs arabes, déjà en œuvre, a été accélérée par l’occupation américaine de l’Irak. Que cette occupation ait causé une catastrophe durable pour l’Irak, ou qu’elle ait échoué à établir un ordre stable (qui se voulait exemplaire, « le Nouveau Moyen Orient ») favorable à Washington, ne changent rien au fait que l’armée américaine, et la diplomatie américaine, sont sur place et gèrent directement un des pays les plus importants de la région, de par sa place géostratégique et les richesses pétrolières (et autres) qu’il possède. Certains régimes arabes ne jurent que par Washington, et considèrent qu’il est leur protecteur face à la menace iranienne (parfois dite « shiite »). Nous l’avons bien vu au moment de l’agression israélienne sur le Liban en 2006, l’Egypte, la Jordanie, l’Arabie saoudite (pour ne citer que ceux-là) soutenaient l’agression et espéraient ainsi en découdre avec le Hizbullah et la Syrie, pour casser cet « axe » à la tête duquel se tient leur ennemi juré, l’Iran. Que ceux qui continuent de dire « mais où est le monde arabe » arrêtent leur hypocrisie ! Les pouvoirs arabes dans leur majorité écrasante font partie de l’axe américano-israélien, et le mélange répression/corruption/misère qui maintient dans la peur et l’impuissance les sociétés est très efficace. Un 2ème élément doit être évoqué, qui a accompagné la montée en force de l’OLP. C’est celui de l’autonomie palestinienne revendiquée (à juste titre, afin de protéger le mouvement palestinien naissant des visées hégémoniques et des interventions manipulatrices des pouvoirs arabes). Cet objectif a acquis un autre sens, a été perverti en quelque sorte, au fur et à mesure que le mouvement palestinien perdait la base territoriale – le Liban - qui lui permettait une marge d’autonomie. Avec le concours d’autres éléments, il a fini par signifier une distanciation entre la question palestinienne et son environnement. Il est clair que si l’autonomie palestinienne conduisait au détachement de la question palestinienne de sa matrice arabe, le rapport de force serait évidemment au désavantage des Palestiniens. Ce qui nous conduit au point suivant.

2)Le rapport de force ! Formule magique pour tout justifier, alors qu’il n’est en soi que l’autre nom de l’exercice politique. Aucun rapport de force n’est immuable ou stable, tout rapport de force se mesure dans l’action. Quand Sadate signe un accord unilatéral avec Israël en 1978, il ne se soumet pas à un rapport de force figé, mais fait plutôt un choix qui influe et modèle ce rapport de force, qui le crée en quelque sorte et qui génère des conséquences. Le choix est certes dicté par de multiples calculs et considérations. Mais « le rapport de force » ne peut pas être un paravent ou un essuie-tout. Il ne peut en aucun cas justifier les négociations avec Israël telles qu’elles sont pratiquées, sans référence aux constantes ou aux fondamentaux nationaux (ce que les pays appellent leurs « intérêts vitaux »), sans lien avec la référence au Droit (quelles sont les « droits inaliénables du peuple palestinien » ? quel rapport au droit international, sinon à quoi sert-il ?), et sans aucune stratégie. Soyons clairs : il ne s’agit pas de condamner le principe de négociation en tant qu’outil politique, (ce serait absurde), mais de l’encadrer et de définir à chaque étape son objectif et ses conditions. On nous dit souvent que la lutte armée pour la libération nationale n’est pas un but en soi, mais un moyen, qu’elle n’est pas sacrée, et c’est vrai. Il en est de même des négociations ! Aucun mouvement de libération n’a jamais refusé de négocier avec son ennemi. Mais il s’agit de décider du programme, de l’opportunité et des manières de faire. Les négociations palestino-israéliennes se déroulent actuellement dans des conditions bien précises : le côté israélien sait ce qu’il veut, le met en application et l’impose, alors que le côté palestinien n’a pas de ligne et de repères qui guident ses pas. Il est entrainé dans un processus de « négociation pour la négociation » qui est devenu un mode de survie pour garder le fil entre les deux parties adverses et avec la « communauté internationale ». Mais ce mode n’affecte pas la machine de l’occupation qui suit son chemin. Bien au contraire, il la couvre en prétendant que tout ce qu’elle fait est « provisoire » puisqu’on négocie, (et en attendant l’aboutissement des négociations à une « solution finale » !)

3)Les expériences de compromis politiques ou de négociations, de par le monde, montrent que le négociateur doit être inflexible, et doit élaborer et défendre sa vision et ses revendications. La bataille des idées, la bataille de la représentation, de la description et de la conception de la situation, est majeure. Or, sous prétexte de plaire aux Américains, ou à certains régimes arabes, ou sous prétexte de démasquer l’intransigeance d’Israël et de prouver ainsi qu’il est responsable des échecs, le négociateur Palestinien dit tout et son contraire à la fois. Prenons l’exemple de cette exigence israélienne de reconnaitre le « caractère juif de l’Etat d’Israël ». Le secrétaire du comité exécutif de l’OLP (Yasser Abed Rabbo), et derrière lui Mahmoud Abbas lui-même, ont répondu que ce caractère ne les concernait pas ! Comme si la reconnaissance du caractère juif de l’Etat d’Israël n’impliquait pas la reconnaissance du maintien des Palestiniens de 1948, détenteurs de l’identité israélienne, en citoyens de seconde zone. Qu’est ce qu’un système d’apartheid sinon ceci ? Devant cette condition sine quoi none israélienne pour geler l’expansion des colonies, l’administration américaine a invité l’AP à présenter une contre-proposition. L’AP répond : « définissez-nous les frontières de l’Etat palestinien et appelez votre Etat comme vous voulez » !! Hallucinant. Puis ils se sont fondus en explications encore plus embrouillées que ces réponses. Au lieu de mener une campagne claire, basée sur les intérêts palestiniens et les principes internationaux d’égalité, la tactique de l’AP « pour démasquer Israël » lui a gratuitement cédé un point majeur, celui de son caractère juif. C’est un exemple parmi tant d’autres, qui relèvent tous du même registre.

4)Enfin, l’idée de procéder par étapes, est souvent évoquée par l’AP pour justifier la conduite adoptée au même titre que celle du rapport de force défavorable. Pourra-t-on progresser vers plus, une fois que l’AP aura accepté de nommer Etat palestinien les Bantoustans de la Cisjordanie encerclés par les colonies ? Une fois qu’elle aura accepté non seulement le principe - c’est fait ! - mais la pratique d’« échange de territoires » (ou comme dit Lieberman que c’est juste « une modification des frontières et non pas un transfert de population »), une fois que la Jérusalem palestinienne sera en fait Abou Dis, ou une autre banlieue (puisque c’est une question de « noms »), une fois que la vallée du Jourdain sera définitivement annexée par suite de l’acceptation de la présence militaire israélienne durable pour rassurer Israël, une fois que Gaza, la méchante, sera totalement écrasée sous prétexte du Hamas, le siège ne pouvant être levé que si celui-ci capote, une fois que sera officiellement annulé le droit au retour des réfugiés Palestiniens, sachant que seuls les détenteurs d’un droit peuvent le céder, (mais nous ne sommes plus à un détail près !). Quel sera alors l’état du fameux rapport de force ? Et pourquoi espérer que l’AP sera récompensée pour sa docilité ? Le peuple palestinien, dit-on, pourra toujours se révolter contre cet état de choses qui lui aurait été imposé, mais la révolte n’appartient pas à la notion de gradualité et d’étapes que vend l’AP. Bien au contraire, la révolte sera une opposition à ce que l’AP aura entrepris.

5)N’y-a-t-il pas vraiment pas d’autres alternatives ? Plusieurs voix palestiniennes significatives pensent que ces alternatives existent, ainsi que des intellectuels et des militants arabes qui ont passé leur vie à soutenir la lutte du peuple palestinien. Le problème réside dans le point de départ de l’action politique de l’AP, qui repose sur la recherche d’une solution immédiate. Dans ce cas, le peuple palestinien serait contraint d’accepter n’importe quoi, du moment que ce n’importe quoi portera le nom d’Etat palestinien. Par contre, si la stratégie palestinienne se construit sur la nécessité d’entretenir la lutte face à l’occupant colonialiste et au système qu’il installe, les alternatives sont multiples. Il est clair ici qu’il ne s’agit pas uniquement de « prendre position », c’est à dire de trancher la chose par un discours, mais bien de proposer un ensemble d’actions et d’attitudes, incluant le niveau diplomatique bien évidemment, mais focalisant sur 3 éléments : 1) la réorganisation de l’ensemble du peuple palestinien en réseaux de solidarités et de résistances – à la tête desquelles se tient la résistance civile et pacifique, tout en refusant de condamner le droit à la résistance armée quand elle est opportune (l’opposition pacifique/ armée est factice et doit être condamnée, ce ne sont que des outils au service d’une stratégie). 2) En deuxième lieu, il s’agit de renouer avec les réfugiés Palestiniens, surtout dans le monde arabe, qui sentent qu’ils sont bradés au profit de la « solution immédiate », et en faire des appuis pour la réunification des éléments de la question palestinienne entre les mains d’une OLP refondée et restructurée de nouveau pour lui rendre sa représentativité. Le plus grand danger qui guette la lutte du peuple palestinien est la dislocation de ses composantes. C’est un procédé déjà avancé mais pas encore irrécupérable, y compris au niveau de l’unité politique indispensable entre les factions palestiniennes, Hamas et Jihad inclus. L’OLP a été réduite à l’AP, et l’AP à une partie du Fatah (puisque des courants contestataires dans le Fatah ont été négligés). Cette pratique contredit toute l’historique du mouvement de la lutte palestinienne, et même l’historique du Fatah lui-même. L’exigence d’un retour à un cadre unitaire est indispensable pour l’assainissement de la situation. 3) Enfin, se réapproprier le niveau de la solidarité internationale active est le troisième élément de cette stratégie à adopter. Rien d’autre ne pourra compenser le soutien américain et occidental officiel à Israël, la solidarité internationale ayant été brouillée par l’illusion d’une solution à portée de main, qui se négocie dans les coulisses diplomatiques et ne demande pratiquement rien aux militants de par le monde, prêts pourtant à se mobiliser pour la Palestine. Quel gâchis !

6)L’argument selon lequel la revendication de deux Etats correspond au droit international et constitue ainsi un atout pour la politique palestinienne, adopte une vision borgne de la notion de droit et de légalité, en plus de souffrir de formalisme. Il est très dangereux de diviser ces notions et d’être sélectif quant à leur application. Rien, aucun engagement diplomatique, n’empêche les Palestiniens de développer une vision d’un autre Israël, d’un Israël débarrassé de son caractère colonial, qu’il serait possible de côtoyer. La réalité israélienne concerne les Palestiniens qui en sont quand même ses premières victimes.

7)La stratégie de lutte palestinienne adéquate actuellement reste à élaborer. Il ne s’agit pas de choisir à la carte entre le Fatah et le Hamas, entre négociation et lutte armée. Cette simplification est criminelle de part et d’autre de ses porte-paroles. Ni les négociations ni la lutte armée ne se suffisent à elles-mêmes, et leurs conditions d’application, leurs interactions, leurs exigences et préparatifs devraient être décidées, élaborées et construites, ce qui manque dans une large mesure. Tout autant que l’illusion catastrophique d’une « solution immédiate négociée » à portée de main, l’appel à la lutte armée devient juste une surenchère, ou dans les meilleurs des cas une position de principe qui ne mène nulle part. Ce sont là des postures de plus en plus abstraites, parce que sans fondements politiques ancrés dans la réalité.

III - Le système mis en place

Mais comment perdure cet état des choses ? Le côté palestinien est constamment invité à faire des concessions, face auxquelles il n’a guère le choix du refus, parce que plus vulnérable et exposé à la merci des grandes puissances. C’est là tout le sujet : à supposer que la classe dirigeante palestinienne ne collabore pas sciemment, elle a par contre participé à la construction d’un édifice/prison, où elle dépend pour sa survie du bon vouloir d’Israël. 1) l’exigence de coordination sécuritaire avec l’occupant a atteint des proportions inimaginables : le coordinateur du gouvernement israélien en Cisjordanie a révélé il y a quelques jours que pour la première moitié de 2010, les opérations sécuritaires coordonnées entre les forces spéciales palestiniennes (entrainées par le général américain Dayton auquel vient de succéder le général Muller) et les forces sécuritaires et armées israéliennes ont été au nombre de 1424 opérations, c’est-à-dire une opération toutes les 3 heures !! Ceci représente le double de ce qui a été pratiqué tout au long de l’année 2009, et dépasse la coordination qui existe entre les forces de l’Otan en Afghanistan !! 303 réunions de coordination sécuritaire entre les deux parties ont été tenues durant ces 6 mois. L’AP dépend aussi du bon vouloir « international ». Elle vit des aides de l’UE, qui permettent à 160 000 fonctionnaires en Cisjordanie –selon les chiffres officiels de l’AP, donc à 160 000 familles – de toucher leurs salaires. Les entrepreneurs de toute sorte vivent des projets financés ou soutenus par ces instances, et des miettes sont enfin distribuées sous formes d’aide ponctuelle. Pourront être énumérés des centaines d’éléments qui prouvent le degré d’imbrication de l’AP dans un système entier de dépendance à l’égard de l’occupation (on évoque souvent les cartes VIP qui symboliquement concrétisent cette situation), et ainsi, de la nécessité de maintenir les négociations de paix indépendamment de leur résultats et des dégâts qu’elles causent.

La division entre l’AP et le Hamas, ainsi que le blocus de la bande de Gaza, font partie du système en question. Cette division est féconde, permettant à l’AP de recevoir de façon continue des signes de reconnaissance de sa légitimité, mais aussi un soutien financier pour la consolider face aux « méchants » dont l’existence est concrétisée par leur mainmise sur Gaza. Le Hamas, qui pourtant condamne les négociations, adopte une attitude schizophrène, considérant son autorité sur Gaza comme une preuve de sa force qui doit être reconnue par les puissances internationales, et comme un partage du pouvoir avec l’AP. Cette division est une chance pour Israël, car elle permet de remettre au deuxième plan les solutions plus globales, et notamment les dispositifs concernant le lien entre les 2 parties des territoires palestiniens de 1967. Une complicité nauséabonde est ainsi établie entre les différents protagonistes de cette situation, incluant les 2 organisations palestiniennes elles-mêmes, mais de façon directe, Israël et l