Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

23/10/2010

n°555 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine - 22-10 - : Fin : - : Gaza : Le soleil s’était levé tôt ce matin là …

n°555 - Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine - 22-10 - : Fin  : -  : Gaza : Le soleil s’était levé tôt ce matin là …



L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 



Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine

555 du 22-10

C.De Broeder & M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis       :  no-war.over-blog.com

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

  

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 

Sommaire

3 Annexe

3-1 Appel de personnalités pour la liberté d’expression.

3-2 Obama a donné le traditionnel discours annuel à l’ouverture de l’Assemblée Générale des Nations Unies.

3-3 Les lauréats du Prix Nobel de la paix après le 11-Septembre.

3-4 Manuel de Diéguez : Israël et la régression intellectuelle de la civilisation occidentale.

 


3 Annexe

3-1 Appel de personnalités pour la liberté d’expression.

Plusieurs dizaines de personnalités, parlementaires, élus, responsables politiques et associatifs, ont lancé vendredi un appel protestant contre les procès intentés par le gouvernement aux militants engagés dans la campagne de boycott d’Israël, tant que cet Etat opprimera la Palestine

Voici le texte de cet « Appel de personnalités pour la liberté d’expression

Par des opérations non-violentes et symboliques, des élu-e-s et militant-e-s, dont une parlementaire, ont souhaité attirer l’attention de l’opinion publique sur le refus de l’Etat d’Israël de se conformer aux principes inscrits dans les traités européens et dans les accords d’associations qu’ils ont signés, à savoir le respect des Droits Humains et celui de la traçabilité des produits à l’exportation.

Par la même occasion, ils dénoncent l’impunité dont bénéficient les autorités israéliennes, impunité qui cautionne ces violations répétées du droit international et l’injustice que subit au quotidien le peuple palestinien du fait de l’occupation coloniale.

Pour avoir osé user de leur liberté d’expression dans le respect des principes républicains, ces élu-e-s et militant-e-s sont aujourd’hui poursuivi-e-s devant la justice pour provocation à la discrimination raciale, voire pour antisémitisme. Il s’agit d’un chantage fondé sur un amalgame inacceptable !

La critique de la politique du gouvernement israélien relève du débat d’idées et s’exerce dans le respect des grands principes fondamentaux de notre droit, dont celui de la liberté d’expression.

En aucun cas, les actions menées par ces élu-e-s et militant-e-s ne peuvent être considérées comme des actes, paroles ou propos « discriminatoires à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes, en raison de son origine ou de son appartenance ou non appartenance à une nation ».

Nous dénonçons cet amalgame qui voudrait nous faire taire devant cette injustice qui heurte nos valeurs universelles.

Cette pétition est ouverte sur le site http://www.ipetitions.com/petition/boycottlibertedexpression

Publié le 1er-10-2010


3-2 Obama a donné le traditionnel discours annuel à l’ouverture de l’Assemblée Générale des Nations Unies.

extrait

Pendant de nombreuses années je n’ai pas prêté beaucoup d’attention à la vie des partis politiques aux Etats-Unis. Généralement, je ne sais pas qui est qui au Congrès. C’est la politique qui m’intéresse, plus que les politiciens. Mais pendant la campagne des présidentielles de 2008 je n’arrêtais pas d’entendre parler d’un certain Barack Obama. Lorsque j’allumais la radio, j’entendais son nom et son nom apparaissait sans cesse dans les titres des journaux. Je savais seulement qu’il était sénateur de l’Illinois et... vous dites qu’il est noir ?

Puis un jour j’ai allumé la radio dans ma cuisine et j’ai entendu que Obama allait prendre la parole. Alors j’ai écouté pendant 15 ou 20 minutes pendant que je faisais la vaisselle. J’ai écouté, et écouté, et soudain ça m’a frappé... Cet homme ne disait rien !

Rien que des banalités et des clichés, pratiquement rien sur le fond. Son discours aurait pu être rédigé par un ordinateur ?

Il abordait tous les sujets qu’il convenait d’aborder pour dire juste ce qu’il convenait de dire pour donner un peu d’espoir aux pessimistes et amadouer les sceptiques et les cyniques ; un langage passe-partout valable pour toutes les occasions ; et politiquement correct sur tous les sujets.

J’apprendrai plus tard que ses partisans affirmaient qu’il était obligé de s’exprimer ainsi pour se faire élire, mais qu’une fois élu – Ha ! Vous allez voir ce que vous allez voir ! Le véritable Barack Obama, progressiste et anti-guerre, allait faire son apparition. « Le Changement auquel vous pouvez croire ! », Alléluia ! … Et ils le croient encore.

La semaine dernière, Obama a donné le traditionnel discours annuel à l’ouverture de l’Assemblée Générale des Nations Unies. (7)

…..

Ensuite un verbiage sans fin sur l’interminable conflit Israelo-Palestinien, un discours qui aurait pu sortir de pratiquement n’importe quel discours prononcé par n’importe quel président des États-Unis au cours de ces trente dernières années.

Mais il n’a fait aucune allusion à Gaza. Oh, pardon, si, il y avait bien une ligne : « la jeune fille de Gaza qui ne veut pas qu’il y ait de couvercle sur ses rêves  ».

Tant d’émotion a de quoi vous nouer la gorge. A croire que les États-Unis n’ont aucun moyen de pression sur l’état d’Israël – des milliards, des milliers de milliards de dollars en aides et cadeaux militaires et économiques. Un président américain avec un minimum de courage pourrait obliger Israël à faire des concessions, et dans la lutte entre un gorille de 500 kg (Israël) et un bambin (le Hamas), le gorille ferait quelques concessions.

Et ceci aussi : « Nous savons d’expérience que ceux qui défendent ces valeurs (universelles) pour leur peuple ont été nos plus proches alliés et amis, tandis que ceux qui ont dénié ces droits – que ce soit des groupes terroristes ou des gouvernements tyranniques – ont choisi d’être nos ennemis. »

Quel mensonge. Il serait difficile de nommer une seule dictature brutale du monde occidental de la deuxième moitié du 20eme siècle qui n’a pas été soutenu par les États-Unis ; non seulement soutenu, mais souvent mis en place et maintenu au pouvoir contre la volonté des populations.

Et à une époque plus récente, Washington a soutenu des gouvernements très répressifs, tels l’Arabie Saoudite, le Honduras, l’Indonésie, l’Égypte, le Kosovo, la Colombie et Israël. Et pour ce qui concerne les groupes terroristes ennemis des Etats-Unis – voilà un autre volume à ranger dans la future bibliothèque des mensonges présidentiels de Barack Obama. Comme je l’ai déjà écrit, les Etats-Unis ont soutenu des groupes terroristes depuis des dizaines d’années. Tout comme ces derniers ont soutenu la politique étrangère des Etats-Unis.

« Certes, c’est très agréable d’avoir un président qui s’exprime avec des phrases complètes. Mais le fait que ses phrases soient cohérentes ne les rend pas honnêtes ». John R. MacArthur, directeur de Harper’s Magazine. (8)

….

Le secret pour comprendre la politique étrangère des Etats-Unis est qu’il n’y a pas de secret.

Il faut d’abord comprendre une bonne fois pour toutes que les Etats-Unis aspirent à dominer le monde. Une fois cette idée assimilée, tout le reste coule de source. Pour illustrer cette aspiration par des chiffres, depuis la deuxième guerre mondial les Etats-Unis ont :

- renversé plus de 50 gouvernements, la plupart démocratiquement élus
- se sont ingérés ouvertement dans les élections d’au moins 30 pays.
- mené des guerres ou des actions militaires, directement ou par des armées mercenaires, dans environ 30 pays
- tenté d’assassiner plus de 50 dirigeants étrangers
- largué des bombes sur environ 30 pays
- éliminé des dizaines de mouvements populistes/nationalistes partout dans le monde. (10)

La machine de guerre institutionnelle des Etats-Unis a longtemps été, et est encore, en pilotage automatique.

(…)

William Blum


3-3 Les lauréats du Prix Nobel de la paix après le 11-Septembre.

 

2003

Shirine Ebadi

Pour faire monter la pression contre l’Iran

 

2004

Wangari Muta Maathai

Pour faire monter la pression contre le Kenya et les Etats africains qui se rapprochent de la Chine

 

2005

AIEA et Mohamed ElBaradei

Pour avoir neutralisé Hans Blix et avoir permis la guerre contre l’Irak

 

2006

Muhammad Yunus et la Grameen Bank

Pour avoir financiarisé la pauvreté en prêtant aux personnes non solvables à un taux double du marché

 

2007

GIEC et Al Gore

Pour avoir inventé le bogue de l’an 2000 et pour justifier la financiarisation de l’écologie et la Bourse des droits d’émission de CO2

 

2008

Martti Ahtisaari

Pour avoir fait capoter les négociations avec la Serbie et avoir justifié la guerre du Kosovo

 

2009

Barack Obama

Pour avoir relooké les USA tout en continuant leurs guerres impériales

 

2010

Liu Xiaobo

 

 

Pour faire monter la pression contre la Chine

 

http://www.voltairenet.org/article167221.html

 


3-4 Manuel de Diéguez : Israël et la régression intellectuelle de la civilisation occidentale.

Les Etats et les Eglises ne se décident à ouvrir les yeux qu'à l'heure où il ne leur reste d'autre ressource que de retirer le bandeau qu'ils s'étaient mis sur les yeux. La cloche des évidences est-elle proche de sonner au beffroi de l'histoire ? Car enfin, jamais encore l'histoire du genre humain n'avait pris la tournure d'une farce planétaire.

Certes, il y avait longtemps qu'on se frottait les yeux au spectacle des négociations fantasmagoriques qui se déroulaient entre Israël et la Palestine et l'on n'en revenait pas de ce que des tractations condamnées à demeurer fictives pussent tenir en haleine des chancelleries médusées et une presse mondiale ébahie, on n'en croyait pas ses oreilles qu'une tragi-comédie de cette envergure pût un jour trouver place dans les livres d'histoire. Comment la raconter demain aux enfants sur les bancs de l'école si les adultes y jouaient, eux aussi, le rôle de spectateurs en bas âge?

Et voici que les bras vous en tombent de découvrir que ce théâtre d'ombres et de songes n'était pas encore allé au terme de sa puérilité et que l'on verrait un fantoche, un paltoquet, une marionnette débouler des coulisses sur la scène et saluer le public d'acte en acte. Quelle pièce jouait-on, à quel répertoire inconnu était-elle empruntée, quel en était l'auteur? L'histoire cache dans ses archives de nombreuses effigies d'une condition humaine titubante. Mais qui aurait pu imaginer qu'un Président de Etats-Unis adresserait au Premier Ministre d'un Etat étranger une lettre officielle dont les termes lui auraient été dictés au préalable par le destinataire et selon laquelle, primo, le locataire de la Maison Blanche mettrait son veto "à toute résolution concernant Israël, d'où quelle vienne, durant la période des négociations, laquelle est fixée à un an", secundo, que la "dotation militaire annuelle des Etats-Unis à Israël, de trois milliards de dollars, serait augmentée" et que Tel-Aviv pourrait "avoir accès à de nouvelles armes et à des systèmes de surveillance satellitaires", tertio, qu'Israël demeurerait maître de sa prédéfinition unilatérale des "exigences de sa sécurité", c'est-à-dire de la formulation aussi solitaire qu'incontrôlée de ses ambitions politiques et militaires sous le couvert traditionnel de l'évocation de la "sécurité" du pays; quarto, que durant l' année que dureraient les négociations imaginaires appelées à monter en volutes vers le ciel des anges, Israël disposerait d'une totale impunité, puisqu'aucune résolution ne pourra se trouver adoptée par le Conseil de Sécurité, quel que soit le comportement peu séraphique de son armée sur le champ de bataille; quinto, que le futur pseudo Etat palestinien sera privé d'armée et sera si peu souverain qu'il devra ouvrir tout grand son territoire et sans jamais rechigner aux mouvements des troupes israéliennes stationnées à ses frontières, sexto, qu'en retour Israël ne prolongerait que de deux mois la suspension de son expansion territoriale en Cisjordanie, après quoi il en reprendrait le cours inexorable, sauf à obtenir de nouveaux bénéfice tangibles en échange de l'ascension dans les airs d'un nouveau nuage de fumée.

Pourquoi les Etats-Unis ont-ils signé un marché de dupes de ce calibre? Pourquoi le parti démocrate a-t-il accepté de payer d'un ridicule immortel et d'un effondrement sans remède du poids de l'Amérique dans le monde l'avantage éphémère de perdre un peu moins cruellement les élections de mi-mandat de novembre 2010? Un désastre politique aussi indélébile ne s'explique que par le ligotage et le bâillonnement pur et simple de M. Barack Obama. Comme je l'ai écrit le 4 juin 2009 en prévision du discours du Caire du 6 juin, le garrottement politique de ce chef d'Etat résulte de son refus de se laisser héroïquement assassiner, donc de la dérobade de ce faux héros devant le destin sacrificiel auquel la vocation d'un vrai Président des Etats-Unis l'appelle aujourd'hui.

En raison de la désertion piteuse de la victime, déjà l'immolateur s'approche de l'autel. Est-il un tueur ou un délivreur ? Ce qui est sûr, c'est qu'un nouvel équilibre des forces vient d'ores et déjà démontrer que la nature a horreur du vide et qu'un locataire de la Maison Blanche réduit à un mannequin dont Israël tire les ficelles aux yeux du monde entier enfantera un nouvel équilibre des forces , qui remettra les rênes du monde à la Chine, à la Turquie, à l'Iran, à la Syrie, à la Russie, au Brésil. Du coup, le déclin de l'Europe deviendra irréversible pour s'être rangée jusqu'au bout aux côtés d'un empire agonisant.

Mais, depuis la plus haute antiquité, les sacrifices cultuels sont ambigus. Peut-être l'Europe saisira-t-elle cette occasion de sortir de son sépulcre. De toutes façons, cette tragédie deviendra, me semble-t-il, un peu plus intelligible à la lumière de la science historique et politique dont je tente d'exposer les fondements anthropologiques depuis près de dix ans.

A l'écoute des dernières péripéties et rebondissements de l'histoire d'Israël, je rappelle ci-dessous les paramètres d'une mutation des offertoires de la politique internationale. La vocation d'une politologie critique l'appelle à déchiffrer l'histoire d'une espèce auto-sacrificielle de naissance.


 

1 - Les fondements anthropologiques de l'intelligibilité de l'Histoire
2 - Une parturition rousseauiste
3 - Les vêtements religieux du temps
4 - Les cités et leur mythe
5 - De l'universalité du sacré
6 - " Dieu " est une île intérieure
7 - L'identité mythico-terrestre du simianthrope
8 - Où faire passer la frontière entre la théologie et la politique ?
9 - Un Graal à plusieurs convois

1 - Les fondements anthropologiques de l'intelligibilité de l'Histoire

Dans quelques mois au plus tard et peut-être déjà dans quelques semaines, un thème de fond va occuper la presse, les médias et surtout les quelques commentateurs de la politique internationale encore attachés non point à flâner en promeneurs désœuvrés dans les coulisses de l'actualité planétaire, mais à descendre en spéléologues hardis dans les arcanes de la politique et de l'histoire.

On peut lire, dans le Monde du 10 août 2010: "Un tremblement de terre moral". Pas moins. C'est la formule utilisée, dimanche 8 août, par Yediot Ahronot, le quotidien le plus lu en Israël, pour décrire la dernière nouvelle qui embarrasse l'armée. De quoi s'agit-il ? De la destruction du village bédouin d'Al-Farasiya, dans la vallée du Jourdain, qui a transformé une centaine de paisibles paysans en sans-abri ? Du fait que le ministère de la défense et la Cour suprême aient interdit à une jeune habitante de Gaza d'aller étudier les droits de l'homme en Cisjordanie ?"

Non, en Israël ce genre d'information, reléguée en bas de page, ne soulève guère d'indignation. L'émoi des médias trouve son origine dans le dernier épisode de la " guerre des généraux".

C'est dire qu'aucun événement digne de faire la une des journaux n'aura stupéfié l'opinion publique mondiale au point d'alerter tout subitement la conscience journalistique endormie sur les cinq continents. Et pourtant, dans les profondeurs, la science de la mémoire aura été ébranlée au point que la problématique et la méthodologie politique mondiale en sera bouleversée.

Pourquoi cela? Parce que ce sont les contradictions internes du géocentrisme, les défis à la logique interne de la phlogistique, l'incohérence interne de la physique classique, l'irrationalité interne de la psychologie dite "des facultés" qui ont contraint l'héliocentrisme, la chimie de Lavoisier, la relativité générale, la psychanalyse à faire exploser les présupposés immanents aux sciences antérieurement validées par une grille de lecture erronée. C'est dire que la science historique est longtemps parvenue à éluder la question centrale du statut anthropologique de son axiomatique et de sa problématique, donc à se dérober à la réflexion sur la validité de l'enceinte même dans laquelle Clio déplace les pions du jeu. Mais l'accumulation d'évènements allogènes à l'échiquier classique favorise l'examen critique et la mise en cause des coordonnées des anciens joueurs.

Il en sera de même des interprétations politiques et historiques traditionnelles du destin d'hier, d'aujourd'hui et de demain d'Israël parce que les prolégomènes approximatifs ou partiels qui permettent d'interpréter le parcours de cette nation au sein de la civilisation semi rationnelle d'aujourd'hui répondent à un code vieilli de l'intelligibilité des événements. Chaque fois qu'une science se conquiert une organisation cérébrale plus englobante que la précédente, donc un système de navigation qui lui permet de transcender les critères convenus de la compréhensibilité en usage à son époque, son armure méthodologique change radicalement de voltage et de pilotage de ses signifiants, donc de balisage mental. Il en sera nécessairement de même de la révolution de la science des Etats et des relations que leur logique interne entretient avec le récit historique de demain, parce que la nécessité s'imposera de changer entièrement de dialectique. Comment enserrerons-nous le présent et l'avenir d'Israël dans une trame moins anachronique et plus explicative que l'ancienne?

2 - Une parturition rousseauiste

Il s'agira d'insérer dans le tissu d'une anthropologie critique un Etat né d'une décision rousseauiste, celle de tous les pays de la terre de déverser soudainement et d'un seul coup une ethnie déterminée et reconnue dans sa singularité depuis trois mille ans sur un étroit territoire du Moyen Orient et de lui demander de cultiver gentiment son Eden en miniature. Mais comment lui faire paître ses moutons blancs sur le modèle bucolique dont Adam se prélassait dans le jardinet originel de l'humanité?

Jamais un régime d'assemblée privé de la lanterne de Diogène n'avait tenté de fonder une nation sur un modèle aussi pseudo-séraphique. Mais l'archétype biblique brutalement plaqué sur le Moyen Orient était censé avoir peuplé un désert de sable et non point une terre vrombissante de créatures. Certes, les historiens ont démontré qu'en 1948, le vote majoritaire des Paul et Virginie de la démocratie rassemblés dans l'enceinte des Nations Unies en faveur d'une répétition de l'Exode avait été obtenu avec le secours des méthodes de prévarication habituelles; les voix censées inspirées par un ciel de bergerie sont presque toujours achetées à prix d'or. Mais un adage latin dit que "nous sommes impuissants à changer le passé", ce que le français traduit par l'expression: "Ce qui est fait est fait".

L'Etat d'Israël existe donc bel et bien; et s'il n'a pas encore la tête sur les épaules, il a déjà les pieds sur terre. L'historien des songes incarnés tente donc de rendre compte d'une existence à la fois onirique et dûment concrétisée. Du coup, il constate que les paramètres chantonnants sur lesquels repose encore la science évangélique des Etats n'éclairent en rien le paysage, parce que le verdict des urnes ne saurait s'inscrire dans une logistique de type eschatologique, même si cette théologie politique se trouve aussitôt bousculée par les nouveaux marchands du temple. Du coup, une science du temps des nations qui ne se vissera à l'œil que la loupe du quotidien rendra le paysage incompréhensible à l'observateur, tellement les narrations patentées par un long usage se révèleront étrangères à l'histoire biblique que le mythe bénisseur sera censé raconter sur ses pâturages et qui paraîtra dicter ses péripéties à l'histoire en chair et en os.

Comment le récit traditionnel dont les ongles et les crocs s' appellent l'histoire va-t-il se trouver anéanti et jeté aux oubliettes à l'heure où les relations "objectives" des Etats entre eux ne répondent plus au code sentimental élaboré tout au long des siècles par une histoire artificiellement euphorisée du monde?

3 - Les vêtements religieux du temps

Un seul exemple : en août 2010, l'Arabie Saoudite entend acheter des avions de guerre américains baptisés F15. Mais la puissance du mythe biblique sur les imaginations est redevenue si grande que les Etats-Unis ne sauraient conclure un contrat rationnel de ce genre avec aucun Etat arabe sans avoir reçu l'autorisation "théologique" d'Israël. Ce sera en grand secret que les négociations para religieuses entre Washington et Tel Aviv seront menées. Comment expliquer les relations célestiformes qu'un Etat microscopique entretient avec l'empire le plus puissant du monde? Il sera supposé vital, pour les successeurs des Hébreux, de simuler une fragilité et même une précarité d'origine et de nature mythologiques, afin de donner au monde entier l'illusion que la nation biblique se trouve aussi menacée de mort sous les coups de ses ennemis que sous Pompée ou Vespasien. Or, il en est paradoxalement ainsi, mais sur d'autres chemins, et cela pour les mêmes raisons théologiques d'apparence qu'il y a deux mille ans.

Que disent aujourd'hui les Isaïe de la démocratie libératrice? Que la civilisation de la rédemption par la justice et le droit ne saurait faire de sa sotériologie décolonisatice une conséquence logique, donc universelle, de la religion du salut par la Liberté, puis se réfuter elle-même à légitimer la conquête armée, puis la vassalisation systématique d'un autre peuple. La réfutation du culte des droits de l'homme et du citoyen exige une eschatologie inversée selon laquelle une idole aurait légitimé de toute éternité un propriétaire prédestiné à occuper un sol déterminé. Les partis religieux d'Israël le savent et le disent haut et fort : "Si cette terre, confessent-ils, ne nous avait pas été expressément octroyée par le roi du cosmos, nous ne serions que des brigands."

Mais il se trouve qu'au début du IIIe millénaire, la science psychologique sait depuis longtemps que les dieux iréniques ou sanglants sont là pour porter sur leurs larges épaules les pires forfaits de leurs chétives créatures et qu'ils ne se contentent pas de rendre payant le sang des sacrifices qu'on leur présente sur leurs offertoires, mais à glorifier l'hémoglobine des immolations qu'on leur donne à humer. C'est pourquoi les profanateurs, les blasphémateurs et les saints iconoclastes qu'on appelle des prophètes et qu'Israël a tués en chaîne ne cessent de rappeler que le "vrai Jahvé" a horreur des meurtres sacrés sur les parvis de son temple et que, depuis trois mille ans les narines du génie d'Israël ont rendez-vous avec une civilisation irénique.

Mais si les habillages messianiques de la guerre échappent à la lecture laïque du monde - Clio se trouve encore privée des clés d'une interprétation anthropologique du temps de l'histoire - comment l'étude du profane accèderait-elle à une intelligibilité réfléchie? Pour que la science historique classique accède à la connaissance des secrets du temps mythologique dans lequel un peuple prétend dérouler le tapis de sa durée, il faut une épistémologie capable d'expliquer les propitiatoires, donc conquérir un regard de haut et de loin sur le globe oculaire dont nos ancêtres usaient à l'égard de notre espèce.

4 - Les cités et leur mythe

Israël n'est pas le seul peuple à vivre sa propre histoire dans le temps du mythe. Le monde hellénique est né du débarquement d'une expédition navale dans un univers littéraire appelé à devenir celui de la civilisation mondiale. La cité de Priam opposait ses murailles aux mâtures de la flotte de Ménélas. Les dieux décidèrent de se mettre de la partie. Les flèches de l'arc d'or d'Apollon vont venger Calchas, le devin outragé du dieu du soleil. Iphigénie est sacrifiée au dieu du vent. Ulysse et Achille vont se partager les premiers rôles. Un poète entre en scène. Il en tire deux légendes, celle du siège d'une cité fortifiée et celle du voyage initiatique d'un marin et de ses compagnons sur le chemin du retour au pays. La Grèce du symbolique a trouvé sa voix et son destin. Que serait-il advenu de la civilisation d'Eschyle et d'Archimède, de Platon et d'Aristophane, des mathématiques et de la tragédie si une guerre mythique n'avait pas vivifié la civilisation mondiale sur les cinq continents? Le Vieux Monde attend un nouvel Homère. Quelles sont les relations que les peuples entretiennent avec le nectar et l'ambroisie de leur immortalité? Comment un peuple de navigateurs a-t-il fondé la première civilisation de l'alliance de la parole avec le sacrifice?

Rome n'est née de la voix de Virgile que sur le tard : à l'origine, le berceau mythique de la ville se réduisait à la légende d'une louve qui aurait nourri de son lait les jumeaux Rémus et Romulus. Mais l'histoire réelle s'est trop hâtée de débarquer dans le récit fabuleux: Rémus sera assassiné par son frère de lait, lequel mourra de la main des patriciens. Et déjà le sacré est de retour. Les ambitieux sont aussi de malins comploteurs: ils vont s'entendre entre eux pour faire descendre le trépassé du haut des nues. Pour fonder la République, il leur faut mettre dans la bouche d'un mort l'annonce de la future grandeur de l'empire romain. Néanmoins la première civilisation des armes et des lois gardera une mémoire tenace et rancunière de la modestie de son mythe originel - celui de l'apparition d'une victime dont Tite-Live raconte le trucage et qui deviendra un classique de l'autel dans le monothéisme redevenu sacrificiel des chrétiens - l'islam s'en est tenu à la brebis d'Abraham. Sous Tibère encore, les prétentions religieuses de plusieurs cités de l'empire seront rognées par un Sénat soucieux de ne pas laisser supplanter son mythe fondateur par un Olympe plus illustre et plus généreux que le sien. Et puis, le culte romain des ancêtres ne s'était même pas procuré des dieux vivants et visibles: les édiles sont allés chercher des statues de divinités antiques et prestigieuses à Athènes et ils les ont installées en grande pompe dans l'enceinte de la ville, tellement l'Enéide faisait pâle figure auprès de l'Iliade et de l'Odyssée des Grecs.

5 - De l'universalité du sacré

Pour comprendre comment Israël s'est coulé dans le moule de son épopée biblique, il faut observer que les peuples forgent leur mythe à l'école de leur sainteté et que le naufrage des dieux antiques dans le monothéisme a seulement modifié le creuset antique du sacré. La France monarchique a entretenu avec une divinité plus unifiée que les précédentes les relations éloquentes et clairement énoncées qui permettaient d'élever les rois au rang de frères de Jésus-Christ. Puis, le songe de la délivrance universelle et définitive du simianthrope par l'assassinat d'un seul homme sur un autel planétaire a déserté les fonts baptismaux d'une révélation ciblée et que les scribes d'un ciel localisé avaient circonscrite avec précision afin de se forger sur l'enclume d'une Révolution dont Robespierre disait: "Une nation n'a pas accompli sa tâche véritable quand elle a renversé les tyrans et chassé des esclaves, ainsi faisaient les Romains, mais notre œuvre à nous, c'est de fonder sur la terre l'empire inébranlable de la justice et de la vertu."

A l'instar de celui des Anciens, le royaume du ciel panoptique des démocraties s'arrime à des territoires autonomes. Certes, le ciel nouveau se trouve seulement dans un état de latence ici-bas ; mais il ne va pas tarder à se transporter sur les arpents du salut et de l'innocence providentiellement retrouvées - les lopins du Nouveau Monde serviront de territoire à une résurrection plus globale de l'Eden. Le fossé qui s'est creusé entre les patries bénies par le Dieu récent des chrétiens et l'Olympe vieilli des Anciens n'est pas si difficile à combler. La prière rituelle "Dieu bénisse l'Amérique" s'est mondialisée : un finalisme religieux commun à la Rome d'autrefois et à l'ubiquité chrétienne a illustré l'appel à l'universalité du droit et de la justice déjà perceptibles chez Horace, Pline le Jeune, Cicéron.

Toute la scolastique du Moyen Age et de saint Thomas d'Aquin lui-même, demeuré le "docteur angélique" de l'Eglise - même à la suite du faux séisme de 1962 - n'est-elle pas la copie du Sénèque qui programmait les travaux futurs des théologiens chrétiens en ces termes: "Oui, je rends surtout grâces à la nature lorsque, non content de ce qu'elle montre à tous, je pénètre dans ses plus secrets mystères; lorsque je m'enquiers de quels éléments l'univers se compose; quel en est l'architecte ou le conservateur". Du coup, il s'agit déjà de savoir "ce que c'est que Dieu. Est-il absorbé dans sa propre contemplation ou abaisse-t-il parfois sur nous ses regards".

Autre difficulté: on ne sait s'il crée "tous les jours ou s'il n'a créé qu'une fois ; s'il fait partie du monde ou s'il est le monde même, si, aujourd'hui encore, il peut rendre de nouveaux décrets et modifier les lois du destin ou si ce ne serait pas descendre de sa majesté et s'avouer faillible que d'avoir à retoucher son œuvre". Et puis, quel casse-tête, pour la sagesse d' "aimer toujours les mêmes choses"; car "Dieu ne saurait aimer que les choses parfaites et cela non point qu'il soit, pour autant, moins libre ni moins puissant, car il est lui-même sa nécessité. Ah, si l'accès à ces mystères m'était interdit, aurait-ce été la peine de naître!"

Saint Anselme se fera le logicien d'un ciel plus unifié encore que celui de Sénèque. Si Dieu n'existait pas, dit la première prémisse de son raisonnement, il ne serait pas parfait, puisque l'existence est un attribut sine qua non de la perfection; et puisque Dieu est nécessairement parfait par nature et par définition, dit la seconde branche du syllogisme, il s'ensuit qu'il existe par la puissance invincible de la logique syllogistique qui inspire ses démonstrateurs. C'est dire que si la République n'était pas parfaite, elle n'existerait pas. Or, elle est visiblement imparfaite, donc elle n'existe que dans la tête de ses fidèles argumenteurs. Quelle est donc la sorte d'existence bancale de l'Etat d'Israël en tant que République à la fois juive et idéale dans la tête de M. Benjamin Netanyahou ou de M. Avigdor Lieberman? Qu'en est-il des personnages tout ensemble terrestres et cérébraux? C'est demander quelle était la spécificité de l'existence de Zeus dans l'encéphale des Grecs en chair et en os. Pour l'apprendre, il faudrait également préciser la double nature de Gulliver, de don Quichotte ou de Robinson Crusoé. A ce titre, quelle est la nature de l'existence cérébrale et physique de la civilisation européenne dans la tête des Européens si, à l'exemple du dieu universel de Sénèque, de saint Anselme, de saint Thomas d'Aquin ou de saint Augustin, le Vieux Continent n'existe que dans les âmes et les cerveaux et si toute la difficulté est de la faire partiellement débarquer sur la terre?

On voit que la question du statut psycho-physique du sacré est politique par définition, et même tellement politique que les civilisations qui ne se sont pas encore ancrées dans une interprétation salvatrice de leur propre historicité n'en sont pas moins lovées dans une politique de leur destin eschatologique et sotériologique: le culte d'un empereur tenu pour le fils du soleil figure le cœur glorieux de la civilisation nippone et la Chine elle-même, la seule civilisation à n'écouter que les leçons d'un grand sage, Confucius, expédie néanmoins un dragon rédempteur peupler un vide habité hier de statues d'airain, de bois ou de fer, aujourd'hui de statues mentales dressées dans les encéphales en l'honneur des idéalités devant lesquelles les démocraties se prosternent.

6 - " Dieu " est une île intérieure

Mais, dira-t-on, si Israël conduit la science historique moderne à se pencher en anthropologue sur la boîte osseuse du singe théologisé depuis le paléolithique, existerait-il cependant des civilisations entièrement dépourvues d'un symbole et d'une effigie de leur existence physico-eschatologique? Ne dira-t-on pas que l'Angleterre, par exemple, n'honore aucun héros mythique qui "donnerait corps" à son existence psychique? Mais l'insularité est un focalisateur naturel des âmes, l'insularité jaillit d'un feu identitaire physique. Cette génitrice change Neptune en compagnon d'une nation enserrée dans le corset de l'identité maritime qui l'isole du reste du monde et qui fait, de son autonomie océane, une autorité bénédictionnelle. Tout mythe sacré glorifie la solitude qu'il féconde. L'insularité psychique voit la géographie elle-même courir au secours de son soleil.

Mais que ferons-nous de l'identité mythique des civilisations évanouies? Le passé est un vivant appelé à jouer le même rôle que les dieux. C'est à la fontaine de leur trépas que les vivants boivent l'eau pure de leur histoire intérieure. Athènes respire encore dans la postérité d'Homère, l'Egypte entre-ouvre encore un œil sur l'immortalité de son souffle - celui qu'elle a inscrit dans la pierre des Pyramides.

Et la France ? Que restera-t-il de son âme et de sa tête quand elle se sera débranchée de son ascendance dans la folie de son rêve de justice? Le "Dieu" de la France serait-il son île intérieure, celle que féconde l'esprit de justice du simianthrope? Mais alors, quel est l'esprit de justice qui rend vivant à leur tour don Quichotte, Gulliver ou Robinson Crusoé, quel est l'esprit de justice qui fait d'une civilisation un personnage intérieur, quel est l'esprit de justice qui fait de l'Europe un héros en attente de son Homère? Israël donne du fil à retordre au verbe exister dont la science historique et la politique du XXIe siècle tentent de trouver le mode d'emploi.

7 - L'identité mythico-terrestre du simianthrope

La face cachée des "sanglantes ténèbres" de l'Histoire qu'évoquait Robespierre pose à une civilisation mondiale désormais mise à l'épreuve et au banc d'essai de sa schizoïde cérébrale la question, anthropologique en diable, de la nature de son propre déchirement intrérieur entre la pieuvre de l'abstrait et les floralies du singulier; car notre espèce se révèle irréductible à la fois aux tentacules d'une logique universelle et aux piquets mémorables de l'instant.

Un peuple juif à la fois ligoté à son sol et errant rappelle à l'Europe qu'elle se situe, elle aussi, dans son double enracinement cérébral. La question de l'identité délocalisée et pourtant fichée en terre des fuyards dédoublés de la simiologie que nous sommes demeurés se placerait-elle au cœur de la politique internationale contemporaine, donc au cœur de l'histoire biface de la planète? Dans ce cas, l'horloge de la pensée et de l'action conjuguées en appelleraient à l'anthropologie critique de demain; et cette science déboucherait sur la connaissance rationnelle d'un animal condamné, à l'instar d'Israël, à réfuter le sacré et à en vivre. Comment manier ensemble le glaive et le songe, l'épée et le totem, le poignard et les ciboires?

Notre civilisation des nouveaux crucifix cloue les idéalités de la démocratie sur la potence de l'histoire du monde. Nos banderoles des "droits de l'homme" sont aussi ensanglantées que les aigles romaines. Où sont passés les Bossuet de la démocratie séraphique? On cherche les orateurs qui monteraient en chaire pour dénoncer le sacrifice d'une ville d'un million cinq cent mille habitants, on cherche les dénonciateurs dont l'éloquence clouerait une tribu de Judée au pilori. Où est-elle passée, l'île intérieure qui donnerait une âme à l'Europe? Voyez comme ce continent se scinde entre la prudence de la Rome des papes, dont la foi a renoncé depuis deux millénaires à universaliser les Evangiles et la diplomatie, bifide à son tour, du Dieu du Nouveau Monde; voyez la loyauté semi évangélique du protestantisme du nord et l'attentisme de la Russie et de la Chine, de l'autre; voyez l'angoisse des peuples du monde entier face aux exploits du ciel des Hébreux . Comment domicilier Jahvé en Judée et donner le pain de son ciel à manger à un Dieu sans domicile fixe?

8 - Où faire passer la frontière entre la théologie et la politique ?

Qu'est-ce donc que le "pain du ciel" des mystiques et dans quel four faire monter ce pain-là ? Pour l'apprendre, observons pourquoi Israël se plaint si fort de ce que les F15 se trouvent dotés de missiles à longue portée et de haute précision. Tel-Aviv sue sang et eau à rendre crédible l'intention de l'Arabie saoudite de pulvériser le peuple juif. Impossible d'expliquer cette diplomatie théologique à la lumière des interprétations de la science historique traditionnelle: il faudra, disais-je, en passer par une anthropologie critique entièrement inédite, dont la méthode intronisera une mutation de la notion même de raison au sein de la science historique traditionnelle. Celle-ci s'imagine que Clio pourra, longtemps encore, se passer allègrement d'une science psychologique et généalogique de la "rationalité" des guerres de religion du XVIe siècle, pour ne citer que cet exemple.

Et pourtant, si l'on ignore allègrement les raisons anthropologiques pour lesquelles la rationalité théologique de la foi catholique, entend faire consommer aux fidèles la chair crue et ingurgiter le sang frais de la victime qu'elle est censée immoler physiquement le dimanche sur ses autels, on ignorera plus joyeusement encore les raisons psychobiologiques pour lesquelles la science historique moderne se garde bien de scanner les entrailles du messianisme sanglant que les peuples hébreu et chrétien se partagent depuis deux millénaires. Par bonheur, si je puis dire, cette histoire ne peut s'écrire qu'à l'école d'une anthropologie critique qui mettra la civilisation bicéphale dite des droits de l'homme face à la schizoïdie de sa prétendue sainteté.

Car enfin, Israël parvient, comme il est dit plus haut, à rendre crédible le scénario absurde et barbare selon lequel l'Arabie Saoudite serait le successeur attitré de Pompée et de Titus. Où le Président des Etats-Unis a-t-il la tête ? Mais qu'on ne s'y trompe pas, l'habillage théologique de l'histoire des glaives n'a jamais fait quitter davantage à Clio les planches du théâtre de l'inexorable qu'à Israël les vêtements religieux de ses relations avec le peuple palestinien. Quelle est donc la clé sacerdotale de ce marché simoniaque? On sait que ce contrat, si doctrinal qu'il paraisse, devra recevoir l'approbation politique des biblistes qui siègent en rangs serrés à la Chambre trans-océane des Représentants du peuple américain. Or, le suffrage de ces derniers n'est pas aussi confessionnel qu'il y paraît: on sait qu'il se trouve entre les mains des groupes de pression dont dispose Israël à Washington et qu'ils y jouissent du même statut que les autres entreprises nationales installées sur le territoire des Etats-Unis - ce qui signifie qu'ils s'y trouvent régis par un droit américain fondé, en l'espèce, sur un encouragement légalement adressé aux citoyens juifs du pays de se mettre au service des intérêts d'un Etat étranger, situation à laquelle le sénateur Robert Kennedy a tenté de faire obstacle au cours d'un combat inutile de plus de vingt ans .

Aussi, les "inquiétudes" ou les "craintes" militaires simulées de Tel Aviv ont-elles été "apaisées" par l'engagement solennel de l'administration américaine de livrer à l'Arabie Saoudite des F15 sous-équipés, donc privés du système "Standoff" qui seul permet des tirs précis et à longue portée. Le contrat ainsi amputé et devenu humiliant pour l'acheteur comme pour le vendeur portera sur quatre-vingt quatre appareils pour une durée de dix ans et d'un montant de trente milliards de dollars.

9 - Un Graal à plusieurs convois

Mais pourquoi seule l'anthropologie historique et critique fournit-elle la problématique et la méthodologie susceptibles de rendre scientifiquement intelligible un marché des sacrifices simulés? Certes, on comprend que l'industrie américaine de l'armement nourrisse l'ambition commerciale légitime d'étendre la vente de sa technologie au Moyen Orient. Mais si vous n'introduisez pas des paramètres messianiques et bibliques, donc une axiomatique de l'irréel dans la problématique mondiale du savoir historique bi-dimensionnel d'aujourd'hui, jamais vous n'expliquerez pourquoi Washington feint d'exorciser un autre danger encore, non moins biblique que le précédent, celui que les descendants de Cyrus et d'Artaxerxès sont désormais censés faire courir à la planète entière des marchands . Car ces déments sont prêts, n'est-ce pas, à recevoir l'ordre exprès d'Allah de se ruer tête baissée et sans armes contre un Etat nucléaire, Israël, lequel dispose, lui, de plus de deux cents ogives hautement exterminatrices. Dès le mois prochain, le Congrès autorisera donc la Maison Blanche à livrer des appareils sous-armés et dévalués à l'Arabie Saoudite en échange de la promesse secrète d'Israël de ne pas faire voter par le Congrès l'interdiction pure et simple de la vente des armes sus-dites, ce qui irait de surcroît, à l'encontre des intérêts électoraux d'un Président des Etats-Unis réduit au rang d'otage pitoyable d'un Etat étranger aux yeux du monde entier. (voir préambule)

On voit que le mythe biblique est un fusil à plusieurs canons: il faut que les Etats arabes soient perçus comme des Pompée potentiels afin que l'Iran, le Hamas, Gaza, Damas, Beyrouth et même Moscou soient censés menacer Israël dans sa survie - sinon, la planète entière des mythes sacrés actuels cesserait de se trouver dirigée par Jahvé. C'est cela qui contraindra une politologie mondiale devenue anachronique à conquérir les instruments de la connaissance rationnelle d'une humanité au cerveau onirique - connaissance sans laquelle l'histoire biblique contemporaine deviendrait la tragédie pleine de bruit et de fureur racontée par un idiot qu'évoquait un anthropologue célèbre de la fin du XVIe siècle et du début du XVIIe siècle.

Afin de ne pas fatiguer l'attention du lecteur par un texte trop long, je poursuivrai la semaine prochaine l'analyse anthropologique du destin mi-terrestre, mi-mythologique d'Israël, afin de mettre davantage en évidence la mutation des méthodes de la science historique classique qu'appelle la mise en évidence planétaire de la dimension schizoïde d'une espèce livrée à ses dieux bicéphales.

Opinion

Manuel de Diéguez

Publié le 17 octobre 2010 avec l'aimable autorisation de Manuel de Diéguez
http://www.dieguez-philosophe.com/

http://www.palestine-solidarite.org:80/analyses.Manuel_de-Dieguez.171010.htm



 Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


22/10/2010

N° 554 - Dossier de Palestine - 21-10 - : Début : - : La reconnaissance d'Israël comme Etat juif est dur à vendre.

N° 554 - Dossier de Palestine - 21-10 - : Début   : - : La reconnaissance d'Israël comme Etat juif est dur à vendre.



       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources                                 



Dossier de Palestine

N° 554                                                     21-10

C.De Broeder & M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 


Sommaire

Tiré a part

Shimon Peres obligé d’annuler sa visite au Maroc : le roi refuse de le recevoir.

Les brèves

1-1 Delanoë pris à partie pour son apologie de l’occupation israélienne

2 Dossier

2-1 Marc Delteil : La reconnaissance d'Israël comme Etat juif est dur à vendre.

2-2 Sondage : Près de 2 Israéliens sur 3 pour l'allégeance à un "Etat juif" .

2-3 Gidéon Lévy : La république juive d’Israël.

2-4 Alain Gresh : Juifs ou Israéliens ?

2-5 Al-Zahhar : Le Fatah approuve la vision du Hamas concernant la commission des élections et l'OLP.

Suite  

2-6 Le cabinet israélien adopte l’allégeance des candidats non juifs à la citoyenneté israélienne à l’« État juif ».  

2-7 Arnon Soffer : Le déclin de la population juive en Israël.

Fin

3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

3-1 Le sionisme ne passera pas, le BDS aura sa peau ! Le combat continue.

3-2 Le boycott d’Israël par l’Afrique du Sud.

3-3 Ronnie Ksrils : Le boycott d’Israël par l’Afrique du Sud.

3-4 Sami Hermez : Réponse à celles et ceux qui critiquent le mouvement de boycott.

3-5 Alima Boumediene-Thiery : "Le lobby sioniste n’a pas à faire sa loi en France".

3-6 Mohammad Sawalha : « Nous attendons depuis une semaine à Lattaquié le feu vert de l'Égypte »…

3-8 Silvia Cattori : Un bateau Swiss Made pour Gaza.

3-9 De Londres à Gaza.



Tiré a part

Shimon Peres obligé d’annuler sa visite au Maroc : le roi refuse de le recevoir.

Ndlr : La publication de l’article ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur, mais doit être vu comme information

Mohammed VI vient de faire savoir à Peres qu’il ne pouvait pas le rencontrer lors de sa prochaine visite au Maroc, ce qui a amené ce dernier à annuler sa visite dans ce pays.

Pas du tout en odeur de sainteté Israël !

Même Mohammed VI n’ose se compromettre en le rencontrant la semaine prochaine, à l’occasion d’un forum économique mondial. C’est dire !

Du coup, Peres qui avait annoncé comme incontournable d’être reçu par le chef d’Etat de chacun des pays où il se rendait, n’a plus qu’à rester en compagnie de ses amis de l’extrême-droite israélienne.

Le prix nobel de la paix, apparait désormais pour ce qu’il est : le représentant d’un Etat raciste, dont la colonisation rime avec extermination.

20 octobre

http://www.inversalis-productions.eu:80/blog/2010/10/shimon-peres-oblige-d'annuler-sa-visite-au-maroc-le-roi-refuse-de-le-recevoir/

 

Processus de paix avec les Palestiniens : les travaillistes lancent un ultimatum.

Ndlr : La publication de l’article ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur, mais doit être vu comme information

Les travaillistes israéliens exigent du premier ministre Benyamin Nétanyahou des progrès dans le processus de paix avec les Palestiniens, ou ils quitteront le gouvernement en janvier, a prévenu mercredi à Paris le ministre israélien des Minorités, Avishai Braverman.

Interrogé par des journalistes à l'issue d'une table ronde, le ministre a clairement indiqué que «d'ici janvier», et même s'il n'a pas mis de «chronomètre», il attendait «des décisions claires pour aller de l'avant».

«S'il n'y a pas de mouvement constaté dans le processus de paix, nous allons forcer le parti travailliste à bouger. L'heure tourne», a-t-il dit.

«Formellement je ne l'ai pas déclaré, mais vous pouvez écrire que Braverman a clairement l'intention d'être candidat pour la direction du parti travailliste», a-t-il dit, s'exprimant le jour du quinzième anniversaire de l'assassinat de l'ancien premier ministre Yitzhak Rabin, dont il entend respecter la vision de paix.

M. Braverman a fustigé «la législation stupide» adoptée par le gouvernement, contraignant les candidats non juifs à la citoyenneté israélienne à prêter allégeance à «l'État juif et démocratique d'Israël», et annoncé sa volonté de la combattre.

Estimant qu'il faut revenir dans les négociations de paix «au coeur du sujet» qui est celui des questions de sécurité et des frontières de 1967, il a regretté que le problème des implantations juives soit passé au premier plan aujourd'hui.

M. Braverman a suggéré «un gel sur la poursuite des constructions des colonies pendant 4 à 5 mois», avec la formation d'une «commission» incluant des observateurs palestiniens, israéliens et américains, chargée d'étudier certaines autorisations au cas par cas.

«Si nous n'acceptons pas courageusement de bouger vers la partition de la Terre sainte, les Nations unis pourraient finalement déclarer l'existence d'un seul État à l'ouest du Jourdain, et Israël pourrait devenir un État inconfortable avec une majorité arabe, une minorité juive, et sans démocratie», a-t-il jugé.

Les travaillistes israéliens exigent du premier ministre Benyamin Nétanyahou des progrès dans le processus de paix avec les Palestiniens, ou ils quitteront le gouvernement en janvier, a prévenu mercredi à Paris le ministre israélien des Minorités, Avishai Braverman.

Interrogé par des journalistes à l'issue d'une table ronde, le ministre a clairement indiqué que «d'ici janvier», et même s'il n'a pas mis de «chronomètre», il attendait «des décisions claires pour aller de l'avant».

«S'il n'y a pas de mouvement constaté dans le processus de paix, nous allons forcer le parti travailliste à bouger. L'heure tourne», a-t-il dit.

«Formellement je ne l'ai pas déclaré, mais vous pouvez écrire que Braverman a clairement l'intention d'être candidat pour la direction du parti travailliste», a-t-il dit, s'exprimant le jour du quinzième anniversaire de l'assassinat de l'ancien premier ministre Yitzhak Rabin, dont il entend respecter la vision de paix.

 M. Braverman a fustigé «la législation stupide» adoptée par le gouvernement, contraignant les candidats non juifs à la citoyenneté israélienne à prêter allégeance à «l'État juif et démocratique d'Israël», et annoncé sa volonté de la combattre.

Estimant qu'il faut revenir dans les négociations de paix «au coeur du sujet» qui est celui des questions de sécurité et des frontières de 1967, il a regretté que le problème des implantations juives soit passé au premier plan aujourd'hui.

M. Braverman a suggéré «un gel sur la poursuite des constructions des colonies pendant 4 à 5 mois», avec la formation d'une «commission» incluant des observateurs palestiniens, israéliens et américains, chargée d'étudier certaines autorisations au cas par cas.

«Si nous n'acceptons pas courageusement de bouger vers la partition de la Terre sainte, les Nations unis pourraient finalement déclarer l'existence d'un seul État à l'ouest du Jourdain, et Israël pourrait devenir un État inconfortable avec une majorité arabe, une minorité juive, et sans démocratie», a-t-il jugé.

Agence France-Presse

2010

http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/pourparlers-de-paix/201010/20/01-4334280-reprise-des-negociations-les-travaillistes-lancent-un-ultimatum-a-netanyahou.php?utm_source=bulletinCBP&utm_medium=email&utm_campaign=retention



Les brèves

Ndlr : La publication de l’article ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse ou point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information

1-1 Delanoë pris à partie pour son apologie de l’occupation israélienne.

 « Invité par le maire de Bourg-en-Bresse, Jean-François Debat, le maire de Paris a dû faire face aux questions de jeunes défenseurs de la cause palestinienne

Tout était pourtant prévu pour que la rentrée politique de la section PS de Bourg soit une fête, hier soir à la MJC. Musique, toasts, décorations en rouge et noir avec la rose et le poing… Même la qualité de l’invité d’honneur promettait un feu d’artifice d’intelligence et de pertinence socialiste. Bertrand Delanoë, maire de Paris, l’un des chouchous des Français, l’un des présidentiables au sein de la planète gauche, avait répondu à l’invitation de son ami Jean-François Debat, maire de Bourg, vice-président de la Région. Et cela malgré la grève des trains.

Un joli programme, mais chamboulé à l’arrivée par de jeunes défenseurs de la cause palestinienne. Parfaitement organisés, installés aux points stratégiques de la grande salle, ils ont interpellé à tour de rôle l’élu parisien sur la situation politique en Israël et en Palestine « . (….) »
BDS: Bertrand Delanoé Sanction

20 octobre

http://www.inversalis-productions.eu:80/blog/2010/10/delanoe-pris-a-partie-pour-son-apologie-de-l'occupation-israelienne/



2 Dossier

Ndlr : La publication de l’article ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse ou point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information

2-1 Marc Delteil : La reconnaissance d'Israël comme Etat juif est dur à vendre.

Au catalogue du 'bazar moyen-oriental' des exigences et conditions de paix, Benjamin Netanyahu a ajouté un nouvel article: la nécessité pour les Palestiniens de reconnaître Israël en tant qu'Etat juif.

 Une exigence exclue par le président palestinien, Mahmoud Abbas.

Le Premier ministre israélien en a fait lundi la condition préalable à la mise en œuvre de la reconduction du moratoire sur la construction de nouvelles colonies juives en Cisjordanie, exigée par les Palestiniens pour poursuivre les pourparlers de paix directs.

Ce moratoire partiel de 10 mois, concédé par Benjamin Netanyahu sous la pression de Washington pour favoriser la reprise du dialogue direct entre les deux camps interrompu depuis l'hiver 2008-09, a expiré fin septembre sans que le chef du gouvernement israélien accepte sa reconduction tacite.

Le président palestinien, Mahmoud Abbas, qui a du coup suspendu le dialogue, a exclu sur-le-champ la nouvelle exigence de Benjamin Netanyahu, à savoir "que les dirigeants palestiniens affirment sans équivoque qu'ils reconnaissent Israël comme la patrie du peuple juif".

Selon l'entourage de Mahmoud Abbas, non seulement elle heurte les 20% d'Israéliens d'origine arabe et dénie de facto le "droit au retour" des réfugiés des guerres de 1948 et 1967, mais en outre elle n'a jamais été imposée à l'Egypte et à la Jordanie avant de conclure la paix avec Israël.

"LES PALESTINIENS PAS PRÊTS"

Que Benjamin Netanyahu, soumis aux pressions de Washington pour que les pourparlers de paix débouchent sur du concret, cherche à obtenir des Palestiniens une concession de fond en échange d'un simple décision administrative de sa part nourrit le scepticisme des observateurs sur les chances de progrès du processus.

Mais cette anicroche dissimule un enjeu fondamental.

De source israélienne, on dit Benjamin Netanyahu soucieux de trancher le nœud de 60 ans de conflit, en le représentant comme le résultat du combat des Juifs pour être reconnus en tant que peuple à part entière avec des droits nationaux sur leur patrie historique.

"Ce n'est pas à cause des colonies qu'il n'y pas de paix. C'est à cause de la réticence des leaders arabes palestiniens, depuis l'aube du sionisme, d'en arriver ne serait-ce qu'à une partition du territoire" (de la Palestine), a assuré le vice-Premier ministre israélien Moshe Yaalon.

"Ils ne sont pas prêts à proclamer que ce serait la fin du conflit et le classement des revendications visant Israël", a-t-il soutenu au micro de la radio de l'armée, sous-entendant que le rejet par Abbas de la nouvelle exigence de Netanyahu équivalait à un aveu en ce sens.

La demande de reconnaissance d'Israël comme Etat juif avait été formulée initialement par Ehud Olmert, le prédécesseur de Netanyahu, et approuvée à l'époque par le président George Bush mais Washington s'est gardé jusqu'à présent d'exiger une telle concession palestinienne, même si Barack Obama a lui-même évoqué l'"Etat juif d'Israël"

"OFFRE DE SUICIDE POLITIQUE À ABBAS"

Ayant dû céder le contrôle de Gaza au Hamas en 2007 et confronté au maillage intense des colonies en Cisjordanie, Mahmoud Abbas éprouve des difficultés à ancrer les contours du futur Etat arabe palestinien et peu nombreux sont ceux qui le voient, dans ces conditions, reconnaître la judaïté de l'Etat d'Israël.

Très critiqué par le Hamas et certains dirigeants arabes radicaux pour sa supposée faiblesse dans les tractations avec Israël, le président palestinien est en outre peu susceptible de brader à Israël cette carte de négociation majeure que constitue le renoncement au droit au retour des réfugiés de 1948.

Les Palestiniens s'inquiètent aussi du statut des Arabes israéliens, cette population de la Palestine du mandat restée sur place après la proclamation de l'indépendance d'Israël, qui s'est présenté dès 1948 comme un "Etat juif" qui respecte les droits civiques de ses minorités musulmanes et chrétiennes.

L'intérêt porté par les Palestiniens à leurs frères arabes israéliens irrite au plus haut point les dirigeants de l'Etat juif, prompts à voir dans leur présentation par les médias palestiniens comme des Arabes "vivant sous occupation" une preuve de la mauvaise fois de Mahmoud Abbas.

Pour Akiva Eldar, commentateur au journal de gauche israélien Haaretz, l'exigence de Benjamin Netanyahu revient à proposer un "suicide politique au leader palestinien" alors qu'il s'efforce de satisfaire les Etats-Unis et de calmer l'indignation de ses alliés arabes envers Israël.

"TERRIBLE ERREUR DE NETANYAHU"

Le gouvernement israélien s'est prononcé dimanche en faveur d'un projet de loi qui exige que tout candidat à la citoyenneté israélienne promette loyauté "à l'Etat juif et démocratique d'Israël", une initiative visant, selon les commentateurs, à complaire à la frange la plus radicale de l'électorat de Netanyahu.

Ce dernier attendrait en retour de ce texte qui ne concerne pas les Arabes israéliens, parce que non-rétroactif, un soutien du parti d'extrême droite de son chef de la diplomatie, Avigdor Lieberman, à la poursuite du processus de paix avec les Palestiniens.

Le ministre (travailliste) des Minorités, Avishay Braverman, a dénoncé une "terrible erreur" de la part de Netanyahu et une provocation contre les Arabes israéliens, ajoutant: "Dans le monde, l'opinion publique se dressera pour l'essentiel contre nous, une fois de plus. Et pourquoi ? Parce que Netanyahu doit calmer Lieberman."

Akiva Eldar prédit que Barack Obama ne reprendra pas à son compte la nouvelle exigence israélienne, laissant l'Etat juif en assumer seul les conséquences négatives pour les perspectives de paix. De fait, tout en considérant l'enjeu comme stratégique pour Israël, Moshe Yaalon a reconnu que cette revendication serait "dure à vendre".

Marc Delteil pour le service français

12/10

(Reuters/Amir Cohen)

http://fr.news.yahoo.com/4/20101012/twl-palestiniens-israel-38cfb6d.html


2-2 Sondage : Près de 2 Israéliens sur 3 pour l'allégeance à un "Etat juif" .

Israël - Sondage: 36% des Juifs israéliens sont contre le droit de vote des non-juifs (marge d'erreur de 4,5%)

Près de deux Israéliens sur trois sont favorables à un amendement controversé approuvé par le gouvernement, exigeant des candidats à la naturalisation qu'ils prêtent allégeance à "Israël, Etat juif et démocratique", selon un sondage publié vendredi.

Environ 63% des des personnes interrogées dans cette enquête publiée par le quotidien Yediot Aharonot, et même 69% au sein de la majorité juive, soutiennent ce projet, dont le principe a été avalisé le 10 octobre par le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le texte, qui n'a pas encore été rédigé, devrait concerner uniquement les candidats non-juifs, les juifs du monde entier ayant droit d'office à la nationalité israélienne en vertu de la "loi du Retour".

Par ailleurs, 36% des personnes interrogées au sein de la population juive israélienne sont "contre le droit de vote des non-juifs", 62% en faveur du maintien de ce droit et 2% sans opinion, selon le sondage.

Le parti ultranationaliste Israël Beiteinou du ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, très favorable à un tel serment, avait fait campagne aux élections de 2009 sous le slogan "Pas de citoyenneté sans loyauté".

Cet amendement inquiète les Arabes israéliens, qui constituent 20% de la population.

Le sondage a été réalisé cette semaine par un institut indépendant sur un échantillon représentatif de 500 personnes avec une marge d'erreur de 4,5%.

15 oct 2010

(AFP) - 

rétroactes: http://fr.groups.yahoo.com/group/suffrage-universel/message/4882

http://www.la-croix.com/afp.static/pages/101015092842.vfwewj2b.htm


2-3 Gidéon Lévy : La république juive d’Israël.
 
Un destin qui va dépendre d’une prestation de serment à un état juif... Cela peut transformer le pays en une théocratie, comme l’est l’Arabie Saoudite.Rappelez-vous de ce jour. C’est le jour où Israël peut changer de nature. Il peut aussi par conséquent changer son nom au profit de « République juive d’Israël », comparable à la République islamique d’Iran.

Certes, le projet de loi de serment de fidélité que le Premier ministre Benjamin Netanyahu tente de faire passer ne concerne soi-disant que les nouveaux arrivants qui ne sont pas juifs, mais il affecte le sort de chacun d’entre nous.

A partir de maintenant, nous allons vivre dans un nouveau pays, uniformisé, ethnocratique, théocratique, nationaliste et raciste. Quiconque imagine que cela ne l’affecte pas se trompe. Il y a une majorité silencieuse qui accepte cela avec une apathie inquiétante, comme pour dire : « Je me fiche de ce pays où je vis ». Aussi toute personne qui pense que le monde continuera à se référer à Israël comme à une démocratie après cette loi, ne comprend pas de quoi il s’agit. C’est une nouvelle étape de franchie qui nuit gravement à l’image d’Israël.

Le premier ministre Netanyahou va prouver aujourd’hui qu’il est en fait un leader d’Yisrael Beinteinu. Les dirigeants Avigdor Lieberman, ministre de la Justice et Yaakov Neeman, vont certifier qu’il est vraiment un membre loyal du parti Israël Beitenou. Le parti travailliste va prouver qu’il n’est rien de plus qu’un paillasson. Et aujourd’hui, Israël va prouver qu’il se fiche de tout.

A présent un projet de loi sur le serment de fidélité, et demain une la loi sur un serment de loyauté. Le barrage va maintenant craquer, menaçant de noyer les restes de la démocratie, jusqu’à nous laisser peut-être avec un Etat juif d’un genre que personne ne comprend vraiment mais qui ne sera certainement pas une démocratie. Ceux qui exigent ce serment de fidélité sont ceux qui détournent le sens de la loyauté envers l’État.

Lors de sa prochaine session, la Knesset doit débattre de près de 20 autres projets de loi anti-démocratiques. Au cours du week-end, l’Association pour les droits civils en Israël a publié une liste noire dans l’actuelle législation :

 une loi de fidélité pour les membres de la Knesset

 une loi de fidélité pour la production cinématographique -une loi de fidélité pour les organismes sans but lucratif 

 une loi plaçant la catastrophe palestinienne, la Nakba, hors-la-loi 

 une loi interdisant les appels au boycott, et un projet de loi pour la révocation de la citoyenneté.

C’est une tournure maccarthyste dangereuse de la part de législateurs ignorants qui n’ont même pas commencé à comprendre ce qu’est la démocratie. C’est dangereux, même si seulement une partie de ces projets se transforme en lois, parce que notre destin et notre nature vont changer.

Ce n’est pas difficile de comprendre le duo Netanyahu-Lieberman. Comme nationalistes forcenés, on ne s’attend pas à ce qu’ils comprennent que la démocratie ne signifie pas seulement la loi de la majorité, mais d’abord et avant tout des droits pour les minorités. C’est beaucoup plus difficile de comprendre la complaisance de la foule. Les places des villes auraient dû être aujourd’hui remplies de citoyens qui ne souhaitent pas vivre dans un pays où la minorité est opprimée par des lois draconiennes, telles que celle qui les obligent à prêter un faux serment à un État juif. Mais étonnamment, presque personne ne semble se sentent concerné.

Pendant des décennies, nous avons futilement discuté de savoir qui est juif. A présent la question de qui est juif ne va pas disparaître. Qu’est-ce que « l’Etat de la nation juive » ? Appartient-il plus aux Juifs de la Diaspora qu’à ses citoyens arabes ? Vont-ils décider de son sort, et l’appeler une démocratie ? Est-ce que les ultra-orthodoxes de la secte Neturei Karta, qui s’opposent à l’existence de l’État, ainsi que des centaines de milliers de Juifs qui ont évité de venir y faire ce qu’ils veulent ? Qu’est-ce qui est juif ? Des fêtes juives ? Un régime casher ? Le poids accru de l’establishment religieux, comme s’il n’y avait pas assez de lui pour fausser la démocratie ? Prêter serment à un Etat juif va décider du sort de chacun. Il est susceptible de transformer le pays en une théocratie, comme l’est l’Arabie Saoudite.

Certes, pour le moment, c’est un slogan ridicule et creux. Il n’y a pas trois Juifs qui pourraient se mettre d’accord sur ce à quoi ressemble un Etat juif, mais l’histoire nous a appris que des slogans vides peuvent ouvrir la voie vers l’enfer. En attendant, la nouvelle loi proposée ne fera qu’augmenter l’aliénation des Arabes israéliens et aboutira à l’aliénation de segments beaucoup plus large de la population [aliénation est à prendre ici dans son sens de « perte de liens » - N.d.T].

C’est ce qui se passe quand le feu couve encore sous le tapis, le feu de l’absence de foi en la justice de ce que nous faisons. Seul un tel manque de confiance peut produire une loi aussi grotesque que celle proposée aujourd’hui et sans aucun doute approuvée demain. Le Canada n’a pas besoin que ses citoyens prêtent serment à l’État canadien, et aucun autre pays n’exige un acte similaire. Sauf Israël. Et cela est fait soit pour provoquer encore plus la minorité arabe et la pousser à un plus grand manque de loyauté, de façon à ce que vienne un jour pour finalement se débarrasser d’elle, soit pour faire échouer la perspective d’un accord de paix avec les Palestiniens. D’une façon ou d’une autre, à Bâle lors du premier congrès sioniste en 1897, l’Etat juif a été fondé comme l’a dit Théodore Herzl, et aujourd’hui, c’est la République juive d’Israël qui sera fondée.

Source : Haaretz

12 octobre 2010

Traduction : Info-Palestine http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9524

http://www.michelcollon.info:80/La-republique-juive-d-Israel.html


2-4 Alain Gresh : Juifs ou Israéliens ?

 « Une majorité d’Israéliens pour la reprise de la colonisation en Cisjordanie », tel est le titre d’une dépêche en provenance de Jérusalem et datée du 14 septembre.

On y lit que plus de la moitié des personnes interrogées (51%) « estime que le Premier ministre Benjamin Netanyahu doit ordonner la reprise de la construction à l’issue de ce moratoire le 26 septembre. 39% sont favorables à la poursuite du gel partiel de la colonisation et 10% sont sans opinion ». Ce sondage a été réalisé par le quotidien israélien Yediot Aharonot.
Le petit problème, c’est que les personnes interrogées sont les seuls Israéliens juifs, ce qui veut dire qu’on n’a pas demandé leur avis aux quelque 1,5 million de Palestiniens citoyens de l’Etat d’Israël, soit environ 20 % de la population. Le titre de la dépêche de l’AFP est donc factuellement faux, mais il illustre bien ce que veut dire le terme « Etat juif », un Etat dans lequel les citoyens non juifs n’ont pas voix au chapitre.
Durant le processus d’Oslo, un certain nombre de députés de droite avaient exigé du gouvernement Rabin que toute décision importante sur l’avenir des territoires occupés, pour être adoptée, doive disposer au parlement d’une « majorité juive », c’est-à-dire ne prenant pas en compte les députés palestiniens.
Il est vrai qu’il n’existe pas, pour Israël, de nationaux israéliens, mais seulement des citoyens juifs ou des citoyens non juifs.
Né à Varsovie, ayant passé deux années dans le camp de concentration de Bergen-Belsen, Israël Shahak avait émigré en Palestine en 1945. Professeur de chimie à l’Université hébraïque de Jérusalem, il devint président de
la Ligue des droits de l’homme et du citoyen en 1970. Dans un livre courageux publié en français en 1975 et intitulé Le Racisme de l’Etat d’Israël, ouvrage dont on peut se demander s’il trouverait un éditeur aujourd’hui, il posait la question : « Qu’est-ce qu’un “Etat juif” ? » (Guy Authier, 1975) et esquissait la réponse suivante :
« La majorité des écrits concernant Israël et l’essentiel de ce qui se dit à son propos hors de ses frontières souffrent d’une lacune fondamentale : ils ignorent le fait que l’Etat d’Israël n’est – ni en principe ni en fait – un Etat israélien, ni un Etat des Israéliens ; c’est un Etat juif. »
Aucune statistique, poursuivait-il, ne concerne les Israéliens :
« Non seulement il n’existe pas d’Israéliens en Israël, mais les animaux et les plantes elles-mêmes sont divisés en juifs et non-juifs. Officiellement, l’Etat d’Israël recense et classifie les vaches et les moutons, les tomates ou le blé en produits “juifs” et “non-juifs”. »
Il fallait toute l’ignorance de Bernard Kouchner pour parler de « peuple israélien » auquel l’Europe devait garantir « sa sécurité et son identité juive » (« A quand l’Etat palestinien ? », Le Monde, 23 février 2010).
Israël est la seule démocratie qui opère une distinction entre citoyenneté et nationalité : tous les titulaires de la citoyenneté (ezrahut) ont, en principe, des droits égaux, mais seuls certains, les juifs, bénéficient de la nationalité (le’um). En 1970, Shimon Agranat, président de
la Cour suprême, a confirmé que l’on ne pouvait pas parler de « nationalité israélienne », car il n’existait pas de nation israélienne séparée de la nation juive et qu’Israël n’était même pas l’Etat de ses citoyens juifs, mais celui des juifs du monde. Uzi Ornan, professeur de linguistique, a intenté une action en 2000 pour inverser ce jugement, mais les chances d’aboutir sont faibles.
On comprend mieux pourquoi les Palestiniens ne peuvent reconnaître le caractère juif de l’Etat d’Israël, qui entérinerait le statut de seconde zone accordé aux Palestiniens de cet Etat. Et on peut s’étonner que les dirigeants américains ou européens, ainsi que de nombreux intellectuels, exigent de l’Autorité palestinienne qu’elle se plie aux injonctions israéliennes.

Alain Gresh

vendredi 17 septembre


N° 554 - Dossier de Palestine - 21-10 - : Suite : - : La reconnaissance d'Israël comme Etat juif est dur à vendre.

N° 554 - Dossier de Palestine - 21-10 - : Suite    : - : La reconnaissance d'Israël comme Etat juif est dur à vendre.



       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources                                 



Dossier de Palestine

N° 554                                                     21-10

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 


Sommaire(Fin)

3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

3-1 Le sionisme ne passera pas, le BDS aura sa peau ! Le combat continue.

3-2 Le boycott d’Israël par l’Afrique du Sud.

3-3 Ronnie Ksrils : Le boycott d’Israël par l’Afrique du Sud.

3-4 Sami Hermez : Réponse à celles et ceux qui critiquent le mouvement de boycott.

3-5 Alima Boumediene-Thiery : "Le lobby sioniste n’a pas à faire sa loi en France".

3-6 Mohammad Sawalha : « Nous attendons depuis une semaine à Lattaquié le feu vert de l'Égypte »…

3-8 Silvia Cattori : Un bateau Swiss Made pour Gaza.

3-9 De Londres à Gaza.

2-5 Al-Zahhar : Le Fatah approuve la vision du Hamas concernant la commission des élections et l'OLP.
Dr. Mahmoud Al-Zahhar est membre du bureau politique du mouvement de la résistance islamique Hamas. A notre Centre Palestinien d’Information (CPI), il a accordé une interview exclusive dans laquelle il a dévoilé l’accord établi entre le mouvement du Hamas et celui du Fatah sur la plupart des questions sécuritaires, lors des pourparlers de réconciliation nationale.

En ce qui concerne la constitution de la commission des élections, du comité juridique spécial aux élections et de la direction provisoire de l’OLP, constituée des factions palestiniennes, le Fatah l’a acceptée « selon la vision du Hamas, après une longue période de refus. Il reste les sujets de la sécurité. Ils seront discutés le mois prochain. »

Et pour ce qui se passe contre les sympathisants du Hamas en Cisjordanie, Al-Zahhar dit : « Le peuple palestinien connaît ceux qui ne veulent pas la réconciliation, comme ces chefs d’appareils sécuritaires qui travaillent main dans la main avec les occupants israéliens.

Ils savent que toute réconciliation ne serait pas dans leur intérêt. Le gouvernement de Fayyad aussi, dont la base est nulle, n’en veut pas. Ce gouvernement n’est pas basé sur des élections quelconques. Les Israéliens ne le veulent pas non plus. Les Américains se sont aussi mis quelquefois contre la réconciliation. Et pour la freiner, ils renforcent la persécution en Cisjordanie. »

Le leader ajoute : « Tout cela ne sert en aucun cas Abou Mazen, parce que les mêmes moyens agressifs utilisés dans la bande de Gaza contre le Hamas n’avaient rien donné. Tout au contraire, ils ont influencé les élections, et la rue palestinienne a voté contre eux. »

Il nous en donne son point de vue, dans l'interview ci-après, traduite de l'arabe et résumée par le soin du département français de notre Centre Palestinien d’Information (CPI).

Optimisme, pessimisme

CPI : Commençons notre interview par le dossier de la réconciliation. L’optimisme des déclarations du Hamas et du Fatah est-il réaliste ?

Al-Zahhar : Parlons d’abord de ces sujets toujours suspendus. Tout d’abord, le Hamas veut toujours que la constitution de la commission des élections soit faite selon un accord préalable. Le Fatah voulait que seulement Abou Mazen (le président de l’autorité palestinienne de Ramallah) s’en occupe. Pareil pour le sujet concernant le comité juridique dédié aux élections. Le troisième sujet concerne la direction provisoire de l’OLP, constituée des factions palestiniennes. Le Hamas demande qu’elle ne soit pas désactivée. Il y a également eu quelques aspects du dossier de la sécurité.

Maintenant, le Fatah a accepté les trois premiers points, selon la vision du Hamas, après une longue période de refus. Il reste les sujets de la sécurité. Ils seront discutés le mois prochain.

Loin de tout optimisme ou pessimisme, si on finit ces dossiers, il sera facile d’aller au Caire pour signer la réconciliation.

Les difficultés

CPI : Il est rapporté de quelques responsables du mouvement du Hamas que le dossier de la sécurité serait le plus compliqué. Pourrait-il nous ramener à la case départ ?

Al-Zahhar : Le dossier de la sécurité avait été mûrement discuté. Il n’en reste qu’une partie minime. Et dès qu’elle sera réglée, ce dossier arrêtera d’être un obstacle.

Qui ne veut de la réconciliation ?

CPI : On entend beaucoup parler de la réconciliation, au même moment où on voit la guerre médiatique entre les deux mouvements continuer. Continue aussi la campagne menée contre les sympathisants du mouvement du Hamas en Cisjordanie. Quelle en est l’explication ?

Al-Zahhar : Le peuple palestinien connaît ceux qui ne veulent pas la réconciliation, comme ces chefs d’appareils sécuritaires qui travaillent main dans la main avec les occupants israéliens. Ils savent que toute réconciliation ne serait pas dans leur intérêt. Le gouvernement de Fayyad aussi, dont la base est nulle, n’en veut pas. Ce gouvernement n’est pas basé sur des élections quelconques. Les Israéliens ne le veulent pas non plus. Les Américains se sont aussi mis quelquefois contre la réconciliation. Et pour la freiner, ils renforcent la persécution en Cisjordanie. Tout cela ne sert en aucun cas Abou Mazen, parce que les mêmes moyens agressifs utilisés dans la bande de Gaza contre le Hamas n’avaient rien donné. Tout au contraire, ils ont influencé les élections, et la rue palestinienne a voté contre eux.

Les négociations en échec

CPI : Il est bien clair que les négociations sont dans une impasse. L’équipe d’Oslo ne sait que faire. Où va-t-on ?

Al-Zahhar : Personne ne veut parler d’une impasse, surtout pas les Américains. C’est pourquoi les rencontres se multiplient. On parle d’une rencontre entre Abou Mazen et Netanyahu à Paris, dans quelques jours. Les Américains travaillent afin que les rencontres continuent jusqu’à la date des élections partielles du Congres. Probablement, il y aura des pressions sur les Israéliens pour qu’ils gèlent la colonisation pour quelques semaines seulement, pour soulager un peu Abou Mazen. Il y aura beaucoup de possibilités dont l’annonce de l’impasse, mais cette dernière reste peu probable.

Opérations tactiques ?

CPI : Vous avez dit un jour qu’Abou Ammar (Yasser Arafat, l’ancien président de l’autorité palestinienne) avait demandé du Hamas de mener des opérations dans la région de Ramallah. Abou Mazen pourrait-il arriver à ce stade, dans sa relation avec le mouvement ?

Al-Zahhar : Il est vrai qu’Abou Ammar l’avait fait, non pour soutenir la résistance, mais pour des raisons tactiques. Je me rappelle qu’un jour, nous étions dans une conférence populaire, moi, Hani Abou Al-Hassan, Abou Ali Chahin et Abdallah Al-Hourani, dans la salle du cheikh Awwad de l’université d’Al-Azhar (au Caire). Et ce jour-là, les gens ont appelé le mouvement du Hamas à mener des opérations contre l’occupation israélienne. Abou Ammar avait voulu pratiquer des pressions sur le Hamas, et cela n’est un secret pour personne. Abou Mazen n’a cependant pas la même capacité et la même audace. Il ne pourra pas se sacrifier pour une affaire comme celle-ci. Quand j’ai parlé de ce sujet, je voulais que les gens sachent que la résistance avait été utilisée pour des causes tactiques. Nous ne voulons pas que la réconciliation et la résistance soient utilisées pour améliorer les conditions des négociations. La résistance doit être pratiquée à partir de convictions stratégiques.

Une nouvelle guerre contre Gaza ?

CPI : Loin de tout langage analytique, y aura-t-il, dans cette impasse politique actuelle, une nouvelle guerre contre Gaza ?

Al-Zahhar : Celui qui passe en revue l’histoire de l’Etat d’occupation remarquera qu’il tente d’imposer une nouvelle donne politique, lorsqu’il échoue à imposer par des sanctions et le blocus, par la guerre. L’histoire des occupants israéliens montre combien de fois ils ont tenté de déclencher des guerres, non seulement dans la région, mais partout dans le monde. Allah (le Tout Puissant) dit dans Son Livre : « Chaque fois qu’ils allument le feu d’une guerre, Allah l’éteint ».

L’histoire nous montre que beaucoup de guerres dans le monde ont été lancées par des Sionistes, afin de changer des donnes économiques, sociales et politiques. Ainsi, une guerre est très possible. Les guerres précédentes, à partir de celle de 1948 jusqu’à la dernière guerre de Gaza en passant par la guerre du Liban, le montrent bien. Cela ne relèvera pas d’une intelligence particulière de prévoir une nouvelle guerre contre Gaza ou ailleurs, surtout dans cette atmosphère de guerre dans laquelle vit la région.

Le soldat Shalit

CPI : Les différents médias nous font comprendre que le dossier de Shalit bouge. Y a-t-il du nouveau ?

Al-Zahhar : Rien de neuf. Ces nouvelles ne sont que des tentatives israéliennes visant à faire taire la famille de Shalit et ceux qui pratiquent des pressions, pour gagner du temps.

La nouvelle guerre

CPI : Les chefs de l’occupation israélienne disent qu’une nouvelle guerre contre la bande de Gaza serait dure. La résistance y est-elle prête ?

Al-Zahhar : Le peuple palestinien de la bande de Gaza, ou ailleurs, a trois fois rien pour faire face à l’ennemi israélien, sinon s’autodéfendre, faire un maximum de pertes dans les rangs des Israéliens, briser leur arrogance, mettre en échec leurs plans et leurs objectifs.

Mardi 12 octobre 2010

CPI (Le Centre Palestinien d'Information)


2-6 Le cabinet israélien adopte l’allégeance des candidats non juifs à la citoyenneté israélienne à l’« État juif ».  

Si les dirigeants israéliens se sont abstenus de toute déclaration après la décision de la Ligue arabe de donner un mois à Washington pour sauver les négociations israélo-palestiniennes, le cabinet a néanmoins adopté un projet d’amendement controversé qui contraint les candidats non juifs à la citoyenneté israélienne à prêter allégeance à « l’État juif et démocratique d’Israël ».

Le cabinet israélien, dominé par la droite, a approuvé hier un projet d'amendement législatif controversé contraignant les candidats non juifs à la citoyenneté israélienne à prêter allégeance à « l'État juif et démocratique d'Israël ».

Selon un communiqué du bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu, 22 ministres ont approuvé cet amendement. Huit ont voté contre, dont les cinq ministres travaillistes. Trois ministres du Likoud de M. Netanyahu ont aussi désapprouvé ce texte : Benny Begin (sans portefeuille), Michaël Eytan (Services publics) et Dan Meridor (Services de renseignements). Ce projet d'amendement doit encore faire l'objet de trois lectures par la Knesset, où la coalition gouvernementale dispose d'une majorité écrasante de 74 élus sur un total de 120.
« Tous ceux qui veulent devenir des citoyens israéliens naturalisés devront déclarer qu'ils seront des citoyens loyaux de l'État d'Israël comme État juif et démocratique », a expliqué avant le vote M. Netanyahu à ses ministres réunis en séance hebdomadaire. « L'État d'Israël est l'État-nation du peuple juif, tout en étant un État démocratique dont tous les citoyens, juifs et non juifs, bénéficient de droits totalement égaux », a ajouté le Premier ministre.Le texte a suscité de vives critiques de la minorité arabe d'Israël (20 % de la population) qui le considère comme « raciste », notamment parce qu'il vise les Palestiniens cherchant à s'installer en Israël après s'être mariés avec des Arabes israéliens. Concrètement, ce texte n'affecte qu'un petit nombre de personnes.
Le ministre de la Défense Ehud Barak, dirigeant des travaillistes (centre gauche), a autorisé ses quatre collègues siégeant avec lui au gouvernement, sur un total de 30 ministres, « à voter selon leur conscience ». Un des ministres travaillistes, Yithak Herzog, a dénoncé hier « les relents de fascisme » de cet amendement.

11/10/2010

http://french.irib.ir


2-7 Arnon Soffer : Le déclin de la population juive en Israël.

Suivant la suggestion de Moshé Arens (1), publiée dans ces colonnes le mois dernier sous le titre de “L’épouvantail démographique” (2), j’ai regardé les résultats du Bureau central de Statistiques, ceux-là même qu’il juge si encourageants.

Qu’y voyons-nous ?

Pour commencer, que ledit bureau ne traite que les données relatives à la population à l’intérieur de la Ligne Verte (Israël stricto sensu) et à la population juive en Judée et Samarie.

Dès qu’il s’agit des Arabes (3) des Territoires, il nous faut chercher ailleurs.

Qu’y a-t-il de si encourageant dans les chiffres de 2010 ? J’ai constaté qu’en Israël même les Juifs forment 75,5% de la population ; mais qu’en 1998 la proportion était de 79,2%, et de 81,7% en 1988. En d’autres termes, le pourcentage de Juifs dans la population israélienne est en constant déclin, en dépit de l’afflux d’un million d’immigrants environ au cours des deux dernières décennies.

À en croire les prévisions, en 2015 le pourcentage de Juifs sera descendu à 73,5%, et tombera à 70,6% en 2025. Ce n’est qu’en 2030 qu’une minuscule augmentation de la proportion de Juifs interviendra pour la première fois, nous ramenant à 72%. Où y a-t-il là de quoi réjouir Arens ?

Si nous ajoutons à ces données brutes les travailleurs étrangers, les immigrés venus d’Afrique, les touristes sans retour et les Palestiniens entrés en Israël et jamais repartis,  le pourcentage de Juifs descend à 70% des habitants du pays. Qu’y a-t-il là de si merveilleux ? Le tableau n’est guère plaisant.

Ces derniers mois, cependant, Arens a prêché l’annexion à Israël de la Judée et de la Samarie (ce qui serait, selon lui, le moyen d’éviter que n’existent deux États dans cet espace restreint). Bien entendu, cela pose un sérieux problème démographique. Que fait alors Arens ? Il adopte les données fournies par une quelconque équipe américaine afin de compter combien d’Arabes vivent en Judée et Samarie, combien sont partis, combien sont en partance et combien vont partir dans l’avenir.  Également à l’affût des naissances et des décès, il affirme “scientifiquement“ que seuls vivent en Judée et Samarie 1,5 million d’individus. Si nous gommons 1 million d’Arabes de l’ardoise, nous avons alors une majorité juive en Terre d’Israël (4) ; le Rédempteur est venu en Sion et l’épouvantail démographique est mort.

Faute de me reposer sur des équipes américaines, je me suis tourné vers les services de l’Administration civile de l’IDF  (5), qui m’ont rapporté que l’on compte à l’heure actuelle 2.6 millions de Palestiniens vivant en Judée et Samarie, et que leur nombre à Gaza est estimé à 1.5 million. Si l’on ne se fie pas à l’IDF, on peut se reporter aux données du Bureau palestinien de Statistiques, dont le dernier recensement a eu lieu en 2007, sous l’égide de représentants du gouvernement norvégien ; leurs chiffres sont similaires à ceux de l’IDF (après soustraction des résidents de Jérusalem, déjà pris en compte par le Bureau israélien de Statistiques). Il se confirme dans les deux cas que, sans compter Gaza ni les résidents étrangers, les Juifs constituent 59% du total de la population en Terre d’Israël ; en incluant Gaza et les résidents étrangers, il y a d’ores et déjà un peu moins de Juifs que d’Arabes palestiniens.

Nous n’avons pas le choix, il nous faut tenir compte des prévisions pour les dix ou vingt ans à venir, et il apparaît que la proportion de Juifs aura alors décliné à 42%. Cela signifie la fin de l’entité juive au Moyen-Orient. Ainsi l’épouvantail démographique est-il vivace et menaçant, tout bien considéré, sans même avoir analysé les densités de population ou les questions de sécurité intérieure à prévoir de la part d’une population hostile forte de plusieurs millions de personnes.

Nous n’avons pas le choix, il nous faut dire à Arens que l’idéologie droitiste du Bétar (6) dans laquelle il a grandi a fait faillite il y a bien longtemps et qu’il ne servira à rien de gommer virtuellement 1,5 million d’Arabes des Territoires. Ils sont là. La conclusion est épouvantablement simple. Quel qu’il soit, celui qui conduira à la mise en place d’un État binational sur la Terre d’Israël mènera les Juifs d’Israël à leur perte. Nous, la majorité saine d’esprit encore présente ici, ne permettrons à personne de le faire.

Notes

(1)        Cadre du Bétar (voir infra) aux États-Unis avant d’immigrer en Israël en 1948,  membre de l’Irgun, l’ingénieur aéronautique Moshé Arens fut sur le tard député à la Knesseth (sur les bancs du ‘Hérouth puis du Likoud, à l’extrême droite de l’échiquier), ministre des Affaires Étrangères de 1988 à 1990,  et de la Défense entre 1990 et 1992, puis de 1999 à 2003. Il s’est opposé aux accords de Camp David et préconise de résister aux demandes américaines de prolonger le gel de la colonisation. [NdlT]

(2)        “Demographic Bogey”, Ha’aretz, le 14 septembre 2010 : http://www.haaretz.com/print-edition/opinion/demographic-bogey-1.313683 . Suite à la publication du dernier rapport du Bureau central de Statistiques, Moshé Arens y écrivait que « la démographie semble travailler pour la population juive », contrairement à ce que proclament “les avocats d’une solution à deux États“. [Id.]

(3)        Autre habitude de langage, “Arabe“ plutôt que “Palestinien“ (des Territoires ou d’Israël), dont Soffer use alternativement. [Id.]

(4)        L’expression “Terre d’Israël” recouvre ici, par opposition à “Israël”, l’ensemble formé par l’État d’Israël et la Cisjordanie. [Id.]

(5)        Administration civile mise en place par Tsahal (IDF en anglais, ou Forces de Défense israéliennes) dans les territoires occupés en juin 1967. Il va de soi que ses attributions ont évolué en fonction des changements locaux de statut dans les Territoires, qu’il s’agisse de la bande de Gaza ou de la Cisjordanie. [Id.]

(6)         Mouvement de jeunesse sioniste fondé en 1926 dans la lignée de Jabotinsky et Trumpeldor. Le Bétar de France réclamait encore il n’y a pas si longtemps, à la différence du l’organisation sœur en Israël, plus réaliste, ”les deux rives du Jourdain”, à savoir les limites d’un hyper Israël qui aurait existé sous Salomon. [Id.]

Arnon Soffer

Trad. Tal pour La Paix Maintenant

Ha’aretz, le 4 octobre 2010


N° 554 - Dossier de Palestine - 21-10 - : Fin : - : La reconnaissance d'Israël comme Etat juif est dur à vendre.

N° 554 - Dossier de Palestine - 21-10 - : Fin   : - : La reconnaissance d'Israël comme Etat juif est dur à vendre.



       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources                                 



Dossier de Palestine

N° 554                                                     21-10

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 


Sommaire

3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

3-1 Le sionisme ne passera pas, le BDS aura sa peau ! Le combat continue.

3-2 Le boycott d’Israël par l’Afrique du Sud.

3-3 Ronnie Ksrils : Le boycott d’Israël par l’Afrique du Sud.

3-4 Sami Hermez : Réponse à celles et ceux qui critiquent le mouvement de boycott.

3-5 Alima Boumediene-Thiery : "Le lobby sioniste n’a pas à faire sa loi en France".

3-6 Mohammad Sawalha : « Nous attendons depuis une semaine à Lattaquié le feu vert de l'Égypte »…

3-8 Silvia Cattori : Un bateau Swiss Made pour Gaza.

3-9 De Londres à Gaza.


3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

3-1 Le sionisme ne passera pas, le BDS aura sa peau ! Le combat continue.
Chères amies, Chers amis,
Les parties civiles et le ministère public qui attaquaient la sénatrice Alima Boumediene-Thiery (Verts) et Omar Slaouti (NPA) pour leur participation à une action de boycott des produits israéliens dans le magasin Carrefour de Montigny ont été déboutées ce jeudi 14 octobre 2010 par le tribunal de Pontoise.
Après que Me Antoine Comte, avocat de la défense eut fait valoir les nombreuses irrégularités commises par les plaignants dans cette affaire, les juges n'ont même pas estimé nécessaire d'entendre développer les autres arguments sur le fond.
Courageux, mais pas téméraires, ni le colon israélien Sammy Ghozlan, ni son acolyte du CRIF William Goldnadel (également israélien), ne se sont montrés au procès. Ils sont restés chez eux.
En revanche, les militants se sont massivement déplacés pour soutenir Alima et Omar et pour réaffirmer leur détermination à poursuivre et amplifier la campagne de boycott, désinvestissement et de sanctions (BDS) contre Israël. Ils sont venus par centaines malgré les grèves des transports. Ils sont venus de différents coins de France et même de Belgique. Nous sommes, pour beaucoup, allés en cortège de la gare Pontoise jusqu'au tribunal, où les prises de paroles et les slogans ont scandé la totalité de l'après-midi, jusqu'à l'annonce de cette victoire peu avant 18 H.
Un immense merci à tous ceux qui, depuis des mois, se mobilisent pour le droit et la justice.

Le combat n'est pas terminé.

Le jugement en appel de sakina Arnaud à bordeaux sera rendu le 22 octobre prochain, et le procahin procès BDS sera celui de nos camarades de Mulhouse le 29 novembre.
Mais une manche importante vient d'être gagnée : ne boudons pas notre plaisir !
Amicalement

CPCP/IRC !  
CAPJPO-EuroPalestine


3-2 Le boycott d’Israël par l’Afrique du Sud.

Le sionisme, ennemi du Genre Humain, n'a rien à nous interdire en ce qui concerne le boycott de son état. Les "agents" sionistes n'ont aucun ordre à nous donner en ce qui concerne notre choix d'acheter tels produits plutôt que tels autres. Nous boycottons la Chine parce qu'elle torture les animaux, au même titre, nous boycottons l'état sioniste pour son Inhumanité et parce qu'ils vend des produits qui viennent de terres qu'il a volé à un Peuple. Les "agents" sionistes n'ont aucune leçon de morale à nous donner non plus. Aux Juifs encore moins qu'aux autres. Nous leur dénions ce droit car pour nous ils n'ont ni Morale, ni Moralité, ni Ethique. Ils ne peuvent prétendre à nous servir d'exemple quand on voit la politique criminelle qu'ils soutiennent. Dis-moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu es. De surcroit, nous vivons en France et ici ce n'est pas chez eux. Ils n'ont pas à dicter leur conduite aux Français, aux Français Juifs moins qu'aux autres. Nous sommes assez grands et suffisamment Elevés en Conscience pour savoir où se situent le Bien et le Mal. Si pour eux, Voler, Tuer, Mentir, c'est bien alors... ceci implique qu'ils se situent aux Antipodes du Bon Jugement. Ils n'ont donc pas à Juger ceux qui se conforment aux Valeurs et Lois Morales.

Pour combattre le Sionisme, il faut en faire une affaire de Conscience. Ceci seul importe. Notre Conscience est notre Dieu, notre Guide, selon les Lois Humaines rétablies par Yeshoua, et tous ceux qui vont à l'encontre de ces Lois sont les Ennemis des gens sensés. Nous n'avons ni à subir leur chantage, ni à supporter leurs menaces, ni à nous laisser fléchir par leur fausse Justice. Ils ne sont pas nos Maîtres, et nous, pas leurs Esclaves.

Vendredi 8 octobre

http://www.europalestine.com/spip.php?article5468
http://www.fischer02003.over-blog.com/article-proces-politique-58470963.html
http://www.convergencedesluttes.fr/index.php?post/2010/10/07/PROCES-POLITIQUE


3-3 Ronnie Ksrils : Le boycott d’Israël par l’Afrique du Sud.

Un boycott international a contribué à la fin de l’apartheid en Afrique du Sud ; aujourd’hui, les Sud-Africains sont à la tête de l’opposition mondiale au racisme en Israël, écrit Ronnie Kasrils.

 Des personnalités sud-africaines, dont Desmond Tutu, ont approuvé  les récentes initiatives de boycott des institutions israéliennes.

Quand le dirigeant Albert Luthulli fit appel à la communauté internationale pour qu’elle soutienne le boycott de l’Afrique du Sud de l’apartheid en 1958, la réponse fut un vaste et enthousiaste mouvement qui joua un rôle important dans la fin de l’apartheid. Au milieu des boycotts sportifs, des engagements d’auteurs dramatiques et d’artistes, des actions de travailleurs pour bloquer les produits sud-africains et les empêcher de pénétrer le marché local, et de la pression constante sur les Etats pour qu’ils retirent leur soutien au régime d’apartheid, le rôle des universités se trouva lui aussi en première ligne.

 L’une des avancées significatives fut la résolution prise par 150 universitaires irlandais de ne pas accepter de postes universitaires ou de nominations en Afrique du Sud. En 1971, le Conseil du Trinity College de Dublin prit la décision de ne pas acquérir de participation dans toute entreprise de la République qui aurait des échanges commerciaux même par l’intermédiaire d’une filiale. Le Conseil décida par la suite que l’université ne conserverait aucun lien officiel ou institutionnel avec toute institution universitaire ou gouvernementale en Afrique du Sud.

Près de quatre décennies plus tard, la campagne de boycott, de désinvestissements et de sanctions gagne du terrain une fois encore en Afrique du Sud, et cette fois, contre l’apartheid israélien.  

Déjà ce mois-ci, plus de 100 universitaires dans toute l’Afrique du Sud, de plus de 13 universités, ont apporté leur soutien à l’initiative de l’université de Johannesburg pour qu’il soit mit fin à la collaboration avec l’occupation israélienne. La campagne a encore progressé depuis et elle inclut aujourd’hui 200 sympathisants. La pétition universitaire sur l’ensemble du territoire, appelant à résilier tout accord entre l’université de Johannesburg et l’université israélienne Ben-Gourion au Néguev, a suscité un intérêt considérable. Avec la récente approbation de certaines voix éminentes d’Afrique du Sud, telles que Kader Asmal, Breyten Breytenbach, John Dugard, Antjie Krog, Mahmood Mamdani, Barney Pityana et Desmond Tutu, la déclaration confirme toute la force qu’a prise l’appel au boycott en Afrique du Sud :  « Nous, universitaires, reconnaissons que tous nos travaux universitaires s’inscrivent dans des contextes sociaux larges - particulièrement dans des institutions qui sont engagées dans la transformation sociale. Les institutions sud-africaines ont l’obligation de revoir les relations qu’elles ont forgées durant l’ère de l’apartheid avec d’autres institutions qui ont fermé les yeux sur l’oppression raciale, au prétexte d’un travail "purement universitaire ou scientifique" ».  

Les universités israéliennes ne sont pas visées par le boycott à cause de leur identité ethnique ou religieuse, mais de leur complicité avec le système israélien d’apartheid. Comme les universitaires qui soutiennent l’appel l’expriment avec clarté dans leur déclaration, l’université Ben-Gourion entretient des liens matériels avec l’occupation militaire. Les attaques d’Israël contre Gaza en 2009, qui coûtèrent la vie à plus de 400 enfants, ont suscité une large condamnation internationale. La violation par Israël du droit international fut confirmée plus tard par le juge sud-africain, Richard Goldstone, dans son rapport aux Nations-Unies. L’université Ben-Gourion a directement et indirectement soutenu ces attaques en offrant des bourses et des cours en supplément aux étudiants qui avaient été enrôlés dans les unités combattantes actives et en fournissant des garanties spéciales aux étudiants partis dans le cadre de la réserve pour chaque jour de service.

La position de principe des universitaires en Afrique du Sud par laquelle ils prennent leur distance avec les institutions qui soutiennent l’occupation est à l’image des avancées déjà enregistrées en faisant valoir que le régime israélien est coupable d’un projet colonial illégal et immoral. Le Conseil de Recherches en sciences humaines d’Afrique du Sud, dans une réponse lors d’une enquête demandée par le gouvernement sud-africain en 2009, publia un rapport qui confirme que le racisme structurel et l’oppression imposés quotidiennement par Israël sont constitutifs d’un régime d’apartheid et de colonialisme, semblable à celui qui modela nos vies en Afrique du Sud.

Plus récemment, la réaction internationale à l’attaque honteuse contre la Flottille (le 31 mai dernier) qui transportait des fournitures médicales et d’autres produits de base pour la population ghettoïsée de Gaza fut un signe de l’érosion de la légitimité d’Israël aux yeux de la communauté internationale. En Afrique du Sud, le rappel de notre ambassadeur en Israël et la délivrance à l’ambassadeur d’Israël à Pretoria de l’une des formes les plus dures de condamnation diplomatique, de démarche, fut une déclaration forte où le gouvernement sud-africain reconnaissait que les actes d’Israël méritaient notre plus grand mépris.

La campagne de boycott, désinvestissements et sanctions contre Israël est maintenant lancée en Afrique du Sud. Les syndicats d’Afrique du Sud ont publiquement apporté leur soutien ; tout particulièrement par l’action de l’an dernier du syndicat sud-africain des travailleurs des Transports et activités connexes où ils refusèrent de décharger tout produit israélien sur le port de Durban - un engagement qui fut renouvelé en juillet de cette année.  

Le boycott par les consommateurs gagne également du terrain, notamment avec le lancement récemment d’une campagne publique qui amène les militants sud-africains à boycotter la firme Ahava, les Cosmétiques de la mer Morte, et à rejoindre le mouvement international de boycott des produits israéliens.

La campagne de boycott et de sanctions contre l’apartheid d’Afrique du Sud a, en fin de compte, aidé à libérer tant les Blancs que les Noirs sud-africains. Les Palestiniens et les Israéliens profiteront de la même manière de cette campagne internationale non violente - une campagne que tous les Sud-Africains peuvent faire avancer.

La pétition demandant à mettre fin aux relations entre l’université de Johannesburg et l’université Ben-Gourion du Néguev est disponible sur : http://www.ujpetition.com

Vote du 30 septembre 2010 : Les champions sud-africains du boycott universitaire d’Israël  

PACBI (Campagne palestinienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël) se félicite de la décision du Sénat de l’Université de Johannesburg « de ne pas poursuivre une relation de longue date avec l’Université Ben Gourion en Israël dans sa forme actuelle » et de fixer des conditions « à la poursuite des relations ».  

Le fait que le Sénat de l’université de Johannesburg ait fixé un ultimatum de six mois à l’université Ben Gourion pour mettre fin à sa complicité avec l’armée d’occupation et pour que cessent les politiques de discrimination raciale contre les Palestiniens est vraiment un début significatif du recul de l’attitude « les affaires d’abord » qui a régi les accords entre les deux institutions jusqu’à tout récemment.  

PACBI salue chaleureusement tous ceux qui ont travaillé en ce sens et qui ont approuvé la campagne pour rompre les liens avec l’université Ben-Gourion. La pétition sans précédent approuvée par les directions de quatre universités sud-africaines et par des personnalités de premier plan tels que l’archevêque Desmond Tutu, Breyten Breytenbach, John Dugard, Antjie Krog, Barney Pityana, et Kader Asmal, ne mâche pas ses mots en appelant à rompre des liens avec Ben-Gourion et, implicitement, avec toutes les institutions israéliennes qui se rendent complices des violations du droit international.

PACBI

* Ronnie Ksrils

Diffusé le 30 septembre par omar.barghouti2@gmail.com à partir de l’article : South Africa Champions the Academic Boycott of Israel (PACBI)

 

* Ronnie Ksrils a milité de longues années dans les structures clandestines de l’ANC [African National Congress - Mouvement anti-appartheid en Afrique du Sud]. Il a assuré plusieurs fonctions ministérielles dans les gouvernements post-apartheid.

Du même auteur :

  Israël 2007 : pire que l’apartheid - 1er juin 2007

29 septembre 2010 - The Guardian - traduction : JPP

SourcesInfo-Palestine

Posté par Adriana Evangelizt

http://palestine.over-blog.net:80/article-le-boycott-d-israel-par-l-afrique-du-sud-58502894.html


3-4 Sami Hermez : Réponse à celles et ceux qui critiquent le mouvement de boycott.

C’est le niveau élevé du soutien dont profite Israël qui rend cet Etat si prédisposé au BDS... Israël serait incapable de continuer l’occupation ne serait-ce qu’un seul jour, sans le soutien des Etats-Unis et de l’Union européenne.

L’appel au boycott invite les Israéliens à se tenir aux côtés des Palestiniens, en solidarité.

Au cours de ces trois dernières années (2007/2009), le mouvement de boycotts, désinvestissements et sanctions (BDS) contre Israël a fait un grand pas en avant. Beaucoup de personnes dans le monde ont répondu à cet appel, des actions d’organisations dans les supermarchés en France et en Grande-Bretagne, protestant contre les produits israéliens fabriqués ou cultivés dans les colonies, jusqu’aux cinéastes qui retirent leurs films des festivals, et aux personnalités israéliennes qui prennent publiquement position en faveur du mouvement BDS. Rien que dans une période récente, un fonds norvégien de plusieurs milliards s’est désinvesti de l’entreprise israélienne d’armement Elbit, pendant que d’autres entreprises, comme Véolia, conglomérat français impliqué dans la construction et la gestion du tramway de Jérusalem, essuyaient des revers grâce à la mauvaise publicité que le mouvement de boycott avait générée.

La liste des actions BDS qui furent couronnées de succès est devenue bien trop longue pour les énumérer toutes, et pourtant, il y a encore beaucoup de gens qui ne croient pas dans ce mouvement et qui émettent des réserves sur un certain nombre de points. Ils expriment deux préoccupations principales auxquelles il est rarement répondu, ou seulement de façon superficielle. La première c’est, pourquoi y a-t-il un mouvement de boycott contre Israël, et pas contre d’autres pays comme la Chine, le Soudan ou les Etats-Unis. Cette objection est souvent associée à l’idée que ce boycott serait inhérent à de l’antisémitisme. La seconde préoccupation met en avant que le boycott serait anti-dialogue, un argument qui va de pair souvent avec l’accusation qu’il serait une censure et constituerait une forme de punition collective.

Le boycott d’autres pays

Deux récentes déclarations publiques sur le boycott au cours de cet été, celles de Naomi Klein (1) et de Neve Gordon (2), anticipent toutes les deux la première critique, mais sans aller suffisamment loin dans leur argumentation pour démontrer pourquoi il est nécessaire de boycotter Israël et pourquoi nous ne boycottons pas d’autres pays. Gordon ne pose la question que pour l’ignorer presque complétement, pendant que Klein fournit deux explications qui, associées, commencent à former une réponse cohérente. Dans son article publié par The Nation le 8 janvier 2009, répondant à la question, pourquoi ne boycottons-nous pas d’autres pays occidentaux qui violent également les droits de l’homme, Klein dit : « Le boycott n’est pas un dogme ; c’est une tactique. La raison pour laquelle la stratégie BDS doit être essayée contre Israël est pratique : dans un pays si petit et si dépendant commercialement, elle peut vraiment marcher. » Bien qu’il soit exact, cet argument ne répond pas pleinement aux critiques.

Il existe plusieurs autres raisons pour lesquelles nous ne boycottons pas certains des autres pays cités ci-dessus. De loin la plus importante, et abordée brièvement par Klein lors de son interview par Cecilie Surasky pour Alternet (1), le 1er septembre 2009, c’est que les gens à travers le monde ne boycottent pas, en réalité ils répondent à un appel au boycott qui émane de la société civile palestinienne. Klein n’est pas la première à dire cela ; des vétérans de la campagne antiapartheid pour l’Afrique du Sud, dont le boycott fut un succès, ont également insisté sur la nécessité qu’il y avait de se tenir aux côtés des communautés autochtones. Le boycott est une initiative qui tient compte de ce que demande la communauté opprimée et il suit son exemple. L’idée est qu’il n’existe aucun mouvement, en dehors du Tibet dans le cas de l’oppression chinoise, ou de l’Iraq dans celui de l’occupation américaine, qui appelle la communauté internationale à un boycott. C’est important ! Le mouvement BDS vient de l’intérieur de la société palestinienne et c’est ce facteur qui le rend si puissant et si efficace. S’il y avait des appels à boycott venant de l’intérieur de pays comme les Etats-Unis, la Chine ou la Corée du Nord, contre ces gouvernements oppresseurs, alors il serait intéressant d’entendre de tels appels.

La remarque initiale de Naomi Klein, où elle dit que BDS n’est pas dogmatique mais tactique, est cruciale ; elle est cruciale en ce sens que le mouvement ne prétend pas que BDS puisse être utilisé avec succès dans chaque combat contre l’oppression partout où il se déroule, mais que dans certains cas d’apartheid ou d’oppression coloniale, c’est un outil hautement efficace. Le cas d’Israël s’avère particulièrement saillant parce que ce pays reçoit un montant quasiment surréaliste d’aides et d’investissements étrangers venant du monde entier, la plupart des Etats-Unis notamment grâce auxquels il bénéficie d’un statut spécial. Cela rend l’Etat israélien et ses institutions encore plus responsables de leurs actions quotidiennes devant la communauté internationale que dans le cas d’un pays comme le Soudan, fréquemment évoqué par les critiques du boycott à cause de la violence au Darfour. Cela signifie aussi, dans le cas du boycott et du désinvestissement économiques, que la communauté internationale doit cesser (à peine une punition) ses cadeaux et son soutien, au lieu de permettre à Israël de jouir de son statut spécial. C’est le niveau élevé du soutien dont profite Israël qui rend cet Etat si prédisposé au BDS, alors que pour certains des autres pays souvent cités dans les débats sur le boycott, comme dit Klein, « il y a (déjà) des sanctions très claires de la part des Etats contre ces pays. »

Dans le même article de septembre (1), Yael Lerer, éditeur israélien, interviewé aux côtés de Klein, reprend cette position : « Ces pays ne disposent pas de festivals de films, et Madonna ne va pas faire de concerts en Corée du Nord. Le problème ici, c’est que la communauté internationale traite Israël comme si c’était un Etat normal, comme si c’était un Etat européen, occidental. Et c’est cela la base de l’appel au boycott : la relation particulière que les universités israéliennes ont avec les universités européennes et celles des Etats-Unis, une relation que les universités du Zimbabwe n’ont pas. Je crois qu’Israël serait incapable de continuer l’occupation ne serait-ce qu’un seul jour, sans le soutien des Etats-Unis et de l’Union européenne. »

Celles et ceux qui critiquent BDS doivent garder à l’esprit l’aspect tactique du mouvement. Nous ne pouvons pas boycotter tous les pays dans le monde, mais cela ne veut pas dire que le BDS contre Israël ne peut être utilisé comme un outil pour obliger à reconstruire les relations entre Palestiniens et Israéliens. Cela nous amène à l’autre critique du boycott, qui l’accuse d’être anti-dialogue.

Le boycott est le dialogue

Depuis la signature des accords d’Oslo en 1994, beaucoup ont suivi ce chemin du dialogue - j’ai essayé pendant plusieurs années - et ils ont constaté que c’était une stratégie qui ne cherchait qu’à gagner du temps, pendant que le gouvernement israélien construisait sa réalité sur le terrain. Nous avons vu que dialoguer était devenu le slogan des anciens criminels pour leur permettre de se laver les mains du sang qu’ils avaient fait couler et apparaître comme des pacifiques alors qu’ils poursuivaient leurs stratégies d’oppression ; le président israélien Shimon Peres a été un maître dans l’art d’utiliser de telles tactiques. J’ai constaté sur les campus universitaires aux Etats-Unis, où j’ai étudié, que le dialogue était une façon de neutraliser la confrontation, et d’aseptiser un conflit sale. Mais éviter la confrontation ne fait que favoriser le statu quo, et le statu quo, jusqu’à la campagne BDS, était en faveur de l’occupation.

Le mouvement de boycott va, bien sûr, à l’encontre de tels dialogues, mais il n’est pas contre le dialogue dans son sens véritable. En réalité, par son essence même, BDS est un mouvement qui suppose le dialogue, et qui réintroduit le sens du mot dialogue à sa juste place - celle où l’on voit une communication entre deux partenaires égaux, et non un occupant qui impose ses exigences et dicte ses conditions à l’occupé. BDS est censé promouvoir le dialogue en localisant ceux qui sont engagés dans un combat réel et constant contre le sionisme - et cela apparaît comme le plus approprié, non dans les formes économiques du boycott, mais dans ses formes culturelles et universitaires où artistes, musiciens, cinéastes, universitaires et autres personnalités culturelles, sont capables de se retrouver, de converser et construire des réseaux face aux institutions oppressives qui sont la véritable cible de ces boycotts. Là où le boycott économique crée une pression économique, le boycott culturel favorise le dialogue et la communication précisément parce qu’il rend honteux et fait fuir ceux qui collaborent directement avec le gouvernement israélien et ses institutions.

La force de toutes ces formes de BDS est dans leur reconnaissance que la vraie justice ne pourra s’exercer que quand Israéliens et Palestiniens œuvreront ensemble à une cause commune, quand ils se rendront compte que leur combat est partagé, et quand les Israéliens comprendront qu’ils doivent se sacrifier aux côtés des Palestiniens s’ils veulent une paix véritable. La force de BDS, c’est qu’il offre une alternative au combat national mené par le Hamas et le Fatah, et qu’il appelle les Israéliens à rejoindre les Palestiniens dans leur combat, à aller au-delà de cet espace, confortable, où l’on se contente de prêcher la paix, pour entrer dans le domaine de l’action qui exige une attitude qui dise « Non, pas les affaires d’abord ! ». En effet, BDS fournit les moyens de générer un mouvement nouveau qui peut être une réponse aux principaux partis politiques palestiniens qui ont bafoué le droit d’un peuple à résister, en dépit de leurs réalisations passées. Une part significative de ceci provient du fait que BDS permet un discours qui va au-delà de la « fin de l’occupation », qu’il pose les exigences du droit au retour et de l’égalité des droits pour les Palestiniens en Israël, comme priorités absolues.

Si Israéliens et Palestiniens peuvent construire un mouvement ensemble, s’ils peuvent lutter ensemble, alors ce mouvement incarnera le monde qu’ils souhaitent créer, un monde qui sera partagé. On le voit, BDS n’est pas une tactique pour un mouvement national ; à mesure qu’il prend de la force, on verra qu’il a des ennemis des deux côtés de la fracture nationaliste. Sa force en tant que tactique réside dans sa capacité à promouvoir un mouvement qui défie le discours nationaliste. Il peut créer les conditions rendant possible un mouvement qui reconnaisse que, même si l’autodétermination nationale reste un élément central dans un monde dirigé par des nationalismes antagonistes, elle ne doit pas être contrainte aux notions traditionnelles du nationalisme, basées sur la supériorité d’une ethnie et l’exclusion d’une autre, ou sur la force des partis politiques actuels. De cette façon, BDS n’est pas anti-dialogue, au contraire, il appelle les Israéliens à faire un pas en avant en envisageant collectivement un autre type de relation sur la terre d’Israël/Palestine.

Il est temps de sortir de nos espaces de confort pour nous confronter, de ne plus nous contenter de parler de tolérance et de dialoguer pour le plaisir de dialoguer. Il est temps de réaliser qu’un peuple reconnaît déjà l’humanité de l’autre, mais qu’une politique intervient pour veiller à ce que « nous », nous ne « leur » accordions pas cette humanité. Il est temps de réaliser que ce n’est pas l’Israélien qui est la cible du BDS, mais le gouvernement israélien et les institutions israéliennes qui collaborent à l’occupation des Palestiniens, les humilient et les diabolisent. Enfin, il est temps de réaliser que BDS est une stratégie non violente, qui peut réussir, précisément parce qu’il travaille à faire évoluer doucement des attitudes et à construire des ponts vers une vision commune de la justice et de l’égalité, et parce qu’il crée économiquement un véritable sentiment de manque à gagner, par conséquent, une véritable pression sur les gouvernements et institutions israéliens, qui va au-delà d’un « processus de paix » pour la forme.

(1) - Naomi Klein : boycotter Israël sans mettre fin au dialogue sur la Palestine - Cecilie Surasky

(2) - Boycotter Israël : une stratégie, pas un principe - Neve Gordon

Sami Hermez

Sami Hermez prépare un doctorat en anthropologie à l’université de Princeton, et travaille sur les questions de la violence et de la non-violence.

mercredi 13 octobre 2010


3-5 Alima Boumediene-Thiery : "Le lobby sioniste n’a pas à faire sa loi en France".
Dans une interview au quotidien algérien La Nouvelle République, la sénatrice livre sa réaction face aux manoeuvres d’intimidation en cours.
Interview de M. Hadj Hamiani

Que pensé de ce procès ?
C’est un procès politique, évidemment, et à mon avis avec des relents racistes…Au préalable, il faut savoir que la garde des sceaux, ministre de la justice, avait déclaré en séance publique de l’Assemblée Nationale qu’elle ne poursuivrait pas… car chaque citoyen, d’autant plus parlementaire avait une liberté d’expression, Or il en est rien… Elle a explicitement demandé au parquet de poursuivre avec un chef d’inculpation de « provocation à la discrimination en raison de l’appartenance à une nation ». Il est clair qu’un lobby a fait son travail, et personne n’ose jamais le nommer… Et bien je refuse de céder à cette peur, le lobby sioniste n’a pas à faire sa loi en France.
De plus, je ne suis pas la seule parlementaire à m’être engagée dans ce combat pour le respect du droit international et exiger la fin de l’impunité dont bénéficie Israël de la part des grands depuis plus de soixante ans ans. Nous sommes nombreux à soutenir qu’Israël se doit de respecter les résolutions de l’ONU et les accords d’association qu’il a signés avec l’Union européenne. Or, je suis l’unique parlementaire française qui a l’honneur d’une plainte et d’une poursuite au Tribunal…


Mon nom « Boumediene » y est peut être pour quelque chose ! Mais je suis fidèle à une tradition anti-colonialiste et suffisamment forte de mes convictions pour continuer le combat. Et puis je veux que
la Justice Française se prononce clairement, comme l’ont fait la Belgique, la Grande-Bretagne, …
D’une part, quid du Droit International, quand les Institutions internationales sont incapables de se faire respecter et que les citoyens prennent le relais pour combler leur déficit ? D’autre part, cette justice doit nous reconnaître le droit à la liberté d’expression en général, et le droit de critiquer la politique israélienne sans être qualifié antisémite, en particulier.
Je ne supporte plus ce chantage à l’antisémitisme ! Evidemment que l’histoire a été horrible et inacceptable pour les juifs en Europe, et que
la France en porte une grande responsabilité… Mais l’antisémitisme est une affaire trop sérieuse pour être utilisée à tord et à travers… et l’Histoire ne peut pas justifier les horreurs d’aujourd’hui !! On ne répare pas une injustice en créant une nouvelle injustice, en plus, envers un peuple qui n’a aucune responsabilité historique ! Et puis l’antisémitisme et l’antisionisme, c’est différent, ne faisons pas d’amalgame ! Faire croire à l’opinion publique, que c’est la même chose, est très dangereux et peut avoir des effets pervers…
Aujourd’hui, le sionisme est une politique de colonisations, d’occupations des terres et d’expulsions, et c’est au nom du sionisme qu’Israël commet des crimes comme à Gaza, à Naplouse, à Jenine… C’est inacceptable, comme tous les crimes contre l’humanité, qu’ils soient en Afrique, en Asie, au Moyen Orient… ou hier en Europe ! Pour ces raisons, je me reconnais comme anti-sioniste !
Que pensez-vous de ce grand soutien émanant de parlementaires ou de simples citoyens, Algériens, Français, Belges voire des Israéliens ?
Tout d’abord permettez moi de les remercier, en mon nom et au nom de tous les militants pour
la Justice et la solidarité avec le peuple palestinien, en particulier ces citoyens israéliens qui ont le courage de dire non à cette colonisation et qui ont compris que la paix ne peut pas se faire sans la justice. C’est aussi la preuve que ce problème n’est pas un problème entre « juifs et arabes » comme certains veulent le faire croire, mais bien un problème international qui doit interpeller tous les citoyens épris de justice, de paix et de liberté.
Cette dynamique est une opportunité pour aller plus loin et concrétiser nos grands discours. Des parlementaires arabes, africains, européens, etc… m’ont envoyé leur soutien, aussi, je m’adresse à eux pour leur dire : « continuons et allons plus loin… en tant que parlementaires, nous revient le droit de ratifier ou refuser des accords bilatéraux !… en tant que responsables et élus exigeons le gel de tous ces accords tant que le gel et le retrait des colonies ne sont pas effectifs !… Ayons le courage de dire que les droits humains ne doivent pas être sacrifiés pour des intérêts économiques et commerciaux ! … Exigeons que nos partis politiques soient cohérents et refusent toutes relations politiques avec les politiques israéliens qui ne feraient pas une priorité de cet objectif !
Je suis convaincue que ces actions non-violentes, néanmoins conséquentes auront de l’impact. Si tous les parlementaires, quelles que soient leurs couleurs et leurs choix politiques, mais qui ont à cœur ce problème, faisaient pression sur leur gouvernement, pour qu’un gel des relations diplomatiques et économiques soit décrété jusqu’à la fin de la colonisation par Israël et la reconnaissance d’un Etat Palestinien viable et indépendant, nous aurions fait un grand pas vers la paix !
Allez-vous continuer à boycotter les produits israéliens (BDS) ?
Evidemment, que nous allons continuer la campagne… la question ne se pose même pas… Nous ne sommes pas dans l’illégalité, mais dans la recherche de Justice. L’histoire nous a prouvé que la guerre contre l’Apartheid en Afrique du Sud a pris des années, mais que le boycott a été décisif ! Donc non seulement nous devons le poursuivre et l’amplifier au niveau commercial, mais aussi promouvoir le boycott dans tous les domaines… cela a commencé au niveau sportif, culturel,… alors, continuons au niveau universitaire, politique, touristique, … dans tous les domaines. Sans cesse, nous devons mettre à l’index la politique coloniale d’Israël et mettre les responsables au pied du mur, en exigeant la fin et le retrait des colonies, et l’application des résolutions internationales, de manière non-violente mais déterminée.
Qu’attendez-vous de ce procès ?
Qu’il rende à
la Justice la place qu’elle mérite ! Indépendante du pouvoir politique, et donc juger en son âme et conscience, en quoi nous avons enfreint la loi ? Elle doit refuser de criminaliser la solidarité, comme le demande la Chancellerie qui cède aux officines du CRIF, en nous poursuivant pour avoir osé critiquer Israël. Le droit de critiquer la politique menée par un Etat, quel qu’il soit, n’est pas un crime : cela relève de la liberté d’expression, et ce procès doit le dire avec force et vigueur ! Qu’il prouve que l’impunité d’Israël doit cesser et que les citoyens sont en droit de le revendiquer !
Exiger le respect du Droit International, de ses résolutions et de ses conventions, n’est pas illégal, me semble-t-il ?
Alors
la Justice française doit le dire comme l’ont dit hier la Justice belge, britannique… la Justice n’est pas à géométrie variable, selon les forces en présence dans le pays, elle est universelle non ? Je voudrais terminer par une phrase : « la force sans le droit c’est la barbarie, mais le droit seul est faible, c’est la force du droit qui doit s’imposer … et l’opinion publique internationale constitue la force nécessaire pour que le droit devienne efficace ».

6-10-2010

http://www.europalestine.com/spip.php?article5468


3-6 Mohammad Sawalha : « Nous attendons depuis une semaine à Lattaquié le feu vert de l'Égypte »…
Entretien

Intervieuw : Silvia Cattori

Mohammad Sawalha, vice président du Comité international pour briser le siège de Gaza, exprime, dans cet entretien, son inquiétude au sujet des difficultés que les autorités égyptiennes imposent au convoi Viva Palestina, bloqué depuis une semaine au port de Lattaquié en Syrie dans l’attente de l’autorisation égyptienne de se rendre à Al-Arish.

Silvia Cattori : Le cinquième convoi Viva Palestina [1] qui est parti de Londres le 18 septembre est bloqué à Lattaquié en Syrie depuis une semaine. Les autorités égyptiennes vont-elles laisser le convoi accoster à Al-Arish ?

Mohammad Sawalha : Tous les participants, qui sont venus de trois directions - le premier convoi d’Europe, le second d’Afrique du Sud, le troisième de Jordanie et des pays du Golfe - attendent maintenant au port de Lattaquié. Depuis une semaine, 400 personnes et 150 véhicules chargés de médicaments et de matériel scolaire attendent que l’Égypte accepte de leur accorder la permission de poursuivre leur route vers Gaza, en passant, comme elle l’avait initialement accepté, par Al Arish. Nous attendons la réponse des autorités égyptiennes. Nous leur avons donné, comme elles l’ont demandé, la liste des noms des participants, des véhicules et des produits que nous transportons. Nous avons rencontré l’ambassadeur égyptien à Damas en Syrie ; il nous avait promis de nous répondre samedi. Jusqu’à ce jour il ne nous a donné aucune réponse.

Silvia Cattori : Pour quelle raison les Égyptiens bloquent-ils le convoi ? Ils avaient pourtant défini et accepté cet itinéraire de longue date ?

Mohammad Sawalha : Ce n’est pas la première fois, malheureusement, que l’Égypte n’autorise pas nos convois à continuer naturellement leur route vers Gaza en passant par son territoire. Or, c’est la seule manière d’aller à Gaza. C’est pourquoi, de longue date, nous avons prié l’Égypte de ne pas nous donner de fausses informations. Notre objectif est de rappeler qu’Israël organise le siège contre les Palestiniens, et pas de donner l’impression que l’Égypte est partie prenante de ce siège. Les autorités égyptiennes nous ont promis de faire en sorte que tout se déroule bien. Mais jusqu’à maintenant rien ne se passe.

Silvia Cattori : Craignez-vous qu’elles aient changé d’avis sous la pression d’Israël ?

Mohammad Sawalha : Nous n’en avons pas la preuve. Nous sommes dans l’attente impatiente de poursuivre notre route. La manière avec laquelle ils ont agi avec nous auparavant, en nous retardant, cause de nombreux tracas et souffrances pour les participants ; nous avons avec nous des personnes âgées, l’une d’elle a 83 ans et un grand nombre ont plus de 60 ans. L’Égypte doit comprendre qu’il est inacceptable de laisser des gens souffrir de la sorte sans raison. Ils veulent juste aller à Gaza pour soutenir leur frères et sœurs.

Par leur présence les gens qui participent au convoi veulent simplement dire au monde que ce siège israélien n’a pas lieu d’être. C’est un siège criminel, et c’est le devoir de chacun d’aller au secours des habitants de Gaza pour leur apporter de l’aide.

Silvia Cattori : Après un si long voyage, trois semaines sur les routes dans des conditions très inconfortables, quel est le moral des participants ?

Mohammad Sawalha : Je puis vous assurer que, malgré les grandes difficultés auxquelles ils font face, leur moral est très haut. Ils sont conscients qu’ils servent une cause noble, leur objectif étant de défier le siège inhumain qu’Israël impose au peuple palestinien. Bien sûr, ils souffrent, surtout les gens plus âgés, mais chacun d’eux est prêt à attendre le temps que l’Egypte les autorise à continuer leur route.

Silvia Cattori : Le paradoxe n’est-il pas que, alors que le siège est imposé par Israël, dans cette histoire c’est l’Egypte qui se trouve ainsi en première ligne ?

Mohammad Sawalha : Ce n’est pas notre décision. Depuis le début, nous avons demandé aux autorités égyptiennes de nous laisser passer sans autres. Mais pour être francs, la politique égyptienne qui maintient fermée la frontière de Rafah, seule porte pour entrer à Gaza, n’est pas acceptable pour nous. Ils l’ouvrent parfois, comme après le massacre de Gaza, en disant que c’est pour des raisons humanitaires. Mais cela est inacceptable, cette frontière de Rafah devrait être toujours ouverte comme n’importe quelle frontière entre pays. Les Palestiniens ont le droit de vivre dans la dignité et la liberté comme n’importe quelle nation au monde. C’est ce que nous croyons et, pour cette raison, nous devons nous battre jusqu’à ce que nous ayons atteint cet objectif.

[1] Voir :
 « De Londres à Gaza – Entretien avec Kevin Ovenden », par Silvia Cattori, silviacattori.net, 28 septembre 2010.
 « Le combat pour briser le siège illégal de Gaza continue », par Silvia Cattori, silviacattori.net, 25
septembre 2010

Source : Silvia Cattori

11 octobre

http://www.silviacattori.net/...


3-8 Silvia Cattori : Un bateau Swiss Made pour Gaza.

Entretien avec le parlementaire suisse Jean-Charles Rielle

Réunis à Genève début octobre, les représentants de la Coalition internationale pour lever le siège de Gaza (Britanniques, Suisses, Grecs, Suédois, Malaisiens, Turcs, Etats-uniens, Norvégiens, Hollandais, Irlandais, Italiens, Algériens, Koweitiens, Jordaniens ainsi que d’autres pays arabes) ont affirmé leur détermination à briser le blocus maritime imposé par Israël à la population de Gaza.

Bien que le bateau suisse, soit prêt depuis août, il a fallu reporter le départ de la deuxième Flottille de la liberté au printemps prochain parce que de plus en plus de pays veulent la rejoindre.

Parmi les 45 passagers qui partiront sur le bateau suisse (il y a eu 500 demandes) il y a des parlementaires. Jean-Charles Rielle, 58 ans, député socialiste au Parlement suisse, qui s’exprime ici, est l’un d’entre eux.
Silvia Cattori : Vous venez d’annoncer (1) que vous partirez avec la nouvelle Flottille qui se mobilise en faveur de la population assiégée de Gaza. Cela vous honore, car peu de personnalités politiques osent s’exprimer de manière critique quand il s’agit d’Israël. Quel évènement vous a-t-il conduit à vous impliquer de la sorte ?

Jean-Charles Rielle : Je suis allé deux fois à Gaza, en janvier 2009 quelques jours après la catastrophe humanitaire provoquée par l’intervention israélienne, et en janvier 2010 pour faire un bilan un an après (2). C’est à ces moments-là, que j’ai pu effectivement mesurer l’ampleur du problème, et ses conséquences notamment pour la santé de la population qui subit ce siège. Le médecin que je suis a pu prendre la mesure de la gravité de la situation. Il est temps de faire cesser ce blocus pour que ce peuple puisse devenir libre. Libre de ses choix, libre de se déplacer, libre d’avoir accès à l’essentiel. Aucun pays, aucun peuple ne peut accepter d’être soumis à un tel blocus par une armée occupante.

C’est pour ces principes que, moi-même et quelques autres parlementaires, dont Josef Zisyadis et Carlo Sommaruga, nous nous battons en participant - si le calendrier des sessions parlementaires le permet - à cette Flottille. C’est un combat qui est simplement éthique et appelle à faire respecter le droit international.

Nous serions déjà partis avec la première Flottille de la liberté si son départ n’avait pas eu lieu au moment où nous siégions à Berne. J’aimerais vous dire que je me réjouis très fortement de cette grande coalition qui se met en place actuellement, du nombre de pays représentés et du nombre de bateaux. Il convient de tout mettre en œuvre pour que ce siège soit levé. Le fait qu’il y ait un bateau suisse parmi cette coalition, ajoute une symbolique importante.

Silvia Cattori : La dernière tentative s’est terminée dans le sang, avec l’assaut des commandos israéliens sur le Mavi Marmara qui ont tué neuf Turcs et en ont blessés cinquante autres. Y a-t-il plus de chances de faire céder Israël cette fois-ci ? Y a-t-il une garantie qu’Israël ne fera pas subir à cette deuxième Flottille les violences qu’il a infligées à la précédente ?

Jean-Charles Rielle : Par son ampleur, cette deuxième Flottille doit pouvoir continuer d’interpeller le monde entier sur la nécessité de lever ce blocus et a pour but de conduire, il faut l’augurer, à la levée de ce blocus qui frappe Gaza. On verra la réponse d’Israël à ce moment-là.

Silvia Cattori : Par ce blocus, Israël cherche à briser l’esprit de résistance du peuple palestinien et à le couper du Hamas. Ce qu’Israël redoute en vérité n’est-il pas l’impact politique de ces flottilles ? Autrement dit, ces internationaux qui se mobilisent pour Gaza ne font-ils pas passer l’idée que la résistance du peuple palestinien (qu’Israël qualifie de terrorisme) est un droit légitime ?

Jean-Charles Rielle : Mais la résistance est un droit légitime, et pas seulement pour le peuple palestinien. Tout peuple a le droit de disposer de sa liberté de mouvement, d’avoir accès à l’essentiel en matière de nourriture, et de tout ce qui fait qu’un homme est libre et qu’il peut s’assumer. Le droit international condamne ce blocus par Israël. Il faut qu’il soit respecté. En tant qu’élu au Conseil national, je représente le Canton qui est le dépositaire des Conventions de Genève. Il est important d’exiger que ce blocus soit levé.

Silvia Cattori : Israël peut faire tout ce qu’il veut parce que le rapport de force lui est favorable. Si les autorités de l’État d’Israël ont pu jusqu’ici mener une politique agressive contre leurs voisins arabes, n’est-ce pas parce qu’elles ont le soutien entier ou bienveillant des États occidentaux ? Berne n’est pas en reste, comme vient de le démontrer le voyage officiel en Israël de notre ministre de la défense, M. Ueli Maurer (3). Cet exemple n’indique-t-il pas qu’il n’y a pas à Berne de véritable volonté politique de rendre justice au peuple palestinien et que vos démarches pèsent de peu de poids ?

Jean-Charles Rielle : Ecoutez, si on pensait n’avoir aucun poids, on ne ferait pas tout ce que l’on est en train de faire avec la Flottille. Je crois que les rapports de force peuvent s’inverser lorsque l’on défend l’éthique et les droits fondamentaux.

Silvia Cattori : Le voyage de M. Maurer reflète-t-il la position du Conseil fédéral ?

Jean-Charles Rielle : Dans ce cas précis je rappelle que la politique menée par notre ministre des affaires étrangères, Mme Micheline Calmy-Rey, est très claire en ce qui concerne les droits du peuple palestinien. Il y a là, avec M. Maurer, un ministre qui a une autre sensibilité et qui, malgré toutes les demandes qui lui étaient adressées de ne pas se rendre en Israël, y est allé. Cela est grave, d’autant qu’en sa qualité de ministre de la défense, son voyage a une forte charge symbolique.

Que l’on s’en tienne, sur le plan diplomatique, à observer une certaine neutralité, cela on peut le comprendre. Mais M. Maurer, en tant que ministre de la défense de notre pays, se rend en Israël à un moment où il ne devrait pas y aller. Il a cru bon de favoriser les échanges militaires - et tout ce que cela peut comporter - à un moment tout-à-fait inopportun.

Quand nous l’entendons déclarer, en Israël, que sa visite se justifie parce que la Suisse , comme pays neutre, doit visiter tous les pays, nous disons que, dans ce cas précis, c’est injustifiable, car il s’agit ici d’un ministre de la défense qui négocie des contrats d’armes pouvant servir notamment à renforcer la politique que nous dénonçons.

Nous lui disons que sa place n’était pas en Israël ; que ce n’était pas un moment approprié et qu’il n’avait pas à aller en Israël. Il devra rendre des comptes à son retour, sur l’image qu’il fait porter à la Suisse par sa présence en Israël, en tant que ministre de la défense, alors que le blocus qui pèse sur Gaza viole le droit international.

Pour l’élu que je suis, le médecin que je suis, il s’agit d’œuvrer pour faire en sorte que le droit international soit respecté, que le siège de Gaza soit levé afin que le peuple palestinien puisse vivre libre. Il s’agit d’abord d’un combat éthique.

Silvia Cattori : Nous vous remercions.
Notes

 (1) Conférence de presse à Genève, le 11 octobre 2010, de la Coalition de la Flottille 2 de la liberté pour Gaza. Cette coalition fondée en avril 2010 par les ONG : The European Campaign to end the Siege on Gaza, Free Gaza Movement, The IHH Humanitarian Relief Foundation, Ship to Gaza- Sweden, Ship to Gaza-Greece rassemble aujourd’hui des centaines d’organisations et associations dans le monde. Le bateau suisse est soutenu par quelques 200 ONG.

(2) Voir : http://www.rielle.info/gaza2009.htm ; http://www.rielle.info/gaza2010.htm

(3) Voir : « Ueli Maurer en Israël sur fond de dégel », par Simon Bradley, Swissinfo, 8 octobre 2010. http://www.swissinfo.ch/fre/detail/content.html?cid=28504236&rss=true

15 octobre 2010

Copyright Silvia Cattori, Mondialisation.ca

Silvia Cattori est journaliste en Suisse. 

 Son site : http://www.silviacattori.net/

 http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=21470


3-9 De Londres à Gaza.

Entretien avec Kevin Ovenden

Soumise par Israël à un siège inhumain, menacée d’asphyxie, depuis ce jour de février 2006 où elle a voté massivement en faveur du Hamas, la population de Gaza n’a pas cédé au chantage de la faim comme l’escomptait Israël.

Le militant britannique Kevin Ovenden, coordinateur du cinquième convoi humanitaire ‘Viva Palestina’ (*) parti de Londres le 18 septembre 2010 en direction de Gaza, répond ici aux questions de Silvia Cattori.

Silvia Cattori : Dans quel état d’esprit avez-vous entamé ce cinquième convoi ? Les difficultés et les violences essuyées lors de vos précédentes expéditions [1] ne vous ont-elles pas effrayé ? N’avez-vous pas peur ?

Kevin Ovenden : Nous n’avons pas peur. C’est mon quatrième convoi vers Gaza. J’étais aussi à bord de la Flottille de la Liberté. Nous sommes conscients des difficultés. Elles sont de deux sortes. Il y a d’une part les difficultés logistiques, les imprévus du voyage, l’organisation de l’aide, l’organisation du transport, car une partie de notre voyage doit se faire par mer. Et il y a d’autre part les difficultés politiques parce que, bien sûr, certains s’opposent politiquement à ce que nous apportions une aide à Gaza. C’est en particulier le cas d’Israël, et de ceux qui collaborent au siège israélien illégal et immoral contre Gaza. Nous sommes donc conscients des difficultés, mais nous n’avons pas peur. D’abord parce que nous ne sommes pas seuls, parce que nous avons des millions de gens qui nous soutiennent. Quand nous sommes arrivés en France samedi, nous avons reçu un soutien extraordinaire. Nous savons que nous sommes massivement soutenus.

Silvia Cattori : Viva Palestina a été créé, en janvier 2009, par le député britannique Georges Galloway, pour apporter une aide humanitaire à la population assiégée de Gaza. Il s’agit d’un problème politique. Votre action n’a-t-elle pas avant tout une portée politique ?

Kevin Ovenden : En effet, notre mission est d’apporter de l’aide, de manière massive, pour mettre en évidence la question politique. Car la question politique est la cause des souffrances à Gaza. Les souffrances, à Gaza, ne sont pas dues à un désastre naturel, comme un tsunami, ou une inondation comme au Pakistan, elles sont dues à l’action politique d’Israël et de ses soutiens, qui affame la population de Gaza. Notre message est que le siège doit prendre fin. Le siège est injuste et insoutenable, et ce message doit passer. Après l’attaque contre le Mavi Marmara, même des hommes politiques qui, historiquement, avaient toujours soutenu les actions d’Israël, se sont permis de le critiquer, par exemple le Premier ministre britannique David Cameron qui, dans une récente déclaration à Istanbul, a décrit Gaza comme une prison à ciel ouvert. Les Israéliens lui ont demandé de corriger ses déclarations, mais il ne l’a pas fait.

Silvia Cattori : Ces convois et flottilles, déterminés à briser le siège qui affame Gaza, soulèvent l’admiration. Néanmoins, jusqu’ici, elles sont restées sans effet sur les autorités israéliennes. N’est-ce pas frustrant ?

Kevin Ovenden : Non, ce n’est pas frustrant, car nous devons nous rappeler que cela dure depuis très longtemps, depuis des décennies, depuis plus de 60 ans. Si vous avez une vision à long terme, il est clair que l’opinion publique dans le monde entier est en train d’évoluer contre Israël, et pas en faveur d’Israël. Vous pouvez le constater sur de nombreuses années. Mais si vous considérez seulement les quatre dernières années, l’attaque israélienne contre le Liban en 2006 a abouti à une défaite militaire et politique et, dans le monde, à une nouvelle compréhension de l’agression israélienne. Puis il y a eu l’attaque contre Gaza en 2008 et 2009 qui a entraîné en Occident un soutien aux Palestiniens plus fort que jamais et qui a mis sous pression ceux qui soutiennent Israël. Et maintenant l’attaque contre le Mavi Marmara a conduit à une délégitimation encore plus forte de la politique israélienne envers la Palestine. Ce n’est donc pas frustrant : si l’on considère le long terme, les choses évoluent dans notre sens.

Silvia Cattori : Ces liens de fraternité entre les peuples occidentaux et des Arabes et musulmans, qui se nouent autour de la mobilisation en faveur de Gaza, ne sont-ils pas ce que craint Tel-Aviv ?

Kevin Ovenden : C’est une très bonne question. Je dois dire qu’il s’agit d’un des développements majeurs entre les peuples du Moyen-Orient, les musulmans, et l’Occident, qui se rassemblent dans le monde, et Israël est très attentif aux conséquences de ce mouvement. C’est pourquoi les Israéliens et leurs partisans essayent de diviser ce mouvement, essayent de le diffamer, de le salir, de prétendre que ce mouvement est du « terrorisme islamique », des choses de ce genre. Ils craignent ce qu’ils appellent une « alliance rouge-verte ». Le rouge pour la gauche historique à l’Ouest, l’idéal historique de la gauche, de liberté, d’anticolonialisme, le meilleur idéal de la gauche, et le vert, non comme la couleur des écologistes mais comme la couleur de l’Islam, des musulmans, des gens qui sont également contre l’injustice et peut-être inspirés par des motivations religieuses. Ils veulent donc briser cette alliance et nous, nous voulons résister grâce à cette alliance.

Silvia Cattori : Raison pour laquelle Israël tente le tout pour le tout depuis 2008 pour faire capoter vos entreprises et cherche à semer la division en incriminant les participants de confession musulmane, comme il l’a montré lors du massacre le 31 mai (1) contre la Flottille de la Liberté ?

Kevin Ovenden : Oui, vous avez tout-à-fait raison. Si vous la suivez, vous voyez que la propagande des Israéliens au sujet de l’attaque contre le Mavi Marmara consiste essentiellement à dire que « les gens qui étaient dans ce bateau n’étaient pas des gens normaux, n’étaient pas des militants pacifistes occidentaux ; les gens qui étaient dans ce bateau étaient des musulmans, des Turcs, des fondamentalistes, des terroristes… » Je dois vous dire que je ne suis pas musulman, et que mon amie Nicole qui était avec moi sur le Mavi Marmara, vient de Nouvelle Zélande et n’est pas musulmane. Ce qu’ils disent pour nous diviser n’est pas vrai.

Silvia Cattori : Ne pensez-vous pas que les forces armées Israéliennes vont à nouveau tout tenter pour faire échouer ce convoi avec, malheureusement, l’aide de Moubarak ?

Kevin Ovenden : Nous verrons. Je pense qu’il va être difficile pour Israël de nous attaquer. Nous serons en mer. Nous passerons dans les eaux où le Mavi Marmara a été attaqué, parce que les Égyptiens insistent pour que nous allions par là. Donc malheureusement nous devons passer par la mer parce que les autorités égyptiennes disent que nous ne sommes pas autorisés à passer par le sud. Je pense qu’il est politiquement impossible pour les militaires israéliens de nous attaquer.

Silvia Cattori : Israël viole toutes les lois internationales. Mais demeure impuni. Lors de sa visite à Paris en avril 2010, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, avait eu le courage politique de qualifier Israël de « principale menace pour la paix régionale » et de « principale cause des guerres et des malheurs au Proche Orient », marquant ainsi un désaccord total avec la politique étrangère du Président Nicolas Sarkozy et de Bernard Kouchner. La voix de M. Recep Tayyip Erdogan est-elle isolée ?

Kevin Ovenden : Je dirais que la position de M. Erdogan est en avance par rapport à la position de la plupart des personnes impliquées, mais qu’il n’est pas isolé. Nicolas Sarkozy représente un extrême en Occident. Je vous ai donné l’exemple de David Cameron, qui est un conservateur, qui est de droite, mais qui est plus critique vis-à-vis d’Israël que ne l’était Tony Blair. Je pense que les hommes politiques occidentaux peuvent être poussés [à modifier leur position, ndt]. Israël et ses amis espéraient que M. Erdogan et son parti politique de l’AKP seraient isolés en Turquie et que l’alliance historique entre la Turquie, l’OTAN et Israël serait rétablie, aussi forte qu’elle l’a été pendant de nombreuses années. Mais cela ne va pas se produire. Si vous regardez les plus récents développements en Turquie (en septembre), il y avait un référendum dans lequel la droite, l’armée, et certaines personnes qui ont été fourvoyées, même à gauche, appelaient toutes à voter contre Erdogan. Les mesures qu’il proposait étaient progressistes. Même si, peut-être, elles ne vont pas assez loin, elles n’en sont pas moins dirigées contre la constitution adoptée en 1982 à la suite du coup d’État militaire de 1980. 58 % des votes ont été en faveur du référendum d’Erdogan. La position d’Erdogan, et de l’AKP s’est renforcée en Turquie. Parce qu’elle reflète les sentiments du peuple turc, et les hommes politiques à l’Ouest comme à l’Est doivent le reconnaître. S’ils pensent qu’ils peuvent tout simplement traiter des gens comme Erdogan ou Hugo Chavez, par des coups d’État militaires, et ainsi de suite, ils font une erreur. Ils doivent comprendre que, si ces hommes d’État sont en place et s’ils ont une voix, c’est parce que des millions de gens pensent de la même façon.

Silvia Cattori : Vous n’ignorez pas qu’Israël peut compter, partout en dehors d’Israël, sur l’aide des sayanims [2]. C’est-à-dire sur ces citoyens de confession juive, qui par déchirement, par patriotisme, collaborent à l’occasion avec les agents du Mossad, participent à la désinformation et à la déstabilisation pour contrer ceux qui se battent contre la politique d’apartheid de l’État juif. Êtes-vous attentif à cet aspect des choses ?

Kevin Ovenden : Bien sûr, nous sommes conscients qu’il y a des gens qui voudraient déstabiliser le mouvement, de l’intérieur. Nous prenons diverses précautions : certaines dont je vais vous parler, d’autres que nous gardons pour nous. Nous examinons les gens, nous évaluons qui vient sur le bateau, nous encadrons les gens pour nous assurer que leur comportement ne compromette pas le convoi.

Silvia Cattori : Nous vous remercions et vous souhaitons bonne route.

Entretien réalisé le 20 septembre 2010, lors du passage du convoi Viva Palestina à Lyon.

28 septembre 2010 |

Thèmes : Gaza Mouvements de solidarité Droit international

(*) Viva Palestina est une association britannique à but humanitaire créée par Georges Galloway. Voir ici le départ de Londres du cinquième convoi :

Silvia Cattori

http://www.silviacattori.net:80/article1351.html



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


21/10/2010

n°553 - Journal de Palestine - : 02-10 au 20-10 - : Début - : Al-Barghouthi : parler de paix n'est qu'une illusion.

n°553  -  Journal de Palestine  - : 02-10  au  20-10  - : Début  - :    Al-Barghouthi : parler de paix n'est qu'une illusion.



          Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

     Sa diffusion est un acte de résistance.

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal de Palestine 

   n°553                        02-10  au  20-10

C.De Broeder      &  M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

a) sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com 

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

Tiré à part

AlMasri : Abbas est un grand danger pour la cause palestinienne.

Nous voulons connaître les frontières d'Israël qu'il veut que nous reconnaissions...

Abdellah Boudami : Grève de la faim, parfum d’espoir : témoignage sur les conditions carcérales des geôles israéliennes

Suite

1 Résistance

Détails par région:

2 Décompte des pertes humaines

3 Politique

Politique Palestinienne

Politique Israélienne

4 Politique internationale des territoires occupés 

Fin

5 Médias/Vidéos 

5-1 Video : Palestine on map - Carte de la Palestine expliquée aux Nuls

5-2 Vidéo : Palestinienne humiliée? L'armée israélienne enquête

5-3 Le ministère de la femme appelle à enquêter sur les agressions sionistes contre les détenues.  

5-4 VIDEO: Procès BDS: victoire pour Alima et Omar.

5-5 Netanyahou veut saboter le dialogue avec les Palestiniens, selon des médias israéliens.

6 Les brèves

6-1 Palestiniens et Iraniens quittent la salle en signe de protestation contre le discours du ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor.

6-2 Al-Barghouthi : parler de paix n'est qu'une illusion. 

6-3 Bouclier humain: 2 Israéliens coupables.

6-4 Mohamed Baraka accuse l'occupation de voler les organes des corps des martyrs palestiniens et arabes. 

6-5 Le Lobby sioniste américain utilise des chantages pour libérer l’espion Pollard. 

6-6 Arié Eldad, a préconisé mercredi d’éliminer le président iranien.



02-10 au 20-10 : Peuple Palestinien : 0 tué   -   5 blessés

                            Occupants              : 0 tué  -    2 blessés



Tiré a part

AlMasri : Abbas est un grand danger pour la cause palestinienne.

Un responsable du Hamas, le député Moushir alMasri a violemment critiqué le chef de l’Autorité palestinienne, le qualifiant «  de grand danger pour la cause palestinienne ».
 Au cours d’une manifestation organisée par son mouvement à Gaza, en solidarité avec Jérusalem AlQuds et les détenus dans les geôles israéliennes, AlMasri estime qu’Abbas a commis d’énormes erreurs à l’encontre de la cause palestinienne, dont entre autre,  « celui d’avoir commis le grand pécher en entamant des négociations avec Israël malgré le refus populaire et celui des factions » palestiniennes.
 «  Où sont donc les promesses d’Abbas d’interrompre les négociations si les colonisations se poursuivent » a-t-il demandé, signalant que la construction des colonies se poursuivait au même moment que les négociations.
Sachant que le gel des colonies a pris fin dimanche dernier.
 Et d’ajouter : «  Mahmoud Abbas constitue un véritable danger pour la cause palestinienne, je lui demande des excuses pour les grosses erreurs à l’encontre du peuple palestinien, du sang des martyrs, des souffrances des blessés et des afflictions des détenus dans les geôles de l’occupation ».
 AlMasri a également accusé « l’autorité de Ramallah de poursuivre sa politique de persécution, d’emprisonnement et de torture des combattants palestiniens dans ses prisons, pour exécuter les ordres du général américain Keth Dayton », chargé de restructurer les forces de sécurité palestiniennes en Cisjordanie occupée, pour qu’elles coordonnent avec les forces de l’occupation et répriment la résistance palestinienne.
Selon AlMasri,
la Cisjordanie se trouve sous une double occupation, assurant que son mouvement ne permettra pas que cette situation se poursuive.

01/10/2010  

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=156374&language=fr

 

Nous voulons connaître les frontières d'Israël qu'il veut que nous reconnaissions...

 «Nous demandons officiellement à l'administration américaine et au gouvernement israélien de fournir une carte de l'État d'Israël qu'il veut que nous reconnaissions», a déclaré à l'AFP Yasser Abed Rabbo, un des dirigeants de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), qui conduit les négociations de paix avec Israël.

Les Palestiniens ont appelé mercredi l'administration américaine et Israël à définir les frontières d'Israël, en réponse à la demande des États-Unis de formuler une contre-proposition à l'offre du premier ministre Benyamin Nétanyahou.

«Nous demandons officiellement à l'administration américaine et au gouvernement israélien de fournir une carte de l'État d'Israël qu'il veut que nous reconnaissions», a déclaré à l'AFP Yasser Abed Rabbo, un des dirigeants de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), qui conduit les négociations de paix avec Israël.

«Si cette carte est fondée sur les frontières de 1967 et prévoit la fin de l'occupation israélienne de tous les territoires palestiniens occupés en 1967, nous reconnaîtrons Israël par quel que soit le nom qu'il se donne, conformément au droit international», a précisé M. Abed Rabbo, qui précise avoir été «officiellement mandaté par la direction palestinienne pour répondre à la requête de l'administration américaine».

Le département d'État américain a enjoint les Palestiniens de faire une contre-proposition à l'offre exposée lundi par M. Nétanyahou, qu'ils ont aussitôt rejetée comme «sans rapport avec le processus de paix», d'échanger un nouveau gel partiel de la colonisation contre la reconnaissance d'Israël comme «État du peuple juif».

M. Nétanyahou «a fait état de ses réflexions sur ce qu'il était prêt à faire pour contribuer au processus de paix, et sur ce dont son peuple a besoin de voir sortir de ce processus, nous espérons que les Palestiniens en feront autant», a déclaré mardi le porte-parole du département d'État Philip Crowley, laissant entendre que Washington soutenait la revendication israélienne.

La déclaration de M. Nétanyahou «est au fond une exigence centrale du gouvernement israélien, que nous soutenons, la reconnaissance qu'Israël fait partie de la région, l'acceptation par la région de l'existence d'Israël comme patrie du peuple juif et c'est ce à quoi ils veulent parvenir dans cette négociation», a indiqué M. Crowley.

Les Palestiniens, ainsi que la Ligue arabe, rejettent cette revendication émise par Israël depuis quelques années, arguant qu'ils reconnaissent Israël depuis un échange de lettres en ce sens en septembre 1993 entre le président de l'OLP Yasser Arafat et le premier ministre israélien Yitzhak Rabin.

Ils considèrent que reconnaître Israël comme «État juif» reviendrait à renoncer inconditionnellement au droit au retour des réfugiés palestiniens chassés de leur terre lors de la création d'Israël en 1948, une des questions centrales du conflit, que les pourparlers sont précisément censés résoudre.µ

13-10

http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/pourparlers-de-paix/201010/13/01-4331966-les-palestiniens-veulent-connaitre-les-frontieres-disrael.php?utm_source=bulletinCBP&utm_medium=email&utm_campaign=retention

 

 

Abdellah Boudami : Grève de la faim, parfum d’espoir : témoignage sur les conditions carcérales des geôles israéliennes.

Dans toutes les prisons israéliennes, des milliers de prisonniers palestiniens ont entrepris le 25 septembre une grève de la faim symbolique, le temps d’une journée.

Dans un communiqué, les prisonniers déclarent que « l’assaut brutal contre les prisonniers d’Ofer [une des prisons d’occupation militaire israélienne en Cisjordanie], l’usage excessif de la force et de moyens féroces de répression, y compris des chiens, des bâtons et des gaz lacrymogènes, sans motif particulier, sont révélateurs d’un plan ciblant les droits des prisonniers ».

Nous avons interrogé Ahmed Frasini, qui a connu les prisons israéliennes et dont le témoignage nous éclaire sur les conditions carcérales affectant depuis des décennies des milliers de Palestiniens…

La question des prisonniers palestiniens est cruciale, d’une part en raison de graves violations des droits humains élémentaires, allègrement bafoués par l’occupation israélienne, et d’autre part dans la mesure où presque toutes les familles palestiniennes comptent parmi elles au moins un membre ayant été ou étant détenu dans les geôles israéliennes. Dans un climat médiatique mettant en avant un « processus de paix » dont on connaît bien l’hypocrisie, c’est malheureusement une question qui n’est pas abordée et peu connue.

Quelle est donc la réalité de ces milliers de Palestiniens, jeunes ou âgés, femmes ou hommes, détenus par des policiers et des militaires d’une puissance coloniale ? Dans le livre de Michel Collon, Israël, parlons-en ! , nous avions pu interroger Ahmed Frasini, un Palestinien ayant connu la terrible réalité de ces prisons. Nous l’avons rencontré à nouveau. A travers son témoignage, c’est la réalité de milliers de Palestiniens que l’on découvre…

Tout commence souvent par une arrestation, brutale et violente. « Dans mon cas, ils sont venus en nombre, vers deux heures du matin », nous confie A. Frasini. « Ils sont entrés dans le village en causant un vacarme inouï. Faisant irruption chez moi, ils ont crié à mes parents qu’ils venaient me chercher. Mes parents et ma famille se sont interposés, je n’étais qu’un enfant ! Le soldat qui dirigeait l’opération a rétorqué que même si j’étais né en 1975 (nous étions alors en 1988) il décidait que j’avais 21 ans, et il affirma que c’était lui qui commandait. Ma mère a été frappée, ma tante, enceinte, blessée au ventre par un couteau, et même mon grand-père, qui avait soixante-cinq ans à l’époque, n’a pas été épargné par la brutalité des soldats ! ».

En effet, jouissant d’un statut de quasi impunité, les soldats israéliens conjuguent arbitraire et brutalité lors de leurs opérations. En témoignent clairement certaines photos prises lors d’arrestations.

En outre, les humiliations sont monnaie courante…

A 12 ans, Ahmed Frasini a donc été arrêté par les soldats, et est emmené devant les agents chargés des interrogatoires. « Dans leur jeep, il n’y avait presque pas de place, se souvient-il. Nous avons donc été jetés dans la voiture, sous les sièges, les yeux bandés et les mains menottées, et les soldats posaient les pieds sur nous ».

Aujourd’hui encore, on compte plusieurs centaines de mineurs détenus dans des prisons israéliennes. On connaît même des cas d’enfants nés dans les prisons pour femmes. « Ces arrestation brutales sont un moyen de pression permanent sur nous, Palestiniens.

Elles permettent de ne pas alléger le poids de l’occupation, de terrifier enfants et parents, et d’opérer toutes sortes de chantages ». Lors de l’interrogatoire, les coups pleuvent, sans arrêts.

Les menaces les plus horribles sont assénées en permanence. « Nous allons détruire ta maison, nous allons arrêter tes parents, me disaient-ils. Ils voulaient que je réponde à des questions insensées, sur une éventuelle participation à des assassinats d’Israéliens, sur des attentats à la bombe ! Lorsqu’ils ont branché des fils électriques à mes oreilles, un rire nerveux m’a parcouru. Le responsable de l’interrogatoire a alors redoublé de violence, il était très en colère, et les décharges électriques me brûlèrent cruellement ».

 Après, ce sont les « salles de collaboration » : des cellules que les Palestiniens partagent avec de faux prisonniers qui tentent de gagner la confiance et de soutirer des confidences. Une loi israélienne permet d’utiliser des éléments de cette conversation comme preuves pour des actes d’accusation. « Mais leurs techniques infernales ne s’arrêtent pas là, poursuit Ahmed. Ils vont ensuite faire miroiter toutes sortes d’avantages fabuleux si vous accepter de collaborer. Quand ils ne parviennent à rien, ils vous mettent dans la même cellule que des prisonniers israéliens de droit commun, et ce sont ces derniers qui deviennent les nouveaux bourreaux… »

Le calvaire peut durer longtemps.

La loi israélienne prévoit de faire passer le détenu devant le juge au maximum huit jours après l’arrestation, mais un juge militaire peut prolonger la détention pour trois mois supplémentaires, sur simple « suspicion ». Quant aux arrestations lors d’opérations militaires en Cisjordanie, l’arbitraire le plus scandaleux caractérise les juridictions militaires, la Knesset n’ayant pas à se prononcer sur ces cas-là.

Il est donc évident qu’Israël ne respecte pas les règles prévues par la Quatrième Convention de Genève. Autre exemple : beaucoup de prisonniers de Cisjordanie sont emmenés dans des prisons de l’Etat israélien, ce qui les empêche de recevoir la visite de leur famille. Mais Israël rétorque que, la Haute Cour israélienne de Justice ayant approuvé ce type de détention, les lois sont respectées...

Le droit de visite est un droit continuellement bafoué par l’Etat hébreu. « Nous étions toujours traînés d’un centre de détention à l’autre, sans que nos proches puissent savoir où nous sommes exactement, témoigne A. Frasini. Un jour que je me trouvais à l’arrière d’un commissariat, pour une énième arrestation, ma mère est venue car elle me cherchait désespérément. Je l’ai aperçue, mais un policier m’a rapidement bâillonné de façon à ce que je ne puisse l’appeler… Ma mère est partie sans même savoir que j’étais là ». A. Frasini ajoute ensuite : « Les geôliers poussaient le vice jusqu’à inviter à notre insu des membres de notre famille en les encadrant de policiers israéliens, et nous faisaient croire qu’ils ont été arrêtés en les faisant passer devant nos fenêtres… Nous étions terrifiés, et nos proches repartaient bredouilles ».

Le nombre de prisonniers palestiniens fluctue dans le temps, au gré des opérations israéliennes, entre huit mille et douze mille généralement, et on compte parfois quatre cent ou cinq cent enfants derrière les barreaux. Plusieurs centaines d’arrestations sont dites « administratives », ce qui empêche les prisonniers d’avoir droit à un procès et ce qui permet de garder les informations censées justifier ces arrestations hors de portée des avocats… Difficile dès lors de protester contre l’injustice de la détention. De plus, une loi prévoit que le témoignage concordant de deux soldats israéliens suffi à établir des actes d’accusation.

Ahmed Frasini continue son récit : « A toutes ces injustices s’ajoutent les horribles conditions d’hygiène et sanitaires. Certaines cellules étaient parcourues par des eaux pestilentielles et des rats, et nous avions moins de lits qu’il n’y avait de prisonniers. Pour éviter de devoir se coucher à même les excréments, nous devions nous relayer sur des couches minuscules, souvent à deux. Je suis un jour tombé de la couche du haut : aujourd’hui encore, j’en ressens des douleurs au dos. En matière de soins, très souvent, la seule chose qu’on reçoit, c’est une aspirine. J’ai été témoin de la souffrance d’un prisonnier, dont la plaie ouverte s’était infectée, purulente, sans que des soins ne lui soient apportés. Ce sont des scènes qui vous marquent ». Ces mauvais traitements peuvent mener jusqu’à la mort, dans des circonstances parfois troubles.

A cela s’ajoutent les tortures psychologiques, les détentions prolongées dans l’obscurité, la mise en isolement de certains prisonniers, les traitements humiliants et dégradants.

 « Je comprends évidemment cette grève de la faim. Un jour, avec mes compagnons de cellule, nous nous étions résolus à en entamer une pour le prisonnier dont la plaie s’était infectée. Il faut savoir que, dans ce cas, certaines équipes d’intervention israéliennes sont chargées de rétablir l’ordre. Nous avons été jetés dans des cellules inondées d’eau glacée sur plusieurs centimètres de hauteur, plusieurs heures durant, en plein mois de janvier ».

Aujourd’hui, les prisonniers palestiniens protestent face aux reculs de leurs droits, droits qu’ils ont chèrement acquis, arrachés même, au fil des luttes de ces dernières années.

Le droit de voir ses proches, que ces derniers ne soient pas humiliés lorsqu’ils viennent rendre visite (récemment, deux femmes venues voir un prisonnier ont été forcées d’accepter une fouille à nu !), de lire, de suivre les actualités, de passer le baccalauréat… Tous ces droits arrachés par les luttes citoyennes palestiniennes, et qui ne sont rien d’autres que des revendications pour le respect des chartes et traités internationaux, tendent à être remis en cause par Israël, rendant la vie des prisonniers encore plus difficile qu’elle ne l’est déjà. « Quand je consulte certaines listes de prisonniers palestiniens, je reconnais les noms de certains amis qui ont été arrêtés à la même période que moi, et qui y sont encore. » souligne A. Frasini. « Il faut absolument faire connaître cette situation et relayer les revendications des prisonniers ! ».

Ces revendications sont simples : l’appel à la communauté internationale pour l’adoption de résolutions visant à protéger les droits des prisonniers palestiniens en Israël.

A l’heure où médias et politiques se focalisent continuellement face aux dizaines d’ « arrestations ou détentions de prisonniers politiques à Cuba » et affichent des mines indignées, y aura-t-il une prise en compte de la réalité et du calvaire permanent que subissent plusieurs milliers de prisonniers politiques, et parmi eux des enfants, dans les geôles israéliennes ? Mettra-t-on un terme à une injustice jusqu’à ce jour tolérée par les dirigeants occidentaux ? Rien n’étant moins sûr, les prisonniers palestiniens reposent leur espoir sur l’action des mouvements citoyens pour relayer les revendications et appeler à la mobilisation.

Abdellah Boudami

4 octobre 2010

Abdellah Boudami est co-auteur, avec Michel Collon et Aurore Van Opstal, du livre Israël, parlons-en !

Source : michelcollon.info


n°553 - Journal de Palestine - : 02-10 au 20-10 - : Suite - : Al-Barghouthi : parler de paix n'est qu'une illusion.

553  -  Journal de Palestine  - : 02-10  au  20-10  - : Suite   - :    Al-Barghouthi : parler de paix n'est qu'une illusion.



          Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

     Sa diffusion est un acte de résistance.

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal de Palestine 

   n°553                        02-10  au  20-10

C.De Broeder      &  M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

a) sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com 

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

1 La lutte pour la libération dans les  territoires occupés

2 Décompte des pertes humaines

3 Politique

Politique Palestinienne

Politique Israélienne

4 Politique internationale des territoires occupés .

 


1 La lutte pour la libération dans les  territoires occupés

Résistance

26-09

Un couple de colons a été blessé par balles le 26 septembre près de Hébron, au sud de Bethléem. Enceinte, la femme avait dû subir d'urgence une césarienne pour accoucher.

AP

05-10

Mercredi, des résistants ont tiré une roquette sur le sud d’Israël, sans faire de victimes.
L’armée a précisé dans un communiqué que plus de 160 roquettes et obus de mortier ont été tirés de la bande de Gaza en direction de l’Etat juif depuis le début de l’année.

http://www.aloufok.



Pertes des Résistants       

Bande de Gaza - Au jour le jour

07-10

Selon Press TV, les avions F16 ont visé, un centre d’éducation dans la région d'Al-Maghouthi. De même, les avions ont bombardé deux régions situées dans l’Est et le centre de la bande de Gaza .

Les deux raids menés peu après minuit par l’armée de l’air israélienne près de la ville de Gaza  a fait au moins 5 blessés a affirmé le Hamas.

 http://french.irib.ir

http://www.aloufok.net/spip.php?article2573


Cisjordanie occupée par Israël depuis 1967 :  Au jour le jour 

Des colons israéliens ont incendié une mosquée.

Une mosquée de Cisjordanie a été endommagée lundi avant l'aube par un incendie perpétré par des colons juifs, selon des témoins et les autorités locales palestiniennes. Six hommes armés sont arrivés en voiture vers 3 heures du matin dans le village de Beit Fajjar, près de Bethléem dans le sud de la Cisjordanie, et se sont arrêtés devant la mosquée, affirment des témoins palestiniens. Ils ont tracé sur le mur de l'édifice des inscriptions vengeresses ou insultantes en hébreu, avant de pénétrer à l'intérieur et de mettre le feu, selon ces mêmes témoins. Ils sont repartis une vingtaine de minutes après leur arrivée. Parmi les six hommes, plusieurs portaient une kippa et l'un était masqué,  affirment ces témoins, assurant qu'il s'agissait de colons.

 

Quinze corans et des tapis ont été endommagés au cours du sinistre, a précisé un responsable de la municipalité.

04.10.

 

Les forces occupantes envahissent l'Est du camp d’Al Bureij et dévastent les terres des citoyens.

Des véhicules militaires des forces occupantes israéliennes ont envahi,  aujourd’hui matin, lundi 4/10, d’une manière limité, les terres des citoyens à l’Est du camp d’Al Bureij, au centre de la bande de Gaza, où elles ont tiré de façon sporadique et dévastant les terres des citoyens.

Le correspondant du Centre palestinien d'information a souligné que six mécanismes  accompagnée de deux bulldozers et un camion de troupes, ont entrepris des travaux de raclage et de peignage pour une distance de 200 mètres à l'intérieur de la bande frontalière.

Il a souligné que les chars militaires tiraient à feu par intermittence vers les maisons et biens des citoyens, soulignant qu’aucune blessure n’a été enregistrée dans la région.

Les forces de l’occupation continuent de terroriser les citoyens et ravager leurs terres et leurs biens, en intensification de temps en temps leurs agressions contre eux. Elles tirent également sur eux, blessant certain nombre d'entre eux, comme il s'est produit dans les dernières semaines.  

05/10/2010

La terre agricole de Beit Ommar inondée par les eaux des égouts des colons israéliens
Des milliers de litres d’eaux usées venant de la colonie israélienne illégale Gush Etzion ont inondé plus de 5 hectares de terre agricole palestinienne dans le village de Beit Ommar cette nuit (du 16 au 17 octobre). Les eaux usées ont été pompées dans un bassin de rétention situé dans la colonie et ont coulé sur la terre de la famille Sabarna, inondant les arbres et submergeant un bulldozer. Ce matin à 10h, les eaux coulaient toujours.

17-10-2010
Palestine Solidarity Project

VIDEO ICI: http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=_xoe2YJfRNA#!



2 La Palestine en chiffre (Depuis le début de l'Intifada le 25 septembre 2000)


Civils & résistants tués                                                                            :  7.087

Palestiniens blessés                                                                               :  54.829

Internationaux blessés                                                                             : 192 (chiffre tout a fait minimal)

(balles réelles ou caoutchoutées, gaz lacrymogène, autres moyens)

Arrêtés     :                                                                                            :  47.733

En prison :                                                                                             : 11.800

Pacifistes en prison ou arrêtés                                                                  : 108

Autres actes           

Journalistes tués                                                                                      : 9

Journalistes blessés                                                                                :  ? + 38

Nombre de maisons palestiniennes détruites ou partiellement démolies       :  66.275

 

2-2 Occupants:

Israéliens  tués                                                                                        : 1.210

                                                                                                                ( 359 militaires/policiers)

Israéliens blessés                                                                                     : 6630


Les chiffres indiqués sont  vérifiés par le recoupement des chiffres des pertes communiqués par la résistance & les médias occidentaux & XINHUANET (Chine)  



3 Politique

a) Politique Palestinienne

1-2 Les analyses (du processus de paix).

Appel d'offres à l’Est d'AlQuds =  Erakat accuse Israël de tuer les négociations.

Le ministère israélien de l'Habitat a décidé de lancer des appels d'offres pour la construction de 238 logements dans deux quartiers de colonisation à l’Est de Jérusalem occupée, c’est ce qu’a annoncé vendredi la radio publique.
Le ministère a annoncé le lancement d'appels pour construire des logements destinés à la population juive.
Selon le quotidien israélien Yediot Aharonot, le feu vert a été donné par le gouvernement aux appels d'offres après que Washington en a été informé, et a fait pression pour réduire l'ampleur de la construction prévue.
Il s'agit des premiers appels d'offres depuis la fin, le 26 septembre, du gel partiel de dix mois sur la construction dans les colonies.
 En réaction, le principal négociateur palestinien, Saëb Erakat, a accusé le gouvernement israélien de s'obstiner "à tuer toute chance de reprise des négociations", après sa décision de lancer des appels d'offres dans des quartiers de colonisation à Jérusalem occupée.
 "Nous condamnons fermement cette décision et nous appelons l'administration américaine à tenir le gouvernement israélien pour responsable de l'effondrement des négociations et du processus de paix en raison de son obstination à tuer toute chance de reprise des négociations", a précisé Erakat.
Le mouvement anti-colonisation "
La Paix Maintenant" a, lui aussi, dénoncé la décision du ministère de relancer la colonisation dans la partie orientale de la Ville sainte.
"Cette annonce est clairement un geste politique destiné à faire obstacle à la reprise des négociation avec les Palestiniens," a déclaré Hagit Ofran, la responsable du dossier de la colonisation au sein de cette ONG.
  Elle a précisé que le ministère a donné son feu vert au lancement des appels d'offres, mais que ceux-ci n'ont pas encore été publiés par la presse.

15/10/2010

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=158091&language=fr


1-4 Les grandes manœuvres.

Mechaal: le blocus de Gaza vient de se terminer politiquement et moralement 

« Les négociations directes entre l’autorité de Ramallah et l’ennemi occupant israélien s’organisent pour des raisons israélo-américaines, aucun intérêt arabe ou palestinien résultera de ces négociations », a déclaré le chef du bureau politique du Hamas, M.Khaled Mechaal.

Mechaal a ajouté : « le jeu des négociations n’est plus un jeu palestinien car le peuple palestinien tente par tous les moyens de libérer son territoire et d’expulser l’ennemi occupant ».

« Votre mission humanitaire que vous engagez à accomplir est une question de réussite et de triomphe, le blocus imposé injustement contre la bande de Gaza a pris terme au niveau politique et moral, car c’est vous que vous l’avez fini », a souligné Mechaal en s’adressant à la direction du convoi « Viva Palestina5), le lundi 4/10, à Damas, en présence des dirigeants de diverses factions palestiniennes.
Mechaal qui a considéré la bataille de la levée du blocus comme une bataille gagnante et victorieuse a confirmé que les convois internationaux pour la levée du blocus ont réalisé deux choses très importantes:

Premièrement : Les convois ont renforcé la lutte des habitants de la bande de Gaza et toute la Palestine.

Deuxièmement : Ils ont dévoilé la réalité de l’attaque barbare sioniste.  
Mechaal a également insisté sur le maintien sérieux du Hamas à la réconciliation sur une base nationale pour l’importance de mettre terme aux désaccords internes soutenus par l’étranger, affirmant que les différences ne sont plus une fabrication palestinienne.

06/10/2010

http://www.palestine-info.cc/fr/



b) Politique Israélienne

Netanyahu & Lieberman

Lieberman

Lieberman : "Cesser de vous ingérer dans le conflit au Moyen-Orient",.  

Le ministre des affaires étrangères, Avigdor Lieberman a demandé lors d'une réunion avec les deux ministres espagnol et français, le dimanche soir, la nécessité de résoudre premièrement les problèmes européens avant de se diriger vers la région du Moyen-Orient, et dans ce cas, il peut être disposé à entendre leurs conseils.

 Pendant un dîner avec les deux ministres,  français Bernard Kouchner et espagnol, Miguel Moratinos, Lieberman a déclaré qu'«Israël ne sera pas la Tchécoslovaquie 2010." 
Le ministre a affirmé que la communauté internationale tente de compenser l'échec en Afghanistan, le Soudan et
la Corée du Nord par le biais d'un accord entre Israël et l'Autorité palestinienne au cours de cette année.
Lieberman a dit aux ministres : « Il est tellement préférable de discuter avec les pays arabes de ce qui se passe en Irak en 2012 au lieu de faire pression sur Israël, qui peut conduire à une explosion, comme cela s'est produit durant l'an 2000 ». 
Il a ajouté qu'il ne s'attend pas à l'UE de résoudre tous les problèmes du monde, mais on s'attend à ce que la solution de celles existant sur le territoire de l'Europe. 
En critiquant vivement la diplomatie de l’Europe et humiliant les décisions et les appels de la communauté internationale concernant les droits légaux du peuple palestinien dominé par l’entité sioniste plus de 62 ans, Lieberman a déclaré: «En
1938, l'Europe s’est réconcilié avec Hitler au lieu de soutenir la Tchécoslovaquie, et sacrifié de cette dernière sans avoir à gagner quelque chose .. Israël ne sera pas la Tchécoslovaquie du 2010, et insiste sur ses intérêts vitaux», selon ses propos.
Les médias israéliens ont publié les remarques de Lieberman, notant qu’il a embarrassé les ministres Européens, et a soulevé de nouveau une autre querelle, quand il leur a demandé de se préoccuper d’autres problèmes sur le continent européen, ainsi d'autres questions dans le monde comme
la Somalie, le Soudan et la Corée du Nord avant de se diriger vers la région susdite. 
Le journal hébreu «Yediot Aharonot» a écrit :  «  Après les deux ministres ont écouté du président israélien, du Premier ministre et ministre de
la Défense qu'Israël veut la paix, Lieberman les a envoyés à d'autres endroits dans le monde pour résoudre les conflits là-bas".
De sa part, le journal sioniste "Maariv" a rapporté que Lieberman a demandé à ses homologues, espagnol et français à cesser de s'ingérer dans le conflit au Moyen-Orient, et il a prévenu à la fin de la réunion que «la pression internationale sur Israël pourrait conduire à une explosion".

11/10/2010

http://www.palestine-info.cc/fr/


2-3 Sur le terrain.

Arié Eldad : L'Etat palestinien doit être créé sur les territoires de Jordanie  

Le député Arié Eldad a appelé à créer le futur Etat palestinien sur les territoires de la Jordanie, dans le cadre de la résolution du conflit Palestino-Israelien, en considérant que le royaume hachémite de Jordanie est l'Etat Palestinien.

Dans ses déclarations publiées mardi soir 12/10 par les médias hébreux, le membre du parti de l"Union nationale" à la Knesset, Arié Eldad, a déclaré que la Jordanie est l'Etat palestinien et que celui qui tente de couper des parties des "terres d'Israël" pour créer l'état Palestinien, causera la mort de l'Etat d'"Israël", selon ses propos.

De son côté, le député arabe à la Knesset du "bloc uni et arabe pour le changement", Talab Sanea, a fermement protesté contre la position d'Eldad, considérant qui ces déclarations affecteront grièvement les relations israélo-jordaniennes, car il se base sur une vision déformée et raciste.
De plus, le député, Dov Khenin du bloc du "front démocratique pour la paix et l'égalité" a condamné fortement la position du député d'extrême droite, Eldad, en disant que ces déclarations n'ont aucun lien avec la réalité, mais visent seulement la provocation.

13/10/2010

 http://www.palestine-info.cc/fr/


2-4 Les grandes manœuvres

« Israël » va aider la Russie à fabriquer des drones.  

La société étatique d'aéronautique en « Israël » a annoncé mercredi avoir décroché un contrat de matériel de fabrication de drones à la compagnie russe Oboronprom.
La compagnie « Israel Aeropace Industries » (Industries aéronautiques d' « Israël » - IAI), principale productrice de drones en « Israël », a précisé dans un communiqué avoir signé un contrat "pour livrer des pièces et des services" à Oboronprom.
Le ministre russe de l'Industrie et du Commerce Viktor Khristenko était présent à la signature, indique le communiqué.
IAI n'a pas fourni donné de détails sur la transaction, mais selon le quotidien économique israélien Globes elle se monte à 400 millions de dollars, étalés sur trois années.
Citant un officiel du ministère de la guerre, le journal indique que les drones serviraient uniquement à des taches civiles et ne seraient pas équipés de systèmes à usage militaire.

14/10/2010

 http://www.almanar.com.lb

 

Israël et la Grèce ont mené des manœuvres aériennes conjointes

Les forces aériennes grecques et israéliennes ont mené cette semaine des manœuvres conjointes en Grèce, c’est ce qu’a indiqué jeudi soir un communiqué de l'armée d’occupation israélienne.
Selon ce texte, "ces manœuvres ont notamment comporté des exercices de vols et d'atterrissage dans un secteur montagneux et dans des conditions climatiques variées".
Les appareils qui ont participé à ces manoeuvres étaient côté israélien "des hélicoptères d'assaut de type Black Hawk (UH-60) et Apache (AH-64)" et "des hélicoptères de type Apache AH-64 et Super Puma ainsi que des avions de combat" côté grec.
 Un communiqué publié à Athènes avait annoncé le 7 octobre ces manœuvres en indiquant qu'elles se dérouleraient dans le Péloponnèse et au large de l'île de Crète (sud) du 11 au 14 octobre.
 Les deux pays se sont rapprochés après la dégradation des relations avec
la Turquie. 

Ankara a interdit fin juin son espace aérien aux avions militaires israéliens, en réaction au raid israélien du 31 mai contre une flottille d’aide humanitairequi voulait forcer le blocus de Gaza.

Ce raid avait fait neuf martyrs, tous turcs.

15/10/2010

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=158080&language=fr


2-14 Prisons & tortures : Déclaration 

L'occupation arrête 300 Palestiniens durant une seule semaine.

 Le club du détenu palestinien a déclaré que les forces de l'occupation israélienne ont arrêté plus de 300 Palestiniens en Cisjordanie et dans la ville occupée d'al-Qods durant une seule semaine.

Dans un communiqué de presse publié, le samedi 2/10, le club du prisonnier a affirmé que le nombre des détenus palestiniens a atteint durant la semaine dernière plus de 800 personnes dont leur plupart sont des mineurs, soulignant que l'armée sioniste poursuit ses pressions contre les détenus et les recherchés par l'arrestation de leurs mères et leurs épouses et les interpelle.
Les forces sionistes avaient enlevé, le mardi dernier, la dame palestinienne, Dina Qawas, âgée de 41 ans, et son fils Jihad, 16 ans, de la ville occupée d'al-Qods, sous prétexte de leur participation dans les marches de protestation. Elles ont ultéruement libéré Dina, suite que le tribunal sioniste l'a condamné de 5 jours de résidence surveillée (prison à la maison) ainsi que sa signature sur une caution de 30 000 de Shekels (plus de 8 000 de dollars).
 
 

02/10

 http://www.palestine-info.cc/fr/



3 Politique Internationale des territoires occupés

c) Usa (le parrain)

2 Les grandes manœuvres

Les Etats-Unis fournissent 20 avions de combat F-35 a Israël.

Les autorités américaines ont accepté de fournir 20 avions de combat F-35 au régime sioniste et ce à un moment où elles prétendent mener des efforts pour la reprise des négociations entre l'Autorité autonome et le régime israélien.

En vertu du contrat signé jeudi à New York par Ehoud Shani, directeur général du ministère israélien de la guerre, le régime sioniste achètera 20 avions de combat F-35 pour près de 3 milliards de dollars et les recevra en 2016. Le contrat comporte une option d'achat de 75 autres avions. A noter que les Etats-Unis accordent chaque année une aide militaire de 6 milliards de dollars au régime sioniste.

08/10/2010

http://french.irib.ir


3 Politique colonialiste israélienne.(vue des USA)

Washington persécute des activistes pro-palestiniens.

Le site Al-Jazeera.net en anglais a rapporté qu’un grand nombre d’activistes pro-palestiniens ont été récemment arrêtés ou interrogés par les services de sécurité américains, sous prétexte de financer des organisations qualifiées de « terroristes » par Washington.
Le site a rapporté, dans ce contexte, que l’appartement de l’activiste Tressy Molem, qui avait – avec sept autres activistes- visité les  territoires palestiniens, a été minutieusement fouillé par les services de sécurité américains sous prétexte qu’elle soutient des organisations terroristes. Or, le site précise que Tressy Molem, du comité Minnesota anti-guerre, n’arrive même pas à payer le loyer de son appartement.    
Plusieurs autres activistes de Chicago et de Minneapolis ont également été convoqués à comparaître devant un grand jury en octobre et novembre, après la perquisition de leur appartements le 24 septembre. Des ordinateurs, des chéquiers, des téléphones portables, des documents et des phots y ont été confisqués.
Pour ces activistes, ces interrogations ne sont qu’un moyen de viser tout américain opposé à la politique étrangère de son gouvernement.
Sur le terrain, plus de 200 personnes à Minneapolis ont protesté contre ces perquisitions, selon le quotidien Minnesota, alors qu’une centaine de personnes se sont rassemblés à Chicago en soutien aux activistes anti-guerre. Des manifestations similaires sont également prévues dans d’autres villes américaines.

30/09/2010

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=156174&language=fr

 



3 Politique Internationale des territoires occupés

Pays Arabes & voisins

 

2 Dubai

Le dossier d’assassinat du Mossad contre Al Mabhouh reste ouvert. 

Le Lieutenant général Dahi Khalfan Tamim, commandant général de la police de Dubaï a affirmé que l'assassinat du dirigeant du Hamas, Mahmoud Al Mabhouh, ne sera fermé que lorsque les coupables de cet assassinat horrible seront arrêtés ou morts. Il a averti sur la possibilité que le Mossad tente d’exécuter un autre crime similaire.

Khalfan a souligné dans une déclaration au journal émirati « al-Ettihad » (L'union) dans l'édition de dimanche 3 octobre, que : "Le dossier de Mahmoud Al Mabhouh restera ouvert jusqu'à l'arrestation de tous les fugitifs que nous poursuivons dans cette affaire,et qui font déjà l'objet d'une liste rouge de recherche internationale que nous avons diffusée dans diverses parties du monde".

« Nous les recherchons dans le monde entier, ils ne pourront rester agents du Mossad à vie, et dernièrement nous avons pris connaissance qu'une des personnes impliquées dans ce crime d’assassinat contre Al Mabhouh a été arrêtée dans un pays occidental », a souligné Khalfan.

M. Khalfan a mis en garde contre la tentative du Mossad de perpétrer d’autres crimes par d’autres moyens, confirmant qu’il profite de l’usurpation et de la falsification des passeports occidentaux pour exécuter ses crimes horribles, et il a appelé les parties concernées d’être au niveau de leur responsabilité judiciaire et éthique.

04/10/2010

 http://www.palestine-info.cc/fr/

 


n°553 - Journal de Palestine - : 02-10 au 20-10 - : Fin - : Al-Barghouthi : parler de paix n'est qu'une illusion.


n°553  -  Journal de Palestine  - : 02-10  au  20-10  - : Fin    - :    Al-Barghouthi : parler de paix n'est qu'une illusion.



          Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

     Sa diffusion est un acte de résistance.

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal de Palestine 

   n°553                        02-10  au  20-10

C.De Broeder      &  M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

a) sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com 

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

4 Politique internationale des territoires occupés 

5 Médias/Vidéos 

5-1 Video : Palestine on map - Carte de la Palestine expliquée aux Nuls

5-2 Vidéo : Palestinienne humiliée? L'armée israélienne enquête

5-3 Le ministère de la femme appelle à enquêter sur les agressions sionistes contre les détenues.  

5-4 VIDEO: Procès BDS: victoire pour Alima et Omar.

5-5 Netanyahou veut saboter le dialogue avec les Palestiniens, selon des médias israéliens.

6 Les brèves

6-1 Palestiniens et Iraniens quittent la salle en signe de protestation contre le discours du ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor.

6-2 Al-Barghouthi : parler de paix n'est qu'une illusion. 

6-3 Bouclier humain: 2 Israéliens coupables.

6-4 Mohamed Baraka accuse l'occupation de voler les organes des corps des martyrs palestiniens et arabes. 

6-5 Le Lobby sioniste américain utilise des chantages pour libérer l’espion Pollard. 

6-6 Arié Eldad, a préconisé mercredi d’éliminer le président iranien.

 


 



4 Politique Internationale

Organisations Mondiales & régionales

Ligue arabe 

La Ligue arabe pourrait demander à l'ONU de reconnaître l'Etat palestinien
Les pays de
la Ligue arabe pourraient demander à l'ONU le mois prochain de reconnaître l'Etat palestinien si Israël poursuit la construction des colonies en Cisjordanie, a déclaré vendredi le ministre égyptien des Affaires étrangères. "Si Israël ne respecte pas le gel de la colonisation, la Ligue arabe étudiera une autre option, hors du processus de paix, comme d'aller aux Nations unies pour demander la reconnaissance de l'Etat palestinien", a affirmé M. Gheit.

Israël et l'Autorité palestinienne ont repris des négociations directes sous l'égide des Etats-Unis le 2 septembre, après quasiment deux ans d'interruption, mais les discussions achoppent déjà sur le refus de l'Etat hébreu de proroger le moratoire de dix mois sur les constructions dans les implantations de Cisjordanie, qui a expiré au 26 septembre.

Et jeudi soir, le gouvernement israélien a annoncé qu'il avait approuvé la construction de 238 logements dans des quartiers juifs de Jérusalem-Est, après avoir observé pendant près d'un an un gel officieux des constructions dans cette partie de la Ville sainte dont les Palestiniens veulent faire leur capitale.

M. Gheit participait à Bruxelles à une réunion des Amis du Pakistan démocratique (Friends of Democratic Pakistan), groupe composé d'une dizaine de pays et d'institutions internationales qui veulent stabiliser le Pakistan par un soutien économique sur le long terme.

AP

 


2 Europe

2 Dubai

Le dossier d’assassinat du Mossad contre Al Mabhouh reste ouvert.  

Le Lieutenant général Dahi Khalfan Tamim, commandant général de la police de Dubaï a affirmé que l'assassinat du dirigeant du Hamas, Mahmoud Al Mabhouh, ne sera fermé que lorsque les coupables de cet assassinat horrible seront arrêtés ou morts. Il a averti sur la possibilité que le Mossad tente d’exécuter un autre crime similaire.

Khalfan a souligné dans une déclaration au journal émirati « al-Ettihad » (L'union) dans l'édition de dimanche 3 octobre, que : "Le dossier de Mahmoud Al Mabhouh restera ouvert jusqu'à l'arrestation de tous les fugitifs que nous poursuivons dans cette affaire,et qui font déjà l'objet d'une liste rouge de recherche internationale que nous avons diffusée dans diverses parties du monde".

« Nous les recherchons dans le monde entier, ils ne pourront rester agents du Mossad à vie, et dernièrement nous avons pris connaissance qu'une des personnes impliquées dans ce crime d’assassinat contre Al Mabhouh a été arrêtée dans un pays occidental », a souligné Khalfan.

M. Khalfan a mis en garde contre la tentative du Mossad de perpétrer d’autres crimes par d’autres moyens, confirmant qu’il profite de l’usurpation et de la falsification des passeports occidentaux pour exécuter ses crimes horribles, et il a appelé les parties concernées d’être au niveau de leur responsabilité judiciaire et éthique.

04/10/2010

 http://www.palestine-info.cc/fr/


Finlande

Gaza: le chef de la diplomatie finlandaise appelle à lever le blocus.  

Le chef de la diplomatie finlandaise Alexander Stubb s'est rendu jeudi dans la bande de Gaza où il a appelé Israël à lever le blocus de cette enclave palestinienne.
"Il est nécessaire de mettre un terme aux souffrances de Gaza, il faut ouvrir tous les points de passage à la frontière et permettre la libre circulation des personnes et des marchandises", a déclaré le ministre lors d'une conférence de presse.
Il s'est dit choqué par des "scènes de destruction, de désespoir et de misère" à Gaza et a espéré l'instauration rapide de la paix dans la région qui "mette fin aux souffrances d'un million et demi d'habitants de l'enclave".
Dans le même temps, M.Stubb a exigé des Palestiniens qu'ils "respectent la sécurité d'Israël, arrêtent des tirs de roquettes et libèrent le soldat israélien Gilad Shalit".
L'Etat hébreu affirme laisser passer dans la bande de Gaza, contrôlée par le mouvement islamiste Hamas, tous les produits à l'exception des armes et des biens susceptibles d'être utilisés à des fins militaires.
Israël continue néanmoins à restreindre fortement la circulation des personnes et à interdire les exportations depuis Gaza.

15/10/2010

http://fr.rian.ru/


Irlande

L'Irlande annule une transaction d'armes avec Israël. 
Le ministère irlandais de
la Défense a annulé une transaction d'armes avec Israël pour protester contre l'utilisation de faux passeports irlandais par le Mossad dans l'assassinat duhaut-cadre du Hamas, Mahmoud Al-Mabhouh, au début de l'année 2010, à Dubaï.
Le quotidien israélien "Maariv" a déclaré, que le ministère irlandais de
la Défense a annulé la signature d'un contrat avec Israël, selon lequel l'armée irlandaise devait recevoir chaque année plus de 20 millions de balles utilisées comme des munitions pour toutes les branches des forces militaires irlandaises.
Le journal a ajouté qu'après que le ministère irlandais de
la Défense ait acheté des munitions à l'entité sioniste durant les dernières cinq années pour des millions d'euros, il a décidé d'annuler ce contrat et de signer une transaction de remplacement avec la Belgique, et d'autres pays dont le Brésil.
Les journaux irlandais ont justifié  ce geste comme une réponse à l'assassinat  de Mahmoud Al-Mabhouh, à Dubaï, le 22 janvier 2010, et l'utilisation des passeports falsifiés par l'équipe du Mossad qui a perpétré l'assassinat. 
Notons que l'Irlande avait acheté à l'industrie militaire israélienne durant les dernières cinq années, des munitions d'une valeur de 14 millions d'euros.
11/10/2010   
http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=157550&language=fr


 

5 Russie

Ghassan Khatib : Moscou doit jouer un rôle plus actif.
La Russie pourrait jouer un rôle plus actif dans le règlement du conflit au Proche-Orient, a déclaré mardi le porte-parole de l'Autorité palestinienne Ghassan Khatib.
"
La Russie pourrait contribuer plus activement au règlement de la situation dans la région conjointement avec ses partenaires au sein du Quartette de médiateurs internationaux [Etats-Unis, Russie, ONU et UE]", a-t-il affirmé.
Selon M. Khatib, Moscou a l'avantage "d'entretenir de bonnes relations avec les deux parties au conflit: les Palestiniens et les Israéliens".
Evoquant les négociations palestino-israéliennes directes relancées le 2 septembre dernier à Washington, mais acculées dans l'impasse après la reprise de la colonisation juive de
la Cisjordanie, le diplomate a souligné que "l'échec des négociations pourrait affaiblir les positions des responsables palestiniens modérés, tout en renforçant celles des groupes radicaux qui appellent à recourir à la force contre Israël".

12 octobre



5 Médias/Vidéos 

5-1 Video : Palestine on map - Carte de la Palestine expliquée aux Nuls

Petite video très bien faite, malheureusement, en anglais, mais il n'y a pas besoin de comprendre cette langue pour voir la triste réalité Palestinienne. Ce qu'elle était au départ et ce qu'elle est devenue sous les coups de boutoirs sioniste...  …

http://palestine.over-blog.net/article-video-palestine-on-map---carte-de-la-palestine-expliquee-aux-nuls-58515344.html


5-2 Vidéo : Palestinienne humiliée? L'armée israélienne enquête

Une nouvelle vidéo montrant un militaire israélien tournant en dérision un détenu palestinien a été diffusée dans la nuit de lundi à mardi par la télévision israélienne, impliquant cette fois un soldat dansant autour d'une jeune femme voilée qui a les yeux bandés.
http://www.24heures.ch/actu/monde/palestinienne-humiliee-armee-israelienne-enquete-2010-10-05
05.10.

La diffusion de ce clip par la chaîne 10 intervient quelques semaines après le tollé provoqué par la découverte sur la page Facebook d'une ex-soldate israélienne de photos prises pendant son service militaire sur lesquelles on la voyait poser souriante au côté de prisonniers palestiniens aux yeux bandés et aux mains liées. Les images étaient assorties de commentaires grivois.

Sur ces nouvelles images, un soldat israélien goguenard exécute une parodie de danse orientale autour d'une jeune femme voilée immobile contre un mur, les mains liées et les yeux bandés, sur fond de musique et apparemment de propos amusés de ses camarades, hors champ.

L'armée israélienne a ouvert une enquête interne à la suite de ce nouvel incident, selon les médias israéliens.

En août, elle avait dénoncé "le comportement honteux de la soldate" Eden Abargil pour la publication de ses photos sur Facebook, et précisé toutefois qu'elle avait achevé son service militaire, laissant entendre qu'elle échapperait vraisemblablement à toute sanction.

L'intéressée avait pour sa part indiqué ne pas comprendre cette émotion, estimant n'avoir "porté atteinte à personne".

http://www.24heures.ch/actu/monde/palestinienne-humiliee-armee-israelienne-enquete-2010-10-05


5-3 Le ministère de la femme appelle à enquêter sur les agressions sionistes contre les détenues.  

Le ministère des Affaires de la Femme a condamné le fait qu'un soldat ait diffusé une vidéo montrant ses humiliations contre une détenue palestinienne.

Sur cette vidéo, un soldat portant des lunettes de soleil exécute une parodie de danse orientale autour d'une jeune femme palestinienne voilée immobile contre un mur, les mains liées et les yeux bandés, sur fond de musique.

Le ministère a appelé l'ONU à enquêter immédiatement sur les crimes et les pratiques de l'occupation contre les détenues palestiniennes.

Dans un communiqué publié, le mardi 5/10, le ministère a indiqué que l'acte ignoble contre les détenus en général et la femme palestinienne détenue particulièrement, est un crime qui exige une réelle Intifada de tous les hommes libres dans le monde entier face à l'occupation.

Il a également appelé la nation arabe et islamique à soutenir les captives palestiniennes et à organiser des marches massives pour protéger la réputation palestinienne musulmane, en appelant au même temps le CICR à assumer son rôle réel, et à aider l'Onu à dénoncer les pratiques inhumaines de l'entité sioniste contre les détenus.

06/10/2010

 http://www.palestine-info.cc/fr/


5-4 VIDEO: Procès BDS: victoire pour Alima et Omar.
Les parties civiles et le ministère public, qui attaquèrent Alima Boumedienne (sénatrice des Verts) et Omar Slaouti (NPA, nouveau parti anticapitaliste) pour leur participation à des actions BDS ont été déboutés jeudi 14 octobre 2010 par le tribunal de Pontoise, région parisienne.

Voici l'information produite en anglais par PressTV. Durée: 2'30 min.
Camera: chris den hond. Journaliste: Mark Votier 

http://www.youtube.com/watch?v=6GMvk4bua5I

 

Une vidéo en français de 6 min, produite par l'équipe Palestine Vivra.

http://blip.tv/file/4249595 


5-5 Netanyahou veut saboter le dialogue avec les Palestiniens, selon des médias israéliens.

Même point de vue pour le quotidien populaire à grand tirage Yédiot Aharonot, qui qualifie M. Netanyahou de «torpilleur» dans un éditorial de Shimon Shiffer.

Les médias israéliens accusaient mardi le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou de saboter le dialogue de paix en proposant aux Palestiniens de troquer un gel de la colonisation en Cisjordanie contre leur reconnaissance d'Israël comme «État-nation du peuple juif».

«Prix imbattable pour le judaïsme», titre ironiquement Akiva Eldar dans un éditorial du quotidien de gauche Haaretz.

«Notre premier vendeur a inventé cette astuce de l'État juif (...) Ça se vend bien à Mahané Yéhouda», marché populaire de Jérusalem et fief de la droite israélienne, écrit-il.

Un moratoire sur les nouvelles constructions en Cisjordanie s'est achevé le 26 septembre, dont les Palestiniens exigent le renouvellement pour poursuivre les pourparlers de paix avec Israël engagés le 2 septembre à Washington.

 «Bibi (surnom de M. Netanyahu) est loin d'être naïf et sait pertinemment qu'en demandant à Mahmoud Abbas (le président palestinien) de reconnaître Israël comme l'État-nation du peuple juif, il lui offre un suicide politique assisté», ajoute l'éditorial de Haaretz.

«Il s'agit d'une manoeuvre majeure de diversion» dit-il encore, estimant qu'il s'agirait d'un marché de dupes pour les Palestiniens, qui, s'ils l'acceptaient, renonceraient ipso facto au droit au retour en Israël des réfugiés palestiniens, «un atout trop précieux» pour eux.

Même point de vue pour le quotidien populaire à grand tirage Yédiot Aharonot, qui qualifie M. Netanyahou de «torpilleur» dans un éditorial de Shimon Shiffer.

«Il cherche tous les moyens possibles pour coincer les Palestiniens dans une position de refus», écrit-il.

«Implicitement, cela signifie qu'il va faire tout son possible pour torpiller les négociations avec les Palestiniens à leur stade actuel», ajoute-t-il.

«Manœuvre tactique dans les négociations, ou changement drastique ?» de M. Netanyahou, se demande pour sa part le journal Maariv (centre-droit). Et de répondre en soulignant que «comme prévu, les Palestiniens se sont empressés de refuser l'offre en la qualifiant de nouvel obstacle aux efforts de paix».

Selon Maariv, cette offre inacceptable pour les Palestiniens, ne l'est pas davantage pour les colons de Cisjordanie, qui la considèrent comme «un dangereux zigzag et une capitulation» aux exigences palestiniennes.

 12 octobre

www.cyberpresse.ca/.../01-4331724-netanyahou-veut-saboter-le-dialogue-avec-les-palestiniens-selon-des-medias.php



6 Les brèves

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

6-1 Palestiniens et Iraniens quittent la salle en signe de protestation contre le discours du ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor.

Le chef de la diplomatie israélienne a accusé à la tribune l'Onu la partie palestinienne de torpiller le processus de paix et a pointé la nécessité de "régler la question de l'Iran" qui soutient "les mouvements  Hamas, Hezbollah et Jihad islamique".
 Le ministre israélien n'a toutefois pas précisé s'il préconisait de "résoudre la question iranienne" par le biais diplomatique ou militaire.
Les délégations palestinienne et iranienne ont quitté mardi la salle de l'Assemblée générale de l'Onu en signe de protestation contre le discours du ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman. Ensuite, leur exemple a été suivi par les diplomates irakiens.
http://fr.rian.ru/world/20100928/187526186.html


6-2 Al-Barghouthi : parler de paix n'est qu'une illusion.  

Le député et secrétaire général du mouvement de l'Initiative nationale palestinienne, Dr. Moustafa al-Barghouthi, a condamné le vol de grandes quantités d'olives durant la nuit par les colons dans la province de Qalqilia et de Naplouse sous la protection des forces occupantes.

Dans une déclaration de presse, al-Barghouthi a déclaré que l'évasion des colons sionistes est une preuve qu'il n'y a ni paix ni sécurité, si on ne nettoie pas les territoires palestiniens de la colonisation et des colons sionistes. Il a appelé à organiser des campagnes populaires pour aider les citoyens palestiniens dans les zones du mur et des colonies à récolter leurs olives et stopper le vol de ces produits par les colons.

« La paix ou la stabilité dans la région avec la présence des colons sionistes sur les territoires palestiniens n'est qu'une illusion » considère al-Barghouthi, soulignant la gravité de l'attaque colonialiste qui a pris de nombreuses formes, dont la confiscation des terres, le déracinement des arbres, le vol des produits agricoles et les agressions contre les agriculteurs.

Le député palestinien a également affirmé que le racisme se renforce au sein du gouvernement et de la société sioniste, indiquant que la modification de la loi de l'allégeance à l'entité sioniste, qui « murmure son racisme et son hostilité, et cible la présence palestinienne dans les territoires palestiniens occupés en 1948, afin de compléter la série d'expulsions contre les Palestiniens qui y habitent, en parallèle avec le régime d'apartheid créé par "Israël" dans les territoires palestiniens occupés.

« Le cabinet de Netanyahu est un gouvernement extrémiste et colonisateur, nous devons le démasquer et lui imposer un isolement et un boycottage. Comme cela avait été fait avec le régime d'apartheid en Afrique du Sud, bien qu'il pratique un racisme plus dangereux que ce qui s'est passé en Afrique du Sud », a assuré al-Barghouthi.

11/10/2010

 http://www.palestine-info.cc/fr/


6-3 Bouclier humain: 2 Israéliens coupables.
Deux soldats israéliens ont été reconnus coupables de s'être servis d'un enfant palestinien comme d'un "bouclier humain" durant la guerre contre la bande de Gaza (décembre 2008 - janvier 2009), selon un jugement rendu dimanche par un tribunal militaire israélien. Le tribunal militaire des forces terrestres de la région sud a reconnu les deux soldats coupables de "conduite non conforme aux normes", a indiqué le tribunal dans son jugement, dont une copie est parvenue à l'AFP.
Le 15 janvier 2009, les deux militaires avaient mis en danger un enfant palestinien, alors âgé de 9 ans, en le contraignant d'aller vérifier le contenu de sacs appartenant à des "suspects palestiniens" arrêtés. Cette pratique a été formellement interdite par un arrêt de
la Cour suprême, la plus haute instance judiciaire israélienne.
Le tribunal militaire a précisé dans son jugement que la sentence des deux soldats, qui avaient comparu le 24 mars, sera rendue ultérieurement. En signe de protestation contre les poursuite engagées, plusieurs soldats de la même unité sont venus dimanche dans la salle d'audience du tribunal revêtus de tee-shirts sur lesquels était écrit: "nous sommes des victimes de Goldstone", a indiqué la radio.
Les militaires faisaient allusion au rapport du juge Richard Goldstone, mandaté par l'ONU, qui a accusé Israël et des groupes palestiniens d'avoir commis des crimes de guerre pendant l'opération "Plomb durci" durant laquelle 1.400 Palestiniens ont été tués, en majorité des civils, selon des sources médicales palestiniennes tandis que treize Israéliens ont trouvé la mort.

03/10
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/10/03/97001-20101003FILWWW00105-bouclier-humain-2-israeliens-coupables.php


6-4 Mohamed Baraka accuse l'occupation de voler les organes des corps des martyrs palestiniens et arabes. 

Le président du front démocratique pour la paix et l'égalité, et membre arabe de la Knesset, Mohamed Baraka, a accusé les autorités de l'occupation israélienne de voler les organes des corps des martyrs palestiniens et arabes. En effet, elles gardent ces corps de façon inhumaine et très criminelle dans des tombes numérotées, ou dans des morgues, et cachent probablement un grand nombre de corps pour dissimuler leur crime.

« La contestation de l'occupation à cette accusation ne suffira pas, sauf si elle prouve le contraire en retournant les corps aux familles des martyrs », a ajouté Baraka.
Baraka a  tenu ces accusations lors de son discours à l’occasion du festival organisé pour la deuxième commémoration annuelle du lancement de la campagne de récupération des corps des martyrs, en présence des organisateurs de la campagne nationale et des centaines de familles des martyrs et de partisans de la campagne.
 

08/10/2010

 http://www.palestine-info.cc/fr/


6-5 Le Lobby sioniste américain utilise des chantages pour libérer l’espion Pollard. 

Des associations et organisations sionistes américaines ont escaladé leur pression en s’appuyant sur l’aide de certains membres du Congrès du Parti démocrate, en profitant des prochaines élections pour obtenir une grâce présidentielle et libérer l’espion américain sioniste, Jonathan Pollard, condamné à la prison à vie en 1985, après qu’il a reconnu avoir transmis des informations confidentielles qualifiées comme les plus dangereuses, vue sa grande quantité et valeur dans l'histoire de l'espionnage et américaine.

Ces organisations ont élaboré une demande pour la présenter à Obama, durant les prochains jours, avec l’appui des membres du Congrès comme Barney Frank (démocrate) et d’autres, qui vont insister sur la demande d’une clémence pour libérer l’espion Jonathan Pollard.

Le Lobby sioniste américain a prétendu que la libération ou le pardon de Pollard va appuyer la position israélienne et aiderait les efforts américains dans les négociations de paix.

Certains sionistes parlent directement d’un échange de la libération de Pollard avec l’appuie de la position de Netanyahou pour prolonger la décision prétendu de "gel".

Cette initiative fait partie des efforts et pressions exercées par le lobby sioniste contre l'administration d’Obama, juste avant les élections à mi-parcours pour le Congrès en Novembre prochain, où des campagnes de lobbying contre Obama ont commencé de parler de sa mauvaise gestion à la politique étrangère et les menaces de réduire les contributions et aides des juifs américains au Parti démocrate d’un pourcentage sans précédent qui arrive à 70%, en plus de l’organisation de deux sondages en moins d'un an qui montrent une forte baisse de la proportion des partisans du président Obama au milieu des Juifs américains.

15/10/2010

 http://www.palestine-info.cc/fr/


6-6 Arié Eldad, a préconisé mercredi d’éliminer le président iranien.

…durant sa visite au Liban.

Pour la première fois dans l’histoire du Liban, une foule monstre de Libanais et de Palestiniens, tout âge confondu, ont convergé vers la route de l’aéroport pour accueillir un chef d’Etat.

Un député d’extrême droite israélienne, Arié Eldad, a préconisé mercredi d’éliminer le président iranien Mahmoud Ahmadinejad durant sa visite au Liban.

"Si Ahmadinejad se trouve, ne serait ce qu’un seul instant, dans le collimateur d’un soldat de Tsahal (l’armée israélienne), il faut absolument l’empêcher de revenir vivant chez lui", a affirmé au journal en ligne Y-Net cet élu de l’Union Nationale, un parti d’opposition (4 députés sur 120).

"Je préconise la médecine préventive, qui évite des maladies graves. Cette liquidation épargnerait de nombreuses vies", a ajouté Eldad, professeur en médecine et expert en chirurgie plastique. "L’Histoire aurait pris un autre tour en 1939 si un soldat juif avait réussi à abattre Hitler", a encore dit le député, membre de la commission des Affaires étrangères et de la Défense, en soulignant que le président iranien "profite de toutes les tribunes possibles pour menacer d’anéantir Israël".

De son côté, la presse sioniste n’a pas caché l’inquiétude et la colère israélienne face à cette visite iranienne au Liban, y voyant le signe d’une victoire franche du Hezbollah et de la politique de l’Iran. Pour le quotidien "Haaretz", qui a s’est arrêté sur l’ampleur de l’accueil, aussi bien populaire qu’officiel, "cette foule immense et les slogans qu’elle scandait témoigne du large soutien dont bénéficient le Hezbollah et l’Iran au Liban ».

Le "Yediot Ahronot" se penche, quant à lui, sur les impacts de cette visite, en affirmant qu’elle ne pourrait que renforcer la position du Hezbollah dans toute la région.

De son côté, le "Jérusalem Post" souligne que « la première visite officielle d’Ahmadinejad, à Beyrouth, a mobilisé les foules, signe que les politiques régionales de l’Iran sont couronnées de succès". Rappelons que ces derniers jours, les médias occidentaux n’ont pas cessé de prédire l’échec, voire, l’annulation de cette visite.

Pendant ce temps, les Israéliens provoqués par cet événement sans précédent, se préparent à manifester à la frontière avec le Sud Liban contre la visite attendue d’Ahmadinejad à Bint Jbeil.

Le Yediot Ahronot avait souligné que des personnalités politiques et des membres de la Knesset ont lancé plus de 2000 ballons aux couleurs du « drapeau israélien » à la frontière avec le Liban ce mercredi matin, exigeant l’arrestation du président iranien pour ses appels à rayer Israël de la carte.

Quant à l’armée sioniste, elle a renforcé ses patrouilles à la frontière, alors que des unités militaires ont effectué ces derniers jours des manœuvres militaires sur l’occupation de villages syriens.

mercredi 13 octobre 2010

13/10/2010 Al Manar -

http://www.comite-valmy.org:80/spip.php?breve455


Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


20/10/2010

n°59 - Dossier de Pakistan - 18-10 - :- Début - : L'OTAN élargit la guerre de l'Afghanistan au Pakistan.


n°59 - Dossier de Pakistan - 18-10  - :- Début  - : L'OTAN élargit la guerre  de l'Afghanistan au Pakistan.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de PAKISTAN.  

                                                                  n° 17- 18-10     C.De Broeder & M.Lemaire



Le "DOSSIER de PAKISTAN" est visible sur les blogs :

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

Tiré à part :

L'histoire (afghane) se reproduit ....  Ben Laden résiderait confortablement au Pakistan  .... Va t'on déclaré la guerre et envahir tout le Pakistan...

1 Dossiers

1-1 Robert Stevens : Des responsables pakistanais et européens accusent les Etats-Unis d’avoir fabriqué la dernière alerte au terrorisme.

1-2 La CIA n’aime pas la démocratie…   

1-3 Françoise Chipaux : Le risque d'«afghanisation» du Pakistan.

1-4 Rick Rozoff : 10e anniversaire de l'invasion de l'Afghanistan & L'OTAN élargit la guerre  de l'Afghanistan au Pakistan.

Fin

1-5 L’aide humanitaire au Pakistan sous contrôle de l’Otan et des États-Unis.

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Luc Delval : La menace terroriste, réelle et supposée

2-2 William Blum : La mentalité américaine.

2-3 Le Canada veut utiliser des bases pakistanaises….

2-4 La machine de guerre institutionnelle des Etats-Unis.

3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Vers une invasion étatsunienne du Pakistan ?

4 Annexe

4-1 Les lauréats du Prix Nobel de la paix après le 11-Septembre



Tiré à part :

L'histoire (afghane) se reproduit ....  Ben Laden résiderait confortablement au Pakistan  .... Va t'on déclaré la guerre et envahir tout le pakistan...

Ossama Ben Laden se trouve au nord-ouest du Pakistan, affirme lundi la chaîne américaine CNN, sur base de déclarations d'un "haut fonctionnaire de l'OTAN". Alors que les Etats-Unis intensifient leurs actions de guerre avec des attaques de drones et des avions sans pilote, Ben Laden, ainsi que son bras droit Eiman al-Zawahiri, habiteraient dans deux maisons proches l'une de l'autre et dans un "confort relatif".
 "Aucun membre d'Al-Qaida n'habite dans une grotte", selon ce fonctionnaire anonyme de l'OTAN.
 Il n'y a plus de trace d'Ossama Ben Laden depuis novembre 2001, lorsque le siège de sa cache dans les montagnes de Tora Bora avait échoué.

L'homme vit dissimulé depuis neuf ans déjà, même si certaines sources affirment que le terroriste est mort depuis quelques années à la suite d'une maladie aux reins.
 Le gouvernement d'Islamabad dément régulièrement que l'homme derrière les attaques du 11 septembre se trouve au Pakistan.

(afp)

18/10/10 12h05

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/1171220/2010/10/18/Ben-Laden-residerait-confortablement-au-Pakistan.dhtml



 



1 Dossiers

1-1 Robert Stevens : Des responsables pakistanais et européens accusent les Etats-Unis d’avoir fabriqué la dernière alerte au terrorisme.

La semaine dernière, le quotidien britannique The Guardian publiait les commentaires de hauts responsables pakistanais et de responsables européens du renseignement disant que la dernière alerte au terrorisme avait des motivations politiques. Wajid Shamsul Hasan, l’ambassadeur du Pakistan en Grande-Bretagne, dit au Guardian que cette alerte avait été utilisée par les Etats-Unis afin de justifier une escalade de la guerre au Pakistan et en Afghanistan.

Ses déclarations faisaient suite à celles de certains hommes politiques européens rejetant l’affirmation de l’administration Obama qu’une attaque terroriste était imminente quelque part en Europe

Le 3 octobre, le ministère américain des Affaires étrangères avait fait une déclaration imprécise avertissant les citoyens américains en Europe de la menace d’attaques par des organisations liées à Al Qaïda. Elle ne mentionnait aucun pays en particulier et selon elle, il ne s’agissait là que d’« attaques terroristes potentielles ». La Grande-Bretagne, le Japon, la Suède et le Canada lancèrent rapidement des avertissements destinés à leurs propres citoyens leur demandant de prendre des précautions supplémentaires.

Un certain nombre de politiciens européens cependant, en Allemagne en particulier, se manifestèrent pour nier l’existence d’une menace imminente, entre autres Viviane Reding, la Commissaire européenne à la Justice et le ministre allemand de l’Intérieur, Thomas de Maizière.

Wajid Shamsul Hasan est un proche du président pakistanais Asif Zardari. Il dit au Guardian que malgré l’alerte lancée par les Etats-Unis et leur mise en garde contre de possibles complots commandités par Al Qaïda - dont le but serait d’attaquer des monuments célèbres dans les villes d’Europe occidentale - le gouvernement pakistanais n’avait reçu à leur sujet aucune information précise. « Si les Américains ont des informations concrètes à propos des terroristes et des gens d’Al Qaïda, ils devraient nous les donner et nous pourrions nous en occuper nous-mêmes », dit il.

« De telles déclarations [de la part des Etats-Unis] sont un mélange de frustrations, d’incompétence et de manque d’appréciation de la réalité sur le terrain. Toute tentative de violer la souveraineté du Pakistan n’apporterait pas la stabilité en Afghanistan, ce qui est, je suppose, le principal objectif des forces américaines et de celles de l’OTAN ».

Les commentaires de Hasan expriment la préoccupation du gouvernement pakistanais quant au fait que les actions militaires aveugles des Etats-Unis - parmi lesquelles l’utilisation d’hélicoptères et de ‘drones’ au Pakistan - vont provoquer une opposition de masse dans le pays. Le régime Zardari sait que toute escalade des opérations militaires au Pakistan minera un peu plus le gouvernement pakistanais. Celui-ci est complice des innombrables crimes de guerre commis par Washington. Les attaques par drones et par hélicoptères

ont « mis le feu au pays » dit Hasan. « Pourquoi font-ils tellement pression sur nous ? C’est une menace contre le système démocratique… Mais les gens au Pakistan ont le sentiment que Washington s’en fiche ».

Hasan avertit de ce que des attaques militaires futures de la part des Etats Unis pourraient déclencher des représailles dont les citoyens américains au Pakistan pourraient être la cible. « Le gouvernement ne veut pas prendre ce chemin », dit il. « Mais les gens se sentent dupés. S’ils [les Américains] tuent encore quelqu’un, ils réagiront. On dit qu’il y a 3.000 membres du personnel des Etats-Unis au Pakistan. Ils feraient des cibles faciles. »

Parmi de telles cibles pourrait se trouver le personnel américain de la base aérienne pakistanaise de Jacobalad. Cette base se situe sur la frontière entre les provinces du Sind et du Baloutchistan et est utilisée par l’armée américaine comme base permanente depuis le 11 septembre 2001. Jacobalad est la base où se trouvent les forces de la CIA et c’est là aussi que se trouvent les hangars d’où sont lancés les drones.

Les attaques par drones ont été fortement intensifiées depuis l’arrivée au gouvernement de Barak Obama. Au cours de la première année de son gouvernement, les attaques de drones ont coûté la vie à plus de 700 civils pakistanais. Le lundi 4 octobre, quatre citoyens allemands furent tués lors d’une telle attaque près de la frontière afghane, au Nord-Waziristan. Des responsables pakistanais de la sécurité ont dit que huit personnes avaient été tuées en tout dans cette attaque.

Le mercredi 6 octobre, la BBC avait rapporté que « cinq militants présumés [avaient été] tués lors d’une attaque par drone dans le nord-est du Pakistan ». La BBC dit aussi que les Etats-Unis « avaient jusqu’à présent réalisé 27 attaques par drones dans cette région depuis le début du mois de septembre. » Ce genre de frappe a commencé en juin 2004 et le gouvernement pakistanais avait alors donné son feu vert.

Le Guardian a cité un autre diplomate pakistanais qui déclarait lui que les opérations avec des ‘drones’ échappaient à présent au contrôle du Pakistan. Il dit à ce journal : « Nous l’avons toujours nié dans le passé. Mais chacun sait que cela se passe. Nous devons nous réveiller ».

L’article déjà cité et paru dans le Guardian du 7 octobre mentionnait aussi des commentaires fait par des responsables des services de renseignements européens et niant plus ou moins l’affirmation par Washington d'un complot coordonné et préparé pour attaquer des emplacements en vue en Grande-Bretagne, en France et en Allemagne. Le Guardian écrit : « Ils [les responsables de services de renseignements européens] ont dit que Washington était ‘le moteur’ derrière l’affirmation d’une série de complots 'style commando' et que la CIA - peut-être parce qu'elle s’inquiétait de ce que cela attirait de façon inopportune l’attention sur ses attaques de drones - a elle aussi été extrêmement irritée de la publicité qui leur fut donnée ».

Un autre responsable dit au quotidien britannique « donner de la cohérence [aux affirmations de complot terroriste] dans un récit homogène n’a pas de sens ».

Le même article citait un « responsable du contre-terrorisme » qui rejetait l'hystérie nourrie à propos du citoyen britannique Abdul Jabbar depuis que ce dernier avait été tué au Pakistan. Jabbar et d’autres furent tués le 8 septembre au Nord-Waziristan lors d’une attaque par un drone américain. Cet habitant de Birmingham se serait vanté de vouloir apporter la guerre sainte en Grande-Bretagne en recrutant des centaines de terroristes dans un nouveau groupe, l'‘Armée Islamique de Grande-Bretagne’.

Selon un compte-rendu des événements fait par le gouvernement pakistanais, Jabbar avait été pris pour cible et tué après qu'on l’eût entendu dire dans une réunion d'environ 300 personnes près de Miranshah au Pakistan, qu'il voulait attaquer le Royaume-Uni. Les services de renseignements pakistanais ont informé le gouvernement du Royaume-Uni de l’endroit où se trouvait Jabbar et les autorités britanniques en ont ensuite informé les Etats-Unis. Mais le Guardian cite un représentant du gouvernement britannique qui dit de ce plan d’attaque supposé du Royaume-Uni, « Nous n’y avons pas attaché trop d’importance ». Un « responsable du contre-terrorisme », cité dans le même article, dit qu'il n'existait « aucune confirmation » des affirmations de Jabbar.

Toujours dans ce même article du Guardian, un responsable des renseignement est cité, disant, « On a des discussions sur toutes sortes de choses – ce qui ne signifie pas nécessairement qu'il y a quoi que ce soit de concret. Fonder des groupes n'est pas facile ».

Deux jours plus tôt, le Sun, un autre quotidien britannique, avait cité une source des services de sécurité du Royaume-Uni déclarant que Jabbar « se croyait beaucoup plus important qu'il ne l’était en réalité. Et sa vantardise lui a coûté la vie. Une figure réellement dirigeante d’Al Qaïda n'aurait pas fait une erreur aussi idiote ».

Robert Stevens

Mondialisation.ca,

Le 14 octobre 2010

WSWS

http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=21454


1-2 La CIA n’aime pas la démocratie…            

Il ya deux ans et demie, le général Pervez Musharraf avait quitté la tête de l’Etat au Pakistan sous la pression à la fois de la rue et des Etats-Unis.

Aujourd’hui, alors qu’on pensait que l’ancien dictateur avait définitivement raccroché, voilà qu’il se rappelle au bon souvenir de ses concitoyens en créant son propre parti.

Et ce n’est pas le seul militaire qui fait parler de lui en ce moment.

Le général Ashfaq Pervez Kayani, chef de l’armée pakistanaise multiplie les rencontres avec les hauts responsables politiques du pays, notamment avec le président Asif Ali Zardari.

A Washington, on voit d’un bon œil les pressions de l’armée sur la classe politique jugée corrompue et incompétente. En effet, depuis deux ans, le Pakistan est engagé dans une spirale infernale.

Le pays qui dispose de l’arme nucléaire est en proie à une véritable guerre civile dans ses frontières avec l’Afghanistan. La ‘démocratie’ tant souhaitée et encouragée à l’époque par les Américains n’a eu les résultats escomptés.

A la CIA, les analystes sont sans concession : « si cela continue comme ça, le pays pourrait se désintégrer et on est pas à l’abri d’un coup d’Etat islamiste ». Une horreur que les experts de Langley ne voudraient pas voir, parce que la signifierait tout simplement l’embrasement de tout la région.

En écartant l’option de coup d’Etat, les Etats-Unis poussent l’armée à agir dans les coulisses afin de donner le tempo à la classe politique. Un jeu dangereux, estiment certains observateurs. Les généraux pakistanais ne sont eux-mêmes un modèle de vertu.

Les années de Pervez Musharraf sont là pour le rappeler à tout le monde.

13 Octobre

http://www.maghreb-intelligence.com/monde/504-la-cia-naime-pas-la-democratie-pakistanaise


1-3 Françoise Chipaux : Le risque d'«afghanisation» du Pakistan.

Nb  La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

Les pressions de Washington sur Islamabad atteignent leurs limites dans ce pays troublé.

La guerre en Afghanistan entre dans sa dixième année et, loin de se résoudre, le conflit s'étend de plus en plus au Pakistan voisin. La multiplication des attaques des drones de la CIA dans les zones tribales pakistanaises qui ne visent plus simplement les dirigeants supposés d'al-Qaida mais tous les résistants, mettent à mal les relations entre Washington et Islamabad. La vision différente que portent sur ce conflit les Etats-Unis et le Pakistan accentuent les contradictions entre deux alliés de circonstance qui n'ont jamais réussi à établir entre eux un minimum de confiance.

Le président Obama, qui a dès le début de son mandat compris que sans le Pakistan, il n'y avait pas de salut en Afghanistan, a essayé à la fois de jouer avec Islamabad de la carotte et du bâton sans obtenir ce dont ses militaires ont besoin: une lutte sans merci contre les sanctuaires talibans et autres extrémistes au Pakistan. La volonté affichée du président américain d'extirper au plus vite les Etats-Unis du bourbier afghan, la frustration de l'Otan en Afghanistan qui n'arrive pas à affaiblir l'insurrection des talibans explique les pressions renouvelées sur le Pakistan, mais celles-ci ont des limites.

La fermeture décrétée par les autorités pakistanaises pendant dix jours du col de Khyber (par lequel passe une grande partie du ravitaillement des troupes de l'Otan en Afghanistan) illustre l'importance stratégique d'un «partenaire» que de plus en plus de responsables américains dénoncent comme peu fiable. Cet arrêt des convois de l'Otan qui, dans le même temps, sont attaqués de toute part par les extrémistes islamistes, était la conséquence directe d'une incursion en territoire pakistanais d'un hélicoptère américain dont les tirs ont tué deux soldats pakistanais.

Le gouvernement d'Islamabad –très affaibli par son incapacité à répondre aux inondations sans précédent qui ont ravagé le pays, assiégé par une Cour suprême qui lui demande d'éliminer ses membres accusés de corruption et sous l'œil critique d'une armée aujourd'hui redevenue populaire– ne peut se permettre d'apparaître céder totalement sa souveraineté. La condamnation unanime de cette attaque par le Parlement, la déclaration du ministre de l'Intérieur Rehman Malik («nous devons savoir si nous sommes alliés ou ennemis») et le communiqué du ministère des Affaires étrangères indiquant «les incursions et frappes de cette nature sont inacceptables et pourraient conduire le Pakistan à considérer des représailles» sont certes à mettre au chapitre des «gesticulations», mais elles indiquent que le seuil de tolérance est proche.

Le prix du sacrifice

Au sein de l'armée et des services de renseignements, en première ligne dans ce qui concerne l'Afghanistan, le ras-le-bol est aussi très fort. Les militaires pakistanais, qui ont perdu plus de 2.000 soldats dans la lutte contre les résistants, estiment qu'en leur demandant toujours plus, les Etats-Unis ne reconnaissent pas à son juste prix le sacrifice consenti. La pomme de discorde présente, la demande américaine d'une intervention massive dans la zone tribale du Nord-Waziristan devenu le refuge des combattants d'al-Qaida et des militants de Serajuddin Haqqani, très actifs en Afghanistan, est jugée impossible par l'état-major pakistanais.

Officiellement les militaires pakistanais arguent du fait que leur armée est déjà trop déployée pour maintenir les acquis de ces précédentes opérations et qu'elle n'a pas les ressources nécessaires.

Plus fondamentalement toutefois, les stratèges pakistanais ne sont pas convaincus du succès de la nouvelle stratégie américaine en Afghanistan et craignent à juste titre qu'un départ des troupes occidentales ne ramène la guerre civile chez leur voisin. Dans ce cas, ils veulent tenir la carte pachtoune pour faire face aux ethnies du Nord qui ont toujours bénéficié du soutien de l'Iran et surtout de l'Inde. Les militaires pakistanais entendent bien être au cœur de toute solution au conflit afghan pour avoir à Kaboul un gouvernement ami à même de tenir l'Inde à l'écart. Car pour le chef de l'armée, le général Ashfaq Kayani et ses pairs, l'Inde reste «l'ennemi principal». Si New Delhi ne peut être totalement exclu d'Afghanistan, son rôle doit se limiter à faire de l'humanitaire et pas autre chose. Le conflit afghan figurera au menu des entretiens du président Obama qui se rend en Inde en novembre, mais la marge de manœuvre du président américain est quasi nulle, tant l'histoire nourrie de rancœurs pèse encore sur les relations entre New Delhi et Islamabad.

Les pressions américaines sur le Pakistan ont aussi leurs limites: les attaques de drones qui tuent des centaines de civils dans une population tribale pour laquelle la revanche est affaire d'honneur sont décriées fortement dans la population. Malgré les milliards de dollars déversés sur le Pakistan par Washington, les Etats-Unis restent hautement impopulaires et alors que des millions de personnes sont sans abri et n'ont plus grand-chose à perdre, ce n'est pas le moment de donner davantage d'arguments aux extrémistes. En l'absence d'un gouvernement crédible et capable de fixer un cap, sans effort de réhabilitation à la mesure des besoins, alors que l'économie s'effondre, la situation est suffisamment volatile dans ce pays de 180 millions d'habitants possesseur de l'arme nucléaire pour ne pas y ajouter des éléments de déstabilisation.

Françoise Chipaux 

13 octobre 2010

http://www.slate.fr/story/28577/pakistan-etats-unis


1-4 Rick Rozoff : 10e anniversaire de l'invasion de l'Afghanistan & L'OTAN élargit la guerre  de l'Afghanistan au Pakistan.

10e anniversaire de l'invasion de l'Afghanistan

Le 7 octobre, les États-Unis et leurs alliés de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord entameront leur dixième année de guerre en Afghanistan, situé à plus de 3 000 milles des quartiers généraux de l'OTAN à Bruxelles.

Le mois suivant, des élections de mi-mandat auront lieu aux États-Unis et l'OTAN tiendra un sommet de deux jours au Portugal.

L'administration américaine cherche désespérément un triomphe – ou du moins, un semblant de triomphe – en politique étrangère, afin de conserver le contrôle du Parti démocrate au Congrès, et l'OTAN cherche à justifier une mission militaire qui s'avère la plus longue et la plus étendue de ses 61 années d'existence.

Le président Barack Obama a triplé le nombre de soldats de combat américains en Afghanistan, le portant à 100 000. Lorsqu'on inclut les forces provenant des autres pays membres de l'OTAN et des pays partenaires, cela fait plus de 150 000 soldats étrangers en Afghanistan, du jamais vu dans ce pays décimé par la guerre.

De ce nombre, 120 000 sont maintenant sous la commande de la Force internationale d'assistance et de sécurité (ISAF), un nombre sans précédent pour une opération militaire dirigée par l'Alliance atlantique nord.

La Force kosovienne de l'OTAN à son apogée comprenait 50 000 soldats, mais ils ne furent envoyés dans la province serbe qu'à la fin d'une guerre aérienne qui a duré près de trois mois.

Les 120 000 soldats de l'OTAN présentement actifs – provenant de 50 pays, alors que d'autres s'apprêtent à envoyer des troupes en surcroît – sont au coeur d'une guerre ouverte des plus longues et des plus meurtrières. C'est la première guerre terrestre de l'OTAN, ses premières opérations de combat en Asie.

L'année dernière a été la plus meurtrière pour les États-Unis et pour l'OTAN dans ce conflit qui perdure depuis neuf ans. Cette année s'est avéré aussi des plus coûteuses en termes de soldats tombés au combat. Et il reste encore trois mois. Washington et Bruxelles pourraient décider de sauver la face et de mettre un terme aux hostilités au moyen d'un stratagème incluant un règlement politique interne et des mesures fondées sur un véritable maintien de la paix international – plutôt que de compter sur les activités subversives menées par la ISAF, établie sur la base d'un mandat des Nations unies en décembre 2001 mais qui, aujourd'hui, est devenue l'instrument par lequel l'OTAN mène la guerre en Afghanistan ainsi que chez son voisin, le Pakistan.

Cette perspective est peu probable, puisque la métaphysique militaire prédominante à Washington depuis les dernières 65 années ne peut accepter qu'une victoire ou, du moins, un semblant de victoire. Un héritage de défaite en Afghanistan ne pourrait que ternir l'image d'un président qui n'aura pas réussi à assurer la victoire ainsi que de son parti qui serait alors accusé de manquer de coeur au ventre et de défaitisme.

En ce qui concerne l'OTAN, le concept stratégique qui sera adopté en novembre est fondé sur un concept d'expansion du bloc en une force expéditionnaire mondiale du XXIe siècle, et l'Afghanistan en est le banc d'essai.

Si l'OTAN perd l'Afghanistan, si elle perd en Afghanistan, elle sera sujette aux critiques de ses pays membres et leurs citoyens qui auront sacrifié leurs fils et filles dans l'intérêt des ambitions internationales de l'OTAN.

Comme le déclarait l'ancien secrétaire général, Jaap de Hoop Scheffer, il y a six ans : « Que fait l'OTAN en Afghanistan ?

Elle défend des valeurs au Hindou Kouch dans un climat international bien connu de tous. Nous devons combattre le terrorisme partout. Si nous ne le combattons pas au Hindou Kouch, ce terrorisme se retrouvera chez nous. En d'autres mots, cette perception fragile [face aux agissements de l'alliance militaire de l'Atlantique nord en Asie du sud] doit être solidifiée et consolidée une fois pour toutes – pour l'avenir de l'OTAN, cette démarche est primordiale. »[1]

L'OTAN élargit la guerre  de l'Afghanistan au Pakistan

Non satisfaite du Vietnam qu'est devenu l'Afghanistan, l'OTAN a maintenant entrepris son incursion cambodgienne. Les implications de cette nouvelle incursion, par contre, sont beaucoup plus lourdes que pour le Vietnam des années soixante et soixante-dix, puisqu'elle se passe cette fois au Pakistan, un pays avec une population de presque 170 millions d'habitants et qui possède des armes nucléaires.

Au même moment où les États-Unis menaient leur vingtième attaque meurtrière à base de lancement de drones sur le sol Pakistanais, le 27 septembre, des attaques cinq fois plus importantes qu'au mois d'août, l'OTAN pour sa part menait une série d'attaques à base d'hélicoptères dans le nord-ouest du Pakistan. Invoquant le « droit à la légitime défense » et la « poursuite immédiate » des insurgés soupçonnés d'avoir attaqué un camp de l'OTAN, l'avant-poste de combat de Narizah dans la province afghane de Khost, près de la frontière pakistanaise, des hélicoptères d'attaque de l'OTAN ont mené en fin de semaine deux raids dans les régions tribales où les frappes de drones ont tué un nombre record de personnes en un mois.

Le nombre de personnes tuées, qu'on nomme machinalement dans la presse occidentale insurgés, militants ou terroristes, était d'abord de 30, ensuite de 50, puis 60, 70, et plus tard « 82 et plus ».[2]

Nous ne connaîtrons jamais de façon définitive ni le nombre ni l'identité des victimes.

Selon les journaux, les cibles visées étaient des membres du réseau Haqqani, fondé par le dirigeant vétéran des moudjahidines, Jalaluddin Haqqani, un héros américain du temps qu'il menait des attaques à partir du territoire pakistanais contre des cibles afghanes, il y a quelques années. C'était un des « combattants de la liberté » de Ronald Reagan. Il y a deux ans, le New York Times écrivait : « Dans les années 80, Jalaluddin Haqqani était entretenu en tant qu'actif de la CIA et recevait des dizaines de milliers de dollars comptant pour son travail qui consistait à combattre l'armée soviétique en Afghanistan, selon un compte-rendu paru dans The Bin Ladens, le dernier livre de Steve Coll. À ce moment-là, Haqqani aidait et protégeait Osama bin Laden, qui mettait sur pied sa propre milice pour combattre les forces soviétiques, écrit Coll. »[3]

En ce qui concerne le regret exprimé par certains à l'effet que l'admirable Haqqani ait récemment fait des Talibans ses alliés – un de ceux-là étant feu Charlie Wilson, qui disait de Haqqani qu'il était « la bonté incarnée » – à l'occasion de émission de NBC, Meet the Press, l'année dernière, le président pakistanais Asif Ali Zardari avait déclaré aux téléspectateurs américains que le Taliban « faisait partie de votre passé et du nôtre, et le Renseignement inter-services pakistanais et la CIA les ont créés ensemble. Et je peux vous citer 10 livres, 10 philosophes et 10 articles qui confirmeront mes dires... »[4]

Le 27 septembre, deux hélicoptères de l'OTAN ont attaqué l'agence Kurram située dans les régions tribales pakistanaises, tuant six personnes et en blessant huit. Un porte-parole du gouvernement pakistanais local a dit que toutes les victimes étaient des civils. Selon le Dawn News, « ce n'est pas la première fois que l'OTAN bombarde la région. »[5] Donc trois attaques en trois jours causant 100 décès.

Le même jour, une frappe de missiles drone tuait quatre personnes à l'agence du Waziristan du nord. « L'identité des quatre personnes tuées lors de l'attaque n'est pas connue... »[6]

Ces incidents ont eu lieu alors que le nouveau livre de Bob Woodward, Obama's Wars, révélait qu'« une armée secrète de 3 000 soldats paramilitaires afghans dirigés par la Central Intelligence Agency avait mené des raids outre-frontière au Pakistan ».[7]

Après une montée en intensité échelonnée sur deux ans et consistant en des opérations secrètes – des attaques par hélicoptères de combat et des raids menés par des équipes spéciales d'assassins – les États Unis et l'OTAN sont impliqués à l'heure qu'il est dans une guerre dans le nord du Pakistan qui bat son plein et qui ne peut être niée.

Le Pentagone – les hélicoptères utilisés lors des attaques des 25 et 26 septembre étaient des Apaches américains et des Kiowas – a défendu les frappes de la fin de semaine en prétendant qu'elles respectaient leurs règles d'engagement et le porte-parole du département de la Défense, le colonel Dave Lapan, a dit que les États-Unis suivaient le « protocole approprié » à la lettre et que « nos soldats ont le droit de se défendre. »[8]

Un porte-parole de l'ISAF avait d'abord nié que les forces de l'Alliance avait mené des attaques à l'intérieur des frontières pakistanaises, bien que les porte-parole de la police afghane aient confirmé le contraire. Le 27 septembre, par contre, l'ISAF a confirmé que les forces de l'OTAN avaient mené des frappes meurtrières. Alors que la troisième attaque par hélicoptères de l'OTAN avait lieu le jour même, « les porte-parole de la Coalition ont dit que les attaques outre-frontières étaient conformes à ses règles d'engagement puisque les insurgés les avaient attaqués au delà de leurs frontières ».[9]

Un porte-parole de l'OTAN a informé la presse que « les forces de l'ISAF ont le devoir et la volonté de défendre l'autorité, selon leur mandat, de se défendre lors de l'accomplissement de leur mission ».[10]

Mehmood Shah, un ancien porte-parole de la sécurité du gouvernement pakistanais dans la région où les hélicoptères de combat et les frappes de drones ont tué plus de 200 personnes dans moins d'un mois, a dit au sujet de ces dernières attaques de l'OTAN : « Ces incidents sont vraiment un point tournant. Ils [l'OTAN] doivent comprendre que la prochaine fois pourrait mener à la guerre. Il faut déployer nos unités de combat pour faire feu sur eux. Cette frontière est sacrée. L'OTAN doit réaliser qu'elle a un mandat pour opérer en Afghanistan et non au Pakistan. »[11]

Le 27 septembre, le ministre de la Sécurité, Rehman Malik, a dénoncé les raids de l'OTAN en tant que violations de l'intégrité territoriale et de la souveraineté nationale du Pakistan et a annoncé au sénat du pays que l'ambassadeur afghan à Islamabad serait convoqué afin d'expliquer ces attaques. Malik et le gouvernement pakistanais savent, somme toute, que l'administration de Hamid Karzaï à Kaboul ne contrôle aucunement les agissements des États Unis et de l'OTAN dans son propre pays, encore moins au Pakistan. Le commentaire du ministre de la Sécurité était pour consommation interne seulement, visant à calmer l'indignation populaire, mais comme le Pakistan lui- même est maintenant un partenaire de l'OTAN et un auxiliaire des États-Unis[12], ses représentants, comme ceux de l'Afghanistan, ne seront aucunement prévenus en cas de futures attaques.

Malgré tout, la pression interne a poussé Malik à dénoncer les attaques contre son pays et à affirmer : « Je considère que les attaques en territoire pakistanais sont une atteinte à la souveraineté du Pakistan. » Un sénateur de la Ligue musulmane pakistanaise de Nawaz « a demandé au gouvernement d'informer le parlement de l'existence de tout accord conclu avec les États-Unis qui autoriserait les attaques par drones ».[13]

De même, le porte-parole de l'Office des affaires étrangères du Pakistan, Abdul Basit, est allé encore plus loin et a contesté de façon officielle et sans équivoque auprès des quartiers généraux de l'OTAN à Bruxelles les frappes aériennes menées au cours de la fin de semaine, émettant une déclaration qui dit en partie : « Ces incidents représentent une nette violation et un non-respect du mandat de l'ONU qui autorise l'ISAF à agir », et que ce mandat « se termine/prend fin » à la frontière afghane.

« Il n'existe pas de règlement ou d'entente au sujet des poursuites.... Toute suggestion du contraire n'est pas basée sur les faits. De telles violations sont inacceptables. »[14]

Le soir du 27 septembre, suite aux plaintes soulevées par les Pakistanais, l'ISAF de l'OTAN a tenté de limiter les dégâts en revenant à la prise de position originale défendue par le bloc militaire à l'effet qu'elle n'avait pas mené d'attaques au Pakistan. Le jour même, elle avait envoyé deux autres hélicoptères de combat dans le but de mener un troisième raid dans les régions tribales.

L'OTAN poursuivra ses attaques meurtrières en sol pakistanais peu importe la cible et ne donnera ni avertissement ni excuse. Les États Unis continueront d'intensifier leurs attaques de missiles Hellfire contre quiconque, en se contentant de rapports inexacts, anecdotiques et intéressés.

Le nombre de morts au Pakistan pour le mois de septembre est bien au-delà de 200 et pour l'année il se situe à plus de 2 000. La justification donnée par les États-Unis et l'OTAN pour expliquer ce carnage est que celui-ci vise à prolonger la politique de Barack Obama visant à « désorganiser, démanteler et vaincre » les réseaux d'insurgés en Afghanistan jusqu'au Pakistan, prétendant ainsi mettre un terme plus rapidement à la guerre.

Il y a quarante ans, le prédécesseur d'Obama, Richard Nixon, commençait ainsi son discours annonçant l'expansion de la guerre du Vietnam au Cambodge : « Bonsoir, mes compatriotes américains. Il y a dix jours, dans mon rapport à la nation sur la question du Vietnam, j'ai annoncé la décision de retirer un autre 150 000 Américains du Vietnam dans l'année qui vient. J'avais dit à ce moment-là que je prenais cette décision malgré nos inquiétudes concernant les agissements de l'ennemi au Laos, au Cambodge et au Sud-Vietnam. Et à ce moment-là j'avais expliqué que si je devais constater que les agissements ennemis s'intensifiaient dans l'ensemble de ces régions et qu'ils mettaient en danger la vie des Américains qui devaient rester au Vietnam, je n'hésiterais pas à prendre des mesures fortes et efficaces pour régler la situation. »[15]

Il prétendait que des « sanctuaires ennemis » au Cambodge « mettaient en danger la vie des Américains qui étaient au Vietnam », et que « si cet effort de la part de l'ennemi s'avérait un succès, le Cambodge deviendrait une vaste région organisationnelle ennemie et un tremplin pour attaquer le Sud-Vietnam tout le long de sa frontière de 600 milles : un refuge vers lequel des troupes ennemies pourraient retourner pour fuir le combat sans craindre les représailles ».

Il avait commandé un déploiement pour « aller au coeur du problème, ce qui veut dire nettoyer les grands territoires vietnamiens et vietcong occupés, ces sanctuaires qui servent de bases pour mener des attaques contre les forces, tant cambodgiennes, américaines que sud-vietnamiennes, au Sud-Vietnam ».

L'application pratique de cette politique se résumait ainsi : « Nous avons mené des attaques cette semaine pour en finir avec les principaux sanctuaires ennemis sur la frontière du Cambodge et du Vietnam. »

Dans un langage très familier entendu récemment à Washington et à Bruxelles – seuls les pays ont changé de nom – Nixon avait déclaré : « Nous entreprenons cette action, non pas dans le but d'étendre la guerre jusqu'au Cambodge, mais dans le but de mettre un terme à la guerre au Vietnam... »

Washington étendit en effet la guerre du Vietnam jusqu'au Cambodge, avec les conséquences désastreuses que les peuples ne connaissent que trop bien, pour peu après déguerpir, vaincu, de l'Asie du sud-est, laissant derrière lui des régions entières du Vietnam et du Cambodge en ruines.

Le sort de l'Afghanistan et du Pakistan ne sera pas plus reluisant.

Notes
1. Radio Free Europe/Radio Liberty, le 12 novembre 2004
2.Le New York Times, le 27 Septembre 2010
3. Le New York Times, le 9 septembre 2008
4.
Meet the Press, le 10 mai 2010, http ://msnbc.msn.com/id/30658135
5.
Le Dawn News, le 28 septembre 2010
6. Le Daily Times, le 28 septembre 2010
7. Le Financial Times, le 27 septembre 2010
8. Associated Press, le 27 septembre 2010
9. Le New York Times, le 27 septembre 2010
10. Le Dawn News, le 27 septembre 2010
11. The Guardian, le 27 septembre 2010
12. « L'OTAN entraîne le Pakistan dans son réseau mondial », Stop NATO, le 23 juillet 2010
13. Le Dawn News, le 28 septembre 2010
14. Le Dawn News, le 27 septembre 2010
15. Richard M. Nixon, Discours sur l'incursion cambodgienne,
http ://www.americanrhetoric.com/speeches/richardnixoncambodia.htm
http ://www.
(Traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste
)
- Rick Rozoff,

 Stop NATO,

 28 septembre 2010 -

http://www.cpcml.ca/francais/Lmlq2010/Q40157.htm#2



n°59 - Dossier de Pakistan - 18-10 - :- Fin - : L'OTAN élargit la guerre de l'Afghanistan au Pakistan.


n°59 - Dossier de Pakistan - 18-10  - :- Fin   - : L'OTAN élargit la guerre  de l'Afghanistan au Pakistan.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de PAKISTAN.  

                                                                  n° 17- 18-10     C.De Broeder & M.Lemaire



Le "DOSSIER de PAKISTAN" est visible sur les blogs :

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

1 Dossiers

1-5 L’aide humanitaire au Pakistan sous contrôle de l’Otan et des États-Unis.

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Luc Delval : La menace terroriste, réelle et supposée

2-2 William Blum : La mentalité américaine.

2-3 Le Canada veut utiliser des bases pakistanaises….

2-4 La machine de guerre institutionnelle des Etats-Unis.

3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Vers une invasion étatsunienne du Pakistan ?

4 Annexe

4-1 Les lauréats du Prix Nobel de la paix après le 11-Septembre


1-5 L’aide humanitaire au Pakistan sous contrôle de l’Otan et des États-Unis.

Le Pakistan vit en guerre depuis 2004. L’OTAN et les USA s’y déploient, selon les déclarations officielles, afin de protéger les moyens logistiques nécessaires à leur guerre « contre le terrorisme ».

En mars 2010, le pays a vécu des inondations dramatiques lors de la crue de ses fleuves et rivières. L’appel à l’aide humanitaire a été diffusé dans tous les médias mais, malgré le nombre de victimes, de sans abri, de déplacés, l’aide se fait attendre !

Pourquoi ? Un survol des communiqués des agences de presse nous donne quelques éléments de compréhension :

Reuters, 27 août : Les USA voient des terroristes … partout !

« Les Etats-Unis ont la preuve d'une implication croissante des activistes pakistanais et des ONG caritatives qui leur sont affiliées dans les secours aux victimes des inondations dans le but de renforcer leur popularité, a déclaré un haut responsable américain.

Le Département d'Etat américain a déjà mis en garde contre le risque de voir les activistes islamistes s'attaquer aux travailleurs humanitaires expatriés déployés sur le terrain.

Ces inondations, les plus graves depuis des décennies, font suite aux pluies de mousson exceptionnelles cette année. Elles ont mis à mal la capacité du pays et de son gouvernement civil à répondre efficacement et rapidement à la catastrophe.

L'un des risques majeurs serait de voir les activistes islamistes et leurs ONG exploiter la colère de la population face à l'incurie de l'Etat, même si les Etats-Unis et leurs alliés ont dépêché des aides supplémentaires.

Le responsable américain de haut rang, qui a réclamé l'anonymat, a affirmé que des activistes distribuaient même de l'argent aux sinistrés. "Il existe des indices très clairs montrant que les insurgés et les groupes affiliés cherchent actuellement à utiliser les inondations et les opérations de secours pour renforcer leur popularité avec, pour objectif à terme, de contrôler une bonne part du Pakistan", a-t-il dit jeudi.

La semaine dernière, les autorités pakistanaises, conscientes de ce risque, avaient annoncé qu'elles allaient sévir contre les organisations caritatives liées aux groupes radicaux islamistes. »

Mais aussi : AFP, 26 août

« WASHINGTON — Les talibans du Pakistan préparent des attaques contre des travailleurs humanitaires étrangers déployés dans le cadre de l'aide aux victimes des inondations dans ce pays, a affirmé mercredi un haut responsable gouvernemental américain à l'AFP. "Selon les informations dont dispose le gouvernement américain, les talibans pakistanais préparent des attaques contre des étrangers participant aux opérations humanitaires en cours au Pakistan", touché par des inondations historiques, a précisé ce responsable, qui s'exprimait sous couvert de l'anonymat.

Egalement, de même source, "les talibans pakistanais pourraient aussi préparer des attaques contre des responsables fédéraux et provinciaux à Islamabad".

Le Pakistan est confronté à la plus grave crise humanitaire de son histoire, avec plus d'un cinquième du pays inondé, au moins 1.500 morts selon Islamabad, et plus de 17 millions de personnes affectées selon l'ONU.

Quelque huit millions de sinistrés, dont environ cinq millions de sans-abri, ont besoin d'une aide d'urgence, estiment les Nations unies. [...]

Plus tôt mercredi, des responsables avaient affirmé ne pas avoir remarqué d'actes hostiles lors des opérations humanitaires. Selon un général américain, les forces américaines engagées dans ces opérations n'ont pas fait état de problèmes de sécurité. "Nous n'avons eu absolument aucun problème de sécurité en trois semaines de présence là-bas", a assuré le général de brigade Michael Nagata, lors d'une téléconférence retransmise à Washington depuis le Pakistan où il se trouve.[...]

Etant donné le fort sentiment anti-américain qui prévaut au Pakistan, les autorités du pays distribuent habituellement elles-mêmes l'aide acheminée par avions et hélicoptères de l'armée américaine.

Le général Nagata, le deuxième plus haut gradé américain sur le terrain, a néanmoins assuré que les civils pakistanais "sont impressionnés lorsqu'ils voient les soldats pakistanais et américains travailler côte à côte, voler dans les mêmes hélicoptères et œuvrer ensemble sur les zones d'atterrissage".

Les autorités américaines affirment que leurs hélicoptères ont permis de sauver plus de 6.000 personnes prises au piège des inondations ».

Info ou intox ? Propagande !

Sur le site Otan : Le 7.8.2010, le gouvernement du Pakistan a demandé officiellement à l’OTAN de l’aider à faire face aux inondations qui frappent le pays, le conseil de l’OTAN a chargé le Centre euro-atlantique de coordination des réactions en cas de catastrophe (EADRCC) de centraliser l’aide humanitaire offerte par les pays alliés et leurs partenaires.

Et dans le New York Times du 14.8.2010, « Secourir les victimes des inondations, a déclaré Richard Holbrooke, représentant de l’administration Obama pour l’Afghanistan et le Pakistan, sert non seulement à sauver des vies humaines, mais aussi à rétablir l’image des Etats-Unis au Pakistan ». . Dans ce pays l’opposition aux opérations "antiterrorisme" conduites par les forces états-uniennes, a augmenté, car elles provoquent un nombre toujours plus grand de victimes civiles… « Maintenant, le peuple pakistanais verra que, quand une calamité naturelle frappe, ce ne sont pas la Chine et l’Iran, ou l’Union européenne, mais toujours les USA qui dirigent ».

Ce que j’en tire comme conclusions c’est que les USA, avec l’aide de l’OTAN, contrôlent toute l’aide humanitaire envoyée au Pakistan. Si ici, en Belgique, il y a des dons, si l’Union Européenne a accordé des subsides, les USA à travers l’ONU et grâce à l’OTAN désirent donner une image humanitaire à leur présence sur place en centralisant le tout et surtout, en protégeant « sa logistique guerrière » indispensable au conflit en Afghanistan.

CQFD

Francine Verstraeten

Alerte OTAN n° 39
octobre 2010

http://www.csotan.org:80/ao/article.php?ao_id=39&art_id=511&Mois=octobre&Year=2010



2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Luc Delval : La menace terroriste, réelle et supposée.

Extrait

On ne se départit pas facilement d'une vision colonialiste du monde.

Témoin un échange, mercredi, entre le journaliste de France 5 qui anime l'émission de talk-show politique "C dans l'air" et un de ses invités, Pierre Servent (un expert en quelque chose).

Le débat - comment se fesse ? - tournait autour de la menace terroriste, réelle et supposée.

Question du journaliste (les citations sont d'après des notes prises au vol, si vous voulez entendre au mot près, allez sur le site web de l'émission) : "La menace d'attentats pourrait-elle être liée aux ravages créés en Afghanistan par les drones, avions sans pilote qui ne servent plus seulement à l'observation, mais tirent des missiles et font des morts tous les jours ?"

Un petit reportage explique alors ce qu'est la vie des militaires américains qui utilisent ces drones : ils habitent la Floride ou le Nevada, quittent la maison familiale le matin après un bon petit déj', vont au bureau où, confortablement assis devant des écrans dans une salle climatisée, ils manipulent un joystick. Et à des milliers de kilomètres de là un drone survole des villages afghans. Si l'opérateur repère quelque chose de suspect, il pousse sur un bouton - en Floride ou au Nevada - et des gens prennent un missile sur la gueule trois secondes plus tard en Afghanistan (ou ailleurs, peu importe pourvu que ce soit dans un pays musulman). A midi, ils rentrent chez eux manger un hamburger et faire un bisou à Madame, puis retournent au bureau faire la guerre, avant de regagner leur petite maison pour regarder la télé (Chuck Norris, c'est reposant après une journée de dur labeur au service de la civilisation). Le soir, dodo réparateur : la journée de demain sera dure, y'a pas mal de muslims à exterminer encore.

Et les experts de préciser, l'air manifestement satisfaits, qu'à aucun moment avant que le ciel leur tombe sur la tête, les cibles n'ont eu le sentiment d'être surveillées : elles n'ont rien vu, rien entendu...  Il ne vous étonnera pas d'apprendre au passage qu'Israël est devenu un des principaux producteurs de ce genre de joujous, dont la taille varie de celle d'une libellule à celle d'un Boeing 737 et l'autonomie peut atteindre des dizaines d'heures de vol.

Donc, disais-je, question du journaliste : ces drones font des morts tous les jours depuis de nombreux mois en Afghanistan (140 morts au cours du mois écoulé seulement, sans qu'on puisse savoir combien de civils, de femmes et d'enfants parmi eux), n'y aurait-il pas un lien avec une hypothétique menace terroriste chez nous ? (il est bien élevé, le journaliste, et il tient à sa place, donc il ne suggère pas que l'usage de ces drones EST du terrorisme).

Réponse de l'invité Pierre Servent (photo à droite, évidemment !) : "cela paraît peu vraisemblable ! il y a de nombreux mois que les drones sont utilisés de cette manière et tuent tous les jours, et cela n'a jamais engendré de menace terroriste. Donc il n'y a aucune raison de penser que ce soit le cas maintenant".

C'est pas une logique implacable, ça ? Pourquoi voulez-vous que des gens que de courageux militaires  occidentaux se fatiguent à flinguer à coups de joysticks depuis des mois finissent, comme ça, soudain, sans justification, par mal le prendre ? Ils ont eu le temps de s'habituer, non ? (si non, c'est vraiment la preuve de leur infériorité et de leur inaptitude au monde moderne).

Vraiment, s'ils finissaient par se fâcher - sait-on jamais ? c'est gens-là ne sont pas des cartésiens démocrates comme nous - ce ne serait que la preuve de leur perversité intrinsèque, et on ne pourrait en tirer d'autre conclusion que la nécessité de multiplier la flotte de drones par dix. Au moins. Avec des plus gros missiles, si possible.

Dans ses voeux de bonne année, voici dix mois, la Libre Belgique souhaitait "que la nature dramatiquement perverse de certains peuples, de leurs dirigeants et de leurs référents religieux ne répande pas - ou moins ! - de guerres, d’épurations et de violences de toute nature". Comme c'était bien vu.

Luc Delval

 jeudi 07 octobre

http://www.lesdoigtsdanslacrise.info:80/index.php?post/2010/10/07/Mais-enfin-pourquoi-ils-nous-haissent-comme-ca-ces-bougnoules-Quest-ce-quon-leur-a-fait-a-part-les-bombarder-pour-leur-bien


2-2 William Blum : La mentalité américaine.

Depuis l’inondation qui a frappé le Pakistan au mois de juillet : des centaines de villages ont été emportés  et d’innombrables fermes et des cultures essentielles comme le maïs ont été détruites ; les officiels estiment les dégâts à plusieurs centaines de millions de dollars et il semblerait que le Pakistan ne s’en remettra pas avant plusieurs années.

Mes remarques visent les lecteurs qui ont à supporter ces Américains qui se renfrognent chaque fois qu’ils entendent les Etats-Unis être accusés d’actes répréhensibles ; ces Américains là sont convaincus que l’Amérique agit avec de bonnes intentions ; nos motivations sont nobles. Et s’il nous arrive de faire quelque chose qui ne paraît pas très nette, et qu’on n’arrive pas à la dissimuler ou fournir une explication plausible... eh bien, ils diront que les superpuissances ont toujours agi ainsi et que nous ne sommes pas pires que les autres et même meilleurs que la plupart d’entre eux.

Que Dieu Bénisse l’Amérique.

Il arrive qu’un certain pourcentage d’entre eux changent d’opinion et arrêtent de se raconter des histoires ; ça arrive généralement après une nième confrontation à un comportement plus que douteux de leur gouvernement quelque part dans le monde.

La valeur de « n » pouvant varier bien-sûr selon les individus. Alors ne baissez pas les bras devant ces Américains purs jus que vous croisez. On ne peut jamais deviner à quel moment vos explications sur la méchanceté de leur pays préféré finiront par faire céder le mur de certitudes qui entoure ces grands amoureux de l’impérialisme. (Mais rappelez-vous la mise en garde de l’Allemand Friedrich Schiller : Mit der Dummheit kämpfen Götter selbst vergebens - « devant la stupidité, même les dieux sont impuissants ») ….

Le renversement du dernier espoir pour un pays, avec des conséquences désastreuses, est une habitude historique que l’on retrouve tout au long des chroniques des interventions impérialistes des Etats-Unis, de l’Iran au Guatemala dans les années 50, d’Haiti à l’Afghanistan dans les années 90, et de nombreux autres exemples entre les deux. Washington s’acharne depuis 10 ans à faire tomber Hugo Chavez.

Et comme on dit dans certaines publicités « ne tentez pas de le refaire chez vous ». Je vous encourage à ne pas perdre votre temps à tenter de convaincre des types comme Thomas Friedman du New York Times qui a récemment écrit que « les hommes et les femmes de l’Armée américaine, des Forces Navales, des Forces Aériennes et des Marines » constituent « la plus importante force de maintien de la paix dans le monde de ces derniers 100 ans ». (6) Que peut-on bien dire à un type pareil ? Et dire qu’il s’agit là du principal commentateur de politique internationale pour le « journal de référence » de l’Amérique. Que Dieu nous vienne en aide. Ce type devrait être sous la surveillance d’un adulte.

Source : Le Grand Soir

mardi 5 octobre 2010


2-3 Le Canada veut utiliser des bases pakistanaises….

Le Pakistan étudie une demande du Canada d'utiliser ses bases militaires lors du retrait des Forces canadiennes d'Afghanistan l'an prochain.
Une source au ministère pakistanais des Affaires étrangères a affirmé que le Canada avait formulé cette demande il y a plusieurs mois.

L'individu ayant requis l'anonymat a déclaré que la décision sera prise conjointement avec les autorités militaires du pays, mais qu'on ignore à quel moment.
Le haut commissaire du Pakistan à Ottawa, Mian Gul Akbar Zab, a confirmé mercredi que des négociations étaient en cours quant à l'utilisation des ports de Karachi pour expédier vers le Canada des milliers de conteneurs de matériel non stratégique. M. Zab a déclaré que rien n'était encore finalisé quant à un possible accord.
Ces cargaisons devront d'abord être transportées par voie de terre, ce qui pose un problème quant à la sécurité.

Plusieurs convois de l'OTAN ont été attaqués par des résistants au Pakistan au cours des dernières semaines, après qu'un litige avec les États-Unis ait entraîné la fermeture de la frontière.
L'armée canadienne a été évincée, la semaine dernière, de sa base logistique à Dubaï, à la suite d'un différend commercial entre le Canada et les Émirats arabes unis concernant les droits d'escale pour les transporteurs aériens de l'Etat du Golfe.
Cette base, appelée «Mirage», devait jouer un rôle clé dans le retrait des soldats et du matériel pour la fin de la mission de combat canadienne en Afghanistan, prévu pour juillet 2011.
La fermeture imminente de la base a obligé les Forces canadiennes à trouver un autre centre d'approvisionnement pour la mission en Afghanistan. L'armée utilise, mis à part Mirage, une base de l'OTAN en Allemagne.
Les représentants militaires ont déclaré que les forces canadiennes occuperaient la base de Dubaï jusqu'à la date limite permise, qui devrait se situer au début du mois de novembre. Ils ont ajouté qu'aucune décision n'avait encore été prise quant à l'équipement présentement entreposé sur la base Mirage.
Après qu'Ottawa ait refusé d'augmenter ses droits d'escale pour des vols à destination de villes canadiennes, les Émirats arabes unis ont répliqué en interdisant l'accès à la base militaire de Dubaï aux Forces canadiennes.
Six vols par semaine sont actuellement permis entre Toronto et Dubaï ou Abou Dhabi. Air Canada s'était opposé à l'augmentation du nombre de vols, soutenant qu'il n'y avait que très peu de passagers arrivant des pays du Moyen-Orient et que les bénéfices pour les compagnies des deux pays n'étaient pas les mêmes.

http://www.journalmetro.com/linfo/article/661578--le-canada-veut-utiliser-des-bases-pakistanaises


2-4 La machine de guerre institutionnelle des Etats-Unis.

Dans un de ses essais, Fidel Castro a récemment abordé l’hostilité des États-Unis envers le Venezuela. « Ce qu’ils veulent c’est le pétrole vénézuelien, » a écrit le dirigeant cubain. (9) C’est un point de vue largement partagé par la gauche internationale. Cette opinion est exprimée, par exemple, dans le documentaire récent d’Oliver Stone « South of the Border ». Je ne suis pas d’accord.

Dans la période qui a suivi la deuxième guerre mondiale, rien qu’en Amérique latine, les États-Unis ont eu la même attitude hostile envers des gouvernements et mouvements progressistes au Guatemala, Salvador, Nicaragua, Honduras, Grenade, République Dominicaine, Chili, Brésil, Argentine, Cuba et Bolivie. Ce que ces gouvernements et mouvements avaient en commun, c’était qu’ils étaient de gauche. Rien à voir avec le pétrole. Depuis plus de 50 ans, Washington tente d’empêcher l’émergence de tout gouvernement en Amérique latine qui menace d’offrir une alternative viable au modèle capitaliste. Le Venezuela, bien-sûr, cadre parfaitement avec cette définition, avec ou sans pétrole.

L’essence de la guerre froide partout dans le monde était l’idéologie.

Le secret pour comprendre la politique étrangère des Etats-Unis est qu’il n’y a pas de secret.

Il faut d’abord comprendre une bonne fois pour toutes que les Etats-Unis aspirent à dominer le monde. Une fois cette idée assimilée, tout le reste coule de source. Pour illustrer cette aspiration par des chiffres, depuis la deuxième guerre mondial les Etats-Unis ont :

- renversé plus de 50 gouvernements, la plupart démocratiquement élus
- se sont ingérés ouvertement dans les élections d’au moins 30 pays.
- mené des guerres ou des actions militaires, directement ou par des armées mercenaires, dans environ 30 pays
- tenté d’assassiner plus de 50 dirigeants étrangers
- largué des bombes sur environ 30 pays
- éliminé des dizaines de mouvements populistes/nationalistes partout dans le monde. (10)

La machine de guerre institutionnelle des Etats-Unis a longtemps été, et est encore, en pilotage automatique.

(…)

William Blum

octobre 2010

Chronique de l’Anti-empire
http://killinghope.org/bblum6/aer86.html

Auteur de "Guerres Scélérates" et "Etat Voyou" - éditions Parangon

Traduction partielle par VD pour le Grand Soir

Notes

1. Wikipedia, Drone attacks in Pakistan

2. AllAfrica.com, New Evidence Shows U.S. Role in Congo’s Decision to Send Patrice Lumumba to His Death, August 1st 2010

3. The Select Committee to Study Governmental Operations with Respect to Intelligence Activities (US Senate : The Church Committee), Interim Report : Alleged Assassination Plots Involving Foreign Leaders, November 20, 1975, p.58

4. Jonathan Kwitny, Endless Enemies : The Making of an Unfriendly World (1984), p.57

5. New York Times, February 22, 1976, p.55

6. New York Times, October 11, 2009

7. White House Press Office, Remarks by the President to the United Nations General Assembly, September 23, 2010

8. The Providence Journal, "Obama a very smooth liar", June 17, 2009

9. Reflections by Comrade Fidel, "What they want is Venezuela’s oil", September 27, 2010

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Lutter-contre-la-mentalite-americaine-Un-type-appele-Barack-Obama.html

http://www.legrandsoir.info:80/Lutter-contre-la-mentalite-americaine-Un-type-appele-Barack-Obama.html



3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

3-1 Vers une invasion étatsunienne du Pakistan ?
C'est un grand classique depuis la guerre du Vietnam : les pays qui servent de base arrière aux résistants deviennent rapidement des cibles et font les frais du conflit qui se déroule chez le voisin.

Tel est le cas du Pakistan aujourd'hui. Depuis début septembre les autorités pakistanaises ont recensé 24 frappes de drones sur leur territoire qui ont causé plus de 140 morts (90 % de civils selon les médias pakistanais).
Selon le journaliste Eric Margolis,
les récentes alertes sur un risque d'attentat en Europe auraient précisément pour but de justifier la stratégie du Pentagone ne plus en plus axée sur l'attaque du Pakistan.
La semaine dernière, le Pakistan a temporairement fermé l'itinéraire d'approvisionnement principal des Etats-Unis et de l'OTAN qui va de Karachià la frontière afghane à Torkham après le massacre de trois soldats pakistanais depuis des hélicoptères militaires étatsuniens. Trois convois de fourniture en combustible étatsuniens ont été brûlés par des activistes pakistanais. Les Etats-Unis dépensent beaucoup d'argent le long de cette route pour acheter les fonctionnaires, les chefs de guerre pachtounes, et certains résistants afin que l'approvisionnement des troupes en Afghanistan ne soit pas coupé, et ce,en plus de l'aide annuelle officielle de 2 milliards de dollars au gouvernement de Karachi. Les forces spéciales sont infiltrées sur place. Mais le sentiment anti-étatsunien dans la région est à son comble - ce qui d'ailleurs a favorisé un rapprochement entre le Pakistan et l'Iran.
L'ancien chef d'Etat major pakistanais, le général Mirza Aslam Beg, a récemment suggéré à son gouvernement de tirer sur les drones américains qui survolent illégalement le territoire.
Toujours selon Margolis, Washington ne ferait plus confiance au gouvernement civil d'Asif Ali Zardari et compterait surtout sur le pouvoir militaire du général Ashfaq Kayani, un général d'infanterie qui a été autrefois propulsé dans la hiérarchie par Benazir Bhutto (qu'un livre écrit par sa nièce qui vient de paraître chez Penguin Books India démystifie sérieusement).
Cette politique pourrait encore se durcir en cas de victoire des Républicains aux élections du Congrès. Les néoconservateurs étatsuniens continuent de suggérer l'élimination de l'arsenal nucléaire pakistanais par les forces spéciales et la division non seulement de l'Afghanistan mais aussi du Pakistan en entités ethniques qu'ils pourraient contrôler plus facilement, comme ils ont aussi voulu le faire en Irak.

http://atlasalternatif.over-blog.com/article-vers-une-invasion-etatsunienne-du-pakistan-58389064.html )

 6 octobre



4 Annexe

4-1 Les lauréats du Prix Nobel de la paix après le 11-Septembre

 

2003

Shirine Ebadi

Pour faire monter la pression contre l’Iran

 

2004

Wangari Muta Maathai

Pour faire monter la pression contre le Kenya et les Etats africains qui se rapprochent de la Chine

 

2005

AIEA et Mohamed ElBaradei

Pour avoir neutralisé Hans Blix et avoir permis la guerre contre l’Irak

 

2006

Muhammad Yunus et la Grameen Bank

Pour avoir financiarisé la pauvreté en prêtant aux personnes non solvables à un taux double du marché

 

2007

GIEC et Al Gore

Pour avoir inventé le bogue de l’an 2000 et pour justifier la financiarisation de l’écologie et la Bourse des droits d’émission de CO2

 

2008

Martti Ahtisaari

Pour avoir fait capoter les négociations avec la Serbie et avoir justifié la guerre du Kosovo

 

2009

Barack Obama

Pour avoir relooké les USA tout en continuant leurs guerres impériales

 

2010

Liu Xiaobo

 

 

Pour faire monter la pression contre la Chine

 

http://www.voltairenet.org/article167221.html

 



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

19/10/2010

n° 58 - Journal de PAKISTAN - 25-09 au 18-10 - : Début - La CIA a considérablement intensifié ses attaques.

n° 58 - Journal de PAKISTAN - 25-09 au 18-10 - :  Début  -   La CIA a considérablement intensifié ses attaques.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal de PAKISTAN.  

n° 58- 25-09 au 18-10

C.De Broeder & M.Lemaire

 



 Le "Journal de PAKISTAN" est visible sur les blogs :

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com 

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Avant propos

  Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban pour désigner tous les résistants..

-           idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes



Sommaire.

Tiré à part :

Depuis l’inondation qui a frappé le Pakistan au mois de juillet :

Inondations au Pakistan: 9,7 milliards de dollars de dégâts.

Exigeons l’annulation de la dette du Pakistan et des réparations pour la dette climatique.

Robert Stevens : Des responsables pakistanais et européens accusent les Etats-Unis d’avoir fabriqué la dernière alerte au terrorisme.

La CIA a considérablement intensifié ses attaques.

Justificatif : De "possibles attaques terroristes". ...

Khyber au cœur de la guerre de propagande.

L'Otan cherche à apaiser les tensions avec le Pakistan.

Les USA au cœur des débats.

Les autorités pakistanaises s'en prennent au ravitaillement de l'Otan

Dommages Collatéraux...

Fin

1 Au jour le jour

2 Positions

3 Politique

a) locale

b) Usa

4 Institutions internationales

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

52-1 The Guardian : Obama accusé d’exagérer la menace terroriste pour des objectifs politiques.

6 Brèves

6-1 Ashton : Le Pakistan est une préoccupation partagée de l'UE et des Etats-Unis…

6-2 Le FMI révise à la hausse l'objectif du déficit budgétaire du Pakistan.

 



Tiré à part :

Depuis l’inondation qui a frappé le Pakistan au mois de juillet :

- des millions de personnes ont été déplacées, évacuées, abandonnées ou ont perdu leur maison ; de nombreuses routes, écoles et centres médicaux ont été détruits.

- des centaines de villages ont été emportés

- des millions de têtes de bétail ont péri ; pour les pauvres des campagnes, ça représente quelque chose comme un crash d’une bourse occidentale qui ferait perdre des années d’économies

- d’innombrables fermes et des cultures essentielles comme le maïs ont été détruites ; les officiels estiment les dégâts à plusieurs centaines de millions de dollars et il semblerait que le Pakistan ne s’en remettra pas avant plusieurs années.

- les épidémies se répandent à toute vitesse

- et des avions américains ont survolé le pays et largué des bombes des dizaines de fois. (1)

William BLUM 

 

Inondations au Pakistan: 9,7 milliards de dollars de dégâts.

Les inondations sans précédent au Pakistan ont provoqué des dégâts d'environ 9,7 milliards de dollars, selon une estimation de la Banque mondiale et de la Banque asiatique de développement publiée jeudi lors d'une réunion à Bruxelles consacrée à ce pays.

"Les crues qui ont traversé le Pakistan depuis le mois de juillet ont provoquée quelque 9,7 milliards de dollars de dégâts aux infrastructures, à l'agriculture, aux maisons, de même que d'autres pertes directes et indirectes", ont souligné ces deux institutions dans un communiqué.

L'estimation est le résultat d'une évaluation des dégâts et des besoins réalisée par les deux institutions.

"C'est à peu près le double des dégâts provoqués par le séisme de 2005 au Pakistan", a commenté Rune Stroem, directeur national pour le Pakistan de la Banque asiatique de développement.

Les dégâts les plus importants ont été enregistrés dans le secteur agricole, selon le communiqué.

jeudi 14 octobre

http://www.varmatin.com/article/monde/inondations-au-pakistan-97-milliards-de-dollars-de-degats

 

Exigeons l’annulation de la dette du Pakistan et des réparations pour la dette climatique TOUT DE SUITE !

La situation du peuple pakistanais continue d’être très critique. Les institutions financières internationales et les créanciers bilatéraux n’ont pas tenu compte des appels pour l’annulation de la dette du Pakistan et pour des réparations face aux dérèglements climatiques qui ont aggravé l’intensité de cette catastrophe.

Nous appelons toutes les organisations, mouvements et groupes de citoyens au Sud et à travers le monde à entreprendre des actions de solidarité.

14 Octobre 2010 :

http://semainedette.wordpress.com/2010/10/12/14-octobre-2010%C2%A0-exigeons-lannulation-de-la-dette-du-pakistan-et-des-reparations-pour-la-dette-climatique-tout-de-suite%C2%A0/

 

Robert Stevens : Des responsables pakistanais et européens accusent les Etats-Unis d’avoir fabriqué la dernière alerte au terrorisme.

La semaine dernière, le quotidien britannique The Guardian publiait les commentaires de hauts responsables pakistanais et de responsables européens du renseignement disant que la dernière alerte au terrorisme avait des motivations politiques.

Wajid Shamsul Hasan, l’ambassadeur du Pakistan en Grande-Bretagne, dit au Guardian que cette alerte avait été utilisée par les Etats-Unis afin de justifier une escalade de la guerre au Pakistan et en Afghanistan.

Ses déclarations faisaient suite à celles de certains hommes politiques européens rejetant l’affirmation de l’administration Obama qu’une attaque terroriste était imminente quelque part en Europe

Le 3 octobre, le ministère américain des Affaires étrangères avait fait une déclaration imprécise avertissant les citoyens américains en Europe de la menace d’attaques par des organisations liées à Al Qaïda. Elle ne mentionnait aucun pays en particulier et selon elle, il ne s’agissait là que d’« attaques terroristes potentielles ».

La Grande-Bretagne, le Japon, la Suède et le Canada lancèrent rapidement des avertissements destinés à leurs propres citoyens leur demandant de prendre des précautions supplémentaires.

Un certain nombre de politiciens européens cependant, en Allemagne en particulier, se manifestèrent pour nier l’existence d’une menace imminente, entre autres Viviane Reding, la Commissaire européenne à la Justice et le ministre allemand de l’Intérieur, Thomas de Maizière.

Wajid Shamsul Hasan est un proche du président pakistanais Asif Zardari. Il dit au Guardian que malgré l’alerte lancée par les Etats-Unis et leur mise en garde contre de possibles complots commandités par Al Qaïda – dont le but serait d’attaquer des monuments célèbres dans les villes d’Europe occidentale – le gouvernement pakistanais n’avait reçu à leur sujet aucune information précise. « Si les Américains ont des informations concrètes à propos des terroristes et des gens d’Al Qaïda, ils devraient nous les donner et nous pourrions nous en occuper nous-mêmes », dit il. 

« De telles déclarations [de la part des Etats-Unis] sont un mélange de frustrations, d’incompétence et de manque d’appréciation de la réalité sur le terrain. Toute tentative de violer la souveraineté du Pakistan n’apporterait pas la stabilité en Afghanistan, ce qui est, je suppose, le principal objectif des forces américaines et de celles de l’OTAN ».

Les commentaires de Hasan expriment la préoccupation du gouvernement pakistanais quant au fait que les actions militaires aveugles des Etats-Unis – parmi lesquelles l’utilisation d’hélicoptères et de ‘drones’ au Pakistan – vont provoquer une opposition de masse dans le pays. Le régime Zardari sait que toute escalade des opérations militaires au Pakistan minera un peu plus le gouvernement pakistanais. Celui-ci est complice des innombrables crimes de guerre commis par Washington. Les attaques par drones et par hélicoptères ont « mis le feu au pays » dit Hasan. « Pourquoi font-ils tellement pression sur nous ? C’est une menace contre le système démocratique…

Mais les gens au Pakistan ont le sentiment que Washington s’en fiche ».

Hasan avertit de ce que des attaques militaires futures de la part des Etats Unis pourraient déclencher des représailles dont les citoyens américains au Pakistan pourraient être la cible. « Le gouvernement ne veut pas prendre ce chemin », dit il. « Mais les gens se sentent dupés. S’ils [les Américains] tuent encore quelqu’un, ils réagiront. On dit qu’il y a 3.000 membres du personnel des Etats-Unis au Pakistan. Ils feraient des cibles faciles. »

Parmi de telles cibles pourrait se trouver le personnel américain de la base aérienne pakistanaise de Jacobalad. Cette base se situe sur la frontière entre les provinces du Sind et du Baloutchistan et est utilisée par l’armée américaine comme base permanente depuis le 11 septembre 2001. Jacobalad est la base où se trouvent les forces de la CIA et c’est là aussi que se trouvent les hangars d’où sont lancés les drones.

Les attaques par drones ont été fortement intensifiées depuis l’arrivée au gouvernement de Barak Obama. Au cours de la première année de son gouvernement, les attaques de drones ont coûté la vie à plus de 700 civils pakistanais. Le lundi 4 octobre, quatre citoyens allemands furent tués lors d’une telle attaque près de la frontière afghane, au Nord-Waziristan. Des responsables pakistanais de la sécurité ont dit que huit personnes avaient été tuées en tout dans cette attaque.

Le mercredi 6 octobre, la BBC avait rapporté que « cinq militants présumés [avaient été] tués lors d’une attaque par drone dans le nord-est du Pakistan ». La BBC dit aussi que les Etats-Unis « avaient jusqu’à présent réalisé 27 attaques par drones dans cette région depuis le début du mois de septembre. » Ce genre de frappe a commencé en juin 2004 et le gouvernement pakistanais avait alors donné son feu vert.

Le Guardian a cité un autre diplomate pakistanais qui déclarait lui que les opérations avec des ‘drones’ échappaient à présent au contrôle du Pakistan. Il dit à ce journal : « Nous l’avons toujours nié dans le passé. Mais chacun sait que cela se passe. Nous devons nous réveiller ».

L’article déjà cité et paru dans le Guardian du 7 octobre mentionnait aussi des commentaires fait par des responsables des services de renseignements européens et niant plus ou moins l’affirmation par Washington d’un complot coordonné et préparé pour attaquer des emplacements en vue en Grande-Bretagne, en France et en Allemagne. Le Guardian écrit : « Ils [les responsables de services de renseignements européens] ont dit que Washington était ‘le moteur’ derrière l’affirmation d’une série de complots ‘style commando’ et que la CIA – peut-être parce qu’elle s’inquiétait de ce que cela attirait de façon inopportune l’attention sur ses attaques de drones – a elle aussi été extrêmement irritée de la publicité qui leur fut donnée ».

Un autre responsable dit au quotidien britannique « donner de la cohérence [aux affirmations de complot terroriste] dans un récit homogène n’a pas de sens ».

Le même article citait un « responsable du contre-terrorisme » qui rejetait l’hystérie nourrie à propos du citoyen britannique Abdul Jabbar depuis que ce dernier avait été tué au Pakistan. Jabbar et d’autres furent tués le 8 septembre au Nord-Waziristan lors d’une attaque par un drone américain. Cet habitant de Birmingham se serait vanté de vouloir apporter la guerre sainte en Grande-Bretagne en recrutant des centaines de terroristes dans un nouveau groupe, l’‘Armée Islamique de Grande-Bretagne’.

Selon un compte-rendu des événements fait par le gouvernement pakistanais, Jabbar avait été pris pour cible et tué après qu’on l’eût entendu dire dans une réunion d’environ 300 personnes près de Miranshah au Pakistan, qu’il voulait attaquer le Royaume-Uni. Les services de renseignements pakistanais ont informé le gouvernement du Royaume-Uni de l’endroit où se trouvait Jabbar et les autorités britanniques en ont ensuite informé les Etats-Unis. Mais le Guardian cite un représentant du gouvernement britannique qui dit de ce plan d’attaque supposé du Royaume-Uni, « Nous n’y avons pas attaché trop d’importance ». Un « responsable du contre-terrorisme », cité dans le même article, dit qu’il n’existait « aucune confirmation » des affirmations de Jabbar.

Toujours dans ce même article du Guardian, un responsable des renseignements est cité, disant, « On a des discussions sur toutes sortes de choses – ce qui ne signifie pas nécessairement qu’il y a quoi que ce soit de concret. Fonder des groupes n’est pas facile ».

Deux jours plus tôt, le Sun, un autre quotidien britannique, avait cité une source des services de sécurité du Royaume-Uni déclarant que Jabbar « se croyait beaucoup plus important qu’il ne l’était en réalité. Et sa vantardise lui a coûté la vie. Une figure réellement dirigeante d’Al Qaïda n’aurait pas fait une erreur aussi idiote ».

Robert Stevens

Le 14 octobre 2010

Article original, WSWS, publié le 9 octobre 2010

Source: mondialisation.ca

16 oct 2010 in nouvel ordre mondial
by ledbusqueurdebombes

http://infoguerilla.fr/?p=5874

 

La CIA a considérablement intensifié ses attaques.

La CIA a considérablement intensifié, depuis un mois, ses attaques au moyen de ses drones qui visent depuis 2004 les combattants et cadres d'Al-Qaïda et des résistants pakistanais et afghans dans les zones tribales frontalières avec l'Afghanistan.

Les raids de drones américains se poursuivent dans le nord-ouest du Pakistan malgré la dégradation des relations entre Washington et Islamabad.

(Trois militaires pakistanais avaient été tués le 30 septembre par des hélicoptères américains).

Les autorités pakistanaises ont compté 27 attaques de drone depuis le 3 septembre, qui ont fait quelque 150 morts dans cette région frontalière avec l'Afghanistan.

5/10

AFP

http://fr.rian.ru/

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5iYOwxogHhcwgCYR5CrS_POnp1WOw?docId=CNG.24b0e7e347d723b1643f7fca8547929e.631

 

Justificatif  : De "possibles attaques terroristes". ...

Plus de 3.700 morts au Pakistan en trois ans.  

L'attaque de lundi soir est au cœur d'un complot terroriste (…) visant l'Europe, et notamment des lieux fréquentés en Allemagne et en France, selon Washington.

Dimanche et lundi, tour à tour, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, le Japon et la Suède ont mis en garde leurs ressortissants voyageant à travers l'Europe contre de "possibles attaques terroristes".

Washington, mais aussi les services de renseignements européens, considèrent les zones tribales pakistanaises comme "la région la plus dangereuse du monde", principal sanctuaire des cadres d'Al-Qaïda qui y entraînent leurs combattants et des kamikazes en vue de commettre des attentats en Europe et aux Etats-Unis, grâce au soutien logistique et au "savoir-faire" des résistants pakistanais.

Ces derniers, essentiellement au sein du Mouvement des résistants du Pakistan (TTP), sont les principaux responsables d'une vague de quelque 400 attaques-- kamikaze pour la plupart --

Début septembre, la justice aux Etats-Unis a inculpé leur chef, Hakimullah Mehsud, de "complot terroriste", pour le meurtre de sept agents de la CIA lors d'un attentat suicide dans une de leurs bases ultra-sécurisées le 29 décembre 2009 à Khost, dans le sud de l'Afghanistan.

Selon les enquêteurs américains, le TTP est également impliqué dans le recrutement et l'entraînement dans les zones tribales de Faisal Shahzad, le jeune Pakistanais qui avait tenté de faire exploser une voiture piégée le 1er mai à Times Square, à New York.

La mise en garde adressée par les Etats-Unis à leurs ressortissants voyageant en Europe contre des risques d'attentats terroristes a été décidée sur la base d'un "ensemble croissant de renseignements, récoltés au fil du temps", a affirmé lundi à Washington un responsable américain, sous couvert d'anonymat, précisant que le calendrier et les cibles restaient flous.

Une partie des renseignements qui ont alarmé l'Europe proviennent, selon l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, d'un Allemand d'origine pakistanaise, Ahmad Siddiqui, prisonnier sur la base américaine de Bagram, en Afghanistan, qui aurait évoqué des projets d'attentats.

5/10

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5iYOwxogHhcwgCYR5CrS_POnp1WOw?docId=CNG.24b0e7e347d723b1643f7fca8547929e.631

 

Khyber au cœur de la guerre de propagande.

nb : Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

Il reste difficile de savoir ce qui se passe réellement sur le point frontalier extrêmement sensible de la passe de Khyber .

Le spécialiste des affaires militaires Jean-Charles Jauffret, maître de conférence à l'Ecole militaire de Saint-Cyr et auteur de L'Afghanistan 2001-2010, chronique d'une non-victoire annoncée, émet des doutes sur la réalité du blocus.

L'Isaf affirmant aujourd'hui ne pas être gênée par ces incidents. Il a répondu pour RFI aux questions de Sophie Malibeaux.

RFI : Quelle est l’importance de la passe de Khyber pour les forces armées stationnées en Afghanistan ?

Jean-Charles Jauffret : C’est l’artère jugulaire de la coalition, car il n’y a qu’une seule route pour les semi-remorques entre Peshawar et Kaboul. C’est une passe terrible de trente kilomètres, où on peut mener des attentats et des embuscades, ce dont témoignent les épisodes précédents : première grosse mauvaise surprise en mars 2008, soixante camions citernes incendiés et deux hélicoptères détruits, puis en décembre 2008, un nouveau convoi est incendié et en 2009 les incidents se multiplient avant la passe.

Enfin, plus récemment, des dizaines de camions citernes détruits.

Ce qui explique que l’Afghanistan a l’essence la plus chère du monde, car la moitié de l’approvisionnement en carburant se fait dorénavant par avion.

L’essence qui arrive à Kandahar et Bagram, provient essentiellement de Russie. Les Russes font en ce moment des affaires en or, car le fret circule sur leurs trains ou bien à bord des Antonov, notamment les géants Antonov 122, loués par les Russes et les Ukrainiens. C’est la guerre la plus chère du monde.

RFI : Comment expliquer que l’Isaf déclare aujourd’hui ne pas être gênée par ces incidents qui se déroulent du côté pakistanais de la frontière ?

JCJ : Parce que nous sommes en guerre, et que l’intoxication, la langue de bois, est une arme, d’un côté comme de l’autre.

RFI : C’est une façon de ne pas concéder aux résistants qu’ils arrivent à gêner les opérations de la coalition en Afghanistan ?

JCJ : Evidemment. Les résistants ont commencé, dès la fin 2008, à s’attaquer à des camions vides, rentrant d’Afghanistan, c'est-à-dire sans surveillance, et puis ils se sont mis à attaquer des Hummer, de gros tout-terrain transitant par le Pakistan.

Tant que l’Iran ne sera pas fréquentable et que l’Otan ne pourra faire passer ses convois par la grande route qui arrive à Hérat, dans l’ouest de l’Afghanistan, l’Isaf va se trouver dépendante de cette route extrêmement dangereuse reliant Peshawar à Jalalabad.

RFI : A l’heure actuelle, ce ne sont pas seulement les attaques imputées aux résistants, mais aussi un blocus des convois par les autorités pakistanaises, que penser de cette situation ?

JCJ : Je me demande s’il ne s’agit pas d’un jeu de poker menteur, car cette passe est en principe gérée par un organisme afghano-pakistanais, une sorte d’autorité frontalière, je me demande s’il n’y a pas simplement un effet d’annonce à ce sujet, parce qu’en ce moment il y a des attaques de drones pratiquement tous les jours au Nord-Waziristan et même en dehors de ces zones tribales. Ce pourrait être simplement une façon pour les autorités de montrer à leur opinion qu’elles protestent contre ces frappes aveugles. Je pose simplement la question.

RFI : Cela signifie que vous mettez en doute le blocage des convois ?

JCJ : Oui, je le mets fortement en doute.

http://www.rfi.fr/ameriques/20101007-etats-unis-presentent-leurs-excuses-pakistan

 

L'Otan cherche à apaiser les tensions avec le Pakistan.

Nb Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

La tension entre le Pakistan et les Occidentaux continue de prévaloir à la suite d’un raid aérien de l’Otan, la semaine dernière. Une des principales voies d’approvisionnement des troupes occidentales déployées en Afghanistan reste bloquée. Les Etats-Unis considèrent que les Pakistanais ne s’impliquent pas suffisamment dans la lutte contre les résistants et les combattants d’al-Qaïda installés dans le Nord-Waziristan.

Les relations entre les Occidentaux, surtout les Etats-Unis, et le Pakistan, ont été toujours difficiles, mais cette fois-ci elles sont proches de la crise. La cause immédiate en est la fermeture par le Pakistan d’une route par laquelle passent les convois de ravitaillement de l’Otan vers l’Afghanistan. La passe de Khyber est bloquée depuis jeudi, et des centaines de camions s’entassent au poste frontière de Torkham.

La décision des autorités d’Islamabad constitue en fait une mesure de rétorsion après l’incident de la semaine dernière. Le Pakistan réagit ainsi à plusieurs attaques d’hélicoptères de l’Otan sur son sol, dont la dernière a tué trois militaires pakistanais, le 30 septembre. Le gouvernement pakistanais se devait de prendre cette mesure, pour calmer son opinion publique, d’autant plus que les attaques aériennes ont fait plusieurs victimes civiles ces derniers temps.

Des dizaines de camions-citernes ont déjà été incendié

Plus de la moitié du ravitaillement, des équipements et du carburant, destinés aux quelque 150 000 militaires des forces internationales qui combattent les résistants en Afghanistan, transitent par le Pakistan, par la passe de Khyber pour l’essentiel, mais aussi par le Baloutchistan.

A la suite de la fermeture de cette route d’approvisionnement, des milliers de camions transportant du gasoil et d’autres matériaux sont bloqués, sur la route ou autour des terminaux pétroliers. Les résistants profitent de l’occasion pour les attaquer. Ainsi, des dizaines de camions-citernes ont déjà été incendiés.

Le Mouvement des Résistants du Pakistan, allié aux résistants afghans, et qui a fait allégeance à al-Qaïda, a revendiqué ces attaques. Il est le principal responsable d’une vague de quelque 400 attentats – attentats-suicide pour la plupart – qui ont fait plus de 3 700 de morts au Pakistan en trois ans.

Le secrétaire général de l’Otan s’est excusé

La crise peut toutefois être évitée, le secrétaire général de l’Otan s’est excusé, et l’ambassadeur pakistanais aux Etats-Unis a promis que la route va être bientôt ouverte.

Il est évident que le commandement américain au Pakistan essaye d’intensifier le combat contre les bastions des terroristes basés dans les zones tribales du pays. Des opérations aériennes ont été lancées au Nord-Waziristan, seule des sept régions tribales où l’armée pakistanaise n’a pas encore mené d’offensive d’envergure contre les résistants.

De nombreux membres d’al-Qaïda et les résistants ont fui au Pakistan après l’intervention militaire sous commandement américain de fin 2001, intervention qui a renversé le régime des résistants afghans. De ces positions dans les régions tribales pachtounes, qui échappent au contrôle des autorités centrales, ils dirigent la lutte de l’autre côté de la frontière.

Les Etats-Unis estiment que le Pakistan ne lutte pas assez contre les résistants

Les Américains disent avoir obtenu des Pakistanais l’accord pour s’engager plus avant sur son territoire, là où l’armée pakistanaise est moins efficace, étant débordée par la gestion d’autres fronts et l’aide aux sinistrés des inondations de l’été.

Il est difficile d’établir une liaison directe entre les attaques contre les convois de l’Otan et la menace qui pèse sur l’Europe, mais les analystes n’excluent pas cette hypothèse.

Le Département d’Etat a déjà averti les Américains voyageant en Europe de la possibilité d'attaques terroristes, et les gouvernements européens ont réagi, adoptant des mesures supplémentaires de sécurité.

Les deux alliés n’ont aucun intérêt à envenimer la situation, même si les Etats-Unis estiment que le Pakistan ne lutte pas assez contre les résistants et les activistes d’al-Qaïda installés dans la région tribale du Nord-Waziristan. Un document émanant de la Maison Blanche constate que l’armée pakistanaise évite des engagements militaires qui la mettraient en conflit direct avec les résistants. Le texte souligne qu’ « il s’agit tout autant d’un choix politique que du reflet de la priorisation des cibles par une armée sous-équipée

06 octobre 2010



Les USA au cœur des débats.

Les autorités pakistanaises s'en prennent au ravitaillement de l'Otan

A l'origine du blocage, le Pakistan a accusé l'Isaf, la force de l'Otan en Afghanistan, d'avoir tué au moins deux de ses soldats jeudi dans un raid d'hélicoptères qui ont franchi la frontière. (L'Alliance atlantique a assuré qu'elle se défendait…).

Mais les autorités pakistanaises ont immédiatement bloqué à la frontière les convois de ravitaillement de l'Otan dans la passe de Khyber, la principale voie d'approvisionnement terrestre des forces internationales en Afghanistan. Un haut responsable de la sécurité à Peshawar (nord-ouest) a déclaré néanmoins que les négociations se poursuivaient pour tenter de régler cette affaire.

04-10

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/les-taliban-s-en-prennent-a-nouveau-au-ravitaillement-de-l-otan_925022.html

http://fr.rian.ru/



Dommages Collatéraux...

02-10

L'écrasante majorité des attaques de drones américains a visé des cibles dans le Waziristan du Nord.
Selon des responsables pakistanais, environ 120 personnes ont été tuées dans au moins 21 attaques de drones pour le seul mois de septembre, un record.
Depuis août 2008, quelque 1.140 personnes dont de nombreux responsables de la résistance ont péri dans environ 140 attaques de drones.

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/les-taliban-s-en-prennent-a-nouveau-au-ravitaillement-de-l-otan_925022.html

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/10/02/97001-20101002FILWWW00421-pakistan-15-morts-dans-des-frappes-us.php 



Le Pakistan en chiffres 


    «Qu'il s'agisse d'une attaque ou d'une attaque par drone,
Pour moi c'est la même chose, un Pakistanais a été tué "

 

Attacks in Pakistan

Suicide Bombing Victims

Dead = 3454, Injured = 8860, Total = 12314 and Counting…

Drone Attacks Victims

Dead = 1179, Injured = 379, Total = 1558 and Counting…

Success Rate of Drone Attacks ~ 2.5%

 

Les données sont recueillies à partir des rapports des médias, les hôpitaux, et internet.

Toutes les données sont accessibles au public et il n'y a pas de données classées ici. Il s'agit d'un effort pour montrer au monde l'intensité de suicide et les attaques Drone au Pakistan ".

Pakistan Body Count: http://www.pakistanbodycount.org/

 

 


n° 58 - Journal de PAKISTAN - 25-09 au 18-10 - : Fin - La CIA a considérablement intensifié ses attaques.


n° 58 - Journal de PAKISTAN - 25-09 au 18-10 - :  Fin   -   La CIA a considérablement intensifié ses attaques.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal de PAKISTAN.  

n° 58- 25-09 au 18-10

C.De Broeder & M.Lemaire

 



 Le "Journal de PAKISTAN" est visible sur les blogs :

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com 

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Avant propos

  Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban pour désigner tous les résistants..

-           idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes



Sommaire.

1 Au jour le jour

2 Positions

3 Politique

a) locale

b) Usa

4 Institutions internationales

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

52-1 The Guardian : Obama accusé d’exagérer la menace terroriste pour des objectifs politiques.

6 Brèves

6-1 Ashton : Le Pakistan est une préoccupation partagée de l'UE et des Etats-Unis…

6-2 Le FMI révise à la hausse l'objectif du déficit budgétaire du Pakistan.

 




1 Au jour le jour

Tirs de drones et attaques de camions pour l'Otan se succèdent…

7/10

Les tirs des drones américains et les représailles des résistants, qui attaquent les camions de ravitaillement de la force de l'Otan en Afghanistan, se succèdent chaque jour au Pakistan où Al-Qaïda prépare, selon Washington et l'UE, des attentats en Europe.

Au moins 120 camions d'équipements ou carburant destinés aux forces internationales en Afghanistan --essentiellement américaines-- ont été incendiés en une semaine dans cinq attaques audacieuses.

Les résistants pakistanais, qui sont alliés à leurs pairs afghans, ont revendiqué toutes ces attaques, "en représailles" aux tirs, quasi-quotidiens depuis un mois, des drones de la CIA ciblant, dans les zones tribales du nord-ouest frontalières avec l'Afghanistan, les cadres et combattants du réseau d'Oussama ben Laden.

Mercredi, deux commandos lourdement armés ont incendié au total 72 de ces camions appartenant à des compagnies pakistanaises, à Quetta (sud-ouest) et Nowshera (nord-ouest).

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jn5Myvkw7aCXY2M-CAzy_f0hfbag?docId=CNG.1353edf1241067c4b2e3dcbe5d580b0e.331

07-10

Depuis un peu plus d'un mois, 26 attaques de drones ont tué quelque 150 personnes dans les zones tribales.

La menace terroriste qui pèse sur l'Europe est "réelle", a estimé mercredi le coordinateur de la lutte contre le terrorisme de l'Union européenne, Gilles de Kerchove, ajoutant: "Et ce d'autant plus que la pression s'accentue sur le coeur d'Al-Qaïda entre l'Afghanistan et le Pakistan par le fait des drones".

Ces événements surviennent dans un certain climat de défiance entre Washington et Islamabad.

Un rapport récent de la Maison Blanche transmis au Congrès affirme que les forces pakistanaises évitent "les affrontements directs" avec les résistants afghans et les militants d'Al-Qaïda, notamment au Waziristan du Nord.

http://www.google.com/

 

a) Action de la Résistance

27 camions de ravitaillement pour l'Otan incendiés

1/10

"Environ 20 assaillants ont attaqué les camions à coups de roquettes et d'armes automatiques puis incendié 27 des véhicules qui étaient garés sur un parking" dans le district de Shikarpur, dans la province méridionale du Sind, à environ 400 km au nord de Karachi, a indiqué par téléphone à l'AFP Abdul Hameed Khoso, le chef de la police locale.

Ce type d'attaque visant ces compagnies de transport pakistanaises qui ravitaillent les forces internationales est relativement fréquent au Pakistan, notamment autour du grand port de Karachi (sud) et dans les zones tribales du nord-ouest, frontalières avec l'Afghanistan.

L'Otan à Kaboul a confirmé l'intrusion et les tirs, mais assuré que son hélicoptère ripostait à des tirs d'"individus armés".

Aussitôt après l'incident, les autorités pakistanaises ont suspendu le trafic des convois de ravitaillement de la force de l'Otan en Afghanistan (Isaf). Vendredi matin, les camions étaient toujours bloqués au poste-frontière de Torkham, dans la fameuse passe de Khyber (nord-ouest), la principale route reliant les deux pays et la principale voie terrestre de ravitaillement des troupes de l'Isaf.

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5ip4pi9ZSa5fZptzQXFDQV5nSE-mQ?docId=CNG.64180cd980ff4838cf69571e31a6f49f.231

 

La résistance s'en prend au ravitaillement de l'Otan

"Vengeance"

Les attaques de ces camions de compagnies pakistanaises privées transportant le ravitaillement de l'Otan sont fréquentes dans le nord-ouest du Pakistan. "Nous mènerons encore plus d'attaques de ce genre à l'avenir, nous ne permettrons pas que le territoire pakistanais serve de voie de ravitaillement aux troupes de l'Otan basées en Afghanistan", a promis Azam Tariq. "Nous agissons également pour nous venger des attaques de drones", a-t-il également déclaré.

En effet, trois résistants ont été tués ce lundi par deux missiles tirés par un drone américain sur un repaire de résistants du Waziristan du Nord. Samedi, quinze résistants avaient été tués dans cette même zone tribale par des tirs de missiles à partir d'avions sans pilote américains.

04-10

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/les-taliban-s-en-prennent-a-nouveau-au-ravitaillement-de-l-otan_925022.html

 

05/10

Ce lundi, des hommes armés attaqué des navires-citernes qui transportait le carburant aux troupes de coalition en Afghanistan

Au cours de celles-ci, ils ont incendié 37 camions de ravitaillement et de carburant destinés aux forces de l'Otan en Afghanistan, dans la province du Sind, à 400 km au nord du grand port de Karachi, où les biens sont débarqués.

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/les-taliban-s-en-prennent-a-nouveau-au-ravitaillement-de-l-otan_925022.html

 07-10.

"Nous allons intensifier nos attaques contre les camions de ravitaillement de l'Otan à mesure que celles des drones se multiplient", a promis mercredi Azam Tariq, porte-parole du TTP.

http://www.google.com/

07-10

Les attaques de camions s’intensifient

En représailles aux tirs de drones américains, près de 150 véhicules de ravitaillement des forces alliées en Afghanistan ont été incendiés cette semaine

Les tirs des drones américains et les résistants qui attaquent les camions de ravitaillement de la force de l’OTAN en Afghanistan, se succèdent chaque jour au Pakistan où Al-Qaida prépare, selon Washington et l’UE, des attentats en Europe.(…)

AFP

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/4f8fd2bc-d1f2-11df-b506-2448604ede74


b) Action des Usa - Cia -Otan

27/09

Des hélicoptères de l'Otan ont mené une attaque au Pakistan

Deux hélicoptères de l'Otan ont attaqué et (aurait) tué trente résistants (ou civil).  en territoire pakistanais au terme d'une poursuite entamée en Afghanistan, a annoncé dimanche la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf).

Les deux hélicoptères de combat Apache de l'Isaf ont franchi vendredi la frontière peu après une attaque menée par des résistants contre un avant-poste afghan isolé dans la province afghane de Khost.

Un porte-parole de l'Isaf, la mission de l'Otan en Afghanistan, a confirmé que des hélicoptères avaient mené une attaque au Pakistan.

Il n'a pas souhaité dire quel pays était impliqué dans l'opération, mais seules les forces américaines sont dotées d'hélicoptères Apache au sein de la coalition.

Le gouvernement pakistanais n'a pas fait de commentaire sur cette attaque

Les Etats-Unis utilisent régulièrement des drones pour mener des attaques en territoire pakistanais.

Que des appareils pourvus d'un équipage franchissent la frontière est en revanche un fait nouveau…

Deux autres hélicoptères, de type Kiowa, sont retournés dans la région samedi et ont tué au moins quatre autres résistants, indique le document, sans préciser si ces deux appareils ont également franchi la frontière.

http://www.lexpress.fr/actualites/2/des-helicopteres-de-l-otan-ont-mene-une-attaque-au-pakistan_922625.html

http://french.cri.cn/781/2010/09/27/302s228787.htm

27-09

 Au moins 5 personnes, dont 4 enfants, ont été blessées dans une explosion survenue dimanche soir à Quetta, dans le sud-ouest du Pakistan, ont rapporté les médias locaux.
Des hommes non identifiés à moto ont lancé une grenade à la route Saryab dans la zone de Chaki Shahwani à Quetta, capitale de la province du Balochistan dans le sud-ouest du Pakista, selon certaines sources.
Les lieux de l'attaque se situent à environ
30 km de Quetta, a dit à Xinhua un habitant, ajoutant que tous les cinq blessés ont été transférés à l'hôpital.
Le motif de l'attaque reste inconnu, et les identités de ces enfants sont encore à déterminer.
Aucun groupe de résistance n'a revendiqué la responsabilité de l'attaque.

27.09

Source: xinhua

01-10

Une intrusion d'hélicoptères de l'Otan en territoire pakistanais, ont tué trois soldats pakistanais près de la frontière, dans les zones tribales, selon Islamabad. L'Otan à Kaboul a confirmé l'intrusion et les tirs, mais assuré que son hélicoptère ripostait à des tirs d'"individus armés". ( !!!)

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5ip4pi9ZSa5fZptzQXFDQV5nSE-mQ?docId=CNG.64180cd980ff4838cf69571e31a6f49f.231

02-10

Une attaque de drone dans la même région a tué neuf résistants, a indiqué un responsable.
"Deux missiles ont atteint un véhicule tandis que deux autres ont touché une maison, au total neuf résistants ont été tués", a indiqué un responsable du renseignement.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/10/02/97001-20101002FILWWW00421-pakistan-15-morts-dans-des-frappes-us.php

02/10

Tirs de missiles à partir de drones américains dans le village de Dashgah, à environ 45 kilomètres à l'ouest de Miranshah, principale ville du Waziristan du Nord dans le nord-ouest du Pakistan près de la frontière afghane, ont indiqué des responsables locaux de sécurité.
"Deux drones américains ont tiré quatre missiles et détruit la maison. Six résistants sont morts dans cette attaque", a déclaré à l'AFP un responsable pakistanais basé à Peshawar sous couvert d'anonymat.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/10/02/97001-20101002FILWWW00421-pakistan-15-morts-dans-des-frappes-us.php

 

 

Drones : deux nouvelles salves de missiles.

Et mercredi soir, des drones américains ont lâché deux nouvelles salves de missiles sur le district tribal du Waziristan du Nord, tuant au moins huit résistants(ou civil).

Ce district, où la frontière entre Pakistan et Afghanistan serpente dans un relief très montagneux, est considéré comme le cœur d'une nébuleuse alliant résistants pakistanais, certains Afghans et Al-Qaïda, et est pointé du doigt par Washington et l'UE comme le lieu où sont planifiés des attentats et des attaques commandos en Europe, notamment en Grande-Bretagne, France et Allemagne.

C'est également là que se concentrent les camps d'entraînement des résistants pakistanais, avec un "savoir-faire" dont bénéficient les combattants et futurs kamikazes : le Mouvement des Résistants du Pakistan (TTP), qui revendique les attaques contre les camions de l'Otan, est aussi le principal responsable d'une vague de quelque 400 attaques.

7-10

http://www.google.com/

07/10

Onze résistants (ou civil). ont été tués mercredi dans la province pakistanaise du Nord-Waziristan (nord-ouest) dans deux attaques de drones américains, annonce jeudi la télévision pakistanaise citant les autorités locales.
Selon les médias, plusieurs étrangers ont été tués ou blessés dans ces attaques.

http://fr.rian.ru/

Attaque de drone US, 5 morts

08/10

Cinq résistants (ou civil). ont été tués aujourd'hui par un missile tiré par un drone américain dans la zone tribale du nord-ouest du Pakistan frontalière avec l'Afghanistan, ont annoncé des responsables de la sécurité pakistanais.
Deux missiles ont atteint une maison dans le village de Charkhel, à
25 km à l'ouest de Miranshah, principale ville du Waziristan du Nord. "Au moins cinq résistants ont été tués dans cette attaque de drone américain. Le drone a tiré deux missiles", a indiqué un responsable de la sécurité. "Les deux missiles ont touché les installations des résistants. Nous enquêtons pour savoir s'il y avait des cibles de choix", a déclaré un responsable des renseignements, ajoutant que selon les informations préliminaires les tués seraient tous des résistants locaux.
"Nous enquêtons à propos d'une information selon laquelle quatre combattants turkmènes figuraient au nom des tués", a toutefois indiqué une autre source des services de renseignement

AFP

9/10

Sept combattants (ou civil). ont été tués dimanche par des tirs de missiles d'un drone américain au Waziristan du Nord, dans les zones tribales du nord-ouest du Pakistan, ont indiqué des responsables de la sécurité. .

AFP

13/10

Au moins quatre combattants (ou civil). ont été tués  par un drone américain dans les zones tribales du nord-ouest du Pakistan, ont annoncé des responsables de la sécurité.
La cible des missiles tirés par l'avion sans pilote était une maison dans le village d'Inzarkas, dans la région de Dattakhel, à environ
35 kilomètres à l'ouest de Miranshah, la principale ville du Waziristan du Nord.
Un responsable de la sécurité à Peshawar, également dans le nord-ouest, a confirmé ces informations.
Cette attaque est la dernière en date d'une série d'opérations américaines qui ciblent le réseau d'Al-Qaïda, dans les zones tribales du nord-ouest frontalières de l'Afghanistan.

AFP

15-10

Au moins quatre résistants ont été tués ce vendredi 15 octobre 2010 par un drone américain dans les zones tribales du nord-ouest du Pakistan, après la mort quelques heures plus tôt de quatre autres insurgés dans une première attaque, ont annoncé des responsables de la sécurité pakistanais. La dernière attaque avait eu pour cible un complexe de militants de la ville de Aziz Khan dans le district de Mir Ali dans le Waziristan du Nord, un repaire bien connu de militants talibans liés à Al-Qaïda, selon les autorités.

http://www.rfi.fr/contenu/pakistan-quatre-insurges-tues-drone-americain



c) Action de l’armée Pakistanaise

Le Pakistan bloque les véhicules de l'OTAN

Le Pakistan a bloqué jeudi une des routes d'approvisionnement des troupes de l'OTAN vers l'Afghanistan en représailles à une incursion d'un hélicoptère de la coalition dans l'espace aérien pakistanais qui a tué trois gardes frontières pakistanais.

Si ce blocus des camions d'approvisionnement vers l'Afghanistan se prolongeait, les tensions entre Washington et Islamabad se dégraderaient davantage et la guerre en serait perturbée.

En milieu de matinée, une centaine de véhicules de l'OTAN attendaient pour pouvoir franchir la frontière afghane, ont constaté des responsables pakistanais.

"Nous devons déterminer si nous sommes des alliés ou des ennemis", a lancé le ministre pakistanais de l'Intérieur Rehman Malik au sujet de l'incident, sans mentionner le blocus.

L'Alliance atlantique a indiqué enquêter sur les allégations du Pakistan selon lesquelles l'appareil de la coalition a attaqué par erreur ses hommes.

Au cours du week-end dernier, des hélicoptères de l'OTAN ont frappé au moins deux fois, tuant plusieurs résistants présumés qu'ils ont poursuivi au-delà de la frontière.

Le gouvernement pakistanais avait officiellement protesté, alors que le nombre de frappes par des drones américains a battu des records ce mois-ci, attisant le sentiment anti-américain.

AP

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20100930.FAP8782/le-pakistan-bloque-les-vehicules-de-l-otan.html 



2 Politique

a) Pakistan

Dans les coulisses et au sénat

Le ministre Abdul Qayyum Khan Jatoi a démissionné (il a accusé l'armée d'avoir tué de nombreuses personnalités publiques)

Le ministre pakistanais de la production militaire a démissionné après avoir été convoqué par le premier ministre afin qu'il s'explique sur des commentaires dans lesquels il critiquait l'armée nationale et l'accusait d'avoir assassiné des politiciens, selon des responsables gouvernementaux.
Abdul Qayyum Khan Jatoi a accusé l'armée d'avoir tué de nombreuses personnalités publiques du Pakistan, dont le leader baloutche Nawab Akbar Bugti et l'ancien premier ministre Benazir Bhutto.

Il avait affirmé, dans le cadre d'une conférence de presse télévisée, que son ministère ne fournissait pas d'équipement aux militaires pakistanais pour qu'ils tuent leurs compatriotes, citant les noms des deux politiciens.
Le premier ministre Yousuf Raza Gilani a ensuite convoqué M. Jatoi pour qu'il explique ses commentaires. Le dirigeant a déclaré aux journalistes que les commentaires du ministre avait été effectués en son nom personnel et qu'il avait démissionné cinq ou six heures après les avoir formulés.
Le ministre pakistanais de l'information, Qamar Zaman Kaira, a affirmé à une télévision locale que les commentaires de son ancien collègue ne reflétaient pas la position du gouvernement.
L'armée est perçue comme étant la plus puissante institution du Pakistan et il est risqué pour les responsables gouvernementaux de la critiquer. Les militaires ont renversé le gouvernement civil à trois reprises depuis la formation du Pakistan et ont détenu le pouvoir pendant la plus grande partie de ses 63 ans d'existence.
Nawab Akbar Bugti, un leader ethnique, a été tué lors d'une opération militaire menée en août 2006. La cache de l'homme de 79 ans s'est écroulée sur lui alors que les forces de sécurité pakistanaises étaient à la recherche d'résistants qui luttaient pour obtenir une plus grande part des profits des ressources naturelles extraites de leur région. Les circonstances exactes de la mort du leader sont controversées.
Benazir Bhutto a été assassinée en décembre 2007 après avoir prononcé un discours électoral dans une ville près d'Islamabad. Le gouvernement militaire de l'époque avait blâmé les résistants pakistanais pour la mort de la politicienne. Des détracteurs du gouvernement avaient accusé Islamabad d'avoir été impliqué dans le meurtre.

07/10/

http://www.journalmetro.com/monde/article/645857--pakistan-un-ministre-quitte-dans-la-controverse



b) -USA - Otan

Occupation du Pakistan.

Soldats pakistanais tués: l'Otan enquête …
La force de l'Otan en Afghanistan, accusée par des militaires pakistanais d'avoir
tué trois de leurs soldats aujourd'hui dans un raid d'hélicoptères en territoire pakistanais, a annoncé qu'elle "enquêtait" après avoir été informée à ce sujet par Islamabad.
Dans un communiqué, la force internationale de l'Otan (Isaf) explique que ses appareils ont tiré dans la matinée sur "un groupe de résistants qui tentaient de tirer au mortier sur une base de la coalition" dans l'est de l'Afghanistan, près de la frontière.
"L'équipage a rapporté qu'ils (les hélicoptères) n'avaient pas pénétré dans l'espace aérien pakistanais et pensaient que la position des résistants était en territoire afghan", poursuit l'Isaf.
"Les responsables militaires pakistanais ont informé l'Isaf que des membres de ses forces frontalières avaient été touchés par les tirs de la coalition.

L'Isaf est en train de travailler avec le Pakistan pour rassembler des informations pour savoir si les deux événements sont liés, l'incident fait pour l'heure l'objet d'une enquête", conclut le communiqué de l'Isaf.

30/09

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/09/30/97001-20100930FILWWW00403-soldats-pakistanais-tues-l-otan-enquete.php

 

Les Etats-Unis présentent leurs excuses au Pakistan. (…)

Les Etats-Unis ont présenté, mercredi 6 octobre 2010, leurs excuses au Pakistan pour la mort de 3 militaires pakistanais tués par des hélicoptères américains dans le cadre d'un raid mené par l'Otan, la semaine dernière, jeudi 30 septembre dans la région de Kurram, à l'ouest du pays. L'accident avait provoqué la colère d'Islamabad qui avait aussitôt fermé une route utilisée par l'Otan pour assurer son approvisionnement.

L'ambassadrice des Etats-Unis à Islamabad parle d'un « terrible accident ».

Le général américain David Petraeus a présenté ses « condoléances aux familles des victimes, à l'armée pakistanaise et au peuple du Pakistan ». Ces excuses officielles constituent un remarquable changement de ton de Washington dans cette affaire.

Il y a deux jours encore, un document émanant de la Maison Blanche, reprochait à l'armée pakistanaise de ne pas faire suffisamment d'efforts dans la lutte contre les résistants. Aujourd'hui, l'ambassadrice américaine à Islamabad, Anne Patterson, souligne au contraire « le courage des forces de sécurité du Pakistan, alliés importants dans une guerre qui menace à la fois le Pakistan et les Etats-Unis ».

Ce changement de discours de la part des Américains intervient au moment de la publication d'une enquête conjointe, lancée par les Etats-Unis et le Pakistan après l'incident du 30 septembre dernier.

Et en effet, il est désormais avéré que les pilotes des hélicoptères américains avaient pris par erreur les garde-frontières pakistanais pour des résistants. (…)

Mais au delà de la faute confirmée de l'armée américaine, c'est la fermeture persistante de la passe de Khyber, l'une des principales routes de ravitaillement des forces de l'Otan en Afghanistan qui pourrait expliquer ce ton plus conciliant employé par les officiels américains.

Islamabad avait décidé de bloquer les convois en représailles à la mort des deux soldats pakistanais.

De son côté, l'Otan tente ce jeudi 7 octobre 2010 de relativiser l'importance de l'incident. La fermeture de la principale route de ravitaillement ne gênerait aucunement le déroulement des opérations en Afghanistan a déclaré l'Isaf….

07 octobre

http://www.rfi.fr/ameriques/20101007-etats-unis-presentent-leurs-excuses-pakistan

 

Le général Petraeus finit par s'excuser ...

Les excuses du Commandant de l'Otan le général David Petraues, sont intervenues après la publication d'une déclaration conjointe des forces de l'OTAN et de l'armée pakistanaise sur l'incident survenu à un poste frontalier en fin septembre dernier. L'enquête conclut pourtant que ce sont les soldats pakistanais qui ont ouvert le feu en premier. L'hélicoptère américain qui était en mission de reconnaissance dans la région frontalière était entré dans l'espace aérien pakistanais et a riposté tuant deux gardes frontières pakistanais. L'Otan espère maintenant que les autorités pakistanaises vont rouvrir la frontière, permettant à ses convois, harcelés au Pakistan de reprendre la route pour les bases de l'ISAF en Afghanistan qui est fermée depuis cet incident.

http://www.guysen.com/news_Pakistan-le-general-Petraeus-finit-par-s-excuser-pour-un-incident-frontalier_291826.html



c) Dans le monde

France

Edouard Balladur  - Rétro-commissions ?

Le rejet des comptes de campagne de Balladur avait été préconisé

Les rapporteurs du Conseil constitutionnel avaient préconisé "le rejet des comptes de campagne" d'Edouard Balladur pour la présidentielle de 1995, qui ont été finalement validés, en raison de "versements en espèces non justifiés", selon des sources proches du dossier.

La question du financement de la campagne électorale d'Edouard Balladur a ces derniers mois de nouveau été posée en raison de soupçons de rétro-commissions sur la vente de sous-marins au Pakistan en 1994 qui a donné lieu au versement de commissions.

Le juge d'instruction financier Renaud van Ruymbeke a décidé mercredi d'instruire une plainte des familles de victimes de l'attentat de Karachi en 2002. Il va notamment enquêter sur d'éventuelles rétro-commissions, qualifiées juridiquement d'abus de biens sociaux, ainsi que sur le versement des commissions sur un contrat d'armement avec le Pakistan, susceptibles d'être qualifiées de corruption d'agent public étranger, selon une source judiciaire.

"Les rapporteurs (du Conseil constitutionnel, ndlr) proposent le rejet des comptes de campagne de M. Balladur", selon un extrait du rapport consulté par l'AFP. Ils n'avaient pas été suivis par le Conseil lui-même qui avait validé les comptes du candidat en octobre 1995.

Les rapporteurs avaient notamment relevé "des dons en espèces sans justificatifs enregistrés comme des dons de personnes physiques", selon une source judiciaire.

Libération avait révélé en avril l'existence d'un versement de 10 millions de francs en billets de 500 francs sur le compte de campagne provenant le quotidien de possibles rétro-commissions. Edouard Balladur avait alors démenti tout financement illicite de sa campagne.

L'arrêt de ces commissions après l'élection de Jacques Chirac- pour tarir le flux de rétro-commissions selon plusieurs témoignages au dossier d'instruction- pourrait être une des causes de l'attentat contre des salariés de la Direction des constructions navales (DCN) en 2002 à Karachi, selon des familles de victimes qui ont déposé plainte.

06-10

http://www.lexpress.fr/actualites/1/attentat-de-karachi-et-retro-commissions-le-rejet-des-comptes-de-campagne-de-balladur-avait-ete-preconise_925770.html



5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

5-1 The Guardian : Obama accusé d’exagérer la menace terroriste pour des objectifs politiques.

Les services de renseignement européens affirment que l’élévation du niveau d’alerte terroriste est « absurde »

Un diplomate pakistanais critique sévèrement la Maison Blanche.

De hauts officiels pakistanais et des services de renseignement européens nous ont déclaré que l’alerte au terrorisme déclenchée cette semaine par les Etats-Unis et relative à des complots d’Al Qaeda qui viseraient des cibles en Europe de l’ouest était une décision purement politique et n’était basée sur aucune information nouvelle et crédible

Wajid Shamsul Hasan, le haut commissaire auprès de la Grande-Bretagne, a déclaré que la nature imprécise de la mise en garde américaine n’a pas empêché la Grande-Bretagne, la France et d’autres pays à relever leurs niveaux d’alerte terroriste à l’étranger, et ne constituait qu’une tentative pour justifier la récente escalade des attaques américaines par drones et hélicoptères à l’intérieur du Pakistan, attaques qui ont « mis le pays à feu ».

Hasan, un diplomate vétéran proche du président pakistanais, a laissé entendre que l’administration Obama cherchait à instrumentaliser la menace terroriste en vue des prochaines élections législatives à mi-mandat où on s’attend à une forte avancée des Républicains.

Il a aussi affirmé que le Président Obama tentait ainsi de démontrer que sa stratégie adoptée dans la guerre en Afghanistan ainsi que l’augmentation du nombre de troupes en cours d’année, deux mesures impopulaires auprès de l’opinion publique américaine, étaient indispensables.

« Je pense qu’il peut y avoir une dynamique de politique intérieure en jeu, dont les prochaines élections américaines à mi-mandat. Si les Américains ont des informations précises sur les terroristes et Al Qaida, ils devraient nous les communiquer et nous irons nous-mêmes les pourchasser » a dit Hasan.

« De tels annonces sont le résultat d’un mélange de frustration, d’incompétence et d’absence de connaissance des réalités du terrain. Toute tentative de violation de la souveraineté du Pakistan n’apportera aucune stabilité en Afghanistan, ce qui est l’objectif principal annoncé par les forces américaines et de l’OTAN. »

Tout en rejetant l’idée d’un complot terroriste coordonné en Grande-Bretagne, France et Allemagne, les officiels du renseignement européen ont eux aussi montré du doigt les Etats-Unis et plus particulièrement la Maison Blanche. « Bricoler (une telle histoire de complot terroriste) à partir de données éparses est absurde, » a déclaré un officiel haut-placé.

Un britannique, Abdul Jabbar, et d’autres personnes tuées lors d’une frappe américaine par drone le 8 septembre au nord Waziristan, une zone tribale pakistanaise, ont été entendus en train de discuter de la possibilité d’attaques « commando » contre des bâtiments symboliques et des sites touristiques dans les capitales européennes. Mais des officiels de la sécurité et du renseignement ont dit qu’il ne s’agissait que de vagues projets.

Les officiels ne nient pas que les hommes, et autres recrues jihadistes qui se rendent dans les zones tribales pour y recevoir un endoctrinement et une formation, représentent une véritable menace potentielle. « Là-bas on discute de tout un tas de choses – ça ne veut pas dire pour autant qu’il en sort quelque chose de concret. Ce n’est pas facile de former un groupe » a dit un officiel de l’antiterrorisme.

En soulignant le fait que les frappes américaines étaient de nature préventive et ne constituaient en aucun cas une riposte à une menace imminente, les officiels européens ont soulevé une nouvelle série de questions – cette-fois concernant directement un citoyen britannique – sur la légalité de telles attaques qui devraient être considérées comme des assassinats.

Ils ont déclaré que c’était Washington qui « pilotait » les annonces sur les complots d’attaques « commando » et que la CIA – peut-être soucieuse de ne pas attirer l’attention sur ses frappes aériennes - était extrêmement contrariée par toute cette publicité.

Les complots, connus depuis des mois par les services de renseignement européens, ont fait l’objet de fuites la semaine dernière auprès des médias américains.

Ces fuites ont provoqué dans les médias britanniques toute une série de ce que les officiels de la sécurité et du renseignement ont qualifié d’exagérations, ainsi qu’une mise en garde du Département d’Etat des Etats-Unis auprès des ressortissants américains voyageant en Grande-Bretagne, France et Allemagne, une alerte « oeil pour oeil » de la France auprès de ses ressortissants voyageant en Grande-Bretagne, et des alertes diffusées par les gouvernements suédois et japonais.

Thomas de Maizière, le ministre de l’intérieur allemand, a publiquement exprimé ses doutes sur l’alerte terroriste US, en déclarant qu’il ne percevait aucun signe d’une attaque imminente contre son pays. Il a qualifié le risque encouru en Allemagne d’ « hypothétique ».

Hasan a dit que l’augmentation nette des attaques US par drones dans les zones tribales du Pakistan, combinées à plusieurs raids américains par hélicoptères par-delà la frontière qui se sont conclus par la mort de deux gardes-frontières la semaine dernière, étaient en train de déstabiliser le Pakistan.

« Pourquoi nous mettent-ils tant de pression ?

C’est une menace pour le système démocratique... Mais les Pakistanais ont le sentiment que Washington s’en fiche. » Les actions américaines sont « à l’évidence » liées à la décision prise par Obama d’établir un plan de retrait d’Afghanistan. Le dirigeant américain « s’est précipité sur un coup de tête » et à présent « les Américains sont pressés »

Il a dit que le Pakistan craignait de plus en plus que les Etats-Unis n’aient l’intention de mener une véritable campagne de bombardements et d’attaques par drones dans le nord Waziristan.

Hasan a dit que les politiciens à Washington ne comprennent pas à quel point les Etats-Unis ont besoin du Pakistan pour leur « guerre contre le terrorisme ». Et qu’ils ne comprennent pas non plus que la colère de l’opinion publique (pakistanaise) au sujet des violations de la souveraineté du Pakistan par les Etats-Unis pouvait dégénérer en attaques contre le personnel et les intérêts américains qui pourraient échapper au contrôle du gouvernement.

« Le gouvernement souhaite éviter une telle évolution, » a-t-il dit. « Mais les gens se sentent trompés. Si (les Américains) tuent encore, ils vont réagir. On dit qu’il y a 3000 américains au Pakistan. Ils seraient des cibles très faciles. »

Hasan a dit que le personnel américain de la base aérienne pakistanaise de Jacobabad, à la frontière entre les provinces de Sindh et de Baloutchistan, seraient vulnérables si la situation devait se détériorer. Les Etats-Unis ont demandé d’utiliser Jacobabad après les attaques du 11 septembre 2001 et ont un contingent stationné là-bas depuis.

Un autre diplomate pakistanais a dit que Jacobabad était le centre principal des opérations de la CIA et des drones de l’armée US, qui sont pilotés depuis les Etats-Unis. « Ils ont des hangars ici. C’est d’ici qu’ils décollent et c’est ici qu’ils atterrissent. »

Le diplomate a laissé entendre que les opérations par drones, qui ont commencé en juin 2004 avec l’accord et la participation tacites et réticents des autorités pakistanaises, échappent désormais à tout contrôle des Pakistanais. « Nous l’avons toujours nié dans le passé. Mais tout le monde le sait. Nous devons nous réveiller. » a-t-il dit.

Un officiel US a déclaré « nos alliés ont été informées sur la nature de la menace et sur les renseignements à l’origine des alertes lancées et tout le monde comprend bien qu’on ne peut pas prendre ça à la légère. Il est faux et irresponsable de parler de motivations politiques. »

SOURCE : http://www.guardian.co.uk/world/201...

Traduction VD pour le Grand Soir et ReOpen911
http://www.legrandsoir.info/Barack-Obama-accuse-d-exagerer-la-menace-terroriste-pour-des-objectifs-politiques-The-Guardian.html
 



 Brèves

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

6-1 Ashton : Le Pakistan est une préoccupation partagée de l'UE et des Etats-Unis…

La haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Catherine Ashton, a déclaré jeudi que le Pakistan est une préoccupation partagée de l'UE et des États-Unis, lors d'un entretien avec la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton.

"Un Pakistan sain, sûr et stable est manifestement dans l'intérêt de l'UE, des Etats-Unis et de la communauté internationale dans son ensemble", a dit Mme Ashton.

Selon elle, les autorités européennes travaillent dur pour mettre en oeuvre le paquet de soutien convenu en septembre par le sommet de l'Union européenne (UE).

"L'UE cherche à fournir une aide immédiate au Pakistan frappé par des inondations, à élaborer une stratégie à long terme pour la reconstruction du Pakistan et le développement économique, et à construire un pays politiquement stable", a-t-elle dit.

"Ce sera mon principal message quand je préside la conférence des Amis du Pakistan démocratique prévu pour demain à Bruxelles, pour discuter des besoins du Pakistan, du soutien de l'UE ainsi que de la réforme politique et économique", a conclu Mme Ashton.

2010-10-15

xinhua


6-2 Le FMI révise à la hausse l'objectif du déficit budgétaire du Pakistan.

Le Fonds monétaire international (FMI) a déclaré qu'il réviserait à la hausse, de 0,7%, l'objectif du déficit budgétaire du Pakistan pour l'année fiscale en cours, par rapport à l'objectif original de 4%, a rapporté jeudi la presse locale.
Avec la hausse de l'objectif du déficit budgétaire, une mission d'inspection du FMI se rendra à Islambad la semaine prochaine pour évaluer les besoins financiers du pays et discuter avec les autorités pakistanaises de la nécessité d'une restructuration budgétaire à mi-parcours de l'exercice annuel, a rapporté le quotidien local Dawn.
Les données que le Pakistan avait présentées au FMI à Washington en août suggéraient que le déficit budgétaire du pays pourrait dépasser 6% à cause des prévisions de dépenses plus élevées que prévues au niveau provincial et des collectes fiscales insuffisantes au niveau fédéral, selon le quotidien.
Les deux facteurs combinés imposaient au gouvernement de créer une enveloppe fiscale d'un montant de 170 milliards de roupies (1,98 milliard de dollars) à travers des réductions dans le programme de développement, des collectes fiscales plus élevées et le gel d'actuelles dépenses tant au niveau fédéral qu'au niveau provincial.
Suite aux sévères inondations qui ont provoqué de lourds dégâts, les besoins financiers ont considérablement augmenté, et une aide internationale supplémentaire est requise, a indiqué le journal.

Casafree.com le 14/10



17/10/2010

n°58 - Géopolitique & stratégie d'Iran - 16-10 : - : Début - : - Iran : War Games et Sinuosités Stratégiques…


n°58  - Géopolitique & stratégie d'Iran - 16-10 : - : Début   - : - Iran : War Games et Sinuosités Stratégiques…



Géopolitique & stratégie d'Iran

La guerre aura-t-elle lieu ?

           n°58 du 16-10                               C.De Broeder & M.Lemaire



Le dossier « Géopolitique et Stratégie d’Iran » est visible sur les blogs :

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 


Sommaire :  

Tiré à Part

Vidéo : Meyssan. : Ahmadinejad au liban : Ahmadinejad au Liban:

Colère israélienne contre la visite de Amadi Nejad : victoire au Hezbollah et de l’Iran

Vidéo : Ceux qui veulent la guerre    

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Georges Stanechy  : Iran & S-300 russes : Des Lapins Sortant d’un Chapeau…

Fin

1-2 Georges Stanechy : Iran : War Games et Sinuosités Stratégiques…

1-3 Cuba soutient l'Iran et le droit des pays du Sud à l'usage pacifique de l'énergie nucléaire.

2 Annexe

2-1 Pascal Sacre : Réflexions à froid sur le 11 septembre 2001.



Tiré à Part

Vidéo : Meyssan. : Ahmadinejad au liban : Ahmadinejad au Liban:

Colère israélienne contre la visite de Amadi Nejad : victoire au Hezbollah et de l’Iran  

Vidéo : Ceux qui veulent la guerre  


Vidéo : Meyssan. : Ahmadinejad au liban : Ahmadinejad au Liban: mensonges et verité des faits http://www.dailymotion.com/video/xf7qui_ahmadinejad-au-liban-mensonges-et-v_news

 

Colère israélienne contre la visite de Amadi Nejad : victoire au Hezbollah et de l’Iran  

Pour la première fois dans l’histoire du Liban, une foule monstre de Libanais et de Palestiniens, tout âge confondu, ont convergé vers la route de l’aéroport pour accueillir un chef d’Etat.

Un député d’extrême droite israélienne, Arié Eldad, a préconisé mercredi d’éliminer le président iranien Mahmoud Ahmadinejad durant sa visite controversée au Liban.

"Si Ahmadinejad se trouve, ne serait ce qu’un seul instant, dans le collimateur d’un soldat de Tsahal (l’armée israélienne), il faut absolument l’empêcher de revenir vivant chez lui", a affirmé au journal en ligne Y-Net cet élu de l’Union Nationale, un parti d’opposition (4 députés sur 120).

"Je préconise la médecine préventive, qui évite des maladies graves. Cette liquidation épargnerait de nombreuses vies", a ajouté Eldad, professeur en médecine et expert en chirurgie plastique. "L’Histoire aurait pris un autre tour en 1939 si un soldat juif avait réussi à abattre Hitler", a encore dit le député, membre de la commission des Affaires étrangères et de la Défense, en soulignant que le président iranien "profite de toutes les tribunes possibles pour menacer d’anéantir Israël".

De son côté, la presse sioniste n’a pas caché l’inquiétude et la colère israélienne face à cette visite iranienne au Liban, y voyant le signe d’une victoire franche du Hezbollah et de la politique de l’Iran. Pour le quotidien "Haaretz", qui a s’est arrêté sur l’ampleur de l’accueil, aussi bien populaire qu’officiel, "cette foule immense et les slogans qu’elle scandait témoigne du large soutien dont bénéficient le Hezbollah et l’Iran au Liban ».

Le "Yediot Ahronot" se penche, quant à lui, sur les impacts de cette visite, en affirmant qu’elle ne pourrait que renforcer la position du Hezbollah dans toute la région.

De son côté, le "Jérusalem Post" souligne que « la première visite officielle d’Ahmadinejad, à Beyrouth, a mobilisé les foules, signe que les politiques régionales de l’Iran sont couronnées de succès". Rappelons que ces derniers jours, les médias occidentaux n’ont pas cessé de prédire l’échec, voire, l’annulation de cette visite.

Pendant ce temps, les Israéliens provoqués par cet événement sans précédent, se préparent à manifester à la frontière avec le Sud Liban contre la visite attendue d’Ahmadinejad à Bint Jbeil.

Le Yediot Ahronot avait souligné que des personnalités politiques et des membres de la Knesset ont lancé plus de 2000 ballons aux couleurs du « drapeau israélien » à la frontière avec le Liban ce mercredi matin, exigeant l’arrestation du président iranien pour ses appels à rayer Israël de la carte.

Quant à l’armée sioniste, elle a renforcé ses patrouilles à la frontière, alors que des unités militaires ont effectué ces derniers jours des manœuvres militaires sur l’occupation de villages syriens.

mercredi 13 octobre 2010

13/10/2010 Al Manar -

http://www.comite-valmy.org:80/spip.php?breve455

 

Vidéo : Ceux qui veulent la guerre.  

Il y a du comique dans ce montage vidéo…il en faut parfois.

 Alors que les manipulations de ceux qui veulent la guerre sont inquiétantes…

On voit ici qui a intérêt à répéter les mensonges ; Sarkozy répétant ce mensonge en appui à la propagande de son ministre Kouchner qui a toujours incité les européens à la confrontation avec l’Iran.

ps : Sélectionnné et placer dans la barre de navigation : http://www.dailymotion.com/playlist/x1blkg_wassydoum_societe#videoId=xdekpw



1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information.

1-1 Georges Stanechy  : Iran & S-300 russes : Des Lapins Sortant d’un Chapeau…

« Les USA, à présent, se transforment en un Etat théocratique dirigé par des fanatiques, politiciens extrémistes et intégristes hypocrites. »
J.G. Ballard (1)

A la queue leu leu...

Au moment des migrations estivales.

Ils sont partis, la fleur au fusil… La fleur au missile, devrait-on dire…

Curée criminelle

Porte-avions, sous-marins, frégates et corvettes. Nucléaires ou pas. Franchissant le canal de Suez et le détroit d’Ormuz. Rejoindre les flottes de l’Empire, déjà sur place. (2)

Sous les ordres d’un Prix Nobel de La Paix

Une armada d’une puissance de feu inimaginable dans l’histoire de l’humanité. Pourtant gorgée de génocides et destructions. « …Deux sous-marins (nucléaires) en patrouille ont une puissance de frappe équivalente à mille Hiroshima… » s’extasiait, bravache, Pierre Messmer, un des promoteurs de la bombe atomique française. (3)

De quoi réduire en cendres la Chine, l’intégralité de ses infrastructures et ses 1,4 milliard d’habitants. En quelques minutes.

Sauf que la Chine n’est plus celle du XIX° siècle, pillée pendant un siècle par l’Occident à la suite des terribles invasions intitulées cyniquement “guerres de l’opium” par ses agresseurs. Aujourd’hui, en mesure de riposter par une volée de missiles sur les principales villes des pays qui auraient la prétention de récidiver.

Alors, l’Empire réfléchit à deux fois. Se disant qu’il vaut mieux, en priorité, se faire la main sur l’Iran.

Détruire l’Iran…

La France va donc se joindre à la curée…

Envoyer son porte-avions, le Charles de Gaulle, avec ses navires d’accompagnement, dans le Golfe Persique, rejoindre le secteur qui lui a été assigné par son suzerain. Joignant l’étendard de la nation française à ceux des “nations civilisées” pour écraser, dans cette glorieuse croisade : “le barbare”.

De Gaulle en avalerait son képi : voir son nom associé à une stupidité géopolitique, aventure aussi criminelle qu’illégale, et la France réduite en sous-fifre d’un Empire déglingué, délirant de bellicisme. Sa diplomatie réduite à un hoquet : “sanctions !”, “sanctions !”, “sanctions !”…

En Septembre ou Octobre, toutefois, on ne sait pas trop.

De toute façon, il est exclu que « les frappes » soient lancées avant mi-septembre. Normal : réduire en champ de ruines un pays musulman demande d’attendre que le mois du Ramadan, débutant mi-août, se termine.

Non par humanité ou respect des convenances, sentiments inconnus des prédateurs. Simplement, réduire le niveau d’intensité de provocation à l’égard des opinions publiques musulmanes. Un milliard et demi de personnes, tout de même…

Deux “écoles” s’opposent.

Ceux qui conseillent d’attendre que la grande fête musulmane de l’Aïd Kébir soit passée. Soit une quarantaine de jours après la fin du Ramadan. Novembre représenterait une “bonne fenêtre”.

D’autres, plus soucieux de l’opinion publique occidentale, préconisant comme « fenêtre » : les fêtes de fin d’année.

Quand les opinions publiques occidentales sont anesthésiées entre galeries marchandes, vapeurs de réveillons et arbres de Noël. A l’exemple des bombardements et massacres de Gaza par l’aviation sioniste, fin 2008-début 2009…

En attendant, déclarations bellicistes, matraquage de la propagande, harcèlements et provocations vont monter en puissance.

Les sanctions du « Machin »

Dans une guerre, on sait comme on y entre. Mais, on ne sait jamais comment on en sort.

L’essentiel est d’y entrer avec des « principes », insistent les va-t-en-guerres. Il faut bien justifier carnages, destructions gigantesques et morts par centaines de milliers…

D’autant plus que l’Iran n’envahit aucun pays, ne bombarde aucune population, n’occupe aucun territoire, ne menace personne. Son tort : exprimer un ras-le-bol des prédations et violences de l’Occident dans cette région, depuis des décennies. Cette nation souhaite exploiter ses ressources dans l’indépendance, en faire profiter sa population et se développer dans les sciences et les techniques, au même titre que les pays les plus développés.

Inadmissible. Alors, on l’accuse d’avoir un programme de fabrication de bombes nucléaires.

Pourtant, l’Iran est signataire du Traité de Non Prolifération Nucléaire (TNP), ne veut pas la bombe, et ne possède aucune bombe. (4)

Il enrichit son réacteur nucléaire de recherche à hauteur de 20 %, pour les interventions médicales et traitements contre le cancer, comme l’y autorise le traité. Et, va lancer la mise en route de sa centrale nucléaire de production d’énergie électrique de Busher, construite par les Russes, dans quelques jours.

Il s’est soumis jusqu’à présent à plus de 4500 heures d’inspections de l’AIEA, l’organe international de contrôle des installations et politiques nucléaires. Plus que tous les membres du TNP dans leur ensemble, depuis la signature du traité le 1er juillet 1968 !...

Dans la même région, Israël, tout le monde le sait, n’est pas signataire du TNP et possède au minimum 200 bombes nucléaires (John Pilger parle de 500) avec leurs lanceurs, y compris à partir de ses propres sous-marins. La “Communauté Internationale”, et les médias de sa propagande, ne le mentionnent, ni ne l’évoquent : jamais. Ne se montrant ni « préoccupés », ni « inquiets »…

Par contre, l’Iran est le Diable. Ainsi en a décidé l’Empire. Même s’il n’a pas la bombe nucléaire, et n’en veut pas : on le soupçonne d’avoir « l’intention » d’en fabriquer.

Rien de plus implacable que le “soupçon”. Rien de plus dévastateur que “l’intention” supposée...

Ces “délits”, ces “crimes”, n’ont nullement besoin de preuve. En fait, ce sont des preuves en soi. Dont on connaît les mécanismes depuis des siècles. Justifiant tous les comportements, jusqu’à la violence. Structures mentales, instruments rhétoriques favoris des fanatiques, totalitaires, tortionnaires, sadiques et autres pervers.

Shakespeare en a finement démonté le mécanisme, allant du harcèlement jusqu’au meurtre dans Othello. Se nourrissant indéfiniment de la projection imaginaire, attisée par un Iago, dans l’ombre, artisan de la fausse rumeur, de la calomnie, de la manipulation, pour servir ses intérêts ou délires personnels.

L’opinion publique commence à être un peu sceptique sur les campagnes médiatiques ?... Raison de plus d’enfoncer le clou sous plusieurs angles. A part le soupçon du “délit d’intention”, quel meilleur produit de lavage de cerveaux dans l’arrière boutique de l’Empire ?...

Le mensonge.

Affirmer, par exemple, que le président Iranien a déclaré, dans un discours prononcé en 2006, vouloir “rayer Israël de la carte”. Pur mensonge de la propagande : il n’a jamais prononcé ces mots. Tous les spécialistes en Farsi, langue officielle de l’Iran, qui ont examiné à la loupe ses discours n’en ont trouvé la moindre trace.

Quelques journalistes soucieux d’honnêteté tel Jonathan Steele dans The Guardian, malgré le soutien de la politique étrangère britannique par direction et actionnaires des médias, se sont fait l’écho, à plusieurs reprises, de cette désinformation. (5)

Désinformation d’autant plus grotesque que les 25.000 Iraniens juifs sont parfaitement intégrés et traités avec respect. Libres de voyager à l’étranger et d’aller où bon leur semble. Avec une totale liberté de culte. Rien qu’à Téhéran, il y a 11 synagogues et plusieurs écoles juives. Récemment, l’hôpital juif de Téhéran a même reçu une subvention de la présidence de l’Etat. Lors des élections, ils sont connus pour être les plus fervents soutiens de la "candidature Ahmadinejad", tant à celle de la présidence du pays, qu’à la mairie de Téhéran, dont il fut un maire réputé pour son acharnement au travail, son incorruptibilité et son humanisme.

Qu’importe ! Le slogan de cette propagande est martelé en continu, depuis quatre ans, par politiciens et médias dans une hystérie que même les services de propagande de Staline n’auraient pu atteindre par son niveau de paroxysme. Dans les pays occidentaux, à l’unisson, tout le monde répète cette “incantation diabolisante” pour en convaincre l’opinion publique.

A l’exemple de l’arnaque médiatique du ministre de la défense US, Colin Powell, la veille de l’invasion de l’Irak. Agitant une éprouvette remplie de bicarbonate à la tribune de l’ONU, affirmant qu’il s’agissait d’un échantillon des armes chimiques de l’Irak. Sur fond d’hystéries collectives mises en scène par les médias sur des attaques à l’anthrax dans des enveloppes, via la poste américaine, dont on n’a plus entendu parler dès l’achèvement de la destruction de l’Irak…

L’Iran aura donc droit au même traitement ONUesque que l’Irak. L’ONU n’étant pas destiné, contrairement à sa vocation initiale, à “prévenir” les conflits mais à les “justifier”… Au fil du temps, devenu une organisation fantoche, chambre d’enregistrement de ce que l’Occident a décidé. Une machine à pondre des “sanctions”.

L’ONU, « Le Machin », comme le désignait, avec une souverain mépris, le Général de Gaulle. (6) Incapable de faire appliquer ses propres “résolutions” en Palestine : une quarantaine en instance depuis 1967… Même pas capable de faire appliquer les Conventions de Genève pour la protection des civils, ou les droits de l’homme élémentaires, comme Gaza en est une preuve quotidienne.

Même pas au Liban, où depuis la guerre de Juillet 2006, près de 8000 violations des résolutions de l’ONU par Israël ont été recensées : survols par ses avions, drones, tirs, bombardements, raids de commandos, enlèvements de ressortissants, espionnages, assassinats, blocus illégaux, destructions de maisons et propriétés, etc.

L’ONU vient, donc, de voter des sanctions contre l’Iran dans une nouvelle “résolution” : la 1929 (7). Confirmant ainsi son avilissement complet, son discrédit, devant l’opinion internationale, hormis les occidentaux et les castes au pouvoir dans ses néocolonies. (8)

Le Liban s’est abstenu, courageusement, de voter. Son représentant, M. Salam, rappelant un principe évident que le Conseil de Sécurité se refuse d’appliquer : émettre une telle résolution…

« … impose qu’Israël, seul État de notre région à posséder des armes nucléaires, adhère au TNP en tant qu’État non doté d’armes nucléaires et soumette toutes ses installations nucléaires au système de garanties généralisées de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique.

Le Liban tient à réaffirmer que le règlement des questions liées à la non-prolifération nucléaire doit être global et non discriminatoire.  »

La réponse du représentant de l’Iran, M. Kazaee, fut remarquable de dignité. Par sa sérénité, sa mise en perspective historique, elle a fait apparaître d’autant plus minables, par leur mauvaise foi, les prétextes invoqués à tour de rôle par les porte-paroles des USA, de la Grande-Bretagne et de la France.

Se souvenant que pour justifier leur coup d’Etat, contre le gouvernement régulièrement élu de Mossadegh qui avait nationalisé les compagnies pétrolières pillant la principale richesse du pays, en 1953, conduisant à l’instauration de la sanguinaire dictature du Shah, américains et britanniques employaient les mêmes arguments qu’aujourd’hui. Quasiment les mêmes mots, malgré un demi-siècle d’écart : « … la nationalisation de l’industrie pétrolière iranienne met[tait] en péril la paix et la sécurité de la région et du monde entier … ».

Il suffit de remplacer “industrie pétrolière” par : “industrie nucléaire”.

Tournant en dérision la légitimité morale, politique, ou même géopolitique, de la résolution 1929 votée contre son pays, du fait de la foncière hypocrisie du Conseil de Sécurité : « … Une réponse doit également être apportée pour dire pourquoi ce Conseil ne s’est pas vu accorder la moindre chance de traiter de la question de l’arsenal nucléaire du régime israélien, en dépit de sa propension irrésistible à l’agression et au carnage. »

Mais, tout le monde l’a compris.

Comme pour l’Irak, il a été décidé de raser un pays, dont la volonté d’indépendance ne convient pas à l’Empire. Le découper en morceaux après avoir réduit en miettes ses infrastructures, ses industries, ses universités et centres de recherche. S’emparer de ses richesses énergétiques : gaz, pétrole, évidemment. De son uranium, puisqu’il en détient parmi les plus grandes réserves mondiales.

Avec en prime, lors de sa reconstruction, la privatisation de son système financier, de ses services publics, de son commerce et de son industrie, au profit des groupes occidentaux. Tout en annihilant son potentiel de recherche et de maîtrise technologiques.

Le réduire en servage, avec un gouvernement de marionnettes choisies par l’Occident…

 

Zigzag ou Jeu de Go ?

Mais, que font Chine et Russie dans cette farce, nations qui ont eu à souffrir de ces embargos et autres diktats occidentaux ?...

Pourquoi voter la résolution 1929 ?...

Je ne partage pas les analyses des commentateurs s’étonnant, se moquant, ou s’indignant, de leur apparent “zigzag” stratégique et diplomatique. Ne nous laissons pas prendre au jeu d’ombres sur le fond de la caverne, en proie à l’émotion. Les déclarations publiques ne sont souvent qu’un enchevêtrement de manœuvres dans une guerre d’intox.

Au contraire, à l’ONU, Chine et Russie ont réalisé un très beau coup de jeu de Go (9). En liaison étroite, permanente, avec le gouvernement de l’Iran.

A ce stade des enjeux géopolitiques, Chine et Russie se devaient, d’adhérer au “système de sanctions” réclamé, obsessionnellement par l’Occident, avec tout le poids de son appareil de guerre. En tenant compte des paramètres essentiels “du moment” : i) Refuser d’y souscrire s’était tomber dans le piège tendu par les bellicistes occidentaux : dans un remake de la Guerre Froide, présenter la reconstruction d’un bloc antagoniste de l’Occident. Justifiant ainsi la propagande diffamatoire, récurrente, à l’encontre de ces pays ex-communistes ou ex-maoïstes. Ce dont rêve l’extrême-droite US au pouvoir (Républicains et Démocrates), financée par les lobbies de l’armement, de l’énergie et des mines.

ii) Une opposition frontale ne peut s’exercer que si d’autres pays puissants, économiquement et militairement, forment un ensemble crédible. Non limité à la Chine et la Russie, encore en phase de modernisation de leurs propres forces armées et de leur économie. (10) Sachant qu’au milieu de ce siècle la balance, économique et militaire, sera définitivement en défaveur de l’Empire. Les positions du Brésil et de la Turquie sont le signe annonciateur de cette inéluctable évolution.

iii) Chine et Russie ont parfaitement intégré le double langage que l’Empire entretient dans un cynisme absolu. Déclaration d’amitié d’un côté, et de l’autre : diabolisation incessante avec encerclement militaire. Son objectif ultime étant l’éclatement de ces deux nations en plusieurs entités afin de contrôler, intégralement, leurs ressources naturelles, exportations et marchés intérieurs.

=> La Russie est soumise en permanence à des manœuvres de déstabilisation intérieure et à ses frontières : Caucase avec le surarmement actuel de la Géorgie, Tchétchénie via armes et argent transitant par la Géorgie, Pologne et Roumanie avec l’installation de fusées, Asie centrale par de multiples infiltrations et interférences au Kirghizistan, Ouzbékistan, etc.

=> La Chine vit sous la pression, depuis plusieurs semaines, de provocations et de tensions extrêmes. Face à ses frontières maritimes. Malgré ses protestations répétées.

A l’Est, au large de la Corée, immenses manœuvres aéronavales US avec présence de porte-avions nucléaire, s’ajoutant aux flottes de la Corée du sud, du Japon, de l’Australie, etc.

Cette semaine présence d’un autre porte-avions nucléaire, avec manœuvres aéronavales au large du Vietnam (les USA s’activent depuis plusieurs mois à constituer un front commun contre la Chine regroupant - outre les traditionnels Corée du sud et Japon - les Philippines, l’Indonésie, la Thaïlande et le Cambodge) et des côtes sud-ouest de la Chine.

Que diraient les USA si la Chine procédait de même, au large à la limite de leurs eaux territoriales, à portée de son aviation et d’un arsenal nucléaire embarqués, effectuant des manœuvres conjointes avec des pays voisins ?...

A cela, s’ajoutent les rodomontades des dirigeants de certains pays occidentaux. Le mois dernier, c’était le nouveau ministre des affaires étrangères de Grande-Bretagne, William Hague, qui a stupéfié les Chinois, lors de sa première visite officielle chez eux, par sa morgue, son arrogance, ses sous-entendus menaçants. A la limite de l’attitude insultante à leur égard. (11) Se croyant, probablement, en 1840… (12)

Dans les discussions préparatoires aux “sanctions”, au Conseil de Sécurité, l’action de la Chine et de la Russie, adeptes de la Soft Touch selon le jargon diplomatique, a été finement menée. En maintenant le cap sur deux balises :

 en diminuer l’impact

 en neutraliser l’extension

Ce que la délégation russe dirigée par M. Churkin, suivie à l’identique par celle de la Chine, a rappelé à la suite du vote : « … Lors des négociations sur la résolution, la délégation russe a ciblé ses efforts de manière à garantir que la décision du Conseil de sécurité vise uniquement le renforcement du régime de non-prolifération et qu’elle ne contienne aucune disposition qui nuirait au bien-être du peuple iranien.

Nous sommes fermement convaincus qu’il n’y a aucune option autre qu’un règlement pacifique et diplomatique de la question du nucléaire iranien. Ce postulat a été inclus dans le texte de la résolution . »

Il convenait en effet d’éviter les comportements agressifs à l’encontre des populations, véritables crimes contre l’humanité, “légalisés” par l’ONU dans le cadre des opérations d’embargo préalables à l’invasion de l’Irak, intitulées « pétrole contre nourriture ». Où le sadisme des bureaucrates allaient jusqu’à interdire médicaments et instruments nécessaires aux interventions obstétriques et pédiatriques… Jusqu’à interdire l’importation de papier, de crayon, et autres fournitures scolaires. Tandis que des fortunes occidentales, colossales, comme dans tout embargo, s’édifiaient dans le secret des paradis fiscaux.

Il est vrai qu’enfants et jeunes générations étaient particulièrement visés dans un génocide, physique, intellectuel, qui se dissimulait derrière ces « contrôles » ONUesques… Ramener l’Irak à “l’âge de pierre” était alors l’objectif premier, pour reprendre l’expression employée par plusieurs “stratèges” US.

Dans le cas de l’Iran, les occidentaux ciblent, tout particulièrement, l’importation du carburant : 40% des besoins internes du pays sont achetés, pour le moment (il travaille à combler ce retard) à des raffineries étrangères. Rappelons que les raffineries du pays avaient été détruites, ou gravement endommagées, pendant la guerre avec l’Irak (certaines avec des appareils français armés de missiles exocet ). Difficiles, et longues, à reconstruire du fait de l’embargo existant depuis la révolution de 1979, sur les pièces détachées très spécialisées.

Exigence, que Chine et Russie ont bloquée.

Sous leur pression, ont été mentionnées dans chaque article relatif aux sanctions, limitées uniquement à du matériel nécessaire à la production d’armes atomiques, des clauses excluant “l’arbitraire et la provocation” en soumettant toute opération d’embargo éventuelle à l’obligation de disposer : « … d’informations donnant des motifs raisonnables de penser que tel chargement contient des articles dont la fourniture, la vente, le transfert ou l’exportation sont interdits. »

Renforçant ces dispositions dans l’article 15 de la résolution, relatif à l’inspection des navires en haute mer. Non seulement, il convient d’avoir des informations sérieusement fondées pour en formuler la demande mais, « … dans le respect du droit international, en particulier du droit de la mer…  », ces inspections ne peuvent être effectuées qu’ « … avec le consentement de l’Etat du pavillon ». Autrement dit, s’il y a refus : il n’y a rien à dire … Qu’à laisser le bateau poursuivre sa route…

Restent deux articles sur lesquels les occidentaux se sont focalisés, dans l’ironie discrète des délégations russes et chinoises (so stupid !...), interdisant à l’Iran ce qui est autorisé sans aucune restriction à Israël :

=> Article 8  : l’importation de matériel de guerre, car les occidentaux veulent un Iran sans défense nationale.

Il se trouve que depuis la guerre avec l’Irak et la mise en place des premières mesures d’embargo, cette nation réputée pour le niveau et la qualité de ses chercheurs (dont beaucoup de femmes…), s’inspirant de l’exemple de la Suède, a développé une industrie de l’armement totalement autonome.

Construisant ses propres chars, navires de guerre, sous-marins côtiers (4 viennent d’être livrés à la marine ce mois-ci), hélicoptères, radars et missiles, simulateurs de vols, et faisant voler son premier avion de combat, en production, cette année. L’intégralité de sa flotte aérienne a été, dans le même temps, remise à niveau avec tous les appareillages électroniques pour les missions de nuit.

Le 22 août, l’Iran présente deux types de ses propres drones à long rayon d’action pour les missions de surveillance et de bombardement, ainsi que la nouvelle génération de deux de ses missiles (Qiam et Fateh)…

Il s’agit donc d’une mesure : “coup d’épée dans l’eau”…

=> Article 9  : interdiction de production de missiles balistiques (pouvant aller jusqu’à 10.000 km et au-delà). L’Iran en possède la technologie, ayant placé déjà des satellites en orbite. Programmant le lancement d’un autre (stalleite d’observation) en mars 2011.

Un missile balistique n’est en fait que l’assemblage de missiles non balistiques. L’essentiel étant d’en maîtriser la composition du carburant, solide ou liquide, pour assurer les performances en vitesse, et l’électronique embarquée pour en assurer la précision.

Ce qui est le cas de l’Iran.

Chine et Russie, rompus à la mauvaise foi des occidentaux, sachant qu’ils allaient prendre des sanctions unilatérales en dehors des instances de l’ONU, ont astucieusement imposé le verrouillage de leur extension. Avec une poison pill (pilule toxique), un modèle du genre, qui “délégitime” les actions unilatérales décidées par les occidentaux pour étendre le champ des sanctions.

Il est, en effet, expressément stipulé dans le Préambule de la résolution 1929 : « … Soulignant qu’aucune disposition de la présente résolution n’oblige les États à prendre des mesures ou à entreprendre des actions débordant le cadre de ladite résolution, notamment l’emploi ou la menace de la force … ».

Retenir les termes, ils sont déterminants pour l’avenir : « … notamment l’emploi ou la menace de la force… ».

Préambule permettant à Chine et Russie de dénoncer les mesures arbitraires qu’USA et Europe, dès la publication de la résolution, ont prises en élargissant, en dehors de l’ONU, les « sanctions ». Autorisant ainsi, en fait et en droit, de commercer librement avec l’Iran sans contrevenir aux dispositions de la résolution 1929. Ce que, d’autres pays en dehors de Chine et Russie, tels que l’Inde, viennent de confirmer …(13)

D’ailleurs, après plus de 30 ans d’embargo (depuis 1979…), l’économie de l’Iran progresse vite, et bien. De mieux en mieux, même. D’après le propre rapport du FMI sur l’Iran, l’inflation qui était de 25, 4% en 2008, tombe à 10,3% en 2009, pour chuter à 8,5% en 2010. La descente se poursuivant. Quant à ses réserves de change, elles vont progresser de 5 Milliards de dollars en 2010, atteignant ainsi un total de 88,5 milliards de dollars. Montant plus que confortable, envié par beaucoup, en ces temps de crise… (14)

Multipliant réalisations industrielles, contrats et accords commerciaux non plus dans le sens nord-sud sous la dépendance de l’Occident mais dans le sens sud-sud. Les investissements étrangers en Iran ont progressé de 900 millions de dollars en 2007 pour s’élever à 3 milliards de dollars en 2009. Investissant à son tour à l’étranger, jusqu’en Chine !

L’Iran, effectivement, n’a rien à voir avec ces monarchies pétrolières gaspillant les revenus de leurs pays dans des projets de spéculation immobilière pharaoniques, dans "l’économie-casino" des bourses occidentales, et dans des achats d’armes démesurés pour le plus grand profit du conglomérat militariste de l’Empire.

Intolérable : comme l’Irak, l’Iran doit retourner à “l’âge de pierre” !…

War Games et politique-fiction

Détruire l’Iran ?...

Oui, sous prétexte de détruire ses installations nucléaires… Le pays sera entièrement rasé. Des centaines de milliers de morts. Du moins, telle est l’intention des bellicistes. Les mêmes qui se voient, dans la foulée, détruire le Liban et la Syrie, envahir la Corée ou le Venezuela. Opération “Grand Nettoyage”… (15)

Les War Games sont au point, à écouter les roulements de tambour de la propagande et les ricanements de ces fous furieux…(16)

Ce qui m’amuse le plus, dans les moulinets de ces matamores, c’est la référence permanente au bombardement de la centrale nucléaire irakienne Osirak, du temps de Saddam Hussein, par les israéliens. Sous-entendu : “ce que nous avons réussi avec les Irakiens, nous allons le démultiplier avec les Iraniens”.

Ce triomphalisme boursouflé cache en fait une désinformation en forme de baudruche. Au premier coup d’épingle, dégonflement instantané :

i) Osirak n’était qu’un petit réacteur de recherche d’une puissance de 70 MW. Inapte à produire de l’énergie électrique pour un réseau d’alimentation public, encore moins une bombe, même pas une bombinette. Par comparaison, le site nucléaire français de Tricastin, près d’Avignon au milieu des champs de melons, a une puissance nominale de 3600 MW…

Une des unités de mesure courante, pour un réacteur nucléaire non dédié à la recherche, est : 900 MW. Tricastin est une centrale 4x900 MW, Bushehr (construite par les Russes en Iran pour démarrer dans quelques jours) une 2x900 MW qui sera portée à 4x900 MW. Osirak en était très, très loin…

ii) L’opération aérienne s’est réalisée, avec ravitaillement en vol, en survolant l’Arabie saoudite, pays frontalier de l’Irak. Mais quelle que soit la virtuosité des pilotes israéliens, réelle ou supposée car plus habitués à bombarder des civils sans défense que mener des opérations d’une haute complexité, cette opération n’a pu être accomplie qu’avec la totale contribution des français qui construisaient le site de ce réacteur. Peu protégé, car n’ayant, de fait, aucune valeur stratégique.

Outre les plans détaillés intégralement communiqués, le cœur du petit réacteur a pu être atteint par missile arrivant pratiquement à l’horizontale grâce à la mise en place, dans l’axe de l’entrée bétonnée, d’une caravane bourrée d’électronique de guidage. Par une équipe française camouflée parmi le personnel de l’entreprise de TP qui effectuait les travaux.

Le guidage était si précis, que le véhicule a été traversé de part en part…

Osirak n’était donc, contrairement à la mayonnaise médiatique, qu’une petite promenade. La soldatesque avec son appareil de propagande, s’autocongratulant dans l’extase, en a fait un symbole d’expertise guerrière. Bien. Mais, en Iran, il risque d’y avoir des surprises, comme en 2006 au Liban…

Les Iraniens ne vont pas laisser partir en poussière leurs différents sites nucléaires, leurs infrastructures industrielles, civiles, militaires, dont leurs aérodromes et bases navales, sans réagir.

Tous les dirigeants actuels ont vécu en première ligne, Guide Suprême et Président compris, les destructions et massacres de la terrible guerre Irak-Iran entretenue par les occidentaux. Ils ont souffert sous la dictature du Shah et le pillage colonial des anglo-américains. Ce sont “l’indépendance nationale”, la “souveraineté nationale”, chevillées au corps qu’ils ont décortiqué les modes opératoires des dernières invasions de l’Irak et de l’Afghanistan, jusqu’au plus petit détail.

Une “guerre éclair” se félicite à l’avance la nomenklatura de l’Empire. Croyant revivre l’invasion de l’île de La Grenade, en 1983. Confiant dans le pari de leurs états-majors : aveugler les défenses de l’Iran par le miracle de l’électronique. Pour empêcher toute riposte. L’écrasement immédiat.

Limiter sa vision de la réaction de l’Iran au seul minage du détroit d’Ormuz, rapidement réglé par les dragueurs de mines, le temps de permettre aux copains spéculateurs d’empocher les faramineux profits avec un baril à 200 US $ et au-delà, au lieu des 76 US $ actuels… C’est se montrer un peu léger.

C’est oublier deux paramètres géopolitiques fondamentaux :

=> L’Iran n’est pas la dictature irakienne épuisée par la mégalomanie de son maître, Saddam Hussein, fonçant tête baissée dans tous les pièges : guerre contre l’Iran, invasion du Koweït. Isolant, appauvrissant un pays, qui était pourtant en train de devenir prospère, avec un haut niveau d’organisation et sur la voie de la réforme progressive de ses institutions politiques. Appauvri, par ses aventures guerrières. Asphyxié par un embargo total.

L’Iran, au contraire, entretient d’excellentes relations diplomatiques et commerciales, dans le monde, à part l’enclos occidental et ses dépendances. Son arsenal défensif ultramoderne, notamment anti-aérien, est considéré comme un des meilleurs actuellement opérationnel.

=> Le contexte politique international est radicalement différent. L’Occident, symbolisé par la puissance militaire des USA et Israël, s’est totalement déconsidéré dans l’hyperviolence de ses invasions et massacres de civils en Irak, Liban, Afghanistan, Palestine et Gaza, Pakistan. Détesté dans le monde, malgré son autosatisfaction permanente célébrée par sa propagande : les horreurs d’Abu Ghaïb, illustrant le naufrage moral du donneur de leçons, sont présentes dans les esprits et pas seulement au Moyen-Orient.

A cet oubli, dans le mépris de l’adversaire, s’ajoute comme dans tout délire guerrier, un déni de la réalité : les autres scénarios des War Games. Jamais évoqués par les “responsables” politiques.

Fidel Castro est un des très rares, malgré la fragilité de sa convalescence, à s’être mobilisé pour prévenir l’opinion internationale.

Multipliant écrits et interventions publiques. Avec ténacité, courage et émotion. Lucidité, surtout. Rappelant que les conséquences seront catastrophiques pour l’Iran, pour la région, mais aussi pour les agresseurs et le reste du monde.

Les médias de la propagande occidentale en dissimulent les aspects les plus évidents, pour empêcher l’opinion publique d’avoir un sursaut de bon sens et faire pression sur ses élus. Car, comme dans un jeu de dominos, dégâts collatéraux, destructions, et milliers de morts, ne se limiteront pas à ce pays. Un bref aperçu de quelques points :

1. La défense anti-aérienne de l’Iran est équipée des missiles de dernière génération, insensibles aux contre-mesures électroniques, en particulier les missiles à longue portée, de fabrication russe : les S 300. Malgré les manœuvres des pays occidentaux pour entraver la livraison de ce matériel purement défensif. (17)

Conséquence : les ¾ des forces aériennes d’invasion vont être détruits. A commencer par les avions radars, avions de ravitaillement et de brouillage électroniques à haute altitude.

Le quart restant sera détruit au retour vers leurs bases par les avions saoudiens, jordaniens, émiratis, à la suite des coups d’Etat militaires qui vont immédiatement se déclencher.

2. Les ¾ des forces navales d’invasion présentes dans le Golfe Persique seront coulés. En premier lieu, l’intégralité des porte-avions. Le Charles de Gaulle, malgré sa taille réduite (la moitié de ses cousins US), n’y échappera pas. Moins par des attaques aériennes iraniennes que par des missiles tirés depuis des positions terrestres, fixes et mobiles. En particulier, par des missiles indétectables, à la trajectoire aléatoire de très basse altitude jusqu’à leur objectif, de la catégorie des DF 21D chinois. Les navires survivants seront neutralisés par les opérations de sauvetage des débris de la flotte impériale.

3. En dehors de l’Iran : destruction des raffineries, terminaux pétroliers, et installations pétrochimiques, du Golfe Persique et de la Mer Rouge (port pétrolier saoudien de Yambu). Ni pétrole, ni gaz, ne sortiront du Moyen-Orient pendant une longue période. Au passage, quelques tours et immeubles pharaoniques en forme de palmier ou de voilier s’écrouleront avec les rêves des spéculateurs...

4. Afghanistan, ce dont l’Iran s’est toujours abstenu : livraison immédiate à la Résistance Afghane des missiles sol-air portables de dernière génération (durcis contre les contre-mesures d’évitement), antichars, et mortiers lourds. Les troupes de la Coalition, incapables d’effectuer la moindre sortie, seraient ainsi prisonnières de leurs propres bases…

5. Seul point positif dans cette sanglante tragédie, peut-être, succession de coups d’Etat dans les néocolonies de l’Empire de la région : Jordanie, Arabie Saoudite, Bahreïn, et autres émirats du Golfe. Renversement de leurs régimes ploutocratiques, policiers, corrompus, soutenus par l’Occident, et détestés par leurs peuples.

Mais, ce qui inquiète Fidel Castro au plus haut point, jusqu’à prononcer un discours devant le parlement cubain : l’usage de l’arme atomique par l’Empire, avec mensonges et "suppositions d’intention" pour prétexte, contre un pays qui n’attaque personne et ne possède pas lui-même cette arme. Geste fatal, initiant une guerre nucléaire qui ne serait plus maîtrisable.

Employer l’arme nucléaire à titre préventif, serait commettre un acte fou, suicidaire. Cette folie serait remettre en cause un tabou, depuis la fin de la dernière guerre mondiale. Ce serait, de la part de l’Empire, s’arroger le pouvoir sans limite de vie ou de mort sur le reste de la planète, selon son bon vouloir.

Inacceptable.

Surgiront alors d’un océan, lancées d’un sous-marin inconnu, des fusées aux têtes nucléaires multiples, pour en saupoudrer quelques villes des agresseurs. Non pas par solidarité avec l’Iran, ou le venger, mais pour mettre un terme au délire mégalomaniaque d’un Empire livré aux mains de fanatiques et de sanguinaires.

Vitrifiant leurs prétentions hallucinatoires.

Apocalypse Now…

 

Qui gouverne la France ?

Mais, tout cela n’est que politique-fiction, dirons-nous. Pour nous rassurer… Nous sommes en “démocratie”, et nos élus veillent à préserver notre nation des aventures guerrières fondées sur le mensonge, l’injustice et l’irrationnel !

Quoique…

« … La diplomatie française a été souvent au service des armées, en dépit des règles habituelles qui veulent que les armes soient au service de la politique… », a reconnu publiquement Pierre Messmer (18).

Il sait de quoi il parle pour avoir été, l’essentiel de sa carrière, un administrateur ou gouverneur dans différentes “colonies” de la République française avant leur indépendance (19), dans la sanguinaire tradition du général Bugeaud, puis ministre de la Défense (1960-1969) et, enfin, un de ses Premiers Ministres (1972-1974).

Par “armées”, il convient d’entendre ce mix de la haute hiérarchie militaire en cheville avec les industries de l’armement dont, bien souvent, ils occupent les postes de direction à la cessation de leur activité sous l’uniforme. Contrairement à toute déontologie et réglementation s’appliquant à cette pratique, dite du “pantouflage”…

Ce constat est d’actualité : toutes les opinions publiques occidentales sont contre la guerre en Irak, en Afghanistan et, la prochaine, en Iran. Tous les sondages soigneusement étouffés et censurés font apparaître des oppositions à ces aventures guerrières de 70 % en moyenne (plus de 80 % en Grande-Bretagne). Depuis des années. Mais, rien à faire : invasions, occupations, atrocités continuent.

Si une “diplomatie”, autrement dit un “gouvernement”, est au service des “armées”, c’est admettre que les élus du Peuple, du suffrage universel, censés gérer et défendre les intérêts de la collectivité nationale, ne sont plus que la représentation d’un simulacre d’expression démocratique.

Simulacre, camouflant une dictature de fait.

“Soft”, soignant son image, à l’intérieur de nos pays avec un minimum de respect pour la personne et les apparences : les postes de “responsabilité théorique” étant occupés par des civils. “Hard”, implacable, sanguinaire, en dehors de nos frontières, soutenant dictatures, oppressions et tueries.

En ce cas, les armées sont “au service”, pour reprendre la formule de Messmer, de qui ?... Aux ordres de qui ?...

Qui définit les intérêts de la France ?...

L’industrie de l’armement mondialisée, associée aux groupes miniers et énergétiques internationaux, dans une mafia occulte ?...

Une caste au pouvoir dans un Empire, imposant une idéologie ploutocratique, raciste et conquérante, inféodant nos propres nomenklaturas, dans une allégeance somptuairement rémunérée, récompensée, gavée de privilèges ?...

Instaurant ainsi, avec leur complicité, notre propre servitude de citoyens anesthésiés par la propagande et la peur ?…

(1) J.G. Ballard , An Autobiography, Harper Perennial, London, 2008, p. 243. “The US, now fast becoming a theocratic state run by right-wing political fanatics and religious moralisers”.

(2) Jean-Michel Vernochet, La guerre d’Iran aura-t-elle lieu ?, 17 juillet 2010, http://www.voltairenet.org/article166329.html#nh14

(3) Pierre Messmer, La Dissuasion Nucléaire française : Genèse et Actualité, discours prononcé lors du colloque organisé à Oxford, le 15 février 2002, sur le thème : « La France, la Grande-Bretagne et les politiques de défense de Nassau à Nice : continuité et développement », www. Asmp.fr-Académie des Sciences morales et politiques, (p. 5 du discours).

(4) Le texte du traité sur la Non Prolifération des Armes Nucléaires (TNP - en anglais NPT), du 1er juillet 1968, peut-être téléchargé en français : http://www.cehp.free.fr/matos/Conference/TNP1.pdf

(5) Jonathan Steele, Lost In Translation, Experts confirm that Iran’s president did not call for Israel to be ’wiped off the map’, The Guardian, 14 juin 2006, http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2006/jun/14/post155

Notons qu’en France, aucun média n’a eu le réflexe déontologique de vérifier l’information (en fait, cette « désinformation ») en procédant à une traduction du, ou des, discours en cause par, au moins, trois traducteurs indépendants (Farsi-Français). Docilement, on se contente de reprendre les slogans de la propagande iranophobe.

(6) “Le machin qu’on appelle l’ONU”, mots prononcés par le général de Gaulle le 10 septembre 1960, à Nantes, dénonçant les manœuvres de l’ONU pour provoquer la sécession de la province du Katanga du Congo (ex-belge, ex-Zaïre, actuellement RDC). Sous la pression des milieux miniers occidentaux voulant s’emparer des colossales richesses de ce territoire (cuivre, cobalt, diamant, fer, uranium, coltan, etc.), sur fond de guerres civiles et de campagnes de propagande, entretenues par la « Communauté Internationale ».

Constatons que ces mêmes manœuvres, de l’Empire, se déroulent actuellement dans le cadre de l’opération Darfour, essayant d’en obtenir, et d’en légitimer, la sécession du Soudan. Afin de contrôler les plus grandes réserves d’uranium du monde et d’en barrer l’accès aux pays non occidentaux…

(7) Lire le texte intégral de cette “résolution” (1929), suivi des commentaires des votants au Conseil de Sécurité, ainsi que lamagistrale réponse du représentant de l’Iran : http://www.voltairenet.org/article165789.html

(8) Massoud Parsi, Iran sanctions cripple the UN, http://english.aljazeera.net/focus/2010/06/2010612175820455952.html

(9) Rappelons qu’à l’origine, le jeu de Go est un jeu chinois, et non pas japonais, le : wéiqí. Voir : http://jeudego.org/

(10) Rappelons que le budget militaire de la Chine, en 2010, est d’environ 80 milliards de dollars (77,9 Md US $). L’équivalent de celui cumulé de la France et de la Grande-Bretagne représentant 10 % de la population chinoise (environ 140 millions contre, 1,4 milliard d’habitants).

Il représente 8 % du budget militaire des USA qui est, de 1000 MdUS$ (minimum), pour une population de 304 millions d’habitants. Pour arriver à un budget équivalent à celui des USA, par rapport à la population, la Chine “devrait avoir” un budget de 4605 MdUS$ au lieu de 80 MdUS$. En fait, comparativement en termes de population "à protéger" suivant les critères du Pentagone, le budget militaire chinois ne représente que 1,737 % de celui des USA. Même pas 2 %...

(11) Wang Hui, Britain will lose by criticizing China on Tibet, 15 juillet 2010, http://www.chinadaily.com.cn/opinion/2010-07/15/content_10112691.htm

(12) William Hague est l’auteur d’une biographie (excellente) de William Pitt (dit Le Jeune par opposition à son père), longtemps premier ministre et artisan infatigable de l’édification de l’Empire Colonial britannique, fin du XVIII° et début du XIX° siècle, fondé sur la puissance de sa marine.

Symptomatique d’une caste vivant sur la nostalgie conquérante et impériale…

(13) Voir :

 China rejects U.S. pressure on Iran trade ties, http://www.tehrantimes.com/index_View.asp?code=224317

 China disagrees with EU’s unilateral sanctions on Iran, http://china.globaltimes.cn/diplomacy/2010-07/558115.html

 Harsh V. Pant, India ignoring Washington as it woos Iran, 24 juillet 2010, Japan Times.

(14) Ismael Hossein-Zadeh (Professeur d’Economie à Drake University – Des Moines – Iowa), Why the Greens Failed – Iran’s Presidential Election One Year Later, CounterPunch, 14 juin 2010.

(15) Nil Nikandrov, The US is Synchronously Preparing to Launch Aggression Against Iran and Venezuela, RIA Novosti, 29 July 2010, http://en.rian.ru/international_affairs/20100729/159994768.html

(16) Jim Lobe, Hawks sharpen claws for Iran strike, 13 July 2010, http://www.ips.org/blog/jimlobe/.

(17) Toutes les installations mobiles au sol des batteries S 300 ont été livrées avant les "sanctions" (véhicules radars, de conduite de tirs, de commandement, de maintenance, etc.). Restait la livraison intégrale des missiles (48 par batteries), et leur remplacement qui, depuis, ont été intégralement positionnés. Les spéculations et déclarations dans certains médias, sur livraison ou pas, ne sont qu’un rideau de fumée servant à semer habilement le doute, chez les uns et les autres…

(18) Pierre Messmer, La Dissuasion Nucléaire française : Genèse et Actualité, Op. Cit., p. 4.

(19) Tristement célèbre en Afrique pour l’horreur de ses campagnes répressives et ses massacres organisés, sous forme de chasse à l’homme, notamment au Cameroun.

Méticuleusement occultés par les médias, et les travaux des “historiens”, en France…

Illustrations : dessins d’Allan Macdonald.

Non, il n’est pas Ecossais. Mais, un talentueux caricaturiste du Honduras dont le combat, pour la justice dans son pays et la paix dans le monde, mérite d’être encouragé.

Georges STANECHY

21 août 2010

Son site est à visiter : http://www.allanmcdonald.com/index2.html

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Iran-War-Games-et-Sinuosites-Strategiques.html

n°58 - Géopolitique & stratégie d'Iran - 16-10 : - : Fin - : - Iran : War Games et Sinuosités Stratégiques…


n°58  - Géopolitique & stratégie d'Iran - 16-10  : - : Fin   - : - Iran : War Games et Sinuosités Stratégiques…



Géopolitique & stratégie d'Iran

La guerre aura-t-elle lieu ?

           n°58 du 16-10                               C.De Broeder & M.Lemaire



Le dossier « Géopolitique et Stratégie d’Iran » est visible sur les blogs :

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 


Sommaire :  

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-2 Georges Stanechy : Iran : War Games et Sinuosités Stratégiques…

1-3 Cuba soutient l'Iran et le droit des pays du Sud à l'usage pacifique de l'énergie nucléaire.

2 Annexe

2-1 Pascal Sacre : Réflexions à froid sur le 11 septembre 2001.



1-2 Georges Stanechy : Iran : War Games et Sinuosités Stratégiques…

Georges STANECHY : Des amis lecteurs m’ont interrogé sur “l’affaire des missiles antiaériens russes”, les fameux S-300, par rapport aux déclarations contradictoires depuis des mois sur ce sujet, la récente décision du président russe sous forme d’un décret interdisant leur livraison à l’Iran, et mon texte évoquant ce point dans Iran : War Games et Sinuosités Stratégiques.

Ce présent billet n’est donc qu’un additif au précédent abordant ce contexte.

Il y a, effectivement, de quoi y perdre le nord, si on se laisse balloter entre propos, applaudissements ou récriminations, des uns et des autres. Réels ou simulés.

Comme autant de lapins sortant du chapeau des illusionnistes.

Une clé de compréhension à ne jamais perdre : lorsque “diplomatie” et “vente d’armes” sont imbriquées, tout particulièrement dans un environnement hautement conflictuel, nous sommes dans le “poker menteur”.

Raison de plus de maintenir le cap, dans ce tourbillon de vents contraires, en s’alignant sur quelques “balises” bien ancrées. En l’état actuel de mes « certitudes télépathiques », j’en recense quatre…

1. Le président russe vient de signer un décret interdisant, notamment, la vente d’armes à l’Iran, suivant la liste établie dans la résolution 1929 de l’ONU. (1) Rien de plus normal. Tous les membres de l’ONU sont tenus d’effectuer, du moins au niveau de leurs textes officiels, une reprise de cette forme de résolution. Même Turquie et Brésil, qui ont voté contre cette résolution, ont publié leur propre décret.

Car, les résolutions de l’ONU doivent être instantanément et obligatoirement exécutées par tous ses membres.

Quoique, notons-le au passage : exceptées celles s’appliquant à la Palestine. Certaines n’ont pas reçu un commencement de mise en œuvre depuis plus de 60 ans. Mais, c’est un autre sujet…

Seule innovation, dans ce décret d’application de la résolution 1929 de l’ONU : la Russie a spécifié, dans l’embargo, la livraison des missiles de défense antiaérienne S-300. Lesquels, à priori, ne relèvent pas de la résolution de l’ONU puisqu’il s’agit d’un armement « défensif ».

C’est, donc, le seul point de ce décret qui soulève question : qu’en est-il de la livraison des S-300 ?... Nous sommes dans le « To be or not to be » shakespearien…

Rappelons que les S-300 sont actuellement les meilleurs missiles antiaériens de longue portée opérationnels dans le monde (2). Ils peuvent, en effet, atteindre un objectif volant à 150 km de distance, aussi bien à quelques mètres du sol qu’à près de 30.000 mètres d’altitude. Super efficaces, les missiles de croisière n’ont aucune chance. Surtout : à l’épreuve des brouillages ou contre-mesures électroniques.

Ce qui chagrine fort, on les comprend, les traîneurs de sabre occidentaux habitués à massacrer des peuples sans défense.

2. Pour que l’annulation par la Russie de la commande des 5 batteries de S-300 commandées et payées par l’Iran, dans un contrat liant les deux parties, ait un “commencement” de crédibilité, il est impératif que cette affirmation soit immédiatement complétée d’un deuxième terme, dans le genre :

« En conséquence, la Banque Centrale Russe a crédité la Banque Centrale Iranienne du montant de la commande de 1 milliard de dollars US versé, par l’Iran, en 2007. Augmenté des intérêts sur les sommes conservées depuis, auxquels s’ajoutent les 400 millions de dollars US de dédommagement pour rupture unilatérale de contrat d’une des parties, conformément aux clauses de celui-ci. »

Virements de fonds et indemnités étant en retour, évidemment, confirmés par le gouvernement Iranien.

Et, encore… Ce ne serait qu’une amorce de crédibilité…

3. En l’absence de pareilles décisions et actions, preuves à l’appui, ces déclarations ne sont, on le perçoit aisément, que du “courant d’air”. N’en déplaise aux jubilations de la propagande iranophobe…

Et, pour cause :

i) Au-delà de toute considération humanitaire, Russie et Chine, ainsi que beaucoup d’autres pays, ne tiennent, pour des raisons autant géopolitiques qu’économiques, ni à une destruction de l’Iran, ni à son appropriation par les occidentaux. C’est clair, incontournable, non négociable.

ii) Les livraisons, et la formation des techniciens Iraniens, ont commencé dès 2008, d’après les propres déclarations officielles des autorités et des fabricants russes de l’époque.

L’ensemble des matériels et véhicules mobiles au sol (radars, postes d’acquisition de cibles, postes de conduites et coordinations des tirs, alimentation électrique, maintenance, etc.) avait été intégralement livré bien avant les sanctions. Restait l’achèvement de la livraison des missiles eux-mêmes (48 par batteries) qui, progressivement, a été effectué.

iii) La Russie a pris du retard dans l’application du décret, par rapport aux pays membres de l’ONU, même par rapport à ceux qui avaient voté contre. A malin, malin et demi : le temps de terminer la livraison, dont le maximum de pièces détachées et autres composants, avant de fermer “officiellement” (car “officieusement”…) le robinet.

iv) Il est certain que la Russie ne vendra pas de batteries supplémentaires comme le souhaitait l’Iran. Les Iraniens avaient anticipé un triplement de ce parc de missiles à longue portée, du fait que les premières salves, massives, en cas d’attaque, seront essentiellement des missiles de croisière.

Bien qu’ils soient largement pourvus de missiles antiaériens de moyenne portée, les redoutables Tor-M1 (29 batteries livrées par les Russes). Auxquels l’Iran a rajouté ses propres fabrications équivalentes, tels les “Mersad” et “Mesbah”.

Ni vendre la nouvelle génération, les S-400, deux fois plus performants en vitesse, en distance et en nombre de cibles traitées. Matériel dont les forces russes commencent, à peine, à être équipées.

Mais, l’Iran est parfaitement en mesure de produire des S-300, ou leur équivalent, en les clonant et, même, en les améliorant. Comme il l’a déjà réalisé pour d’autres types de missiles. Sous une appellation “iranisée”. Ce qui convient parfaitement aux Russes, ne pouvant ainsi pas être accusés, en cas de conflit, d’avoir équipé “directement” des adversaires de l’Occident, avec un équipement surclassant les siens.

4. Pourquoi cette déclaration bidon ?... Pour complaire aux occidentaux ?... Même pas. Les Russes n’en sont pas réduits à cette extrémité. D’autant plus qu’ils sont très intéressés par les perspectives de contrats avec l’Iran, en priorité par son programme à long terme de construction de 18 centrales nucléaires pour assurer sa production électrique. Ce jeu de dupes, sur la scène internationale, présente un double avantage, autant pour les Russes que pour les Iraniens.

i) Dans un premier temps, il constitue un “capital de négociation” de valeur pour les Russes face aux occidentaux. D’échange. Par exemple : freiner le surarmement de la Géorgie, pays ultracorrompu et agent déstabilisateur de l’Occident dans le Caucase. Donnant-donnant…

ii) A présent, cet écran de fumée en coopération avec le gouvernement Iranien, sert à couper l’herbe sous les pieds des « ziocons » et de leurs satellites occidentaux, qui font un tir de barrage contre la livraison, par la Russie, à la Syrie, des missiles de croisière antinavires : les foudroyants et imparables Iakhont d’une porté de 300 kilomètres. (3)

Les occidentaux après avoir refusé que la Russie équipe l’Iran en matériel défensif, ne peuvent encore maintenir une interdiction identique à l’égard de la Syrie. On ne peut refuser à tous les pays du Moyen-Orient de s’équiper pour se défendre ! Et, interdire à la Russie de vendre son matériel, alors que les USA, ou autres "auxiliaires", sont en train de signer des milliards de dollars de contrats d’armement avec les pays voisins…

iii) Cerise sur le gâteau : L’Iran de son côté, vis-à-vis de ses agresseurs, se ménage un puissant effet de surprise ou d’incertitude, suivant l’angle de perception. Facteur essentiel, tant sur le plan tactique que psychologique.

Comme au Liban, en juillet 2006, quand les soi-disant chars invincibles Merkava (à plus de US $ 5 millions / pièce) se sont trouvés face aux missiles antichars russes Kornet.

Les tankistes israéliens se prenant une raclée mémorable. Il est vrai qu’ils s’attendaient, à leur habitude, à confronter des combattants réduits à utiliser des bouteilles incendiaires.

Mais, ne suis-je pas en train de sortir des lapins de mon chapeau ?...…

Georges Stanechy

27 septembre 2010

 (1) Cf. texte de la résolution 1929 : http://www.voltairenet.org/article1...

(2) Cf. fiche technique du S-300 : http://www.armyrecognition.com/s-30...

(3) Missiles russes pour la Syrie : hostilité d’Israël (Etat-major), RIA Novosti, 22 septembre 2010,http://fr.rian.ru/world/20100922/18.. Georges Stanechy

27 septembre 2010
http://stanechy.over-blog.com/

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Iran-S-300-russes-Des-Lapins-...


1-3 Cuba soutient l'Iran et le droit des pays du Sud à l'usage pacifique de l'énergie nucléaire.

« Pendant que nous délibérons ici, des forces puissantes et influentes aux Etats-Unis et en Israël tracent le chemin d'une attaque militaire contre l'Iran ; le Conseil de sécurité adopte des sanctions illégales pour étouffer l'économie iranienne ; si cette agression se concrétise, ce sera un crime contre le peuple iranien et une attaque contre la paix et le droit international », a déclaré lundi à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU, le ministres des Affaires étrangères de Cuba, Bruno Rodriguez Parrilla.

Selon lui, le dernier rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'organe de l'ONU fondée en 1957 pour promouvoir les usages pacifiques de l'énergie nucléaire et limiter le développement de ses applications militaires, qui met en avant le manque de coopération de l'Iran, est « politiquement biaisé » et « crée le prétexte à une escalade vers la guerre ».

Pour le chef de la diplomatie cubaine, le monde en général et le Moyen-Orient en particulier est proche « d'un conflit qui sera certainement nucléaire ».

Selon lui, « cette menace est trop sérieuse pour faire confiance au Conseil de Sécurité, où les pays qui occupent les plus hautes responsabilités dans cette crise l'utilisent pour imposer leurs propres desseins aux autres ».

« Sanctions, sièges, confrontations ne sont pas la manière dont on préserve la paix et la sécurité internationale. Au contraire, dialogue, négociations et adhésion aux principes d'égalité entre Etats souverains sont les seules manières d'éviter la guerre », a poursuivi Bruno Rodriguez Parrilla, avant d'expliquer que Cuba encourageait des pays comme la Chine, la Russie, le Brésil et la Turquie « qui essayent de trouver une solution pacifique et appellent la communauté internationale à les soutenir ». « C'est le devoir de l'Assemblée générale de l'ONU de soutenir ces efforts », a-t-il encore ajouté.

Dans ce contexte, le ministre cubain des Affaires étrangères a estimé que l'ONU devait être « radicalement réformée », « le pouvoir de l'Assemblée générale réaffirmé » et « le Conseil de sécurité refondé ».

« Le danger sérieux posé par les armes nucléaires peut disparaître seulement si elles sont totalement éliminées et si leur utilisation est complètement interdite », a encore déclaré Bruno Rodriguez Parrilla devant les Etats membres. Pour lui, « la manipulation qui entoure le régime de non prolifération, qui est basée sur des intérêts politiques et un double standard, avec d'un côté l'existence d'un club privilégié et de l'autre, les pays du sud à qui le droit à l'usage pacifique de l'énergie nucléaire est refusé, doit cesser ».

En conclusion, il a défendu un désarmement général, rappelant « une proposition du Mouvement des Pays non-alignés restée vaine » qui contenait un programme d'action incluant la création de zones exemptes d'armes nucléaires.

« Il est urgent d'établir une telle zone au Moyen Orient, où Israël est le seul Etat à s'opposer à une telle initiative », a-t-il conclu.

: http://fr.groups.yahoo.com/group/alerte_otan/messages

 



2 Annexe

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

2-1 Pascal Sacre : Réflexions à froid sur le 11 septembre 2001.

La décristallisation du 11 septembre 2001

Le 11 septembre 2001 est-il plus insupportable que le bombardement de Gaza, l’opération Plomb Durci, au moyen d’armes génocidaires, sources de souffrances horribles, interdites par les conventions de l’ONU et utilisées sur des civils (uranium appauvri, phosphore blanc) [2] ? Tous ces morts, ce jour-là, sur le sol étatsunien, valent-ils plus que des civils Palestiniens, des Roms ou des Somaliens ? Le 11 septembre 2001 est-il plus condamnable parce que ce sont les tours dorées du World Trade Center, symboles de l’Occidental Way of Life, qui ont été pulvérisées plutôt qu’un taudis en Cisjordanie, un village indonésien, ou une caverne en Afghanistan ?

Si le 11 septembre 2001 est effectivement insupportable, c’est plutôt par l’utilisation que le gouvernement étatsunien a faite de ces événements : un moyen de légitimer leur désir permanent de guerre et de domination. Tous les mensonges, toute la mauvaise foi, toutes les désinformations, tous les parjures qui mystifient ce fait historique font du 11 septembre 2001 un crime contre la liberté, contre la vérité, et contre l’humanité. Cela continue, neuf années plus tard, sous les Démocrates, sous Barack Obama, sous des Prix Nobel de la Paix et autre Médaille de la Liberté [3].

« Il y a eu moins de 3000 victimes le 11 Septembre. Depuis le lancement de la guerre mondiale contre le terrorisme, plus d’un million de personnes sont mortes en Irak, en Afghanistan et au Pakistan. « Seulement » 40000 étaient des combattants et des soldats. » [4].

Le 11 septembre 2001 donnerait, selon la version officielle, un alibi à une conduite ignoble, transformant des meurtriers du niveau de Pinochet ou Pol Pot en gouvernants « honorables », adulés par certains, et récompensés.

Malgré les travaux rigoureux de chercheurs et auteurs sérieux, une grande partie du monde occidental vit toujours dans le fantasme de la version officielle du gouvernement des Etats-Unis, suffisamment en tout cas pour accepter les innombrables injustices commises depuis.

Malgré les analyses de David Ray Griffin, de Michel Chossudovsky, de Nafeez Mosaddeq Ahmed, tous universitaires réputés avec les pieds sur terre, deux guerres meurtrières sont toujours tolérées, en Irak et en Afghanistan. Manifester contre notre exploitation par les firmes et les corporations malhonnêtes est réprimé avec une violence inouïe au nom de la lutte contre le terrorisme, qui devient la lutte contre toute contestation populaire. Nous sommes tous devenus des terroristes potentiels. Notre liberté de mouvement a disparu.

Enfin, un pays grand et fier de 75 millions d’habitants [5], l’Iran, est menacé et accusé de vouloir détruire le monde sans aucune preuve, par ceux-là mêmes qui prouvent par leurs actes quotidiens combien ils détruisent le monde alentour, déportant des populations, détruisant des écosystèmes entiers, amenant la misère et la désolation partout où ils passent, à côté du coca-cola, des stations BP, des puits Halliburton et des bombes de toutes sortes [6].

Ce drame continue car la vérité n’a toujours pas été rétablie à propos des attentats du 11 septembre 2001, recherche obstinément dédaignée, contre toute logique, contre toute raison, par tous les intellectuels abonnés par lâcheté, arrogance, ou ignorance, aux versions officielles du gouvernement des Etats-Unis.

C’est même plus grave encore. Les menteurs à propos du potentiel destructeur de l’Irak [7] remettent ça. Infatigables menteurs. Mais le pire est de voir tous ces gens refaire la même erreur : les croire. Bactériologique, est remplacé par nucléaire…

Les mêmes techniques sont à nouveau exploitées. Les « horribles Irakiens sans cœur bousculant les couveuses au Koweit » [8] font place aux « intolérables Iraniens lapideurs de femme adultère » [9-10].

Le 10 octobre 1990, au cours d’une gigantesque audition télévisée, des témoins décrivent devant le C