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23/02/2012

n° 33 - Dossiers du 11-09 - 21- 2 - Le 11 septembre : la fabrique du consentement.

n° 33 - Dossiers du 11-09 - 21- 2 -  Le 11 septembre : la fabrique du consentement.



Dossiers du 11-09

n°33 du 21- 2-  

C.De Broeder & M.Lemaire



 Le "dossierdu 11-09" est  visible  sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

Vous retrouverez ce journal 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm


Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be




Sommaire : 

Tiré à part : 

 GeantVert : Quand le New York Times oublie de rappeler les contestations de la thèse officielle sur le 11-9.

David Ray Griffin : Croyez-vous vraiment aux miracles ?

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Y a-t-il des journalistes en 2012 ?

1-2 Le 11 septembre en 5 minutes !

1-3 11 Septembre - La preuve que des explosifs ont démoli le WTC.

2 Dossier & Point de vue

Yves Ducourneau - La face cachée des Etats-Unis.

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage 

3-1 GeantVert : La CIA retarde par des menaces la diffusion d’un film documentaire prouvant ses dissimulations avantle 11/9  




Tiré à part : 

 GeantVert : Quand le New York Times oublie de rappeler les contestations de la thèse officielle sur le 11-9.

Comment ne pas s’indigner devant cet hommage du New York Times à Lynn Margulis, une des plus grandes scientifiques américaines de notre époque, décorée par le président Bill Clinton, et décédée brutalement en novembre dernier. Comme vous le verrez, cet article paru fin novembre 2011 dans le célèbre journal américain est relativement technique et rappelle les découvertes mais aussi les obstacles rencontrés par Mme Margulis tout au long de sa carrière, y compris les controverses que certaines de ses positions ont suscitées. Mais de façon incroyable, le quotidien new-yorkais (et les autres grands journaux ne font pas mieux) omet la principale controverse soulevée dernièrement par la scientifique : sa contestation publique, courageuse et sans équivoque de la version officielle du 11/9. Tout se passe comme si Lynn Margulis n’avait jamais rien dit sur le sujet… 

Voici donc cet hommage officiel mais tronqué du New York Times à Lynn Margulis. Pour rappel, nous ajoutons la vidéo de la récente interview donnée par Mme Margulis auxarchitectes et ingénieurs pour la vérité sur le 11/9, dans laquelle elle explique pourquoi les méthodes utilisées par le très renommé National institute of Standards and Technology(NIST) dans son étude de la chute des trois tours sont à l’exact opposé de ce qu’on appelle la Science.

03 février, 2012

by GeantVert

http://www.reopen911.info/News/2012/02/03/quand-le-new-york-times-oublie-de-rappeler-les-contestations-de-la-these-officielle-sur-le-11-septembre/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+Reopen911-News+%28ReOpen911+-+News%29


David Ray Griffin : Croyez-vous vraiment aux miracles ?

Avant que ne paraisse en France, durant l’été 2011, le dernier ouvrage de David Ray Griffin aux éditions Demi Lune, Un autre regard sur le 11-Septembre - 10 ans après. Le Nouveau Pearl Harbor 2, ReOpen911 publiait en janvier une lettre ouverte de cet auteur incontournable dans laquelle il interpelle les principaux intellectuels de la gauche américaine qui critiquent le Mouvement pour la vérité sur le 11-Septembre.  Il y articule une série d’arguments élémentaires autour de cette question : Croyez-vous vraiment aux miracles ? 

« Si vous deviez ne lire qu’un seul article technique sur le 11-Septembre, prenez le temps de lire cette série, car elle fournit de façon claire et détaillée [la plupart des arguments faisant débat]… ». Combien cette remarque est juste […] Effectivement, en lisant, et en voyant les photos, et surtout la vidéo, de cette partie on ne peut que se demander par quelle aberration ou aveuglement psychologique certains « ne voient toujours pas  » (plus de 9 ans après) ces évidences qui sont pourtant si visibles.  René M

 

Février 2011
Vol 77 : Les faits sont têtus

Alors qu’au fil des années, la thèse gouvernementale concernant le vol UA 93 qui s’est écrasé en Pennsylvanie semble avoir perdu toute crédibilité, jusque chez les « chiens de garde » de la version officielle, il ne fait aucun doute que, parmi les quatre vols en cause le 11-Septembre, le vol AA 77 ayant prétendument percuté le Pentagone est désormais celui dont le récit officiel est à la fois le plus discuté et techniquement le plus invraisemblable. L’année 2011 n’a pas manqué d’offrir son lot de nouvelles révélations discréditant davantage la théorie gouvernementale sur l’attaque du Pentagone. 

 

Boîtes noires

En février, l’association des Pilotes pour la vérité sur le 11-Septembre communique les résultats de ses analyses sur les données des boîtes noires du vol 77 délivrées par les autorités américaines, et ces résultats soutiennent que les données en question sont incompatibles avec les performances d’un Boeing 757. Puis en mars, la même association publie des éléments de preuve à partir desquels elle se montre formelle : les données de vol fournies par ces mêmes boîtes noires que les autorités déclarent avoir retrouvées dans les décombres du Pentagone, ne sont pas celles du vol American Airlines 77. Il est utile de préciser que ces deux publications de Pilots for Truth n’ont pas été réfutées à ce jour. Dans la passionnante interview que Michel Charpentier a accordée à ReOpen911 en avril, le pilote de ligne et instructeur de vol français revient en détail sur ces révélations.

Avec cet éclairage, il est intéressant d’observer plus en détail la dichotomie entre les prouesses qu’Hani Hanjour, pilote présumé du vol 77, a été contraint d’accomplir pour que la trajectoire de son avion soit en cohérence avec les données de vol, et l’ensemble des témoignages des différents instructeurs des écoles de vol que l’élève saoudien a fréquentées. Le parallèle est saisissant, Hani Hanjour étant unanimement décrit comme un pilote très médiocre, à peine qualifié pour piloter un simple Cessna monomoteur.

 

Constructions mensongères

 Par ailleurs, la déclassification au printemps 2011 d’un document des services secrets confirme le témoignage de l’ancien ministre des Transports de l’administration Bush, Norman Mineta, à propos de Dick Cheney. Cette note de travail corrobore l’hypothèse selon laquelle le vice-président était informé en permanence du vol d’un appareil se rapprochant à grande vitesse du Pentagone. 

Enfin, en novembre, est publié un article de la chercheuse Elizabeth Woodworth qui a repris méthodiquement les traces électroniques des appels téléphoniques des passagers depuis les vols détournés le 11-Septembre. Son étude confirme ce que le procès Moussaoui avait révélé : la présentatrice de CNN Barbara Olson n’a jamais téléphoné à son mari depuis le vol 77. Ce fait est fondamental, car la construction du récit mettant en scène les pirates armés de cutters, égorgeant hôtesses et pilotes de ligne pour s’emparer des cockpits, découle des témoignages par téléphone de passagers des vols détournés, et en particulier, au cœur de la dramaturgie du 11-Septembre, de la conversation entre Barbara Olson et son mari, dont il est désormais officiellement démontré qu’elle n’a jamais eu lieu. Il est donc formellement établi que ce témoignage central n’est rien moins qu’une construction mensongère. 

 Citation : « Pas une seule des données sur l’attentat du Pentagone [en provenance du NTSB ou du gouvernement fédéral] ne soutient les affirmations de la commission d’enquête. » Prévision : Pas un seul des pseudo journalistes d’investigation n’est intéressé par l’accumulation irréfutable et grandissante des preuves contre la V.O. Conclusion : Mesdames et Messieurs de la presse « Mainstream », bienvenue dans la prochaine crise, qui ne sera plus seulement économique, mais aussi de confiance.  Candide

Je suis un lecteur de ReOpen911 depuis plus de 7 ans, et lis (comme beaucoup) les incroyables révélations qui nous sont quotidiennement si généreusement livrées. Et je tiens ici à faire ici une très simple déclaration : Aucun article de presse sur le 11-Septembre n’a jamais été aussi précis, détaillé, argumenté, fouillé, et étayé que le plus petit des articles disponibles sur ce site (et il doit y en avoir des milliers…). Si l’on ne considère que la forme des débats et non pas le fond, on est bien obligé de déduire que les arguments les plus étayés sont à priori les plus crédibles, par rapport à ceux qui répondent de façon trop globale, fuyante, périphérique, détournée, imprécise, décalée, voire totalement fausse. Alors qui a raison ? Ceux qui épluchent tous les jours avec autant de précision des éléments s’appuyant toujours sur des éléments réellement factuels, ou bien ceux qui très nonchalamment rétorquent : « Mais enfin tout cela n’est pas plausible ! ».  Yan

Vous oubliez de mentionner un exemple inédit de la conscience des objets : un avion fortement impliqué dans le recyclage et le respect de l’environnement. Un avion qui, […] par respect pour la planète fait le ménage en nettoyant tout ses débris. Encore lui qui, prenant conscience du trouble qu’il avait pu occasionné à la faune et à la flore environnante, a remis la terre et l’herbe en place sur la zone de crash. 

Delaruelle 



1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

1-1 Y a-t-il des journalistes en 2012 ?
Alors que l’année 2011 était attendue comme un cap symbolique avec le dixième anniversaire du 11-Septembre, l’actualité de ces douze derniers mois aura marqué la consécration du « storytelling », la diffusion par des instances partisanes de récits non étayés comme vecteurs d’information au sein des médias occidentaux, produisant un écho fracassant aux anomalies observées autour des attentats commis en 2001. Indéniablement, ce nouvel outil de stratégie militaire a été manié sans vergogne en mai dernier, lors de l’exécution officielle de la figure médiatique d’Oussama Ben Laden.
Par ailleurs, cette année 2011 a été marquée à la fois par des bouleversements géopolitiques d’envergure s’inscrivant dans une dynamique née des conséquences du 11-Septembre, et par de nouvelles révélations qui, une fois de plus, ont validé les manquements et les incohérences de la version officielle du gouvernement américain sur cet événement.

L'analyse rétrospective de l'année écoulée que nous vous proposons dans le présent article est accompagnée de citations particulièrement pertinentes extraites des commentaires que nos lecteurs ont été nombreux à déposer tout au long de l'année 2011 et qui sont venus soutenir et compléter les publications de ReOpen911.
A de multiples reprises, nos sympathisants ont fait part, dans leurs messages, de leurs interrogations sur le rôle des médias et sur la démission de l’ensemble du corps journalistique, à de rares exceptions près, concernant la question du 11-Septembre. Y aura-t-il en 2012, davantage de professionnels du journalisme pour relayer les faits et non les récits officiels des gouvernants ? Cette question ne vaut pas seulement pour le 11-Septembre, elle est également pertinente pour les enjeux et les conflits actuels. Et si elle se pose pour des événements qui ont eu lieu sur le territoire américain voilà dix ans, cette question nous concerne avant tout en tant que citoyen français, soucieux de comprendre la société dans laquelle nous vivons, tandis que le besoin de justice, de vérité et de démocratie est mis toujours plus en avant par les politiques et les grands médias à l’approche des échéances électorales de cette année 2012.
Meilleurs vœux à toutes et tous

ReOpen911


1-2 Le 11 septembre en 5 minutes !

VIDEO  : http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=tBezVTb9Jm4#!


1-3 11 Septembre - La preuve que des explosifs ont démoli le WTC.

VIDEO : http://www.youtube.com/watch?v=irbpPkzBV6E&feature=related



2 Dossier & Point de vue

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

Yves Ducourneau - La face cachée des Etats-Unis.

Mars 2011
La face cachée de l’OTAN

Le 17 mars, le Conseil de sécurité des Nations Unies se prononce pour l’instauration d’une zone d’exclusion dans le ciel libyen. Une décision qui signifie, en langage diplomatique, l’approbation de la communauté internationale pour les actions militaires de l’OTAN sur le territoire libyen. Mais cette opération géopolitiquement correcte est l’occasion de mesurer à quel point le concept de « guerre contre le terrorisme » initié à partir du 11-Septembre a permis aux Etats-Unis d’accroitre leur influence sur le monde et plus particulièrement sur les pays occidentaux aujourd’hui ralliés dans leur totalité au dogme de la logique interventionniste. Comme le remarque le géopoliticien Aymeric Chauprade, cette logique s’impose désormais au nom d’une « politique des "Droits de l’Homme" qui au prétexte de libérer les peuples d’eux-mêmes, [ne cesse] de les assassiner et de les livrer à des forces étrangères ». Et dans le cadre du conflit en Libye, le même schéma de déviances médiatiques a été observé avec la répétition d’allégations sans preuve sur les massacres de population, allégations relayées par la majorité des médias, visant à faire pression sur les opinions occidentales afin que soit validé dans l’urgence le processus d’intervention militaire de l’OTAN, au détriment de toute solution diplomatique et avant tout pour les intérêts occidentaux, et non ceux du peuple libyen.

 

Armées secrètes

 Parallèlement à ces manœuvres guerrières de l’OTAN, la télévision publique française diffuse en février sur Arte, puis en avril sur France 5, deux documentaires sur les activités spécieuses de l’OTAN, à savoir la mise en place d’armées secrètes en Europe de l’Ouest entre 1950 et 1990 à l’insu des instances démocratiquement élues, ayant pour objet de superviser des structures dont l’une des vocations aura été d’organiser des attentats dans le cadre d’un terrorisme d’Etat aujourd’hui très documenté, pour une bonne part grâce aux travaux de l’historien suisse Daniele Ganser. On notera par ailleurs la réalisation d’un site interactif de qualité sur une conférence récente de Ganser concernant le 11-Septembre (en anglais).

A l’image de ces hommes et femmes exclus à vie du système des castes qui structure la société indienne, les pompiers et les secouristes qui ont participé en héros aux opérations ayant eu lieu sur le site de Ground Zero, ont été, durant la dernière décennie, assidûment mis au banc de la société américaine dont ils sont devenus les intouchables. Ce phénomène d’une violence morale inouïe est à lui seul un révélateur de l’effondrement que le 11-Septembre a provoqué dans le système démocratique désormais compromis des Etats-Unis. Un système rongé par le déni et incapable d’admettre la réalité des anomalies qui criblent la façade conformiste de la version officielle des attentats de 2001.

 

Même si les autorités américaines s’obstinent à le nier, c’est désormais une vérité factuelle : les pompiers et secouristes du 11-Septembre sont massivement atteints de cancers et de maladies respiratoires. Occupés à secourir les victimes des attentats dans les gravats du World Trade Center, les sauveteurs new-yorkais ont respiré des poussières toxiques. Aujourd’hui, ils meurent en grand nombre, et les survivants sont abandonnés, faisant face à l’absence de reconnaissance des maladies qu’ils ont contractées et aux déconvenues administratives. 

 

Affront ultime 

L’administration des Etats-Unis a poussé l’humiliation jusqu’à confronter les noms des pompiers et des secouristes du 11-Septembre à ceux figurant sur la liste des terroristes connus du FBI afin de vérifier qu’aucun d’entre eux ne se cachait parmi ces « héros » pour toucher les modestes indemnités de la couverture médicale que le Congrès a fini par accorder en 2010, après neuf ans de bataille judiciaire. Cependant, cette loi ne réserve une aide qu’aux malades souffrant de problèmes respiratoires, mais ne s’applique pas aux secouristes atteints de cancer. Affront ultime, les secouristes ont été écartés des cérémonies officielles du dixième anniversaire du 11-Septembre à Ground Zero sous prétexte qu’il n’y avait « pas assez de place »
 

Témoins privilégiés

Alors que l’entraide, le respect et la reconnaissance de leur sacrifice devraient logiquement prévaloir, comment expliquer l’abjecte mise à l’écart de ceux qui ont risqué ou sacrifié leur vie pour porter secours aux victimes du 11-Septembre ?

Est-ce le déni ou la honte ?

Est-ce la crainte de manifestations qui terniraient la séquence de communication entamée par Obama avec l’exécution médiatique de Ben Laden ? Ou serait-il tout simplement opportun que disparaissent dans l’indifférence ces témoins privilégiés du 11-Septembre ? En 2011, ReOpen911 a mis en ligne la traduction très attendue des travaux de Graeme MacQueen portant sur les 503 témoignages officiels des pompiers et secouristes de New York que la Commission d’enquête sur le 11-Septembre avait en sa possession mais qu’elle n’a jamais évoqué dans son rapport : 118 témoins y décrivent des explosions.

 

 Mai 2011
Ben Laden zappé 

Dix ans après le 11-Septembre, 2011 restera avant tout l’année de l’exécution officielle de la figure médiatique d’Oussama Ben Laden, en fait, l’année d’une nouvelle faillite majeure du journalisme. Voilà une fin providentielle rapportée de façon spectaculaire sur la base d’allégations produites par l’administration Obama, évitant soigneusement de faire valoir quelque preuve élémentaire vérifiable par le citoyen : aucun témoignage d’observateur indépendant, pas de capture, pas de cadavre, ni même de photo du cadavre de cet ancien relai de la CIA devenu terroriste légendaire… De la disparition de Ben Laden, il ne restera donc qu’un enchainement de péripéties improbables relayées sans regard critique par la grande majorité des médias occidentaux que le citoyen infantilisé à l’extrême est supposé croire par la magie de la confiance qu’il est sommé d’accorder aux autorités américaines

 

Blitzkrieg médiatique

Il est intéressant de redécouvrir, huit mois après cet « événement », les nombreux commentaires spontanés déposés à l’époque sur le site à la suite des différentes publications de ReOpen911 sur le sujet. Il est remarquable de constater la stupéfaction et l’indignation des internautes face à la Blitzkrieg médiatique qui a saturé tous les vecteurs d’informations, une guerre-éclair qui en peu de temps a bombardé le public de nouvelles aussi invraisemblables que contradictoires, créant une sorte de chaos d’actualité face auquel la plupart des journalistes des grands médias se sont montrés plus démissionnaires que jamais, validant sans états d’âme le récit rocambolesque du gouvernement américain, tout en agitant l’épouvantail du conspirationnisme

 

Storytelling

Pour faire face à cette déferlante, ReOpen911 diffuse dès juillet un documentaire d’investigation, Ben Laden, storytelling et démocratie, qui explore, entre autres, la problématique des révélations relayées à chaud par les médias, révélations dont la source (CIA ou autres agences gouvernementales américaines) n’est jamais neutre et dont la plupart des journalistes ne vérifient pas - ou ne relativisent pas - l’authenticité. 

 

"Ben Laden, storytelling et démocratie" by ReOpen911

Enfin, le sondage HEC effectué pour ReOpen911 du 6 au 24 juin 2011, à peine plus d’un mois après la mort annoncée de Ben Laden, révèle que 60% des Français doutent des explications officielles données par les autorités américaines sur la disparition de l’ex-ennemi public n°1.

Juin 2011

Torture Made in USA

Le documentaire-choc de la journaliste Marie-Monique Robin, Torture Made in USA, diffusé en juin sur Arte, se concentre sur l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire récente des Etats-Unis, et retrace les dérives totalitaires de l’administration Bush depuis les attentats du 11-Septembre et sa volonté politique manifeste de normaliser la pratique de la torture dans le cadre des actions militaires entreprises par les Etats-Unis. Le film montre comment l’administration américaine a pu institutionnaliser l’enlèvement, la détention et la torture d’individus à travers le monde dès lors que ceux-ci étaient désignés comme agents d’Al-Qaida. 

Les Etats-Unis affectionnant de se positionner en modèle pour le reste du monde, il est légitime de considérer le 11-Septembre comme un tournant décisif de l’Histoire récente vers une dévalorisation accrue du respect de la personne humaine dans le cadre des tensions et des conflits internationaux. En cela, la dénonciation des mensonges officiels sur les événements du 11-Septembre revêt une importance capitale pour endiguer les dérives guerrières, totalitaires et islamophobes dans lesquelles les gouvernements américains successifs ne cessent d’entrainer l’Europe et le reste du monde depuis 10 ans.

 

Une totale impunité

 Aujourd’hui, Obama s’oppose à toute mise en cause des responsables qui l’ont précédé, et son administration fait clairement entrave aux procédures qui permettraient d’éventuelles poursuites contre Donald Rumsfeld ou George W. Bush, quelle que soit la somme des preuves accablantes d’actes de torture commis durant les mandats de ce dernier. Par ailleurs, la CIA a délibérément détruit les vidéos de centaines d’heures d’interrogatoires qu’elle avait conduits sur les prétendus comploteurs en détention, dont Khaled Sheikh Mohammed, cerveau auto-proclamé des attentats, interrogatoires durant lesquels avaient été pratiqués des actes de torture à répétition. L’agence s’est ainsi débarrassée dans une totale impunité des « preuves » que la Commission d’enquête et de multiples tribunaux l’avaient sommée de produire. A ces révélations s’ajoutent également en 2011, celles des prisons secrètes que la CIA avait installées en Europe, au mépris des droits humains et des lois européennes.

 

 Juillet 2011
La question du terrorisme d’Etat

Recul historique

Le 22 juillet a lieu l’attentat d’Oslo que plusieurs médias internationaux s’empressent, à tort, d’attribuer à Al-Qaida. Ce double attentat, qui se révèle particulièrement complexe dans son déroulement et dont la version officielle est actuellement loin de répondre à toutes les questions qu'il soulève, sera finalement attribué à un seul et unique responsable, Anders Breivik, dont le profil et les influences méritent d’être explorés avec une certaine indépendance d’esprit et en tentant de s’affranchir des seules analyses délivrées par les grands médias.

En effet, le terrorisme moderne est communément présenté comme l’arme du fou contre la civilisation, des démunis contre les puissants, le levier politique et stratégique de groupuscules fanatisés attaquant avec lâcheté les grandes démocraties. Pourtant, un simple recul historique nous apprend que le terrorisme se révèle fréquemment être d’une autre nature. Il s’agit bien souvent d’un terrorisme d’Etat qui est l’instrumentalisation par des factions secrètes au sein des gouvernements de régimes démocratiques ou autoritaires, de pratiques violentes et spectaculaires visant à influencer des opinions publiques ou des adversaires politiques en dehors du cadre et des contraintes constitutionnelles de l’Etat impliqué.

 

Une affaire d’Etat

L’affaire Karachi nous en délivre un exemple remarquable. Le 8 mai 2002, à peine six mois après le 11-Septembre, un attentat au Pakistan tue onze employés français de la Direction des Constructions Navales. L’enquête ouverte par la police pakistanaise, renforcée pour l’occasion par des agents du FBI et de la DST française, s’oriente rapidement en direction des réseaux islamistes, et jusqu’en juin 2009 cet attentat sera attribué à Al-Qaida. Pourtant, il s’avère que les Services secrets français avaient dès le début connaissance de la piste « financière » qui conduit à envisager aujourd’hui cet attentat comme la conséquence d’un sombre règlement de compte politique franco-pakistanais. Dans cette affaire d’Etat qui implique l’actuel Président français, le combat des familles de victimes aura été déterminant, et ces familles ont dû sans cesse faire face aux manœuvres de pression et d’obstruction de la part du gouvernement français qui entrave perpétuellement le travail du juge et de la commission parlementaire en charge de l’affaire. (Dans le cas du 11-Septembre, certains proches des victimes ont témoigné sur les pressions reçues de la part des autorités américaines).

 

Chronique du choc des civilisations

En octobre 2011, le géopoliticien français Aymeric Chauprade, directeur de la Chaire de Géopolitique du Collège interarmées de défense de 2002 à 2009, accorde aux caméras de ReOpen911 une interview exclusive à l’occasion de la sortie d’une nouvelle édition de son atlas, Chronique du choc des civilisations. Il nous livre son interprétation alternative du 11-Septembre. Selon lui, cet attentat serait probablement l’œuvre de l’Etat profond américain, et s’inscrirait dans une utilisation de longue date du terrorisme par des services de renseignement. Dans le terrorisme international tel qu’il le conçoit, des illuminés islamistes (ou autres) sont utilisés pour commettre des attentats par des services étatiques dont des agents infiltrent les cellules terroristes.


Interview exclusive du géopoliticien Aymeric Chauprade by ReOpen911

Cette conception de l’Etat profond aux Etats-Unis a été mise en lumière par le travail du Professeur et ancien diplomate canadien Peter Dale Scott, auteur d’un ouvrage de référence sur les enjeux et les causes du 11-Septembre, La route vers le nouveau désordre mondial, et qui publie régulièrement des articles décryptant avec un recul historique salutaire les dysfonctionnements du système étatique américain. Dans le cadre du récent conflit libyen, Peter Dale Scott revient sur la collusion initiée dans les années 80 par Zbigniew Brzezinski, entre Washington et les groupes terroristes islamistes qui ont sévi dans différents points du globe : l’Afghanistan, la Bosnie, le Kosovo et désormais la Libye.

ONE

 Cette collusion historique est au cœur de la « la guerre contre le terrorisme » analysée également par le documentaire ONE, Enquête sur Al-Qaida. Le film, co-produit par ReOpen911, explore le terrorisme international depuis la fin de la Guerre Froide, expliquant comment les guerres de Yougoslavie, du Caucase, celles en Asie centrale et en Afrique ont toutes un point commun : le contrôle des ressources énergétiques du globe et la présence récurrente d’Al-Qaida, la « nébuleuse utile » qui se voit attribuée presque automatiquement la responsabilité de la plupart des attaques terroristes qui, à partir du 11-Septembre, ont semé la panique un peu partout dans le monde.

 

Enfin, dans le cadre de ce chapitre sur le terrorisme d’Etat, il est indispensable d’évoquer un fait symbolisant le cap franchi par le gouvernement des Etats-Unis avec l’instauration d’assassinats ciblés de citoyens américains. En l’occurrence, l’exécution de l’imam américano-yéménite Anwar Al-Aulaqi, opérée par un drone de la CIA le 30 septembre dernier, en violation ostensible de la constitution américaine qui stipule que « nul ne peut être privé de sa vie, de sa liberté ou de ses biens sans procédure légale régulière ».

 

Août 2011

Le choc des Smart Bombs

Le 5 août, l’agence de notation Standard and Poor’s abaisse la note de la dette américaine de AAA à AA+. Cette dégradation constitue une première historique depuis 70 ans, et va sonner le départ d’une incroyable psychose mondiale faisant valoir le pouvoir extravagant accordé à quelques agences de notations privées sur l’économie de nations entières dont il est légitime de se demander si elles bénéficient encore d’une quelconque souveraineté budgétaire, monétaire ou même politique. 

 

La grande délinquance financière

Tout au long de l’année 2011, la crise financière n’aura cessé de s’étendre, gagnant plus particulièrement le continent européen. Les bulles spéculatives organisées par Wall Street, aspirant l’argent des Etats (et plus spécifiquement celui des contribuables partout à travers le monde) peuvent être envisagées comme des « Smart Bombs ». Cet oxymore désigne l’équivalent financier des bombes réelles dirigées contre les pays se dressant sur la route de l’impérialisme anglo-saxon et plus encore des intérêts d’une puissante oligarchie financière à laquelle semblent désormais subordonnées les décisions des dirigeants et de la communauté internationale. 

La nature par certains aspects crapuleuse de cette crise et ses liens avec la grande délinquance financière renvoie par ailleurs à l’épisode des délits d'initiés boursiers qui ont devancé de quelques jours les attentats du 11-Septembre, à savoir de très lucratives spéculations boursières, notamment sur les deux compagnies aériennes dont les avions furent détournés, et qui, à en croire les enquêtes officielles, n'ont aucun lien avec Al-Qaida. 

Hélas, c’est bien réel comme histoire ! Hollywood c’est bien fini ! Retour vers le réel.  H.

 

 Septembre 2011
10 ans après : Le pouvoir des citoyens français 

Grâce aux donations de ses membres et sympathisants, ReOpen911 a commandé à un organisme indépendant, une enquête d’opinion afin de savoir quel regard les Français portent sur les événements du 11-Septembre. A l’occasion du dixième anniversaire des attentats de 2001, l’association publie les résultats de ce sondage qui met crûment en lumière une incroyable distorsion : alors que l’immense majorité des médias francophones cautionne sans réserve la thèse officielle des attentats du 11-Septembre, seul un Français sur trois (31%) n'a aucune réserve sur cette thèse.

 

Déni de réalité

Voilà un état de fait formidablement choquant qui, au-delà de toute position individuelle sur la question même du 11-Septembre, doit amener chaque citoyen à s’interroger sur la raison d’être de ce déni de réalité de la part des médias de notre pays par rapport aux doutes clairement manifestés par une large majorité de la population française (58%). 

Comment les journalistes dont le rôle fondamental au sein d’une démocratie moderne consiste à s’interroger sur la nature de la réalité qu’ils observent et à en relayer les faits pour une information juste des citoyens, peuvent-ils ainsi trahir ces derniers en tournant le dos aux doutes qu’ils expriment et en omettant de leur rapporter convenablement la multitude des anomalies qui dévorent la version officielle du 11-Septembre ? Le sondage révèle que seuls 14% des Français savent que trois tours se sont totalement effondrées ce jour-là.

 

Exigence de vérité

Quelle que soit l’ardeur avec laquelle nous appelons de nos vœux à une nouvelle enquête indépendante aux Etats-Unis sur les attentats du 11-Septembre, notre pouvoir en tant que citoyens français pour influer sur une telle décision, est extrêmement ténu. Mais notre pouvoir en tant que citoyens pour exiger de nos médias qu’ils nous informent avec un minimum de rigueur et d’honnêteté est infiniment plus grand. Et il est assurément de notre devoir d’user de cette influence : pour notre démocratie, pour nos enfants et pour le regard qu’ils porteront plus tard sur l’exigence de vérité que notre génération aura su manifester à l’endroit d’une question si cruciale. 

 

Remplacez le mot « démocratie » par « système »

En France, certains des soutiens les plus zélés de la version officielle sur le 11-Septembre se situent en fait au sein des médias dits de gauche. Laurent Joffrin en a offert un exemple retentissant avec un article enragé paru dans le Nouvel Observateur pour le dixième anniversaire des attaques : « Pourquoi les complotistes sont des ennemis de la démocratie », diatribe assimilant les contestataires de la version officielle à des négationnistes, que le directeur du journal se trouve en position de devoir justifier deux jours plus tard face à son lectorat qui ne manque pas de faire valoir en masse son désaccord dans l’avalanche des commentaires qui - sur le site même du Nouvel Obs - condamnent majoritairement les deux articles. De son côté, ReOpen911 publiera, en guise de réponse, un article détaillant avec humour comment Laurent Joffrin, dans sa vision fantasmatique de l’émergence d’une nébuleuse de complotistes au service d’intérêts machiavéliques visant à renverser la démocratie, sombre lui-même dans le… conspirationnisme. 

 

 Octobre 2011
Epouvantails, autruches et perroquets

En octobre, ReOpen911 relaie une interview captivante du journaliste Olivier Taymans, le réalisateur du film événement Epouvantails, autruches et perroquets – 10 ans de journalisme sur le 11-Septembre sorti à l’occasion des commémorations des 10 ans de la tragédie. Voilà le documentaire dont les citoyens avaient besoin afin que le cauchemar journalistique qui a formaté une décennie entière commence à être ébranlé. De la qualité des intervenants et des questions posées aux vertus de la narration pédagogique, ce film est un petit bijou d’intelligence tout autant qu’un acte historique de résistance, car c’est le premier documentaire qui répond avec autant de force et d’opiniâtreté à ce fait sans précédent qu’est le consensus de propagande diluée qui s’est abattu sur les « démocraties » occidentales après le 11-Septembre. Olivier Taymans a réalisé une œuvre salutaire : Epouvantails, autruches et perroquets est un fabuleux outil d’information pour tous ceux qui veulent que la vérité s’échappe du drôle de zoo médiatique dans lequel elle croupit.
 

Rhétorique de disqualification

 Mathieu Kassovitz qui a contribué au buzz pour le documentaire d’Olivier Taymans, se rend le 4 octobre au tribunal correctionnel de Paris, pour le procès que l’acteur et réalisateur a intenté deux ans plus tôt à plusieurs journalistes à la suite de commentaires infamants formulés à son sujet concernant la remise en cause des conclusions de l’enquête officielle sur les attentats de 2001 que Kassovitz avait exprimée publiquement en 2009 durant l’émission Ce soir ou jamais. Ce procès offre l’occasion de mieux comprendre les méthodes des inquisiteurs installés au sein des médias grand public. Ils pratiquent à l’envi la rhétorique de disqualification, un procédé qui consiste à utiliser des éléments de langage d’une force symbolique disproportionnée et sans rapport avec le problème visé, une manœuvre qui a pour objectif de réduire au silence la libre parole à propos du 11-Septembre et décourager à l’avance les sorties médiatiques d’autres personnalités sur le même sujet. Le procès aboutira à la condamnation du blogueur du Journal du dimanche qui avait dépeint Mathieu Kassovitz en adepte de Goebbels, le propagandiste d’Hitler. C’est dans la même dynamique intellectuelle nauséabonde que l’inénarrable Caroline Fourest avait choisi sur son blog de qualifier les membres et sympathisants de ReOpen911 de « révisionnistes du 11/09 ».

 

Théorie de la théorie

A ce sujet, Emrah Kaynak trace pertinemment les contours d’une théorie de la « théorie du complot » qui vise à « disqualifier la réflexion critique en l’assimilant à des délires paranoïaques. Celui qui fait état de suspicion envers les diverses versions officielles est aussitôt affublé du terme peu élogieux de conspirationniste. Les médias institutionnels se rangent de façon acritique du côté du pouvoir et tentent avec acharnement de rendre cohérent l’incohérent ». Plutôt que de se gargariser avec des constructions théoriques, les journalistes des médias institutionnels seraient bien inspirés de prendre connaissance, par exemple, de documents éloquents tels que ARCHITECTES & INGENIEURS face au Mystère du WTC7, le nouveau documentaire implacable des Architectes & Ingénieurs pour la Vérité sur le 11-Septembre, sorti pour commémorer les 10 ans des attentats, ou encore se plonger dans l'ouvrage très sérieux du journaliste français Mehdi Ba, 11 questions sur le 11 septembre. Paru en juillet 2011, il invite justement à réfléchir sur le traitement médiatique du 11-Septembre en France et sur le bien-fondé des remises en cause de la théorie officielle, pour faire avancer le débat.


Sur la question des effondrements des Tours Jumelles, nous invitons ces journalistes à consulter
l'article point-clé « Les explications officielles de la chute des Tours Jumelles : fiction ou réalité ? » que ReOpen911 a publié en mars dernier. Avec un souci liminaire d'objectivité et dans le respect des règles fondamentales du journalisme (citation des sources, recoupement de l'information, recherche de la contradiction), cet article fait le point sur les controverses scientifiques entourant les chutes des Tours Jumelles, et montre par les faits que la théorie de l'effondrement naturel (par incendies) n'est à ce jour pas éprouvée, alors que celle de la "démolition contrôlée" est valide. Plus généralement, cette rubrique « Points-clés du 11 Septembre » développée spécifiquement par ReOpen911 réunit 11 articles factuels qui s'appliquent à rapporter les principaux faits relatifs au 11-Septembre, à l'opposé, précisément, de toute spéculation théorique. 

 

Bec et ongles 

En décembre, le magazine Le Point publie un dossier consacré aux « obsédés du complot » et mentionne en couverture « les négationnistes du 11 septembre 2001 ». A partir de cette nouvelle provocation, il est intéressant d’analyser les motivations et la logique des médias qui, en France, s’obstinent curieusement à défendre bec et ongles la version officielle du 11-Septembre délivrée par le gouvernement des États-Unis, en dépit de la somme des incohérences et inexactitudes qu’elle comporte. Cette analyse révèle l’influence d’un courant atlantiste structuré auquel appartiennent de longue date de nombreux directeurs de presse de gauche comme de droite, et qui explique assez bien le formatage des contenus éditoriaux en France et leur alignement sur une pensée unique subordonnée aux intérêts de la finance mondiale et de l’oligarchie américaine. 

 

Et pour résumer l’aberration de cette rhétorique, ReOpen911 a réalisé l’adaptation française du formidable clip-vidéo du journaliste américain James Corbett : Les attentat du 11-Septembre expliqués en 5 minutes, qui expose en quelques minutes et avec un humour imparable, les invraisemblances de la version officielle. 

Le dixième anniversaire des attentats aura tout de même offert l’occasion d’observer en France de rares percées médiatiques de reportages ou d’interviews échappant au rouleau compresseur de la théorie officielle de la conspiration, en particulier sur France 3, LCI et France Info : quelques failles dans l’omerta. 

 

Remarquable ! Remerciements éternels à Olivier Taymans. […] Il y a bien un « mur médiatique » comme il y a un « mur du son » pour les aviateurs.  H.

Le 11-Septembre est essentiel : il a permis aux gens de s’instruire, de dévorer internet, d’essayer de comprendre la géopolitique, de démasquer les mensonges des médias, d’acheter des livres, de visionner des documentaires plutôt que des films, d’être moins naïfs, de se poser des questions sur l’avenir de leurs enfants, de comprendre qui domine le monde enfin de voir la réalité de l’Histoire au jour le jour. Quel événement médiatique mondial pouvait réaliser une telle prise conscience ?  j.kerviel 

D’un côté on a des « truthers » qui incessamment (et très poliment) demandent simplement à ce que le débat (légitime) soit ouvert, et de l’autre on a des journalistes et politiques (très peu renseignés) qui leur tirent dessus à boulets rouges. Une chose est sûre : si c’était l’inverse, le mouvement des truthers serait vite décrédibilisé. Alors que la presse, elle, se porte très bien !  Odile

 

Laissons-leur l’insulte, les pauvres : ils n’ont que ça. 

Yves Ducourneau



3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage 

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 GeantVert :La CIA retarde par des menaces la diffusion d’un film documentaire prouvant ses dissimulations avantle 11/9.

Oui, il y a bien eu conspiration avant les attentats du 11-Septembre. C’est maintenant avéré, et des voix s’élèvent haut et fort aux USA pour le dénoncer. Mais ce n’est pas du complot de Ben Laden et d’al-Qaïda dont il est question. Le complot qui défraie la chroniqueactuellement aux USA, c’est celui de certains responsables et agents de la CIA qui auraient volontairement caché aux autres agences de renseignements US des informations cruciales sur deux des supposés terroristes du 11/9 bien avant les attentats.

A l’origine de la polémique, un documentaire réalisé par une poignée de journalistes américains. Leur projet alors appelé "Footnote44" remonte à 2007, dans la foulée de "9/11 : Press for Truth", Kyle Hence, John Duffy et Ray Nowosielsky s’intéressent à une note de bas de page du Rapport final de la Commission sur le 11-Septembre, la fameuse "footnote 44" du chapitre VI du Rapport officiel (voir Notes). Au passage, cela ressemble fort à une preuve patente du caractère douteux et superficiel du Rapport final.  En effet, n’en déplaise à M. Joffrin et aux autres ardents pourfendeurs de conspirationnistes (lire notre réponse sur le Blog ReOpen911), les faits sont graves et donnent lieu outre-Atlantique à une bataille rangée entre d’anciens hauts fonctionnaires de la Maison Blanche et ceux qui étaient à la tête de la CIA à l’époque. Et même si le rôle des prétendus 19 pirates de l’air du 11/9 reste confus et peu etayé, et que cette bataille pourrait n’être qu’une sorte de diversion pour détourner l’attention, nous assistons quand même après 10 ans, à un véritable vacillement de la version officielle, puisque l’origine de cette profonde remise en cause vient des officiels de l’époque eux-mêmes !

Le documentaire dérange : la CIA a menacé de poursuivre les deux journalistes auteurs d’une enquête sur le sujet, en ressortant une loi ad-hoc jamais appliquée ! Ils se proposaient de diffuser en podcast sur Internet leur documentaire et leurs interviews le jour du 10e anniversaire des événements. Ce n’est probablement que partie remise, malgré les intimidations et les menaces, et si c’est le cas, cela mérite que l’on félicite ces deux journalistes américains, John Duffy et Ray Nowosielski, déjà auteurs d’un documentaire remarquable que nous avions acheté, traduit et mis en ligne sur notre site : "11/9 : En quête de vérité" disponible en DVD aussi. Ce film de 2006 est à voir en priorité pour ceux qui connaissent peu le sujet, car il retrace le combat des familles de victimes pour finalement obtenir de l’administration Bush, après 14 mois de bataille, la formation d’une Commission d’enquête sur le 11-Septembre (*).

 

POUR DIFFUSION IMMÉDIATE :

Les menaces de poursuites fédérales par la CIA retardent la diffusion du film documentaire détaillant la malveillance de certains analystes de la CIA dans l’affaire du 11-Septembre, qui ont pourtant été promus et protégés depuis.

Communiqué de presse envoyé le 13 septembre 2011 par Ray Nowosielski, réalisateur

(Retrouvez les informations sur ce podcast sur le site secrecykills.com)

Traduction GV pour ReOpenNews

De récentes menaces proférées par la CIA envers deux journalistes freelances ont retardé la diffusion d’une émission d’investigation diffusée sur Internet (un podcast) où figuraient les noms d’analystes de la CIA qui s’étaient rendus complices d’obstructions dans la communication de renseignements-clefs avant le 11/9. Le podcast présente notamment certaines révélations faites par d’anciens hauts responsables de l’administration US, comme Richard Clarke, Pasquale D’ Amura, Bob Baer, et Mark Rossini, qui relaient les préoccupations déjà formulées par l’ex-président de la Commission d’enquête sur le 11/9, Thomas Kean.

Austin, Texas – 12 septembre 2011.

Jeudi dernier, la CIA a menacé les journalistes auteurs du documentaire « Who is Rich Blee ? » de possibles poursuites judiciaires si leur émission d’investigation révélait les noms des deux analystes de la CIA au centre d’une affaire d’obstruction et de mauvaise utilisation de renseignements dont beaucoup pensent qu’ils auraient pu permettre d’éviter les attentats du 11-Septembre.

Tout comme l’agent du FBI Ali Soufan et le Lieutemant-Colonel Anthony Shaffer avant eux, les membres de l’équipe journalistique, dont John Duffy et Ray Nowosielski, ont fait l’objet d’intimidations et d’actes de censure de la part d’officiels du gouvernement suite à leurs révélations (whistle blowing) sur la véritable histoire de deux des supposés pirates de l’air du 11/9, Nawaf al-Hazmi et Khalid Al-Mihdhar.

Le podcast dont la diffusion était initialement prévue le 11 septembre 2011  raconte comment trois analystes de la CIA travaillant [sous les ordres de] Richard Blee, l’ex-chef méconnu qui a supervisé pendant longtemps l’équipe de la CIA en charge de la recherche de Ben Laden (la CIA’s Bin Laden Station), ont délibérément induit en erreur leurs collègues, et ont dissimulé certains renseignements au FBI et à la Maison Blanche à propos de la présence de deux agents connus d’al-Qaïda aux USA.

Quatre enquêtes gouvernementales se sont intéressées à la façon dont la CIA avait traité les informations sur le 11/9, y compris les actions et les informations personnelles de deux agents de la CIA. [Les deux journalistes] Nowosielski et Duffy ont réussi à déduire l’identité des deux employés de la CIA à partir de recherches sur Internet basées sur des détails fournis par ces enquêtes et d’autres sources. Lorsque les producteurs ont divulgué les identités des deux agents lors d’entrevues, les personnes interviewées n’ont pas rectifié ces noms. La réponse de la CIA a fourni la confirmation finale.

Lors de mises à jour du projet postées sur le site secrecykills.com, les producteurs ont annoncé l’ajournement du podcast et ont diffusé des informations concernant une sombre affaire impliquant des violations de protocoles par dizaines, des histoires d’intimidation, des cas d’obstruction par la CIA, avec au centre de la plupart de ces affaires, les deux fameux agents de la CIA.

Dans son livre « Disconnecting the dots : 9/11 Was Allowed to Happen », Kevin Fenton, écrivain et spécialiste du sujet, a documenté 35 de ces incidents survenus entre janvier 2000 et le 11 septembre 2011.

Le Prix Pulitzer Lawrence Wright, interviewé pour le podcast, a expliqué aux producteurs que les agissements de l’un des deux analystes de la CIA, qui est toujours employé par l’Agence, concernent l’obstruction à la justice dans l’enquête criminelle du FBI sur la mort de 17 marins à bord de l’USS Cole.

Les producteurs ne sont pas les premiers à subir la censure du gouvernement sur ce sujet. Le mois dernier, le New York Times rapportait les efforts de la CIA pour censurer le livre autobiographique d’Ali Soufan, un agent spécial de terrain travaillant pour le contre-terrorisme au FBI. Avant le 11/9, Soufan s’était intéressé à Mihdhar et Haazmi à cause de leurs liens avec l’attentat à la bombe contre l’USS Cole au Yémen. La CIA avait fait retirer les références à la photo d’un passeport de Mihdhar que la CIA avait refusé de fournir à Soufan malgré trois requêtes écrites.

Scott Shane du New York Times écrit aujourd’hui que « M. Soufan accuse des officiels de la CIA d’avoir dissimulé volontairement au FBI, avant les attentats du 11/9 des photos et des documents capitaux concernant des agents  d’al-Qaida, malgré trois demandes écrites, et d’avoir menti à ce sujet devant la Commission sur le 11/9. »

Le Lieutenant-Colonel Shaffer, interviewé pour le podcast, a lui-même subi des intimidations, et a été sanctionné et diffamé par le Pentagone après qu’il eut fait part à la Commission sur le 11/9 de détails sur la façon dont, à trois reprises, des responsables (anonymes) du DoD avaient empêché son opération Able Danger de se réunir avec le FBI avant les attentats.
En 2000, Able Danger, un projet de collecte d’information (data-mining)  avait localisé Mohammed Atta dans une cellule terroriste de Brooklyn, et avait aussi identifié Hazmi et Mihdhar dans une cellule à San Diego, l’épicentre de l’intrigue autour de l’Alec Station de Rich Blee, Rom Wilshere et deux de leurs subordonnés (dont les noms sont toujours non publics) qui avaient eux-mêmes caché à plusieurs reprises leurs informations au FBI.

Bien que Shaffer ait été interrogé par le président de la Commission sur le 11/9 Philip Zelikow et son collaborateur Dieter Znell, la Commission ne fait aucune mention de l’opération Able Danger dans son rapport final.

Dans l’émission podcast prévue, le président de la Commission sur le 11/9 Tom Kean est interrogé à propos d’une courte note de bas de page dans le chapitre 6 du rapport final, se référant à un document des renseignements, vu par plus de 50 personnes à la CIA, mais qui a été bloqué avant d’atteindre le FBI. Pour Kean, l’incident n’était pas dû à un cafouillage ou à un quelconque cloisonnement : « Oh, mais cela n’avait rien à voir avec de la négligence ou de l’inattention. C’était résolument volontaire. Je n’ai absolument aucun doute là-dessus. C’était volontaire. »

Tandis que Kean explique tout cela par un penchant pour le secret, Richard Clarke, l’ex-chef du contre-terrorisme de la Maison Blanche sous Bush, va plus loin, évoquant de la malveillance et de possibles activités illégales d’espionnage domestique de la part de la CIA. Les commentaires de Clarke diffusés dans une vidéo fin août 2011 ont provoqué une réponse formelle de George Tenet, Cofer Black et Richard Blee, et la réponse à leur tour des producteurs.

« Ce fut peut-être le moment où les services secrets US ont été le plus proche de déjouer le complot du 11/9 », explique Nowosielski, « mais au lieu d’empêcher les attentats, la CIA a empêché les renseignements concernant deux cibles privilégiées d’atteindre les bonnes personnes, et ce, de façon répétée. Et encore aujourd’hui, la CIA protège ces individus pourtant responsables [de ces agissements] en intimidant ceux qui veulent simplement connaître la vérité qui se cache derrière une choquante affaire d’obstruction. »

Dans un email datant de jeudi, la CIA a prévenu Nowosielski qu’il pourrait faire l’objet de poursuites au titre de l’Intelligence Identities Protection Act, une loi s’appliquant aux employés du gouvernement qui violent les autorisations de sécurité, loi qui n’avait encore jamais été utilisée contre des journalistes.

La réponse « en ligne » des producteurs est la suivante : « Le code éthique de la Société des journalistes professionnels stipule que ‘les journalistes doivent être dégagés de toute obligation envers des intérêts autres que celui du droit de savoir du public’ et ‘rester vigilants et déterminés à mettre les puissants face à leurs responsabilités.’ Le jour où les travaux / enquêtes des journalistes sur des malversations au sein des agences gouvernementales nécessiteront l’approbation desdites agences, avant parution, ce jour-là,  transparence et responsabilité auront disparu. »

John Duffy et Ray Nowosielski, tous deux diplômés de la Chicago’s Columbia College Film School, ont produit en 2006 le documentaire très apprécié par la critique : « 9/11 Press for Truth »

Contact:Ray Nowosielski
ray (@)
bandedartists.com

Traduction GV pour ReOpenNews

Notes reopen911:

(*) Vous pouvez aussi visionner ce documentaire en haute définition sur DVD en vous rendant à la Boutique ReOpen911

Dossier du projet initial des réalisateurs "Footnote44" en fichier pdf

La note de bas de page N°44 du chapitre 6 du Rapport de la Commission sur le 11/9 :

CIA cable, ‘Activities of Bin Laden Associate (Flight 77 Hijacker) Khalid Revealed,’ Jan. 4, 2000. His Saudi passport — which contained a visa for travel to the United States — was photocopied and forwarded to CIA headquarters. This information was not shared with FBI headquarters until August 2001. An FBI agent detailed to the Bin Laden Unit at CIA attempted to share this information with colleagues at FBI headquarters. A CIA desk officer instructed him not to send the cable with this information. Several hours later, this same desk officer drafted a cable distributed solely within CIA alleging that the visa documents had been shared with the FBI. She admitted she did not personally share the information and cannot identify who told her they had been shared. 

Traduction

Message de la CIA : ‘les activités de Khalid, un complice de Ben Laden (vol AA77) mises en évidence‘, 4 janvier 2000, son passeport saoudien – qui contenait un visa pour voyager aux USA – a été photocopié et transmis au quartier général de la CIA. Cette information n’a pas été partagée avec le quartier général du FBI jusqu’en août 2001. Un agent du FBI détaché à l’unité de la CIA en charge de Ben Laden (ndlr.Alec Station) a tenté de partager cette information avec des collègues au quartier général du FBI. Une cadre administratif de la CIA lui a demandé de ne pas diffuser ce message avec cette information. Plusieurs heures plus tard, la même femme cadre administratif a publié un message distribué seulement au sein de la CIA. Il affirmait que les documents relatifs au visa avaient été partagés avec le FBI. Elle a admis qu’elle n’avait pas personnellement partagé l’information et qu’elle ne peut pas identifier qui lui a dit qu’ils avaient bien été partagés.

GeantVert

14 septembre, 2011 by

http://www.reopen911.info/News/2011/09/14/la-cia-retarde-par-des-menaces-la-diffusion-dune-emission-prouvant-ses-dissimulations-avant-le-119/



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

22/02/2012

n° 3 - 21-02 - Qatar : Les dossiers - a1p - Qatar : L’Hyper puissance…

n° 3 - 21-02 -  Qatar : Les dossiers - a1p - Qatar : L’Hyper puissance…


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Qatar : Les dossiers

 n° 3- 21-02

C.De Broeder & M.Lemaire



 Qatar : Les dossiers est  visible :

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com  - http://no-war.over-blog.com/

 

Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Tiré à part 

L’expression : Le Qatar confirme son poids diplomatique.

Yamin Makri. Le Qatar est le pays de toutes les contradictions.

Dominique Lagarde : Le Qatar est-il la nouvelle voix arabe ? 

Georges STANECHY : Qatar : L’Hyper puissance…

1 Brèves

1-1 Le Qatar achète la démission du général al-Dabi.

1-2 Sarkofrance :Sarkozy : l’argent et l’argent du Qatar

2  Dossiers

2-1 Réseau Voltaire : François Hollande négocie avec l’émir de Qatar.

2-2 Sarkozy, petit télégraphiste du Qatar. Toujours au service de l'étranger ……

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Qatar : l’ennemi d’hier l’ami d’aujourd’hui.

3-2 L’expression : Le Qatar confirme son poids diplomatique.

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 Syrie : le Qatar cherche à étouffer le rapport de ses experts.

4-2 Léon Camus ; Le Qatar, fer de lance de la diplomatie étasunienne, et la France plurielle.

5 Annexe

5-1 L'AFRIQUE S'ELOIGNE DE L'OCCIDENT.



Tiré à part 

L’expression : Le Qatar confirme son poids diplomatique.

L'accord signé lundi entre les deux mouvements au Qatar marque un nouveau succès pour ce petit et riche Etat du Golfe, devenu le nouveau centre de gravité de la diplomatie arabe.

«Tout indique que Doha est devenue la capitale politique du monde arabe. La diplomatie du Qatar est désormais la locomotive de l'action politique arabe, un rôle appelé à se poursuivre», a relevé l'analyste émirati Abdelkhaleq Abdallah. Le Qatar, qui ne cache pas sa sympathie, sinon son appui, aux animateurs des révoltes qui secouent depuis un an les pays du Printemps arabe, mène une diplomatie tous azimuts au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie. Le président palestinien et chef du Fatah Mahmoud Abbas et le chef du Hamas Khaled Mechaal ont signé lundi à Doha une déclaration les engageant à appliquer un accord de réconciliation nationale, en souffrance depuis des mois. Le même jour, le Premier ministre pakistanais Yousuf Raza Gilani arrivait à Doha pour des entretiens sur les efforts de paix en Afghanistan menés au Qatar où Américains et taliban ont entamé des contacts. Le Qatar, premier exportateur de gaz naturel liquéfié avec une superficie de 11.000 km2 et une population de 1,7 million d'âmes dont seulement 250.000 autochtones, joue en outre un rôle diplomatique de premier plan dans la crise syrienne, portée sans succès jusqu'ici devant le Conseil de sécurité de l'ONU. En Libye, le Qatar a été le premier pays arabe à avoir soutenu, au côté des Emirats arabes unis, ouvertement les rebelles, y compris sur le plan militaire, jusqu'à la chute du régime du colonel Mouammar Kadhafi.
L'émir, cheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani, un proche allié des Etats-Unis qui disposent au Qatar de deux bases militaires, «a rapidement compris qu'un nouveau Proche-Orient se mettait en place et a agi dans un esprit d'initiative pour assurer la stabilité régionale», a déclaré à l'AFP le directeur du Doha Brookings Centre, Salmane Chaikh. Le Qatar a ainsi supervisé en mai 2011 un accord de paix entre le gouvernement soudanais et un groupe rebelle du Darfour, resté cependant sans effet, comme il avait parrainé en mai 2008 un accord interlibanais ayant mis fin à une crise politique de 18 mois et permis l'élection d'un président. Ce pays, qui a offert sa médiation dans des dossiers aussi épineux que ceux du Yémen et de la Corne de l'Afrique, y compris dans le conflit frontalier entre Djibouti et l'Erythrée ou au Tchad, «poursuit avec efficacité son action diplomatique dans un contexte géopolitique complexe», a noté M.Chaikh. Mettant à profit l'influente chaîne de télévision Al-Jazeera, qu'il finance depuis son lancement un an après son accession au trône en 1995, l'émir du Qatar a peu à peu éclipsé les anciens poids lourds politiques du monde arabe, affaiblis par leurs crises internes ou marginalisés, dont l'Arabie saoudite, l'Irak et l'Egypte. «De petits pays, comme le Qatar, et à un moindre niveau les Emirats arabes unis, ont comblé le vide», laissé par ces grands de la région, a indiqué M.Abdallah, soulignant toutefois que le Qatar «agit dans certains dossiers avec le feu vert de l'Arabie saoudite», en perte de vitesse «en raison du vieillissement de ses dirigeants». «Doha, qui a réussi à entretenir de bonnes relations avec des individus et des groupes politiques rivaux pour s'imposer comme un acteur dans la région compte aussi sur des partenariats utiles, y compris avec son grand voisin saoudien dans le dossier syrien», a expliqué M.Chaikh. Mais Doha n'a enregistré aucune percée dans ses efforts de bons offices entre Washington et Téhéran, dont les relations sont rompues depuis les années 1980.

L’expression


Yamin Makri.Le Qatar est le pays de toutes les contradictions :

  • la plus grande base américaine y est implantée, mais les Talibans ont maintenant leur représentation dans l’émirat ;
  • c'est le pays d’Al-Jazeera, le média audiovisuel qui a le mieux couvert la seconde Intifida et le bombardement de Gaza, mais c'est aussi l'un des rares pays arabes qui a une représentation israélienne sur son sol ;
  • c'est un micro-état foncièrement pro-américain, mais c’est aussi celui qui soutient nombre de mouvements islamistes, dont le Hamas, qui y a également installé sa représentation. 

Quand on visite le Qatar, ce qui nous choque de prime abord, c'est l’extravagance consumériste et l’ultralibéralisme économique qui y règnent. L’essentiel est en réalité là. En fait, tant que les privilèges sont préservés, tant que l'appropriation des richesses au profit d’une seule caste perdure, tout le reste devient secondaire. Si l’on ne comprend pas ce préalable, on aura du mal à comprendre la logique de cet État.

Coincé entre les deux puissances régionales, l’Arabie Saoudite et l’Iran, le petit émirat a soif de rayonnement international. Le Qatar nourrit aujourd’hui l’ambition démesurée d’être reconnu comme la puissance régionale politique et diplomatique incontournable du monde arabe. Et cela pour deux raisons majeures : d’abord, satisfaire son égo insatiable, et ensuite faire en sorte que personne ne puisse remettre en cause l’appropriation des richesses de son sous-sol par la famille royale.

En acceptant l'installation de la plus grande base américaine de la région sur son sol, et en se mettant donc sous la protection US, la famille royale espère ainsi pérenniser sa mainmise sur les gisements d’hydrocarbures, tout en se protégeant des ambitions régionales de ses deux grands et très redoutés voisins.

Et l'installation de la représentation diplomatique israélienne sur le sol qatari est, bien évidemment, la condition sine qua non de la protection américaine. L'affaiblissement de la puissance financière et économique américaine constitue l'élément nouveau de cette dernière décennie. Cela bouleverse la donne dans cette région qui avait l’habitude, depuis plusieurs décennies, de vivre sous l’ordre américain.

Aujourd’hui, les États-Unis n'ont plus les moyens de leur politique hégémonique. De plus, la zone Asie-Pacifique, avec l'émergence de la Chine, devient la région clé pour l'impérialisme américain, beaucoup plus que le Moyen-Orient.

Certes, la protection des gisements d’hydrocarbures et de ses voies d’acheminement vers les pays du Nord restera un enjeu central. Mais la crise économique et financière mondiale, associée à la reconsidération des priorités stratégiques, font que les États-Unis n’ont plus les moyens d’agir directement dans cette région pour préserver leurs intérêts.

Cette situation inédite a deux conséquences pour cette région 

  1. la première est que Washington, face à ses nouvelles restrictions budgétaires, a décidé d’intervenir dorénavant à travers ses relais locaux qui, eux, ont les moyens et l'ambition de devenir des puissances régionales. 
  • Ces relais locaux sont d’abord ceux qui, historiquement, ont toujours été présents dans cette région : au premier plan, les deux anciennes puissances coloniales, la France et la Grande-Bretagne (puissance militaire et technologique), sans oublier la fidèle héritière de l’empire ottoman, la Turquie, nouvelle puissance économique et militaire.
  • Le Qatar, diplomatiquement et médiatiquement très présent, espère aussi être reconnu comme une nouvelle puissance régionale. Il aspire à devenir un de ces relais de la puissance américaine, qui aura l’avantage d’être le seul à appartenir à la « nation arabe ». 
  • Fait important, ces pays (France, Grande-Bretagne, Turquie et Qatar), qui sont déjà des acteurs influents dans l’évolution des révolutions arabes, sont tous membres de l’OTAN ou hébergent d’importantes bases américaines, et ont en commun d’avoir noué des relations diplomatiques et économiques avec l’État sioniste.

1.   

  1. la seconde conséquence de cette situation nouvelle est que ces relais locaux, tout en agissant pour les intérêts US, œuvrent aussi pour leurs propres intérêts. C'est, très logiquement, une « juste » rétribution qu'« autorise » le gendarme américain : 
  • ainsi, profitant des révolutions arabes, les anciennes puissances coloniales européennes (France et Grande-Bretagne) tentent de reprendre pied dans cette région, où elles espèrent devenir l’intermédiaire obligé ;
  • la Turquie, de son côté, voudrait reconquérir, à travers son dynamisme économique, son aire d’influence qui s’étendait de l’Asie centrale au Maghreb. L’État sioniste qui entretient des relations économiques florissantes avec le capitalisme turc ne fait pas exception. Business is Business ;
  • quant au Qatar, fort de sa toute nouvelle puissance financière et médiatique, il promeut une parole libre (mais évidemment orientée) reflétant toutes les tendances politiques du monde arabe, dans le but de s’imposer comme le centre d’un nouveau rayonnement panarabe.

C'est à la lumière de ce contexte qu'il faut interpréter l'action du Qatar, ainsi que son rapport avec le Shaykh Al-Qaradawi et la chaîne satellitaire Al-Jazeera. Pour comprendre le rôle du Shaykh Al-Qaradawi, il faut retracer son historique. Issu des Frères musulmans égyptiens, Shaykh Al-Qaradawi a payé très cher son opposition publique et franche à la dictature égyptienne ; il croupit, pendant toute une partie de sa vie, dans les prisons égyptiennes. Jusqu’à très récemment, tous les mouvements politiques islamiques des pays arabes, sans aucune exception, vivaient sous une terrible répression, faite de meurtres, disparitions, emprisonnements, massacres, ou encore de tortures. Et cela, dans l'indifférence de tous les médias occidentaux.

Shaykh Al-Qaradawi a toujours refusé de se taire sur le droit d'expression de tous les peuples et sur son antisionisme viscéral. Le seul pays qui a, finalement, accepté de l'accueillir tout en lui laissant sa liberté de parole fut le Qatar. Il fit même plus, il lui attribua un canal (Al-Jazeera) pour lui permettre de s’adresser à toutes les masses arabes. La quasi-totalité des dirigeants des mouvements politiques islamiques en exil, ou subissant la répression, lui emboîtèrent le pas. Contournant la censure exercée par toutes les dictatures arabes, ils purent, à travers Al-Jazeera, exprimer leur point de vue et en débattre avec les autres mouvements d’opposition arabes.

Ainsi, à travers Al-Jazeera et le rayonnement du Shaykh Al-Qaradawi, le Qatar a obtenu ce qu'il voulait : être une puissance médiatique incontournable dans cette région. Grâce au  Qatar, le Shaykh Al-Qaradawi et beaucoup de mouvements islamiques réprimés ont obtenu en retour le droit de s'exprimer et de débattre publiquement. Ce qui était irréalisable et inespéré  dans leur propre pays, et cela depuis plusieurs décennies.

Aujourd’hui, le Qatar compte bien tirer ses dividendes de sa politique d’ouverture, audacieuse à l’époque, vis-à-vis des mouvements politiques islamiques. L’émirat s’implique, désormais, directement dans les révolutions arabes, financièrement, médiatiquement, diplomatiquement et même militairement, si cela doit s’avérer nécessaire. Pour cela, l’émir du Qatar en personne n’a pas hésité à  reprendre en main la chaîne Al-Jazeera. La direction a été remaniée pour qu’elle réponde plus fidèlement aux orientations politiques du pays.

Si la situation du monde arabe n’était pas aussi dramatique, on pourrait sourire de ce petit émirat royal qui soutient les soulèvements populaires et donne des leçons de démocratie, alors que l’émir lui-même est arrivé au pouvoir en destituant son propre père.

Du Nord ou du Sud, musulman ou non, nous n’oublierons jamais ce qui rassemble ces États (France, Grande-Bretagne, Turquie, Qatar) qui se posent aujourd’hui en modèle pour les peuples arabes :

  • un assujettissement à l’ordre US, responsable de toutes les guerres impériales menées dans la région ;
  • des relations normalisées avec l’État sioniste, seule idéologie d’Etat ouvertement raciste du XXIè siècle ;
  • une intégration à un système économique mondial, capitaliste et ultra-libéral, responsable de la pire des catastrophes humaines, spirituelle et écologique (1 milliard de sous-alimentés, inégalités croissantes, consumérisme, réchauffement climatique…).

Dépasser l’impérialisme américain, combattre l’idéologie raciste que représente le sionisme, s'affranchir du modèle consumériste occidental et de sa logique capitaliste, requièrent la mise en place d’un projet alternatif de société pour les pays arabes.

Le chemin sera certainement long et difficile. Par contre, ce qui est déjà clair aujourd’hui, c’est que ni la France avec ses philosophies des Lumières qu’elle renie au quotidien, ni la Turquie avec son orientation islamo-libérale qui trahit l’essence de notre foi musulmane, ni les pétrodollars d’un Qatar consumériste et égoïste, ne sont un exemple pour tous les peuples qui aspirent à se libérer.
Et seul Dieu est Savant de toutes choses.

Yamin Makri.

L'auteur est marié et père de quatre enfants. Né en France, c'est dans ce pays qu'il effectue toute sa scolarité. Il conclut son parcours universitaire en 1987 par un diplôme de chirurgien-dentiste, puis ar un master en informatique de gestion

http://www.resistance-politique.fr/


Dominique Lagarde : Le Qatar est-il la nouvelle voix arabe ?

Comment ce petit émirat est-il parvenu à devenir la nouvelle voix arabe et à s'imposer sur la scène diplomatique de la région? Voici quelques pistes.

C'était à la mi-janvier. Interviewé par la chaîne américaine CBS, l'émir du Qatar, le cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani, évoquait pour la première fois l'envoi éventuel de troupes arabes en Syrie afin de mettre un terme aux violences. Un ballon d'essai, sans doute.

Quelques jours plus tard, la Ligue arabe, dont le Qatar assure jusqu'en mars la présidence tournante, invitait le président syrien, Bachar el-Assad, à céder l'essentiel de ses prérogatives à son vice-président, à charge pour ce dernier de nommer un gouvernement d'union nationale afin de préparer des élections. Et, le 31 janvier, le Premier ministre qatari en personne, Hamad ben Jassem ben Jabr al-Thani, qui est également le cousin, l'éminence grise et le plus proche conseiller de l'émir, exhortait le Conseil de sécurité de l'Organisation des nations unies à adopter le plan arabe de sortie de crise.

Aux avant-postes dans la crise syrienne, les deux hommes sont aussi très actifs sur d'autres fronts: le 6 février, le président palestinien, Mahmoud Abbas, et le patron du Hamas, Khaled Mechaal, signaient à Doha, capitale du Qatar, une déclaration solennelle dans laquelle ils s'engageaient à appliquer enfin un accord de réconciliation, en souffrance depuis des mois. Le lendemain, l'émir qatari recevait le Premier ministre pakistanais, Youssouf Raza Gilani, une visite liée à la récente ouverture d'un bureau à Doha par les talibans afghans et à l'amorce de pourparlers entre ces représentants du mollah Omar et les Américains.

Qu'est-ce qui fait courir l'émir du Qatar ? Comment ce petit État, de la taille de la Corse, est-il aujourd'hui devenu le centre de gravité de la diplomatie arabe? Au commencement était Al-Jazira... Inaugurée en novembre 1996 avec le soutien de l'émir, quelques mois après son accession au trône, la chaîne de télévision arabophone donne la parole aux opposants de tous bords, y compris aux islamistes, relaie les émotions de la rue arabe, effraie les potentats et devient vite pour le petit État un formidable instrument d'influence. La "marque" Qatar est lancée.

"Stratégie de marketing"

La politologue Fatiha Dazi-Heni, qui participait le 8 février dernier à un colloque à l'Institut français des relations internationales, évoque une "stratégie de marketing". La diplomatie serait, selon elle, un "créneau" qui va permettre à l'émirat d'exister indépendamment de ses grands voisins - à commencer par l'Arabie saoudite. Au Yémen, dans la Corne de l'Afrique, mais aussi au Soudan, le Qatar multiplie, il est vrai, les offres de médiation. En 2008, il réussit à convaincre les partis libanais de se mettre d'accord sur l'élection d'un président de la République. Une intrusion dans la chasse gardée saoudienne...

En 2011, avec les printemps arabes, le Qatar abandonne son rôle de médiateur. Il décide de choisir son camp, celui des révolutions. L'émir et son conseiller sont convaincus qu'il s'agit d'une lame de fond et qu'il vaut mieux être du bon côté de l'Histoire. D'autant qu'ils ont dans leur jeu de sérieux atouts: la chaîne Al-Jazira bien sûr, mais aussi les liens établis de longue date avec des opposants, tenants pour la plupart de cet islam politique conservateur qui s'impose un peu partout dans le sillage des soulèvements. Le prêcheur égyptien Youssef al-Qardaoui, Ali Salabi, futur leader de la rébellion libyenne, le chef du Hamas, Khaled Mechaal, ou encore le fondateur du Front islamique du salut algérien, Abassi Madani, ont tous trouvé refuge à Doha. Le leader du mouvement tunisien Ennahdha, Rached Ghannouchi, y a souvent été invité.

En Libye, après avoir obtenu de la Ligue arabe qu'elle apporte sa caution - décisive du point de vue des Occidentaux - à l'intervention contre le régime de Kadhafi, l'émirat participe directement aux opérations. Avec quelques avions, mais surtout en fournissant aux combattants libyens de l'argent - qui servira à retourner les tribus -, des armes et des instructeurs. C'est une première, dont on se félicite à Washington, Paris et Londres. Les Occidentaux savent qu'une approche diplomatique des printemps arabes qui ne serait pas élaborée avec des partenaires moyen-orientaux et appuyée par eux, serait vouée à l'échec. Dans ce contexte, l'émirat devient un acteur incontournable. D'autant plus qu'il comble un vide, à un moment où les deux poids lourds de la scène arabe regardent ailleurs: l'Egypte est plongée dans une instabilité postrévolutionnaire et l'Arabie saoudite, gouvernée par des gérontes, attend l'avènement d'une nouvelle génération.

Le cas syrien complique les choses

Les choses se compliquent, cependant, avec la crise syrienne. Désavouer Bachar el-Assad, qui fut longtemps le protégé de l'émir, ne va pas de soi. Par ailleurs, le Qatar n'a jamais participé à l'axe sunnite constitué par l'Arabie saoudite, la Jordanie et l'Egypte, qui s'est donnée pour priorité de contrer l'influence régionale de l'Iran chiite, notamment en sortant la Syrie de l'orbite de Téhéran.
L'émirat au contraire a choisi la carte du dialogue avec l'Iran et ses alliés. Il a aidé le Hezbollah libanais à reconstruire le sud du Liban après la guerre de 2006, oeuvré en 2007 au rapprochement entre Paris et Damas lorsque Nicolas Sarkozy a souhaité renouer avec Bachar el-Assad. Un positionnement dicté à la fois par le désir d'indépendance des Qataris vis-à-vis de Riyad et par un souci de réalisme économique: le Qatar partage avec l'Iran, dans les eaux du Golfe, le North Dome (le plus grand gisement de gaz naturel du monde) et n'a donc aucun intérêt à se fâcher avec la République islamique. Au printemps 2011, lorsque la contestation s'amorce en Syrie, l'émirat paraît hésiter. La chaîne Al-Jazira, qui avait auparavant pris immédiatement le parti des opposants tunisiens et égyptiens, est loin de se montrer aussi enthousiaste.

En finir avec Bachar el-Assad

Les choses auraient basculé à la suite d'une visite à Damas, fin juin, du cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani. Venu plaider pour des réformes politiques, il n'aurait pas apprécié de se voir opposer une fin de non-recevoir par le président syrien. Selon plusieurs observateurs, l'émotion des journalistes d'Al-Jazira face à l'ampleur de la répression aurait, en outre, dans ce cas précis, pesé sur le positionnement de l'émirat. "La diplomatie du Qatar est devenue presque prisonnière de la chaîne", affirme ainsi Hasni Abidi, directeur du Centre d'études et de recherches sur le monde arabe et méditerranéen, à Genève.

Le revirement semble aussi lié à un recentrage des relations du Qatar avec ses deux grands voisins: une prise de distance vis-à-vis de l'Iran, qui l'accuse de pomper trop de gaz dans le gisement commun et un rapprochement avec l'Arabie saoudite, dont l'intervention à Bahreïn n'a fait l'objet d'aucune critique à Doha. Aujourd'hui, l'émir paraît décidé à en finir avec Bachar el-Assad. Reste à savoir comment. Le 12 février, la Ligue arabe en appelait à l'envoi d'une force composée de Casque bleus et de troupes arabes.

Dominique Lagarde, L'Express 

Un État richissime

D'une superficie de 11 437 kilomètres carrés, l'émirat compte 1,7 million d'habitants, mais 250 000 nationaux, selon l'estimation la plus courante. Son PIB par habitant - 96 000 dollars d'après le FMI - est le plus élevé du monde. Troisième producteur mondial de gaz naturel (derrière la Russie et l'Iran) et premier exportateur de gaz liquéfié de la planète, le Qatar possède depuis 2005 un fonds souverain dont le capital actuel est estimé à plus 100 milliards de dollars.

« Ce texte n’engage que l’auteur, mais la description qu’il nous fait de l’attitude ambiguë du Qatar servant en réalité les seuls intérêts américano-sionistes nous semble particulièrement crédible ».

Le comité rédactionnel de Résistance


Georges STANECHY : Qatar : L’Hyper puissance…

 « La chétive Pécore s’enfla si bien qu’elle creva » - La Fontaine (1)

Un confetti

Qatar…

Excroissance côtière du Golfe Persique, péninsule de 160 km de longueur face à l’île de Bahreïn, confetti géographique frontalier de l’Arabie saoudite, couvrant 11.437 km2. Superficie, à 10% près, similaire à celle du département français de la Gironde.

En population, l’équivalent d’un autre département celui des Vosges : 400.000 habitants ou nationaux. Car le chiffre de sa population globale, approchant les 2 millions (2), est composé pour les 4/5° de “non nationaux”, travailleurs immigrés venant d’Inde, du Pakistan, du Bengladesh, des Philippines, du Sri Lanka, et d’autres pays arabes. L’essentiel des postes de direction du pays étant monopolisés par des expatriés, essentiellement, anglo-saxons.

Habile à s’entourer des meilleurs spécialistes en communication et en image, le Qatar est mondialement courtisé pour ses largesses. Inondant à profusion médias, milieux académiques, sportifs et artistiques. Achetant des clubs sportifs comme des petits pains, même des bateaux de courses avec leur équipage (3). Accueillant les Jeux Asiatiques en 2006, promoteur de nombreux évènements sportifs généreusement dotés : moto, tennis, tennis de table, golf, cyclisme, etc.

Tant et si bien que le Qatar sera, en 2015, l’hôte de la coupe du monde de handball. Jusqu’à la FIFA, renommée pour sa “rigueur éthique”, qui l’a choisi comme organisateur de la coupe du monde de football, en 2022 !...

Son meilleur “coup de pub”, celui qui a fait connaître ce pays, a été la création de la chaîne télévisée à diffusion internationale Al-Jazeera, en 1996. Avec, au démarrage, une excellente équipe de BBC Arabic Television qui venait d’être licenciée pour ne pas respecter la ligne éditoriale exigée par le gouvernement britannique. Emettant à partir de 1998 en continu, en arabe puis aussi en anglais, elle était célèbre pour sa liberté de ton par rapport aux autres télévisions de la région. Seul bémol, évidemment : éviter de parler de la politique intérieure et extérieure du Qatar.

Dans un surprenant revirement la fragile indépendance d’Al-Jazeera a, toutefois, fondu comme neige au soleil lors du « Printemps Arabe ». Ses meilleurs éléments l’ont quittée devant l’obligation de s’aligner scrupuleusement sur la propagande de l’Empire, imposant la diabolisation de ses futures proies au Moyen-Orient.

A présent, rabaissée au niveau des autres chaînes arabes, notamment saoudiennes, spécialisées dans la glorification des tyrans locaux adoubés par l’Occident et la désinformation, allant jusqu’à des mises en scène en studio et des faux témoignages interprétés par acteurs et figurants. (4)

Ce Micro-Etat, par ses postures et mises en scène médiatiques, se revendique à présent en ’hyperpuissance’, financière et militaire. Lors de la récente opération de ’démocratisation’ en Lybie, nos journalistes ne cessaient de s’extasier devant son impressionnante présence armée, éclipsant pratiquement les corps expéditionnaires coloniaux de la Grande-Bretagne et de la France : forces aériennes, forces spéciales, instructeurs, aviation de transport ravitaillant les rebelles en armes et munitions, etc.

Nous savons que les soldats du Vatican ont, par tradition, la nationalité suisse. Mais, quelles étaient, quelles sont, les authentiques nationalités des hyperactifs porteurs d’uniforme qatari ?... Question que journaliste et « expert » du Moyen-Orient ne doivent surtout jamais formuler…

Le chef de cet “Etat” est un émir : Hamad bin Khalifa Al-Thani. Son “gouvernement” est dirigé par un premier ministre, Hamad bin Jassim Al-Thani. Oui, tout se passe en famille. Cette autocratie ubuesque est, en effet, un clan familial gérant le pays comme s’il s’agissait de sa ferme, ou de son patrimoine personnel. Ce qui n’empêche pas, comme dans toute féodalité, des règlements de compte réguliers entre pères et fils, frères et cousins…

D’après le classement et les estimations du magazine américain Forbes, publié en juillet 2010, la fortune personnelle de l’émir était estimée à 2,4 milliards de dollars. Possédant un des yachts privés les plus grands du monde (Al-Mirqab, 133 mètres…), résidences somptueuses et chapelet de palaces sur les principales places financières de la planète (5). Ce montant est évidemment à multiplier, au minimum par dix, du fait des insondables astuces et artifices comptables, mettant en jeu la nébuleuse des ascendants, descendants, collatéraux, fondations, holdings, cascades de sociétés-écrans et paradis fiscaux.

Aucune élection (6). Aucun parti politique. Aucun syndicat. Aucune presse indépendante. Aucun opposant. Aucun dissident. A l’exemple des autres pétromonarchies du Golfe Persique.

L’incarnation du rêve ploutocratique…

Bizarre.

D’ordinaire en proie aux plus ravageuses hystéries « droits-de-l’hommiste », nos vestales médiatiques et politiciennes, gardiennes des “valeurs républicaines”, se révèlent étrangement silencieuses devant ce déni des libertés élémentaires, fondement de la dignité de tout citoyen. (7) Jamais ne sera évoqué le commencement d’une allusion à l’impérieuse et urgente nécessité d’un « changement de régime » !

Tétanisées, probablement, par la vision féérique de cette caverne d’Ali Baba. Croulant sous les excédents financiers à ne pas savoir qu’en faire, d’autant plus qu’il lui est interdit par son suzerain de les réinvestir dans les pays de la région non producteurs d’hydrocarbures, le Qatar peut tout acheter.

Avec autant d’efficacité, de rapidité, de récurrence, que luxe, faste, caprices, armes et mercenaires, starlettes et sportifs, l’argent n’achète-t-il pas les consciences ?...

Sur une bombonne de gaz

Richissime producteur de pétrole mais, avant tout, troisième producteur mondial de gaz naturel après la Russie et l’Iran, le Qatar est, actuellement, le premier exportateur de gaz liquéfié. Le hasard de son positionnement géographique dans le Golfe Persique octroie au Qatar, sous ses eaux territoriales, une des plus grandes réserves de gaz de la planète : le fameux gisementNorth Dome Field (6000 km2), mitoyen du South Pars (3700 km2) relevant des eaux territoriales de l’Iran.

Curieux destin que cette entité lilliputienne. Pendant des siècles, noyée dans les immenses territoires de la Perse. Stérile, désertique, seuls subsistant de petits villages côtiers vivant de la pêche, du commerce ou, suivant les saisons, de la contrebande et de la piraterie. La seule importance que lui ont trouvée les Portugais, lors de leurs explorations et implantations de comptoirs au XVI° siècle, était son eau potable. Vitale pour les équipages de leurs voiliers. Expliquant leur présence pendant une vingtaine d’années, de 1517 à 1538. Avant d’en être chassés par l’expansion de l’Empire Ottoman.

Profitant de son affaiblissement, au XIX° siècle, les britanniques ont imposé leur protectorat sur la région. Organisant la sécession du Qatar, rattaché alors à Bahreïn, en 1867 en application du dogme de la prédation coloniale : ’diviser pour régner’. Créant un émirat, bombardant comme premier « émir » le plus riche commerçant du coin avec qui ils étaient en affaires, un certain : Al-Thani…

Renforçant leur emprise dès la chute de l’Empire Ottoman à la suite de la première guerre mondiale et, surtout, devant la découverte des hydrocarbures. L’indépendance du Qatar en 1971 n’étant qu’une couverture pour un protectorat de l’Empire administré, de fait, par les compagnies pétrolières anglo-saxonnes. C’est le Qatar qui servit de Quartier Général des forces US lors de l’invasion et la destruction de l’Irak. Elles y détiennent une de leurs plus grandes bases aériennes hors de leur territoire : Al-Eideïd.

La France n’est pas en reste. Nos gouvernements, tous partis confondus, ne savent que faire pour complaire à ces despotes. Ouvrant une base navale, accordant, entre autres faveurs, des privilèges fiscaux inimaginables.

Rappelons quelques termes de la Convention fiscale du 4 décembre 1990 avec le Qatar (8), sous couvert d’éviter les doubles impositions, notamment (9) :

=> art. 9.1. Les revenus de créances provenant d’un Etat et payés à un résident de l’autre Etat ne sont imposables que dans cet autre Etat.

=> art.10.1. Les redevances provenant d’un Etat et payées à un résident de l’autre Etat ne sont imposables que dans cet autre Etat.

=> art. 19.2. Les personnes physiques qui sont des résidents du Qatar et qui disposent d’une ou plusieurs habitations pour leur usage privé en France sans y avoir leur domicile fiscal au sens de la législation française sont exonérées de l’impôt sur le revenu établi sur la base de la valeur locative de cette ou de ces habitations.

L’avenant du 14 janvier 2008, entré en vigueur le 23 avril 2009, est encore plus croustillant. Extraits :

=> art. 3.1. Les dividendes payés par une société qui est un résident d’un Etat à un résident de l’autre Etat ne sont imposables que dans cet autre Etat si la personne qui reçoit ces dividendes en est le bénéficiaire effectif.

=> art. 3.5. Lorsqu’une société qui est un résident d’un Etat tire des bénéfices ou des revenus de l’autre Etat, cet autre Etat ne peut percevoir aucun impôt sur les dividendes payés par la société […]

=> art. 3.6. Une société qui est un résident de l’Etat du Qatar et qui est imposable en France selon les dispositions des articles 5, 6 ou 11 n’est pas passible en France de la retenue à la source sur les revenus réputés distribués […]

Véritable légalisation de « l’évasion fiscale », permettant à nos gouvernants de se lamenter sur le « vide » des caisses de la France…

L’Occident protège, encourage ces pétromonarchies, ploutocraties baignant dans la gabegie et l’irresponsabilité, aussi indécentes que stupides. Se croyant tout permis devant une telle complaisance, elles se permettent depuis peu de donner des leçons de « démocratie » et de « droits de l’homme » à certains de leurs voisins. Le Qatar se distinguant, tout particulièrement, dans ce nouveau jeu de rôle en décuplant déclarations fracassantes, agitations diplomatiques, organisations de sommets.

D’abord, pour participer à la destruction de la Lybie afin de libérer le pays d’une “infâme dictature”. Ensuite, ne cessant de fustiger le gouvernement syrien, d’y attiser la guerre civile, sommant son chef d’Etat de quitter immédiatement ses fonctions. Dernièrement, souhaitant que des troupes envahissent la Syrie. Rêvant, peut-être ou sûrement, de doubler, tripler son pactole, en bénéficiant de l’embargo imposé par l’Empire sur le pétrole et le gaz iraniens, dans la multiplication des contrats de substitution…

Alors que depuis de nombreux mois, l’île de Bahreïn au large de ses côtes est à feu et à sang. Le peuple ne veut plus endurer la tyrannie de leur émir Al-Khalifa et de sa famille. L’atroce répression de cette courageuse révolte populaire sur fond de fusillades, tortures, enlèvements, disparitions, s’effectue par des troupes saoudiennes et des mercenaires. Toute la région côtière saoudienne du Golfe Persique notamment à Qatif est, elle aussi, en révolte contre la tyrannie des Saoud.

Mais, solidarité ’pétromonarchique’ oblige : le Qatar se tait. Aussi hermétiquement que notre propagande médiatique.

Jusqu’à quand pareille imposture ? Question de temps, de hasard ou de nécessité…

Comme les autres aberrations territoriales héritées de la colonisation occidentale dans la région, cette satrapie impériale de carton-pâte sera balayée par les vents de l’Histoire.

Ou, telle la grenouille de la fable de La Fontaine explosant dans son fantasme bovin, emportée par le souffle des prochains champignons atomiques que nous promettent les fous de guerre qui nous gouvernent…

Georges STANECHY

(1) Fable : La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Bœuf

(2) Chiffre officiel de la population, nationaux et non nationaux, pour 2010 : 1 696 563 habitants.

(3) La navigatrice britannique Tracy Edwards a empoché 55 millions d’euros, en 2005, pour enregistrer son bateau dans ce pays et le baptiser “Qatar”.

(4) A titre d’exemple, voir le document Wikistrike du 14 décembre 2011 : Al-Jazeera pris en flagrant délit de faux reportages !, http://www.wikistrike.com/article-al-jazeera-pris-en-flagrant-delit-de-faux-reportages-92420183.html

(5) Parmi ses actifs en France : Le Royal Monceau et la résidence Lambert (hôtel particulier) à Paris, ou encore une luxueuse propriété à Mougins. Propriétaire du Manhattan Palace à New-York, etc.

(6) Pour la forme ou le folklore, mentionnons des « élections » de conseils communaux sur des listes soigneusement filtrées par le pouvoir, depuis 1999. Et, celle d’un « conseil consultatif », faisant office de « parlement » de 45 membres, dont 15 sont nommés directement par l’émir. Tout cela à titre « consultatif » et, bien entendu, sans parti politique, ni critique autorisée de la gestion du pays sur le mode de la “cassette personnelle” ou, encore moins, de la « politique étrangère » du clan Al-Thani.

(7) Pour le “fun”, souvenons-nous des attaques d’apoplexie de Daniel Cohn-Bendit hurlant sa rage antichinoise au parlement européen la veille des Jeux Olympiques de Pékin. Ou, encore sur le même thème, les séances d’incantation antichinoise organisées par la célèbre ONG : Reporters Sans Frontières. Affublés de leurs T-shirts de boycott des Jeux…

(8) Convention du 4 décembre 1990, signée par Cheikh Mohamed Bin Khalifa Al-Thani, Secrétaire d’Etat aux finances et au pétrole, et Michel Charasse, Ministre délégué chargé du budget

(9) Textes téléchargeables : Convention signée à Paris le 4 décembre 1990

(http://www.impots.gouv.fr/portal/deploiement/p1/fichedescrip...), et, Avenant à la Convention avec le Qatar du 14/01/2008 – en vigueur au 23/04/2009 (http://www.toutsurlesimpots.com/convention-fiscale-france-qa...

Georges STANECHY

URL de cet article 15693
http://www.legrandsoir.info/qatar-l-hyperpuissance.html



Brèves

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

1-1 Le Qatar achète la démission du général al-Dabi.

Selon le «Réseau Voltaire», la démission du général al-Dabi de la tête des observateurs arabes en Syrie aurait été suscitée par le Qatar.

Le général soudanais al-Dabi, considéré il y a peu comme le négociateur de la paix au Darfour, a fait l'objet d'une campagne internationale de calomnie après que les premiers rapports quotidiens des observateurs de la Ligue arabe ont montré que sa Mission ne validerait pas la version atlantiste des événements en Syrie. Cependant, Mohammed Ahmed Mustafa al-Dabi a tenu bon face aux multiples pressions et, après un mois d'enquête, a rendu un rapport de synthèse, selon lequel les forces de sécurité syriennes n'ont jamais tiré sur des manifestations pacifiques de l'opposition (Rapport dont l'Expression a publié de larges extraits, Ndlr). Alors qu'est envisagé de former une nouvelle Mission d'observation, cette fois conjointe à la Ligue arabe et aux Nations Unies, le Qatar a multiplié les démarches auprès du général al-Dabi pour qu'il donne sa démission et laisse la place à une personnalité plus accommodante. Sheikh Hamad bin Jassim, Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, lui a d'abord proposé une indemnité pour se retirer. Le général a refusé.
L'émir lui a alors déclaré par téléphone que tout homme a un prix et qu'il lui appartenait de fixer le sien, puis il lui a envoyé un chèque sans montant en lui demandant d'écrire lui-même la somme. Nouveau refus du général. En définitive, le Qatar s'est adressé au président soudanais Omar El Bechir. L'émirat wahhabite a accordé un don au Soudan - un des États les plus pauvres du monde - en échange du retrait du général al-Dabi. Après le versement de 2 milliards de dollars, le président soudanais a rappelé le général à Khartoum. La Ligue arabe dispose d'une présidence tournante, exercée à tour de rôle par chacun des 22 États membres. En 2011, le Qatar avait convaincu l'Autorité palestinienne de lui céder son tour de présidence en échange d'un don de 400 millions de dollars, avait révélé à cette époque le Réseau Voltaire.

http://www.lexpressiondz.com/internationale/148375-le-qatar-achete-la-demission-du-general-al-dabi.html


1-2 Sarkofrance : Sarkozy : l’argent et l’argent du Qatar.

Samedi 11 février, le journaliste Denis Jeambar est revenu, dans l'hebdomadaire Marianne, sur le rôle central de Nicolas Sarkozy dans les investissements qataris en France.
En 2011, le Qatar a fait parler de lui. L'émirat n'intéressait jusqu'à lors que les gazettes diplomatiques. On avait pu voir Nicolas Sarkozy s'y promener ou recevoir l'émir Al-Thani ou son fils sur le perron de l'Elysée. Mais l'an dernier, l'opération a changé de dimension. Et il fallut quelques mois pour comprendre que Nicolas Sarkozy y a joué un rôle central.


1. En début d'année, le président français apporta un soutien appuyé à la candidature qatari pour l'organisation de la Coupe de Monde de football en 2022. Quelques observateurs français notèrent plus tard que de gros contrats de construction avaient été confié à des entreprises françaises. Fin 2011, le gouvernement français mettait en place un plan d'action pour aider les entreprises nationales à saisir toutes leurs chances dans ce marché de 100 milliards d'euros. «  c'est toute la gamme des activités, BTP, Technologies de l'information, développement durable" et autres qui est concernée  » a expliqué Pierre lellouche, le secrétaire d'Etat au commerce extérieur.

2. Au printemps, le fond d'investissement Colony Capital, cède le Paris Saint Germain au Qatar. Colony Capital est dirigé par l'un des plus proches amis de Nicolas Sarkozy, Sébastien Bazin. Selon le magazine SoFoot, ce premier achat est né d'une première rencontre avec le prince héritier du Qatar, en novembre 2010, à l'Elysée. Sébastien Bazin était présent. Peu avant, notre Monarque avait décoré de la Légion d'honneur le quatrième fils de l'émir du Qatar, le Sheikh Tamim.

3. A la même période, le Qatar emporte les droits de commercialisation TV de la Ligue 1 à l'étranger. Le 23 juin, la chaîne Al-Jazira créé la surprise en remportant deux matches de football par semaine de la Ligue 1 française, à compter de la saison prochaine, pour 90 millions d'euros annuels. Début 2012, elle complète son acquisition en raflant les droits de retransmission de 6 matches supplémentaires.

Pour Marianne, Denis Jeambar explique : «  c'est aussi avec l'accord explicite de Nicolas Sarkozy que la chaîne qatarie Al-Jazira a pris le contrôle de l'exploitation des droits de retransmission du football en France. Le président a cautionné cette opération, en sachant qu'elle portait atteinte à Canal+, la chaîne majeure du foot. Car, irrité par Canal, le chef de l'Etat n'adresse plus la parole à ses dirigeants. »

4. En février 2012, on apprend qu'Al Jazira Sports aurait également raflé les droits de retransmission TV pour la France des championnats d'Europe 2012 et 2016. Un nouveau cataclysme.

5. A la fin de 2010, Anne Lauvergeon a résisté à l'arrivée du Qatar au capital d'Areva qu'elle présidait alors. Elle a été débarquée en juillet dernier. Dans le Monde daté du 10 février, elle accuse explicitement ses adversaires : « J'ai catalysé la foudre divine. (...) Elle était menée par Claude Guéant, relayée par François Roussely, banquier conseil des Qataris et d'EDF, et chargé fin 2009 par le chef de l'Etat d'une mission pour restructuration de la filière nucléaire, et par Henri Proglio. J'ai dérangé des intérêts de toute nature, des réseaux et des intermédiaires dont je ne soupçonnais pas l'existence il y a quelques années. »

6. Fin septembre 2011, le Monde révélait que le Qatar pourrait prendre une participation minoritaire de BNP Paribas. La banque a depuis démenti.

7. En décembre dernier, Nicolas Sarkozy s'était discrètement rendu à Marrakech pour y retrouver l'émir Hamed Ben Khalifa El Thani, « une visite privée » expliquait un journal marocain.

8. Le 8 décembre 2011, le Qatar a annoncé la création d'un fond d'investissement de 50 millions d'euros pour doter l'Association Nationale des élus locaux pour la diversité (ANELD). L'ANELD a été créée et est présidée par Kamel Hamza, un soutien de Nicolas Sarkozy, ancien attaché parlementaire d'Eric Raoult, le maire UMP du Rancy. Il s'agirait de favoriser le développement des banlieues.

Cet activisme pro-qatari est aussi un échange de bons procédés. A Doha, de gros contrats commerciaux ont été confiés à des entreprises françaises. Lors de la guerre en Libye, l'intervention militaire souvent clandestine des forces qataries a été décisive.

 Source : Sarkofrance 



2  Dossiers

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

2-1 Réseau Voltaire : François Hollande négocie avec l’émir de Qatar.

L’ancien Premier ministre ministre français, Laurent Fabius, est attendu vendredi 3 février 2012 à Doha (Qatar), en qualité d’envoyé spécial du candidat socialiste à l’élection présidentielle, François Hollande. Il sera reçu par l’émir Hamad ben Khalifa al-Thani. L’entretien portera sur la position de François Hollande face à la guerre contre la Syrie et sur le possible soutien de l’émir au candidat socialiste.

L’émir Hamad avait déjà noué des liens étroits avec Nicolas Sarkozy et son épouse Carla Bruni –à laquelle il ne manque jamais une occasion de prêter un avion privé–, ainsi qu’avec le maire de Paris, Bertrand Delanoë, et le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand –qui l’ont aidé à obtenir des dérogations pour aménager l’hôtel Lambert (Île Saint-Louis) acquis à la famille Rothschild–.

L’émir Hamad multiplie les investissements en France. Après avoir placé à son service de hautes personnalités, comme l’avocat d’affaire et ex-Premier ministre Dominique de Villepin, il a acheté des parts dans les médias (groupe Lagardère) et dans un club de football (le Paris Saint-Germain). Il a par ailleurs annoncé, le 9 décembre 2011, la création d’un fonds de 50 millions d’euros destiné à de jeunes leaders issus des quartiers français « en difficulté ».

En rivalité avec l’Arabie saoudite, l’émirat wahhabite est devenu le principal financier d’Al-Qaeda et des Frères musulmans. L’émirat a engagé 5 000 mercenaires pour composer des Forces spéciales qui ont combattu au sol en Libye, en violation de la résolution de l’ONU. Il a depuis transféré ces troupes en Syrie, ainsi qu’environ 1 500 membres d’Al-Qaeda en Libye sous le commandement d’Abdelhakim Belhaj, pour constituer l’Armée syrienne libre à laquelle se sont joints quelques centaines de déserteurs syriens. Pour terroriser les populations, les combattants d’Al-Qaeda se sont caractérisés par le recours à des crimes spectaculaires (ils égorgent les hommes ou leur coupent les membres, tandis qu’ils coupent les seins des femmes, parfois ils écorchent les corps).

L’émir Hamad est propriétaire de la chaîne satellitaire Al-Jazeera qui s’est récemment caractérisée par la diffusion de fausses images d’actualité –en réalité des images de fiction tournées en studio– ; une propagande de guerre destinée à servir ses ambitions en Libye et en Syrie. Le groupe Al-Jazeera entend s’implanter progressivement en France avec le prochain lancement d’Al-Jazeera Sports.

En 2006 déjà, François Hollande déclarait que la diplomatie du « Qatar va plutôt dans le sens de la stabilité et de la recherche de la paix ».

Réseau Voltaire |

31 janvier 2012


Haut du formulaire

http://www.voltairenet.org/Francois-Hollande-negocie-avec-l


2-2 Sarkozy, petit télégraphiste du Qatar. Toujours au service de l'étranger

En 2011, le Qatar a fait parler de lui. L'émirat n'intéressait jusqu'à lors que les gazettes diplomatiques. On avait pu voir Nicolas Sarkozy s'y promener ou recevoir l'émir Al-Thani ou son fils sur le perron de l'Elysée. Mais l'an dernier, l'opération a changé de dimension. Et il fallut quelques mois pour comprendre que Nicolas Sarkozy y a joué un rôle central.
1. En début d'année, le président français apporta un soutien appuyé à la candidature qatari pour l'organisation de la Coupe de Monde de football en 2022. Quelques observateurs français notèrent plus tard que de gros contrats de construction avaient été confié à des entreprises françaises. Fin 2011, le gouvernement français mettait en place un plan d'action pour aider les entreprises nationales à saisir toutes leurs chances dans ce marché de 100 milliards d'euros. « c'est toute la gamme des activités, BTP, Technologies de l'information, développement durable" et autres qui est concernée » a expliqué Pierre lellouche, le secrétaire d'Etat au commerce extérieur.

2. Au printemps, le fond d'investissement Colony Capital, cède le Paris Saint Germain au Qatar. Colony Capital est dirigé par l'un des plus proches amis de Nicolas Sarkozy, Sébastien Bazin. Selon le magazine SoFoot, ce premier achat est né d'une première rencontre avec le prince héritier du Qatar, en novembre 2010, à l'Elysée. Sébastien Bazin était présent. Peu avant, notre Monarque avait décoré de la Légion d'honneur le quatrième fils de l'émir du Qatar, le Sheikh Tamim.

3. A la même période, le Qatar emporte les droits de commercialisation TV de la Ligue 1 à l'étranger. Le 23 juin, la chaîne Al-Jazira créé la surprise en remportant deux matches de football par semaine de la Ligue 1 française, à compter de la saison prochaine, pour 90 millions d'euros annuels. Début 2012, elle complète son acquisition en raflant les droits de retransmission de 6 matches supplémentaires.

Pour Marianne, Denis Jeambar explique: « c'est aussi avec l'accord explicite de Nicolas Sarkozy que la chaîne qatarie Al-Jazira a pris le contrôle de l'exploitation des droits de retransmission du football en France. Le président a cautionné cette opération, en sachant qu'elle portait atteinte à Canal+, la chaîne majeure du foot. Car, irrité par Canal, le chef de l'Etat n'adresse plus la parole à ses dirigeants.»

4. En février 2012, on apprend qu'Al Jazira Sports aurait également raflé les droits de retransmission TV pour la France des championnats d'Europe 2012 et 2016. Un nouveau cataclysme.

5. A la fin de 2010, Anne Lauvergeon a résisté à l'arrivée du Qatar au capital d'Areva qu'elle présidait alors. Elle a été débarquée en juillet dernier. Dans le Monde daté du 10 février, elle accuse explicitement ses adversaires: « J'ai catalysé la foudre divine. (...) Elle était menée par Claude Guéant, relayée par François Roussely, banquier conseil des Qataris et d'EDF, et chargé fin 2009 par le chef de l'Etat d'une mission pour restructuration de la filière nucléaire, et par Henri Proglio. J'ai dérangé des intérêts de toute nature, des réseaux et des intermédiaires dont je ne soupçonnais pas l'existence il y a quelques années.»

6. Fin septembre 2011, le Monde révélait que le Qatar pourrait prendre une participation minoritaire de BNP Paribas.

7. En décembre dernier, Nicolas Sarkozy s'était discrètement rendu à Marrakech pour y retrouver l'émir Hamed Ben Khalifa El Thani, « une visite privée » expliquait un journal marocain.

Cet activisme pro-qatari est aussi un échange de bons procédés. A Doha, de gros contrats commerciaux ont été confiés à des entreprises françaises. Lors de la guerre en Libye, l'intervention militaire souvent clandestine des forces qataries a été décisive.

TOUTSAUFSARKOZY

 


3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Qatar : l’ennemi d’hier l’ami d’aujourd’hui.

Nous nous rappelons tous du discours patriotique de Caesar George W. Bush le soir des attentats du 11 septembre, depuis la Maison Blanche. Pendant cette nuit très obscure, Bush s’adressa à la nation en parlant avec une certaine gravité, qui évoqua en nous le souvenir des grands patriarches bibliques :

"Ce soir je vous demande de prier pour toutes les personnes affligées, pour les enfants dont le monde est brisé, pour tous ceux dont le sentiment de sûreté et de sécurité a été menacé. Et je prie pour qu’ils soient soulagés par une puissance plus grande que nous dont nous parle le psaume 23 : " Bien que je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal car tu es avec moi" [4]

Le soir même, après s’être adressé à la nation, deux anges seraient arrivés à la Maison Blanche et auraient pris Caesar George W. Bush par la main, en lui chuchotant à l’oreille : " Va donc, conduis le peuple où je t’ai dit. Voici, mon ange marchera devant toi, mais au jour de ma vengeance, je les punirai de leur péché" [5].

Quelques jours plus tard, jeudi 20 septembre, Caesar Georges W. Bush prononça un discours devant les deux chambres réunies du Congrès. Parmi les points forts de son discours, nous lisons :

"Livrer aux autorités américaines tous les dirigeants de l’organisation Al-Qaïda qui se cachent sur votre terre" [6]. "Ces demandes ne sont pas ouvertes à la négociation ou à la discussion. Les Taliban doivent agir et agir immédiatement. Ils livreront les terroristes ou bien ils partageront leur sort" [7]. "Notre guerre contre la terreur commence avc Al-Qaïda mais elle ne se termine pas là. Elle ne se terminera que lorsque chaque groupe terroriste qui peut frapper partout dans le monde aura été repéré, arrêté et vaincu" [8].

En dépit du Saint-Esprit qui eut soufflé l’audace dans la bouche de Caesar, ces déclarations historiques sont devenues d’ores et déjà copyright de l’Histoire. En effet, tous les obstacles semblent aujourd’hui levés pour que des négociations puissent commencer entre les ennemis d’hier, amis d’aujourd’hui.

Depuis l’été 2011, on entend chuchoter, dans les couloirs des puissances impérialistes, à propos de l’ouverture d’un bureau de représentation des Taliban au Qatar, comme symbole du processus de paix engagé avec le principal groupe insurgé en guerre contre l’OTAN et le gouvernement de Kaboul [9].

Certainement, cette initiative honorable de la part de l’émir du Qatar, n’aurait pas pu voir la lumière sans la bénédiction de l’Empire. Ainsi, des émissaires américains rencontrèrent seuls, "une petite dizaine de fois", des représentants résistants [10].

Cependant, cet événement n’est en aucun sens un fait isolé. Par contre, il fait partie d’un continuum de messages d’amour entre les groupes islamistes salafistes – Taliban et Frères musulmans – d’un côté, et l’Empire étatsunien – par le biais de son concessionnaire au Moyen-Orient, l’émirat du Qatar – d’un autre côté. Les premières lueurs de la nouvelle aube commencèrent en mars 2009, après que l’administration Obama eut abandonné l’expression « guerre contre le terrorisme », adoptée par son prédécesseur Bush [11].

Sur un autre plan, des responsables américains ont entamé, récemment, des négociations avec le gouvernement de Kaboul pour transférer, aux autorités afghanes, des responsables Taliban du haut rang emprisonnés au Goulag de l’Empire, à Guantanamo, depuis l’invasion de l’Afghanistan ; et cela dans l’espoir de parvenir à une trêve entre Washington et les insurgés. Des responsables américains ont déjà exprimé leur accord d’ « expédier », hors de la baie de Guantanamo, les détenus Taliban [12].

En plus, des sources de l’administration Obama ont indiqué que des détenus résistants seront libérés une fois que les insurgés auront accepté d’ouvrir un bureau au Qatar et entamé des pourparlers avec les Américains [13]. De leur côté, les Taliban ont dit qu’ils étaient prêts à aller davantage avec ces pourparlers.

Il faut noter que ces échanges romantiques du genre épistolaires entre l’Empire et les insurgés viennent après dix ans de guerre atroce [14].

Loin des affections foudroyantes entre les ennemis d’hier amis d’aujourd’hui, au cours d’une réception de la délégation de la Ligue arabe, comprenant le cheikh Hamad, à Damas le 26 Octobre dernier, le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, aurait « lutté » pour amender certains articles du texte de l’Initiative arabe, comme l’article concernant le « retrait de l’armée syrienne » ; un article considéré comme le plus dangereux par les autorités syriennes, qui voient impossible d’envisager de retirer l’armée de régions désormais devenues le théâtre d’une guerre civile comme à Homs. Mais le cheikh Hamad a exigé ce retrait : « Il est impératif de retirer l’armée et de cesser de tuer les manifestants ! », dit-il. Ce à quoi le président syrien a répondu : « L’armée ne tue pas des manifestants, elle poursuit plutôt des terroristes armés. Si jamais tu avais une solution pour en finir avec ces derniers, elle serait bienvenue ! » [15]. Pourtant, le cheikh Hamad persistait à faire croire à ses hôtes qu’il refusait toute utilisation du terme « terrorisme », et a même failli récuser l’évocation de bandes armées dans les villes [16].

Une question s’impose fortement : pourquoi cette angélisation inattendue des groupes islamistes armés - les ennemis d’hier - de la part de l’Empire et son concessionnaire au Moyen-Orient ?

http://www.legrandsoir.info/al-qaida-en-syrie-les-ambitions-imperiales-de-l-emirat-du-qatar.html


3-2 L’expression : Le Qatar confirme son poids diplomatique.

L'accord signé lundi entre les deux mouvements au Qatar marque un nouveau succès pour ce petit et riche Etat du Golfe, devenu le nouveau centre de gravité de la diplomatie arabe.

«Tout indique que Doha est devenue la capitale politique du monde arabe. La diplomatie du Qatar est désormais la locomotive de l'action politique arabe, un rôle appelé à se poursuivre», a relevé l'analyste émirati Abdelkhaleq Abdallah. Le Qatar, qui ne cache pas sa sympathie, sinon son appui, aux animateurs des révoltes qui secouent depuis un an les pays du Printemps arabe, mène une diplomatie tous azimuts au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie. Le président palestinien et chef du Fatah Mahmoud Abbas et le chef du Hamas Khaled Mechaal ont signé lundi à Doha une déclaration les engageant à appliquer un accord de réconciliation nationale, en souffrance depuis des mois. Le même jour, le Premier ministre pakistanais Yousuf Raza Gilani arrivait à Doha pour des entretiens sur les efforts de paix en Afghanistan menés au Qatar où Américains et taliban ont entamé des contacts. Le Qatar, premier exportateur de gaz naturel liquéfié avec une superficie de 11.000 km2 et une population de 1,7 million d'âmes dont seulement 250.000 autochtones, joue en outre un rôle diplomatique de premier plan dans la crise syrienne, portée sans succès jusqu'ici devant le Conseil de sécurité de l'ONU. En Libye, le Qatar a été le premier pays arabe à avoir soutenu, au côté des Emirats arabes unis, ouvertement les rebelles, y compris sur le plan militaire, jusqu'à la chute du régime du colonel Mouammar Kadhafi.
L'émir, cheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani, un proche allié des Etats-Unis qui disposent au Qatar de deux bases militaires, «a rapidement compris qu'un nouveau Proche-Orient se mettait en place et a agi dans un esprit d'initiative pour assurer la stabilité régionale», a déclaré à l'AFP le directeur du Doha Brookings Centre, Salmane Chaikh. Le Qatar a ainsi supervisé en mai 2011 un accord de paix entre le gouvernement soudanais et un groupe rebelle du Darfour, resté cependant sans effet, comme il avait parrainé en mai 2008 un accord interlibanais ayant mis fin à une crise politique de 18 mois et permis l'élection d'un président. Ce pays, qui a offert sa médiation dans des dossiers aussi épineux que ceux du Yémen et de la Corne de l'Afrique, y compris dans le conflit frontalier entre Djibouti et l'Erythrée ou au Tchad, «poursuit avec efficacité son action diplomatique dans un contexte géopolitique complexe», a noté M.Chaikh. Mettant à profit l'influente chaîne de télévision Al-Jazeera, qu'il finance depuis son lancement un an après son accession au trône en 1995, l'émir du Qatar a peu à peu éclipsé les anciens poids lourds politiques du monde arabe, affaiblis par leurs crises internes ou marginalisés, dont l'Arabie saoudite, l'Irak et l'Egypte. «De petits pays, comme le Qatar, et à un moindre niveau les Emirats arabes unis, ont comblé le vide», laissé par ces grands de la région, a indiqué M.Abdallah, soulignant toutefois que le Qatar «agit dans certains dossiers avec le feu vert de l'Arabie saoudite», en perte de vitesse «en raison du vieillissement de ses dirigeants». «Doha, qui a réussi à entretenir de bonnes relations avec des individus et des groupes politiques rivaux pour s'imposer comme un acteur dans la région compte aussi sur des partenariats utiles, y compris avec son grand voisin saoudien dans le dossier syrien», a expliqué M.Chaikh. Mais Doha n'a enregistré aucune percée dans ses efforts de bons offices entre Washington et Téhéran, dont les relations sont rompues depuis les années 1980.

L’expression



4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

4-1 Syrie : le Qatar cherche à étouffer le rapport de ses experts.

Les experts impartiaux savent que si le public arabe et occidental avait accès au rapport réalisé par la Mission arabe en Syrie, c’est bien au Qatar,  à ses relais sionistes et à ses commanditaires belliqueux qu’il risquerait de se retourner leur demandant des comptes en matière de démocratie et de droits de l'homme.

Si la Ligue arabe avait eu la même réaction responsable, chose rare, la Libye n'aurait jamais été agréssée par l'OTAN.

Contre la confusion il faut apporter la clarification.

Contre le mensonge il faut témoigner de la vérité.

Omar Mazri, Safwene Grira et Ahmed Manai ont traduit, publié et diffusé le rapport rendant hommage au travail sérieux, honnête et transparent du général soudanais Mohamed Ahmad Moustapha El Dabi qui rend la fierté aux Arabes en montrant qu'il existe encore des Arabes  justes, honnêtes, responsables, compétents et courageux.

Voici ce que pense  le réseau Voltaire de ce rapport.

Depuis le début des événements qui endeuillent la Syrie, deux versions des faits s’opposent : pour les Occidentaux et leurs alliés du Golfe, le régime réprime dans le sang une révolution populaire, tandis que pour la Syrie et ses alliés du BRICS, le pays est attaqué par des groupes armés venus de l’extérieur.

Pour faire toute la lumière sur ces événements, la Ligue arabe a créé une Mission d’observation composée par des personnalités nommées par chaque État membre (sauf le Liban qui n’a pas souhaité participer). Cette diversité des experts garantit l’impossibilité de manipuler le résultat, leur nombre (plus de 160) et la durée de leur mission (1 mois) permet de dresser le tableau bien plus large que tous ceux dont on disposait précédemment. A ce jour, aucun organisme tiers ne peut prétendre avoir conduit une enquête aussi vaste et aussi rigoureuse, et par conséquent ne peut prétendre mieux connaître la situation en Syrie.

Le Comité ministériel de la Ligue Arabe, chargé du suivi du Plan arabe et composé de 5 États sur les 22 membres de la Ligue (Algérie, Égypte, Oman, Qatar, Soudan) a validé le rapport de la mission par 4 voix contre 1 (celle du Qatar) et a décidé de prolonger d’un mois la mission des observateurs.

Le problème c’est que le rapport confirme la version du gouvernement syrien et infirme celle des Occidentaux et des monarchies du Golfe. Notamment, il atteste qu’il n’y a pas eu de répression létale de manifestations pacifiques et que tous les engagements pris par Damas ont été scrupuleusement respectés. Il valide aussi le fait capital que le pays est déstabilisé par des groupes armés, responsables de centaines de morts parmi les civils syriens et de plusieurs milliers dans les rangs de l’armée, ainsi que plusieurs centaines d’actes de terrorisme et de sabotage.

C’est la raison pour laquelle le Qatar cherche désormais à empêcher la diffusion du rapport par tous les moyens. En effet, celui-ci se révèle être une véritable bombe pouvant se retourner contre lui et son dispositif de communication.

Le Qatar exerce actuellement la présidence de la Ligue ; non pas que son tour soit venu pour cela, mais parce qu’il a acheté à l’Autorité palestinienne son propre tour de présidence.

La présidence de la Ligue a donc décidé de ne pas diffuser le rapport de la Mission d’observation, de ne pas le traduire, et même de ne pas placer la version originale arabe sur son site internet.

Le risque pour l’Émirat wahhabite est énorme.

Si par malheur le public occidental avait accès au rapport, c’est bien au Qatar et à ses relais qu’il risquerait de demander des comptes en matière de démocratie et d’implication dans le massacre de populations.

http://www.euroalgerie.org/2012/01/31/syrie-le-qatar-cherche-a-etouffer-le-rapport-de-ses-experts/


4-2 Léon Camus : Le Qatar, fer de lance de la diplomatie étasunienne, et la France plurielle.

Le Qatar qézaco 1 ?

Unique pays wahhabite hors l’Arabie saoudite, l’émirat qatari est une péninsule de 11 437 Km2 soit un peu plus que la Corse, indépendant depuis 1971, peuplé d’un million et demi d’habitants dont seuls 200 000 sont des qataris de souche ! Pétrole et gaz naturel y abondant (3e producteur mondial), le revenu par tête de pipe y est l’un des plus élevés au monde, nul ne payant d’impôts, tous disposent de transports et d’un système de santé gratuits… aucun Qatari - parce que riche avant de naître - ne se voit donc contraint de travailler pour gagner son pain à la sueur de son front, la main d’œuvre servile s’en charge.

Une pétro-monarchie absolue [dirigée depuis 1995 par l’émir (commandeur) Hamad bin Khalifa al-Thani, lequel a déposé son père en profitant de son séjour en Suisse, ce dernier ayant au préalable évincé son cousin en fév. 1972] sans parti politique et moins encore sans l’esquisse d’une once de symbole démocratique, les révolutions arabes n’ont apparemment en rien affecté le pouvoir… même s’il existe de tout évidence des contre-pouvoirs actifs dans la péninsule comme semble l’indiquer un coup d’État avorté en juillet 2009. Un pays où les quatre cinquième de la population n’étant pas des nationaux, les minorités iranienne, chiite, pakistanaise, arabe pourraient quelque jour avoir la velléité de réclamer les droits élémentaires dont elles se voient privées aujourd’hui.

Al-Jazira - La Péninsule.

Fort d’une réserve de 700 mds de $ en fonds souverain, l’émirat à eu l’astuce géniale de se doter en 1996 d’un prodigieux outil d’influence international avec la CNN du Monde arabe, al-Jazira la bien nommée puisque son nom signifie l’île… chaîne de télévision d’information en continu - anglo et arabophone - al-Jezira est sans contestation possible le canal satellite le plus influent du monde musulman. Il n’en demeure pas moins qu’al-Jazira couvre tous les pays sauf un… le Qatar !

Mais le temps est désormais révolu où les Yanks faisaient bombarder et assassiner ses journalistes 2, depuis tout est rentré dans l’ordre du Meilleur des Mondes Globaux, et comme WikiLeaks nous le confirme, al-Jezira s’est opportunément placé sous la bannière étoilée et gratifiante de la diplomatie armée nord-américaine… ce qui ne l’empêche nullement de relayer les communiqués d’Al-Qaïda, assurant par ce biais à la nébuleuse terroriste un canal de communication hors pair. L’Émir à ce propos, en janvier 2010, admettait benoîtement devant le Conseil de coopération du Golfe, que l’outil politique al-Jezira lui était utile à se ménager les bonne grâces de l’organisation takfiriste ! Mais al-Qaïda et la CIA, n’est-ce pas du pareil au même 3 ?

Quand le « Printemps arabe » se déclenche, le Qatar dispose ainsi de tous les atouts pour y jouer un rôle déterminant : une chaîne satellitaire suivie par 50 millions de téléspectateurs, des soutes pleines à craquer de pétrodollars et des liens étroits avec les futurs dirigeants islamistes durs qui vont s’imposer à l’issue de processus démocratiques destinés à donner le change.

Al-Jazira est basée, à Doha, la capitale du Qatar. C’est également le Qatar qui a « hébergé » le CentCom, le commandement opérationnel américain ayant supervisé l’invasion de l’Irak en mars 2003.

Tête de pont et fer de lance de la diplomatie armée nord-américaine.

En vertu d’accords de défense signés en juin 1992, nous trouvons à une quarantaine de Km de Doha, el-Oudeid, principale base aérienne des É-U dans la région sur laquelle se trouve prépositionnés quelque 120 chasseurs bombardiers F-16 et divers autres aéronefs de combat. L’armée américaine dispose là d’une formidable capacité de « projection » sur l’ensemble du Proche-Orient, le Bassin de la Mer Caspienne et l’Asie centrale… C’est à partir d’El Oudeid que les É-U ont, en mars 2003, bombardé l’Irak. Le Qatar est donc, à ce titre et de toute évidence, un État de première ligne dans la stratégie de conquête et suprématie holistique conduite depuis 1991 par les ÉUA 4.

Une politique fourre-tout d’influence tous azimuts...

« L’émir n’est pas un grand démocrate, mais il a été parmi les premiers [dans le monde arabe] à comprendre qu’il fallait aller dans le sens de l’histoire ». Anonymous !

Alors Doha s’efforce, avec l’aide assidue du Département d’État, de mener un jeu diplomatique subtil consistant à être dans tous les camps simultanément. En février 2010, le Qatar signe un pacte de défense avec la Syrie et l’Iran et se fait le tour operator avec le président syrien Bachar el-Assad - contre lequel l’Émirat conspire activement à l’heure et militairement parlant - de la visite triomphale que le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad fera au Liban en juil. 2010… L’émir s’est quant à lui rendu en Israël lors d’une visite discrète la même année, en mars selon Wikileaks. En ce qui regarde les transferts de fonds au profit des organisations djihadistes [New-York Times « Follow the Money » 8 déc.2010] et de tous les islamistes, des plus modérés aux plus radicaux, tel le parti tunisien islamiste Ennahda en la personne de son chef Rached Ghannouchi, le Qatar ferait preuve de beaucoup de laisser-aller, laisser-faire, pour ne pas parler d’une bienveillante indulgence... « Ici je puis défendre ma cause sans contrainte… Le Qatar m’assure une liberté d’action et une large couverture médiatique internationale » dira le fondateur du FIS algérien, Abassi Madani, réfugié à Doha depuis 2003 et souvent reçu au palais. Qui ne doute d’ailleurs que l’Algérie à bout de souffle, ne perde rien pour attendre ?!

Égypte, Tunisie, Libye, Syrie... un rôle central dans les révolutions arabes.

Lors de la révolution de palais de 1995, les gardes du corps égyptiens qui assuraient la protection rapprochée de l’émir déchu s’étaient vilainement battus jusqu’au bout. Al-Thani s’est alors convaincu qu’ils avaient suivi des ordres pris au Caire… Hosni Moubarak sera par conséquent la première cible de l’Émirat à l’heure des révoltes arabes. De son côté, le Raïs égyptien Moubarak n’appréciait guère que le Qatar multiplie les missions de bons offices au Liban ou au Soudan, sa chasse gardée diplomatique. Dès les premières émeutes populaires au Caire, al-Jazira prend fait et cause pour la foule. Au fait des méthodes et techniques éprouvées empruntées aux journalistes occidentaux, les correspondants d’al-Jezira gonflent outrageusement le nombre des manifestants et la violence de la répression, suscitant un surcroît de colère et de révolte dans les opinions publiques arabes par le truchement de son auditorat… Le prédicateur islamiste, vedette de la chaîne, l’Égyptien Youssef al-Qaradawi, exilé à Doha depuis cinq décennies, animateur de l’émission à très large audience « La Charia et la Vie » excite alors les foules à bouter dehors le « Pharaon » ... La messe est dite !

Passons rapidement sur la Tunisie. Une chose est certaine : le financement d’Ennahda, nouveau parti islamiste au pouvoir par le Qatar est un secret de Polichinelle. Le 2 janvier dernier, Rached Ghannouchi son chef -qui se déplace considérablement sans excepter les États-Unis of course -et apporte un soutien sans réserve à la noble cause du Conseil national syrien - était à nouveau reçu au Qatar appelé à lui fournir les moyens nécessaires pour « que la Tunisie nouvelle puisse devenir un exemple en matière de progrès et de démocratie authentique sur la base des valeurs de l’Islam et de ses enseignements ». Pourquoi pas, mais que ce message soit envoyé depuis le Qatar, bastion du radicalisme wahhabite, laisse quand même songeur, pour ne pas dire pantois !

Pour ce qui est le Libye, le cas est exemplaire. Selon le Figaro 6 novembre 2011, Doha aurait engagé 5000 commandos des Forces spéciales qataries sur le front libyen ! Il ne s’est donc pas agi d’un soulèvement populaire, voire d’une cruelle guerre civile, mais bien – comme tout le laissait supposer - d’une intervention armée extérieure et d’une guerre sans uniforme ! « Chargées d’épauler les rebelles, les troupes de Doha se sont d’abord déployées à Tobrouk puis ensuite à l’ouest dans le djebel Nefoussa, où le chef d’état-major qatarien, le général Hamad ben Ali al-Attyiah s’est rendu à plusieurs reprises ». La participation du Qatar au cours de l’intervention menée contre la Jamahiriya libyenne, aura été ainsi particulièrement plus conséquente qu’avouée et ne se sera pas limitée au soutien logistique et aérien revendiqué de prime abord… l’émirat ayant mis quand même à disposition de l’Otan huit Mirage 2000 sur les douze qu’ils possèdent ! Mais les guerres modernes ne sont-elles pas avant toute chose, voire essentiellement, des guerres du mensonge, ne serait-ce que par omission ?

D’après d’autres sources [27-12-2011 Le Nouvel Observateur] : « Les Qatariens sont arrivés avec des valises remplies d’argent, ce qui leur permit de retourner des tribus », ajoutons de recapitaliser les groupes et factions djihadistes [notamment les surgeons du Groupe islamique combattant en Libye - GIGL] en sommeil depuis leur répression par Kadhafi il y a une petite dizaine d’années, mais dont certains éléments libérés en 2008 on joué un rôle central dans la chute de la Jamahiriya, tel Abdelhakim Belhaj, chef de troupes de chocs qui firent tomber Tripoli, puis commandant militaire de la capitale libyenne avant de partir – selon toute vraisemblance 5.

Dans un entretien accordé à la chaîne panarabe Al Arabiya, le président démissionnaire du bureau exécutif du Conseil national de transition libyen, Mahmoud Jibril, avait corroboré que les pétrodollars qataris avaient servi à alimenter « les rivalités et les motifs de désaccords existant entre les rebelles et les divers courants gérant l’après Kadhafi, dans le but explicite de diviser et de monter les uns contre les autres les frères libyens » 6. Au total ce sont 400 millions de $ qui auraient été versés par l’émirat. Quand on aime, on ne compte pas !

Pour ne pas conclure sur le très sanieux chapitre libyen, il s’agit de garder en mémoire que les Qataris ont largement favorisé, approvisionné et abondé les groupes islamistes 7. Dans le Djebel Nefoussa, au sud de Tripoli, les Moukhabarat, les services spéciaux qataris en liaison directe avec leur Cheikh, ont présidé à la distribution très sélective des missiles antichars généreusement offerts par la France. Ce n’est pas moins de neuf cargaisons qui furent ainsi réparties au seul profit des combattants islamistes. Une partie des armes devait par la suite s’évanouir dans la nature en complément des « 10 000 missiles sol-air » engloutis dans les sables libyens selon l’amiral Giampaolo Di Paola, chef du Comité militaire de l’Otan assurant la coordination entre les différents états-majors opérationnels en Libye.

Or, à présent, c’est le Qatar - qui sait apparemment à merveille tirer les marrons du feu - qui a pris le relais de l’Otan sur le sol libyen, en assurant la suite des opérations puisque contrairement à ce que n’en dit pas la grande presse, la situation y est encore loin d’être complètement stabilisée… État de fait qui confirme indirectement le rôle central que le Qatar a occupé dans le déroulement des opérations d’une guerre qui n’a jamais dit son nom 8 !

Désormais, il sera parfaitement loisible de voir dans le Qatar un « acteur majeur » de la scène orientale et plus encore, à travers les liens politiques et économiques tissés avec la France, un protagoniste de l’espace euroméditerranéen. « Un cas unique ! Nous avons assisté à la naissance d’une puissance régionale de la taille d’une tête d’épingle » s’était exclamé le chantre belliciste Bernard-Henri Lévy… et même une « puissance internationale » faudrait-il ajouter en tant que - ultima ratio - bras armé du Pentagone et agitateur au service du Département d’État dans les banlieues du Tiers-Monde hexagonal.

Reste qu’il est parfaitement cocasse – et pas uniquement pour les esprits chagrins – de voir une monarchie réellement absolue, animée par un puritanisme religieux fanatique, œuvrer au triomphe de la démocratie… ou de ce que l’on nomme tel !

Le PSG, les banlieues, l’émir et le Sarkoland.

Depuis quelques années Washington s’immisce insidieusement, sournoisement mais sûrement dans les affaires intérieures françaises, notamment celles de nos périphéries et autres « banlieues », sous couvert de nous donner des leçons de démocratie plurielle et en accusant aimablement les Frenchies d’être d’infâmes « réacs » pratiquant d’odieuses exclusions à l’égard du sel de la terre… C’est ce modèle made in America qu’entendent aujourd’hui appliquer également les Qataris bien décidés à déverser les millions par brassées sur nos gentils discriminés sous le regard attendri des supporteurs du PSG. Le Qatar, micro État et vibrion polymorphe, a en effet racheté la majorité du capital du PSG tout en intervenant militairement aux côtés de l’Otan pour démocratiser la Libye, et bientôt la Syrie – c’est-à-dire l’offrir aux islamistes radicaux - et en se faisant désigner dans la foulée, contre monnaie sonnante et trébuchante il va de soi, comme organisateur en 2022 de la Coupe du monde de football !

Des banlieues « céfrans » choyées et convoitées.

Le Qatar a depuis longtemps emboîté le pas aux Yanks en matière d’ingérence dans les affaires intérieures hexagonales : son ambassadeur n’a-t-il pas annoncé en décembre la création d’un fonds d’investissement de 50 millions € en vu de financer des projets économiques portés par des habitants des banlieues de France ? Dix élus périurbains - cinq hommes, cinq femmes, parité oblige – ont de la sorte été invités au Qatar où ils ont été reçus à l’instar de chefs d’État (futurs peut-être) par l’émir Cheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani dans le but officiel d’établir des partenariats économiques entre l’émirat et les quartiers populaires où des entrepreneurs se disent « victimes de discrimination et bloqués » 9.

Le Qatar en France : un État dans l’État et le généreux financier de nos politiques.

Une question se pose crûment : les fonds souverains qataris sont-ils en passe d’acheter la France en pièces détachées à l’instar de ces organisations sionistes qui s’implantèrent en Palestine - pour finir par y créer un État, pour l’heure toujours sans frontières ! - en rachetant morceau par morceau, des terres, des lopins, des domaines, des champs et des maisons à qui voulaient leur vendre ?

Commençons par l’achat en gros et en détail de notre classe politique. Des faits et ils sont évocateurs ! Nos politiques sont tous autant qu’ils sont, de modernes jet-setteurs passant le plus clair de leurs temps dans les avions pour aller se dorer la pilule qui à Marrakech, qui en Tunisie (Alliot-Marie), qui en Égypte (Juppé) et ne parlons pas de notre agité-du-bocal ! En vrac parmi les habitués de l’émirat : Villepin, Delanoë, Douste-Blazy, Dati, Royal, Amara, Guéant, Debré, Larcher, Védrine, Mitterrand, Morin, Chevènement, Baudis, Lang 10. Pas un qui manque à l’appel !

Trois semaines après son élection, en 2007, le premier chef d’État arabe reçu à l’Élysée est l’émir al-Thani. Celui-ci, le 14 juillet suivant, assistait au défilé de nos troupes au côté du président de la République. Lorsque M. Sarkozy occupait la place Beauvau, il avait eu à connaître de la formation des forces de sécurité qataries, d’où des contacts privilégiés… Ce serait par ailleurs le Qatar qui serait intervenu de façon décisive dans la libération en août 2009 du libyen al-Megrahi, l’un des auteurs présumés de l’attentat de Lockerbie, puis surtout, en juillet 2007, dans celle des infirmières bulgares détenues en Libye ; pourtant, curieusement, ce furent Cécilia Sarkozy et son mari qui en récoltèrent tous les lauriers.

De la même mauvaise manière quand le président français - en bonne compagnie : celle du Premier ministre britannique David Cameron et du plumitif Bernard-Henri Lévy alors promu Ministre bis des Affaires étrangères et de la Guerre - paradent à Tripoli le 14 septembre, après la mort ignominieuse - pour les vainqueurs – du Raïs déchu, le grand allié qatari est exclu du triomphe… Et il en concevra un ressentiment durable à l’égard du chef de l’État français 11. Précisons que le Qatar joua un rôle discret, pour ne pas dire occulté - mais essentiel car unique dans le monde arabe - dans la destruction libératoire de la Lybie assortie de ses 150 000 morts « humanitaires », lesquels auront évité, il est vrai, par leur sacrifice « un véritable bain de sang » 12 ! Il en sera vraisemblablement de même, lorsque les nouveaux Alliés anglo-franco-turco-quataris en auront fini avec la Syrie, mais la démocratie est à ce prix et l’on ne peut faire d’omelette sans casser des œufs, n’est-ce pas ?

Pour revenir à la noria de personnalités françaises qui vont chercher quelque fraîcheur à l’ombres des méga buildings et palmiers qataris, réservons une mention spéciale aux membres ou ex membres du gouvernement : Claude Guéant missi dominici de M. Sarkozy, Fadela Amara et Rachida Dati qui, lorsque cette dernière était encore Garde des sceaux, se rendait deux ou trois fois par mois à Doha ! Il est vrai, ceci expliquant cela, que sa sœur est ou était l’une des proches collaboratrices du procureur général du Qatar… On comprend mieux ainsi les bâillements de la susdite sur les travées du Parlement européen de Strasbourg et ses savoureux fourchages de langue dus évidemment aux décalages horaires ! Chirac président effectua neuf visites officielles dans l’émirat, un client avantageux et assidu du cabinet de conseil de l’ancien Premier ministre Villepin dont les déplacements se font apparemment sur les avions personnels de l’émir !

On jugera également du poids de l’émirat dans la vie politique française, sachant qu’à partir de 2008 il s’est vu octroyer des privilèges fiscaux tout à fait exorbitants - par la grâce des votes de la Chambre et du Sénat – afin de faciliter ses investissements dans notre belle République bananière 13. Ainsi les investissements immobiliers qataris ne sont pas imposables sur les plus-values et ses ressortissants en France ne sont pas astreints à l’ISF durant les cinq premières années de résidence. Notons que le groupe d’amitié France/Qatar ne compte pas moins de 49 députés à l’Assemblée nationale... en contrepartie Doha a passé avec Paris des accords pour la formation de ses marins et de ses policiers, ce pourquoi le Qatar devrait voir la création d’annexes de certaines de nos grandes Écoles telles HEC, Saint-Cyr ou l’École nationale de la magistrature… mais de là à dire que le palais de Élysée et celui de Doha seraient cul et chemise, subsiste un pas que nous ne saurions franchir !

Quant aux liens économiques…

Les entreprises françaises sont comme de bien entendu représentées en force dans l’émirat, au premier rang desquelles Total, GDF-Suez (5,8%), EDF, Veolia, Vinci, Air Liquide, EADS, Technip… Reste que le Qatar en tant que détenteur d’un prodigieux fonds souverain – la Qatar Investment Authority - dont les avoirs tournent autour de 700 milliards de dollars, s’intéresse de près à nos secteurs stratégiques : par exemple le groupe d’industries de défense et de presse Lagardère (7,6 %), Veolia (5%), de Suez Environnement (1%), Vinci (5,8%), ou la compagnie maritime d’affrètement CMA CGM, et plus encore à Areva et au nucléaire. Fin 2010, ce n’est qu’in extremis que fut bloquée par le gouvernement – et non par la présidence évidemment - l’entrée du Qatar dans le capital du groupe nucléaire français. Un activisme boursier et des offres d’achat représentatifs de l’agressivité et du volontarisme des mercenaires de l’ingénierie financière qui conseillent la famille régnante du Qatar ou œuvrent au service de ses hommes d’affaires.

Un cas intéressant : l’immobilier et le patrimoine.

L’immobilier donne également une assez bonne mesure de l’influence et des ambitions qatarie en Hexagonie : l’émir possède personnellement à Marnes-la-Coquette, dans les Hauts-de-Seine, une résidence couvrant 4.000 m2 ainsi que l’hôtel d’Évreux, place Vendôme, assorti des deux autres hôtels particuliers y attenant. Quant au fonds souverain émirati, il s’est octroyé à Paris plusieurs grands hôtels tels le Royal Monceau... ou encore le Majestic de Cannes.

Plus emblématique encore, le cas de l’Hôtel Lambert, fleuron du patrimoine parisien du XVIIe siècle sis à la pointe est de l’île Saint-Louis, acquis en 2007 des mains des héritiers de Guy de Rothschild par le propre frère de l’émir et dont les travaux de « restauration » (lire aménagement façon pétromonarchique) ont fait beaucoup de bruit, et pour cause. Des travaux considérables et illégaux qui ont suscité une polémique, or pour l’étouffer, Christine Albanel ministre de la Culture (dont le digne prédécesseur, Jean-Jacques Aillagon, faisait accrocher en sept. 2008 un homard rouge géant à Versailles au plafond de la Salle des batailles), s’est à l’époque bien gardée de saisir la Commission nationale des monuments historiques mais avait créé de toutes pièces un Comité scientifique ad hoc… Passez muscade !

2012 l’année du Qatar en France ?

D’un côté l’émirat comble de bonheur des supporteurs du PSG en recrutant joueurs et entraîneur à prix d’or, de l’autre, il offre à Arnaud Lagardère une magnifique assurance-vie en devenant le premier actionnaire de l’empire familial (7,6 %) ! Quant à la chaîne qatari al-Jazira, celle-ci vient d’acquérir la majeure partie des droits de retransmission de la Ligue des champions de 2012 à 2015, soit quatre lots sur cinq relatifs aux droits audiovisuels de la Ligue des champions pour la France sur la période 2012-2015. 14

Amorcé en 2006, le rachat du PSG par Qatar Sports Investments, a conclu au final quinze ans de rapprochement et d’intrication d’intérêts politiques et économiques entre la France et le Qatar 15. À l’origine, Jacques Chirac avait eu l’habileté – ou un pragmatisme en béton teinté d’un franc mépris pour l’état de droit en général - d’avoir été en 1995 le premier chef d’État a reconnaître officiellement l’émir al-Thani qui venait justement de pousser dehors son propre père parce que jugé inapte à la gestion de son micro et richissime royaume… Quant à Nicolas Sarkozy, il a pour sa part, en quelque sorte, assuré la continuité du service public – certes d’abord au profit du despotisme sportif - en se démenant pour faire aboutir la reprise du club par l’émirat. Chantal Jouanno, alors ministre des Sports, avait failli payer cher et se faire virer pour avoir déclaré publiquement - la folle - qu’elle eût préféré des investisseurs français !

Pour compléter le tout, Doha a obtenu – à coup de dessous de tables ! - l’organisation de la Coupe du Monde 2022. Le recrutement de Zinedine Zidane – il aurait reçu dit-on entre un et dix millions €… ce que l’intéressé s’est bien gardé de contredire - en tant qu’ambassadeur d’un pays n’ayant jamais organisé un tournoi international de ce type et de cette envergure, aura été aussi un maître coup en matière de communication. Au demeurant, le Royaume-Uni et l’Allemagne auront contesté une décision - pourtant rationnelle selon les critères en vigueur de nos jours : la loi d’airain du pognon - et demandé de façon assez peu réaliste que le choix en faveur de Doha soit réexaminé… Qui vivra verra !

Notons que l’intérêt du Qatar pour le « foot » déborde largement la Coupe du monde, l’acquisition du PSG et d’une brochettes de joueurs peoplisés et dorés sur tranche parce que mieux payés que les plus super traders de salle de marchés… Ainsi les clubs de football européens deviennent des proies qui tombent les unes après les autres : Malaga en Espagne et le FC Barcelone, maintenant le Paris Saint-Germain avons-nous dit, le seul grand club de la capitale française dont Nicolas Sarkozy - comme par hasard – est, ou est supposé être, un fervent supporteur.

Alors, le PSG, les banlieues, l’Émir et le Sarkoland ?!

Que recherche le Qatar en France ? L’analyse de sa stratégie d’influence reste à faire, à commencer par comprendre quels sont les effets directs et indirects que recherche le Qatar par le biais d’un tel activisme ? Activisme d’ailleurs irréductible à une simple compulsion frénétique… Au fond le Qatar n’est-il pas une sorte de chancre se nourrissant des chairs mortes qui l’entourent ? Au demeurant force est de constater que la présence et l’influence du Qatar en France grandissent de façon démesurée. L’annonce d’un fonds d’investissement au profit exclusif des banlieues, « oubliées et délaissées », intervient quelques jours à peine après l’acquisition par le Qatar, via la chaîne al-Jazira Sport, de quatre des cinq lots des droits audiovisuels de la Ligue des champions pour la France sur la période 2012-2015. Il se répète enfin, et de façon particulièrement insistante, que l’Élysée n’aurait pas ménagé ses efforts – comme si cela constituait une priorité dans la conjoncture actuelle ! - pour convaincre l’émir de donner au PSG les moyens de ses nouvelles ambitions. Mais en contrepartie de quoi ?

Washington en terrain conquis : politique d’ingérence et d’influence !

Les banlieues françaises sont aujourd’hui des cibles prioritaires de l’influence culturelle américaine… au vu au su de tous et sans que nul ne songe à s’en offusquer, bien au contraire. Le Japon, l’Inde et la Chine se partagent à vil prix les dépouilles de notre ex empire industriel, la Grande Amérique quant à elle, nous passe sur le ventre et guigne les faveurs de nos banlieues musulmanes. Tout cela est cependant en parfaite cohérence avec la vague de pouvoirs islamistes militants qui s’installent inexorablement sur le pourtour méditerranéen avec la bénédiction ou l’aide de Washington et de son bras armé qatari.

Depuis le printemps 2008 l’Administration américaine envoie, par le truchement de sa représentation diplomatique à Paris, ses chasseurs de talentsrecruter des Young leadersou leur équivalent dans les banlieues françaises, mais dorénavant non plus parmi les futures élites autochtones. Des actions dites d’influence culturelle qui sont largement montées en puissance avec l’arrivée à Paris d’un nouvel ambassadeur en août 2009 16.

Dès 2008 les Américains s’intéressent en effet à nos banlieues et surtout à leurs responsables musulmans : des séjours dans l’Amérique de Bush et d’Obama, son digne successeur, sont organisés au profit d’associatifs qui en reviennent conquis. Une opération de séduction qui vise aussi ceux qui sont entrés dans notre paysage existentiel sous la dénomination de « Jeunes », éléments phares de nos cités, entrepreneurs intrépides et capitalistes naturels qui prospèrent dans l’économie noire et les trafics illicites ( ?) de drogues réputées douces. Des lycéens et des collégiens du 9-3 ont été à ce titre généreusement invités à dîner par l’ambassadeur d’alors, Craig Robert Stapleton et son épouse dans l’imposant hôtel particulier du Faubourg-Saint-Honoré abritant l’ambassade des ÉUA.

Le maire communiste de Vénissieux, banlieue lyonnaise, André Gérin se déclarait encore à cette époque « curieux de connaître la posture du gouvernement français et du président de la République sur ces actions. Un problème se pose d’un point de vue de l’autorité de nos institutions et de l’indépendance de la France vis-à-vis des États-Unis ». Une bonne question restée depuis sans réponse et c’est bien là que le bât blesse.

En mars 2008 un colloque « Médias et nouvelles générations urbaines : exclusion ou intégration ? » organisé en partenariat avec l’ambassade américaine et le groupe de média américain Trace, nous apportait quelques éléments de réponses en illustrant la collusion sans équivoque entre le Département d’État et nos institutionnels : y figuraient entre autres, Jean-Louis Missika (vice président de Free et ancien haut fonctionnaire du Secrétariat général du gouvernement), Robert Namias (président de l’information de TF1) et Philippe Tassi (directeur général de Médiamétrie), et Claude Grunitzky, Français d’origine togolaise habitant à New York, fondateur de la chaîne de culture urbaine Trace TV et auteur de « Transculturalismes » ayant fait carrière sur la promotion des métissages urbains… « Les États-Unis [disait-il] savent que le rêve américain est bien présent dans les consciences collectives [des banlieues] et veulent l’entretenir… Les évènements à l’ambassade rue du Faubourg-Saint-Honoré sont fréquents où sont invitées des personnalités culturelles, souvent Africaines, issues de l’immigration, qui s’expriment sur les États-Unis » !

À présent, merci au décrié Wikileaks 17 qui a rendu public un rapport du 19 janvier 2010 destiné à Mme Clinton, Secrétariat d’État américain et rédigé par l’actuel ambassadeur des É-U en France, Charles Rivkin, sous le titre évocateur « Embassy Paris. Minority engagement strategy - Stratégie d’engagement envers les minorités » dont le chapitre 4 se propose de « lancer un programme agressif de mobilisation de la jeunesse[des banlieues] ». En substance : « l’Ambassade de Paris met en œuvre une stratégie d’approche des Minorités notamment musulmane… Notre objectif est de mobiliser la population française à tous les niveaux afin d’amplifier les efforts de la France pour réaliser ses propres idéaux égalitaires, ce qui par suite fera progresser les intérêts nationaux américains. Alors que la France est à juste titre fière de son rôle moteur dans la conception des idéaux démocratiques et dans la promotion des droits de l’homme et de l’État de droit, les institutions françaises ne se sont pas montrées elles-mêmes assez souples pour s’adapter à une démographie de plus en plus hétérodoxe ».

Le 2 avril 2010, Charles Rivkin 18 en déplacement à Bondy à la rencontre des jeunes de banlieue, leur déclarait solennellement « Chez moi, c’est différent. Tu peux être africain, indien, mais tu es avant tout américain. […] J’aime parler avec tous les Français. Je sais, et je suis sûr, que le prochain leader français est en banlieue ». On appréciera (diversement) la prétention – voire l’arrogance – américaine à nous donner des leçons de savoir-vivre républicain. Mais cela vient de loin, les GI’s débarqués sur les côtes normandes, quand ils ne lutinaient pas les french girls après avoir carbonisé les villages au phosphore, jetaient nos camembert car ceux-ci entraient, à leur grand dégoût dans la catégorie du « putride » !

« Rééduquer, réinformer le public français me semble être la tâche la plus fondamentale aussi bien que la plus urgente pour la politique démocratique américaine en France, et dans ce domaine presque rien d’efficace n’a encore été fait ». Ainsi donc s’exprimait Sydney Hook, membre fondateur en 1950 à Paris du Congrès pour la Liberté de la Culture l’un des faux-nez de la CIA, dans le rapport de 1949 « Report on the International Day of Resistance to Dictatorship and War » ! L’Amérique ne nous avait pas seulement envahis, selon sa propre terminologie qui n’a jamais mentionné une quelconque « libération », elle entendait en outre nous « rééduquer »… elle y est d’ailleurs presque parvenu vu l’actuelle atonie de la France populaire.

Bref, l’immixtion dans la nos affaires et nos zones périurbaines ainsi que le but clairement affiché d’y découvrir les prochains Obama « rebeu », est impressionnant pour qui n’est pas totalement aveuglé en raison d’une contemplation trop assidue et addictive du cyclope télévisuel. Plus précisément, il s’agit d’un exercice inédit de soft power - autrement dit une opération minutieusement planifiée, suivie et évaluée de manipulation des minorités ethno-confessionnelles - qui ne saurait se développer sans la complicité active, ou la veulerie, de nos dirigeants et des oppositions compradores.

Autre temps, autres mœurs. Autrefois chasser en plein jour en terre étrangère eut été difficilement imaginable et même dangereux : un État étranger court-circuitant les institutions d’un pays pour venir recruter sans intermédiaire ses agents d’influence, incroyable et jamais vu mais aujourd’hui banal - notre siècle n’est-il pas celui de tous les miracles ? - dans un pays lobotomisé, alcoolisé au Vingt Heure et apparemment – ce qu’à Dieu ne plaise - en état de quasi mort cérébrale.

Notes

(1) Locution du pays d’Oc « Qu’es aquò ? « Qu’est-ce ? »

(2) Wiki. Les locaux de la chaîne sont bombardés par les Etats-Unis à deux reprises : une première fois en Afghanistan, la seconde fois en Irak. Un journaliste, Tarik Ayyoub, trouve la mort à Bagdad sous les bombes libératirce. Le Daily Mirror annonce le 22 nov. 2005 à la Une que le président G.W. Bush avait eu l’intention de faire la source mère dans ses locaux de Doha ce à quoi se serait opposé le Premier ministre anglais Tony Blair. En déc. 2001, un autre journaliste de la chaîne de nationalité soudanaise, est arrêté en Afghanistan et emprisonné à partir de juin 2002 à Guantanamo, il sera libéré six ans plus tard en juillet 2008 sans qu’aucune charge n’ait été retenue contre lui.

(3) Donald Rumsfeld, Secrétaire à la Défense sous George Walker Bush, s’était fait remarquer à ce propos en saluant « la parfaite et excellente coopération entre le Qatar et les É-U dans la guerre contre le terrorisme » !

(4) Le Qatar hébergeait également le « CentCom », à savoir le commandement opérationnel ayant supervisé l’invasion de l’Irak. Quant au nombre de militaires américains stationnés au Qatar, ils seraient plus de 10 000 hommes, dont 5 000 présents sur la base d’el-Oudeid !

(5) cf. Réseau Voltaire - combattre avec l’Armée syrienne Libre contre le nationalisme arabe et laïc de Syrie

(6) 18-11-2011 Alger. Le Temps « Mahmoud Jibril accuse le Qatar d’alimenter la zizanie »

(7) A commencer par ceux d’Abdelhakim Belhaj, d’Ismael Salabi, la Katiba des Martyrs d’Abu Salim, dirigée par Abu Sofiane Qumu, un ancien de Guantanamo ou encore la Katiba Obaida Ibn Jarrah, soupçonné d’avoir assassiné, le 27 juillet 2011, le général Abdul Younes. Cf. Ibid. NouvelObs

(8) Slate Afrique 07/12/2011

(9) Le Point.fr - Publié le 09/12/2011

(10) On lira l’article très fouillé - mais cependant muet sur certains points cruciaux - auquel nous avons emprunté une grande partie des matériaux utilisés ici : « Comment le Qatar a acheté la France (et s’est payé sa classe politique) ». Eric Leser 6 juin 2011. Slate.fr

(11) 27-12-2011 Le Nouvel Observateur

(12) Alain Juppé 22 mars et 16 sept. 2011 Le Point.fr

(13) http://www.bladi.net/forum/183275-france-accorde-exoneration-dimpots-avoirs-qatar/

(14) Ibid. Slate juin 2011 « Comment le Qatar a acheté la France (et s’est payé sa classe politique) »

(15) « PSG-Qatar » Le Nouvel Observateur 5 août 2011

(16) le Parisien 21 avril et 22 Avril 2008 Marianne 2 « Banlieues : OPA américaine sur les beurs et les blacks »

(17) 27 fév. 2011

(18) Jeudi 16 septembre 2010- Gestion des Risques Interculturels

Source : http://www.geopolintel.fr/article445.html#nb10

Léon Camus

,par Comité Valmy

15 janvier 2012



5 Annexe

5-1 L'AFRIQUE S'ELOIGNE DE L'OCCIDENT.
L'Egypte est le premier pays Africain ancien allié de l'Occident qui s'éloigne de Washington pour finalement avoir son indépendance. Déjà aux Nations-Unis pour le vote sur la Syrie, pour la première fois on avu des pays africains résister à l'offensive et la pression de l'Occident et s'abstenir, ce sont tous des pays qui ont depuis mis le cap sur Pékin et n'ont donc plus peur d'un quelconque chantage du FMI ou de la Banque Mondiale et ce sont : L'Angola, l'Algérie, le Cameroun, l'Ouganda, la Tanzanie

Lisez cet intéressant article de http://atlasalternatif.over-blog.com/:
La situation des Occidentaux se complique en Egypte.

Comme nous l'avions indiqué début janvier, fin décembre, 17 locaux d'ONG égyptiennes et internationales de défense des droits et de promotion de la démocratie avaient été perquisitionnés au Caire.  44 personnes, dont 19 Américains (dont le fils du ministre des transports américain) et d'autres étrangers, accusées de financement illégal d'organisations non gouvernementales ont été arrêtées. Les Etats-Unis ont haussé le ton en menaçant l'Egypte de couper l'aide militaire si ces personnes
n'étaient pas relâchées, mais contre toute attente, les Frères musulmans égyptiens, avec lesquels le démocrate John Kerry avait pourtant pris contact en décembre, font bloc aujourd'hui avec le conseil militaire de transition sur ce dossier. Hier 16 février, Essam El-Erian, nouveau président de la commission des affaires étrangèresde la Chambre du Peuple et vice-président du Parti de la liberté et dela justice (Frères musulmans), a déclaré à une agence de presseoccidentale que l'aide militaire américaine faisait partie des accordsde paix de Camp David signés en 1979 avec Israël.


Les membres du Congrès des Etats-Unis de leur côté ont multiplié les menaces ces derniers jours, le représentant démocrate Gary Ackerman disant même que Washington et le Caire "étaient en train d'approcher du précipice au delà duquel nos relations bilatérales pourraient subir un dommage définitif". "Si les gens ici [aux Etats-Unis] concluent que l'Egypte n'est pas sur le chemin de la démocratie, mais qu'elle est au contraire en voie de devenir un autre Iran, nos relations bilatérales
n'y survivront pas, a-t-il ajouté. Nous n'en sommes pas encore à ce point, mais nous nous en rapprochons chaque jour".
Selon un récent sondage 70 % des Egyptiens ne veulent pas de l'aide économique et militaire américaine. Mercredi un important prédicateur salafiste égyptien a demandé que l'aide américaine soit remplacée pardes dons des citoyens.

Le même jour Rashad Bayoumi, autre haut responsable des Frères musulmans, a déclaré que l'aide américaine était une "chaine qui limite la liberté " de l'Egypte, la qualifiant d' "aide humiliante" et il a critiqué l'ambassadrice américaine Anne Patterson rappelant qu'elle avait eu un passé douteux ("questionable") au Pakistan et l'accusant d'avoir été nommée en Egypte au mois d'août
dernier pour y développer les mêmes méthodes. Il reprenait les accusations du prédicateur Mazhar Shaeen formulées en septembre 2011 selon lesquelles Mme Patterson aurait favorisé la "sédition" au
Pakistan (en 2010 Wikileaks avait révélé les intrigues de l'ambassadrice américaine à Islamabad).

L'Egypte et le Pakistan qui sont avec l'Indonésie parmi les trois plus grandes puissances musulmanes alliées des Etats-Unis sont en ce moment en froid avec ce pays. En Egypte le débat sur l'aide américaine fait sauter un tabou. Ses conséquences sont désormais imprévisibles.
Source :
http://atlasalternatif.over-blog.com/

jean paul Pougala

 February 18, 2012


Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

21/02/2012

n°604 - Dossier de Palestine - 18-02 : Fabius assure être un ami d’Israël - Tout va bien, l'avenir s'annonce radieux!


n°604 -  Dossier de  Palestine - 18-02 : Fabius assure être un ami d’Israël  - Tout va bien, l'avenir s'annonce radieux!



L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources



Dossier de Palestine

                                  n°604                                                     18-02

                                                                           C.De Broeder & M.Lemaire   



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

e) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

Tiré à part

Robert Bibeau : LA DERNIÈRE TRAHISON DE LA CAUSE PALESTINIENNE

1 Dossier

1-1 250 ENSEIGNANTS REFUSENT DE PARTICIPER A UN PROGRAMME DESTINE A LEGITIMER L'OCCUPATION.

2 Conférence - Interview -  

2-1 Interview exclusive de Laurent Fabius.

3 Courrier des lecteurs

3-1 Rudi Barnet : Tout va bien, l'avenir s'annonce radieux!

3-2 - Tout va bien ! Aux défenseurs du Grand Israël.



Tiré à part

Robert Bibeau : LA DERNIÈRE TRAHISON DE LA CAUSE PALESTINIENNE
COMPLIQUÉE LA CAUSE PALESTINIENNE ?

Salim, assis dans la première rangée face au conférencier, s’appliquait à noter les billevesées de cet « expert » ayant commis six gros volumes sur le « conflit israélo-palestinien » (sic).

Plus Salim écoutait et cherchait à comprendre les méandres de la pensée étriquée de l’invité, moins il comprenait. Soudain, Salim bondit et applaudit l’universitaire ébaubi, non pas pour ce qu’il avait dit mais parce qu’il avait enfin fini !

Pourtant, la question palestinienne n’est pas si compliquée pour qui ne s’évertue pas à l’embrouiller ? Nous allons le démontrer immédiatement en rompant avec l’abjection du « mainstream » médiatique et du conditionnement populaire.
Le peuple palestinien partage une langue, une religion, une histoire, un patrimoine, une culture, un territoire commun qu’il aménage pour en tirer sa subsistance. Ce peuple est assujetti à une administration commune (malgré ses déficiences) et il est mu par un vouloir-vivre collectif. C’est ce qui définit une nation. Depuis la fin de l’empire ottoman et aujourd’hui sous la colonisation israélienne, la nation palestinienne subit l’oppression nationale.
L’oppression nationale résulte d’une série de contraintes politiques qui pèsent sur un peuple l’empêchant de se constituer en État-nation démocratique bourgeois, empêchant aussi la bourgeoisie nationale d’accaparer l’usufruit de l’exploitation des richesse naturelles, d’exploiter le marché national et de confisquer à son profit la plus-value produite par la classe ouvrière nationale. On ne peut donc séparer l’oppression nationale de la question du pouvoir de l’État bourgeois. L’État, quand il est perçu comme l’émanation légitime d’une communauté nationale, met à l’abri et protège sa bourgeoisie qui en fait son instrument privilégié d’oppression et d’exploitation des autres classes et sections de classes de la nation. Mais voilà, il n’y a pas d’État national démocratique bourgeois palestinien et c’est la raison pour laquelle il y a lutte de libération nationale palestinienne.  Mais la classe ouvrière doit-elle prendre le leadership de cette lutte et la menée à terme ?


QUE RÉCLAME LE PEUPLE PALESTINIEN ?

Le docteur Qumsiyeh  du groupe Résistance populaire résume ainsi les revendications du peuple palestinien : « Nous, Palestiniens, demandons et luttons pour notre droit au retour et l’autodétermination. Nous appelons à un État démocratique pluraliste, pour les populations de toute religion, dans notre patrie historique de Palestine. Nous appelons à l’égalité et à la justice. » (1). Qu’y a-t-il à ajouter à ce bref exposé ?

 

LA PREMIÈRE TRAHISON DE LA CAUSE PALESTINIENNE (1948)

Il y a d’un côté un peuple patient, tolérant, vivant depuis très longtemps sur cette terre qui est la sienne devenue entretemps un vaste bagne à ciel ouvert constitué :

a) de villes emmurées, surpeuplées, encombrées de désœuvrés ;

b) d’une ville sainte saccagée, expropriée et judaïsée ; 

c) de champs clairsemés de potagers, d’oliveraies et d’arbres fruitiers où les colons-occupants-mercenaires agressent les paysans palestiniens vaquant à leurs activités.

Il y a d’un côté un peuple possédant tous les droits sur cette terre qu’on lui a spolié en 1947-48, au vu et au su de la « communauté internationale » caution et complice de l’expropriation illégale et témoin de la Nakba, la grande catastrophe où 800 000 réfugiés palestiniens effarés erraient sur les chemins éventrés du Proche-Orient enflammé. C’est que les soldats des gouvernements arabes fantoches leur conseillèrent d’abandonner leur foyer, une erreur et une complicité. – Ce fut la première trahison de la cause palestinienne.


Depuis, le Conseil de sécurité de l’ONU et sa « communauté internationale » bidon sont témoins silencieux du crime de génocide. Arracher un peuple à sa terre nourricière et le contraindre à vivre pendant 64 ans en tant que réfugié entassé dans des camps de misère et de dépravation sociale, dispersé dans les pays limitrophes (Liban, Syrie, Jordanie, Égypte, etc.) ; massacrer  cadres, politiciens, dirigeants, professionnels et intellectuels de ce peuple martyr (Sabra et Chatila étant l’exemple le plus terrifiant), c’est commettre un génocide envers ce peuple colonisé, asservi, affamé, assoiffé de justice et d’eau, un bien si précieux dans ces contrées.


La lutte de libération nationale du peuple palestinien est très ardue car ce petit peuple pauvre

 (1 500 $USD par habitant par année) – d’à  peine 12 millions d’individus, comprenant 6,6 millions de réfugiés et d’expatriés et 5,4 millions de résidants sur l’ensemble des terres occupées – est confronté aux puissances impérialistes occidentales et à l’impérialisme israélien qui l’oppriment et oppriment également le peuple israélien – Israël est le pays des plus grands écarts de revenus entre les travailleurs et les riches tout comme aux États-Unis – (2).

 

ISRAËL UNE COLONIE DE PEUPLEMENT ET D’OCCUPANTS

De l’autre côté de la barricade symbolique et inextricablement entremêlé aux autochtones palestiniens, vous retrouvez un conglomérat d’individus sans droit, sans foi ni loi et sans légitimité ; des gens provenant de nombreux pays – majoritairement occidentaux –  de  nationalités différentes, de langues multiples, de cultures hétérogènes, d’histoires et de religions diverses – sépharades judaïques ou musulmans, chrétiens, falashas éthiopiens, prétendument judaïsés, totalement ségrégués, ashkénazes judaïques pratiquants et non pratiquants, des gens parfois athées ou agnostiques mais se disant ‘juifs’ ( ! ), chrétiens orthodoxes (russes réfugiés économiques), catholiques dissimulés ou repentants, tous expatriés de leur pays d’origine et transplantés sur cette terre étrangère, tous devenus des occupants, des colons-mercenaires, chair à canon pour la bourgeoisie israélienne dépravée (3).  Ce « Melting pot », cet amalgame hétéroclite de populations d’origines variées ne constitue ni une race ni une ethnie ni une nation ‘juive’ tout comme il n’existe pas de race, d’ethnie ou de nation chrétienne ou musulmane.
Ne nous y trompons pas, comme le souligne l’historien israélien Shlomo Sand, il n’y a pas eu en l’an 70 après Jésus-Christ de transfert ou d’exode du peuple araméen de la province romaine de Palestine vers des terres inhospitalières (4). Tous ces prétendus ‘revenants’ vers leur soi-disant «Terre promise » inscrite dans le livre sacré dicté par Yahvé – la Torah ou  Ancien testament – sont des arnaqueurs ou des arnaqués, des malfaisants ou des hystériques religieux, ou encore des réfugiés économiques transplantés là et usurpant les droits de la nation palestinienne par la volonté des impérialistes britanniques avec l’appui de la France et de l’Allemagne et avec le soutien américain par la suite.
LA NATION ISRAÉLIENNE OPPRIMÉE ET OPPRESSIVE

Le problème se complique du fait que dans cette colonie de peuplement, la population exogène et ethnocentrique s’est peu à peu dotée d’une langue (l’hébreu), d’une religion (hébraïque que plusieurs ne connaissaient pas ou ne pratiquaient plus), d’une culture (israélienne), d’institutions et de lois communes ; d’une économie exogène et d’un vouloir-vivre collectif. Ils forment aujourd’hui la nation israélienne oppressive régie par l’État théocratique, raciste et sioniste israélien, administrant les esclaves salariés et les mercenaires militaires au service des impérialistes occidentaux. Le peuple palestinien doit aujourd’hui composer avec cette réalité qui lui a été imposée par les puissances occidentales.

Le peuple israélien embrigadé est aliéné de ses propres intérêts par un endoctrinement raciste, religieux et moral belliciste. Le peuple israélien intoxiqué est un peuple névrosé, un peuple paria de la communauté des peuples, vivant dans la peur continuelle d’être attaqué, souffrant d’une mentalité d’assiégé, enfermé derrière des murs qu’il érige tout autour de ses prisonniers palestiniens, s’emprisonnant lui-même au demeurant. La bourgeoisie israélienne est suicidaire – s’isolant sur cette terre exigüe, serrant amoureusement ses 100 ou 200 ogives nucléaires apocalyptiques – croyant ainsi se prémunir contre les arabes qui l’entourent, ces « arabes » qu’elle a appris à détester et à mépriser et qui la haïssent en retour.   
Depuis 1947, la bourgeoisie israélienne s’est crue toute-puissante – suite à l’inique résolution 181 adoptée par l’ONU, partageant illégalement la Palestine historique en trois zones ethno-religieuses – ce qui contrevenait à la charte de l’organisme :

 

1) une zone réservée aux arabes ;

2) une autre réservée aux immigrants improprement appelés ‘juifs’ ;

3) et la troisième zone formée par la ville de Jérusalem, ville ouverte et multi-religieuse, qui devait être administrée par l’ONU (5).

En 1948, la bourgeoisie de ce camp retranché s’illusionna sur sa puissance, si grande qu’elle ne pouvait être ni vaincue ni chassée de ces terres spoliées, croyait-elle.  Leurs chefs de guerre, qui la dupaient, accréditaient cette fiction et avaient mission de ne rien céder – de ne rien négocier – avec le peuple araméen d’origine, converti au judaïsme, puis au christianisme, puis à l’islam, devenu arabe et ensuite palestinien et qui habitait ces lieux bien avant eux.  Tous les pourparlers, toutes les discussions, toutes les négociations, qui furent initiés, implorés, quémandés, accordés, engagés, avortés, ou signés ne furent que fraudes et duperies conclues chaque fois à l’avantage de la partie israélienne arrogante et plus puissante (6).  
En 1947-1948, l’empire britannique a créé le monstre israélien avec le soutien de l’empire français, la passivité de l’Union Soviétique et de l’impérialisme états-unien, encore très timoré et  pas du tout sous l’emprise du « lobby juif » (sic). Le « mainstream » médiatique occidental fit croire à l’invincibilité des généraux israéliens et à la  destinée manifeste de ce ‘peuple-en-devenir’ sur ce sol « sacré » que le dieu d’Israël – agent immobilier avant l’heure – leur aurait concédé sur cette terre spoliée (7).

Au début, les États-Unis étaient si peu porté vers ces gueux entassés sur cette étroite bande de terrain et coincés parmi les nations arabes du Levant qu’en 1956, lorsque les troupes israéliennes envahirent le Canal de Suez sur ordre des Britanniques, ils leur ordonnèrent de se retirer prestement. Ce n’est qu’en 1967 – lors de la guerre des ‘six-jours’, deuxième guerre de conquête israélienne et deuxième trahison de la cause palestinienne – que les États-Unis, impressionnés par cette agressive attaque militaire, prirent le relais de l’impérialisme britannique en déclin et firent de l’État soi-disant ‘juif’ leur base militaire, leur base navale et leur centre de subversion pour toute la région.

LA TROISIÈME TRAHISON DE LA CAUSE PALESTINIENNE (1988)

Au sommet d’Alger en 1988, la plupart des leaders des organisations de la ‘résistance’ membre de l’OLP adoptèrent la résolution pilotée par Yasser Arafat reconnaissant la résolution 181 de l’ONU et de ce fait l’État colonial israélien. Aucun de ces dirigeants n’était pourtant mandaté pour renoncer à 78 % des terres palestiniennes et aucun n’a consulté ses commettants pour entériner cette résolution honteuse. Ce fut la troisième trahison de la cause palestinienne. Les organisations de résistance Hamas et Jihad islamique, non membres de l’OLP, furent mises sur pied en opposition à cette trahison (8).

 

LA QUATRIÈME TRAHISON DE LA CAUSE PALESTINIENNE (1995)

Au cours des années 1993-1995, l’OLP mena des pourparlers secrets avec l’occupant colonisateur israélien, pourparlers connus sous le nom d’accords d’Oslo qui seront finalement contresignés à Washington en septembre 1995 en présence de Bill Clinton. Ces accords, jamais entérinés par le peuple palestinien, créèrent l’Autorité palestinienne fantoche – sans autorité – dégagée du contrôle de l’OLP et chargée d’administrer le peuple palestinien prisonnier, dispersé dans quelques villes emmurées. L’Autorité palestinienne était chargée d’assurer la sécurité des colonies israéliennes déjà érigées ou en construction en Cisjordanie, à Jérusalem Est et à Gaza et d’assurer la sécurité de la construction du Mur de séparation en érection. Les accords d’Oslo répudiaient la résistance armée et abandonnaient la revendication pour le recouvrement de Jérusalem, capitale de l’État palestinien (en effet, un petit village en banlieue de Jérusalem devait être rebaptisé du nom de Jérusalem et servir de capitale de l’État croupion palestinien des bureaux administratifs de l’Autorité y furent érigés). Ce fut la quatrième trahison de la cause palestinienne (9). 

LA BASE MILITAIRE AMÉRICANO-ISRAÉLIENNE

La société israélienne est une société militarisée où les hommes d’état sont issus soit de l’armée soit des sectes fondamentalistes judaïques.  Jusqu’à l’année 2000 environ, tout allait bien pour ce quasi 51e État de l’Union. L’intégration complète de l’économie israélienne à celle de son protecteur américain alors prospère et puissant, l’armement de pointe fourni et les aides généreuses accordées (au moins 3 milliards de dollars par année) lui assuraient de pouvoir mener les missions militaires qu’on lui assignait.

Israël joue un rôle spécifique parmi les bases militaires américaines à l’étranger. Il développe certaines armes sophistiquées (drones notamment et armes de destruction massive) qu’il expérimente sur les populations arabes. Il développe des  méthodes de contre insurrection urbaine et de contre-espionnage. Il perfectionne des appareils d’espionnage et de sécurité pour les aéroports notamment. Il espionne et brade aux plus offrants ces informations grappillées de ci de là (aux chinois et aux russes parfois). Il mène des activités de subversion, entraînent les mercenaires et les paramilitaires qui portent la civilisation occidentale jusqu’aux confins de l’Asie, de l’Amérique Latine et de l’Afrique. Il assure la formation et l’approvisionnement en armes des troupes de pays que les gouvernements occidentaux ne peuvent légalement fréquenter (Contras, Guatemala, Kurdistan irakien, Iran, Talibans, chrétiens du Soudan, etc.). Israël mène des offensives militaires et bombarde les pays voisins impunément sans se préoccuper du droit international. Israël fait tout ce que l’on attend d’une base militaire américaine polyvalente implantée au milieu d’une région pétrolière stratégique hostile.

Israël est aussi une plaque tournante pour le trafic de la drogue des pays du Moyen-Orient vers l’Europe et un centre mondial de blanchiment de l’argent sale que l’on mêle au capital bancaire et industriel pour le remettre en circulation dans les circuits boursiers. Israël est un centre de prostitution, de commerce des femmes et de trafic d’organes entre l’Amérique du sud et l’Europe notamment. Bref, Israël est comme une usine à fric pour les boursicoteurs états-uniens et européens. Voilà pourquoi ces capitalistes estiment Israël et le soutiennent jusqu’à présent.

LE VENT TOURNE (2000)

Jusqu’en l’an 2000 du moins, année où l’État paria de la ‘communauté internationale’ se fit bouter hors du Liban par une bande de partisans persévérants. En 2006, une autre tentative d’invasion du Liban se solda par un échec cuisant pour la 4e armée la plus ‘puissante’ du monde aux ordres de l’impérialisme américain. Nous attestons ici que c’est Israël qui est au service de l’Amérique et non l’inverse car de tout temps un lilliputien n’a jamais commandé à un géant. Une nation de 7,7 millions d’habitants générant 219 milliards $ de chiffre d’affaires annuel ne commande pas à un surpuissant de 308 millions d’habitants et générant 15 000 milliards $ de PIB par année (même lourdement endetté – 1 800 milliards de dollars de créances envers les chinois et autant envers les japonais ce qui n’a pas empêché le Congrès d’accorder 700 milliards de dollars d’exemption d’impôts aux milliardaires pour la seule année 2010) (10).

Depuis l’an 2000 Israël – État surarmé – n’a plus gagné de guerres contre ses voisins. L’armée israélienne se confine aujourd’hui à des contrats foireux et à des coups de mains crasseux et déshonorants comme d’assassiner un agent double devant les écrans à Dubaï ; briser les os d’adolescents turbulents ; tirer dans les yeux des enfants manifestants ; faire exploser un physicien iranien parmi les passants à Téhéran ; prendre d’assaut un bateau de pacifistes désarmés ; enterrer vivants de jeunes terrassiers dans les tunnels de la survie ; tuer des manifestants en Cisjordanie ; bombarder au phosphore blanc une population désarmée assiégée sur une bande côtière isolée ; emprisonner des femmes enceintes et leurs enfants de trois ans… torturer des prisonniers isolés, et autres exploits militaires du même acabit. L’armée israélienne est une armée déconfite, dégénérée, immorale et démoralisée.

« LOBBY JUIF »

Il y a trois ans nous affirmions qu’un jour viendrait où le poids de l’enclume israélienne attachée au cou de l’Amérique souveraine serait trop lourd pour le bénéfice obtenu de cette base militaire lointaine, ruineuse et indisciplinée, située de plus dans une région de moins en moins stratégique compte tenu de l’épuisement des réserves pétrolières et du déplacement du centre de gravité de l’économie mondiale vers l’Asie-Pacifique. Nous dûmes affronter le tollé des «conspirationnistes» agités, et d’une armada de groupies entichés du ‘lobby juif’, qui nous gratifièrent des serments d’éternelle fidélité du 44e Président américain à la dernière foire de l’AIPAC, oubliant simplement que l’éternité d’un Président états-unien a une durée s’étendant entre quatre et huit ans. Négligeant également le fait que chaque jour les politiciens disent une chose et en font une autre (11).

Il y a trois ans un seul obscur sénateur américain s’était timidement indigné que les États-Unis donnent tant d’argent à Tsahal alors que de nombreux américains souffraient de la faim. À l’élection suivante il perdit son mandat. Aujourd’hui, Ron Paul mène campagne pour l’investiture Républicaine et propose de fermer les bases militaires à l’étranger et de laisser Israël se débrouiller avec ses calamités…et il n’est pas le seul à psalmodier…comme le monde a changé ! Il y a maintenant des sénateurs américains qui appellent à la révolte populaire (12).

REDÉPLOIEMENT STRATÉGIQUE VERS LE PACIFIQUE  (2012)

La puissance de tutelle d’Israël – les États-Unis d’Amérique – est en faillite. Aucun ‘lobby juif’ ni aucun lobby israélien n’y peut rien. Les jours de la base militaire israélienne au Levant sont comptés depuis l’instant où Barack Obama a risqué de perdre sa secrétaire au mois d’août dernier – faute de pouvoir la payer – il admit alors qu’il n’avait plus les moyens de payer la secrétaire de Benjamin Netanyahu. Il est futile pour les intégristes sionistes de tenter d’assassiner Barack Obama. Le prochain président américain devra gérer la même banqueroute économique et couper drastiquement dans les aides à la plus grande et à la plus coûteuse de leur base militaire étrangère (13).

Les puissances impérialistes occidentales sont sur leur déclin et confrontent la nouvelle  puissance économique chinoise. La position stratégique de l’entité sioniste – Israël –est de moins en moins intéressante (14). La crise de la dette souveraine oblige les pays occidentaux à restreindre leurs dépenses et à revoir leurs priorités. L’attaque américano-israélienne contre l’Iran – si elle a lieu – pourrait être la dernière grande opération de subversion américaine dans cette région.

Nous observons présentement une situation cocasse ou le Président Obama a annoncé au Pentagone des coupures dans les budgets militaires, alors que des intellectuels de ‘gauche’ courroucés protestent et publient des études « prouvant » qu’il n’en fera rien (15). Pour une fois qu’Obama ne ment pas, la faillite économique de l’Amérique est réelle et les créanciers – notamment chinois – ne sont plus disposés à financer son armement débridé (la moitié des dépenses militaires de la planète se font aux États-Unis). Cette annonce d’Obama n’est que la première émission d’un feuilleton qui est à suivre.

Dans les années qui viennent l’entité sioniste aura probablement pour tâche de maintenir des activités de harcèlement subversif sur le théâtre militaire secondaire du Proche-Orient, le temps que les réserves d’hydrocarbures s’épuisent définitivement. Les politiciens démagogues israéliens et les politiciens traitres palestiniens ont encore quelques  années pour en arriver à un compromis de survie.

La dernière lubie des groupes occidentaux de solidarité avec la cause palestinienne est de débattre à propos de la création par les palestiniens et les israéliens de deux ou d’un seul État sur le sol de la Palestine mandataire (16). Le peuple palestinien lui se moque totalement de ce débat surréaliste des intellectuels petit-bourgeois occidentaux. L’important ce n’est pas la quantité – un ou deux États – mais la qualité de l’État à constituer. Il existe déjà un État sioniste, superstructure gouvernementale de l’impérialisme israélien, gestionnaire des affaires de ce camp militaire retranché au service de l’Occident et de son glacis de colonies en terre palestinienne. Il est entendu que la classe capitaliste israélienne n’a aucun intérêt à fusionner son État privilégié avec l’éventuel État croupion palestinien si la bourgeoisie compradore palestinienne ne renonce pas au droit de retour, droit reconnu notamment par la résolution onusienne 194. Les palestiniens obtiendraient ainsi la majorité absolue des électeurs à l’élection inaugurale de la nouvelle constitution de l’État unifié (17). Selon la règle d’or du droit démocratique  bourgeois  (un citoyen = un vote) deux millions de réfugiés des camps et de la diaspora qui reviennent sur leur terre et les 5,7 millions de ‘réservistes-juifs’ deviennent minoritaires sur cette terre mortifère vis-à-vis plus de 7 millions de palestiniens majoritaires (ne pas oublier que le cinquième de la population d’Israël est palestinienne). Tous comprendront que jamais la bourgeoisie israélienne ne se laissera dépouiller du contrôle de son appareil d’État et de ses dividendes par ce jeu démocratique.

Un État impérialiste unique, englobant les nations opprimées palestinienne et israélienne, est pour cette raison absolument utopique. Pour la classe bourgeoise israélienne, la seule option envisageable est la création d’un État fantoche – un bantoustan palestinien – inféodé à l’État impérialiste israélien. Ils construiront des «sweat shops» en périphérie des enclaves palestiniennes où la population autochtone, esclave salarié, aura le loisir de ruiner sa santé pour des salaires de misère. Une partie de la population arabe locale aura vocation de mettre en valeur les terres agricoles des «gentlemen farmers» israéliens. La bourgeoisie palestinienne pourra profiter de divers monopoles de distribution et de commerce, être actionnaire des «sweat shops» qu’elle opérera elle-même pour le bénéfice des impérialistes israéliens, d’autant que tout cela est déjà commencé…(18).

La bourgeoisie palestinienne conservera l’exclusivité de la gestion de son appareil étatique croupion, de la distribution des prébendes gouvernementales et des dons de la communauté internationale Elle assurera la sécurité des colonies sionistes implantées au milieu des bantoustans palestiniens morcelés.

Les intellectuels occidentaux qui s’agitent présentement pour la promotion de la ‘solution’ à un seul État doivent comprendre que jamais ni les États-Unis ni la bourgeoisie impérialiste israélienne n’accepteront que la plus grande base militaire américaine à l’étranger, où reposent entre 100 et 200 ogives nucléaires, ne soit sous contrôle d’une administration palestinienne abouchée à l’ennemi russe. Ces intellectuels s’excitent et s’agitent inutilement et profèrent des chimères superfétatoires.  
LA NATION PALESTINIENNE OPPRIMÉE ET FLOUÉE

Afin de faire reconnaître ses droits le peuple palestinien s’est doté d’un grand nombre d’organisations politiques. L’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) fondée à Jérusalem en 1964 constitue une sorte de fédération regroupant plusieurs groupes politiques bourgeois et petit-bourgeois dont le parti dominant est le Fatah de feu Yasser Arafat (19). Le Fatah représente une portion importante de la bourgeoisie compradore palestinienne, classe qui serait prête à tous les compromis avec les colonisateurs-impérialistes israéliens pour obtenir l’État fantoche de leur rêve où les affaires pourraient reprendre dans la résignation et le calme, derrière les barbelés, les murs de séparation, les check points et les incursions des  services de sécurité palestiniens – assurant la protection des colons-mercenaires israéliens – les seuls services de sécurité autorisés à porter et utiliser des armes légères – oubliez les armes lourdes tels les hélicoptères que l’occupant ne consentira jamais à leur prêter.

LA CLASSE OUVRIÈRE PALESTINIENNE

La classe ouvrière palestinienne n’a jamais pris le leadership de la lutte de libération nationale palestinienne laissant la direction à différentes factions de la bourgeoisie compradore et de la petite bourgeoisie professionnelle organisées en parti et groupes clientélistes. La classe bourgeoise et ses segments petits bourgeois (marchands, professionnels, bureaucrates, services de sécurité, intellectuels) sont des classes vacillantes, peu fiables, toujours prêtes aux compromis et aux arrangements de coulisse au nom du pragmatisme et de la préséance de leurs intérêts égoïstes de classe. Ce qui varie d’une faction à une autre et d’un clan tribal à un autre c’est le prix du compromis avec l’occupant.

Heureusement aucune de ces trahisons n’a fait l’objet d’un référendum populaire auprès de la population palestinienne si bien que, si demain une organisation ouvrière révolutionnaire répudiait toutes ces compromissions, elle serait en droit de le faire. Mais la question est de savoir quel serait l’intérêt de la classe ouvrière de se sacrifier pour mener la lutte de libération nationale bourgeoise afin de porter au pouvoir sa bourgeoisie nationale exploiteuse ?
LE FATAH

Ceux du Fatah sont déjà en affaires, ils sont pratiquement les seuls qui – s’ils étaient trop exigeants – pourraient perdre prébendes, commissions, contrats de construction, de distribution, d’approvisionnement, d’import-export, de services ainsi que le monopole sur la vente de certains produits dans les bantoustans palestiniens (comme de vendre du ciment pour la construction du Mur de séparation). Ceux du Fatah ont tout à gagner de s’accommoder avec la puissance de tutelle – Israël. Ce sont eux qui font pression sur leur maître israélien en le menaçant de faire « reconnaître » leur État fantôme à l’ONU – où les États-Unis tapis au Conseil de sécurité mettront bientôt fin à ces finasseries – alors que l’UNESCO vient d’accepter dans ses rangs le premier État inexistant. Le tout serait risible s’il ne s’agissait d’humilier un peuple qui n’a rien demandé et à qui on a rien demandé.

Mahmoud Abbas, vieux et las des pourparlers futiles et inutiles avec les sionistes, est prêt à s’accommoder de très peu pourvu que ses enfants puissent conserver leur monopole dans les télécommunications et  autre secteurs d’affaires compradores.

 

LE HAMAS

Le Hamas longtemps intransigeant – À sa création en 1987 il réclamait la Palestine de 1947, tout le territoire de la Palestine du Jourdain à la Méditerranée – a assoupli ses positions dernièrement et leur leader Khaled Mechaal, réfugié à Damas, a laissé entendre que la Palestine de 1967 pourrait leur convenir. Ismaïl Haniyeh, leader du Hamas à Gaza a exprimé des réticences face à ce compromis ambigu (20).

Depuis quelques jours Ismaïl Haniyeh – l’homme le plus pourchassé par Israël – a obtenu la permission de ses geôliers israéliens de quitter le bagne de Gaza sans être embêté muni d’un passe VIP (!) et de visiter les capitales arabes afin de valider ses appuis pour une éventuelle candidature à la tête du Hamas. Pour vérifier également ses appuis s’il faisait obstacle au rapprochement et à la collaboration avec le Fatah. En effet, l’accord de gouvernement conjoint Fatah-Hamas négocié par Khaled Mechaal pourrait permettre au service de sécurité de Mahmoud Abbas de s’emparer du contrôle de la bande de Gaza et Haniyeh, bien installé au pouvoir à Gaza, ne laissera pas cette éventualité survenir.

C’est que l’État-major israélien ne voit pas d’un bon œil ce rapprochement des deux factions palestiniennes non plus que la prise de contrôle de Gaza par Mahmoud Abbas, ce qui soumettrait Israël aux pressions européennes et américaines pour en arriver enfin à un accord et permettre la création de l’État croupion palestinien que les sionistes souhaitent retarder tant qu’ils n’auront pas en poche la renonciation formelle au droit de retour.  

LA DERNIÈRE TRAHISON DE LA CAUSE PALESTINIENNE (2012)

Si le Fatah et les factions membres de l’OLP prostrée ont déjà fait leur nid au pied du lit de Netanyahu, si le Fatah est déjà prêt à signer le traité de la dernière trahison et à renoncer au droit de retour des réfugiés des camps sacrifiés, le Hamas ne peut s’y résigner, observé qu’il se sait par le Jihad Islamique qui n’attend que cette compromission pour recruter les partisans outrés. Le Jihad Islamique a déjà commencé à pêcher en eau trouble à Gaza, en Cisjordanie et dans les camps de réfugiés, promettant de ne jamais céder ce droit d’ainesse sans un plat de lentilles très consistant. Pendant ce temps, le peuple palestinien désemparé, épuisé, affamé, assoiffé, ne sait plus à quel saint se vouer.

Il ne faut  pas oublier qu’une nouvelle génération de palestiniens est née et a vécu à Gaza sous les bombes, en Cisjordanie sous les balles et les assassinats, à Jérusalem sous les expulsions et dans les camps sous l’exclusion ; ces quelque 45 % de la population palestinienne qui n’a pas encore 16 ans ne sait rien de ces magouillages qui se passent loin de ses ruelles étroites, insalubres et menacées.

Ceux-là n’ont pas de temps à perdre à discutailler à propos de la « feuille de route » et de l’éternel « processus de paix » sous les bombes, la colonisation, les meurtres, les arrestations et les emprisonnements (11 000 prisonniers – Israël a presque terminé de récupérer le nombre de prisonniers libérés lors de l’échange du soldat sioniste Shalit). Ceux-là ne tire aucun profit de l’industrie de la négociation et des pourparlers sempiternelles qui ne peuvent pas, qui ne doivent pas aboutir tant que les palestiniens n’auront pas renoncé à tous leurs droits ‘inaliénables’, y compris au droit de retour.

Les différentes factions de la bourgeoisie palestinienne tentent bien de distraire la jeunesse en lui offrant des jouets électroniques et en lui proposant la culture dégénérée de l’Occident mais bien malin qui saurait prévoir la réaction de cette jeunesse amère et désœuvrée le jour de l’annonce de la dernière  trahison de la cause palestinienne. 
À force de compromis il ne reste plus qu’un seul droit à abandonner aux sionistes, c’est pourquoi  les ‘amis des associations de solidarités’ des factions palestiniennes en lutte pour le contrôle du futur État croupion compradore font pression sur leurs gouvernements en Occident et sur les  potentats israéliens pour qu’ils lâchent enfin le morceau et accordent à l’alliance Fatah-Hamas l’opportunité d’administrer les bantoustans palestiniens affublés ridiculement du nom d’État palestinien libéré. Le professeur Finkelstein est en tournée canadienne pour la  promotion du bantoustan palestinien (21).

 

LE RÈGLEMENT DE LA LUTTE DE LIBÉRATION NATIONALE PALESTINIENNE

 

S’il est vrai qu’ils n’ont jamais embarqué dans les galères romaines pour une croisière-exode  autour de la Méditerranée, les Palestiniens ne se doutent pas dans quelle galère on cherche aujourd’hui à les embarquer. Qu’ils s’y refusent, qu’ils restent au quai, leur patience sera un jour récompensé.

Depuis le Moyen-âge et la création des royaumes chrétiens d’Orient par les moines soldats catholiques, les peuples arabes ont l’expérience de faire face aux envahisseurs occupants avec prudence, patience et persévérance. Il leur a suffi de 196 années pour chasser le dernier croisé et s’emparer de Saint-Jean d’Acre, le dernier royaume chrétien occupant. Le présent royaume judaïque d’Orient imposé par l’Occident n’a que 64 ans, ils ont le temps (22). 

 

(1)   Dr Qumsiyeh - Popular Resistance. 16.01.2012. http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=11669

 

(2)   Population palestinienne. http://www.populationdata.net/index2.php?option=pays&pid=163

 

(3)   Sépharades,  Ashkénazes et Falashas  http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9farade   http://fr.wikipedia.org/wiki/Ashk%C3%A9naze

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Falashas

 

(4)   Shlomo Sand (2010). http://www.dailymotion.com/video/x7okoe_peuple-juif-invent-shlomo-sand_news

 

(5)   Que l’ONU n’administrera jamais car le gouvernement israélien ne le lui a pas permis.  http://amoralite-natale.voila.net/acouv.htm

 

(6)   Khaled Mechaal 2.10.2010. « Dans la science de la stratégie et de la gestion des conflits, la négociation est une extension de la guerre et une forme de gestion de la guerre. Ce que vous obtenez à la table des négociations est un produit de votre position sur le terrain, et un résultat de l’équilibre des forces sur le terrain. Si sur le terrain vous êtes vaincus, vous serez certainement défaits aussi aux négociations. ». http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9459&var_recherche=+hamas  

 

(7)   Khaled Mechaal  2.10.2010.  « La situation relative au conflit avec l’occupation israélienne est différente, car c’est le cas d’un corps étranger à la région, qui est venu de l’extérieur et s’est imposé sur une terre et un peuple, a chassé ce peuple de sa terre et l’a remplacé par une diaspora d’immigrants du monde entier. (…) Nous refusons la reconnaissance tant au sens juridique que pragmatique. Il y a une différence entre dire qu’il y a un ennemi appelé Israël d’un côté, et reconnaître sa légitimité de l’autre ; le premier postulat n’est pas réellement une reconnaissance. En bref, nous refusons de reconnaître la légitimité de l’occupation et le vol de la terre. Pour nous, ce principe est clair et définitif. »   http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9459&var_recherche=+hamas 

 

(8)   Mohamed Al-Rantissi. Survivre à Gaza. Koutoubia Éditeur.  Paris. 2009.

 

(9)   Nous vous offrons le plus grand Yerushalayim de l’histoire juive. 24.01.2011.  http://www.silviacattori.net/article1498.html.  Pierre-Yves Salingue, Robert Bibeau 19.01.2006.  Aux amis du Monde diplomatique. http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article2126&lang=fr

 

(10)                   http://fr.wikipedia.org/wiki/Isra%C3%ABl  et  http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tats-Unis

 

(11)                   Robert Bibeau. Le lobby pro-israélien vacille-t-il ? 21.03.2009. http://www.robertbibeau.ca/palestine/edito21-3-2009.html  Le lobby israélien à Washington. 16.12.2010.  http://www.michelcollon.info/Le-lobby-israelien-a-Washington.html?lang=fr   Grandeur et déchéance des « conspirationnistes » 25.05.2011.  http://www.centpapiers.com/grandeurs-et-decheances-des-%c2%ab-conspirationnistes-%c2%bb/71279

 

(12)                   Écoutez le sénateur du Vermont outré que 1% des riches américains aient accaparés 80 % des hausses de revenus depuis 2001, et que 1 % des riches empochent  23,5 % des revenus totaux aux USA  http://www.youtube.com/watch?v=pSD7rDdbgA4&feature=share

 

(13)                   Menace de mort contre Obama. http://www.haaretz.com/news/international/uproar-after-jewish-american-newspaper-publisher-suggests-israel-assassinate-barack-obama-1.408429

 

(14)                   Le sionisme est une idéologie raciste, national-socialiste  avant l’heure,  promue par Théodore Herzl, un journaliste hongrois peu influent dans les milieux bourgeois jusqu’à ce que le gouvernement britannique et Lord Balfour l’accrédite en 1917 (Déclaration Balfour)  http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_Balfour_de_1917  

 

(15)                   Manlio Dinucci. Les USA tournent la page vers de nouvelles guerres. 7.1.2012.    http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=28526

 

(16)                   Un État palestinien mais lequel ? Dominique Vidal.14.09.2011.   http://www.michelcollon.info/Un-Etat-palestinien-mais-lequel.html

 

(17)                   Ce serait la première constitution pour les Israéliens puisque l’État d’Israël après 64 ans n’a toujours pas de constitution.  Rezeq Faraj. Palestine : Le refus de disparaître. Pleine lune. 2002.

 

(18)                   Des Palestiniens ont investis pour 2,5 milliards de dollars dans les colonies et en Israël en 2010.  22.11.2011. http://www.silviacattori.net/article2430.html

 

(19)                   http://www.monde-diplomatique.fr/cahier/proche-orient/territoires-olp

 

(20)                   Vivian Petit. 17.01.2011.  « Les dirigeants du Fatah répètent que le Hamas n’a pas compris l’objet de la réconciliation : la constitution d’un « gouvernement technocratique » ayant pour tâche de gérer les territoires palestiniens et leur population, dans l’attente de jours meilleurs, et non la constitution politique d’un « gouvernement d’union nationale »  (…) Si les inconvénients de cette division paraissent évidents d‘un point de vue institutionnel, ils n’empêchent cependant pas un certain nombre de convergences dans les oppositions à l‘occupant israélien. ». http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Vivian_Petit.170112.htm et Le Hamas à la croisée des chemins de la résistance. 1.03.2010. http://www.robertbibeau.ca/palestine/hamas.doc  et Robert Bibeau. 2.12.2010. Où va la résistance palestinienne ? http://www.legrandsoir.info/OU-VA-LA-RESISTANCE-PALESTINIENNE.html

 

(21)                   Norman Finkelstein. Janvier 2012. http://www.cjpmo.org/DisplayDocument.aspx?DocumentID=2073&SaveMode=0

 

(22)                   http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=25068

Robert Bibeau
25.01.2012

http://www.centpapiers.com/la-derniere-trahison-de-la-cause-palestinienne/93039



1 Dossier

1-1 250 ENSEIGNANTS REFUSENT DE PARTICIPER A UN PROGRAMME DESTINE A LEGITIMER L'OCCUPATION.

 UNE PREMIERE DANS L'HISTOIRE ISRAELIENNE, 250 ENSEIGNANTS REFUSENT DE PARTICIPER A UN PROGRAMME DESTINE A LEGITIMER L'OCCUPATION DE LA VILLE PALESTINIENNE D'HEBRON

 Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/
Pour la première fois dans l'histoire Israélienne, plus de 250 enseignants ont signé une lettre où ils affirment qu'ils refuseront de participer à un programme de l’Éducation nationale qui les contraint à emmener leurs élèves dans des « visites du patrimoine » de la ville Palestinienne occupée d'Hébron. Hébron est la seule ville palestinienne comptant une colonie Juive au cœur de la cité. Pour permettre à quelques centaines de colons de se déplacer librement, Israël choisit de mettre en place une politique officielle de discrimination envers les habitants Palestiniens de la ville, et au fil des ans, le centre-ville d'Hebron est devenu une ville fantôme.

« En février 2011, vous annonciez un nouveau programme de visites appelé 'Monter jusqu'à Hebron' », ont écrit près de 260 enseignants la semaine dernière au Ministre de l'Education Gideon Sa'ar. « Introduire ce programme dans les écoles, c'est manipuler les élèves et les enseignants, qui ne seront plus que des pions politiques. Puisque nous sommes dévoués à l'éducation des enfants, notre conscience nous empêche de devenir des agents d'une telle politique ».

Udi Gur, professeur de littérateur de Jérusalem et un des initiateurs de la lettre des enseignants a déclaré à Haaretz dimanche dernier que « nous sommes peut-être au début d'une nouvelle ère où les citoyens devront payer un prix personnel pour arrêter la vague nationaliste ». « Nous espérons que d'autres enseignants n'auront pas peur, car nous n'avons aucune intention de reculer devant les menaces ». Gur a continué : « Le système éducatif est pris d'assaut par des forces politiques extrémistes, cherchant à remplacer l'éducation par l'endoctrinement. Nous ne les laisserons pas faire ».

Les enseignants s'opposent au plan de Sa'ar qui serait prêt à dépenser des millions de shekels – montant révélé par le Ministère de l'Education – pour financer les visites : « Vous prétendez que le but de ces visites n'est pas politique », lit-on dans la lettre. « Mais lors de votre visite à Shiloh, vous annonciez ouvertement vos objectifs : 'C'est une bonne chose de se rendre dans les colonies. C'est une bonne chose que les colonies s'épanouissent. Il ne faut pas laisser chez les Arabes s'ancrer l'illusion qu'un jour, il n'y aura plus de Juifs ici. Les Juifs vivront toujours ici et toute autre illusion entretenue est un obstacle à la paix'. Voilà pourquoi on nous demande de visiter la Tombe des patriarches et Shiloh. Vous profitez de notre système éducatif national pour renforcer et pérenniser les colonies Juives dans le coin. A cette fin, la réalité à Hébron est présentée d'une façon partiale et tendancieuse. Effacer cette réalité politique est bien une action politique. »

Le programme controversé des « visites du patrimoine » n'était dirigé jusqu'à présent que vers les élèves du district scolaire de Jérusalem ; mais il y a quelques semaines, Sa'ar a annoncé qu'il serait étendu à d'autres élèves, dans tout le pays. Parmi les nouveaux projets lancés par Sa'ar, des rencontres avec des officiers de l'armée visant à « renforcer le lien et la coopération entre les écoles et les Forces de défense Israéliennes » et un doublement du budget de l’association Randonnée Israélienne dont le but est de « rendre plus évident et de renforcer le lien entre le peuple d'Israel et la terre d'Israel, tout en faisant comprendre nos racines en tant que peuple et notre droit à la terre. »

Gur a ajouté : « Nous voulons dire sans la moindre ambiguïté à notre ministre que ni les élèves ni nous ne sommes ses soldats. Il ne s'agit pas d'une déclaration gauchiste, mais bien une déclaration d'enseignants qui souhaitent que leurs étudiants puissent se forger une opinion indépendante basée sur de réelles connaissances. Ces visites à Hebron et Shiloh proposent l'exact opposé, puisque leur but n'est pas éducatif. Leur but est de créer une identification émotionnelle, tout en faisant avancer certaines idées politiques ». Les enseignants ont insisté sur le fait qu'il s'agissait de la première fois que des enseignants s'opposaient, publiquement et non de façon anonyme, à une politique du ministère.
Samedi 18 février 2012

http://jacques.tourtaux.over-blog.com.over-blog.com/


2 Conférence - Interview -  

2-1 Interview exclusive de Laurent Fabius.

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage l'analyse ou point de vue de l'auteur, mais doit être vu comme information

En visite la semaine dernière en Israël et dans tout le Proche-Orient, Laurent Fabius s’est fait assez discret et n’a pas répondu à des dizaines d’interviews.

C’est au seul micro de Stéphane Calvo, dans l‘émission Francophone de 90 FM, que l’ancien ministre, que l’on voit déjà futur ministre des affaires étrangères (si la gauche remportait les élections), s’est exprimé.

Fuyant les questions sur Martine Aubry et Montebourg et refusant de critiquer Nicolas Sarkozy, il s’est voulu pragmatique et serein. S’en s’écarter d’un pouce de la politique de son parti sur la création d’un État palestinien, Fabius assure être un ami d’Israël et que son candidat le sera tout autant.

Stéphane Calvo – Quel est l’objet de votre visite au Proche-Orient Laurent Fabius ?

Laurent Fabius – François Hollande m’a demandé de me déplacer dans un certain nombre de pays du Proche-Orient, pour y prendre contact avec les autorités locales, y dire notre respect et notre amitié. Mais aussi pour y écouter ce que ces pays ont à dire et sur certains points, préciser nos orientations. J’ai eu le plaisir de rencontrer en Israël le Premier Ministre Nétanyahu, le Président Shimon Pérès et des responsables de l’opposition. Je vois dans ces contacts beaucoup d’intérêt mais aussi le souci que les rapports entre Israël et la France se développent.

Nous sommes tout à fait dans le même esprit donc évidemment, nous avons abordé des sujets qui concernent l’actualité, c’est à dire ce qui concerne la paix, la sécurité, l’Iran, le Printemps arabe.

Stéphane Calvo – Vous sortez à l’instant du bureau du Premier ministre, dans quelle atmosphère s’est déroulée cette rencontre ?

Laurent Fabius – J’en sors à l’instant. La rencontre s’est passée dans une très bonne atmosphère. De plus, le premier ministre vient de gagner les primaires donc il doit être dans un état d’esprit positif.

Stéphane Calvo – L’avez-vous félicité de sa victoire ?

Laurent Fabius – Tout à fait : je sais que gagner des primaires n’est jamais facile, nous en avons l’expérience. Mais nous avons surtout parlé des questions de fond sur les perspectives d’Israël, les méthodes pour la reprise du dialogue avec les palestiniens, l’environnement international, l’Europe. Il m’a interrogé sur la situation politique française.

Stéphane Calvo – Que diriez-vous sur le bilan de Nicolas Sarkozy avec Israël ?

Laurent Fabius – J’ai une règle que vous comprendrez : quand je suis à l’étranger, j’évite de commenter la politique des dirigeants de mon pays.

Stéphane Calvo – Lui se présentait il y a 5 ans comme un grand ami d’Israël, François Hollande se considérera-t-il aussi comme un grand ami d’Israël s’il est élu ?

Laurent Fabius – Je crois que l’amitié se juge sur les actes de manière générale. Et donc il y a des domaines, d’après ce que j’ai compris, dans lesquels les interlocuteurs ont été satisfaits et d’autres beaucoup moins. En ce qui concerne François Hollande, il est évidemment sur une ligne d’amitié et de respect exigeant avec Israël. En même temps, nous n’avons jamais caché que nous souhaitions un dialogue étroit avec les palestiniens et la reconnaissance d’un État palestinien – les socialistes ne l’ont jamais caché. Et puis, nous sommes attentifs à tout ce qui se passe dans la région, en particulier la question nucléaire iranienne. C’est une question qui nous préoccupe tous et pas seulement Israël. Et nous sommes autour de François Hollande pour approuver les sanctions. Nous sommes opposés à ce que l’Iran, qui par ailleurs est un grand pays, possède l’arme nucléaire. Sur ce sujet, il n’y a pas une grande différence entre la majorité et l’opposition en France.

Mais d’une façon générale, nos interlocuteurs de différentes factions politiques étaient très soucieux de l’amitié en Israël et la France et cela me fait particulièrement plaisir puisque c’est la ligne sur laquelle nous sommes.

Stéphane Calvo – En cas de victoire, François Hollande réservera-t-il une visite à Israël assez rapidement ?

Laurent Fabius – Ça, je ne sais pas. Comme nous disons chez nous, « il faut éviter Perette et le pot au lait ». Il faut donc d’abord remporter la victoire, même si François Hollande a la faveur des statistiques. Il faut faire tout ce qu’il faut, sans arrogance, pour mériter cette victoire.

Ensuite, si cette victoire est obtenue, je suis sûr que le moment venu il aura à cœur de faire le déplacement. J’ajoute une phrase de mon ami Shimon Pérès, que je tutoie, qui m’a dit « les sondages, c’est très bien de les respirer, mais il ne faut pas les avaler ».

Stéphane Calvo – Lors des primaires vous avez soutenu Martine Aubry et aujourd’hui il y a une convergence sur François Hollande. Mais y a-t-il des différences sur la politique du Proche-Orient de ces deux personnes ?

Laurent Fabius – Non, je ne crois pas. Une des clefs du succès est l’unité des socialistes. Dans le passé, cette unité n’a pas toujours été respectée. Là, c’est un grand atout de cette campagne, tout le monde est aux côtés de François Hollande.

Stéphane Calvo – Il y a une vision tenace qui colle au Parti Socialiste, qui veut que sa politique vis à vis d’Israël est un peu moins favorable que celle de la majorité, comment l’expliquez-vous ?

Laurent Fabius – Oui mais… Écoutez, je ne crois pas que cette image corresponde à la réalité. C’est une image qui peut exister mais… Pourquoi ? Il y a eu un reproche qui nous a été fait dans le passé de ne pas être aussi déterminé dans la condamnation de l’antisémitisme que les forces de droite. Un reproche tout à fait injustifié à mes yeux mais c’est un reproche qui a existé.

Stéphane Calvo – Cela ne peut-il pas venir également des déclarations politiques de quelques amis de votre camp, je pense à Arnaud Montebourg ou aux Verts…

Laurent Fabius – Oui, mais les Verts c’est un autre parti. Et puis je vous répète que, ce qui est décisif, c’est la ligne choisie par le candidat. Il est évident que nous ne devons laisser passer aucun geste, aucun acte, et que les actes antisémites doivent être condamnés avec énormément de fermeté. Mais vous parliez des différences entre les uns et les autres. J’ai été assez frappé de voir dans le programme de l’extrême droite de Madame Le Pen et dans celui de tel ou tel membre de l’UMP, qu’ils veulent supprimer la bi-nationalité. Je m’en suis entretenu ce matin avec des amis franco-israéliens qui m’ont dit qu’il s’agirait d’une monstruosité. En ce qui concerne François Hollande, il n’en est évidemment pas question.

Stéphane Calvo – Les Français d’Israël on gardé un lien très fort avec la France, également en ce qui concerne les élections présidentielles et législatives. Et justement, la candidate socialiste aux élections législatives de la 8ème circonscription des français de l’étranger est Daphna Poznanski. Pensez-vous crédible de mobiliser ici des électeurs qui ont voté en très grande majorité pour Nicolas Sarkozy lors des dernières élections ?

Laurent Fabius – Je pense que oui. D’abord à cause de la personnalité de la candidate : une femme avec une grande expérience, connue pour défendre ses positions avec beaucoup de conviction. Une candidate compétente. Et puis, il y a parmi les personnes qui ont voté pour Nicolas Sarkozy, un certain nombre de gens qui sont, comment dire, déçus de ce qu’il s’est passé. Et puis il y a un vote plus général. Beaucoup de gens, je crois, veulent que les choses changent. Mais je ne veux pas m’immiscer dans ce débat. Je peux juste vous dire que notre candidate est très compétente et que quand elle défend un dossier ou des personnes, elle le fait fort bien.

Stéphane Calvo – On parle de 700.000 francophones israéliens et toujours pas de bureau israélien à la francophonie. Si vous êtes aux affaires, pensez-vous pouvoir rétablir cette injustice ?

Laurent Fabius – C’est une question qu’il faudra reprendre car ce nombre est très important et nous attachons beaucoup d’importance à la pratique et à la propagation de notre langue. Et puisque vous parlez de la langue, les relations entre la langue et l’éducation, voilà une différence de plus entre ce qui existe et ce que nous voulons faire. Nous souhaiterions que les couches moyennes de l’étranger puissent bénéficier de bourses pour envoyer leurs enfants dans des écoles françaises. C’est une question importante et très concrète à laquelle, je crois, nos amis français de l’étranger sont très attachés.

Stéphane Calvo – Seriez-vous heureux d’obtenir le portefeuille des Affaires Étrangères dans un gouvernement de gauche ?

Laurent Fabius – (rires) Je ne sais pas pourquoi mais on me pose beaucoup cette question en ce moment. Mais j’ai une règle simple : ces questions-là, je préfère les aborder après avoir gagné qu’avant. Souvenez-vous de la fable de Perette et du pot au lait.

Stéphane Calvo – Mais la géopolitique vous intéresse ?

Laurent Fabius – Cela ne m’est pas totalement étranger, je présenterais les choses comme cela.

http://jssnews.com/2012/02/05/fabius-israel/

http://www.geostrategie.com/4314/jssnews-90fm-%E2%80%93-interview-exclusive-de-laurent-fabius/



4 Courrier des lecteurs

4-1 Rudi Barnet : Tout va bien, l'avenir s'annonce radieux!

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage l'analyse ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

Cher militant de notre grand projet,
Après plus de 60 ans d'efforts, notre conquête du territoire palestinien sera bientôt complète.
Le plan de nettoyage ethnique que nous avions élaboré et lancé en 1948 est en bonne voie de finition.
Avec le soutien actif des USA, notre indéfectible allié, et la collaboration silencieuse des pays européens, nous sommes devenus – et de loin – la plus grande puissance militaire du Moyen-Orient et la 6ème puissance nucléaire du monde!
Ces soutiens des occidentaux sont parfois décriés alors qu'ils sont totalement légitimes et justifiés... Il aurait en effet été scandaleux de ne pas les voir soutenir l'œuvre civilisatrice d'autres occidentaux!
Dernière bonne nouvelle : la préparation de l'attaque contre les mécréants iraniens, s'accélère... Pas question qu'un autre Etat que nous développe le nucléaire, même civil, au Moyen-Orient!
Tout va bien, donc!
Cependant, la perfection n'étant pas de ce monde, il faut bien constater une certaine réticence de l'opinion publique internationale à approuver le développement de notre œuvre colonisatrice et reconnaître notre rôle moteur dans la défense de l'Occident.
Devant ces critiques absurdes et hostiles, il est primordial que chaque sioniste se mobilise pour modifier la vision négative d'Israël qui se répand actuellement et fasse taire ceux qui osent nous blâmer!
Comme vous le savez, de nouveaux moyens financiers ont été dégagés par notre gouvernement pour soutenir cette campagne de réhabilitation et donner à nos antennes de propagande les armes pour écraser toute velléité de s'opposer à notre suprématie. 
Comme sioniste, n'oublions jamais que notre seule véritable patrie est Israël... et que tout sioniste doit remplir son rôle de lobbyiste dans le pays où il réside!
Tout va bien!

Afin de mieux épauler nos militants dans cette croisade, il est nécessaire de leur donner quelques outils pour museler les critiques et étouffer les révélations nuisibles au sionisme : les informations qui suivent doivent vous permettre de clouer le bec à ceux qui ont l'arrogance de contester.
Mais les mensonges et calomnies utilisés par nos ennemis antisémites pour délégitimer notre mouvement étant très nombreux, nous n'aborderons ici que quelques thèmes... pour cette fois!

Mais avant tout, n'oubliez pas que tout antisioniste est un antisémite!
Martelez ce slogan à toute occasion, qu'il devienne une évidence pour le citoyen lambda... Ainsi il ne verra pas l'absurdité et le ridicule de l'expression (suivant cette logique... antinazi = anti Allemand, anticommuniste = anti Russe, antifranquiste = anti Espagnol, etc).

A propos du sionisme

Depuis la fondation de notre mouvement à la fin du XXème siècle, les critiques n'ont pas manqué et des traîtres comme Albert Einstein et Hanna Arendt ont même osé, en compagnie d'une bonne vingtaine d'intellectuels juifs renégats, affirmer que notre idéologie était fasciste.
Heureusement, personne ne les a écoutés. Ainsi nous avons pu occulter l'image de conquérants et continuer à nous poser en victimes.
Là, Ben Gourion a été génial!
Lui qui, en 1942 (!), disait que "le désastre qu'affronte le Judaïsme européen n'est pas mon affaire!" a su merveilleusement utiliser le sentiment de culpabilité provoqué par le génocide hitlérien pour emporter le morceau à l'ONU.
Certains, tel Norman Finkelstein (encore un traître) , ont dénoncé cette utilisation du massacre à des fins politiques... Méprisez-les! 
Et si on vous casse les pieds avec le soi-disant problème des survivants de l'Holocauste qui vivent en Israël sous le seuil de pauvreté (± 200.000), rappelez les paroles du rabbin Yosef Ovadia : C'est la punition de Dieu pour leurs péchés!
Si notre grand rabbin le dit, c'est que c'est ainsi!
Tout va bien!

Vive Ben Gourion!
Grâce à lui et à ses compagnons, le mythe de la petite nation pacifique obligée de se défendre contre des Arabes sanguinaires a pu se propager!
Ce statut nous a permis de dédaigner les lois internationales, de snober les résolutions de l'ONU et les condamnations du tribunal de La Haye sans entraîner la moindre sanction contre nous.
Comme disait notre grand Ariel Sharon : Israël peut avoir le droit de juger les autres, mais certainement personne n’a le droit de juger le peuple juif ou l’État d’Israël !
Faut dire que Ben Gourion avait déjà évité pas mal d'écueils depuis les années 30 et nos premiers attentats à la bombe contre les civils arabes à Jérusalem et à Jaffa.
Il avait, entre autres, fait taire Simon Wisenthal, le chasseur de nazis, qui l'apostropha au congrès sioniste de 1946 : Cela ne nous aurait pas fait de mal d’organiser notre propre procès de Nuremberg contre tous ceux (les dirigeants sionistes) qui n’avaient pas accompli leur devoir envers nous, nos familles et le peuple juif 

D'autres juifs renégats, tel Marek Edelman, le soi-disant héros du ghetto de Varsovie, ont rejoint les opposants à notre glorieuse colonisation, mais l'efficacité de notre service de propagande est bien connue... Et cela n'a pas fait trop de vagues.
Nous sommes aussi parvenus à masquer pas mal de faits gênants pour notre image... même à faire oublier que nos dirigeants avaient collaboré avec le régime nazi – Itzak Shamir, futur premier ministre, fit même de la prison pour ça.
Mais tout va bien : sionisme n'est toujours pas assimilé à fascisme!
C'est fort, non?
Aujourd'hui encore les traîtres pullulent (Daniel Barenboim, Amos Oz, Noam Chomsky, Richard Gere, Naomi Klein...).  Ne laissez pas ces juifs honteux injurier notre noble cause et fermez le caquet à tous ceux qui, juifs ou non, nous critiquent et nous traitent de fascistes!
Il n'y a qu'une seul vérité : la nôtre!
... Et comme le disait un de nos éminents représentants en Europe : Ceux qui sont contre Israël sont des animaux, des chiens enragés, des hyènes !
Pas de pitié pour tous ceux qui osent dire que le Grand Israël est une utopie criminelle!

A propos de l'apartheid
On nous accuse en plus d'avoir une politique d'apartheid.
Honteux!
Tout ça parce que, pour optimiser la vie en commun avec les 20% d'Arabes vivant dans l'Etat des juifs, nous avons été amenés à instaurer des tribunaux particuliers, une carte d'identité spécifique, restreindre l'utilisation des transports publics, limiter l'accès au travail et aux études universitaires, interdire les mariages mixtes (... manquerait plus qu'on se mélange!)... Etc, Etc.
Il faut bien contrôler ces indigènes, non?
On nous reproche aussi les quelques centaines de kilomètres de mur découpant la Judée-Samarie (la "Cisjordanie" pour nos ennemis), le rationnement de l'eau... et même les 800 check-points qui empêchent la libre circulation des autochtones.
Faut bien nous défendre contre les terroristes, non?
C'est vrai qu'il y a parfois des dommages collatéraux inévitables, comme la mort de ces 35 bébés et de ces 5 mères décédées pendant leur accouchement sur la route.
N'ont qu'à pas faire autant d'enfants ces... crocodiles, comme les qualifiait Ehud Barak, notre glorieux ministre.
Il est aussi scandaleux qu'un Nelson Mandela ose nous accuser de racisme... Encore un antisémite que nous aurions mieux fait d'éliminer du temps de notre collaboration suivie avec Willem Botha!
Savez-vous qu'il n'a pas hésité à comparer notre œuvre civilisatrice au régime d'apartheid de l'Afrique du Sud et a osé écrire : Les Palestiniens ne luttent pas pour un "Etat" mais pour la liberté, la libération et l’égalité, exactement comme nous avons lutté pour la liberté en Afrique du Sud (...)
Si vous suivez également le système judiciaire en Israël, vous verrez qu’il y a discrimination contre les Palestiniens, et si vous considérez plus particulièrement les territoires occupés en 1967, vous verrez qu’il y a déjà deux systèmes judiciaires à l’œuvre, qui représentent deux approches différentes de la vie humaine : une pour la vie palestinienne et l’autre pour la vie juive (...)
Les soi-disant "Zones autonomes palestiniennes" sont des Bantoustans. Ce sont des entités restreintes au sein de la structure de pouvoir du système israélien d’Apartheid (...) La discrimination raciale d’Israël est la vie quotidienne de la plupart des Palestiniens  (...)
L’Apartheid est un crime contre l’humanité. Israël a privé des millions de Palestiniens de leur liberté et de leur propriété. Il perpétue un système de discrimination raciale et d’inégalité.
Il a systématiquement incarcéré et torturé des milliers de Palestiniens, en violation du droit international. Il a déclenché une guerre contre une population civile et en particulier contre des enfants. 
Heureusement ce propos abject est contredit par nos amis politiques d'Europe et par la plupart des journalistes occidentaux qui, eux, considèrent que c'est une calomnie de nous accuser de pratiquer l'apartheid.
Merci à tous ces parlementaires et à la presse pour leur bonne collaboration.
A propos du nettoyage ethnique
Quelques historiens félons sont allés farfouiller dans nos archives militaires et ont découvert que, deux mois avant le vote de l'ONU nous accordant un territoire, nos dirigeants avaient élaboré un "Plan D" (Daleth en hébreu) de nettoyage et l'avaient lancé dès l'annonce de la création de notre Etat.
Cette révélation est inacceptable!
Elle ne peut être le fait que d'antisémites juifs qui veulent salir notre image.
C'est vrai que 800.000 indigènes prirent la fuite à cette époque... Mais c'était leur choix!
C'est vrai que quelques 500 villages furent détruits... IIs gênaient notre avancée!
C'est vrai qu'il y eut quelques bavures (appelées indûment "massacres")... Ils n'avaient qu'à ne pas protester!
Nous étions parvenus à cacher l'existence de ce plan de nettoyage ethnique (idem pour la bombe atomique!) que nous avons poursuivi sans anicroches jusque ces dernières années... Et il a fallu qu'un Ilan Pappé, et d'autres traîtres à notre cause, vendent la mèche!
Que faire?
Niez! Dites que tout ça est inventé, que ces révélations sont fabriquées par un esprit malade!
Ne négligez aucun moyen ou argument!
La vérité est secondaire, seul notre projet est important!
Tout va bien!

A propos des origines
Nous pouvons être fiers de nos services de propagande. Ils sont d'une redoutable efficacité!
Je n'en veux pour preuve que les nombreuses fariboles que nous avons fait gober aux naïfs.
Par exemple, ils croient toujours que les Romains ont chassé les juifs de Palestine... Alors que nos propres historiens reconnaissent que c'est pure invention et qu'il n'y a quasi aucun citoyen de notre Etat qui peut revendiquer un quelconque ancêtre issu de la terre que nous avons maintenant conquise.
Il faut absolument clouer le bec à ces Shlomo Sand ou Israël Bartal, ces professeurs d'universités israéliennes qui ont admis que nous sommes tous essentiellement les enfants d'Européens, d'Orientaux et de Nord-africains convertis à la religion juive.
Heureusement, ces révélations ont pu, jusqu'à présent, être plus ou moins étouffées et nous arrivons encore à maintenir la fiction du peuple retournant dans la terre de ses ancêtres... Mais il est fondamental de contredire violemment les découvertes de ces soi-disant historiens, de les réduire au silence! Menteurs! Faussaires! Affabulateurs! Paranoïaques! Négationnistes!... Ne négligez aucune injure contre ces chiens!
La vérité historique ne compte pas! Seule compte la Torah qui dit que c'est Dieu qui nous a donné cette terre! Nous sommes son peuple élu, non?
Tout va bien!

A propos des idiots utiles
Une de nos grandes forces a été de parler de paix depuis 60 ans, de proposer des négociations, d'afficher une volonté de solution pacifique... tout en continuant notre expansion territoriale.
Nous sommes les rois du "faire traîner", les experts du piétinement!
Et ça marche toujours !
De nombreux idiots utiles nous ont été, et nous sont toujours, d'un grand secours pour propager ce discours lénifiant "Ils ne demandent qu'à négocier" nous évitant ainsi de devoir parler de justice et de  droit... de répondre de nos actes!
La plupart des politiciens européens de la gauche "bon chic, bon genre" soutient, par exemple, le projet de deux Etats... alors qu'un simple coup d'œil sur la carte montre que c'est devenu impossible.
Merci à eux! Pendant qu'ils discutaillent, nous on agit et on donne un coup de fouet à l'extension de nos colonies et au nettoyage ethnique.
De nouveaux alliés nous sont aussi arrivés : les groupuscules d'extrême-droite européens et les évangélistes créationnistes américains!
Eux, ils ont compris que nous étions la citadelle du monde occidental face aux barbares!
Ils pensent comme nous et sont nos frères dans la lutte contre nos détracteurs.
C'est à bras ouverts que nous les avons accueillis!
Collaborez avec eux dans votre pays! Ils nous soutiennent pour ameuter la presse et l'opinion publique dès qu'un événement quelconque, même mineur, se révèle utile à notre cause (injure raciste dans une école, jet de roquette près d'une colonie...etc), pour pousser les hauts cris à chaque information négative (rapports de l'ONU, émissions télévisées...) et récuser avec force la réalité de tous les faits, présents ou passés, nuisibles  à Israël.
Ce sont des potes!

A propos des perspectives
Elles sont ensoleillées!
Des colonies (pardon, des "implantations dans les territoires contestés") se construisent chaque jour avec la bénédiction de nos rabbins pendant que nos braves colons détruisent les oliveraies palestiniennes sous la protection de notre glorieuse armée.
Nous occupons de plus en plus le terrain, au point qu'on ne voit plus très bien ce qu'il y a à négocier avec ces Arabes qui prétendaient vouloir un pays. Quand nous aurons tout nettoyé, il ne leur restera plus qu'à se soumettre ou partir.
On leur laissera la bande de Gaza (toujours "contrôlée", bien entendu). Promotionnée comme les réserves apaches, ça peut être intéressant pour le tourisme.
Tout va bien!
Chaque jour, on tue quelques Palestiniens sans le moindre écho dans les medias occidentaux, on lance quelques bombes sur Gaza, on assassine quelques opposants ou gêneurs à l'étranger (très bonne collaboration Mossad/CIA!), on arrête quelques indigènes (faut bien refaire le stock après la libération du millier de Palestiniens de fin 2011), on édifie un nouveau check point, on coupe l'eau à quelques villages, on détruit quelques maisons, on construit un grand camp de concentration pour les immigrés clandestins...
Tout va bien!
La population israélienne n'est pas au courant ou préfère ne pas le savoir.
A part quelques rares journalistes, la presse occidentale a adopté la politique des trois singes (mains sur les yeux, les oreilles et la bouche) et informe le moins possible.
La plupart des politiques européens n'en ont rien à foutre ou se manifestent mollement.
Seuls les Droits de l'Hommistes invétérés (antisémites, évidemment!) s'informent et protestent.
Les USA viennent de renforcer notre armement... Ça ne peut pas aller mieux!
Nous n'attendons plus que le Docteur Folamour pour lancer la grande offensive!
Rudi Barnet
 La Mena (Metula News Agency) est le principal outil de propagande dans les pays francophones
 Lettre au "New York Times du 2/12/1948
 "L’Industrie de l’Holocauste"  de Norma G.Finkelstein  (Editions La Fabrique)
 “Simon Wiesenthal, l’homme qui refusait d’oublier“ de Tom Segev (Liana Levi)
 Liste de ces "Shit Jewish", avec de nombreuses adresses courriel (!), sur  HYPERLINK "http://www.masada2000.org" www.masada2000.org
 Rapport de l'IRIN (ONU) repris par "The Lancet" (juillet 2011)
 "Les Palestiniens sont comme les crocodiles, plus vous leur donnez de viande, plus ils en veulent" (Jerusalem Post du 30/8/2000)
 Lettre à Thomas L.Friedman, éditorialiste du New York Times (28/3/2001)
 "Ecolo (Belgique) ne prône pas le boycott d'Israël et n'assimile pas l'Etat juif à un régime d'apartheid" ("Le Vif" du 2/12/2011)
 "Le Nettoyage Ethnique de la Palestine" de Ilan Pappe (Fayard)
 “Comment fut inventé le peuple juif“ de Shlomo Sand (Fayard Poche) et "Haaretz" du 6/7/2008

Rudi Barnet

Vendredi 3 Février 2012

http://www.alterinfo.net/TOUT-VA-BIEN-Aux-defenseurs-du-Grand-Israel_a70655.html

3-2 -- Tout va bien ! Aux défenseurs du Grand Israël.

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage l'analyse ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

Cher militant de notre grand projet, tout va bien, l'avenir s'annonce radieux ! Après plus de 60 ans d'efforts, notre conquête du territoire palestinien sera bientôt complète. Le plan de nettoyage ethnique que nous avions élaboré et lancé en 1948 est en bonne voie de finition.

Avec le soutien actif des USA, notre indéfectible allié, et la collaboration silencieuse des pays européens, nous sommes devenus – et de loin – la plus grande puissance militaire du Moyen-Orient et la 6ème puissance nucléaire du monde !
Ces soutiens des Occidentaux sont parfois décriés alors qu'ils sont totalement légitimes et justifiés... Il aurait en effet été scandaleux de ne pas les voir soutenir l'œuvre civilisatrice d'autres Occidentaux !
Dernière bonne nouvelle : la préparation de l'attaque contre les mécréants iraniens, s'accélère... Pas question qu'un autre Etat que nous développe le nucléaire, même civil, au Moyen-Orient !
Tout va bien, donc !

Cependant, la perfection n'étant pas de ce monde, il faut bien constater une certaine réticence de l'opinion publique internationale à approuver le développement de notre œuvre colonisatrice et reconnaître notre rôle moteur dans la défense de l'Occident.
Devant ces critiques absurdes et hostiles, il est primordial que chaque sioniste se mobilise pour modifier la vision négative d'Israël qui se répand actuellement et fasse taire ceux qui osent nous blâmer !
Comme vous le savez, de nouveaux moyens financiers ont été dégagés par notre gouvernement pour soutenir cette campagne de réhabilitation et donner à nos antennes de propagande les armes pour écraser toute velléité de s'opposer à notre suprématie. 
Comme sioniste, n'oublions jamais que notre seule véritable patrie est Israël... et que tout sioniste doit remplir son rôle de lobbyiste dans le pays où il réside !
Tout va bien !

Afin de mieux épauler nos militants dans cette croisade, il est nécessaire de leur donner quelques outils pour museler les critiques et étouffer les révélations nuisibles au sionisme : les informations qui suivent doivent vous permettre de clouer le bec à ceux qui ont l'arrogance de contester.
Mais les mensonges et calomnies utilisés par nos ennemis antisémites pour délégitimer notre mouvement étant très nombreux, nous n'aborderons ici que quelques thèmes... pour cette fois !

Mais avant tout, n'oubliez pas que tout antisioniste est un antisémite !
Martelez ce slogan à toute occasion, qu'il devienne une évidence pour le citoyen lambda... Ainsi il ne verra pas l'absurdité et le ridicule de l'expression (suivant cette logique... antinazi = anti Allemand, anticommuniste = anti Russe, antifranquiste = anti Espagnol, etc).

A propos du sionisme
Depuis la fondation de notre mouvement à la fin du XXème siècle, les critiques n'ont pas manqué et des traîtres comme Albert Einstein et Hanna Arendt ont même osé, en compagnie d'une bonne vingtaine d'intellectuels juifs renégats, affirmer que notre idéologie était fasciste. 
Heureusement, personne ne les a écoutés. Ainsi nous avons pu occulter l'image de conquérants et continuer à nous poser en victimes.
Là, Ben Gourion a été génial !
Lui qui, en 1942 (!), disait que "le désastre qu'affronte le Judaïsme européen n'est pas mon affaire !" a su merveilleusement utiliser le sentiment de culpabilité provoqué par le génocide hitlérien pour emporter le morceau à l'ONU.
Certains, tel Norman Finkelstein (encore un traître) , ont dénoncé cette utilisation du massacre à des fins politiques... Méprisez-les ! 
Et si on vous casse les pieds avec le soi-disant problème des survivants de l'Holocauste qui vivent en Israël sous le seuil de pauvreté (± 200.000), rappelez les paroles du rabbin Yosef Ovadia : C'est la punition de Dieu pour leurs péchés !
Si notre grand rabbin le dit, c'est que c'est ainsi !
Tout va bien !

Vive Ben Gourion !
Grâce à lui et à ses compagnons, le mythe de la petite nation pacifique obligée de se défendre contre des Arabes sanguinaires a pu se propager !
Ce statut nous a permis de dédaigner les lois internationales, de snober les résolutions de l'ONU et les condamnations du tribunal de La Haye sans entraîner la moindre sanction contre nous.
Comme disait notre grand Ariel Sharon : Israël peut avoir le droit de juger les autres, mais certainement personne n’a le droit de juger le peuple juif ou l’État d’Israël !
Faut dire que Ben Gourion avait déjà évité pas mal d'écueils depuis les années 30 et nos premiers attentats à la bombe contre les civils arabes à Jérusalem et à Jaffa.
Il avait, entre autres, fait taire Simon Wisenthal, le chasseur de nazis, qui l'apostropha au congrès sioniste de 1946 : Cela ne nous aurait pas fait de mal d’organiser notre propre procès de Nuremberg contre tous ceux (les dirigeants sionistes) qui n’avaient pas accompli leur devoir envers nous, nos familles et le peuple juif 

D'autres juifs renégats, tel Marek Edelman, le soi-disant héros du ghetto de Varsovie, ont rejoint les opposants à notre glorieuse colonisation, mais l'efficacité de notre service de propagande est bien connue... Et cela n'a pas fait trop de vagues.
Nous sommes aussi parvenus à masquer pas mal de faits gênants pour notre image... même à faire oublier que nos dirigeants avaient collaboré avec le régime nazi – Itzak Shamir, futur premier ministre, fit même de la prison pour ça.
Mais tout va bien : sionisme n'est toujours pas assimilé à fascisme !
C'est fort, non ?
Aujourd'hui encore les traîtres pullulent (Daniel Barenboim, Amos Oz, Noam Chomsky, Richard Gere, Naomi Klein...). Ne laissez pas ces juifs honteux injurier notre noble cause et fermez le caquet à tous ceux qui, juifs ou non, nous critiquent et nous traitent de fascistes !
Il n'y a qu'une seul vérité : la nôtre !
... Et comme le disait un de nos éminents représentants en Europe : Ceux qui sont contre Israël sont des animaux, des chiens enragés, des hyènes !
Pas de pitié pour tous ceux qui osent dire que le Grand Israël est une utopie criminelle !


A propos de l'apartheid
On nous accuse en plus d'avoir une politique d'apartheid.
Honteux !
Tout ça parce que, pour optimiser la vie en commun avec les 20% d'Arabes vivant dans l'Etat des juifs, nous avons été amenés à instaurer des tribunaux particuliers, une carte d'identité spécifique, restreindre l'utilisation des transports publics, limiter l'accès au travail et aux études universitaires, interdire les mariages mixtes (... manquerait plus qu'on se mélange !)... Etc, Etc.
Il faut bien contrôler ces indigènes, non ?
On nous reproche aussi les quelques centaines de kilomètres de mur découpant la Judée-Samarie (la "Cisjordanie" pour nos ennemis), le rationnement de l'eau... et même les 800 check-points qui empêchent la libre circulation des autochtones.
Faut bien nous défendre contre les terroristes, non ?
C'est vrai qu'il y a parfois des dommages collatéraux inévitables, comme la mort de ces 35 bébés et de ces 5 mères décédées pendant leur accouchement sur la route. 
N'ont qu'à pas faire autant d'enfants ces... crocodiles, comme les qualifiait Ehud Barak, notre glorieux ministre. 

Il est aussi scandaleux qu'un Nelson Mandela ose nous accuser de racisme... Encore un antisémite que nous aurions mieux fait d'éliminer du temps de notre collaboration suivie avec Willem Botha !
Savez-vous qu'il n'a pas hésité à comparer notre œuvre civilisatrice au régime d'apartheid de l'Afrique du Sud et a osé écrire : Les Palestiniens ne luttent pas pour un "Etat" mais pour la liberté, la libération et l’égalité, exactement comme nous avons lutté pour la liberté en Afrique du Sud (...)
Si vous suivez également le système judiciaire en Israël, vous verrez qu’il y a discrimination contre les Palestiniens, et si vous considérez plus particulièrement les territoires occupés en 1967, vous verrez qu’il y a déjà deux systèmes judiciaires à l’œuvre, qui représentent deux approches différentes de la vie humaine : une pour la vie palestinienne et l’autre pour la vie juive (...)
Les soi-disant "Zones autonomes palestiniennes" sont des Bantoustans. Ce sont des entités restreintes au sein de la structure de pouvoir du système israélien d’Apartheid (...) La discrimination raciale d’Israël est la vie quotidienne de la plupart des Palestiniens (...)
L’Apartheid est un crime contre l’humanité. Israël a privé des millions de Palestiniens de leur liberté et de leur propriété. Il perpétue un système de discrimination raciale et d’inégalité.
Il a systématiquement incarcéré et torturé des milliers de Palestiniens, en violation du droit international. Il a déclenché une guerre contre une population civile et en particulier contre des enfants. 

Heureusement ce propos abject est contredit par nos amis politiques d'Europe et par la plupart des journalistes occidentaux qui, eux, considèrent que c'est une calomnie de nous accuser de pratiquer l'apartheid. 
Merci à tous ces parlementaires et à la presse pour leur bonne collaboration.


A propos du nettoyage ethnique


Quelques historiens félons sont allés farfouiller dans nos archives militaires et ont découvert que, deux mois avant le vote de l'ONU nous accordant un territoire, nos dirigeants avaient élaboré un "Plan D" (Daleth en hébreu) de nettoyage et l'avaient lancé dès l'annonce de la création de notre Etat. 
Cette révélation est inacceptable !
Elle ne peut être le fait que d'antisémites juifs qui veulent salir notre image.
C'est vrai que 800.000 indigènes prirent la fuite à cette époque... Mais c'était leur choix !
C'est vrai que quelques 500 villages furent détruits... IIs gênaient notre avancée !
C'est vrai qu'il y eut quelques bavures (appelées indûment "massacres")... Ils n'avaient qu'à ne pas protester !
Nous étions parvenus à cacher l'existence de ce plan de nettoyage ethnique (idem pour la bombe atomique !) que nous avons poursuivi sans anicroches jusque ces dernières années... Et il a fallu qu'un Ilan Pappé, et d'autres traîtres à notre cause, vendent la mèche !
Que faire ?
Niez ! Dites que tout ça est inventé, que ces révélations sont fabriquées par un esprit malade !
Ne négligez aucun moyen ou argument !
La vérité est secondaire, seul notre projet est important !
Tout va bien !

A propos des origines

Nous pouvons être fiers de nos services de propagande. Ils sont d'une redoutable efficacité !
Je n'en veux pour preuve que les nombreuses fariboles que nous avons fait gober aux naïfs.
Par exemple, ils croient toujours que les Romains ont chassé les juifs de Palestine... Alors que nos propres historiens reconnaissent que c'est pure invention et qu'il n'y a quasi aucun citoyen de notre Etat qui peut revendiquer un quelconque ancêtre issu de la terre que nous avons maintenant conquise.
Il faut absolument clouer le bec à ces Shlomo Sand ou Israël Bartal, ces professeurs d'universités israéliennes qui ont admis que nous sommes tous essentiellement les enfants d'Européens, d'Orientaux et de Nord-africains convertis à la religion juive. 
Heureusement, ces révélations ont pu, jusqu'à présent, être plus ou moins étouffées et nous arrivons encore à maintenir la fiction du peuple retournant dans la terre de ses ancêtres... Mais il est fondamental de contredire violemment les découvertes de ces soi-disant historiens, de les réduire au silence ! Menteurs ! Faussaires ! Affabulateurs ! Paranoïaques ! Négationnistes !... Ne négligez aucune injure contre ces chiens !
La vérité historique ne compte pas ! Seule compte la Torah qui dit que c'est Dieu qui nous a donné cette terre ! Nous sommes son peuple élu, non ?
Tout va bien !

A propos des idiots utiles
Une de nos grandes forces a été de parler de paix depuis 60 ans, de proposer des négociations, d'afficher une volonté de solution pacifique... tout en continuant notre expansion territoriale.
Nous sommes les rois du "faire traîner", les experts du piétinement !
Et ça marche toujours !
De nombreux idiots utiles nous ont été, et nous sont toujours, d'un grand secours pour propager ce discours lénifiant "Ils ne demandent qu'à négocier" nous évitant ainsi de devoir parler de justice et de droit... de répondre de nos actes !
La plupart des politiciens européens de la gauche "bon chic, bon genre" soutient, par exemple, le projet de deux Etats... alors qu'un simple coup d'œil sur la carte montre que c'est devenu impossible.
Merci à eux ! Pendant qu'ils discutaillent, nous on agit et on donne un coup de fouet à l'extension de nos colonies et au nettoyage ethnique.
De nouveaux alliés nous sont aussi arrivés : les groupuscules d'extrême-droite européens et les évangélistes créationnistes américains !
Eux, ils ont compris que nous étions la citadelle du monde occidental face aux barbares !
Ils pensent comme nous et sont nos frères dans la lutte contre nos détracteurs.
C'est à bras ouverts que nous les avons accueillis !
Collaborez avec eux dans votre pays ! Ils nous soutiennent pour ameuter la presse et l'opinion publique dès qu'un événement quelconque, même mineur, se révèle utile à notre cause (injure raciste dans une école, jet de roquette près d'une colonie...etc), pour pousser les hauts cris à chaque information négative (rapports de l'ONU, émissions télévisées...) et récuser avec force la réalité de tous les faits, présents ou passés, nuisibles à Israël.
Ce sont des potes !


A propos des perspectives
Elles sont ensoleillées !
Des colonies (pardon, des "implantations dans les territoires contestés") se construisent chaque jour avec la bénédiction de nos rabbins pendant que nos braves colons détruisent les oliveraies palestiniennes sous la protection de notre glorieuse armée.
Nous occupons de plus en plus le terrain, au point qu'on ne voit plus très bien ce qu'il y a à négocier avec ces Arabes qui prétendaient vouloir un pays. Quand nous aurons tout nettoyé, il ne leur restera plus qu'à se soumettre ou partir.
On leur laissera la bande de Gaza (toujours "contrôlée", bien entendu). Promotionnée comme les réserves apaches, ça peut être intéressant pour le tourisme.
Tout va bien !
Chaque jour, on tue quelques Palestiniens sans le moindre écho dans les medias occidentaux, on lance quelques bombes sur Gaza, on assassine quelques opposants ou gêneurs à l'étranger (très bonne collaboration Mossad/CIA !), on arrête quelques indigènes (faut bien refaire le stock après la libération du millier de Palestiniens de fin 2011), on édifie un nouveau check point, on coupe l'eau à quelques villages, on détruit quelques maisons, on construit un grand camp de concentration pour les immigrés clandestins...
Tout va bien !
La population israélienne n'est pas au courant ou préfère ne pas le savoir.
A part quelques rares journalistes, la presse occidentale a adopté la politique des trois singes (mains sur les yeux, les oreilles et la bouche) et informe le moins possible.
La plupart des politiques européens n'en ont rien à foutre ou se manifestent mollement.
Seuls les Droitsdel'Hommistes invétérés (antisémites, évidemment !) s'informent et protestent.
Les USA viennent de renforcer notre armement... Ça ne peut pas aller mieux !
Nous n'attendons plus que le Docteur Folamour pour lancer la grande offensive 

Rudi Barnet

http://www.michelcollon.info/Tout-va-bien-Aux-defenseurs-du.html


 

 


Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


20/02/2012

n°603 - Journal de Palestine - 22-01 au 18-02 : 1a - Réconciliation Palestinienne vise à neutraliser la Résistance palestinienne


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal de Palestine

n°603                          22-01  au  18-02

C.De Broeder          &   M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire

Tiré a part

Abbas va devenir chef d'un cabinet de transition.

1 La lutte pour la libération dans les  territoires occupés

Résistance

Almanar : manifestations anti-françaises.

Bande de Gaza - Au jour le jour

Raids contre les zones d'habitation.

Cisjordanie occupée par Israël depuis 1967 :  Au jour le jour

Palestine: assaut des colons et des militaires contre Naplouse  

2 Politique

a) Politique des Usa (le parrain...)

3 Organisations Mondiales & régionales

L’ONU fustige la politique israélienne de judaïsation des territoires occupés.

Nations Unies

Palestine Info : Colère à Gaza contre Ban Ki-Moon qui refuse de rencontrer les familles des victimes palestiniennes.

4 Politique  - Europe

Allemagne

L’Allemagne va fournir un sixième sous marin. 

5 Monde

1 Afrique du Sud

Mel Frykberg : L’Afrique du Sud promet de soutenir les Palestiniens

6 Médias/Vidéos 

6-1 Vidéo : Julia Boutros dénonce le sionisme.

6-2 Vidéo :Un œil sur la planète.

6-3 Vidéo : Nicolas Sarkozy au dîner du CRIF.

6-4 Vidéo : Accoucher aux check-points en Palestine. 

6-5 Alessandra Bajec : Les médias internationaux se rendent complices de la légitimation des colonies israéliennes.

7 Les brèves

Canada: John Baird suit la ligne de Netanyahu...

8 Dossier

8-1 Des soldats israéliens maltraitent un adolescent de Qattana.

8-2 François Hollande : « Israël est très critiqué car c’est une grande démocratie ».

9 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

9-1 Abir Kopty : Un produit chimique inconnu pulvérisé à l'intérieur des voitures palestiniennes aux check points israéliens.

9-2 La Palestine et se mobilise pour BDS.

10 Analyse - Géopolitique et stratégie– Réflexion.

10-1 Mireille Delamarre : Réconciliation Palestinienne : Le Qatar Agit pour Protéger Israël.



Tiré à part

Abbas va devenir chef d'un cabinet de transition.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas va diriger un gouvernement de transition jusqu’à la tenue d’élections, aux termes d’un accord entre son mouvement, le Fatah, et le Hamas, a affirmé lundi à l’AFP un responsable palestinien.

«Les deux parties ont convenu que le président Abbas dirigerait un gouvernement d’entente nationale, formé d’indépendants et de technocrates, chargé de superviser la tenue d’élections», a précisé ce responsable participant aux réunions interpalestiniennes à Doha.

Les réunions entre M. Abbas et le chef du Hamas Khaled Mechaal se déroulent à Doha sous l’égide des responsables du Qatar, activement impliqué dans la réconciliation interpalestinienne.

Une nouvelle réunion est prévue lundi matin entre les deux hommes et le prince héritier du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, au cours de laquelle cet accord devrait être annoncé, selon le responsable palestinien qui a requis l’anonymat.

MM. Abbas et Mechaal avaient convenus dimanche de la nécessité de tenir rapidement des élections présidentielle, législatives et du Conseil national palestinien (CNP, Parlement en exil).

L’accord de réconciliation conclu au Caire par le Fatah et le Hamas le 27 avril 2011, prévoit des élections générales en mai 2012. Le dernier scrutin remonte à janvier 2006.

http://www.liberation.fr:80/monde/01012388151-palestine-abbas-va-devenir-chef-d-un-cabinet-de-transition?xtor=EPR-450206



1 La lutte pour la libération dans les  territoires occupés

Résistance

Almanar : manifestations anti-françaises.  

Les Palestiniens ont manifesté contre l'accord militaire signé entre la France et Israël . Le rassemblement a eu lieu à Qods et Ramallah.
Scandant des slogans et en brandissant des banderoles, les manifestants dénonçaient la France, coupable d'avoir signé un contrat avec un régime d'Apartheid. ils ont exigé l'annulation de ce contrat et le boycott des produits made in Israël.
A noter que la France compte acheter des drones israéliens pour un montant de 500 millions de dollars.
Par ailleurs, selon le quotidien israélien le Jerusalem Post, Israël a déclaré dimanche qu'elle a signé avec l'Allemagne un contrat fournissant à Israël un sixième sous-marin mde type Dolphin.
Selon le ministre allemand de la Défense, Christian Schmidt, Berlin a accepté de financer une partie de l'accord care l'entité israélienne est un client privilégié!
Le responsable allemand affirmé que "l'accord confirme l'engagement de l'Allemagne à la sécurité d'Israël".
Cela dit, le ministre a démenti ce qui a été publié que la chancelière allemande Angela Merkel, a envisagé la possibilité d'annuler la transaction en réponse à la construction de nouveaux logements dans le quartier de Gilo au sud de la ville d'alqods .
Rappelons que l'entité israélienne dispose actuellement de 3 sous-marins de type Dolphin , sachant que deux autres sous-marins sont en construction en Allemagne et doivent être délivrer à la marine israélienne dans le courant de cette année.
http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=48989&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=22&s1=1



Bande de Gaza - Au jour le jour

Raids contre les zones d'habitation.  

 L'aviation israélienne a bombardé, mardi matin, quatre quartiers du Nord, du centre et du Sud de Gaza. Ces frappes ont laissé des blessés. Les localités de Al-Soudaniyah et Beit-Lahiya ont été prises pour cible de ces attaques.

Dans un communiqué, l'armée israélienne prétend avoir attaqué un atelier de métallurgie et trois tunnels reliant le Nord et le Sud de Gaza.

IRIB

24/01/2012

http://www.alterinfo.net/notes/Gaza-raids-contre-les-zones-d-habitation_b3710542.html?&start=20


Cisjordanie occupée par Israël depuis 1967 :  Au jour le jour

Palestine: assaut des colons et des militaires contre Naplouse  

Des centaines de colons soutenus par les militaires de l'Armée israélienne ont pris d'assaut la ville de Naplouse, en Cisjordanie. Cette attaque a eu lieu ce mardi matin, à partir de trois axes.

Les militaires ont tenté de disperser les jeunes palestiniens qui s'étaient rassemblés à l'entrée du camp Balata, dans l'Est de cette ville, en lançant sur eux des gaz lacrymogène et des grenades sonores assourdissantes. L'objectif des militaires sionistes est de sécuriser le chemin des centaines de colons qui se dirigeaient vers le mausolée du Prophète Joseph, chaque semaine sous prétexte d'accomplir des cérémonies religieuses au mausolée du Prophète Joseph, les colons sionistes donnent l'assaut à Naplouse, selon ce rapport.
http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/165700-palestine-assaut-des-colons-et-des-militaires-sionistes-contre-naplouse



2 Politique

a) Politique des Usa (le parrain...)

1 Les grandes manœuvres

Devant la TV, 1 débat se transforme en concours anti palestinien  

Lors d'un débat télévisé en vu des élections présidentielles, Mitt Romney et Newt Gringrich, deux candidats républicains en lice pour les élections en ont oublié leur programme de politique intérieur et se sont disputés sur qui d'entre eux est le plus pro israélien des deux.
Lors de ce débat diffusé sur CNN le vainqueur de la primaire du New Hampshire (nord-est) Mitt Romney  a mis la faute sur les palestiniens si la paix est impossible. Pour lui "la raison provient dû au fait que parmi les dirigeants du peuple palestinien on retrouve le Hamas, et d'autres personnes liées au Hamas, dont la seule intention est d'éliminer Israël".
N'hésitant pas à pratiquer la démagogie, l'ancien gouverneur du Massachusetts (nord-est) a également  prétendu que : "dans les livres d'école, on enseigne comment tuer des juifs". Et de poursuivre   "Ce sont les Palestiniens qui ne veulent pas d'une solution à deux Etats, ils veulent éliminer Israël", a renchéri le candidat républicain qui remonte dans les sondages à cinq jours de la primaire de Floride.
Son principal rival Newt Gingrich est allé bien plus loin, à ses yeux les Palestiniens étaient un "peuple inventé". Le peuple palestinien "était techniquement une invention de la fin des années 1970 et avant cela ils étaient arabes", a ainsi lancé l'ancien président de la Chambre des représentants.
Newt Gingrich avait provoqué de vives réactions en décembre en qualifiant les Palestiniens de peuple "inventé", semblant remettre en cause la solution à deux Etats et la politique américaine au Proche-Orient.
Mitt Romney avait promis en novembre, lors d'un précédent débat, qu'il se rendrait en Israël pour son premier voyage en tant que président s'il était élu à la Maison Blanche en 2012.

Al Manar



3 Organisations Mondiales & régionales

Onu

L’ONU fustige la politique israélienne de judaïsation des territoires occupés.

L’ONU a critiqué Israël, pour sa politique de judaïsation.

Les Nations unies ont dénoncé le régime israélien, pour avoir expulsé les Palestiniens et les Arabes de Tel-Aviv, dans le sens de sa politique de judaïsation. "Israël mène une "stratégie de judaïsation", à Qods-Est et en Cisjordanie occupée, ainsi que dans les zones du territoire israélien où vit une minorité arabe", a accusé, dimanche, une représentante de l'ONU. "De la Galilée au Néguev, en passant par Qods et la Cisjordanie, les autorités israéliennes ont adopté un modèle de développement territorial qui exclut les minorités, les discrimine et les déplace", a déclaré Raquel Rolnik, rapporteuse spéciale de l'ONU sur le logement convenable, lors d'une conférence de presse, à Qods. "Ce modèle affecte, plus particulièrement, les communautés palestiniennes, qui se trouvent proches de colonies juives en développement accéléré", a déploré Mme Rolnik, en présentant aux médias ses conclusions préliminaires, à l'issue d'une mission de deux semaines, en Palestine occupée. "De manière générale, il est clair que les politiques et les pratiques israéliennes, à l'égard de la population palestinienne, à Qods-Est et en Cisjordanie, violent les droits de l'Homme et le droit humanitaire international", a-t-elle estimé. Les Palestiniens accusent Israël de les pousser à quitter Qods, notamment, en rendant très difficile l'obtention de permis de construire.
http://french.irib.ir/info/...


Nations Unies

Palestine Info : Colère à Gaza contre Ban Ki-Moon qui refuse de rencontrer les familles des victimes palestiniennes.

La colère règne dans la Bande de Gaza, en raison du refus du Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, de rencontrer des représentants des familles des prisonniers et des martyrs, les propriétaires des maisons démolies et des terres confisquées, les agriculteurs et les malades, lors de sa visite prévue dans la Bande de Gaza.

Des sources bien informées ont déclaré au correspondant du Centre Palestinien d'Information (CPI) que Ban Ki-Moon, qui visitera la Bande deGaza en coordination avec l'UNRWA, a refusé de mettre sur son agenda toute rencontre avec les familles des prisonniers dans les prisons de l'occupation ou avec les familles des martyrs et les propriétaires des maisons détruites ou de permettre à leurs représentants de participer dans l'accueil ou les rencontres avec certaines personnalités palestiniennes.
Les sources ont ajouté que Ki-Moon ne rencontrera pas de responsables du gouvernement palestinien, dans une position qui reflète sa partialité en faveur de l'occupation sioniste ; il répète cette fois ce qu'il a fait durant sa précédente visite, lorsqu'il a refusé d'accueillir les familles des prisonniers palestiniens au moment où il a rencontré la famille du soldat sioniste qui a été capturé à Gaza, Gilad Shalit.

Le secrétaire du Comité des forces nationales et islamiques et le coordinateur de ses activités,
Atiyeh Bassiouni, a condamné cette position de Ban ki-Moon, appelant les personnalités qui doivent le rencontrer à le boycotter pour protester contre sa position alignée sur celle de l'occupation.
Bassioni s'est interrogé : "Comment ces personnalités rencontreront Ban Ki-Moon qui ne fait rien pour les prisonniers, les martyrs et victimes de la guerresioniste contre Gaza, les pêcheurs, les agriculteurs et ceux qui habitent dans la région sous blocus imposé par les forces occupantes ?"
Des sources locales ont déclaré que certains représentants de la société locale ont déjà décidé de boycotter la rencontre de Ban Ki-Moon, y compris le directeur du centre d'el-Mizan pour les droits de l'homme, Issam Younès.
Dr. Youssef Rezka, le conseiller politique du premier ministre palestinien, Ismaïl Haniyeh, avait condamné dans un article le refus de Ban Ki-Moon et de Catherine Ashton, commissaire pour la politique étrangère de l'Union Européenne, de rencontrer le gouvernement palestinien élu et légitime dans leurs visites à la Bande de Gaza.

Source : Palestine Info

http://www.ism-france.org/communiques/Colere-a-Gaza-contre-Ban-Ki-Moon-qui-refuse-de-rencontrer-les-familles-des-victimes-palestiniennes-article-16568

 

Réaction du Hamas à la position adoptée par Ban Ki-moon.

Le mouvement de la Résistance islamique de la Palestine, le Hamas, a condamné l’attitude du secrétaire général de l’ONU qui s’est abstenu de rendre visite aux familles des prisonniers palestiniens détenus par le régime sioniste.

"Cet acte constitue une atteinte aux responsabilités de cette Organisation et un soutien flagrant au régime occupant israélien", a déclaré, jeudi, dans un communiqué, le Hamas. Dans ce communiqué, il est demandé à l’ONU et aux diverses instances d’être loyales, envers le peuple palestinien, qui subit, chaque jour, les affres des politiques belliqueuses israéliennes. Ban Ki-moon est arrivé, à Gaza, pour s’informer de la situation des Palestiniens, et avait, auparavant, annoncé qu’il ne rendrait pas visite aux familles des martyrs, des prisonniers et des sinistrés de l’attaque de 2008-2009 de l’Armée du régime sioniste contre Gaza.
http://french.irib.ir/info/... 



4 Politique  - Europe

Allemagne

L’Allemagne va fournir un sixième sous marin. 

 Israël et l'Allemagne auraient signé, en toute discrétion, un accord qui finalise la vente d'un sixième sous marin de la classe Dolphin a Israël. Ehud Barak avait initié des discussions depuis plus d'un an sur cette acquisition, mais la Chancelière Angela Merkel avait bloqué l'accord lorsqu'Israël a demandé que l'Allemagne subventionne la transaction et finance une partie de l'achat.

En novembre dernier, Merkel avait fini par accepter l'accord.

IRIB



5 Monde

1 Afrique du Sud

Mel Frykberg : L’Afrique du Sud promet de soutenir les Palestiniens.
The New Age

Le gouvernement sud-africain pourrait envisager de soutenir des sanctions contre Israël alors qu’il explore une variété de méthodes pacifiques pour intensifier son soutien à la lutte des Palestiniens pour la liberté et l’indépendance.

  « Nous voulons renforcer notre soutien aux Palestiniens et nous étudions un certain nombre de moyens pacifiques pour revoir à la hausse ce soutien. Nous ne voyons aucun problème à soutenir la campagne du Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre Israël », a déclaré Paul Mashatile, ministre des Arts et de la Culture, au The New Age.

Mashatile s’exprimait ainsi pendant une conférence de presse à Prétoria, hier, au Département des Arts et de la Culture, lors de la signature d’un accord culturel entre l’Afrique du Sud et la Palestine.

Pendant la signature, le ministre des Arts et de la Culture palestinien, Siham Barghouti, ainsi que son vice-ministre des Arts et de la Culture, Musa Abu Ghreibeh, ont échangé des cadeaux avec leurs homologues sud-africains, le ministre Mashatile et le vice-ministre Joe Pehle.

Plus tard cette année, les Palestiniens seront les hôtes de la Semaine des Arts et de la Culture en Afrique du Sud, où les artistes sud-africains et les entrepreneurs culturels présenteront des expositions culturelles de leur pays.

La déclaration de Mashatile représente une formidable évolution dans un soutien de longue date de l’Afrique du Sud pour les Palestiniens et la consolidation d’une relation qui remonte à des décennies, à l’époque où l’ANC luttait contre l’ancien gouvernement d’apartheid.

« Votre Excellence, nous comptons le peuple de Palestine parmi ces patriotes qui se tenaient à nos côtés dans notre combat pour la libération nationale », a déclaré Mashatile à la délégation palestinienne, en rappelant le discours de l’ancien Président, Nelson Mandela, en 1997, en l’honneur de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien.

« Ayant acquis notre liberté, nous pourrions tomber dans le piège de nous laver les mains des difficultés auxquelles les autres sont confrontés. Mais nous serions moins humains si nous le faisions » avait déclaré Mandela en 1997.

Les partisans du BDS arguent que l’occupation illégale continue par Israël des territoires palestiniens, et l’expropriation de la terre, de l’eau et des autres ressources palestiniennes ne peuvent être arrêtées que lorsque des sanctions contre Israël commenceront à se faire sentir économiquement.

« Nous sommes reconnaissants du soutien de l’Afrique du Sud à nos efforts pour devenir membre de la communauté internationale et nous tournons nos regards vers vous pour être conseillés dans notre lutte permanente » a dit Barghouti.

Les deux délégations ont convenu que leur future coopération inclurait un développement du langage, une préservation du patrimoine, des échanges en littérature et des expositions.

Mel Frykberg

samedi 11 février 2012

The New Age


2 Inde

Pour l’ancien premier ministre indien, Netanyahu est un violateur du droit international.  

26/01/2012

L’ancien Premier ministre indien a décrit le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu comme un violateur du droit international. Au seuil de la visite en Inde du Premier ministre israélien, l’ancien Premier ministre indien a écrit au chef de la diplomatie de son pays pour lui indiquer que Benyamin Netanyahu est responsable de nombreux cas d’infractions aux lois de la Cour Pénale Internationale. «  Israël a violé, également, les clauses des conventions de Genève portant sur la protection des civils durant la guerre, ainsi que sur les droits des enfants et l’interdiction de la pratique de torture » a-t-il précisé dans sa lettre rappelant également que le régime israélien continue de construire des colonies dans les territoires occupés, en Cisjordanie et à al-Qods, malgré les vives protestations au niveau international

IRIB



6 Médias/Vidéos 

6-1 Vidéo : Julia Boutros dénonce le sionisme.

Chant révolutionnaire de la chanteuse libanaise Julia Boutros

A VISIONNER SUR CE LIEN  http :/www.comiteactionpalestine.org/modules/news/article.php?storyid=212


6-2 Vidéo :Un œil sur la planète.

Le documentaire qui n'a pas plu à Israël, France2 AIPAC

http://www.youtube.com/watch?v=KzCoSUSszBw&feature=player_embedded


Bernard-Henri Lévy tient la plume à Benjamin Netahyahou

6-3 Vidéo : Nicolas Sarkozy au dîner du CRIF.

Invité le 2 décembre 2011 à l’émission d’Eric Zemmour et Eric Naulleau sur Paris Première, Bernard-Henri Lévy a tenté de se justifier, face aux journalistes qui l’interrogeaient, sur son rôle peu louable dans la guerre en Libye et sa rédaction de communiqués officiels avec le premier ministre Benjamin Netahyahou à Tel Aviv, comme cela s’est passé au terme de la visite en Israël du ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé.

Les vidéos de l’émission que nous avions mises en ligne - où l’on voyait Bernard-Henri Lévy (BHL) défendant les intérêts stratégiques et militaires de l’État qui pratique l’épuration ethnique et l’apartheid contre un peuple dont il a volé la terre, ont disparu. Elles ont été retirées des poscast sur le site de M6.

BHL y était interpellé par les journalistes sur son rôle dans la guerre en Libye et sur l’imposture par laquelle commence son livre sur les prétendus bombardements sur Tripoli devant incriminer Kadhafi … bombardements qui ont été démentis par l’ambassadeur de France qui s’y trouvait.

Pressé de questions sur le fait d’avoir rédigé un communiqué de presse avec le premier ministre Benjamin Netahyahou, BHL considérait cela comme tout à fait normal.

On savait depuis longtemps que BHL est un agent d’influence qui défend les intérêts d’Israël, avant ceux de son pays, la France. Mais il restait encore à découvrir que BHL tenait la plume au Premier ministre israélien !

Lors de la première Convention nationale organisée par le Conseil représentatif des organisations juives de France (CRIF), au sujet de son engagement en Libye il avait déclaré : « C’est en tant que juif que j’ai participé à cette aventure politique. (…) J’ai porté en étendard ma fidélité à mon nom et ma fidélité au sionisme et à Israël. Je ne l’aurais pas fait si je n’avais pas été juif ». [1]

Après avoir jeté la Libye et son peuple dans l’horreur et l’insécurité de « sa guerre » personnelle - la torture s’y étant depuis généralisée - et être apparu de manière trop voyante, comme étant au service des intérêts idéologiques d’Israël, BHL est devenu très discret sur la Syrie...il a perdu toute crédibilité.

Silvia Cattori

Sur le système par lequel BHL concentre entre ses mains de nombreux pouvoirs médiatiques, voir :
« Le système Bernard-Henri Lévy décortiqué par Jade Lindgaard - Le faux philosophe à la pensée nulle qui met le monde à feu et à sang », 28 octobre 2011.

[1] Voir : « “C’est en tant que juif” que BHL engage la France dans “ses guerres” », par Silvia Cattori, 14 décembre 2011.

http://www.alterinfo.net/Le-diner-du-CRIF-en-5-minutes-et-comment-Gueant-de-la-race-superieure-s-aplatit-et-adapte-la-France-au-communautarisme_a71166.html


6-4 Vidéo : Accoucher aux check-points en Palestine. 

A tous ceux qui n’y croient pas, qui prétendent que l’on exagère, voici une vidéo d’une femme en train d’accoucher au check-point de Kalandia en Cisjordanie, ainsi qu’un article de la revue scientifique britannique ’The Lancet" sur les femmes palestiniennes qui sont obligées d’accoucher aux barrages de l’armée israélienne, en Palestine.

 Il faut savoir également qu’un nombre croissant de Palestiniennes, pour éviter d’être confrontées à ces situations dramatiques, choisissent d’accoucher chez elles, dans des conditions souvent précaires.

L’IRIN, un service du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations-Unies, attire l’attention sur une série d’études concernant la santé publique en Palestine occupée publiée par "The Lancet". Etudes qui soulignent que des femmes palestiniennes sur le point d’accoucher sont empêchées par l’armée d’occupation d’aller à l’hôpital.

Elles accouchent parfois au bord d’une route devant un check-point de l’armée d’occupation, comme dans la vidéo ci-dessous qui n’est pas récente, mais que nous n’avions jamais visionnée. Elles y meurent aussi, de même que les enfants qu’elles portaient.

Extraits du Lancet : www.pourlapalestine.be

"Les restrictions à la circulation constituent une source quotidienne de tension et d’anxiété dans les territoires palestiniens occupés. Outre les fouilles fastidieuses et humiliantes effectuées aux postes de contrôle, les résidents ne savent jamais combien de temps leur déplacement va prendre, ou même s’ils pourront effectivement se déplacer. Cependant, en cas d’urgence médicale, ces restrictions peuvent être une question de vie ou de mort.

L’année dernière, les collaborateurs de The Lancet ont décrit de manière très réaliste la terreur ressentie par les femmes sur le point d’accoucher lors des raids de bombardement israéliens sur Gaza au début de l’année 2009. Ces femmes savaient qu’elles pourraient avoir besoin d’une aide médicale d’urgence alors qu’elles se trouvaient prisonnières chez elles pendant les attaques israéliennes. Cette année, un autre chercheur s’est intéressé à ce qui arrive aux femmes dont l’accouchement a déjà commencé et qui se trouvent aux points de contrôle [de l’armée d’occupation].

Halla Shoaibi, de l’université américaine d’Ann Arbor, estime que dans la période qu’elle a étudiée (2000-2007), 10% de Palestiniennes enceintes ont été retenues à des points de contrôle alors qu’elles se rendaient à l’hôpital pour accoucher. Cela s’est notamment traduit par une augmentation considérable du nombre de naissances à domicile, les femmes préférant éviter les déplacements routiers pendant l’accouchement de crainte de ne pas arriver à l’hôpital à temps.

Les craintes de ces femmes sont justifiées. Mme Shoaibi indique que 69 bébés sont nés à des points de contrôle au cours de ces sept dernières années. Trente-cinq bébés et cinq mères sont décédés, un résultat qu’elle assimile à un crime contre l’humanité.

Source: http://www.thelancet.com/health-in-the-occupied-palestinian-territory-2011 - voir : "childbirth at checkpoints"

VISIONNER  LA vidéo SUR CE LIEN

http://www.youtube.com/watch?v=5NuKV55w8WU&feature=player_embedded#!


6-5 Alessandra Bajec : Les médias internationaux se rendent complices de la légitimation des colonies israéliennes.

(Palestine News Network)

Incroyable mais vrai : plus de 70 journalistes des principaux médias ont pris part à une visite des colonies israéliennes en Cisjordanie palestinienne jeudi dernier 19 janvier.

La chaîne nationale israélienne d’information télévisée, Arutz Sheva, a communiqué la nouvelle le jour suivant, en parlant d’une visite de la Samarie à laquelle s’étaient joints les médias étrangers, sur invitation du directeur du Conseil Régional de Samarie, Gershon Mesika, et du ministre de l’Information de la Diaspora, Yuli Edelstein.

Les participants étaient des journalistes de médias bien connus comme le Guardian britannique, l’agence Reuters et des reporters de France, Pologne, Chine, Allemagne, Amérique du Sud, Etats-Unis, Radio Londres et plusieurs chaînes de TV russes.

On a emmené les visiteurs voir des communautés, des sites industriels, des cultures et des vignobles en Samarie. Ils se sont rendus notamment sur le site industriel de Lipski, au Mont Gerizim, à la communauté d’Itamar et à la ferme de Givot Olam.

Les relais d’information israéliens ont proclamé avec fierté que cette visite de la région était la plus importante jamais réalisée par des reporters et des journalistes étrangers reconnus.

Ce qui est frappant c’est le simple fait qu’une (large) délégation de professionnels des médias internationaux se soit rendue dans des colonies qui sont toutes considérées comme illégales par le droit international. En d’autres termes, un groupe des professionnels des médias appartenant aux pays mêmes qui condamnent les colonies illégales en Palestine occupée, a participé à un événement qui viole manifestement le droit international.

S’il est besoin de rappeler, pour la énième fois, en quoi consistent les colonies, voici ce qu’a écrit la Cour internationale de Justice en juillet 2004 : "Les colonies israéliennes dans les Territoires Occupés Palestiniens y compris à Jérusalem Est, sont illégales et constituent un obstacle à la paix et au développement social et économique [....et] ont été établies en violation du droit international."

Et le paragraphe 6 de l’Article 49 de la Quatrième Convention de Genève stipule que "la puissance occupante ne déportera pas et ne transférera pas une partie de sa propre population dans les territoires qu’elle occupe."

Parmi les journalistes qui ont participé à cette visite dans les colonies, il y avait Lars Larson, un animateur étasunien de radio qui a aussi assisté à une séance de la Knesset portant sur la diplomatie publique et les médias internationaux pendant la semaine.

Larson a déclaré tranquillement que se rendre en ’Judée Samarie’ (dans les colonies implantées dans cette région, pour être précis) ne suscite pas "trop de controverses". Et cela ne nous surprend pas puisque Larsen a exprimé ouvertement son amour d’Israël : "C’est mon quatrième voyage en Israël, j’adore ce pays" a-t-il affirmé, selon Arutz Sheva qui le cite "C’est le seul pays étranger du monde où j’ai exporté mon programme radiophonique".

Il n’est pas surprenant que quelqu’un qui aime tant Israël ne tienne aucun compte des lois internationales puisque Israël viole ces mêmes lois et réussit à maintenir son statut privilégié d’état au dessus des lois. Mais il est plus surprenant d’entendre une telle déclaration publique dans la bouche d’une personne qui est aussi journaliste et qui, pour enfoncer le clou, choisit Israël (ou plus exactement les colonies israéliennes en l’occurrence) pour y diffuser son émission de radio. C’est vraiment, de la part d’un journaliste, un parti pris qui va bien au-delà des opinions personnelles ordinaires.

Pendant la visite des colonies israéliennes Larson a dit à Arutz Sheva une autre chose tout aussi extraordinair, à savoir que la "couverture médiatique est anti-israélienne’’ — on reste sans voix. Non seulement on ne relève pas le moindre commentaire hostile à Israël dans les médias mais Israël exerce au contraire une influence indéniable dans la presse étrangère. Il est clair que l’amitié indéfectible qui lie les Etats-Unis et Israël, ajoutée à la sympathie dont l’état hébreu bénéficie en Europe (encouragée par les lobbys pro-israéliens et les réseaux sionistes) ne peut qu’aboutir à un déséquilibre dans la couverture médiatique des médias dominants, ce n’est pas difficile à comprendre. Pour ceux qui se rendent compte du peu de couverture médiatique dont bénéficient les évènements qui concernent le plus proche voisin d’Israël et pour ceux qui constatent à quel point la réalité quotidienne de la Palestine est peu évoquée dans les médias dominants quand elle n’est pas déformée ou carrément cachée, rien n’est plus étonnant que d’entendre un journaliste affirmer une chose pareille.

A sa décharge, on peut dire que Larson a fait preuve de courage en disant clairement ce qu’il pensait (dans une vidéo diffusée sur le site de Arutz sheva). Mais qu’en est-il des 70 autres journalistes internationaux ? Il aurait été agréable et approprié de savoir ce que les reporters des principaux médias avaient à dire sur leur visite. Sont-ils tout aussi inconscients de s’être rendus dans des colonies unanimement condamnées pour leur illégalité ? Ou les agences médiatiques sous influence israélienne pour qui ils travaillent les ont-elles encouragé à fermer les yeux sur la question des colonies ? Il semble qu’il soit ok pour les médias internationaux de considérer simplement cette visite comme n’importe quelle visite de terrain et de négliger d’informer les auditeurs et les lecteurs sur la teneur du problème.

Le simple fait de visiter des colonies israéliennes en Palestine Occupée est un affront au droit international, cela révèle la complicité des journalistes dans l’effort de légitimation des colonies israéliennes. Pire encore, le fait que les médias internationaux acceptent de se prêter à une visite de ce genre montre qu’ils se rendent complices de l’entreprise de couverture des crimes de guerre d’Israël. C’est une attitude tout à fait indigne qui discrédite les médias principaux et leur travail.

On voit bien la contradiction entre leur comportement et ce qu’on lit dans ces mêmes médias internationaux sur les positions régulièrement réaffirmées de l’Angleterre, les Etats-Unis, l’Union Européenne et l’ONU contre l’expansion des colonies sur de la terre (internationalement reconnue) palestinienne ; et sur le fait que la construction continuelle de colonies illégales crée une situation dans les faits qui sabote le processus de paix et rend impossible la création d’un état palestinien viable.

Ironiquement, en début de semaine, nous avons appris par des fuites au Guardian, que dans un rapport confidentiel sur Jérusalem Est, des diplomates européens suggéraient à l’UE de revoir la législation pour empêcher les entreprises et les organisations de s’engager dans des actions qui soutiennent la colonisation israélienne.

La même semaine, nous avons entendu aux nouvelles que le vice-premier ministre anglais avait critiqué violemment la politique coloniale israélienne en Cisjordanie. Nick Clegg aurait dit en référence à la construction des colonies que "c’était une acte de vandalisme délibéré" qui "ruinait" les espoirs de paix.

Parmi les récents rapports condamnant les politiques israéliennes il y avait aussi un rapport de parlementaires français qui soulignait la disparité entre les quantités d’eau allouées aux colons et celles allouées aux Palestiniens en Cisjordanie ; et un rapport interne de l’UE qui critiquait "l’augmentation de la colonisation" en 2011.

Il n’est pas surprenant que la visite d’un grand groupe de journalistes internationaux dans les colonies israéliennes n’ait été mentionnée qu’aux informations israéliennes. Aucun des principaux médias internationaux n’a envie de parler de cette visite embarrassante.

Alessandra Bajec

1er février 2012

Pour consulter l’original : http://english.pnn.ps/index.php/israeli-settlements/733-inte...

Traduction : Dominique Muselet

URL de cet article 15712 
http://www.legrandsoir.info/les-medias-internationaux-se-rendent-complices-de-la-legitimation-des-colonies-israeliennes-palestine-news-network.html



7 Les brèves

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

Canada: John Baird suit la ligne de Netanyahu...

 Au cours d'une visite, en Israël et en Cisjordanie, les 29 et 30 janvier, le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, n'a exprimé aucune préoccupation, au sujet de la principale entrave à la reprise des négociations de paix, soit la poursuite de la colonisation israélienne, en territoire palestinien.

Il s'est, également, tu, relativement, sur la violence des «colons» israéliens, à l'endroit des Palestiniens et sur les révélations récentes d'organisations israéliennes des droits de la personne, selon lesquelles, des enfants palestiniens, détenus, dans des prisons israéliennes, y sont gravement maltraités. Il a plutôt exhorté les dirigeants palestiniens à négocier avec Israël, «sans conditions préalables». Baird a, également, qualifié de «terriblement mauvaise», la décision des Palestiniens de porter la question de leur statut d'État à l'ONU. En outre, il appuyé la nouvelle demande controversée des Israéliens, voulant que les Palestiniens reconnaisse qu'Israël est un «État hébreu», et ce, en dépit du fait que 20% des Israéliens sont des Palestiniens chrétiens ou musulmans. Les communiqués de presse du gouvernement canadien, au sujet de la visite de Baird, révèlent que ce dernier a négligé de soulever différentes questions, lors de ses entretiens avec son homologue israélien, Benyamin Netanyahu, questions, au sujet desquelles, les États-Unis et d'autres pays ont, quant à eux, exprimé leurs inquiétudes.

Par exemple, à la fin de 2011, les autorités israéliennes ont révélé à des représentants de l'ONU leur plan de déplacer de force quelque 27.000 bédouins, pour permettre l'expansion de Ma'ale Adumim, une colonie, exclusivement, juive. Cette initiative unilatérale viole la Quatrième Convention de Genève, qui interdit à toute puissance occupante de transférer sa population civile, dans un territoire qu'elle occupe militairement.
http://french.irib.ir/info/...



8 Dossier

Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

8-1 Des soldats israéliens maltraitent un adolescent de Qattana.

L’ONG « Defense for the Children Inter­na­tional » a révélé que l’arrestation d’un ado­lescent de 16 ans, Mahmoud Omar Faqeh, s’est effectuée en totale vio­lation des stan­dards inter­na­tionaux les plus élémen­taires en matière de trai­te­ments des mineurs en cas d’arrestations.
L’adolescent, ori­gi­naire du village de Qattana au nord-
​​ouest de Jéru­salem, a expliqué à l’ONG qu’il se trouvait avec ses amis près du mur d’Apartheid, dans le village de Beit Sourek, quand il a été attaqué par des soldats israéliens.
« L’un des soldats m’a touché à la jambe avec une balle en caou­tchouc avant de m’attraper. Les soldats m’ont forcé à m’allonger sur le sol, face contre terre, et m’ont attaché les mains avec une lien en plas­tique. Ils ont com­mencé à me frapper vio­lemment, me donnant des coups de pied et de bâton sur tout le corps », a raconté Mahmoud. « Je pleurais de douleur. Je leur ai crié que mes jambes étaient cassées mais ils ont continué à me frapper pendant presque 15 minutes. »
« Ensuite, les soldats m’ont obligé à me lever et comme je ne pouvais pas tenir sur mes jambes à cause de la douleur, ils ont recom­mencé à me frapper. Ils m’ont forcé à marcher mais je suis tombé. Ils m’ont alors attrapé par les épaules et m’ont traîné jusqu’au mur. Ils m’ont amené rue Ma’bad près du mur et se sont remis à me frapper jusqu’à ce qu’un véhicule mili­taire me conduise jusqu’au check­point mili­taire le plus proche. Je crois que c’était le check­point de Beit Eksa mais je ne suis pas sûr car les soldats m’avaient bandé les yeux avec le bonnet en laine que je portais et je ne pouvais rien voir. »
L’adolescent a été détenu au check­point pendant près d’une demi-
​​heure, assis par terre sur le ciment, dans la pluie et le froid, les mains liées der­rière le dos, les yeux bandés, souf­frant d’une douleur aiguë aux jambes. « Les soldats m’ont ensuite conduit à la prison mili­taire d’Atarot. Ils m’ont obligé à m’asseoir sur le ciment et à regarder vers le sol, chaque fois que je levais la tête un soldat me hurlait dessus ; cette position était très douloureuse ».
L’adolescent a raconté qu’il est resté dans cette position pendant près d’un quart d’heure. « Quand j’essayais de changer de position, les soldats m’en empê­chaient. Je voulais aller à la prison le plus vite pos­sible pour qu’on soigne mes jambes. »
A minuit, les soldats ont interrogé l’adolescent, lui demandant pourquoi il se trouvait près du mur d’Apartheid. L’homme qui a mené l’interrogatoire a déclaré que le jeune avait été arrêté parce qu’il jetait des pierres sur les soldats et les empê­chait de tra­vailler, ce que Mahmoud a démenti.
Après une heure d’interrogatoire, l’enfant a été transféré à la prison mili­taire d’Ofer près de Ramallah. Là-
​​bas, les docteurs ont refusé de le toucher et de le soigner. Les soldats l’ont alors emmené à l’hôpital, cou­vrant ses yeux avec un sac en plas­tique durant le trajet.
« Quand je suis arrivé à Ofer, les soldats m’ont traîné jusqu’à la cli­nique de l’hôpital. J’avais très mal et j’ai demandé aux soldats d’arrêter mais l’un d’eux m’a dit en arabe : "Tais-
​​toi ou on te met avec les chiens". »
Le matin suivant son arres­tation, l’adolescent a été conduit à un hôpital de Jéru­salem, que Mahmoud a reconnu comme étant l’hôpital Hadasa dans le quartier d’al-Issawiyah. Jusqu’alors, on n’avait donné au jeune ni nour­riture ni pos­si­bilité d’aller aux toilettes.
« A l’hôpital, les radios ont montré que j’avais deux frac­tures à la jambe droite. On m’a plâtré la jambe et j’ai essayé de dormir mais à chaque fois que je m’endormais, les soldats me frap­paient, me disaient que j’allais mourir ici ou que j’allais aller en prison, et m’insultaient.

PNN

Le jour suivant à l’hôpital, les doc­teurs ont réalisé que ma jambe gauche était également cassée et ils ont dû la plâtrer ». C’est alors seulement que Mahmoud a pu manger quelque chose et uti­liser une salle de bain.
L’après-midi suivant, l’adolescent a été transféré à la prison d’Ofer, accom­pagné par trois soldats, dont une femme, qui ont continué à le mal­traiter. Ils l’ont obligé à marcher jusqu’aux bâti­ments admi­nis­tratifs de la prison alors que les médecins lui avaient recom­mandé de rester immobile pendant au moins 13 heures pour que le plâtre sèche.
« L’un des soldats m’a frappé à la poi­trine et la soldate m’a tiré par les cheveux pour me forcer à marcher ».
L’adolescent est resté à la section al-
​​Ashbal de la prison d’Ofer pendant 16 jours, durant les­quels il a déclaré avoir été torturé par les soldats israé­liens. Il a été conduit cinq fois en fau­teuil roulant devant le juge, devant subir les remarques cyniques du per­sonnel péni­tencier.

A la cin­quième séance, il a été libéré moyennant le paiement d’une caution de 1000 shekels. Il attend la date de sa pro­chaine convo­cation en justice.

Vendredi 17 Février 2012

http://www.france-palestine.org


8-2 François Hollande : « Israël est très critiqué car c’est une grande démocratie ».

Le 8 février, le Conseil représentatif des institutions juives de France organisera à l’occasion d’un dîner son rendez-vous traditionnel avec la classe politique. Le Parti socialiste n’a pas voulu attendre cette date pour donner des gages de bonne volonté à ses représentants. Mercredi dernier, François Hollande recevait à son Q.G. de campagne une « forte délégation » du Conseil « dans une ambiance chaleureuse, conviviale et franche » selon le communiqué du CRIF.

« Je ne laisserai rien passer »,aurait affirmé le candidat socialiste à propos des actes antisémites « et antisionistes », précise le CRIF. Sur la question israélo-palestinienne, François Hollande aurait « souligné que si Israël est l’objet de tant de critiques, c’est qu’il constitue une grande démocratie ». Pas un mot supplémentaire n’est rapporté par le Conseil ou les communicants de François Hollande pour nuancer -ou contredire- une telle déclaration, atypique dans le discours de la diplomatie française. La rencontre avec le CRIF n’est d’ailleurs pas évoquée à la date du 25 janvier dans l’agendadu candidat socialiste.

Par ailleurs, François Hollande aurait « confirmé la prochaine visite en Israël de Laurent Fabius » après avoir également rappelé à ses interlocuteurs que « c’est sans doute au PS que l’on trouve le plus grand nombre d’amis d’Israël et du peuple juif ».Le candidat socialiste était alors entouré de Manuel Valls et Pierre Moscovici. Durant la campagne des primaires, Oummaavait révélé dans son contexte le propos singulier du député-maire d’Evry : « Je suis lié de manière éternelle à Israël ».

Quant à Pierre Moscovici, rescapé du clan strauss-kahnien, il avait également tenu en comité restreint des propos particuliers -car contraires à la neutralité religieuse affichée par le PS- lors d’un débat organisé en 2003 par le cercle Léon Blum : « Si j’ai adhéré au Parti socialiste, en tant que Juif, Français et socialiste, c’est aussi en pensant à Léon Blum. Il faut réfléchir et essayer de savoir pourquoi il se serait battu aujourd’hui. Or, cet homme s’est battu pour la République, pour la gauche et le socialisme, ainsi que, sur la fin de sa vie, pour le sionisme, porteur à son sens d’une paix pour le Proche Orient ».

Info ou intox ?

Au contraire d’une agence de presse, le compte-rendu publié par le CRIF est nécessairement parcellaire et orienté selon ses positions politiques.

Reflète-t-il pour autant la vérité des échanges exprimés ce jour-là ?

En l’absence, à ce jour, de toute réaction de l’équipe de François Hollande, la question de l’authenticité semble ne pas devoir se poser mais une certaine prudence, au regard des pratiques passées du CRIF, s’impose.

En 2005, cet organisme communautaire avait manifesté une volonté de tromper l’opinion publique en prêtant à François Hollande des propos qu’il n’avait pas tenus.

A l’issue d’une rencontre avec celui qui était alors premier secrétaire du PS, le CRIF avait publié sur son site un communiqué, retiré depuis, faisant état du souhait imputé au leader socialiste de « réorganiser le Quai d’Orsay », source « idéologique » de la « politique arabe de la France » et administration caractérisée dès lors par un « problème de recrutement ».

Après plusieurs semaines de polémique sur le Net, notamment sur les sites d’ Europalestineet du réseau Voltaire, François Hollande avait finalement démenti ces déclarations au quotidien Libération, ajoutant que le CRIF avait « voulu utiliser mes propos dans le sens de ses thèses ».Pour se justifier, les représentants du Conseil avaient simplement évoqué qu’il s’agissait là d’un compte-rendu « elliptique » avec des « raccourcis sortis de leur contexte ».Le journaliste de Libération, Eric Aeschimann, rapporta la « gêne » du CRIF sur ce sujet mais préféra néanmoins édulcorer l’incident en évoquant des « propos incorrectement reproduits ».

Pas de manoeuvre frauduleuse ou d’instrumentalisation politique comme le laisse pourtant entendre François Hollande : juste une « reproduction incorrecte », suggère délicatement Eric Aeschimann. Quelques mois plus tard, ce journaliste publiera aux éditions Grasset « Chirac d’Arabie », un essai apprécié par Ivan Rioufol du Figaro et fustigeant, à l’instar du CRIF, les « mirages » de la « politique arabe de la France » conduite par Jacques Chirac entre 1995 et 2006.

Quant à François Hollande, sa déception à l’égard du CRIF sera vite estompée : deux mois après cette clarification, le 27 mars 2006, il sera l’invité du « petit-déjeuner » organisé par le Conseil. Une rencontre plus intimiste que le célèbre dîner annuel qui réunit environ un millier de personnes.

Entre le PS et le CRIF, c’est « je t’aime, moi non plus ». Ainsi, après avoir adressé ses félicitations pour la victoire de François Hollande aux primaires socialistes et reçu, dès le lendemain, le député Julien Dray, le CRIF a dénoncé ensuite l’éviction, par les instances du PS et au profit des Verts, de quatre postulants -censés être juifs- pour les prochaines élections législatives. Récemment encore, le Conseil s’en est pris au député Jean Glavany, coupable d’avoir utilisé le mot « insultant et mensonger » d’« apartheid » pour qualifier le régime israélien dans sa politique de l’eau au Proche-Orient. Contrairement au CRIF, le quotidien israélien Haaretzrapporta sereinement et en détail la polémique, précisant que Jean Glavany dénonçait également une « occupation de l’eau » par les autorités israéliennes.

Au-garde-à-vous

Au-delà de ces fluctuations, la rencontre avec François Hollande augure d’un accueil chaleureux lors du prochain dîner du CRIF. Ce rituel devenu quasiment obligatoire pour tous les prétendants à l’Elysée -hormis ceux non conviés du FN, du PCF et des Verts- sera probablement plus agréable pour le leader socialiste que sa visite lors d’une grande festivité organisée jadis par le CRIF. C’était le 22 juin 2003, à l’occasion d’un évènement intitulé « 12 heures pour l’amitié France- Israël» : aux côtés de Dominique Strauss-Kahn et Michel Sapin, mais aussi de Nicolas Sarkozy, Pierre Lellouche et Benyamin Netanyahou, François Hollande était sur une scène, droit debout, pour soutenir le gouvernement d’Ariel Sharon, vivement critiqué à l’époque dans les instances internationales.

Celui que de nombreux juristes n’hésitaient pas alors à qualifier de « criminel de guerre » -notamment en raison de son rôle dans le massacre de Sabra et Chatila- a vu ses partisans en France organiser cette cérémonie pro-israélienne digne d’une « union sacrée ». Quelque peu hué au début du rassemblement, l’ex-premier secrétaire du PS aurait « indiqué l'attachement des socialistes à l'Etat d'Israël depuis 1948, et reconnu la tardive prise de conscience de la vague d'antisémitisme par le gouvernement de Lionel Jospin » selon le site Guysen Israël News.
http://www.geostrategie.com/4314/jssnews-90fm-%e2%80%93-interview-exclusive-de-laurent-fabius/



9 Déclaration, courrier des lecteurs& témoignage

Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

9-1 Abir Kopty :Un produit chimique inconnu pulvérisé à l'intérieur des voitures palestiniennes aux check points israéliens.

Dernièrement, je suis allée à Jenin toutes les 2-3 semaines avec des membres de ma famille. Nous achetons nos légumes au marché de la ville. Samedi dernier, au checkpoint israélien, nous avons eu la surprise de découvrir une nouvelle technologie pour vérifier les voitures "suspectes". Habituellement, le contrôle se passe comme ceci : les voitures, sur six files, se présentent au checkpoint. Sur chaque voiture, 2 officiers de la "sécurité" demandent les papiers d'identité, et décident si la voiture, et ses occupants, représentent ou non une menace majeure à la sécurité d'Israël et à son existence. Si non, l'officier donne au conducteur un ticket blanc, qui prouve qu'il a passé le contrôle de "sécurité". Si oui, alors on lui remet un ticket vert. Si vous avez le ticket vert, vous devez aller plus loin sur votre droite, pour un contrôle spécial. On vous demande d'ouvrir toutes les portières, de sortir toutes vos affaires et de subir un contrôle physique pendant que la voiture est contrôlée séparément.
Impossible de comprendre la logique des officiers-contrôleurs. Quelquefois notre voiture a le ticket vert, et quelquefois le ticket blanc.
Samedi dernier, nous avons reçu le ticket vert, nous sommes allées sur la voie de contrôle des voitures. Nous avons été surpris par une petite machine étrange qui ressemble aux machines à perfusion qu'on trouve à l'hôpital.
On nous a demandé de fermer les fenêtres arrière et de laisser celles de devant ouvertes d'un centimètre, de sortir de la voiture et d'aller au contrôle physique. Moi et mon frère avons commencé à poser des questions sur cette machine, à quoi elle sert, etc. Ils ont refusé de répondre.
Selon
Ha'aretz, cette machine est aussi utilisée au checkpoint de Bethléem et à mon avis, dans beaucoup de checkpoints privatisés ; l'Etat a décidé de sous-traiter la gestion de certains checkpoints à des compagnies de "sécurité" privées pour les "civiliser", une autre tentative vouée à l'échec de blanchir l'occupation.
Ha'aretz décrit ainsi la procédure : Deux tubes sont alors connectés au véhicule - un est relié à une pompe à air, l'autre, qui passe par un filtre minuscule, est attaché au véhicule. Un policier menu d'un chronomètre appuie sur l'interrupteur de la pompe à air.
Si vous regardez attentivement les photos, vous verrez clairement une petite boite connectée aux tubes avec un matériau inconnu, qu'on pense être, comme l'a dit l'employée d'une ONG internationale à Ha'aretz, "des produits chimiques provoquant des nausées".
Lorsque nous avons repris la voiture, nous nous sommes sentis légèrement étourdis et il y avait une odeur étrange dans la voiture, nous ne savions pas si c'était un effet de notre "imagination délirante" ou de ce qui avait été pulvérisé dans la voiture.
Je suggère aux organisations pour les droits de l'homme de prendre l'initiative de se procurer un échantillon de ce produit et de l'examiner. Je suis pratiquement sûre qu'il est composé de matières prohibées, testées d'abord sur les Palestiniens pour être ensuite commercialisées dans le monde comme nouvelle réussite de la technologie de l'industrie militaire israélienne.
Source : Abir Kopty

Lundi 6 Février 2012

Traduction : MR pour ISM


9-2 La Palestine et se mobilise pour BDS.

Ce samedi 17 décembre 2011, de jeunes Marseillais-e-s se sont réunis pour la deuxième année consécutive pour danser la Palestine, à l’initiative du pôle marseillais de Génération Palestine.

Fêter la Palestine

Se tenant par la main autour d’un drapeau palestinien, une quinzaine de jeunes, filles et garçons de divers horizons, ont battu le bitume au rythme de la Dabké, qui désigne à la fois un genre musical et une danse collective pratiquée lors des célébrations en Palestine historique.
Le poète Mahmoud Darwish écrivait « Nous aussi nous aimons la vie…quand nous en avons les moyens ». Quiconque se rend en Palestine peut voir que la culture -séculaire- n’y est pas un luxe mais ce qui permet de mieux vivre ; c’est ce qui permet à tout-e Palestinien-ne de se construire de façon positive et autonome, de célébrer la vie dans ses joies et de résister à ses peines.

Pour faire cesser la colonisation et l’occupation : BDS

En tant que jeunes Marseillais-e-s nous inscrivant dans le mouvement de solidarité, nous avons voulu rendre hommage à la culture palestinienne. Un clin d’œil suite à l’adhésion de la Palestine à l’UNESCO comme membre à part entière, qui est une victoire politique.
Notre danse fut ainsi ponctuée de prises de parole. Le message était clair : dans le sillage du réveil arabe, la centralité de la question palestinienne demeure. Le combat contre l’occupation et la colonisation continue et nous concerne tous. C’est pourquoi l’outil à privilégier se résume en 3 lettres : BDS.

Boycott des produits issus de la spoliation des ressources des Palestiniens
Désinvestissement par les entreprises complices de la machine coloniale
Sanctions pour faire cesser l’impunité d’Israël

vidéo :  A VISIONNER ICIhttp://www.youtube.com/watch?v=AHLwjgSvji4&feature=player_embedded#!



10 Analyse - Géopolitique et stratégie– Réflexion.

10-1 Mireille Delamarre : Réconciliation Palestinienne : Le Qatar Agit pour Protéger Israël.

 La réconciliation palestinienne entre le Fatah et le Hamas vise à neutraliser la Résistance palestinienne dans le conflit à venir entre Israël la Syrie l’Iran et le Liban mais aussi à sauver les dictatures monarchiques du Golfe des mouvements arabes de contestation populaire tout en protégeant le régime juif sioniste et en renforçant l’alliance entre Juifs sionistes et Sunnites au Moyen Orient.

Les dirigeants des deux principaux courants politiques palestiniens le Fatah et le Hamas, Mahmoud Abbas à la tête de l’OLP et Khaled Mechaal, chef du bureau politique du Hamas, on décidé lors d'une réunion lundi 6 février au Qatar de former un gouvernement d'union chargé à la fois de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, dirigé par Mahmoud Abbas.
Abbas sera premier ministre à la place de Salam Fayyad, le chouchou des Occidentaux que le Hamas voulait écarter. La date précise de formation de ce nouveau gouvernement n’a pas été évoquée Abbas se contentant de dire que ce serait fait le plus tôt possible.
L'accord signé prévoit la constitution d'un gouvernement d'experts indépendants qui sera chargé de superviser la préparation d'élections cette année. D’abord prévues en Mai il semble qu’elles seront retardées. Les dernières élections présidentielle et parlementaire remontent à 2006 le Hamas avait remporté le scrutin législatif. Abbas dirigeant putschiste avait refusé de reconnaître le résultat de ces dernières élections. Se réconcilier avec un putschiste collaborationniste des Juifs sionistes n'a aucun sens et dessert la cause palestinienne.
Le Hamas - dont l’ascension au pouvoir pour affaiblir l’OLP a été soutenue par Israël - semble être devenu plus pragmatique … et intéressé. Les pétrodollars de l’Emir du Qatar n’y sont certainement pas étrangers de même que l’arrivée au pouvoir des Frères Musulmans - avec qui le Hamas est très lié - en Tunisie et au Caire.
Le silence assourdissant observé par les dirigeants palestiniens sur les tentatives occidentales et sionistes de changement de régime en Syrie en dit long sur l’allégeance à ces extrémistes islamiques qui tentent de renverser Assad. Les gouvernements syriens des Assad père et fils ont pourtant soutenu pendant de nombreuses années et continue de le faire la cause palestinienne acceptant des centaines de milliers de réfugiés palestiniens en Syrie leur permettant également d’y travailler comme tout citoyen syrien contrairement à ceux du Liban qui n’ont pas cette chance.

Ingratitude ou simple pragmatisme politique pour les dirigeants de ces factions palestiniennes qui dépendent financièrement de l’extérieur pour survivre. Les pétrodollars du monarque dictateur putschiste du Qatar sont probablement les bienvenus pour une OLP qui rencontre de nombreuses difficultés à se faire subventionner par l’UE et les US et à toucher les taxes douanières dues par Israël qui en suspend régulièrement les versements à des fins de pression politique. Les pétrodollars de l’Emir putschiste du Qatar sont également les bienvenus pour le Hamas les taxes imposées sur les produits importés via les tunnels de Gaza étant largement insuffisantes pour couvrir ne serait-ce que les frais de fonctionnement institutionnel de la Bande de Gaza.
Le Qatar entretient avec le régime sioniste des relations politiques économiques militaires élaborées même si elles ont un caractère clandestin. l’Emir du Qatar ne veut pas s’attirer les foudres des peuples arabes de la région à cause de sa collaboration rapprochée avec les Juifs sionistes.La TV de l'Emir qatari Al Jazeera s'est évertuée depuis sa création à "normaliser" la colonisation juive sioniste de la Palestine.
Cette démarche de dialogue entreprise par Doha pour aider au rapprochement des différentes factions palestiniennes ne vise pas à solidifier la réconciliation palestinienne mais à neutraliser la Résistance palestinienne et l'empêcher d'agir dans le prochain conflit entre la Syrie l’Iran et le Liban qui risque d’ébranler le Moyen Orient.

Grâce aux pétrodollars Fatah et Hamas occupés à se réconcilier et à tenter de former un hypothétique gouvernement d’union nationale sous perfusion qatarie pour gérer des réserves où seront entassés les Palestiniens dépossédés ne seront pas en capacité - en fait c’est plus le Hamas qui est visé l’OLP d’Abbas s’est elle déjà prostituée à Israël, l’UE, les US le Qatar et autres pétromonarchies du Golfe- de prendre part au conflit à venir.

Pour remplir le rôle qui lui est imparti dans cette comédie politique où le peuple palestinien est le dindon de la farce le premier ministre Benjamin Netanyahou s’est empressé de dénoncer cette réconciliation. "Le Hamas est une organisation terroriste dont le but est de détruire Israël et qui s'appuie sur l'Iran. Si Mahmoud Abbas applique ce pacte, a-t-il ajouté, il choisira d'abandonner le chemin de la paix (...), on ne peut pas avoir les deux."
Comme si le principal souci de Netanyahou actuellement c’était de faire la paix avec les Palestiniens alors qu’il pousse publiquement les US à attaquer l’Iran tout en demandant à ses troupes de se taire pour éviter que l’opinion publique mondiale ne croit que c’est Israël qui est à l’origine du déclenchement de cette guerre qui embrasera tout le Moyen Orient et au-delà la Russie et la Chine ayant déclaré qu’une guerre contre l’Iran constituait une menace contre leur sécurité nationale.
Pour les dictatures monarchiques du Golfe les revendications palestiniennes ont toujours été perçues comme un obstacle à une « normalisation » de leurs relations avec Israël pour consolider leur pouvoir et surtout actuellement pour les sauver de la vague de contestations populaires qui agite le monde arabe.
Ces dictatures monarchiques du Golfe ne sont en fait que de vulgaires colonies américaines où sont stationnés des dizaines de milliers de soldats américains tout comme l’entité sioniste qui survit depuis plus de 60 ans grâce à l’aide de l’empire américain. Leur survie tout comme celle du régime sioniste sont inéluctablement liées. Pendant des années elles ont réussi à dissimuler cet état de fait tout en développant des relations souterraines avec l’entité sioniste via de multiples agents d’influence juifs sionistes comme Laurent Fabius un crypto juif (Juif élevé dans la religion catholique) qui coïncidence se trouvait à Doha en fin de semaine dernière après être passé par Tel Aviv et y avoir rencontré Netanyahou. Quel message de ce dernier Fabius a-t-il fait passer à l’Emir du Qatar Al Thani ? Faites de « l’occupationnel » grassement rémunéré avec les factions palestiniennes pendant que nous (Juifs sionistes) nous occupons de nos encombrants voisins Syrie Liban et surtout Iran…. Shi’ites ?
Le remodelage du Moyen Orient sur une base confessionnelle juive sioniste shi’ite sunnite etc… est tout aussi vital non seulement pour la survie de ces dictatures monarchiques du Golfe sunnites mais aussi pour la survie du régime juif sioniste en Palestine qui mise depuis le début sur ces divisions shi'ites sunnites au sein des peuples arabes. Ce remodelage a également pour objectif le renforcement de la main mise des US sur cette partie du monde riche en ressources énergétiques via ses colonies arabes et juive sioniste avant postes militaires de l'Empire américain.

Le peuple palestinien pourra attendre encore quelques décennies - si tant est qu’il réussisse compte tenue de la colonisation galopante juive sioniste - pour avoir un état. Au mieux ils seront parqués dans des réserves comme les Amérindiens au pire expulsés lors d'un prochain conflit.
Les dirigeants palestiniens actuels de l'OLP et du Hamas ont senti l’odeur des pétrodollars plus attirante que celle de la poudre de Kalachnikov.
On ne peut aider un peuple à se libérer du joug colonial si lui-même ne prend pas l’initiative de le faire par tous les moyens légaux appropriés inscrit dans la Charte de l’ONU.

Mireille Delamarre

Mardi 7 Février 2012

http://www.alterinfo.net/Reconciliation-Palestinienne-Le-Qatar-Agit-Pour-Proteger-Israel_a70911.html


Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


18/02/2012

n°106 - Les dossiers des ‘Guerres de l'Otan’ - 15-02 - Ramzy Baroud : L’OTAN est responsable du chaos qui règne en Libye.


n°106 - Les dossiers des ‘Guerres de l'Otan’ -  15-02 - Ramzy Baroud :  L’OTAN est responsable du chaos qui règne en Libye.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Les dossiers des ‘Guerres de l'Otan’. n° 106 - 15-02

C.De Broeder & M.Lemaire

 



 "Le'Dossier des guerre de l'Otan" est  visible :

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com  - http://no-war.over-blog.com/

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

 

Tiré à part 

Ramzy Baroud :  L’OTAN est responsable du chaos qui règne en Libye.

1 Dossier & Point de vue

Le double veto pour interdire la guerre impériale contre la Syrie

Thierry Meyssan : Le CCG et l’OTAN perdent leur leadership!!!

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Pétition contre la guerre en Iran et en Syrie.

3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Manlio Dinucci : La diplomatie armée de Monti.

4 Ce qu'il vaut savoir

4-1 Qui tombera le premier : l’Empire ou Poutine ?

4-2 Les actualités du droit : US : Une armée pour dominer le monde.

4-3 Panetta : "L’Europe restera la plus importante base américaine hors USA" .  

4-4 Mondialisation.ca et Julie Lévesque : L'armée des États-Unis entre dans la clandestinité.

Des troupes spéciales déployées partout sur la planète.

4-5 Jean-Marie Chauvier : Que font les États-Unis pour aider la contestation en Russie ?

 



Tiré à part 

Ramzy Baroud : L’OTAN est responsable du chaos qui règne en Libye.

Le Foreign Office britannique et le Département d’Etat américain sont sérieusement préoccupés. Les responsables des agences de défense des Droits de l’Homme dans l’Organisation des Nations Unies sont en colère.

11 février 2012

Il y a près de 8000 prisonniers en Libye, donc un nombre important d’immigrés africains maltraités et absurdement accusés d’être des partisans de l’ancien régime. L’OTAN n’a que faire du racisme qui se donne libre cours aujourd’hui en Libye. Intérêts pétroliers et financiers d’abord !

Le Canada, pour une raison particulière, semble particulièrement furieux. La cible de toute cette fureur est le Conseil national de transition (CNT) libyen, qui est réprimandé pour ne pas s’opposer aux violations généralisées des Droits de l’Homme à travers le pays.

Tout cela a un air de déjà vu. Des groupes de surveillance des Droits tirent la sonnette d’alarme au sujet des violations dans certains pays du tiers monde. Des puissances occidentales réagissent en exigeant que des comptes soient rendus. Les médias en parlent jusqu’à ce qu’éventuellement ils passent à autre chose.

Cependant, cette fois-ci la situation exige plus qu’une simple accusé de réception dans une approche purement utilitaire des violations des Droits de l’Homme. Les accusateurs sont les chefs de file des Nations Unies et de l’Organisation du Traité Atlantique Nord (OTAN). C’est la formulation et l’interprétation sélective de la Résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU qui a mené à une guerre dévastatrice contre la Libye. La guerre a détruit un régime brutal et l’a remplacé par une autre - avec un coût qui se chiffre en dizaines de milliers de vies libyennes.

En ce qui concerne l’acusé, il n’est autre que le CNT, lui-même une construction politique de l’OTAN dont le rôle était d’assurer une transition politique en Libye qui serve les intérêts occidentaux.

L’affaire libyenne a été chorégraphiée d’une manière qui ressemble réellement à la façon dont l’Irak a été gérée après l’invasion de mars 2003. Les puissances occidentales prétendent agir pour assurer l’application du droit international, dans le but altruiste de débarrasser le monde de ses ignobles dictateurs « qui tuent leur propre peuple ». Mais la situation en Libye est apparemment moins gérable que prévu.

La mésaventure irakienne

Il s’est avéré que « mission accomplie » en Libye n’était encore qu’un autre canular. Le résultat n’est pas moins dévastateur que ce qui s’est produit en Irak.

L’actuelle situation en Libye promet un conflit à plusieurs niveaux impliquant de nombreuses milices, tribus et factions, toutes organisés autour d’objectifs idéologiques, familiaux et politiques qui sont uniques à la Libye.

La guerre contre la Libye a renforcé certains clans et leur a donné l’occasion de régler des comptes. Cela est souligné par la violence actuelle dans Bani Walid, qui a vu la généralisation des meurtres et des tortures contre ceux qui sont accusés d’être des loyalistes de Mouammar Kadhafi.

Tout ce qu’il faut à une milice pour justifier ses agressions contre n’importe quelle ville en Libye, c’est de déclarer qu’elle héberge des loyalistes de Kadhafi. Ce fut le cas à Bani Walid, une des dernières villes à se rendre. La dénonciation [de soi-disant « loyalistes »] est suffisante pour rendre tout acte d’agression et de torture en quelque sorte acceptable par les médias arabes comme occidentaux. Le CNT choisit simplement son camp de façon à que les nouvelles et puissantes milices lui restent fidèles, même si ce n’est que verbalement.

Tout cela va à l’encontre des calculs initiaux de l’OTAN. L’OTAN avait espéré qu’un CNT fort, et des milices bien contrôlées qui le soutiennent finiraient par se transformer en un prochain gouvernement du pays et en une armée nationale. Ce n’est pas le cas. La CNT a été mis en place au hasard, sans un réel mandat populaire, tandis que les milices sont encore dans leurs tranchées pour assurer que l’avenir de la Libye ne se fera pas au détriment des intérêts de leurs tribus, villes et factions. C’est un vrai cocktail pour une guerre civile.

La situation s’est aggravée après que les groupes de défense des Droits de l’Homme aient émis une critique cinglante de la situation désastreuse qui règne dans les prisons libyennes. Amnesty International a parlé de détenus qui meurent sous la torture. A Davos, le Haut Commissariat pour les Droits de l’Homme, Navi Pillay, a déclaré à l’Associated Press que diverses milices retiennent jusqu’à 8000 prisonniers dans 60 centres de détention à travers le pays. Dans ces centres, « il y a la torture, les exécutions sommaires, des viols d’hommes et de femmes ».

Les alliés de l’OTAN sont soucieux, bien sûr. Si le modèle libyen - un changement de régime imposé par une campagne de bombardements aériens - a complètement échoué, leur aventurisme militaire au Moyen-Orient souffrira encore d’autres revers. De plus, la poursuite de la mascarade libyenne continuera à susciter des accusations de crimes de guerre particulièrement graves commis par l’OTAN elle-même, qui prétend avoir déclenché la guerre contre la Libye « pour protéger les civils et les zones habitées par des civils sous la menace d’attaques ».

La guerre de l’OTAN contre la Libye a été commandée par un Canadien, le lieutenant-général Charles Bouchard. En juin dernier, le ministre canadien des Affaires étrangères John Baird a déclaré que la Libye ne devrait pas s’attendre à passer de « Kadhafi à Thomas Jefferson ». Il a omis de préciser quel était le genre de démocratie que l’OTAN visait à instaurer avec ses 9600 frappes aériennes...

Fustiger les Libyens pour avoir omis de respecter les Droits de l’Homme, c’est de l’hypocrisie éhontée, d’autant que beaucoup de victimes de l’OTAN ne sont toujours pas recensées. Le comportement des milices et un CNT sans représentativité sont simplement une continuité de la violence de ces mêmes pays de l’OTAN qui se veulent aujourd’hui très exigeants sur la responsabilité, la démocratie et la primauté du droit.

Ramzy Baroud
The Palestine Chronicle, 31 janvier 2012


Ramzy Baroud (http://www.ramzybaroud.net) est un journaliste international et le directeur du site PalestineChronicle.com. Son dernier livre, « Mon Père était un combattant de la liberté : l’histoire non dite de Gaza » (Pluto Press, London) peut être acheté sur Amazon.com.

Traduction : Info-Palestine.net- Claude Zurbach (11 février 2012) :
http://www.info-palestine.net/article.php3 ?id_article=11781

Texte original en anglais (31.01.2012) :
http://www.palestinechronicle.com/view_article_details.php ?id=17742



1 Dossier & Point de vue

Le double veto pour interdire la guerre impériale contre la Syrie

1-2 Thierry Meyssan : Le CCG et l’OTAN perdent leur leadership!!!

Contrairement à ce qui s’était passé lors de l’attaque de l’Irak, la France n’a pas défendu les principes du droit international dans l’affaire syrienne, mais s’est ralliée au camp impérial et à ses mensonges. Avec le Royaume-Uni et les Etats-Unis, elle a essuyé une défaite diplomatique historique, tandis que la Russie et la Chine sont devenues les champions de la souveraineté des peuples et de la paix. Le nouveau rapport de force international n’est pas seulement la conséquence de la décadence militaire des Etats-Unis, il sanctionne aussi le déclin de leur prestige. En définitive, les Occidentaux viennent de perdre le leadership qu’ils se sont partagé durant tout le XXe siècle parce qu’ils ont abandonné toute légitimité en trahissant leurs propres valeurs.

Thierry Meyssan

Réseau Voltaire |

5 février 2012

Par deux fois, le 4 octobre 2011 et le 4 février 2012, des membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies ont rejeté des projets de résolution sur la situation en Syrie. Cet affrontement a opposé les membres du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) et de l’Organisation du Traité de l’Atlantique-Nord (OTAN) à ceux de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS).

La fin du monde unipolaire

Ce quadruple veto scelle la fin d’une période des relations internationales qui a débuté avec l’effondrement de l’Union soviétique et a été marquée par une domination sans partage des États-Unis sur le reste du monde. Il ne signifie pas un retour au système bipolaire précédent, mais l’émergence d’un nouveau modèle dont les contours restent à définir. Aucun des projets de Nouvel Ordre Mondial ne s’est concrétisé. Washington et Tel-Aviv ne sont pas parvenus à institutionnaliser le fonctionnement unipolaire qu’ils voulaient ériger en paradigme intangible, tandis que le BRICS n’a pas réussi à créer le système multipolaire qui aurait permis à ses membres de se hisser au plus haut niveau.

Comme l’avait anticipé à juste titre le stratège syrien Imad Fawzi Shueibi, c’est la crise syrienne qui a cristallisé un nouveau rapport de forces, et partant de là une redistribution de la puissance que personne n’a pensé, ni voulu, mais qui s’impose désormais à tous [1].

Rétrospectivement la doctrine d’Hillary Clinton de «  leadership par l’arrière » apparaît comme une tentative des États-Unis de tester les limites qu’ils ne peuvent plus dépasser, tout en faisant porter la responsabilité et les conséquences de leur test à leurs alliés britannique et surtout français. Ce sont ces derniers qui sont se sont mis en scène en leaders politiques et militaires lors du renversement de la Jamahiriya arabe libyenne et qui ambitionnaient de l’être à nouveau pour renverser la République arabe syrienne, même s’ils n’agissaient qu’en vassaux et sous-traitants de l’Empire états-unien. Ce sont donc Londres et Paris, plus encore que Washington, qui ont essuyé une défaite diplomatique et en supporteront les conséquences en termes de perte d’influence.

Les États du tiers-monde ne manqueront pas de tirer leurs conclusions des derniers événements : ceux qui cherchent à servir les États-Unis, comme Saddam Hussein, ou à négocier avec eux, comme Mouammar el-Kadhafi, pourront être exécutés par les troupes impériales et leur pays pourra être détruit. Au contraire, ceux qui résisteront comme Bachar el-Assad et sauront nouer des alliances avec la Russie et la Chine survivront.

 

Triomphe dans le monde virtuel, défaite dans le monde réel

L’échec du CCG et de l’OTAN fait apparaître un rapport de force que beaucoup soupçonnaient, mais que personne ne pouvait vérifier : les Occidentaux ont gagné la guerre médiatique et ont du renoncer à la guerre militaire. Pour paraphraser Mao Zedong : ils sont devenus des tigres virtuels.

Durant cette crise, et encore aujourd’hui, les dirigeants occidentaux et les monarques arabes ont réussi à intoxiquer non seulement leurs propres peuples, mais une large partie de l’opinion publique internationale. Ils sont parvenus à faire accroire que la population syrienne s’était soulevée contre son gouvernement et que celui-ci réprimait cette contestation politique dans le sang. Leurs chaînes sattelitaires ont non seulement réalisé des montages fallacieux pour induire le public en erreur, mais elles ont aussi tourné des images de fiction en studio pour les besoins de leur propagande. En définitive, le CCG et l’OTAN ont inventé et fait vivre médiatiquement durant dix mois une révolution qui n’existait qu’en images, tandis que sur le terrain la Syrie devait affronter seule une guerre de basse intensité menée par la Légion wahhabite appuyée par l’OTAN.

Cependant, la Russie et la Chine ayant fait une première fois usage de leur veto et l’Iran ayant annoncé son intention de se battre aux côtés de la Syrie si de besoin, les États-Unis et leurs vassaux ont dû admettre que poursuivre leur projet les absorberaient dans une guerre mondiale. Après des mois de tension extrême, les États-Unis ont admis qu’ils bluffaient et qu’ils ne disposaient pas des bonnes cartes dans leur jeu.

Malgré un budget militaire de plus de 800 milliards de dollars, les USA ne sont qu’un colosse aux pieds d’argile. En effet, si leurs forces armées sont capables de détruire des États en voie de développement, épuisés par des guerres précédentes ou par de longs embargos, comme la Serbie, l’Irak ou la Libye, elles ne peuvent ni occuper des territoires, ni se mesurer à des États capables de leur répondre et de porter la guerre en Amérique.

Malgré les certitudes du passé, les USA n’ont jamais été une puissance militaire significative. Ils ne sont intervenus que quelques semaines à la fin de la Seconde Guerre mondiale face à une ennemi déjà épuisé par l’Armée rouge ; ils ont été défaits en Corée du Nord et au Vietnam ; ils ne sont pas parvenus à contrôler quoi que ce soit en Afghanistan ; et ils ont été contraints de fuir l’Irak de crainte d’y être écrasés.

Durant les deux dernières décennies, l’Empire états-unien a effacé la réalité humaine de ses guerres et a communiqué en assimilant guerre et jeux vidéos. C’est sur cette base qu’il a conduit ses campagnes de recrutement, et toujours sur cette base qu’il a formé ses soldats. Aujourd’hui, il dispose de centaines de milliers de joueurs vidéos en guise de soldats. Par conséquent, au moindre contact avec la réalité, leurs forces armées sont démoralisées. Selon leurs propres statistiques, la majorité de leurs morts ne tombe pas au champ d’honneur, mais se suicide, tandis qu’un tiers de leur personnel sous les drapeaux souffre de troubles psychiatriques rendant inapte au combat. La démesure du budget militaire du Pentagone est incapable de compenser son effondrement humain.

De nouvelles valeurs : la sincérité et la souveraineté

L’échec des États du CCG et de l’OTAN est aussi celui de leurs valeurs. Ils se sont présentés en défenseurs des droits humains et de la démocratie, alors qu’ils ont établi la torture en système de gouvernement et que la plupart d’entre eux sont opposés au principe de souveraineté populaire.

Même si l’opinion publique en Occident et dans le Golfe est sous-informée sur ce sujet, les États-Unis et leurs vassaux ont mis en place depuis 2001 un vaste réseau de prisons secrètes et de centre de tortures, y compris sur le territoire de l’Union européenne. Sous prétexte de guerre contre le terrorisme, ils ont semé la terreur, enlevant et torturant plus de 80 000 personnes. Durant la même période, ils ont créé des unités d’opérations spéciales dotées d’un budget de près de 10 milliards de dollars annuel qui revendiquent des assassinats politiques dans au moins 75 pays, selon leurs propres rapports.

En ce qui concerne la démocratie, les États-Unis actuels ne font pas mystère de ce qu’elle ne signifie pas à leurs yeux « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » selon l’expression d’Abraham Lincoln, mais uniquement la soumission des peuples à leur volonté comme l’ont montré les propos et les guerres du président Bush. Au demeurant, leur constitution récuse le principe de souveraineté populaire et ils ont suspendu leurs libertés constitutionnelles fondamentales en instituant un état d’urgence permanent avec le Patriot Act. Quand à leurs vassaux du Golfe, il n’est pas nécessaire de rappeler que ce sont des monarchies absolues.

C’est ce modèle, qui associe sans honte crimes à grande échelle et discours humanitaire, qui a été défait par la Russie et la Chine ; des États, dont le bilan en matière de droits de l’homme et de démocratie pour autant qu’il soit très critiquable n’en est pas moins infiniment supérieur à celui du CCG et de l’OTAN.

En faisant usage de leur veto, Moscou et Beijing ont défendu deux principes : le respect de la vérité, sans laquelle la justice et la paix sont impossibles ; et le respect de la souveraineté des peuples et des États, sans lequel aucune démocratie n’est possible.

Le moment est venu de se battre pour reconstruire la société humaine après une période de barbarie.

Thierry Meyssan

27 janvier 2012.

 China in the Balance of the Middle East : Syria and other countries", par Imad Fawzi Shueibi,

Voltaire Network,

Thierry Meyssan

Réseau Voltaire |  |

5 février 2012



2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Pétition contre la guerre en Iran et en Syrie.

Lancé à l’initiative de Domenico Losurdo, cet appel international, paru en plusieurs langues et destiné au gouvernement respectif de chaque pays concerné, a déjà reçu le soutien de plusieurs députés au Bundestag, du philosophe et député européen Gianni Vattimo, et de nombreux citoyens.

Pour signer la version française de cette pétition, envoyer vos noms et confirmation à :

stopperlaguerre@gmail.com

N’hésitez pas à faire circuler ce texte.

Stopper les préparatifs de guerre ! Mettre fin à l’embargo !

Solidarité avec les peuples iranien et syrien !

Des dizaines de milliers de morts, une population traumatisée, des infrastructures largement détruites et un Etat désintégré : c’est là le résultat de la guerre menée par les Etats-Unis et l’OTAN pour s’approprier les richesses libyennes et recoloniser le pays. A présent, ces derniers préparent éhontément la guerre contre l’Iran et la Syrie, deux pays stratégiquement importants, riches en matières premières et qui refusent, en toute indépendance politique, de se soumettre à leurs dikats. Une attaque de l’OTAN contre la Syrie ou l’Iran pourrait provoquer un conflit direct avec la Russie et la Chine, ce qui aurait des conséquences inimaginables.

De continuelles menaces de guerre, le déploiement de troupes aux frontières de l’Iran et de la Syrie, sans parler des actions terroristes et de sabotage de la part d’« unités spéciales » infiltrées, tout cela fait partie de l’arsenal avec lequel les Etats-Unis et autres membres de l’OTAN imposent un état d’exception aux deux pays pour les épuiser. Les Etats-Unis et l’Union européenne tentent de façon cynique et inhumaine de paralyser par l’embargo le commerce extérieur et les transactions financières de ces pays. De manière délibérée, ils veulent précipiter les économies iranienne et syrienne dans une crise grave, augmenter le nombre de chômeurs et compromettre l’approvisionnement de la population. Pour trouver un prétexte à leur intervention militaire planifiée depuis longtemps, ils cherchent à attiser les conflits ethniques et sociaux internes et à provoquer une guerre civile. L’Union européenne ainsi que le gouvernement italien collaborent grandement à cette politique d’embargo et de menaces de guerre contre l’Iran et la Syrie.

Nous appelons tous les citoyens, églises, partis, syndicats, mouvements pacifistes à s’opposer énergiquement à cette politique de guerre.

Nous demandons au gouvernement français :

de stopper sans conditions et immédiatement l’embargo contre l’Iran et la Syrie

de déclarer qu’il ne participera en aucune sorte à une guerre contre ces Etats et qu’il n’autorisera pas l’utilisation de sites français pour une agression de la part des Etats-Unis et de l’OTAN

de s’impliquer au niveau international pour mettre fin à la politique des chantages et des menaces de guerre contre l’Iran et la Syrie.

Les peuples iranien et syrien ont le droit de décider par eux-mêmes et souverainement de l’organisation politique et sociale de leur pays.

Le maintien de la paix exige que soit respecté rigoureusement le principe de non-ingérence dans les affaires internes des autres Etats.

Domenico Losurdo
Gianni Vattimo
Manlio Dinucci

la version allemande de ce texte a été signée par les élus :

Eva-Bulling-Schroeter
Sevim Dagdelen
Dr. Diether Dehm
Heike Hänsel Ulla Jelpke

Faire circuler

http://mai68.org/spip/spip.php?article3691



3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Manlio Dinucci : La diplomatie armée de Monti.

Giulio Terzi di Sant’Agata, ministre des affaires étrangères du gouvernement Monti, a fait l’illustration au Sénat de la participation de l’Italie aux « efforts de la communauté internationale pour promouvoir la paix ». En paix, il s’y connaît pour avoir été conseiller politique de l’OTAN, ambassadeur en Israël puis aux Etats-Unis, où il a contribué à l’ « extraordinaire collaboration bilatérale dans les principaux scénarios de crises ». Alors que la crise financière alimente au niveau global de graves tensions politiques et sociales, il est encore plus de « l’intérêt de l’Italie », affirme le ministre, de participer aux « opérations dans les scénarios de crises », où se joue la « crédibilité internationale » du Pays. Car, aussi, la nouvelle stratégie étasunienne prévoit la réduction des « forces de manœuvre » en Europe en faveur des autres théâtres d’utilisation, en particulier dans le Pacifique. L’Italie doit ainsi s’engager plus encore dans des « missions internationales de paix et de stabilisation », qui soient « réellement intégrées », c’est-à-dire qui « réunissent les composantes militaires et civiles », pour faire face aux « défis de la stabilisation qui proviennent de Libye, les criticités en Afghanistan et au Liban, les crises dans la Corne d’Afrique ». En Libye, après le « succès de l’opération conduite par l’OTAN », l’Italie « continuera à soutenir très activement la nouvelle gouvernance », surtout en formant ses « forces de sécurité ». Et, le 20 février, elle accueillera à Naples le sommet ministériel du Dialogue 5+5 et le Foromed pour « la relance du dialogue et de la coopération entre les deux rives de la Méditerranée ». Dialogue que l’Italie a mené de façon exemplaire, en larguant sur la Libye un millier de bombes. Mais déjà se préparent d’autres « opérations » : en Syrie, avertit Terzi, « la situation n’est plus soutenable ».

   Voilà ce qu’est la « diplomatie de la sécurité », avec laquelle le gouvernement Monti entend « défendre à l’étranger nos intérêts politiques, économiques et financiers ». Malgré des ressources disponibles mineures, précise au Sénat le ministre de la défense Giampaolo Di Paola, « on ne peut pas sacrifier la capacité opérationnelle de notre instrument militaire qui est au service de la sécurité et de l’ordre international ». Sont ainsi nécessaires « des forces armées certes plus réduites, mais plus modernes, mieux entraînées et mieux équipées ». Y compris la « défense anti-missile », importante car « la menace (l’Iran et quelque autre), que cela nous plaise ou non, existe ». Sur de tels choix, souligne Di Paola, il existe « une continuité qui traverse les frontières virtuelles de l’alternance de gouvernement et qui unit les rangs politiques de la majorité et de l’opposition ». Confirmation immédiate : PdL (Popolo della Libertà) et Pd (Partito democratico) se rangent compacts avec le gouvernement, tandis que l’IdV (Italia dei Valori) prend quelque position critique et que la Lega fait quelques distinguos. Le sénateur Tempestini (Pd) demande le « renforcement de la crédibilité internationale du Pays », et pré-annonce un décret-loi pour rendre permanent le financement des « missions ». Ce qu’avait déjà demandé en vain le sénateur Scanu (Pd) au gouvernement Berlusconi, parce que « nous tenons à construire la crédibilité de l’Italie » et parce que « les Forces armées sont un milieu d’extraordinaire importance de notre       Pays ». « Quelle tristesse -s’était-il exclamé- d’entendre dire que nous ne devons plus garder certains engagements sur le théâtre (de guerre… NdT) international parce qu’il n’y a plus de sous ».

Maintenant il ne sera plus triste : le gouvernement Monti va les trouver en faisant encore plus de coupes dans les dépenses sociales.

Manlio Dinucci 

Edition de mardi 31 janvier 2012 de il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20120131/manip2pg/14/manip2pz/317301/



4 Ce qu'il vaut savoir

.4-1 Qui tombera le premier : l’Empire ou Poutine ?

Quelque chose a décidément changé entre Moscou, Washington et les pays vassaux des Etats-Unis. La tentative d’une révolution colorée en Russie semble être la goutte d’eau qui a fait réagir Poutine. L’importance de la fracture est telle que nous consacrerons principalement le prochain numéro de LIESI sur le sujet, tout en revenant sur le rôle de la chancelière Merkel, favorable à un axe Berlin/Moscou. Ce scénario vient probablement d’être confirmé par le soutien électoral de la chancelière à Nicolas Sarkozy.

Pour la deuxième fois en quatre mois, la Russie et la Chine, membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, ont opposé leur veto à un projet de résolution condamnant la répression en Syrie et demandant le départ du président syrien. C’est aussi un message adressé aux Etats arabes sous la coupe de Washington, dans la mesure où le texte était quasiment la copie du plan de sortie de crise de la Ligue arabe. Bien sûr, ce « Niet » a suscité de nombreux commentaires de la part des diplomates européens, très « attristés » de ne plus pouvoir imposer les valeurs de la secte maçonnique, la religion de la démonocratie si chère aux politicards américains, même si c’est à coup de bombes et de génocides. Que les Occidentaux s’occupent un peu des millions de gens qui meurent dans le monde à cause des marchés dérégulés sur les céréales, ces manipulations de cours qui provoquent des famines immenses ici ou là. L’Afrique étant particulièrement visée. 
Le président Obama demande le départ du président syrien, mais combien d’Américains et même de politiciens du congrès souhaitent également son propre départ pour trahison nationale ? Obama a mis sur la paille des millions d’Américains tout en engraissant copieusement les plus grosses banques de Wall Street. Derrière Obama, il y a le cortège des caniches dociles de l’Occident. Ils hurlent aux atteintes aux valeurs de la démonocratie, bien évidemment. Il serait bon de ressortir le génocide mis en œuvre par ces mêmes Occidentaux moralisateurs en Yougoslavie, et exécuté (ne l’oublions pas) par le général Clark. Et que dire de l’innommable épisode libyen. Une honte pour nous, Français. 
Dans cet épisode de l’agenda mondialiste, la diplomatie russe a eu la sensation de se faire piéger en s’abstenant lors du vote de la résolution 1973. « Ce texte a été perçu comme la validation par l’ONU de la notion d’ingérence humanitaire. “L’abstention russe sur la Libye a ôté toute envie de soutenir l’Occident. On est passé de la création d’une zone de non-survol aérien à une opération de type classique avec la participation active de l’OTAN. La Russie ne soutiendra plus jamais ça. De même qu’elle ne votera pas pour une résolution diluée, sans un fort interdit sur l’emploi de la force”, explique Fiodor Loukianov, rédacteur en chef de la revue La Russie dans la politique globale, et l’un des meilleurs analystes de politique étrangère. 
L’épisode syrien, bien loin d’être achevé, met enfin en lumière le rejet du mondialisme babélien par certains souverainistes. Depuis l’arrivée des néo-conservateurs bushistes, de nombreux politiciens de l’Occident ont laissé entendre qu’ils appréciaient le programme des nazillons de l’Ecole de Chicago. Tous collaborent à la fondation d’un Reich européen, vassalisé à l’Empire américain, pourtant en voie d’effondrement. Les valeurs morales d’antan ne sont plus à la mode pour réussir, pour obtenir un poste intéressant dans le grand blinblin mondialiste. Il faut plutôt flatter les vices et là, c’est la grande glisse sans frein.
En Russie, il n’est pas question de s’abaisser devant le projet babélien de l’Occident. La Chine également partage le même refus. Et d’autres pays asiatiques s’apprêtent à suivre. C’est un peu comme dans le film La guerre des boutons. Il faut un meneur pour fédérer une réaction à un autre groupe. C’est ainsi que la Chine, l’Inde et l’Afrique du Sud se sont rangées à ses côtés, refusant toute ingérence en Syrie.
On appréciera la force de caractère du ministre russe des Affaires étrangères. En effet, M. Lavrov avait prévenu dans la matinée du vote que le projet de résolution ne convenait “absolument pas” à la Russie. Ce, dans un entretien à la télévision russe Rossia. “Si (les Etats-Unis) veulent encore un scandale au Conseil de sécurité, on ne peut pas les arrêter”, avait-il mis en garde.
Pour la Russie, la Syrie est toujours un allié stratégique de longue date dans la région. Mais il est tout aussi vrai que les Russes nous ont habitué à des renversements d’alliances brutaux. Il convient donc d’être prudent dans la perspective du tandem Russie/Syrie. On peut néanmoins raisonnablement croire qu’à l’approche des élections présidentielles russes, Poutine devrait résister. En outre, en Syrie, il y a la base navale russe de Tartous en Méditerranée, dernier avant-poste à l’étranger maintenu depuis l’effondrement de l’URSS. C’est un point stratégique. Ajoutons que la Syrie vient d’annoncer qu’elle achèterait à la Russie « 36 avions d’entraînement militaire Iak-130, un contrat à 550 millions de dollars. Quelques jours plus tôt, on avait appris qu’un navire russe transportant 60 tonnes d’armes et de munitions était arrivé à bon port à Tartous, mi-janvier ». 
Assistons-nous, en ce début d’année 2012, à un front du refus faisant échec aux desseins occidentaux ? On ne peut que le souhaiter. Est-ce que ce front fait désormais partie de la prochaine politique étrangère du candidat Poutine ? Que le bloc de commandement russe, auquel appartient Vladimir Poutine, durcisse le ton au sujet de la crise syrienne, du dossier nucléaire iranien, et avec l’OTAN notamment autour de son projet de bouclier antimissile, n’est pas un hasard. L’effondrement de l’Occident et sa ruine à venir, sont intégrés dans le  calendrier des élites russes, comme nous le verrons dans les deux prochains numéros de LIESI. Les journaleux occidentaux, qui vont faire des stages de « compréhension » en Israël pour « mieux apprendre » leur métier et la juste grille de lecture exigée par leurs patrons pro-sionistes, n’empêcheront pas le retour de balancier de l’Histoire : l’ancien colonel du KGB (services soviétiques), attaqué depuis des mois jusqu’à la porte du Kremlin, n’est pas dupe du destin qui attend la Russie pour sa propre survie ! Poutine est même persuadé que son propre destin et celui de la Russie de ce début du siècle ne font qu’un. Il n’a pas la moindre envie de partager la fin de S. Hussein et de Kadhafi, et de combien d’autres ?
http://www.alterinfo.net/Qui-tombera-le-premier-l-Empire-ou-Poutine_a71023.html


4-2 Les actualités du droit : US : Une armée pour dominer le monde.

Les petits amuseurs du jury Nobel doivent être fiers d’avoir attribué le Nobel de la Paix à Barack Obama, ce prédateur insouciant qui vient d’annoncer – par une conférence de presse depuis le Pentagone ! – le nouveau cours des dépenses militaires US : « Le budget de la Défense restera plus important que ce qu'il était à la fin de l'administration Bush ».

Lisons le prix Nobel :

« Le monde doit savoir que les États-Unis maintiendront leur supériorité militaire avec des forces armées agiles, flexibles et prêtes pour toutes les éventualités et les menaces. »

« Les choix fiscaux auxquels nous sommes confrontés sont difficiles, mais il ne doit pas y avoir de doute : nos forces armées demeureront les mieux entraînées, les mieux dirigées et les mieux équipées de l'histoire. » 

« Nous continuerons d'investir dans des capacités cruciales pour nos futurs succès, à savoir le renseignement, la surveillance, la reconnaissance, le contre-terrorisme, la lutte contre les armes de destruction massive ».

Le budget militaire US dépassera la somme des budgets militaires des 10 pays qui dépensent le plus derrière les Etats-Unis.

Une armée, c’est pour défendre le pays, nous sommes bien d’accord. Les autres, ce sont les autres, et les Etts sont souverins.

C’est toute la philosophie du droit international, telle que rappelée par l’article 1 de la Charte des Nations Unies, qui donne à l’institution les buts suivants :

-          Maintenir la paix et la sécurité internationales et à cette fin : prendre des mesures collectives efficaces en vue de prévenir et d'écarter les menaces à la paix et de réprimer tout acte d'agression ou autre rupture de la paix, et réaliser, par des moyens pacifiques, conformément aux principes de la justice et du droit international, l'ajustement ou le règlement de différends ou de situations, de caractère international, susceptibles de mener à une rupture de la paix; 

-          Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l'égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d'eux-mêmes, et prendre toutes autres mesures propres à consolider la paix du monde;

Egalité de droit des peuples et droit des peuples à disposer d’eux-mêmes... Parfait !

La France a adopté le même principe, que l’on retrouve dans le préambule de 1946 : « La République française, fidèle à ses traditions, se conforme aux règles du droit public international. Elle n'entreprendra aucune guerre dans des vues de conquête et n'emploiera jamais ses forces contre la liberté d'aucun peuple. »

Alors, je me suis penché sur la carte, pour chercher les menaces qui pèsent sur les Etats-Unis, et franchement, ce n’est pas flagrant : le Canada ou le Mexique auraient-ils un plan caché pour envahir les US ?

Ce budget, c’est la démonstration chiffrée de l’impérialisme US, car tout concerne l’action des US en dehors de leurs frontières. C’est-à-dire que le Prix Nobel de la Paix est un homme de guerre, et son choix est la domination du monde par la force armée. Cette politique d’impérialisme militaire est totalement contraire au droit international, et c’est que qui explique que les US refusent de signer les traités qui pourraient être contraignants, car ils l’obligeraient à respecter ce qui fait la légalité internationale.

Les US connaissent la Cour Pénale Internationale (CPI), vu qu’ils ont tout fait, via le Conseil de Sécurité qu’ils contrôlent, pour saisir cette cour des affaires du Soudan et de la Lybie.

Alors, cette question simple à Barack Obama, Prix Nobel de la Guerre : « Pourquoi les US, qui ont de si nobles objectifs et valeurs, refusent-ils d’adhérer à la CPI ? »

Le Prix Nobel de la Guerre redouterait-il une enquête ? un mandat d’arrêt ?

Yes we can

http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2012/01/05/us-une-armee-pour-dominer-le-monde.html


4-3 Panetta :  "L’Europe restera la plus importante base américaine hors USA".  

“L’Europe continuera d’abriter la plus importante présence militaire de l’armée américaine hors du territoire des Etats-Unis, en dépit de la nouvelle stratégie donnant la priorité à l’Asie et au Moyen-Orient”, a déclaré le Chef du Pentagone, Leon Panetta, auprès des militaires américains sur la base aérienne de Ramstein, en Allemagne.
Le secrétaire américain à la Défense a relayé ce message, lors de la réunion des ministres de la Défense qui s’est achevée, vendredi, à Bruxelles, et devrait le répéter samedi à Munich, lors d’une conférence sur la sécurité, selon son entourage. Sur les 81.000 militaires américains stationnés en Europe, quelque 44.000 appartiennent à l’armée de Terre (US Army). “Après le retrait de deux des quatre brigades de combat, prévu d’ici 2014, il restera 37.000 soldats de l’US Army, en Europe”, a indiqué Panetta.
http://french.irib.ir/info/international/item/168131-l%E2%80%99europe-restera-la-plus-importante-base-am%C3%A9ricaine-hors-usa-panetta


4-4 Mondialisation.ca et Julie Lévesque : L'armée des États-Unis entre dans la clandestinité.

Des troupes spéciales déployées partout sur la planète.

Selon le Stars and Stripes, un média du département de la Défense des États-Unis, le Pentagone se prépare à déployer des troupes d’opérations spéciales dans le monde entier au moment où l’on diminue le nombre d’opérations militaires traditionnelles.

L’initiative est présentée comme un moyen de réduire les frais.

Grâce à cette nouvelle stratégie, les États-Unis remplacent les opérations de théâtre à grande échelle par des opérations militaires clandestines, rentables et de moindre envergure. Cela aboutit inévitablement à la violation de la souveraineté nationale du pays ciblé.

Le chef étasunien du commandement des opérations spéciales, l’amiral Bill McRaven, qui a mené le raid contre ben Laden au Pakistan, a proposé que les troupes quittant les zones de guerre en Irak et en Afghanistan soient redéployées dans des zones « quelque peu négligées durant la décennie centrée sur Al-Qaïda ».

Cela se ferait dans le but de faciliter le lancement de raids par les Forces Spéciales, comme celui qui aurait tué ben Laden, une opération clandestine ayant violé la souveraineté pakistanaise.

Selon AP, le déploiement de commandos « plus près de nouvelles zones de crise remplacera les invasions terrestres comme celles de l’Irak et de l’Afghanistan […] par des raids d’opérations spéciales laissant peu de traces, ou mieux encore, des raids effectués par des forces locales amies entraînées par les États-Unis, les aidant à combattre, côte à côte, des ennemis mutuels ». 

Ces troupes pourraient effectuer des raids, ou seraient probablement davantage appelées à travailler avec des alliés locaux pour leur apprendre à cibler des ennemis régionaux ainsi qu’à promouvoir des relations à long terme, entre soldats, pouvant aider à désamorcer une crise ou un coup éventuels. (Kimberly Dozier, Special operations expanding as wars recede, Associated Press, 27 janvier 2012)

Cela aidera « à désamorcer une crise ou un coup éventuels » ou à les fomenter?

Le but, selon un représentant de la Défense, est d’« augmenter la coopération avec les armées étrangères, de travailler avec elles pour vaincre les menaces locales au lieu de faire porter le poids de ces combats aux États-Unis ».

AP rapporte par ailleurs que « le financement pour les opérations spéciales et la recherche de renseignements augmenteront, puisqu’ils sont tous deux des moyens privilégiés par l’administration Obama pour confronter de nombreuses menaces mondiales après une décennie d’invasions terrestres coûteuses en Irak et en Afghanistan.

Cela signifie essentiellement que l’armée des États-Unis entre dans la clandestinité. Au niveau planétaire.

AP mentionne également que « les commandements des opérations spéciales à l’étranger pourraient aussi servir de cadre pour une coopération accrue entre les agences étasuniennes, fusionnant non seulement les alliés régionaux mais également des agences comme la CIA, le FBI et la Drug Enforcement Administration ».

Mondialisation.ca et Julie Lévesque

Jule Lévesque a collaboré à ce reportage.

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=MON20120201&articleId=29028


4-5 Jean-Marie Chauvier : Que font les États-Unis pour aider la contestation en Russie ?

Que font les Etats-Unis ?

Bien que Barack Obama ait amélioré les relations avec la Russie, qui étaient au plus mal du temps de George W. Bush et de la guerre en Irak, la « Maison Blanche », les Démocrates et les Républicains américains ne négligent pas le sort des démocrates en Russie. Par la voix de Mme Hilary Clinton, les Etats-Unis ont vivement critiqué les fraudes aux élections législatives du 4 décembre (vérifiées par l’ONG « Golos » que finance Washington) et il est probable que cette dénonciation soit répétée lors du scrutin présidentiel du 4 mars. Dès lors, la légitimité de l’ancien-futur président Vladimir Poutine, largement contestée à l’intérieur, sera mise en cause par les Etats-Unis.  Même largement réélu, Poutine se retrouverait moralement affaibli.

Sympathies pro-américaines, aide financière de Washington

Les Américains sont assurés des sympathies d’une partie des contestataires, y compris du leader des réseaux sociaux Alexei Navalnyi, formé aux Etats-Unis.  Boris Nemtsov et les libéraux critiquent le projet « eurasien » de Poutine, son « anti-américanisme » et son appui aux « dictatures » en Asie centrale, au Proche-Orient et en Amérique latine, son soutien aux « terroristes » palestiniens et islamistes (le Hamas, le Hezbollah) bref une politique qualifiée de « néosoviétique ».  Nemtsov dénonce le « péril chinois » et les préférences supposées de Poutine pour une alliance avec la Chine. L’ancien ministre eltsinien est partisan d’un nouvel arrimage de la Russie au monde euro-atlantique et notamment aux Etats-Unis. Mais ceux-ci vont-ils pour autant  réellement s’engager, au delà des encouragements de Mme Clinton,  dans cette nouvelle « bataille pour la Démocratie » et de quelques soutiens financiers ?

Aux opposants russes en 2012, le Département d’Etat US a promis plus de neuf millions de dollars. La National Endowment for Democracy (NED) finance déjà régulièrement et de longue date nombre d’ONG « de la société civile ». D’autres fondations sont à l’œuvre.

L’évolution de la contestation russe dépend donc en partie de ce que fera Washington, intéressé à une déstabilisation d’un Poutine trop « souverainiste », qui a entravé la pénétration des capitaux américains dans l’industrie pétrolière russe et qui projette une « Union euro-asiatique » faisant contrepoids à l’OTAN et qui reconstituerait une grande puissance dans la plus grande partie du territoire de l’ex-URSS. Le « danger poutinien » (eurasien) est donc bien réel, y compris pour l’Union Europénne déjà trop dépendante du gaz russe.  La diplomatie russe fait d’ailleurs obstruction, aux Nations-Unies, aux initiatives occidentales visant à « promouvoir la démocratie » en Libye, en Syrie, ou à empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique. Contrairement à ce qui se passait au temps du président Eltsine (1991-1999) la Russie de Vladimir Poutine se permet, comme au temps de l’URSS, de contester la politique des Etats-Unis et de chercher des alliances « anti-impérialistes » avec des régimes autoritaires tels que le Venezuela d’Hugo Chavez. Il faudrait donc que cesse cette « arrogance », estiment les adversaires de la ligne poutiniste.

L’espoir : les failles du régime et de l’établishment

L’espoir de ceux-ci, chez les libéraux russes et leurs conseillers occidentaux, est avant tout fondé sur les fissures qui apparaissent au sein de l’établishment russe. Des personnages-clé de l’ère Poutine, tels l’ancien premier ministre Mikhaïl Kassianov, l’ancien conseiller « libertarien » Andrei Illarionov ou l’ancien ministre des finances Alexei Koudrine ont  révélé les profondes dissensions parmi ceux qui avaient pour tâche de mener à bien la libéralisation économique du pays. Or, l’adhésion de la Russie à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) ne peut que donner raison à leur courant de pensée, étranger à tout retour à l’étatisme. Le « cap sur les nouvelles technologies » est en charge de l’ancien grand organisateur des privatisations des années 90, Anatoli Tchoubaïs, patron des nanotechnologies, qui milite pour une coopération étroite avec les Etats-Unis et Israël. Une frange importante des milieux d’affaires – ces « oligarques » que Poutine croit avoir mis au pas – réclament la libération de leur pair, Mikhaïl Khodorkovski, l’ancien patron pétrolier de Youkos, emprisonné depuis 2003. Celui-ci n’était pas seulement un adversaire politique potentiel ou un « fraudeur du fisc » comme il y en avait tant d’autres, il était au cœur d’une négociation visant à faire entrer massivement le capital américain dans les pétroles de Sibérie. Cet apport en capitaux, loin d’être vu comme « un danger pour l’indépendance nationale » par les milieux d’affaires y est au contraire ardemment désiré. La « faim de capitaux » n’est-elle pas une question centrale pour l’avenir de l’économie russe ? La maîtrise de leurs mouvements, de la rente pétro-gazière, n’est-elle pas le principal enjeu de pouvoir depuis la chute de l’URSS ?

Or, Vladimir Poutine, il ne faut pas l’oublier, est issu de ce monde, celui des années et du régime Eltsine, de l’oligarchie qui l’a portée au pouvoir. Aurait-il réussi depuis lors à se constituer une base alternative de milieux d’affaires et de « siloviki » (militaires et policiers) qui auraient pour la Russie un autre projet que celui que les libéraux, tant au pouvoir que dans les oppositions, n’ont cessé de vouloir mettre en œuvre ?

C’est la grande question qui reste encore sans réponse, ce qui explique l’indétermination, le flou de la politique russe. Contrairement à l’idée reçue, le régime poutinien n’exerce pas une forte « autorité », il n’en donne que l’impression. Il arbitre plus qu’il ne contrôle les intérêts en conflit. D’où sa vulnérabilité. Le président Dmitri Medvedev, s’il n’a été que le « second » du premier ministre Poutine, n’a pas innocemment  joué le rôle du « plus libéral » en paroles. Il faisait écho à des aspirations qui, au sein des élites proches du pouvoir, ne cherchent qu’une occasion pour se faire entendre. Et dont certains espèrent encore « l’oreille de Medvedev ».

L’hyper puissance n’est plus ce qu’elle était

Les libéraux « de haut en bas » espèrent qu’une pression occidentale, américaine surtout, les aidera à contrer la vague « eurasienne » derrière laquelle se profile « le danger chinois ». Ils jouent cependant risqué, dans la mesure où les appuis extérieurs (et les financements américains aux opposants) donnent également des arguments aux nationalistes.

Contrairement à l’euphorie de 1991, les Américains ne sont plus considérés en Russie comme des philanthropes désintéressés. D’autre part, la puissance des Etats-Unis n’est plus qu’elle fut au moment de sa victoire dans la guerre froide en 1991 et de son érection en unique « hyperpuissance » mondiale. Le discours de Vladimir Poutine sur le « monde multipolaire » correspond à une nouvelle réalité, contredisant la volonté occidentale (et libérale russe) d’unipolarité.

Les jeux ne sont donc  pas encore faits, et les libéraux risquent aussi  d’être déçus, les Etats-Unis n’ayant plus les moyens qui étaient les leurs lorsqu’en 1991, leurs conseillers et le FMI placèrent la Russie sous tutelle, lui enjoignant une « thérapie de choc » désidustrialisatrice, et obtenant de sa nouvelle diplomatie une adhésion ferme aux objectifs du « Nouvel Ordre Mondial ». Depuis lors, il y a eu les différends en ex-Yougoslavie, en Géorgie et en Ukraine, la guerre en Irak, l’enlisement américain dans ce conflit et en Afghanistan, les reculs de l’hégémonie étatsunienne en Amérique latine. Il y a eu, enfin, les désagréments en Russie après le krach de 1998 (qui fut aussi le krach des conseillers d’outre-Atlantique) et l’arrivée au pouvoir d’un Vladimir Poutine moins commode que son prédécesseur. Et peu prévisible.

Confirmation de ce changement de rapport de forces :  Washington a besoin de Poutine dans le règlement des crises en Syrie et en Iran, et pour le transit en Asie centrale des troupes et matériels de l’US Army vers l’Afghanistan.

Washigton pourrait d’ailleurs estimer que Poutine est un « moindre mal » par rapport au communiste Guennadi Ziouganov, au cas où ce dernier passerait au second tour des présidentielles, comme rival de Poutine. C’est peu probable mais  sait-on jamais…

Jean Géronimo

Articles de Jean-Marie Chauvier publiés par Mondialisation.ca

Le 2 février 2012

Mondialisation.ca,



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

17/02/2012

n°105 - Journal des Guerres de l'Otan- 15-02 - i - : L'Otan, une organisation parfaitement inutile selon Poutine.


n°105  -  Journal des Guerres de l'Otan- 15-02 - i -  : L'Otan, une organisation parfaitement inutile selon Poutine.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service

de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



  Journal des Guerres de l'Otan.  

n° 105- 15-02

            C.De Broeder & M.Lemaire     



Le " Journal des Guerres de l'Otan " est  visible :

a)   sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

Le " Journal des Guerres de l'Otan " est  visible :

a)   sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

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b) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Tiré à part :

Thierry Meyssan : Le CCG et l’OTAN perdent leur leadership

L'Otan, une organisation parfaitement inutile selon Poutine.

OTAN Smart Defence

Paroles & action du président...

Le président du Kirghizstan veut fermer la base militaire US.

Guerres de l'Otan

1 Politique 

a Russie

Dans les coulisses 

a) Le bouclier antimissile américain vise la Russie, selon Poutine.

b) French irib ir/info : "Le bouclier anti-missiles américain vise la Russie", selon Poutine. 

c ) Georges Spriet :Le Bouclier anti-missiles se construit – suite et …pas fin

L’Otan 'dans le monde'

Algerie

Coopération Algérie-Otan pour sécuriser la Méditerranée.  

Israël

Gerard Fredj : ISRAËL - Le pays abritera d'importantes manœuvres de l'OTAN.

Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

2-1 Vidéo :  NATO GAME OVER -

2-2 Vidéo : Pierre Dortiguier : OTAN et impérialisme

3 Dossiers

3-1 Jean Géronimo : OTAN : L’actualité de la stratégie d’encerclement de la Russie.



Tiré à part :

Thierry Meyssan : Le CCG et l’OTAN perdent leur leadership.

Contrairement à ce qui s’était passé lors de l’attaque de l’Irak, la France n’a pas défendu les principes du droit international dans l’affaire syrienne, mais s’est ralliée au camp impérial et à ses mensonges.

Avec le Royaume-Uni et les Etats-Unis, elle a essuyé une défaite diplomatique historique, tandis que la Russie et la Chine sont devenues les champions de la souveraineté des peuples et de la paix. Le nouveau rapport de force international n’est pas seulement la conséquence de la décadence militaire des Etats-Unis, il sanctionne aussi le déclin de leur prestige. En définitive, les Occidentaux viennent de perdre le leadership qu’ils se sont partagé durant tout le XXe siècle parce qu’ils ont abandonné toute légitimité en trahissant leurs propres valeurs.

Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 5 février 2012

Par deux fois, le 4 octobre 2011 et le 4 février 2012, des membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies ont rejeté des projets de résolution sur la situation en Syrie. Cet affrontement a opposé les membres du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) et de l’Organisation du Traité de l’Atlantique-Nord (OTAN) à ceux de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS).

La fin du monde unipolaire

Ce quadruple veto scelle la fin d’une période des relations internationales qui a débuté avec l’effondrement de l’Union soviétique et a été marquée par une domination sans partage des États-Unis sur le reste du monde. Il ne signifie pas un retour au système bipolaire précédent, mais l’émergence d’un nouveau modèle dont les contours restent à définir. Aucun des projets de Nouvel Ordre Mondial ne s’est concrétisé. Washington et Tel-Aviv ne sont pas parvenus à institutionnaliser le fonctionnement unipolaire qu’ils voulaient ériger en paradigme intangible, tandis que le BRICS n’a pas réussi à créer le système multipolaire qui aurait permis à ses membres de se hisser au plus haut niveau.

Comme l’avait anticipé à juste titre le stratège syrien Imad Fawzi Shueibi, c’est la crise syrienne qui a cristallisé un nouveau rapport de forces, et partant de là une redistribution de la puissance que personne n’a pensé, ni voulu, mais qui s’impose désormais à tous [1].

Rétrospectivement la doctrine d’Hillary Clinton de «  leadership par l’arrière » apparaît comme une tentative des États-Unis de tester les limites qu’ils ne peuvent plus dépasser, tout en faisant porter la responsabilité et les conséquences de leur test à leurs alliés britannique et surtout français. Ce sont ces derniers qui sont se sont mis en scène en leaders politiques et militaires lors du renversement de la Jamahiriya arabe libyenne et qui ambitionnaient de l’être à nouveau pour renverser la République arabe syrienne, même s’ils n’agissaient qu’en vassaux et sous-traitants de l’Empire états-unien. Ce sont donc Londres et Paris, plus encore que Washington, qui ont essuyé une défaite diplomatique et en supporteront les conséquences en termes de perte d’influence.

Les États du tiers-monde ne manqueront pas de tirer leurs conclusions des derniers événements : ceux qui cherchent à servir les États-Unis, comme Saddam Hussein, ou à négocier avec eux, comme Mouammar el-Kadhafi, pourront être exécutés par les troupes impériales et leur pays pourra être détruit. Au contraire, ceux qui résisteront comme Bachar el-Assad et sauront nouer des alliances avec la Russie et la Chine survivront.

 

L’échec du CCG et de l’OTAN fait apparaître un rapport de force que beaucoup soupçonnaient, mais que personne ne pouvait vérifier : les Occidentaux ont gagné la guerre médiatique et ont du renoncer à la guerre militaire. Pour paraphraser Mao Zedong : ils sont devenus des tigres virtuels.

Durant cette crise, et encore aujourd’hui, les dirigeants occidentaux et les monarques arabes ont réussi à intoxiquer non seulement leurs propres peuples, mais une large partie de l’opinion publique internationale. Ils sont parvenus à faire accroire que la population syrienne s’était soulevée contre son gouvernement et que celui-ci réprimait cette contestation politique dans le sang. Leurs chaînes sattelitaires ont non seulement réalisé des montages fallacieux pour induire le public en erreur, mais elles ont aussi tourné des images de fiction en studio pour les besoins de leur propagande. En définitive, le CCG et l’OTAN ont inventé et fait vivre médiatiquement durant dix mois une révolution qui n’existait qu’en images, tandis que sur le terrain la Syrie devait affronter seule une guerre de basse intensité menée par la Légion wahhabite appuyée par l’OTAN.

Cependant, la Russie et la Chine ayant fait une première fois usage de leur veto et l’Iran ayant annoncé son intention de se battre aux côtés de la Syrie si de besoin, les États-Unis et leurs vassaux ont dû admettre que poursuivre leur projet les absorberaient dans une guerre mondiale. Après des mois de tension extrême, les États-Unis ont admis qu’ils bluffaient et qu’ils ne disposaient pas des bonnes cartes dans leur jeu.

Malgré un budget militaire de plus de 800 milliards de dollars, les USA ne sont qu’un colosse aux pieds d’argile. En effet, si leurs forces armées sont capables de détruire des États en voie de développement, épuisés par des guerres précédentes ou par de longs embargos, comme la Serbie, l’Irak ou la Libye, elles ne peuvent ni occuper des territoires, ni se mesurer à des États capables de leur répondre et de porter la guerre en Amérique.

Malgré les certitudes du passé, les USA n’ont jamais été une puissance militaire significative. Ils ne sont intervenus que quelques semaines à la fin de la Seconde Guerre mondiale face à une ennemi déjà épuisé par l’Armée rouge ; ils ont été défaits en Corée du Nord et au Vietnam ; ils ne sont pas parvenus à contrôler quoi que ce soit en Afghanistan ; et ils ont été contraints de fuir l’Irak de crainte d’y être écrasés.

Durant les deux dernières décennies, l’Empire états-unien a effacé la réalité humaine de ses guerres et a communiqué en assimilant guerre et jeux vidéos. C’est sur cette base qu’il a conduit ses campagnes de recrutement, et toujours sur cette base qu’il a formé ses soldats. Aujourd’hui, il dispose de centaines de milliers de joueurs vidéos en guise de soldats. Par conséquent, au moindre contact avec la réalité, leurs forces armées sont démoralisées. Selon leurs propres statistiques, la majorité de leurs morts ne tombe pas au champ d’honneur, mais se suicide, tandis qu’un tiers de leur personnel sous les drapeaux souffre de troubles psychiatriques rendant inapte au combat. La démesure du budget militaire du Pentagone est incapable de compenser son effondrement humain.

 

De nouvelles valeurs : la sincérité et la souveraineté

L’échec des États du CCG et de l’OTAN est aussi celui de leurs valeurs. Ils se sont présentés en défenseurs des droits humains et de la démocratie, alors qu’ils ont établi la torture en système de gouvernement et que la plupart d’entre eux sont opposés au principe de souveraineté populaire.

Même si l’opinion publique en Occident et dans le Golfe est sous-informée sur ce sujet, les États-Unis et leurs vassaux ont mis en place depuis 2001 un vaste réseau de prisons secrètes et de centre de tortures, y compris sur le territoire de l’Union européenne. Sous prétexte de guerre contre le terrorisme, ils ont semé la terreur, enlevant et torturant plus de 80 000 personnes. Durant la même période, ils ont créé des unités d’opérations spéciales dotées d’un budget de près de 10 milliards de dollars annuel qui revendiquent des assassinats politiques dans au moins 75 pays, selon leurs propres rapports.

En ce qui concerne la démocratie, les États-Unis actuels ne font pas mystère de ce qu’elle ne signifie pas à leurs yeux « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » selon l’expression d’Abraham Lincoln, mais uniquement la soumission des peuples à leur volonté comme l’ont montré les propos et les guerres du président Bush. Au demeurant, leur constitution récuse le principe de souveraineté populaire et ils ont suspendu leurs libertés constitutionnelles fondamentales en instituant un état d’urgence permanent avec le Patriot Act. Quand à leurs vassaux du Golfe, il n’est pas nécessaire de rappeler que ce sont des monarchies absolues.

C’est ce modèle, qui associe sans honte crimes à grande échelle et discours humanitaire, qui a été défait par la Russie et la Chine ; des États, dont le bilan en matière de droits de l’homme et de démocratie pour autant qu’il soit très critiquable n’en est pas moins infiniment supérieur à celui du CCG et de l’OTAN.

En faisant usage de leur veto, Moscou et Beijing ont défendu deux principes : le respect de la vérité, sans laquelle la justice et la paix sont impossibles ; et le respect de la souveraineté des peuples et des États, sans lequel aucune démocratie n’est possible.

Le moment est venu de se battre pour reconstruire la société humaine après une période de barbarie.

Thierry Meyssan

Source : « Le CCG et l’OTAN perdent leur leadership », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 février 2012,

 www.voltairenet.org/a172629


L'Otan, une organisation parfaitement inutile selon Poutine

Le premier ministre et candidat à la présidence russe, Vladimir Poutine, n'a pas soutenu lundi la proposition du leader libéral-démocrate Vladimir Jirinovski d'aider l'UE en échange à la dissolution de l'Otan, tout en admettant cependant que l'Alliance était inutile de nos jours.

"M.Jirinovski propose donc de soutenir par tous les moyens l'Union européenne. Mais à quoi bon? Ce sont des pays riches, plus riches que nous", a déclaré le chef du gouvernement lors d'une rencontre avec des politologues. 
En même temps, M.Poutine s'est rallié à l'idée de  M.Jirinovski, lui aussi candidat à l'élection présidentielle du 4 mars, sur la nécessité de dissoudre l'Alliance atlantique. 

"Bien qu'aujourd'hui irréaliste, cette idée est bonne, car  l'Otan est un vestige de la guerre froide, dont nul n'a plus besoin", a estimé M.Poutine, en complimentant le leader du Parti libéral-démocrate de Russie (LDPR). 

Source: Alterinfo

 


OTAN Smart Defence
Le concept de « Smart Defence » a fait l’objet de discussions, les 2 et 3 février à Bruxelles, lors de la réunion des ministres de la Défense de l’Otan, à laquelle a participé le ministre français Gérard Longuet. Cette réunion a permis notamment de préparer le sommet de Chicago de mai prochain.
Les 2 et 3 février 2012 à Bruxelles, les ministres de la Défense des nations de l’ Otan se sont réunis pour préparer le sommet de Chicago, réunissant en mai prochain les chefs d’Etats des pays membres, et pour faire le point sur le théâtre afghan. La problématique de renforcement et de rationalisation des  capacités militaires des alliés qualifiée sous l’appellation « Smart Defense » a aussi été débattue.
La « Smart Defence », que l’on peut traduire littéralement par « défense intelligente » est une initiative otanienne  sur laquelle Anders Fogh Rasmussen, secrétaire général de l’Otan, est revenu à l’issue de la première journée de réunion  : « Même en période de crise économique, nous aurons toujours besoin d’assurer la sécurité de nos Etats.  » L’objectif de cette initiative est d’améliorer la contribution des pays membres de l’Otan, en matière de défense et de sécurité, malgré un contexte budgétaire plus restreint.  « Chaque euro que nous dépensons doit déboucher sur un résultat concret. Pour cela, nous devons donner des priorités, nous spécialiser et coopérer tous ensemble  », a affirmé le secrétaire général de l’Otan. Il a poursuivi en déclarant : « Nous avons identifié un certain nombre de secteurs où la "Smart Defence" aurait une réelle plus-value. C’est vrai dans le domaine du renseignement, la surveillance, la reconnaissance, la logistique, la maintenance et la formation.  ». La France a, en outre, mis en avant l’opération en Libye comme la démonstration de l’utilité des partenariats de l’Otan sur les plans politique, logistique et militaire.
La « Smart Defence » pourrait être déclinée selon trois axes : coopération, priorisation et spécialisation, et  s’inscrit en complémentarité du « Pooling&Sharing » une politique européenne de mutualisation et de partage.

« Le Pooling&Sharing »  

En décembre 2010, le Conseil de l’Union européenne (UE) a demandé aux Etats membres d’identifier les capacités susceptibles d'être mutualisées. Celles qui pourraient donner lieu à un partage des rôles et des tâches à travers une coopération renouvelée et celles à conserver par pays. La France est déjà engagée dans cette dynamique. Elle investit chaque année cinq milliards d’euros, soit plus de 30% du budget d’équipement de ses armées, dans des coopérations d’armement en Europe. Cette volonté s’est encore trouvée renforcée par le traité de Lancaster House. La coopération franco-britannique contribue par sa dynamique à renforcer les capacités de l’UE et de l’Otan. Structurante et ambitieuse pour les armées de nos deux pays, cette coopération doit pouvoir accueillir à terme d’autres partenaires européens. La France, en particulier avec l’Allemagne, est aussi engagée avec d’autres Etats membres, dans des travaux communs visant les domaines de la formation, des structures de commandement, des unités ou du soutien logistique.

http://rpdefense.over-blog.com/article-otan-smart-defence-98546913.html



Paroles & action du président...

Le président du Kirghizstan veut fermer la base militaire US

La base aérienne américaine au sein de l'aéroport international de Manas, situé dans la capitale kirghize Bichkek, représente un danger pour le Kirghizstan et doit être fermée, a déclaré jeudi le président du pays Almazbek Atambaïev.

"Le Kirghizstan n'a pas besoin d'une base militaire située dans un aéroport civil, c'est très dangereux. Nous voulons que l'aéroport Manas soit uniquement un aéroport civil", a indiqué le nouveau chef de l'État kirghiz lors de son premier point-presse.

Ce dernier a également indiqué avoir déjà annoncé à la partie américaine que la base aérienne de Manas devra être fermée à l'expiration du contrat, en 2014.

"Les Américains devront alors ou bien quitter Manas, ou bien organiser un centre de transport civil, en coopération avec la Russie ou d'autres pays", a déclaré M.Atambaïev. 

Le président kirghiz a réfuté les affirmations selon lesquelles il aurait pris cette décision sous la pression de la Russie.

La base aérienne américaine au Kirghizstan, ultérieurement baptisée Centre de transit du Pentagone, a été crée au sein de l'aéroport international de Manas en décembre 2001, et elle permet d'assurer près de 30% des ravitaillements en vol des avions participant à l'opération militaire de l'Otan en Afghanistan. Le centre de Manas représente également un nœud de transport important pour le transfert de frets et de forces de l'ISAF (Force internationale d'assistance et de sécurité) en Afghanistan. Selon les informations officielles, près de 1.500 militaires et civils américains travaillent dans ce centre.

29/12/11

http://fr.rian.ru/world/20111229/192906175.html



Guerres de l'Otan

1 Politique 

a Russie

Dans les coulisses 

a) Le bouclier antimissile américain vise la Russie, selon Poutine.

Le bouclier antimissile américain qui est en train d'être déployé en Europe vise la Russie, estime le premier ministre russe et candidat à la présidence Vladimir Poutine.

"Il n'y a aujourd'hui pas de menace émanant de l'Iran ou de la Corée du Nord. Actuellement, la défense antimissile (américaine en Europe) vise certainement à neutraliser le potentiel nucléaire russe", a déclaré M.Poutine dans le documentaire "Politique froide", diffusé jeudi à la télé russe.

Selon le premier ministre, les radars et systèmes antimissiles déployés près des frontières russes couvriront le territoire jusqu'à l'Oural.

"Cela devient une réalité et l'Otan ne veut donner aucunes garanties, mêmes écrites", a-t-il souligné.

Les Etats-Unis, initiateurs du déploiement de l'ABM en Europe, sont le seul pays à avoir eu recours à l'arme nucléaire, et qui plus est à l'utiliser contre un pays non nucléaire, à savoir le Japon, en 1945, a rappelé M.Poutine.

"Est-ce que nous avons oublié cela? Non, nous ne pouvons pas le faire. Et nous réagirons toujours face à des menaces près de nos frontières", a-t-il insisté.

L'homme fort russe a également avoué qu'il ne croyait pas à la sincérité des partenaires au sein du Conseil de sécurité de l'Onu qui essayaient d'apporter des preuves de la présence d'armes de destruction massive dans certains pays pour y intervenir militairement.

"Il me semble que nos partenaires n'ont pas besoin d'alliés, mais de vassaux. Ils veulent dominer. La Russie n'agit pas de cette manière", a ajouté le premier ministre.

Les Etats-Unis envisagent de déployer de 2015 à 2020 une troisième zone de positionnement de leur système de défense antimissile en Europe. Moscou s'oppose à ce projet, considérant que la mise en place d'un bouclier antimissile à proximité de ses frontières menace le potentiel stratégique russe.

L'idée d'engager une coopération en vue de créer un bouclier antimissile européen a été formulée en novembre 2010 lors du sommet Russie-Otan à Lisbonne. L'Alliance atlantique insiste sur la mise en place de deux systèmes de défense antimissile indépendants mais coordonnés: l'un russe, l'autre otanien. Moscou propose pour sa part de créer un système indivisible intégrant les dispositifs des deux parties.

3 février –

RIA Novosti


b) French irib ir/info :"Le bouclier anti-missiles américain vise la Russie", selon Poutine.  

"Le bouclier anti-missiles américain, qui est en train d'être déployé, en Europe, vise la Russie", estime le Premier ministre russe et candidat à la présidence, Vladimir Poutine. "Il n'y a, aujourd'hui, pas de menace émanant de l'Iran ou de la Corée du Nord. Actuellement, la défense anti-missiles (américaine, en Europe) vise, certainement, à neutraliser le potentiel nucléaire russe", a déclaré M.Poutine, dans le documentaire, "Politique froide", diffusé, jeudi, à la télé russe. Selon le Premier ministre, les radars et systèmes anti-missiles, déployés, près des frontières russes, couvriront le territoire, jusqu'à l'Oural. "Cela devient une réalité et l'OTAN ne veut donner aucune garantie, même écrite", a-t-il souligné. Les Etats-Unis, initiateurs du déploiement de l'ABM, en Europe, sont le seul pays à avoir eu recours à l'arme nucléaire, et qui plus est, à l'avoir utilisée contre un pays non nucléaire, à savoir, le Japon, en 1945, a rappelé M.Poutine. "Est-ce que nous avons oublié cela? Non, nous ne pouvons pas le faire. Et nous réagirons toujours, face à des menaces près de nos frontières", a-t-il insisté. L'homme fort russe a, également, avoué qu'il ne croyait pas à la sincérité des partenaires, au sein du Conseil de sécurité de l'OUU, qui essayaient d'apporter des preuves de la présence d'armes de destruction massive, dans certains pays, pour y intervenir militairement. "Il me semble que nos partenaires n'ont pas besoin d'alliés, mais de vassaux. Ils veulent dominer. La Russie n'agit pas de cette manière", a ajouté le Premier ministre.

03/02/2012

http://french.irib.ir/info/international/item/167709-le-bouclier-antimissile-americain-vise-la-russie-selon-poutine


c ) Georges Spriet :Le Bouclier anti-missiles se construit – suite et …pas fin

En septembre 2009, Obama avait déjà changé les plans du bouclier de son prédécesseur G.W.Bush en modifiant l'objectif fondamental qui était la défense continentale des États Unis pour un effort immédiat afin de défendre l'Europe et le Moyen-Orient contre des attaques de missiles. Cette modification devrait rassurer les Russes et les alliés européens qui ne voulaient pas de frictions avec Moscou sur ce sujet.

Pour réaliser ce changement, le Pentagone avait développé l'approche adaptative phasée du bouclier pour l'Europe. Dans la première phase (à partir de 2011), Washington déploiera des systèmes antimissiles assurés, entre autres le système d'armement Aegis basé sur mer, des intercepteurs SM-3, des capteurs comme le Army Navy/Transportable Radar Surveillance System.

Par un accord entre les États Unis et la Roumanie, un total de 24 intercepteurs SM-3 seront déployés dans une ancienne base aérienne dans le sud du pays qui hébergera un maximum de 500 militaires américains. On parle aussi des croiseurs américains dans la Mer Noire devant les côtes roumaines.

La Turquie

Début septembre 2011, la Turquie a officiellement accepté d'héberger un radar du bouclier antimissile sur son territoire, probablement dans les environs du lac Van dans le sud-est du pays. Cet emplacement devrait rassurer la Russie vu que la plupart des missiles russes sont localisés dans le nord-ouest du pays et en Sibérie. Le radar sera connecté avec les bâtiments de guerre de l'Otan dans la Méditerranée, qui sont équipés d’intercepteurs capables de détruire un missile attaquant avant qu'il n'atteigne son but programmé. On estime qu'il s'agit du radar X-band AN/TPY-2 qui fait partie du système THAAD conçu pour intercepter des missiles de portée moyenne à haute altitude, même dans l'espace. La distance opérationnelle du radar serait d'environ 1000km. Le radar peut jouer le rôle de point d'observation pour la détection précoce d'un lancement et le parcours d'un missile. Le radar serait géré par le centre de contrôle de l'Otan en Allemagne, mais la Turquie pourrait partager les informations.

Une question politique importante est : quel rôle le radar en Turquie jouera-t-il dans la défense d'Israël ? Ce pays dispose déjà d'un système antimissile dans le désert du Neguev, où un contingent militaire américain contrôle un même type de radar et des intercepteurs « Patriot ». La Turquie est fort inquiète des risques de nouvelles tensions régionales et ne veut pas d'intégration des deux radars. En outre, les relations militaires entre la Turquie et Israël se sont détériorées après l'attaque israélienne contre la flottille de paix.

Selon la presse américaine, cependant, aucune garantie n'a été donnée au gouvernement turc sur ce plan. C'est le centre de contrôle en Allemagne et le Pentagone qui décident : le fonctionnement du système de bouclier est basé sur la circulation rapide de l'information. Imaginons une attaque surprise israélienne sur l'Iran et une riposte de Téhéran, la présence en Israël des militaires américains exigerait une solidarité des alliés : dans ce cas chaque élément de la machinerie militaire sera utilisé, indépendamment de ce que les dirigeants turcs en pensent ?

L'Espagne

Début octobre 2011, l'administration Obama et le gouvernement espagnol se sont mis d'accord pour baser 4 croiseurs Aegis à partir de 2013 dans la base navale de Rota, comme partie du bouclier antimissile pour protéger l'Europe d'une attaque nucléaire éventuelle de l'Iran. Ces quatre bateaux seront accompagnés par 1200 militaires et 100 civils, qui viennent s'ajouter au contingent américain déjà en place à Rota. Bien que les conditions de cette présence des militaires étrangers doivent encore être arrêtées, le gouvernement Zapatero a donné déjà son accord. Ceci pour donner au Pentagone la possibilité de demander de son côté les fonds nécessaires pour le déploiement. Le parlement espagnol actuel est dissous pour les élections.

La base navale de Rota se trouve à une centaine de km au nord-ouest de Gibraltar et sert, depuis le début des années 1950, comme principale base outre-mer pour la US Navy. Le plan aidera également à maintenir une continuelle présence navale américaine dans la Méditerranée et l'Atlantique oriental. Rappelons-nous que USS Monterrey en Méditerranée , un croiseur de guerre équipé de radar avancé et de missiles guidés, opère déjà dans la Méditerranée depuis 7 mois. Le centre d'opérations aériennes de l'Otan à Torrejon (Madrid) sera également intégré dans le système de commande du bouclier. Il n'est pas prévu que les quatre navires de guerre (F-100) espagnols dotés du système Aegis s'intègreront dans le dispositif otanien.

Outre la Pologne, la Roumanie et la Turquie, d'autres pays ont offert leurs bons offices pour le bouclier: la Hollande propose ses radars installés sur ses propres frégates, et la France pense contribuer avec des capteurs et des satellites.

Le flanc sud de l'Europe devrait ainsi être couvert contre des attaques venant du Moyen-Orient avec cette phase réalisée du bouclier otanien: le radar en Turquie, les intercepteurs en Roumanie, le système d'armement Aegis sur les bateaux américains dans la Méditerranée.

La Russie

La Russie se montrait bien nerveuse en estimant que ce dernier développement autour de Rota est un nouveau pas non-concerté et unilatéral qui tourne le projet du bouclier d'un espace de collaboration en confrontation. La préoccupation centrale de Moscou est le nombre et le niveau de mobilité et de capacité des composants d'interception. Les militaires russes craignent en effet qu'à partir de 2015 le bouclier européen aurait un impact négatif sur la dissuasion nucléaire russe, c'est à dire que le bouclier serait capable d'intercepter certains des missiles balistiques russes. Washington continue à déclarer que le bouclier n'est pas dirigé contre la Russie mais contre des attaques éventuelles de l'Iran.

Dans le préambule de l'accord de réduction d'armes nucléaires (New START) du 8 avril 2010 Washington et Moscou reconnaissent qu'il existe un « rapport entre les armes stratégiques offensives et les armes stratégiques défensives, que ce rapport devient plus important avec la diminution du nombre d'armes et que les actuelles armes stratégiques défensives ne minent pas l'effectivité des armes stratégiques offensives des deux parties du traité ». La grille de lecture utilisée n'est donc pas « l'intention » mais bien la capacité et le « nombre ».

L'augmentation considérable du nombre d'intercepteurs prévu dans l'approche adaptative phasée, combinée avec le système antimissile GMD Ground-Based Midcourse, déployé en Alaska et en Californie, confronterait la Russie avec des centaines d'intercepteurs, nombre suffisant pour alarmer les leaders russes politiques et militaires. Même si l'Occident n'a pas l'intention d'utiliser le bouclier contre la Russie, dans ses phases de développement futures il aura une certaine capacité inhérente contre les forces stratégiques russes. Le ministre russe des Affaires étrangères, Lavrov, ne cesse de répéter que les projets du bouclier ne peuvent rompre la parité.

Voilà pourquoi Moscou recherche un maximum de garanties écrites et légales que le bouclier n'est pas dirigé contre la Russie, mais Washington ne veut pas mettre ces promesses orales sur papier. La mise en œuvre des phases prévues par l'Occident en Turquie, en Roumanie et en Espagne, au moment où les pourparlers entre les deux grandes puissances nucléaires sont au point mort, rend le Kremlin nerveux. Les pourparlers entre l'Otan et la Russie sur le bouclier se heurtent sur le point du niveau de cogérance du système. « Si les négociations n'ont pas de résultat, nous déplacerons nos systèmes d'armements offensifs avancés près des frontières avec l'Europe en réponse au bouclier planifié », annonçait le président Medvedev.

L'absence d'un accord général de non-recours à la 'première frappe' (first strike) et la décision d'installer un bouclier antimissiles sans les garanties recherchées par la Russie, est un développement qui pourra rapidement mener à une déstabilisation globale. D’autant plus que l'Occident a su accumuler un avantage militaire énorme depuis la fin de la Guerre Froide et a maintenant amplement montré sa volonté d'utiliser cette force.

Il est important de reconnaître que le bouclier constitue un élément crucial pour arrêter une riposte d'un ennemi affaibli après une 'première frappe', et que potentiellement le bouclier fait partie d'une politique d'attaques nucléaires. En négligeant l'importance de ce fait, nos dirigeants politiques créent des nouvelles tensions dangereuses dans un monde de plus en plus déstabilisé.

Georges Spriet

Cet article fait suite à celui paru dansAlerte Otan n°41

Autres textes de Georges Spriet sur le site du CSO



d L’Otan dans le monde

Algerie

Coopération Algérie-Otan pour sécuriser la Méditerranée.  
La porte-parole de l’Organisation du traité de l’atlantique nord (Otan) a indiqué à Echorouk que l’Algérie et l’Otan ont mis en place un instrument pour l’échange d’informations sur des menaces terroristes qui pourraient viser le mouvement commercial maritime en mer Méditerranée.
Elle a insinué dans ce contexte que l’Otan aimerait que l’Algérie soit désignée en tant qu’agent de communication auprès du commandement maritime de l’Otan basé à Naples en Italie. Des pays de la rive sud de la Méditerranée ont déjà franchi le pas en matière de coopération dans le domaine d’échange d’informations. A préciser à ce propos, que ces pays et l’Algérie font partie de ce qui s’appelle le « Dialogue atlantico-méditerranéen ». « La porte est ouverte pour toute nouvelle contribution. Le pays intéressé peut choisir lui-même la façon dont il veut coopérer pour la sécurisation de la mer Méditerranée », a-t-elle indiqué. Par ailleurs, elle a abordé la nouvelle étape d’actions des forces de l’Otan en matière de lutte antiterroriste dans la mer Méditerranée. A ce propos, elle a rappelé que l’Otan mène depuis 10 ans des patrouilles maritimes militaires régulières en Méditerranée. Ces patrouilles maritimes sont épaulées par une couverture aérienne dans l’objectif de sécuriser les mouvements de marchandises et des voyageurs dans le bassin méditerranéen. Ces patrouilles ont commencé après les attentats terroristes du 11- Septembre .

Leur principal objectif est de mettre un terme à la circulation des terroristes et des armes de destruction massive.
http://www.echoroukonline.com/ara/articles/121869.html


Pays Baltes

Pays Baltes: la mission de police aérienne de l'Otan sera permanente.

Le Conseil de l'Otan a décidé de rendre permanente la mission de police aérienne de l'Alliance dans les pays Baltes avec un réexamen périodique de ses besoins et activités, a annoncé mercredi à RIA Novosti la ministre lituanienne de la Défense, Rasa Jukneviciene.

"Cette décision est définitive. Désormais la mission de police aérienne de l'Otan sera permanente avec un contrôle périodique de ses activités, un réexamen de ses besoins et de réorganisations nécessaires. Cette décision est très importante pour nous", a déclaré l'interlocutrice de l'agence.

Selon la ministre, cette mission doit faire partie de la "Défense intelligente" (Smart Defence), initiative visant à dépenser plus efficacement les moyens financiers dans le contexte d'austérité.

Anciennes républiques soviétiques, les pays Baltes ne disposent pas d'avions équipés pour le contrôle de l'espace aérien. De ce fait, depuis leur entrée dans l'Otan en avril 2004, ce contrôle est exercé par leurs partenaires de l'Alliance. Des chasseurs alliés sont basés dans l'aérodrome militaire lituanien de Zokniai.

En 2009, l'Alliance atlantique a décidé de proroger sa mission de patrouille dans le ciel des pays Baltes jusqu'à la fin de 2014. La Lituanie, la Lettonie et l'Estonie ont toujours souhaité que cette mission soit prolongée au moins jusqu'en 2018, mieux qu'elle devienne permanente.

RIA Novosti

8 février

http://fr.ria.ru/defense/20120208/193309288.html
VILNIUS,


Israël

Gerard Fredj : ISRAËL - Le pays abritera d'importantes manœuvres de l'OTAN.
Pour la première fois, un important entrainement des forces de l'OTAN se tiendra en Israël en octobre prochain.

Dans le passé, Israël a pris part à plusieurs exercices menés par l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord, mais n'avait encore jamais accueilli de telles opérations.

Cette opération simulera un tremblement de terre massif, provoquant d'importantes d'instruction et un nombre important de blessés.

Les unités de recherches et de secours de l'OTAN participeront à cette simulation qui mobilisera côté israélien l'unité de recherches et de secours de tshal (voir notre article du 27 décembre), la police, le Maguen David Adom, les pompiers et différentes autorités locales, régionales ainsi que des ministères.

Il y a deux semaines, Matan Vilnai, ministre de la défense interieure a rencontré le secrétaire général de l'Otan, Claudio Bisogniero, à Bruxelles pour discuter des détails de l'opération.

Il a également discuté de la coopération future entre l'organisation, l'Union européenne et Israël sur la gestion des situations de crise.

Gerard Fredj

http://www.israel-infos.net/ISRAEL--Le-pays-abritera-d-importantes-manoeuvres-de-l-OTAN-7768.html



Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

Vidéo :  NATO GAME OVER -

En 2010, les Bomspotters ont une fois de plus alimenté le débat sur les armes nucléaires de l'OTAN. Des milliers d'activistes ont participé à des actions de désobéissance civile sur la base de Kleine Brogel. Depuis lors, l’OTAN a largué des milliers de bombes sur l’Afghanistan et la Libye et maintient sa stratégie nucléaire et son projet de bouclier anti-missile. L’OTAN crée plus de problèmes qu'elle n'en résout et c’est pourquoi, le 1 Avril, nous fermons l’OTAN

Le dimanche 1 avril, des centaines d’activistes venus de toute l’Europe fermeront le Quartier Général de l’OTAN à Bruxelles. Rejoignez-nous ! Toutes les informations sur les lieux et heures de rdv des briefings avant l’action, sur le déroulement de la journée.

1er avril 2012

http://www.youtube.com/watch?v=4pAWdWxEEwY&feature=plcp&context=C39df25fUDOEgsToPDskLFc5reVoE08jse_KQSA5DM

 

 

Vidéo : Pierre Dortiguier : OTAN et impérialisme

http://www.alterinfo.net/Pierre-Dortiguier-OTAN-et-imperialisme-video_a53209.html



3 Dossiers

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

Jean Géronimo : OTAN : L’actualité de la stratégie d’encerclement de la Russie

Intervention à l’Institut de la Démocratie et de la Coopération, 3 décembre 2010, Paris. (Papier original, actualisé à la marge.)
Publié en juin 2011 : « L’actualité de la stratégie d’encerclement de la Russie », Revue Europe et Orient, « Turquie : une démocratie inachevée », Institut Tchobanian, n° 12, juin 2011.

 Introduction : un rapprochement trompeur…
            A l’heure du surprenant et radical rapprochement de la Russie avec l’Occident, il serait opportun de s’interroger sur la réalité de la menace de l’axe Otan/USA. Dans ce cadre, il s’agira de revenir sur la perception russe des dangers issus de l’ingérence occidentale dans sa proche périphérie et, en particulier, de la volonté américaine de se rapprocher des ex-républiques de l’URSS présentant un caractère stratégique.

Selon une lecture plus globale de l’évolution géopolitique, la stratégie américaine garde une cohérence structurelle, au sens où elle reste guidée par la ligne Brzezinski centrée, d’une part, sur l’encerclement de la Russie et, d’autre part, sur la déstabilisation de sa ceinture périphérique en vue de son contrôle.

A l’issue de la fin de la Guerre froide, ce maintien d’une relative inertie stratégique nous amène à nous interroger sur l’évolution passée, présente et future de la Russie, pour, en dernière instance, nous interroger sur son statut international hérité du post-communisme.

Dans une première partie, nous verrons donc le rôle de l’Otan comme levier de la politique étrangère américaine, en phase de Guerre froide.

Dans une seconde partie, nous présenterons la ligne structurellement anti-russe conduite par la puissance américaine depuis la fin de la Guerre froide.

Dans une troisième partie, nous analyserons les enjeux cachés du récent rapprochement russo-américain.

Dans une quatrième et dernière partie, nous nous interrogerons sur le statut post-soviétique de la puissance russe en transition identitaire et sur sa volonté de retour vers l'Europe.

I - Historiquement, l’Otan apparait comme un levier de la politique étrangère américaine.

La politique extérieure américaine est marquée par 2 phases principales : l'endiguement de la puissance soviétique (1) puis, à partir de 1991, le reflux de la puissance russe (2).

 1/ L’endiguement de la puissance soviétique, comme stratégie dominante en phase de Guerre froide.

- Après la seconde Guerre mondiale, le nouvel ordre mondial est caractérisé par l’équilibre stratégique de la Guerre froide : (USA + Otan) versus (URSS + Pacte de Varsovie).

- A l'origine, la théorie de G. Kennan du "Containment" )[1][1][1] (endiguement) de la puissance soviétique - par la suite, appelée aussi "doctrine Truman" - a pour objectif de bloquer l’expansion du bloc communiste sous leadership russe, en aidant les pays prêts à s’y opposer. A l’époque, l’Administration Truman (1945–1953) redoute l’offensive militaire d’une Union soviétique surpuissante qui, désormais, "fait peur". D’autant plus que cette dernière développe une force de frappe nucléaire impressionnante, qui égalisera la puissance américaine au début des années 70.

- L’endiguement : c’est l’amorce d’une ligne anti-soviétique, présentant une relative cohérence sur long terme et qui sera, plus tard, reprise par le conseiller à la sécurité du président Carter, Z. Brzezinski.

- L’objectif : contenir l’expansion du communisme en Afrique, Asie, Europe et Amérique latine, quel qu’en soit le prix (dont l’émergence de dictatures militaires fascisantes, notamment au Chili).

Ex : en Amérique latine, on peut rappeler le Coup d’Etat de 1973 contre S. Allende au Chili ("la révolution assassinée", pour reprendre le titre d’un ouvrage).

- Une stratégie alternative a été d’encourager les mouvements nationalistes et démocratiques, pour déstabiliser le pouvoir russe.

Ex : la révolution polonaise de Solidarnosc, en 1989, avec le rôle des ONG étrangères, principalement américaines (ancêtre des révolutions "colorées" qui toucheront plus tard l’espace post-soviétique).

- Une autre stratégie a été de créer des conflits périphériques ou d’accélérer la course aux armements pour épuiser l’économie soviétique (à 2 exemples).

Ex 1: Afghanistan en 1979, formation et armement des combattants islamistes (dont talibans) pour enliser l’armée soviétique dans une guerre coûteuse (il faut donner à l’URSS "sa guerre du Vietnam", selon Z. Brzezinski)

Ex 2 : le projet surréaliste de "Guerre des étoiles" de R. Reagan, au début des années 1980 (bouclier spatial anti-missiles).

à Avec l’appui de son levier otanien, lui conférant un vernis de légitimité internationale, il s’agit pour la puissance américaine d’éroder les bases économiques et idéologiques de la domination soviétique. Dans ce cadre, l’Otan apparaît comme un véritable bouclier politico-militaire contre l’avancée soviétique, destiné in fine à rééquilibrer le "balancier stratégique". On peut donc parler d’une Otan défensive, adaptée au contexte stratégique de la Guerre froide.

2/ Le reflux de la puissance russe, comme stratégie post-guerre froide.

- 25 décembre 1991 : la démission contrainte du président Gorbatchev marque la chute finale de l’Union soviétique, "La plus grande catastrophe géopolitique du XX° siècle", selon V. Poutine.

- La stratégie d’endiguement, est alors radicalisée et transformée en stratégie de reflux (roll back) de la puissance russe issue de la fin de la Guerre froide. On remarque l’influence décisive de Brzezinski dans cette inflexion stratégique.

- L’objectif tacite de l’Amérique est alors de profiter de la fragilité temporaire de la Russie en transition vers le marché, pour la repousser et l’expulser de ses postions fortes et traditionnelles.

- L’Otan est au cœur de cette stratégie et elle est instrumentalisée par Washington, pour renforcer cette orientation et lui donner une apparente légitimité (impression d’un consensus).

- Il s’agit aussi de créer les conditions structurelles d’une irréversibilité : empêcher tout retour en arrière et surtout, toute velléité de reconquête impériale russe. En d’autres termes, l’objectif est de verrouiller la position hégémone des Etats-Unis, en créant les mécanismes adéquats, voire en influençant les institutions en charge de la gouvernance mondiale.

à Contrairement à la promesse faite en 1989 à Gorbatchev à Berlin, l’Otan continue de s’étendre, notamment vers l’Europe de l’Est et réduit, de ce fait, le glacis sécuritaire de la Russie. Il s’agit d’une véritable provocation pour Moscou, qui voit l’encerclement otanien se resserrer autour d’elle. La Russie a l’impression d’être trahie. Dans ce cadre, on peut donc parler d’une Otan offensive, intégrant les nouveaux rapports de force issus du post-communiste comme une réelle opportunité d’élargir sa zone de responsabilité, donc d’intervention.

II - Ligne structurelle anti-russe depuis l’implosion de l’URSS, en 1991.

- La transition post-communiste est caractérisée, contrairement aux croyances initiales, par l’émergence d’un monde unipolaire, du fait de la disparition du seul contrepoids idéologique (l’Union soviétique) à la domination américaine.

- Au sens de F. Fukuyama, c’est alors "la fin de l’histoire" (1992) )[1][1][2] et, pour reprendre D. Bell, c’est aussi "la fin des idéologies" (1960))[1][1][3] . En tant que vainqueur historique de la Guerre froide, le libéralisme s’impose comme la seule idéologie légitime.

- Au nom de sa supériorité morale et de sa "destinée manifeste", la puissance américaine cherche à étendre la démocratie libérale à l’échelle planétaire, par la force s’il le faut. En quelque sorte, elle devient la nouvelle puissance messianique, succédant dans ce rôle à l’Union soviétique. Dans son discours de Munich en novembre 2007, V. Poutine dénonce cet unilatéralisme armé de la puissance américaine. Pour certains, ce discours marque le retour d’une forme atténuée de Guerre froide.

à Globalement, la stratégie anti-russe conduite par l’Administration américaine depuis décembre 1991 s’exprime selon 3 axes : politique, économique et stratégique.

1 – Axe Politique.

 

à Décrédibiliser l’autorité russe dans son espace d’influence historique.

- Ingérence politique via les ONG anglo-saxonnes (ex du Kirghizstan : 8000 ONG étrangères en 2005, lors du renversement du président Akaïev, soit 25 ONG au km² : un record du monde !).

- Soutien aux révolutions libérales "de couleur" (Géorgie 2003, Ukraine 2004, Kirghizstan 2005 et 2010), avec un rôle décisif des ONG étrangères, alimentées par des financements américains.

- Instrumentalisation des mouvements liés au nationalisme religieux, dont les courants islamistes radicaux (Kirghizstan, Tadjikistan, Ouzbékistan…).

- Cette effervescence ethno-religieuse est aujourd’hui une véritable bombe à retardement pour la Russie, d’autant plus qu’elle tend à se répandre au Nord Caucase.

à Remettre en cause la légitimité du pouvoir et des prérogatives de Moscou en CEI.

- S’imposer comme leadership idéologique alternatif à la domination russe.

- Initier un rapprochement politique avec certaines républiques ex-soviétiques (Azerbaïdjan, Ouzbékistan, Kurdistan, Kazakhstan). NB : depuis peu, le Kazakhstan est devenu un couloir de transit aérien pour les forces de l’Alliance, suite au voyage de H. Clinton en Asie centrale.

2 – Axe Economique.

à Développer un partenariat économique avec les Etats de la CEI (aide financière, technologique, formation du capital humain...).

- Ex : L’initiative de la Dette (PPTE) )[1][1][4] vise, en théorie, à réduire le poids de la dette et la pauvreté au Kirghizstan. Dans les faits, grâce à la conditionnalité de l’aide, elle cherche à imposer un modèle politique émancipant ce pays de la tutelle russe (conditions drastiques imposées par le FMI et la Banque mondiale, en vue d’une économie assainie et désétatisée)) [1][1][5] .

- Proposer des circuits énergétiques alternatifs aux tubes russes (Nabucco, BTC : Bakou/Tibilissi/Ceyhan…). NB : Brzezinski a été l’ambassadeur du projet BTC.

- En réaction, la Russie cherche à développer d’autres projets de tubes (South et North Stream), pour court-circuiter les itinéraires américains.

- Grâce au levier énergétique, parfois utilisé comme instrument de pression, la Russie cherche à renverser les alliances en se rapprochant de l’Europe, de la Chine et de l’Inde. A terme, elle aspire à créer un axe eurasien pour contrebalancer l’hyperpuissance américaine.

à Entraver le développement de la Russie pour freiner son retour comme grande puissance.

- Freiner l’adhésion russe à l’OMC. A ce jour, la question de l’intégration de la Russie n’est toujours pas réglée (veto géorgien, succédant au veto américain).[1][1][6]

- Imposer un modèle inadapté au contexte macro-économique russe, caractérisé par une dérégulation anarchique et un retrait inquiétant de l’Etat. Cette orientation, validée par Boris Eltsine, est une aberration dans une économie de la taille d’un continent, exigeant à la fois le maintien d’une certaine centralisation et d’une forte autorité étatique. Tendanciellement, l’espace historique russe est en effet menacé par des forces centrifuges fragilisant le contrôle central, donc son unité et sa stabilité.

- Ex : les réformes proposées par le Consensus de Washington (J. Sachs), durant la transition post-communiste, ont déstructuré l’économie russe et appauvri la société (décroissance, c'est-à-dire croissance négative sur 1992-1998), au profit d’une nouvelle élite privilégiée, devenue une véritable Nomenklatura capitaliste flirtant avec l’économie mafieuse. On a alors assisté à l’émergence d’une véritable bourgeoisie "compradoro-mafieuse", pour reprendre l’expression de Lilly Marcou dans son livre "Le crépuscule du communisme" (1997, p. 96) )[1][1][7] .

- Le paradoxe de la transition russe est que la nouvelle classe privilégiée, issue en partie de l’ancienne Nomenklatura communiste, a transformé sa rente politique en rente économique, via le processus douteux de privatisation initié par l’Administration Eltsine. Sur ce point, voir l’ouvrage de J. Sapir sur le "Chaos russe" (1996))[1][1][8] .

3 – Axe Stratégique.

à Encercler la puissance russe et l’isoler.

- Installation de bases ou d’infrastructures militaires occidentales (à dominante américaine) d’une part, en périphérie russe (Kirghizstan, Ouzbékistan, Tadjikistan …) et d’autre part, en Europe de l’Est (récemment, une base militaire au Kosovo )[1][1][9] ).

- Prendre le contrôle des ex-républiques soviétiques stratégiques, considérées comme des Etats-pivots dans l’optique du verrouillage de la domination américaine en Eurasie (les "pivots géopolitiques" de Brzezinski (2000)))[1][1][10] .

à Fragiliser l’Etat russe, dans son centre et dans sa  périphérie post-soviétique.

- Au centre (l’intérieur) : il s’agit de fragmenter l’espace russe, via le soutien informel, d’une part, aux mouvements séparatistes et ethno-religieux et, d’autre part, aux partis d’opposition. (Interrogation par rapport à la Tchétchénie, au Caucase Nord, où on suspecte une ingérence américaine). NB : on rappellera que Brzezinski a dirigé le Comité pour la paix en Tchétchénie (ONG installée dans les locaux de radio Freedom House !).

- En périphérie (l’extérieur) : il s’agit de détacher la CEI de la domination russe, d’une part, par une stratégie de soutien aux Etats hostiles à la Russie (Géorgie, Ukraine)[1][1][11] , Azerbaïdjan) ou aux Etats indécis (Kirghizstan, Ouzbékistan) et d’autre part, par une stratégie de compression de l’influence russe (via l’érosion des liens économique, politique et militaire, historiquement noués entre le Centre moscovite et les Républiques périphériques).

III - Rapprochement récent : "une paix des braves" mais trompeuse …

En apparence, il s’agit d’une main tendue par l’Amérique à la Russie, mais la réalité est tout autre. On va donc parcourir les principaux problèmes de ce rapprochement.

à Réduction des armes nucléaires stratégiques dans le cadre du traité START II.

- La fonction politique de l’atome russe serait doublement pénalisée, d’une part, par le projet anti-missiles ABM (qui, dans sa première version – celle de G.W. Bush –, neutralise la force de frappe nucléaire russe) et, d’autre part, par le Traité START II (qui comprime le potentiel nucléaire russe).

à Réactivation du partenariat stratégique Russie-Otan-USA au Sommet de Lisbonne de novembre 2010.

- Longtemps, le Conseil Russie-Otan a été perçu comme un "aimable club de discussion" par la Russie, c’est à dire comme un simple mécanisme d’entérinement des décisions américaines. Ce conseil donnait l’apparence d’une concertation et, en quelque sorte, une forme de légitimité internationale aux décisions unilatérales de l’Administration américaine.

à Réintégration de la Russie dans le projet du Bouclier anti-missile européen.

- Projet encore très flou et pouvant pénaliser la Russie. Ce flou vient d'être dénoncé par le président D. Medvedev en février 2010, n’hésitant pas à menacer l’Occident de mesures de rétorsion (dont l’implantation de rampes de missiles nucléaires aux portes de ce dernier), en cas d’échec du projet. Il s’agit surtout pour l’Otan d’obtenir la collaboration russe dans l’élaboration du bouclier européen, présenté comme un projet collectif aux objectifs nobles et purement sécuritaires.

- Flexibilité et souplesse du nouveau bouclier de l’administration Obama, pouvant être utilisé – en très peu de temps – contre la Russie, en cas de crise. Autrement dit, dans sa version rénovée, ce bouclier reste une menace latente pour la sécurité nationale russe.

- L’objectif du bouclier commun peut être aussi de lier les mains de Moscou et de l'enfermer dans un projet de long terme qui verrouille ses orientations stratégiques.

à Réactivation du rôle de l’ONU dans le maintien de la paix et la gestion de la sécurité mondiale, via la soumission de l’Otan au contrôle onusien.

- Décision pour l’heure purement formelle et laissant inchangée la perception américaine de l’ONU comme frein politique aux actions militaires de l’axe Otan/USA. Alors que dans la perception russe, l’Otan reste un résidu de la Guerre froide dont l’omniscience et l’élargissement n’ont plus de légitimité aujourd’hui. Dans la nouvelle doctrine stratégique russe, définie en janvier 2010, l’alliance reste une menace majeure (la première).

- La relance du rôle de l’ONU était, à l’origine, au coeur de la "Perestroïka internationale" prônée par M. Gorbatchev à la fin des années 80, dans l’optique de créer un nouvel ordre mondial plus démocratique. Cette orientation a été reprise par le gouvernement russe actuel.

- Approche plus égalitaire de la gouvernance mondiale (économique, politique, sécuritaire), dans le sens du monde multipolaire d’E. Primakov, revendiqué par ce dernier en tant que premier ministre de la Russie en 1998-1999. Cette multipolarité est aujourd’hui un thème récurrent du discours politique russe, notamment poutinien.

à En fait, un pacte tacite, fondé sur des concessions mutuelles.

- Pacte temporaire et stratégique, dans le cadre d’une véritable partie d’échecs à l’échelle de l’Eurasie (voir l’ouvrage référence de Brzezinski,"le Grand échiquier", paru en 1997 mais toujours d’actualité).

- Ce pacte est porteur, à terme, d’une nouvelle forme de conflictualité, d’autant plus que la menace chinoise croissante et le retour des républicains américains au pouvoir renforceront l’instabilité géopolitique.

- Principale concession russe : l’espace russe comme couloir de transit pour l’Alliance. Cela revient à créer et à légitimer les conditions d’une présence américaine durable en périphérie post-soviétique, surtout en Asie centrale.

IV -  Le statut post-impérial de la Russie et les nouvelles bases de sa puissance.

La transition post–communiste est marquée par la tentative russe de restructurer les fondements de sa puissance pour accélérer son retour sur la scène mondiale.

à Statut de l’atome russe

- Historiquement, l’atome apparait comme un levier de la puissance géopolitique russe et de son identité internationale.

- Or, l’évolution actuelle (sous la double impulsion du bouclier ABM et du traité START II) risque de remettre en cause cette fonction politique de l’atome, centrée sur la dissuasion et la projection de force.

- Le pouvoir international de la Russie, dans le prolongement du soviétisme, est fondé sur la tryptique : EAE (Etat, Atome Energie))[1][1][12] . Ce sont les variables structurantes de la puissance géopolitique russe sur longue période.

à Montée de la question énergétique.

- La lutte pour le contrôle des espaces économiques vitaux (surtout énergétiques) )[1][1][13] s’intensifie. Pour rappel, Z Brzezinski a reconnu le rôle politique croissant de l'énergie dans l'ancien espace soviétique, notamment en zone centre-asiatique. Cela est clairement affirmé par Brzezinski dans son ouvrage de 2008, co-écrit avec B. Scowcroft : "L’Amérique face au monde". L'accès à l'énergie y est décrit comme "une source majeure de puissance politique'' (Brzezinski & Scowcroft, 2008, p. 212)

- La "guerre des tubes" (oléoducs / gazoducs) se renforce, réactivant par ce biais, le Grand jeu. Dans l’esprit de Brzezinski, le contrôle des ressources énergétiques mais aussi – et peut être, surtout – le tracé des tubes, ont un impact géopolitique certain. Avec la Chine, l’Amérique représente donc, à terme, une menace potentielle pour la Russie.

- La puissance américaine reste une économie de prédation - selon E. Todd, "Après l’Empire" (2004)[1][1][14] - de plus en plus dépendante de l’extérieur pour son approvisionnement en matières premières et énergétiques, mais aussi en biens manufacturés et industriels. Son déficit extérieur mesure donc sa "capacité de prélèvement" impériale sur le reste du monde (la périphérie dominée), via le pouvoir politique du dollar – qui autorise un endettement quasi infini.

à Enjeu géopolitique centré sur le contrôle de la CEI

- Véritable lutte d’influence au cœur de l’espace historique russe, liée à l’évolution des alliances et des rapports de force en Eurasie post-communiste.

- La Russie sait que son retour comme grande puissance sur la scène internationale implique, au préalable, une reprise en mains de la CEI, son "Etranger proche" et pré-carré historique. Son renforcement régional déterminera donc, dans une large mesure, sa capacité de rebond géopolitique.

à Création d’un espace commun Europe/Russie.

- Cette structure commune est aujourd’hui ardemment souhaitée par la Russie sur le double plan stratégique et économique, via le projet sécuritaire de D. Medvedev (nouvelle architecture de sécurité européenne) et le projet économique de V. Poutine (union économique européenne, de Lisbonne à Vladivostok).

- Dans le même temps, cette orientation vers la "grande Europe" remettrait en cause l’omniscience politico-stratégique de l’Otan et de l’Amérique dans l’espace européen. Et au-delà, elle remettrait en cause l’unilatéralité actuelle de l’ordre libéral mondial, vecteur d’asymétrie dans sa gouvernance.

Conclusion : la partie d’échecs se poursuit

Ainsi, en dépit du récent rapprochement russo-occidental, l’axe Otan-USA reste une menace larvée et insidieuse pour la Russie post-soviétique, avide de défendre ses intérêts nationaux, désormais élargis à sa proche périphérie. Malgré les espoirs nés de la fin de la Guerre froide, la Russie est contrainte de maintenir une veille stratégique sur l’espace eurasien.

Le leadership américain, associé au levier otanien, montre une certaine inertie comportementale et surtout, reste enclin à étendre son influence dans l’espace historique de la Russie. Sa nouvelle doctrine militaire, établie en 2011, précise son intention de préserver son "leadership militaire et économique" pour les 10 prochaines années et cela, en dépit de la rigueur budgétaire justifiée par la crise. En ce sens, sous une forme certes atténuée, la stratégie d'encerclement de la Russie reste d'actualité.

L’avancée occidentale est aujourd’hui centrée sur le contrôle des points névralgiques, principalement énergétiques, de la périphérie post-soviétique. De ce point de vue, on peut redouter, à terme, une montée de la conflictualité américano-russe, de plus en plus arbitrée par la Chine.

Après la brève lune de miel inaugurée par l’administration Obama, on peut donc s’attendre au retour d’une forme rénovée de Guerre tiède, dans le cadre de laquelle les trois superpuissances avancent leurs pions. Au cœur de l’Eurasie, la partie d’échecs se poursuit
Jean Géronimo

[1][1][1] Kennan G.F., "Sources of Soviet Conduct", by X, Foreign Affairs, n°4, juin 1947 (pp. 566-582). En juin 1947, dans un article, "The Sources of Soviet Conduct", Kennan note la détermination de Staline à internationaliser la révolution communiste. Afin de contenir l’expansionnisme soviétique, il prône une politique d’endiguement, connue comme doctrine Truman.

[1][1][2]Fukuyama F. (1992) : "La fin de l’histoire et le dernier homme", éd. Flammarion.

[1][1][3] Bell D. (1960) : "La fin des idéologies", éd. PUF.

[1][1][4] PPTE : pays pauvres et très endettés.

[1][1][5] Voir notre article : "Les leviers d’une stratégie anti-russe", Géronimo J., Nouvelles Fondations – La Revue, n° 6, juillet 2007. Site : http://www.gabrielperi.fr/Les-leviers-d-une-strategie-anti.

[1][1][6] Le 16/12/2011, l’OMC a donné son feu vert à l’adhésion russe (après un marchandage tacite de Moscou avec Washington).
[1]
[1][7] Marcou L. (1997) : "Le crépuscule du communisme", Presses de Sciences Po.

[1][1][8] Sapir J. (1996) : "Le chaos russe", éd. La Découverte.

[1][1][9] Le camp Bondsteel est situé au sud de la province du Kosovo prés d’Urosevac, entre Pristina et Skopje en Macédoine. Créé en 1999, il est intégré dans un dispositif de bases situées en Europe orientale, de la Bosnie à l’Albanie, via la Croatie. Il s’agit d’une des bases stratégiques les plus importantes en Europe et sans doute, hors des Etats-Unis.

[1][1][10] Brzezinski Z. (2000) : "Le grand échiquier – L'Amérique et le reste du monde", éd. Hachette (1° éd. : Bayard, 1997).

[1][1][11]Il s’agit de l’Ukraine de l’ancien président V. Youchenko, défait aux élections présidentielles de février 2010.

[1][1][13] Les critères de puissance EAE sont présentés dans notre article : "Le retour de l’atome rouge", Géronimo J., Revue regard sur l’Est, 30/09/2007, http://www.regard-est.com/home/breve_contenu.php?id=765

[1][1][12] Brzezinski Z./Scowcroft B. (2008) : "L’Amérique face au monde", éd. Pearson.

[1][1][14] Todd E. (2004) : "Après l’Empire – Essai sur la décomposition du système américain", éd. Gallimard, collection Folio actuel.

Jean Géronimo

Jean Géronimo est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  

Articles de Jean Géronimo publiés par Mondialisation.ca

Le 1 février 2012

Mondialisation.ca,




Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


 

14/02/2012

n°40 - Syrie : Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion - 13-02 - 1a - : L'armée des États-Unis entre dans la clandestinité.

Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Syrie : Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

n°40                            13-02

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier Syrie  est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



 

Sommaire :  

1 Vidéo

1-1  Marinella Correggia : Exemples de manipulations médiatiques récentes.

1-2 Djazaïri : Le Département d’État ment avec ses photos satellite de la Syrie : Pas de « déploiement » d’artillerie.

2 Les Brêves

2-1 Israël, des «préparations majeures», en cours...

2-2 L'alliance bolivarienne applaudit le veto russe et chinois.

3 Dossier

3-1 M K Bhadrakumar : Course à la guerre par procuration contre la Syrie.

3-2 Réseau Voltaire : Le CCG et la Turquie se tournent vers l'OTAN.

3-3 Syrie – ONU : la Chine et la Russie cassent la doxa occidentale.

3-4 Gilles Munier : Grossière manipulation sarkoziste éventée : Gilles Jacquier a été tué par

l’opposition armée syrienne.

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 Pepe Escobar ; Les dessous de l’agenda arabe en Syrie.

4-2 Andreï Mourtazine : Pourquoi Moscou veut il sauver le président al-Assad.

4-3 Bahar Kimyongur : Etranges otages iraniens de l’Armée syrienne libre.

5 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

5-1 Silvia Cattori : Une ville plongée dans l'horreur organisée par des groupes armés et non par Damas.

5-2 Mondialisation.ca et Julie Lévesque : L'armée des États-Unis entre dans la clandestinité.



1 Vidéo

1-1  Marinella Correggia : Exemples de manipulations médiatiques récentes.

Il y a deux voix discordantes et deux sites internet avec des “nouvelles” divergentes.

C'est le Syrian Observatory for Human Rights (SOHR), basé en Grande-Bretagne qui, depuis des mois, est la source quasi exclusive des médias internationaux et même de l'ONU - dans les rapports rédigés par les experts du Haut-Commissariat aux droits de l'homme. Les deux sites en question sont : www.syriahr.org et www.syriahr.net (ou www.syriahr.com). Le premier se définit lui-même comme le “site officiel de l'Observatoire” tout comme le second d'ailleurs qui précise être le seul et unique “site officiel”.

 

Depuis le 17 janvier, le site www.syriahr.org a mis bien en évidence sur sa page web une lettre collective qui “désavoue” Rami Abdul Rahman, nom qui, jusque-là, avait été cité comme celui du directeur de l'Observatoire. La lettre présente également des excuses à ses lecteurs pour l'éventuelle “méprise”. Les autres membres du SOHR affirment, eux, que cette personne n'existe pas et que c'était juste une signature commune pour tous les articles rédigés par les fondateurs. Ensuite il y a un certain Osama Ali Suleiman, installateur d'antennes basé à Conventry qui a travaillé à l'Observatoire et qui signait Rami Abdul Rahman. Mais ses articles paraissaient suspects car il écrivait également au sujet de victimes parmi les forces de sécurité nationales et au sujet d'autres nouvelles “non vérifiables” et qui ne mentionnaient pas le nom des disparus. 

Ensuite, au mois d'août, les autres opposants ont prié Suleiman de partir et ont démarré un nouveau site internet. Néanmoins Suleiman a poursuivi avec l'ancien site. D'ailleurs, au sujet des derniers affrontements, la BBC a cité comme source celle de Rami, alias Suleiman (et l'agence de presse italienne ANSA a repris cette information). Dans les deux cas, on attribue toujours les morts aux coups des milices de l'armée et de la police mais jamais à des bandes armées d'opposants ou à la soi-disant “Armée syrienne libre”. C'est le scénario classique : “répression de manifestants pacifiques”. Même s'ils sont armés jusqu'aux dents. C'est la même confusion caractéristique de toute la guerre en Lybie entre les civils et les milices armées. (1)

Soeur Agnès-Mariam de la Croix, mère supérieure palestinienne dans le monastère syrien de St-Jacques, diffuse de son côté des listes de victimes des bandes armées et continue à dénoncer la propagande à sens unique et la “cruauté de la désinformation des médias qui utilisent les morts à des fins de propagande”. Un cas récent qui a fait le tour du monde est l'élimination, dans le quartier Nasihine de Homs, de douze membres de la famille Bahadour parmi lesquels plusieurs enfants. Un voisin raconte aux médias ce qu'il a vu grâce à un trou qu'il avait percé dans le mur : “sept hommes en uniforme, des partisans du régime, qui sont ensuite montés dans un blindé protégés par les tireurs d'élite de l'armée”. Mais la religieuse Agnès-Mariam de la Croix a pris contact avec la famille : “Abdel Ghani Bahader était le frère de Ghazouan Bahader, chauffeur auprès du bureau du gouverneur de Homs. Il nous fait le récit suivant : “Nous sommes une famille sunnite qui travaille pour l'Etat. Nous voulons rester neutres. Mais les insurgés nous ont attaqués à plusieurs reprises à tel point que mon frère voulait déménager après qu'il a refusé d'entrer dans l'Armée syrienne libre. Mais il n'a pas eu le temps de le faire. Les bandes armées ont voulu punir de façon exemplaire quiconque parmi les Sunnites refuserait de rejoindre l'opposition”. Après c'est facile d'accuser le gouvernement. Celui-ci demande d'ailleurs aux organisations d'aller vérifier à Homs par elles-mêmes”.

En attendant, Nayf Al Danyfat, directeur de l'école supérieure de Jasim (dans la province de Daraa), a nié, sur la chaîne Al Jazeera, que l'école avait été prise d'assaut par les forces de sécurité et que deux personnes avaient perdu la vie dans l'opération. Quelques jours auparavant, la maman de la fillette de 4 mois qui, selon la version de l'opposition, était morte torturée en prison (où se trouve son père), a expliqué que sa fille était morte de maladie à l'hôpital.

Le jeune bloggeur Sami A., opposant de la première heure, à Homs, a fait part à Arabi Press de sa déception devant le constat de la tournure terroriste qu'ont prise les évènements. Syriascope, un groupe de jeunes syriens, tente de diffuser les informations recueillies par le Syrian Observatory on Violence, Victims and Terrorism (
www.sovvt.sy) : nouvelles et photos des victimes des bandes armées, des personnes kidnappées, torturées et assassinées. Mais cet Observatoire ne trouve aucune audience auprès des médias internationaux. C'est ce que Fidel Castro appelle la “dictature des médias”.

Dernièrement les combats ont fait beaucoup de victimes dans les deux camps. A Deraa (ville d'où la révolte est partie) les combats ont laissé sur le terrain principalement des forces gouvernementales au dire de la population locale. Mais les titres suggèrent l'idée d'une répression de la part du gouvernement dirigée contre les civils sans défense.

Alors que The Times publie l'interview d'un représentant de l'opposition (considéré comme “important” et donc anonyme) qui révèle que le Qatar et l'Arabie saoudite financent l'armée libre alors que la Turquie se charge de faciliter l'entrée des armes de contrebande dans le pays.

L'agence du gouvernement SANA rapporte l'assassinat de plusieurs soldats et à Homs, celui de Amal Isa, une fonctionnaire agronome. Elle parle également de conspiration arabo-occidentale et du recrutement de mercenaires et de terroristes. D'après le journal libanais Al Diyar, ces informations ont été confirmées par un officiel irakien qui appartenait à la délégation des observateurs de la Ligue arabe. La mission a été brusquement interrompue suite aux pressions du Qatar et de l'Arabie saoudite.

 

Note :

(1) Addendum : Une enquête publiée sur http://english.al-akhbar.com/conten... révèle la raison de ces divergences. Suleiman est proche de l'opposition syrienne du NCB (National Coordination Body for Democratic Change in Syria) qui dit souhaiter une solution interne et négociable et condamne la lutte armée, alors que les autres sont proches du CNS de Gharioun. Occidentophile, appuyé par les pays du Golfe et collaborateur de la soi-disant Armée Syrienne libre, Suleiman a dénoncé les pressions par les membres pro-CNS qui l'auraient sommé de se déclarer en faveur d'une intervention armée de l'Otan e de ne pas parler des morts parmi les soldats et policiers syriens.

Marinella Correggia

3 février 2012

Source : Il Manifesto

Traduit de l'italien par Carolina Badii pour Investig'Action

Source : michelcollon.info


Déstabilisation de la Syrie :
1-2 Djazaïri :Le Département d’État ment avec ses photos satellite de la Syrie : Pas de « déploiement » d’artillerie.

Un ancien militaire US traite de manière anonyme d’une des dernières manœuvres de la propagande occidentale contre le gouvernement syrien. Il analyse en effet de manière très serrée, en nous donnant tous les moyens de contrôler son raisonnement, des photos satellite publiées par l’ex ambassadeur US en Syrie sur son compte Facebook ainsi que par le Département d’État. Son verdict est sans appel et l’œuvre de propagande est efficacement démontée.

Du moins pour ceux que la recherche de la vérité intéresse.-

Djazaïri

13-02

Pour lire l'article  - cliquer surhttp://www.silviacattori.net:80/article2814.html



2 Les Brêves

2-1 Israël, des «préparations majeures», en cours...

Le "printemps arabe" maltraite la paix avec l’Égypte, les Palestiniens refusent toujours de reconnaître l’existence d’Israël, la Jordanie est dans une situation tendue (les Bédouins ne veulent plus des Palestiniens), le Liban vit un calme précaire …

Reste la Syrie et l’Iran. Et c’est là que nos informations obtenues, de sources «extrêmement fiables» entrent en jeu.

Selon des spécialistes et acteurs majeurs de la région, «plusieurs milliers de soldats américains sont en train d’arriver, discrètement, en Israël». Ils seraient «répartis, sur plusieurs bases, dans la région de Be’er Sheva et de Tel Aviv».

Nos sources affirment par ailleurs, que «plus de 12.000 Marines américains sont en cours de déploiement, dans le golfe Persique.

Des centaines de soldats seraient en train de sécuriser l’Arabie saoudite».

Nos sources ajoutent qu’un «poste de commandement conjoint israélo-américain est en cours de mise en place, sur la base américaine de "Patch Barracks", à Stuttgart, en Allemagne». Une base bien connue des états-majors mondiaux, puisque c’est l’état-major des troupes américaines, en Europe. Une de nos sources ajoutera même que c’est «la première fois que des soldats israéliens sont basés en Allemagne».

Autre information venue d’une troisième source, elle aussi, extrêmement, fiable : «Des dizaines d’ingénieurs français et américains sont arrivés, en Israël, ces dernières semaines». Il semble que leur mission discrète prenne place, principalement, dans la base de lancement de missiles de Palmahim. Selon nos informations, «ces ingénieurs ont été envoyés par les sociétés "Boeing", "Lockheed Martin Space Systems", "BAE Systems", "Dassault", "Caterpillar Inc"., "Thales" et "EADS"».

Source JssNew
http://french.irib.ir/info/...


2-2 L'alliance bolivarienne applaudit le veto russe et chinois.

La gauche latino-américaine reste décidément très attachée au principe de souveraineté nationale. Réunis à Caracas à l'occasion de leur XIe sommet, les pays de l'Association bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA) ont applaudi le veto opposé par la Russie et la Chine à la résolution de l'ONU contre le gouvernement de Bachar Al-Assad.

Dans un communiqué publié dimanche 5 février, ils ont condamné les actes de violences "commis contre le peuple syrien par des groupes en armes appuyés par des puissances étrangères", ainsi que "la politique systématique d'ingérence et de déstabilisation" menée par l'Occident.
Créée en 2004 à l'initiative du président vénézuélien, Hugo Chavez, l'ALBA réunit outre le Venezuela, Cuba, la Bolivie, l'Equateur, le Nicaragua et trois petites îles des Caraïbes. Sur une proposition du président équatorien, Rafael Correa, les chefs d'Etat ont par ailleurs menacé de ne pas assister au prochain Sommet des Amériques, si le gouvernement de Raul Castro n'y était pas invité.

http://www.toutsaufsarkozy.com/cc/article02/EFklVyuFupQCxXuUGi.shtml



3 Dossier

3-1 M K Bhadrakumar :Course à la guerre par procuration contre la Syrie.

Si une date fixée doit marquer la fin de "l'ère post-soviétique" dans la politique mondiale, elle pourrait tomber le 4 février 2012. Le double veto de la Russie et de la Chine à la résolution de la Ligue arabe sur la Syrie au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies constitue un événement décisif.

Curieusement, le secrétaire général de l'OTAN Anders Fogh Rasmussen a choisi ce même jour pour lancer un camouflet à la Russie, déclarant que l'Alliance aurait les premiers éléments du système US de défense antimissile (ABM) en cours d'exécution en Europe d'ici le sommet de l'Alliance de mai à Chicago, quelles que soient les objections de Moscou.

Le premier double droit de veto russe et chinois sur la question syrienne au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies en octobre dernier avait été un mouvement coordonné qui a cherché à saborder une résolution qui pourrait prise comme prétexte par l'Alliance Occidentale pour monter une opération militaire en Syrie. Mais cette répétition du double veto contre une motion pressant le président syrien Bachar al-Assad d'bandonner le pouvoir a une signification beaucoup plus grande.

Préparatifs de la guerre par procuration

La situation syrienne a évolué depuis Octobre et a surgi en tant que lutte géopolitique sur l'avenir du régime iranien, le contrôle du pétrole du Moyen-Orient et la perpétuation de l'influence prépondérante de l'Occident dans cette région. La Russie et la Chine sentent qu'ils pourraient être expulsé du Moyen-Orient.

Avec le double veto, la seule option disponible pour les USA et leurs alliés est de bafouer à la fois le droit international et la Charte des Nations Unies, et de renverser le régime de Damas. En effet, l'option existe d'en revenir à la méthose de l'intervention secrète, mais c'est une possibilité éloignée. Selon ce que dit l'ancien agent de la CIA Philippe Giraldi dans le dernier numéro du magazine The American Conservative:

Des avions banalisés de l'OTAN sont en train d'arriver sur des bases militaires turques à proximité de Iskenderum, à la frontière syrienne, livrant des armes prises des arsenaux de feu Mouammar Kadhafi, ainsi que des volontaires du Conseil national de transition Libyen qui ont l'expérience d'entraîner les volontaires locaux contre des soldats formés, une compétence qu'ils ont acquis face à l'armée de Kadhafi. Iskenderum est également le siège de l'"armée syrienne libre", l'aile armée du Conseil national syrien. Des formateurs des forces spéciales françaises et britanniques se trouvent sur le terrain, assistant les rebelles syriens tandis que la CIA [Central Intelligence Agency] et les "Spec Ops", les unites spéciales US fournissent des équipements de communication et d'espionnage pour aider la cause des rebelles, permettant aux combattants d'éviter les concentrations de soldats syriens.

Giraldi ajoute que les analystes de la CIA sont eux-mêmes "sceptique quant à l'approche de la guerre", comme ils savent que le décompte de civils tués des Nations Unies, fréquemment cité, est largement basée sur des sources rebelles et non corroborées. La CIA a "refusé de soutenir" les affirmations de défections massives de l'armée syrienne. De même, les rapports de batailles rangées entre des déserteurs et des soldats fidèles "semblent être une fabrication, seules quelques défections sont confirmées de façon indépendante".

Si Washington connaît les réalités du terrain en Syrie, Moscou et Pékin les connaîssent aussi. Ainsi, un test de volonté est en train de se développer sur la Syrie. Les USA et ses alliés, et la Turquie peuvent augmenter l'intensité des opérations déclarées. Mais la Russie peut également faire augmenter le "coût" politique et militaire de la guerre secrète. Le Ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré ce week-end que Moscou "fera tout son possible pour éviter une interférence lourde en Syrie", même si elle "ne peut pas empêcher une intervention militaire dans les affaires syriennes si cette décision est prise par un pays quelconque."

D'autre part, l'Occident n'accepte pas la Russie comme arbitre en Syrie et se cabre contre les frustrantes tentatives répétées de Moscou pour amener les factions syriennes et le gouvernement au dialogue politique. Moscou sens que la position politique du président Bachar Al-Assad est en train de s'affaiblir, tandis que l'Occident calcule que la position russe devient de plus en plus intenable.

L'Occident a choisi d'ignorer la position de la Chine. De toute évidence, l'Occident est dédaigneux sur les prétentions du dragon chinois dans le Moyen-Orient, alors qu'il prend l'ours russe au sérieux, compte tenu de sa vaste expérience historique dans les affaires de cette région. Donc, le barrage de la propagande de l'Occident épingle la Russie comme un obstacle aux réformes démocratiques et au changement au Moyen-Orient. L'ambassadeur US à l'ONU Susan Rice, a choisi ses mots avec soin an déclarant haut et fort qu'elle se sentait «dégoûtée» du veto de la Russie.

La Russie est déterminée à ne pas se laisser entraîner dans des guerres par procuration, qui sont une ponction sur ses ressources, tandis que l'Occident est à l'aise puisque le richissime émir du Qatar est prêt à financer les opérations. Encore une fois, abandonner un allié traditionnel "dans la chaleur de la nuit" pourrait sérieusement ternir l'image  de la Russie dans le Moyen-Orient à un moment historique où une nouvelle lutte géopolitique est en train de commencer, qui pourrait avoir à long terme un impact mondial. [...]

Lavrov et le chef du renseignement russe Mikhaïl Fradkov doivent se rendre à Damas ce mardi. Le ministère russe des Affaires étrangères a déclaré dans un communiqué publié dimanche que "la Russie, en consultation avec d'autres pays, est fermement engagée à rechercher la stabilisation la plus rapide de la situation en Syrie, sur la voie de l'implémentation la plus rapide de transformations démocratiques"

La déclaration s'est félicité de la prorogation par la Ligue arabe de la mission des observateurs en Syrie, "qui a prouvé son efficacité en tant que facteur de desescalade de la violence." Le sentiment d'urgence est palpable, mais l'Occident est certain de bloquer la mission de Lavrov. 

Cependant l'Occident est également incertain sur le point de 'dépasser la ligne rouge', puisque son proxy, Burhan Ghalioun du soi-disant "Conseil National syrien" (un exilié syrien et universitaire à la Sorbonne) est toujours aussi peu accepté en Syrie même. Même son retour à Damas serait problématique. Et tout cela alors que la guerre civile se propage à l'intérieur de la Syrie. Ainsi, la situation est rapidement en train de prendre l'allure d'une guerre par procuration de l'époque de la guerre froide.

La toile de fond est également lourde de parallèles troublants. La Chine a été mise sous pression des USA avec leur déclaration de "virage stratégique" vers l'Asie

"Les inquiétudes de la Russie et de la Chine"

Suite à la mise en place d'une base militaire américaine en Australie, Washington est actuellement en pourparlers avec Manille pour accroître la présence militaire étatsunienne en Asie du Sud. Manille est de nouveau disposée à accueillir des navires et des avions de surveillance étatsuniens, a tenir des exercices militaires conjoints et à demander le soutient US, deux décennies après que les forces américaines aient été expulsées de la baie de Subic, leur plus grande base dans le Pacifique.

Lors de la conférence annuelle sur la sécurité à Munich ce week-end, Pékin a notifié son mécontentement. Le Vice Ministre des Affaires étrangères Zhang Zhijun a mis en garde "les pays hors d'Asie" de renoncer à des tentatives de "mettre délibérément en avant un agenda sécuritaire et militaire, de créer des tensions ou de renforcer leur présence ou leur alliances militaires" dans la région, ou "d'imposer leur volonté en Asie". Il a affirmé que "la voie asiatique doit être respectée" et mis en garde contre "toute tentative de tordre le droit international." Zhang a souligné que la montée de l'Asie "signale une évolution vers un meilleur équilibre dans la structure du pouvoir international."

De manière significative, le Global Times de Pékin a également récemment souligné que la projection par les USA de moyens militaires belligérents ne laisse d'autre choix à Pékin et à Moscou que de réagir. Il a déclaré:

Jusqu'à présent, Moscou et Pékin se sont relativement retenus, alors que l'OTAN cherche à étendre sa présence stratégique en Europe orientale et que les États-Unis renforcent leurs alliances militaires en Asie. Mais ils ne pourront pas reculer indéfiniment. Pour Pékin aussi bien que pour Moscou, les liens avec les Etats-Unis ont été tendus [stressful?]. Ni l'un ni l'autre ne veut déclencher des doutes dans leurs relations échaudées [?]. Mais dans les deux pays, un nombre croissant de personnes plaident à présent pour une alliance entre Moscou et Pékin. Les deux pays ont des contre-mesures contre les États-Unis, et ils sont capables de dissuader les alliés des USA. Si ils sont vraiment déterminés à joindre leurs mains, l'équilibre des pouvoirs sur beaucoup d'enjeux mondiaux commencera à évoluer.

De même, les liens de Moscou avec l'Occident se sont détériorées. Les pourparlers américano-russes sur le bouclier anti-missiles sont dans l'impasse. Washington rejette le plaidoyer de Moscou pour une garantie juridiquement contraignante que le déploiement du bouclier US en Europe n'aura pas d'impact sur la dissuasion stratégique de la Russie.

Dmitri Rogozine, le vice-Premier ministre russe, a déclaré à Moscou récemment que les États-Unis et ses alliés de l'OTAN ont à l'heure actuelle 1.000 missiles capables d'intercepter les missiles balistiques intercontinentaux russes, couvrant toute la Russie européenne, djusqu'aux montagnes de l'Oural. Il a déclaré:

Il n'existe aucune garantie qu'après que les première, deuxième et troisième phases [du projet US de bouclier anti-missiles] soient terminées, il y aura pas de quatrième, cinquième et sixième phases. Pensez-vous vraiment qu'ils vont mettre fin à toutes leurs technologies après 2020? C'est absurde! Ils iront de l'avant avec le développement et le renforcement de paramètres techniques de leurs missiles intercepteurs et des capacités de leurs systèmes d'avertissement [de défense antimissile]

Le fait que le système de défense antimissile peut frapper les missiles stratégiques, et le fait que ces bases et ces flottes soient déployées dans les mers du Nord démontre l'évidente nature anti-russe de la défense antimissile US.

Clairement, le double veto russe et chinois sur la résolution syrienne représente une action coordonnée pour défier les USA dans leur marche triomphaliste de la Libye vers la Syrie et l'Iran. Lavrov a parlé à son homologue chinois Yang Jiechen juste avant le vote au Conseil de sécurité.  Alors qu'il posait son veto, l'ambassadeur chinois à l'ONU Li Baodong a déclaré que "la Chine soutient les propositions révisées soulevées par la Russie."

L'agence de nouvelles Xinhua a commenté que le double veto "visait à poursuivre la recherche d'un règlement pacifique" en Syrie et à "prévenir d'éventuelles solutions radicales et risquées". L'article expliquait de façon insistance les "préoccupation de la Russie et de la Chine" sur la Syrie. Les commentaires chinois soulignent que "la mondialisation a consacré une nouvelle logique dans les relations internationales" et que la Syrie est un théâtre-clef à l'agenda de l'Occident pour faire du Moyen-Orient leur sphère d'influence.

M K Bhadrakumar

Asian Times,

7/02/12

Ambassador M K Bhadrakumar was a career diplomat in the Indian Foreign Service. His assignments included the Soviet Union, South Korea, Sri Lanka, Germany, Afghanistan, Pakistan, Uzbekistan, Kuwait and Turkey.

http://www.atimes.com/atimes/china/nb07ad01.html

traduction très sûrement perfectible; cf l'original en anglais]


3-2 Réseau Voltaire : Le CCG et la Turquie se tournent vers l'OTAN.

(Revue de presse Syrie) 

La visite du secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe à l'Otan ne semble pas très relayée par la presse, mais est bien annoncé sur le site même de l'Otan (http://www.nato.int/cps/en/SID-B9AE806D-87A2D0DF/natolive/news_83825.htm?mode=pressrelease)

Le Conseil de sécurité s’est réuni vendredi soir à la demande de la Ligue arabe pour tirer les conclusions du rapport des observateurs. Cependant, le texte du rapport n’ayant pas été distribué par la Ligue, la séance s’est focalisée sur une proposition de résolution présentée par le Maroc bien qu’écrite par les Européens. Elle a été rejetée par la Russie.

Samedi, les ministres des Affaires étrangères du Conseil de coopération du Golfe se sont réunis à Istanbul avec leur homologue turc pour étudier une possible reconnaissance diplomatique du Conseil national syrien suivi d’une intervention militaire arabo-turque. Dimanche soir, le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe, Abdul Latif Al-Zayani, est arrivé à Bruxelles pour rencontre son homologue de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen.

L’armée syrienne a poursuivi ses opérations pour libérer les villes encore aux mains de la Légion wahhabite.

Le secrétaire général de la Ligue arabe a décidé de son propre chef de geler la mission des observateurs (qui vient d’être reconduite pour un mois par le Comité des ministres ad hoc de la Ligue avec l’accord de la Syrie). Nabil Al-Arabi a en effet considéré que ses observateurs étaient en danger après que le chef spirituel des salafistes syriens, cheikh Adnan Al-Arour ait déclaré sur les ondes d’Al-Arabiya qu’il était licite d’assassiner les observateurs arabes.

 La presse occidentale et du Golfe fait l’impasse complète sur la non-présentation du rapport des observateurs de la Ligue arabe au Conseil de sécurité, sur les préparatifs de guerre arabo-turcs, et sur l’appel au meurtre du cheikh Adnan Al-Arour. Elle présente la position russe au Conseil de sécurité comme une posture anti-américaine de Vladimir Poutine en campagne électorale. Elle présente le gel de la mission des observateurs comme une mesure de protection non vis-à-vis des salafistes, mais des troupes loyalistes. Surtout, elle concentre son attention sur le massacre survenu à Homs jeudi dernier et qu’elle n’avait pas couvert alors. Se fiant à un témoignage loufoque, elle attribue ce massacre aux forces loyalistes alors qu’il est intervenu dans un quartier contrôlé par les rebelles. Il s’agit avant tout, pour les services de communication occidentaux, de présenter le conflit comme une lutte entre un Etat et des enfants. Pour renforcer cette image, certains articles sont illustrés par des photos d’enfants protestataires avec des armes à la main.

Le photojournaliste Mani rapporte dans Le Monde le témoignage d’un habitant d’Homs. Il déclare avoir compris qu’un massacre était en cours rue Al-Ansar et avoir « décidé de rejoindre la maison visée en perçant des trous dans les murs des maisons contiguës. Il assure avoir pu voir, à travers des ouvertures pratiquées dans les murs, le massacre des enfants. Il déclare que les assaillants étaient sept hommes en uniforme militaire appartenant aux forces loyalistes » (sic).

• La correspondante au Caire du Monde, Claire Talon, présente la capitale égyptienne comme le nouveau sanctuaire des opposants syriens. Elle cite quatre personnalités : Mahmoud Hamad (qui avait déclaré sur Al-Jazeera avoir vu, de ses yeux vu, l’aviation syrienne bombarder Damas), l’actrice Louise Abdelkrim (qui décrit ses nuits sans sommeil à Damas peuplés des hurlements des hauts parleurs scandant le prénom du président), Imad Ghalioun (le cousin du président du CNS), et Helen Al-Dayem (qui évalue à 50 000 le nombre de Syriens récemment tués par le régime).

[...]

January 30

suite surhttp://www.voltairenet.org/Le-CCG-et-la-Turquie-se-tournent et http://www.voltairenet.org/IMG/pdf/20120129_Revue_de_presse_38.pdf



3-3 Syrie – ONU : la Chine et la Russie cassent la doxa occidentale.

Lors du dernier Conseil de sécurité de l’ONU, certains pays ont copieusement trahi la Syrie, pour des intérêts inavoués. Mais, pas seulement. Ils ont, encore une fois, comme lors de l’agression libyenne par une coalition de prédateurs, trahi l’idéal onusien, qui ne s’appuie pas, contrairement aux idées reçues ou véhiculées ici et là, sur le bruit et la fureur. Mais, face aux diplomates, aux politiques et aux journalistes faussaires, il est important de rétablir d’une part, la fonction de l’ONU, et d’autre part, prouver que la Russie et la Chine ont cassé la doxa occidentale ou la falsification, et terminer par le vote moutonnier des trois pays africains faisant parties du Conseil de sécurité, le Maroc, l’Afrique du sud et le Togo.
Dis papa c’est quoi l’ONU ?
L’Organisation des nations unies (ONU), est née en 1945, après la Seconde Guerre mondiale pour remplacer la Société des Nations, afin d’arrêter les guerres entre pays et de fournir une plate-forme de dialogue. Ses objectifs sont de faciliter la coopération dans les domaines du droit international, de la sécurité internationale, du développement économique, du progrès social, des droits de l’homme et la réalisation à terme de la paix mondiale. Vouloir donc intervenir dans un conflit interne n’est pas dans ses attributions, qui plus est, en prenant parti pour l’un des protagonistes. C’est faire preuve de faux et usage de faux. “Sous mandat de l’ONU” est devenue la phrase bateau pour mener des guerres de prédations.
Or, quand certains pays mettent sur la table du Conseil de sécurité des résolutions qui sont en filigrane des déclarations de guerre, ce sont simplement des violations honteuses du droit international. Tout d’abord, en excluant de facto une partie tout en prétextant vouloir régler un conflit, c’est une falsification. Les pays occidentaux n’ont fait que ça depuis 65 ans. Et pourtant, l’article 26 de la Charte onusienne explique les attributions exactes et les modalités d’action du Conseil sont précisées dans le chapitre V, dans les chapitres VI (Règlement pacifique des différends) et VII (Action en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix et d’acte d’agression), et dans certains articles du chapitre VIII (Accords régionaux). Il n’est dit nulle part qu’il faut condamner un régime ou agresser un pays et par conséquent, l’indignation que provoque le double véto russo-chinois et nulle et non avenue.

Le double-véto qui rend fou les prédateurs.
L’habitude est une seconde nature et l’indécence et l’hystérie s’installent. L’Occident s’est quelque peu cru le “roi du monde” pour qui, chaque caprice doit être satisfait. La Russie et la Chine viennent magistralement de casser cette doxa. Au 6 février 2012, le veto a été utilisé 258 fois avec, par ordre d’importance : 123 fois par l’Union soviétique/Russie, 81 fois par les États-Unis, 32 fois par le Royaume-Uni, 18 fois par la France et 6 fois par la Chine (dont 1 fois par Taiwan lorsqu’il avait un siège au Conseil de sécurité). Combien de pays s’indignent lorsque les États-Unis mettent leur véto uniquement quand il s’agit de résolutions contre Israël ?
A partir du moment où le fonctionnement du Conseil de sécurité le permet, les cris d’orfraie et l’hypocrisie des petites phrases telles celle-ci : “La Russie et la Chine ont abandonné le peuple syrien”, ne sont qu’un chantage abscons et ridicule, et surtout un mensonge abyssal. Le peuple syrien ? Quid des supporters de Bashar al-Assad ? L’Occident est prêt à toutes les compromissions, même avec des terroristes. Peut importe donc le flacon, pourvu qu’ils aient l’ivresse. Les spécialistes du choc des civilisations qui font croire au monde entier que le président syrien crée ou transforme une révolution populaire en guerre confessionnelle font fi d’oublier que la chute de ce régime entraînera indubitablement ce pays laïc vers un islamisme radical en supprimant le christianisme sur place…

Ces pays africains qui ont honteusement trahi la Syrie à l’ONU.
C’est d’autant plus choquant car, quand on dénombre les 15 pays qui siègent à ce Conseil, il y a trois pays africains. Alors comment peut-on se laisser ainsi berner une deuxième fois après le cas libyen ? On se souvient de la sortie du président sud-africain Jacob Zuma, qui pestait d’avoir été trompé par la France, les Etats-Unis et l’Angleterre qui avait rendu élastique les résolutions 1971 et 1973. La dernière concernant la soi-disant révolte libyenne de 2011, et permettant des frappes aériennes en Libye pour protéger la population civile des forces de Mouammar Kadhafi sur demande de la France.

Un faux grossier.
Les leçons du passé ne servent visiblement pas les Africains. Il n’y a pas pire aveugle que celui qui refuse de voir dit le dicton. En effet, comment le Togo, l’Afrique du sud et le Maroc ont-ils pu voter en faveur des sanctions contre la Syrie ? C’est à perdre son latin, après ce qu’il y a eu en Libye. Kodjo Menan du Togo, Mohammed Loulichki du Maroc et Baso Sangqu de l’Afrique du sud ont donc voté contre la Syrie. C’est aussi surprenant que cette demande idiote du premier ministre tunisien Hamadi Jebali qui, par mimétisme sans doute pour plaire aux Occidentaux, veut que les ambassadeurs syriens soient expulsés des pays arabes.

http://allainjules.com/


3-4 Gilles Munier : Grossière manipulation sarkoziste éventée : Gilles Jacquier a été tué par l’opposition armée syrienne.

Un article de Georges Malbrunot, paru dans Le Figaro du 20 janvier*, à mis un terme à l’instrumentalisation nauséabonde de la mort de Gilles Jacquier, grand reporter de France 2, tué à Homs par un obus de mortier.
Dès l’annonce de son décès, Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et quelques journalistes aux ordres ont accusé - sans preuves à l’appui - le
« régime de Bachar al-Assad » d’être le commanditaire de cet « acte odieux » : «les responsables syriens étaient seuls à savoir qu'un groupe de journalistes occidentaux visitait Homs ce jour-là, et dans quel quartier il se trouvait», disait-t-on à l'Élysée qui sommait les autorités syriennes de faire « toute la lumière sur la mort d'un homme qui ne faisait que son métier : informer ».

Aujourd’hui, l’acte est toujours aussi odieux, mais il s’avère que le journaliste a été tué par l’Armée syrienne libre qui voulait « donner une leçon aux miliciens pro-Assad ». L’information était connue dès le lendemain de l’attaque. Le responsable de l'organisation des droits de l'Homme à Homs, à l’origine de la nouvelle, est prêt à témoigner devant une commission d'enquête.

Fermer le bureau de l’ASL à Paris

Le représentant de l’Armée syrienne libre (ASL) à Paris a déclaré que son organisation ne dispose pas de mortiers. Il ment effrontément. On sait maintenant qui a manipulé l’opinion publique, et ce n’est pas Bachar al-Assad… Y aura-t-il un candidat à l’élection présidentielle ou un parlementaire pour interpeller Nicolas Sarkozy sur la présence d’un bureau de l’ASL sur le sol français, exiger sa fermeture et l’ouverture d’une enquête sur ses activités ? Les officiers de la DGSE qui - selon Le Canard Enchaîné du 23 novembre dernier - forment en Turquie et au nord du Liban des déserteurs syriens à la guérilla urbaine, seront-ils rappelés ? Il faut absolument mettre un terme aux tentatives de déstabilisation de la Syrie par la France.
* Jacquier aurait  été victime d'une bavure des insurgés, par Georges Malbrunot

Samedi 21 janvier 2012  - Gilles Munier 
°http://www.lefigaro.fr/international/2012/01/20/01003-20120120ARTFIG00667-jacquier-aurait-ete-victime-d-une-bavure-des-insurges.php

http://france-irak-actualite.over-blog.org/article-grossiere-manipulation-sarkoziste-eventee-gilles-jacquier-a-ete-tue-par-l-opposition-armee-syrienn-97606456.html



4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

4-1 Pepe Escobar ; Les dessous de l’agenda arabe en Syrie.

Les machinations “démocratiques” de la Ligue arabe ont essuyé un dérapage incontrôlé. Lorsque nous parlons de la Ligue arabe, il serait plus opportun de parler de la Ligue du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) tant le véritable pouvoir dans cette organisation panarabe est exercé par deux des six monarchies du Golfe persique qui composent le CCG, aussi connu sous le nom du Club de la Contre-révolution du Golfe. Ces deux pays sont le Qatar et la Maison des Saoud.

 Au départ, le CCG a créé un groupe d’observateurs de la Ligue arabe pour voir ce qu’il se passait en Syrie. Le Conseil National Syrien – basé en France et en Turquie, deux pays membres de l’Otan – a soutenu l’initiative avec enthousiasme. Il se dit que le Liban, voisin de la Syrie, ne l’a pas fait.

Quand les observateurs, qui étaient plus de 160, ont remis leur rapport après un mois d’enquête… surprise ! Le rapport ne suivait pas la ligne officielle du CCG selon laquelle le gouvernement du « diabolique » Bachar el-Assad tue sans distinction et unilatéralement son propre peuple si bien qu’un changement de régime est nécessaire.

Le comité ministériel de la Ligue arabe a approuvé le rapport, avec quatre votes pour (Algérie, Egypte, Soudan et le membre du CCG Oman) et seulement un vote contre ; devinez qui ? le Qatar, qui préside actuellement la Ligue arabe depuis que l’émirat a acheté son tour à l’Autorité palestinienne dans le système de présidence tournante.

Le rapport a donc été soit ignoré par les médias mainstream d’Occident soit carrément détruit sans pitié par les médias arabes, ces derniers étant presqu’exclusivement financés soit par les Saoud, soit par le Qatar. Le rapport n’a même pas été discuté. En effet, le CCG a bloqué sa traduction de l’arabe vers l’anglais ainsi que sa publication sur le site internet de la Ligue arabe.

Puis il y a eu la fuite. Voici le rapport (français ou anglais). Il est catégorique. Il n’y a pas eu de répression meurtrière et organisée du gouvernement syrien contre des manifestants pacifiques. Au lieu de cela, le rapport pointe d’obscurs gangs armés responsables de la mort de centaines de civils syriens et de milliers de soldats de l’armée syrienne. Ces gangs utilisent des techniques redoutables comme le bombardement de bus civils, le bombardement de trains transportant du gasoil, le bombardement de bus de la police et le bombardement de ponts et pipelines.

Une fois encore, la version officielle de l’Otan-CCG sur la Syrie est qu’un soulèvement populaire est réprimé par les balles et les tanks. Mais la Russie et la Chine, membre des BRICS, ainsi qu’un large éventail des pays en voie de développement, pensent que le gouvernement syrien combat des mercenaires étrangers lourdement armés. Le rapport confirme largement ces suspicions. 

Le Conseil National Syrien (CNS) est en fait essentiellement composé de Frères musulmans soutenus à la fois par la Maison des Saoud et le Qatar – avec un embarrassant soutien d’Israël qui œuvre discrètement en second-plan. La légitimité n’est pas vraiment sa tasse de thé vert. Comme pour l’Armée syrienne libre, le CNS a ses déserteurs et ses opposants bien intentionnés au régime d’Assad. Mais il est surtout infesté de mercenaires étrangers armés par le CCG, particulièrement des gangs salafistes.

Jusqu’à maintenant, l’Otan-CCG n’a pas pu appliquer en Syrie son modèle à taille unique de promotion de la démocratie : bombarder un pays et se débarrasser du méchant dictateur. Mais ils ne se découragent pas. A la tête du CCG, la maison des Saoud et le Qatar ont rejeté leur propre rapport sans ménagements pour entrer directement dans le vif du sujet : imposer un changement de régime made in Otan-CCG à travers le Conseil de sécurité des Nations unies.

Si bien que l’actuelle « campagne arabe pour assurer une fin pacifique à dix mois de répression » en Syrie auprès de l’ONU n