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16/03/2010

n°2 - Journal du Yemen - 02-01 au 16-03 : -- Fin - : Après le Yémen, quel autre pays ?

n°2 -  Journal du Yemen - 02-01 au 16-03 : -- Fin  - : Après le Yémen, quel autre pays ?



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée US et ferment les oreilles aux autres sources.


Journal du Yemen

n° 2                                               02-01 au 16-03-2010

                                                                C.De broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

 

5  Dossier

5-1 Mali Ilse Paquin : Dossiers» Terrorisme au Yémen.

5-2 Patrick Martin : Pourquoi la presse américaine est-elle silencieuse face au rôle joué par Israël dans le vol NW 253 ?

5-3 Les Etats-Unis et la guerre au Yémen.

5-4 M K Bhadrakumar : L’odyssée d’Obama au Yémen vise la  Chine.

5-5 Le Yémen, une affaire arabe.?

5-6 Kocelyn Coulon : Après le Yémen, quel autre pays ?

Annexe

Yémen

Le Pays

Géographie

 

 


 


5  Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

5-1 Mali Ilse Paquin : Dossiers» Terrorisme au Yémen.

Nb: Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

À Londres, Sanaa promet des réformes économiques en échange de l'appui de la communauté internationale dans sa lutte contre Al-Qaeda.

«Ce qui se passe au Yémen nous touche tous de façon très directe.» Hillary Clinton a résumé ainsi l'importance du sommet sur le Yémen qui s'est tenu hier à Londres. Le pays arabe est devenu la nouvelle ligne de front du terrorisme depuis l'attentat raté contre un vol Amsterdam-Detroit le 25 décembre dernier.

Une vingtaine de pays, dont le Canada, se sont rencontrés dans la capitale britannique pour préparer avec le Yémen un plan d'attaque contre la menace d'Al-Qaeda. La nébuleuse terroriste compterait jusqu'à 300 combattants dans ce pays.

Une approche globale des causes de l'effervescence extrémiste est la clé de la réussite, a constaté le ministre des Affaires étrangères britannique, David Miliband. L'instabilité sociale, économique et politique du pays le plus pauvre du Moyen-Orient en font une véritable poudrière.

«Les dirigeants d'Al-Qaeda cherchent à exploiter l'instabilité où ils le peuvent», a rappelé M. Miliband, en référence notamment à la guerre civile dans le nord du pays et au mouvement souverainiste du Sud.

«Nous reconnaissons que la voie militaire n'est pas la seule solution à tous ses problèmes, a dit de son côté Hillary Clinton. Les Yéménites doivent décider de leur propre avenir.»

Le Yémen a accepté de mettre en oeuvre des réformes économiques proposées par le Fonds monétaire international.

Les pays donateurs du Yémen se réuniront les 22 et 23 février dans le pays voisin, l'Arabie Saoudite. La communauté internationale avait promis plus de 4,7 milliards de dollars américains en 2006. La majeure partie de cette somme se fait toujours attendre.

Environ 45% des 22 millions de Yéménites vivent avec moins de 2$ par jour.

D'autre part, un nouveau groupe de travail baptisé Les Amis du Yémen aidera la république à appliquer ses réformes.

«Le Yémen doit faire plus, a prévenu Mme Clinton. Les États-Unis et les autres pays doivent aussi faire plus, par exemple en l'aidant à sécuriser ses frontières et à promouvoir son unité nationale.»

Le Washington Post a confirmé hier que des unités spéciales de l'armée américaine aident le gouvernement du Yémen à combattre Al-Qaeda. Six des 15 chefs de la cellule auraient été tués.

Clinton et Miliband ont tout de même indiqué hier qu'il n'y avait pas de solution à court terme. «La réunion a été un pas réussi dans ce qui devra être un long chemin», a écrit David Miliband dans son blogue en fin de journée.

Mali Ilse Paquin, Collaboration spéciale
La Presse

28-01

http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/201001/28/01-943790-le-yemen-sentend-avec-ses-amis.php


5-2 Patrick Martin : Pourquoi la presse américaine est-elle silencieuse face au rôle joué par Israël dans le vol NW 253 ?

Subject: le journal israélien Ha’aretz publiait un article de son correspondant Yossi Melman, signalant le rôle joué par la société israélienne de sécurité, International Consultants on Targeted Security (ICTS)

Il y a près d’une semaine, le 10 janvier, le journal israélien Ha’aretz publiait un article de son correspondant Yossi Melman, signalant le rôle joué par la société israélienne de sécurité, International Consultants on Targeted Security (ICTS), lors de la tentative manquée de faire exploser une bombe à bord du vol Northwest Airlines 253.

Les filiales I-SEC et PI d’ICTS sont responsables du filtrage des passagers à l’aéroport Schiphol d’Amsterdam où l’inculpé de la tentative d’attentat suicide à la bombe Umar Farouk Abdulmutallab avait embarqué à bord d’un vol à destination de Detroit.

La société utilise une technologie de filtrage pour le profilage des passagers et l’identification des risques de sécurité fondée sur l’expérience des services de renseignement israéliens. Le personnel de l’ancienne compagnie El Al Airlines et de Shin Bet security avait mis en place l’ICTS en 1982 dans le but de vendre leur expertise et de nombreuses compagnies aériennes américaines utilisent ses services ou sa technologie.

Selon l’Ha’aretz, Abdulmutallab a été contrôlé par l’ICTS mais les agents de sécurité n’avaient pas réussi à l’identifier comme passager à risque malgré des preuves suffisantes.

« Même si les services de renseignement américains avaient échoué et que le nom du passager nigérien ne figurait pas sur la liste des suspects pour la compagnie aérienne, il aurait dû éveiller les soupçons des agents de sécurité, » a écrit le journal. « Son âge, son nom, son itinéraire de vol illogique, son billet d’avion cher et acheté en dernière minute, son embarquement sans bagage (avec seulement un bagage de cabine) et bien d’autres signes auraient dû suffire à alerter les agents de sécurité et justifier un examen plus approfondi du suspect. Toutefois, le responsable de la sécurité représentant I-SEC et PI lui a permis d’embarquer. »

Le lien israélien a été largement relayé dans la presse israélienne et européenne.

Outre Ha’aretz, le Jerusalem Post a remarqué le rôle joué par ICTS à Amsterdam dans un article paru le 27 décembre et la télévision israélienne a interviewé un directeur de la société qui a confirmé qu’Abdulmutallab avait été soumis à un contrôle de sécurité.

Des articles sont parus par la suite dans les journaux et ont été mis en ligne sur le Web en Grande-Bretagne, en France, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Espagne et en Italie. Mais rien ne figurait dans les principaux journaux américains, rien dans le New York Times, le Washington Post, le Wall Street Journal ou n’importe quel autre quotidien, et rien sur aucune des chaînes de télévision ou de réseaux câblés d’information.

Le contraste entre le traitement médiatique en Europe et en Amérique est un signe que le rôle de l’ICTS n’est pas simplement un détail futile. Clairement, le mot a été donné de se taire sur le sujet soit sous forme d’ordre direct des services américains de sécurité soit indirectement par système d’autocensure des médias qui n’en est pas moins efficace pour être « volontaire ».

Quelle raison pourrait-il y avoir de dissimuler le rôle joué par l’ICTS ?

D’abord, quelques faits pertinents : l’ICTS assurait la sécurité à l’aéroport Paris Charles de Gaulle lorsque l’« homme au soulier » (« Shoe Bomber ») Richard Reid [qui avait dissimulé un explosif dans sa chaussure] était monté à bord d’un avion à destination des Etats-Unis le 22 décembre 2001. La société assurait également la sécurité du système de bus londoniens au moment des attaques suicide du 7 juillet 2005. Et l’ICTS partageait la responsabilité de la sécurité le 11 septembre 2001 à l’aéroport de Boston Logan d’où étaient partis deux des quatre détournements d’avions suicide à l’origine des attentats.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a d’étranges coïncidences, compte tenu notamment de la prétendue expertise des services israéliens de sécurité à identifier et à prévoir des attaques terroristes. Le personnel de l’ICTS était présent sur place à l’occasion de quatre des attaques terroristes les plus tristement célèbres de ces dix dernières années et, à chaque fois, ils n’avaient pas réussi à faire quelque chose pour stopper les terroristes.

En 28 ans de service, l’ICTS s’est installée dans 22 pays pour assurer la sécurité dans les aéroports en France, en Grande-Bretagne, en Espagne, en Hongrie, en Roumanie et en Russie, en employant plus de 11.000 agents de sécurité. La société détenait des contrats dans plusieurs aéroports américains jusqu’au 11 septembre où le filtrage des passagers fut retiré des mains du privé pour être confié à l’Administration de la Sécurité des Transports (TSA) nouvellement créée.

Le silence sur le rôle joué par l’ICTS n’est que l'aspect le plus étrange de la décision plus générale des médias de ne pas faire de reportages sur le contexte de la tentative d'explosion à bord du vol Northwest 253. Il y avait déjà eu la volonté de se distancer d’une enquête sur l’incident survenu le jour de Noël avant que ne survienne le séisme en Haïti et qui, légitimement, est le principal sujet auquel les médias consacrent leur attention.

L’histoire officielle du vol Northwest 253, telle qu’elle a été présentée par la Maison Blanche d’Obama et les agences américaines de renseignement, est tellement incroyable qu’il semble y avoir eu un effort concerté pour laisser tomber le sujet et détourner l’attention du public dans d’autres directions. Dans ce contexte, le silence total sur le rôle de la société israélienne de sécurité soulève encore plus de questions quant au rôle joué par les agences de renseignement américaines ou autres durant la période précédant l’incident du jour de Noël et qui a failli coûter la vie à quelque 300 personnes.

Patrick Martin

Le 21 janvier 2010

WSWS
Pour les médias: crgeditor@yahoo.com
L'adresse url de cet article est: www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=MAR20100121&articleId=17132


5-3 Les Etats-Unis et la guerre au Yémen.

Extrait

Nb Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

Les Etats-Unis risquent-ils de s’engager dans nouvelle guerre au Yémen?

Le président Obama -qui tient pour responsable la branche yéménite d’Al-Qaïda dans la tentative d’attentat manqué contre un avion de ligne américain à Noël- s’en défend.

Pourtant, la question n’a rien d’absurde, comme le prouve la phrase prononcée par Joe Lieberman, un sénateur américain indépendant. «L'Irak, a-t-il déclaré, c'est notre guerre d'hier et l'Afghanistan notre guerre d'aujourd'hui.

Si nous n'agissons pas rapidement, le Yémen sera notre guerre de demain.»

Les Américains n’ont pas attendu cet épisode pour agir dans ce pays. De «récentes opérations militaires dans les zones d'Abyan (Sud) et d'Ahrab (au nord-est de Sanaa), ont été menées avec le concours du commandement central US» souligne le journal libanais L’Orient-Le-Jour.

«L'aide US à la lutte antiterroriste est passée de 4,6 millions de dollars en 2006 à 67 millions en 2009» ajoute ce quotidien. Une aide qui pourrait  atteindre les 150 millions si le Congrès donne son accord, indique le New York Times.
Soutenu par les Etats-Unis, le président Saleh doit en contrepartie lutter contre le terrorisme. Mais en plus de sa volonté de maintenir sa famille au pouvoir, de l’inefficacité et de la corruption du régime, «sa volonté de combattre Al-Qaïda -qu’il ne considère pas comme son principal ennemi- est douteuse» estime le New York Times.

Pourtant, «le pays est confronté depuis maintenant deux ans et de façon progressive et montante à une résurgence des cellules d’Al-Qaïda» explique Anne Giudicelli, une experte(…)  de la région qui décryptait, dès octobre dernier sur France Culture, les grandes dangers menaçant ce pays. «Il est de notoriété publique que dans l'antique Arabia Felix il existe des bases d'Al-Qaïda, que des organisations «caritatives» se chargent de collecter des fonds destinées au mouvement d'Oussama Ben Laden» note L’Orient-Le-Jour.

Et le quotidien souligne que «la première attaque d'envergure contre des intérêts occidentaux s'était produite en octobre 2000 contre le destroyer USS Cole dans le port d'Aden».

Si le président Saleh ne fait pas d’Al-Qaïda sa priorité, c’est parce cet Etat, très pauvre, doit déjà gérer une rébellion dans le nord et des mouvements séparatistes dans le sud.

5 Janvier 2010

http://www.slate.fr/story/15241/guerre-yemen-terrorisme-al-qaida-obama-afghanistan-attentat


5-4 M K Bhadrakumar : L’odyssée d’Obama au Yémen vise la  Chine.
Textes très intéressants de M K Bhadrakumar traduits par le site Questions Critiques, qui permet de comprendre beaucoup mieux le bruit autour du Yémen, ou de l'Afghanistan, que les discours médiatiques usuels sur 'Al Qaida'.

Il y a un an, le président yéménite, Ali Abdallah Saleh, faisait une révélation fracassante : les forces de sécurité de son pays avaient appréhendé un groupe d’islamistes liés aux forces des services secrets israéliens. « Une cellule terroriste a été appréhendée et sera renvoyée devant les tribunaux pour ses liens avec les services de renseignements israéliens », avait-il promis. 

Saleh ajouta : « Vous serez tenus au courant des poursuites judiciaires ». On n’en a jamais entendu parler et la piste s’est effacée. Bienvenue sur la terre magique du Yémen, où se jouaient les Mille et Une Nuits dans la gestation du temps.

Prenez le Yémen et ajoutez-y la mystique de l’Islam, Oussama ben Laden, al-Qaïda et les services secrets israéliens et vous obtenez une mixture qui vous monte à la tête. Le chef du Commandement Central des Etats-Unis, le Général David Petraeus, est passé samedi par la capitale yéménite, Sanaa, et a juré à Saleh une aide américaine accrue pour combattre al-Qaïda. Le président des Etats-Unis, Barack Obama, a très vite repris la promesse de Petraeus, assurant que les Etats-Unis renforceraient le partage de renseignements et l’entraînement des forces yéménites et qu’il mènerait peut-être des attaques conjointes contre les militants d’al-Qaïda dans la région.
Un nouvel Afghanistan ?

Au dire de beaucoup, Obama, qui est généralement considéré comme un politicien talentueux et intelligent, commet une bourde catastrophique en démarrant une nouvelle guerre qui pourrait s’avérer aussi sanglante, désordonnée et ingagnable que celles d’Irak et d’Afghanistan.

Pourtant, à première vue, Obama semble vraiment imprévisible.

Les parallèles avec l’Afghanistan sont frappants. Un étudiant nigérian, qui dit avoir été entraîné au Yémen, a tenté de faire sauter un avion américain et l’Amérique veut partir en guerre.

Le Yémen, lui aussi, est un merveilleux pays avec de très belles montagnes accidentées qui pourraient être un paradis pour la guérilla. Comme les membres des tribus afghanes, les Yéménites sont des gens hospitaliers. Mais, ainsi que le journaliste irlandais, Patrick Cockburn, le rappelle, tandis qu’ils sont généreux envers les étrangers de passage, ils « considèrent que les lois de l’hospitalité prennent fin lorsque l’étranger quitte leur territoire tribal, moment où il devient ‘une bonne cible pour recevoir une balle dans le dos’. » Il y a assurément un côté romantique dans tout ça – presque comme dans l’Hindou-Kouch. Extrêmement nationalistes, pratiquement tous les Yéménites ont une arme à feu. A l’instar de l’Afghanistan, le Yémen est également un pays où les autorités sont en conflit et où une petite guerre civile n’attend qu’une intervention étrangère pour éclater.

Obama a-t-il aussi incroyablement oublié son propre discours du 1er décembre, dans lequel il exposait les contours de sa stratégie afghane, pour violer les critères qu’il avait lui-même édictés ? Certainement pas. Obama est un homme habile. On se souviendra de l’intervention au Yémen comme du coup le plus habile qu’il aura jamais fait pour perpétuer l’hégémonie mondiale des Etats-Unis. C’est la réponse de l’Amérique à la montée en puissance de la Chine.

Un coup d’œil rapide sur la carte de la région montre que le Yémen est l’un des endroits les plus stratégiques attenant aux eaux du Golfe Persique et de la Péninsule Arabique. Il borde l’Arabie Saoudite et Oman, qui sont des protectorats américains essentiels. En effet, Oncle Sam « marque son territoire » - comme un chien sur un réverbère. La Russie a caressé l’idée de réouvrir sa base de l’ère soviétique à Aden. Eh bien ! Les Etats-Unis ont soufflé la place à Moscou. 

Les Etats-Unis ont fait savoir que cette odyssée ne s’arrête pas au Yémen. Elle se prolonge jusqu’en Somalie et au Kenya. De cette manière, les Etats-Unis établissent leur présence militaire sur une bande ininterrompue de terres le long de la façade occidentale de l’Océan Indien. Les officiels chinois ont parlé tout récemment de leur nécessité d’établir une base navale dans cette région. Les Etats-Unis ont désormais renvoyé dans les cordes les options chinoises. Le seul pays avec une côte maritime disponible pour la Chine, afin d’y installer une base navale dans la région, est l’Iran. Tous les autres pays ont une présence militaire occidentale.

L’intervention américaine au Yémen ne se fera pas sur le modèle de l’Irak et de l’Afghanistan.

Obama s’assurera de ne pas récupérer les soldats américains servant au Yémen dans des housses mortuaires.

C’est ce que le public américain attend de lui.

Selon l’armée américaine, il n’y déploiera que des drones et des forces spéciales et « se concentrera à fournir des renseignements et de l’entraînement pour aider le Yémen à contrer les militants d’al-Qaïda ».

L’objectif essentiel et principal d’Obama sera d’établir une présence militaire durable au Yémen.

Cela sert plusieurs buts.
Une nouvelle grande partie débute

D’abord, la manœuvre des Etats-Unis doit être considérée comme étant exercée contre l’éveil chiite qui constitue la toile de fond dans cette région. Les Chiites (principalement le groupe Zaïdi) ont été traditionnellement réprimés au Yémen. Les soulèvements chiites ont été un thème récurrent dans l’histoire du Yémen. Il y a eu une tentative délibérée de minimiser le pourcentage de Chiites au Yémen, mais ils pourraient y représenter jusqu’à 45% de la population. 

Plus important, ils constituent la majorité dans la partie septentrionale du pays. Ce qui dérange les Etats-Unis et les Etats arabes modérés – ainsi qu’Israël – est que l’Organisation des Jeunes Croyants, conduite par Hussein Badr al-Houthi, qui est retranchée au nord du Yémen, a pris modèle sur le Hezbollah au Liban, à tous égards – politiquement, économiquement, socialement et culturellement.

Les Yéménites sont un peuple intelligent et ils sont célèbres dans la Péninsule Arabique pour leur tempérament démocratique. La montée en puissance des Chiites yéménites, sur le modèle du Hezbollah, aurait des implications régionales considérables. Le plus proche voisin, Oman, qui est une base américaine clé, est essentiellement chiite. Sujet encore plus sensible : l’idée dangereuse de la probabilité de la montée au pouvoir des Chiites qui s’étendrait aux régions chiites hautement rétives d’Arabie Saoudite, attenantes au Yémen, lesquelles, qui plus est, se trouvent également être le réservoir de la fabuleuse richesse pétrolière du pays.

L’Arabie Saoudite entre dans une phase hautement sensible de transition politique, alors qu’une nouvelle génération est programmée pour prendre le pouvoir à Riyad et que les intrigues de palais et les failles au sein de la famille royale ont toutes les chances d’être exacerbées. Pour le dire avec euphémisme, étant donné la dimension institutionnalisée de la persécution des Chiites en Arabie Saoudite par l’establishment wahhabite, la montée en puissance des Chiites est un véritable champ de mines qui pétrifie littéralement Riyad en ce moment. Les limites de sa patience s’amenuisent, comme en témoigne le recours récent peu habituel à la force militaire contre les communautés chiites du nord du Yémen, à la frontière de l’Arabie Saoudite. 

Les Etats-Unis sont confrontés à un dilemme classique.

C’est très bien qu’Obama souligne la nécessité de réforme dans les sociétés musulmanes – comme il l’a fait avec éloquence dans son discours du Caire en juin dernier.

Mais la démocratisation dans le contexte yéménite – ironiquement, dans le contexte arabe – impliquerait de donner du pouvoir aux Chiites. Après l’expérience douloureuse en Irak, Washington est littéralement perché comme un chat sur un toit brûlant. Le gouvernement américain préfèrerait de loin s’aligner sur le gouvernement répressif et autocratique de Saleh plutôt que de laisser sortir de la bouteille le génie de la réforme dans cette région riche en pétrole, où ses intérêts sont immenses. 

Obama est doté d’un esprit érudit et il n’est pas sans savoir que le Yémen a désespérément besoin de réforme. Mais il ne veut tout simplement pas y penser. Le paradoxe auquel il est confronté est qu’avec toutes ses imperfections, l’Iran se trouve être le seul système « démocratique » en opération dans toute la région.

L’ombre de l’Iran qui plane sur la conscience chiite yéménite est une inquiétude sans fin pour les Etats-Unis. Pour le formuler simplement, dans la lutte idéologique en cours dans cette région, Obama se retrouve du côté des oligarchies autocratiques ultra-conservatrices et brutales qui y constituent la classe dirigeante. On peut comprendre que ce ne soit pas facile pour lui. Si l’on doit en croire ses Mémoires, il pourrait y avoir des moments où les vagues souvenirs de son enfance en Indonésie et la mémoire précieuse de sa propre mère, laquelle, au dire de tous, était une intellectuelle et une humaniste insouciante, doivent le hanter dans les couloirs de la Maison Blanche.
Israël entre dans le jeu

Mais Obama est avant tout réaliste. Il fait fi de ses émotions et de ses croyances personnelles, et se sont les considérations stratégiques qui ont le plus grand poids lorsqu’il travaille dans le Bureau Ovale. Avec la présence militaire au Yémen, les Etats-Unis ont resserré le cordon autour de l’Iran. Dans l’éventualité d’une attaque militaire contre l’Iran, le Yémen pourrait être utilisé comme tremplin par les Israéliens. Ces considérations ont beaucoup de poids pour Obama.

Le fait est qu’aucune autorité ne contrôle vraiment le Yémen. C’est du gâteau pour les formidables services secrets israéliens de s’y faire une niche – exactement comme ils l’ont fait au nord de l’Irak dans des circonstances à peu près comparables.

L’Islamisme n’est pas du tout dissuasif pour Israël. Saleh n’était certainement pas loin du compte en affirmant, l’année dernière, que les services de renseignements israéliens avaient apparemment maintenu des liens avec des islamistes yéménites. Le problème est que les Islamistes yéménites sont extrêmement fragmentés et que personne n’est sûr de qui fait allégeance à qui et de quel sorte d’allégeance il s’agit. Les services secrets israéliens opèrent merveilleusement bien dans de telles zones d’ombre, lorsque l’horizon est lacéré du sang du soleil couchant.

Israël trouvera que s’introduire au Yémen est jusqu’à maintenant un cadeau de Dieu, alors qu’il reconnaît officiellement sa présence dans la Péninsule Arabique. C’est un rêve qui devient réalité pour Israël, dont l’efficacité en tant que puissance régionale a toujours été sérieusement handicapée par son manque d’accès à la région du Golfe Persique. La présence militaire américaine dominante aide Israël, sur le plan politique, à consolider son chapitre yéménite. Sans aucun doute, Petraeus s’installe au Yémen en tandem avec Israël (et la Grande-Bretagne). Mais les Etats arabes « pro-occidentaux », avec leur mentalité de rentiers, n’ont pas d’autre choix que de rester des spectateurs silencieux sur le banc de touche. 

Certains parmi eux pourraient vraiment ne pas s’opposer à la présence des forces de sécurité israéliennes dans la région, considérant que c’est un meilleur pari que la propagation des idées dangereuses du pouvoir chiite émanant de l’Iran, de l’Irak et du Hezbollah. A un moment ou un autre, les services de renseignements israéliens commenceront également à infiltrer les groupes extrémistes sunnites au Yémen, qui sont communément connus comme étant des filiales d’al-Qaïda. Ceci dit, si Israël ne l’a pas déjà fait. Tout lien de ce type fait d’Israël un allié inestimable pour les Etats-Unis dans sa lutte contre al-Qaïda. En somme, des possibilités infinies existent dans ce paradigme qui prend forme dans le monde musulman et qui s’arc-boute sur le Golfe Persique stratégique.

Tout ça à cause de la Chine

Toutefois, le plus important pour les stratégies mondiales des Etats-Unis sera le gain écrasant du contrôle du port d’Aden, au Yémen. La Grande-Bretagne peut garantir qu’Aden est la porte vers l’Asie. Le contrôle d’Aden et du Détroit de Malacca placera les Etats-Unis dans une position invulnérable dans cette « grande partie » qui se déroule dans l’Océan Indien. Les couloirs de navigation de l’Océan Indien sont littéralement les veines jugulaires de l’économie chinoise. En les contrôlant, Washington envoie un message fort à Pékin, selon lequel si les Chinois caressaient l’idée que les Etats-Unis sont une puissance en déclin en Asie, ils se fourrent le doigt dans l’œil. 

Dans la région de l’Océan Indien, la Chine est de plus en plus sous pression. L’Inde y est un allié naturel des Etats-Unis. Ces deux pays voient d’un très mauvais œil toute présence navale importante de la Chine. L’Inde sert de médiateur au rapprochement entre Washington et Colombo, ce qui aiderait à faire reculer l’influence de la Chine au Sri Lanka. Les Etats-Unis ont opéré un virage à 180 degrés dans leur politique birmane et ils impliquent le régime militaire là-bas, avec l’intention première d’éroder l’influence de la Chine sur les dirigeants militaires. La stratégie chinoise avait pour but de renforcer son influence au Sri Lanka et au Myanmar, afin d’ouvrir une nouvelle route de transport vers le Moyen-Orient, le Golfe Persique et l’Afrique, où la Chine a commencé à disputer à l’Ouest sa domination économique traditionnelle. 

La Chine est pressée de réduire sa dépendance sur le Détroit de Malacca pour son commerce avec l’Europe et l’Asie Occidentale. Les Etats-Unis, au contraire, sont déterminés à ce que la Chine reste vulnérable jusqu’à l’étouffement, entre l’Indonésie et la Malaisie. 

Une lutte captivante se fait jour. Les Etats-Unis sont mécontents des efforts déployés par la Chine pour atteindre les eaux chaudes du Golfe Persique, en passant par la région de l’Asie Centrale et le Pakistan. Lentement mais sûrement, Washington resserre le collet autour du cou des élites pakistanaises – civiles et militaires – et les force à faire un choix stratégique entre les Etats-Unis et la Chine. Cela placera ces élites dans un dilemme peu enviable. Comme leurs homologues indiens, ils sont naturellement « pro-occidentaux » (même lorsqu’ils sont « anti-américains ») et, si les liens avec la Chine sont importants pour Islamabad, c’est avant tout parce que cette dernière fait contrepoids à ce que les Pakistanais perçoivent comme une hégémonie indienne. 

Les questions existentielles avec lesquelles se débattent les élites pakistanaises sont visibles. Ils recherchent des réponses auprès d’Obama. Obama peut-il maintenir une relation équilibrée vis-à-vis du Pakistan et de l’Inde ? Ou, Obama retournera-t-il à la stratégie de l’ère de George W. Bush consistant à faire de l’Inde la puissance prédominante dans l’Océan Indien, obligeant le Pakistan à apprendre à vivre dans son ombre ?
L’axe US-indo-israélien 

D’un autre côté, les élites indiennes ne sont pas du tout d’humeur aux compromis. Du temps de Bush, Delhi était dans une période faste. A présent, après les craintes initiales concernant la philosophie politique d’Obama, Delhi a conclu que celui-ci n’est rien d’autre qu’un clone de son illustre prédécesseur en ce qui concerne les contours généraux de la stratégie mondiale des Etats-Unis – dont l’isolement de la Chine est le modèle central. 

Le niveau de confort croît de façon palpable à Delhi en ce qui concerne la présidence d’Obama. Delhi voit la montée du lobby israélien à Washington comme la mise à l’épreuve pour la présidence d’Obama. Cette montée en puissance convient à Delhi, puisque le lobby juif a toujours été un allié obligeant pour cultiver leur influence auprès du Congrès, des médias et des membres des groupes de réflexion américains qui incitent à la violence, de même que dans les administrations successives. Et tout ceci se produit à un moment où les relations indo-israéliennes en matière de sécurité prennent de la vitesse.

Le Secrétaire à la Défense, Robert Gates, doit se rendre à Delhi dans les jours qui viennent. L’administration d’Obama adopterait une attitude de plus en plus accommodante vis-à-vis de longue quête de l’Inde pour une technologie américaine « à double usage ». Si c’est le cas, une avenue royale de coopération militaire est sur le point de s’ouvrir entre les deux pays, qui fera de l’Inde un challenger sérieux aux prouesses militaires croissantes de la Chine. C’est une situation gagnant-gagnant, alors que le grand bazar indien de l’armement offre un business extrêmement lucratif aux entreprises américaines.

Il est clair qu’une alliance intime US-indo-israélienne constitue le fondement de toutes les manœuvres qui se déroulent. Cela aura une importance pour la sécurité de l’Océan Indien, du Golfe Persique et de la Péninsule Arabique. L’année dernière, l’Inde a officialisé sa présence navale à Oman.

Somme toute, les experts en terrorisme se perdent dans les détails lorsqu’ils analysent l’incursion des Etats-Unis au Yémen, en se limitant à la traque d’al-Qaïda. La dure réalité est qu’Obama, dont l’argument principal était « le changement », a pris du gîte et tient de moins en moins ses promesses en se dirigeant vers les stratégies mondiales de l’ère Bush. La fraîcheur de la magie d’Obama se dissipe. Des traces de « révisionnisme » dans l’orientation de sa politique étrangère commencent à faire surface. On peut déjà les percevoir en ce qui concerne l’Iran, l’Afghanistan, le Moyen-Orient et le problème israélo-palestinien, ainsi que l’Asie Centrale et vis-à-vis de la Chine et de la Russie.

Sans doute, cette sorte de “retour aux sources” par Obama était-il inévitable. Premièrement, il n’est que la créature de ses circonstances. Comme quelqu’un l’a brillamment formulé, la présidence d’Obama est comme conduire un train plutôt qu’une automobile : un train ne peut pas « choisir sa route », son conducteur peut au mieux ajuster sa vitesse, mais, au bout du compte, il doit rester sur les rails.

D’autre part, l’histoire ne donne pas d’exemples d’une puissance mondiale déclinante qui accepte docilement son destin et qui marche vers le crépuscule. Les Etats-Unis ne peuvent pas renoncer à leur domination mondiale sans combattre. Et la réalité de telles luttes capitales est qu’elles ne peuvent pas être livrées par à-coups. On ne peut pas combattre la Chine sans occuper le Yémen.

L'Ambassadeur M K Bhadrakumar a servi en tant que diplomate de carrière dans les services extérieurs indiens pendant plus de 29 ans. Parmi ses affectations : l'Union Sovétique, la Corée du Sud, le Sri Lanka, l'Allemagne, l'Afghanistan, le Pakistan, l'Ouzbékistan, le Koweït et la Turquie.

M K Bhadrakumar
Asia Times Online,

le 10 janvier 2010
article original : "Obama's Yemeni odyssey targets China"

Copyright 2010 Asia Times Online Ltd /

Traduction : JFG-QuestionsCritiques. All rights reserved.

Lire aussi "La Chine ajuste les conditions de son engagement en Asie Centrale"

http://questionscritiques.free.fr/edito/AsiaTimesOnline/M_K_Bhadrakumar/Yemen_Obama_Etats-Unis_Chine_chiites_090109.htm
http://atimes.com/atimes/Middle_East/LA09Ak02.html

http://questionscritiques.free.fr/edito/AsiaTimesOnline/M_K_Bhadrakumar/Asie_Centrale_Chine_Russie_Europe_energie_231209.htm


5-5 Le Yémen, une affaire arabe.?

Nb Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

Quand un Nigérian s’y est procuré des explosifs dans le but faire sauter un avion de ligne américain le 25 décembre, le Yémen a soudainement été propulsé au centre de l’attention mondiale.

La Presse a joint le Libanais Bernard Haykel, professeur au Near Eastern Studies de l’Université Princeton, et le Palestino-Jordanien Rami G. Khouri, directeur de l’Institut Issam Fares à l’Université américaine de Beyrouth, pour connaître leur point de vue.

Q La Grande-Bretagne a convoqué, pour le 28 janvier, une conférence internationale sur l’action antiterroriste au Yémen. Qu’en pensez-vous?

R Rami G. Khouri: Je n’en ai pas tant contre le sommet lui-même, mais contre les pouvoirs occidentaux américains et britanniques que l’on entend dans les médias depuis quelques jours. Tout à coup, le Yémen pose un problème de sécurité et il faut faire quelque chose. Cette approche n’est pas très crédible puisque la situation ne vient pas d’apparaître dans la dernière semaine. Ça dure depuis 20 ou 30 ans

L’Occident a appuyé le gouvernement d’Ali Abdallah Saleh pendant 30 ans sans se soucier vraiment de savoir si c’était bien ou pas. Dans une certaine mesure, la situation a été causée par les positions occidentales, qui ont soutenu les dictateurs et ont permis la corruption avec leur argent. Et ce n’est pas seulement inefficace, mais aussi insultant de voir quelqu’un comme Gordon Brown soudainement préoccupé par le Yémen, particulièrement avec le passé colonial du Royaume-Uni dans ce pays. J’appelle ça du terrorisme intellectuel.

Bernard Haykel: L’idée d’avoir une grande conférence sur le Yémen, c’est idiot. Les Britanniques connaissent déjà assez bien le Yémen. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi ils agissent ainsi. Je crois que c’est pour des raisons de politique interne.

Q Une intervention armée de la part des États-Unis et de la Grande-Bretagne est-elle envisageable?

R Bernard Haykel: Je crois qu’il n’y a pas de solution militaire à ce problème – surtout pas américaine. C’est un problème régional, qui dépend des musulmans. Al-Qaeda est un groupe radical islamiste qui peut être maté par d’autres musulmans des États de la région.

Le régime de Sanaa a d’autres ennemis; l’aide donnée au régime sera utilisée contre d’autres groupes rebelles, pas contre Al-Qaeda, parce que ce n’est pas une priorité pour lui. Ça ne veut pas dire qu’Al-Qaeda n’est pas une vraie menace, c’en est une. Mais l’Amérique doit intervenir auprès des pays de la région pour dire que le Yémen est un problème à eux et qu’ils doivent trouver une solution.

Q Le monde arabe n’a-t-il pas la responsabilité d’avoir laissé aller le Yémen?

R Rami G. Khouri: Je crois que la responsabilité est partagée par les pays de la région et l’Occident. Mais c’est l’Occident qui a fourni l’argent et les armes qui ont permis au pouvoir de rester en place. Les autres pays arabes ont pu jouer un rôle, mais pas si important que ça.

Le Yémen n’a pas reçu beaucoup de leur attention, comme la Somalie, d’ailleurs.

Q Êtes-vous inquiet pour la suite des choses?

R Rami G. Khouri: Oui. Il y a plusieurs rébellions, les houthis au Nord, les séparatistes au Sud.

C’est le chaos dans plusieurs parties du pays; il manque d’eau, il manque de pétrole, le tiers de la population est illettrée, c’est la guerre…

C’est un gâchis! Ce qui me frappe le plus, c’est que le pays regroupe tous les problèmes du Proche-Orient: mauvaise gouvernance, corruption, rébellion, instabilité politique, pauvreté, sécheresse…

C’est comme un microcosme des pires aspects du monde arabe. Mais c’est aussi un endroit merveilleux où les gens sont gentils, accueillants.

Q Que faudra-t-il faire pour aider le pays?

R Rami G. Khouri: Si les Yéménites voient que l’Occident veut les aider à rendre leur pays plus démocratique, je pense que graduellement, l’endroit deviendra plus stable. C’est aussi un défi pour la plupart des pays du Proche-Orient, l’Iran et la Somalie étant les pires exemples.

La transition entre l’autocratie et la démocratie prend du temps, mais pas tant que ça quand on regarde la Turquie, par exemple, qui a fait la transition en deux décennies.

Mais au Yémen, la pauvreté rendra les choses particulièrement difficiles.

Par  Judith Lachapelle

08 /01/10

Source : Cyberpress


5-6 Kocelyn Coulon : Après le Yémen, quel autre pays ?

Extrait

Nb Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

Le premier ministre britannique Gordon Brown programme la tenue d’une réunion d’urgence sur le Yémen dans le cadre de la conférence prévue sur l’Afghanistan à Londres, le 28 janvier.

Pourtant, au-delà de ces fronts, Brown pourrait élargir la discussion à l’ensemble des pays, comme le Yémen, incapables de contrôler leur territoire et où les terroristes trouvent un terreau fertile à leurs activités.

Le Yémen n’est pas un État, mais une collection d’allégeances.

L’administration est faible, la démographie galopante, l’économie embryonnaire. Les armes circulent partout. Le Sud réclame son indépendance, une partie du Nord est en rébellion, le groupe Al-Qaeda y est bien implanté.

Si le Yémen n’est pas encore l’Afghanistan, son président n’est en fait que le maire de la capitale, comme Karzai est le maire de Kaboul.

La fragilité des structures étatiques ou même leur quasi-inexistence est un des aspects les plus dramatiques du système international depuis les 20 dernières années. Elle remet en cause la souveraineté des États affectés en les transformant en zones de conflits où plus aucune règle ne s’applique et où trafiquants de drogue, rebelles, terroristes, mercenaires, forces gouvernementales et forces d’intervention étrangères tentent de prendre le contrôle ou de rétablir la légalité.

La Somalie, dans la corne de l’Afrique, est l’exemple extrême de ce désordre.

Le pays est sans gouvernement effectif depuis 1991, plusieurs régions sont de facto indépendantes, des islamistes radicaux tentent d’imposer leur pouvoir dans le Sud et alimentent les conflits au Yémen, l’Éthiopie et l’Érythrée s’y affrontent en manipulant les parties en présence et les Américains chassent les terroristes d’Al-Qaeda en bombardant à l’aveuglette.

À des échelles différentes, on retrouve des situations semblables un peu partout dans le monde, sauf en Amérique latine.

Il faudrait y consacrer autant d’énergie et de ressources politiques et financières qu’à la lutte au terrorisme afin d’éviter un effet domino : après l’Afghanistan, la Somalie ; après le Yémen, quel autre pays ?

Jocelyn Coulon  

 04 janvier 2010

La Presse

Jocelyn Coulon est directeur du Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix (ROP), affilié au Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (Cérium).

http://www.cerium.ca/Apres-le-Yemen-quel-autre-pays



Annexe

Yémen

Le Pays

Le Yémen, officiellement la République du Yémen, est un pays arabe situé à la pointe sud-ouest de la péninsule d'Arabie. Sa capitale est Sanaa. Elle possède des façades maritimes sur le golfe d’Aden et sur la mer Rouge. Les pays frontaliers du Yémen sont le royaume d’Arabie saoudite au Nord et Oman à l’Est. Le Yémen couvre une superficie totale de 527 970 km² (France métropolitaine : 551500 km²).

Plusieurs îles font partie du territoire yéménite : l'île de Kamaran en mer Rouge, l'îlot de Perim qui commande l'accès à la mer Rouge par le détroit de Bab-el-Mandeb, et l'île de Socotra (la plus grande des îles) dans l'océan Indien.

Dans le monde antique, le Yémen était connu sous le nom d’« Arabie heureuse ». L’actuel Yémen est né en 1990 de la réunion de la République démocratique et populaire du Yémen (Yémen du Sud) et de la République arabe du Yémen (Yémen du Nord).

 

Géographie

Géographie du Yémen.

Pays du Proche-Orient, au sud de l'Arabie saoudite et entouré par le golfe d'Aden, la mer Rouge, Oman, le Yémen couvre une surface de 527 970 km².

Le Yémen possède 1 906 km de côtes. Jabal an Nabi Shu'ayb, haut de 3 760 m est le point culminant.

Le climat est presque partout désertique. Très chaud et humide le long de la côte ouest, tempéré dans les montagnes occidentales aussi affectées par les moussons. Le désert situé dans l'est du pays est très chaud et sec.

Le pays souffre de désertification et de manque d'eau. Le Yémen est souvent touché par les tempêtes de sable.

Histoire récente

La partie septentrionale du Yémen fut soumise nominalement à l'Empire ottoman jusqu'en 1918. La monarchie (imamat) y fut abolie le 27 septembre 1962, date à laquelle le pays prit le nom de République arabe du Yémen (communément nommée "Yémen du Nord") où une guerre civile perdurera jusqu'en 1970 soutenue côté républicain par les Forces armées égyptiennes qui emploieront le gaz moutarde et côté royaliste par l'Arabie saoudite.

La partie méridionale correspond à l'ancien hinterland britannique, formé progressivement à partir de 1839 autour du port d'Aden. Après le départ des troupes britanniques, la Fédération d'Arabie du Sud et le Protectorat d'Arabie du Sud se regroupèrent le 30 novembre 1967 pour former un nouvel État indépendant, la République populaire du Yémen du Sud (communément nommée "Yémen du Sud"). Trois ans plus tard, celle-ci adopta le nom de République démocratique populaire du Yémen.

Le 22 mai 1990, la République arabe du Yémen (Yémen du Nord) et la République démocratique populaire du Yémen (Yémen du Sud) ont fusionné pour former un seul État, la République du Yémen. La même année, le Yémen soutient l'Irak durant la première Guerre du Golfe (1990-1991), sans pour autant valider son annexion du Koweït, ce qui lui vaut des représailles de la part des États-Unis : la monnaie est attaquée et fortement dévaluée, l'Arabie saoudite suit l'allié américain et expulse du royaume le million de travailleurs yéménites privant des millions de familles de ressources.

Du 21 mai au 7 juillet 1994, le Yémen du Sud a vainement tenté de faire sécession sous le nom de "République démocratique du Yémen", avant de retomber sous le contrôle du gouvernement de Sanaa.

Politique

En 2004, les affrontements près de la frontière avec l'Arabie saoudite ont fait environ 400 morts. Depuis 2004, le Yémen est aussi confronté à une rébellion armée de la minorité chiite zaïdite dans la province de Sa'dah (nord-ouest), qui ne reconnait pas le régime du président Ali Abdullah Saleh, au pouvoir depuis 1990.

Au début du mois d'avril 2005, les forces du gouvernement ont attaqué la position des rebelles dans les montagnes du nord-ouest du pays ; trois semaines de combats dans la province de Sa'dah ont provoqué la mort d'environ 200 personnes.

En 2009, la guerre civile continue toujours et l'ONU compte 150 000 déplacés [1] .

Depuis le 4 novembre 2009, l'Arabie saoudite intervient militairement contre la rébellion [2].

Malgré un ancrage officiel dans le camp occidental et une coopération pour le contrôle de ses côtes, le pays reste un foyer d'instabilité.

[modifier]

Économie

Avec un PIB par habitant compris, selon les sources, entre 350 $ et 450 $ US par habitant et par an, le Yémen se classe au 149e rang sur les 177 pays répertoriés dans l'Indicateur de développement humain de l'ONU de 2004. Le Yémen est l'un des pays les plus pauvres de la planète et cumule une situation économique fragile avec une démographie en forte expansion

http://fr.wikipedia.org/wiki/Y%C3%A9men



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


15/03/2010

n°8 - dossiers du 11-09 - du 14-03 : - Début -: Le 11 septembre 2001 : une provocation mondiale.

n°8 - dossiers du 11-09 - du 14-03 : - Début -: Le 11 septembre 2001 : une provocation mondiale.


dossiers du 11-09 n°8 du 14-03

       C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

Tiré à part :

Des photos inédites du 11 Septembre.

1-1   Vidéos (3) effectivement excellente !

1-2 Page spéciale sur le 11 septembre 2001.

1-3   Giulietto Chiesa* : Le contrôle politique et militaire de nos sociétés.

2 Brèves

2-1 Le président Mahmoud Ahmadinejad qualifie le 11-Septembre de grand mensonge.

2-2 Des conseillers d’Obama : 11-Septembre : les accusés pourraient être jugés par des tribunaux militaires d'exception.

2-3 Le Sénat US prolonge trois dispositions de la loi antiterroriste PATRIOT ACT.

2-4 Du 11 Septembre 2001 aux prémisses de la mondialisation.

3  Dossiers

3-1 David Ray Griffin : Michael Hess interviewé sur le 11/9 – les preuves que le NIST a menti.

3-2 Général Leonid Ivashov*  : Le 11 septembre 2001 : une provocation mondiale.

Suite

3-3  AE911Truth : 1000 Architectes & Ingénieurs demandent une nouvelle enquête sur le 11-Septembre.

3-4 Vincent Robeyns  :  Michael Hess interviewé sur le 11/9 – les preuves que le NIST a menti.

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Ben laden a nié être responsable du 11/09, ne l’oubliez pas !

4-2 Le directeur de la commission sur le 9/11 : « La version officielle des attentats est fausse ».

4-3 François Marginean : La Commission sur le 9/11 confirme: La version officielle est un mensonge.

4-4 Netanyahu : « Mon père a prévu les attentats du 11-Septembre dans les années 90 »

Fin

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Le géophysicien André Rousseau et les ondes sismiques du WTC.

5-2 Pino Cabras : Forte proportion de passagers liés à l’armée dans le vol 77 qui aurait percuté le Pentagone...

5-3 Thierry Meyssan: "L'Effroyable Mensonge", Cet ouvrage n'est pas une contre-enquête, mais un pamphlet.

5-4 Giulietto Chiesa : Le 11-Septembre et la crise économique aux Etats-Unis.



Tiré à part :

Des photos inédites du 11 Septembre.

La chaîne ABC s'est procuré des photos prises par un hélicoptère de la police de New York le jour des attentats.

Une série de photos du 11 Septembre, jusqu'alors inconnues du public, a été diffusée ce jeudi par ABC News. Prises par hélicoptère de la police de New York, elles apportent un nouvel angle, vu du ciel, sur ce drame dont on a pourtant vu et revu les images.

La chaîne américaine les a obtenues auprès du National Institute of Standards and Technology (NIST), qui a enquêté pendant trois ans sur la chute des tours.

Le NIST avait archivé ces images sur neuf CD-Roms, soit 2.779 prises de vue en tout, avant de les communiquer à ABC News qui en avait fait la demande il y a un an en vertu de la loi américaine sur la liberté de l'information.

Libération.fr

Sélection à voir ici.

http://www.liberation.fr/monde/0101618788-des-photos-inedites-du-11-septembre?xtor=EPR-450206



Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information..

 

1-1 Vidéos (3) effectivement excellente !

 


1-2 Page spéciale sur le 11 septembre 2001.

 http://mai68.org/pages-speciales/911/911.htm   - 

 http://mai68.org/spip/spip.php?article97


1-3   Giulietto Chiesa* : Le contrôle politique et militaire de nos sociétés.

Guerre et mensonge (1/3)

Nous vivons une période de mutation historique sans précédent. La planète est devenue un village global dans lequel la démocratie est manipulée par ceux qui contrôlent l’information. Le mensonge et la guerre nous emportent là où nous ne voulons pas aller. Le journaliste italien et homme politique européen, Giulietto Chiesa analyse ce mécanisme et nous invite à ne plus en être dupes.

Communication et démocratie

Rares sont les gens capables de tracer un tableau d’ensemble de la situation actuelle de l’humanité. Mais cela ne signifie pas que personne ne voit cette situation. Ceux qui disposent de l’information ont beaucoup plus de chances de voir : le présent, mais aussi une partie souvent non négligeable de l’avenir.

Toutefois il est vrai que la majorité de la population, y compris beaucoup de ceux qui prennent des décisions et qui ont du pouvoir, n’a pas ces informations. Pourquoi ? Parce que nous vivons dans un système de communication, et non seulement d’information, qui ne rend absolument pas compte du monde dans lequel nous vivons, qui nous en offre même une image complètement faussée et nous empêche de voir ce qui se passe.

Prenons un exemple. En Italie, nous avons connu tous les détails du crime de Cogne [1], de cette mère soupçonnée d’avoir tué son enfant de trois ans. Cela a été la matière principale de la presse écrite, des journaux télévisés, et des débats télévisés. Bref, cela a été l’événement le plus commenté, analysé et discuté par les médias dans les premiers mois de l’année 2002. Et donc par le public.

Quel est l’enjeu de ce fait divers ? A-t-il une influence sur la « conscience » collective ? Il a sans nul doute une forte influence, à de nombreux égards. Mais il y a un enjeu qui saute immédiatement aux yeux : en occupant les premières pages des médias pendant un mois entier, la mère de Cogne – en cela innocente – a éclipsé le reste de la planète. Le monde entier a disparu sous ce linceul, y compris les bombardiers stratégiques états-uniens qui dévataient alors les vallées d’Afghanistan.

Des cas de ce genre, parfois plus éclatants encore, sont légion. Prenons-en un autre, pour illustrer le fait que le système tout entier de la communication et de l’information est construit et fonctionne pour se moquer de nous tous, et nous conduire où « on » veut. À la mi-novembre, quand les Tadjiks sont arrivés à Kaboul et qu’ils l’ont « conquise », la presse écrite et les journaux télévisés italiens les plus importants (mais aussi les moins importants), la Repubblica, la Stampa, le Corriere della Sera, TG 1,TG 2,TG 3,TG 4,TG 5,TG 6 et TG 7 [TG, abréviation des journaux télévisés en italien, Ndt.], nous ont raconté que les femmes afghanes avaient « enfin » ôté leur burka et que les hommes s’étaient « enfin » rasé la barbe. Or, on le sait, ces nouvelles étaient fausses ; mais avec ça, on n’a pas encore tout dit. Il ne suffit pas non plus de dire que ceux qui les écrivaient, qui les prononçaient et qui les publiaient auraient dû savoir qu’il s’agissait de fausses nouvelles. Moi aussi, je suis journaliste et il m’est déjà arrivé de donner une information erronée, d’arriver trop tard sur un événement, de fournir une fausse interprétation, mais ça arrive une fois et ça arrive à une seule personne.

Est-il possible que l’ensemble des journaux et des moyens de communication de masse nous aient donné par hasard, par mégarde, par incompréhension, pendant des semaines entières, deux nouvelles totalement fausses ? Cela ne peut pas avoir été une erreur. Les directeurs de tous les journaux écris et télévisés ont mobilisé leurs meilleurs éditorialistes pour qu’ils nous racontent ces deux bobards pendant des semaines entières. Ce n’est pas un hasard. C’est seulement la démonstration la plus éclatante du fait que le système de communication dans son ensemble fonctionne non pas sur la base de la vérité et de la véracité de l’information mais dans le but de répandre des nouvelles fournissant une certaine interprétation de la réalité, ou de dissimuler des parties de la réalité au profit d’autres, qui servent mieux les rouages de la domination et sont plus commodes à raconter.

On pourrait opposer qu’il en est toujours allé ainsi. Eh bien moi, j’affirme que c’est faux. Ce qui se passe aujourd’hui dans ce domaine est très, très différent de ce qui avait lieu dans le passé. Nous vivons actuellement une nouvelle époque historique, nous nous trouvons devant un tournant de l’histoire. Cela n’arrive pas souvent. Il arrive souvent que, pendant de longues périodes, il n’y ait pas de grands changements structurels. Nous, par contre, nous sommes au beau milieu d’un immense changement structurel. En premier lieu, il est fondamental de comprendre cela. Et de comprendre, en deuxième lieu, que la communication et l’information sont les instruments décisifs de cette mutation structurelle historique, qu’elles en sont le pivot, le socle.

En l’absence de cette base, ce changement non plus n’aurait pas été, et ne serait pas, d’une telle importance historique. Il est essentiel de comprendre tout cela parce que ou bien nous sommes capables de le faire — et nous pourrons alors nous défendre — ou bien nous n’en sommes pas capables — et nous serons vaincus —. Par ailleurs, étant donné que ces processus se développent très rapidement, il faut, pour ainsi dire, comprendre vite. Les questions de la communication, et de la démocratie dans la communication, sont devenues essentielles pour n’importe quelle lutte visant à défendre la démocratie. Ou nous serons capables de les aborder, ou nous perdrons la démocratie. Parce que moins d’information signifie moins de démocratie.

Une communication indécente (c’est-à-dire dépourvue de valeur intellectuelle, de décence, de culture) et manipulée (c’est-à-dire trompeuse, sous les multiples formes par lesquelles on peut induire en erreur ceux qui la subissent) prive la population de moyens intellectuels de défense. Un pays ne peut être considéré comme démocratique si une grande partie de sa population est soumise à une communication manipulée et à une information fondamentalement fausse. Le panorama que nous avons sous les yeux indique qu’on est en train de nous voler la démocratie, même si l’on ne nous empêche pas d’aller voter. Mieux : nous continuerons d’aller voter, sans nous rendre compte (ou en oubliant) que l’exercice de la démocratie est tout autre chose que l’exercice du vote. Celui-ci n’est qu’un élément nécessaire mais non suffisant pour que l’on puisse qualifier une société de « démocratique ». Mais il est évident que l’exercice du vote perd tout son sens et devient une procédure de pure forme si les votants ne sont plus en mesure de choisir, de faire la distinction entre les variantes, entre les programmes, entre les options. Et c’est l’information qui permet de connaître ce qu’il convient de choisir.

Le 11 septembre et la fin de la souveraineté nationale

En ce qui concerne le 11 septembre, je résumerais la situation ainsi : la vérité sur le 11 septembre, nous ne la connaîtrons jamais. Nous ne la connaîtrons pas au cours des cent prochaines années, comme le dit Noam Chomsky. Mais ce que nous pouvons dès maintenant assurer, sans risque d’erreur, c’est que la version que l’on nous a fournie est fausse. On peut même le démontrer. J’ai rassemblé toutes les informations que je pouvais rassembler, et cela n’a pas été facile. Non parce qu’elles faisaient défaut : au contraire, il y en avait beaucoup. Mais elles étaient mêlées à un amas de bêtises et d’incohérences aussi nombreuses que manifestes. Il fallait débrouiller l’écheveau des contradictions avant de pouvoir établir des circonstances plutôt simples.

C’est ainsi que je suis parvenu à la conclusion que le 11 septembre a des causes et des origines très, très différentes de celles que nous connaissons, de celles que vous connaissez, et que l’Ennemi, le Satan dont nous devons nous protéger n’est pas Oussama Ben Laden. Plus précisément : ce n’est pas qu’Oussama Ben Laden. Celui-ci a probablement participé à l’opération, ou alors il en était informé de quelque manière, directement ou indirectement. En tous cas pas tout seul, pas depuis la grotte afghane où il était confiné, pas comme acteur principal mais, éventuellement, comme second rôle. Tout ce que l’on a pu rassembler pour trouver une explication indique que l’ennemi n’est pas l’islam mais quelque chose de bien plus complexe, si complexe que c’est difficilement explicable aux milliards d’individus qui sont contraints d’en subir les conséquences et qui ne pourront jamais comprendre.

Un phénomène typique des grandes opérations de terrorisme d’État est leur caractère complexe et la multiplicité des acteurs qui agissent les uns à l’insu des autres mais comme de concert, rattachés par mille fils et, dans le même temps, conditionnés par des stratégies que seules les quelques personnes au sommet connaissent dans leur intégralité ; tandis que, sous elles, les subalternes employés aux différents niveaux ont une connaissance partielle, et qu’au niveau le plus bas, les exécutants ignorent tout des desseins de ceux qui les dominent et les dirigent, mais ont été convaincus au préalable d’agir dans l’intérêt exclusif de la cause à laquelle ils croient. Expliquer, dévoiler tous les passages, toute la pyramide, est impossible en quelques mots. Mais c’est l’émotion qui rend encore plus difficile une analyse impartiale. Émotion qu’on alimente en exploitant et en amplifiant la douleur et la peur réelles. Émotion nourrie de l’agressivité qui se déchaîne contre tous ceux qui cherchent à distinguer le vrai du faux et que l’on accuse immédiatement de blasphème parce qu’ils ne se plient pas à la version officielle : la plus « évidente », la plus « logique », la plus « simple », mais pas pour autant la plus vraie.

On nous a annoncé le début d’une guerre qui se poursuivrait pendant plusieurs générations. Dick Cheney l’a dit, Donald Rumsfeld l’a dit, George Bush l’a déclaré. Et lorsque je les ai écoutés prononcer ces phrases, j’ai ressenti un frisson d’inquiétude : mais que diable ! Ont-ils perdu la tête ? Ils nous disent que nous mourrons tous en temps de guerre ou que nous mourrons en état de guerre. Mais où ces messieurs lisent-ils l’avenir, dans quelle boule de cristal ? Est-il possible de croire que, pour vaincre Oussama Ben Laden, on ait besoin d’une guerre qui dure une génération tout entière ? Avez-vous jamais entendu un chef militaire appeler son peuple à la guerre en annonçant par avance qu’il ne pourrait pas la remporter au cours des trente années suivantes ? Initialement, cette guerre avait été dénommée « Justice infinie ». Notez bien que les attributs infinis n’appartiennent qu’à Dieu. Nous sommes donc devant des discours religieux, non politiques. À ce qu’il semble, ces gens pensent (ou veulent nous faire croire qu’ils pensent) qu’ils sont investis d’une mission morale, d’un magistère religieux. Cela n’a pas été une erreur, ça a été un lapsus. Je ne sais pas quel est le pire des deux : ce lapsus ou l’annonce en parallèle, répétée jusqu’à l’obsession, que la guerre « durera toute une génération ». Et pourquoi donc ? Contre qui ? À quoi se préparent-ils ? Pourquoi veulent-ils nous terroriser ? Comme je crois qu’ils ne sont ni fous, ni ivres, il ne me reste plus qu’à penser qu’ils parlent sérieusement.

Les faits le confirment. Je vois le président des États-Unis (que j’appellerai dorénavant « Empereur substitut ») qui, à la mi-novembre 2001, émet un décret disant : que le président des États-Unis d’Amérique, sur la base d’informations transmises par ses services secrets, institue des commissions militaires secrètes ; qu’elles se substitueront aux tribunaux civils et militaires, qu’elles pourront juger — sans obligation d’apporter les preuves à l’accusé, encore moins au public — des ressortissants étrangers capturés n’importe où, même hors des États-Unis, qu’elles statueront sur leur sort n’importe où, même hors des États-Unis, sans qu’ils aient le droit de choisir un défenseur ; enfin, que les prisonniers pourront être condamnés sans appel à la peine de mort par le vote de deux commissaires militaires US sur les trois qui composent cette commission spéciale.

Moi, je lis les journaux états-uniens et je réfléchis. Qu’est-ce que l’Empereur a dans la tête lorsqu’il promulgue un décret de ce genre qui signifie, purement et simplement, la fin de toute légalité internationale hormis celle de l’Empereur ? Cela signifie qu’il en est fini de notre souveraineté, de la souveraineté de l’Italie, de la France, de l’Allemagne, du Pakistan, de l’Irak, de quiconque. En d’autres termes : nous avons perdu notre souveraineté.

L’ennemi chinois

Si quelqu’un doute encore que là-bas, à Washington, on plaisante, qu’il ne se fasse plus d’illusions. J’essaierai maintenant de vous exposer la situation qui s’est présenté à moi dans toute son évidence, alors que je travaillais à la rédaction du livre La Guerra Infinita [2] Jusqu’alors, je n’ai trouvé personne qui ait pu fournir une reconstitution, une interprétation en mesure de démentir ma thèse ou d’en contester des aspects de fond. Commençons par une interrogation essentielle — qui prête immédiatement au scandale puisqu’elle ose mettre en question ce que les bien-pensants considèrent comme acquis — : qui est l’ennemi ? À la fin de l’année 2002, le Pentagone a diffusé un document portant une signature très importante, celle de Donald Rumsfeld [3]. En 2002, Donald Rumsfeld n’était pas encore secrétaire à la Défense, mais il est important de ne pas négliger le fait que, dès la fin de l’année 2002, le Pentagone estimait qu’en 2017, l’ennemi principal des États-Unis serait la Chine.

On est en droit de se demander : pourquoi en 2017 précisément ? Réponse : parce que c’est ce qui ressort des calculs et des extrapolations effectués par les centres de recherche militaire. Il suffit d’introduire dans l’ordinateur, comme l’ont sûrement fait les analystes du Pentagone, les données des tendances démographiques, économiques, technologiques et militaires de la Chine pour constater que si la croissance de la Chine se poursuit au rythme actuel de 7-8 % de son produit intérieur brut en moyenne annuelle — comme c’est le cas depuis une vingtaine d’années — vers 2017, 1 300 millions d’individus commenceront à consommer « trop ». C’est-à-dire qu’ils commenceront à manger autant de pain que nous, à boire autant d’eau que nous, à posséder autant de voitures que nous et à consommer autant d’essence que nous. Et nous, les riches (même si nous ne sommes pas tous riches et que nous avons simplement profité des miettes tombées de la table des riches), qui ne sommes qu’un milliard d’individus, nous avons déjà gravement endommagé la Nature qui nous entoure par le type de consommation que nous avons enclenché.

Imaginons un peu ce qui arrivera lorsque un milliard trois cents millions de personnes supplémentaires feront leur apparition sur le marché de la consommation avec les mêmes prétentions au gaspillage que nous ! Il est évident qu’il n’y aura pas de place pour nous et pour eux, à moins de détruire le fondement même de la vie sur la planète. En outre, aujourd’hui déjà, un seul pays sur la terre peut prendre des décisions sans en demander la permission aux USA et à leur président : ce pays s’appelle République Populaire de Chine. Je précise, afin d’éviter tout malentendu, que je n’exprime aucun jugement sur le régime politique et social qui dirige la Chine en ce moment. Je me borne à constater les effets actuels et potentiels de son développement. Et si les choses vont ainsi, on ne peut éluder une autre question : qui décidera de ce que la Chine aura le droit de consommer, et l’autorisera-t-on à consommer autant que nous ?

La guerre des riches

Il y a une énorme tension sociale dans le monde, qui s’est accrue au-delà de toute limite précédente, entre riches et pauvres. Le nombre de riches se restreint, alors qu’ils deviennent de plus en plus riches, et le nombre de pauvres augmente, alors qu’ils deviennent de plus en plus pauvres. Cela représente le premier élastique ; un élastique terrible qui, ces vingt dernières années, s’est tendu au-delà du supportable. La différence entre le quintile le plus riche et le plus pauvre du monde s’est multipliée par quatre et demi au cours des vingt dernières années. Le quintile, c’est les 20 % les plus riches et l’autre quintile, les 20 % les plus pauvres. Quatre fois et demie en vingt ans. C’est-à-dire que la mondialisation états-unienne (je l’appelle ainsi parce que ce sont les USA qui ont déterminé cette phase de manière absolument prédominante) a produit une accumulation de richesse monstrueuse aux mains d’un nombre infime de gens. Néanmoins, cela ne représente qu’une partie du problème. Il y en a une seconde, beaucoup plus importante. C’est le fait que nous sommes arrivés aujourd’hui aux limites du développement. Cela non plus n’avait jamais eu lieu. Nous avons connu un siècle et demi de développement (capitaliste et non capitaliste), qui a vu une forte croissance du nord de la planète et une croissance faible ou inexistante au sud. Nous connaissons la façon dont l’humanité s’est développée et nous l’observons d’un oeil distrait. Mais c’est notre vie quotidienne qui devrait nous faire réagir. En effet, dans l’histoire de l’humanité, il n’était encore jamais arrivé que les hommes modifient l’environnement à une si grande échelle. Nous, nous sommes parvenus exactement à ce stade. Ce n’est pas ici que nous pourrons en analyser toutes les causes. Là encore, je me borne à constater des faits. La limite, le plafond de ce développement qui est le nôtre, est désormais à peine au-dessus de nos têtes ; si nous nous mettons sur la pointe des pieds, nous effleurons ce plafond. Dans tout l’Occident, nous sommes déjà obligés de fermer nos villes car nous ne respirons plus ; et déjà, pendant que nous discutons, un milliard d’hommes n’a pas assez d’eau à boire. Dans dix ans, les projections indiquent que le nombre d’hommes qui n’auront pas suffisamment d’eau à boire s’élèvera à deux milliards et demi. L’alimentation de trois des six milliards d’habitants de la planète pose déjà des problèmes. Déjà ! Et que se passera-t-il alors, si ce milliard deux cents millions de gens que nous évoquions plus haut entrent en scène en tant que consommateurs ? Ces gens qui voudront consommer comme nous, comment pourrons-nous le leur refuser ? Selon quel critère et avec quelle force leur dirons-nous qu’ils n’y ont pas droit ? Et aux trois autres milliards de personnes qui vivent avec un dollar par jour ? Et aux millions d’enfants qui meurent de faim ? Comment le leur expliquerons-nous, qu’ils n’y ont pas droit ? Et quel président des États-Unis se lèvera un beau matin et dira aux 300 millions d’Etats-uniens : « Mes chers concitoyens, nous ne pouvons plus continuer ainsi. Nous devons changer ce système de vie, nous devons établir avec le reste du monde les moyens de survivre, nous devons déterminer avec eux nos niveaux de consommation, la qualité de notre vie » ? Cela suppose de prendre place autour d’une table, de s’asseoir tous ensemble – les représentants de l’Occident, de l’Europe, de l’Amérique, de la Chine, de l’Inde, du monde arabe, tous ensemble, de sortir les pistolets des poches et de les mettre de côté. Cela suppose que l’on commence à discuter d’égal à égal, honnêtement, sur la manière dont on doit vivre, sauver notre planète, éviter de compromettre nos glaciers, nos sources ; que l’on se mette à réfléchir à l’avenir de nos enfants et des générations futures.

C’est l’une des possibilités. Malheureusement, ce n’est pas la plus probable. Quelle est l’alternative ? La guerre. Voilà pourquoi nous allons à la guerre. Nous allons à la guerre parce que le groupe dirigeant des États-Unis et tous les groupes dirigeants occidentaux sont incapables de dire la vérité sur la situation du monde. Ces hommes n’ont ni les instruments culturels, ni l’intention de le faire. Peut-être est-ce une tâche trop grande et trop difficile, voire dangereuse, car si un président des États-Unis se levait pour dire quelque chose de ce genre, il est probable qu’on le tuerait le jour suivant. Il existe des pouvoirs aussi forts qu’obtus, dont l’unique intérêt est de continuer ainsi, comme ils l’ont toujours fait, tête basse, à la recherche du profit.

Mais il faut reconnaître qu’en la matière, il n’existe pas non plus d’alternative culturelle forte. Le point essentiel est qu’il ne s’agit pas seulement d’un affrontement entre les riches et les pauvres du monde. Nous sommes confrontés à une lutte totalement inédite, qui ne doit plus être mesurée d’après les vieilles théories sur l’impérialisme, mais plutôt en termes de survie pure et simple de l’être humain.

Vous aurez compris que nous sommes au beau milieu d’un tournant difficile et nouveau. Et c’est la terrible complexité de ce tournant qui, elle seule, peut expliquer pourquoi le président des États-Unis nous annonce que nous entrons dans une guerre très longue, tellement longue qu’elle durera toute une génération, voire plusieurs. C’est la guerre des riches contre tous les autres. Ils veulent nous entraîner dans cette guerre parce qu’ils pensent qu’ils en sortiront victorieux ; ils n’ont pas compris que même les riches n’en reviendront pas vainqueurs. Une guerre où il n’y aura pas de vainqueurs. Et moi, je vous demande, et je me demande : que pouvons-nous faire pour ne pas y aller, dans cette guerre ?

Personnellement, je ne vois aucun sens à aller se brûler, et encore moins de sens à se brûler sans raison. Parce que, justement, je ne suis pas du tout convaincu que cette guerre — une guerre qui implique le massacre de plusieurs centaines de millions d’hommes — soit d’une quelconque utilité pour le destin du genre humain. Et elle ne nous aidera sûrement pas à sauvegarder les valeurs de l’Occident dont, sur le papier, nous sommes si fiers.

(A suivre…)

Copyright Timéli éditions (Suisse).

Ce texte est issu d’une conférence qui s’est tenue au cercle Agorà de Pise le 21 mars 2002 ; il a été revu et mis à jour en août 2003.
Traduit et adapté de l’italien par Delphine Chevallier, Florence.

[1] Village du Val-d’Aoste. Ndt.

[2] « La Guerra Infinita » (Feltrinelli, Milan) a été publié au début du mois de mars 2002.

[3] En réalité, comme il est apparu par la suite, ce document faisait partie d’une étude bien plus vaste qui portait la signature, avec celle de Rumsfeld, de presque tous les membres les plus importants de l’actuelle administration américaine. Il s’agissait du « Project for a New American Century » (PNAC), une sorte de manifeste stratégique des néco-conservateurs..

Giulietto Chiesa

Giulietto Chiesa est journaliste. Il fut correspondant de presse d’El Manifesto et d’Avvenimenti, et collaborateur de nombreuses radios et télévisions en Italie, en Suisse, au Royaume-Uni, en Russie et au Vatican. Auteur de divers ouvrages, il a notamment écrit sur la dissolution de l’URSS et sur l’impérialisme états-unien.

Ancien député au Parlement européen (Alliance des démocrates et libéraux, 2004-2008), il est membre du Bureau exécutif du World Political Forum

07-03

http://www.voltairenet.org/article164024.html



2 Brèves

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

2-1 Le président Mahmoud Ahmadinejad qualifie le 11-Septembre de grand mensonge.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a qualifié samedi la version officielle des attentats du 11-Septembre de "grand mensonge", utilisé par les Etats-Unis comme excuse pour justifier leur guerre contre le terrorisme, prélude à l'invasion de l'Afghanistan, d'après les médias locaux.

Le commentaire du président, émis lors d'un discours au ministère du Renseignement, traduit l'escalade des tensions entre l'Occident et l'Iran autour de son programme nucléaire. Ahmadinejad a estimé que les attaques correspondaient à "un scénario sophistiqué des services de renseignement mis en acte".

En 2007, les autorités new-yorkaises avait refusé au dirigeant iranien la possibilité de se rendre sur le site du World Trade Center, parce qu'il avait suggéré que soient réexaminées les raisons de ces attentats. Il avait aussi mis en cause le décompte des victimes, affirmant que les Américains n'avaient jamais donné leurs noms.

AP

07.03.

http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/international/proche_moyenorient/20100307.FAP2505/le_president_iranien_qualifie_le_11septembre_de_grand_m.html


2-2 Des conseillers d’Obama : 11-Septembre : les accusés pourraient être jugés par des tribunaux militaires d'exception.

Plusieurs conseillers du président Barack Obama souhaitent que les suspects des attentats du 11-Septembre soient traduits devant des tribunaux militaires d'exception, en contradiction avec la position précédente des Etats-Unis, affirme vendredi 5 mars le Washington Post.

Un haut responsable de la Maison Blanche interrogé à ce sujet par l'AFP s'est contenté d'affirmer qu'aucune décision n'avait été prise pour le moment, mais selon le Washington Post, qui cite des sources anonymes de la présidence, "des conseillers du président Obama sont tout près de recommander que Khaled Cheikh Mohammed, le cerveau autoproclamé des attaques du 11 septembre 2001, soit jugé par un tribunal militaire" avec ses quatre coaccusés.

La position de l'administration Obama sur le sort judiciaire de ces cinq détenus de Guantanamo, accusés d'avoir fomenté les attentats qui ont fait près de 3 000 morts, a notablement évolué ces derniers mois.

En novembre 2009, le ministre de la justice Eric Holder avait opté pour la tenue d'un procès civil devant un tribunal de Manhattan à New York.

Mais l'administration a changé de position fin janvier face à l'opposition d'élus, dont le maire de la ville Michael Bloomberg, à la tenue d'un événement de telle portée tout près du site des tours jumelles du World Trade Center.

Et le 12 février, Eric Holder avait laissé ouverte la possibilité qu'un tel procès se déroule devant la justice militaire, affirmant au Washington Post qu'"en fin de compte, quel que soit l'endroit où ce procès aura lieu, devant quelque juridiction que ce soit, ce qu'il faut, c'est que cela ait lieu de façon aussi transparente que possible en respectant toutes les règles".

5/3

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2010/03/05/11-sep...


2-3 Le Sénat US prolonge trois dispositions de la loi antiterroriste PATRIOT ACT.

Comme le rappelait Obama lors de son discours d’investiture[1], et comme nous le répètent nos détracteurs, inquiets de nous voir si préoccupés par des faits vieux de presque 9 ans (!) il nous faut désormais regarder vers l’avenir, et non retourner les événements du passé.

Oui mais voilà, ces événements passés ont encore un impact majeur sur nos démocraties – à commencer par celles des États-Unis – et les lois du PATRIOT ACT votées dans l’urgence en novembre 2001 restent d’actualité.

Trois de leurs principales dispositions viennent d’être reconduites par le Sénat états-unien.

Le Sénat US prolonge trois dispositions de la loi antiterroriste

Le Sénat américain a prolongé d’un an trois dispositions du "Patriot Act". Cet arsenal législatif de lutte antiterroriste avait été mis en place par l’administration de George W. Bush après le 11-Septembre.

Les sénateurs ont approuvé mercredi la prolongation de ces clauses jusqu’au 28 février 2011.

La "surveillance mobile" des communications de suspects utilisant plusieurs lignes téléphoniques a ainsi été reconduite. Le principe du "loup solitaire", qui permet d’enquêter sur une personne paraissant agir pour son propre compte, a également été prolongé.

Les sénateurs ont enfin maintenu la possibilité pour les autorités d’accéder à "toute donnée tangible", comme des courriers électroniques, sur un suspect. La commission des Affaires judiciaires du Sénat avait approuvé début octobre l’extension de ces mesures.

Cette commission avait également approuvé un encadrement renforcé des activités des forces de l’ordre, loin de la grande liberté d’action dont elles disposaient en vertu du premier Patriot Act voté après le 11-Septembre. Mais devant l’opposition des sénateurs républicains, cette dernière disposition n’a pas été retenue.

"J’aurais préféré ajouter du contrôle et une amélioration du droit de regard judiciaire aux dispositions" du Patriot Act qui arrivent à expiration, a commenté mercredi dans un communiqué le président de la commission des Affaires judiciaires, le sénateur démocrate Patrick Leahy.

Ce vote intervient après que nombre d’élus de l’opposition eurent violemment critiqué la gestion par les autorités américaines de l’attentat manqué contre un avion américain le jour de Noël. Ils estiment notamment que le suspect, Umar Farouk Abdulmutallab, aurait dû être remis à la justice militaire.

Saluant la prolongation des mesures, le sénateur républicain Kit Bond, vice-président de la commission du Renseignement, a toutefois estimé qu’il était "crucial" que l’utilisation de ces outils ne soit pas limitée dans le temps.

GeantVert

mars 4, 2010

paru dans Romandie.com, le 25 février 2010

http://www.reopen911.info/News/2010/03/04/le-senat-us-pro...


2-4 Du 11 Septembre 2001 aux prémisses de la mondialisation.

En 2003, Michael Meacher le ministre de l’Environnement de Tony Blair qualifiait la guerre contre le terrorisme de "bidon" et remettait en cause la version officielle américaine sur le 11/9.

En 2008, le Sénateur Fujita demandait des comptes sur les événements devant le parlement japonais.
Dans cet article daté de 2009 et repris par le 
Réseau Voltaire, le Général Leonid Ivashov, Chef d’état-major des armées russes en poste le 11 Septembre 2001, présente son point de vue sur les répercussions du 11/9. Laissant de côté la puissance d’action si facilement prêtée à al-Qaida, il s’intéresse davantage aux enjeux géostratégiques où la guerre contre le terrorisme sert des desseins bien particuliers et où carte blanche est laissée aux pouvoirs financiers au détriment du droit international. Le coup de semonce du 11/9 révélait une "crise systémique de la civilisation humaine" détruisant un monde multipolaire pour un nouvel ordre unipolaire. La conjoncture mondiale actuelle semble lui donner raison.

apetimedia

Published on février 28, 2010 par

http://www.reopen911.info/News/2010/02/28/du-11-septembre...



3  Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 David Ray Griffin : Michael Hess interviewé sur le 11/9 – les preuves que le NIST a menti.

Un timing qui ne tient pas.

Le professeur David Ray Griffin* revient sur les témoignages télévisés donnés par Barry Jennings et Michael Hess juste après leur évacuation du WTC 7 le 11 Septembre 2001.

Comparant la chronologie des événements tels que les témoins l’ont rapportée à celle établie par le NIST**, D. R. Griffin relève ici des contradictions de taille lui permettant d’affirmer que le NIST, à l’origine de la version officielle de l’effondrement de la tour le 11 Septembre 2001, a menti.

Il note aussi que Michael Hess est revenu sur son premier témoignage quelques temps plus tard, lors d’une autre interview.

Cet article publié dans wanttoknow.info retrace la démarche entreprise par le Professeur pour aboutir à une conclusion de poids.

Cette analyse est un élément de plus qui vient se greffer aux diverses défaillances déjà constatées à propos de  la version officielle.

Quelle crédibilité peut-on encore accorder à l’enquête du  NIST ?


Michael Hess interviewé sur le 11/9 : le NIST a menti sur le moment où lui et Barry Jennings ont été sauvés.

Peu après la première attaque sur le World Trade Center, qui survint le matin du 11 septembre à 8h46, Michael Hess, membre du Conseil Municipal de New-York, et Barry Jennings, directeur adjoint du département de Gestion d’urgence de l’Office du logement de la ville de New-York, ont rejoint le Centre d’opérations d’urgences dans les bureaux de Gestion d’urgence situé au 23ème étage du WTC7, où ils pensaient trouver le Maire Rudy Guiliani.

Mais quand Hess et Jennings sont arrivés, l’endroit était vide. Jennings a alors téléphoné à quelqu’un afin de savoir ce qu’ils devaient faire; on lui dit qu’ils devaient partir immédiatement.

Constatant que les ascenseurs ne fonctionnaient plus, ils ont commencé à descendre les escaliers. Lorsqu’ils sont arrivés au sixième étage, il y eu une puissante explosion provenant du dessous, qui "fit s’effondrer le palier sur lequel ils étaient", a expliqué Jennings aux producteurs du film "Loose Change Final Cut" [1]. Remontant jusqu’au huitième étage, ils ont pu casser une vitre et appeler à l’aide.

Hess affirma par la suite : "[Nous] étions coincés au huitième étage enfumé, une fumée épaisse tout autour de nous, pendant environ une heure et demi, [avant que] les pompiers de New-York … arrivent et nous libèrent." [2]  

Hess a fait cette déclaration à Frank Ucciardo, journaliste de la chaîne UPN 9 News, "à Broadway, à environ un bloc de la Mairie", distante de quelques blocs du WTC 7.

Cette interview avait débuté avant midi.

Concernant le timing exact, certains ont pensé que l’interview avait commencé à 11h34.

Ceci se base sur  le fait que, selon les informations écrites sur un DVD contenant les émissions d’ UPN 9 de ce matin-là, les émissions contenues dans cette vidéo avaient débuté à 10h37 du matin. L’interview de Hess commence quant à elle au marqueur de la 57ème minute, soit à 11h34.

Cependant, des recherches complémentaires ont montré que la vidéo avait en fait débuté à 11h00.

La preuve cruciale est que, au marqueur de la 111ème minute, le programme d’ UPN 9 s’est arrêté pour retransmettre une conférence de presse des Talibans, qui avait commencé à 12h51 [3}, et 12h51 moins 111 minutes fait bien 11h00. L'interview de Hess, comme on l'a vu, débute au marqueur de la minute 57, soit 11h57.

Dans tous les cas, l'interview de Hess a commencé avant midi.

Ce fait est important car le NIST - Institut National des Standards et de la Technologie - qui a développé l'explication officielle sur l'effondrement des Twin Towers et du WTC 7, affirme que Hess et Jennings n'ont pas été secourus avant midi.

Dans son "Interim Report on WTC 7" [NdT : "Rapport intermédiaire sur le WTC 7"] , publié en 2004, le NIST affirme que les deux hommes ont été secourus entre "12h10 et 12h15." [4] Mais si Hess était interviewé à plusieurs blocs du WTC 7 avant midi, cette affirmation est impossible.

Pourquoi le NIST aurait-il déclaré une telle chose ?

Une déclaration de Hess et Jennings provenant d’un autre document du NIST suggère une autre raison : "Dans l’effondrement des deux tours, un employé de la ville de New-York et un membre du personnel du bâtiment WTC 7 se sont retrouvés coincés dans le WTC 7. Ils s’étaient rendus au centre OEM [Office of Emergency Management, bureau de Gestion d'urgence] situé 23ème étage et n’y trouvèrent personne. Alors qu’ils cherchaient un ascenseur pour descendre, les lumières vacillèrent du fait de l’effondrement du WTC 2 [la Tour Sud]. A ce moment, l’ascenseur qu’ils tentaient de prendre ne fonctionna plus, ils prirent donc les escaliers." [5]

Donc, selon le NIST, Hess et Jennings, trouvant le centre OEM vide, ont pris les escaliers juste après 9h59, quand la Tour Sud s’est effondrée. Selon le NIST, c’est cet effondrement qui est responsable du dysfonctionnement de l’ascenseur.

Cependant, comme nous l’avons vu précédemment, Jennings a dit qu’ils étaient arrivés au centre OEM peu après l’impact sur la Tour Nord, soit aux alentours de 9h00 du matin. En fait, il a même ajouté qu’ils devaient se trouver au 23ème étage "quand le second avion s’est crashé". [6] Jennings a suggéré que c’est peu après que Hess et lui ont emprunté les escaliers. Mais selon le NIST, Hess et Jennings n’ont pas pris les escaliers après l’attaque sur la Tours Nord, qui survint à 9h03, mais après l’effondrement de la Tours Sud, qui s’est produit à 9h59.

Malgré ce point en contradiction avec le témoignage de Jennings, le NIST poursuit :

"Quand ils arrivèrent au 6ème étage, le WTC 1 [la Tour Nord] s’effondra, les lumières s’éteignirent dans les escaliers, le système d’extinction automatique des feux [sprinkler] s’alluma brièvement, et la fumée et les débris remplirent l’ escalier. Les deux hommes remontèrent au 8ème étage pour briser une vitre et demandèrent de l’aide." [7]

Selon le NIST, ce que Hess et Jennings prirent pour une explosion dans le WTC 7 était en fait tout simplement un effet secondaire de l’effondrement de la Tours Nord. Cet effondrement survint à 10h28. En conséquence, si les deux hommes ont été bloqués pendant environ 90 minutes avant d’être secourus, ce qu’affirme Hess, alors ils ont du être secourus vers midi. Cela semble être le raisonnement du NIST lorsqu’il affirme qu’ils ont été libérés entre "12h10 et 12h15".

La chronologie du NIST est proprement invraisemblable.

En affirmant que Hess et Jennings ont commencé à descendre les escaliers après que la chute de la Tour Sud ait causé le dysfonctionnement de l’ascenseur, le NIST insinue donc qu’il leur a fallu 29 minutes – de 9h59 à 10h28 – pour descendre du 23ème au 6ème étage.

Cette affirmation est tout simplement impensable à la lumière de la description que donne Jennings de sa descente, qu’il décrit : "Je voulais sortir de cet immeuble au plus vite, donc j’ai commencé, non pas marche par marche, mais en sautant par paliers." [8]

La chronologie du NIST requiert, au contraire, qu’il a fallu à peu près une demi-heure à Jennings et Hess – de 9h59 environ, lors de l’effondrement de la Tour Sud, à 10h28, heure de l’effondrement de la Tour Nord – pour descendre ces 17 étages.

La chronologie du NIST est aussi en contradiction directe avec le témoignage de Jennings, qui décrit : "Lorsque nous sommes remontés au 8ème étage … les deux immeubles étaient toujours debout." [9]

Comment Jennings savait-il que les deux bâtiments étaient toujours debout ? La citation complète de Jennings – "Lorsque nous sommes remontés au 8ème étage … les deux bâtiments étaient toujours debout. Parce qu’en fait, je les cherchais – j’ai regardé d’un côté, regardé de l’autre côté, il n’y a rien de ce côté là … [Les deux] bâtiments étaient toujours là" [10] – pourrait signifier qu’il pouvait voir les Twin Towers. Cela suppose  donc que Hess et lui étaient situés sur le côté sud du WTC 7, face aux tours.

Mais cela serait incorrect. Jennings a affirmé qu’il se trouvait dans "la partie nord du bâtiment." Il a de plus indiqué que quand les tours sont tombées, il n’a pas pu les voir s’effondrer.

"J’étais coincé à l’intérieur quand les deux buildings se sont effondrés. Les pompiers sont venus … et se sont enfuis. En fait, je ne savais pas ce qui se passait. A ce moment là, la première tour est tombée. Quand ils ont commencé à courir, la première tour était en train de tomber. Je n’avais aucun moyen de le savoir. Puis je les ai vu revenir. Et je les vois revenir avec des visages bien plus inquiets. Au lieu de çà, ils sont repartis encore une fois : la deuxième tour tombait." [11]

Comprenons par là que Jennings, bien qu’il ne savait pas à ce moment là ce qui pouvait se passer – c’est à dire que les pompiers s’enfuyaient une première fois à cause de l’effondrement de la Tour Sud, puis s’enfuyaient une seconde fois lors de la chute de la Tour Nord – il le compris par la suite. C’est pour cette raison qu’il savait, au moment où il donnait son interview, que les Twin Towers étaient toujours debout lorsque l’explosion qui survint fit s’effondrer la dalle sous lui.

Jennings a même répété son explication, en affirmant :

"Quand je suis arrivé au 6ème étage, il y a eu une explosion. C’est ce qui nous a forcé à remonter au 8ème étage. Les deux immeubles étaient toujours debout. Gardez bien çà à l’esprit, je vous ai dit que les pompiers étaient venus puis s’étaient enfuis. Ils sont venus à deux reprises. Pourquoi ? Parce que la Tour 1 s’est effondrée, puis la Tour 2 s’est effondrée." [12]

La déclaration de Jennings fournit des preuves solides contre la chronologie du NIST, selon laquelle ce que Hess et Jennings ont appelé "une explosion" était en fait un simple dommage dû aux débris qui ont touché le WTC 7 lorsque la Tour Nord s’est effondrée à 10h28.

La plus forte contradiction avec la chronologie du NIST, cependant, reste l’interview de Hess donnée à UPN 9 News. Les défenseurs de la Version officielle, selon lesquels il n’y aurait eu aucune explosion au WTC 7, pourraient remettre en cause la véracité du témoignage de Jennings. Mais si Hess a donné une interview à environ un demi-mile [du WTC 7] avant midi, alors la chronologie du NIST, selon laquelle les deux hommes n’ont pas été secourus avant midi, est objectivement disqualifiée.

Partant du fait que cette interview a eu lieu à plusieurs blocs du WTC 7, il aurait probablement fallu à Hess presque une demi-heure pour parcourir cette distance après son sauvetage. Donc si l’interview a débuté à 11h57, Jennings et lui ont forcément du être secourus vers 11h30.

L’explication du NIST concernant ce que Hess et Jennings ont pris pour une explosion massive dans le WTC 7, ne peut donc être correcte. Si les deux hommes ont été secourus à environ 11h30 après avoir été bloqués pendant environ une heure trente (selon Hess), l’évènement est survenu au moins avant 10h00.

En fait, cela a du se passer encore avant, puisque Jennings affirma, on l’a vu précédemment, qu’après l’explosion et après que Hess et lui-même furent remontés au 8ème étage, les deux tours étaient toujours debout. [Or] la Tour Sud s’est effondrée à 9h59, donc ce que Hess et Jennings ont appelé une explosion est forcément survenu avant 9h59.

Ainsi, contrairement à ce qu’affirme le NIST, l’évènement en question ne pouvait être l’effondrement de la Tour Nord, puisque celui-ci n’est pas survenue avant 10h 28.

L’affirmation du NIST a pourtant été reprise par la BBC. Une émission spéciale de la BBC concernant le WTC 7, intitulée "“The Conspiracy Files: 9/11 – The Third Tower" [NdT : "Les dossiers de la conspiration : 11/9 – La troisième tour"] diffusée le 6 Juin 2008, reprenait une interview que Jennings avait donnée à la BBC. Mais la présentation de la BBC déformait les propos de Jennings. Bien qu’ayant manifestement donné durant l’interview de la BCC la même version que celle qu’il avait racontée aux producteurs de "Loose Change Final Cut" [6], la BBC s’est arrangée pour intégrer le témoignage à la chronologie du NIST. Et donc, en lien avec les images de Jennings décrivant une explosion massive dans le WTC 7 – qui doit avoir eu lieu à un moment donné entre 9h03, heure de l’attaque sur la Tour Sud, et 9h59, quand celle-ci s’est effondrée – le narrateur de la BBC dit : "A 10h28, quand la Tour Nord s’effondre … la Tour 7 subit un impact direct …

Les preuves initiales d’explosifs étaient simplement des débris provenant d’un gratte-ciel en chute." [13]

Jennings, cependant, ne pourra pas corriger le dossier. [Il] décèdera le 19 Août 2008, à seulement 53 ans, deux jours avant la publication par le NIST de son rapport sur [la chute] du WTC 7. [14]

De plus, après la mort de Jennings, la BBC a diffusé une seconde version de son émission sur le WTC 7, celle-ci intitulée "The Conspiracy Files: 9/11 – The Truth Behind the Third Tower" [NdT : "Les dossiers de la conspiration : 11/9 – La vérité sur la troisième tour"]. [15] Cette version intègre une interview de Michael Hess, qui n’apparaissait pas dans la première version, et qui, d’ailleurs, n’y était même pas mentionnée. Dans cette seconde version, Hess soutient la position du NIST et de la BBC. En confirmant que, le jour du 11/9, il avait "pensé qu’il y avait eu une explosion dans les fondations", il affirme : "Je sais maintenant que c’était causé par une partie nord de la tour 1 [la Tour Nord] tombant sur la partie sud de notre bâtiment." [16]

Dans ‘The Mysterious Collapse of World Trade Center 7: Why the Final Official Report about 9/11 Is Unscientific and False‘ [NdT : ' L'effondrement mystérieux du Word Trade Center 7 : Pourquoi le rapport officiel final sur le 11/9 est faux et non-scientifique '], j’ai donné de multiples raisons montrant que la nouvelle version de Hess n’est pas crédible.

La raison la plus évidente reste cependant le fait que Hess ait donné une interview, éloigné de plusieurs blocs [du WTC 7] à 11h57, après avoir été bloqué dans ce bâtiment pendant au moins une heure et demi. L’évènement en question n’a donc pas pu se produire aussi tard, à 10h28.

L’interview de Michael Hess est maintenant disponible publiquement, grâce à Dylan Avery, qui en a fourni une copie, et Fred Burks, qui l’a publiée pour ‘The Transformation Team’ [NdT : "L'équipe pour le changement] (EDITION : lien vers la vidéo).

NOTES

[1] Cette interview n’est pas incluse dans "Loose Change Final Cut" à la demande de Jennings, après qu’il ait été menacé concernant son emploi, a-t-il dit. Mais après que Jennings ait participé au documentaire de la BBC concernant le WTC 7 ("The Conspiracy Files : 9/11 – The Third Tower"), Dylan Avery, ayant conduit cette interview, l’a publié sur internet sous le titre "Barry Jennings – 9/11 WTC7 Full Uncut Interview,” :

Partie 1 (http://www.youtube.com/watch?v=VQY-ksiuwKU) et Partie 2 (http://www.youtube.com/watch?v=kxUj6UgPODo).

[2] “Michael Hess, WTC7 Explosion Witness,” YouTube (http://www.youtube.com/watch?v=BUfiLbXMa64).

[3] Voir “America Under Attack: Taliban Press Conference,” 11 Septembre 2001 (http://transcripts.cnn.com/TRANSCRIPTS/0109/11/bn.25.html); “Ratings: Cable World, September 24, 2001” (http://findarticles.com/p/articles/mi_m0DIZ/is_/ai_78963666). Merci à Elizabeth Woodworth d’avoir découvert ce fait.

[4] "Interim Report on WTC 7," à l’annexe L de NIST-SP 1000-5: June 2004: Progress Report on the Federal Building and Fire Safety Investigation of the World Trade Center (http://wtc.nist.gov/progress_report_june04/progress_report_june04.htm). La phrase est tirée de la section L-18.

[5] NIST NCSTAR 1-8, Federal Building and Fire Safety Investigation of the World Trade Center Disaster: The Emergency Response Operations (http://wtc.nist.gov/NCSTAR1/PDF/NCSTAR%201-8.pdf): Section 5.9.

[6] “Barry Jennings Uncut,” Partie 2, marqueurs 0:20-0:32.

[7] NIST NCSTAR 1-8: Section 5.9

[8] "The Conspiracy Files: 9/11 – The Third Tower,"  BBC, 6 Juin 2008, (publié à l’adresse http://www.911blogger.com/node/16541), marqueur 12:06-12:26.

[9] "Barry Jennings Uncut,” Partie 2, marqueur 4:52-5:02.

[10] Ibid., marqueur 4:52-5:17.

[11] “Barry Jennings Uncut,” Partie 1, marqueur 2:49-3:44.

[12] “Barry Jennings Uncut,” Partie 2, marqueur 5:08-5:33. En parlant de "Tour Une" et "Tour Deux," Jennings ne fait pas référence aux noms [des tours]. Il se réferre, respectivement, à la première tour qui s’effondre (la Tour Sud, WTC 2) et la deuxième à s’effondrer (la Tour Nord, WTC 1).

[13] "The Conspiracy Files: 9/11 – The Third Tower," marqueur 13:29-13:40.

[14] Aaron Dykes, “Key Witness to WTC 7 Explosions Dead at 53,” Inforwars.com, Mis à jour le 17 Septembre 2008 (http://www.infowars.com/?p=4602).

[15] "The Conspiracy Files: 9/11 — The Truth Behind the Third Tower,” BBC, 26 Octobre 2008 (disponible à l’adresse http://video.google.com/videoplay?docid=5313004818217244745 or http://bestdocumentaries.blogspot.com/2009/01/conspiracy-files-truth-behind-third.html).

[16] Interview Michael Hess sur la BBC, disponible chez Mike Rudin, “Caught Up in a Conspiracy Theory,” BBC, 21 Octobre 2008 (http://www.bbc.co.uk/blogs/theeditors/2008/10/caught_up_in_a_conspiracy_theo.html). Cet enregistrement se trouve dans "The Conspiracy Files: 9/11 — The Truth Behind the Third Tower," marqueur 30:24-30:40.

Note finale : WantToKnow.info pense qu’il est important de contre-balancer l’inquiétante couverture médiatique avec des écrits inspirés, qui nous incitent à être fidèles à nous-même et à travailler ensemble afin d’oeuvrer pour des changements positifs. Merci de visiter notre ‘Inspiration Center’ [NdT : Centre d'inspiration] à l’adresse http://www.WantToKnow.info/inspirational pour obtenir une abondance de documents remasterisés.

David Ray Griffin


* David Ray Griffin

Professeur de philosophie des religions et de théologie à l’université de Claremont aux Etats-Unis, maintenant retraité, il est l’auteur de douze ouvrages concernant le 11 Septembre dont "…  4 de ces ouvrages ont fait l’objet d’une reconnaissance spéciale : Le Nouveau Pearl Harbor et Omissions & manipulations ont reçu le Prix de la Fondation Hélios en 2006. 11-Septembre, La faillite des médias a obtenu la médaille de bronze dans la catégorie Actualités du Independent Publisher Book Awards 2008. The New Pearl Harbor Revisited fut sélectionné comme l’un des 50 meilleurs livres de l’année 2008 par Publishers Weekly (l’équivalent US de Livres Hebdo) et comme le « choix de la semaine » en novembre de cette même année.(Source éditions Demi-Lune)"

Il fait partie du mouvement Scholars for 9/11 Truth & Justice, s’investit dans le 9/11 Truth Movement et donne des conférences dans le monde.


**Le NIST 

Le National Institute of Standards and Technology est un institut officiel de l’administration américaine qui détermine les standards employés par cette même administration et qui publie le standard de traitement de données fédérale.

Le NIST, en charge d’enquêter sur l’effondrement du WTC 7 a conclu, après trois années d’enquête que les incendies sont à l’origine de l’effondrement de la tour en raisons de problèmes sérieux dans la conception du bâtiment.

La version officielle sur les causes de l’effondrement du WTC 7 repose entièrement sur cette étude du NIST. 


A lire

A voir

Traduction par Fyoul pour ReOpenNews

Published on février 17, 2010

par apetimedia
http://www.reopen911.info/News/2010/02/17/michael-hess-interviewe-sur-le-119-les-preuves-que-le-nist-a-menti/


Lire la suite

n°8 - dossiers du 11-09 - du 14-03 : - Suite -: Le 11 septembre 2001 : une provocation mondiale.

n°8 - dossiers du 11-09 - du 14-03 : - Suite -: Le 11 septembre 2001 : une provocation mondiale.


dossiers du 11-09 n°8 du 14-03

       C.De Broeder & M.Lemaire



 Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

3  Dossiers

3-3  AE911Truth : 1000 Architectes & Ingénieurs demandent une nouvelle enquête sur le 11-Septembre.

3-4 Vincent Robeyns  :  Michael Hess interviewé sur le 11/9 – les preuves que le NIST a menti.

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Ben laden a nié être responsable du 11/09, ne l’oubliez pas !

4-2 Le directeur de la commission sur le 9/11 : « La version officielle des attentats est fausse ».

4-3 François Marginean : La Commission sur le 9/11 confirme: La version officielle est un mensonge.

4-4 Netanyahu : « Mon père a prévu les attentats du 11-Septembre dans les années 90 »

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Le géophysicien André Rousseau et les ondes sismiques du WTC.

5-2 Pino Cabras : Forte proportion de passagers liés à l’armée dans le vol 77 qui aurait percuté le Pentagone...

5-3 Thierry Meyssan: "L'Effroyable Mensonge", Cet ouvrage n'est pas une contre-enquête, mais un pamphlet.

5-4 Giulietto Chiesa : Le 11-Septembre et la crise économique aux Etats-Unis.


 

3-3  AE911Truth : 1000 Architectes & Ingénieurs demandent une nouvelle enquête sur le 11-Septembre.

"Ceci n’est pas un effondrement, c’est une explosion" 

(Citation de www.ae911truth.org)

Le cap des 1000 signataires de la pétition Architectes et Ingénieurs pour la vérité sur le 11-Septembre vient d’être franchi.

A cette occasion, nous relayons deux articles en un : d’abord celui du Washington Times du 22 février 2010 qui rappelle les principaux points soulevés par Richard Gage et son association, ainsi que leurs démarches en cours vis-à-vis du Congrès américain.

Ensuite nous vous proposons la lettre parue sur le site belge Vigli.org concernant la conférence de presse qui s’est tenue à Bruxelles le 19 février au sujet de cette démarche des "Architectes et Ingénieurs".


UN SCOOP EXPLOSIF !

Paru dans le Washington Times, le 22 février 2010

Une question technique récurrente continue de tourmenter certaines personnes à propos des attaques terroristes du 11/9, et cette question a des implications politiques : comment les 200.000 tonnes d’acier ont-elles pu se désintégrer et s’effondrer en 11 secondes ?

Plus de mille architectes et ingénieurs veulent comprendre et en appellent au Congrès pour la mise en place d’une nouvelle enquête sur la destruction des Tours Jumelles et du Bâtiment 7 du World Trade Center.

Pour pouvoir abattre une telle masse aussi rapidement, les matériaux ont dû subir des explosions artificielles les propulsant vers l’extérieur explique Richard Gage, un architecte de San Francisco, fondateur de l’association à but non lucratif Architects & Engineers for 9/11 Truth. Mr Gage, qui est membre de l’American Institute of Architects (AIA), a réussi à convaincre plus de 1000 de ses collègues de signer la pétition demandant une nouvelle enquête officielle.

Les rapports officiels de la FEMA (Agence fédérale de protection civile) et du NIST (Institut National des Normes et de la Technologie) fournissent des comptes-rendus insuffisants, contradictoires et frauduleux sur les circonstances de la destruction des tours. En conséquence, nous demandons une enquête par un “grand jury“ sur les responsables du NIST” a rajouté Mr Gage.

Les problèmes techniques entourant l’effondrement des tours a soulevé depuis plusieurs années un débat abject et ridicule.

Mr Gage est particulièrement troublé par le Bâtiment 7, un gratte-ciel de 47 étages qui n’a été percuté par aucun avion, et qui s’est pourtant effondré à la “vitesse de la chute-libre”. Il rappelle aussi que plus de cent secouristes ont rapporté avoir entendu des explosions et vu des flashs alors que les tours s’écroulaient, et il cite des preuves comme les “pièces d’acier de plusieurs tonnes éjectées latéralement sur 200 m à plus de 100 km/h” ou la “pulvérisation de 90.000 tonnes de béton et de matériau métalliques.

De plus, il existe des preuves de ”composants de matériaux explosifs sophistiqués découverts dans les poussières du World Trade Center” explique M. Gage. La pétition du groupe www.ae911truth.org vient d’être envoyée aux membres du Congrès.

Les officiels du gouvernement vont être notifiés que l’”occultation de trahison” Code US 18 (Sec. 2382) est un crime fédéral grave, qui exige une action de la part de ceux qui possèdent les preuves de cette trahison”, a rappelé M. Gage. “Les implications sont gigantesques et pourraient avoir un impact majeur lors du procès à venir de Khalid Cheikh Mohammed.”

paru dans le Washington Times,

le 22 février 2010


*** ARTICLE PARU SUR LE SITE VIGLI.ORG ***

1000 Architectes & Ingénieurs demandent une nouvelle enquête sur le 11 septembre

Et citent des preuves de démolition explosive des trois tours du WTC

Bruxelles, le 19 février 2010

Jean-Luc Guilmot, au nom de Richard Gage, AIA, architecte et fondateur de l’association sans but lucratif Architectes et Ingénieurs pour la Vérité sur le 11/9, Inc., AE911Truth, annoncera aujourd’hui une étape majeure lors d’une conférence de presse qui se tiendra à Bruxelles, parc royal à 11.00 le 19 février 2010, alors que plus de 1,000 architectes et ingénieurs demandant maintenant qu’une nouvelle enquête soit ouverte sur la destruction des Tours Jumelles et du Bâtiment 7 au World Trade Center le 11 septembre 2001.

Après examen détaillé de l’explication officielle, de même que des données légales omises dans les rapports officiels, ces professionnels ont conclu qu’une nouvelle enquête indépendante sur ces effondrements mystérieux était nécessaire.
Des architectes et des professionnels de l’engineering ainsi que d’autres supporters discuteront des découvertes de l’organisation et de ses préoccupations. Une brève présentation des preuves explosives qu’ils ont rassemblées sera donnée, suivi par une session de Q & R. La présentation est une mise à jour importante de Blueprint for Truth – The Architecture of Destruction,” le DVD produit par l’organisation, et disponible sur leur site AE911Truth.org, qui analyse les preuves scientifiques et légales menant à la conclusion que les trois gratte-ciel à New York city ont été démolis au moyens d’explosifs le 11/9. La pétition sera délivrée aujourd’hui à chaque membre du Congrès aux Etats-Unis par les signataires AE911Truth.

Gage et son groupe basent leurs conclusions sur des preuves légales. Gage note : « Les rapports officiels de la FEMA (Agence fédérale de protection civile) et du NIST (Institut National des Normes et de la Technologie) fournissent des comptes-rendus insuffisants, contradictoires et frauduleux sur les circonstances de la destruction des tours. Par conséquent, en plus d’une nouvelle enquête, nous réclamons également la mise sur pied d’un grand jury à l’encontre des officiels du NIST.

Gage indique que la destruction du troisième gratte-ciel le 11/9, le World Trade Center 7, un building de 47 étages qui n’a été heurté par aucun avion, a fait montre d’un effondrement suivant une accélération en pure chute libre de plus de 30 mètres – un fait significatif que le NIST a été forcé d’admettre en raison des recherches conduites par les signataires de AE911Truth.

Les autres points perturbants émergeant des preuves légales sont les suivants :

  • Destruction complète du Bâtiment 7 en à peine 6 ½ secondes, de façon symétrique
  • Destruction complète des deux Tours jumelles en à peine 10 à 14 secondes, selon une accélération proche de la chute libre
  • Plus de 100 témoins de première main ont rapporté des explosions et des flashes
  • Sections en acier de plusieurs tonnes éjectées latéralement à 200 m à 100 km/h
  • Pulvérisation entre ciel et terre de 90.000 tonnes de béton et d’acier
  • Champ de débris de 350 m de diamètre : absence de planchers “en crêpes” dans les débris
  • Ejections explosives isolées entre 20 et 40 étages en dessous du front de démolition
  • Plusieurs tonnes de métal fondu dans les débris
  • Preuves d’incendiaires à base de thermite trouvées dans les échantillons de métal.
  • Preuves de matériaux composites explosifs à base de nano-thermite de haute technologie trouvées dans les poussières par une équipe internationale de scientifiques.

Les conclusions d’AE911Truth sont partagées par des milliers de scientifiques ; des militaires séniors, des officiels de secteur du renseignement et des officiels de gouvernements, des pilotes et des professionnels de l’aviation ; des sapeurs-pompiers ; des académiques et des professeurs d’université ; des survivants du 11 septembre et des membres de leur famille. Les implications sont énormes et ont un potentiel d’impact profond sur le procès à venir de Khalid Sheikh Mohammed.

A propos de AE911Truth

Le mouvement pour la vérité sur le 11 septembre, que le magazine Time a décrit en 2006 comme « une réalité politique dominante », continue à se développer.

Alors que l’influence d’AE911Truth s’étend, Gage a donné plus de 130 conférences, dans 20 états et 13 pays, dont la Belgique (Université Catholique de Louvain) en 2008, de même que l’Australie, la Nouvelle Zélande et le Japon fin 2009. Il a été interviewé par les médias dans le monde entier,– entre autres la BBC, CBC, NatGeo, Fox TV, etc.

Pour plus d’information, contact : 0497 305 220 – www.vigli.org

Site de l’association : www.ae911truth.org

GeantVert

Published on février 26, 2010

http://www.reopen911.info/News/2010/02/26/washington-times-1000-architectes-ingenieurs-demandent-une-nouvelle-enquete-sur-le-11-septembre/


3-4 Vincent Robeyns  :  Michael Hess interviewé sur le 11/9 – les preuves que le NIST a menti.

Un timing qui ne tient pas.

Le professeur David Ray Griffin* revient sur les témoignages télévisés donnés par Barry Jennings et Michael Hess juste après leur évacuation du WTC 7 le 11 Septembre 2001. Comparant la chronologie des événements tels que les témoins l’ont rapportée à celle établie par le NIST**, D. R. Griffin relève ici des contradictions de taille lui permettant d’affirmer que le NIST, à l’origine de la version officielle de l’effondrement de la tour le 11 Septembre 2001, a menti. Il note aussi que Michael Hess est revenu sur son premier témoignage quelques temps plus tard, lors d’une autre interview. Cet article publié dans wanttoknow.info retrace la démarche entreprise par le Professeur pour aboutir à une conclusion de poid. Cette analyse est un élément de plus qui vient se greffer aux diverses défaillances déjà constatées à propos de  la version officielle.

Quelle crédibilité peut-on encore accorder à l’enquête du  NIST ?


Michael Hess interviewé sur le 11/9 : les preuves que le NIST a menti sur le moment où lui et Barry Jennings ont été sauvés

par David Ray Griffin
(Mis à jour : Août 2009)

Peu après la première attaque sur le World Trade Center, qui survint le matin du 11 septembre à 8h46, Michael Hess, membre du Conseil Municipal de New-York, et Barry Jennings, directeur adjoint du département de Gestion d’urgence de l’Office du logement de la ville de New-York, ont rejoint le Centre d’opérations d’urgences dans les bureaux de Gestion d’urgence situé au 23ème étage du WTC7, où ils pensaient trouver le Maire Rudy Guiliani. Mais quand Hess et Jennings sont arrivés, l’endroit était vide. Jennings a alors téléphoné à quelqu’un afin de savoir ce qu’ils devaient faire; on lui dit qu’ils devaient partir immédiatement. Constatant que les ascenseurs ne fonctionnaient plus, ils ont commencé à descendre les escaliers. Lorsqu’ils sont arrivés au sixième étage, il y eu une puissante explosion provenant du dessous, qui "fit s’effondrer le palier sur lequel ils étaient", a expliqué Jennings aux producteurs du film "Loose Change Final Cut" [1]. Remontant jusqu’au huitième étage, ils ont pu casser une vitre et appeler à l’aide. Hess affirma par la suite : "[Nous] étions coincés au huitième étage enfumé, une fumée épaisse tout autour de nous, pendant environ une heure et demi, [avant que] les pompiers de New-York … arrivent et nous libèrent." [2]  

Hess a fait cette déclaration à Frank Ucciardo, journaliste de la chaîne UPN 9 News, "à Broadway, à environ un bloc de la Mairie", distante de quelques blocs du WTC 7. Cette interview avait débuté avant midi.

Concernant le timing exact, certains ont pensé que l’interview avait commencé à 11h34. Ceci se base sur  le fait que, selon les informations écrites sur un DVD contenant les émissions d’ UPN 9 de ce matin-là, les émissions contenues dans cette vidéo avaient débuté à 10h37 du matin. L’interview de Hess commence quant à elle au marqueur de la 57ème minute, soit à 11h34.

Cependant, des recherches complémentaires ont montré que la vidéo avait en fait débuté à 11h00. La preuve cruciale est que, au marqueur de la 111ème minute, le programme d’ UPN 9 s’est arrêté pour retransmettre une conférence de presse des Talibans, qui avait commencé à 12h51 [3}, et 12h51 moins 111 minutes fait bien 11h00. L'interview de Hess, comme on l'a vu, débute au marqueur de la minute 57, soit 11h57.

Dans tous les cas, l'interview de Hess a commencé avant midi.

Ce fait est important car le NIST - Institut National des Standards et de la Technologie - qui a développé l'explication officielle sur l'effondrement des Twin Towers et du WTC 7, affirme que Hess et Jennings n'ont pas été secourus avant midi. Dans son "Interim Report on WTC 7" [NdT : "Rapport intermédiaire sur le WTC 7"] , publié en 2004, le NIST affirme que les deux hommes ont été secourus entre "12h10 et 12h15." [4] Mais si Hess était interviewé à plusieurs blocs du WTC 7 avant midi, cette affirmation est impossible.

Pourquoi le NIST aurait-il déclaré une telle chose ? Une déclaration de Hess et Jennings provenant d’un autre document du NIST suggère une autre raison :

"Dans l’effondrement des deux tours, un employé de la ville de New-York et un membre du personnel du bâtiment WTC 7 se sont retrouvés coincés dans le WTC 7. Ils s’étaient rendus au centre OEM [Office of Emergency Management, bureau de Gestion d'urgence] situé 23ème étage et n’y trouvèrent personne. Alors qu’ils cherchaient un ascenseur pour descendre, les lumières vacillèrent du fait de l’effondrement du WTC 2 [la Tour Sud]. A ce moment, l’ascenseur qu’ils tentaient de prendre ne fonctionna plus, ils prirent donc les escaliers." [5]

Donc, selon le NIST, Hess et Jennings, trouvant le centre OEM vide, ont pris les escaliers juste après 9h59, quand la Tour Sud s’est effondrée. Selon le NIST, c’est cet effondrement qui est responsable du dysfonctionnement de l’ascenseur.

Cependant, comme nous l’avons vu précédemment, Jennings a dit qu’ils étaient arrivés au centre OEM peu après l’impact sur la Tour Nord, soit aux alentours de 9h00 du matin. En fait, il a même ajouté qu’ils devaient se trouver au 23ème étage "quand le second avion s’est crashé". [6] Jennings a suggéré que c’est peu après que Hess et lui ont emprunté les escaliers. Mais selon le NIST, Hess et Jennings n’ont pas pris les escaliers après l’attaque sur la Tours Nord, qui survint à 9h03, mais après l’effondrement de la Tours Sud, qui s’est produit à 9h59.

Malgré ce point en contradiction avec le témoignage de Jennings, le NIST poursuit :

"Quand ils arrivèrent au 6ème étage, le WTC 1 [la Tour Nord] s’effondra, les lumières s’éteignirent dans les escaliers, le système d’extinction automatique des feux [sprinkler] s’alluma brièvement, et la fumée et les débris remplirent l’ escalier. Les deux hommes remontèrent au 8ème étage pour briser une vitre et demandèrent de l’aide." [7]

Selon le NIST, ce que Hess et Jennings prirent pour une explosion dans le WTC 7 était en fait tout simplement un effet secondaire de l’effondrement de la Tours Nord. Cet effondrement survint à 10h28. En conséquence, si les deux hommes ont été bloqués pendant environ 90 minutes avant d’être secourus, ce qu’affirme Hess, alors ils ont du être secourus vers midi. Cela semble être le raisonnement du NIST lorsqu’il affirme qu’ils ont été libérés entre "12h10 et 12h15".

La chronologie du NIST est proprement invraisemblable. En affirmant que Hess et Jennings ont commencé à descendre les escaliers après que la chute de la Tour Sud ait causé le dysfonctionnement de l’ascenseur, le NIST insinue donc qu’il leur a fallu 29 minutes – de 9h59 à 10h28 – pour descendre du 23ème au 6ème étage.

Cette affirmation est tout simplement impensable à la lumière de la description que donne Jennings de sa descente, qu’il décrit : "Je voulais sortir de cet immeuble au plus vite, donc j’ai commencé, non pas marche par marche, mais en sautant par paliers." [8] La chronologie du NIST requiert, au contraire, qu’il a fallu à peu près une demi-heure à Jennings et Hess – de 9h59 environ, lors de l’effondrement de la Tour Sud, à 10h28, heure de l’effondrement de la Tour Nord – pour descendre ces 17 étages.

La chronologie du NIST est aussi en contradiction directe avec le témoignage de Jennings, qui décrit : "Lorsque nous sommes remontés au 8ème étage … les deux immeubles étaient toujours debout." [9]

Comment Jennings savait-il que les deux bâtiments étaient toujours debout ? La citation complète de Jennings – "Lorsque nous sommes remontés au 8ème étage … les deux bâtiments étaient toujours debout. Parce qu’en fait, je les cherchais – j’ai regardé d’un côté, regardé de l’autre côté, il n’y a rien de ce côté là … [Les deux] bâtiments étaient toujours là" [10] – pourrait signifier qu’il pouvait voir les Twin Towers. Cela suppose  donc que Hess et lui étaient situés sur le côté sud du WTC 7, face aux tours.

Mais cela serait incorrect. Jennings a affirmé qu’il se trouvait dans "la partie nord du bâtiment." Il a de plus indiqué que quand les tours sont tombées, il n’a pas pu les voir s’effondrer.

"J’étais coincé à l’intérieur quand les deux buildings se sont effondrés. Les pompiers sont venus … et se sont enfuis. En fait, je ne savais pas ce qui se passait. A ce moment là, la première tour est tombée. Quand ils ont commencé à courir, la première tour était en train de tomber. Je n’avais aucun moyen de le savoir. Puis je les ai vu revenir. Et je les vois revenir avec des visages bien plus inquiets. Au lieu de çà, ils sont repartis encore une fois : la deuxième tour tombait." [11]

Comprenons par là que Jennings, bien qu’il ne savait pas à ce moment là ce qui pouvait se passer – c’est à dire que les pompiers s’enfuyaient une première fois à cause de l’effondrement de la Tour Sud, puis s’enfuyaient une seconde fois lors de la chute de la Tour Nord – il le compris par la suite. C’est pour cette raison qu’il savait, au moment où il donnait son interview, que les Twin Towers étaient toujours debout lorsque l’explosion qui survint fit s’effondrer la dalle sous lui.

Jennings a même répété son explication, en affirmant :

"Quand je suis arrivé au 6ème étage, il y a eu une explosion. C’est ce qui nous a forcé à remonter au 8ème étage. Les deux immeubles étaient toujours debout. Gardez bien çà à l’esprit, je vous ai dit que les pompiers étaient venus puis s’étaient enfuis. Ils sont venus à deux reprises. Pourquoi ? Parce que la Tour 1 s’est effondrée, puis la Tour 2 s’est effondrée." [12]

La déclaration de Jennings fournit des preuves solides contre la chronologie du NIST, selon laquelle ce que Hess et Jennings ont appelé "une explosion" était en fait un simple dommage dû aux débris qui ont touché le WTC 7 lorsque la Tour Nord s’est effondrée à 10h28.

La plus forte contradiction avec la chronologie du NIST, cependant, reste l’interview de Hess donnée à UPN 9 News. Les défenseurs de la Version officielle, selon lesquels il n’y aurait eu aucune explosion au WTC 7, pourraient remettre en cause la véracité du témoignage de Jennings. Mais si Hess a donné une interview à environ un demi-mile [du WTC 7] avant midi, alors la chronologie du NIST, selon laquelle les deux hommes n’ont pas été secourus avant midi, est objectivement disqualifiée.

Partant du fait que cette interview a eu lieu à plusieurs blocs du WTC 7, il aurait probablement fallu à Hess presque une demi-heure pour parcourir cette distance après son sauvetage. Donc si l’interview a débuté à 11h57, Jennings et lui ont forcément du être secourus vers 11h30.

L’explication du NIST concernant ce que Hess et Jennings ont pris pour une explosion massive dans le WTC 7, ne peut donc être correcte. Si les deux hommes ont été secourus à environ 11h30 après avoir été bloqués pendant environ une heure trente (selon Hess), l’évènement est survenu au moins avant 10h00.

En fait, cela a du se passer encore avant, puisque Jennings affirma, on l’a vu précédemment, qu’après l’explosion et après que Hess et lui-même furent remontés au 8ème étage, les deux tours étaient toujours debout. [Or] la Tour Sud s’est effondrée à 9h59, donc ce que Hess et Jennings ont appelé une explosion est forcément survenu avant 9h59.

Ainsi, contrairement à ce qu’affirme le NIST, l’évènement en question ne pouvait être l’effondrement de la Tour Nord, puisque celui-ci n’est pas survenue avant 10h 28.

L’affirmation du NIST a pourtant été reprise par la BBC. Une émission spéciale de la BBC concernant le WTC 7, intitulée "“The Conspiracy Files: 9/11 – The Third Tower" [NdT : "Les dossiers de la conspiration : 11/9 – La troisième tour"] diffusée le 6 Juin 2008, reprenait une interview que Jennings avait donnée à la BBC. Mais la présentation de la BBC déformait les propos de Jennings. Bien qu’ayant manifestement donné durant l’interview de la BCC la même version que celle qu’il avait racontée aux producteurs de "Loose Change Final Cut" [6], la BBC s’est arrangée pour intégrer le témoignage à la chronologie du NIST. Et donc, en lien avec les images de Jennings décrivant une explosion massive dans le WTC 7 – qui doit avoir eu lieu à un moment donné entre 9h03, heure de l’attaque sur la Tour Sud, et 9h59, quand celle-ci s’est effondrée – le narrateur de la BBC dit : "A 10h28, quand la Tour Nord s’effondre … la Tour 7 subit un impact direct … Les preuves initiales d’explosifs étaient simplement des débris provenant d’un gratte-ciel en chute." [13]

Jennings, cependant, ne pourra pas corriger le dossier. [Il] décèdera le 19 Août 2008, à seulement 53 ans, deux jours avant la publication par le NIST de son rapport sur [la chute] du WTC 7. [14]

De plus, après la mort de Jennings, la BBC a diffusé une seconde version de son émission sur le WTC 7, celle-ci intitulée "The Conspiracy Files: 9/11 – The Truth Behind the Third Tower" [NdT : "Les dossiers de la conspiration : 11/9 – La vérité sur la troisième tour"]. [15] Cette version intègre une interview de Michael Hess, qui n’apparaissait pas dans la première version, et qui, d’ailleurs, n’y était même pas mentionnée. Dans cette seconde version, Hess soutient la position du NIST et de la BBC. En confirmant que, le jour du 11/9, il avait "pensé qu’il y avait eu une explosion dans les fondations", il affirme : "Je sais maintenant que c’était causé par une partie nord de la tour 1 [la Tour Nord] tombant sur la partie sud de notre bâtiment." [16]

Dans ‘The Mysterious Collapse of World Trade Center 7: Why the Final Official Report about 9/11 Is Unscientific and False‘ [NdT : ' L'effondrement mystérieux du Word Trade Center 7 : Pourquoi le rapport officiel final sur le 11/9 est faux et non-scientifique '], j’ai donné de multiples raisons montrant que la nouvelle version de Hess n’est pas crédible. La raison la plus évidente reste cependant le fait que Hess ait donné une interview, éloigné de plusieurs blocs [du WTC 7] à 11h57, après avoir été bloqué dans ce bâtiment pendant au moins une heure et demi. L’évènement en question n’a donc pas pu se produire aussi tard, à 10h28.

L’interview de Michael Hess est maintenant disponible publiquement, grâce à Dylan Avery, qui en a fourni une copie, et Fred Burks, qui l’a publiée pour ‘The Transformation Team’ [NdT : "L'équipe pour le changement] (EDITION : lien vers la vidéo).

NOTES

[1] Cette interview n’est pas incluse dans "Loose Change Final Cut" à la demande de Jennings, après qu’il ait été menacé concernant son emploi, a-t-il dit. Mais après que Jennings ait participé au documentaire de la BBC concernant le WTC 7 ("The Conspiracy Files : 9/11 – The Third Tower"), Dylan Avery, ayant conduit cette interview, l’a publié sur internet sous le titre "Barry Jennings – 9/11 WTC7 Full Uncut Interview,” : Partie 1 (http://www.youtube.com/watch?v=VQY-ksiuwKU) et Partie 2 (http://www.youtube.com/watch?v=kxUj6UgPODo).

[2] “Michael Hess, WTC7 Explosion Witness,” YouTube (http://www.youtube.com/watch?v=BUfiLbXMa64).

[3] Voir “America Under Attack: Taliban Press Conference,” 11 Septembre 2001 (http://transcripts.cnn.com/TRANSCRIPTS/0109/11/bn.25.html); “Ratings: Cable World, September 24, 2001” (http://findarticles.com/p/articles/mi_m0DIZ/is_/ai_78963666). Merci à Elizabeth Woodworth d’avoir découvert ce fait.

[4] "Interim Report on WTC 7," à l’annexe L de NIST-SP 1000-5: June 2004: Progress Report on the Federal Building and Fire Safety Investigation of the World Trade Center (http://wtc.nist.gov/progress_report_june04/progress_report_june04.htm). La phrase est tirée de la section L-18.

[5] NIST NCSTAR 1-8, Federal Building and Fire Safety Investigation of the World Trade Center Disaster: The Emergency Response Operations (http://wtc.nist.gov/NCSTAR1/PDF/NCSTAR%201-8.pdf): Section 5.9.

[6] “Barry Jennings Uncut,” Partie 2, marqueurs 0:20-0:32.

[7] NIST NCSTAR 1-8: Section 5.9

[8] "The Conspiracy Files: 9/11 – The Third Tower,"  BBC, 6 Juin 2008, (publié à l’adresse http://www.911blogger.com/node/16541), marqueur 12:06-12:26.

[9] "Barry Jennings Uncut,” Partie 2, marqueur 4:52-5:02.

[10] Ibid., marqueur 4:52-5:17.

[11] “Barry Jennings Uncut,” Partie 1, marqueur 2:49-3:44.

[12] “Barry Jennings Uncut,” Partie 2, marqueur 5:08-5:33. En parlant de "Tour Une" et "Tour Deux," Jennings ne fait pas référence aux noms [des tours]. Il se réferre, respectivement, à la première tour qui s’effondre (la Tour Sud, WTC 2) et la deuxième à s’effondrer (la Tour Nord, WTC 1).

[13] "The Conspiracy Files: 9/11 – The Third Tower," marqueur 13:29-13:40.

[14] Aaron Dykes, “Key Witness to WTC 7 Explosions Dead at 53,” Inforwars.com, Mis à jour le 17 Septembre 2008 (http://www.infowars.com/?p=4602).

[15] "The Conspiracy Files: 9/11 — The Truth Behind the Third Tower,” BBC, 26 Octobre 2008 (disponible à l’adresse http://video.google.com/videoplay?docid=5313004818217244745 or http://bestdocumentaries.blogspot.com/2009/01/conspiracy-files-truth-behind-third.html).

[16] Interview Michael Hess sur la BBC, disponible chez Mike Rudin, “Caught Up in a Conspiracy Theory,” BBC, 21 Octobre 2008 (http://www.bbc.co.uk/blogs/theeditors/2008/10/caught_up_in_a_conspiracy_theo.html). Cet enregistrement se trouve dans "The Conspiracy Files: 9/11 — The Truth Behind the Third Tower," marqueur 30:24-30:40.

Note finale : WantToKnow.info pense qu’il est important de contre-balancer l’inquiétante couverture médiatique avec des écrits inspirés, qui nous incitent à être fidèles à nous-même et à travailler ensemble afin d’oeuvrer pour des changements positifs. Merci de visiter notre ‘Inspiration Center’ [NdT : Centre d'inspiration] à l’adresse http://www.WantToKnow.info/inspirational pour obtenir une abondance de documents remasterisés.

Traduction par Fyoul pour ReOpenNews


* David Ray Griffin

Professeur de philosophie des religions et de théologie à l’université de Claremont aux Etats-Unis, maintenant retraité, il est l’auteur de douze ouvrages concernant le 11 Septembre dont "…  4 de ces ouvrages ont fait l’objet d’une reconnaissance spéciale : Le Nouveau Pearl Harbor et Omissions & manipulations ont reçu le Prix de la Fondation Hélios en 2006. 11-Septembre, La faillite des médias a obtenu la médaille de bronze dans la catégorie Actualités du Independent Publisher Book Awards 2008. The New Pearl Harbor Revisited fut sélectionné comme l’un des 50 meilleurs livres de l’année 2008 par Publishers Weekly (l’équivalent US de Livres Hebdo) et comme le « choix de la semaine » en novembre de cette même année.(Source éditions Demi-Lune)"

Il fait partie du mouvement Scholars for 9/11 Truth & Justice, s’investit dans le 9/11 Truth Movement et donne des conférences dans le monde.

**Le NIST 

Le National Institute of Standards and Technology est un institut officiel de l’administration américaine qui détermine les standards employés par cette même administration et qui publie le standard de traitement de données fédérale. Le NIST, en charge d’enquêter sur l’effondrement du WTC 7 a conclu, après trois années d’enquête que les incendies sont à l’origine de l’effondrement de la tour en raisons de problèmes sérieux dans la conception du bâtiment.

La version officielle sur les causes de l’effondrement du WTC 7 repose entièrement sur cette étude du NIST. 


A lire

A voir

Vincent Robeyns

Published on février 17, 2010

Par apetimedia
http://www.reopen911.info/News/2010/02/17/michael-hess-interviewe-sur-le-119-les-preuves-que-le-nist-a-menti/


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n°8 - dossiers du 11-09 - du 14-03 : -Annexe -: Le 11 septembre 2001 : une provocation mondiale.


Sommaire :  

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-2 Pino Cabras : Forte proportion de passagers liés à l’armée dans le vol 77 qui aurait percuté le Pentagone...

5-3 Thierry Meyssan: "L'Effroyable Mensonge", Cet ouvrage n'est pas une contre-enquête, mais un pamphlet.

5-4 Giulietto Chiesa : Le 11-Septembre et la crise économique aux Etats-Unis.


5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

5-4 Giulietto Chiesa : Le 11-Septembre et la crise économique aux Etats-Unis.

Guerre et mensonge (2/3)

La crise économique et financière mondiale n’a pas débuté avec la crise des subprimes en 2007, mais avec le début de la récession aux Etats-Unis, en avril 2001.

Cependant les Etats-Unis ont été sauvés par la guerre globale au terrorisme qui a permis de relancer leur économie, quelques années au moins. Dès lors comment ne pas constater que les attentats du 11-Septembre, loin de blesser les USA au coeur, ont au contraire été leur planche de salut.

Giulietto Chiesa, membre du Bureau exécutif du World Political Forum, poursuit son analyse dans la seconde partie sa conférence « Guerre et mensonge ».
L'opposition à la guerre (nucléaire) infinie
Giulietto Chiesa : Je ne suis pas quelqu'un qui cherche à vendre de l'espoir. Qui vend de l'espoir dans un moment pareil n'est qu'un bonimenteur. D'espoir, nous n'en avons qu'un seul, celui de nous organiser pour empêcher que cette guerre se poursuive. C'est très difficile, d'autant plus que nous avons peu de temps à notre disposition. La guerre contre l'Irak est encore fumante. D'autres guerres suivront et ce seront des guerres asymétriques. Parmi elles, il y en aura de grandes et de mineures. Après l'Irak, ce sera le tour de l'Iran. Les plans de Washington l'exigent parce que l'Amérique doit éliminer tous les adversaires intermédiaires. Tous, avant d'affronter la Chine. Ou mieux, pour être plus précis, les guerres intermédiaires auront pour fonction de maintenir un état de tension permanente qui, à son tour, permettra aux États-Unis de développer une effrayante stratégie de réarmement.
La Chine pourrait aussi devenir un adversaire que l'on ne combat pas, à condition qu'elle soit préalablement mise dans un état d'infériorité absolue et, en tous cas, dans une situation où il lui soit impossible de rivaliser avec la puissance militaire états-unienne et d'approcher — même de beaucoup — des conditions d'égalité. Voilà pourquoi le renversement des obstacles intermédiaires a pour fonction de préparer stratégiquement le grand affrontement : il pourra ainsi être évité par la reddition de l'adversaire potentiel.

Reddition préventive. Pour cela, il faut abattre l'Irak et l'Iran.
Monsieur Bush ne plaisante pas lorsqu'il parle des responsables de l' « Axe du Mal ». Il les a déjà désignés, énumérés, pris dans son collimateur. Il s'agit à présent de trouver le moyen et les prétextes pour les liquider, puisqu'il est évident que la véritable raison pour laquelle on le fera sera inavouable. La nouvelle doctrine nucléaire de l'Amérique confirme tout cela, déclarant ouvertement que les bombes atomiques seront utilisées comme des armes conventionnelles. On nous l'a dit au mois de mars 2002. Les seules conditions posées à leur utilisation seront des évaluations d'intérêt politique, certainement pas des critères militaires. Même à l'encontre des pays qui ne la possèdent pas, la voie de l'utilisation de l'arme atomique est libre.
Pourtant, la possibilité d'arrêter cette guerre existe. En Italie, un mouvement important de la population n'en voulait pas. En Italie toujours, 93 % des députés, y compris ceux du centre-gauche, ont voté en faveur de la guerre en Afghanistan, mais tout ce que je vois et que je ressens en parcourant ce pays, c'est qu'une grande partie de la population ne veut pas de cette guerre. Nous pouvons donc en conclure que le Parlement italien ne représente en aucun cas la moitié — une moitié abondante — de l'Italie réelle. Il y a un grand vide de représentation démocratique.
C'est de là qu'il faut repartir afin de nous organiser pour l'avenir. Nous devons demander, par exemple, à tous les futurs candidats de toutes les futures élections, à tous les niveaux institutionnels — du Conseil de quartier au Parlement italien, jusqu'au Parlement européen — de nous dire avant le vote ce qu'ils ont l'intention de faire s'ils sont élus, quels engagements ils ont l'intention de prendre envers nous. Et puisque la guerre continuera et se multipliera, nous devrons leur demander de signer un pacte avec nous. Plus jamais en faveur de la guerre.
Ceux qui n'accepteront pas de signer ce pacte, nous devrons les considérer comme des adversaires politiques — quels que soient les partis ou les coalitions auxquels ils appartiennent —. Et ils devront le signer publiquement car nous devrons combattre tous ceux qui se déclareront en faveur de la guerre, avec toutes les forces dont nous disposerons, et avec la plus grande intransigeance, dans le respect des règles de la démocratie. Enfin, à l'inverse, nous devrons appuyer tous ceux qui prendront l'engagement de ne pas soutenir la guerre. Je crois que le thème de la guerre et de la paix est fondamental et que c'est à partir de là qu'il faut commencer à organiser notre défense. Voilà la première tâche qui s'impose à nous.
La fin du désarmement : le rôle de la Chine et de la Russie
Protagoniste,
la Chine. Les Chinois ont commencé à se réarmer et ils le font à un rythme très soutenu. Ils construiront des centaines de nouveaux missiles, des centaines de nouvelles ogives nucléaires.

Ils disposent de la technologie nécessaire et dans dix ans, elle sera devenue très sophistiquée : d'une part ils se développent très rapidement, de l'autre ils en ont les moyens. Nous assistons à une nouvelle course aux armements, qui inaugure une phase totalement inédite. Nous croyions que cette époque-là était révolue, eh bien elle repart à toute allure.
Deuxième protagoniste, la Russie, avec Poutine. La guerre en Afghanistan, je l'ai définie de la manière suivante : un nouveau grand Yalta asiatique, dont les Etats-uniens sont sortis vainqueurs, sans conditions, arrachant à l'influence russe non moins de cinq républiques d'ex-Union soviétique.

La guerre afghane s'est achevée par la conquête US non tant de l'Afghanistan que de bases militaires en Asie centrale, notamment la nouvelle base états-unienne du Kirghizistan, près de sa capitale Bichkek, mais surtout non loin des frontières de la Chine : l'observatoire le plus avancé sur la Chine et la Russie que les États-Unis aient jamais eu en Asie.

C'est un tournant géopolitique aux enjeux inimaginables il y a encore une année.
La base du Kirghizistan servira essentiellement à mettre en place le brouillage électronique de la Chine et les contrôles de toutes les communications. Deux autres bases militaires sont en construction en Ouzbékistan et au Tadjikistan. Une autre, très secrète, semble être en construction au Turkménistan. Je n'ai aucune certitude sur ce point. J'ai tenté à plusieurs reprises d'obtenir un visa pour Ashgabat mais on ne me l'a pas accordé. Le secret est total. Simultanément, deux autres anciennes républiques soviétiques sont passées sous le contrôle direct des USA : l'Azerbaïdjan, avec sa part d'exploitation de la mer Caspienne et de son pétrole, et la Géorgie, où les Etats-uniens ont pour la première fois déployé des troupes pour armer et instruire l'armée géorgienne, ainsi que surveiller les frontières méridionales de la Russie (1).
Dire que ça avait commencé comme la grande guerre contre le terrorisme. Il en résulte une géographie politique de l'Asie centrale complètement bouleversée. Poutine a avalé la couleuvre et, en ce sens, il s'est montré sage. Il ne pousse aucun cri car il sait que c'est inutile. Mais il ne faut pas interpréter le silence russe comme une approbation. Il y a des grondements profonds et menaçants, les entendre n'est qu'une question de temps. En décembre 2001, Poutine a lancé le submersible Guépard, le sous-marin nucléaire le plus technologique jamais conçu par la recherche militaire russe, c'est-à-dire soviétique. Les sources états-uniennes elles-mêmes ont écrit qu'il s'agissait là d'une première. Ce qui signifie que ce sous-marin nucléaire, armé d'au moins 120 missiles à tête multiple, devient une arme stratégique extrêmement dangereuse.

Depuis la fin de l'Union soviétique, c'est la première fois que la Russie lance un submersible nucléaire, un an après la catastrophe du Koursk.
L'abandon des continents pauvres
En ce qui concerne les autres partenaires du monde, je ne crois pas qu'ils aient la moindre importance en ce moment. La partie se joue dans les termes que viens d'indiquer. L'Afrique tout entière compte un milliard d'habitants, avec 23 guerres en cours. Tout au plus y aura-t-il une augmentation des débarquements de migrants sur nos plages. Je crois que la super-société globale qui est en train de se former n'a que faire des régions marginales.

Le reste du monde vivra à l'écart.

Nous, nous sommes des consommateurs d'énergie vitale et ces millions, ou plutôt ces milliards de gens qui nous disputerons l'énergie seront non seulement inutiles mais aussi nuisibles pour la société du futur.

Une telle main-d'oeuvre ne sera pas nécessaire et, en tant que consommateurs, ils seront trop pauvres pour présenter de l'intérêt. Ce grand « reste du monde » sera abandonné à son destin et si les 300 millions d'Etats-uniens (plus exactement 10 % des 300 millions d'Etats-uniens) et les 800 autres millions de « riches » qui peuplent cette planète (ceux qui mangent les miettes parce que les vrais riches, avec leurs familles, ne sont qu'une soixantaine de millions) veulent continuer de consommer ce qu'ils consomment actuellement, le reste du monde devra se résigner à consommer beaucoup moins, c'est-à-dire à végéter ou à mourir.
Beaucoup devront mourir, et ils meurent déjà. D'après les données des Nations Unies, on avait décidé de réduire de 20 %, d'ici à 2015, les millions de gens qui souffrent de la faim. Mais six ans ont passé depuis le début de ce programme et le nombre de personnes mortes de faim augmente.

Aujourd'hui, plus de huit cents millions d'êtres humains mangent peu et mal. Le reste du monde a été mis hors de combat dans cette perspective, dans ce dessein.
Le 11-Septembre et la crise économique en Amérique
Cette affaire du 11-Septembre a donc tout l'air d'avoir été une grande opération politique.

Les dirigeants états-uniens se préparaient au grand affrontement, mais un peu plus tard. Il y a eu un imprévu. Et l'imprévu, c'est que l'Amérique s'est arrêtée. Pendant vingt ans, on nous a raconté que le modèle états-unien était le meilleur, que la locomotive US dominait le monde et qu'il n'y avait rien d'autre à faire que d'imiter « l'Amérique » ; le plus beau, c'est qu'on continue, malgré tout, à nous le répéter.

Mais il y a eu un accident, l'Amérique s'est arrêtée.
On nous a fait savoir en novembre 2001 que les Etats-Unis était entrée officiellement dans une phase de récession et novembre, comme on le sait, vient après septembre. Mais tandis qu'on nous annonçait cette belle nouvelle, on nous a aussi dit qu'eux (ceux qui commandent) le savaient depuis avril 2001, et avril, comme on le sait, vient avant septembre. Lorsque j'ai lu cette nouvelle, j'ai songé : parbleu, huit mois pour donner au monde entier l'information la plus importante des vingt dernières années !
Puis, je me suis demandé : ces huit messieurs qui se sont réunis à Gênes pour le sommet du G8, en juin 2001, ils savaient que l'Amérique était arrêtée ou ils ne le savaient pas ? S'ils le savaient, ils nous ont raconté un tas de bobards. Ils se sont réunis en sachant que les Etats-Unis étaient en crise et ils ne nous l'ont pas dit. Si, en revanche, ils l'ignoraient, cela veut dire que ces huit messieurs appartenant au directoire du monde ne possèdent pas les informations essentielles sur la situation mondiale. Mais alors, qui a ces informations ?
Si nous ajoutons à cela que durant ces mois fatals, d'avril à novembre, on a assisté à l'effondrement de l'une des plus grandes multinationales de l'énergie, Enron Corporation, que faut-il en penser ?

40 000 personnes jetées sur le pavé d'un seul coup ; une entreprise ruinée ; deux mille milliards de dollars envolés, dérobés par un groupe dont le chef s'appelait Kenneth Lay : ami intime de George Bush, il avait aussi financé une grande partie des campagnes électorales de Bush, de Dick Cheney et de Donald Rumsfeld.

Tout cela ne vous paraît pas bizarre ?

Il y a trop de coïncidences pour penser que le 11-Septembre soit arrivé par hasard.
Derrière cet événement, il y a une grande opération. Finie l'époque du grand ennemi russe, l'Union soviétique a disparu depuis dix ans et la mondialisation s'est arrêtée. Qui l'a arrêtée ? Y a-t-il un coupable ? Ce ne peut pas avoir été Oussama Ben Laden, lui est arrivé après. Cela veut donc dire que l'Amérique s'est arrêtée toute seule. Ils s'étaient persuadés — et ils en avaient persuadé le monde entier — que leur mondialisation aurait continué telle quelle pour l'éternité. L'histoire était finie et il ne devait plus y avoir de crises cycliques. Mais tout à coup, la machine états-unienne s'est arrêtée ; c'est-à-dire, à ce qu'il semble, que l'histoire est revenue à la vie.

Et tout finit par se payer. Alors voilà qu'un élément de diversion est devenu extraordinairement opportun. Oussama Ben Laden a été le deus ex machina qui a permis de détourner l'attention de la planète, de la distraire du désastre et, dans le même temps, d'allumer un moteur qui remplace celui qui s'était cassé. Il fallait créer un grand ennemi et cet ennemi intermédiaire s'est appelé Islam.
Intermédiaire et transitoire.

On s'en servira tant qu'il s'avèrera utile. Le véritable ennemi, je l'ai décrit plus haut et il ne me reste plus qu'à revenir d'où je suis parti : le système d'information fonctionne pour nous fournir une version des faits qui ne correspond pas le moins du monde à la vérité des choses.

Il nous interdit donc de comprendre ce qui se passe, nous et tous les millions d'individus, d'hommes et de femmes qui s'émeuvent et souffrent devant les écrans de télévision.
Giulietto Chiesa
Giulietto Chiesa, analyste politique de réputation internationale. Il est membre du Club Valdaï, de la conférence Axis for Peace et est membre du Bureau exécutif du World Policial Forum. © Humberto Salgado (Agence IPI
Giulietto Chiesa est journaliste. Il fut correspondant de presse d'El Manifesto et d'Avvenimenti, et collaborateur de nombreuses radios et télévisions en Italie, en Suisse, au Royaume-Uni, en Russie et au Vatican. Auteur de divers ouvrages, il a notamment écrit sur la dissolution de l'URSS et sur l'impérialisme états-unien. Ancien député au Parlement européen (Alliance des démocrates et libéraux, 2004-2008), il est membre du Bureau exécutif du World Political Forum.
© Copyright Timéli éditions (Suisse).
Ce texte est issu d'une conférence qui s'est tenue au cercle Agorà de Pise le 21 mars 2002 ; il a été revu et mis à jour en août 2003.
Traduit et adapté de l'italien par Delphine Chevallier, Florence.

(1) Ce texte a été prononcé en 2002. La Géorgie a attaqué l'Ossétie du Sud en août 2008 avec le soutien militaire des Etats-Unis, du Royaume-Uni et d'Israël.
voltairenet

http://www.voltairenet.org/article164025.html



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

 

 

 


n°8 - dossiers du 11-09 - du 14-03 : - Fin -: Le 11 septembre 2001 : une provocation mondiale.


 n°8 - dossiers du 11-09 - du 14-03 : - Fin  -: Le 11 septembre 2001 : une provocation mondiale.


dossiers du 11-09 n°8 du 14-03

       C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire :  

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Le géophysicien André Rousseau et les ondes sismiques du WTC.

5-2 Pino Cabras : Forte proportion de passagers liés à l’armée dans le vol 77 qui aurait percuté le Pentagone...

5-3 Thierry Meyssan: "L'Effroyable Mensonge", Cet ouvrage n'est pas une contre-enquête, mais un pamphlet.

5-4 Giulietto Chiesa : Le 11-Septembre et la crise économique aux Etats-Unis.



5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

5-1 Le géophysicien André Rousseau et les ondes sismiques du WTC.
(11 Septembre 2001)
Les signaux sismiques enregistrés le 11 septembre 2001 révèlent l'utilisation de puissants explosifs au World Trade Center, selon une étude du géophysicien André Rousseau
Le docteur André Rousseau, ex-chercheur du CNRS en géologie-géophysique et spécialiste des ondes acoustiques nous livre ici les résultats de ses analyses des signaux sismiques enregistrés le 11 septembre 2001 à New York et donne son point de vue de spécialiste sur la question de la destruction des trois tours du World Trade Center.
Une nouvelle étude des signaux sismiques le 11 septembre 2001 à New York par André Rousseau (*), le 18 février 2010
Des signaux sismiques ont été émis le 11 septembre 2001 pendant la période où les Tours Jumelles du World Trade Center (la tour nord étant appelée le WTC1 et la tour sud le WTC2) ont été percutées et se sont effondrées, ainsi qu'au cours de l'effondrement du Bâtiment 7 du WTC (aussi appelé WTC7), lequel n'a été percuté par aucun avion.
Parmi les données sismiques publiées sur ce sujet, c'est la station d'enregistrement sismique de Pasadena, située à 34 km au nord-est de Manhattan, qui semble fournir les trains d'ondes les plus aptes à être interprétés, particulièrement pour la détermination de leurs sources. Ces trains d'ondes, extraits des publications du Lamont-Doherty Earth Observatory of Columbia University, sont représentés dans les figures 1 et les figures 2.
Les sismologues se montrent perplexes dans leurs analyses des signaux enregistrés à cette occasion, tant les contradictions sont grandes, et ils sont tout particulièrement intrigués par la présence de "pics" sismiques avant les effondrements… (voir la figure 4).

Ce texte se concentre sur l'étude de ces signaux sismiques et a pour objectif de montrer qu'une cohérence apparaît dès que l'on sort des explications officielles. Cela donne lieu à une nouvelle interprétation qui rend caduques les assertions de la "version officielle".

Étude de la composition des différents trains d'ondes
Les trains d'ondes dont nous disposons sont :
les signaux des figures 1a et 1b contemporains respectivement des percussions du WTC1 et du WTC2 par les avions,
les signaux des figures 2a et 2b contemporains respectivement des effondrements du WTC1 et du WTC2,
le signal de la figure 2c contemporain de l'effondrement du WTC7.


• Détermination/indétermination du calage temporel du point d'origine des signaux
Dans les cinq cas, l'origine des signaux a été attribuée par les sismologues qui publient ces données aux percussions ou aux effondrements relatés par les vidéos (Kim et al., 2001 ; Irvine, 2001 ; Hoffman, 2006). L'étude de la propagation de tels signaux sismiques s'apparente, de par les distances de propagation et la nature des sources, à la géophysique appliquée. Or dans ce type d'étude, les temps d'origine sont connus avec une grande précision (au moins à la milliseconde) pour calculer les vitesses de propagation des différentes ondes. Tel n'est pas le cas ici. Dans les cas présents, la vidéo a été utilisée pour la tour nord (WTC1) à partir de l'enregistrement effectué par CNN et grâce à la bannière continue de l'horloge sur l'écran (Hoffman, 2006), et les résultats ont été comparés à la méthode utilisée par le Lamont (Kim et al., 2001). Cette dernière a consisté à fixer approximativement une vitesse de 2 km/s pour une onde de Rayleigh traversant plusieurs stations (voir la figure 3) situées à des distances croissantes du point d'origine. L'inconvénient majeur de ce procédé provient de ce que ces stations ne sont pas situées sur une ligne rectiligne, que les terrains superficiels " dans lesquels se propagent les ondes de surface " sont différents et qu'en plus ils n'ont pas la même
vitesse de propagation. En effet, la rivière Hudson se trouve sur une faille qui sépare à l'ouest des terrains sédimentaires du Trias et du Jurassique avec des intrusions de dolérite, le tout surmonté de sédiments récents holocènes, et à l'est des formations cristallines et métamorphiques du Protérozoïque, du Cambrien et de l'Ordovicien qui affleurent. Ces dernières formations sont plus rapides que celles situées à l'ouest, ce qui explique que le chemin WTC-MANY, le seul situé à l'est de l'Hudson, soit plus rapide que tous les autres chemins, situés à l'ouest, ces derniers dépendant étroitement de la vitesse de propagation de la couverture sédimentaire traversée. Autrement dit, il n'est pas étonnant que seules les stations de Pasadena à 34 km, d'Arny à 67,5 km et de TBR à 51 km fournissent un résultat semblable, car elles sont situées sur des formations géologiques semblables. D'ailleurs, l'énorme indétermination de 2 secondes, attribuée par les auteurs des calculs eux-mêmes (Kim et al. 2001) des calculs à la fixation de l'origine du temps de chaque signal, oblige d'ores et déjà à prendre de la distance par rapport aux conclusions officielles.

• Trains d'ondes attribués aux percussions des tours (fig.1a et 1b)
En premier lieu, il faut s'interroger sur la signification de tels signaux en fonction de la cause qui leur est attribuée. Alors que cette cause, la percussion d'un avion, est semblable pour les deux tours, la magnitude " reflétée par les amplitudes " des deux signaux est différente et l'onde générée n'a pas la même vitesse apparente (voir les figures 1a et 1b), bien que les Tours Jumelles puissent être considérées comme confondues au sens de l'origine spatiale par rapport à la distance du lieu d'enregistrement. En effet, le calcul des vitesses de propagation effectué à partir es graphes des figures 1a et 1b, où l'origine a été fixée à l'heure observée de la percussion correspondante, indique 2900 m/s pour le WTC1 et 2150 m/s pour le WTC2 : on a vraisemblablement affaire à des ondes de Rayleigh. Or, même s'ils sont très amplifiés, ces signaux ne peuvent pas avoir été générés par les percussions sur les tours, car les ondes réelles dues aux percussions ont été amorties avant d'arriver au sol, en supposant même qu'on ait affaire aux mêmes (basses) fréquences… En effet, les fréquences des ondes générées par des explosifs sont de l'ordre de l'hertz " ce qui est le cas ici -, alors que celles dues aux percussions sont supérieures à 10 hertz, pour se situer plutôt autour de 100 hertz.
D'ailleurs, la bande passante des enregistrements cités ne permet pas l'enregistrement de telles ondes.Quant à la théorie de l'oscillation des tours, défendue par Irvine (2001), pour expliquer ces signaux, elle ne tient pas la route, car dans ce cas on
aurait un signal "carré" de longue durée et d'amplitude constante, alors que nous observons un signal "en cloche", représentatif d'une impulsion puissante et brève, particulièrement évidente dans le cas du WTC2.
Dans la mesure où il est géophysiquement impossible d'avoir deux vitesses de propagation différentes pour la même onde, à la même fréquence " car les ondes de surface sont dispersives, c'est-à-dire que les vitesses dépendent des fréquences -, sur le même parcours et à quelques minutes d'intervalle, il faut se rendre à l'évidence que les origines supposées des ondes enregistrées ne sont pas correctes, et qu'en l'occurrence elles ne sont pas liées aux percussions des avions, mais à une autre origine, tel un déclenchement d'explosion, avec un décalage de temps non identique pour les deux tours par rapport aux impacts des avions. De même, la différence de magnitude des deux signaux ne peut qu'être liée à des paramètres différents relatifs à un volume d'explosifs et/ou à leur distance au sol.

• Trains d'ondes attribués aux effondrements des tours (fig. 2a, 2b et 2c)
Alors que, pour le géophysicien, les Twin Towers ont approximativement la même masse, les mêmes hauteur et largeur, et le même type de structure interne " en plus de l'identité du point d'origine des ondes et de la distance par rapport à la station d'enregistrement -, les signaux attribués au WTC1 (fig. 2a) et au WTC2 (fig. 2b), au lieu d'être semblables comme l'imposerait la thèse officielle qui attribue la source des ondes sismiques au simple effondrement des tours, sont en fait assez différents du point de vue de leur « forme », de leur composition, et surtout de leur vitesse apparente, celle calculée à partir de l'origine officielle.
En effet, l'enregistrement relatif au WTC1 montre les trois types d'ondes caractéristiques d'une source explosive brève (type "Dirac") confinée dans un matériau solide compact : une onde P de vitesse 6000 m/s, valeur usuelle pour un terrain cristallin ou sédimentaire très consolidé (ce qui est le cas du bed-rock de Manhattan), une onde S de vitesse 3500 m/s et une onde de surface de vitesse 1800 m/s (onde de Rayleigh). Ces valeurs s'accordent avec celles enregistrées pour les tremblements de terre ou en prospection sismique.
En revanche, l'enregistrement relatif au WTC2 ne fait pas apparaître les ondes de volume P et S observées pour le WTC1, mais seulement une onde de surface, dont la répartition des amplitudes sur la durée est différente de celle du WTC1. En fonction de l'origine déterminée du signal, la vitesse de propagation est aussi différente de celle du WTC1, et égale à 2125 m/s (onde de Rayleigh). Cette onde semble suivie d'une deuxième onde de Rayleigh à 4 secondes, durée calculée entre les deux « pics » d'amplitude.
On retrouve le même cas de figure pour le WTC7 où le calcul de la vitesse de l'onde en fonction de l'origine déterminée s'apparente à une onde de Rayleigh avec 2200 m/s. Notons que les amplitudes sont ici comparables à celles des ondes émises en même temps que les percussions des tours par les avions. Cette onde semble suivie d'une deuxième onde de Rayleigh à 6,7 secondes, durée calculée entre les deux « pics » d'amplitude.
Dans les trois cas, la forme des ondes en "cloche" indique une source impulsive et non un ébranlement du sol dû à la chute de matériaux, au demeurant de petite taille, qui a duré une dizaine de secondes (un temps très long pour un géophysicien). Notons au passage que la durée du signal s'allonge en se propageant, corrélativement avec son atténuation, et cette durée est augmentée pour les ondes de surface qui, étant dispersives, ont des vitesses de phases différentes. La durée de ces ondes ne renseigne donc pas sur la source, contrairement à l'amplitude et surtout la fréquence.

Discussion
Dans la mesure où ni la simple percussion ou vibration d'une tour, ni la chute de débris ne peuvent être la source d'ondes sismiques enregistrées à 34 km de distance et où les très basses fréquences ne peuvent avoir été provoquées que par des sources explosives, il faut rechercher pourquoi les trains d'ondes sont différents. Plusieurs cas de figure sont à considérer. On doit en effet distinguer les explosions souterraines, subaériennes (près du sol, sans le toucher) et aériennes.
Les explosions souterraines sont assimilables aux tremblements de terre, en cela que toute l'énergie mécanique est transmise au terrain sous la forme d'ondes de volume (P et S), et d'ondes de surface (Rayleigh et Love) quand le signal atteint une interface solide-fluide (le cas de l'air atmosphérique par exemple) (cas 1). Les explosions aériennes émettent toute leur énergie dans l'air (ondes P dites sonores), et ce qu'il en reste en atteignant le sol " quand elle l'atteint " est alors trop faible pour y créer des ondes de volume… (il peut y avoir des ondes de surface sur une faible distance) (cas 2). Les explosions subaériennes émettent une énergie qui se répartit en ondes sonores principalement dans l'air, et en ondes de surface dans le sol. Les ondes de volume dissipées dans l'air ne peuvent se retrouver qu'amoindries dans le sol, mais les ondes de surface sont bien présentes (cas 3).
En bref, une explosion souterraine ne sera pas entendue dans l'air, mais le sol vibrera et initiera un train d'ondes complet (ondes de volume et de surface), tandis que si l'on entend une explosion, c'est qu'elle est, soit "aérienne" et elle ne donnera pas de signal sismique, soit subaérienne et des ondes de surface pourront être générées.
Ainsi, on peut affirmer que des explosions qualifiées de "subaériennes " ont été déclenchées près de la base des tours simultanément à la percussion de chacune d'elles par les avions, le bruit qui en découle pouvant se confondre alors avec celui des percussions (cas 3). Ces tours ont alors été fragilisées par le bris des colonnes porteuses. L'explosion à la base du WTC1 a été entendue par le témoin William Rodriguez (2006) (voir aussi Spingola (2005)).

En ce qui concerne les effondrements de ces tours, il faut distinguer celui du WTC1 et ceux des WTC2 et WTC7. D'après les types d'ondes provenant de ces deux dernières tours, elles ont subi une très grosse explosion "subaérienne " (cas 3), entendue par les témoins. Par exemple, en ce qui concerne le WTC2, un pompier témoigne d'une explosion avant l'effondrement dans un énorme nuage de poussières (voir [1]), apparemment pas très loin de la base de la tour et accompagnée d'éclairs et de bruit d'après un « Assistant-Commissioner » (voir [2]). Un autre pompier, présent au pied du WTC2, a constaté une grande explosion au niveau de 20 étages au-dessous de la zone d'impact de l'avion, juste avant que le sommet de la tour ne s'effondre (voir [3]). Ces explosions étaient trop hautes pour générer dans le sol des ondes de volume, et l'onde de Rayleigh enregistrée provient probablement uniquement de l'explosion située la plus près du sol. Parmi les autres explosions entendues à la base du WTC2 (Anonyme, 2009), l'une d'elles a généré la deuxième onde de Rayleigh enregistrée 4 secondes après la première.
C'est le même phénomène qui a affecté le WTC7. Un témoin observant cette tour a entendu comme un « coup de tonnerre » qui a fait exploser les fenêtres vers l'extérieur, alors que la base du bâtiment en feu s'est affaissée une seconde plus tard, avant que la tour entière ne suive le mouvement (voir [4]), aidé par une seconde explosion qui a généré une onde de Rayleigh enregistrée 6,7 secondes plus tard.
Quant au WTC1, dont l'effondrement a commencé après celui du WTC2 en dépit du fait qu'il a été percuté avant celui-ci, c'est une explosion souterraine (cas 1) qui a précédé sa chute. Cette eplosion n'a donc logiquement pas été entendue par les témoins extérieurs à 10 h 28 EDT, sauf par ceux situés à côté de cette tour (voir [5]), mais elle a été "ressentie" par une caméra qui, en filmant la tour et en étant solidaire du sol, est secouée par la vibration de ce sol au moment de l'explosion (voir [6]). En revanche, il est tout aussi logique que les nombreuses explosions que montrent les vidéos dans les étages supérieurs avant et pendant les effondrements n'aient pas provoqué d'ondes sismiques (cas 2), en raison de la fragmentation dans le temps de l'énergie détonante avec multiplication de sources successives, chacune d'elles ayant une impulsion imitée, insuffisante pour générer des ondes sismiques dans le sol.
Même si les démolitions contrôlées bien faites ne créent pas d'ondes sismiques (explosions aériennes), il est utile de comparer ces observations avec les données sismiques obtenues lors des démolitions contrôlées du Kingdome à Seattle (voir Anonyme, 2000) et à Oklahoma City (États-Unis) (Holzer et al., 1996). Le cas du Kingdome est particulier, car c'est à la demande expresse des sismologues que les explosions ont été paramétrées (ils voulaient profiter de l'occasion), et celui d'Oklahoma est consécutif à la reconstitution d'un attentat à l'explosif. Ces deux exemples entrent dans le cas 3 évoqué ci-dessus, avec une explosion subaérienne puissante et l'émission consécutive d'ondes de Rayleigh, et où la chute des débris est sans conséquence du point de vue sismique, même à des distances plus faibles que 34 km (respectivement moins de 7 et de 26 km).
Les hauteurs et profondeurs des explosions des deux tours WTC1 & WTC2 qui ont généré des ondes sismiques sont donc différentes. Cela est à corréler avec le fait que ces deux tours ne s'effondrent pas de manière identique : en effet, d'une part le temps écoulé entre la percussion et l'effondrement est plus long pour le WTC1 (1 heure 42 minutes) que pour le WTC2 (56 minutes), d'autre part, tandis que le sommet du WTC1 commence à s'effondrer de travers, ce ne peut être objectivement que la puissante explosion souterraine située sous cette tour qui permet à tout le bâtiment de s'effondrer verticalement.
Les magnitudes locales ML, que les sismologues ont calculées d'après les ondes de surface, donnent des résultats qui confortent nos analyses. En effet, sur l'échelle de Richter, elles se révèlent supérieures à 2 pour les ondes émises au moment des effondrements. Or il est impossible d'obtenir une telle magnitude à partir de la seule chute de débris, et plus particulièrement sur une durée d'une dizaine de secondes !! Même si la tour entière avait été ramenée à une boule compacte, il aurait fallu un déplacement de vitesse "météoritique", en tout cas supérieure à celle due à l'attraction terrestre pour espérer atteindre une telle magnitude !! De plus, il faut noter que la magnitude attribuée à l'explosion souterraine, celle du WTC1, est ML=2,3 " comparable à celle du séisme survenu à Manhattan le 17 janvier 2001 (ML=2,4) -, alors que la magnitude provenant de l'explosion subaérienne du WTC2 est ML=2,1, donc plus faible, et cet écart " logique pour les explosions décrites " est particulièrement appréciable dans cette échelle logarithmique. Ceci est à comparer au fait que les tours étant de masse et de hauteur semblables, la chute de leurs débris aurait dû générer une magnitude semblable, si c'eût été la source des ondes…
Remarquons que la géophysique appliquée sait générer des ondes sismiques dans le sol, en utilisant des sources impulsives non explosives de type "weight dropping" " qui consistent à laisser tomber une masse de 3 tonnes sur le sol " ou bien des "vibrateurs" plaqués au sol. Mais les énergies des ondes développées dans le sol sont alors trop faibles pour que ces ondes y parcourent plus que quelques hectomètres…

Relations ondes sismiques/processus d'effondrement
L'observation de l'effondrement de chacune des trois tours montre qu'il a été différent, et cela est à corréler avec les émissions d'ondes sismiques correspondantes.L'effondrement du WTC7 est celui qui se rapproche le plus de la démolition contrôlée classique, avec effondrements successifs des étages à partir de la base du bâtiment fragilisée par une puissante explosion subaérienne. En ce qui concerne les Tours Jumelles, elles ont d'abord été fragilisées par des explosions à leur base au moment où les avions les percutaient. Ensuite, il faut distinguer la partie du bâtiment située au-dessus de la zone de percussion des avions, et celle située au-dessous. Si les ondes sismiques n'ont pu être générées par les explosions visibles dans les étages et qui ont permis les effondrements graduels du bas vers le haut au-dessus de la zone de percussion et du haut vers le bas au-dessous de cette zone, c'est une puissante explosion située à la base du bâtiment pour le WTC2 et une autre souterraine pour le WTC1, qui ont accéléré le processus de ruine totale, et ont émis les ondes sismiques étudiées. C'est d'ailleurs selon toute vraisemblance l'explosion sous le
WTC1 qui, en précipitant la ruine de la base de la tour, a « remis » dans la verticalité la trajectoire initialement oblique de la chute du sommet du WTC1.
Conclusion
Au moment de la percussion des Tours Jumelles par les avions et de l'effondrement de ces dernières, ainsi que de celui du WTC7, des ondes sismiques ont été générées. Dans la mesure où (1) les ondes sismiques ne sont créées que par des impulsions brèves et (2) où les basses fréquences sont associées à une énergie (magnitude) comparable à celle d'un séisme instrumental, ces ondes révèlent indubitablement une origine explosive. Même si la percussion par les avions et la chute des débris des tours sur le sol ont pu générer des ondes sismiques, d'une part leur magnitude a été insuffisante pour être enregistrée à 34 km, et d'autre part elles ne pouvaient qu'être homogènes.
Or les signaux sismiques montrent des différences significatives dans leur composition et leur magnitude et surtout dans leur vitesse de
propagation, alors que leur parcours est pourtant identique dans des conditions identiques. Cette dernière différence étant physiquement inexplicable dans le cadre de la version officielle, on doit remettre en question le calcul des vitesses effectué à partir d'une origine calée sur les images vidéo. On ne peut que conclure qu'en réalité la source (explosive) a été déclenchée manuellement, donc avec un décalage variable pour chaque origine par rapport aux vidéos.
La composition des ondes est révélatrice de l'emplacement de la source et la magnitude dépend de l'énergie transmise au sol. L'origine souterraine des ondes émises au moment de l'effondrement du WTC1 est attestée par la présence des ondes de volume (P et S) en plus des ondes de surface (ondes de Rayleigh), lesquelles sont présentes dans les cinq cas. L'emplacement de la source des quatre autres explosions est subaérien, ce qui est attesté par la seule présence des ondes de Rayleigh. Les explosions aériennes visibles sur les vidéos dans les étages supérieurs des Tours Jumelles ne fournissent pas d'ondes sismiques à 34 km de distance de la source.
Il y a un facteur dix entre la puissance des explosions contemporaines des percussions des Tours Jumelles (ainsi que de celle contemporaine de l'effondrement du WTC7) et la puissance de celles " les plus puissantes " contemporaines de leur effondrement, l'explosion souterraine sous le au sol.Notons aussi que dans la mesure où les ondes de surface sont dispersives (la vitesse dépend de la fréquence), la durée du signal enregistré n'est pas représentative de la durée du signal à sa source.
Enfin, la démolition contrôlée des trois tours, suggérée par les témoignages visuels et auditifs, ainsi que par les observations sur leur chute est donc démontrée par l'analyse des ondes sismiques émises au moment des percussions par les avions et au moment des effondrements.
par André Rousseau (*)


(*) André Rousseau, Docteur d'État, est retraité du CNRS, où il a étudié plus particulièrement les relations entre les caractéristiques des ondes mécaniques progressives et la géologie. Il a publié de nombreux articles sous comité de lecture sur la géophysique ainsi que participé à de nombreux congrès, y compris à comité de sélection.
Dans cet article, il met en évidence que les ondes sismiques enregistrées le 11 Septembre à New York sont le résultat d'explosions souterraines et subaériennes participant à la démolition contrôlée des Tours Jumelles et du Bâtiment 7.

FIGURES
(À noter que pour des raisons de lisibilité, ces figures sont reprises sans modification des échelles, lesquelles sont dans un rapport de un à dix entre les enregistrements au moment de l'effondrement des WTC1 et WTC2 et ceux au moment de leur percussion, de même que pour l'enregistrement lors de l'effondrement du WTC7.)

Ondes émises au moment de l'impact des avions
Figure 1a : signal enregistré à Palisades lors de l'impact sur le WTC1
Figure 1b : signal enregistré à Palisades lors de l'impact sur le WTC2
Ondes émises au moment de l'effondrement des tours
Figure 2a : signal enregistré à Palisades lors de la chute du WTC1
Figure 2b : signal enregistré à Palisades lors de la chute du WTC2
Figure 2c : signal enregistré à Palisades lors de la chute du WTC7
Figure 3 : Calage du temps d'origine du WTC1
Figure 4 : les "pics" sismiques


NOTES
TÉMOIGNAGES CITÉS
Les témoignages cités dans les notes (1), (2), (3) et (5) proviennent de : Oral Histories From Sept. 11 Compiled by the New York Fire Department " The New York Times (2005)


(1) Interview du pompier Richard Banaciski, situé dans la rue en face du WTC2
« Je m'en souviens, on était… au début on était dans la rue, et puis des gens ont commencé à sauter, alors tout le monde est revenu en arrière vers le parking couvert, en direction du bâtiment, pour être à l'abri de ce qui tombait.
On est restés là peut-être 10 ou 15 minutes et je me rappelle qu'il y a eu justement une explosion. Ça ressemblait à ce qu'on voit à la télévision quand on détruit un bâtiment. C'était comme si ça faisait tout le tour comme une ceinture, toutes ces explosions. Tout le monde s'est alors écrié : « courez ! », on est partis en se retournant et on s'est rués dans le parking couvert, parce que c'était de là qu'on venait. En courant tout droit c'est là qu'on arrivait. On ne pensait pas que le bâtiment était en train de s'écrouler. On pensait juste qu'il y avait eu une grosse explosion, que des trucs allaient nous tomber dessus. Puis un énorme nuage de fumée s'est engouff'ré dans le parking. »
http://graphics8.nytimes.com/packages/pdf/nyregion/20050812_WTC_GRAPHIC/9110253.PDF


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14/03/2010

n° 61 - Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan - 13-03 : Début : - “L'Otan n’attaquera jamais la Russie” ?

n° 61 - Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan - 13-03 : Début  : - “L'Otan n’attaquera jamais la Russie” ?


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan.

n° 61- 13-03

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

1 Brèves

1-1  L'Otan a besoin d'au moins 2.000 policiers instructeurs en Afghanistan.

1-2 Pavot : la Russie met en cause la responsabilité de l’OTAN.

1-3 La géopolitique de l’opium afghan.

2 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion.

2-1 Électrophore : La complexité, ennemi intime de l’OTAN.

1-2 Djerrad Amar :   “L'Otan n’attaquera jamais la Russie” ?

Suite

1-3 Rick Rozoff : Expansion de l'OTAN, déploiements de missiles et nouvelle doctrine militaire de la Russie..

1-4 Rick Rozoff : Le rôle de l'OTAN dans l'encerclement de l'Iran.

Début

1-5 Nathalie Guibert & Guillaume Perrier : instructeurs en Afghanistan.: la réponse tardive de la France à l'OTAN.

1-6 Dmitri Babitch : Pas d’une prompte adhésion de l'Ukraine à l'OTAN !

1-7 Hélène Nouaille : une "année croisée" 

2 Annexe

2-1 Les armes nucléaires menacent toujours le monde.

2-2 Washington annonce une "réduction spectaculaire" de ses armes atomiques.

2-3 Un retrait des 200 ogives nucléaires tactiques US ?

2-4 Quatre pontes politiques plaident pour un monde sans armes nucléaires.

2-5 Des BOMSPOTTERS mènent une inspection civile à l’intérieur de la base de Kleine Brogel.

 



1 Brèves

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

1-1  L'Otan a besoin d'au moins 2.000 policiers instructeurs en Afghanistan.

L'Otan a besoin d'au moins 2.000 policiers instructeurs pour former une police afghane aux effectifs croissants, a indiqué lundi le secrétaire général de l'Otan.

 "En ce qui concerne la police, il y a réellement une grande insuffisance. Il nous manque toujours plus de cent équipes" de formation, a déclaré Fogh Anders Rasmussen à la presse.

Ces équipes étant généralement fortes de 20 à 30 instructeurs, un responsable de l'Otan a confirmé qu'il faudrait de 2.000 à 2.400 policiers supplémentaires pour les constituer.

M. Rasmussen a prévenu que "cela était le nombre requis actuellement, mais dans les deux années à venir il en faudra d'autres encore".

L'Otan a confirmé sa stratégie d'"afghanisation" lors d'une conférence internationale sur l'Afghanistan le 28 janvier à Londres.

Elle prévoit notamment que la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) commandée par l'Otan transfèrera progressivement à l'appareil de sécurité du gouvernement afghan la responsabilité de la Defense et du maintien de la loi et de l'ordre face aux résistants.

Simultanément, la police qui compte 80.000 hommes aujourd'hui, devrait être portée à 109.000 membres en octobre 2010 et à 134.000 en octobre 2011.

Les instructeurs de l'opération d'encadrement de la police afghane financée par l'Union européenne ne peuvent y suffire. Ils sont moins de 200 policiers européens, en raison de difficultés de recrutement, alors que 400 étaient prévus.

Leur mission, par ailleurs, est de former des officiers de police, et non le policier de base.

Du côté de la formation militaire, il y a aussi des insuffisances, quoique moins criantes. "Il nous manque 21 équipes d'instructeurs militaires", a indiqué M. Rasmussen. L'armée gouvernementale, actuellement forte de près de 100.000 soldats, devrait passer à 134.000 hommes en octobre 2010, puis à 171.000 en octobre 2011.

Pour former dans un premier temps ces 134.000 soldats, il faut au moins 180 équipes sur le terrain --ce qu'en jargon Otan on connaît sous l'acronyme d'"OMLT"--, a précisé à l'AFP un responsable militaire de l'Otan.

"Nous disposons aujourd'hui de 140 OMLT, 76 américaines et 64 des autres nations contribuant à l'Isaf. Et 19 autres ont été proposées par des pays autres que les Etats-Unis" lors d'une récente réunion au quartier général de l'Otan à Mons (sud de la Belgique), a-t-il ajouté.

"Ce qui nous en laisse 21 à trouver", a conclu cet officier.

M. Rasmussen a annoncé qu'il discuterait avec les alliés de la possibilité de combler ce manque, lors de la réunion des ministres de la Defense de l'Otan les 4 et 5 février à Istanbul.

1/2

http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-41565260@7-60,0.html


1-2 Pavot : la Russie met en cause la responsabilité de l’OTAN.
En quelques années la consommation d’héroïne afghane est devenue un problème majeur de santé publique en Russie.

Selon les données recoupées par l’ONU et par le Service fédéral russe pour le contrôle des stupéfiants, les récoltes de pavot à opium ont été multipliées par 40 depuis l’intervention états-unienne en Afghanistan, pour atteindre 7 500 tonnes en 2008.

La culture du pavot s’étend sur au moins 193 000 hectares. La récolte est transformée grâce à des produits chimiques importés. Les plantations et les laboratoires sont situés à 92 % dans les zones où les troupes de l’OTAN exercent leur autorité.

En 2008, l’héroïne afghane a tué plus de 100 000 de personnes dans le monde.

Aussi Moscou a t-il décidé de mettre en cause la responsabilité de l’OTAN devant le Conseil de sécurité de l’ONU.

Officiellement, les stratèges US s’opposent aux fumigations des cultures pour ne pas se mettre à dos les paysans afghans. Ils préfèrent lutter contre l’importation des agents chimiques nécessaires.

Durant la période soviétique, la CIA, conseillée par le directeur des services secrets français Alexandre de Marenches, avait encouragé les Moujahidnes à cultiver le pavot pour intoxiquer les jeunes soldats de l’Armée rouge. A l’époque, les produits chimiques nécessaires étaient importés par des agents français infiltrés dans l’association Médecins sans frontières. Le trafic était organisé sur place par la famille Karzai.

De notoriété publique, l’essentiel de la production afghane actuelle est achetée et traitée par une organisation criminelle dirigée par le demi-frère du président Karzai et contrôlée par le Pentagone. La partie de la production destinée à l’Europe occidentale est acheminées par les avions des forces US vers camp Bondsteel (Kosovo), puis prise en charge par la mafia kosovare d’Hashim Thaçi. Ce dernier est devenu Premier ministre du Kosovo grâce au soutien de l’ambassadeur Frank Wisner Jr., et de Richard Holbrooke, actuel représentant spécial du président Obama pour l’Afghanistan.

Pour en savoir plus :
 Dans le secret des princes,
entretien de Christine Ockrent-Kouchner avec Alexandre de Marenches (Stock, 1986).
 « Le gouvernement kosovar et le crime organisé », par Jürgen Roth
 « La géopolitique derrière la guerre bidon des États-Unis en Afghanistan »,
par F. William Engdahl

 

http://www.voltairenet.org/article164334.html


1-3 La géopolitique de l’opium afghan.

D’après un rapport officiel de l’ONU, la production d’opium afghan a augmenté de façon spectaculaire depuis la chute du régime taliban en 2001. Les données du Bureau des drogues et des crimes des Nations-Unies montrent qu’il y a eu plus de cultures du pavot pendant chacune des quatre dernières saisons de croissance (2004-2007), qu’en une année sous le régime taliban. Plus de terres sont dédiées à l’opium à présent en Afghanistan que pour la culture du coca en Amérique latine. En 2007, 93% des opiacés du marché mondial provenaient d’Afghanistan. Ce n’est pas par hasard.

Il a été démontré que Washington à choisi soigneusement le controversé Hamid Karzaï, un chef de guerre pachtoune de la tribu Popalzai, longtemps au service de la CIA, revenu de son exil aux États-Unis, fabriqué comme une mythologie hollywoodienne autour de sa « courageuse autorité sur son peuple. » Selon des sources afghanes, Hamid Karzaï est aujourd’hui le « Parrain » de l’opium afghan. Ce n’est apparemment pas par hasard s’il a été et reste aujourd’hui encore l’homme préféré de Washington à Kaboul. Pourtant, même avec l’achat massif de votes, la fraude et d’intimidation, les jours de Karzaï en tant que président pourraient se terminer.

Longtemps après que le monde a oublié qui est le mystérieux Oussama Ben Laden et ce qu’est Al Qaida, sa prétendue organisation terroriste, — ou se demande même s’ils existent — la seconde raison de la fixation de l’US army en Afghanistan apparait comme un prétexte pour créer une force de frappe militaire étasunienne permanente avec un série de bases aériennes fixes en Afghanistan. L’objectif de ces bases n’est pas de faire disparaître les cellules d’Al Qaïda qui pourraient avoir survécu dans les grottes de Tora Bora ou d’éradiquer un « taliban » mythique, qui, selon des rapports de témoins oculaires, est en ce moment composé majoritairement d’habitants afghans ordinaires en lutte une fois encore pour débarrasser leurs terres des armées occupantes, comme ils l’ont fait dans les années 80 contre les Soviétiques.

Pour les États-Unis, la raison des bases afghanes, c’est d’avoir dans leur ligne de mire et d’être capables de frapper les deux nations du monde qui, réunies, constituent aujourd’hui la seule menace à leur pouvoir suprême sur le monde, à l’America’s Full Spectrum Dominance (domination US sous tous ses aspects), comme l’appelle le Pentagone.

L’armée US occupe l’Afghanistan pour deux raisons : principalement pour rétablir et contrôler la plus grande fourniture mondiale d’opium des marchés internationaux de l’héroïne et utiliser la drogue comme arme contre ses adversaires sur le plan géopolitique, tout particulièrement, la Russie. Le contrôle du marché de la drogue afghane est capital pour les liquidités de la mafia financière en faillite et dépravée de Wall Street.

 

http://www.voltairenet.org/article162766.html



2 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

2-1 Électrophore : La complexité, ennemi intime de l’OTAN.

La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information

Nb - ndlr : il faut toujours savoir ce que pensent les ennemis.

Lors de la première guerre du Golfe, les armées américaines et européennes affrontaient une autre armée conventionnelle configurée selon un modèle russe.

La doctrine Powell et la stratégie Schwarzkopf firent le reste en deux temps trois mouvements.

Dans les Balkans, l’OTAN eut rapidement le dessus face à une armée serbe qui, malgré ses tentatives d’hybridation ou de paramilitarisation à sa périphérie, demeurait une force classique typiquement centre/est-européenne.

Dans un cas comme dans l’autre, quelques réadaptations et mises à jour des doctrines et des stratégies sédimentées durant la guerre froide suffirent pour assurer une incontestable victoire contre les appareils politiques/militaires irakien et serbe.
En Afghanistan, l’OTAN affronte ce qui est à la fois une guerre irrégulière et une crise complexe permanente à tous les niveaux : géopolitique, stratégique, socioculturel, narcotique, psychologique et religieux.
L’échec du sommet de Copenhague a amplement démontré l’incapacité des états modernes à gérer des crises complexes. Ceci est d’autant plus vrai pour ces mêmes états et leurs armées lorsqu’il s’agit d’un conflit irrégulier doublé d’une crise complexe permanente qui, dans le cas afghan, trouve ses racines contemporaines dans les années 60-70.
Forgé dans les certitudes bipolaires de la guerre froide, l’OTAN a développé une extraordinaire science de la guerre dans laquelle priment l’approche linéaire, les lignes d’opération, l’analyse séquentielle et les résultats quantifiables. Sur le théâtre afghan, les multiples dimensions du pays réel sont étroitement imbriquées ou fusionnées, et revêtent autant d’importance que la seule dimension militaire. Sans pour autant négliger ses capacités conventionnelles, l’OTAN doit donc se forger un art croisé de la conduite de guerre et de la gestion de crises.

Dès lors, pourquoi ne pas muter en forces hybrides « à la schizophrénie contrôlée, capables à la fois d’analyser, de ressentir et de pressentir le terrain ? »
Cette transformation cognitive des armées est, à mes yeux, plus à portée d’une Europe riche de diverses cultures, langues et histoires. Ainsi, ses armées seraient mieux adaptées ou mieux adaptables aux exigences non-militaires des futures contre-insurrections (ou assimilables) dans quasiment n’importe quel coin du globe.
Si
la COIN est un début positif en ce sens, elle n’est encore qu’au stade cosmétique ou exosquelettique dans les doctrines de l’OTAN et de ses armées respectives. Je doute qu’il en soit autrement avec les générations actuelles de hauts gradés certes expérimentés mais dont les compétences désormais cristallisées entravent ou annihilent quelque « esprit révolutionnaire ». Explications.
En effet, malgré leurs incontournables trésors des savoirs accumulés, les professionnels expérimentés de tout poil sont rarement ceux qui produisent des concepts férocement novateurs.

Ceci vaut également pour les capitaines d’industrie et pour les scientifiques chevronnés.

Einstein n’avait pas été nobellisé pour sa théorie de la relativité, par trop choquante pour ses pairs, mais pour ses hypothèses un peu plus coulantes sur la nature corpusculaire de la lumière.

Par la suite, il éprouva d’énormes difficultés à pleinement appréhender la physique quantique de Bohr, de Feynman, de Heisenberg et consorts.
Ne blâmons point les hauts gradés, les capitaines d’industrie ou les scientifiques chevronnés pour cette incapacité : s’éloigner ou rompre de son noyau de compétences pour forger un paradigme révolutionnaire et/ou les sous-ensembles inhérents exige à la fois du travail acharné, une constante remise en question de sa carrière et de soi-même, une bonne dose de chance et, peut-être, un don auparavant inexploité. D’où l’immense difficulté à esquisser des solutions claires et percutantes au problème afghan, et ce, malgré la profusion d’excellentes analyses stratégiques qui se boivent plus qu’elles se lisent.
Pour ceux qui ne le savent pas, la fameuse contre-insurrection (COIN) telle qu’on l’entend actuellement n’a rien d’une innovation majeure, c’est un corpus théorique d’inspiration essentiellement française, savamment réactualisé et mis en oeuvre sur les théâtres irakien et afghan par d’affables et perspicaces officiers anglo-saxons.

Même le Général Petraeus (né en 1956) reconnaît que sa génération « a été formée pour détruire des chars soviétiques avec nos hélicoptères. Une formation inutile dans la lutte moderne contre le terrorisme. »
Cette COIN suffira-t-elle à braver les entreprises virtuelles agiles que sont les Résistants Af-Pak et leurs alliés d’Al-Qaïda ? Une part de moi en doute sérieusement.
Comme je l’avais déjà évoqué dans le guide du terroriste urbain, l’état moderne et son armée classique sont tout le contraire d’une entreprise virtuelle intrinsèquement tâtillonnes, mues par des enchaînements d’inerties et consubstantiellement rétentrices d’informations. De telles mécaniques éprouvent inéluctablement des difficultés herculéennes voire sisyphiennes à combattre des entités à la fois nomades, sédentaires, redondantes et remarquablement coordonnées.
De l’illusion à la cécité
Quand les barbares germaniques aperçurent les légions romaines construire un pont fluvial de bois en moins d’une semaine, ils se réfugièrent dans les montagnes. Plus tard, Rome fit preuve d’inertie et d’inaptitude face aux mêmes barbares qui écrasèrent sa meilleure légion et sabotèrent patiemment son réseau impérial d’aqueducs. L’Europe fut littéralement hypnotisée et assommée par la puissance et la rapidité du Blitzkrieg. Quelques années plus tard, l’Allemagne nazie délaissa sa Defense territoriale et ne put rien faire contre les vagues incessantes de bombardiers B-17 dans son ciel. Pire : malgré les avertissements répétés de ses espions, elle fut complètement insensible aux statistiques astronomiques de la production militaro-industrielle américaine. Que dire de la vaine supériorité tactique et technique de l’US Air Force, de l’US Navy et de l’US Army face à une guérilla vietnamienne nettement plus rusée sur les plans psychologique et politique ?
Autres temps, autres guerres, autres circonstances. Gardons-nous de tout déterminisme mais n’oublions jamais les leçons de l’histoire.
Car vient toujours un moment où un appareil politique et militaire d’abord trop confiant sur ses capacités, s’enferme d’autant plus dans son canevas stratégique sous la pression combinée d’événements complexes et d’un ennemi lui infligeant une innovation ou une révolution stratégique. Peu à peu, « les logiciels politiques et militaires » se cloîtrent dans leur confort intellectuel puis tournent en boucle sans s’en rendre compte. Dans leur entêtement à poursuivre la guerre, ils deviennent sourds et aveugles aux signaux avertisseurs, se persuadent de la justesse de leurs décisions et actions et s’embourbent en toute splendeur.
Questions à un billet aller/retour Bruxelles-Kaboul : l’OTAN est-elle exempte de tels « bogues » ? Et si les énièmes grandes offensives contre les Résistants n’avaient que très peu ou aucun effet, jusqu’où peut-elle ou doit-elle s’obstiner ?
Au risque très élevé de m’attirer quelques foudres, les guerres me semblent finalement bien plus faciles à décrypter ou à mener avec un glaive Intel et un bouclier Windows. Ce qui, en toute sincérité, n’est pas nécessairement une bonne chose.*
http://electrosphere.blogspot.com/.


1-2 Djerrad Amar :   “L'Otan n’attaquera jamais la Russie” ?

L’Iran, ce phénix de toutes les convoitises !

Le secrétaire général de l’Otan a déclaré : “La nouvelle doctrine militaire russe qui cite l’élargissement de l’Otan et le déploiement de systèmes de défense antimissiles (ABM) parmi les principales menaces pour la Russie ne reflète pas la réalité.” Quelle est donc cette réalité ?

Militariser presque un continent, qui se trouve être en face de la Russie, appuyé par un nouveau système ABM et destiné à contrer une “éventuelle attaque iranienne” ?

Même les sots n’y croiraient pas.

Quand on y ajoute la Méditerranée (avec Israël, son gendarme) ainsi que le Golf persique, on comprend mieux les objectifs géopolitiques de l’Occident.

En effet, depuis l’effondrement de l’URSS, l’Occident, en particulier l’Amérique imposante et arrogante, accompagnée d’une Europe servante et suiveuse, ne cesse de tenter d’imposer son hégémonie sur cette partie du globe, du moins en commençant par les ex-pays du “bloc de l’Est”, puis l’Irak, par la force sous le fallacieux prétexte d’armes de “destruction massive”, ensuite l’Afghanistan pour “lutter contre le terrorisme”. Allant même jusqu’à pervertir certaines institutions internationales (y compris la CPI) pour les rendre — au fil du temps, des conjonctures internationales et des intérêts — leurs auxiliaires et faire-valoir. Citer l’Iran comme prétexte dans ce contexte, avec “remake” d’un Irak-bis, pour les mêmes allégations, on comprend qu’il reste le dernier pays résistant à la stratégie de l’Occident.

Lorsque M. Rasmussen avait “balancé”, il y a quelques jours, une étrange déclaration (à Novosti), à savoir que “l’Otan n’attaquera jamais la Russie”, nous avions commenté que ce discours nous conduit à nous questionner sur l’utilité de l’armada de missiles en Europe si ce n’est permettre à l’Occident de dominer, par la politique des “petits pas”, les économies du maximum de pays du monde en imposant “sa” conception selon “ses” seuls intérêts. L’objectif ne pouvait être que de mettre “hors course” tous les concurrents potentiels, principalement la Russie et la Chine lesquelles semblent bien réussir au détriment de cet Occident toujours insolent, injuste et paternaliste. Après l’Ukraine et la Géorgie, l’Irak et l’Afghanistan, il ne reste que l’Iran qui semble être le dernier rempart.

La Russie prise en étau serait bien contrainte de “capituler” s’il se produit un déséquilibre de forces trop prononcé. Tout l’obstacle vient donc de cet Iran irréductible et entreprenant, c ! ar la clé et le dernier maillon décisif de leur stratégie. Pour ce faire, ils y mettent tous les moyens médiatico-économico-politiques en fomentant même des troubles dans ce pays. Mais 30 années d’embargo et une guerre à la clé n’ont pas permis de faire infléchir ce pays ; en misant sur la déliquescence du régime.

Cette adversité a eu l’effet inverse puisque le régime s’est consolidé.

En comptant sur ses propres forces, l’Iran s’est développé technologiquement d’une façon fulgurante et sans précédent, ce qui a troublé l’Occident. La réaction et le comportement actuels de l’Iran sont des plus normaux. Il n’y a que les États-Unis, l’Angleterre et la France — le trio à l’origine des troubles dans le monde du fait de leur arrogance — qui y voient un crime de lèse-majesté et une provocation. Comment faire confiance à des États au passé entaché de sang, ou ayant des antécédents génocidaires ou colonialistes ?

Comment l’Iran peut-il faire confiance à des États qui programment sa destruction ou du moins s’échinent à imposer leur hégémonie ?

Lui un pays indépendant, souverain et millénaire qui a contribué au progrès de l’humanité au moment où les États-Unis n’existaient pas et où l’Europe sombrait dans l’obscurantisme et l’intolérance. Pourtant, ce pays n’a jamais colonisé ou agressé un quelconque pays ! En tout cas, même avec ses insuffisances, l’Iran actuel est plus libre et plus démocratique que l’Iran du shah, que l’Occident a soutenu dans la répression.

Durant les dernières élections, ce qui est clair, c’est que l’Occident ne veut pas que l’opinion voit, dans les manifestations, un acte de démocratie, de liberté d’expression. Comme dans toutes les manifestations d’Europe, on sait bien qu’il y a des “fauteurs de troubles” (manipulés ou pas) et que les services de sécurité sont bien obligés de les neutraliser. En Occident, c’est un acte de “salubrité publique” contre des voyous ; en Iran ou autres pays “hors Europe”, c’est de la répression contre la liberté. Et puis, d’où vient cet intérêt de l’Occident à soutenir, comme par miracle, une tendance ou une opposition (légale) ?

Enfin, si changement de régime il doit y avoir, il ne doit venir que des Iraniens seuls et non de ce que l’Occident (à leur tête l’Amérique) veut bien qu’il soit par les multiples ingérences que l’on constate ! Les Iraniens sont cultivés.

Ils savent mieux que quiconque le système politique et économique qui les arrange sans se voir dicter la conduite par les “faiseurs d’opinions” de l’Occident. Entre la proposition de livrer l’uranium “par partie” de l’Iran et l’exigence de l’Occident de le livrer “en totalité”, il y a un profond manque de confiance auquel il faudra trouver une issue ou une solution avec d’autres acteurs et une autre approche. Surtout si la violence verbale d’Israël, envers l’Iran, s’y met de la partie ! Si la dernière décision de l’Iran d’enrichir lui-même son uranium est vue comme “la preuve qu’il envisage un usage militaire”, on peut dire aussi que cette crainte est aussi “la preuve que l’Occident n’avait pas l’intention d’exécuter l’échange”, d’où les tergiversations et les menaces sur ce pays.

Ce qui nous autorise à supposer qu’il y avait mauvaises intentions sur l’uranium en question ! À notre sens, le jeu pervers des “blocs” n’est pas près de disparaître de sitôt tant que les deux antagonistes historiques (Amérique et Russie) n’ont pas “délimité leurs zones” d’influence ou que l’un d’eux ait cédé. Car qui tient l’Iran tient la zone la plus riche et la plus prometteuse. Oui, l’Iran est devenu un pays stratégique incontournable dans le règlement des conflits de la région ! Son développement technologique, propre, en particulier dans le domaine nucléaire, jusque-là conforme à ses engagements internationaux, suscite des inquiétudes non pas pour les dangers de déviation de cette énergie, mais plus pour le risque de voir ce pays, devenant fort, échapper à leur influence ou autorité comme à l’époque du shah.

C’est aussi et surtout un pays riche en ressources, notamment pétrolières. Dès lors, la réaction russe par “La nouvelle doctrine militaire russe” citant l’élargissement de l’Otan et le déploiement de systèmes (ABM) parmi les principales menaces pour la Russie ne peut être que la réponse sûrement appropriée au regard des réactions de l’Occident, pris entre le marteau de sa stratégie faussement “de défense”, mais sûrement hégémonique, et l’enclume du doute et des conséquences imprévisibles.

Il y a cependant un doute.

La Russie, contrairement à l’Occident, en particulier les États-Unis, a toujours tenu à ses principes.

Un désengagement dans ce domaine aurait, pour la Russie, des conséquences particulièrement tragiques et irréversibles.

Car beaucoup de pays réfléchiront longuement avant de s’engager avec elle. Au profit de qui ? L’avenir nous le dira.

Source Liberté du 14 février 2010

Djerrad Amar

17 février 2010

http://www.setif.info/article4248.html


 

n° 61 - Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan - 13-03 : Suite : - “L'Otan n’attaquera jamais la Russie” ?


n° 61 - Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan - 13-03 : Suite  : - “L'Otan n’attaquera jamais la Russie” ?



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan.

n° 61- 13-03

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

2 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion.

1-3 Rick Rozoff : Expansion de l'OTAN, déploiements de missiles et nouvelle doctrine militaire de la Russie..

1-4 Rick Rozoff : Le rôle de l'OTAN dans l'encerclement de l'Iran.


1-3 Rick Rozoff : Expansion de l'OTAN, déploiements de missiles et nouvelle doctrine militaire de la Russie.

En quelques jours, l’OTAN a révélé ses ambitions.

L’Alliance enrôle un à un, plus ou moins de force, tous les Etats d’Europe, du Proche-Orient et d’Océanie dans la guerre sans fin d’Afghanistan. Simultanément, sous le prétexte fallacieux de répondre à une prétendue menace iranienne, elle déploie aux marches de la Russie un système d’interception de missiles nucléaires qui détruit l’équilibre stratégique avec Moscou et remet en cause le principe du désarmement nucléaire progressif. De son côté, la Russie, se considérant comme directement menacée, relance d’urgence ses alliances et ses programmes d’armement.

Les événements liés aux questions militaires et de sécurité en Europe et en Asie ont été nombreux ce mois-ci. Ils se sont condensés en moins d’une semaine de réunions, de déclarations et d’initiatives sur des questions allant du déploiement du bouclier antimissile jusqu’à l’escalade de la plus grande guerre du monde, et allant d’un nouveau système de sécurité pour l’Europe jusqu’à une nouvelle doctrine militaire russe.

Une génération après la fin de la Guerre froide et presque autant depuis l’éclatement de l’URSS, les événements de la semaine passée sont évocateurs d’une autre décennie et d’un autre siècle. La guerre de vingt ans ou plus en Afghanistan et les installations controversées de missiles en Europe ont constitué l’actualité dans un monde bipolaire.

Vingt ans après, alors qu’il n’y a plus d’Union Soviétique, plus de pacte de Varsovie et une Russie considérablement diminuée et tronquée, les États-Unis et l’OTAN ont militarisé l’Europe à un niveau sans précédent —subordonnant en fait presque tout le continent à un bloc militaire dominé par Washington— et ont lancé l’offensive la plus vaste en Asie du Sud dans ce qui est déjà la plus longue guerre actuelle dans le monde.

Des 44 nations en Europe et dans le Caucase (à l’exclusion des micro-Etats et du pseudo-Etat otanien du Kosovo), seulement six —le Belarus, Chypre, Malte, la Moldavie, la Russie et la Serbie— ont échappé à la mobilisation de leurs citoyens par l’OTAN pour le déploiement sur le front afghan. Ce nombre sera bientôt réduit encore.

De ces 44 pays, seulement deux —Chypre et la Russie— ne sont pas membres de l’OTAN ou de son programme de transition de Partenariat pour la Paix, et Chypre est soumise à une pression intense pour se joindre à le second.

Les 4 et 5 février 2010, les 28 ministres de la Défense de l’OTAN au grand complet se sont réunis à Istanbul, en Turquie, pour deux jours de délibérations. Elles se sont concentrées sur la guerre en Afghanistan, le déploiement du bloc militaire au Kosovo et les plans accélérés d’expansion d’un système de missiles intercepteurs d’envergure mondiale vers l’Europe de l’Est et le Proche-Orient. Ce rassemblement suivait d’une semaine une réunion de deux jours du Comité militaire de l’OTAN à Bruxelles qui runissait 63 chefs d’états-majors des nations de l’OTAN et des 35 « pays fournisseurs de troupes », selon la terminologie du bloc, y compris les hauts commandants militaires d’Israël et du Pakistan. Cette conférence était axée sur la guerre afghane et sur le nouveau Concept stratégique de l’OTAN qui doit être formalisé officiellement lors d’un sommet de l’Alliance plus tard cette année.

Le commandant des 150 000 soldats des États-Unis et de l’OTAN en Afghanistan, le général Stanley McChrystal, a assisté aux réunions des deux jours. Le secrétaire US à la Défense Robert Gates a présidé la deuxième. « L’Afghanistan et la défense anti-missile sont les exemples des nouvelles priorités que sur lesquelles Gates veut que l’OTAN se concentre. » [1]

Comme l’indiquait le nombre de chefs d’état-major ayant participé aux réunions de Bruxelles —63—, la portée de l’OTAN a été étendue bien au-delà de l’Europe et de l’Amérique du Nord au cours des dix dernières années. Les troupes servant sous le commandement du bloc en Afghanistan proviennent de tout continent peuplé, du Proche-Orient et d’Océanie : l’Australie a le plus gros contingent des non-membres avec plus de 1 500 soldats, et les autres nations non européennes comme l’Arménie, l’Azerbaïdjan, Bahreïn, la Colombie, l’Egypte, la Géorgie, la Nouvelle Zélande, Singapour, la Corée du Sud et les Émirats arabes unis ont des troupes en Afghanistan ou sont en train d’en envoyer.

Le jour où à commencé la réunion des ministres de la Défense de l’OTAN à Istanbul, le président roumain Traian Basescu a annoncé qu’il avait satisfait à la demande de l’administration Obama de baser des missiles intercepteurs US dans son pays. Cette décision est intervenue cinq semaines après l’annonce que des missiles antibalistiques U.S. Patriot seraient stationnés dans une région de la Pologne à une demi heure de la frontière la plus occidentale de la Russie.

Le lendemain, le 5 février, c’est-à-dire deux mois après l’expiration du Traité START [2] entre les États-Unis et la Russie réglementant la réduction des armes nucléaires et des systèmes de lancement, [3] l’agence de presse russe Interfax a annoncé que « le président Dmitri Medvedev a approuvé la doctrine militaire décennale de la Russie et les principes de base de sa politique de dissuasion nucléaire. » [4]

La même source a cité le Secrétaire adjoint du Conseil de sécurité et ancien chef d’état-major, le général Iouri Baluyevsky, commentant la nouvelle doctrine : « Il est prévu de développer les composants terrestres, maritimes et aériens de la triade nucléaire.... La Russie a besoin de garantir la cohérence de son développement démocratique en utilisant une garantie de stabilité telle que les armes nucléaires, telle qu’une forme de dissuasion stratégique.... La Russie se réserve le droit d’utiliser des armes nucléaires uniquement si son existence en tant qu’Etat est mise en danger. » [5]

Le commentaire du quotidien indien The Hindu spécifiait que « La doctrine détaille 11 menaces militaires externes à la Russie, dont sept venant de l’Ouest. L’expansion vers l’est de l’OTAN et son insistance pour un rôle mondial sont identifiées comme la menace numéro un pour la Russie. »

L’article ajoutait : « Les U.S.A. sont la source d’autres menaces majeures répertoriées dans la doctrine, même s’ils ne sont jamais explicitement mentionnés dans le document. Celles-ci incluent les tentatives visant à déstabiliser des pays et des régions et à saper la stabilité stratégique ; la militarisation accrue des Etats et des mers voisins ; la création et le déploiement de défense anti-missile stratégique, ainsi que la militarisation de l’espace et le déploiement de systèmes stratégiques non nucléaires de haute précision. »

En ce qui concerne la date choisie pour approuver cette nouvelle stratégie militaire russe, l’article la présente comme une réponse aux récentes décisions sur le bouclier antimissile U.S. et aux lenteurs des pourparlers START.

« La nouvelle doctrine de défense a fait l’objet d’une loi qui a été publiée au lendemain de l’annonce par la Roumanie de son intention de déployer des missiles intercepteurs US dans le cadre d’un bouclier de missiles global auquel la Russie s’oppose farouchement. Des articles antérieurs avaient observé que le Kremlin avait reporté l’approbation de sa doctrine, préparée l’année dernière, parce qu’il ne voulait pas mettre en péril les négociations START en cours avec les États-Unis. » [6]

Une remarque similaire a été formulée dans une dépêche de l’Agence de presse chinoise Xinhua :

« Les analystes disent que la décision roumaine intervient à un moment crucial où Washington et Moscou sont sur le point de signer un document successeur du Traité de Réduction des Armes Stratégiques (START-1) arrivé à expiration. Par conséquent, la mesure peut bouleverser les relations Russie - États-Unis en train de se dégeler et mettre à l’épreuve leurs liens bilatéraux. » [7]

Sous le titre de « Principales menaces externes de guerre », la nouvelle Doctrine militaire russe [8] a répertorié dans l’ordre décroissant les préoccupations suivantes :

 Le fait de s’arroger des prérogatives mondiales en violation du droit international, et d’étendre une infrastructure militaire jusqu’aux frontières de la Russie, y compris par le biais de l’élargissement d’une alliance militaire ;

 La déstabilisation de différents États et régions, ce qui revient à affaiblir la stabilité stratégique ;

 Le déploiement de contingents militaires d’Etats (et blocs) étrangers sur les territoires voisins de la Russie et de ses alliés, ainsi que dans leurs eaux territoriales ;

 L’établissement et le déploiement de systèmes de défense anti-missile stratégique qui sapent la stabilité mondiale et violent l’équilibre des forces dans le domaine nucléaire, ainsi que la militarisation de l’espace avec le déploiement d’armes de précision des systèmes non nucléaires stratégiques ;

 Les revendications territoriales à l’encontre de la Russie et de ses alliés et l’ingérence dans leurs affaires intérieures ;

 La prolifération des armes de destruction massive et des lanceurs, augmentant le nombre d’Etats nucléarisés ;

 La violation par un Etat d’accords internationaux, et l’échec à ratifier et à mettre en œuvre les traités internationaux précédemment signés sur la limitation et la réduction des armes ;

 Le recours à la force dans les territoires des Etats riverains de la Russie en violation de la Charte des Nations Unies et des autres normes du droit international ;

 L’escalade des conflits armés sur les territoires voisins de la Russie et des nations alliées ;

À la 46ème Conférence de Sécurité annuelle de Munich qui s’est tenue les 6 et 7 février, le secrétaire général de l’Alliance Anders Fogh Rasmussen a déclaré : « Je dois dire que cette nouvelle doctrine ne reflète pas le monde réel », bien que toute lecture objective des neuf points précédents confirme qu’elle dépeint le monde exactement tel qu’il est. Malheureusement.

Par exemple, après que le président de la Roumanie ait révélé que les missiles U.S. devraient être déployés dans son pays, une déclaration de son ministère des Affaires étrangères a précisé : « La Roumanie a été et continue d’être un promoteur cohérent au sein de l’OTAN du projet concernant le développement progressif et adapté du système de défense antimissile en Europe... La décision de prendre part au système US est entièrement en accord avec ce qui a été décidé à cet égard aux sommets de l’OTAN de Bucarest en 2008 et à Strasbourg-Kehl en 2009." [9]

Le premier jour de la Conférence de Sécurité de Munich, le ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov a déclaré que : « Avec la désintégration de l’Union Soviétique et de l’Organisation du Traité de Varsovie une réelle opportunité a émergé pour faire de l’OSCE [Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe] une organisation à part entière offrant une sécurité égale à tous les Etats de la région euro-atlantique. Toutefois, cette occasion a été manquée, parce que le choix a été fait en faveur de la stratégie d’expansion de l’OTAN, qui signifie non seulement préserver les lignes séparant Europe au cours de la Guerre froide en des zones ayant des niveaux de sécurité différents, mais également déplacer ces lignes vers l’est. Le rôle de l’OSCE était, en fait, réduit au service de cette politique par le biais de la supervision des questions humanitaires dans l’espace post-soviétique. »

Il a continué avec un examen de l’échec des mesures de sécurité post-Guerre froide en Europe :

« Que le principe de l’indivisibilité de la sécurité au sein de l’OSCE ne fonctionne pas n’est pas long à prouver. Rappelons-nous le bombardement de la République fédérale de Yougoslavie en 1999, quand un groupe d’Etats membres de l’OSCE, liés par cette déclaration politique, a commis une agression contre un autre Etat membre de l’OSCE.
Tout le monde se souvient aussi de la tragédie d’août 2008 en Transcaucasie, où un Etat membre de l’OSCE, signataire de divers engagements dans le domaine du non-usage de la force, a recouru à cette force, y compris contre les soldats de la paix d’un autre Etat membre de l’OSCE, en violation non seulement de l’Acte final d’Helsinki, mais également de l’accord de maintien de la paix en Géorgie-Ossétie du Sud, qui exclut l’utilisation de la force. » [
10]

Il était suivi le lendemain par le secrétaire général de l’OTAN, Rasmussen. Non seulement il n’a pas pu répondre à l’accusation que la paix et la sécurité en Europe ont été mises en danger par l’avancée implacable de son organisation militaire vers les frontières de la Russie, mais il a préconisé l’implication de l’OTAN au-delà du continent pour englober le monde.

En proclamant qu’ « à l’ère de l’insécurité mondialisée, notre défense territoriale doit commencer au-delà de nos frontières », Rasmussen a insisté pour que « l’OTAN puisse devenir un forum de consultation sur les questions de sécurité dans le monde. »

Son discours incluait également la demande de « porter la transformation de l’OTAN à un nouveau niveau —en connectant l’Alliance avec le système international plus large dans des voies entièrement nouvelles—. »

La Russie ne peut pas proposer un système de sécurité commune pour l’Europe, mais l’OTAN peut en ordonner un qui soit international.

Rasmussen s’est félicité que la Force internationale d’assistance à la sécurité de l’OTAN en Afghanistan « va encore être renforcée cette année, avec plus de 39 000 soldats supplémentaires, »

Non seulement il n’a pas exprimé de réserve à propos d’une guerre qui dure depuis 9 ans déjà et qui est tous les jours plus meurtrière, mais il l’a célébrée comme un modèle pour le monde : « Notre expérience en Afghanistan (…) m’amène à une [autre] considération : la nécessité de transformer l’OTAN en un forum de consultation sur les questions de sécurité dans le monde (…) L’OTAN est un cadre qui a déjà prouvé être capable de façon unique de combiner la consultation en matière de sécurité, la planification militaire et les opérations sur le terrain de manière plus efficace que la somme de ses membres. Encore une fois, regardez l’Afghanistan. » [11]

Konstantin Kosachev, président de la Commission des affaires internationales de la Douma russe, a également pris la parole à la conférence de sécurité de Munich : « Je pense que le problème de l’OTAN aujourd’hui est que l’OTAN se développe en sens inverse : elle essaie d’agir de plus en plus mondialement, mais elle continue à penser localement.... Dès que l’OTAN commence à aller au-delà de ses frontières, ce n’est plus seulement une affaire interne pour l’OTAN. »

Il a également « accusé l’alliance de provoquer le conflit Géorgie-Russie en promettant une éventuelle adhésion à Tbilissi.... » [12]

L’actuel vice-Premier ministre et ancien ministre de la Défense russe Sergei Ivanov est également intervenu à Munich. A propos des pourparlers START en panne, il a souligné qu’ « Il est impossible de parler sérieusement de la réduction des capacités nucléaires lorsqu’une puissance nucléaire travaille à déployer des systèmes de protection contre les lanceurs des têtes nucléaires des autres pays ». Il a rappelé aux participants à la conférence que « La Russie a réduit unilatéralement ses arsenaux nucléaires tactiques de 75 % par rapport à leur niveau du début des années 1990, mais les États-Unis n’y ont pas répondu par une mesure similaire et ont même refusé de retirer leurs armes d’Europe. » [13]

Deux jours après la conférence de Munich le secrétaire du Conseil de sécurité de la Russie, Nikolaï Patrouchev, a réaffirmé les inquiétudes précédentes de Lavrov et de Kosachev, en indiquant : « Nous doutons sérieusement [que la Russie sera plus sécurisée en raison de l’expansion de l’OTAN.] L’OTAN représente plutôt une grave menace pour nous. »

Une très importante agence de presse russe a écrit que « Patrouchev a critiqué l’OTAN pour ses efforts continus d’élargissement, y compris pour ses encouragements aux demandes d’adhésion de la Géorgie et de l’Ukraine.
Il a reproché également à l’OTAN d’armer et de préparer
la Géorgie pour une attaque contre l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie. Il a affirmé que les pays de l’OTAN continuaient de fournir de l’armement à Tbilissi malgré les protestations de la Russie. » [14]

Pour justifier ces préoccupations, la 10ème semaine annuelle de l’OTAN a commencé en Ukraine le 9 février et à la même date le gouvernement de la Géorgie « a approuvé le Programme national annuel de coopération avec l’OTAN [PNA] pour 2010 » [15], une initiative lancée par l’OTAN, peu de temps après l’invasion par la Géorgie de l’Ossétie du Sud et de la guerre avec la Russie en août 2008.

Guerre dans les Balkans, guerre en Asie du Sud, guerre dans le Caucase. Voilà le modèle de que l’OTAN appelle à reproduire à l’échelle mondiale. Et comme le bloc se déplace encore vers l’est, il apporte dans son sillage des troupes et des équipements militaires, des bases aériennes et navales et des installations de bouclier antimissile.

Le 9 février, le chef de l’état-major général des Forces armées de Russie Nicolas Makarov a averti que : « Le développement et la mise en place du bouclier antimissile (des USA) est dirigé contre la Fédération de Russie. » [16]

Il a dit aussi « que les différences avec les États-Unis à propos du bouclier antimissile étaient en train de bloquer le traité de réduction des armes nucléaires », que « les différences avaient jusqu’à présent empêché la signature du traité sur ces armes. » [17]

Se référant encore aux négociations START, il a déclaré : « Les plans de défense antimissile U.S. constituent une menace pour la sécurité nationale russe et ont ralenti la progression d’un nouveau traité sur le contrôle des armes avec Washington ».

Selon les propres termes de Makarov, « Le traité sur les armes stratégiques offensives sur lequel nous travaillons actuellement doit tenir compte du lien entre les armes stratégiques défensives et offensives. Ce lien est très étroit, elles sont absolument interdépendantes. Il serait faux ne pas prendre en compte la défense antimissile. » [18]

Au début de la semaine, le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Andrei Nesterenko a réitéré la demande de son pays que les armes nucléaires tactiques U.S. soient retirées d’Europe. Il a dit que le « retrait des armes tactiques états-uniennes d’Europe vers les États-Unis serait le bienvenu. Il devrait être accompagné de la démolition complète et irréversible de l’ensemble des infrastructures prenant en charge le déploiement de telles armes en Europe ». Il a réaffirmé la position de son pays selon laquelle « Les armes nucléaires doivent être déployés exclusivement sur le territoire des Etats qui les possèdent. » [19]

Six jours après, pour ajouter au pressentiment de la Russie et pour manifester la réluctance de l’Ouest sur la question, l’ex-secrétaire général de l’OTAN George Robertson a été cité dans la presse turque, exigeant que les ogives U.S. restent en Allemagne. A cette occasion, il a reconnu que les États-Unis ont de 40 à 90 armes nucléaires sur la base aérienne d’Incirlik en Turquie. Lord Robertson n’est bien entendu ni allemand, ni états-unien, mais c’est un ancien patron de l’OTAN et il se considère lui-même en droit de décider de questions d’une nature aussi grave.

Le 10 février, un haut conseiller de la présidence polonaise, Wladyslaw Stasiak, était à Washington pour discuter du déploiement imminent de missiles anti-balistiques Patriot Advanced Capability-3 (PAC-3). Il a rencontré les membres du Conseil national de sécurité U.S et des « experts de l’Heritage Foundation à tendance conservatrice et du Center for International and Strategic Studies. »

Par la suite, il a déclaré : « Nous avons parlé de l’avenir de l’OTAN dans le contexte d’un nouveau concept stratégique, ainsi que de l’OTAN d’aujourd’hui, notamment en ce qui concerne l’article 5 et sa mise en œuvre pratique », c’est-à-dire la clause d’assistance mutuelle. [20]

Le même jour, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères ukrainien a exprimé des préoccupations à propos du déploiement de missiles U.S. dans sa nation sœur de la mer Noire, la Roumanie. « En tant que pays voisin de la Roumanie, nous ne pouvons accepter que les plans U.S. de déploiement de bouclier antimissiles à proximité de notre frontière passent inaperçus, surtout dans la mesure où certains éléments sont censés être basés en mer Noire. » [21]

Vladimir Voronin, président jusqu’en septembre dernier de la Moldavie, limitrophe à la fois de la Roumanie et de l’Ukraine, a récemment averti que le déploiement de missiles US sur et au large des côtes de la Roumanie « peuvent transformer la Moldavie voisine en une zone de front de première ligne » et que « la position de la Roumanie sur le bouclier antimissile U.S. et un soutien aussi ouvert de la part de la direction actuelle moldave pourraient avoir des conséquences désastreuses pour la sécurité dans la région. » [22]

De la sorte, il faisait écho à l’ambassadeur russe à l’OTAN Dmitri Rogozine, qui expliquait deux jours avant : « Les plans U.S. pour baser un système de défense antimissile en Europe sont un prétexte pour empiéter sur les frontières de la Russie » et « Les USA sont en train d’utiliser les actions de l’Iran pour mondialiser leur système de défense antimissile. » [23]

Quatre jours après ses précédents commentaires, Voronin déclarait pour la Moldavie que « le déploiement d’ABM US en Roumanie ramène l’Europe à la Guerre Froide » et qu’il doutait que « les ABM US soient braqués contre la menace iranienne. » [24]

Le Pentagone a ouvert une base radar dans le désert israélien du Néguev en 2008, dotée de plus de 100 hommes. Ses matériels ont une portée de 2 900 milles, soit presque trois fois la distance séparant les capitales israélienne et iranienne. Le radar FBX de la base avancée de Nevatim Air Base peut contrôler toute la partie orientale et une grande partie de la Russie du Sud.

Plus les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN tempêteront contre la prétendue menace iranienne, plus le cordon de missiles intercepteurs occidentaux sera assuré autour de la Russie.

Le 10 février, la presse locale a écrit que « la République Tchèque est en discussion avec l’administration Obama pour accueillir un centre de commandement dans le cadre du plan de défense antimissile modifié des États-Unis. » [25]

Le jour suivant l’ambassadeur de Chine en Russie, Li Hui, a a réaffirmé que « Pékin est préoccupé par les plans [de bouclier antimissile U.S.] qui pourraient perturber l’équilibre stratégique et la stabilité actuels et intensifier les tensions ». Caractérisant correctement la véritable portée du projet missile intercepteur états-unien, « il a soutenu que la création d’une défense antimissile globale minait les efforts internationaux pour arrêter la prolifération nucléaire. » [26]

Ses avertissements, comme ceux de la Russie, ont été entendus à Washington et parmi ses alliés de l’OTAN. Le 12 février la Pologne a approuvé un Accord sur l’état des forces (ASOF) avec les États-Unis pour « 100 soldats US devant être stationnés en Pologne, dans le cadre du bouclier, qui comprendra des missiles Patriot et SM-3. » [27] C’est peut-être la première confirmation que les intercepteurs Standard Missile-3 0 à longue portée embarqués sur des navires (et/ou basés au sol) seront déployés avec les missiles Patriot Advanced capacité-3 près de la frontière occidentale de la Russie.

Egalement le 12 février, le Premier ministre bulgare Boiko Borisov a révélé que les États-Unis engageront des pourparlers avec son gouvernement pour placer des composants potentiels de missiles intercepteurs de première frappe dans ce pays de la mer Noire. L’ambassadeur états-unien James Warlick a confirmé que les discussions préliminaires ont déjà eu lieu. Le chef de l’Etat bulgare a justifié sa volonté de prendre cette mesure risquée en déclarant : « Mon opinion est que nous avons à faire preuve de solidarité. Lorsque l’on est membre de l’OTAN, il faut travailler pour la sécurité collective. » [28]

Considérant tout ce qui précède, le fait que gouvernement russe ait invité l’ancienne secrétaire d’Etat des USA Madeleine Albright et sa coterie des « Sages » du « Groupe d’Experts » chargé d’élaborer le nouveau concept stratégique de l’OTAN à prononcer un exposé à l’Institut des relations extérieures de Moscou le 11 février est une farce.

L’OTAN n’est pas le fournisseur de sécurité internationale qu’elle prétend être. Elle n’est pas un partenaire de l’organisation des Nations Unies, qu’elle a éclipsé et émaculé, ni d’aucune autre organisation internationale ou régionale. Elle n’est pas le fondement d’une « alliance des démocraties ».

L’OTAN est un pacte offensif, sans loi et meurtrier, qui se réserve unilatéralement le droit de répéter son agression armée dans les Balkans et en Asie du Sud sur une échelle mondiale. C’est une menace pour l’humanité.

Notes

 [1] Bloomberg News, February 4, 2010

[2] Strategic Arms Reduction Treaty (START).

[3] « With Nuclear, Conventional Arms Pacts Stalled, U.S. Moves Missiles And Troops To Russian Border », par Rick Rozoff, Stop NATO, 22 janvier 2010.

[4] Interfax, 5 février 2010.

[5] Ibid.

[6] « Vladimir Radyuhin, New Russian doctrine sees NATO, U.S. as main threat », The Hindu, 7 février 2010.

[7] Xinhua, 8 février 2010.

[8] Texte disponible en russe uniquement.

[9] Financiarul, 6 février 2010.

[10] Sténogramme de l’]intervention de S.V.Lavrov, Ministre des Affaires étrangeres de la Russie->http://www.ln.mid.ru/brp_4.nsf/7b52...], a la 46e Conference de Munich sur les problemes de la politique de la securite, le 6 février 2010

[11] « Speech by Anders Fogh Rasmussen at the 46th Munich Security Conference », Voltaire Network, February 7, 2010.

[12] Reuters, 7 février 2010.

[13] RIA Novosti, 6 février 2010.

[14] RIA Novosti, 9 février 2010.

[15] Georgia Times, 10 février 2010.

[16] Reuters, 9 février 2010.

[17] Reuters, 9 février 2010.

[18] Associated Press, 9 février 2010.

[19] Itar-Tass, 4 février 2010.

[20] Polish Radio, 10 février 2010.

[21] RosBusinessConsulting, 10 février 2010.

[22] RIA Novosti, 7 février 2010.

[23] Bloomberg News, 5 février 2010.

[24] Voice of Russia, 11 février 2010.

[25] Prague Post, 10 février 2010.

[26] Voice of Russia, 11 février 2010.

[27] Deutsche Presse-Agentur, 12 février 2010.

[28] Reuters, 12 février 2010.

Rick Rozoff,

Chicago, le 15 février 2010

Rick Rozoff,

Diplômé de littérature européenne. Journaliste.

Directeur de Stop NATO international.

Traduction par André Comte

Source : Réseau Voltaire
http://www.voltairenet.org/...
 


1-4 Rick Rozoff : Le rôle de l'OTAN dans l'encerclement de l'Iran.

S'étant déclaré lui-même « commandant-en-chef d'une nation engagée dans deux guerres » et, de surcroît, le chef d'État de « l'unique superpuissance militaire au monde »[1], rien de moins, tout en étant le récipiendaire de ce qu'on appelle, inexplicablement, le prix Nobel de la paix, le président des États-Unis, Barack Obama, à l'occasion de son premier discours sur l'état de la nation, le 27 janvier, a affirmé que « la communauté internationale est de plus en plus unie, tandis que la république islamique est de plus en plus isolée ». Il s'est aussi fait menaçant : « Puisque les dirigeants de l'Iran continuent de faire fi de leurs obligations, soyons rassurés : ils en subiront les conséquences. Je vous le promets. »

Deux jours plus tard, sa secrétaire d'État, Hillary Clinton, a livré un discours à une importante académie militaire française, ce qui est assez révélateur en soi, et en cet endroit, elle a non seulement vivement dénoncé l'Iran, elle a aussi fait une mise en garde pas très diplomatique à la Chine : « La Chine se verra pressée de reconnaître l'impact déstabilisateur sur le golfe (Persique) qu'exercerait un Iran doté d'armes nucléaires... »[2]

Pressée par Washington, il va sans dire. Le jour même, la Maison blanche confirmait qu'elle avait finalisé une vente d'armes au coût de 6,4 milliards $ à Taïwan.

Le 9 février, le porte-parole du département de la Défense, Geoff Morrell, a déclaré à la presse que son patron, le chef du Pentagone, Robert Gates, veut que les Nations unies imposent des sanctions à l'Iran dans les prochaines « semaines et non des mois » et « pense de toute évidence qu'il faut agir sans attendre ».[3]

Pendant la Première Guerre mondiale, le journaliste et dramaturge autrichien Karl Kraus s'indignait : « Quelle est cette confusion mythologique ? Depuis quand Mars est-il le dieu du Commerce et Mercure, le dieu de la Guerre ? »

Aujourd'hui, il s'étonnerait également du fait que la diplomate la plus importante des États-Unis livre un discours dans une académie militaire (tout en y réprimandant avec beaucoup de condescendance la nation la plus peuplée du monde) et que le chef de la défense étasunienne pousse d'autres pays à imposer des sanctions punitives à un pays qui n'a agressé personne depuis des siècles.

Le secrétaire général de « l'unique bloc militaire au monde », dirigé par les États-Unis – Anders Fogh Rasmussen – a pris la parole à la Conférence annuelle de Munich sur la sécurité, le 7 février, et y a livré une harangue dont le titre était « L'OTAN au XXIe siècle : Pour une nouvelle confluence mondiale », au cours de laquelle il a loué la capacité du bloc militaire à s'introduire dans presque tous les interstices imaginables : la guerre en expansion en Afghanistan, le terrorisme, les attaques cybernétiques, les pénuries d'énergie provoquées – les deux derniers interstices se référant, doit-on conclure, à la Russie – la non-prolifération nucléaire, les changements climatiques, la piraterie, les États en faillite, les drogues, « les catastrophes humanitaires, les conflits ayant comme point de litige les terres arables, et la concurrence grandissante pour les ressources naturelles »,[4] la Corée du nord et l'Iran.

Rasmussen a répété les revendications de l'Alliance et d'autres dirigeants occidentaux à l'effet que « l'OTAN doit devenir un forum de consultation sur les questions de sécurité mondiale », et a déclaré qu'« afin d'accomplir efficacement le travail de l'OTAN aujourd'hui, l'Alliance doit se faire l'axe d'un réseau de partenaires pour la sécurité ainsi que le centre de consultation sur les questions de sécurité internationale... Et inutile de commencer à zéro. Déjà, l'Alliance possède un vaste réseau de partenariats sur la sécurité, dans des régions aussi éloignées que l'Afrique du nord, le golfe, l'Asie centrale et le Pacifique. »[5]

En effet, l'OTAN possède un vaste réseau de membres et de partenaires militaires en pleine expansion à travers le monde. Un de ces membres est la Turquie, le deuxième plus grand contributeur de troupes au bloc, qui partage des frontières avec l'Iran. L'autre est un allié partenaire, l'Azerbaïdjan, autre pays frontalier de l'Iran.

L'allusion de Rasmussen au golfe Persique invoque les contacts militaires en croissance, les visites et les activités conjointes entre l'OTAN et les six membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui vont main dans la main avec la présence croissante des États-Unis dans la région[6], laquelle présence est assurée dans le cadre de l'Initiative de coopération d'Istanbul (ICI) lancée en 2004.[7]

Le nom du projet vient du fait qu'il a été inauguré au sommet de l'OTAN à Istanbul, lequel sommet a absorbé presque complètement toute l'Europe de l'est dans le bloc grâce à un processus de partenariat graduel. Le même processus qui avait incorporé dix nouveaux membres européens, incorpora ensuite les sept nations du Dialogue méditerranéen du Moyen Orient et de l'Afrique (l'Algérie, l'Égypte, Israël, la Jordanie, la Mauritanie, le Maroc et la Tunisie) et six États du golfe Persique (le Bahreïn, le Koweït, l'Oman, le Qatar, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis). Les treize sont la responsabilité de l'ICI, mais le prolongement pour la première fois des partenariats militaires de l'OTAN à six nations du golfe Persique est l'aspect à la fois le plus ambitieux et le plus significatif du programme. Il fut le point de départ de l'offensive de l'OTAN dans le golfe visant à compléter la stratégie étasunienne de contenir et d'éventuellement confronter l'Iran.

Un des objectifs déclarés de l'ICI était d'« inviter les pays intéressés à se joindre à l'Opération effort actif (OEA) »,[8] qui est une opération de surveillance et d'interdiction navale (un blocus de facto) à la grandeur de la Méditerranée et qui aura neuf ans le mois d'octobre prochain. L'Initiative de coopération d'Istanbul lie le contrôle de la Méditerranée à l'expansion vers la Mer rouge jusqu'au golfe d'Aden, ou l'opération navale de l'OTAN, Ocean Shield, est présentement à l'oeuvre, y inclus la mer Arabique allant jusqu'au golfe Persique.

Un article précédent dans cette série énumérait les principaux objectifs de l'ICI :

- Se servir d'États appartenant au CCG afin d'y placer des troupes, des avions de guerre, des cargos et de la surveillance pour des opérations à la fois dans la région et dans ce qu'on appelle le Moyen-Orient élargi.

- Incorporer les États du golfe dans un programme de surveillance globale de missiles et de bouclier anti-missile.

- Amener les pays du CCG non seulement sous le parapluie nucléaire et anti-missile des États-Unis, mais effectivement sous l'influence de l'article 5, clause de défense mutuelle de l'OTAN, ce qui pourrait mener à ce qu'on prétende qu'un ou des membres du CCG est menacé par un non-membre (c'est-à-dire l'Iran) et qu'on crée ainsi un prétexte pour déclencher des attaques « préventives ».

- Activer l'Opération effort actif de l'OTAN dans le golfe en instituant une vaste interdiction navale – un blocus – dans le détroit d'Hormuz où a lieu de 40 à 50 % du transport international de pétrole.

En 2006, l'OTAN a signé des ententes de renseignement militaire et de passage avec le Koweït et a mis sur pied une nouvelle faculté du Moyen-Orient au Collège de défense de l'OTAN à Rome. L'OTAN a tenu une conférence sur l'ICI au Koweït en décembre à laquelle ont participé tous les six États du Conseil de coopération du golfe.

L'année suivante, quatre des six membres du CCG – le Bahreïn, le Koweït, le Qatar et les Émirats arabes unis – se sont joints formellement à l'Initiative de coopération d'Istanbul.

La pénétration du golfe par l'OTAN s'est poursuivie sans arrêt et en mai 2009, l'amiral Luciano Zappata de la marine italienne et commandant suprême adjoint des forces alliées Transformation (dont la base est à Norfolk, en Virginie), parlant du nouveau concept stratégique de l'OTAN présentement en cours, a loué l'Initiative de coopération d'Istanbul comme un « exemple de réussite » du nouveau modèle de « partenariat et de coopération » auquel songe l'Alliance pour la presque totalité de la planète.

Les intentions de Zappata (pour une fois on n'a pas invoqué le prétexte iranien pour justifier l'expansion militaire dans le golfe Persique pour camoufler les véritables visées de l'OTAN) sont révélées en détail dans ce qu'il a décrit comme étant « la dimension maritime de la nouvelle stratégie ».

Il a dit que « le réseau de ports, d'infrastructures et de pipelines ainsi que de navires suivant les lignes de communication maritimes qui soutient le commerce est vulnérable.

« Comme on commence l'exploitation des ressources sur le plancher océanique, il y a aussi un déplacement des intérêts stratégiques et de sécurité. »

L'amiral a ajouté que les Émirats arabes unis (ÉAU) sont « un partenaire commercial important et un fournisseur d'énergie important dans l'économie mondiale. La nouvelle base militaire française devant ouvrir au Port Zayed servira de support aux efforts internationaux pour renforcer la sécurité maritime. »[10]

Le jour même du rapport ci-haut mentionné, le 26 mai 2009, le président français, Nicolas Sarkozy, a visité les Émirats arabes unis pour y ouvrir une nouvelle base militaire, la première pour la France dans le golfe Persique et la première base étrangère dans les ÉAU. L'installation française dans le Port de Zayed, sur la côte du détroit d'Hormuz, « contient une base navale et aérienne ainsi qu'un camp d'entraînement ».[11]

« La base accueillera 500 membres du personnel de la marine l'armée terrestre et l'armée de l'air de la France. Elle pourra recevoir deux frégates de la flotte française opérant dans la région... La flotte française est la première du genre dans le golfe Persique. »

Un analyste du golfe fut cité au passage, disant : « Les États-Unis ont plusieurs bases militaires, aériennes et maritimes, dans le Koweït, le Qatar et le Bahreïn. La base maritime française d'Abu Dhabi est la première base militaire étrangère destinée à une armée amie dans les ÉAU. »[12]

« En ce qui concerne la France, la base militaire accroît son prestige au sein de l'OTAN et auprès des États-Unis puisqu'elle devient le seul membre de l'OTAN, autre que les États-Unis, à avoir un pied ferme dans le golfe. »[13]

Le mois suivant, Sarkozy a complété un contrat avec les ÉUA pour l'achat de 60 avions de combat Rafale au coût de 8-11 million $.

L'année précédente, la France avait effectué des exercices de guerre simulée dans les ÉAU, le Bouclier du Golfe 01, d'une durée de 12 jours, avec des homologues militaires provenant du pays hôte et du Qatar. Quatre mille soldats ont participé aux exercices, lesquels ont « simulé une guerre mettant en conflit deux pays de la région et leur allié contre un état voisin qui a envahi un des deux pays ».[14]

Vers la fin du mois d'octobre 2009, une conférence de deux jours sur « les relations OTAN-ÉAU et la voie vers l'avant pour l'Initiative de coopération d'Istanbul » avait lieu à Abu Dhabi, la capitale des Émirats arabes unis. Elle réunissait « 300 participants, y inclus le secrétaire général de l'OTAN, les représentants permanents de l'OTAN au Conseil de l'Atlantique Nord, le secrétaire général adjoint de l'OTAN, le président du Comité militaire de l'OTAN ainsi que d'autres haut placés de l'OTAN, des leaders d'opinion, des académiciens et des éminences grises de pays de la région du golfe.[15]

Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a dit à un correspondant d'Al Arabiya que « l'OTAN voir la région du golfe comme une continuation de la région de sécurité euro-atlantique », et en référence à l'Iran – qui ne fut pas, évidemment, invité à la conférence – « nous sommes tous sérieusement préoccupés par les ambitions nucléaires et par l'effet d'entraînement nucléaire qu'il pourrait déclencher dans une région charnière pour la stabilité et la sécurité mondiales ».[16]

Ces dernières semaines, les États-Unis ont annoncé qu'ils avaient fait des ventes de missiles terrestres d'interception au Bahreïn, au Koweït, à Qatar et aux Émirats arabes unis. Ils ont approvisionné les États du CCG en Patriotes à capacité avancée-3 et en systèmes de missiles de Défense terminale de zone de haute altitude (THAAD) et ont déployé des missiles d'interception Standard-3 mer-air dans le golfe sur des navires de guerre équipés du système Aegis.

Tôt en février, le secrétaire général adjoint de l'OTAN, Claudio Bisogniero, était au Qatar et, « louant l'appui donné par Qatar à l'OTAN depuis l'Initiative d'Istanbul en 2004 », il a dit que « le Qatar est devenu un participant actif dans la plupart des délibérations tenues sous l'égide de l'OTAN... »[17]

Les États du CCG présentement intégrés aux opérations internationales sont recrutés pour la guerre en Afghanistan. Une publication des forces armées des États-Unis a révélé à la fin de janvier que 125 membres du personnel de sécurité du Bahreïn montaient la garde devant « les quartiers généraux des opérations militaires étasuniennes dans la province volatile de Helmand, ou sont stationnés plus de 10 000 marines et où d'autres sont attendus ».[18] C'est à partir de Helmand que les États-Unis et l'OTAN mènent leur bataille la plus intense et la plus sanglante dans leur guerre de plus de huit ans en Afghanistan.

Des troupes des ÉAU sont au service de l'OTAN et de son commandement en Afghanistan depuis plusieurs années.

L'Agence de nouvelles du Koweït écrivait le 28 janvier que le président du Comité militaire de l'OTAN, l'amiral Giampaolo Di Paola, avait dit que « l'Alliance est en discussion présentement avec un État du golfe sur le déploiement d'avions AWACS pour des missions de reconnaissance au-dessus de l'Afghanistan en appui à sa mission de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) ainsi que pour contrer la piraterie au large de la Somalie ».

De surcroît, Di Paola aurait déclaré que « l'Alliance prévoit régler prochainement la question de base avec l'un des pays du golfe » et « nous prévoyons être en position de remplacer le déploiement temporaire que nous avons aujourd'hui en Oman par un déploiement plus permanent et à long-terme ».[19] L'Oman est à proximité de l'Iran dans le détroit d'Hormuz.

La vraie puissance militaire dans la région du golfe, l'Arabie saoudite – armée jusqu'aux dents avec des armes modernes des États-Unis – est engagée dans sa toute première guerre depuis novembre dernier. Riyadh a lancé des attaques régulières avec infanterie, véhicules blindés et avions de guerre dans le nord du Yémen, son voisin, contre des rebelles houthi. On rapporte la mort de centaines de civils yéménites victimes d'attaques, qui, selon les porte-parole des rebelles, ont été accompagnées d'attaques aériennes des États-Unis.[20] Deux cents mille civils ont été déplacés par les combats au nord depuis 2004.

Le gouvernement saoudien reconnaît qu'il y a eu plus de 500 victimes de guerre, y inclus morts et blessés.

La population du nord Yémen est chiite en termes de conviction religieuse, et l'offensive saoudienne peut non seulement se transformer en guerre avec l'Iran mais peut, en fait, servir de répétition générale pour une guerre en bonne et due forme.

En ce qui concerne d'autres pays partageant des frontières avec l'Iran, en juillet dernier le secrétaire général adjoint de l'OTAN, Claudio Bisogniero, a signé un accord avec le ministre irakien de la Défense dans le but de former les forces de sécurité de ce pays. Le site web de l'OTAN rapporte que : « Cette entente représente un point tournant dans la coopération entre la République de l'Irak et l'OTAN et démontre la force de l'engagement pris par l'Alliance... L'entente donne à l'OTAN une base légale pour continuer sa mission d'assister le gouvernement de la République de l'Irak à développer davantage les capacités de ses Forces de sécurité. »[21]

Le mois dernier, l'OTAN s'est mise à recruter des Kurdes ethniques pour la Force de sécurité nationale de l'Irak dans le nord du pays près de la frontière iranienne.

Sur la frontière occidentale de l'Iran, au cours de rencontres de ministres de la Défense de l'OTAN en Turquie tard la semaine dernière, le chef du Pentagone, Robert Gates, a rencontré le chef d'état-major général de la Turquie, Ilker Basbug, et Gates a dit qu'il avait « discuté avec le général Basbug du rôle de la Turquie dans le système de défense anti-missile et des relations entre les deux armées ».[22]

L'ancien secrétaire général de l'OTAN, George Robertson, dans le but de convaincre de l'importance de conserver les ogives nucléaires étasuniennes en Allemagne, a divulgué récemment qu'il existe entre 40 et 90 armes nucléaires étasuniennes sur la base aérienne d'Incirlik en Turquie, selon des dispositions de l'OTAN.

Au nord-est de l'Iran, l'Azerbaïdjan est de plus en plus développé en tant qu'avant-poste de l'OTAN dans le Caucase du sud et dans le bassin de la mer Caspienne. Plus tôt ce mois-ci, « un groupe de travail du ministère de la Défense de l'Azerbaïdjan et du commandement européen des États-Unis (USEUCOM) a tenu une réunion à Stuttgart, en Allemagne... La réunion fut organisée dans le cadre du plan d'action des États-Unis et de l'Azerbaïdjan pour la coopération militaire » et a duré cinq jours.[23]

Le pays s'est vu accorder un Plan d'action de partenariat individuel de l'OTAN comme d'autres anciens États soviétiques tels que la Géorgie, l'Ukraine et, plus récemment, la Moldavie. En janvier, l'Azerbaïdjan a été l'hôte d'une conférence de planification pour l'exercice militaire de 2010 de la réaction régionale de l'OTAN. L'année dernière, « l'entraînement militaire de la Force de réaction régionale 2009 a eu lieu dans le cadre du programme du Partenariat pour la Paix de l'OTAN (PfP), en avril 2009, à Bakou.

« Le commandant des forces terrestres des États-Unis, Carter Ham, y a participé. »[24]

L'Azerbaïdjan a doublé la puissance de ses troupes en Afghanistan et formera les officiers de l'Armée nationale de l'Afghanistan dans ses écoles militaires. Le ministère des Affaires étrangères de ce pays a annoncé que l'Azerbaïdjan est intéressé à se joindre à la Force de réaction de l'OTAN avec l'Ukraine, et l'Alliance en donne la description suivante :

« La Force de réaction de l'OTAN (NRF) est une force prête à l'action et dotée d'une technologie moderne, composée de forces conjointes, terrestres, aériennes et maritimes, que l'Alliance peut déployer rapidement peu importe la région.

« Elle est en mesure d'entreprendre des missions à l'échelle mondiale et dans tous les créneaux d'opérations... »[25]

Vers la fin de janvier, un ancien conseiller présidentiel de l'Azerbaïdjan, Vafa Guluzade, prenant la parole à un séminaire sous le titre « Coopération OTAN-Azerbaïdjan : une perspective civile », a dit : « Le territoire et le peuple de l'Azerbaïdjan sont faits sur mesure pour une coopération militaire avec l'OTAN. Le pays est un emplacement géostratégique propice... l'Azerbaïdjan possède des aérodromes militaires propices pour des bases de l'OTAN. »[26]

À l'est de l'Iran, les États-Unis et l'OTAN auront bientôt plus de 150 000 troupes, et selon une récente étude, 400 bases en Afghanistan, et les deux belligérants occidentaux coordonnent des actions militaires avec le Pakistan, l'Alliance coordonnant par le biais de la Commission militaire trilatérale Afghanistan-Pakistan-OTAN.

Un étau se resserre autour de l'Iran par toutes les directions et l'OTAN en est le manipulateur principal.

Notes

1. La doctrine Obama : une guerre éternelle pour une humanité imparfaite, Stop NATO, le 10 décembre 2009

2. Sur ordonnance de Hillary Clinton : faire de la planète un protectorat de l'OTAN, Stop NATO, le 31 janvier 2010

3. Associated Press, le 9 février 2010

4. L'OTAN, le 7 février 2010

5. Ibid

6. U.S. extends Missile Buildup From Poland and Taiwan To Persian Gulf, Stop NATO, le 3 février 2010

7. L'OTAN dans le golfe Persique : De la troisième guerre mondiale à Istanbul, Stop NATO, le 6 février 2009

8. L'OTAN, l'Initiative de coopération d'Istanbul.

9. L'OTAN dans le golfe Persique : De la troisième guerre mondiale à Istanbul.

10. Khaleej Times, le 26 mai 2009

11. Radio Netherlands, le 26 mai 2009

12. Gulf News, le 23 mai 2009

13. Gulf News, le 27 janvier 2008

14. Agence France-Presse, le 6 mars 2008

15. L'OTAN, le 28 octobre 2009

16. Al Arabiya, le 1 novembre 2009

17. Gulf Times, le 8 février 2010

18. Stars and Stripes, le 23 janvier 2010

19. Agence de nouvelles du Koweït, le 28 janvier 2010

20. Yémen : la guerre du Pentagone sur la péninsule arabique, Stop NATO, le 15 décembre 2009

21. L'OTAN, le 26 juillet 2009

22. World Bulletin, le 6 février 2010

23. Azeri Press Agency, le 1 février 2010

24. Azeri Press Agency, le 21 janvier 2010

25. L'OTAN, la Force de réaction de l'OTAN.

26. Novosti Azerbaijan, le 22 janvier 2010

Rick Rozoff,

 Stop NATO,

10 février 2010 -

http://www.cpcml.ca/francais/Lmlq2010/Q40039.htm#1


n° 61 - Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan - 13-03 : Fin : - “L'Otan n’attaquera jamais la Russie” ?

n° 61 - Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan - 13-03 : Fin  : - “L'Otan n’attaquera jamais la Russie” ?



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan.

n° 61- 13-03

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

2 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion.

1-5 Nathalie Guibert & Guillaume Perrier : instructeurs en Afghanistan.: la réponse tardive de la France à l'OTAN.

1-6 Dmitri Babitch : Pas d’une prompte adhésion de l'Ukraine à l'OTAN !

1-7 Hélène Nouaille : une "année croisée" 

2 Annexe

2-1 Les armes nucléaires menacent toujours le monde.

2-2 Washington annonce une "réduction spectaculaire" de ses armes atomiques.

2-3 Un retrait des 200 ogives nucléaires tactiques US ?

2-4 Quatre pontes politiques plaident pour un monde sans armes nucléaires.

2-5 Des BOMSPOTTERS mènent une inspection civile à l’intérieur de la base de Kleine Brogel.

 


1-5 Nathalie Guibert & Guillaume Perrier : instructeurs en Afghanistan.: la réponse tardive de la France à l'OTAN.

L'Otan a besoin d'au moins 2.000 policiers instructeurs en Afghanistan.
Quatrième pourvoyeur de forces en Afghanistan, la France aura été le dernier des grands Etats membres de l'OTAN, et parmi les toutes dernières des 44 nations participant a la guerre, à répondre à la demande de renforts formulée par le président américain, Barack Obama, le 30 novembre 2009.

 

Coalition : les principaux contributeurs

Etats-Unis 72 000 soldats engagés (+ 30 000 prévus en 2010)

Royaume-Uni 9 500 soldats (+ 500 annoncés)

Allemagne 4 415 soldats (+ 500) 

France 3 750 soldats (+ 80)

Italie 3 150 soldats (+ 1 000)

Autres pays participants  

Canada (2 830), Pologne (1 955), Pays-Bas (1 940), Turquie (1 755), Autriche (1 500). 

Total En 2010, la coalition devrait compter 150 000 soldats.
La décision française a été dévoilée vendredi 5 février, à Istanbul, à l'issue de la réunion informelle des ministres de la défense de l'Alliance atlantique, par le Français Hervé Morin : "Moins d'une centaine d'instructeurs, 70 à 80 selon nos premières estimations, seront envoyés dans les mois qui viennent, pour le printemps." M. Obama avait réclamé 10 000 soldats aux alliés, dont 1 500 à
la France.

 

 Une partie de ces nouveaux instructeurs seront intégrés dans des unités de l'armée afghane ; 300 soldats français travaillent déjà dans six de ces "Operational mentoring and liaison team" (OMLT). Les autres, en coopération avec l'Allemagne, mettront sur pied une école de cavalerie. Ils rejoindront les 3 750 militaires et les 150 gendarmes déjà déployés.

Pourquoi avoir tant tardé ? De nombreux pays de l'OTAN, dont l'Italie, la Pologne, la Turquie, mais aussi des "partenaires" de l'Alliance, avaient répondu dès le 4 décembre 2009, trois jours après le discours de M. Obama sur la nouvelle stratégie en Afghanistan.

La France, comme l'Allemagne, le Royaume-Uni et l'Espagne, avait dit vouloir attendre la conférence internationale sur l'Afghanistan de Londres, le 28 janvier, pour donner sa réponse. Son silence s'est prolongé bien au-delà.

En octobre 2009, Nicolas Sarkozy avait répété qu'il n'enverrait "pas un soldat de plus", conformément aux engagements politiques pris en 2008. Mais fin novembre, l'Elysée commence à préparer l'opinion à un nouvel effort. "Renoncer, ce serait laisser le champ libre au terrorisme et à la violence barbare des fanatiques", déclare le président le 30 novembre. Son entourage précise alors : "Nous ne disons pas non à Obama." Le chef de l'Etat est alors tenté de couper la poire en deux : 700 soldats.

Paris privilégie la formation des forces de sécurité afghanes. Dans la zone de responsabilité de la France, au nord-est de Kaboul, il n'est en effet pas besoin de soldats de plus. Mais l'hypothèse n'est pas totalement enterrée. Il est encore question aussi d'envoyer plus de gendarmes pour former la police afghane.

Le 25 janvier, trois jours avant la conférence de Londres, M. Sarkozy indique sur TF1 : "Pas de soldats combattants." Le lendemain, l'Allemagne joue les francs-tireurs et annonce 500 formateurs.

A Paris, l'évaluation est à la baisse. Comment communiquer après cette annonce allemande ? Sur le sujet afghan, les deux pays ne sont pas au diapason. La proposition française d'engager la Brigade franco-allemande est jugée prématurée par la chancelière Angela Merkel. De plus, une concurrence se fait jour, au sujet de la formation des forces afghanes. Sur ce terrain, qu'elle occupe depuis 2002, la France veut garder un leadership : "On est petits dans la coalition, mais on intervient sur une fonction stratégique", dit-on au ministère de la défense. Ecole d'officiers, école des commandos, OMLT : les Français ont formé 11 000 Afghans depuis six ans, 60 % des nouveaux officiers de l'armée nationale.

Mais à Londres, le 28 janvier, rien. Lundi 1er février, dans le long entretien qu'il accorde au Figaro sur l'Afghanistan, le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, n'apporte pas plus de précisions. Le flottement est manifeste chez Hervé Morin qui, le même jour, reçoit la presse. "J'annoncerai ça en marge de la réunion d'Istanbul", promet-il. Jeudi, le porte-parole français de la défense, Laurent Teisseire, évoque encore, à propos des renforts, "un exercice en cours".

L'état-major a pourtant fourni depuis longtemps ses scénarios. Une fois avalisé l'objectif américain de faire passer, en deux ans, l'armée afghane de 100 000 à 171 000 hommes et la police nationale de 96 000 à 134 000, l'augmentation du nombre d'instructeurs se déduit de façon mécanique. Les calculs étaient faits.

Mais, depuis deux mois, en France, le contexte politique national a rattrapé le dossier afghan. Selon plusieurs sources, ce sont les derniers sondages d'opinion qui ont convaincu l'Elysée de faire profil bas, à l'approche des élections régionales de mars. Non seulement la popularité de M. Sarkozy est au plus bas, mais les Français ont un jugement de plus en plus critique sur l'Afghanistan.

Depuis novembre, et le second tour manqué de la présidentielle afghane, une rupture s'est produite : le soutien à l'engagement allié était alors tombé à 30 %, alors qu'une courte majorité favorable prévalait jusqu'alors. L'hostilité des Français à l'envoi de soldats s'est affirmée. Même s'ils restent ouverts à l'idée de l'"encadrement" des forces nationales afghanes. D'où le concept du "soldat non combattant" qui a prospéré dans les cercles officiels.

Le distinguo n'a guère de sens en ce qui concerne les instructeurs des OMLT. Ces cadres, sous-officiers ou officiers spécialistes du combat d'infanterie, sont en première ligne dans les unités afghanes ; 70 d'entre eux sont même ponctuellement déployés dans le Helmand, la province du sud, la plus exposée aux combats.

 Une quarantaine de pays ont au final promis 9 000 militaires de plus. Washington estime qu'il manque toujours des instructeurs et formateurs. Vendredi, le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a appelé les Etats à "racler les fonds de tiroir ". Il faut "plus " et "immédiatement", a-t-il conclu. Les alliés se retrouveront le 23 février pour décider.

Nathalie Guibert avec Guillaume Perrier (à Istanbul)

06.02.10

LE MONDE


1-6 Dmitri Babitch : Pas d’une prompte adhésion de l'Ukraine à l'OTAN !

Taras Kuzio a tout à coup découvert que les Ukrainiens eux-mêmes ne veulent pas d’une prompte adhésion de l'Ukraine à l'OTAN.

 

Les réactions des pays occidentaux au premier tour de la présidentielle ukrainienne sont bien plus intéressantes que le scrutin lui-même.
Les désirs et la réalité s’opposent dans les reportages et les commentaires des journaux polonais, britanniques et américains.
Certes, la plupart des analystes et des hommes politiques de Varsovie, des capitales de l’Europe occidentale et de Washington, souhaiteraient voir la politique antirusse de Viktor Iouchtchenko se poursuivre.
Mais que faire si, comme l'écrit Taras Kuzio, le principal expert pour l'Ukraine, dans une publication de
la Jamestown Foundation, 80% des citoyens ukrainiens se prononcent pour de bonnes relations avec la Russie?
D'ailleurs, tous les journaux affirment en chœur que Viktor Iouchtchenko qui a recueilli moins de 6% des voix, a quitté à jamais la ligue supérieure de la politique ukrainienne. Et cela est dû, notamment, à ses escapades antirusses.

Il faut se résigner à la triste réalité et chercher des compromis. Même Taras Kuzio, partisan convaincu de l'éloignement de l'Ukraine de la Russie, écrit que les accusations lancées par Viktor Iouchtchenko à l'adresse de la "coalition moscovite" (c'est ainsi que Iouchtchenko appelle Timochenko et Ianoukovitch) sont insensées.

Si même Taras Kuzio a cessé de voir des espions du Kremlin dans le gouvernement ukrainien, quelque chose a effectivement bougé dans le monde.
Taras Kuzio a tout à coup découvert que les Ukrainiens eux-mêmes ne veulent pas d’une prompte adhésion de l'Ukraine à l'OTAN et que non seulement Viktor Ianoukovitch, mais aussi Sergueï Tiguipko (13% des voix au premier tour) se prononcent pour que
la Flotte russe de la mer Noire reste à Sébastopol.
Tous les journaux soulignent que ce résultat fait de Sergueï Tiguipko un "faiseur de rois" (kingmaker).
L'issue de l'élection dépendra de qui Tiguipko et ses partisans soutiendront au second tour, car les électeurs radicaux de gauche (qui soutiendront probablement Viktor Ianoukovitch au second tour) et l'électorat nationaliste de Viktor Iouchtchenko sont en équilibre.

Cependant, The Economist fait remarquer que c’était justement Sergueï Tiguipko qui avait dirigé en 2004 la campagne électorale de Viktor Ianoukovitch. Et c’est dans cette campagne que Viktor Ianoukovitch a joué, selon The Economist, un rôle de scélérat soutenu par la Russie (had the role of the Russian-backed villain).
La logique élémentaire devrait suggérer aux auteurs de The Economist que soit les électeurs ukrainiens sont devenus fous et masochistes, soit Viktor Ianoukovitch n'est pas un scélérat et sa campagne n'a pas été plus sale que les manigances de Viktor Iouchtchenko et de Ioulia Timochenko. On peut ainsi rappeler les diatribes répugnantes lancées en direct et la lutte pour le contrôle de l'argent "gazier", la dissolution par le président du parlement élu de façon démocratique, ainsi que le mépris non dissimulé pour la principale minorité nationale du pays.

Bien que, dans n'importe quel pays démocratique, cette conduite marquerait un terme à toute carrière politique, les médias occidentaux ne font que commencer à reconnaître que leurs favoris y sont peut être allés trop fort. Il aurait fallu agir plus doucement, prudemment, graduellement. Cette approche a remplacé les exigences d'admission immédiate de l'Ukraine à l'UE et à l'OTAN avancées il y a quatre ans, par exemple, par la presse polonaise.
Mais ce changement ne doit nullement être interprété comme une sympathie pour
la Russie. Les erreurs sont reconnues dans la tactique, mais pas dans la stratégie.
Le principal objet de la discussion se réduit à ceci: que faire pour que la perte de Viktor Iouchtchenko n’enterre  l'espoir de voir une Ukraine antirusse.

Les avis sont différents. La majorité se prononce pour Ioulia Timochenko, qui a plusieurs fois manifesté son état d'esprit antirusse.
Taras Kuzio, par exemple, rappelle le soutien apporté par Ioulia Timochenko en 2007 à la législation interdisant toute forme de privatisation des gazoducs en Ukraine.
D'autres observateurs proposent de ne pas se désespérer en cas de victoire de Ianoukovitch, en constatant avec satisfaction l'oubli dans lequel a été jeté le russe dans les écoles secondaires et supérieures ukrainiennes lorsqu’il était premier ministre.

 Les analystes occidentaux ne s'interrogent pas sur la conformité de toutes ces actions avec les documents internationaux sur les droits des minorités et la Charte de l'énergie à laquelle a adhéré l'Ukraine et qui encourage la privatisation des gazoducs.
Seul le New Republic a osé émettre une appréhension sur le trop grand désir d’autorité de Timochenko, et la crainte qu’une fois au pouvoir elle jette à la poubelle cette démocratie à laquelle elle avait juré fidélité en 2004 à Maïdan, la place centrale de Kiev.

 Comment ceux qui émettent toutes ces idées à Washington, Bruxelles et Varsovie peuvent-ils espérer que non seulement en Ukraine, mais aussi en Russie on croie à la sincérité de leurs paroles sur la démocratie, les droits des minorités etc., à leurs propos sur une nouvelle belle Europe, que ce soit sans la Russie et sans l’Ukraine, soit avec une Ukraine et une Russie qui n'ont jamais existé?
L'expérience prouve que le résultat d’une politique méprisant quatre cents ans d’histoire ne peut être que très triste. En appliquant une telle politique, l'Europe (et plus précisément, l'Union européenne) risque de perdre aussi bien
la Russie que l'Ukraine.

Dmitri Babitch,

19 janvier

 RIA Novosti,


1-7 Hélène Nouaille : une "année croisée" 

L’année 2010 est, pour Paris et Moscou, une "année croisée" : " Aux termes d’une décision adoptée par les chefs des deux Etats, 2010 a été proclamée Année de la Russie en France et de la France en Russie " précise le site russe Ria Novosti, qui consacre un épais dossier à l’événement. " Annoncée lors de la visite en France du Président Poutine en septembre 2006, l’année croisée France-Russie 2010 a été confirmée officiellement au moment du séminaire gouvernemental de novembre 2007 au cours duquel le Premier Ministre et son homologue russe ont signé une déclaration bilatérale sur l’année croisée France/Russie 2010 " (1) explique de son côté le ministère français des Affaires étrangères.

Préparée de longue date, l’année croisée marque, pour les deux capitales, une volonté de rapprochement en rupture avec les préventions exprimées par le candidat Sarkozy à l’endroit du président Vladimir Poutine. Volonté confirmée par le président français lors de la visite à Paris, en novembre dernier, du président russe Dimitri Medvedev : " J’apprécie beaucoup les efforts que le président Medvedev fait pour moderniser son pays. J’apprécie aussi son ouverture. Le président Medvedev est un partenaire fiable", rapportait l’agence russe (2). Parmi les sujets abordés figuraient, " les relations entre l’Europe et la Russie qui est un partenaire incontournable ; la sécurité commune ".

Depuis, on aura remarqué par exemple les discussions franco russes sur la participation de GDF au gazoduc sous la Baltique Northstream (une affaire d’abord allemande, sous l’égide de l’ancien chancelier Gerhard Schröder) pour lequel les derniers obstacles ont été levés par les pays riverains, ou à celui de Southstream, concurrent du projet américain Nabucco, au sud, et bien sûr aussi la vente par la France à la Russie d’un navire de guerre, un bâtiment de projection et de commandement, le porte hélicoptères Mistral. Début d’une commande plus conséquente ? " Ce ne serait plus un navire mais quatre" demandés par la Russie et la France est "en train d’examiner la nouvelle mouture de cette demande", a précisé Jacques de Lajugie, directeur international de la DGA (délégation générale pour l’Armement), lors d’une conférence de presse " (3).

L’un et l’autre mouvements sont signifiants de l’attention portée par la Russie à ses liens avec l’Europe, qui est son premier partenaire économique et pour laquelle elle est le premier pourvoyeur d’hydrocarbures, interdépendance à prendre en compte, insiste-t-elle, et à développer. Mouvements révélateurs aussi de la manière russe d’envisager ses rapports, directement avec les pays membres, au travers d’échanges bilatéraux passés avec des partenaires appartenant ou non à l’Union (Serbie, Slovénie, Bulgarie, Espagne, Italie, ...) et bien sûr en premier lieu avec l’Allemagne et la France, deux poids lourds en matière économique, l’Allemagne étant le premier investisseur mondial en Russie, et au-delà, des éléments centraux en matière géopolitique sur le continent européen, la Grande Bretagne se tenant à l’écart, proche des positions de Washington.

Non pas que Moscou se désintéresse de l’Asie, vers laquelle elle a multiplié ses capacités d’acheminement d’hydrocarbures, avec l’ouverture sur la côte pacifique du terminal Kozmino (4) vers le Japon (voir la carte) et les projets menés de longue main en commun avec la Chine (5), avec laquelle aussi elle travaille au sein de l’Organisation de Shanghai (6) et d’autres organisations régionales sur les questions économiques et de sécurité (Corée du Nord). Mais l’ancrage européen est, si l’on considère le travail accompli par le tandem Poutine-Medvedev sur la durée, une préoccupation primordiale de la géostratégie russe - politique menée à l’encontre des mouvements nationalistes, une donnée qui tient peu de place dans les médias occidentaux.

On le sait, l’Europe de la guerre froide met du temps à effacer les marques et les craintes laissées par l’ancienne URSS, Europe préoccupée par la sécurité des anciens pays de l’Est et d’une manière générale, de l’environnement proche de la Russie, comme Moscou l’est de sa sphère d’influence.

A cette double préoccupation, Dimitri Medvedev a répondu par une proposition de nouveau traité de sécurité européenne, que nous avons évoqué ici dès 2008 (7). Ce pacte réunirait les "trois branches" (Russie, Europe, Etats-Unis et Canada) de la région euro-atlantique " fondé, naturellement, sur les principes de la Charte des Nations Unies " et verrait des partenaires égaux signer ensemble un traité juridiquement contraignant.

Avec un élément clef : " Tous les pays européens sans exception devraient participer à ce sommet, mais individuellement, en laissant de côté toute allégeance à des blocs ou à d’autres associations. Les intérêts nationaux complètement départis de toute motivation idéologique déformante devraient être le point de départ de tous les participants ”. A l’époque (juillet 2008, avant la guerre russo géorgienne), les réactions américaines avaient été neutres, une partie de l’establishment politique américain plaidant pour une réévaluation de la politique extérieure - la vie politique américaine était ailleurs. Pour le président Sarkozy, la proposition n’était pas sans intérêt (" un arc de sécurité de Vancouver à Vladivostok, ça mérite d’être étudié ").

Puis, en août 2008, la France, qui occupe la présidence tournante de l’UE, assure une médiation entre Russes et Géorgiens, en l’absence remarquée de tout mouvement agressif des Etats-Unis, peu soucieux d’une confrontation directe avec les Russes. C’est la fin de l’ère George Bush, et si le statu quo est contesté, la situation se fige. Avec l’arrivée du président Obama, qui plaide pour une remise à zéro des relations russo américaines, fait un geste d’apaisement important envers Moscou en renonçant à installer des éléments de bouclier anti missiles en Pologne et en Tchéquie et reprend les négociations START II de réduction bilatérale des arsenaux nucléaires, le paysage semble s’éclairer.

La suite est plus obscure, les négociations s’enlisent, apparaît un nouveau projet de bouclier en Roumanie, le nouveau président est très occupé de sa guerre afghane et semble mécontent du peu d’enthousiasme européen à fournir des troupes supplétives - et, d’une manière générale, paraît se détourner des affaires européennes. Son absence aux cérémonies commémoratives de la chute du Mur de Berlin, en novembre 2009, chagrine fortement les médias. Les Russes pourtant font montre de patience, minimisant les propos de guerre froide du vice-président Jo Biden (la Russie est faible, nos concessions sont inutiles, elle pliera d’elle même, propos tenus lors d’une conférence de presse en juillet 2009), accordant à l’OTAN les passages logistiques qu’elle réclamait pour l’Afghanistan.

Et elle continue de travailler avec la France et l’Allemagne - dont le "partenariat stratégique" avec la Russie est réaffirmé - dans la tourmente économique qui balaye le globe. Entre temps, la France a réintégré le commandement militaire intégré de l’OTAN, et se montre très discrète sur son soutien réel aux projets de transformation de l’alliance militaire souhaitée par les Etats-Unis - c’est l’Allemagne qui dit nettement ses réserves lors de la conférence de Munich sur la Sécurité (8), début février 2010 : " Nous ne voulons pas entrer en compétition avec les Nations unies. Nous ne voulons pas faire de l’Otan une agence de sécurité mondiale ". Dans les cercles du pouvoir français, on murmure que les relations entre Nicolas Sarkozy et le président Obama ne sont pas très chaleureuses. La vente du Mistral aux Russes suscite des réserves outre atlantique.

C’est alors que fin janvier, la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton choisit Paris pour venir parler, à l’Ecole militaire (9), de la future sécurité européenne. " La Russie n’est plus désormais notre adversaire mais souvent un partenaire clef des affaires mondiales ". Et les institutions qui ont préservé la sécurité au siècle dernier ne sont plus adaptées aux menaces actuelles et à venir. Mais " le partenariat transatlantique " qui a été " à la fois la pierre d’angle de la sécurité mondiale et une force puissante du progrès dans le monde ", s’il doit se transformer, reste au coeur des préoccupations américaines. Non, les voix de ceux qui pensent " que l’administration Obama est occupée, en politique étrangère, de défis ailleurs dans le monde " ne sont pas pertinentes. " En fait, la sécurité européenne reste une ancre de la politique étrangère et de sécurité américaine ".

En revanche, si " la Russie a récemment suggéré à la fois un nouveau traité de sécurité européenne et un nouveau traité OTAN-Russie " et que les Etats-Unis en partagent certains aspects, "ces objectifs communs doivent être poursuivis dans le contexte des institutions existantes, telles que l’OSCE (Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe) et le conseil OTAN-Russie, plutôt qu’en négociant de nouveaux traités (...) ". Une fin de non recevoir aux propositions russes donc, enveloppée dans un discours prudent qui reprend, si on lit bien, tous les vieux chevaux de bataille du temps de George Bush, OTAN élargie et nouvelles missions - dont celle, défendue en son temps (10) par le sénateur républicain Richard Lugar, de contrôler la sécurité énergétique des pays membres. Et pas une allusion à la PESD (Politique de défense et sécurité européenne), dont Nicolas Sarkozy avait promis le renforcement en retour de son adhésion complète à l’OTAN.

Quel est l’intérêt d’un tel discours ? Il situe la position américaine - sans influer, si nous regardons les faits, sur le continuum des relations à l’oeuvre en Europe entre Paris et Moscou, ni Berlin et Moscou, disons-le ainsi, les deux capitales occidentales étant souvent en rivalité. Il n’empêche nullement l’Allemagne de supprimer les missiles américains restants sur son territoire " des reliques de la guerre froide. Ils ne servent plus des objectifs militaires " dira un peu plus tard le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, à la Conférence de Munich - propos repris et commentés par le New York Times (11) : " Il est hautement inusuel qu’un pays de l’OTAN annonce qu’il veut retirer les armes nucléaires américaines de son sol. Les quelque 2000 têtes stationnées en Europe au sortir de la guerre froide ont été réduites à 200 l’année dernière ". La décision allemande est par ailleurs violemment critiquée par un rapport du Center for European Reform (12) qui dénonce " l’ouverture d’une boîte de Pandore ".

Le discours d’Hillary Clinton est symbolique des difficultés qui compliquent les relations entre des partenaires transatlantiques dont les intérêts divergent, aussi bien sur le plan économique (le prix stabilisé des hydrocarbures autorise des recettes fiables à la Russie, elle est un partenaire de choix pour les Européens) que sur le plan financier (la faiblesse organisée du dollar pèse sur les exportations européennes). La vision mondiale du président Obama privilégie, au-delà des discours de main tendue mais en cohérence avec son souci de leadership mondial tout aussi clairement exprimé, des options militaires qui sont unanimement rejetées par les populations européennes - les électeurs européens. De leur côté, les capitales européennes et russe travaillent, comme par la force des choses, dans la continuité d’une politique déjà mise en oeuvre après la décision de George Bush d’attaquer l’Irak en 2003 et dans une perspective qui n’est pas dénuée de sens historique, même si leurs intérêts ne sont pas identiques, sinon rivaux. La déstabilisation du monde initiée en septembre 2008 aux Etats-Unis accentue les divergences.

En réalité, le monde bouge, et c’est à cela que nous assistons. A suivre, avec attention.

Hélène Nouaille

Cartes :

La Russie et l’OTAN (octobre 2007)

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/spip/IMG/jpg_Qi_27_Russie_et_OTAN.jpg

Le pipeline EPSO vers le Pacifique :

http://graphics.thomsonreuters.com/129/RS_OILKZ1209.gif

Northstream et des développements possibles :

http://www.robertamsterdam.com/marshrut.jpg

Notes :

(1) Site dédié :

http://www.france-russie2010.fr/

Sur le site français du Ministère des Affaires étrangères :

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo_833/russie_463/annee-croisee-france-russie-2010_19935/index.html

(2) Ria Novosti, le 9 novembre 2009, La Russie, un partenaire incontournable de l’Europe (Sarkozy)

http://fr.rian.ru/world/20091109/185477393.html

(3) Ria Novosti, le 8 février 2010, Moscou achète quatre navires français (médias)

http://fr.rian.ru/defense/20100208/186014320.html

(4) Reuters, Russia’s Putin launches new Pacific oil terminal

http://www.reuters.com/article/iDUSTRE5BROGJ20091228

(5) Chinadaily.com, le 30 octobre 2008, China-Russia pipeline pact boosts energy links

http://www.chinadaily.com.cn/china/2008-10/30/content_7156881.htm

(6) L’organisation de Shanghai comprend la Russie et la Chine, ainsi que les pays d’Asie centrale, Kazakhstan, Ouzbékistan, Kirghizistan, Tadjikistan ainsi que des pays observateurs, Inde, Mongolie, Pakistan et Iran.

(7) Léosthène n° 418/2008 Sécurité européenne : la Russie à l’ouverture

http://www.leosthene.com/spip.php ?article854

(8) Léosthène n° 551/2010 Conférence de Munich : brouillard sur l’avenir de l’OTAN

http://www.leosthene.com/spip.php ?article1062

(9) US Department of State, le 29 janvier 2010, Hillary Clinton, Ecole militaire, Paris, France, Remarks on the Future of European Security http://www.state.gov/secretary/rm/2010/01/136273.htm

(10 Jamestown Foundation, le 30 novembre 2006, Vladimir Socor, Lugar urges active role for NATO in energy security policy

http://www.jamestown.org/single/ ?no_cache=1&tx_ttnews[tt_news]=32287 ">http://www.jamestown.org/single/ ?no_cache=1&tx_ttnews[tt_news]=32287>

(11) The New York Times, le 8 février 2010, Germany Is Chastised for Stance on Nuclear Arms

http://www.nytimes.com/2010/02/09/world/europe/09iht-germany.html Rapport téléchargeable :

(12) Center for European Reform, février 2010, Rapport de Franklin Miller, George Robertson et Kori Schake, Germany Opens Pandora’s Box téléchargeable :

http://www.cer.org.uk/

Léosthène, Siret 453 066 961 00013 FRANCE APE 221E ISSN 1768-3289.

Directeur de la publication : Gérald Loreau (gerald.loreau@neuf.fr)

Directrice de la rédaction : Hélène Nouaille (helene.nouaille@free.fr)

Hélène Nouaille

24 février 2010,

Comité Valmy

La lettre de Léosthène, le 17 février 2010, n° 553/2010

http://www.leosthene.com/

http://www.comite-valmy.org:80/spip.php?article526



2 Annexe

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

2-1 Les armes nucléaires menacent toujours le monde.

Un mois avant la Conférence d’examen du traité de non-prolifération des armes nucléaires, des actions massives et non-violentes seront menées sur toutes les bases militaires européennes où sont entreposées des armes nucléaires de l’OTAN : en Allemagne, au Pays-Bas, en France, en Italie, en Turquie, en Angleterre et en Belgique.
Le 3 avril, Vredesactie rassemblera tous les bomspotters en vue d’occuper la base militaire de Kleine Brogel où sont entreposées les bombes nucléaires de l’OTAN.

Il est devenu indispensable que tous, nous nous réunissions pour montrer notre désapprobation envers les armes nucléaires et envers l’inertie politique de ces dernières années.

Rejoins-nous ce samedi 3 avril dans l’action de masse non-violente en vue d’occuper la base militaire de Kleine Brogel et ainsi rendre impossible l’usage des bombes nucléaires qui y sont entreposées. Tu peux aussi rejoindre les activités autour de la base : manifester en rythme avec une fanfare, en faire le tour à vélo,…

Nous ne sommes pas impliqués dans les négociations, mais nous pouvons empêcher que les accords illégaux sur les armes nucléaires continuent à être maintenu dans le silence.

LA FIN DES ARMES NUCLÉAIRES, C’EST MAINTENANT OU JAMAIS !!!

Les armes nucléaires menacent toujours le monde. Les neuf pays possédant ensemble plus de 25.000 bombes nucléaires, ne respectent toujours pas les accords de désarmement. Les États-Unis, l’OTAN, la Russie,… ont clairement annoncé qu’ils n’hésiteraient pas à utiliser l’arme nucléaire en premier en cas de conflit et plusieurs pays ont leurs propres programmes de développement nucléaire.

2010 offre au monde une chance unique au désarmement nucléaire. Ce qui paraissait être un rêve lointain s’avère aujourd’hui à portée de main. Même Barak Obama prône le désarmement nucléaire. Du 3 au 28 mai, la Conférence d’examen du Traité de Non-Prolifération des armes nucléaires (TNP) rassemblera 187 pays au siège de l’ONU, à New York.

En 2010, l’OTAN redéfinira son concept stratégique pour les dix prochaines années et il apparaît primordial d’y retirer l’éventualité d’utilisation des armes nucléaires par l’organisation.

Le monde politique européen souhaite de plus en plus voir disparaître les armes nucléaires de l’OTAN. Le nouveau gouvernement allemand a défini comme prioritaire le retrait des armes nucléaires américaines de son territoire. Le gouvernement norvégien s’est engagé à lancer le débat au sein de l’OTAN. Des personnalités politiques de France, d’Angleterre et des Pays-Bas prônent le désarmement nucléaire.

Qu’en est-il de la Belgique ?

Le Premier ministre Yves Leterme a annoncé que la Belgique prendrait, avec quatre autres alliés de l'OTAN, une initiative en faveur d'un monde sans armes nucléaires dans le cadre de la révision du concept stratégique de l'Alliance atlantique à la fin de cette année.
"
La Belgique prendra une initiative en ce sens avec l'Allemagne, les Pays-Bas, le Luxembourg et la Norvège dans le cadre de la révision du concept stratégique de l'OTAN cette année", a indiqué le chef du gouvernement.
Selon lui,
la Belgique est favorable à un monde sans armes nucléaires et défend cette position au sein de l'OTAN en préparation de la conférence de révision du traité sur la non prolifération (TNP), prévue en mai à New York.


2-2 Washington annonce une "réduction spectaculaire" de ses armes atomiques.
Le président Barack Obama élabore une stratégie de défense nucléaire qui comprendra une "réduction spectaculaire" du nombre d'armes atomiques des Etats-Unis, a annoncé lundi un haut responsable de son administration.

Cette stratégie, cohérente avec la volonté de M. Obama de lutter contre la prolifération nucléaire, "visera une réduction spectaculaire des stocks [d'armes nucléaires], tout en conservant une dissuasion solide et fiable par les investissements du budget" fédéral, a expliqué ce responsable sous le couvert de l'anonymat.
Cette mise à jour de la stratégie nucléaire américaine, la première depuis 2002, "ira plus loin que les précédentes en embrassant les buts de la non-prolifération, dont la sécurité nucléaire et les étapes que le président a développées à Prague", le 5 avril 2009, lorsqu'il avait prôné l'avènement d'un monde sans armes atomiques.

De même source, le document qui doit être présenté au Congrès à huis clos "visera un rôle accru pour les armes conventionnelles dans la dissuasion" et renoncera aux armes atomiques "anti-bunkers" voulues par la précédente administration de George W. Bush.

Selon le New York Times, qui a révélé dimanche soir les grandes lignes de ce document en préparation, il s'agirait de réduire le nombre de têtes nucléaires des Etats-Unis de "plusieurs milliers". Mais le journal souligne que plusieurs aspects de cette politique font l'objet de "débats passionnés au sein de l'administration" et que le secrétaire à la guerre, Robert Gates, doit soumettre à Barack Obama ces points à trancher lors d'une réunion lundi.

LEMONDE.FR avec AFP


2-3 Un retrait des 200 ogives nucléaires tactiques US ?

Signe des tensions au sein de l'administration, l'examen de la stratégie nucléaire américaine doit être présenté au Congrès avec deux mois de retard.

Les partisans de la dénucléarisation appellent le président à proclamer que "l'unique objet" de l'arme nucléaire est de dissuader une puissance nucléaire de menacer les Etats-Unis. Selon eux, la supériorité de l'armée américaine en matière d'armements classiques rend la bombe atomique inutile dans tout autre contexte.

D'une telle doctrine découlerait naturellement un retrait des 200 ogives nucléaires tactiques que Washington possède en Europe, retrait que cinq pays membres de l'OTAN (Allemagne, Belgique, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas) ont appelé de leurs vœux en février. Elle s'oppose à celle de "la dissuasion étendue" qui appelle les Etats-Unis à maintenir ou déployer leur "parapluie nucléaire" en Europe, en Asie et même au Moyen-Orient, incitant les pays protégés à ne pas chercher à se doter de leurs propres armes. 

Le "rôle accru pour les armes conventionnelles" évoqué par le responsable américain se traduirait par l'élaboration d'armes de forte puissance mais non nucléaires, dites "Prompt Global Strike" (frappe mondiale immédiate) selon le New York Times. Ces armes, tirées des Etats-Unis, devraient être capables de frapper n'importe où dans le monde dans un délai d'une heure. Parmi leur utilisation possible figurerait, selon le journal, des attaques contre "la direction d'Al-Qaida dans les montagnes du Pakistan", ou "contre un lancement de missile imminent en Corée du Nord".

Tout se passe comme si le premier projet trop médiatisé, pe rencontrant de trop fortes résistances,  avait été escamoté officiellement pour revenir beaucoup plus discrètement - qui en parle en dehors de Ria Novosti?

http://www.lepoint.fr/actualites-monde/2010-03-01/etats-unis-obama-prepare-une-reduction-spectaculaire-de-l-arsenal-atomique/924/0/429110


2-4 Quatre pontes politiques plaident pour un monde sans armes nucléaires.

Quatre personnalités politiques belges plaident pour le retrait des armes nucléaires. Un appel qui ne reste pas lettre morte puisque le Premier ministre Yves Leterme va soumettre le projet aux Etats-Unis. Quatre autres pays de l'Otan partagent la même position. 

Deux anciens Premiers ministres et deux ex-ministres des Affaires étrangères belges - Jean-Luc Dehaene (CD&V) et Guy Verhofstadt (Open Vld) ainsi que Louis Michel (MR) et Willy Claes (sp.a) qui a aussi été secrétaire général de l'Otan - publient ce vendredi une carte blanche dans la presse. Ces quatre poids lourds de la politique belge plaident en faveur du retrait des armes nucléaires d'Europe et donc aussi de Kleine-Brogel.

La Guerre froide est définitivement terminée. Il est temps d'adapter notre politique nucléaire aux nouvelles circonstances, écrivent les quatre ministres d'Etat. Cette carte blanche est une initiative de Tom Sauer, professeur de politique internationale à l'université d'Anvers, et de Jo Hanssens, président de Pax Christi.

Soutenons Obama

"Les armes nucléaires tactiques américaines en Europe ont perdu toute importance militaire", écrivent les ex-ministres qui ajoutent que "l'engagement du président américain Barack Obama en vue d'éliminer toutes les armes nucléaires mérite un soutien urgent".

"Nous appelons notre gouvernement à suivre l'exemple du gouvernement allemand et à plaider au sein de l'Otan pour un retrait rapide des armes nucléaires", écrivent encore les quatre ministres d'Etat.

Samedi 20. Février 2010 

http://fr.groups.yahoo.com/group/alerte_otan/message/2179

 

Le plaidoyer, main sur le cœur, des politiciens atlantistes belges, en faveur du retrait des bombes de Kleine Brogel, pourrait bien être tout sauf spontané (cf http://fr.groups.yahoo.com/group/alerte_otan/message/2179) Du fait de leur suprématie écrasante dans le domaine dit "conventionnel", comme rappelés dans la dépêche, les USA auraient tout avantage actuellement à prendre cette posture 

 

Feu vert pour le retrait des armes nucléaires de Belgique?

Le déblocage soudain autour de la question des armes nucléaires en Belgique me semble quand même assez singulier.

Pourquoi d'abord les bombspotters rentrent maintenant comme dans du beurre à Kleine Brogel, au lieu d'être reçu comme le voulait la tradition par des militaires dès que les premières barrières avaient été franchies?

Quant à cette soudaine prise de conscience de politiciens qui ont couvert tout au long de leur mandat la présence des bombes nucléaires, ils s'apperçoivent bien tardivement que "la guerre froide est terminée"....

Les têtes nucléaires de Kleine Brogel, c'est surement une excellent chose qu'elle s'en aillent. Mais je ne plaiderais pas comme ceux de la photo 'our une «Otan nuclear-free»!!


2-5 Des BOMSPOTTERS mènent une inspection civile à l’intérieur de la base de Kleine Brogel.

Communiqué de Presse – Samedi 20 février 2010

Ce samedi, un groupe de pacifistes mène une action de désobéissance civile à la base militaire aérienne de Kleine Brogel.
Suite au passage des Bomspotters le 31 janvier sur cette même base et à la large médiatisation dont ont bénéficié ces images, l’action de ce samedi, vise à mettre en lumière le véritable danger pour la sécurité et la paix dans le monde que constitue la présence d’une vingtaine d’armes nucléaires sur notre sol.

Les Bomspotters offrent leur protection
Les Bomspotters envoient cette fois-ci une brigade de 40 clowns. La moitié de cette brigade  pénètre actuellement sur le site en plusieurs groupes, pour mener une inspection comme celles  menées par l’AIEA. Ils prendront des  photos et des vidéos des infrastructures dans lesquelles sont dissimulées les armes nucléaires illégales. Au même moment, l’autre moitié du groupe d’activistes, armés de leurs nez rouges, place un cordon sécuritaire en bout de piste. Ainsi, ils empêcheront toute utilisation des armes nucléaires et assureront donc la sécurité des citoyens le temps de leur présence. L’action se terminera par une mise en scène du désamorçage d’une bombe nucléaire que les inspecteurs auront réussi à évacuer de la base. 

Quand le danger vient de l’intérieur et non de l’extérieur

L’existence même de ces bombes B-61 et leur présence à Kleine Brogel qui  représente une  menace bien plus réelle pour la sécurité du monde que les incursions répétées des Bomspotters dans la zone sécurisée où elles se trouvent. Ces incursions, non-violentes, ne sont que la conséquence, non seulement de la menace nucléaire mais aussi du silence des autorités quant à cette menace.

Nous souhaitons, par nos actions, que la présence d’armes de destruction massive, contraire au droit Humanitaire International, fasse l’objet d’un débat publique et, à terme, que ces armes soient éradiquées. Les Bomspotters appellent le Gouvernement belge à faire du désarmement nucléaire une priorité en 2010 et invitent l’ensemble des journalistes à poser clairement la question de l’existence ou non de ces bombes au Ministre de la Défense de façon à obtenir, enfin, une réponse officielle.
L’action d’aujourd’hui s’inscrit dans le cadre de la journée internationale d’actions contre les armes nucléaires du 3 avril prochain. Ce jour, des actions massives et ciblées auront lieu dans tous les pays européens où sont entreposées des armes nucléaires. La base nucléaire de Kleine Brogel recevra, elle aussi,  la visite de milliers de Bomspotters.

www.bomspotting.be
www.vredesactie.be

http://fr.groups.yahoo.com/group/alerte_otan/message/2179



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

13/03/2010

n° 60 - Journal des Guerres de l'Otan - 17-02 au 12-03 :- Début :- : « Ce n’est pas la Russie qui menace l’Otan, c’est l’Otan qui défie la Russie

n° 60 - Journal des Guerres de l'Otan - 17-02 au 12-03 :- Début  :- : « Ce n’est pas la Russie qui menace l’Otan, c’est l’Otan qui défie la Russie



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal des Guerres de l'Otan.

n° 60               17-02 au 12-03

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Tiré à part 

Discours du nouveau secrétaire général de l’OTAN.

La Russie menacée par l’expansion de l’OTAN.

Russie et Géorgie rouvrent leur frontière.

2 Positions

a) Ossétie 

b) des voisins.

3 Politique 

a) Russe

b) L'Otan & alliés

4 Institutions internationales

Suite

Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

5-1 Eva R-sistons : La complicité des médias dans la promotion de la guerre.

6 Brèves

6-1 Conférence de Munich sur la sécurité.

6-2  George Robertson – « La Russie de plus en plus proche de l'adhésion ».

6-3 Désarmement nucléaire: le nouveau traité russo-américain "finalisé à 97%"

6-4 ABM US en Bulgarie: Moscou attend des explications

6-5 ABM: une participation bulgare ne vise pas la Russie.

6-6 ABM US en Roumanie: les négociations sont bilatérales.

6-7 Ukraine-OTAN: le président entérine un programme de préparation à l'adhésion

6-8 La Transnistrie veut rétablir le contingent de paix russe

7  Dossiers

7-1 G.Le Hardi : Il faut dissoudre l'OTAN

7-2 Guneev : L'Otan n'attaquera jamais la Russie.

7-3 La Russie dans l’OTAN: une position allemande et révélatrice.

Fin

7-4 Vadim Kamenka : « Ce n’est pas la Russie qui menace l’Otan, c’est l’Otan qui défie la Russie ».

7-5 Hillary Clinton invite Moscou à intensifier sa coopération avec l'Otan.

7-6 Otan-Russie: pourquoi Hillary Clinton a failli échouer.

7-8 La question du maintien des troupes en Afghanistan divise l'OTAN.

7-9 L’engagement en Afghanistan pousse l’OTAN à remettre en ordre ses finances.

7-10 La Suède doit-elle rejoindre l'OTAN ? "Définitivement non!".

7-11 Pascal Sacre: Robert Gates, le troisième homme, le monsieur guerre des Etats-Unis.

 .



Tiré à part :

Discours du nouveau secrétaire général de l’OTAN.

Rasmussen a renouvelé l’offre de l’OTAN d’être le bras sécuritaire armé de l’ONU.

Ainsi selon lui, l’ONU et ses petits budgets, toujours tendant la main ici et là pour obtenir quelques contingents de casques bleus, devrait clairement sous- traiter la

« sécurité » internationale à l’OTAN. Il est vrai qu’avec 75% des dépenses militaires mondiales les pays membres de l’OTAN peuvent rassurer tous ceux qui aspirent à une gendarmerie mondiale capitaliste, à la domination par la force, sous couvert d’organisation DES NATIONS UNIES d’Etats capitalistes regroupant 800 millions des 6,5 milliards d’habitants de la planète soit environ 1 sur 8.

Cette offre n’aévidemment pas reçu d’accueil favorable de la part des deux représentants de la Russie, Serguei Lavrov, Ministre des Affaires étrangères et Serguei Ivanov, Vice Premier Ministre,

pas plus que de la Chine (voir ci-après).

Pour compléter l’énoncé des vastes ambitions de l’OTAN, Rasmussen a indiqué qu’il s’était assuré dans sa tâche de la collaboration active de MADELEINE ALBRIGHT. On frémit !*

* Bien qu’elle s’en soit repentie plus tard, Madeleine Albright reste à jamais, devant le tribunal de l’Histoire, l’auteure d’une phrase honteuse. Répondant à un journaliste qui évoquait les 500 000 morts d’enfants irakiensprovoquées par l’embargo étasunien elle avait déclaré que « cela valait la

peine ».

Au fil des jours et des lectures

n°59

15 Février 2010

Tout se passe comme si le premier projet trop médiatisé, ne rencontrant de trop fortes résistances,  avait été escamoté officiellement pour revenir beaucoup plus discrètement - qui en parle en dehors de Ria Novosti?

 

La Russie menacée par l’expansion de l’OTAN

L’Europe serait-elle "un bloc militaire" dirigé depuis Washington ?

En signant le Traité ABM  (anti-missiles balistiques) le 26 mai 1972 et  pour une durée illimitée, le Royaume-Uni, la France, la Chine, les Etats-Unis  et l’URSS s’engageaient à restreindre les armements stratégiques défensifs et offensifs en vue de préserver l’équilibre mondial.

La pacification sembla réellement s’installer lorsque la guerre froide prit fin en 1991 suite à l’implosion de l’Union Soviétique.

Puis, coup de théâtre. En décembre 2001, les Etats-Unis annoncent publiquement leur retrait du Traité ABM, qui prendra effet le 13 juin 2002…

Terrorisme, guerre en Irak, guerre en Afghanistan, expansion de l’OTAN …

Déployant progressivement ses forces vers l’est, l’OTAN arme l’Europe comme jamais.

La Roumanie, intégrée au développement progressif d’un système de missiles intercepteurs vers l’Europe de l’Est et le Moyen-Orient,  vient d’accepter le déploiement de missiles US sur ses côtes.

Si la "menace" Iranienne semble à priori justifier cette stratégie menée par l’OTAN, la Russie quant à elle se sent directement visée. Dans cet article daté du 15 février, Mondialisation.ca revient sur les récentes tractations de l’OTAN qui ont de quoi alarmer la Fédération de Russie.

apetimedia

février 16, 2010

 

Russie et Géorgie rouvrent leur frontière.

La Géorgie et la Russie ont rouvert lundi leur frontière terrestre après plus de trois ans de fermeture, un signe de dégel dans leurs relations depuis leur guerre éclair en août 2008, a constaté un correspondant de l'AFP.

Le poste-frontière, appelé Verkhni Lars, en Russie, et la Gorge de Darial, en Géorgie, a rouvert à 07h00 locales (03h00 GMT). Situé à 170 km de Tbilissi, il est érigé sur un passage étroit dans les montagnes du Caucase, entre des sommets rocheux couverts de neige.

Un accord négocié fin décembre

Après une courte cérémonie officielle, les gardes-frontières se sont installés dans leur guérite, mais il n'y avait personne souhaitant traverser la frontière russo-géorgienne à cette heure-ci. Un accord sur la réouverture de la frontière terrestre avait été trouvé entre les deux pays sous médiation suisse le 24 décembre.
Moscou avait fermé le poste-frontière de Verkhni Lars en 2006, une décision jugée "politique" par les autorités géorgiennes, dans un contexte de tensions croissantes alors que Tbilissi cherchait à se rapprocher de l'Occident, et de l'OTAN en particulier.
Ce poste est le seul point de passage entre les deux pays qui ne se trouve pas dans les régions séparatistes géorgiennes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie, au coeur du conflit en août 2008 entre
la Russie et la Géorgie et dont Moscou a reconnu l'indépendance. Par la suite, seuls le Nicaragua, le Venezuela et la petite île de Nauru, dans l'océan Pacifique, ont reconnu l'indépendance des deux régions géorgiennes sécessionnistes, tandis que le reste du monde les considère comme une partie de la Géorgie illégalement occupée par des troupes russes.

"Un petit pas"La réouverture de la frontière terrestre entre la Russie et la Géorgie est un "petit pas" vers l'amélioration des relations russo-géorgiennes, a déclaré à l'AFP le chef adjoint de la police régionale, Guiorgui Gueguetchkori. "Mais ce qui est vraiment nécessaire à faire pour la Russie, c'est de mettre fin à l'occupation du territoire géorgien", a-t-il ajouté.
afp/mej

01-03

http://www.rsrinfo.ch/fr/news/Russie_et_Georgie_rouvrent_leur_frontiere.html?siteSect=2010&sid=11847303&cKey=1267427822000



3 Politique

a) Ossétie  - Ra


b) Abkhazie

Entente signée entre la Russie et l’Abkhazie-

La Russie et la région séparatiste géorgienne d’Abkhazie ont signé aujourd’hui une entente permettant à Moscou de construire une base militaire sur le sol abkhaze. Selon un officiel abkhaze, « le base accueillera au moins 3000 troupes russes pour au moins 49 ans ». Le président russe, Vladimir Medvedev, soutient que cet accord « est une base pour le développement de l’Abkhazie comme État indépendant ».

7 février 2010

http://www.operationspaix.net/spip.php?page=chronologie&id_mot=45


c) Géorgie

Le gouvernement géorgien présente une stratégie de réintégration.

La vice-ministre géorgienne des Affaires étrangères, Nino Kalandadze, a déclaré hier que la stratégie de réintégration pacifique de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud sera présentée à l’ONU aujourd’hui. Selon Mme Kalandadze, « la discussion sur le rôle de l’ONU dans la mise en œuvre de cette stratégie est très importante ». Le gouvernement géorgien a adopté cette stratégie en janvier. Pour l’instant la Russie, le Nicaragua, le Venezuela et la République de Nauru reconnaissent l’indépendance des régions sécessionnistes.

19 février 2010

http://www.operationspaix.net/spip.php?page=chronologie&id_mot=45



Les voisins et parties prenantes

a) Russie 

1) Au jour le jour

Géorgie et Russie rouvrent un poste-frontière.

Signe de dégel dans leurs relations depuis la guerre éclair en août 2008, les deux pays ont rouvert lundi leur frontière terrestre après plus de trois ans de fermeture. Un geste salué par l’Union européenne

Le poste-frontière, appelé Verkhni Lars en Russie et la Gorge de Darial en Géorgie, a rouvert à 7h00 locales (4h00 en Suisse). Situé à quelque 170 km de Tbilissi, il est érigé sur un passage étroit dans les montagnes du Caucase, entre des sommets rocheux couverts de neige.

Ce poste est le seul point de passage entre les deux pays qui ne se trouve pas dans les régions séparatistes géorgiennes d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie, au cœur du conflit en août 2008 entre la Russie et la Géorgie et dont Moscou a reconnu l’indépendance.

Le chef adjoint de la police locale Guiorgui Gueguetchkori a déclaré à l’AFP que cet événement marquait «un petit pas» vers l’amélioration des relations russo-géorgiennes, mais qu’il n’était pas suffisant. «C’est un petit pas dans la bonne direction, mais ce que doit vraiment faire la Russie, c’est de mettre fin à l’occupation du territoire géorgien», a-t-il déclaré à l’AFP.

Un responsable de l’Union européenne a estimé que la réouverture du passage aurait un impact positif sur la sécurité régionale. «Si la frontière est fermée, il n’y a pas d’interaction du tout. Quand la frontière est ouverte, il y a des discussions et c’est très important», a déclaré Robin Liddell, membre d’une délégation de l’UE qui a visité la Gorge de Darial après la cérémonie.

Après une courte cérémonie officielle, les gardes-frontière se sont installés dans leur guérite, mais personne n’a souhaité traverser la frontière russo-géorgienne à cette heure-ci.

Un accord sur la réouverture de la frontière avait été trouvé entre les deux pays sous médiation suisse le 24 décembre. Les Russes et Géorgiens souhaitant utiliser ce passage doivent être munis d’un visa. «Les citoyens russes et géorgiens pourront obtenir des visas à l’ambassade suisse à Moscou et Tbilissi», a expliqué Alexandre Solod, porte-parole des gardes-frontière russes cité par l’agence Itar-Tass.

Moscou avait fermé le poste-frontière de Verkhni Lars en 2006, une décision jugée «politique» par les autorités géorgiennes, dans un contexte de tensions croissantes alors que Tbilissi cherchait à se rapprocher de l’Occident, et de l’Otan en particulier.

l1 mars 2010

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/a8fb6fe0-2514-11df-b925-b1969ebf06fc


Sur le terrain

Sécurité : Lavrov doute de l'utilité de nouvelles bases de l'Otan.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a douté devant la 46e Conférence sur la sécurité à Munich que de nouvelles bases de l'Otan en Europe puissent garantir la sécurité dans la région, rapporte le correspondant de RIA Novosti sur place.

"On nous dit que le déploiement de nouvelles bases de l'Otan renforcera notre sécurité. Nous ne comprenons pas comment des bases en Europe, notamment en Roumanie, pourraient renforcer notre sécurité", a indiqué M.Lavrov. 

La veille, la Roumanie a accepté d'héberger des éléments du bouclier antimissile (ABM) américain sur son sol. Le président roumain Traian Basescu a déclaré que Bucarest acceptait d'accueillir les missiles intercepteurs de moyenne portée dont le déploiement est prévu par le nouveau système de défense antimissile américain.  

Washington a confirmé son intention de déployer des missiles en Roumanie à partir de 2015 tout en précisant qu'ils étaient destinés à contrer une éventuelle attaque iranienne.

L'année dernière, le président américain Barack Obama a renoncé à l'idée (très contestée par Moscou) d'installer des missiles intercepteurs en Pologne et un radar en République tchèque. Le leader américain a promis de trouver une solution "plus économe" et plus efficace pour neutraliser la menace iranienne.

La Russie installe une base militaire en Abkhazie.

Un accord russo-abkhaz sur la base militaire unifiée russe en Abkhazie a été signé mercredi au Kremlin à l’issue de négociations entre les présidents russe et abkhaz Dmitri Medvedev et Sergueï Bagapch.

Le document régit les modalités d’utilisation et de fonctionnement de la base dans le but notamment, « conjointement avec les forces armées abkhazes, de défendre la souveraineté et la sécurité de la république, dont la lutte contre les formations terroristes internationales », et définit l’utilisation des terrains et autres biens, de même que le statut des personnels de la base et des membres de leurs familles.

D’une durée de 49 ans, cet accord pourra être automatiquement prorogé tous les 15 ans

.http://www.voltairenet.org:80/article164131.html

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=124985&language=fr

  

Les Russes seraient intéressés par l'achat de quatre BPC à la France

La Russie souhaite s'équiper de porte-hélicoptères amphibies de type BPC Mistral, comme nous le rapportions en octobre dernier. Dans un premier temps, Moscou souhaitait acquérir un BPC français et l'Elysée a donné son feu vert, comme l'a confirmé, hier matin, Jacques de Lajugie, responsable des exportations à la DGA : "La France a répondu positivement à la demande de l'Etat russe".

Mais, depuis lors, la Russie a manifesté son intérêt pour l'acquisition de quatre bateaux, avec un certain flou sur  ses intentions.  "Le caractère officiel de cette nouvelle demande n'est pas totalement acquis à cette date" a reconnu Jacques de Lajugie, de manière fort diplomatique.

Si le contrat porte sur quatre BPC, la France souhaite qu'une "fraction raisonnable" soit construite en France, c'est-à-dire "au moins deux".

Face aux critiques des milieux néo-conservateurs et pro-américains contre cette vente, Jacques de Lajugie a rappelé que ces bateaux étaient construits "sur la base de normes civils".

D'autres chantiers européens sont sur les rangs, en Espagne et aux Pays-Bas, alors qu'en Russie l'idée d'acheter de tels équipements à l'étranger ne fait pas l'unanimité.

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Dans les coulisses 

Caucase: un document sur la non-agression géorgienne examiné en mars à Genève.
Un document juridiquement contraignant sur la non-agression géorgienne contre l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud sera examiné au cours du prochain volet des discussions de Genève le 30 mars, a annoncé jeudi par téléphone le vice-ministre russe des Affaires étrangères Grigori Karassine.
"Les discussions de ce jeudi ont été difficiles, mais dynamiques, nous avons convenu d'examiner les mêmes questions, avant tout celle du document sur la non-agression, le 30 mars", a indiqué M.Karassine, qui conduit une délégation russe à Genève.
Les discussions internationales de Genève ont été lancées en octobre 2008 conformément à une entente intervenue entre les présidents russe et français, Dmitri Medvedev et Nicolas Sarkozy, à la suite de la guerre d'août 2008 en Ossétie du Sud.

Moscou a reconnu l'indépendance de cette république sud-caucasienne par rapport à la Géorgie après l'offensive géorgienne contre la capitale sud-ossète.
Les rencontres de Genève réunissent les délégations d'Abkhazie (l'autre république reconnue par
la Russie en 2008), de Géorgie, de Russie, des Etats-Unis, d'Ossétie du Sud, ainsi que les représentants de l'UE, de l'ONU et de l'OSCE.

Pour le moment, les parties ont adopté un seul document relatif aux mécanismes de prévention et de règlement des conflits en Géorgie, Abkhazie et Ossétie du Sud.

28 janvier

http://fr.rian.ru/world/20100128/185953627.html

 

L'Otan ignore les intérêts de la Russie.

La Russie est inquiète du fait que l'Otan ne prenne pas en considération ses intérêts, a déclaré mardi à Washington Konstantin Kossatchev, président de la Commission pour les Affaires internationales de la Douma (chambre basse du Parlement russe).
"Ce que nous inquiète c'est la volonté de l'Otan d'agir à l'échelle mondiale, y compris dans les sphères géographiques d'intérêts de
la Russie. L'aspiration bien démontré il y a deux semaines par le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen, qui a dit que la défense territoriale de l'Alliance commençait hors de ses frontières", a insisté M. Kossatchev.
Selon lui, l'Otan ne prend pas en considération les intérêts de
la Russie.
"Soit nous sommes dans la même situation du point de vue de la sécurité, soit les défauts dans le système continueront de perdurer", a souligné M. Kossatchev.

24/2

http://fr.rian.ru/world/20100224/186116361.html


Extension des guerres ?

Moscou tient l'élargissement de l'Otan pour une menace nationale 

L'élargissement de l'Otan et le déploiement de systèmes de défense antimissile (ABM) constituent les principales menaces pour la Russie, stipule la nouvelle doctrine militaire russe approuvée vendredi par le président Dmitri Medvedev. 

Le document énumère les principales menaces militaires pour la Russie, notamment "la tendance à conférer aux forces de l'Otan des fonctions mondiales en violation des normes du droit international, à rapprocher l'infrastructure militaire des pays membres de l'Alliance des frontières de la Fédération de Russie, y compris par l'élargissement du bloc".

La nouvelle doctrine militaire russe considère aussi comme une menace la mise au point et le déploiement de systèmes de défense antimissile (ABM) stratégiques "torpillant la stabilité internationale et perturbant l'actuel rapport de forces dans le domaine balistique nucléaire, ainsi que la militarisation de l'espace et le déploiement de systèmes d'arme conventionnelle stratégique de haute précision". [ dans une autre dépèche il était précisé que La nouvelle doctrine affirme que l'une des "principales menaces de guerre extérieures" vient de l'élargissement de l'Otan à l'est jusqu'aux frontières russes.]

Par ailleurs, on constate toujours dans le monde des tentatives de déstabilisation dans certains Etats et régions, visant également à saper la stabilité stratégique. Le document considère comme une menace le déploiement ou le renforcement de contingents militaires d'Etats étrangers (de groupes d'Etats) sur les territoires limitrophes de la Fédération de Russie et de ses alliés, ainsi que dans les eaux bordant son territoire

5 février - RIA Novosti

 


Dmitri Rogozine parie un million de dollars que l'OTAN a des plans contre la Russie.

Dmitri Rogozine, ambassadeur de la Russie auprès de l'OTAN, a promis d'offrir un million de dollars à quiconque prouvera le caractère pacifique de projets de l'Alliance vis-à-vis de la Russie, lit-on vendredi dans son blog personnel.
"J'offre un million de dollars à quiconque me prouvera que l'OTAN n'a pas de projets militaires contre
la Russie", a écrit en russe et en anglais M.Rogozine dans son blog http://twitter.com/Rogozine, sans toutefois préciser l'origine de cette somme et le procédé par lequel il a l'intention de la remettre au gagnant de ce concours improvisé.
Pour le moment, aucun des 3.686 visiteurs de son blog n'a réagi.
Auparavant, l'ambassadeur russe auprès de l'OTAN avait annoncé dans une interview à la radio russe qu'il doutait des paroles du secrétaire général de l'OTAN Anders Fogh Rasmussen qui avait affirmé que l'Alliance n'était pas un adversaire de
la Russie.
"Je suis certain que le secrétaire général de l'OTAN Anders Fogh Rasmussen dit en toute sincérité que l'OTAN n'est pas un adversaire de
la Russie. Il est possible qu'il y croie personnellement. Le problème, c'est que depuis Gorbatchev la Russie a beaucoup changé. Si les derniers dirigeants soviétiques avaient la faiblesse de croire aux déclarations orales, les négociateurs russes modernes ne l'ont pas", a souligné M.Rogozine.

5 Mars

http://www.alterinfo.net/Un-diplomate-russe-parie-un-million-de-dollars-que-l-OTAN-a-des-plans-contre-Moscou_a43414.html



b) L'Otan

Fogh Rasmussen

Discours du nouveau secrétaire général de l’OTAN, Rasmussen.

Rasmussen a renouvelé l’offre de l’OTAN d’être le bras sécuritaire armé de l’ONU. Ainsi selon lui, l’ONU et ses petits budgets, toujours tendant la main ici et là pour obtenir quelques contingents de casques bleus, devrait clairement sous-traiter la « sécurité » internationale à l’OTAN. Il est vrai qu’avec 75% des dépenses militaires mondiales les pays membres de l’OTAN peuvent rassurer tous ceux qui aspirent à une gendarmerie mondiale capitaliste, à la domination par la force, sous couvert d’organisation DES NATIONS UNIES d’Etats capitalistes regroupant 800 millions des 6,5 milliards d’habitants de la planète soit environ 1 sur 8. Cette offre n’a évidemment pas reçu d’accueil favorable de la part des deux représentants de la Russie, Serguei Lavrov, Ministre des Affaires étrangères et Serguei Ivanov, Vice Premier Ministre, pas plus que de la Chine (voir ci-après).  Pour compléter l’énoncé des vastes ambitions de l’OTAN, RASMUSSEN a indiqué qu’il s’était assuré dans sa tâche de la collaboration active de MADELEINE ALBRIGHT. On frémit !*

·                     Bien qu’elle s’en soit repentie plus tard, Madeleine Albright reste à jamais, devant le tribunal de l’Histoire, l’auteure d’une phrase honteuse. Répondant à un journaliste qui évoquait les 500 000 morts d’enfants irakiens provoquées par l’embargo étasunien elle avait déclaré que « cela valait la peine ».

Au fil des jours et des lectures

n°59

15 Février 2010


Extension des guerres ?

Doctrine militaire russe: aucun rapport avec la réalité...

La nouvelle doctrine militaire russe qui cite l'élargissement de l'Otan et le déploiement de systèmes de défense antimissile (ABM) parmi les principales menaces pour la Russie ne reflète pas la réalité, a estimé samedi le secrétaire général de l'Alliance Anders Fogh Rasmussen.

"Je me vois dans l'obligation de constater que la nouvelle doctrine ne reflète pas le monde réel...

L'Otan n'est pas l'ennemi de la Russie. Cette doctrine ne correspond pas à la réalité et se trouve en contradiction flagrante avec toutes nos tentatives d'améliorer les relations entre l'Alliance et la Russie", a déclaré M.Rasmussen dans les couloirs de la Conférence sur la sécurité de Munich. 

Le président Dmitri Medvedev a approuvé vendredi 5 février la nouvelle doctrine militaire russe qui énumère les principales menaces militaires pour la Russie, notamment "la tendance à conférer aux forces de l'Otan des fonctions mondiales en violation des normes du droit international, à rapprocher l'infrastructure militaire des pays membres de l'Alliance des frontières de la Fédération de Russie, y compris par l'élargissement du bloc".  

La nouvelle doctrine militaire russe considère aussi comme une menace la mise au point et le déploiement de systèmes de défense antimissile (ABM) stratégiques "torpillant la stabilité internationale et perturbant l'actuel rapport de forces dans le domaine balistique nucléaire, ainsi que la militarisation de l'espace et le déploiement de systèmes d'arme conventionnelle stratégique de haute précision". [...]

5 février - RIA Novosti


Dans les coulisses 

L'OTAN en mal de financement

Le montant précis du déficit est difficile à chiffrer mais se situerait, pour 2010, entre 500 et 640 millions d'euros, ce qui devrait notamment affecter les budgets d'investissement. L'unanimité ne règne pas, parmi les ministres, quant aux causes de cette situation et aux moyens de la résoudre. 

Les difficultés financières de l'OTAN ne seraient pas dues uniquement au conflit afghan, mais à une gestion financière défaillante et une absence de prévision quant au coût réel de certains programmes. 

Pour pallier en partie le problème, le secrétaire général propose une coopération approfondie entre les Etats dans divers domaines (médical, hélicoptères, lutte contre les engins explosifs). Un groupe de spécialistes nationaux déposera les premières propositions de réforme au mois de juin.

Jean-Pierre Stroobants 

03.02.10

LE MONDE


L’OTAN critique la nouvelle directive de défense russe-

Réagissant à la nouvelle directive de défense russe approuvée vendredi, le Secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a estimé hier en marge de la conférence de Munich sur la sécurité que celle-ci « ne reflète pas les réalités et entre clairement en contradiction avec tous nos efforts pour améliorer la relation entre l’Otan et la Russie ». Il a notamment rappelé les intérêts communs entre les deux entités au sujet de l’Afghanistan. Selon la doctrine russe, l’une des « principales menaces de guerre extérieures » est l’élargissement de l’OTAN.

09/02/2010

http://www.operationspaix.net/spip.php?page=chronologie&id_mot=45


Sur le terrain

Manœuvres à la frontière russe.

Des exercices de l'OTAN se dérouleront en mars dans l'espace aérien des pays Baltes, réunissant des militaires lettons, lituaniens, estoniens, polonais, français et américains, rapporte jeudi le quotidien russe Kommersant.
Baptisés Baltic Region Training Event, ces exercices auront lieu les 17-20 mars avec la participation des forces aériennes françaises (chasseurs Mirage
2000C), lituaniennes (avions d'entraînement L-39 Albatros), polonaises (chasseurs F-16) et américaines (avions-ravitailleurs).

La Lettonie et l'Estonie auront pour mission de contrôler l'espace aérien depuis le sol. Le scénario des manœuvres prévoit également l'atterrissage des chasseurs à l'aéroport international de Tallinn.
Baltic Region Training Event marquera le début d'une longue série d'événements analogues prévus sur le territoire des Etats Baltes et d'autres pays.

Ainsi, début avril prochain, un groupe de militaires américains prendra ses quartiers dans la ville polonaise de Morag (à 75 km de la région de Kaliningrad) conformément à l'accord signé par le président polonais Lech Kaczynski. Cette ville, qui fait partie de la voïvodie de Varmie-Mazurie, a été choisie pour accueillir des missiles sol-air américains Patriot et, à partir de 2015, des missiles intercepteurs SM-3.

4/3

http://www.mleray.info/article-otan-manoeuvres-a-la-frontiere-russe-46026467.html

 

04-03

D'aucuns prétendent que les pays Baltes ont proposé de tenir les manœuvres aériennes après les événements d'août 2008 en Géorgie et surtout après les exercices russo-biélorusses Zapad 2009, en septembre dernier, qui ont réuni plus de 12.000 militaires des deux pays. Les autorités estoniennes, lettones et lituaniennes ont alors avancé que ces exercices avaient pour mission de "tester différents scénarios d'occupation des pays Baltes".
L'intention de Moscou d'acheter à
la France un porte-hélicoptères de type Mistral a également provoqué leur inquiétude. Riga, Vilnius, Tallinn et Varsovie ont même demandé à Washington de faire pression sur Paris afin de le dissuader de vendre le navire à la Russie.

4/3

http://www.mleray.info/article-otan-manoeuvres-a-la-frontiere-russe-46026467.html



Les alliés de l'Otan

USA

Dans les coulisses 

Gates: L'Otan est en "crise" !

Robert Gates, le Secrétaire d'État à la défense des États-Unis a appelé l'Otan ( Organisation de l'atlantique Nord) à changer sa façon de préparer les conflits non traditionnels, auxquels l'organisation militaire est de plus en plus confrontés.
Évoquant une "crise"de l'Otan, le responsable américain estime que l'Afghanistan a dévoilé les faiblesses fondamentales de l'organisation qui pourraient, à terme, peser sur sa viabilité.
Une pénurie d'hélicoptères et d'avions-cargos au sein de l'Alliance illustre ce déficit chronique de dépenses, qui a affecté la mission menée par l'Otan en Afghanistan, a souligné Robert Gates dans un discours adressé à des responsables de l'Alliance. Le secrétaire à
la Défense a évoqué « des problèmes systémiques très sérieux ». « La démilitarisation de l'Europe - où une grande partie de l'opinion et de la classe politique est réfractaire aux forces armées et aux risques qui vont avec -est passée d'une bénédiction au XX e siècle à une entrave pour obtenir une sécurité et une paix durable au XXI e siècle », a-t-il affirmé.

24/02

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=126124&language=fr


Sur le terrain

Un retrait des 200 ogives nucléaires tactiques ?

Signe des tensions au sein de l'administration, l'examen de la stratégie nucléaire américaine doit être présenté au Congrès avec deux mois de retard.

Les partisans de la dénucléarisation appellent le président à proclamer que "l'unique objet" de l'arme nucléaire est de dissuader une puissance nucléaire de menacer les Etats-Unis. Selon eux, la supériorité de l'armée américaine en matière d'armements classiques rend la bombe atomique inutile dans tout autre contexte.

D'une telle doctrine découlerait naturellement un retrait des 200 ogives nucléaires tactiques que Washington possède en Europe, retrait que cinq pays membres de l'OTAN (Allemagne, Belgique, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas) ont appelé de leurs vœux en février. Elle s'oppose à celle de "la dissuasion étendue" qui appelle les Etats-Unis à maintenir ou déployer leur "parapluie nucléaire" en Europe, en Asie et même au Moyen-Orient, incitant les pays protégés à ne pas chercher à se doter de leurs propres armes. 

Le "rôle accru pour les armes conventionnelles" évoqué par le responsable américain se traduirait par l'élaboration d'armes de forte puissance mais non nucléaires, dites "Prompt Global Strike" (frappe mondiale immédiate) selon le New York Times. Ces armes, tirées des Etats-Unis, devraient être capables de frapper n'importe où dans le monde dans un délai d'une heure. Parmi leur utilisation possible figurerait, selon le journal, des attaques contre "la direction d'Al-Qaida dans les montagnes du Pakistan", ou "contre un lancement de missile imminent en Corée du Nord".

http://www.lepoint.fr/actualites-monde/2010-03-01/etats-unis-obama-prepare-une-reduction-spectaculaire-de-l-arsenal-atomique/924/0/429110

 

Frappe mondiale immédiate.
Selon le New York Times  qui a révélé dimanche soir les grandes lignes de ce document en préparation, il s'agirait de réduire le nombre de têtes nucléaires des États-Unis de "plusieurs milliers". Mais le journal souligne que plusieurs aspects de cette politique font l'objet de "débats passionnés au sein de l'administration" et que le secrétaire à la guerre Robert Gates doit soumettre à Obama ces points à trancher lors d'une réunion lundi. L'agenda d'Obama prévoit une rencontre avec Gates à partir de 22 h 30 (heure de Paris).
La Maison Blanche n'a donné aucun détail sur la nature de l'entretien.
Signe des tensions au sein de l'administration, l'examen de la stratégie nucléaire américaine doit être présenté au Congrès avec deux mois de retard. Les partisans de la dénucléarisation appellent Obama à proclamer que "l'unique objet" de l'arme nucléaire est de dissuader une puissance nucléaire de menacer les États-Unis. Selon eux, la supériorité de l'armée américaine en matière d'armements classiques rend la bombe atomique inutile dans tout autre contexte. D'une telle doctrine découlerait naturellement un retrait des quelque 200 ogives nucléaires tactiques que Washington possède en Europe, retrait que cinq pays membres de l'Otan (Allemagne, Belgique, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas) ont appelé de leurs voeux en février. Elle s'oppose à celle de "la dissuasion étendue" qui appelle les États-Unis à maintenir ou déployer leur "parapluie nucléaire" en Europe, en Asie et même au Moyen-Orient, incitant les pays protégés à ne pas chercher à se doter de leurs propres armes.
Le "rôle accru pour les armes conventionnelles" évoqué par le responsable américain se traduirait par l'élaboration d'armes de forte puissance mais non nucléaires, dites "Prompt Global Strike" (frappe mondiale immédiate) selon le New York Times . Ces armes, tirées des États-Unis, devraient être capables de frapper n'importe où dans le monde dans un délai d'une heure. Parmi leur utilisation possible figureraient, selon le journal, des attaques contre "la direction d'Al-Qaïda dans les montagnes du Pakistan", ou "contre un lancement de missile imminent en Corée du Nord".

http://www.lepoint.fr/actualites-monde/2010-03-01/etats-unis-obama-prepare-une-reduction-spectaculaire-de-l-arsenal-atomique/924/0/429110


n° 60 - Journal des Guerres de l'Otan - 17-02 au 12-03 :- Suite :- : « Ce n’est pas la Russie qui menace l’Otan, c’est l’Otan qui défie la Russie

n° 60 - Journal des Guerres de l'Otan - 17-02 au 12-03 :- Suite   :- : « Ce n’est pas la Russie qui menace l’Otan, c’est l’Otan qui défie la Russie



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal des Guerres de l'Otan.

n° 60               17-02 au 12-03

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

5-1 Eva R-sistons : La complicité des médias dans la promotion de la guerre.

6 Brèves

6-1 Conférence de Munich sur la sécurité.

6-2  George Robertson – « La Russie de plus en plus proche de l'adhésion ».

6-3 Désarmement nucléaire: le nouveau traité russo-américain "finalisé à 97%"

6-4 ABM US en Bulgarie: Moscou attend des explications

6-5 ABM: une participation bulgare ne vise pas la Russie.

6-6 ABM US en Roumanie: les négociations sont bilatérales.

6-7 Ukraine-OTAN: le président entérine un programme de préparation à l'adhésion

6-8 La Transnistrie veut rétablir le contingent de paix russe

7  Dossiers

7-1 G.Le Hardi : Il faut dissoudre l'OTAN

7-2 Guneev : L'Otan n'attaquera jamais la Russie.

7-3 La Russie dans l’OTAN: une position allemande et révélatrice.

7-4 Vadim Kamenka : « Ce n’est pas la Russie qui menace l’Otan, c’est l’Otan qui défie la Russie ». .


 


Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

5-1 Eva R-sistons : La complicité des médias dans la promotion de la guerre.

Les peuples aspirent à la paix.

Mais l'oligarchie qui s'est octroyée le droit de vie et surtout de mort sur les citoyens du monde entier, programme les guerres qui lui permettront de réaliser de juteux profits. De nombreux élus, à tous les niveaux, sont les alliés objectifs de ces politiques relayées par les médias. Ces derniers sont d'ailleurs, en France, aux mains des industriels de l'armement, et ils font, ouvertement ou indirectement, l'apologie de la guerre. (2).

La guerre est même présentée comme un moyen de promotion des femmes : En remplaçant les hommes au front, elles pourraient acquérir un meilleur statut; d'ailleurs, si elles "s'arrêtaient de travailler pendant plus de vingt ans, les guerres s'arrêteraient" (3). En outre, les guerres, comme celle de l'Afghanistan, permettraient d'améliorer le sort des femmes.

Inutile de proposer une émission sur la paix : lorsque j'étais journaliste pour une grande chaîne de télévision française, une seule de mes émissions a été censurée, celle où j'avais interviewé la présidente de l'Association internationale des Femmes pour la Paix. Laura Ingraham, star de la “talk radio” d'ultra-droite.

 On ne dira jamais assez à quel point le rôle des médias est déterminant dans la mise en œuvre des politiques élaborées en haut lieu; les journalistes deviennent les complices de la mise à mort programmée de pans entiers de populations ! (4)

Des signaux inquiétants

Le 22-23 mai 2003, le Congrès américain a en quelque sorte «légalisé» l'emploi de la bombe nucléaire à des fins militaires. Celle-ci serait considérée au même titre que les autres bombes, ni plus ni moins dangereuse (5).

En janvier 2008, cinq anciens généraux de l'OTAN ont ouvertement prôné l'utilisation du nucléaire dans les guerres futures, même préventives: « La nouvelle est passée jusque là relativement inaperçue : cinq anciens généraux de l'Otan, et pas des moindres, ont rédigé un manifeste pour une nouvelle organisation du traité de l'Atlantique Nord, qui prévoit, selon le Guardian, que " l'Occident doit être en mesure de déclencher une attaque préventive pour contrecarrer la menace imminente d'une diffusion d'armes nucléaires ou de destruction massive. » (6) . Il est vrai que le nucléaire tue plus radicalement, à grande échelle - une aubaine pour les partisans de la dépopulation, sans doute. Derrière leurs écrans, bien à l'abri (7), des hommes sèment mort et désolation sur la terre; et en coulisses, les industriels de la Reconstruction se frottent les mains, les barons du pétrole aussi.

Et comme l'horreur est banalisée, on ne se gêne plus, aujourd'hui, pour faire la promotion des guerres préventives, permanentes, totales et bien sûr nucléaires. Ceux qui ont le pouvoir jouent avec la vie des citoyens comme nos jeunes jouent virtuellement à la guerre: en tuant le plus possible. Si on regarde des vidéos sur la guerre d'Irak, on peut y apprendre que les soldats américains avaient une prime pour chaque Irakien tué. Joli monde... et qui ose se dire démocratique, moral, défenseur de la Liberté, du Bien, sans parler de ceux qui se réclament de Dieu pour prôner le choc de civilisations et anéantir une partie de la population qui déplaît. Guerre du Bien contre le Mal, bras armé de Dieu pour libérer le monde et amener par la guerre la paix sur terre, on connaît les refrains de Bush (8) ! Ce qu'on commence à découvrir, c'est que le président Obama les a repris à son compte, dans les faits (9), mais sans le claironner.

Le voici partant à la conquête du monde (10) pour la « glorieuse Amérique », l'Irak, l'Afghanistan, le Pakistan... tout en s'intéressant à Haïti, au Honduras, à l'Iran - pour commencer.

Il est inquiétant, aussi, de voir trois Prix Nobel de la Paix (Wiesel, Peres, Obama) envisager la guerre contre l'Iran ou réclamer son « désarmement nucléaire ». Une guerre qui risque d'enflammer la planète et prendre des dimensions titanesques ! D'autant plus que les États-Unis semblent dorénavant menacer la Chine (11).

Bientôt la troisième guerre mondiale ?

La troisième guerre mondiale est-elle pour bientôt ? Certains, comme Pascal Boniface, parlent de quatrième guerre mondiale, la troisième ayant été, selon eux, "la guerre froide". Trop froide, sans doute, parce qu'on la veut chaude, aujourd'hui, bien chaude et même brûlante... avec des armes laissant des séquelles irréversibles sur l'environnement et sur les générations futures. Les Vietnamiens ou les Palestiniens (12) sont bien placés pour en parler... et même les vétérans de tous les conflits ! Vous avez dit la « der des ders » ?

L'atmosphère est propice à une nouvelle guerre mondiale. Les maîtres mots, aujourd'hui, sont "compétition", "guerre économique", "guerre préventive", "colonisation", "mondialisation”... , et puis on fabrique des armes à l'infini, toujours plus sophistiquées et qui sont évidemment appelées à servir (13) , les discours belliqueux se multiplient, précédant souvent les opérations elles-mêmes (14), certains pays comme le Canada opèrent un tournant militariste (15), des navires russes sillonnent les mers des Caraïbes (16), et l'OTAN fait peser de graves menaces sur le monde (17).

Pour compléter ce tableau peu rassurant, on peut se demander si la création de l'Union européenne est un gage de paix, ou de guerres futures, en s'enrôlant sous la bannière de l'OTAN (18).

Aux mains d'irresponsables, le monde est dangereux.. En coulisses, ou ouvertement, ils poussent à la guerre : les néoconservateurs chrétiens extrémistes font clairement l'apologie de l'hégémonie étasunienne hors des frontières, les ultra-sionistes aspirent à la guerre mondiale pour que triomphe enfin le peuple élu, et les Islamistes fanatiques soufflent sur les braises judéo-chrétiennes...

La guerre est inscrite dans la logique du capitalisme

Alors, guerre, ou pas ? Quoiqu'on en dise, elle est plus que probable. Pour prospérer, le capitalisme a besoin de victimes, pauvres prêts à travailler pour une obole, ou jeunes appelés à "mourir pour la Patrie". Or, quand il est en crise, pour redémarrer, pour gonfler ses profits, le Système imposé aux peuples a besoin de conflits. Et aux États-Unis, pays capitaliste par excellence, l'industrie militaire est la plus florissante. Quel paradoxe pour ceux qui revendiquent si fort leur appartenance chrétienne "évangélique" !

Certains sont persuadés que les États, en grande difficulté financière, ne sont pas prêts à partir en guerre. Tous les faits nous indiquent le contraire. C'est parce que le capitalisme est en faillite, c'est parce qu'il s'effondre, qu'il a besoin, comme après 1929, d'une conflagration majeure pour redémarrer... Et puis, le désespoir incite à l'irrationnel. La City et Wall Street sont aux abois, et les anglo-Saxons ne veulent pas perdre leur leadership au profit de pays plus dynamiques comme la Chine, surtout si celle-ci est liée à des pays comme la Russie, le Venezuela ou l'Iran, grands producteurs de pétrole. Enfin, les nations de l'Eurasie sont considérées comme des territoires riches en ressources essentielles pour l'avenir.

Tout indique que les cartels internationaux, les banquiers, le Bilderberg... veulent provoquer une troisième guerre mondiale qui sera, n'en doutons point, nucléaire ! 

L'Iran est menacé par les puissances occidentales qui prétendent la dissuader de développer l'énergie nucléaire; il est encerclé par ces puissances hostiles.

Vous le savez sans doute, les généraux étasuniens, plus raisonnables que leur Chef, ont retenu le bras de Bush lorsqu'il brûlait d'en découdre avec l'Iran. Et les mois ont passé. Certes, l'Iran ne se laissera pas attaquer comme l'Irak, en ripostant pour la forme; il dispose d'un armement dissuasif, et d'une flotte impressionnante, stationnée dans un détroit stratégiquement important. Les essais de déstabilisation économique ou politique n'ont guère ébranlé sa légitime détermination à préserver sa souveraineté. Il semblerait aussi que la Chine soit décidée à protéger ses intérêts dans la région, et les États-Unis ne peuvent se permettre de mécontenter le pays qui le maintient sous perfusion. Sans l'aide de la Chine, sans ses prêts, l'économie étasunienne, en effet, s'effondrerait. Un pays lourdement endetté n'est pas aussi libre qu'il le voudrait.

Reste l'inconnue israélienne: les récentes déclarations de Shimon Peres au Bundestag («L'Iran est un danger pour le monde.») (19) ne présagent rien de bon, l'Allemagne de Mme Merckel n'a jamais été aussi proche d'Israël, et l'équipe de néoconservateurs français, de Sarkozy à Kouchner en passant par Morin, brûle de passer à l'attaque. Obama, sitôt son prix Nobel de la Paix reçu, a entrepris de le défendre en multipliant les guerres, Peres est prêt à tout, et un autre prix Nobel de la Paix israélien, Elie Wiesel, tient des discours que les bushistes ne renieraient pas. La France de Sarkozy, contrairement à celle de Chirac, pousse à la guerre: « La France et les États-Unis veulent "travailler" au sein du Conseil de sécurité de l'ONU à de nouvelles sanctions contre l'Iran sur son programme nucléaire», a déclaré à la presse le ministre français de la Défense, Hervé Morin, au côté de son homologue américain, Robert Gates. «Nous avons évoqué l'Iran (...) Notre convergence de vues est totale», a déclaré le ministre français après des discussions avec le chef du Pentagone. Il n'y a « pas d'autre choix que de travailler à d'autres mesures » au sein du Conseil de sécurité de l'ONU, a ajouté Hervé Morin (20).

Cela conduira-il à la guerre ? Deux facteurs semblent prépondérants: la crise du capitalisme, synonyme de besoin d'élans nouveaux, de quête de nouvelles sources de profit, et le caractère imprévisible d'Israël, pays d'ailleurs gouverné par des extrémistes. Outre le désir de domination de la région et le besoin de sécurité, un mobile important d'Israël, pas forcément avoué, serait-il la peur ? Or la peur pousse à l'irrationnel...

Sans doute l'apocalypse est-elle déjà en marche... Si elle ne se produit pas, nous pourrons être surpris. L'Histoire nous a trop souvent enseigné, malheureusement, que les puissances sont prêtes à tout pour augmenter leur pouvoir. Les irresponsables sont toujours aux commandes, et la crise va bientôt rebondir. Et plus on nous parlera d'identité nationale, de choc de civilisations, plus la confrontation sera, sans doute, inévitable !(21)

Quant à nous, nos meilleures armes devraient être la prévoyance, la solidarité et la créativité... et la dénonciation permanente des mensonges médiatiques !

  Notes

(1) Le correspondant de Washington du journal «Die Welt» fit acte d’agitation guerrière le 25 janvier: les prises de position actuelles du gouvernement allemand en ce qui concerne l’Afghanistan et l’Iran sont «l’expression d’une préparation psychologique pour un conflit probablement majeur dans le Golfe persique, dont l’Allemagne ne peut pas se tenir à l’écart du fait de son histoire». L’article se répand dans un scénario de guerre et conclut: «Angela Merkel prépare l’Alle magne à une défense commune avec Israël.»

http://www.alterinfo.net/Agitation-guerriere-et-politique-secrete-Qu-ont-convenu-a-Berlin-les-gouvernements-allemand-et-israelien_a42431.html 

(2) http://anti-fr2-cdsl-air-etc.over-blog.com/article-25474704.html  - Marie Drucker sur France 3, mercredi 3 décembre 2008, avec son "Prêts à mourir pour la France ?", "retour sur la France des héros" http://anti-fr2-cdsl-air-etc.over-blog.com/ext/http://r-sistons.over-blog.com/article-25362305.html 

(3) http://anti-fr2-cdsl-air-etc.over-blog.com/ext/http://r-sistons.over-blog.com/article-25426833.html

(4) Les cinq règles de la propagande de guerre, http://anti-fr2-cdsl-air-etc.over-blog.com/article-33565761.html  - Propagande de guerre, propagande de paix : http://anti-fr2-cdsl-air-etc.over-blog.com/article-23413830.html 

(5) http://sos-crise.over-blog.com/article-etats-unis-sur-le-chemin-de-la-guerre-nucleaire-globale-44793585.html  (Les États-Unis sur le chemin de la guerre nucléaire)

(6) Otan : Cinq généraux veulent des frappes nucléaires préventives. http://www.rue89.com/2008/01/26/otan-cinq-generaux-veulent-des-frappes-nucleaires-preventives . Le but : empêcher l'usage d'armes de destruction massive. Ce quinquet de « sages » propose donc tout bonnement que les États-Unis, la Grande-Bretagne ou la France ( » l'Occident » nucléaire, donc) puisse atomiser un pays non plus pour répondre à une attaque nucléaire, ni même pour » préempter » une telle attaque qui serait imminente, mais simplement pour empêcher un pays d'utiliser des armes nucléaires, chimiques ou bactériologiques. Avec une telle doctrine, les États-Unis auraient été en droit de rejouer Hiroshima à Bagdad en 2003, où à Pyongyang en 2006 ? Et même, pourquoi pas, à Téhéran en 2007 ? Une doctrine rejetée pendant la guerre froide. Selon nos cinq généraux, relève Le Monde, l' » emploi en premier' » de la bombe est légitime, puisqu'il aurait servi de fondement à la planification nucléaire de l'Otan pendant la guerre froide.

(7) http://bridge.over-blog.org/article-la-drone-de-guerre--43951158-comments.html#c 

(8) Assurément, le président américain, judéo-chrétien fondamentaliste, qui cherche à remettre chaque peuple à sa place selon l’ordre divin, ne peut trouver meilleure source d’inspiration que la lecture du Livre d’Isaïe ! Sa politique atteint au sublime. Il est le bras armé de Dieu, le messie et le berger qui protège tout à la fois le vieux peuple élu et le nouvel Israël... http://www.chemins-cathares.eu/020113_georges_bush_messie_dieu.php 

(9) Document d'Arte, les Hommes de la Maison Blanche, 2000. Il montre que la politique, d'un Président à l'autre, varie peu... "C'est un retour à la loi du plus fort de l'Allemagne nazie menant à la guerre préventive, unilatérale, sans menace, un retour aux règles existant avant la 2e guerre mondiale" (Roger Normand)

(10) Pour ceux pour lesquels cela semblait impossible il ya un an, cela se produit : la politique étrangère d’Obama est plus agressive et dangereuse pour l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine qu’elle de George Bush. Mais cette réalité n’a pas encore été devenue évidente à la grande majorité, influencé par la campagne mondiale qui présente le président américain comme un homme politique progressiste et défenseur de la paix. http://panier-de-crabes.over-blog.com/article-la-politique-de-l-administration-obama-menace-l-humanite-44499490.html 

(11) La possibilité d’une nouvelle guerre américaine a augmenté la semaine dernière lorsque l’administration Obama a sévèrement critiqué à la fois la Chine et l’Iran. Le premier acte d’agression a été lancé par la Secrétaire d’État, Hillary Clinton, qui a « averti » la Chine qu’elle devait soutenir des sanctions économiques drastiques contre l’Iran (ce qui constituerait un acte de guerre). 8 février 2010, http://www.michelcollon.info/index.php?option=com_content&view=article&id=2541:une-autre-guerre-americaine-obama-menace-la-chine-et-liran&catid=6:articles&Itemid=11 

(12) http://r-sistons.over-blog.com/article-tandis-que-le-crif-festoie-a-gaza-les-meres-accouchent-d-enfants-malformes-44238621.html 

(13) Les observateurs ont également réitéré que les USA ont été le plus grand exportateur d’armes sur les deux dernières décennies, avec la plupart de ses clients situés dans le Moyen-Orient et dans la région du Golfe Persique. Ils ont ajouté que les États-Unis se sont servis de l'Iran comme d’une sorte d’« épouvantail» pour mettre sur le marché et vendre ses armes dans la région http://www.alterinfo.net/Petraeus-une-attaque-contre-l-Iran-pourrait-provoquer-l-effet-inverse-escompte_a42259.html 

(14) "Mais ses stratèges militaires (d'Israël) sont plus malins et imprévisibles que jamais. Les récents discours en provenance d’Israël suggèrent qu’une future guerre au Liban ciblera aussi très probablement la Syrie. Bien que cela ne signifie pas nécessairement qu’Israël ait réellement l’intention de prendre pour cible l’un ou l’autre de ces pays dans un avenir proche, il s’agit certainement du type de langage qui souvent précède des opérations militaires israéliennes.". http://www.alterinfo.net/La-guerre-qui-vient_a42314.html 

(15) http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=10666  Les vrais enjeux de l'intervention canadienne en Afghanistan  

(16) http://contreinfo.info/rubrique.php3?id_rubrique=42 

(17) http://chiron.over-blog.org/article-otan-une-menace-assez-serieuse-pour-la-russie-patrouchev-44607354.html , et http://fonzibrain.wordpress.com/2010/02/08/doctrine-militaire-moscou-craint-avant-tout-lotan/  : Le président russe Dmitri Medvedev a validé hier une nouvelle doctrine militaire qui place l’OTAN en tête des menaces pesant sur la sécurité de la Russie. Le texte de la doctrine, publié sur le site du Kremlin, place au premier rang des «principaux dangers militaires extérieurs» le fait que l’OTAN cherche à «mondialiser ses fonctions, en violation des normes du droit international». Le document dénonce aussi le rapprochement des frontières russes «de l’infrastructure militaire des pays membres de l’OTAN, notamment par la voie de l’élargissement du bloc».. Et aussi : http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-la-doctrine-imperiale-des-etats-unis-en-europe-44509161.html : Hillary a réitéré vouloir préserver l'efficacité de l'article 5 du traité de l'OTAN : « une attaque contre l'un est une attaque contre tous ». (..) Répondant à un intervenant (le général Perruche), elle a estimé ainsi qu'une « coopération étroite et plus complémentaire entre l'UE et l'OTAN est dans tous nos intérêts pour essayer de forger des politiques communes : le politique, économique, développement et juridique du coté de l'UE, et principalement la sécurité du coté de l'OTAN ».

(18) "...une identité commune ne semble pouvoir se forger que dans le fer, le feu et le sang, que dans l’opposition à l’autre. Bientôt la gentille Union européenne qui nous rend si forts passera des appels d’offre pour chercher le meilleur ennemi commun : le Russe ? Ennuyeux, ils ont des armes atomiques, ça pourrait mal tourner. Le chinois ? Pareil mais en pire, et en plus pour le moment le Chinois tient la tutelle américaine entre ses mains, à travers un gros matelas de t-bonds. L’Arabe et le musulman ? Parfait !http://www.alterinfo.net/Il-nous-faudrait-une-bonne-guerre-pour-construire-l-Europe-La-lettre-volee_a42306.html 

(19) http://www.alterinfo.net/Perez-L-Iran-cherche-a-prendre-le-controle-du-Moyen-Orient_a41922.htmlhttp://www.alterinfo.net/Netanyahu-et-Merkel-se-reunissent-pour-discuter-de-l-Iran_a41567.html 

(20) http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/proche_moyenorient/20100208.OBS6186/liran_cherche_a_gagner_du_temps_estime_kouchner.html  

(21) http://r-sistons.over-blog.com/article-debat-identite-nationale-choc-de-civilisations-guerre-mondiale-tout-est-lie-44305429.html 

Eva R-sistons

Mondialisation.ca, Le 17 février

 

Eva R-sistons, pseudo. Carrière de journaliste (0RTF entre autres) et d'écrivain, auteur d'ouvrages édités par des Maisons comme Hachette. Lauréate de l'Académie française. Administratrice de R-sistons à l'intolérable, http://r-sistons.over-Mondialisation.ca, Le 17 février blog.com.http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=R-S20100216&articleId=17642



6 Brèves

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

6-1 Conférence de Munich sur la sécurité.

La 46° conférence sur la Sécurité s’est tenue à Munich du 5 au 7 Février. Peu commentée par les médias grand public, elle est un forum très suivi par les principaux gouvernements de la planète qui s’y retrouvent chaque année pour échanger, à la tribune et dans les coulisses, des points de vue sur les principales questions militaires et stratégiques de l’heure. Elle mérite à ce titre un examen attentif. Outre la nouveauté de la présence chinoise - voir document ci-après – sont à relever :

1 – le discours du nouveau ministre allemand des Affaires étrangères et Vice-chancelier GUIDO WESTERWELLE.

Il est un des représentants du Parti libéral (FDP) dans la nouvelle coalition au pouvoir à Berlin. Le FDP, nouvel allié des démocrates chrétiens (CDU/CSU) a pris la place des sociaux démocrates (SPD) et le changement de ton en matière de politique étrangère est notable. GUIDO WESTERWELLE a annoncé que « l’objectif à long terme était la création d’une armée européenne » et que le Traité de Lisbonne ouvrait la voie à cette création. Cette prise de position ne doit pas être mal interprétée. Dés le début de son intervention GUIDO WESTERWELLE a souligné que l’OTAN était un des piliers de l’Allemagne contemporaine (occultant ainsi toute la période 1947-1989)  et que l’Union Européenne et l’OTAN avaient des valeurs communes. Il s’est ainsi montré fidèle à la ligne du FDP qui a été et reste le parti allemand le plus atlantiste et le plus pro-étasunien. Il s’agit donc d’une volonté de renforcer la puissance militaire de l’alliance atlantique en augmentant la contribution européenne.  Rien ne convient mieux à la politique de l’administration OBAMA qui considère que les moyens des Etats-Unis ne sont pas à la hauteur de leurs ambitions de domination mondiale à spectre large (full spectrum dominance) et font pression sur leurs alliés européens pour qu’ils augmentent leur contribution à ce projet. GUIDO WESTERWELLE a répondu « présent ».

Au fil des jours et des lectures

n°59

15 Février 2010


6-2  George Robertson – « La Russie de plus en plus proche de l'adhésion ».

La Russie se rapproche de plus en plus de l’adhésion à l’Otan, de sorte qu’aujourd’hui une telle perspective est même plus réelle qu’il y a dix ans, a déclaré George Robertson, ancien secrétaire général de l’Alliance, dans une interview que le quotidien russe Kommersant a publiée jeudi.

"A l’étape actuelle, la Russie et l’Otan sont des alliés et dans un avenir très proche, la Russie adhérera inévitablement à l’Alliance si celle-ci ne cesse de s’élargir", a estimé M. Robertson.

A ce jour, l’Otan compte 28 membres, alors que le Monténégro, la Bosnie, la Serbie et la Moldavie se proposent d’adhérer à l’alliance.

Selon M. Robertson, l’Otan ne sera plus une alliance militaire, mais se transformera plutôt en groupement politique, en organisation de sécurité d’un type nouveau, et la Russie sera alors inévitablement impliquée dans ces processus communs à toute l’Europe.

Par ailleurs, l’ex-secrétaire général de l’Otan a constaté une amélioration dans les relations russo-américaines après l’élection de Barack Obama président des Etats-Unis.

"Tant les Russes que les Américains souhaitent sincèrement d’oublier toutes leurs divergences de l’époque de la "guerre froide", a-t-il indiqué.

La Russie et l’Otan sont confrontées aux mêmes menaces, qu’il s’agisse du terrorisme international, du crime organisé, de l’extrémisme religieux ou de la prolifération des armes de destruction massives (ADM).

Parmi les problèmes dont le règlement doit unir la Russie et l’Otan, M. Robertson a retenu la situation en Afghanistan. Il a relevé qu’il est aussi dans l’intérêt de la Russie que les Talibans et Al-Qaïda ne se redressent pas, sinon on pourra s’attendre à nouveaux conflits dans le Caucase.

Grigoriy Sisoev

RIA Novosti-

19 février 2010

http://nawaaye-afghanistan.net/spip.php?article11036


6-3 Désarmement nucléaire: le nouveau traité russo-américain "finalisé à 97%"

L'accord est finalisé à 97% par les parties, il reste des questions techniques qui vont être résolues très prochainement", a déclaré le général Makarov, cité par les agences russes.
Selon lui, l'accord devrait établir un lien "entre START et le bouclier antimissile" américain en Europe.
"Les derniers événements en Europe de l'Est ont une certaine influence sur les négociations. D'une manière ou d'une autre, cela se reflètera dans le nouvel accord", selon la même source.
La Bulgarie et
la Roumanie se sont dites prêtes à accueillir sur leur territoires des éléments du bouclier antimissile américain.
Le bouclier antimissile est depuis longtemps un motif de discorde entre Moscou et Washington, mais il avait été relégué au second plan en septembre, après que l'administration de Barack Obama a revu le projet en Pologne et République Tchèque au profit d'un dispositif de défense contre les missiles de courte et moyenne portée.
La Maison Blanche a affirmé le 9 février que les différends entre Moscou et Washington sur le bouclier en Europe ne bloquaient pas l'accord de désarmement nucléaire START.
Le traité de désarmement sur lequel les délégations russe et américaine négocient depuis plus de six mois à Genève doit prendre le relais de START 1, conclu en 1991 et arrivé à échéance le 5 décembre 2009.
Les présidents russe Dmitri Medvedev et américain Barack Obama avaient défini en juillet l'objectif de ramener le nombre des têtes nucléaires dans une fourchette de 1.500 à 1.675 pour chacun des ex-ennemis de la guerre froide et le nombre de vecteurs capables de les transporter entre 500 et 1.100.

17/02

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=124984&language=fr


6-4 ABM US en Bulgarie: Moscou attend des explications

Moscou espère obtenir des explications relatives au déploiement éventuel d'éléments du bouclier antimissile US en Bulgarie, a annoncé le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov en visite au Guatemala.
"Entre nos pays (Russie et Etats-Unis, ndlr) il existe un accord sur la transparence, mais nous apprenons par les médias que tel ou tel élément du bouclier antimissile US sera déployé dans tel ou tel pays. Nous voudrions savoir où est la conformité à cet accord? Nous espérons recevoir des éclaircissements sur cette question", a indiqué le ministre russe.   
Vendredi 12 février, le premier ministre bulgare Boïko Borisov, a fait savoir que Washington mènerait des négociations avec Sofia au sujet du déploiement sur le territoire de
la Bulgarie de ces éléments. Cette déclaration a suivi celle du président roumain Traian Basescu, le 4 février, sur la disposition de Bucarest à accueillir des missiles intercepteurs américains, précisant que ces missiles visent à contrer une "éventuelle menace iranienne".

16 février –
RIA Novosti 

6-5 ABM: une participation bulgare ne vise pas la Russie.

La Bulgarie ne mène pas de négociations concrètes au sujet d'un déploiement éventuel sur son sol d'éléments du bouclier antimissile américain (ABM), mais même si elle en héberge cela ne sera guère dirigé contre la Russie, a affirmé mercredi Nikolaï Mladenov, chef de la diplomatie bulgare. 

"Ce bouclier n'est pas dirigé contre une menace venant de Russie. Au contraire, cette menace qui existe pour nous, existe aussi pour nos amis russes", a déclaré le ministre dans une interview à la chaîne de télévision bulgare bTV.

Et d'ajouter que la Bulgarie ne faisait que participer aux entretiens dans le cadre de l'Otan sur la conception de ce bouclier antimissile

17 février - RIA Novosti


6-6 ABM US en Roumanie: les négociations sont bilatérales.
[Pour rappel, «selon M. Basescu, ce bouclier s'inscrit dans le principe de l'"indivisibilité de la sécurité" des pays membres de l'Otan» ] 

L'OTAN ne participe pas aux négociations entre les Etats-Unis et la Roumanie sur la mise en place du système global antimissile US, a annoncé à RIA Novosti vendredi un fonctionnaire de l'OTAN ayant requis l'anonymat.

"Les négociations engagent deux parties, l'OTAN n'y intervient pas", a indiqué l'interlocuteur de l'agence, soulignant que l'Alliance atlantique n'avait pas encore décidé de la création de son propre système de défense antimissile.

Selon le fonctionnaire, les Etats-Unis étaient en négociation avec les éventuels participants à leur bouclier antimissile prêts à accueillir ses éléments sur leur territoire.  

Le président Traian Basescu a annoncé jeudi la décision de la Roumanie d'accueillir sur son territoire des missiles intercepteurs de moyenne portée "qui seront opérationnels d'ici 2015".

Selon Washington, ces missiles doivent contrer une "éventuelle menace" émanant de l'Iran.

février –

RIA Novosti 


6-7 Ukraine-OTAN: le président entérine un programme de préparation à l'adhésion

Le président ukrainien sortant Viktor Iouchtchenko, qui quittera prochainement pouvoir, a entériné jeudi un programme de préparation à l'adhésion ukrainienne à l'OTAN pour 2010, rapporte le site de la présidence ukrainienne. 

"J'entérine le programme annuel national pour la préparation de l'Ukraine à l'adhésion à l'Alliance de l'Atlantique Nord. Ceci vise à lancer une nouvelle étape de coopération entre l'Ukraine et l'OTAN conformément aux décisions prises par la Commission Ukraine-OTAN le 4 avril 2008 à Bucarest et le 3 décembre 2008 à Bruxelles", lit-on dans le décret présidentiel mis en ligne sur le site de M.Iouchtchenko.

M.Iouchtchenko dont le mandat de cinq ans expirera peu après le deuxième tour de la présidentielle qui se tiendra le 7 février, a œuvré pendant sa présidence pour le rapprochement avec l'Alliance.

Les Ukrainiens, pour la plupart hostiles à l'entrée à l'OTAN, ont désavoué sa politique atlantiste au premier tour de l'élection le 17 janvier dernier, où M.Iouchtchenko a obtenu 5,45% des voix.

En décembre 2008, les chefs de diplomatie des pays membres de l'Alliance ont refusé d'intégrer la Géorgie et l'Ukraine au Plan d'action pour l'adhésion à l'OTAN (MAP) en attendant que ces pays remplissent les conditions nécessaires.

 4 février –

RIA Novosti


6-8 La Transnistrie veut rétablir le contingent de paix russe

Le président de Transnistrie, Igor Smirnov, souhaite rétablir à 2 400 soldats le contingent de paix russe dans la région indépendantiste. Selon M. Smirnov, « nous avons proposé à Moscou de rétablir les effectifs russes à 2 400 personnes et de déployer une escadrille d’hélicoptères ». Cette déclaration a été faite lors d’une conférence de presse donnée à Tiraspol.

17 février 2010

http://www.operationspaix.net/spip.php?page=chronologie&id_mot=45.



7  Dossiers

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information

7-1 G.Le Hardi : Il faut dissoudre l'OTAN

Pour jeter les bases d'une nouvelle donne avec la Russie et sortir, chez les Russes comme chez nous, des réflexes hérités du passé, il faut, soit dissoudre l'OTAN, soit y faire entrer la Russie.

27 Février 

Au moment où Américains et Russes reprennent leurs négociations sur le désarmement nucléaire et à quelques semaines de la venue de Dmitri Medvedev en France, il n'est pas interdit de réfléchir un peu à l'avenir de nos relations avec la Russie.

Le Pacte de Varsovie est mort avec la chute du Mur et l'explosion de l'Empire soviétique. L'OTAN, elle, a survécu à la disparition des causes qui avaient justifié sa création, à savoir la menace globale que l'URSS  a fait durablement peser sur l'Europe, incapable d'y faire face seule. On a dit à l'époque que cette survie était due à la différence de nature entre les deux organisations. Le Pacte de Varsovie n'était que l'expression du Diktat de Moscou sur les pays  du Bloc; une fois l'emprise soviétique  disparue, des pays jusque là contraints et forcés ont mis fin à leur soumission. Rien de commun avec l'Alliance Atlantique, disait-on, alliance de peuples libres et démocratiques qui ont clairement exprimé leur volonté  de maintenir le lien qui les unit depuis 1949: les Etats-Unis parce que l'OTAN restait leur seul forum institutionnel d'influence sur l'Europe; les Européens parce qu'ils n'ont toujours pas, depuis 1991, les moyens -ni d'ailleurs la volonté- de s'émanciper de la protection américaine.

Soit. Mais plus de 20 ans après la chute du Mur, la situation a beaucoup évolué.

D'abord parce que, pendant la décennie 1990, les Occidentaux n'ont pas géré intelligemment l'affaiblissement de la Russie. Ils ont commencé par prôner l'application immédiate des vertus supposées du capitalisme libéral à un pays  sortant de 70 ans de communisme, avec les conséquences que l'on sait, entre autres la création d'oligarchies financières puissantes empêchant la constitution progressive d'un Etat de droit, démocratique et moderne, ce qui a conduit à la reprise en mains que l'on sait par Poutine.

Puis il y a eu l'élargissement de l'OTAN. Celui-ci  était certes incontournable: impossible de refuser à des peuples emprisonnés  pendant si longtemps dans le système soviétique et qui se sentaient encore menacés, de se mettre sous la protection de l'OTAN, c'est-à-dire pour eux des Etats-Unis. Mais il n'a été ni innocent, ni bien conduit vis-à-vis de la Russie.

Pas innocent parce que les Américains ont vu là (comme avec l'intervention de l'OTAN dans les Balkans à partir de 1995) un moyen de donner une nouvelle justification au maintien de l'OTAN dont le fonds de commerce risquait de disparaitre avec la fin de la guerre froide.

Pas bien conduit avec la Russie parce qu'au même moment où on affirmait que l'élargissement de l'OTAN n'était en rien dirigé contre la Russie, l'adhésion des nouveaux pays n'avait pas d'autre raison d'être, en tout cas pour eux, que de se protéger contre une possible résurgence de la menace en provenance de Moscou. Jacques Chirac a été l'un des premiers à mettre en garde contre les conséquences négatives de cette contradiction et c'est à lui qu'on doit «l'Acte Fondateur OTAN-Russie» signé à Paris en 1997. Mais cela n'a pas mis un terme à la condescendance avec laquelle la plupart des pays occidentaux (France et Allemagne exceptées) ont  continué à se comporter avec la Russie, un pays militairement, moralement, politiquement et économiquement vulnérable, qu'on pouvait donc traiter avec désinvolture.

Puis est venu le 11 septembre 2001. Beaucoup se sont dit: cette fois, c'est la bonne. Face au terrorisme islamique, la Russie et l'Occident ont des intérêts communs à défendre et vont se mettre ensemble pour gérer les grandes affaires du monde: Afghanistan, Proche-Orient, non prolifération nucléaire, lutte contre le terrorisme etc... On a failli y croire. C'était lorsque George W. Bush déclarait qu'il avait lu dans les yeux de Poutine et qu'il y avait trouvé quelqu'un de correct. C'était malheureusement trop tard. Les néo conservateurs, l'intervention en Irak et les plans de défense antimissiles ont tué toute possibilité de nouveau départ. Poutine a décidé de mettre un terme à l'humiliation de la Russie. Il a haussé le ton et a adopté une attitude arrogante et impérialiste, en utilisant la seule arme des faibles: la capacité de nuisance,  dans les Balkans, en Ukraine ou dans le Caucase, en mettant à profit, s'agissant de la Géorgie à l'été 2008, l'inconséquence du Président Saakashvili (elle-même encouragée par les néo conservateurs américains).

Résultat: malgré la volonté d'Obama de remettre les compteurs à zero (le fameux bouton «reset») avec la Russie, on n'y arrive toujours pas. Les Russes continuent de se présenter en victimes du mépris, de l'hypocrisie ou des arrière pensées des Occidentaux  mais font tout pour justifier les craintes (ou les prétextes) des nostalgiques du passé à son égard. Symétriquement, les Occidentaux  demandent l'appui des Russes sur des dossiers importants (l'Iran) et disent souhaiter une nouvelle relation avec la Russie tout en exprimant une profonde méfiance à l'égard de ses dirigeants.

Peut-on en sortir et si oui comment?

D'abord en regardant froidement les rapports de forces et la nature, divergente ou convergente des intérêts. La Russie est un pays affaibli (y compris démographiquement) qui ne constitue pas une menace véritable pour le reste du monde. Notre intérêt n'est pas de l'affaiblir davantage mais au contraire de contribuer au développement  d'une Russie moderne, démocratique, prospère, intéressée par la gestion commune des grands défis du monde (lutte contre la pauvreté, le terrorisme, le réchauffement climatique, la prolifération nucléaire etc..) et contribuant à la solution des  problèmes  et des crises (Proche-Orient, Iran, Afghanistan).

Pour cela, il est nécessaire de mettre un peu d'ordre chez nous: quand la Russie propose une nouvelle organisation de la sécurité en Europe, essayons (pas les Français qui sont les rares à être pour) de ne pas avoir le réflexe conditionné qu'a eu Hillary Clinton à Paris en déclarant qu'il ne faut pas affaiblir les institutions existantes, c'est-à-dire l'OTAN. Traduction: c'est non.

A l'inverse, quand Obama propose un système de défense antimissiles qui a pour objectif clair de se prémunir contre une attaque iranienne, Les dirigeants russes pourraient faire un petit effort. Idem à propos de l'Iran ou les Russes ont trop donné l'impression de jouer sur tous les tableaux. D'une façon plus générale, Medvedev et Poutine doivent une fois pour toutes arrêter de croire que c'est en essayant, en vain, de reconstituer l'empire russe qu'ils s'affirmeront vis-à-vis du reste du monde. Il n'est pas sûr, d'ailleurs que les deux hommes soient sur la même longueur d'ondes sur ces questions et nous serions bien inspirés de regarder à deux fois si, comme on l'a trop souvent pensé et dit, Medvedev n'est que la marionnette de Poutine.

Mais il est clair que si on veut  un symbole pour refonder la relation entre la Russie et les Occidentaux,  il y a l'OTAN. Si on regarde les choses froidement, l'OTAN aujourd'hui n'est ni une menace pour la Russie, ni une solution pour résoudre les problèmes auxquels nous sommes confrontés. A preuve l'Afghanistan où la valeur ajoutée de l'OTAN est, si on veut être aimable, faible. A preuve aussi la lutte contre le terrorisme qui ne peut être menée, ni exclusivement, ni principalement par des moyens militaires. Quant au forum de consultation politique entre Alliés que l'Alliance Atlantique est censée représenter, cela fait longtemps que cette fable n'a plus cour. Ce n'est pas un  hasard si, depuis la guerre du Kosovo (1999) les militaires du Pentagone voient d'abord  dans l'OTAN un carcan à leur liberté d'action (voir à ce sujet les mémoires du Général Wesley Clarke qui maudissait J Chirac parce que le Président français s'était opposé, à juste titre, au bombardement  des ponts à Belgrade). Chacun sait que ce n'est pas à l'Alliance Atlantique qu'on discute des vrais sujets.

L'OTAN est  donc avant tout un symbole: symbole de la volonté américaine de défendre l'Europe pour les Occidentaux; symbole de la guerre froide pour les Russes. Mais, au-delà, son utilité est mince, si ce n'est pour offrir des débouchés aux officiers des pays membres et pour donner bonne conscience à la plupart des pays européens qui ont renoncé à toute politique de défense. C'est d'ailleurs parce que l'OTAN n'a plus grande importance qu'il y a eu finalement peu d'opposition  intérieure à la rentrée de la France dans l'organisation militaire où elle était déjà présente.

Conclusion: soyons audacieux. A défaut de dissoudre l'OTAN, geste qui provoquerait une crise en Europe et risquerait d'être empoché par les Russes sans aucun bénéfice pour nous, pourquoi ne pas  en proposer une vraie réforme en invitant la Russie à y participer? Ce serait la meilleure façon de démontrer à la Russie que l'OTAN n'est pas dirigée contre elle et de la prendre au mot sur sa volonté  de tourner définitivement la page de la guerre froide. Cela aurait même l'avantage supplémentaire de faire un peu réfléchir les Chinois et de les rendre un peu moins arrogants à notre égard.

G. Le Hardi

http://www.slate.fr/story/17711/otan-russie-poutine-defense-europe


7-2 Guneev : L'Otan n'attaquera jamais la Russie.

Dossier: Visite de Rasmussen à Moscou

L'Otan n'attaquera jamais la Russie et "nous ne pensons pas que la Russie nous attaque", a déclaré jeudi le secrétaire général de l'Alliance Anders Fogh Rasmussen, intervenant à l'Institut des relations internationales de Moscou (MGuIMO).
"Nous ne nous en préoccupons plus, et
la Russie ferait mieux de ne plus en avoir peur", a dit M.Rasmussen avant d'indiquer que l'Alliance et la Russie étaient confrontées à des menaces communes à l'étape actuelle.
"Nous pourrions notamment lutter en commun contre le terrorisme, l'extrémisme et la prolifération des armes de destruction massives (ADM)", a poursuivi le secrétaire général de l'Otan, en visite à Moscou.
Evoquant la "politique des portes ouvertes (à l'Otan), M.Rasmussen a noté qu'elle serait poursuivie, compte tenu des intérêts de sécurité de
la Russie.
Selo
n le secrétaire général de l'Otan, si un pays démocratique souhaite devenir membre de l'Alliance, il doit déposer sa demande d'adhésion et se conformer aux critères requis.
"L'Ukraine et
la Géorgie n'y correspondent pas encore... aussi avons-nous entamé des négociations avec ces pays en vue de réformer leurs sociétés", a-t-il relevé.
En décembre dernier 2008, les chefs de diplomatie des  pays membres de l'Alliance ont décidé de ne pas intégrer
la Géorgie et l'Ukraine au Plan d'action pour l'adhésion à l'Otan (MAP) en attendant que ces pays remplissent les conditions nécessaires. Une décision alternative a été adoptée, celle d'intensifier les travaux des commissions Ukraine-OTAN et Géorgie-Otan afin d'associer ces pays à des "plans nationaux annuels".
Néanmoins, le secrétaire général de l'Otan de l'époque  Jaap de Hoop Scheffer a souligné que toutes les décisions de l'Alliance, réunie en sommet à Bucarest en avril 2008, restaient valables: l'Ukraine et
la Géorgie adhéreront tôt ou tard à l'Otan.
M.Rasmussen a insisté sur la nécessité de concentrer les efforts de l'Alliance et de
la Russie sur des menaces communes, notamment en Afghanistan.
"L'Afghanistan doit se trouver au centre de notre partenariat en 2010", a-t-il estimé, en évaluant en outre positivement les perspectives de coopération Russie-Otan en matière de défense antimissile

Guneev

RIA Novosti.

17 décembre

http://fr.rian.ru/world/20091217/185690967.html


7-3 La Russie dans l’OTAN: une position allemande et révélatrice.
Une “lettre ouverte” de quatre personnalités allemandes a été publiée, notamment par le Spiegel, le
8 mars 2010, qui demande l’intégration de la Russie dans l’OTAN. Les quatre personnalités sont Volker Rühe (ministre de la défense de 1992 à 1998), le général à la retraite Klaus Naumann (ancien Inspecteur Général des forces armées et ancien président du Comité Militaire de l’OTAN), l’ambassadeur Frank Elbe, qui fut notamment en poste en Pologne et directeur de la planification au ministère allemand des affaires étrangères, et le vice-amiral Ulrich Weisser, qui fut directeur de la planification au ministère de la défense.

Les arguments de la lettre sont assez classiques pour cette sorte de démarche, dont on parle beaucoup quoiqu’à mi-voix. «L'OTAN devrait ouvrir la porte à l'adhésion de la Russie. Celle-ci devrait naturellement être prête à assumer les droits et les obligations d'un Etat membre, égal parmi les égaux […] L'Amérique du nord, l'Europe et la Russie [ont] des intérêts communs, qui sont menacés par les mêmes défis et exigent des réponses communes.»

• Les quatre signataires disent que l'OTAN a besoin de la Russie pour résoudre les problèmes de l'Afghanistan et du Proche Orient, de la sécurité énergétique comme du désarmement, tandis que l’adhésion de ce pays permettrait d'apaiser les craintes de ses anciens satellites d'Europe centrale et orientale qui continuent à le voir comme une menace. Ils estiment que l’affaire des anti-missiles pourrait être résolue par un réseau commun OTAN-Russie.

• Le passage sur les armes nucléaires, présentées comme devant être cantonnées à un rôle dissuasif passif, est beaucoup plus ambigu: «…tous les systèmes nucléaires tactiques russes devraient être stockés dans des dépôts, qui seraient ouverts à un contrôle international à tous moments, en échange du retrait des têtes nucléaires américaines d’Europe.» La proposition établit un déséquilibre évident et tout de même bien significatif, puisque les armes nucléaires tactiques US restent libres de tout déploiement et fonction hors des territoires non-US et non-européens tandis que les armes russes, sur le territoire russe, seraient sujettes à un contrôle “international” (?).

• Les auteurs estiment qu'il faudra du temps à la Russie pour remplir les conditions d'une adhésion, qui ne sont pas seulement militaires, mais impliquent bien entendu le respect des droits de l'homme, le pluralisme politique, l'économie de marché («Mais la perspective de l'adhésion a jusqu'à présent déclenché chez tous les candidats un processus qui a débouché sur un consensus de valeurs», commentent les signataires). Cette appréciation est également assez singulière, reléguant la Russie dans son état actuel, sans guère de souci pour sa souveraineté, au statut d’un pays retardataire et bien mal orienté, qui a besoin d’une éducation occidentale avancée sur les thèmes occidentalistes sempiternels dont on connaît la vertu et l’efficacité (voir le respect des droits de l’homme dans les diverses expéditions occidentalistes, en Irak, en Afghanistan, etc., et le succès éclatant de l’économie de marché mis en évidence depuis la crise du 15 septembre 2008).

Notre commentaire

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10/03/2010 –

Bloc-Notes

http://www.dedefensa.org/article-la_russie_dans_l_otan_une_position_allemande_et_revelatrice_10_03_2010.html


n° 60 - Journal des Guerres de l'Otan - 17-02 au 12-03 :- Fin :- : « Ce n’est pas la Russie qui menace l’Otan, c’est l’Otan qui défie la Russie

n° 60 - Journal des Guerres de l'Otan - 17-02 au 12-03 :- Fin  :- : « Ce n’est pas la Russie qui menace l’Otan, c’est l’Otan qui défie la Russie



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal des Guerres de l'Otan.

n° 60               17-02 au 12-03

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

7  Dossiers

7-4 Vadim Kamenka : « Ce n’est pas la Russie qui menace l’Otan, c’est l’Otan qui défie la Russie ».

7-5 Hillary Clinton invite Moscou à intensifier sa coopération avec l'Otan.

7-6 Otan-Russie: pourquoi Hillary Clinton a failli échouer.

7-8 La question du maintien des troupes en Afghanistan divise l'OTAN.

7-9 L’engagement en Afghanistan pousse l’OTAN à remettre en ordre ses finances.

7-10 La Suède doit-elle rejoindre l'OTAN ? "Définitivement non!".

7-11 Pascal Sacre: Robert Gates, le troisième homme, le monsieur guerre des Etats-Unis.

 .


7-4 Vadim Kamenka :« Ce n’est pas la Russie qui menace l’Otan, c’est l’Otan qui défie la Russie ».

Dmitri Medvedev ravive-t-il la guerre froide en plaçant l’OTAN en tête de listes des "menaces potentielles de la Russie ? A l’occasion de sa venue en France, entretien avec Jack Dion, journaliste, co-auteur de « L’occident malade de l’Occident ».

HD Pourquoi la Russie a-t-elle décidé de placer l’Otan en tête de ses menaces extérieures ? Certains observateurs disent que la Russie qui n’a pas évolué depuis la fin de la guerre froide et qu’elle continue de percevoir l’Alliance atlantique comme un ennemi…

Jack Dion. En l’occurrence, s’il en est qui continuent de voir le monde avec les lunettes de la guerre froide, ce sont les responsables de l’Alliance Atlantique. En effet, l’Otan a été créée au lendemain de la deuxième guerre mondiale pour faire face au bloc de l’Est. Ce dernier a été balayé par les grands vents de l’histoire. En toute logique, donc, l’organisation armée mise sur pied pour lui faire face donc dû disparaître.

Or, non seulement, l’OTAN est restée en place, mais ce bloc militaire, conçu pour défendre les pays de l’Atlantique nord contre une éventuelle attaque, s’est auto désigné gendarme du monde. Quoi que l’on pense de la stratégie des dirigeants russes, qui rêvent assurément de conforter leur zone d’influence traditionnelle, ils ne peuvent accepter une telle situation. Il est d’ailleurs significatif que lors du récent sommet sur la sécurité, à Munich, le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen, ait proposé de faire de l’Alliance Atlantique le « forum de la sécurité mondiale », transformant ainsi l’Otan en Onu bis. Comment pourrait-on admettre qu’une organisation militaire dirigé de fait par un pays (les Etats-Unis) puisse s’arroger le droit de régenter l’ordre international ?

HD La volonté des Etats-Unis de mettre en place un système antimissile en Europe afin de se prémunir contre une éventuelle attaque iranienne est-elle une explication ?

J.D. Personne ne peut croire que le bouclier antimissile a pour but de protéger les Etats-Unis d’une hypothétique attaque iranienne. C’est une farce aussi crédible que celle des armes de destruction massive ayant justifié l’invasion de l’Irak, en 2003. En fait, le vrai faux bouclier permettrait à l’Amérique de disposer d’un outil de supériorité militaire à la frontière russe. Depuis 2001, les Etats-Unis ont déjà installé tout un réseau de bases militaires autour de la Russie, notamment en Bulgarie, en Roumanie, en Pologne, en République Tchèque, au Kosovo, en Géorgie, en Azerbaïdjan, en Irak, en Afghanistan, au Pakistan… Que dirait-on si Moscou avait établi des bases militaires au Mexique, au Nicaragua, à Cuba, ou au Venezuela ? Or personne n’a protesté. De même, la plupart des medias ont gobé la fable du bouclier antimissile, que Barack Obama avait semblé enterrer, et qui revient sur le tapis.

HD Moscou n’avait-elle pas déjà mise en garde contre le danger de l’expansion toujours plus à l’Est de l’Otan, et fait des propositions afin de développer une politique européenne de défense ou de projet commun avec l’Otan ? L’échec d’une politique européenne de défense n’est-elle pas là aussi une des conséquences ?

J.D. Moscou a multiplié les mises en garde, dans l’indifférence générale. Aujourd’hui, Poutine et Medvedev, malgré leurs différences, voire leurs contradictions, veulent redonner à leur pays un poids qu’il avait perdu à l’époque de Boris Eltsine, l’homme de tous les abandons. Si la Russie a riposté avec autant de force à la provocation du président géorgien Saakachvilli, lors de la crise géorgienne d’août 2998, c’était aussi pour donner un coup de semonce et avertir l’Otan qu’une période historique était terminée. Ce qui se passe aujourd’hui en est la confirmation. La stratégie d’Obama est trop floue, trop inconséquente, pour que la Russie se contente de propos lénifiants. Voilà pourquoi elle hausse le ton. Quant à la politique européenne de défense, ne rêvons pas : c’est un leurre. Quoi que l’on pense de l’opportunité ou non d’une défense européenne, celle-ci est conçue pour n’être que l’un des régiments de l’Otan. De ce point de vue, le traité de Lisbonne ne laisse planer aucun doute. Cela ne facilite évidemment pas le dialogue entre l’Union Européenne et la Russie. HD Doit-on craindre une relance de la course aux armements ? JD Si l’on reste dans la logique de l’Otan toute puissante, c’est inévitable. Certes, officiellement, les Etats-Unis entendent toujours trouver un accord avec la Russie sur le traité Start-1 de 1991, afin de réduire les arsenaux stratégiques. Mais il est difficile de prétendre initier un processus de désarmement tout en laissant l’Otan jouer le rôle de gendarme du monde.

Entretien réalisé pour l’HD par Vadim Kamenka

http://www.humanite.fr/Ce-n-est-pas-la-Russie-qui-menace-l-Otan-c-est-l-Otan-qui-defie-la-Russie 


7-5 Hillary Clinton invite Moscou à intensifier sa coopération avec l'Otan.

NB - Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a invité lundi la Russie à coopérer plus étroitement avec l'Otan, soulignant que l'Alliance Atlantique ne représentait pas de menace pour Moscou, avec qui au contraire elle partage plusieurs objectifs de défense commun.
La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a invité lundi
la Russie à coopérer plus étroitement avec l'Otan, soulignant que l'Alliance Atlantique ne représentait pas de menace pour Moscou, avec qui au contraire elle partage plusieurs objectifs de défense commun.

"Alors que la Russie fait face à des défis pour sa sécurité, l'Otan n'en fait pas partie", a insisté la chef de la diplomatie américaine lors d'un discours portant sur l'évolution de l'Otan au XXIe siècle.

"Nous voulons une relation entre l'Otan et la Russie qui soit coopérative et produise des résultats concrets et (les) rapproche encore plus", a-t-elle dit, alors que le Kremlin a publié début février une nouvelle doctrine militaire qui place l'Otan en tête des menaces pesant sur la sécurité de la Russie.

Elle a estimé que les propositions russes de créer un nouveau Traité européen de sécurité et un nouveau Traité entre l'Otan et la Russie constituent "des idées constructives", tout en répétant l'opposition de Washington à de nouveaux traités.

Selon elle, les structures déjà en place, telle l'OSCE et le Conseil Otan-Russie (COR), sont pleinement satisfaisantes. "Nous voulons nous servir du COR pour y tenir des discussions franches sur les sujets de désaccord", a déclaré Mme Clinton à la presse.

"Nous allons nous servir (du COR) pour contester l'affirmation de la nouvelle doctrine militaire de la Russie selon laquelle l'élargissement de l'Otan et ses actions internationales représentent un danger militaire pour la Russie", a-t-elle indiqué en outre.

Cette doctrine dénonce en effet le rapprochement des frontières russes "de l'infrastructure militaire des pays membres de l'Otan, notamment par la voie de l'élargissement du bloc".

De passage à Washington, le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen a également défendu les visées de l'Alliance. "Je ne pense pas que cette doctrine, cette déclaration corresponde à la réalité, a dit M. Rasmussen. "L'Otan n'est pas un ennemi de la Russie, l'Otan n'a pas la moindre intention d'attaquer la Russie".

Pour la secrétaire d'Etat, l'Alliance et Moscou devraient se servir du COR pour renforcer leur défense mutuelle.

La Russie et l'Otan "font face à la même menace des extrémistes et des trafiquants de drogue en Afghanistan", a-t-elle poursuivi, appelant également à "des échanges réguliers d'informations" sur les doctrines et les exercices militaires prévus.

Mme Clinton a défendu l'instauration de "mesures spécifiques" qui permettrait à chacun d'"autoriser (l'autre) à assister à (ses) exercices militaires et à visiter des installations militaires nouvelles et améliorées".

Quant à l'expansion de l'Alliance, la chef de la diplomatie américaine a été claire, quitte à faire grincer à nouveau les dents des Russes: "Nous étions satisfaits de voir l'Alliance accueillir l'Albanie et la Croatie l'année dernière. Et il ne peut y avoir de doutes que l'Otan va continuer à garder sa porte ouverte à de nouveaux membres."

Comme on lui demandait si elle estimait que la Russie pourrait un jour rejoindre le bloc, Mme Clinton a dit "pouvoir l'imaginer".

"Mais je ne suis pas sûr que les Russes puissent l'imaginer".

AFP | 23.02.2010 | 03:18

http://www.tdg.ch/depeches/people/hillary-clinton-invite-moscou-intensifier-cooperation-otan


7-6 Otan-Russie: pourquoi Hillary Clinton a failli échouer.

Ce ne devait être qu’une formalité.

Hier, à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères de l’Otan devaient donner leur feu vert à la reprise des relations « normales » entre la Russie et l’Alliance Atlantique – relations suspendues après la guerre en Géorgie.

Hillary Clinton avait absolument besoin de l'accord de ses 25 alliés avant de rencontrer pour la première fois son homologue russe, Sergeï Lavrov, aujourd’hui à Genève et entamer avec lui le grand marchandage géostratégique tant attendu, englobant l’Iran, le bouclier antimissile, l’Afghanistan, le désarmement nucléaire et d'autres choses encore.

Evidémment, le Kremlin n’aurait jamais accepté de débuter ces vastes négociations si l’Alliance Atlantique continuait à battre froid la Russie, à la traiter quasiment comme un Etat voyou.

Et Medvedev aurait jugé son nouveau partenaire américain bien faible, bien peu crédible, si la Maison Blanche n’était pas capable d’imposer sa volonté à ses alliés traditionnels.

Bref, sans ce feu vert des 25, le « dégel » tant attendu entre Moscou et Washington aurait été repoussé aux calendes.

On imaginait bien que quelques pays d’Europe de l’est, partisans du président géorgien Saakachvili, allaient renâcler avant de donner leur accord à la Russie (accord obligatoire puisque les décisions à l’Otan se prennent à l’unanimité).

Mais on était sûr à Washington que les capitales de la « nouvelle Europe » ne s’opposeraient pas frontalement aux desiderata du grand frère américain.

Sur le chemin de Bruxelles, les conseillers d'Hillary Clinton assuraient aux journalistes que tout était déjà ficelé.

Hier, pourtant, un petit pays très pro américain a bien failli faire capoter le beau scenario et infliger une humiliation publique à l’administration Obama.

  Il s’agit de la Lituanie.

Le ministre des Affaires étrangères de ce pays balte, Vygaudas Usackas, ne voulait rien entendre.

Rien.

 Un responsable occidental raconte : « On a d’abord cru qu’il faisait un numéro puis qu’il se rangerait du côté d’Hillary Clinton. Mais non. Il avait reçu des ordres formels de la part de son président et ne voulait pas en démordre. Son leitmotiv : la Russie a agressé la Géorgie, l’Otan doit lui dire « niet », un point c’est tout. »

  Affolés par ce refus obstiné, les 25 autres ont dare-dare organisé une réunion très fermée réservés aux seuls ministres, sans leur délégation.

Dans ce cercle très fermé, tous – y compris le Tchèque et le Polonais et surtout Hillary Clinton – ont tenté de faire changer d’avis le pauvre Lituanien qui avait des ordres et n’entendait pas passer outre.

Le désastre était proche.

«Comment cela s’est résolu ? Il a fallu que le secrétaire général de l’Otan, Jaap de Hoop Schaffer, prenne son téléphone et appelle le président lituanien, Adamkus, là oùil se trouvait, c'est-à-dire au Mexique, où il était 7 heures du matin. Les deux hommes ont négocié un communiqué final comme des chiffonniers, le Lituanien exigeant qu’il soit fait mention du refus par l’Otan de la reconnaissance russe de l’Abkhazie et de l’Ossétie du sud et des multiples différends entre la Russie et l’Alliance.»

Et c’est comme cela, à l’arrachée, que la catastrophe a été évitée et qu’Hillary Clinton n’a finalement pas perdu la face.

Sauf nouvelle surprise, le grand marchandage américano-russe peut donc commencer.

vendredi, 06 mars 2009

Trackbacks

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http://globe.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/03/05/usa-russie-comment-les-retrouvailles-ont-failli-capoter.html


7-8 La question du maintien des troupes en Afghanistan divise l'OTAN.
Les trois partis de la coalition de centre-gauche au pouvoir aux Pays-Bas ne sont, après quatre mois de pourparlers, toujours pas d'accord sur une éventuelle prolongation de la mission des militaires néerlandais en Afghanistan. Ils sont censés trouver un consensus avant le 1er mars. Le début du retrait des 2 000 soldats déployés dans la province d'Oruzgan, dans le sud du pays, doit, en principe, débuter le 1er août. L'affaire prend une dimension symbolique pour l'OTAN et son secrétaire général, Anders Fogh Rasmussen. Il a adressé, le 11 février, une requête officielle au gouvernement de Jan Peter Balkenende, augurant une pratique qui pourrait viser les autres membres de la Force internationale d'assistance et de sécurité (FIAS).

Un refus des Pays-Bas de maintenir des soldats sur place alimenterait les doutes sur la stratégie de l'Alliance, au moment où elle prône une "approche globale" (militaire et civile) censée "gagner les coeurs" de la population en éliminant la menace des talibans. Ou, au moins, en la réduisant suffisamment pour amener, un jour, les plus réalistes d'entre eux à la table des négociations.

M. Rasmussen est, par ailleurs, soucieux de voir les Européens contribuer au renforcement des troupes sur le terrain après la décision américaine, fin 2009, d'envoyer 30 000 soldats supplémentaires pour inverser le cours de la guerre. Enfin, la décision néerlandaise pèserait sur les autres alliés.

Le Canada, qui a déployé quelque 3 000 hommes à Kandahar, en a perdu 140. L'opinion est lasse, le parlement a décidé d'un retrait en 2011, ce que le gouvernement d'Ottawa présente plutôt comme une date de "transition". L'Australie (1 100 hommes) est, elle aussi, dubitative.

L'attitude de la France a apporté de l'eau au moulin des sceptiques et est déplorée dans certaines délégations de l'OTAN. Parce que Paris a répondu en traînant les pieds aux sollicitations de l'administration Obama qui aurait aimé que la France ajoute 1 500 militaires à son contingent actuel (3 750 soldats et 150 gendarmes) dans le cadre de l'effort demandé aux Européens (10 000 hommes de plus). Récemment, à Istanbul, Hervé Morin, ministre français de la défense, a parlé de "70 à 80" instructeurs qui contribueront à la formation de l'armée nationale afghane.

Certes, le siège de l'Alliance atlantique a engrangé des décisions plus favorables. L'Espagne a annoncé, vendredi 12 février, des renforts de 500 soldats et 40 gardes civils. D'autres contingents devraient être augmentés, dont ceux du Royaume-Uni (500 soldats de plus), de l'Italie (1 000) et de la Pologne (600). L'Allemagne a, elle, annoncé 500 personnels et 350 réservistes de plus mais évoqué un retrait à partir de 2011. 

L'Alliance espère aussi, avant la fin du mois, combler le manque de formateurs de l'armée et de la police, soit 2 000 spécialistes supplémentaires, censés hâter la transition et permettre à M. Obama de respecter son calendrier : amorcer un retrait de l'armée américaine à l'été 2011 alors que la sécurisation du pays aura été améliorée et la population afghane majoritairement acquise à la cause occidentale. 

Sur ce plan aussi, le "cas néerlandais" est lourd de sens pour l'OTAN. Si, pour l'Alliance, la mission des Pays-Bas est "exemplaire", divers observateurs affirment que, retranchés dans leur "camp Holland", les soldats néerlandais n'ont fait qu'ajouter à la rancoeur de la population locale contre "l'envahisseur".

Jean-Pierre Stroobants
16.02.10
Monde


7-9 L’engagement en Afghanistan pousse l’OTAN à remettre en ordre ses finances.
Le brutal dérapage des finances de l'OTAN s'est trouvé au cœur des discussions entre les ministres de la défense de l'Alliance atlantique, réunis jeudi 4 et vendredi 5 février à Istanbul.

Le déficit du budget d'investissement (équipements et opérations militaires) se révèle beaucoup plus important que prévu. L'engagement en Afghanistan explique cette soudaine aggravation. A la fin de l'année 2009, les 28 Etats membres attendaient un dérapage de 545 millions d'euros sur les cinq prochaines années. Or, il s'agit de plus de 640 millions pour la seule année 2010. Le chiffre définitif sera connu d'ici à un mois.

Les pays membres sont parvenus à un accord de principe sur "un paquet de mesures" destinées à remettre le budget à l'équilibre dès cette année, a annoncé le porte-parole de l'organisation jeudi soir. Pour assurer le financement des opérations de l'OTAN et soutenir les priorités stratégiques, de sérieuses économies devront être réalisées sur le budget actuel. "Les procédures budgétaires devront être entièrement réformées, pas seulement révisées", a précisé le porte-parole.

Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, plaide pour "une meilleure utilisation des budgets existants". L'OTAN dispose d'un budget global de 2 milliards d'euros. Certains projets seront différés. Et la réforme pourrait concerner la structure de l'organisation. "Il y a actuellement beaucoup trop de sièges [headquarters], ce nombre devra être réduit", estime une responsable de la communication de l'Alliance.

Une meilleure coopération entre les Etats permettrait également de réduire les dépenses. M. Rasmussen avait évoqué le 1er février à Bruxelles une "mutualisation" dans trois domaines : les équipements médicaux, les hélicoptères et les technologies anti-explosifs. La délégation américaine a confirmé jeudi que Washington envisageait sérieusement de partager avec ses alliés son expertise en matière de lutte contre les "engins explosifs improvisés", responsables de 70% des pertes de soldats en Afghanistan.

Ces efforts financiers et organisationnels visent d'abord à consolider l'effort réclamé pour les opérations menées en Afghanistan. Le président américain, Barack Obama, a déjà annoncé l'envoi de renforts, 30 000 hommes supplémentaires, auxquels s'ajouteront 9 000 autres envoyés par les pays alliés. Quarante des 44 contributeurs à la Force internationale d'assistance et de sécurité (FIAS) ont répondu à l'appel, portant ainsi à 125 000 le nombre des troupes déployées dans le pays.

Le secrétaire général de l'OTAN a annoncé le 1er février la création d'un fonds spécial de 140 millions de dollars pour "la paix et la réintégration", destiné à inciter financièrement les insurgés à déposer les armes "au lieu de nous combattre pour 10dollars par jour".

En marge de la réunion d'Istanbul, le général américain Stanley Mc Chrystal, commandant des forces en Afghanistan, s'est voulu optimiste sur l'évolution de la situation militaire. "Je crois que la situation en Afghanistan est grave. Je ne dis pas qu'elle se détériore, je le pensais l'été dernier mais je sens les choses différemment maintenant (…). Je crois que nous avons fait des progrès significatifs", a-t-il déclaré.

Au cours des discussions de vendredi, consacrées au dossier afghan, les Etats-Unis vont de nouveau presser leurs partenaires d'accroître les contingents de formateurs, pour amener la police et l'armée afghane à "prendre la direction des opérations sur le plan de la sécurité", comme l'a indiqué, jeudi, le porte-parole du secrétaire d'Etat américain à la défense, Robert Gates.

Ce dernier réclame 4 000 instructeurs supplémentaires, dont 1 500 pour la formation proprement dite et 2 500 pour l'accompagnement sur le terrain. La participation de la France devait être officialisée par le ministre français de la défense, Hervé Morin, vendredi. "2010 doit être l'année de l'effort maximal, a confirmé l'ambassadeur américain auprès de l'OTAN, Ivo Daalder. Plus nous en faisons en 2010, plus il sera facile de transférer des responsabilités en 2011 et plus nous pourrons ensuite retirer des troupes."

Guillaume Perrier avec Jean-Pierre Stroobants (à Bruxelles)

05.02.10

 LE MONDE


7-10 La Suède doit-elle rejoindre l'OTAN ? "Définitivement non!".

Des experts ayant une large expérience de la CIA, l'armée suédoise et le corps diplomatique du Canada recommandent fortement à la Suède de rester hors de l'alliance militaire.

Plus de 30 experts issus de 8 pays constituent un nouveau comité de conseil pour un projet suédois intitulé "Stop à l'accession furtive à l'OTAN!", dont le but est d'enquêter et de mettre en lumière "la tyrannie des petits pas" par laquelle la Suède est poussée de plus en plus profondément dans l'alliance.
Les 33 membres du conseil soutiendront le projet de leurs connaissances et avis, basés sur une large expérience incluant le service au sein de
la CIA, l'armée suédoise, le corps diplomatique du Canada, les centres de recherche, les parlements suédois et européens, etc.

La composition internationale du comité reflète le fait que la question de l'adhésion à l'OTAN n'est pas cruciale uniquement pour la Suède; elle a aussi des implications importantes dans un contexte géopolitique plus large. Les conseilllers indépendants voient le problème avec des points de vues divers, mais ils sont clairement d'accord pour un point : la Suède ne doit pas rejoindre l'OTAN.

"Non définitivement" dit James Bissett, ancien diplomate canadien ayant servi pendant 36 ans le gouvernement comme ambassadeur, directeur du service de l'immigration, et autres postes. Il n'y a même de raison de discuter de l'adhésion suédoise, commente Bisset "à moins que l'OTAN ne réaffirme son adhésion à l'article premier de sa charte, qui interdit l'usage ou la menace de la force dans la résolution des litiges internationaux, et requiert que l'Alliance acte toujours en concordance avec les principes de la charte des Nations Unies. Telle qu'elle est maintenant, l'OTAN est devenue un instrument de la politique étrangère américaine et a abandonné les principes fondamentaux de l'articel 1."

Selon David MacMichael, ancien analyste de la CIA et membre fondateur de la Veteran Intelligence Professionals for Sanity, l'OTAN ne devrait même plus exister.  Il affirme : "Avec la fin de la guerre froide et la dissolution du pacte de Varsovie, la raison de l'existence de l'OTAN a été éliminée".

"J'étais de ceux aux Etats-Unis qui pensaient qu'il était dans l'intérêt de toutes les parties - USA, Europe de l'Ouest et de l'Est, et la Russie - que l'organisation soit dissoute. Cela aurait signifié que les USA auraient pu éviter d'être entraînés dans des querelles essentiellement européennes telles que par exemple le Kosovo, ou Chypre. De même, les nations européennes auraient pu éviter d'être entraînées dans des actions militaires de par le monde qui pourraient bien être inappropriées ou même contraire à leurs propres intérêts - comme l'illustre tristement la tragédie en cours en Afghanistan."

C'est précisément pour permettre la participation aux actions militaires USA/OTAN que la défense nationale suédoise a été convertie en une armée professionnelle extrêmement réduite dirigée de l'extérieur vers les pays étrangers. Cela a pris place sans débat public digne de son nom,  et c'est un développement qui inquiète profondément le conseiller Per Blomquist, membre de l'académie royale suédoise de la science militaire et un ex-colonel de l'armée suédoise dont les tâches incluaient le commandement de la région militaire à l'ouest de la Suède.

"Il me semble", dit-il "que les leaders politques et militaires suédois ont été dévoyés par la pensée militaire des USA/OTAN, qui est basée sur une stratégie pour satisfaire les intérets globaux des Etats-Unis( et dans une certaine mesure de ses alliés) au moyen de force d'attaques écrasantes et de technologie avancée".

"Même durant la guerre froide, je sentais qu'il était faux et dangereux pour la Suède de se rattacher au concept d'attaque des USA/OTAN basé sur un déployement rapide des forces, ce qui a amené au démantèlement de l'armée suédoise de circoncription qui est une précondition fondamentale pour une défence nationale efficace et écononique.", explique-t-il.

"On 'a pas besoin d'être un pacifiste pour se sentir profondément préoccupé par une politique de défense qui est dirigée par les USA/OTAN et qui investit tout dans une force de déployment rapide incapable de défendre notre propre pays. L'accession à l'Otan furtive qui est en cours expose la nation suédoise à un grand péril, et je ne lui trouve aucune bonne raison . De plus, cela augmente clairement le risque que nous devenions complices de graves crimes contre l'humanité et le droit international".

Il n'y a aucun doute qu'il s'agisse de contribuer à, et de faire partie de l'hégémonie globale des Etats-Unis, selon le conseiller Rick Rozoff de Chicago, qui a pendant deux décennies surveillé, analysé et rapporté sur l'alliance militaire en tant que modérateur du service d'information Stop OTAN qu'il a fondé.

"L'OTAN est dominé par les Etats-Unis et est en train d'établir une stucture militaire globale. La participation croissante de la Suède à ses activités est une menace pour sa souvenaineté et contribue à l'augmentation des tensions internationales", explique Rick Rozoff. "Si la Suède et la Finlande deviennent membres, cela fermera les deux chainons ouverts le long de la frontière russe de l'Artique au Caucase, et complètera la militarisation de l'Europe sous commandement USA/OTAN".

Tout ceci et les enjeux s'y rattachant alimentent le contexte pour le projet Stop à l'accession furtive de l'OTAN! Avec la mise en place du comité de conseil, il est temps de lancer l'enquête auprès des citoyens réclamée dans la proposition du projet.

 Dans ce but, une tentative initiale a été faite pour décrire la tyrannie des petits pas comme elle a été mise en oeuvre depuis la fin de la seconde guerre jusqu'à présent. Le document qui en est issu s'intitule De la neutralité de l'OTAN et essaye de fournir un cadre initial de référence pour le travail de cette enquête.

C'est un enjeux extrêmement urgent pour l'historien-intellectuel-auteur suédois Sven-Eric Liedman. Il note : "Nous avons longtemps été trompés à propos de la politique suédoise en terme de neutralité. Maintenant, le gouvernement nous trompe à nouveau, et cette fois-ci dans les bras de l'OTAN. Il est donc important de faire prendre conscience de cette accession furtive, en cours qui nous obligera à participer à des guerres qui sont aussi indésirables que répugnantes."

Ci-dessous la liste complète des conseillers.... (voir plus bas)

 

Sweden
Per Blomquist
Arvid Cronenberg
Stefan de Vylder
Lars Drake
Aant Elzinga
Per Gahrton
Christian Hårleman
Sven-Eric Liedman
Ingela Mårtensson
Lennart Palm
Bengt Silvferstrand
Gunnar Westberg
Jan Öberg

 


 Denmark
Håkan Wiberg

 

Norway
Birgit Brock-Utne
Gunnar Garbo
Jørgen Johansen

 

United Kingdom
Rae Street

David Webb

 

Germany
Reiner Braun
Hans J. Gießmann
Gregor Putensen


 France
Diana Johnstone

 

Canada
James Bissett
Erika Simpson
Rodrigue Tremblay

 

United States
Francis A. Boyle
Jonathan Feldman
Joseph Gerson
Saul Landau
David MacMichael
Gareth Porter
Rick Rozoff

 

Traduction M.Peng, _.___


7-11 Pascal Sacre: Robert Gates, le troisième homme, le monsieur guerre des Etats-Unis.

C’est bien Georges W. Bush, le 8 novembre 2006, qui intronisa Robert Gates, Bob comme le président l’appelle affectueusement.

La passation de pouvoir entre Donald Rumsfeld, chaleureusement remercié pour ses loyaux services, décrit par Bush junior comme l’un des chefs les plus capables et les plus adroits que la Sécurité Nationale des Etats-Unis ait jamais eu à sa tête, et Gates, s’est déroulée dans le Bureau Ovale de la Maison Blanche, donnant l’impression de trois personnes se vouant une estime sans bornes.

Georges W. Bush le dit déjà très bien, en 2006, Bob Gates est l’homme de la situation, capable de relever le double défi de la nation : déceler les menaces alors qu’elles ne font que pointer à l’horizon, et préparer la pays avec justesse pour les contrer.

Robert Gates est un pur produit du National Security Council. Une expérience de plus de vingt-cinq ans dans la Sécurité Nationale et les sevices secrets étatsuniens.

Il a rejoint la CIA en 1966, a servi sept présidents, démocrates comme républicains, huit en comptant le Démocrate Barack Obama qui l’a reconduit dans ses fonctions. Il a également été président de l’Université A&M du Texas, la sixième Université du pays, poste qu’il dit avoir préféré à tous les autres.

Il a passé presque neuf ans dans le staff du Conseil de sécurité Nationale. A la CIA, il a grimpé tous les échelons, depuis le bas de l’échelle jusqu’au poste de directeur de l’Agence.

Auprès de Ronald Reagan, il a directement participé aux efforts américains pour pousser les Soviétiques hors d’Afghanistan. Ces efforts ont durablement affaibli l’URSS et, selon Bush junior, hâté la victoire de la « Liberté » à l’issue de la guerre froide.

Gates a également servi le président Bush père lors de l’opération Tempête du Désert qui a permis de bouter Saddam Hussein hors du Koweït en 1991.

Il s’est récemment fort impliqué en Irak, comme membre d’un Groupe d’Etude indépendant comportant des démocrates et des républicains, conduit par l’ex secrétaire d’Etat James Baker et le Congressiste Lee Hamilton.

Il est lui-même républicain (1).

Il est le troisième homme dans la ligne de succession au pouvoir suprême des Etats-Unis. Le numéro 3 de la chaîne de commandement étatsunien.

Si on attente à la vie d’Obama, et du vice-président Joe Biden, Robert Gates deviendra de facto le chef suprême, le numéro 1, et le pouvoir repassera aux républicains.

Depuis le 11 septembre 2001, le ministère de la défense est le poste le plus important du gouvernement, car depuis cette date, la guerre est la préoccupation principale du gouvernement étatsunien.

Ce n’est pas la santé, dont le projet de réforme coûterait la première année de sa mise en place seulement le dixième (2) du budget d’une année du Pentagone.

Ce n’est pas l’environnement, ni le réchauffement climatique puisque le Pentagone et ses milliers d’annexes de par le monde sont les plus gros pollueurs et producteurs de CO2 du monde, et de tous les temps (3).

Le Département de la Défense, pour mener toutes ces guerres préventives contre tous ses ennemis qui veulent sans raison tant de mal à l’Occident, dilapide et vampirise une bonne partie des ressources mondiales, énergétiques (4), naturelles (eau, terres) (5), et encombre toutes les routes, toutes les voies et tous les systèmes de transport et de communication.

Plus d’un millier de bases ou d’installations militaires US dans le monde(6), et leurs centaines de milliers d’occupants, des centres de commandement aux avant-postes, cela fait autant d’électricité, de chauffage, de surfaces habitables, détournées vers la guerre ou sa promotion.

Il faut y ajouter tous les appareils et machines en l’air, dans l’espace, sur terre, et dans les mers.

Les innombrables tonnes de déchets chimiques, nucléaires et bactériologiques, ainsi que toutes les armes, mines, bombes, morceaux de métal ou de toutes sortes de matériaux, viennent renforcer les dégâts au patrimoine environnemental mondial et le désastre écologique engendré par la politique de guerre des Etats-Unis, politique uniquement justifiée par les attentats du 11 septembre 2001, dans leur version décrite par la théorie gouvernementale officielle.

Quel coût global entraîné par cette guerre préventive, mondiale et sans fin, contre le terrorisme et ceux qui les abritent !

Le remède n’est-il pas pire que le prétendu mal ?

En médecine, quand un traitement est plus dangereux que le problème de santé qu’il est censé soulager, on s’en abstient. Cela s’appelle la balance bénéfices/risques qui doit toujours pencher en faveur des premiers.

Pourtant, Robert Gates aimerait étendre la fièvre guerrière qui touche son pays à l’Europe.

Depuis quinze ans, l’Europe s’est en grande partie démilitarisée.

Beaucoup de pays ont supprimé leur service militaire obligatoire, faisant de leurs armées, des corps de métier beaucoup plus réduits.

Privilégiant des politiques sociales, les budgets réservés à la défense ont été fortement revus à la baisse.

Aux Etats-Unis, avant 2001, le budget de la défense restait assez stable, autour de 280 milliard de dollars entre 1998 et 2001 (7), ce qui représentait déjà dix fois le budget guerrier de la France.

En augmentation constante depuis 2002, le budget du Pentagone s’approche aujourd’hui du trillion (mille milliard) de dollars, en 2010.

La France est un des pays européens qui, proportionnellement, suit le plus la progression exponentielle étatsunienne du budget consacré aux dépenses militaires (8).

Aujourd’hui, Robert Gates, Monsieur Guerre, use de plusieurs artifices pour imposer à l’Europe entière le « bon sens » étatsunien.

Culpabilité

L’OTAN est en crise à cause des Européens, qui n’ont pas suffisamment investi dans la défense et sont devenus réfractaires aux forces armées (9).

La pénurie de matériel et le déficit militaire chronique ont affecté la mission de l’OTAN en Afghanistan.

Le pacifisme teinté de politiques sociales de l’Europe, faiblesse insupportable aux yeux de Gates pour qui la guerre sous toutes ses formes est la seule politique raisonnable, a nui aux opérations de l’Alliance et explique ses échecs au Moyen-Orient et en Asie. Il faut plus de participation de l’Europe, en matériel, en infrastructures, en soldats. L’Europe serait le maillon faible de la guerre de l’Occident contre le terrorisme barbu et cela doit cesser.

Terreur

Robert Gates, à la 44è conférence sur la sécurité à Munich, affirme que des attentats dévasteront l’Europe si celle-ci ne soutient pas l’OTAN, sous-entendu, si elle n’augmente pas ses budgets militaires et ne veut pas faire la guerre aux ennemis désignés par les Etats-Unis (10).

La situation a dû être cocasse pour certains experts du terrorisme, notamment français, quand Monsieur Guerre est venu leur faire une fois de plus le coup du méchant Al-Qaida, alors que selon Alain Chouet, ancien chef du service de sécurité de la Direction Générale de la Sécurité extérieure (DGSE), Al Qaïda n’existe plus depuis 2002 (11).

Pourtant, Gates, qui devrait être le mieux renseigné du monde, insiste bien, « … Vous devez aussi vous rappeler que les cellules terroristes en Europe ne sont pas un pur produit local, déconnectées d’évènements lointains, ni une simple question d’ordre intérieur. Certaines sont financées de l’étranger. Certaines haïssent toutes les démocraties occidentales, pas uniquement les États-Unis. Certains de ceux qui ont été arrêtés avaient des liens directs avec Al Qaïda. Certains sont liés à Al Qaïda en Irak. Dans le cas le plus récent, la cellule de Barcelone avait des liens avec un réseau de formation terroriste dirigé par Baitullah Meshud, un commandant extrémiste basé au Pakistan, affilié aux talibans et à Al Qaïda qui, croyons-nous est responsable de l’assassinat de Benazir Bhutto », etc., etc. (12)

Culpabiliser et terroriser l’Europe.

Ce sont les moyens grossiers utilisés par Gates pour lui faire emboîter manu militari le pas cadencé des Etats-Unis qui ont depuis le 11 septembre 2001 délaissé et mis au réfrigérateur, pour ne pas dire au congélateur, toutes leurs politiques non sécuritaires, se consacrant exclusivement à faire la guerre au monde entier.

La guerre sous toutes ses formes, financière, militaire, médiatique, en envahissant, en déstabilisant, en affamant, en encerclant, en flattant, en effrayant, en soudoyant, en piégeant, en manipulant, en mentant.

L’Iran se soucie plus de ses enfants, de leur mortalité, de la santé de ses habitants (13) que les Etats-Unis, mais qu’à cela ne tienne, il faut attaquer l’Iran, c’est un pays du mal.

Robert Gates est venu rappeler à l’Europe qu’elle devait choisir son camp et envoyer plus de soldats au Grand Sacrifice.

Y mettre un peu du sien, et consacrer son argent, non pas aux stupides projets sociaux où il est gaspillé, mais au renforcement de l’OTAN.

C’est le fameux “Vous êtes avec nous, ou contre nous”, de Bush junior, toujours d’actualité.

Qu’en pensent les populations européennes ?

Je ne parle pas de José Manuel Barroso, ni d’Herman Van Rompuy, ni de Catherine Ashton, ni de Nicolas Sarkozy, mais des populations, ceux qui perdent leur emploi ou n’arrivent plus à payer leurs crédits.

Alors que des problèmes sociaux déferlent sur tous les pays d’Europe, appelant des réflexions et des solutions sociales, des politiques humaines, est-ce vraiment le moment de revenir en arrière et de réaugmenter les budgets des ministères de la défense, ou plutôt de la guerre ?

Le chômage prend des proportions historiques en Europe, les entreprises, pourtant en bénéfices, licencient, gèlent voire diminuent les salaires, retardent l’âge des retraites. Les gouvernements attaquent les régimes de sécurité sociale dont l’Europe pouvait s’enorgueillir par rapport au marasme étatsunien.

Le mécontentement social est majeur et va grandissant, les grèves se succèdent, d’un secteur à l’autre de nos sociétés (Total en France, Supermarchés Carrefour en Belgique…). Les conditions de travail des professions publiques indispensables au bon fonctionnement d’une société moderne, ambulanciers, infirmiers, pompiers, policiers, se dégradent.

Et c’est le moment choisi par monsieur Gates pour venir nous rappeler que les Espagnols, les Hollandais, les Français, les Allemands, les Belges, les Italiens…, doivent comprendre que la guerre contre Al-Qaida (qui n’existe plus) est plus importante que tous leurs autres soucis réunis.

En Hollande, ils ont choisi de répondre non à Monsieur Guerre.

Cela a provoqué la chute du gouvernement conduit par le Premier ministre Jan Peter Balkenende, au pouvoir depuis 2002, et qui dirigeait la coalition de centre-gauche depuis 2007 (14).

Les populations d’Europe qui tiennent à leur système de sécurité sociale, qui souhaitent voir leurs gouvernements s’atteler à leurs vrais problèmes au quotidien que sont la recherche ou la préservation d’un emploi, l’espérance de voir son salaire s’adapter aux coût de la vie, devraient suivre l’exemple hollandais et écrire à leurs ministres qui vont parler en leur nom au futures réunions de l’OTAN.

En écoutant Robert Gates, cet homme voué à la sécurité de son pays depuis plus de vingt-cinq ans, encensé par Bush junior, repris sans l’ombre d’une hésitation par le président Obama, le terrorisme et les cellules islamistes représenteraient le plus grand danger pour l’humanité libre et démocratique.

Le combat contre ces ombres menaçantes justifierait tous les sacrifices, y compris de mourir de froid, exproprié, criblé de dettes, affamé, ayant perdu des proches parents, explosés dans ces montagnes lointaines.

La lutte héroïque contre tous ces prétendus terrifiants islamistes galvanisés par leur « victoire » du 11 septembre 2001 devrait faire supporter l’idée de perdre son emploi, de voir de moins en moins de policiers, d’infirmiers, d’ambulanciers, d’agriculteurs, de travailleurs dans les couloirs sinistres de nos sociétés hypersécurisées.

Robert Gates exige de nous tous ces sacrifices sans même garantir la fin de toute terreur, comme en témoigne le voyage sans encombre, malgré les scanners, malgré les mesures prises depuis 2001, du « terroriste » nigérian, en décembre 2009, à travers les lignes de « sécurité » successives de l’Occident.

Combien de temps la folie militaire va-t-elle continuer à embraser le monde, et obscurcir les esprits ?

Il n’est certainement pas temps pour l’Europe de régresser, de rebâtir des armées et de s’occuper de l’OTAN.

Les populations européennes doivent exiger de leurs gouvernements qu’ils s’occupent plutôt des secteurs de la société qui ont fait de l’Europe un modèle social et d’humanité. Les Etats-Unis, eux, ne savent plus que faire la guerre.

Tout comme le journaliste Rick Rozoff (15), je pense que “l’OTAN est un pacte offensif, sans loi et meurtrier, qui se réserve unilatéralement le droit de répéter son agression armée dans les Balkans et en Asie du Sud sur une échelle mondiale.

C’est l’OTAN et Robert Gates qui sont parmi les plus grands dangers pour l’humanité, une menace pour sa liberté et ses acquis sociaux.

Pascal Sacré

Notes :

(1) http://georgewbush-whitehouse.archi...

(2) Le président a chiffré ses réformes à 950 milliards de dollars sur dix ans. Ce programme ne sera pas financé par une hausse des impôts, mais par une nouvelle taxe sur les contrats d’assurances les plus chers et en combattant les gaspillages.
http://www.lexpansion.com/economie/...

(3) Le rôle du Pentagone dans la catastrophe mondiale, par Sara Flounders :
http://www.mondialisation.ca/index....

(4) Selon le classement présenté dans l’édition 2006 du CIA World Factbook, 35 pays seulement (sur les 210 que compte le monde) affichent une consommation journalière de pétrole supérieure à celle du Pentagone.

(5) Le Pentagone est très loin de se limiter aux 620 000 m2 basés à Arlington, en Virginie. Le Pentagone est le plus grand propriétaire immobilier du monde, 539 000 immeubles, dans 5579 sites,
http://www.legrandsoir.info/Pentago...

(6) Le réseau mondial des bases militaires US, les fondements de la terreur des peuples ou les maillons d’un filet qui emprisonne l’humanité par Prof. Jules Dufour
http://www.mondialisation.ca/index....

(7) Budget de la défense des Etats-Unis et des principaux Etats européens producteurs d’armement 1998-2001 (en structure OTAN, hors pensions)

Md€

1998

1999

2000

2001

Etats-Unis

279.5

281.5

295.8

291.9

Royaume-Uni

34.6

33.8

34.6

34.1

France

25.1

25.5

25.2

24.9

Allemagne

23.8

23.9

24.1

23.8

Italie

12.3

13.0

14.9

13.8

Espagne

6.8

7.0

7.4

7.4

Source : OTAN, 2002.
http://www.frstrategie.org/barreCom...

(8) En France, la nouvelle loi de programmation militaire 2003-2008 se donne pour objectif de faire passer la part des dépenses militaires de 1.8% à 2.2% du PIB. Le budget de la défense 2003 augmente de 6.1% par rapport à 2002, avec un montant global de 39.96 milliards d’euros.

(9) L’OTAN est en crise, dit Robert Gates
http://www.ledevoir.com/internation...

(10) Robert Gates assure que des attentats dévasteront l’Europe si elle ne soutient pas l’OTAN :
http://www.voltairenet.org/article1...

(11) Al Qaïda n’existe plus selon un ex-chef de la DGSE :
http://www.agoravox.fr/actualites/i...

(12) Robert Gates assure que des attentats dévasteront l’Europe si elle ne soutient pas l’OTAN, op.cit.

(13) http://www.who.int/whr/2008/media_c...

(14) Pays-Bas : le gouvernement chute sur la question afghane
http://www.lepoint.fr/actualites-mo...

(15) Expansion de l’OTAN, déploiements de missiles et nouvelle doctrine militaire de la Russie :
http://www.voltairenet.org/article1...

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Robert-Gates-le-troisieme-homme-le-monsieur-guerre-des-Etats-Unis.html

Pascal Sacre

5 mars 2010

http://www.legrandsoir.info/Robert-Gates-le-troisieme-homme-le-monsieur-guerre-des-Etats-Unis.html


Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

12/03/2010

n°516 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine. - 10-03 - : Début. : - Torture, mensonges et vidéo

n°516 - Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine. - 10-03 - : Début. : - Torture, mensonges et vidéo


 

L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 



Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine

n°516 du 12-03

C.De Broeder & M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

a) sur mes blog : 

http://www.blogs.dhnet.be/categories/International.html

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c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

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Sommaire

Tiré à part

Travailleurs Palestiniens volés depuis 40 ans  : 2 milliards selon un rapport d’économistes Israéliens.

1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

1-1 James Petras : Mossad: Israël peut donc tout se permettre.

1-2 Koffi Cadjehoun : Torture, mensonges et vidéo.

Suite.

1-3 Luc Delval : L'Europe comme elle va

1-4 Judy Dempsey : Les relations d’Angela Merkel avec Israël empêchent la solution du conflit au Proche-Orient.

1-5 Une barricade n’a que deux côtés.

1-6 James Petras : Les assassinats politiques par le Mossad soulèvent des questions politiques.

1-7 Gilad Atzmon : Pourquoi faut-il autant d'agents du Mossad pour étouffer un Palestinien avec un oreiller ?

1-8 Uri Avnery : Dubaï, une opération d’Etat voyou dommageable à Israël.

Fin

2 Annexe

2-1 Un samedi à Hébron

2-2 Hajj Abu Imad Rifa’î : L’image de cette résistance légendaire d’un peuple abandonné  

2- 3 L’Impérialisme au Moyen-Orient.

2-4 Le début de l’année 2010 enregistre des régressions socio économiques très graves.

2-5 Michèle Decaster : En cette année du cinquantenaire des indépendances, le combat anticolonial est toujours d’actualité.

Pièce jointe

Michel Staszewski - Israël-Palestine : Une paix juste passe par le rejet de tous les racismes.

 



Tiré a part

Travailleurs Palestiniens volés depuis 40 ans  : 2 milliards selon un rapport d’économistes Israéliens.

Jérusalem - Selon des économistes israéliens, Israël a dérobé aux Palestiniens plus de 2 milliards de $. On a déduit de leur salaire des contributions diverses dont ils n’ont jamais bénéficié. Un nouveau rapport intitulé Vol d’État dit que l’extorsion a continué après l’établissement de l’autorité palestinienne en 1994.Les fonds auraient dû aller à une caisse spéciale pour les travailleurs.
Les officiels israéliens disent que la majorité des déductions des salaires des travailleurs a été investie dans des projets d’infrastructure dans les Territoires Palestiniens, ce qui signifie probablement qu’ils ont couverts les généreux subsides offerts par l’État aux colonies.
Un des auteurs du rapport, Mr Shir Hever, un économiste basé à Jérusalem précise : « C’est un cas indubitable de vol à grande échelle. Je ne vois aucune raison qui permettrait à Israël de retarder le remboursement de ces fonds, soit aux travailleurs soit à leurs bénéficiaires. »
Les retenues réduisent le salaire net d’environ 20% qui servent à alimenter les diverses assurances (chômage, vieillesse, invalidité, santé) ainsi que les payements pour le syndicat, les enfants, les vacances et les congés de maladie. Selon le rapport du Centre pour l’Information Alternative et de Kav La’Oved, 92 % de ces fonds ont été transférés au ministère des finances. Le rapport donne une précision qui fait mal : ces fonds ont servi à acheter des fours portables pour les soldats qui l’année dernière pendant trois longues semaines ont attaqué Gaza.
Le ministre des finances qualifie ce rapport d’inexact et de fallacieux mais il ne daigne pas expliquer sur quelle base il porte ce jugement.
Mr Hever dit que le service gouvernemental responsable des déductions avait d’abord refusé de révéler ses chiffres mais avait finalement accepté de le faire puisque des fuites à l’interne avaient déjà divulgué certaines statistiques significatives.
PAJU (Palestiniens et Juifs Unis) no 473, le 5 mars 2010     

Adapté de « Israel Stole $2bn from Palestinian Workers » par Jonathan Cook.

http://www.palestinechronicle.com/view_article_details.php?id=15727



1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

Ndlr : La publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

 

1-1 James Petras : Mossad: Israël peut donc tout se permettre.

Le 19 janvier, la police secrète internationale d’Israël, le Mossad, envoyait à Dubaï une équipe de tueurs, tous munis de passeports européens, prétendument « volés » à des citoyens israéliens à la double nationalité et modifiés à l’aide de photos truquées et de fausses signatures.

Leur mission : assassiner un dirigeant palestinien.

Les preuves sont accablantes. La présentation par la police de Dubaï des vidéos détaillées réalisées avec les caméras de surveillance et montrant les assassins a été corroborée par le témoignage d’experts israéliens de la sécurité et applaudie par les principaux journaux et journalistes israéliens. Le Mossad a déclaré ouvertement que Mabhouh était une cible prioritaire et qu’il avait survécu jusque-là à trois précédentes tentatives d’assassinat. Israël n’a même pas pris la peine de démentir l’assassinat. En outre, le système sophistiqué de communication utilisé par les tueurs, la logistique et la planification de leurs entrée, allées et venues, puis sortie de Dubaï et l’ampleur de l’opération présentent toutes les caractéristiques d’une opération d’État de haut niveau.

De plus, seul le Mossad aurait accès aux passeports européens de ses concitoyens à double nationalité ! Seul le Mossad aurait la capacité, la motivation, l’intention avérée et la volonté délibérée de provoquer un incident diplomatique avec ses alliés européens, en sachant pertinemment bien que la colère des gouvernements ouest-européens finirait par retomber, vu leurs liens profonds avec Israël. Après une enquête minutieuse et l’interrogatoire de deux collaborateurs palestiniens du Mossad qui ont été arrêtés, le chef de la police de Dubaï a déclaré qu’il était sûr que c’était bien le Mossad qui était derrière l’assassinat.  

Les problèmes politiques plus importants
La politique israélienne des assassinats à l’étranger soulève de graves questions en menaçant les fondements de l’État moderne : la souveraineté, le pouvoir des lois et la sécurité nationale aussi bien que celle des individus.
Une des politiques ouvertement déclarée d’Israël consiste à violer la souveraineté de n’importe quel pays en vue de tuer ou d’enlever ses opposants (à Israël). Tant dans leur proclamation que dans leur mise en pratique réelle, les lois, décrets et actions à l’étranger d’Israël supplantent les lois et les organes d’application de la loi de toute autre nation. Si la politique israélienne se mue en pratique commune dans le monde entier, nous allons entrer dans une jungle aussi sauvage que le monde de Hobbes. Les individus y seront exposés aux intentions meurtrières d’équipes de tueurs venues de l’étranger qui ne seront tenus par aucune loi ni aucune autorité nationale responsable. Chaque État sans exception pourrait imposer ses propres lois et franchir ses frontières nationales afin d’assassiner impunément des citoyens ou résidents d’autres nations. Les assassinats hors frontières d’Israël se moquent totalement de la notion même de souveraineté nationale. L’élimination extraterritoriale d’opposants par une police secrète était une pratique courante de la Gestapo nazie, de la GPU de Staline et de la DINA de Pinochet et elle est devenue aujourd’hui une pratique – condamnée – des « Forces spéciales » américaines et de la division clandestine de la CIA. De telles actions sont la marque de fabrique des États totalitaires, dictatoriaux et impérialistes, qui foulent systématiquement aux pieds les droits souverains des peuples.
La pratique par Israël de ces assassinats extrajudiciaires et extraterritoriaux, mise en exergue par le récent assassinat de Mahmoud al Mabhouh dans une chambre d’hôtel de Dubaï, viole tous les préceptes fondamentaux du pouvoir de la loi. Les assassinats extrajudiciaires commandés par un État signifient que sa propre police secrète est juge, procureur et bourreau en même temps, qu’elle n’est freinée par aucune souveraineté, aucune législation, aucun devoir d’un État de protéger ses citoyens et ses hôtes. Les preuves, les procédures légales, les droits de la défense et les contre-interrogatoires sont complètement mis de côté, dans ce processus. L’assassinat extrajudiciaire sponsorisé par l’État sape complètement tout procès en bonne en due forme. L’élimination des opposants à l’étranger est la prochaine étape logique, après les simulacres de procès très médiatisés par Israël et qui s’appuient sur des lois racistes et des décrets de détention administrative qui ont dépossédé le peuple palestinien et violé les lois internationales.

Les escadrons de la mort du Mossad opèrent directement sous les ordres du Premier ministre israélien (qui a d’ailleurs approuvé personnellement le récent assassinat). Une grande majorité des Israéliens soutient fièrement ces assassinats, surtout lorsque les tueurs échappent à toute détection et à la capture. Les opérations d’assassinats extrajudiciaires menées sans la moindre entrave et impunément par des escadrons de la mort étrangers soutenus par l’État, constituent une grave menace pour tout critique, écrivain, dirigeant politique et militant des droits civiques qui a le front de critiquer Israël.   

 Les tueurs du Mossad – Le feu sioniste
Le précédent que constitue l’assassinat par Israël de ses adversaires à l’étranger, établit les limites extérieures de la répression par ses partisans à l’étranger qu’on retrouve dans les principales organisations sionistes, dont la plupart ont toujours soutenu les violations par Israël de la souveraineté nationale via ses assassinats extrajudiciaires. Si Israël élimine physiquement ses opposants et les gens qui osent le critiquer, les 51 principales organisations juives d’Amérique répriment les critiques émises aux États-Unis à l’encontre d’Israël. Elles exercent activement des pressions sur les employeurs, les présidents d’université et les responsables publics pour qu’ils licencient leurs employés, universitaires et autres professionnels qui osent s’exprimer verbalement ou pas écrit contre les tortures, les massacres et la dépossession massive des Palestiniens par Israël.

Quoi qu’il en soit, les commentaires les plus critiques, en Israël et ailleurs, concernant l’assassinat commis par le Mossad à Dubaï épinglent l’« incompétence » des agents, y compris le fait d’avoir permis que leurs visages de figurer sur de nombreuses vidéos en changeant maladroitement leurs perruques et leurs vêtements sous l’œil des caméras. D’autres critiques déplorent qu’en salopant son travail, le Mossad soit occupé à « ternir l’image d’Israël » en tant qu’État démocratique et qu’il fournisse ainsi de l’eau au moulin des antisémites. Aucune de ces critiques superficielles n’a été reprise par le Congrès américain, par la Maison-Blanche ou par les présidents des principales organisations juives d’Amérique, où la règle mafieuse de l’omerta, ou silence, règne sur tout et où la complicité avec ce genre de crime est de mise.

Conclusion  
Alors que les critiques se lamentent à propos du travail bâclé du Mossad, qui complique la tâche des puissances occidentales désireuses au cas où elles souhaiteraient proposer une couverture diplomatique à Israël pour ses opérations à l’étranger, on n’a jamais abordé la question fondamentale : l’acquisition par le Mossad, puis la falsification des passeports officiels britanniques, français, allemands et irlandais de citoyens israéliens à double nationalité soulignent la nature cynique et sinistre de l’exploitation par Israël de ses citoyens à double nationalité dans la poursuite des sanglants objectifs de sa politique étrangère. L’usage par le Mossad de vrais passeports fournis par quatre nations européennes souveraines à leurs citoyens dans le but d’assassiner un Palestinien dans un hôtel de Dubaï soulève la question de savoir à qui les citoyens israéliens à « double » nationalité doivent vraiment allégeance et jusqu’où ils veulent aller en défendant ou en prônant les assassinats israéliens à l’étranger. 

Grâce à l’usage par Israël de passeports britanniques pour entrer à Dubaï et assassiner un adversaire, chaque homme d’affaires ou touriste britannique qui se rendra dans le Moyen-Orient sera soupçonné de liens avec les escadrons israéliens de la mort. Avec les élections de cette année et les partis travailliste et conservateur qui comptent grandement sur les millionnaires sionistes pour financer leur campagne, il reste à voir si le Premier ministre Gordon Brown fera davantage que geindre et minauder 

Traduit par Jean-Marie Flémal pour Investig'Action - michelcollon.info  

22 Février

Source: michelcollon.info http://www.michelcollon.info/index.php?view=article&catid=6&id=2575&option=com_content&Itemid=11


1-2 Koffi Cadjehoun : Torture, mensonges et vidéo.

Quand un immeuble fait trente étages, est-il réducteur d'en décrire vingt?

Je lis l'article du sociologue Petras consacré à l'assassinat d'un chef militaire du Hamas à Dubaï, le vaillant martyr Mahmoud.

Maintenant, dans la presse officielle française, on parle carrément de Dubaïgate et on incrimine carrément Israël.

C'est sûr, c'est juste. Israël s'est fait piéger.

L'arroseur arrosé?

Ne nous montre-t-on pas l'envers d'un décor pour nous en cacher la partie ultime?
http://www.voltairenet.org/article164208.html
Petras s'alarme des dangers (réels) que pose l'usage frauduleux de passeports occidentaux, en particulier britannique, par les services secrets israéliens qui sont allés assassiner Mahmoud à Dubaï. Pensez : les populations orientales ont de quoi être révoltées par la faiblesse étatique occidentale. Les États-nations occidentaux se contentent de protester sans agir contre les crimes d'Israël.

Dernier en date : l'Australie, membre du Commonwealth et monarchie constitutionnelle sous la coupe de la reine du Royaume-Uni, a mis en garde Israël contre l'utilisation illégale de ses passeports trafiqués.

Comment expliquer cette attitude de lâcheté des États occidentaux?
Petras met en garde. C'est la preuve de la compromission occidentale qui se couche devant Israël!

Les Britanniques se couchent!

Les Français se couchent! Les Allemands se couchent!

Les Australiens se mouchent? C'est louche?

Seule explication plausible : l'Occident est prisonnier de la domination sioniste. Pour accepter qu'un État vous pique vos passeports et s'en servent aux fins d'assassiner en toute impunité un citoyen en guerre dans un pays souverain, il faut que les États-nations d'Occident soient tenus par leur col cool (pour rester poli). Sauf qu'on ne comprend pas pourquoi les Israéliens se sont montrés aussi maladroits dans leur forfait. Serait-ce que leurs tueurs sont aussi touchés par la crisité morose?
On ne comprend pas non plus comment des tueurs israéliens agiraient à Dubaï sans que les services britanniques sur place (dont l'importante base du MI-6) soient au moins au courant, voire aient été complices du coup. Certains articles relayent cette hypothèse. Pas Petras. Les Israéliens sont-ils les exécutants ou les commanditaires? Les autorités de Dubaï peuvent s'agiter tant qu'elles veulent, leur souveraineté n'est pas crédible. Dubaï est surnommée la nouvelle Hong-Kong et se trouve en faillite depuis que sa bulle immobilière a explosé (fin 2009). Serait-ce la raison de la déconfiture des escadrons de la mort israéliens sur son territoire violée? On ne comprend pas davantage par quel miracle irrationnel la puissance israélienne bafouerait toutes les lois de l'histoire, de la politique, de l'économie...
Comment expliquer cette domination inexplicable, dont deux politologues chevronnés comme Walt et Mearsheimer ont montré qu'elle exerçait aux États-Unis une influence aussi impressionnante que défavorable? Problème de la domination israélienne : elle serait irrationnelle, puisqu'elle ne s'appuierait sur aucun élément explicatif tangible pour assurer sa mainmise tandis qu'elle défavoriserait ses auxiliaires esclavagisés. On veut bien, sous la menace d'intérêts supérieurs (à énoncer), que les contrôlés États-Unis se taisent et s'inclinent, comme les autres démocraties d'Occident; mais il est aberrant que l'Occident accepte l'impérialisme sionisto-israélien sans raison valable.
Moi, je ne cherche pas à excuser d'une manière ou d'une autre les crimes d'Israël. Je soumets la question que le prestigieux Petras et les autres analystes chevronnés ne posent jamais : comment expliquer l'impunité d'Israël face à l'Occident? Face aux Palestiniens, on comprend : les Israéliens sont plus forts. Ils ont tort, mais ils sont plus forts. Mais face aux États-Unis? Face à l'Union européenne? Dans le cas de l'assassinat de Mahmoud à Dubaï, il ne s'agit pas d'expliquer que d'autres services secrets ont agi en piégeant les Israéliens - coutumiers du coup.
Il s'agit de se demander si les Israéliens sont les exécuteurs ou les commanditaires. Cette question spécifique (l'assassinat de Mahmoud) recoupe les autres interrogations sur l'influence exorbitante d'Israël. Israël a le pouvoir de commander les États-Unis? Si vous voyez un nain donner ses ordres à un géant, il y a une raison! S'il n'y a pas de raison, c'est pire. Nous sommes dans cette situation. Aucune raison ne vient étayer l'impérialisme israélien et la domination qu'il exercerait par miracle sur l'Occident. Dans cette affaire hideuse d'assassinat, le scandale est d'autant plus retentissant qu'il laisse désemparés les États occidentaux qui se contentent de récriminations diplomatiques et informelles là où des sanctions officielles et fermes devraient être prises sans tarder.
Osons des hypothèses : si la puissance étatique de l'État-nation plus qu'hybride d'Israël n'explique en rien la puissance inégalée dont il bénéficierait de la part de la communauté internationale, il est impossible que les raisons découlent du précédent moralo-victimaire de
la Shoah. Faut-il en déduire que la suprématie confinant à la toute-puissance d'Israël découlerait du soutien dont il bénéficie dans les cercles financiers ainsi qu'une rumeur le laisse entendre, certains échos dérivant vers la judéophobie (terme plus approprié que l'antisémitisme galvaudé) et autres vilaines manies?
L'examen des cercles financiers mondialistes donne la réponse - pas celle qu'on attend. Les sionistes ne sont pas les maîtres des factions financières. Ceux parmi les sionistes qui en font partie (nuance d'importance) en sont les valets, les instruments, les exécutants. Bien entendu, leur statut leur confère une nuisibilité ambiguë, à l'instar du privilège paradoxal dont bénéficie l'esclave par rapport au maître dans la fameuse dialectique de Hegel. Mais l'essentiel n'est pas là. L'essentiel nous est fourni par la question de l'identité des cercles financiers.
Jamais les analystes qui prétendent contester les méthodes inacceptables d'Israël ne mettent en avant ce lien - pourtant cerné. Un Petras ne fait pas exception à l'interprétation qui s'en tient à l'impérialisme sioniste (voire USraélien) par souci de préserver le fondement politique des États-nations. Pourtant, la reconnaissance de l'existence d'un impérialisme, quelle que soit son identité, est contradictoire avec la constitution (c'est le cas de le dire) de l'État-nation moderne, tel qu'il découle des accords de Westphalie (1648).
L'impérialisme pirate l'État-nation en instaurant la prédominance des factions. Factions oligarchiques. C'est le cas dans cette affaire d'assassinat politique où il est clair que les États-nations occidentaux ont été manipulés par d'autres formes que les structures étatiques. On peut avancer que les États-nations sont piratés par l'impérialisme israélien comme Petras. La forme hybride de l'État israélien, qui ne repose pas sur une forme rationnelle comme l'État-nation, sans être tout à fait non plus une forme tribaliste telle qu'il le revendique en partie, plaide en faveur d'un État qui découle d'une influence impérialiste.
Mais si cette influence ne relève pas du sionisme? Rappelons qui a créé Israël : l'Empire britannique. Rappelons que cet Empire a muté en une myriade de factions financières et apatrides, dont le Commonwealth est une forme institutionnelle. Israël n'agit pas pour son compte propre. Il s'agite pour son malpropre chef. Il exécute pour cet Empire qui est le commanditaire direct ou indirect de ses actes. Israël est un exécutant plus ou moins consentant, plus ou moins en accord, plus ou moins Frankenstein - mais c'est un exécutant.
Il ne travaille pas pour des alliés idéologiques, mais pour des supérieurs impérialistes. Supérieurs en ce que ce sont des factions financières qui se jouent des fictions étatiques. Avez-vous jamais entendu parler de - story tellings? Dans cette affaire comme dans les autres qui sortent avec d'autant plus de facilité que l'Empire britannique décline et s'érode, Israël est au mieux une sorte de Frankenstein ou, sans vilain jeu de mots, de Golem : une créature plus ou moins monstrueuse, qui se montre incontrôlable, mais qui agit selon son créateur. Une forme hybride qui agit en passerelle médiatique entre les nations (dont elle n'est pas vraiment) et les factions (dont elle n'est pas non plus). La patte impérialiste ne profite pas à Israël. La structure israélienne indique que c'est un État de type impérialiste, un État qui dépend étroitement de l'impérialisme qui le régit. Quand cet impérialisme s'effondrera, Israël suivra.
Dans l'affaire de Dubaï, on voit le masque créateur/créature se lézarder. D'ordinaire, dans les assassinats ou les attentats perpétrés par le Mossad, on apprenait quelques dizaines d'années après l'existence de soupçons ayant valeur de quasi certitudes; l'excuse commode de l'antisémitisme (terme impropre) permettait de retarder le cours inéluctable des révélations. Cette fois, Israël n'a pas été trop loin. Israël a été piégé dans son coup tordu. Israël a-t-il cru agir avec la même couverture que d'habitude? Avait-il l'aval des services secrets britanniques à propos de la plaque-tournante de Dubaï? Se montrer à côté de la plaque, c'est un comble pour une place financière!
Les services secrets britanniques ne sont pas le peuple britannique - les peuples qui occupent l'espace de l'État-nation britannique. S'il est certain qu'Israël agit contre les peuples en manipulant grossièrement les passeports occidentaux de ressortissants possédant la double nationalité (souvent britannique/israélienne), il est encore plus certain qu'il n'est supérieur aux peuples que parce qu'il est la créature golémique de l'impérialisme britannique. En agissant à Dubaï, Israël a-t-il estimé être protégé par ses protecteurs? Les services secrets qui travaillent pour les factions financières secrètes de l'Empire? Pas les peuples. Les peuples, Israël s'en fiche. Les peuples, il les fiche.
C'est ringard pour les impérialistes, les peuples. Quand on est mondialiste, on méprise les peuples. On mélange le progrès et l'amalgame avec le nationalisme le plus nauséabond. Aucune nuance, aucune culture. On est là pour faire du fric, pas de freak. A Dubaï, le couac dans cette histoire gore impliquant torture et sévices, c'est que les manipulateurs ont été manipulés. Les sévices israéliens ont fait confiance aux sévices britanniques. Depuis le temps qu'ils travaillent ensemble, main dans la main, quel est le problème? Résultat : le Dubaïgate, soit le piège!
La mémoire de Mahmoud est vengée? Peut-être est-ce son fantôme qui a orchestré la mise en scène foireuse et minable? Foire digne de néophytes! D'ordinaire, le Mossad élimine avec une science consumée, souvent explosive. Cette fois, les amateurs professionnels se baladaient avec une nonchalance criminelle dans les couloirs de l'hôtel, filmés à l'insu de leur plein gré par des caméras opportunes. La police de Dubaï a mené son enquête avec une célérité remarquable et a lancé des avis de recherche assortis de photos dans la presse internationale. Les gazettes s'en donnent à cœur joie.
Comme dans les scandales de dopage autour du Tour de France, les journalistes feignent de découvrir ce que tout le monde savait dans les alcôves des potins : en l'occurrence, Israël tue. Pour ses intérêts de nation hybride, toujours avec la complicité des factions financières qui composent l'Empire britannique. Du coup, la question que pose Petras est caduque, au mions réducteur : l'oukase diplomatique qu'Israël a posé en usurpant l'identité des ressortissants occidentaux avec l'histoire à dormir debout des passeports biaisés; plus l'insécurité qui entourent désormais les citoyens occidentaux en insécurité (sur ce point, c'est un juste retour de flammes, au vu de la passivité complice de ces citoyens à l'égard des crimes d'Israël et de leur pays respectif).
J'irais même jusqu'à dire que Petras commet un contresens terrible pour un sociologue soi-disant analyste chevronné et émérite des sociétés : il réduit le problème israélien, singulièrement l'assassinat du résistant Mahmoud, à un problème entre États-nations. Comme si Israël était un État-nation de type impérialiste qui aurait manqué aux lois élémentaires du droit international. La réalité est pire : si les États-nations occidentaux tardent à régir, s'ils se montrent si embarrassés, ce n'est pas parce qu'ils seraient dominés par l'État-nation israélien. C'est parce qu'ils sont dominés par les factions financières de l'Empire - britannique.
C'est qu'Israël, qui n'est pas un État-nation et qui ressemble de plus en plus à un Golem rebelle, agit pour le compte de ces factions. L'analyse que produit Petras est emblématique de la mentalité occidentaliste : faire comme si. Comme si les factions relevaient de la fiction. Comme si les frictions concernaient les nations. Les nations sont dépassées. Il suffit de lire les brillantes envolées d'un ancien conseiller de Blair l'Homme de Paille - pardon, de Paix au Proche-Orient pour le compte de J.P. Morgan : Robert Cooper, partisan de l'impérialisme du doux nom de globalisation, soit d'un impérialisme qui associerait l'Union européenne à l'image de
la Rome antique : "Ceci suggère que l’histoire du monde est une histoire d’empires. (…) La non existence d’empire (…) est sans précédent dans l’histoire. La question est de savoir si cela peut continuer. Il existe des raisons théoriques et pratiques pour penser que non".
Petras et tous les anti-impérialistes qui se trompent d'identité impérialiste : le problème que pose l'assassinat de Mahmoud, la conduite d'Israël depuis sa création (avec une gradation suicidaire et incontrôlable à mesure que l'Empire s'effondre, depuis le symbolique 911), c'est le conflit des factions contre les nations. Écoutez Petras se tromper en représentant le contre-point de vue institutionnel (le sociologue réputé présenté comme le Rebelle de service, l'intellectuel contestataire à
la Chomsky, l'emblème mondiale) : "Alors que les critiques se lamentent à propos du travail bâclé du Mossad, qui complique la tâche des puissances occidentales désireuses au cas où elles souhaiteraient proposer une couverture diplomatique à Israël pour ses opérations à l’étranger, on n’a jamais abordé la question fondamentale : l’acquisition par le Mossad, puis la falsification des passeports officiels britanniques, français, allemands et irlandais de citoyens israéliens à double nationalité soulignent la nature cynique et sinistre de l’exploitation par Israël de ses citoyens à double nationalité dans la poursuite des sanglants objectifs de sa politique étrangère. L’usage par le Mossad de vrais passeports fournis par quatre nations européennes souveraines à leurs citoyens dans le but d’assassiner un Palestinien dans un hôtel de Dubaï soulève la question de savoir à qui les citoyens israéliens à « double » nationalité doivent vraiment allégeance et jusqu’où ils veulent aller en défendant ou en prônant les assassinats israéliens à l’étranger."
Maintenant, écoutez ce Cooper emblématique de la mentalité impérialiste britannique reconvertie en impérialisme européen : "Le rêve d’un état Européen est une relique d’un autre âge. Il est fondé sur l’idée que les États-nations sont fondamentalement dangereux et que la seule façon de mater l’anarchie des nations c’est d’imposer une hégémonie sur l’ensemble." Si ce n'est pas assez clair, vous avez en prime un condensé de pensée impérialiste britannique : [l’Union européenne s’avère] "l’exemple le plus développé d’un État post-moderne, (...) un système d’association sur une base volontaire, plutôt qu’une subordination d’États à un pouvoir central." Cette conception orwellienne implique "la sécurité fondée sur la transparence, l’ouverture mutuelle, l’interdépendance et la vulnérabilité mutuelle."
Problème : L'Europe postmoderne selon le gourou Cooper, porte-parole des intérêts impérialistes européens promus par les financiers de l'Empire britannique, se trouvera rapidement en confrontation avec les intérêts seulement modernes (les désuets États-nations), voire pré-modernes (les sauvages États décolonisés et dominés). C'est typiquement ce qui se produit avec
la Palestine. Ce pourrait être le cas des pays recomposés et décomposés d'Afrique. Que propose notre libéral-impérialiste sauce Commonwealth ou parfum Buckingham? "S’habituer à l’idée du double standard. Entre nous, nous fonctionnons sur la base de lois et de sécurité
coopérative. Mais quand nous traitons avec des États plus archaïques à l’extérieur du continent postmoderne de l’Europe, nous devons revenir aux méthodes plus dures de l’ère de jadis : la force, l’attaque préventive, la ruse, bref, tout ce qui est requis pour s’occuper de ceux qui vivent encore dans la guerre de ‘tous contre tous’ du XIXe siècle."
Mais encore? "[Entre nous] nous respectons la loi. Mais quand nous agissons dans la jungle, nous devons utiliser la loi de la jungle." Cette conception irrationnelle et inconséquente entraîne une conséquence que l'on pourra nommer néo-conservatrice : "On ne peut pas traiter Saddam Hussein comme on traite son voisin. Si on a un problème avec
la France ou l’Allemagne, on négocie. Mais il y a des dirigeants avec lesquels on ne peut pas négocier. »
Tiens? Mais c'est typiquement le comportement que manifestent jusqu'à la bêtise les Israéliens à l'encontre des Palestiniens? Ne serait-ce pas le dégât collatéral qui est arrivé à Mahmoud, sombrement liquidé dans une chambre de palace à Dubaï? Les Israéliens sont l'émanation extra-occidentale de la conception impérialiste coopérative développée par l'impérialiste Cooper. On ne cesse de nous rabâcher jusqu'à la nausée qu'Israël pourrait rejoindre l'Union européenne. L'honnête Premier ministre italien Berlusconi a pu entonner son refrain favori sur ce point : non pas d'offrir des femmes fatales aux officiels israéliens, mais d'accueillir Israël au sein de l'Union européenne. Les choses sont claires?
L'État bizarre d'Israël s'explique : il correspond à la forme impérialiste telle que la développe Cooper, coincée entre les deux références fétiches de Cooper, le droit procédurier d'un Grotius et l'autoritarisme étatique d'un Hobbes. Un mélange entre l'approche de
la Compagnie des Indes hollandaise et la différence de la Compagnie des Indes britannique? L'impérialisme d'Israël s'explique : il correspond à la nouvelle forme que recherche l'Empire britannique comme resucée de son aventure postcolonisatrice à bout de soufre. Après la décolonisation politique et la postcolonisation économique, il est temps de (re)lancer la poursuite échevelée de l'impérialisme financier sur de nouvelles bases, un impérialisme affublé du qualificatif de coopératif et fondé sur le droit du plus fort.
Derrière la sophistication postmoderniste, juridique et sécuritaire, rien de nouveau sous le soleil : Cooper repompe les fondements de l'Empire romain (et de ses ancêtres). Que dit Cooper quand il s'adresse à
la Trilatérale en 2000? Il propose un partage entre les élites européennes et américaines. Par ailleurs, Cooper désigne la forme fédérale de l'État-nation américain comme l'ennemi véritable de l'impérialisme coopératif de l'Union européenne. Il est où l'impérialisme américain? La domination américaine serait-elle une domination d'État-nation incompatible avec l'impérialisme? Le soutien aveugle et scandaleux des États-Unis à l'égard d'Israël révélerait-il que l'impérialisme américain est d'obédience britannique (confédérée) et parasite les institutions américaines? Israël est la structure satrapique correspondant à la forme politique qu'attend et conçoit l'Empire britannique, qui se cherchait un antre et qui a trouvé un refuge doré dans lequel s'abriter : les États-nations d'Occident. Dans cette sphère, Israël est la satrapie qui joue le rôle de l'émissaire du Proche-Orient.
Israël est une satrapie de l'Union européenne, qui empeste la mentalité de l'Empire britannique. Cooper théorise longuement sur les zones d'ordre opposées aux zones de chaos. Non seulement l'affrontement sans fin (et sans frein) entre
la Palestine et Israël incarne cette opposition, mais l'adage diviser pour régner est l'adage qui gouverne les empires. Israël est utilisé par les factions financières comme l'éternelle pompe de discorde chargée de semer la zizanie dans cette région hautement stratégique depuis les accords de Sykes-Picot.
Quand Israël le délégué satrapique commet un incident diplomatique majeur contre plusieurs États souverains d'Europe (et du Commonwealth!) et qu'il demeure impuni, il importe de noter que c'est le signe, non de la domination classique de l'État d'Israël, mais de la forme mutante et satrapique d'Israël au service des factions et en lutte contre les nations. Israël est le fer de lance régional (dans une région stratégique) de l'impérialisme européen de férule britannique. Israël est intouchable parce qu'il suit l'agenda du chaos des factions : détruire les États-nations pour retirer les marrons du feu. Incriminer l'État-nation fédéral des États-Unis est une diversion contre-productive. Au mieux, il convient d'incriminer les factions confédéréss des États-Unis, dont le centre se situe entre Chicago et Wall Street. Confédérés à l'appellation explicite, qui sont le prolongement allié des factions de l'Empire britannique. Dans ce jeu en réseau, qui est détruit en premier lieu? La marionnettes Israël.
C'est ce que le sociologue Petras fait mine de ne pas voir et c'est en quoi nous pouvons lui reprocher de ne pas diffuser un message contestataire, mais un script brouillé et mal décodé, en trahissant les idéaux de ceux qui prétendent lutter contre les injustices d'Israël. Remonte à la cause au lieu de t'en tenir à la clause! Il est légitime de dénoncer les crimes d'Israël. Si l'on veut vraiment empêcher Israël de poursuivre son action dévastatrice et sanguinaire, à Gaza et ailleurs, il convient d'identifier son mode de fonctionnement, en particulier sa mentalité. Il convient de désamorcer le jeu des factions et de ne pas réduire la problématique à des querelles de nations.

Koffi Cadjehoun 

1er mars

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Koffi_Cadjehoun.260210.htm


n°516 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine. - 10-03 - : Suite. : - Torture, mensonges et vidéo

n°516 - Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine. - 10-03 - : Suite. : - Torture, mensonges et vidéo


 

L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources             



Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine

n°516 du 12-03

C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire

1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

1-3 Luc Delval : L'Europe comme elle va

1-4 Judy Dempsey : Les relations d’Angela Merkel avec Israël empêchent la solution du conflit au Proche-Orient.

1-5 Une barricade n’a que deux côtés.

1-6 James Petras : Les assassinats politiques par le Mossad soulèvent des questions politiques.

1-7 Gilad Atzmon : Pourquoi faut-il autant d'agents du Mossad pour étouffer un Palestinien avec un oreiller ?

1-8 Uri Avnery : Dubaï, une opération d’Etat voyou dommageable à Israël.



1-3 Luc Delval : L'Europe comme elle va

Le 19 février dernier, Barbara Delcourt, professeur au département de Sciences Politiques de l'Université Libre de Bruxelles, était l'invitée du Centre culturel arabe en Pays de Liège, dans les locaux de l'ULg.

Elle y présentait un travail d'analyse de discours auquel elle s'est livrée, concernant les prises de position de l'Union Européenne dans le conflit israélo-palestinien.

Première conclusion, étayée par des exemples indiscutables : la soi-disant "équidistance" de l'Europe des 27, qui prétend se situer "à mi-chemin" entre israéliens est palestiniens, n'est que de la poudre aux yeux, et les positions adoptées ne tiennent ni face aux droit international (quelle que soit la branche de celui-ci à laquelle on se réfère) ni bien souvent face à la simple logique. On n'en sera guère étonné, hélas.

Barbara Delcourt met en évidence une autre évolution très préoccupante de la politique européenne, dans le sillage tracé par les Etats-Unis et Israël : la négation du "droit de résistance" des peuples colonisés ou sous domination étrangère. L'Assemblée générale des Nations-Unies a pourtant consacré depuis de nombreuses années le principe qui veut qu'est légitime "la lutte des peuples pour leur indépendance, leur intégrité territoriale et leur unité nationale et pour se libérer dela domination coloniale et étrangère par tous les moyens à leur disposition, y compris la lutte armée". Celle-ci n'est certes pas un idéal à atteindre, mais c'est un droit. C'est aux intéressés de juger s'ils doivent s'en servir et comment.

Il conviendrait de le rappeler avec insistance aux dirigeants européens qui, en notre nom, prétendent le mettre à mal par toutes sortes de détours. On ne peut en effet se dispenser de mettre la démonstration du Pr Delcourt en relation avec les informations qui démontrent que l'Union européenne finance généreusement la recherche israélienne en matière d'armement. On ne peut davantage faire abstraction du fait que, selon des données récentes (mais officieuses  - LLB du 23 février 2010) la Belgique (et singulièrement la Wallonie) exporte de plus en plus d'armes : pour plus d'un milliard d'Euros en 2009 !

Luc Delval

26 février 2010,

Voici les vidéos que j'ai tournées lors de cette conférence de Barbara Delcourt :

voir sur le site original: http://www.lesdoigtsdanslacrise.info/index.php?post/2010/02/26/Double-standard-revival

http://www.lesdoigtsdanslacrise.info/index.php?post/2010/02/26/Double-standard-revival


1-4 Judy Dempsey : Les relations d’Angela Merkel avec Israël empêchent la solution du conflit au Proche-Orient. Angela Merkel, qui revendique être la plus sioniste des chanceliers allemands, mène à titre personnel une politique de soutien sans condition à l’Etat d’Israël en contradiction avec la position officielle de son pays en faveur d’une paix équilibrée entre Palestiniens et Israéliens.

Cette attitude paralyse l’Union européenne au Proche-Orient, observe la correspondante à Berlin du « New York Times ».

Il existe quelques thèmes de politique étrangère dont Angela Merkel n’aime pas parler.

L’un, c’est l’Afghanistan.

L’autre c’est le conflit israélo-palestinien, comme on a pu l’observer de nouveau lors de la conférence de presse qu’elle a tenue avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou le 18 janvier à Berlin [1]. Interpellée sur la question de la politique israélienne des colonies et le blocus de Gaza, elle a minimisé le problème : « Il serait temps de relancer le processus de paix » – puis elle a abordé le sujet suivant.

Des responsables du gouvernement allemand trouvent très difficile de critiquer Israël, parce que l’Allemagne porte la responsabilité de l’holocauste et à cause du devoir moral que le pays s’est imposé en faveur de l’existence de l’Etat d’Israël. Cela vaut surtout pour Mme Merkel qui voudrait nouer une relation plus étroite avec Israël. La position de la chancelière a rendu plus difficile encore la tâche de l’Union européenne de s’exprimer d’une seule voix au Proche-Orient.

Mais la ligne politique de Mme Merkel est incohérente. Fin 2005, lorsqu’elle a été élue chancelière pour la première fois, elle a mis en avant les droits de l’homme et la paix. Elle a critiqué la politique chinoise concernant les droits de l’homme et en 2007 elle a pris la décision très controversée de rencontrer à la chancellerie fédérale le Dalai Lama. La Chine l’a mise en garde contre les conséquences sérieuses qui en découleraient, par exemple de suspendre des contrats économiques très lucratifs. Mais à part l’annulation de quelques réunions à un échelon supérieur, il n’y a eu que peu de réactions.

Lorsque Mme Merkel a rencontré quelques organisations non gouvernementales que Vladimir Poutine avait essayé d’interdire, les relations entre Berlin et Moscou se sont refroidies. C’était tout.

Mais en ce qui concerne le Proche-Orient, Mme Merkel n’a montré que peu d’intérêt pour les conditions de vie misérables des Palestiniens de la bande de Gaza, pour les colonies israéliennes et pour la politique répressive d’Israël. Des députés allemands et des analystes politiques disent que de tous les chanceliers de l’après-guerre, c’est Mme Merkel qui est la plus engagée en faveur d’Israël.

« La chancelière est extrêmement proche d’Israël », a déclaré le député conservateur Ruprecht Polenz, président de la Commission des Affaires étrangères du Bundestag. Si proche qu’on n’a pas entendu Mme Merkel critiquer les bombardements israéliens de Gaza fin 2008 qui ont coûté la vie à un grand nombre de civils. C’est tout à fait à l’opposé de sa prise de position lorsque les autorités iraniennes ont agi avec violence contre l’opposition qui dénonçait la falsification de l’élection présidentielle. A cette occasion, elle a été l’un des seuls chefs d’Etat qui a critiqué publiquement le régime, et elle a même demandé une réélection.

M. Polenz estime que chaque chancelier allemand est responsable de défendre Israël à cause de l’holocauste. « Nous ne sommes pas neutres » déclare-t-il lorsqu’il s’agit de l’attitude de Berlin face au Proche-Orient, « mais cela ne signifie pas que nous n’avons pas le droit de faire part de notre opinion à nos amis israéliens. »

Avec Mme Merkel c’est différent. En tant que chancelière elle s’est fixé elle-même trois priorités : de meilleures relations avec les USA, une relation beaucoup plus étroite avec Israël et l’intégration au sein de l’Union européenne. Ces thèses seraient, d’après Gerd Langguth, professeur de sciences politiques à l’université de Bonn et biographe de Merkel, « ce à quoi Mme Merkel croit profondément. »

Suite à la crise financière mondiale, les relations de la chancelière avec le président Barack Obama se sont détériorées, d’autant plus que les USA ont ouvertement critiqué l’Allemagne de ne pas en faire assez pour endiguer la crise. En ce qui concerne l’intégration de l’Union européenne qui dépend de la coopération de la France et de l’Allemagne, rien n’a changé. Mme Merkel et le président français Nicolas Sarkozy n’ont lancé aucune nouvelle initiative qui aurait mieux unifié l’Europe afin de la rendre plus crédible en tant qu’acteur mondial. Par ailleurs, Mme Merkel a souvent préféré les intérêts allemands aux intérêts européens.

Israël reste son seul succès. « Mme Merkel a une relation émotionnelle avec Israël et avec le peuple juif », estime M. Langguth. Mme Merkel a choisi sa propre voie face à Israël avec lequel elle poursuit sa politique de « relation spéciale », [2] même après les bombardements de Gaza. S’opposant aux conseils de diplomates allemands, Mme Merkel, en même temps présidente de l’Union chrétienne-démocrate conservatrice fidèle à Israël, a appelé Israël un « Etat juif » dans le traité de coalition avec les démocrates libres en octobre dernier. Les Israéliens étaient ravis. « C’est le but de notre politique de faire reconnaître Israël comme un Etat juif par les autres Etats », a expliqué Efraim Inbar, directeur du Begin-Sadat Center for Strategic Studies