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21/02/2010

n°473 - Les Dossiers 'Géopolitique et Stratégie' d'Irak - 20/02 - : - Fin :- ''Les Etats-Unis, une Maison de fous, Obama incompétent et dépassé''.


n°473 - Les  Dossiers 'Géopolitique et Stratégie' d'Irak - 20/02 - : - Fin :-  ''Les Etats-Unis, une Maison de fous, Obama incompétent et dépassé''.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme,

 L’information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre


Les  Dossiers 'Géopolitique et Stratégie' d'Irak

n°473                           20/02/10

C.De Broeder      &       M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

2 Annexe

2-1 Ernesto Carmona : Les nouvelles les plus importantes censurées par les multinationales de presse aux Etats-Unis.

2-2 William Bowles : Bilderberg de tous les pays, unissez-vous!

2-3 Gilles Munier : Le retour de la franc-maçonnerie en Irak.



2 Annexe

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

2-1 Ernesto Carmona : Les nouvelles les plus importantes censurées par les multinationales de presse aux Etats-Unis.

Qu'est-ce que le « Projet censuré » ?

Santiago, le 9 février 2010

Le Réseau Voltaire débute la publication en feuilleton d’articles primés aux Etats-Unis par le centre d’études de l’Université Sonora State (Californie), « Projet censuré ».

Notre collaborateur Ernesto Carmona, secrétaire exécutif de la Commission d’enquête de la Fédération latino-américaine des journalistes (FELAP) sur les attentats commis contre des journalistes, présente ici le sens et l’importance de cette recherche.

Pour mieux comprendre comment est né et s’est développé le « Projet censuré » aux Etats-Unis, il faut remonter un peu en arrière, plus exactement aux temps du fameux scandale du Watergate, qui a abouti à la démission forcée du président Richard Nixon, en 1974. Cet épisode largement controversé a conduit de nombreux citoyens états-uniens à soupçonner que l’information véridique leur était cachée. Le professeur Carl Jensen, de l’université Sonora State (Californie) fut alors un des champions de l’incrédulité. Il mobilisa ses connaissances de sociologue pour enquêter pour son compte sur les réalités qui avaient donné lieu au scandale du Watergate. Tout indiquait que le gouvernement républicain avait dirigé une opération d’espionnage contre le siège du Parti démocrate, au Centre d’affaire du Watergate, à Washington D.C.

Tout comme le président du Guatemala a découvert tout récemment que sa maison et ses bureaux étaient surveillés à l’aide de micros et de caméras cachés, les démocrates de Washington découvrirent que cinq « plombiers » en apparence innocents étaient des espions au service de Nixon et de la Maison-Blanche. Ils n’avaient posé que des micros parce que les caméras vidéo miniaturisées n’avaient pas encore été inventées.

Le 30 avril 1973, le président Nixon reconnut la responsabilité partielle du gouvernement et destitua les fonctionnaires les plus compromis, mais l’année suivante, le 9 août 1974, il dut abandonner la présidence. Pourtant, malgré l’ampleur du scandale et l’avalanche de best-sellers publiés alors, les grands médias ont continué de jeter un voile pudique sur les nombreuses informations qu’ils détenaient.
Carl Jensen, professeur émérite de sociologie des médias à l’université Sonora State de Californie, fondateur de « Projet censuré »

Nombreux étaient les Etats-uniens qui soupçonnaient la grande presse commerciale de ne pas dire toute la vérité. A l’époque, le chercheur universitaire Carl Jensen se mit à travailler, avec un petit groupe d’étudiants et de professeurs de la faculté de sociologie de son université sur les nouvelles les plus significatives que la « grande presse » [1] avait cachées aux citoyens de la nation.

C’est ainsi qu’est né le Projet Censuré, dont le premier rapport a été rendu public en 1976. A ce jour, une équipe d’étudiants et de chercheurs continue de s’acquitter de cette tâche titanesque et importante, mue par la conviction que la société civile doit être informée de ce que lui cache la grande presse commerciale, au nom d’intérêts déterminés. Plus récemment, le Projet Censuré a choisi de faire appel à la coopération de citoyens anonymes qui participent, chaque année, à la sélection, parmi plusieurs centaines de « grandes nouvelles censurées », des vingt-cinq articles journalistiques les plus révélateurs. Jensen a pris sa retraite, mais il fait encore partie du jury de sélection. Le projet est aujourd’hui dirigé par le sociologue Peter Phillips.

Le Projet Censuré est lui aussi… censuré

Peter Phillips, professeur de sociologie des médias à l’université Sonora State de Californie,
ancien directeur de « Projet censuré ».

Le Projet Censuré publie tous les ans un livre d’environ 500 pages qui aborde des thèmes de la plus haute importance à l’échelle mondiale, ceux-là même que les pouvoirs impériaux entendent soustraire à l’attention de l’immense public consommateur d’informations. Si une nouvelle ne paraît pas dans les grands médias des Etats-Unis, on ne la trouvera pas non plus dans le système mondial de l’information contrôlé par les transnationales de l’information qui répondent aux intérêts de Washington et de ses alliés. De grands quotidiens comme The New York Times et The Washington Post, des stations de radio comme Clear Channel Communications, et de télévision comme CNN et Fox News, ainsi que les principales agences de presse, forment une toile médiatique universelle qui a le pouvoir de décider de quelles banalités doit être informée la population de la planète et des faits cruciaux qu’elle doit ignorer.

Les nouvelles que les grands groupes médiatiques des Etats-Unis ont décidé d’escamoter sont aussi dissimulées aux citoyens du monde, ne serait-ce que par l’omission choisie par les grands monopoles de la presse et de la télévision qui exercent le contrôle de l’information à travers le monde. Ce qui n’a pas pu sortir sur CNN ou d’autres grandes chaînes d’information ne sortira pas sur les chaînes des autres pays, y compris celles de notre tiers monde ; c’est pourquoi la censure et la désinformation atteignent, pour des motifs différents, des pays comme Cuba, le Venezuela, la Bolivie, l’Equateur et bien d’autres qui souhaiteraient sans nulle doute accéder à ces informations mais n’ont pas le moyen de les connaître ni de les recevoir tant qu’elles ne sont pas fournies par les systèmes mondiaux d’information.

Le sociologue Peter Phillips estime qu’« aux Etats-Unis, la propriété des médias se concentre entre si peu de mains que les nouvelles compromettant les puissants ne sont pas divulguées. L’équipe qui dirige le Projet Censuré rassemble chaque année des centaines de « nouvelles censurées » par les grands médias, mais publiées dans des médias indépendants, de petites publications, des sites Web, des émetteurs de radio, des journaux syndicaux, des publications étrangères, etc.

Le processus de sélection et de vérification s’étend sur une année académique. Plusieurs jurys successifs choisissent les 25 travaux journalistiques qui, une fois préparés pour publication dans le livre-rapport annuel, sont mis à jour par les auteurs. Il s’y ajoute une synthèse des travaux ayant mérité une « mention honorable ».
Benjamin Frymer, maître de conférence en sociologie des médias à l’université Sonora State de Californie, actuel directeur du « Projet censuré »

Toutefois, on trouve de moins en moins d’allusions, dans la presse, à ce travail de recherche. Un journaliste de télévision autrefois célèbre, Walter Cronkite, en arriva à affirmer, en 2003, que « le Projet censuré est une des organisations qu’il nous faut écouter, parce qu’elle veille à ce que nos journaux et nos grands médias pratiquent un journalisme éthique et prudent ». Selon Phillips, le New York Times n’a jamais fait mention du Projet censuré. « Nous avons eu une seule fois l’honneur du Chicago Tribune parce qu’il y a deux ans, avant le décès de la célèbre journaliste Moly Ivins, elle avait commenté notre travail dans sa colonne habituelle. Le journal local de notre région californienne, qui est aussi la propriété du New York Times, a publié récemment, de mauvaise grâce, la liste de nos nouvelles… dans la rubrique nécrologique. Nous avons eu une seule fois les honneurs de la première page dans le journal régional lorsque nous avons publié les réflexions d’un physicien qui démontrait que l’immeuble n° 7 annexe aux tours jumelles ne pouvait pas s’être écroulé pour cause d’incendie lors des attentats du 11 septembre 2001.Naturellement, l’article était foncièrement négatif », ajoute Phillips [2]

Selon Phillips, « les médias cmmerciaux des Etats-Unis sont de la simple propagande, de la première à la dernière ligne, et se refusent à enquêter sur les pires hypocrisies qui se manifestent dans notre pays, comme les fraudes électorales de 2000 et de 2004, ou les 1,2 million d’Irakiens qui ont été tués depuis l’occupation, ou l’augmentation de 300 % des bénéfices tirés de l’occupation de l’Irak par des entreprises comme Lockheed Martin Corporation, et les profits juteux que des transnationales comme Halliburton (pour n’en citer qu’une) tirent de la guerre.

Censure ou mensonge

Non seulement les grands médias taisent certaines nouvelles, mais ils s’appliquent à déformer les événements jour après jour. Leur but est de tenir l’opinion publique dans l’ignorance ou de lui inculquer des idées fausses à coups de fausses nouvelles. Par exemple, la Géorgie a été transformée de pays agresseur en pays agressé, après l’échec de sa tentative d’annexion par la force de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, le 8 août 2008, avec le soutien secret de l’OTAN et des Etats-Unis, alors que le monde entier avait les yeux rivés sur les Olympiades de Beijing.

Les actes des gouvernements du Venezuela, de Cuba, de Bolivie, d’Equateur et d’autres pays sont déformés systématiquement. Le chercheur états-unien Justin Delacour affirme qu’« après avoir révisé les pages d’opinion des vingt-cinq journaux les plus importants des Etats-Unis sortis pendant les six premiers mois de 2005, on constate qu’environ 95 % des articles portant sur la politique du Venezuela sont clairement hostiles au président démocratiquement élu de ce pays, Hugo Chavez Frias ».
Ernesto Carmona, secrétaire exécutif de la Commission d’enquête de la Fédération latino-américaine des journalistes (FELAP) sur les attentats commis contre des journalistes, est responsable en Amérique latine de « Projet censuré ».

Il ajoute que « les pages d’opinion citées présentent le président du Venezuela comme un démagogue et un autocrate et défigurent les résultats de la politique intérieure et extérieure de son gouvernement. Ces articles omettent tout bonnement que le gouvernement du Venezuela bénéficie d’un solide soutien populaire, comme le prouve la victoire écrasante de Chavez au référendum présidentiel d’août 2004 et d’autres enquêtes plus récentes. On ne publie pratiquement jamais les commentaires d’analystes qui sympathisent avec les politiques du gouvernement Chavez de massification de l’éducation, de la santé, de subvention des denrées alimentaires, de micro-crédits accordés aux secteurs pauvres du pays. » [3]

La presse états-unienne ignore et déforme l’histoire réelle des cinq Cubains (connus à l’échelle internationale comme « Les Cinq » ou « The Five »), emprisonnés depuis plus de dix ans sous une fausse accusation d’espionnage, sans que les chefs d’accusation aient été prouvés ni qu’un seul élément du dossier démontre qu’ils aient mis en danger la sécurité de l’Empire. Ce sont bel et bien des prisonniers politiques, et ils sont en prison pour avoir infiltré la mafia terroriste du Sud de la Floride, afin de réunir de l’information sur leurs plans d’agression et de sabotages contre Cuba, comme les attentats à la bombe contre des hôtels accueillant les touristes étrangers. Autrement dit, les Cinq sont des combattants antiterroristes sanctionnés dans un pays qui voudrait se faire passer pour le champion du monde de la guerre contre le terrorisme et qui, sous ce prétexte, légitime la torture des prisonniers et envahit l’Afghanistan et l’Irak.

Dans leur ouvrage La fabrication du consentement [4] Noam Chomsky et Edward S. Herman indiquent que la propriété privée pose une sorte de filtre entre les événements et leur publication dans les médias, ceux-ci cherchant avant tout à augmenter leurs profits, à protéger le marché capitaliste, à éviter toute offense aux puissants et à cultiver l’incrédulité face à toute presse indépendante, rappelle Phillips. « Le panorama actuel a changé par rapport à celui que brossaient ces deux auteurs il y a vingt ans : les vingt grands groupes qui possédaient les médias sont maintenant dix. Les directeurs des médias peuvent se réunir dans un petit salon : il s’agit de 180 personnes, au total, qui influencent toute la gamme des médias nationaux », ajoute le sociologue. [5]

Phillips signale que « les directeurs et les propriétaires des médias partagent leur identité avec les puissants. Leur idée de ce qui fait la nouvelle est déterminée par un arrière-plan culturel, et ils partagent le même point de vue sur ce qui est ou n’est pas une nouvelle. Les journalistes, quant à eux, écrivent pour être publiés, pour sortir à l’antenne ou sur les ondes de la télévision. Si leur point de vue ne coïncide pas avec celui des propriétaires, leurs travaux aboutiront aux oubliettes et les portes des médias, des grands médias des Etats-Unis, leur seront irrémédiablement fermées.

Ernesto Carmona,

Journaliste et écrivain chilien. Administrateur du Conseil des journalistes du Chili. Secrétaire exécutif de la Commission d’enquête sur les attentats contre les journalistes, Fédération latino-américaine des journalistes (CIAP-FELAP).

[1] Nous entendons par « grande presse » les conglomérats de quotidiens, revues, stations de radio et chaînes de télévision qui formaient alors le système d’information des Etats-Unis. La propriété en était moins concentrée qu’aujourd’hui, mais en fin de comptes, les mêmes compagnies qui ont fusionné au fil de ces vingt dernières années pour former les dix méga-conglomérats ont fait de l’information une branche de l’industrie des loisirs, au même titre que les revues sportives, la production de films, la diffusion en salle de cinéma. Les grands quotidiens, les stations de radio et les chaînes de télévision en font partie.

[2] Colloque avec Peter Phillips, Institut international de journalisme « José Martí », 14 mai 2008, La Havane, Cuba.

[3] Justin Delacour, « Existe-t-il un lien entre le gouvernement et la presse des Etats-Unis ? » Ministère du Pouvoir populaire pour la communication et l’information, mars 2008, Caracas, Venezuela.

[4] Manufacturing Consent : The Political Economy of the Mass Media, par Edward S. Herman et Noam Chomsky (Vintage, 1998). Version française : La fabrication du consentement : De la propagande médiatique en démocratie (Agone, 2008).

[5] Conférence de Peter Phillips, Institut international de journalisme « José Martí », 12 mai 2008, La Havane, Cuba.

Ernesto Carmona,

Source : Réseau Voltaire
http://www.voltairenet.org/...

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Ernesto_Carmona.090210.htm


2-2 William Bowles : Bilderberg de tous les pays, unissez-vous!

« Dans l’Irak de l’après-guerre, employez les forces militaires pour garantir les intérêts vitaux des États-Unis et non pour bâtir une nation. » (Fondation Heritage).
Et, au cas où vous n’auriez pas encore tout à fait compris, un document de la même Fondation Heritage, daté du 25 septembre 2002, nous disait encore : « Protégez les infrastructures énergétiques de l’Irak contre les sabotages internes ou les attaques extérieures afin de restituer l’Irak aux marchés mondiaux de l’énergie et faire en sorte que les marchés de l’énergie américains et mondiaux aient accès à ses ressources. » [
1]     
Toute autre affirmation dans la presse traditionnelle ou dans la presse officielle n’est que propagande ou mensonge. Un point, c’est tout.

De quoi faire tourner les rouages du capitalisme

Le moment crucial où le pétrole a fini par occuper le centre de la scène se situe au début du 20e siècle, lorsque les flottes maritimes des empires les plus puissants de la planète, celles de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne, ont cessé de brûler du charbon pour adopter le pétrole. Dès lors, les destinées de la Perse et du monde arabe allaient occuper définitivement le centre des ambitions impérialistes de l’Occident au point qu’à présent, nous vivons (et mourons) toujours avec les retombées de ces ambitions. Les exemples les plus actuels sont la Palestine et l’Irak et nous ne parlons pas des deux guerres mondiales au cours desquelles la lutte pour le pétrole et son contrôle fut au centre des préoccupations de tous les belligérants.

« Toutefois, on a rarement discuté le fait que, bien avant 1914 déjà, les objectifs géopolitiques stratégiques de la Grande-Bretagne comprenaient non seulement l’écrasement de sa plus grande rivale industrielle, l’Allemagne, mais, via les conquêtes de la guerre, l’acquisition d’un contrôle britannique sans conteste sur cette matière précieuse qui, en 1919, s’est révélée comme la matière première stratégique du développement économique à venir – le pétrole. » —

« A Century of War » (Un siècle de guerre), F William Engdahl, p. 38. [2]    
Le pétrole a étendu le rayon d’action des navires de l’empire en leur permettant de faire le tour du monde sans avoir besoin de refaire le plein, ce qui a permis à la marine britannique de s’assurer le contrôle complet des océans et des routes commerciales de la planète. L’un des objectifs de la Première Guerre mondiale fut de refuser à l’Allemagne l’accès aux gisements de pétrole récemment découverts dans ce qui est l’Iran actuel. Cela voulait dire contrôler l’accès au Moyen-Orient, où la mainmise britannique sur le canal de Suez (« volé » aux Français) finit par déterminer la destinée du peuple de la Palestine et, de fait, de la totalité du Moyen-Orient.
Naturellement, le pétrole n’est qu’une composante mais, sans lui, rien d’autre ne fonctionne, et surtout pas une armée mécanisée. Sans pétrole, rien de ce dont le monde moderne dépend ne fonctionne.

« L’Energy Bulletin du 17 février 2007 détaillait la seule consommation de carburant des avions, navires, véhicules terrestres et installations diverses du Pentagone, ce qui en fait le plus gros organisme consommateur de pétrole dans le monde. À l’époque, la marine de guerre américaine avait 285 navires de combat et de soutien et quelque 4.000 avions opérationnels. L’armée de terre américaine disposait de 28.000 véhicules blindés, de 140.000 engins roulants à mobilité élevée et à usages divers, de plus de 4.000 hélicoptères de combat, de plusieurs centaines d’avions à géométrie fixe et de 187.493 autres véhicules roulants. À l’exception de 80 sous-marins et porte-avions nucléaires, qui répandent une pollution radioactive, tous les autres véhicules du Pentagone fonctionnent au pétrole. » [3]   
Les médias traditionnels voudraient vous faire croire que toute personne qui s’écrie « Pétrole ! » quand on il est question de l’Irak est une espèce de barjo, du genre prétendant avoir été kidnappé par des extraterrestres, ou pas moins qu’un partisan des théories du complot.

En 2003, quand les Américains et les Britanniques ont envahi l’Irak, j’ai été frappé par les plaidoyers désespérés de la presse traditionnelle pour dire que l’invasion n’avait rien à voir avec le pétrole et accuser ceux qui prétendaient que le pétrole avait tout à voir avec l’invasion d’être de stupides partisans de la théorie du complot vivant sans nul doute dans la fameuse zone 51.

« Les théories de la conspiration abondent (…).

D’autres prétendent qu’elle a été inspirée par le pétrole (…).

Cette théorie est une absurdité de dimension. » — The Independent, 16 avril 2003.
Par contre, les compagnies pétrolières n’étaient pas les dernières à se bousculer au portillon à propos du rôle central du pétrole dans l’invasion de l’Irak, en se faisant l’écho de ce qui se disait du côté de la Fondation Heritage :

« Je dirais que les compagnies pétrolières américaines en particulier (…) attendent beaucoup de la perspective de voir l’Irak s’ouvrir aux affaires [après le renversement de Saddam] », déclare un cadre de l’une des plus grandes compagnies pétrolières de la planète.

« Ce qu’ils [les néo-conservateurs de l’administration Bush] envisagent, c’est une dénationalisation, après quoi ils partageront le pétrole irakien entre les compagnies pétrolières américaines (…). Nous reprenons l’Irak, y installons notre régime, produisons du pétrole selon les possibilités maximales et disons à l’Arabie saoudite d’aller au diable. »  – James E. Akins, ancien ambassadeur des États-Unis en Arabie saoudite.

« Cela va probablement sceller la fin de l’OPEP. » – Shoshana Bryen, directrice des projets spéciaux du JINSA (Institut juif des questions de sécurité nationale), qui ajoute : « Après la chute de l’Irak et la privatisation de son pétrole, ce sera chose faite. »

« Les compagnies américaines vont tirer le gros lot, avec le pétrole irakien. » – Ahmed Chalabi, dans The Washington Post.

Dans « The Future of a Post-Saddam Iraq: A Blueprint for American Involvement » (L’avenir d’un Irak après Saddam : un plan pour l’engagement américain), une série de documents de la Fondation Heritage élaborent un plan de privatisation du pétrole irakien et du reste de l’économie du pays. [4]
S’agit-il d’une conspiration ? En fait, cela dépend du sens que vous donnez à ce mot. Les définitions du dictionnaire anglais sont les suivantes :

    1. Action de conspirer.
    2. Un plan malveillant, illégal, traître ou clandestin fomenté en secret par deux ou plusieurs personnes.
    3. Une réunion de personnes dans un but secret, illégal ou malveillant.
    4. Juridiquement : un accord entre deux ou plusieurs personnes prévoyant de commettre un délit, un acte frauduleux ou tout autre acte répréhensible.
    5. Tout concours de circonstance dans une action, toute combinaison visant à faire apparaître un résultat escompté.

J’aurais pensé que, collectivement, tout concordait, dans la description de l’invasion de l’Irak. Après tout ce que Bush et Blair avaient mijoté pour tromper le monde en fabriquant des preuves de la présence en Irak d’armes de destruction massive (ADM), afin de justifier l’invasion normalement illégale du pays. Ils ont conspiré (avec d’autres) pour détruire un pays et voler ses ressources. Il s’agit donc bien d’une conspiration.

Cela dit, il y a ceux qui vont beaucoup plus loin en affirmant qu’il y a une conspiration mondiale remontant à au moins cent ans et réunissant les classes politiques des États-Unis et du Royaume-Uni qui, en compagnie des puissantes banques et des grands conglomérats de l’énergie, a toujours cherché à contrôler la planète, ses ressources, ses marchés et sa main-d’œuvre. Mais s’agit-il d’une conspiration ou tout simplement de l’impérialisme faisant ce qu’il fait le mieux : piller, assassiner et coloniser ?

En d’autres termes, avons-nous besoin d’une conspiration pour expliquer les événements ?

D’autant qu’il s’agirait d’une conspiration remontant à un siècle au moins ?

Cela ne change rien à l’affaire : nous sommes toujours confrontés aux mêmes forces.

La question adéquate est celle-ci : Pourquoi les médias traditionnels privés ou publics insistent-ils sur le mot « conspiration » pour semer la dérision sur toute personne mettant en question l’orthodoxie en vigueur ? La réponse est tout de suite évidente : le mot « conspiration » a été déformé afin de lui faire signifier, non pas ce qu’en dit le dictionnaire, mais tout ce qui pourrait contredire les raisons avancées par nos maîtres politiques sur le pourquoi des événements qui se produisent.

L’histoire est truffée de toutes sortes de conspirations entre États et/ou sociétés, de l’incendie du Reichstag à la provocation du golfe du Tonkin ou au renversement par la CIA et ITT d’Allende au Chili, ou encore aux ADM inexistantes de l’Irak. D’où le besoin de dissocier le pétrole de l’affaire Irak/Iran/Afghanistan, au cas, précisément, où des gens en viendraient aux justes conclusions quand aux raisons profondes de certaines choses qui se passent.

Par conséquent, on mutile le langage afin de servir les objectifs de la classe patronale et l’opération reçoit un coup de main de la part des fanas de la conspiration réelle qui voient toute chose comme une conspiration, remontant parfois des siècles en arrière et impliquant des cabales secrètes de l’une ou l’autre espèce. Le fait de rattacher la gauche à cette bande sert à déprécier nos arguments et il ne fait aucun doute que voilà l’objectif réel de la chose.

Il ne fait aucun doute non plus que la classe du crime international noue des contacts, intrigue et planifie. C’est précisément ce à quoi sert le Council on Foreign Relations (CFR), tout comme Chatham House (l’Institut royal des affaires internationales), son équivalent britannique. Les deux organisations ont été mises en place dès les premières décennies du 20e siècle en tant que renforcement de l’« Alliance anglo-saxonne ». Un survol des membres du CFR illustre le fait que les principaux gouvernements occidentaux sont tous, effectivement, des serviteurs du Grand Capital.

À l’instar du groupe Bilderberg, composé de « capitaines d’industrie » internationaux et de décideurs clés des classes politiques des principaux États capitalistes. Mais s’agit-il bien d’une conspiration ? À un certain niveau, non. Après tout, il est absolument légitime que les classes dirigeantes planifient et organisent. Et c’est pourquoi Washington DC craquent aux entournures avec toutes ces « Fondations » et « Commissions d’experts ». Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, des milliards de dollars des finances publiques et privées ont été versés dans ces organisations.

Leur objectif ? Propager le « libre marché » et contrer toute opposition par des moyens légaux ou tordus.

« (…) les hommes les plus puissants du monde se sont rencontrés pour la première fois » à Oosterbeek, aux Pays-Bas [il y a plus de cinquante ans], « ont débattu de l’avenir du monde », et ont décidé de se rencontrer chaque année en secret. Ils se sont appelés eux-mêmes le Groupe Bilderberg, dont les membres représentent le gratin des élites du pouvoir mondial, venues généralement d’Amérique, du Canada et de l’Europe occidentale. Ils portent des noms familiers comme David Rockefeller, Henry Kissinger, Bill Clinton, Gordon Brown, Angela Merkel, Alan Greenspan, Ben Bernanke, Larry Summers, Tim Geithner, Lloyd Blankfein, George Soros, Donald Rumsfeld, Rupert Murdoch, d’autres chefs d’État, des sénateurs influents, des membres du Congrès et des parlementaires, des huiles du Pentagone et de l’Otan, des membres des monarchies européennes, des gens des médias triés sur le volet et d’autres personnes, invitées – comme si de rien n’était, par de simples notes, comme Barack Obama et ses collaborateurs les plus importants. » — « The True Story of the Bilderberg Group » (La véritable histoire du groupe Bilderberg), par Daniel Estulin. [5]
Il est clair que le capitalisme moderne a évolué, en quelques générations qui se chevauchent, avec toute l’apparence d’une conspiration dans le sens le plus large du terme et dans toute sa sophistication : il emploie une immense armée d’agents comprenant des éléments clés des médias et des universités, des gens du monde des affaires, des décideurs à la fois à l’intérieur et à l’extérieur des gouvernements. Une « conspiration » pour maintenir le capitalisme en tant que seule modèle autorisable de société, mais comment pourrait-il en être autrement ?  Les enjeux sont simplement trop importants et, pour le prouver, il nous suffit de voir comment cette puissante élite internationale de gens du monde des affaires, des gouvernements et des médias a conspiré pour liquider le COP15 [le sommet de Copenhague, 15e du genre] sans tenir compte le moins du monde des conséquences que cela entraînerait.

Les liens de famille, d’éducation et d’affaires – avec l’État en tant que « médiateur » – ont créé ce qui est devenu aujourd’hui un réseau international mettant en rapport les classes dirigeantes des États capitalistes les plus puissants. Voilà pourquoi ils ont un Groupe Bilderberg, c’est l’endroit où les magnats des affaires, la classe politique, les médias sélectionnés et les universitaires peuvent se rencontrer et formuler les stratégies et les tactiques nécessaires dans un monde où les communications, aujourd’hui, se font pour ainsi dire de façon instantanée. Cela ne se verra plus, des gouvernements qui produisent des déclarations non en ligne avec le « consensus », comme cela arrive encore de temps à autre, avant que l’illusion ne soit rapidement rompue.

Nous sommes dans un monde où les forces économiques dominantes sont composées de quelque deux cents sociétés importantes. Ces sociétés, de fait, font en sorte que leurs gouvernements respectifs appliquent des mesures favorables à leur survie et une prospérité croissante à leurs principaux actionnaires. La chose logique à faire pour ces sociétés est de s’allier autour de problèmes qui les affectent toutes. Je serais extrêmement surpris si le Groupe Bilderberg ou quelque chose dans le genre n’existait pas.

Et les problèmes sont aisés à comprendre. L’accès aux matières premières, leur contrôle et leur possession ; l’accès à une main-d’œuvre bon marché ; la liberté de mouvement pour le capital ; et, las but not least, la neutralisation des défis à la domination du capital où qu’ils se présentent.

Déployé contre nous, le peuple, il y a un immense appareil de contrôle et de manipulation qui comprend les fondations gouvernementales, « non »-gouvernementales, privées, les médias de l’État et les médias inféodés aux sociétés, les « loisirs et programmes d’amusement » sous toutes leurs formes merveilleuses, les commissions d’experts, les instituts et institutions, les fondations, les académies et universités, les organes officiels et officieux, à la fois nationaux et transnationaux, les associations, les ONG et les « ONG », les associations caritatives et « caritatives », tous et toutes étant lourdement subventionnés par l’État et/ou par les sociétés. Qui a besoin des « Illuminati », quand nous avons tout ce déploiement ligué contre nous ?

Notes:

1. Voir « In Post-War Iraq, Use Military Forces to Secure Vital U.S. Interests, Not for Nation-Building » (Dans l’Irak de l’après-guerre, employez les forces militaires pour garantir les intérêts vitaux des États-Unis et non pour bâtir une nation), par Baker Spring et Jack Spencer, Backgrounder #1589, 25 septembre 2002.
« L’administration devrait faire savoir clairement qu’une présence militaire américaine dans l’Irak d’après-guerre sera déployée afin de garantir les intérêts vitaux des États-Unis et non comme un exercice de prétendue construction de nation – la politique flexible de l’administration Clinton consistant à envoyer des troupes américaines dans des régions agitées où les intérêts sécuritaires vitaux des États-Unis n’étaient pas directement menacés. »

 

2. Je pense que la meilleure analyse (et la plus succincte aussi) de cette période a été réalisée par F. William Engdahl dans son « A Century of War : Anglo-American Oil Politics and the New World Order » (Un siècle de guerre : la politique pétrolière anglo-américaine et le Nouvel Ordre mondial), voir mon article sur cet ouvrage ici. Le bouquin peut s’acheter chez Pluto Books.


3.Voir « Pentagon’s Role in Global Catastrophe: Add Climate Havoc to War Crimes » (Le rôle du Pentagone dans la catastrophe mondiale : ajoutez la catastrophe climatique aux crimes de guerre), par Sara Flounders, pour des données sur la soif gigantesque de pétrole de l’armée américaine. 
Et voici la source : « US military oil pains » (Les problèmes pétroliers de l’armée américaine), par Sohbet Karbuz, Energy Bulletin, 17 février 2007. Il convient de remarquer que les chiffres utilisés dans l’article datent d’il y a deux ans et qu’ils sont loin d’être complets, puisqu’ils ne comprennent que le pétrole acheté directement par le DoD (département de la Défense). Quels que soient les chiffres, ils oscillent probablement à la hauteur de 30 milliards de dollars par an et il n’y a aucune signe de diminution à l’horizon, du moins s’il faut en croire le DoD : « Au cours de l’exercice fiscal 2005, le DESC compte acheter quelque 128 millions de barils de carburant au prix de 8,5 milliards de dollars et le carburant des avions à réaction constitue presque 70 % des achats du DoD en produits pétroliers. »
« Pour certains, toutefois, ce n’est pas assez. Du fait que la consommation en pétrole du DoD représente la première priorité absolue, il n’y aura pas de limites fondamentales aux fournitures en carburant à la DoD, et ce, durant des décennies et des décennies. » — « United States Department of Defense … or Empire of Defense ? » (Le département américaine de la Défense, ou l’empire de la Défense), par Sohbet Karbuz, 6 février 2006.


4. http://www.heritage.org/Research/MiddleEast/bg1632.cfm, http://www.heritage.org/Research/MiddleEast/bg1633.cfm


5. Voir « The True Story of the Bilderberg Group and What They May Be Planning Now » (La véritable histoire du Groupe Bilderberg et ce qu’ils peuvent bien préparer actuellement), un article de Stephen Lendman, à propos du livre de Daniel Estulin.

Traduit par Jean-Marie Flémal pour Investig'Action - michelcollon.info

Source: Strategic Culture Foundation


2-3 Gilles Munier : Le retour de la franc-maçonnerie en Irak.

La Loge Terre, Air et Mer n°1 (base de Balad)

La franc-maçonnerie est de retour en Irak.

Présente dans le pays dès la fin du 19ème siècle, au sein des organisations secrètes qui ourdissaient le renversement du sultan ottoman Abdul Hamid II, elle s’est véritablement  implantée en Mésopotamie pendant l’occupation du pays par les Britanniques.

Interdite après la révolution républicaine du 14 juillet 1958 pour collaboration avec l’ennemi, accusée d’espionnage, elle est réapparue plus ou moins ouvertement depuis avril 2003 à l’initiative des loges militaires étatsuniennes, anglaises, voire italiennes, ou des opposants regroupés par la CIA dans le Congrès National Irakien d’Ahmed Chalabi.

L’effondrement de l’Empire Ottoman sous les coups de boutoirs des Jeunes-Turcs et de leur Comité Union et Progrès - dont les dirigeants étaient liés au Grand Orient de France (GODF) ou à celui d’Italie - projeta la Mésopotamie dans l’orbite britannique.

La franc-maçonnerie qui y aurait été introduite par Youssef al-Hajj, un journaliste libanais, futur Grand maître régional, s’y est développée dès la Première guerre mondiale à l’initiative des loges de l’Armée des Indes. La première, dite Mesopotamia 3820, date de 1917, celle de Bagdad, de 1919. Dans les années 50, neuf loges opéraient en Irak pour le compte de la Grande Loge d’Angleterre, plus la Loge Faïha de rite écossais. Son interdiction, suite à l’abolition de la monarchie par le général Kassem, fut criminalisée en 1975 par le Parlement irakien qui vota une loi l’assimilant à une organisation sioniste, et on n’entendit plus parler des francs-maçons irakiens ensuite, si ce n’est parmi les monarchistes réfugiés à Londres.

Lorsque George Bush père - ancien directeur de la CIA, Souverain Grand Inspecteur Général (33°degré du Rite écossais ancien et accepté) - prit la décision d’attaquer l’Irak, il allait de soi que la franc-maçonnerie serait aussi de la partie, mais il fallu attendre la dernière guerre du Golfe pour que ses activités publiques soient connues.

Une loge dans un attaché case !

En décembre 2006, Richard Filippi, membre de la Loge du roi Salomon, a raconté dans la revue maçonnique Philaleths, sa première rencontre avec un franc-maçon irakien.

C’était en 2001, dans un ascenseur, lors d’un stage de formation organisé en Floride, pour étudier les relations que devaient entretenir les civils et les militaires dans un pays « libéré ». Des membres du Congrès National Irakien y participaient. Parmi eux, le lieutenant-colonel kurde Yarab, un opposant réfugié aux Etats-Unis après la Première guerre du Golfe.  Au cours d’une pause, l’homme avait pris l’ascenseur avec lui, bloqué l’appareil entre deux étages, et lui avait demandé: « Vous êtes l’un d’entre eux, n’est ce pas ? ». Il avait d’abord cru avoir à faire à un dingue. Ce n’est que lorsque le Kurde a montré sa main droite et le signe dessiné qu’il comprit. Il répondit « Oui », à tout hasard. Yarab, enthousiaste, lui dit : « Moi aussi, frère ! ».

Alors, ils devinrent comme des amis d’enfance, dit Filippi. Yarab lui apprit qu’il avait encore des francs-maçons en Irak, même s’il n’y avait pas de loge. Son grand-père, ancien colonel, en était un.

La première manifestation visible de la franc-maçonnerie en Irak depuis son interdiction fut la création de la Loge Terre, Air et Mer n°1 par la Grande Loge de New York, en mai 2005. Sur la base de Balad, près de Ramadi, le major Walter, son grand maître, remercia le « Grand Architecte de l’Univers » pour cet événement qui permettrait peut être, dit-il, de faire « sortir une loge irakienne de la clandestinité ». Il attend toujours ! Emulation oblige, La Lumière du Nord annonça que le « frère .˙. » Sam Lee - de la Loge Maître de Hiram 40, de Caroline du Nord - organisait des réunions maçonniques sous la tente, en plein désert. Et, dans la foulée la Grande loge du Nebraska lança le programme « Une loge dans un attaché case » (!), celle du Massachusetts, l’opération Masonic Troop Support Program (Programme de soutien aux soldats frans-maçons) tandis qu’à Bagdad, la Loge militaire Euphrate 152 (photo) se mobilisait pour lutter contre le suicide dans les forces armées. Aujourd’hui, il n’est pas rare qu’un « frère .˙. » muté dans une base en Irak ou en Afghanistan s’enquiert sur Internet pour savoir s’il y a un temple maçonnique. A lui ensuite de vérifier si la loge dont il dépend aux Etats-Unis reconnaît l’obédience qui y opère. La plupart des grandes loges sudistes, par exemple, pratique toujours la ségrégation et refuse de reconnaître celle de Prince Hall, la franc-maçonnerie noire.

Les sectes islamiques en ligne de mire

Les anciens opposants à Saddam Hussein étant trop discrédités pour recruter de nouveaux membres, les maçons étrangers approchent les « kolabos » de tous poils, militaires ou tribaux, ou potentiels : les universitaires et les notables religieux avec une prédilection pour les cheikhs des confréries soufies et des sectes chiites, en raison des concordances entre leurs rituels et secrets et ceux des obédiences maçonniques*. Les loges mères américaines espèrent attirer des nationalistes modérés proches de la résistance, comme la CIA a recruté des membres d’Al-Qaïda en Mésopotamie pour ses milices tribales. Pour les patriotes irakiens, le scénario est cousu de fil blanc. Il est en tous points identique à celui joué par la franc-maçonnerie à l’époque coloniale. Les loges s’investissent d’abord dans l’aide à l’émigration et dans l’action humanitaire, puis elles se transforment en laboratoire d’idées permettant de reconstruire la société sur des bases conformes aux intérêts de l’occupant. Le magazine Freemason Today décrivait fin 2005 les distributions de crayons et de cahiers à colorier, à Bassora, par des francs-maçons écossais et anglais poursuivis par des enfants criant : « Mister, donne moi un dollar ». Le journaliste ne cachait pas que les « frères .˙. » étaient aussi reçus par des jets de pierres. Il ne fait aucun doute que les franc-maçons irakiens devenus opérationnels risqueront, eux, tout simplement leur vie.

En 1964, conscient des menaces qui pesaient déjà sur les francs-maçons arabes, le Grand maître jordanien Fahmi Sidqi al-Amari parlait franchement d’instrumentalisation des loges par les occidentaux et Israël, expliquant à la convention mondiale de la maçonnerie, que « la maçonnerie est plurielle ; les impérialistes l’utilisent dans leur but, les  sionistes dans le leur ». Même si, à la différence des francs- maçonneries anglo-saxonnes, le Grand Orient de France s’est opposé à la dernière guerre du Golfe, c’était pour proposer de « chasser Saddam Hussein par d’autres moyens ». L’obédience française qui a joué un rôle dans l’essor des mouvements indépendantistes arabes dans l’Empire ottoman, est  dénoncée, depuis, pour son athéisme. Au Proche-Orient, par les temps qui courent, c’est rédhibitoire.

* Lire Secrets initiatiques en Islam et rituels maçonniques, Jean-Marc Aractingi et Christian Lochon (L’Harmattan, 2008).

La franc-maçonnerie arabe

La franc-maçonnerie est interdite dans les pays arabes, à quelques exceptions près. En Jordanie, depuis la mort du roi Hussein qui en était membre, elle adopte un profil bas. Elle est tolérée au Maroc avec des loges affiliées à la Grande Loge Nationale de France, et demeure très active au Liban où la plupart des obédiences occidentales sont représentées. En Egypte, proscrite par le Président Gamal Abdel Nasser après l’expédition de Suez, elle serait en voie de reconstitution.

Bien que l’influent Institut de droit islamique de La Mecque ait émis une fatwa, en juillet 1978, déclarant que la franc-maçonnerie est « un danger pour les musulmans », et traité ses membres de « mécréants », plusieurs loges opèrent en Arabie Saoudite – la plus connue est l’Etoile de l’Est - sur les bases militaires américaines, ce qui est également le cas au Koweït et au Bahreïn.

Gilles Munier

n°100 5 février 2010

La plupart des articles paraissant dans AFI-Flash sont disponibles sur :France-Irak Actualité - Cliquez sur: http://www.france-irak-actualite.com


20/02/2010

n°472 - Journal d'Irak - 30/01 au 19/02 -: Début - : - Les cicatrices ouvertes de l’occupation.

n°472 - Journal d'Irak -  30/01 au 19/02 -: Début  - : - Les cicatrices ouvertes de l’occupation.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!



Journal d'Irak

n°472                du 30/01                  au 19/02/10

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Journal d’Irak  " est visible  sur ...

sur mes blog : 

http://www.blogs.dhnet.be/categories/International.html

http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

ET SUR http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

ET Sur http://turkmenfriendship.blogspot.com/

ET Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire :

Tiré à part :

Crimes de guerre, crime contre l'humanité et génocide en Irak.

Al Qaïda n'existe pas.

Mouammar Kadhafi  invite Obama à mettre fin à la 'dictature militaire' des USA.

« Hiba », jeune blogueuse en danger.

Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge.

12-02

Des civils ont été tués dans une opération conjointe des forces américaines et irakiennes

Paroles & action du président...

Discours de B.Obama sur l'état de l'union - 2010

Lutte pour la libération du territoire

La résistance contre l'agresseur

Résistance :

1 Analyse

Des résistants

2 Occupation de l'Irak

3 Politique

1) collaborateurs Irakiens

Suite

2) occupants 

4 Libération du territoire

Détails.

L'Irak en chiffre. 

Fin

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Les Confessions d'un assassin financier.

5-2 Affaire Kelly (suite)

5-3 vidéo : Gore Vidal a livré une interview télévisée

5-4 La tentative de domestication d’Al-Jazira (2/2)

5-5 Le photographe Ibrahim Jassam relâché par l'armée US après 17 mois de détention. !!!

6 Les brèves

6-1 L'armée américaine envoie des chiens renifleurs de bombes en Irak.

6-2 Les Brèves de G.Munier.

6-3 Les brèves des Brèves.

6-4 Assis sur un gisement de pétrole

7 Dossier & Point de vue

7-1 Les cicatrices ouvertes de l’occupation.




Tiré à part :

Crimes de guerre, crime contre l'humanité et génocide en Irak.

Pour la Justice pour l'Irak : Le procureur public espagnol et le juge ont déterminé qu'il n'y a aucune raison de mener une enquête…

Déclaration sur le classement sans suite du cas juridique de l'Irak en Espagne déposé contre quatre présidents USA et quatre Premiers ministres britanniques pour crimes de guerre, crime contre l'humanité et génocide en Irak

Dimanche 7 février 2010

Les enquêtes publiques sur la décision de mener une guerre contre l'Irak qui gardent le silence sur les crimes commis, les victimes concernées, et ne prévoient pas de sanctions, quelle que soit leur issue, ne suffisent pas. Les actes illégaux doivent entraîner des conséquences: les morts et les meurtris méritent justice.
Le 6 Octobre 2009, travaillant avec et au nom de plaignants irakiens, nous avons déposé un recours devant la juridiction espagnole contre quatre présidents américains et quatre Premiers ministres du Royaume-Uni pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide en Irak. Le cas présenté couvrait 19 ans, y compris, non seulement la destruction massive dont l'Irak a été victime à partir de 2003, mais aussi la période des sanctions au cours de laquelle 1,5 million de morts irakiens de plus que le taux naturel ont été enregistrés.
Nous avons porté l'affaire devant l'Espagne car ses lois de compétence universelle sont basées sur des principes consacrés dans sa constitution. L'humanité tout entière connaît les crimes commis en Irak par ceux que nous avons accusés, mais aucune juridiction ne les traduits en justice. Nous avons présenté avec les victimes irakiennes un cas solide, s'appuyant sur des preuves contenues dans plus de 900 documents et qui se réfèrent à des milliers de cas individuels à partir desquels un système de dommages accumulés et une intention peuvent être discernés.
Lorsque nous avons présenté notre cas, nous savions que le Sénat espagnol s'apprêtait à voter un amendement antérieur adopté par la Chambre basse du Parlement, visant à limiter l'application de la compétence universelle en Espagne. Nous étions conscients que cette restriction pouvait être rétroactive, et nous avons tenu compte de la teneur de l'amendement proposé dans le cas soumis.
Comme nous l'avions imaginé, 2009 s'est avérée être une triste année pour faire respecter les droits universels de l'homme et le droit international en Espagne. Un jour après que nous ayons déposé, la loi a été restreinte, et peu après, notre cas classé sans suite. Les cas d'une gravité telle que celle ci et pour lesquels, afin d'y faire face, la compétence universelle existe, sont devenus plus difficile à enquêter.
Une juridiction de plus tombe
En dépit d'avoir soumis une accusation de 110 pages référencées (dont l'introduction est jointe à cette déclaration), le procureur public espagnol et le juge affecté à notre cas ont déterminé qu'il n'y avait aucune raison de mener une enquête. Leurs arguments étaient erronés et auraient pu facilement être réfutés si l'on avait pu faire appel. Pour ce faire, nous avions besoin d'un avocat espagnol professionnel - soit à titre rémunéré ou en tant que bénévole, qui souhaite aider le peuple irakien dans sa lutte pour la justice. Comme nous avions peu de moyens, et pour d'autres raisons qui concernent principalement les affaires internes espagnoles qui ne sont pas notre préoccupation, nous n'avons pas pu obtenir un avocat qui soit en capacité de faire appel. Notre motion pour bénéficier d'un délai afin de trouver un avocat a été rejetée.
Nous continuons à croire que la mort violente de plus d'un million de personnes en Irak depuis seulement 2003, que l'occupation en cours des États-Unis - qui portent la responsabilité juridique directe - et que le déplacement de près d'un cinquième de la population irakienne du à la terreur que l'occupation a entraîné et incité, suggèrent fortement que les accusations que nous mettons en avant doivent être davantage enquêtées.
En réalité, notre cas est un exemple de première importance de cas dont les autorités de l'Occident - y compris l'Espagne - ont peur. Pour eux, ces cas représentent le double tranchant de soutenir le principe de compétence universelle. Les États Occidentaux ont utilisé la compétence universelle dans le passé pour juger les pays du Tiers Monde. Lorsque les victimes dans le Sud global ont commencé à l'utiliser afin de juger Israël et les agressions des États-Unis, les pays occidentaux se sont précipités pour la restreindre. La tendance générale est maintenant l'abandon de la compétence universelle en la diluant.
Appel à un effort collectif plus large pour mener des poursuites
Nous regrettons que les tribunaux espagnols aient refusé d'enquêter sur notre cas, mais cela ne nous découragera pas. Nous avons une cause juste. Les crimes sont évidents. Les responsables sont bien connus même si le système juridique international continue d'ignorer les victimes irakiennes. La justice pour les victimes et le souhait de toute l'humanité que les criminels de guerre doivent être punis, nous obligent à rechercher des possibilités judiciaires alternatives, pour que les crimes commis en Irak puissent être enquêtés et la responsabilité établie.
À l'heure actuelle, la justice internationale inefficace permet à des criminels de guerre américains et britanniques de se placer au-dessus du droit international. Ayant compris que cela constitue une attaque - ou rend possible des attaques futures - sur les droits fondamentaux de tous, partout, nous continuerons à préconiser l'utilisation de toutes les voies possibles, y compris: les institutions des Nations Unies, la Cour pénale internationale et les tribunaux populaires, afin de porter l'attention sur et de traduire devant la loi et devant l'opinion morale et publique, les crimes américains et britanniques en Irak.
Nous sommes prêts à mettre notre expérience et notre expertise à la disposition de ceux qui luttent dans la même direction. Nous attendons avec impatience le moment où les pays de l'hémisphère Sud, qui sont généralement les victimes d'agression, renforceront leur système juridique par l'application du principe de compétence universelle. Ce sera un grand service à l'humanité et au droit international.
Des millions de personnes en Irak ont été tuées, déplacées, terrorisées, détenues, torturées ou appauvries sous le marteau des attaques militaires, économiques, politiques, idéologiques et culturelles américaines et britanniques. Le tissu et l'existence même du pays ont été soumis à la destruction intentionnelle. Cette destruction constitue l'un des crimes internationaux les plus graves jamais commis. L'humanité toute entière doit s'unir en refusant que le droit - en omettant d'assurer la justice pour les victimes irakiennes - permette à cette destruction d'être le précédent inaugurant le 21e siècle.
Comité ad hoc pour la Justice pour l'Irak
Contacts presse:
Hana Al-Bayaty, Comité exécutif, BRussells Tribunal
20 10 027 7964 (anglais et français)
hanaalbayaty@gmail.com
Dr Ian Douglas, Comité exécutif, BRussells Tribunal, coordonnateur, Initiative internationale pour juger le génocide en Irak
20 12 167 1660 (Anglais)
iandouglas@USgenocide.org
Serene Assir, Comité consultatif, BRussells Tribunal (espagnol)
justiciaparairak@gmail.com
Abdul Ilah Albayaty, Comité exécutif, BRussells Tribunal
33 471 461 197 (arabe)
albayaty_abdul@hotmail.com
Dirk Adriaensens, Comité exécutif, BRussells Tribunal

+32 494 68 07 62 (Néerlandais) dirkadriaensens@gmail.com

Web:
www.brusselstribunal.org
www.USgenocide.org
www.twitter.com
www.facebook.com

Sommaire des communiqués

http://www.palestine-solidarite.org:80/communique.Brussells-Tribunal.070210.htm

 

Mouammar Kadhafi  invite Obama à mettre fin à la 'dictature militaire' des USA.

 Le président libyen Mouammar Kadhafi a invité au cours d'une conférence de presse, dimanche à Addis-Abeba, en marge du 14ème sommet de l'Union africaine, le président américain Barack Obama à "libérer les Etats-Unis de l'étiquette de gendarme du monde".
Déplorant les guerres et autres conflits "alimentés" par les Etats- Unis dans certaines régions du monde, le leader libyen a exprimé sa volonté de soutenir le président américain Barack Obama dans sa "malchance de gouverner une Amérique qui se débat dans de graves problèmes engendrés par l'ancienne administration républicaine".
Il a estimé que le président Obama, "malgré les projets progressistes qu'il a proposés et son action en vue de libérer l'Amérique de l'étiquette de tuteur et gendarme du monde, a hérité malheureusement de batailles qui n'étaient pas nécessaires ni dans l'intérêt du peuple américain ni du monde".
Le guide Kadhafi a qualifié ces batailles d'injustes, de perdues d'avance et d'échecs, en citant la guerre en Irak, en Afghanistan et en Palestine.
"La guerre contre l'Irak et en Afghanistan n'a rien rapporté à l'Amérique et de ce fait, ce sont des guerres perdues depuis leur début.

L'Amérique se débat aujourd'hui dans le marécage irakien et elle est égarée dans les montagnes afghanes et n'a réalisé aucun de ses objectifs et cela représente des situations très difficiles héritées par le président Barack Obama", a déclaré le guide Kadhafi, qui a, au cours de ses propos, qualifié Obama de "mon fils" à diverses reprises.
Le leader Mouammar Kadhafi a évoqué les objectifs de la stratégie de guerre américaine contre l'Irak et dans la région du Moyen-Orient et affirmé qu'elle visait à contrer la Russie en la cernant par le Sud. "De ce fait, cette stratégie ne diffère guère des objectifs d'Hitler au cours de la Seconde guerre mondiale durant laquelle il a planifié pour encercler l'ancienne Union soviétique à partir du Sud en parallèle avec son blocus à partir du Nord à travers l'avancement par le biais des pays scandinaves", a-t-il ajouté.
Mouammar Kadhafi a vigoureusement critiqué la politique de deux poids deux mesures des Etats-Unis sur les questions des droits de l'Homme, de la démocratie et des libertés et rappelé, à ce propos, les dérives de l'armée américaine à Guantanamo.
Le président Kadhafi a enfin formulé l'espoir que le président Obama puisse mettre en oeuvre son plan de retrait de l'armée américaine de l'Irak et de l'Afghanistan.

http://www.afriquejet.com/actualites/politique/obama-invite-a-mettre-fin-a-la-'dictature-militaire'-des-usa-2010020243384.html

 

Al Qaïda n'existe pas.
On s'en doutait mais il serait temps que cela soit dit ! 
Alors qui a intérêt à entretenir ce mythe ? et surtout dans quel but ?

http://videos.senat.fr/video/videos/2010/video3893.html

Salam,

Al-Qaïda n'est qu'une marque qui rapporte et rien de plus. Effectivement on s'en doutait !

 Cependant les propos de ce monsieur restent trop partiels et tendancieux, ce sont clairement des certitudes qui proviennent des rapports qu'on lui remonte et qui sont loin de dire la vérité et de comprendre les motivations des gens dans d'autres contrés avec d'autres références et d'autres cultures.

 De plus, ce monsieur veut nous faire croire que les mouvements islamiques qui optent pour la violence le font pour s'accaparer le pouvoir et les richesses du pays, mais ceci est loin d'être vrai.

A l'origine, et depuis l'époque de Nasser, ces mouvements n'ont opté pour la violence, stupide et inutile, qu'en réaction presque désespérée à la répression terrible qu'ils ont subie par des régimes absolutistes, soutenus, voire fabriqués, soit par le bloc de l'Est ou bien par l'Occident.

Mais le point qui me semble le plus important que cet ancien directeur à la sécurité extérieure, un saint-ni-touche sans aucun doute, cherche à nous faire avaler, c'est que le danger qu'il faut combattre se trouve en vérité dans le mouvement des Frères Musulmans, qui est le mouvement principal qui a pignon sur rue et qui s'oppose politiquement aux régimes arabes pourris, notamment en Egypte et en Jordanie, et dont est issu le mouvement de résistance islamique en Palestine. On peut être pour ou contre les points de vue des Frères Musulmans, mais c'est un mouvement populaire qui se renouvelle et se modernise avec des jeunes gens de haut niveau et devient donc l'ennemi à abattre.

Cela pourrait même dépasser le cadre des pays arabes et musulmans pour atteindre des organisations musulmanes en France, comme l'UOIF par exemple, et en Occident d'une manière générale, sous prétexte des liens qu'ils pourraient avoir avec les Frères Musulmans.

Même le Vatican, hélas, s'y est mis, car dans un document qui date du 19 janvier de cette année 2010 (voir : http://www.zenit.org/rssfrench-23250) sur Synode des évêques pour l'Assemblée spéciale pour le Moyen Orient, qui aura lieu du 10 au 24 octobre 2010, le Saint-Siège critique timidement « l'Occupation israélienne des Territoires Palestiniens rend difficile la vie quotidienne » et parle de « certaines théologies chrétiennes fondamentalistes justifient par l'écriture Sainte l'occupation de la Palestine par Israël » sans aucune condamnation de ces théologies, en revanche le document définit le danger dans ce qu'il qualifie comme « la montée de l'Islam politique » en pointant les mouvements qui porte le slogan « l'Islam est la solution » en référence claire au mouvement des Frères Musulmans qui adopte ce slogan. Et il nous avertit que « ces courants extrémistes sont donc une menace pour tous, chrétiens et musulmans, et nous devons les affronter ensemble ».

Il y a donc les musulmans « modérés » bien gentils qu'il faut encourager partout, et les exemples ne manquent pas, et des musulmans « extrémistes » qui semblent faire peur et qu'ils faut combattre !
 http://videos.senat.fr/video/videos/2010/video3893.html

ALAIN CHOUET DGSE.

 

« Hiba », jeune blogueuse en danger.

Le régime de l'Irak a horreur des blogueurs qui disent ce qui se passe réellement en Irak.

Quant il en attrape un, il lui fait payer très cher son audace.

Une irakienne de 33 ans, du nom de Hanan al- Mashadani, résidant en Jordanie, en fait la terrible expérience.

Ophtalmologiste, elle était en mission en Irak pour le compte de HMOK, une organisation humanitaire indienne. Le 20 janvier, elle a été arrêtée par des « forces irakiennes » dans le quartier de Sayyediya, à Bagdad. Les policiers, spécialistes en informatique, ont découvert dans son portable son nom de plume - Hiba Al-Shamaree – et la trace d’articles placés sur son blog, critiques à l’égard de Nouri al-Maliki et de son régime.

Elle est accusée d’ « incitation à la violence », de « soutenir la résistance », ce qui équivaut - pour ceux qui la détiennent – à être cataloguée de « terroriste baasiste ».

Hanan al- Mashadani sera déférée devant un tribunal.

En attendant, on imagine les tortures qu’elle subit pour l’obliger à parler.

La presse internationale qui se mobilise dès qu’on porte atteinte à la liberté d’expression en Chine ou en Iran, n’a pas touché mot de son arrestation.

Aucun gouvernement occidental, bien sûr, n’est intervenu en sa faveur.

Une pétition circule pour exiger sa libération : signez la !

http://www.gopetition.com/online/33750.html

Vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=f8bkMsgceE4


Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge.

12-02

Des civils ont été tués dans une opération conjointe des forces américaines et irakiennes dans un village irakien proche de la frontière iranienne, a-t-on appris vendredi.

Selon l'armée américaine, ce sont des résistants présumés qui ont été tués vendredi après qu’ils eurent ouvert le feu sur les forces irakiennes et américaines.

Mais un membre du conseil provincial de Maysan, Maytham Lafta, a affirmé que les victimes étaient "toutes des personnes innocentes".

Il a précisé qu'au moins dix personnes ont été tuées, dont deux femmes, et cinq autres blessées.

12/2

http://fr.news.yahoo.com/


Paroles & action du président...

Discours de B.Obama sur l'état de l'union - 2010

Par Barack Obama

Tout au long de notre histoire, aucune question n’a autant uni notre pays que celle de notre sécurité. Il est triste de constater qu’un peu de l’unité que nous avons ressentie à la suite des attentats du 11 septembre (2001) s’est dissipée. Nous pouvons discuter autant que nous voulons sur qui est à blâmer pour cela, mais je ne tiens pas à remettre le passé en procès. Je sais que nous aimons tous notre pays. Chacun de nous est attaché à sa défense. Cessons donc les invectives d’écoliers sur lequel est le plus fort ; rejetons le choix, qui n’en est pas un, entre la protection de nos citoyens et la défense de nos valeurs ; oublions la peur et la division et faisons ce qu’il faut pour défendre notre pays et créer un avenir plus empreint d’espoir, pour l’Amérique et pour le monde.

C’est la tâche que nous avons entreprise l’an dernier. Depuis le jour de mon entrée en fonction, nous avons recentré notre attention sur les terroristes qui menacent notre patrie. Nous avons fait des investissements importants dans la sécurité de notre territoire et déjoué des complots qui menaçaient de faire des victimes parmi nos concitoyens. Nous sommes en train de combler les lacunes inacceptables qu’a révélées la tentative échouée d’attentat de Noël, en améliorant la sécurité à bord des avions et en accélérant les actions prises en fonction de nos renseignements. Nous avons interdit la torture et renforcé nos partenariats du Pacifique à l’Asie du Sud et à la péninsule arabe.

Et au cours de l’année écoulée, des centaines de combattants et d’associés d’Al-Qaïdam dont beaucoup de hauts commandants, ont été capturés ou tués, soit bien plus qu’en 2008.

En Afghanistan, nous augmentons nos effectifs et formons les forces afghanes de sécurité, afin qu’elles puissent commencer à prendre la direction des opérations en juillet 2011 et que nos soldats puissent commencer à rentrer chez eux. Nous récompenserons la bonne gouvernance, travaillerons à réduire la corruption et appuierons les droits de tous les Afghans, aussi bien hommes que femmes. Nous avons à nos côtés des alliés et des partenaires qui ont accru leurs engagements et qui se réuniront demain à Londres pour réaffirmer notre détermination commune. Il y aura des jours difficiles devant nous. Mais je suis absolument convaincu que nous réussirons.

Alors que nous luttons contre Al-Qaïda, nous laissons de façon responsable l’Irak à son peuple. Lorsque j’étais candidat à la présidence, je m’étais engagé à mettre fin à cette guerre, et c’est ce que je fais en ma qualité de président. Nous aurons retiré d’Irak toutes nos forces de combat d’ici à la fin du mois d’août. Nous soutiendrons le gouvernement irakien lorsqu’il organisera des élections et poursuivrons nos relations de partenariat avec le peuple irakien en vue de favoriser la sécurité et la prospérité. Mais ne vous y trompez pas : cette guerre se termine, et tous nos soldats rentrent chez eux.

(...)

En même temps que nous menons deux guerres, nous affrontons aussi le danger peut-être le plus grave qui menace le peuple américain, à savoir la menace des armes nucléaires. J’ai pris à cœur la vision de John Kennedy et de Ronald Reagan, en adoptant une stratégie qui inverse la prolifération de ces armes et vise à un monde qui en sera débarrassé. En vue de réduire nos arsenaux et nos vecteurs tout en maintenant notre pouvoir de dissuasion, les États-Unis et la Russie achèvent de négocier un traité de limitation des armements d’une portée sans précédent depuis près de deux décennies. Et en avril, lors du Sommet sur la sécurité nucléaire, nous réunirons 44 États ici à Washington en vue d’un objectif clair : sécuriser, en quatre ans, tout le matériel nucléaire vulnérable de par le monde, afin qu’il ne puisse jamais tomber entre les mains de terroristes.

Ces efforts diplomatiques ont, de plus, renforcé notre main face aux pays qui insistent pour transgresser des accords internationaux à la recherche d’armes nucléaires. C’est pourquoi la Corée du Nord doit maintenant faire face à un isolement accru et à des sanctions plus lourdes - des sanctions qui sont vigoureusement appliquées. C’est pourquoi la communauté internationale est plus unie et la République islamique d’Iran plus isolée. Et tandis que les dirigeants iraniens continuent de faire fi de leurs obligations, que personne n’en doute : ils devront, eux aussi, faire face à des conséquences croissantes. C’est une promesse.

2/2

http://www.voltairenet.org/article163774.html


 

L'Irak en chiffre: du 30-01 au 19-02-09


 

 

 

Tués

Blessés

 

 

 

 

 

Peuple irakien

x

x

 

 

 

 

 

Usboys/Autres boys + miliciens

x

X

 

 

 

 

 

Policiers, armée et collaborateurs & miliciens

37

26

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



La résistance contre l'agresseur

Analyse & déclaration

Troupes d'occupation

Etats-Unis

En 2003 quand l’Administration Bush a envahi l’Irak le Pentagone avait déjà prévu de construire toute une série de méga bases permanentes dans ce pays.

Après la chute de Saddam Hussein des centaines de micro bases ont été ajoutées aux méga bases - déjà en 2005 on en comptait 106, et au total c’est plus de 300 qui ont été installées.

Sans oublier la gigantesque ambassade américaine construite dans un ancien palais de Saddam Hussein, en bordure du Tigre, au centre de Bagdad et qui a coûté ¾ de milliard de $, la plus grande « ambassade » et la plus chère de toute la planète. Prévue pour accueillir 1000 « diplomates » on parle actuellement d’y doubler leur nombre.

Ceci fait partie de la mission de contrôle du Grand Moyen Orient que les US se sont eux -mêmes attribuées. « God Bless América ».



2-1 Occupation de l'Irak

Les forces en présence

Etats-Unis

Le nombre des soldats Us à son plus bas niveau depuis 2003

L'armée américaine a annoncé mardi que le nombre de ses soldats déployés en Irak était descendu sous la barre des 100.000 pour la première fois depuis le début de l'intervention militaire dans ce pays en 2003. Le lieutenant Elizabeth Feste a expliqué à l'Associated Press que les Etats-Unis comptaient actuellement 98.000 soldats sur le terrain.

Il s'agit d'une baisse significative par rapport aux quelque 140.000 hommes présents en Irak dans le mois qui avait suivi le lancement de l'intervention, et d'un recul d'environ 70.000 soldats par rapport au pic enregistré en 2007, lorsque des dizaines de milliers de militaires avaient été déployés pour lutter contre l'insurrection.

La diminution du nombre des soldats indique que les Etats-Unis réduisent progressivement leur présence militaire afin de passer à 50.000 hommes fin août. L'armée américaine doit se retirer complètement du pays fin 2011

16/2

http://fr.news.yahoo.com/3/20100216/twl-irak-usa-1def439_2.html



3) Politique

a) des collaborateurs Irakiens

Prisons, exécution, exactions & torture

Ali Hassan al-Majid.

Message de Denis Halliday

Sous la botte étatsunienne en Irak

Halabja, procès en catimini

Talabani accuse un rival d’être responsable du massacre

Le 17 janvier dernier, la Haute Cour pénale irakienne - ex Tribunal spécial irakien, créé en 2003 par les autorités d’occupation - a condamné à mort Ali Hassan al-Majid   

La peine capitale prononcée à son encontre par le juge Aref Abdoul-Razzak al-Chahine étant courue d’avance, la tenue du procès avait été fixée d’un commun accord par Nouri al-Maliki et Massoud Barzani, pour tomber avant les élections législatives, alors prévues fin janvier.

Le procès de Ali Hassan al-Majid ayant été uniquement instruit à charge, il est bon de rappeler que la bataille de Halabja a été provoquée par l’entrée au Kurdistan irakien d’une colonne de Gardiens de la révolution iranienne (Pasdarans), guidée par un groupe de peshmergas de l’Union Populaire du Kurdistan (UPK), le parti de Jalal Talabani, actuel président de la République.

En pleine guerre Iran-Irak, c’était un acte de trahison.

Denis Halliday

Ancien secrétaire général adjoint de l'ONU, Coordonnateur humanitaire pour l'Irak (1997-98)

http://www.brussellstribunal.org/Newsletters/Newsletter1FR.html


n°472 - Journal d'Irak - 30/01 au 19/02 -: Suite - : - Les cicatrices ouvertes de l’occupation.


n°472 - Journal d'Irak -  30/01 au 19/02 -: Suite  - : - Les cicatrices ouvertes de l’occupation.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!



Journal d'Irak

n°472                du 30/01                  au 19/02/10

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Journal d’Irak  " est visible  sur ...

sur mes blog : 

http://www.blogs.dhnet.be/categories/International.html

http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

ET SUR http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

ET Sur http://turkmenfriendship.blogspot.com/

ET Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire :

3 Politique (Suite )

2) occupants 

4 Libération du territoire

Détails.

L'Irak en chiffre. 




3) Politique

b) Les occupants 

1) Usa

Sur le terrain

Kissinger conseille à Obama: retour à la case irakienne!

C'est l'idée maitresse de la chronique que l'ex-secrétaire d'état américain Henry Kissinger publié au Washington Post, et qui sous-entend une critique à la place primordiale accordée à l'Afghanistan par le président américain Barak Obama, au détriment de l'Irak.
À cet égard, l'ancien diplomate américain qui commentait le message à la nation adressé par Obama la semaine dernière, critique le fait que la nouvelle administration évite d'évoquer l'importance stratégique de l'Irak et son lien avec les intérêts américains. Il regrette également la froideur avec laquelle les dirigeants irakiens sont accueillis à Washington, et le manque d'objectifs opérationnels chez les visiteurs américains à Bagdad.  
Évoquant le retrait américain de ce pays, prévu en 2010, à la lumière de l'engagement électoral d'Obama, Kissinger demande  à ce dernier de prendre en compte que "les résultats de l'invasion de l'Irak auront indubitablement  un impact sur l'équilibre psychologique de la guerre contre le radicalisme islamique, (…) surtout si ce retrait est perçu comme étant une défaite ou un recul dans la région".
À ce stade, l'ancien conseiller à la sécurité nationale vante  l'importance stratégique de la Mésopotamie dans la région, et mentionne outre "les ressources et les richesses de l'Irak qui affectent les intérêts des pays et des régions lointaines, le fait qu'il abrite la ligne de fracture entre Sunnites et Chiites". Il signale également "le malaise des régions kurdes entre la Turquie et l'Iran et leurs ennemis à l'intérieur de l'Irak lui-même".
De l'avis de l'ancien secrétaire d'état américain, précurseur de la Realpolitik, "l'administration Obama devrait trouver sa voix dans le but de livrer le message que l'Irak continue de jouer un rôle important dans la stratégie américaine".
"D'autant plus que la menace iranienne est brandie plus que jamais (…) L'équilibre entre l'Irak et l'Iran a été avant l'invasion une vérité géostratégique essentielle bien connue" explique cet homme d'état qui avait lancé durant la guerre irakienne contre l'Iran dans les années quatre vingt le fameux slogan d'un dénouement de la guerre sans gagnant, ni perdant.
Rappelant que le pouvoir irakien déchu était "une dictature sunnite", cet homme clé de l'administration Nixon dans les années soixante-dix et impliqué dans plusieurs coups d'état perpétré contre des gouvernements élus démocratiquement dans des pays latino-américains  considère que "les structures démocratiques instaurées après l'invasion de l'Irak ont permis la mainmise des Chiites", qui selon lui "n'œuvrent pas en vue d'édifier le juste équilibre nécessaire entre les Sunnites, les Chiites et les Kurdes qui sont les principales composantes de l'Irak, tout en n'étant pas encore claires sur la nature de leur relation à long terme avec l'Iran".
"De là, au cas où les extrémistes chiites prennent le pouvoir, de sorte que les Chiites  deviennent les maîtres des Sunnites et des Kurdes et de leurs régions et développent des relations avec l'Iran, nous allons voir  un changement radical dans l'équilibre stratégique dans la région" appréhende ce prix Nobel de  la paix, tout en reconnaissant non sans  regret que la partie américaine ait contribué à cette situation.  
Les répercussions d'une telle situation seront perceptibles selon Kissinger en Arabie saoudite, qu'il qualifie du pays le plus important dans le Golfe, au Liban, où selon lui " l'Iran finance le Hezbollah, qui dirige un État chiite au sein de l'État".  
"Ce qui accorde un rôle clé  à la politique américaine dans les  développements internes et externes qui ont lieu en Irak" conclut-il.
S'agissant de la crise avec l'Iran, Kissinger recommande à l'administration américaine de lui "trouver coûte que coûte une solution, par des moyens diplomatiques ou autres",  estimant que "la stabilité politique dans la région dépendra de la capacité de l'Amérique à réaliser une égalité de pouvoir entre l'Irak et l'Iran, sinon la région sera toujours confrontée à la menace de vivre sur la colline d'explosifs, inflammables à tout moment".

04/02

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=122891&language=fr


Au senat : Politique intérieure & extérieure

Gagner en Afghanistan et en Irak déterminant pour la sécurité des Etats-Unis, selon Mike Mullen.

L'amiral Mike Mullen, chef d'état-major interarmes, estime que la sécurité des Etats-Unis sera grandement compromise s'ils ne parviennent pas à remporter les guerres dans lesquelles ils sont engagés. "Notre sécurité future sera grandement menacée si nous ne remportons pas les guerres dans lesquelles nous sommes engagées. L'issue des conflits qui se déroulent aujourd'hui déterminera le contexte sécuritaire général des décennies à venir", a-t-il déclaré devant la Commission des armées du Sénat.

M. Mullen comparaissait aux côtés du secrétaire à la Défense Robert Gates, pour justifier le budget prévisionnel de 192 milliards de dollars qui devrait être consacré aux guerres en Irak et en Afghanistan sur l'année et demie à venir.

Il a estimé que les 12 à 18 mois prochains seraient déterminants en vue de la victoire finale en Afghanistan. Alors que l'opinion et des parlementaires s'inquiètent d'un enlisement, il a assuré que la clé de la victoire n'était pas de multiplier les soldats sur place, mais de "travailler avec calme et persévérance avec nos alliés dans la région et les partenaires de la coalition". La formule résume la stratégie américaine, basée sur une délégation progressive des tâches sécuritaires à l'OTAN et à l'armée afghane.

Sur les 30.000 soldats supplémentaires que le président Obama a décidé d'envoyer en renfort en Afghanistan, 4.500 y sont déjà déployés, et 18.000 arriveront à la fin du printemps, a précise M. Mullen.

Robert Gates a pour sa part assuré que l'état-major étudierait plus tard cette année le bien-fondé de sa stratégie, et serait prêt à une remise en question. "Si notre stratégie ne marche pas, nous ne nous obstinerons pas aveuglément", a-t-il dit devant les sénateurs

3/2

http://fr.news.yahoo.com/3/20100203/twl-usa-armee-afghanistan-irak-1def439.html

03-02

Les Etats-Unis espèrent que les élections de mars marqueront une étape importante sur la voie de la réconciliation(…).

Le vice-président américain Joe Biden s'était d'ailleurs rendu à Bagdad fin janvier pour tenter d'apaiser les tensions soulevées par la mesure d'exclusion.

3/2

http://fr.news.yahoo.com/3/20100203/twl-irak-elections-enquete-1def439_4.html



Les voisins

Israël

11/02

Des Israéliens œuvrent pour acheter des terres du Kurdistan irakien

Plusieurs religieux iraniens ont mis en garde contre l'achat par des Israéliens des terres du Kurdistan irakien, a rapporté la télévision iranienne, Press TV.
Molla Khezr Rahimi a dit, lors d'une cérémonie coranique, dans la mosquée Amini de Sardasht, au nord-ouest de l'Iran qu'un groupe d’ Israéliens avait procédé, au cours de ces dernières semaines, à l'achat de terres des musulmans, du Kurdistan d'Irak.

Il a également mis en garde contre les objectifs des Sionistes.
"L'achat des terres des Musulmans du Kurdistan d'Irak se fait dans le cadre d'un programme planifié par les Sionistes, pour créer des différends entre les Musulmans de la région.", a-t-il ajouté.

11/02

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=123996&language=fr



b) Les alliés (des Usa)

Grande-Bretagne

Sondage : Occupation de l’Irak: Brown "aussi responsable" que Blair.

Le Premier ministre britannique Brown est "tout aussi responsable" de l'engagement de Londres dans la guerre en Irak que son prédécesseur Tony Blair, estime une majorité de Britanniques selon un sondage publié mercredi dans le quotidien The Independent.        

60% des 1.001 personnes interrogées par l'institut ComRes estiment que Brown, ministre des Finances au moment de la guerre en 2003, est "tout aussi responsable" que Tony Blair.

Cette proportion atteint 52% des partisans du parti travailliste, dont font partie  Brown et Blair,

et 68% de ceux de l'opposition conservatrice.       

37% des sondés, dont un quart des partisans du Labour, estiment de plus que Blair devrait être traduit en justice pour avoir engagé le Royaume-Uni dans   la guerre en Irak en 2003.                     

 Entendu vendredi devant une commission d'enquête sur la participation britannique à la guerre, Tony Blair a défendu sans "le moindre regret" sa décision d'engager le pays au côté des Américains contre Saddam Hussein qui menaçait selon lui le monde avec des armes "terrifiantes".      

Brown devra à son tour témoigner dans les semaines à venir devant la commission, qui n'est pas un tribunal.

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=122608&language=fr


Mentir- mentez il en restera toujours quelque chose…

Alastair Campbell, l’ex-conseiller de Blair, entendu par la commission sur l'Irak

Tony Blair ne s'est pas engagé de manière précipitée dans une intervention militaire en Irak, mais a épuisé auparavant toutes les voies diplomatiques, a assuré mardi son principal conseiller.

Alastair Campbell, responsable de la communication de l'ancien Premier ministre britannique, a comparu devant la commission d'enquête visant à élucider les conditions d'entrée de la Grande-Bretagne dans le conflit irakien.

En dépit des liens étroits entre Tony Blair et le président américain George Bush, il n'y a jamais eu de "rush précipité pour entrer en guerre", a affirmé Alastair Campbell.

"Vous semblez vouloir me faire dire que Tony Blair a signé sans tenir compte des faits, sans tenir compte des ADM (armes de destruction massive), en disant seulement: 'Nous allons nous débarrasser de ce type (Saddam Hussein)'. Cela ne s'est pas passé de cette façon", a-t-il ajouté.

Alastair Campbell a souligné que Tony Blair, qui devrait être interrogé par la commission dans les semaines à venir, s'inquiétait, bien avant les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, des liens entre les ADM, les Etats dits "voyous" et le terrorisme.

Chef du gouvernement de mai 1997 à juin 2007, Tony Blair a ordonné l'envoi de 45.000 soldats dans le cadre de l'opération militaire conduite par les Etats-Unis en 2003 et visant à renverser Saddam Hussein.

Ses adversaires estiment que l'ex-chef du gouvernement, en prenant cette décision, a enfreint le droit international. Il est accusé en outre d'avoir trompé l'opinion en affirmant que l'Irak disposait d'armes de destruction massive.

"La Grande-Bretagne en tant que pays doit se sentir extrêmement fière du rôle que nous avons joué dans le renversement de l'un des régimes les plus brutaux et barbares de l'histoire et il y aura dans quelques semaines des élections qui se présentent bien", a affirmé Alastair Campbell, évoquant les législatives irakiennes de mars.

PAS UN PROCÈS

Aux Pays-Bas, les conclusions d'une enquête gouvernementale, dévoilées mardi devant les caméras de télévision, sont accablantes pour La Haye. Le gouvernement, estiment ses auteurs, a agi sans la légitimité juridique nécessaire et n'a pas suffisamment informé le parlement de ses intentions.

La commission d'enquête britannique, composée de cinq membres, examine le rôle joué par le leader travailliste avant, pendant et après le conflit.

Dans une récente interview, Tony Blair a dit comprendre l'hostilité qui s'était exprimée contre la guerre en Irak ainsi que la colère des familles des tués.

John Chilcot, ancien haut fonctionnaire chargé de la direction de l'enquête, a expliqué qu'il ne s'agissait pas d'un procès et s'est opposé aux critiques qui affirment que les enquêteurs ont été trop indulgents à l'égard des témoins et que leur seule utilité est de blanchir les éventuels responsables.

La commission a auditionné de hauts fonctionnaires et des responsables militaires qui ont révélé que la Grande-Bretagne avait reçu dans les jours précédant l'invasion des informations selon lesquelles l'Irak s'était débarrassé de ses armes chimiques. L'ex-ambassadeur de Grande-Bretagne à l'Onu a reconnu que l'intervention militaire était d'une "légitimité contestable".

Le Premier ministre Gordon Brown, qui fut ministre des Finances de Tony Blair, ne comparaîtra pas devant la commission avant les élections législatives, prévues au plus tard fin mai.

Selon Alastair Campbell, Gordon Brown faisait partie du premier cercle des proches de Blair et était étroitement associé aux décisions. "Gordon Brown était l'un des ministres clés auxquels il (Blair) parlait régulièrement", a dit le conseiller, qui ne changerait pas "un traitre mot" au dossier qu'il a constitué en 2002 au sujet de Saddam Hussein.

Bien que très hostile au recours à la force, a-t-il poursuivi, le président français Jacques Chirac semblait lui aussi croire à l'existence d'un arsenal irakien non conventionnel. "Il n'a jamais semblé y avoir le moindre doute dans son esprit quant à l'existence des armes de destruction massive", a ajouté Alastair Campbell.

13/1

http://fr.news.yahoo.com/4/20100112/twl-gb-irak-commission-38cfb6d.htmlhttp://fr.news.yahoo.com/4/20100112/twl-gb-irak-commission-38cfb6d.html



c) Dans le monde

Ethiopie

Mouammar Kadhafi  invite Obama à mettre fin à la 'dictature militaire' des USA.

 Le président libyen Mouammar Kadhafi a invité au cours d'une conférence de presse, dimanche à Addis-Abeba, en marge du 14ème sommet de l'Union africaine, le président américain Barack Obama à "libérer les Etats-Unis de l'étiquette de gendarme du monde".
Déplorant les guerres et autres conflits "alimentés" par les Etats- Unis dans certaines régions du monde, le leader libyen a exprimé sa volonté de soutenir le président américain Barack Obama dans sa "malchance de gouverner une Amérique qui se débat dans de graves problèmes engendrés par l'ancienne administration républicaine".
Il a estimé que le président Obama, "malgré les projets progressistes qu'il a proposés et son action en vue de libérer l'Amérique de l'étiquette de tuteur et gendarme du monde, a hérité malheureusement de batailles qui n'étaient pas nécessaires ni dans l'intérêt du peuple américain ni du monde".
Le guide Kadhafi a qualifié ces batailles d'injustes, de perdues d'avance et d'échecs, en citant la guerre en Irak, en Afghanistan et en Palestine.
"La guerre contre l'Irak et en Afghanistan n'a rien rapporté à l'Amérique et de ce fait, ce sont des guerres perdues depuis leur début.

L'Amérique se débat aujourd'hui dans le marécage irakien et elle est égarée dans les montagnes afghanes et n'a réalisé aucun de ses objectifs et cela représente des situations très difficiles héritées par le président Barack Obama", a déclaré le guide Kadhafi, qui a, au cours de ses propos, qualifié Obama de "mon fils" à diverses reprises.
Le leader Mouammar Kadhafi a évoqué les objectifs de la stratégie de guerre américaine contre l'Irak et dans la région du Moyen-Orient et affirmé qu'elle visait à contrer la Russie en la cernant par le Sud. "De ce fait, cette stratégie ne diffère guère des objectifs d'Hitler au cours de la Seconde guerre mondiale durant laquelle il a planifié pour encercler l'ancienne Union soviétique à partir du Sud en parallèle avec son blocus à partir du Nord à travers l'avancement par le biais des pays scandinaves", a-t-il ajouté.
Mouammar Kadhafi a vigoureusement critiqué la politique de deux poids deux mesures des Etats-Unis sur les questions des droits de l'Homme, de la démocratie et des libertés et rappelé, à ce propos, les dérives de l'armée américaine à Guantanamo.
Le président Kadhafi a enfin formulé l'espoir que le président Obama puisse mettre en oeuvre son plan de retrait de l'armée américaine de l'Irak et de l'Afghanistan.

http://www.afriquejet.com/actualites/politique/obama-invite-a-mettre-fin-a-la-'dictature-militaire'-des-usa-2010020243384.html


Iran

Téhéran répond à Hillary Clinton.

Dent pour dent.

Accusé par Hillary Clinton de s'orienter vers « une dictature militaire », Téhéran vient de réagir au quart de tour. Avec ses propres arguments. "Ils sont eux-mêmes impliqués dans une espèce de dictature militaire et ignorent pratiquement les réalités de la région", déclare ce matin Manouchehr Mottaki, le Ministre iranien des Affaires étrangères (cliquez ici pour lire l'intégralité des déclarations en persan), en renvoyant la balle dans le camps  américain, et en faisant le bilan de l'engagement des Etats-Unis dans la région depuis le 11 septembre 2001.

 « Qu'est-ce qu'une dictature militaire : tuer un million d'Irakiens, parmi lesquels une majorité d'innocents, personnes âgées ou enfants, ou établir des échanges avec le peuple irakien en accueillant des dizaines de milliers d'immigrés et en aidant le gouvernement irakien à sécuriser son pays et à garantir sa souveraineté ? », s'interroge-t-il, avant de poursuivre : « Une attaque sanglante contre une fête de mariage en Afghanistan est-elle le signe d'une dictature militaire, ou bien le refuge offert (par l'Iran) à trois millions d'Afghans ? ».
Pour Mottaki, « l'Amérique a une approche erronée des problèmes du Moyen-Orient et c'est dans la lignée des mauvaises politiques qu'il ont menées par le passé ». 

En visite au Qatar, avant de s'envoler pour l'Arabie saoudite, la secrétaire d'Etat américaine avait assuré lundi que les Etats-Unis souhaitaient poursuivre le dialogue avec Téhéran mais a ajouté qu'ils ne pouvaient "rester les bras croisés" pendant que l'Iran poursuit un programme nucléaire militaire clandestin."Voilà comment nous voyons les choses. Nous voyons que le gouvernement iranien, le guide suprême, le président, le parlement sont évincés et que l'Iran va vers une dictature militaire. C'est notre opinion", avait-elle déclaré.

16/2

http://blog.lefigaro.fr/iran/2010/02/teheran-repond-a-hillary-clint.html


d) Les institutions

Onu

Iraq : l'ONU enjoint le Conseil de sécurité à ne pas céder à l'impatience

 16 février

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour l'Iraq, Ad Melkert, a engagé aujourd'hui le Conseil de sécurité et la communauté internationale à ne pas céder « au scepticisme persistant et à l'impatience » à propos de l'Iraq, alors que les préparatifs des élections du 7 mars se poursuivent.

« Il y a toujours des forces qui tentent d'interférer de manière violente dans le processus de reconstruction et de réconciliation qu'une écrasante majorité de la population iraquienne souhaite voir couronné de succès », a-t-il déclaré.

 « La détermination des Iraquiens à résister au retour de ces dangers du passé est réelle et solide, plus solide que les forces odieuses qui sont derrière ces attaques », a-t-il toutefois assuré, soulignant qu' « une attention et un engagement internationaux plus grands sont nécessaires ».

Al Melkert a notamment abordé la question du processus de débaassification (en référence au parti Baas de Saddam Hussein), rappelant que la Mission d'assistance des Nations Unies pour l'Iraq (MANUI) s'était constamment abstenue d'en juger les résultats. En effet, « au bout du compte, ce qui sera le plus important sera l'acceptation par la population iraquienne des résultats de l'élection ».  

Les infrastructures sont en place pour permettre aux 18,9 millions d'Iraquiens de voter dans 48.000 bureaux de vote le 7 mars prochain, et l'ONU joue un rôle actif dans ces préparatifs, notamment en finançant un programme de formation pour 29.000 observateurs locaux. « L'observation du processus électoral a un rôle pivot pour garantir la crédibilité et l'évaluation de l'élection », a-t-il souligné.

Le Représentant spécial a aussi estimé qu'en matière économique, l'Iraq avait besoin de moins de projets et de plus de conseil stratégique. Le pays doit répondre aux normes mondiales de gouvernance et s'attaquer d'urgence aux inégalités sociales, a-t-il dit. De même, la transparence et la lutte contre la corruption dans l'industrie pétrolière auront un impact majeur sur l'avenir de l'économie iraquienne et la confiance des investisseurs.

Dans le cadre de son Plan national de développement, le gouvernement de l'Iraq compte sur un soutien élargi des Nations Unies et l'arrivée au pouvoir d'un nouveau gouvernement après les élections sera l'occasion pour l'ONU d'évoluer de tâches principalement humanitaires vers un rôle de conseil en matière de développement et de réforme politique, a-t-il affirmé.

En outre, Ad Melkert a estimé de la plus haute importance de cimenter la stabilité à long terme de l'Etat fédéral d'Iraq et de la région kurde. « Différents signes de bonne volonté, notamment certains arrangements de sécurité communs, semblent montrer un potentiel de progrès », a-t-il déclaré.

Une autre priorité après les élections sera de travailler à des relations de voisinage constructives entre l'Iraq et le Koweït, a-t-il enfin dit.

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=21229&Cr=Iraq&Cr1=



4 Lutte pour la libération du territoire

Les combats par provinces

1-1 Bagdad

13-02

Une série d'explosions a frappé samedi les bureaux de cinq partis politiques à Bagdad, faisant au moins 11 blessés. Cette série d'attaques intervient alors que la campagne vient de s'ouvrir en vue des élections parlementaires du 7 mars.

Les explosions de samedi ont notamment visé le député Saleh al-Mutlaq, ainsi que l'Association de jeunesse et le domicile du dirigeant d'un parti indépendant, al-Shaab, a annoncé la police.

Une des explosions a fait deux blessés devant le siège, dans le nord de Bagdad, du parti dirigé par le dirigeant sunnite Saleh al Moutlak.

Une autre bombe a fait deux blessés a proximité d'un immeuble fréquenté par des universitaires candidats aux élections, dans le quartier de Mansour, dans l'ouest de la capitale.

Une troisème bombe a endommagé, dans l'est de Bagdad, le QG de la liste Irak unifié.

Une autre a blessé deux personnes au siège du Mouvement modéré à Karrada, un quartier est de la capitale.

Une cinquième a blessé une personne à la permanence de campagne du candidat Nehru Abdulkarim al Keznazani.

Ces attaques, qui n'avaient pas été revendiquées dans l'immédiat, ont également blessés des passants, ont précisé deux policiers sous couvert d'anonymat.

13/2 

ats

http://fr.news.yahoo.com/


1-2 province de Salah ad-Din

Samarra, (110 km au nord de Bagdad.)

30-01

Un kamikaze a détoné en soirée sa ceinture d'explosifs près d'un rassemblement de dignitaires venus assister à une cérémonie de deuil en présence de plusieurs membres des Sahwa, ex-résistants qui se sont retournés contre leurs anciens compagnons d'armes.

3 personnes ont été tuées et 23 blessées dans l'attaque, selon la police.

http://www.romandie.com/infos/ats/


1-3 province de Maysan

Amara (sud de Bagdad)

13-02

Un barrage de roquettes a frappé samedi une base conjointe de l'armée américaine et l'armée irakienne près d'Amara au sud de Bagdad, blessant au moins deux soldats irakiens et causant des dégâts mineurs aux équipements, selon un porte-parole de l'armée américaine Myles Caggins.

Selon l'armée américaine, environ 10 roquettes sont tombées tôt samedi matin sur Camp Sparrowhawk. Il s'agirait de la première attaque importante contre une base américaine depuis des mois….

http://fr.news.yahoo.com/3/


1-4 province d'Anbar

Ramadi, ( à 100 km à l'ouest de Bagdad

17-02

"Un kamikaze a attaqué le point de contrôle de l'armée et de la police.

L‘attaque a fait 13 morts et 26 blessés rapportent l'armée et la police irakiennes.

De source médicale, on a rapporté que treize corps avaient été transférés à l'hôpital principal de Ramadi et que 26 personnes étaient blessées.

http://fr.news.yahoo.com/4/20100218/twl-irak-violence-38cfb6d_4.html


1-5 Province de Ninive (Mossoul (capitale de la région nord du pays - à 375 km au nord de Bagdad,) Hawijah, Kassak"(70 km au nord-est de Mossoul) & Tall Afar )

Mossoul

17-02

Une explosion d'une voiture piégée a fait 24 blessés près d'un bâtiment de la police

17/2

http://fr.news.yahoo.com/4/20100218/twl-irak-violence-38cfb6d_4.html



Enlevé

05-02

Le département américain de la Défense a signalé vendredi qu'elle recherchait Issa Salomi, âgé de 60 ans, disparu depuis le 23 janvier dernier à Bagdad.

"Issa T. Salomi, 60 ans, originaire d'Al-Cajon (Californie) est porté disparu depuis le 23 janvier. Il a été pour la dernière fois vu à Bagdad, où il travaille pour les forces américaines", a indiqué le ministère dans son communiqué.

Le ministère a ajouté que des "efforts pour le retrouver étaient en cours".

http://fr.news.yahoo.com/3/20100207/twl-irak-usa-enlevement-video-1def439.html

 07-02

Des résistants qui ont enlevé un sous-traitant irako-américain dans le centre de Bagdad par la ruse, en lui promettant de lui faire rencontrer sa famille éloignée, ont diffusé samedi sur Internet une vidéo de l'homme kidnappé.

Dans la vidéo, mise en ligne sur le site www.iraq-moqawama.com, l'homme âgé indique que ses ravisseurs appartiennent à la Ligue des Justes,  il relaie les demandes du groupe : la libération de militants de leur organisation, ainsi que le jugement des employés de la société de sécurité Blackwater qui ont tué 17 civils innocents en Irak en 2007.

L'homme dans la vidéo, qui dure moins de deux minutes, affirme être en bonne santé.

"Je voudrais dire à tous les membres de ma famille, particulièrement à ma femme, mes enfants et mes amis que je suis bien traité et en bonne santé", dit-il.

"Je voudrais faire une demande spéciale au gouvernement des Etats-Unis  de la part de la résistance irakienne pour la libération de tous les détenus qui ont résisté à l'occupation et qui n'ont jamais été impliqués dans aucun crime sérieux contre leurs concitoyens", ajoute-t-il.

"La deuxième demande est de poursuivre en justice et condamner de la bonne manière les membres de la société Blackwater qui ont commis des crimes injustifiables contre des citoyens irakiens innocents qui n'étaient que des passants", poursuit l'homme.

Le groupe demande également à travers cette vidéo que Blackwater dédommage les familles des victimes ainsi qu'un "retrait total des troupes étrangères d'Irak".

Cinq employés de Blackwater sont accusés d'avoir ouvert le feu sur la foule et tué 17 Irakiens lors d'une mission pour le département d'Etat à Bagdad en septembre 2007.

Les gardes du corps ont ouvert le feu dans la foule à un carrefour fréquenté de Bagdad, le 17 septembre 2007, tuant des femmes et des enfants.

Un juge fédéral américain avait abandonné les poursuites, arguant que l'accusation avait violé les droits des employés de la compagnie de sécurité privée Blackwater en utilisant des témoignages livrés alors qu'ils étaient protégés par l'immunité que leur conférait le gouvernement américain.

7/2

AFP

http://fr.news.yahoo.com/3/20100207/twl-irak-usa-enlevement-video-1def439.html

07/02

Le groupe de résistants irakien, qui a revendiqué samedi le rapt d'un Américain d'origine irakienne, affirme détenir depuis plusieurs années un second américain kidnappé à Bagdad.
"Deux Américains enlevés sont actuellement aux mains de la Ligue des Vertueux", a affirmé dimanche  un responsable du groupe qui a refusé d'être identifié.
Le ministère américain de la guerre a de son côté annoncé qu'un américain a été kidnappé à Karkh, sur la rive ouest du Tigre à Bagdad (centre).
Il s'est toutefois refusé à donner plus de détails sur le second ressortissant américain enlevé, se bornant à indiquer qu'il avait été enlevé "il y a deux ans" dans le quartier de Karrada (centre) de Bagdad. "Il n'a pas été libéré depuis", a-t-il souligné.

Il pourrait s’agir d’Ahmed Qoussaï al-Taï qui a disparu fin 2006. Ce soldat, un traducteur, avait été enlevé le 23 octobre 2006 alors qu'il rendait visite à des proches dans le quartier de Karrada (centre). Des médias locaux irakiens avaient à l'époque affirmé qu'il avait été exécuté après son enlèvement mais aucune confirmation officielle n'a été obtenue depuis.

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=123343&language=fr

http://www.liberation.fr/monde/0101617855-un-civil-americain-enleve-en-irak

06-02

La Ligue des Vertueux est accusée  d’être responsable du rapt le 29 mai en 2007 de cinq britannniques, dont seul a été libéré vivant en décembre un consultant britannnique Peter Moore.

Il est également soupçonné dans une attaque menée le 20 janvier 2007 quand un commando, dont les membres étaient vêtus d'uniformes et munis de papiers d'identité américains, avait mené un raid contre le centre de sécurité de la province de Kerbala (110 km au sud de Bagdad), tuant un soldat américain et en enlevant quatre autres qui devaient ensuite être retrouvés exécuter.

Salam al-Maliki, un dirigeant du groupe et chargé de dialoguer avec le gouvernement irakien, s'est plaint du non respect par les autorités officielles et par "les occupants" de leurs engagement de libérer des prisonniers en échange de la participation des miliciens au processus politique.

 AFP


Bombardement d'oléoduc

10-02

Un bombardement d'un oléoduc au nord de Bagdad a entraîné mercredi une baisse de moitié de la production de pétrole dans la capitale irakienne, a expliqué le ministère irakien du Pétrole.

L'attaque a eu lieu mardi à Rashidiya, à 15km de Bagdad, a précisé Assem Jihad, porte-parole du ministère du Pétrole. Elle a touché un oléoduc transportant du brut entre les gisements situés dans la province de Kirkouk (nord) et la capitale. Les réparations étaient toujours en cours mercredi.

La production est passée de 140.000 barrils par jour à 70.000 dans la raffinerie de Bagdad

10/2

http://fr.news.yahoo.com/3/20100210/twl-irak-petrole-violences-1def439.html



L’Irak en chiffres (depuis le début de la guerre de conquête en mars 2003



Peuple

 

Civils tués (depuis l'occupation)   

2.500.907

Civils blessés (depuis l'occupation) 

 148.010 ( chiffre très très minimum)

Civils violés (par les troupes d'occupations)

2.507     (voir Ibrahim Allousch

Civils/Résistants arrêtes : (une dizaine par jour...)

8.945   (chiffre minimum)

Résistants (décrit tel quel ) tués

4.071(chiffre minimum)

Résistants (décrit tel quel ) blessés

3.888   (chiffre minimum)

En prison

1.900 (chiffre minimum)

Embargo

750.000 enfants (chiffre minimal)

Embargo

750.000 adultes (chiffre moyen)

 

 

Militaires irakiens tués pendant l'invasion

45.596 (chiffre minimal)

Civils tués pendant l'invasion

120.200 (chiffre minimal)

 

 

Coalition

 

Nombre de Soldats tués (ou morts...) 

34.687

Soldats rapatriés (blessés ou malades)

74.4102

(*) dont 10% meurent en cours de route ou à l'hopital)

 

Disparus (dans la nature)

1.014

Désertions

5.501

Mutinerie

2 corps + 25

Aide psychologique

66.108***

Suicides

Mercenaires tues                                                                                 

5.683 (chiffre très minimal)

933

non-combattants accidentés,

27 103

Policiers/soldats/miliciens irakiens  tués

13.124

Policiers /soldats/miliciens irakiens blessés

27028 (chiffre minimal)

Policiers /soldats irakiens disparus (dans la nature)

13.942

 

 

Autres tués (collaborateur)

5.693

Autres blessés (collaborateur)

9.753

 

 

Nombre d'attaques de la résistance de 2003 à 2008:

Oléoducs, les infrastructures pétrolières & d'électricité

 

 164.001,

464 attaques (grand minimum)

Infrastructures du rail

195 attaques (idem)

Hélicoptères

104  ++              (idem)

Avions (& drone)

28 ++

 

 


Ces   totaux sont obtenus par le recoupement (si possible) des chiffres des pertes communiqué par la résistance & les médias occidentaux + XINHUANET.



Number Of Iraqis Slaughtered In US War And Occupation Of Iraq


 



n°472 - Journal d'Irak - 30/01 au 19/02 -: Fin - : - Les cicatrices ouvertes de l’occupation.

n°472 - Journal d'Irak -  30/01 au 19/02 -: Fin   - : - Les cicatrices ouvertes de l’occupation.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!



Journal d'Irak

n°472                du 30/01                  au 19/02/10

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Journal d’Irak  " est visible  sur ...

sur mes blog : 

http://www.blogs.dhnet.be/categories/International.html

http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

ET SUR http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

ET Sur http://turkmenfriendship.blogspot.com/

ET Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire :

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Les Confessions d'un assassin financier.

5-2 Affaire Kelly (suite)

5-3 vidéo : Gore Vidal a livré une interview télévisée

5-4 La tentative de domestication d’Al-Jazira (2/2)

5-5 Le photographe Ibrahim Jassam relâché par l'armée US après 17 mois de détention. !!!

6 Les brèves

6-1 L'armée américaine envoie des chiens renifleurs de bombes en Irak.

6-2 Les Brèves de G.Munier.

6-3 Les brèves des Brèves.

6-4 Assis sur un gisement de pétrole

7 Dossier & Point de vue

7-1 Les cicatrices ouvertes de l’occupation.



 

 5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

5-1 Les Confessions d'un assassin financier.

Pour en savoir plus sur John Perkins : John Perkins (né en 1945 à Hanover dans le New Hampshire aux États Unis) est un économiste, un écrivain et un activiste social et écologique. Il est surtout connu pour son récent (2005) ouvrage Confessions of an Economic Hitman, traduit en français par

vidéo ici:  

 http://www.dailymotion.com:80/video/xa636d_john-perkins-confessions-dun-corrup_news


5-2 Affaire Kelly (suite)

Dans un précédent numéro, AFI-Flash avait relaté que la mort du Dr Kelly, scientifique britannique et inspecteur en armement, retrouvé mort près de son domicile, dans un bois, en juillet 2003, était qualifié de suicide dans le rapport d’enquête de Lord Hutton.

Le Dr Kelly, rappelons le,  avait déclaré, au cours d’une émission de la BBC, que les arguments du gouvernement de Blair à propos des armes de destruction massive de Saddam Hussein avaient été exagérés pour justifier l’invasion de l’Irak.

Ce même Lord Hutton vient de décider que les résultats post-mortem, les photos du Dr Kelly et les rapports médicaux le concernant seront tenus secrets… pendant 70 ans, c'est-à-dire jusqu’en 2073, date à l’époque tous les protagonistes ou simples citoyens seront morts.

Il faut préciser qu’il n’y a jamais eu d’enquête judiciaire dans cette affaire.

Le groupe de 13 docteurs qui avait contesté la qualification de Lord Hutton se dit « abasourdi » d’une telle décision qui donne lieu à des soupçons « car s’il y a eu suicide, pourquoi ne pas en divulguer les causes ? S’il n’y a pas eu suicide, pourquoi l’enquête de Hutton n’a-t-elle pas investiguer plus en profondeur ? ».

Cette décision, notons le, est tombée alors que Blair s’expliquait sur sa position dans l’invasion de l’Irak.

La mort mystérieuse du Docteur David Kelly (BBC 2, vidéo - 58mn)

http://www.internationalnews.fr/article-dr-david-kelly-conspiracy-documentary-58-28-36191935.html


5-3 Vidéo : Gore Vidal a livré une interview télévisée

Pour situer le personnage de Gore Vidal, lire son interview par L’Express datant de 1999

http://www.reopen911.info/News/2010/01/31/gore-vidal-les-etats-unis-une-maison-de-fous-obama-incompetent-et-depasse/

Gore Vidal a livré une interview télévisée[2] au cours de laquelle il invitait le public à lire le livre de David Ray Griffin : "Le Nouveau Pearl Harbor"[3]

Gore Vidal recommande le livre "Le Nouveau Pearl Harbor" envoyé par geanvert38

http://www.dailymotion.com/video/kzO8TD2iGWmVpAPpXx


5-4 La tentative de domestication d’Al-Jazira (2/2)
Quel est le public le mieux informé au monde aujourd'hui ?

Al Jazira n'est peut-être pas la chaine totalement libre idéalisée par certains, ce que nous constatons à la lecture de cet article ci-joint, mais les fissures entre les dictatures arabes ont permis de créer, malgré tout, ce "premier jeu" médiatique, à partir duquel, l'opinion arabophone a l'accès à l'information télévisée somme toute la plus diversifiée au monde.
En effet, alors qu'en Occident, la pensée unique domine désormais de plus en plus les médias télévisuels (et papiers), un arabophone peut accéder, en plus des chaines des différents régimes dictatoriaux pro-US, et aux chaînes des pays de l'OTAN en arabe, mais aussi, ce qui est exceptionnel à l'échelle de la planète, il peut accéder à des informations non occidentalo-compatibles :
- à Al Jazira,
- à Al Manar (Hezbollah)
- à la chaine syrienne,
- aux deux chaines de la résistance irakienne,
- à la chaine iranienne en arabe,
- à Russia today en arabe,
- à la TV chinoise en arabe....Il ne lui manque que l'accès aux points de vue cubains et vénézuéliens (pour le moment sans TV arabophone) pour que le tour de la planète en arabe soit complet.

Aucune autre région du monde n'a accès à tant de diversité d'informations (et de programmes culturels ou politiques) télévisées.
Les Arabophones (du monde arabe mais aussi ceux des métropoles occidentales) sont donc le public de masse le mieux (ou le moins mal ?) informé du monde, si l'on se place au niveau de la Télévision.
Pour le reste de la planète, seul internet offre une possibilité d'accès à des médias non conformistes, de qualité très diverse.
Voilà semble-t-il une des causes les moins connues des campagnes d'opinion et de propagande arabophobes et islamophobes lancées dans les pays de l'ouest. Les "Arabes" véhiculent en effet, qu'ils le veuillent ou non, de "mauvaises nouvelles" aux yeux des puissants, il faut donc les faire taire ou les entourer d'un climat de méfiance qui rend tout message venant d'eux suspect. Nous voilà donc revenu au temps de la chasse aux sorcières. Au Moyen age, c'étaient les juifs (en relation avec le monde non chrétien) qui étaient porteurs de "mauvaises nouvelles", et donc victimes privilégiées des chasses aux sorcières, aujourd'hui ce sont d'autres Sémites qui occupent cette place, les Arabes.
Et c'est évidemment pour cela que les USA, "chantre de la liberté d'information", font des pressions sur les pays et satellites arabes (Nile Sat et Arab sat) pour qu'ils cessent de retransmettre les émissions par exemple de la TV de la résistance irakienne ou d'Al Manar.

Simultanément, on lance des campagnes de discrédit des informations "non vérifiées" circulant sur internet.
La liberté américaine est désormais morte ...avec la fin de l'Union soviétique et de la concurrence qu'elle imposait.
BD
PS. Notez que Al Jazeera English est beaucoup plus insipide et occidentalo-conformiste que son équivalent arabophone ...ce qui a permis à la TV iranienne anglophone, presstv.ir, d'occuper le créneau non conformiste en diffusant non seulement des points de vues "islamistes", mais aussi latino-américains, trotskystes (SWP), etc...

Mais cette chaine est difficilement recevable dans les pays ...anglophones (sauf via internet).
Bilan : sans le moyen-orient, le monde entier serait soumis à la pensée unique et l'offensive de décervelage aurait déjà réussi.
Donc un conseil : apprenez l'arabe avant qu'il ne soit trop tard !

URL de cet article: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=17598


5-5 Le photographe Ibrahim Jassam relâché par l'armée US après 17 mois de détention. !!!

"Comment puis-je décrire ce que je ressens? C'est comme naître à nouveau", s'est exclamé le photographe.

Un photographe de presse irakien a été relâché par l'armée après 17 mois de détention en Irak, a annoncé mercredi son employeur, l'agence de presse Reuters.

Ibrahim Jassam a été interpellé en septembre 2008 lors de la perquisition de sa maison par les forces de sécurité américaines et irakiennes dans la ville de Mahmoudiya, à quelque 30km au sud de Bagdad, a rapporté l'agence de presse.

En décembre 2008, le tribunal correctionnel central irakien avait jugé les preuves insuffisantes pour maintenir M. Jassam en détention.

L'armée américaine avait cependant refusé de le remettre en liberté, affirmant détenir des renseignements prouvant qu'il présentait une menace sécuritaire.

Reuters dit avoir demandé des précisions mais s'être vu opposer le secret défense.

L'armée américaine a confirmé la libération du photographe, mais s'est refusée à tout commentaire sur l'affaire, invoquant toujours le secret défense.

En vertu du pacte de sécurité signé par les Etats-Unis et l'Irak, l'armée américaine doit remettre à l'Irak des milliers de détenus. Quelque 6.000 personnes placées attendent ainsi leur transfèrement aux autorités irakiennes.

Depuis l'invasion américaine en Irak en 2003, l'armée américaine a détenu plusieurs journalistes irakiens travaillant pour des organes de presse internationaux, dont l'Associated Press.

En avril 2008, l'armée américaine a relâché Bilal Hussein, un photographe d'AP, après deux années passées en détention

10/2

http://fr.news.yahoo.com/3/20100210/twl-irak-usa-journaliste-1def439_2.html

 La Rédaction Avec les agences de presse)

http://www.aloufok.net:80/spip.php?article1437



6 Les brèves

Ndlr : la publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyses ou le point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information.

6-1 L'armée américaine envoie des chiens renifleurs de bombes en Irak.

Au moment où le gouvernement al-Maliki est sous pression parce qu'il utilise des équipements qui s'avérer être inefficaces pour trouver des explosifs… l'armée US envoie des chiens renifleurs de bombes en Irak,

Le commandant Sylvester Wegwu a précisé jeudi que les 25 premiers chiens entraînés à détecter des bombes, sur les 145 attendus à terme, doivent arriver vendredi à Bagdad.

Ce pont aérien intervient alors que des questions se posent sur l'efficacité des engins détecteurs de bombes, ressemblant à des baguettes, qui sont fréquemment utilisés aux postes de contrôle en Irak.

Sylvester Wegwu, qui travaille comme conseiller militaire à l'école de police de Bagdad, a précisé que les 120 autres chiens seront livrés dans le courant de l'année.

Chaque chien sera associé à un policier irakien à l'école et sera entraîné pour faire équipe avec lui…

4/2

http://fr.news.yahoo.com/3/20100204/twl-irak-usa-chiens-guerre-1def439_2.html


6-2 Les Brèves de G.Munier :

Les mensonges de Tony Blair.

-          52% des électeurs britanniques, selon un sondage publié par The Sunday Times (17/1/10), croient que Tony Blair les a « délibérément induits en erreur » en affirmant que l’Irak possédait des armes de destruction massive et, selon l’institut YouGov, 23% qu’il devrait être poursuivi pour crime de Guerre.

-           

Relance des projets de partition.

Débit janvier, Ammar al-Hakim, chef du Conseil suprême islamique d’Irak (pro iranien), a relancé le projet de création d’un « Chiitistan » dans le sud de l’Irak, après une rencontre au cours de laquelle il a discuté avec Massoud Barzani des possibilités d’alliance après les élections législatives de mars.

http://www.roadstoiraq.com/2010/01/13/breathing-new-life-into-the-south-federate-project/

 

Les armes de la Croisade.

Depuis 30 ans, la société Trijicon, située à Wixom dans l’Etat du Michigan, grave un code « secret » renvoyant à un extrait de l’Evangile, sur les armes livrées  aux troupes américaines en Irak et en Afghanistan.

http://www.alternet.org/blogs/peek/145236/shocking_report%3A_u.s._military_weapons_inscribed_with_secret_%27jesus%27_bible_codes/

 

Mercenaires africains.

- En juin 2009, en Irak, sur un total de 193 000 mercenaires, il y avait 11 580 étrangers armés et 54 768 non armés, originaires principalement d’Afrique de l’Est. La majorité des mercenaires africains serait Ougandais et Kenyans, payés 400 à 500 dollars par an (nourris et logés), tandis que les Sud-africains en recevraient 7 000.

Selon l’ancien ministre ougandais du Travail, Mwesigwa Rukutana - aujourd’hui ministre de l’Education - ce commerce rapporte plus que l’exportation de café.

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/e976f772-03b0-11df-803b-1251528cf76d|1

 

Mercenaires africains en Irak, un business lucratif.

Il est inquiétant de constater que les Africains sont de plus en plus militarisés partout sur le continent pour servir les intérêts de nouvelles idéologies: le fondamentalisme musulman dans la Corne de l’Afrique (conséquence de l’invasion américaine de l’Irak), et la présence militaire américaine grandissante sur le continent.

A cela s’ajoute l’importante percée commerciale et économique de la Chine à la recherche de ressources minières (uranium et pétrole) et ses milliers d’ouvriers sur les chantiers qu’elle finance.

Et maintenant, c’est la braderie des terres vierges: la vente ou la location de millions d’hectares par certains chefs d’Etat et chefs coutumiers à des gouvernements étrangers (Arabie saoudite, Corée du Sud, Libye, Egypte et d’autres) ou à des multinationales agroalimentaires, avec leurs tonnes de pesticides et herbicides.

La société suisse Addax Bioenergy a obtenu du gouvernement de Sierra Leone une concession de 20 000 hectares pour cultiver de la canne à sucre en vue de produire de l’éthanol pour le marché européen. Des petits paysans seront délocalisés, quelques emplois seraient assurés, paraît-il, et on ne sait pas ce que deviendront les eaux polluées.

La survie économique des Etats-Unis, de la Chine, et d’autres pays ainsi que le pain quotidien des voitures passe par une Afrique de plus en plus bradée, hommes et terres, aux plus offrants.

Pauvre Afrique!

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/e976f772-03b0-11df-803b-1251528cf76d%7C1

 

« IED volants »

- Les troupes d’occupation américaines qui ont remplacé les Britanniques dans le sud de l’Irak craignent désormais les IRAM (Improvised Rocket-Assisted Munition) ou « IED volants ». Les Américains accusent l’Iran de les fabriquer et de les avoir livrés à des membres de l’Armée du Mahdi.

http://news.yahoo.com/s/mcclatchy/20100115/wl_mcclatchy/3401457

 

Médecins armés

  Les médecins irakiens sont souvent rackettés, kidnappés ou menacés de mort.

Dans le sud du pays, lorsqu’un de leurs patients décède, la famille les juge responsables et réclame le « prix du sang ». Ils sont désormais autorisés à porter une arme.

http://www.aina.org/news/20100118103816.htm


6-3 Les brèves des Brèves.

Retour des escadrons de la mort.

A Bagdad, la fondation de charité Mawteni a été attaquée par des individus masqués qui ont mitraillé son personnel tuant 7 employés. Une voiture piégée placée devant le bâtiment a explosé à l’arrivée de la police.

http://www.timesonline.co.uk/tol/news/world/iraq/article6993405.ece#cid=OTC-RSS&attr=797093

 

Recensement.

- Le recensement de la population irakienne, estimée aujourd’hui à 30 millions d’habitants, devrait se dérouler en octobre prochain. On s’attend à des contestations et à des troubles dans la région pétrolière de Kirkouk littéralement envahie par les Kurdes, depuis avril 2003, pour obtenir son rattachement à la Région autonome du Kurdistan.

 

Brut au marché noir

- Un trafic de pétrole brut impliquant des membres de la nouvelle armée irakienne a été découvert.

Le pétrole est pompé directement sur les pipelines, avec la complicité de leurs gardiens, entre Baiji et Mossoul, ou Mushahada et Hindiya.

Il est ensuite vendu sur le marché intérieur, notamment aux propriétaires d’usines de fabrication de briques.

http://www.uruknet.de/?s1=1&p=62192&s2=17

 

Chiens enragés

- A Bagdad, la nuit, des centaines de chiens abandonnés, devenus sauvages, attaquent parfois en bandes. Certains sont enragés. La fourrière manque de moyens pour lutter contre le fléau, et de gardes pour protéger son personnel des tirs des milices.

 

Résistance 

- Deux organisations de résistance : Rabat Jihadist Army et l’Armée de Zoubayr ibn al-Awwan ont adhéré fin janvier au Haut Commandement présidé par Izzat Ibrahim al-Douri .


6-4 Assis sur un gisement de pétrole

Les Irakiens ne disposent toujours que de quelques heures de courant électrique par jour tandis que des tonnes d'ordures s'entassent et des mares d'eaux usées stagnent dans les rues des villes, sept ans après l'invasion anglo-américaine de mars 2003.

Ces derniers mois, quelques camions-poubelle ont fait leur apparition à Sadr City, où s'entassent trois millions d'habitants.

Mais un policier local prévient que ces derniers ne doivent "pas se faire des illusions". C'est l'approche des élections qui les a fait venir.

Assis sur un gisement de pétrole, mais ravagé, l'immense bidonville de Sadr City, dans l'est de Bagdad, représente pour beaucoup le symbole de la l'impéritie et de la corruption d'un pouvoir qui dilapide les richesses du pays et sape la motivation des électeurs.

"J'entends dire que Sadr City est riche, mais je ne vois pas la couleur de la richesse. Pourquoi mes enfants ne sont-ils pas riches? Pourquoi les rues ressemblent-elles à cela?" s'insurge Razika Fokus, une veuve qui élève cinq enfants.

"Je ne participerai pas à l'élection parce que je ne vois rien de tangible de la part du gouvernement", jure-t-elle, tout en se pressant d'aller jeter un sac d'ordures dans la rue. Selon un voisin, celles-ci s'amoncèlent dehors durant des mois sans être ramassées.

A Sadr City, qui pullule de jeunes sans emploi, recrues idéales pour les bandes armées, milices et groupes d'résistants, des enfants en haillons jouent dans une mare d'eau stagnante qui dégage des odeurs d'égouts et d'immondices.

Un affreux écheveau de câbles électriques traverse le bidonville reliant générateurs et foyers, pour compenser les défaillances chroniques du réseau de distribution national, incapable d'assurer une alimentation régulière.

"Je ne suis qu'un employé. Mais il faut en imputer la responsabilité de cette situation à la corruption, à la désorganisation et aux décisions hasardeuses qui prévalent au ministère de l'Electricité", confie un ingénieur qui préfère conserver l'anonymat.

Selon l'ONG Transparency International, l'Irak est l'un des pays les plus corrompus au monde.

Après trente ans de guerres et de sanctions internationales, les infrastructures de l'Irak sont en état de délabrement avancé et la reconstruction rapide du pays est devenue un défi prioritaire.

http://fr.news.yahoo.com/4/20100212/twl-irak-elections-38cfb6d_1.html



7 Dossier & Point de vue

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information..

7-1 Les cicatrices ouvertes de l’occupation.

Depuis la montée en puissance de l’offensive américaine en Afghanistan, décidée par Obama au lendemain de son élection à la présidence américaine, c’est ce pays qui paraît avoir remplacé l’Irak au premier rang des champs de bataille de l’impérialisme.

Des membres de la famille se tiennent debout près du cercueil de Mahomet Ajeel et ses trois fils, massacrés dans une attaque des troupes américaines, dans la ville chiite de Najaf, à 160 kms au sud de Bagdad, le samedi 13 février 2010 - Photo : AP/Alaa al-Marjani

Mais ce n’est pas pour autant que l’occupation impérialiste de l’Irak est encore près de prendre fin, ni l’état de guerre qu’elle y crée, loin s’en faut. Obama a beau devoir son élection, pour une bonne part sans doute, à la promesse d’un retrait rapide des troupes américaines d’Irak qu’il avait faite durant sa campagne, ce retrait n’a pas tardé à se révéler bien moins rapide qu’il l’avait laissé entendre dans ses discours électoraux.

Même à plus long terme, il est encore moins question que le quadrillage militaire de la région par l’impérialisme américain soit allégé. Au contraire, il sortira renforcé de l’occupation irakienne, pour protéger d’encore plus près les intérêts des trusts impérialistes en général, et ceux des trusts américains en particulier, contre la population irakienne et celle des autres pays de la région.

Un retrait en forme d’installation permanente

C’est en février 2009 qu’Obama a formellement annoncé son calendrier pour le retrait des troupes américaines. Mais il n’avait rien en fait de bien nouveau, puisqu’il s’agissait d’une version à peine remaniée du Status of Forces Agreement (SOFA - Accord sur l’état des forces) passé l’année précédente par son prédécesseur George Bush avec le gouvernement irakien.

Ce SOFA remanié prévoyait qu’à partir du 30 juin 2009 les quelque 130 000 soldats américains se replieraient dans leurs bases et cesseraient toute présence dans les villes, sauf « nécessité opérationnelle ». La date du 31 août 2010 était définie comme « fin des opérations de combat », ce qui implique que d’ici là les troupes américaines, toutes reléguées dans leurs bases qu’elles soient, pourront toujours, par exemple, déclencher des opérations offensives là où les généraux le jugeront bon.

Avant cette « fin des opérations de combat », le SOFA prévoyait que le nombre de soldats devrait être progressivement réduit. La version initiale du SOFA parlait d’un « effectif résiduel » de 35 à 50 000, ce qui était déjà bien supérieur à ce qu’avaient laissé entendre les porte-parole du Parti démocrate. Mais en plus, Obama tint à préciser que, sur ce point, la décision serait laissée entièrement à l’appréciation des généraux responsables du théâtre des opérations. Il faut croire que ceux-ci n’envisagent pas un retrait rapide avec trop d’enthousiasme puisqu’un rapport de la commission d’audit du gouvernement américain en date du 2 novembre 2009 indique que, finalement, cet effectif résiduel sera de 50 000 hommes.

Reste à savoir à quoi ces 50 000 hommes, qui ne seront donc plus censés participer à des opérations de combat, pourront bien servir. En théorie, ils seront là exclusivement pour remplir des tâches logistiques et d’entraînement auprès de l’armée et de la police irakiennes. Mais en fait, là aussi, tout est laissé à l’appréciation des généraux, y compris la possibilité que ces hommes soient quand même, après tout, équipés pour le combat, pour le cas où.

Finalement le SOFA prévoyait que cet « effectif résiduel » devrait définitivement quitter le pays au 31 décembre 2011 - c’est-à-dire exactement à la date qu’avait déjà choisie George Bush en 2008 ! Bien que le SOFA reste beaucoup plus flou sur ces points, selon le département de la Défense, à cette date, les 295 bases militaires américaines en Irak devraient être fermées ou remises à l’armée irakienne, tout l’armement stocké devrait avoir été rapatrié ou neutralisé, et la totalité des quelque 115 000 mercenaires et employés civils qu’il emploie sur le terrain devrait avoir quitté le pays.

Mais il y a tout lieu de douter que tel soit réellement l’avenir que prépare Obama. En mars, par exemple, la chaîne de télévision NBC rapporta que des officiers supérieurs américains étaient en pourparlers avec les autorités provinciales kurdes (dans le nord-est du pays) en vue de la construction d’une base aérienne américaine permanente sur leur territoire. La même chaîne cita également des conseillers militaires d’Obama prédisant que les États-Unis conserveraient une présence militaire en Irak pendant quinze à vingt ans et soulignant que le SOFA pouvait toujours être renégocié en cas de besoin.

D’ailleurs, même tel qu’il est, le SOFA comporte des clauses qui n’ont de sens que dans l’hypothèse où resterait sur le sol irakien aussi bien du personnel civil que militaire. En particulier, il prévoit que, contrairement à la situation actuelle, les militaires et employés sous-traitants de l’armée américaine seront sujets à la loi irakienne, mais dans le cadre de procédures spéciales, permettant la « collaboration » des autorités policières et judiciaires des deux pays. D’ores et déjà des antennes du FBI ont été mises en place en Irak pour mettre en place ces procédures. Pourquoi faudrait-il que soient définies de telles procédures si le retrait américain devait être aussi complet qu’Obama le dit ?

De toute façon, il ne manque pas de déclarations émanant aussi bien des hautes sphères militaires américaines que de l’entourage d’Obama pour indiquer qu’effectivement, après le 31 décembre 2011, l’armée américaine maintiendra une présence importante en Irak. D’abord parce qu’elle aura des « conseillers » auprès des forces de répression irakiennes, sous prétexte d’aider à leur formation, à l’instar de ce qui se fait dans tous les pays appartenant au pré carré de l’impérialisme américain. Ensuite, comme, selon les experts militaires, l’armée irakienne n’aura pas la technicité nécessaire pour se doter de ses propres forces aériennes, ni d’artillerie lourde avant 2015 au moins, il faudra lui adjoindre des unités opérationnelles avec leur armement et leur personnel (car il n’est pas question pour Washington que des soldats américains servent sous commandement irakien !). Tout cela pourra être dûment coordonné à partir du colossal bunker que se sont construit les États-Unis à Bagdad, leur ambassade, qui est la plus importante de la planète et qu’il n’est pas question de démanteler !

Et puis, comme le disaient les conseillers d’Obama mentionnés plus haut, rien n’empêche le SOFA d’être renégocié plus tard, pour régler des « détails » tels que la mise en place de bases militaires permanentes, par exemple. Simplement, le moment n’est pas très bien choisi pour l’instant : ni pour Obama, qui n’a pas forcément envie de dévoiler ses plans trop tôt alors qu’il doit déjà faire avaler bien des couleuvres à son opinion publique, ni surtout pour le gouvernement irakien qui doit faire face à une période qui pourrait se révéler très délicate d’ici aux élections prévues pour le 7 mars prochain.

En attendant, même avec un effectif militaire notablement réduit en Irak, l’armée américaine restera une menace permanente pour la population irakienne. Car depuis la première guerre du Golfe, et surtout depuis 2001, Washington a déversé des milliards dans les émirats du Golfe tout proches, pour y établir une solide présence militaire. Tout récemment, le général Petraeus, responsable du Centcom, le commandement central de l’armée américaine, expliquait que « nous travaillons à la mise en place d’un réseau intégré de défense aérienne et de missiles pour le Golfe » grâce « aux bases et installations portuaires d’une importance critique que Bahrein, le Koweit, le Qatar, les Émirats arabes unis et d’autres fournissent aux forces américaines ». Et effectivement, en plus de la flotte américaine qui patrouille en permanence dans cette partie du monde, chacun de ces pays accueille des bases avec, par exemple, un effectif permanent de 15 000 au Koweit et de 3 000 à Bahrein.

Les vautours se placent pour la curée

La fin de l’occupation sous sa forme actuelle et son remplacement par une situation plus stable, avec une présence américaine plus permanente mais plus discrète, s’appuyant sur des forces de répression locales nombreuses (les polices et l’armée irakiennes totalisent environ 600 000 hommes), qui pourraient garantir le maintien de l’ordre autour des champs pétroliers et dans les grands centres du pays, commencent à ouvrir aux trusts impérialistes des perspectives qu’ils attendaient depuis longtemps.

C’est ce que l’on a vu, par exemple, lors de la foire organisée à Bagdad en novembre dernier, à laquelle quatre cents entreprises étrangères, dont quarante françaises, ont participé dans l’espoir de capter une part du marché irakien, le tout au milieu d’une débauche de contrôles policiers dans les rues de la capitale, et sous une nuée d’hélicoptères de combat veillant au grain. À l’occasion, la société française Aéroports de Paris a paraît-il décroché le contrat pour la conception d’un nouvel aéroport international en Irak.

Plus significative encore a été la dizaine de contrats préliminaires adjugés par le gouvernement irakien à autant de consortiums de compagnies pétrolières depuis juillet dernier.

Jusqu’à présent, les trusts pétroliers ne voulaient entendre parler que de contrats de « partage de production », où ils conserveraient le pétrole produit et la maîtrise du niveau de production, moyennant des royalties payées à l’État, ce qui leur permettrait, en particulier, de jouer sur les fluctuations des prix du pétrole. Les autorités d’occupation avaient bien multiplié les pressions sur le gouvernement irakien pour qu’il concocte une loi en faveur de cette option. Mais cette loi, très impopulaire, devint un tel enjeu dans les rivalités politiques entre factions irakiennes qu’elle ne fut jamais finalisée.

Les contrats mis aux enchères à partir de juillet 2009 ont donc été des contrats de services, moins lucratifs, où les trusts pétroliers agissent en sous-traitants de l’État dans la gestion et la maintenance des gisements. Ils s’engagent à remettre en état des gisements existants dont la production est tombée quasiment à néant, et à faire monter cette production à un certain niveau à une échéance donnée. Pour signer ces contrats, les acquéreurs doivent payer des primes de signature d’un montant de 100 à 150 millions de dollars. Après quoi, l’État leur rembourse la totalité des frais de remise en état et leur paie une somme donnée pour chaque baril de pétrole qu’ils produisent pour son compte.

Les postulants n’ont finalement pas manqué pourtant. Ils ont sans doute rechigné, estimant que la prime de signature était trop salée et que le prix payé au baril était trop bas, mais ils ont fini par baisser leurs prétentions. Un fait notable est que, sur la trentaine de compagnies pétrolières participant à ces consortiums, on compte seulement deux majors américaines (ExxonMobil et Occidental Petroleum), les deux principales compagnies anglaises (BP et Shell), ainsi que Total pour la France. Les autres compagnies viennent d’Italie, de Chine, de Malaisie, du Brésil, du Vietnam, etc., bref, de pays n’ayant pas participé à l’occupation de l’Irak. C’est qu’en fait tout cela apparaît comme une espèce de jeu un peu symbolique. D’une part parce que, en principe, ces contrats devraient d’abord, aux termes de la Constitution de 2005, recevoir l’assentiment non seulement du Parlement irakien, mais aussi des assemblées des provinces concernées.

Or il n’est pas dit que cet accord soit donné, ni par le premier ni par les secondes, et de plus, le Parlement irakien sera renouvelé en mars et nul ne peut être certain de sa nouvelle composition. D’autre part - et des poursuites ont déjà été intentées à ce sujet par des politiciens d’opposition - dans l’état actuel de la loi, les contrats d’exploitation de gisements existants doivent être attribués à des sociétés irakiennes, et en particulier aux deux compagnies pétrolières d’État existantes. Seuls les gisements non encore exploités peuvent, d’après la législation, être concédés en exploitation à des entreprises étrangères. Bref, le gouvernement du Premier ministre Maliki semble nager dans la plus complète illégalité. Et en plus, la mise en œuvre de ces contrats pose encore dans la plupart des cas des problèmes de sécurité insolubles, comme par exemple en raison des attentats incessants qui continuent à paralyser pendant des semaines entières le pipe-line reliant l’Irak à la Turquie.

Autant dire que, même si ces contrats préliminaires sont effectivement signés, ils risquent de ne valoir guère plus que le papier sur lequel ils sont rédigés. Néanmoins, pour les compagnies cherchant à se tailler une part du pétrole irakien, ces enchères constituent sans doute une façon de se placer, par avance, en préparation du jour où les choses deviendront sérieuses, c’est-à-dire quand la loi sur le pétrole aura finalement été adoptée et qu’elles pourront avoir accès aux contrats de partage de production sur les gisements non exploités auxquels elles aspirent. Elles savent, et cela vaut aussi pour BP et Shell malgré la participation de la Grande-Bretagne à l’occupation, qu’elles auront à faire face à la concurrence redoutable des majors américaines et qu’elles ont intérêt à mettre par avance un pied dans la place.

Car si les majors américaines, elles, ne se sont pas précipitées en masse, c’est qu’elles sont déjà installées à la mangeoire, grâce au poids de Washington et, sans aucun doute, à des appuis haut placés dans la classe politique irakienne. Et puis elles peuvent compter sur les dignitaires américains de l’occupation qui se sont recyclés dans le pétrole, comme l’ancien chef de l’autorité d’occupation, Jay Garner, devenu conseiller de la compagnie canadienne Vast Exploitation, exploitante de gisements dans le Kurdistan irakien ; ou encore Zalmay Khalilzad qui, après avoir été consultant chez Unocal et ambassadeur de Bush en Irak et en Afghanistan, a créé sa propre firme de consultants dans le pétrole, installée à Irbil, dans le Kurdistan irakien.

Une « normalisation » dans la guerre des factions ? Nombre de responsables politiques américains et britanniques ont parlé ces derniers temps, non sans un cynisme certain, d’un début de « normalisation » en Irak, citant en particulier la diminution du nombre des victimes parmi les troupes américaines et du nombre des explosions. Comme si cette diminution prouvait quoi que ce soit puisque les soldats américains, désormais cantonnés dans leurs bases, n’ont plus l’occasion de servir de cibles aux groupes armés irakiens !

En revanche, il serait difficile d’user du même argument en s’appuyant sur les attentats contre la population irakienne. Ainsi, en novembre 2009, un article de Radio Free Europe notait qu’en septembre 2009 le chiffre officiel des victimes civiles était descendu à son plus bas niveau depuis l’invasion américaine. Le chiffre qu’il citait était de 125 victimes, un chiffre « normal ». Mais le même article corrigeait aussitôt cette remarque en ajoutant que le chiffre des victimes d’octobre, qui était de 343, était plus élevé que celui d’octobre 2008. Autrement dit la population paie plus que jamais de son sang le chaos politique créé par l’occupation.

En fait, depuis l’été dernier, on a assisté à une recrudescence des attentats suicides en Irak en général, et dans la capitale en particulier. Mais alors que, dans la première partie de l’année, les attentats avaient en général le même caractère aveugle et confessionnel que les années précédentes, depuis le mois d’août les attentats les plus importants par le nombre des victimes et les moyens mis en œuvre ont tous présenté les mêmes caractéristiques : ils ont consisté en une série de plusieurs explosions simultanées, toujours dans la « zone verte » (la zone la plus strictement protégée de Bagdad où se trouvent ministères et ambassades), visant des ministères importants ou leurs annexes et faisant de cent à cent cinquante morts et plusieurs centaines de blessés.

Le gouvernement Maliki et les partis qui lui sont liés ont eu vite fait de blâmer soit Al Qaïda, soit la main de l’Iran, soit encore, dans le cas de Maliki, le parti Baath en exil à Damas (au point de rompre les relations diplomatiques entre l’Irak et la Syrie !). Mais il était clair que tout le monde était pris de court par ces attentats non revendiqués, utilisant des moyens logistiques importants, et dont l’objectif évident était de prouver la faiblesse d’un gouvernement qui se montrait incapable d’assurer la sécurité dans son propre bastion.

Et il est bien possible en fait qu’en fin de compte ce soit Maliki qui se soit approché le plus près de la vérité lorsqu’après l’attentat du 15 décembre, qui fit 112 morts, il accusa des groupes clandestins « infiltrés » dans les forces de police d’avoir été les auteurs de ces attentats.

Ce qui paraît certain, c’est que les auteurs de ces attentats préparaient, à leur façon, les élections de mars prochain, en tentant de torpiller l’image que s’est créée Maliki, dont la liste semble la mieux placée pour remporter cette élection. Cette image, c’est celle d’un homme qui se targue d’avoir rétabli l’ordre en imposant la loi de la police et de l’armée irakiennes dans les deux principaux bastions des milices chiites radicales qu’étaient Bassorah, la capitale du Sud, et Sadr City, le plus grand bidonville de Bagdad, où vit un tiers de la population de la capitale.

C’est en 2008 que cette mise au pas fut réalisée, au moyen d’opérations conjointes menées par l’armée irakienne, l’armée américaine et des milices supplétives sunnites connues sous le nom de « conseils du réveil », formées d’anciens membres des groupes armés sunnites que les autorités américaines avaient recrutés en leur offrant l’amnistie et une solde régulière. Confrontées à des forces supérieures en nombre, en organisation et en armement, les milices chiites radicales durent se fondre dans la population et laisser le contrôle de la rue à la police.

Maliki, dont le parti, Dawa (parti religieux chiite), avait entre-temps quitté la grande coalition des partis chiites qui avait remporté les élections de 2005, constitua alors sa propre liste lors des élections provinciales de janvier 2009. Et grâce au crédit acquis face aux milices radicales, sa liste arriva en première position dans neuf provinces sur les quatorze où se déroulaient des élections, y compris à Bassorah et à Bagdad, les deux principales villes du pays, où elle obtint la majorité des sièges. Dans ces élections, il y eut deux grands perdants : d’une part ISCI (Conseil islamique suprême d’Irak), le parti religieux qui faisait figure de principale force politique chiite jusque-là, qui perdit huit des onze provinces qu’il contrôlait auparavant ; et d’autre part les deux principaux courants chiites radicaux, qui furent complètement marginalisés (sur le plan électoral, car sur le terrain, ils restent les principales forces politiques dans les quartiers chiites pauvres de Bagdad et de Bassorah, en particulier parmi les réfugiés de l’intérieur).

Un régime vulnérable

Maliki comptait bien rééditer le même tour de force lors des élections de mars prochain. Il a tout fait pour ça, en constituant une coalition de partis qui se présente comme « séculière » sous le label de « coalition pour un État de droit », label qui constitue en fait l’essentiel de son programme. Le terme de « séculière » ne doit pas tromper néanmoins. Cinq des six principales coalitions qui se présentent aux élections de mars se disent « séculières », tout simplement parce que se référer à la religion sur le terrain politique rappelle à un nombre croissant d’électeurs les affrontements entre chiites et sunnites qui ont ensanglanté les années passées. Mais dans les faits, par exemple, les autorités provinciales « séculières » élues sur les listes de Maliki se sont fait remarquer en interdisant aux femmes d’assister aux délibérations de l’assemblée provinciale sans être accompagnées d’un parent de sexe masculin, dans la province de Wasit (au sud, près de la frontière iranienne), ou encore en décrétant la fermeture des magasins vendant des boissons alcoolisées à Bagdad !

Il ne manque pas de factions qui auraient de bonnes raisons de vouloir ainsi torpiller Maliki et qui en auraient les moyens logistiques. L’une d’entre elles est le parti chiite ISCI qui, s’il perd autant de terrain aux élections de mars qu’il en a perdu aux élections provinciales, risque de perdre par la même occasion son bastion du ministère de l’Intérieur où l’ont installé les autorités américaines dès le premier gouvernement provisoire mis en place au lendemain du renversement de Saddam Hussein. Or c’est à cette position qu’ISCI doit une bonne partie de son influence dans la police, où il a placé des membres de sa milice dans la plupart des postes clés.

Il y a aussi les milices sunnites des « conseils du réveil » qui ont des comptes à régler avec Maliki. Après avoir été utilisées en première ligne contre les chiites radicaux, elles n’ont guère été remerciées pour leurs services. Dès que les autorités américaines ont transféré la responsabilité de ces milices à Maliki, en septembre 2008, avec pour mission de les intégrer dans la police, la première mesure que celui-ci a prise a été de réduire leur solde de moitié. Et à ce jour, seuls 5 % de ces milices ont été intégrés dans la police. Des miliciens restants, une bonne partie ont déserté, mais il en reste 45 000 qui servent de supplétifs à la police dans les coups les plus tordus, et qui ne doivent pas manquer de rancœur à l’encontre du régime.

Enfin, il y a les victimes des « coups d’éclat » sécuritaires de Maliki, en particulier les miliciens de l’armée du Mahdi qui ont eu depuis longtemps pour politique de créer des noyaux de sympathisants dans la police et dans l’armée, en particulier pour se procurer des armes, et qui ont donc certainement les motivations et probablement les moyens de se livrer à de tels attentats pour affaiblir Maliki.

Mais même si Maliki parvient à passer le cap des élections de mars en conservant le pouvoir, il lui restera à faire face à des forces centrifuges qui depuis longtemps ont contribué au chaos politique en Irak, et qui pourraient trouver avantage à tenter leur chance.

À l’occasion de l’élaboration de la loi électorale réglementant l’élection de mars, de violentes dissensions sont revenues à la surface autour de la question de Kirkouk. La province de Kirkouk est depuis toujours revendiquée par les partis kurdes comme devant être intégrée à la province autonome du Kurdistan. Cette question avait été envisagée dans la Constitution de 2005 et une procédure comportant un référendum définie. Mais Bagdad n’a jamais voulu prendre le risque de l’organiser et cela d’autant moins que Kirkouk est, avec la région de Bassorah, celle qui comporte les plus riches réserves pétrolifères inexploitées. C’est aussi la raison pour laquelle les nationalistes kurdes en revendiquent l’annexion. Jusqu’à présent le gouvernement régional du Kurdistan a exploité dans son coin, sans rendre de comptes à Bagdad, des gisements pétrolifères d’importance moyenne. Mais si Bagdad se met à attribuer des contrats d’exploitation à des compagnies étrangères, les partis kurdes ont toutes les raisons de craindre que cela soit le cas pour ceux de Kirkouk et il leur sera alors beaucoup plus difficile de remettre la main sur cette province. D’où l’urgence pour eux de passer en force, si nécessaire, avant qu’il soit trop tard.

Symétriquement, contrairement à son rival Dawa, le parti chiite ISCI a toujours été favorable à la création d’une super-région chiite dans le sud de l’Irak, où se trouve l’essentiel de sa base traditionnelle, super-région qui ferait pendant au Kurdistan et engloberait alors plus de la moitié des réserves en pétrole du pays. Tant qu’ISCI occupait une position clé dans les allées du pouvoir à Bagdad, il n’avait pas forcément intérêt à jouer sur le régionalisme des chiites du Sud irakien. Mais si ISCI en vient à perdre cette position, cela pourrait changer et constituer un facteur d’instabilité de plus pour Bagdad.

Les cicatrices ouvertes de l’occupation

Visitant Bagdad peu après l’offensive contre les radicaux chiites, le journaliste américain Nir Rosen, opposant de toujours à l’occupation américaine en Irak, donne un aperçu de la vie de la population qui se passe de commentaire : « Il y a moins de monde qui meurt aujourd’hui parce qu’il reste moins de monde à tuer. Sunnites et chiites habitent maintenant des enclaves séparées par des murs, dirigées par des chefs de gangs et des miliciens, qui ont consolidé leur pouvoir après que les quartiers mixtes ont été nettoyés sur une base ethnique. Depuis avril 2007, les forces américaines ont érigé une série de murs en béton et de postes de contrôle au travers de la ville. (...) Bien que ces murs puissent avoir contribué à amortir la violence entre sectes religieuses, on peut penser qu’ils l’ont aussi exacerbée, en isolant les Irakiens de leurs voisins et en les rendant dépendants de milices comme l’armée du Mahdi pour leur ravitaillement et leur protection. (...)

Dans le centre de Bagdad, le quartier Washash, en majorité chiite, vit dans la misère. (...) Ses rues non pavées sont recouvertes de détritus, les câbles électriques pendent des toits en se croisant comme de vieilles toiles d’araignée. Les hommes de l’armée du Mahdi de Washash, dont la brutalité est de notoriété publique même parmi les sadristes, utilisaient ce quartier comme base pour organiser des attaques contre les militants sunnites (...) et le quartier fut parmi les premières enclaves chiites à être enfermées dans des murs de béton. Il n’y a qu’une seule entrée pour les voitures, gardée par des soldats irakiens. Ailleurs, il y a quelques entrées où les piétons peuvent pénétrer, un par un. Pratiquement tous les sunnites qui vivaient à Washash ont été contraints de partir ou ont été assassinés par l’armée du Mahdi. »

Depuis, le « nettoyage » de ces quartiers de Bagdad par Maliki a peut-être restauré l’État de droit, sous la forme d’une présence policière permanente et en contraignant les miliciens radicaux chiites à agir plus discrètement. Mais il n’a pas fait disparaître la brutalité des milices (pas plus que celle de la police, d’ailleurs, qui est notoire), ni le règne des chefs de gangs. Pas plus qu’il n’a fait disparaître le fossé creusé entre communautés par les violences passées des milices.

On estime que la combinaison des violences inter-religieuses, des destructions de l’occupation et de l’aggravation de la misère qui en a résulté, a créé 2,7 millions de déplacés intérieurs en Irak, auxquels viennent s’ajouter deux millions d’émigrants qui se sont réfugiés hors des frontières du pays, soit environ 15 % de la population. Sur ce total, on estime que seulement 300 000 personnes sont revenues de cet exil forcé à leur point de départ. C’est dire que, pour toute une partie de la population, la situation reste toujours aussi intolérable, sans même parler de « normalisation ».

Le retrait des troupes américaines, si et quand il aura lieu, ne changera rien aux conséquences catastrophiques pour la population irakienne de cette invasion criminelle et des années d’occupation, de souffrance et de guerre civile plus ou moins ouverte qu’elle a entraînées. Que ce soit sur le plan matériel, social ou politique, l’invasion aura ramené le pays des décennies en arrière. Et ce ne sont pas les nombreuses factions rivales, toutes aussi bigotes, réactionnaires et corrompues, que l’impérialisme a fait surgir, voire qu’il a poussées vers le pouvoir, qui y changeront quoi que ce soit !

4 janvier 2010 -

Union Communiste Internationaliste - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.union-communiste.org/?FR...


Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


19/02/2010

n°512 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine - 15-01 : Début : - La démocratie mondiale malade du camp de concentration de Gaza.

n°512 -  Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de  Palestine - 15-01 : Début : - La démocratie mondiale malade du camp de concentration de Gaza.



L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 



Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de  Palestine

512 du 15-01

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 

Sommaire

Tiré à part

1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

1-1 Le début de l’année 2010 enregistre la recrudescence des guerres impérialistes contre la plupart des habitants de la Planète.

1-2 Manuel de Diéguez : La démocratie mondiale malade du camp de concentration de Gaza. 

1-3 Seumas Milne - Le terrorisme est le prix à payer pour le soutien aux despotes et aux dictateurs.

Suite

1-4 Nadine Rosa-Rosso : Le rôle de l'Europe dans l'extermination des Palestiniens.

1-5 Kawther Salam : Les détrousseurs de cadavres d’Israël.

1-6 John Pilger: Israël : Un bilan (The New Statesman)

1-7 Nadia Hijab: Quand peut-on parler de génocide ?

1-8 Julie Lévesque : Israël-Palestine : une guerre d'images et de mots.

Fin

1-9 Akiva Eldar : La compassion qu’Israël affiche en Haïti ne peut dissimuler la face hideuse qui est la nôtre à Gaza.

1-10 Nabil Sahli : Le vol de l'eau palestinienne par Israël.

2 Annexe

2-1 Myriam Abraham : Propagande et Manipulation Sioniste Sans Frontière.

2-2 Ramzy Baroud : La Turquie N’est Plus Le Laquais De L’Otan…..Ni Celui D’Israël.

2-3 Galal Nassar : Quand Israël rejoint l’OTAN.

2-4 Myriam Abraham : Les VRP en tournée en Europe pour l’Opération Récupération de l’Holocauste.

2-5 Myriam Abraham : On déterre Auschwitz, on enterre Gaza.



1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

1-1 Le début de l’année 2010 enregistre la recrudescence des guerres impérialistes contre la plupart des habitants de la Planète. 

Extrait

Le début de l’année 2010 enregistre des régressions socio économiques très graves ainsi que la recrudescence des guerres impérialistes contre la plupart des habitants de la Planète :

•La crise capitaliste, qui a explosé après plus de dix ans de problèmes, va augmentant. La menace de nouvelles catastrophes, plus virulentes que les précédentes, pèse sur le monde tout entier.

•Les nouvelles guerres colonialistes s’étendent à tout le Sud de la Planète, rappelant la période allant de la fin du XIX° siècle jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale (au milieu du XX° siècle), c’est-à-dire la période de la distribution des parts du « marché mondial » entre les grandes puissances et, surtout, la mainmise de ces puissances sur les sources d’énergie et de richesses que recèle le terre.

•Cette crise et ces guerres sont très visibles dans la région arabe, dans ses deux parties orientale et occidentale, tant par la situation en Palestine qu’au Liban ou, encore, en Irak et, nouvellement, au Yémen et au Soudan.

I.La crise capitaliste

A.Les Etats-Unis

La plupart des rapports et des analyses parus au début de 2010 s’accordent pour dire que les résultats de la première année de l’administration du nouveau président étasunien Barak Obama fut, pour tous ceux qui l’avaient appuyé et s’étaient enthousiasmé de sa venue au pouvoir, une déception générale et sur tous les plans. En effet, il est très vite apparu la grande différence entre les promesses tenues par le candidat à la présidence et les politiques entreprises par Obama en tant que président des Etats-Unis, et qui ne manquent pas de rappeler son prédécesseur George W. Bush ; faits attendus, vu que ce n’est, généralement, pas le président qui peut, à lui seul, prendre les grandes décisions, surtout en matière de politique économique.

-Ces rapports économiques, tant officiels que privés, mettent en avant des changements dangereux dans deux indices importants :

     Le premier est l’indice des saisies immobilières qui se sont élevées à 3 millions ; les Etats de la Floride, de l’Arizona, de la Californie et du Nevada venant au premier rang.

De plus, il est noté que plus d’un million de jeunes, qui avaient acheté un appartement durant la seconde moitié de l’an 2009 ou qui ont besoin d’un appartement, vont, soit céder leur logement, soit s’abstenir d’en avoir un, à cause de l’exacerbation de la crise et de ses répercussions sociales prévues.

     Le second, le plus important, a rapport avec la crise de l’emploi.

Le chômage croît à vue d’œil. Le rapport du « Bureau de statistique sur l’emploi » a noté une réelle augmentation du chômage déclaré et camouflé dont le taux est devenu 16,9% de l’ensemble de la population active ; il se répartit comme suit : 14,7 millions de chômeurs qui n’ont aucune possibilité de trouver du travail (9,8% de la population active) ; 9 millions qui ont un travail partiel ; 2,3 millions ont un travail intermittent dont le revenu est très loin d’être

 Suffisant.

-En plus de ces indices, qui avaient constitué les détonateurs de la crise économique, il est nécessaire d’attirer l’attention sur deux autres points :

      •Le premier, et malgré des déclarations très « rigoureuses », l’administration de Barak Obama continue à accorder une aide financière importante aux banques, dont, dernièrement, un prêt de 90 milliards de dollars.

      •Le second réside dans la poursuite de l’escalade des dépenses militaires, à commencer par les nouvelles bases en Amérique latine, en passant par les nouvelles intervention militaires, tant au Yémen qu’à Haïti (sous prétexte d’apporter aide et assistance au peuple haïtien sinistré) ou au Soudan, pour aboutir à l’escalade en Afghanistan où de nouvelles troupes sont envoyées (30 mille), renforcées par un budget illimité aux opérations de la CIA, parmi lesquelles des assassinats menés à partir de drones très performants nouvellement créés.

 

Tous ces aspects réunis montrent que la nouvelle administration aux Etats-Unis poursuit les politiques néolibérales sauvages. Elle va dans le sens d’imposer des tendances économiques et militaires nouvelles aux alliés de Washington, dont : des aides imposées aux pays arabes pétroliers, la baisse du prix du dollar et des intérêts sur le dollar, les nouvelles guerres qui feraient travailler les usines d’armes et permettraient aux sociétés transnationales d’asseoir leur mainmise sur le monde.

 

II.La situation arabe

Le monde arabe et la région moyen-orientale sont considérés comme zones principales pour l’exécution des directives étasuniennes dans les domaines économiques et militaires.

Pour asseoir leur mainmise sur la région arabe, les Etats-Unis ont recours à la politique dite « de la carotte et du bâton », fixant leurs priorités à court terme et selon leurs intérêts tactiques. Voilà pourquoi Washington, tout en poussant vers l’escalade militaire sur le front du Yémen, de « La corne africaine » et du Soudan, a eu recours à calmer la situation  sur le front syrien et libanais, d’abord, en aidant à la réconciliation entre l’Arabie saoudite et la Syrie, en acceptant le rapprochement syrien avec la Turquie et, ensuite, en déclarant, par la voix de leur envoyé spécial au Moyen Orient, Georges Mitchell,  que la « Syrie a un important rôle à jouer » dans le projet étasunien visant à normaliser les relations entre Israël et les pays arabes.

A.Le problème palestinien

Le retour de Georges Mitchell dans la région et ses déclarations concernant la Palestine marquent un accord complet entre les Etats-Unis et Israël en ce qui concerne la solution de ce problème. Pour Mitchell, à l’instar de sa ministre des affaires étrangères, les négociations entre palestiniens et Israéliens doivent reprendre sans conditions préalables, mais, surtout, dans une atmosphère de calme et de non violence (sous entendre : l’arrêt de toute forme de résistance de la part des palestiniens). De plus, une grande partie de sa tournée est consacrée au retour des négociations indirectes entre la Syrie et Israël.

De plus, certains journaux (dont « Al Qods al arabia ») ont fait état d’un nouveau projet étasunien, mis au point par la CIA, préconisant la création d’une « Confédération des terres saintes » entre la Jordanie, Israël et l’Etat palestinien (s’il est proclamé). Ce projet se base sur les des idées déjà avancées, en 1982, par Shimon Pérès ; il prend comme point de départ le fait que l’avenir de la ville d’Al Qods et le droit au retour constituent les deux problèmes à résoudre et que ces deux problèmes ne peuvent trouver une solution stable qu’au sein d’un Etat confédéral qui déclarerait Al Qods « ville ouverte » et chercherait à mettre au point des solutions à long terme au retour des Palestiniens dans leur patrie!...

Partant de ce projet, qui pourrait aboutir -s’il est adopté- à liquider la cause palestinienne, Israël mène sa nouvelle agression contre les habitants de Gaza ainsi que les mesures visant à l’étrangler (la construction du mur d’acier ou le blocus maritime). De plus, le gouvernement israélien hausse le ton contre les Palestiniens de 1948 et  poursuit la « judaïsation » de la partie orientale d’Al Qods. Tout cela à un moment où les divisions palestiniennes intestines s’exacerbent et affaiblissent les forces qui auraient dû œuvrer, ensemble, afin de faire face au nouveau projet américano-israélien.

A partir de ce qui précède, le Parti Communiste libanais trouve qu’il est indispensable, pour les forces de la gauche arabe, de revenir aux décisions prises lors de la conférence internationale extraordinaire de Damas (septembre 2009) et, en premier lieu, à la proclamation unilatérale, de la part des forces palestiniennes, de l’Etat palestinien autonome, à mettre un programme visant à lever le blocus imposé à Gaza et, enfin, à imposer à Israël la mise en exécution de la résolution 194 des Nations-Unies, notamment ce qui a rapport avec le droit au retour.

 

IV.Les positions du PCL et son programme de lutte

Le Parti Communiste libanais trouve qu’il est indispensable de faire face aux tentatives du gouvernement de mettre à profit la réconciliation entre l’Arabie saoudite et la Syrie, le calme précaire qui règne dans les régions frontalières Sud, mais, surtout, la faiblesse du mouvement syndical (divisé par les dissensions confessionnelles) pour faire passer des projets déjà refusés par le mouvement populaire.

 

A partir de cet état de fait, les Communistes, syndicalistes ouvriers ou enseignants, ou, aussi, étudiants, ont mis au point un programme qui sera présenté dans les différents secteurs dans lesquels ils sont actifs. Ils visent, à partir de ce programme, à regrouper les comités syndicaux, les secteurs des métiers libéraux et ce qui reste des comités de locataires, à organiser des débats dans les corps des métiers et dans les régions, ainsi qu’une manifestation d’ouvriers et de salariés (début mars) pour défendre les droits des masses populaires qui sont en prise avec une situation très critique, pouvant détruire ce qui leur reste de dignité.

 

Les mots d’ordre essentiels seront ceux de son votés lors du X° Congrès, en plus de ceux décidés en commun avec les partis communistes et ouvriers durant la tenue du Congrès extraordinaire de Damas et du XI° Congrès à New Delhi.

 

Les priorités seront :

A) Sur le plan politique libanais régional et international:

1. La lutte pour une nouvelle loi municipale et le vote à 18 ans.

2. L’opposition, par la résistance, à toute tentative d’agression nouvelle de la part d’Israël.

3. La mise au point d’un plan d’action contre la poursuite de l’agression israélienne à Gaza et dans les autres régions palestiniennes ainsi que contre la construction,par l’Egypte, du « Mur de la honte3.

4. L’organisation d’une campagne nationale contre l’agressivité des Etats-Unis et de l’OTAN dans la région arabe et contre la présence des bases militaires dans la Méditerranée et le monde.

B) Sur le plan socio-économique :

1. Organiser une campagne contre la nouvelle loi sur les loyers qui aura pour effet de mettre plus de 100 mille familles dans la rue.

2. La majoration des salaires minimum et des allocations familiales.

3. Poursuivre la campagne déjà commencée en novembre contre les impôts indirects et les tentatives de liquider la sécurité sociale et médicale au profit des sociétés d’assurance.

BULLETIN MENSUEL (8)

Le Comité des relations internationales

Parti Communiste libanais

Beyrouth, le 25 janvier 2006.

http://www.palestine-solidarite.org:80/dossier.Liban.pcl.270110.htm


1-2 Manuel de Diéguez : La démocratie mondiale malade du camp de concentration de Gaza. 

 A quel moment faut-il annoncer que la démocratie mondiale se trouve en danger de mort ?

Quand un Président des Etats-Unis ne parvient pas à nommer les collaborateurs qui lui permettraient d'appliquer au Moyen Orient la politique voulue par la majorité de son électorat, la maladie est-elle devenue incurable ? On sait que M. Freeman, ancien Ambassadeur des Etats-Unis en Arabie saoudite et ancien Secrétaire adjoint au Ministère de la défense a démissionné de la présidence du Conseil national du renseignement à laquelle il venait d'être nommé par M. Obama, au motif que le lobby sioniste AIPAC lui a reproché d'avoir écrit : "La brutale oppression des Palestiniens par l'occupation militaire israélienne ne montre aucun signe de répit."

Si le Président des Etats-Unis échoue à choisir à son gré ses collaborateurs de haut rang face à l'omnipotence d'un groupe de pression devenu le maître de la politique étrangère de la nation, ce chancre est-il plus guérissable qu'un cancer qui rongerait l'encéphale même de la démocratie et la conduirait à une incohérence sans remède, parce que les médicaments qu'il convient d'appliquer au chaos cérébral du monde requièrent une thérapie philosophique, c'est-à-dire un traitement de choc dont seuls les Hippocrate de la logique connaissent les ingrédients?

Cherchons le dialecticien du sens commun qui rédigerait l'ordonnance salvatrice et dont le diagnostic serait rédigé en ces termes. Primo : Mme Clinton a osé déclarer publiquement et avant même de rencontrer M. Netanyahou, Premier Ministre potentiel d'Israël, qu'aucune chance de paix ne sera possible au Moyen Orient aussi longtemps qu'Israël n'aura pas cessé d'étendre son territoire par la construction inlassable de nouvelles colonies, ce qui ramène M. Obama à une évidence énoncée par M. Bush père et par son Ministre des affaires étrangères en 1993. Secundo, M. Netanyahou n'a en rien validé cette prise de position logicienne, puisqu'il l'a purement et simplement passée sous silence. Tertio, Mme Clinton est allée torpiller les négociations entre le Hamas et le Fatah au Caire en déclarant que le Hamas devait, au préalable, reconnaître à Israël le statut d'Etat légitimé par le droit international.

Mais comment demander au Hamas de reconnaître un Etat aux frontières spongieuses et dont le territoire n'a pas été mesuré par les topographes et les arpenteurs assermentés de l'élasticité des Etats-nébuleuses?

Que disent les spécialistes du droit international public des Etats en cours de constitution et dont les contours ne sont pas encore fixés par les géographes? Si la paix est exclue avec un Etat de ce type, faute qu'il puisse exister juridiquement sous une forme floue et incertaine aux yeux du droit international public, comment habiliter un fantôme à négocier la paix? La politique étrangère est-elle une danse des spectres ou bien la diplomatie ne connaît-elle que des Etats en chair et en os?

Mais puisque la thérapie applicable aux maladies de la raison politique n'est autre que la logique démocratique, la gangrène de l'esprit de logique signe l'arrêt de mort des démocraties. C'est cette nosologie qu'on trouvera partiellement mise en évidence par l'examen, ci-dessous, de quelques symptômes faciles à déceler.

On souhaite à M. Obama de trouver les ambulanciers qui hospitaliseront la démocratie américaine. Puissent des soins intensifs remettre le moribond sur ses pieds ; puissent les médecins éviter l'amputation de l'agonisant. Comment se fait-il que, dans le même temps, un organisme aussi officiel que la CIA ait publié un diagnostic selon lequel l'Etat d'Israël aura disparu dans vingt ans ? Voyez la collusion entre la philosophie et les services de renseignement; voyez comme cette discipline assure la police du cerveau simiohumain et lui passe la camisole de force de la dialectique.

1 -Gaza, un tremblement de terre politique
2 - Que se passera-t-il quand…
3 - La pesée de l'encéphale simiohumain
4 - Un " Discours de la méthode " à l'usage de la politologie moderne
5 - Une panne des bénédictions
6 - Israël et ses prophètes
7 - L'histoire comme personnage et l'histoire comme destin

 

1 - Gaza, un tremblement de terre politique

La guerre catastrophique d'Israël contre le Liban avait ruiné la légende dorée qui auréolait cet Etat; le mythe de sa vocation semi-céleste par nature et par définition a trépassé. La Finul entoure à perpétuité le peuple irénique d'un cordon sanitaire utile à la protection de son voisin. Des dizaines de nations, aux côtés desquelles on compte des contingents venus de la Russie et de la Chine, montent à jamais la garde aux frontières d'un Etat hébreu dont les coups de sang sont jugés imprévisibles. L'assaut apocalyptique d'une des plus puissantes armées du monde contre le minuscule territoire de Gaza aura des conséquences irréversibles: une patrie originellement innocente et dont l'Eden national passait pour se trouver sans cesse sur la défensive face à de méchants agresseurs a définitivement changé de Bible sur la scène internationale. Non seulement ce haut fait d'armes du peuple des prophètes a entraîné une réprobation universelle, mais cet exploit plus titanesque encore dans l'insensé que dans l'ordre politique s'appelle, en droit public, un génocide. Que penser d'une contre-performance qui place Israël sur l'échiquier du Tribunal pénal de la Haye?

La shoah avait définitivement assoupi un antisémitisme que les siècles avaient rendu endémique en Europe. Quand une société ou une civilisation se fondent sur une identité collective compacte, donc principalement construite sur le ciment d'un mythe religieux, tout groupe allogène se trouve frappé d'un ostracisme sacré. Puis le rejet des "déicides" avait été quasiment suspendu en raison des progrès de l'athéisme qui avait dissous les identités oniriques sur lesquelles les deux mythologies reposaient. Mais Israël se trouve désormais menacé par un antisémitisme qui aura entièrement changé de socle magique et qui résultera de la solidarité affichée et indéfectible des communautés nationales juives du monde entier avec l'expansion territoriale continue et irrépressible de l'Etat d'Israël. Alors que, depuis les origines, l'antisémitisme était demeuré de nature foncièrement théologique il risque de devenir strictement nationaliste en raison du prosélytisme sioniste du peuple juif miraculeusement, mais sans doute provisoirement ressuscité sur un territoire déterminé.

La gravité d'un rejet oublié depuis Titus et Vespasien se fondera donc sur une condamnation morale devenue focalisable. C'est dire combien le "peuple élu" n'avait vraiment pas besoin de territorialiser, donc de politiser, sur un lopin de la mappemonde un terrible retour du boomerang d'Abel.

Au premier siècle, le rejet d'Israël reposait sur un progrès religieux - ce peuple était seul à rejeter les idoles de bois, de pierre ou d'airain du monde antique. Et voici toutes les nations de la terre changées en spectatrices effarées d'un camp de concentration à ciel ouvert. Que faire d'un million et demi d'hommes, de femmes et d'enfants qui localiseront inévitablement un bourreau placé sous la surveillance permanente d'un tribunal tantôt mis sous somnifère, tantôt aux yeux grands ouverts?

Mais, dans le même temps, ce désastre exercera une fonction cathartique, parce que, d'un instant à l'autre, l'heure va sonner où la classe dirigeante internationale se trouvera accusée de complicité avec Caïn. Comment échapper à ce reproche, sinon en plaidant l'innocence attachée à un titanesque retard intellectuel? Il vaut mieux se faire l'avocat d'une méconnaissance dramatique des lois de l'histoire et des fondements anthropologiques de la politique que de partager sciemment la responsabilité d'un crime de guerre prévisible et inévitable. Le moment approche donc d'une prise de conscience dont la vocation sera d'approfondir l'humanisme superficiel dont l'Europe vit depuis le XVIe siècle - retard qui aura privé des sciences humaines encore héritées de la théologie du Moyen Age de toute interprétation darwinienne et freudienne aussi bien de la politique des mythes sacrés que de la politique tout court.

2 - Que se passera-t-il quand…

La date de l'accouchement d'une pesée psychobiologique et transreligieuse de l'Histoire de notre espèce est devenue prévisible en raison de l'impossibilité de la parturition d'un Etat palestinien à laquelle la diplomatie mondiale va fatalement se heurter au Moyen Orient, ce qui contraindra toutes les chancelleries à ouvrir quelque peu les yeux sur les arcanes de l'encéphale simiohumain. Car, d'un côté, Israël a définitivement perdu toute chance de déclencher une expédition dite "défensive" contre un voisin désarmé: il ne lui reste que l'Iran à "punir" à titre préventif. Mais toute expédition militaire contre cet Etat ambitieux de disposer de l'arme de l'émasculation du dieu Mars à l'échelle de la planète provoquerait une opposition résolue à cette bimbeloterie politique non seulement de la Russie et de la Chine, mais également des Etats-Unis et de l'Europe, pour ne rien dire, je le répète, du cataclysme que serait le déchaînement d'un antisémitisme de type nationaliste d'une radicalité auprès de laquelle celui des siècles de foi ferait figure de bergerie. Mais, dans le même temps, on s'apercevra que, dans l'état gélatineux qui caractérise le "connais-toi" un siècle et demi après la parution de L'évolution des espèces, nous ne disposons encore d'aucune réponse rationnelle à la situation au Moyen Orient, de sorte que notre embryon de science politique sera mise à la rude épreuve d'une évaluation du degré de carence cérébrale dont elle se trouve affectée, ce qui n'était plus arrivé depuis Copernic. Pis que cela : si notre anthropologie scientifique est tombée en panne faute de balance à peser notre tête, le danger est imminent de voir renaître le péril le plus mortel, celui que Socrate avait placé à l'origine de tous les maux; car Adam demeure tellement dépourvu d'esprit critique au point qu'il se convainc de savoir ce qu'il ignore, et cela qu'il se fait, de sa méconnaissance même au chapitre de sa véritable nature, le fondement le plus résolu et le plus assuré de l'errance dont sa science politique et sa gouvernance de son destin se trouvent frappées de naissance.

Que se passera-t-il quand toutes les chancelleries de la planète auront fini par comprendre qu'Israël ne consentira jamais à partager Jérusalem avec les disciples de Mahomet et que, de son côté, l'Islam se laissera arracher les yeux plutôt que de se laisser ravir ce fleuron d'Allah et de son prophète? Que se passera-t-il quand tous les Etats du monde auront compris qu'Israël n'évacuera jamais la Cisjordanie et ne rendra jamais les territoires occupés depuis 1967 ? Que se passera-t-il quand les cinq continents auront constaté que jamais Israël n'acceptera la création d'un Etat aussi souverain que lui-même à ses côtés? Pour l'instant une diplomatie réduite à prendre son ignorance même pour un savoir se livre encore à des incantations d'une pieuse stérilité. Mais que se passera-t-il quand une vraie science des peuples et des nations aura fait ses premiers pas et formulé les prolégomènes d'une politologie digne du XXIe siècle?

3 - La pesée de l'encéphale simiohumain

Pour porter une telle anthropologie sur les fonts baptismaux d'une connaissance rationnelle des coulisses de l'encéphale actuel de notre espèce, il faut séparer le cerveau hébreu de celui du reste de l'humanité, puis les placer tous deux sur les plateaux d'une seule et même balance, afin de peser leur science respective de la nature et de la portée politique de l'apocalypse nucléaire. Dans cette paire de masses grises, la première sait fort bien que deux singes armés d'une foudre tellement stupide qu'elle les condamne à s'exterminer réciproquement se garderont bien de se suicider à seule fin de fêter leurs épousailles et leurs funérailles dans les plus hautes régions de l'atmosphère.

C'est pourquoi Tel Aviv tente de convaincre les gouvernements de tous les autres Etats de la planète de ce qu'Israël se trouverait menacé d'extermination vaporeuse si l'Iran disposait de la foudre inutile qui ne permet aux huit stupides Jupiters de la modernité que de jouer aux matamores de leur propre trépas. Mais comment peser le cerveau de la masse tout entière des singes vocalisés, sinon par l'examen minutieux des instruments de mesures perfectionnés dont dispose la balance construite à cet effet par les anthropologues les plus éminents de la planète? Or, le Quai d'Orsay a officiellement déclaré "inacceptable" le "prétexte" selon lequel la possession de la bombe atomique par d'autres Etats que l'Iran - tels l'Inde et le Pakistan - serait de nature à réfuter la dangerosité réservée à la seule foudre dont la Perse pourrait disposer dans le futur, alors que ladite fulmination ne serait pas moins inutilisable sur un champ de bataille réel que celle d'Israël.

C'est ici que les hypothèses simianthropologiques les plus audacieuses des peseurs hébreux du cerveau de notre espèce triomphent de celles de tous leurs rivaux : "Voyez, disent-ils, nous n'avons même pas à fabriquer de balance raffinée pour calculer avec une grande exactitude le volume de la boîte osseuse de nos apparents congénères. Car l'adjectif "inacceptable" n'est autre que le poids et la mesure qui lui permettent de ne rien peser et de ne rien calculer du tout et de conquérir en un tournemain la connaissance verbifique de ce qu'ils ignorent. Ils ne placent donc jamais que leurs adverbes vides de sens sur les plateaux de la balance qui leur permet de peser leur tête. Mieux que cela : ce vide lui-même, ils s'interdisent les uns aux autres de jamais en examiner la vacuité spécifique et "bombinans in vacuo", comme disait leur scolastique du Moyen Age. Leur infirmité encéphalique naturelle et innée nous permet donc de piloter la planète entière à notre seul avantage. Voyez, ajoutent-ils, la capacité crânienne de la population mondiale moyenne d'aujourd'hui doit être estimée non pas à 50%, mais à 30% seulement de celle d'Israël."

Ces prémisses rendent ardue la pose des fondements de la science anthropologique rigoureuse du politique à laquelle nous devons cependant nous essayer avec les moyens du bord.

4 - Un " Discours de la méthode " à l'usage de la politologie moderne

Le "Discours de la méthode" que nous attendons enseignera aux scolastiques de la Sorbonne des laïcs ce que l'Assemblée des nations unies de 1948 aurait dû apprendre sur les bancs de l'école, à savoir que si vous implantez un peuple venu d'ailleurs sur un territoire vierge ou déjà peuplé de congénères appartenant à une autre variété du genre humain , ce peuple s'appliquera avec une ardeur et une persévérance sans pareilles à unifier et à étendre un rassemblement aussi inespéré de spécimens de son espèce. La monarchie gauloise a consolidé le royaume des Capétiens un demi millénaire durant, l'Espagne a mis des siècles à chasser les Maures, le Saint Empire romain germanique a longtemps tenu à bout de bras les dépouilles de la Rome antique, la Germanie du XIXème siècle a vaincu successivement le Danemark, l'Autriche et la France afin de fonder l'Allemagne moderne, la petite Suisse elle-même a groupé vingt-quatre Etats microscopiques autour de deux chefs de file, Zurich et Berne, et elle a abusivement baptisé cette fédération de "confédération" - mais il a fallu attendre le XIXè siècle pour que les cantons de Vaud et de Neuchâtel secouassent le joug bernois. Quant au "canton et République du Jura", sa naissance remonte à 1974. Passons derechef du minuscule au gigantesque : la Russie a conquis l'accès à la Mer Noire sous Catherine II en 1783; puis elle s'en est trouvé dépossédée en 1856 par Napoléon III pour la reconquérir sous le tsar Alexandre II. Mais de nos jours, l'empire américain tente de lui disputer à nouveau et âprement le port de Sébastopol. Quant à l'empire américain, il n'est pas nécessaire de récapituler les patientes étapes de sa marche de deux siècles vers la conquête du monde.

Passons à la contre-épreuve: un empire qui cesse de s'étendre ou de se consolider se fossilise et disparaît. L'empire des Habsbourg s'est évanoui au XIXè siècle sous les coups de la Prusse, l'Amérique du Sud n'a pas accédé au destin d'un continent dominant pour le simple motif que la révolution de Bolivar y a échoué, l'Italie n'a reconquis son unité qu'au XIXè siècle pour la reperdre au XXe siècle - un territoire occupé à titre perpétuel par cent trente sept puissantes garnisons étrangères et qui, en 1945, a dû céder à titre définitif le port de Naples à la flotte de guerre des Etats-Unis n'est évidemment plus une nation souveraine. Non seulement une Allemagne quadrillée par cent quatre vingt dix-huit places fortes étrangères dotées, en fait, du statut de l'exterritorialité, n'est pas libre de ses mouvements sur la scène internationale, mais, de surcroît, le découpage de son territoire en Länder largement autonomes l'empêche de jamais former des élites politiques de stature mondiale, du seul fait que le pouvoir démocratique se conquiert sur les masses, donc par des promesses électorales nécessairement fondées sur la crédulité populaire : l'Allemagne n'a même plus de vraie capitale culturelle, parce que les Länder défendent une vision provinciale du génie.

Quant à la France, elle perdra son âme le 4 avril 2009, non point seulement comme l'a écrit M. Védrine le 5 mars 2009 dans le Monde, parce que peu importent les nationalités des officiers et des soldats qui reçoivent les ordres du Pentagone au sein de l'OTAN, mais parce que notre nation était la seule, depuis quarante trois ans, à refuser la légitimation sur le long terme de la domination militaire de l'Europe entière par une puissance étrangère vingt ans après la chute de l'union soviétique, donc la seule à sauver l'honneur par son obstination à faire flotter le drapeau de la souveraineté nationale sur le continent de Copernic. Quand cette vassalisation aura pris fin, la France ne se lavera qu'après une interminable souillure d'une tache sur son drapeau dont son histoire demeurera maculée aux yeux des siècles à venir. On ne joue pas avec l'âme et la mémoire des nations.
C'est pourquoi M. Jean-Luc Pujo Président des clubs Penser
la France, a pu écrire : "Comment, dans ce contexte, la France peut-elle - au pire moment ! - imaginer rejoindre l'OTAN? Il ne s'agit plus là d'une faute politique, mais bel et bien d'un crime ! Crime contre l'Europe, en la privant de toute perspective d'autonomie possible. Crime contre la France, en soldant le cœur stratégique de notre défense nationale. Heureusement, à ce crime, la Constitution répond par un dispositif renforcé en février dernier. L'hommage à Jacques Chirac s'impose de lui-même : la destitution. Etonnante prémonition ! "

Voir - I : Une révolution du droit international public: Réflexion sur la destitution du Président de la République en vertu de l'art. 68 de la Constitution révisée le 23 février 2007, 15 octobre 2007

De la sagesse et de la frivolité en politique,LETTRES PERSANES , 3 avril 2007

La Constitution modifiée le 23 février 2007 et la défense de la souveraineté de la France , 14 mars 2007

Or, l'Etat hébreu sait qu'un peuple adulte se définit à l'écoute de son autonomie psychique et que celle-ci est consubstantielle à l'indépendance des nations. La France a mis des siècles à donner une identité nationale commune à l'Alsace et à la Gascogne, l'Allemagne n'a pas eu le temps de donner une identité nationale commune à la Prusse protestante et à la Bavière catholique, l'Espagne a perdu son identité nationale avec la désertion de la Catalogne et Rome n'a plus la puissance de rassembler la Calabre et le Piémont.

"Israël, que vas-tu devenir, toi qui t'es convaincu non point de conquérir une terre, mais seulement de la réoccuper après un long exil? Mettras-tu la planète à feu et à sang pour défendre ta vocation de peuple et de nation ou bien retourneras-tu traîner le boulet de trois millénaires de ton histoire sur une terre étrangère?"

5 - Une panne des bénédictions

La classe dirigeante d'Israël voit l'étau des lois de l'Histoire se refermer inexorablement sur elle. Aussi le génocide de Gaza est-il également le fruit d'une panique d'entrailles du peuple hébreu. Comment cette nation se contenterait-elle de retrouver sa vieille demeure et d'en dépoussiérer les aîtres, comment ses immigrants ne verraient-ils pas que leur entreprise est vouée à un échec fatal du seul fait que le XXIè siècle ne se prête plus aux expansions sournoises et cachées aux regards de la planète des nations en gestation? Depuis cinq siècles, la poudre à canon avait pris la relève des épées. Et maintenant, le pain de la gloire a cessé de monter dans le four du trépas sur les champs de bataille. Que valent encore des victoires réduites à de hideux carnages sous les yeux des caméras du monde entier, que valent encore des massacres offerts en spectacle à une humanité tout entière assise dans ses fauteuils devant les "étranges lucarnes"? Il est difficile de bomber le torse à l'école des triomphes du glaive si ceux-ci se réduisent à l'extermination systématique et ciblée de populations sans défense, il est difficile aux films d'horreurs de faire flotter des drapeaux sur des amoncellements de cadavres. Voici que le journal de bord de la mappemonde de Caïn se trouve placé entre toutes les mains.

C'est pourquoi la "communauté internationale" aux mains jointes sait qu'elle est à bout d'absolutions, primo, parce que personne au monde ne fera reculer Israël d'un seul pouce sans recourir à la force des armes, secundo, parce que personne au monde non plus ne lèvera une armée aguerrie afin de remettre les Palestiniens en possession de la terre de leurs ancêtres. La nation rescapée des camps de concentration de Hitler, puis devenue le garde-chiourme du plus grand camp de concentration en plein air de tous les temps, sait qu'elle est assurée de l'impunité. Mais s'enfermera-t-elle dans l'enceinte d'une forteresse invisible, celle du trépas de l'éthique de ses prophètes? Partout les produits du sol d'Israël se trouvent boycottés, partout des universités prestigieuses - Princeton, Columbia - mobilisent les futures élites de la politique afin de contraindre Israël à "autoriser" un Etat palestinien à se dresser à ses côtés - mais, encore une fois, la pauvreté anthropologique de la science historique et de la politologie contemporaines nous prive des spéléologues de l'espèce simiohumaine qui enseigneraient aux Etats à se connaître.

Et pourtant, quand l'Histoire a perdu son chemin, elle découvre un sentier étroit et rejoint son propre personnage un instant oublié, bafoué, amputé. Quel étonnant acteur que l'Histoire au pas pressé ou nonchalant! L'ignorance et la sottise peuvent bien la faire tituber - elle finit toujours par retrouver ses esprits. Je ne sais quelle route elle va tracer, mais je suis sûr qu'elle se rendra vers ses quartiers d'hiver et d'été. Pour cela, courons à grandes enjambées à ses côtés - les personnages dédoublés entre leur corps et leur destin qu'on appelle des nations attendent les Fellini, les Renoir, les Bergman de l'Histoire du monde.

6 - Israël et ses prophètes

Sachez que tous les peuples sont des personnages en chair et en os, mais que rares sont ceux qui incarnent un destin; sachez que ceux-là seuls se rendent éternels pour s'être dotés du corps invisible qu'on appelle une destinée. L'Angleterre déplace encore sa carcasse sur le théâtre de la mappemonde, mais l'âme que symbolisait cette charpente grelotte dans un carrosse cahotant sur des chaussées ignorées de l'Histoire. L'Espagne n'est plus qu'une ossature embarrassée - que faire, se dit-elle, du personnage sans destin et sans voix qui fait tinter mon squelette? Comment, se dit-elle, me réduirais-je à un spectre de Sancho Pança sur les planches de ce bas monde? Comment renoncerais-je à mon destin de chevalier de mes songes? Courons retrouver en Amérique du Sud et en Europe le conquérant que je suis. Le Japon a perdu l'ombre allongée ou raccourcie qui suit pas à pas les nations et qui s'appelle leur destin. La Chine et l'Inde sont sur le point de retrouver leur ombre - mais il leur fallait le temps de s'armer des os et de la musculature sans lesquels les nations ne sauraient basculer dans le royaume des âmes. La Russie vient seulement de se remettre sur ses jambes ; mais ce Quichotte ne rencontre jamais son destin qu'à la faveur des retrouvailles de sa chair avec son ciel en folie.

Israël est-il un personnage reconnaissable seulement à ses muscles et à ses viscères ou bien l'incarnation d'un destin? D'un côté, il semble qu'il s'agisse seulement d'un personnage aux gants de boxe, d' un Pygmée armé en Hercule, d'un faucon auquel vingt siècles d'absence au monde ont désappris l'Histoire, d'un Cyclope monté sur un bulldozer, d'un nain sous une cuirasse trop lourde à porter, d'un enfant amusé par sa foudre, d'un infirme titubant parmi des éclairs et des fulminations dont il ne sait que faire. Mais, en réalité, Israël est tellement un destin et seulement un destin que ce peuple semble caricaturer l'effigie de la fatalité qu'il incarne. Quelle silhouette digne de la plume d'un Cervantès ou d'un Shakespeare qu'une nation réduite à l'errance, quel symbole en marche qu'un peuple dont le tragique illustre l'orgueil, la solitude et l'irréductible singularité d'un destin!

7 - L'histoire comme personnage et l'histoire comme destin

Le drame dans lequel l'humanité va entrer sera celui du dialogue que l'histoire du monde comme personnage entretiendra avec l'histoire comme destin. Car il existe des hommes de chair et des hommes dont le corps véritable s'appelle un destin. Diogène a un destin de lanterne allumée en plein jour, Socrate de buveur de ciguë, Jésus d'immolé passif ou rebelle. Mais tout destin national se déroule sur les planches du globe terrestre, tout grand peuple se fait du monde entier un théâtre à sa mesure. Les vraies nations sont déchirées entre leur chair et leur destin. Israël a pris rendez-vous avec un destin que personne n'avait incarné avant lui : celui d'un peuple qui ne sait ni sur quelle terre marcher, ni vers quel ciel s'envoler, parce que son destin est étranger à sa terre et sa terre étrangère à son destin. Quel paradigme du tragique de la condition humaine que de symboliser le divorce entre les deux faces du singe parlant, quel destin, pour un peuple, que de porter la potence d'une humanité sans asile.

Israël retombera dans une histoire sans ciel et sans terre, une histoire toute grouillante de chair et d'os, Israël retrouvera sa destinée seulement trottinante à ses côtés, Israël mourra et renaîtra du personnage de Chamisso qui avait perdu son ombre. Alors seulement les prophètes hébreux retrouveront un corps et une voix : "Israël, diront-ils, regarde nos corps trop lourds et notre ombre enchaînée. Ton tour est venu de te disloquer entre ton absence à toi-même et ton existence chargée de chaînes; ton tour est venu de te mettre à l'école des disloqués à ton image, tes prophètes."

Peut-être la chance d'Israël est-elle d'avoir d'ores et déjà pris rendez-vous avec son destin de martyr de la condition humaine. Quel sera le second rendez-vous de cette nation avec son personnage en chair et en os sur cette terre? Naîtra-t-il un prophète qui demandera à l'Histoire : "Pourquoi ne peux-tu ni t'incarner, ni t'envoler ? Vois, toutes se dandinent sur le sol, toutes agitent leurs ailes inutiles. Ni l'errance ne suffit à leur fourrage, ni le ciel ne leur permet de prendre leur vol. Mais toi seul, Israël, tu perds ton ciel à vagabonder sur la terre ; et quand tu retrouves ta terre, tu n'entends plus la voix de tes prophètes. Pourquoi les as-tu mis à mort ? Serait-ce que ni au ciel, ni sur la terre tu ne peux vivre ?"

Peut-être est-ce cela, les retrouvailles d'Israël avec son destin : celui de donner à l'errance de tous les peuples et de toutes les nations leur premier témoin de l'exilé universel qu'on appelle l'humanité.

Manuel de Diéguez 

16 mars 2009

http://pagesperso-orange.fr:80/aline.dedieguez/tstmagic/1024/tstmagic/moyen_orient/gaza.htm


1-3 Seumas Milne - Le terrorisme est le prix à payer pour le soutien aux despotes et aux dictateurs.

Extrait

Loin de protéger sa souveraineté, le gouvernement égyptien l’a vendue à l’étranger pour continuer à toucher des subsides et maintenir son despotisme dynastique, sacrifiant toute prétention à son rôle historique de leader du monde arabe, écrit Seumas Milne.

Si une survivante de l’Holocauste, âgée de 85 ans, avait fait la grève de la faim en soutien d’un peuple assiégé dans une autre partie du monde, et si des centaines de manifestants plutôt occidentaux avaient été pris pour cible et battus par la police, vous pouvez être sûr que nous aurions entendu parler de tout cela.

Mais parce que cela s’est passé dans l’Egypte soutenue par l’Occident plutôt qu’en Iran, et parce que le peuple soutenu par les manifestants était les Palestiniens de Gaza au lieu de, disons, les Tibétains, la plupart des gens en Europe et en Amérique du Nord n’en ont rien su.

Ces deux dernières semaines, deux groupes composés de centaines de militants se sont affrontés avec des policiers et des officiels égyptiens pour pouvoir pénétrer dans la bande de Gaza afin d’exprimer leur solidarité avec la population sous blocus, à l’occasion du premier anniversaire de l’assaut dévastateur d’Israël.

Hier soir [6 janvier], le convoi Viva Palestina de George Galloway, fort de 500 personnes et transportant de l’aide médicale, a finalement été autorisé à entrer dans Gaza, déduction faite de 50 de ses 200 véhicules, après avoir été bloqué plusieurs fois, détourné et soumis à des menaces->] par la sécurité égyptienne - avec une agression brutale le mardi soir [5 janvier] dans le port égyptien d’El Arish qui a eu pour résultat des dizaines de blessés malgré la présence d’un député britannique et de 10 députés turcs.

Ceci succédait à une tentative [d’entrer dans GAza] des 1400 manifestants de le "marche pour la liberté de Gaza"

venus de plus de 40 pays - seuls 84 d’entre eux ayant été autorisés à traverser la frontière. C’est ce qui a conduit Hedy Epstein, dont les deux parents sont morts à Auschwitz, à refuser de s’alimenter au Caire tandis que les manifestants étaient violemment dispersés et que le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, était reçu à bras ouverts non loin de là.

Hier, des manifestations organisées du côté de la frontière de Gaza par les Palestiniens contre le harcèlement subi par le convoi « Viva Palestine » ont conduit à des affrontements violents avec les forces de sécurité égyptiennes au cours desquels un soldat égyptien a été tué et de nombreux Palestiniens blessés.

Mais bien que la confrontation ait été largement ignorée en Occident, cela a été un événement médiatique majeur au Moyen-Orient et qui n’a fait de tort qu’à l’Egypte. Et tandis que le gouvernement égyptien affirme qu’il ne fait que maintenir sa souveraineté nationale, ces événements ont en revanche clairement exposé sa complicité avec le blocus de Gaza et la punition collective imposée à ses 1,5 million d’habitants - blocus voulu par les Etats-Unis et soutenu par l’Union Européenne.

Le principal protagoniste de l’état de siège, Israël, ne contrôle que trois côtés de la bande de Gaza. Sans l’Egypte qui contrôle le quatrième, le blocus serait inefficace. Mais après avoir toléré des tunnels qui ont sauvé les habitants de Gaza de l’état d’extrême mendicité, le régime du Caire a lancé, afin de rendre le blocus total, la construction d’un mur souterrain en acier - appelé « le mur de la honte » par beaucoup d’Égyptiens - sous l’étroite supervision des Etats-Unis.

C’est en partie parce que le dictateur égyptien vieillissant, Hosni Mubarak, craint une contamination à travers la frontière de l’administration du Hamas élue à Gaza dont les alliés idéologiques dans l’organisation interdite des Frères Musulmans seraient susceptibles de remporter des élections organisées librement en Egypte.

Mais deux autres facteurs semblent avoir joué un rôle décisif pour convaincre le Caire de se plier aux pressions américaines et israéliennes et de serrer la vis sur les Palestiniens de Gaza ainsi que sur ceux qui les soutiennent. Le premier était une menace américaine de supprimer des centaines de millions de dollars d’aide si l’Egypte ne sévissait pas contre la « contrebande » d’armes et autres produits. Le second est le besoin d’un acquiescement de la part des États-Unis dans la succession très attendue et héréditaire de Gamal, ex-banquier et fils de Moubarak, à la présidence.

Ainsi loin de protéger sa souveraineté, le gouvernement égyptien l’a vendue à l’étranger pour continuer à toucher des subsides et maintenir son despotisme dynastique, sacrifiant toute prétention à son rôle historique de leader du monde arabe.

D’un point de vue international plus large, c’est précisément cet appui par l’Occident de régimes tels que l’Egypte, répressifs et qui ne représentent qu’eux-mêmes, en même temps que son soutien indéfectible à l’occupation israélienne et à la colonisation des terres palestiniennes qui sont au cœur de la crise au Moyen-Orient et dans le monde musulman.

Des décennies d’un soutien, affamé de pétrole, de despotes, de l’Iran à Oman, de l’Egypte à l’Arabie saoudite, en même temps que l’échec du nationalisme arabe à achever la décolonisation de la région, ont alimenté en premier lieu l’islamisme puis l’éruption de sa variante Al-Qaida il y a maintenant plus d’une décennie.

Mais, loin de comprendre que l’hostilité naturelle à un contrôle étranger sur la région et à ses ressources était au centre du conflit, la réponse désastreuse a été d’étendre la présence de l’Occident encore plus profondément, avec de nouvelles et encore plus destructrices invasions et occupations en Irak, Afghanistan et ailleurs. Et le court flirt de l’administration Bush avec la démocratisation dans les États clients tels que l’Egypte a été rapidement abandonné une fois qu’il est devenu clair qui était susceptible d’être élu.

Sous Barack Obama la logique empoisonnée de ce bourbier impérial conduit inexorablement à la propagation de la guerre. À la suite de l’attentat manqué sur un vol à destination de Detroit le jour de Noël, le président américain a annoncé cette semaine deux nouveaux fronts dans la guerre contre le terrorisme, Gordon Brown emboîtant fidèlement le pas : le Yémen où le candidat à l’attentat aurait été formé, et la Somalie où Al-Qaida a également pris racine dans le bourbier de la guerre civile et de la désintégration sociale chronique.

Le renforcement de l’intervention militaire occidentale dans ces deux pays va certainement aggraver le problème. En Somalie, il l’a déjà fait, après que les États-Unis aient soutenu l’invasion éthiopienne de 2006 qui a renversé la relativement pragmatique « Union des tribunaux islamiques » et a engendré le mouvement Shabab, plus extrémiste, lié à Al-Qaida et qui exerce maintenant son contrôle sur de grandes parties du pays.

L’extension du soutien américain à l’impopulaire gouvernement yéménite, déjà confronté à une rébellion armée dans le nord et à la menace d’une sécession du sud rebelle - qui a été le seul a réussir en 1967 à pousser au départ le régime colonial britannique - ne peut que jeter de l’huile sur le feu.

Le premier ministre britannique a essayé cette semaine de nous convaincre que la croissance d’Al-Qaida au Yémen et en Somalie illustrait le fait que la stratégie occidentale « fonctionnait », parce que l’escalade de la guerre en Afghanistan et au Pakistan aurait contraint Al-Qaeda à chercher à établir des sanctuaires ailleurs. En réalité, il s’agit d’une manifestation de l’échec grotesque de toute la guerre contre le terrorisme. Depuis son lancement en octobre 2001, Al-Qaida s’est propagé à partir des montagnes de l’Afghanistan à travers toute la région : l’Irak, le Pakistan, la corne de l’Afrique et bien au-delà !

Plutôt que de réduire l’aide occidentale aux dictatures et aux occupations qui alimentent le terrorisme dans sa variante Al Qaeda, et plutôt que de concentrer ses ressources policières pour la contrer, les États-Unis et leurs alliés ont répété et étendu inexorablement les monstruosités qui ont produit ce terrorisme. C’est une recette pour une guerre sans fin contre le terrorisme.

Seumas Milne –

The Guardian

10/01

* Seumas Milne est journaliste et éditeur associé au journal britannique The Guardian

7 janvier 2010 - The Guardian –

Vous pouvez consulter cet article à :http://www.guardian.co.uk/commentis...
Traduction : Claude Zurbach Seumas Milne

http://nasr-moqawama.blogspot.com


n°512 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine - 15-01 : Suite : - La démocratie mondiale malade du camp de concentration de Gaza.


n°512 -  Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de  Palestine - 15-01 : Suite : - La démocratie mondiale malade du camp de concentration de Gaza.



L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 



Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de  Palestine

512 du 15-01

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 

Sommaire

Tiré à part

1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion. Suite

1-4 Nadine Rosa-Rosso : Le rôle de l'Europe dans l'extermination des Palestiniens.

1-5 Kawther Salam : Les détrousseurs de cadavres d’Israël.

1-6 John Pilger: Israël : Un bilan (The New Statesman)

1-7 Nadia Hijab: Quand peut-on parler de génocide ?

1-8 Julie Lévesque : Israël-Palestine : une guerre d'images et de mots.


1-4 Nadine Rosa-Rosso : Le rôle de l'Europe dans l'extermination des Palestiniens.

Intervention au Forum des résistances à Beyrouth de Nadine Rosa-Rosso ( Belgique ) ou comment les gouvernements européens ont condamné à mort les dirigeants de la résistance palestinienne et permis les massacres israéliens dans la bande de Gaza.

"L’agression sioniste contre Gaza de l’hiver 2008-2009 est la continuation de la guerre de colonisation commencée en 1947. Cette dernière guerre a été préparée politiquement, particulièrement pour le public occidental, par le placement, par les USA et l’Union européenne, du Hamas, du Jihad Islamique, du FPLP et de cinq autres organisations de résistance palestinienne sur la liste des organisations terroristes.

Or pour Dirk Marty, rapporteur au Conseil de l’Europe, « se trouver sur cette liste équivaut à une condamnation à mort ». L’offensive contre GAZA avait pour but clair d’exécuter cette peine de mort : liquider la résistance palestinienne à travers la destruction du gouvernement palestinien démocratiquement élu.

Ce que l’armée sioniste réalise avec ses soldats, ses avions, ses chars, ses bombes, les gouvernements européens le réalisent avec des lois qui criminalisent la résistance et ceux qui la soutiennent. Lutter contre l’agression et la colonisation signifie donc aussi aujourd’hui concrètement en Europe lutter pour le retrait des organisations de résistance palestiniennes de la liste des organisations terroristes.

C’est pour cette raison que j’ai lancé un appel le 1er février 2009 au retrait du Hamas et des autres organisations palestiniennes de la liste européenne des organisations terroristes. Nous partons du point de vue que la question palestinienne n’est ni une question religieuse, ni une question humanitaire. C’est une question éminemment politique. Elle consiste à dénoncer le caractère colonial d’Israël et de toute sa politique et à reconnaître et soutenir comme légitime la résistance du peuple palestinien et de toutes ses organisations de résistance.

Cet appel a reçu le soutien de centaines de personnalités européennes, américaines et canadiennes. Leur argumentation en faveur de l’appel fait apparaître cinq justifications politiques essentielles :

1. L’Union européenne, comme les Etats Unis, oblige toujours les peuples à organiser des élections sous haute surveillance occidentale. Mais quand le résultat des élections ne lui plait pas, elle organise le blocus, participe à la guerre, directement ou indirectement, soutient les agresseurs afin de renverser les représentants élus.

. L’Union européenne doit admettre que le temps des colonies est terminé et qu’il ne reviendra plus. Elle doit renoncer à sa politique impérialiste et adopter des relations post-coloniales avec le reste du monde, qui respectent inconditionnellement sa souveraineté et sa dignité. 2Cela implique de renoncer à une politique internationale raciste qui traite les peuples du tiers-monde comme incapables de choisir leur système politique de façon responsable.

Il est grand temps de respecter enfin la Resolution 2621 XXV, du 12.10.1970 des Nations Unies qui affirme « le droit inhérent des peuples coloniaux de lutter par tous les moyens nécessaires contre les puissances coloniales qui répriment leur aspiration à la liberté et à l’indépendance. »

3. L’Union européenne doit s’autodéterminer par rapport aux USA et cesser de suivre aveuglément toutes les aventures militaires des USA dans leur politique impériale. Retirer le Hamas de la liste des organisations terroristes peut être un pas dans ce sens, car cette liste est une liste américaine, établie en 1995 après les accords d’Oslo pour contraindre le peuple palestinien à renoncer à ses droits légitimes. Cette légitimation du droit à la résistance est confortée par l’article 1er §4 du premier protocole additionnel de Genève du 08.06.1977 aux termes duquel, parmi les conflits armés internationaux, figurent ceux « dans lesquels les peuples luttent contre la domination coloniale et l’occupation étrangère et contre les régimes racistes dans l’exercice du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes,… »

4. Retirer les organisations palestiniennes de la liste des terroristes, c’est reconnaître la légitimité de la résistance. Toutes les résistances dans le monde ont été étiquetées de terroristes. Au siècle passé, les résistances au fascisme étaient traitées de terroristes par les nazis. Les dirigeants nationalistes comme Nelson Mandela ont passé des dizaines d’années en prison sous l’accusation de terrorisme. Et c’est seulement en juillet 2008, quinze ans après être devenu prix Nobel de la Paix et quatorze ans après être devenu président de l’Afrique du Sud que les État-Unis se sont décidés à le retirer de leur « Terror list » ! Et en ce jour, nous commémorons la mort du dirigeant nationaliste congolais, Patrice Lumumba, assassiné pour avoir revendiqué une véritable politique d’indépendance. Les célébrations en France et en Belgique du cinquantième anniversaire de l’indépendance de nombreux Etats africains pourraient être l’occasion de dénoncer cette politique assassine.

5. Et enfin, c’est aussi reconnaître le droit à notre résistance, dans les pays de l’Union européenne et mettre fin à la politique de criminalisation des activistes, des combattants anti-guerre et anti-impérialistes. Politique de criminalisation qui touche particulièrement cette partie des peuples qui est issue de l’immigration, en particulier les populations arabophones et musulmanes d’Europe, déjà soupçonnées de vouloir recouvrir nos pays de minarets et de foulards.

Les réactions à l’Appel ont montré que malgré les difficultés qui restent grandes, il est possible de construire en Europe, mais aussi en Amérique du Nord, le début d’un front de soutien aux résistances anticoloniales et anti-impérialistes dans le monde.

La première condition pour renforcer ce front est de ne pas se laisser intimider par les mesures de criminalisation, comme l’interdiction récente en Grande Bretagne de s’exprimer contre la présence des soldats britanniques en Afghanistan. Les démocrates européens dignes de ce nom ne peuvent en aucun cas accepter ces glissements vers des Etats fascisants.

La deuxième condition est d’imposer chez nous les points de vue mais aussi la présence physique des représentants de la résistance afin de nouer des liens directs entre les peuples en lutte de par le monde.

Le monde est en train de changer mais la plupart des forces politiques traditionnelles, en particulier dans la gauche, se refusent à l’admettre. L’époque où l’Occident dictait sa politique est terminée. Les rapports de force économiques changent aussi avec la montée en puissance de nations comme la Chine, l’Inde, le Brésil ou la Russie. Sur le plan politique, tout le continent latino-américain bouge. Comme le déclarait le président du Venezuela Hugo Chavez à Copenhague : « Si le capitalisme s’oppose (aux changements), nous sommes dans l’obligation de livrer bataille contre le capitalisme et d’ouvrir les voies du salut de l’espèce humaine. Cette tâche nous incombe à tous, sous les bannières du Christ, de Mahomet, de l’égalité, de l’amour, de la justice et de l’humanisme véritable le plus profond ».

Les peuples en lutte ont la possibilité aujourd’hui d’unir leurs résistances face à leurs gouvernements et à un impérialisme de plus en plus affaibli et décadent. S’ils s’unissent, au-delà de leurs différences, ce siècle ne sera pas celui du choc des civilisations, mais celui du choc et de la victoire des résistances contre l’impérialisme."

Nadine Rosa-Rosso :

17 janvier

Contact : nadinerr@gmail.com

Source : CAPJPO-EuroPalestine
http://www.europalestine.com/...

http://www.palestine-solidarite.org:80/analyses.Nadine_Rosa-Rosso.170110.htm


1-5 Kawther Salam : Les détrousseurs de cadavres d’Israël.
Indépendamment de l’article
publié récemment par le journaliste suédois Donald Boström sur le meurtre de Palestiniens par les Israéliens pour prélever des organes à des fins de trafic , et indépendamment des cris d’orfraie hystériques et des dénégations israéliennes, je tiens à présenter à mes lecteurs ce que j’ai vu, entendu et observé au cours de mes 22 ans de travail de journaliste sous occupation militaires israélienne en Cisjordanie et à Gaza.

Bilal Ahmed Ghanan, 19 ans, a été tué par les soldats israéliens, qui ont emporté son corps. Le corps a été rendu à sa famille avec une suture allant de l’abdomen au menton - Photo : Donald Boström

Mon expérience personnelle confirme ce qu’écrit M. Boström : bien que je ne sache rien du cas qu’il décrit, celui-ci est typique de ce que les Israéliens font tout le temps en Palestine, typique de ce qu’est la "norme" depuis le début des années soixante-dix.

C’est dès le début des années 1970 que les occupants militaires israéliens ont commencé à capturer et à garder les corps de Palestiniens qu’ils avaient assassinés.

Dès le début des années soixante-dix, des milliers de Palestiniens ont été enterrés dans de multiples tombes gardées secrètes par les militaires israéliens. Dès le début des années 70 des milliers de Palestiniens victimes de l’occupation ont été « autopsiés » et nombre de leurs corps gardés dans des tombes militaires numérotées. La plupart des membres de la résistance assassinés ont été emmenés pour « autopsie » et d’autres qui n’étaient que blessés ont été enlevés de l’hôpital par des Israéliens. Cette pratique est devenue moins répandue seulement quand l’Autorité Palestinienne a commencé à gouverner , c’est à dire que dans les zones qu’elle contrôlait les personnes tuées n’ont plus jamais été "autopsiées", mais que c’était encore le cas pour les personnes tuées ou blessées dans les zones contrôlées par les Israéliens.

Le commandement militaire israélien, le Commandement Central et le soi-disant Ministère de la « défense », ne peuvent pas cacher ces faits parfaitement bien connus : l’armée israélienne assassine tout le temps des personnes, et la plupart sinon la totalité des assassinés sont emmenés pour "autopsie", nombre d’entre eux sont enterrés dans des cimetières militaires israéliens dans des tombes anonymes numérotées.

Ces faits ne peuvent pas être cachés par les déclarations fantaisistes que publie le Ministère des Affaires Etrangères israélien, ni par le criminel de guerre et terroriste cinglé Ehud Barak pas plus que par l’extrémiste corrompu Benjamin Netanyahu.

Dans de nombreux cas, les commandants militaires ou les fonctionnaires de ce que l’on appelle "l’administration civile", renvoyaient à leurs familles, en pleine nuit, les corps de Palestiniens qu’ils avaient assassinés, et après quelques jours de « détention » des corps. Les officiers de l’armée n’appelaient la famille de la victime qu’après minuit (généralement entre 1 heure et 3 heures du matin), et exigeaient que quelques parents seulement, "pas plus de 10", attendent dans la rue pour l’enterrement des corps.

La première condition posée par l’administration "civile" militaire était que l’enterrement se fasse immédiatement après réception du corps, dans l’obscurité de la nuit, pour des "raisons de sécurité" ; la deuxième condition des Israéliens était que les femmes ne participent pas à ces funérailles secrètes, également pour des "raisons de sécurité" (en fait, ils voulaient éviter que les cris de deuil des mères, sœurs et filles de la victime ne soient entendus, et donc n’alertent le voisinage sur ce crime).

A l’occasion de chaque restitution du corps de l’une de leurs victimes assassinées, des fonctionnaires de l’administration "civile" militaire suivaient le cortège funéraire, dans leurs voitures blindées grises et attendaient la fin de l’enterrement. Nombre d’autres véhicules militaires, remplis de soldats, encadraient les funérailles, et ceux-ci observaient l’enterrement de leurs victimes, s’apprêtant à tout moment à tirer sur le petit nombre de participants à l’enterrement. Bien sûr, les fonctionnaires expliquaient avec insistance à la famille que c’était une grande faveur qu’il lui faisaient de rendre le corps de leur bien-aimé et de lui permettre de l’enterrer.

Des corps vides bourrés de coton

Pour quelle raison faut-il donc enterrer quelqu’un au milieu de la nuit, et encadrer le cortège funéraire d’une compagnie de soldats israéliens et de fonctionnaires de l’administration « civile » des FDI, l’armée israélienne ? Si l’enterrement est normal, et si les organes des victimes n’ont pas été volés, alors pourquoi faut-il donc qu’elles soient enterrées dans l’obscurité de la nuit ? Toutes les familles des victimes savaient que ce ne sont que des corps vides bourrés de coton qu’elles recevaient et qu’elles devaient les enterrer en pleine nuit.

« Concernant Ehud Barak, un fait : vers la fin de la première Intifada, après le début des soi-disant Accords de paix d’Oslo, le beau-frère d’un de mes oncles paternels a été assassiné par les Israéliens au check-point de Qualandia et le corps a été renvoyé à la famille, quelques jours après l’incident, bourré de coton. Ce parent de mon oncle, Mondher Naji Rashid Abdullah, était un petit entrepreneur de transports ; il n’était engagé dans aucune activité politique de quelque sorte que ce soit. Il a été assassiné le 14 Avril 1991, deux jours avant l’Aïd El Adha, une fête comparable à Noël. Résultat de cet assassinat toujours impuni à ce jour : sa femme et ses enfants sont réduits à dépendre de la charité publique ».

Suite pièce jointe

Kawther SALAM 

Source: http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=7179


1-6 John Pilger: Israël : Un bilan (The New Statesman)

La farce du sommet de Copenhague sur le Changement Climatique a confirmé la réalité d’une guerre mondiale menée par les riches contre la majorité de l’humanité.

Elle a aussi révélé l’existence d’une résistance qui grandit comme jamais auparavant : un internationalisme qui associe la sauvegarde de la planète terre avec les droits de l’homme universels, et exige que justice soit faite pour tous ceux qui envahissent et dépossèdent en toute impunité.

La résistance palestinienne au vol de leur pays a atteint un tournant en 2001 lorsqu’Israël fut qualifié d’état d’apartheid lors d’une conférence des Nations Unies sur le racisme à Durban, en Afrique du Sud. Selon Nelson Mandela, la justice pour les Palestiniens constitue « le plus grand enjeu moral de notre époque ». L’Appel de la Société Civile Palestinienne pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions (BDS), fut lancé le 9 juillet 2005, dans l’esprit du grand mouvement non-violent qui a balayé le monde et provoqué l’effondrement de l’Apartheid africain. « Au cours des décennies d’occupation et de vols, » a écrit Mustafa Barghouti, une voix de la sagesse dans le paysage politique palestinien, « 90% de la lutte palestinienne a été non-violente…

Une nouvelle génération de dirigeants palestiniens s’adressent au monde exactement comme Martin Luther King l’aurait fait.

Ce même monde qui rejette tout recours à la violence de la part des Palestiniens, même dans les cas flagrants de légitime défense, pourrait-il nous reprocher la non-violence employée par des hommes tels que King et Ghandi ? »

Aux Etats-Unis et en Europe, les syndicats, les associations universitaires et les grandes églises ont ravivé les stratégies et tactiques employés contre l’apartheid sud-africain.

Lors d’une résolution adoptée par 431 voix contre 62, l’église Presbytérienne des Etats-Unis a voté en faveur « d’un processus de désinvestissement progressif et sélectif contre les multinationales qui font des affaires avec Israël ». Cette décision avait été précédée par le jugement rendu par la Cour Internationale de Justice déclarant le mur d’Israël et ses « colonies » comme illégales. Un jugement similaire avait été rendu par la Cour en 1971 pour condamner l’occupation de la Namibie par l’Afrique du Sud, déclenchant ainsi un boycott international.

A l’instar de la campagne contre l’Afrique du Sud, la question centrale est le respect de la loi. Aucun état ne se permet de violer le droit international avec autant de désinvolture qu’Israël. En 1990, une résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU qui exigeait le retrait de Saddam Hussein du Koweït était pratiquement mot à mot la même que celle qui exigeait le retrait d’Israël de la Cisjordanie. Les Etats-Unis et leurs alliés ont attaqué et chassé l’Irak alors qu’Israël a toujours été choyé. Le 11 décembre (2009), le Président Obama a annoncé une « aide » de 2,75 milliards de dollars pour Israël, un acompte sur les 30 milliards que les contribuables américains en plein marasme économique devront sortir au cours des dix années à venir.

L’hypocrisie est désormais bien comprise aux Etats-Unis, où les campagnes de boycott deviennent monnaie courante. Une campagne sur le thème de « la beauté volée » est menée contre les produits de beauté Ahava qui sont fabriqués illégalement dans des « colonies » de la Cisjordanie a forcé la compagnie à se séparer de son « ambassadrice », la célèbre Kristin Davis, star de la série Sex and the City. En Grande-Bretagne, Sainsbury’s et Tesco sont sous pression pour révéler quels sont leurs produits fabriqués dans les « colonies » dont la commercialisation viole l’accord de commerce entre l’Union Européenne et Israël.

En Australie, un consortium dont fait partie la compagnie française Veolia a perdu un marché d’un milliard de dollars pour une usine de désalinisation suite à une campagne révélant le projet de Veolia de construire une ligne de tram reliant Jérusalem aux « colonies ». En Norvège, le gouvernement a retiré son soutien à une société de haute-technologie israélienne, Elbit, qui a participé à la construction du mur qui traverse la Palestine. Il s’agit du premier boycott officiel d’un pays occidental. « Nous ne souhaitons pas financer des entreprises qui participent aussi ouvertement à la violation du droit humanitaire international », a déclaré le ministre des finances norvégien.

En 2005, une association de professeurs d’université en Grande-Bretagne (Association of University Teachers in Britain - AUT) a voté en faveur d’un boycott des institutions universitaires israéliennes complices de l’oppression contre les Palestiniens. La campagne de l’AUT a du faire marche arrière lorsque le lobby pro-israélien a déclenché une vague d’attaques personnelles et d’accusations d’antisémitisme. L’écrivain et militant palestinien Omar Barghouti l’a qualifié de « terrorisme intellectuel » : une perversion intellectuelle qui transforme en antisémitisme toute opposition au racisme exercé contre les Palestiniens. Cependant, pratiquement tout a changé après l’attaque Israélienne contre Gaza le 27 décembre 2008. La première campagne étatsunienne pour un boycott universitaire et culturel d’Israël a été lancée, en présence de Desmond Tutu. Lors de sa conférence de 2009, le Congrès des Syndicats Britannique a voté en faveur d’un boycott de la consommation. Le « tabou israélien » venait de tomber.

Parallèlement, on assiste à un développement rapide de la loi pénale international depuis l’affaire Pinochet en 1999 lorsque l’ancien dictateur du Chili fut placé en résidence surveillée en Grande-Bretagne. Les criminels de guerre israéliens courent désormais le risque d’être trainés en justice là où s’appliquent des lois à « juridiction universelle ». En Grande-Bretagne, la Convention de Genève de 1957 est renforcé par le rapport de l’ONU sur Gaza du juge Richard Goldstone qui en décembre a obligé un juge londonien à émettre un mandat d’arrêt pour crimes contre l’humanité contre Tzini Livni, ancien ministre des affaires étrangères d’Israël. Au mois de Septembre, seule une immunité diplomatique a évité à Ehud Barak, ministre de la défense d’Israël lors de l’assaut contre Gaza, d’être arrêté par Scotland Yard.

Il y a un an à peine, 1400 personnes sans défense à Gaza furent assassinés par les Israéliens. Le 29 décembre dernier, Mohamed Jassier était le 367eme habitant de Gaza à mourir parce que les médicaments qui auraient pu le sauver sont interdits par Israël. Gardez cela bien à l’esprit la prochaine fois qu’une chaine de télévision « équilibrera » de telles souffrances avec les protestations sournoises des oppresseurs.

Une dynamique a été enclenchée. Pour la première commémoration de l’atrocité de Gaza, une grande procession humanitaire de 42 pays – musulmans, juifs, chrétiens, athées, jeunes et vieux, syndicalistes, artistes, musiciens et ceux qui menaient les convois de nourriture et de médicaments – a convergé vers Egypte, et même si la dictature au Caire à la solde des Etats-Unis a empêché la majorité d’atteindre Gaza, les peuple de cette prison à ciel ouvert savaient qu’ils n’étaient pas seuls, et des enfants ont grimpé sur les murs pour hisser des drapeaux palestiniens. Et ce n’est que le début.

John Pilger

Anne-Nonyme @

2010-01-19

http://infosanonyme.blog.ca/2010/01/19/israel-un-bilan-the-new-statesman-7785288/

http://www.johnpilger.com/page.asp?partid=563


1-7 Nadia Hijab: Quand peut-on parler de génocide ?

Il y a un an, pendant une visite à Ramallah, durant les bombardements israéliens sur Gaza, je faisais part de mes craintes à un proche ami palestinien. « Cela peut sembler fou mais je pense que le véritable objectif d'Israël est de les voir tous morts. »

Mon ami m'a dit de ne pas être stupide, l'agression a été terrible mais on ne peut pas parler de massacre de masse.

Je lui ai répondu que là n'était pas la question : après des années de siège, cette population était déjà extrêmement vulnérable face à la maladie, à la mauvaise santé et à la malnutrition, avec ses infrastructures pourries, son eau et sa nourriture contaminées.

La guerre d'Israël pourrait certainement pousser les gens par-dessus bord, surtout si le siège est maintenu – comme cela a été le cas.

En d'autres termes, Israël ne tuerait pas directement des dizaines de milliers de Palestiniens mais il créerait les conditions pour que des dizaines de milliers meurent. N'importe quelle épidémie pourrait finir le travail. Mon ami est resté silencieux face à ces mots, mais a continué à secouer la tête, incrédule.

Deux choses ont changé depuis l'année dernière : plus de gens ont commencé à qualifier de « génocide » ce qu'Israël fait à Gaza. Et il n'y a pas qu'Israël qui soit accusé mais aussi, de plus en plus, l'Égypte.

Est-ce un génocide ? La convention pour la prévention et la répression du crime de génocide  - un document clair et concis adopté par les Nations Unies en décembre 1948 – déclare que le génocide s'entend de l'un des cinq actes commis « dans l'intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux. »

Trois de ces actes semblent correspondre à la situation à Gaza : « a) Meurtre de membres du groupe ; b) Atteinte grave à l'intégrité physique ou mentale de membres du groupe ; c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle. »

Les spécialistes du droit sont en désaccord sur l'interprétation des articles de la convention et il s'est avéré difficile, au cours des années, de définir certains crimes de génocide, et encore moins de les éviter ou de les stopper. En accord avec le précédent de la Bosnie – le seul qualifié de génocide qui fasse autorité aujourd'hui – il serait nécessaire d'établir qu'il y a intention délibérée afin qu'une accusation de génocide contre Israël puisse être déposée au tribunal.

Les dirigeants d'Israël n'ont, bien entendu, pas émis une déclaration d'intention. Cependant on peut dire que de nombreux dirigeants israéliens l'ont fait. Par exemple :

« Mettre les Palestiniens de Gaza « au régime » - Dov Weisglass, conseiller principal d'Ariel Sharon, en 2006

Les exposer à « une shoah (holocauste) plus importante » - Matan Vilnal, ancien ministre de la Défense, en 2008

Emettre des édits religieux exhortant les soldats à ne faire preuve d'aucune clémence – Le rabbinat de l'armée israélienne pendant le conflit actuel

De telles déclarations renvoient à au moins trois des « 8 étapes du génocide » identifiées par le président de Genocide Watch, Gregory Stanton, dans les années 90 après le génocide du Rwanda : la classification, la déshumanisation et la polarisation.

Et puis, il y a la destruction délibérée et l’interdiction d’accès de moyens de subsistance comme Israël l'a fait sur la terre et en mer. Le rapport Goldstone a déjà indiqué que priver les Palestiniens de Gaza de leurs moyens de subsistance, de leurs emplois, maisons et eau, liberté de mouvement et accès à un tribunal de justice, peut être assimilé à de la persécution.

Depuis l'attaque de décembre 2008-janvier 2009, de nombreux rapports officiels ont été réalisés par les organisations des droits humains et de l'environnement sur l'impact de la guerre et le siège en cours sur la population, les sols, l'air et l'eau, sans oublier l'augmentation des cancers, les malformations à la naissance et les morts évitables. Le nombre de morts à Gaza dus à la grippe porcine était de 9 à la mi-décembre et de 13 la semaine dernière – une épidémie guette.

La 8ème étape du génocide identifiée par Stanton est le déni par les auteurs « d'avoir commis un crime. » De façon ironique, Stanton dirigeait l'Association Internationale des Spécialistes du Génocide pendant le conflit, ce qui a clos la discussion sur les agissements d'Israël malgré les protestations, entre autres, des experts du génocide et de l'auteur Adam Jones. Jones et 15 autres experts ont envoyé une déclaration affirmant que la politique israélienne était trop « proche, de façon alarmante » du génocide pour l'ignorer et revendiquent la fin du silence.

Trop proche de façon alarmante, c’est vrai. Voici comment Raphael Lemkin, l'historien juriste juif polonais qui a fait pression en faveur de la convention sur le génocide, a défini celui-ci en 1943 :

« Le génocide ne veut pas nécessairement dire destruction immédiate d'une nation... Il sous-entend plutôt un plan coordonné de différentes actions visant à la destruction des fondements essentiels de la vie des groupes nationaux, avec pour but d'anéantir les groupes eux-mêmes. Les objectifs d'un tel plan seraient la désintégration des institutions politiques et sociales, de la culture, de la langue, des sentiments nationaux, de la religion et de l'existence économique des groupes nationaux et la destruction de la sécurité personnelle, de la liberté, de la santé, de la dignité et même les vies des individus appartenant à de tels groupes. »

Il est difficile de concevoir une meilleure description de ce qui se passe actuellement à Gaza.

Tous les États membres des Nations Unies ont le devoir de prévenir et d'arrêter des actes de génocide. Ce dont nous avons besoin, c'est d'un pays assez courageux pour prendre l'initiative avant qu'il ne soit trop tard.

AUTEUR:  Nadia HIJAB

Source : Counterpunch-When Does It Become Genocide?  
Article original publié le 5/1/2010
Traduit par  Isabelle Rousselot 
Isabelle Rousselot est membre de Tlaxcala, le réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteure, la traductrice et la source.
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=9810&lg=fr
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=9810&lg=fr 


1-8 Julie Lévesque : Israël-Palestine : une guerre d'images et de mots.

Cet article s’inspire de l’exposition « Drame humain à Gaza » qui se tient jusqu’au 28 février 2010 et commémore le premier anniversaire de l’offensive israélienne »Plomb durci » contre Gaza (27 décembre 2008-19 janvier 2009)

 Cette exposition mise sur pied par l’organisme Canadiens pour la justice et la paix au Moyen-Orient (CJPMO) a pour but de sensibiliser les gens au difficile quotidien des Gazaouis durant cette période. Le Cinéma du Parc à Montréal présente également le film Rachel, qui raconte l’histoire d’une jeune activiste étatsunienne écrasée par un bulldozer israélien en 2003. Si ces deux projets artistiques suscitent de nombreuses réflexions sur le conflit israélo-palestinien, ils font surgir bien des questions sur sa couverture médiatique dans les médias occidentaux et plus particulièrement dans les médias canadiens.

La diabolisation des musulmans et du monde arabe en général nourrit l’indifférence envers le sort des Palestiniens, plus particulièrement, des Gazaouis. Cette tendance est de plus en plus présente dans les médias occidentaux, qui répètent consciemment ou non la propagande véhiculée par Israël et les États-Unis. En ce qui a trait au conflit israélo-palestinien, les médias canadiens servent de porte-voix à la propagande israélienne en occultant certains sujets qui permettraient de mieux comprendre le conflit, en employant des termes péjoratifs et en prenant davantage position en faveur d’Israël.

La soi-disant « guerre contre le terrorisme » qui, à mesure qu’elle se radicalise, se transforme en un racisme politiquement correct envers le monde arabe et les musulmans, est devenue un écran de fumée opaque, voué à écarter la cause même du terrorisme : la politique étrangère des États-Unis et leur inflexible soutient à la politique étrangère d’Israël, « la seule démocratie au Moyen-Orient ».

 « Israël n’est pas une démocratie. C’est un État profondément raciste et terriblement discriminatoire. En réalité il s’agit d’un État colonialiste qui essaie d’élargir son territoire », estime Daniel Saykaly de l’organisation des droits de la personne Palestiniens et Juifs Unis (PAJU).

 Depuis les attaques du 11 septembre, le non respect des droits humains et civiques, bref de tous les droits, se justifie par le combat contre le terrorisme, ce monstre tentaculaire qui ne connaît aucune frontière, l’ennemi idéal pour quiconque a des visées impérialistes, et contre lequel Israël mènerait depuis sa naissance une lutte apparemment sans fin pour sa survie.  

Or, si cette guerre s’attaque à une conséquence, « le terrorisme », elle évite à tout prix de même mentionner sa cause. La politique étrangère étatsunienne est largement responsable du « terrorisme » au Moyen-Orient sur plusieurs plans. D’abord par la création et/ou le financement de mouvements terroristes ou radicaux, ensuite par ses interventions militaires illégales menant à des insurrections – que l’on pourrait qualifier de « légitime défense », mais que l’on appelle « terrorisme », dans le but très peu subtil de discréditer « l’ennemi » dès le départ – et finalement par son soutien indéfectible à Israël. 

De la même manière, la politique étrangère israélienne, qui fait fi du droit international et des résolutions de l’ONU depuis déjà plus de 60 ans (33 résolutions non respectées au total), suscite énormément de colère chez ses voisins, principalement chez les Palestiniens. Doit-on s’attendre à ce qu’il n’y ait aucune résistance parmi les opprimés? Si le pays veut vraiment en finir avec le terrorisme, il devrait d’abord respecter le droit international et les résolutions de l’ONU. Mais Israël veut-il vraiment mettre un terme au terrorisme?

Le Hamas et le rôle historique d'Israël

Le « mouvement terroriste » Al-Qaïda, c’est un fait connu et confirmé par Zbignew Brzezinski, est une création des États-Unis qui visait au départ à lutter par procuration contre les Soviétiques dans les années 1980.

Ce qui est moins connu toutefois c’est que le soi-disant « mouvement terroriste » du Hamas, a été autrefois appuyé en sous-main par Israël.

 « Par la tromperie tu mèneras la guerre. » Tel es le motif du Mossad, le service du renseignement israélien. Dans le livre de Claire Hoy « Mossad : un agent des services secrets israéliens parle », un livre longtemps interdit sur le territoire des États-Unis, Victor Ostrovsky raconte que le Mossad a en quelque sorte créé le Hamas dans le but de discréditer l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et faire prendre le pouvoir à des fanatiques, afin de justifier une intervention militaire pour prendre le contrôle du territoire. Cette information est corroborée, entre autres, par un responsable du gouvernement étatsunien dans l’article suivant :

« [Israel Sharon] veut détruire et discréditer l’Autorité palestinienne afin de s’assurer que les Palestiniens se retrouvent sans leadership crédible. Le chaos et l’anarchie en Cisjordanie fourniraient à Israël la justification dont il a besoin pour expulser les populations indigènes et rendre le territoire gouvernable.

Il s’agit d’une politique israélienne de longue date. Elle a débuté dans les années 1970, alors qu’Israël a aidé à faire des musulmans les plus fanatiques et les plus intolérants les rivaux de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). L’organisation terroriste du Hamas est principalement une création israélienne.

Un article d’UPI l’an dernier citait un responsable du gouvernement étatsunien : « Une certaine partie de l’establishment israélien d’extrême-droite croyait que le Hamas et d’autres groupes, s’ils prenaient le contrôle, refuseraient de participer au processus de paix et torpilleraient tout accord mis en place. » (George Szamuely, Israel's Hamas : Hamas is largely an Israeli Creation, Global Research, 27 janvier 2006. C’est l’auteure qui souligne)

Si l’on regarde la propagande israélienne, elle semble confirmer ces dires. En plus de nier l’autorité du Hamas, élu démocratiquement dans la Bande de Gaza, l’État hébreu dénigre constamment l’Autorité palestinienne, quelle qu’elle soit, en l’accusant de n’être pas un véritable « partenaire pour la paix » et d’être responsable du terrorisme, comme on peut le constater sur le site du ministère israélien des Affaires étrangères : « Pourquoi Arafat n'est-il pas un partenaire pour la paix ? Au début du processus de paix entre Israël et les Palestiniens, en 1993, Yasser Arafat s'est explicitement engagé à renoncer au terrorisme et à s'en tenir au principe que le conflit ne peut être résolu que par la voie des négociations. Dix ans plus tard, plus de 1 100 Israéliens ont été assassinés dans des actes de terrorisme (dont plus de 900 depuis septembre 2000). Arafat est directement responsable de ce terrorisme et des graves dommages que la violence a causé au processus de paix. »

(Ministère israélien des Affaires étrangères, Israël- le Conflit et la Paix- Réponses à des questions souvent posées, 5 novembre 2003.

 C’est l’auteure qui souligne)

La colonisation des territoires occupés constitue un autre sujet où la réalité est inversée, où l’agresseur se pose en victime. En se retirant, Israël a fait un sacrifice, mais « l’organisation terroriste islamiste du Hamas s’[est] empar[ée] du pouvoir à Gaza » :

En l’absence d’un partenaire sérieux et désireux de renouveler le processus de paix, Israël prit unilatéralement la décision de se retirer de la bande de Gaza en 2005, déracinant des milliers de familles israéliennes qui vivaient dans cette région. Avec le départ de Gaza du dernier habitant juif et du dernier soldat de Tsahal, Israël espérait que cette concession considérable fournirait aux Palestiniens l’occasion de poser pacifiquement les fondations d’un État qui assurerait un avenir meilleur aux deux peuples. Mais une fois de plus, Israël ne fut pas payé de retour pour ce douloureux sacrifice. L’organisation terroriste islamiste du Hamas s’empara du pouvoir à Gaza et assaillit les villes et localités du sud d’Israël à l’aide de roquettes et de mortiers, contraignant Israël à lancer une opération militaire de grande envergure à Gaza en décembre 2008 qui parvint à réduire les attaques du Hamas.

(Ambassade d’Israël en France, Israël, le conflit et la paix : foire aux questions sur le conflit israélo-palestinien. Le processus de paix israélo-palestinien, décembre 2009.

C’est l’auteure qui souligne)

Cette propagande se retrouve presque mot pour mot dans la plupart des médias dominants. Cela n’est pas un problème en soi. Le problème réside d’une part dans l’absence quasi-totale de remises en question de cette technique de persuasion et de critiques à l’endroit d’Israël, d’autre part dans la fabrication d’une réalité basée sur la propagande israélienne.

Si l’on se fie à Radio-Canada, les racines du Hamas sont exclusivement palestiniennes et le groupe est l’unique responsable des échecs du processus de paix. Cet « historique » du Hamas, loin d’être impartial, n’est qu’un calque de la propagande de l’État hébreu :

« Fondé par le cheikh Ahmed Yassine dans la foulée de l'Intifada de 1987, le Hamas constitue maintenant la deuxième force politique des territoires palestiniens mais aussi leur principal mouvement islamique. Le Hamas, qui se pose en farouche opposant du processus de paix amorcé par les accords d'Oslo, en 1993, semble chaque fois saisir l'occasion de le faire dérailler lorsqu'un signe d'espoir se manifeste.

Aux yeux de ses partisans, qui rejettent toute solution diplomatique, seule la guerre sainte peut résoudre le problème israélo-palestinien. Son objectif à court terme est de forcer l'armée israélienne à se retirer complètement des territoires palestiniens. » (Radio-Canada, La spirale de la haine. C’est l’auteure qui souligne)

Dans une chronique de La Presse, on réduit le conflit à sa plus simple expression : « une armée moderne » contre « une bande de fanatiques aspirant au martyre ». Farouche défense d’Israël et diabolisation de « l’ennemi » : Le Hamas, emporté par son idéologie suicidaire, et encouragé par ses parrains iraniens, poursuit au grand jour sa lutte d'arrière-garde contre l'existence même de l'État hébreu. Loin d'être le fait d'une minorité de Gazaouis égarés, les tirs de roquettes qui ont déclenché la riposte israélienne sont le fait du gouvernement du Hamas, qui exerce un contrôle absolu sur cette malheureuse bande de terre.
[…] Au contraire, ses hommes se sont empressés de détruire, dans une rage aveugle ou par calcul (la politique du pire étant toujours la stratégie première des organisations terroristes), les serres et les vergers abandonnés par les colons juifs. Ces 3000 acres de terres cultivées et irriguées sont aujourd'hui des champs vagues. Et le Hamas, au lieu d'importer des vivres, a préféré approvisionner son stock d'armements clandestins par des souterrains: depuis son retrait de Gaza, Israël a reçu quelque 6000 missiles!

Certes, les forces en présence sont incomparables, entre une armée moderne et une bande de fanatiques aspirant au martyre.

Mais le Hamas, tout comme le Hezbollah en 2006, jouit d'un avantage stratégique indiscutable: comme la vie humaine ne compte pas, il installe ses armements dans des domiciles, des écoles, des quartiers densément peuplés. Toute riposte militaire aboutit inévitablement à d'atroces bavures. Quelle puissante arme de propagande, que ces photos déchirantes d'enfants massacrés... avec la complicité meurtrière de ceux-là mêmes qui auraient dû les protéger!

(Lysianne Gagnon, Une riposte démesurée?, Cyberpresse, 10 janvier 2009.

C’est l’auteure qui souligne)

Ces extraits suffisent à démontrer que cette tactique malicieuse consistant à créer son propre ennemi pour atteindre des objectifs cachés est si efficace, que les médias semblent n’y voir que du feu. Ou peut-être que ce silence n’est qu’une soumission à l’intimidation, ce complément essentiel à cet art de la guerre psychologique, qui fait pleuvoir des accusations « d’antisémitisme » dès lors que fuse une critique envers Israël?

Dans un texte de janvier 2007, « Une philosophie de rêve pour les paranoïaques : « Tuez des Arabes, criez à l’antisémitisme ! », Norman Finkelstein écrit ceci :

 « Une des thèses centrales de mon livre Beyond Chutzpah [Au-delà du culot monstre], c’est que, dès lors qu’Israël est confronté à une débâcle dans ses relations publiques, ses apologues sonnent l’alarme afin d’avertir qu’une énième forme de « nouvel antisémitisme » vient de nous arriver. » 

Un conflit inexplicable?

Si l’on demande pourquoi certains se portent à la défense d’Israël, un pays qui ne respecte pas les droits humains et le droit international, il semble de bon ton de dire qu’il s’agit un sujet complexe, comme le démontre cet extrait d’une conférence de Barack Obama au lendemain de son discours à la nation. 

Une jeune fille demande au président :  « Hier soir dans votre discours à la nation, vous avez dit que les États-Unis appuient les droits humains. Alors pourquoi n’avons-nous pas condamné Israël et l’Égypte pour avoir violé les droits humains des Palestiniens vivant dans les territoires occupés et pourquoi nous continuons à les appuyer avec l’argent de nos impôts? »

La réponse tantôt malhabile, tantôt langue de bois du président sur ce sujet tabou : « Laissez-moi parler du Moyen-Orient en général.

Écoutez [...] Le Moyen-Orient est clairement un problème (sic) qui a pestiféré la région depuis des siècles.

Et c’est une question qui soulève bien des passions [...]

Voici ma vision des choses : Israël est l’un de nos plus grands alliés [...], c’est une démocratie vivante qui partage des liens avec nous de diverses façons... Cela est crucial pour nous et je ne vais jamais hésiter à assurer la sécurité d’Israël et à aider les Israéliens à se sécuriser eux-mêmes dans une région très hostile. Donc je n’ai pas d’excuses à faire à ce niveau là.

Il est également vrai que nous devons prêter attention à la détresse des Palestiniens, car ce n’est pas bon pour notre sécurité ni pour celle d’Israël si des millions d’individus se sentent désespérés, qu’ils n’ont pas la chance de s’éduquer ou de trouver du travail ou autre. Maintenant c’est une longue histoire et je n’ai pas le temps de passer en revue toutes les doléances des deux parties. Ce que j’ai dit et ce que nous avons fait depuis que je suis entré en poste, c’est que nous travaillons à la solution des deux États dans laquelle Israël et les Palestiniens peuvent cohabiter en paix et en sécurité. Pour y parvenir, les deux côtés devront faire des compromis.

La première étape serait que les Palestiniens renoncent sans équivoque à la violence et reconnaissent Israël et Israël doit reconnaître les doléances légitimes et les intérêts des Palestiniens. Nous savons à quoi une solution pourrait ressembler dans la région, mais voici le problème auquel nous sommes confrontés : Et en Israël et dans les territoires palestiniens, la politique est difficile. Il y a des divisions [...] Le président Abbas de l’Autorité palestinienne, qui, je crois, désire véritablement la paix, doit faire face au Hamas, une organisation qui n’a pas reconnu Israël et n’a pas renoncé à la violence, donc nous essayons de renforcer les capacités de chaque partie à s’assoir à la table et à entamer des négociations sérieuses.

Et lorsque nous parlons de cette question, il est important que nous n’utilisions pas de langage provocateur ou qui, d’une certaine manière décourage les négociations.

Nous devons reconnaître que les Palestiniens et les Israéliens ont des aspirations légitimes et elles peuvent être mieux servies si les États-Unis les aident à se comprendre plutôt qu’à se diaboliser. » (C’est l’auteure qui souligne)

Donc la question des droits humains des Palestiniens se réduit pour M. Obama à une question de sécurité pour Israël et les États-Unis. En plus de ne pas répondre adéquatement à la question, le président fait l’apologie d’Israël, « une démocratie vivante », et diabolise les Palestiniens, qui, si l’on en croit son discours, sont sans exceptions des personnes violentes, qui devront, d’abord et avant tout renoncer à cette violence pour régler le conflit.  

Toutefois, habile communicateur qu’il est, il nous enjoint à faire ce qu’il dit et non pas ce qu’il fait : ne pas utiliser de « langage provocateur » et aider les deux peuples « à se comprendre plutôt qu’à se diaboliser. »

Par ailleurs, une oreille avertie aura décelé une erreur factuelle dans ce discours creux, prônant la solution des deux États, un plan de partage qui date de1947 : le Hamas a offert de reconnaître Israël de facto en 2004 si ce dernier respectait la résolution 242 du Conseil de sécurité de l’ONU, soit le « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés ».

Mais le message le plus important dans ce propos passe inaperçu pour plusieurs : le Moyen-Orient « en général » est une région en conflit depuis des siècles, la politique y est difficile et le conflit israélo-palestinien est une longue histoire. Trop longue pour en parler. Cette idée qui s’est greffée dans les esprits n’est qu’une des nombreuses tactiques pour ne pas évoquer les faits et qui offrirait un tout autre portrait de la seule « démocratie vivante » de la région.

La complexité que l’on confère à cet état de guerre serait-elle nourrie par l’interprétation erronée et fragmentaire qu’en font les médias? C’est ce que croit Rachad Antonius, professeur au Département de sociologie de l’UQAM :

 «Les rôles d'agresseur et de victime sont souvent renversés. Les Palestiniens sont présentés comme étant la source principale de la violence dans la région et les Israéliens comme étant les seuls à vouloir faire la paix. En outre, la couverture médiatique se concentre, pour l'essentiel, sur les déclarations des dirigeants politiques, israéliens ou palestiniens, plutôt que sur les rapports de domination qui sont au cœur du conflit et qui se vivent au quotidien.» 

 «En 2005, les médias ont présenté l'évacuation de 9000 colons juifs du territoire occupé de la bande de Gaza comme un geste courageux du gouvernement israélien en faveur de la paix. Mais ils ont oublié de souligner l'implantation, durant la même année, de 12 000 nouveaux colons juifs en Cisjordanie occupée.»

(Claude Gauvreau, Les médias et le monde arabe : des représentations fondées sur la distorsion, Journal L'UQAM, vol. XXXIII, no 9, 22 janvier 2007) 

La perpétuité des stéréotypes et la fausse conception de la situation au Moyen-Orient s’expliquent également par les diverses pressions que subissent les médias pour entretenir cette vision :

Au niveau des stéréotypes, le processus semble assez clair : les causes de la colère arabe sont occultées, cette colère apparaît alors comme injustifiée et irrationnelle, renforçant ainsi l’un des stéréotypes orientalistes.

Si cette vision se perpétue, en dépit des événements qui la contredisent, c’est en partie à cause des pressions diverses qui s’exercent pour qu’elle soit maintenue. La remettre en question entraîne inévitablement des accusations d’ignorance, d’incompétence intellectuelle et souvent même d’antisémitisme. Des pressions sont exercées quotidiennement, et sans répit, sur les journalistes et chroniqueurs qui apportent des points de vue qui tiennent compte du droit international, ce qui les met en position critique face à Israël, tant dans les médias écrits qu’électroniques.

(Rachad Antonius, Les représentations médiatiques des Arabes et des musulmans au Québec, L’annuaire du Québec, 2007)

Ainsi cette rhétorique de « conflit complexe » relève plutôt de la guerre psychologique, laquelle laisse des traces indélébiles dans la couverture médiatique de cette rivalité. Les médias occidentaux, ceux du Canada inclusivement, contribuent à « complexifier » le conflit en offrant une couverture biaisée et fragmentaire et en perpétuant des mythes. Ils prennent ainsi part à cette guerre d’images et de perceptions. Surtout en faveur d’Israël.

« Les médias présentent toujours ce conflit hors-contexte, » a déploré Grace Batchoun de CJPMO. « Ils devraient le voir comme un conflit entre les pouvoirs militaires au Moyen-Orient. Et s’agit-il d’un conflit ou d’un massacre? » Au lendemain du tremblement de terre en Haïti, Mme Batchoun comparait cet événement à l’opération « Plomb durci » : « On ne peut pas éviter un tremblement de terre, mais on aurait pu empêcher la tragédie à Gaza. Et comment pourra-t-on reconstruire Gaza? Encore aujourd’hui y on empêche l’entrée de matériaux... »

La guerre psychologique dans les journaux canadiens

Dans une analyse quantitative et comparative intitulée La Palestine, l'Israel et les nouvelles manquantes: ce que les canadiens ne retrouvent pas dans leurs journaux quotidiens, le Conseil national des relations canado-arabes conclut que les médias canadiens sont biaisés :

•  Les deux journaux canadiens à distribution nationale, le Globe and Mail et le National Post:

a. Ignorent largement (seulement 3 à 4% des nouvelles rapportées par le Globe and Mail) ou totalement (0% des nouvelles rapportées par le National Post), les nouvelles sur la région ayant trait aux sujets tels que les droits humains (51 articles au total), la colonisation de territoires occupés ainsi que les restrictions sur le mouvement (30 articles au total), sujets fondamentaux dans la compréhension de l'impasse entre Israéliens et Palestiniens.

b. Rapportent les nouvelles sur la violence armée conduite par les israéliens moins fréquemment que les nouvelles sur la violence armée conduite par les militants palestiniens :

 

• i. Globe and Mail: 15% (de 20 articles) vs. 27% (de 11 articles) 
• ii. National Post: 0% (de 20 articles) vs. 9% (de 11 articles)

 

[…]NCCAR s'inquiète des lacunes de la couverture médiatique au Canada. L'absence d'une couverture complète et balancée par les journaux canadiens à distribution nationale a un impact négatif sur la capacité des lecteurs canadiens de prendre des positions informées sur le conflit Israélo-palestiniens et sur le rôle que le Canada devrait assumer face à ce sujet important qui concerne non seulement les pays de la région, mais le monde entier. (C’est l’auteure qui souligne) 

D’un point de vue médiatique, le conflit israélo-palestinien est un parfait exemple de l’importance de la guerre psychologique.

Le maître de la propagande nazie, Joseph Goebbels, disait ceci À force de répétitions et à l’aide d’une bonne connaissance du psychisme des personnes concernées, il devrait être tout à fait possible de prouver qu’un carré est en fait un cercle. Car après tout, que sont « cercle » et « carré »?

De simples mots.

Et les mots peuvent être façonnés jusqu’à rendre méconnaissables les idées qu’ils véhiculent. (Joseph Goebbels, cité dans Normand Baillargeon, Petit cours d’autodéfense intellectuelle, Lux Éditeur, 2005)

 

Ce que certains appellent le « monopole israélien de la victimisation » est une composante essentielle de la guerre psychologique que livre Tel Aviv. Dans ce conflit interminable, les qualificatifs « victime » et « agresseur » ont perdu leur sens.  

Avec la concentration des médias, ces derniers deviennent davantage des médias de propagande que des médias d’informations. Et la propagande fonctionne davantage s’il y a de la censure :  

Une analyse des éditoriaux des grands journaux francophones du Québec montre par exemple que la notion de «politique de prise de contrôle » du territoire palestinien, une réalité très tangible pour qui suit un tant soit peu les événements au Proche-Orient, est complètement absente des éditoriaux. De même la condition de victimes des Palestiniens est absente des prises de position éditoriales.

Le Québec se démarque cependant du reste du Canada sur ce point, et les médias écrits francophones ont eu tendance à montrer plus de compréhension pour les questions du Proche-Orient que leurs contreparties dans le reste du Canada. L’importance des questions internationales pour les communautés arabes et musulmanes est double. Par ailleurs, les représentations médiatiques dominantes renforcent le sentiment, chez les Arabes et les musulmans, que leurs opinions ne comptent pas vraiment. Mais ce sentiment est tempéré par l’existence de médias alternatifs et d’un mouvement social solidaire qui fait contrepoids au discours dominant. (Rachad Antonius op. cit.)

L’opération « Plomb durci » : une offensive criminelle

 En septembre 2009, la Mission d'établissement des faits sur le conflit à Gaza, communément appelée Rapport Goldstone a sévèrement critiqué Israël pour son opération militaire à Gaza en 2008-2009 qui, selon B’Tselem, a coûté la vie à 13 Israéliens et à 1315 Palestiniens, dont 65 % de civils, parmi eux, plus de 400 enfants :

« Nous sommes arrivés à la conclusion, sur la base des faits que nous avons réunis, qu'il y a de solides preuves établissant que de nombreuses violations graves du droit international, à la fois du droit humanitaire et des droits de l'homme, ont été commises par Israël lors des opérations militaires à Gaza […] La mission a conclu que des agissements pouvant constituer des crimes de guerre et peut-être, dans une certaine mesure, des crimes contre l'humanité, ont été commis par les forces de défense israéliennes »,

(Centre d’actualités de l’ONU, Gaza : L'ONU a des preuves de crimes de guerre commis par les deux côtés, 15 septembre 2009)

Le rapport a par ailleurs a jugé que les tirs de roquettes en provenance de Gaza « constituaient également de graves crimes de guerre et peut-être des crimes contre l'humanité » (Ibid) Mais la condamnation d’Israël par le rapport Goldstone a-t-elle transformé nos esprits bienpensants? Pas si l’on se fie à cet article où se marient les mythes, la désinformation et la mémoire sélective :  Le rapport Goldstone, on s'en doute, a été prestement entériné par cette assemblée dominée par des pays arabes et musulmans et leurs alliés populistes d'Amérique du Sud. (44 pays-membres se sont abstenus et 18 ont voté contre, dont le Canada).

Même unanimité sans surprise au sein du soi-disant Conseil des droits humains de l'ONU, qui avait commandité la mission Goldstone pour faire «la vérité» sur l'offensive à Gaza. Ce conseil, créature de pays qui piétinent chaque jour les droits les plus élémentaires (Soudan, Chine, Cuba, Égypte, Pakistan, Arabie Saoudite, Libye, etc.) s'est distingué en s'attaquant systématiquement à la seule démocratie du Moyen-Orient, passant sous silence les innombrables abus commis ailleurs sur la planète. C'est pourquoi le gouvernement israélien a refusé de collaborer à l'enquête.

Dans un rapport de 574 pages, la commission Goldstone consacre quelques lignes au Hamas et fait porter l'essentiel du blâme sur Israël, en ignorant les 7000 roquettes lancées sur Israël, et en se contentant de prêter foi sans autre vérification aux déclarations du Hamas, qui nie avoir disséminé ses caches d'armes parmi la population civile (!).

(Lysianne Gagnon, Au-delà des belles paroles, Cyberpresse, 1er janvier 2010. C’est l’auteure qui souligne)

Renverser la vapeur

Daniel Saykaly estime que l’on doit dénoncer la désinformation dans les médias et la « complicité aveugle » du gouvernement canadien avec Israël. Le gouvernement de Stephen Harper a cautionné l’offensive israélienne « Plomb durci » et prive de subventions des organismes qui se portent à la défense des Palestiniens, comme l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA - United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East en anglais).

« Aucun peuple ne peut permettre d’être assujetti à l’injustice », s’indigne M. Saykaly, qui invite aussi les citoyens à lutter contre cette oppression par le boycott. « Boycottez les produits israéliens. C’est ce dont Israël a le plus peur. Il suffit de taper « boycott Israël » sur Internet et vous trouverez des sites où sont nommés des produits à boycotter. Il faut faire une guerre de pression. »

Sans surprise, le boycott, comme la critique de l’État hébreu, est toutefois vu par certains comme de l’antisémitisme.

En effet, dans un rapport du Parlement britannique de septembre 2006 intitulé « Report of the All-Party Parliamentary Inquiry Into Antisemitism », il est « [jugé] antisémite, pour des syndicats étudiants, de prôner un boycott des produits israéliens, car cela aurait pour effet de « limiter la disponibilité d’aliments cachère sur les campus ». 

Cependant, à l’instar du jeune garçon qui criait inutilement au loup, l’utilisation à outrance de cette tactique d’intimidation consistant à qualifier d’antisémite quiconque ose critiquer Israël la rend de moins en moins efficace. Et s’il existe une nouvelle forme de racisme, des plus insidieuses, elle vise davantage les communautés arabes et musulmanes que les juifs, comme le démontre l’instauration du profilage racial dans les aéroports depuis l’attentat raté de Noël, une mesure qui s’inspire d’Israël. Mesure que l’on a réussi à faire accepter sans trop de réprobations et ce grâce au dogme haineux véhiculé souvent à demi-mot et parfois en termes clairs dans les médias : « Tous les musulmans ne sont pas terroristes, mais tous les terroristes sont musulmans ».

Il ne faut pas sous-estimer le pouvoir de la parole. Pour les défenseurs des droits des Palestiniens, si la lutte se mène sur plusieurs fronts, elle commence par la lutte contre les préjugés et les idées reçues, contre cette image déshumanisée des Palestiniens, des personnes d’origine arabe et de confession musulmane.

Julie Lévesque

 Julie Lévesque est journaliste et chercheure au Centre de recherche sur la Mondialisation

Mondialisation.ca,

Le 3 février

 http://www.mondialisation.ca:80/index.php?context=va&aid=17356

n°512 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine - 15-01 : Fin : - La démocratie mondiale malade du camp de concentration de Gaza.


n°512 -  Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de  Palestine - 15-01 : Fin : - La démocratie mondiale malade du camp de concentration de Gaza.



L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 



   Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de  Palestine

512 du 15-01

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 

Sommaire

1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

Fin

1-9 Akiva Eldar : La compassion qu’Israël affiche en Haïti ne peut dissimuler la face hideuse qui est la nôtre à Gaza.

1-10 Nabil Sahli : Le vol de l'eau palestinienne par Israël.

2 Annexe

2-1 Myriam Abraham : Propagande et Manipulation Sioniste Sans Frontière.

2-2 Ramzy Baroud : La Turquie N’est Plus Le Laquais De L’Otan…..Ni Celui D’Israël.

2-3 Galal Nassar : Quand Israël rejoint l’OTAN.

2-4 Myriam Abraham : Les VRP en tournée en Europe pour l’Opération Récupération de l’Holocauste.

2-5 Myriam Abraham : On déterre Auschwitz, on enterre Gaza.


 


1-9 Akiva Eldar : La compassion qu’Israël affiche en Haïti ne peut dissimuler la face hideuse qui est la nôtre à Gaza.

Qui a prétendu que nous sommes barricadés dans notre bulle de Tel Aviv ?

Combien de nations entourées d’ennemis installent des hôpitaux de campagne de l’autre côté du monde ?

Fournissez-nous un tremblement de terre en Haïti, un tsunami en Thaïlande ou une attaque terroriste au Kenya, et le bureau du porte-parole de l’armée va triompher.

On peut toujours trouver un avion-cargo pour y transporter des journalistes militaires qui, suivant les directives du Commandement national, relateront l’action de nos valeureux jeunes gens.

Certes, chacun est en train d’accomplir un travail magnifique : les sauveteurs, qui recherchent des survivants, les médecins, qui sauvent des vies, et aussi les journalistes qui, à juste titre, font leur éloge. Après que le visage que nous montrons au monde est devenu celui du représentant du ministère des affaires étrangères, Danny Ayalon, la communauté internationale tout entière peut maintenant voir le bon côté d’Israël.

Cependant, cette identification remarquable avec les victimes de la terrible tragédie dans la lointaine Haïti ne fait que souligner l’indifférence à l’égard des souffrances persistantes des habitants de Gaza. A peine à plus d’une heure de route des bureaux des principaux journaux israéliens, un million et demi de personnes se trouvent assiégées depuis deux ans et demi sur un îlot de désert.

Qui se soucie que 80% des hommes, femmes et enfants qui vivent si près de nous sont tombées sous le seuil de pauvreté ?

Combien d’Israéliens savent que la moitié des Gazaouis dépendent de l’aide humanitaire ; que l’opération Plomb Durci a entraîné des centaines d’amputés ; que les eaux usées se déversent des rues dans la mer ?

Les lecteurs des journaux israéliens sont informés qu’un bébé a été retiré des décombres à Port-au-Prince.

Peu d’entre eux ont entendu parler des nourrissons qui dorment dans les ruines de leur maison familiale à Gaza. L’interdiction que l’armée fait aux reporters d’entrer dans la Bande de Gaza est une excellente excuse pour que nous nous enfoncions la tête dans le sable des plages de Tel Aviv.

Les jours fastes, les rapports dégrisants qu’établissent sur la situation à Gaza des associations de défense des Droits de l’Homme, telles que B’T’selem, le Centre légal pour la liberté de mouvement et Médecins pour les Droits de l’Homme, sont relégués dans les dernières pages des journaux. Pour se faire une idée de ce à quoi ressemble la vie dans la plus grande prison du monde, il faut échapper à Big Brother et basculer vers des sites étrangers.

Le désastre en Haïti est une catastrophe naturelle, celui de Gaza est l’ouvrage honteux de l’homme. Notre ouvrage.

L’armée n’envoie pas à Gaza d’avions-cargos bourrés de médicaments et d’équipement médical. Les missiles lancés là-bas voilà un an par l’aviation de combat israélienne ont touché plus de 60.000 maisons et usines, réduisant en gravats 3.500 d’entre elles. Depuis lors, 10.000 personnes ont vécu sans eau courante, 40.000 sans électricité. Quatre-vingt-dix-sept pour cent des usines de Gaza sont inactives du fait des restrictions imposées par le gouvernement israélien sur l’importation de matières premières pour l’industrie. Il y aura bientôt un an que la communauté internationale s’est engagée, lors de la réunion d’urgence de Charm-el-Cheikh, à consacrer à la reconstruction de Gaza la somme de 4,5 milliards de dollars. L’interdiction d’Israël sur l’importation de matériaux de construction est cause de la perte de valeur de cet argent.

Quelques jours avant que des médecins israéliens se précipitent pour sauver les vies de Haïtiens blessés, les autorités au passage d’Erez ont empêché le passage de 17 personnes qui se rendaient vers un hôpital de Ramallah pour une chirurgie urgente de transplantation de cornée.

Peut-être ces gens avaient-ils voté pour le Hamas ! Au moment même où des psychologues israéliens soignent avec dévouement des orphelins haïtiens, des inspecteurs israéliens s’assurent que personne ne tente de glisser une poupée, un cahier ou une barre de chocolat dans un container apportant à Gaza des denrées de première nécessité. A quoi rime donc le fait que la Commission Goldstone ait demandé qu’Israël lève le blocus de Gaza et mette un terme à la punition collective de ses habitants ? Il n’y a que ceux qui haïssent Israël qui pourraient exercer une justice aventureuse contre le premier pays à avoir implanté en Haïti un hôpital de campagne.

C’est vrai.

Des milices haïtiennes ne lancent pas de roquettes contre Israël.

Mais le siège de Gaza n’a pas fait cesser l’arrivée des Qassams. Depuis 2007, l’embargo sur l’entrée de coriandre, de vinaigre et de gingembre dans la Bande de Gaza avait pour finalité d’accélérer la libération de Gilad Shalit et de favoriser la chute du régime du Hamas. Comme chacun sait, ni l’une ni l’autre de ces entreprises n’a été particulièrement couronnée de succès, et malgré les critiques internationales, Israël maintient verrouillées les grilles de Gaza.

Même les images de nos excellents docteurs en Haïti ne peuvent estomper la face hideuse qui est la nôtre à Gaza.

Akiva ELDAR

Traduit par  Anne-Marie Perrin

Amid Horrible Devastation, a Miraculous Birth
http://abcnews.go.com/video/playerIndex?id=9588264

Original : Haaretz-Israel's compassion in Haiti can't hide our ugly face in Gaza
Source de cette traduction :
Europalestine
Article original publié le 18/1/2010

URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=9824&lg=fr

http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=9824&lg=fr


1-10 Nabil Sahli : Le vol de l'eau palestinienne par Israël.

Lorsqu’on observe de près le processus de colonisation, on réalise que la confiscation des sources d’eau a toujours été une priorité pour les colonisateurs israéliens.

Ce fut dans ce contexte qu’un document, écrit en 1941 par David Ben Gourion, le leader sioniste et premier Premier ministre d’Israël, a dit que les eaux du Jourdain et Litani (au Liban) (*) devaient être intégrées, pour sa survie, dans les frontières du futur Etat juif.
A la suite de l’établissement de l’Etat d’Israël en mai 1948, les autorités ont cherché à prendre le contrôle des ressources d’eau de
la Palestine.

Des ingénieurs ont immédiatement commencé à mettre sur pied des projets hydrauliques, dont le plus important sur le “transporteur d’eau national d’Israël », pour transférer l’eau du Lac de Tibériade au Désert du Néguev, qui constitue 50% de la superficie de la Palestine historique.
Avant 1948, le discours du mouvement sioniste a particulièrement insisté sur l’importance de l’eau pour la survie d’un futur Etat sioniste.

Cela a été clairement indiqué dans les documents rendus public suite au premier Congrès sioniste, présidé en août 1897 par le père du sionisme politique, Théodore Herzl, à Bâle, en Suisse.

Depuis 1948, les dirigeants israéliens ont fait de nombreuses déclarations insistant sur la nécessité de l’eau pour le projet sioniste.
Les planificateurs et les décideurs d’Israël ont constamment développé de nouveaux plans et mesures politiques permettant à Israël de garder le contrôle sur les ressources d’eau, tant en Palestine que dans les pays voisins.

L’eau a donc été un facteur décisif dans la détermination de la géographie d’Israël et de sa politique expansionniste, de 1948 à la guerre de 1967, jusqu’à aujourd’hui.

Cela explique en partie la construction du mur d’apartheid, le « mur de l’eau », comme certains l’ont appelé, qui, par ses tours et détours à travers la Cisjordanie occupée, intègre la plupart des principales ressources d’eau de la région.

L’eau de ces sources – sous la terre agricole palestinienne – est détournée pour l’usage domestique des colons et à des fins agricoles et industrielles. Le résultat est que les Palestiniens, avec une croissance de population de plus de 3,5% par an, sont confrontés à de graves pénuries d’eau conduisant à un manque total d’eau potable et des quantités insuffisantes pour l’agriculture, transformant une terre jadis fertile en un désert. Privés ainsi de leurs moyens de subsistance traditionnels, il existe un risque réel que des milliers de Palestiniens soient « indirectement » expulsés de Cisjordanie. Une telle expulsion – « le transfert silencieux » selon la terminologie sioniste – n’est pas autre chose qu’un nettoyage ethnique.
Les ressources en eau des territoires palestiniens occupés en 1967 sont d’une importance vitale pour Israël, et c’est la raison pour laquelle les autorités sionistes ont publié des dizaines d’ordres illégaux permettant de maintenir leur hégémonie sur les ressources en eau de
la Cisjordanie. Un ordre militaire israélien de première importance a été pris le 7 juin, pendant la guerre de 1967, octroyant à Israël le contrôle total de toutes les ressources d’eau dans la Cisjordanie bientôt occupée, transférant la propriété à Israël et à ses organes d’Etat.
Le contrôle israélien a été renforcé par le refus systématique de délivrer aux Palestiniens les permis de forage de nouveaux puits ou d’approfondir et de réparer les puits existants asséchés.

En conséquence, Israël, l’occupant illégal de la terre, contrôle l’eau, pendant que les propriétaires de la terre, les Palestiniens vivant sous occupation israélienne, sont interdits d’accès à leurs propres ressources naturelles. Déjà, environ 60% des Palestiniens de Cisjordanie vivent dans une pauvreté extrême, un chiffre qui risque d’augmenter au fur et à mesure que l’impact du « mur de l’eau » s’aggravera. En l’absence de tout véritable projet contraire palestinien et arabe, la stratégie d’Israël reste celle de colonies prenant le contrôle de toujours plus de terre et d’eau, en la partageant avec le moins possible de Palestiniens.
Dans le cadre de ce processus, Israël dit que le forage de 300 puits par les Palestiniens au cours des dernières années a eu un effet négatif sur les projets d’irrigation des colonies, augmentant, dit-il, les niveaux de salinité.

Les répercussions sur la productivité agricole ont touché l’économie israélienne toute entière.

Encore une autre raison de maintenir le contrôle israélien sur l’approvisionnement en eau, au mépris des conséquences pour les Palestiniens.
Après 1967, les secteurs touchés par la crise de l’eau se sont agrandis, Israël contrôlant les ressources en eau du bassin du Jourdain et de la rivière Hasbani en Jordanie, et les sources du Baniyas, sur le Jabal Al-Sheikh (Mont Hermon) en Syrie. Ce qu’il faut ajouter au contrôle israélien sur plus de 81% de l’eau palestinienne entre 1967 et 2009. Des études démontrent que les Palestiniens ont les pleins droits légaux sur près de 750 millions de m3 d’eau, à Gaza et en Cisjordanie. Bien qu’Israël se soit engagé, par traité, à donner 80 millions de m3 d’eau par an aux Palestiniens, il continue à leur nier ce droit. Israël vole l’eau qui appartient de droit aux Palestiniens, puis accepte, par traité, de donner
80 m3 par an aux Palestiniens – qui sont propriétaires de 750 millions de m3, rappelez-vous – mais leur refuse même une fraction de leurs droits légitimes. Ce seul fait ridicule tout processus de paix.
Les Palestiniens de Cisjordanie ont besoin de 150 millions de m3 d’eau chaque année, mais n’ont accès qu’à la moitié de cette quantité, en dépit d’une demande en augmentation due à la croissance de la population.

Il est clair que la crise de l’eau sera plus catastrophique dans la Bande de Gaza, étant donné la croissance de la population sur une superficie plus réduite. La population de Gaza a besoin de 120 millions de m3 d’eau par an mais n’en consomme que 45, venant principalement de l’eau de pluie et non pas de la nappe phréatique. La politique de l’eau adoptée par les autorités israéliennes a conduit à la pollution des sources à cause des niveaux de pompage très importants qui ont provoqué le mélange des eaux usées avec l’eau de pluie.
Israël continuera de maintenir son contrôle sur l’eau de la région. Il consomme déjà 90% des ressources hydrauliques renouvelables chaque année, et avec le nombre croissant d’immigrants juifs en Israël et l’augmentation correspondante de la demande en eau, on estime que l’Etat devra faire face à une augmentation de son déficit en eau, qui pourrait atteindre 1 milliard de m3 par an. Ce qui l’obligera à envisager davantage d’options pour contrôler les ressources en eau, légalement mais théoriquement contrôlées par la population arabe, en Palestine et au-delà.
En conséquence de la politique d’Israël, la faim et la soif deviennent donc une réelle possibilité pour les Palestiniens vivant en Cisjordanie et à Gaza. Ceci arrive à un moment où Israël continue de bafouer le droit et les conventions internationales, en toute impunité. Il faut rappeler qu’à moins que les Palestiniens aient le contrôle total de leurs ressources naturelles, il est inutile de parler d’un Etat palestinien véritablement indépendant et souverain.
Comme il n’y aura jamais de véritable paix tant que les Israéliens poursuivront leurs projets coloniaux. La question de l’eau doit avoir une place prioritaire dans les négociations de paix dans la région. Sans cela, aucun Etat de Palestine digne de ce nom n’existera jamais.

(*) raison des incessantes attaques du sud-Liban par l’entité sioniste (ndt).

Nabil Sahli 
3/2

Traduction : MR pour ISM
Source : Middle East Monitor



2 Annexe

2-1 Myriam Abraham : Propagande et Manipulation Sioniste Sans Frontière.

Titre d’un article paru en une du quotidien israélien à grand tirage Maariv.

Cynisme et manipulation propagandiste sans oublier l’usurpation du mot Juif, tels sont les seules approches « humanitaires » dont sont capables les Sionistes à l’égard du peuple d’Haïti. Que faut-il de plus aux Juifs, ceux qui ont un minimum de conscience juive, pour dénoncer le Sionisme comme une Abomination et s’en désolidariser avant qu’il ne soit trop tard et qu’ils n’en subissent directement les conséquences ?

« Pénible vérité : la catastrophe d’Haïti c’est bon pour les Juifs ».
Ainsi titrait tout récemment le quotidien à grand tirage israélien Maariv. Dans l’article portant sur le tremblement de terre d’Haïti, le journal écrit que chaque désastre a besoin d’un héros et que les héros d’Haïti sont les Israéliens.
Le message de propagande comme quoi Israël sauve Haïti s’est également retrouvé dans une caricature dans un éditorial du quotidien israélien Yediot Aharonot qui montrait des soldats américains creusant pour retrouver des survivants du tremblement de terre. Une voix de dessous les gravas criait :
« pourriez vous svp vérifier s’il les Israéliens sont disponibles ? »
Les médias américains (CNN, NYT…) se sont empressés de relayer dans un vaste élan de servilité obséquieuse cette propagande israélienne montrant l’hôpital de campagne militaire israélien opérant à Port au Prince en « pleine action » s’occupant d’Haïtiens et pour l’image dédié à la postérité soignant un enfant haïtien.
Un an après les crimes de guerre commis à Gaza, Israël essaie par tous les moyens - y compris les plus abjects consistant à manipuler l’immense détresse des Haïtiens - de réparer à l’étranger une image désastreuse, et continue de détourner le « Juif « pour satisfaire ses propres intérêts politiques qui eux n’ont rien de juif si on se réfère au Judaïsme respectueux des règles de
la Torah et de son éthique.
Le mouvement de jeunesse sioniste le plus important mondialement, Bnei Akiva, en partenariat avec Latet, une organisation d’aide humanitaire israélienne - les Israéliens ont depuis quelques mois investi dans l’aide humanitaire à l’étranger toujours avec le même objectif de propagande sioniste et pour soigner «leur image» - a lancé une campagne pour récolter des dons pour Haïti disant :
« Nous n’aidons pas seulement les Haïtiens dans leur tragédie, mais nous contribuons à unir le monde juif et démontrer les valeurs juives de l’état d’Israël. Nous pensons que c’est un devoir juif d’aider le peuple d’Haïti. En tant que représentant du peuple juif, l’Etat D’Israël mène les efforts de sauvetage ».
Ce discours est proprement scandaleux d’abord parce qu’il manipule ouvertement le malheur des Haïtiens pour encenser l’état d’Israël et d’autre part parce qu’il fait croire que l’état d’Israël représente le "peuple juif", une affirmation en soi largement contestable et contestée.
En tout état de cause l’état d’Israël ne représente pas les Juifs du monde entier, beaucoup ne sont pas Sionistes et s’ils n’étaient pas terrorisés par les Sionistes y compris au sein même des synagogues où ils sont obligés de prier pour le bien être de l’état d’Israël et des soldats israéliens sous peine d’excommunication - mise au ban de la communauté eux et leur famille- un grand nombre d’entre eux n’hésiteraient pas à se désolidariser d’Israël tant les actions de l’armée israélienne les horrifient et leur font honte.
Qui plus est, parler en ces termes de réponse juive à une telle catastrophe c’est faire preuve d’une extrême vanité. Cela revient à dire « c’est ce que nous faisons » parce que « c’est ce que nous sommes » en l’occurrence « NOUS JUIFS «. C’est faire preuve d’un orgueil monstre et se féliciter sur le dos du malheur d’autrui.
Où est le respect de l’éthique juive dans ce comportement ?

Où ?

C’est répugnant et traduit à quel point le Sionisme pervertit toux les Juifs qu’il endoctrine.
Fier de son « comportement humanitaire exemplaire » à Haïti, Israël se voit dans le miroir comme une nation généreuse admirée partout dans le monde pour ses efforts humanitaires, pensant ainsi effacer la terrible image de nation barbare attaquant des civils palestiniens à Gaza y compris au phosphore blanc et autres armes interdites l’année dernière.
Mais cette auto satisfaction profondément immorale ne résiste pas à l’abjecte réalité de ce qui se passe à quelques kilomètres seulement de Tel Aviv , dans le Ghetto de Gaza où la seule centrale électrique fonctionnant indépendamment d’Israël est sur le point d’arrêter de produire de l’électricité car l’UE a stoppé son financement livrant ainsi les Gazaouites à la merci du régime sioniste qui calcule minutieusement la quantité minimum d’électricité à fournir, comme ils calculent minutieusement les rations de nourriture à laisser entrer pour que les enfants de Gaza ne deviennent pas des « petits Biafrais ».
La souffrance du peuple de Gaza, provoquée par les Israéliens est là pour rappeler au monde entier ce qu’est réellement le Sionisme quelque soit les efforts accomplis par sa machine de propagande bien rodée et qui bénéficie de soutiens inconditionnels dans les médias occidentaux.
Il est grand temps aussi que les Juifs - ceux à qui il reste un peu de conscience juive, un profond et véritable attachement à l’éthique juive - agissent courageusement et se désolidarisent du Sionisme, dont l’idéologie raciste engendre des actions et comportements abjects en violation flagrante de la morale et de l’éthique juive.
Ce n’est pas le Sionisme qui leur assure une quelconque sécurité mais bien au contraire le Sionisme qui leur fait courir un grave danger partout où ils sont de par ses actions et leurs répercussions s’ils ne s’en désolidarisent pas publiquement.

Lundi 25 Janvier 2010

Myriam Abraham

http://www.planetenonviolence.org/Propagande-et-Manipulation-Sioniste-Sans-Frontiere-La-Catastrophe-D-Haiti-C-est-Bon-Pour-Les-Juifs_a2108.html


2-2 Ramzy Baroud : La Turquie N’est Plus Le Laquais De L’Otan…..Ni Celui D’Israël.

Les derniers incidents "diplomatiques" ne sont pas isolés.

Ils reflètent un changement clair et probablement irréversible dans la politique étrangère de la Turquie envers Israël, les Etats Unis, et le Moyen Orient dans son ensemble.

La Turquie saisit sa chance

L’analyse faite récemment par le militant politique vétéran des droits de l’homme israélien, Uri Avnery , sur la dispute récente politique et diplomatique entre Israël et la Turquie - selon quoi la relation entre les deux pays redeviendra probablement normale, peut être pas à son ancien degré de « chaleur » - semble sensée et audacieuse. Cependant, de mon point de vue, elle manque aussi de précision.
Dit simplement il n’y a pas de retour en arrière.
Dans un article récent intitulé "Israel Must Get Used to the New Turkey", Suat Kiniklioglu, vice président pour les affaires extérieures du parti au pouvoir Justice and Development a écrit :
« Israël semble nostalgique des années dorées de 90, produit d’une situation spécifique dans la région. Ces jours là sont terminés, et ne reviendront pas même si le parti Justice and Development (AKP) finit pas ne plus être au gouvernement ».
Cette analyse semble plus réaliste.
On pourrait être d’accord avec la lecture optimiste des évènements par Avnery si la récente dispute avait juste été causée par quelques incidents isolés, par exemple, l’échange verbal public émotionnel à propos de Gaza entre le premier ministre ,Recep Tayyip Erdogan, et le président d’Israël, Shimon Peres, au Forum Economique Mondial fin Janvier 2009, ou la récente humiliation préméditée d’Oguz Celikkol, l’ambassadeur turc en Israël, par le vice ministre des affaires étrangères, Danny Ayalon.(Voir Asia Times Online 16/01/2010, « Israel-Turkey ties hit a low point »).
Cependant, ces incidents ne sont pas isolés. Ils reflètent un changement clair et probablement irréversible dans la politique étrangère de
la Turquie envers Israël, les Etats Unis, et le Moyen Orient dans son ensemble.
Pendant des décennies,
la Turquie a été déchirée entre ses liens historiques avec les pays musulmans et arabes d’un côté et de l’autre sa marche irrésistible vers une occidentalisation.

Cette dernière semblait bien plus influente dans la formation de la nouvelle identité turque dans sa manifestation et sa vision individuelle, collective, et en matière de politique étrangère.
Mais, même pendant cette période de tiraillement,
la Turquie a accru son rôle politique et économique.

Elle est aussi devenue une nation avec un sentiment de souveraineté prégnante, un sentiment croissant de fierté et une capacité audacieuse pour s’affirmer comme puissance régionale.
Dans les années 70, quand « l’Islam politique « se développait partout dans la région,
la Turquie a expérimenté sa propre remise en cause, et différents politiciens et groupes ont commencé à se confronter à l’idée de porter l’Islam politique à un tout autre niveau.
C’est le Dr Necmettin Erbakan, le premier ministre de Turquie de 1996 à 1997, qui a commencé à lutter contre l’idée traditionnelle de présenter
la Turquie comme un membre de seconde classe de l’OTAN désespérant de s’identifier avec tout ce qui était occidental.
A la fin des années 80, le parti d’Erbekan, Rafah Party (Parti Social) s’est emparé de
la Turquie.

Le parti s’est bien gardé de faire l’apologie de ses racines islamiques et de son attitude.

Son ascension au pouvoir résultat des élections de 1995 a sonné l’alarme, car la Turquie assurée être « pro occidentale » déviait du script originel très rigide qui avait scellé le rôle régional du pays comme celui de « laquais de l’OTAN ». Selon Salama A Salama, auteur de cette expression dans un récent article publié dans l’hebdomadaire al-Ahram, la Turquie n’est plus ce « laquais ». Et, selon Kiniklioglu, c’est quelque chose auquel « Israël doit s’habituer. »
L’époque d’Erbakan peut être depuis longtemps révolue.

Mais l’héritage de cet homme s’est indéniablement inscrit dans la conscience nationale turque.

Il a repoussé les limites, a osé défendre une politique pro palestinienne, défié les dictats de l’Occident et a même poursuivi un repositionnement économique de son pays en créant le Developing Eight ( D-8) unifiant les pays arabes et musulmans les plus influents.
Quand Erbokan a été obligé de démissionner lors d’un coup militaire « post moderne » on a pensé à une expérimentation politique de courte durée dont la fin montrait que même une forme bénigne d’Islam politique ne pouvait être tolérée en Turquie. L’armée a refait surface une nouvelle fois dans sa toute puissance.
Mais depuis les choses ont changé de manière drastique.

L’AKP a été élu au pouvoir en 2002 et sa direction composée de politiciens de bon sens raisonnables avait pour objectif un changement et même un virage géopolitique dans la vision politique du pays.
L’AKP a commencé à diriger une Turquie ayant confiance en elle-même qui ne recherchait ni l’acceptation européenne ni une validation américaine. En rejetant l’utilisation du territoire turc comme rampe de lancement des frappes US contre l’Irak en 2003,
la Turquie se faisait entendre, de manière audible - avec une représentation démocratique large et un soutien populaire croissant.
La tendance a continué et ces dernières années
la Turquie a osé traduire son pouvoir politique et ses prouesses en action, sans rompre immédiatement les équilibres politiques et militaires qui avaient mis des années à se construire. Ainsi, par exemple, tandis qu’elle continuait à honorer ses anciens accords militaires avec Israël, elle a fait plusieurs gestes d’ouvertures réussis en direction de la Syrie et de l’Iran. Et, en souhaitant être perçue comme l’élément unificateur dans une époque de désunion musulmane et arabe, elle a refusé de prendre part à la création opportuniste de camps des « modérés » et des « extrémistes ». Au lieu de cela elle a conservé de bonnes relations avec tous ses voisins et alliés arabes.
Dés 2007, les US ont commencé à percevoir l’émergence de la « Nouvelle Turquie ».

La visite du président Barack Obama dans le pays après son entrée en fonction a été l’un des nombreux signes que l’Occident tenait compte du statut « spécial » de la Turquie.

La Turquie ne doit pas être bousculée menacée ou intimidée. Même Israël, qui a pendant longtemps défié les règles de la diplomatie, se rend compte de ses limites, grâce au président turc Abdallah Gul. Suite à l’insulte belliqueuse d’ Israël à l’encontre de l’ambassadeur de Turquie, il a dit : « s’il n’y a pas d’excuse officielle d’Israël, nous allons mettre Celokkol dans le premier avion rentrant à Ankara ». Israël s’est excusé, et l’a fait humblement.
Il a fallu à
la Turquie de nombreuses années pour atteindre ce niveau de confiance en soi et le pays n’a plus aucune envie d’être le « laquais » de quiconque. De plus, la position unie et constante de la Turquie dans son soutien à Gaza, et son franc-parler contre les menaces contre le Liban, l’Iran et la Syrie montrent clairement que les anciens jours d’attitude « chaleureuse » sont loin derrière.
La Turquie trouvera une audience très réceptive parmi les Arabes et les Musulmans partout dans le monde désespérés de trouver une direction politique puissante et raisonnable pour défendre et être le champion de leurs causes. Inutile de dire que pour les Palestiniens assiégés à Gaza, le nom d’Erdogan se répand dans les familles, il est devenu un héro populaire, le nouveau Gamal Abdel Nasser, président de l’Egypte de 1954 à 1970. Ce même sentiment est partagé dans toute la région.
Ramzy Baroud

27/01/2010

 www.atimes.com

Copyright Ramzy Baroud
Ramzy Baroud ( www.ramzybaroud.net) est journaliste et l’editeur de PalestineChronicle.com. Son dernier livre publié chez Pluto Press
London : « My Father Was A Freedom Fighter : Gaza ‘s Untold Story ».

28 Janvier 2

Mireille Delamarre titre introduction traduction

http://www.planetenonviolence.org/La-Turquie-N-est-Plus-Le-Laquais-De-L-Otan-Ni-Celui-D-Israel_a2110.html


2-3 Galal Nassar : Quand Israël rejoint l’OTAN.

Si Israël réussit à rejoindre l’OTAN, sa belligérance régionale sera appuyée par la force collective de l’Alliance tout entière. Avant que cela ne se produise, les Arabes réagiront-ils ?, interroge Galal Nassar.

Israël est devenu ainsi le premier pays non européen et le premier pays du Moyen-Orient à coopérer avec l’OTAN à un niveau aussi crucial.

Israël tient à être membre de l’OTAN.

Il ne prend plus de grands airs avec les alliances militaires.

Il ne veut plus rester à l’écart des organisations militaires de l’Occident.

Il veut en être.

Une majorité d’Israéliens estime que leur adhésion à l’OTAN renforcerait à la fois la sécurité d’Israël et la puissance stratégique de l’OTAN. Bizarrement, il n’y a eu aucune réaction arabe au souhait d’Israël de rejoindre l’OTAN, aucune tentative arabe de bloquer l’initiative, et aucun préparatif pour faire face à ses conséquences.

Israël et OTAN ont grandi en se rapprochant tout au long de ces dix dernières années environ. En 2000, l’OTAN élargissait son dialogue méditerranéen en négociant avec sept pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord ; à savoir, Egypte, Israël, Algérie, Jordanie, Maroc, Tunisie et Mauritanie. En 2004, les pourparlers OTAN/Méditerranée se déroulèrent sous la désignation de Partenaires pour la Paix. Six nouveaux pays étaient inclus dans ce nouveau dialogue : Bahreïn, Koweït, Oman, Qatar, Arabie saoudite et Emirats arabes unis. Israël, en particulier, était pressé de mettre à profit toutes les possibilités que Partenaires pour la Paix pouvait offrir.

Le 24 février 2005, Jaap de Hoop Scheffer, secrétaire général de l’OTAN, se rendit en Israël. Dans le mois qui suivit, l’OTAN et Israël effectuèrent leurs premières manœuvres conjointes dans la mer Rouge. En quelques semaines, une flottille de six navires de l’OTAN se montra au port israélien d’Eilat. Israël (et la Jordanie) participa, également pour la première fois, à des manœuvres militaires conjointes qui se déroulèrent dans le cadre du programme de Partenaires pour la Paix, en Macédoine, dans l’ex-Yougoslavie, en février 2005.

D’après le magazine militaire britannique, Jane’s, la « position géographique » d’Israël fournissait à l’OTAN une base extérieure pour défendre l’Occident, pendant que la puissance militaire et économique de l’OTAN avait la capacité d’accroître la sécurité et le potentiel économique du « pays d’accueil ».

En juin 2005, Israël participa à des manœuvres sous-marines au large des côtes de Tarente, en Italie. A l’époque, des sources U.S. indiquèrent qu’Israël cherchait à élargir le « champ de son alliance stratégique » avec l’OTAN, dans la perspective d’une totale adhésion à l’OTAN. Les forces terrestres israéliennes participèrent également à des manœuvres de l’OTAN sur deux semaines et demie, en Ukraine. En 2006, Israël déclara à l’OTAN qu’il voulait participer « activement aux efforts opérationnels » menés par l’OTAN en Méditerranée, et donc, à la campagne pour « affronter le terrorisme ».

Peu après, Israël accueillit et pris part à trois exercices militaires avec l’OTAN et assista à une conférence des commandants des forces aériennes de l’OTAN. The Wall Street Journal parla de liens renforcés entre l’OTAN et Israël. Il citait Uzi Arad, fondateur du Forum atlantique d’Israël, qui affirmait qu’Israël tirerait profit d’une adhésion à l’OTAN. The Washington Post, lui, argua que de nombreux pays en Europe soutenaient l’adhésion d’Israël mais attendaient que Washington propose une telle initiative.

La position de Washington sur la question apparut clairement en mars 2006, quand James Jones, alors commandant en chef de l’OTAN en Europe, déclara que le déploiement d’avions AWACS (Système aéroporté d’alerte et de contrôle - ndt) de l’OTAN en Israël « était un signal clair à l’Iran ». En mai 2006, huit unités de la marine de l’OTAN arrivèrent à Haïfa pour démontrer « la coopération croissante » entre Israël et l’OTAN.

Fin juin 2006, la commission des Affaires étrangères de la Chambre des Représentants adopta à l’unanimité une décision appelant à resserrer les liens Israël/OTAN. Dès lors, Israël et OTAN acceptaient un projet à long terme pour coopérer sur 27 sites à travers le monde. Israël devint ainsi le premier pays non européen et le premier pays du Moyen-Orient à coopérer avec l’OTAN à un niveau aussi crucial.

Deux mois après la fin de la guerre de 2006 au Liban, un séminaire sur les relations OTAN/Israël se tint à Herzliya. Assistait à ce séminaire, la ministre des Affaires étrangères d’alors, Tzipi Livni, qui déclara qu’Israël aurait préféré que l’OTAN « fasse le travail qu’Israël a fait au Liban ». Et d’ajouter qu’Israël espérait participer aux initiatives locales et régionales de l’OTAN. Le secrétaire général adjoint de l’OTAN, Alessandro Risso, répondit en précisant que la présence d’un officier de liaison israélien au quartier général de l’OTAN à Naples, était un signe de la « coopération capitale » entre l’OTAN et Israël.

A la fin de l’année 2006, Israël obtint un « accord de partenariat » avec l’OTAN qui avait plus de poids qu’aucun accord conclu par l’OTAN avec un pays non européen à ce jour. Pourtant, beaucoup en Israël et en Occident, continuèrent d’appeler à une appartenance totale israélienne à l’OTAN. Un analyste politique russe, Eduard Sorokin, prévint que Washington utilisait la possibilité d’une adhésion d’Israël à l’OTAN comme moyen pour obliger les pays arabes à rester vigilants. Selon la Charte de l’OTAN, toute agression contre un membre de l’OTAN est considérée comme une agression contre tous ses membres. Ainsi, tout futur conflit entre Israël et ses voisins pourrait déclancher un conflit régional plus large et, potentiellement, une guerre mondiale, concluait Sorokin. 

L’OTAN en 2009

(Wikipédia)

The Jerusalem Post indiqua que des liens plus étroits entre Israël et l’OTAN étaient essentiels dans le cas d’une « future confrontation avec l’Iran » (1er avril 2008). En réalité, Netanyahu voulait qu’Israël rejoigne l’OTAN avant même d’entrer en fonction pour son deuxième mandat de Premier ministre. Il a, depuis, fait de l’adhésion d’Israël à l’OTAN une pièce centrale de sa politique.

Le 13 janvier 2009, The Jerusalem Post signala qu’Israël lançait une « initiative diplomatique » visant à influencer l’ancienne secrétaire d’Etat US, Madeleine Albright, dans son réexamen de la politique de l’OTAN. En janvier 2009, des officiels israéliens rencontrèrent Albright à Oslo pour discuter de la nouvelle stratégie de l’OTAN. Durant cette réunion, les Israéliens exprimèrent le désir de resserrer leurs liens avec l’OTAN et demandèrent de participer aux réunions de l’OTAN au plus haut niveau.

A Washington, certains déclarèrent qu’une fois qu’Israël sera accepté comme membre à part entière de l’OTAN qui aurait alors à commander les missions sécuritaires en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Cette façon de voir n’est pas si tirée par les cheveux, compte tenu du fait que le Président Mahmoud Abbas a déclaré une fois que ce ne serait pas une mauvaise idée si les Américains négociaient avec Israël au nom des Palestiniens.

James Jones, conseiller à la Sécurité nationale des Etats-Unis, qui fut commandant de l’OTAN en Europe de 2003 à 2005, déclara qu’il était occupé à l’élaboration d’un projet visant au contrôle des Territoires palestiniens occupés au nom d’Israël. Dans l’esprit de ce projet, cela implique un maintien de l’ordre réel sur les zones palestiniennes.

Avant que ne soit lancée l’opération Plomb durci à Gaza, l’OTAN échangeait déjà des renseignements avec Israël, se partageant ses compétences en matière de sécurité, et organisant des exercices militaires. Israël et l’OTAN coopérèrent également dans les programmes de non-prolifération. L’ancien chef de l’OTAN, Sheffer, s’est rendu en Israël en plein milieu de l’offensive d’Israël contre Gaza. Et des officiels de l’OTAN, à l’époque, furent d’avis qu’une coopération avec Israël était essentielle pour leur organisation.

Nous savons tout ce que nous devons savoir sur la coopération OTAN/Israël. Ce que nous ignorons, c’est ce que les dirigeants arabes ont l’intention de faire à ce propos.

Galal Nassar

lundi 8 février
Al-Ahram Weekly

 Du même auteur :

  Turquie/Israël : les positions où l’auteur évalue les évolutions récentes du rôle régional de la Turquie.

 Al-Ahram/Weekly Online - publication n° 984 du 4 au 10 février 2010 - traduction : JPP

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=8134


2-4 Myriam Abraham : Les VRP en tournée en Europe pour l’Opération Récupération de l’Holocauste.

Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, est en visite en Pologne après s’être rendu récemment en Allemagne pour rappeler à la chancelière allemande, Angela Merkel, acquise à 200% à la cause sioniste, les obligations de l’Allemagne vis-à-vis du régime sioniste notamment en ce qui concerne l’Iran.

Le ministre des affaires étrangères israélien, le raciste Avigdor Lieberman se rend en Hongrie, et son vice ministre, devenu célèbre en humiliant l’ambassadeur de Turquie tout récemment, Danny Ayalon, va quant à lui en Slovaquie. Ces visites font suite à des visites effectuées par de hauts responsables de ces pays à Tel Aviv.
« Nous essayons de rendre les embrassades de ceux qui nous embrassent » a déclaré un haut responsable diplomatique israélien décrivant ces visites comme une opération pour courtiser certains pays d’Europe Centrale.
Chacun de ces voyages a été minutieusement programmé par le service de propagande et de manipulation de l’Holocauste sioniste, afin de coïncider avec des évènements commémorant le jour international de l’Holocauste
Ces visites sont également couplées à des rencontres officielles avec de hauts responsables politiques dans chacun des pays. C’est le cas notamment pour Netanyahou qui rencontrera plusieurs dirigeants politiques polonais.
« Ce qui est unique dans la visite de Netanyahou ce n’est pas seulement sa visite à Auschwitz, mais aussi sa visite à Varsovie avec une focalisation sur les relations bilatérales. Beaucoup de dirigeants israéliens vont à Auschwitz puis reviennent directement à Tel Aviv sans discussions bilatérales. Cela ennuie les Polonais » selon ce qu’a déclaré une source israélienne.
Disons plutôt que Netanyahou en bon VRP et manipulateur de l’Holocauste fait d’une pierre deux coups. D’abord une série d’entretiens avec les dirigeants polonais pour leur rappeler leur culpabilité et faire du chantage pour obtenir sur le dossier Iran un appui inconditionnel à la position de Tel Aviv. Pour se faire, à Varsovie Netanyahou doit rencontrer le président polonais, Lech Kaczynski, le premier ministre, Donald Tusk, et le ministre des affaires étrangères, Radoslaw Sikorski.
Puis, Mercredi il effectuera une visite pour
la PhotoOps pour immortaliser une nième fois l’attachement ombilical des Sionistes au passé mortifère qui les rattache à Auschwitz. Lors de la cérémonie de commémoration du 65 ème anniversaire de la libération de ce camp par les troupes soviétiques, Netanyahou fera un discours en hébreu devant un parterre de dirigeants européens venus pour l’occasion y faire leur mea culpa annuel.
Auschwitz a servi sous le régime nazi à exterminer des centaines de milliers de prisonniers de toutes nationalités, actuellement il sert à faire allégeance au régime sioniste qui extermine lentement dans le Ghetto de Gaza 1.5 millions de Palestiniens dont plus de 50% sont des enfants.
La PhotoOps c’est à Gaza qu’il faut la faire pas à Auschwitz.

Mais Gaza est interdite aux journalistes et diplomates étrangers.

Mardi 26 Janvier 2010

Myriam Abraham

http://www.planetenonviolence.org/UE-Sanctions-Contre-L-Iran-C-est-NON-Grand-Show-De-Recuperation-Sioniste-De-l-Holocauste-En-Europe_a2109.html


2-5 Myriam Abraham : On déterre Auschwitz, on enterre Gaza.
La Pologne, la Hongrie et la Slovaquie sont tous trois des pays d’Europe de l’Est qui ont apporté au sein de l’UE un soutien considérable à Israël depuis qu’ils ont rejoint l’UE il y a une décennie. D’ailleurs, en général, l’élargissement de l’UE à ces pays d’Europe de l’Est a été tout bénéfice pour Israël. Autre pays à se montrer de fervents défenseurs de la cause sioniste à Bruxelles, la République Tchèque et la Roumanie.
Ces
pays ont soutenu Israël lors de l’Opération Plomb Durci contre la population palestinienne enfermée dans le Ghetto de Gaza et ont critiqué le rapport Goldstone qui accuse Israël d’y avoir commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Israël n’a rien trouvé de mieux ces derniers jours que de condamner ce rapport en disant qu’il était antisémite et que toute critique des actions d’Israël était antisémite.
De plus ces pays d’Europe de l’Est membres de l’UE ont également œuvré tout récemment pour faire échouer l’initiative suédoise de résolution sur le Moyen Orient qui aurait déclaré Jérusalem Est comme capitale d’un futur état palestinien.
Lieberman, quant à lui, va passer trois jours en Hongrie où il rencontrera le premier ministre Gordon Bajnai, le ministre des affaires étrangères, Peter Balaz, et d’autres hauts responsables politiques hongrois. Lieberman a déclaré que
la Hongrie est « un pays ami et important » qui a voté avec Israël contre le rapport Goldstone à l’ONU, et a aussi voté contre la résolution suédoise sur Jérusalem Est à l’UE.
Ayalon lui doit rencontrer le ministre des affaires étrangères slovaque, Miroslav Lajak, mercredi à Bratislava.
N’oublions pas bien sûr la visite de Shimon Peres en Allemagne, une Allemagne de plus en plus inféodée à Tel Aviv depuis qu’Angela Merkel a accédé au poste de chancelière au point qu’on peut se demander qui gouverne l’Allemagne : les Sionistes ou les Allemands élus démocratiquement au Bundestag ?
Shimon Peres est en visite de trois jours en Allemagne et pour réceptionner ce criminel de guerre les rues de Berlin sont ornées du drapeau sioniste, de celui de l’Allemagne et de l’UE de l’aéroport jusqu’en ville. Aujourd’hui il était reçu par la chancelière Merkel et le président allemand Horst Koehler.
Mais le Jour J de la récupération sioniste de l’Holocauste a lieu ce mercredi. Peres doit prononcer un discours en hébreu au Bundestag lors d’une cession spéciale du parlement allemand, à laquelle assisteront outre Merkel et Koehler, d’autres dignitaires allemands.
Le Show de la récupération sioniste de l’Holocauste cette année a planté son décor au Parlement Allemand et sera visible dans tous les médias occidentaux en prime time passé en boucle tel l’effondrement des tours jumelles.
Charognard, le terrorisme sioniste se nourrit de 6 millions de cadavres juifs.

Mardi 26 Janvier 2010

Myriam Abraham

http://www.planetenonviolence.org/UE-Sanctions-Contre-L-Iran-C-est-NON-Grand-Show-De-Recuperation-Sioniste-De-l-Holocauste-En-Europe_a2109.html



 Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


18/02/2010

n°511 - Dossier de Palestine - 15-02 - :Début - : Le droit de résister à l'occupation et à l'agression.

n°511  -  Dossier  de Palestine -  15-02 - :Début -  : Le droit de résister à l'occupation et à l'agression.



  L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 



Dossier de Palestine

n°511                                                     15-02

                                                           C.De Broeder & M.Lemaire   



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 

Sommaire

Tiré à part

Walid Atallah : Appel à la dissolution de l’Autorité Palestinienne et au jugement de ses responsables.

1 Dossier

1-1 Tariq Ramadan : Egypte - Palestine : Le mur de la honte.

1-2 Israël: la fin du tabou.

1-3 Gideon Levy : « Comment parler de paix et construire des colonies ? ».

1-4 Judy Dempsey : La proximité de Merkel avec Israël lui coûte son influence.

1-5 Mounadil Djazaïri : La passion d'Angela Merkel pour le sionisme.

Suite

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Ewa Jasiewicz : Opération Plomb Durci à Gaza :"Nous sommes tous complices".  

2-2 Israël n'a pas sérieusement enquêté sur des crimes de guerre à Gaza.

2-3 Mounir Chafiq : Le droit de résister à l'occupation et à l'agression.

2-4 Ali Waked : 2010 nous verra battre l'occupation.

2-5 Silvia Cattori  Rencontre avec George Galloway.

2-6 Le Hamas dénonce une stratégie d'élimination, en Cisjordanie.

2-7 Abbas : « Je soutiens le mur égyptien »

Fin

2-8 Après la mort d'Al-Mabhouh : Une liste de liquidation de 12 chefs militaires palestiniens.

2-9 L’occupation israélienne change le visage de la ville d’Al-Quds.

2-10 Jérusalem 2020: les Israéliens majoritaires, la présence arabe réduite à 12% …

2-11 Une quinzaine de blessés dans des heurts israélo-palestiniens.

2-12 Ilan Pappe : « Le sionisme était un mouvement colonial ».

2-13 Ramzy Baroud : La Turquie saisit sa chance historique.

2-14 Juan Gelman : Ce que pensent les Us américains d'en bas et ceux d'en haut : Le borgne est roi.

2-15 Rapport Goldstone : Les poursuites judiciaires contre Israël, où en est-on?



Tiré à part

Walid Atallah : Appel à la dissolution de l’Autorité Palestinienne et au jugement de ses responsables.

La guerre menée par Israël contre la population de Gaza l’année dernière a laissé derrière elle plus de 7.000 victimes dont plus de 1.500 tués et plus de 5000 blessés et des dizaines de milliers de sans abris, qui s’ajoutent aux victimes du blocus international, égyptien et israélien, qui tue chaque jour du fait du manque de médicaments, d’hospitalisation et de nourriture.

Dans le reste de la Palestine historique, la colonisation israélienne et la chasse à la résistance continuent avec la collaboration des services de sécurité de l’autorité palestinienne. Les responsables de cette "autorité" ont récemment publiquement reconnu que les 16 ans de négociations étaient un échec. Ce qui ne les empêche pas de continuer à négocier, par l’intermédiaire des Etats-Unis.

A l’époque de Yasser Arafat, les Israéliens et les Américains, et d’autres, avaient déclaré qu’il constituait l’obstacle à la paix, car il ne « luttait pas » contre les « terroristes » qui empêchaient le « processus de paix d’aboutir ».

Après l’empoisonnement de Yasser Arafat en 2004, j’avais écrit, le 16 novembre, les lignes suivantes concernant son assassinat : « Au vu des déclarations américaines, israéliennes et autres, il est certain que la mort de Yasser Arafat sert directement les intérêts de ces derniers qui désirent trouver "une direction palestinien prête à négocier", c’est à dire à signer l’acte de capitulation face à l’impérialisme américain et au sionisme de l’Etat d’Israël. Cela révèle que ces derniers n’ont pas renoncé à mettre à genoux le peuple palestinien et le pire est peut être à venir. »

En effet, le pire est venu pour les Palestiniens de Gaza avec la bénédiction des responsables de l’autorité, dont certains sont aussi des responsables de l’OLP.

On ne peut oublier les déclarations de Yasser Abed Rabo, secrétaire général du comité exécutif de l’OLP et responsable au sein de l’autorité, qui a affirmé qu’Israël aurait dû « terminer le travail » en écrasant la résistance à Gaza, ni celles de Abou Mazen, selon qui la guerre menée contre Gaza était due aux agissements du Hamas…. S’il est vrai que le Hamas a commis des erreurs, on ne peut lui imputer une telle responsabilité.

Ce qui se passe aujourd’hui se situe dans la continuité de la logique enclenchée par les accords d’Oslo de 1993 qui ont créé l’autorité palestinienne dans l’unique but de mater la résistance palestinienne.

Le texte de ces accords stipule que « l’autorité doit empêcher tout acte de violence contre Israël ». Sur cette base, les arrestations des militants par Israël et l’autorité palestinienne n’ont jamais cessé jusqu’à ce jour. L’autorité a ainsi été constituée, et a servi, en tant que force supplétive et collaboratrice de l’occupation.

Aujourd’hui, il faut savoir que le budget de l’autorité est financé principalement par les Etats-Unis et l’Europe, ce qui sert directement à la corruption des responsables de cette autorité et au recrutement et à l’entraînement des forces palestiniennes de sécurité sous la supervision du général américain Dayton qui de fait est le véritable gouverneur de l’autorité palestinienne aidé par des collaborateurs comme Mohamed Dahlan et ses « brigades de la mort ».

L’autorité s’est complètement discréditée depuis l’empoisonnement de Yasser Arafat, par les prises de positions de ses responsables durant et après la guerre contre Gaza, jusqu’à l’approbation dernièrement par Mahmoud Abbas de la construction du MUR par l’Egypte pour renforcer le blocus contre Gaza et la récente participation de Salam Fayadh, le « premier ministre de cette autorité », à la conférence annuelle de Hertzeliya sur la « sécurité nationale israélienne » qui a condamnée la résistance.

Yasser Arafat avait refusé d’être l’homme de la capitulation et c’est pour cela qu’il a été empoisonné.

Quand j’avais écrit cela en novembre 2004, Leila Shahid, le Fatah et ses officines en France m’avaient traité de fou furieux, et affirmé qu’il ne fallait pas parler d’empoisonnement de Yasser Arafat. En 2009, après 5 ans de silence sur ce crime classé sans suite, et sans qu’aucune enquête n’ait été diligentée, le 6ème congrès du Fatah s’est tenu avec la permission et sous le contrôle de la puissance d’occupation, ce qui est une honte pour un mouvement qui se prétend un mouvement de libération nationale et déclare du bout des lèvres, que la responsabilité de la mort de Yasser Arafat est imputée à Israël…

Quelle est l’alternative ?

Beaucoup se posent cette question : quelle est l’alternative ? En réponse, il faut partir du vécu du peuple palestinien, qu’il soit à Gaza, en Cisjordanie, dans le reste de la Palestine, en Galilée, ou ailleurs dans le monde. Sur plus de 10 millions de Palestiniens dans le monde, près de la moitié vit l’occupation et l’autre vit l’exil. Le peuple palestinien vit et résiste sur sa terre historique contre cette occupation et continue de revendiquer son droit au retour sur sa terre. Voilà, c’est ça l’alternative, c’est la même qu’il y a 62 ans depuis la Nakba de 1948 : résistance et droit au retour.

Le peuple palestinien paie tous les jours le prix de cette alternative en Palestine occupée ou en exil ainsi que les fautes de ses soit disant dirigeants. Parfois il la paye de son sang comme à Gaza, ou à Naplouse dernièrement quand des militants sont pourchassés et exécutés parfois par l’armée israélienne et d’autres fois par les forces de sécurité de l’autorité palestinienne.

A ceux qui se posent la question de l’alternative, il faut leur dire qu’ils doivent prendre en compte cette réalité-là et soutenir la résistance du peuple palestinien et ses revendications les plus élémentaires à vivre libre sur sa terre et à y retourner. Il faut dire en outre au mouvement de solidarité que la Palestine ne se résume pas à la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem Est. La Palestine s’étend de la mer méditerranée au fleuve du Jourdain.

La Palestine, c’est la Galilée, c’est Akka, Haïfa, Jaffa, Tibériade, Safad, Saffouriya, c’est Bir El Sabe’, c’est le désert du Naqab, et aussi et surtout c’est sa capitale Al Qods, dans son entière totalité.

Voilà ce qu’est la Palestine et nous Palestiniens, nous revendiquons notre terre historique et nous revendiquons le droit au retour sur cette terre et nous revendiquons le droit d’y établir un seul Etat démocratique : la Palestine. Pour faire court, Libération et Retour, voilà les mots-clés du mouvement national palestinien de libération, tels qu’ils ont été inscrits dans la charte nationale palestinienne de 1968.

Pour conclure :

Les raisons qui ont conduit Israël à mener des guerres contre le Liban en juillet-août 2006 et contre Gaza il y a un an, sont toujours présentes, à savoir la résistance émanant d’organisations ou du peuple tout simplement. L’Etat colonial d’Israël et ses alliés, dont les Etats-Unis, la France et la Grande Bretagne, ne peuvent supporter cette résistance, même à travers un seul Kalachnikof. En attestent les dernières déclarations de Bernard Kouchner, ministre français des Affaires Etrangères, qui déclarait lors de sa réception du Premier ministre libanais, que le danger pour le Liban venait du Hezbollah et non d’Israël, qui avait détruit le Liban en 2006.

Il est clair qu’Israël prépare une nouvelle guerre contre le Liban, et le Hezbollah en particulier, et qu’il va accentuer sa guerre contre le peuple palestinien à Gaza et ailleurs, parce qu’il n’a pas atteint ses objectifs dans les guerres précédentes.

Dans ce contexte, nous devons, en tant que mouvement de solidarité, nous organiser dans la perspective de nouvelles guerres, et surtout ne plus fermer les yeux sur le rôle de l’autorité palestinienne et de ses responsables, lesquels ne méritent que d’être jugés pour leurs agissements, en leur qualité de collaborateurs de la puissance occupante.

Oui il faut les juger car si nous sommes cohérents avec nous même et avec ce que nous déclarons au sein du mouvement de solidarité quand nous condamnons Israël pour le blocus, ses crimes de guerres et quand nous parlons du rapport Goldstone, il faut au même titre condamner les responsables de l’autorité qui approuvent le MUR du blocus meurtrier que construit l’Egypte et qui de fait inflige une punition collective à près d’un million et demi de personnes ce qui constitue aussi un crime de guerre.

Oui il faut les juger quand Abbas envoie ses forces de sécurité pourchasser et abattre les résistants palestiniens.

Oui il faut les juger quand l’autorité non seulement ne veut pas présenter le rapport Goldstone aux instances internationales sur ordres entre autres des Etats-Unis et quand cette même autorité ne mène aucune enquête concernant la guerre contre Gaza comme la reconnu Ban Ki Moon – le secrétaire général des Nations-Unis – Tout cela pour ne pas gêner la puissance coloniale et ne jamais traduire les responsables israéliens devant des tribunaux.

Le mouvement de solidarité doit prendre en compte cette situation et déterminer clairement sa position, car le peuple palestinien en paie tous les jours le prix.

La solidarité avec le peuple palestinien ne peut admettre le maintien d’une entité coloniale aux côtés de la Palestine, ni cautionner une autorité de collaboration, qui doit être dénoncée et condamnée en tant que telle.

Walid Atallah :
Membre de l’association des Palestiniens en France AL JALIYA

Paris, le 15 février 2010

http://www.aloufok.net:80/spip.php?article1455



1 Dossier

1-1 Tariq Ramadan : Egypte - Palestine : Le mur de la honte.
On savait que les Palestiniens étaient depuis longtemps les victimes directes des politiques arabes chaotiques, veules et hypocrites. On savait que l’Etat d’Israël n’avait au fond pas de grands efforts à faire pour imposer sa vision, ses méthodes et ses objectifs : avec les Etats-Unis, le silence complice de l’Europe, et la complicité passive des Etats arabes, la cause était entendue. D’aucuns ont même parlé, avec quelque raison, de la « politique pro-sioniste » des Etats arabes. Nous savions les lâchetés et les trahisons : rien de nouveau à l’horizon.
On avait pu croire que le pire fut atteint avec l’offensive meurtrière et criminelle des forces israéliennes sur Gaza il y a un an. C’était sans compter sur la capacité créatrice du « pire encore » qu’allait nous offrir l’Etat égyptien et la délégation des « autorités religieuses » d’al-Azhar. Au nom de « la sécurité nationale », contre « le terrorisme », et, enfin, pour lutter contre « la corruption », la « contrebande » et « le trafic de drogue » des « indisciplinés » de Gaza, le gouvernement égyptien a décidé de construire un mur souterrain de plus de vingt mètres de profondeur afin d’empêcher que les « Gazaouis » continuent leurs actes « illégaux » de construction des « tunnels de la contrebande ». Le gouvernement égyptien n’a bien sûr aucune intention de cloîtrer les habitants dans leur enfer ; il s’agit, à l’évidence, d’une question de sécurité nationale ! Cela est tellement vrai que le comité des savants d’al-Azhar a cautionné ladite décision en affirmant qu’il était « islamiquement légitime » (« conforme à la sharî’a ») de protéger ses frontières (ceux ci répondaient à une fatwa de l’Union mondiale des savants musulmans qui disait exactement le contraire, à savoir que cette décision était « islamiquement inacceptable »).
Quelle honte !

Comment ose-t-on jouer avec la justice, instrumentaliser ainsi le pouvoir et la religion. Le peuple palestinien, et au premier rang duquel les habitants de Gaza, vivent un déni de dignité et de droit, ils n’ont plus accès à la nourriture, à l’eau et aux soins, et voilà que le gouvernement égyptien se fait l’allié de la pire politique israélienne : isoler, étrangler, affamer, étouffer les civils palestiniens après les avoir décimés par centaines. Il est question de faire plier la résistance et d’acculer les leaders. Le gouvernement égyptien a bloqué les différents convois qui cherchaient à secourir le peuple palestinien avec l’espoir de lever le blocus sur Gaza. La mobilisation qui a permis à des centaines de femmes et d’hommes du monde entier de se réunir à Rafa a essuyé refus sur refus de la part du pouvoir du Caire, le tout agrémenté de quelques humiliations ciblées.
Quelle honte vraiment ! 

Le gouvernement israélien peut sourire. Au même moment, on nous annonce un lancement nouveau et « prometteur » du « processus de paix » !! Toutes les parties y trouveraient leur compte, nous dit-on, et les Etats-Unis, soutenus par l’Arabie Saoudite et … l’Egypte, ont grandement participé à l’élaboration de ce « programme complet ». Beau « processus de paix » au nom duquel il aura fallu soumettre des civils à des mois de boycott avant d’inviter leurs leaders à des tables de négociations « très libres » et « très respectueuses ». Le gouvernement israélien peut sourire, à l’évidence : il gagne encore du temps et ne perd sur aucun dossier. Sa politique de peuplement sera temporairement gelée…sauf les constructions déjà engagées. Belle négociation en vérité !

Il faut le dire et le répéter : le « mur-égyptien-de-sécurité-nationale » est une honte.

Les autorités religieuses qui l’ont, de surcroît, légitimé ont agi comme ces fameux « ulamâ » (savants musulmans) ou « conseils islamiques » soumis qui aux pouvoirs, qui aux dictatures, qui aux forces coloniales ou qui encore aux quelconques Républiques peu cohérentes et manipulatrices des religieux. Que peut-il rester de leur crédibilité avec l’émission d’une telle « fatwa politique » qui ajoute à la dictature du pouvoir la caution islamique de la lâcheté des savants (ulamâ) ? Le silence eut été préférable.

Il faut dénoncer l’inacceptable et demeurer aux côtés de celles et de ceux qui résistent dans la dignité. S’il est une chose que les gouvernements israéliens successifs savent, et avec laquelle nous sommes d’accord, c’est que le peuple palestinien ne cédera pas. Et pour ceux qui auraient quelques doutes, ajoutons à cette certitude, une seconde vérité du temps : l’Histoire est du côté des Palestiniens et ce sont eux qui représentent pour aujourd’hui et pour demain l’espoir des valeurs humaines les plus nobles. Résister à l’oppresseur, défendre ses droits légitimes et sa terre, et ne jamais céder à l’arrogance et aux mensonges des puissants. Quant aux pouvoirs israéliens, égyptiens ou autres, ou encore les fatâwâ (plur. de fatwa) des ulamâ appointés, ils passeront, ils passeront très certainement et seront heureusement oubliés. Heureusement. Le devoir de mémoire se meut en invitation à l’oubli quand il s’agit des noms et des agissements des dictateurs, des traitres et des lâches.

Tariq Ramadan
9 janvier 2010

http://www.tariqramadan.com/spip.php?article10973


1-2 Israël: la fin du tabou.

La farce du sommet de Copenhague sur le Changement Climatique a confirmé la réalité d’une guerre mondiale menée par les riches contre la majorité de l’humanité. Elle a aussi révélé l’existence d’une résistance qui grandit comme jamais auparavant : un internationalisme qui associe la sauvegarde de la planète terre avec les droits de l’homme universels, et exige que justice soit faite pour tous ceux qui envahissent et dépossèdent en toute impunité.

La résistance palestinienne au vol de leur pays a atteint un tournant en 2001 lorsqu’Israël fut qualifié d’Etat d’apartheid lors d’une conférence des Nations Unies sur le racisme à Durban, en Afrique du Sud.

Selon Nelson Mandela, la justice pour les Palestiniens constitue « le plus grand enjeu moral de notre époque ». L’Appel de la Société Civile Palestinienne pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions (BDS), fut lancé le 9 juillet 2005, dans l’esprit du grand mouvement non-violent qui a balayé le monde et provoqué l’effondrement de l’Apartheid africain. « Au cours des décennies d’occupation et de vols, » a écrit Mustafa Barghouti, une voix de la sagesse dans le paysage politique palestinien, « 90% de la lutte palestinienne a été non-violente…

Une nouvelle génération de dirigeants palestiniens s’adressent au monde exactement comme Martin Luther King l’aurait fait. Ce même monde qui rejette tout recours à la violence de la part des Palestiniens, même dans les cas flagrants de légitime défense, pourrait-il nous reprocher la non-violence employée par des hommes tels que King et Ghandi ? »
Aux Etats-Unis et en Europe, les syndicats, les associations universitaires et les grandes églises ont ravivé les stratégies et tactiques employées contre l’apartheid sud-africain.

Lors d’une résolution adoptée par 431 voix contre 62, l’église Presbytérienne des Etats-Unis a voté en faveur « d’un processus de désinvestissement progressif et sélectif contre les multinationales qui font des affaires avec Israël ». Cette décision avait été précédée par le jugement rendu par la Cour Internationale de Justice déclarant le mur d’Israël et ses « colonies » comme illégales. Un jugement similaire avait été rendu par la Cour en 1971 pour condamner l’occupation de la Namibie par l’Afrique du Sud, déclenchant ainsi un boycott international.
A l’instar de la campagne contre l’Afrique du Sud, la question centrale est le respect de la loi. Aucun état ne se permet de violer le droit international avec autant de désinvolture qu’Israël. En 1990, une résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU qui exigeait le retrait de Saddam Hussein du Koweït était pratiquement mot à mot la même que celle qui exigeait le retrait d’Israël de
la Cisjordanie. Les Etats-Unis et leurs alliés ont attaqué et chassé l’Irak alors qu’Israël a toujours été choyé. Le 11 décembre (2009), le Président Obama a annoncé une « aide » de 2,75 milliards de dollars pour Israël, un acompte sur les 30 milliards que les contribuables américains en plein marasme économique devront sortir au cours des dix années à venir.

L’hypocrisie est désormais bien comprise aux Etats-Unis, où les campagnes de boycott deviennent monnaie courante. Une campagne sur le thème de « la beauté volée » est menée contre les produits de beauté Ahava qui sont fabriqués illégalement dans des « colonies » de la Cisjordanie et a forcé la compagnie à se séparer de son « ambassadrice », la célèbre Kristin Davis, star de la série Sex and the City. En Grande-Bretagne, Sainsbury’s et Tesco sont sous pression pour révéler quels sont leurs produits fabriqués dans les « colonies » dont la commercialisation viole l’accord de commerce entre l’Union Européenne et Israël.

En Australie, un consortium dont fait partie la compagnie française Veolia a perdu un marché d’un milliard de dollars pour une usine de désalinisation suite à une campagne révélant le projet de Veolia de construire une ligne de tram reliant Jérusalem aux « colonies ». En Norvège, le gouvernement a retiré son soutien à une société de haute-technologie israélienne, Elbit, qui a participé à la construction du mur qui traverse la Palestine. Il s’agit du premier boycott officiel d’un pays occidental. « Nous ne souhaitons pas financer des entreprises qui participent aussi ouvertement à la violation du droit humanitaire international », a déclaré le ministre des finances norvégien.

En 2005, une association de professeurs d’université en Grande-Bretagne (Association of University Teachers in Britain - AUT) a voté en faveur d’un boycott des institutions universitaires israéliennes complices de l’oppression contre les Palestiniens. La campagne de l’AUT a du faire marche arrière lorsque le lobby pro-israélien a déclenché une vague d’attaques personnelles et d’accusations d’antisémitisme. L’écrivain et militant palestinien Omar Barghouti l’a qualifié de « terrorisme intellectuel » : une perversion intellectuelle qui transforme en antisémitisme toute opposition au racisme exercé contre les Palestiniens. Cependant, pratiquement tout a changé après l’attaque Israélienne contre Gaza le 27 décembre 2008. La première campagne étatsunienne pour un boycott universitaire et culturel d’Israël a été lancée, en présence de Desmond Tutu. Lors de sa conférence de 2009, le Congrès des Syndicats Britannique a voté en faveur d’un boycott de la consommation. Le « tabou israélien » venait de tomber.
Parallèlement, on assiste à un développement rapide de la loi pénale international depuis l’affaire Pinochet en 1999 lorsque l’ancien dictateur du Chili fut placé en résidence surveillée en Grande-Bretagne. Les criminels de guerre israéliens courent désormais le risque d’être traînés en justice là où s’appliquent des lois à « juridiction universelle ». En Grande-Bretagne,
la Convention de Genève de 1957 est renforcé par le rapport de l’ONU sur Gaza du juge Richard Goldstone qui en décembre a obligé un juge londonien à émettre un mandat d’arrêt pour crimes contre l’humanité contre Tzini Livni, ancien ministre des affaires étrangères d’Israël. Au mois de Septembre, seule une immunité diplomatique a évité à Ehud Barak, ministre de la défense d’Israël lors de l’assaut contre Gaza, d’être arrêté par Scotland Yard.

Il y a un an à peine, 1400 personnes sans défense à Gaza furent assassinése par les Israéliens. Le 29 décembre dernier, Mohamed Jassier était le 367e habitant de Gaza à mourir parce que les médicaments qui auraient pu le sauver sont interdits par Israël. Gardez cela bien à l’esprit la prochaine fois qu’une chaine de télévision « équilibrera » de telles souffrances avec les protestations sournoises des oppresseurs.

Une dynamique a été enclenchée. Pour la première commémoration de l’atrocité de Gaza, une grande procession humanitaire de 42 pays – musulmans, juifs, chrétiens, athées, jeunes et vieux, syndicalistes, artistes, musiciens et ceux qui menaient les convois de nourriture et de médicaments – a convergé vers l’Egypte, et même si la dictature au Caire à la solde des Etats-Unis a empêché la majorité d’atteindre Gaza, les gens dans cette prison à ciel ouvert savaient qu’ils n’étaient pas seuls, et des enfants ont grimpé sur les murs pour hisser des drapeaux palestiniens. Et ce n’est que le début.

Source: Le Grand Soir

3/2

http://groups.google.be/group/medias-mensonges-desinforma...


1-3 Gideon Levy : « Comment parler de paix et construire des colonies ? ».

Françoise Germain-Robin : Entretien avec Gideon Lévy
Né en 1955, à Tel-Aviv, journaliste israélien et membre de la direction du quotidien Haaretz, Gideon Levy dénonce inlassablement les violations commises contre les Palestiniens et le recours systématique à une violence qui déshumanise les peuples dressés l’un contre l’autre.
Gideon Levy occupe une place particulière dans la presse israélienne, celle de l’imprécateur.

Ses éditoriaux et ses chroniques dans le quotidien Haaretz sont autant d’actes d’accusation contre la politique d’occupation et de colonisation de son pays, Israël, à l’égard des territoires palestiniens. Il est l’un des rares journalistes à s’être dressé contre la guerre à Gaza.

De passage à Paris, où il présentait le recueil de ses articles publié par Éric Hazan (1), il nous a accordé un long moment.
Quand on lit vos articles, on se dit que vous y allez fort dans la critique d’Israël, beaucoup plus que ce que peuvent se permettre la plupart des journalistes français…
Gideon Levy. Je sais. J’ai donné une fois une interview à TF1 et après cela, le journaliste m’a téléphoné pour s’excuser de ne pas pouvoir diffuser mes propos car s’il le faisait, il serait accusé d’antisémitisme et il aurait des ennuis. J’ai donc de la chance d’être dans un journal qui me laisse toute liberté et qui m’a toujours soutenu, même s’il arrive souvent que des lecteurs protestent et même se désabonnent à cause de mes articles.
Êtes-vous nombreux dans ce cas ?
Gideon Levy. Je ne suis pas tout à fait seul mais presque. Il y a aussi Hamira Hass. À part nous deux, je ne vois personne d’autre.
Il y avait aussi Amnon Kapeliouk, qui était un grand ami et qui est mort l’été dernier.
Gideon Levy. Oui, il avait ouvert la voie bien longtemps avant moi. Il était à Yediot Aharonot, mais il n’y écrivait plus ces dernières années. Il collaborait encore au Monde diplomatique. Une semaine avant sa mort, il a demandé à me parler et je lui ai téléphoné, mais son esprit n’était déjà plus là.
Pourquoi occupez-vous une place si particulière ? Est-ce en raison de votre formation ?
Gideon Levy. Non. Il n’y a qu’une seule raison à mon attitude. À la fin des années 1980, au moment de la première Intifada, j’ai commencé à visiter les territoires occupés, à la fois
la Cisjordanie et la bande de Gaza. Semaine après semaine, j’ai réalisé qu’il se passait là un drame, mais un drame dont personne en Israël ne voulait entendre parler. Si je n’étais pas allé dans les territoires occupés à ce moment-là, je ne serais pas devenu ce que je suis. Je serais comme la majorité des Israéliens.
Votre milieu familial était-il de gauche ?
Gideon Levy. Absolument pas. À la différence d’Hamira Hass, dont la famille était communiste, je viens d’une famille totalement apolitique. Mes parents venaient d’Europe et appartenaient à la classe moyenne. Mon père était un Allemand des Sudètes, un réfugié typique. Il a vécu soixante ans en Israël sans réussir à y trouver sa place. Il avait tout laissé là-bas, sa vie, ses parents, sa fiancée. Il avait fait du droit mais n’a pas pu le pratiquer en Israël, c’était trop différent. Il a travaillé dans une ferme. Mais il ne parlait jamais de tout cela. Il avait fermé la porte du passé et ne voulait surtout pas l’ouvrir. Il était traumatisé par son exil. Il a rencontré ma mère en Israël. Elle était née en Tchécoslovaquie et était venue en 1939, à l’âge de seize ans. Ils se sont rencontrés en 1945. Elle était infirmière mais n’a jamais exercé. On parlait allemand à la maison. Mais on ne parlait ni du passé ni de politique.
Où êtes-vous né ?
Gideon Levy. À Tel-Aviv. J’aime cette ville. C’est ma ville. Il s’y passe beaucoup de choses, c’est très vivant. C’est à la fois une Babel et une bulle. J’ai besoin de cette bulle pour me ressourcer quand je reviens des territoires, à la différence d’Hamira Hass qui vit à Ramallah et qui déteste Tel-Aviv. Moi, j’en ai besoin. De son agitation, de ses cafés, de sa culture, de son ambiance. Beaucoup de ceux qui viennent  manifesté leur solidarité avec les Palestiniens ne vont jamais à Tel-Aviv, ils se contentent de passer par l’aéroport. C’est un tort. C’est très différent de Jérusalem, où la tension est permanente? : entre Ashkénazes et Séfarades, entre laïcs et religieux, avec les Palestiniens. Où que l’on se tourne, à Jérusalem, cela sent l’occupation.
Comment êtes-vous devenu journaliste ?
Gideon Levy. C’était un de mes rêves d’enfant? : je voulais être chauffeur de bus, premier ministre ou journaliste? ! Alors j’ai fait Sciences-Po et pendant le service militaire, j’ai travaillé pour la télévision de l’armée. Puis j’ai fait une incursion en politique, en travaillant pour Shimon Peres. Cela a duré de 1978 à 1982, à raison de 16 heures par jour? ! À l’époque, il était le chef de l’opposition, j’avais confiance en lui. Maintenant, je sais qu’il a une très grande responsabilité dans la colonisation et dans bien des mauvaises choses. Il montre au monde une belle image d’Israël, mais c’est du bluff. Il n’a pas mérité son prix Nobel de la paix. Comment peut-on parler de paix et en même temps construire des colonies? ? C’est ce qu’il a fait et c’est même lui qui a commencé? : il était ministre de
la Défense quand on a construit la première colonie à Hébron et il a laissé faire. Quiconque construit des colonies ne veut pas la paix, ne peut pas être un homme de paix.
Comment expliquez-vous que la colonisation ait continué après les accords d’Oslo, qui étaient censés conduire à la paix?
Gideon Levy. Parce qu’il n’y avait pas un mot sur les colonies dans ces accords. C’est une des raisons de leur échec. Je pense que c’est une grosse erreur d’Arafat de n’avoir pas exigé l’arrêt de la colonisation. C’est une erreur que je comprends, car il voulait arriver à quelque chose qui serait construit sur la confiance réciproque, il voyait cela comme un premier pas. Mais c’est une erreur historique, car, à l’époque, cela aurait été plus facile que maintenant de démanteler les colonies? : il y en avait beaucoup moins, même pas la moitié.
Que pensez-vous de cette phrase de Mofaz (2) qui dit que vos articles dans Haaretz prouvent qu’Israël est une démocratie ?
Gideon Levy. Je n’ai pas entendu cette phrase. Mais ce n’est pas une preuve, et Israël n’est pas une démocratie.

Sauf pour les juifs? ! Comme juif, c’est vrai, j’ai toute liberté d’écrire ce que je veux. Sans doute plus que je n’en aurai en Europe. Je ne suis pas sûr que si j’avais été citoyen d’un pays européen en guerre, on m’aurait laissé publier un article contre la guerre dès le premier jour. C’est ce que j’ai fait l’an dernier, au premier jour de la guerre contre Gaza.
D’où vient cet amour pour Gaza que vous proclamez? ? C’est plutôt à contre-courant en Israël…
Gideon Levy. Ce que j’aime, c’est le peuple de Gaza. C’est un peuple que je trouve très beau. Parce qu’il a tant souffert, depuis si longtemps, et qu’il a su, dans cette misère et ces humiliations qu’on lui a imposées, garder sa dignité et son humanité. La plupart des habitants de Gaza sont des réfugiés de 1948, il ne faut pas l’oublier. Ils ont vécu depuis des décennies des choses horribles et ils ne se sont pas brisés. Ils ne sont pas des grands combattants – de toute façon, que peuvent-ils faire contre la puissance de l’armée israélienne? ?

Mais ils résistent en essayant, malgré tout ce qu’ils endurent, de mener une vie normale. Dans ce grand camp de concentration qu’est la bande de Gaza, ils sont très pauvres, mais ils restent humains et chaleureux. Ils sont enfermés mais ils restent ouverts aux autres.
Comment expliquez-vous qu’ils aient voté en majorité pour le Hamas ?
Gideon Levy. Parce qu’ils étaient déçus par le Fatah et l’OLP, qui ne leur avaient pas apporté la paix promise, ni la sécurité, ni la fin de l’occupation. Le Hamas était la seule alternative. Les dirigeants du Hamas se présentaient comme plus propres. Ils se donnaient l’image de véritables résistants alors que le Fatah continuait d’accepter des négociations vides de contenu, « pour la galerie », avec Israël. À mon avis, beaucoup ont voté pour le Hamas à regret, par désespoir, parce qu’ils voyaient l’avenir en noir.
Et vous, comment le voyez-vous ?
Gideon Levy. En noir, et même en très noir. Pas seulement pour les Palestiniens. Pour nous, Israéliens, aussi. Il n’y a aucune perspective parce qu’Israël n’a payé aucun prix pour l’occupation et la colonisation des territoires palestiniens. Donc, cela va continuer. Il n’y a pas de pression suffisante pour que cela change, ni de l’intérieur où le camp de la paix est très faible, ni de l’extérieur. Obama a échoué à faire plier Netanyahou et se désintéresse de la question. L’Europe le suit et ne fait rien. Elle porte une très lourde responsabilité dans ce qui est arrivé à Gaza et dans la poursuite du blocus qui étrangle un million et demi de Palestiniens. Elle leur avait promis qu’il serait levé, qu’il y aurait des fonds et des moyens pour la reconstruction. Il n’y a toujours rien et Gaza est à nouveau complètement oublié. Va-t-il falloir à nouveau des Kassam pour qu’on s’y intéresse? ? C’est cela qui est terrible.
N’y a-t-il pas un espoir de voir la justice internationale s’en mêler après le rapport Goldstone ?
Gideon Levy. Non, les États-Unis vont le bloquer. Le rapport dit qu’il y a eu crimes de guerre, ce qui veut dire qu’il y a des criminels de guerre. Normalement, c’est à Israël de les juger, comme le demande le rapport. Mais Israël refuse et c’est donc au monde de le faire. Où est-il aujourd’hui, ce monde qui a applaudi le juge Goldstone quand il s’occupait des Balkans et du Rwanda? ? Pourquoi a-t-il une attitude si différente lorsqu’il s’agit d’Israël? ? C’est pourtant le même juge, avec la même compétence et le même sérieux. Mais les Américains ne le laisseront pas aller jusqu’au bout parce qu’ils soutiennent Israël et parce qu’ils ont peur pour eux-mêmes, à cause de leurs propres crimes en Irak et en Afghanistan.
Où en sont les négociations pour l’échange du soldat Shalit contre des prisonniers palestiniens, parmi lesquels Marwan Barghouti et peut-être aussi Salah Hamouri ?
Gideon Levy. Je rappelle qu’il y a 11 000 prisonniers palestiniens dans nos prisons qui, pour la plupart, comme Salah Hamouri, n’ont rien fait et sont des prisonniers politiques. En ce qui concerne Barghouti, je ne suis pas sûr qu’Israël accepte de le libérer. Netanyahou le considère comme une menace car il peut devenir un partenaire pour la paix. Je le connais très bien. Nous sommes allés ensemble à Strasbourg et en Espagne après Oslo. C’est un véritable homme de paix, mais il a toujours dit? : « Si vous ne voulez pas cesser l’occupation, nous mènerons la lutte armée. » Je crois que lui seul est capable de réunifier les Palestiniens, mais je ne suis pas sûr qu’Abou Mazen tienne beaucoup à le voir libre.
Votre pessimisme est donc total ?
Gideon Levy. Non. Je crois qu’il faut être réaliste et croire au miracle. Et aussi qu’il faut agir, qu’il faut continuer de harceler Israël, piquer sa peau d’éléphant en multipliant les campagnes de solidarité, en alertant l’opinion.
Entretien réalisé par Françoise Germain-Robin
(1) Gaza, articles pour Haaretz, 2006-2009, de Gideon Levy, traduits de l’hébreu par Catherine Neuve-Eglise. Éditions
la Fabrique, 240 pages, 14 euros.
(2) Shaoul Mofaz, général, ancien ministre de
la Défense et ancien chef d’état-major sous Sharon, est aujourd’hui le numéro deux du parti Kadima de Tzipi Livni. Il est l’auteur d’un plan de paix prévoyant la création provisoire d’un État palestinien dont les frontières deviendraient définitives dans trois ans.

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1-4 Judy Dempsey : La proximité de Merkel avec Israël lui coûte son influence.
Il existe certaines questions politiques dont Angela Merkel n'aime pas parler.

L'une est l'Afghanistan.

L'autre est le conflit israélo-palestinien.

Alors quand elle a été interrogée sur la politique israélienne de colonisation et sur le blocus de Gaza pendant une conférence de presse commune avec Benjamin Netanyahou, le premier ministre israélien ce lundi, elle a minimisé le problème.

Il est temps de relancer le processus de paix, a-t-elle dit, passant rapidement à un autre sujet.
Les dirigeants Allemands ont beaucoup de mal à critiquer Israël à cause de la responsabilité que l'Allemagne porte pour l'holocauste et son engagement en faveur de l'existence d'Israël. C'est particulièrement vrai de Mme Merkel qui veut forger une relation plus étroite avec Israël. La position de
la Chancelière a rendu encore plus difficile à l'Union Européenne de parler d'une seule voix au Moyen Orient.
Mais la politique de Mme Merkel est incohérente. Elue pour la première fois chancelière fin 2005, elle avait beaucoup insisté sur les droits de l'homme et la liberté. Elle avait critiqué la politique chinoise en matière de droits de l'homme et avait pris en 2007 la décision très controversée de rencontrer à la chancellerie le Dalaï Lama, le chef spirituel Tibétain en exil.
La Chine avait menacé de conséquences sévères, telles que la rupture de contrats lucratifs. Hormis l'annulation de quelques rencontres de haut niveau, peu de choses s'étaient passées.
Quand Mme Merkel avait rencontré des organisations non gouvernementales que Vladimir Poutine avait essayé d'interdire, les relations entre Berlin et Moscou s'étaient refroidies. Rien de plus.
Mais en ce qui concerne le Moyen Orient, Mme Merkel n'a guère accordé d'attention aux misérables conditions de vie des Palestiniens à Gaza non plus qu'aux colonies israéliennes ou aux politiques d'arrestation. Les parlementaires Allemands et les politologues disent que de tous les chanceliers d'après-guerre, Mme Merkel est considérée comme la plus pro-israélienne. "La chancelière est particulièrement proche d'Israël," déclare un parlementaire conservateur, Ruprecht Polenz, qui préside la commission des affaires étrangères du parlement allemand.
Si proche que Mme Merkel n'a pas émis une critique des bombardements israéliens contre la bande de Gaza qui ont tué de nombreux civils fin 2008. Par contre, quand les autorités iraniennes ont recouru à la force l'an dernier contre l'opposition qui affirmait que les élections présidentielles avaient été truquées, Mme Merkel a pris une position admirable, devenant un des rares dirigeants à critquer publiquement le régime, appelant même à de nouvelles élections.
M. Polenz pense que tout chancelier Allemand a, à juste titre, la responsabilité de défendre Israël à cause de l'holocauste. Quand il s'agit des relations de Berlin avec le Moyen Orient, "nous ne sommes pas neutres," dit-il. "Mais ça ne veut pas dire que nous ne pouvons pas donner notre point de vue à nos amis Israéliens."
Il en va autrement avec Mme Merkel. En tant que chancelière, elle a fixé trois objectifs à sa politique étrangère: de meilleures relations avec les Etats Unis, une relation plus étroite avec Israël et l'intégration de l'Union Européenne. Ces sujets, explique Gerd Langguth, professeur de science politique à l'université de Bonn et biographe de Mme Merkel, "sont ceux auxquels croit profondément Mme Merkel."
Depuis le crise financière mondiale, les relations entre la chancellerie et le président Barack Obama se sont tendues, notamment parce que les Etats Unis ont ouvertement critiqué l'Allemagne de ne pas en faire assez pour endiguer la crise. De la même manière, l'intégration européenne qui dépend de la coopération franco-allemande, est en panne. Mme Merkel et le président Français Nicolas Sarkozy n'ont pas proposé d'initiatives nouvelles pour rendre l'Europe plus cohérente et crédible en tant qu'acteur sur la scène internationale. Mme Merkel a également souvent placé les intérêts de l'Allemagne avant ceux de l'Europe.
Son seul succès est Israël. "Mme Merkel a un rapport émotionnel avec Israël et le peuple juif," explique M. Langguth.
Mme Merkel s'est embarquée dans sa propre politique personnelle envers Israël, maintenant une relation étroite même après les bombardements sur Gaza. Contre l'avis des diplomates Allemands, Mme Merkel, qui est aussi à la tête du parti conservateur Chrétien-Démocrate, un fidèle partisan d'Israël, a évoqué Israël en tant que "Etat juif" dans l'accord de coalition gouvernementale conclu avec le parti Libéral-Démocrate en octobre dernier. Les Israéliens étaient ravis. "Que d'autres Etats reconnaissent Israël en tant que "Etat juif" fait partie de nos objectifs politiques", explique le professeur Efraim Inbar, directeur du Centre d'Etudes Stratégiques Begin-Sadate de l'université de Bar-Ilan près de Tel Aviv.
Il n'est donc pas étonnant que
la réunion de lundi à Berlin ait été chargée de sens. C'était la première fois que des cabinets ministériels israélien et allemand se sont réunis ensemble en Allemagne. Mme Merkel a été à l'initiative de ces consultations spéciales, réservées à seulement quelques pays dont la Russie, la Pologne et la France, après sa visite de 2008 en Israël où elle avait eu le rare privilège de prendre la parole à la Knesset, le parlement israélien.
Muriel Asseburg, une spécialiste du Moyen Orient à l'nstitut Allemand pour les affaires Internationales et de Sécurité à Berlin, affirma que la politique de Mme merkel envers Israël est liée au fait qu'elle a vécu dans l'Allemagne de l'Est communiste.
"Ca a beaucoup à voir avec l'ex Allemagne de l'Est qui ne reconnaissait pas Israël et n'assumait pas la responsabilité pour le troisième Reich, le seconde guerre mondiale et l'holocauste. Merkel a essayé de prendre ses distances avec cette position et de compenser ce passé est-allemand," affirme Mme Asseburg.
Alors si Mme Merkel dit, comme elle l'a fait mardi, qu'il est temps pour Israël et les Palestiniens de s'impliquer à nouveau dans le processus de paix, Mme Asseburg pense que Mme Merkel "ne prendrait pas publiquement une position critique sur la politique israélienne et l'occupation." Son but n'est pas d'accorder une priorité au procesus de paix dans les relations entre Israël et l'Allemagne. Son but est de renforcer toujours plus les relations avec Israël, indépendamment du conflit.
Ce qui va à rebours de la position officielle de l'Allemagne de soutien sans équivoque au procesus de paix et de la solution à deux Etats afin de garantir la sécurité d'Israël et de réaliser les aspitrations palestiniennes. Mais les politologues considèrent que cette politique n'est pas mise en application. "Une posture critique à l'égard de l'occupation et de la politique de colonisation devrait en pratique découler de la responsabilité historique de l'Allemagne et non tomber sous le tabou de l'holocauste," affirme Mme Asseburg.
Cela n'arrivera pas sous Mme Merkel. Ce qui veut dire qu'Israël, très critiquée par d'autres pays européens, aura toujours un allié spécial en Europe et que l'Europe, dans un avenir prévisible, restera incapable d'exercer une influence dans la résolution du conflit israélo-palestinien.

JUDY DEMPSEY,

New York Times,

21 janvier 2010

 Traduit de l'anglais par Djazaïri

http://mounadil.blogspot.com/


n°511 - Dossier de Palestine - 15-02 - : Suite - : Le droit de résister à l'occupation et à l'agression.


n°511  -  Dossier  de Palestine -  15-02 - :  Suite -  : Le droit de résister à l'occupation et à l'agression.



  L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 



Dossier de Palestine

n°511                                                     15-02

                                                           C.De Broeder & M.Lemaire   



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 

Sommaire

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Ewa Jasiewicz : Opération Plomb Durci à Gaza :"Nous sommes tous complices".  

2-2 Israël n'a pas sérieusement enquêté sur des crimes de guerre à Gaza.

2-3 Mounir Chafiq : Le droit de résister à l'occupation et à l'agression.

2-4 Ali Waked : 2010 nous verra battre l'occupation.

2-5 Silvia Cattori  Rencontre avec George Galloway.

2-6 Le Hamas dénonce une stratégie d'élimination, en Cisjordanie.

2-7 Abbas : « Je soutiens le mur égyptien »



2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

2-1 Ewa Jasiewicz : Opération Plomb Durci à Gaza :"Nous sommes tous complices".  

INTERVIEW: FRANK BARAT

Il y a un an, Israël envahissait Gaza. Baptisée “Opération Plomb Durci“ par l’armée israélienne, l’invasion débuta le 27 décembre 2008 avant de se terminer le 18 janvier 2009. Au cours de ces 23 jours, plus de 1 400 Palestiniens dont 320 enfants ont péri. 5 000 autres Palestiniens ont subi des blessures graves.
Ewa Jasiewicz a fait partie des quelques “internationaux“ qui se trouvaient sur place. Militante pour les Droits de l’Homme, responsable syndicale et journaliste, Ewa Jasiewicz a passé plusieurs années en Palestine occupée et en Irak aux côtés des ouvriers de l’industrie pétrolière, des réfugiés, d’unités d’assistance médicale et de communautés locales. Elle est coordinatrice pour le Mouvement Free Gaza et fait partie du collectif éditorial de l’édition polonaise du Monde Diplomatique. Son livre “Gaza : Getto Nieujarzmione“ (Gaza : a Ghetto Unbroken) sera publié en Pologne en mars prochain par Ksiazka i Prasa. Un an après, elle revient, au cours d’un entretien avec Frank Barat, sur cette terrible période.

Frank Barat : Il y a un an, vous étiez à Gaza pendant l’Opération “Plomb Durci“. Pourquoi et comment vous-même et d’autres militants êtes-vous arrivés dans la Bande de Gaza ?
Ewa Jasiewicz : Avec d’autres militants, solidaires de Gaza, venus du Liban, d’Espagne, du Canada, d’Australie, d’Italie, du Royaume-Uni et de Grèce, nous sommes parvenus à atteindre Gaza à bord du bateau le Dignity dans le cadre du Mouvement Free Gaza (Free Gaza Movement – FGM). Le mouvement avait réussi à remplir cinq missions entre août et décembre 2008, en mobilisant des militants pour les Droits de l’Homme venus sur place afin de créer un mouvement d’activisme politique à des fins de solidarité, rompre l’isolement de communautés ostracisées et faire face de manière directe au siège illégal et violent d’Israël.
Les missions de FGM sont politiques. Nous avons à l’esprit le fait que
la Palestine n’est pas une cause humanitaire. La solution face à soixante ans de politique de nettoyage ethnique, d’apartheid et d’isolement par voie militaire, ne réside pas dans l’acheminement de sacs de farine, de médicaments, de nouvelles tentes et de millions d’aide mais dans une réelle volonté politique et dans des actions concrètes. C’est exactement ce que ne font pas les gouvernements à travers le monde. Aussi nos actions visent à revenir à la base des lois internationales et à les faire appliquer parce qu’elles ne sont pas respectées et parce qu’elles sont violées, tous les jours, à tous les niveaux. Le siège de Gaza et l’occupation de la Palestine ont une portée internationale. Les états les cautionnent soit par leur silence soit par une complicité directe par le biais de leurs relations économiques avec Israël. Cela fait d’eux des co-occupants et des collaborateurs d’Israël lorsqu’on parle  des crimes perpétrés contre le peuple palestinien.
FB : Vous aviez passé quelque temps en Cisjordanie occupée à l’époque où Israël y a mené des opérations (en particulier dans le camp de Jénine). Quelles différences voyez-vous entre les deux régions et que pensiez-vous découvrir à Gaza ? Vous attendiez-vous à une attaque ?
EJ : Non, je ne m’attendais pas à cette attaque mais le peuple de Gaza et les autorités du Hamas s’y attendaient parce que le cessez-le-feu avait expiré et qu’Israël préparait une attaque en menaçant d’éliminer, comme toujours mais avec une plus grande force et volonté, les leaders de la résistance, militaires ou politiques, et ceux qui les soutenaient. Le survol des drones s’est fait plus intense, jusqu’à survoler Gaza 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. En 2002, les opérations que j’ai vécues en Cisjordanie à la suite de l’opération “Rempart“, à Jénine et à Naplouse, étaient de moins grande ampleur. L’Opération “Rempart“ était une énorme opération au cours de laquelle des centaines de Palestiniens sont morts. Le cœur même du camp de réfugiés de Jénine a été détruit par les bulldozers et des dizaines de civils ont été tués au cours de cette opération. Quand je suis arrivée là-bas, les ruines et les larmes étaient encore présentes mais la destruction et les massacres avaient cessé.
Les petites opérations étaient menées pendant le couvre-feu. Elles mobilisaient des centaines de soldats, qui procédaient à des fouilles, maison par maison et interpellaient tous les hommes âgés de 15 à environ 50 ans, les interrogeaient et les passaient à tabac. Souvent au cours de ces opérations, des groupes d’enfants lançaient des projectiles sur les chars et les véhicules de transport de personnels et ils se faisaient tirer dessus en retour. La nuit régnait une résistance sporadique de certains combattants mais les plus aguerris avaient déjà été tués à ce stade. Les troupes infligeaient des punitions collectives telles que les démolitions de maisons par des bulldozers ou des explosifs et des civils étaient utilisés comme boucliers humains. La différence en Cisjordanie, c’est qu’une grande partie de l’infrastructure de l’Autorité Palestinienne et des infrastructures militaires de la résistance (combattants et leaders) avait été détruite au cours de l’opération “Rempart“ par les F16. Israël appliquait sa stratégie habituelle en décimant les leaders de la résistance armée ou politique des principales factions politiques en y ajoutant des cibles dans le domaine social (chefs de communautés, responsables de l’aide sociale…), en continuant à procéder à l’arrestation de personnes liées aux personnes recherchées et en essayant de débusquer les combattants les plus jeunes et donc les plus inexpérimentés.
Avec les tunnels, les combattants de Gaza ont eu accès à un armement plus sophistiqué et menaçant que ceux de Cisjordanie. L’agression israélienne a donc été plus intense à Gaza et fortement liée aux bombardements aériens. Depuis le retrait des colons et des bases militaires (en 2005), ce phénomène s’est accru.
En Cisjordanie, les militants étaient plus mobiles et pouvaient faire face et dialoguer avec les soldats. Pendant Gaza 2009, ce fut impossible. Je n’ai vu des soldats qu’une fois, un soldat des forces spéciales qui pointait visiblement son arme sur notre ambulance. En Cisjordanie, nous nous trouvions souvent entre les chars et les véhicules de transport de troupes, nous les suivions et les observions de près. Si vous vous approchiez des soldats à Gaza, ils vous tueraient… Tout le monde nous le disait.
FB : Que comptiez-vous faire là-bas ? Vos projets ont-ils changé après l’invasion de Gaza ?
EJ : Comme les autres militants, je comptais travailler avec des partenaires palestiniens, des associations, des syndicats, des agriculteurs, des pêcheurs, mener des campagnes locales pour le droit à l’éducation et faire cesser l’état de siège. Mon rôle prévoyait de coordonner et guider des délégations en visite arrivant grâce aux bateaux de FGM avec Caoimhe Butterlly (une militante irlandaise pour les Droits de l’Homme). Après l’invasion, il est devenu évident qu’en tant que militants étrangers, notre rôle serait de témoigner et de raconter en minimisant les risques pour ceux qui avaient le plus de chances d’être attaqués (qui pendant l’invasion ont été les services médicaux).
Les forces d’occupation israéliennes ont tué 16 personnels médicaux en 22 jours et en ont blessé des dizaines. En assistant les ambulanciers, nous avons essayé de dissuader toute attaque en informant nos ambassades et les médias que nous accompagnerions ces services – 13 ambulanciers parmi ceux qui ont été tués faisaient partie des services de la défense civile. Nous n’avons pas fait de distinction entre les services “privés“ et “publics“. Tous doivent être protégés par les lois internationales. D’autre part, nous ne nous sommes pas contentés d’accompagner ces services. Nous avons aidé au transport des blessés et des morts et avons essayé d’aider là où on avait besoin de nous. Ensuite, nous étions mobiles, les ambulances étaient les seuls véhicules capables de circuler 24h/24. Nous devions pouvoir constater et raconter le plus possible. Enfin, grâce à notre mobilité et parce que nous étions proches de la ligne de front, nous pouvions voir les effets des bombardements sur les civils, à l’intérieur même de leurs maisons et recueillir des témoignages de familles et de militants des Droits de l’Homme palestiniens à l’intérieur des hôpitaux.
FB : Comment se déroulait une journée à Gaza pendant l’invasion ?
EJ : C’était un ballet constant de drones, des bombardements incessants et le bruit assourdissant des explosions, parfois proches, parfois plus lointains. Les peurs muettes. Les rues désertées. Des gravats partout. Le son permanent des sirènes, les cris des familles et les gémissements des blessés en sang et couverts de poussière. Les ambulanciers qui priaient et fumaient. Votre cœur qui bat encore plus vite à chaque nouvelle décharge d’adrénaline, l’attente permanente d’une nouvelle attaque et le désir immense que tout ça s’arrête. Le flot incessant des corps et des brancards ruisselant de sang. Les peurs qui reviennent, commandées par le choc et l’horreur. Et une peur panique de la nuit. Y en aura-t-il une autre ? Le prochain trajet en ambulance sera-t-il le dernier ?
Jamais la peur ne nous a paralysés mais la peur était là. Nous avons tous accepté  l’éventualité de la mort et pris des risques parce que ça en valait la peine, parce que les Palestiniens le méritent. Nous voulions sauver des vies et j’ai oublié la mienne car j’étais portée et inspirée par le courage des gens autour de moi et je voyais leur incommensurable volonté de sacrifier leurs vies pour en sauver d’autres.
FB : Quel était le sentiment de la population sur place ? Comment survivaient-ils et comment réagissaient-ils ?
EJ : Tout le monde était terrifié mais aussi très en colère. Sur le terrain, le sentiment général laissait penser que tout pouvait arriver, tous les garde-fous étaient tombés. Il ne faut pas oublier que l’Opération “Plomb Durci“ n’est que le résultat de l’intensification d’une stratégie déjà en place, faite de massacres et du ciblage délibéré d’individus et d’infrastructures civiles. Mais à Jabaliya (le camp de réfugiés au nord de
la Bande de Gaza), beaucoup d’entre nous s’attendaient à un nouveau Sabra et Chatila : les témoins étant dispersés, les médias attaqués et les chars se rapprochant de plus en plus, nous avons senti que les horreurs en cours en appelleraient de nouvelles avec une intensité toujours plus grande.
FB : En quoi la présence des “internationaux“ a-t-elle été la plus utile et quelle a été leur contribution ? Quelle a été l’attitude des Palestiniens à votre égard ?

EJ : La population de Gaza était heureuse de nous voir et elle nous le disait tous les jours : “Racontez ce que vous avez vu, pourquoi cela nous arrive-t-il ? Dites-le au monde, c’est votre devoir de raconter ce que vous vivez.“ Et c’est ce que nous avons fait à travers les télévisions et les radios, à travers nos propres récits. Certains d’entre nous ont écrit des livres : Vittorio Arrigoni (Italie), “Gaza, Stay Human“, Sharyn Lock (Royaume-Uni), “Gaza beneath the bombs“, moi-même, “Gaza : A Ghetto Unbroken“. Certains autres ont réalisé des films comme Fida Qishta et Jenny Linnel et des documentaires sur les attaques au phosphore sur Khoza. Alberto Arce et Mohammad Rujailah ont produit “To Shoot an Elephant“. 
Je crois que nous avons été le relais des témoignages de la communauté palestinienne quant à l’utilisation du phosphore blanc, sur le fait que des civils étaient visés de manière délibérée, que les hôpitaux, les écoles, les services d’urgence étaient pris pour cibles. Et ces récits allaient à l’encontre de la propagande d’Israël. D’autre part, je sais que nous avons été un soutien moral pour les ambulanciers avec qui nous avons travaillé. Ils savaient que notre présence constituerait un témoignage s’ils étaient tués et une protection, aussi petite soit-elle, contre les attaques israéliennes. Quel que soit l’enfer dont nous parlons, tout le monde a besoin d’un témoin pour l’affronter, d’une forme de solidarité, de contrôle pour réaliser que vous vous trouvez au milieu d’une situation aussi inouïe.
Nous avons aussi mobilisé les gens à l’extérieur pour qu’ils manifestent et organisent des actions concrètes de boycott, d’arrêt des investissements et de sanctions. Transmettre ce message vers l’extérieur était également très important et beaucoup de gens ont souhaité se mobiliser et renforcer leurs actions militantes.
FB : Pourriez-vous nous raconter un événement en particulier qui vous a choqué pendant cette invasion ?
EJ : Il y en a tellement. Tellement… Ce serait probablement le bombardement d’une maison par un F-16 à quelques pas de l’endroit où se trouvaient quatre de nos ambulances. J’étais assise à l’avant côté passager, ma main était à l’extérieur de l’ambulance. Puis mon ami, le chauffeur, m’a demandé de patienter un instant, d’attendre un peu.  Et soudain, il y a eu une énorme explosion. Des flammes orange ont jailli et des gravats et des débris ont recouvert notre ambulance. L’un des chauffeurs a été blessé et a du être transporté sur un brancard. La route était bloquée par les gravats. Une famille hurlait et tentait de rassembler quelques affaires avant de s’enfuir. Nous ne savions plus quoi faire de nos blessés car les drones grondaient au-dessus de nous et nous avions peur d’une nouvelle attaque, d’avoir  plus de victimes et de perdre nos quatre ambulances, si précieuses. Nous sommes passés près de la mort cette nuit-là. Les Israéliens nous ont vus et ont suivi nos mouvements dans les rues de Jabaliya avant de bombarder une maison qui se trouvait à
3 mètres de nous. C’est un exemple d’une utilisation criminelle et démente de la force armée.
Autre exemple, celui de l’école élémentaire de Beit Lahiya qui a subi des bombardements au phosphore blanc. Nous sommes arrivés avec nos ambulances après avoir évacué des dizaines de résidents souffrant d’inhalation de phosphore et après que l’école a été touchée de plein fouet. Je portais un masque mais l’odeur pestilentielle et la fumée passaient à travers.
Alors que nous étions là-bas, un second bombardement a eu lieu. Je suis restée clouée sur place et j’ai pu voir ces gouttes en fusion pleuvoir autour de moi, jusqu’à ce que quelqu’un me crie de m’écarter et de chercher un abri. Les gens de l’école, qui s’étaient abrités sous un frêle abri de métal, pleuraient et criaient. Le troisième étage de l’école était en feu. Nous avons emmené un garçon boitillant de 7 ans, Bilal Ashkar,  dans notre ambulance. Il avait été touché par une capsule de phosphore et projeté en bas de l’escalier de l’école par la force de l’explosion. A notre arrivée, il était mort.
FB : Un cessez-le-feu a été déclaré le 18 janvier 2009. Les choses ont-elles changé ensuite ? A quoi ressemblait Gaza et quelle était l’ambiance après la déclaration de cessez-le-feu ?
EJ : Les forces d’occupation israéliennes ont envoyé des F-16 pendant que les gens retournaient chercher les fragments de leurs vies déchirées à Ezbet Abed Rabo, un quartier près de Jabaliya. Chaque nuit, les drones continuaient de tourner comme pour nous narguer. Il y avait un sentiment d’humiliation et d’une horreur inconcevable. Un sentiment de perte, un sentiment si profond de dislocation et de perte… Perte de vies, d’êtres aimés, de maisons, de communautés entières, de rues, de mosquées, de magasins, tous disparus. Les gens erraient littéralement dans leurs propres quartiers. C’est comme une nouvelle Nakba (l’expulsion forcée des Palestiniens de leur pays en 1948 lorsque Israël a été créé). Les gens avaient l’impression que la communauté internationale se moquait d’eux. “Ils rient de nous, personne dans le monde ne s’intéresse à nous, ils s’en moquent“ était la phrase qui revenait le plus souvent. C’est comme si un tsunami les avait ensevelis.
FB : De nombreux rapports émis par des entités des Nations Unies, des organismes d’aide internationale et de défense des Droits de l’Homme ont été publiés dans les mois qui ont suivi l’invasion. La plupart d’entre eux s’accordaient sur le fait que des crimes de guerre et certainement des crimes contre l’humanité avaient été commis au cours des attaques israéliennes. Avez-vous été témoin de certains actes que l’on pourrait ranger dans ces catégories de crimes ?
EJ : Absolument : le ciblage des civils et des zones civiles, la destruction aveugle et volontaire de propriétés, l’utilisation disproportionnée et indistincte de la force, comme dans le cas de l’école de Beit Lahyia, le massacre de la famille Samouni, le bombardement des enfants Hamdan à Beit Hanoun par des F-16, le total non-respect de nos ambulances, le blocage de l’accès aux blessés provoquant des centaines de morts, l’assassinat extrajudiciaire de Sayed al-Seyam et de Nazar Rayan et bon nombre des membres de leurs familles. Nous avons recueilli tellement d’hommes détruits (et de femmes également) déchirés par les bombes lâchées par les drones – ceux-ci peuvent transporter une charge de 150 kgs  et sont tellement sophistiqués qu’ils peuvent détecter la couleur des cheveux d’un individu. Selon le Centre al-Mezan pour les Droits de l’Homme, la plupart des victimes ont été tuées par des drones suivis par des F-16.
FB : Il y a quelques semaines, 16 organismes d’aide internationale ont publié un rapport déclarant que la communauté internationale avait “abandonné Gaza“. Sur le terrain, les choses n’ont absolument pas changé pour les Palestiniens. Elles ont même empiré. Aussi, que pensez-vous du rôle de la résistance populaire ou du militantisme citoyen ?
EJ : Oui, la communauté internationale facilite et finance l’occupation d’Israël tout en affaiblissant et participant au sous-développement de
la Palestine. Les citoyens ordinaires ont la responsabilité de ne pas financer ou soutenir politiquement une industrie qui cache le projet continu de nettoyage ethnique et de colonisation de la Palestine. Les citoyens ont la responsabilité de faire naître un mouvement de masse capable d’exercer une pression politique par tous les moyens possibles – BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions) et par des actions directes – afin que des sanctions soient portées contre Israël et pour renforcer le pouvoir international en ciblant les sociétés qui le violent en termes de Droits de l’Homme et pour exposer Israël au même titre que l’apartheid sud-africain fut exposé avant de disparaître.
FB : A votre avis, quels sont les besoins les plus urgents à Gaza ? Que peuvent faire les gens pour aider à sortir de ce statu quo ?
EJ : Les Gazaouites devraient répondre eux-mêmes à cette question mais beaucoup de gens disent que ce dont Gaza a besoin, c’est du reste de
la Palestine. Les gens qui vivent dans des camps en Jordanie, au Liban, en Syrie et en Cisjordanie veulent retrouver leurs familles et leurs maisons. Le droit inaliénable et légal au retour pour Gaza et pour l’ensemble des réfugiés doit être réaffirmé. La tactique israélienne de division et de torture, de scission de la communauté palestinienne est un projet ancien visant à abattre l’arme la plus puissante contre le nettoyage ethnique : la mémoire, la communauté, la famille.  Tant que des gens se souviendront de leurs maisons et de leurs terres, se reconnaîtront entre eux, parleront de leur cousin, de leur oncle, leur sœur, leur frère et pourront continuer de demander : “De quelle famille viens-tu ?“, alors la lutte ne faiblira jamais et ne sera jamais altérée. Les Palestiniens de Gaza doivent avoir les moyens de parler et d’agir par eux-mêmes. Ils ne doivent pas être dépendants des intermédiaires et ils doivent avoir accès au monde, construire des jumelages entre écoles, mosquées, universités, hôpitaux, jeunes, initiatives… Ce sont les moyens qui permettront de rompre l’isolement et de construire un mouvement de solidarité plus étroit et dynamique avec l’extérieur. L’aide n’est pas la réponse. La solution est la solidarité.
FB : Un an après la guerre, les gens se sont mobilisés, partout dans le monde à travers des manifestations, pour “commémorer“ l’anniversaire de ces événements tragiques. Que pensez-vous de ces manifestations ? Quels effets ont-elles sur les Palestiniens de Gaza ? Ont-elles un intérêt ?
EJ: Les rassemblements sont un point essentiel : nous avons besoin de ce deuil collectif, de participer au souvenir et de descendre dans la rue. Mais il est aussi important de s’intéresser aux sociétés qui violent les lois internationales et qui sont la clé de la perpétuation de l’apartheid israélien, qui, il faut le rappeler, ne se limite pas à Gaza.
La Cisjordanie est quinze fois plus étendue que Gaza et n’est qu’une juxtaposition de “petits Gaza“, des bantoustans cernés par le mur de l’apartheid israélien. Des sociétés comme Veolia, Alstom, Caterpillar, Elbit Systems, CRT Holdings et Carmel-Agrexco pourraient être accusées de soutien et de complicité aux crimes de nettoyage ethnique et de colonisation illégale. L’appel au boycott, au désinvestissement et aux sanctions  de la société civile palestinienne doit être entendu et soutenu, au quotidien, de manière active. Nous sommes tous les complices de la poursuite et du renforcement de l’occupation. Il s’agit d’une occupation internationale, c’est un problème mondial et une solidarité internationale pour le respect des Droits de l’Homme en Palestine peut mener à une solution au niveau local.
FB : Retournerez-vous un jour à Gaza ?
EJ : J’y retourne bientôt ! Je pensais n’en partir que pendant un mois, Gaza me manque énormément. J’y suis chez moi, mes amis et ma “famille“ me manquent. Comme tant d’autres militants qui vont en Palestine, ce que nous voyons reste en nous. Nous apprenons et nous recevons des leçons d’humilité de la part des gens avec qui nous travaillons et c’est un honneur et un privilège de participer à cette lutte.
Frank Barat est un militant pour les Droits de l’Homme. Il est également coordinateur du Tribunal Russell sur la Palestine. Il réside au Royaume-Uni. 
Traduction de l’anglais :
HeLandTranslations@yahoo.fr Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

Source: michelcollon.info


2-2 Israël n'a pas sérieusement enquêté sur des crimes de guerre à Gaza.

L'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) a accusé dimanche Israël de n'avoir pas mené une enquête "impartiale et approfondie" sur des crimes de guerre qu'auraient commis son armée durant l'offensive à Gaza de l'an dernier.

"Israël n'a pas montré qu'il entend mener une enquête approfondie et impartiale sur des allégations selon lesquelles ses forces auraient violé les lois de la guerre" durant l'opération "Plomb durci", affirme l'ONG, basée à New York, dans un communiqué.

L'ONG précise avoir rencontré le 4 février des juristes de l'armée israélienne mais que ceux-ci ne l'ont pas convaincue que les enquêtes internes de Tsahal sont "impartiales et approfondies" et qu'elles "concernent les directions politiques et militaires dont les décisions ont entraîné des morts de civils à l'encontre des lois de la guerre".

"Il est crucial de mener une enquête indépendante pour comprendre pourquoi autant de civils ont été tués et pour pouvoir poursuivre les responsables d'attaques illégales", a déclaré un responsable de HRW, Joe Stork.

Les enquêtes internes de l'armée "ont concerné surtout des soldats qui avaient désobéi aux ordres sur les règles d'engagement de l'armée, sans se préoccuper si ces ordres ne violaient pas les lois de la guerre", a-t-il estimé.

L'ONG relève la "mort de 53 civils dans 19 incidents au cours desquels L'armée israélienne a apparemment violé les lois de la guerre".

Lancée officiellement pour stopper des tirs de roquettes contre Israël, l'offensive a fait du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009 1.400 morts, pour la plupart des civils, côté palestinien, selon des sources médicales locales, et 13 côté israélien.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a déclaré jeudi n'être pas en mesure de déterminer si Israël et les Palestiniens se sont conformés à l'exigence de l'ONU d'ouvrir des enquêtes indépendantes et crédibles sur la guerre de l'hiver dernier à Gaza.

Dans un rapport transmis à l'Assemblée générale de l'ONU, M. Ban déclare qu'à ce stade, "aucune détermination ne peut être faite sur la mise en oeuvre par les parties concernées de la résolution" 64/10 de l'Assemblée.

Dans cette résolution adoptée le 5 novembre, l'Assemblée plénière de l'ONU avait donné trois mois à Israël et aux Palestiniens pour ouvrir des enquêtes "crédibles" sur les allégations de crimes de guerre commis lors du conflit de Gaza, contenues dans le rapport de la Commission d'enquête du juge sud-africain Richard Goldstone.

Le rapport Goldstone, commissionné par l'ONU, recommande la saisine de la Cour pénale internationale (CPI) si Israël et les Palestiniens n'annonçaient pas d'ici fin janvier leur intention de mener des enquêtes "crédibles" sur la conduite du conflit.

Le ministère israélien des Affaires étrangères s'est félicité en fin de semaine, dans un communiqué, de la déclaration du secrétaire général estimant qu'elle tenait compte d'un rapport communiqué par Israël.

Dans ce rapport Israël affirme avoir ouvert des enquêtes sur 150 incidents séparés, dont 36 font l'objet d'une enquête criminelle. Deux officiers supérieurs ont reçu un blâme et une seule condamnation a été prononcée, selon l'armée: contre un soldat qui avait volé une carte de crédit.

(©AFP / 07 février 2010 07h40)

http://www.romandie.com/ats/news/100207064038.q3yi425r.asp


2-3 Mounir Chafiq : Le droit de résister à l'occupation et à l'agression.

Le droit de résister à l’occupation étrangère et le droit de résister à l’agression militaire extérieure prennent leur source dans le droit à l’auto-défense tant au niveau du peuple que de la communauté et de l’individu. De même, ils prennent leur source dans le droit à l’égalité des peuples quant à la souveraineté sur leur pays et l’illégalité de l’agression extérieure armée contre cette souveraineté ainsi que l’illégalité de piétiner celle-ci en transformant cette agression en occupation permanente ou temporaire.

Je considère l’agression militaire extérieure comme étant un acte contraire aux droits des peuples. Elle est illégale du point de vue du droit international qui repose sur des traités conclus entre les pays du monde entier afin de poser les bases de la paix et de la coexistence entre ces pays. Sans cela, il régnerait les guerres et le chaos. Le fort pourrait légalement agresser le faible et disposer de lui conformément à la loi du plus fort qui ressemble à la loi de la jungle.
C’est pour cela qu’eut lieu un accord mondial, entre tous les pays y compris les grandes puissances, les pays colonisateurs et les pays impérialistes, qui ont pratiqué, et qui continuent de pratiquer, la politique du plus fort et de la domination. Ces accords rendent illégales l’agression, la colonisation et l’occupation des terres des autres. L’objectif est de délégitimer l’agression d’un peuple par un autre ou d’un pays par un autre tant que tous reconnaîtront l’égalité, la coexistence et la coopération. Sinon, il régnerait le chaos et on retournerait à la loi de la jungle.
Il est vrai que les grandes puissances qui ont usé, et qui continuent d’user, de la force militaire, ou de pratiquer la politique du plus fort, afin d’imposer leurs objectifs aux autres, ont approuvé et signé ces accords. Cela a contraint les grandes puissances à avoir recours à la politique des deux poids deux mesures concernant le droit international. Les grandes puissances ont installé ce droit pour réguler les relations entre elles et pour protéger leurs intérêts et leurs zones d’influence d’une part ; et d’autre part elles étaient obligées de l’accepter sous la pression des autres peuples - la majorité des peuples du monde - qui ont un intérêt sûr à rendre illégales l’agression militaire et l’occupation en dehors de la légalité internationale.
Il est important de souligner que l’adoption du droit international, avec le droit à la légitime défense et l’égalité entre les peuples, oblige à reconnaître le droit à la résistance dans toutes ses variétés. Notamment, la résistance armée du peuple qui est exposé à une agression militaire extérieure ou qui vit sous l’occupation étrangère ; que cette occupation soit colonialiste ou néo-colonialiste, ou que ce soit une colonisation de peuplement, ou bien par des traités colonialistes qui lui ont été imposés par la force ou par une guerre d’occupation. Ce droit à la résistance armée, ou à la résistance sous toutes ses formes, a aussi été énoncé dans les accords et toutes les normes internationales, notamment dans
la Charte des Nations Unies.
En d’autres termes, il est du droit du peuple opprimé ou de l’Etat agressé par un autre de résister à une agression militaire ou à une occupation résultant d’une agression militaire (l’occupation et le blocus représentent une agression militaire continue). Ce droit rejoint le principe de justice et les principes de la liberté et de la dignité visant à l’établissement d’un système mondial qui sorte vraiment du monde de la jungle ou du monde des requins des océans.
Ainsi est considérée la justice de cette cause qui a engendré la résistance armée et son soutien mondial. Elle est considérée comme une partie de la justice mondiale qui reflète l’intérêt et le bien des peuples.

Mounir Chafiq

janvier

Source : With Resistance

Traduction : Souad Khaldi

Source : Rim

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Mounir_Chafiq.230110.htm


2-4 Ali Waked : 2010 nous verra battre l'occupation.

Les organisateurs des manifestations de Ni’lin, Bil’in et Nabi Saleh, préviennent que les affrontements récents en Cisjordanie nous rapprochent d’une Intifada.

Les récents affrontements à Nabi Saleh, village voisin de Ramallah, le dernier à ajouter à une liste de lieux de confrontations entre Palestiniens et FDI (forces de défense israéliennes) en Cisjordanie, viennent renforcer la position de ceux qui se battent contre la barrière de séparation.

Mardi, on a vu le tribunal militaire d’Ofra juger les 14 manifestants arrêtés lors du dernier affrontement – dont un ado de 14 ans, deux femmes et un membre du comité du village de Ni’lin.

Le village de Ni’lin, lui aussi proche de Ramallah, est le théâtre d’affrontements hebdomadaires entre les forces militaires et les habitants du secteur avec les militants de gauche qui les soutiennent.

Tous les détenus ont été libérés sur caution personnelle. Un autre groupe de détenus doit comparaître jeudi.

Mais si les confrontations à Nil’in et à Bil’in, villages de Cisjordanie, portent sur le tracé de la barrière érigée, les émeutes à Nabi Saleh sont de nature différente, et ceux qui organisent les protestations affirment que leurs actions ont eu comme résultat que les forces de sécurité craignent vraiment désormais que des manifestations violentes surgissent en d’autres lieux de Cisjordanie.

La lutte, dit Mumammad Khatib – qui est considéré par beaucoup comme le premier dirigeant de la protestation – « a fait ses preuves à Bil’in et à Ni’lin et est devenue un modèle qui va bien au-delà des limites de la Cisjordanie. Ils sont des milliers à venir (dans ces villages) participer à nos manifestations. »

Khatib, membre éminent du conseil, ajoute qu’une grande part de leur travail « est destinée à retourner la pression internationale contre Israël. Nos militants se battent contre la propagande israélienne avec les photos des leurs qui furent frappés et blessés au cours de leurs arrestations lors des manifestations. »

Khatib pense que « la lutte va bientôt s’étendre plus loin, en partie à cause de la frustration née de l’impasse politique, mais surtout en raison du harcèlement des colons, et parce que les FDI ne font rien pour les arrêter. »

Se félicitant de l’impact que les émeutes semblent avoir, Khatib a déclaré à Ynet qu’il croit que son peuple sera en mesure de mettre en mouvement toute la région d’ici la fin de l’année. « Nous sommes à la veille d’une Intifada, » prévient-il. « La résistance s’étend, comme ce fut le cas pour l’Intifada (de 1987), mais la prochaine sera beaucoup plus créative. »

« Nous sommes enthousiastes car 2010 nous verra battre l’occupation. Nous le voyons dans le fait que les soldats israéliens sont nerveux, parce qu’ils n’arrivent pas à nous réprimer (les manifestations). »

Khatib et le comité contre la barrière de séparation, avec l’aide de certaines organisations internationales, tentent aussi de promouvoir diverses interdictions dans le monde à l’encontre d’Israël. « Des organisations internationales qui nous soutiennent aident à financer les frais juridiques pour les détenus. C’est un outil important pour la lutte contre l’occupation, » dit-il.

Israël, continue-t-il, a durci sa politique contre les émeutiers arrêtés en Cisjordanie, et les troupes israéliennes se sont faites plus violentes. « Il ne se passe pas une nuit sans incursions et arrestations » affirme-t-il, indiquant que 34 personnes avaient été arrêtées depuis le mois de juin et que, depuis décembre, les FDI avaient effectué 16 raids nocturnes rien que sur Bi’lin.

Un militant de la gauche israélienne, Yonatan Pollack, l’un des dirigeants de la lutte, qui fut blessé à la manifestation de Nabi Saleh, ajoute qu’Israël a intensifié ses efforts pour mettre fin à leur lutte par des moyens juridiques.

« Les accusations contre les militants aussi nous rappellent ce qui s’est passé durant la Première Intifada, » dit-il.

« Ils ne sont plus accusés d’être des terroristes, mais des agitateurs – ni d’être membres d’organisations illégales, mais d’organiser des rassemblements illégaux. »

Source : Ynet

28-01
Traduction : AFPS

Source : Bil'in Village
http://www.bilin-village.org/...

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Ali_Waked.270110.htm


2-5 Silvia Cattori :  Rencontre avec George Galloway.

Silvia Cattori  Rencontre avec George Galloway
« Tous unis avec les musulmans pour briser le siège de Gaza »

George Galloway, député britannique à la Chambre des communes (*), est un homme posé, vif, chaleureux. Son regard bleu est attentif et amical. Il n’a pas de temps à perdre. Il est préoccupé par la gravité de la situation à Gaza. Il a mille fers au feu mais il a néanmoins accepté de venir donner, le 26 janvier, une conférence à Lyon (**). C’est dans ce cadre que nous l’avons rencontré.

D’une voix forte, claire et limpide, il délivre son message : face à la guerre que mène l’Occident contre le monde musulman, c’est une faiblesse mortelle de la gauche de ne pas s’unir avec les musulmans [1]. Il est impératif que toutes les forces progressistes et anti-guerre s’unissent avec eux. Car les positions des musulmans aujourd’hui sont objectivement les mêmes que celles de tous les progressistes dans le monde : en finir avec les guerres et les injustices.

Silvia Cattori : Après le dernier convoi de « Viva Palestina » à Gaza [2], que comptez-vous faire ?

George Galloway : Je pense que le temps des discussions est passé. Les actions parlent plus fort que les mots. Nous devons briser le siège de Gaza par tous les moyens. Nous l’avons brisé trois fois au cours des derniers onze mois ; nous devons continuer de le briser de plus en plus pour obtenir la fin définitive de ce siège.

Nous n’allons pas laisser seule la population de Gaza. Le prochain convoi se fera par la mer. Nous n’avons pas d’autre choix. On prendra la mer en mai 2010. Il y aura des navires d’Afrique du Sud, du Venezuela, de Malaisie, de Turquie, etc. Nous avons besoin d’autant de navires que possible, du soutien d’autant de gouvernements que possible, de la protection d’autant de drapeaux que possibles pour apporter à Gaza autant d’aide que possible ; du ciment, du bois, des clous, pour reconstruire Gaza.

Certes, c’est beaucoup plus difficile maintenant que l’Egypte a interdit l’entrée de son territoire aux convois. J’aurais préféré aller par terre plutôt que par mer, je ne suis pas un marin, mais c’est la seule voie pour aller à Gaza. Nous voulons que ce convoi international puisse naviguer sous pavillon turc, qu’il y ait à son bord des personnalités éminentes, et qu’il puisse transporter une grande quantité de matériel. Nous avons de bonnes chances d’arriver à bon port. Si nous y parvenons, nous pourrons revenir avec nos bateaux remplis de produits de Gaza, et amorcer ainsi une ligne commerciale maritime entre Gaza et le monde.

Nous sommes en train de construire une coalition internationale ; le mouvement « Viva Palestina » existe maintenant dans de nombreux pays : Afrique du Sud, Australie, États-Unis, Malaisie, Grande Bretagne, Irlande ; je souhaite voir le mouvement de solidarité en France se joindre à nous.

Silvia Cattori : Si je comprends bien, vous comptez rassembler et unifier internationalement les groupes et les gens, actuellement dispersés et affaiblis, pour atteindre la plus grande efficacité possible et devenir éventuellement le leader de ce mouvement ?

George Galloway : Non, je ne pense pas en être le leader. Je crois que la Turquie est le leader. Le Premier ministre, M. Erdogan, devrait être notre leader. C’est, je crois, le seul homme d’État qui peut réellement avoir un large écho - en particulier dans le monde musulman, le monde arabe - et qui peut réveiller le géant endormi de l’opinion publique arabe.

La Turquie a été un élément très important dans notre réussite. Elle est un nouveau facteur dans cette équation palestinienne. Après des décades d’alliance stratégique avec Israël, la Turquie est dirigée aujourd’hui par un gouvernement que les citoyens du monde ne peuvent qu’admirer. L’ONG humanitaire "Turkish Relief Foundation" (IHH) a été décisive dans le succès de notre dernier convoi. Elle nous a apporté des véhicules et plus du 40% des personnes qui ont participé au convoi. M. Erdogan est intervenu personnellement pour obtenir que Moubarak nous laisse passer. Il nous a apporté tout le soutien politique et diplomatique qu’il nous fallait pour que nous puissions atteindre notre objectif d’entrer à Gaza pour offrir à la population notre matériel et notre soutien.

Silvia Cattori : Je comprends que vous soyez pressé de repartir, et de vous lancer dans un nouveau défi pour attirer l’attention du monde sur Gaza et sa population délibérément affamée, et toujours prise au piège d’un enfermement plus que jamais cruel et dangereux. Mais n’est-ce pas un rêve irréalisable ? En naviguant sous pavillon turc, ne craignez-vous pas d’être accusé de vouloir dresser un État contre un État ? Cela ne sera-t-il pas considéré par Israël comme un acte de guerre ?

George Galloway : Non, cela ne sera pas un acte de guerre parce que les eaux internationales sont les eaux internationales ; et après c’est la mer de Gaza. Il faut seulement avoir le courage de passer des eaux internationales aux eaux de Gaza. Il n’y a aucune menace contre Israël. Le convoi peut être inspecté par des fonctionnaires des Nations Unies, pour vérifier qu’il n’y a pas d’armes. Déjà plusieurs bateaux sont passés.

Silvia Cattori : Les trois dernières tentatives d’atteindre Gaza par la mer, en 2008, ont échoué ! Et les deux premières tentatives, si elles ont réussi, n’est-ce pas qu’Israël avait peut-être à ce moment là, un intérêt à les laisser passer ?

George Galloway : Il s’agissait d’un ou deux bateaux, et ils n’avaient pas la protection d’États importants. Il faut s’assurer la protection d’États qui pèsent d’un certain poids. C’est à quoi nous travaillons maintenant.

Je crois que nous sommes en mesure de créer les conditions qui nous permettront d’arriver à bon port. Nous devons essayer coûte que coûte ; dans ce contexte de blocus, il n’y a pas d’autre voie pour atteindre Gaza que d’y aller par la mer. Au début des années 1960, quand Berlin Ouest était isolé, tous les pays européens ont organisé un pont aérien pour lui apporter de l’aide. C’est d’un tel pont dont nous avons besoin. Nous ne pouvons pas le faire par air mais nous pouvons le faire par mer. Plus important il sera, mieux ce sera. Nous devons y aller en grand nombre ; nous devons avoir à bord des personnalités de renom, et le soutien d’États importants, ou au moins d’un État important. Et la Turquie sera, je crois, la clé.

Silvia Cattori : Le groupe de « Free Gaza » n’a-t-il pas annoncé son intention d’aller à Gaza à la même époque ? Ne travaillez-vous pas ensemble ?

George Galloway : Je ne sais pas ce que va faire « Free Gaza » ; nous respectons ce qu’ils font. Nous savons qu’ils ont déjà différé trois fois leur voyage ; je souhaite qu’ils se joignent à notre convoi, mais s’ils décident d’y aller seuls, ils ont mon entier soutien.

Silvia Cattori : Les gens qui vous ont fait confiance, qui vous ont accompagné durant les trois convois, surtout lors du dernier, comment vont-ils ? Cela a dû être une expérience fascinante et sans doute enrichissante, mais aussi très traumatisante. Comment sont-ils revenus du troisième et dernier convoi de décembre-janvier ? Et vous-même ? Brisés ou plus forts ?

George Galloway : Plus forts. Mais le prochain convoi par mer ne nécessitera pas d’engager la présence d’autant de personnes. Dans ce cas, les seules personnes qui peuvent être un soutien, qui peuvent être vraiment efficaces, sont des personnalités connues, des gros donateurs, et des gens qui ont une expérience de marin. Nous n’avons pas besoin de beaucoup de passagers dans ces bateaux. C’est une tactique différente, celle-ci. Dans un convoi par terre, tout le monde était le bienvenu. Dans le dernier, nous avions avec nous 520 personnes de 17 pays. Ici, nous n’aurons besoin que de 15 à 20 personnes par bateau.

Silvia Cattori : Les gens qui ont suivi votre longue et pénible odyssée ont été impressionnés. Cela doit vous faire plaisir de savoir que l’on entend dire : « Si vous voyez quelqu’un de la trempe de Galloway, suivez-le ». Mais vos succès ne pèsent-ils pas lourd sur vos épaules ? C’est une grande responsabilité !

George Galloway : Oui. Mais je suis dans ce combat depuis 35 ans. J’avais 21 ans quand je l’ai commencé. Je ne vais pas l’abandonner. Nous n’allons pas laisser seule la population de Gaza.

Silvia Cattori

(*) Voir le site web de George Galloway :
http://www.georgegalloway.com/index.php

(**) Invité par l’association Résistance Palestine.

28 janvier 2010 | Thèmes : Gaza Mouvements de solidarité Droit international


 [1] Par deux fois le public s’est levé et l’a ovationné pour lui exprimer son admiration pour avoir réussi par trois fois de véritables exploits en assurant l’arrivée des convois de « Viva Palestina » à Gaza.

[2] Voir : « “Viva Palestina”, et maintenant ? », par Stuart Littlewood, info-palestine.net, 14 janvier 2010.

http://www.silviacattori.net/article1092.html


2-6 Le Hamas dénonce une stratégie d'élimination, en Cisjordanie.

nb PS : La publication de l'articlene signifie nullement que la rédaction partage le  point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

Mardi 2 février, Le dernier chauffeur du député Nasser Abd el Jaouad a passé deux mois en prison en Cisjordanie. De crainte de connaître le même sort, plus personne ne veut travailler pour ce représentant du Hamas.

Le chauffeur avait été arrêté par les forces de sécurité palestiniennes fidèles au président Mahmoud Abbas, dont le gouvernement établi à Ramallah est en conflit ouvert avec les islamistes du Hamas qui l'ont chassé de la bande de Gaza.

"Quand je demande aux gens de travailler avec moi, ils refusent. Ils ont peur", explique Nasser Abd el Jaouad, élu au Conseil législatif palestinien en 2006, lors d'un scrutin qui vit le Hamas battre le Fatah d'Abbas alors au pouvoir.

L'onde de choc provoquée par cette victoire, due en partie au rejet d'un Fatah que les électeurs considéraient comme un appareil corrompu, a plongé les Palestiniens dans une violente crise politique et dans une guerre civile dans la bande de Gaza.

Le Mouvement de la résistance islamique a fini par y prendre le pouvoir par les armes en juin 2007 et gouverne toujours ce territoire placé sous un étroit blocus israélien.

"Un programme est mené pour déraciner le Hamas en Cisjordanie", assure à Reuters le député Omar Abdel-Razik dans son bureau de Salfit, village proche de Naplouse.

"Il n'y a pas d'activités du Hamas. Des arrestations sont effectuées de façon quotidienne", ajoute-t-il.

Le Hamas affirme que 600 de ses membres sont détenus en Cisjordanie, illustration du fossé dans lequel beaucoup de Palestiniens voient mourir leurs espoirs d'avoir un jour un Etat indépendant.

DIVERGENCES STRATÉGIQUES

Le Hamas et l'Autorité palestinienne s'accusent mutuellement de vouloir éliminer le mouvement rival

Pour les analystes palestiniens, les Israéliens opposés à la création d'un Etat palestinien ne peuvent que s'en réjouir.

La médiation égyptienne visant à réconcilier les deux camps n'a pour l'heure rien donné. (…)

Les accusations réciproques de recours à la torture exacerbent cette hostilité, qui trouve ses racines dans les divergences de stratégie à l'égard d'Israël.

Le Hamas, conteste la stratégie de négociation d'une paix durable poursuivie par Mahmoud Abbas.

Abd el Jaouad et Abdel-Razik ont passé l'un et l'autre plus de trois ans en prison en Israël après leur élection au Conseil législatif palestinien, institution qui ne s'est pas réunie depuis les affrontements de 2007.

Ils font partie de la quarantaine de députés du Hamas arrêtés après l'enlèvement, en juin 2006 près de la frontière avec la bande de Gaza, du soldat Gilad Shalit, toujours détenu.

Abd el Jaouad a été libéré en septembre et déplore que les forces de sécurité palestiniennes aient interdit la réception prévue pour son retour.

Un responsable de la sécurité explique que le Hamas utilise ces rassemblements pour inciter la population à la haine contre l'Autorité palestinienne.

Plus de 200 organisations caritatives affiliées au Hamas, essentielles à son implantation locale, ont été fermées et quiconque est lié au mouvement a pris l'habitude d'être suivi par les forces de sécurité, raconte le député.

Les fonctionnaires proches du Hamas se plaignent en outre d'avoir été limogés pour des raisons politiques.

Le dernier chauffeur d'Abd el Jaouad relève, lui, que son ancien emploi au service de Yasser Arafat ne lui a pas évité l'arrestation. "J'ai passé deux mois à travailler pour lui et deux mois en prison. Personne ne veut travailler avec lui."

http://fr.news.yahoo.com/4/20100202/twl-po-cisjordanie-hamas-bd5ae06_1.html


2-7 Abbas : « Je soutiens le mur égyptien »

Nb : PS : La publication de l'articlene signifie nullement que la rédaction partage le  point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

Interview exclusive : Le Président palestinien fait allusion à des pourparlers avec médiateurs pour redémarrer le processus de paix moribond.

Mahmoud Abbas a insisté qu’il ne permettrait aucun retour à une résistance palestinienne armée et a appelé Israël à geler la construction des colonies pendant trois mois pour permettre le retour à des discussions de paix.

La poursuite de la colonisation de la Cisjordanie par Israël conduit à une « solution à un État », a dit le président palestinien Mahmoud Abbas au Guardian, tout en indiquant qu’il a l’assurance d’accepter cette semaine une proposition étasunienne de« discussions locales » avec Israël via des médiateurs étasuniens.

Lors d’une interview exclusive, le président de l’Autorité Palestinienne a aussi insisté sur le fait qu’il ne permettrait aucun retour à une résistance armée ; a proposé des négociations directes avec Israël en échange d’un gel complet de trois mois de la colonisation ; a déclaré qu’il avait été proche d’un accord global avec l’ancien leader Ehoud Olmert, qui allait plus loin que tout ce qu’avait négocié Yasser Arafat sous la présidence de Bill Clinton ; et a défendu la construction par l’Égypte d’un mur souterrain pour empêcher la contrebande dans la bande de Gaza contrôlée par Hamas.

Le président de l’Autorité Palestinienne a été sous intense pression US pour ouvrir des négociations de paix avec le gouvernement israélien de Benjamin Netanyahou, mais a jusqu’à présent refusé de le faire à moins qu’Israël gèle toute construction de colonies dans les territoires palestiniens occupés, comme l’avait demandé le président américain, Barak Obama, selon les exigences de la feuille de route de 2002. Israël n’a accepté qu’un arrêt partiel de la construction de colonies pendant 10 mois.

Le mois dernier, Obama a concédé que les USA avaient échoué à parvenir « au genre de percée que nous voulions » au Moyen-Orient, et n’auraient peut-être pas suscité des attentes aussi élevées s’ils avaient anticipé les problèmes politiques.

Parlant à Londres après avoir rencontré Gordon Brown et le secrétaire aux affaires étrangères David Miliband, le leader palestinien a dit qu’il ne savait pas pourquoi les Américains avaient reculé sur leur demande d’un gel complet. Il consulterait les alliés arabes avant de répondre jeudi à l’appel à des discussions informelles de l’envoyé américain pour le Moyen-Orient George Mitchell.

« S’il y a un contenu quelconque dans la réponse du côté israélien — par exemple, s’ils acceptent le cadre d’une solution à deux Etats basé sur les frontières de 1967 et une fin de l’occupation, avec un calendrier et des mécanismes — alors il y aura un progrès », a dit Abbas.

Israël est pressé par les USA de répondre par des mesures établissant la confiance, dont une fin des incursions militaires, le démantèlement de check-points et la libération de prisonniers, si des pourparlers indirects ont lieu.

Abbas a aussi dit qu’il serait prêt à reprendre des négociations de paix face à face si Israël gelait toute construction de colonies pendant trois mois et acceptait les frontières de 1967 comme base pour des échanges de terres. « Ce ne sont pas des pré-conditions, mais les exigences de la feuille de route. S’ils n’y sont pas prêts, c’est qu’ils ne veulent pas de solution politique. »

L’autorité palestinienne et l’OLP soutiennent la solution à deux Etats, a dit Abbas. Mais ce que fait Israël maintenant en Cisjordanie, en terme d’occupation continue, d’extension des colonies et de confiscation de la terre palestinienne, « mène à une solution à un État, que nous rejetons ».

Abbas a déclaré que les négociations avec Olmert pendant les préparatifs de la guerre de Gaza avaient été plus loin que celles tenues en janvier 2001 à Taba entre Arafat et Ehoud Barak, et comprenait « des échanges frontaliers, Jérusalem et le retour de certains réfugiés », mais le gouvernement Netanyahou a refusé ce qui avait été accepté comme base pour une négociation ultérieure.

Le leader palestinien est sous pression, à la fois de son rival le Hamas et à l’intérieur de son propre mouvement Fatah, sur les concessions aux USA et à Israël et sur l’incapacité apparente de sa direction à fournir des progrès tangibles vers les objectifs nationaux palestiniens de fin de l’occupation israélienne, de souveraineté et de retour des réfugiés Palestiniens.

« Il n’y aura pas de retour à la lutte armée », a dit Abbas. « Ceci détruirait notre territoire et notre pays ». Hamas lui-même, a-t-il argumenté, « ne résiste pas » — une référence au cessez-le-feu effectif de l’organisation depuis janvier de l’an dernier — « et maintenant il parle de paix et de trêve avec Israël ».

Mais si Israël continuait à résister à la fin de l’occupation, il démissionnerait et refuserait de se présenter à de nouvelles élections : « Je devrais dire à notre peuple qu’il n’y a pas d’espoir et pas d’utilité à mon maintien en fonction ». Les quatre années d’Abbas comme président élu de l’AP ont expiré il y a un an, mais le mois dernier l’OLP a promongé son terme jusqu’à ce que de nouvelles élections soient tenues.

Le leader de l’AP a défendu les mesures énergiques de ses services de sécurité sur les militants de Hamas en Cisjordanie, en insistant sur : « nous ne voulons emprisonner aucun membre politique de Hamas, mais seulement les gens qui provoquent la situation sécuritaire, même ceux du Fatah ».

Il a aussi démenti les rapports publiés dans Le Guardian selon lesquels la CIA avait travaillé étroitement avec des éléments de l’appareil sécuritaire de l’AP impliqués dans l’arrestation et la torture possible de sympathisants de Hamas. Le rôle américain a été restreint à l’entraînement et à la mise à niveau des forces de sécurité dans le cadre d’un effort international plus large, a-t-il dit.

L’AP était prête à tenir de nouvelles élections dans les territoires palestiniens, gagnées par Hamas en 2006, si l’organisation islamiste signe l’accord de réconciliation élaboré par le gouvernement égyptien, a dit Abbas. Il a blâmé « quelqu’un d’extérieur » — nom de code pour l’Iran — pour le refus par Hamas de le faire.

Le président palestinien a aussi défendu la décision de l’Égypte de construire un mur souterrain pour empêcher les tunnels de contrebande sous la frontière sud de la bande de Gaza soumise au blocus. « Je soutiens le mur [égyptien] », a dit Abbas. « C’est le droit souverain des Égyptiens dans leur propre pays. Les fournitures légitimes devraient être amenées par les points de passage légaux ».

Seumas Milne
The Guardian

 5 février

Titre original : « Mahmoud Abbas : Israel’s West Bank occupation leading to one-state solution »

 31 janvier 2010 - The Guardian - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.guardian.co.uk/world/201...
Traduction de l’anglais : JP. Bouché

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=8124


n°511 - Dossier de Palestine - 15-02 - : Fin - : Le droit de résister à l'occupation et à l'agression.

n°511  -  Dossier  de Palestine -  15-02 - :  Fin -  : Le droit de résister à l'occupation et à l'agression.



  L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 



Dossier de Palestine

n°511                                                     15-02

                                                           C.De Broeder & M.Lemaire   



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 

Sommaire

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage (Suite & Fin)

2-8 Après la mort d'Al-Mabhouh : Une liste de liquidation de 12 chefs militaires palestiniens.

2-9 L’occupation israélienne change le visage de la ville d’Al-Quds.

2-10 Jérusalem 2020: les Israéliens majoritaires, la présence arabe réduite à 12% …

2-11 Une quinzaine de blessés dans des heurts israélo-palestiniens.

2-12 Ilan Pappe : « Le sionisme était un mouvement colonial ».

2-13 Ramzy Baroud : La Turquie saisit sa chance historique.

2-14 Juan Gelman : Ce que pensent les Us américains d'en bas et ceux d'en haut : Le borgne est roi.

2-15 Rapport Goldstone : Les poursuites judiciaires contre Israël, où en est-on?


2-8 Après la mort d'Al-Mabhouh : Une liste de liquidation de 12 chefs militaires palestiniens.

La direction du Hamas aurait adressé, lundi 1er février 2010, un avertissement des plus forts aux dix de ses chefs militaires et de deux du Djihad Islamique, estiment des sources israéliennes.

L’avertissement dirait que le Hamas a reçu des renseignements confirmant que les différents services israéliens de sécurité sont en train de préparer une série d’assassinats, après l’assassinat le 19 janvier 2010 de Mahmoud Al-Mabhouh, l’homme du Hamas du contact avec l’Iran.

Les sources se montrent étonnées de voir une organisation militaire exposer les noms de douze chefs importants.

La liste contient le nom de Mohammed Daïf, le chef militaire supérieur du Hamas, bien qu’il soit infirme, blessé gravement dans une tentative israélienne d’assassinat. Il y a aussi Ahmed Al-Jaabari, le chef des états généraux des brigades d’Al-Qassam. Abou Khaled. Marwan Issa. Abou Khaled Hojazi. Mohammed Kharroub, chef du Djihad Islamique. Abou Al-Montassir. Abou Qossaï. Nader Jaabir. Khaled Mansour, responsable du Djihad Islamique à Gaza. Mohammed Sanwar. Mohammed Abou Shimala. Ahmed Ghandour.

L’assassinat d’Al-Mabhouh

Il est important de souligner que le président du service de renseignements israélien s’active beaucoup, ainsi que des grands officiers, en ces dernières semaines, en faisant des allers-retours entre Tel-Aviv et certaines capitales arabes.

Et Perez, président de l’Entité sioniste, s’est envolé vers l’Allemagne pour menacer les Allemands et leur rappeler l’holocauste, afin qu’ils continuent leur soutien à "Israël".

Benyamin Netanyahu, le premier ministre israélien, a lui aussi rencontré plusieurs chefs de services de sécurité européens. Il est vite revenu à Tel-Aviv pour des réunions urgentes avec ses officiers. On a vite compris que quelque chose se préparait dans les coulisses, quelques nouvelles visions sécuritaires.

En effet, le chef du cabinet israélien et ses ministres ont décidé d’actionner le Mossad et de le faire travailler pour semer la peur parmi les régimes arabes.

Ainsi, le feu vert a été donné au Mossad de pratiquer des opérations spéciales pour perturber le Hamas et le Hezbollah.

Et l’assassinat d’Al-Mabhouh, un des chefs militaires des brigades d’Al-Qassam, ne représente que le premier épisode d’une longue série d’opérations qui continueront les semaines à venir. "Israël" voudrait arriver à deux objectifs.

Le premier serait de semer le doute et l’anarchie dans les services de sécurité arabes de quelques capitales arabes.

Le deuxième but serait d’attirer le Hamas et le Hezbollah vers des actes allant à l’encontre des intérêts israéliens en Europe, pour ensuite les accuser de terrorisme.

Une accusation qui éloignerait les regards de tous ces crimes commis par les Israéliens à l’encontre du peuple palestinien. Et le Monde aurait oublié le rapport de Goldstone.

Dans les coulisses, les mouvements de résistance verraient difficile toute opération à l’étranger, bien que leurs sympathisants les attendent pour venger l’assassinat de Moghniya et d’Al-Mabhouh. Par contre, une opération spectaculaire serait possible à l’intérieur de l’Entité sioniste.

A savoir que les agents du Mossad ont obtenu des passeports de certains pays européens afin de faciliter leur pénétration à Dubaï et de mettre en œuvre le dernier assassinat.

Une ambassade européenne aux Emirats Arabes Unis a été prise comme QG par les agents israéliens, au nombre d’une vingtaine d’hommes et de femmes.

Rapport publié par le site Tik Debka, le 5 février 2010
Traduit et résumé par le département français du CPI

CPI

9 février

Source : CPI
http://www.palestine-info.cc/...


2-9 L’occupation israélienne change le visage de la ville d’Al-Quds.

Depuis leur occupation de la ville d’Al-Quds, les Israéliens ont établi beaucoup de changements, dans la ville voire dans sa structure démographique, sociale et culturelle. Des centaines d’hectares de terre ont été confisquées. Quelque dix-neuf colonies ont été bâties comportant environ 60 unités résidentielles où habitent plus de 160 mille colons.
En 1948, les israéliens ont occupé la partie occidentale de la sainte ville d’Al-Quds. Et en 1967, ils ont occupé sa partie orientale.
En 1980,
la Knesset, le parlement israélien, l’a déclarée comme capitale de l’Entité sioniste, en dépit du refus de la communauté internationale.
Mais encore.
Le maire israélien de la ville, Nir Barakat, a révélé  l’existence de plans mis en place pour construire encore plus d’unités résidentielles pour les colons dans la partie orientale de la ville d'Al-Quds, après avoir mis complètement la main sur sa partie occidentale.
Dans ses déclarations de presse, Barakat avait déclaré que s’il y a des problèmes de prix d’appartements du côté juif de la ville d'Al-Quds, pourquoi on n’en construirait pas dans le côté oriental, puisque les terrains sont sous la mainmise du gouvernement israélien. Il prétend que les terrains sont la propriété des Juifs, et non des Arabes.
Cette campagne coloniale menée par les autorités de l’occupation israélienne contre la ville d'Al-Quds fait peur aux Palestiniens qui représentent 34% des habitants de la ville.
 Les occupants israéliens se sont déjà activés à changer la carte démographique de la ville d'Al-Quds, dès la fin du premier congrès sioniste tenu dans la ville de Bâle, à la fin du mois d’août en
1897. A partir de cette date, le nombre de Juifs n’a pas cessé de grimper. Et après la déclaration de Balfour en 1917, précisément entre 1917 et 1948, lorsque la Grande-Bretagne avait laissé grande ouverte la porte de la Palestine pour une intense immigration des Juifs.
Les milices sionistes de Shtern, d’Itsel et de Haganah ont chassé plus de cent mille Palestiniens de la partie occidentale de la ville d'Al-Quds.
 Et durant la guerre de 1967, les occupants israéliens ont chassé plus de 15 mille Palestiniens de sa partie orientale, explique Khalil Tokmachi, expert de la colonisation.

27/01 

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=121602&language=fr


2-10 Jérusalem 2020: les Israéliens majoritaires, la présence arabe réduite à 12% …

L'organisation islamo-chrétienne pour le soutien de la ville d'Al-Quds occupée et les lieux saints, a mis en garde contre l'instauration d'une ville juive sur les ruines des maisons palestiniennes démolies, à Selwan (Est de Jérusalem occupée).
Cet appel intervient après les déclarations lancées par le maire de la municipalité d'Al-Quds occupée, qui a menacé de détruire toutes les maisons palestiniennes soi-disant "non autorisées". Des centaines de familles palestiniennes seront désormais sans-abris.
"Les autorités d'occupation considèrent la région de Selwan comme une ville juive et exécutent leurs agendas afin de s'emparer de cette région", a averti l'organisation.
JERUSALEM 2020 
L'organisation islamo-chrétienne pour le soutien d'al-Qods et les lieux saints a également mis en garde contre le plan sioniste appelé "Jérusalem 2020" qui vise à judaïser la ville d'al-Quds occupée.
Elle a révélé que l'occupation a consacré plus de 10 milliards de dollars américains pour effectuer ce plan, qui vise à annexer les colonies qui entourent la ville sainte et confisquer les terres palestiniennes.
 Elle a souligné que ce plan vise aussi à installer plus de 40 mille colons sionistes dans la ville d'al-Quds, pour qu'ils deviennent majoritaires, et ce, après la réduction de l'existence palestinienne dans cette ville sainte: soit moins de 12 % palestiniens en 2020.
L'organisation a renouvelé son appel au conseil de sécurité de l'Onu pour qu'il mette fin à toutes les mesures sionistes terroristes visant à judaïser la ville et ses lieux saints islamiques et chrétiens

07/2

.http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=123337&language=fr


2-11 Une quinzaine de blessés dans des heurts israélo-palestiniens.

Une quinzaine de personnes ont été blessées dans des heurts survenus lundi entre policiers israéliens et manifestants palestiniens dans un camp de réfugiés en lisière de Jérusalem.

Le gouvernement palestinien a vivement condamné ce qu'il a appelé une incursion israélienne et certains de ses responsables ont estimé que les négociations avec Israël ne pourraient reprendre que si elles se concentraient sur la question des frontières et sur d'autres aspects au coeur du conflit, et qu'elles se fixaient une date butoir claire.

Des manifestants palestiniens et les forces israéliennes se retrouvent face à face chaque semaine depuis des mois, lors de rassemblements généralement pacifiques organisés contre la saisie récente par les Israéliens d'habitations où vivaient des Palestiniens, dans certaines parties de Jérusalem-Est.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui sous la pression des Américains a décrété un gel limité et temporaire des constructions de logements en Cisjordanie occupée, refuse de céder aux Palestiniens, qui réclament l'arrêt de la construction d'habitations pour des Juifs dans Jérusalem-Est, partie arabe de la ville, conquise en 1967 lors de la guerre des Six-jours.

La dispute a pris un tour violent lundi lorsque des enfants palestiniens ont caillassé des véhicules de police israéliens qui pénétraient dans le camp de réfugiés de Shoafat. Les jets de pierres ont blessé quatre agents israéliens, a indiqué un porte-parole de la police israélienne.

La police avait lancé l'opération dans ce camp pour arrêter ce qu'Israël a présenté comme des suspects de fraude fiscale. Dix Palestiniens ont été blessés dans la confrontation, mais aucun grièvement, ont déclaré des responsables palestiniens.

Dans un communiqué, l'Autorité autonome palestinienne a vivement condamné l'"incursion" israélienne, assortie d'une opération militaire qui a visé trois secteurs palestiniens de Jérusalem-Est et au cours de laquelle, selon elle, des dizaines de personnes ont été interpellées.

A Tokyo, le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riad Malki, a souligné que toute reprise des négociations de paix avec Israël, bloquées depuis l'offensive israélienne contre la bande de Gaza pendant l'hiver 2008-2009, devrait aborder avant tout la question des frontières et se fixer un délai de quatre mois.

L'accrochage de lundi illustre une nouvelle fois les tensions cristallisées autour de la ville de Jérusalem, considérée par l'Etat hébreu comme sa capitale "indivisible et éternelle". Les Palestiniens, eux, veulent faire de Jérusalem-Est, annexé par Israël en 1967, la capitale d'un futur Etat.

AP 9/2


2-12 Ilan Pappe : « Le sionisme était un mouvement colonial ».

Entretien avec Ilan Pappe sur son livre Le Nettoyage ethnique de la Palestine, l'occupation permanente et les démarches pour une paix au Proche-Orient par Rolf-Henning HINTZE
Le Professeur Ilan Pappe (né en 1954) est un historien israélien.

De 1984 à 2007 il a enseigné à l'Université de Haïfa et actuellement il est à l'Université d’Exeter en Grande-Bretagne.

Son livre Le Nettoyage ethnique de la Palestine  (394 p., 20,90 €, Fayard 2008)  a déclenché des attaques violentes contre lui.

 

Rolf-Henning Hintze (RHH): En Israël, vous avez affronté bien des difficultés et à la fin, vous avez décidé d'accepter un travail à l'étranger. Quel genre de pression a-t-on  exercé sur vous ?

 

Ilan Pappe (IP) : Je ferais la différence entre la pression et la décision de vivre en Europe. La pression s’est d'abord manifestée dans mon environnement académique où j’ai été isolé et boycotté. Je ne pouvais plus prendre part à des séminaires et des conférences, ma promotion fut suspendue. C'était l'une des formes de pression. L'autre était constituée de fréquentes menaces de mort qui m'étaient adressées par téléphone, e-mail ou par poste. Parmi celles-ci, certaines n'étaient probablement pas sérieuses, mais reflétaient simplement la haine, mais je rappelle le cas d'un professeur qui a té victime d’un attentat à la bombe à la suite de menaces similaires. Je me suis décidé à quitter le pays parce qu'il ne m'était pas possible d'avoir un dialogue fructueux avec mes collègues et avec la société en général. Je pensais que je pourrais bien mieux servir la cause – dont je demeure convaincu – en travaillant à l'étranger. La très grande similitude entre la société d'apartheid blanche d'Afrique du Sud lorsqu’elle était au sommet de sa puissance et Israël, où il est impossible d'initier des processus de transformation de l'intérieur,  m’est apparue toujours plus clairement. On ne peut y parvenir que par la pression de l'extérieur.

 

(RHH): Vous dites qu'il 'y avait plus de dialogue avec vos collègues. Comment cela a-t-il commencé? A-t-on d'emblée refusé vos livres ou y avait-il encore une certaine compréhension au début?

 

(IP) : Les collègues vous accompagnent tant que vous restez dans le cadre des représentations sionistes. Dès l'instant où on se libère soi-même du dogmatisme sioniste,  et qu'on appréhende la réalité d'une autre manière, on ne peut plus revenir en arrière et ça, les collègues le sentent. C'est comme si on avait franchi le Rubicon et ils savent qu'on a traversé un fleuve très large.

 

(RHH): Vous parlez de la libération du dogmatisme sioniste. C'était probablement un très long processus. Quelles en ont été pour vous les étapes?

 

(IP) : Ce fut un long cheminement. Jusqu'en 1982, alors que je me trouvais en Angleterre à préparer mon doctorat, je n'avais jamais pensé quitter cette idéologie. Dans mon cas, il n'y a pas eu d'évolution dramatique pour quitter le camp sioniste. Mais trois facteurs ont contribué en moi à ce changement, bien qu'ensuite, il fallut encore du temps jusqu'à ce que cela mûrisse. D'abord, il y eut le fait que j'étudiais hors d'Israël. Ceci est très important parce qu'on voit les choses sous un autre éclairage.  Ensuite, il y eut la guerre de 1982 contre le Liban. Même la majorité de la presse israélienne laissait les gens dans l'incertitude. C'était la première guerre dont la justification était mise en doute par les gens, et pas seulement par les membres de l'extrême-gauche. Cela faisait réfléchir: s'il y avait une guerre injuste, qu'en était-il des autres? Et finalement, je travaillais déjà depuis environ deux ans sur du matériel d'archives concernant les événements de 1948. Il faut environ un an avant qu'on commence à comprendre – qu'on commence ! Il faut des années, pour comprendre cela complètement. A cette époque, je commençais à comprendre ce qui s'était passé en 1948, et ce que je voyais, était terrible pour moi. Ça dépassait tout ce qu'on m'avait appris sur le judaïsme et le sionisme. C'était énorme.

 

(RHH): Quelles ont été les réactions lorsque vous avez publié les résultats de vos recherches ?

 

(IP) : Mes premiers livres, à peu près jusqu'en 2000, n'ont pas été acceptés avec une particulière bienveillance, mais ils paraissaient encore légitimes, ils étaient encore à peu près recevables. Pendant une guerre, des gens sont délogés, ça arrive malheureusement, mais ça ne remet pas fondamentalement en cause la moralité de l'État. Mais lorsqu'au début de ce siècle j’ai commencé à décrire le sionisme comme un colonialisme, la guerre de 1948 comme un nettoyage ethnique et lorsque j’ai désigné le régime en Israël même et dans les territoires occupés comme un régime d'apartheid, j’ai du faire face à des réactions très vives. On m’a traité comme un traître.

 

(RHH): La thèse principale de votre livre:" Le Nettoyage ethnique de la Palestine ", est que la direction sous Ben Gourion considérait les Palestiniens, déjà avant l'indépendance d'Israël comme un obstacle à la réalisation du sionisme. Etait-ce le motif pour le plan Dalet, de sinistre mémoire,  d'expulser systématiquement les Palestiniens?

 

(IP) : En Israël, même les historiens critiques contemporains disent qu'il y a eu une guerre et que dans cette guerre, des gens ont été expulsés. J'ai dit au contraire que la guerre fut initiée pour expulser des gens, ce qui est très différent. Les preuves matérielles sont à mon avis manifestes. C'est intéressant, une fois qu'on s'est libéré de l'idée que seuls des historiens juifs israéliens peuvent décrire l'histoire d'Israël et qu'on lit ce que des scientifiques palestiniens ont écrit il y a 20 ou 30 ans. Il y avait des hommes de grande intelligence, par ex. l'historien Walid Khalidi ou le grand philosophe Edward Saïd, mais encore bien d'autres universitaires qui voyaient très clairement que la guerre fut le moyen par lequel Israël voulait réaliser l'épuration ethnique de la Palestine. Il faudrait que les gens qui n'acceptent pas ma thèse expliquent comment, avant que la guerre ne commence le 15 mai 1948, la moitié des Palestiniens qui devinrent des réfugiés,  étaient déjà des réfugiés – avant la guerre! Si la guerre a commencé le 15 mai, pourquoi Israël a-t-il expulsé 75 000 personnes de Haïfa, 70 000 de Jaffa, 20 000 d'Acre, 10 000 de Safad ? Toutes les agglomérations urbaines de Palestine ont pratiquement été "nettoyées" avant le 15 mai 1948. A peu près la moitié des hommes qui devinrent des réfugiés ont été expulsés. Même les Israéliens admettent que ceux-ci ont été chassés durant la guerre. Il doit y avoir quelque chose là-dessous. La guerre n'est pas la raison qui explique l'expulsion, il doit y avoir une autre explication. Et les preuves sont tout à fait manifestes.

 

(RHH): Vous ramenez cela au fait que Ben Gourion avait une conception particulière de l'idéologie sioniste?

 

(IP): Oui, derrière cela se cachait la façon d'interpréter l'idéologie sioniste des dirigeants des années 30 et 40. Ce n'était pas le sionisme en général, mais une interprétation spéciale. Elle disait qu'il fallait avoir une aussi grande part que possible de la Palestine avec un aussi petit nombre que possible de Palestiniens dedans. Les leaders sionistes ont dit ça à de nombreuses occasions. La question était: comment peut-on réaliser cela? Une lettre de Ben Gourion à son fils des années trente illustre cela. Il y écrivait que les guerres étaient la meilleure façon de rendre la Palestine plus juive et moins arabe.

 

(RHH): Vous avez mis un accent particulier sur des interviews avec des témoins oculaires. Combien avez-vous pu interroger?

 

(IP): Des douzaines de personnes. Un problème particulier a cependant surgi : un grand nombre de ceux que j'aurais voulu rencontrer étaient déjà décédés. Mais j'ai quand même eu de la chance parce qu'au moment où j'ai commencé à travailler sur le livre, de jeunes Palestiniens avaient déjà commencé à enregistrer des témoignages oraux de témoins oculaires. Il y avait donc déjà des quantités de matériel, dont également des témoignages de personnes entretemps décédées. Ce matériel m'a beaucoup enrichi; j'aimerais presque dire que ça vous rend plus humain. Quand on lit par ex. que l'armée israélienne tua lors d'un engagement 12 personnes, en blessa 150 et en expulsa 70, ce ne sont que des chiffres. J'essaie de voir les hommes, je veux découvrir le nom des victimes, je veux savoir ce qu'elles ressentaient. J'ai également parlé à des blessés, à des survivants. J'ai aussi parlé à des soldats israéliens qui y étaient en 1948. Lorsque j'ai traité du cas de Tantoura (un village palestinien, dans lequel l'armée israélienne a commis un massacre le 22 mai 1948, RHH), j'ai constaté que beaucoup parmi eux étaient soulagés, peu avant leur mort, de raconter la vérité. Cela avait été difficile de vivre avec ce qu'ils avaient vu et fait.

 

(RHH): Pouvez-vous préciser cela?

 

(IP): Il y a un film documentaire sur Tantoura du célèbre acteur et metteur en scène palestinien Mohammed Bakri dont le titre est: "1948". Il y interroge Amos Kenan, un écrivain connu qui avait participé au massacre de Dawaymeh où 44 Palestiniens furent exécutés par les Israéliens. C'était étonnant de voir comment Kenan s'ouvrit tout à coup face à Bakri. Bakri lui demanda: "Mais il y a bien eu un massacre, n'est-ce pas?" Et il était évident que Kenan ne voulait pas en parler, il n'en a jamais parlé. Puis il dit: "Oui" et quand Bakri demanda ce qui s'y était passé, il répondit: "Ceux qui le savent, le savent, et ceux qui ne le savent pas, ne le savent pas." Ce fut tout. Mais c'était suffisant.

 

Un autre cas: Il y avait un soldat appelé Ambar qui devait devenir plus tard un officier supérieur de l'armée israélienne. Au début, il contesta qu'à Tantoura quelque chose avait mal marché. Ce qui est intéressant, c'est qu'ensuite il fit un parallèle avec l'Allemagne nazie. Il dit: "Ce que nous avons fait à Tantoura était pire que ce que les Allemands ont fait durant la Seconde guerre mondiale avec les prisonniers de guerre". Ils ne donnent jamais de détails, mais indirectement ils disent bien quelque chose. Cela me rend curieux et m'incite alors à continuer de rechercher.  

 

Si on analyse les documents sans ce genre de témoignages, ils demeurent des documents arides qui disent peut-être que des choses irrégulières se sont déroulées à Tantoura. Comme un collègue l’a formulé : "des actions irrégulières, mais pas un massacre". Et alors on répond: Mais j'en ai parlé avec l'officier qui y était et avec des Palestiniens qui y étaient, j'ai vu le rapport des Nations Unies – et tout cela additionné fait que les actions irrégulières étaient un massacre.

 

(RHH): Ben Gourion passe pour être le père fondateur d'Israël, mais avant lui il y avait d'autres immigrants sionistes qui arrivèrent avec une autre conception.

 

(IP): Au début, les sionistes se composaient de deux groupes. Les premiers arrivèrent en 1882, c'étaient des colons classiques, d'ailleurs pas particulièrement sionistes. Ils voulaient acheter des terres en Palestine, ils employaient des ouvriers palestiniens, ils voulaient gagner de l'argent. C'était très typique pour l'Europe des années 1880. Ils étaient bien des Juifs et ils parlaient de la Terre Sainte, mais ils ne se distinguaient au fond pas d'autres colons colonialistes. Ces gens ont d'ailleurs décidé d'apprendre l'arabe. Mais ensuite arriva le deuxième groupe important. C'étaient les sionistes du 20e siècle, ceux qui ont fourni les chefs sionistes, des hommes comme Ben Gourion et bien d'autres. Ils arrivèrent en 1905/1906. Ils étaient très pauvres et n'avaient nulle part où vivre. Et qui les aida? Les Palestiniens. Il y a là-bas une hospitalité traditionnelle, c'est une culture millénaire. On donne de la nourriture et un logement aux étrangers. On leur apprit à cultiver la terre. Et qu'écrivent des gens comme Ben Gourion dans leur journal? "Cet endroit est plein d'étrangers". Pour eux, les hommes qui les accueillirent étaient des étrangers. Quand on comprend cela, on comprend la mentalité sioniste. Il s'y cache la conception: Je ne veux pas voir ces gens parce que ce sont des étrangers qui se sont approprié quelque chose qui m'appartient. Les Palestiniens sont des étrangers et des intrus et nous allons les flanquer à la porte. Une fois qu'on a saisi cela, on comprend pourquoi il est si difficile d'entamer un dialogue avec les Palestiniens.

 

(RHH): Israël semble plus éloigné de la paix que jamais. Quels devraient être à votre avis les premiers pas vers un véritable processus de paix ?

 

(IP): Je pense qu'il faudrait d'abord modifier notre perspective et notre langue, la perspective envers notre histoire et la langue en rapport avec notre réalité. Nous devrions comprendre que la description historique qui dit qu'en Palestine il y a un conflit entre deux mouvements nationaux et qu'il suffit d'un bon médiateur pour réconcilier les deux, était une approche fausse. C'est comme en médecine, quand on n'a pas le bon diagnostic, on ne peut pas faire un bon traitement. Nous avions une analyse erronée, moi-même aussi, je m'y inclus. Nous devons admettre que le sionisme était un mouvement colonial. En soi, ceci n'est pas si grave, en Europe il y avait énormément de gens qui faisaient partie du mouvement colonial. La différence réside dans le fait que le colonialisme perdure au 21e siècle. Ce n'est pas un conflit national, c'est un conflit entre une société de colons colonialistes et la population indigène. Si on n'accepte pas cette analyse, les efforts de paix n’iront pas dans la bonne direction. Si on veut apporter la paix à une situation coloniale, on a besoin de processus de réconciliation, de vérité et non pas des efforts de paix diplomatiques. Il faut un processus dans lequel la population indigène dise aux colons israéliens, surtout à ceux de la troisième génération: Nous sommes prêts à vivre avec vous malgré tout, nous sommes prêts à partager. Nous pouvons être heureux si les Palestiniens disent ça. Cela signifie qu'on accepte les colons comme faisant partie de la nouvelle réalité, de sorte que les uns cessent d'être des colons et les autres des colonisés.

 

Ce qui est très important, c'est le langage utilisé. La langue de la paix présuppose qu'on accepte de voir le problème de l'occupation. On dit que la paix signifie qu'on mette fin à l'occupation israélienne. Nous avons vu ce que les Israéliens ont fait: Bien, ont-ils dit, nous mettons bien fin à l'occupation, nous contrôlons l'espace aérien, les frontières, nous construisons des murs et nous enfermons les Palestiniens dans une grande prison, mais l'occupation est finie. Dans nos livres on peut lire à présent qu'il n'y a plus d'occupation – mais c'est le faux langage. J'espère qu'on comprendra en Europe qu'il faut exercer des pressions sur Israël pour qu'il change de direction. C'est semblable au cas de l'Afrique du Sud.

 

 (RHH): Pour vous une exigence n'est pas négociable: le droit au retour des réfugiés palestiniens.

 

(IP): Je n'appellerais pas ça une exigence. Un droit et une exigence sont deux choses différentes. Les hommes ont des droits qui sont reconnus à différents niveaux, parfois au niveau national, parfois international. Les enfants ont des droits dans le monde entier, ils n'ont pas de revendications. Les réfugiés ont des droits, pas des revendications. Non, les Palestiniens n'ont pas besoin d'exiger leurs droits, le droit au retour est reconnu sur le plan international. Et le droit au retour des Palestiniens est reconnu sur le plan international par la résolution 194 des Nations Unies. La question n'est donc pas la revendication, mais comment ce droit peut-il être pris en compte dans une solution ? On doit négocier l'application pratique de ce droit. Pas seulement parce que de nos jours, des hommes juifs habitent dans les maisons de Palestiniens, bien que la plupart des villages palestiniens aient été rasés. Il ne s'agit donc souvent plus d'un retour dans les lieux d'antan, mais il y a aussi des Palestiniens qui habitent des maisons de Palestiniens exilés – c'est une affaire complexe. C'est sur le plan pratique que le problème est compliqué, pas sur celui des principes.

 

(RHH): Quand on considère la situation à Gaza, on a l'impression que le gouvernement israélien n'a pas tiré de leçon de ses erreurs

 

(IP): Effectivement, je ne pense pas que le gouvernement israélien a appris quoi que ce soit de l'opération contre Gaza -  au contraire. Il nous faut distinguer entre deux réactions européennes. La société civile était très furieuse et cela a fondamentalement modifié l'opinion publique. Et il y a eu la réaction de l'élite politique qui était très tiède et qui montrait une certaine compréhension pour la nécessité pour Israël de se défendre. On n'était peut-être pas tout à fait d'accord avec l'utilisation excessive de la force, mais les Israéliens disent: Ben oui, c'est à vous de le dire.

 

Il y a une analyse intéressante de l'élite politique israélienne. Selon celle-ci,  tout ce qui ne vient pas des gouvernements européens provient d'une façon ou d'une autre de forces antisémites dans la société européenne. Les gouvernements sont la voix raisonnable de l'Europe. Et que peut-on déduire de l'attitude du gouvernement allemand, danois, slovaque ou britannique durant l'opération contre Gaza? Si j'étais un politicien israélien, je traduiras par : Vous pouvez continuer avec ces opérations, pas de problème. On ne peut pas comprendre de quoi les politiciens européens ont peur – est-ce le reproche d'antisémitisme? Alors que la plupart appartiennent à une génération qui n'a pas participé aux crimes des nazis. Que craignent-ils alors? Est-ce que quelqu'un peut prétendre que je suis un antisémite parce que je ne veux pas que des enfants innocents soient massacrés? Est-ce que c'est de l'antisémitisme ?

 

(RHH): La ville de Munich a soudainement  retiré, un jour avant votre conférence prévue de longue date, l'autorisation pour une salle appartenant à la ville. Cela vous a-t-il surpris, avez-vous déjà vécu quelque chose de ce genre?

 

(IP): J'ai vécu quelque chose de semblable deux fois, de façon différente, à Vienne et à Anvers. A Vienne, la personne responsable a décidé à la fin de ne pas céder à la pression. Donc la même histoire qu'à Munich: très fortes pressions sur la Ville pour annuler, mais finalement on n'y a pas cédé. A Anvers je devais parler au centre culturel de la ville, là aussi une lettre pleine de mensonges parvint aux organisateurs, comme à Munich, et là aussi ma conférence fut annulée. Mais la décision de Munich me surprend et me déçoit quand-même beaucoup. En même temps, je me sens réconforté car je pense que nous avons atteint un point où Israël a une peur énorme de la vérité exprimée.

 

Nous avons vu à Munich quelles armes ils utilisent contre cette pression. Ils jouent soit indirectement, soit ouvertement la carte de l'antisémitisme. Mais il y a si longtemps qu'ils abusent de ça que l'absurdité apparaît, précisément dans une manifestation comme celle-ci: Un Israélien natif d'Israël qui s'engage pour la paix en Israël et en Palestine veut présenter ses opinions qu'ils peuvent accepter ou réfuter, et il n'a pas le droit de s'exprimer parce que ce serait antisémite – cela est dénué de toute logique. 

Sources:  »Der Zionismus war eine koloniale Bewegung«-Gespräch mit Ilan Pappe
Article original publié le 5/12/2009
Pierre A. Krenger.

Édité par Fausto Giudice
Pierre A. Krenger est membre du Collectif Urgence Palestine Vaud (Suisse),

Fausto Giudice est membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=9888&lg=fr


2-13 Ramzy Baroud : La Turquie saisit sa chance historique.
L’avis que le militant vétéran des droits de l’homme israélien Uri Avnery a formulé sur le récent clash diplomatique et politique israélo-turc, selon lequel « la relation entre la Turquie et Israël reviendra probablement à la normale, à défaut de retrouver son caractère naguère chaleureux », semblait marqué au coin du bon sens et de l’optimisme. A mon avis, toutefois, cette estimation est également erronée.

Pour dire les choses simplement : il n’y aura pas de retour en arrière.

Suat Kiniklioğlu

Dans un article récent intitulé « Israël doit se faire à l’idée que la Turquie a changé » [Israel Must Get Used to the New Turkey], M. Suat Kiniklioğlu, vice-président chargé des affaires extérieures du Parti de la Justice et du Développement (AKP) au pouvoir en Turquie, a écrit :

« Israël semble aspirer à l’âge d’or des années 1990, qui furent le résultat d’une situation extrêmement conjoncturelle au Moyen-Orient. Ces jours appartiennent au passé et il est peu vraisemblable qu’ils reviennent un jour, même si le Parti de la Justice et du Développement (AKP) était appelé à ne plus gouverner en Turquie ».

Cette dernière évaluation est sans doute beaucoup plus réaliste.

Pour les Palestiniens assiégés dans la bande de Gaza, Erdoğan est en passe de faire partie de la famille. C’est un héros populaire. Disons-le carrément : un nouveau Nasser…

L’on aurait tendance à partager la lecture optimiste qu’Avnery fait des événements, si la récente brouille avait été causée simplement par deux ou trois incidents isolés, comme, par exemple, le rude échange d’invectives en public au sujet de Gaza entre le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan et le président israélien Shimon Peres lors du Sommet Economique Mondial, en janvier 2009 ou la récente humiliation préméditée de M. Oğuz çelikkol, ambassadeur de Turquie en Israël, par le vice-ministre des Affaires étrangères israélien Danny Ayalon.

Toutefois, ces incidents sont loin d’être isolés ; ils reflètent un glissement manifeste et probablement irréversible dans la politique turque à l’égard d’Israël, des Etats-Unis et du Moyen-Orient pris dans sa globalité.

Des décennies durant, la Turquie a été déchirée entre ses liens historiques avec les pays arabes et musulmans, d’un côté, et une tendance irrésistible à l’occidentalisation, de l’autre. Cette deuxième tendance semblait avoir une importance bien plus décisive dans la formation de la nouvelle identité turque dans sa manifestation et dans son apparence tant individuelle que collective (notamment en matière de politique étrangère).

Mais même durant ces tergiversations, la Turquie a continué à acquérir de l’importance en tant qu’acteur politique et économique incontournable. La Turquie est aussi devenue une nation adulte, dotée d’un sens indéniable de sa souveraineté et d’un sentiment croissant de fierté et de capacité audacieuse à s’affirmer en tant que puissance régionale.

Durant les années 1970, au cours desquelles l’ « Islam politique » connaissait une ascension dans l’ensemble de la région du Moyen-Orient, la Turquie se remettait en question, et diverses personnalités et groupes politiques commencèrent à s’atteler à l’idée de porter l’Islam politique à un niveau encore jamais connu, entièrement nouveau.

Ce fut le Dr Necmettin Erbakan, Premier ministre de Turquie en 1996 et 1997, qui commença à remettre en cause la notion convenue d’une Turquie-membre de seconde classe de l’Otan, en dépit de ses efforts désespérés pour s’identifier à tous les oripeaux de l’Occident.

A la fin des années 1980, le parti Refah (parti du Bien-Être) d’Erbakan fit l’effet d’une tornade, pour la Turquie. Ce parti n’avait guère tendance à s’excuser de ses racines et de son attitude islamiques. Son accession au pouvoir, à l’issue des élections législatives de 1995, ne manqua pas de susciter des inquiétudes, la Turquie « résolument pro-occidentale » déviait, en effet, du script extrêmement rigide qui avait fait que ce pays avait été définitivement barré de tout rôle régional possible, en raison de son attitude de « laquais de l’Otan ». Selon Salama A. Salama, qui a utilisé cette formule dans un récent article d’Al-Ahram Weekly, la Turquie n’est plus ce fameux « laquais ». Et selon M. Kiniklioğlu, c’est là quelque chose à quoi « Israël doit se faire ».

L’époque d’Erbakan a beau être révolue depuis longtemps, le legs de cet homme a inscrit dans la conscience nationale turque quelque chose qui ne l’a jamais quitté. Il a repoussé la frontière, il a osé défendre une politique pro-palestinienne, il a défié les diktats occidentaux, et il a même prôné un repositionnement économique de son pays, en créant le cartel D-8 des ‘Developing Eight’ (huit puissances émergentes), qui réunissait les pays arabes et musulmans dotés du poids politique le plus important. Lorsqu’Erbakan fut contraint à quitter le pouvoir, à la suite d’un coup d’état militaire « postmoderniste », cela fut perçu comme la fin d’une expérimentation politique éphémère, qui se résuma au fait que même une forme bénigne d’Islam politique ne saurait être tolérée en Turquie ; l’armée s’était avérée, une fois de plus, toute-puissante.

Mais, depuis lors, les choses ont changé du tout au tout. L’AKP a remporté les élections en 2002 et son leadership était composé d’hommes politiques avisés et dotés de principes, qui visaient le changement, et même un véritable tournant géopolitique dans le positionnement politique de leur pays au Moyen-Orient.

L’AKP commença alors à diriger une Turquie déterminée, qui n’a jamais recherché l’acquiescement de l’Europe, ni une quelconque validation américaine. En rejetant l’utilisation du territoire turc en guise de piste de décollage pour les frappes américaines contre l’Irak en 2003, la Turquie acquit une voix – une forte et intelligible voix, devons-nous préciser – jouissant d’une large représentativité démocratique et d’un soutien populaire croissant.

Cette tendance s’est poursuivie, ces dernières années. La Turquie a osé traduire sa puissance et son expertise politique en action, sans remettre, toutefois, en cause les équilibres politiques et militaires dont l’édification avait nécessité des années. Ainsi, tout en continuant à honorer ses accords militaires précédents avec Israël, elle a pratiqué aussi plusieurs ouvertures politiques (couronnées de succès) en direction de la Syrie et de l’Iran. Et, souhaitant d’être perçue comme un facteur d’unité, en des temps de désunion musulmane et arabe, elle a refusé de s’inscrire dans les camps bricolés de manière expédiente pour séparer les « modérés » des « extrémistes ». En lieu et place, la Turquie a maintenu de bonnes relations avec tous ses voisins, ainsi qu’avec ses alliés arabes.

A partir de 2007, les Etats-Unis ont commencé à percevoir l’émergence de la Turquie Nouvelle. La visite du président Barack Obama dans ce pays, peu après son accession au pouvoir, fut un des nombreux signes indiquant que l’Occident était en train de prendre en compte le statut « particulier » de la Turquie. On ne saurait abuser, menacer, ni même intimider la Turquie. Même Israël, qui défie depuis si longtemps toutes les normes de la diplomatie, est en train de prendre conscience, en ce moment-même, de ses limites, grâce au Président turc Abdullah Gül. A la suite de l’insulte belliqueuse d’Israël à l’encontre de l’ambassadeur de Turquie, celui-ci a en effet déclaré : « S’il n’y a pas d’excuses formelles de la part d’Israël, nous allons demander à çelikkol de prendre le premier avion pour rentrer à Ankara ». Israël s’est excusé. Bien platement.

Il a fallu bien des années à la Turquie pour parvenir à un tel niveau de confiance, et le pays n’est certainement pas enclin à rester plus longtemps le « valet » de quiconque. Mieux : la position turque, unie et constante, de soutien à Gaza, et son franc-parler contre les menaces pesant sur le Liban, l’Iran et la Syrie montre clairement que les vieux jours des « relations chaleureuses » sont très loin derrière nous.

La Turquie trouvera toujours une audience très réceptive chez les Arabes et chez les musulmans dans le monde entier, car ceux-ci aspirent désespérément à un leadership puissant et habile à défendre et à faire connaître leurs causes.

Et, tout naturellement, pour les Palestiniens assiégés dans la bande de Gaza, Erdoğan est en passe de devenir un membre de la famille, un héros populaire, un nouveau Gamal Abel Nasser (qui fut le président de l’Egypte de 1954 à 1970).

Ce sentiment, toute la population du Moyen-Orient le partage…

Ramzy Baroud 

[Ramzy Baroud [site : http://www.ramzybaroud.net ] est chroniqueur dans plusieurs journaux dans le monde entier, il est le rédacteur en chef du site PalestineChronicle.com. Son dernier livre, My Father Was a Freedom Fighter: Gaza's Untold Story, vient d’être édité par Pluto Press, à Londres].

Ramzy Baroud on Asian Times.com,

27 janvier 2010

Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier

27/1

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Ramzy_Baroud.270110.htm


2-14 Juan Gelman : Ce que pensent les Us américains d'en bas et ceux d'en haut : Le borgne est roi.

Ce que pensent les Us américains d'en bas et ceux d'en haut :

Les Usaméricains estiment que leur pays est en train de jouer un rôle moins important qu’avant sur la planète: tel est le résultat d’une enquête que le Pew Research Center for the People & the Press de New York a mené en novembre et a fait connaître ce mois-ci, intitulée “La place qu’occupent les USA dans le monde” (www.people-press.org/re port/569).

De 45 pour cent des sondés qui il y une décade pensaient que cette place était la plus importante on est passé à 25 pour cent

et ceux qui croyaient le contraire est passé de 28 à 41 pour cent.

Il y a plus:

49 pour cent-”la proportion la plus élevée en quasiment un demi-siècle d’enquêtes”- estiment aujourd’hui que les “USA devraient s’occuper de leurs propres affaires sur le plan international et laisser les autres pays s’occuper des leurs de la meilleure manière possible”.

Et ensuite, un écrasant 78 pour cent des 2000 Usaméricains interrogés estiment que les USA devraient “se concentrer plus sur nos propres problèmes nationaux et construire notre force et prospérité à la maison”, contre 14 pour cent qui penchent pour la proposition que les “USA doivent penser en termes internationaux”. Une quelconque relation avec les guerres d’Irak et d’Afghanistan, plus d’autres qui apparaissent, n’est pas le produit du hasard.

Autre surprise:

- 44 pour cent pensent que la Chine jouit de l’économie la plus puissante du monde, contre 30 pour cent en 2008, et

 - 41 pour cent considèrent que les USA sont passés au second plan en la matière, contre 27 pour cent l’année dernière.

Mais le plus important de l’investigation du Pew est qu’il a mené une enquête parallèle avec les mêmes questions auprès de 642 membres du Council of Foreign Relations (CFR) de Washington, un think tank ou plutôt un braintrust financé par 200 multinationales, qui regroupe 4200 ex-fonctionnaires de haut niveau et autres personnalités politiques, édite la prestigieuse revue Foreign Affairs (125.000 exemplaires) et oriente la politique extérieure des USA. Le CFR n’est pas le porte-parole de l’establishment, c’est l’establishment.

Les deux enquêtes révèlent qu’entre le citoyen usaméricain ordinaire et les élites du CFR il y a des brèches notables sur presque toutes les questions importantes, par exemple l’augmentation des troupes en Afghanistan décidée par Obama:

- les 50 pour cent des membres du CFR l’appuie contre à peine 32 pour cent des citoyens « ordinaires ».

- 40 pour cent des citoyens se prononcent pour la diminution des effectifs qui combattent en Afghanistan, contre 24 pour cent des interrogés du CFR.

A la question de savoir si les USA doivent jouer un rôle mondial “plus agressif”, seulement 19 pour cent des premiers répondent par l’affirmative, contre 62 pour cent des seconds. Il n’est pas difficile d’entrevoir la pensée du CFR.

Une chose intéressante est comment les uns et les autres perçoivent Israël et son conflit avec les Palestiniens.

Ce sont 51 pour cent du public général qui se prononce en faveur d’Israël, posture qu’adoptent seulement 26 pour cent des sondés du CFR.

30 pour cent des premiers jugent que la Maison Blanche. appuie trop Israël, à comparer avec 67 pour cent des derniers, lesquels de plus évaluent que l’Etat sioniste n’est pas une priorité pour Washington.

Dans la liste de pays qui seront dans l’avenir “les alliés et associés les plus importants des USA”, seulement

4 pour cent des interrogés du CFR incluent Israël,

très loin de la Chine (58 pour cent),

de l’Inde (55), du Brésil (37),

de l’Union Européenne (19),

de la Russie (17),

 du Japon (16),

du Royaume-Uni, du Canada, de l’Indonésie, de l’Australie et autres.

Quand on a demandé à ceux des élites quels seraient les alliés les moins importants, ils ont classé Israël en 23ème position derrière le Canada, entre autres, et la Turquie, l’Egypte et l’Arabie Saoudite dans la région du Moyen-Orient.

Il ressort de ces données que l’opinion publique s’en tient à l’information des grands médias, très favorables à la politique de Tel Aviv grâce à l’excellent travail de l’actif lobby pro-israélien US.

Il ne s’agit donc pas seulement du travail du Comité des Affaires Publiques USA-Israël (l’Aipac).

Une enquête du New York Times a révélé que, derrière les “analystes militaires” qui apparaissent dans différentes chaînes de télévision et stations de radio pour convaincre le public de la nécessité et de l’efficacité de la politique belliqueuse de la Maison Blanche

se trouve un appareil du Pentagone créé par W. Bush en 2005 qui continue à agir (nytimes.com, 20-4-08). “La majorité de ces analystes ont des liens avec des sous-traitants immergés dans la politique de guerre et on leur demande qu’ils l’ avalisent sur les ondes”.

Des commandants militaires et des fonctionnaires de la Maison Blanche du Département d’Etat et du Département de la Justice les préparent dans des réunions ad hoc. Logique: l’Histoire enseigne que les chevaux de Troie doivent être bien faits.

Juan Gelman

Traduit par  Gérard Jugant.

Édité par Fausto Giudice

http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=9642&lg=fr


2-15 Rapport Goldstone : Les poursuites judiciaires contre Israël, où en est-on?
Etat d'Israël, Etat criminel; où en sont les poursuites internationales?

Quelles suites juridiques au rapport Goldstone, accablant pour Israël?
Compte-rendu de la conférence organisée à l'Institut du Monde Arabe le 22 janvier 2010 par le Collectif d'associations franco-libano-palestiniennes ;

Les orateurs:
- Maître Gilles Devers, porte parole du collectif d´avocats à l'origine de la requête déposée auprès de
la Cour Pénale Internationale
- Docteur Haytham Manna spé©cialiste du droit international, coordinateur de la coalition internationale contre les criminels de guerre
- Nicole KIIL-NIELSEN, Parlementaire Européenne (membre de la "marche pour la liberté de Gaza)
-Un représentant d'Amnesty international
Le Dr. Haytam Manna, porte parole de la commission arabe des droits humains, a ouvert la cérémonie avec les informations suivantes: 250 ONG et plus ont porté plainte contre Israël pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité; plus de 200 preuves ont été réunies, attestant de l'utilisation d'armes interdites. Le rapport Goldstone a fait l'objet d'un vote à l'AG de l'ONU, et a été validé par la majorité. On attend maintenant que le procureur de
la CPI saisisse la chambre préliminaire, après quoi le procès pourra avoir lieu. Les Gazaouis constituent un peuple orphelin, dans la mesure où il n'appartient à aucun Etat, mais il a demandé protection. C'est à ce titre qu'il doit avoir accès au droit international humanitaire, création encore balbutiante.
Maître Gilles Devers, docteur en droit HDR, nous a parlé des sanctions sur l'illégalité du blocus ainsi que de l'avancement de la procédure devant
la Cour Internationale et des progrès qui ont Eté réalisés en une année. Il n'y aplus de doute : l'opération "plomb durci" est bien un crime contre l'humanité. Il y a eu deux rapports : celui de la Ligue arabe et le rapport Golstone. Ce dernier a été homologué par le Conseil des droits de l'homme. Il y a en cours trois actes juridiques dans trois pays : GB, Norvège et Afrique du Sud.
Il y a Egalement eu 62 missions d'enquête régionales et internationales. La coordination comporte près de 500 ONG, qui en sont toutes membres.
D'autres plaintes pourraient être déposées:
pour l'occupation illégale de Jérusalem est, et la démolition de bâtiments n'appartenant nullement à l'Etat d'Israël
pour la colonisation de terres étrangères, par l'agression
Contre les entreprises complices, soit dans l'exportation des produits des colonies, soit dans la production sur les terres occupées illégalement. Il faut savoir que ces entreprises ne jouissent d'aucune protection diplomatique; il s'agit de simples rouages du crime.
Les accords de coopération UE – Israël sont un véritable aspirateur à fraudes, pour écouler la production des colonies. Ces accords avaient été gelés un temps, en théorie; mais ce n'était que du vent, le pouvoir exécutif dans l'UE ne tient pas compte des avis des députés...
Mme Nicole KilNielsen, députée pour la liste Europe Ecologie, a fait la marche pour Gaza, et peut témoigner qu'il y a punition collective permanente contre les habitants de Gaza. Même si la marche n'a pu arriver jusqu'à Gaza, le fait que 1400 personnes aient pu dénoncer le blocus de Gaza était d'une grande importance.
L'UE dispose des mécanismes pour exiger le contrôle de l'origine précise de chaque produit, par des douaniers indépendants; actuellement, toute la chaîne administrative est aux mains des Israéliens! Agrexpo devrait être rapidement dissuadée de poursuivre ses activités: il suffit de faire saisir ses produits, de façon à "taper dans l'équilibre économique" qu'elle permet: il est facile de provoquer la ruine du système.
La Cour européenne va préciser incessamment que les frontières d'Israël sont celles de 1967. En 2004, les Etats se sont engagés à faire appliquer le droit humanitaire international. Or un Etat ne peut avoir qu'une parole....
La CPI rassemble 110 pays dont 30 européens: ils peuvent constituer un contre pouvoir, réel!
Qu’entend-on par compétence universelle?
Les lois françaises ne la reconnaissent à
la France que pour les accusations de torture. Mais il faut s'en servir: nous pouvons donc instruire pour des crimes commis en dehors de la France, sans participation de Français, ni comme victimes ni comme agresseurs.
Le Dr Haytan Manna précise qu'au départ, lors de la première réunion pour exiger la mission d'enquête de Goldstone à l'ONU, FIDH, Amnesty International et U N Watch se sont fait remarquer par leur absence.. HR Watch avait même insulté Goldstone....
Le représentant d'Amesty International répond que si AI n'a pas été dans les premières ONG à dénoncer les crimes israéliens, pèse maintenant de tout son poids; il explique qu'il est utile d'exiger aussi des Palestiniens une mission d'enquête sur les crimes de guerre commis dans leur camp de façon à ne pas être réfutée pour partialité; une fois cette objectivité établie, la différence d'échelle entre crimes israéliens et palestiniens ne peut être réfutée par personne. Et les Etats se trouvent obligés de reconnaître l'ensemble des crimes israéliens.
Les interventions du public ont été diverses mais convergentes:
ne pas oublier que l'option d'un seul Etat avec les mêmes droits pour tous les habitants est la seule option à la fois juste et raisonnable.
- Le devoir de mémoire s'applique aux Palestiniens; ne pas oublier que l'origine de la surpopulation dans les territoires occupés et à Gaza est l'afflux de réfugiés chassés de chez eux.
Israël est le fossyeur de l'Europe, dans la mesure où il amène l'Europe à renier constamment ses principes, en prétendant que les Palestiniens payent pour
la Shoah.
Un Français
a le droit de faire un service militaire dans l'armée israélienne. A-t-il aussi le droit de combattre avec les Palestiniens?
- Il faut rayer Hamas de la liste des organisations terroristes, et faire condamner les Franco-Israéliens qui ont participé à la guerre.
La résistance de Gaza est remerciée pour avoir ré-internationalisé le conflit, que les Israéliens voulaient confiner dans une fausse dimension islamique, de façon à la situer dans une impasse et à démobiliser la solidarité.
L'Association Entre
la Plume et l'Enclume était présente: nous avons tenu une table de presse où nous avons présenté nos ouvrages de la collection "Manifestes" et le livre d'Israël Shamir Les Maîtres du Discours.
G.H.S. et M.P.

voir également http://www.icawc.net
www.justiceforpalestine.org



 Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


 

17/02/2010

n° 59 - Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan - 16-02: - Début -:L’élargissement de l’Otan est perçu comme une menace nationale.


n° 59 - Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan - 16-02: - Début  -:L’élargissement de l’Otan est perçu comme une menace nationale.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'Otan et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan.

n° 59- 16-02

C.De Broeder & M.Lemaire


Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire.

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Rick Rozoff : Expansion de l'OTAN et  d'un système d’interception de missiles nucléaires

1-2 L’élargissement de l’Otan est perçu comme une menace nationale.

Suite

1-3 David Brunnstrom : L'Otan juge dépassée la doctrine russe de défense.

1-4 Eva r-sistons : Vers une nouvelle guerre mondiale ?

1-5 Ramzy Baroud  : La Turquie N’est Plus Le Laquais De L’Otan…..Ni Celui D’Israël.

1-6 Occupation de l’Afghanistan : 700 Bases militaires sous contrôle.

Fin

2 Annexe

2-1 Gabriel Arnoux : Développement et réduction des arsenaux nucléaires : un bilan.

2-2 Rick Rozoff : La doctrine Obama : «Dans une humanité imparfaite, la guerre perpétuelle est de mise».

2-3 M. K. Bhadrakumar : La géopolitique des pipelines à un tournant capital.



1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

1-1 Rick Rozoff : Expansion de l'OTAN et  d'un système d’interception de missiles nucléaires

En quelques jours, l’OTAN a révélé ses ambitions.

L’Alliance enrôle un à un, plus ou moins de force, tous les Etats d’Europe, du Proche-Orient et d’Océanie dans la guerre sans fin d’Afghanistan. Simultanément, sous le prétexte fallacieux de répondre à une prétendue menace iranienne, elle déploie aux marches de la Russie un système d’interception de missiles nucléaires qui détruit l’équilibre stratégique avec Moscou et remet en cause le principe du désarmement nucléaire progressif.

De son côté, la Russie, se considérant comme directement menacée, relance d’urgence ses alliances et ses programmes d’armement.

Les évènements liés aux questions militaires et de sécurité en Europe et en Asie ont été nombreux ce mois-ci. Ils se sont condensés en moins d’une semaine de réunions, de déclarations et d’initiatives sur des questions allant du déploiement du bouclier antimissile jusqu’à l’escalade de la plus grande guerre du monde, et allant d’un nouveau système de sécurité pour l’Europe jusqu’à une nouvelle doctrine militaire russe.

Une génération après la fin de la Guerre froide et presque autant depuis l’éclatement de l’URSS, les événements de la semaine passée sont évocateurs d’une autre décennie et d’un autre siècle. La guerre de vingt ans ou plus en Afghanistan et les installations controversées de missiles en Europe ont constitué l’actualité dans un monde bipolaire.

Vingt ans après, alors qu’il n’y a plus d’Union Soviétique, plus de pacte de Varsovie et une Russie considérablement diminuée et tronquée, les États-Unis et l’OTAN ont militarisé l’Europe à un niveau sans précédent —subordonnant en fait presque tout le continent à un bloc militaire dominé par Washington— et ont lancé l’offensive la plus vaste en Asie du Sud dans ce qui est déjà la plus longue guerre actuelle dans le monde.

Des 44 nations en Europe et dans le Caucase (à l’exclusion des micro-Etats et du pseudo-Etat otanien du Kosovo), seulement six —le Belarus, Chypre, Malte, la Moldavie, la Russie et la Serbie— ont échappé à la mobilisation de leurs citoyens par l’OTAN pour le déploiement sur le front afghan. Ce nombre sera bientôt réduit encore.

De ces 44 pays, seulement deux —Chypre et la Russie— ne sont pas membres de l’OTAN ou de son programme de transition de Partenariat pour la Paix, et Chypre est soumise à une pression intense pour se joindre à le second.

Les 4 et 5 février 2010, les 28 ministres de la Défense de l’OTAN au grand complet se sont réunis à Istanbul, en Turquie, pour deux jours de délibérations. Elles se sont concentrées sur la guerre en Afghanistan, le déploiement du bloc militaire au Kosovo et les plans accélérés d’expansion d’un système de missiles intercepteurs d’envergure mondiale vers l’Europe de l’Est et le Proche-Orient. Ce rassemblement suivait d’une semaine une réunion de deux jours du Comité militaire de l’OTAN à Bruxelles qui runissait 63 chefs d’états-majors des nations de l’OTAN et des 35 « pays fournisseurs de troupes », selon la terminologie du bloc, y compris les hauts commandants militaires d’Israël et du Pakistan. Cette conférence était axée sur la guerre afghane et sur le nouveau Concept stratégique de l’OTAN qui doit être formalisé officiellement lors d’un sommet de l’Alliance plus tard cette année.

Le commandant des 150 000 soldats des États-Unis et de l’OTAN en Afghanistan, le général Stanley McChrystal, a assisté aux réunions des deux jours. Le secrétaire US à la Défense Robert Gates a présidé la deuxième. « L’Afghanistan et la défense anti-missile sont les exemples des nouvelles priorités que sur lesquelles Gates veut que l’OTAN se concentre. » [1]

Comme l’indiquait le nombre de chefs d’état-major ayant participé aux réunions de Bruxelles —63—, la portée de l’OTAN a été étendue bien au-delà de l’Europe et de l’Amérique du Nord au cours des dix dernières années. Les troupes servant sous le commandement du bloc en Afghanistan proviennent de tout continent peuplé, du Proche-Orient et d’Océanie : l’Australie a le plus gros contingent des non-membres avec plus de 1 500 soldats, et les autres nations non européennes comme l’Arménie, l’Azerbaïdjan, Bahreïn, la Colombie, l’Egypte, la Géorgie, la Nouvelle Zélande, Singapour, la Corée du Sud et les Émirats arabes unis ont des troupes en Afghanistan ou sont en train d’en envoyer.

Le jour où à commencé la réunion des ministres de la Défense de l’OTAN à Istanbul, le président roumain Traian Basescu a annoncé qu’il avait satisfait à la demande de l’administration Obama de baser des missiles intercepteurs US dans son pays. Cette décision est intervenue cinq semaines après l’annonce que des missiles antibalistiques U.S. Patriot seraient stationnés dans une région de la Pologne à une demi heure de la frontière la plus occidentale de la Russie.

Le lendemain, le 5 février, c’est-à-dire deux mois après l’expiration du Traité START [2] entre les États-Unis et la Russie réglementant la réduction des armes nucléaires et des systèmes de lancement, [3] l’agence de presse russe Interfax a annoncé que « le président Dmitri Medvedev a approuvé la doctrine militaire décennale de la Russie et les principes de base de sa politique de dissuasion nucléaire. » [4]

La même source a cité le Secrétaire adjoint du Conseil de sécurité et ancien chef d’état-major, le général Iouri Baluyevsky, commentant la nouvelle doctrine : « Il est prévu de développer les composants terrestres, maritimes et aériens de la triade nucléaire.... La Russie a besoin de garantir la cohérence de son développement démocratique en utilisant une garantie de stabilité telle que les armes nucléaires, telle qu’une forme de dissuasion stratégique.... La Russie se réserve le droit d’utiliser des armes nucléaires uniquement si son existence en tant qu’Etat est mise en danger. » [5]

Le commentaire du quotidien indien The Hinduspécifiait que « La doctrine détaille 11 menaces militaires externes à la Russie, dont sept venant de l’Ouest. L’expansion vers l’est de l’OTAN et son insistance pour un rôle mondial sont identifiées comme la menace numéro un pour la Russie. »

L’article ajoutait : « Les U.S.A. sont la source d’autres menaces majeures répertoriées dans la doctrine, même s’ils ne sont jamais explicitement mentionnés dans le document. Celles-ci incluent les tentatives visant à déstabiliser des pays et des régions et à saper la stabilité stratégique ; la militarisation accrue des Etats et des mers voisins ; la création et le déploiement de défense anti-missile stratégique, ainsi que la militarisation de l’espace et le déploiement de systèmes stratégiques non nucléaires de haute précision. »

En ce qui concerne la date choisie pour approuver cette nouvelle stratégie militaire russe, l’article la présente comme une réponse aux récentes décisions sur le bouclier antimissile U.S. et aux

lenteurs des pourparlers START.

« La nouvelle doctrine de défense a fait l’objet d’une loi qui a été publiée au lendemain de l’annonce par la Roumanie de son intention de déployer des missiles intercepteurs US dans le cadre d’un bouclier de missiles global auquel la Russie s’oppose farouchement. Des articles antérieurs avaient observé que le Kremlin avait reporté l’approbation de sa doctrine, préparée l’année dernière, parce qu’il ne voulait pas mettre en péril les négociations START en cours avec les États-Unis. » [6]

Une remarque similaire a été formulée dans une dépêche de l’Agence de presse chinoise Xinhua :

« Les analystes disent que la décision roumaine intervient à un moment crucial où Washington et Moscou sont sur le point de signer un document successeur du Traité de Réduction des Armes Stratégiques (START-1) arrivé à expiration. Par conséquent, la mesure peut bouleverser les relations Russie - États-Unis en train de se dégeler et mettre à l’épreuve leurs liens bilatéraux. » [7]

Sous le titre de « Principales menaces externes de guerre », la nouvelle Doctrine militaire russe [8] a répertorié dans l’ordre décroissant les préoccupations suivantes :

 Le fait de s’arroger des prérogatives mondiales en violation du droit international, et d’étendre une infrastructure militaire jusqu’aux frontières de la Russie, y compris par le biais de l’élargissement d’une alliance militaire ;

 La déstabilisation de différents États et régions, ce qui revient à affaiblir la stabilité stratégique ;

 Le déploiement de contingents militaires d’Etats (et blocs) étrangers sur les territoires voisins de la Russie et de ses alliés, ainsi que dans leurs eaux territoriales ;

 L’établissement et le déploiement de systèmes de défense anti-missile stratégique qui sapent la stabilité mondiale et violent l’équilibre des forces dans le domaine nucléaire, ainsi que la militarisation de l’espace avec le déploiement d’armes de précision des systèmes non nucléaires stratégiques ;

 Les revendications territoriales à l’encontre de la Russie et de ses alliés et l’ingérence dans leurs affaires intérieures ;

 La prolifération des armes de destruction massive et des lanceurs, augmentant le nombre d’Etats nucléarisés ;

 La violation par un Etat d’accords internationaux, et l’échec à ratifier et à mettre en œuvre les traités internationaux précédemment signés sur la limitation et la réduction des armes ;

 Le recours à la force dans les territoires des Etats riverains de la Russie en violation de la Charte des Nations Unies et des autres normes du droit international ;

 L’escalade des conflits armés sur les territoires voisins de la Russie et des nations alliées ;

À la 46ème Conférence de Sécurité annuelle de Munich qui s’est tenue les 6 et 7 février, le secrétaire général de l’Alliance Anders Fogh Rasmussen a déclaré : « Je dois dire que cette nouvelle doctrine ne reflète pas le monde réel », bien que toute lecture objective des neuf points précédents confirme qu’elle dépeint le monde exactement tel qu’il est. Malheureusement.

Par exemple, après que le président de la Roumanie ait révélé que les missiles U.S. devraient être déployés dans son pays, une déclaration de son ministère des Affaires étrangères a précisé : « La Roumanie a été et continue d’être un promoteur cohérent au sein de l’OTAN du projet concernant le développement progressif et adapté du système de défense antimissile en Europe... La décision de prendre part au système US est entièrement en accord avec ce qui a été décidé à cet égard aux

sommets de l’OTAN de Bucarest en 2008 et à Strasbourg-Kehl en 2009." [9]

Le premier jour de la Conférence de Sécurité de Munich, le ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov a déclaré que : « Avec la désintégration de l’Union Soviétique et de l’Organisation du Traité de Varsovie une réelle opportunité a émergé pour faire de l’OSCE [Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe] une organisation à part entière offrant une sécurité égale à tous les Etats de la région euro-atlantique. Toutefois, cette occasion a été manquée, parce que le choix a été fait en faveur de la stratégie d’expansion de l’OTAN, qui signifie non seulement préserver les lignes séparant Europe au cours de la Guerre froide en des zones ayant des niveaux de sécurité différents, mais également déplacer ces lignes vers l’est. Le rôle de l’OSCE était, en fait, réduit au service de cette politique par le biais de la supervision des questions humanitaires dans l’espace post-soviétique. »

Il a continué avec un examen de l’échec des mesures de sécurité post-Guerre froide en Europe :

« Que le principe de l’indivisibilité de la sécurité au sein de l’OSCE ne fonctionne pas n’est pas long à prouver. Rappelons-nous le bombardement de la République fédérale de Yougoslavie en 1999, quand un groupe d’Etats membres de l’OSCE, liés par cette déclaration politique, a commis une agression contre un autre Etat membre de l’OSCE.
Tout le monde se souvient aussi de la tragédie d’août 2008 en Transcaucasie, où un Etat membre de l’OSCE, signataire de divers engagements dans le domaine du non-usage de la force, a recouru à cette force, y compris contre les soldats de la paix d’un autre Etat membre de l’OSCE, en violation non seulement de l’Acte final d’Helsinki, mais également de l’accord de maintien de la paix en Géorgie-Ossétie du Sud, qui exclut l’utilisation de la force. » [
10]

Il était suivi le lendemain par le secrétaire général de l’OTAN, Rasmussen. Non seulement il n’a pas pu répondre à l’accusation que la paix et la sécurité en Europe ont été mises en danger par l’avancée implacable de son organisation militaire vers les frontières de la Russie, mais il a préconisé l’implication de l’OTAN au-delà du continent pour englober le monde.

En proclamant qu’ « à l’ère de l’insécurité mondialisée, notre défense territoriale doit commencer au-delà de nos frontières », Rasmussen a insisté pour que « l’OTAN puisse devenir un forum de consultation sur les questions de sécurité dans le monde. »

Son discours incluait également la demande de « porter la transformation de l’OTAN à un nouveau niveau —en connectant l’Alliance avec le système international plus large dans des voies entièrement nouvelles—. »

La Russie ne peut pas proposer un système de sécurité commune pour l’Europe, mais l’OTAN peut en ordonner un qui soit international.

Rasmussen s’est félicité que la Force internationale d’assistance à la sécurité de l’OTAN en Afghanistan « va encore être renforcée cette année, avec plus de 39 000 soldats supplémentaires, » sur le champ de bataille que l’Occident a ouvert dans ce pays au long martyre.

 

Non seulement il n’a pas exprimé de réserve à propos d’une guerre qui dure depuis 9 ans déjà et qui est tous les jours plus meurtrière, mais il l’a célébrée comme un modèle pour le monde : « Notre expérience en Afghanistan (…) m’amène à une [autre] considération : la nécessité de transformer l’OTAN en un forum de consultation sur les questions de sécurité dans le monde (…)

L’OTAN est un cadre qui a déjà prouvé être capable de façon unique de combiner la consultation en matière de sécurité, la planification militaire et les opérations sur le terrain de manière plus efficace que la somme de ses membres. Encore une fois, regardez l’Afghanistan. » [11]

Konstantin Kosachev, président de la Commission des affaires internationales de la Douma russe, a également pris la parole à la conférence de sécurité de Munich : « Je pense que le problème de l’OTAN aujourd’hui est que l’OTAN se développe en sens inverse : elle essaie d’agir de plus en plus mondialement, mais elle continue à penser localement.... Dès que l’OTAN commence à aller au-delà de ses frontières, ce n’est plus seulement une affaire interne pour l’OTAN. »

Il a également « accusé l’alliance de provoquer le conflit Géorgie-Russie en promettant une éventuelle adhésion à Tbilissi.... » [12]

L’actuel vice-Premier ministre et ancien ministre de la Défense russe Sergei Ivanov est également intervenu à Munich. A propos des pourparlers START en panne, il a souligné qu’ « Il est impossible de parler sérieusement de la réduction des capacités nucléaires lorsqu’une puissance nucléaire travaille à déployer des systèmes de protection contre les lanceurs des têtes nucléaires des autres pays ». Il a rappelé aux participants à la conférence que « La Russie a réduit unilatéralement ses arsenaux nucléaires tactiques de 75 % par rapport à leur niveau du début des années 1990, mais les États-Unis n’y ont pas répondu par une mesure similaire et ont même refusé de retirer leurs armes d’Europe. » [13]

Deux jours après la conférence de Munich le secrétaire du Conseil de sécurité de la Russie, Nikolaï Patrouchev, a réaffirmé les inquiétudes précédentes de Lavrov et de Kosachev, en indiquant : « Nous doutons sérieusement [que la Russie sera plus sécurisée en raison de l’expansion de l’OTAN.] L’OTAN représente plutôt une grave menace pour nous. »

Une très importante agence de presse russe a écrit que « Patrouchev a critiqué l’OTAN pour ses efforts continus d’élargissement, y compris pour ses encouragements aux demandes d’adhésion de la Géorgie et de l’Ukraine.
Il a reproché également à l’OTAN d’armer et de préparer la Géorgie pour une attaque contre l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie. Il a affirmé que les pays de l’OTAN continuaient de fournir de l’armement à Tbilissi malgré les protestations de la Russie. » [
14]

Pour justifier ces préoccupations, la 10ème semaine annuelle de l’OTAN a commencé en Ukraine le 9 février et à la même date le gouvernement de la Géorgie « a approuvé le Programme national annuel de coopération avec l’OTAN [PNA] pour 2010 » [15], une initiative lancée par l’OTAN, peu de temps après l’invasion par la Géorgie de l’Ossétie du Sud et de la guerre avec la Russie en août 2008.

Guerre dans les Balkans, guerre en Asie du Sud, guerre dans le Caucase. Voilà le modèle de que l’OTAN appelle à reproduire à l’échelle mondiale. Et comme le bloc se déplace encore vers l’est, il apporte dans son sillage des troupes et des équipements militaires, des bases aériennes et navales et des installations de bouclier antimissile.

Le 9 février, le chef de l’état-major général des Forces armées de Russie Nicolas Makarov a averti que : « Le développement et la mise en place du bouclier antimissile (des USA) est dirigé contre la Fédération de Russie. » [16]

Il a dit aussi « que les différences avec les États-Unis à propos du bouclier antimissile étaient en train de bloquer le traité de réduction des armes nucléaires », que « les différences avaient jusqu’à

présent empêché la signature du traité sur ces armes. » [17]

Se référant encore aux négociations START, il a déclaré : « Les plans de défense antimissile U.S. constituent une menace pour la sécurité nationale russe et ont ralenti la progression d’un nouveau traité sur le contrôle des armes avec Washington ».

Selon les propres termes de Makarov, « Le traité sur les armes stratégiques offensives sur lequel nous travaillons actuellement doit tenir compte du lien entre les armes stratégiques défensives et offensives. Ce lien est très étroit, elles sont absolument interdépendantes. Il serait faux ne pas prendre en compte la défense antimissile. » [18]

Au début de la semaine, le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Andrei Nesterenko a réitéré la demande de son pays que les armes nucléaires tactiques U.S. soient retirées d’Europe. Il a dit que le « retrait des armes tactiques états-uniennes d’Europe vers les États-Unis serait le bienvenu. Il devrait être accompagné de la démolition complète et irréversible de l’ensemble des infrastructures prenant en charge le déploiement de telles armes en Europe ». Il a réaffirmé la position de son pays selon laquelle « Les armes nucléaires doivent être déployés exclusivement sur le territoire des Etats qui les possèdent. » [19]

Six jours après, pour ajouter au pressentiment de la Russie et pour manifester la réluctance de l’Ouest sur la question, l’ex-secrétaire général de l’OTAN George Robertson a été cité dans la presse turque, exigeant que les ogives U.S. restent en Allemagne. A cette occasion, il a reconnu que les États-Unis ont de 40 à 90 armes nucléaires sur la base aérienne d’Incirlik en Turquie. Lord Robertson n’est bien entendu ni allemand, ni états-unien, mais c’est un ancien patron de l’OTAN et il se considère lui-même en droit de décider de questions d’une nature aussi grave.

Le 10 février, un haut conseiller de la présidence polonaise, Wladyslaw Stasiak, était à Washington pour discuter du déploiement imminent de missiles anti-balistiques Patriot Advanced Capability-3 (PAC-3). Il a rencontré les membres du Conseil national de sécurité U.S et des « experts de l’Heritage Foundation à tendance conservatrice et du Center for International and Strategic Studies. »

Par la suite, il a déclaré : « Nous avons parlé de l’avenir de l’OTAN dans le contexte d’un nouveau concept stratégique, ainsi que de l’OTAN d’aujourd’hui, notamment en ce qui concerne l’article 5 et sa mise en œuvre pratique », c’est-à-dire la clause d’assistance mutuelle. [20]

Le même jour, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères ukrainien a exprimé des préoccupations à propos du déploiement de missiles U.S. dans sa nation sœur de la mer Noire, la Roumanie. « En tant que pays voisin de la Roumanie, nous ne pouvons accepter que les plans U.S. de déploiement de bouclier antimissiles à proximité de notre frontière passent inaperçus, surtout dans la mesure où certains éléments sont censés être basés en mer Noire. » [21]

Vladimir Voronin, président jusqu’en septembre dernier de la Moldavie, limitrophe à la fois de la Roumanie et de l’Ukraine, a récemment averti que le déploiement de missiles US sur et au large des côtes de la Roumanie « peuvent transformer la Moldavie voisine en une zone de front de première ligne » et que « la position de la Roumanie sur le bouclier antimissile U.S. et un soutien aussi ouvert de la part de la direction actuelle moldave pourraient avoir des conséquences désastreuses pour la sécurité dans la région. » [22]

De la sorte, il faisait écho à l’ambassadeur russe à l’OTAN Dmitri

Rogozine, qui expliquait deux jours avant : « Les plans U.S. pour baser un système de défense antimissile en Europe sont un prétexte pour empiéter sur les frontières de la Russie » et « Les USA sont en train d’utiliser les actions de l’Iran pour mondialiser leur système de défense antimissile. » [23]

Quatre jours après ses précédents commentaires, Voronin déclarait pour la Moldavie que « le déploiement d’ABM US en Roumanie ramène l’Europe à la Guerre Froide » et qu’il doutait que « les ABM US soient braqués contre la menace iranienne. » [24]

Le Pentagone a ouvert une base radar dans le désert israélien du Néguev en 2008, dotée de plus de 100 hommes. Ses matériels ont une portée de 2 900 milles, soit presque trois fois la distance séparant les capitales israélienne et iranienne. Le radar FBX de la base avancée de Nevatim Air Base peut contrôler toute la partie orientale et une grande partie de la Russie du Sud.

Plus les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN tempêteront contre la prétendue menace iranienne, plus le cordon de missiles intercepteurs occidentaux sera assuré autour de la Russie.

Le 10 février, la presse locale a écrit que « la République Tchèque est en discussion avec l’administration Obama pour accueillir un centre de commandement dans le cadre du plan de défense antimissile modifié des États-Unis. » [25]

Le jour suivant l’ambassadeur de Chine en Russie, Li Hui, a a réaffirmé que « Pékin est préoccupé par les plans [de bouclier antimissile U.S.] qui pourraient perturber l’équilibre stratégique et la stabilité actuels et intensifier les tensions ». Caractérisant correctement la véritable portée du projet missile intercepteur états-unien, « il a soutenu que la création d’une défense antimissile globale minait les efforts internationaux pour arrêter la prolifération nucléaire. » [26]

Ses avertissements, comme ceux de la Russie, ont été entendus à Washington et parmi ses alliés de l’OTAN. Le 12 février la Pologne a approuvé un Accord sur l’état des forces (ASOF) avec les États-Unis pour « 100 soldats US devant être stationnés en Pologne, dans le cadre du bouclier, qui comprendra des missiles Patriot et SM-3. » [27] C’est peut-être la première confirmation que les intercepteurs Standard Missile-3 0 à longue portée embarqués sur des navires (et/ou basés au sol) seront déployés avec les missiles Patriot Advanced capacité-3 près de la frontière occidentale de la Russie.

Egalement le 12 février, le Premier ministre bulgare Boiko Borisov a révélé que les États-Unis engageront des pourparlers avec son gouvernement pour placer des composants potentiels de missiles intercepteurs de première frappe dans ce pays de la mer Noire. L’ambassadeur états-unien James Warlick a confirmé que les discussions préliminaires ont déjà eu lieu. Le chef de l’Etat bulgare a justifié sa volonté de prendre cette mesure risquée en déclarant : « Mon opinion est que nous avons à faire preuve de solidarité. Lorsque l’on est membre de l’OTAN, il faut travailler pour la sécurité collective. » [28]

Considérant tout ce qui précède, le fait que gouvernement russe ait invité l’ancienne secrétaire d’Etat des USA Madeleine Albright et sa coterie des « Sages » du « Groupe d’Experts » chargé d’élaborer le nouveau concept stratégique de l’OTAN à prononcer un exposé à l’Institut des relations extérieures de Moscou le 11 février est une farce.

L’OTAN n’est pas le fournisseur de sécurité internationale qu’elle prétend être. Elle n’est pas un partenaire de l’organisation des Nations Unies, qu’elle a éclipsé et émaculé, ni d’aucune autre organisation internationale ou régionale. Elle n’est pas le fondement d’une « alliance des démocraties ».

L’OTAN est un pacte offensif, sans loi et meurtrier, qui se réserve unilatéralement le droit de répéter son agression armée dans les Balkans et en Asie du Sud sur une échelle mondiale. C’est une menace pour l’humanité.

Rick Rozoff*

Diplômé de littérature européenne. Journaliste. Directeur de Stop NATO international.

15 -10

Traduction par André Comte
Notes
1) Bloomberg News, February 4, 2010
2) With Nuclear, Conventional Arms Pacts Stalled, U.S. Moves Missiles And
   Troops To Russian Border
   Stop NATO, January 22, 2010
   
http://rickrozoff.wordpress.com/2010/01/22/with-nuclear-conventional-arms-pacts-stalled-u-s-moves-missiles-and-troops-to-russian-border
3) Interfax, February 5, 2010
4) Ibid
5) Vladimir Radyuhin, New Russian doctrine sees NATO, U.S. as main threat
   The Hindu, February 7, 2010
6) Xinhua News Agency, February 8, 2010
7) Financiarul, February 6, 2010
8) Ministry of Foreign Affairs of the Russian Federation, February 8, 2010
   
http://www.mid.ru/brp_4.nsf/0/49F4C4EB6473C1E5C32576C500311EB4
9) NATO in the 21st Century: Towards Global Connectivity
   Speech by NATO Secretary General Anders Fogh Rasmussen at the Munich
   Security Conference
   
http://www.nato.int/cps/en/natolive/opinions_61395.htm?selectedLocale=en
10) Reuters, February 7, 2010
11) Russian Information Agency Novosti, February 6, 2010
12) Russian Information Agency Novosti, February 9, 2010
13) Georgia Times, February 10, 2010
14) Reuters, February 9, 2010
15) Reuters, February 9, 2010
16) Associated Press, February 9, 2010
17) Itar-Tass, February 4, 2010
18) Polish Radio, February 10, 2010
19) RosBusinessConsulting, February 10, 2010
20) Russian Information Agency Novosti, February 7, 2010
21) Bloomberg News, February 5, 2010
22) Voice of Russia, February 11, 2010
23) Prague Post, February 10, 2010
24) Voice of Russia, February 11, 2010
25) Deutsche Presse-Agentur, February 12, 2010
26) Reuters, February 12, 2010

Articles de Rick Rozoff publiés par Mondialisation.ca

http://www.mondialisation.ca:80/index.php?context=va&aid=17628

r http://www.voltairenet.org/article164063.html


1-2 L’élargissement de l’Otan est perçu comme une menace nationale.

L’on aurait pu penser que les relations entre Moscou et l’Alliance atlantique s’étaient réchauffées après avoir été mises à mal lors du conflit russo-géorgien d’août 2009.

Le mois dernier, en effet, la Russie et l’Otan avaient renoué leurs liens militaires en évoquant plusieurs sujets où une coopération était possible, tels que, entre autres, le contre-terrorisme, la lutte anti-piraterie ou encore la logistique.

L’Afghanistan avait été également au centre des discussions.

La situation afghane avait d’ailleurs déjà été évoquée quelques semaines plus tôt par le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen, lors d’un déplacement à Moscou. Dans tous ces domaines, aussi bien la Russie que l’Alliance atlantique ont intérêt à coopérer.

C’était en tout les cas le sens du message porté par l’ancien Premier ministre danois aux dirigeants russes, lesquels semblèrent l’accueillir avec intérêt.

Et puis, l’évolution russe au sujet du nucléaire iranien laissait à penser que Moscou se rapprochait un peu plus des positions défendues par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France, trois pays membres de l’Otan et à la pointe de l’opposition aux volontés de Téhéran. Depuis quelques mois, les sujets de contentieux avec Washington et l’Otan s’étaient aplanis : les Américains renoncèrent à déployer des éléments de leur bouclier anti-missile en Pologne et en République tchèque, ce qui était alors dénoncé par le Kremlin pendant que l’Ukraine et la Géorgie étaient appelées à faire preuve de patience avant d’adhérer à l’Alliance atlantique.

Seulement voilà : il semblerait que tout cela ne compte pas beaucoup aux yeux des dirigeants russes. En effet, la nouvelle doctrine militaire aprouvée par le président Medvedev, la semaine passée, place l’Otan au premier rang des menaces qui visent la Russie. Alors que le pays doit faire face à une expansion de l’islamisme dans ses régions caucasiennes, le terrorisme arrive en 10e position…

Plus exactement, c’est l’élargissement de l’Otan qui est perçu comme une menace nationale, selon cette nouvelle doctrine. Ce qui est reproché à l’Alliance atlantique, ce sont ses efforts pour « mondialiser ses activités en infraction aux lois internationales » et à « rapprocher ses infrastructures militaires des frontières russes, en s’élargissant » aux Etats qui faisaient auparavant partie de la « sphère de responsabité » russe.

Un exemple a été donné le 9 février par le secrétaire du Conseil russe de sécurité, Nikolaï Patrouchev. Ce dernier a accusé l’Otan d’avoir fourni des armes à la Géorgie avant le conflit d’août 2008 pour lui permettre de mener des opérations en Ossétie du Sud et en Abkhazie. Seulement, ce qu’il oublie de préciser, c’est que ces deux régions, certes séparatistes et pro-russes, font partie du territoire géorgien… « Nous attirons votre attention sur le fait que l’armement de la Géorgie se po