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16/12/2009

n° 304 - journal de l'Afghanistan - 26-11 au 15-12 - : Début :- Le discours d’Obama sur l’Afghanistan : un ramassis de mensonges

n° 304 - journal de l'Afghanistan -  26-11 au 15-12 - : Début :- Le discours d’Obama sur l’Afghanistan : un ramassis de mensonges.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



            journal de l'Afghanistan 

n° 304 - du 26-11au 15-12

C.De Broeder & M.Lemaire



Avant propos

La guerre menée par le terrorisme contre ses adversaires déclarés est tout à fait invraisemblable.

Pour être crédible, cette histoire exigerait triplement et simultanément une excessive stupidité des terroristes, une incompétence extravagante des services policiers, et une folle irresponsabilité des médias. Cette invraisemblance est telle qu'il est impossible d'admettre que le terrorisme soit réellement ce qu'il prétend être’.

(MICHEL BOUNAN)

 

·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes

Ps : Avant de vous lancer dans la lecture du journal, noter ceci: 'Al Qaïda'  & Al-Zarqaoui, Ben Laden Mollah Omar  = concept réducteur inventé par les Usa, pour désigner la résistance. Idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes


Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire.

Tiré à part :

Le discours d’Obama sur l’Afghanistan : un ramassis de mensonges.

Sortir d’Afghanistan et du Pakistan Maintenant !

Une ‘découverte’ stratégique : Capturer ou tuer ben Laden est la clef de la victoire sur Al-Qaïda.

Les Etats-Unis ignorent où est Ben Laden mais vont relancer les efforts pour le trouver …

… Les Etats-Unis localisent bin Laden dans le nord-ouest du Pakistan

Castro juge Obama cynique d'accepter le Nobel.

Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

"Possible" bavure (Otan)

Paroles & action du président...

Allocution du président Barack Obama à la nation

La stratégie d'avenir en Afghanistan et au Pakistan

L’Afghanistan au cœur des débats.

Les USA "sont en train de perdre la guerre en Afghanistan"

1 Analyse & déclaration :

Résistance

Occupants:

2 Occupation de l'Afghanistan 

Suite

Les forces en présence

3 Politique

1) collaborateurs afghans

Fin

2) occupants 



Tiré à part :

Le discours d’Obama sur l’Afghanistan : un ramassis de mensonges.

Dans le discours qu’il a prononcé le 1er décembre à West Point pour annoncer l’envoi de 30.000 soldats américains supplémentaires en Afghanistan, le président Barack Obama a tenté de justifier l'intensification d’une guerre profondément impopulaire sur la base de mensonges et de distorsions. Le fait qu’il ait été obligé de recourir à de telles falsifications reflète à la fois le caractère réactionnaire de sa politique et le fait qu’elle est imposée en violation de la volonté populaire.

Pour justifier l’escalade, Obama a fait ressortir le mythe instauré par le gouvernement Bush sur la « guerre contre le terrorisme ». Il a cyniquement présenté les Etats-Unis comme une puissance altruiste, contrainte à la suite des attentats résistants du 11 septembre de se lancer dans une guerre, à échelle mondiale, pour la démocratie.

Toutefois, en tentant de fondre la politique impérialiste américaine dans le moule de la « guerre contre le terrorisme », son discours est tombé dans l’incohérence absolue.

Le compte-rendu par Obama des récentes guerres menées par les Etats-Unis contredit sa propre affirmation selon laquelle Washington est résolument engagé à pourchasser Al Qaïda. En 2001, a-t-il dit, les Etats-Unis avaient attaqué l’Afghanistan pour détruire Al Qaïda, bien que la plupart des preneurs d’otages étaient en fait originaires d’Arabie saoudite, le principal allié arabe des Etats-Unis au Moyen Orient.

Il a soutenu que l'invasion américaine était légitime parce que l’Afghanistan formait la base des opérations d’Al Qaïda et que le régime des Taliban abritait et protégeait le groupe terroriste.

Obama a passé sous silence l’échec de l’invasion américaine pour démembrer Al Qaïda en disant qu’« après avoir réussi à franchir la frontière du Pakistan en 2001 et en 2002, les dirigeants d’Al Qaïda y avait trouvé un abri sûr. »

Ainsi, de 2002 à 2009, les Etats-Unis ont mené des guerres en Irak et en Afghanistan soi-disant dirigées contre Al Qaïda alors même que cette organisation était basée dans un tout autre pays, le Pakistan, un allié de longue date des Etats-Unis.

Obama a même suggéré qu’Al Qaïda jouissait de la protection de sections de l’Etat pakistanais en déclarant, « [I]l y a ceux qui au Pakistan disent que la lutte contre l’extrémisme n’est pas leur combat, et qu’il vaut mieux pour le pays de ne pas trop en faire, ou d’essayer de s’arranger avec ceux qui recourent à la violence. »

Ce compte rendu montre qu'il existe, à l'évidence et sans explication, deux poids et deux mesures. Si la sécurité du peuple américain requiert l’invasion de l’Afghanistan par les Etats-Unis et le délogement d’un régime bienveillant à l'égard d'Al Qaïda, alors pourquoi la même chose ne s’appliquerait donc pas au gouvernement du Pakistan ?

Au lieu de cela, Obama loue le Pakistan comme un allié dans la lutte contre « l’extrémisme violent » en prônant un partenariat entre les Etats-Unis et le Pakistan fondé sur « une confiance mutuelle. »

Ceci ne fait que confirmer la nature frauduleuse de la justification de cette guerre qui, comme le savent bien Obama et le reste de l’establishment politique américain, n’est qu’un tissu de mensonges.

Et puis, il y a la question du gouvernement afghan pour la Defense duquel les Etats-Unis sont soi-disant engagés dans la guerre contre les Taliban et Al Qaïda. Dans un premier temps Obama a loué le régime du président Hamid Karzai comme étant un « gouvernement légitime », puis il a reconnu par la suite qu’il était entravé par la « corruption, le trafic de drogue, le sous-développement économique et l’insuffisance des forces de sécurité. »

Faisant preuve d’un cynisme absolu, il a affirmé que la récente réélection de Karzai, universellement reconnue comme le résultat d’une élection truquée et de bourrage d’urnes avait néanmoins débouché sur un gouvernement légitime. « Bien qu’entachée de fraude, » a dit Obama, « cette élection a produit un gouvernement compatible avec les lois et la constitution de l’Afghanistan. »

Les efforts entrepris par Obama pour avancer des raisons d'apparence noble au déploiement de 30.000 troupes américaines supplémentaires étaient aussi sinistres que contradictoires. Dans un style orwellien, il a annoncé au peuple afghan qui endure depuis huit ans déjà l’occupation américaine, « Nous n’avons aucun intérêt à occuper votre pays. »

Il a comparé l’attitude soi-disant bienveillante des Etats-Unis à l’égard de l’Afghanistan à l’invasion soviétique du pays en 1979-1989. En fait, cela fait 30 ans que les Etats-Unis manipulent la politique afghane.

Dès 1979, les Etats-Unis avaient financé et soutenu la résistance islamique fondamentaliste contre le régime prosoviétique de Kaboul dans le but de provoquer une invasion soviétique. Donc, les Etats-Unis sont politiquement complices de la mort de millions d’Afghans durant l’occupation soviétique et de la guerre civile qui s’ensuivit. Les forces islamistes que Washington combat aujourd’hui en Afghanistan proviennent en grande partie des groupes qu’ils avaient soutenus contre les Soviétiques dans les années 1980.

Alors même que se déroulent des guerres qui coûtent la vie à de millions de gens et où l’usage de la torture est largement répandu dans les prisons se trouvant sous régie américaine, Obama a affirmé que la politique américaine « s’inspirera de la flamme de la liberté, de la justice, du progrès et du respect de la dignité de tous les peuples. »

Obama s’est vanté d’avoir mis fin à la torture, une affirmation creuse et fausse et qui est contredite par des rapports sur la torture continuelle dans les prisons américaines en Afghanistan et ailleurs, tout comme par la poursuite de la pratique de la « rendition » (transfert dans des pays qui pratiquent la torture de prisonniers) et contredite aussi par son opposition à toute inculpation de responsables gouvernementaux ordonnant et supervisant l’usage de la torture.

Il a réitéré sa promesse de fermer Guantanamo mais n'a pas dit un mot sur son insistance pour que restent ouvertes les prisons américaines en Afghanistan, telle la base militaire de Bagram, où la torture est pratiquée.

Le mensonge central du discours d’Obama a toutefois été, l’affirmation que ses projets d’escalade permettront aux soldats américains en Afganistan de rentrer rapidement à la maison et ce dès 2011.

En fait, comme l'a indiqué Obama un peu plus loin dans son discours, cette escalade n'est qu'une étape dans la préparation de guerres de plus grande envergure. « La lutte contre l’extrémisme violent ne sera pas rapidement terminée, » a-t-il dit, « et elle va bien au-delà de l’Afghanistan et du Pakistan. » En mentionnant la Somalie et le Yémen comme des cibles potentielles, il a ajouté, « nos efforts impliqueront des régions agitées et des ennemis diffus»

La présence de ce passage montre clairement qu’Obama fonde sa politique afghane sur un rapport publié le mois dernier par Anthony Cordesman, un analyste de l’influent groupe de réflexion, le Centre d’Etudes stratégiques et internationales (CSIS).

Cordesman avait écrit : « Le président doit dire franchement que toute forme de victoire en Afghanistan et au Pakistan fera partie d’une lutte bien plus vaste et plus longue. Il doit dire clairement que les pressions idéologiques, démographiques, de gouvernance, économiques et autres qui divisent le monde islamique signifient que le monde sera confronté à des menaces dans bien d’autres pays et qui s’étendront en longueur indéfiniment. Il devrait mentionner les risques au Yémen et en Somalie, et montrer clairement que la guerre en Irak n’est pas terminée, en mettant en garde que nous devrons encore faire face à la fois à une menace intérieure ainsi qu’à une combinaison d’insurrection et de terrorisme qui continuera de s’étendre du Maroc aux Philippines et de l’Asie centrale jusqu’en Afrique, indépendamment de ce que pourraient être nos succès en Afghanistan et au Pakistan. »

Il avait ajouté : « …le nombre actuel de victimes des Etats-Unis, des alliés, de l’Afghanistan et du Pakistan va très certainement doubler et probablement tripler avant qu’un semblant de victoire soit remporté. »

Bref, les Etats-Unis mèneront des guerres extrêmement coûteuses sur une partie considérable de la planète, dans des régions s’étendant sur des milliers de kilomètres dans toutes les directions.

Réduite à l’essentiel, la perspective d’Obama et de ses conseillers est un avenir de guerre sans fin dans le but de sauvegarder la position hégémonique mondiale des Etats-Unis. Ce qui est en jeu, outre la question du contrôle des recettes pétrolières et des routes commerciales, c’est la position des Etats-Unis en tant que puissance mondiale. Tout comme le retrait des Britanniques de Suez en 1956-1957, un retrait forcé de l’Afghanistan serait un coup dévastateur contre le prestige de Washington.

La politique afghane d’Obama émane de cette dynamique de l’impérialisme américain. Etant donné que se retirer, à quelque moment que ce soit, serait un désastre, il a choisi l’escalade sans cesse grandissante.

Alex Lantier

Mondialisation.ca, Le 7 decembre 2009

WSWS
Article original, WSWS, paru le 3 décembre 2009

http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=16439


Sortir d’Afghanistan et du Pakistan Maintenant !

Le discours du Président Obama (lire pièce jointe) sur "la situation en Afghanistan et au Pakistan" est dans la ligne directe de la politique américaine depuis le premier jour de l'invasion de l'Afghanistan en 2001. La déclaration de Rasmussen, nouveau secrétaire général de l'OTAN également. Nos ministres De Crem (Defense) et Vanackere (Affaires Etrangères) expriment déjà la « loyauté » de notre gouvernement envers l'Alliance Transatlantique et attendent les ordres.
30.000 nouveaux soldats US seront envoyés, s'ajoutant aux 34.000 engagés dans l'opération Enduring Freedom et aux 72.000 soldats rassemblés par l'ISAF et commandés par l'Otan. Il faut ajouter à ces chiffres, les 70.000 mercenaires qui constituent les diverses milices privées et les 200.000 soldats et policiers afghans censés recevoir formation et ordres de leurs cadres otaniens.   

ARRETEZ L’ ESCALADE ! après l’élargissement de l’Otan, après la guerre contre la Yougoslavie et la destruction de la Serbie, après deux guerres contre l’Irak et 8 ans de guerre en Afghanistan, il est plus que temps !
L'objectif annoncé par Obama et répété par Rasmussen, est de" finir le travail" de nettoyage de l'Afghanistan  (élargi déjà au Pakistan voisin)  - Al Qaida, Résistants, et tout opposant au gouvernement de Karzaï - pour juillet 2011. A cette date, on pourrait "commencer" un retrait des troupes.

Où est la stratégie de SORTIE ?
Le gouvernement belge tout entier est engagé dans cette fuite en avant dans une nouvelle guerre non seulement injuste, mais déjà perdue.

Les forces belges sont présentes en Afghanistan avec 540 militaires et 6 avions de combat F-16. Elles participent aux combats à Kandahar et à Kaboul.

Elles collaborent à la formation des militaires et policiers afghans. Les budgets de la Defense et de la Coopération sont largement sollicités pour financer la guerre otanienne.
Au lieu d’une stratégie de sortie, nous n'aurions qu'à suivre le programme Obama: Rester au moins jusqu'à la fin 2011! et poursuivre et étendre la politique de guerre sans aucune perspective de progrès, de développement économique et social, de démocratie,  pour la population afghane.
CELA SUFFIT!!
C’EST MAINTENANT, TOUT DE SUITE, QUE LA Belgique DOIT SORTIR D’AFGHANISTAN !

Comité Surveillance Otan


Une ‘découverte’ stratégique : Capturer ou tuer ben Laden est la clef de la victoire sur Al-Qaïda.

Al-Qaïda ne pourra être vaincu si Oussama ben Laden n'est pas capturé ou tué, a jugé mardi le général américain Stanley McChrystal, commandant des forces internationales en Afghanistan, lors d'une audition au Congrès.

"Le capturer ou le tuer ne constituera pas en soi la défaite d'Al-Qaïda, mais je ne pense pas que nous puissions vaincre totalement Al-Qaïda tant qu'il ne sera pas capturé ou tué," a déclaré le général, architecte de la stratégie de renforts en Afghanistan.

"Je crois qu'il représente une figure symbolique, dont la survie enhardit Al-Qaïda en tant que franchise internationale," a-t-il dit devant la commission des affaires militaires du Sénat.

L'ambassadeur des Etats-Unis à Kaboul, Karl Eikenberry, a de son côté estimé lors de la même audition que la capture ou la mort de Ben Laden "reste importante pour le peuple américain, et pour le monde entier".

Dimanche, le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, le général James Jones, avait indiqué que les derniers rapports du renseignement laissaient penser que le chef d'Al-Qaïda se trouvait "quelque part au Waziristan du Nord, parfois du côté pakistanais de la frontière, parfois du côté afghan, et qu'il se cache dans une région montagneuse très hostile".

"Nous allons devoir nous en occuper" afin que ben Laden "soit à nouveau obligé de fuir ou soit capturé", avait-il ajouté.

Toutefois, le secrétaire américain à la Defense Robert Gates avait souligné le même jour que les Etats-Unis manquaient d'informations fiables "depuis des années" pour le localiser.

"On ne sait pas où Oussama ben Laden se trouve. Si on le savait, on serait allé le chercher", avait-il dit.

9/12

http://www.rtlinfo.be/info/monde/international/292298/afg...


Les Etats-Unis ignorent où est Ben Laden mais vont relancer les efforts pour le trouver …

Les Etats-Unis ignorent où se trouve le chef d'Al-Qaïda, Oussama ben Laden, mais vont relancer les efforts pour le débusquer, ont indiqué dimanche des responsables du gouvernement américain, indiquant par ailleurs qu'ils ne poursuivraient pas les résistants au Pakistan.

Robert Gates à la chaîne de télévision ABC, avouant que les Etats-Unis manquaient d'informations fiables "depuis des années" pour le localiser. 

Les derniers rapports du renseignement laissent penser qu'il "est quelque part au Waziristan du Nord, parfois du côté pakistanais de la frontière, parfois du côté afghan, et qu'il se cache dans une région montagneuse très hostile", a-t-il dit, poursuivant: "Nous allons devoir nous en occuper" afin que ben Laden "soit à nouveau obligé de fuir ou soit capturé".

M. Gates a par ailleurs déclaré dans une autre interview à la chaîne CBS que les Etats-Unis ne poursuivraient pas les chefs résistants au Pakistan.

"Le Pakistan est souverain. Nous avons un partenariat avec eux. Je pense que c'est à l'armée pakistanaise de répondre à ce problème", a-t-il dit. Cette affirmation intervient alors que, selon le New York Times de vendredi, citant des sources non identifiées, la Maison Blanche a autorisé la CIA à étendre l'utilisation d'avions sans pilote (drones) au Pakistan contre les résistants et les membres d'Al-Qaïda.

M. Gates a défendu une nouvelle fois la décision du président américain d'entamer un retrait d'Afghanistan en juillet 2011. "Nous devons communiquer aux Afghans l'idée d'une certaine urgence à ce qu'ils prennent leurs responsabilités",

6/12

http://qc.news.yahoo.com/indepth/afghanistan/s/afp/091206/monde/usa_attaques_benladen_afghanistan_pakistan_1


… Les Etats-Unis localisent bin Laden dans le nord-ouest du Pakistan

Les Etats-Unis ont obtenu des informations selon lesquelles Osama bin Laden se trouve dans le nord-ouest du Pakistan, a déclaré dimanche le conseiller de sécurité nationale James Jones, ajoutant que Washington est " fortement confiant" sur Islamabad dans sa lutte contre le terrorisme.

S'exprimant à la chaîne de télévision CNN, Jones a affirmé que bin Laden est quelque part au Waziristan du Nord, parfois du côté du Pakistan, parfois du côté de l'Afghanistan.

"Nous allons chercher à être sûr que ce symbole très très important de ce qu'al-Qaïda défend soit une nouvelle fois en fuite ou capturé ou tué", a indiqué Jones.

Il a donné une réponse affirmative à la question de savoir si les Etats-Unis lanceraient une opération visant à attraper bin Laden au Pakistan. .

7/12

http://french.cri.cn/781/2009/12/07/302s206933.htm


Castro juge Obama cynique d'accepter le Nobel.

Fidel Castro a qualifié Barack Obama de cynique pour avoir accepté le prix Nobel de la Paix, alors qu'il envoie 30.000 hommes de plus en Afghanistan.

Sur son site web officiel, Castro s'interroge: "Pourquoi Obama a-t-il accepté le prix Nobel alors qu'il avait déjà décidé de porter la guerre en Afghanistan jusqu'à ses ultimes limites?"

Castro estime qu'Obama "n'était pas obligé de commettre un acte cynique".

Le 1er décembre, en écoutant l'annonce de l'envoi de nouvelles troupes en Afghanistan, j'ai eu l'impression d'entendre George W. Bush, écrit Fidel Castro.

10/12

http://fr.news.yahoo.com/3/20091210/twl-cuba-usa-castro-obama-224d7fb_2.html



Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

08-12

Des soldats ont ouvert le feu contre des manifestants qui protestaient contre cette attaque qui a fait 12 victimes civiles, dont une femme, annoncent des témoins ainsi qu'un journaliste de Reuters.

8/12

http://fr.news.yahoo.com/

08-12

Selon les journalistes de la chaîne qui se réfèrent à l'administration locale, des militaires de l'OTAN ont mené la veille dans les environs du chef-lieu de la province d'Helmand une opération spéciale qui se serait soldée par au moins 12 morts civils, dont plusieurs femmes.
Les soldats de l'armée nationale afghane n'ayant pas participé à cette opération, la responsabilité pour la mort de civils est entièrement assumée par les militaires étrangers, selon l'administration locale.

Source: xinhua

http://fr.rian.ru/world/20091208/185637498.html

"Possible" bavure (Otan)

Le numéro 2 de l'Otan en Afghanistan, le général David Rodriguez, a reconnu aujourd'hui qu'il était "possible" que des civils aient été tués hier dans une opération de l'Otan. "Les premiers éléments sont confus comme toujours dans ce genre de situation, a déclaré le général à Kaboul.

Jusque là, la Force internationale (Isaf) avait toujours démenti que des civils aient été tués au cours de l'opération menée dans la nuit de lundi à mardi, avec les forces afghanes, dans l'est du pays.

09/12/

http://www.lefigaro.fr/

AFP/

http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/p-1911-Robert_Gates_prevenu_a_Kaboul_des_problemes_de_rec.htm?&rub=2&xml=newsmlmmd.27eb76155e9a9415fa0559a57b12d0ac.8c1.xml


Paroles & action du président...

Allocution du président Barack Obama à la nation

La stratégie d'avenir en Afghanistan et au Pakistan

(Eisenhower Hall Theatre  L'Académie militaire des États-Unis à West Point -West Point, New York )

Bonsoir. Élèves-officiers, hommes et femmes qui servez sous nos drapeaux, chers concitoyens : je veux évoquer avec vous ce soir notre action en Afghanistan - la nature de notre engagement dans ce pays, la portée de nos intérêts et la stratégie que va poursuivre mon gouvernement pour amener cette guerre à son terme. C'est pour moi un honneur extraordinaire que d'être ici, à West Point, où tant d'hommes et de femmes se sont préparés en vue de défendre notre sécurité et de faire honneur à ce que notre pays représente de meilleur.

Pour traiter ces questions capitales, il est important de se rappeler les raisons qui ont poussé les États-Unis et leurs alliés à mener une guerre en Afghanistan. Ce n'est pas un combat que nous avons recherché. (...)

Le 11 septembre 2001, dix-neuf pirates de l'air ont détourné quatre avions dont ils se sont servis pour massacrer près de trois mille personnes. Ils ont frappé le centre névralgique de notre pouvoir militaire et économique. Ils ont ôté la vie à des innocents, hommes, femmes et enfants, sans égard pour leur religion, leur race ou leur condition sociale. Sans l'héroïsme des passagers à bord de l'un de ces avions, ils auraient pu aussi frapper l'un des grands symboles de notre démocratie à Washington et faire encore beaucoup plus de victimes.

Ces hommes, nous le savons, faisaient partie d'Al-Qaïda, ce groupe d'extrémistes qui dénaturent et souillent l'islam, l'une des grandes religions du monde, pour justifier le massacre d'innocents. Al-Qaïda avait sa base d'opérations en Afghanistan, placée sous la protection des résistants - mouvement impitoyable, répressif et radical qui avait pris le pouvoir dans ce pays ravagé par des années d'occupation soviétique et de guerre civile et après que l'Amérique et ses amis avaient tourné ailleurs leur regard.

Suite pièce jointe (a obtenir sur demande)



L’Afghanistan au cœur des débats.

Les USA "sont en train de perdre la guerre en Afghanistan"

Les Etats-Unis "sont en train de perdre la guerre en Afghanistan, même s'ils ne l'ont pas encore perdue", a estimé mercredi à Washington Bruce Riedel, l'un des anciens conseillers du président Barack Obama sur la crise dans la région.  

Après 30 ans de carrière à la CIA, Bruce Riedel, qui a travaillé dans l'équipe de campagne du candidat Obama, a dirigé au début de l'année l'équipe de spécialistes qui a passé en revue toute la stratégie américaine au Pakistan et en Afghanistan et permis au président américain de prendre sa décision sur le nombre de soldats à envoyer en renfort. "Tous les indicateurs et toutes les statistiques démontrent que la dynamique est aujourd'hui entièrement en faveur des résistants", a-t-il déclaré au cours d'un colloque organisé dans la capitale fédérale par un groupe de réflexion, la Jamestown Foundation.

Sa mission officielle étant terminée, il a précisé s'exprimer en tant qu'expert au sein de la prestigieuse Brookings Institution et non pas en tant que membre de l'administration Obama. "Le président Obama a hérité en janvier 2009 d'un désastre au Pakistan et en Afghanistan", a-t-il affirmé. "Et les choses ont encore empiré au cours des dix derniers mois. Une guerre qui avait commencé en 2001 par un brillant succès (...) a été gâchée". "Pendant plusieurs années, la précédente administration n'a rien fait. En conséquence, une insurrection qui n'aurait jamais dû naître menace aujourd'hui la survie du gouvernement Karzaï et menace de mettre en échec la première opération terrestre de l'histoire de l'Otan".

Mais, même si la situation est difficile, "cela n'est pas encore perdu", a-t-il assuré. "Parce que ce à quoi nous sommes confrontés n'est pas un soulèvement national, c'est une insurrection pachtoune".(…)

10/12 

http://www.lalibre.be/actu/international/article/548525/les-usa-sont-en-train-de-perdre-la-guerre-en-afghanistan.html



1 Analyse & déclaration

a) Résistance  

L'intensité des combats a régulièrement augmenté depuis fin 2001, les résistants étant en mesure peu à peu de relancer leurs attaques contre les forces occidentales.

AFP

«L'espoir du président américain de contrôler militairement notre pays ne se réalisera pas»,

02-12

«L'espoir du président américain de contrôler militairement notre pays ne se réalisera pas», a indiqué Qari Yousuf Ahmadi, un porte-parole des résistants, dans un entretien téléphonique avec l'AFP.

«Les 30 000 soldats supplémentaires ne pourront que renforcer la résistance», a-t-il estimé, avant de menacer: «Les Américains seront contraints à un retrait honteux une fois qu'ils auront compris qu'ils ne peuvent atteindre leur but, comme les Russes avant eux. Obama verra défiler de nombreux cercueils de soldats américains».

Agence France-Presse

Publié le 02 décembre

http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/200912/02/01-927106-obama-verra-defiler-de-nombreux-cercueils-de-soldats.php?utm_source=bulletinCBP&utm_medium=email&utm_campaign=retention

 

Les résistants minimisent la stratégie Obama et jurent de continuer la guerre.

Les résistants qui se battent contre le gouvernement afghan et les troupes menées par l'OTAN basées en Afghanistan ont minimisé mercredi la nouvelle stratégie annoncée par le président Obama pour l'Afghanistan.
"Les Moudjahiddines (guerriers saints) de l'Emirat islamique d' Afghanistan (nom du régime renversé des Talibans) poursuivront la résistance contre les Etats-Unis et ses alliés nationaux et internationaux", a juré l'organisation dans un communiqué remis aux médias depuis un endroit secret.
Il a également souligné qu'il n'y a rien de nouveau dans la nouvelle stratégie du président Obama en Afghanistan.
Dans un communiqué, les résistants ont estimé que renforcer les troupes en Afghanistan d'une part et annoncer le retrait d'autre part représente une tentative de réduire le niveau d'opposition à la guerre en Afghanistan et à l'étranger.
Dans un communiqué publié en pachtoune, les résistants ont également prédit la défaite des Etats-Unis, soulignant que l’occupation de l'Afghanistan mènera au démembrement des Etats-Unis.
3/12

Source: xinhua

03-12

Les résistants ont affirmé que l'envoi de dizaines de milliers de soldats supplémentaires en Afghanistan constituait une stratégie vouée à l'échec qui ne fera que renforcer leur détermination au combat. "Cette stratégie ne profitera pas à l'ennemi. Malgré les nombreuses troupes supplémentaires que l'ennemi va envoyer contre nos moudjahidines afghans, ils sont déterminés à accroître leur nombre et à renforcer leur résistance", disent les résistants dans un communiqué transmis par courrier électronique à la presse.

2/12

http://fr.news.yahoo.com/4/20091202/twl-afghanistan-talib...

27-11

Le chef des résistants talibans, Omar, est sorti de son silence en excluant toute négociation avec le gouvernement Karzaï.

Dans une déclaration, l'insaisissable religieux a invité ses compatriotes à tourner le dos à un gouvernement à la botte de l'étranger.

Les talibans ont toujours refusé les appels du gouvernement de Kaboul à des pourparlers de "réconciliation" tant que le pays serait occupé par des forces étrangères.

"Les envahisseurs ne veulent pas de négociations visant à accorder l'indépendance à l'Afghanistan et à mettre fin à leur invasion mais au contraire prolonger le processus malfaisant de colonisation et d'occupation via la négociation", estime Omar.

"J'espère que vous aiderez les moudjahidine se sacrifiant au nom de la liberté et que vous renforcerez leurs rangs à la fois physiquement et financièrement", ajoutait le mollah Omar en appelant ses compatriotes à se détourner du "gouvernement de laquais de Kaboul".

http://fr.news.yahoo.com/4/20091127/twl-afghanistan-karzai-taliban-41953f5_2.html

09-08

Manifestation de masse anti-OTAN.

Une manifestation de masse s'est déroulée mardi dans la province de Laghman (est) pour protester contre l'assassinat  par les militaires de l'OTAN de civils afghans, a rapporté la chaîne de télévision privée locale Tolo.
Selon les journalistes de la chaîne qui se réfèrent à l'administration locale, des militaires de l'OTAN ont mené la veille dans les environs du chef-lieu de la province Mehtarlam une opération spéciale qui se serait soldée par au moins 12 morts civils, dont plusieurs femmes.
Les soldats de l'armée nationale afghane n'ayant pas participé à cette opération, la responsabilité pour la mort de civils est entièrement assumée par les militaires étrangers, selon l'administration locale.

9/12

http://fr.rian.ru/world/20091208/185637498.html 


b) Troupes d'occupation : Analyse & déclaration

USA & Coalition

09-12

Selon un sondage publié mardi, les Américains sont 58% à soutenir l'envoi de renforts en Afghanistan, et favorables à 60% au début de retrait en 2011.

Selon cette enquête de l'Université Quinnipiac, 57% des sondés approuvent désormais la guerre en Afghanistan, soit une hausse de neuf points par rapport à un sondage précédent effectué à la mi-novembre.

http://www.rtlinfo.be/info/

10-12

Les progrès seront lents, estime le général David Petraeus

Le général David Petraeus a affirmé au Congrès que les progrès en Afghanistan prendraient probablement plus de temps que ceux obtenus par l'envoi de renfort en Irak il y a deux ans.

Petraeus, qui a dirigé la montée en puissance en Irak en 2007, s'est exprimé devant la commission des relations internationales du Sénat mercredi, pour approuver l'accroissement de la présence militaire américaine en Afghanistan.

10/12

http://fr.news.yahoo.com/3/20091210/twl-usa-afghanistan-general-224d7fb_2.html

 

McChrystal se fait fort de briser l'élan des résistants ...

Le général américain Stanley McChrystal, architecte de la stratégie de renforts en Afghanistan, s'est fait fort mardi de briser l'élan des résistants grâce aux dizaines de milliers de soldats supplémentaires promis par Washington et ses alliés.

Les 30.000 hommes annoncés la semaine dernière par le président Barack Obama "vont nous permettre de renverser la tendance de la rébellion et de couper l'accès des résistants à la population dont ils dépendent pour leur survie", a promis le commandant des forces internationales en Afghanistan, lors d'une audition au Congrès.

"Cette mission n'est pas seulement importante: elle est aussi à même de réussir", a-t-il déclaré à la commission de la Defense de la Chambre des représentants.

Le général McChrystal, désigné en mai à la tête des forces américaines et alliées, a soumis à la fin de l'été à l'administration une évaluation de la situation en Afghanistan et une demande de renforts qui ont servi de base à la stratégie annoncée la semaine dernière par M. Obama.

Devant les parlementaires, il a prédit qu'à l'été 2011, date annoncée par le président pour le début du retrait des forces américaines, "les Afghans constateront que la rébellion ne peut l'emporter, ce qui leur donnera la chance de se placer du côté de leur gouvernement".

Le général a reconnu qu'il n'avait pas suggéré la fixation d'une date pour entamer le retrait des troupes. L'annonce de cette échéance a été critiquée par les républicains qui estiment que les résistants pourraient se contenter d'attendre le départ de la coalition pour reprendre l'offensive.

Le commandant des troupes alliées a concédé que les résistants pourraient utiliser cette date à des fins de propagande mais a assuré qu'elle ne posait pas de problème "du point de vue militaire". Les renforts vont montrer aux Afghans que "nous voulons et pouvons les protéger", a-t-il dit.

Le général a averti les parlementaires que la réussite en Afghanistan "dépendra d'un engagement solide de notre part, ce qui se traduira par des coûts importants".

Le Congrès ne peut s'opposer à l'envoi des renforts mais tient les cordons de la bourse. Des parlementaires ont ainsi suggéré la création d'un "impôt Afghanistan" pour financer les renforts, d'autres préférant la piste d'un emprunt de guerre.

A Kaboul, le président Hamid Karzaï a appelé mardi les Etats-Unis à continuer à aider l'Afghanistan, qui n'aura pas selon lui les moyens financiers d'entretenir son armée avant encore 15 à 20 ans.

L'intervention du général McChrystal a été suivie de celle de Karl Eikenberry, ambassadeur des Etats-Unis à Kaboul, à qui la presse américaine a attribué de fortes réticences ces derniers mois quant à la stratégie de renforts prônée par le chef de la coalition.

Les deux hommes ont tenté mardi de minimiser ces divergences. L'ambassadeur a reconnu qu'il avait mis en cause l'ampleur prévue des renforts ainsi que le calendrier du déploiement mais assuré qu'il soutenait désormais "sans équivoque" la décision prise.

9/12

http://www.rtlinfo.be/info/monde/international/292179/afghanistan-mcchrystal-se-fait-fort-de-briser-l-elan-des-résistants/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed:%20RTLInternational%20(RTL%20Info%20-%20%20Monde)


Otan- Isaf 

03-12

Le porte-parole du Pentagone David Sedney a indiqué que Washington s'attendait à ce que les pays de l'Otan envoient au sein de la force internationale (FIAS) quelque 5.000-7.000 militaires en Afghanistan.

http://fr.rian.ru/world/20091203/185610994.html

09.12.

Le commandement des forces internationales en Afghanistan a prévenu des difficultés à recruter soldats et policiers afghans, tout en assurant pouvoir à terme accroître leur nombre comme prévu.

Washington a annoncé, il y a une semaine, l'augmentation du contingent US à 100.000 hommes.

Selon le général Rodriguez, "les (30.000) troupes supplémentaires" bientôt envoyées en renfort par Washington "vont augmenter notre capacité à former les forces de sécurité afghanes", dont la montée en puissance est un élément-clé de la stratégie du président américain Barack Obama, qui compte commencer à retirer ses soldats d'Afghanistan en juillet 2011.

Le général américain Bill Caldwell, nouveau responsable Otan de la formation des forces afghanes, a indiqué que l'objectif, pour les forces afghanes de sécurité, était de disposer de 287.000 membres à ce moment là.

Le général Rodriguez a également évoqué la barre des 300.000 soldats et policiers afghans à l'horizon septembre 2011.

Le général Caldwell a toutefois confié que l'objectif affiché d'accroître les forces afghanes à 134.000 hommes d'ici octobre 2010 se heurtait à de nombreuses difficultés.

"Le plus grand défi consiste à former des dirigeants pour l'armée et la police afghanes. Cela va prendre du temps", a-t-il souligné.

"Si l'on veut atteindre nos objectifs, il va falloir augmenter le recrutement" au sein de l'armée, a-t-il averti.

Le général Rodriguez avait plus tôt indiqué au secrétaire à la Defense qu'il était particulièrement difficile d'embaucher et de retenir des soldats afghans dans le sud, où les combats sont les plus intenses.

"Ils combattent très durement en permanence là-bas. Et là où c'est dur, on a du mal à recruter et à les retenir", avait-il expliqué.

Pour attirer de nouvelles recrues et concurrencer les émoluments distribués par les résistants, les autorités afghanes ont décidé d'augmenter le salaire des forces de sécurité au 1er décembre d'environ 45 dollars par mois, rehaussant à 240 dollars la paie d'un soldat de base, alors que "les résistants paient 250 à 350 dollars par mois", selon le général Caldwell.

La démarche a été payante. En une semaine, un nombre record de plus de 2.500 volontaires se sont engagés dans l'armée, a-t-il affirmé.

La communauté internationale doit toutefois s'attendre à devoir financer ces troupes sur le long terme, avait prévenu mardi le président afghan Hamid Karzaï, soulignant que son pays n'aurait pas les moyens d'entretenir son armée et sa police pendant les 15 à 20 prochaines années.

AFP/Pool - Justin Sullivan

http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/p-1911-Robert_Gates_prevenu_a_Kaboul_des_problemes_de_rec.htm?&rub=2&xml=newsmlmmd.27eb76155e9a9415fa0559a57b12d0ac.8c1.xml


Géorgie

Les militaires géorgiens en Afghanistan pour apprendre à faire la guerre

La participation de la Géorgie à la Force Internationale d'Assistance à la Sécurité en Afghanistan (ISAF) permettra aux militaires géorgiens d'apprendre à faire la guerre, a déclaré vendredi le président géorgien Mikhaïl Saakachvili, en visite à la base militaire géorgienne de Vaziani.

"A mon avis, c'est pour notre armée une occasion unique de recevoir le baptême du feu ", a indiqué M.Saakachvili lors de la cérémonie d'inauguration d'un nouveau site de déploiement de la 1ère brigade d'artillerie géorgienne.

La Géorgie n'a pas besoin de troupes qui ne savent que participer aux défilés militaires, mais "d'une armée qui sait faire la guerre", a-t-il ajouté commentant la décision géorgienne d'augmenter prochainement son contingent de paix en Afghanistan à la demande du président américain Barack Obama.

"Nous avons répondu à l'appel du président Obama, leader des Etats-Unis qui sont notre partenaire stratégique. (...) La Géorgie augmentera tout prochainement son contingent en Afghanistan", a indiqué M.Saakachvili.

Un bataillon fort de 173 soldats géorgiens, se trouve en Afghanistan depuis novembre. Il relève du contingent français. Au printemps 2010, Tbilissi y dépêchera un bataillon de 700 militaires qui seront placés sous les ordres des Américains.

4/12

http://fr.rian.ru/ex_urss/20091204/185621679.html


n° 304 - journal de l'Afghanistan - 26-11 au 15-12 - : Suite :- Le discours d’Obama sur l’Afghanistan : un ramassis de mensonges.

n° 304 - journal de l'Afghanistan -  26-11 au 15-12 - : Suite :- Le discours d’Obama sur l’Afghanistan : un ramassis de mensonges.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



            journal de l'Afghanistan 

n° 304 - du 26-11au 15-12

C.De Broeder & M.Lemaire



Avant propos

La guerre menée par le terrorisme contre ses adversaires déclarés est tout à fait invraisemblable.

Pour être crédible, cette histoire exigerait triplement et simultanément une excessive stupidité des terroristes, une incompétence extravagante des services policiers, et une folle irresponsabilité des médias. Cette invraisemblance est telle qu'il est impossible d'admettre que le terrorisme soit réellement ce qu'il prétend être’.

(MICHEL BOUNAN)

 

·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes

Ps : Avant de vous lancer dans la lecture du journal, noter ceci: 'Al Qaïda'  & Al-Zarqaoui, Ben Laden Mollah Omar  = concept réducteur inventé par les Usa, pour désigner la résistance.

Idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes


Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire.

 Les forces en présence

3 Politique

1) collaborateurs afghans

 



2 Les forces en présence

USA

09-12

Le secrétaire US à la Defense, Robert Gates, a carrément fixé les exigences de l’Oncle Sam à l’égard de ses affidés de l’Alliance. Il faut, a-t-il déclaré, péremptoire, que les États membres fournissent de 5 000 à 7 000 soldats supplémentaires.

Plusieurs pays se sont, comme l’Italie, d’ores et déjà mis au garde-àvous. La Grande-Bretagne a annoncé ainsi qu’elle envisageait d’envoyer 1 200 soldats de plus, la Slovaquie 250, la Pologne 200, l’Albanie 80. Nicolas Sarkozy semble bien décider à faire « un geste » lui aussi. Même si l’hostilité d’une forte majorité de l’opinion publique française l’a conduit à une certaine valsehésitation ces derniers jours.

BRUNO ODENT

9/12

http://www.humanite.fr/2009-12-04_International_Berluscon...


Otan-Isaf

L'Otan table sur l'envoi de 5.000 soldats en Afghanistan

Le secrétaire général de l'Otan a déclaré s'attendre à ce que les alliés fournissent au moins 5.000 soldats supplémentaires en Afghanistan après l'annonce par Barack Obama de l'envoi de 30.000 militaires américains en renfort. "Il y a 43 pays sur le terrain sous commandement de l'Otan et j'ai bon espoir que d'autres alliés et partenaires (outre les Etats-Unis) consentent à une forte augmentation de leur contribution", a dit Anders Fogh Rasmussen dans une déclaration télévisée peu après le discours du président américain à la nation.

"J'attends au moins 5.000 soldats supplémentaires des autres pays de notre alliance et peut-être même quelques milliers de plus", a-t-il ajouté.

Ce chiffre est inférieur aux espoirs formulés par le Pentagone, qui souhaitait voir les autres pays de l'Otan compléter l'effort américain en déployant jusqu'à 10.000 soldats et instructeurs.

De plus, Rasmussen a reconnu que le chiffre de 5.000 hommes incluait les 1.500 éléments supplémentaires déployés à titre provisoire par les alliés des Etats-Unis pour l'élection présidentielle d'août dernier, et dont la présence va être pérennisée.

Il a ajouté que ces renforts devraient permettre de transférer aux forces afghanes dès l'an prochain la responsabilité principale du maintien de l'ordre dans "10 ou 15 régions et districts". L'Afghanistan compte 34 provinces et des centaines de districts..

2/12

http://fr.news.yahoo.com/4/20091202/twl-afghanistan-otan-bd5ae06_1.html 


Armenie

L’Arménie enverra un petit contingent de troupes en Afghanistan en février 2010 pour aider (...)  les Etats-Unis et leurs alliés de l’OTAN à combattre l’insurrection des résistants, selon l’armée arménienne.

La nouvelle a été citée par le Colonel Artur Simonian, le commandant d’une brigade spéciale de maintien de la paix des Forces armées de l’Arménie, et qui a déclaré jeudi soir que le contingent comprendra environ 40 soldats. Un groupe qui se rendra en Allemagne le mois prochain pour suivre une formation spéciale avec des soldats allemands pendant trois semaines. "Ils s’envoleront pour l’Afghanistan avec le contingent allemand plus tard », a déclaré Simonian, selon News.am.

Le déploiement arménienne a été annoncé le mois dernier par Robert Simmons, représentant spécial de l’OTAN pour le Caucase du Sud. Ni Simmons, ni le colonel Simonian a précisé le type de personnel militaire de l’Arménie qui participera à l’International Security Assistance Force (ISAF) de l’OTAN en Afghanistan.

Les rapports précédents indiquent qu’ils seront principalement composés d’experts en munitions et d’agents de communication. Toutefois, un responsable militaire à Erevan a récemment déclaré que l’Arménie envisage d’envoyer une unité de combat complete dont la principale mission sera de défendre un aéroport militaire près de la ville afghane de Kunduz.

L’Azerbaïdjan et la Géorgie ont déjà plus de 100 soldats chacunes, sur le terrain. Le gouvernement géorgien s’est engagé à déployer un autre contingent de soldats d’ici au printemps prochain.

Celeste Wallander, la secrétaire adjoint américain à la Defense pour la Russie, l’Ukraine et l’Eurasie politiques, a examiné la participation de l’Arménie à la FIAS avec le président Serge Sarkissian et d’autres dirigeants de l’Arménie au cours d’une visite à Erevan, jeudi dernier. Elle a également visité le siège de la brigade d’Erevan pour le maintien de la paix, qui fournit des troupes pour des missions militaires arméniennes à l’étranger.

"Les Etats-Unis sont attachées au partenariat avec la République d’Arménie, qui a fait des contributions à l’OTAN et les efforts au Kosovo, en Irak, et bientôt en Afghanistan", a déclaré Wallander.

 7 décembre

http://france-armenie.net/spip.php?article1077


Croatie

05-12

La commission de Defense du Parlement croate a approuvé jeudi le report de la participation de l'armée croate à la mission de maintien de la paix de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) en Afghanistan, et le Parlement devrait examiner ce report la semaine prochaine.
Le secrétaire d'Etat à la Defense Pjer Simunovic a déclaré devant la commission que les troupes croates en Afghanistan seraient regroupés en grands groupes tels qu'elles sont actuellement déployées dans plusieurs régions, ajoutant que la principale tâche du contingent croate de l'Isaf serait d'aider à former l'armée nationale afghane. 

Source: xinhua

http://french.people.com.cn/International/6832316.html


Corée

08-12

Le gouvernement sud-coréen a décidé mardi d'envoyer 350 soldats en Afghanistan, soutenus par des hélicoptères ainsi que 140 personnels chargés d'un travail de reconstruction, a annoncé le ministère de la Defense.
Le contingent sud-coréen sera basé dans la province de Parwan, au nord de Kaboul. Il sera déployé pour 30 mois à compter du 1er juillet, a annoncé le ministère qui a précisé que les soldats sud-coréens ne combattraient pas mais se contenteraient d'assurer la sécurité des personnels participant à des travaux de reconstruction. Une équipe de reconstruction de 100 civils sera envoyée ainsi que 40 policiers, protégés par les soldats qui seront soutenus par des hélicoptères, des véhicules blindés et un drone de reconnaissance. Proche alliée des Etats-Unis, la Corée du Sud compte actuellement une équipe médicale de 25 personnes en Afghanistan ainsi que des experts en formation travaillant dans la base américaine de Bagram, à 50 km au nord de Kaboul. Le pays avait envoyé une équipe de 210 personnes, dont du personnel médical en 2002 avant de les retirer en décembre 2007.

L'armée sud-coréenne compte 655.000 soldats et participe régulièrement aux missions de maintien de la paix(…)  de l'ONU. (FDC)

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Espagne

12-12

Selon le journal El Pais  le ministère de la Defense envisage d'envoyer 200 soldats, portant le total des militaires espagnols déployés dans le cadre de la force de l'Otan (Isaf) à plus de 1.200. Ils sont déployés dans l'ouest du pays.
Le vice-président Biden, a parlé hier avec José Luis Rodriguez Zapatero pour parler de cette nouvelle stratégie…


Grande Bretagne

30-12

Gordon Brown a déclaré qu'il confirmerait l'envoi de 500 hommes supplémentaires en Afghanistan. Ce qui portera à 9.500 le nombre de Britanniques en Afghanistan.

30/11

http://fr.news.yahoo.com/


Italie

Berlusconi pourvoyeur en chair à canon

Le premier italien annonce l’envoi de mille hommes supplémentaires en Afghanistan

Sylvio Berlusconi aura été le premier à répondre aux injonctions de Barack Obama demandant aux États membres de l’Otan de le seconder dans sa stratégie guerrière en Afghanistan et de compléter le renfort de 30 000 hommes qu’il vient de décider (voir l’Humanité d’hier). La réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Alliance consacrée au sujet avait à peine démarré, hier, à Bruxelles, que le Cavaliere annonçait l’envoi de 500 à 1 500 hommes de troupes italiens supplémentaires sur le terrain en 2010.

Le président du Conseil italien confirme ainsi son empressement à se soumettre aux directives de la Maison- Blanche, quel que soit son locataire. Il le justifie en arguant, sans surprise, que ces renforts seraient le seul moyen de renforcer la crédibilité de l’Otan dans sa lutte contre le terrorisme…

BRUNO ODENT

9/12

http://www.humanite.fr/2009-12-04_International_Berluscon...

 

http://fr.news.yahoo.com/4/20091203/tts-italie-afghanistan-renforts-ca02f96_1.html


Macédoine

31-12

Le président macédonien Gjorgje Ivanov a déclaré mercredi que son pays enverra 80 soldats supplémentaires en Afghanistan en février prochain.
Le président Ivanov a pris cet engagement dans une lettre adressée au président américain Barack Obama, après l'annonce par le dernier de l'envoi d'un renfort de 30 000 soldats en Afghanistan.

http://french.people.com.cn/International/6830872.html


Pologne

02-12

"Le gouvernement penche pour l'envoi de 600 hommes de plus, mais il y a toute une procédure à suivre et il faut l'aval du président", a dit Barbara Bartkowska, conseillère du ministre de la Defense, Bogdan Klich.

La Pologne a déployé pour l'instant 2.000 militaires en Afghanistan.

Il est probable que le chef de l'Etat donnera son feu vert aux renforts, même si les sondages montrent que l'opinion publique est hostile à une présence polonaise sur place.

Reuters


Turquie

06-12

Tayyip Erdogan a déclaré que la Turquie, membre fondateur de l'Otan, n'enverrait pas de renforts militaires en Afghanistan.

"La Turquie a déjà fait ce qu'elle avait à faire en faisant passer, sans qu'on le lui demande, son contingent d'environ 700 à 1.750 soldats", a dit le Premier ministre turc.

Le contingent turc ne participe pas aux combats sur le terrain, malgré des pressions en ce sens des Etats-Unis.

http://fr.news.yahoo.com/4/20091206/twl-afghanistan-turqu...



3) Politique

a) Les collaborateurs afghans

Karzai

06-12

Karzai a déclaré que les Afghans voulaient reprendre les responsabilités de la sécurité de leur pays "le plus tôt possible", mais il a indiqué que deux ans seraient nécessaires pour entraîner les forces afghanes.

Karzaï a aussi appelé les Occidentaux à soutenir sa volonté de mettre en place "une approche négociée" avec le mollah Omar, chef suprême des résistants.

Mme Clinton et M. Gates ont insisté dimanche sur le fait que les Etats-Unis ne fourniraient leur aide qu'aux autorités afghanes qui font un "bon travail" et ne sont pas corrompues.

http://qc.news.yahoo.com/indepth/afghanistan/s/afp/091206...

 

Hamid Karzaï réclame la patience (…) des Occidentaux.

Le président Hamid Karzaï a assuré dimanche que son gouvernement combattrait la corruption et s'emploierait à être un bon partenaire dans la stratégie militaire des Etats-Unis. Mais il a demandé aux alliés de savoir attendre le moment où son pays serait en mesure d'assumer toutes les responsabilités en matière de sécurité.

Le président américain a annoncé ces jours-ci qu'il allait envoyer 30.000 soldats en renfort en Afghanistan, et qu'il commencerait à les rapatrier dans 18 mois et à commencer à transférer la responsabilité de la sécurité aux forces afghanes.

"L'Afghanistan se félicite de cette nouvelle stratégie, et fera tout son possible pour être un bon partenaire dans le cadre de cette stratégie-là", a-t-il dit dans une interview à la chaîne CNN.

"Nous allons tenter de faire de notre mieux, nous les Afghans" pour assumer la sécurité de notre pays en conformité avec le calendrier des Américains, a continué Karzaï.

"Mais la communauté internationale doit faire montre de patience avec nous (...). Si cela prend plus de temps que prévu, il faudra quand même rester à nos côtés", a-t-il dit.

A propos de la corruption, il a estimé que certains alliés de Kaboul, qu'il n'a pas cités, exagéraient l'ampleur du phénomène.

6/12

http://fr.news.yahoo.com/4/20091206/twl-afghanistan-karza...


Les grandes manœuvres

Hamid Karzaï renouvelle son appel aux résistants

 27 novembre

Karzaï a lancé un nouvel appel aux taliban en vue d'une réconciliation nationale qui sera, selon son entourage, au coeur de son second mandat.

"Une fois de plus, j'appelle nos frères, les taliban, le Hezb-e-Islami et tous ceux qui ont quitté notre terre ou qui ont pris les armes à revenir dans leur pays pour la paix, la stabilité, la prospérité", a-t-il dit à la presse réunie devant le palais présidentiel de Kaboul, au premier jour des célébrations de l'Aïd al Adha.

"Pour que nous, le peuple afghan, puissions nous unir main dans la main pour reconstruire et faire prospérer notre pays bien aimé", a-t-il insisté.

Le Hezb-e-Islami est l'organisation de Gulbuddin Hekmatyar, un ancien chef de la guérilla antisoviétique dans les années 1980 qui partage certains des objectifs des taliban.

Dans son discours d'investiture, il a prôné une réconciliation avec les résistants.

Ses services indiquent qu'il pourrait convoquer l'année prochaine une "loya jirga", ou grande assemblée, à laquelle les groupes résistants seraient invités.

http://fr.news.yahoo.com/4/20091127/twl-afghanistan-karza...

 

Karzai demande de l'aide

Le secrétaire américain Gates a été reçu à Kaboul avec une demande de taille, formulée par le président Hamid Karzaï. Une demande qui, si elle est acceptée, nouera une alliance de longue durée entre Washington et Kaboul.

Le président afghan a demandé aux États-Unis une aide pour subvenir aux besoins de l'armée et de la police afghanes pour les 15 à 20 prochaines années. M. Karzaï a argué que Kaboul ne disposait pas de moyens financiers pour entretenir ses forces de sécurité.

« Nous espérons que la communauté internationale et les États-Unis, notre premier allié, aideront l'Afghanistan à entretenir cette force », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse, mardi.

À cette requête, M. Gates a répondu que son pays avait conscience « qu'il va falloir du temps avant que l'Afghanistan ne soit capable d'entretenir ses forces de sécurité en totalité. Et, que ce soit 15 ou 20 ans, nous espérons que ce processus va s'accélérer ».

Cependant, le secrétaire d'État américain a précisé que Washington ne devait pas supporter seul ce fardeau, ajoutant: « Les États-Unis ont clairement fait savoir à leurs partenaires internationaux que nous comptons sur eux pour qu'ils partagent cette responsabilité ».

Visiblement, sur la question du retrait des soldats américains d'Afghanistan, les violons des deux pays ne sont pas accordés. Alors que le président afghan répète que son pays ambitionne de prendre d'ici à cinq ans le contrôle de la sécurité de son territoire, aujourd'hui en partie assuré par plus de 100 000 soldats étrangers, dont les deux tiers sont des Américains, M. Gates a évoqué un « processus de plusieurs années ».

« Trois ans, deux ans, quatre ans, cela reste à voir », a-t-il indiqué, en rappelant que le président Barack Obama a annoncé la semaine dernière que les militaires américains entameraient leur retrait en juillet 2011.

M. Gates est venu à Kaboul pour s'entretenir avec M. Karzaï.

Le chef du Pentagone a indiqué vouloir évoquer la formation de l'armée et de la police afghanes, pierre angulaire de la stratégie du président Obama pour permettre à terme aux troupes étrangères de quitter le pays.

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2009/1...


Confection d'un gouvernement fantoche

09-12

Karzaï soumettra mardi la composition d'une partie de son nouveau gouvernement au Parlement.

"Le président a l'intention de présenter certains membres de son nouveau gouvernement au Parlement demain, mardi", a indiqué à l'AFP Siamak Herawi, l'un des porte-parole de la présidence.

"Ce sera très probablement une grande partie du futur gouvernement, la plupart (des ministres) seront annoncés", a-t-il ajouté, sans plus de précisions.

M. Karzaï, 51 ans a été réélu à l'issue d'un scrutin présidentiel calamiteux marqué par des fraudes massives en sa faveur lors du premier tour de la présidentielle le 20 août.

Il est depuis sous la pression de la communauté internationale pour s'attaquer à la corruption endémique qui ronge le pays et présenter un gouvernement efficace dans la lutte contre les résistants.

La secrétaire d'Etat Clinton, avait également suggéré au président Karzaï, fin novembre, de recruter des ministres ayant un profil d'experts plutôt que des chefs de guerre.

Le Parlement doit accorder sa confiance par un vote au nouveau gouvernement avant que celui-ci ne puisse commencer son travail.

Dans une interview diffusée dimanche sur CNN, le président afghan a promis d'éradiquer la corruption dans les instances du pouvoir tout en estimant que les critiques occidentales à ce sujet reflétaient une vision "exagérée" du phénomène.

"Le problème de la corruption a été exagéré politiquement par certains de nos partenaires de la communauté internationale", a déclaré le président afghan. Mais le gouvernement afghan "s'attaquera à cette question et à tous les problèmes qui sont ceux de l'Afghanistan", a promis M. Karzaï. "C'est de notre responsabilité, et nous devons le faire", a-t-il affirmé.

9/12

http://www.rtlinfo.be/info/monde/international/291868/le-...


Sur le terrain

La solde des militaires et policiers afghans augmentée de 40%

 Le gouvernement du président Hamid Karzaï, annonce une augmentation de près de 40% de la solde des militaires et des policiers.

Selon le ministre de l'Intérieur, Hanif Atmar, la paie augmentera de l'équivalent de 45 dollars pour atteindre 165 dollars par mois pour les nouvelles recrues.

"Nous voulons un Afghanistan capable de se défendre avec ses propres forces de sécurité", a-t-il expliqué dans un communiqué.

Le pays - qui compte aujourd'hui 95.000 militaires et 93.000 policiers - dépend largement des crédits occidentaux, notamment américains, pour boucler son budget en matière de Defense.

L'une des priorités des Etats-Unis et de l'Otan est d'accélérer la formation par des instructeurs occidentaux de l'armée et de la police afghanes pour mieux les impliquer dans la guerre.

28/11

http://fr.news.yahoo.com/4/20091128/twl-afghanistan-armee...


L'Afghanistan ne pourra pas entretenir son armée avant au moins 15 ans.

L'Afghanistan ne pourra pas entretenir lui-même son armée avant au moins 15 ans, a estimé mardi le président Hamid Karzaï, jugeant nécessaire une aide financière pour payer les salaires et équiper l'armée et la police. "L'Afghanistan est impatient de gérer le paiement de ses forces avec ses propres ressources, mais ce ne sera pas possible pour les quinze ans à venir", a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse avec le secrétaire américain à la Defense Robert Gates.

"Pour les quinze à vingt années à venir, l'Afghanistan ne sera pas capable d'entretenir elle-même une force d'une telle nature et d'une telle capacité avec ses seules ressources", a-t-il répété.

Le chef du Pentagone est le premier membre de l'administration Obama à venir en Afghanistan depuis que le président américain a annoncé l'envoi de 30.000 hommes supplémentaires. Il avait précisé que les premières troupes seraient de retour en juillet 2011.

M. Gates est venu avec deux messages: les Etats-Unis n'abandonneront pas l'Afghanistan, mais l'engagement américain n'est pas sans fin. L'année 2011 pourrait marquer le début du retrait, qui prendrait au moins deux ou trois ans.

Il s'est dit conscient que cela "prendra du temps" avant que les forces de sécurité afghanes n'assurent elles-mêmes la sécurité du pays. "Nos troupes ne sont là que pour le temps nécessaire pour vous aider à vaincre vos ennemis", a-t-il observé. "Nous combattrons à vos côtés jusqu'à ce que les forces afghanes soient suffisamment importantes et suffisamment fortes pour sécuriser elles-mêmes la nation comme elles l'ont déjà fait à Kaboul".

8/12

http://fr.news.yahoo.com/3/20091208/twl-afghanistan-karza...


Pays corrompu cherche …

09-12

Le maire de Kaboul a été condamné lundi à quatre ans de prison pour corruption et un mandat d'arrêt a été lancé à son encontre, a annoncé à l'AFP le procureur général adjoint de la capitale afghane.

"L'affaire pour laquelle il a été condamné a révélé un gaspillage de fonds publics de l'ordre de 800.000 afghanis (un peu plus de 11.000 euros)", a déclaré à l'AFP Enayat Kamal.

"Le tribunal a condamné Mir Abdul Ahad Sahbi à quatre ans de prison, lui a ordonné de rembourser l'argent gaspillé et l'a démis de ses fonctions", a ajouté le magistrat.

Cette condamnation intervient alors que, sous la pression intense de la communauté internationale et des Etats-Unis-Unis en particulier, le président Hamid Karzaï, qui vient d'être réélu au terme d'un scrutin entaché de fraudes massives, a promis de lutter contre la corruption qui gangrène le pays jusqu'au sommet du gouvernement.

Le maire n'était pas présent à l'audience et était représenté par son avocat, selon M. Kamal.

"J'espère qu'il est maintenant en prison, nous avons lancé le mandat d'arrêt juste après l'audience", a-t-il poursuivi, ajoutant que d'autres enquêtes visaient le maire, pour corruption, détournement de fonds publics et abus de pouvoirs.

http://www.rtlinfo.be/info/monde/international/291868/le-...


Prisons, exactions & torture

400 cas de torture, selon une agence afghane

La Commission indépendante des droits de la personne en Afghanistan affirme dans un rapport avoir documenté près de 400 cas de torture au pays.

C'est à cette agence afghane qu'a déjà été confiée la garde des résistants capturés par les Canadiens à Kandahar.

Dans un document datant d'avril 2009, la Commission indépendante des droits de la personne en Afghanistan a indiqué avoir découvert 47 cas de mauvais traitements à Kandahar.

Selon l'organisme, 14 % des cas répertoriés ont impliqué la Direction nationale de la sécurité (DNS), le service de renseignement afghan.

Les forces de l'OTAN, dont celles du Canada, remettent habituellement leurs prisonniers à la DNS.

23-11

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2009/1...

28-11

Douze détenus se sont évadés d'une prison dans l'ouest de l'Afghanistan en empruntant un tunnel qu'ils avaient creusé dans leur cellule, a annoncé samedi la police

Des résistants figurent parmi les hommes qui se sont échappés de l'établissement pénitentiaire, a précisé le général Mohammad Faqir Askar, chef des forces de police de la province de Farah.

Un treizième prisonnier, qui a été appréhendé alors qu'il tentait de s'évader, a expliqué que les détenus avaient mis dix jours pour creuser le tunnel.

Plus de 300 détenus sont incarcérés dans la prison, qui a été construire pour en accueillir 80, selon le général Askar.

28/11

http://fr.news.yahoo.com/

09/12

Les services secrets afghans ont annoncé aujourd'hui qu'un des suspects, arrêtés après l'attaque fin octobre d'une maison d'hôtes de l'ONU, s'était suicidé hier en se jetant par la fenêtre de sa cellule.( ???)

"Alors que les responsables l'aidaient à surmonter sa dépression dans leurs bureaux, (le suspect) a brisé la vitre à coups de tête et a sauté par la fenêtre. Il a été conduit à l'hôpital avec des blessures mais a succombé", a indiqué la Direction nationale pour la sécurité (NDS), les services secrets afghans.

Le NDS a ajouté que le père de la victime avait refusé l'autopsie. "Sa famille a porté plainte", a déclaré Nader Nadery, de la commission afghane indépendante des droits de l'homme. "Ils ont des doutes sur sa mort et veulent que nous enquêtions. (...) Nous sommes contents que le NDS ait montré sa volonté de coopérer à l'enquête", a ajouté Nadery
La commission afghane indépendante des droits de l'homme, principal groupe de Defense des droits de l'homme en Afghanistan, a lancé une enquête sur cette mort après avoir été saisie par la famille du suspect, qui a porté plainte.

http://www.lefigaro.fr/

Torture de prisonniers afghans

L'état-major canadien a confirmé un cas de mauvais traitement de prisonnier en Afghanistan impliquant les Forces armées canadiennes et constituant une violation du droit international.

Le commandant en chef des Forces armées canadiennes Walter Natynczyk a admis qu'un présumé résistant avait été arrêté et fiché par les soldats canadiens avant d'être remis aux autorités afghanes aux mains desquelles le détenu a subi des sévices.

Mardi, devant le comité parlementaire de la Defense, le chef d'état-major de la Defense, Walter Natynczyk, avait affirmé que l'armée canadienne n'a interrogé que brièvement le suspect au printemps 2006 avant de le relâcher.

Cette première version confirmait celle du gouvernement conservateur, notamment son ministre de la Defense, Peter MacKay.

Toutefois, mercredi matin, le lieutenant-général Natynczyk convoquait la presse pour modifier sa version en vertu d'un rapport militaire qu'il dit avoir reçu dans les heures précédentes.

Le rapport cité par M. Natynczyk dans sa volte-face indique que le présumé taliban a été photographié par l'armée canadienne avant d'être remis à la police afghane. Le commandant Natynczyk n'a pu expliquer pourquoi le rapport militaire n'a fait surface que deux ans et demi après le fait.

À la Chambre des communes, les trois partis d'opposition ont exigé la tenue d'une enquête publique sur le traitement des prisonniers afghans et continué de réclamer la démission du ministre MacKay.

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a déclaré que le gouvernement conservateurs utilisaient les soldats canadiens à «des fins purement politiques».

Le premier ministre Stephen Harper a affirmé que la mise au point du chef d'état-major confirmait l'intégrité des forces armées canadiennes. …

Les ministres du gouvernement Harper ont toujours prétendu qu'il n'y avait pas de preuve irréfutable que des prisonniers afghans avaient été torturés après avoir été transférés par les Canadiens.

Cependant, mardi, un porte-parole du ministre MacKay a commencé à remodeler la version gouvernementale de l'affaire en reconnaissant sous le couvert de l'anonymat qu'il y avait des «preuves crédibles» que des prisonniers transférés aux autorités afghanes avaient été torturés. D'autre part, dans le monde diplomatique, la mobilisation se poursuit pour défendre l'intégrité du diplomate canadien Richard Colvin dont le témoignage et les rapports ont été durement attaqués par des ministres conservateurs.

Plus d'une trentaine d'anciens chefs de mission canadiens ont exprimé leur soutien à M. Colvin, actuellement en poste à l'ambassade canadienne à Washington.

Lors de son témoignage devant un comité parlementaire des Communes, le 18 novembre dernier, M. Colvin, qui a séjourné en Afghanistan en 2006 et 2007, avait déclaré qu'un nombre important de prisonniers transférés aux autorités afghanes par les Canadiens avaient été battus, soumis à des chocs électriques ou agressés sexuellement.

Selon le diplomate, des gens innocents, dont beaucoup de paysans, ont ainsi été torturés

 09/12

http://lcn.canoe.ca/lcn/infos/national/archives/2009/12/2...


n° 304 - journal de l'Afghanistan - 26-11 au 15-12 - : Fin :- Le discours d’Obama sur l’Afghanistan : un ramassis de mensonges.


n° 304 - journal de l'Afghanistan -  26-11 au 15-12 - : Fin :- Le discours d’Obama sur l’Afghanistan : un ramassis de mensonges.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



            journal de l'Afghanistan 

n° 304 - du 26-11au 15-12

C.De Broeder & M.Lemaire


Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire.

 Les forces en présence

3 Politique

2) occupants 



b) Les occupants 

1) Usa

Obama

Obama: de moins en moins populaire

La cote de popularité du président Obama continue de baisser, selon un sondage publié mercredi.

Les Américains sont 46% à approuver l'action de leur président, contre 44% qui la désapprouvent, selon ce sondage de l'université Quinnipiac.

 «Il est évident que cette nouvelle détérioration est le résultat du mécontentement (des sondés) concernant les questions de politique intérieures», selon Peter Brown, de l'institut de sondage de l'université.

Agence France-Presse

09 -12- 2009

 

Obama annonce : 30.000 soldats supplémentaires au nom de «l'intérêt national vital» des États-Unis...

et les résistants ont promis en retour davantage de «cercueils» à Barack Obama.

Le président américain a annoncé mardi l'envoi de 30.000 soldats supplémentaires au nom de «l'intérêt national vital» des États-Unis, soulignant que «l'Afghanistan n'est pas perdu», tout en reconnaissant que «les résistants ont gagné du terrain».

Il a aussi lancé un avertissement musclé au président afghan Hamid Karzaï, dont la réélection a été entachée de fraudes et dont le gouvernement est accusé de corruption: «l'époque du chèque en blanc est révolue», a-t-il asséné.

«Le président américain a aussi insisté sur l'importance de la menace terroriste sur le plan régional, en disant clairement que nous ne devons pas permettre aux régions situées de l'autre côté de la ligne Durand de devenir des bases permanentes pour Al-Qaeda et le terrorisme», a souligné M. Spanta, en référence à la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan.

Agence France-Presse

Publié le 02 décembre

http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/200912/02/01-927106-obama-verra-defiler-de-nombreux-cercueils-de-soldats.php?utm_source=bulletinCBP&utm_medium=email&utm_campaign=retention

 

Obama annonce: "Le travail sera fini en Afghanistan"

Le débat est clos. Après trois mois de discussions sur la demande de renforts présentée en août par le général Stanley McChrystal, commandant des forces de l'OTAN en Afghanistan, la Maison Blanche a annoncé, mardi 24 novembre, que Barack Obama communiquerait sa décision aux Américains le 1er décembre. "Après huit années, pendant lesquelles nous n'avons pas toujours eu les ressources ou la stratégie nécessaires, il est dans mes intentions de finir le travail", a dit M. Obama.

Selon la presse, le président aurait décidé d'augmenter les effectifs américains de quelque 30 000 hommes et de demander des milliers de soldats supplémentaires à l'OTAN.

Une dernière réunion du "conseil de guerre" des principaux responsables de l'administration et de l'armée a eu lieu lundi – la neuvième en trois mois. Avec un nouveau participant : le responsable du budget, Peter Orszag, signe que le financement de la guerre est devenu l'un des facteurs déterminants de la réflexion et devrait également peser dans les requêtes présentées aux alliés.

Selon des chiffres du Congressional Research Service (CRS), le service de recherche du Congrès, la guerre en Afghanistan a coûté 3,6 milliards de dollars (2,4 milliards d'euros) par mois depuis 2001.

Corine Lesnes

Article paru dans l'édition du 26.11.09

LE MONDE

01-12

Barack Obama a longuement mentionné les critiques de ses opposants, en venant à évoquer le parallèle avec le Vietnam. La présence d’une coalition regroupant 43 pays, l’absence d’une insurrection populaire anti-américaine et surtout le fait que l’Amérique a été attaquée «de manière brutale» depuis l’Afghanistan sont les éléments que le président a mis en avant pour rejeter cette comparaison.

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/cd0477b6-df0e-11de-ae68-f7996b0b22ba


Occupation de l'Afghanistan

Le fils de Woody Allen et Mia Farrow, Ronan Farrow, est conseiller spécial pour l'Afghanistan...

6/12

Le fils de Woody Allen et de Mia Farrow est un surdoué. Agé de bientôt 22 ans, Ronan Farrow vient d'être nommé conseiller spécial pour l'Afghanistan et le Pakistan par l'administration Obama, comme annoncé dans "Le Matin Dimanche". Ronan Seamus Farrow, qui s'appelait anciennement Satchel O'Sullivan Farrow, est chargé des affaires humanitaires et des ONG.

Activiste dans le domaine des droits humains, il écrit des piges notamment pour le "Wall Street Journal".

A 11 ans, R.Farrow était au lycée, à 14 ans, il travaillait déjà pour l'UNICEF et à 16 il entrait à l'Uni en droit. Il a 15 frères et soeurs, dont 11 adoptés.

http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=200002&sid=...

 

McChrystal promet aux députés afghans de premiers succès d'ici l'été

Le commandant des forces internationales en Afghanistan, le général américain Stanley McChrystal, a promis jeudi aux députés afghans que la nouvelle stratégie américaine marquée par le renfort de 30.000 soldats devrait connaître des succès importants d'ici à l'été.

Une partie de ces soldats va entraîner les forces de sécurité afghanes, et le reste va être déployé principalement dans le sud et l'est du pays, où l'insurrection des résistants est la plus violente, a-t-il indiqué.

"Ils permettront de fournir davantage de sécurité dans des zones dans le sud, comme le Helmand et Kandahar, et aussi dans l'est", a déclaré Stanley McChrystal, devant plusieurs dizaines de députés des commissions de la Defense, de la sécurité et des relations internationales.

"Dès le début du mois prochain, nous allons commencer à renforcer la sécurité dans des zones où nous n'avons pas encore été en mesure d'aller, faute de forces suffisantes", a-t-il ajouté.

"Je pense que d'ici à l'été prochain, vous constaterez d'importants progrès en matière de sécurité. Dans un an, je serai en mesure de vous dire si notre stratégie est vraiment efficace", a promis le général américain.

Le président américain Barack Obama a annoncé mardi l'envoi de 30.000 soldats supplémentaires au nom de "l'intérêt national vital" des Etats-Unis, soulignant que "l'Afghanistan n'est pas perdu", tout en reconnaissant que "les résistants ont gagné du terrain".

Il a précisé que le retrait des forces américaines débuterait dans 18 mois, soit à partir de juillet 2011. Le secrétaire à la Defense Robert Gates a précisé que les 30.000 soldats seront déployés dans le pays d'ici à juillet 2010.

Le général McChrystal a souligné que la gouvernance, l'application de la loi et le développement devaient suivre l'établissement de la sécurité.

La Maison Blanche a lancé ces dernières semaines de nombreux avertissements au président afghan Hamid Karzaï, dont la réélection a été entachée de fraudes, afin qu'il combatte la corruption endémique jusqu'au sommet de l'Etat et fournisse aux Afghans les services de base dont ils manquent cruellement.

"L'époque du chèque en blanc est révolue", a asséné mardi Barack Obama.

Hamid Karzaï a promis de mettre fin à la "culture de l'impunité" et de lutter contre la corruption lors de son discours d'investiture pour un nouveau mandat de cinq ans le 19 novembre.

La formation d'un nouveau gouvernement constitue le premier test de la détermination du président Karzaï.

"Les consultations se poursuivent avec des chefs tribaux, des personnalités, des hommes politiques et des experts et nous attendons prochainement l'annonce de la composition du nouveau gouvernement", a déclaré à l'AFP Hamid Elmi, un porte-parole de la présidence.

Mais la session du Parlement, qui doit investir individuellement chaque ministre, s'achève dimanche, pour ne reprendre que le 21 janvier 2010.

AFP /

03 décembre

http://www.romandie.com/ats/


Dans les coulisses et au sénat

Ben Laden était «à la portée» des troupes en 2001

 29/11

«Les multiples atouts de la puissance militaire américaine, des équipes de tireurs d'élite aux unités mobiles des Marines et de l'armée de terre, ont été laissés de côté», constate le rapport.

Oussama ben Laden était «à la portée» des troupes américaines déployées en décembre 2001 dans les montagnes de Tora Bora, dans l'est de l'Afghanistan, lorsque le commandement US a pris la décision de ne pas engager de forces massives dans la traque du chef terroriste, peut-on lire dans un rapport du Sénat américain rendu public samedi.

Le document relève que l'échec de l'opération de capture de Ben Laden, présenté alors comme vulnérable, a depuis eu des conséquences dépassant de loin le sort d'un seul homme. La fuite de la figure de proue d'Al-Qaïda a en effet contribué au renouveau taliban en Afghanistan tout en attisant les tensions au Pakistan voisin. Ce rapport, rédigé par des membres démocrates de la commission sénatoriale des relations extérieures à la demande de son président, John Kerry, est publié au moment où le chef de l'exécutif américain Barack Obama s'apprête à annoncer l'envoi de renforts militaires en Afghanistan.

M. Kerry, candidat malheureux à la présidentielle 2004, accuse depuis des années l'administration Bush d'avoir laissé passer la chance d'arrêter Ben Laden et ses principaux lieutenant lorsqu'ils se cachaient dans les reliefs de l'est de l'Afghanistan, trois mois seulement après les attentats du 11-Septembre. Bien que limité à l'examen critique d'une opération menée voilà huit ans, ce rapport peut aussi être lu comme un avertissement destiné à ceux qui s'opposent aujourd'hui à un renforcement de la présence militaire américaine en Afghanistan. Il impute clairement la responsabilité de la situation actuelle aux chefs de l'appareil militaire sous la présidence de George W. Bush, à commencer par le secrétaire à la Defense Donald Rumsfeld et son chef d'état-major, le général Tommy Franks.

«Eliminer le leader d'Al-Qaïda du champ de bataille il y a huit ans n'aurait pas éliminé la menace terroriste pesant sur le monde», concède le rapport. «Mais les décisions qui ont conduit à sa fuite au Pakistan ont permis à Ben Laden d'apparaître comme une figure symbolique qui continue d'attirer des fonds et d'inspirer des fanatiques dans le monde entier.» De fait, poursuit le document, «le travail n'a pas été terminé et cet échec constitue une occasion manquée qui, à jamais, a modifié le cours du conflit en Afghanistan et l'avenir du terrorisme international».

Les rapporteurs affirment catégoriquement qu'au moment où Ben Laden se terrait à Tora Bora, les forces américaines dans la région avaient les moyens de mener un assaut impliquant plusieurs milliers d'hommes. Ils ajoutent que la littérature existante, les archives gouvernementales et des entretiens menés avec les principaux acteurs «lèvent tout doute à ce sujet et montrent clairement qu'Oussama ben Laden était à notre portée à Tora Bora». Vers le 16 décembre 2001, Ben Laden et ses gardes du corps «ont quitté sans encombres Tora Bora et ont disparu dans la zone tribale du Pakistan qui échappe à toute régulation». Le chef d'Al-Qaïda s'y trouverait encore, selon le rapport sénatorial. Au lieu de lancer une attaque massive sur cette cible prioritaire, le commandement américain a alors opté pour une action commando menée par moins d'une centaine d'hommes appuyés par des miliciens afghans, parallèlement à des frappes aériennes.

«Les multiples atouts de la puissance militaire américaine, des équipes de tireurs d'élite aux unités mobiles des Marines et de l'armée de terre, ont été laissés de côté», constate le rapport. A l'époque, M. Rumsfeld avait averti qu'une trop forte présence américaine dans cette région risquait de se retourner contre les Etats-Unis. Il avait également estimé qu'aucun élément ne permettait de localiser Ben Laden de manière sûre.

http://www.lalibre.be/actu/international/article/545966/b...

Le rapport du Sénat américain fustige l'échec de l'opération de capture de Ben Laden en 2001

Oussama ben Laden était "à la portée" des troupes américaines déployées en décembre 2001 dans les montagnes de Tora Bora, dans l'est de l'Afghanistan, lorsque le commandement US a pris la décision de ne pas engager de forces massives dans la traque du chef terroriste, peut-on lire dans un rapport du Sénat américain rendu public samedi.

Le document relève que l'échec de l'opération de capture de Ben Laden, présenté alors comme vulnérable, a depuis eu des conséquences dépassant de loin le sort d'un seul homme. La fuite de la figure de proue d'Al-Qaïda a en effet contribué au renouveau taliban en Afghanistan tout en attisant les tensions au Pakistan voisin.

Ce rapport, rédigé par des membres démocrates de la commission sénatoriale des relations extérieures à la demande de son président, John Kerry, est publié au moment où le chef de l'exécutif américain Barack Obama s'apprête à annoncer l'envoi de renforts militaires en Afghanistan.

M. Kerry, candidat malheureux à la présidentielle 2004, accuse depuis des années l'administration Bush d'avoir laissé passer la chance d'arrêter Ben Laden et ses principaux lieutenant lorsqu'ils se cachaient dans les reliefs de l'est de l'Afghanistan, trois mois seulement après les attentats du 11-Septembre.

Bien que limité à l'examen critique d'une opération menée voilà huit ans, ce rapport peut aussi être lu comme un avertissement destiné à ceux qui s'opposent aujourd'hui à un renforcement de la présence militaire américaine en Afghanistan.

Il impute clairement la responsabilité de la situation actuelle aux chefs de l'appareil militaire sous la présidence de George W. Bush, à commencer par le secrétaire à la Defense Donald Rumsfeld et son chef d'état-major, le général Tommy Franks.

"Eliminer le leader d'Al-Qaïda du champ de bataille il y a huit ans n'aurait pas éliminé la menace terroriste pesant sur le monde", concède le rapport. "Mais les décisions qui ont conduit à sa fuite au Pakistan ont permis à Ben Laden d'apparaître comme une figure symbolique qui continue d'attirer des fonds et d'inspirer des fanatiques dans le monde entier."

De fait, poursuit le document, "le travail n'a pas été terminé et cet échec constitue une occasion manquée qui, à jamais, a modifié le cours du conflit en Afghanistan et l'avenir du terrorisme international".

Les rapporteurs affirment catégoriquement qu'au moment où Ben Laden se terrait à Tora Bora, les forces américaines dans la région avaient les moyens de mener un assaut impliquant plusieurs milliers d'hommes. Ils ajoutent que la littérature existante, les archives gouvernementales et des entretiens menés avec les principaux acteurs "lèvent tout doute à ce sujet et montrent clairement qu'Oussama ben Laden était à notre portée à Tora Bora".

Vers le 16 décembre 2001, Ben Laden et ses gardes du corps "ont quitté sans encombres Tora Bora et ont disparu dans la zone tribale du Pakistan qui échappe à toute régulation". Le chef d'Al-Qaïda s'y trouverait encore, selon le rapport sénatorial.

Au lieu de lancer une attaque massive sur cette cible prioritaire, le commandement américain a alors opté pour une action commando menée par moins d'une centaine d'hommes appuyés par des miliciens afghans, parallèlement à des frappes aériennes.

"Les multiples atouts de la puissance militaire américaine, des équipes de tireurs d'élite aux unités mobiles des Marines et de l'armée de terre, ont été laissés de côté", constate le rapport.

A l'époque, M. Rumsfeld avait averti qu'une trop forte présence américaine dans cette région risquait de se retourner contre les Etats-Unis. Il avait également estimé qu'aucun élément ne permettait de localiser Ben Laden de manière sûre.

 AP

29 novembre,

http://fr.news.yahoo.com/3/20091129/twl-usa-ben-laden-rapport-224d7fb_2.html


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15/12/2009

n°465 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 13-12 - : Début :- Pourquoi la machine militaire la plus importante de la planète est-elle incapable de venir à bout de la résistance ?

n°465 - Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 13-12 - : Début  :- Pourquoi la machine militaire la plus importante de la planète est-elle incapable de venir à bout de la résistance ?


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme,

 L’information est une arme au service de la paix

    Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre


Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak

                                                n°465                             13/12/09

                C.De Broeder      &       M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Sara Flounders : Pourquoi la machine militaire la plus importante de la planète est-elle incapable de venir à bout de la résistance ?

1-2 David MacGregor : L'uranium en Irak, héritage empoisonné de la guerre.

suite

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Abdul-Haq Al-Ani et Joanne Baker: L'uranium en Irak, héritage empoisonné de la guerre. 

2-2 Sophie Perchellet : Sur l’usage de l’uranium appauvri : crime contre l’humanité, crime contre la vie.

2-3 Gilles Munier : La bataille du barrage Saddam  et la menace d’un nouveau « Déluge ».  

2-4 Georges Malbrunot : L'Irak est encore loin d'une normalisation, selon Denis Bauchard.

2-5 Un régime d'assemblée ingouvernable.

fin

3 Annexe

3-1 Les 7 sacrifiés du mensonge : du 11 Septembre à la guerre contre l’Irak


Avant propos

·                    Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants qui osent leur résister...



1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 Sara Flounders : Pourquoi la machine militaire la plus importante de la planète est-elle incapable de venir à bout de la résistance

Quelle est la puissance précise de l’armée américaine, aujourd’hui ?

Pourquoi la machine militaire la plus importante de la planète est-elle incapable de venir à bout de la résistance en Afghanistan, dans une guerre qui a duré plus longtemps que la Seconde Guerre mondiale ou la guerre du Vietnam ?
L’Afghanistan fait aujourd’hui partie des pays les plus pauvres et les plus sous-développés du monde. Son taux d’espérance de vie et son taux d’alphabétisation sont parmi les plus bas, et son taux de mortalité infantile parmi les plus élevés. 

Le budget total de l’armée américaine a plus que doublé depuis le début de cette guerre en 2001 pour atteindre les 680 milliards de dollars entérinés par le président Barack Obama le 28 octobre dernier. Le budget militaire américain actuel est plus élevé que la somme de tous les autres budgets militaires de la planète. L’arsenal américain possède également les armes les plus en avance sur le plan technologique.

Les fonds et le nombre d’hommes impliqués en Afghanistan ont augmenté chaque année de l’occupation. En janvier dernier, 20.000 hommes y ont été envoyés et, aujourd’hui, Obama est soumis à des pressions énormes pour y envoyer 40.000 hommes de plus. Mais ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Il y a actuellement en Afghanistan plus de trois fois plus d’hommes, si on compte les forces de l’Otan et les « entrepreneurs » militaires.

Il y a huit ans, après des bombardements aériens massifs préalables suivis d’une invasion rapide et très violente, tous les médias assuraient avec exubérance que l’Afghanistan allait connaître une transformation et une modernisation rapides et que les femmes afghanes allaient enfin être libérées. Le tout était suivi de promesses d’écoles, de routes, d’eau potable, de soins de santé, d’industries prospères et de « démocratie » à l’occidentale.
Un nouveau plan Marshall était d’ailleurs fin prêt

Si rien de tout cela ne s’est produit, est-ce seulement dû à un mépris raciste et grossier ?

En Irak, comment les conditions auraient-elles pu être pires que durant les treize années de sanctions draconiennes imposées par les États-Unis au lendemain de la guerre de 1991 ? Aujourd’hui, plus d’un tiers de la population a perdu la vie, est handicapée, a fait l’objet de déplacements internes et/ou a dû se réfugier à l’étranger. La peur, la violence contre les femmes et les divisions sectaires ont démantelé l’édifice social.

Naguère, au Pakistan, un important courant s’est tourné vers l’Occident pour obtenir des fonds de développement et réaliser la modernisation du pays. Aujourd’hui, ce même courant est aigri et offusqué par l’arrogance américaine, après que des provinces entières ont été évacuées par la force et bombardées au cours de la traque organisée contre al-Qaïda.

Les forces américaines d’occupation sont en fait incapables de mener à bien un programme de modernisation. Les seules choses dont elles sont capables, ce sont les destructions massives, les insultes et les atrocités au quotidien. C’est pourquoi les États-Unis sont incapables de gagner « les cœurs et les esprits » en Afghanistan ou en Irak. Et c’est également ce qui alimente la résistance.

Aujourd’hui, tout effort visant à prouver le pouvoir et la puissance de l’impérialisme américain ne fait que confirmer, au contraire, que la faiblesse croissante et l’incapacité systémique de ce même impérialisme américaine d’être un moteur de progrès humain à quelque niveau que ce soit.

Collaborateurs et seigneurs de guerre

Une partie du problème de l’impérialisme américain réside dans le fait que ses forces d’occupation sont obligées de s’appuyer sur les plus corrompus, vénaux et discrédités des seigneurs de guerre. Le seul intérêt de ces brutes militaires rivales consiste à empocher les fonds de la reconstruction et du

développement. On s’est rendu compte que des ministères entiers du gouvernement, leurs fiches de paie et leurs projets n’étaient rien d’autre qu’une fiction absolue. Des milliards destinés aux écoles, à la distribution d’eau et à la construction de routes sont allés directement dans les poches de ces seigneurs de guerre. Des centaines d’articles d’information, d’enquêtes du Congrès et de rapports des Nations unies ont précisément dénoncé l’omniprésence et l’ampleur de toute cette corruption.

En Irak, l’occupation américaine dépend du même type de collaborateurs corrompus.

Par exemple, une enquête de la BBC a rapporté que 23 milliards de dollars avaient été perdus, volés ou « improprement justifiés » en Irak. Une injonction de silence venue des États-Unis a empêché toute discussion de ces allégations. (10 juin 2008)

Une partie de l’enquête de la BBC à propos des milliards volatilisés se concentra sur Hazem Shalaan, qui vivait à Londres jusqu’au moment où il fut nommé ministre de la Defense, en 2004. On estime que lui et ses associés ont siphonné quelque 1,2 milliard de dollars du ministère irakien de la Defense.

Mais le problème le plus grave et le plus ardu n’est pas la corruption des collaborateurs locaux. C’est la structure même du Pentagone et du gouvernement américain. C’est un problème que ni Stanley McChrystal, le général commandant en Afghanistan, ni le président Obama ne pourront améliorer ou résoudre.

C’est le problème d’une armée impérialiste mise sur pied uniquement pour servir le système du profit.
Le complexe industriel de la sous-traitance
Toute l’aide américaine, qu’il s’agisse de l’aide militaire ou de l’aide étiquetée comme « civile », est acheminée via des milliers et des milliers d’entreprises, de sous-traitants et de sous-sous-traitants. Aucun de ces intermédiaires d’entreprise ne s’intéresse le moins du monde au développement de l’Afghanistan ou de l’Irak. Leur seul but immédiat est de décrocher un important superprofit le plus rapidement possible, avec autant de rabiot et de double facturation que possible. Moyennant commission, ils fourniront n’importe quoi, des tueurs à gages comme les mercenaires de Blackwater, du personnel de restaurant, des mécaniciens, du personnel d’entretien ou des routiers sur longues distances.

Cette main-d’œuvre louée se charge également de boulots qui n’ont rien à voir avec la maintenance de l’occupation. Tous les projets de reconstruction et d’infrastructure : épuration des eaux, entretien des égouts, production d’électricité, cliniques médicales et dégagement des routes sont autant de parts du gâteau. Que ces projets voient jamais le jour ou qu’ils fonctionnent correctement ne présente que peu d’intérêt et n’est pour ainsi dire pas une source de préoccupation. Remplir la caisse est la seule chose qui compte.

Dans les guerres du passé, la plupart de ces boulots étaient effectués par les militaires américains. La proportion entre les contractuels et les troupes en service actif est aujourd’hui supérieure à 1 pour 1, tant en Afghanistan qu’en Irak. Pendant la guerre du Vietnam, elle n’était encore que de 1 pour 6.

En 2007, l’Associated Press a calculé que, rien que pour l’Irak, ils étaient 180.000 : « Les États-Unis ont constitué en Irak une imposante armée industrielle supérieure en nombre à leurs forces combattantes en uniforme et assumant des responsabilités tellement étendues que l’armée pourrait n’être plus en mesure d’opérer sans la présence de ses partenaires du secteur privé. » (20 septembre 2007). Leur nombre total était même passé à 190.000 en août 2008 (Christian Science Monitor, 18 août 2008).

Certaines sociétés sont devenues des profiteuses de guerre, comme Halliburton, Bechtel et Blackwater en Irak et Louis Berger Group, BearingPoint et DynCorp International en Afghanistan.

Chaque parcelle d’occupation américaine a fait l’objet d’un contrat au taux de profit le plus juteux, sans coordination, sans contrôle, sans offres publiques. Une infime partie seulement des fournitures désespérément indispensables est arrivée à la population désorganisée et traumatisée par l’occupation.

Il y a aujourd’hui tellement de cochons autour de l’auge que les forces américaines ne sont plus capables de mener à bien les objectifs politiques plus larges de la classe dirigeante américaine. L’armée américaine a même perdu le compte, à plusieurs dizaines de milliers près, du nombre des entreprises et elle ne sait même plus où elles sont ni ce qu’elles font – hormis se faire payer.
On a perdu le compte des mercenaires


Le danger d’un empire qui finir par dépendre de troupes de mercenaires pour mener ses guerres impopulaires avait déjà été compris à l’époque de l’Empire romain, voici deux mille ans.

Une commission bipartite du Congrès sur l’entreprenariat en temps de guerre a été instaurée l’an dernier pour examiner les contrats gouvernementaux concernant les opérations de reconstruction, de logistique et de sécurité et pour recommander des réformes. Toutefois, Michael Thibault, vice-président de la commission, a expliqué lors d’une audition, le 2 novembre, qu’« il n’y a pas une seule source permettant une image claire, concrète et exacte du nombre d’entreprises sous contrat, ni des emplacements, des contrats ou des prix. » (AFP, 2 novembre 2009) « [Thibault a déclaré] qu’en avril, le Pentagone avait compté environ 160.000 contractants, principalement en Irak, en Afghanistan et au Koweït, mais le commandement central en avait déjà noté plus de 242.000 un mois plus tôt. » Cette différence sidérante de 82.000 contractants s’appuyait sur des comptages absolument différents en Afghanistan. La seule différence est bien plus grande que le nombre de soldats américains – 60.000 – en Afghanistan.

Thibault de poursuivre : « Comment les contractants peuvent-ils être correctement gérés si nous ne sommes pas sûrs de leur nombre, de l’endroit où ils se trouvent et de ce qu’ils font ? » L’absence d’un compte exact « est une invitation au gaspillage, à la fraude et à l’abus de l’argent du contribuable et compromet gravement la réalisation des objectifs de la mission américaine. » Le Federal Times du 2 novembre rapportait que Thibault avait également posé  une question : « Comment pouvons-nous garantir aux contribuables qu’ils ne paient pas des travailleurs ‘fantômes’ ? »

C’est devenu une contradiction insolvable dans les guerres impérialistes pour le profit, les marchés et la domination impérialiste. Les universitaires bourgeois, commissions de spécialistes et autres analystes politiques sont de plus en plus préoccupés.

Thomas Friedman, chroniqueur syndiqué multimillionnaire profondément soucieux des intérêts à long terme de l’impérialisme américain, décrit les dangers « à Washington d’un complexe industriel de la sous-traitance qui a un intérêt économique dans les expéditions à l’étranger » (New York Times, 3 novembre 2009)
La guerre de l’outsourcing
Friedman se hâte d’expliquer qu’il n’a rien contre l’outsourcing. Son inquiétude porte sur le modèle des tâches clés de cet outsourcing, avec l’argent et les instructions qui changent de mains à plusieurs reprises dans un pays étranger. Cela ne fait qu’inciter aux abus et à la corruption. Friedman cite Allison Stanger, auteur de « One Nation Under Contract : The Outsourcing of American Power and the Future of Foreign Policy » (Une nation sous contrat : L’outsourcing du pouvoir américain et l’avenir de la politique étrangère), qui lui a dit : « Les contractants assurent la sécurité du personnel clé et des sites importants, y compris nos ambassades ; ils nourrissent, habillent et logent nos soldats ; entraînent les unités de l’armée et de la police ; et ils supervisent même d’autres contractants. Sans une force multinationale de sous-traitants pour boucher le trou, nous aurions besoin de toute une levée de troupes pour assurer ces interventions jumelées. »

Voilà la véritable raison des forces militaire sous contrat. Le Pentagone n’a pas assez de soldats et il n’a pas assez de collaborateurs ou d’« alliés » pour mener ses guerres.

Selon le Service de recherche du Congrès, les sous-traitants, en 2009, représentent 48 pour cent des forces du département de la Defense en Irak et 57 pour cent en Afghanistan. Des milliers d’autres sous-traitants travaillent pour des institutions « caritatives » financées par les sociétés ainsi que pour de nombreuses institutions gouvernementales. Le département d’État américain (= ministère des Affaires étrangères, NdT) et USAID (Agence américaine pour le développement international) recourent même à ces sous-traitants de façon plus extensive encore : 80 pour cent du budget du département d’État part dans la sous-traitance et les subventions.

Les sous-traitants sont censés ne pas combattre des militaires, bien qu’à peu près 1800 de ces contractants aient été tués depuis le 11 septembre. (U.S. News & World Report, 30 octobre 2009). Bien sûr, il n’y a pas d’archives sur les milliers d’Afghans et d’Irakiens tués en travaillant pour les sociétés de sous-traitance américaines, ni des milliers de personnes d’autres nations opprimées qui sont acheminées dans les pays en guerre pour effectuer les besognes les plus dangereuses.

Travailler avec des sous-traitants est une façon de masquer non seulement les pertes humaines, mais aussi l’importance numérique réelle des forces américaines d’occupation. Par crainte d’une opposition aux États-Unis mêmes, le gouvernement fait intentionnellement état d’un nombre de militaires en Afghanistan et en Irak nettement inférieur aux chiffres réels.

Un système géré sur les dépassements de coûts
Les dépassements de coûts et l’enrichissement sur le dos de la guerre ne se limitent pas vraiment à l’Irak, à l’Afghanistan ou à d’autres théâtres de guerre. Ils constituent l’édifice même de la machine de guerre américaine et la base de l’économie américaine.

Lorsque le président Obama a entériné le plus gros budget militaire de l’histoire, le 28 octobre dernier, il a déclaré : « Le Bureau gouvernemental des comptes (GAO - Government Accountability Office), a examiné 96 importants projets de Defense de l’an dernier et a découvert que les dépassements totalisaient 296 milliards de dollars. »

Ceci, sur un budget militaire total, pour 2009, de 651 milliards de dollars. Ainsi, près de la moitié des milliards de dollars accordés aux firmes militaires sont des dépassements de frais !

Et ce, à une époque où des millions de travailleurs sont confrontés à un chômage systémique à long terme et à des saisies massives de leurs maisons.

Les guerres en Afghanistan et en Iraq ont coûté jusqu’à présent plus de 1000 milliards de dollars.

Il est prévu que la minable loi sur la réforme des soins de santé, qui a déclenché un beau tollé à la Chambre et pourrait bien ne pas survivre aux révisions du Sénat l’an prochain, va coûter 1.100 milliards de dollars, étalés sur une période de dix ans.

La machine militaire américaine, surdimensionnée, de plus en plus sujette à des dysfonctionnements et axée sur le profit est incapable de résoudre les problèmes ou de reconstruire les infrastructures en ruine de l’Afghanistan ou de l’Irak, tout comme elle est incapable de reconstruire les infrastructures en ruines des États-Unis. Elle est incapable de répondre aux besoins des gens, où que ce soit.

Elle absorbe la plus grosse part des ressources de la planète et plus de la moitié du budget national américain. Cette combinaison intenable va donner naissance, tôt ou tard, à une nouvelle résistance ici et dans le monde entier.

Sara Flounders   

Jeudi, 03 Décembre
Source: Workers World - David Guttenfelder

Traduit par Jean-Marie Flémal pour Investig'Action

 http://www.michelcollon.info/index.php?option=com_content&view=article&id=2416:pourquoi-loccupation-americaine-ne-peut-transformer-lafghanistan-ou-lirak&catid=6:articles&Itemid=11


1-2 David MacGregor : L'uranium en Irak, héritage empoisonné de la guerre.

Hegel fait remarquer l'apparition du « mal concret » dans l'histoire, du déchaînement par intermittence

de la malveillance humaine à une échelle colossale, capable de détruire des sociétés entières. Hegel note que les auteurs de crimes planétaires historiques sont poussés uniquement par la passion, l’amour-propre, l’avidité et la haine, et ignorent complètement « l'ordre et la modération, la justice et la moralité. » [1] L'agression impérialiste contre l'Irak, entamée par la première guerre du Golfe, qui atteignit son paroxysme lors des attaques « Choc et Effroi, » lancées par les armées étasuniennes et britanniques en 2003, et se poursuit toujours aujourd'hui presque vingt ans après, montre un horrible exemple de manifestation d’extrême malveillance dans un schéma dantesque.
Le livre incontournable d’Abdul-Haq Al-Ani et Joanne Baker [*], décrit une entreprise criminelle effroyable, qui se réalise désormais toute seule en Irak : la contamination préméditée de la nation irakienne, de sa population et de l'environnement naturel, par les radiations jusqu'alors inconnues d’une arme de destruction de masse, d’un instrument de guerre implacable, confectionné à partir d'une décharge mondiale pratiquement inépuisable d'uranium appauvri.
Fin février 1991, les sinistres photographies de presse et les images télévisées de l'« Autoroute de la Mort » révélèrent des vues du désert avec des véhicules irakiens civils et militaires carbonisés et tordus, détruits de sang froid par les frappes aériennes étasuniennes lors de la sortie précipitée de Saddam Hussein du Koweït. Beaucoup pensaient à l'époque que le monde sera sûrement dégoûté par une telle barbarie. Ces images seules conforteront sans doute le sentiment populaire contre la guerre, et inciteront les combattants à la paix ? Mais le cortège de cruauté sur la route du Koweït à Bassorah était juste le signal du début d’une croisade qui allait se dérouler pendant la majorité des deux prochaines décennies. Et aucune photo, aucune vidéo de télévision, ni même le sens de la vue, du goût, la sensibilité et l’odorat des témoins sur le terrain, ne pourrait révéler la perversité secrète de ces virulentes images de détritus mortels radioactifs et toxiques, émis en nuages de vapeur invisible par les missiles, les obus et les autres armes à l’uranium appauvri, qui contamineront la région du Golfe pendant un millénaire.
En 1988, en déclarant que Saddam Hussein était « pire qu’Hitler, » George HW Bush instaura une offensive de propagande diffamante qui a eu du succès contre le peuple irakien. La calomnie contre l'Irak se prolonge aujourd’hui dans son incapacité à solliciter une protection contre l’empoisonnement radioactif et chimique de l'uranium appauvri, ou même à effectuer et à faire connaître au public les recherches scientifiques sur le danger pour les humains et les animaux de la contamination à l'uranium appauvri. Comme le décrit ce livre, les gouvernements étasunien et britannique se préoccupent sérieusement des dépôts d’uranium appauvri, mais seulement à l’égard de leur propre territoire et citoyens [**]. La nation irakienne est devenue une colonie d’expérimentation géante servant à mesurer le danger des rayonnements ionisants et la toxicité associée à la dispersion irresponsable d'uranium appauvri.
 D'un point de vue purement militaire, l'uranium appauvri est un très bon rapport coût-efficacité. [
2] C’est un déchet radioactif des réacteurs nucléaires et des fabriques d'armes nucléaires. Les fournisseurs sont impatients de s’en débarrasser, puisque sa cession gratuite aux militaires est une alternative attrayante au coût prohibitif de l'élimination sans danger des « déchets nucléaires. » Précisément aussi toxique chimiquement que le plomb, l'uranium appauvri est presque deux fois plus dense et beaucoup plus dur. L'uranium appauvri se profile de lui-même : il transperce les matériaux très durs tout en gagnant en capacité de pénétration. À grande vitesse, l’uranium appauvri brûle en traversant les cibles compactes comme le blindage des tanks, et émerge de l'autre côté dans un intense jaillissement de feu et de gaz mortels. Comme le relate ce livre, depuis 1991, plus de 2000 tonnes d’uranium appauvri brûlé, pulvérisé et explosé, ont été dispersées en Iraq par les armées étasuniennes et britanniques.
À partir de 1991, devant le monde indifférent, l'impérialisme occidental imposa un embargo total contre l'Irak : c'est la première fois dans l'histoire moderne qu’une nation fut complètement isolée du commerce extérieur et des communications. Seuls les sièges barbares du Moyen Age ont une certaine ressemblance avec le spectacle de souffrance en Irak. Même le discours savant et scientifique a succombé. Sans un murmure de la dissidence de la communauté mondiale, pour les chercheurs et écrivains irakiens, l'impérialisme a non seulement proscrit les éléments vitaux nécessaires à leurs recherches, mais aussi les sources internationales de recherche scientifique et de diffusion.
Abdul-Haq Al-Ani et Joanne Baker avancent dans cet ouvrage un calcul scientifique initial de spoliations à l’uranium appauvri derrière le rideau de l'uranium. [
3] Les auteurs ne suggèrent pas que le mauvais état de santé de la population irakienne résulte entièrement de la contamination à l'uranium appauvri. Beaucoup de raisons sont derrière l’énorme montée des maladies, notamment du cancer et des malformations de naissance, chez les Irakiens. L’impérialisme étasunien et britannique a détruit l'infrastructure sociale du pays, en particulier les installations de traitement des eaux [***], les centrales électriques, les marchés à provisions, les hôpitaux et les écoles. Les feux incontrôlés de pétrole ont pollué l'air. Victime de la malnutrition et des sources d'eau contaminées, le système immunitaire de nombreux enfants s’est effondré. Même la parodie de procès et l’assassinat atroce de Saddam Hussein n’ont pas satisfait l’envahisseur occidental. Après l’élimination du dirigeant irakien, l'embargo est resté et l'infrastructure s'est détériorée alors même qu’avant guerre, l’Irak bénéficiait du service professionnel de 34.000 médecins enregistrés. En 2006, 20.000 médecins avaient fui ; 2000, des restants ont été tués et 250 enlevés. En 2007, 8 millions d'Irakiens avaient besoin d'une aide d'urgence et plus de la moitié des 22 millions d’habitants était dans une pauvreté absolue. La Croix-Rouge a signalé l'an dernier que la situation humanitaire là-bas est parmi les plus critiques du globe.
Les apologistes parlent d’un « échec » de la politique étasunienne et britannique en Irak, de l'impuissance de l'occupant à construire un système démocratique stable pour remplacer l'ordre du parti Baas sous Saddam Hussein. [
4] Mais la paix et la sécurité n'ont jamais été sur l’agenda du militarisme étasunien et britannique. Son travail consistait à piller, diviser, avilir et paralyser l'Irak pour assurer que ce pays ne bafoue plus jamais la domination du pouvoir suprême de l’Occident.
Selon la Convention de 1948 sur la prévention du génocide, le crime de génocide englobe les actes commis dans l'intention de détruire un groupe national, ethnique, racial ou religieux. Ces actes incluent le massacre des membres du groupe, l’atteinte grave à l'intégrité physique ou mentale des membres du groupe, et l’action d’infliger des conditions délibérées destinées à détruire le groupe en totalité ou en partie. Les auteurs présentent des preuves convaincantes sur le fait que l’usage sans discernement de l'uranium appauvri en Irak par la puissance occupante, ainsi que les répercussions de l’embargo et de l'invasion, sont conforment à ces rudiments de la définition du génocide.
Ce livre inclue des résultats d'études contrôlées par des scientifiques irakiens, sur la relation entre la présence de l'uranium appauvri, les radiations ionisantes, et le taux de maladies malignes assumé dans des conditions extrêmement défavorables 7 à 10 ans après l’agression de 1991. Ces études épidémiologiques et les mesures de rayonnements élevés sont forcément rudimentaires et incomplètes. Pourtant, associées aux rapports documentés sur les malformations de naissance et les cancers liés à l'exposition aux rayonnements depuis l'invasion de 2003 (dont une augmentation marquée du cancer du sein chez les Irakiennes), ces études sont les premières à présenter un tableau extrêmement troublant. Des preuves alarmantes révélées par les auteurs de ce livre constituent un dossier solide de génocide en Irak, commis par les envahisseurs étasuniens et britanniques grâce au recours sans discernement à des armes renforcées à l’uranium appauvri.

Notes:

1. Lectures on the Philosophy of World History. Introduction: Reason in History. Trans. H.B. Nisbet. Cambridge: Cambridge University Press, 1975, p. 21.
2. Pour un résumé utile des questions entourant l’uranium appauvri, voir Rob White, « Depleted Uranium, state crime and the politics of knowing. »
Theoretical Criminology. Vol. 12(1):31-54, 2008.
3. La Commission sur l’énergie atomique étasunienne a fait éclater la première bombe à hydrogène délivrable (jetable par avion) en 1954 dans les Îles Marshall, sous le nom de code « Bravo. » Les radiations mortelles de l’énorme boule de feu nucléaire s’abattirent sur les habitants des îles et sur les scientifiques et le personnel de l’armée étasunienne. L'administration d’Eisenhower tenta vainement d’étouffer l’information de la catastrophe. La dissimulation des États-Unis fut surnommée the uranium curtain (le rideau de l’uranium) par les censeurs. Cité par Shane Maddock dans « The Fourth Country Problem: Eisenhower's Nuclear Nonproliferation Policy, » publication trimestrielle des Études Présidentielles ; été 1998 ; 28, 3, p. 555.
4. Par exemple, Daniel Byman, « An Autopsy of the Iraq Debacle: Policy Failure or Bridge Too Far? » Security Studies, 17: 599–643, 2008.

Notes du traducteur:

*: Le titre anglais de cet article est celui du livre qu’il commente : Uranium in Iraq: The Poisonous Legacy of the Iraq Wars

**: En 1979, à Albany, capitale de l’État de New York, une usine fut fermée suite à la découverte de particules d’uranium appauvri dans un filtre à air de laboratoire à 42 kilomètres de là.

***: Après 1991, en Occident, les grands médias parlaient fréquemment de la mortalité élevée en Irak, l’attribuant au manque de médicaments dû à l’embargo. C’était un mensonge, peut-être une publicité cachée de Big Pharma, du même tonneau que l’attribution de la « longévité » de l’Occidental à la médecine moderne.

Mac Gregor

02 Décembre 2009 10:30

Source: Mondialisation

Source originale:Globalresearch

Traduit par Petrus Lombard pour mondialisation.ca 

 

http://www.michelcollon.info/index.php?option=com_content&view=article&id=2414:luranium-en-irak-heritage-empoisonne-de-la-guerre&catid=6:articles&Itemid=11



n°465 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 13-12 - : suite :- Pourquoi la machine militaire la plus importante de la planète est-elle incapable de venir à bout de la résistance ?

n°465 - Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 13-12 - : suite  :- Pourquoi la machine militaire la plus importante de la planète est-elle incapable de venir à bout de la résistance ?


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme,

 L’information est une arme au service de la paix

    Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre


Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak

                                                n°465                             13/12/09

                C.De Broeder      &       M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Abdul-Haq Al-Ani et Joanne Baker: L'uranium en Irak, héritage empoisonné de la guerre. 

2-2 Sophie Perchellet : Sur l’usage de l’uranium appauvri : crime contre l’humanité, crime contre la vie.

2-3 Gilles Munier : La bataille du barrage Saddam  et la menace d’un nouveau « Déluge ».  

2-4 Georges Malbrunot : L'Irak est encore loin d'une normalisation, selon Denis Bauchard.

2-5 Un régime d'assemblée ingouvernable.

 

 

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

2-1 Abdul-Haq Al-Ani et Joanne Baker: L'uranium en Irak, héritage empoisonné de la guerre. 

 Hegel fait remarquer l'apparition du « mal concret » dans l'histoire, du déchaînement par intermittence de la malveillance humaine à une échelle colossale, capable de détruire des sociétés entières.

Hegel note que les auteurs de crimes planétaires historiques sont poussés uniquement par la passion, l’amour-propre, l’avidité et la haine, et ignorent complètement « l'ordre et la modération, la justice et la moralité. » [1]

L'agression impérialiste contre l'Irak, entamée par la première guerre du Golfe, qui atteignit son paroxysme lors des attaques « Choc et Effroi, » lancées par les armées étasuniennes et britanniques en 2003, et se poursuit toujours aujourd'hui presque vingt ans après, montre un horrible exemple de manifestation d’extrême malveillance dans un schéma dantesque.
Le livre incontournable d’Abdul-Haq Al-Ani et Joanne Baker [*], décrit une entreprise criminelle effroyable, qui se réalise désormais toute seule en Irak : la contamination préméditée de la nation irakienne, de sa population et de l'environnement naturel, par les radiations jusqu'alors inconnues d’une arme de destruction de masse, d’un instrument de guerre implacable, confectionné à partir d'une décharge mondiale pratiquement inépuisable d'uranium appauvri.
Fin février 1991, les sinistres photographies de presse et les images télévisées de l'« Autoroute de la Mort » révélèrent des vues du désert avec des véhicules irakiens civils et militaires carbonisés et tordus, détruits de sang froid par les frappes aériennes étasuniennes lors de la sortie précipitée de Saddam Hussein du Koweït.

Beaucoup pensaient à l'époque que le monde sera sûrement dégoûté par une telle barbarie. Ces images seules conforteront sans doute le sentiment populaire contre la guerre, et inciteront les combattants à la paix ?

Mais le cortège de cruauté sur la route du Koweït à Bassorah était juste le signal du début d’une croisade qui allait se dérouler pendant la majorité des deux prochaines décennies.

Et aucune photo, aucune vidéo de télévision, ni même le sens de la vue, du goût, la sensibilité et l’odorat des témoins sur le terrain, ne pourrait révéler la perversité secrète de ces virulentes images de détritus mortels radioactifs et toxiques, émis en nuages de vapeur invisible par les missiles, les obus et les autres armes à l’uranium appauvri, qui contamineront la région du Golfe pendant un millénaire.
En 1988, en déclarant que Saddam Hussein était « pire qu’Hitler, » George HW Bush instaura une offensive de propagande diffamante qui a eu du succès contre le peuple irakien. La calomnie contre l'Irak se prolonge aujourd’hui dans son incapacité à solliciter une protection contre l’empoisonnement radioactif et chimique de l'uranium appauvri, ou même à effectuer et à faire connaître au public les recherches scientifiques sur le danger pour les humains et les animaux de la contamination à l'uranium appauvri. Comme le décrit ce livre, les gouvernements étasunien et britannique se préoccupent sérieusement des dépôts d’uranium appauvri, mais seulement à l’égard de leur propre territoire et citoyens [**]. La nation irakienne est devenue une colonie d’expérimentation géante servant à mesurer le danger des rayonnements ionisants et la toxicité associée à la dispersion irresponsable d'uranium appauvri.
D'un point de vue purement militaire, l'uranium appauvri est un très bon rapport coût-efficacité. [
2] C’est un déchet radioactif des réacteurs nucléaires et des fabriques d'armes nucléaires. Les fournisseurs sont impatients de s’en débarrasser, puisque sa cession gratuite aux militaires est une alternative attrayante au coût prohibitif de l'élimination sans danger des « déchets nucléaires. » Précisément aussi toxique chimiquement que le plomb, l'uranium appauvri est presque deux fois plus dense et beaucoup plus dur. L'uranium appauvri se profile de lui-même : il transperce les matériaux très durs tout en gagnant en capacité de pénétration. À grande vitesse, l’uranium appauvri brûle en traversant les cibles compactes comme le blindage des tanks, et émerge de l'autre côté dans un intense jaillissement de feu et de gaz mortels. Comme le relate ce livre, depuis 1991, plus de 2000 tonnes d’uranium appauvri brûlé, pulvérisé et explosé, ont été dispersées en Iraq par les armées étasuniennes et britanniques.
À partir de 1991, devant le monde indifférent, l'impérialisme occidental imposa un embargo total contre l'Irak : c'est la première fois dans l'histoire moderne qu’une nation fut complètement isolée du commerce extérieur et des communications. Seuls les sièges barbares du Moyen Age ont une certaine ressemblance avec le spectacle de souffrance en Irak. Même le discours savant et scientifique a succombé. Sans un murmure de la dissidence de la communauté mondiale, pour les chercheurs et écrivains irakiens, l'impérialisme a non seulement proscrit les éléments vitaux nécessaires à leurs recherches, mais aussi les sources internationales de recherche scientifique et de diffusion.
Abdul-Haq Al-Ani et Joanne Baker avancent dans cet ouvrage un calcul scientifique initial de spoliations à l’uranium appauvri derrière le rideau de l'uranium. [
3]

Les auteurs ne suggèrent pas que le mauvais état de santé de la population irakienne résulte entièrement de la contamination à l'uranium appauvri. Beaucoup de raisons sont derrière l’énorme montée des maladies, notamment du cancer et des malformations de naissance, chez les Irakiens. L’impérialisme étasunien et britannique a détruit l'infrastructure sociale du pays, en particulier les installations de traitement des eaux [***], les centrales électriques, les marchés à provisions, les hôpitaux et les écoles. Les feux incontrôlés de pétrole ont pollué l'air. Victime de la malnutrition et des sources d'eau contaminées, le système immunitaire de nombreux enfants s’est effondré. Même la parodie de procès et l’assassinat atroce de Saddam Hussein n’ont pas satisfait l’envahisseur occidental. Après l’élimination du dirigeant irakien, l'embargo est resté et l'infrastructure s'est détériorée alors même qu’avant guerre, l’Irak bénéficiait du service professionnel de 34.000 médecins enregistrés. En 2006, 20.000 médecins avaient fui ; 2000, des restants ont été tués et 250 enlevés. En 2007, 8 millions d'Irakiens avaient besoin d'une aide d'urgence et plus de la moitié des 22 millions d’habitants était dans une pauvreté absolue. La Croix-Rouge a signalé l'an dernier que la situation humanitaire là-bas est parmi les plus critiques du globe.
Les apologistes parlent d’un « échec » de la politique étasunienne et britannique en Irak, de l'impuissance de l'occupant à construire un système démocratique stable pour remplacer l'ordre du parti Baas sous Saddam Hussein. [
4]

Mais la paix et la sécurité n'ont jamais été sur l’agenda du militarisme étasunien et britannique. Son travail consistait à piller, diviser, avilir et paralyser l'Irak pour assurer que ce pays ne bafoue plus jamais la domination du pouvoir suprême de l’Occident.
Selon la Convention de 1948 sur la prévention du génocide, le crime de génocide englobe les actes commis dans l'intention de détruire un groupe national, ethnique, racial ou religieux. Ces actes incluent le massacre des membres du groupe, l’atteinte grave à l'intégrité physique ou mentale des membres du groupe, et l’action d’infliger des conditions délibérées destinées à détruire le groupe en totalité ou en partie. Les auteurs présentent des preuves convaincantes sur le fait que l’usage sans discernement de l'uranium appauvri en Irak par la puissance occupante, ainsi que les répercussions de l’embargo et de l'invasion, sont conforment à ces rudiments de la définition du génocide.
Ce livre inclue des résultats d'études contrôlées par des scientifiques irakiens, sur la relation entre la présence de l'uranium appauvri, les radiations ionisantes, et le taux de maladies malignes assumé dans des conditions extrêmement défavorables 7 à 10 ans après l’agression de 1991. Ces études épidémiologiques et les mesures de rayonnements élevés sont forcément rudimentaires et incomplètes. Pourtant, associées aux rapports documentés sur les malformations de naissance et les cancers liés à l'exposition aux rayonnements depuis l'invasion de 2003 (dont une augmentation marquée du cancer du sein chez les Irakiennes), ces études sont les premières à présenter un tableau extrêmement troublant. Des preuves alarmantes révélées par les auteurs de ce livre constituent un dossier solide de génocide en Irak, commis par les envahisseurs étasuniens et britanniques grâce au recours sans discernement à des armes renforcées à l’uranium appauvri.

Notes:

1. Lectures on the Philosophy of World History. Introduction: Reason in History. Trans. H.B. Nisbet. Cambridge: Cambridge University Press, 1975, p. 21.
2. Pour un résumé utile des questions entourant l’uranium appauvri, voir Rob White, « Depleted Uranium, state crime and the politics of knowing. »
Theoretical Criminology. Vol. 12(1):31-54, 2008.
3. La Commission sur l’énergie atomique étasunienne a fait éclater la première bombe à hydrogène délivrable (jetable par avion) en 1954 dans les Îles Marshall, sous le nom de code « Bravo. » Les radiations mortelles de l’énorme boule de feu nucléaire s’abattirent sur les habitants des îles et sur les scientifiques et le personnel de l’armée étasunienne. L'administration d’Eisenhower tenta vainement d’étouffer l’information de la catastrophe. La dissimulation des États-Unis fut surnommée the uranium curtain (le rideau de l’uranium) par les censeurs. Cité par Shane Maddock dans « The Fourth Country Problem: Eisenhower's Nuclear Nonproliferation Policy, » publication trimestrielle des Études Présidentielles ; été 1998 ; 28, 3, p. 555.
4. Par exemple, Daniel Byman, « An Autopsy of the Iraq Debacle: Policy Failure or Bridge Too Far? » Security Studies, 17: 599–643, 2008.

Notes du traducteur:

*: Le titre anglais de cet article est celui du livre qu’il commente : Uranium in Iraq: The Poisonous Legacy of the Iraq Wars

**: En 1979, à Albany, capitale de l’État de New York, une usine fut fermée suite à la découverte de particules d’uranium appauvri dans un filtre à air de laboratoire à 42 kilomètres de là.

***: Après 1991, en Occident, les grands médias parlaient fréquemment de la mortalité élevée en Irak, l’attribuant au manque de médicaments dû à l’embargo.

C’était un mensonge, peut-être une publicité cachée de Big Pharma, du même tonneau que l’attribution de la « longévité » de l’Occidental à la médecine moderne.

David MacGregor  

Source: Mondialisation

Source originale:Globalresearch

Traduit par Petrus Lombard pour mondialisation.ca
4/12

http://www.michelcollon.info:80/index.php?option=com_content&view=article&id=2414:luranium-en-irak-heritage-empoisonne-de-la-guerre&catid=6:articles&Itemid=11


 


 

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n°465 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 13-12 - : Fin :- Pourquoi la machine militaire la plus importante de la planète est-elle incapable de venir à bout de la résistance ?

°465 - Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 13-12 - : Fin :- Pourquoi la machine militaire la plus importante de la planète est-elle incapable de venir à bout de la résistance ?


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme,

 L’information est une arme au service de la paix

    Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre


Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak

                                                n°465                             13/12/09

                C.De Broeder      &       M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

3 Annexe

3-1 Les 7 sacrifiés du mensonge : du 11 Septembre à la guerre contre l’Irak


3 Annexe

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

3-1 Les 7 sacrifiés du mensonge : du 11 Septembre à la guerre contre l’Irak : Chapitre 1

Daniel Pearl, le journaliste qui dénonçait la désinformation dans la guerre livrée au 'terrorisme'

Le 7 août 1998, le Kenya et la Tanzanie étaient plongés dans l’horreur avec l’explosion simultanée de voitures piégées devant les ambassades américaines de Nairobi et de Dar es-Salaam. Trois jours après, l’Armée islamique pour la libération des lieux saints musulmans revendiquait les opérations dans plusieurs communiqués. Tous les regards convergèrent alors vers Oussama ben Laden, lequel est soupçonné de financer les groupuscules islamistes et de les fédérer à travers son organisation al-Qaida.

Quelques jours plus tard, Bill Clinton ordonna le bombardement de plusieurs camps d’entraînement d’al-Qaida en Afghanistan ainsi que la destruction de l’usine pharmaceutique d’Al Shifa près de Khartoum au Soudan, accusée de produire des armes de destruction massive.

Cette initiative fut lancée en violation flagrante de la souveraineté territoriale du Soudan et dans le mépris absolu de toutes les règles, lois et traités internationaux, au premier rang desquels la Charte de l’Organisation des Nations Unies. Les allégations avancées par l’administration américaine pour légitimer ce bombardement se sont avérées non fondées. Des personnalités connues pour leur neutralité et leur objectivité, des scientifiques et des experts de premier plan ont réfuté les arguments américains en démontrant leur fausseté. Tom Carnavin, ex-directeur d’Al Shifa, a pu témoigner que l’entreprise n’avait aucune capacité à produire des armes chimiques et que contrairement aux assertions américaines l’unité n’était pas protégée par un dispositif de sécurité renforcée. De son côté, Henri Jop, ingénieur américain qui dessina les plans de l’usine, confirma que son unique destination ne pouvait être que la production de médicaments, ce point ayant été assuré par les maîtres d’œuvre jordaniens qui avaient dirigé sa construction. D’autres réfutations tout aussi incontestables ont été publiées dans les plus grands organes de presse occidentaux tels que The Observer et The Independant au Royaume-Uni ou le New York Times.

Les États-Unis ont besoin de se donner bonne conscience avant d’entreprendre toute action agressive pour normaliser les nations récalcitrantes à leur domination, mais aussi de conditionner les opinions publiques mondiales pour qu’elles acceptent sa politique d’hégémonie. Ainsi, l’offensive médiatique devance et prépare l’offensive militaire. Elle est destinée à convaincre les parlementaires du Congrès américain qui votent les budgets ainsi que les militaires qui accomplissent les buts de guerre, de la légitimité morale des agressions meurtrières entreprises sous prétexte de sécurité nationale.

La destruction par des missiles de croisière de l’usine d’Al Shifa en fut une illustration parfaite. Après avoir soutenu, sans preuve, qu’elle abritait une unité de production d’armes chimiques et notamment de gaz innervant VX, il fallut bien, aux experts du Pentagone et de la CIA, finir par convenir qu’ils s’étaient trompés ! Les études, analyses et contre-expertises réalisées par des laboratoires indépendants et contenues dans le rapport très circonstancié de l’ambassadeur de la république d’Allemagne ont en effet balayé les déclarations américaines et démontré l’illégitimité de l’agression perpétrée contre le Soudan.

Reste que dans l’opinion publique internationale le mal était fait : les démentis et correctifs n’ayant été publiés que sous forme de brèves de bas de page, le grand public en resta aux motifs invoqués lors du bombardement. En matière de propagande et de désinformation, celui qui prend l’initiative et qui a le contrôle sur les réseaux planétaires de communication et de diffusion de l’information est assuré d’être toujours gagnant. La manipulation d’Al Shifa a été le prélude de la guerre préventive et de la guerre au terrorisme.

Dans un article de Daniel Pearl intitulé « Dans le bombardement du Soudan, la preuve dépend du point de vue où l’on se place » qui a été publié par le Wall Street Journal le 28 novembre 1998, le journaliste avait compris que les représailles en réponse aux attentats de Dar El Salam et Nairobi, attribués à al-Qaida, n’étaient qu’une opération de désinformation. Pearl y démontra ainsi que le prétexte avancé par le gouvernement ne tenait pas, et que les véritables raisons de l’attaque sur l’usine chimique étaient autres. Mais Pearl alla plus loin encore, il avait compris que cette manipulation de l’information était le prélude à une guerre à venir, la conclusion prémonitoire de son article était : « Ce sera une guerre sale ».

Ce qui suit (mis en pièce jointe) est le texte intégral de cet article renseigné qui contient beaucoup d’indications qui se vérifieront les années suivant sa parution. L’homme qui a fait ce travail d’enquête sera assassiné dans des conditions pour le moins troubles en 2001.

Suite de l’article

Opération militaire américaine rendue possible par une désinformation portant sur la présence d’armes de destruction massive, le bombardement d’Al Shifa sera logiquement suivi quatre ans plus tard par la guerre en Irak justifiée par le même motif et dans un contexte de désinformation à plus grande échelle encore à en juger par l’affaire de Colin Powell et de son éprouvette d’anthrax à l’ONU.

Dans son article, Pearl citait les noms des propriétaires de l’usine Al Shifa, les Saoudiens Salah Idris, Mohamed Hussein al-Amoudi et Khaled ben Mahfouz. Ces trois hommes ont fait l’objet d’allégations selon lesquelles ils auraient soutenu financièrement le terrorisme et les attentats du 11 Septembre. Le dernier nommé est un des inculpés du procès O’Neill intenté par les victimes du World Trade Center. Il est soupçonné d’avoir canalisé des millions de dollars vers le réseau al-Qaida via un organisme de charité saoudien Blessed Relief. Ben Mahfouz a eu des intérêts communs avec la famille Bush dans plusieurs affaires. Et selon le témoignage sous serment de James Woolsey, ancien directeur de la CIA, devant le sénat, le 3 septembre 1998, Oussama ben Laden serait marié à l’une des jeunes sœurs de Khaled ben Mafhouz [1].

Plus tard, M. Woolsey déclarera ne plus bien se souvenir, avoir mal prononcé un nom arabe, ne pas avoir relu la transcription de son intervention [2]. Puis il se rétractera le 15 décembre lors de son témoignage devant la haute Cour de Justice de Queen’s Bench Division, alors qu’il était venu soutenir le Wall Street Journal accusé de diffamation. Ben Mahfouz a quant à lui toujours nié ce lien familial. Aucune preuve formelle ne peut accréditer les dires de Woolsey, bien connu dans l’art de la provocation et du mensonge.

Pearl identifia aussi ces hommes comme les actionnaires principaux de la société WorldSpace Incorporated, un consortium américain d’opérateurs de radiophonie visant à établir des communications par satellite. Mais en 1998, Pearl ignorait encore que des personnalités américaines influentes étaient leurs associés dans cette affaire. C’est peut-être là que se trouve le point crucial dans sa compréhension des mécanismes de désinformation qui l’aurait tôt ou tard conduit sur la piste de cette connivence.

D’après le Réseau Voltaire [3], le bombardement de l’usine avait été demandé au Président Clinton par l’ex-secrétaire d’État George Shultz et par Donald Rumsfeld. Cette usine fabriquait des médicaments anti Sida, sans licence, pour les pays du tiers-monde et concurrençait les grands groupes pharmaceutiques parmi lesquels Gilead Science, le groupe dont Rusmfeld était le PDG jusqu’à son retour au gouvernement. Shultz siégeait également à la direction de Gilead. Cette firme venait d’obtenir d’importants marchés publics dans le cadre de la prévention des attaques chimiques et biologiques. En effet, Rumsfeld avait réussi à convaincre son opinion publique que le régime de Saddam Hussein détenait encore quelques armes de destruction massive, qu’il lui avait lui-même vendues pendant la guerre Iran-Irak, et que Bagdad envisageait de les utiliser contre le peuple états-unien.

Des républicains, anciens membres du gouvernement Reagan, réunis dans le groupe de réflexion Project for the New American Century [4] demandèrent donc au président démocrate de bombarder une usine au Soudan qui appartenait à des Saoudiens, auxquels certains d’entre eux étaient associés dans une société américaine. Ceux-ci feront parties du gouvernement Bush Jr en 2000. En effet, on trouve William Schneider Jr accompagné de l’ensemble des ténors des néoconservateurs, Wolfvowitz, Rumsfeld, Tenet, Woolsey, siégeant dans des commissions gouvernementales.

William Schneider est aussi un proche de Christine Lagarde, membre du gouvernement de De Villepin et actuelle ministre des Finances. Lagarde fut l’attachée parlementaire stagiaire de William S.Cohen coprésident de Empower America avec Jack Kemp. William Cohen deviendra secrétaire à la Defense de Clinton tandis que Lagarde sera par la suite membre du Center for Strategic and International Studies [CSIS] [5] le think tank du lobby pétrolier aux États-Unis, au sein duquel elle coprésidera avec l’actuel conseiller de Barack Obama, Zbigniew Brzezinski [6], la commission Action USA-UE-Pologne [7] et suivra plus particulièrement le groupe de travail Industries de Defense USA-Pologne et les questions liées à la libéralisation des échanges polonais. Lagarde fut donc une des responsables du USA-Poland Defense Industries working group qui traitait de l’installation du volet offensif de l’ABM [8] en Pologne. Jack Kemp s’est également impliqué dans le programme ABM si l’on en croit un document qu’il a signé en 1998 et qui fut diffusé par le Washington Times dans lequel il mentionne la dangerosité de ben Laden pour théoriser de l’utilité de l’ABM. 

Pourquoi et comment ces responsables politiques peuvent-ils être les associés d’un milliardaire accusé d’avoir financé les terroristes du 11 Septembre ? Et que penser des liens de ces Saoudiens avec l’affaire Sawari-2 qui est autrement connue sous le nom de l’affaire Clearstream-3 [9], l’affaire des rétrocommissions sur la vente de frégates à l’Arabie Saoudite qui auraient été touchées par certains hommes politiques, affaire qui continue à faire couler beaucoup d’encre ? D’après l’Economiste [10], un quotidien marocain, Mohammed Hussein al-Amoudi est président du Al Amoudi Group Compagny Ltd d’Arabie Saoudite, l’un des principaux conglomérats du royaume, dont le directeur général est Ali ben Mussalam, impliqué dans l’affaire du contrat d’armement Sawari-2. Mohammed Hussein al-Amoudi et Khaled ben Mahfouz sont tous deux actionnaires de WorldSpace.

Dans son livre « Le coupable idéal » aux Éditions Privé, Imad Lahoud qui est suspecté d’avoir falsifié les listings de Clearstream – mais l’ont-ils vraiment été ? – écrit qu’il aurait déclaré à Nicolas Sarkozy : « Écoutez, la seule chose que j’ai évoquée avec Philippe Rondot, ce sont des comptes que vous auriez en Italie à propos de rétrocommissions sur le contrat d’armement Sawari-2. Je me dis que c’est le genre de chose qui ne devrait pas lui faire plaisir. Je voulais l’agacer. Je réussis mon coup au-delà de toutes mes espérances. Devant moi, Sarkozy explose littéralement de rage » [11]

Revenons à William Schneider. C’est un personnage politique influent aux USA, membre du PNAC, think tank néoconservateur qui a argumenté dans une lettre [12] adressée à Clinton en 1998, la nécessité, déjà, de bombarder l’Irak prétextant un risque imminent pour les USA en s’appuyant sur la doctrine de la guerre préventive. William Schneider est l’un des promoteurs de l’IDS, l’Initiative de Defense Stratégique dite aussi « Guerre des étoiles ». Il a soutenu le concept de l’utilisation de bombes nucléaires dans le cadre de la guerre préventive.

Ce personnage est aussi l’associé de Mohamed Hussein al-Amoudi, fondateur du groupe Mohamed International Development Research and Organisation Company (Midroc) qu’il dirigeait aux côtés d’Ibrahim ben Ali ben Mussalam, l’un des principaux gestionnaires de la fortune du roi Fahd et qui a tenu un rôle de négociateur pour le contrat des frégates Sawari.

Schneider est donc à la fois un des protagonistes de la désinformation sur les armes de destruction massive en Irak par ses pressions sur Clinton et un proche des protagonistes de l’affaire Clearstream-3, cabale contre Dominique de Villepin, par ses liens avec ben Mussalam. William Schneider est aussi un administrateur d’EADS Etats-Unis et il était à ce titre l’un des principaux interlocuteurs du très américanophile Louis Gergorin, le corbeau de l’affaire Clearstream et l’un des fondateurs de la French American Foundation. Dominique de Villepin a été l’un des rares hommes politiques d’envergure internationale à dénoncer en 2003 la désinformation autour des armes de destruction massive. Dans son discours à l’ONU, il dénonce aussi les liens imaginaires entre Sadam Hussein et les attentats du 11 Septembre. À ce titre, il s’est attiré les foudres des néoconservateurs « va-t’en guerre », et il n’est pas étonnant qu’il puisse lui-même être victime d’une campagne de désinformation orchestrée par ceux-ci.

Pour être complet, il faut souligner que William Schneider a développé le concept de PO2G. Il s’agit d’une doctrine subversive visant à inciter les organisations terroristes à passer à l’action pour mieux les détruire. En clair, cette doctrine vise à promouvoir des attentats pour susciter une résistance qui pourra ensuite être anéantie par la suprématie militaire US. William Arkin [13] dans le Los Angeles Times, offre un excellent article détaillé sur l’ensemble des dépenses que les différents services militaires vont diriger vers de nouvelles capacités d’action clandestines, et accorde une attention particulière à la résurrection de l’ancien Intelligence Support Activity (ISA) de l’ex-secrétaire à la Defense de Reagan Franck Carlucci, rebaptisé Grey Fox qui propose d’institutionnaliser les activités du Groupe d’Opérations proactives et préventives (P2OG) afin de lancer des opérations secrètes visant à stimuler des réactions parmi les terroristes et les États possédant des armes de destruction massive. Autrement dit, il s’agit d’encourager des cellules terroristes à passer à l’action et les exposer à de promptes ripostes de la part des forces américaines.

Les attentats du 11 Septembre seraient, selon le rapport de la commission d’enquête, une défaillance des services des renseignements. Pourtant, le 19 juin 2005, le Times Herald révèle l’existence d’une unité de renseignements militaires « Able Danger » qui avait, selon toute vraisemblance, identifié Mohamed Atta et trois autres pirates du 11 Septembre (Nawaf Alhazmi, Khalid Almihdhar, Marwan Alshehhi) plus d’un an avant les attentats. Les quatre hommes sont identifiés comme membres d’al-Qaida oeuvrant aux États-Unis, dans la cellule dite de Brooklyn [14]. Cette unité de renseignements est une cellule secrète d’espionnage économique créée en 1999 sous l’administration Clinton. Elle deviendra par la suite l’héritière du réseau Gladio Stay Behind. Elle reprend le flambeau de Franck Calucci, patron du réseau US-ISA utilisé pour la prise d’otage à Téhéran en 1980. Pour cette opération, le gouvernement américain se servira des services de la BCCI de ben Mahfouz pour transiter les fonds de l’affaire Iran-Contras dirigée par le Lt Colonel Oliver North condamné en 1988 puis intégré par le Pentagone dans la chaîne Fox News, en tant qu’expert et analyste pour commenter le 11 Septembre. C’est le colonel Anthony Shaffer qui révéla l’identification de Mohamed Atta, mais l’armée ne voulut pas transmettre ces informations au FBI de John O’Neill [15].

Dans « Ben Laden, la vérité interdite » coécrit avec Guillaume Dasquié, J.C. Brisard racontera sa réunion, à Paris, en août 2001, avec John O’Neill, ancien coordinateur de la lutte antiterroriste aux États-Unis, devenu numéro 2 du FBI à New York chargé de la sécurité nationale, le directeur adjoint de la DST, responsable de la lutte antiterroriste, et l’ancien chef de la section antiterroriste du Parquet de Paris Alain Marsaud.

En 2007, Guillaume Dasquié sera mis en garde à vue à la DST en raison, entre autres, de ses révélations sur le 11 septembre 2001. L’article qui a énervé les services de renseignements remonte au 16 avril 2007. Sur deux pages, dans Le Monde, titrées « 11 septembre 2001 : les Français en savaient long » le journaliste raconte avoir consulté 328 pages de rapports de la DGSE rédigées entre juillet 2000 et octobre 2001, détaillant l’état des connaissances des services secrets français sur la nébuleuse al-Qaida. Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la Defense, décide de porter plainte contre le journaliste. Les autorités cherchent à connaître par quels moyens il a obtenu ces documents classifiés, en clair, qui à la DGSE les lui a transmis, en violation avec les droits des journalistes de ne pas divulguer leurs sources. Alors qui a-t-il contrarié par ses révélations ? La plainte contre lui pour « détention de documents classés secret Defense » et « divulgation de fichiers ou de renseignements classés secret Defense » officialise des informations qui jusque-là auraient pu passer pour des rumeurs infondées.

Mais revenons à Pearl qui, bien qu’il n’ait pas encore saisi tous les aspects de ce jeu, fut le premier à avoir perçu l’imminence de cette guerre. Au tout début de l’année 2002, Pearl sera enlevé puis décapité au Pakistan. Il s’y était rendu pour mener l’enquête sur le terroriste aux chaussures explosives du vol Paris New York, Richard Reid. Alors qu’il devait interviewer le cheikh Mubarak Ali Shah Gilani, un chef terroriste présumé, Pearl est enlevé par des activistes du « Mouvement national pour la restauration de la souveraineté pakistanaise » dirigé par un djihadiste nommé Omar Sheikh. Ce groupe, qui entretenait des contacts à la fois avec al-Qaida et avec l’ISI [16], prétendit que Pearl était un espion et, utilisant le courriel kidnapperguy@hotmail.com, présenta aux USA plusieurs demandes, dont la libération de plusieurs détenus pakistanais et la reprise de la vente de F-16 au gouvernement pakistanais.

J.P. Cloutier dans ses Chroniques de Cybérie, a établi les étapes de cette affaire trouble.

Le 3 mars, le secrétaire d’État Colin Powell déclare en entrevue à la chaîne CNN n’avoir aucune preuve de l’implication des services secrets pakistanais (ISI) dans l’enlèvement du journaliste Daniel Pearl. Le même jour, toujours à CNN, on demande à l’ambassadeur du Pakistan à Washington, pourquoi le principal suspect Omar Sheikh a été détenu et interrogé pendant sept jours par l’ISI avant d’être livré aux autorités policières. Réponse : ce qui comptait c’était de ne pas informer le public et les autres ravisseurs de sa détention.

Le lendemain, le gouvernement pakistanais informe officiellement les autorités étasuniennes que le principal suspect dans l’enlèvement du journaliste Daniel Pearl sera d’abord jugé au Pakistan avant de procéder à toute demande d’extradition aux États-Unis. Selon le quotidien pakistanais Dawn, le ministère public se heurte toutefois à certaines difficultés : les présumés complices de Omar Sheikh sont toujours en liberté et le corps de Pearl n’a pas été retrouvé.

Le 5 mars, le quotidien Dawn qui cite des sources policières rapporte que ces dernières mettent en doute l’authenticité de la bande vidéo de l’assassinat de Pearl. De plus, il y a un fait nouveau qu’on s’explique mal. Pearl a été enlevé le 23 janvier. Le 4 février, un siège sur le vol PK-757 de la Pakistan International Airlines en direction de Londres est réservé en son nom. Le billet est annulé le 8 février par l’acheteur qui demeure inconnu.

Le 7 mars, le président pakistanais Pervez Musharraf commente ainsi la disparition de Daniel Pearl : « Il cherchait à en savoir trop. Il s’est trop investi dans son enquête. Il y a un danger dans cette profession. Nous devons être prudents. » Musharraf n’a pas précisé pour qui les journalistes curieux représentaient un danger, pas plus que ce qu’englobait ce »nous » qui doit être prudent.

Le 9 mars, c’est dans un fourgon blindé que le principal suspect, Omar Sheikh, a été amené devant un tribunal de Karachi pour l’audition d’un témoin important. Un chauffeur de taxi aurait vu Omar Sheikh accueillir Daniel Pearl au restaurant d’où il est disparu. Enfin, le 11 mars, le Times of India revient sur l’étrange déclaration de Pervez Musharraf et pose directement la question : Pearl aurait-il découvert certains secrets embarrassants pour les services de renseignements pakistanais, l’ISI ? Un observateur suggère : « Relisez le journal que Omar Sheikh tenait alors qu’il était emprisonné en Inde. Il est rempli de références élogieuses à l’endroit de l’homme qui l’a inspiré. Et cet homme est Shah Sahab, l’ancien agent de renseignements de l’ISI à qui Omar Sheikh s’est rendu le 5 février. »

Un tribunal de Karachi accordait un délai ultime au ministère public, le 20 mars, pour inculper formellement Omar Saeed Sheikh pour sa participation dans l’affaire Daniel Pearl, à défaut de quoi il serait extradé aux États-Unis. Les procureurs ont déclaré que si l’enquête piétine, c’est que de nombreux complices sont toujours au large et qu’ils sont confrontés à de fausses identités. L’épilogue de cette histoire sera signé du président pakistanais Pervez Musharraf qui déclara dans ses mémoires que Omar Sheikh était un agent double travaillant pour l’ISI et les services du MI6 de sa gracieuse majesté la reine d’Angleterre.

Les attentats du 11 Septembre ont été largement exploités par l’Office Strategic of Influence pour justifier la guerre en Irak en présentant Sadam Hussein comme un soutien d’al-Qaida. Or, l’Irak est un pays laïque et ben Laden un islamiste fervent, et toute alliance est improbable entre eux. William Schneider est une pièce essentielle de ce dispositif de désinformation mis en place par les néoconservateurs du PNAC. Daniel Pearl, journaliste d’investigation dans la plus pure tradition de ce métier à haut risque, a payé de sa vie sa recherche de la vérité. La piste de Richard Reid, le terroriste aux chaussures explosives du vol Paris New York de décembre 2001, l’a mené au Pakistan, au coeur de l’échiquier international de la terreur. Ce qu’il était sur le point de découvrir, ou ce qu’il avait déjà découvert, lui a certainement valu le sort tragique qui lui a été réservé.

Rédaction Geopolintel
Tous droits de reproduction réservés.

Notes :

[1] Testimony before Senate Judiciary Committee Subcommittee” par James R.Woolsey, 3 septembre 1998

[2] Top investigator in 9/11 victims’s lawsuit faces libel action” par Ken Silverstein, Los Angeles Times, 26 février 2003

[3] Le Réseau Voltaire est une association française, fondée en 1994, dont les buts d’origine étaient « la promotion de la Liberté et de la Laïcité ». Elle oeuvrait à « l’émancipation des individus face aux dogmes et aux empires. » Depuis, elle a évolué en un « réseau international de presse non alignée » en s’appuyant sur un site internet multilingue qui rassemble des agences de presse et des journaux d’Amérique latine, d’Europe et du Monde arabe. Elle organise en 1995 la conférence Axis for Peace afin de mobiliser un mouvement contre l’impérialisme états-unien et contre la politique de l’État d’Israël. Son président, Thierry Meyssan, a suscité une vaste polémique au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 en affirmant dans un livre « L’effroyable imposture » qu’ils avaient été organisés par une faction du complexe militaro-industriel américain afin de pouvoir justifier des interventions des États-Unis en Afghanistan et en Irak. Le département d’État américain sous l’administration de George W. Bush a déclaré Thierry Meyssan persona non grata sur le territoire des États-Unis et celui-ci expliqua son exil au Liban en 2008 comme suit : « jusqu’en mai, les autorités françaises (gouvernement Chirac) ont garanti notre sécurité physique, notre liberté de circulation et d’expression. Il en va autrement aujourd’hui (élection Sarkozy) : les pressions sont plus fortes, elles s’étendent à notre entourage, et nous ne pouvons plus compter sur la bienveillance de la France ».

[4] Le Projet pour le Nouveau Siècle Américain est un groupe de réflexion néoconservateur américain, fondé en 1997, qui réunissait beaucoup des anciens membres du gouvernement Reagan et dont l’objectif affiché était de promouvoir l’hégémonie des États-Unis sur le reste du monde. Cette organisation a exercé une forte influence sur les hauts fonctionnaires du gouvernement des États-Unis durant les mandats de George W. Bush et a eu une incidence très importante sur le développement militaire et la politique étrangère de ce pays pendant cette période, particulièrement en ce qui concerne la sécurité nationale et la guerre en Irak. En janvier 1998 déjà, dans une lettre ouverte au président Clinton, ses membres appelèrent explicitement à mener une campagne en Irak pour renverser Sadam Hussein.

[5] Le Center for Strategic and International Studies ou CSIS est un groupe de réflexion et d’influence sur la politique étrangère états-unienne. Il fut originellement créé avec l’objectif d’encourager un lien fort entre Européens et Américains face à l’URSS. Il compte dans son conseil d’administration Zbigniew Brzezinski, Henry Kissinger, secrétaire d’État de Nixon puis de Ford, et James Woolsey, ancien directeur de la CIA. Le centre est à l’origine de la déclaration commune pour le renouvellement du partenariat transatlantique faite au plus fort de la guerre américaine contre l’Irak.

[6] Zbigniew Brzezinski, politologue américain d’origine polonaise, a été conseiller à la sécurité nationale du Président Jimmy Carter et était présenté pendant la dernière campagne présidentielle US comme l’inspirateur de la future politique extérieure d’un éventuel président Obama. Il a notamment écrit Le Grand Échiquier dans lequel il théorise l’idée que l’amélioration du monde et sa stabilité dépendent du maintien de l’hégémonie américaine. Toute puissance concurrente est dès lors considérée comme une menace pour la stabilité mondiale. Mais contrairement à l’unilatéralisme des néoconservateurs, il prône une alliance USA/Europe car la matérialisation de la doctrine Brzezinski, qui veut qu’ « Une puissance qui domine l’Eurasie contrôlerait deux des régions du monde les plus avancées et économiquement productives », passe par l’extension de l’OTAN vers l’Est et l’encerclement de la Russie, par la déstabilisation des états (révolutions de couleur et coups d’État) qui l’entourent pour reprendre son idée de la « ceinture verte d’étranglement de l’ours russe ».

[7] Pour le CSIS, la Commission Action USA-UE-Pologne a mis en place un groupe, le US-Poland Defense, chargé de promouvoir la coopération américano-polonaise dans l’industrie de la Defense. Madame Christine Lagarde en était encore la vice-présidente lors de sa prise de fonction ministérielle du gouvernement de Villepin, et y représentait les intérêts américains. Elle travaillait à l’intégration des systèmes de Defense entre les deux pays, au développement de l’industrie de Defense polonaise, conformément aux recommandations de Stanley Glod, vice-président de Boeing Europe, rival d’Airbus. Elle préparait des programmes d’entraînement, en coopération avec l’américain Lockheed Martin.

[8] Le traité ABM (antimissiles balistiques) fut signé à Moscou en 1972 dans le cadre des négociations sur la limitation des armes stratégiques et complété par le protocole du 3 juillet 1974 entre l’URSS et les États-Unis, puis confirmé par la Russie pour une durée illimitée. Mais le 13 décembre 2001, arguant des attaques sur son sol du 11 Septembre, les États-Unis annoncèrent leur retrait du traité ABM, permis par l’article XV qui prévoyait sa dénonciation du fait « d’événements extraordinaires » en rapport avec l’objet du Traité, ayant compromis ses intérêts suprêmes. Ils ne font plus partie, depuis le 13 juin 2002, de cet accord qui reste respecté par les autres puissances atomiques qui l’ont signé. Ce retrait unilatéral des États-Unis a fait sauter le verrou qui empêchait le développement du bouclier spatial du programme « Initiative de Defense stratégique » (IDS) ou « Guerre des étoiles » initié par l’administration Reagan

[9] Clearstream 1 – affaire des rétrocommissions sur la vente de frégates : 2001, ouverture d’une information judiciaire, confiée aux juges Renaud van Ruymbeke et Dominique de Talancé, sur la vente des frégates par la France à Taïwan en 1991, qui aurait donné lieu au versement de commissions à des hommes politiques français. Clearstream 2 – scandale financier de la chambre de compensation internationale Clearstream : 2001, publication de Révélation$ et de La Boîte noire, écrits par Denis Robert, journaliste, sur des informations de E. Backes, ancien numéro trois de Cedel International (devenu Clearstream après sa fusion avec Deutsche Börse Clearing). Backes, licencié en 1983, a affirmé qu’il existait un système de comptes non publiés, qui aurait été mis en place dans les années 1970, et généralisé après son départ. Ce système de comptes, en se servant du système légal de compensation interbancaire permettant l’effacement des traces des transactions, aurait fait de Clearstream une plate-forme mondiale de l’évasion fiscale et du blanchiment d’argent. Clearstream 3 – affaire EADS-Clearstream ou affaire du corbeau des frégates de Taïwan : 2004, scandale politique qui éclate par l’envoi de deux courriers anonymes et d’un cédérom à la justice française, dans lesquels un corbeau accuse des personnalités politiques et de l’industrie, de posséder des comptes secrets chez Clearstream, liés à l’affaire des rétrocommissions de Clearstream 1 et de Sawari 2. À sa suite, la presse dévoile l’existence d’un rapport de la DST sur l’affaire Clearstream dans lequel Jean-Louis Gergorin, vice-président du groupe industriel EADS, figurerait comme le corbeau de l’affaire. Une polémique éclate entre Dominique de Villlepin et Nicolas Sarkozy, lequel accuse de Villepin d’instrumentaliser cette affaire dans le but de lui nuire politiquement.

[10] http://www.leconomiste.com/print_article.html?a=64880

[11] http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2207/articles/a333895-les_%C3%A9tranges_confessions_dimad_lahoud.html

[12] http://www.newamericancentury.org/iraqclintonletter.htm

[13] William M. Arkin 10/27/2002 Los Angeles Times Home Edition Page M-1

[14] http://www.historycommons.org/essay.jsp?article=essaykhalidandnawaf

[15] http://www.historycommons.org/entity.jsp?entity=anthony_shaffer

[16] L’Inter-Services Intelligence ou ISI, est la plus importante des trois branches des services de renseignements du Pakistan. Ce service se fait connaître sur le plan mondial lors de la guerre d’Afghanistan lorsque, avec les services américains (CIA) et saoudiens, il a largement aidé et formé les moudjahidines contre l’Armée rouge et le gouvernement afghan d’alors. En 2001, le FBI démontra que le directeur de l’ISI, le Général Mahmoud, avait donné instruction à Ahmed Omar Cheikh, bras droit de ben Laden, de transférer 100.000 dollars au pirate de l’air du WTC, Mohammed Atta.

Publié sur Geopolintel

 le 1er décembre

http://www.reopen911.info/News/2009/12/05/daniel-pearl-le-journaliste-qui-denoncait-la-desinformation-dans-la-guerre-livree-au-terrorisme/

http://forum.reopen911.info/p214349-les-7-sacrif-s-du-mensonge-du-11-septembre-la-guerre-contre-l-irak.html

 


Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

14/12/2009

n° 464 - Les Dossiers d'Irak - 12/12/09 - : Début - : Obama ne mérite pas son Prix Nobel.

n° 464  - Les Dossiers d'Irak - 12/12/09 - : Début - : Obama ne mérite pas son Prix Nobel.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les Dossiers d'Irak

n° 464                                                          12/12/09

C.De Broeder & M.Lemaire



 Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :  

1 Les brèves

1-1 Blackwater impliqué dans les opérations clandestines de la CIA en Irak

1-2 Gilles Munier : Guerre des services secrets.

1-3 Visite impromptue du chef du Pentagone.

1-4 Gilles Munier : L’Irak en voie de désertification ?

1-5 Les députés irakiens s’empiffrent !

1-6 Mossoul, ville de tous les dangers pour les juges irakiens.

2 Dossier & Point de vue

2-1 Obama & Son Nobel

1 Obama accepte son Nobel avec «humilité» (...)

2 Lorraine Millot. : Obama ne mérite pas son Prix Nobel.

3 Anne-Françoise Hivert : Les six qui font le Nobel.

Suite

2-2 Commission Chilcot. 

1 Commission « apolitique »

2 Quel est l'agenda de cette commission ? Son travail est-il indépendant ?

3 Le rôle de la Grande-Bretagne dans la guerre en Irak.

4 Le rôle de la Grande-Bretagne dans la guerre en Irak.(2)

5 Le rôle de la Grande-Bretagne dans la guerre en Irak.(3)

6 Blair savait qu'il n'y avait pas d'armes de destruction massive.

7 Blair savait que l'Irak n'avait pas d'armes chimiques.  

8 Les accusations s’intensifient de plus en plus contre Blair et son rôle lors de la guerre en Iraq.

2-3 Le rôle de la Grande-Bretagne dans la guerre en Irak.

1 Un haut gradé explique ainsi à son ministère que ses hommes "n'avaient chacun que cinq cartouches".

2 L’armée britannique planifiait la guerre en Irak depuis le début 2002.

Fin

2-3 Hans Blix, ex-inspecteur en chef de l'ONU en Irak,

1 Blix donne sa version du déclenchement du conflit.

2 "Bush et Blair aveuglés par la ‘prétendue’ menace Saddam Hussein".

2-4 Shad Saleem Faruqi  : Tribunal de Kuala Lumpur : Bush et Blair sont bien coupables de crimes de guerre.

2-5 James Cogan : La réalité derrière le « succès » américain en Irak.

2-7 Nicolas Bérubé : Blackwater toujours actif.

2-8 Blackwater a participé à des opérations de la CIA.

2-9 Gilles Munier : Affaire Galbraith : Les pétrodollars du lobby kurde.

2-10 Gilles Munier : Galbraith et les pétrodollars du lobby kurde.

2-11 Irak: l'Irak attribue deux grands champs pétroliers à Shell et CNPC.



Avant propos

·                    Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants qui osent leur résister...



1 Les brèves

Ndlr : la publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyses ou le point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information.

1-1 Blackwater impliqué dans les opérations clandestines de la CIA en Irak

Des employés de l'entreprise de sécurité privée Blackwater Worldwide ont participé aux activités les plus sensibles de la CIA en Irak et en Afghanistan, notamment des opérations clandestines avec des agents de la CIA contre des individus suspectés d'être des insurgés et le transport de détenus. C'est ce qu'affirment d'anciens employés de Blackwater et responsables du renseignement, selon le New York Times.

A l'époque de l'apogée de l'insurrection irakienne entre 2004 et 2006, quand les raids sur des individus suspects étaient très fréquents, des employés de Blackwater ont joué des rôles clés dans les opérations, selon ces mêmes sources.

Plusieurs anciens gardes de sécurité de Blackwater affirment que leur implication dans ces opérations était tellement routinière qu'il était devenu difficile de différencier la CIA, l'armée et Blackwater. Au lieu de simplement s'occuper de la sécurité des agents de la CIA, les employés de Blackwater étaient parfois des partenaires dans des missions où des militants étaient capturés ou tués en Irak et en Afghanistan.

Pour le New York Times, «les missions secrètes révèlent des liens bien plus profonds entre l'agence de renseignement et l'entreprise de sécurité privée que ce que le gouvernement veut bien reconnaître. Le partenariat entre Blackwater et la CIA a été extrêmement rentable pour l'entreprise basée en Caroline du Nord, et s'est encore renforcé quand plusieurs responsables de haut niveau de l'agence de renseignement ont rejoint Blackwater.»

Blackwater, qui emploie et entraîne des gardes de sécurité privée, est le plus gros sous-traitant privé du ministère des Affaires étrangères américain (State Department), et réalise au moins 90% de son chiffre d'affaire grâce à des contrats gouvernementaux. L'entreprise, créée en 1997 par Erik Prince, fait régulièrement l'objet de controverses, et est considérée par beaucoup comme une entreprise de mercenaires.

Selon CNN, il y a plus de sous-traitants privés payés par les Etats-Unis en Afghanistan que de soldats américains.

[Lire l'article complet sur nytimes.com]

Friday 11 December 2009

http://www.slate.fr/story/14273/blackwater-cia-operations-clandestines-irak-afghanistan


1-2 Gilles Munier : Guerre des services secrets.

L’Irak est un champ de bataille entre services secrets.

Une bonne quinzaine y crée un climat de terreur à coups de black ops et psy ops, sans considération pour le nombre de victimes civiles. A côté des principaux : l’Iraqi National Intelligence Service (INIS- pro américain) et le ministère de la Sécurité nationale (MNS- pro iranien), on peut citer dans le désordre ceux du ministère de l’Intérieur, de la Defense, l’Asayish kurde - dans les régions de Ninive, de Kirkouk et de Diyala - et ceux des milices arabes ou kurdes. Les plus venimeux sont ceux de la Brigade Badr « dissoute » et de l’Iraq Special Operations Forces (ISOF– pro américaine), surnommée « la Sale Brigade », passée récemment sous les ordres de Nouri al-Maliki.

 A cette liste, il faut ajouter les agences américaines – CIA en tête –, le Vevak iranien et les Forces al-Qods des Gardiens de la Révolution, qui tirent la plupart des ficelles. Dans cette guerre de l’ombre, la résistance n’est pas en reste, constituée dés l’origine de cadres de l’ancien Iraqi Intelligence Service actifs dans les organisations de libération, ou « dormants » dans les structures étatiques, attendant de passer à l’action.

La main des Gardiens de la Révolution

Les attentats au camion piégé du 19 août contre les ministères des Affaires étrangères et des Finances sont un révélateur des luttes intestines qui secouent le régime à l’approche des élections législatives, fixées au 16 janvier 2010. Al-Maliki pensait les remporter haut la main, fort d’un soi- disant bilan positif : départ des troupes d’occupation, amélioration de la sécurité … etc … et comptait modifier dans la foulée la constitution et instaurer un régime présidentiel. Le 18 août, à Damas, il avait parlé coopération avec le président Bachar al-Assad et remis une liste de résistants à expulser… copie conforme de celle communiquée par les Américains à la Syrie deux mois plus tôt ! Et puis, « Boum ! » : 100 morts et 500 blessés en pleine Zone verte, parmi lesquels 10% des fonctionnaires des Affaires étrangères, lui ont coupé les ailes.

Depuis, al-Maliki marche sur des œufs. Le général al-Shahwani, patron de l’INIS, lui a présenté des preuves de l’implication des services secrets iraniens dans le carnage, accusation confirmée par le général Abdul-Karim Khalaf, porte parole du ministère de l’Intérieur. L’explosif employé, du C4, est une des signatures des Forces al-Qods. Le 31 août, sur Al-Jazeera, le prince Ali bin al-Hussein, prétendant au trône d’Irak, affirmait que les Irakiens pensent que l’ISCI (Conseil suprême islamique en Irak) en est l’auteur ou, en d’autres termes : la Brigade Badr, son bras armé créé par les Gardiens de la Révolution … Même si, plus tard, « Al-Qaïda en Mésopotamie », dont c’est également le mode d’action, a revendiqué les attentats, on sait à Bagdad que l’organisation a trois têtes, dont deux soutenues par l’Iran.

La réaction d’al-Maliki fut rapide, et aberrante pour ceux qui le croient libre de toute attache avec Téhéran. Passe encore qu’il exige les démissions d’al-Shahwani et de Khalaf, le contrat du premier arrivait à son terme. Affronter Khalaf - qui refuse de quitter son poste - n’avait d’autre intérêt que d’embarrasser Jawad al-Bolani, ministre de l’Intérieur, possible rival aux législatives. Mais s’en prendre contre toute logique à la Syrie, demander au Conseil de sécurité l’ouverture d’une enquête internationale, et accuser le courant baasiste irakien plutôt modéré de Younis al- Ahmad, réfugié à Damas, c’était inattendu, mensonger, déloyal.

http://www.france-irak-actualite.com/


1-3 Visite impromptue du chef du Pentagone.

Le report à mars prochain en Irak des élections législatives ne remet nullement en cause le plan de retrait militaire américain, a assuré le Pentagone alors que le secrétaire à la Défense Robert Gates effectuait jeudi une visite impromptue à Bagdad. D'ici la fin août 2010, les Etats-Unis prévoient de réduire de 115.000 à 50.000 hommes leur contingent en Irak et de mettre fin à leurs opérations de combat.

Un retrait total des troupes américaines est prévu d'ici la fin 2011.

"Le général (Ray) Odierno ne prévoit aucun report dans la réduction à 50.000 hommes des forces américaines en Irak d'ici août 2010", a déclaré le chef du service de presse du Pentagone, Geoff Morrell, qui a accompagné Robert Gates en Afghanistan et en Irak.

"Nous perdons environ un mois dans cette affaire mais cela n'a aucune conséquence sur le plan du général Odierno", a-t-il ajouté, citant le commandant en chef des forces américaines en Irak.

10-12

Reuters

Version française Guy Kerivel

http://fr.news.yahoo.com/4/20091210/twl-irak-usa-gates-38cfb6d_3.html


1-4 Gilles Munier : L’Irak en voie de désertification ?

L’Irak fait face à la plus grande sécheresse de son histoire. Le sud du pays se transforme en désert. Le rendement des champs de blé a baissé dramatiquement. Les rizières ne sont plus suffisamment irriguées. La région des Marais est en grande partie asséchée. En cause : les barrages construits en Turquie qui, selon un accord conclu en 1987, s’engageait à maintenir un débit de 500 m3 seconde. On en est loin. Le niveau d’eau dans le fleuve a été réduit de moitié. Cela a entraîné la salinisation rapide du Chatt al-Arab avec pour conséquence le reflux des bancs de poissons qui faisait vivre la région de Bassora vers le Koweït, les Emirats ou l’Iran. Résultat : en août 3000 pêcheurs irakiens, 2000 en septembre, ont dû quitter la région. Autre conséquence : les barrages sur l’Euphrate ne fonctionnent qu’à 10% de leur capacité, réduisant la production d’électricité dont l’Irak manque cruellement.

La situation le long du Tigre est un peu moins préoccupante.

Mais, que se passera-t-il lorsque l’énorme barrage turc d'Ilisu entrera en activité ? Ceux construits en Iran ont réduit le débit des rivières qui l’alimentent. Au sud, celui bâti sur le fleuve Karoun est une véritable provocation. Ses eaux, qui se déversaient dans le Chatt al-Arab, ont été détournées dans le Bahman Chir, un de ses affluents.

Gilles Munier

http://www.france-irak-actualite.com/


1-5 Les députés irakiens s’empiffrent !

Les nouveaux voleurs de Bagdad

Les députés irakiens s’accrochent à leur siège. On comprend pourquoi depuis que leurs privilèges, exorbitants, ont été rendus publics. Ils touchent 25 500$ par mois, auxquels s’ajoute une prime de 8 500$ - également mensuelle - pour rémunérer une trentaine de secrétaires et de gardes du corps. La plupart des « élus » conservent cette somme pour eux - ou sa majeure partie – car, vivant à l’étranger, ils n’emploient des miliciens ou des membres de leur tribu - généralement sous payés – qu’à l’occasion de passages éclairs à Bagdad, dans la Zone verte. Le quorum de 138 députés n’étant jamais atteint, les lois sont votées à la majorité des présents, ou à main levée - comme en octobre 2006 - pour empêcher tout décompte et faire passer en force celle instaurant le fédéralisme.

Ce n’est pas tout : lors de sessions interdites aux médias, ils se sont dispensé de rembourser une avance de 60 000$, exceptionnellement versée pour acheter une voiture blindée et les véhicules de protection l’accompagnant. Les élections législatives approchant, ils se sont alloué un terrain à bâtir de 600 m2, et ont décidé que les députés sortants percevront 80% de leur salaire actuel pendant 10 ans. Chacun d’entre eux, et leur famille, disposeront, en outre, d’un passeport diplomatique.

On imagine le tollé qu’ont provoqué ces informations dans les milieux populaires. D’autant que depuis l’invasion américaine d’avril 2003, la misère n’a cessé de gagner du terrain. Selon l'Autorité centrale des statistiques, un organisme public irakien : 23% des Irakiens -  c'est-à-dire un habitant sur quatre - vivent en dessous du seuil de pauvreté avec moins de 2$ par jour. De 18 à 30 % de la population sont au chômage. Le salaire moyen d’un fonctionnaire est de 150 $, celui d’un ouvrier beaucoup moins. Les cadres supérieurs touchant entre 500 et 1 000$ par mois font figure de privilégiés.

L’Irak n’est pas seulement devenu un des pays les plus corrompus du monde ; en dehors du pétrole dont la vente alimente les comptes en Suisse des dirigeants, finance les milices et les organes répressifs, les industries les plus florissantes sont les enlèvements contre rançon, la drogue, la prostitution, les trafics d’organes … et les pompes funèbres.

6/12

Gilles Munier

http://www.france-irak-actualite.com/article-les-deputes-...


1-6 Mossoul, ville de tous les dangers pour les juges irakiens.

"Je sais que je peux être tué à n'importe quel moment". Assis à son bureau au tribunal de Mossoul, dans le nord de l'Irak, une ville marquée depuis des années par la violence, le juge d'instruction est un homme très occupé. Les piles de dossiers s'accumulent autour de lui et des dizaines de personnes se pressent devant sa porte.

Comme les 70 autres magistrats de la ville, il sait qu'il représente une cible privilégiée pour les résistants ou les justiciables mécontents.

Par précaution, il refuse qu'on donne son nom.

Menaces de mort, fusillades à l'intérieur même du palais de justice, juges assassinés... Il a connu tout cela ces dernières années.

A 60 ans, il se veut philosophe.

"Ici, tous les juges reçoivent des menaces. Moi, on m'appelle au téléphone ou on m'envoie de petits mots... 'Si tu ne libères pas un tel ou un tel, on va te tuer, on va faire sauter ta maison'..."

Rien que depuis un mois, quatre magistrats ont été attaqués à Mossoul ou dans les environs, déclare un responsable américain d'une des "équipes de reconstruction" qui aident les autorités irakiennes sur le terrain.

L'un a été visé par un attentat à la bombe, un autre s'est fait tirer dessus dans une mosquée, un troisième alors qu'il se rendait en voiture à son bureau. Le quatrième a reçu deux balles dans l'épaule devant chez lui.

Fusillades, assassinats, racket - la routine à Mossoul, l'une des villes les plus dangereuses d'Irak, où opèrent notamment Al Qaïda.

"Le système judiciaire est le fondement de toute société organisée. Les résistants le savent et veulent intimider les juges", explique le responsable américain.

Les tensions sont encore aggravées par la cohabitation difficile entre les Arabes, les Kurdes, les Turkmènes et la petite communauté chrétienne.

Dans cette ville de tous les dangers, les Américains recrutent et forment de jeunes Irakiens pour assurer la sécurité des magistrats. Une tâche difficile.

Devant le tribunal, quatre candidats "gorilles", le visage fermé, entourent un juge. Armés de fusils d'assaut AK-47, ils doivent montrer à leurs instructeurs qu'ils ont bien assimilé leurs leçons.

Ils ont l'air vraiment redoutables mais malencontreusement renversent sur leur passage un sac de sable et un récipient métallique - censés représenter un engin explosif.

Guère convaincant.

"La moitié d'entre eux n'avait jamais touché à un fusil auparavant", explique, guère rassuré, le sergent James Halterman.

L'un des apprentis garde du corps, Ahmed, 25 ans, n'est pas content parce qu'il doit rendre son arme après l'exercice. "On n'a pas le droit d'emporter le fusil", regrette-t-il.

Mais les résistants ne sont pas les seuls à craindre.

La semaine dernière, un officier de l'armée irakienne a fait irruption dans le bureau du juge en exigeant que celui-ci délivre sur le champ un mandat d'arrêt. Devant le refus du magistrat, l'officier hors de lui a tiré en l'air.

Le juge précise que dans 70% des cas les dossiers qui lui sont soumis manquent d'éléments suffisamment solides pour lancer des poursuites.

De nombreuses affaires sont motivées par de simples conflits personnels, dit-il.

"Il y a tout et n'importe quoi. Souvent des histoires de basse vengeance ou même de rivalité amoureuse, le prétendant écarté cherchant sous un faux prétexte à faire incarcérer son rival..." Le Comte de Monte-Cristo à la sauce irakienne.

29/11

http://fr.news.yahoo.com/4/20091129/twl-irak-violence-juges-38cfb6d_1.html



2 Dossier & Point de vue

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

2-1 Obama & Son Nobel

1 Obama accepte son Nobel avec «humilité» (...)

Nb : Ndlr : la publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur, mais doit être vu comme information.

Le Président a admis l'ironie qu'il y avait à venir chercher le Nobel de la paix à Oslo neuf jours seulement après avoir décidé d’envoyer 30.000 soldats américains supplémentaires en Afghanistan.

Le président américain Barack Obama a déclaré jeudi à Oslo accepter le prix Nobel de la paix «avec une profonde gratitude et une grande humilité», lors de la cérémonie officielle à l’Hôtel de ville d’Oslo.

«C’est un prix qui fait appel à nos plus hautes aspirations: malgré la cruauté et la dureté de notre monde, nous ne sommes pas que les prisonniers du destin», a-t-il dit.

«Nos actes font la différence et nous pouvons infléchir le cours de l’histoire vers davantage de justice», a-t-il ajouté dans un Hôtel de ville d’Oslo rempli de personnalités, dont la famille royale norvégienne et des artistes qui devaient se produire lors du traditionnel concert Nobel vendredi.

Obama a admis que sa distinction avait été critiquée, disant ne pas mériter de côtoyer des personnalités aussi prestigieuses que Martin Luther King et Nelson Mandela dans la galerie des lauréats Nobel. Il a aussi évoqué l’ironie de recevoir le Nobel, neuf jours seulement après avoir décidé d’envoyer 30.000 soldats américains supplémentaires en Afghanistan pour «finir le boulot».(...)

«Les outils de guerre ont un rôle à jouer pour préserver la paix», a-t-il dit. «Et pourtant cette vérité doit coexister avec une autre: aussi justifiée soit-elle, la guerre promet une tragédie humaine», a-t-il ajouté, assurant avoir «un sens profond du coût des conflits armés».

Obama a aussi affirmé que les Etats-Unis «devaient demeurer un exemple dans la conduite des guerres» et qu’ils ne devaient pas sacrifier leurs idéaux pour combattre leurs ennemis, un coup de griffe implicite à son prédécesseur à la Maison Blanche, George W. Bush.

«Nous perdons notre âme lorsque nous transigeons avec les idéaux pour lesquels nous nous battons. Et nous faisons honneur à ces idéaux en les respectant non seulement lorsque c’est facile, mais également lorsque c’est difficile.»

http://www.liberation.fr/monde/0101607831-obama-accepte-son-nobel-avec-humilite?xtor=EPR-450206


2 Lorraine Millot. : Obama ne mérite pas son Prix Nobel.

Ce n’est pas notre avis (quoique…), mais celui –massif- des Américains. 26% seulement des électeurs américains estiment que Barack Obama a mérité son Prix Nobel, assène un sondage de l’université de Quinnipiac, réalisé début décembre.

Le choix du comité norvégien n’est approuvé que par les Noirs américains, qui sont 73% à juger ce prix justifié, contre 18% seulement des Blancs.

Ce n’était certainement pas l’effet imaginé, mais ce prix Nobel scinde à nouveau les races aux Etats-Unis, ou du moins révèle un gouffre que beaucoup voulaient justement croire comblé avec l’élection d’Obama. 

Un an tout juste après avoir élu ce “président de l’espoir”, ce sondage montre les Américains pessimistes et sévères à l’égard de leur Prix Nobel. 46% disent approuver la façon dont Barack Obama mène la politique étrangère… mais 45% désapprouvent.

La seule chose qui les convainque en majorité (peut-être parce que le discours est encore tout frais et qu’il était bien argumenté) est l’annonce d’un nouveau renfort de 30 000 hommes en Afghanistan, suivi d’un début de retrait à partir de juillet 2011. 58% des électeurs déclarent approuver ces renforts et 60% le début du retrait à l’été 2011.

Même les démocrates, les plus hostiles à la guerre, ont été remobilisés par le discours du commandant en chef et sont maintenant 50% à saluer les renforts. (…)

Le paradoxe est que tout en approuvant cette politique, les Américains ne croient guère qu’elle réussira… 38% seulement estiment que les Etats-Unis réussiront à éliminer la menace terroriste émanant d’Afghanistan…

En résumé: ça ne marchera certainement pas, mais il faut le tenter.

Comme quoi les Américains et le comité Nobel se rejoignent tout de même quelque part, en pariant sur Obama.

Lorraine Millot.

10/12/2009

.http://washington.blogs.liberation.fr/great_america/2009/12/obama-ne-m%C3%A9rite-pas-son-prix-nobel.html


3 Anne-Françoise Hivert : Les six qui font le Nobel.

Qui donc a décidé d’attribuer à Barack Obama le prix qu’il doit recevoir aujourd’hui en grande pompe ?

Enquête à Oslo, derrière les murs du comité norvégien.

Plus de 400 bouches d’égout ont été scellées dans le centre de la capitale norvégienne en prévision de la venue du président américain. Barack Obama sera à Oslo aujourd’hui pour recevoir son prix Nobel de la paix, selon le rite en vigueur. A 13 heures tapantes, le président du comité Nobel, Thorbjørn Jagland, lui remettra une médaille et un diplôme - en plus des 10 millions de couronnes (1,18 million d’euros) qui lui seront versés plus tard. Barack Obama fera ensuite un discours et, à 19 heures, il apparaîtra au balcon du Grand Hotel.

Puis, banquet avec 250 invités triés sur le volet.

Un couac majeur : Obama a décliné le déjeuner avec le roi, au grand dam des Norvégiens.

Pour le reste, tout est dans la tradition. Même la controverse qui a suivi l’annonce du lauréat et qui court toujours. «Tous les ans, c’est pareil», soupire l’historien Asle Sveen. Cette année n’a pas dérogé à la règle.

Le 9 octobre, le comité Nobel a récompensé le président américain «pour ses efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie et de la coopération internationale entre les peuples». (…) Scandale, s’insurgent les détracteurs, qui dénoncent un prix attribué à un chef d’Etat engagé dans deux guerres, et qui vient d’annoncer l’envoi de 30 000 soldats en Afghanistan.

Bref, les cinq jurés du prix sont accusés d’avoir manqué de discernement, de même que le sixième personnage de l’histoire, le secrétaire général du comité Nobel, éminence grise du jury.

Elus par le Parlement norvégien pour six ans, les jurés sont, selon la tradition, d’anciens élus choisis par leur parti - chaque formation étant représentée au comité en fonction de son poids à l’Assemblée. La gauche est donc majoritaire dans l’actuel comité, qui ne s’embarrasse pas de parité : quatre des cinq membres sont des femmes !

Il s’agit de Kaci Kullmann Five (Parti conservateur),

Sissel Marie Rønbeck (travailliste), Inger-Marie Ytterhorn (Parti du progrès, populiste de droite) et Ågot Valle (Gauche socialiste), arrivée cette année dans le jury.

Quant au cinquième, également nommé en 2009, c’est le président du jury : Thorbjørn Jagland, 59 ans, travailliste. Vétéran de la politique norvégienne, il a été Premier ministre, ministre des Affaires étrangères et président du Parlement. Il dirige depuis le 1er octobre le Conseil de l’Europe, à Strasbourg.

205 personnes en lice le 1er février…

Voilà donc la petite brochette de politiciens norvégiens qui a choisi Obama, à l’unanimité comme il se doit.

Ce club des cinq s’est réuni tous les deux mois, de février à octobre, à huis clos et en présence du seul secrétaire général du comité Nobel, Geir Lundestad. A ce poste depuis dix-neuf ans, il dirige aussi l’Institut Nobel dont les chercheurs conseillent les cinq.

Cette année, le comité avait reçu un nombre record de nominations au Nobel de la paix : 205 au 1er février, jour de clôture des propositions. Qui a donc pesé pour qu’Obama l’emporte ? Les membres du comité sont tenus au secret, mais le quotidien Verdens Gang (VG) a fait sensation en affirmant que trois des membres du jury s’opposaient toujours au choix d’Obama le 2 octobre, une semaine avant l’annonce du prix… Selon Gerhard Helskog, journaliste à la télévision norvégienne qui fut l’un des seuls à deviner l’identité du lauréat, l’avis du président Jagland a été déterminant. «Jagland est fasciné par les grands penseurs et ces moments décisifs qui font l’histoire. Ce ne pouvait donc être qu’Obama», déclare-t-il. «Jagland a toujours dit que le prix doit toucher aux questions essentielles de notre époque», renchérit Kristian Berg Harpviken, directeur de l’Institut de recherche sur la paix à Oslo. Et puis, «ce choix tranche avec les précédents. Or, Jagland est un nouveau venu dans le jury. Il n’est donc pas difficile d’imaginer qu’il ait joué un rôle important dans le choix d’un lauréat.»

Le problème, note l’historien Asle Sveen, c’est que les membres du comité «ne sont pas toujours très compétents». Sissel Marie Rønbeck, 59 ans, a occupé de nombreux postes à responsabilité au sein du Parti travailliste avant de prendre la direction de l’Héritage culturel norvégien, en 1993.

La conservatrice Kaci Kullmann Five, 58 ans, a été ministre du Commerce. Mais Inger-Marie Ytterhorn, 68 ans, et Ågot Valle, 64 ans, ancienne députée, n’ont jamais fait preuve d’un intérêt particulier pour les affaires internationales.

Le processus de sélection des membres du comité norvégien est d’ailleurs régulièrement critiqué. «Le Parlement ne cherche pas toujours les gens ayant la plus vaste vision internationale», regrette Jan Egeland, directeur de l’Institut norvégien des relations internationales (Nupi). Un spécialiste de la question raconte ainsi qu’une des membres a décroché le poste «parce qu’elle est la veuve d’un des hommes qui comptaient au sein de son parti et que sa direction a eu pitié d’elle». Nommer quelqu’un au comité Nobel, c’est, pour le Parlement, «une façon de récompenser les bons services rendus par d’anciens politiciens», déplore Kristian Berg Harpviken, de l’Institut de recherche sur la paix.

Alfred Nobel n’avait sans doute pas imaginé une telle dérive. De fait, son testament, rédigé le 27 novembre 1895, reste vague sur les modes de désignation des jurés du Nobel de la paix. Il demande seulement que le prix, qui récompensera «la personnalité qui aura le plus, ou le mieux, contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion ou à la propagation des congrès pacifistes», soit décerné «par un comité de cinq personnes sélectionnées par le Parlement norvégien».

Pourquoi un comité norvégien alors que les autres prix (sciences, littérature) sont suédois ?

Alfred Nobel, qui n’a jamais justifié ce choix, fut accusé après sa mort, le 10 décembre 1896, d’antipatriotisme.

A l’époque, l’union entre la Suède et la Norvège, établie en 1814, était sur le point de se dissoudre, les Norvégiens réclamant leur indépendance. «Peut-être a-t-il voulu calmer les choses», avance Asle Sveen.

Faute d’instructions précises du fondateur du prix, le Parlement norvégien a donc fixé ses règles. Les membres des gouvernements et des assemblées législatives du monde entier, professeurs d’université, directeurs, anciens lauréats et membres du comité ont le droit de proposer des candidats. «On ne peut pas gagner sans avoir été nominé, mais il est très facile de l’être», constate Geir Lundestad, secrétaire général du comité depuis 1990.

D’où quelques surprises sulfureuses, découvertes dans les archives ouvertes après un délai de cinquante ans :

Benito Mussolini a été nominé en 1935,

Adolf Hitler en 1939 (par un député suédois),

Staline en 1945 et 1948 par un ministre norvégien des Affaires étrangères, ancien membre du comité Nobel…

Les nominations sont closes le 1er février.

Obama, qui n’était alors président des Etats-unis que depuis deux semaines, était donc en lice. Fin février, le comité a effectué une première sélection. «Il restait alors une trentaine de noms», raconte Geir Lundestad. Le secrétaire général a été chargé avec quatre de ses collègues de l’Institut de préparer un dossier sur chacun des candidats. Au fil des mois, le comité a consulté des experts en Norvège et à l’étranger. Les délibérations finales ont eu lieu en septembre, juste avant l’annonce du prix, le 9 octobre.

Eviter l’écueil de la realpolitik

L’ancien président du comité, Ole Danbolt Mjøs, reconnaît que la pression est énorme : «Vous savez que votre choix va être discuté dans le monde entier, mais vous essayez de rester rationnel.» La tâche du président, dit-il, est d’«aboutir à un consensus». Pas toujours facile. A une dizaine de reprises, le prix n’a pas été remis faute d’unanimité du jury. Et par trois fois, il n’a été décerné qu’après la démission de membres du comité, comme en 1936, lorsqu’il a été attribué au journaliste allemand antinazi Carl von Ossietzky. Le chef de la diplomatie norvégienne et l’ancien Premier ministre étaient alors jurés. Ils ont quitté le comité, inquiets des réactions de Berlin. Peu après, le Parlement a décidé d’interdire aux membres du gouvernement d’y siéger.

En 1977, il a rayé aussi de la liste les députés en activité.

Pour le directeur de l’Institut de recherche sur la paix, la question est de savoir «si les membres du comité sont suffisamment courageux pour aller à l’encontre de la politique de leur pays». Selon lui, les prix accordés à André Sakharov, en 1975, et au dalaï-lama, en 1989, en sont la preuve : la Norvège se serait passée des ennuis diplomatiques qui ont suivi.

Pour éviter ce genre de conflits d’intérêt, le Parlement ne devrait-il pas choisir les jurés dans les cercles d’experts en politique internationale, en recrutant aussi à l’étranger ?

Geir Lundestad s’esclaffe : «On passerait tellement de temps à discuter de la définition du concept de la paix qu’on aurait de la chance si un lauréat était désigné !»

D’ailleurs, dit-il, «sélectionner quelqu’un est, en dernier ressort, un choix politique, et si les politiciens sont bons à quelque chose, c’est bien à faire des choix éclairés à partir des recommandations d’experts».

Quant à l’idée de recruter hors Norvège, elle est balayée : «Un comité composé de Norvégiens, cela présente des avantages pratiques évidents», estime le secrétaire général. Et d’ajouter : «Si ses membres sont porteurs d’idéaux norvégiens, le comité porte des idéaux internationaux.» Les critiques noteront qu’il aura fallu plus de soixante ans pour que des lauréats originaires d’autres continents que l’Europe et l’Amérique du Nord soient choisis. L’ouverture au reste du monde a eu lieu en 1960, avec la récompense attribuée au Sud-Africain Albert Lutuli.

Depuis, le prix s’est internationalisé, féminisé. Et peopolisé, diront certains, qui en imputent la responsabilité au secrétaire général Geir Lundestad, dont le bureau à l’Institut Nobel donne directement sur la salle où se réunissent les jurés. Pour Asle Sveen, il ne fait aucun doute que cet éminent spécialiste de la politique américaine en Norvège a eu un rôle déterminant dans le choix d’Obama. Ne se reconnaît-il pas le droit d’intervenir dans les discussions quand il juge qu’il a «des précisions importantes à apporter» ? Asle Sveen lui prête même la volonté de choisir, de temps en temps, un lauréat «qui prête à la controverse» pour faire parler du prix, dont il ne cesse de répéter qu’il est «le plus prestigieux du monde». Selon l’historien, «il a réussi à en faire une marque internationale et la Norvège en profite».

Le pacifiste norvégien Fredrik Heffermehl estime que le secrétaire général est responsable des fourvoiements d’une assemblée qui ne respecte plus la volonté d’Alfred Nobel. Le prix est supposé récompenser des initiatives dans les domaines «du droit et de l’ordre international, ainsi que du désarmement». Or, il a fait le calcul : depuis 1901, 40% des prix n’ont pas respecté le testament ; depuis la prise de fonction de Geir Lundestad, plus de 60%. Il a porté plainte devant le conseil régional de Stockholm, dont dépend la Fondation Nobel qui gère la fortune d’Alfred Nobel. Sans résultat.

ANNE-FRANÇOISE HIVERT

10/12/2009

http://www.liberation.fr/monde/0101607684-les-six-qui-font-le-nobel


n° 464 - Les Dossiers d'Irak - 12/12/09 - : Suite- : Obama ne mérite pas son Prix Nobel.

n° 464  - Les Dossiers d'Irak - 12/12/09 - : Suite- : Obama ne mérite pas son Prix Nobel.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les Dossiers d'Irak

n° 464                                                          12/12/09

C.De Broeder & M.Lemaire



 Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :  

 Suite

2-2 Commission Chilcot. 

1 Commission « apolitique »

2 Quel est l'agenda de cette commission ? Son travail est-il indépendant ?

3 Le rôle de la Grande-Bretagne dans la guerre en Irak.

4 Le rôle de la Grande-Bretagne dans la guerre en Irak.(2)

5 Le rôle de la Grande-Bretagne dans la guerre en Irak.(3)

6 Blair savait qu'il n'y avait pas d'armes de destruction massive.

7 Blair savait que l'Irak n'avait pas d'armes chimiques.  

8 Les accusations s’intensifient de plus en plus contre Blair et son rôle lors de la guerre en Iraq.

2-3 Le rôle de la Grande-Bretagne dans la guerre en Irak.

1 Un haut gradé explique ainsi à son ministère que ses hommes "n'avaient chacun que cinq cartouches".

2 L’armée britannique planifiait la guerre en Irak depuis le début 2002.


2-2 Commission Chilcot. 

Ndlr : la publication des articles et analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les points de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

1 Commission « apolitique »

La commission d'enquête est « apolitique et indépendante », selon son président John Chilcot, même si ses cinq membres ont été nommés par le premier ministre.(…)

Outre son président, haut fonctionnaire à la retraite, elle comprend deux éminents universitaires, un ancien diplomate et une représentante de la chambre des Lords.

Certains en Grande-Bretagne ont déploré le fait que la commission ne comprenne aucun avocat à même d'imposer un véritable contre-interrogatoire aux personnalités appelées à témoigner, notamment l'ancien premier ministre Tony Blair.

John Chilcot a répliqué que cette commission n'avait pas pour objectif de tenir un procès, mais que son but était de déterminer exactement comment a été prise la décision d'entrer en guerre et « les leçons à en tirer » pour l'avenir.

La fin des auditions aura lieu en février 2010, et les conclusions ne seront pas dévoilées avant les prochaines élections générales, attendues au plus tard en juin 2010.

 24 novembre

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2009/11/24/007-GB-enquete-guerre-Irak.shtmlQuels sont les moyens ?


2 Quel est l'agenda de cette commission ? Son travail est-il indépendant ?

John Chilcot a prévenu: «l'enquête n'est pas un tribunal et personne n'est en procès».

Cela signifie que les conséquences de son travail ne seront que politiques, pas judiciaires.

Chilcot a eu beau promettre un rapport «complet et perspicace» et affirmer que la commission «ne renoncera pas à son droit à critiquer», les doutes sur son indépendance ne manquent pas.

Certains représentants de l'opposition se sont ainsi demandés pourquoi les témoins n'étaient pas interrogés par des avocats.

Le rapport ne sera rendu que fin 2010, au plus tôt, afin de ne pas interférer avec les élections législatives de juin prochain. L'impact des auditions pourrait néanmoins causer du tort aux travaillistes.

La commission Chilcot a pu effectuer un important travail préparatoire, en accédant à de nombreux rapports secrets et documents d'archive.

Pour son président, cela devrait dissuader quiconque de mentir lors de sa déposition.

La commission a également auditionné une partie des familles des 179 tués britanniques en Irak. Autre réussite de John Chilcot, le fait que la plupart des audiences seront publiques, hormis celles où des éléments classés secret-Defense seront évoqués.

Ces derniers jours, plusieurs rapports ont fuité dans la presse, témoignant d'une atmosphère de «grand déballage» sur ce qui est de plus en plus considéré comme un fiasco de la politique étrangère britannique. Ainsi, le Sunday Telegraph a dévoilé samedi un rapport du gouvernement sur les «leçons» à tirer de cette guerre, révélant des lacunes «consternantes» dans la préparation militaire du conflit.

Pêle-mêle, des problèmes de matériel et d'équipement sont évoqués.

L'armée n'aurait en outre rien planifié pour l'après-Saddam et les suites de la chute de Bagdad et Bassorah (sud), selon l'hebdomadaire.

D'après le Guardian, les responsables militaires qui s'apprêtent a témoigné vont livrer un constat sévère à l'encontre des responsables politiques, accusés d'avoir «saboté» le dossier présenté à l'opinion publique pour le tromper.

Que risque Tony Blair ?

C'est le temps fort attendu de cette enquête. Tony Blair, qui avait pris la décision en tant que Premier ministre d'engager le Royaume-Uni et 45.000 soldats dans cette guerre, doit témoigner début 2010, probablement en janvier, devant la commission Chilcot. Plusieurs de ses ministres de l'époque sont également concernés.

L'enquête devra notamment déterminer si Blair a été trompé par les rapports erronés de ses services secrets, ou s'il a sciemment menti à l'opinion publique britannique pour engager son pays dans la guerre en Irak. Politiquement, le travailliste a payé cher son soutien aux Américains. Qualifié de «caniche de Bush», il a dû quitter le pouvoir en 2007. Son récent échec au poste de président du conseil européen est également peut-être dû à cette image peu flatteuse.

Désormais, sa réputation et son avenir politique sont en jeu. Il pourrait ressortir fortement affaibli s'il est confirmé que la mauvaise préparation de l'offensive a mis en danger la vie de soldats de la Couronne. Principale cause de cette improvisation, le fait que l'armée cherchait à ne pas alerter le Parlement et les Nations-unies sur la détermination de Blair à lancer l'opération.

Comment cette enquête est-elle perçue outre-Manche ?

D'un côté, le Guardian souligne que ce rapport doit permettre de «soigner les blessures de la guerre» et favoriser la réconciliation entre la classe politique et l'opinion publique. Néanmoins, prévient le quotidien, «si on débouche sur une mise en scène, la profonde désillusion provoquée par la guerre n'en sera que plus grande».

Le Times, lui, est beaucoup plus sceptique sur l'utilité de ce travail. Les conclusions sont attendues et ne reflètent que le «mépris avec lequel l'élite politique traite l'électorat (...): ceux au pouvoir retardent si longtemps les révélations sur ce qui fâche que la plupart des personnes qui étaient impliquées sont soit mortes, soit appartiennent au passé».

http://www.liberation.fr/monde/0101604657-blair-appele-a-s-expliquer-sur-la-guerre-en-irak


3 Le rôle de la Grande-Bretagne dans la guerre en Irak.

La commission d'enquête sur le rôle de la Grande-Bretagne dans la guerre en Irak a commencé ses audiences mardi à Londres. Elle tentera de déterminer s'il y a eu tromperie lorsque le premier ministre Tony Blair a entraîné son pays dans la guerre.

Des familles de militaires britanniques tués en Irak ont accusé Tony Blair d'avoir entraîné la Grande-Bretagne dans une guerre illégale et d'avoir trompé l'opinion publique sur les raisons de cet engagement.

Le gouvernement britannique avait justifié l'entrée en guerre en déclarant que Saddam Hussein était en possession d'un arsenal d'armes de destruction massive, dont aucune trace n'a jamais été retrouvée.

Les parents des militaires tués ont fait savoir qu'ils voulaient que les enquêteurs se concentrent sur trois points: la légalité de la guerre d'Irak, les failles en matière d'équipements et de matériels dont les militaires britanniques étaient dotés, la réalité des informations émanant des services de renseignement britanniques pour justifier la participation de Londres au conflit.

Au total, le conflit a coûté la vie à 179 militaires britanniques.

 24 novembre

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2009/1...


4 Le rôle de la Grande-Bretagne dans la guerre en Irak.(2)
Londres a reçu juste avant l'invasion de l'Irak en 2003 des informations selon lesquelles Saddam Hussein avait démantelé ses armes de destruction massive, a affirmé hier un ancien fonctionnaire du Foreign Office devant la commission Chilcot, chargée d'enquêter sur le conflit irakien. La présence supposée d'armes de destruction massive (ADM) en Irak a servi à justifier l'intervention militaire de la coalition menée par les États-Unis dans ce pays en mars 2003. La présence d'ADM en Irak faisait officiellement l'objet d'un consensus à Washington et Londres. Le 24 septembre 2002, le Premier ministre britannique de l'époque, Tony Blair, avait présenté un dossier affirmant que le régime de Saddam Hussein disposait d'ADM susceptibles d'être déployées en 45 minutes. Il s'est ensuite avéré que ce dossier avait été de plus « gonflé », la mention des 45 minutes ayant été ajoutée pour le rendre plus « sexy ».
Aucune ADM n'a jamais été découverte en Irak.

26/11

http://www.lorientlejour.com/category/International/artic...


5 Le rôle de la Grande-Bretagne dans la guerre en Irak.(3)

Ndlr : la publication des articles et analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les points de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

La commission d’enquête sur la participation du Royaume-Uni à la guerre en Iraq a entamé cette semaine ses premières audiences publiques.

L’ancien premier ministre, Tony Blair, est pointé du doigt.

C’est ce mardi qu’ont commencé en Grande-Bretagne les premières audiences de la commission d’enquête sur la participation britannique à la guerre en Iraq. Chefs militaires, diplomates et hauts fonctionnaires se succéderont devant les cinq membres de la commission présidée par Sir John Chilcot.

Parmi les premiers témoins figurent d’anciens responsables du MI6 (service derenseignements extérieur), dont John Scarlett. C’est lui qui, entre 2001 et 2004, avait présidé le comité ayant supervisé le fameux « dossier » où le gouvernement de Tony Blair, alors Premier ministre, affirmait que l’Iraq deSaddam Hussein disposait d’armes de destruction massive.
Cette menace présumée, mais jamais avérée, avait contribué à justifier la participation de la Grande-Bretagne à l’invasion de l’Iraq en mars 2003. Le temps fort de cette série d’audiences, qui doit s’achever en février, sera la déposition de celui qui a pris la décision ultime de lancer quelque 45 000 soldats britanniques dans la guerre, Tony Blair.
Aucune date n’a été arrêtée, mais M. Blair et plusieurs de ses ministres seront convoqués début 2010. Ses explications sur sa décision d’entrer en guerre, contre l’avis d’une majorité de Britanniques et sans l’aval des Nations-Unies sur la légalité de ce conflit, sur son alignement derrière l’Amérique de son « ami », l’ex-président américain George W. Bush, qui lui vaudra le surnom peu flatteur de « caniche de Bush », sont particulièrement attendues.
Mais M. Chilcot, haut fonctionnaire à la retraite, l’a répété : « L’enquête n’est pas un tribunal et personne n’est en procès. Pour autant, la commission ne renoncera pas à son droit à critiquer ». « Notre objectif est d’établir ce qui s’est passé pendant la participation du Royaume-Uni en Iraq, entre 2001 et le retrait de l’essentiel des troupes britanniques à la mi-2009 », a-t-il précisé. L’enquête tâchera « d’en tirer les leçons pour aider les prochains gouvernements qui pourraient être confrontés à des situations similaires ».
Dans son édition de dimanche dernier, le Sunday Telegraph a publié des documents confidentiels du ministère de la Defense (douze entretiens avec des militaires et deux rapports sur « les leçons » à tirer du conflit). L’hebdomadaire titre sur ces textes « secrets » qui « révèlent des bourdes et des dissimulations » en série. On y apprend que, « dès mars 2002, en mai au plus tard, il y avait une forte possibilité d’une intervention britannique à grande échelle (en Iraq) ». Pourtant, à cette époque, M. Blair affirmait l’inverse, arguant qu’il fallait négocier avec les Nations-Unies et que « personne ne voulait d’intervention militaire ». Ce n’est qu’en décembre 2002 qu’il a rendu publique sa décision.
Entre-temps, afin d’éviter les fuites, peu de gens sont mis dans la confidence.

Conséquence : l’armée ne peut pas se préparer correctement à l’offensive ni le gouvernement réfléchir sérieusement à l’après-guerre.
Les trois mois qui précèdent l’invasion de l’Iraq, le 20 mars 2003, ne suffisent pas.
Selon le journal, l’armée britannique n’avait rien prévu pour le moment qui suivrait une invasion victorieuse de l’Iraq en 2003 et la chute de Saddam Hussein. Les plans de l’armée « ne comprenaient aucun détail sur ce qu’il fallait faire une fois que Bagdad et Bassora (sud) seraient tombés et que le régime aurait été chassé du pouvoir », précise le rapport. Le manque de préparation a provoqué « un ralentissement significatif » des troupes, permettant aux rebelles de se regrouper. «
L’incapacité à rétablir la sécurité au début de l’occupation a été une erreur fatale », souligne le rapport, cité par le Telegraph. « Il y avait une absence de direction de ce que, dans l’ensemble, le Royaume-Uni voulait accomplir », ajoute l’analyse.
On sait aujourd’hui que Bagdad ne possédait pas ces armes de destruction massive que Downing Street avait invoquées pour justifier la participation à la guerre. Mais nombre de questions demeurent toujours et les Britanniques attendent des réponses suite à ces audiences.
Abir Taleb

27/11

http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahram/2009/11/25/marab3.htm


6 Blair savait qu'il n'y avait pas d'armes de destruction massive.

Après trois jours d'audience, la Commission d'enquête sur la participation du Royaume-Uni en Irak a déjà permis d'éclaircir quelques points, notamment celui des armes de destruction massive dont la supposée existence a servi à justifier l'invasion de l'Irak en mars 2003.

Tony Blair savait que l'Irak n'avait plus d'armes de destruction massive (ADM) avant d'envoyer ses troupes dans le pays. C'est ce qu'a indiqué mercredi William Ehrman, haut responsable au ministère britannique des Affaires étrangères entre 2000 et 2002, alors qu'il témoignait devant la commission Chilcot, qui va enquêter durant plusieurs mois sur les relations entre le Royaume-Uni et l'Irak de 2001 à 2009.

William Ehrman a affirmé que Londres avait reçu, dans les jours précédant le début du conflit, des informations selon lesquelles Saddam Hussein avait renoncé à son programme d'ADM. «Nous obtenons dans les derniers jours avant l'engagement militaire quelques renseignements (selon lesquels) les armes chimiques et biologiques avaient été détruites et (l'Irak) pourrait ne pas avoir les munitions pour les lancer». «Il y avait des renseignements contradictoires», a-t-il toutefois tempéré. L'ancien responsable aux Affaires étrangères a finalement reconnu que les connaissances occidentales sur le programme d'ADM irakien étaient extrêmement parcellaires.

L'Irak pas en tête de liste des préoccupations

Un autre témoignage remet sérieusement en cause la raison invoquée par la coalition Bush-Blair pour envahir l'Irak, celui de Tim Dowse, chef du service de contre-prolifération nucléaire au ministère des Affaires étrangères entre 2001 et 2003.

Ce dernier a expliqué que l'Irak n'était pas en 2001 «en tête de liste» des préoccupations britanniques pour le risque de prolifération nucléaire. Des propos corroborés par William Ehrman, qui témoignait en même temps: «Pour ce qui était de mes préoccupations quand je suis entré en fonction en 2001, je dirais que la Libye et l'Iran devançaient l'Irak».

Les deux anciens diplomates ont également nié l'existence de liens approfondis entre le régime de Saddam Hussein et le réseau ‘Al Qaeda’, avancée par l'ex-président américain pour mieux justifier l'intervention. «Nous avons trouvé des preuves de contacts entre des responsables irakiens et des membres d'Al Qaeda à la fin des années 1990», a expliqué Tim Dowse, «mais nous en sommes arrivés à la conclusion qu'il s'agissait de contacts très sporadiques (...), qu'il n'y avait rien qui s'apparente à une relation entre les Irakiens et Al Qaeda».

Influence de Bush sur Blair

Jeudi, la commission Chilcot a évalué comment une rencontre privée entre Bush et Blair dans le ranch de Crawford (Texas) en avril 2002 aurait influencé l'ancien résident de Downing Street.

Christopher Meyer, ex-ambassadeur britannique à Washington a reconnu qu'il ne savait pas précisément «quel degré de convergence a été en quelque sorte signé au ranch de Crawford», mais a évoqué une coïncidence troublante puisque dès le lendemain, Tony Blair prononçait un discours mentionnant un «changement de régime en Irak». «A ma connaissance, je peux me tromper, mais c'était la première fois que Tony Blair parlait de changement de régime en public», a-t-il poursuivi.

S'il est possible d'envisager que les deux hommes se soient mis d'accord un an avant l'intervention militaire pour renverser Saddam Hussein, ce ne sont pour l'heure que des hypothèses.

Et pour cause, la Commission manque de preuves pour mener son enquête. Les médias britanniques ont dénoncé l'existence de «documents diplomatiques cruciaux qui n'ont toujours pas été remis à la commission»: cinq télégrammes diplomatiques auraient été envoyés à Londres entre 2001 et 2003 dont un message destiné à Tony Blair juste avant sa rencontre en tête-à-tête avec le président américain, souligne le Times.

La légitimité même de la commission est toujours controversée. «Sir John Chilcot perpétue le sentiment que le Royaume-Uni ne peut tout simplement pas entendre la vérité quand cela revient à dévoiler la culpabilité du gouvernement britannique dans la fabrication délibérée d'une affaire de guerre contre l'Irak, dont tout le monde savait, ou aurait du savoir, qu'elle était fausse», s'est insurgé dans le Guardian Scott Ritter, ex-inspecteur des Nations-Unies en Irak.

Monde

27/11/

http://www.liberation.fr/monde/0101605464-irak-blair-savait-qu-il-n-y-avait-pas-d-armes-de-destruction-massive?xtor=EPR-450206


7 Blair savait que l'Irak n'avait pas d'armes chimiques.  

Tony Blair a adhéré au plan de guerre de Bush dès avril 2002

En seulement trois journées d'auditions, la commission d'enquête britannique sur la guerre en Irak a déjà permis de lever le voile sur des points cruciaux de l'attitude de Tony Blair en 2002 et 2003 avant le début de l'invasion militaire menée conjointement avec les Américains.

Jeudi, sir Christopher Meyer, ancien ambassadeur britannique à Washington, a ainsi révélé que George W. Bush aurait convaincu Tony Blair de la nécessité de renverser(…) Saddam Hussein lors d'un séjour en avril 2002 dans son ranch de Crawford au Texas.

Personne n'a assisté aux discussions privées qui ont eu lieu entre les deux hommes, mais l'ambassadeur remarque que le lendemain Blair s'est prononcé pour la première fois en faveur d'un «changement de régime à Bagdad» dans un discours.

C'est-à-dire plusieurs mois avant que l'ancien premier ministre ne reconnaisse devant les députés à Westminster qu'une opération militaire en Irak était envisagée avec Washington.

Le point est important car de nombreux Britanniques reprochent à Blair d'avoir décidé d'envahir l'Irak bien avant de chercher à le justifier officiellement par la suite avec des arguments qui se sont révélés fallacieux.

Risque exagéré

En septembre 2002, Tony Blair avait plaidé en faveur de l'intervention en brandissant un rapport des services de renseignements affirmant que Saddam Hussein disposait d'armes de destructions massives capables d'êtres déployées en 45 minutes.

De plus par la suite, il fut reconnu que la mention des «45 minutes» avait été inventée pour rendre le dossier «plus sexy», ce qui porta un rude coup à la réputation du premier ministre. Mercredi, de nouveaux arguments sont venus encore discréditer Tony Blair.

Un haut fonctionnaire interrogé par la commission d'enquête a apporté de nouveaux éléments accablants montrant que le gouvernement savait que le risque représenté par les armes de destruction massives avait été fortement gonflé. William Ehrman, directeur du bureau de la sécurité internationale au Foreign Office, a reconnu que, 10 jours avant le début de l'invasion, Londres avait reçu un rapport «indiquant que les armes chimiques et biologiques avaient été démantelées, que Saddam Hussein n'avait pas encore ordonné qu'elles soient rassemblées» et que, de toute façon, «il ne disposerait peut-être pas des munitions pour les disperser efficacement».

Pour défendre la position officielle du gouvernement britannique, William Ehrman a tout de même précisé que les renseignements sur la question étaient «contradictoires» et que toutes les informations obtenues à l'époque étaient parcellaires et «limitées».

Les premières auditions de hauts fonctionnaires et de responsables militaires menées par la commission d'enquête dirigée par sir John Chilcot, un ancien diplomate, sont consacrées jusqu'à la fin de l'année à l'analyse des décisions du gouvernement jusqu'au début de la guerre en mars 2003. Le point d'orgue médiatique en janvier sera le passage de Tony Blair devant la commission, ainsi que plusieurs de ses anciens ministres. C'est en tant que ministre des Finances de l'époque que Gordon Brown devrait comparaître. Une intervention plus que risquée pour le premier ministre, accusé aujourd'hui par l'opposition ainsi que par de nombreux militaires de ne pas avoir donné assez d'argent au ministère de la Defense pendant des années. En Irak, et maintenant en Afghanistan, les troupes se sont souvent plaintes de ne pas disposer d'équipements assez modernes (véhicules blindés, lunettes de vision nocturne, gilets pare-balles) ou en quantité suffisante pour combattre.

26/11

http://www.lefigaro.fr/international/2009/11/27/01003-200...


8 Les accusations s’intensifient de plus en plus contre Blair et son rôle lors de la guerre en Iraq.

Ndlr : la publication des articles et analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les points de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

2 au 8 décembre 

La commission d’enquête sur l’engagement britannique dans ce pays promet de révéler de nombreux scandales.
Blair dans de mauvais draps

Quelques  jours à  peine après le début des audiences publiques de la commission d’enquête  indépendante  sur le  conflit irakien, l’ancien premier ministre  britannique, Tony Blair, s’est  trouvé en  mauvaise posture. D’ores et déjà, Blair apparaît  comme ayant « commandité », avec son allié  américain, la guerre contre  l’Iraq dont la légitimité est mise en cause.

Dans son édition de  dimanche dernier, le Mail On Sunday a rapporté  que le principal conseiller  juridique  du gouvernement  britannique  avait informé en 2002 Tony Blair que renverser le numéro un  irakien d’alors, Saddam Hussein, serait contraire aux lois  internationales.

Peter Goldsmith, à l’époque procureur  général (Attorney General, chef  du Parquet et principal conseiller du  gouvernement en matière  légale), l’aurait  écrit à Tony Blair huit  mois avant le début de l’invasion de l’Iraq,  mais ce dernier n’en  n’aurait pas tenu  compte. Et,  selon le journal, la commission  d’enquête sur  l’engagement  britannique en Iraq, qui a débuté ses  travaux fin  novembre, est en possession de cette  lettre.
Le Mail On Sunday affirme que M. Goldsmith a été  contraint au silence après avoir tenté de dissuader Tony Blair d’apporter son soutien  à la guerre en Iraq. Peter Goldsmith a écrit cette  lettre après une réunion   du Cabinet, le 23 juillet 2002, au cours de  laquelle les ministres ont été  secrètement  informés que  Londres et Washington étaient déterminés à « un changement de régime » en Iraq, selon le journal.
Présent à la réunion,  il avait  fortement  marqué son désaccord et le 29 avait  écrit à M. Blair, un de ses proches  amis, que la guerre ne pouvait  être justifiée  sur les simples bases d’un changement de régime.

Des accusations niées en bloc par l’ancien premier ministre britannique. Sur la chaîne américaine CNN, interrogé sur le fait de savoir si ces informations étaient exactes, M. Blair a répondu : « Non, cela ne l’est pas ». Et d’ajouter : « La meilleure chose qui soit avec cette enquête est qu’elle donnera l’occasion à chacun d’apporter ses preuves ».
Autre témoignage embarrassant, celui de Christopher Meyer, ex-ambassadeur britannique en poste à Washington jusqu’en 2003.
Interrogé par la commission d’enquête, ce dernier a déclaré que Tony Blair s’est peut-être rallié aux appels des Etats-Unis pour « un changement de régime en Iraq » lors d’une rencontre avec l’ancien président américain, George W. Bush, dans son ranch en 2002. Pour M. Meyer, Tony Blair a musclé son discours contre Saddam Hussein juste après un séjour privé, en tête à tête sans conseillers, dans le ranch de M. Bush à Crawford en avril 2002. L’ancien ambassadeur, qui avait suscité la controverse en critiquant à plusieurs reprises le gouvernement Blair, a reconnu qu’il ne savait pas précisément « quel degré de convergence a été en quelque sorte signé en lettres de sang au ranch de Crawford » entre les deux dirigeants. Mais dès le lendemain, M. Blair prononçait un discours mentionnant un changement de régime à Bagdad. Selon le témoin, ce discours était la preuve d’un « resserrement de l’alliance entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis et d’un nouveau degré de convergence sur le danger représenté par Saddam Hussein ». Pour autant, Londres a continué d’essayer de convaincre Washington d’obtenir le feu vert de l’Onu avant toute intervention en Iraq, a souligné M. Meyer.
Et ce n’est pas tout.

Devant la commission Chilcot, William Ehrman, directeur du bureau de la sécurité internationale au ministère britannique des Affaires étrangères entre 2000 et 2002, a indiqué que Londres savait dans les jours précédant le début du conflit que l’Iraq avait renoncé à son programme d’Armes de Destruction Massive (ADM), alors que la présence d’ADM avait servi à justifier l’intervention militaire de la coalition menée par les Etats-Unis en mars 2003. « Il y avait des renseignements contradictoires », a-t-il toutefois tempéré, expliquant que les doutes sur les armes détenues par Saddam persistaient.
Reste un autre élément important pour les Britanniques : le soutien populaire. Selon Jeremy Greenstock, ancien ambassadeur britannique aux Nations-Unies. L’intervention militaire en Iraq était « légale », mais sa légitimité était « discutable » car elle ne bénéficiait pas d’un soutien populaire suffisant. En 2005, le gouvernement britannique avait bloqué la publication d’un livre de M. Greenstock, dans lequel il décrivait la guerre comme « politiquement illégitime » selon la presse britannique.
Tony Blair doit témoigner en personne devant la commission Chilcot début 2010.

Quant au rapport final de cette enquête, il ne sera pas publié avant fin 2010 au plus tôt. Pour les Irakiens qui subissent toujours les conséquences de cette guerre, il ne changera probablement rien, mais pourra-t-il éviter d’autres conflits de ce genre ?
Abir Taleb

http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahram/2009/12/2/marab4.htm


2-3 Le rôle de la Grande-Bretagne dans la guerre en Irak.

1 Un haut gradé explique ainsi à son ministère que ses hommes "n'avaient chacun que cinq cartouches".

La commission d'enquête sur l'intervention du Royaume-Uni en Irak devait commencer, mardi 24 novembre, ses premières auditions publiques. Jusqu'en février 2010, des hauts gradés de l'armée, d'anciens responsables du MI6 (les services de renseignement extérieur), des diplomates et des hauts fonctionnaires donneront tour à tour leur version des faits à son président, Sir John Chilcot.

Tony Blair, l'ancien premier ministre qui avait envoyé à l'époque 45 000 soldats se battre contre l'armée de Saddam Hussein, comptera parmi les personnes interrogées.

On sait aujourd'hui que Bagdad ne possédait pas ces armes de destruction massive que Downing Street avait invoquées pour justifier la participation à la guerre. Mais nombre de questions demeurent, alors que les derniers soldats britanniques ont quitté l'Irak cet été

Quel processus a amené Londres à suivre Washington dans cette guerre impopulaire en Grande-Bretagne ?

Qu'en pensaient les uns et les autres au sein du gouvernement et de l'armée ?

Cette intervention, qui n'avait pas l'aval des Nations unies, était-elle légale ?

Quel était le degré de préparation des troupes ?

Quatre rapports ont déjà été publiés sur le sujet en 2003 et 2004 – deux sont l'œuvre de parlementaires, deux ont suivi des enquêtes commandées par le gouvernement à des personnalités extérieures –, sans qu'aucun n'ait encore permis de répondre à toutes ces interrogations.

Certains, redoutant sans doute que ce scénario ne se reproduise, ont procuré au Sunday Telegraph du 22 novembre des documents confidentiels du ministère de la Defense (douze entretiens avec des militaires et deux rapports sur "les leçons" à tirer du conflit). Dans son édition de dimanche, l'hebdomadaire titre sur ces textes "secrets" qui "révèlent des bourdes et des dissimulations" en série.

On y apprend que, "dès mars 2002, en mai au plus tard, il y avait une forte possibilité d'une intervention britannique à grande échelle [en Irak]". Pourtant, à cette époque, M. Blair affirmait l'inverse, arguant qu'il fallait négocier avec les Nations unies et que "personne ne voulait d'intervention militaire". Ce n'est qu'en décembre 2002 qu'il a rendu publique sa décision.

Entre-temps, afin d'éviter les fuites, peu de gens sont mis dans la confidence.

Conséquence, l'armée ne peut pas se préparer correctement à l'offensive ni le gouvernement réfléchir sérieusement à l'après-guerre. Les trois mois qui précèdent l'invasion de l'Irak, le 20 mars 2003, ne suffisent pas.

Conséquence, les soldats de la Couronne partent au front mal équipés.

Un haut gradé explique ainsi à son ministère que ses hommes "n'avaient chacun que cinq cartouches". Un de ses collègues raconte comment le système de radio longue fréquence britannique tombait en panne "presque tous les jours à midi, à cause de la chaleur". Il se souvient également de ce container de skis, qui accompagnait des équipements pour le désert...

Les alliés anglo-américains sont parvenus à leurs fins, mais contre "une armée de troisième zone", écrit le ministère de la Defense, "un ennemi plus fort nous aurait fait payer très cher nos travers". La suite des opérations semble avoir souffert du même degré d'impréparation. Il n'y a ni programme, ni finances pour la reconstruction, promise aux Irakiens.

"Ce n'était pas très différent du colonialisme des années 1750, quand il n'y avait pas de véritable administration et que les militaires devaient tout faire tout seuls", juge un officier supérieur. "Nous avons raté une occasion en or" de gagner le soutien des Irakiens, conclut un autre.

Lundi 23 novembre, le par le Daily Telegraph publie un autre rapport secret Defense qui met en lumière une hostilité "profonde" entre les commandements militaires américain et britannique en Irak, soulignée lors d'interviews officielles menées par le ministère de la Defense auprès de commandants britanniques de retour de mission après la première année de pacification en Irak, de mai 2003 à mai 2004

Selon le patron des troupes britanniques en Irak, le général de division Andrew Stewart, qui décrit ses homologues américains comme "un groupe de Martiens", "notre capacité à influencer la politique américaine en Irak est minimale". "Tout dialogue leur est étranger", ajoute-t-il.

Gordon Brown, qui a succédé à M. Blair en juin 2007, a longtemps tenté d'enterrer le dossier. Deux ans après être entré à Downing Street, il a fini par céder à une opinion publique qui souhaitait mieux comprendre les raisons de la mort de 179 soldats britanniques en Irak. Mais la commission Chilcot ne remettra ses conclusions qu'à l'été 2010. Après les élections législatives, pour lesquelles l'ancien ministre des finances de M. Blair est donné perdant.

 23.11.

http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/11/23/les-britanniques-rouvrent-le-dossier-de-l-intervention-en-irak_1270639_3214.html#xtor=AL-32280184


2 L’armée britannique planifiait la guerre en Irak depuis le début 2002.

Des documents du gouvernement britannique suggèrent que, contrairement à ce qu'a déclaré Tony Blair, l'armée planifiait depuis février 2002 l'invasion de l'Irak en mars 2003 avec les Etats-Unis.

Le "Sunday Telegraph" publie ces informations alors que s'ouvre mardi l'enquête publique sur la guerre en Irak, dans laquelle l'ancien Premier ministre devra témoigner.

En juillet 2002, Tony Blair avait affirmé aux députés qu'il n'y avait pas de préparatifs en cours pour envahir l'Irak. Ce n'est pas la version des hauts responsables de l'armée recueillie dans le cadre d'une enquête interne du ministère de la Defense, d'après le "Sunday Telegraph".

Le général Graeme Lamb, qui dirigeait à l'époque les forces spéciales britanniques, y dit qu'il "a travaillé pour préparer la guerre depuis le début 2002", affirme le journal. Selon les commandants, les plans étaient toutefois si mal conçus que les troupes se sont retrouvées mal équipées et mal préparées pour la guerre. Le lieutenant colonel John Power cite notamment l'expédition par erreur d'un conteneur de skis avec le matériel prévu pour le désert.

Les opposants à la guerre en Irak accusent depuis longtemps Tony Blair d'avoir promis au président américain George W. Bush que la Grande-Bretagne participerait à l'invasion, bien avant que les députés donnent leur aval en 2003, peut-être dès la mi-2002.

Les documents du "Sunday Telegraph" seront probablement transmis à la commission mise en place par le Premier ministre britannique actuel, Gordon Brown, pour examiner la façon dont le Royaume-Uni a décidé de participer à la guerre en Irak.

La commission dirigée par John Chilcot entendra plusieurs hauts responsables britanniques, dont Tony Blair et les chefs actuel et passé du MI6, les services secrets, John Sawers et John Scarlett.

Selon le "Sunday Telegraph", l'enquête interne qu'il cite conclut que la victoire militaire en Irak a été acquise grâce à la faiblesse des forces irakiennes. "Un ennemi plus capable aurait probablement sanctionné sévèrement nos manques", serait-il écrit.

Le ministère de la Defense a refusé de commenter les documents internes publiés par le journal mais a déclaré qu'il "reconnaissait l'importance d'identifier et de tirer les leçons des opérations".

Les conclusions de la commission Chilcot ne seront pas connues avant les prochaines élections législatives britanniques, qui doivent avoir lieu d'ici juin 2010

22/11

http://fr.news.yahoo.com/3/20091122/twl-gb-irak-guerre-1def439_2.html


n° 464 - Les Dossiers d'Irak - 12/12/09 - : Fin- : Obama ne mérite pas son Prix Nobel.

n° 464  - Les Dossiers d'Irak - 12/12/09 - : Fin- : Obama ne mérite pas son Prix Nobel.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les Dossiers d'Irak

n° 464                                                          12/12/09

C.De Broeder & M.Lemaire



 Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :  

1 Les brèves

1-1 Blackwater impliqué dans les opérations clandestines de la CIA en Irak

1-2 Gilles Munier : Guerre des services secrets.

1-3 Visite impromptue du chef du Pentagone.

1-4 Gilles Munier : L’Irak en voie de désertification ?

1-5 Les députés irakiens s’empiffrent !

1-6 Mossoul, ville de tous les dangers pour les juges irakiens.

2 Dossier & Point de vue

Fin

2-3 Hans Blix, ex-inspecteur en chef de l'ONU en Irak,

1 Blix donne sa version du déclenchement du conflit.

2 "Bush et Blair aveuglés par la ‘prétendue’ menace Saddam Hussein".

2-4 Shad Saleem Faruqi  : Tribunal de Kuala Lumpur : Bush et Blair sont bien coupables de crimes de guerre.

2-5 James Cogan : La réalité derrière le « succès » américain en Irak.

2-7 Nicolas Bérubé : Blackwater toujours actif.

2-8 Blackwater a participé à des opérations de la CIA.

2-9 Gilles Munier : Affaire Galbraith : Les pétrodollars du lobby kurde.

2-10 Gilles Munier : Galbraith et les pétrodollars du lobby kurde.

2-11 Irak: l'Irak attribue deux grands champs pétroliers à Shell et CNPC.


2-3 Hans Blix, ex-inspecteur en chef de l'ONU en Irak,

1 Blix donne sa version du déclenchement du conflit.

Ndlr : la publication des articles et analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les points de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

 05 décembre

Alors que la commission d'enquête sur la participation du Royaume-Uni à la guerre en Irak poursuit ses auditions, Hans Blix, ex-inspecteur en chef de l'ONU en Irak, donne sa version du déclenchement du conflit.

Depuis sa première audience le 24 novembre dernier, elle a entendu conseillers, membres des services de renseignement... le "clou" de ces auditions étant le passage attendu de Tony Blair lui-même, accusé d'avoir déclenché une guerre dont il connaissait à la fois l'illégalité et les faux objectifs.

Mais il est un personnage clé de cette période cruciale de 2003, juste avant l'engagement du Royaume-Uni dans le conflit aux côtés de l'allié américain, qui n'a pas été convoqué pour s'expliquer. Et pour cause : il n'est pas citoyen britannique. Il a pourtant beaucoup de choses à dire, et s'il ne peut le faire dans cette tribune qu'est la commission d'enquête, il le fait par médias interposés. Il s'agit de l'ancien inspecteur en chef de l'ONU en Irak, le Suédois Hans Blix. Il dirigeait, peu avant l'invasion, l'équipe d'enquêteurs recherchant des traces d'armes de destruction massive en Irak.

Hans Blix avait mis en garde Tony Blair

Aujourd'hui âgé de 81 ans, cet homme dont on avait à l'époque vanté la loyauté, avant qu'il ne soit écarté pour son opposition à la guerre en Irak, s'explique dans le quotidien Daily Mail. Il affirme que la conviction(…)  ancrée chez George W. Bush et Tony Blair que Saddam Hussein représentait une menace les a empêchés de voir qu'aucune preuve ne justifiait une guerre pour le renverser. Le président américain et le Premier ministre britannique de l'époque "se sont fourvoyés et ont ensuite fourvoyé le public", assure-t-il.

"Ils étaient convaincus d'avoir en face d'eux un personnage maléfique, ils ont cherché des preuves et ils y ont cru, sans examen critique. Je ne dis pas qu'ils ont agi de mauvaise foi, ils ont eu une très mauvaise appréciation. Un minimum de réflexion critique aurait pu les faire douter". Et de commenter :  "Quand vous commencez une guerre qui coûte des milliers de vies, vous devriez être plus sûrs de vous qu'ils ne l'étaient".

En l'absence d'autorisation de l'ONU, Washington et Londres avaient justifié l'invasion de l'Irak par la prétendue présence d'armes de destruction massive, mais aucun matériel de ce type n'avait été découvert, ni avant la guerre par l'équipe d'Hans Blix, ni après le renversement de Saddam Hussein. Aujourd'hui, Hans Blix assure avoir averti Tony Blair en ces termes : "Il pourrait s'avérer paradoxal et absurde que 250.000 hommes envahissent l'Irak et ne trouvent presque rien".

http://lci.tf1.fr/monde/moyen-orient/2009-12/comment-sadd...


2 "Bush et Blair aveuglés par la ‘prétendue’ menace Saddam Hussein".

Ndlr : la publication des articles et analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les points de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

La conviction ancrée chez George Bush et Tony Blair que Saddam Hussein représentait une menace les a empêchés de voir qu'aucune preuve ne justifiait une guerre pour renverser Saddam Hussein, a estimé ce samedi l'ancien inspecteur en chef de l'ONU en Irak, Hans Blix.
Le président américain et le Premier ministre britannique de l'époque "se sont fourvoyés et ont ensuite fourvoyé le public", sur les raisons du conflit, a expliqué, au quotidien Daily Mail, Hans Blix, qui dirigeait, peu avant l'invasion de 2003, l'équipe d'enquêteurs recherchant des traces d'armes de destruction massive en Irak.
"Ils étaient convaincus d'avoir en face d'eux un personnage maléfique, ils ont cherché des preuves et ils y ont cru, sans examen critique", a expliqué Blix, 81 ans. "Ils ont eu une très mauvaise appréciation. Un minimum de réflexion critique aurait pu les faire douter", a-t-il ajouté.
 "Quand vous commencez une guerre qui coûte des milliers de vies, vous devriez être plus sûrs de vous qu'ils ne l'étaient", a-t-il souligné.   
En l'absence d'autorisation de l'ONU, Washington et Londres avaient justifié l'invasion de l'Irak en 2003 par la prétendue présence dans ce pays d'armes de destruction massive, mais aucun matériel de ce type n'avait été découvert, ni par l'équipe d'Hans Blix, ni après le renversement de Saddam Hussein.
Hans Blix a assuré avoir averti Tony Blair de ne pas envahir l'Irak en ces termes: "Il pourrait s'avérer paradoxal et absurde que 250.000 hommes envahissent l'Irak et ne trouvent presque rien".  
Une enquête officielle a démarré en novembre en Grande-Bretagne sur l'engagement en Irak de l'armée britannique, dont les dernières troupes de combat ont quitté le pays en début d'année.
Le Daily Mail note que Blix n'a pas été appelé à témoigner devant la commission d'enquête britannique, qui devrait entendre Blair début 2010.
5 Décembre 2009

http://www.almanar.com.lb


2-4 Shad Saleem Faruqi  : Tribunal de Kuala Lumpur : Bush et Blair sont bien coupables de crimes de guerre.

Le tribunal de Kuala Lumpur criminalise la guerre.

Quand bien même sa taille ou sa puissance, aucun pays ou dirigeant de nation n’est affranchi du droit humanitaire international.

Le samedi 31 octobre, le Tribunal des Crimes de guerre de Kuala Lumpur a entendu l’exposé des faits de la Commission de Kuala Lumpur sur les crimes de guerre en Irak et en Afghanistan.

La Commission a présenté de nombreuses questions graves du droit international de la guerre et du droit humanitaire, découlant de l'invasion de l'Afghanistan en 2001 et de la conquête de l'Irak en 2003 par les États-Unis et leurs alliés.

Des déclarations bien documentées montrent que les armées d’invasion ont utilisé des armes interdites de destruction de masse, ont bombardé des quartiers civils et commis des massacres. Il y a eu des enlèvements, des tortures, du profilage racial et religieux, et de nombreux autres actes de sauvagerie et d'anarchie qui répondent à la définition juridique de crime de guerre, de génocide et de crimes contre l'humanité.

En outre, dans un simulacre d'invincibilité et d'impunité, le Président George W. Bush, par un mémorandum de la Maison Blanche du 7 février 2002, a exempté sa nation des dispositions contraignantes des très respectées Conventions de Genève, en privant les détenus (suspects) d’Al-Qaïda et Talibans de la protection des Conventions.

Le carnage se poursuit en Afghanistan et en Irak, mais le monde occidental reste largement silencieux. Les institutions internationales, comme le Conseil de sécurité des Nations unies, la Cour mondiale et la Cour pénale internationale (CPI), regardent de l'autre côté.

C'est dans ce contexte qu'en 2005, à Kuala Lumpur, le Forum Mondial de la Paix de l’organisation Perdana a accueilli un certain nombre de consultations internationales réunissant des sommités juridiques du monde entier. Cela a abouti au lancement de la Déclaration de Kuala Lumpur criminalisant la guerre.

Une Commission sur les crimes de guerre a été constituée pour enquêter sur les allégations de sévices et recueillir des preuves. Un Tribunal des crimes de guerre a été créé.

Il a fallu deux ans et demi à la Commission pour retrouver et interroger les victimes, recueillir des preuves et faire des recherches sur la législation. Samedi dernier, quand la Commission a soumis son affaire aux sept juges du Tribunal, deux questions préliminaires sont apparues au sujet de la décision judiciaire.

Premièrement, le Tribunal a-t-il compétence pour entendre l’affaire ?

Deuxièmement, un chef d'État ou un gouvernement peut-il lui-même unilatéralement s’affranchir d’un traité ou d’une convention internationale (comme les Conventions de Genève), dûment ratifié par l'État, sans abrogation préalable du traité ou de la convention concernée ?

Sur ces deux questions, le Tribunal a rendu un verdict unanime.

Le Tribunal a soutenu qu'il est compétent pour statuer sur les crimes de guerre en Irak à cause de la Charte du Tribunal des crimes de guerre de Kuala Lumpur. Ses débats ont aussi été inspirés par des décisions judiciaires antérieures faisant jurisprudence de tribunaux populaires, par exemple, du Tribunal Sartre-Russell sur les crimes de guerre des Etats-Unis au Viêt-nam, du Tribunal de Tokyo sur l'Afghanistan et du Tribunal pénal turc en ce qui concerne l'Irak.

Les débats de Kuala Lumpur sont inspirés par le principe noble selon lequel partout où il le faut, il doit y avoir un recours. Les familles des 650.000 [*] innocents massacrés en Irak au cours des cinq dernières années, les milliers d'autres qui ont été torturés et les millions qui ont été déplacés n'ont aucun recours devant les tribunaux nationaux ou internationaux.

Leur pays est encore sous une occupation féroce et il est inconcevable qu’un tribunal irakien poursuive des membres des forces d'occupation pour crime de guerre. Les tribunaux des États-Unis n'ont aucune compétence en Irak et certains juges ont même feint l'impuissance devant la torture et des détentions illégales sous contrôle étasunien dans les camps de concentration à Guantanamo Bay.

Le CPI a été sollicité par 240 plaintes. Le plus extraordinaire, c’est que son procureur en chef a décrété que les plaintes ne sont pas « assez graves » pour mériter des poursuites!

Le Statut de Rome qui a créé la CPI a un certain nombre de défauts qui empêchent les horribles crimes de guerre, le génocide, les crimes contre l'humanité et les crimes d'agression d'être poursuivis en justice.

Premièrement, les États-Unis n'ont pas ratifié le Statut de Rome. De ce fait, les politiciens et les généraux étasuniens échappent en grande partie à la juridiction du CPI.

Les citoyens britanniques et australiens appartiennent à un État qui l’a ratifié, et sont donc sous la juridiction du CPI, mais ils sont protégés par le procureur du CPI, car, à son avis, leur complicité dans les crimes n’est pas assez grave !

Deuxièmement, pour qu'un crime puisse être poursuivi devant le CPI, il doit être commis sur le territoire de l’un de ses États membres. L’Irak et l’Afghanistan ne faisant pas partie du Traité du CPI, les bestialités commises là-bas sont donc en-dehors de sa juridiction.

Troisièmement, le Conseil de sécurité a le pouvoir de soumettre un non-signataire du CPI (comme il l'a fait pour le Darfour). Mais, à cause de son parti pris géopolitique, racial et religieux, il ne présentera pas les citoyens étasuniens, britanniques, polonais, italien ou australiens devant le CPI.

Quatrièmement, la CPI ne peut enquêter sur une affaire que si les tribunaux nationaux ne le font pas ou en sont incapables. Aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, seuls des soldats de bas niveau ont été poursuivis. Le fait que les ordres vinssent directement du sommet de la hiérarchie est ignoré par le système juridique international.

Le Tribunal a aussi été unanime à considérer qu'au cours des 50 dernières années, le droit humanitaire international a évolué au point qu'aucun chef d'État ou nation ne peut s’en désolidariser unilatéralement.

S'il existe un traité, il est de rigueur. Même si une nation n'est pas signataire d'un traité ou prétend l’abroger, elle est toujours liée à un droit coutumier international plus élevé qui est universel et qui ne peut être désavoué.

La souveraineté nationale n'est plus le concept absolutiste du Moyen Age. Aujourd'hui, la souveraineté est un bouclier contre l'agression étrangère.

Elle ne peut pas servir d’épée contre son propre peuple ou contre le peuple d’une autre nation. Aucune nation ne peut légiférer pour légaliser la guerre, la conquête territoriale, l’asservissement des populations ou la pratique des génocides, tortures ou crimes contre l'humanité.

Dans l’affaire de l'ancien Président Bush, il y a un facteur supplémentaire : aux Etats-Unis, les traités font partie de la constitution.

Le Président étasunien n'a pas le pouvoir d'abroger la loi de son pays. Par conséquent, la note de service de Bush, exemptant les Etats-Unis des règles contraignantes de la Convention de Genève, n'avait pas force de loi.

Le Tribunal a jugé que, s'agissant de crimes contre le droit humanitaire, le statut de chef d'État ne constitue pas une Defense. Ce n'est pas non plus une excuse que d’alléguer avoir agi sous les ordres d'un supérieur hiérarchique ; c’est la loi depuis le procès de Nuremberg.

La levée de l'immunité et le principe de la responsabilité pénale individuelle sont désormais incorporés dans une pléthore de lois et décisions internationales. Il s'agit notamment de la Résolution 95(1) de l'Assemblée générale des Nations unies du 11 décembre 1946 ; de l'article 13 du projet de code sur les crimes contre la paix et la sécurité de l'humanité (1991) ; du document n° S/25704 de l'ONU (1993) ; et de l'article 27 du Statut de Rome. Le Tribunal vient d’entamer ses travaux. Le chemin est encore long et douloureux.

Ce qui est important, c'est qu'une initiative de la Malaisie rappelle au monde que certaines règles de comportement civilisé lient chaque nation de la Terre, grande et petite. Aucune nation du monde, quelle que soit sa puissance, ne peut affranchir ses fonctionnaires du long bras du droit humanitaire international.

Ndt : 650.000 est une vieille estimation du Lancet, établie grâce une enquête sur le terrain. 1.339.771 serait aujourd’hui le nombre de gens massacrés en Iraq depuis l’invasion US en 2003.

Shad Saleem Faruqi

 7 novembre 2009

Article original en anglais : www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=15950,

Traduction : Pétrus Lombard

publié le 6 Mondialisation.ca

novembre 2009
Traduction : Pétrus Lombard


2-5 James Cogan : La réalité derrière le « succès » américain en Irak.

Les explosions massives qui ont dévasté le ministère de la Justice et le siège du gouvernement provincial dans le centre-ville de Bagdad dimanche, tuant plus de 140 personnes et en blessant au moins 520, sont un rappel particulièrement sanglant des conflits politiques, ethniques et sectaires générés en Irak par l'occupation américaine qui dure depuis six ans et demi.

Les attentats à la bombe du week-end représentent la seconde attaque majeure sur des bâtiments gouvernementaux en l'espace de deux mois.

Le 19 août, des voitures piégées avaient explosé devant les ministères des Finances et des Affaires étrangères, tuant 102 personnes et en blessant 600. Dans les deux cas, ceux qui ont perpétré ces attentats ont réussi à franchir avec des véhicules bourrés d'explosifs toute une série de postes de contrôle de sécurité.

En moyenne, entre 10 à 15 attentats à la bombe, attentats kamikazes ou attaques d'résistants se produisent chaque jour en Irak contre des représentants du gouvernement ou des forces de sécurité. Dans certains cas, les explosions ciblent aveuglément des civils d'un milieu ethnique ou religieux. Moins spectaculaires que l'attentat de dimanche, c'est à peine si les médias en parlent.

A chaque fois qu'une occasion se présente, les résistants s'attaquent aux 120.000 soldats américains encore en Irak. Les forces américaines occupent à présent le pays à partir de bases massivement gardées, en dehors des centres urbains. Le gouvernement fantoche du Premier ministre Nouri al-Maliki a accusé les fidèles de l'ancien régime de Saddam Hussein d'être responsables de ces attentats. On ne peut écarter cette éventualité. Des sections importantes de l'establishment principalement d'origine arabe sunnite et baasiste ont quasiment perdu tous les avantages dont ils jouissaient à une époque, en terme de propriété, de poste et de privilèges, à la faveur des factions chiites et kurdes qui ont collaboré à l'invasion américaine.

De nombreux Irakiens, de diverses obédiences religieuses et politiques, ont suffisamment de griefs pour se porter volontaires pour perpétrer ces attentats contre le régime crée par l'occupation américaine.

Plus d'un million de personnes ont perdu la vie depuis 2003, dont des centaines de milliers tuées directement par les forces américaines. Des dizaines de milliers d'autres ont subi des détentions arbitraires et des sévices terribles dans les camps de détention du gouvernement irakien et américain. Plus de quatre millions de personnes ont été contraintes de quitter leur foyer ou carrément forcées de fuir le pays. La haine des Irakiens devant l'occupation ne mollit pas.

Ces attentats contre les ministères du gouvernement coïncident avec les querelles acerbes qui vont croissant entre les factions irakiennes soutenant l'occupation, à quelques mois des élections qui doivent, selon la Constitution, se tenir le 31 janvier 2010. Washington exerce une pression énorme sur Maliki pour qu'il revienne sur sa promesse d'organiser un référendum populaire en même temps que les élections sur l'accord de statut des forces (dit SOFA) conclu entre le gouvernement et les Etats-Unis. Les analystes américains reconnaissent ouvertement qu'il est très probable qu'un tel référendum produise un vote majoritaire contre cet accord, conduit par des Irakiens qui veulent le retrait immédiat des forces militaires américaines.

Le Parti Da'wa de Maliki, très certainement avec des encouragements en coulisse de la part du gouvernement Obama, a quitté l'alliance chiite intégriste dominée par le pro-iranien Conseil supérieur islamique d'Irak (CSII), et va se présenter à l'élection contre lui. La hiérarchie du CSII que Maliki, qui n'est pas moins intégriste, qualifie cyniquement de « sectaire » et « d'antidémocratique » risque de perdre bon nombre des postes lucratifs qu'il occupe actuellement dans l'Etat irakien si la nouvelle alliance « nationaliste » de Da'wa obtient une majorité nette. D'un autre côté, il se peut que Maliki perde son poste si sa perspective de mettre sur la touche le CSII ne réussit pas.

Le gouvernement de Maliki a aussi crée un face à face tendu avec les forces nationalistes kurdes en refusant d'honorer la promesse qu'il leur avait faite en 2003 qu'elles gagneraient le contrôle de la ville de Kirkouk et d'autres régions du nord de l'Irak, riches en pétrole, en échange d'un soutien actif à l'invasion américaine. Les Kurdes exigent que toute élection comprenne un vote à Kirkouk, en dépit d'une opposition furieuse de la part de factions d'ethnie arabe et turkmène dans les régions du nord réclamées par la région autonome kurde. Il y a eu cette année plusieurs occasions où des troupes du gouvernement et des unités militaires kurdes en sont presque venues à se tirer dessus.

L'étendue de ces tensions concernant la manière dont seront partagés les postes de pouvoir et les privilèges entre élites sunnite et chiite, entre groupes chiites rivaux et entre la région kurde et le gouvernement de Bagdad, est telle qu'aucun accord n'a été conclu au parlement irakien sur la façon même dont les élections seront organisées. Il est quasiment certain que toute campagne électorale quelle qu'elle soit engendrera des violences et des fraudes significatives et pourrait déclencher une guerre civile ouverte.

Cette situation est en contraste criant avec les déclarations répétées de l'establishment américain selon lesquelles la forte augmentation des troupes (« surge ») opérée par le gouvernement Bush a été une réussite et que l'Irak est à présent sur la voie de la stabilité. Un exemple clair de cet aveuglement et de cette tromperie délibérée qui dominent a été publié dimanche par Thomas Friedman, chroniqueur au New York Times et partisan de l'invasion de l'Irak.

Dans sa chronique Friedman rêve d'un Barack Obama s'envolant pour Bagdad en 2012 pour « s'attribuer le mérite d'aider l'Irak à réussir à mettre un terme décent, bien que fort onéreux, à la guerre », si seulement les élections de janvier se passent sans heurt et mettent en place un gouvernement engagé dans « une réelle démocratie multi-confessionnelle ». Mais quelle est la réalité ? Pendant toute l'occupation, la tactique du diviser pour mieux régner, y compris le recours à la corruption des forces ethno-religieuses les plus vénales et corrompues ont été le moyen par lequel la résistance irakienne a été brisée et noyée dans le sang.

En 2003, le gouvernement Bush a consolidé le petit Etat kurde autonome du nord et a élevé les intégristes chiites à des postes de contrôle dans le gouvernement de Bagdad afin de gagner des collaborateurs locaux. Durant le « surge », des commandants de l'insurrection sunnite ont obtenu le contrôle de divers districts du pays ainsi que des dizaines de millions de dollars afin de faire cesser les attaques contre les soldats américains et de dénoncer ceux qui continuaient à résister. Dans les régions chiites, les dirigeants de l'Armée du Mahdi du religieux Moqtada al-Sadr ont aussi accepté de se laisser acheter et ont contribué à la destruction d'résistants.

Le Wall Street Journal a ainsi carrément décrit la caractéristique du « surge » le 26 octobre: « Des forces conventionnelles américaines assignées à des quartiers et villages irakiens précis ont finalement réussi à développer des informations détaillées sur des leaders d'résistants, de financiers et de combattants locaux. Ces informations ont ensuite été transmises aux unités de commando, tels les Navy Seals et la Force Delta de l'armée, qui ont éliminé des centaines de militants chiites et sunnites. »

Les opérations en Irak des escadrons américains de la mort ont été dirigées par le général Stanley McChrystal qu'Obama a nommé pour superviser le « surge » et d'autres programmes similaires de massacre de masse en Afghanistan. Il n'émergera aucune « démocratie multi-confessionnelle » de ces individus bourgeois qui ont contribué, pour leur propre avantage et intérêt matériels, à un bain de sang contre le peuple irakien. Au contraire, leur mise en avant de divisions ethno-religieuses seront exacerbées par le cauchemar social confrontant la population.

L'Irak, qui était jadis une société relativement développée, a été détruit et appauvri. 50 pour cent au moins de la population active n'a pas d'emploi régulier. La moitié seulement de la population a accès à de l'eau potable. Dans les quartiers pauvres de Bagdad et d'autres villes, les gens vivent au milieu des eaux d'égouts non traitées dans la rue avec accès à  peine à 10 heures d'électricité par jour. Selon les Nations unies, 60 pour cent des Irakiens vivent dans des habitations qui nécessitent « des restaurations majeures » du fait d'années de guerre.

La révolte politique contre cette situation couve, comme l'impérialisme américain ni aucun de ses collaborateurs locaux n'ont les moyens ni la moindre intention de les améliorer. Ces faits seront soulignés lors d'une élection au cours de laquelle on entendra des promesses démagogiques et fausses et rien de plus. Pendant ce temps, Maliki s'est rendu à Washington la semaine dernière pour participer à une « conférence d'investisseurs » où le principal ordre du jour était de proposer à la vente les vastes réserves de pétrole du pays à des entreprises étrangères pour qu'elles les exploitent et en tirent des profits.

Etant donné les tensions sous-jacentes et la volatilité de l'Irak, et la catastrophe en train de se dérouler en Afghanistan, aucun observateur sérieux ne peut exclure la possibilité que les attentats du week-end ne participent d'un effort, de la part des éléments les plus en faveur des Etats-Unis, de créer une « crise sécuritaire » qui pourrait servir à justifier le report, voire même l'annulation des élections.

James Cogan

http://www.wsws.org/francais/News/2009/oct2009/succ-o28.s...


2-7 Nicolas Bérubé : Blackwater toujours actif.

S'il fallait faire la liste des entreprises symbolisant le moins le vent de changement promis par Barack Obama, Blackwater arriverait en tête.

La société de mercenaires embauchée par Washington est accusée d'avoir tué, menti, détruit des preuves.

Le patron de Blackwater, Erik Prince, un proche de l'administration Bush, est poursuivi devant les tribunaux américains par des dizaines d'Irakiens, dont certains accusent ses employés de crimes de guerre.

En campagne électorale en 2007, Barack Obama avait critiqué Blackwater, dont les employés «manquent cruellement de respect pour la vie des Irakiens», et «agissent comme si la loi ne s'appliquait pas à eux».

Pourtant, un an après l'élection historique d'Obama, Blackwater occupe toujours un rôle de premier plan dans la stratégie américaine en Irak et en Afghanistan.

Les frappes de missiles lancés à partir d'avions téléguidés (drones) contre les résistants talibans et autres - en hausse depuis l'arrivée au pouvoir d'Obama - sont organisées par Blackwater.

Et la société controversée touche toujours des millions de dollars en contrats pour des missions de sécurité en Irak.

«Qui protège Hillary Clinton quand elle voyage en Afghanistan? Blackwater.

Qui protège les membres du Congrès? Blackwater. Ils ont un demi-milliard de dollars en contrats en Afghanistan au moment où on se parle», a récemment noté Jeremy Scahill, journaliste au magazine The Nation et auteur d'un livre sur les agissements de l'entreprise.

Versements secrets

Actuellement, 64 Irakiens poursuivent Blackwater devant la justice américaine, principalement pour des attaques non provoquées et des meurtres, mais aussi pour des affaires de prostitution forcée de mineures et de corruption.

Les liens entre Blackwater et le pouvoir à Washington et à Bagdad commencent à peine à faire surface. L'été dernier, on a appris que des employés de Blackwater faisaient partie d'une cellule d'assassinat des membres d'Al-Qaeda montée par la CIA et approuvée par l'administration Bush, à l'insu du directeur de la CIA, Leon Panetta.

Ce dernier y a mis fin depuis.

Et, cette semaine, le New York Times a révélé que Blackwater aurait autorisé le versement secret de 1 million de dollars en pots-de-vin aux officiels irakiens au lendemain de la tuerie de Nissour Square, en 2007.

Dans ce carnage, des employés de Blackwater avaient tué 17 civils irakiens non armés. Cinq mercenaires impliqués sont accusés de meurtre et doivent subir leur procès à Washington en février prochain. Un sixième a plaidé coupable.

Durant son enquête, le Times a parlé à quatre ex-dirigeants de Blackwater et a retracé l'argent, qui a été remis à l'homme fort de la société à Bagdad.

Blackwater, qui a changé son nom pour Xe après le scandale, soutient que l'argent n'a jamais été remis aux politiciens irakiens. Payés ou pas, ceux-ci ont changé de ton à l'égard de l'entreprise, dont la licence avait été révoquée au lendemain du massacre. La société est aujourd'hui toujours présente et active en sol irakien.

Les scandales impliquant Blackwater font périodiquement surface dans l'actualité.

Jusqu'ici, les agissements de l'entreprise n'ont pas provoqué de débat public sur l'utilisation des mercenaires par le gouvernement américain, déplore Simon Chesterman, directeur à l'École de droit de l'Université de New York.

«Même les programmes d'assassinats ciblés menés par la CIA n'ont pas provoqué de débat de fond», écrit-il. Selon lui, c'est le gouvernement qui devrait être attaqué en cour, «de manière à ce que certaines fonctions menées par l'État ne soient plus confiées à des sous-traitants».

 Nicolas Bérubé

14 novembre 2009

La Presse

http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/200911/14/01-921692-blackwater-toujours-actif.php 


2-8 Blackwater a participé à des opérations de la CIA.

Des gardes de la société privée Blackwater ont participé à des opérations secrètes en Irak et en Afghanistan, a rapporté vendredi le New York Times, citant d'anciens employés et des responsables du renseignement.

Les hommes de Blackwater - connue pour certains scandales en Irak, en particulier le meurtre de 17 civils à Bagdad en septembre 2007 - ont participé à des missions de la CIA visant à arrêter ou à tuer des résistants en Irak et Afghanistan, selon le quotidien. «C'était devenu une relation très fraternelle», a expliqué un ancien responsable de la CIA sous le couvert de l'anonymat. «On avait le sentiment que Blackwater était devenu une sorte d'extension de l'agence» centrale de renseignement.

Un porte-parole de Blackwater, société dont le siège est en Caroline du Nord et a été rebaptisée «Xe Services», a déclaré au quotidien qu'elle n'avait jamais prévu dans ses contrats de participer à des opérations clandestines.

Blackwater, qui avait été vivement critiquée à propos de plusieurs incidents en Irak, avait perdu son contrat de protection des diplomates américains à Bagdad en mai dernier.

En août, le New York Times avait rapporté que la CIA avait utilisé Blackwater en 2004 dans le cadre d'un programme pour traquer et tuer des terroristes d'Al-Qaeda qui avait échoué.

Le directeur de la CIA, Leon Panetta, avait annulé ce programme en juin. Selon des reponsables américains, aucune de ces missions n'avait été lancée.

La plus grande entreprise privée de sécurité utilisée par les États-Unis en Irak était devenue le symbole de l'entrée des sociétés privées dans les guerres au XXIe siècle. Ces agents étaient honnis des Irakiens qui leur reprochaient d'agir en toute impunité.

Agence France-Presse
http://www.cyberpresse.ca/international/etats-unis/200912/11/01-930047-blackwater-a-participe-a-des-operations-de-la-cia.php?utm_source=bulletinCBP&utm_medium=email&utm_campaign=retention


2-9 Gilles Munier : Affaire Galbraith : Les pétrodollars du lobby kurde.

Rien ne va plus pour Peter Galbraith, ancien ambassadeur américain en Croatie et spécialiste du Kurdistan, qui espérait devenir gouverneur (démocrate) de l’Etat du Vermont. Son implication dans le scandale pétrolier DNO, en Norvège, met en doute son intégrité et laisse penser que sa campagne est financée par les pétrodollars de Massoud Barzani, président du Kurdistan irakien, dont il a été le conseiller spécial. De plus, on lui reproche de ne pas être enregistré comme lobbyiste, formalité obligatoire aux Etats-Unis quand on sert des intérêts étrangers.

Peter Galbraith, connu pour ses relations avec la CIA, est le fils de l’économiste John Kenneth Galbraith, conseiller du président Kennedy. En 1988, membre du Comité aux relations extérieures du Sénat et proche du secrétaire d’Etat George Schultz, il rédigea les rapports à l’origine des campagnes de diabolisation du président Saddam Hussein, notamment celui l’accusant d’avoir utilisé des gaz de combat lors de la bataille de Halabja. Nommé en 1993 ambassadeur en Croatie, il fut un des protagonistes du dépeçage de la Yougoslavie. En 2000-2001, Galbraith est intervenu au Timor oriental en négociant, au nom de l’ONU, le partage des revenus pétroliers et gaziers de la Mer de Timor avec l’Australie.

Fin 2002, professeur au Naval War College, Galbraith a préparé l’agression de l’Irak comme conseiller de Paul Wolfowitz, sous-secrétaire à la Defense. Après l’invasion, en désaccord avec l’administration néo-conservatrice sur la marche à suivre, il a mis fin à sa carrière de diplomate. Il reprochait à George Bush de ne pas accorder suffisamment d’autonomie aux Kurdes, notamment le droit d’exploiter les ressources pétrolières du Kurdistan sans en référer à Bagdad. Dans l’ombre, Galbraith participa ensuite, secrètement - comme consultant du Gouvernent régional kurde - à la rédaction de la nouvelle constitution irakienne. Il expliqua aux deux représentants kurdes, Barham Saleh et Nechirvan Barzani, tout l’intérêt qu’il y aurait à instaurer un Etat irakien fédéral. Le Kurdistan irakien, leur dit-il, serait seul maître de son pétrole. Parallèlement, il créa avec son fils, en 2004, la société pétrolière Porcupine (Porc-épic). Son premier client fut le groupe pétrolier norvégien DNO. Dès l’installation de Porcupine à Erbil, Massoud Barzani lui renvoya l’ascenseur en autorisant DNO à prospecter le champ de Tawke, près de Dohouk. Dans son livre « La fin de l’Irak », paru en 2007, Galbraith expliquait – contre toute évidence - que ce n’était pas la balkanisation du pays qui était déstabilisatrice… mais le maintien de son unité ! En novembre 2008, tous les espoirs lui semblaient permis : son vieux complice Joe Biden, partisan de la désintégration de l’Irak, était élu à la vice-présidence des Etats-Unis. Oui, mais…

Attention : chien méchant !

Les activités commerciales de Peter Galbraith - devenu provisoirement un nouveau Gulbenkian, Monsieur 5% des années 20 - seraient passées inaperçues sans le scandale provoqué par l’Oslo Stock Exchange (OSE), le 18 septembre, révélant que DNO avait versé 30,04 millions de $ sur le compte bancaire personnel de Ashti Hawrati, ministre des Ressources naturelles du Kurdistan irakien. L’enquête de l’Okokrim, police économique norvégienne, allait remonter inévitablement à Porcupine.

Un malheur n’arrivant, dit-on, jamais seul, le 29 septembre, Ban Ki-moon licencia Galbraith qui co-dirigeait l’équipe de l’ONU surveillant le processus électoral en Afghanistan. Il lui reprochait d’accuser le Norvégien Kai Eide, chef de la mission, de couvrir les fraudes constatées au profit du président Hamid Karzaï. Depuis, Galbraith est soupçonné, en relation avec Richard Holbrooke, représentant d’Obama dans la région, de chercher à remplacer Karzaï - ancien consultant du pétrolier UNOCAL, absorbé depuis par Chevron - par une marionnette proche à la nouvelle administration américaine et, peut être, de Porcupine. Une chose est sûre : Galbraith n’a pas réagi au bourrage des urnes constaté au Kurdistan irakien, en faveur de Massoud Barzani, à l’élection régionale du 25 juillet.

Enfin, le 10 octobre, le quotidien norvégien Dagens Naeringsliv, rendant compte du dernier rapport d’activités de DNO, signala que Porcupine était en procès d’arbitrage contre un milliardaire yéménite et réclamait 250 millions de dollars de compensations à la société norvégienne pour avoir, semble-t-il, perdu sa licence au cours d’un retournement de situation commerciale, très fréquent vue la corruption qui sévit au Kurdistan irakien.

La révélation du contrat DNO-Porcupine embarrasse le lobby kurde qui faisait passer Galbraith pour un saint. En Irak, elle conforte le discours de la résistance sur l’illégitimité de la dernière constitution. A Bergen, interrogé près de son domicile sur ses activités occultes par des journalistes norvégiens, l’ancien diplomate ne trouva rien de mieux que de les menacer de son chien… et de s’enfuir !

Gilles Munier (Afrique Asie – décembre 2009)

4 décembre 2009,

http://www.aloufok.net:80/spip.php?article1131


2-10 Gilles Munier : Galbraith et les pétrodollars du lobby kurde.

Rien ne va plus pour Peter Galbraith, ancien ambassadeur américain en Croatie et spécialiste du Kurdistan, qui espérait devenir gouverneur (démocrate) de l’Etat du Vermont.

Son implication dans le scandale pétrolier DNO, en Norvège, met en doute son intégrité et laisse penser que sa campagne est financée par les pétrodollars de Massoud Barzani, président du Kurdistan irakien, dont il a été le conseiller spécial. De plus, on lui reproche de ne pas être enregistré comme lobbyiste, formalité obligatoire aux Etats-Unis quand on sert des intérêts étrangers.

Peter Galbraith, connu pour ses relations avec la CIA, est le fils de l’économiste John Kenneth Galbraith, conseiller du président Kennedy. En 1988, membre du Comité aux relations extérieures du Sénat et proche du secrétaire d’Etat George Schultz, il rédigea les rapports à l’origine des campagnes de diabolisation du président Saddam Hussein, notamment celui l’accusant d’avoir utilisé des gaz de combat lors de la bataille de Halabja. Nommé en 1993 ambassadeur en Croatie, il fut un des protagonistes du dépeçage de la Yougoslavie. En 2000-2001, Galbraith est intervenu au Timor oriental en négociant, au nom de l’ONU, le partage des revenus pétroliers et gaziers de la Mer de Timor avec l’Australie.  

Fin 2002, professeur au Naval War College, Galbraith a préparé l’agression de l’Irak comme conseiller de Paul Wolfowitz, sous-secrétaire à la Défense. Après l’invasion, en désaccord avec l’administration néo-conservatrice sur la marche à suivre, il a mis fin à sa carrière de diplomate. Il reprochait à George Bush de ne pas accorder suffisamment d’autonomie aux Kurdes, notamment le droit d’exploiter les ressources pétrolières du Kurdistan sans en référer à Bagdad. Dans l’ombre, Galbraith participa ensuite, secrètement  - comme consultant du Gouvernent régional kurde - à la rédaction de la nouvelle constitution irakienne. Il expliqua aux deux représentants kurdes, Barham Saleh et Nechirvan Barzani, tout l’intérêt qu’il y aurait à instaurer un Etat irakien fédéral. Le Kurdistan irakien, leur dit-il, serait seul maître de son pétrole. Parallèlement, il créa avec son fils, en 2004, la société pétrolière Porcupine (Porc-épic). Son premier client fut le groupe pétrolier norvégien DNO. Dès l’installation de Porcupine à Erbil, Massoud Barzani lui renvoya l’ascenseur en autorisant DNO à prospecter le champ de Tawke, près de Dohouk. Dans son livre « La fin de l’Irak », paru en 2007, Galbraith expliquait – contre toute évidence - que ce n’était pas la balkanisation du pays qui était déstabilisatrice… mais le maintien de son unité ! En novembre 2008, tous les espoirs lui semblaient permis : son vieux complice Joe Biden, partisan de la désintégration de l’Irak, était élu à la vice-présidence des Etats-Unis. Oui, mais…

Attention : chien méchant !

Les activités commerciales de Peter Galbraith - devenu provisoirement un nouveau Gulbenkian, Monsieur 5% des années 20 - seraient passées inaperçues sans le scandale provoqué par l’Oslo Stock Exchange (OSE), le 18 septembre, révélant que DNO avait versé 30,04 millions de $ sur le compte bancaire personnel de Ashti Hawrati, ministre des Ressources naturelles du Kurdistan irakien. L’enquête de l’Okokrim, police économique norvégienne, allait remonter inévitablement à Porcupine.

Un malheur n’arrivant, dit-on, jamais seul, le 29 septembre, Ban Ki-moon licencia Galbraith qui co-dirigeait l’équipe de l’ONU surveillant le processus électoral en Afghanistan. Il lui reprochait d’accuser le Norvégien Kai Eide, chef de la mission, de couvrir les fraudes constatées au profit du président Hamid Karzaï. Depuis, Galbraith est soupçonné, en relation avec Richard Holbrooke, représentant d’Obama dans la région, de chercher à remplacer Karzaï - ancien consultant du pétrolier UNOCAL, absorbé depuis par Chevron - par une marionnette proche à la nouvelle administration américaine et, peut être, de Porcupine. Une chose est sûre : Galbraith n’a pas réagi au bourrage des urnes constaté au Kurdistan irakien, en faveur de Massoud Barzani, à l’élection régionale du 25 juillet.

Enfin, le 10 octobre, le quotidien norvégien Dagens Naeringsliv, rendant compte du dernier rapport d’activités de DNO, signala que Porcupine était en procès d’arbitrage contre un milliardaire yéménite et réclamait 250 millions de dollars de compensations à la société norvégienne pour avoir, semble-t-il, perdu sa licence au cours d’un retournement de situation commerciale, très fréquent vue la corruption qui sévit au Kurdistan irakien.

La révélation du contrat DNO-Porcupine embarrasse le lobby kurde qui faisait passer Galbraith pour un saint. En Irak, elle conforte le discours de la résistance sur l’illégitimité de la dernière constitution. A Bergen, interrogé près de son domicile sur ses activités occultes par des journalistes norvégiens, l’ancien diplomate ne trouva rien de mieux que de les menacer de son chien… et de s’enfuir !

Source: France-Irak actualité

09 Décembre 2009

http://www.michelcollon.info:80/index.php?option=com_content&view=article&id=2428:galbraith-et-les-petrodollars-du-lobby-kurde&catid=6:articles&Itemid=11


2-11 Irak: l'Irak attribue deux grands champs pétroliers à Shell et CNPC.

L'Irak a attribué vendredi aux enchères deux importants champs pétroliers à des cartels conduits respectivement par l'anglo-néerlandais Shell et le chinois CNPC, avec la ferme volonté de devenir dans six ans l'un des plus grands producteurs de brut au monde.

Le consortium composé de l'anglo-néerlandais Shell et du malaisien Petronas a remporté l'exploitation du champ pétrolier géant de Majnoun, dans le sud de l'Irak, a annoncé le ministre irakien du Pétrole Hussein Chahristani.

Shell (60%) et Petronas (40%) ont proposé de porter la production à 1,8 million de barils/j et d'être rémunérés 1,39 dollar par baril supplémentaire. Ils ont battu le français Total (57%), associé au chinois CNPC (43%).

Les réserves de Majnoun sont estimées à 12,58 milliards de barils et cet immense champ du sud de l'Irak, situé près de la frontière avec l'Iran, ne produit actuellement que 45'900 b/j.

C'est le second champ qui va être exploité par Shell en Irak: la compagnie est partenaire minoritaire d'ExxonMobil pour Qourna-Ouest 1, dont les réserves sont de 8,5 milliards de barils.

Les deux concurrents ont chacun "baissé au maximum le prix de leur rémunération et l'un d'eux l'a emporté. Mais les prix qu'ils ont proposés étaient bas", a expliqué Ruba Hussari d'Irak Oil Forum.

Pour sa part, le consortium mené par le Chinois CNPC (50%) a remporté le champ de Halfaya, dans le sud, dont les réserves sont de 4,09 milliards de barils.

Ce cartel, qui compte dans ses rangs le français Total (25%) et le malaisien Petronas (25%) a proposé d'être rémunéré 1,40 dollar par baril et de porter la production à 535'000 barils/j d'ici à six ans, contre 3100 b/j actuellement.

Total s'est "réjoui de reprendre ses opérations en Irak", a indiqué une porte-parole du groupe à l'AFP à Paris.

CNPC est déjà associé à la compagnie britannique BP pour la mise en valeur de Roumaïla, qui recèle avec 17,7 milliards de barils soit les plus grandes réserves de pétrole du pays.

En revanche, Bagdad-est, avec des réserves de 8,1 milliards de barils, et Eastern Fields (est) dont les réserves sont de 367 millions de barils n'ont pas trouvé preneur.

"Nous n'avons reçu d'offre d'aucune compagnie pour améliorer la production de Bagdad-est et d'Eastern Field. Le ministère continuera donc à développer ces champs", a déclaré M. Chahristani. Bagdad-est produit actuellement 10'300 b/j.

Le champ de Qaiyarah, dans la province septentrionale de Ninive et dont les réserves sont de 807 millions de barils n'a pas été attribué en raison d'un écart trop grand entre les exigences du ministère et les propositions de la compagnie angolaise Sonangol.

"Sonangol désirait être rémunéré 12,5 USD et porter la production à 120.000 b/j mais le ministère proposait 5 USD", a dit M. Chahristani.

"Les champs de Bagdad-est, d'Eastern Field et Qairayah recèlent du pétrole lourd et le terrain géologique est difficile", a affirmé Mme Hussari.

En ouvrant la séance, le Premier ministre Nouri al-Maliki a assuré que "les compagnies seront protégées par le gouvernement".

La réunion de vendredi qui regroupe 44 compagnies, dont les grandes majors internationales, intervient trois jours après une série d'attentats à Bagdad qui avait fait 127 tués.

Samedi seront attribués cinq autres champs dont celui de Qourna-Ouest 2, qui recèle 12,8 milliards de barils.

Dans six ans, l'Irak espère porter sa production à 7 mbj, contre 2 mbj actuellement, ce qui en ferait le principal rival de l'Arabie Saoudite.

L'Irak possède les troisièmes réserves au monde avec 115 milliards de barils.

rq

(AWP/11 décembre 2009 13h51)

http://www.romandie.com/infos/news/200912111351200AWP.asp



 

Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

13/12/2009

n°463 - Journal d'Irak - 21-11 au 12-12-09 - : Début - : Pour l'armée américaine, la guerre est un jeu.


n°463 -  Journal d'Irak - 21-11 au 12-12-09 - : Début  - : Pour l'armée américaine, la guerre est un jeu.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!



Journal d'Irak

n°463                 du 21/11                   au 12/12/09

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire :

Tiré à part :

Sara Flounders   : Le budget du Pentagone : le plus élevé de tous les temps et en augmentation constante.

Paroles & action du président...

Lutte pour la libération du territoire

La résistance contre l'agresseur

Résistance :

1 Analyse

Des résistants

2 Occupation de l'Irak

Suite

3 Politique

1) collaborateurs Irakiens

2) occupants 

4 Libération du territoire

Détails. Fin

L'Irak en chiffre. 

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Les téléspectateurs irakiens découvrent une mystérieuse "Chaîne Saddam"

5-2 Torture made in USA», une enquête exclusive

5-3 Le MIR rencontre Muntadhar al-Zaïdi.

5-4 Pour l'armée américaine, la guerre est un jeu.

5-5 Sans commentaire.

5-6 Le lanceur de chaussures contre Bush, lui-même visé par un jet de chaussure......

 



Tiré à part :

Sara Flounders   : Le budget du Pentagone : le plus élevé de tous les temps et en augmentation constante.

Le 28 octobre, le président Barack Obama a signé le décret d’autorisation de la Defense pour 2010, c’est-à-dire le plus gros budget militaire de l’histoire des EU.

Il n’est pas seulement le plus gros budget militaire au monde, il est en même temps plus important que l’ensemble des dépenses militaires du reste de la planète.

Et, d’année en année, il ne cesse de croître.

Le budget militaire de 2010 – qui ne couvre même pas toute une série de dépenses ayant trait à la guerre – a été fixé à 680 milliards de dollars.

En 2009, il était de 651 milliards alors qu’en 2000, il n’était encore que de 280 milliards. Il a donc plus que doublé en dix ans.

Quel contraste avec la question des soins de santé !

Le Congrès américain a ergoté autour d’un plan des soins de santé de base – une chose que possèdent tous les autres pays industrialisés sous une forme ou une autre – durant plus de six mois. Il y a eu d’intenses pressions de la part des compagnies d’assurances, des menaces de la droite et des mises en garde sévères : le plan des soins de santé ne pourrait accroître le déficit d’un seul cent.

Pourtant, au beau milieu de ce débat d’une importance vitale pour les soins médicaux des millions de travailleurs et de pauvres qui ne bénéficient d’aucune couverture de soins, une subvention gargantuesque aux plus importantes des sociétés américaines a été adoptée sans qu’il y ait pratiquement de discussion et d’articles dans la presse, alors que la chose concerne des contrats militaires et des systèmes d’armement, lesquels génèrent chaque fois de véritables déficits.

L’organisation Médecins pour un programme national de santé estime qu’un plan de santé entièrement financé par l’État coûterait 350 milliards de dollars par an, ce qui, en fait, équivaudrait au montant économisé avec l’élimination de tous les frais administratifs de l’actuel système privé de soins de santé – un système qui exclut presque 50 millions de personnes.

Comparez cela aux dépassements du budget militaire chaque année.

Même le président Obama a déclaré, en signant le budget du Pentagone : « Le Bureau gouvernemental des comptes (GAO - Government Accountability Office), a examiné 96 importants projets de Defense de l’an dernier et a découvert que les dépassements totalisaient 296 milliards de dollars. » (voir : whitehouse.gov , 28 octobre 2009)

La pyramide de Ponzi à 50 milliards de dollars de Bernard Madoff, dont certains prétendent qu’elle est la plus grosse arnaque de l’histoire, semble minable, en comparaison.

Pourquoi n’y a-t-il pas d’enquête pénale sur ce vol de plusieurs dizaines de milliards de dollars ?

Où sont les questions du Congrès ou les manifestations d’hystérie médiatique sur ces 296 milliards de dépassements ?

Pourquoi les PDG des sociétés ne sont-ils pas amenés menottés au tribunal ?

Les dépassements de frais font partie intégrante des subventions militaires aux plus grandes des sociétés américaines. Ils sont traités comme des affaires ordinaires. Qu’importe le parti au pouvoir, le budget du Pentagone grossit, les dépassements de frais grossissent et la proportion des dépenses domestiques rétrécit.

Accro à la guerre

Le budget militaire de cette année n’est que le dernier exemple de la façon dont l’économie américaine est maintenue à flot à l’aide de moyens artificiels. Des décennies de relance constante de l’économie capitaliste via le stimulus des dépenses de guerre ont créé une dépendance morbide vis-à-vis du militarisme, au point que les entreprises américaines ne peuvent plus s’en passer. Mais ce moyen n’a plus l’ampleur suffisante pour résoudre le problème capitaliste de la surproduction.

On a justifié ce coup de seringue annuel de plusieurs centaines de milliards de dollars en disant qu’il contribuerait à amortir ou à éviter complètement une récession capitaliste et à résorber le chômage. Mais rappelons la mise en garde du fondateur du Workers World Party, Sam Marcy, en 1980, dans « Generals Over the White House » (Les généraux sont au-dessus de la Maison-Blanche), lorsqu’il parlait d’une très longue période pendant laquelle ces stimulants allaient être de plus en plus nécessaires. Finalement, il se fait qu’ils ont un effet diamétralement opposé et qu’ils se muent en un dépresseur massif qui contamine et pourrit toute la société.

La racine du mal réside dans le fait que la technologie devient plus productive, que les travailleurs ont une part de plus en plus restreinte de ce qu’ils produisent. L’économie américaine dépend de plus en plus du stimulant des superprofits et des dépassements des coûts militaires (296 milliards de dollars !) pour absorber une part de plus en plus grande de ce qui est produit. C’est une partie essentielle de la redistribution constante de la richesse loin des poches des travailleurs et directement dans celles des gens richissimes.

Selon le Centre du contrôle des armements et de la non-prolifération, les dépenses militaires américaines sont aujourd’hui considérablement plus élevées, en dollars 2009 ajustés à l’inflation, qu’elles ne l’étaient au plus fort de la guerre de Corée (1952 : l’équivalent de 604 milliards de dollars actuels), de la guerre du Vietnam (1968 : 513 milliards) et de la mise sur pied de l’ère militaire sous Reagan, dans les années 80 (1985 : 556 milliards). Et, pourtant, cela ne suffit plus à maintenir l’économie américaine à flot.

Même en forçant les pays riches en pétrole dépendant des EU à devenir des nations débitrices via des achats sans fin d’armes, on ne pourra résoudre le problème. Plus de deux tiers de toutes les armes vendues dans le monde en 2008 provenaient de sociétés militaro-industrielles américaines. (Reuters, 6 septembre 2009)

Alors que, dans les années 30, un gigantesque programme militaire était en mesure de tirer l’économie américaine d’un effondrement dévastateur, sur une longue période, ce stimulant artificiel sape les processus capitalistes.

L’économiste Seymour Melman, dans des ouvrages comme « Pentagon Capitalism » (Le capitalisme pentagonal), « Profits without Production » (Des bénéfices sans produire), « The Permanent War Economy : American Capitalism in Decline » (Une économie de guerre permanente : le capitalisme américain en déclin), mettait en garde contre la détérioration de l’économie américaine et du niveau de vie de millions de personnes.

Melman et d’autres économistes progressistes étaient partisans d’une « conversion économique » rationnelle ou d’un passage de la production militaire à la production civile par les industries militaires. Ils expliquaient comment un seul bombardier B-1 ou un sous-marin Trident pouvait payer les salaires de milliers d’enseignants, fournir des bourses ou des soins ambulants ou reconstruire des routes. Cartes et graphiques montraient que le budget militaire emploie beaucoup moins de travailleurs que les mêmes sommes dépensées pour couvrir les besoins civils.

C’étaient toutes des idées valables et raisonnables, hormis le fait que le capitalisme n’a rien de rationnel. Dans sa pulsion insatiable à vouloir maximiser les profits, il choisira les aumônes du superprofit immédiat et laissera de côté même les meilleurs intérêts de sa survie à long terme.

Pas de « dividende de paix »

Les grands espoirs, après la fin de la guerre froide et l’effondrement de l’URSS, de voir des milliards de dollars se muer désormais en « dividendes de paix » se sont écrasés face à la croissance astronomique continue du budget du Pentagone. Cette pénible réalité a tellement démoralisé et submergé les économistes progressistes qu’on n’accorde quasiment plus d’attention aujourd’hui à la « conversion économique » ou au rôle du militarisme dans l’économie capitaliste, même s’il est infiniment plus important aujourd’hui qu’aux moments les plus forts de la guerre froide.

Les centaines de milliards de dollars des subventions militaires annuelles sur lesquelles ont compté les économistes bourgeois depuis la Grande Dépression pour amorcer la pompe et réenclencher une fois de plus le cycle de l’expansion capitaliste ne suffisent plus, aujourd’hui.

Une fois que les sociétés sont devenues dépendantes des centaines de milliards de dollars de subventions, leur appétit n’a plus connu de limites. En 2009, dans un effort pour écarter la liquéfaction complète de l’économie capitaliste mondiale, on a refilé plus de 700 milliards de dollars aux banques les plus importantes. Et ce n’a été que le début. Le renflouage des banques se chiffre aujourd’hui en milliers de milliards de dollars.

Même 600 ou 700 millions de dollars par an de dépenses militaires ne peut plus relancer l’économie capitaliste ni engendrer la prospérité. Pourtant, l’Amérique des entreprises ne peut s’en passer.

Le budget militaire s’est accru dans des proportions si importantes qu’il menace maintenant de submerger et de dévorer la totalité du budget social. Son poids réel met à plat les fonds nécessaires à chaque besoin humain. Les villes américaines s’écroulent. L’infrastructure des ponts, routes, barrages, canaux et tunnels se désintègre. Vingt-cinq pour cent de l’eau potable américaine est considérée de « piètre qualité ». Le chômage atteint officiellement 10 pour cent et, en réalité, il est le double de ce chiffre. Le chômage chez les jeunes Afro- et Latino-américains dépasse les 50 pour cent. Quatorze millions d’enfants aux EU vivent dans des ménages situés en dessous du niveau de pauvreté.  

La moitié  des dépenses militaires sont cachées

Le budget militaire annoncé pour 2010, 680 milliards de dollars, ne représente en réalité qu’environ la moitié du coût annuel des dépenses militaires américaines.

Ces dépenses sont si importantes qu’il y a un effort concerté pour cacher de nombreuses dépenses militaires dans d’autres éléments du budget. L ‘analyse annuelle de la Ligue des opposants à la guerre a répertorié les véritables dépenses militaires américaines pour 2009 et les a évaluées à 1.449 milliards de dollars, et non pas l’officiel budget de 651 milliards. Wikipedia, citant diverses sources, est arrivé à un budget militaire total de 1.144 milliards. Mais qu’importe qui compte, il ne fait absolument aucun doute que le budget militaire dépassée aujourd’hui les 1.000 milliards de dollars.

Le Projet des priorités nationales, le Centre d’information sur la Defense et le Centre du contrôle des armements et de la non-prolifération analysent et dénoncent de nombreuses dépenses militaires cachées qu’on a planquées dans certaines autres parties du budget total des EU.

Par exemple, les allocations des vétérans, qui totalisent 91 milliards de dollars, ne sont pas reprises dans le budget du Pentagone. Les pensions militaires (48 milliards au total) sont répertoriées dans le budget du département du Trésor. Le département de l’Énergie cache dans on budget 18 milliards de dollars de programmes d’armes nucléaires. Les 38 milliards du financement des ventes d’armes étrangères est compris dans le budget du département d’État (= ministère des Affaires étrangères). L’un des postes cachés les plus importants représente les intérêts des dattes encourues lors des guerres passées : 237 milliards et 390 milliards de dollars. C’est en réalité un subside sans fin aux banques et celles-ci sont étroitement liées aux industries militaires.

Chaque partie de ces budgets goitreux est censée augmenter de 5 à 10 pour cent par an, alors que le financement des États et des villes par le fédéral diminue annuellement de 10 à 15 pour cent, ce qui amène des crises de déficit.

Selon le Bureau de la gestion et du budget, 55 pour cent du budget total américain pour 2010 ira à l’armée. Plus de la moitié ! Pendant ce temps, des pans entiers des dotations fédérales aux États et villes sur le plan des services humains vitaux – écoles, formation des enseignants, programmes de soins à domicile, repas scolaires, entretien des infrastructures de base de la distribution d’eau potable, entretien des égouts, des ponts, des tunnels et des routes – diminuent à vue d’œil.

Le militarisme nourrit la répression

L’aspect le plus dangereux de la croissance de l’armée est la pénétration insidieuse de son influence politique dans tous les domaines de la société. C’est l’institution la plus éloignée du contrôle populaire et la plus encline à l’aventurisme militaire et à la répression. Des généraux retraités font une tournante dans les conseils d’administration des sociétés, deviennent des vedettes du crachoir dans les principaux organes médiatiques, des lobbyistes, conseillers et hommes politiques grassement payés.

Ce n’est pas une coïncidence si, non contents de posséder la plus importante machine de guerre du monde, les EU ont également la plus importante population carcérale de la planète. Le complexe carcéro-industriel est la seule industrie à connaître une croissance. Selon le Bureau de la statistique du département américain de la Justice, plus de 7,3 millions d’adultes étaient en probation, en liberté sur parole ou incarcérés en 2007. Plus de 70 pour cent des personnes incarcérées sont des Afro- ou Latino-américain(e)s, des Amérindiens et autres personnes de couleur. Les adultes noirs risquent quatre fois plus la prison que leurs homologues blancs.

Exactement comme pour l’armée, avec ses centaines de milliers de contractuels et de mercenaires, la frénésie à vouloir maximiser les profits a abouti à une privatisation croissante du système carcéral.

Le nombre de détenus a augmenté sans relâche. Il y a 2,5 fois plus de gens dans le système carcéral actuel qu’il y a 25 ans. Comme le capitalisme américain est de moins en moins en mesure de procurer des emplois, des formations à l’emploi ou un enseignement tout court, les seules solutions proposées sont les prisons ou l’armée, provoquant ainsi la désolation chez les individus ou au sein des familles et des communautés.

Le poids de l’armée pousse l’appareil répressif de l’État vers toutes les couches de la société. Il y a une augmentation énorme des polices en tous genres et d’innombrables agences de police et de renseignement.

Le budget de 16 agences de renseignement américaines atteignait 49,8 milliards de dollars, pour l’année fiscale 2009 : 80 pour cent de ces agences secrètes de renseignement sont des bras du Pentagone. (Associated Press, 30 octobre 2009). En 1998, ces dépenses étaient de 26,7 milliards de dollars. Mais ces agences ultrasecrètes ne sont pas reprises dans le budget militaire. Pas plus que les agences de répression de l’immigration et de contrôle des frontières.

Les forces armées américaines sont stationnées dans plus de 820 bases militaires disséminées dans le monde entier. Et ce chiffre n’inclut pas les centaines de bases louées, de postes clandestins d’écoute et ainsi que les centaines de navires et de sous-marins.

Mais plus la machine militaire prend de l’ampleur, moins il est possible de contrôler son empire mondial, parce qu’elle n’offre pas de solutions ni n’améliore les niveaux de vie. Les armes high tech du Pentagone peuvent lire une plaque minéralogique de voiture à partir d’un satellite de surveillance, leurs lunettes de lecture nocturne peuvent pénétrer l’obscurité la plus profonde et leurs drones peuvent incendier un village isolé. Mais elles sont incapables de fournir de l’eau potable, des écoles ou la stabilité aux nations qu’elles attaquent.

En dépit de toutes ces armes du Pentagone à la technologie fantastique, la position géopolitique américaine se dégrade d’année en année. En dépit de sa puissance de feu massive et de son armement à la pointe de l’art, l’impérialisme américain a été incapable de reconquérir les marchés mondiaux et la position du capital financier américain. L’économie et l’industrie des EU ont été entraînées vers le gouffre par le simple poids du maintien en état de la machine militaire. Et, comme l'a montré la résistance en Irak et en Afghanistan, cette machine ne peut rivaliser avec la détermination des peuples à vouloir contrôler eux-mêmes leur propre avenir.

Puisque la puissante économie capitaliste américaine n’est capable que de proposer de moins en moins aux travailleurs d’ici, aux EU, il est certain que ce niveau de résistance déterminée va s’enraciner également.
Sara Flounders   
Source: Workers World

Traduit par Jean-Marie Flémal pour Investig'Action

http://www.michelcollon.info:80/index.php?option=com_content&view=article&id=2388:le-budget-du-pentagone-le-plus-eleve-de-tous-les-temps-et-en-augmentation-constante&catid=6:articles&Itemid=11


Paroles & action du président...

10-12

Barack Obama s'est engagé à mettre fin aux combats en Irak d'ici le 31 août 2010, avant le retrait complet des troupes américaines prévu fin 2011.

http://fr.news.yahoo.com/4/20091210/twl-irak-usa-retrait-38cfb6d_1.html



L'Irak en chiffre: du 21-11 au 12-12-09



 

 

 

Tués

Blessés

 

 

 

 

 

Peuple irakien

x

x

 

 

 

 

 

Usboys/Autres boys + miliciens

x

x

 

 

 

 

 

Policiers, armée et collaborateurs & miliciens

16

x + 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



La résistance contre l'agresseur

b) Troupes d'occupation :

Analyse & déclaration

Etats-Unis

10-12 Le général Ray Odierno, commandant en chef des forces américaines en Irak, veut conserver une présence musclée dans le pays, capable d'aider l'armée et la police irakienne jusqu'à ce que la situation se clarifie du point de vue de la sécurité.

10/12

http://fr.news.yahoo.com/4/20091210/twl-irak-usa-retrait-38cfb6d_1.html

10-12

Le général Odierno avait prévu récemment un regain des attaques avant les élections législatives et souligné qu'il pourrait demander à Washington de retarder le retrait progressif des troupes si besoin.

Les troupes de combat doivent avoir quitté l'Irak d'ici août 2010, un prélude au désengagement total fin 2011. Quelque 115.000 soldats américains sont actuellement déployés en Irak.

"Nous espérons que l'esprit d'unité et de coopération se maintiendra après les élections en mars et que le nouveau gouvernement irakien sera mis en place rapidement et de manière pacifique, car tout retard provoquerait des risques d'instabilité", a-t-il ajouté.

AFP

10 décembre

http://www.romandie.com/ats/news/091210114339.tdyq8f05.asp

10-12

La décision de l'Irak d'organiser des élections législatives en mars n'aura pas de conséquences sur le projet de l'armée américaine de réduire le nombre de soldats dans le pays à 50.000 d'ici la fin août, annonce le Pentagone.

Fin août, les effectifs militaires américains en Irak devraient avoir été ramenés à 50.000 contre environ 115.000 actuellement.

http://fr.news.yahoo.com/4/20091210/twl-irak-usa-retrait-38cfb6d_1.html

 


2-1 Occupation de l'Irak

Les forces en présence

Etats-Unis

10-12

Quelque 115.000 soldats américains sont actuellement déployés en Irak.

http://www.romandie.com/ats/news/091210114339.tdyq8f05.asp



3) Politique

a) Des collaborateurs Irakiens

Maliki

09-12

Alors que les élections législatives ont été fixées au 7 mars, M. Maliki doit faire face à une attaque en règle de ses adversaires qui entendent démontrer l'inanité de ses efforts pour rétablir l'ordre dans le pays.

"J'appelle (tous les hommes politiques) à éviter d'utiliser ces désastres (les attaques) pour créer des conflits dans le cadre de la campagne électorale.

Car si le temple s'effondre, il tombera sur la tête de tout le monde et aucune liste (politique) ne sera épargnée", a-t-il dit lors d'une intervention télévisée.

Il a par ailleurs souhaité que "les pays voisins qui ont condamné ces attentats arrêtent les terroristes d'où qu'ils viennent".

9/12

AP

Al-Maliki en difficulté

La marge de manœuvre d’al-Maliki est étroite. Le président Obama le soutient, croyant qu’il facilitera le retrait sans casse d’environ 80 000 GI’s sur les 130 000 occupant l’Irak. Dans cette perspective, il demande de remplacer al-Sahwani par un de ses protégés. Le n°2 de l’INIS assure l’intérim mais al-Maliki voudrait nommer à sa place son chef de cabinet, Tarik Najem Abdallah, pour parer aux coups tordus qui vont fleurir d’ici les élections. De leur côté, les mollahs iraniens ont, comme toujours, plusieurs fers au feu. Ils jouent la carte al-Maliki, ne lui laissant que la tête hors de l’eau. Pour eux, l’Irak doit demeurer une zone de turbulence tant que la déstabilisation de leur régime sera d’actualité. La capacité des agents à changer de rôle ont pris al-Maliki de court: l’Alliance Nationale Irakienne (INA), coalition chiite concurrençant la sienne, comprend Ammar al-Hakim (ISCI) et Moqtada al-Sadr qui parle maintenant de réconciliation nationale ; et Shirwan al-Wa’ili, l’ombrageux ministre de la Sécurité, ne cache pas qu’accuser la Syrie est une erreur.

http://www.france-irak-actualite.com/

09-12

al-Maliki a limogé mercredi le chef des forces de sécurité de Bagdad au lendemain d'attentats ayant fait 127 morts dans la capitale, perpétrés grâce à la complicité de Ryad et Damas selon un haut responsable de la police.

Cette décision survient alors que les députés ont demandé l'audition jeudi des ministres chargé de la sécurité ainsi que de Maliki.

Son successeur est le général Ahmad Hachem Awoudeh, jusque là chef d'état-major adjoint, qui sera remplacé à son poste par le général Qanbar.

AP


2 Confection d'un gouvernement fantoche

L’absence de compromis politique pourrait entraîner un report des élections.

Les parlementaires irakiens ne sont pas parvenus lundi à élaborer une loi électorale acceptable aux yeux de la minorité sunnite, qui craint d'être marginalisée.

 Cette incapacité à parvenir à un compromis pourrait entraîner un report des élections programmées pour janvier. A Washington, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Rodham Clinton n'a pas exclu cette possibilité, déclarant à des journalistes que des responsables américains tentaient d'aider les dirigeants politiques irakiens à aplanir leurs divergences sur la loi électorale qui doit être adoptée avant le déroulement du scrutin. Elle s'est cependant déclarée confiante dans la tenue des élections.

Tant les sunnites que les Kurdes ont critiqué les précédentes versions du texte. Le Parlement a amendé la loi lundi, présentant une version qui a satisfait les Kurdes, mais a déplu aux sunnites, ce qui devrait probablement aboutir à un nouveau veto du vice-président sunnite Tarek al-Hachémi et à un report des élections.

Tarek al-Hachémi avait initialement mis son veto car il souhaitait davantage de sièges au Parlement pour les Irakiens vivant à l'étranger et dont la plupart sont sunnites.

Après plusieurs jours d'intenses négociations entre les différents blocs politiques, les parlementaires ont voté lundi pour modifier la base concernant la distribution des sièges. La plupart ont probablement donné plus de sièges au puissant bloc kurde qu'aux sunnites.

Le nombre de sièges au Parlement doit être porté de 275 à environ 320 aux termes de la loi pour refléter la croissance de la population.

L'accord qui est intervenu avant le vote a semble-t-il surtout visé à répondre aux reproches des Kurdes afin d'obtenir leur adhésion, ce qui a entraîné le départ de dizaines de parlementaires sunnites.

Tarek al-Hachémi devrait probablement opposer son veto au texte amendé, à l'occasion de son retour devant le conseil présidentiel composé de trois membres, mais le Parlement pourrait passer outre un second veto avec une majorité des trois-cinquièmes.

"Nous attendrons la réponse du conseil présidentiel" avant toute décision, a déclaré Faraj al-Haidari, chef de la commission électorale. "Je pense que ce sera très difficile" d'organiser "les élections en janvier", a-t-il dit, jugeant "plus probable" qu'elles soient repoussées à "février".

24 novembre

http://fr.news.yahoo.com/3/20091123/twl-irak-parlement-loi-electorale-1def439_2.html

 

Les législatives auraient lieu en mars.

Des journalistes ont observé le parlement irakien adopter, début novembre, la loi sur l'organisation d'élections législatives.

Les législatives en Irak, qui ne pourront se tenir en janvier en raison de désaccords sur la loi électorale, devraient avoir lieu en mars, a déclaré vendredi le président du Parlement, Iyad Al-Samaraï.

«La commission électorale avait annoncé qu'elles (les législatives) auraient lieu le 16 janvier, cela n'est plus possible car il n'y a (toujours) pas de loi», a affirmé M. Samaraï sur la chaîne publique Al-Iraqiya.

Ce retard est dû à l'absence de consensus sur la loi électorale, les sunnites s'estimant notamment lésés en terme de représentation.

Le Parlement a amendé lundi cette loi, adoptée en première lecture début novembre après des semaines de tractations et plus d'une dizaine de reports, mais le texte devrait une nouvelle fois être bloqué par le vice-président sunnite Tarek al-Hachémi.

La constitution n'accorde néanmoins que deux vétos à la présidence irakienne, composée du président (kurde) et de ses deux vice-présidents (sunnite et chiite).

En troisième lecture, le Parlement peut adopter le texte s'il obtient la majorité des trois cinquièmes.

Agence France-Presse
27 novembre 2009

http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/200911/27/01-925832-irak-les-legislatives-auraient-lieu-en-mars.php

08-12

Le Conseil présidentiel a décidé d'organiser les législatives le 6 mars, a affirmé un responsable de la commission électorale, Qassem al-Abboudi.

Un décret en ce sens doit être publié.

Agence France-Presse


n°463 - Journal d'Irak - 21-11 au 12-12-09 - : Suite - : Pour l'armée américaine, la guerre est un jeu.


n°463 -  Journal d'Irak - 21-11 au 12-12-09 - : Suite  - : Pour l'armée américaine, la guerre est un jeu.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!



Journal d'Irak

n°463                 du 21/11                   au 12/12/09

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire :

3 Politique

1) collaborateurs Irakiens

2) occupants 

4 Libération du territoire

Détails.


Les grandes manœuvres

Garda World a obtenu un contrat d'une valeur de plus de 100 millions de dollars US.

La Corporation de Sécurité Garda World annonce que sa filiale Garda World a obtenu un contrat d'une durée de trois ans et d'une valeur de plus de 100 millions de dollars américains. Garda fournira des services de sécurité à l'ambassade britannique de Bagdad en Irak ainsi qu'aux bureaux de l'ambassade à Bassorah dans le sud du pays.

Le contrat inclut la fourniture de services de sécurité physique pour les bureaux de l'ambassade ainsi que des services de protection pour les diplomates qui doivent voyager dans le pays.

Garda emploie 45 000 personnes dans 140 pays. Ses revenus se sont élevés à 1,1 milliard pour l'année financière terminée le 31 janvier 2009.

Les résultats du troisième trimestre de l'année financière 2010 seront publiés jeudi.

L'action de Garda était en hausse de 8 % à 9,86 $ en fin de matinée mardi.

8/12

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Economie/2009/12/08/010-Garda.shtml


c) Sur le terrain

Un système de surveillance sera installé aux frontières avec l'Iran et la Syrie

L'Irak a acheté un système de vidéo surveillance aux Etats-Unis d'une valeur de 49 millions de dollars pour empêcher l'infiltration d'résistants et les contrebandes d'armes à ses frontières avec la Syrie et l'Iran, a annoncé vendredi l'armée américaine dans un communiqué.
"Quand ce système deviendra opérationnel en juin 2010, la police des frontières irakienne surveillera 286 kilomètres de frontière avec la Syrie et 402 kilomètres avec l'Iran", a indiqué l'armée dans un communiqué. En achetant ce système de surveillance, l'Irak "a franchi une étape cruciale dans la protection de ses frontières contre des menaces extérieures", a affirmé le général américain Michael Barbero cité dans le communiqué.
Des caméras et des capteurs infrarouges seront installés aux frontières et permettront, selon l'armée américaine, de détecter d'éventuelles infiltrations. Mais ce système ne devrait approximativement couvrir que la moitié de la frontière avec la Syrie, longue de 605 km, et à peine un quart de celle avec l'Iran qui s'étend sur 1.460 km.
La Syrie est régulièrement accusée par les Etats-Unis et l'Irak de ne pas contrôler sa frontière et de laisser passer des résistants sunnites, voire de faciliter leur passage, chez son voisin où ils commettent des attentats. L'Iran a été souvent accusé par Washington de soutenir des groupes chiites extrémistes, appelés "les groupes spéciaux", et de leur fournir des armes transitant par la frontière. (belga/cb)

04/12/09 15h15

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/1037908/2009/12/04/L-Irak-installe-un-systeme-de-surveillance-a-ses-frontieres.dhtml

http://www.lorientlejour.com/category/International/article/639891/Breves_regionales.html


d) Finances

Irak: Nouvel appel d'offres pour redevenir un grand producteur de brut.

EXXONMOBIL

CHEVRON

BP

TOTAL

OCCIDENTAL PETROLEUM

ENI

Les majors internationaux des 44 compagnies sélectionnées par le ministère du Pétrole se retrouvent vendredi et samedi à Bagdad pour participer à un appel d'offres visant à attribuer dix champs pétroliers en jachère et dont l'exploitation devrait à terme faire de l'Irak l'égal des plus grands producteurs de brut au monde.

L'offre est alléchante et la concurrence serrée.

Les réserves mises en jeu s'élèvent au total à 41,2 milliards de barils, dont deux champs gigantesques du sud, ceux de Qourna-Ouest 2 et Majnoun, qui recèlent respectivement 12,8 et 12,5 milliards de barils. Les autres sont situés dans les régions de Bagdad, près de la frontière avec l'Iran et dans le nord. Ils n'ont jamais ou presque été exploités.

Ces enchères "ont une énorme importance car elles peuvent permettre d'accroître substantiellement la capacité de production" irakiennes, affirme à l'AFP Alex Munton, analyste de la société Wood Mackenzie.

"Il s'agit de champs parmi les plus importants au monde et de telles opportunités n'existent pas ailleurs", assure-t-il.

Pour lui, le dilemme pour un pétrolier se résume ainsi: "Ce pays représente la femme de ses rêves. Mais les noces vont lui coûter très cher et il devra gérer les relations douteuses de la mariée. Alors il doit choisir".

Dans la course figurent sept compagnies américaines comme ExxonMobil ou Chevron, six japonaises, quatre russes et britanniques comme BP ou Shell, trois chinoises, deux indiennes et italiennes, ainsi que le français Total qui espère obtenir le champ de Majnoun.

"La compétition sera rude car les grandes compagnies ont réalisé que c'est leur dernière chance de prendre pied dans le pays", assure l'experte Rouba Husari, fondatrice du site www.iraqoilforum.com.

Les enveloppes seront ouvertes publiquement et pour l'emporter, les compagnies devront faire les meilleures propositions sur l'accroissement de la production et les plus basses pour leur rémunération. L'Irak refuse un partage des profits et n'accepte de conclure que des contrats de service.

"Les appels d'offres de juin ont prouvé que l'Irak est ouvert aux affaires mais à ses conditions. Le fait que le pays a désespèrement besoin de l'aide étrangère ne signifie pas qu'il est prêt à tout céder", assure Mme Husari.

Fin juin, l'Irak avait lancé un appel d'offres, le premier depuis la nationalisation du pétrole irakien en 1975, pour six champs pétrolifères et deux champs gaziers.

Seul celui de Roumaïla, qui recèle avec 17,7 milliards de barils les plus grandes réserves de pétrole du pays, avait alors trouvé preneur avec la compagnie britannique BP Exploration Operating Company et la société chinoise CNPC, pour 2 dollars par baril.

En novembre, deux autres compagnies ont signé des accords préliminaires. Le consortium composé d'ENI (40%), de l'américain Occidental Petroleum et du sud-coréen Korea Gaz, a aussi accepté d'être rémunéré 2 dollars par baril pour l'exploitation de Zoubair (sud), aux réserves de quatre milliards de barils. La production doit être portée à 1,13 million de barils/jour (mbj) en 2016, selon ENI.

ExxonMobil, allié à la compagnie anglo-néerlandaise Shell, a également obtenu l'exploitation du deuxième plus grand champ pétrolier, Qourna-Ouest 1, aux réserves estimées à 8,5 milliards de barils. Le consortium s'est engagé a faire passer la production à 2,325 mbj d'ici six ans et d'être rémunéré 1,9 dollar par baril supplémentaire à la production actuelle.

Dans six ans, l'Irak espère porter sa production à 7 mbj, contre 2 mbj actuellement, ce qui en ferait le principal rival de l'Arabie Saoudite.

L'Irak possède les troisièmes réserves au monde avec 115 milliards de barils, derrière l'Arabie saoudite et l'Iran.

10 décembre 2009 09h45)

http://www.romandie.com/ats/news/091210084551.vb43yo30.asp

 

Irak: les champs pétroliers ouverts à l'appel d'offres.

Liste des dix champs pétroliers concernés par l'appel d'offres du 11 et 12 décembre à Bagdad.

Les réserves totales de pétrole s'élèvent à 41,2 milliards de barils.

CHAMPS PETROLIERS PRODUCTION ACTUELLE RESERVES (milliards de barils)

Qourna-ouest 2 (sud) 12,8

Majnoun (sud) 45.900 b/j 12,5

Bagdad-est 10.300 b/j 8,10

Halfaya (sud) 3.100 b/j 4,09

Garraf (centre) 0,86

Najmah (nord) 0,85

Qaiyarah (nord) 0,80

Middle Furat (centre) 0,54

Eastern Fields (est) 0,36

Badra (est) 0,10

(Source: ministère du Pétrole)

 AFP /

10 décembre

http://www.romandie.com/ats/news/091210085744.x1c0h82i.asp


Irak: liste des sociétés en lice pour l'exploitation des champs pétroliers.

 Au total, 44 compagnies sont en lice dans l'appel d'offres des 11 et 12 décembre à Bagdad pour exploiter dix champs pétroliers géants en Irak.  
 Les compagnies américaines sont les plus nombreuses (7) suivies des japonaises (6), des russes (4) et chinoises (3). 
  1/  Anadarko Petroleum Corporation                      USA  
    2/  BG Group                                                            GB   
    3/  BHP Billiton Petroleum Pty Ltd.                    Australie 
    4/  BP Exploration Operating Company                    GB 
    5/  Cairn Energy                                                       GB 
    6/  Chevron Corporation                                          USA 
    7/  CNOOC Limited                                                Chine 
    8/  CNPC International Ltd.                                    Chine 
    9/  ConocoPhillips                                                  USA 
    10/ Edison SpA                                                      Italie 
    11/ Eni Medio Oriente SpA                                Italie 
    12/ ExxonMobil Iraq Ltd.                                    USA 
    13/ Hess Corporation                                         USA 
    14/ INPEX Corporation                                     Japon 
    15/ Japex (Japan Petroleum Exploration Co., Ltd.)       Japon 
    16/ JSC Gazprom Neft                                    Russie 
    17/ JSC Lukoil                                                Russie 
    18/ JOGMEC (Japan Oil, Gas and Metals National Corp.)   Japon 
    19/ KazMunaiGas Exploration Production       Kazakhstan 
    20/ Korea Gas Corporation (Kogas)                Corée du Sud 
    21/ Maersk Olie og Gas AS                              Danemark 
    22/ Marathon International Petroleum Turquesa Limited   USA 
    23/ Mitsubishi Oil Co. Ltd.                                  Japon 
    24/ Mitsui Oil Exploration Co. Ltd.                     Japon 
    25/ Nexen Inc.                                                   Canada 
    26/ Nippon Oil Corporation                               Japon 
    27/ Occidental Petroleum Corporation              USA 
    28/ Oil India                                                       Inde 
    29/ ONGC Videsh Limited                                 Inde 
    30/ Pakistan Petroleum Ltd.                             Pakistan 
    31/ PETRONAS Carigali Sdn Bhd                   Malaisie 
    32/ PT Pertamina (Persero)                              Indonésie 
    33/ Repsol Exploracion SA                               Espagne 
    34/ Rosneft                                                      Russie 
    35/ Shell                                                          GB/Pays-Bas 
    36/ Sinochem Corporation                               Chine 
    37/ Sonangol                                                   Angola 
    38/ StatoilHydro                                              ASA Norvège 
    39/ OAO Tatneft                                              Russie 
    40/ Total SA                                                   France 
    41/ Turkish Petroleum Corporation (TPAO)   Turquie 
    42/ Vietnam National Oil and Gas Group (PetroVietnam)   Vietnam 
    43/ Wintershall                                         Allemagne 
    44/ Woodside Petroleum Ltd.                   Australie 
 BG GROUP  
 BP 
 CAIRN ENERGY 
 CNOOC 
 CONOCOPHILLIPS 
 EDISON 
 ENI 
 GAZPROM 
 MITSUBISHI CORPORATION 
 MITSUI AND CO 
 Rosneft 
 TOTAL 
 AFP  
 10 décembre  
 http://www.romandie.com/ats/news/091210084701.he063o12.asp 
    

  
 Le consortium Lukoil-Statoil remporte le champ Qourna-ouest 2.  

Le consortium composé du russe Lukoil et du norvégien StatoilHydro a remporté l'exploitation du champ pétrolifère géant de Qourna-ouest 2, dans le sud de l'Irak, a annoncé samedi à Bagdad le ministre du Pétrole Hussein Chahristani.

Le chef de file Lukoil (85%) et le norvégien StatoilHydro (15%) ont proposé d'être rémunérés 1,15 dollar par baril et de produire 1,8 million de barils par jour.

"Nous annonçons que Lukoil a remporté le contrat pour développer le champ de Qourna-ouest 2 et nous allons signer avec lui un contrat préliminaire", a affirmé M. Chahristani.

Qourna-ouest 2, le plus important des champs pétrolifères mis aux enchères vendredi et samedi, recèle 12,8 milliards de barils.

Ce cartel russo-norvégien l'a emporté sur le français Total, le consortium composé du malaisien Petronas, de l'indonesien et du vietnamien PetroVietnam, et sur la coalition britannique BP et le chinois CNPC.

Par ailleurs, le champ de Garraf (centre) qui recèle 863 millions de barils, a été attribué au consortium composé du malaisien Petronas (60%) et du japonais Japex (40%) qui a proposé d'être rétribué pour ses services 1,49 dollar et de produire 230.000 b/j.

Ils ont pris l'avantage sur la coalition composée par le turc TPAO (60%) et l'Indien (40%), l'alliance de KazMunaiGas (Kazakhstan), du Kogas (Corée), de l'italien Edison et de l'indonésien Pertamina qui se présentait seul.

 (AFP /

12 décembre 

http://www.romandie.com/ats/news/091212075423.h7wn0bzd.asp

    

  
 Politique intérieure & extérieure 

Reprise des exportations de pétrole vers la Turquie

Les exportations de pétrole irakien ont repris samedi vers le port turc de Ceyhan après avoir été interrompues pendant une semaine en raison d'un sabotage, a affirmé à l'AFP le porte-parole du ministère du Pétrole Assem Jihad.

"Les exportations ont repris à 14H30 (11H30 GMT) par l'oléoduc du nord", a affirmé le porte-parole. "Les réparations ont été plus rapides que prévues. Nous nous attendions à ce qu'elles soient plus lentes, notamment en raison de la fête d'Aïd al-Adha", a-t-il ajouté.

L'oléoduc avait été saboté près de la ville de Charqat, à 110 à l'ouest de la ville de Kirkouk (nord). Il s'agissait du troisième sabotage de cet oléoduc en deux mois.

Selon le ministère du Pétrole, les attaques menées par les résistants ont fait baisser les exportations de 4% en octobre par rapport au mois précédent, mais les revenus se sont accrus en raison de la montée des prix.

En octobre, l'Irak a exporté 1,87 million de barils par jour ce qui a rapporté 4,18 milliards de dollars pour un baril à 71,94 dollars.

En septembre, les exportations avaient atteint 1,95 million de b/j et avaient rapporté 3,87 milliards de dollars pour un prix moyen de 66,05 dollars le baril.

Le quart des exportations de l'Irak passe par le nord du pays.

29 novembre

http://www.romandie.com/ats/news/091129111354.qsxvutsn.asp


Prisons, exactions & torture

24-11

Depuis le début du mois, dans plusieurs procès, dix inculpés ont été condamnés à mort pour l'assassinat de 70 personnes ces dernières années, a affirmé un responsable de l'administration pénitentaire de la province de Diyala, au nord-est de Bagdad.
Selon lui, "dans les prisons du gouvernorat (de Diyala) sont incarcérés 150 prisonniers, dont 80 sont soupçonnés de meurtres". Ils appartiennent à différents groupes de résistants.
http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=112687&language=fr



b) Les occupants 

1) Usa

Obama

Obama: de moins en moins populaire.

La cote de popularité d’Obama continue de baisser, selon un sondage publié mercredi.

Les Américains sont 46% à approuver l'action de leur président, contre 44% qui la désapprouvent, selon ce sondage de l'université Quinnipiac.

La cote de popularité de M. Obama était passée sous la barre des 50% dans un précédent sondage Quinnipiac diffusé le 18 novembre, avec 48% d'opinions favorables.

«Il est évident que cette nouvelle détérioration est le résultat du mécontentement (des sondés) concernant les questions de politique intérieures», selon Peter Brown, de l'institut de sondage de l'université.

Le sondage a été réalisé du 1er au 6 décembre auprès de 2 313 personnes inscrites sur les listes électorales, avec une marge d'erreur de plus ou moins 1 point.

Agence France-Presse

 09 décembre 2009

http://www.cyberpresse.ca/international/etats-unis/200912/09/01-929337-obama-de-moins-en-moins-populaire.php?utm_source=bulletinCBP&utm_medium=email&utm_campaign=retention


Extension des guerres ?

08-12

Vu le regain des attaques, le commandant des troupes américaines en Irak, Ray Odierno, a souligné qu'il pourrait demander à Washington de retarder le retrait progressif des troupes si la situation le nécessitait.

Les troupes de combat doivent avoir quitté l'Irak d'ici août 2010, un prélude au désengagement total fin 2011. Quelque 115 000 soldats américains sont actuellement déployés en Irak.

Agence France-Presse

 

Robert Gates à Bagdad

Gates est arrivé jeudi à Bagdad pour une visite surprise au cours de laquelle il doit rencontrer les dirigeants irakiens et des commandants américains.

Selon le porte-parole du Pentagone Geoff Morrell, "cette visite fait partie des engagements (du responsable américain) auprès des autorités irakiennes et des forces (américaines) là-bas".

M. Gates devrait rencontrer plus tard dans l'après-midi le président irakien Jalal Talabani et M. Maliki, puis en soirée des commandants des troupes américaines, a précisé M. Morrell dans l'avion emmenant le secrétaire à la Defense en Irak.

Après les attentats de mardi, M. Gates affirmera à ses interlocuteurs que l'armée américaine est prête "à leur offrir toute assistance" pour gérer la situation après ces attaques.

Interrogé sur l'impact de ces attentats revendiqués par le réseau Al-Qaïda sur les projets de retrait américain, le porte-parole du Pentagone a répondu: "le général Ray Odierno (commandant des troupes américaines en Irak) ne croit pas que (ces attentats) auront un impact sur les plans de retrait".

Pour le porte-parole, les attentats de Bagdad "sont une tentative désespérée de tenter de déstabiliser le gouvernement en Irak" et de relancer les violences confessionnelles. Mais "je ne pense pas que quiconque croit que cela sera un succès", a-t-il ajouté.

AFP

10 décembre

http://www.romandie.com/ats/news/091210114339.tdyq8f05.asp


Politique intérieure & extérieure

Conférence de presse commune Obama-Erdogan à Washington

Le Président Obama, et le Premier ministre turc, Recep Tayyeb Erdogan, ont fait état de l'engagement réciproque de leurs pays dans la lutte contre le 'terrorisme.'

 Il semble, cependant, que les deux dirigeants aient des points de vue différents en ce qui concerne la définition du terrorisme et l'efficacité des moyens de lutte contre les organisations de resistance kurde.
Au cours d'une conférence de presse commune, à Washington, Erdogan a insisté sur l'importance qu'accorde Ankara à la lutte contre les terroristes du PKK,

tandis qu’ Obama mettait l'accent sur le danger du réseau Al-Qaïda.

En ce qui concerne le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), le Premier ministre turc a rappelé l'accord du 5 novembre 2007 entre les Etats-Unis et la Turquie, pour lutter, conjointement, contre les éléments du PKK, en tant qu'ennemis communs des Etats-Unis, de la Turquie et de l'Irak.
Il a reproché, ensuite, à la Maison Blanche de ne pas avoir réalisé ses promesses, dans ce domaine.

http://french.irib

9 Décembre

http://www.alterinfo.net/La-conference-de-presse-commune-...


Prisons, exactions & torture

Steven Dale Green reconnu coupable du viol et du meurtre d'une adolescente irakienne

L'ancien soldat américain reconnu coupable de viol et de meurtre a été condamné jeudi à la prison à perpétuité par un tribunal du Kentucky.
Ses avocats n'ont jamais nié son implication dans cette affaire, mais ils ont insisté sur le fait qu'il avait dû faire face à des conditions de stress exceptionnelles alors qu'il servait dans une zone de combat appelée le "Triangle de la mort" en Irak, au sein d'une unité qui avait subi de lourdes pertes et qui manquait d'un leadership suffisant.
Steven Dale Green, 24 ans, originaire du Texas, a échappé à la peine de mort, les jurés n'ayant pas réussi à se mettre d'accord sur une peine.
En mars 2006, après avoir joué aux cartes pendant un après-midi, parlé de sexe et avoir bu du whisky, Steven Dale Green et trois autres soldats s'étaient rendus au domicile d'Abeer Qassim al-Janabi, une adolescente de 14 ans vivant près de Mahmoudiya, une ville située à une trentaine de kilomètres au sud de Bagdad.
Green avait tiré et tué la mère de l'adolescente, ainsi que son père et sa soeur, avant d'être le troisième soldat à violer la jeune fille, et de lui tirer une balle dans la tête. Son corps avait ensuite été brûlé.
Les jurés fédéraux qui ont reconnu coupable Green de viol et de meurtres ont délibéré pendant plus de deux jours pour savoir s'ils le condamnaient à mort ou à la prison à perpétuité. Comme ils ne pouvaient pas se mettre d'accord à l'unanimité sur une peine, le verdict a été la perpétuité.
A Bagdad, des Irakiens ont affirmé qu'ils étaient choqués et déçus que Green n'ait pas été condamné à mort.
"Est-ce que le sang et l'honneur des Irakiens valent si peu, pour qu'une famille puisse être massacrée, une fille violée et tuée, et que le verdict soit la prison à perpétuité?", s'est interrogé Tariq Daoud, 55 ans.
Haidar Kadom, un enseignant de 31 ans, a qualifié pour sa part le verdict de "moquerie des droits irakiens". "Si un Irakien faisait la même chose à une militaire américaine, il serait considéré comme un terroriste et serait condamné à mort", a-t-il assuré.

AP
Env

Le camp de concentration américain de Bucca en Irak!!

Camp Bucca…

Pour les journalistes américains, il s’agissait de cette prison idéale où le Pentagone «tournait le dos à 180º à Abou Ghraib».

Lorsque ce site a été contraint de fermer ses portes le 17 septembre dernier, l’événement a reçu peu d’écho.

Et pourtant: grâce au témoignage d’un contractant extérieur qui y a travaillé de manière régulière durant des années, nous sommes en mesure de révéler qu’il s’agit, dans l’histoire contemporaine, du plus vaste centre de rétention géré par l’armée américaine.

Sans jugement, sans avocat, sans même un mandat d’arrêt, quelque 2000 à 3000 personnes y étaient retenues en 2005.

Elles étaient 9000 début 2006. Et début 2008, un record de 28 000 personnes y a été atteint: un authentique camp de concentration, au plein sens du terme.

Explication: en 2005-2006, face à la flambée des violences – et bien que l’Irak ne compte que 31,2 millions d’habitants – le Pentagone s’est lancé dans une campagne d’arrestations massives. Pas des résistants: des suspects, dénoncés à la suite d’un litige foncier ou d’une simple dispute. Au plus fort de cette campagne, les forces américaines ont détenu jusqu’à 60000 personnes dans le pays, alors que les forces irakiennes n’en détenaient de leur côté que 40000. Soit 100000 prisonniers, un chiffre aujourd’hui ramené à environ 60000.

C’est alors qu’un centre de détention autrefois mineur, Camp Freddy, situé en plein désert près de la ville d’Um Qasr, presque sur la ligne frontière du Koweït, a pris toute son importance. Lorsqu’ils s’en étaient emparés, en avril 2003, les Américains l’avaient rebaptisé «Camp Bucca», du nom de ce pompier new-yorkais tué dans l’effondrement des tours du World Trade Center. En plein territoire chiite, entouré d’un désert qui éteignait tout projet d’évasion, une population à 80% sunnite s’est retrouvée logée sous tentes, en conteneurs maritimes, puis en conteneurs de chantier, au petit bonheur selon les développements successifs et un rien anarchiques du camp. «Ici, la température atteint les 60º centigrades en été, – 10ºC en hiver, note notre source. Tous les prisonniers étaient habillés d’un jaune criard, un jaune canari: chaque homme – il n’y a pas une seule femme prisonnière – recevait pantoufles, couverture, tee-shirt jaune. A première vue, un traitement correct. Sauf lorsqu’on est 28000, et que tout est forcément plus difficile. La santé? Il y a un hôpital, avec la possibilité de petite chirurgie, de la dentisterie, et 15lits pour accueillir les patients. Mais lorsqu’on est 28000, vous imaginez les retards…»

Pourtant, ce ne sont pas les conditions matérielles qui angoissent le plus ces internés: c’est le futur. Que fait l’épouse, la famille? Comment survivent-ils?

«En principe, il n’y a pas d’interrogatoire à Camp Bucca, dit notre interlocuteur. En principe. Car on enferme pour deux raisons: soit pour supprimer un risque, soit pour obtenir du renseignement. Pour le renseignement, l’armée a compris que la violence n’est pas productive. Mais on mélange «par fausse inadvertance» un chiite de l’armée du Mahdi avec un wahhabite sunnite, histoire de provoquer un clash et des dénonciations. Le chantage et la menace sont également utilisés. Ne fût-ce que la menace de ne jamais sortir de ce «trou noir» juridique.»

Et pour sortir, pas de mystère: il faut se plier à des sessions de rééducation dignes du Nord-Vietnam: «L’idée est que les personnes peuvent être rééduquées. Les Américains ont ainsi mis en place des cours de peinture, où les motifs dépeignent la concorde entre Américains et Irakiens. Il y a aussi, avec l’accord de certains mollahs locaux, des groupes de relecture du Coran. Avec des mollahs approuvés par les Américains, bien sûr. Un certain nombre de cours de «rééducation» sont donnés. Si l’interné accepte, c’est un point en plus dans son dossier. L’armée le nie, mais c’est pris en compte: comme à Guantanamo, tous les dossiers sont revus par des commissions militaires (environ six personnes dont un traducteur), et le comportement du prisonnier est inscrit dans ce dossier.»

Tous les internés ne sont pas égaux: ils sont triés en trois niveaux de dangerosité. «Pour les hauts risques», ceux qu’ils appellent les «salafistes», soit 700 à 800 détenus, a été constitué un «quartier rouge». Ceux-là vivent par groupes de 10 à 15, logés à chaque fois dans deux conteneurs maritimes de 40 pieds (12 mètres) mis côte à côte, soudés l’un à l’autre et dans lesquels ont été ouvertes à la meule des fenêtres et aérations. Les soldats meulent aussi la cloison intérieure, pour former un seul espace. En gros, l’équivalent d’un conteneur permet aux 10 à 15prisonniers de dormir, l’autre conteneur abritant une arrivée d’eau avec lavabo et, derrière un rideau, un WC à la turque. Et c’est là-dedans que certains ont vécu plus de quatre ans, ne pouvant en sortir qu’une heure par jour…»

Petit calcul: en dimensions intérieures, un conteneur maritime fait 12,04 mètres sur 2,33 mètres. Quinze détenus se partagent donc 56,1 m², soit un espace moindre (3,74m²) que les 4,46 m² de Camp Echo, à Guantanamo. A titre de comparaison, l’ACA, l’Association pénitentiaire américaine, estime qu’un détenu a toujours droit – au minimum – à 7,43 m².

En revanche, l’unique heure quotidienne de promenade respecte – au cordeau – les règles standards minimales confirmées en mai 1977 par les Nations unies. «Mais, remarque notre source, ils sortent dans un espace clos avec double grillage et barbelés. Pour chaque logement de ce «quartier rouge», il y a une zone tampon, un mirador, un poste de garde avec deux ou trois hommes et, s’il faut intervenir en cas de désordre, une force d’intervention à disposition.»

Question: en septembre dernier, pourquoi avoir subitement fermé ce camp et relâché des milliers d’hommes qui en garderont un souvenir rageur? Parce que l’accord sur le statut des forces (Sofa) conclu entre Bagdad et Washington stipulait qu’à partir du 1er janvier 2009, les détentions devaient être justifiées par un mandat d’arrêt. Donc par un juge. Au strict minimum, il fallait ouvrir une information judiciaire. Dès lors, Camp Bucca était condamné. Ultime vacherie: ceux qui, à ce moment, ont pu être inculpés n’ont pas vu leurs années d’internement assimilées à de la détention préventive. Ils étaient tombés dans un trou noir, tout simplement.

Alain Lallemand, pour Le Temps (Suisse)

9 novembre 2009...04:33

http://tunisitri.wordpress.com/2009/11/09/les-camps-de-concentration-americains-en-irak/


Un centre d'équitation en Lituanie transformé en prison par la CIA

19/11/2009  

Un centre d'équitation lituanien a servi de prison à la CIA qui y interrogeait en secret sur le sol européen des suspects d'Al-Qaïda, a rapporté ABC News, citant des responsables du gouvernement de Vilnius et un ex-responsable du renseignement américain.
 Jusqu'à huit personnes suspectées d'appartenir à Al-Qaïda ont été interrogées en même temps dans ce centre équestre situé près de la capitale Vilnius, a indiqué cette chaine de télévision américaine qui n'identifie pas ces responsables.
 La CIA avait à cet effet fait aménager le bâtiment après l'avoir racheté en sous main, selon cette même source.
Début novembre, le parlement lituanien avait annoncé l'ouverture d'une enquête sur l'existence présumée d'une prison secrète de la CIA en Lituanie où auraient été incarcérées des personnes soupçonnées de terrorisme.
La commission d'enquête, qui doit notamment vérifier si cela s'est fait avec la complicité des autorités lituaniennes, doit rendre ses conclusions avant la fin de l'année.
En octobre, la présidente lituanienne Dalia Grybauskaite avait déclaré avoir des
"soupçons indirects" sur la présence à une période récente d'une prison secrète de la CIA en Lituanie.
Elle s'était notamment engagée à enquêter sur des allégations surgies en août, suite à des informations de cette même chaîne de télévision  ABC News selon lesquelles la Lituanie avait permis aux Etats-Unis de détenir sur son territoire, dans une prison secrète de la CIA, des personnes suspectées d'appartenir à Al-Qaïda. Cette prison, selon ABC News, a fonctionné jusqu'en2005.

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=111942&language=fr

http://questionscritiques.free.fr/politiques/Jacques_Myard/armes_de_destruction_massive_rapport_parlementaire_181109.htm



a)    Les voisins de l'Irak

Turquie

Les Etats-Unis sont 'critiqués' pour ne pas exercer leur influence sur le gouvernement local du Kurdistan irakien.

Simultanément à la visite du Premier ministre Erdogan, à Washington, la presse turque a fait état de la mort de plusieurs effectifs des forces de l'ordre turques, lors d'affrontements avec les hommes du PKK, dans le sud-est du pays.

Les Etats-Unis sont, surtout, critiqués, pour ne pas exercer leur influence sur le gouvernement local du Kurdistan irakien, afin d'empêcher les activités des éléments du PKK qui se servent du nord de l'Irak pour organiser leurs opérations sur le territoire de la Turquie.

Des observateurs mettent la réponse négative d'Ankara à la demande de la Maison Blanche d'envoyer des soldats, en Afghanistan, sur le compte du mécontentement de la Turquie en ce qui concerne l'attitude de Washington par rapport au PKK.
Outre la question du 'terrorisme', le Premier ministre turc veut s'entretenir avec les autorités américaines de la possibilité de l'approbation d'une résolution par le Congrès américain, concernant le génocide des Arméniens, en 1915, d'une part, et le conflit de Chypre, de l'autre.

Selon les analystes, si Erdogan réussit à obtenir les garanties nécessaires à propos de ces dossiers importants pour la Turquie, sa visite aux Etats-Unis sera considérée comme un tournant important dans les relations entre Washington et Ankara.

http://french.irib

9 Décembre

http://www.alterinfo.net/La-conference-de-presse-commune-Obama-Erdogan-a-Washington_a40170.html



n°463 - Journal d'Irak - 21-11 au 12-12-09 - : Fin - : Pour l'armée américaine, la guerre est un jeu.


n°463 -  Journal d'Irak - 21-11 au 12-12-09 - : Fin - : Pour l'armée américaine, la guerre est un jeu.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!



Journal d'Irak

n°463                 du 21/11                   au 12/12/09

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire :

3 Politique

1) collaborateurs Irakiens

2) occupants 

4 Libération du territoire

Détails. (suite)

L'Irak en chiffre. 

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Les téléspectateurs irakiens découvrent une mystérieuse "Chaîne Saddam"

5-2 Torture made in USA», une enquête exclusive

5-3 Le MIR rencontre Muntadhar al-Zaïdi.

5-4 Pour l'armée américaine, la guerre est un jeu.

5-5 Sans commentaire.

5-6 Le lanceur de chaussures contre Bush, lui-même visé par un jet de chaussure......

 


4 Les organisatins mondiale.

Amnesty.

120 prisonniers exécutés en Irak en 2009, selon Amnesty.

Cent vingt prisonniers ont été exécutés en Irak en 2009 et 900 se trouvent actuellement dans les couloirs de la mort, a affirmé l'organisation de Defense des droits de l'Homme Amnesty international dans un communiqué.

"Les autorités irakiennes doivent cesser immédiatement l'exécution de plus de 900 personnes, dont 17 femmes, dans les couloirs de la mort qui ont épuisé leurs recours légaux et pourraient être exécutés à tout moment", a ajouté Amnesty.

Selon Amnesty, de nombreux condamnés à mort ont été reconnus coupables de meurtres ou d'enlèvements et "certains ont pu être condamnés après des procès injustes" ou des confessions extorquées sous la torture.

La peine de mort a été réinstaurée en Irak en 2004 par décret.

En 2008, l'Irak a condamné à mort au moins 285 personnes et au moins 34 ont été exécutées, selon Amnesty. En 2007, au moins 199 personnes ont été condamnées à la peine capitale et au moins 33 exécutées alors qu'en 2006, 65 personnes ont été pendues.

Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki est un ardent partisan de la peine de mort.

5/12

http://www.rtlinfo.be/info/monde/international/291423/irak-120-prisonniers-executes-en-2009-selon-amnesty



4 Lutte pour la libération du territoire

Pertes déclarée des occupants.

Les armées répugnent à donner des chiffres officiels 



Les combats par provinces

1-1 Bagdad

08-12

Le ministère du Travail a été visé, de même qu’un palais de justice et le nouveau site du ministère irakien des Finances, dont les anciens bureaux ont été détruits dans une explosion en août. C’est près du nouveau ministère des Finances que le bilan était le plus lourd, mais on ignorait le décompte exact par site. Ces trois attaques ont fait au moins 99 morts et 192 blessés.
Dans le cas du ministère des Finances, c’est un kamikaze qui a exécuté l’attaque avec une ambulance bourrée d’explosifs.

Les deux autres explosions ont été menées avec des voitures piégées.
Une heure plus tôt, un kamikaze avait frappé une patrouille de police dans le quartier de Dora, dans le sud de la capitale, tuant au moins trois policiers et un civil et blessant cinq personnes.
08 décembre
http://www.aloufok.net/spip.php?article1139

 

08 décembre

http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/200912/08/01-928950-mardi-sanglant-a-bagdad-127-morts.php?utm_source=bulletinCBP&utm_medium=email&utm_campaign=retention

09-12

Sept personnes ont été tuées et 26 blessées et un policier a été abattu par un tireur embusqué à Azamiya, un quartier du nord de Bagdad.

AP

12-12

Trois policiers ont été tués et deux autres blessés samedi dans un attentat dans le nord de l'Irak, selon la police.

Kirkouk, principale ville de la région kurde du nord de l'Irak, a indiqué le colonel de police Sherzad Morferi.

AP


1-2 Province d'Anbar (vaste territoire à l'ouest de Bagdad comprenant les villes de Amiriya, Baghdadi, Diyarah, Falloujah, Habbaniyah, Haditha, Haqlaniyah, Hawija Hit, Houssabayh, Karabilah,  Khaldiyah, Koussaïba, Mahawil, Oubaïdi, Ramadi (capitale de la province d'Al-Anbar,) Kaïm (à la frontière avec la Syrie), Sindjar & Zaidan

Youssoufia,

11-12

L'explosion de deux bombes a fait six morts et 21 blessés vendredi à Youssoufia, à une vingtaine de km au sud de Bagdad, dans l'un des secteurs jadis considérés comme les plus dangereux d'Irak et surnommé "le triangle de la mort".

Selon la police, le premier engin se trouvait dans un magasin.

Une deuxième bombe, dissimulée dans une voiture, a explosé à l'arrivée des forces de sécurité.

Deux des six victimes étaient des policiers.

Reuters


1-3 Province de Ninive (Mossoul (capitale de la région nord du pays - à 375 km au nord de Bagdad,) Afar )

Mohalabiya 

04-12

Deux soldats postés à un barrage près d'une base militaire ont été tués dans la localité de Mohalabiya, à 40 km au nord-ouest de Mossoul (350 km au nord de Bagdad), par des hommes à bord d'un véhicule qui ont ouvert le feu sur eux.
Le quotidien libanais d'expression française


1-4 Province de Salaheddine

Tikrit

04-12

Le chef de la collaboration Ahmad al-Fahal, de la province irakienne de Salaheddine et quatre autres personnes ont été tués hier dans un attentat-suicide à Tikrit (Nord), a affirmé à l'AFP une source policière. Le lieutenant-colonel Ahmad al-Fahal, se trouvait à l'intérieur d'une bijouterie du centre de Tikrit avec ses gardes du corps au moment de l'attentat, a indiqué le colonel de police Abdel Hadi.

Le quotidien libanais d'expression française



L’Irak en chiffres (depuis le début de la guerre de conquête en mars 2003) 



Peuple

 

Civils tués (depuis l'occupation)   

2.500.840

Civils blessés (depuis l'occupation) 

 147.810 ( chiffre très très minimum)

Civils violés (par les troupes d'occupations)

2.507     (voir Ibrahim Allousch

Civils/Résistants arrêtes : (une dizaine par jour...)

8.945   (chiffre minimum)

Résistants (décrit tel quel ) tués

4.050 (chiffre minimum)

Résistants (décrit tel quel ) blessés

3.888   (chiffre minimum)

En prison

34.000 (chiffre minimum)

Embargo

750.000 enfants (chiffre minimal)

Embargo

750.000 adultes (chiffre moyen)

 

 

Militaires irakiens tués pendant l'invasion

45.596 (chiffre minimal)

Civils tués pendant l'invasion

120.200 (chiffre minimal)

 

 

Coalition

 

Nombre de Soldats tués (ou morts...) 

34.687

Soldats rapatriés (blessés ou malades)

74.4102

(*) dont 10% meurent en cours de route ou à l'hopital)

 

Disparus (dans la nature)

1.014

Désertions

5.501

Mutinerie

2 corps + 25

Aide psychologique

66.108***

Suicides

Mercenaires tues                                                                                 

5.683 (chiffre très minimal)

933

non-combattants accidentés,

27 103

Policiers/soldats/miliciens irakiens  tués

13.074

Policiers /soldats/miliciens irakiens blessés

26.935(chiffre minimal)

Policiers /soldats irakiens disparus (dans la nature)

13.916

 

 

Autres tués (collaborateur)

5.658

Autres blessés (collaborateur)

9.705

 

 

Nombre d'attaques de la résistance de 2003 à 2008:

Oléoducs, les infrastructures pétrolières & d'électricité

 

 164.000,

464 attaques (grand minimum)

Infrastructures du rail

195 attaques (idem)

Hélicoptères

104  ++              (idem)

Avions (& drone)

28 ++

 


Number Of Iraqis Slaughtered In US War And Occupation Of Iraq "1,331,578"


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Les brèves de l’humanisme à l’ère numérique.

                                                               Cout de la guerre :

                                              http://www.cyberhumanisme.org/breves.html



5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

5-1 Les téléspectateurs irakiens découvrent une mystérieuse "Chaîne Saddam"

En allumant leur télévision ce week-end, des Irakiens ont été surpris d'y découvrir un visage qui leur était jadis familier: celui de Saddam Hussein.

Le défunt apparaît sur une mystérieuse chaîne satellitaire qui a commencé à émettre le jour anniversaire, dans le calendrier islamique, de son exécution en 2006.

Personne ne semble savoir qui finance la "Chaîne Saddam", bien que le gouvernement irakien soupçonne les Baasistes, dont le parti politique était dirigé par Saddam Hussein quand il était au pouvoir.

The Associated Press a retrouvé un homme à Damas, en Syrie, nommé Mohammed Jarboua, qui dit être le président de cette chaîne.

La Chaîne Saddam, a-t-il assuré, "n'a pas reçu un sou des Baasistes", et elle est destinée aux Irakiens et autres arabes qui regrettent son autorité.

Mohammed Jarboua a fait des efforts considérables pour cacher l'endroit d'où la chaîne émet et refuse de dire qui la finance, à part "des gens qui nous aiment".

Les Irakiens, surpris de découvrir Saddam Hussein sur leurs télévisions, ont répondu par les émotions diverses qui ont marqué son règne. "Les Irakiens n'ont pas besoin d'une telle chaîne satellitaire parce qu'elle a des intentions hostiles", a affirmé Hassan Subhi, 28 ans, propriétaire d'un café Internet dans l'est de Bagdad.

D'autres disent avoir eu un sentiment de nostalgie. "Toute ma famille s'est sentie triste", a déclaré Samar Majid, un enseignant habitant dans l'ouest de Bagdad, en faisant référence aux images diffusées de l'exécution de Saddam Hussein, et de photos de ses deux fils et d'un de ses petit-fils.

La chaîne, qui est diffusé dans le monde arabe, a commencé à émettre vendredi, le premier jour de l'Eid al-adha, la fête la plus importante dans le calendrier islamique. Il y a trois ans, Saddam Hussein avait été pendu le premier jour de l'Eid al-Adha

29/11

http://fr.news.yahoo.com/3/20091129/twl-irak-saddam-hussein-television-1def439_2.html


5-2 Torture made in USA», une enquête exclusive .

A Guantanamo comme en Irak ou en Afghanistan, l'administration Bush a institutionnalisé la torture. Ses juristes ont tout fait pour s'exonérer des conventions de Genève et du droit de la guerre. Du 19 octobre au 19 décembre, Mediapart diffuse, en partenariat avec ACAT-France, Amnesty International et Human Rights Watch, l'enquête exclusive de la journaliste Marie-Monique Robin.

Un documentaire de 85 minutes que vous n'avez pas pu voir à la télévision.

Pour un affichage plein écran, cliquez sur le carré en bas à droite du lecteur.

http://www.mediapart.fr/contenu/torture-made-usa-une-enquete-exclusive


5-3 Le MIR rencontre Muntadhar al-Zaïdi.
par IndigènesTV, la télé du MIR

Célèbre dans le monde entier pour avoir lancé sa chaussure à la tête de Bush, le journaliste irakien, Muntadhar al-Zaïdi,était à Paris la semaine passée. Houria Bouteldja, notre porte-parole, et Mahdi Meftah, responsable des relations avec les mouvements de résistance anticolonialistes dans le monde arabe au sein du MIR, l’ont rencontré. (La traduction en français des propos de Muntadhar est assurée au fur et à mesure).

9 décembre

VIDEO ICI : http://www.dailymotion.com/video/xbfec7_les-indigenes-de-la-republique-avec_news


5-4 Pour l'armée américaine, la guerre est un jeu.

L'armée américaine a investi 32,8 millions de dollars (environ 22,3 millions d'euros) dans son jeu vidéo, America's Army, qui lui sert d'outil de recrutement.

Une somme qui a servi à faire sa publicité en plus de sa commercialisation comme tous les autres FPS, rapporte le site techradar.com

Sur le site du jeu, on peut lire: «Le jeu officiel de l'armée américaine, qui apporte aux jeunes Américains un environnement virtuel en ligne dans lequel ils peuvent explorer une carrière de l'armée.»

Le site Gamespot souligne que les dépenses sont étalées sur 10 ans, puisque la première version du jeu est sortie en 2002, mais que le développement a commencé en 2000. Sur ordinateur, le jeu a connu plusieurs mises à jour et packs d'expansion avant qu'un deuxième volet sorte cette année, tandis que des versions pour Playstation 2 et Xbox sont également sorties. Le tout aux frais du contribuable américain.

12-12

[Lire l'article complet sur gamespot.com]


5-5 Sans commentaire.

 Modern Warfare 2: la guerre, c'est l'enfer

Vous êtes peut-être déjà au courant, mais Call of Duty: Modern Warfare 2 s'est vendu à près de 5 millions d'exemplaires en Amérique du Nord et en Grande-Bretagne le premier jour de sa sortie, la semaine dernière - ce qui nous donne du 310 millions de dollars en recette de ventes, «la plus grosse sortie de l'histoire, toutes formes de divertissements confondues» selon l'éditeur Activision. Cependant, la réalisation la plus remarquable de ce jeu est artistique: c'est un FPS qui se joue comme une tragédie, et non pas comme un fantasme de puissance. C'est le jeu de guerre le plus pacifiste auquel je n'ai jamais joué, un simulateur de meurtre qui ne vous laissera pas oublier la nature de vos actions.

VIDEO:

http://www.youtube.com/watch?v=429l13dS6kQ&feature=player_embedded#

 

http://www.slate.fr/story/14245/americasarmy-jeux-video-a...


5-6 Le lanceur de chaussures contre Bush, lui-même visé par un jet de chaussure......

Un individu se présentant comme un journaliste a lancé hier à Paris une chaussure sur le journaliste irakien Mountazer al-Zaïdi, célèbre pour avoir lui-même lancé ses chaussures sur l'ex-président américain George W. Bush. Lors d'une conférence de presse à Paris, un homme qui s'est présenté en arabe comme un journaliste irakien en exil a accusé dans une courte déclaration Mountazer al-Zaïdi d'être partisan d'une dictature, avant de crier « voilà une autre chaussure pour toi ». Mountazer al-Zaïdi a esquivé la chaussure, qui a fini sa course sur un rideau derrière les intervenants à cette conférence de presse.

Une brève bagarre a suivi entre le frère de Mountazer al-Zaïdi et l'agresseur, un homme trapu vêtu d'une veste en cuir, qui a ensuite été évacué de la salle. « Quand j'ai utilisé cette méthode, c'était contre l'occupation.
Je ne l'ai pas utilisée contre un compatriote », a réagi Mountazer al-Zaïdi.

http://www.lorientlejour.com/category/International/article/639543/Breves_regionales.html



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


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12/12/2009

n° 53 - Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan- 10-12 :- Début - : Gladio -Pourquoi l'OTAN, la CIA et le MI6 continuent de nier.

n° 53 -  Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan- 10-12 :- Début - : Gladio -Pourquoi l'OTAN, la CIA et le MI6 continuent de nier.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'Otan et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan.

n° 53- 10-12

C.De Broeder & M.Lemaire


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Sommaire.

1-1  Daniele Ganser : Gladio -Pourquoi l'OTAN, la CIA et le MI6 continuent de nier

Fin

1-2 Daniele Ganser : Les égouts de Sa Majesté.



1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

1-1 Daniele Ganser : Gladio -Pourquoi l'OTAN, la CIA et le MI6 continuent de nier

Les armées secrètes de l'OTAN (III)

Alors que l’existence du gouvernement de l’ombre institué par les États-Unis et le Royaume-Uni dans l’ensemble des États alliés est attestée par des enquêtes judiciaires et parlementaires dans les années 80-90, l’OTAN, la CIA et le MI6 continuent à nier. C’est que Washington et Londres n’y voient pas un épisode historique, mais un dispositif actuel (comme l’a montré l’affaire des enlèvements en Europe et des vols secrets durant l’ère Bush). Les armées secrètes de l’OTAN sont toujours couvertes par le secret-Défense, parce qu’elles sont toujours actives.

Cet article fait suite à:
1. « 
Quand le juge Felice Casson a dévoilé le Gladio… »
2.
« Quand le Gladio fut découvert dans les États européens… »

Au moment des découvertes sur le réseau Gladio en 1990, l’OTAN, la plus grande alliance militaire du monde, regroupait 16 nations : l’Allemagne, la Belgique, le Canada, le Danemark, l’Espagne, la France, la Grèce, l’Islande, l’Italie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, le Royaume-Uni, la Turquie et les États-Unis, ces derniers assumant un rôle de commandement. L’Alliance réagit confusément aux révélations du Premier ministre italien Andreotti et craignit pour son image lorsque les armées stay-behind furent associées à des attentats, des actes de torture, des coups d’États et d’autres opérations terroristes perpétrés dans plusieurs pays d’Europe de l’Ouest.

Le lundi 5 novembre 1990, après un long silence de près d’un mois, l’OTAN nia catégoriquement les allégations d’Andreotti concernant son implication dans l’Opération Gladio et ses liens avec les armées secrètes. Le principal porte-parole de l’Organisation, Jean Marcotta, affirma depuis le quartier général du SHAPE, à Mons, en Belgique, que : « L’OTAN n’a jamais envisagé de recourir à la guérilla ou à des opérations clandestines ; elle s’est toujours occupée de questions exclusivement militaires et de la défense des frontières des pays Alliés [1]. » Puis, le mardi 6 novembre, un autre porte-parole expliqua que le démenti de la veille était faux. Il ne fournit aux journalistes qu’un bref communiqué précisant que l’OTAN ne commentait jamais les questions couvertes par le secret militaire et que Marcotta aurait dû observer le silence [2]. La presse internationale critiqua amèrement ces cafouillages dans la stratégie de relations publiques de l’alliance militaire : « Pendant que de véritables séismes frappent le continent entier, un porte-parole de l’OTAN apporte un démenti : on ignore tout de Gladio et des réseaux stay-behind. Et voici qu’un communiqué laconique vient ensuite démentir le démenti "incorrect" et rien de plus [3] ».

Tandis que la crédibilité de l’OTAN s’ébranlait, les journaux titraient « Une unité clandestine de l’OTAN "soupçonnée de liens avec le terrorisme" » [4]. « Un réseau secret de l’OTAN accusé de subversion : La Commission a découvert que Gladio, le bras armé clandestin de l’OTAN en Italie, était devenu un repaire de fascistes combattant le communisme au moyen d’attentats terroristes visant à justifier un durcissement des lois. » [5] « La bombe qui a explosé à Bologne provenait d’une unité de l’OTAN » [6]. Un diplomate de l’OTAN, qui insista pour conserver l’anonymat, justifia devant des journalistes : « Puisqu’il s’agit d’une organisation secrète, je ne m’attends pas à ce que les réponses abondent, même si la Guerre froide est terminée. S’il y a eu des liens avec des organisations terroristes, ce genre d’informations doit être enterré très profondément. Si ce n’est pas le cas, qu’y a-t-il de mal à préparer le terrain pour la résistance pour le cas où les Soviétiques attaqueraient ?  » [7]

Selon la presse espagnole, immédiatement après le fiasco de l’opération de communication des 5 et 6 novembre, le secrétaire général de l’OTAN Manfred Wörner convoqua les ambassadeurs de l’Alliance Atlantique pour une réunion d’information à huis clos sur Gladio, le 7 novembre. Le «  Supreme Headquarters Allied Powers Europe ou SHAPE, l’organe de commandement de l’appareil militaire de l’OTAN, coordonnait les actions de Gladio, c’est ce qu’a révélé le secrétaire général Manfred Wörner pendant un entretien avec les ambassadeurs des 16 nations alliées de l’OTAN », put-on lire dans la presse espagnole. « Wörner aurait demandé du temps pour mener une enquête afin de découvrir les raisons du démenti formel » rendu public la veille par l’OTAN. « C’est ce qu’il aurait annoncé aux ambassadeurs du Conseil Atlantique réunis le 7 novembre, si l’on en croit certaines sources. » L’officier le plus haut placé de l’OTAN en Europe, le général états-unien John Galvin, avait confirmé que les allégations de la presse étaient en grande partie fondées, mais que le secret devait être gardé. « Au cours de cette réunion à huis clos, le secrétaire général de l’OTAN a précisé que les gradés interrogés, (il faisait référence au général John Galvin, commandant en chef des forces alliées en Europe), avaient indiqué que le SHARP coordonnait les opérations menées par Gladio. Dorénavant, la politique de l’OTAN sera de refuser tout commentaire sur les secrets officiels. » [8]

Selon des sources qui ont souhaité conserver l’anonymat, le Bureau de Sécurité de l’OTAN aurait été directement impliqué dans l’Opération Gladio [9]. Hébergé au quartier général de l’OTAN à Bruxelles, le mystérieux Bureau de Sécurité fait partie intégrante de l’OTAN depuis la création de l’Alliance en 1949. Sa mission consiste à coordonner, superviser et appliquer les politiques de sécurité de l’OTAN. Le directeur de la Sécurité est le principal conseiller du secrétaire général pour les questions de sécurité ; il dirige le Service de Sécurité du quartier général et est responsable de la coordination générale de la sécurité au sein de l’OTAN. Mais surtout, il est le président du Comité de Sécurité de l’Alliance qui réunit régulièrement les chefs des Services de Sécurité des pays membres pour discuter des questions d’espionnage, de terrorisme, de subversion et d’autres menaces, parmi lesquelles le communisme en Europe de l’Ouest, qui pourraient représenter un danger pour l’OTAN.

En Allemagne, le chercheur Erich Schmidt Eenboom rapporta que les patrons des services secrets de plusieurs pays d’Europe occidentale, et notamment de l’Espagne, de la France, de la Belgique, de l’Italie, de la Norvège, du Luxembourg et du Royaume-Uni, s’étaient réunis plusieurs fois à la fin de l’année 1990, et ce, afin d’élaborer une stratégie de désinformation pour contrer les nombreuses révélations sur Gladio [10]. Ces réunions se déroulèrent vraisemblablement au très secret Bureau de Sécurité. « Le fait que les structures clandestines de Gladio aient été coordonnées par un comité de sécurité international composé uniquement de représentants des services secrets », remarque le quotidien portugais Expresso, « pose un autre problème : celui de la souveraineté nationale de chacun des États ». Durant la Guerre froide, certains services de renseignement agissaient hors de tout cadre démocratique. «  Il semble que plusieurs gouvernements européens aient perdu le contrôle de leurs services secrets » tandis que l’OTAN entretenait, elle, des liens très étroits avec les services secrets militaires de chacun des États membres. « Il paraît évident que l’OTAN applique un principe de confiance restreinte. Selon cette doctrine, certains gouvernements ne luttant pas assez activement contre le communisme, il est donc inutile de les informer des activités de l’armée secrète de l’OTAN. » [11].

Sous le titre « Manfred Wörner raconte le Gladio », la presse portugaise publia des détails supplémentaires sur la réunion du 7 novembre. « Le secrétaire général de l’OTAN, l’Allemand Manfred Wörner a expliqué aux ambassadeurs des 16 pays alliés de l’OTAN la fonction du réseau secret - qui fut créé dans les années cinquante afin d’organiser la résistance dans l’éventualité d’une invasion soviétique. » Derrière des portes closes, « Wörner a confirmé que le commandement militaire des forces alliées, le Supreme Headquarters Allied Powers Europe (SHAPE), coordonne les activités du “Réseau Gladio”, mis sur pied par les services secrets des différents pays de l’OTAN, par l’intermédiaire d’un comité créé en 1952 et actuellement présidé par le général Raymond Van Calster, chef des services secrets militaires belges », on apprit plus tard qu’il s’agissait de l’ACC. D’après le journal, « la structure a été bâtie en Italie avant 1947, puis des réseaux similaires ont été créés en France, en Belgique, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, au Luxembourg, au Danemark, en Norvège et en Grèce ». « Le secrétaire général a également reconnu que le SHAPE avait fourni de "fausses informations" en niant l’existence d’un tel réseau secret, mais il a refusé de s’expliquer sur les nombreuses contradictions dans lesquelles les différents gouvernements s’étaient englués en confirmant ou niant la réalité des réseaux Gladio dans leurs pays respectifs ». [12]

Au milieu de la tourmente, la presse tenta à plusieurs reprises d’obtenir une explication ou, ne serait-ce qu’un commentaire, de la plus haute autorité civile de l’OTAN, le secrétaire général de l’OTAN Manfred Wörner. Mais, conformément à la politique de l’Alliance qui consistait à ne pas se prononcer sur les secrets militaires, Wörner rejeta toutes les demandes d’interviews [13]. Le terme « secrets militaires » focalisa l’attention des journalistes qui se mirent en quête d’anciens responsables de l’OTAN à la retraite susceptibles de s’exprimer plus librement sur toute l’affaire. Joseph Luns, un ancien diplomate de 79 ans, qui avait occupé les fonctions de secrétaire général de l’OTAN de 1971 à 1984 accorda un entretien téléphonique à des reporters depuis son appartement de Bruxelles. Il prétendit n’avoir jamais été informé de l’existence du réseau secret jusqu’à ce qu’il l’ait récemment lue dans la presse : «  Je n’en ai jamais entendu parler et pourtant j’ai exercé quelques responsabilités au sein de l’OTAN ». Luns admit toutefois avoir été briefé « ponctuellement » à l’occasion d’opérations spéciales et estima « peu probable mais pas impossible » que Gladio ait pu exister à son insu [14].

« Le seul organisme international qui ait jamais fonctionné, c’est l’OTAN, tout simplement parce qu’il s’agit d’une alliance militaire et que nous étions aux commandes », répondit un jour le président états-unien Richard Nixon [15]. Il faisait remarquer à juste titre que, bien que l’OTAN ait son siège européen en Belgique, son véritable quartier général se trouve au Pentagone, à Washington. Depuis la création de l’Alliance Atlantique, le commandant en chef de la zone Europe, le SACEUR (Supreme Allied Commander Europe), exerçant ses fonctions depuis son quartier général, le SHAPE, établi à Casteau, en Belgique, avait toujours été un général états-unien. Les Européens pouvaient, quant à eux, nommer le plus haut responsable civil, le secrétaire général. Mais depuis la nomination du général Dwight Eisenhower comme premier SACEUR, la plus haute fonction militaire en Europe fut systématiquement occupée par des officiers états-uniens [16]

Officier de la CIA à la retraite, Thomas Polgar confirma, après la découverte des armées secrètes d’Europe de l’Ouest, que celles-ci étaient coordonnées par « une sorte de groupe de planification de guerre non conventionnelle » lié à l’OTAN [17]. Ses propos furent confirmés par la presse allemande qui souligna que, durant toute la période de la Guerre froide, ce département secret de l’OTAN était demeuré sous domination états-unienne. « Les missions des armées secrètes sont coordonnées par la “Section des Forces Spéciales”, située dans une aile du quartier général de l’OTAN à Casteau placée sous haute surveillance », relata un journal allemand. « Une porte grise en acier qui s’ouvre comme un coffre-fort de banque et protégée par une combinaison chiffrée, défend l’accès à toute personne non autorisée. Les officiers des autres départements, qui sont invités à y entrer, doivent dès l’entrée se présenter à un guichet sombre où ils sont contrôlés. La Section des Forces Spéciales est dirigée par des officiers britanniques ou états-uniens exclusivement et la plupart des documents qui y circulent portent l’inscription “American eyes only” (À l’intention du personnel US uniquement) » [18].

Pour contrer l’influence des partis communistes dans certains pays d’Europe de l’Ouest, l’OTAN s’était livrée, dès sa création au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, à une guerre secrète non conventionnelle. D’après les découvertes de l’enquête parlementaire belge sur Gladio, cette lutte aurait même été engagée avant la fondation de l’Alliance, et coordonnée dès 1948 par le "Clandestine Committee of the Western Union" (CCWU), le Comité Clandestin de l’Union Occidentale. Selon la presse, toutes les « nations [participant à Gladio] étaient membres du CCWU et assistaient régulièrement à des réunions par l’intermédiaire d’un représentant de leurs services secrets. Ceux-ci étaient généralement en contact direct avec les structures stay-behind » [19].

Quand, en 1949, fut signé le Traité de l’Atlantique Nord, le CCWU fut secrètement intégré au nouvel appareil militaire international et opéra à partir de 1951 sous la nouvelle appellation CPC. À cette époque, le quartier général européen de l’OTAN était situé en France et le CPC avait son siège à Paris. Comme le CCWU avant lui, le Comité assurait la planification, la préparation et la direction des opérations de guerre non conventionnelle menées par les armées stay-behind et les Forces Spéciales. Seuls les officiers disposant des autorisations de niveau supérieur étaient autorisés à pénétrer au siège du CPC où, sous la surveillance des experts de la CIA et du MI6, les chefs des services secrets des États d’Europe occidentale se réunissaient plusieurs fois dans l’année afin de coordonner les opérations de guerre clandestine menées dans tout l’Ouest du continent.

Lorsqu’en 1966 le président de la République Française Charles de Gaulle chassa l’OTAN de France, le quartier général européen de l’Alliance militaire dut, à la colère du président des États-Unis Lyndon Johnson, déménager de Paris à Bruxelles. Dans le plus grand secret, le CPC s’installa lui aussi en Belgique, comme le révéla l’enquête sur le Gladio belge [20]. L’expulsion historique de l’OTAN du territoire français offrit alors un premier véritable aperçu des noirs secrets de l’Alliance militaire. Pour le spécialiste des opérations secrètes Philip Willan : « L’existence de protocoles secrets de l’OTAN impliquant les services secrets des pays signataires et visant à éviter l’accession au pouvoir par les communistes fut divulguée pour la première fois en 1966, quand le président de Gaulle décida de se retirer du commandement conjoint de l’OTAN et dénonça ces protocoles comme une atteinte à la souveraineté nationale » [21].

Si les documents originaux des protocoles anticommunistes secrets de l’OTAN demeurent confidentiels, les spéculations sur leur contenu ne cessèrent de se multiplier suite à la découverte des armées secrètes stay-behind. Dans un article consacré à Gladio, le journaliste américain Arthur Rowse écrivit qu’une « clause secrète du traité initial de l’OTAN de 1949 stipulait que tout pays candidat à l’adhésion devait avoir établi au préalable une autorité de Sécurité nationale chargée d’encadrer la lutte contre le communisme par des groupes clandestins de citoyens » [22]. Un spécialiste italien des services secrets et des opérations clandestines, Giuseppe de Lutiis, découvrit qu’au moment d’intégrer l’OTAN en 1949, l’Italie signa, outre le Pacte Atlantique, une série de protocoles secrets prévoyant la création d’une organisation non officielle « chargée de garantir l’alignement de la politique intérieure italienne sur celle du bloc de l’Ouest par tous les moyens nécessaires, même si la population devait manifester une inclination divergente » [23]. L’historien italien spécialiste du Gladio Mario Coglitore a également confirmé l’existence de ces protocoles secrets de l’OTAN [24]. Suite aux révélations de 1990, un ancien officier du renseignement de l’OTAN, qui veilla à conserver l’anonymat, alla jusqu’à affirmer que ces documents protégeaient explicitement les membres de l’extrême droite jugés utiles dans la lutte contre les communistes. Le président des États-Unis Truman et le chancelier allemand Adenauer auraient « signé un protocole secret lors de l’adhésion de la RFA à l’OTAN en 1955, dans lequel il était convenu que les autorités de l’Allemagne de l’Ouest s’abstiendraient d’entamer des poursuites à l’encontre des extrémistes de droite reconnus » [25].

Le général italien Paolo Inzerilli, qui commanda le Gladio dans son pays de 1974 à 1986, souligna que les « Américains omniprésents » contrôlaient le CPC secret qui était en charge de la coordination de la guerre clandestine. Selon lui, le Comité avait été fondé « sur ordre du commandant en chef de l’OTAN en Europe. Il constituait l’intermédiaire entre le SHAPE, le quartier général des puissances alliées d’Europe, et les services secrets des États membres pour les question de guerre non conventionnelle » [26]. Les États-Unis contrôlaient le CPC avec leurs vassaux britanniques et français et constituaient avec eux une "Commission Exécutive" au sein du Comité. « Les réunions se succédaient au rythme d’une ou deux par an au quartier général du CPC, à Bruxelles, et les questions à l’ordre du jour étaient débattues entre la “Commission Exécutive” et les responsables militaires », témoigna Inzirelli [27].

« La coordination des actions de notre réseau stay-behind avec celles des structures clandestines analogues en Europe était assurée par le CPC, le Coordination and Planning Committee [Comité de Planification et de Coordination] du SHAPE, le quartier général des puissances alliées d’Europe », décrivit le général italien Gerardo Serravalle. Prédécesseur du général Inzirelli, il avait commandé le Gladio en Italie entre 1971 et 1974 ; il raconta que « pendant les années soixante-dix, les membres du CPC étaient les officiers responsables des structures secrètes de la Grande-Bretagne, de la France, de l’Allemagne, de la Belgique, du Luxembourg, des Pays-Bas et de l’Italie. Ces représentants des réseaux clandestins se réunissaient chaque année dans l’une des capitales européennes » [28]. Des hauts responsables de la CIA assistaient à chacune de ces réunions. «  Des représentants de la CIA étaient toujours présents aux réunions des armées stay-behind », se souvient Serravalle. « Ils appartenaient à l’antenne de l’Agence de la capitale où se déroulait la réunion et ne participaient pas aux votes » [[Ibid., p.79. ]]. « La “Directive SHAPE” faisait office de référence officielle, si ce n’est de doctrine pour les réseaux stay-behind alliés », explique Serravalle dans son livre consacré à Gladio. Il précise également que les enregistrements du CPC, qu’il a pu consulter mais qui demeurent confidentiels, « portent [surtout] sur l’entraînement des Gladiateurs en Europe, sur comment les réveiller depuis le quartier général secret en cas d’occupation de l’ensemble du territoire national et sur d’autres questions techniques telles que, pour citer la plus importante, l’unification des différents systèmes de communication entre les bases stay-behind » [29].

Parallèlement au CPC, un second poste de commandement secret fonctionnant comme un quartier général stay-behind fut créé par l’OTAN au début des années cinquante sous le nom d’ACC. Comme le CPC, l’ACC était en lien direct avec le SACEUR, lui-même sous contrôle états-unien. D’après les conclusions de l’enquête belge sur Gladio, l’ACC aurait été créé en 1957 et chargé de « la coordination des réseaux “stay-behind” en Belgique, au Danemark, en France, en Allemagne, en Italie, au Luxembourg, aux Pays-Bas, en Norvège, au Royaume-Uni et aux USA ». Selon le rapport d’enquête belge, en temps de paix, les fonctions de l’ACC « comprenaient l’élaboration de directives à l’intention du réseau, le développement de ses capacités secrètes et l’établissement de bases au Royaume-Uni et aux USA. Dans le cas d’une guerre, il était censé préparer des actions stay-behind conjointement avec le SHAPE ; de là, les organisateurs devaient alors activer les bases clandestines et préparer les opérations » [30].

Le commandant du Gladio italien Inzirelli affirme que « les relations au sein de l’ACC étaient totalement différentes » de celles existant au CPC. « L’atmosphère [y] était clairement plus décontractée et amicale qu’au CPC. » L’ACC, fondé sur « un ordre express du SACEUR au CPC » serait « devenue une ramification » de celui-ci [31]. Il semble que cet organisme ait servi surtout de forum où l’on se partageait le savoir-faire Gladio entre patrons de services secrets : « L’ACC était un comité essentiellement technique, un forum où l’on pouvait à loisir échanger des informations et des expériences, évoquer les moyens disponibles ou à l’étude, partager ses connaissances sur les réseaux, etc... » Le général Inzerilli se souvient : « C’était un échange de bons procédés. Chacun savait que s’il lui manquait un expert en explosifs, en télécommunication ou en répression pour une opération, il pouvait sans problème s’adresser à un confrère étranger puisque les agents avaient reçu le même entraînement et utilisaient le même type de matériel » [32].

Les transmetteurs radio baptisés Harpoon figuraient notamment dans l’équipement de tous les membres de l’ACC. Ils avaient été conçus et fabriqués sur ordre du comité de direction de Gladio, au milieu des années 1980, par la firme allemande AEG Telefunken pour un montant total de 130 millions de marks, en remplacement d’un ancien système de communication devenu obsolète. Le système Harpoon était capable d’émettre et de recevoir des messages radio cryptés sur une distance de 6 000 km et permettaient donc les communications entre les réseaux stay-behind situés de part et d’autre de l’Atlantique. « Le seul équipement qu’ont en commun tous les membres de l’ACC est le fameux transmetteur radio Harpoon », révéla Van Ussel, un membre du Gladio belge qui s’en était lui-même servi au cours des années 1980, alors qu’il était un membre actif de l’organisation. Selon lui, « ce système était régulièrement utilisé pour transmettre des messages entre les bases et les agents (en particulier lors des exercices de communication radio), mais il était avant tout destiné à communiquer des renseignements en cas d’occupation » [33]. L’ACC disposait de bases dans tous les pays européens dont une au Royaume-Uni, à partir desquelles les unités présentes dans les territoires occupés pourraient être activées et commandées. Apparemment, l’ACC éditait à l’intention des Gladiateurs des manuels indiquant les procédures communes à suivre relatives aux actions clandestines, aux communications radio basées sur le cryptage et le saut de fréquence mais aussi aux largages aériens et aux atterrissages.

L’ACC fonctionnait avec une présidence tournante d’une période de deux ans, en 1990 celle-ci était assumée par la Belgique. La réunion de l’ACC des 23 et 24 novembre se déroula sous la présidence du général de division Raymond Van Calster, patron du SGR, les services secrets militaires belges. Le général Inzerilli se souvint que « contrairement au CPC, l’ACC n’avait pas de direction établie et permanente. La présidence du Comité était assumée pour deux ans et tournait entre tous les membres, en suivant l’ordre alphabétique », pour cette raison, l’ACC n’était pas soumis à « la même domination des grandes puissances ». Inzirelli affirma avoir préféré travailler à l’ACC plutôt qu’au CPC contrôlé par les États-uniens : « Je dois reconnaître, pour l’avoir moi-même présidé pendant deux ans, que l’ACC était un comité véritablement démocratique » [34].

Dans le cadre de toute recherche approfondie sur l’Opération Gladio et les réseaux stay-behind de l’OTAN, les transcriptions et enregistrements des réunions du CPC et de l’ACC s’imposent comme des sources essentielles. Hélas, alors que des années se sont écoulées depuis la découverte du réseau top secret, les autorités de l’OTAN se bornent, comme en 1990, à opposer constamment aux sollicitations du public le silence ou le refus. Quand dans le cadre de nos propres recherches, nous contactâmes, à l’été 2000, le service des archives de l’OTAN pour demander l’accès à des informations supplémentaires sur Gladio et notamment sur le CPC et l’ACC, nous reçûmes la réponse suivante : « Après vérification de nos archives, il n’existe aucune trace des comités que vous évoquez ». Lorsque nous insistâmes, le service des archives nous répondit : « Je vous confirme une nouvelle fois que les comités dont vous parlez n’ont jamais existé au sein de l’OTAN. En outre, l’organisation que vous appelez “Gladio” n’a jamais fait partie de la structure militaire de l’OTAN » [35]. Sur quoi, nous appelâmes le Bureau de Sécurité de l’OTAN, mais ne pûmes ni parler au directeur ni même connaître son identité classée “confidentielle”. Mme Isabelle Jacobs nous informa qu’il était hautement improbable que nous obtenions jamais des réponses à nos questions sur un sujet sensible comme Gladio et nous conseilla de transmettre notre requête par écrit via l’ambassade de notre pays d’origine.

C’est ainsi qu’après que la Mission Suisse d’Observation à Bruxelles eut transmis à l’OTAN nos questions relatives à l’affaire Gladio, l’ambassadeur de Suisse Anton Thalmann nous répondit qu’à son grand regret : « L’existence des comités secrets de l’OTAN que vous mentionnez dans votre lettre n’est connue ni de moi, ni de mon personnel » [36]. « Quel est le lien entre l’OTAN et le Clandestine Planning Committee (CPC) et le Allied Clandestine Committee (ACC) ? Quel est le rôle du CPC et de l’ACC ? Quel est le lien entre le CPC, l’ACC et le Bureau de Sécurité de l’OTAN ? », telles étaient nos questions : le 2 mai 2001, nous reçûmes une réponse de Lee McClenny, directeur du service de presse et de communication de l’OTAN. Dans sa lettre, McClenny prétendait que « Ni le Allied Clandestine Committee, ni le Clandestine Planning Committee n’apparaissent dans toute la documentation de l’OTAN, confidentielle ou non, que j’ai consultée. » Il ajoutait : « En outre, je n’ai pu rencontrer personne travaillant ici qui ait eu entendu parler de l’un ou l’autre de ces deux comités. J’ignore si de tels comités ont un jour existé à l’OTAN, ce qui est sûr c’est que ce n’est pas le cas aujourd’hui » [37]. Nous insistâmes une fois encore et demandâmes : « Pourquoi le porte-parole de l’OTAN Jean Marcotta a-t-il, le 5 novembre 1990, catégoriquement nié tout lien entre l’OTAN et Gladio pour voir ses propos démentis deux jours plus tard par un second communiqué ? », ce à quoi Lee McClenny rétorqua : «  Je ne suis pas au courant de l’existence de liens entre l’OTAN et l’Opération Gladio”. De plus, je ne trouve personne du nom de Jean Marcotta parmi la liste des porte-parole de l’OTAN » [38]. Le mystère restait entier.

La CIA, l’Agence de renseignement la plus puissante du monde, ne fut pas plus coopérative que la plus grande alliance militaire du monde quand il s’agit d’aborder la délicate question de Gladio et des armées stay-behind. Fondée en 1947, deux ans avant la création de l’OTAN, la CIA eut pour principale tâche pendant la Guerre froide de combattre le communisme sur toute la planète en menant des opérations secrètes qui visaient à étendre l’influence des États-Unis. « Par actions clandestines », le président Nixon indiqua un jour qu’il entendait « ces activités qui, bien qu’elles soient destinées à favoriser les programmes et politiques des États-Unis à l’étranger, sont planifiées et exécutées de telle sorte que le public n’y voit pas la main du gouvernement américain » [39]. Historiens et analystes politiques ont depuis décrit en détail comment la CIA et les Forces Spéciales états-uniennes ont, au moyen de guerre secrètes et non déclarées, influencé l’évolution politique et militaire de nombreux pays d’Amérique latine ; parmi les faits les plus marquants, on peut citer le renversement du président guatémaltèque Jakobo Arbenz en 1954, le débarquement raté de la baie des Cochons en 1961, qui devait amener à la destitution de Fidel Castro, l’assassinat d’Ernesto Che Guevara en Bolivie en 1967, le coup d’État contre le président chilien Salvador Allende et l’installation au pouvoir du dictateur Augusto Pinochet en 1973, ou encore le financement des Contras au Nicaragua, suite à la révolution sandiniste de 1979. [40]

Outre ses agissements sur le continent sud-américain, la CIA est également intervenue à de nombreuses reprises en Asie et en Afrique, notamment pour renverser le gouvernement de Mossadegh en Iran en 1953, pour soutenir la politique d’Apartheid en Afrique du Sud, ce qui conduisit à l’emprisonnement de Nelson Mandela, pour assister ben Laden et al-Qaida en Afghanistan, lors de l’invasion soviétique de 1979 et pour appuyer le leader Khmer Rouge Pol Pot depuis des bases conservées au Cambodge, après la défaite états-unienne au Vietnam en 1975. D’un point de vue purement technique, le département des opérations secrètes de la CIA correspond à la définition d’une organisation terroriste donnée par le FBI. Le "terrorisme" est, selon le FBI, « l’usage illégal de la force ou de la violence contre des personnes ou des biens dans le but d’intimider ou de contraindre un gouvernement, une population civile, ou un segment de celle-ci, à poursuivre certains objectifs politiques ou sociaux » [41].

Quand, au milieu des années soixante-dix, le Congrès des États-Unis découvrit que la CIA et le Pentagone avaient étendu leurs pouvoirs presque au-delà de tout contrôle et l’avaient outrepassé en de nombreuses occasions, le sénateur états-unien Frank Church fit avec assez de clairvoyance ce commentaire : « La multiplication des abus commis par nos services de renseignement révèle un échec plus général de nos institutions fondamentales ». Il présidait alors l’une des trois commissions du Congrès qui furent chargées d’enquêter sur les agissements des services secrets US, et dont les rapports, présentés dans la seconde moitié des années soixante-dix, font aujourd’hui encore autorité sur la question des guerres secrètes menées par Washington [42] Cependant, les investigations du Congrès n’eurent qu’un impact limité et les services secrets continuèrent, avec l’appui de la Maison-Blanche, à abuser de leur pouvoir, comme le démontra le scandale de l’Irangate en 1986. Cela amena l’historienne Kathryn Olmsted à se poser cette « question cruciale » : « Pourquoi, après avoir débuté leur enquête, la plupart des journalistes et des membres du Congrès ont-ils renoncé à défier le gouvernement secret ? » [43]

Alors qu’aux États-Unis se poursuit le débat sur l’existence ou non d’un « gouvernement de l’ombre », le phénomène Gladio prouve que la CIA et le Pentagone ont opéré à plusieurs reprises hors de tout contrôle démocratique pendant la Guerre froide mais également après l’effondrement du communisme et ce, sans jamais rendre compte de leurs agissements. Lors d’une interview accordée à la télévision italienne en décembre 1990, l’amiral Stansfield Turner, directeur de la CIA de 1977 à 1981, refusa catégoriquement d’évoquer l’affaire Gladio. Quand les journalistes, qui avaient à l’esprit le grand nombre de victimes des nombreux attentats perpétrés en Italie, se permirent d’insister, l’ex-patron de la CIA arracha furieusement son micro et hurla : « J’ai dit : pas de questions sur Gladio ! », mettant ainsi un terme à l’entretien [44]

D’anciens officiers de la CIA moins gradés acceptèrent plus volontiers d’évoquer les secrets de la Guerre froide et les opérations illégales de l’Agence. Parmi eux, Thomas Polgar, qui prit sa retraite en 1981 après 30 ans de bons et loyaux services. En 1991, il avait témoigné contre la nomination de Robert Gates à la tête de la CIA, reprochant à celui-ci d’avoir couvert le scandale de l’Irangate. Interrogé sur les armées secrètes d’Europe, Polgar expliqua, en se référant implicitement au CPC et à l’ACC, que les programmes stay-behind étaient coordonnés par « une sorte de groupe de planification de guerre non conventionnelle lié à l’OTAN ». Dans leurs quartiers généraux secrets, les chefs des armées secrètes nationales « se rencontraient tous les deux ou trois mois, à chaque fois dans une capitale différente ». Polgar souligne que « chaque service national le faisait avec plus ou moins de zèle » tout en admettant que « dans les années soixante-dix en Italie, certains sont allés même plus loin que l’exigeait la charte de l’OTAN » [45]. Le journaliste Arthur Rowse, ancien collaborateur du Washington Post, tira, dans un essai consacré au sujet « Les leçons de Gladio » : « Aussi longtemps que le peuple états-unien ignorera tout de ce sombre chapitre des relations étrangères des USA, cela n’incitera pas véritablement les agences responsables de cette situation à changer de comportement. La fin de la Guerre froide n’a changé que très peu de choses à Washington. Les États-Unis (...) attendent toujours avec impatience un vrai débat national sur les moyens, les buts, et les coûts de nos politiques fédérales de sécurité. » [46].

Spécialisés dans l’étude des opérations clandestines de la CIA et des secrets de la Guerre froide, les chercheurs de l’institut de recherches privé et indépendant National Security Archive de l’université George Washington à Washington ont déposé une requête basée sur le Freedom of Information Act (FOIA) auprès de la CIA, le 15 avril 1991. D’après les termes de cette loi sur la liberté d’information, tous les services du gouvernement doivent justifier devant le peuple de la légalité de leurs actions. Malcolm Byrne, vice-directeur de recherche au National Security Archive, demandait à la CIA l’accès à « toutes les archives concernant (...) les décisions du gouvernement états-unien, probablement prises entre 1951 et 1955, concernant le financement, le soutien ou la collaboration avec toute armée secrète, tout réseau ou toute autre unité, créé dans le but de résister à une possible invasion de l’Europe de l’Ouest par des puissances sous domination communiste ou de mener des opérations de guérilla dans des pays d’Europe occidentale dans l’hypothèse où ceux-ci seraient sous l’emprise de partis ou de régimes communistes, de gauche ou soutenus par l’Union soviétique ». Byrne ajoutait : « Je vous prie d’inclure à vos recherches tout document se rapportant à des activités connues sous le nom d’"Opération Gladio", en particulier en France, en Allemagne et en Italie » [47].

Byrne précisait à juste titre que « tous les documents obtenus suite à cette requête contribueront à faire connaître au public la politique étrangère des États-Unis au cours de la période qui suivit la Seconde Guerre mondiale, ainsi que l’impact de la connaissance, de l’analyse et de l’acquisition du renseignement dans la politique états-unienne de l’époque ». Mais la CIA refusa de coopérer et, le 18 juin 1991, elle fournit la réponse suivante : « La CIA ne peut ni confirmer ni infirmer l’existence ou l’inexistence d’archives répondant aux critères de votre requête ». Quand Byrne tenta de contester le refus de l’Agence de lui fournir des informations sur Gladio, il fut débouté. La Centrale fonda son refus de coopérer sur deux exceptions "fourre-tout" à la loi sur la liberté d’information qui excluent les documents soit parce qu’ils sont « classés "confidentiel" conformément à une décision de l’Exécutif dans l’intérêt de la Défense nationale ou de la politique étrangère » (Exemption B1), soit au nom des « obligations statutaires du directeur de protéger la confidentialité des sources et méthodes de renseignement, telles que l’organisation, les fonctions, noms, titres officiels, revenus et nombre des employés de l’Agence, conformément aux National Security Act de 1947 et CIA Act de 1949 » (Exemption B3).

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n° 53 - Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan- 10-12 :- Fin- : Gladio -Pourquoi l'OTAN, la CIA et le MI6 continuent de nier.

n° 53 -  Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan- 10-12 :- Fin- :  Gladio -Pourquoi l'OTAN, la CIA et le MI6 continuent de nier.



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Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan.

n° 53- 10-12

C.De Broeder & M.Lemaire


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Sommaire.

1-2 Daniele Ganser : Les égouts de Sa Majesté.



1-2 Daniele Ganser : Les égouts de Sa Majesté.

Les armées secrètes de l’OTAN (IV)

Les réseaux stay-behind, qui permettent à l’OTAN de contrôler la vie politique des États alliés, ont été construits à partir des réseaux de résistance au nazisme que les Britanniques avaient organisé et soutenu durant la Seconde Guerre mondiale. Cependant, la lutte contre le communisme a servi de justification à toutes sortes d’opérations au Royaume-Uni même (attentats terroristes sous faux drapeau et assassinats de républicains irlandais), en Europe continentale (principalement en France, au Bénélux, dans les pays nordiques, et jusqu’en Suisse neutre), et même en Afrique et en Asie (par exemple pour encadrer le massacre des populations francophones du Cambodge par les Khmers rouges). Dans ce quatrième volet de l’histoire du Gladio, Daniele Ganser nous dévoile les égouts de Sa Majesté.
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La vérité définitive sur la Guerre froide ne sera jamais écrite, l’Histoire évoluant sans cesse au rythme des sociétés qui la font et l’étudient. Mais les historiens de nombreux pays s’accordent à dire que le fait majeur de cette période fut, du point de vue des Occidentaux, la lutte contre le communisme à l’échelle de la planète. Dans ce combat qui aura marqué l’histoire du XXe siècle comme peu d’autres, l’ancienne superpuissance coloniale britannique dut renoncer à son hégémonie au profit des États-Unis. Ces derniers instrumentèrent la lutte contre le communisme pour accroître leur influence, décennie après décennie. Depuis l’effondrement de l’Union soviétique qui mit un terme à la Guerre froide en 1991, l’Empire américain s’est assuré une domination jamais vue dans toute l’histoire.
En Grande-Bretagne, l’establishment conservateur s’émut vivement en 1917, quand, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, un régime communiste fut mis en place dans un lointain mais vaste pays agricole. Après la Révolution russe, les communistes prirent le contrôle des usines et annoncèrent que les moyens de production étaient dorénavant la propriété du peuple. Dans la plupart des cas, les investisseurs perdirent tout. Dans ses Origines de la Guerre froide, l’historien Denna Frank Fleming observa que nombre des bouleversements sociaux apportés par la Révolution, notamment l’abolition des cultes et de la noblesse paysanne, « auraient pu être acceptés par les conservateurs, à l’étranger, avec le temps mais la nationalisation de l’industrie, du commerce et de la terre, jamais ». L’exemple de la Révolution russe ne fut suivi nulle part. « J.B. Priestly a dit un jour que l’esprit des conservateurs anglais s’était fermé lors de la Révolution russe et ne s’est plus jamais rouvert depuis. » [
1]
Largement ignorée à l’Ouest, la guerre secrète contre le terrorisme débuta donc immédiatement après la Révolution russe, quand la Grande-Bretagne et les États-Unis levèrent des armées secrètes contre les nouveaux pays satellites de l’Union soviétique. Entre 1918 et 1920, Londres et Washington s’allièrent à la droite russe et financèrent une dizaine d’interventions militaires sur le sol soviétique, dont toutes échouèrent à renverser les nouveaux dirigeants tout en faisant naître chez les élites communistes et chez le dictateur Staline de très forts soupçons quant aux intentions de l’Occident capitaliste [
2]. Dans les années qui suivirent, l’Union soviétique renforça son appareil sécuritaire jusqu’à devenir un État totalitaire n’hésitant pas à arrêter les étrangers présents sur son sol, suspectés d’être des agents de l’Ouest. Comme il devint évident qu’il ne serait pas aisé de renverser le régime communiste en Russie, la Grande-Bretagne et ses alliés consacrèrent leurs efforts à empêcher le communisme de s’étendre à d’autres pays.
En juillet 1936, le dictateur fasciste Franco tenta un coup d’État contre le gouvernement de la gauche espagnole et, au cours de la guerre civile qui s’ensuivit, élimina l’opposition et les communistes espagnols, bénéficiant pour cela du soutien silencieux des gouvernements de Londres, Washington et Paris. Si l’ascension d’Adolf Hitler ne fut pas combattue, c’est en grande partie parce qu’il désignait le bon ennemi : le communisme soviétique. Pendant la guerre civile espagnole, les armées de Hitler et Mussolini purent librement bombarder l’opposition républicaine. Après avoir déclenché la Seconde Guerre mondiale, Hitler lança trois grandes offensives contre la Russie, en 1941, 1942 et 1943, qui faillirent porter un coup fatal au bolchevisme. De tous les belligérants, c’est l’Union soviétique qui paya le plus lourd tribut : 15 millions de morts parmi les civils, 7 millions parmi les soldats et 14 millions de blessés [
3]. Les historiens russes ont depuis prétendu que, malgré les demandes urgentes de Moscou, les États-Unis, qui perdirent 300 000 hommes pour libérer l’Europe et l’Asie, s’étaient entendus avec la Grande-Bretagne pour ne pas ouvrir de deuxième front à l’Ouest, ce qui aurait naturellement mobilisé des troupes allemandes et, par conséquent, diminué leur nombre sur le front russe. C’est seulement après Stalingrad que le rapport de force s’inversa : l’Armée rouge eut enfin le dessus sur les Allemands et marcha vers l’Ouest ; c’est ce qui explique, toujours selon les historiens russes, que les Alliés, craignant de perdre du terrain, ont rapidement ouvert un second front et, après le débarquement de Normandie, rejoint les Soviétiques à Berlin [4].
Les historiens britanniques attestent de toute une succession d’intrigues qui ont façonné les autres pays et le leur. « L’Angleterre moderne a toujours été un haut lieu de subversion - aux yeux des autres mais pas aux siens », observa Mackenzie après la Seconde Guerre mondiale. « D’où ce miroir à deux faces : d’un côté la perception à l’étranger d’une Angleterre intrigante, subtile et totalement secrète, et de l’autre une image d’honnêteté, de simplicité et de bienveillance partagée par une majorité de sujets. » [
5] Pour Mackenzie, la légendaire guerre secrète pratiquée par les Britanniques trouve son origine « dans l’histoire des “petites guerres” qui façonnèrent l’histoire de l’Empire britannique » [6]. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, les stratèges du ministère de la Défense britannique conclurent que leurs opérations secrètes devaient « s’inspirer de l’expérience acquise en Inde, en Irak, en Irlande et en Russie, c’est-à-dire développer une guérilla assortie de techniques de combat empruntées à l’IRA » [7].
En mars 1938, peu après l’annexion de l’Autriche par Hitler, un nouveau département fut créé au MI6, sous le nom de Section D, chargé de développer des opérations de subversion en Europe. La Section D commença à former des commandos de sabotage stay-behind dans les pays menacés par une agression allemande [
8]. Quand, en 1940, l’invasion du sud de l’Angleterre sembla imminente, la « Section D entreprit de disséminer des réserves d’armes et des agents recruteurs dans toute la Grande-Bretagne, sans en informer personne. Le MI5, qui opère à l’intérieur des frontières du pays, s’inquiéta quand il reçut les premiers rapports sur les activités de la Section D et plusieurs de ses agents furent arrêtés comme espions avant que la vérité ne soit découverte. » [9] Le recrutement et la direction des agents stay-behind par les membres de la Section D semblaient se faire dans le plus grand secret : « L’apparence de ces inconnus [les agents de la Section D] dans leurs costumes de ville et leurs berlines noires et la mystérieuse impression qui s’en dégageait ne tarda pas à inquiéter la population », se souvient Peter Wilkinson, un ancien agent du SOE. Les agents secrets rendaient également furieux « les responsables militaires en refusant systématiquement d’expliquer les raisons de leur présence ou d’évoquer le contenu de leurs missions, se contentant d’indiquer que tout cela était top secret » [10]. Un demi-siècle plus tard, l’exposition de l’Imperial War Museum de Londres consacrée aux « guerres secrètes » révéla au public comment « la section D du MI6, conformément à la doctrine stay-behind, avait également mis en place en Angleterre des armées de résistants baptisées “Unités Auxiliaires” et équipées en armes et explosifs ». Ces premières unités Gladio de Grande-Bretagne « reçurent un entraînement spécial et apprirent à opérer derrière les lignes ennemies dans l’hypothèse où l’île serait envahie par les Allemands. S’appuyant sur un réseau de cachettes secrètes et de caches d’armes, elles devaient pratiquer des actes de sabotages et de guérilla contre l’occupant allemand. » [11] L’envahisseur n’étant jamais venu, on ignore si ce plan aurait pu fonctionner. Mais, en août 1940, « une armée assez hétéroclite » fut tout de même déployée le long des littoraux anglais et écossais de la mer du Nord, aux endroits les plus vulnérables à une invasion [12].
La zone d’action de la Section D du MI6 était initialement limitée à la Grande-Bretagne. Il en fut ainsi jusqu’en juillet 1940, lorsque le Premier ministre britannique Winston Churchill ordonna la création d’une armée secrète baptisée SOE destinée à « mettre le feu à l’Europe en épaulant les mouvements de résistance et en menant des opérations de subversion en territoire ennemi » [
13]. Un mémorandum du ministère de la Guerre daté du 19 juillet 1940 indique que : « Le Premier ministre a également décidé, après consultation des ministres concernés, qu’une nouvelle organisation devait être créée immédiatement avec pour mission de coordonner toutes les actions de subversion et de sabotage dirigées contre l’ennemi hors du territoire national ». Le SOE fut placé sous le commandement de Hugh Dalton, ministre de l’Économie de guerre. Après que les Allemands eurent envahi la France et semblèrent installés pour longtemps, le ministre Dalton fit valoir la nécessité d’engager une guerre secrète contre les forces allemandes dans les territoires occupés : « Nous devons organiser, à l’intérieur des territoires occupés, des mouvements comparables au Sinn Fein en Irlande, à la guérilla chinoise qui lutte en ce moment contre le Japon, aux irréguliers espagnols qui jouèrent un rôle non négligeable dans la campagne de Wellington ou, autant le reconnaître, des mouvements comparables aux organisations développées si remarquablement par les nazis eux-mêmes dans presque tous les pays du monde ». Il semblait évident que les Britanniques ne pouvaient se permettre de négliger le recours à la guerre clandestine, Dalton ajouta : « Cette “internationale démocratique” doit employer différentes méthodes, y compris le sabotage des installations industrielles et militaires, l’agitation syndicale et la grève, la propagande continuelle, les attentats terroristes contre les traîtres et les dirigeants allemands, le boycott et les émeutes. » Il fallait donc bâtir, dans le plus grand secret, un réseau de résistance, en faisant appel aux têtes brûlées de l’armée et du renseignement britanniques : « Ce qu’il nous faut c’est une nouvelle organisation qui coordonne, inspire, supervise et assiste les réseaux des pays occupés qui devront en être les acteurs directs. Nous devrons pour cela pouvoir compter sur la plus absolue discrétion, sur une bonne dose d’enthousiasme fanatique, sur la volonté de coopérer avec des personnes de nationalités différentes et sur le soutien inconditionnel du pouvoir politique. » [14]
Sous l’égide du ministre Dalton, le commandement opérationnel du SOE fut confié au général de division Sir Colin Gubbins, un petit homme sec et maigre, originaire des Highlands et portant une moustache, qui allait par la suite jouer un rôle déterminant dans la création du Gladio britannique [
15]. « Le problème et sa solution consistaient à encourager et à permettre aux peuples des pays occupés de nuire autant que possible à l’effort de guerre allemand par le sabotage, la subversion, le débrayage, des raids éclairs, etc. ... », décrivit Gubbins, « et, dans le même temps, préparer en territoire ennemi des forces secrètes organisées, armées et entraînées qui n’interviendraient que lors de l’assaut final. » Le SOE était en réalité le précurseur de l’Opération Gladio, initié au milieu de la Seconde Guerre mondiale. Gubbins résume ce projet ambitieux en ces termes : « Au bout du compte, ce plan consistait à faire parvenir dans les zones occupées un grand nombre d’hommes et d’importantes quantités d’armes et d’explosifs » [16]
Le Special Operations Executive employait une grande partie des effectifs de la Section D et il finit par devenir à lui seul une organisation majeure, comptant plus de 13 000 hommes et femmes dans ses rangs et opérant dans le monde entier en étroite collaboration avec le MI6. S’il arriva au SOE d’effectuer des missions en Extrême-Orient, depuis des bases arrières situées en Inde et en Australie, l’Europe de l’Ouest restait son principal théâtre d’opérations où il se consacrait presque exclusivement à la création des armées secrètes nationales. Le SOE encourageait le sabotage et la subversion dans les territoires occupés et établissait des noyaux d’hommes entraînés capables d’assister les groupes de résistants dans la reconquête de leurs pays respectifs. « Le SOE fut pendant 5 ans le principal instrument d’intervention de la Grande-Bretagne dans les affaires politiques internes de l’Europe », précise le rapport du British Cabinet Office, « un instrument extrêmement puissant », puisque capable d’exécuter une multitude de tâches, « Tant que le SOE était en action, aucun homme politique européen ne pouvait croire au renoncement ou à la défaite des Britanniques » [
17]

 

Officiellement, le SOE fut dissous et son commandant démissionna au lendemain de la guerre, en janvier 1946. Cependant Sir Steward Menzies, qui dirigea le MI6 de 1939 à 1952, n’allait certainement pas renoncer à un outil aussi précieux que l’armée secrète, d’autant que le directeur du Département des Opérations Spéciales du MI6 assurait que les actions clandestines de la Grande-Bretagne se poursuivraient pendant la Guerre froide. Le rapport du gouvernement sur le SOE, document qui fut tenu secret pendant un temps, conclut que : « Il est quasiment certain que, sous une forme ou sous une autre, le SOE devra être restauré dans une guerre future » [18]. Les objectifs à long terme du SOE et de son successeur, le Special Operations Branch du MI6, approuvés provisoirement par le Conseil de l’État-major britannique le 4 octobre 1945, prévoyaient d’abord la création du squelette d’un réseau capable de s’étendre rapidement en cas de guerre et, dans un second temps, la réévaluation des besoins du gouvernement britannique pour ses opérations clandestines à l’étranger. « Il a été décidé de préparer ces actions en priorité dans les pays susceptibles d’être envahis au cours des premières phases d’un conflit avec l’Union soviétique, mais non encore soumis à la domination de Moscou. » [19] Après la Seconde Guerre mondiale, l’Europe de l’Ouest demeura donc le principal théâtre des opérations de la guerre secrète britannique.

 

Après le démantèlement du SOE le 30 juin 1946, une nouvelle section dite « Special Operations » (SO) fut créée au sein du MI6 et placée sous le commandement du général de division Colin Gubbins. D’après le spécialiste néerlandais des services secrets Frans Kluiters, le MI6 promouvait la formation d’armées anticommunistes secrètes « tandis que les Special Operations commençait à bâtir des réseaux en Allemagne de l’Ouest, en Italie et en Autriche. Ces réseaux (des organisations stay-behind) pouvaient être activés en cas d’une éventuelle invasion soviétique, afin de récolter des informations et d’effectuer des actes de sabotage offensif » [20]. Gubbins veilla à ce qu’après 1945 les effectifs soient maintenus en Allemagne, en Autriche, en Italie, en Grèce et en Turquie ; en effet, le SOE et ses successeurs « avaient d’autres préoccupations politiques que la seule défaite de l’Allemagne ». La directive de 1945, particulièrement explicite, « établissait clairement que les principaux ennemis du SOE étaient le communisme et l’Union soviétique » car l’on considérait que les intérêts britanniques étaient « menacés par l’Union soviétique et le communisme européen » [21] Quelques années plus tard, dans l’espoir de gagner le soutien de la représentation nationale à la poursuite des opérations clandestines, le ministre des Affaires étrangères britannique Ernest Bevin s’adressa au Parlement le 22 janvier 1948 pour demander instamment la création d’unités armées spécialisées destinées à lutter contre la subversion et les « cinquièmes colonnes » soviétiques. À l’époque, seuls quelques rares parlementaires savaient que cette proposition était en réalité déjà en application.
Washington partageant la même hostilité que Londres à l’égard des Soviétiques, les deux puissances travaillaient en étroite collaboration sur les questions militaires et de renseignement. La Maison-Blanche chargea Frank Wisner [
22], directeur de l’Office of Policy Coordination (OPC), le bureau de coordination politique des opérations spéciales de la CIA, d’établir des armées secrètes stay-behind dans toute l’Europe de l’Ouest, avec l’aide de la Special Operations Branch du MI6, dirigée par le colonel Gubbins. Comme l’expliquent Roger Faligot et Rémi Kauffer, deux historiens français spécialistes des services secrets, la CIA et le MI6 se chargèrent dans un premier temps de « neutraliser les dernières unités clandestines des puissances de l’Axe en Allemagne, en Autriche et dans le Nord de l’Italie » puis d’enrôler certains membres des factions fascistes vaincues dans leurs nouvelles armées secrètes anticommunistes. « Et c’est ainsi que, par l’intermédiaire de l’OPC de la CIA et de la SOB du SIS, les services secrets des grandes démocraties qui venaient de gagner la guerre tentèrent ensuite de “retourner” certains de leurs commandos contre leur ancien allié soviétique. » [23]
Parallèlement au MI6 et à la CIA et à leurs départements des opérations spéciales respectifs, le SOB et l’OPC, une coopération fut également établie entre les Forces Spéciales des armées britanniques et américaines. Les SAS et les Bérets Verts américains, spécialement entraînés pour effectuer des missions secrètes en territoire ennemi, menèrent conjointement de nombreuses opérations durant la Guerre froide, au nombre desquelles figure la formation des armées secrètes stay-behind. Les anciens officiers de la Marine Royale Giles et Preston qui avaient mis en place le Gladio autrichien relatèrent que les recrues étaient envoyées au Fort Monckton, un bâtiment datant des guerres napoléoniennes situé sur le front de mer près de Portsmouth, en Angleterre, où ils s’entraînaient aux côtés des SAS, sous la direction du MI6. Ils avaient personnellement pris part à ces exercices Gladio et avaient été initiés à l’utilisation des codes secrets, au maniement des armes et aux opérations clandestines [
24] Decimo Garau fut l’une de ces recrues formées par le SAS britannique avant de devenir instructeur au Centro Addestramento Guastatori (CAG), une base du Gladio italien située à Capo Marragiu, en Sardaigne. « Je fus invité à passer une semaine à Poole, en Angleterre, pour m’entraîner avec les Forces Spéciales », confirma l’instructeur Garau après les révélations sur l’existence de Gladio, en 1990. « J’ai effectué un saut en parachute au-dessus de la Manche. J’ai participé à leur entraînement, ça s’est très bien passé entre nous. Ensuite, on m’a envoyé à Hereford pour préparer et effectuer des exercices avec les SAS. » [25]
À cette époque, les Britanniques étaient les plus expérimentés en matière d’opérations secrètes et de guerre non conventionnelle. Leurs Forces Spéciales, les SAS, avaient été créées en Afrique du Nord en 1942 avec pour mission de frapper loin derrière les lignes ennemies. Les plus dangereux adversaires des SAS britanniques étaient sans nul doute la SS allemande fondée dès avant la Seconde Guerre mondiale et commandée par Heinrich Himmler. Comme toutes les Forces Spéciales, la SS était une unité combattante d’élite avec ses insignes - un uniforme noir bien sanglé, orné d’une tête de mort et d’une dague couleur argent - et convaincue de sa supériorité sur tous les corps de l’armée régulière, ses éléments se taillèrent d’ailleurs très vite une réputation de « tueurs fanatiques ». Suite à la défaite de l’Allemagne nazie, les Forces Spéciales de la SS furent considérées comme une organisation criminelle et dissoute par le Tribunal de Nuremberg en 1946.
Après la victoire, le SAS fut lui aussi démantelé en octobre 1945. Cependant, la nécessité de mener des coups tordus et des missions périlleuses croissant à mesure que l’influence de la Grande-Bretagne dans le monde s’étiolait, le SAS fut restauré et envoyé pour se battre derrière les lignes ennemies, notamment en Malaisie en 1947. Depuis leur quartier général de Hereford surnommé « la Nursery », les SAS préparèrent de nombreuses missions dans la plus grande discrétion comme, par exemple, celle effectuée en 1958 à la demande du sultan d’Oman, dans le cadre de laquelle ils contribuèrent à réprimer une guérilla marxiste en rébellion contre la dictature du régime. L’opération devait garantir le financement du service à l’avenir puisque, comme le comprit un officier du SAS, ils prouvèrent qu’ils « pouvaient être aéroportés vers une zone de trouble rapidement et discrètement et opérer dans un endroit reculé en toute confidentialité, un atout très apprécié du gouvernement conservateur de l’époque ». [
26] Si leur fait d’armes le plus célèbre reste l’assaut de l’ambassade d’Iran à Londres, en 1980, ils furent également actifs pendant la guerre des Malouines en 1982. Le déploiement de forces le plus massif des SAS depuis la Seconde Guerre mondiale eut lieu pendant la guerre du Golfe en 1991. En 1999, ils collaborèrent une fois de plus avec les Bérets Verts pour entraîner et équiper l’armée de Libération du Kosovo avant et pendant les bombardements de l’OTAN sur la province alors contrôlée par les Serbes.
Le député conservateur Nigel West souligna à juste titre que, à l’instar des Bérets Verts : « Le SAS britannique aurait joué un rôle stratégique dans l’Opération Gladio si les Soviétiques avaient envahi l’Europe de l’Ouest », sous-entendant ainsi l’implication du service auprès des armées stay-behind d’Europe [
27]. Les deux unités d’élite collaboraient étroitement. Preuve de cette entente, les membres des Forces Spéciales états-uniennes portèrent à partir de 1953 le fameux béret vert emprunté à l’uniforme de leurs modèles britanniques. Le port de ce couvre-chef « étranger » contraria de nombreux hauts gradés de l’armée US. C’est seulement quand le président Kennedy, lui-même grand partisan des opérations secrètes et des Forces Spéciales, l’approuva lors d’une visite à Fort Bragg, le quartier général des commandos états-uniens, en octobre 1961, que le béret fut officiellement adopté aux États-Unis pour devenir rapidement l’emblème du plus prestigieux des commandos du pays. L’admiration des États-uniens pour l’illustre et glorieux SAS perdura de nombreuses années, ils avaient même coutume d’appeler le quartier général de Hereford la « Maison Mère » et les officiers formés en Grande-Bretagne jouissaient d’un certain prestige à leur retour aux États-Unis. De leur côté, les Britanniques veillaient également à entretenir cette alliance, en 1962, ils nommèrent d’ailleurs le commandant des Bérets Verts, le général de division William Yarborough, membre honoraire du SAS.

 

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11/12/2009

n° 52 - Dossier des Guerres de l'Otan - 18-11 au 09 -12 - : Début :- Enjeux géostratégiques de la prolifération.

n° 52 - Dossier des Guerres de l'Otan - 18-11 au 09 -12 - : Début :- Enjeux géostratégiques de la prolifération.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Les dossiers des ‘Guerres de l'Otan’. n° 52- 09-12

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

1 Dossiers

1-1 Andrew Gavin Marshall : Stratégie impériale pour un nouvel ordre mondial: les origines de la Troisième Guerre mondiale.

Fin

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Jacques MYARD : Enjeux géostratégiques de la prolifération.

2-2  dguimond : Le droit est le fondement de la paix, de la justice et de l’humanité…

3 Annexe

3 -1 La Russie souhaite signer un nouvel accord de désarmement avec les Etats-Unis pour ce mois.



1 Dossiers

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

1-1 Andrew Gavin Marshall : Stratégie impériale pour un nouvel ordre mondial: les origines de la Troisième Guerre mondiale.

Introduction

Face à l’effondrement économique mondial, les perspectives d’une guerre à l’échelle internationale s’intensifient.

Historiquement, les périodes de déclin impérial et de crises économiques sont marquées par la guerre et une violence accrue.

La chute des grands empires européens a été stigmatisée par les Première et Seconde Guerres mondiales, et par la Grande dépression qui a eu lieu entre ces deux guerres.

Le monde assiste actuellement au déclin de l’Empire étatsunien, en soi un produit de la Seconde Guerre mondiale. En tant que toute-puissance d’après-guerre, les États-Unis ont dirigé le système monétaire international et ont régné en champion et arbitre de l’économie politique mondiale.

Afin de gérer cette dernière, les États-Unis ont créé la plus grande et la plus puissante force militaire de l’histoire. Le contrôle permanent de l’économie mondiale nécessite une activité et une présence militaire permanentes.

Maintenant que l’empire étatsunien et l’économie politique mondiale sont en déclin et s’effondrent, les perspectives d’une fin violente de l’ère impériale étatsunienne augmentent dramatiquement.

Cet essai se divise en trois parties.

La première couvre la stratégie géopolitique des États-Unis et de l’OTAN depuis la fin de la guerre froide, au début du nouvel ordre mondial, en dressant les grandes lignes de la stratégie impériale occidentale ayant mené à la guerre en Yougoslavie et à la « guerre au terrorisme ».

La seconde partie est une analyse de la nature des « révolutions des fleurs » ou « révolutions de couleur » dans la stratégie impériale étatsunienne et met l’accent sur l’instauration d’une hégémonie en Europe de l’Est et en Asie centrale.

La troisième partie examine l’aspect de la stratégie impériale qu’est la construction d’un nouvel ordre mondial, en se penchant sur les conflits grandissants en Afghanistan, au Pakistan en Iran, en Amérique latine, en Europe de l’Est et en Afrique, ainsi que le potentiel qu’ont ces conflits de déclencher une nouvelle guerre mondiale contre la Chine et la Russie.

Définir une nouvelle stratégie impériale

En 1991, avec la chute de l’Union soviétique, les États-Unis et l’OTAN on dû réinventer le rôle joué par leur politique étrangère dans le monde.

La Guerre froide servait de justification à l’expansion impérialiste des États-Unis à travers le monde,

ayant pour objectif d’« endiguer » la menace soviétique.

L’OTAN a elle-même été créée et a existé uniquement dans les but de forger une alliance antisoviétique.

Avec la disparition de l’URSS, l’OTAN n’avait plus de raisons d’exister et les États-Unis devaient trouver une nouvelle raison pour leur stratégie impérialiste dans le monde.

En 1992, le département de la Défense, sous la direction du secrétaire à la Défense Dick Cheney [futur vice-président sous George Bush Jr] a demandé au secrétaire adjoint à la Défense du Pentagone (Under Secretary of Defense for Policy) Paul Wolfowitz [futur secrétaire adjoint de George Bush Jr et président de la Banque mondiale] de rédiger un document sur la défense pour guider la politique étrangère du pays dans l’ère post-guerre froide, appelée communément « nouvel ordre mondial ».

Le document Defense Planning Guidance a été coulé en 1992 et a révélé ceci : « Dans une nouvelle déclaration générale à l’étape finale d’écriture, le département de la Défense affirme que la mission politique et militaire des États-Unis dans l’ère post-guerre froide sera de s’assurer qu’aucune autre superpuissance rivale ne soit autorisée à émerger en Europe de l’Ouest, en Asie ou dans les territoires de l’ancienne Union Soviétique.

Le document confidentiel défend un monde dominé par une superpuissance, dont la position peut être perpétuée par un comportement constructif et une force militaire suffisant à dissuader tout pays ou groupe de défier la primauté des États-Unis. » 

En outre, « la nouvelle ébauche dépeint un monde dans lequel il y a une puissance militaire dominante, dont les leaders “doivent conserver les mécanismes visant même à décourager les compétiteurs potentiels d’aspirer à un rôle régional ou mondial supérieur” ».

Parmi les défis nécessaires à la suprématie étatsunienne, le texte « réclamait des guerres régionales contre l’Irak et la Corée du Nord » et identifiait la Chine et la Russie comme ses plus grandes menaces.

Par ailleurs, il « suggère que les États-Unis pourraient aussi considérer l’élargissement des engagements de sécurité aux pays d’Europe de l’Est et de l’Ouest, semblablement à ceux de l’Arabie Saoudite, du Koweït et d’autres États arabes le long du Golfe persique ». [1] 

L’OTAN et la Yougoslavie

Les guerres en Yougoslavie dans les années 1990 ont servi de justification au maintien de l’existence de l’OTAN dans le monde et à étendre les intérêts impériaux étatsuniens en Europe de l’Est.

La Banque mondiale et le FMI ont préparé le terrain pour la déstabilisation de la Yougoslavie.

Après la mort de son dictateur de longue date, Josip Tito, en 1980, une crise de leadership s’est développée dans l’État. En 1982, des officiels de la politique étrangère étatsunienne ont organisé un ensemble de prêts du FMI et de la Banque mondiale, sous le nouveau Programme d’ajustement structurel (PAS), afin de faire face à la crise de la dette de 20 milliards de dollars US. Les prêts du PAS ont eu pour effet de « dévaster l’économie et la politique […]

La crise économique menaçait la stabilité politique […] et risquaient d’aggraver les tensions ethniques latentes ». [2]

En 1989 Slobodan Milosevic est devenu président de la Serbie, la république la plus grande et la plus puissante des républiques yougoslaves. En 1989 toujours, le premier ministre yougoslave est allé aux États-Unis rencontrer le président George H.W. Bush afin de négocier un autre plan d’aide financière. En 1990, le programme de la Banque mondiale et du FMI est entré en vigueur et les dépense de l’État yougoslave allaient au paiement de la dette.

En conséquence, les programmes sociaux ont été démantelés, la monnaie a été dévaluée, on a gelé les salaires et les prix ont augmenté. Les « réformes ont attisé les tendances sécessionnistes nourris par les facteurs économiques aussi bien que par les divisions ethniques, assurant pratiquement la sécession de facto de la république » et menant à la sécession de la Croatie et de la Slovénie en 1991. [3] 

En 1990, la communauté du renseignement des États-Unis a publié un rapport de synthèse du renseignement (National Intelligence Estimate) prédisant le démantèlement de la Yougoslavie, l’éclatement d’une guerre civile, en rejetant par la suite le blâme de la future déstabilisation sur le président serbe Milosevic. [4]

En 1991, un conflit a éclaté entre le Yougoslavie et la Croatie lorsqu’elle a, elle-aussi, déclaré son indépendance. Un cessez-le-feu a été conclu en 1992. Pourtant, les Croates ont poursuivi de petites offensives militaires jusqu’en 1995 et ont également participé à la guerre en Bosnie. En 1995, la Croatie a entrepris l’opération Tempête dans le but de récupérer la région de Krajina.

Un général croate a récemment été traduit en justice à La Haye pour crimes de guerre durant cette bataille, un affrontement clé dans l’expulsion des Serbes de la Croatie et qui a « cimenté l’indépendance croate ». Les États-Unis ont soutenu l’opération et la CIA a activement fourni des

renseignements aux forces croates, ce qui a conduit au déplacement de 150 000 à 200 000 Serbes, en grande partie par le biais du meurtre, du pillage, de villages incendiés et du nettoyage ethnique. [5] L’armée croate a été entraînée par des conseillers étatsuniens et le général en procès a même été personnellement soutenu par la CIA. [6] 

L’administration Clinton a donné le feu vert à l’Iran pour qu’il arme les musulmans bosniaques et « de 1992 à janvier 1996, il y a eu un afflux d’armes et de conseillers iraniens en Bosnie ».

Qui plus est, « l’Iran et d’autres États musulmans ont aidé à amener des moudjahidin en Bosnie pour livrer la bataille avec les musulmans contre les Serbes, des “saints combattants”  d’Afghanistan, de Tchétchénie, du Yémen et d’Algérie, parmi lesquels certains avaient des liens soupçonnés avec les camps d’entraînement d’Oussama ben Laden en Afghanistan ».

C’est « l’intervention occidentale dans les Balkans [qui] a exacerbé les tensions et a aidé à entretenir les hostilités. En reconnaissant les revendications des groupes et des républiques séparatistes en 1990-1991, les élites occidentales – étatsuniennes, britanniques, françaises et allemandes – ont sapé les structures gouvernementales en Yougoslavie, ont accru l’insécurité, ont attisé le conflit et amplifié les tensions ethniques. Et en offrant un soutien logistique aux différentes parties pendant la guerre, l’intervention occidentale a soutenu le conflit jusqu’au milieu des années 1990. On doit voir sous cet angle le choix qu’a fait M. Clinton de défendre les musulmans bosniaques pour se faire le champion sur la scène internationale, ainsi que les demandes de son administration pour que les Nations Unies lèvent l’embargo sur les armes afin d’armer les musulmans et les Croates contre les Serbes. » [7]

Pendant la guerre en Bosnie, il y « avait une vaste voie de passage secrète pour le trafic d’armes par la Croatie. Elle avait été constituée par les agences clandestines des États-Unis, de la Turquie et de l’Iran, avec la collaboration d’un éventail de groupes islamistes radicaux, incluant des moudjahidin afghans et le Hezbollah pro-iranien. » De plus, « les services secrets de l’Ukraine, de la Grèce et d’Israël s’affairaient à armer les Serbes bosniaques ». [8]

L’agence de renseignement allemande, la BND, a également envoyé des cargaisons d’armes aux musulmans bosniaques et à la Croatie pour la lutte contre les Serbes. [9]

Les États-Unis avaient influencé la guerre dans la région de diverses façons. Comme le rapportait The Observer en 1995, un pan important de leur implication se faisait par le biais de « Military Professional Resources Inc (MPRI), une société privée étatsunienne de généraux et d’agents du renseignement à la retraite, située en Virginie. L’ambassade étatsunienne à Zagreb a admis que MPRI entraînait les Croates, avec la permission du gouvernement des États-Unis. » Aussi, les Néerlandais « étaient convaincus que les forces spéciales étatsuniennes étaient impliquées dans l’entraînement de l’armée bosniaque et de l’armée croate de Bosnie (HVO). » [10]

Dès 1988, le leader de la Croatie a rencontré le chancelier allemand Helmut Kohl afin de créer « une politique conjointe pour désunir la Yougoslavie » et amener la Slovénie et la Croatie dans la « zone économique allemande ». Des officiers de l’Armée étatsunienne ont donc été envoyés en Croatie, en Bosnie, en Albanie et en Macédoine en tant que « conseillers » et ont fait appel aux Forces spéciales des États-Unis pour les aider. [11]

Durant le cessez-le-feu de neuf mois dans la guerre de Bosnie-Herzégovine, six généraux étatsuniens ont rencontré des dirigeants de l’armée bosniaque pour planifier l’offensive bosniaque qui a mis fin au cessez-le-feu. [12]

En 1996, la mafia albanaise, avec collaboration avec l’Armée de libération du Kosovo (ALK), une organisation de guérilleros militants, a pris le contrôle du gigantesque itinéraire de trafic de drogue des Balkans. L’ALK était liée à d’anciens moudjahidin en Afghanistan, dont Oussama ben Laden. [13]

En 1997, l’ALK a commencé à se battre contre les forces serbes, [14] et en 1998, le département d’État états-unien a enlevé l’ALK de sa liste d’organisations terroristes. [15] Avant et après 1998, l’ALK recevait des armes, de l’entraînement et du soutien des États-Unis et de l’OTAN, et la secrétaire d’État de M. Clinton, Madeleine Albright entretenait une relation  politique étroite avec Hashim Thaci, le dirigeant de l’ALK.

À la fois la CIA et le renseignement allemand, la BND, ont soutenu les terroristes de l’ALK en Yougoslavie avant et après qu’elle ne soit bombardée par l’OTAN en 1999. La BND avait des contacts avec l’ALK depuis le début des années 1990, au moment où l’ALK établissait des contacts avec Al-Qaïda. [17] Les membres de l’ALK étaient entraînés par Oussama ben Laden dans les camps d’entraînement en Afghanistan. Même l’ONU a affirmé que la violence provenait en majorité des membres de l’ALK « particulièrement des alliés de Hashim Thaci ». [18]

Le bombardement de l’OTAN au Kosovo en mars 1999 a été justifié par le faux-semblant suivant : mettre un terme à l’oppression des Albanais du Kosovo par les Serbes, qualifiée de génocide. L’administration Clinton a déclaré qu’au moins 100 000 Albanais du Kosovo étaient portés disparus et qu’ils avaient « peut-être été tués » par les Serbes. Bill Clinton a personnellement comparé les événements du Kosovo avec l’Holocauste. Le département d’État avait avoué craindre que près de

500 000 Albanais étaient mort. Finalement, l’évaluation officielle a réduit ce nombre à 10 000, toutefois, des enquêtes exhaustives ont révélé que moins de 2 500 des décès albanais pouvaient être attribués aux Serbes. Pendant la campagne de bombardements de l’OTAN, entre 400 et 1500 civils serbes ont été tués et l’OTAN a commis des crimes de guerres, dont le bombardement d’une station de télévision serbe et d’un hôpital. [19]

En 2000, le département d’État des États-Unis, en coopération avec la American Enterprise Institute, AEI, a tenu une conférence en Slovaquie sur l’intégration euro-atlantique. Parmi les participants, il y avait des chefs d’État, des officiels des Affaires étrangères et des ambassadeurs de divers États européens, ainsi que des représentants de l’ONU et de l’OTAN. [20] Un correspondance entre un politicien allemand présent à la rencontre et le chancelier allemand a révélé la vraie nature de la campagne de l’OTAN au Kosovo. On y apprenait que les conférenciers ont réclamé une déclaration hâtive de l’indépendance du Kosovo, que la guerre en Yougoslavie était menée dans le but d’élargir l’OTAN, que la Serbie serait exclue indéfiniment du développement européen afin de justifier une présence militaire états-unienne dans la région et que l’expansion était ultimement conçue pour endiguer la Russie. [21]

Élément important, « la guerre créait une raison d’être pour la perpétuité de l’OTAN dans un monde d’après-guerre froide, alors que l’organisation tentait désespérément de justifier son existence et son désir d’expansion ».

En outre, « les Russes avaient assumé que l’OTAN se dissoudrait à la fin de la Guerre froide. Au contraire, non seulement l’OTAN s’est élargie, elle est allée en guerre en raison d’une dispute interne dans un pays slave d’Europe de l’Est ». Cela a été vu comme une grande menace. Ainsi, « la guerre de 1999 contre la Yougoslavie est à l’origine de bien des tensions entre les États-Unis et la Russie au cours de la dernière décennie ». [22]

La guerre au terrorisme et le Project for the New American Century (PNAC)

Lorsque Bill Clinton est devenu président, les faucons néoconservateurs de l’administration de George H.W. Bush on formé un cercle de réflexion appelée Project for the New American Century (Projet pour un nouveau siècle états-unien) ou PNAC.

En 2000, ils ont publié un rapport intitulé Rebuilding America’s Defenses: Strategy, Forces, and Resources for a New Century. (Reconstruire la défense des États-Unis : stratégie, forces et ressources pour un nouveau siècle). En se basant sur le document Defense Policy Guidance (Guide de la politique de défense) ils ont déclaré que « les États-Unis doivent conserver suffisamment de forces capables de se déployer rapidement et de gagner de multiples guerres de grande échelle à la fois [23] ». On ajoute, qu’« il est nécessaire de conserver suffisamment de forces de combat pour mener et gagner de nombreuses guerres de théâtre presque simultanées [et que] le Pentagone a besoin de commencer à calculer la force nécessaire pour protéger, indépendamment et en tout temps, les intérêts états-uniens en Europe, en Asie de l’Est et dans le Golfe ». [25]

Fait intéressant, le document indiquait que « depuis des décennies, les États-Unis ont cherché à jouer un rôle davantage permanent en matière de sécurité dans la région du Golfe.

Alors que le conflit irrésolu avec l’Irak fournit une justification immédiate, la nécessité d’une force états-unienne substantielle dans le Golfe transcende la question du régime de Saddam Hussein [26] ». Cependant, en préconisant une importante augmentation des dépenses en défense ainsi que l’expansion de l’empire états-unien autour du globe, incluant la puissante destruction de nombreux pays par de grandes guerres de théâtre, le rapport mentionnait qu’« [e]n outre, le processus de transformation, même s’il apporte des changements révolutionnaires, sera probablement de longue durée s’il ne se produit pas d’événement catastrophique et catalyseur, comme un nouveau Pearl Harbor [27] ». Cet événement s’est produit un an plus tard, lors des attentats du 11 septembre. De nombreux auteurs du rapport et membres du PNAC étaient devenus des représentants de l’administration Bush et étaient en position convenable pour mettre leur « projet » à exécution après l’avènement de leur « nouveau Pearl Harbor ».

Les plans pour la guerre étaient « déjà en développement par les boîtes de réflexion d’extrême-droite dans les années 1990, des organisations au sein desquelles des combattants de la Guerre froide issus du cénacle des services secrets, des églises évangéliques et des compagnies de pétrole et d’armement formulaient des plans consternants pour un nouvel ordre mondial ». Afin d’y arriver, « les États-Unis auraient besoin d’utiliser tous les moyens – diplomatiques, économiques et militaires, même des guerres d’agression – pour avoir le contrôle à long terme des ressources de la planète et la capacité d’assurer la faiblesse de tout rival potentiel ».

Parmi les personnes impliquées dans le PNAC et les plans impériaux on trouve “Dick Cheney – vice-président; Lewis Libby – chef d’état-major de M. Cheney; Donald Rumsfeld – secrétaire à la Défense; Paul Wolfowitz – secrétaire de M. Rumsfeld; Peter Rodman – chargé des Affaires de Sécurité mondiale; John Bolton – secrétaire d’État pour le contrôle des armements; Richard Armitage – adjoint

du secrétaire d’État; Richard Perle – ancien adjoint du secrétaire à la Défense sous Reagan, aujourd’hui à la tête du Defense Policy Board (conseil des politiques de Défense); William Kristol – directeur du PNAC et conseiller de M. Bush, connu comme le cerveau du président et Zalmay Khalilzad », qui est devenu ambassadeur et en Afghanistan et en Irak après les changements de régimes [28].

Le stratégiste faucon par excellence, Zbigniew Brzezinski, co-fondateur de la Commission trilatérale avec David Rockefeller, ancien conseiller à la Sécurité nationale et architecte clé de la politique étrangère sous Jimmy Carter, est également l’auteur d’un livre sur la géostratégie états-unienne.

M. Brzezinski est par ailleurs membre du Council on Foreign Relations, du groupe Bilderberg et a aussi été membre du conseil d’administration d’Amnistie internationale, du Conseil de l'Atlantique et de National Endowment for Democracy (NED). À l’heure actuelle, il est administrateur et conseiller au Center for Strategic and International Studies (CSIS), un important cercle de réflexion états-unien.

Dans son livre Le grand échiquier, paru en 1997, Brzezinski a tracé les grandes lignes  d’une stratégie pour les États-Unis dans le monde. Il a écrit : « Pour les États-Unis, le grand prix politique est l’Eurasie. Depuis un demi-millénaire, les affaires mondiales ont été dominées par les pouvoirs eurasiens et les peuples qui se sont battus entre eux pour la domination régionale et ont aspiré au pouvoir mondial. » Il ajoute, « la façon dont les États-Unis “s’y prennent” avec l’Eurasie est critique. L’Eurasie constitue le plus grand continent du globe et représente un axe géopolitique. Un pouvoir dominant l’Eurasie contrôlerait deux des trois régions du monde les plus avancées et les plus productives sur le plan économique. Un simple coup d’œil sur la carte suggère également que la domination de l’Eurasie impliquerait presque systématiquement la subordination de l’Afrique [29] ».

Il poursuit l’élaboration d’une stratégie pour l’empire états-unien en affirmant qu’« il est impératif qu’aucun opposant eurasien n’émerge, et soit capable de dominer l’Eurasie et, par conséquent, de défier les États-Unis. L’objectif de ce livre est donc de formuler une géostratégie eurasienne approfondie et intégrée [30] ». Il explique : « Deux étapes fondamentales sont donc requises : premièrement, identifier les États eurasiens dynamiques sur le plan géostratégique ayant le pouvoir de provoquer un changement potentiellement important dans la distribution internationale du pouvoir et de déchiffrer les principaux objectifs extérieurs de leurs élites politiques respectives et les conséquences probables de ces aspirations; deuxièmement, formuler des politiques spécifiquement états-uniennes pour compenser, coopter et/ou contrôler ce qui précède [31]. »

Cela signifie qu’il est primordial d’identifier les États qui seraient de potentiels pivots sur lesquels l’équilibre des puissances de la région mettrait fin à la sphère d’influence états-unienne, et qu’il faut ensuite « compenser, coopter et/ou contrôler » de tels États et de telles circonstances. L’Iran serait un exemple : il est l’un des plus grands producteurs de pétrole du monde et détient une position stratégique significative dans l’axe de l’Europe, de l’Asie et du Moyen-Orient. L’Iran pourrait détenir la capacité de modifier l’équilibre des puissances en Eurasie s’il s’alliait étroitement à la Russie ou à la Chine, ou les deux, en leur offrant un important approvisionnement en pétrole de même qu’une

sphère d’influence dans le Golfe, rivalisant ainsi l’hégémonie états-unienne dans la région.

M. Brzezinski a supprimé toute subtilité de ses penchants impérialistes et écrit : « Afin de l’exprimer dans une terminologie rappelant l’âge davantage brutal des anciens empires, les trois grands impératifs de la géostratégie sont : prévenir la collusion et maintenir la dépendance sécuritaire entre les vassaux, préserver la protection des tributaires et leur caractère influençable, et finalement empêcher les barbares de s’unir [32]. »

Brzezinski fait référence aux républiques d’Asie centrale sous le nom « Balkans eurasiens » en écrivant : « De plus, d’un point de vue sécuritaire et sur le plan des ambitions historiques elles [républiques d’Asie centrale] sont importantes pour au moins trois de leurs voisins immédiats les plus puissants, à savoir, la Russie, la Turquie et l’Iran, ainsi que pour la Chine, qui démontre un intérêt politique accru envers la région. Mais les Balkans eurasiens constituent un trésor économique potentiel et sont infiniment plus importants pour cette raison : une énorme concentration de gaz naturel et de réserves de pétrole se trouve dans cette région, en plus d’importants minéraux, dont l’or [33]. » Il ajoute :« Il s’ensuit que l’intérêt principal des États-Unis est d’aider à s’assurer qu’aucun pouvoir à lui seul arrive à contrôler cet espace géopolitique et que la communauté internationale y ait accès économiquement et financièrement, sans entraves [34] ». Voilà un illustre exemple du rôle des États-Unis en tant qu’engin impérial : le pays pratique une politique étrangère impériale conçue pour maintenir ses positions stratégiques, mais dont le but « infiniment plus important » est d’abord, de sécuriser le « trésor économique » pour la « communauté internationale ». En d’autres termes, les États-Unis constituent une hégémonie impériale œuvrant pour les intérêts financiers internationaux.

Brzezinski a également avertit que « les États-Unis pourraient devoir déterminer la façon de composer avec les coalitions régionales qui cherchent à évincer le pays de l’Eurasie, menaçant ainsi son statut de puissance mondiale [35] ». Il « met au premier plan la tactique et la manipulation afin de prévenir l’émergence d’une coalition hostile qui pourrait tôt ou tard chercher à défier la primauté états-unienne ». Ainsi, « [l]a tâche la plus urgente consiste à s’assurer qu’aucun État ou ensemble d’États acquière la capacité d’expulser les États-Unis de l’Eurasie ou même de diminuer de manière significative son rôle décisif d’arbitre [36] ».

La guerre au terrorisme et l’impérialisme excessif

En 2000, le Pentagone a publié un document appelé Joint Vision 2020, qui expose brièvement un projet destiné à accomplir ce qu’ils nomment « Full Spectrum Dominance » (domination sous tous ses aspects), en tant que modèle pour le département de la Défense dans le futur. « La domination sous tous ses aspects signifie la capacité des forces états-uniennes, agissant seules ou avec des alliés, de vaincre n’importe quel adversaire et de contrôler n’importe quelle situation pour l’ensemble des opérations militaires. » Le rapport «  aborde la domination sous tous ses aspects dans l’ensemble des conflits, de la guerre nucléaire aux grandes guerres de théâtre, en passant par les contingences de plus petite échelle. Il touche également aux situations imprécises comme le maintien de la paix et l’aide humanitaire n’impliquant pas de combat ». On mentionne également « [l]e développement d’un réseau d’informations mondial offrant un environnement propice à la supériorité décisionnelle [37] ».

Comme l’expliquait l’économiste politique Ellen Wood, « [l]a domination sans frontières de l’économie mondiale et des nombreux États qui l’administrent nécessite une action militaire sans fin, dans l’intention ou dans le temps [38] ». Elle ajoute : « La domination impériale dans une économie capitaliste mondiale requière un équilibre délicat et contradictoire entre l’abolition de la compétition et le maintien des conditions qui génèrent des marchés et des profits dans les économies en compétition. Il s’agit des contradictions les plus fondamentales du nouvel ordre mondial [39]. » 

Après le 11 septembre, la « doctrine Bush » a été mise en place. Elle réclamait « un droit exclusif et unilatéral à l’attaque préventive, partout et en tout temps, libre de tout accord international, afin de s’assurer que “[leurs] forces seront assez fortes pour dissuader des adversaires potentiels de se développer militairement dans l’espoir de surpasser ou d’égaler la puissance des États-Unis” [40] ».

L’OTAN a entrepris la première invasion terrestre de toute son histoire avec l’invasion et l’occupation de l’Afghanistan en octobre 2001.

En réalité, la guerre afghane avait été planifiée avant les événements du 11 septembre, avec la rupture d’un important marché de pipeline entre des compagnies pétrolières occidentales et les talibans. La guerre en soi a été orchestrée en été 2001, avec le plan fonctionnel pour aller en guerre à la mi-octobre [41].

D’un point de vu géopolitique, l’Afghanistan est extrêmement important, car « le transport de tout le combustible fossile du bassin de la mer Caspienne à travers la Russie ou l’Azerbaïdjan accroîtrait énormément le contrôle politique et économique de la Russie sur les républiques d’Asie centrale, ce que l’Ouest a précisément tenté de prévenir pendant 10 ans. Le faire passer par l’Iran enrichirait un régime que les États-Unis cherchent à isoler. Envoyer le combustible par le long chemin de la Chine, en passant complètement à côté des considérations stratégiques, se ferait à un coût prohibitif. Si les