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09/12/2009

n° 500 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine - 06-12 : Suite - Les Bantoustans et la déclaration unilatérale d’indépendance de la « Palestine ».

n° 500 - Les  Dossiers  'Géopolitique et stratégie' de  Palestine  - 06-12 :  Suite  - Les Bantoustans et la déclaration unilatérale d’indépendance de la « Palestine ».



L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 

                                                       



   Les  Dossiers  'Géopolitique et stratégie' de  Palestine 

       500 du 06-12                                    C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 

Sommaire

1-3 Pierre Barbancey : Israël joue l'obstruction.

1-4 Daniel Vanhove : Puisque ni Arafat, ni Abbas, ni Haniyeh ne conviennent... peut-être serait-il temps de tirer les conclusions.

1-5 Alain Gresh : « Sans conditions préalables »...


1-3 Pierre Barbancey : Israël joue l'obstruction.

Les pourparlers de paix apparaissent toujours plus bloqués au Proche-Orient à cause de l’attitude de Tel-Aviv qui use de ses soutiens pour conforter son refus d’accepter un gel préalable de la colonisation.

 Analyse.

Le 11 novembre 2004, le leader historique palestinien, Yasser Arafat, décédait à Paris.

Cinq ans après – lui qui était accusé par les Israéliens d’être la raison du blocage du processus de paix –, rien n’a changé. L’occupation se poursuit, le mur se construit sur les terres palestiniennes, Gaza est sous blocus et en Cisjordanie, le nombre de checkpoints est toujours le même. Quant à la colonisation, elle se poursuit sans interruption, y compris à Jérusalem. Impossible pour les Palestiniens, dans ces conditions, de reprendre le chemin des négociations. Qu’y aurait-il en effet à négocier, sinon le fait accompli sur le terrain créé par la politique israélienne?

L’attitude de Washington reste la même

Ceux qui avaient mis quelques espoirs dans le changement d’administration américaine sont aujourd’hui obligés de constater que l’attitude de Washington reste la même. Barack Obama avait bien exigé d’Israël qu’il cesse la colonisation, mais si mollement que le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, ne s’est en rien senti obligé. Mieux, lors de sa récente tournée au Proche-Orient, la secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, s’est faite beaucoup plus conciliante. Lundi, à l’issue d’une rencontre entre Netanyahou et Obama, le secrétaire général de la Maison-Blanche, Rahm Emanuel, a dit que les pourparlers israélo-palestiniens devaient reprendre « sans conditions préalables ». Ce qui n’est rien d’autre que ce qu’a affirmé Netanyahou à Washington.

Mahmoud Abbas, fortement déstabilisé

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, fortement déstabilisé ces dernières semaines au sein de son propre camp, a – enfin – changé d’attitude et tente de reprendre la main. Il a même annoncé son intention de ne pas se présenter à l’élection présidentielle, prévue pour le mois de janvier prochain. Pour lui, « la reprise des pourparlers nécessite de la part du gouvernement israélien un engagement à respecter le cadre du processus de paix, qui comprend la suspension des activités de peuplement, y compris la croissance naturelle, et qui inclut Jérusalem ». Il a estimé que les résolutions de l’ONU adoptées ces dernières années, c’est-à-dire le retour aux frontières de 1967, constituaient un « cadre clair » pour la reprise de négociations. Il a accusé Israël de vouloir faire capoter une « solution à deux États », pourtant appuyée par la communauté internationale, en dressant des « obstacles » à un accord de paix. « En l’absence de tout cela, je ne peux être d’accord », a-t-il prévenu.

Pour les États-Unis, comme pour l’Union européenne, il s’agit de parvenir au déblocage de la situation, c’est-à-dire de reprendre le processus de paix afin de parvenir à une stabilisation de cette partie du monde, directement connectée à ce qui se passe en Irak, au Pakistan, en Afghanistan, et qui n’est pas sans lien avec le dossier iranien. Les Palestiniens réussissant à résister aux pressions américaines et européennes, il est difficile à Washington et à Bruxelles d’être plus conciliant avec Tel-Aviv. D’autant que l’opinion publique internationale est particulièrement échaudée par l’attitude israélienne.

Pierre Barbancey

Jeudi 12 novembre 2009

 Journal L'Humanité
Publié le 13 novembre 2009 avec l'aimable autorisation de L'Humanité

Source : Le web de l'Humanité
http://www.humanite.fr/...

http://www.palestine-solidarite.org:80/analyses.Pierre_Ba...


1-4 Daniel Vanhove : Puisque ni Arafat, ni Abbas, ni Haniyeh ne conviennent... peut-être serait-il temps de tirer les conclusions.

Pour tout observateur attentif, rien de bien neuf dans les déclarations récentes de l’ensemble de la diplomatie occidentale à propos de la décision du président de l’autorité palestinienne Mahmoud Abbas de ne pas se représenter aux élections prochaines, prévues début 2010.

Chacun y est allé de sa petite intervention – jusqu’à Shimon Pérès ! – pour inviter l’intéressé à revoir sa position.

Là où les représentants de nos divers gouvernements ont ignoré depuis des décennies, la détérioration toujours plus grave de la situation dans les Territoires occupés par Israël et tout particulièrement à Gaza, l’empressement à soutenir de manière presque unanime et encourager Mahmoud Abbas à se représenter à ces futures élections, devrait au minimum, nous interpeller.

En effet, comment comprendre que pendant des années, nos élus et leurs médias serviles n’ont cessé de mettre en exergue la corruption endémique et généralisée de l’appareil étatique palestinien jusqu’à son sommet ; n’ont cessé d’abandonner les leaders palestiniens à leur funeste sort ; n’ont cessé d’ignorer les multiples compromis acceptés par une population étranglée ; n’ont cessé d’encourager et soutenir les initiatives israéliennes de tous genres, y compris dans le laisser-faire du Mur d’apartheid, dans l’alliance du gouvernement avec l’extrême-droite, dans le blocus assassin de la Bande de Gaza, dans l’emprisonnement de parlementaires et de mineurs, dans la non-application des résolutions des Nations-unies et le non-respect du Droit international et humanitaire, etc… et d’assister au revirement soudain de ces mêmes élus trouvant aujourd’hui toutes les qualités à Mahmoud Abbas, pour qu’il reste à la tête d’un hypothétique Etat ? Comment comprendre une telle attitude, sinon que l’homme de l’ombre, le pâle représentant des Palestiniens, celui-là même qui parfois s’accrochait au cou d’Ehud Olmert pour l’embrasser est tellement consensuel, tellement faible qu’il convient parfaitement aux interlocuteurs israéliens en premier lieu et par ricochet à tous ceux qui soutiennent activement Israël dans la poursuite de sa politique profondément injuste, hors-la-loi et criminelle ?

A l’heure où Mahmoud Abbas se dirige peut-être vers la décision politique la plus courageuse de sa carrière, c’est la panique dans les chancelleries. Perdre un tel interlocuteur s’avère sans doute perdre un allié bien utile et fort peu encombrant. La décision est même interprétée par certains comme une manœuvre tactique visant à le rendre incontournable, indispensable, quelques mois avant les élections, lui assurant ainsi la certitude d’une réélection aisée et massivement soutenue de l’extérieur. Et puis, qui donc pourrait remplacer cet évanescent papy, si peu vindicatif, si peu déterminé, si policé et si soumis aux dictats qui lui sont imposés !? A 74 ans, la retraite volontaire de celui-là même qui fut l’un des artisans des moribonds Accords d’Oslo ne semble pas recevoir l’aval de ses interlocuteurs étrangers qui n’osent imaginer devoir faire face à un nouveau candidat dont on ne connaît pas encore le nom, ni la tête, et moins encore les intentions. Diable, que nous préparent encore ces imprévisibles insoumis !?...

Or, pour la population palestinienne qui a tout enduré depuis plus de soixante ans sans percevoir la moindre lueur dans l’avènement de son Etat, ces prochaines élections ne sont-elles pas une opportunité de faire table rase de tout ce qui a manifestement échoué ? Et d’en tirer les conclusions ? Puisque rien ni personne ne semble jamais convenir aux différents gouvernements israéliens : ni Yasser Arafat qui était trop ceci, ni Mahmoud Abbas qui est trop cela, ni Ismaïl Haniyeh qui n’est ni ceci ni cela tout en même temps ; qu’ils volent, pillent, emprisonnent et massacrent toujours plus leurs voisins au fil des ans ; qu’ils refusent obstinément l’arrêt de la colonisation et par leur comportement affichent une arrogance peu commune, peut-être est-ce le moment de remettre en cause le partage-même de ce qui fut décidé sans l’avis des premiers concernés, en 1947… et de dénoncer la solution choisie par les Etats dits démocratiques qui leur fut imposée, la déclarant caduque et impossible à réaliser de par l’intransigeance coloniale israélienne…

Et peut-être dans la foulée conviendrait-il de rappeler que finalement, le problème des pogroms puis du génocide des juifs pendant la dernière guerre mondiale était bien un problème européen qui ne concernait pas le Proche-Orient où ils vivaient tranquilles. Problème qui dès lors, ne devrait pas trouver sa solution sur le dos des Palestiniens qui aujourd’hui continuent à payer notre ardoise ! Et de suggérer aux Européens et leurs alliés de trouver sur leurs terres, un endroit pour l’établissement de l’Etat « juif » d’Israël. Ce sera l’occasion de voir si leur détermination au soutien d’un tel Etat déguisé en démocratie sera toujours aussi appuyée et inconditionnelle…

Ainsi, voilà bientôt deux ans, je proposais dans La Démocratie Mensonge, une solution à la question israélo-palestinienne, sous forme de « pensées interdites » :

« (…) Si l’on regarde l’Histoire humaine, rien n’y est jamais définitif. Tout est, là également, en constante évolution. Et tout particulièrement, les frontières délimitant les limites de tel ou tel pays. Il n’est qu’à jeter un œil sur les cartes géographiques d’antan. Celles d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec celles d’hier ou d’avant hier. Et ne sont probablement pas à l’image de celles de demain. Transformées elles aussi, par la conjonction des forces qui les (re)dessinent. Et dans ce cas-là, les forces en question sont la volonté et les décisions des hommes et des femmes qui peuplent le monde et ses régions, et en modèlent, en modifient ses étendues et ses limites. Il ne faut pas remonter bien loin dans le passé pour en avoir des exemples : que ce soit en ex-URSS, en ex-Yougoslavie, en ex-Tchécoslovaquie pour ne parler que d’une Europe qui n’a de cesse de se redessiner, les récentes nouvelles frontières sont nombreuses. Et ne sont certainement pas définitives. Dans quelque temps, qu’adviendra-t-il du Kosovo, du Monténégro, de l’îlot russe de Kaliningrad enclavé en pays baltes eux-mêmes rattachés à l’Union européenne, du Kurdistan inscrit sur plusieurs pays, du Sahara occidental, ou du Tibet, … ?

Bien malin qui pourrait en dessiner aujourd’hui les futures frontières.

Mais l’observation des faits scientifiques nous a appris aussi autre chose, d’essentiel : dans son évolution, l’univers a horreur du gaspillage d’énergie, étant entendu que rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Pour une fois, essayons donc d’en tirer les leçons et de nous les appliquer.

Il n’y a pas si longtemps, au moment où quelques responsables juifs réclamaient une terre pour accueillir leur projet de foyer national, étaient envisagées trois éventualités : la Palestine, l’Argentine et l’Ouganda. Le choix s’est porté sur la Palestine, pour diverses raisons dont celle d’un retour à la Terre Promise… cette fadaise ! Aujourd’hui, plutôt que de continuer dans cette option qui paraît sans issue, dans cette obsession sanglante et meurtrière d’imposer les frontières du jeune Etat d’Israël au cœur de la Palestine historique dont les habitants n’ont jamais eu leur mot à dire sur cette décision, et d’en payer le prix le plus fort depuis 60 ans, pourquoi ne pas envisager une quatrième voie, plus économe à tout point de vue ? En outre, dans l’esprit de la « globalisation » où tout est bon à n’importe quelle entreprise pour améliorer ses marges bénéficiaires par l’entremise de la délocalisation, l’idée s’inscrit tout à fait dans l’air du temps…

De toutes les manières, plus les années passent, plus la domination d’Israël sur la région semble comptée. Depuis 1967, à l’inverse de ce qui apparaît au premier coup d’œil, l’Etat israélien a perdu une partie du terrain volé à ses voisins. Il a rétrocédé le Sinaï à l’Egypte, a quitté la majeure partie du Sud Liban, s’est retiré de Gaza, et devra tôt ou tard négocier le Golan syrien… avant d’entamer des pourparlers au sujet des nombreuses colonies implantées en Cisjordanie dont on sait que toutes sont illégales.

Son recours à une oppression féroce sur ce qui lui reste en est d’autant plus brutale : les Palestiniens en font les frais chaque jour… avant, sans doute, l’implosion de l’Etat israélien sous sa forme actuelle, condamné à disparaître par la définition même de ses statuts racistes et de ses pratiques d’apartheid impossibles à perpétuer éternellement dans un monde qui prône la « démocratie » comme modèle…

L’Algérie a résisté pendant plus de 130 ans à l’occupation française… Même dans un infernal quotidien, les Palestiniens savent avoir encore du temps devant eux… et il est fort improbable que les pays arabes voisins acceptent la disparition du 3ème lieu saint de l’Islam à Jérusalem, au seul profit du judaïsme…

Ainsi, puisqu’il est établi que les Etats-Unis soutiennent inconditionnellement et, envers et contre tout, le gouvernement et le peuple israéliens, pourquoi ne pas offrir à ces derniers, l’un des plus grands espaces qui soit – la superficie des USA est de 9.630.000 km² et celle d’Israël de 20.770 km², soit moins de 0,25 % du territoire américain – en leur permettant d’y édifier leur Etat ?

Les espaces désertiques ne manquent pas dans le Sud-Ouest des USA et quelques grands déserts pourraient bien accueillir ceux qui semblent avoir un penchant atavique pour la chose.

Avec les techniques actuelles, nul doute qu’il soit possible de déménager les quelques vieilles pierres restantes du Mur des Lamentations… Et si vraiment cela ne pouvait être envisagé par crainte de dommages irréversibles au site historique, ou par respect pour ceux qui désireraient rester à Jérusalem, ainsi que pour le tourisme qui retrouverait-là son affluence d’antan, on pourrait assurément compter sur les techniciens d’Hollywood pour effectuer de parfaits décors de la Ville Sainte, plus vrais que nature ! Et pourquoi pas, envisager jusqu’à la reconstruction totale du Temple de Salomon qui trônerait alors, dans toute sa splendeur, au centre d’une nouvelle capitale, baptisée New-Jerusalem !?

Ce serait tout avantage pour les Israéliens : ils ne seraient pas trop dépaysés par l’environnement naturel ; seraient directement sous l’aile protectrice et satellitaire de leur bienfaiteur ; ne devraient plus utiliser leur argutie habituelle de peurs paranoïaques alimentées par la présence d’Arabes et de musulmans innombrables à leurs frontières ; n’auraient plus besoin d’un budget militaire exponentiel pour garantir la paix avec leurs voisins, ce qui leur permettrait de se pencher sur le problème réel de la pauvreté dans le pays ; n’auraient plus à vivre en état de stress permanent parce qu’ils seraient mieux abrités d’éventuelles attaques suicides ; pourraient se livrer sans limite à leur occupation favorite, à savoir, l’extension de leur territoire, etc… Le colossal budget militaire ainsi économisé pourrait servir à édifier très rapidement les infrastructures modernes dont ils bénéficient aujourd’hui, et pourrait en outre être consacré aux soins psychologiques indispensables pour soigner les nombreuses névroses d’une grande majorité de citoyens. Enfin, comble de bonheur, ils seraient proches du Saint des Saints puisque le souffle divin traverse aussi le Président yankee [à l’époque du président Bush- ndlr], qui conduit désormais le monde de vision en vision… Comme on peut le voir, là également, point de dépaysement…

La région du Moyen-Orient serait finalement libérée de l’une de ses tensions majeures. La Communauté internationale serait définitivement débarrassée de l’un de ses plus épineux problèmes puisque le cas échéant, tout problème israélien deviendrait interne aux Etats-Unis. Là également, que d’économies d’argent et d’énergie ! Le calme reviendrait sans doute dans l’ensemble de la région. Ainsi peut-être que sur les cours pétroliers. Le nouveau Moyen-Orient ainsi reconstitué pourrait être sécurisé d’Est en Ouest et du Nord au Sud et nettoyé de tout danger nucléaire, y compris en Iran. Et les peuples libérés pourraient enfin se consacrer à l’essentiel. Ce qui au vu des dégâts à tous niveaux, éliminerait le chômage et assurerait du travail pour tous, pendant des décennies entières. Nous serions en Europe, soulagés des interventions indigestes des prétentieux de salons, politologues incompétents, journalistes verbeux, « spécialistes » pédants, etc… Et chacun de nous pourrait en définitive, consacrer son temps à autre chose.

Quand on voit les milliards engloutis, dans la conquête spatiale pour les armes sophistiquées des uns, dans la reconstruction et l’aide humanitaire sans fin des autres, sans compter les coûts indécents d’une diplomatie inopérante de tous, en termes strictement économiques, l’impact d’un tel plan serait i-ni-ma-gi-na-ble ! Au lieu d’entraîner les forces vives du pays dans leurs guerres ruineuses, les Etats-Unis pourraient booster leur économie de façon vertigineuse. Les places boursières s’envoleraient. Et leur image extérieure retrouverait une blancheur (presque) immaculée.

Plutôt que de renouveler sans cesse des promesses jamais tenues à propos d’un futur Etat palestinien, celui-ci pourrait éclore dans ses limites historiques, et la place libérée par une partie de la communauté juive permettrait d’y accueillir tous les réfugiés entassés dans les pays voisins qui, eux aussi, seraient débarrassés d’un douloureux problème à l’intérieur de leurs frontières… Tous les Israéliens, juifs ou non, qui le désirent pourraient rester en Palestine et cohabiter sereinement avec leurs compatriotes arabes, musulmans, chrétiens ou laïcs, comme c’était le cas par le passé, ainsi que dans nombre de pays de par le monde.

De son côté, le nouvel Israël pourrait négocier son rattachement comme 51ème Etat aux cinquante actuels qui forment les Etats-Unis d’Amérique. Il serait ainsi, enfin reconnu par toutes les Nations, y compris par les Etats arabes les plus réticents, dans son « droit d’exister »…

L’ensemble des anciennes Résolutions des Nations Unies seraient déclarées caduques et une nouvelle ère de réelle prospérité s’ouvrirait pour chacun. Bref, ce serait la paix pour tous, dans le meilleur des mondes… Cela s’avèrerait une véritable manne céleste, proche du miracle… Mais, quoi de plus naturel, pour le peuple élu dont les plus convaincus n’ont de cesse de répéter qu’ils sont en dialogue direct avec Dieu !? (…) »

Daniel Vanhove –
18.11.09
Daniel Vanhove : Observateur civil – Membre du MCP (Mouvement Citoyen Palestine)
La Démocratie Mensonge – 2008 – Ed. Marco Pietteur – coll. Oser Dire

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Puisque-ni-Arafat-ni-Abbas-ni-Haniyeh-ne-conviennent-peut-etre-serait-il-temps-de-tirer-les-conclusions.html


1-5 Alain Gresh : « Sans conditions préalables »...

Pendant quelques jours, la nouvelle a fait la Une de l’actualité au Proche-Orient. Elle aurait même été, selon la presse, au centre des entretiens entre les présidents Sarkozy et Assad le 13 novembre : le premier ministre israélien Netanyahou serait prêt à reprendre sans conditions préalables les négociations avec Damas. Il l’a affirmé au président Sarkozy lors de la rencontre entre les deux hommes le 11 novembre. Selon certaines informations, il aurait même remis au président français une lettre en ce sens. Au moment où le dossier palestinien est au point mort, ne serait-ce pas une avancée significative ?

D’autre part, selon le quotidien Haaretz du 12 novembre, le président Sarkozy aurait téléphoné à Mahmoud Abbas durant sa rencontre avec Netanyahou pour lui demander de répondre positivement à l’offre israélienne de reprise des négociations sans conditions préalables...

Selon Dan Margalit, dans le quotidien israélien Israel Hayom (12 novembre), Netanyahou aurait accompagné son message au président syrien sur la reprise des négociations d’un deuxième message, plus menaçant : Israël ne peut rester encore longtemps passif face au flot d’armes livrées au Hezbollah. Le quotidien Yedioth Ahronoth, pour sa part, publie des informations sur les capacités du Hezbollah à récolter des informations sur l’armée israélienne et à suivre à la trace à la fois les drones qui survolent le territoire libanais et les soldats qui patrouillent le long de la frontière.

Promesses de paix d’un côté, menaces de l’autre ?

En réalité, et malgré ce qui semble ressortir de nombreux commentaires de presse français, il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Les gouvernements israéliens successifs ont toujours été prêts à négocier, à rencontrer tel ou tel leader arabe. A une seule condition, si l’on peut dire : c’est qu’il n’y ait aucune condition. Cette mention (« sans conditions préalables ») n’a qu’une signification : le refus israélien du droit international comme base de négociations...

Prenons un exemple pour être clair. En 1990, l’Irak envahit le Koweït, la famille royale s’enfuit. Quelle aurait été la réaction internationale si Saddam Hussein avait annoncé qu’il était prêt à négocier sans conditions préalables avec la dynastie Al-Sabah ? Tout le monde aurait compris que c’était une manœuvre et que, compte tenu des rapports de force, ces négociations, si elles avaient eu lieu, n’auraient pu déboucher sur aucun accord.

Lors de la conférence d’Annapolis de novembre 2007, bien oubliée malgré les « espoirs » qu’elle avait suscités dans les médias, une déclaration israélo-palestinienne avait été adoptée. J’expliquais alors : « Le plus inquiétant dans la déclaration commune, c’est l’absence de toute base juridique ou légale aux négociations. Il n’y a aucune référence au droit international, ni même à la résolution 242 du Conseil de sécurité et à l’idée d’échange de la paix contre les territoires. Les deux parties s’engagent à “des négociations bilatérales en toute bonne foi”. En toute bonne foi ? Mais que signifie ce terme ? Ehoud Olmert pense, “en toute bonne foi”, que Jérusalem, y compris sa partie arabe conquise en 1967, est “territoire israélien” ; il pense “en toute bonne foi” que les grands blocs de colonies doivent être annexés à Israël. Il pense aussi, “en toute bonne foi”, que la sécurité des Israéliens est plus importante que celle des Palestiniens. »

Aujourd’hui, Netanayhou pense, « en toute bonne foi », que la Cisjordanie est une partie d’Ertez-Israël et que les Palestiniens devraient émigrer dans un des multiples pays arabes. Il pense, « en toute bonne foi », que le Golan est essentiel à la sécurité d’Israël et qu’on ne peut s’en retirer.

Cela fait des années maintenant que les négociations entre Israéliens et Palestiniens sont dans l’impasse. Il existe un « processus », mais sûrement pas de paix. L’Autorité palestinienne a décidé de ne pas reprendre les négociations sans gel total de la colonisation. Mais, même dans ce cas, sur quelles bases reprendraient les négociations ? Quelles chances auraient-elles d’aboutir alors que le gouvernement israélien refuse la mise en œuvre du droit international, des résolutions de l’ONU ?

Lors d’une rencontre avec journalistes et intellectuels le 13 novembre, le président Assad est revenu sur la question des colonies. Il a souligné que l’arrêt de leur construction était « un pas positif mais sûrement pas final ». La question fondamentale était le contenu des négociations, et donc le retrait israélien des territoires occupés en 1967. La Syrie a toujours mis une condition à des négociations directes : l’acceptation par Israël du principe du retrait sur la ligne du 4 juin 1967. C’est parce qu’Itzhak Rabin avait accepté ce principe en 1994 que des négociations directes s’étaient déroulées entre les deux pays (« Quand Israël et la Syrie étaient au bord de la paix »). En 2007, des négociations indirectes avaient repris sous l’égide de la Turquie avec le gouvernement d’Ehoud Olmert (« Le nucléaire, la Syrie et Israël ») ; Damas demandait, pour passer au stade des négociations directes, qu’Olmert confirme l’engagement de Rabin. La situation n’a pas changé depuis l’arrivée de Netanyahou : si Israël souhaite des négociations directes, il faut accepter l’engagement de Rabin. La Turquie a confirmé qu’elle était prête à poursuivre sa médiation. Et le président Assad a demandé à la France de faire pression en ce sens. Ajoutant, avec un rien de perfidie, que puisque Sarkozy se targuait de ses bonnes relations avec Netanyahou, cela ne devait pas être impossible.

Un sujet sur lequel les bonnes relations entre Netanyahou et Olmert n’ont pas de conséquence, c’est celui de Salah Hamouri, citoyen franco-palestinien emprisonné depuis quatre ans en Israël, alors qu’il est pourtant « libérable » (« Le scandale Salah Hamouri »). Profitons-en pour saluer le courage du comédien François Cluzet, qui, lors de la présentation de son film sur France 2, a évoqué le cas de Hamouri, cas que le président du groupe UMP à l’Assemblé nationale Jean-François Copé, présent sur le plateau, affirmait ignorer totalement. Profitez-en pour aller voir le film A l’origine, où joue Cluzet : un excellent film social.

Alain Gresh 

14-11

Source : Les blogs du Diplo
http://blog.mondediplo.net/...

http://www.palestine-solidarite.org:80/analyses.Alain_Gresh.141109.htm


n° 500 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine - 06-12 : Fin - Les Bantoustans et la déclaration unilatérale d’indépendance de la « Palestine ».

n° 500 - Les  Dossiers  'Géopolitique et stratégie' de  Palestine  - 06-12 :  Fin  - Les Bantoustans et la déclaration unilatérale d’indépendance de la « Palestine ».



L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

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   Les  Dossiers  'Géopolitique et stratégie' de  Palestine 

       500 du 06-12                                    C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire

1-6 Myriam Abraham : Comment L’Union Européenne Récompense Israël Pour Ses Crimes De Guerre.

1-7 Chems Eddine Chitour : Palestine 2009 : Que reste-t-il de l’héritage symbolique de Yasser Arafat ?

1-7 Anas Fawzy : La leçon de Jérusalem.


1-6 Myriam Abraham : Comment L’Union Européenne Récompense Israël Pour Ses Crimes De Guerre.

En supprimant les taxes sur les produits alimentaires manufacturés importés d’Israël dans l’ UE à compter du 1er Janvier 2010. Plus que jamais, Boycott des produits israéliens !

Suite à un nouvel accord portant sur le commerce des produits agricoles manufacturés signé entre l’UE et Israël, chocolats, pâtisseries, café, jus de fruits concentrés, gaufrettes, salades fraîches, et autres produits alimentaires exportés dans l’UE bénéficieront d’exemptions de taxes à compter du 1er Janvier 2010.
Comme l’a clairement montré le Rapport Goldstone, Israël a commis lors de son opération Plomb Durci à Gaza l’hiver dernier des crimes de guerre.
L’Union Européenne, bafouant ses propres règles sur le respect des droits de l’homme en matière d’association commerciale, vient de donner le feu vert pour l’importation de ces produits agro alimentaires israéliens exemptés de taxes.
Une récompense en quelque sorte pour les crimes de guerre sionistes commis sur la population palestinienne de Gaza?!
Cette exemption de taxes est le résultat d’un nouvel accord de commerce sur les produits agricoles transformés signé le weekend dernier à Bruxelles en présence de l’ambassadeur d’Israël auprès de l’UE, Ran Curiel, et de l’ambassadeur de Suède qui préside actuellement l’UE.
Le marché européen est le principal marché pour Israël en ce qui concerne le commerce de produits agricoles manufacturés. 44% des exportations israéliennes de ces produits se font avec les pays de l’Union européenne, Isr aël important 50% de ses produits alimentaires de l’UE.
Actuellement , on estime à 650 millions le chiffre des exportations israéliennes de produits alimentaires transformés en direction de l’UE. Cet accord va libéraliser 95% du commerce de ces produits et donc augmenter de manière significative la compétitivité de l’industrie agro alimentaire israélienne dans le domaine des exportations dans l’UE.
Plus que jamais c’est du devoir de la société civile, face à la défaillance lamentable politico éthique des responsables politiques de ce « machin » qu’est l’Union Européenne – y compris le parlement européen - d’agir en boycottant TOUS les produits israéliens. Un certains nombre de ces produits étiquetés « made in Israël » sont en fait partiellement ou totalement fabriqués dans les colonies de Cisjordanie occupée.
Face à cette décision honteuse et dégradante pour l’UE, résultat de l’action du puissant Lobby Sioniste à Bruxelles, une seule réponse :
BOYCOTT
Pour les actions de boycott consulter les sites :
ISM France
EuroPalestine

Jeudi 19 Novembre 2009

http://www.planetenonviolence.org/Comment-L-Union-Europee...


1-7 Chems Eddine Chitour : Palestine 2009 : Que reste-t-il de l’héritage symbolique de Yasser Arafat ?

«On pense parfois que la guerre menée par l’armée israélienne contre le peuple palestinien est compliquée et sans solution. Ce n’est pas vrai. Dans cette guerre, il y a un occupant et un occupé. (...) Tout a commencé avec un mensonge historique: la Palestine n’était pas «une terre sans peuple pour un peuple sans terre». Un peuple vivait là et il n’est pas parti de son plein gré. Il a été expulsé en 1948 et c’est aujourd’hui en grande partie un peuple de réfugiés.»
Pierre Stambul (Site de l’UJFP/ Site Altermonde -le village)

 

Il y a cinq ans disparaissait un des hommes qui a marqué la cause des opprimés. A sa façon, Arafat a incarné la résistance, la diplomatie, la tempérance et le refus du fait accompli. Comme De Gaulle qui a refusé l’ordre hitlérien, il a refusé l’ordre israélien. Pendant plus d’un demi- siècle, il lutta avec toutes les armes possibles. Comme Che Guevara, il a pris les armes. Son keffieh, symbole de l’identité palestinienne, est passé à la postérité, le porter est un signe de reconnaissance de cette cause.

Petit rappel : qui est Arafat ? Yasser Arafat, est né le 24 août 1929 dans la ville du Caire et décédé le 11 novembre 2004 à Clamart en France, de son vrai nom Mohamed Abdel Raouf Arafat al-Qudwa al-Husseini, dirigeant du Fatah puis également de l’Organisation de libération de la Palestine. À partir de 2001, après l’échec du sommet de Taba et le déclenchement de la Seconde Intifada, il perd progressivement de son crédit auprès d’une partie de son peuple qui lui reproche la corruption de son Autorité. Il se retrouve isolé sur la scène internationale tandis que les Israéliens élisent Ariel Sharon au poste de Premier ministre de l’État d’Israël, amenant un durcissement de la position israélienne vis-à-vis du dirigeant palestinien contraint à ne plus quitter Ramallah. Cet isolement n’est rompu qu’à la veille de sa mort, quand il est emmené d’urgence à Clamart, en région parisienne, où il décède en 2004.

La guerre des Six-Jours change la donne géopolitique au Proche-Orient et constitue le véritable point de départ de la « carrière » de Yasser Arafat. Le 17 juillet 1968, la charte de l’OLP est modifiée avec l’ajout de 7 nouveaux articles suite à la guerre de 1967 et devient la Charte nationale palestinienne, adoptée au Caire qui déclare le territoire de la Palestine mandataire comme « indivisible » et comme la « patrie du peuple arabe palestinien ». Cette charte est considérée par les Israéliens comme une véritable déclaration de guerre, car elle définit le but de l’organisation dans l’anéantissement de l’État d’Israël par la lutte armée en lui niant toute légitimité d’existence. En septembre 1970, chassé de Jordanie par les troupes du roi Hussein de Jordanie, Arafat s’établit au Liban. L’armée libanaise tente en 1969 de reprendre le contrôle des camps, mais elle est trop faible. Le sommet arabe organisé à Alger en novembre 1973 admet implicitement l’idée d’une démarche progressive vis-à-vis d’Israël, en évoquant la libération prioritaire des territoires occupés en 1967. Le 14 mai, l’ONU reconnaît l’OLP par 105 voix contre 4 comme représentant du peuple palestinien. Le 13 novembre 1974, Yasser Arafat fait un discours devant l’Assemblée générale des Nations unies. Il y défend l’idée d’un État unique démocratique où vivraient chrétiens, juifs et musulmans. (1)

En 1982, en pleine guerre du Liban, Arafat échappe à la mort en quittant de justesse un immeuble réduit à terre par une bombe israélienne. Il est forcé de quitter Beyrouth, assiégée par l’armée israélienne, le 30 août 1982, à bord d’un navire vers la Grèce puis la Tunisie, ce qui désorganise, en partie ses rentrées financières. Un an après, Arafat revient à Tripoli au Liban. Dès le mois de septembre, les partisans de Arafat sont repoussés par des dissidents de l’OLP. Arafat et 4000 de ses partisans quittent Tripoli sur des bâtiments grecs protégés par la marine française. Il installe son quartier général à Tunis. Arafat évite la mort le 1er octobre 1985 lorsqu’un avion de chasse israélien F-15 bombarde le siège de l’OLP à Tunis où devait se tenir un meeting entre les dirigeants du mouvement, meeting auquel Arafat arrive en retard. (1)

En 1988, la première Intifada, ou « révolte des pierres », éclate en Cisjordanie et sur la Bande de Ghaza. Le 13 décembre 1988, devant l’Assemblée générale des Nations unies à Genève, Arafat en appelle à une résolution pacifique du conflit israélo-arabe sur base des résolutions 181, 242 et 338 et rappelle le rejet par le Conseil national palestinien et par l’OLP de toute forme de terrorisme. Le 13 septembre 1993, la Déclaration de Principes dite « Accords d’Oslo », est signée à la Maison-Blanche sous l’égide du président Bill Clinton. Le monde entier retient la poignée de main historique échangée entre le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin et Yasser Arafat. L’accord dit « Oslo II », conclu en septembre 1995, permet la tenue d’élections générales en janvier 1996. Arafat est élu le 4 novembre 1995, Yitzhak Rabin est assassiné lors d’une assemblée pour la paix à Tel Aviv. (1)

En juillet 2000, le sommet de Camp David entre Yasser Arafat et Ehud Barak évoque la reconnaissance d’un État palestinien. Il achoppe néanmoins sur de nombreux points. La seconde Intifada est initiée en septembre 2000, à la suite de l’échec des discussions israélo-palestiniennes : La visite du parlementaire du Likoud, Ariel Sharon, sur l’Esplanade des mosquées/Mont du Temple est vécue par eux comme une provocation. En février 2001, Ariel Sharon est élu Premier ministre tandis qu’aux États-Unis, George W.Bush est élu président. Ariel Sharon ne cherche pas à poursuivre les négociations avec Yasser Arafat qu’il ne juge pas comme un interlocuteur valable. Les attentats du 11 septembre 2001 précipitent les États-Unis dans la « guerre contre le terrorisme ». Sharon, qui avait juré en 1982 de tuer Arafat, déclare : « Nous aussi avons notre Ben Laden. » Yasser Arafat va passer les dernières années de sa vie enfermé dans la Mouqataâ, son QG de Ramallah, encerclée par les forces israéliennes. L’Union européenne exige de Yasser Arafat une dénonciation catégorique et « en langue arabe » du terrorisme, ce qu’il fait le 16 dé-cembre 2001. (1)

En vertu des réformes exigées par Israël et les États-Unis, Yasser Arafat doit se résigner, en février 2003, à nommer un Premier ministre qui sera Mahmoud Abbas. Un bras de fer oppose rapidement Arafat à son Premier ministre Mahmoud Abbas. Au centre des divergences, la Feuille de route pour la paix et la proposition de Mahmoud Abbas de nommer Mohammed Dahlan au poste de ministre de l’Intérieur. En 2004, Ariel Sharon franchit une étape supplémentaire en déclarant, le 2 avril, que son adversaire n’a « aucune assurance » sur la vie. Le journaliste israélien Uri Dan rapporte, dans son livre Ariel Sharon : entretiens intimes avec Uri Dan, une conversation téléphonique qui se serait alors tenue entre Ariel Sharon et George W.Bush, Sharon informant Bush qu’il ne se sentait plus tenu par la promesse qu’il lui avait faite en mars 2001 de ne pas toucher à la vie d’Arafat. Bush lui aurait répondu qu’il fallait laisser le destin de Arafat entre les mains de Dieu, ce à quoi Sharon avait répondu que parfois, « Dieu a besoin d’une aide ».

En octobre 2004, Arafat se plaint de douleurs à l’estomac et de vomissements. Malgré une première intervention chirurgicale dans son quartier général de la Mouqata’a à Ramallah, en Cisjordanie, le 25 octobre, sa santé continue à se dégrader. Le 29 octobre 2004, gravement malade, Yasser Arafat quitte Ramallah pour rejoindre la Jordanie, d’où il se rend en France, à bord d’un avion médicalisé. Il est hospitalisé dans l’hôpital d’instruction des armées Percy à Clamart. Il décède officiellement à Clamart le 11 novembre 2004, à 3 h 30, heure de Paris. (1)

Amnon Kapeliouk, journaliste qui connaît Arafat, écrit « ...Dans leur article, les journalistes Amos Harel et Avi Isacharoff, soulignent que, pour de nombreux médecins, les symptômes faisaient plutôt penser à un empoisonnement. (...) Le 18 août 2004, j’ai personnellement assisté au discours du président Arafat devant le Conseil législatif palestinien, réuni à la Mouqata’a. Debout, la voix forte, il n’avait pas l’air malade. Le 28 septembre, lors du quatrième anniversaire de l’Intifada Al-Aqsa, je le revois pour la dernière fois. Il me salue avec l’accolade habituelle et prend de mes nouvelles. Tout va bien, al-hamdou li-llah, mais vous, Abou Ammar, vous avez perdu beaucoup de poids en peu de temps. »

« Son visage est amaigri, et il semble flotter dans ses vêtements. « Ce n’est rien », répond-il. Au mois d’octobre, son état de santé se dégrade. le 3 novembre, il sombre soudain dans le coma. Il souffre d’une série de symptômes graves, attribués à une toxine inconnue que les médecins français ne parviennent pas à détecter. Le 11 novembre, le président Yasser Arafat ferme les yeux pour toujours. Médecin des rois hachémites, le Jordanien Ashraf Al-Kourdi suivait également Abou Ammar, dont il connaissait par coeur le dossier médical. Lui aussi, peu après le décès de son patient, déclara percevoir des indices d’empoisonnement. (...) Douleurs dans les reins et l’estomac, absence totale d’appétit, diminution des plaquettes, perte de poids considérable, taches rouges sur le visage, peau jaune : « N’importe quel médecin vous dira qu’il s’agit là de symptômes d’empoisonnement (2). » »

Pour l’histoire, Arafat a failli être empoisonné par ses propres « frères palestiniens ». Kaddoumi accuse Mahmoud Abbas et Mohamed Dahlane d’avoir voulu tuer Arafat. Leïla Mazboudi écrit : Ayant accusé Abou Mazen et son ancien chef de la police préventive, Mohammad Dahlane, de faire partie du complot israélien pour tuer Arafat et d’autres dirigeants palestiniens, à la base d’un texte que lui aurait envoyé le leader défunt en personne, le chef du département politique de l’OLP compte révéler encore plus d’indices pour étayer ses accusations. Celui-ci détient des enregistrements vocaux du défunt Arafat, durant le blocus imposé par Israël au siège de l’Autorité palestinienne dans la Moukataâ, et précisément lorsqu’il a évincé Abbas qui était alors Premier ministre. (..). (3)

Que reste-t-il de son héritage ? Depuis la mort de Yasser Arafat, son ancien Premier ministre, Mahmoud Abbas, est devenu son successeur à la tête de l’OLP et de l’Autorité palestinienne. Il faut ajouter à ce bref rappel la naissance du Hamas. Une grande partie du monde connaît superficiellement l’histoire du Hamas telle qu’elle est présentée par les médias occidentaux, l’histoire des kamikazes, les résultats d’élections, le déni de ce vote démocratique par les gouvernements occidentaux et plus récemment, la prise de pouvoir du Hamas sur le dysfonctionnement gouvernemental de la Bande de Ghaza. Le Fatah est directement associé aux échecs de l’Autorité palestinienne. Avec la reprise de la seconde Intifada en septem-bre 2000, le Fatah recule et c’est le Hamas qui en tire profit. Ainsi, depuis la mort de Yasser Arafat et le lancement de la démocratisation des territoires occupés, le Hamas devient un adversaire sérieux du Fatah. Le Hamas gagne les élections législatives palestiniennes de 2006 et pour la première fois, le Fatah perd le pouvoir. Si on ajoute à cela l’exaspération causée par la corruption au sein de l’Autorité palestinienne (principalement le Fatah), on comprend la prise en main manu militari de la Bande de Ghaza par le Hamas. Après la boucherie de décembre- janvier à Ghaza et qui a fait 1400 morts- Israël refuse de reconnaître le rapport Goldstone sur sa responsabilité.

"Rien, écrit René Naba, absolument rien, ne sera épargné à celui que l’on a surnommé parfois, à juste titre, « le plus célèbre rescapé politique de l’époque contemporaine », et ce prix Nobel de la Paix, un des rares arabes à se voir attribuer un tel titre, boira la coupe jusqu’à la lie. Le chef palestinien décédera pourtant le 11 novembre 2004, sans n’avoir cédé rien sur rien, sur aucun des droits fondamentaux de son peuple, pas plus sur le droit de disposer de Jérusalem comme capitale que sur le droit de retour de son peuple dans sa patrie d’origine. (...) » (4)

« De tous les grands pays arabes, seule l’Algérie accordera un soutien sans faille à la guérilla palestinienne, « Zaliman kana aw Mazloum », oppresseur qu’il soit ou opprimé, selon l’expression du président Boumediene. L’Egypte fait la paix avec Israël et l’Amérique se lie par la clause Kissinger, qui subordonne tout contact avec l’OLP à des conditions équivalant, selon les Palestiniens, à une capitulation sans condition. (...) 2003, l’invasion américaine de l’Irak offre à Ariel Sharon l’occasion de confiner Yasser Arafat dans sa résidence administrative, avec la complicité honteusement passive des pays occidentaux. (4)

«Sa stature sans commune mesure avec celle de son terne successeur, Mahmoud Abbas, un bureaucrate affairiste sans envergure et sans charisme, hante encore la conscience occidentale, cinq ans après sa mort. L’implosion politique de Mahmoud Abbas, le 5 novembre 2009, à six jours de la commémoration du décès de Yasser Arafat, justifie a posteriori le scepticisme du chef historique des Palestiniens à l’égard des pays occidentaux et porte condamnation de la complaisance de son successeur à l’égard de la duplicité occidentale, en même temps qu’elle révèle la servilité de la diplomatie américaine et de son chef, Hillary Clinton, secrétaire d’Etat, à l’égard d’Israël. Carbonisé par ses atermoiements dans l’affaire du rapport Goldstone sur Ghaza et par la rebuffade américaine à propos des colonies de peuplement, sa renonciation à une nouvelle mandature présidentielle apparaît d’autant plus cruellement pathétique qu’elle a coincidé avec une cinglante leçon de courage que lui ont assénée de jeunes Palestiniens et des pacifistes israéliens en opérant, non sans risque, une percée dans le mur d’apartheid à l’occasion de la commémoration du vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin, une action qui a retenti comme un camouflet à Mahmoud Abbas et à Israël, un défi à la léthargie des instances internationales, un cadeau posthume à Yasser Arafat, initiateur de la lutte armée palestinienne.»(4)

Faute d’ailleurs d’avoir préparé sa succession, la Palestine se retrouve plus que jamais orpheline, Celui que ses concitoyens considèrent comme un second Moïse n’est pas entré dans la Terre pro-mise. Qui redonnera la Terre à ces Palestiniens qui acceptent moins de 22% de la Palestine originelle ? L’espoir placé en l’Amérique d’Obama a été vite balayé par la réalité. Il n’y aura pas d’arrêt de colonisation, Israël continuera à expulser les citoyens de leurs habitations et à déier la communauté internationale Ainsi va le monde...

Pr Chems Eddine CHITOUR
Ecole Polytechnique enp-edu.dz

13 novembre 2009

1. Yasser Arafat : Encyclopédie Wikipédia

2. Amnon Kapeliouk : Yasser Arafat a-t-il été assassiné ? Le Monde Diplomatique - Novembre 2005

3. Leïla Mazboudi : Kaddoumi va divulguer les enregistrements. Al-Manar- 24 juillet 2009

4. René Naba : Yasser Arafat, Mister Palestine for ever. 07/11/2009

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Palestine-2009-Que-reste-t-il-de-l-heritage-symbolique-de-Yasser-Arafat.html


1-7 Anas Fawzy : La leçon de Jérusalem.

Un seuil vient d’être franchi : depuis l’agression de Gaza, Israël poursuit désormais ouvertement une politique d’expansion territoriale ayant pour objectif l’expulsion totale des Palestiniens avec, provisoirement, le confinement du peuple palestinien dans des zones territorialement limitées, sous le contrôle total des forces armées israéliennes et dans un asservissement économique dont le seul parallèle récent ne peut être trouvé que dans les bantoustans du régime raciste d’Afrique du Sud.

Affirmer cela n’est aucunement une déclaration haineuse à l’égard des juifs, mais la constatation d’un état de fait dont la confirmation vient de la bouche même des autorités israéliennes lorsqu’elles déclarent tranquillement que le « peuple juif » a besoin d’espace pour faire face à la « croissance naturelle » de sa population. Israël s’attaque désormais à l’identité palestinienne elle-même à travers ce qui fait le fondement de la vie de tout musulman : l’islam. Pour révoltante que soit cette stratégie, elle n’en possède pas moins sa logique : en ôtant aux populations palestiniennes leur identité, Israël nie leur existence et les repousse dans une sorte de sous-humanité.

Lorsque l’on regarde une carte de Palestine, on ne peut pas manquer d’être frappé de la lente unification territoriale israélienne aux dépens des Palestiniens. Qui peut affirmer aujourd’hui qu’avec le contrôle des eaux du Jourdain, Israël ne va pas soudain « découvrir » que l’unification territoriale totale de la Palestine passe par la « rationalisation » des enclaves palestiniennes et une seconde émigration forcée vers d’autres territoires ?

C’est aux Etats voisins que, tôt ou tard, la question palestinienne sera posée. Israël proclame son acceptation d’une solution pacifique, mais la rend concrètement impraticable : l’extraordinaire morcellement territorial et la réduction lente mais inexorable des surfaces enlèvent toute réalité pratique à cette solution. Les zones palestiniennes ressemblent de plus en plus aux réserves indiennes en Amérique du Nord : selon les besoins, les frontières sont redessinées.

Tout ceci est sinistre mais connu, ce qui reste obscur c’est la solution. Il faut admettre une fois pour toutes qu’Israël a besoin de la guerre et du fantasme terroriste, pas les peuples de la région et encore moins les Palestiniens. Tout ce qui va dans le sens de la paix est une arme dirigée contre Israël, et tout ce qui va dans le sens de la guerre et de la violence est une arme qui lui est fournie.

Les Palestiniens sont supposés maintenant posséder un Etat : aux yeux des populations palestiniennes elles-mêmes, cela a-t-il un sens ? Du côté palestinien, les errements du Fatah ont facilité la création de deux entités palestiniennes qui ne se parlent que du bout des lèvres et sous la pression permanente de l’Egypte qui a la lucidité de comprendre qu’une Palestine à deux vitesses est la mort de l’Etat palestinien. Un peuple n’existe que s’il poursuit une grande idée commune : quelle est cette idée ? L’idée d’un Etat ne suffit pas : c’est un outil politique et non une grande idée qui concentre les énergies comme le sont l’identité ou la liberté ou la paix.

La première clé de la question palestinienne est en réalité le droit à une vie normale, c’est-à-dire le développement : la division actuelle des Palestiniens empêche toute idée d’un grand plan international de développement de la Palestine. Aucun financier n’accepte l’incompétence et la corruption, aucun financier n’accepte les gesticulations héroïques de certaines organisations dont l’impact négatif sur les opinions publiques de pays pourtant souvent favorables est un immense désastre. Le développement a besoin de stabilité, de confiance et de constance. Il a aussi besoin de nombreux amis. La tragédie actuelle vient non seulement des criminelles agressions israéliennes, mais aussi de l’attitude des dirigeants palestiniens plus préoccupés d’occuper le pouvoir que de gérer un pays. Les dirigeants palestiniens sont incapables de soutenir leur droit par des faits : lorsque des milices servent de forces de l’ordre, il n’y a ni droit ni ordre. Il ne s’agit pas de faire porter au peuple palestinien la responsabilité de ce qui lui arrive, mais de questionner avec force la capacité de ses dirigeants actuels de ne plus être des chefs de bande, mais de devenir des chefs d’Etat. C’est ce que le reste du monde attend.

La seconde clé de la question palestinienne est d’accepter comme une donnée de fait qu’il y a un problème intérieur et extérieur, et que dans les deux cas, des ponts doivent être jetés. C’est ce qu’a compris l’Egypte, l’un des très rares pays arabes à entretenir des relations diplomatiques avec Israël. Prenons un exemple concret. Nous assistons tous les jours à des violences à Jérusalem : où est la voix des pays arabes pour y imposer une force internationale, ce à quoi l’opinion publique internationale et l’Europe sont prêtes ? En cas de guerre, les négociations ne peuvent se passer qu’entre Etats, comment en refusant de reconnaître Israël les Etats arabes comptent-ils faire entendre leur voix ? L’Arabie saoudite a fait des propositions dans le sens de la reconnaissance, en les assortissant de conditions pour sortir de cette impasse. Si Israël les a repoussées sans même les examiner sérieusement, c’est que ce qu’il perd en devenant un Etat reconnu par ses voisins est supérieur à ce qu’il gagne en restant un Etat hors la loi dans la région. Israël ne veut, en aucun cas, d’un dialogue avec les pays arabes : il compte sur la supposée faiblesse de ces Etats pour grignoter tranquillement des territoires nouveaux, le temps lui semble jouer en sa faveur. On comprend la difficulté qu’auraient les Etats arabes à reconnaître Israël, il faut cependant, à tout prix, et en se bouchant le nez s’il le faut, que les pays arabes ouvrent un pont.

Le seul moyen pour les Etats arabes de peser sur l’avenir de la région c’est de s’inscrire dans un cercle de plus en plus large d’amitiés et de confiance à défaut d’avoir les moyens militaires d’une autre politique.

Pourquoi l’Etat d’Israël s’attaque-t-il de plus en plus fréquemment à la liberté du culte musulman à Jérusalem ?

Nous devons nous convaincre que si c’est le droit le plus absolu des musulmans de Palestine — et d’ailleurs — d’aller prier dans leurs lieux saints, ce droit ne peut pas être exercé si on n’a pas la force de le faire respecter.

Telle est la leçon que nous fait entendre Jérusalem. L’histoire de la ville sainte est très tourmentée, mais ce qui la caractérise principalement c’est que les périodes de calme et de tolérance les plus longues sont celles qui se situent sous la domination musulmane. Il est extraordinaire que cette vérité ne soit pas plus largement connue et ne nourrisse pas la réflexion sur le sort de Jérusalem à l’échelle internationale. Cette longue période de tolérance ne serait-elle pas le fait de la sagesse de nos ancêtres qui montraient manifestement plus de goût pour la vie que pour le martyre ?

Anas Fawzy :

Source : Al-Ahram Hebdo

Mercredi 11 novembre 2009
Publié le 13 novembre 2009 avec l'aimable autorisation de AL-AHRAM Hebdo

http://hebdo.ahram.org.eg/...

http://www.palestine-solidarite.org:80/analyses.Anas_Fawz...



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19



 

08/12/2009

n°499 - Déclarations, courrier des lecteurs & témoignages de Palestine - : 07-12 - Début - : Adolescents palestiniens dans les prisons israéliennes : chantages et souffrances.

n°499  -  Déclarations, courrier des lecteurs & témoignages de Palestine - : 07-12  - Début  - : Adolescents palestiniens dans les prisons israéliennes : chantages et souffrances.



       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources                        



Déclarations, courrier des lecteurs & témoignages de Palestine

          n°499                                               07-12

           C.De Broeder & M.Lemaire    



Vous retrouverez ce journal 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 

Sommaire

1 Déclarations, courrier des lecteurs & témoignages

1-1 Lobby Macarthyste CRIF AIPAC...

1-2 Israël Déploie son Réseau d’Espions du Shin Bet dans des Aéroports Internationaux Violant la Souveraineté Nationale de Pays dont la France.

1-3 Grace Batchoun : Les Conservateurs et Libéraux en compétition pour démontrer leur soutien aveugle envers Israël.

1-4 Adolescents palestiniens dans les prisons israéliennes : chantages et souffrances.

1-5 Middle East Monitor : Un rapport révèle l’utilisation des détenus palestiniens pour des expérimentations médicales israéliennes.

1-6 Iqbal Tamimi : Des enfants de Gaza se droguent pour supporter la douleur pendant qu’ils travaillent 12 heures par jour dans les tunnels.

1-7 Serge Dumont : La mauvaise traversée d’Israël d’une jeune étudiante palestinienne.

1-8 Jean-Claude Lefort : L'eau dans la bande de Gaza impropre à la consommation.

1-9 Les piqûres d'abeilles pour soulager les maux de Gaza.

Suite

2 Annexe

2-1 Chaïmaa Abdel-Hamid  : Différents Murs, différentes raisons…

2-2 Khaled Amayreh : Histoire d’une icone de la Résistance : Sheikh Ezzedin Al-Qassam.

2-3 Aline de Diéguez : Le jardin des supplices de Gaza.

Fin  

2-4 Julien Salingue : Les dynamiques économiques palestiniennes (1967-2009)



1 Déclarations, courrier des lecteurs & témoignages

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

1-1 Lobby Macarthyste CRIF AIPAC...

Grande Bretagne : Le CFI Petit Mais Puissant Lobby Pro Israël Finance Les Conservateurs Donnés Gagnants Aux Prochaines Elections Législatives

Selon un article du quotidien anglais The Guardian du 16/11/09, citant un documentaire de Channel 4 récemment programmé, si les Conservateurs gagnent les prochaines élections législatives l’influence du Lobby pro Israël va croître car les Tories sont largement financés par ce Lobby sioniste.

Les organisations pro Israël en Grande Bretagne regroupées dans un petit mais puissant Lobby pro sioniste vont voir leur influence décuplée si les Conservateurs gagnent les prochaines élections selon le film de Channel 4 qui a examiné les activités de ce Lobby.
Au moins la moitié des députés du cabinet fantôme sont membres du CFI (Conservative Friend of Israël) selon ce film. Les producteurs de ce programme décrivent le CFI comme «sans aucun doute le mieux connecté et probablement le mieux financé de tous les groupes de lobbying de Westminster ».
Le montant des financements versés aux Tories par ce Lobby sioniste anglais via des donations de ses membres et de leurs bizness pour les huit dernières années dépassent les 16.7 millions de $.
Comme le dit Sir Richard Dalton, un ancien diplomate britannique qui a été consul général à Jérusalem et ambassadeur en Libye et en Iran « je ne crois pas et je ne pense pas qu’il y ait quelqu’un qui pense que ces contributions financières soient faites sans contre partie ».
Le programme TV décrit également comment le chef des Conservateurs, David Cameron, a accepté une donation de 25 053 $ de Poju Zabludowicz, un milliardaire finlandais président de Bicom ( Britain Israel Communications Center). Zabludowicz, selon le film, a des intérêts financiers dans des activités situées dans des colonies illégales en Cisjordanie occupée, notamment dans un centre commercial situé dans la colonie de Ma’aleh Adoumim près de Jérusalem Est, une colonie qui coupe
la Cisjordanie en deux. Il a aussi fait don de plus de 80 000 $ au Bureau Central des Conservateurs.
William Hague, qui a été nommé ministre des affaires étrangères du cabinet fantôme a accepté des donations se chiffrant en milliers de dollars des membres du conseil d’administration du CFI. Pourtant, Hague avait été mis à l’index par le CFI après avoir critiqué l’attaque israélienne contre le Liban pendant l’été 2006, la qualifiant de « disproportionnée ». Lord Kalms, un membre du CFI et généreux donateur pour les Conservateurs avait alors menacé de cesser ses financements. Selon le film, Cameron aurait accepté de bannir le mot « disproportionné » du langage des Conservateurs en ce qui concerne Israël. Les supporters du CFI ont également versé des sommes importantes pour financer la campagne des membres de l’équipe de Cameron, élus une première fois en 2005. Bien que cela soit légal, ces financements par le Lobby pro Israel en Grande Bretagne est peu connu du public britannique.
Alors qu’une étude aux Etats Unis de deux universitaires américains, Stephen Walt et John Mearsheimer a démontré l’influence du puissant Lobby israélien sur la politique étrangère américaine, en Grande Bretagne jusqu’à présent peu de publicité a été faite sur l’influence politique du Lobby pro Israel dans ce pays.
Selon Michael Mates, un député conservateur et conseiller privé, «
le Lobby pro Israël … est le lobby politique le plus puissant » « ils sont intouchables ».
En Juin, lors d’un dîner organisé par le CFI, Cameron n’a fait aucune mention des morts palestiniens lors de l’Opération Plomb Durci menée par l’armée israélienne fin décembre 08 début janvier 09 (1400 morts palestiniens, 13 morts israéliens majoritairement des militaires) mais a félicité Israël car « il fait tout son possible pour protéger des vies innocentes ».
Le parti Travailliste britannique n’est pas en reste lui non plus lorsqu’il s’agit de défendre les intérêts sionistes. Le Labour Friends of Israel (LFI) a envoyé quelque 60 parlementaires en mission de brainwashing sioniste sur le terrain depuis 2001, alors que les Tories en ont envoyé 30 ces trois dernières années.
Bicom, tout comme les groupes affiliés des partis, organise des conférences et des voyages en Israël pour les journalistes, y compris d’ailleurs pour ceux du Guardian.
Pour les prochaines élections législatives anglaises, les Tories sont donnés gagnants. Un nouveau gouvernement d’un pays européen dont la politique étrangère risque de tomber sous domination sioniste. Un de plus !
La chaîne TV britannique, Channel 4, est connue comme étant provocatrice. Nul doute qu’il faut l’être pour oser dénoncer le puissant Lobby pro Israël.
L’année dernière à Noël Channel 4 avait programmé en plus des traditionnels vœux de la reine Elisabeth aux Anglais, les vœux pré enregistrés du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad. Le puissant Lobby sioniste de Grande Bretagne, qui n’a de cesse de le diaboliser, avait déjà fort apprécié !
Pour visionner la série documentaire en anglais de Channel 4
Dispatches: Inside Britain's Israel Lobby

http://www.planetenonviolence.org/Grande-Bretagne-Le-CFI-Petit-Mais-Puissant-Lobby-Pro-Israel-Finance-Les-Conservateurs-Donnes-Gagnants-Aux-Prochaines_a2055.html


1-2 Israël Déploie son Réseau d’Espions du Shin Bet dans des Aéroports Internationaux Violant la Souveraineté Nationale de Pays dont la France.

Non contents d’occuper la Palestine, les Sionistes occupent certains aéroports internationaux, y collectent grâce à leurs réseaux d’espions employés par la compagnie aérienne El Al - au nez et à la barbe des autorités locales - des informations à caractères racistes en violation de la souveraineté nationale des états. Ils opèrent entre autres à New York, Paris, Vienne et Genève

Myriam Abraham

25 Novembre

Méthode d'interrogatoire utilisée par le Shin Bet sur les Palestiniens

Des espions israéliens ont-ils infiltré des aéroports internationaux ?

Information complémentaire sur le Shin Bet

Egalement connu sous le nom de General Security Services ou Shabak, c’est en principe un organisation de sécurité intérieure. Elle est connue comme étant responsable des opérations clandestines contre les Palestiniens et dirige tout un réseau d’informateurs palestiniens souvent forcés de collaborer. Elle joue un rôle majeur dans les assassinats contre des militants palestiniens, les arrestations et détentions arbitraires, la torture contre les prisonniers palestiniens y compris des enfants et des femmes.
Cette agence possède trois départements opérationnels agissant sur une base raciste :
Un département des affaires arabes responsable des opérations contre la résistance palestinienne avec un détachement d’agents clandestins connus sous le nom de Mista’arvim (maraudeurs) opérant souvent déguisés en Palestiniens.
Un département des affaires non arabes anciennement divisé en sections communistes et anti communistes opérant contre les autres pays notamment en infiltrant les services secrets étrangers et les missions diplomatiques étrangères en Israël.
Le département de sécurité et protection responsable de la protection des bâtiments du gouvernement israélien, des ambassades, des industries de la défense, des installations scientifiques, des zone industrielles et de la compagnie aérienne nationale (El Al).
Selon des experts de la sécurité israélienne, le Shin Bet emploie un grand nombre de personnes parlant l’arabe, capables de se faire passer pour des Palestiniens, et qui se déplacent librement en Cisjordanie.
La réputation du Shin Bet - comme celle de sa sœur jumelle le Mossad plus tournée vers les opérations clandestines d’espionnage mais aussi d’assassinats ciblés à l’étranger – a beaucoup souffert ces dernières décennies.
En 1984, deux Palestiniens responsables d’un détournement de bus ont été battus à mort, l’affaire étant connue sous le nom de l’affaire du Bus 300. Une enquête gouvernementale menée plus tard a révélé que le chef du Shin Bet de l’époque, Avraham Shalom, avait donné l’ordre de les assassiner et ensuite tenter d’étouffer l’affaire.
Mais ce sont surtout les méthodes d’interrogatoire du Shin Bet, en fait des actes de torture, provoquant selon des organisations de défense des droits de l’homme la mort de prisonniers palestiniens où les laissant handicapés à vie, qui ont donné au Shin Bet une terrible réputation.
Laisser opérer librement les agents du Shin Bet - El Al servant de couverture - sur le territoire national revient à cautionner ces pratiques. Il est grand temps de libérer le territoire français de ces racistes, qui violent la souveraineté nationale et ont des pratiques condamnables par les lois du pays.

http://www.planetenonviolence.org

http://www.alterinfo.net/Israel-Deploie-Son-Reseau-D-Espions-Du-Shin-Bet-Dans-Des-Aeroports-Internationaux-Violant-La-Souverainete-Nationale-De_a39696.html


1-3 Grace Batchoun : Les Conservateurs et Libéraux en compétition pour démontrer leur soutien aveugle envers Israël.

Ce jeudi, 19 novembre, le chef du Parti libéral Michael Ignatieff a réagi fortement à un dépliant des Conservateurs qui semble représenter le Parti libéral comme un partisan inconsistant d'Israël, et par extension, pas assez fort pour la communauté juive du Canada. Plus tôt cette semaine, les foyers canadiens de certaines circonscriptions à forte population juive ont reçu des dépliants, une technique également connue sous le nom des « dix-pourcent », distribués par des députés conservateurs du parlement, comparant le bilan des partis conservateur et libéral sur la lutte contre l'antisémitisme et le soutien envers Israël et affirmant que le Parti conservateur est le parti sur lequel la communauté juive peut compter pour défendre ses intérêts.

Le dépliant, qui fait l'éloge du bilan des Conservateurs en matière d'antisémitisme, de lutte contre le terrorisme et de soutien envers Israël tout en dépeignant les Libéraux comme faibles sur ces thèmes, a invité M. Ignatieff et son parti à défendre leur position à l'égard d'Israël. Le chef libéral a été cité comme disant: « Le Parti libéral s'est tenu épaule contre épaule avec l'État d'Israël depuis 1948 [...] ». Les Libéraux, le NPD et plusieurs de partout au Canada ont critiqué l'usage fait par le Parti conservateur de son privilège parlementaire de l'envoi de feuillets d'information à l'aide de fonds publics, suggérant qu'il est inapproprié d'utiliser ce privilège pour envoyer des dépliants de nature hautement partisane ou propagandiste, surtout à des citoyens vivant en dehors de ses propres circonscriptions.

CJPMO estime que l'antisémitisme, comme toute autre forme de racisme, est déplorable et doit être combattue. Néanmoins, les partis conservateur et libéral, pris dans un jeu de surenchère à propos du soutien envers la communauté juive du Canada, continuent à confondre la critique d'Israël avec de l'antisémitisme. « Premièrement, les Canadiens doivent être libres de pouvoir critiquer un comportement qui va à l'encontre du Canada et des valeurs universelles. Deuxièmement, la communauté juive du Canada comprend un large éventail d'opinions concernant Israël. Il y a beaucoup de juifs au Canada qui sont critiques envers Israël », affirme Thomas Woodley, le président de CJPMO. « Les partis politiques canadiens devraient tenter de construire des ponts entre les diverses communautés du Canada, et non pas faire la distribution de matériel qui les divise ».

À la lumière du rapport Goldstone de l'ONU - produit suite à l'agression de 22 jours d'Israël contre Gaza l'hiver dernier - apportant de nombreuses preuves détaillées qu'Israël a commis des crimes de guerre et, possiblement, des crimes contre l'humanité, un soutien inconditionnel du Canada envers Israël entre en contradiction avec le soutien traditionnel du pays envers les droits de l'homme et le droit international. Woodley poursuit en disant: « Je trouve très difficile de voir qu'au moment où la majorité de la communauté internationale appelle à la tenue d'enquêtes sur ce qui s'est passé lors de l'invasion de Gaza par Israël, nos dirigeants soient entrain de se disputer à propos duquel des partis est le plus aveuglément favorable à Israël ».
Grace Batchoun

CJPMO Mondialisation.ca,

Grace Batchoun
Canadiens pour
la Justice et Paix au Moyen-Orient

Canadiens pour la Justice et la Paix au Moyen-Orient (CJPMO) est une organisation séculière, sans but lucratif, regroupant des hommes et des femmes d'horizons divers qui œuvrent pour que la paix et la justice renaissent au Moyen-Orient. Elle a pour vocation de responsabiliser les personnes d'influence à traiter les protagonistes avec équité et à favoriser l'essor durable et équilibré de la région.

Pour plus d'informations, veuillez contacter:
Téléphone: (514) 745-8491
Courriel CJPMO - Site web CJPMO

CJPMO Mondialisation.ca, Le 20 novembre

20 novembre 2009 -

 Articles de CJPMO publiés par Mondialisation.ca


1-4 Adolescents palestiniens dans les prisons israéliennes : chantages et souffrances.

Le nombre de détenus palestiniens dans les prisons israéliennes a dépassé les douze mille. Femmes et hommes vivent dans des conditions des plus difficiles dans les prisons israéliennes. Parmi ces captifs se trouvent des mineurs dont l’âge ne dépasse pas les dix-huit ans. Ils ont pris l’appellation d’al-ashbal, les lionceaux.

Plusieurs députés du Conseil Législatif Palestinien étaient, eux aussi, enfermés dans les prisons israéliennes. Ils ont vécu les souffrances de ces mineurs et ils nous en font part.

Chantage et racket

Le député Hosni Al-Bourini remarque que beaucoup de dangers entourent les jeunes captifs palestiniens. Le plus grave de ces dangers reste cette politique de chantage et de racket adoptée par les services israéliens de renseignements. Du chantage et du racket contre des enfants, fragiles et influençables, pour les engager dans des actions contre leur peuple palestinien.

Des conditions particulières

Les occupants israéliens mettent les mineurs dans des divisions qui leur sont spéciales. Mais cela ne signifie aucunement qu’ils gardent pour eux un traitement spécial prenant en considération leur âge, leur assurant des conditions particulières. Ils ne les traitent pas mieux que les adultes. Parfois pire.

Pour sa part, l’avocat Faris Abou Al-Hassan dit que les mineurs vivent dans des conditions très difficiles, en commençant par des enquêtes durement menées et ne se terminant que par tous des abus et une exploitation de leur âge vulnérable.

Selon les députés libérés, les captifs palestiniens mineurs sont, comme les adultes, l’objet d’une politique de négligence médicale. Ils sont aussi l’objet de toutes sortes d’agressions et de frappes.

Devant les tribunaux israéliens

On dit que les occupants israéliens ont mis en place des tribunaux spéciaux pour les mineurs. Le député Al-Bourini commente cette affaire, en disant que l’emprisonnement des mineurs est déjà un délit.

L’avocat Faris Abou Al-Hassan dit que les mineurs sont jugés par des tribunaux militaires spéciaux pour les adultes. Il espère que ces nouveaux tribunaux ne soient pas une affaire formelle.

Selon les dernières statistiques faites par des établissements juridiques, le nombre de mineurs enfermés a dépassé les 320 adolescents.

Récemment, quelques rabbins sionistes ont lancé des appels à tuer les Palestiniens dont les nourrissons ! Le député du Conseil Législatif Palestinien Hamed Al-Bitaoui craint une campagne d’agressions contre les jeunes palestiniens.

A cette occasion, Al-Bitaoui s’est montré indigné du silence arabo-islamique et du monde entier face à ces déclarations qui permettront des massacres qui s’ajouteront à tous ces massacres commis à l’encontre du peuple palestinien par les occupants israéliens et par leur armée qui n’a aucune honte devant tout ce qui est palestinien.

Mardi 17 Novembre 2009

 http://www.info-palestine.net/

http://www.alterinfo.net/Rapport-Adolescents-palestiniens-dans-les-prisons-israeliennes-chantages-et-souffrances_a39364.html


1-5 Middle East Monitor : Un rapport révèle l’utilisation des détenus palestiniens pour des expérimentations médicales israéliennes.

Un rapport palestinien révèle qu’Israël se sert des prisonniers palestiniens comme cobayes pour tester de nouveaux médicaments produits par les laboratoires du Ministère israélien de la Santé. Il y a plusieurs années, plusieurs organismes médicaux ainsi que des institutions de santé et humanitaires avaient mis en garde contre les sévices infligés aux prisonniers palestiniens par la conduite de tels tests.

Le Ministère palestiniens aux Affaires des Prisonniers a rapporté que « parce que cette question refait surface, elle soulève beaucoup d’inquiétudes parmi les prisonniers palestiniens et leurs familles, qui sont inquiets pour l’avenir de leurs enfants et pour leur santé dans les prisons israéliennes. »
Le rapport explique qu'aujourd'hui, ce n’est pas plus la négligence médicale, le manque de médicaments, la malnutrition et les soins médicaux sommaires fournis aux prisonniers – en dépit de l’importance de tous ces faits – que l'on redoute, mais le manque de respect des normes humanitaires par les services médicaux israéliens.
Le rapport souligne également que cette situation est incompatible avec l’éthique fondamentale de la profession médicale, qui consiste essentiellement dans le fait que le but de la mission d’un médecin est de sauver la vie du patient et de soulager la douleur qui peut affecter sa santé mentale et physique.
Dans une recherche spéciale réalisée par
la Fondation de Solidarité Internationale (ISF) sur cette question, le rôle des médecins israéliens dans les prisons de l’occupation est résumé en trois fonctions principales qui contreviennent à l’éthique de la profession, notamment par l’extorsion d’aveux des prisonniers par l’usage de la force.
- La première tâche du médecin est de remplir un formulaire spécial sur l’état du détenu, appelé « formulaire de condition physique », où le médecin identifie les faiblesses physiques initiales du corps du détenu palestinien après avoir procédé à quelques tests préliminaires. Puis il informe le service d’investigation des résultats qui seront ensuite utilisés pour faire pression sur le captif pour le forcer à avouer.
- La deuxième tâche est de masquer les effets de la torture et des abus sur le corps du prisonnier avant toute comparution devant un tribunal ou toute visite des organisations humanitaires ou des droits de l’homme.
- Quant à la troisième tâche, elle est de faire des prélèvements sur le détenu et d’utiliser le centre médical de l’administration pénitentiaire pour transférer des informations sur les détenus grâce à ces tests cliniques. La tâche la plus grave menée par ces médecins, soulignée par l’ISF, est l’utilisation des prisonniers palestiniens pour tester des médicaments israéliens et des ingrédients médicaux.
L’article signale que ces essais et ces test ne sont pas conduits par la prison ni par les services d’investigation, mais par le Ministère de
la Santé israélien qui est impliqué dans la supervision, le suivi et l’élaboration d’études scientifiques sur la réponse des détenus à ces médicaments, produits de parapharmacie, seringues et produits chimiques qui leur sont proposés.
Le Ministère de
la Santé israélien opère de tels actes au sein de la chaîne normale de l’organisation israélienne, comme l’utilisation d’animaux de laboratoire, qu’il considère comme des actes scientifiques légitimes.
Selon le rapport d’ISF, Dalia Isaac, membre du Parlement israélien et présidente de
la Commission de réforme parlementaire de la science, avait révélé auparavant, lors d’une session de la Knesset, le trafic de 1.000 tests de médicaments non officiels sur des prisonniers palestiniens et arabes dans les prisons israéliennes.
Des magazines étrangers et occidentaux ont révélé que la plupart de ces expérimentations sont généralement effectuées sur des prisonniers palestiniens et arabes qui sont ignorés par leurs gouvernements, et ceux qui ne reçoivent pas de visites régulières de leurs parents ou des organisations pour les droits de l’homme pendant leur détention. Ceci garantit la confidentialité de ces essais et permet aux Israéliens d’éviter les accusations de sévices.
Source : Quds Press -Middle East Monitor

Traduction : MR pour ISM

19 Novembre 2009

Middle East Monitor 

http://www.alterinfo.net/Un-rapport-revele-l-utilisation-des-detenus-palestiniens-pour-des-experimentations-medicales-israeliennes_a39450.html


1-6 Iqbal Tamimi : Des enfants de Gaza se droguent pour supporter la douleur pendant qu’ils travaillent 12 heures par jour dans les tunnels.

Les enfants juifs de l'État d'Israël qui a lancé des attaques contre les enfants de Gaza au mois de janvier dernier avec ses bombes et ses missiles, assiégeant leur ville à partir des airs, mer et terre sont en train de profiter de bons repas, d’éducation, de soins, de moyens de transport, de divertissement, d’eau pour se laver et pour nager. Mais qu’en est-il des enfants affamés de Gaza ?
Ceux qui connaissent le siège israélien de Gaza sont parfaitement au courant de la pénurie de nourriture, de médicaments, de matériaux de construction et d'autres biens de consommation, mais ce que beaucoup ne savent pas c’est que se sont les enfants de Gaza qui sont les premières victimes de ce siège, ils souffrent d’un nouveau type d’oppression et de douleurs mentales et physiques.

Les enfants de Gaza sont obligés de travailler dans les tunnels étroits et dangereux construits entre Gaza et l'Égypte, à travers lesquels ils passent des aliments et d'autres marchandises de contrebande. Outre la contrebande, ils sont tenus à d'autres tâches : ils creusent des tunnels, choisissent les passages appropriés, installent le système d’éclairage et posent des tuyauteries pour acheminer le carburant introduit depuis le côté égyptien.

En mars 2009, et pour la troisième fois en 2 mois, la police égyptienne dans le Sinaï, a arrêté un groupe d'enfants qui rampait dans les tunnels de la Bande de Gaza assiégée. Le plus âgé avait seulement 12 ans : Orabi Mohamed Abu-Saud (12 ans), Mohamed Zaidan Al Faramawy (12 ans), Hasan Eyad Zanoub (11 ans), et Nabil Ibrahim Abu-toyour (11 ans). Tous étaient passé furtivement de l'autre côté de la frontière pour acheter des bonbons et de la nourriture et les revendre dans les rues de Gaza.

L'Unité de recherche de terrain de la Société Nationale Nationale pour la Démocratie et le Droit (National Society for Democracy and Law) a publié un rapport sur le phénomène généralisé de la main d'œuvre infantile dans les tunnels et demande de l’aide et du soutien à la communauté internationale pour mettre fin à la misère des enfants.

La pauvreté toujours croissante à Gaza à cause du siège israélien et à la dernière agression de l’armée israélienne oblige les enfants à travailler 12 heures par jour dans les tunnels extrêmement dangereux. Les jeunes garçons transportent les marchandises dans des tunnels étroits qui s’étendent sur toute la frontière entre Gaza et l'Egypte ; Ils mesurent plus de 700 mètres de long, et sont creusés à 12 mètres de profondeur. Ils ne sont guidés que par de simples ampoules électriques espacées tous les 10 mètres. Les enfants travaillent de 7h du matin à 7h du soir et il y a aussi un roulement hebdomadaire pour le travail de nuit.

Les enfants ne peuvent se reposer qu’une heure seulement au cours des 12 heures de travail terminant, évidemment, épuisés, avec une très grande fatigue. Beaucoup d'enfants sont ainsi contraints de prendre une drogue stimulante connue localement sous le nom de « Tramal » (Tramadol). On dit que cette drogue est censée aider les enfants à oublier la douleur, à revitaliser leurs organes et à les maintenir au travail sans se plaindre davantage. Mais, en même temps, cette consommation illégale de drogues entraine de sérieuses complications de santé et des effets secondaires.

À travers les tunnels, les enfants doivent transférer toutes sortes de marchandises pour le commerce, tels que : nourriture, appareils électriques, médicaments, lait pour bébé, produits textiles, chaussures, et du bétail. Mais le plus dangereux de tout, est d’avoir recours à des produits aussi dangereux que les « diluants » et les solvants mélangés à certains types de peintures. Les solvants sont très dangereux puisque leurs émanations sont très piquantes et toxiques lorsqu’elles sont inhalées, et si le récipient vient à se percer dans le tunnel pendant le voyage infernal, cela aurait un effet désastreux pour les enfants dans l'obscurité qui se traînent sur leurs genoux en portant d'autres produits dangereux comme les produits chimiques pour le nettoyage, la soude caustique, et du gasoil. Ils doivent manipuler tous ces produits chimiques dans un espace confiné, où il n'y a ni ventilation ni sorties de secours.

Étant donné le pourcentage chaque fois plus grand de pauvreté à cause du siège israélien, beaucoup d’enfants ont cessé d'aller à l'école. Un petit nombre seulement est parvenu à organiser leur temps et travailler tout en étudiant. La majorité des enfants a commencé à travailler il y a 1 à 2 ans.

La majorité ne semblait pas avoir peur de travailler dans des conditions aussi dangereuses, tous étaient passés par les pires terreurs auxquelles tout enfant résisterait difficilement : les bombardements de leur maison par l'armée israélienne, la perte des membres de leur famille qui sont morts sous les décombres, l’expérience d’avoir à ramasser les lambeaux de leurs petits camarades qui ont été assassinés au cours des raids israéliens. Il semble qu'ils aient déjà été témoins de toute sortes d’horreurs qui les ont immunisés contre la peur, ou pire encore, ils ont été dépouillés de la volonté de vivre.

Bien que parmi eux, beaucoup aient du affronter des problèmes techniques, comme des coupures de courant, des fuites de gaz, l’effondrement de tunnels, en plus de leurs problèmes de bas salaires, et le fait que beaucoup des tunnels étaient bombardés par les forces israéliennes pendant qu’ils y travaillaient, ils n'ont d’autre option que travailler, affrontant la mort à chaque fois qu'ils se traînent dans ces pièges mortels.

Au cours d’un accident, 20 jeunes hommes palestiniens sont morts asphyxiés : les autorités égyptiennes avaient découvert certains tunnels dans lesquels elles ont ordonné de verser des produits toxiques puis de les refemer. Quatorze autres jeunes avaient été secourus, échappant ainsi à la mort.

Au cours de ces 3 dernières années depuis le début de la construction des tunnels, le nombre total de victimes mortes à cause de l'effondrement des tunnels seulement par les bombardements israéliens directs ou par la destruction des tunnels par les autorités égyptiennes s’est élevé à 117 personnes. D’après les données de l'Hôpital Abou Youssuf Annajar et de l'Hôpital Européen, 32 de ces victimes étaient des enfants.

Les enfants interviewés ont dit qu'ils avaient été choisis pour travailler dans les tunnels, puisque leur corps était plus petit, et qu’il leur était donc plus facile d’y circuler, en plus du fait que leur salaire était moindre que celui des adultes. Le salaire d'un enfant est entre 9 et 36 € par jour, mais la majorité gagne 18 € par jour. Ils ont abandonné l'école pour pouvoir manger et mettre un peu de pain sur la table familiale. La majorité des familles sont contre l'idée que leurs enfants travaillent, mais elles n’ont pas le choix, car elles sont obligés d'avoir au moins un membre qui travaille puisque les adultes ne trouvent plus rien à faire après la destruction de leur ville et de leurs entreprises en janvier dernier, de même que le siège israélien les empêche de rétablir quelque type d'activité que ce soit.

Ce qui est étrange c’est que les enfants qui travaillent conseillent aux autres enfants de ne pas abandonner l'école, pour quelque raison que ce soit. Étant donné ce qu’ils ont eu à subir, beaucoup d'entre eux ont même fait part de leurs conflits avec leurs employeurs aux  anciens de la ville et à la police. Ils ont porté plainte contre les propriétaires des tunnels.

Ce qui se passe là est un crime contre l'enfance, un abus et une discrimination contre les jeunes. Les propriétaires des tunnels profitent des jeunes qui ne peuvent pas affronter des adultes plus forts qu’eux ou se défendre contre eux.

Il y a de la négligence de la part des parents qui connaissent le danger qu’il y a à travailler dans ces tunnels, quelques parents encouragent même leurs enfants à travailler, bien qu'ils connaissent les risques qu’ils encourent.

Il y a un échec flagrant des autorités à la prévention de ce phénomène, qui est définie comme un délit par la loi palestinienne.

Les organisations de défense des droits humains ont échoué à se confronter à ce phénomène.

Le siège israélien doit être levé impérativement, nous lançons un appel à la communauté internationale à intervenir pour faire lever le siège imposé à la Bande de Gaza et ouvrir tous les points de passage afin de permettre que tous les marchandises puissent circuler, car c’est la seule action qui permettra la fermeture immédiate des tunnels.

Des enfants ne sont pas censés ramper sur les genoux dans des tunnels sombres et profonds, ils sont censés être assis à leurs pupitres et étudier à l’école, jouer et faire de l’exercice physique. Ces enfants ont besoin d'être réhabilités, puisqu'une grande partie d’entre eux ont développé des problèmes de comportement et psychologiques, et certains sont maintenant dépendants de certaines drogues.

Il faut sauver les enfants de Gaza, les sortir de l’ornière avant qu’ils ne grandissent animés par la colère et le ressentiment, et que nous ayons alors tous à faire face aux conséquences de leur oppression.

Iqbal TAMIMI

Jeudi 12 Novembre 2009
Traduit par Esteban G..

Édité par Fausto Giudice

Source : Palestinian Mothers-The Children of Gaza develop narcotic addiction to withstand the pain while working 12 hours a day in the tunnels
Article original publié le 8/11/2009
Esteban G. et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.
URL de cet article sur Tlaxcala :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=9243&lg=fr

http://www.alterinfo.net/Des-enfants-de-Gaza-se-droguent-pour-supporter-la-douleur-pendant-qu-ils-travaillent-12-heures-par-jour-dans-les-tunnels_a39161.html


1-7 Serge Dumont : La mauvaise traversée d’Israël d’une jeune étudiante palestinienne.

Sans la paranoïa des gardes-frontière israéliens, personne n’aurait sans doute entendu parler de Berlanty Azzam, 21 ans. Mais le 29 octobre, cette étudiante née dans la bande de Gaza et résidant tout à fait légalement en Cisjordanie depuis 2005 a eu le malheur de croiser une patrouille. Et de subir un contrôle d’identité.

La jeune femme n’était pas spécialement inquiète, puisque ses papiers étaient en règle et qu’elle disposait d’un document officiel l’autorisant à traverser l’Etat hébreu pour se rendre dans les deux parties de la Palestine. Mais pour les gardes-frontière, tout cela était suspect. Les documents étaient forcément faux. Arrêtée, maintenue au secret, Berlanty Azzam n’a jamais eu l’occasion d’expliquer son cas. Au bout de deux jours, elle a été déportée sans autre forme de procès vers la bande de Gaza. Cela, alors qu’il ne lui restait que deux mois de cours avant de décrocher son diplôme en business management à l’université de Bethléem.

Une nouvelle bavure ? En tout cas, pour la première fois depuis longtemps, le cas de l’étudiante semble intéresser l’opinion israélienne. Parce que les services de sécurité de l’Etat hébreu ont reconnu que la jeune femme «ne représente aucun danger» et parce que le département juridique de l’état-major de l’armée avoue avoir commis une erreur en la déportant aussi rapidement. Une fois n’est pas coutume, plusieurs médias israéliens se sont d’ailleurs penchés sur «l’affaire Berlanty», et Kol Israël (la radio publique) lui a consacré un long débat.

«Peu après mon arrestation, les soldats m’ont dit que tout se passerait bien et que j’aurais le droit de me défendre dans le cadre d’une procédure légale, a raconté l’étudiante, interviewée par téléphone. Mais rien ne s’est pas passé comme annoncé. Lorsqu’ils se sont rendu compte de leur erreur, ils se sont débarrassés de moi comme d’un colis encombrant.» Soutenue par une série d’organisations, dont Gisha - une ONG israélienne défendant le droit à la libre circulation des Palestiniens -, Berlanty Azzam a déposé un recours devant la Cour suprême de l’Etat hébreu. Pour l’heure, celle-ci n’a pas encore statué sur le fond, mais dans un arrêt rendu jeudi, elle a ordonné à l’armée de procéder à une audition de la plaignante assistée d’un avocat. Encore faut-il pour cela que la jeune femme soit autorisée à quitter la bande de Gaza, ce qui n’était toujours pas le cas vendredi après-midi.

16/11

SERGE DUMONT

http://www.liberation.fr/monde/0101602868-la-mauvaise-traversee-d-israel-d-une-jeune-etudiante-palestinienne


1-8 Jean-Claude Lefort : L'eau dans la bande de Gaza impropre à la consommation.

L'eau dans la bande de Gaza est "désormais impropre à la consommation humaine" en raison notamment d'une salinité excessive, a déclaré samedi un responsable palestinien chargé de l'approvisionnement en eau des municipalités côtières de Gaza.
"L'eau est désormais impropre à l'utilisation humaine. Des analyses d'experts internationaux ont montré que seulement 10% de l'eau de la bande de Gaza est potable, ce qui est un risque pour la vie des Palestiniens", s'est alarmé Mounzir Chiblak, responsable d'une compagnie de distribution d'eau dans le territoire.
Dans un communiqué, M. Chiblak a appelé à "prendre les mesures nécessaires pour mettre fin au problème de la salinité de l'eau qui s'aggrave" à Gaza, un territoire bordé par
la Méditerranée.
"La
situation est critique", a-t-il estimé, en évaluant à plus de 80 millions de m3 le déficit en eau de la nappe phréatique de Gaza l'an dernier. 
La population de Gaza -1,5 million de Palestiniens soumis à un strict blocus israélien- dépend de ces réserves en eau souterraines pour sa consommation et les besoins de l'agriculture.
Si la situation perdure, a averti le responsable palestinien, les réserves en eau de la nappe phréatique côtière de la bande de Gaza risquent de "péricliter dans les prochaines années".
Très densément peuplée, la bande de Gaza, située au sud-ouest d'Israël et limitrophe de l'Egypte, est un corridor sablonneux de
45 km de long sur 6 à 10 km de large qui souffre d'une pénurie chronique d'eau. (belga)

Source : Jean-Claude Lefort

http://www.palestine-solidarite.org:80/dossier.Salah_Hamouri.Jean-Claude_Lefort.211109.htm

21/11/09 23h01

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1735/Israel-Palestine/article/detail/1032264/2009/11/21/L-eau-dans-la-bande-de-Gaza-impropre-a-la-consommation.dhtml


1-9 Les piqûres d'abeilles pour soulager les maux de Gaza.

Lorsque Ratib Samur, un guérisseur, a ouvert sa clinique à Gaza, personne n'a cru qu'il pourrait soigner et soulager ses patients avec des piqûres d'abeilles, mais ce traitement fait désormais fureur dans un territoire isolé, en manque de médicaments.

"Le venin d'abeille est vraiment efficace. Je ne ressens plus cette douleur qui m'empêchait de dormir", s'exclame Mohammed al-Dayya, 25 ans, qui souffre de paralysie musculaire.

M. Dayya avait l'habitude d'aller se faire soigner en Egypte. "Ce traitement a stabilisé mon état. Il n'empirera pas avant que je puisse voyager", se console-t-il, lors d'une séance dans la clinique de Ratib Samur, où il se rend une fois par semaine.

"Je ne peux pas l'aider à remarcher. Mon traitement se contente surtout de soulager la douleur et d'empêcher une dégradation de son état", explique le guérisseur, âgé de 53 ans, qui a une formation d'ingénieur agronome en Egypte.

L'ouverture de sa clinique, en 2003, a été accueillie avec scepticisme. Pourtant, "elle a été mieux acceptée lorsque j'ai obtenu de bons résultats et les patients ont même augmenté depuis le début du siège israélien", souligne M. Samur.

Il est très difficile pour les Gazaouis de sortir du territoire, soumis à un strict blocus de la part d'Israël et de l'Egypte depuis que le mouvement islamiste Hamas a pris le pouvoir à Gaza, en juin 2007.

L'Etat hébreu autorise la sortie des cas médicaux urgents, mais il n'accorde qu'un nombre limité de permis pour les traitements à l'étranger.

Dans ces conditions, des centaines de personnes se tournent vers la clinique de Ratib Samur, d'autant que les tarifs sont abordables. Il n'en coûte que 1,60 euro pour une série de trois injections de venin.

Ismail Matar, 23 ans, a subi un violent traumatisme psychologique pendant la dernière guerre à Gaza, l'hiver dernier, lorsque l'un de ses amis a été tué devant lui lors d'un raid aérien israélien.

"J'étais en état de choc. Je n'étais pas assez fort pour bouger mes jambes, je voyais difficilement et aucun médicament ne parvenait à m'aider. Mais à présent, après sept mois de traitement aux piqûres d'abeilles, je vais bien mieux", se réjouit-il.

Le principal composant du venin d'abeille est la mellitine, un agent anti-inflammatoire et anticoagulant. L'apithérapie --les soins par les abeilles, une pratique très ancienne--, est utilisée un peu partout dans le monde pour traiter la sclérose en plaque et l'arthrite, mais il y a peu de preuve quant à son efficacité réelle.

"Ce traitement est un complément médical", précise Ratib Samur, qui refuse de s'occuper des cardiaques, des diabétiques ou des cancéreux. "Je ne pose pas de diagnostic de la maladie, je m'appuie entièrement sur l'opinion du médecin", dit-il, en allant de patient en patient avec sa petite boîte remplie d'abeilles.

Nivine Ajour, un mère de six enfants âgée de 32 ans, ne jure que par les mouches à miel. "Je souffre d'arthrite depuis cinq ans. Je ne pouvais plus monter les escalier, mais après cinq mois de traitement, je les monte six fois par jour", témoigne-t-elle.

Dans un coin de la clinique, Mohammed Baroud, un petit garçon sourd de 10 ans, brave la douleur de la piqûre. "Je suis habitué, je n'ai pas peur", assure-t-il. Il dit que son ouïe s'améliore de semaine en semaine et qu'il n'aura bientôt plus besoin d'appareil auditif pour entendre.

AFP

02-12

http://www.france24.com:80/fr/20091125-piq-res-dabeilles-soulager-maux-gaza


n°499 - Déclarations, courrier des lecteurs & témoignages de Palestine - : 07-12 - Suite - : Adolescents palestiniens dans les prisons israéliennes : chantages et souffrances.

n°499  -  Déclarations, courrier des lecteurs & témoignages de Palestine - : 07-12  - Suite   - : Adolescents palestiniens dans les prisons israéliennes : chantages et souffrances.



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                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources                        



Déclarations, courrier des lecteurs & témoignages de Palestine

          n°499                                               07-12

           C.De Broeder & M.Lemaire    



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Sommaire

2 Annexe

2-1 Chaïmaa Abdel-Hamid  : Différents Murs, différentes raisons…

2-2 Khaled Amayreh : Histoire d’une icone de la Résistance : Sheikh Ezzedin Al-Qassam.

2-3 Aline de Diéguez : Le jardin des supplices de Gaza.

 



2 Annexe

2-1 Chaïmaa Abdel-Hamid  : Différents Murs, différentes raisons…

Le mur Etats-Unis - Mexique

Si la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique mesure 3 169 km de long et borde quatre Etats américains (Texas, Nouveau-Mexique, Arizona et Californie), le mur court sur un peu plus de 1 130 km et haut de 4,50 mètres. George W. Bush a fait adopter officiellement la loi du Fence Act, destinée à renforcer la surveillance de la frontière américano-mexicaine et à lutter contre l’immigration clandestine. Certes, depuis trois ans, la barrière a permis de ralentir le trafic, mais sans parvenir à lui donner un coup d’arrêt. Ce mur, constitué de barres d’acier espacées de 20 cm, est doté d’une troisième barrière équipée de caméras, de senseurs terrestres, d’avions sans pilote et des dernières technologies en matière de surveillance. Les immigrés continuent de franchir la frontière pour atteindre le rêve américain. Et sont confrontés à différents obstacles. Mais tous n’arrivent pas à destination, certains se perdant dans le désert ou se noyant dans le Rio Grande, s’ils n’ont pas été fusillés avant par les gardes-frontières ou arrêtés par les Minute Men, cette milice privée qui lutte âprement contre l’immigration clandestine. 378 morts ont été recensés en 2009.

Le mur de Chypre

Une capitale divisée en deux. La situation est aujourd’hui inédite dans le monde, mais réelle. Du moins pour les milliers d’habitants de l’île de Chypre, dont le pays est scindé en deux depuis 1974. Au nord de la « ligne verte » la République Chypriote Turque du Nord (RCTN), reconnue uniquement par la Turquie, et au sud la République de Chypre, membre de l’Union européenne et peuplée en majorité de Chypriotes grecs. Longue de 180 km, la « ligne verte » est un enchevêtrement de barbelés, de vieux bidons et d’immeubles délabrés. Une zone démilitarisée surveillée par l’Onu où des soldats grecs et turcs se font face. Depuis 2003, plusieurs points de passage ont été créés et 10 000 personnes passent dorénavant chaque jour cette « frontière » pour aller travailler.

Le mur de Ceuta Un grillage de 3,5 m de haut et 9 km de long, 21 miradors, des patrouilles régulières de la garde civile, des détecteurs de présence : telle est la porte d’entrée de l’Union européenne pour des milliers d’Africains, un mur, symbole du fossé entre l’Europe et ses voisins pauvres du Sud. Egalement surnommée la « Valla », la barrière de Ceuta, une enclave ibérique de 20 km située à la pointe nord-ouest du Maroc, empêche les milliers de candidats au départ d’atteindre l’eldorado européen.

Le mur entre les deux Corées

La DMZ, la « zone démilitarisée » qui sépare les deux Corées depuis l’armistice de 1953 est, en réalité, l’un des endroits où se concentre la plus grande quantité d’armement au monde. Longue de 240 kilomètres sur 4 de large, hérissée de barbelés, truffée de mines et surveillée jour et nuit de part et d’autre par des milliers d’hommes, la frontière située le long du 38e parallèle est aussi un site touristique très fréquenté.

Mais pour de nombreux Coréens, la DMZ reste une blessure au cœur de la péninsule. Un no man’s land le long duquel sont déployés plus d’un million de militaires. Environ dix millions d’individus appartiennent à des familles séparées par la frontière, empêchées depuis plus de cinquante ans de communiquer entre elles.

Chaïmaa Abdel-Hamid

Al-Ahram/hebdo - numéro 793 (Dossier)

Mercredi 18 Novembre 2009

Khaled Al-Asmaï/Chaïmaa Abdel-Hamid

http://www.alterinfo.net/J-attends-le-jour-ou-je-detruirai-ce-mur-de-ma-pioche-Differentes-barrieres,-differentes-raisons_a39412.html


2-2 Khaled Amayreh : Histoire d’une icone de la Résistance : Sheikh Ezzedin Al-Qassam.

Ce mois de novembre 2009, les Arabes et les Palestiniens commémorent le 74ème anniversaire de la mort de Sheikh Ezzedin Al-Qassam.

Cet article met en lumière la vie et l’histoire d’une des principales icones des mouvements de résistance et de libération en Palestine et dans le monde arabe.

Bien que près de trois quarts de siècle se soient écoulés depuis sa mort, le souvenir du Sheikh Ezzedin Al-Qassam vit toujours dans la conscience collective de nombreux musulmans, en particulier dans le monde arabe.

Khaled Amayreh

Largement considéré comme une icône de la résistance inspirée de l’islam contre l’oppression, la tyrannie politique et l’occupation étrangère, le Sheikh continue d’être une source d’inspiration pour des milliers de jeunes musulmans qui ont décidé de suivre son chemin.
Ce n’est donc pas une coïncidence si la branche militaire du mouvement palestinien de libération Hamas, les Brigades Ezzedin Al-Qassam, porte son nom.
Contrairement à beaucoup d’« ulémas » (savants musulmans) de son époque, Sheikh Al-Qassam a réussi à conjuguer de façon remarquable l’instruction religieuse à la conscience politique et à la résistance armée contre les forces françaises d’occupation en Syrie dans les années 1920, et ensuite contre l’armée du Mandat britannique en Palestine au début des années 1930.
Dans ses nombreux sermons, tant en Syrie qu’en Palestine, le Sheikh a enseigné que si les Musulmans ne s’aidaient pas eux-mêmes, personne ne le ferait, et que les Musulmans devaient se prendre en charge de toutes les manières possibles.
Liberté et indépendance
Il a également professé qu’une véritable unité ne pouvait se réaliser que sous la bannière de l’Islam. « Sans l’Islam, » disait-il, « nous ne sommes que des tribus sans lien, chacune préoccupée par ses propres considérations étroites. »
Le Sheikh a totalement rejeté le concept de nationalisme territorial, disant que le nationalisme n’était qu’un degré avancé du tribalisme alors que l’Islam unifie les Musulmans sous la bannière du message sublime et universel de fraternité sous la souveraineté de Dieu.
On a souvent cité ces paroles du Sheikh, « Partout où le nom d’Allah est invoqué, là est mon pays. »
Les biographes divergent sur la date exacte de sa naissance. Cependant, il est largement admis qu’il est né vers 1880 dans le petit village de Jableh, près de Latakieh, le long de la côte syrienne.
Très tôt, le jeune Ezzedin a rejoint l’école religieuse du village, apprenant les rudiments de la langue arabe ainsi que le Coran et les Hadiths (la tradition du Prophète Mohammed, que la paix soit sur lui). Quelques années plus tard, vers 15 ou 16 ans, il est allé au Caire pour étudier les disciplines de
la Shari’a à l’Université Al-Azhar.
Il est resté en Egypte pendant neuf ans qu’il a mis à profit pour élargir ses horizons et se familiariser avec la situation contemporaine du monde musulman. A 25 ans, il est revenu en Syrie où il a commencé à enseigner et à prêcher dans les mosquées locales.
Cependant, contrairement à beaucoup de ses « ulémas » contemporains, l’attention du Sheikh ne s’est pas cantonnée à l’enseignement de
la Shari’a et à la lutte contre l’analphabétisme. Il a également préparé la Umma à résister et à repousser les assauts des invasions et occupations occidentales, auxquelles aucun pays arabe au Moyen-Orient et en Afrique du Sud n’avait pu échapper.
Au début des années 1920, lorsque les armées italiennes occupèrent
la Libye, le Sheikh incita la population à se soulever contre le colonialisme occidental.
La lutte contre l’occupation
Il a même mené des protestations contre les Italiens, exhortant la population à donner de l’argent pour les Mujahedeen libyens.
Selon un témoignage, le Sheikh a vendu sa propre maison, dans son village natal de Jableh, pour acheter des armes pour soutenir la résistance libyenne sous le commandement de Sheikh Omar Al-Mukhtar.
Lorsque la population syrienne a commencé à s’insurger contre l’occupation française, Sheikh Al-Qassam fut aux avant-postes de la révolution, provoquant la colère des autorités d’occupation. Au début, les Français ont tenté auprès de lui la stratégie de « la carotte », mais il a rejeté avec un mépris les sollicitations françaises ainsi que toute forme de coopération avec les gouvernements colonialistes.
Face à son attitude intransigeante, les forces françaises ont tenté de l’assassiner. Cependant, après des mois de clandestinité et de lutte, le Sheikh apprit que les Français étaient près de s’emparer de lui. Il a décidé de partir à Damas, où il a pris part à la célèbre bataille de « Maysaloun », où les forces syriennes en petit nombre et peu armées ont essayé, en vain, de repousser les envahisseurs français.
En Palestine
Tandis que les Français traquaient le Sheikh et d’autres leaders du soulèvement syrien, Ezzedin Al-Qassam a décidé de se déplacer vers le sud, à Haifa, en Palestine, en 1922.
En Palestine, il a rapidement gagné les cœurs des gens ordinaires et il est devenu l’imam et le prédicateur de
la Mosquée Al-Istiklal de la ville. Dans ses sermons, le Sheikh a enseigné aux Musulmans qu’ils devaient repousser et résister activement aux envahisseurs étrangers, comme les Français en Syrie et les Britanniques en Palestine, disant que chaque Musulman qui tombait en combattant les envahisseurs serait un martyr vivant en compagnie des prophètes et des saints.
En plus de son rôle de promotion de l’apprentissage religieux et de la prise de conscience musulmane, le Sheikh a voyagé dans toute
la Palestine, exhortant les populations à se préparer pour le Jihad (le combat sacré) contre les autorités du Mandat britannique, qui autorisaient un grand nombre d’immigrants juifs à s’installer en Palestine pour mettre en œuvre la tristement célèbre Déclaration Balfour.
Le Sheikh était un fervent partisan de l’autonomisation des Musulmans.

En 1929, la rumeur a couru que des immigrants juifs avaient planifié l’incendie de la Mosquée Al-Istiklal à Haifa. Certains de ses partisans ont suggéré de prendre contact avec les autorités britanniques pour déjouer le plan juif. Le Sheikh a refusé catégoriquement cette suggestion, disant que les Musulmans devaient défendre leurs mosquées de leur propre sang. Une mosquée qui est protégée par l’ennemi ne vaut pas la peine d’être maintenue, disait-il.
Il a également exhorté la population de Palestine à aller jusqu’à vendre les bijoux de leurs épouses pour acheter des armes et défendre leur terre, leur honneur et leur dignité.
Un jour qu’il prêchait, il a montré une arme à feu qu’il cachait sous sa robe, disant à l’auditoire : « Celui parmi vous qui croit vraiment en Dieu et au Jour du Jugement devrait en posséder une comme celle-ci. »
Le Sheikh n’appréciait pas un excès de décoration des mosquées, disant que l’argent devait servir à se procurer des armes pour combattre les envahisseurs.
Il savait que les sionistes envisageaient de s’emparer de
la Palestine et d’anéantir ou d’expulser son peuple. Sa prophétie s’est avérée très juste.
Al-Qassam fut un grand tacticien lorsqu’il a préparé la longue lutte contre les autorités du mandat britannique, une lutte qui requérait, avait-il réalisé, des ressources immenses, l’unité nationale et la résilience. « Si nous ne nous aidons pas nous-mêmes, personne ne le fera, » ne cessait-il de dire aux combattants de la résistance.
En 1934-1935, les opérations de résistance ont commencé à remporter succès après succès, tandis que les opérations dirigées par le Sheikh se répandaient dans les régions de Tulkarem, Naplouse et Jenin. Les Mujahedeen ont traqué de nombreux officiers britanniques, attaqué les garnisons de l’armée britannique et liquidé les collaborateurs qui avaient donné des informations sur la résistance.
La mort d’Al-Qassam
Le succès de la résistance a suscité beaucoup d’enthousiasme parmi les gens ordinaires, incitant de nombreux jeunes gens à rejoindre les rangs des Mujahedeen. Comme l’on pouvait s’y attendre, cela a rendu furieuses les autorités britanniques, qui ont réagi en lançant une campagne de chasse aux sorcières contre lui.
Toutefois, au lieu de s’échapper ou de se cacher, le Sheikh a officiellement déclaré la révolution dans les bois de la ville de Ya’abud, près de Jenin.

Mais les forces britanniques l’ont rapidement localisé, ainsi que ses compagnons de lutte. De plus, des forces militaires considérables ont été dépêchées pour le prendre mort ou vif.

Le Sheikh a refusé de se rendre et une bataille féroce s’en est suivie, au cours de laquelle de nombreux soldats britanniques perdirent la vie.
Le 20 novembre, le corps du Sheikh et ceux de quelques-uns de ses compagnons furent découverts sur le champ de bataille.
Son martyr fut un choc dans toute
la Palestine, et des dizaines de milliers de personnes participèrent à son cortège funèbre à Haifa.

Khaled Amayreh

27 Novembre  

Traduction : MR pour ISM

http://www.alterinfo.net/Histoire-d-une-icone-de-la-Resistance-Sheikh-Ezzedin-Al-Qassam_a39765.html


2-3 Aline de Diéguez : Le jardin des supplices de Gaza.

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur, mais doit être vu comme information 

" Ce qu'il y a de terrible quand on cherche la vérité, c'est qu'on la trouve."
Rémy de Gourmont

"Nul ne colonise innocemment. (…) Une nation qui colonise, une civilisation qui justifie la colonisation - donc la force - est déjà une civilisation malade, une civilisation moralement atteinte, qui, irrésistiblement, de conséquence en conséquence, de reniement en reniement, appelle son Hitler, je veux dire son châtiment."
Aimé Césaire

Les grands écrivains sont des prophètes. Ils voient l'avenir dans les signes du présent, car l'art est réalité et symbole confondus, mais il faut savoir lire les symboles.

J'ai donc mis mes pas dans les pas de Franz Kafka (voir La métamorphose d'un être humain en vermine), puis d' Octave Mirbeau et j'ai lu à livre ouvert l'histoire de la Palestine telle qu'ils l'avaient vue et racontée depuis des dizaines d'années.

Tout avait été dit : la politique d'Israël a été décrite par le menu depuis des lustres. Des voix nombreuses nous avaient prévenus. Meurtres, génocide, crimes de guerre, tout peut recommencer . "C'est arrivé et tout cela peut arriver à nouveau "avait averti Primo Levi dans Les naufragés et les rescapés .

Il avait raison, c'est arrivé de nouveau.*

Pendant que les Laval et les Pétain palestiniens se vautrent sur de moelleux divans en compagnie des assassins de leur peuple et incitent ces derniers à une manière de "solution finale" censée dégoûter les Gazaouis de soutenir les dirigeants qu'ils ont démocratiquement élus, les bourreaux israéliens ont de nouveau gratifié l'univers du spectacle d'une de ces tueries dont ils ont le secret. S'étant spécialisés dans les massacres de populations civiles et les dévastations d'infrastructures, d'hôpitaux et d'écoles et ayant démontré leur savoir-faire en 2002 à Jénine, puis en 2006 au Liban, le monde entier a pu constater au cours de la dernière bacchanale sanglante à laquelle ils se sont livrés durant l'hiver 2008-2009 à Gaza, à quel point ils viennent d'améliorer leurs performances .

Mais la brutalité n'est pas leur seul registre. S'il existait un festival de Cannes destiné à récompenser le tourmenteur le plus vicieux et le plus imaginatif, il est assuré que l'Etat d'Israël remporterait haut la main la palme d'or du scénario, ainsi que celle de la mise en scène. Ces deux trophées salueraient les inventions les plus cruelles et les plus agressives, certes, mais aussi les plus imprévues, les plus dérisoires, les plus hypocrites et les plus perverses de cet Etat, qui toutes convergent vers un seul but: désécuriser, déstabiliser et créer une atmosphère d'angoisse et de précarité destinées à affoler en permanence les victimes et donc à les fragiliser psychiquement, avant de tenter de les éliminer physiquement. Pour le bourreau, ce préliminaire correspond à la phase dite d'"attendrissement de la viande" .

La capacité de résilience, l'énergie et l'intelligence du peuple palestinien sont si étonnantes qu'en même temps qu'elles soulèvent l'admiration de tous les hommes normaux et dotés de la capacité innée d'empathie envers son semblable souffrant, elles font enrager l'occupant qui, visiblement, ne sait plus à quelle exaction se livrer et auprès de quel démon renouveler son inspiration. La corruption à grande échelle des dirigeants, en vertu de l'adage populaire bien connu , "Le poisson pourrit toujours par la tête" , est l'une de ses dernières trouvailles.

Sur les pas d'Octave Mirbeau dans le Jardin des supplices de Gaza...

Le sol était jonché de corps déchiquetés, de têtes arrachées, de bras et de jambes orphelins de leur tronc. Des blessés gémissaient, des fantômes de femmes, des ombres d'hommes, hurlaient leur douleur. Je compris en un éclair que je venais de pénétrer dans le jardin des supplices de Gaza.

Partout ruines, destructions , sang et meurtres … meurtres… meurtres.

Je me souvins de la dédicace de mon guide à son ouvrage sur les tortures et les tortionnaires de l'histoire : " Aux Prêtres, aux Soldats, aux Juges, aux Hommes, qui éduquent, dirigent, gouvernent les Hommes, je dédie ces pages de Meurtre et de Sang " . Octave Mirbeau avait prévu l'enfer de Gaza .

Larguant sciemment bombes incendiaires ou à fragmentation, obus au phosphore blanc et à l'uranium appauvri, missiles meurtriers et bombes à fléchettes sur des milliers de maisons, le parlement, le ministère de la Justice, le ministère de l'Intérieur, les tribunaux, la prison, l'unique moulin à farine, le principal élevage de volailles, l'équipement de traitement des eaux usées, les citernes, les puits, les écoles, les réserves de nourriture, la centrale électrique, les assassins ont amplement prouvé que "le meurtre est bien la plus grande préoccupation humaine".

C'est pourquoi, "l'universelle barbarie" dans laquelle nous sommes plongés permet de massacrer le plus de monde possible en le moins de temps possible. Tels sont les fondements sur lesquels les cités et les nations concentrent leur politique.

Ainsi, les deux Etats les plus belliqueux de la terre - les Etats-Unis et Israël - possèdent à eux seuls un arsenal suffisant pour faire exploser plusieurs fois la planète tout entière: "Avec notre état d'universelle barbarie [...] nous vivons sous la loi de la guerre ... Or en quoi consiste la guerre ? ... Elle consiste à massacrer le plus d'hommes que l'on peut, en le moins de temps possible ... Pour la rendre de plus en plus meurtrière et expéditive il s'agit de trouver des engins de destruction de plus en plus formidables ... et c'est aussi le progrès moderne ...", écrivait Octave Mirbeau, l'un des plus virulents écrivains anti-colonialistes de la fin du XIXe siècle, dans un ouvrage d'un humour grinçant et dérangeant, "plus noir que le noir", pour paraphraser Jonathan Littell, et intitulé Le jardin des supplices . Il y décrivait minutieusement les tortures inventées par un bourreau particulièrement inspiré dans le bagne de Canton. Il s'agissait de symboliser et de stigmatiser d'une manière "swiftienne" les méfaits et les horreurs des Etats colonialistes. Méfaits et horreurs que le dernier Etat ouvertement colonialiste de la planète continue de pratiquer avec une impudence qu'il n'est pas exagéré de qualifier de "chuzpah politique et morale".

Il est 11h30, les enfants sortent de l'école. A cet instant, l'artillerie se déchaîne. Cinquante avions de combat lâchent leurs bombes alors que plus de cinq cents enfants terrorisés et en pleurs grouillent encore dans les rues et que des parents désespérés arrivent en courant. Une promotion entière de plus de deux cents jeunes policiers en train de prêter leur serment d'entrée en fonction est exterminée en un éclair. Les morgues débordent. Trois jeunes enfants d'une même famille gisent entassés l'un sur l'autre. Des bombes partout, de la fumée, de la poussière, du sang, des cris, des pleurs. La peur, la rage, nul refuge, nul secours. Gaza tout entière transformée en un gigantesque jardin des supplices.

Les stocks de l'aide humanitaire brûlés au phosphore blanc. Même les morts sont bombardés et les cimetières ravagés par l'artillerie. Puanteur des cadavres en décomposition exhumés de leurs tombes. Exhalaisons de sang et de mort. Lambeaux de chairs, fragments de membres éparpillés. Les victimes tuées une deuxième fois. Odeur de mort du jardin des supplices de Gaza.

Les bâtiments abritant les médias, pulvérisés. Terroriser les journalistes et les prendre sciemment pour cibles afin de priver les victimes de nouvelles et de conseils et surtout, priver le monde de témoins. La censure perverse dans le jardin des supplices de Gaza.

Massacres de civils fuyant les zones de combat et agitant des drapeaux blancs, civils carbonisés au hasard par le phosphore blanc déversé sur des zones peuplées, fours crématoires portatifs et intentions génocidaires, nul besoin de zyklon, on n'arrête pas le progrès, bombes à l'uranium appauvri larguées sur des écoles, la mort inhalée durant des jours et des jours, utilisation de civils et même d'enfants comme boucliers humains. D'autres enfants foudroyés d'une balle en plein front par d'habiles snipers et visés comme des lapins mécaniques dans une fête foraine. "C'est cool de tuer"! Bonheur de devenir une bête. Soldats visant délibérément des civils désarmés à partir des tanks; des enfants, des nourrissons le front troué d'une balle, tous rebaptisés "terroristes". Ravager les maisons désertées par leurs occupants, voler ce qui peut l'être, détruire les meubles, souiller, déféquer et uriner partout, tel fut l'incroyable cruauté ainsi que l'invraisemblable manque de dignité de l'armée des assassins, tueuse méticuleuse dans le jardin des supplices de Gaza.

Les habitants de Gaza traités comme des animaux et leurs maisons transformées en bauges, pillées et vandalisées lorsqu'elles n'étaient pas rasées, ainsi s'est comportée "l'armée la plus morale du monde" dans le jardin des supplices de Gaza.

Les pauvres animaux du zoo ne sont pas épargnés par les bombes et la folie meurtrière qui s'est abattue sur le camp de concentration hermétiquement clos et livré à une rage destructrice. Les écoles , les hôpitaux, les ambulances sont attaqués et incendiés, les blessés agonisent en se vidant de leur sang. Les oliveraies déracinées dressent vers le ciel leurs racines désespérées, les serres réduites en miettes afin de survienne la famine. Le terrain labouré en profondeur au bulldozer pour que rien ne repousse. Le désert et la désolation. L'horreur et la dévastation dans le jardin des supplices de Gaza.

Et les assassins l'avouent : "Tu ne vois pas les Palestiniens comme des être humains, tu les vois comme des animaux. Tu entres dans leur maison, la nuit, tu les réveilles, les femmes d'un côté, les hommes de l'autre, et tu casses tout. C'est le genre de choses que tu ne ferais pas ici, en Israël, mais tu le fais chez eux. Et, pour ce faire, tu refuses la réalité. C'est la seule manière. Tu crées entre toi et la réalité un mur de silence". Tel est le témoignage révélateur de l'un des participants de la si glorieuse équipée de Tsahal dans la souricière de Gaza.

Des supplices d'un raffinement cruel décrits par Octave Mirbeau, que le bourreau fait subir aux détenus du bagne de Canton, aux supplices collectifs et au déchaînement de barbarie mécanisée d'une brutalité inouïe infligés à toute une population piégée comme des rats et harcelée par terre, par mer et par les airs, on retrouve encore et toujours le même instinct de meurtre. S'y ajoute le sentiment jouissif de puissance et la jubilation de pouvoir infliger impunément une souffrance illimitée et gratuite : "Tu les fais avancer, reculer. Tu les rends fous. Tu as dix-huit ans et tu te sens puissant", ainsi s'exprime l'un des jeunes bourreaux repentants.*

Et depuis lors, le camp de concentration de Gaza demeure toujours aussi hermétiquement bouclé, l'occupant interdisant l'entrée des outils et de tout matériau qui permettraient de reconstruire ou de réparer les infrastructures détruites. Mais la liste des interdictions ne se limite pas aux matériaux de construction. Et c'est là où l'imagination sadique du bourreau donne toute sa mesure et rappelle celle du bourreau chinois d'Octave Mirbeau.

Ne pouvant décemment, comme dans le bagne de Canton, se livrer aux supplices, horribles, certes, mais, somme toutes, artisanaux, de la cloche, de la caresse, ou le fameux supplice du rat qui obsédait un des patients de Freud, ou se spécialiser dans le maniement de la scie, de la tenaille ou du scalpel, le bourreau israélien s'est spécialisé dans des harcèlements physiques et moraux permanents et massifs. Il compte sur les ravages engendrés par la durée de la souffrance. Il espère assister au spectacle jubilatoire de voir les victimes s'entre-dévorer, se retourner contre leurs dirigeants et ramper devant lui, enfin domptées.

En effet, une véritable liste à la Prévert des privations cerne et harcèle les suppliciés dans tous les aspects de leur vie quotidienne.

Ainsi, aujourd'hui encore, sont interdits d'entrée dans le bagne de Gaza : les crayons pour les écoliers, les cahiers et les livres, tous les instruments de musique et les partitions, les bougies et les allumettes, tout matériel électrique - câbles, fils, prises, boîtes de dérivation, ampoules, le verre plat, pour fermer avant l'arrivée de l'hiver les milliers de fenêtres dont les vitres ont volé en éclats.

Sont également interdits d'entrée dans la prison de Gaza les vêtements, les tissus, le fil à coudre, les aiguilles, les chaussures, les matelas, les draps, les couvertures, les couettes, toute la vaisselle - assiettes, tasses, casseroles, couteaux, fourchettes, cuillères- tout produit d'entretien et de lavage - une dérogation partielle vient d'être accordée sur certains produits d'hygiène corporelle, mais le papier hygiénique sous tous ses conditionnements continue d' être considéré comme un produit dangereux. Des Gazaouis ingénieux sont sûrement susceptibles d'accrocher des missiles à des avions en papier hygiénique et de pilonner Sderot!

Sont interdits d'entrée tous les jouets, ainsi que les poupées.

Est évidemment interdite toute importation de réfrigérateurs, de machines à laver et de tout autre appareil électroménager, matériel de toutes manières inutilisable, puisque l'occupant coupe, selon son bon plaisir, le peu d'électricité qu'il laisse fonctionner après avoir détruit la seule centrale électrique du ghetto et empêché sa réparation. De plus, il vole la majeure partie de l'eau des nappes phréatiques et ne laisse aux bagnards de Gaza qu'un mince filet à peine suffisant pour remplir des jerricans .

Est interdite l'importation de véhicules de toute nature - voitures particulières, camions, ambulances et même fauteuils roulants pour les innombrables blessés et infirmes que "l'armée la plus morale du monde" a laissés sur le carreau.

Sont interdits d'entrée tous les animaux - vaches, ânes, chèvres, volailles, etc. , et le remplacement des quelques pauvres animaux du zoo de Gaza - impitoyablement abattus, eux-aussi, pendant le carnage ou morts de faim - est impossible. On n'insistera jamais assez sur les capacités militaires des vaches ou des poules.

Aux dernières nouvelles, l'Organisation Mondiale de la Santé informe le monde que les bourreaux moraux de la "seule démocratie du Moyen-Orient" viennent d'interdire, pour la quatrième fois, l'entrée des appareils et des accessoires médicaux indispensables au fonctionnement des hôpitaux et, pour faire bonne mesure, les gentils "démocrates" préposés au contrôle des marchandises ont pris soin de ravager les appareils et de les rendre inutilisables par ces sous-hommes de Palestiniens - ces "animaux à visage humain", comme les désigne le Talmud - avant de les retourner à l'envoyeur. Et c'est ainsi que Jahvé est grand. Alleluia!

La seule interdiction que la fameuse "communauté internationale" a réussi à lever est celle des coquillettes et des nouilles... dont le danger qu'elles représentaient pour la sécurité de l'occupant n'est plus à démontrer; mais sont toujours interdits d'entrée dans le ghetto de Gaza le thé, le café, toutes les semoules, le lait en grands conditionnements, toutes les patisseries et gâteaux secs, le chocolat, les graines de sésame et les semences, toutes matières qui risquent d'être utilisées par les inventifs démons gazaouis dans la fabrication des roquettes meurtrières qui "terroriseraient" les pauvres habitants de Sdérot. Les Gazaouis réussissent à construire des maisons avec de la boue, alors, pourquoi ne mettraient-ils pas au point des bombes à la semoule! *

La "loi du meurtre" et "l'école de l'assassinat" illustrées à Gaza par l'Etat qui se proclame une "lumière pour les nations", ne constituent pas une explosion irrationnelle, comme pourraient le laisser croire les interdits sadiques énumérés ci-dessus. De même que celui du bagne de Canton, le bourreau bureaucratique israélien est un véritable artiste qui traite la souffrance comme un des beaux-arts. Un an après la fin du déchaînement génocidaire contre la population civile, les privations continuent d'être mises en œuvre au nez et à la barbe des démocraties "morales", avec la rigueur et la méticulosité propres à toutes les administrations dictatoriales. Elles témoignent de la mise en oeuvre d'un plan particulièrement raffiné, mûrement conçu dans le but de faire souffrir les victimes au maximum tout en essayant de préserver - grâce à une machine de propagande bien huilée et fonctionnant sur toute la planète - un statut de victime éternelle. En réalité il s'agit de rien de moins que d'une application quasi littérale des recommandations biblico-talmudistes acceptées et approuvées par plus de 85% de la population de la nouvelle colonie de peuplement, fondée sur des critères raciaux et implantée sur la terre palestinienne.

Voici quelques citations, parmi des dizaines d'autres, issues, non pas même du Talmud - dont certains passages traduisent un autisme pathologique et un racisme si ingénu et si arrogant que son excès même en devient comique et ne mériterait qu'un haussement d'épaules méprisant ... s'il n'était mis en pratique, ouvertement par les fameux IDF (Israël Defense Forces) et insidieusement par tous les règlements administratifs de l'Etat colonial. Les recommandations de haine, de destruction, de vol et de meurtres figurent dans les textes bibliques majeurs et sont prônés par de nombreux rabbins dans l'armée. C'est pourquoi ce sont les recommandations bibliques qui sont appliquées au pied de la lettre et le coeur léger par la soldatesque - en dépit de l'existence d'un code officiel flatteur, uniquement destiné à leurrer l'étranger candide sur la nature d'un Etat qui se proclame une "démocratie occidentale". Mais il se comporte en réalité avec la brutalité et l'arbitraire propres à toutes les dictatures militaires envers ceux qui ne peuvent exciper de leur "pureté religieuse et raciale", les deux éléments étant indissolulement liés dans cette religion. En effet les recommandations officielles de "l'armée la plus morale du monde"... sur le papier ... sont superbement ignorées non seulement par la base, mais par toute la haute hiérarchie militaire.

"Lorsque Jahvé, ton dieu, t'aura amené dans le pays où tu vas entrer pour en prendre possession et qu'il aura délogé devant toi de nombreuses nations (…) alors, Jahvé ton dieu les aura livrées à ta merci et que tu les livreras à l'anathème (à la destruction) . Tu ne concluras pas d'alliance avec elles, tu n'en auras point pitié ! "

(Deutéronome 7:1-2)

"Des villes de ces peuples que Jahvé, ton Dieu, te donne en héritage, tu ne laisseras rien vivre de ce qui a souffle de vie. Détruisez-les jusqu'au derniercomme Jahvé, ton Dieu, vous l'a ordonné… " (Deutéronome 20.16)

"Vous poursuivrez vos ennemis, et ils tomberont devant vous sous votre glaive. Cinq des vôtres en poursuivront cent des leurs, cent d'entre vous en poursuivront dix mille, et vos ennemis tomberont devant vous par le glaive. "

 (Lévitique, 26, 7-9)

"Ce jour est au Seigneur Jahvé des armées, jour de vengeance, où il se venge de ses adversaires. Le glaive dévore et se rassasie. Il s'abreuve de leur sang." (Jérémie 46.10) (trad. Osty)

Deir Yassine Haïfa, Jaffa, Acre, Oum Al Fahem et AL-Ramla, Al-Daouayma, Abou Shousha, Qazaza, Jaffa à plusieurs reprises, Tannoura, Tireh, Kfar Husseinia, Haïfa encore et encore, Sarafand, Kolonia, Saris, Biddu, Lod, Bayt Surik, Sasa, Balad al-Cheikh, hier Jenine , Gaza hier et aujourd'hui ont expérimenté dans leur chair la mise en pratique des directives vétéro-testamentaires en usage dans l'armée.

Déjà, une première fois, il y deux millénaires environ, une tribu de nomades en voie de sédentarisation rationalisait ses meurtres et ses rapines en les attribuant à la volonté et aux directives de son dieu personnel - un dieu qui aurait eu la chuzpah de priver le peuple autochtone de sa terre et de propulser ses chouchous, se qualifiant d'"élus", sur un territoire qu'ils trouvaient à leur goût. Pour la deuxième fois dans l'histoire, un groupe humain qui se réclame de la même divinité s'installe sans complexes dans des " grandes et belles villes qu'il n'avait pas bâties", habite avec bonne conscience , dans des "maisons pleines de toutes sortes de biens qu'il n'avait pas remplies" et utilise tranquillement des "citernes creusées qu'il n'avait pas creusées". Sans le moindre regard pour la population expropriée et volée, il jouit des récoltes de "vignes et d'oliviers qu'il n'avait pas plantés". (Deutéronome, 6,10, trad. Osty) "Cette terre est à nous, c'est notre Dieu qui nous l'a donnée", hurlent à tue-tête des colons déchaînés, la kalachnikov à portée de main.

Les scribes du VI e siècle ont eu non seulement la candeur d'avouer les spoliations de la population autochtone auxquelles a procédé cette tribu lors de la première invasion, mais de s'en faire un titre de gloire. Or, pas plus à cette époque qu'aujourd'hui, ce territoire n'était "vide" et en attente d'envahisseurs. Un minimum de connaissances historiques permet de balayer les prétentions des hagiographes de cette religion qui rêvent de transformer leurs propres écrits mythologico-théologiques en registres cadastraux ou en actes notariaux.

Les légendes et les récits mythiques datant d'un millénaire pour certains, transmis oralement puis collationnés et mis en forme par des scribes à partir du VIe siècle avant notre ère dans une perspective d'auto-justification politique, puis triturés, ruminés et délayés par des rabbins autoritaires dans les plaines de Russie ou d'Ukraine à partir du Xème siècle - date de la conversion au judaïsme de groupes de populations d'Europe orientale ou de territoires asiatiques - ces récits légendaires, dis-je, ainsi que la glose talmudique qui en découle, nourrissent le terreau sur lequel a prospéré l'arrière-monde psycho-religieux des nombreux immigrants originaires d'Europe de l'Est et de Russie. Ce sont eux qui composent la strate dominante du mille feuilles de la colonie de peuplement en passe de conquérir la Palestine tout entière. Ainsi, sur les quinze premiers ministres de l'actuel Etat Israël, treize sont issus d'Ukraine, de Pologne, de Russie, de Lithuanie, de Bielorussie, de Moldavie et seuls deux sont nés en dans la Palestine sous mandat anglais, sans précision sur la provenance des parents, mais ceux-ci étaient probablement natifs des mêmes régions d'Europe orientale.

Il en résulte des cerveaux bunkerisés par un mélange d'arrogance - liée à une auto-proclamée "élection" divine - et de victimisation professionnelle brandie comme un bouclier à chaque critique de leurs exactions. L'idéologie biblico-victimaire des dirigeants de cet Etat et d'une grande majorité de la population les rend incapables de communiquer avec leurs voisins autrement que par la violence, le mépris et la domination. C'est pourquoi seule une anthropologie critique permet d'ouvrir l'interprétation de la politique des nations à la psychophysiologie des peuples qui les composent. (Voir les nombreuses analyses de théopolitique de Manuel de Diéguez sur ce thème )

Primo Lévi semble avoir perdu confiance dans un possible sursaut moral de l'Etat d'Israël. Et pourtant "j'étais un homme", écrivait pudiquement, mais avec un chagrin si insurmontable qu'il l'a conduit au suicide, un rescapé de l'avant-dernier jardin des supplices.

Que dirait aujourd'hui Primo Levi aux suppliciés de Tsahal à Gaza traités comme on n'ose plus traiter les animaux? Peut-être leur lirait-il le Discours sur le colonialisme de notre grand poète martiniquais, Aimé Césaire :"Nul ne colonise innocemment. (…) Une nation qui colonise, une civilisation qui justifie la colonisation - donc la force - est déjà une civilisation malade, une civilisation moralement atteinte, qui, irrésistiblement, de conséquence en conséquence, de reniement en reniement, appelle son Hitler, je veux dire son châtiment."

Aline de Diéguez 

Publié le 12 novembre 2009 avec l'aimable autorisation de Aline de Diéguez

Source : Aline de Diéguez
http://pagesperso-orange.fr/aline.dedieguez/...

http://www.palestine-solidarite.org:80/analyses.Aline_de-Dieguez.111109.htm


n°499 - Déclarations, courrier des lecteurs & témoignages de Palestine - : 07-12 - Fin - : Adolescents palestiniens dans les prisons israéliennes : chantages et souffrances.

n °499  -  Déclarations, courrier des lecteurs & témoignages de Palestine - : 07-12  - Fin   - : Adolescents palestiniens dans les prisons israéliennes : chantages et souffrances.



       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources                        



Déclarations, courrier des lecteurs & témoignages de Palestine

          n°499                                               07-12

           C.De Broeder & M.Lemaire    



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Sommaire

2 Annexe

2-4 Julien Salingue : Les dynamiques économiques palestiniennes (1967-2009)



2-4 Julien Salingue : Les dynamiques économiques palestiniennes (1967-2009).

Intégration inégale, de-development et économie-casino

NB : L'article qui suit est une version écrite d'une communication effectuée lors d'un récent colloque à Dijon (Quel Etat palestinien ? Histoires, réalités, perspectives, 19-20 novembre 2009). Les actes de ce colloque devraient donner lieu à publication l'an prochain. Le texte que je mets en ligne doit donc être considéré comme un "work in progress", dont une version défintive et actualisée sera publiée en 2010.

Parler des dynamiques économiques dans les territoires palestiniens est un véritable défi, puisque l’on est immédiatement confronté à une difficulté, qui n’est pas que sémantique, si l’on tente de donner un sens au mot « économie palestinienne ». Pour le dire avec une formule provocatrice : dans quelle mesure peut-on parler d’une « économie palestinienne » ?

Si l’on entend l’économie palestinienne comme l’activité économique des territoires palestiniens (production, consommation, échange et commerce de biens et de services), il sera difficile de remettre en question son existence. Si l’on entend économie palestinienne comme système économique palestinien et/ou comme activité n’existant pas seulement en soi mais pour soi, les choses sont moins évidentes.

S’interroger sur l’état de l’économie palestinienne n’est pas s’interroger sur une économie « classique ». Les Palestiniens, société dispersée et déstructurée en 1947-1948, vivent sous occupation militaire depuis plus de 60 ans. Penser l’état de l’économie palestinienne, c’est penser l’occupation israélienne et ses répercussions économiques, c’est penser les ruptures et les continuités au sein du processus d’Oslo et, enfin, mettre en perspective la situation et les dynamiques actuelles en interrogeant la « stratégie économique palestinienne ».

Je m’appuie ici principalement sur les travaux d’Adel Samara, de Sarah Roy, de Leïla Farsakh, de Graham Usher, de George Abed et de Fadle Naqib. Les chiffres que je donne sont issus des rapports du Bureau Central Palestinien des Statistiques, (PCBS) de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International.

1) Une économie (dé-)structurée par l’occupation militaire

a) L’intégration inégale

Après la guerre des 6 jours (juin 1967) et la prise de contrôle de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza, Israël gouverne les territoires palestiniens occupés au moyen d’ordres militaires. Il est significatif de noter que plus de 50% des ordres militaires émis dans la période 1967-1993 sont en relation directe avec les questions économiques.

Cette communication n’a évidemment pas pour objet d’entrer dans le détail de ces ordres, mais plutôt d’en dégager les tendances lourdes et leur implication quant aux évolutions de l’économie palestinienne durant la période 1967-Oslo.

La tendance générale est celle d’une intégration inégale de l’économie palestinienne à l’économie israélienne. « Intégration inégale » signifie ici qu’il n’y a pas eu de fusion entre les deux économies ou d’absorption de l’économie palestinienne par l’économie israélienne. C’est à un processus de prise de contrôle/reconfiguration que l’on assiste, dans un rapport de subordination de l’économie palestinienne à l’économie israélienne.

C’est ainsi, par exemple, que par les ordres numéros 10, 11 et 12 Israël rend illégaux tous les accords préalablement existants quant aux importations et exportations vers et depuis les territoires palestiniens, contraignant non seulement les commerçants mais aussi les négociants en matières premières à importer des produits israéliens, ce qui a des répercussions au niveau de l’ensemble du secteur industriel, tout le monde devenant dépendant des productions ou des autorisations israéliennes (entre 90 et 95% des importations selon les années).

Grâce à cette emprise indirecte sur les structures économiques palestiniennes, Israël va pouvoir accélérer la spécialisation de son industrie dans les domaines de pointe (électronique, informatique, technologies militaires), domaines tournés vers l’avenir et à forte valeur ajoutée, tout en « favorisant » le développement, dans les territoires occupés, de productions à faible valeur ajoutée et peu modernes.

On assiste ainsi, dans des domaines comme l’industrie textile ou la production de chaussures, à la mise en place de réseaux de sous-traitance dans les territoires palestiniens, des industriels israéliens y transférant leur production avant de la revendre sous l’étiquette « made in Israel ». Israël se prémunit en outre du développement d’une économie concurrentielle dans les territoires palestiniens, empêchant la mise en place d’une industrie moderne et réduisant considérablement la production agricole par les confiscations de terres. C’est ainsi qu’en 1990 la production industrielle représente à peine 8% du PNB palestinien (contre 25% en Jordanie) et que la taille moyenne d’une entreprise palestinienne est de 4 salariés (soit le même chiffre qu’en 1927).

Cette politique va contraindre des centaines de milliers de Palestiniens à rechercher du travail « ailleurs », tout d’abord dans les pays pétroliers puis en Israël même. Entre 1970 et 1990 la force de travail augmente de 64% tandis que les emplois à l’intérieur des territoires occupés n’augmentent que de 28%. Au début des années 90, près de la moitié de la main d’œuvre travaille à l’extérieur.

b) Le modèle du de-développement

De manière plus modélisée, 4 grandes tendances se dégagent, modèle que j’emprunte largement à l’économiste palestinien Adel Samara :

- Une économie totalement périphérisée, avec pour unique centre l’Etat d’Israël. Les villes palestiniennes sont dans une relation de dépendance économique directe avec Israël, et elles ne constituent même pas un « centre » pour les villages aux alentours, eux aussi dans un rapport de subordination directe.

- Une économie qui ne maîtrise pas ses priorités en terme d’investissement et de développement. Tout investissement et projet de développement étant soumis à l’approbation israélienne, il s’inscrit forcément dans le cadre de l’intégration inégale. La plupart des investissements s’effectueront donc logiquement dans le domaine de l’habitat, domaine qui ne peut guère bouleverser les « équilibres » économiques.

- Une économie dans laquelle les capitaux sont encouragés à fuir : en 1967 Israël ferme toutes les banques et les remplace progressivement par des banques commerciales israéliennes. Peu convaincus de confier leur argent à des banques israéliennes, les Palestiniens ont eu tendance à placer leur argent à l’étranger, ce qui a contribué à ralentir le développement économique, de même que l’absence de tout système de crédit.

- Enfin, une économie captive de l’économie israélienne, tant du point de vue des importations que des exportations : les producteurs et marchands se sont adaptés aux besoins de l’économie israélienne ; les exportateurs et les importateurs ont perdu la possibilité d’importer ou d’exporter directement depuis ou vers d’autres pays dans des conditions plus avantageuses.

Cette intégration inégale se concrétise dans un processus que Sarah Roy caractérise comme du « de-development », à distinguer du sous-développement, dans lequel les conditions de possibilité d’un développement économique, même subordonné, existent. Le de-development sape, structurellement, les bases mêmes de tout développement économique réel. L’augmentation de la production et du niveau de vie dans les territoires palestiniens, consécutive à l’occupation de 1967, ne s’est pas et ne pouvait, pour les raisons structurelles énoncées ci-dessus, se transformer qualitativement en développement économique global. Le de-development empêche l’émergence d’un système économique palestinien.

2) Les Accords d’Oslo et la poursuite du de-développent

a) La logique d’Oslo

Je n’aurai pas le temps d’entrer dans les détails des dispositions économiques des Accords d’Oslo et du Protocole économique de Paris, signé en 1994, qui organise les relations économiques et commerciales entre Israël et les Palestiniens dans le cadre du « processus de paix ». Il s’agira ici d’identifier les ruptures et les continuités entre la période pré-Oslo et la période qui s’ouvre en 1994, et dans laquelle nous sommes toujours aujourd’hui.

Le volet économique d’Oslo doit être pensé dans le cadre plus général des dimensions politiques du « processus de paix » et de sa logique d’ensemble :

- Création d’une administration indigène, aux attributs de souveraineté limités, dans les zones palestiniennes les plus densément peuplées, desquelles Israël s’engage à se retirer progressivement à mesure que la nouvelle Autorité Palestinienne (AP) fait la démonstration de sa capacité à y maintenir l’ordre.

- Fragmentation des territoires palestiniens en zones aux statuts juridiques divers, isolées les unes des autres par des barrages israéliens et par des routes réservées aux colons.

- Maintien « officiel » du contrôle israélien sur la grande majorité des territoires palestiniens occupés (95% en 1994, 82% en 2000), et sur les frontières avec la Jordanie et l’Egypte.

- Transfert à l’AP de l’ensemble des responsabilités qui échoient, selon le droit international, à toute puissance occupante dans les territoires qu’elle occupe : services sociaux, éducation, santé…

- Report, à des « négociations sur le statut final », des questions-clés : Jérusalem, les colonies, les réfugiés.

Etant donné notre sujet, on retiendra deux éléments essentiels : le maintien du contrôle israélien sur le territoire et les frontières, l’omniprésence et la centralité des questions sécuritaires. J’insiste sur ce point car on a souvent eu tendance à lire et analyser le Protocole de Paris de manière « séparée », en soulignant certaines de ses dispositions apparemment favorables aux Palestiniens mais qui, la réalité l’a démontré, étaient elles aussi subordonnées aux volets sécuritaire et territorial de l’Accord « général ».

b) Les Accords économiques

De retour de Paris (avril 1994), l’unanimité entre Israël et les Palestiniens est flagrante : Shimon Pérès déclare « [que] les Palestiniens sont aujourd’hui d’accord avec Israël  pour créer une économie de marché, une économie ouverte, sans frontières, avec une liberté totale de commerce et de circulation des biens entre les 2 parties ». Nabil Shaath parle de son côté « [d’] une paix totale avec Israël, avec des frontières totalement ouvertes (…), [qui va] créer avec Israël une communauté économique tournée vers l’ensemble du Moyen-Orient ».

Un « mariage », selon les termes de Shimon Pérès, qui s’avère, à l’examen, n’être rien d’autre que la poursuite de l’intégration inégale et du de-development par d’autres moyens. Si certains termes des accords semblent permettre, en théorie, une émancipation de la tutelle israélienne et un développement économique palestinien (liberté d’importation sur une liste de 526 produits, reversement des taxes et des droits de douane à l’AP, possibilité de développement d’un secteur financier et bancaire autonome…), leur inscription dans une réalité modelée par 25 ans d’occupation et par les volets sécuritaire et territorial des accords limite considérablement leur portée.

Il convient de souligner tout d’abord que l’idée même d’une fusion au sein d’un marché commun d’une économie moderne, développée et concurrentielle avec une économie déstructurée, « dé-développée » et subordonnée porte en elle le maintien d’une relation inégale.

Si l’on entre davantage dans les détails, en s’appuyant sur des exemples concrets, cette inégalité et, au-delà, la poursuite du de-development, est évidente. Certes, l’AP peut importer 526 produits depuis l’extérieur. Mais un examen de la liste de ces 526 produits nous montre qu’il s’agit essentiellement de produits alimentaires de base et de produits de consommation courante. Si les Palestiniens veulent importer des manières premières ou des matériaux permettant un développement industriel et/ou technologique, ils doivent obtenir l’agrément d’Israël via le « Comité Economique Conjoint ».

De même, la liberté relative d’exporter est sujette à un alignement de la TVA palestinienne (qui doit se maintenir entre 15 et 16%) sur la TVA israélienne (17%). Un tel niveau de taxe rend structurellement non-compétitifs les produits palestiniens sur le reste des marchés arabes, problème déjà posé par le coût du travail dans les territoires palestiniens (salaires beaucoup plus élevés car l’interpénétration avec le marché et le système monétaire israéliens tire les prix à la consommation vers le haut). Ce coût élevé du travail limite en outre considérablement les investissements étrangers, qui se portent dans des pays où la main d’œuvre est beaucoup moins coûteuse.

Le rôle joué par le « nouveau » secteur bancaire n’a pas limité la fuite des capitaux, bien au contraire, et n’a pas permis le développement d’un système d’emprunt et donc de crédit. Les banques investissent à l’étranger, et non dans l’économie « nationale », l’argent qui est déposé sur les comptes : en moyenne, durant les années 90, ce sont plus de 70% des capitaux qui sont ainsi transférés à l’étranger. Le rapport emprunts/capitaux oscille entre 20 et 25%, contre 80% en Jordanie et 90% en Israël. En d’autres termes, le capital accumulé dans les territoires palestiniens ne bénéficie pas à l’économie palestinienne.

Même si l’économie palestinienne peut en théorie s’ouvrir sur l’extérieur, elle est en réalité dans un quasi-tête-à-tête avec l’économie israélienne de laquelle elle ne peut s’émanciper. Les produits israéliens continuent d’inonder le marché palestinien et Israël demeure le principal débouché des productions palestiniennes. 90% des échanges commerciaux se font avec Israël et le déficit commercial palestinien passe de 800 millions de dollars en 1990 à 1.4 milliards de dollars en 1996. 2 exemples chiffrés: alors qu’en 1984 le volume d’échange en fruits et légumes entre les territoires palestiniens et la Jordanie s’élevait à 244 000 tonnes, durant les années 90 il chute à un niveau moyen de 44 000 tonnes. En 1994, sur les 9000 tonnes de citrons produites à Gaza, 90% ont été exportées vers les usines de jus de fruits israéliens.

c) L’arme politique

 

Au-delà de ces considérants strictement économiques, le monopole israélien sur le contrôle des territoires, des frontières et « l’arme sécuritaire » vont avoir des répercussions considérables au niveau de « l’économie palestinienne ».

Un premier élément qui est tellement évident que je ne vais pas le développer : l’emprise israélienne sur la majorité des terres palestiniennes et des ressources énergétiques (notamment l’eau) empêche l’extension des exploitations agricoles ou des zones industrielles puisque les permis de construire sont sujets à autorisation israélienne. Au-delà, les saisies de terre se multiplient durant les années 90 et 2000 avec la poursuite de la colonisation et la construction du mur, ce qui tend même à réduire la production agricole (plus de 1000 fermes et hangars agricoles saisis pour la seule période 2000-2006).

Un deuxième élément doit être pris en compte : les procédures sécuritaires imposées par Israël (contrôle des marchandises à la sortie des zones autonomes palestiniennes, transfert dans des véhicules israéliens, nouveaux contrôles aux frontières) augmentent considérablement le coût de l’exportation et de l’importation de marchandises, ce qui rend encore un peu moins concurrentielles les productions palestiniennes et moins attractives (pour les exportateurs étrangers) les zones autonomes.

Enfin, et c’est sans doute l’essentiel, la pratique récurrente (499 jours entre 1994 et 1999, soit 3 mois par an pendant la période de « paix »), pour des motifs officiellement sécuritaires, du bouclage des zones autonomes, va avoir un impact catastrophique au niveau économique. La Banque Mondiale estime ainsi que la pratique du bouclage a généré 40% de pertes du PIB de Gaza en 1996 et 20% de celui de la Cisjordanie : réduction drastique du nombre de travailleurs palestiniens autorisés à se rendre en Israël (et donc du pouvoir d’achat et de la consommation), réduction des possibilités de commercer, y compris avec Israël, réduction de la production, explosion du chômage et de la pauvreté…

Le PIB par habitant décline régulièrement entre 1994 et 1999, et s’écroule entre 2000 et 2005 (-35%) avec la systématisation du bouclage après le soulèvement de septembre 2000. La production agricole chute, en valeur absolue, de plus de 25% entre 1999 et 2007, la production industrielle de plus de 20%.

Au-delà, la fragmentation territoriale va s’accompagner d’une « enclavisation » économique, Gaza étant isolée de la Cisjordanie, le Nord de la Cisjordanie du Sud. Sarah Roy décrit ce processus d’enclavisation et d’autarcisation de l’économie : des pratiques économiques qui s’éloignent des marchés et des échanges internationaux (voir inter-zones autonomes) et se tournent vers la production locale, des activités et des modes de production plus traditionnels. En résumé, on produit de moins en moins pour exporter et de plus en plus pour consommer tout en étant toujours dépendant des produits israéliens, étant donné les limites objectives, structurelles, des capacités de production.

Durant les années 90 et 2000, loin de s’atténuer, le de-development se poursuit et se renforce, même si, comme on va le voir, l’argent afflue dans les territoires palestiniens et certains en tirent des bénéfices.

3) Au-delà de l’occupation, la faillite d’une stratégie palestinienne et internationale

a) Le rôle économique de l’AP

Il serait en effet trop réducteur d’attribuer les responsabilités de la poursuite du de-developement à la seule occupation israélienne, même si elle en demeure la principale source. Un changement fondamental s’est opéré avec Oslo : la mise en place de l’Autorité Palestinienne qui, en ce qui nous concerne, exerce un monopole sur les négociations économiques avec Israël, sur la perception des taxes diverses (notamment les droits de douane) et des aides internationales.

L’apparition de ce nouvel acteur va largement participer d’une reconfiguration de la scène économique palestinienne et, au-delà, de la scène politique et sociale. On peut résumer en 3 grands traits le rôle économique de l’AP : difformité, clientélisme et dépendance.

La construction d’un appareil d’Etat pléthorique (jusqu’à 180 000 membres en 2007) a permis à l’AP de jouer un rôle central dans l’économie palestinienne en devenant le premier pourvoyeur d’emplois dans les territoires palestiniens. Mais derrière ce chiffre se cache un développement très inégal, difforme, de l’appareil d’Etat : la moitié de ses salariés sont employés dans les diverses forces de sécurité, moins d’1/3 du budget est consacré au développement des services sociaux (santé, éducation), et c’est une portion négligeable qui est consacrée à l’aide au développement économique.

Le monopole sur les droits de douane (plusieurs centaines de millions de dollars par an), sur l’aide internationale (environ 10 milliards de dollars entre 1994 et 2006) et sur l’importation de 27 marchandises (ciment, tabac, essence…) va générer un vaste réseau de clientélisme et de corruption. Des centaines de millions de dollars sont gaspillés de manière improductive dans l’entretien de réseaux de clientèle. Le monopole sur les importations de produits indispensables, lui aussi utilisé à des fins de corruption, entraine une hausse des prix : les constructeurs palestiniens qui importaient du ciment (entreprise Nesher) depuis Israël ont vu les prix augmenter suite à l’établissement du monopole de l’AP. Enfin l’AP favorise largement les investissements étrangers (avec lesquels elle partage des monopoles), et notamment des riches Palestiniens de la diaspora, au détriment des entrepreneurs locaux. Ces investisseurs préfèrent les secteurs rentables sur le court terme (tourisme, télécommunications…) à des secteurs moins rentables mais permettant le développement réel d’une économie locale.

L’AP demeure néanmoins dans une situation de dépendance totale vis-à-vis de l’aide extérieure. Le coût du développement et de l’entretien de l’appareil d’Etat et des diverses infrastructures (dépenses officielles) cumulé au coût du développement et de l’entretien des réseaux de corruption et de clientèle (dépenses officieuses) excèdent très largement les recettes de l’AP. Ainsi, pour l’année 2009, le déficit budgétaire estimé est de plus de 400 millions de dollars, malgré les aides internationales (1.5 milliard). L’AP ne peut survivre économiquement sans les aides des pays donateurs et sans le paiement, par Israël, des taxes et droits de douane : l’autonomie relative de l’AP dans le domaine économique peut à tout moment disparaître..

Ces 3 caractéristiques (difformité, clientélisme et dépendance) rejoignent largement les caractéristiques des Etats rentiers, Etats dont la majorité des recettes provient de l’extérieur et non de l’intérieur, et donc de l’impôt. Je n’approfondirai pas ce point ici, mais il convient néanmoins de noter que le paradigme de l’Etat rentier peut s’avérer éclairant pour comprendre les phénomènes d’autonomisation politique (dérivée de l’autonomie fiscale) de la direction de l’AP et de dépolitisation (en raison d’une politique de redistribution des richesses) de la société palestinienne…

b) De la dépendance économique à la dépendance politique

La situation de de-development et les choix économiques de l’AP ont accru la dépendance de l’économie palestinienne vis-à-vis de l’aide internationale. L’AP est donc dans une situation paradoxale : incontournable sur le plan économique à l’intérieur des territoires palestiniens (40% de la population vit grâce aux salaires de l’AP), elle ne bénéficie d’aucune autonomie vis-à-vis de l’extérieur et doit donc se conformer aux volontés des pays donateurs. Une situation qui a des répercussions très politiques : lorsqu’en 2006 le Hamas gagne les élections, les pays donateurs suspendent leurs aides, Israël suspend le versement des taxes, et l’AP se trouve dans une situation de quasi-banqueroute.

Ce n’est qu’après l’arrivée, contraire au verdict des urnes, de Salam Fayyad (ancien haut fonctionnaire de la Banque Mondiale et du FMI) au poste de Premier Ministre que les aides reviennent, conditionnées à des décisions politiques de premier ordre : reprise des négociations avec Israël, refonte des services de sécurité, répression contre le Hamas, désarmement des dernières cellules de résistance… Lorsque lors de la conférence de Paris, en décembre 2007, les pays donateurs promettent à Mahmoud Abbas et Salam Fayyad près de 8 milliards de dollars sur 3 ans, c’est davantage pour leur permettre de reprendre la main sur la vie politique palestinienne que pour assurer un véritable développement économique palestinien.

Les logiques à l’œuvre depuis Oslo se poursuivent et la « nouvelle politique économique » de Fayyad ressemble beaucoup à celle de l’AP des années 90-2000 : priorité accordée aux investissements étrangers (cf la Palestine Investment Conference de 2008 à Béthléem) au détriment des entrepreneurs locaux, secteurs rentables (des hôtels de luxe à Ramallah, une deuxième ligne de téléphonie mobile…) et, last but not least, une priorité renforcée, dans le budget de l’AP, au secteur de la Sécurité : pour l’exercice 2008-2009, le programme « Transformation et Réforme du Secteur de la Sécurité » possède un budget équivalent aux budgets cumulés des Programmes « Accès à l’Education » et « Amélioration de la Qualité des Services de Santé » (en chiffre bruts, de décembre 2008 à juin 2009, 1325 postes ont été créés dans la Sécurité et 94 postes supprimés dans la Santé).

Des choix conformes à l'idéologie néo-libérale des bailleurs de fonds, et des choix très politiques, qui s’inscrivent dans une vision, largement partagée par Salam Fayyad et ses proches, selon laquelle un développement économique palestinien serait possible malgré la poursuite de l’occupation et de la colonisation. Une vision qui a pourtant montré toutes ses limites durant les années 90-2000, pour des raisons (que nous avons exposées plus haut) qui n’ont pas disparu.

Conclusion : une faillite programmée ?

L’économie palestinienne est donc une économie victime d’une politique de de-developement, que les Accords d’Oslo n’ont pas interrompue, bien au contraire. Les Accords d’Oslo ont participé d’une reconfiguration du de-developement avec l’intégration d’un nouvel acteur, l’AP. Le rôle dévolu à l’AP (et dans lequel la majorité des forces sociales qui soutiennent l’AP se complaisent) n’est pas de poser les bases d’une économie palestinienne autonome ou de renverser le rapport d’inégalité entre économie israélienne et économie palestinienne. Il s’agit au contraire de gérer le de-developement sans qu’il y ait aucune modification structurelle : des individus s’enrichissent, des secteurs économiques fonctionnent, les salaires des fonctionnaires sont revenus mais il n’y a pas, à proprement parler, de développement économique. Les pays donateurs ne s’y trompent pas, qui n’ont accordé, durant les 6 premiers mois de l’année 2009, que 32 millions de dollars d’aide au développement économique (contre plus de 400 millions de dollars pour le fonctionnement de l’appareil d’Etat).

Si l’on a pu constater un allégement du bouclage en Cisjordanie, les difficultés demeurent, les restrictions et les expropriations se poursuivent, sans parler de la Bande de Gaza : soumise à un bouclage total et à un véritable embargo, elle est dans une situation de crise économique sans précédent. Quelques chiffres : selon la Banque Mondiale, 2% des établissements industriels continuent de fonctionner à Gaza (90 contre 3900 en juin 2005, 860 salariés contre 35 000), sur 2500 tonnes de fraises produites, seules 109 tonnes ont pu être exportées (4% de la production). Si l’on prend en compte Gaza et la Cisjordanie, le PIB par habitant estimé pour 2009 sera de 30% inférieur à celui de 1999, et il sera inférieur à celui de 2008. La croissance économique palestinienne reste négative. En 2008, entre la moitié et les 2/3 des foyers palestiniens vivent sous la limite de la pauvreté.

Dans les rues de Ramallah, il y a 2 semaines, je n’ai pu m’empêcher de penser, en voyant des enfants du camp de réfugiés de Qalandia, à l’heure où ils auraient dû être en classe, vendre des chewing-gums au checkpoint à quelques centaines de mètres des luxueux nouveaux buildings de la « capitale économique » palestinienne, à ces mots qu’écrivait Adel Samara, dénonçant le développement d’une « économie-casino », quelques mois avant l’explosion de septembre 2000 : « Les nouveaux buildings, les centres commerciaux et les restaurants de luxe de Ramallah et d’autres villes de Cisjordanie sont le reflet des intentions réelles de l’Autorité Palestinienne, et non des preuves d’un quelconque développement. (…) Le régime établit en réalité une infrastructure particulière, qui correspond aux besoins et aux demandes des touristes, des businessmen, des managers d’ONG, des officiels de l’Autorité… La majorité de la population n’a rien à voir avec ce prétendu développement ». L’embellie économique actuelle n’est en réalité qu’un trompe-l’œil et la prétendue « paix économique » ne stabilisera pas la situation politique.

Source : Julien Salingue
http://juliensalingue.over-blog.com/...

 21 novembre

http://www.palestine-solidarite.org:80/analyses.Julien_Salingue.211109.htm



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


07/12/2009

N°498 - La propagande, Manipulation de l’opinion et Dossier de Palestine - 06-12 – Début - : Washington ne permettra jamais aux Palestiniens de déclarer leur indépendance.

N°498 -  La propagande, Manipulation de l’opinion et Dossier de Palestine - 06-12 – Début  - : Washington ne permettra jamais aux Palestiniens de déclarer leur indépendance.



       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources                                              



La propagande, Manipulation de l’opinion et Dossier de Palestine

N°498                                                    06-12

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 


Sommaire

Tiré a part

Isabel Pisano : « Arafat, ma passion, a été assassiné »

1 Médias/Vidéos 

1-1 Gaza. Le bilan qui accable Tsahal.

1-2 To Shoot an Elephant.

1-3 Ian Hamel : Le cri de colère d'Esther Benbassa.

1-4 vidéo 

1 François Cluzet parle de Salah Hamouri.

2 Omar Barghouti - United in Struggle against Israeli Colonialism, Occupation, and Racism 

3 Discours d’un sioniste.  

4 Une déclaration unilatérale d'un état palestinien indépendant?

5 Retour sur les annonces d'Abbas

6 Ce que serait la vie à Londres si les Anglais étaient des Palestiniens

7 http://www.dailymotion.com/video/xayr4g_o-dirigeants-et-savants-musulmans-a_news

Suite

2 Les brèves
2-1 Washington ne permettra jamais aux Palestiniens de déclarer leur indépendance.

2-2 Noam Chomsky :"Ne nous soumettons à aucune autorité".

2-3 Anshel Pfeffer : Le Grand Rabbin de l’armée : Les troupes qui montrent de la clémence envers l’ennemi seront « damnées ».

2-4 Hamdan : L'échange des captifs ne se réalisera qu'après l'exécution de l'occupation aux exigences.

2-4 Tollé international après l'annonce de 900 logements à Jérusalem-Est.

2-5 Les occupants israéliens transforment les terrains de Palestiniens en étangs et marais.

2-6 Démolitions, incursions, agressions et détentions: c'est la politique d"Israël".

2-7 Israël: un garde du corps du chef d'état-major accusé de tentative de viol.

3 Dossier

3-1 Gilad Atzmon : Du fleuve à la mer.

3-2 Gideon Levy : L'arme de l'apocalypse.

3-3 Khaled Amayreh : Des criminels de guerre impardonnables - AshkeNazi menace Gaza d’un autre «petit holocauste ».

3-4 Pierre Barbancey : L’Union européenne renforce la puissance économique d’Israël.

3-5 Myriam Abraham : Grande Bretagne : Le CFI Petit Mais Puissant Lobby Pro Israël Finance les Conservateurs Donnés Gagnants aux Prochaines Elections Législatives.

Fin

3-6 Allain Jules : Mahmoud Abbas: l'échec.

3-7 Jean-Paul Chagnollaud et Bernard Ravenel : Les élections palestiniennes, piège ou étape fondatrice ?

3-8 Surenchère de collaboration internationale avec les sionistes !!!

3-9 Heba Zaghloul : Pas de répit sur les colonies.

3-10 Najet Belhatem : Ce mur qui broie en silence.

3-11 Sever Plocker : Israël est devenu une épine dans le flanc du monde.



Tiré a part

Isabel Pisano : « Arafat, ma passion, a été assassiné »

A l’occasion du 5eme anniversaire de la mort de Yasser Arafat, les éditions Demi-lune et

Timéli co-éditent le témoignage d’Isabel Pisano sur sa vie avec l’homme qui incarnait le combat du peuple palestinien.

Durant des années, la journaliste hispanophone et le leader de l’OLP ont vécu dans l’ombre une passion amoureuse au travers d’une tragédie historique.

L’ouvrage, préfacé par Tariq Ramadan et augmenté d’annexes rédigées par Thierry Meyssan, donne une vision profondément humaine d’une personnalité qui a marqué le siècle et que ses adversaires n’ont cessé de diffamer avant de l’assassiner.

Sandro Cruz : Isabel Pisano, vous êtres une journaliste reconnue dans votre pays d’adoption, l’Espagne [1]. Vous avez eu des contacts privilégiés avec Yasser Arafat pour des raisons professionnelles, mais aussi personnelles, jusqu’à devenir sa

compagne. Pourquoi lui avez-vous consacré cette biographie, Yasser Arafat, Intime, qui vient d’être publiée en français ?

Isabel Pisano : De son vivant et plus encore après sa mort, l’irremplaçable leader que fut Yasser Arafat a été calomnié à outrance. J’ai voulu donner à tous, y compris à ceux qui martyrisent la Palestine, l’Irak, l’Afghanistan et le Liban, l’image véridique d’Abu Ammar [2]. Et rappeler à l’occasion que les projets des cinq États maîtres du monde ne passeront pas. Parce que des centaines d’enfants des territoires occupés se préparent à prendre la relève de Yasser Arafat.
Le livre peut aussi s’avérer utile aux gouvernants à la mémoire courte qui acceptent passivement la destruction du Peuple palestinien. Toutes les cartes de l’ONU reflètent, pas à pas, les spoliations qui se succèdent sous le regard impassible de la communauté internationale (…)
Yasser Arafat ne mourra jamais, et les assassins d’innocents, les criminels de guerre du type Sharon finiront comme celui-ci. Il est regrettable que le peuple dont est issu Albert Einstein comme, du reste, bien d’autres génies, se laisse leurrer par une poignée d’égoïstes avaricieux qui ne disent jamais une seule vérité, même pas dans leur sommeil. Le peuple juif ne méritait pas ça, mais c’est à lui qu’il appartient de changer les choses. Il nous faudrait beaucoup d’Ury Avnery [
3], puisque ce sont les juifs, et eux seuls, qui ont le pouvoir de rendre sa dignité, sa liberté et ses terres au peuple palestinien.

Sandro Cruz : Revenons à votre livre, la biographie de Yasser Arafat, que vous avez tant aimé. Comment peut-on être objectif quand on est sous le charme de quelqu’un ?

Isabel Pisano : Quand ce qui prévaut, dans le cœur et l’esprit —deux « organes » qui à mon sens n’en font qu’un—, est la quête impérieuse de la vérité, et quand on est sûr et certain qu’il n’y a pas cent vérités mais une seule et qu’elle est juste, alors, quand on découvre cela, on peut être aussi objectif que le Créateur.
Je me suis vouée à la cause de
la Palestine en sachant parfaitement que je ne dormirai plus jamais tranquille. Mais après avoir connu la tragédie de la Palestine, ce n’est qu’en vivant pour elle que ma vie prenait un sens, que ma naissance n’était pas un accident de la nature, parce que ceci était écrit au tout début des temps. Il n’est pas de combat plus sublime, plus élevé, plus honorable et, malheureusement, plus dur, que celui-ci : exiger que leurs droits inaliénables soient restitués aux Palestiniens.
Abu Ammar a tout donné, dans tous les sens, il a renoncé à la vie privée, à un exil confortable dans un quelconque pays du Proche-Orient, et en retour il en a été payé par la prison et la torture. Il m’a dit un jour : « Je connais toutes les prisons du Proche-Orient et toutes leurs méthodes de torture… » Il y avait dans son regard un halo de tristesse insoutenable. Si quelqu’un est aveugle à tant de douleur et d’injustice, mieux vaudrait pour lui et pour le monde qu’il ne soit pas né !

Sandro Cruz : Ce 11 novembre 2009 sera le cinquième anniversaire de la mort de Yasser Arafat. Vous en donnez dans votre livre votre version, dont on ose peu parler publiquement [en Europe] : l’empoisonnement qui tua Yasser Arafat ne serait pas la conséquence d’une maladie particulière, mais un meurtre. Comment êtes-vous arrivée à la conclusion qu’il aurait été assassiné ?

Isabel Pisano : Arafat a été empoisonné. Il ne s’agit en aucune manière d’une conclusion à laquelle je serais arrivée par moi-même, mais des aveux faits par Ariel Sharon à Uri Dan, son ami et confident, dans Entretiens avec Ariel Sharon, un livre qui a disparu

des vitrines des librairies françaises à la vitesse de l’éclair [4]. Si Sharon et son compère George W. Bush —qui tôt ou tard devra répondre devant les tribunaux des événements du 11 septembre, mais laissons du temps au temps— ont menti, ou si, dans sa mégalomanie, Sharon s’est adjugé un crime qu’il n’a pas commis, cela, je l’ignore. Je ne fais que m’appuyer sur ce que lui-même a confié à Uri Dan et que celui-ci reproduit dans son livre. À part cela, il y a une foule de preuves énumérées dans mon livre.

Sandro Cruz : Mais pour parvenir à empoisonner Arafat, il fallait des complicités parmi ses plus proches collaborateurs politiques, ceux qui avaient accès à lui ?

Isabel Pisano : Oui, en effet. Pas seulement, peut-être quelqu’un de sa famille aussi.

Sandro Cruz : Vous narrez des aspects peu connus des origines d’Arafat : sa mère, descendante directe du prophète Mahomet ; son père, un riche homme d’affaires. De même, vous montrez Arafat défenseur infatigable des communautés chrétiennes du Proche-Orient. Contrairement à l’image que lui a affublé la propagande, vous le montrez à la recherche de la justice et de la paix. Pourtant ses efforts n’ont pas abouti. Quels obstacles a t-il rencontré, et pour quelles raisons ?

Isabel Pisano : Ce livre fait partie d’une tétralogie. Lorsque j’ai vu les tours jumelles s’effondrer sur mon écran de télévision, j’ai compris que ce n’étaient pas des Arabes qui avaient fait cela : ils ne disposaient pas de la technologie nécessaire. Sans compter que je connaissais le projet Northwoods [5]du général Letzminzer (il le présenta à Kennedy qui le mit dehors de fort mauvaise humeur) et aussi ce bijou qu’est le rapport d’Iron Mountains, où est planifié tout ce qui arriva ensuite [6]. Je me suis mise en quête de preuves attestant de l’auto-agression, et ils en avaient laissé autant qu’un troupeau d’éléphants dans un magasin de porcelaine. Cette même année (2002), j’ai fini d’écrire La Sospecha (Le soupçon), et j’ai enchaîné avec Yo Terrorista (Moi, terroriste), un livre très dur sur le terrorisme d’État, qui a été pratiqué quotidiennement, que je sache, en Algérie, aux États-Unis et en Russie. Ensuite j’ai découvert, pas à pas, les clés du conflit palestinien et finalement, opérant un retour dans le temps en quête d’explications sur l’origine de cette violence, je suis remontée jusqu’aux sources : je me suis passionnée pour les civilisations antiques du Proche-Orient et interrogée sur ce qui poussait les armées d’Israël et des États-Unis à en détruire toutes les traces.
Après dix années de recherches j’ai écrit un quatrième livre, El Papiro de Sept (Le Papyrus de Sept).

Sandro Cruz : Septembre noir [7] était une faction du mouvement palestinien impliquée, par exemple, dans le massacre des athlètes israéliens aux Olympiades de Munich. Dans ce sens et dans ce contexte, Arafat a-t-il été impliqué dans des actes de terrorisme au long de sa longue lutte pour la libération et la reconnaissance du Peuple palestinien ?

Isabel Pisano : Non. Au début, il a eu à voir avec des actions de sabotage. L’affaire de Munich est quelque chose de monstrueux et Arafat n’y est absolument pour rien. Il a publiquement condamné les terroristes qui ont commis un acte aussi aberrant. Les Israéliens n’ont dit qu’une seule fois avoir la preuve de son implication dans cette affaire. Ils affirmaient avoir enregistré une conversation entre Arafat et les quatre preneurs d’otages à l’Ambassade d’Arabie saoudite, à Khartoum, début mars 1973. Mais à ce jour, ils n’ont jamais diffusé l’enregistrement qu’ils prétendent détenir.

Sandro Cruz : Comme le dit Tariq Ramadan, auteur de la préface de votre livre : « L’ouvrage donne, sur le plan humain, personnel et

sentimental, une idée plus proche, plus intime de la personnalité de Yasser Arafat », et c’est justement cela qui captive l’attention. Arafat était quelqu’un qui cherchait constamment la paix pour son peuple et des engagements conduisant à des négociations avec son ennemi, Israël. Pourtant, la presse mondiale lui a toujours collé l’étiquette de terroriste. Comment expliquer cette distorsion ?

Isabel Pisano : La désinformation n‘est pas un phénomène fortuit, mais la condition indispensable de la domination. Mais la désinformation est mal faite, et procède même par stéréotypes. Je vous donne un exemple : Bush père a dit à Saddam Hussein : « Ma patience a des limites. » Bush fils a dit, dix ans plus tard, au même Saddam : « Ma patience a des limites. » La semaine dernière, Obama a dit à l’Iran : « Ma patience a des limites. » Et moi, je me demande si ces trois types existent ou si ce sont des robots parlants. Il y a une énorme dose de provocation là-dedans, car chacun est en droit de se demander : est-il possible que la paix du monde dépende de la patience d’un seul homme ?

Sandro Cruz : Le Peuple palestinien est encore apatride. Pensez-vous que cet échec soit imputable à Yasser Arafat, qu’il ait commis une erreur dans sa lutte ? Est-on en droit de le critiquer ?

Isabel Pisano : Israël n’a pas la volonté réelle de reconnaître un État palestinien. Quand les militaires israéliens sont entrés en Palestine après la partition, ils l’ont fait en tirant et en semant la terreur parmi ceux qui fuyaient devant eux. A Deir Yassin, le général Sharon, qui avait alors une vingtaine d’années, a cloué les portes des maisons et leur a mis le feu : les femmes, les enfants, les vieillards qui se trouvaient à l’intérieur ont été brûlés vifs. Cela, c’est l’Histoire.
Si vous observez les cartes de l’ONU de 1947 à nos jours, vous constatez une évidence : Israël a fait main basse sur presque tout le territoire palestinien. Cela se passe sous le regard impassible de l’Occident ou avec sa complicité. Le fait accompli se substitue au droit, comme l’écrit Thierry Meyssan.
Yasser Arafat a tout tenté, et nous savons tous ce qui s’est passé. Les Israéliens ont assassiné le cheik Ahmed Yassin et Abdel Aziz al Rantissi, décapitant ainsi le Hamas. Après le décès ou l’assassinat d’Arafat, il ne restait plus d’interlocuteurs représentatifs, et c’est justement ce qu’il fallait à la classe dirigeante israélienne pour continuer à assassiner des Palestiniens, à les expulser de leurs terres, comme ils le font aujourd’hui à Jérusalem Est. La force spirituelle des Palestiniens est invincible. Les dirigeants israéliens savent qu’ils devront tuer jusqu’au dernier Palestinien pour s’emparer de ces territoires, et ils s’en occupent activement.
Seul le peuple israélien peut remédier à cet état de choses en expulsant ces gouvernants corrompus, dans le meilleur des cas.

Sandro Cruz : Beaucoup de rumeurs circulent sur l’épouse de Yasser Arafat, Souha, qui a séjourné à Paris en menant grand train, puis s’est installé en Tunisie avant d’en être expulsée. On dit qu’elle a dilapidé le trésor de l’OLP et qu’elle vit avec un phalangiste libanais qui a participé aux massacres de Sabra et Chatila…

Isabel Pisano : Les sionistes ont fait circuler beaucoup de rumeurs pour accuser Yasser Arafat de détourner l’argent de la cause palestinienne. Ils s’imaginent qu’il était un homme comme eux. C’est ridicule. Il a toujours vécu frugalement tandis que ceux qui l’ont tué s’affichent dans un luxe ostentatoire.
Concernant Souha, je ne souhaite pas polémiquer à son sujet, je ne suis pas placée pour le faire.

Sandro Cruz : Quel est l’aspect de la personnalité de Yasser Arafat

qui vous impressionnait le plus ?

Isabel Pisano : Sans aucun doute, son sens de l’humour. Il prisait tellement mes commentaires sarcastiques sur le pouvoir que je me sentais… comme Benigni [8] ! Mais aussi son romantisme. Plus que personne. Pour m’expliquer ses sentiments, il faisait de la poésie.

Sandro Cruz : En lisant votre livre on découvre non seulement la vie d’Arafat mais aussi l’histoire du Peuple palestinien, qui lui est intimement liée. Et cette histoire est chargée d’une violence hallucinante. On a du mal à comprendre comment le Peuple palestinien a pu faire face à tant d’acharnement. Mais le plus surprenant est que cette violence provient d’un peuple qui a lui aussi beaucoup souffert. Le Rapporteur spécial pour les droits de l’homme de l’ONU, M. Goldstone, vient justement de rendre public son rapport dans lequel il condamne Israël pour génocide et autres crimes de guerre en Palestine. La question qui me vient à l’esprit est la suivante : qu’arrive-t-il à la société israélienne de votre point de vue ? Le peuple est-il victime du pouvoir ou a-t-il simplement perdu tout repère ?

Isabel Pisano : Le peuple israélien est un grand peuple qui a donné à l’humanité ses plus grands génies. J’ai constaté la désinformation à laquelle il est soumis au quotidien. Or, un peuple désinformé devient une société en recul. Tous les jours, les Israéliens reçoivent leur dose de bourrage de crâne anti-arabe. Les maîtres du monde continuent de saccager, de faire la guerre, de déstabiliser les pays, et les peuples qu’ils harcèlent n’ont plus qu’à émigrer. Tout est calculé et programmé. Le moment est venu de se réveiller et d’aider le peuple juif à se débarrasser de ces tueurs.

Sandro Cruz

Vice-président du Réseau Voltaire et directeur de l’Agencia informe de prensa internacional (IPI). Éditeur des éditions Timéli.

http://www.voltairenet.org:80/article162872.html



1 Médias/Vidéos 

1-1 Gaza. Le bilan qui accable Tsahal.

Le 16 janvier, l'interview du docteur Ezzedine Abu al-Aish en direct sur une chaîne de télévision israélienne tourne au drame.

Un tir de char israélien sur sa maison de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, tue trois de ses filles et une nièce.

Ce Gazaoui de 55 ans, militant de la paix, devient la figure emblématique des souffrances des civils, premières victimes de l'opération «Plomb durci».

Mercredi, Israël a reconnu «deux tirs» de l'un de ses tanks, estimant toutefois cette action «justifiée». Au motif, précise le communiqué de l'armée, que «des silhouettes non identifiées avaient été repérées à l'étage supérieur de la maison du docteur Abu al-Aish et pouvaient être des informateurs guidant des snipers et les tirs de mortier du Hamas».

L'image d'un père au-delà de la douleur est une première brèche dans le blocus imposé aux médias. En lançant son opération, le 27 décembre, le gouvernement israélien avait décidé d'une guerre sans témoin.

Pour ne pas voir se reproduire la guerre de l'été 2003 contre le Liban lorsque les images des destructions des quartiers sud de Beyrouth et de tout le sud du pays passaient en boucle sur les télévisions du monde entier.

Pendant trois semaines, les forces israéliennes ont pu conduire leurs offensives sans regard extérieur, les journalistes étant confinés à quelques kilomètres de la frontière avec Gaza et menacés d'arrestation ou d'expulsion dès qu'ils s'approchaient.

Toutefois, les reporters palestiniens de la chaîne de télévision qatarie Al-Jezira étaient sur place et ont continué d'informer, en anglais et en arabe, malgré les bombardements qui ont visé les immeubles des médias.

Aujourd'hui, il est possible d'établir un premier bilan de cette guerre de Gaza. Les témoignages recueillis, les chiffres, tout concourt à montrer qu'Israël a outrepassé les limites du droit international.
Libération.fr

26 novembre

http://fr.news.yahoo.com/76/20091126/twl-gaza-le-bilan-qui-accable-tsahal-1a8f422_1.html


1-2 To Shoot an Elephant.

Réalisé par Alberto Arce et Mohammed Rujailah, To Shoot an Elephant est un film documentaire qui offre un témoignage sur les attaques d'Israël de l'hiver dernier depuis la bande de Gaza. Pendant les attaques, alors que l'armée israélienne interdisait aux journalistes étrangers d'entrer dans la bande, Arce a réussi à rester à Gaza et a filmé comment les équipes médicales et les hôpitaux étaient pris pour cibles par les forces israéliennes alors qu'ils étaient en service. Un jour après avoir reçu le Prix du Journalisme de la fondation Anna Lindh pour ses reportages du conflit dans ses articles sur Gaza publiés par le quotidien espagnol El Mundo, Arce a obtenu le prix du meilleur réalisateur au Festival du Film des Peuples à Florence le 7 novembre 2009. Adri Nieuwhof a rencontré Arce et l'a interrogé sur ses motivations pour faire ce film.

Adri Nieuwhof : Pouvez-vous vous présenter et nous dire pourquoi vous avez voulu faire ce film ?

Alberto Arce : Je suis un journaliste espagnol âgé de 33 ans. Je suis inspiré par le soutien international que nous avons reçu dans notre lutte en 1936 (En juillet 1936, des généraux espagnols lancèrent une campagne militaire pour renverser le jeune gouvernement républicain élu démocratiquement). George Orwell a participé aux Brigades républicaines internationales et a, en même temps, fait des reportages sur notre guerre. J'essaye de suivre l'exemple d'Orwell. J'ai suivi pendant 5 ans les événements en Palestine et j'ai pris conscience du silence des médias à Gaza. Je voulais rendre compte du châtiment collectif subi par les gens à Gaza et j'ai décidé de rejoindre le bateau du Free Gaza Movement (qui a pris la mer pour Gaza) à la fin décembre 2008. Je voulais briser le mur de la censure.

AN : Est-ce que To Shoot an Elephant est votre premier film ?

AA : Non, c'est mon cinquième film. J'ai réalisé trois films sur la Palestine et un sur l'Irak. Tous ces films sont réalisés du point de vue de ce que des civils, locaux et internationaux, peuvent faire pendant une guerre. Nous, en tant que civils, devons faire tout ce qu'il est possible de faire pour arrêter une guerre. Un châtiment collectif des gens à Gaza n'est pas autorisé par la loi internationale. Je ne peux pas accepter qu'Israël interdise l'accès des journalistes à la bande de Gaza. Mon film traite aussi de la défense du droit à la liberté d'expression. Je voulais montrer les faits.

AN : Comment ont réagi les Palestiniens à Gaza en voyant votre caméra ?

AA : La situation à Gaza empire chaque jour. Vous ne pouvez pas imaginer le degré de souffrance. Les civils m'ont accueilli et étaient reconnaissants de ma présence parmi eux. Il y avait deux journalistes d'Al Jazeera et sept autres étrangers (écrivant sur les attaques) à Gaza pendant les lourdes attaques militaires. Vous savez, les civils dans les ambulances sont les véritables héros. Ils risquaient leurs vies chaque jour pour sauver des civils. L'un d'eux a été abattu (devant la caméra) par un tireur embusqué israélien (16 travailleurs médicaux urgentistes ont été tués pendant leur service).

AN : Qu'avez-vous ressenti en recevant le prix du meilleur réalisateur à Florence ?

AA : Je suis fier d'avoir reçu le prix pour le film que j'ai coréalisé avec Mohammed. Je crois que cela aidera à atteindre un large public. Après que j’ai reçu le prix, les gens me demandaient si j'étais content de ce prix. Mais je ne vais pas me sentir éternellement heureux au sujet du film. Les personnages du film sont des civils habitants de Gaza. Ils sont toujours piégés. Pendant les attaques militaires, j'étais un des leurs. La situation à Gaza doit changer et cela n'arrivera que si la pression internationale fait applique le respect de la loi internationale.

AN : Quelle a été la réaction du public à votre film ?

AA : Certaines personnes ont du quitter le cinéma avant la fin du film. Je suis peiné que ces gens n'aient pas pu affronter les faits. Les gens meurent à Gaza et je ne peux pas réveiller les morts. Les centaines d'enfants qui sont morts durant l'Opération Plomb Durci étaient des êtres humains. Ce n'est pas une question de statistiques. Le public, lors de la première mondiale à Florence, est resté silencieux à la fin du film. Je trouve que c'est frappant. Le film est cruel. Le but est de vous faire sentir que vous appartenez à cette réalité.

AN : Quel a été le moment le plus difficile ou le plus émouvant durant votre séjour à Gaza ?

AA : Le pire a été le premier jour. Après une journée de lourds bombardements, notre groupe de sept internationaux s'est vu proposer de quitter Gaza afin de sauver nos vies. Il nous a fallu trois minutes pour décider que nous voulions rester. A cet instant, je suis devenu Palestinien et je n'étais plus un international. Ce qui signifiait que nous devenions aussi victimes des bombardements, de la violence aveugle. Vous réalisez alors que c'est un hasard si vous êtes vivant. Je ne voulais pas être un héros mort, je voulais être un journaliste professionnel et un réalisateur vivant. Je ne peux pas décrire ce que c'est que de passer une nuit sous des bombardements lourds et de découvrir le lendemain, que vos voisins sont morts durant cette nuit. Ou ce que c'est que de se faire tirer dessus, et de voir que la personne en face de vous meurt et pas vous. Cette violence est ce que les Palestiniens vivent depuis 60 ans. Quelle aurait été ma vie si, à cinq ans, j'avais vu mes deux camarades de classe brûlés par le phosphore blanc ?

AN : Dans quelles villes sera projeté le film ?

AA : Vous trouverez les informations sur notre site Internet, www.toshootanelephant.com. Le film va également jouer un rôle dans les séances du Tribunal Russell sur la Palestine. Je voudrais inviter les groupes de solidarité et les militants à participer à une séance gratuite mondiale du film le 18 janvier 2010, un an après le soi-disant "cessez-le-feu" à Gaza. Cette projection mondiale est organisée pour nous rappeler que la situation à Gaza n'a pas changé. Au contraire, elle empire. Si vous souhaitez vous joindre à la projection mondiale, vous pouvez me contacter via le site Internet.

Adri NIEUWHOF

Traduit par  Isabelle Rousselot

http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=9330&lg=fr


1-3 Ian Hamel : Le cri de colère d'Esther Benbassa.

C’est incontestablement l’un des meilleurs livres parus cette année. Très court, mais très corsé et très courageux. Dans « Etre juif après Gaza », l’intellectuelle Esther Benbassa se demande jusqu’à quand la grande majorité des juifs de France va-t-elle continuer à cautionner les yeux fermés tous les actes d’Israël ? Même les plus odieux, comme les bombes au phosphore déversées sur Gaza.

Curieusement, il est presque difficile de faire une synthèse de ce petit ouvrage de 74 pages. Tant chaque mot est pesé. Ce n’est absolument pas en pamphlet, avec son pesant d’exagération, de provocation. C’est simplement un cri, un cri de rage ou de colère d’une Française qui se présente ainsi : « C’est parce que je suis une Juive sans Dieu qu’Israël fait partie de la religion que je n’ai pas, mais c’est aussi parce que j’y ai grandi que je tiens à son existence et ne puis donc qu’être critique ».

Née à Istanbul, Esther Benbassa a fait des études supérieures en Israël, à l’université de Tel-Aviv, puis en France, à Paris. A l’Ecole pratique des hautes études (EPHE), elle occupe une chaire du judaïsme moderne et contemporain. On lui doit notamment une « Histoire des Juifs de France » et « La souffrance comme identité ».

Le persécuté devient persécuteur

Que dit-elle ? Que les Israéliens sont « égarés » par leur nationalisme. Un nationalisme que redoutait déjà un Juif en 1917, instituteur à Ispahan. « Le premier usage de leur liberté que font les peuples nouvellement délivrés du joug est de persécuter les éléments étrangers se trouvant parmi eux, et que la tyrannie qu’ils exercent est en fonction directe de celle qu’ils ont supportée », écrivait cet instituteur au début du siècle dernier.

Une attitude qui n’est pas propre aux Juifs. Qu’ont fait les esclaves libérés aux Etats-Unis et renvoyés en Afrique pour créer le Liberia ? Ils ont aussitôt opprimé leurs frères africains… « En devenant israéliens, ces Juifs ont-ils été frappés d’amnésie jusqu’à oublier les principes premiers de l’éthique, socle de leur être juif ? », s’interroge Ester Benbassa dans « Etre juif après Gaza » (*). Comment des Juifs, dont les parents ont vécu la persécution, la souffrance, peuvent-ils tolérer qu’un autre peuple, les Palestiniens, connaisse un sort similaire ?

Passer de victime à bourreau

Si l’expression n’était pas galvaudée, on dirait que l’intervention de l’armée israélienne sur Gaza en décembre 2008 et janvier 2009, est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Comment tolérer une opération qui a tué entre 1 166 et 1 417 personnes, en majorité des civils (contre 13 Israéliens) ? qui a provoqué la coupure de 75 % de l’électricité de la bande de Gaza, qui a privé un demi million de Gazaouis d’accéder à l’eau courante ? Pour l’intellectuelle, cette offensive contre Gaza s’apparente bien davantage à une guerre coloniale qu’à une guerre de défense. Comment justifier l’utilisation de bombes au phosphore, qui provoquent sur les corps des dégâts irréparables, en violation du droit humanitaire ?

«  Gaza, c’est un nouveau mur qui s’élève en diaspora, celui de l’impossible communication entre les Juifs et leur entourage, qui ne peut plus comprendre leur excessive tolérance à l’endroit d’Israël », lance Esther Benbassa, qui ne veut pas « être juive et rejeter Israël. Je ne veux pas non plus être juive et approuver cette guerre immorale que mène Israël ».

Si la diaspora se détournait…

C’est l’un des aspects les plus originaux brièvement abordé dans cet ouvrage : par ses excès, Israël ne va-t-il pas se couper petit à petit des Juifs du reste du monde, devenus de moins en moins autistes ? Selon un chiffre lancé par le président du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France), 95 % des Juifs de l’Hexagone aurait approuvé l’intervention israélienne dans la bande de Gaza. Esther Benbassa constate qu’aux Etats-Unis, les Juifs américains, que l’on imagine encore plus pro-israéliens, n’étaient que 75 % en mars 2009.

Chiffre encore plus significatif, 69 % des Juifs américains « soutiendraient sans réserve les efforts de leur pays pour aboutir à un accord de paix associant un gouvernement d’unité nationale, réunissant le Hamas et l’Autorité palestinienne ». Il n’est pas non plus inintéressant de souligner qu’Israël affiche un solde migratoire proche de zéro, ceux qui partent étant pratiquement aussi nombreux que ceux qui arrivent. Vu l’état de guerre perpétuel, Israël n’apparaîtrait plus forcément comme la terre promise aux yeux de la diaspora.

(*) Esther Benbassa, « Etre juif après Gaza » , CNRS Editions, 4 €

Ian Hamel, Journaliste, publie “L’énigme Oussama Ben Laden” aux Editions Payot le 5 novembre 2008, auteur également du livre « La vérité sur Tariq Ramadan, sa famille, ses réseaux, sa stratégie » aux éditions Favre, préface de Vincent Geisser.

Ian Hamel

17 novembre

Publié le 17 novembre 2009 avec l'aimable autorisation d'Oumma.com
Source : Oumma.com

http://www.oumma.com/...


1-4 vidéo 

1 François Cluzet parle de Salah Hamouri.

Sarkozy avait promis d'aller chercher n'importe quel Français, quoiqu'il ait fait, où qu'il soit.

François Cluzet le prend au mot et défend en direct sur France 2 la cause de Salah Hamouri, dont nous avions déjà parlé ici.

Mais pourquoi le prétendu BNCVA (Bureau National de Vigilance Contre l'Antisémitisme) attaque-t-il Cluzet en Justice ?

Manifestement, il n'a aucune chance de gagner un procès d'une telle mauvaise foi?

Le but véritable est ailleurs : nuire à la carrière de l'acteur, décourager les réalisateurs de l'engager encore.

Pour contrer de tels chantages, la meilleure riposte consiste à diffuser la vidéo, soutenir Cluzet et nous aider à investiguer sur les agissements du lobby sioniste y compris dans les milieux artistiques. 

Blog pour soutenir Salah Hamouri.

vidéo : http://www.dailymotion.com/video/xb30qi_francois-cluzet-parle-de-salah-ham_news

 

2 Omar Barghouti - United in Struggle against Israeli Colonialism, Occupation, and Racism

http://www.youtube.com/watch?v=Gj-Vf2RZSVw&feature=player_embedded

 

3 Discours d’un sioniste.

http://www.youtube.com/watch?v=eUh5G5HTcV4&feature=player_embedded

http://www.alterinfo.net/DISCOURS-D-UN-RACISTE-SIONISTE-QUI-NE-FAIT-PAS-GRAND-BRUIT-AUX-MEDIAS-FRANCAIS_a39815.htmlµ

 

4 Une déclaration unilatérale d'un état palestinien indépendant?

Vidéo :http://www.wat.tv/video/itw-rfi-17-11-1xn19_ktus_.html

 

5 Retour sur les annonces d'Abbas

Interview sur france  24

http://www.wat.tv/video/itw-france-24-1xlhp_ktus_.html

 

6 Ce que serait la vie à Londres si les Anglais étaient des Palestiniens

µhttp://www.youtube.com:80/watch?v=-zZhVekDq5Y

 

7 http://www.dailymotion.com/video/xayr4g_o-dirigeants-et-savants-musulmans-a_news


N°498 - La propagande, Manipulation de l’opinion et Dossier de Palestine - 06-12 – Suite - : Washington ne permettra jamais aux Palestiniens de déclarer leur indépendance.

N°498 -  La propagande, Manipulation de l’opinion et Dossier de Palestine - 06-12 – Suite  - : Washington ne permettra jamais aux Palestiniens de déclarer leur indépendance.



       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources                                              



La propagande, Manipulation de l’opinion et Dossier de Palestine

N°498                                                    06-12

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 


Sommaire

2 Les brèves
2-1 Washington ne permettra jamais aux Palestiniens de déclarer leur indépendance.

2-2 Noam Chomsky :"Ne nous soumettons à aucune autorité".

2-3 Anshel Pfeffer : Le Grand Rabbin de l’armée : Les troupes qui montrent de la clémence envers l’ennemi seront « damnées ».

2-4 Hamdan : L'échange des captifs ne se réalisera qu'après l'exécution de l'occupation aux exigences.

2-4 Tollé international après l'annonce de 900 logements à Jérusalem-Est.

2-5 Les occupants israéliens transforment les terrains de Palestiniens en étangs et marais.

2-6 Démolitions, incursions, agressions et détentions: c'est la politique d"Israël".

2-7 Israël: un garde du corps du chef d'état-major accusé de tentative de viol.

3 Dossier – Suite

3-1 Gilad Atzmon : Du fleuve à la mer.

3-2 Gideon Levy : L'arme de l'apocalypse.

3-3 Khaled Amayreh : Des criminels de guerre impardonnables - AshkeNazi menace Gaza d’un autre «petit holocauste ».

3-4 Pierre Barbancey : L’Union européenne renforce la puissance économique d’Israël.

3-5 Myriam Abraham : Grande Bretagne : Le CFI Petit Mais Puissant Lobby Pro Israël Finance les Conservateurs Donnés Gagnants aux Prochaines Elections Législatives.

 



2 Les brèves

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information
2-1 Washington ne permettra jamais aux Palestiniens de déclarer leur indépendance.
En visite dans les territoires occupés par "Israël", une délégation de sénateurs américains a participé au « Forum Saban » qui se tient en ce moment. Joe Lieberman (Indépendant) et Ted Kaufmann (Démocrates) ont tous deux affirmé lors de leur intervention que « les Etats-Unis ne permettraient jamais aux Palestiniens de déclarer leur indépendance de manière unilatérale ».
Joe Lieberman a insisté sur « la nécessité d’une solution négociée entre les deux parties », et Kaufmann a accusé les Palestiniens « de perdre du temps avec ce genre de déclarations car ils savent très bien que les Etats-Unis ne laisseront pas une telle initiative arriver devant l’ONU ». 

Joseph Lieberman s’est aussi référé au dossier iranien, estimant « que s’il était d’accord avec l’approche de Barack Obama de vouloir tenter un dialogue avec Téhéran, il fallait admettre aujourd’hui que les Iraniens n’ont pas été à la hauteur et qu’il va probablement falloir changer de stratégie ».
« Il faut trouver des moyens pour faire pression de manière forte sur le régime iranien sans que ce soit le peuple qui en pâtisse », a-t-il ajouté. Sur ce point, tous les membres de la délégation, Démocrates comme Républicains, étaient d’accord, tout comme sur leur soutien affiché à "Israël".

SOULEIMAN

18 novembre
www.almanar.com.ib http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=article&sid=4726


2-2 Noam Chomsky :"Nous ne soumettons à aucune autorité".

Extrait d'une interview du philosophe et linguiste américain Noam Chomsky, réalisée par Jon Snow de canal 4. Chomsky nous livre avec sa clairvoyance habituelle ses opinions sur quelques thèmes cruciaux du monde actuel, du terrorisme au changement climatique, en passant par le conflit israélo-palestinien.

Terrorisme

La leçon en serait que le terrorisme a des causes ? A moins de s’en prendre aux causes, on ne résoudra pas le problème. Bien sûr, une bonne part de cela est de l’activité criminelle et toute activité criminelle doit être réprimée honnêtement et équitablement par le pouvoir judiciaire.
Mais à défaut de s’intéresser aux causes du mécontentement, vous vous retrouvez dans la position d’un médecin qui injecterait du poison à son patient et se demanderait ensuite quel est le meilleur moyen de traiter les symptômes.
Si Barack Obama n’est pas à la hauteur des espérances qu’il a fait naître, deux choses peuvent se produire. Kennedy aussi avait suscité un énorme enthousiasme et il a rapidement déçu. Il avait un bon appareil de propagande mais quand on regarde d’un peu plus près ses réalisations, il aura sans doute été le président le plus dangereux du 20ème siècle.
Les énergies qui furent alors éveillées se transformèrent en quelque chose de très constructif : l’activisme des années 60. Kennedy n’a certainement pas soutenu le mouvement des droits civiques mais il avait inspiré sa rhétorique et il s’y est assimilé. C’est une possibilité pour Obama.
L’autre possibilité relève du cynisme. Le choix constructif d’Obama va devoir s’appuyer sur le réalisme de la situation actuelle et non sur les illusions du marketing politique.Noam Chomsky   

Noam Chomsky 

02 Novembre 2009 http://www.michelcollon.info:80/index.php?option=com_content&view=article&id=2365:qne-nous-soumettons-a-aucune-autoriteq&catid=6:articles&Itemid=11


2-3 Anshel Pfeffer : Le Grand Rabbin de l’armée : Les troupes qui montrent de la clémence envers l’ennemi seront « damnées ».

Dans l’armée israélienne, les psychopathes fondamentalistes juifs ont de beaux jours devant eux ...

Le Grand Rabbin de l’IDF a dit aux étudiants d’un programme de préparation militaire d’une yeshiva la semaine dernière que les soldats qui « montrent de la clémence » envers l’ennemi en temps de guerre seront « damnés ».

Le Brig. Gen. Avichai Rontzki a aussi dit aux étudiants de la yeshiva que les religieux font de meilleures troupes de combat.

Parlant jeudi à la yeshiva Hesder de la colonie Karnei Shomron en Cisjordanie, Rontzki s’est référé à la discussion de Maimonides sur les lois de la guerre. Ce texte cite un passage du livre de Jérémie disant : « Maudit soit celui qui fait avec négligence l’œuvre de l’Éternel, maudit soit celui qui éloigne son épée du carnage ! »

Dans la bouche de Rontski, « En temps de guerre, quiconque ne combat pas de tout son cœur et âme est damné - s’il éloigne son épée du carnage, s’il fait preuve de clémence envers son ennemi quand il ne faut montrer aucune merci ».

Les remarques de Rontski ont eu cours dans une cérémonie célébrant le nouveau rouleau de la Torah de l’école. Le service commémorait Yosef Fink, un des deux étudiants de yeshiva kidnappés par le Hezbollah en 1986.

Leurs corps furent rendus dix ans plus tard lors d’un échange de prisonniers.

Rontzki s’est aussi référé spécifiquement à la conduite de l’armée israélienne pendant l’opération Plomb Fondu à Gaza. « A propos de tout ce que nous avons entendu dans les media dernièrement, remerciez Dieu que le peuple d’Israël se soit uni récemment sur la compréhension simple de la façon dont il doit combattre. Une des innovations majeures de cette offensive fut la conduite de la guerre - pas comme une sorte de mission ou de détention ».

« Nous nous souvenons tous du début de la guerre, avec une grande attaque de 80 avions bombardant différents lieux, puis l’artillerie, les mortiers et les tirs de tanks et tout cela, comme à la guerre », a-t-il dit. « Chacun a combattu de tout son cœur et âme, et bien sûr il y a de la bravoure, mais aussi un combat avec toutes les ressources qu’on a - combattre comme si on décidait réellement de la mission ».

Rontzki s’est aussi référé aux qualités du soldat combattant idéal.

« Dans les guerres d’Israël, les guerriers sont des craignant-Dieu, des personnes justes, des gens qui n’ont pas de péchés sur leurs mains », dit-il. « On doit combattre avec une compréhension de ce pour quoi on combat ».

Anshel Pfeffer

Traduction : J.P Bouché

Mardi 17 Novembre 2009

Ha’aretz –

Vous pouvez consulter cet article à : http://www.haaretz.com/hasen/spages...
http://www.info-palestine.net/

http://www.alterinfo.net/Le-Grand-Rabbin-de-l-armee-Les-troupes-qui-montrent-de-la-clemence-envers-l-ennemi-seront-damnees_a39361.html


2-4 Hamdan : L'échange des captifs ne se réalisera qu'après l'exécution de l'occupation aux exigences.

"L'occupation n'a pas accepté les exigences de la résistance nationale concernant l'opération d'échange des captifs contre son soldat capturé, Gilad Chalit", a dit Hamdan en refusant de donner des détails à propos des efforts déployés par la médiation Allemande et égyptienne pour réaliser l'opération d'échange des captifs.

Le responsable des relations externes du Hamas, Oussama Hamdan a souligné, le dimanche 22/11, lors d'une déclaration de presse, que son mouvement s'intéresse fortement et sérieusement à l'opération d'échange des captifs, en portant le gouvernement de l'occupation responsable s'il ne s'engagera pas pour accomplir les exigences de la résistance nationale qui détient le sergent israélien, Gilad Chalit.

"La question d'échange des captifs n'a aucun lien avec les déclarations du ministre de l'intérieur qui a annoncé, hier, l'intention des factions palestiniennes d'accorder l'arrêt du lancement des roquettes sur l'occupation, en soulignant leur fort attachement pour faire face à toute tentative d'agression sioniste contre la Bande de Gaza", a affirmé Hamdan.
Hamdan a souligné que le Hamas s'attache, plus que jamais, aux efforts déployés par l'Égypte pour réaliser la réconciliation palestinienne, en confirmant que son mouvement veut que ses remarques et observations envers la feuille finale égyptienne soient accordés pour arriver à la réconciliation palestinienne selon les dossiers et détails négociés, et évalués antérieurement.

En insistant sur les efforts du Hamas déployés avec les égyptiens pour la réconciliation nationale, le leader du Hamas a confirmé que leurs inquiétudes étaient justes, surtout après l'annonce unilatérale d'Abbas d'organiser des élections, ainsi que son intention de poursuivre les négociations inutiles avec l'occupation après leur échec total et très flagrant, en plus de l'obstination de l'occupation de judaïser les territoires palestiniens occupés, et le report puis l'incapacité d'organiser des élections.

"Pour cela le Hamas s'attache à la nécessité d'établir une réconciliation interne durable et juste", a-t-il ajouté"

23/11

.http://www.palestine-info.cc/fr/default.aspx?xyz=U6Qq7k%2bcOd87MDI46m9rUxJEpMO%2bi1s7YAli7lLFoQxuw9rMsy1J%2b%2bIYNgWxsGHfbvVyr4u9WDdgCrNjoH1kAp7hdLexsSyj2Ba0J4G0m1RhWEhIcOCXdxMHgM%2fLEtu5TkHiUOR29C4%3d


2-4 Tollé international après l'annonce de 900 logements à Jérusalem-Est.

La Maison Blanche juge "consternant" ce projet d'expansion, qui rend "plus difficiles" les efforts de relance du processus de paix. Et pour le porte-parole de Mahmoud Abbas, cela montre "qu'Israël se fiche de la position américaine".

La commission de planification de Jérusalem a déposé mardi 17 novembre un projet de construction de 900 unités d'habitation à Gilo, quartier juif de Jérusalem-Est que les Palestiniens revendiquent, déclenchant les critiques des Palestiniens mais aussi une dénonciation particulièrement virulente de la part des Etats-Unis, qui ont jugé cela "consternant".
Le négociateur palestinien Saeb Erekat a vivement condamné cette décision d'expansion de Gilo, où vivent déjà quelque 40.000 juifs. Selon lui, elle "montre que cela ne rime à rien de reprendre des négociations tant que ce genre de choses continue".
A Washington, le porte-parole de
la Maison Blanche Robert Gibbs a jugé "consternant" ce projet d'expansion, qui rend "plus difficiles" les efforts de relance du processus de paix menés par les Etats-Unis. Il a critiqué toute mesure "susceptible d'anticiper unilatéralement, ou semblant anticiper sur des négociations": la question de Jérusalem doit "être réglée via des négociations entre les parties", a-t-il ajouté.
"Les Etats-Unis sont également opposés à d'autres pratiques d'Israël à Jérusalem liées au logement, y compris le comportement constant d'évictions et de démolitions de maisons palestiniennes", a conclu Robert Gibbs.

"Israël se fiche de la position américaine"
Nabil Abu Rdeneh, porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas, a estimé qu'il "s'agit d'un message adressé au président Obama, lui disant qu'Israël se fiche de la position américaine". Il "devrait y avoir une vraie pression américaine sur les Israéliens pour qu'ils arrêtent tous ces actes", lesquels selon lui "prouvent qu'Israël ne veut pas la paix et ne veut pas relancer le processus de paix", a-t-il estimé.
Londres aussi a critiqué ces projets. "Le Secrétaire au Foreign Office a toujours été très clair sur le fait d'un accord crédible comprend Jérusalem comme capitale partagée. Agrandir les implantations sur des terres occupées à Jérusalem-Est rend cet accord bien plus difficile. Cette décision sur Gilo est mauvaise et nous nous y opposons", a fait savoir la diplomatie britannique dans un communiqué.
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a lui aussi dénoncé l'action israélienne, estimant, selon sa porte-parole Michele Montas, que "de telles actions mettent à mal les efforts en vue de la paix et mettent en doute la viabilité de la solution de deux Etats".

"Une partie intégrante de Jérusalem"
Dans un communiqué, les services du Premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou ont défendu ce qu'ils ont qualifié de "procédure de routine de la commission de planification", et ajoutant que "le quartier de Gilo est partie intégrante de Jérusalem".
Environ 180.000 Israéliens vivent dans les quartiers construits autour de Jérusalem-est, l'Etat hébreu, qui considère que Jérusalem-Est -annexée en 1967- fait partie d'Israël, refuse toute restriction des constructions. Les Palestiniens pour leur part considèrent ces quartiers juifs comme des colonies de peuplement alors que l'Etat hébreu exclut de facto Jérusalem-Est de toutes les discussions sur le gel des constructions.
La rapidité avec laquelle
la Maison Blanche a réagi, alors que Gibbs se trouve en Chine avec Obama, pourrait bien être la conséquence des déclarations malheureuses (…)  de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton il y a trois semaines à Jérusalem.
Alors que les Palestiniens réclament le gel total de la colonisation, elle avait pour sa part estimé que le gouvernement israélien faisait preuve de retenue sur le dossier et dit déceler des pas en avant positifs. Des propos qui avaient suscité la colère du monde arabe et une immense déception vis-à-vis de la position de Washington.

18.11.
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/p...


2-5 Les occupants israéliens transforment les terrains de Palestiniens en étangs et marais.

Deux Palestiniens du village d’Aïn Yabroud, au nord de la ville de Ramallah, en Cisjordanie, ont décidé, hier mercredi 25 novembre 2009, de porter plainte contre l’Entité sioniste, dans le tribunal d’instance de la ville de Tel Ar-Rabi (Tel-Aviv). Ils veulent exiger une compensation d’un demi million de shekels pour la transformation de leurs terrains en des étangs et marais pour les colons sionistes.

C’est l’institution des droits de l’homme Yish Din qui a représenté les deux Palestiniens. En fait, leurs terrains ont été transformés en des marais recevant de l’eau usée jetée de points coloniaux connus sous le nom Ofra, bâtis en 2007.

Cette poursuite judiciaire a été engagée contre l’Etat israélien. En effet, ce dernier avait donné son autorisation pour la construction du projet d’eaux usées sur des terrains appartenant aux Palestiniens. Une construction illégale. Et les terrains ne sont pas toujours rendus à leurs propriétaires.

Notons que les habitants de ce village d’Aïn Yabroud avaient auparavant porté plaine au tribunal supérieur israélien, pour la même raison.

26/11

http://www.palestine-info.cc/fr/default.aspx?xyz=U6Qq7k%2bcOd87MDI46m9rUxJEpMO%2bi1s7bA58AB%2bQr46cub081dv5sbo1n86zscSk%2fkYlN%2bFVfkvsbf4tNsuZxuSAlEdHvYmdD6VX8ORc07z3azWwI5qR9tkr%2fEPYv3GTN8Gv%2fYVu4T4%3d


2-6 Démolitions, incursions, agressions et détentions: c'est la politique d"Israël".

Les bulldozers de l'occupation israélienne ont démoli une habitation palestinienne dans le quartier d'Al Akaba, au village d'Al Essawia, au nord-est de la ville sainte occupée d'Al Qods.
La maison détruite était construite de deux étages et s'étendait sur une superficie de
240 mètres carrés. Elle abritait plus de 14 personnes.
Les palestiniens ont condamné fortement la politique de punition collective et discriminatoire exercée  quotidiennement par  les autorités occupantes israéliennes, appelant à une intervention digne et juste pour sauver leur destin humanitaire et légal sur leurs terres historiques.
"La commission d'habitat alliée à la municipalité sioniste à Al Qods a ordonné récemment de détruire plus de 14 maisons, dans la partie Est d'Al Essawia, élevant à 70 le nombre de maisons menacées par la destruction sioniste".
Il est à noter que l'occupation s'est emparée de la plupart des terres d'Al Essawia (10 mille dunums), en ne laissant que 2 mille dunums pour une population palestinienne qui dépasse 15 mille personnes.
D'autre part, les forces armées occupantes et les équipes de la municipalité sioniste ont envahi l'entrée principale du camp de Chaefat en confisquant les biens et les légumes après avoir agressés les vendeurs.

Plus de 30 soldats sionistes ont attaqué les lieux de travaux des ouvriers, et transporté certains d'entre eux vers le passage militaire

20/11/2009

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=112042&language=fr


2-7 Israël: un garde du corps du chef d'état-major accusé de tentative de viol.

Un garde du corps du chef d'état-major israélien, le général Gaby Ashkenazi, a été appréhendé et impliqué dans une tentative de viol, a-t-on appris dimanche de source policière.

Ce garde du corps, un capitaine âgé d'une trentaine d'années, a été appréhendé vendredi soir près du port de Tel-Aviv où il est soupçonné d'avoir tenté de violer une jeune femme à l'issue d'une soirée de célibataires donnée en son honneur avant son prochain mariage.

Alertés par les cris de la jeune femme, des passants et des policiers sont intervenus et le militaire a d'abord tenté de se cacher dans des buissons. Il a finalement été appréhendé en état d'ébriété, et dévêtu, sur les rives de la rivière Yarkon, où il aurait plongé pour se cacher.

Interrogé dimanche à la radio de l'armée, son avocat, Benyamin Nahari, a affirmé que le capitaine niait les faits reprochés.

Ce dernier a servi dans l'unité qui a assuré la garde rapprochée de l'ancien Premier ministre Ehud Olmert.

Cette unité, qui assure aussi la protection du chef d'état-major, est composée d'hommes issus des formations d'élite de l'armée ou des services secrets et triés sur le volet(…)  par le Shin Bet, le service intérieur de sécurité.

(AFP / 29 novembre)

http://www.romandie.com/ats/news/091129061755.7dexi57f.asp



3 Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

3-1 Gilad Atzmon : Du fleuve à la mer.

Cessons une bonne fois pour toutes de nous bourrer le mou sur l'Amérique augmentant-la-pression-sur-Israël-pour-qu’il-gèle-les-colonies-en-Cisjordanie. Toute la fascination pour ce sujet est un pur produit des labos des docteurs folimage sionistes. Elle a pour but de détourner l'attention de la cause profonde du conflit: le vol de la Palestine et des Palestiniens au nom d'un «retour des Juifs à la maison». L'appel à arrêter les constructions israéliennes en Cisjordanie ne vise qu’à nous donner la fausse impression que le vol de la Palestine a commencé en 1967. Les faits sont connus de beaucoup d'entre nous, mais pas de tous. C’est en 1948 que la grande majorité des Palestiniens ont été expulsés de leurs villes, villages, champs et vergers.

Ce qui se présente comme une initiative de paix usaméricaine mettant la pression sur Israël pour qu’il mette un terme à son expansion en Cisjordanie est en fait un agenda promu par les sionistes au sein de l'administration usaméricaine qui se rendent compte, tout comme Sharon vers la fin (de sa carrière), que la seule chance pour l'État juif de survivre à la prochaine décennie, est de rétrécir aux dimensions d’un petit shtetl (ghetto). La solution à deux États est en effet le dernier effort pour maintenir en vie le sionisme.

Netanyahu est loin d'être stupide. Il comprend tout ça. Il sait que le rêve de son père du révisionniste sioniste de père (Benzion Mileikowsky alias Netanyahou, secrétaire de Ze'ev Jabotinsky)  d’un «grand Eretz Israel» est inaccessible.

Haaretz rapporte aujourd'hui que le Premier ministre israélien, à Washington, a admis qu'il était résolu à la solution de «deux États vivant côte à côte». Toutefois, il a souligné que «le droit des réfugiés palestiniens à retourner dans leurs foyers dont ils ont été expulsés, ne serait pas mis sur la table. » Apparemment, un Premier ministre faucon israélien affronte délibérément le péché originel d'Israël à savoir l'expulsion de la grande majorité des Palestiniens. Toutefois, le fait qu'il insiste pour dire qu'il ne sera pas « mis sur la table » ne peut signifier  qu’une chose : qu’il est déjà sur la table. "Ils", poursuit M. Netanyahu, "doivent abandonner le fantasme d’une invasion d’Israël par des réfugiés, renoncer aux revendications irrédentistes [1] sur le Néguev et la Galilée, et de déclarer sans équivoque que le conflit est bel et bien terminé ".

De toute évidence, M. Netanyahou exprime ici le souhait qui est partagé par la plupart sinon par tous les Israéliens. Ils rêvent tous d'ouvrir leurs yeux un beau matin, pour découvrir que tous les Goyim, les Palestiniens, les Arabes et les Musulmans viennent de quitter la région.

Je tiens à signaler à Netanyahu et à tous les Israéliens qui veulent bien l'entendre que cela ne va pas se passer comme ça. Autant une invasion de «réfugiés» palestiniens est un cauchemar ancré chez les Israélien, il est loin d'être un fantasme palestinien. C’est plutôt une réalité qui attend son heure. Israël a perdu sa chance de se réconcilier avec ses voisins. Il a échoué à régler son conflit avec le  peuple autochtone de cette terre. Le sort d'Israël sera déterminé par les «faits sur le terrain» à savoir la démographie. En termes de réconciliation, Israël a passé la zone non-retour. Son sort est scellé. Une Palestine du fleuve à la mer n'est plus une question de 'si', mais plutôt une question de 'quand'. 

Contrairement à la plupart des Israéliens qui rejettent la cause palestinienne, M. Netanyahou a admis aujourd'hui que les Palestiniens ont effectivement été expulsés. Pour la première fois les « revendications irrédentistes» des Palestiniens sont évoquées par un Premier ministre israélien. Et pourtant, M. Netanyahu et ses gens devraient cesser de se faire des illusions. Ce n'est pas seulement du Néguev et de la Galilée qu’il s’agit. Il s’agit en effet de chaque bout de terre entre le fleuve et la mer: Tel Aviv, Jérusalem, Haïfa, Beer Sheva et chaque village, verger, terrain, rivière et arbre entre les deux. La seule question qui reste ouverte est : combien de temps faudra-t-il pour que le Shekel s’effondre ? Combien de temps faudra-t-il aux Israéliens pour saisir qu'ils habitent sur des terres volées?  Combien de temps faudra-t-il avant que les Israéliens se rendent compte que la bataille est perdue? Combien de temps faudra-t-il pour que les Israéliens intériorisent le fait évident qu'ils ont une fois de plus réussi à se placer sur le mauvais côté de leurs voisins?

Note
[1] Irrédentiste: quelqu’un qui prône la récupération culturelle et historique de son territoire.

Source : http://www.gilad.co.uk/writings/from-the-river-to-the-sea-by-gilad-atzmon.html
Gilad ATZMON

Traduit par  Fausto Giudice
URL de cet article sur Tlaxcala
: http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=9262&lg=fr

http://www.tlaxcala.es/pp.asp?lg=fr&reference=9262


3-2 Gideon Levy : L'arme de l'apocalypse.

"Voilà comment on crée le scenario du prochain conflit". Une analyse de l’un des rares journalistes israéliens à dénoncer la propagande de guerre et les provocations israéliennes.

Merci à Anne-Marie Perrin pour sa traduction.

"Toutes les quelques semaines, il vous faut semer la peur, tous les quelques mois, il vous faut lancer des menaces, et une fois par an ou tous les deux ans, il vous faut avoir une autre petite guerre. La coopération aveugle entre l’institution militaire et les médias assure la promesse d’un autre cycle de combats. De la sorte, il nous est possible d’esquiver en partie le blâme du Rapport Goldstone et de nous vautrer dans ce que nous aimons le mieux : être la victime, se sentir menacé et nous unir face au grand péril extérieur qu’on prétend être à l’horizon.

Les Forces de Défense israéliennes vont se placer au-dessus de tout cela et se laver d’une série de soupçons et d’échecs. Ce qui peut aussi se traduire en budgets énormes, glorification et influence à la fois pour les généraux et les commentateurs militaires. Ce qui génère aussi de bons scores d’audience pour la télévision et fait vendre des journaux à sensation et des systèmes d’armement sophistiqués. Qu’y aurait-il donc de meilleur pour nous ?

Le cri d’alarme le plus récent : la NASA en Palestine ; à Gaza, les systèmes Raphaël de Défense avancée d’Israël. Le Hamas lance une roquette iranienne – il faut qu’elle soit iranienne – à 60 kilomètres. Le chef du Renseignement militaire en a fait état. Le Premier Ministre Benyamin Netanyahu a immédiatement parlé de systèmes de missiles et les médias sont aussitôt entrés dans leur danse de guerre favorite. « Trois millions de citoyens à portée de tir », « Confrontation en décembre », « Etes-vous à portée de tir ? » « Les faubourgs de Tel-Aviv en danger », « Des armes apocalyptiques » - des titres effrayants, accompagnés de cartes non moins alarmantes. « Il s’agit pour l’armée d’une dimension nouvelle à affronter. Il ne s’agit pas d’une question simple mais d’une tout autre histoire. Nous devrions nous rappeler que les pertes seront nombreuses de notre côté », rugissait à la télévision ce baryton national qu’est le commentateur militaire.

Et nous voici de nouveau en prise au grotesque – une bande de terre assiégée et enfoncée dans sa détresse et ses ruines avec une pitoyable organisation paramilitaire dont l’arsenal d’armes serait une honte pour un camp d’entraînement basique de l’armée israélienne, et qui a déjà prouvé son inadéquation durant la dernière guerre. Mais les militants nous sont dépeints comme une superpuissance. Voilà comment on crée le scenario du prochain conflit. Voilà comment on donne du pouvoir non seulement à l’ennemi, mais d’abord et surtout aux Forces de Défense Israéliennes, qui sont à même de battre l’ennemi.

Les commentateurs militaires, tout à leur bellicisme, annoncent, que la guerre est pour bientôt, peut-être même pour le mois prochain. Leurs prédictions furieuses seront de nouveau une prophétie dont ils vont eux-mêmes assurer l’accomplissement. De même que dans ses horribles incarnations antérieures, nous pouvons nous attendre sous peu à une série d’ « incidents » qui vont « chauffer le front » - bombardement d’un tunnel, mitraillage d’un laboratoire d’armes.

Quelques paysans inoffensifs qui oseront s’approcher du mur de sécurité, leurs charrues rouillées en main, seront abattus et dépeints comme des terroristes posant des explosifs ; et en réponse les Palestiniens vont tirer des Qassams vides, semant la peur dans le Néguev et mettant sous pression le gouvernement pour qu’il « fasse quelque chose ».

« La haute hiérarchie ne se demande pas s’il y aura une autre confrontation militaire avec le Hamas, mais quand », selon le cliché relatif à la prochaine guerre. Mais, bien entendu, l’unique question importante n’est pas posée : « Pourquoi ? », plutôt que si ou quand. Là est la question qui ferait réfléchir.

Tout cela serait comique si ce n’était si démoralisant. Même la satire ne serait pas aussi ridicule que cette réalité récurrente. Aucune leçon n’est retenue. Mille commissions d’enquête ne nous épargneront pas cette marche de folie. Gaza est enfermée et tranquille, toutes proportions gardées. Il est sûr qu’elle ne restera pas tranquille si le siège n’est pas levé et si on n’accorde pas à ses habitants des conditions de vie qui soient humaines. Ceux qui aspirent à une autre guerre vaine et criminelle en décembre sont conviés à se joindre à la célébration de l’insanité qui nous submerge et qu’orchestrent les seigneurs de guerre – généraux et commentateurs.

Bienvenue à ceux qui veulent essayer d’arrêter ce cercle vicieux pour concevoir une alternative : la levée immédiate du siège, la reconstruction de Gaza, la libération de Gilad Shalit au prix fixé, un effort pour faire entrer le Hamas dans le processus de paix et une tentative pour atteindre avec lui un accord à long terme. Cela est possible. On ne l’a jamais tenté. Que feront donc les généraux et les commentateurs si – Dieu nous en préserve ! – le calme au Sud continue ?

Gideon Levy

 7 novembre

Source : http://www.haaretz.com/hasen/spages/1126077.html

(Traduit de l’anglais par Anne-Marie PERRIN pour CAPJPO-EuroPalestine)

Source: CAPJPO-EuroPalestine
http://www.europalestine.com/...http://www.palestine-solidarite.org:80/analyses.Gideon_Levy.071109.htm


3-3 Khaled Amayreh : Des criminels de guerre impardonnables - AshkeNazi menace Gaza d’un autre «petit holocauste ».

La concordance entre Gabi AshkeNazi et la deuxième partie de son nom de famille semble parfaite. Le chef d’Etat-major israélien est considéré comme l’un des principaux criminels de guerre israéliens responsables du génocide virtuel contre la Bande de Gaza l’hiver dernier. Il a sur ses mains criminelles des tonnes de sang innocent, dont celui des plus de 340 enfants tués dans le bombardement pornographique d’Israël sur la population civile.

La semaine dernière, les médias israéliens ont rapporté la déclaration d’Ashkenazi : Israël allait lancer un nouveau quasi-holocauste sur Gaza, ajoutant que l’armée israélienne d’occupation entrerait dans les recoins et les rues les plus reculés du territoire côtier.
En tant que meurtrier de masse abject, Ashkenazi, comme les autres criminels de guerre israéliens, devrait être à
La Haye en train de préparer sa défense contre les accusations de crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Les crimes qu’il a perpétrés le mettent après tout sur un pied d’égalité avec les criminels de guerre nazis, qui ont comparu en justice pour leurs propres crimes contre l’humanité pendant la Deuxième Guerre mondiale.
Cependant, à cause de la déliquescence morale qui affecte notre monde aujourd’hui et sa complicité éhontée au sio-nazisme, Ashkenazi et consorts sont non seulement libres, mais ils menacent même leurs victimes d’un nouvel holocauste.
Dans un certain sens, le comportement arrogant d’Ashkenazi est dans l’ordre des choses. La réaction totalement inappropriée de la communauté internationale à la guerre-éclair néo-nazie contre les Gazaouis sans protection a dû enhardir les dirigeants israéliens, et les convaincre qu’Israël pourra toujours avoir les mains libres contre les 1,5 millions d’habitants de l’enclave côtière, sous blocus et affamés, sans avoir à trop s’inquiéter de conséquences ou de répercussions sérieuses.
D’où ses propos repoussants.
Il est vrai que de nombreux dirigeants libres d’esprit et moraux, comme le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, ont condamné avec virulence la barbarie israélienne à Gaza.
Comme il est aussi vrai que le rapport Goldstone, préparé par le juge sud-africain Richard Goldstone, a dénoncé Israël pour avoir perpétré des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité pendant la guerre de Gaza, ce qui est un développement positif.
Toutefois, il est également avéré que les criminels de guerre ne font guère cas des condamnations verbales, même si elles viennent d’organisations ou de personnalités internationales éminentes.
Les remarques d’Ashkenazi doivent être prises avec le plus grand sérieux pour deux raisons principales :
D’abord parce que l’armée israélienne, ou Wehrmacht sioniste, est capable de commettre l’impensable, comme le bombardement de zones civiles, l’utilisation de bombes à fragmentation, comme cela s’est produit sur le Liban à l’été 2006, ou au phosphore blanc, comme à Gaza l’hiver dernier.
Ensuite, parce qu’Israël est essentiellement un Etat rebelle qui n’a jamais pris le droit international au sérieux. Ce qui est même encore plus scandaleux, c’est que les pays occidentaux, en particulier les Etats Unis, aient toujours traité l’entité judéo-nazie comme étant au-dessus du droit international.
Il est donc impératif que le peuple palestinien joue ses cartes avec beaucoup de discernement et d’intelligence. Après tout, quand on lutte contre un taureau, on ne doit compter que sur son cerveau, et non sur ses muscles pour ne pas se faire écraser par l’énorme bête.
Les Palestiniens doivent toujours garder ce fait à l’esprit parce que leur survie en tant que peuple dépend dans une large mesure de la bonne volonté de la communauté internationale, et pas seulement de leur propre force militaire ou politique. La plupart des Palestiniens se trouvent de fait prisonniers de l’occupation militaire interminable. En conséquence, les Palestiniens doivent se doter des porte-paroles les plus doués pour attirer l’attention des populations du monde sur l’holocauste rampant qu’Israël tente d’exécuter sur notre peuple sans défense.
Nous ne devons pas hésiter à invoquer l’holocauste par crainte d’être accusés de faire dans l’hyperbole. Si un dixième de ce qui s’est passé à Gaza au début de cette année était arrivé aux juifs israéliens, Israël aurait invoqué non stop l’holocauste, et des appels urgents du monde entier auraient été lancés pour sauver les Juifs et empêcher les Arabes de finir ce qu’Adolphe avait commencé il y a près de soixante-dix ans.
De plus, l’idée qu’Israël entreprenne une sorte d’holocauste n’est pas du tout impensable.
L’année dernière, le vice-ministre de la défense israélien, Mattan Vilna’ai a prévenu qu’Israël lancerait un holocauste contre les Palestiniens, si c’est cela qu’ils voulaient. Et pendant la guerre-éclair contre Gaza, le ministre psychotique des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a été cité par les médias israéliens pour avoir dit qu’il fallait larguer une bombe atomique sur Gaza.
Pour toutes ces raisons, les craintes palestiniennes ne sont pas, et ne devraient pas être considérées comme phobiques et irrationnelles. Nous sommes aux prises avec un Etat irrationnel et une société morbide, submergée par un type unique de psychose collective.
Néanmoins, faire entendre nos voix n’est pas suffisant. Nous devons aussi, autant que possible, chercher à gagner l’attention et le soutien des organisations internationales pour les droits de l’homme. Elles sont des témoins crédibles dont les témoignages peuvent s’avérer cruciaux pour sauvegarder les droits de notre peuple, les morts comme les vivants.
Nous devons aussi collecter et documenter méticuleusement toutes les informations ayant trait aux crimes et aux criminels sionistes, du simple soldat sur le terrain au plus haut commandant. Ceci ne devrait pas être très difficile puisqu’énormément d’informations sur les criminels de guerre israéliens sont disponibles, même par Internet.
De plus, les Palestiniens et leurs partisans devraient toujours faire face aux Etats, dans le monde entier, avec les informations accusant l’armée et les dirigeants politiques israéliens. Nous devons chercher à réduire leurs horizons, leur interdire les capitales du monde, les poursuivre partout où ils vont. Ces gens-là sont des criminels de guerre et des tueurs d’enfants et nous ne devons pas les laisser avoir la moindre parcelle de tranquillité d’esprit. Leurs crimes doivent les condamner à une vie entière d’anxiété existentielle, de stress et de dépression.
Bien sûr, les sio-nazis ne se rendront pas et nos efforts ne les contrecarreront pas facilement. De plus, des gouvernements ouvertement immoraux comme ceux des Etats-Unis ou d’Allemagne, pour ne citer qu’eux, se précipiteront au secours d’Israël pour le protéger de toute mesure proactive qui mettrait le régime sioniste sur le grill et lui ferait comprendre que l’occupation a un coût qu’il doit payer.
Mais nous et nos alliés pouvons combattre ce véritable axe du mal en édifiant un front mondial comprenant des millions d’hommes et femmes libres et honnêtes, qui pourchasseront les criminels de guerre où qu’ils aillent, et dénoncer leurs méfaits.
Heureusement, un tel mouvement est déjà en place. Mais nous devons mieux nous organiser, pour être plus efficaces. Ces buts ne sont pas difficiles à atteindre parce que le monde en a assez d’Israël, un Etat que nous ne devons jamais cesser de comparer à l’Allemagne nazie parce qu’en fin de comptes, lorsque les sionistes juifs se comportent et agissent comme les nazis du siècle dernier, ils deviennent des nazis.
Et nous n’avons pas à nous en excuser.

Khaled Amayreh

12-11-2009

Traduction : MR pour ISM

http://www.ism-france.org/news/article.php?id=12967&type=analyse&lesujet=Crimes%20de%20Guerre

http://www.alterinfo.net/Des-criminels-de-guerre-impardonnables-AshkeNazi-menace-Gaza-d-un-autre-petit-holocauste_a39150.html?com#com_1055628


3-4 Pierre Barbancey : L’Union européenne renforce la puissance économique d’Israël.

Les Européens poursuivent à marche forcée l’intégration d’Israël, considéré comme un « partenaire naturel » malgré les accusations de crimes de guerre, la poursuite de la colonisation et les atteintes aux droits de l’homme.

Quoi qu’il arrive, Israël sait pouvoir compter sur l’Union européenne (UE). Déjà, ces dernières semaines, les pays de l’UE avaient pris soin, à l’ONU, de ne pas soutenir le rapport Goldstone accusant de crimes de guerre l’armée israélienne et le Hamas palestinien lors de l’offensive dans la bande de Gaza.

Alors que le processus de paix est bloqué du fait de l’intransigeance d’Israël, qui refuse de stopper sa politique de colonisation en Cisjordanie et à Gaza, l’Union européenne fait comme si de rien n’était et poursuit la mise en place de l’intégration d’Israël dans ses structures, dans le cadre de l’accord d’association. Comme l’explique le site de la Commission européenne, « l’UE et Israël se sont engagés dans un partenariat visant à instaurer des relations politiques étroites et des relations de commerce et d’investissement mutuellement bénéfiques, ainsi qu’une coopération dans les domaines économique, social, financier, civil, scientifique, technologique et culturel ».

Le plan d’action « a pour but d’intégrer progressivement ­Israël dans les politiques et programmes européens ». Ce plan « est adapté afin de refléter les intérêts et les priorités d’Israël, ainsi que son niveau de développement », peut-on encore lire. « La coopération UE-­Israël prévoit pour la première fois un volet d’aide financière, Israël devant recevoir, au cours des sept prochaines années, 14 millions d’euros au titre de la coopération financière de la communauté européenne. » L’accord d’association ­comporte cependant une clause (article 2) qui explique que « les relations entre les parties (...) doivent être fondées sur le respect des droits de l’homme et le respect de la démocratie ». Un article visiblement oublié.

Les droits de l’homme balayés du débat

L’UE et Israël ont ainsi achevé leurs négociations sur la libéralisation du commerce des produits agricoles. Cet accord a été acquis le 20 octobre et devrait être signé dans un avenir proche. Un autre accord sur la mise en place d’un cadre pour la certification des produits pharmaceutiques est annoncé et devrait être finalisé très prochainement.

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, déclarait, fin septembre, qu’il ressentait un « manque de réponse » de l’UE et affirmait qu’il ne doit pas y avoir de « conditionnalité ». Depuis Jérusalem, où il se trouvait le 15 octobre, à l’occasion d’une conférence sur « Israël et l’élargissement de l’UE », le vice-président de la Commission européenne, Günter Verheugen, a expliqué qu’« Israël est un partenaire naturel », c’est un « pays atypique, qui mérite un statut spécial car il est proche de l’UE en ce qui concerne le développement économique et la stabilité de sa démocratie et de ses institutions ». « Les relations à développer seront peaufinées afin qu’elles soient aussi proches et semblables que possible de celles avec la Norvège et l’Islande, qui sont membres de la zone économique européenne. »

Il a souhaité que soit fixé un « agenda positif » pour tracer « des perspectives nouvelles et intéressantes pour le développement futur des relations UE-Israël (...). (Nous) travaillons déjà ensemble sur un large éventail de questions », notamment l’environnement, l’énergie, la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Seule allusion à l’occupation des territoires palestiniens, Verheugen s’est borné à affirmer qu’il fallait espérer qu’avec le temps, le Moyen-Orient connaîtrait la même paix et la même stabilité que l’Europe avait acquise (sic) !

Lors d’une rencontre à la mi-septembre entre Rafik Barak, vice-directeur général au ministère israélien des Affaires étrangères, et un représentant européen, Israël a demandé qu’aient lieu des visites au plus haut niveau, telle celle du commissaire Verheugen décrit comme « un bon ami du pays ».

Occupants et occupés sur un même plan

Alors que l’Union européenne, principal bailleur de fonds dans la région, a les moyens de faire pression sur Israël pour que le processus de paix reprenne sur des bases permettant la création d’un État palestinien dans les frontières de 1967, elle se contente de quelques déclarations de principe et pratique la « politique de l’équilibre », mettant sur un même plan occupants et occupés. Ce faisant, l’UE aide Israël à renforcer son poids économique, financier et militaire au Proche-Orient, alors que, de l’aveu même de Bernard Kouchner, « l’aspiration à la paix » semble avoir « disparu, comme si on n’y croyait plus ».

Pierre Barbancey

14 novembre 2009
L’Humanité

Du même auteur :

  Israël joue l’obstruction
  Le droit international à l’épreuve d’un massacre
  Les Palestiniens privés d’eau par Israël

Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.humanite.fr/2009-11-13_I...

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=7636


3-5 Myriam Abraham : Grande Bretagne : Le CFI Petit Mais Puissant Lobby Pro Israël Finance les Conservateurs Donnés Gagnants aux Prochaines Elections Législatives.

Selon un article du quotidien anglais The Guardian du 16/11/09, citant un documentaire de Channel 4 récemment programmé, si les Conservateurs gagnent les prochaines élections législatives l’influence du Lobby pro Israël va croître car les Tories sont largement financés par ce Lobby sioniste.

Les organisations pro Israël en Grande Bretagne regroupées dans un petit mais puissant Lobby pro sioniste vont voir leur influence décuplée si les Conservateurs gagnent les prochaines élections selon le film de Channel 4 qui a examiné les activités de ce Lobby.
Au moins la moitié des députés du cabinet fantôme sont membres du CFI (Conservative Friend of Israël) selon ce film. Les producteurs de ce programme décrivent le CFI comme «sans aucun doute le mieux connecté et probablement le mieux financé de tous les groupes de lobbying de Westminster ».
Le montant des financements versés aux Tories par ce Lobby sioniste anglais via des donations de ses membres et de leurs bizness pour les huit dernières années dépassent les 16.7 millions de $.
Comme le dit Sir Richard Dalton, un ancien diplomate britannique qui a été consul général à Jérusalem et ambassadeur en Libye et en Iran « je ne crois pas et je ne pense pas qu’il y ait quelqu’un qui pense que ces contributions financières soient faites sans contre partie ».
Le programme TV décrit également comment le chef des Conservateurs, David Cameron, a accepté une donation de 25 053 $ de Poju Zabludowicz, un milliardaire finlandais président de Bicom ( Britain Israel Communications Center). Zabludowicz, selon le film, a des intérêts financiers dans des activités situées dans des colonies illégales en Cisjordanie occupée, notamment dans un centre commercial situé dans la colonie de Ma’aleh Adoumim près de Jérusalem Est, une colonie qui coupe
la Cisjordanie en deux. Il a aussi fait don de plus de 80 000 $ au Bureau Central des Conservateurs.
William Hague, qui a été nommé ministre des affaires étrangères du cabinet fantôme a accepté des donations se chiffrant en milliers de dollars des membres du conseil d’administration du CFI. Pourtant, Hague avait été mis à l’index par le CFI après avoir critiqué l’attaque israélienne contre le Liban pendant l’été 2006, la qualifiant de « disproportionnée ». Lord Kalms, un membre du CFI et généreux donateur pour les Conservateurs avait alors menacé de cesser ses financements. Selon le film, Cameron aurait accepté de bannir le mot « disproportionné » du langage des Conservateurs en ce qui concerne Israël. Les supporters du CFI ont également versé des sommes importantes pour financer la campagne des membres de l’équipe de Cameron, élus une première fois en 2005. Bien que cela soit légal, ces financements par le Lobby pro Israel en Grande Bretagne est peu connu du public britannique.
Alors qu’une étude aux Etats Unis de deux universitaires américains, Stephen Walt et John Mearsheimer a démontré l’influence du puissant Lobby israélien sur la politique étrangère américaine, en Grande Bretagne jusqu’à présent peu de publicité a été faite sur l’influence politique du Lobby pro Israel dans ce pays.
Selon Michael Mates, un député conservateur et conseiller privé, « le Lobby pro Israël … est le lobby politique le plus puissant » « ils sont intouchables ».
En Juin, lors d’un dîner organisé par le CFI, Cameron n’a fait aucune mention des morts palestiniens lors de l’Opération Plomb Durci menée par l’armée israélienne fin décembre 08 début janvier 09 (1400 morts palestiniens, 13 morts israéliens majoritairement des militaires) mais a félicité Israël car « il fait tout son possible pour protéger des vies innocentes ».
Le parti Travailliste britannique n’est pas en reste lui non plus lorsqu’il s’agit de défendre les intérêts sionistes. Le Labour Friends of Israel (LFI) a envoyé quelque 60 parlementaires en mission de brainwashing sioniste sur le terrain depuis 2001, alors que les Tories en ont envoyé 30 ces trois dernières années.
Bicom, tout comme les groupes affiliés des partis, organise des conférences et des voyages en Israël pour les journalistes, y compris d’ailleurs pour ceux du Guardian.
Pour les prochaines élections législatives anglaises, les Tories sont donnés gagnants. Un nouveau gouvernement d’un pays européen dont la politique étrangère risque de tomber sous domination sioniste. Un de plus !
La chaîne TV britannique, Channel 4, est connue comme étant provocatrice. Nul doute qu’il faut l’être pour oser dénoncer le puissant Lobby pro Israël.
L’année dernière à Noël Channel 4 avait programmé en plus des traditionnels vœux de la reine Elisabeth aux Anglais, les vœux pré enregistrés du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad. Le puissant Lobby sioniste de Grande Bretagne, qui n’a de cesse de le diaboliser, avait déjà fort apprécié !
Pour visionner la série documentaire en anglais de Channel 4
Dispatches: Inside Britain's Israel Lobby

Lundi 16 Novembre 2009

Myriam Abraham

http://www.planetenonviolence.org/Grande-Bretagne-Le-CFI-Petit-Mais-Puissant-Lobby-Pro-Israel-Finance-Les-Conservateurs-Donnes-Gagnants-Aux-Prochaines_a2055.html


N°498 - La propagande, Manipulation de l’opinion et Dossier de Palestine - 06-12 – Fin - : Washington ne permettra jamais aux Palestiniens de déclarer leur indépendance.

N°498 -  La propagande, Manipulation de l’opinion et Dossier de Palestine - 06-12 – Fin  - : Washington ne permettra jamais aux Palestiniens de déclarer leur indépendance.



       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources                                              



La propagande, Manipulation de l’opinion et Dossier de Palestine

N°498                                                    06-12

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 


Sommaire

3 Dossier

3-6 Allain Jules : Mahmoud Abbas: l'échec.

3-7 Jean-Paul Chagnollaud et Bernard Ravenel : Les élections palestiniennes, piège ou étape fondatrice ?

3-8 Surenchère de collaboration internationale avec les sionistes !!!

3-9 Heba Zaghloul : Pas de répit sur les colonies.

3-10 Najet Belhatem : Ce mur qui broie en silence.

3-11 Sever Plocker : Israël est devenu une épine dans le flanc du monde.


3-6 Magda Barsoum : « Les Etats-Unis répètent que Abbass est leur choix, mais ils ne lui offrent aucun soutien réel »
Président de la Commission des affaires étrangères et arabes et de la sécurité nationale au Conseil consultatif et ancien ambassadeur d’Egypte en Israël, Mohamad Bassiouni évoque la médiation égyptienne entre lesfactions palestiniennes et les chances d’avancer vers la paix au Proche-Orient.
« Les Etats-Unis répètent que Abbass est leur choix, mais ils ne lui offrent aucun soutien réel »

Al-ahram hebdo : Pensez-vous que l’action de l’Egypte en faveur de la question palestinienne est arrivée à une impasse, après l’échec de la réconciliation palestinienne et l’absence de tout progrès dans le processus de paix israélo-palestinien ?

Mohamad Bassiouni : Pour ce qui est de la cause palestinienne, l’Egypte agit sur trois axes. Premièrement, les efforts de conciliation et la réalisation de l’entente nationale entre les factions palestiniennes, en particulier entre le Hamas et le Fatah. L’Egypte a présenté aux Palestiniens un document qui comprend les points de vue des deux factions ainsi qu’un compromis que propose Le Caire. L’Egypte avait réclamé que le document lui soit remis après la signature des factions avant le 15 septembre. Le Fatah a effectivement remis le document après l’avoir signé mais malheureusement, le Hamas a réclamé des amendements sur le document et a demandé un nouveau délai pour la signature. Or, l’Egypte refuse d’effectuer des amendements et le balle est maintenant dans le camp du Hamas.
Quant au second axe, il porte sur l’échange de prisonniers et plus particulièrement l’échange du soldat israélien Gilad Shalit en contrepartie de 450 prisonniers palestiniens, comme première étape. Or, Israël a refusé la liste présentée par le Hamas. Un médiateur allemand a participé aux négociations avec l’Egypte pour tenter de parvenir à une solution en ce qui concerne ce dossier. Quant au troisième axe, il vise la reprise les pourparlers sur toutes les questions, sans exception, se rapportant au statut final des territoires palestiniens, tout en fixant un calendrier pour la fin de ces pourparlers afin d’éviter qu’ils se poursuivent indéfiniment. Il faut également que Washington présente des garanties écrites, selon lesquelles le statut final n’est autre que la création d’un Etat palestinien dans les frontières du 4 juin 1967.
— Est-il possible d’accepter la proposition de l’ancien ministre israélien de
la Défense, Shaoul Mofaz, de créer un Etat palestinien avec des frontières provisoires, en attendant de régler les questions du statut final ?
— Pour mettre fin au conflit arabo-israélien, il faut que les deux parties arrivent à des accords autour de toutes les questions du statut final qui sont : le statut de Jérusalem, les réfugiés, les colonies, les frontières et les arrangements sécuritaires. Le fait d’annuler ou de reporter une de ces questions signifie la poursuite du conflit. Quant à la proposition faite par Mofaz, numéro deux du parti Kadima (opposition, 28 membres à
la Knesset), elle est catégoriquement refusée car le stade des accords transitoires est dépassé (les accords d’Oslo). Maintenant, il faut parvenir à un accord final qui mette définitivement un terme au conflit arabo-israélien par l’instauration d’un Etat palestinien indépendant, souverain et viable dans les frontières du 4 juin 1967 et dont la capitale est Jérusalem-Est.
— Le gouvernement de droite israélien sous la présidence de Benyamin
Netanyahu est-il disposé à faire la paix avec les Palestiniens ?
— De façon générale, aucun premier ministre israélien, qu’il soit de gauche ou de droite, ne prendra la décision de rendre leurs droits aux Palestiniens sauf s’il y était obligé. Cette obligation peut revêtir une forme politique, économique ou prendre la forme de pression de la part de l’opinion publique israélienne. Or, jusqu’ici, aucun indice ne montre qu’une telle pression est actuellement exercée sur Israël. Donc, je ne pense pas que le gouvernement israélien actuel a une volonté réelle de parvenir à la paix, mais il est prêt à reprendre les négociations de paix sans conditions préalables avec la possibilité de parvenir à des solutions partielles comme « un Etat palestinien aux frontières provisoires », chose que nous refusons catégoriquement et que refuse également l’Autorité palestinienne. Le prétexte présenté par Netanyahu est qu’il ne peut pas aller de l’avant à cause de la présence de plusieurs partis d’extrême droite à
la Knesset, où ils y occupent de nombreux sièges.
— Pensez-vous que la cause palestinienne sera résolue durant le mandat d’Obama, ou bien que deux poids, deux mesures persistera encore pour longtemps ?
— Je pense qu’il y a de nombreux indices positifs depuis la venue d’Obama, avec par exemple la nomination de George Mitchel comme représentant personnel du président américain au Proche-Orient. Il y a également la déclaration américaine sur la solution des deux Etats et le gel total de toute activité de colonisation. Chose qui a été favorablement accueillie par les Etats arabes. Mais nous exprimons une certaine réserve concernant le recul américain vis-à-vis de la nécessité de geler toute activité de colonisation avant toute reprise des négociations de paix. La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a pourtant annoncé que la position américaine concernant la colonisation israélienne n’a pas changé.
— Pensez-vous qu’il existe aujourd’hui une quelconque chance de parvenir à une réconciliation entre le Fatah et le Hamas ?
— Le Hamas a remporté les élections législatives et considère qu’il est en droit de diriger le peuple palestinien en raison de la majorité qu’il détient au Conseil législatif. Quant au Fatah, il estime que Mahmoud Abbass est le président de l’Autorité palestinienne et qu’il a également remporté les élections présidentielles avec une large majorité. Il est en même temps le président de l’OLP, le représentant unique et légitime du peuple palestinien à l’intérieur et à l’extérieur. C’est ainsi que le corps palestinien est aujourd’hui à deux têtes idéologiquement différentes. Or, nous disons aux Palestiniens que s’ils veulent instaurer un Etat palestinien indépendant et souverain, ils doivent réaliser deux objectifs. Premièrement, réaliser l’union des rangs palestiniens, arrêter les tueries entre les factions et accepter le document égyptien. Et deuxièmement, la décision palestinienne doit être entièrement indépendante au profit des Palestiniens et non de n’importe quelle autre partie régionale.
— Le président palestinien a récemment annoncé qu’il ne sera pas candidat à sa propre réélection aux prochaines présidentielles prévues en janvier prochain. Est-ce une simple manœuvre ou une véritable décision ?
— Selon mon estimation personnelle, Abou-Mazen s’est trouvé obligé de prendre cette décision puisque toutes les voies étaient fermées devant lui, autant au niveau intérieur qu’extérieur. Au niveau intérieur, aucune évolution positive n’a été réalisée en ce qui concerne la réconciliation entre le Hamas et le Fatah. Et au niveau extérieur, les négociations de paix n’ont pu être relancées. De plus, les Etats-Unis répètent à l’envie que Abbass est leur choix, mais au niveau pratique, ils ne lui offrent aucun soutien réel. Au contraire, Washington fait pression sur lui pour qu’il accepte de négocier sans l’arrêt des activités de colonisation dans les territoires occupés.
— Pensez-vous que les élections générales palestiniennes vont se tenir à la date prévue du 24 janvier ?
— Le Commission électorale palestinienne a réclamé qu’elles soient reportées parce qu’il n’y a pas suffisamment de temps pour les préparer.
Le président Mahmoud Abbass devrait fixer une date ultérieure. Dans le cas où le Hamas déciderait de signer le document d’entente nationale élaboré par l’Egypte, les élections seront tenues le 28 juin 2010, selon ce document.
— Une nouvelle zone de conflit s’est déclenchée dans le monde arabe, avec la rébellion des Houthis au nord du Yémen. Pensez-vous que des éléments extérieurs contribuent à accentuer cette crise ?
— Je pense qu’il y a effectivement des éléments qui contribuent à la rébellion menée par les Houthis au nord du Yémen, que ce soit par l’octroi d’armes ou d’aides financières. L’objectif est d’élargir les opérations militaires menées par les Houthis pour qu’elles dépassent la région de Saada. La preuve en est qu’ils ont traversé les frontières pour s’infiltrer sur le territoire saoudien. Il est donc impératif de sauvegarder l’union du territoire du Yémen, ainsi que le droit de l’Arabie saoudite de défendre son sol et sa souveraineté sur ses frontières. De là vient l’importance de développer la région nord du Yémen en y garantissant les services et l’infrastructure, car le manque de développement dans la région donne des prétextes à la rébellion des Houthis.
— L’Egypte pourrait-elle jouer le rôle de médiateur dans ce conflit ?
— L’Egypte peut effectivement assumer un rôle de médiation, à condition que les deux parties en conflit aient une volonté politique réelle de parvenir à un accord de cessez-le-feu et d’entamer un processus de développement dans cette région. Une action rapide au Yémen se révèle extrêmement nécessaire pour éviter que ce pays ne se transforme en un autre Afghanistan. Le Yémen a une grande importance en tant qu’Etat arabe qui contrôle le détroit de Bab Al-Mandeb, qui domine l’entrée de la mer Rouge, dont la sécurité influence toute la sécurité nationale arabe.
Propos recueillis par Magda Barsoum

du 25 novembre au 1er décembre 2009, numéro 794
http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahram/2009/11/25/invi0.htm


3-6 Allain Jules : Mahmoud Abbas: l'échec.

Il n’y a pas de doute possible. Le peuple palestinien est sacrifié par la communauté internationale qui ferme les yeux sur une injustice abyssale.

Comment comprendre qu’on exige aujourd’hui aux Palestiniens de retrouver la table de négociations sans condition, alors que le camp d’en face, israélien, lui, refuse de geler la colonisation, crachant une fois de plus sur le vrai préalable à la reprise du processus de paix ? Mahmoud Abbas semble être pris subitement d’une crise de conscience, après avoir été le vrai fossoyeur de son peuple, foulant au pied ses intérêts, pour les siens propres.

Abou Mazen a annoncé le 5 novembre dernier qu’il ne se représentera plus à sa propre succession. Les réactions en chaîne qui ont suivi sa décision sont à la mesure de son échec cuisant à la tête de cette autorité palestinienne moribonde. Dindon de la farce de la paix, victime de l’intransigeance israélienne et du poker menteur américain, ladite autorité n’est victime que de sa naïveté ou simplement de son égoïsme.

La Palestine sera-t-elle placée sous mandat onusien ?

Laissera-t-on finalement Israël réaliser son rêve, celui de coloniser toute la Cisjordanie et Jérusalem-Est ?

Selon de nombreux observateurs, on y prend le chemin, puisque les américains, seuls habilités à pouvoir faire plier Israël, par la parole de la secrétaire d’État Hillary Clinton qui a déclaré comme historique et jugeant sans précédent” la proposition israélienne de gel de la colonisation limité dans le temps.

Une escroquerie de 6 mois pourtant.

Après la rencontre sournoise entre le président américain Barack Obama et le premier-ministre israélien Benyamin Netanyahou en début de semaine à Washington, c’est le secrétaire général de la Maison Blanche Rahm Emanuel qui a déclaré :« Je suis persuadé que Netanyahou comprend les enjeux stratégiques des progrès de la paix. Nous agirons comme des amis qui ont contracté une alliance. Le président et ce Congrès comprennent les dangers qu’Israël est prêt à encourir et nous serons à ses côtés à chaque étape » C’est dit. Rien de nouveau sous le soleil, et même dialectique de l’administration Bush. Et pourtant, Netanyahou est bien le problème dans ce processus de paix. Le voir comme stratège de paix, c’est prendre des vessies pour des lanternes.

Après  la commémoration du cinquième anniversaire de la mort de Yasser Arafat, en France, à l’hôpital d’instruction des armées Percy, à Clamart dans les Hauts-de-Seine (9-2), le 11 novembre 2004, voici que l’autorité palestinienne par manque d’hommes charismatiques, risque de se saborder.

La question est donc de savoir quelle alternative suivre. Selon certains sondages, le seul à pouvoir représenter les Palestiniens n’est autre que Marouane Barghouti, responsable du Fatah qui, ironie du sort, est emprisonné à vie en Israël. In fine, seul reste en lice, le responsable du Hamas à Gaza, Ismaël Haniyéh. Ne va-t-on pas nous refaire le coup du Hamas, vainqueur d’une élection démocratique et empêché de gouverner ?

La thrombopénie de Yasser Arafat a tué la Palestine et lui-même. Elle a permis de voir une succession de mensonges émailler des négociations de paix à géométrie variable. Tout pour Israël, rien pour la Palestine. En ce moment, certains se focalisent sur la colonisation. Or, il y a pire. Depuis la fin de la guerre de Gaza, malgré le rapport sans appel du juge sud-africain Goldstone mettant en cause Tsahal et le Hamas bien sûr, Israël continue son embargo abscons sur ce territoire, en toute impunité. Entièrement détruit, Gaza n’a même pas le droit de recevoir des matériaux de construction. Ainsi, les populations s’organisent et, actuellement, la terre cuite à le vent en poupe pour la fabrication des briques.

Si Mahmoud Abbas met à exécution ses menaces, probablement, ce serait plutôt une bonne chose pour la Palestine mais une mauvaise pour Israël.

D’ailleurs, les autorités israéliennes  l’ont compris et supplient le président de l’autorité palestinienne de rester en revenant sur sa décision. Un vrai baiser de Judas s’il en est, d’autant plus qu’il n’a jamais obtenu gain de cause en 5 ans de pouvoir.

Alors, pourquoi continuer ? Mais, compte tenu de la faiblesse politique de certains cadres du fatah, de Salam Fayyad à  Ahmed Qoreï, incapables de réellement succéder à Mahmoud Abbas, Israël, réel père fondateur du Hamas comme le révèle le dernier opuscule de Charles Enderlin, “Le grand aveuglement” ne va-t-il pas être contraint de libérer Marouane Barghouti considéré comme le Nelson Mandela palestinien ?

 Allain Jules
Publié le 13 novembre 2009 avec l'aimable autorisation d'Allain Jules

Source : Allain Jules
http://allainjules.wordpress.com/...

http://www.palestine-solidarite.org:80/analyses.Allain_Jules.121109.htm


3-7 Jean-Paul Chagnollaud et Bernard Ravenel : Les élections palestiniennes, piège ou étape fondatrice ?

nb - Ndlr :La publication de l'article ne signifie nullement que le point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

Fin octobre, le président Mahmoud Abbas avait fixé la date des prochaines élections (présidentielle et législatives) au 24 janvier 2010.

Par cette décision, il voulait respecter la Constitution puisque son mandat déjà prorogé d'un an s'achève à ce moment-là comme celui du Conseil législatif élu pour quatre ans en janvier 2006.

Personne ne pouvait lui faire grief de s'inscrire ainsi dans une sorte de formalisme constitutionnel précieux en toutes circonstances et plus encore, peut-être, dans une phase de construction des institutions politiques. Et pourtant cette posture juridiquement inattaquable risquait de s'avérer politiquement désastreuse…

Comment en effet prétendre organiser des élections pour dégager une majorité représentative du peuple palestinien des territoires occupés (Cisjordanie et Jérusalem-Est) ou sous blocus (Gaza) sans qu'au préalable il n'y ait eu l'aboutissement d'une discussion entre les deux principales forces politiques de la société palestinienne : le Fatah et le Hamas ?

Ces négociations, en cours depuis des semaines au Caire, ont permis de parvenir à un accord stipulant notamment la tenue de ces élections en juin 2010 ; le Fatah a signé mais pas le Hamas a demandé un nouveau délai…

Des élections en janvier n'auraient pas seulement aggraver encore les relations entre les deux partis, elles auraient consacré la coupure territoriale et politique qui s'est instaurée de facto depuis le coup de force du Hamas à Gaza en juin 2007, et donc accentué la séparation entre les deux segments du peuple palestinien vivant dans les territoires.

Cela risquait à terme de rendre infiniment problématique toute nouvelle tentative de reconstruction de l'unité nationale sans laquelle rien n'est possible.

A ce risque d'impasse politique, il faut ajouter un élément essentiel : le vote des Palestiniens de Jérusalem-Est que l'actuel gouvernement israélien fera tout pour empêcher s'il n'y a pas de très fortes pressions internationales. Conscient de ces dangers, le président Abbas est finalement revenu sur sa décision en reportant sine die ce scrutin tout en annonçant, quelques jours plus tard, qu'il ne serait pas candidat à sa propre succession. Le piège a donc été évité mais pour combien de temps si le Hamas et le Fatah ne sont pas en mesure de fixer ensemble les règles du jeu ?

Les Palestiniens, même sans Mahmoud Abbas, auraient pourtant tout à gagner de ces élections en les concevant ensemble autrement. En conservant la date évoquée dans le projet d'accord interpalestinien, ils se donneraient le temps de parvenir à un minimum d'unité nationale et de se présenter sur la scène internationale avec des atouts majeurs. Ils pourraient alors à bon droit exiger de la communauté internationale qu'elle soit conséquente avec elle-même.

Ce qui implique :

1) qu'elle impose à Israël, puissance occupante au sens du droit international, le respect des conditions indispensables à l'organisation d'élections démocratiques sur l'ensemble du territoire palestinien où toutes les forces politiques pourraient se présenter ;
2) qu'elle s'engage évidemment à respecter le verdict des urnes quel qu'il soit et ne refasse pas l'erreur stratégique majeure commise en 2006 par les Etats-Unis et l'Union européenne qui ont voulu des élections mais pas leurs résultats ;
3) qu'elle fournisse des garanties concrètes avec notamment l'envoi d'observateurs sur le terrain pour vérifier le bon déroulement des élections.

Le respect de ces principes constituerait les premiers éléments concrets d'une modification en profondeur de la situation d'occupation et de colonisation et permettrait de reprendre une véritable négociation politique débouchant sur un Etat palestinien territorialement viable.

Cela impliquerait l'engagement d'Israël :

1) à ne rien faire pour perturber ces scrutins et ne pas emprisonner les élus comme cela a été fait pour nombre d'entre eux après les élections de janvier 2006 ;

2) à lever des barrages pour permettre une véritable liberté de circulation de la population ;

3) à libérer un certain nombre de prisonniers politiques palestiniens, à commencer par ceux qui seraient candidats ;

4) à permettre des contacts entre la Cisjordanie et Gaza, ce qui suppose la levée du blocus de Gaza ;

5) à laisser voter les Palestiniens de Jérusalem-Est ;

Ces bases pourraient créer les conditions préalables à un règlement politique durable en partant du principe que ces élections seraient la première phase d'une construction institutionnelle, dont la suivante devrait être le débat sur les frontières à partir des résolutions des Nations unies et du droit international. En décidant des frontières définitives, on tracerait ainsi l'essentiel, c'est-à-dire les contours de l'Etat. Dans une telle perspective, ces élections constitueraient alors une étape fondatrice sur le chemin de l'indépendance politique de la Palestine à côté de l'Etat d'Israël.

A partir de là, seule une conférence internationale, sous l'égide des Nations unies, convoquée aussitôt après ces élections et imposée comme le fut celle de Madrid en 1991, pourrait aboutir à un règlement de ce conflit garantissant le droit et les droits des deux peuples.

Nous sommes parfaitement conscients des obstacles considérables qui se dresseraient pour avancer dans cette direction mais c'est pourtant une des seules qui permettraient de progresser vers une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens.

30.11

Jean-Paul Chagnollaud

 Bernard Ravenel 

Jean-Paul Chagnollaud est professeur des universités et directeur de la revue Confluences Méditerranée,

Bernard Ravenel est historien et président de la plateforme des ONG françaises pour la Palestine.

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/11/30/les-elections-palestiniennes-piege-ou-etape-fondatrice-par-jean-paul-chagnollaud-et-bernard-ravenel_1273915_3232.html#ens_id=1228030


3-8 Surenchère de collaboration internationale avec les sionistes !!!

Nous, nous étions convaincus dur comme fer qu’il ne pouvait y avoir plus grande amitié envers l’entité sioniste et envers ses dirigeants que celle manifestée par Nicolas Sarkozy et les dirigeants français !!! Penser autre chose était en effet du domaine de l’inconcevable (allégeance totale de Sarkozy envers les sionistes lors d’un discours prononcé à la Knesset le 23 juin 2008, réception de la criminelle de guerre Tzipi Livni par Nicholas Sarkozy le 4 janvier 2009 en plein massacres de Gaza pour mieux donner sa bénédiction aux génocidaires, participation le 27 janvier 2009 à la grande réception d’après holocauste à Jérusalem où tout le monde à fait « tchin tchin » pour féliciter les bourreaux, réception à plusieurs reprises ces derniers mois dans notre pays de Netanyahu, Lieberman, Moshe Yaalon…)

22 Novembre

Force est de constater aujourd’hui que nous avions tout faux et qu’il y a outre Rhin, une relation plus passionnelle encore, plus démonstrative aussi, puisque selon les médias israéliens, Angela Merkel et les principaux membres du gouvernement sioniste vont se réunir à Berlin le 30 novembre prochain pour un conseil des ministres exceptionnel qui devrait avoir lieu au sein même du Reichstag et cela pour marquer le 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin! Cette initiative répond à une réunion commune des cabinets allemand et israélien lors de la visite de la chancelière Angela Merkel en Israël en mars 2008 (les massacres de Gaza n’ont donc pas eu comme conséquence l’annulation de ce rendez-vous) a fait savoir un haut responsable gouvernemental sous couvert de l’anonymat. Devraient être présents au dit conseil, le Premier ministre Benyamin Netanyahu, le ministre de la Défense Ehud Barak, son collègue des Finances Youval Steinitz ainsi que le chef de la diplomatie Avigdor Lieberman.

Le constat qui s’impose est donc le suivant; la surenchère qui existe dans le monde aujourd'hui vis à vis des criminels de guerre sionistes ne consistent pas et, cela à des milliards d’années lumière, dans des actions gouvernementales internationales qui nous laisseraient voir quels sont les dirigeants les plus empressés et les plus consciencieux à dénoncer et à stopper les sionistes dans leur entreprise de colonisation, d'annexion des terres, de démolitions des maisons, de nettoyage ethnique, d'arrestations, d'assassinats , de génocides... Non, la surenchère à laquelle nous assistons en direct depuis des mois et, particulièrement après le génocide de Gaza, est celle qui vise à nous montrer au quotidien quels sont ceux des dirigeants dans le monde qui collaborent le plus activement et le plus efficacement possible avec eux!!!
Face à cette complicité diabolique, (il ne manque désormais plus en Europe que la construction d’une Knesset bis à Bruxelles…), nous n’avons qu’une seule chose à dire : si la société civile de part le monde ne se réveille pas vite, très vite et ne se lève pas pour dire STOP à cette collaboration odieuse, scandaleuse, infâme (prenez tous les synonymes du dictionnaire et ils ne seront toujours pas suffisants pour décrire l’amère réalité !) de leurs gouvernements avec les criminels de guerre sionistes, il va y avoir une catastrophe irréversible en Palestine et chacun d’entre nous sera en sera complice et ô combien ! Il ne peut en effet en aller autrement vu ce à quoi nous sommes en train d’assister sur le plan politique et diplomatique!
A chacun de prendre ses responsabilités et de savoir s'il veut avoir le sang à venir des Palestiniens sur la conscience!!!

Le collectif Cheikh Yassine  

Commentaires

4.Posté par NAULLAY le 22/11/2009 21:36

Le siège du Futur Gouvernement Mondial sera à Jérusalem. Le siège de la future Religion Mondiale est prévu au Mont Carmel, il y a un obélisque placé là haut avec l'accord du gouvernement Sioniste, par le secte New Age Baha'i.
Comment s'étonner alors que les dirigeants inféodés au NWO soient si proches de l'entité Sioniste ? La prophétie concernant le règne de l'antichrist, à Jérusalem, est en phase de réalisation. Les francs-maçons, Bilderberger et autres élites Globalistes sont les serviteurs de Lucifer et de son faux messie, l'antichrist.
Depuis que le Président de l'Europe, Van Rompuy, a été adoubé par le Club Bilderberg, plus rien ne semble s'opposer au triomphe du NWO...sauf si nos consciences finissent par s'ouvrir et que le Peuple découvre la vérité...qu'il est manipulé depuis des siècles par cette Elite sataniste. Dont la famille Rothschild est le cerveau; elle qui a fomenté la création de l'entité Sioniste et qui a obtenu que son logo, l'étoile de David, codant le '666' soit sur le drapeau de l'état Sioniste.

http://www.alterinfo.net/Surenchere-de-collaboration-internationale-avec-les-sionistes-!!!_a39577.html


3-9 Heba Zaghloul : Pas de répit sur les colonies.

 La visite du président Pérès, dimanche dernier au Caire, a mis en avant la colonisation à Jérusalem comme principal point de discorde entre Arabes et Israéliens.

Une colonisation qu’Israël a décidé d’intensifier en toute impunité.
Pas de répit sur les colonies
C’est à coup de pelleteuses et de bulldozers qu’Israël compte poursuivre sa politique de judaïsation de Jérusalem. La semaine dernière, deux maisons palestiniennes à Silwan, village palestinien à Jérusalem-Est, ont été détruites par les forces israéliennes, sous prétexte que les maisons en question n’ont pas de permis de construire. Plus encore, le gouvernement de Benjamin Netanyahu a donné son autorisation pour construire 900 nouveaux logements à Gilo, colonie Israélienne également située dans la partie orientale de la Ville sainte.
Des mesures qui ont provoqué une vague de protestations au sein de la communauté internationale entre indignation dans le monde arabe et consternation européenne. Quant au président américain, Barack Obama, il a qualifié ces nouvelles mesures de « dangereuses ». Des auxquelles Israël, au bout de plus de trente ans de politique de colonisation dans les territoires occupés, a fini par s’y habituer et, tant qu’il n’y a aucune mesure concrète prise à son encontre
communauté internationale, ces condamnations n’ont pas eu et ne risquent pas d’avoir une influence quelconque sur sa politique.
D’ailleurs, Israël semble avoir perçu le revirement de la position américaine comme un feu vert à sa politique de fait accompli. Au début de ce mois, les Etats-Unis, qui au départ avaient demandé l’arrêt total de la colonisation comme condition préalable à la reprise des pourparlers, ont surpris le côté arabe en demandant aux Palestiniens de renoncer à cette revendication et de reprendre les négociations sans condition.
Rien de nouveau
En parallèle à cette politique de fait accompli, le président israélien Shimon Pérès aurait présenté, selon la presse israélienne, et ce non officiellement, une nouvelle proposition pour relancer le processus de paix : la création d’un Etat palestinien avec des frontières provisoires en attendant un accord final.
Or, cette proposition israélienne n’a rien de nouveau. Elle a été auparavant présentée aux Palestiniens et refusé par ces derniers. Car les Palestiniens ne doutent pas que des frontières provisoires se feront sur la base du mur de la séparation que les Israéliens ont construit autour et à l’intérieur des terres palestiniennes et qui valideront non seulement l’annexion israélienne de Jérusalem, mais également le grignotage d’une grande partie du territoire palestinien. Le résultat est sans équivoque : un Etat palestinien sans continuité territoriale, dépourvu de sa capitale et non viable. En faisant circuler de telles propositions, Israël, qui sait pertinemment qu’elles vont être rejetées par le côté arabe, tente de faire bonne figure en paraissant devant la communauté internationale comme un Etat qui tend la main aux Palestiniens pour relancer la paix ...
Plus encore, Israël cherche à montrer que la colonisation à Jérusalem est indépendante du processus de paix et qu’elle pourrait être poursuivie en parallèle aux pourparlers. Insistant donc sur la position israélienne selon laquelle Jérusalem ne figure pas dans d’éventuelles négociations.
Et c’est cette position qui fut le principal point de divergence entre le président égyptien Hosni Moubarak et son homologue israélien lors de la visite de ce dernier au Caire dimanche dernier. Shimon Pérès avait alors qualifié la colonisation de question « marginale » tout en soutenant la création d’un Etat pour les deux peuples palestiniens et Israéliens. Une position qui paraît contradictoire. Car les enclaves territoriales créées par la colonisation israélienne dans les
territoires occupés ne peuvent pas permettre la constitution d’un Etat palestinien. Sans compter le grand Jérusalem créé par Israël qui divise
la Cisjordanie en deux parties. D’autant plus que près de 200 000 colons juifs vivent dans la partie orientale de la Ville sainte, soit un tiers des colons dans les territoires occupés.
Et c’est précisément ce qui a poussé le président égyptien à demander à son homologue israélien de « prendre des décisions courageuses au service de la paix », insistant  que la question de Jérusalem  doit figurer sur la table des négociations et qu’il s’agit « non seulement d’un problème palestinien, mais d’une question qui concerne les musulmans à travers le monde ». Des demandes qui risquent de rester lettre morte.
Et pour rendre la situation plus compliquée, l’armée israélienne a entrepris des raids contre Gaza dans la nuit de samedi à dimanche derniers, faisant sept morts. Selon Israël, il s’agirait d’une riposte à des tirs d’obus lancés à partir de Gaza contre le sud d’Israël.
Que ce soit sur le terrain ou sur le plan diplomatique, la paix paraît plus que jamais improbable.
Heba Zaghloul

http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahram/2009/11/25/marab1.htm 25 novembre au 1er décembre 2009, numéro 794


3-10 Najet Belhatem : Ce mur qui broie en silence.

790 km de long et 8 mètres de haut, voilà la description physique du mur de séparation érigé par Israël. L’autre description, morale celle-là, c’est une Cisjordanie morcelée, des familles séparées, des agriculteurs qui n’ont plus accès à leurs terres. Bref, une population qui agonise lentement. Une vraie stratégie d’anéantissement.  

Il y a les murs en béton, comme le mur de Berlin dont on vient de fêter le 20e anniversaire de la chute, il y a les murs plus sournois de l’incompréhension et du refus de l’autre, il y a ceux invisibles mis sur la route tragique des migrants vers le nord et les murs du silence. Mais aucun ne ressemble au mur d’Israël.

Au-delà des appellations : mur de séparation, de ségrégation et de la honte, il est l’incarnation lourde et flagrante d’une politique d’anéantissement de l’autre qui remonte à loin et dont le tracé empêche de facto la création de l’Etat Palestinien dont la proclamation a été annoncé il y a 21 ans le 15 novembre 1988 à Alger. « Le consensus actuel en Israël est en faveur d’un Etat comprenant environ 90 % de la Palestine, pourvu que ce territoire soit entouré de barrières électrifiées et de murs, visibles et invisibles », écrit Ilan Pappe, l’un des nouveaux historiens israéliens, « dissident ». Il est connu pour sa critique des politiques sionistes d’Israël et dans son livre édifiant Le nettoyage ethnique de la Palestine. Il met en avant la politique d’épuration ethnique engagée par Israël depuis 1948. Dans ce livre, il écrit que c’est dans la Maison Rouge à Tel-Aviv, siège d’abord l’Union locale du syndicat ouvrier et ensuite quartier général de la Haganah, que « par un froid mercredi après-midi celui du 10 mars 1948, onze hommes, vieux dirigeants sionistes et jeunes officiers juifs, ont mis la dernière main à un plan de nettoyage ethnique de la Palestine ». C’était « le plan D », Daleth en hébreu. Tel fut le lancement de la machine avec déjà une énumération détaillée des moyens à même de faire évacuer les Palestiniens : intimidations massives, siège et pilonnage, incendie des maisons, des biens et démolitions... La machine n’a jamais cessé de fonctionner et de s’adapter depuis, pour aboutir à la décision israélienne unilatérale sous Sharon, en 2002, d’ériger le mur. Une entreprise soutenue même par les pacifistes sous couvert de se prémunir contre les attentats. Plus qu’une barrière de défense, c’est d’abord et surtout un mur de l’apartheid visant à nettoyer encore une fois le terrain des Palestiniens. Le mur sépare et élimine par différents moyens toute une population. Voilà pourquoi il est différent de tous les autres murs.

Desseins inavoués mais connus

Sur son tracé, il avale toutes les ressources en eau, englobe des terres et des colonies et coupe Jérusalem-Est de la Cisjordanie. Voilà les desseins inavoués du mur, comme le constatent les différentes organisations sur place et même un rapport datant du 15 décembre 2008, tenu confidentiel, et rédigé par les consuls généraux des pays de l’Union européenne sur place. Ce rapport pointe du doigt le gouvernement israélien, l’accusant d’utiliser le développement de la colonisation, la construction du mur de séparation, l’instauration d’un régime de permis de résidence et de déplacement des Palestiniens, pour poursuivre activement et illégalement l’annexion de Jérusalem. « La poursuite de la construction du mur contribue à saper les bases de futures négociations, 86 % du trajet de la barrière, y compris à Jérusalem-Est étant à l’intérieur de la ligne verte de 1949 ». Ce rapport qui, lui, a été englouti par le mur du silence a d’ailleurs fait l’objet d’un livre intitulé Le Rapport occulté, présentation de René Backmann (Salvator, Paris, 2009).

Il s’agit d’abord de 300 000 Palestiniens qui vivent aujourd’hui entre la ligne verte (ligne d’amnistie de 1949) et le mur coupé de la Cisjordanie et des moyens de subsistance. 42 villages palestiniens sont enfermés complètement. En contrepartie, le mur intégrera de l’autre côté plus de 414 000 colons israéliens, c’est-à-dire jusqu’à 90 % de la population totale des colons dans le Territoire palestinien occupé.

Au-delà de ses 790 km de long prévus et de ses 8 mètres de haut, il est en train de broyer les Palestiniens dans leur essence même. Il coupe la Cisjordanie en îlots séparés. Jérusalem-Est sera isolée du reste de la Cisjordanie. Les autres villes et villages de la Cisjordanie vivront au compte- goutte des permis et des check- points et des moyens élémentaires de vie.

Mainmise sur l’eau et les terres

Le tracé du mur illustre une intention flagrante de mainmise sur les ressources en eau et de spoliation, encore une fois, des terres palestiniennes.

Il rase 250 ha des terrains palestiniens abritant 70 % des oliviers de la zone et les deux sources principales de la population, l’agriculture et l’élevage, sont en passe d’être anéanties. En fait, le drame est déjà enclenché. Les agriculteurs palestiniens doivent désormais obtenir des permis pour accéder à leur terres d’exploitation. Amnesty international rapporte le cas d’un des villages. A Jayyous, à la frontière de la Cisjordanie entre Israël et le mur, les familles sont séparées et les agriculteurs n’ont plus accès à leurs terrains agricoles sauf en obtenant un permis israélien. « Dans ce village, 30 permis ont été annulés fin juin 2007 sans justification », relève l’organisation.

Oxfam-Solidarité, une autre organisation d’aide internationale, incrimine ces permis délivrés au compte-goutte : « Certains Palestiniens découvrent par exemple qu’ils sont repris sur une liste noire établie par les Israéliens et n’ont donc aucun espoir d’obtenir un permis. Ceux qui n’y figurent pas peuvent réclamer l’accès à leurs terres, mais doivent pour cela présenter des papiers d’identité, disposer de documents qui prouvent qu’ils sont propriétaires des terres ou qu’ils en ont hérité, remplir divers formulaires et avoir des photos des parcelles... ». Il faut ensuite que la porte agricole la plus proche soit ouverte, ce qui n’est pas toujours le cas. L’organisation rapporte les propos de Sharif Omar, agriculteur de 66 ans : « Il y a deux ans, je suis resté sept mois sans pouvoir me rendre sur mes terres ». Et d’ajouter : « En nous empêchant d’accéder à nos terres, les Israéliens ont beau jeu ensuite de déclarer que nous ne nous en occupons pas ».

En effet, l’organisation révèle que les autorités israéliennes, une fois les agriculteurs séparés de leurs terres, font appel à des lois datant des Ottomans et des Britanniques, ainsi qu’à celle « des propriétaires absents » pour tenter de mettre un cadre légal à ces confiscations. Il y a aussi un autre moyen de dépossession : les noms de familles. Israël a imposé aux Palestiniens d’ajouter un nom de famille au prénom suivi de celui du père et du grand-père utilisés d’habitude. « Les terres de ma famille sont enregistrées sous le nom de mon père Mohamad Omar Mohamad. Mon nom est Sharif Mohamad Omar Mohamad, ce qui devient pour les Israéliens Sharif Mohamad Omar Mohamad Khalid. Mon fils aîné Azzam s’appelle donc Azzam Sharif Mohamad Khalid et mon petit-fils Sharif Azzam Sharif Khalid. A priori, il n’y a plus aucun lien apparent entre leur nom et celui de mon père. Dans quelques années, les Israéliens pourront donc affirmer que mon petit-fils n’a aucun lien avec la terre familiale », prévoit l’agriculteur.

Comme les agriculteurs, les étudiants ne peuvent pas se rendre à leur écoles et les malades ont du mal à avoir accès aux soins. Sur son tracé, le mur a englouti les ressources en eaux. Ainsi à Qalqylya (nord de la Cisjordanie ), complètement encerclée par le mur dont les 50 mille habitants sont isolés, 40 % des terres et le tiers des puits sont de l’autre côté du mur. Et justement sur cette question de l’eau dans un rapport daté du 27 octobre 2009, Amnesty international accuse Israël de priver les Palestiniens des ressources aquifères en Cisjordanie. Rapport très mal accueilli par Israël. L’organisation révèle à quel point les politiques et pratiques discriminatoires d’Israël en matière d’eau bafouent les droits des Palestiniens. 80 % de l’eau de Cisjordanie va à Israël (300 litres par pers) et 20 % aux Palestiniens (70 litres par pers). « Par ailleurs, ajoute le rapport, les limitations sur les déplacements des personnes et des biens dans les territoires occupés accentuent les difficultés pour mettre en place des projets d’eau dans les villages ». L’armée israélienne détruit même les cuves de récupération d’eau des pluies que les villageois installent et confisque les camions citernes. « Quelque 450 000 colons utilisent autant d’eau que toute la population palestinienne », commente le rapport. Pour dire que le mur d’Israël cristallise la ségrégation dans toutes ses formes.

Nouvelle arme, vieille stratégie

 

Et pourtant, rien n’a pu arrêter son avancée qui se fait aux prix de discriminations multiples et de violations incessantes au droit international sous les yeux du monde, afin de rendre la vie des Palestiniens impossible et les pousser ainsi à partir vers d’autres cieux plus cléments. Même l’avis de la Cour Internationale de Justice (CIJ), émis le 9 juillet 2004, qui qualifie l’édification du mur comme contraire au droit international et met Israël dans l’obligation de réparer tous les dommages. En attendant sur le terrain, les Palestiniens continuent à s’opposer à ce symbole d’apartheid.

Le 7 novembre, des Palestiniens ont abattu un pan du mur et l’opération a été menée par des Palestiniens aidés par des activistes. Et tous les vendredis, des villages organisent des marches de protestation vers le mur. Ce fut le cas ce vendredi 13 novembre dans le village de Biliin dans la région de Ramallah, où le mur isole 60 % des habitants de leurs terres agricoles. Et puis, il y a Biliin où les manifestants ont scandé «  De Berlin à Bil’in ». Pour crier au monde que tous les murs à travers l’histoire ont fini par tomber. Mais faudrait-il avant que le mur du silence tombe, que des rapports, comme celui des consuls généraux de l’Union européenne, soient immédiatement publiés et mis au grand jour et que des rapports comme celui de Goldstone ne soient pas broyés par des arsenaux de procédures politico-juridiques qui empêchent une condamnation internationale.

Car en attendant, la machine israélienne ne cesse d’avancer, resserrant chaque jour l’étau autour de toute une population. L’épuration, reconnaît l’historien Pappe dans un entretien publié le 23 mars 2007 par le quotidien italien Il manifesto, « se réalise de diverses manières. Il y a soixante ans, on recourait aux armes pour obliger les gens à fuir. Maintenant, à cause du contrôle des médias et des institutions internationales, on utilise d’autres méthodes. Rendre la vie impossible, restreindre les possibilités économiques et réduire la capacité de développement : ces nouvelles stratégies fonctionnent d’autant mieux qu’elles se conjuguent avec le refus d’une véritable négociation avec les Palestiniens ».

Dans ces nouvelles stratégies, le mur de l’anéantissement s’inscrit désormais comme l’arme idéale qui fait proprement « une sale besogne ».

Najet Belhatem

 jeudi 19 novembre 2009 - 07h:20

Al-Ahram/hebdo - numéro 793 (Dossier)

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=7660


3-11 Sever Plocker : Israël est devenu une épine dans le flanc du monde.

[Cet article a été recommandé pour information par Omar Barghouti de la campagne BDS : « L’auteur, un journaliste israélien connu et influent, semble prédire avec exactitude ce qu’est l’avenir d’Israël en raison de la croissance impressionnante du mouvement mondial BDS, en particulier depuis le massacre de Gaza. »

J’ai été invité à donner une conférence sur l’économie et la société israéliennes à l’université d’Oxford. Comme il s’agissait d’une courte conférence et d’un forum respectable, j’ai accepté l’offre avec plaisir. L’invitation a été lancée il y a environ six mois. Pourtant, maintenant que mon voyage approche, je suis préoccupé. J’hésite.

Mes amis me mettent en garde : n’y va pas ! Des gens hostiles vont créer des perturbations, protester, crier et intervenir. L’atmosphère dans les universités britanniques est anti-israélienne dans une mesure jamais vue dans le passé. Israël est perçu comme une épine dans le flanc du monde civilisé.

Un professeur israélien qui a discrètement quitté une prestigieuse université britannique m’a dit : « Ma vie universitaire et sociale devenait insupportable. Les collègues me tenait à l’écart comme si j’étais un lépreux. Je n’étais pas invité aux réunions, qui se faisaient en-dehors de bâtiments universitaires dans des résidences privées pour me tenir à l’écart. Le fait que j’ai ouvertement exprimé des opinions de gauche a été inutile. Mon opposition à l’occupation et l’approbation d’un retour aux frontières de 1967 ne faisaient aucune différence. Dans la pratique, je me suis senti exclu. »

« Aujourd’hui, vous n’êtes le bienvenu dans le monde universitaire britannique et européen que si vous rejetez l’existence même de la créature colonialiste et impérialiste qui pratique méthodiquement des crimes de guerre et connue sous le nom d’Israël, » dit-il. « Aujourd’hui, il ne suffit pas de condamner Bibi et Barak, afin d’être accepté par les universités à l’extérieur d’Israël, il faut condamner la Déclaration Balfour ».

Le radicalisme universitaire britannique met en lumière la détérioration rapide du statut d’Israël et de son image. Nous sommes en pleine chute libre sur le front des affaires extérieures. La paix froide avec trois États musulmans - l’Egypte, la Jordanie et la Turquie - s’est transformée en une guerre froide. Les Israéliens sont des visiteurs indésirables dans ces pays et de nombreux autres États où, dans le passé nous étions chaleureusement accueillis.

Dans le même temps, Israël a échoué dans ses efforts pour isoler l’Iran d’Ahmadinejad et le disqualifier en tant que membre de la famille des nations. Ahmadinejad traverse une grande période.

Bibi ne voit pas le changement

Le dialogue intime qui dans le passé caractérisait les relations entre le président américain et le premier ministre d’Israël n’existe plus. Le pipeline du dialogue est bouché. L’Inde et la Chine, les deux puissances émergentes, ont voté en faveur de l’adoption du rapport Goldstone à la commission des droits de l’homme des Nations Unies. Depuis, [ce rapport] a été gravé sur le front d’Israël comme un signe de Caïn.

Les gouvernements amis, comme la France et la Grande-Bretagne, nous tournent le dos au profit des sentiments domestiques [de leurs électorats].

L’adhésion d’Israël à l’OCDE et qui paraissait largement un fait accompli dans le passé, s’éloigne à nouveau - en raison des sentiments négatifs croissants vis-à-vis d’Israël et non pas pour des questions de différends techniques. Par pure coïncidence, ou non, les grands investisseurs étrangers se retirent d’Israël.

Est-ce que tout le monde nous déteste ? Peut-être, mais le fait est que jusqu’à il y a six mois, Israël bénéficiait d’un essor extraordinaire sur le front des affaires extérieures, tant dans ses relations avec l’étranger que dans l’opinion publique mondiale. Cela met en évidence une seule source dans la dégradation que nous constatons : le nouveau gouvernement de Jérusalem.

En effet, il s’agit d’un gouvernement élu par le peuple et qui reflète les préférences des électeurs, lesquels voulaient une coalition comprenant le Likoud, le Shas et Yisrael Beiteinu.

Par conséquent, Netanyahu a nommé comme ministre des Affaires étrangères Lieberman. Il n’a pas accepté l’idée d’une rotation de gouvernement avec le Kadima, a été incapable d’organiser une réunion de travail avec le président de l’Autorité palestinienne et a transmis un message d’indifférence à l’égard du processus de paix.

Encore pire, le Netanyahu de 2009 ne comprend pas le monde et il est surtout incapable de saisir les changements en cours au sein des partis conservateurs qui sont proches de ses positions politiques. Aujourd’hui, ces partis sont à l’origine de vives critiques contre le gouvernement israélien, le gouvernement Nétanyahou.

L’actuelle vague anti-israélienne est particulièrement dangereuse, surtout parce qu’elle n’est pas limitée aux médias et aux groupes de gauche qui étaient traditionnellement classés comme « ennemis d’Israël ». Cette vague est montante, elle s’étend en emmenant les jeunes avec elle et détermine l’opinion des classes moyennes et des élites influentes.

L’image d’Israël a atteint son point le plus bas, il est isolé, indésirable et perçu comme mauvais. Le monde est en train de nous dire que si nous continuons sur le même chemin méprisable, nous allons perdre notre légitimité.

Sever Plocker 

11 novembre 2009 –

Ynetnews - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.ynetnews.com/articles/0,...
Traduction : Nazem

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=7640


Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


06/12/2009

n°497 - Journal de Palestine - 13-1 - 06-12 – Début - Le jour où le monde 'libre' a laissé tomber Gaza.


n°497 - Journal de Palestine - 13-1 - 06-12 – Début  - Le jour où le monde 'libre' a laissé tomber Gaza.


          Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

     Sa diffusion est un acte de résistance.

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal de Palestine 

 n°497                       13-11  au  06-12

C.De Broeder      &  M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 

Sommaire

Tiré à part

Projet de déclaration unilatérale d'un État palestinien.

Abbas ne se présentera pas aux élections : un coup de tête ou une décision américaine ?

Le jour où le monde libre a laissé tomber Gaza.

De l'importance des îles Salomon pour Israël.

Le jour de fête musulmane, les occupants israéliens bombardent Gaza…

Sanctions contre des soldats de l’unité Nah’shon. Plusieurs d’entre eux, refusant d’obéir aux ordres ...

1 Résistance

Détails par région:

2 Décompte des pertes humaines

suite 

3 Politique

Politique Palestinienne

Politique Israélienne

Fin

4 Politique internationale des territoires occupés 

 


13-11 au 06-12 : Peuple Palestinien : 2 tués   -  22 blessés

                            Occupants            :  0 tué     -   2 blessés



Tiré a part

Projet de déclaration unilatérale d'un État palestinien.

Les Palestiniens veulent obtenir du Conseil de sécurité de l'ONU qu'il appuie la proclamation unilatérale de leur État, en raison du blocage des négociations de paix avec Israël, a affirmé dimanche le principal négociateur palestinien.

«Nous avons décidé de nous adresser au Conseil de sécurité pour essayer d'obtenir son soutien à la création d'un État palestinien indépendant ayant Jérusalem pour capitale et dont les frontières seraient celles de juin 1967» avant l'occupation israélienne, a déclaré à l'AFP ce négociateur Saëb Erakat.

«Nous allons chercher à obtenir l'appui de l'Union européenne ainsi que celui de la Russie et d'autres pays», a-t-il ajouté.

Plusieurs ministres israéliens ont aussitôt mis en garde les Palestiniens contre toute démarche unilatérale.

«Les démarches unilatérales ne mèneront pas aux objectifs que nous cherchons à atteindre» par la négociation, a déclaré aux journalistes le vice-Premier ministre Sylvan Shalom avant la séance hebdomadaire du cabinet.

«Nous voulons des négociations directes» de paix, a-t-il ajouté en allusion à la suspension de celles-ci depuis l'offensive de l'armée israélienne contre la bande de Gaza l'hiver dernier.

«Cette initiative hostile supprimerait tout espoir de négociations de paix. S'ils (les Palestiniens) vont de l'avant dans leur projet de proclamation unilatérale d'un État, nous devrons étendre notre contrôle sur les secteurs C» de la Cisjordanie, a de son côté affirmé le ministre des Infrastructures Uzi Landau (Israël Beiténou - droite nationaliste).

Les secteurs C de la Cisjordanie occupée sont contrôlés par la police de l'Autorité palestinienne, et l'armée israélienne y assume la sécurité globale.

Le ministre chargé des affaires de la Diaspora, Yuli Edelstein, s'est pour sa part élevé contre les propos de M. Erakat.

«Ils prouvent que parmi les dirigeants palestiniens, il y en a plusieurs qui croient toujours pouvoir atteindre leurs objectifs par la violence et le terrorisme», a-t-il déclaré à l'AFP.

«J'espère que la communauté internationale ne coopérera pas avec ce projet et s'exprimera clairement en faveur de l'unique approche possible, à savoir la tenue de négociations directes», a-t-il ajouté.

Le président palestinien Mahmoud Abbas exige qu'Israël gèle totalement la colonisation avant toute reprise des pourparlers de paix. Selon des responsables palestiniens, il a été heurté par la récente volte-face de l'administration américaine sur ce point.

Agence France-Presse

15 novembre

http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/200911/15/01-921883-projet-de-declaration-unilaterale-dun-etat-palestinien.php.

 

Abbas ne se présentera pas aux élections : un coup de tête ou une décision américaine ?

Le président de l’autorité palestinienne a déclaré qu’il n’irait pas briguer un deuxième mandat.

Cette déclaration donnée dans un discours, le 5 novembre, a-t-elle été faite pour se sauver la face, après avoir vu le processus de paix tomber dans un échec cuisant ? Ou tout simplement, ne serait-ce qu’une décision américaine, préalablement prise, pour se débarrasser de lui ?

Plusieurs gifles

Après le discours d’Abbas, il est bien clair que Washington n’a donné aucun signe montrant son attachement à lui, aucun signe montrant sa volonté de regarder de près ses dires accusant les Américains d’être complètement aux côtés des Israéliens. En fait, ces Américains, via la secrétaire d’Etat américaine des affaires étrangères Hillary Clinton, ne considèrent plus le gel de la colonisation comme une condition préalable à une reprise des négociations palestino-sionistes. Les Américains n’ont fait aucune attention à ses huit points suggérés pour faire bouger les négociations gelées.

Cette même Hillary Clinton a commenté la volonté du départ d’Abbas. Elle ne s’est aucunement montrée inquiétée de ce départ, bien qu’Abbas soit l’ingénieur d’Oslo, bien qu’il soit parmi les premiers à avoir appelé à laisser tomber la résistance au profit de la paix, qui tarde à venir.

Beaucoup d’observateurs palestiniens croient que le refus d’Abbas n’est que subterfuge, une scène de théâtre pour faire pression sur les Américains et les Israéliens afin qu’ils l’aident à renforcer sa place et surtout à retrouver une popularité perdue, notamment après sa position douteuse par rapport au rapport de Goldstone.

On veut se débarrasser d’Abbas

L’ancien président de l’OLP Farouq Al-Qaddomi remarque que ce n’est pas la première fois qu’Abbas fait une telle déclaration. Il pourrait changer d’avis. Il l’a déjà fait lorsqu’il était premier ministre, à l’époque d’Arafat.

Le problème d’Abbas, c’est que les Américains n’ont donné aucune attention à sa déclaration, dit Khaled Mechaal, président du bureau politique du Hamas.

Les Américains, eux-mêmes, ont connu un échec cuisant dans leur volonté déclarée d’obliger "Israël" à geler la colonisation, même pour une durée d’un an seulement ! En effet, ils ne veulent pas fâcher les Israéliens. Mais que les Arabes soient fâchés ou non, rien ne changera pour les Américains, dit Mechaal.

Certains observateurs croient qu’Abbas a voulu, par son coup de théâtre, se donner plus de chance dans sa volonté cachée d’être réélu à la tête de son mouvement du Fatah et de l’OLP. Puis ce coup de théâtre est une réponse à l’intention des Américains de le remplacer par un autre. Mais les Américains disent qu’ils travailleront avec lui, quelle que soit sa nouvelle fonction, ce qui veut dire qu’ils ne veulent pas qu’il reste à la fonction de la présidence de l’autorité palestinienne.

En conclusion

Enfin, si Abbas a pris sa décision parce que les Américains l’avaient délaissé ou par un coup de tête, la situation restera la même. Il y a un échec crucial du processus de paix. Il n’a rien donné, même pas un petit minimum. Il faut voir aussi comment on retourne sa veste devant une personnalité engagée dans ce processus, côté palestinien, dès qu’il ne leur sert à rien, aux Sionistes et à leurs soutiens américains. C’était le cas de Yasser Arafat. Maintenant, c’est celui de Mahmoud Abbas. Demain, ce sera le tour de qui ? Qui vivra verra !

Gaza – CPI

http://www.palestine-info.cc/...

http://www.palestine-solidarite.org:80/rapport.CPI.111109.htm

 

Le jour où le monde 'libre' a laissé tomber Gaza.

L’Alliance internationale pour poursuivre les criminels de guerre a publié un rapport sous le titre : « Le jour où le monde libre a laissé tomber Gaza ». Il n’est jamais trop tard de revoir ce rapport parlant de ce qui s’était passé dans les coulisses avant et pendant le vote sur le rapport de Goldstone, dans le Comité des droits de l’homme, au mois d’octobre dernier.

Le rapport explique comment les Etats-Unis ont aidé quelques pays à fuir  l’assemblée. Comment "Israël" a corrompu certains pays et comment elle en a menacé quelques autres.
Le pire dans l’affaire reste l’attitude de l’autorité palestinienne de Ramallah qui n’y a envoyé qu’une simple délégation, même pas un ministre, au moment où "Israël" était représentée par plusieurs de ses ministres.
Malgré tous les agissements, 25 voix étaient pour le rapport. 6 pays seulement ont voté contre. 11 autres se sont abstenus. Un vote qui donne enfin une petite lueur d’espoir aux victimes de l’injustice et de la sauvagerie israéliennes.
L’introduction du rapport explique que l’Alliance internationale se voit obligée de dévoiler au public tous les détails de ce qui s’est passé, surtout qu’il s’agit de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.
Le rapport se voit désolé de voir des gouvernements voulant cacher au monde des situations inhumaines, insupportables dans lesquelles des groupes faibles perdent leurs droits essentiels. Ils vivent dans des conditions de plus en plus difficiles. Le peuple palestinien vit dans un climat où se répandent de plus en plus, et de jour en jour, le cancer et toutes sortes de maladies graves. Y sont pour quelque chose les résidus de phosphore blanc, d’uranium, de substances qui ne laissent en vie ni les hommes ni les végétaux. De plus, tout ce qui contribue à s’en protéger est interdit d’entrer dans la bande de Gaza. On veut aveugler le monde sous prétexte que la justice pourrait entraver la paix. Quelle mascarade !?
Pour ce qui est de la position de l’Union Européenne envers le rapport de Goldstone, elle insiste sur trois points. Premièrement, selon l’Union, le rapport ne serait pas équilibré. Deuxièmement, approuver le rapport dans son état actuel entraverait le processus de paix dans la région. Troisièmement : l’Union veut supprimer toute condamnation faite à "Israël" pour qu’elle s’abstienne.
Mais l’Alliance internationale voit dans cette position une contradiction à l’esprit de la convention européenne des droits de l’homme et des libertés essentielles. Elle a alors demandé à l’Union d’expliquer sa position quant aux points prétendument non équilibrés.
Les hors-la-loi doivent être poursuivis, sans aucun calcul politique. Quand la paix est-elle au-dessus de la loi, de la justice, des droits de l’homme ? se demande l’Alliance.
L’Union Européenne voudrait effacer toute condamnation contre "Israël" (la coupable). Quel intérêt alors de mettre en place, dès le départ, des commissions d’enquête ? Quel intérêt de dépenser des millions et des millions de dollars pour réformer la justice et la protéger contre la mainmise de la politique ?
Il faut être honnête et commencer à juger cette "Israël" dont les crimes ne cessent d’augmenter en nombre et en intensité. 
La position de
la Conférence Islamique et de la Ligue Arabe
L’organisation d
la Conférence Islamique a adopté une position forte. Elle était basée sur la condamnation de tout acte touchant les civils.
Et pour ce qui est de
la Ligue Arabe, le rapport certifie que sa position était exceptionnelle. Elle était représentée par un ministre et un ambassadeur. Ses membres se sont montrés très coopératifs.
Le mouvement des pays non alliés, représenté par l’Egypte, était également bien actif.
Le journal Quds Press a exposé les positions de certains pays dont en particulier ceux qui étaient l’objet de chantages et de corruptions par "Israël",
la France et les Etats-Unis.
Des pressions
"Israël" a menacé ce grand pays d’Amérique du Sud de revoir l’accord commercial entre les deux pays. Mais le Brésil n’a pas cédé au chantage. Sa délégation a informé celle d’"Israël" qu’en tout cas, le parlement de son pays ne veut pas le faire avant la constitution de l’Etat palestinien.
Encore des pressions
L’Argentine se trouvait sous des pressions américano-israéliennes très fortes. La délégation a changé d’attitude, à plusieurs reprises, contre et pour. Enfin, sous l’ordre du vice-président, le vote a été pour le rapport.
Et face aux pressions américaines, l’ambassadeur nigérien leur a dit d’aller au diable : ce sont les Américains qui ont besoin des Nigériens, et non le contraire.  
La carotte et le bâton
Le pays asiatique qu’est le Bangladesh a beaucoup souffert. L’ambassadeur américain n’arrêtait pas de pratiquer toutes les pressions possibles sur l’ambassadeur de ce pays. Les Américains lui disaient qu’ils reverront leur financement de l’unité de lutte contre le terrorisme s’il vote pour le rapport de Goldstone.

Rien à faire.

L’ambassadeur avait pour ordre ferme de voter pour.
Le pays africain de Burkina Faso aurait reçu d’"Israël" un pot-de-vin de quinze mille euros pour voter contre. La somme a été baissée à huit mille parce qu’il s’est abstenu.
Le Gabon, un autre pays africain, s’est abstenu sur la demande de
la France. C’est en France qu’une enquête est ouverte sur la fortune du président gabonais. 
Une transaction honteuse
Le rapport parle d’une transaction des plus honteuses entre Madagascar et "Israël". En effet, cette dernière a proposé à Madagascar de se retirer du vote, contre l’achat du bois interdit en échange de quelques armes légères.
Et le pays européen de Slovaquie a voté contre le rapport, en cédant à une menace israélienne de geler une caisse d’investissement commune entre les deux pays. Quelle honte ! écrit-on dans le rapport.
Puis le rapport se trouve indigné de la position américaine, plus active même que la position israélienne. Il faut travailler pour réveiller la société civile américaine et pour stopper les politiques qui ne font que répandre plus de sang. 
"Israël", un pays hors-la-loi
Le rapport remarque que la délégation israélienne était trop grande pour un petit pays. La plupart des ministres étaient présents. Les membres de la délégation critiquaient et humiliaient le conseil et le rapport. Ils disaient que le rapport est une honte et une entrave à la paix.  
L’Alliance internationale voit dans la position israélienne la même position habituelle de ce pays qui se voit au-dessus de la loi. Il refuse la loi internationale et refuse la coopération avec les institutions internationales. Il refuse toute enquête. La délégation israélienne prétendait que son pays possède un système judiciaire honnête et que les victimes doivent se fier à lui !
Source: Centre Palestinien d'Information (CPI)

 20 Novembre

 http://www.almanar.com.lb

http://www.alterinfo.net/Le-jour-ou-le-monde-libre-a-laisse-tomber-Gaza_a39490.html

 

De l'importance des îles Salomon pour Israël.

20.11.

Dans sa lutte contre le rapport "Goldstone" qui l'accuse d'avoir commis des crimes de guerre dans la bande de Gaza, Israël ne ménage aucun front.

Un de ses diplomates était attendu cette semaine à Honiara, la capitale des îles Salomon, micro-Etat d'Océanie.

L'émissaire était chargé de communiquer la mauvaise humeur de l'Etat juif après que cet archipel a contribué, le 6 novembre, à l'adoption par l'Assemblée générale des Nations unies du rapport rédigé par le juge sud-africain Richard Goldstone. "Devant l'Assemblée générale, la voix des îles Salomon compte autant que celle de la Chine ou de la France", explique Yigal Palmor, le porte-parole du ministère des affaires étrangères israélien.

La résolution enjoint Israël et le Hamas, qui est également accusé de crimes de guerre, d'enquêter sur ces allégations, sous peine de voir le rapport transféré au Conseil de sécurité des Nations unies. Israël avait aussitôt stigmatisé ce vote attendu, le qualifiant de "détaché de la réalité". Le ministère des affaires étrangères, QG de la contre-attaque, avait été surpris de trouver parmi les "instigateurs de la résolution" le nom des îles Salomon.

Car, jusque-là, ce pays peuplé d'un demi-million d'habitants était un allié aussi constant qu'anonyme de l'Etat juif. A l'intar du Vanuatu, de Palau, Nauru ou des îles Marshall, ses minuscules voisins des mers du Sud. "On sait que les îles Salomon ont reçu 200 000 dollars (134 164 euros) de l'Iran pour envoyer des étudiants à Cuba, dit Yigal Palmor. Rien ne dit que le vote aux Nations unies a été acheté, mais on est en droit de nourrir quelques soupçons."

Une diplomate israélienne, de passage dans la région, a donc été chargée de rendre visite au premier ministre, Derek Sikua, qui gère un millier d'atolls et d'îlots. Cette mission exotique témoigne du désarroi causé par le rapport. Dans le quotidien Yediot Aharonot, le plus gros tirage local, l'éditorialiste Sever Plocker s'alarme : "Le rapport "Goldstone" est comme le signe de Caïn gravé sur le front d'Israël. Notre image à l'étranger est en pleine chute libre."

Benjamin Barthe

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/11/20/de-l-importance-des-iles-salomon-pour-israel_1269828_3218.html#ens_id=1228030

 

Le jour de fête musulmane, les occupants israéliens bombardent Gaza…

Comme à leur habitude, sans aucun respect à aucune religion, encore moins à une fête musulmane, les occupants israéliens ont bombardé, ce matin vendredi 27 novembre 2009, le nord de la bande de Gaza.

Mouaya Hosneine, directeur général du département d’urgence, rapporte à l’envoyé de notre Centre Palestinien d’Information (CPI) que les avions et les tanks sionistes ont visé un certain nombre de citoyens palestiniens qui allaient vers le cimetière Al-Chohada (les martyrs), à l’est du village Jébalia. Ils partaient au cimetière pour visiter les tombes des leurs, en ce jour d’Aïd. Quatre d’entre eux ont été touchés et blessés.

Les ambulances ont porté les victimes vers l’hôpital de Kamel Odouan, dans le village de Beit Lahya. Grave est l’état de deux d’entre eux.

Notons que les Palestiniens de la bande de Gaza, comme la plupart des Musulmans, partent les jours de fêtes religieuses vers leurs cimetières pour rendre visite aux tombes des leurs.

En tout cas, ce n’est guère étonnant que les occupants israéliens bombardent des gens qui ne font que pratiquer leur culte et leur religion, sachant qu’ils visent tous les détails de la vie d’un Palestinien.

28/11

 http://www.palestine-info.cc
 http://www.alterinfo.net/notes/Le-jour-de-fete-musulmane,-les-occupants-israeliens-bombardent-Gaza-et-blessent-quatre-Palestiniens_b1733966.html

 

Sanctions contre des soldats de l’unité Nah’shon. Plusieurs d’entre eux, refusant d’obéir aux ordres ...
Une question douloureuse vient d’être remise à l’ordre du jour avec l’évacuation, ce lundi, de deux habitations d’un point de peuplement, dans le Har Hébron.

Une fois de plus, l’armée a utilisé ses soldats, de l’unité Nah’shon, pour cette opération et plusieurs d’entre eux, refusant d’obéir aux ordres, sont même montés sur un toit pour proclamer haut et fort qu’ils refusaient de prendre part à l’expulsion de leurs frères.
L’incident a eu lieu près de la localité juive de Negohoth.  Deux des soldats récalcitrants ont été accusés d’avoir eu une attitude honteuse et ont été condamnés à trente jours de cachot. En outre, ils ont été rétrogradés et écartés de tout poste de combattant.  Mais ils n’étaient pas seuls. D’après les estimations d’un haut gradé, quatre de leurs compagnons devraient être jugés ces jours-ci.
Le député Michael Ben Ari, du Ihoud Leoumi (Union nationale), a réagi en accusant le ministre de
la Défense Ehoud Barak de « politiser l’armée ».
Et de préciser: « Barak continue à utiliser les soldats pour pouvoir garder près de lui le député Daniel Bensimon. Ceux qui pensent qu’il s’agit seulement d’appliquer la loi ne connaissent pas la situation à Negohot ».
De son côté, le porte-parole de Tsahal a commenté ainsi le dernier incident: « L’action de ces soldats est totalement répréhensible et va à l’encontre des valeurs de l’armée. Toute tentative visant à impliquer l’armée dans un débat politique est condamnable ».
Il s’agit, rappelons-le, du second incident en l’espace d’un mois et pour éviter que cela se reproduise, une quinzaine de députés, tant de la coalition que de l’opposition, ont décidé de présenter un projet de loi visant à empêcher que des soldats soient chargés d’évacuer des localités juives. Il a été proposé par les députés Tsippi Hotoveli (Likoud) et Arieh Eldad (Ihoud Leoumi). Ce dernier a expliqué: « Le rôle de Tsahal consiste à protéger l’Etat d’Israël, sa souveraineté et ses citoyens.
C’est à la police qu’il incombe d’accomplir les missions liées à l’application de la loi ».
17/11
http://www.actu.co.il/2009/11/sanctions-contre-des-soldats-de-lunite-nahshon/

21-11

L'enquête internationale menée par les nations unies, connue pour "le rapport Goldstone", a condamné l'entité sioniste pour avoir commis des crimes de guerre contre les civils de la bande de Gaza.

Aucun responsable israélien n'a pour autant été traduit en justice!   

 http://www.almanar.com.lb

http://www.alterinfo.net/notes/Raids-israeliens-quotidiens-contre-la-bande-de-Gaza_b1723800.html



1 La lutte pour la libération dans les  territoires occupés

Résistance

19-11

Les brigades d'Abou Ali Moustafa, la branche militaire du front populaire, pour la libération de la Palestine, a revendiqué qu'elle a pris en cible, le mardi 17/11,  un bulldozer, durant son invasion dans la région de Johr al Dick, à l'est de Gaza.

Les brigades ont rapporté dans leur communiqué militaire que leurs résistants sont fortement prêts pour faire face à toute offensive des forces armées sionistes, en confirmant leur fort attachement à la résistance et d'être un seul front avec les autres factions de la résistance nationale palestinienne.

19/11http://www.palestine-info.cc

http://www.alterinfo.net/notes/?start=10

21-11

Samedi soir, le Hamas, avait annoncé que les milices palestiniennes s'étaient mises d'accord pour faire cesser ces tirs de roquettes.

Fathi Hamad, le ministre (Hamas) de l'Intérieur dans la Bande de Gaza, avait expliqué que cette trêve avait pour but d'éviter des représailles israéliennes et d'apporter de la stabilité à ce petit territoire qui souffre du blocus israélien.

Dimanche, le Djihad islamique, une faction plus petite mais responsable de la majeure partie des tirs de roquettes, a affirmé qu'il n'y avait "pas de trêve formelle". Il a toutefois assuré qu'il s'abstiendrait temporairement.

"Oui, il y a une pause. Mais si les ennemis sionistes attaquent, comme ils le feront inévitablement, il y aura une réaction", a déclaré Khader Habib, porte-parole du Djihad islamique

http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/international/proche_moyenorient/20091122.FAP4375/bombardements_israeliens_sur_la_bande_de_gaza_sept_bles.html


Bande de Gaza - Au jour le jour

13-11

Moustafa Wadi, âgé de 18 ans, été tué et un autre blessé vendredi dans la bande de Gaza lorsque l'armée israélienne a ouvert le feu sur un groupe de personnes, près de Karmi, le long de la frontière avec les territoires de 1948, a-t-on appris auprès de sources palestiniennes et israéliennes.  
Selon un témoin palestinien, des soldats israéliens ont tiré sur un groupe de jeunes qui chassaient des oiseaux à l'appeau près de la clôture frontalière.
Le témoin palestinien a par ailleurs fait état de l'arrestation de trois jeunes du groupe et d'un blessé transporté côté israélien de la frontière.
(AFP)

19-11

Il est à noter que 6 bulldozers et 4 chars militaires de l'armée de l'occupation israélienne ont envahi, le mardi matin, l'est de la région de Johr al Dick, au sud de la Bande de Gaza, où un citoyen a été tué, trois enfants ont été  enlevés, alors qu'un autre palestinien a été blessé,  le vendredi passé.

19/11http://www.palestine-info.cc

http://www.alterinfo.net/notes/?start=10

22/11

L'armée de l'occupation israélienne a multiplié ses agressions aériennes contre la bande de Gaza, au su et au vu de la communauté internationale.
Seulement dans la nuit de samedi à dimanche, les avions de combat de l'armée de l'occupation israélienne ont mené trois raids, faisant au moins huit blessés dans les rangs des civils.    
Cinq Palestiniens ont été blessés, dont un grièvement, lors d'un raid mené près de Rafah, à la frontière avec l'Egypte, contre un tunnel.
Deux Palestiniens ont eux été blessés lors d'un autre raid qui a visé un atelier métallurgique dans le camp de réfugiés de Nousseirat (centre).
Enfin, un autre Palestinien a été touché lors d'un troisième raid contre un atelier similaire dans le camp de Jabaliya (nord), a-t-on précisé de même source
http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=112312&language=fr

22/11/

Un Palestinien a été tué dans la nuit de samedi à dimanche dans l'effondrement d'un tunnel à Rafah, à la frontière entre la bande de Gaza et l'Egypte.
 La victime, Hani Rizk, était âgée de 30 ans, a précisé le chef des services d'urgence palestiniens.
Les accidents sont fréquents dans ces souterrains qui se sont multipliés depuis l'invasion israélienne de Gaza en 2008 et la fermeture de la frontière égyptienne, privant ainsi les Gazaouis de tout accès à l'extérieur pour rechercher leurs produits de première nécessité, comme les carburants et les marchandises.
Depuis juin 2007, plus de 120 Palestiniens ont trouvé la mort dans des effondrements de tunnels --accidentels ou provoqués par des bombardements aériens israéliens--, selon un bilan basé sur des chiffres fournis par les services médicaux palestiniens.
 http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=112330&language=fr

24/11

De nouveau, l'aviation de l'occupation israélienne a bombardé la bande de Gaza, blessant trois Palestiniens.
Les avions de combat israéliens ont bombardé ce mardi matin des tunnels creusés sous la frontière entre la bande de Gaza et l'Egypte, faisant trois blessés.

Un autre raid a visé une cible à l'est de la ville de Gaza, selon des témoins.

 http://www.almanar.com.lb

http://www.alterinfo.net/notes/Raids-israeliens-quotidiens-contre-la-bande-de-Gaza_b1723800.html

25-11

L'armée de l'air israélienne a bombardé dans la nuit de mercredi à jeudi dans la bande de Gaza deux tunnels utilisés par des trafiquants et un centre d'entraînement. L'attaque a blessé trois personnes, ont déclaré des responsables du Hamas. L'un des trois blessés est dans un état grave, ont déclaré les services ambulanciers.
Selon le Hamas, deux frappes ont visé des tunnels et deux autres un centre d'entraînement militaire géré par le Hamas près de la ville de Khan Younès, dans le centre de la bande de Gaza.
(ats)

27-11

Au moins quatre Palestiniens ont été blessés lors d'un raid aérien israélien contre la bande de Gaza. L'attaque a visé des objectifs proches du camp de réfugiés de Jabaliya, dans le nord du territoire.

Selon une source militaire, au moins deux obus de mortier ont par ailleurs été tirés la veille à partir de la bande de Gaza contre l'Etat hébreu.

http://www.romandie.com/infos/

 

Cisjordanie occupée par Israël depuis 1967 : Au jour le jour 

19+-11

Un Israélien blesse un Palestinien pour « motifs nationalistes »
Un adolescent israélien a avoué avoir blessé un passant palestinien à Jérusalem en le poignardant pour des « motifs nationalistes » antiarabes, a indiqué hier un porte-parole de la police locale.

Le jeune Israélien, âgé de 16 ans, a agressé jeudi sa victime, un Palestinien de 42 ans, dans un quartier juif du nord de Jérusalem.
http://www.lorientlejour.com/

 http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=111955&language=fr

 25/11/

22-11

Des dizaines d'élèves palestiniens ont été asphyxiés lors d'une attaque des forces occupantes contre une école palestinienne dans le village de Beit Awa, au sud-ouest de la ville d'al Khalil, en Cisjordanie occupée.

Des sources locales ont dit, ce matin mercredi 25/11, que les soldats sionistes ont lancé des bombes lacrymogènes sur les élèves de l'école et ont envahi sa cour.

http://www.palestine-info.cc
http://www.alterinfo.net/notes/?start=20

26-11

Un Palestinien a blessé deux femmes à coups de couteau près de la colonie juive de Kiryat Arba, qui jouxte la ville de Hébron, en Cisjordanie, rapporte la radio israélienne.

L'agresseur a lui-même été blessé par balles.

Une dizaine d'ambulances et de nombreux soldats israéliens ont été dépêchés sur les lieux de l'attaque, une station-service fréquentée à la fois par les colons juifs et les Palestiniens.

Reuters



2 La Palestine en chiffre

(Depuis le début de l'Intifada le 25 septembre 2000)


Civils & résistants tués                                                                            :  7.032

Palestiniens blessés                                                                               :  54.698

Internationaux blessés                                                                             : 192 (chiffre tout a fait minimal)

(balles réelles ou caoutchoutées, gaz lacrymogène, autres moyens)

Arrêtés     :                                                                                            :  47.733

En prison :                                                                                             : 11.800

Pacifistes en prison ou arrêtés                                                                  : 108

Autres actes           

Journalistes tués                                                                                      : 9

Journalistes blessés                                                                                :  ? + 32

Nombre de maisons palestiniennes détruites ou partiellement démolies       :  66.275

 

2-2 Occupants:

Israéliens  tués                                                                                        : 1.201

                                                                                                                ( 359 militaires/policiers)

Israéliens blessés                                                                                     : 6611


Les chiffres indiqués sont  vérifiés par le recoupement des chiffres des pertes communiqués par la résistance & les médias occidentaux & XINHUANET (Chine)  


Près de 8.900 tués en 20 ans.

8.90O tués en deux décennies, en grande majorité des Palestiniens, selon un bilan publié dimanche par l'organisation israélienne de défense des droits de l'Homme, B'Tselem, pour le vingtième anniversaire de sa création.
 B'Tselem comptabilise, à la mi-novembre, 8.881 morts au total en 20 ans, dont 7.398 Palestiniens, dont 1.537 mineurs, et 1.483 Israéliens, dont 139 mineurs.
 Ces vingt dernières années ont été marquées par les confrontations de la première Intifada (1987-1993), de la seconde Intifada qui a commencé en 2000, et de la guerre israélienne  contre la bande de Gaza.
L'année
2009 a été la plus sanglante, se soldant par la mort de 1.033 Palestiniens, dont 315 mineurs, presque tous tués lors de l'offensive "Plomb durci" qui a débuté le 27 décembre 2008 et s'est achevée le 18 janvier 2009.
 En tout, B'Tselem évalue à 1.387 le nombre de Palestiniens tués durant les trois semaines de ce conflit. Parmi elles figurent 320 mineurs et 111 femmes.
L'année
1999 a été la moins meurtrière pour les Palestiniens, avec 8 tués, note le rapport.
Par ailleurs, selon l'ONG, 335 Palestiniens sont actuellement en détention sans procès par arrêt du commandement militaire israélien alors qu'ils étaient 1.794 en 1989.
Au cours des vingt dernières années, les autorités israéliennes ont procédé à la démolition -au motif qu'elles étaient construites sans permis ou dans le cadre de mesures punitives infligées à des familles d'auteurs d'attentats- de 4.300 maisons palestiniennes en Cisjordanie, en particulier à Jérusalem-est annexée, ainsi que dans la bande de Gaza jusqu'à son évacuation par Israël en 2005, ajoute B'Tselem.
 En outre, B'Tselem estime que 6.240 maisons ont été détruites lors d'opérations militaires dans la bande de Gaza, dont 3.540, lors de l'offensive "Plomb durci"

21/11/2009  

.http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=112221&language=fr


n°497 - Journal de Palestine - 13-1 - 06-12 – Suite - Le jour où le monde 'libre' a laissé tomber Gaza.


n°497 - Journal de Palestine - 13-1 - 06-12 –suite  - Le jour où le monde 'libre' a laissé tomber Gaza.


          Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

     Sa diffusion est un acte de résistance.

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal de Palestine 

 n°497                       13-11  au  06-12

C.De Broeder      &  M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

Sommaire

3 Politique

Politique Palestinienne

Politique Israélienne 


3 Politique

a) Politique Palestinienne

MM Abbas & Haniyeh.

Abbas

La reconnaissance d'un Etat indépendant n'est «pas unilatérale»

Le président palestinien Mahmoud Abbas a affirmé mardi que la décision de chercher à obtenir du Conseil de sécurité de l'ONU une reconnaissance d'un Etat indépendant palestinien n'était pas «unilatérale».

 «C'est une décision émanant du comité de suivi de la Ligue arabe qui s'est réuni au Caire récemment. Ils se sont mis d'accord sur le fait d'aller au Conseil de sécurité pour qu'il dise son soutien à un Etat palestinien indépendant», a précisé le président de l'Autorité palestinienne.

Dans l'espoir de sortir de l'impasse après onze mois de blocage du processus de paix avec Israël, l'Autorité palestinienne a annoncé dimanche qu'elle demanderait au Conseil de sécurité de reconnaître l'indépendance des Palestiniens dans les frontières de 1967.

 «Quelle est la solution?»

«Nous sentons que nous sommes dans une situation très difficile (...). Quelle est la solution? Que nous restions ainsi suspendus (...)? Voilà pourquoi j'ai fait cette démarche», a expliqué M. Abbas.

18.11.09;

http://www.20min.ch/ro/news/monde/story/27038386

 

Obama «ne fait rien pour l'instant…»

Le président Abbas estime que son homologue Obama «ne fait rien pour l'instant» pour relancer le processus de paix israélo-palestinien, dans une interview publiée mardi par le quotidien argentin Clarin.

«Il ne fait rien pour l'instant», a dit M. Abbas, en visite à Buenos Aires, au quotidien le plus lu d'Argentine. «Mais il nous a invités à relancer le processus de paix», a-t-il poursuivi, ajoutant: «J'espère qu'à l'avenir il aura un rôle plus important».

Les Palestiniens «attendent des États-Unis qu'ils fassent pression sur Israël pour qu'il respecte le droit international, pour qu'il mette en œuvre la feuille de route», a souligné M. Abbas.

«Ils peuvent faire deux choses: faire pression sur les Israéliens pourqu'ils rejettent les colonies et faire pression pour qu'ils acceptent de se retirer derrière les frontières de 1967», a précisé le président palestinien. 

Lundi, son homologue argentine Cristina Kirchner avait également critiqué Washington, estimant que «les États-Unis pouvaient faire davantage que ce qu'ils font».

M. Obama avait dénoncé mercredi dernier l'annonce de nouvelles constructions israéliennes à Jérusalem-est annexée, estimant que cela pouvait «finir par être très dangereux». Mais sans menacer Israël d'aucune conséquence concrète s'il allait de l'avant avec ces nouvelles constructions.

M. Abbas achevait mardi une visite de deux jours à Buenos Aires, une semaine après la visite en Argentine du président israélien Shimon Peres. Il s'est auparavant rendu au Brésil et doit poursuivre sa tournée latino-américaine mercredi au Chili.

Il l'achèvera au Venezuela, où il doit rencontrer pour la première fois vendredi le président Hugo Chavez, grand défenseur de la cause palestinienne, a-t-on indiqué mardi de sources officielles vénézuéliennes.

Au mois de janvier, le président vénézuélien avait rompu les relations diplomatiques avec Israël, qu'il avait qualifié d'État «génocidaire» et «assassin» après l'offensive militaire israélienne dans la bande de Gaza.

Trois mois plus tard, le Venezuela avait inauguré une représentation diplomatique palestinienne à Caracas en présence du ministre des Affaires étrangères de l'Autorité palestinienne, Riad Al Malki.

Agence France-Presse

24-11

http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/200911/24/01-924754-proche-orient-abbas-estime-quobama-ne-fait-rien-pour-linstant.php


1-1 Processus de paix.

Les Palestiniens espèrent proclamer un Etat avec l'appui de l'ONU  

Les Palestiniens veulent obtenir du Conseil de sécurité de l'ONU qu'il appuie la proclamation unilatérale de leur Etat, en raison du blocage des négociations de paix avec Israël, a affirmé dimanche le principal négociateur palestinien.
"Nous avons décidé de nous adresser au Conseil de sécurité pour essayer d'obtenir son soutien à la création d'un Etat palestinien indépendant ayant Jérusalem pour capitale et dont les frontières seraient celles de juin 1967" avant l'occupation israélienne, a déclaré à l'AFP ce négociateur Saëb Erakat.
"Nous allons chercher à obtenir l'appui de l'Union européenne ainsi que celui de
la Russie et d'autres pays", a-t-il ajouté.
Plusieurs ministres israéliens ont aussitôt mis en garde les Palestiniens contre toute démarche unilatérale.
"Les démarches unilatérales ne mèneront pas aux objectifs que nous cherchons à atteindre" par la négociation, a déclaré aux journalistes le vice-Premier ministre Sylvan Shalom avant la séance hebdomadaire du cabinet.
"Nous voulons des négociations directes" de paix, a-t-il ajouté en allusion à la suspension de celles-ci depuis l'offensive de l'armée israélienne contre la bande de Gaza l'hiver dernier.
"Cette initiative hostile supprimerait tout espoir de négociations de paix. S'ils (les Palestiniens) vont de l'avant dans leur projet de proclamation unilatérale d'un Etat, nous devrons étendre notre contrôle sur les secteurs C" de
la Cisjordanie, a de son côté affirmé le ministre des Infrastructures Uzi Landau (Israël Beiténou - droite nationaliste).
Les secteurs C de
la Cisjordanie occupée sont contrôlés par la police de l'Autorité palestinienne, et l'armée israélienne y assume la sécurité globale.
Le ministre chargé des affaires de
la Diaspora, Yuli Edelstein, s'est pour sa part élevé contre les propos de M. Erakat.
"Ils prouvent que parmi les dirigeants palestiniens, il y en a plusieurs qui croient toujours pouvoir atteindre leurs objectifs par la violence et le terrorisme", a-t-il déclaré à l'AFP.
"J'espère que la communauté internationale ne coopérera pas avec ce projet et s'exprimera clairement en faveur de l'unique approche possible, à savoir la tenue de négociations directes", a-t-il ajouté.
Le président palestinien Mahmoud Abbas exige qu'Israël gèle totalement la colonisation avant toute reprise des pourparlers de paix. Selon des responsables palestiniens, il a été heurté par la récente volte-face de l'administration américaine sur ce point.
15/11/2009

http://www.alterinfo.net/notes/


1-2 Les analyses

18-11

Le Hamas, s'est dit opposé à la proclamation d'un Etat palestinien avant la fin de l'occupation israélienne en Cisjordanie.

Le Hamas, lui, est opposé à une proclamation avant la fin de l'occupation israélienne.

«La question de la proclamation ou la question d'aller au Conseil de sécurité n'est pas une décision unilatérale», a-t-il déclaré dans une conférence de presse au Caire après un entretien avec le président Hosni Moubarak.

 

http://www.20min.ch/ro/news/monde/story/27038386

Le parti de Tahrir : Abbas ne représente pas le peuple palestinien

Le parti de Tahrir a exprimé sa condamnation au discours de l'ex-président de l'autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, en Argentine, qui a affirmé son attachement au choix des négociations, tout en considérant qu'Abbas ne représente plus le peuple palestiniens et ses ambitions.

Le parti a refusé les déclarations d'Abbas qui a prétendu que le peuple palestinien ne réfléchit qu'au choix de la paix et les négociations, en niant toute Intifada probable.

Il a affirmé que le discours d'Abbas s'accorde avec ses déclarations, au début de son mandat, lorsqu'il a dit qu'il est venu pour finir les souffrances du peuple juif.

"L'autorité Palestinienne est devenue, durant le mandant d'Abbas, une partie des branches sécuritaires sionistes, et qui considère la menace de la sécurité des sionistes comme une menace contre l'autorité", a ajouté le parti de Tahrir dans un communiqué publié, le mercredi 25/11, à Qods Presse.

En insistant sur la position du parti qui refuse la reconnaissance de la légitimité de l'autorité palestinienne, le communiqué a nié que les résultats des négociations avec l'occupation sont légaux.

25/11

http://www.palestine-info.cc/fr/default.aspx?xyz=U6Qq7k%2bcOd87MDI46m9rUxJEpMO%2bi1s7jn5Y5Jjkv%2fkWBs0IAHNk4pnSNpAEf%2fGgs5Qtmpz1QjmIw4PUTluveniwj%2bQcQj%2f0YtDFAJ1WNE%2b%2fwr%2bHFvzO4Z3pdghKcS4tq2jAIzJf3Ew%3d

 

Hamas: le choix d'annoncer la création d'un Etat palestinien nécessite d'en finir avec les accords d'Oslo et leurs conséquences.

Le Hamas a déclaré lundi que l'idée de déclarer un Etat palestinien unilatéralement nécessitait de mettre un terme aux accords d'Oslo et à ses conséquences et que cela impliquait la reconstruction de l'Organisation de libération palestinienne (OLP).
Dans un communiqué de presse, le Hamas a ajouté que la création de l'Etat palestinien devait être le fruit du succès de la résistance palestinienne à mettre en échec l'occupation et à libérer la terre palestinienne et non pas, une option retenue par l'Autorité palestinienne (AP) pour combler le vide politique causé par l'échec du processus de paix.
Il a également déclaré qu’un tel projet ne pouvait être mené à travers la coopération des forces de sécurité avec l'occupation israélienne contre la résistance palestinienne et à travers la politique de l'agent américain Keith Dayton, en Cisjordanie.
Le mouvement a souligné que la répétition de ce qui avait été annoncé par l’ancien dirigeant de l'Autorité palestinienne en 1988 était comme sauter en l'air et manipuler la cause palestinienne.
« Notre terre palestinienne est toujours sous occupation, l'expansion des colonies avale toujours plus de terre, et les barrières de sécurité démembrent des villes et des villages de
la Cisjordanie", a souligné le Hamas. »
Pour sa part, Maher Taher, un membre du bureau politique du Front populaire pour la libération de
la Palestine (FPLP), a déclaré lundi, que l'Autorité palestinienne devait mettre fin à l'option des négociations après son échec incontestable et choisir la résistance comme une option stratégique pour remporter des victoires.
Au cours d'un symposium politique qui s'est tenu dans la ville syrienne d'Alep, Taher a souligné que l'Autorité Palestinienne avait entraîné le peuple palestinien dans une conjoncture critique après qu'elle se soit impliquée dans la mise en œuvre d'un programme très grave en Cisjordanie notamment à travers sa coopération sécuritaire avec l'occupation israélienne contre la résistance palestinienne.
Il a fait remarquer que Dayton travaillait à former des cadres et à créer des structures qui donne naissance à une Autorité palestinienne en mesure de protéger et de servir l'occupation ainsi qu'à un citoyen palestinien qui n'a que faire de la résistance.
Le responsable du FPLP a souligné que l'option d'Oslo soutenu par ses adeptes, tant du côté arabe que palestinien, a complètement échoué mais que ces derniers refusent d'admettre cet échec et insistent pour continuer dans cette voie uniquement pour le bien de leurs propres intérêts.
Le responsable a souligné qu’à la fin, le président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat qui était en faveur d'accords d'Oslo, avait mis un teme aux négociations après qu'il se fût rendu compte que le résultat d'Oslo signifiait seulement la création d'une Autorité palestinienne et non la naissance d’un Etat palestinien.
Publié le 17 novembre 2009 sur le site du centre Palestinien d'Information
Gaza- CPI –

Traduction CCY
Lien de l'article en anglais: http://www.palestine-info.cc

http://www.soueich.info

http://www.alterinfo.net/Hamas-le-choix-d-annoncer-la-creation-d-un-Etat-palestinien-necessite-d-en-finir-avec-les-accords-d-Oslo-et-leurs_a39380.html

 

« Test des intentions »

Mohammed Dahlan, haut responsable du Fatah, le parti d’Abbas, a déclaré dimanche que l’initiative des Nations unies serait « un véritable test des intentions de la communauté internationale ». « Nous menons actuellement une bataille diplomatique, » a-t-il dit. « Si l’Administration américaine n’est pas d’accord, ce sera un nouvel échec ».

Si le Conseil de sécurité ne donne pas son approbation à l’initiative, Dahlan dit qu’entre autres options, il y a une déclaration unilatérale de la création de l’Etat et « la résistance populaire, totale, contre les colonies et l’occupation ».

Pour Salam Fayyad, Premier ministre palestinien qui, en juin, a fixé comme objectif la création des institutions d’un Etat dans les deux ans, il est temps pour la communauté internationale de prendre ses responsabilités pour «  une mission de fin de l’occupation ». « Cela relève de la responsabilité de la communauté internationale et quand nous disons droit international, nous entendons bien sûr, les Nations unies, » a-t-il déclaré à Ramallah.

Marwan Bishara, analyste politique chevronné d’Al Jazeera a indiqué : « Tout le monde sait que cela n’ira pas jusqu’au Conseil de sécurité sans le feu vert US. Et si les USA donnent leur feu vert, cela veut dire que les relations entre eux et Israël sont en difficulté.

«  Les USA et Israël ont évité le Conseil de sécurité pendant plus de 16 ans. Y revenir aujourd’hui serait un changement majeur, un changement dans les règles du jeu du processus diplomatique.

« Tous les Palestiniens seraient sur des charbons ardents. Tous, à tous les niveaux, se sentent trahis par un processus qui a duré un peu plus de 16 ans et sept accords avec les Israéliens, pendant que les colonies illégales israéliennes ont quadruplé. »

Al-Jazeera -

16 novembre 2009

traduction : Info-Palestine.net

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=7651


1-3 Sur le terrain.

Le Hamas rejette le transfert des prérogatives du parlement au Conseil central de l'OLP. 

 Le Mouvement de la Résistance islamique de la Palestine (Hamas) a affirmé que toute mesure dans le sens de transférer les prérogatives du Conseil législatif au Conseil central de l'Organisation pour Libération de la Palestine (OLP) est un coup d'Etat contre la légitimité du parlement, contredisant par ailleurs la Constitution palestinienne. Le Hamas a vivement critiqué les responsables du Fatah et de l'OLP pour avoir fait des concessions à Israël et aux Etats-Unis, les accusant d'atermoiement dans le processus de la réconciliation interpalestinienne, avec pour but d'écarter le Hamas de la scène politique palestinienne.
Le président du Conseil national palestinien, Salim al-Zaanoun a prétendu, il y a quelques jours, que les divergences entre le Fatah et le Hamas ont pratiquement conduit à la fermeture du Conseil législatif palestinien. "Je propose qu'à sa prochaine session, le 15 décembre, le Conseil législatif se penche sur la question du transfert de ses prérogatives au Conseil central de l'OLP.", a-t-il demandé.

16/11/2009  

 http://french.irib
http://www.alterinfo.net/notes/


1-4 Les grandes manœuvres.

Abbas: pas de reprise des négociations sans arrêt de la colonisation.

Le président Abbas a conditionné vendredi à Caracas la reprise des négociations avec Israël à un arrêt complet de la colonisation israélienne dans les territoires occupés.

La veille M. Abbas avait déjà estimé que la suspension partielle de la colonisation en Cisjordanie annoncée mercredi par l'Etat hébreu n'apportait «rien de nouveau».

Netanyahu a rompu les négociations, a déclaré M. Abbas

«Nous ne pouvons pas les reprendre sans l'engagement des deux parties à respecter les bases de la Feuille de route, en particulier le gel de l'expansion des colonies de la part d'Israël», a-t-il ajouté. 

La feuille de route élaborée en 2003 par la communauté internationale prévoit la coexistence de deux Etats israélien et palestinien dans des frontières bien délimitées.

Sous la pression des Etats-Unis, Israël a proposé mercredi une suspension partielle et temporaire de la colonisation en Cisjordanie dans le but de relancer le processus de paix, une initiative saluée par Washington, mais jugée insuffisante par les Palestiniens.

Comme le Brésil, l'Argentine, le Chili et le Paraguay le Venezuela a réitéré son soutien à la création d'un Etat palestinien indépendant.

Agence France-Presse

27-11

http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/200911/27/01-925898-abbas-pas-de-reprise-des-negociations-sans-arret-de-la-colonisation.php


1-5 Négociations.

Le FPLP appelle les pays arabes à couper leurs contacts avec l'occupation

Le front populaire pour la libération de la Palestine a appelé les pays arabes à couper toutes les formes de relations publiques ou secrètes avec l'occupation israélienne, en disant qu'ils portent la responsabilité politique, historique et morale envers les pratiques sionistes inhumaines contre le peuple palestinien.

Il a appelé les arabes à intervenir immédiatement pour arrêter ces pratiques inhumaines de l'occupation sioniste.

Dans un communiqué dont le centre palestinien d'information a reçu une copie, le FPLP a dit que les pays arabes et l'autorité de Ramallah doivent se diriger vers le conseil de sécurité pour prendre une décision et arrêter la colonisation selon le 7ème chapitre de la charte de l'ONU.

Il a déclaré que le gouvernement sioniste d'extrême droite refuse les décisions internationales, les condamnations contre la judaïsation d'al-Qods et la construction de 900 nouvelles unités coloniales dans la colonie illégale de Jïlo entre al-Qods et Bethléem, ainsi que la poursuite de la construction dans plus de 3 mille unités coloniales en Cisjordanie occupée.

Il a appelé également la direction américaine dirigée par le président, Barack Obama, et la communauté internationale à refuser les pratiques sionistes et prendre des mesures et sanctions sérieuses contre l'occupation pour arrêter complètement la colonisation.

Il est à noter que le gouvernement sioniste avait accordé la construction de 900 nouvelles unités coloniales dans la colonie illégale de Jïlo, à al-Qods occupée

CPI

21/11/2009

.http://www.palestine-info.cc/fr/default.aspx?xyz=U6Qq7k%2bcOd87MDI46m9rUxJEpMO%2bi1s7%2fYppt4E2%2bVKp20eTzCIo6tmAkxaC2eAREQVU9wdweAxn3%2bVSb8BFAZSd94%2bh3%2f6Iw3DBXa8oULmnwN1UFtdvUZ70YszLMzUcWwSQksp5ugQ%3d


1-6 Gouvernement cherche coalition désespérément...

Le Hamas conteste la légitimité de M. Abbas

Le Hamas conteste en effet la légitimité de M. Abbas, en arguant qu'aux termes de la loi fondamentale palestinienne, son mandat présidentiel de quatre ans a expiré depuis janvier 2009. Vainqueur des dernières élections de 2006, le Hamas avait aussi prétexté du fait que ces élections "interviennent sans accord national" de réconciliation entre les deux principales factions palestiniennes. "La décision de la commission électorale palestinienne est naturelle et attendue car les conditions n'étaient pas réunies pour le succès de ces élections", s'est félicité un porte-parole du Hamas, Abou Zouhri.

Le conseil a aussi autorité pour proroger éventuellement le mandat du Conseil législatif palestinien, dominé par le Hamas, qui expire le 25 janvier. Celui-ci n'accepterait pas que le parlement de l'Autorité palestinienne soit dissous. Le conseil central de l'OLP, qui a avalisé la création de l'Autorité autonome palestinienne en 1993, dans le cadre des accords d'Oslo, dispose en outre du pouvoir de la dissoudre. En pareil cas, l'OLP récupérerait les compétences dévolues à l'Autorité autonome et Mahmoud Abbas, qui préside les deux instances, resterait également à la barre. Ceux qui militent pour un tel scénario soulignent qu'il aurait le mérite de contraindre Israël à assumer de nouveau toutes ses responsabilités de puissance occupante en Cisjordanie comme à Gaza, dont il contrôle tous les accès. En toute hypothèse, la question de la double scission entre le Fatah et le Hamas et de la partition entre la Cisjordanie et Gaza reste entière.

12.11.
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/11/12/les-elections-palestiniennes-de-janvier-2010-sont-reportees_1266416_3218.html#ens_id=1228030


1-7 Des Canons ... pas du beurre.

Israël fait pression en faveur d'une opération militaire contre Gaza (Hamas)

Le Hamas a accusé samedi Israël de faire pression en faveur du lancement d'une opération militaire contre la bande de Gaza.
"Il y a une escalade des intentions vers un acte agressif contre Gaza", a déclaré Fawzi Barhoum, porte-parole du Hamas, dans une déclaration écrite envoyée à la presse.
Ces propos ont été tenus suite au reportage d'un journal israélien vendredi faisant état de ce que le Hamas a procédé à un autre test de missile de longue portée susceptible de parcourir 75km, mettant ainsi en danger les communautés israéliennes se trouvant plus loin à l'intérieur de l'Etat hébreu.
"Ces informations surviennent dans un contexte d'incitation contre Gaza et d'une recherche des protestations pour commettre de nouveaux crimes à Gaza et couvrir les crimes qu'Israël a commis dans le passé", a critiqué Barhoun.
Barhoum a invité les Etats arabes et musulmans à "rompre tous leurs liens avec Israël en réaction à ce genre de menace contre Gaza".
Les membres de la branche armée du Hamas ont tiré un missile en direction de la mer depuis le nord de la bande de Gaza vendredi dans l'après-midi et le test a été un succès, a rapporté le quotidien Maariv sur son site internet.
Le missile est le second à être testé depuis le début de ce mois. Auparavant, le chef des renseignements militaires israéliens Amos Yadlin a révélé que le Hamas a testé ce qui semblait être un missile de fabrication iranienne.

Source: xinhua

16/11

http://french.people.com.cn/International/6814018.html


1-8 Violations colonialiste et action contre le Mur de la Honte

Les sionistes mènent un ratissage ethnique sans précédent

Le chef du comité populaire contre le mur d'apartheid et la colonisation a accusé les sionistes de mener une épuration ethnique sans précédente. Jamal Jumaa s'est déclaré, mercredi soir à l'antenne d'Al-Alam, inquiet du fait que 15000 maisons des Palestiniens sont sur le point d'être rasées par les sionistes. "Il incombe aux pays musulmans de créer des comités juridiques pour poursuivre le régime sioniste et le traduire en justice pour avoir saisi et détruite les maisons des Palestiniens", a souligné Jamal Jumaa avant de demander à la communauté internationale ainsi qu'au monde islamique et arabe de ne pas se dérober de leur responsabilité à l'égard à la Sainte Qods et de boycotter le régime sioniste. Jumaa a ajouté que les logements construits pour les colons juifs sont plusieurs fois plus que le nombre des juifs de la Sainte Qods, ce qui révèle que les sionistes envisagent de loger des centaines de milliers de juifs dans cette ville sainte. Il a souligné : partout à la sainte Qods les Palestiniens sont sous d'intense pression. Alors qu'ils ne peuvent même pas réparer leurs maisons ou faire du commerce dans cette ville, le régime de Tel-Aviv construit sans aucune limite des maisons pour lessionistes.

Ecrit par L'IRIB

19 Novembre

http://french.irib.ir/index.php?option=com_content&task=view&id=27502&Itemid=9


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n°497 - Journal de Palestine - 13-1 - 06-12 – Fin - Le jour où le monde 'libre' a laissé tomber Gaza.

n°497 - Journal de Palestine - 13-1 - 06-12 – Fin  - Le jour où le monde 'libre' a laissé tomber Gaza.


          Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

     Sa diffusion est un acte de résistance.

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal de Palestine 

 n°497                       13-11  au  06-12

C.De Broeder      &  M.Lemaire



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Sommaire

3 Politique

Politique Palestinienne

Politique Israélienne

4 Politique internationale des territoires occupés 

 



3 Politique Internationale des territoires occupés

a) Pays Arabes & voisins

Le 12 novembre, les chefs de diplomatie et les représentants de 14 pays arabes ont décidé, lors d'une réunion du comité de suivi de l'initiative de paix arabe, de s'adresser au Conseil de sécurité pour lui demander de «reconnaître un Etat palestinien dans les frontières de 1967». Ils ont demandé une réunion du Conseil ministériel arabe pour entériner cette décision.

AFP


Arabie Saoudite

Le roi Abdallah invite Sarkozy
extrait

Sur le conflit israélo-palestinien, Abdallah est déçu par l'incapacité de Barack Obama d'arracher un gel israélien de la colonisation dans les territoires occupés. «Je sais maintenant qu'il ne peut pas délivrer un accord de paix», répète le roi à ses visiteurs. «Comment faire pour éviter de désespérer les Palestiniens et le monde musulman ?», s'inquiète-t-on dans l'entourage du président.

Nicolas Sarkozy cherchera à recueillir l'aval saoudien à son projet de conférence internationale à Paris pour relancer les négociations de paix. Mais Riyad hésite à s'engager.

En 2007, l'Arabie avait parrainé un accord de réconciliation entre le Hamas et l'autorité palestinienne, que les États-Unis, ensuite, avaient sabordé.

17/11

http://www.lefigaro.fr/international/2009/11/17/01003-20091117ARTFIG00299-le-roi-abdallah-invite-sarkozy-a-la-ferme-.php


Égypte

Abdel-Rahman Salah:« Israël doit cesser ses politiques de changement de la réalité sur le terrain »

Extrait

Assistant du ministre égyptien des Affaires étrangères pour les affaires arabes, Abdel-Rahman Salah évoque l’action du Caire envers la question palestinienne, les rapports avec l’Iraq ainsi qu’avec l’Iran.

Al-Ahram Hebdo : Les colons israéliens tentent régulièrement de pénétrer sur l’Esplanade des mosquées, donnant lieu à des affrontements entre Palestiniens et Israéliens. Que cherche Israël par ces provocations à Jérusalem ?

Abdel-Rahman Salah : Le problème principal dans toutes les politiques israéliennes dans les territoires occupés est qu’elles essayent de modifier la situation sur le terrain pour prédéterminer le résultat des négociations. Ce qui rend plus difficile l’aboutissement de la solution sur laquelle toutes les parties sont d’accord, à savoir la création d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale. Sur le terrain, la construction des colonies se poursuit. Il y a aussi la construction du mur à l’intérieur des terres palestiniennes de 1967. La politique de judaïsation de Jérusalem consiste non seulement à construire des colonies à l’intérieur de Jérusalem-Est, mais aussi à exproprier des terres palestiniennes, à empêcher des Palestiniens d’obtenir des permis de construction ou des permis pour réparer les maisons détériorées, à fermer des institutions palestiniennes à Jérusalem-Est comme la maison d’Orient. Toutes ces mesures ont pour objectif de judaïser Jérusalem-Est et de rendre plus difficile la solution de deux Etats avec Jérusalem-Est comme capitale d’un Etat palestinien.

– Les Palestiniens se plaignent de l’absence d’un rôle arabe face à la judaïsation de Jérusalem. Que fait l’Egypte pour faire face à cette politique israélienne ?

– L’Egypte agit sur plusieurs niveaux. Au niveau bilatéral avec Israël via notre traité de paix, nous disons à Israël que ce sont des mesures graves qui ont des répercussions négatives sur toute opportunité de paix et sur les chances d’Israël d’être accepté dans la région dans le futur. L’Egypte poursuit également ses contacts bilatéraux avec les Etats-Unis à ce sujet. Notre position est qu’une des conditions de la reprise des négociations (israélo-palestiniennes) est l’arrêt de toutes les mesures qui cherchent à modifier la réalité sur le terrain : la construction des colonies et toutes les mesures qui portent sur la judaïsation de Jérusalem. L’Egypte pense que, sans l’arrêt de ces mesures, les négociations n’auront ni sens ni but. Si nous sommes tous d’accord que le but est l’établissement de deux Etats indépendants, l’un palestinien et l’autre israélien, alors ce qui se passe rend ce but impossible. Cette position est mise en avant avec les Etats-Unis, avec l’Union européenne et avec la Russie. Il y a enfin le niveau multilatéral, où l’Egypte agit avec le groupe arabe dans le cadre de l’Organisation de la conférence islamique et du groupe des non-alignés que l’Egypte préside. Là, le langage est le même : l’opposition à la politique israélienne grave et catastrophique dans les territoires occupés, Jérusalem inclus.

Nous sentons que la période qui vient est très importante et nécessite une unité arabe. Il y a une opportunité pour poursuivre le processus de paix si les efforts américains parviennent à mettre fin aux politiques israéliennes. Mais les efforts américains ne réussiront pas tous seuls, mais seulement avec une position arabe unie qui suivra la position égyptienne que j’ai mentionnée.

– Justement, comment faire évoluer la coopération interarabe ?

– Il existe de nombreux domaines pour développer la coopération interarabe. Dans le domaine politique, pour résoudre les questions d’intérêt commun, comme le retour des territoires arabes occupés par Israël, la paix au Proche-Orient, éviter une course nucléaire dans la région … Il y a également la coopération économique, le libre-échange et les investissements entre les pays arabes. Le sommet économique au Koweït, qui a eu lieu en janvier dernier, était une initiative commune koweïto-égyptienne. D’ailleurs, c’est l’Egypte qui accueillera le prochain sommet. Ce dernier sera une opportunité pour examiner toutes ces chances de coopération. Il y a également une nécessité de développer la coopération culturelle et le domaine de l’éducation. Surtout qu’il y a 60 millions d’Arabes illettrés dont les deux-tiers sont des femmes. Les universités dans le monde arabe ont besoin de centres de recherche sur la technologie moderne. Notre rêve est qu’il y ait un centre arabe spécialisé dans le développement et la formation dans les domaines scientifiques et qui ferait appel aux cerveaux immigrés à l’étranger, dont nombreux sont des Egyptiens. L’Egypte sera heureuse d’accueillir un tel centre.

Propos recueillis par Héba Zaghloul

Mercredi 11 novembre 2009

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Publié le 13 novembre 2009 avec l'aimable autorisation de AL-AHRAM Hebdo

Source : Al-Ahram Hebdo
http://hebdo.ahram.org.eg/...

http://www.palestine-solidarite.org:80/analyses.Al-Ahram.111109.htm


Syrie

Bachar Al-Assad : "Israël joue sur les mots."

"Israël joue sur les mots."

C’est par ses termes plutôt secs que le président syrien Bachar Al-Assad a opposé une fin de non-recevoir au premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou qui s’était dit prêt à le rencontrer sans condition préalable.

La raison ? Bachar Al-Assad exige que les discussions israélo-syriennes portent sur la restitution des territoires occupés par Israël dans le Golan depuis 1967. Barah Mikaïl, chercheur spécialisé sur le Moyen-Orient à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) et auteur de La Syrie en cinquante mots clés, revient sur la stratégie syrienne en matière de relations internationales.

Pourquoi la Syrie a-t-elle refusé de rencontrer Israël ?
Les Syriens souhaitent récupérer le plateau du Golan, occupé par les Israéliens depuis la guerre des Six-Jours et annexé par l’Etat hébreu en 1981, mais pas à n’importe quel prix. Ils exigent un retour aux positions de 1967, et notamment un accès au lac de Tibériade. Ce qu’Israël refuse pour l’instant. Bachar Al-Assad préfère par ailleurs des négociations indirectes, par l’intermédiaire d’experts, étant donné le lourd contentieux qui oppose les deux pays.
La Syrie a donc besoin d’un médiateur et souhaite que ce soit
la Turquie, en qui elle a confiance. Mais Ankara a annulé un entraînement militaire avec Israël en octobre et a stoppé sa médiation lors de l’opération israélienne contre Gaza en décembre 2008 et janvier 2009. Israël, au contraire, préférerait que le médiateur soit américain ou français. Mais la récente dégradation des relations entre Benyamin Nétanyahou et Barack Obama d’une part, et Nicolas Sarkozy d’autre part, pourrait faire pencher la balance en faveur de la Turquie comme médiatrice du conflit syro-israélien.

La Syrie se trouve-t-elle aujourd’hui dans une position délicate sur la scène internationale du fait de son intransigeance ?
Non, car
la Syrie n’est pas en position de demandeur. Les autres Etats ont besoin de ses relations avec le Hamas dans le conflit israélo-palestinien et avec le Hezbollah pour le Liban. C’est pourquoi elle peut se permettre de refuser de signer l’accord d’association proposé par l’Union européenne. Elle craint que cet accord se transforme en contrainte et que les aides économiques qu’elle pourrait recevoir soient assorties de contreparties politiques.
Si
la Syrie accepte aujourd’hui l’aide et les bonnes relations avec la France, elle préférerait toutefois qu’il s’agisse des Etats-Unis. Elle attend une normalisation des relations avec ces derniers et estime que la balle est dans leur camp.

 ( Propos recueillis par Audrey Garric –

Le Monde du 13 Novembre 2009 )

http://www.aloufok.net/spip.php?article2

http://www.aloufok.net:80/spip.php?article1070



b) Usa (le parrain)

1 Obama 

Obama réagit vivement contre les nouvelles constructions à Jérusalem-Est
Israël a défendu hier la décision de construire de nouveaux logements à Jérusalem-Est annexée, en pleine polémique sur le contentieux des colonies, une initiative qui suscite de vives critiques de la communauté internationale. Toutefois, en soirée, Yossi Beilin, l'ancien chef du parti de gauche laïque Meretz, a indiqué que le Premier ministre Benjamin Netanyahu doit bientôt annoncer un moratoire de 10 mois de la construction à l'intérieur des colonies en Cisjordanie occupée, qui ne concernera pas Jérusalem. « Les Palestiniens refuseront et cette démarche (de M. Netanyahu) constituera en fait une marche arrière, qui conduira au vide politique et au démantèlement de l'Autorité palestinienne », a estimé M. Beilin. Concernant la construction de nouveaux logements à Jérusalem-Est, le président américain Barack Obama a déploré cette décision qu'il a qualifiée de potentiellement « très dangereuse », dans une interview à la chaîne Fox News. « Je crois que la construction de logements supplémentaires dans les colonies ne contribue pas à la sécurité d'Israël. Je pense que cela rend plus dur le fait de faire la paix avec ses voisins », a dit M. Obama. « Je crois que cela rend les Palestiniens amers, de telle manière que cela peut finir par être très dangereux », a-t-il ajouté. L'Union européenne s'est dit « consternée » tandis que
la Russie a qualifié cette décision « d'inacceptable ». La France a, pour sa part, « regretté » cette initiative par la voix de son chef de la diplomatie Bernard Kouchner, en visite en Israël, et appelé l'État hébreu et les Palestiniens à « reprendre les négociations politiques ». « Pour le moment, il faut repartir dans des discussions humaines face à face, les yeux dans les yeux », a ajouté M. Kouchner, en rappelant que « la position de la France est l'arrêt de la colonisation ». L'annonce israélienne a aussi été « déplorée » par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, tandis que l'Arabie saoudite a qualifié la colonisation « d'obstacle majeur » à la paix.
Le ministre israélien de l'Intérieur, Élie Yishaï, avait auparavant défendu sa décision d'autoriser la construction de près de 1 000 nouveaux logements à Gilo, un quartier juif à Jérusalem-Est. « Geler la construction à Gilo est comme geler la construction dans n'importe quel quartier de Jérusalem et d'Israël », a-t-il dit à l'AFP. « La construction à Jérusalem ne peut être arrêtée et Gilo se trouve dans Jérusalem. » La poursuite de la construction à Gilo est un « consensus israélien qu'il faut comprendre pour toute discussion sur les frontières permanentes dans le cadre d'un futur accord de paix », a de son côté réagi la dirigeante de l'opposition israélienne, Tzipi Livni, après une rencontre avec M. Kouchner. La colonisation israélienne des territoires palestiniens occupés constitue le principal obstacle à une reprise des négociations de paix suspendues depuis près d'un an et provoque des frictions entre alliés américain et israélien. Les Palestiniens réclament l'arrêt total des constructions en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, avant de revenir à la table des négociations. Israël s'y refuse et offre de renouer le dialogue sans conditions préalables.
L'Autorité palestinienne a « sévèrement » condamné l'initiative israélienne et réitéré son exigence d'un gel de la colonisation avant une reprise des pourparlers. « Les colonies doivent être stoppées. C'est le seul moyen de revenir à un véritable processus de paix », a indiqué le négociateur palestinien Saëb Erakat. Par ailleurs, les autorités israéliennes ont démoli hier une maison palestinienne construite sans permis à Jérusalem-Est, un acte qui « crée une situation d'apartheid de facto », a déploré M. Erakat. Enfin, l'armée israélienne a averti un groupe de rabbins qu'elle ne tolérerait pas qu'ils soutiennent des manifestations politiques de soldats étudiant dans leurs séminaires dans le cadre de leur service armé, a indiqué un communiqué militaire.
Cette mise en garde est survenue après que deux groupes de soldats eurent brandi lors de cérémonies militaires des banderoles indiquant qu'ils refuseraient de participer à d'éventuelles opérations visant à évacuer des colonies juives en Cisjordanie occupée.

http://www.lorientlejour.com/category/International/article/638356/Obama_reagit_vivement_contre_les_nouvelles_constructions_a_Jerusalem-Est.html


2 Les grandes manœuvres

Washington ne permettra jamais aux Palestiniens de déclarer leur indépendance.
En visite dans les territoires occupés par "Israël", une délégation de sénateurs américains a participé au « Forum Saban » qui se tient en ce moment. Joe Lieberman (Indépendant) et Ted Kaufmann (Démocrates) ont tous deux affirmé lors de leur intervention que « les Etats-Unis ne permettraient jamais aux Palestiniens de déclarer leur indépendance de manière unilatérale ».
Joe Lieberman a insisté sur « la nécessité d’une solution négociée entre les deux parties », et Kaufmann a accusé les Palestiniens « de perdre du temps avec ce genre de déclarations car ils savent très bien que les Etats-Unis ne laisseront pas une telle initiative arriver devant l’ONU ». 

Joseph Lieberman s’est aussi référé au dossier iranien, estimant « que s’il était d’accord avec l’approche de Barack Obama de vouloir tenter un dialogue avec Téhéran, il fallait admettre aujourd’hui que les Iraniens n’ont pas été à la hauteur et qu’il va probablement falloir changer de stratégie ».
« Il faut trouver des moyens pour faire pression de manière forte sur le régime iranien sans que ce soit le peuple qui en pâtisse », a-t-il ajouté. Sur ce point, tous les membres de la délégation, Démocrates comme Républicains, étaient d’accord, tout comme sur leur soutien affiché à "Israël".

SOULEIMAN

18 novembre
www.almanar.com.ib http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=article&sid=4726

 

Un espion arrêté...

Un scientifique américain qui a travaillé à la Nasa, au Pentagone et à la Maison Blanche, a été arrêté lundi aux Etats-Unis pour tentative d’espionnage, alors qu’il envisageait de travailler pour le compte d’Israël, a annoncé le ministère de la Justice dans un communiqué.

Selon le ministère, ce scientifique de 52 ans a été contacté par un policier du FBI se faisant passer pour un agent du renseignement israélien et a accepté de lui fournir des informations classées secret défense en échange d’argent.

Titulaire d’un doctorat en astronomie au MIT, prestigieuse université technologique du Massachusetts (nord-est), l’homme a travaillé à la Maison Blanche en 1989 et 1990, puis au ministère de l’Energie entre 1990 et 1999, où il disposait d’une autorisation spéciale lui donnant accès à des documents top secret, notamment concernant les armes nucléaires.

Il a ensuite créé une association à but non lucratif au travers de laquelle il a participé entre 2000 et 2006 à « plusieurs accords de développement de technologies avancées pour le gouvernement américain ».

« Entre 1989 et 2006, il avait accès à des informations classées top secret et, régulièrement, à des documents classés en lien avec la défense américaine », a résumé le ministère.

20 octobre

http://www.geostrategie.com/2074/un-espion-sioniste-capture-aux-usa

 

 

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05/12/2009

n° 36 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion & Stratégie' de PAKISTAN.- 03-12 - : Début : - La recherche désespérée de quelque chose de positif à dire sur la politique étrangère des Etats-Unis.

n° 36 - Les  dossiers  'Géopolitique, Réflexion & Stratégie' de PAKISTAN.- 03-12 - : Début : - La recherche désespérée de quelque chose de positif à dire sur la politique étrangère des Etats-Unis.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Les  dossiers  'Géopolitique, Réflexion & Stratégie' de PAKISTAN.

n° 36- 03-12

C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire :

Tiré à part :

Attentats au Pakistan : protégeons l'Amérique !

Human Rights Watch : Royaume-Uni : Les autorités devraient ouvrir une enquête judiciaire sur la complicité d'officiels dans des actes de torture.

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1       Jules Dufour : Les États-Unis : la « puissance intelligente » au service de la guerre.

1-2       Gilles Bonafi : Iran, Pakistan et Baloutchistan.

1-3       Barthélémy Courmont : Les deux piliers de la nouvelle diplomatie américaine…

Suite

2 Annexe

2-1 Michael T. Klare : Le déclin précipité de l’hégémonie US.

2-2 William Pfaff : Création d’une armée de métier aux Etats-Unis.

Fin

2-3 William BLUM : La recherche désespérée de quelque chose de positif à dire sur la politique étrangère des Etats-Unis.



 Avant propos

·                     Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants ...



Tiré à part :

Attentats au Pakistan : protégeons l'Amérique !

 Attentats en Irak, au Pakistan ou ailleurs, les nouvelles égrènent leur lot d'horreurs face auxquelles nous sommes à la longue presque anesthésiés. Et d'un œil blasé, je lis... « A Islamabad, Hillary Clinton a aussitôt condamné les "attentats cruels et brutaux", tout en soulignant que "le Pakistan n'est pas seul  face au terrorisme", puis que « Hillary Clinton commence ainsi sous de sanglants auspices une visite de trois jours au Pakistan, affichant l'espoir de "renforcer" les relations de Washington avec cet allié crucial contre l'extrémisme islamiste », plus loin encore, que « le Pakistan, dont les zones tribales servent de refuge aux talibans afghans alliés d'al-Qaïda, est essentiel dans la stratégie de l'administration Obama pour tenter de protéger les États-U  nis de l'extrémisme islamiste.».

Et là mon œil s'ouvre, ma conscience se ravive, et je relis : « protéger les États-Unis contre l'extrémisme islamiste »

Ai-je bien lu ??? Où et comment les États-Unis sont-ils menacés par l'extrémisme islamiste ?

Est-ce que je vois des cavaliers du Jihad déferler sur les terres de l'oncle Sam ?

Non, je ne vois que des GI's débouler sur les terres d'Islam...

Est-ce que je vois des minarets s'élever dans le ciel de la Ruée vers l'Ouest ?

Non, je ne vois que des canons américains pointer à l'Est d'Eden...

Est-ce que je vois une invasion de femmes en  burqa s'abattant dans les Mall comme les sauterelles sur l'Égypte antique ?

Non, je ne vois que Mickey s'invitant au pays de l'Or Noir...

Alors, alors ? Où et comment les États-Unis sont-ils menacés par l'extrémisme islamique ?

Aaaahhh... Bien sûr, j'oubliais, et je vous vois venir me traitant d'amnésique avec un œil courroucé : le 11 septembre ! Bien sûr, le 11 septembre avec ses terribles islamistes mettant à genoux l'Amérique, sa Défense aérienne, ses Services de Renseignements, et même tout son système de vidéo-radar-surveillance autour du Pentagone ...

Qu'ils sont forts  effectivement ! Peu nombreux - 19 tout de même et autant de cutters - mais redoutables... Diantre !

Huit ans après on s'en souvient encore, et Hillary, femme du président qui vendit l'Amérique aux banques, a bien raison de craindre l'Islam et de battre le sable de la planète du bout de ses semelles pour aller porter son message : « Haro sur les barbus, sus au halal, sa finance et sa croyance ! »

Mais Madame Clinton, la meilleure façon de pr  otéger l'Amérique c'est de rappeler vos chiens, vos troupes, vos troupeaux et les moutons qui les suivent, de rentrer chez vous, en Amérique, et de vous occuper de vos finances, de vos croyances et de votre peuple qui en a bien besoin.

Jeudi 29 octobre 2009

http://sabre-au-clair-et-clair-de-lune.over-blog.com/article-attentats-au-pakistan-protegeons-l-amerique--38387543.html

 

Human Rights Watch  : Royaume-Uni : Les autorités devraient ouvrir une enquête judiciaire sur la complicité d'officiels dans des actes de torture.

Le gouvernement britannique devrait cesser ses manœuvres dilatoires à ce sujet.

Le gouvernement britannique devrait ordonner immédiatement une enquête judiciaire indépendante sur le rôle et la complicité de ses services de sécurité dans la torture de personnes soupçonnées de terrorisme au Pakistan, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd'hui.

Le rapport de 46 pages, intitulé « Cruel Britannia: British Complicity in the Torture and Ill-treatment of Terror Suspects in Pakistan » (« Cruelle-Bretagne : La complicité britannique dans la torture et les mauvais traitements infligés à des personnes soupçonnées de terrorisme au Pakistan ») présente les témoignages de victimes et de leurs familles dans les cas de cinq citoyens britanniques d'origine pakistanaise torturés au Pakistan par des agents de sécurité pakistanais entre 2004 et 2007. Il s'agit de Salahuddin Amin, Zeeshan Siddiqui, Rangzieb Ahmed, Rashid Rauf et d'une cinquième personne souhaitant garder l'anonymat. Human Rights Watch a constaté que malgré l'absence de preuves de participation directe des agents britanniques aux actes de torture, la complicité du Royaume-Uni dans ces actes est clairement établie.

« Les services de renseignements et la police britanniques ont agi de connivence avec les autorités pakistanaises, et ont fermé les yeux sur la torture au Pakistan de personnes soupçonnées de terrorisme», a affirmé Ali Dayan Hasan, chercheur senior sur l'Asie du Sud  à Human Rights Watch. « Les autorités britanniques savaient que les services de renseignements pakistanais avaient systématiquement recours à la torture et étaient au courant de cas spécifiques de ces abus, mais ne sont pas intervenus pour les empêcher. »

Un responsable haut placé du gouvernement britannique a confirmé l'exactitude des allégations faites par Human Rights Watch sur la complicité du Royaume-Uni dans le cadre d'un témoignage devant la commission mixte du Parlement britannique sur les droits humains en février 2009. Une autre source gouvernementale a également affirmé à Human Rights Watch que les conclusions des recherches de l'organisation sur ce thème étaient « tout à fait exactes ».

Ces officiels britanniques ont indiqué que les services de renseignements pakistanais avaient coopéré dans certains cas avec les autorités britanniques en leur transmettant des informations obtenues lors d'interrogatoires abusifs,  et que ces informations avaient ensuite utilisées dans le cadre de poursuites judiciaires et d'autres enquêtes au Royaume-Uni. Les agents de la police et des services de renseignements britanniques transmettaient aux responsables pakistanais les questions à poser lors de certains interrogatoires, tout en sachant que ces officiels pakistanais pratiquaient la torture.

Des responsables civils et militaires au sein du gouvernement pakistanais bien informés du dossier ont déclaré à maintes reprises à Human Rights Watch que les autorités britanniques étaient au courant des mauvais traitements infligés aux personnes soupçonnées de terrorisme.

 « L'un des principaux enseignements tirés au cours des huit dernières années de lutte mondiale contre le terrorisme, c'est que le recours à la torture et aux mauvais traitements est finalement très contreproductif », a observé M. Hasan. « Non seulement la torture compromet la légitimité des gouvernements qui la pratiquent, mais elle sert aussi de propagande aux organisations terroristes dans le recrutement de leurs adeptes. »

Quatre des victimes ont indiqué avoir rencontré des  officiels britanniques pendant leur détention au Pakistan. Dans certains cas ces entretiens ont eu lieu peu de temps après que ces personnes eurent subi les tortures, alors que les signes de torture étaient encore nettement visibles.

Originaire du Grand Manchester en Angleterre, Rangzieb Ahmed a été arrêté dans la province frontalière du nord-ouest pakistanais le 20 août 2006 et accusé d'avoir des liens avec Al Qaïda. Le 7 septembre 2007, il a été transféré au Royaume-Uni. Ahmed Rangzieb a déclaré à Human Rights Watch avoir été à plusieurs reprises torturé, battu, privé de sommeil et soumis à d'autres exactions par les services de sécurité pakistanais pendant sa détention au Pakistan. Ses tortionnaires lui ont arraché trois ongles, a-t-il indiqué à titre d'exemple.

Human Rights Watch a parlé à des membres des services de police pakistanaise impliqués dans les traitements infligés à Ahmed Rangzieb pendant les différentes étapes de sa détention. Ces sources provenant des organismes pakistanais tant militaires que civils ont confirmé la « véracité globale » des propos d'Ahmed, y compris son allégation selon laquelle les services de renseignements britanniques étaient « à tout moment » au courant de sa détention et des traitements qui lui étaient infligés.

Originaire du district londonien d'Hounslow, Zeeshan Siddiqui a été arrêté au Pakistan le 15 mai 2005 après avoir été soupçonné de participation au terrorisme. Il a été expulsé vers le Royaume-Uni le 8 janvier 2006. Siddiqui a raconté que pendant sa détention, il a été battu à maintes reprises  et enchaîné ; selon son témoignage, il a également reçu des injections de drogues et subi des menaces de sévices sexuels ainsi que d'autres formes de torture.

S'exprimant sous le couvert de l'anonymat, des responsables pakistanais de la sécurité ont confirmé à Human Rights Watch que Siddiqui a été arrêté sur la base d'indications fournies par les services de renseignements britanniques et à la demande de ces derniers. Les sources pakistanaises ont ajouté que les agents de renseignements britanniques étaient en permanence informés des « traitements » infligés à Siddiqui selon la « méthode traditionnelle » et que les agents britanniques avaient « effectivement » interrogé Siddiqui pendant qu'il était « traité » par le Bureau pakistanais des renseignements.

« Le feu vert pour le traduire en [justice] a été probablement donné après avoir tenté sans succès d'apporter des preuves des accusations portées contre lui ou de lui faire admettre des aveux utiles », a précisé la source.

Originaire d'Edgare, Amin Salahuddin  a quant à lui été condamné en avril 2007 dans le procès de l'opération « Crevice » pour avoir planifié des attentats contre plusieurs cibles potentielles, dont la boîte de nuit Ministry of Sound à Londres. Il s'est rendu volontairement aux autorités pakistanaises après que sa famille eut reçu des assurances qu'il ne serait pas maltraité. Il a été toutefois torturé à plusieurs reprises en 2004 et forcé à faire de faux aveux.

Amin Salahuddin affirme avoir rencontré des agents de renseignements britanniques pratiquement une dizaine de fois pendant sa détention. Il a été libéré par les autorités pakistanaises après 10 mois de détention illégale, puis arrêté à son arrivée à l'aéroport de Heathrow en 2005.

Des sources au sein des services de renseignements pakistanais ont affirmé que les déclarations d'Amin Salahuddin sur sa détention et ses rencontres avec les agents des renseignements britanniques et américains étaient « en substance exactes » et confié à Human Rights Watch qu'Amin Salahuddin était un cas « à forte pression » où la « soif » de renseignements exhibée par les agents britanniques et américains était « insatiable ». Toujours selon ces mêmes sources, les agents britanniques et américains qui étaient « au courant » de la détention d'Amin Salahuddin « savaient pertinemment que nous utilisions tous les moyens possibles pour lui extorquer des renseignements et ils nous étaient reconnaissants pour cela ».

« Le fléau du terrorisme ne justifie pas la participation à des actes de torture ou l'utilisation de renseignements obtenus par la torture », a souligné M. Hasan. « Tant qu'une enquête indépendante ne sera pas ouverte et aussi tant que les auteurs des exactions n'auront pas répondu de leurs actes, la réputation de la Grande-Bretagne en tant que nation respectueuse des droits humains restera ternie. »

Les ministères britanniques de l'Intérieur et des Affaires étrangères ont apporté de vagues démentis aux accusations de complicité de torture, sans toutefois répondre aux allégations précises faites par Human Rights Watch, le quotidien britannique The Guardian et les avocats des victimes de torture.

En outre, le gouvernement britannique n'a pas répondu adéquatement aux conclusions et aux recommandations du Comité parlementaire conjoint des droits humains (« Joint Committee on Human Rights », ou JCHR) qui a demandé l'ouverture d'une enquête judiciaire indépendante, ainsi que de la Commission des affaires étrangères.

« Le gouvernement britannique pratique la politique de l'obstruction à l'égard du parlement, des victimes et du public en refusant de répondre aux questions sur ses manoeuvres au Pakistan », a déploré M. Hasan. « Le gouvernement devrait diligenter une enquête judiciaire indépendante et adopter des mesures pour mettre fin à toute complicité dans des actes de torture. »

Londres, le 24 novembre 2009

Pour lire le rapport de HRW (en anglais), veuillez suivre ce lien : http://www.hrw.org/fr/reports/2009/11/24/cruel-britannia-0

© Copyright 2008, Human Rights Watch

Source : Human Rights Watch
http://www.hrw.org/fr/...

http://www.palestine-solidarite.org:80/communique.HRW.241109.htm



1  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

1-1 Jules Dufour : Les États-Unis : la « puissance intelligente » au service de la guerre.

Quadrillage militaire du monde par l’ennemi commun des peuples.

Le Plan du commandement unifié des États-Unis 

Les derniers événements entourant le déroulement des guerres d’invasion en Asie centrale nous permettent de saisir quelques-uns des éléments de la stratégie des États-Unis et les différentes manœuvres diplomatiques et médiatiques visant à faire basculer l’opinion des Étatsuniens en faveur d’une poursuite de leurs opérations guerrières dans cette région.

La "réintronisation" de Hamid Karzaï à la tête du gouvernement fantoche de Kaboul a été orchestrée pour que le climat politique qui a prévalu depuis 2001 se maintienne avec la présence d’un allié acquis aux intérêts des conquérants. Les mots sont difficiles à trouver pour qualifier le caractère légitime de la « victoire » de H. Karzaï. On s’évertue à essayer de rendre maintenant son élection valide alors que la plupart des intervenants, depuis le 20 août dernier, ont discrédité le processus électoral et mis en doute ses résultats.

En même temps, l’administration Obama et les stratèges du Pentagone ont fait semblant de tergiverser concernant l’envoi ou non de renforts alors que cette manœuvre avait vraisemblablement un double objectif. Le premier celui de jauger le potentiel de troupes additionnelles pouvant être offert par les membres de la coalition et le second, celui de disposer du temps nécessaire pour mesurer le degré de résistance des résistants  et des Résistants  au Pakistan. Ainsi, elle a ordonné à l’armée nationale pakistanaise de livrer une guerre sans merci contre les Résistants  et les résistants  dans le territoire du Sud-Waziristan. Ce faisant, les États-Unis pourraient peu à peu faire valoir que les efforts de guerre du Pakistan devraient être confortés par des forces militaires additionnelles en Afghanistan afin de faire face à la résistance pouvant éventuellement trouver refuge dans ce territoire. L’administration Obama serait ainsi en mesure de justifier les renforts qu’elle se propose de déployer.

Il est primordial pour cette administration qu’elle donne suite aux pressions exercées par la droite américaine qui réclame une intensification de l’effort de guerre en Afghanistan tout en emmenant l’opinion publique à accepter la décision d’ajouter un contingent important de soldats (on a mentionné des chiffres allant de 40 000 à 60 000). Peu à peu les guerres de l’Afghanistan et du Pakistan pourraient se fondre en un seul et même conflit et il serait alors plus facile de démontrer qu’il est crucial d’augmenter globalement les forces militaires dans cet ensemble, étant donné les menaces grandissantes posées par la résistance tant en Afghanistan qu’au Pakistan. Les États-Unis feront valoir qu’après huit années de guerre un « petit » effort supplémentaire serait nécessaire afin de ne pas revivre un autre Viêtnam.

Obama, une diplomatie de ralliement pour la conquête du monde par la guerre ?

Depuis leur arrivée à la Maison-Blanche le président Obama et sa secrétaire d’État, Hillary Clinton, ont parcouru le monde pour faire entendre le message renouvelé de l’Empire américain. Une rhétorique nouvelle faisant la promotion du modèle bien connu de domination et d’intervention sur tous les continents, modèle basé sur le plan du commandement unifié des États-Unis (pour voir la carte, cliquez sur le lien : Le Plan du commandement unifié des États-Unis). Ce plan de commandement « a été mis à jour par le Département de la Défense et s’avère un document stratégique clé qui définit les missions, les responsabilités et les aires géographiques de responsabilité pour les commandants en charge des commandements de combattants » étatsuniens et alliés à travers le monde. La totalité de la surface terrestre est encore, dans les faits, le champ de bataille des Étatsuniens et, sous la nouvelle administration, aucune modification substantielle n’a été apportée à ce plan en vue d’en réduire la portée sur l’ensemble des pays du monde.

Les itinéraires suivis par les responsables de la diplomatie étatsusienne leur ont permis de vérifier sur le terrain le taux de solidité de leurs alliances et le degré de fidélité de leurs partenaires et alliés traditionnels et aussi d’identifier et circonscrire les éléments discordants et hostiles. Ainsi, il leur est permis ensuite d’ajuster les orientations de même que l’intensité des opérations qui s’imposent.

La secrétaire d’État s’est même permis de se faire la protectrice des droits humains lors de son séjour à Moscou : « Toutes ces questions - emprisonnements, détentions, coups, meurtres - sont douloureuses à regarder de l’extérieur", a déclaré Mme Clinton, au deuxième jour de sa visite en Russie, sur la radio Echo de Moscou ». Il est difficile de croire que de tels propos puissent être tenus par la responsable de la diplomatie américaine quand on se rappelle les menaces d’oblitération totale qu’elle a proférées contre l’Iran au cours de la campagne présidentielle . Il importe aussi de rappeler que son pays détenait en 2005 la population carcérale la plus élevée au monde avec 2 186 230 prisonniers (25% du total mondial) et que le taux de détention par 100 000 habitants était également le plus élevé avec 737.6 résidents. De plus, « la Peine de mort aux États-Unis est appliquée au niveau fédéral et dans trente-cinq États fédérés sur cinquante que comptent les États-Unis. Aujourd’hui les États-Unis font partie du cercle restreint des démocraties libérales qui appliquent la peine de mort » (Wikipedia). Il est à espérer que la secrétaire d’État trouve aussi douloureuse cette situation qui prévaut dans son pays.

Mes intentions profondes sont les mêmes

Enfin, il convient d’ajouter que les guerres de l’Asie centrale se poursuivent dans la plus grande impunité et que la torture continue d’être pratiquée dans les prisons « secrètes ». S’il s’agit là des manifestations des nouveaux concepts proposés en janvier dernier de la « puissance intelligente » et de la « responsabilité » il y a lieu de s’interroger, car il nous semble plutôt que les propos de la diplomatie étatusienne viennent tout simplement voiler le visage de l’impérialisme. Je suis un acteur qui pense maintenant autrement, mais mes intentions profondes sont les mêmes. En réalité, le concept de la « guerre permanente » reste le guide suprême de mon approche diplomatique qui se veut à géométrie variable en fonction des intérêts qu’il me faut sauvegarder. (Les deux pilliers de la nouvelle diplomatie américaine).

Conclusion

Pour la diplomatie étatsunienne il importe de conserver l’appui des plus puissants malgré certains irritants majeurs, car elle pourrait avoir besoin d’eux quand se produira l’effondrement annoncé de l’économie et l’implosion sociale qui en sera la résultante inéluctable. Faire la guerre pourrait devenir trop lourd pour la société et des mandataires capables de le faire seront alors invités à « donner » davantage pour permettre à l’Empire de survivre encore un certain temps. Cette consigne est sans doute celle qui a été transmise aux pays alliés. Ceux-ci, cependant, bien malgré eux, pourraient être entraînés éventuellement avec lui dans sa chute.

Références

AFP. 2009. Hillary Clinton avocate des droits de l’Homme à Moscou. RTBF Info. Le 14 octobre 2009. En ligne : http://www.rtbf.be/info/economie/hillary-clinton-avocate-des-droits-de-lhomme-a-moscou-150876

AFP. 2009. L’OTAN adopte une nouvelle stratégie en Afghanistan. Cyberpresse. Le 23 octobre 2009. En ligne : http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/200910/23/01-914285-lotan-adopte-une-nouvelle-strategie-en-afghanistan.php

BEAUCHEMIN, Malorie. 2009. Obama lance un ultimatum à l’Iran. La Presse. Le 25 septembre 2009. En ligne : http://www.cyberpresse.ca/international/etats-unis/200909/25/01-905686-obama-lance-un-ultimatum-a-liran.php

COURMONT, Barthélémy et contre-feux.com. 2009. Les deux piliers de la nouvelle diplomatie américaine. ilovepolitics. Le 19 mars 2009. En ligne : http://www.ilovepolitics.info/Les-deux-piliers-de-la-nouvelle-diplomatie-americaine_a1371.html

DUFOUR, Jules. 2007. Le réseau mondial des bases militaires américaines. Les fondements de la terreur des peuples ou les maillons d’un filet qui emprisonne l’humanité. Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 10 avril 2007. En ligne : http://www.mondialisation.ca/index.php ?context=viewArticle&code=DUF20070409&articleId=5314

DUFOUR, Jules. 2009. Le grand réarmement planétaire. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 5 mai 2009. En ligne : http://www.mondialisation.ca/index.php ?context=va&aid=13162

DUFOUR, Jules. 2009. Pakistan : un territoire stratégique pour les guerres de l’Occident en Asie Centrale. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 10 août 2009. En ligne : http://www.mondialisation.ca/index.php ?context=va&aid=14719

DUFOUR, Jules. 2009. Afghanistan : des élections pour l’imposition de la « démocratie » ? Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 21 août 2009. En ligne : http://www.mondialisation.ca/index.php ?context=va&aid=14871

KAY, Joe. 2008. Hillary Clinton menace d’ ‘effacer’ l’Iran de la carte ! Alter Info. Le 24 avril 2008. En ligne : http://www.alterinfo.net/Hillary-Clinton-menace-d-effacer-l-Iran-de-la-carte !_a19103.html

Nombre de prisonniers dans le monde, par pays. PopulationData.net : http://www.populationdata.net/chiffres/monde-prisonniers-2006.php

Peine de mort aux États-Unis : http://fr.wikipedia.org/wiki/Peine_de_mort_aux_%C3%89tats-Unis

 Source : Mondialisation.ca, Le 4 novembre 2009

Jules Dufour

Jules Dufour, Ph.D., est président de l’Association canadienne pour les Nations Unies (ACNU) /Section Saguenay-Lac-Saint-Jean, professeur émérite à l’Université du Québec à Chicoutimi, membre du cercle universel des Ambassadeurs de la Paix, membre chevalier de l’Ordre national du Québec.

4 novembre

Comité Valmy

http://www.comite-valmy.org:80/spip.php?article410

Commentaires

1.Posté par antiempire le 05/11/2009 23:03

le complexe militaro industriel est toujours aux commandes et donc les beaux discours dobama sont une diversion pour cacher le fait quil est sous le controle du pentagone. en gros la distinction entre realistes et faucons est un trompe loeil ou du moins leurs convergences sont plus fortes que leurs differences (qui me semblent bien secondaires quand jentends certains discours pour le moins bellicistes dobama ). mais c’est vrai brzezinski et kissinger sont le modele des deux camps.
http://www.mondialisation.ca

2.Posté par VIRGILE le 05/11/2009 23:33

Mais enfin êtes-vous étonné ?! Il s'agit tout simplement de l'application officielle du PNAC !!!
(Project for the New American Century)
Objectif : Fondé au printemps 1997, le PNAC se définit comme une organisation militante non commerciale dont l'objectif est la promotion d'un American Global Leadership (Domination mondiale américaine).
Au programme :
• La domination du monde par les États-Unis profite à la fois aux États-Unis et au reste du monde ;
• Cette domination nécessite l'usage de la force militaire, d'un jeu d'influence diplomatique et d'un engagement à des principes moraux ;
• Il incombe aux dirigeants des États-Unis, au niveau de la légitimité et de la responsabilité, de gérer cette domination mondiale ;
• Le gouvernement des États-Unis doit user de sa supériorité afin d'obtenir une autorité absolue par tout moyen nécessaire.
Dans cet esprit, diverses propositions sont présentées :
• Abandon des négociations sur la limitation des armements stratégiques ;
• Utilisation de la force militaire en cas d'échec de la diplomatie, à l'encontre de n'importe quel pays qui gênerait les intérêts et/ou objectifs des États-Unis ;
• Installation de bases militaires américaines sur l'ensemble du globe pour créer un Global Constabulary (police mondiale), imposant la volonté des États-Unis ;
• Modernisation des équipements militaires et augmentation du budget de l'armée des États-Unis à hauteur de 3,8% de son PIB ;
• Développement du National Missile Defense (programme de bouclier anti-missile) et poursuite de la stratégie de militarisation de l'espace.
C'est un pur produit dérivé du vrai-faux PSS et autres enseignement du Talmud de Babylone contre TOUS LES GOYIM !
"Les idées avancées par le PNAC dans le rapport Rebuilding America's Defenses font l'objet de critiques parfois extrêmement violentes : « This is the new Mein Kampf.
Only Hitler did not have nuclear weapons. It's the scariest document I've ever read in my life. » (Ceci est le nouveau Mein Kampf. La seule différence est que Hitler n'avait pas d'armes nucléaires. C'est le document le plus effrayant que j'ai jamais lu dans ma vie.) Docteur Helen Caldicott, 2000."
(Source Wikipedia).

http://www.alterinfo.net/Les-Etats-Unis-la-puissance-intelligente-au-service-de-la-guerre_a38886.html


1-2 Gilles Bonafi : Iran, Pakistan et Baloutchistan.

Voici un article paru récemment sur le site mondialisation.ca, dans lequel l’auteur Gilles Bonafi, professeur et analyste économique français, nous dresse un tableau limpide des enjeux de la guerre stratégique qui se joue au Moyen-Orient autour de l’accès aux ressources énergétiques et à l’acheminement gazier et pétrolier, et dont le déroulement s’est brusquement accéléré le 11 septembre 2001.
Notre société du spectacle est basée sur un pilier fondamental: les médias.

Le net démontre de jours en jours que la soi disant information que nous recevons n’a rien à voir avec la réalité. Le moment est venu de se pencher sur un cas particulier, celui de l’Iran.

J’ai affirmé il y a quelques jours que la guerre aura lieu bientôt et il convient ici d’effectuer une analyse précise (et sourcée) des tenants et aboutissants de cette future troisième guerre mondiale.

Tout d’abord, sachez que la réalité s’apparente aux poupées russes. En effet, derrière un "secret" se cache souvent un autre, bien plus important. Ainsi, comprendre le problème de l’Iran doit s’effectuer selon 2 axes, celui que l’on perçoit: le problème du pétrole, mais aussi celui, plus secret, du planning du Nouvel Ordre Mondial.

Pour commencer, il convient de préciser que l’Iran détient 10% des réserves pétrolières mondiales prouvées (3ème mondial) mais aussi 15 % des réserves mondiales de gaz (2ème mondial). Pour mieux cerner le problème, je vous conseille de visionner la vidéo "Réfléchir sur le 11 septembre " sur mon blog. Cette vidéo est une conférence de Daniele Ganser, un historien (réputé) spécialiste des questions de terrorisme et de pétrole. [Voir aussi la vidéo de la conférence de D.Ganser à Paris en 2008 sur le site de ReOpen911 - Ndlr]

Démocratie ou pas, l’Iran est ainsi condamné à passer sous le joug de l’empire US. Pour mieux comprendre la politique américaine dans le monde je vous conseille aussi de visionner l’excellente vidéo d’Omar Aktouf (sur mon blog également). Pour visualiser le problème, il convient de regarder les cartes.

J’ai en effet publié en ligne la carte du Armed forces journal de juin 2006 qui n’est pas sortie de l’imagination d’un illuminé (quoi que…), mais bien une réalité que j’entends démontrer ici.

Tout d’abord il convient de bien l’observer (sur mon blog: Iran, l’heure est arrivée! Ci-dessous ) et vous constaterez que l’Irak est divisé en 3 régions distinctes:

-Kurdistan libre
-Irak sunnite
-Irak chiite

Le plus intéressant concerne ce dernier, qui, vous pouvez le constater, occupe la partie ouest de l’Iran actuel.

Or, pour comprendre, il suffit de regarder l’emplacement des réserves pétrolières de l’Iran (Carte de l’Iran : pétrole et gaz ci-dessous) qui sont presque toutes situées dans cette zone. La carte de l’Irak chiite se superpose de façon incroyable avec celle des emplacements de pétrole et de gaz Iranien. Ainsi, en amputant l’Iran de ses richesses naturelles, on réduit à néant sa volonté de puissance. Pour résumer, on le vole et on le détruit en même temps!

Mais il existe un autre secret et vous comprendrez par la même occasion ce que nous faisons en Afghanistan. Il existe en effet un projet de gazoduc (oléoduc) nommé TAP reliant le Turkménistan au Pakistan en passant par l’Afghanistan afin de faire transiter le pétrole et le gaz de la Caspienne vers l’Océan Indien. Un gazoduc (oléoduc)Iran-Pakistan passant par Gwadar est aussi en projet. Vous pouvez trouver la preuve de ceci (une carte) sur le site de l’assemblée nationale (source: http://www.debats-parlementaires.fr/12/rap-dian/dian99-2006.asp ) ou ci-dessous : Projet TAP et Baloutchistan. Pour ceux qui croient encore que je parle dans le vent, voici une petite remise à niveau.

Or, vous pouvez le constater, ce projet passe par le Pakistan, zone très instable qui va devenir totalement explosive bientôt. Là aussi, la carte du Armed Force journal de 2006 nous aide. En effet, nous remarquons qu’un nouvel état est créé: le Baloutchistan libre (free Baluchistan). Et, comme "par hasard", de nombreux attentats ont lieu actuellement dans cette province (dans la province Iranienne du Sistan-Baloutchistan pour être plus précis).

Ces attentats provoqués par les Jundollah (groupe armé Baloutche sunnite) ont commencé il y a 5 ans avec l’assassinat d’un officier des gardiens de la révolution et surtout la tentative d’assassinat de Mahmoud Ahmadinejad le 14 décembre 2005.

Le 14 février 2007 ils avaient attaqué un car des gardiens de la révolution faisant 11 morts, suivi de l’attentat suicide contre le quartier général de l’armée à Zaravan en décembre 2008.

L’attaque de mosquées chiites est devenu leur spécialité, comme celle de Zahedan le 28 mai 2009. (Source: Le point, Les Jundollah, des sunnites qui combattent Téhéran depuis 2005 …)

Un article sérieux a d’ailleurs été effectué à ce niveau-là que vous pouvez retrouver ici : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=569 .

Vous avez aussi l’excellent article de Jean-Michel Vernochet, un spécialiste des relations internationales qui informe vraiment (c’est très rare!), intitulé "Attentat au Sistan-Balouchistan… un acte de guerre décisif …" que vous trouverez sur geostrategie.com – http://www.geostrategie.com/ .

En effet, les Baloutches sont des musulmans sunnites au sentiment anti-perse et anti-chiite exacerbé et qui représentent les trois quarts de la population du Sistan-Baloutchistan. La doctrine de Sun Tzu (L’art de la guerre) est donc appliquée à la lettre et la division se fait toujours selon 2 axes: l’axe religieux et ethnique. L’agence Stratfor, un think-tank américain (institution privée) spécialisée dans les études stratégiques a bien étudié le problème ainsi que la société Hicks and Associates chargée par l’armée américaine d’effectuer des recherches sur le problème ethnique de la région afin de pouvoir organiser l’indépendance du Baloutchistan. C’est ainsi que cela se passe!

Le Sistan-Balouchistan est la plus vaste province de l’Iran ( 11% du pays), mais surtout, elle est la clé de l’accès à l’océan Indien avec le port de Gwadar qui est situé au Pakistan. N’oublions pas que Gwadar possède aussi un aéroport international, un port en eau profonde et un terminal pétrolier. Cette ville deviendra donc la plus importante de ce nouvel état et sera le terminal pétrolier du projet TAP qu’il faudra rebaptiser TAB (Turkménistan-Afghanistan-Baloutchistan).

Pourtant, ces objectifs de main mise sur le pétrole du Moyen-Orient masquent un autre but : la "régionalisation du monde". En effet, et je l’ai déjà démontré dans mon article "Crise systémique – Les solutions (n°4 : régions et monnaies complémentaires)", la construction du Nouvel Ordre Mondial passe par l’étape fondamentale de la destruction des nations et donc, le glocal (voir article "régions et monnaies complémentaires" sur mon blog). Le monde arabe n’y coupera pas lui aussi et "le découpage" de l’Irak, et bientôt du Pakistan et de l’Iran relève de cette stratégie majeure.

Le hiatus entre l’information sur le net et celle des médias officiels devient flagrant. Alain Finkielkraut peut toujours traiter le net de poubelle, je propose pour ma part une autre théorie: les médias officiels ne sont-ils pas une vaste machine à formater les esprits? Tous ces hommes soi-disant libres n’étant que les laquais d’un système dont ils ne comprennent ni les tenants ni les aboutissants, une lâcheté banale, ordinaire qui amusait le Général de Gaulle : "en général, les gens intelligents ne sont pas courageux et les gens courageux ne sont pas intelligents."

Zola avait tout résumé dans "son excellence Eugène Rougon" publié en 1876: "La presse est le réceptacle de tous les ferments nauséabonds. Elle fomente les révolutions, elle reste le foyer toujours ardent où s’allument les incendies. Elle deviendra seulement utile le jour où l’on aura pu la dompter et employer sa puissance comme un instrument gouvernemental!"

La presse est désormais "domptée", le net est là, mais pour combien de temps encore?
Gilles Bonafi

pour mondialisation.ca
Published on novembre 19, 2009 par GeantVert

Notes ReOpenNews : Pour tous ceux qui veulent en savoir plus sur la géopolitique sous l’ère Obama, nous ne pouvons que vous conseiller, outre la lecture régulière de nos ReOpenNews, celle de l’ouvrage d’Aymeric Chauprade "Chronique du Choc des Civilisations"


1-3 Barthélémy Courmont : Les deux piliers de la nouvelle diplomatie américaine…

Nb Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

"Puissance intelligente" et "responsabilité" : tels sont les deux piliers de la nouvelle diplomatie américaine.

Que retenir des premières semaines de l’administration Obama en matière de politique étrangère ?

Les attentes étaient grandes, témoignant du rôle unique de Washington sur la scène internationale, et les premières mesures ont été observées avec attention dans toutes les régions du monde, preuve s’il en est de l’espoir suscité par l’élection de Barack Obama. Mais au-delà de ces espérances, comment définir le changement insufflé à la politique étrangère de la première puissance mondiale ? Entre puissance intelligente et responsabilité, la nouvelle administration entend ainsi donner un nouveau cap à la politique étrangère américaine, mais avec quels effets ?

Puissance intelligente, mode d’emploi 

La puissance intelligente (smart power) est le nouveau terme à la mode désignant la politique étrangère de l’administration Obama. Le concept a été développé par Joseph Nye, déjà instigateur du soft power dans les années 90, et formulé par Hillary Clinton, à l’occasion de plusieurs interventions sur l’engagement américain sur la scène internationale. Et depuis deux mois, il s’impose comme le principal thème de réflexion des think tanks spécialisés dans la politique étrangère à Washington.

La puissance intelligente propose de concilier les outils du hard power et du soft power

En substance, la puissance intelligente propose de concilier les outils du hard power (puissance militaire, économie), et du soft power (diplomatie, culture, capacité d’influence) pour proposer une politique étrangère à la fois cohérente, acceptable, et capable de s’imposer. Une rupture avec le hard power des années Bush, mais également le refus d’un retour en arrière. En d’autres termes, une adaptation à la nécessité de proposer une politique étrangère ferme sur des dossiers tels que la prolifération des armes de destruction massive et le terrorisme, mais dans le même temps ouverte à la coopération, et à l’écoute des requêtes des alliés de Washington, mais également de ses adversaires potentiels.

La responsabilité, vis-à-vis de qui ?

Autre slogan à la mode à Washington, et invoqué par Barack Obama lui-même, notamment lors de son discours de Chicago le soir de son élection, la responsabilité de Washington sur la scène internationale consiste à ne pas refuser les obligations propres à la première puissance mondiale. Le nouveau président américain estime ainsi que, en opposition avec un repli sur soi, et sans pour autant privilégier un engagement trop marqué, les Etats-Unis doivent rester la puissance indispensable, présente sur les principaux dossiers internationaux, mais agissant dans le même temps de concert avec ses alliés et les autres grandes puissances. Une responsabilité vis-à-vis du multilatéralisme, et des attentes de l’opinion publique, américaine et internationale, qui ne souhaite pas voir Washington se replier sur soi.

Quels effets escomptés ? 

La nouvelle politique étrangère américaine est ambitieuse. Le premier effet est bien entendu de modifier l’image de Washington sur la scène internationale, en offrant un visage plus positif de la puissance américaine et de la manière dont elle se pratique. Mais c’est surtout dans les résultats que les effets sont attendus. 

Washington entend mettre en avant une gestion multilatérale, tout en maintenant son rôle de leader

Ainsi, en modifiant la stratégie vis-à-vis des Etats voyous, et en adoptant une stratégie plus globale sur les questions régionales, Washington entend progresser sur des dossiers tels que la Corée du Nord ou l’Iran (en invitant ces deux pays au dialogue), et ne pas s’aliéner le nécessaire soutien d’alliés en Irak ou en Afghanistan. En d’autres termes, Washington entend mettre en avant une gestion multilatérale des grands dossiers internationaux, tout en maintenant son rôle de leader, et sans manquer à ses obligations de première puissance mondiale. 

Quelles limites ?

Certes, les concepts de puissante intelligente et de responsabilité sont respectables, et répondent à un besoin indispensable de changer l’image des Etats-Unis sur la scène internationale, après les dommages occasionnés par l’administration Bush. Mais passé l’effet d’annonce, il convient de s’interroger sur les limites de cette nouvelle politique étrangère. A cet égard, tant dans la relation avec les alliés que dans le bras de fer avec les adversaires, cette politique d’ouverture se heurte à plusieurs difficultés. On pense ainsi aux efforts demandés par Washington à ses alliés en Afghanistan, qui créent de nouvelles lignes de tensions transatlantiques, mais aussi aux résultats possibles dans le traitement des Etats voyous.

Ainsi, dans le cas d’un échec dans les négociations sur le désarmement dans la péninsule coréenne ou dans l’abandon du programme nucléaire iranien, la puissance intelligente de Washington serait montrée du doigt par ses détracteurs.

Or, devant la difficulté de ces deux dossiers, et le caractère souvent imprévisible de Pyongyang et de Téhéran, force est de reconnaître que la diplomatie américaine est soumise à rude épreuve, et attendue au tournant.

Barthélémy Courmont

http://www.contre-feux.com/international/les-deux-piliers-de-la-nouvelle-diplomatie-americaine.php

n° 36 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion & Stratégie' de PAKISTAN.- 03-12 - : Suite : - La recherche désespérée de quelque chose de positif à dire sur la politique étrangère des Etats-Unis.

n° 36 - Les  dossiers  'Géopolitique, Réflexion & Stratégie' de PAKISTAN.- 03-12 - : Suite : - La recherche désespérée de quelque chose de positif à dire sur la politique étrangère des Etats-Unis.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Les  dossiers  'Géopolitique, Réflexion & Stratégie' de PAKISTAN.

n° 36- 03-12

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 




Sommaire :

2 Annexe

2-1 Michael T. Klare : Le déclin précipité de l’hégémonie US.

2-2 William Pfaff : Création d’une armée de métier aux Etats-Unis.

2 Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

2-1 Michael T. Klare : Le déclin précipité de l’hégémonie US.

Les prédictions sur un probable déclin de l’hégémonie américaine sont récurrentes. La CIA elle-même s’était récemment livrée à cet exercice, prévoyant qu’à l’horizon 2025, le statut des USA serait révisé à la baisse et leur latitude d’action diminuée d’autant. Mais la crise économique a dramatiquement accéléré la marche de l’histoire. Lors de son audition par les sénateurs américains au printemps dernier, l’économiste Martin Wolf avait annoncé que la crise allait « porter un coup dévastateur à la crédibilité et la légitimité des États-Unis à travers le monde. »

Aujourd’hui, les indices de cet affaiblissement sont déjà sensibles sur tous les fronts. Michael Klare en recense six, parmi lesquels le remplacement du G7 par le G20, la remise en cause du dollar, le rôle accru du groupe BRIC, le renforcement des liens entre l’Iran et la Chine, et le refus des alliés d’envoyer des renforts en Afghanistan.

A ce catalogue il conviendrait d’ajouter le récent refroidissement des relations avec le Japon, sans oublier la nouvelle orientation de la Turquie, qui elle aussi resserre ses liens avec l’Iran et s’éloigne d’Israël.

Bienvenue donc, dès aujourd’hui, dans ce nouveau monde des années 2025.

Note à l’attention de la CIA : Vous n’êtes peut-être pas préparés à voyager dans le temps, mais bienvenue quand même en 2025 ! Vos bureaux sont peut-être un peu exigus, vos droits à exiger de meilleurs locaux se sont sans doute évaporés, et les avantages annexes ne seront peut-être pas à votre goût, mais il faudra vous y habituer. Car telle sera désormais la réalité.

Trêve de plaisanterie. Passons maintenant à la version sérieuse de ce qui précède : En Novembre 2008, le National Intelligence Council (NIC), une branche de la Central Intelligence Agency, a publié le dernier rapport d’une série de publications futuriste, destinées à défricher le terrain pour la future administration Obama. Cette consultation de boule de cristal analytique s’est conclue par un rapport intitulé « Tendances mondiales 2025 », où l’agence prédit que l’hégémonie américaine tendrait à disparaître progressivement au cours des 15 prochaines années - parallèlement à la montée de nouvelles puissances mondiales, en particulier la Chine et l’Inde. Ce rapport examinait de nombreux aspects de l’environnement stratégique du futur, mais sa conclusion la plus remarquable - et qui a fait les unes - était celle d’une érosion à long terme de la domination américaine et de l’émergence de nouveaux concurrents mondiaux. « Bien que les États-Unis puissent rester l’acteur le plus puissant [en 2025] », constatait sans ambages cette étude, la « puissance relative - même dans le domaine militaire - diminuera et les moyens d’actions des USA seront plus limités. »

Ce rapport, appartient déjà au passé.

Aujourd’hui, quelques 11 mois plus tard, les choses ont déjà changé. Ces prédictions futuristes devront être adaptées aux réalités rapidement changeantes de la situation actuelle. Bien qu’ayant été publié après le début de la crise économique mondiale, ce rapport a été rédigé avant que cette crise n’atteigne son maximum. Il affirmait donc que le déclin de la puissance américaine serait graduel, s’étendant au-delà de l’horizon de 15 ans qui était celui de l’étude. Mais la crise économique et les événements qui l’ont accompagné ont radicalement bouleversé ce calendrier. À la suite des énormes pertes subies par l’économie américaine durant l’année écoulée, et d’un redémarrage surprenant de l’économie chinoise, la transition des pouvoirs que ce rapport prévoyait s’est accélérée. Lorsque l’on examine les faits, cette année 2025 est déjà là.

De nombreux évènements prévus par le « Global Trends 2025 » se sont en fait déjà déroulés. Le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine - désignés collectivement par l’acronyme BRIC - jouent déjà un rôle beaucoup plus actif dans les affaires économiques mondiales, alors que le rapport prévoyait que cela ne serait le cas que dans une décennie ou deux. Dans le même temps, la position mondiale dominante auparavant monopolisée par les Etats-Unis avec l’aide des grandes puissances industrielles occidentales - le Groupe des 7 (G-7) - s’est déjà affaiblie à un rythme remarquable. Les pays qui autrefois demandaient conseil aux États-Unis sur les grandes questions internationales ignorent maintenant les recommandations de Washington et développent au contraire leurs propres réseaux politiques autonomes. Les États-Unis sont de moins en moins enclins à déployer leurs forces armées à l’étranger alors que les puissances rivales augmentent leurs propres capacités militaires et que les acteurs non étatiques recourent aux tactiques « asymétriques » pour contrecarrer l’avantage de la puissance de feu conventionnelle dont disposent les États-Unis.

Personne ne semble le dire haut et fort - pour le moment - mais exprimons les choses crûment : après que moins d’un an se soit écoulé sur les 15 années qu’analysait le rapport de la CIA, la période de la domination incontestée de l’Amérique sur le monde est arrivée à son terme. Cela pourra prendre une décennie ou deux (ou trois) avant que les historiens ne soient capables de porter leurs regards en arrière et de se prononcer avec certitude sur « le moment où les Etats-Unis ont cessé d’être la puissance dominante de la planète et ont été forcés de se comporter comme un acteur majeur parmi d’autres dans un monde où existent plusieurs grandes puissances rivales. » Cependant, pour les esprits observateurs, les indices de cette grande transition sont déjà visibles.

Six étapes vers un destin de nation ordinaire

Voici la liste de six événements récents qui indiquent selon moi que nous sommes entrés en « 2025 » dès aujourd’hui. Tous les six ont été rapportés par les médias ces dernières semaines, bien qu’ils n’aient jamais été mis en perspective tous ensembles. Ces six évènements (ainsi que d’autres, semblables) forment un motif : ils dessinent une nouvelle ère en formation.

1. Lors du sommet économique mondial de Pittsburgh, les 24 et le 25 septembre, les dirigeants des grandes puissances industrielles, le G-7 (G-8 si l’on inclut la Russie) ont accepté de transférer la responsabilité de la supervision de l’économie mondiale à un groupe plus vaste, plus ouvert : le Groupe des 20 (G-20), incluant la Chine, l’Inde, le Brésil, la Turquie, et d’autres pays en développement. Bien que des doutes aient été soulevés quant à la capacité de ce groupe élargi à exercer un leadership efficace au niveau mondial, il ne fait aucun doute que cette transformation signale un déplacement de la puissance économique dans le monde, de l’Ouest en direction de l’Est et le Sud. Ce déplacement entérine une baisse considérable de la prééminence économique américaine.

« La véritable signification du G-20 n’est pas celle d’un passage de relais du G-7/G-8 mais du G-1 : les États-Unis », a écrit dans le Financial Times Jeffrey Sachs de l’Université de Columbia. « Durant les 33 années du Forum économique du G-7, les États-Unis ont impulsé les décisions économiques les plus importantes. » Le déclin du leadership américain au cours de ces dernières décennies a été obscurci par l’effondrement de l’Union soviétique et par l’avance initiale acquise par les USA dans les technologies de l’information, note également Jeffrey Sachs, mais on ne peut plus désormais se méprendre sur cette transition du pouvoir économique des Etats-Unis en direction de la Chine et des autres locomotives des économiques émergentes.

2. Selon la presse, les rivaux économiques de l’Amérique ont tenu des réunions secrètes (mais pas tant que cela) afin d’étudier une réduction du rôle du dollar US - qui perd de sa valeur - dans le commerce international. Jusqu’à présent, l’utilisation du dollar comme devise internationale procurait aux États-Unis un avantage économique important : ils pouvaient simplement imprimer des dollars pour faire face à leurs obligations internationales alors que les autres pays doivent convertir leurs propres devises en dollars, ce qui entraîne souvent des surcoûts significatifs. Désormais, nombre de grands pays exportateurs - dont la Chine, la Russie, le Japon, le Brésil et les pays pétroliers du golfe Persique - envisagent l’utilisation de l’euro, ou d’un « panier » de monnaies pour leurs échanges commerciaux. S’il est adopté, un tel plan accélérerait la chute vertigineuse du cours du dollar et éroderait encore davantage l’influence américaine sur les affaires économiques internationales.

L’une de ces rencontres aurait eu lieu cet été lors d’un sommet des BRIC. Alors qu’il ne s’agissait que d’un concept il y a un an, lorsque le terme de BRIC a été inventé par l’économiste en chef de Goldman Sachs, le groupe des BRIC est devenu une réalité en juin lorsque les dirigeants des quatre pays ont tenu une session inaugurale à Iekaterinbourg, en Russie.

Le fait même que le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine aient choisi de se constituer en groupe a été considéré comme significatif, car ces pays rassemblent conjointement environ 43% de la population mondiale et devraient représenter 33% du produit intérieur brut mondial d’ici 2030 - à peu près autant que les États-Unis et l’Europe occidentale à cet horizon. Bien que les dirigeants du groupe BRIC aient décidé à ce stade de ne pas former un organe permanent comme le G-7, ils sont convenus de coordonner les efforts visant à développer des alternatives au dollar et à réformer le Fonds Monétaire International, pour que les pays non occidentaux y disposent d’une voix plus forte.

 

3. Sur le front diplomatique, les efforts de Washington pour obtenir le soutien d’une pression internationale accrue sur l’Iran afin qu’il mette un terme à son programme d’enrichissement d’uranium ont été rejetés par la Russie et la Chine. Un mois après que le président Obama ait annulé le projet de déploiement d’un système anti-missiles en Europe orientale, souhaitant apparemment obtenir le soutien russe sur une position plus dure envers Téhéran, les hauts dirigeants russes ont clairement indiqué qu’ils n’avaient aucune intention de cautionner un renforcement des sanctions contre l’Iran. « Les menaces, les sanctions et les pressions dans la situation actuelle, nous en sommes convaincus, seraient contre-productifs », a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey V. Lavrov, après une réunion avec le secrétaire d’État Hillary Clinton à Moscou le 13 octobre. Le lendemain, le Premier ministre russe Vladimir Poutine déclarait que la menace de sanctions était « prématurée ». Étant donné les risques politiques qu’a pris Obama en annulant le programme de bouclier anti-missiles - une mesure largement condamnée par les Républicains à Washington - le refus rapide de Moscou de coopérer avec les Etats-Unis sur le dossier nucléaire iranien ne peut être interprété que comme un signe supplémentaire du déclin de l’influence américaine.

 

4. On peut tirer exactement la même conclusion après la réunion de haut niveau qui s’est tenue à Pékin le 15 octobre entre le Premier ministre chinois Wen Jiabao et le premier vice-président iranien, Mohammad Reza Rahimi. « Les relations sino-iraniennes ont connu un développement rapide, depuis que les dirigeants des deux pays ont de fréquents échanges et que la coopération dans le commerce et l’énergie s’est élargie et approfondie », a déclaré M. Wen, au Palais du Peuple. Intervenant à un moment où les États-Unis sont engagés dans une campagne diplomatique vigoureuse pour persuader la Chine et la Russie, entre autres, de réduire leurs liens commerciaux avec l’Iran, en prélude au renforcement des sanctions, cette déclaration chinoise ne peut être considérée que comme une nette rebuffade en direction de Washington.

 

5. Les tentatives de Washington pour obtenir un soutien international à l’effort de guerre allié en Afghanistan ont également rencontré des réponses étonnamment décevantes. Pour preuve, la manifestation de soutien réticent à l’effort de guerre américain du Premier ministre britannique Gordon Brown lorsqu’il a annoncé le 14 octobre que la Grande-Bretagne enverrait davantage de troupes pour renforcer le contingent britannique dans ce pays - mais seulement 500 de plus, et seulement si d’autres nations européennes augmentaient leur participation militaire, chose qu’il sait sans doute hautement improbable. Jusqu’à aujourd’hui, ce minuscule contingent provisoire représente le total des troupes supplémentaires que l’administration Obama a été en mesure d’obtenir de ses alliés européens, et ce en dépit d’une campagne diplomatique soutenue pour le renforcement de la force combinée de l’OTAN en Afghanistan. En d’autres termes, même l’allié le plus fidèle et docile des USA en Europe ne semble plus disposé à supporter le poids de ce qui est largement perçu comme une couteuse et épuisante aventure militaire américaine dans le Grand Moyen-Orient.

 

6. Enfin, en un geste dont la portée symbolique est frappante, le Comité International Olympique (CIO) a choisi d’ignorer Chicago (de même que Madrid et Tokyo) et désigné Rio de Janeiro pour la tenue des Jeux Olympiques d’été de 2016. C’est la première fois qu’une nation sud-américaine se voit décerné cet honneur. Avant le vote, Chicago était considérée comme un candidat sérieux, surtout depuis que Barack Obama, qui y a habité, s’était personnellement déplacé à Copenhague pour faire pression sur le CIO. Néanmoins, à la surprise générale, Chicago a non seulement perdu, mais a été éliminée dès le premier tour de scrutin.

« Le Brésil est passé d’un pays de deuxième classe à un pays de première classe, et aujourd’hui, nous commençons à être considéré avec le respect que nous méritons », a déclaré le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, lors d’une célébration de la victoire à Copenhague après le vote. Durant ce processus de décision des Olympiades les États-Unis se sont vus sans ménagement et ostensiblement rétrogradés du rang de seule superpuissance à celui de compétiteur malchanceux, et ce moment symbolisait l’entrée de la planète dans une nouvelle ère.

Devenir un pays ordinaire

Ce ne sont que quelques exemples de développements récents qui me laissent penser que les jours de l’hégémonie américaine sont déjà arrivés à leur terme, des années plus tôt que les services de renseignement américain ne l’avaient prévu. Il est de plus en plus clair que d’autres puissances - même parmi nos plus proches alliés - poursuivent une politique étrangère de plus en plus indépendante, quelles que soient les pressions que Washington tente d’exercer.

Bien sûr, rien de tout cela n’implique que les États-Unis ne pourront pas conserver pendant un certain temps encore la plus puissante économie au monde et, en termes de capacité de destruction, la plus puissante force militaire. Néanmoins, il ne fait aucun doute que l’environnement stratégique dans lequel les dirigeants américains doivent prendre des décisions critiques, lorsque les intérêts nationaux vitaux sont en jeu, a changé de façon spectaculaire depuis le début de la crise économique mondiale.

Plus significatif encore, le président Obama et ses principaux conseillers commencent à contrecœur à remodeler la politique étrangère américaine en ayant à l’esprit cette nouvelle réalité mondiale. Cela paraît évident, par exemple, dans la décision de l’administration de réexaminer la stratégie américaine en l’Afghanistan.

C’est seulement en mars que le président a adopté une nouvelle stratégie de contre-insurrection en Afghanistan, consistant en un renforcement de la présence américaine sur le terrain, accompagné d’un engagement de longue durée pour gagner les cœurs et les esprits dans les villages où les résistants  ont réapparu. C’est sur cette base qu’il a limogé le commandant en chef en Afghanistan, le général David D. McKiernan, pour le remplacer par le général Stanley A. Mc Chrystal, considéré comme un partisan plus résolu de la contre-insurrection. Toutefois, lorsque Mc Chrystal a présenté à Obama la facture de cette stratégie - 40 000 à 80 000 soldats supplémentaires (en plus des 20.000 et quelques renforts récemment déployés) - nombreux sont ceux qui ont pâli dans la garde rapprochée du Président.

Un tel déploiement coûtera non seulement des centaines de milliards de dollars au Trésor, ce qu’il peut difficilement se permettre, mais la pression exercée sur l’armée et le Corps des Marines peut devenir presqu’insupportable après ces nombreuses années de déploiements multiples et répétés et de stress en Irak. Ce prix serait plus tolérable, bien sûr, si les alliés de l’Amérique acceptaient de prendre une plus grande part de cette charge, mais ils sont de moins en moins disposés à le faire.

Les dirigeants de la Russie et la Chine ne sont sans doute pas entièrement mécontent de voir les États-Unis épuiser leurs ressources financières et militaires en Afghanistan. Dans ces circonstances, il n’est guère surprenant que le Vice Président Joe Biden, entre autres, préconise un nouveau tournant dans la politique américaine, avec une stratégie moins coûteuse de contre-terrorisme - plutôt que de contre-insurrection - qui viserait pour partie à démanteler Al-Qaïda au Pakistan - à l’aide de drones et des forces spéciales - au lieu de mobiliser de nombreuses troupes américaines (tout en laissant le niveau des forces en Afghanistan relativement inchangé).

Il est trop tôt pour prédire sur quoi va déboucher cette réévaluation par le président de la stratégie américaine en Afghanistan, mais le fait qu’il n’ait pas accepté immédiatement le plan Mc Chrystal et ait laissé libre cours à Joe Biden pour défendre sa position suggère qu’il puisse finir par comprendre ce qu’il y aurait de déraisonnable à accroitre les engagements militaires américains à l’étranger au moment où la prééminence mondiale des USA est sur le déclin.

On perçoit cette prudence d’Obama dans autres décisions prises récemment. Bien qu’il continue d’affirmer que l’acquisition d’armes nucléaires par l’Iran est inadmissible et que l’utilisation de la force pour l’en empêcher reste une option, il a clairement fait en sorte de réduire au minimum la probabilité que cette option - qui pourrait également être compromise par des « alliés » récalcitrants - soit jamais utilisée.

Par ailleurs, il a donné une nouvelle impulsion à la diplomatie américaine, en cherchant l’amélioration des liens avec Moscou et en permettant que soient repris les contacts diplomatiques avec des Etats précédemment considérés comme parias, tels la Birmanie, le Soudan et la Syrie. Cela reflète également la réalité de notre monde en évolution : la posture du « je vaux mieux que toi » et de l’intimidation adoptée par l’administration Bush envers ces pays et d’autres durant près de huit ans n’a que rarement permis d’obtenir quoique ce soit. On peut se représenter cela comme la reconnaissance implicite que les États-Unis sont descendus de leur statut de « superpuissance unique » de la planète à celui de pays ordinaire. C’est après tout ce que font les pays ordinaires : ils engagent des pourparlers diplomatiques avec les autres pays, qu’ils aiment ou non leurs gouvernements actuels.

Bienvenue donc, dans le monde de 2025. Il ne ressemble plus à celui de notre passé récent, lorsque les États-Unis dépassaient de la tête et des épaules toutes les autres nations, et ne convient qu’assez mal aux fantasmes de puissance mondiale nés à Washington depuis l’effondrement de l’Union soviétique en 1991.

Mais c’est la réalité.

Pour beaucoup d’Américains, la perte de cette prééminence pourrait provoquer de l’inconfort, voire du désespoir.

Mais d’un autre côté, il convient de reconnaitre les avantages qu’il y a à être un pays ordinaire, comme n’importe quelle autre nation : personne ne s’attend à ce que le Canada, la France ou l’Italie envoient 40 000 soldats supplémentaires en Afghanistan, en plus des 68 000 qui y sont déjà et des 120 000 hommes en Irak.

Personne non plus ne s’attend à ce que ces pays consacrent 925 milliards de dollars sur l’argent des contribuables à cette fin - ce que coûtent ces deux guerres, selon le National Priorities Project.

Une question demeure : Combien de temps encore persistera à Washington le sentiment que les Américains peuvent se permettre de financer leur rôle mondial, avec le maintien de bases militaires sur une bonne partie de la planète et la poursuite de guerres lointaines au nom de la sécurité mondiale, alors que l’économie américaine perd autant de terrain face à ses concurrents ? Tel est le dilemme auquel le président Obama et ses conseillers doivent se confronter dans ce monde transformé de l’année 2025.

Michael T. Klare

Publication originale TomDispatch,

traduction Contre Info

Source : Contre Info · info

samedi 31 octobre 2009, par Comité Valmy


2-2 William Pfaff : Création d’une armée de métier aux Etats-Unis.

La création d’une armée de métier aux Etats-Unis pourrait bien avoir été la décision la plus dangereuse jamais prise par le Congrès. La nation fait face aujourd’hui à une crise politique dont l’enjeu non déclaré est celui d’une confrontation entre le pouvoir du Pentagone et celui du président nouvellement élu.

Barack Obama n’a pas encore annoncé sa décision concernant la guerre en Afghanistan, mais il y a tout lieu de penser qu’il va se ranger à l’avis des militaires. De fait, soumis à l’intense pression de ses adversaires républicains, il s’apprête à renoncer à son pouvoir présidentiel, et à rester à l’écart des décisions stratégiques fondamentales pour la nation.

Stanley Mc Chrystal, le général qu’il a nommé au commandement des opérations en Afghanistan, demande un renfort de 40 mille soldats, portant l’engagement total des États-Unis à plus de 100 mille hommes (ou plus, dans le futur). Il déclare qu’il ne saurait réussir sa mission sans eux, et même dans ce cas, ne sera peut-être pas capable de gagner la guerre en une décennie. Mais l’opinion publique américaine ressent généralement des doutes au sujet de cette guerre, particulièrement dans l’électorat du Président.

Le Président Obama va presque certainement faire ce que ses généraux lui demandent, ou décidera de quelque chose de très semblable. Il comprend quels sont les enjeux politiques en temps de guerre.

La guerre du Vietnam a été contestée par l’opinion dans les années 1970, alors que le gouvernement lui-même savait que la victoire était peu probable, selon les documents du Pentagone.

Aujourd’hui, l’opinion doute de la victoire dans la guerre en Afghanistan. Cependant, désormais la plupart des Américains - qui n’étaient pas là à l’époque ! - lisent une version de l’histoire de la guerre du Vietnam qui prétend que ce n’était pas une défaite.

On affirme qu’il y a simplement eu un effondrement du soutien des civils pour la guerre, provoqué par la presse de gauche, qui aurait produit une désaffection de l’opinion tant dans le pays qu’à l’intérieur de l’armée de conscription, entrainant un effondrement de la discipline militaire, des assassinats (« fraggings ») d’officiers trop agressifs au combat, et une démoralisation dans les rangs. Telle est la version à laquelle adhèrent aujourd’hui la plupart des officiers dans l’armée.

Il s’agit de la version américaine du mythe du « coup de poignard dans le dos » auquel ont cru les militaires allemands et les cercles politiques de droite, après la première guerre mondiale.

Dans le cas des États-Unis, la défaite au Vietnam était à l’époque douloureusement évidente, et peu de personnes croyaient que le Congrès des États-Unis ou l’administration Nixon (qui a signé l’accord de paix avec le Nord Vietnam) étaient en train de trahir le pays.

Aujourd’hui, cette interprétation révisée de la guerre du Vietnam, affirmant qu’elle était en réalité une « victoire perdue », est devenue une question sensible car la plupart des dirigeants du Pentagone sont partisans d’une « longue guerre » contre le « terrorisme musulman ».

Un ordre de retrait de l’Afghanistan, de l’Irak (ou au Pakistan) donné par l’administration Obama, subirait de nombreuses attaques en provenance du Congrès, des médias, et provoquerait des manifestations d’insubordination implicites de l’appareil militaire, dirigées contre la « reddition » d’un gouvernement Obama accusé de manquer de patriotisme et d’être inapte à gouverner.

Les conservateurs sont convaincus que toute politique qui ne se traduirait pas par une victoire totale pour les Etats-Unis en Irak, en Afghanistan, au Pakistan - et dans les prochains mois, peut-être en Somalie, au Yémen, ou, éventuellement, en Palestine ou dans l’Afrique subsaharienne, (ou même contre un Iran déterminé à poursuivre ses ambitions nucléaires) - serait une humiliation et une défaite américaine.

Après le Vietnam, le Congrès a mis fin à la conscription, qui durant cette guerre était profondément injuste : les pauvres et les classes laborieuses ont été appelés sous les drapeaux, alors que nombre de privilégiés provenant de familles influentes trouvaient des médecins complaisants ou des doyens de collèges prêts à fournir des dérogations injustifiées à ceux — tel le futur Vice Président Richard Cheney - qui avaient d’« autres priorités » que le patriotisme et le service national.

Le Congrès a créé une nouvelle armée composée uniquement d’engagés volontaires. La sociologie de cette nouvelle armée est très différente de l’ancienne armée de citoyens. Elle est désormais faite de gens qui voulaient être des soldats, ou souhaitaient bénéficier de l’enseignement universitaire dispensé aux engagés, ou étaient souvent des diplômés du secondaire qui n’avaient guère d’autres choix. Mais depuis le 11 septembre, et l’invasion de l’Irak, cette armée nouvelle fait de plus en en plus appel aux immigrants ou aux jeunes étrangers qui peuvent obtenir un permis de séjour permanent aux États-Unis en s’enrôlant dans l’armée américaine. Les États-Unis utilisent également de plus en plus de mercenaires étrangers recrutés par des entreprises privées.

Son caractère d’armée professionnelle est fondamentalement différent de celui de l’ancienne armée. Auparavant, les officiers de carrière de West Point étaient en temps de guerre largement dépassés en nombre par ceux en provenance de la conscription, qui étaient diplômés des écoles des aspirants-officiers ou des officiers de réserve formés dans les universités (où une grande partie du coût de l’enseignement supérieur pouvait être prise en charge en échange d’une durée d’engagement).

Ainsi, l’armée américaine depuis le début de la Seconde Guerre mondiale jusqu’à la fin du Vietnam était en fait une armée démocratique, avec des conscrits civils, et une majorité de sous-officiers et officiers qui étaient des civils en temps de paix, solidement enracinés dans la société civile, ayant souvent une famille à la maison, et qui accomplissaient leur devoir patriotique de façon temporaire (ou « pour la durée de la guerre »).

Les armées professionnelles ont souvent été considérées comme une menace pour leurs propres sociétés. L’un des officiers de Frédéric le Grand décrivait la Prusse, comme « une armée dotée d’un Etat, dans lequel elle était temporairement casernée, pour ainsi dire. » Mirabeau, l’homme d’Etat de la révolution française, avait affirmé que « la guerre est l’industrie nationale de la Prusse. » Considérant la partie du budget national des États-Unis qui est maintenant consommée par le Pentagone, le même raisonnement vaudrait pratiquement pour les USA.

Cette nouvelle armée a également des ambitions politiques. Elle domine aujourd’hui la politique étrangère américaine, disposant d’un millier de bases à travers le monde, avec des commandants régionaux qui sont autant de proconsuls impériaux. Le général Mc Chrystal et son supérieur, le général David H. Petraeus, ont été mentionnés comme de possibles futurs candidats à la présidence. Le dernier général à être devenu président était Dwight Eisenhower. C’est l’homme qui a mis en garde les Américains contre « le complexe militaro-industriel. »

William Pfaff

Voir en ligne : ContreInfo

P.-S.

12 novembre 2009

Publication originale William Pfaff via ICH,

traduction Contre Info

http://www.alternatives.ca/fra/journal-alternatives/publi...

n° 36 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion & Stratégie' de PAKISTAN.- 03-12 - : (fin) : - La recherche désespérée de quelque chose de positif à dire sur la politique étrangère des Etats-Unis.

n° 36 - Les  dossiers  'Géopolitique, Réflexion & Stratégie' de PAKISTAN.- 03-12 - : (fin) : - La recherche désespérée de quelque chose de positif à dire sur la politique étrangère des Etats-Unis.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

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Les  dossiers  'Géopolitique, Réflexion & Stratégie' de PAKISTAN.

n° 36- 03-12

C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire :

2 Annexe (fin)

2-3 William BLUM : La recherche désespérée de quelque chose de positif à dire sur la politique étrangère des Etats-Unis.

2-3 William BLUM : La recherche désespérée de quelque chose de positif à dire sur la politique étrangère des Etats-Unis.

Chroniques de l’anti-empire

 « Il est interdit de tuer ; par conséquent tous les assassins sont punis, à moins qu’ils ne tuent en grand nombre et au son des trompettes »
Voltaire

Question : avec combien de pays faut-il être en guerre pour ne plus pouvoir prétendre au Prix Nobel de la Paix ?

Réponse : Cinq. Barack Obama n’est en guerre que contre le Pakistan, l’Afghanistan, l’Irak et la Somalie. En attendant de recevoir le prix en mains propres, il a mis l’Iran en liste d’attente.

La société civile somalienne et l’appareil judiciaire sont tellement dévastés par des années de guerres qu’on ne s’attendrait pas à voir les Somaliens intenter un procès contre Washington et sa prétention de larguer des bombes sur ce misérable pays à chaque fois qu’il estime que les intérêts de l’empire sont en jeu. Mais un groupe de Pakistanais, qui se sont baptisés les « Avocats pour la Défense de la Constitution », qui se souviennent encore vaguement d’un passé plus civilisé pour leur pays, ont intenté un procés devant la Haute Cour pour obliger le gouvernement fédéral à faire cesser les innombrables attaques américaines par drones sur la population civile. Le groupe affirme qu’un porte-parole de l’armée pakistanaise avait déclaré qu’ils avaient les capacités d’abattre les drones, mais que le gouvernement avait fait le choix politique de laisser faire. (1)

L’administration Obama, comme l’administration Bush, se comporte comme si le monde n’était qu’une grande Somalie sans foi ni loi et les Etats-Unis le chef de guerre. Le 20 octobre, le président a encore une fois démontré son amour profond pour la paix en rendant hommage à la Maison Blanche à quelques 80 vétérans de la guerre au Vietnam, après avoir attribué à leur régiment une « citation présidentielle » pour « leur héroïsme extraordinaire et leur bravoure éclatante » (2) Le correspondant de guerre Michael Herr a rendu hommage aux soldats du Vietnam à sa manière. : « Nous avons repris rapidement le terrain, avec les grands moyens, dans le chaos et avec un maximum de brutalité. Notre machine de guerre était dévastatrice. Et versatile. Elle était capable de tout sauf de s’arrêter ». (3)

Que faudrait-il pour que les Obamaniaques se réveillent de leur transe amoureuse pour leur cher Lauréat du Prix Nobel ?

Peut-être si le Président annonçait qu’il reverserait l’argent du Prix pour la construction d’un monument dédié à la Première – et oh combien grandiose – Guerre Mondiale ? Le monument pourrait être gravé ainsi :

« Souvenons-nous que Rudyard Kipling avait réussi à convaincre son jeune fils John de s’engager dans la guerre. John est mort au cours de son premier jour de combat. Plus tard, Kipling écrivait ceci :

« Si on demande pourquoi nous sommes morts, dites que c’est parce que nos pères ont menti.. »

« La Constitution tient compte de ce que l’histoire de tous les gouvernements nous enseigne, à savoir que le pouvoir exécutif est le pouvoir le plus intéressé par la guerre, et le plus enclin à la faire. C’est pour cela qu’elle confie soigneusement la responsabilité de la guerre au pouvoir législatif. »
James Mason, dans une lettre à Thomas Jefferson, le 2 avril 1798.

Sage précaution, en effet. Cela dit, chaque président américain, l’un après l’autre, a entraîné le pays dans une guerre sanglante sans l’approbation du Congrès, du peuple américain, du droit international ou de l’opinion publique internationale. Des millions ont manifesté contre la guerre en Irak avant son déclenchement. Et encore plus de millions ont voté pour Barack Obama en croyant partager son dégoût pour les Guerres Sans Fin de l’Amérique. Ils n’avaient aucune raison concrète pour le croire – durant sa campagne, Obama a constamment réitéré des menaces guerrières contre l’Iran et l’Afghanistan – mais ils se sont accrochés à cette idée.

Si le machisme suffisait pour expliquer les guerres, si les hommes aimaient tellement faire la guerre et se battre, alors pourquoi faut-il instaurer un service militaire et punir les récalcitrants ? Pourquoi sont-ils obligés de lancer des campagnes de publicité pour séduire les jeunes à s’engager dans l’armée ? Pourquoi certains font-ils tout pour être exemptés ou déclarés inaptes ? Pourquoi s’exilent-ils pour échapper au service ? Pourquoi désertent-ils en masse en plein milieu d’une guerre ? Pourquoi la Suède, la Suisse ou le Costa Rica n’ont pas de guerres ? Il y a pourtant sûrement de nombreux machos dans ces pays.

« Engagez-vous,visitez des contrées lointaines,rencontrez des gens intéressants,puis tuez-les. »

La guerre permet aux hommes d’avoir un comportement qui, en d’autres circonstances, serait qualifié de psychotique.

« Parfois je me dis qu’il faudrait instaurer une loi de la guerre qui vous obligerait à vous rapprocher de quelqu’un le temps d’apprendre à le connaître, avant de lui tirer dessus. »
Colonel Potter, dans M*A*S*H (film et série télé comique US – NDT)

« Dans le combat entre le Bien et le Mal, ce sont toujours les gens qui se font tuer »
Eduardo Galeano

Après les attaques du 11 septembre 2001, un dirigeant Taliban a déclaré « Dieu est à nos côtés, et si les autres tentent de mettre le feu à l’Afghanistan, Dieu nous protégera et nous viendra en aide » (4)

« Je crois que Dieu s’exprime à travers moi. Sans ça, je ne pourrais pas faire mon travail »
George W. Bush, 2004, pendant la guerre contre l’Irak. (5)

« Je crois que le Christ est mort pour mes péchés et que par Lui je trouve ma rédemption. C’est là que je puise ma force et trouve un soutien chaque jour. »
Barack Obama (6)

Pourquoi les chefs d’église n’interdisent pas aux catholiques de s’engager dans l’armée avec la même ferveur qu’ils leur interdisent de s’approcher d’une clinique où l’on pratique des avortements ?

Dieu, la guerre, la Banque Mondiale, le FMI, les accords de libre échange, l’OTAN, la guerre contre le terrorisme, la guerre contre la drogue, les candidats « anti-guerre », les Prix Nobel de la Paix, peuvent tous être vus comme différents instruments au service de l’impérialisme US.

Tom Lehrer, le merveilleux chanteur-compositeur engagé des années 50/60, a déclaré un jour : « la satire politique est devenue obsolète le jour où Henry Kissinger a reçu le Prix Nobel de la Paix. » Peut-être que chaque génération doit réapprendre à quel point ce prix est devenu une farce, ou qu’il l’a toujours été.

Parmi ses lauréats, on trouve un certain nombre d’individus dont le rapport avec la paix dans le monde est le même que celui que l’administration Bush avait avec la vérité.

Prenons un exemple d’actualité : Bernard Kouchner, co-fondateur de Médecins Sans Frontières, a remporté le Prix en 1998. Kouchner, qui est devenu le ministre français des affaires étrangères, milite depuis longtemps en faveur d’une intervention militaire contre l’Iran. La semaine dernière il a invité l’Iran à conclure un accord sur le nucléaire qui serait acceptable pour les puissances occidentales, sans quoi Israël pourrait infliger Dieu sait quelles horreurs sur les Iraniens. Israël « ne tolérera pas une bombe iranienne, » a-t-il dit. « Ne le savons. Tout le monde le sait. » (7) (traduction à partir de cette version anglaise – NDT). Il existe un mot pour désigner une telle menace voilée : « chantage ». Un mot normalement associé aux maffieux. « Faites ce que je vous dis et tout ira bien ». Ou, comme Al Capone l’a dit un jour : « Des mots aimables et une mitraillette sont plus efficaces que juste des mots aimables ».

La recherche désespérée de quelque chose de positif à dire sur la politique étrangère des Etats-Unis.

Il ne s’agit pas de l’extrême droite haineuse, ou d’un meeting de racistes agités... mais d’une droite respectable, celle qui occupe des postes de haut rang dans les académies et dans chaque administration, Républicaine ou Démocrate. Il s’agit de membres du très respecté Council on Foreign Relations (CFR).

Voici Joshua Kurlantzick, « chargé des questions de l’Asie du Sud-est » au sein du CFR, qui écrit dans le non moins respecté Washington Post sur comment – malgré tous les discours alarmistes – il ne serait pas plus mal que l’Afghanistan se transforme en un autre Vietnam parce que « le Vietnam et les Etats-Unis sont devenus des partenaires en Asie du Sud-est, avec des échanges officiels, et sont en train de construire une relation commerciale et stratégique importante, et encouragent toutes les bonnes volontés des deux côtés... L’Amérique n’a pas gagné la guerre là-bas, mais avec le temps elle a gagné la paix... Les vétérans américains de la guerre se sont publiquement réconciliés avec leurs anciens adversaires... Un programme (d’échanges scolaires) pourrait garantir que la prochaine génération de dirigeants Afghans voient les Etats-Unis d’un autre oeil. » (8) Et ainsi de suite.

A la réflexion, il s’agit là moins de propos extrémistes de droite que de propos... comment dire ? ... c’est quoi le terme déjà ? Ah oui, « idiots ». Car que cherche-t-il à démontrer exactement ? Que l’Allemagne et Israël sont en très bons termes... et qu’il faudrait donc en tirer des conclusions par rapport à l’Holocauste ?

Quant à dire que l’Amérique a perdu la guerre, c’est encore pire. Parce que c’est faux. La plupart des gens croient que les Etats-Unis ont perdu la guerre. En détruisant le Vietnam de fond en comble, en empoisonnement les terres, les eaux, l’air et le patrimoine génétique pour plusieurs générations, les Etats-Unis ont en fait réussi à atteindre leur objectif initial : empêcher le Vietnam de représenter un bon exemple de développement en Asie, une alternative au modèle capitaliste. C’est pour la même raison que les Etats-Unis sont en guerre contre Cuba depuis plus de 50 ans, pour que le modèle alternatif cubain ne soit pas aussi séduisant qu’il aurait pu l’être si on lui avait fichu la paix.

Et pendant toutes ces années depuis la fin de la guerre au Vietnam, les millions de vietnamiens qui souffrent de maladies et de malformations provoquées par les épandages US de « l’Agent Orange » n’ont reçu aucune aide médicale de la part des Etats-Unis, aucune réparation écologique, aucune indemnisation, aucune présentation d’excuses officielle.

C’est exactement le même sort qui attend les Afghans – leurs terres et/ou corps touchés par l’uranium appauvri, les bombes à fragmentation, et toute une panoplie d’armes chimiques – dans le Nouvel Ordre Mondial de Kurlantzick. « Si les relations entre les Etats-Unis et l’Afghanistan ressemblent un jour à nos relations avec le Vietnam, ce serait une excellente chose », écrit-il. Que Dieu bénisse l’Amérique.

Une dernière réflexion sur l’Afghanistan : la suggestion que les Etats-Unis pourraient, et devraient, résoudre ce dilemme (qu’ils ont crée) tout simplement en se retirant de ce trou perdu est fermement rejetée par le gouvernement et les médias. Même certains critiques de gauche sont réticents devant une décision si osée – car qui sait quelles horreurs pourraient en découler ?

Mais lorsque l’Union Soviétique a entamé son retrait de l’Afghanistan (entre mai 1988 et février 1989), personne ne leur a demandé de rester. Peu importait la raison, peu importait les conséquences du retrait. Mais si les Russes ont pu se retirer plus facilement que les Américains c’est parce qu’ils n’y étaient pas pour des raisons impérialistes, comme le pétrole ou les gazoducs. Ces raisons pour lesquelles les Etats-Unis ne peuvent quitter l’Irak.

[....]

5/11

William Blum

ARTICLE ORIGINAL
http://killinghope.org/bblum6/aer75.html

traduction (partielle) par Le Grand Soir

http://www.legrandsoir.info/La-recherche-desesperee-de-quelque-chose-de-positif-a-dire-sur-la-politique-etrangere-des-Etats-Unis.html



Pakistan.

Généralités.

Nom officiel du pays : République islamique du Pakistan.

Création : fondé le 14 août 1947, le Pakistan entretient des relations très tendues avec l'Inde depuis sa création en raison, notamment, du partage entre ces deux pays du territoire du Cachemire.

Pays limitrophes : Chine, Inde, Iran, Afghanistan.

Superficie : 803 000 km2.

Nombre d'habitants : 163 902 000 (estimation pour 2007).

Démographie

Population (estimation INED, en millions)

157,9

 

Composition de la population (en %)

Pendjabis (50 %), Sindis (15 %), Pathans (Pachtounes, 15 %), Mohajirs (immigrés d''''Inde au moment de la partition et leurs descendants, 8 %), Baloutches (5 %), autres (7 %).

 

Population urbaine

34 %. Principales villes : Karachi (9,2 millions d''''habitants), Lahore (5 millions), Faisalabad (1,9 million), aggl. Islamabad-Rawalpindi (1,4 million).

 

Densité (hab./km²)

198,4

 

Espérance de vie (années)

62,9

 

Fécondité (nombre moyen d'enfants/femme)

4,27

 

Taux d'alphabétisation (%)

44

 

Croissance démographique annuelle (%)

2,0

Nom des habitants : Pakistanais.

Religions : musulmans 97 % (dont sunnites 74 %, chiites [dont 2 millions d'ismaéliens] 26 %), autres (chrétiens, hindous, ahmadis, parsis [zoroastriens], 3 %).

Capitale : Islamabad.

Langues : ourdou et anglais.

Monnaie : roupie pakistanaise.

Religions : musulmans 97 % (dont sunnites 74 %, chiites [dont 2 millions d'ismaéliens] 26 %), autres (chrétiens, hindous, ahmadis, parsis [zoroastriens], 3 %).

Capitale : Islamabad.

Arme de destruction massive : le Pakistan dispose de l'arme nucléaire, à l’instar de l’Inde (puissances nucléaires de fait [les cinq autres puissances nucléaires officielles étant la Chine, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et la Russie]). 

 

Nature de l'État : république à régime parlementaire.

Chef d’État : Asif Ali Zardari (né le 21 juillet 1956 à Nawabshah, Pakistan), élu président du Pakistan le 6 septembre 2008. Veuf de l'ancienne Premier ministre Benazir Bhutto (1953-2007).

Chef du gouvernement : Yousaf Raza Gilani (né en 1952 à Karachi, Pakistan).

Constitution : adoptée en 1973. Révisée en avril 1997 et en décembre 2003. La Constitution, suspendue le 15 octobre 1999 suite au coup d''''Etat du général Pervez Musharraf, le 12 octobre 1999. Chef de l''''état-major, Musharraf s''''est proclamé chef de l''''exécutif. Il a créé un Conseil de sécurité nationale (8 personnes), organe exécutif suprême.

En 1998, la charia et la sunna deviennent lois suprêmes ; il existe une Cour fédérale islamique chargée de veiller au respect de la charia. En mai 2000, la Cour suprême a validé le coup d''''Etat du 12 octobre 1999 en permettant au général Musharraf de rester au pouvoir pendant 3 ans.

Le Parlement islamique (Assemblée nationale, 237 membres élus pour 5 ans au suffrage universel, 20 sièges réservés à des femmes et 10 à des non-musulmans ; et Sénat, 87 membres élus pour 6 ans par les assemblées provinciales) a été dissolu par Musharraf le 15 octobre 1999. Cependant, les partis politiques ont été maintenus

Partis au pouvoir : Ligue musulmane du Pakistan (Pakistan Muslim League, PML-Q), Parti du peuple pakistanais (PPP, social-démocrate).Autres partis : Jamaat-i-Islami (JI, Alliance démocratique islamique, fondamentaliste sunnite).
Muttahida Majlis-e-Amal (MMA, alliance de six partis religieux islamiques, dont le principal parti est le Jamaat-i-Islami).
Muttahida Qaumi Movement (MQM, ex-Mohajir Qaumi Movement, parti des musulmans venus d'Inde lors de la partition, en 1947 ; formation dirigée depuis Londres).

Adhésions supranationales : OMC (Organisation mondiale du commerce), OCI (Organistion de la conférence islamique), IDB (Banque interaméricaine de développement), ADB (Banque pour le développement de l’Asie). . Le pays est composé de 4 Provinces : Pendjab, Sind, Province-de-la-Frontière-du-Nord-Ouest (NWFP) et Baloutchistan, chacune dotée d''''une Assemblée. Il existe également 2 Territoires : les Zones tribales (FATA, autonomes, situées dans la NWFP, mais en relation directe avec Islamabad) et le Territoire de la capitale. Le Pakistan administre également une partie du Cachemire, l''''Azad Kashmir, le "Cachemire libre", et les Territoires du Nord.

Le Pakistan revendique la région du Cachemire de l''''Etat indien du Jammu-et-Cachemire. En 1998, la charia et la sunna deviennent lois suprêmes ; il existe une Cour fédérale islamique chargée de veiller au respect de la charia. En mai 2000, la Cour suprême a validé le coup d''''Etat du 12 octobre 1999 en permettant au général Musharraf de rester au pouvoir pendant 3 ans.

Le Pakistan a été réintégré dans le Commonwealth en mai 2004 après cinq ans d'exclusion..

http://www.courrierinternational.com/fiche-pays/pakistan

http://www.larousse.fr/encyclopedie/article/Le%20Pakistan%20:%20un%20pays%20en%20guerre%20et%20en%20faillite./11010250



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


 

04/12/2009

n° 35 - dossiers de PAKISTAN - 02-12 -: Début :- La stratégie AfPak en lambeaux.

n° 35 - dossiers de PAKISTAN - 02-12 -: Début :- La stratégie AfPak en lambeaux.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de PAKISTAN.  

                                     n° 35- 02-12

                                           C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire :  

1 Brèves

1-1   Le voyage que vient d’effectuer H. Clinton au Pakistan est un échec significatif.

1-2   HRW dénonce la complicité britannique dans des actes de torture au Pakistan.

1-3   DynCorp, opère en Afghanistan et le Pakistan ne fait que faciliter le travail de cette compagnie.

1-4 Plus de 200 agents de "Blackwater" ont accéder au sol pakistanais.

1-5 Le retour des sociétés de protection privées sur la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan.

1-6 Blackwater infiltré a Peshawar pour le compte de la CIA.

1-7 Olivier Guillard : "Rien ne fonctionne comme il faut au Pakistan".

1-8 Le renseignement pakistanais, chasseur de primes de la CIA.

1-9 Le Pakistan s'interroge sur son rôle en Afghanistan.

Suite

2 Dossiers

2-1 La stratégie AfPak en lambeaux.

2-2 Tariq Ali : Farce à Kaboul, tragédie au Pakistan.

2-3 Les 'Special Ops' proposent un programme d'assassinat des 'ennemis d'Etat'.

2-4 Le retour des sociétés privées.

1 Les débordements des sociétés de protection privées comme Blackwater.

2 Blackwater derrière les attentats de Peshawar.

3 Attentas aveugles : la marque de la CIA !

2-5 Marie-France Calle : Zardari cherche à assurer sa survie politique.

2-6 Marie-France Calle : Les Pakistanais se sentent menacés par l'Amérique.

Fin

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Le Commandant Sahimullah Mehssud parle : « les Etats-Unis ne nous auront pas »

3-2 Les Américain l'ont dans le ...

3-3  Rencontre avec Abdullah Ouzbek.

3-4 Attentats au Pakistan : protégeons l'Amérique !



Brèves

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

1-1 Le voyage que vient d’effectuer H. Clinton au Pakistan est un échec significatif.

• Une coopération intensive avec le Pakistan dans la guerre en cours était également une condition nécessaire, avec notamment une coopération politique extrêmement resserrée.

Le voyage (trois jours) que vient d’effectuer Hillary Clinton au Pakistan est, à cet égard, un échec significatif. Les conditions de la visite ont été très dures, très polémiques, Hillary faisant d’abord des déclarations très critiques contre le Pakistan puis se jugeant obligée d’adoucir ces déclarations devant les très vives réactions. La secrétaire d’Etat a consacré le troisième jour de sa visite à des contacts divers avec la population et des groupes représentatifs et a pu mesurer le degré d’hostilité à l’encontre des USA. L’essentiel dans ce cas et ce qui est bien la mise en cause de la doctrine AfPak, est le refus par les Pakistanais d'une solidarité entre le Pakistan et les USA dans cette crise. Cette attitude est chaque jour renforcée, évidemment, par les attaques nombreuses, souvent par drones, lancées par les forces US au Pakistan. Le Daily Telegraph du 30 octobre 2009 résume en quelques phrases le problème abyssal posé par les relations entre les USA et le Pakistan…

«Hillary Clinton faced anger during her visit to Pakistan after she attacked the failure of the government to tackle al-Qaeda. The US Secretary of State also faced angry questions about America's use of drone attacks inside Pakistan as she ended her three-day visit on Friday. [...] Her visit was intended in part as a charm offensive in a country steeped in anti-American sentiment. Pakistanis seem utterly uncertain whether the US is a friend or foe. […] However the comments of a journalist, Asma Shirazi, during an interview broadcast live on Friday typified the strength of criticism Mrs Clinton faced. “We are fighting a war that is imposed on us. It's not our war. It is your war,” said the journalist. “You had one 9/11. We are having daily 9/11s in Pakistan.”» !
do

Bloc-Notes

31/10/2009 –

http://www.dedefensa.org/article-la_strategie_afpak_en_lambeaux_31_10_2009.html


1-2 HRW dénonce la complicité britannique dans des actes de torture au Pakistan.
Human Rights Watch (HRW) a assuré hier avoir établi des preuves « crédibles » de la complicité d'agents britanniques dans la torture de suspects de terrorisme emprisonnés au Pakistan, et appelé Londres à ouvrir une enquête publique sur ces accusations. HRW indique avoir reçu de diverses sources gouvernementales britanniques anonymes la confirmation que des informations obtenues sous la torture au Pakistan étaient utilisées devant des tribunaux du Royaume-Uni, et que le monde du renseignement britannique en avait pleinement conscience. Des sources haut placées au sein du gouvernement pakistanais et de son armée ont également confirmé à HRW que des responsables britanniques étaient « au courant des mauvais traitements des suspects de terrorisme » au Pakistan.
Le ministère britannique des Affaires étrangères a réagi hier en disant « rejeter dans les termes les plus catégoriques la suggestion qu'une politique de complicité dans des cas de torture était en place ».

25 novembre

http://www.lorientlejour.com/category/International/artic...


1-3 DynCorp, opère en Afghanistan et le Pakistan ne fait que faciliter le travail de cette compagnie.

Le ministre de l'Intérieur, Rehman Malik, a déclaré samedi que la campagne contre les résistants  a enregistré des succès et que d'autres troupes seront envoyées dans la région tribale du Wazirisitan.

et qu'elles consolident leurs positions dans le Waziristan Sud.

Le ministre de l'Intérieur a déclaré que des scanners mobiles et fixes seront installés dans la capitale fédérale Islamabad et à Peshawar, capitale de la Province de la Frontière du Nord Ouest, pour vérifier les activités des personnes peu scrupuleuses et empêcher des attentats terroristes.

Le ministre de l'Intérieur a par ailleurs catégoriquement nié la présence de Blackwater, agence de sécurité américaine, au Pakistan.

D'après lui, une compagnie américaine, DynCorp, opère en Afghanistan pour approvisionner les forces américaines, et le Pakistan ne fait que faciliter le travail de cette compagnie.

Il a affirmé qu'il quitterait son poste s'il s'avérait vrai que Blackwater opère au Pakistan.

Le ministre de l'Intérieur a ajouté qu'un code de conduite est en développement pour les compagnies de sécurité et que les licences de ces compagnies seront annulées si elles n'y adhèrent pas.

Le ministre pakistanais a également nié la présidence du Mollah Omar et de ses associés au Pakistan, déclarant que « si les Etats- Unis possèdent des informations à ce sujet, ils devraient les partager avec nous pour que nous puissions agir contre eux ».

Il a précisé qu'au cours de la visite du chef de la CIA au Pakistan, le gouvernement a fait connaître ses réserves concernant différents dossiers, notamment celui sur la livraison de lance- roquettes et d'autres armes de l'Afghanistan aux terroristes au Pakistan.

M. Malik a souligné qu'il espère que les Etats-Unis prendront connaissance de la situation et feront leur devoir pour mettre un terme aux passages d'armes au Pakistan.

22/11

http://french.cri.cn/781/2009/11/22/443s205966.htm


1-4 Plus de 200 agents de "Blackwater" ont accéder au sol pakistanais.

Le Pakistan sous pression

" Suite aux activités des services de piètre réputation de "Blackwater" sur le sol pakistanais, Islamabad a été pris en tenaille", selon la chaîne de télévision Press TV. 

" La Cour suprême de Lahore a demandé au gouvernement d'Islamabad de présenter, d'ici vendredi 20 novembre, des explications à ce propos", toujours selon ce même rapport.

Auparavant, le journal pakistanais " News" avait écrit qu'à la demande du parti "Wattan", la Cour suprême de Lahore avait mis au point une requête dans laquelle elle avait demandé au gouvernement d'apporter ses éclaircissements concernant les activités de Blackwater.

" Le ministère de l'Intérieur, selon le leader du parti Panjab, Hashim Shaukat Khan, sous pression de l'administration US, avait autorisé plus de 200 agents de "Blackwater" à accéder au sol pakistanais".

"Blackwater USA" maintenant connue sous le nom de "Xe Services LLC" est honni par la communauté internationale. Cette soi-disant société de sécurité était impliquée en 2007 dans le massacre de plus de 17 civils irakiens.

21 Novembre

http://french.irib.ir/index.php/info/27555-le-pakistan-sous-pression-


1-5 Le retour des sociétés de protection privées sur la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan.

Après l'Irak, l'Afghanistan et le Pakistan.

Les débordements des sociétés de protection privées comme Blackwater, DynCorp en Irak ont brouillé l'action de l'armée américaine sur le terrain.

Aujourd'hui, l'administration Obama se trouve confrontée au même risque, dans sa guerre le long de la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan.

Blackwater, qui s'est rebaptisé "Xe Services", serait chargé d'assembler et d'équiper de missiles Hellfire les drones Predator qui sont chargés de l'élimination des membres d'Al-Qaida des deux côtés de la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan, affirment le New York Times et The New Yorker. Depuis 2008, environ soixante-dix attaques d'appareils sans pilote américains ont fait près de six cents morts dans le nord-ouest du Pakistan.

Selon The New Yorker, l'administration Obama aurait aussi autorisé l'élimination de trois cent soixante-sept " cibles " auxquelles auraient été ajoutés une cinquantaines de seigneurs de la guerre afghans suspectés de financer les résistants  grace à l'argent de la drogue.

Au mois d'août, le New York Times révélait que la CIA a engagé en 2004 des employés de la société de sécurité privée Blackwater dans le cadre d'un programme secret visant à pister et assassiner des dirigeants d'Al-Qaida. Dans un communiqué, les résistants  pakistanais, affirment, sans en apporter la preuve, que Blackwater-Xe serait aussi derrière des attentats perpétrés à Peshawar, au Pakistan.

En 1976, à la suite des tentatives d'assassinat de Fidel Castro par la CIA, le président Gerald Ford avait signé un décret interdisant à la CIA de se livrer à des assassinats. Pour dégager l'agence de cette interdiction, l'administration Bush a pris le parti de considérer que tuer des membres d'une organisation qui avait attaqué les Etats-Unis, comme Al-Qaida, était assimilable à tuer des soldats ennemis au champ de bataille. D'anciens responsables des services du renseignement avaient toutefois noté qu'employer des sociétés privées pour participer à la traque des membres d'Al-Qaida risquait de poser de réels problèmes de légalité et de relations diplomatiques.

17.11.

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2009/11/17/le-retour-des-societes-de-protection-privee-sur-la-frontiere-entre-l-afghanistan-et-le-pakistan_1268207_3216.html


1-6 Blackwater infiltré a Peshawar pour le compte de la CIA.

L'ancien agent du renseignement et terroriste de haut rang de la CIA, Steven Cash, est responsable du bureau de Peshawar de l'unité Américaine terroriste de « Blackwater », ont rapporté des sources Américaines et de Dubaï.
 L'équipe de surveillance de « Blackwater » à Peshawar inclut les Américains suivants : James Bill William, Cooper, Steven Cash, Roderick Christopher et Alisha Cambel. Ils ont engagé plusieurs fonctionnaires du gouvernement  Pakistanais et des retraités de l'armée, les rémunérant plus de $ 2.000 par jour.  
 De nombreux journalistes ont été approchés et soudoyés par « Blackwater » pour mettre en place « des opérations psychologiques » (les soi-disant
PSY-OP) en faveur des USA dans les journaux et médias en ligne Pakistanais.  
 Ils poussent les journalistes à publier des articles fictifs sur les Résistants , comme le groupe d'opérations psychologiques de l'armée Américaine l’avait planifié.  
 « Blackwater » paie aux journalistes jusqu’à $ 1000 par article publié.
 Des réunions sont tenues par « Blackwater » dans diverses maisons louées dans University Town à Peshawar et des résidants ont rapporté un mouvement de jeeps aux vitres teintées durant les dernières heures de la nuit.  
 La pakistanaise nommé Shoqat Maqbool, une lectrice du blog bien connu de Sana Aijazi, basée à Dubaï, a dit que les employés de « Blackwater » travaillant pour la CIA sont également actifs dans sa ville d'Islamabad,  et y louent aussi des logements. Son cousin les a personnellement vus. Ils sont armés et ont des véhicules sans plaques minéralogiques.  
 « Ceci très dérangeant. Il semble que Zardari ait vendu le Pakistan à ces gens la », écrit Shoqat Maqbool.  
 Plus tôt lors d’une réunion avec la Secrétaire d'Etat Américaine, Hillary Clinton, des journalistes Pakistanais lui ont demandé de fournir une réponse pour savoir sur quelle base des groupes armés Américains patrouillent à Islamabad. Clinton n’a pas pu répondre à cette question.  
 Nous voudrions aussi rappeler que lors de la série de récentes attaques à la bombe dans les marchés et les zones commerciales à Peshawar, qui ont coûté la vie à des centaines de musulmans, les riverains et le TTP ont accusé la CIA, et avec l'aide de la propagande occidentale, la CIA a à son tour accusé le TTP de ces tueries.
4 Novembre 2009

Traduction Alter Info
 http://censored31.skynetblogs.be/

http://www.alterinfo.net/Blackwater-infiltre-a-Peshawar-pour-le-compte-de-la-CIA_a38843.html?com#com_1041031


1-7 Olivier Guillard : "Rien ne fonctionne comme il faut au Pakistan".

Nb : Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

lepoint.fr a interrogé Olivier Guillard, responsable du programme Asie à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS).

Propos recueillis par Cyriel Martin
lepoint.fr : Quelle est la stratégie des terroristes au Pakistan ?
Olivier Guillard : Ils veulent affaiblir le pouvoir en place et ralentir les ardeurs de l'armée, qui a entamé une vaste offensive terrestre et aérienne depuis un mois. Les structures terroristes radicales du type TPP - mais il y en a d'autres - parient sur un pourrissement de la situation en Afghanistan et sur une dégradation de la situation parallèle au Pakistan. L'idée, c'est de reprendre d'une façon directe ou indirecte les rênes des deux pays. Leur avantage, c'est qu'ils n'ont pas de compte à rendre à une quelconque opinion. Ils ont un agenda qui va un peu plus loin que celui de la prochaine élection...
Pourquoi l'État pakistanais n'arrive-t-il pas à les combattre ?
Parce rien ne fonctionne comme il faut au sommet de l'équipe gouvernementale. Rien ne fonctionne comme il faut entre les militaires et les civils. Aujourd'hui, l'autorité de l'État ne s'étend pas sur tout le territoire pakistanais, loin de là. Certes, il y a un gouvernement civil à la tête du pays qui est démocratiquement élu. Il y a aussi une présidence. Mais tout ceci n'est que du décorum. On sait pertinemment qu'en dépit de ce vernis démocratique, c'est l'armée qui tient les ficelles du pays. Et concrètement, la puissante armée pakistanaise a fait montre de peu d'élan pour s'investir dans les zones tribales pakistanaises, au sud de l'Afghanistan. Elle y est allée en traînant un peu ses rangers, en ne mettant probablement pas tous les moyens pour arriver à une résolution rapide du conflit.
Les États-Unis peuvent-ils jouer un rôle dans ce bourbier ?
Déjà, il apparaît désormais évident que les États-Unis n'ont pas l'intention de s'éterniser dans la région [Hillary Clinton a déclaré le 15 novembre que les USA n'y avaient "
pas d'intérets à long terme "]. Et puis, leur efficacité est limitée. La nouvelle administration américaine a, sous la bannière d'Obama, lancé le concept d'une prise en main conjointe de la crise en Afghanistan et au Pakistan ["l'Aflpak", ndlr], considérant que les deux conflits étaient liés. Ça a à la fois du sens et, en même temps, c'est une approche très grossière.
Pourquoi ?
Parce que la situation des deux pays est différente. Si elle n'est pas plus glorieuse au Pakistan qu'en Afghanistan, on ne peut toutefois pas considérer que le Pakistan est un pays en guerre. On n'a pas une insurrection comme les résistants, qui sont capables de prendre le pouvoir du jour au lendemain, à Islamabad comme à Kaboul.

En Afghanistan, on est déjà en train de réfléchir à une association future entre résistants  modérés et résistants  repentis dans un gouvernement d'unité nationale...

20/11

http://www.lepoint.fr/actualites-monde/2009-11-19/vague-d-attentats-interview-rien-ne-fonctionne-comme-il-faut-au-pakistan/924/0/396738 


1-8 Le renseignement pakistanais, chasseur de primes de la CIA.

La CIA, l'agence de renseignement américaine, verse depuis le 11-Septembre des centaines de millions de dollars aux services secrets pakistanais, notamment pour financer l'enlèvement ou l'assassinat de centaines de personnes, rapporte le Los Angeles Times.

Les fonds mis à disposition par la CIA financent à hauteur d'un tiers le budget annuel du renseignement pakistanais (ISI), a affirmé le quotidien de la côte ouest dans un article publié dimanche 15 novembre et citant des responsables américains s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.

"600 À 700 PERSONNES"
Les versements ont d'abord été approuvés par l'ancien président américain George W. Bush après les attentats du 11 septembre 2001, puis poursuivis par son successeur Barack Obama, selon le Los Angeles Times. Selon des responsables de la CIA cités par le journal, les sommes payées sont faibles comparées à l'aide officielle américaine fournie au Pakistan, qui se chiffre en milliards de dollars.

De "600 à 700 personnes" ont été enlevées ou tuées dans le cadre de ce programme, affirme au journal un ancien responsable américain ayant travaillé avec Islamabad. "Faire disparaître toutes ces personnes a été une bonne chose et cela a permis d'économiser l'argent du contribuable", a-t-il ajouté.

L'ISI a utilisé une partie des fonds pour construire un nouveau quartier général, alors que Washington s'inquiétait du fait que l'ancien était vulnérable en cas d'attentat, selon le journal. Ce programme a néanmoins suscité des tensions au sein de l'administration américaine alors que le renseignement pakistanais est soupçonné de liens avec les résistants, souligne le Los Angeles Times.

 16.11.

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2009/11/16/le-renseignement-pakistanais-chasseur-de-primes-de-la-cia_1268051_3222.html#ens_id=1237640


1-9 Le Pakistan s'interroge sur son rôle en Afghanistan.

Islamabad a apporté une réponse mitigée au discours d'Obama sur la stratégie américaine en Afghanistan.

Non-dits et sous-entendus… Dans son discours fondateur sur la nouvelle stratégie «Af-Pak», Barack Obama a eu la main légère sur le volet pakistanais. Et pour cause. Allié de circonstance, mais néanmoins incontournable, le Pakistan reste une équation difficile à résoudre pour les États-Unis. Conscient de cette réalité, Obama n'a donc rien exigé ouvertement d'Islamabad dans son discours de West Point, préférant utiliser une nouvelle fois le terme de «partenariat». «Nous allons agir en étant parfaitement conscients que notre succès en Afghanistan est inextricablement lié à notre partenariat avec le Pakistan», s'est contenté de souligner le président américain. Ajoutant, en allusion à la frontière poreuse entre l'Afghanistan et le Pakistan : «C'est là que se trouve l'épicentre du violent extrémisme pratiqué par al-Qaida.»

Obama s'est cependant fait l'écho des préoccupations concernant le nucléaire pakistanais. Difficile, en effet, pour le président américain d'éviter une question considérée par nombre de responsables à Washington comme l'une des plus épineuses. «Les enjeux sont encore plus élevés au Pakistan du fait que ce pays possède l'arme nucléaire, parce que nous savons bien qu'al-Qaida et d'autres extrémistes cherchent les armes nucléaires, et nous avons toutes les raisons de penser qu'ils les utiliseront», a martelé ­Barack Obama.

Au-delà d'une unité de façade dans la lutte contre le terrorisme, force est de constater qu'Islamabad et Washington ont, au bout du compte, des intérêts divergents dans la région. Si, depuis le printemps dernier, l'armée pakistanaise se bat contre les militants islamistes qui menacent le Pakistan - dans la Vallée de Swat et, maintenant, au Sud-Waziristan -, elle n'a jamais caché sa réticence à en découdre avec les talibans afghans. Ce sont pourtant ceux-là que les Américains demandent à Islamabad d'éliminer. Retranchés dans la Zone tribale du Nord-Waziristan, ou à Quetta, au Baloutchistan, alliés à al-Qaida, ils orchestrent les attaques contre les troupes de la coalition en Afghanistan. Mais s'ils mettent en péril la nouvelle stratégie américaine, ils restent un atout pour les Pakistanais au cas où les talibans reviendraient au pouvoir à Kaboul.

Mercredi, le gouvernement d'Islamabad a apporté une réponse mitigée au discours du président américain. «Nous saluons la réaffirmation par le président Obama d'un partenariat entre nos deux pays pour poser les bases d'un intérêt mutuel, d'un respect mutuel et d'une confiance mutuelle», a déclaré le ministère pakistanais des Affaires étrangères dans un communiqué. Précisant dans la foulée : «Le Pakistan est impatient de coopérer étroitement avec les États-Unis pour faire en sorte que la nouvelle stratégie n'engendre pas d'effets néfastes pour lui». Islamabad n'en a jamais fait mystère, l'une de ses principales craintes est de voir affluer en territoire pakistanais les rebelles islamistes chassés d'Afghanistan par les troupes de la coalition. Cela ne manquerait pas de compliquer la tâche de l'armée pakistanaise dans sa lutte contre les talibans et al-Qaida. Pis, ce pourrait être la porte ouverte à une intervention directe des forces américaines dans les Zones tribales pakistanaises et au Baloutchistan, où se cacherait le mollah Omar, le chef spirituel des talibans. Un cauchemar pour le gouvernement d'Islamabad, qui devrait jongler entre son alliance avec les États-Unis et son opinion publique de plus en plus antiaméricaine. Déjà très affaibli, le régime civil du président Zardari serait à coup sûr emporté par le choc. Or, une crise politique à Islamabad ne servirait pas, non plus, le dessein des Américains dans la région.

02/12

http://www.lefigaro.fr/international/2009/12/03/01003-20091203ARTFIG00016-le-pakistan-s-interroge-sur-son-role-en-afghanistan-.php


n° 35 - dossiers de PAKISTAN - 02-12 -: Suite :- La stratégie AfPak en lambeaux.

n° 35 - dossiers de PAKISTAN - 02-12 -: Suite  :- La stratégie AfPak en lambeaux.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de PAKISTAN.  

                                     n° 35- 02-12

                                           C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

2 Dossiers

2-1 La stratégie AfPak en lambeaux.

2-2 Tariq Ali : Farce à Kaboul, tragédie au Pakistan.

2-3 Les 'Special Ops' proposent un programme d'assassinat des 'ennemis d'Etat'.

2-4 Le retour des sociétés privées.

1 Les débordements des sociétés de protection privées comme Blackwater.

2 Blackwater derrière les attentats de Peshawar.

3 Attentas aveugles : la marque de la CIA !

2-5 Marie-France Calle : Zardari cherche à assurer sa survie politique.

2-6 Marie-France Calle : Les Pakistanais se sentent menacés par l'Amérique.



2 Dossiers

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

2-1 La stratégie AfPak en lambeaux.
EXTRAIT

Lorsque l’administration Obama annonça une nouvelle stratégie US en Afghanistan, en février 2009, sous l’acronyme AfPak (Afghanistan-Pakistan), cela sous la pression d’analyses alarmistes concernant le sort de l’arsenal nucléaire pakistanais, trois éléments devaient converger pour mettre en place cette stratégie. Ils devaient donner une cohérence militaire et politique (élargie au Pakistan) à cette guerre, et ainsi impliquer un sens collectif à une action à la fois plus coordonnée (politique-militaire) et élargie (au Pakistan). Les trois élements sont aujourd’hui tous les trois en échec.

• Une amélioration décisive de la situation militaire en Afghanistan? Les dernières nouvelles montrent au contraire une aggravation inquiétantes de ces conditions, qui commencent à peser sur le potentiel de combat US. Le degré de pertes commence à équivaloir sinon à dépasser, en proportion des troupes engagées, celui de l’Irak aux pires moments. Le Washington Post consacre un article ce 31 octobre 2009 aux pertes US, annonçant notamment plus de 1.000 blessés en trois mois. Les blessures causées surtout par des attaques au véhicule piégée (IED) sont en général très graves et impliquent une fin du service actif pour les soldats qui en sont affectés.

«Expanded military operations, a near-doubling of the number of troops since the beginning of the year and a Taliban offensive that has included a proliferation of roadside bombings have led to the great increase in casualties. U.S. troops in Afghanistan are suffering wounds at a higher rate than those who were serving in Iraq when violence spiraled during the military "surge" two years ago. In mid-2007, 600 U.S. troops were wounded in Iraq each month out of about 150,000 troops deployed there. In Afghanistan, about 68,000 troops are currently installed, with about 350 wounded each month recently.»

• Le deuxième facteur impliquait une meilleure coopération avec le président Karzaï, ou son successeur après les élections, c’est-à-dire d’abord une légitimation du président afghan, quel qu’il soit, après les élections de septembre. L’élection de Karzaï est si contestée que le principe d’un deuxième tour a été décidé. Mais cette “réparation” d’urgence du processus est elle-même en lambeaux, avec la probable décision de l’adversaire de Karzaï au second tour de se retirer, après des discussions infructueuses entre les deux. Huffington.News annonce la chose le 31 octobre 2009: «Talks between Afghan President Hamid Karzai and challenger Abdullah Abdullah have broken down, and Abdullah is likely to pull out of next week's presidential runoff, a person with knowledge of the talks said Friday. An announcement could come as early as Saturday but more likely Sunday, the person said.»

• Une coopération intensive avec le Pakistan dans la guerre en cours était également une condition nécessaire, avec notamment une coopération politique extrêmement resserrée. Le voyage (trois jours) que vient d’effectuer Hillary Clinton au Pakistan est, à cet égard, un échec significatif. Les conditions de la visite ont été très dures, très polémiques, Hillary faisant d’abord des déclarations très critiques contre le Pakistan puis se jugeant obligée d’adoucir ces déclarations devant les très vives réactions. La secrétaire d’Etat a consacré le troisième jour de sa visite à des contacts divers avec la population et des groupes représentatifs et a pu mesurer le degré d’hostilité à l’encontre des USA. L’essentiel dans ce cas et ce qui est bien la mise en cause de la doctrine AfPak, est le refus par les Pakistanais d'une solidarité entre le Pakistan et les USA dans cette crise. Cette attitude est chaque jour renforcée, évidemment, par les attaques nombreuses, souvent par drones, lancées par les forces US au Pakistan.

Le Daily Telegraph du 30 octobre 2009 résume en quelques phrases le problème abyssal posé par les relations entre les USA et le Pakistan…

«Hillary Clinton faced anger during her visit to Pakistan after she attacked the failure of the government to tackle al-Qaeda. The US Secretary of State also faced angry questions about America's use of drone attacks inside Pakistan as she ended her three-day visit on Friday. [...] Her visit was intended in part as a charm offensive in a country steeped in anti-American sentiment. Pakistanis seem utterly uncertain whether the US is a friend or foe. […] However the comments of a journalist, Asma Shirazi, during an interview broadcast live on Friday typified the strength of criticism Mrs Clinton faced. “We are fighting a war that is imposed on us. It's not our war. It is your war,” said the journalist. “You had one 9/11. We are having daily 9/11s in Pakistan.”»

31/10

http://www.dedefensa.org/article-la_strategie_afpak_en_lambeaux_31_10_2009.html


2-2 Tariq Ali : Farce à Kaboul, tragédie au Pakistan.

D’autres innocents vont mourir, de nouveaux réfugiés vont s’ajouter aux deux millions de « personnes déplacées de l’intérieur ».

Obama ne fait qu’empirer les choses

Il y a quelques semaines, le responsable pour les Nations unies à Kaboul, un Norvégien borné, décidait que les récentes élections présidentielles avaient été régulières et que Karzai était un dirigeant légitime. Son adjoint, Peter Galbraith, représentant officieux du Département d’Etat US, avait été furieux (car les Etats-Unis ne sont pas satisfaits de Karzai, qui est pourtant leur propre créature) et l’avait fait savoir publiquement. Il a été congédié.

Mais les histoires entre les représentants des USA et ceux de l’ONU ne se terminent jamais comme ça. Hier, les observateurs pour les élections, soutenus par les Nations unies, ont jugé que les élections avaient été truquées et ont ordonné de les refaire. Les montagnes d’Hindu Kush ont dû retentir des éclats de rire pachtouns.

Nul en Afghanistan ne prend les élections trop au sérieux et surtout pas dans un pays occupé par les Etats-Unis et leurs acolytes de l’OTAN. Dans le temps, on se serait débarrassé de Karzai comme de ces dictateurs sud-vietnamiens qui ont semé tant de désordre.

Karzai a été un désastre total, mais il a aussi l’occupation qui l’a implanté dans Kaboul. Maintenant, avec une guerre qui tourne mal et des résistants  qui contrôlent de larges pans du territoire, Karzai est devenu un bouc émissaire pour des fautes dont il n’est pas exclusivement responsable.

Une des solutions envisagées est la nomination d’un chef de l’exécutif qui serait désigné par les USA et les Nations unies, et Peter Galbraith serait à l’évidence le choix à faire. Ce serait de loin le plus simple et le chef de l’exécutif pourrait alors nommer un cabinet où tous les voyous pourraient se partager le butin du commerce de l’opium et piocher dans l’argent dépensé dans le pays, ainsi, ils briseraient le monopole financier de la famille Karzai.

La seule façon pour qu’une marionnette zèlée soit humiliée publiquement c’est qu’elle refuse de partager le pouvoir et l’argent avec d’autres collaborateurs. Si Karzai est autorisé à rester au pouvoir, je prédis qu’il sera des plus motivés pour partager. Sans que cela ne règle pour autant tous les problèmes en l’absence de stratégie de l’OTAN pour sortir de la région.

Alors qu’à Kaboul se joue la farce, dans le Pakistan voisin, la situation est devenue plus meurtrière. Le gouvernement Zardari (dirigé en fait par l’ambassadrice des Etats-Unis, Anne W. Patterson) a donné l’ordre à l’armée pakistanaise de nettoyer le Sud Waziristan, proche de la frontière afghane, des Taliban.

Cela aussi va échouer. D’autres innocents vont mourir, de nouveaux réfugiés vont s’ajouter aux deux millions de « personnes déplacées de l’intérieur » et qui vivent déjà dans des camps. Le résultat en sera un héritage amer qui va alimenter les haines et les actes de vengeance dans la région et, de façon menaçante, créer des tensions nouvelles à l’intérieur de l’armée pakistanaise.

Incapables de comprendre que c’est le débordement de la guerre afghane à l’intérieur du Pakistan qui a exacerbé la crise au Pakistan, les directives de l’administration Obama ne peuvent que faire empirer les choses.

 

1°) Le terrorisme sous faux drapeau est une technique de guerre très courante. Elle fut employée notamment par les Français en Indochine puis en Algérie ; et aussi, bien sûr, par les Américains au Vietnam et plus tard en Irak. Cette tactique classique, qui est une partie essentielle de la "guerre psychologique", a déjà été employée par les Américains au Pakistan

Tariq Ali

22/10

* Tariq Ali (né le 21 octobre 1943 à Lahore) est historien, écrivain et commentateur politique britannique, d’origine pakistanaise.
Il est l’auteur d’un grand nombre d’ouvrages, en particulier sur l’Asie du Sud, le Moyen-Orient, l’histoire de l’Islam, l’empire américain et la résistance politique.

Son dernier livre, The Protocols of the Elders of Sodom : and Other Essays, vient juste d’être édité par Verso. 

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=7502


2-3 Les 'Special Ops' proposent un programme d'assassinat des 'ennemis d'Etat' .

Dans un article posté sur le site Web Wired.com, Noé Shachtman a mentionné un plan de la CIA pour traquer et tuer les « jihadistes, les trafiquants de drogue, les pirates et les autres ennemis de l'Etat. » cite Shachtman d’un rapport produit par le Joint Special Operations University de l’armée US, suggérant la mise en place d’une équipe globale d'assassinat.

« L’auteur d’articles et le vétéran Lieutenant –Colonel, George Crawford, voudraient voir, au lieu de cela, un groupe permanent avec une autorité, un entrainement, une doctrine claires et la technologie pour aller à la poursuite de ces dangereux individus, » a écrit Shachtman.  
http://www.wired.com/dangerroom/2009/11/us-needs-hit-squads-manhunting-agency-spec-ops-report/
 Au delà de l'illégalité évidente d'un tel programme, cela reviendrait à exécuter des terroristes et des trafiquants de drogue présumés, sans jugement préalable,  le programme d’assassinat proposé va au-delà d’un autre grand problème. Il permettrait au gouvernement de définir ce qu’est un ennemi de l'Etat.  
 Le dernier rapport infâme du DHS sur le terrorisme domestique, définit les milices, les vétérans de retour de mission, et les activistes du second amendement (pour le port d’arme), comme des extrémistes dangereux qui constituent une menace pour la sécurité nationale du pays. Pendant plusieurs mois, les médias corporatifs de malheur se sont engagés dans une campagne concertée pour dépeindre les activistes « de droite » comme étant une menace. Les activistes portant une arme mise en évidence, protestant lors des meetings d’Obama ont été caractérisés comme une menace pour le président.
 En Juillet, la Garde Nationale du Missouri s’est entrainée à engager le combat contre les milices.

La 205ième compagnie de support médical du Kensas et la 206ième compagnie à Springfield se sont exercés pour se défendre contre les attaques tout en remplissant leurs fonctions médicales, » a rapporté le 30 Juin une source du Pentagone.  
 En Avril, la Garde Nationale du Maryland a été mise en alerte en prévision des manifestations du « Tea Party », indiquant que le gouvernement considère les activistes constitutionnels comme étant des « résistants  » et des « résistants , » rapporte Infowars.   
http://www.infowars.com/missouri-national-guard-train-to-kill-militia-insurgents-in-exercise/
En Mars, le Commandement de l’Armée de Réserve des Etats-Unis a publié un bulletin de renseignements de protection, recommandant « une prise de conscience sur la situation » et la « réduction des mesures » en réponse aux manifestations contre la Fed.
Le 22 Novembre 2008, Alex Jones a mené un rassemblement devant la Réserve Fédérale à Dallas au Texas. La manifestation de Dallas a été spécifiquement mentionnée dans le document officiel de l'armée. Le frère de Ron Paul était également dans l’audience. L'événement a été surveillé par le Pentagone.  
 Le 15 Juin, Infowars a publié un article sur un questionnaire à choix multiple du Département de la Défense qui définit constitutionnellement les protestations protégées comme du « terrorisme de bas niveau. »  
http://www.infowars.com/pentagon-multiple-choice-dissenting-americans-are-terrorists/
   Rex 84, Operation Chaos, COINTELPRO, Garden Plot, Rose Bush, Punch Block, Steep Hill, Lantern Spike, Quiet Town, Gram Metric, Cable Splicer, et de nombreux autres programmes militaires et opérations des services secrets, ont uniformément caractérisé des Américains respectueux de la loi comme terroristes et « ennemis de l’Etat. »    
 La CIA pourrait tuer quelques pigeons dans « la guerre globale contre la terreur » afin de créer l'impression d'une menace au sein de la patrie. La CIA n’a pas seulement créé, organisé, et financé Al-Qaeda, les résistants, et d'autres organisations de « false flag », terrorismes, elle gère également le trafic de drogue des banquiers de Wall Street. Carlos Lehder, Pablo Escobar, Amado Fuentes, Matta Ballesteros et Hank Rohn, sont les employés offshores des banquiers, qui se font des milliards en blanchissant l'argent illégale de la drogue. La CIA et les gouvernements « proxy » peuvent les assassiner pour améliorer leur image, mais ils n'arrêteront pas les affaires internationales lucratives des cartels de la drogue.  
 Les vrais « ennemis de l'Etat » sont les Américains, et non pas les pirates Africains et les trafiquants de drogue. Il reste à voir si le gouvernement assassinera les chefs du mouvement de patriotes aux Etats-Unis.  
 Nous sommes peut-être sur le chemin d’une future « false flag » attaque terroriste orchestrée de l’intérieur, particulièrement si un tel événement est attribué aux citoyens Américains.
 6 Novembre 
Traduction Alter Info

http://www.prisonplanet.com/special-ops-report-suggests-assassination-program-aimed-at-%E2%80%9Cenemies-of-the-state%E2%80%9D.html

http://www.alterinfo.net/Les-Special-Ops-proposent-un-programme-d-assassinat-des-ennemis-d-Etat_a38927.html


2-4 Le retour des sociétés privées.

1 Les débordements des sociétés de protection privées comme Blackwater.

Après l'Irak, l'Afghanistan et le Pakistan.

Les débordements des sociétés de protection privées comme Blackwater, DynCorp en Irak ont brouillé l'action de l'armée américaine sur le terrain.

Aujourd'hui, l'administration Obama se trouve confrontée au même risque, dans sa guerre contre ‘Al-Qaida’, le long de la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan.

Blackwater, qui s'est rebaptisé "Xe Services", serait chargé d'assembler et d'équiper de missiles Hellfire les drones Predator qui sont chargés de l'élimination des membres d'Al-Qaida des deux côtés de la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan, affirment le New York Times et The New Yorker. Depuis 2008, environ soixante-dix attaques d'appareils sans pilote américains ont fait près de six cents morts dans le nord-ouest du Pakistan.

Selon The New Yorker, l'administration Obama aurait aussi autorisé l'élimination de trois cent soixante-sept " cibles " auxquelles auraient été ajoutés une cinquantaines de seigneurs de la guerre afghans suspectés de financer les résistants grace à l'argent de la drogue.

Au mois d'août, le New York Times révélait que la CIA a engagé en 2004 des employés de la société de sécurité privée Blackwater dans le cadre d'un programme secret visant à pister et assassiner des dirigeants d'Al-Qaida. Dans un communiqué, les résistants pakistanais, affirment, sans en apporter la preuve, que Blackwater-Xe serait aussi derrière une partie des attentats perpétrés à Peshawar, au Pakistan.

En 1976, à la suite des tentatives d'assassinat de Fidel Castro par la CIA, le président Gerald Ford avait signé un décret interdisant à la CIA de se livrer à des assassinats.

Pour dégager l'agence de cette interdiction, l'administration Bush a pris le parti de considérer que tuer des membres d'une organisation qui avait attaqué les Etats-Unis, comme Al-Qaida, était assimilable à tuer des soldats ennemis au champ de bataille.

D'anciens responsables des services du renseignement avaient toutefois noté qu'employer des sociétés privées pour participer à la traque des membres d'Al-Qaida risquait de poser de réels problèmes de légalité et de relations diplomatiques.

LEMONDE.FR |

17.11.

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2009/11/17/le-retour-des-societes-de-protection-privee-sur-la-frontiere-entre-l-afghanistan-et-le-pakistan_1268207_3216.html

 

2 Blackwater derrière les attentats de Peshawar.

Les résistants  Pakistanais pro-Taliban accusent la compagnie Américaine privée de sécurité, Blackwater, d’être à l’origine de l’attentat à la bombe de Mercredi à Peshawar, qui a tué plus de 100 personnes.  
 Hakimullah Mehsud, chef du Tehrik-e-Taliban, a indiqué que Blackwater et certaines agences Pakistanaises sont impliqués dans l'explosion à la bombe dans un marché bondé à Peshawar.  
 Selon les derniers rapports, le nombre de mort s’éléve à 106 avec plus de 150 blessés tandis que les sauveteurs ont dit que d’autres personnes pourraient encore être enterrées sous les débris. La plupart des morts sont des femmes et des enfants.  
 L'armée du Pakistan a déclaré que vue que les résistants  ont subi des défaite dans la région tribale du sud Waziristan, elles visent maintenant les civils.  
 Mehsud a rejeté l’accusation, disant que la firme de sécurité Américaine Blackwater, en collaboration avec certaines agences locales, sont impliqués dans l'attaque.  
 Dimanche, environ 200 sympathisants du parti Tehrik-e-Taliban ont tenu une manifestation anti-USA dans Dera Ismail Khan, dénonçant Blackwater et chantant des slogans anti-USA.  
 Le chef provincial du parti Jamat-e-Islami, Saraj-UL-Haq, a dit que l'opération Pakistanaise contre des résistants , qui est menée « avec le consentement de l'Amérique », devrait être arrêtée, vue qu'elle remplit seulement les objectifs de l'ennemi.  
 « Maintenant c'est sûr, que tous les attentats à la bombe, soit menés par Faisal Mosque ou Khyber Bazaar, sont effectués par Blackwater, » a-t-il dit.  
 Environ 28.000 soldats combattent un nombre estimé à 10.000 résistants  pro-Taliban, incluant environ 1.000 combattants aguerris d'Ouzbékistan et quelques membres Arabes de Al-Qaeda.  
 Les analystes ont averti de la possibilité de violence supplémentaire, étant donné que les résistants  sont sous pression dans le Waziristan sud.
Traduction Alter Info

Lundi 2 Novembre 2009

 http://www.presstv.ir/detail.aspx?id=110059&ionid=351020401

 

Commentaires

1.Posté par hans scholl le 02/11/2009 16:46

C'est exactement ce que je disais il y a quelque jours
Quand j’ai vu aux infos qu’au moment ou Clinton arrivait au Pakistan un attentat faisait un carnage sur un marché, je n’ai pas pu m’empécher de penser que c’était un ” cadeau ” de cette folle.
Et ça n’a pas loupé, les résistants  pakistanais ont dit qu’il n’étaient pas responsables :
Les Résistants  ont nié toute implication dans l’att