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18/10/2009

n°2 - Analyse - Géopolitique et stratégie - Réflexion : Obama Nobel - 16-10 -: Début -Obama récompensé pour son œuvre pour un Nouvel Ordre Mondial.

n°2 -  Analyse -  Géopolitique et stratégie - Réflexion : Obama Nobel - 16-10 -: Début  -Obama récompensé pour son œuvre pour un Nouvel Ordre Mondial.  



Obama Nobel’ :Analyse -  Géopolitique et stratégie

 n°2 du 16-10                                                                   C.De Broeder & M.Lemaire

 



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Anonyme : Une escalade militaire au visage humain : le comité Nobel accorde le « feu vert »

1-2 Obama récompensé pour son œuvre pour un Nouvel Ordre Mondial.  

1-3 Prix Nobel de la Paix à un Criminel de guerre.

1-4 Nicolas Bárdos-Féltoronyi : Obama Nobel ?

1-5 Akiva Eldar : Les railleries israéliennes sur le prix Nobel d'Obama sont de la  pure «Chutzpah »

1-6 Níkolas Stolpkin : Surréalisme magique – Prix Nobel de la Guerre 2009.

Suite & Fin

2 Réflexion

2-1 Les soldats US en Afghanistan sont au bord du gouffre.

2-2 La « Guerre sans frontières » d’Obama.

2-3 Gilad Atzmon : Le Prix Nobel, la marque déposée Obama® et le Président.

 



1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information..

1-1 Anonyme : Une escalade militaire au visage humain : le comité Nobel accorde le « feu vert ».

De façon plus significative, le prix Nobel de la paix concède la légitimité à une « escalade » sans précédent des opérations militaires menées par les États-Unis et l'OTAN sous la bannière du rétablissement de la paix.

Il contribue à falsifier la nature de l'ordre du jour militaire des États-Unis et de l'OTAN.

Entre 40 000 et 60 000 troupes étatsuniennes et alliées de plus devraient être envoyées en Afghanistan sous une enseigne de rétablissement de la paix. Le 8 octobre, un jour avant la décision du comité Nobel, le Congrès étatsunien a entériné un projet de loi d'autorisation à la défense de 680 milliards de dollars, destiné à financer le processus d'escalade militaire :

« Washington et ses alliés de l'OTAN prévoient une augmentation sans précédent des troupes pour la guerre en Afghanistan, en plus des 17 000 nouvelles forces étatsuniennes et des milliers de forces de l'OTAN qui se sont jusqu'à présent dévouées à la guerre cette année. »

Selon des reportages jusqu'ici non corroborés concernant les demandes du commandant des États-Unis et de l'OTAN Stanley McChrystal et du président de l'Instance collégiale des chefs d'état-major Michael Mullen à la Maison-Blanche, le nombre de troupes varie de 10 000 à 45 000.

Fox News a cité des chiffres aussi élevés que 45 000 soldats étatsuniens de plus et ABC News jusqu'à 40 000. Le 15 septembre, le Christian Science Monitor mentionnait que cela irait « peut-être jusqu'à 45 00 ».

La similitude des évaluations indique que l'on s'est entendu sur un nombre et que les médias obéissants des États-Unis préparent l'auditoire national à l'éventualité de la plus grande escalade de forces armées étrangères de l'histoire de l'Afghanistan. Il y a sept ans seulement, les États-Unis avaient 5000 troupes dans le pays, mais planifiaient d'augmenter ce nombre à 68 000 pour décembre, avant même que ne surgissent les reportages pour de nouveaux déploiements. (Rick Rozoff, U.S., NATO Poised For Most Massive War In Afghanistan's History, Global Research, 24 septembre 2009)

Quelques heures après la décision du comité Nobel norvégien, Obama a rencontré le conseil de guerre ou peut-être devrions-nous le nommer « conseil de paix ». Cette réunion avait été soigneusement planifiée pour coïncider avec celle du comité Nobel.

Cette réunion clé derrière les portes closes de la salle de gestion de crise de la Maison-Blanche comprenait le vice-président Joe Biden, la secrétaire d'État Hillary Clinton, le secrétaire à la Défense Robert Gates, ainsi que d'importants conseillers politiques et militaires. Le général Stanley McChrystal a participé à la rencontre par vidéoconférence depuis Kaboul.

Le général Stanley McChrystal aurait offert au commandant en chef « plusieurs alternatives », « incluant un ajout maximal de 60 000 troupes supplémentaires ». Le nombre 60 000 a été cité à la suite d'une fuite du Wall Street Journal (AFP : After Nobel nod, Obama convenes Afghan war council, October 9, 2009)

Selon un représentant officiel de l'administration, « [l]e président a eu une conversation corsée sur la sécurité et les défis politiques en Afghanistan, et les options visant à élaborer une approche stratégique allant de l'avant ». (Cité dans AFP : After Nobel nod, Obama convenes Afghan war council October 9, 2009)

Le comité Nobel avait en un sens donné le feu vert à Obama. La réunion du 9 octobre dans la salle de gestion de crise avait pour but de jeter les bases d'une autre escalade du conflit sous le blason de la contre-insurrection et de l'instauration de la démocratie.

Entre-temps, au cours des derniers mois, les forces étatsuniennes ont intensifié leurs bombardements aériens de communautés villageoises dans les zones tribales du nord du Pakistan, sous l'emblème du combat contre Al Qaïda.

Traduction : Julie Lévesque pour Mondialisation.ca

Wednesday, October 14, 2009 8:53 PM


1-2 Obama récompensé pour son œuvre pour un Nouvel Ordre Mondial.  

La nouvelle a surpris tout le monde, y compris les Américains eux-mêmes, qui ont découverts avec stupeur que leur schizophrène de Président a obtenu le Prix Nobel de la Paix 2009. Il semblerait que le jury du Prix Nobel ait basé sa décision sur de beaux discours et a complètement oublié de tenir compte de l’action réelle du Président Obama.
  Voici pour rappel la liste des actions entreprises par le Président Barack Obama pour « la paix dans le monde » :    
 * N’a pas dit un seul mot à propos du génocide de Gaza perpétré par les criminels sionistes fin 2008  
 * A fait reculer le processus de paix Palestinien  d’un pas de géant : on en est plus à négocier les points d’un accord de paix mais à négocier juste les conditions pour pouvoir commencer un dialogue.
 * A renouvelé les accords tacites sur l’arsenal nucléaire Israélien, accords qui n’ont plus rien de tacites, Netanyahu ayant exigé et obtenu des
accords écrits.   
 * A publié un ordre pour fermer la prison de Guantanamo, mais n'a réellement approuvé aucun plan pour l’appliquer  
 * A réduit les troupes Américaines en Irak, seulement pour les remplacer par des mercenaires privés (BlackWater…)
 * A étendu la guerre en Afghanistan au Pakistan en augmentant le nombre d'attaques aériennes dans les régions frontalières  
 * A augmenté le nombre de troupes US en Afghanistan par dizaines de milliers, et encore plus de soldats sont prévus.  
 * A établi une présence militaire US sur les bases militaires Colombiennes    
 * A approuvé un coup d’Etat de velours échoué en Iran, et participe au plan d’une future guerre d’agression en Iran, basée sur aucune vérité, de même que Bush a fait en Irak
 * A permis à la police et aux troupes de
la Garde Nationale de s'engager dans un des durcissements les plus sévères contre la liberté d'expression, en mémoire les récentes violences au sommet du G20 à Pittsburgh  
 * A continué à attiser les peurs en inventant un nouveau terrorisme à plusieurs visages, dont le but est de créer des milices civiles et d’encourager la délation  
 * Continue à permettre à Blackwater (maintenant Xe) d’obtenir des contrats de défense, même à la lumière des rapports sur un réseau de prostitution d'enfant ayant lieu dans ses locaux en Irak.  
 …   et la liste est encore longue et est loin d’être finie.  
 Récemment, son administration a commencé à battre les tambours pour une guerre contre l'Iran, soit disant parce que le pays développe des armes de destruction massive. Des propos qui contrastent nettement avec les informations fournies par l'Agence Internationale de l'Energie Atomique et même avec les rapports de renseignement internes des USA. Clairement ce président a la même notion de liberté que le couple Bush/Cheney,  laissant mourir de faim des populations entières et les privant de tout en mettant en place des sanctions, pour ensuite les libérer de leurs souffrances en leur déclarant la guerre.  
 Sérieusement, la liste des actions entreprises par Obama et son administration n’a rien à voir avec la paix, ne me parlez pas de ses discours, car cette homme semble être passé maître pour dire quelque chose et faire exactement son contraire, au mépris de tous et en mentant à tout le monde y compris à ses propres concitoyens. Cet homme mérite-t-il le Prix Nobel de
la Paix pour son action pour la paix ?

 L'explication la plus susceptible à ce Prix Nobel réside dans l'engagement de M. Obama pour la globalisation et pour les Nations Unies. Il croit très fortement que l'ONU est la clef pour un ordre global, et agi pour ramener les Etats-Unis en conformité avec la doctrine de l'ONU. Tristement, cette doctrine réclame l'affaiblissement substantiel dans la souveraineté nationale. Elle exige l'acceptation de règles mises en place, non pas par nos propres représentants élus, mais par des représentants non élus, opaques et totalement corrompus. Les mêmes personnes qui œuvrent depuis bien longtemps pour soumettre l’ensemble de l’humanité à l’esclavage et pour faire de la terre un dépotoir, sans aucun respect ni pour la nature, ni pour l’humanité ni pour les valeurs morales, qui sont la fierté de notre espèce, sont exactement les mêmes qui occupent les postes clés dans les institutions globalistes qui gouvernent de plus en plus ouvertement notre monde.    
 Le Comité Nobel a commenté que le prix a été attribué à M. Obama car il a changé le climat des relations internationales par son engagement en diplomatie. Apparemment ces individus confondent l’engagement pour la diplomatie avec l’engagement pour un Nouvel Ordre Mondial avec lequel M. Obama semble tout à fait à l’aise.
 Oui merci M. Obama pour tout ce que vous avez fait pour promouvoir le Nouvel Ordre Mondial :  
 * A fait avancer l’agenda su SPP pour la mise en place de l’Union Nord Américaine (exactement à l’opposé à sa promesse de compagne)
 * A renfloué de quelques 1000 milliards de dollars les mêmes banquiers qui sont à l’origine de la crise et qui sont les moteurs du Nouvel Ordre Mondial, le citoyen lui n’a rien obtenu à part quelques broutilles.  
 * A multiplié les discours globalistes pour promouvoir un Nouvel Ordre Mondial fait d’une seule communauté, comprenez une dictature mondiale    
 * A poursuivi la mise en place de lois liberticides soit disant pour faire face à une nouvel forme de terrorisme sans visage  …  Oui dans ce cas on comprend beaucoup mieux qu’on lui ait remis ce prix.
Accompagné de ses pantins, Sarkozy, Brown, Merkel, on peut reconnaître que ceux-là ont beaucoup fait pour se coordonner afin de nous dépouiller de nos droits avec le Traité de Lisbonne,
la Nouvel Ordre économique, le Nouvel Ordre écologique ….. Bref pour faire de ce monde une énorme prison servant les intérêts de leurs maîtres satanico-sionistes.

Lundi 12 Octobre 2009

http://www.alterinfo.net/Obama-recompense-pour-son-oeuvre-pour-un-Nouvel-Ordre-Mondial_a37881.html


1-3 Prix Nobel de la Paix à un Criminel de guerre.

La tradition du Comité Nobel est longue et déshonorante, mais pour les gens informés, il n’y aucune surprise à cela.

Voyez donc les Nobel de Paix honorés par le passé :  
 • Henry Kissinger ;
  • Shimon Peres ;
 • Yitzhak Rabin ;
 • Menachem Begin ;
 • FW de Klerk ;
 • Al Gore ;
 • Dalai Lama, membre secret de
la CIA

• Kofi Annan, défenseur fidèle des guerres impérialistes ;  • Les forces de maintien de la paix de l'ONU (paramilitaire) qui déclenchent les conflits plutôt qu'ils ne les résolvent ;
 • Elie Wiesel, islamophobe belliciste ; 

• Norman Borlaug, dont la « révolution verte » a causé la mort de millions de personnes ;
 • Medecins sans Frontieres, Co-fondé par le faucon de guerre rabique, Bernard Kouchner, maintenant Ministre des Affaires Etrangères de
la France et de l’Europe ; 

• Woodrow Wilson qui a rompu son engagement de ne pas engager les USA dans
la 2ieme GM   
 • Jimmy Carter qui a soutenu une flopée de tyrans et qui a piégé les Soviétiques dans le bourbier Afghan qui a coûté la vie à des millions de personnes ; 

• George C. Marshall, instrumentalisé pour la création de l'OTAN et a lancé la guerre contre la Corée du Nord ; 

• Theodore Roosevelt qui a déclaré par le passé « j’accueillerai toute guerre avec plaisir, parce que je pense que ce pays en a besoin;  »
  • d'autres gagnants peu méritants…

« La guerre est la paix, » ce qu’Orwell comprendrait parfaitement.  
 Après l'annonce du 9 Octobre, le New York Times a cité le gagnant de 2007, Al Gore, disant qu'il « s’interrogeait » sans pouvoir se l'expliquer, que cette récompense est aussi imméritée que la sienne. Les rédacteurs Steven Erlanger et Sheryl Stolberg l'ont qualifié de « surprise. » Pour d'autres, ils se sont sentis choqués et a trahis.  
 Le Palestinien Muhammad  Al-Sharif se demande : « Israël a-t-il cessé d'établir des colonies ? Est-ce qu’Obama a permis la création d’un Etat palestinien ? » 
 Iyad Burnat, un des leaders pour l’action non violente en Cisjordanie, « a commencé à devenir fou » après avoir entendu l’annonce de l’attribution.
« Je me suis demandé pourquoi. Les Américains sont encore en Irak et en Afghanistan, et
la Palestine est encore occupée….Pourquoi n'ont-ils pas donné le prix à George Bush. Il a travaillé très dur pendant huit années pour le massacre des enfants, lançant les guerres et soutenant l’occupation ?
Je pense que le prix rend les personnes plus violentes. Vous pensez qu'Obama peut faire la paix….pourquoi n’attendent-ils pas qu'il la fasse réellement avant de lui remettre ? ».    
 Faisant le grand écart, The Times a indiqué que c’est « un honneur inattendu….éloge et perplexité autour du globe. »  
 Il ont qualifié ce choix de pied de nez à la politique extérieure de Bush au lieu d'expliquer que cela légitime les guerres et les conflits, ce sont les mêmes, sous Obama, qui poursuivent une guerre plus agressive en Afghanistan et au Pakistan sous le Général (Stanley McChrystal) James Petras, surnommé le « psychopathe notoire » - responsable d’atrocités de crime de guerre alors qu’il dirigeait l’infâme Joint Special Operations Command (JSOC) du Pentagone. Cela importe peu, pour Erlanger et Stolberg du Times :  
 « M. Obama a généré de énormément de bonne volonté à travers le monde
(et) a fait une série de discours ambitieux qui inspirent le respect. Il s'est voué à promouvoir un monde sans armes nucléaires ; a touché le monde musulman (et) a cherché à remettre en marche les entretiens de paix entre Israël et les Palestiniens, au risque d'offenser certains de ses partisans juifs
. »    En fait, ses discours sont non sincères et remplis de mensonges. Il dédaigne la paix. La «Global War on Terror» a été rebaptisé en « Overseas Contingency Operation. » La torture demeure dans la politique officielle des Etats-Unis. Son administration pestifère d'islamophobes. Les lobbies Israéliens demeurent confortablement dominants. Les musulmans sont toujours la cible numéro 1. Son ambition est la domination globale. Sa méthode de guerres impériales est de frapper en premier avec option de frappe nucléaire.  
 La logique tordue du Comité Nobel en annonçant la récompense  
 Elle reflète les efforts extraordinaires d'Obama « pour renforcer la diplomatie et la coopération internationales entre les peuples. »  
 Les faits :
  En moins de 9 mois après sa prise de fonction, Obama a œuvré pour la déstabilisation et la confrontation de nombreux pays, incluant l'Irak, l'Afghanistan, l'Iran,
la Russie, la Chine, la Palestine occupée, le Venezuela, l'Equateur, la Bolivie, la Somalie, la Corée du Nord, le Cuba, le Nicaragua, et le Honduras en déposant un président démocratiquement élu et en obstruant les efforts de le rétablir.  
 La « vision et le travail d'Obama pour un monde sans armes nucléaires. »   
 
Les faits :
 L'Amérique a le plus grand et plus menaçant arsenal nucléaire au monde. En dehors d'Israël, c'est la seule puissance appliquant une politique de frappe nucléaire préventive contre tout pays considéré comme une menace. Son plan de réduction de l’arsenal nucléaire ne sert qu’à remplacer les anciennes armes par des armes neuves de nouvelle génération, et son soi-disant « système anti-missile de défense » n’est en réalité qu’ offensif.    
 « Obama, en tant que président, a créé un nouveau climat dans la politique internationale. La diplomatie multinationale a regagné une position centrale, avec un accent mis sur le rôle des Nations Unies et des autres institutions internationales. »  
 Les faits :   
 Obama poursuit la même politique que George Bush :
  • guerres permanentes et occupations ;  • Niveau record des dépenses militaires alors que l’Amérique n'a aucun ennemi ;  • fournissant des armes et des munitions aux Etats alliés voyous ;  • menaçant les Etats « indépendants » avec des sanctions et des menaces de guerre ;  • violant les règles internationales ;  • poursuivant un Jihad global contre les droits de l'homme et les libertés civiles ;
 -- utilisant le Conseil de Sécurité pour intimider et mettre la pression pour imposer des politiques et pour bloquer les mesures constructives grâce à leur veto ; et    
 • poursuivant la politique d’hégémonie globale de l'Amérique (« full spectrum dominance») sur toutes les terres du monde, les mers, les airs, l’espace, spectre électromagnétique et systèmes d'information avec assez de puissance pour se battre et gagner toute guerre globale contre tout adversaire, y compris en faisant usage d’armes nucléaires.  
 Sous Obama, « les Etats-Unis jouent maintenant un rôle plus constructif en relevant le grand défi du changement climatique auquel est confronté le monde.
»   
 Les faits:  
 L’administration Obama a passé les lois « American Clean Energy et Security Act of 2009 » qui sont destructrice pour l’environnement, laissant les gros pollueurs récolter des bénéfices exceptionnels, en faisant payer plus le consommateur pour l'énergie et le carburant, et crée de nouvelles bulles pour Wall Street par la spéculation sur les dérivés de carbone. 
 Selon Alden Meyer de l’Union of Concerned Scientists, « les Etats-Unis entravent les progrès sur les entretiens sur le climat à Bangkok », de telle manière que cela annule les efforts précédents.    
 « La démocratie et les droits de l'homme doivent être renforcés. »  
 Les faits:  
 La politique d’Obama les a affaibli aux Etats-Unis et ailleurs. La torture demeure dans la politique officielle des USA. Les musulmans, les immigrés latinos, et les activistes pour la défense des animaux et de l’environnement en sont régulièrement les victimes. De même que les manifestants pacifistes.
Les mesures pour un Etat policier sont passées dans les lois et de nouvelles mesures encore plus dures sont prévues. L'espionnage illégal continue. La réforme de la santé entrave les droits de l'homme, et les nouveaux vaccins de grippe porcine ne sont que des expérimentations secrètes d’armes biologiques.  
 « Il est très rare de trouver une personne ayant fait autant qu'Obama pour captiver le monde et donner au peuple l’espoir d’un futur meilleur. »  
 Les faits:   
 Sous Obama, un nombre croissant d’Américains, qui se compte en millions, doivent de plus en plus faire face à la pauvreté, au chômage, à la faim, à la précarité des logements, au désespoir, aux problèmes de santé, et bientôt aux décès causés par les guerres permanentes.  
 « Pendant 108 années, le Comité Norvégien du Nobel a cherché précisément à stimuler la politique internationale et ces attitudes pour lesquelles Obama est maintenant le principal porte-drapeau mondial. »  
 Les faits :   
 Manipuler la vérité, la logique tordue du Comité honore ceux qui devraient être poursuivis pour crimes contre l’humanité.
 Une tradition vieille de 110 ans    
 Alfred Nobel (1833 - 1896) l'a commencée en 1901. Né en Suéde, était un riche chimiste du 19ieme siècle, ingénieur, inventeur de la dynamite, fabriquant d'armes, et profiteur de guerre, se réinventant sur le tard un rôle de faiseur de paix.  
 On compte parmi les anciens nominés au Prix Nobel de
la Paix : Adolph Hitler, Joseph Staline, Benito Mussolini, Tony Blair, Rush Limbaugh et George W. Bush.
Mahatma Gandhi a été nominé à 4 reprises mais ne l'a jamais emporté. Ni celle qui a été nominé par 3 fois, Kathy Kelly, et beaucoup d’autres personnes méritantes, qui se sont fait coiffer par des faucons de guerre comme Henry Kissenger dont le CV comporte :  
 • trois à quatre millions de morts en Asie du sud-est ;  • des dizaines de milliers plus dans le monde entier ;  • organisation de nombreux coups d’Etat et soutient aux despotes ;  • alimentation des conflits mondiaux et de la violence ; et  • détenant un casier judiciaire hallucinant.  
 Ou d'autres comme :  
 • Les leaders Israéliens Shimon Peres, Yitzhak Rabin et Menachem Begin, responsables de la plus grande injustice du siècle si ce n’est de l’humanité ;  
   • Kofi Annan qui a soutenu l'impérialisme occidental, des années de sanctions génocidaires en Irak, l'invasion et l’occupation de 2003, et le chaos généré en Afghanistan ; et    
 • Al Gore, le vainqueur de 2007, était infâme pour mettre la politique au-dessus des principes et a fait une carrière basée sur son soutien aux guerres, aux corporations, … les mêmes caractéristiques qu’Obama et de son administration, idéologiquement estampillé « faucons ».  
 En conséquence, la fabrique de guerre Américaine continue, sanctifié et légitimé sous l’aura du faiseur de paix Obama. Ou comme Alexandre Cockburn l'a mis dans son article du 10 octobre « Guerre et Paix » :  
 Ce prix est « une déformation du mythe d'Alger, inspirant la jeunesse (et les futurs primés du Nobel) : vous aussi pouvez assassiner des Philippins, ou des Palestiniens, ou des Vietnamiens ou des Afghans et vous pourrez toujours gagner un prix pour la paix. C'est l’audace de l'espoir à l’extrême. » Nobel de l’Hypocrisie aussi en dédaignant la paix en faveur de la guerre. La tradition continue.
Mardi 13 Octobre 2009

 http://www.baltimorechronicle.com/2009/101209Lendman.shtml

http://www.alterinfo.net/Prix-Nobel-de-la-Paix-a-un-Crimi...


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N°2 - Analyse - Géopolitique et stratégie - Réflexion : Obama Nobel - 16-10 -: Fin -Obama récompensé pour son œuvre pour un Nouvel Ordre Mondial.

N°2 -  Analyse -  Géopolitique et stratégie - Réflexion : Obama Nobel - 16-10 -: Fin  -Obama récompensé pour son œuvre pour un Nouvel Ordre Mondial.  



Obama Nobel’ :Analyse -  Géopolitique et stratégie

 n°2 du 16-10                                                                   C.De Broeder & M.Lemaire

 



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

2 Réflexion

2-1 Les soldats US en Afghanistan sont au bord du gouffre.

2-2 La « Guerre sans frontières » d’Obama.

2-3 Gilad Atzmon : Le Prix Nobel, la marque déposée Obama® et le Président.

 


Réflexion

2-1 Les soldats US en Afghanistan sont au bord du gouffre.

Les soldats Américains servant en Afghanistan sont déprimés et profondément désillusionnés, selon les aumôniers de deux bataillons US qui ont passé neuf mois sur le front de guerre.

Beaucoup estiment qu'ils risquent leurs vies - et que des collègues sont morts - pour une mission futile et une population Afghane qui ne fait rien pour les aider, ont déclaré les aumôniers au Times dans leur chapelle, véritable forteresse basée dans une vallée ensablée au sud-ouest de Kaboul.  
 « Les nombreux soldats qui viennent nous voir ressentent de la futilité et de la colère à être ici. Ils sont vraiment dans un état de dépression et de désespoir et veulent juste revenir à leurs familles, » a dit le Capitaine Jeff Masengale, du 10ème bataillon d'infanterie 2-87 de
la Division Montagne.
 « Ils sentent qu'ils risquent leurs vies pour un progrès difficile à percevoir, » a dit le Capitaine Sam Rico, du bataillon d'artillerie de Terrain 4-25. « Ils sont fatigués, tendus, confus et veulent juste s’en sortir. » Les aumôniers ont dit qu'ils se chargeaient de le rapporter car les soldats n’ont pas le droit de le faire.    
 La base n'est pas, cela doit être dit, évidemment totalement abattue, et beaucoup de soldats ne partagent pas les déclarations des aumôniers. Les soldats sont, par la nature et entraînés à être optimistes, conduits par un sens fort du devoir, et ils font leur boulot du mieux qu’ils peuvent. Le taux de réengagement est étonnamment bon pour la 2-87, cependant faible pour la 4-25. Plusieurs hommes, approchés par The Times, ont cependant aisément admis que leur moral s'était effondré.
 « Nous sommes perdus – voila ce que je ressens. Je ne suis pas tout à fait sûr du pourquoi de notre présence, » a déclaré Raquime Mercer, 20 ans, dont le plus proche ami a été tué par balle par un policier Afghan renégat Vendredi dernier. « J'ai besoin d'un but bien défini si je dois être blessé ou tué ici. »  
 Le Sergent Christopher Hughes, 37 ans, de Detroit, a perdu six collègues et a survécu à deux bombes cachée au bord de la route. Interrogé si sa mission en valait la peine, il a répondu : « Si je savais exactement ce qu'était la mission, probablement oui, mais je ne sais pas. »  
 Les seuls soldats qui pensent que tout va bien « travaillent dans les bureaux, pas sur le terrain ». Selon lui « tout le pays va morfler ».  
  Le bataillon de 1.500 soldats est déployé 9 mois sur l’année et s’est montré extraordinairement robuste. Leur but était de sécuriser la province montagneuse de Wardak et ensuite de gagner l'allégeance des gens par le développement et une bonne gouvernance. Ils se sont, au lieu de cela, retrouvés embourbés dans une bataille de plus en plus traître contre les Talibans.
 Ils ont été visés par au moins 300 bombes sur le bord des routes, dont environ 180 ont explosé.

Dix-neuf hommes ont été tués en intervention, et un dernier s’est suicidé. Environ une centaine ont été rapatriés avec des amputations, des brûlures graves et d'autres blessures impliquant une invalidité permanente, et beaucoup de ceux-là n'ont pas été remplacés.
Plus de deux douzaines de véhicules blindés (MRAPs) ont été touchés hors action.  
 Les conditions de vie sont bonnes - nourriture abondante, tentes climatisées, eau chaude, Internet gratuit - mais la plupart des hommes sont à leur seconde, troisième ou quatrième tournée en Afghanistan et en Irak, avec à peine une année d’intervalle. Le Sergent-chef Erika Cheney, spécialiste en santé mentale pour les troupes aéroportées, a émis des préoccupations concernant leur état mental - particulièrement ceux dans les avant-postes dispersés - et pense que beaucoup présentent des désordres post-traumatique (PTSD).    
 « Ils sont fatigués, frustrés, effrayés. Beaucoup ont peur de sortir mais doivent continuer à le faire, » a-t-elle dit.    
 Le Lieutenant Peter Hjelmstad, chef du peloton médical de la 2-
87, a dit que les insomnies et les crises de colère étaient courantes.   
 Une douzaine d’hommes ont été confinés aux tâches de bureau parce qu'ils ne peuvent plus supporter les missions à l’extérieur de la base. Un officier en service depuis une longue période, qui a perdu trois amis au cours de sa dernière tournée, a indiqué qu'il retournait parfois dans sa chambre en pleine nuit et pleurait, ou jouait à des jeux de guerre sur son ordinateur portable. « C'est un soulagement. C'est une façon de garder la face. » Il fait des cauchemars et dort peu, et cela n'aide pas que la base soit fréquemment secouée par des tirs d'artillerie. Il a brièvement craqué alors qu'il se rappelait comment, quand un camion a explosé durant son dernier congé à la maison, il a saisi son jeune fils et plongé entre deux voitures garées.  
 Les aumôniers ont dit qu’un nombre sans précédent de soldats nécessitaient leur aide. « Chacun que vous rencontrez est au plus bas, et vous les rencontrez partout - dans la salle de musculation, la cantine, au courrier, » a dit le Capitaine Rico. Même « les hommes durs » venaient dans leur tante chapelle et s’écroulaient.   
 Les hommes sont frustrés par l’absence d’objectif clair ou de progrès.
« La plus grande question que se pose les soldats' est : que peut-on faire pour stopper cette guerre. Capturer quelqu’un? Se fixer un seul objectif ? Les soldats veulent des réponses précises, autre qu’arrêter les Talibans, parce que cela semble presque impossible. Il est difficile d'attraper quelqu'un que vous ne pouvez pas voir, » a déclaré Mercer.  
 « C'est une mission très frustrante, » dit le Lieutenant Hjelmstad. « Le soldat moyen voit un ami mourir d’une explosion et son instinct lui dit de riposter ou de croire que cela a servi à quelque chose, mais ce n’est pas comme dans les autres guerres où votre copain meurt mais que vous vous emparer d’une zone. Il n'y a aucune récompense réelle pour ce sacrifice. Il est difficile de se dire que Wardak est le mieux qu’on puisse avoir ici. »  
 Le Capitaine Masengale, soldat pendant 12 ans avant de devenir aumônier, déclare : « Nous voulons croire en une cause mais nous ne savons pas ce qu'est cette cause. »  
 Les soldats sont en colère que des collègues perdent leurs vies alors qu’ils tentent d'aider une population qui ne les aidera pas. « Vous leur donnez toute l'assistance humanitaire qu'ils veulent et ils continue à vous mentir. Ils vont vous dire qu’il n’y a aucun Taliban nulle part dans la zone et dès que vous vous éloignez, à peine à
10 mètres de leur maison, on vous tire déjà dessus, » déclare Eric Petty, de Géorgie.    
 Le Capitaine Rico raconte le dégoût d'un médecin qui a reçu l’ordre de soigner un résistant peu de temps après qu’il ait extrait le cadavre carbonisé d'un collègue d'un véhicule bombardé.  
 Les soldats se plaignent que les règles d'engagement sont conçues pour réduire au minimum les pertes civiles, ce qui revient à combattre avec un bras attaché dans leurs dos. « C’est une plaisanterie, » a dit l’un d’eux.
« On vous tire dessus mais vous ne pouvez rien y faire. Vous devez voir la personne portant l'arme. Ce n'est pas suffisant de savoir de quelle maison venait le tir. »  
 Les soldats plaisantent sur l’insigne de  l'Isaf qu’ils portent au bras, Isaf ne veut pas dire Force d'Aide de Sécurité Internationale mais « je suce au combat » ou « je soutiens les fermiers afghans » (“I Suck At Fighting”
or “I Support Afghan Farmers”.).   
 Pour résumer, les soldats ne perdent généralement pas la vie au combat mais lors de déplacements de routine, par des bombes cachées au bord des routes par un ennemi invisible. « C’est très démoralisant, » dit le Capitaine Masengale.  
 Les déploiements constants provoquent en attendant des ravages dans la vie privée des soldats. « Ils tuent des familles, » a-t-il dit. « Les divorces montent en flèche. Les troubles post-traumatiques dépassent tous les records.
Il y a des centaines de blessures qui renvoient les soldats à la maison et affectent des familles pour le restant de leurs vies. »  
 Les aumôniers disent que beaucoup de soldats ont perdu leur désir d'aider l'Afghanistan. « Tout ce qu'ils veulent c’est retourner sain et sauf à la maison et revenir à leurs femmes et enfants et rendre visite aux familles qui ont perdu des maris et des pères ici. On cherche juste à survivre, » a dit le Capitaine Masengale.  
 « Si on revient avec nos dix orteils et nos dix doigts, la mission est réussi, » déclare le Sergeant Hughes.  
 « Vous continuez pour vos collègues, » ajoute Mercer.  
 Les aumôniers ont eux-mêmes beaucoup du mal à faire face à une telle détresse. « Nous devons les encourager, les renforcer et les envoyer encore sur le terrain. Personne n'entre et ne dit, ‘j'ai passé une superbe journée sur cette mission'. Ce ne sont que des souffrances, » dit le Capitaine Masengale. « Notre seul réconfort est d’être la les uns pour les autres. »    
 Le Lieutenant-Colonel Kimo Gallahue, Commandant de la 2-87, dément le fait que ses hommes sont démoralisés, et insiste pour dire qu’ils ont accomplis beaucoup de choses au cours des neuf mois derniers. Triathlète et ancien joueur de rugby, il admet mener la vie dure à ses hommes, mais justifie cela en disant que le combat contre l'ennemi était la meilleure forme de la défense. 
 Il a indiqué que le niveau de sécurité avait empiré parce que les insurgés avaient choisi de se battre dans la province de Wardak, et de ne pas l’abandonner. Il a cependant déclaré que la situation aurait été catastrophique sans ses hommes. Ils ont réussi à garder ouverte la route principale entre Kaboul et Kandahar qui traverse Wardak, et ont empêché la province de devenir une plate-forme de lancement pour les attaques contre la capitale, qui est à peine à 20 milles de sa frontière. Par dessus tout, le Colonel Gallahue a mis en avant leur action contre les insurgés - gagnant l'allégeance de la population locale en leur apportant la sécurité, le développement et une bonne gouvernance - était un long et laborieux processus qui ne pourrait pas être réalisé en un an. « Ces 12 derniers mois représentent, pour moi, la mise en place les bases de notre futur succès, » a-t-il dit.  
 Au service de Dimanche matin, les deux aumôniers ont cherché à booster les esprits de leurs gars avec des hymnes à la victoire, accompagnés de vidéos montrant de beaux lacs, des océans et des fleuves.  
 Le Capitaine Rico nous a offert une lecture particulièrement juste des Corinthiens : « Nous sommes affligés de tous les côtés mais pas défaits ; perplexes mais pas au bord du désespoir ; persécutés mais pas abandonnés ; attaqués, mais pas meurtris. »

 9 Octobre

Traduction Alter Info 
 
http://www.timesonline.co.uk/tol/news/world/Afghanistan/article6865359.ece

http://www.alterinfo.net/Les-soldats-US-en-Afghanistan-sont-au-bord-du-gouffre_a37773.html


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17/10/2009

n°1 - dossier Obama Nobel - 16-10 - : Début : - Obama prix Nobel... Une farce sanglante !

 

n°1 - dossier Obama Nobel - 16-10 - : Début : - Obama prix Nobel... Une farce sanglante !


 dossier Obama Nobel

n°1 du 16-10

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 


Sommaire :  

Tiré à part :

Depuis plusieurs jours Barack Obama "consulte".

Paroles & action du président...

Obama se concentre sur Al-Qaïda, pas les talibans…

Afghanistan, huit ans après: Barack Obama soupèse les options

Obama a envoyé 13 000 soldats en Afghanistan sans l'annoncer.

Obama envoie des marines supprimé la population de l'Afghanistan du Sud.

Echange "vigoureux" entre Obama et ses conseillers...

Black-out sur les sévices infligés aux détenus

Suite

Les guerres en chiffre 

Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Vidéo : Obama prix nobel de la paix.

1-2 Michel Chossudovsky : Obama et le prix Nobel :

2 Brèves

2-1 Les résistants afghans condamnent l'attribution du Nobel de la paix à Obama.

2-2 Claire Dana-Picard : Lundestad: le Nobel de la Paix est un prix politique.

2-3 Indépendance des Chercheurs : Barack Obama et le Prix Nobel de la Paix.

Fin

3  Dossiers

3-1 Peter Eyre : Obama prix Nobel... Une farce sanglante !

3-2 Bill Van Auken : Le prix Nobel de la guerre.

3-3 Paul Craig Roberts : Un « va-t-en-guerre » obtient le Nobel de la Paix.

3-4 Chems Eddine Chitour : Le Nobel à Obama: Un acompte pour une belle utopie. 

3-5 Thierry Meyssan : Corruption - Les dessous du prix Nobel de la paix 2009.

 



Tiré à part :

Depuis plusieurs jours Barack Obama "consulte".

Le président américain doit répondre à la requête que lui a présentée le commandant en chef des forces de l'OTAN en Afghanistan, le général Stanley McChrystal, pour obtenir 40 000 hommes supplémentaires. Mardi 6 octobre, M. Obama a reçu les principaux élus des deux partis pour les écouter. Il leur a indiqué que sa décision "ne contenterait pas tout le monde". Renforts ou stratégie de sortie à trouver ? Le président veut prendre son temps et échapper aux pressions.

Sylvain Cypel

LE MONDE |

07.10.09 |

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2009/10/07/la-gauche-americaine-remobilisee-par-l-afghanistan_1250503_3222.html#ens_id=1191850



Paroles & action du président...

09-10

Il y a actuellement 34 000 Américains sous commandement de leur pays en Afghanistan, et 31 000 sous le drapeau de l'OTAN.

http://www2.canoe.com/infos/international/archives/2009/10/20091008-194624.html

 

Obama se concentre sur Al-Qaïda, pas les talibans…

Barack Obama est disposé à accepter une implication limitée des talibans dans l'avenir politique de l'Afghanistan et envisage de n'envoyer que les renforts nécessaires pour lutter contre Al-Qaïda dans ce pays, a affirmé jeudi un haut responsable américain à l'Associated Press.

L'information provient d'une source ayant requis l'anonymat mais qui participe aux discussions en cours entre le président américain et son conseil de guerre sur la stratégie en Afghanistan.

La décision du chef de la Maison Blanche n'est pas attendue avant au moins deux semaines, selon ses conseillers, mais M. Obama ne semble pas enclin à donner son aval à l'envoi massif de renforts demandé par le chef des forces américaines en Afghanistan.

AP

08.10.2009

http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/international/asiepacifique/20091008.FAP7285/afghanistan_obama_se_concentre_sur_alqaida_pas_les_tali.html

09-10

L’administration Obama a entamé une vaste réflexion sur la meilleure stratégie possible pour défendre les intérêts américains face à la double menace des résistants et d'Al-Qaïda en Afghanistan, où la résistance  gagne du terrain.

http://www2.canoe.com/infos/international/

 

Afghanistan, huit ans après: Barack Obama soupèse les options

07-10

Huit ans après le déclenchement de la guerre en Afghanistan, le président américain Barack Obama réunit mercredi soir son équipe de sécurité nationale pour une nouvelle réunion stratégique, destinée à examiner la réponse de Washington à l'aggravation sur le terrain.

Mardi, Obama a discuté de la question pendant 90 minutes avec les leaders de la Chambre des représentants et du Congrès. Si ces 18 responsables en sont sortis ravis de la capacité d'écoute du président, politiquement, les camps restent tranchés: les républicains poussent Obama à écouter ses chefs militaires et à envoyer des renforts, les démocrates jugent qu'il ne doit pas se précipiter.

Le président, affirment deux hauts responsables de son administration, n'entend pas en tous cas réduire l'effort de guerre à une opération de contre-terrorisme, qui passerait par le retrait de nombreux soldats et l'accent mis sur le déploiement de forces spéciales ayant pour mission de cibler les terroristes d'Al-Qaïda dans les régions frontalières afghano-pakistanaises. Un tel scénario a été attribué à tort au vice-président Joe Biden, et l'hypothèse n'est pas envisagée, précisent-ils.

Le chef des forces en Afghanistan, le général Stanley McChrystal, réclame à voix haute, voire impatiente, des renforts supplémentaires, peut-être jusqu'à 40.000 de plus. Et ce alors qu'Obama avait déjà décidé d'un premier "surge", de 21.000 hommes cette année, portant le total à 68.000.

Le président n'a pas dit ce qu'il pensait de l'éventualité d'un envoi de renforts, ni annoncé de calendrier pour sa décision. Ce qui, selon les participants à la réunion, a donné lieu mardi à un échange un peu vif: le sénateur John McCain, rival malheureux d'Obama à la présidentielle, lui a dit qu'il ne devait pas avancer "lentement".

Commentaire qui lui aura valu une réplique sèche du président, lequel a affirmé que personne n'était plus conscient que lui de l'urgence.

Il envisagerait, selon certaines sources, un déploiement plus modeste, plus proche des 10.000. Et en tous cas, il répète qu'il ne prendra une décision sur les troupes qu'après avoir fixé la stratégie à venir.

"Nous admettons qu'il a une décision difficile à prendre, et il veut avoir le temps suffisant pour prendre une bonne décision", notait le responsable du groupe républicain à la Chambre des représentants John Boehner. "Franchement, je suis d'accord, mais nous devons nous souvenir que chaque jour qui passe le danger augmente pour les soldats que nous avons là-bas".

La volonté affichée par Obama de mettre sur pied une stratégie forte et cohérente ne signifie pas qu'il se soit beaucoup étendu sur ladite stratégie. Il a tenu cependant à "exclure les options les plus extrêmes des deux côtés du débat": ni repli total, ni renforts par centaines de milliers, selon un responsable de son administration.

Quant à McCain, à la sortie de la réunion avec Obama, il a dit aux journalistes surtout "s'inquiéter des demi-mesures". Et d'appeler à nouveau le président à écouter ses généraux et procéder à un "surge" à l'irakienne, cet envoi massif de renforts en 2008.

Une chose est sûre: S'il écoute effectivement ce qu'on à dire les responsables politiques, s'il est conscient de l'érosion du soutien de l'opinion publique, Obama ne basera pas sa décision là-dessus. "Le président va prendre une décision -populaire ou impopulaire- sur la base de ce qu'il pense est le mieux dans l'intérêt du pays", affirme le secrétaire à la presse de la Maison Blanche Robert Gibbs.

AP

http://fr.news.yahoo.com/3/20091007/twl-usa-afghanistan-224d7fb_2.html

 

Obama a envoyé 13 000 soldats en Afghanistan sans l'annoncer.

Barack Obama, a décidé d'envoyer en Afghanistan, sans l'annoncer, 13 000 soldats américains en plus des 21 000 renforts qu'il a rendus publics en mars, après sa prise de fonctions.

Selon le quotidien, ces 13 000 militaires, qui porteraient  à 34 000 le total des renforts envoyés en Afghanistan par Barack Obama, sont essentiellement des troupes de soutien telles que des mécaniciens, du personnel médical, des spécialistes du renseignement ou des agents de la police militaire.

 

Le Washington Post croit savoir que le Pentagone et la Maison Blanche n'ont pas communiqué sur l'envoi de ces forces de soutien, se bornant à annoncer le déploiement des 21 000 soldats des forces de combat. "Obama a donné son feu vert à l'ensemble. Seul l'envoi des 21 000 a été annoncé", a indiqué un responsable militaire au Washington Post.

13-10

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2009/10/13/obama-a-envoye-13-000-soldats-en-afghanistan-sans-l-Selon le Washington Post,

 

Obama envoie des marines supprimé la population de l'Afghanistan du Sud.

Le gouvernement Obama a envoyé la 2e brigade expéditionnaire de marines (2 MEB) dans une offensive potentiellement très sanglante dans la province sud d'Helmand.

L'objectif est de supprimer la population de Pachtounes, qui est largement hostile à l'occupation de leur pays par les États-Unis et l'OTAN, depuis 7 ans et demi, et qui refuse la légitimité du gouvernement afghan fantoche dirigé par le président Hamid Karzaï.

Tôt le jeudi matin, la 2 MEB a commencé ce qui a été décrit comme le plus grand transport aérien de marines depuis la guerre du Vietnam. Ayant reçu le nom de code « Khandjar » — le mot pachtou pour « coup d'épée » — l'opération est la plus importante menée par les marines depuis qu'ils ont mené l'assaut contre la ville irakienne de Falludja en novembre 2004. En tout, 4000 marines et un bataillon de l'armée afghane de 600 hommes sont en action, soutenus par un ensemble d'avions, de drones sans pilotes et d'hélicoptères lourds.

Un article du New York Times de vendredi par la vétéran des correspondants de guerre Carlotta Gall, qui travaille en Afghanistan depuis 2001, expliquait pourquoi Helmand avait été choisi comme cible pour la première opération d'envergure du « renfort » (surge en anglais) d'Obama en Afghanistan.

Elle y écrit que « l'état d'esprit des Afghans a évolué vers une révolte populaire dans certaines régions de l'Afghanistan ». Les gens ont « pris les armes contre les troupes étrangères pour protéger leurs foyers ou par colère après avoir perdu des proches dans un bombardement aérien ».

Gall note : « La province du sud a subi les pires pertes civiles depuis le déploiement de l'OTAN dans la région en 2006. Des milliers de gens ont été déplacés par les combats et ont trouvé refuge dans les villes. "Maintenant il y a plus de gens qui se mettent du côté des talibans que du gouvernement" déclarait Abdul Qadir Noorzai, chef de la commission afghane indépendante des droits de l'Homme… »

Un homme interviewé par Gall en juin déclarait : « Qui sont les talibans ? Ce sont des gens du coin. » Un autre, dont la maison avait été bombardée par des avions américains deux mois plus tôt, disait des troupes étrangères : « Nous les musulmans, nous ne les aimons pas. Ce sont eux, la source du danger. »

La description que donne Gall du véritable état des choses réfute le matraquage de la propagande qui décrit cette offensive comme visant à sauver des gens de la tyrannie des talibans, de leur permettre de voter aux élections qui se préparent et de créer des conditions nécessaires au développement économique. Helmand est, en réalité, l'épicentre de la résistance populaire à l'occupation. Des milliers de soldats ont été nécessaires pour forcer la population à se soumettre.

Dans les premiers jours de l'opération, les troupes d'infanterie de marine ont été déployées en aval de la Vallée de la rivière Helmand, au Sud de la nouvelle base américaine près de la ville de Lashkar Gah. Ils ont occupé les villes de Nawa et Garmser, ainsi que Khan Nashin, à 130 kilomètres de la frontière pakistanaise, où ni les troupes d'occupation ni les troupes afghanes n'ont mis les pieds depuis plus de cinq ans.

L'assaut des marines a été précédé d'une opération britannique deux semaines plus tôt pour s'emparer de 13 ponts au nord de Lashkar Gah, afin d'empêcher l'arrivée de renforts talibans entrant à Helmand depuis la zone de la province voisine de Kandahar, aux mains des insurgés. Hier, des unités britanniques ont commencé une nouvelle offensive pour sécuriser la route entre Lashkar Gah et la ville de Gereshk au Nord de la province.

Les officiers américains ont déclaré au Washington Post que le « Khanjar » était le produit de mois de préparations. Qu'elle a été conçue pour Obama par les mêmes autorités qui ont mené le renfort de dizaines de milliers de troupes supplémentaires en Irak pour le gouvernement Bush en 2007. En particulier, le ministre de la Défense Robert Gates, le président de la conférence des chefs d'état-major, l'amiral Michael Mullen, le commandant du Centcom [Commandement central pour la région du golfe Persique et de l'Asie centrale, ndt] le général David Petraeus et le commandant récemment nommé en Afghanistan, le général Stanley McChrystal.

L'offensive a été prévue pour coïncider avec les premières étapes d'un assaut de l'armée pakistanaise dans la zone tribale du sud Waziristân. Les zones tribales pachtounes sont largement contrôlées par des mouvements islamistes ayant des liens étroits avec les talibans, qui fournissent à la guérilla afghane des lieux de replis et leurs propres combattants contre l'occupation.

Les opérations combinées ont été décrites par un officier pakistanais comme une stratégie « du marteau et de l'enclume ». L'idée est de forcer les talibans à se battre sur deux fronts, à la fois contre les forces des États-Unis/OTAN et contre les forces pakistanaises. Mahmoud Shah, officier pakistanais en retraite, a déclaré au Washington Post, le mois dernier que ses sources indiquaient que les dirigeants talibans avaient déjà « rappelé leurs troupes d'Afghanistan et les renvoient au Pakistan » pour s'opposer à l'offensive militaire attendue. L'armée pakistanaise a également déployé des troupes supplémentaires à la frontière entre Helmand et la province du Baloutchistan, pour empêcher qu'aucun taliban afghan n'échappe aux marines.

Les marines vont reproduire à Helmand les méthodes employées par l'armée américaine en Irak et ils sont bien préparés pour cela. La plupart des soldats et des officiers de la 2 MEB, ont effectué plusieurs services dans la province d'Anbar à l'est de l'Irak. Les tactiques du renfort ont été testées en premier à Anbar, centre de la résistance sunnite à l'invasion américaine. Durant deux ans, les marines ont mis au point leurs méthodes anti-insurrection au prix de milliers de vies irakiennes et de la répression de toute la population.

Tout le monde dans la zone nouvellement occupée d'Helmand – hommes, femmes, enfants – sera traité comme un insurgé potentiel. Les bases seront établies à l'intérieur même des villes et villages, à partir de là les troupes américaines utiliseront l'intimidation pour identifier les résistants. Les Afghans seront confrontés à des barrages routiers permanents, des vérifications d'identité et des fouilles. Les hommes en âge de se battre devront subir les traitements les plus humiliants. Les chefs tribaux locaux se verront proposer de l'argent pour la collaboration de leur clan avec l'occupant. S'ils refusent, ils seront classés parmi les sympathisants des talibans.

Bien que ce soit rarement mentionné dans les descriptions auto-censurées des médias, les tactiques anti-insurrection des États-Unis s'appuient fortement sur les assassinats et la détention arbitraire. Le général McChrystal a été placé aux commandes en Afghanistan principalement pour son expertise dans la direction de telles opérations; de 2003 à 2008, il a dirigé le Joint Special Opération Command (JSOC – commandement interarmes des opérations spéciales), dont les commandos de la mort ont tué ou enlevé des centaines de présumés dirigeants ou sympathisants de la résistance irakienne. Les mêmes méthodes ont déjà été utilisées à travers l'Afghanistan par les forces spéciales américaines, britanniques et australiennes, elles seront maintenant étendues au Helmand du Sud.

Dans les premiers jours de l'offensive du Helmand, la résistance a été minime. Une compagnie de marines s'est battue contre des combattants afghans au sud de Garsmer jeudi, ce qu'un officier a décrit comme « un putain de combat ». Après des heures de tirs, un chasseur a été envoyé pour détruire la position des insurgés avec une bombe de 250 kg. Des accrochages mineurs ont eu lieu hier. Dans la zone autour de Nawa et de Khan Neshin, il n'y a pas eu d'accrochages annoncés.

Jusqu'à présent, un seul marine a été tué et 11 autres blessés. Des dizaines, d'autres ont eu besoin de traitement pour insolation à cause des températures étouffantes de l'été afghan. Les troupes britanniques et danoises qui opèrent dans le secteur nord du Helmand ont également subi des pertes. Mercredi, deux soldats britanniques ont été tués et six autres blessés par une bombe cachée en bord de route à la sortie de Lashkar Gah.Parmi les morts, le lieutenant-colonel Rupert Thorneloe, l'officier britannique le plus gradé à mourir au combat depuis la guerre des Malouines en 1982. Ce même jour, un soldat danois a été gravement blessé par une mine.

En dépit de l'absence de grand affrontement, des inquiétudes ont été exprimées sur le possible échec de l'opération par manque de troupes. Selon le Washington Post, le commandant de la 2 MEB, le brigadier-général Lawrence Nicholson, s'attendait apparemment à ce que des milliers de soldats du gouvernement Afghan soient affectés à Kandjar. Il n'en a eu que 600.

Nicholson a décrit le manque de troupes afghanes comme une « vulnérabilité critique. » Ses marines seront dispersées pour essayer de tenir ce qui n'est après tout qu'une assez petite zone du territoire sous contrôle des talibans, dans des conditions où les insurgés ne se mesureront probablement pas à eux en combat ouvert. Après plus de sept ans, les talibans ont appris à éviter les engagements sans objet contre l'armée d'occupation bien mieux équipée. La résistance va soit se mêler à la population qui lui est plutôt favorable ou se retrancher dans des lieux sûrs en d'autres zones de l'Afghanistan. Les marines au contraire, subiront une série ininterrompue de pertes par les bombes en bord de route, les mines et autres méthodes de la guérilla.

Il y a déjà des signes que les commandants en chef du Pentagone font pression sur la Maison-Blanche et Obama pour envoyer plus de troupes en Afghanistan. Jusqu'à ce jour, Obama a affirmé qu'il ne déploierait pas plus que les 21 000 soldats additionnels qu'il avait envoyés dans le pays en entrant en fonction. Le général David McKiernan, l'ex-commandant américain en Afghanistan, a été renvoyé sans ménagements en mai en grande partie parce qu'il insistait sur le fait qu'il fallait plus de troupes.

Les dissensions au sein de l'armée n'ont clairement pas été réduites au silence. Le journal McClatchy rapportait mercredi que le conseiller à la sécurité nationale, James Jones, qui revenait d'Asie centrale, « commençait à entendre des rumeurs sur les nouveaux commandants et officiers envoyés en Afghanistan qui exigeraient rapidement un nouveau changement de stratégie et plus de troupes. »

Un officier expérimenté sous couvert de l'anonymat aurait déclaré au journaliste Bob Woodward qu'au moins 100 000 soldats de plus étaient nécessaires.

Lorsque tous les renforts seront arrivés, il y aura 68 000 soldats américains dans le pays et 30 000 autres de divers pays de l'OTAN, dont la plupart opèrent selon des dispositions qui les empêchent de se rendre dans des zones de combat.

Mercredi dernier, l'amiral Mullen a déclaré aux journalistes que ses instructions au général McChrystal, en ce qui concerne les troupes supplémentaires, étaient de venir le voir et « demander ce dont vous avez besoin ». Il n'y a aucune raison de douter qu'Obama accepte tout ce que l'armée demandera.

Dès sa campagne électorale, il dit que sa présidence consistait non seulement à « remporter » la guerre en Afghanistan, mais aussi à l'étendre au Pakistan. Derrière les déclarations de façade sur le fait d'extirper l'extrémisme et le terrorisme islamistes, le but est, et a toujours été, d'établir la domination stratégique des États-Unis sur toute l'Asie centrale.

Tanjaawi

13 -10

Alterinfo

http://www.paperblog.fr/2118560/obama-envoie-des-marines-supprimer-la-population-de-l-afghanistan-du-sud/

 

Echange "vigoureux" entre Obama et ses conseillers...

Le président américain Barack Obama a eu vendredi une "conversation vigoureuse" avec ses principaux conseillers sur les défis politiques et de sécurité ainsi que sur les options stratégiques en Afghanistan, a annoncé la Maison Blanche. La rencontre a duré deux heures et demie.

Cette réunion fait partie d'une série de rencontres que M. Obama entend avoir pour l'élaboration d'une nouvelle stratégie dans le conflit afghan.

Elle était la première qui devait examiner les recommandations faites par le général Stanley McChrystal, commandant des troupes américaines et aliées en Afghanistan.

Selon deux sources, le général a émis plusieurs recommandations à l'attention du président américain, dont l'une prévoit l'envoi de 40 000 soldats supplémentaires, minimum nécessaire selon lui pour remporter la guerre contre les insurgés islamistes.

"Le président a eu une conversation vigoureuse sur les défis sécuritaires et politiques en Afghanistan et sur les options pour bâtir une nouvelle approche stratégique", indique un communiqué de la Maison Blanche. Les rencontres sur ce sujet doivent reprendre mercredi.

Le porte-parole de la présidence, Robert Gibbs, a indiqué que plusieurs semaines seront nécessaires avant que Barack Obama prenne une décision sur cette question.

Quelque 65 000 soldats américains et 39 000 soldats alliés sont actuellement déployés en Afghanistan et doivent faire face à une insurrection qui ne cesse de se développer.

La Maison Blanche, s'appuyant sur des informations des services de renseignement, a révélé vendredi que les effectifs des talibans ont été multipliés par quatre depuis 2006 passant de 7000 à 25 000 environ.

Etats-Unis et Afghanistan ont eu vendredi des discussions pour renforcer leurs relations commerciales, a annoncé un responsable de la commission du commerce de la chambre des représentants.

La rencontre a eu lieu dans le cadre du Conseil américano-afghan pour le commerce et l'investissement.

10 octobre

http://www.romandie.com/infos/ats/display.asp?page=20091010033158460172019048000_brf006.xml

 

Black-out sur les sévices infligés aux détenus

 C'est légalisé, pénalisé. Il s'agit bel et bien d'un black-out sur les sévices infligés aux détenus dans les prisons américaines en Irak et à Guantanamo. Les médias, presse écrite et orale, n'ont plus le droit, selon une loi adoptée avec 258 voix favorable et 163 non au Congrès, de divulguer les photos sur le comportement des geôliers avec les détenus en Irak et à Guantanamo. Une telle loi fait écho aux dires du président Barack Obama qui n'a pas cessé de rappeler qu'il ferait tout son possible pour interdire la divulgation des photos sur la conduite des agents américains envers les détenus. De telles photos, selon lui, ne feraient qu'exacerber les sentiments anti-américains dans le monde, mettant en danger les militaires US.
Obama, semblait si résolu à faire passer une telle loi, qu'il n'aurait même pas hésité à y mettre son veto, si le Congrès ne l'adoptait pas.

Mais le président Obama ignore-t-il qu'une telle loi signifie donner carte blanche aux tortionnaires américains ou bien a-t-il oublié que sa devise électorale était de mettre au clair tout ce qui se passe à la sinistre prison de Guantanamo?
Il a peut-être aussi oublié qu'au second jour de son installation à la Maison Blanche il avait signé le décret de la fermeture de Guantanamo et d'autres cellules secrètes de la CI A dans différents coins du monde. En fait, à quatre mois de l'échéance, il semble qu'une douloureuse révision soit en cours à la Maison Blanche : Guantanamo ne sera pas fermée dans les délais. "Cela va être difficile", a reconnu, dimanche 27 septembre, le ministre de la défense, Robert Gates. Le 22 janvier, le président Barack Obama avait signé un décret prévoyant la fermeture de la prison dans les douze mois. Interrogé en juin, son porte-parole, Robert Gibbs, affirmait encore que la date serait "absolument" respectée. Lundi, il était moins affirmatif. "Nous ne nous focalisons pas sur le fait de savoir si le délai sera ou non respecté un jour précis, a-t-il dit. Nous nous focalisons sur la fermeture et le moyen de faire le plus de progrès possible d'ici au 22 janvier."
Huit mois après l'entrée en fonctions de M. Obama, 223 détenus sont toujours à Guantanamo, soit 18 de moins seulement qu'en janvier. Les questions de base n'ont pas été résolues, ni sur la juridiction qui pourrait s'appliquer ni sur le sort de ceux qui ne peuvent être jugés ni libérés. Les commissions (tribunaux) militaires ont été suspendues pour la troisième fois. Les débats semblent animés dans l'administration, à en juger par le nombre de fuites et de démentis.

Vendredi, le Washington Post affirmait que Greg Craig, le chef des services juridiques de la Maison Blanche, avait été déchargé du dossier. Son erreur ? Avoir imposé le délai d'un an pour la fermeture. Aussitôt, M. Gates a affiché sa solidarité, affirmant que lui aussi avait été favorable à une date butoir, seul moyen de "remuer la bureaucratie" de Washington. Et M. Gibbs a fait savoir lundi que M. Craig était dans le bureau Ovale le matin même pour parler de Guantanamo. Cet héritage de l'ère Bush est devenu un véritable casse-tête de l'administration Obama, qui ne sait plus comment fermer cette prison ni où caser ses détenus.

3/10

http://www.alterinfo.net/USA-Black-out-sur-les-sevices-infliges-aux-detenus_a37505.html


n°1 - dossier Obama Nobel - 16-10 - : Suite : - Obama prix Nobel... Une farce sanglante !

n°1 - dossier Obama Nobel - 16-10 - : Suite : - Obama prix Nobel... Une farce sanglante !


 dossier Obama Nobel

n°1 du 16-10

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Les guerres en chiffre 

Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Vidéo : Obama prix nobel de la paix.

1-2 Michel Chossudovsky : Obama et le prix Nobel :

2 Brèves

2-1 Les résistants afghans condamnent l'attribution du Nobel de la paix à Obama.

2-2 Claire Dana-Picard : Lundestad: le Nobel de la Paix est un prix politique.

2-3 Indépendance des Chercheurs : Barack Obama et le Prix Nobel de la Paix.

 



Lutte pour la libération du territoire &  la victoire de la résistance Afghane

Pertes déclarée des occupants.

US & Isaf

Lourdes pertes américaines à la frontière pakistano-afghane

Selon l'Otan, huit soldats américains ont été tués.

Il s'agit des pertes les plus lourdes subies depuis un an par les forces américaines en une seule attaque, d'autant qu'un autre membre de l'US Army a succombé, également samedi, à ses blessures, toujours dans l'est du pays, a annoncé l'Otan.

Depuis le début de l'année, officiellement près de 400 militaires de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) sous commandement de l'Otan ont été tués, soit plus que durant les cinq ans qui ont suivi l'invasion de l'Afghanistan.

Selon l'Otan, deux militaires afghans ont péri aux côtés des huit soldats américains.

4 octobre,

Version française Marc Delteil

http://fr.news.yahoo.com/4/20091004/twl-afghanistan-usa-41953f5_2.html


Détails

Province du Wardak, (sud-ouest de Kaboul)

03-10

L'armée américaine a annoncé samedi la mort de trois de ses soldats, tués dans des attaques dans l'est de l'Afghanistan.

Dans un communiqué, l'armée américaine a précisé qu'un soldat était décédé vendredi après avoir été blessé dans un attaque à la bombe la veille dans la province de Wardak.

Deux autres soldats ont été tués dans une fusillade vendredi dans la même région.

3/10

http://fr.news.yahoo.com/

05-10

Un policier afghan a abattu par balles vendredi deux soldats américains dans la province de Wardak, a annoncé samedi l'agence d'information Pajwak, citant Shahidullah Shahid, porte-parole du gouverneur de Wardak.

Selon M. Shahid, un policier afghan participait à une opération menée par des militaires US. Soudain, il a dirigé son arme contre les Américains, tuant deux soldats et en blessant deux autres, avant de s'enfuir sans laisser de traces.
Peu de temps après, la police afghane a interpellé deux parents de l'intéressé et procède actuellement à leur interrogatoire.

 http://fr.rian.ru
http://www.alterinfo.net/notes/Afghanistan-un-policier-ab...



                                            Les guerres en chiffre 

                                              The War Costs

 

releve le 17-07 à 10.03


                                 Total Cost of Wars Since 2001

                                         $921,377,827,100

 

Cost of War in Iraq             Cost of War in Afghanistan

 

$692,015,413,055                                $229,362,414,045

 



Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information.

 

1-1 Vidéo : Obama prix nobel de la paix.

http://www.dailymotion.com/video/xar6k0_telezapping-obama-nobel-what-a-surp_news


1-2 Michel Chossudovsky : Obama et le prix Nobel :
Lorsque la guerre devient la paix, lorsque le mensonge devient vérité

Lorsque la guerre devient la paix,

Lorsque les concepts et les réalités sont sens dessus dessous,

Lorsque la fiction devient vérité et que la vérité devient fiction,

Lorsqu'un programme militaire mondial est annoncé comme un effort de paix,

Lorsque l'on maintient que la tuerie de civils est un « dommage collatéral »,

Lorsque ceux qui résistent à l'invasion de leur pays par les États-Unis et l'OTAN sont qualifiés d'« insurgés » ou de « terroristes »,

Lorsque l'on affirme que la guerre nucléaire préventive constitue de l'autodéfense,

Lorsque la torture et des techniques d'« interrogation » avancées sont utilisées couramment afin de « protéger les opérations de maintien de la paix »,

Lorsque le Pentagone claironne que les armes nucléaires tactiques sont « inoffensives pour la population civile environnante »,

Lorsque les trois quarts des revenus de l'impôt fédéral des particuliers des États-Unis sont alloués au financement de ce que l'on appelle euphémiquement la « défense nationale »,

Lorsque l'on présente le commandant en chef de la plus grande force militaire de la planète Terre comme un artisan de la paix,

Lorsque le mensonge devient vérité.

La « Guerre sans frontières » d'Obama

Nous sommes au carrefour de la crise la plus sérieuse de l'histoire moderne. Les États-Unis en partenariat avec l'OTAN et Israël ont lancé une aventure militaire mondiale, laquelle menace, de manière très réelle, le futur de l'humanité.

À ce moment critique de notre histoire, la décision du comité Nobel norvégien de décerner le prix Nobel de la paix au président et commandant en chef Barack Obama constitue un parfait outil de propagande et de manipulation, soutenant sans réserve la « Longue guerre » du Pentagone : « Une guerre sans frontières » dans le vrai sens du terme, caractérisée par le déploiement planétaire de la puissance militaire des États-Unis.

Outre la rhétorique diplomatique, il n'y a pas eu de renversement significatif de la politique étrangère des États-Unis par rapport à la présidence de George W. Bush, ce qui aurait pu justifier un tant soit peu l'octroi du prix Nobel à Obama. En fait c'est plutôt le contraire. Le programme militaire d'Obama a cherché à élargir la guerre à de nouvelles frontières. Avec une nouvelle équipe de conseillers militaires et de conseillers en politique étrangère, le programme guerrier d'Obama a été bien plus efficace dans la promotion de l'escalade militaire que ne l'a été celui des néoconservateurs.

Depuis les débuts de la présidence d'Obama ce projet militaire mondial est devenu de plus en plus omniprésent, avec le renforcement de la présence militaire étatsunienne dans toutes les grandes régions du monde ainsi que le développement de systèmes d'armement perfectionné dans des proportions sans précédent.

Accorder le prix Nobel de la paix à Barack Obama donne de la légitimité aux pratiques illégales de la guerre, à l'occupation militaire de pays étrangers et à la tuerie incessante de civils au nom de la « démocratie ».

À la fois l'administration Obama et l'OTAN menacent directement la Russie, la Chine et l'Iran. Sous Obama, les États-Unis développent un « système de bouclier antimissile mondial contre les premières frappes » :

« Avec les armes spatiales, le laser aéroporté constitue la prochaine frontière de la défense. […] Le rêve de Ronald Reagan de défense multicouche antimissile – qui se résume à la Guerre des étoiles – n'a jamais été si près de se réaliser, du moins d'un point de vue technologique. »

Le 11 août, en réaction à cette consolidation de modernisation et de perfectionnement du potentiel étatsunien de frappe nucléaire mondiale, le commandant en chef des Forces aériennes russes – le même Alexander Zelin cité plus tôt à propos des menaces de frappes étatsuniennes en provenance de l'espace sur toute la Russie – a déclaré que les « Forces aériennes russes se préparent à faire face aux menaces résultant de la création du Global Strike Command au sein des Forces aériennes étatsuniennes » et que la Russie développe « des systèmes appropriés pour faire face aux menaces qui pourraient survenir ». (Rick Rozoff, Showdown with Russia and China : U.S. Advances First Strike Global Missile Shield System, Global Research, 19 août 2009)

Depuis la crise des missiles de Cuba, jamais le monde n'a été aussi près de l'impensable : un scénario de Troisième Guerre mondiale, un conflit militaire planétaire impliquant l'utilisation d'armes nucléaires.

1. Le soi-disant bouclier antimissile, ou initiative de Guerre des étoiles, comportant l'utilisation d'armes nucléaires pour les premières frappes sera dorénavant développé mondialement, dans différentes régions du monde. Ce bouclier est largement dirigé contre la Russie, la Chine, l'Iran et la Corée du Nord.

2. De nouvelles bases militaires étatsuniennes ont été établies dans le but à la fois d'instaurer des sphères d'influence étatsuniennes dans chaque région du monde, ainsi que d'entourer et de confronter la Russie et la Chine.

3. Il y a eu une escalade dans la guerre d'Asie Centrale et du Moyen-Orient. Le budget de la Défense sous Obama a monté en flèche avec l'augmentation des affectations en Afghanistan ainsi qu'en Irak.

4. Sous les ordres du président Obama, agissant à titre de commandant en chef, le Pakistan fait désormais l'objet de bombardements aériens de routine par les États-Unis, en violation de sa souveraineté nationale, en utilisant la « guerre mondiale au terrorisme » comme justification.

5. La construction de nouvelles bases militaires est envisagée en Amérique Latine, y compris en Colombie, à la frontière immédiate du Venezuela.

6. L'aide militaire à Israël a augmenté. La présidence Obama a exprimé son soutient inébranlable à Israël et à l'armée israélienne. Obama est demeuré muet en ce qui concerne les atrocités qu'Israël a commises à Gaza. Il n'y a même pas eu un semblant de reprise des négociations israélo-palestiniennes.

7. Il y a eu un renforcement des nouveaux commandements régionaux, incluant AFRICOM et SOUTHCOM.

8. Une nouvelle ronde de menaces a été dirigée contre l'Iran.

9. Les États-Unis sont résolus à encourager davantage de divisions entre le Pakistan et l'Inde, ce qui pourrait mener à une guerre régionale, ainsi qu'à l'utilisation de l'arsenal nucléaire indien comme moyen indirect de menacer la Chine.

Les grandes lignes de la nature diabolique de ce projet militaire ont été tracées dans le Project for a New American Century (PNAC) en 2000. Les objectifs du PNAC sont :

défendre la patrie étatsunienne ;

se battre et gagner résolument de multiples guerres de théâtre simultanées ;

effectuer les tâches « constabulaires » associées au modelage de l'environnement sécuritaire dans des régions critiques ;

transformer les forces étatsuniennes afin d'exploiter la « révolution dans les affaires militaires » Project for a New American Century, Rebuilding Americas Defenses.pdf, septembre 2000)

La « Révolution dans les affaires militaires » fait référence au développement de nouveaux systèmes d'armement perfectionné. La militarisation de l'espace, les nouvelles armes chimiques et biologiques, les missiles à guidage laser sophistiqués, les bombes antiblockhaus, sans parler du programme de guerre climatique des Forces aériennes étatsuniennes (HAARP) basé à Gokona en Alaska, font partie de l'« arsenal humanitaire » d'Obama.

Une guerre contre la vérité

Il s'agit d'une guerre contre la vérité. Lorsque la guerre devient la paix, le monde est tourné sens dessus dessous. La conceptualisation n'est alors plus possible et un système social inquisitorial émerge.

La compréhension des événements sociaux et politiques fondamentaux se voit remplacée par un monde de pure fantaisie, où rôdent des « êtres malfaisant ». L'objectif de la « guerre mondiale au terrorisme », entièrement cautionnée par l'administration Obama, a été de galvaniser l'appui de l'opinion publique pour une campagne mondiale contre l'hérésie.

Aux yeux de l'opinion publique, le fait de détenir une « cause juste » pour mener la guerre est essentiel. On dit d'une guerre qu'elle est « juste » si elle est menée pour des motifs moraux, religieux ou éthiques. Le consensus est en faveur de la guerre. Les gens ne peuvent plus penser par eux-mêmes. Ils acceptent l'autorité et la sagesse de l'ordre social établi.

Le comité Nobel estime que le président Obama a donné au monde « l'espoir d'un avenir meilleur ». Le prix est accordé en raison des

« efforts extraordinaires [d'Obama] pour renforcer la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples. Le comité a attaché une importance particulière à la vision d'Obama d'un monde sans armes nucléaires ainsi qu'à son travail dans ce sens.

[…] Sa diplomatie se base sur le concept voulant que ceux qui mènent le monde doivent le faire sur la base des valeurs et des attitudes partagées par la majorité de la population du monde. » (Nobel Press Release, October 9, 2009)

L'octroi du prix Nobel de la « paix » au président Barack Obama est devenu partie intégrante de la machine de propagande du Pentagone. Il donne un visage humain aux envahisseurs, il confirme la diabolisation de ceux qui s'opposent aux interventions militaires étatsuniennes.

Il ne fait aucun doute que la décision de décerner le prix Nobel de la paix à Obama a été soigneusement négociée avec le comité norvégien aux plus hauts échelons du gouvernement des États-Unis et celle-ci a des profondes implications.

Cette décision soutient sans équivoque la guerre menée par les États-Unis comme une « juste cause ». Elle efface les crimes de guerre commis à la fois sous l'administration Bush et sous celle d'Obama.

Propagande de guerre : Jus ad Bellum

La théorie de la « guerre juste » sert à camoufler la nature de la politique étrangère étatsunienne, tout en conférant aux envahisseurs un visage humain.

À la fois dans sa version classique et contemporaine, la théorie de la guerre juste soutient la guerre comme « opération humanitaire ». Elle réclame l'intervention militaire sur des bases éthiques et morales contre les « insurgés », les « terroristes », les « États défaillants » ou les « États voyous ».

La guerre juste a été proclamée par le comité Nobel comme instrument de paix. Obama personnifie la « guerre juste ».

Enseignée dans les académies militaires, une version moderne de la théorie de la « guerre juste » a été incorporée dans la doctrine militaire étatsunienne. La « guerre au terrorisme » et la notion de « guerre préventive » sont basées sur le droit à l'« autodéfense ». Elles définissent « quand il est permis de mener la guerre » : jus ad bellum.

Jus ad bellum a servi à constituer un consensus au sein des structures de commandement des Forces armées. Ce principe a également contribué à convaincre les troupes qu'elles se battent pour une « cause juste ». De manière plus générale, la sa version moderne de la théorie de la guerre juste fait partie intégrante de la propagande de guerre et de la désinformation médiatique, utilisées pour obtenir l'appui du public pour un programme guerrier. Sous Obama en tant que lauréat du prix Nobel de la paix, la guerre juste devient acceptée universellement, cautionnée par la soi-disant communauté internationale.

Le but ultime est de maîtriser les citoyens, de dépolitiser complètement la vie sociale aux États-Unis et d'empêcher les gens de penser et de conceptualiser, d'analyser les faits et de contester la légitimité de la guerre menée par les États-Unis et l'OTAN.

La guerre devient la paix, une « entreprise humanitaire » qui en vaut la peine. La dissidence pacifique, elle, se transforme en hérésie.

Comité Valmy

Sent: Wednesday, October 14, 2009 7:35 PM



2 Brèves

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

2-1 Les résistants afghans condamnent l'attribution du Nobel de la paix à Obama.

Un porte-parole des talibans en Afghanistan a condamné vendredi l'attribution du prix Nobel de la paix 2009 à Barack Obama, estimant que le président américain avait contribué à intensification de la guerre en envoyant des renforts en hommes dans le pays. Qari Yousef Ahmadi a accusé Barack Obama d'"avoir le sang du peuple afghan sur les mains". "Pourquoi donnent-ils ce prix à Obama?", s'est-il interrogé dans un entretien téléphonique. "Qui a envoyé plus de soldats en Afghanistan, qui bombarde et tue des gens innocents?"

Le chef de la Maison Blanche a ordonné le déploiement de 21.000 soldats supplémentaires cette année en Afghanistan et débat d'une requête des principaux commandants américains d'en envoyer 40.000 autres

9/10

http://fr.news.yahoo.com/3/20091009/twl-nobel-paix-obama-afghanistan-taliban-fcd69a8.html

Mondialisation.ca


2-2 Claire Dana-Picard : Lundestad: le Nobel de la Paix est un prix politique.
L’attribution du Prix Nobel de la Paix 2009 au nouveau président des États-Unis Barack Obama a suscité, comme on le sait, la surprise tant en Israël que dans le monde.

En effet, pour beaucoup, l’homme n’a pasencore fait ses preuves, moins d’un an après son élection, et ne peut se targuer pour le moment que de déclarations bien intentionnées.
C’est donc sans étonnement qu’on apprend, de la bouche du secrétaire du comité Nobel norvégien, Geir Lundestad, que ceux qui lui ont décerné cette haute distinction étaient motivés par des considérations politiques. Il a précisé, dans une interview sur les ondes de Galei Tsahal: « Nous voulions exprimer notre soutien à la politique d’Obama et nous avons donc pensé que personne mieux que lui ne méritait le prix ».
Et d’ajouter: « Il a déjà réalisé des choses très concrètes, en modifiant par exemple le climat sur la scène internationale. Les principes prônés par Obama vont dans le même sens que ceux des membres du Comité Nobel ».
Lundestad a compris toutefois que cette décision ne pouvait pas faire l’unanimité: « Les membres du comité s’attendaient  à des critiques acerbes de la part de la droite républicaine, aux Etats-Unis, et de la droite israélienne. Mais malgré cela, nous avons aussi eu le plaisir d’entendre des voix qui soutenaient notre décision ».
En faisant ces déclarations, Geir Lundestad ne fait donc que confirmer ce que des commentateurs affirmaient déjà au sujet de la décision du Comité Nobel, à savoir que la Norvège cherchait à s’immiscer dans la politique américaine. Il a admis: « Obama n’a pas reçu le Prix Nobel pour avoir signé un traité de paix. Ses principes sont proches des nôtres et nous avons voulu lui apporter tout notre soutien afin qu’il puisse appliquer sa politique sur le terrain ».
En présentant toutes ces argumentations, Geir Lundestad admet donc que le Nobel de la Paix est un prix politique, alors que les autres, comme ceux de chimie, de physique ou de médecine n’ont qu’un caractère scientifique. Mais pour lui, cela fait partie de la règle du jeu.
Malgré toutes ces explications, pour beaucoup, Obama ne méritait pas cette haute distinction, étant donné qu’il n’a pas encore eu le temps de réaliser quoi que ce soit de concret, même s’il a un certain nombre de projets.

Claire Dana-Picard

Arouts 7  -(Israël)  

14 octobre 2009 –
http://www.actu.co.il/2009/10/lundestad-le-nobel-de-la-pa...


2-3 Indépendance des Chercheurs : Barack Obama et le Prix Nobel de la Paix.

Le 9 octobre, une étonnante annonce a été diffusée : celle de l'octroi du Prix Nobel de la Paix à l'actuel président des Etats-Unis Barack Obama, moins d'un an après son entrée en fonctions et au titre de la politique de son gouvernement. Certes, le Prix Nobel de la Paix ne s'est jamais caractérisé par une réelle exigence de neutralité politique. Mais en l'espèce, un pas est franchi par l'octroi du prix à la plus haute autorité d'une super-puissance, théoriquement la plus influente et la mieux armée de la planète, et qui de surcroît se trouve actuellement en guerre. Quel est le sens d'une telle nomination ?

Le 9 octobre, la Fondation Nobel a diffusé le communiqué suivant sur l'octroi du Prix Nobel de la Paix :

http://nobelprize.org/nobel_prizes/peace/laureates/2009/p...

The Nobel Peace Prize for 2009

The Norwegian Nobel Committee has decided that the Nobel Peace Prize for 2009 is to be awarded to President Barack Obama for his extraordinary efforts to strengthen international diplomacy and cooperation between peoples. The Committee has attached special importance to Obama's vision of and work for a world without nuclear weapons.

Obama has as President created a new climate in international politics. Multilateral diplomacy has regained a central position, with emphasis on the role that the United Nations and other international institutions can play. Dialogue and negotiations are preferred as instruments for resolving even the most difficult international conflicts. The vision of a world free from nuclear arms has powerfully stimulated disarmament and arms control negotiations. Thanks to Obama's initiative, the USA is now playing a more constructive role in meeting the great climatic challenges the world is confronting. Democracy and human rights are to be strengthened.

Only very rarely has a person to the same extent as Obama captured the world's attention and given its people hope for a better future. His diplomacy is founded in the concept that those who are to lead the world must do so on the basis of values and attitudes that are shared by the majority of the world's population.

For 108 years, the Norwegian Nobel Committee has sought to stimulate precisely that international policy and those attitudes for which Obama is now the world's leading spokesman. The Committee endorses Obama's appeal that "Now is the time for all of us to take our share of responsibility for a global response to global challenges."

Oslo, October 9, 2009

(fin du communiqué de la Fondation Nobel)

Il ressort clairement de ce communiqué que le Comité Nobel a explicitement jugé et récompensé, en l'occurrence, la politique de l'actuel gouvernement des Etats-Unis. Or, ce dernier ne se trouve en exercice que depuis la fin du mois de janvier de cette année et n'a pas mis fin aux interventions militaires US à l'étranger. Rappelons également que les hauts responsables de l'administration de Barack Obama sont loin d'être absents de cercles comme la Commission Trilatérale ou le Groupe de Bilderberg dont le rôle est largement contesté par les citoyens. Quel est le sens réel d'un tel prix ?

Indépendance des Chercheurs

09.10.2009

indep_chercheurs@yahoo.fr
http://www.geocities.com/indep_chercheurs

http://science21.blogs.courrierinternational.com

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2009/10/09/barack-obama-et-le-prix-nobel-de-la-paix.html 


n°1 - dossier Obama Nobel - 16-10 - : Fin : - Obama prix Nobel... Une farce sanglante !

n°1 - dossier Obama Nobel - 16-10 - : Fin : - Obama prix Nobel... Une farce sanglante !


 dossier Obama Nobel

n°1 du 16-10

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 


Sommaire :  

3  Dossiers

3-1 Peter Eyre : Obama prix Nobel... Une farce sanglante !

3-2 Bill Van Auken : Le prix Nobel de la guerre.

3-3 Paul Craig Roberts : Un « va-t-en-guerre » obtient le Nobel de la Paix.

3-4 Chems Eddine Chitour : Le Nobel à Obama: Un acompte pour une belle utopie. 

3-5 Thierry Meyssan : Corruption - Les dessous du prix Nobel de la paix 2009.



3  Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Peter Eyre : Obama prix Nobel... Une farce sanglante !

Selon quoi le Président Obama avait eu le Prix Nobel de la Paix 2009 pour « ses efforts extraordinaires dans le renforcement de la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples ».

Cela doit sûrement être le prix le plus rapide jamais attribué dans d’aussi brefs délais.

Serait-ce une sorte de lot de consolation après avoir perdu la candidature olympique ?
Serait-ce une récompense pour avoir retardé le procès des crimes de guerre israéliens ?
Serait-ce pour faire semblant de retirer ses troupes d’Irak, mais en permettant à des entreprises privées de sécurité d’y placer des milliers de leurs agents et poursuivre leurs activités clandestines ?
Serait-ce pour avoir étendu la guerre en Afghanistan et vouloir ajouter des milliers de soldats dans la zone de guerre ?
Serait-ce pour vouloir réduire les armes nucléaires, mais sous la tromperie de vouloir faire fabriquer beaucoup plus de petites armes conventionnelles de destruction massive ?
Serait-ce par qu’il se tient aux côtés d’Israël et cède à toutes ses exigences ?
Serait-ce parce qu’il applique continuellement des pressions sur l’Iran qui ne sont même pas une menace pour les Etats-Unis ?
Serait-ce en récompense de son soutien pour les institutions financières en place et pour avoir condamné les pauvres a en payer le prix ?

Je suis sûr qu’une fois que nous nous serons tous remis de ce choc, nous pourrons énumérer bien d’autres raisons. Alors, quelles sont donc ses réalisations qui justifient un prix si prestigieux ?

Avant d’étudier cet homme de plus près, nous devons nous rappeler que la plupart des discours et des actions prises par un président ou un premier ministre sont rédigés par leurs conseillers appropriés. Prenons un moment pour étudier les promesses qu’il a faites à son peuple et au monde à son entrée en fonctions au titre de 44e président des États-Unis.

Barack Obama a promis une nouvelle ère de domination américaine dans laquelle la puissance militaire pourrait être tempérée par de l’humilité et de la retenue.

M. Obama a établi le contact avec le monde musulman et a déclaré que l’Amérique devait à nouveau mériter sa grandeur.

M. Obama a promis de rétablir des alliances et a dit que les Américains devaient reconnaître leurs devoirs « à nous-mêmes, à notre nation et au monde ». Il a dit aussi que leur puissance militaire n’autorisait pas les Etats-Unis « à faire ce qui leur plaît ».

« Sachez-le bien, ces devoirs seront remplis. En ce jour, nous nous réunissons parce que nous avons choisi l’espoir contre la peur, l’unité des objectifs contre le conflit et la discorde », dit-il. « A partir d’aujourd’hui, nous devons nous relever, secouer la poussière sur nous et entamer à nouveau la tâche de reconstruire l’Amérique ».

Aux musulmans il a offert une « nouvelle voie, fondée sur l’intérêt mutuel et le respect mutuel », mais il a averti les terroristes qu’ils seraient battus. Pour ceux qui nous regardent, a-t-il ajouté, « sachez que l’Amérique est un ami de chaque nation et de chaque homme, femme et enfant qui cherche un avenir de paix et de dignité, et que nous sommes prêts à être à nous tenir en tête une fois de plus. » Ses promesse de fermer Guantanamo Bay et certaines de ses citations clés ont été retentissantes mais le temps montrera la véritable nature de cet homme qui ne fait que parler. Jusqu’à présent, nous avons vu la faiblesse de sa promesse à propos de Guantanamo Bay, son incapacité à mettre Israël au pas et ses inutiles discours agressifs à l’égard de l’Iran.

Nous voyons aussi président avançant ses objectifs cachés en expliquant pourquoi les Etats-Unis sont en Afghanistan, et utilisant des tactiques alarmistes similaires à celles d’autres dirigeants dans le monde pour « terminer le travail ». Il a donné son accord à une nouvelle tactique consistant à envoyer plus de troupes en Afghanistan, et il a même changé le commandant américain pour manque de résultats à ce jour.

Nous avons maintenant un nouveau commandant qui nous dit que si davantage de troupes ne sont pas expédiées la guerre sera perdue. Le président a été jusqu’à déclarer au premier ministre britannique que les rues de Grande-Bretagne étaient désormais plus à risque que celles des États-Unis. Depuis quand les Talibans ont-ils mené des attaques terroristes en Europe ou aux Etats-Unis ?

Nous voyons cet autre président prendre le contrôle de l’Organisation des Nations Unies en annonçant publiquement ce que les autres pays devraient ou ne devraient pas faire, mais tout en ne tenant aucun compte de ses exigences. Peut-être verrons-nous Ban Ki-Moon recevoir le Prix Nobel l’année prochaine pour services rendus à l’humanité ! Je suis sûr qu’il y a beaucoup plus de gens qui mériteraient d’être retenus pour ce prix, ce qui fait de toute cette histoire une plaisanterie.

Peter Eyre
The Palestine Telegraph
 

9 octobre 2009

Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.paltelegraph.com/diaries...
Traduction : Info-Palestine.net

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=7441


3-2 Bill Van Auken : Le prix Nobel de la guerre.

C’est avec étonnement qu’on a réagi, à travers le monde, à l’annonce vendredi, par le comité norvégien du prix Nobel, que Barack Obama avait été choisi comme récipiendaire du prix Nobel de la paix 2009.

Nombreux sont ceux qui se sont demandé comment Obama pouvait être choisi après moins de neuf mois au pouvoir, sans réalisation perceptible à aucun niveau. Son investiture a eu lieu onze jours seulement avant la date limite des nominations pour le prix.

Plus significatif cependant est ce qu’Obama a fait étant au pouvoir, qui n’a rien à voir avec la paix.

En matinée, Obama s’est présenté dans le Rose Garden et a commencé en déclarant que c’était avec « surprise et profonde humilité » qu’il recevait le prix Nobel de la paix. Il s’est ensuite dirigé vers la Maison-Blanche pour rencontrer son conseil de guerre et discuter de l’envoi de dizaines de milliers de soldats supplémentaires en Afghanistan et de l’intensification des bombardements dans ce pays et au-delà de la frontière au Pakistan.

Profitant de sa déclaration pour exprimer des menaces voilées à l’Iran, Obama s’est plié en quatre pour se déclarer le « commandant en chef » et faire référence aux deux guerres et occupations qu’il préside.

Bien que le comité du prix Nobel l’ait loué pour sa « vision d’un monde sans armes nucléaires », Obama a noté que cet objectif « pouvait ne pas être atteint au cours de ma vie ». Etant donné que, dans les pourparlers avec Moscou, son administration a exigé le droit de maintenir un minimum de 1500 ogives nucléaires, il sait de quoi il parle.

« Nous devons faire face au monde tel que nous le connaissons », a affirmé Obama, soulignant la distinction entre sa supposée « vision » et la réalité des politiques belliqueuses de son administration.

A première vue, il semble ridicule d’accorder un prix pour la paix à un président américain. Ce choix pourrait bien s’avérer n’être qu’un embarras pour l’administration Obama. Comment est-il possible de proclamer champion de la paix un « commandant en chef » qui est responsable de crimes de guerre, tels que le bombardement de la population civile en Afghanistan (l’une de ces attaques a coûté la vie a plus de 100 hommes, femmes et enfants en mai dernier).

Néanmoins, le prix Nobel de la paix a toujours été une distinction douteuse. Sa réputation ne s’est jamais vraiment remise de la décision de décerner le prix, en 1973, à Henry Kissinger, qui aujourd’hui n’est pas en mesure de quitter les Etats-Unis par peur d’être arrêté en tant que criminel de guerre. Son corécipiendaire, Le Duc Tho, le leader vietnamien qui avait négocié les accords de paix à Paris avec Kissinger, avait refusé d’accepter le prix, affirmant que les accords n’avaient pas amené la paix à son pays.

Quelques années plus tard, Menachem Begin fut choisi pour le prix. Le comité du prix Nobel avait choisi d’ignorer sa longue carrière comme terroriste et tueur, l’honorant pour avoir conclu les accords de Camp David avec Anwar Sadat de l’Égypte, son corécipiendaire.

Jimmy Carter, dont l’administration avait été l’instigatrice de la guerre en Afghanistan qui fit un million de morts, a reçu la même récompense en 2002.

Le comité ne peut être accusé de violer ses propres principes, quels qu’ils soient. Le fondateur du prix, Alfred Nobel, était l’inventeur de la dynamite. Il serait sans aucun doute intrigué par les efforts du Pentagone pour accélérer la production des pièces massives d’infiltration (Massive Ordnance Penetrator, MOP), une bombe de 30.000 livres conçue pour oblitérer des cibles souterraines. L’arme est en préparation pour une utilisation possible contre l’Iran.

Malgré sa louange pour la « vision » d’Obama et pour avoir « attiré l’attention du monde et donné à son peuple de l’espoir en un avenir meilleur », le comité Nobel n’a pas choisi Obama en se basant sur des illusions dans son discours électoral.

Le prix Nobel de la paix est, et a toujours été, une récompense politique ayant pour but de promouvoir des politiques définies.

La sélection a été faite par un comité composé de cinq membres du parlement norvégien provenant des cinq principaux partis, allant de l’extrême-droite aux sociaux-démocrates. Ses décisions reflètent les positions qui prévalent dans l’élite dirigeante européenne en général.

Thorbjorn Jagland, président du comité et ancien premier ministre norvégien, a défendu le choix d’Obama dans une entrevue avec le New York Times de vendredi, exprimant le cynisme derrière le choix. « C’est important pour le comité de reconnaître les gens qui luttent et qui sont idéalistes, mais nous ne pouvons faire cela à toutes les années », a-t-il dit. « De temps en temps, nous devons entrer dans la sphère de la realpolitik. »

Les considérations politiques pragmatiques, la realpolitik, a sans nul doute été le facteur décisif pour l’attribution du prix à deux autres Américains bien connus : Carter en 2002 et Al Gore en 2007. Carter a été choisi juste avant le déclenchement de la guerre en Irak pour exprimer un désaccord avec l’unilatéralisme belligérant de l’administration Bush fils. Le prix a été donné à Gore, le candidat présidentiel des démocrates en 2000, juste avant les élections de 2008, une indication pas très subtile que l’Europe avait besoin de se reposer de l’administration Bush.

Si à ces occasions-là  le prix a été utilisé pour critiquer la politique étrangère américaine, cette fois le choix d’Obama signifie au contraire l’adhésion. Dans les mots de Jagland, « Nous espérons que cela contribuera un peu à soutenir ce qu’il tente d’accomplir. »

La contradiction frappante dans l’attribution du prix Nobel de la paix à Obama alors qu’il prépare l’envoi de nouvelles troupes en Afghanistan est plus apparente que réelle. Le prix a pour but de légitimer l’escalade de la guerre en Afghanistan, les attaques américaines sur le Pakistan et sa continuation de l’occupation de l’Irak, en donnant l’approbation de l’Europe à ces guerres pour la paix.

Le prix sert aussi à  miner l’opposition populaire aux Etats-Unis mêmes et internationalement aux guerres que mènent déjà l’administration Obama, ainsi que celles qu’elle prépare.

Les puissances européennes soutiennent la guerre en Afghanistan, une position qui trouve le plus souvent son expression dans la presse. L’éditorial de jeudi, 8 octobre, du quotidien britannique Independent, par exemple, affirmait qu’il soutenait « en principe » l’appel pour l’envoi de 40.000 soldats américains supplémentaires en Afghanistan.

Pendant ce temps, l’Allemagne, la France et d’autres pays ont aussi changé leur position sur l’Iran, appuyant la campagne de Washington pour des mesures plus dures contre ce pays.

Les cercles dirigeants de l’Europe ne voient pas en Obama le champion de la paix, mais plutôt un départ de l’unilatéralisme de l’administration Bush et une volonté de tenir compte du soutien de l’Europe dans les visées stratégiques de l’impérialisme américain.

Sans doute, les gouvernements européens ont considéré que leur soutien aux interventions militaires américaines se traduira en une participation à l’exploitation des réserves énergétiques de l’Asie centrale et du golfe Persique.

De plus, en légitimant ces guerres et en faisant la promotion d’un retour au multilatéralisme dans la politique étrangère américaine, les puissances européennes voient un moyen de légitimer leur propre virage vers le militarisme et de miner l’opposition à la guerre au sein de leur propre population.

Le prix Nobel de la paix à  Obama, loin de signifier un espoir que la plus grande puissance militaire au monde se tourne vers la paix, est lui-même une approbation de la guerre et représente un avertissement que l’intensification de la crise du capitalisme mondial crée les conditions pour la résurgence du militarisme et menace du développement des conflits internationaux.

Bill Van Auken :
Samedi 10 octobre 2009

(Article original paru le 10 octobre 2009)

Copyright 1998 - 2009 - World Socialist Web Site- Tous droits réservés
Publié le 13 octobre 2009 avec l'aimable autorisation du WSWS

Source : WSWS
http://www.wsws.org/...

http://www.palestine-solidarite.org:80/analyses.Bill_Van-Auken.101009.htm


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16/10/2009

n°457 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 13-10 - : Début :- Le Nobel, rationalité monstrueuse et morale de singe.

n°457 -  Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 13-10 - : Début  :- Le Nobel, rationalité monstrueuse et morale de singe.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme,

 L’information est une arme au service de la paix

    Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak

n°457                            13/10/09

C.De Broeder      &       M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire :

Tiré à part :

Camille Loty Malebranche : Le Nobel, rationalité monstrueuse et morale de singe. 

Serge Holo : La « blague » du Prix Nobel de la « Paix »

Barack Obama et le Prix Nobel de la Paix.

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-2 Mohamed Belaali : Les ravages de la guerre impérialiste en Irak.

Suite

1-3 Alain Gresh : « Leurs » crimes et les « nôtres »

1-4 Daniel Pipes : L’ennemi a un nom.

1-5 Blackwater USA organise une « CIA privatisée »

1-6 Christopher Hitchens : Les Américains doivent réparer les graves erreurs qu'ils y ont commises par le passé.

Fin

2 Annexe

2-1 Hatem Karoui : La politique de la canonnière est dépassée !

2-2 Karel Vereycken : Les « chiens de guerre » de la mondialisation financière.



Avant propos

Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants qui osent leur résister...


Tiré à part :

Camille Loty Malebranche  : Le Nobel, rationalité monstrueuse et morale de singe. 

Avec ce prix Nobel surprise délivré à Obama, je ne peux m’empêcher de regarder les manipulations de la raison dans notre société postmoderne.

En effet, il est deux formes d’effritement de la raison : la pathologique et l’idéologique. Nous savons déjà que la psychose, la schizophrénie et ses pics extrêmes de démence sont des illustrations ultimes, pathologiques de la « déraison » par l’altération de la personnalité des individus. Mais nous oublions souvent le miroitement de fausses valeurs dans l’idéologie morale d’un système social du mal, qui est quant à lui, la déraison programmée par une société autoproclamée rationnelle, l’altération de la conscience collective par le mensonge officiel qui atteint ses bas-fonds dans des sortes d’acting out étatico-sociaux comme l’invasion d’ « états voyous » au nom du système jugé juste et bon, le lancement d’un mode de crédits exponentiels, la consommation sans borne satisfaisant des besoins sans limites dans un monde aux ressources pourtant limitées près de la saturation...

L’indécence de l’institution sociale est d’arguer de bien et de justice lors même où elle méduse les masses par des hallucinations du mérite voire de la pureté.

L’idéologie morale de la société est donc l’hallucinogène d’une certaine humanité en déroute de sens. La désignification sociale, en somme, n’est pas la mort du sens mais l’appel à un semblant de sens fondé sur les pires excentricités des « élites » économiques, politiques et morales dont la mégalomanie et la domination peuvent se permettre toutes sortes de destructions du sens collectif et social pour les restituer sous formes de reflets par des symboles et des icônes aux cohues médiatiques, suspendues aux basques et matoiseries des médias du système.

Entre la percée néolibérale, la politique-spectacle et la désignation plus ou moins scandaleuse aux prix Nobel, le monde contemporain ressemble à une vaste farce où les histrions investis de l’ordre dominant se moquent du sens en mimant son institution par la force de la manipulation structurelle. Idéologisé, le sens se dilue en son contraire et la raison collective s’efface dans la raison unique de la propagande officielle. Le mérite, l’honneur en deviennent l’ironie de la vérité. Ironie qui masque la réalité exactement contraire de ce qui est projeté artificiellement. La désignification de l’action politique publique est justement toute cette mise en scène pour voiler l’horreur de l’ordre socioéconomique violent, belliciste intronisé par la politique des ploutocrates au pouvoir.

Le Nobel, institution morale démoralisatrice…

La morale sociale n’est que l’argutie du bien-alibi faussement transcendant pour faire croire à une pureté possible au cœur d’un système socioéconomique et politique d’exploitation des richesses du monde par quelques familles. CLM

Le cas d’Obama, prix Nobel de la paix, prix dont une horreur incarnée comme Kissinger fut d’ailleurs lauréat en ses heures de monstruosité, est sans conteste la plus méchante nique, la plus ironique singerie dédiée par cette institution présumée « gardienne du mérite » au monde entier.

Car depuis son accession au pouvoir qu’a fait Obama pour la paix et pour l’humanité ? Et, que peut le président d’un empire belliciste - dénaturant de l’économie mondiale, pollueur à l’extrême et bêtement arrogant - pour la paix qu’il détruit en attisant les clivages et violences sous toutes formes et de toutes sortes ? Hormis les banques, les compagnies automobiles, qu’est-ce que le monde mis en crise par quelque banquiers étasuniens, a-t-il jusque-là obtenu d’Obama et de l’empire dont il est le figurant dans cette iconographie figurative que se joue le système en crise. Et enfin, mis à part sa rhétorique contre l’Iran, son attitude démagogique face au coup d’État au Honduras et le renforcement de la guerre en Afghanistan, quelle paix poursuit la politique obamaïque ?

L’establishment mondial, via le comité Nobel, a réussi un coup de maître en intronisant un singe politique, dieu de paix pour la jungle planétaire exterminatrice de l’humanité potentielle des hommes.

Ah ! honorable comité du prix Nobel, autorité morale planétaire s’il en est, votre morale de cirque a le cinglant mérite de réinventer le Bien - cette essence et quête idéale de la morale - en esbroufe politique rendue vertu cardinale par votre institution-icône ! Vous, de véritables démiurges de l’improbable aux dépens de la naïveté désarmante des cohues de la désinformation !

Camille Loty Malebranche 

11 octobre 2009

http://www.legrandsoir.info/Le-Nobel-rationalite-monstrueuse-et-morale-de-singe.html


Serge Holo : La « blague » du Prix Nobel de la « Paix »

Surprenant tout le monde, le Prix Nobel de la Paix a été attribué au Président des Etats-Unis d’Amérique, M. Barack Obama.

Si on s’appuie sur la propagande des médias occidentaux et les beaux discours de B. Obama – ce que la plupart des gens font – il est évident que nous n’hésiterions pas à crier haut et fort que c’est lui, le mieux placé pour recevoir ce Prix honorable. Néanmoins, il convient de rappeler certains éléments qui font que ce prix ne doit nullement être attribué à ce personnage. Serge Holo se bornera ainsi à expliquer les « dessous » du Prix Nobel.

Barack Obama a sucité un grand emoi dans toute la planète lorsque son élection à la tête du plus grand empire meurtrier et corrompu de ce début de millénaire fut officiel. Les peuples qui avaient soif de changements, à la fois politiques et pacifiques, ont vu en cet homme aux qualités exceptionnelles d’orateur, un homme qui pouvait changer la face de ce monde profondément inégalitaire. Malheureusement plus dur est la chute... En effet il profite de cet amour aveugle que le peuple lui porte pour continuer la politique criminelle de l’administration Bush en feintant avec les mots dans ses discours, que ça soit au Caire ou au Ghana. Il y fit de nombreuses promesses ce qui amèna les gens à penser qu’il est en odeur de sainteté.

Le vendredi 9 octobre 2009, Barack Obama obtient donc le Prix Nobel de la Paix [1].

Qu’est-ce que le Prix Nobel ?

Apès de la mort de Alfred Nobel, riche chimiste et industriel, ce dernier laissa un testament demandant que sa fortune soit dédiée à la Fondation Nobel préalablement créée. Il estimait que les personnes « ayant apporté le plus grand bénéfice à l’humanité » devaient être récompensées.

Pas moins de quatre domaines sont rétribués, tels que la Physique, la Chimie, la Physiologie ou Médecine, la Littérature et la Paix. Nous nous intéresserons particulièrement au dernier.

Alfred Nobel a bâti sa fortune en fabriquant des armes [2] – il est d’ailleurs l’inventeur de la dynamite – dans son entreprise Bofors [3].

Dans ses dernières volontés, il demanda à ce que le Prix Nobel de la Paix récompense annuellement « la personnalité ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix ». A la réduction des armes permanentes... Pourquoi demander de réduire le nombre d’armes permanentes lorsque on contribue soi-même à l’augmenter ? Où est la cohérence entre ses propos et son « gagne-pain » ? Mais le pire est à venir.

Les attributions des Prix sont presque aléatoires car beaucoup de personnes ayant reçu ce prix ne le méritaient pas. La liste est longue, je me bornerais donc à citer les quelques cas les plus flagrants ; il y a : Edward Teller (inventeur de la bombe à hydrogène), Harold Hillman (qui étudia « La douleur éventuellement ressentie durant l’exécution par différentes méthodes »), Shri Atal Bihari Vajpayee et Nawaz Sharif (pour avoir testé des bombes atomiques) etc. Il est évident qu’on ne peut pas mélanger les armes et la paix , cela revient à mélanger l’eau et l’huile.

Mais quand les plus grands criminels du XX ème siècle, à savoir Bénito Mussolini, Adolph Hitler et Joseph Staline, sont nominés cela devient assez inquiétant (le premier en 1935 [4], le deuxième en 1939 [5], le troisième en 1945 [6]).

Qu’en est-il vraiment du statut de ce pseudo-Prix ? Que pensent les gens à propos des nominés et des lauréats ? Ne se disent-ils pas que cet individu est « bon » lorsqu’il est nominé ou lauréat ? N’est-ce pas encore un moyen de domination de l’opinion publique ?

Pourquoi Obama ?

« Pour ses efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie et de la coopération internationales entre les peuples », selon le jury du prix à Oslo. Je repose ma question : pourquoi Obama ? Au risque de choquer, il est difficile de voir les changements diplomatiques effectués.

Peut-être que le jury fait allusion à la main tendue d’Obama aux musulmans dans son discours au Caire. Rappelons tout de même que ce fameux discours est jonché de contradictions et de magouilles cachées derrière les mots. William Blum les a parfaitement illustrés dans son article intitulé « Selon quelles normes jugerons-nous Barack Obama ? » : « Je [William Blum] pourrais passer en revue le discours qu’Obama a donné au Caire et relever une par une les hypocrisies patentes, les platitudes, les couillonnades pures et simples et tout le reste (« J’ai [Barack Obama] interdit sans équivoque l’usage de la torture aux États-Unis » et pas un mot sur son transfert à l’étranger, à commencer par le pays même où il était en train de parler. « Aucune nation ne devrait choisir qui peut et qui ne peut pas posséder d’engins nucléaires », quand c’est précisément ce que les États-Unis sont en train de faire à propos de l’Iran et de la Corée du Nord.) » [7]

Peut-être que le jury fait allusion à la levée partielle du blocus cubain, héritage de la haine anticommuniste. Les « Réflexions du compañero Fidel Castrob » résument assez bien la situation comme ça [8].

Peut-être que le jury fait allusion aussi au démantelement du bouclier antimissile européen qui, soit dit en passant, n’était juste qu’une supercherie pour allier la Russie dans le camp étasunien. « L’abandon par les Etats-Unis du projet de bouclier antimissile en Pologne et en République tchèque annoncé le 17 septembre dernier laissant place à un autre dispositif plus souple, soit un bouclier antimissile doté d’intercepteurs de courte et de moyenne portée et l’invitation adressée à la Russie lui demandant de collaborer avec l’OTAN pour mettre au point un système commun de défense antimissile seraient des gestes posés par les Étatsuniens destinés à réchauffer leurs relations avec la Russie et obtenir ainsi de sa part un appui dans la prise de contrôle de l’Asie centrale et éventuellement de celle de l’Iran » [9]

Espérons que ce jury ne se base pas non plus sur les promesses militaires d’Obama. Je me bornerais à éclaircir certains points de la politique militaire étasunienne. Le Président des Etats-Unis d’Amérique avait promis, dès les primaires, le retrait des troupes US en Irak, provoquant les acclamations béates de la foule étasunienne. Précisons que derrière cette belle phrase l’intention en était autre. En effet, le futur président n’allait faire qu’un simple tranfert de troupes en Afghanistan. Arrivé au pouvoir, changement de plan. Finalement, 50 000 GI’s resteraient en Irak [10].

D’autre part le budget de la défense étasunienne n’a jamais été aussi élevé de toute l’Histoire. On remarque en outre qu’il a augmenté sous l’administration Obama, passant de 606,4 milliards de dollars sous Bush en fin 2008 [11] à 670 milliards de dollars au cours de l’année 2009 sous Obama.

Dernier point important, les Etats-Unis d’Amérique restent le plus gros fabricant et exportateur d’armes de toutes sortes dans le monde entier.

Néanmoins nous pouvons accorder deux bonnes actions faites par Obama :

1. Ce dernier a essayé de contribuer au rapprochement des peuples par son système de santé visiblement rejeté par les néo-conservateurs désireux du maintien de leur pouvoir économique et social.

2. Il a tendu la main aux africains lors de son discours au Ghana, en pensant nous bluffer avec son cadeau de 20 milliards de dollars sur trois ans à l’Afrique pour éradiquer la faim[12]. Quel cadeau généreux quand on sait que cela ne représente que 2% des dépenses militaires US et qu’il y a un être humain qui meure toutes les deux secondes. Ne serait-ce pas plutôt pour mieux piller l’Afrique de ses ressources naturelles et énergétiques en l’amadouant avec de jolis dollars ?

Aprés toutes ces précisions, on conçoit mal qu’Obama, Président d’un pays en guerre, soit digne de recevoir un prix quelconque pour la paix. Si le jury d’Oslo a estimé bon d’accorder le Prix Nobel de la Paix à M. Obama, autant accorder le Prix Nobel de la Médecine aux guerriseurs, enfin qui sait...

Serge Holo

[1] LeMonde.fr, Barack Obama Prix Nobel de la paix, 09.10.09

[2] http://nobelprize.org/alfred_nobel/biographical/articles/life-work/index.html

[3] http://www.bofors.se/

[4] http://nobelprize.org/nomination/peace/nomination.php?action=show&showid=2197

[5] http://nobelprize.org/nomination/peace/nomination.php?action=show&showid=2609

[6] http://nobelprize.org/nomination/peace/nomination.php?action=show&showid=3323

[7] Selon quelles normes jugerons-nous Barack Obama ? par William Blum. 12.07.09
http://www.legrandsoir.info/Selon-quelles-normes-jugerons-nous-Barack-Obama.html

[8] http://www.cuba.cu/gobierno/reflexiones/reflexiones.html

[9] Une guerre contre l’Iran. Le compte à rebours s’accélère, par Jules Dufour. 27.09.09
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=15409

[10] Horizons et Débats n°23. Edition du 15.06.09 ISSN 1662 – 4599

[11] L’Humanité, Explosion des dépenses militaires américaines. 06.02.2008
http://www.humanite.fr/2008-02-06_I...

[12] Les trois fautes de Barack Obama en Afrique, par Luc Mukendi, Damien Millet, Jean Victor Lemvo, Emilie Tamadaho Atchaca, Solange Koné, Victor Nzuzi, Aminata Barry Touré, Ibrahim Yacouba, Éric Toussaint, Sophie Perchellet
http://www.cadtm.org/Les-trois-fautes-de-Barack-Obama

12 octobre 2009

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/La-blague-du-Prix-Nobel-de-la-Paix.html


Barack Obama et le Prix Nobel de la Paix

Le 9 octobre, une étonnante annonce a été diffusée : celle de l'octroi du Prix Nobel de la Paix à l'actuel président des Etats-Unis Barack Obama, moins d'un an après son entrée en fonctions et au titre de la politique de son gouvernement. Certes, le Prix Nobel de la Paix ne s'est jamais caractérisé par une réelle exigence de neutralité politique. Mais en l'espèce, un pas est franchi par l'octroi du prix à la plus haute autorité d'une super-puissance, théoriquement la plus influente et la mieux armée de la planète, et qui de surcroît se trouve actuellement en guerre. Quel est le sens d'une telle nomination ?

Le 9 octobre, la Fondation Nobel a diffusé le communiqué suivant sur l'octroi du Prix Nobel de la Paix :

http://nobelprize.org/nobel_prizes/peace/laureates/2009/p...

 

The Nobel Peace Prize for 2009

The Norwegian Nobel Committee has decided that the Nobel Peace Prize for 2009 is to be awarded to President Barack Obama for his extraordinary efforts to strengthen international diplomacy and cooperation between peoples. The Committee has attached special importance to Obama's vision of and work for a world without nuclear weapons.

Obama has as President created a new climate in international politics. Multilateral diplomacy has regained a central position, with emphasis on the role that the United Nations and other international institutions can play. Dialogue and negotiations are preferred as instruments for resolving even the most difficult international conflicts. The vision of a world free from nuclear arms has powerfully stimulated disarmament and arms control negotiations. Thanks to Obama's initiative, the USA is now playing a more constructive role in meeting the great climatic challenges the world is confronting. Democracy and human rights are to be strengthened.

Only very rarely has a person to the same extent as Obama captured the world's attention and given its people hope for a better future. His diplomacy is founded in the concept that those who are to lead the world must do so on the basis of values and attitudes that are shared by the majority of the world's population.

For 108 years, the Norwegian Nobel Committee has sought to stimulate precisely that international policy and those attitudes for which Obama is now the world's leading spokesman. The Committee endorses Obama's appeal that "Now is the time for all of us to take our share of responsibility for a global response to global challenges."

Oslo, October 9, 2009

 (fin du communiqué de la Fondation Nobel) 

Il ressort clairement de ce communiqué que le Comité Nobel a explicitement jugé et récompensé, en l'occurrence, la politique de l'actuel gouvernement des Etats-Unis. Or, ce dernier ne se trouve en exercice que depuis la fin du mois de janvier de cette année et n'a pas mis fin aux interventions militaires US à l'étranger. Rappelons également que les hauts responsables de l'administration de Barack Obama sont loin d'être absents de cercles comme la Commission Trilatérale ou le Groupe de Bilderberg dont le rôle est largement contesté par les citoyens. Quel est le sens réel d'un tel prix ?

Indépendance des Chercheurs
http://www.geocities.com/indep_chercheurs

http://science21.blogs.courrierinternational.com

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2009/10/09/barack-obama-et-le-prix-nobel-de-la-paix.html



1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toute l'analyse des auteurs mais doit être vu comme information

1-2 Mohamed Belaali : Les ravages de la guerre impérialiste en Irak.

« Le plus grand pourvoyeur de violence du monde est mon propre pays »
Martin Luther King *

Combien d’enfants, de femmes et d’hommes innocents sont morts en Irak depuis l’invasion de ce pays par l’armée américaine et ses alliés ?

Personne ne le sait avec précision.

Mais ce qui est sûr, c’est que leur nombre se chiffre par centaines de milliers.

Combien de blessés, d’estropiés, de veuves, d’orphelins, de réfugiés etc. ?

On passe rapidement, cette fois, des centaines de milliers, à des millions. Bombes au napalm, au phosphore blanc, à fragmentation, chars, navires, avions, bombardiers, véhicules aériens sans équipage, missiles, bref des armes légales et illégales de toute sorte, coordonnées par une structure de commandement planétaire, ont été utilisées pour cette tuerie collective. Et quel est le crime de chacune de ces victimes ? Selon Bush, Blair, Aznar, Sarkozy, Obama etc. ce pays représente un véritable danger pour le monde. Car l’Irak possède, entre autres, les armes de destruction massive et demeure le foyer mondial du terrorisme. Il faut donc sécuriser ce pays et apporter à sa population démocratie, liberté et prospérité.

Aujourd’hui, près de sept ans après l’invasion américaine, l’Irak est dans une situation tragique.

La population est réduite à vivre dans des conditions infra-humaines. Ce que subit aujourd’hui le peuple irakien donne la mesure de la cruauté dont le capitalisme et la bourgeoisie qui le porte sont capables.

L’électricité par exemple est devenue presque un luxe ; les irakiens n’en bénéficient que 4 à 6 heures seulement par jour. L’eau potable leur manque cruellement :« Ici, l’eau courante n’est pas disponible plus de deux heures par jour », dit une habitante de Bagdad sachant que les températures atteignent, l’été, facilement les 50 degrés Celsius (1). La population irakienne a soif alors que deux majestueux fleuves le Tigre et l’Euphrate, qui rendaient la vie possible depuis des millénaires et permettaient également avant l’invasion de fournir aux irakiens l’eau potable dont ils avaient besoin, coulent toujours. Mais cette eau « potable » est souvent mélangée avec des eaux usées « Le pourcentage d’eau sale, impropre à la consommation humaine risque de provoquer des maladies plus dangereuses que le choléra, et notamment certains types d’hépatites et de diarrhées potentiellement mortels » affirmait le ministre irakien de la santé(2). Selon les Nations Unies, plus de 300 cas de choléra ont été recensés officiellement (3). Les hôpitaux irakiens, qui manquent quasiment de tout, reçoivent chaque jour des patients notamment des enfants souffrant des maladies liées à l’eau impropre à la consommation. L’absence de médicaments et d’infrastructures médicales mettent ces malades en danger de mort.

Le manque d’eau se transforme ainsi en une arme silencieuse qui tue sans faire de bruit. Il ne s’agit là que de quelques aspects de cette tragédie subie au jour le jour par la population irakienne. Elle qui bénéficiait avant les sanctions économiques( 1990-2003) et la guerre dite du Golfe(1991), d’un niveau de vie relativement élevé et d’infrastructures éducatives, sanitaires, hydrauliques, routières etc. des plus développées de la région, est réduite à vivre aujourd’hui dans la misère la plus noire. Il faut rappeler que ces sanctions économiques imposées par les États-Unis et le Royaume- uni et autorisées par l’ONU sont les plus violentes et les plus longues de l’histoire des Nations Unies. Il s’agit en fait d’un châtiment collectif infligé à tout un peuple(4). Ces sanctions ont, entre autres crimes, tué environ un demi million d’enfants.

Pour Madeleine Albright, secrétaire d’État de l’administration Clinton, la vie des enfants irakiens n’a aucune valeur, mais un prix : « Nous pensons que c’est le prix à payer »(5). Sauf que ce « prix » est payé, une fois encore, par le peuple irakien

Et comme si ces terribles souffrances ne suffisaient pas, W. Bush et son caniche T. Blair, deux criminels de guerre décidèrent d’envahir l’Irak.

Les citoyens du monde entier dans un immense élan de solidarité avec le peuple irakien et contre la guerre ont défilé par centaines de milliers dans les rues de New-York, du Caire, de Paris, Caracas, Londres, Istanbul, Berlin, Jakarta, Tokyo, Lagos, Madrid etc. etc. Les citoyens du monde d’un côté, les bourgeoisies américaine et anglaise, à travers leurs représentants politiques, de l’autre dans un face à face qui a vite tourné à l’avantage de Bush et de Blair. La paix fut vaincue une fois encore. La guerre l’a emporté sur la paix et les intérêts d’une minorité ont triomphé contre la volonté d’une immense majorité.

Le 20 mars 2003, l’armée américaine et ses supplétifs ont franchi les frontières irakiennes. Depuis cette date, la population irakienne vit un long et interminable calvaire. Les irakiens sont torturés et humiliés dans leur propre pays par une soldatesque ivre de violence. La terreur, organisée directement ou indirectement par l’armée américaine et la police locale, règne dans les villes irakiennes. Ces villes sont, par ailleurs, dévastées et défigurées par des murs de sécurité érigés un peu partout ; les rues sont quadrillées de barbelés et d’ engins militaires de toute sorte. Mercenaires, forces spéciales, escadrons de la mort s’acharnent contre une population constamment soupçonnée de soutenir la résistance. Fallujah, ville martyre, connaît « un accroissement sans précédent du nombre d’enfants et de fœtus morts avec des malformations congénitales monstrueuses » conséquence de l’utilisation massive par l’armée américaine des armes interdites par toutes les conventions internationales (6).

Mais cette violence ne s’exerce pas seulement directement sur les hommes, elle s’étend également à leur mémoire, à leur histoire et à leur patrimoine. Faut-il rappeler que l’Irak est le berceau de la civilisation humaine ? La Mésopotamie (entre deux fleuves en grec), qui correspond à l’Irak d’aujourd’hui, a vu naître sur son sol de brillantes et splendides civilisations. C’est sur cette terre que l’écriture et le calcul, entre autres, furent inventés. Mais la Mésopotamie c’est aussi Babylone et ses jardins suspendus (septième merveille du monde), Hammourabi et son code, Nabuchodonosor II et sa conception architecturale etc. etc. Bush savait-il quelque chose de tout cela ? Pourquoi avait-il laissé ses troupes piller et détruire l’histoire et le patrimoine du peuple irakien et de toute l’humanité ? Le musée et la bibliothèque de Bagdad ainsi que d’autres sites qui renferment des antiquités, des documents et des manuscrits sans prix ont été pillés et parfois incendiés sous les yeux des soldats américains. Des objets d’art par milliers notamment les deux lions en terre cuite de Babylone ont été détruits. Pourtant les conventions internationales, celle de Genève et de La Haye par exemple, interdisent le pillage et imposent à la puissance occupante de protéger le patrimoine culturel du pays occupé. Mais le droit c’est aussi le droit du plus fort.

Si aux yeux de l’administration américaine l’histoire et le patrimoine culturel de l’Irak ne méritent que mépris et indifférence, les puits de pétrole, eux, par contre étaient bien protégés et bien « sécurisés » pour utiliser le langage militaire et médiatique.

Les universités n’ont pas été non plus épargnées.

La Mustansiriya, la grande université de Bagdad qui date du XIII siècle a été bombardée et les archives, manuscrits, livres rares etc. de sa bibliothèque ont été volés ou brûlés au grand jour et sous le regard de l’occupant.

Ce mépris affiché par l’administration américaine pour la vie des hommes, pour leur intelligence et leur patrimoine culturel rappelle quelque peu les réactions pleines de haine des phalangistes espagnols et le discours du courageux Miguel de Unamuno le 12 octobre 1936 à l’université de Salamanca dont il était recteur :« Cette université est le temple de l’intelligence. Et je suis son grand prêtre. C’est vous qui profanez son enceinte sacrée. Vous vaincrez parce que vous disposez de la force brutale ; vous ne convaincrez pas car il vous manque la raison » disait calmement le grand philosophe basque. « Vive la mort », « à bas l’intelligence » vociféraient les franquistes.

Il manquait peut-être à l’université de Bagdad un Unamuno irakien. Mais chaque époque et chaque pays produisent ses propres héros. L’Espagne de 1936 n’est pas l’Irak de 2003 et Franco n’est pas Bush. Pourtant le 14 décembre 2008 à Bagdad, un homme, Mountazer al-Zaïdi, s’est levé et a osé lancer ses chaussures sur Bush le président des États-Unis ! C’est un acte dérisoire face à l’ampleur de la tragédie irakienne. Mais ce geste a suffi pour enflammer les masses en Irak et à travers tout le monde arabe et bien au-delà. Partout à travers la planète, de temps à autre, les hommes et les femmes lancent leurs chaussures contre ceux qui, à leurs yeux, incarnent l’injustice. En Irak, il est devenu le symbole de la résistance à l’occupant.

La résistance irakienne, comme d’ailleurs la résistance afghane, qui est de mieux en mieux organisée et de plus en plus soutenue par la population, assène des coups significatifs à l’occupant. Pour la discréditer, la machine de propagande américaine et européenne que sont les grands médias traitent ces combattants de terroristes, d’islamistes, de poseurs de bombes, de bandits etc. Des accusations classiques de tout occupant envers toute résistance. Mais ces mêmes médias ne soufflent mot sur la tragédie que vit la population irakienne, ni sur une occupation basée sur un immense mensonge : les armes de destruction massive ! Bien au contraire, ils parlent de processus de normalisation, de gouvernement irakien légitime, d’élections libres et démocratiques etc.

La guerre de libération que mènent les combattants irakiens contre l’occupant est une résistance juste et légitime.

Tous les citoyens du monde qui étaient des millions à crier leur hostilité à cette guerre impérialiste et, au-delà, tous les hommes et toutes les femmes qui aspirent à un monde débarrassé de cette barbarie destructrice de vies humaines pour, en dernière analyse, enrichir une minorité de privilégiés sans âme et sans cœur, doivent apporter leur soutien à la résistance irakienne.

Mohamed Belaali

* Cité par Tariq Ali in « Bush à Babylone ». La fabrique éditions, 2004.

(1) http://ec.europa.eu/echo/aid/storie...

(2) http://www.irinnews.org/fr/ReportFr...

(3) http://www.irinnews.org/fr/ReportFr...

(4) http://www.hei.ulaval.ca/fileadmin/...

(5) « I think this is a very hard choice, but the price ...we think the price is worth it », déclarait Madeleine Albright en 1996, lors d’une interview accordée à Leslie Stahl de CBS.

(6) http://www.legrandsoir.info/A-Fallu...

Mohamed Belaali

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n°457 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 13-10 - : Suite :- Le Nobel, rationalité monstrueuse et morale de singe.

n°457 -  Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 13-10 - : Suite :- Le Nobel, rationalité monstrueuse et morale de singe.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme,

 L’information est une arme au service de la paix

    Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak

n°457                            13/10/09

C.De Broeder      &       M.Lemaire



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Sommaire :

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion (Suite)

1-3 Alain Gresh : « Leurs » crimes et les « nôtres »

1-4 Daniel Pipes : L’ennemi a un nom.

1-5 Blackwater USA organise une « CIA privatisée »

1-6 Christopher Hitchens : Les Américains doivent réparer les graves erreurs qu'ils y ont commises par le passé.


1-3 Alain Gresh : « Leurs » crimes et les « nôtres »
Le 24 septembre, l’International Herald Tribune publiait un article sur la situation de l’électricité en Irak («
Iraq’s economic development minefield », par Steven Lee Myers). Le journaliste montre le délabrement de l’équipement électrique dans ce pays, et les difficultés de sa remise à niveau.

Une phrase et un oubli m’ont fait bondir. « Les industries étatiques qui dominent l’économie irakienne sont aussi pléthoriques et inefficaces qu’elles l’étaient sous Saddam Hussein, peut-être même plus. »

Et comme solution, le texte, bien évidemment, défend la privatisation...
Il ne mentionne pourtant pas un fait majeur : que l’industrie électrique irakienne fonctionnait relativement bien avant 1990, et que les coupures d’électricité étaient alors rares.

En réalité, sa destruction a été le résultat de la première guerre d’Irak (1991 — et, surtout, de la terrible politique de sanctions imposées par les Etats-Unis et leurs alliés dont la France.

Cette politique a été à l’origine de la destruction de l’Etat irakien durant les années 1990 et explique son effondrement lors de l’invasion américaine de 2003. La plupart des responsables et commentateurs occidentaux le reconnaissent aujourd’hui et, pourtant, ce fait a disparu de nos mémoires. Nous nous souvenons, à juste titre, des crimes de Saddam Hussein ; pas des crimes commis par les alliés. Qui paiera pour l’invasion et la destruction de l’Irak depuis 2003 ? Nombre de gouvernements réclament des sanctions contre Kadhafi ou Ahmadinejad ; lesquels en ont fait de même pour le président Bush, qui porte la responsabilité de la destruction d’un pays et de dizaines de milliers de morts ?
Pour éviter les malentendus, je pense que Saddam Hussein et Kadhafi sont des dictateurs et qu’Ahmadinejad a truqué l’élection présidentielle de juin. Mais les crimes commis par un leader élu démocratiquement sont-ils moins terribles pour ses victimes ? Et la destruction de tout un pays est-il un crime moindre ?
Ce qui se passe à Gaza, par exemple. Indépendamment de ce que l’on peut penser du Hamas (et de ses atteintes aux droits individuels, à ceux des femmes ou à ceux des opposants), comment expliquer le silence sur l’étranglement de ce petit territoire, de l’étranglement de sa population, du fait que la rentrée des classes s’est faite dans des conditions épouvantables ? Pas un mot des gouvernements européens, pas un geste... Les médias s’intéressent à ce territoire quand il s’agit de savoir si le Hamas impose le foulard aux jeunes filles dans les écoles ! « Nous » avons oublié Gaza.
En Europe et aux Etats-Unis, nous tournons la page des massacres que nous commettons avec une grande facilité. On parle beaucoup de la repentance, mais on ne la voit nulle part. Les Etats-Unis ont voulu ramener le Vietnam à l’âge de pierre dans les années 1960 ; l’agent orange, un puissant défoliant, a été déversé massivement sur pays et continue, plus de trente ans après, à tuer et à mutiler des milliers de personnes, qui s’en soucie ? Les plaignants vietnamiens ont été déboutés devant des tribunaux américains. En revanche, les victimes américaines d’attentats terroristes commis à l’étranger obtiennent des tribunaux américains d’importantes indemnisations.
Nelson Mandela est devenu une icône reçue dans le monde entier. A écouter les dirigeants américains ou français (et aussi les médias), on peut croire que les Etats-Unis ou la France ont été toujours contre le régime de l’apartheid. Il n’en est rien. Dans les années 1970, Henry Kissinger organisait la coopération avec Pretoria pour combattre le terrorisme et le président Valery Giscard d’Estaing soutenait activement l’Afrique du Sud. Tout cela, bien sûr, au nom de la lutte contre le communisme. Nous avons ainsi longuement contribué à la survie d’un régime raciste (alors que l’Union soviétique et Cuba étaient du bon côté !). Si cela est oublié dans les capitales occidentales, cela ne l’est pas à Pretoria où, malgré les pressions, se maintient une solidarité tant avec les Palestiniens qu’avec les peuples d’Amérique latine.
De nombreux crimes sont commis dans les pays du Sud. De nombreuses atteintes aux droits de la personne aussi. Mais « nous » les voyons quand cela nous arrange. Nicolas Sarkozy dénonce le trucage de l’élection en Iran, mais il le fait depuis le... Gabon ! Enfin, il a fallu bien des efforts pour que la France reconnaisse que les élections en Afghanistan ont été truquées ; en revanche, elle reste silencieuse sur ce qui se passe en Tunisie

Alain Gresh

samedi 26 septembre

http://lerouetacoeurouvert.blogspot.com:80/2009/09/leurs-crimes-et-les-notres.html


1-4 Daniel Pipes :  L’ennemi a un nom.

Ndlr : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes l'analyse de l'auteur mais doit être vu comme information

Comment vaincre un ennemi qu’on ne peut pas nommer ?

De même qu’un médecin doit identifier sa maladie avant de soigner un patient, un stratège doit identifier l’adversaire avant de gagner la guerre. Mais les Occidentaux se sont montrés réticents devant l’identification de l’ennemi dans ce conflit que le gouvernement américain qualifie diversement (et euphémiquement) de « guerre mondiale contre la terreur », « longue guerre », « lutte mondiale contre l’extrémisme violent » et même « lutte mondiale pour la sécurité et le progrès »

Cette timidité se traduit par l’inaptitude à définir les objectifs de la guerre.

Deux citations de hauts responsables américains datant de la fin 2001 révèlent bien l’aspect brumeux et inefficace des déclarations des gouvernements occidentaux.

Le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld définissait alors la victoire comme la mise en place d’« un environnement nous permettant effectivement de vivre notre vie et de profiter de nos libertés ». De son côté, George W. Bush proposait un objectif plus limité : « la défaite du réseau terroriste mondial » – sans préciser ce que ce réseau pourrait bien être.

En fait, « vaincre le terrorisme » est resté l’objectif fondamental de la guerre. D’où on peut déduire que les terroristes sont l’ennemi et le contre-terrorisme la principale réplique.

Mais un nombre croissant d’observateurs ont relevé que le terrorisme n’est qu’une tactique, et non un ennemi. Bush l’a d’ailleurs admis également, en été 2004, en reconnaissant que « nous avons mal nommé la guerre contre la terreur ». Alors, il qualifia cette guerre de « lutte contre des extrémistes idéologiques qui ne croient pas en les sociétés libres et qui utilisent le terrorisme comme une arme pour tenter d’ébranler la conscience du monde libre ».

Une année plu tard, au lendemain des attentats à la bombe du 7 juillet à Londres, le Premier ministre britannique Tony Blair fit progresser le débat en parlant de l’ennemi comme d’« une idéologie religieuse, un courant évoluant au sein de la religion mondiale de l’Islam ». Peu de temps après, Bush lui-même fit usage des expressions « radicalisme islamique », « djihadisme militant » et « islamofascisme ». Mais ces termes suscitèrent de nombreuses critiques etil se rétracta.

À la mi-2007, Bush en était revenu à parler de « la grande lutte contre l’extrémisme qui s’étend maintenant à l’ensemble du Grand Moyen-Orient ». Et c’est là où nous en sommes actuellement : les agences gouvernementales américaines ont été priées de désigner l’ennemi par des expressions aussi nébuleuses que « culte mortifère », « sorte de culte » « culte sectaire » et « violents adeptes d’un culte ».

En fait, cet ennemi a un nom bien précis et concis : l’islamisme, une version utopique radicale de l’Islam. Les islamistes, partisans de cette idéologie totalitaire bien financée et largement répandue, tentent d’instaurer un ordre islamique mondial qui appliquerait la loi islamique (charia) dans son intégralité.

Avec cette définition, la réponse nécessaire se clarifie. Elle revêt deux formes : vaincre l’islamisme et aider les Musulmans à développer une forme d’Islam alternative. Ce n’est pas par hasard que cette démarche rappelle dans les grandes lignes celle mise en place par les puissances alliées contre les deux principaux mouvements radicaux utopistes précédents – le fascisme et le communisme.

Il faut commencer par vaincre un ennemi idéologique. Comme en 1945 et en 1991, l’objectif doit consister à marginaliser et affaiblir un mouvement idéologique agressif, de sorte qu’il cesse d’attirer des partisans ou de constituer une menace grave pour le monde. La Deuxième Guerre mondiale, remportée par le sang, l’acier et les bombes atomiques, propose un modèle de victoire très différent de celui de la guerre froide, basé sur la dissuasion, la complexité et un effondrement presque pacifique.

La guerre contre l’islamisme va vraisemblablement intégrer des éléments de ces deux legs pour former un mélange inédit de guerre conventionnelle, de contreterrorisme, de contre-propagande et de nombreuses autres stratégies. L’éventail va de l’action militaire qui a causé la chute du gouvernement taliban d’Afghanistan à l’effort qui consiste à repousser les islamistes légaux travaillant légitimement au sein des systèmes éducatifs, religieux, médiatiques, juridiques et politiques.

Le deuxième objectif implique d’aider les Musulmans qui s’opposent aux visées islamistes et qui souhaitent offrir une alternative aux dépravations de l’islamisme en réconciliant l’Islam avec le meilleur du monde moderne. Mais ces Musulmans sont faibles – ce ne sont encore que des individus isolés, qui ont à peine entamé le dur travail qui consiste à se chercher, à communiquer organiser, financer, mobiliser.

Pour faire tout cela plus rapidement et efficacement, ces modérés ont besoin de l’encouragement et du parrainage des non-Musulmans. Aussi peu impressionnants qu’ils soient à l’heure actuelle, les modérés sont les seuls en mesure de moderniser l’Islam, avec l’aide de l’Occident, et ainsi de mettre un terme à la menace islamiste.

En fin d’analyse, l’islamisme présente essentiellement deux défis pour les Occidentaux : ils doivent en parler franchement et aspirer à la victoire.

Or aucune de ces deux attitudes n’est naturelle pour l’homme moderne, qui tend à préférer la rectitude politique et la résolution des conflits, voire l’apaisement. Mais une fois ces obstacles surmontés, la faiblesse objective de l’ennemi islamiste en termes d’arsenal, d’économie et de ressources permettra de le vaincre aisément.

Daniel Pipes

24/9

http://www.armees.com/L-ennemi-a-un-nom,28987.html


1-5 Blackwater USA organise une « CIA privatisée »
Le site internet The Raw Story donne la parole à Jeremy Scahill, auteur d’un livre sur la société militaire privée Blackwater : USA The Rise of the World’s Most Powerful Mercenary Army [Epopée de l’armée de mercenaires la plus puissante du monde].

Scahill s’inquiète du développement d’une « CIA privée », organisée par le privé et au service du privé. « Ils vendent non seulement leurs services à des gouvernements étrangers, mais aux sociétés listées par le Fortune 500 », disait-il.

Son livre, qui doit sortir en anglais dans une édition de poche, fait le point sur « l’incident » qui a coûté la vie à dix-sept civils irakiens le 16 septembre 2007, lorsqu’au moment de la traversée d’un convoi sécurisé par la société, les hommes de Blackwater ont tirés sans discernement dans la foule, tuant au moins dix-sept civils irakiens.

Aujourd’hui, Scahill s’inquiète surtout de l’expansion que prend Blackwater dans le secteur privé. « Blackwater a lancée une société de renseignement privé du nom de Total Intelligence Solutions (TIS) dirigé par un certain Joseph Cofer Black, et qui dirigea la section du contre terrorisme de l’Agence de renseignement américain (CIA). Détail : Black était aussi la personne qui était en charge des "restitutions extraordinaires", le programme gouvernemental pratiquant les enlèvements et la torture ».

Bien que TIS apparaisse comme distincte de Blackwater, elle est en réalité le résultat d’une fusion de trois sociétés : le Black Group, société créée par Conrad Black, vice-président de Blackwater ; le Terrorism Research Center et la société Technical Defense, qui appartiennent toutes deux au fondateur de Blackwater, le fondamentaliste « chrétien » Erik Prince.

TIS est aussi membre d’un puissant lobby qui milite pour la privatisation des armées et des forces de sécurité, dont le nom orwellien n’est autre que l’International Peace Operations Association.

En ce qui concerne la personne de Cofer Black, évoquons ici l’article de Jeff Steinberg publié dans l’Executive Intelligence Review du 9 Novembre 2007. L’auteur, discutant l’implication éventuelle de la nébuleuse militaire britannique BAE Systems dans les attentats du 11 septembre, écrivait que « le 10 juin 2001, le directeur de la CIA de l’époque, George Tenet, accompagné du directeur du contre-terrorisme de l’Agence, s’était entretenu avec la conseillère nationale à la Sécurité Condoleezza Rice avec l’Attorney General John Ashcroft et avec le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, afin de les alerter sur les dangers d’une attaque imminente d’al-Queda ».

Rappelons également que le procureur suisse Dick Marty, dans son enquête sur les « restitutions extraordinaires » commandée par le Parlement européen, avait noté le fait que les avions impliqués dans les transferts de prisonniers entre Abou Graib et Guantanamo, appartenaient à deux compagnies aériennes affrétées par les autorités américaines pour cette opération : il s’agissait de Presidential Airways et Aviation Worldwide Services (AWS), tout deux appartenant à Blackwater USA, dont les vols effectuaient des arrêts discrets dans des pays peu regardant sur l’identité d’éventuels passagers et offraient des centres de détention tenus secrets permettant la poursuite des « interrogations musclées ». Il s’agissait en particulier, bien que non-exclusivement, de la Pologne, de la Roumanie, et surtout de Malte, une ancienne colonie britannique, où Blackwater a installé un centre important pour ces opérations. Vers la même période, Blackwater a recruté au moins 750 anciens tortionnaires chiliens, vétérans de l’Opération Condor sous le régime fasciste de Pinochet, et le nom de Blackwater a aussi été évoqué dans des enquêtes sur l’assistance militaire discrète aux opérations du PKK en Irak et en Iran.

« Ce n’est ne pas une question d’être de libéral [de gauche] ou d’être conservateur [de droite] » se défend Scahill. « Il y a un bon nombre de conservateurs traditionalistes qui sont scandalisés par ce qu’ils considèrent comme une dégradation des forces armées américaines… Tout ceci met en cause l’avenir de la guerre et la stabilité globale. »
Jusqu’à ce jour, Hillary Clinton a été la seule candidate à se dire prête à voter une loi bannissant Blackwater, ainsi que toutes les autres Société de mercenaires privées du théâtre de guerre irakien, comme elle l’affirma en avril 2008 sur son site Internet.

Lyndon LaRouche et son mouvement ont été parmi les premiers à dénoncer la Révolution dans les affaires militaires (RMA), une escroquerie promue par le banquier de Lehman Brothers Felix Rohatyn et l’ancien secrétaire d’Etat George Shulz visant à détruire les Etats-Unis et, ce faisant, à laisser prospérer les cartels financiers britanniques dans le monde.

Lire notre dossier : Mercenaires sans frontières, les "chiens de guerre" de la mondialisation

Pour creuser le sujet : focus

1er août

http://www.solidariteetprogres.org/article4384.html


1-6 Christopher Hitchens : Les Américains doivent réparer les graves erreurs qu'ils y ont commises par le passé.

PS Ndlr : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage l'analyse de l'auteur mais doit être vu comme information

Dans un document confidentiel révélé lundi 22 septembre, le commandant des forces internationales en Afghanistan, le général américain Stanley McChrystal, a prévenu que sans augmentation des moyens militaires dans ce pays, la coalition risque d'y subir «un échec».

Christopher Hitchens, chroniqueur de Slate.com, défend la présence américaine en Irak et en Afghanistan dans l'article ci-dessous.

Même si cela m'arrive souvent, je n'aime pas m'apercevoir que je suis du même avis que la majorité.

Il y a quelques semaines, j'ai évoqué les doutes de Rory Stewart sur la stratégie de l'OTAN et des États-unis en Afghanistan.

J'accorde beaucoup de crédit à l'opinion de Stewart, car j'estime qu'il est à la fois le partisan le plus convaincu et le critique le plus pertinent de la lutte menée contre les Résistants.

A lire la presse, on constate que la plupart des spécialistes, de George Will à Tom Friedman, estiment que le président afghan Hamid Karzai est en train de nous mener en bateau. Plus grave, selon eux, nous sommes en train de tomber dans un piège tendu par les Résistants, qui seraient parvenus à se poser en représentants légitimes de la population pachtoune. Certaines révélations consternantes à propos des élections qui viennent de se tenir là-bas semblent venir accréditer ces conclusions.

D'un autre côté, il y a quelques mois, ma plus grande source d'inquiétude était l'effondrement du gouvernement pakistanais et la dislocation imminente du pays suite à l'agression pachtoune organisée par les Résistants.

En effet, une immense vallée fertile et prospère du district de Swat, située à quelques kilomètres de la capitale, venait d'être abandonnée à l'ennemi sans la moindre résistance. Le torrent de réfugiés qui s'en est suivi semblait annoncer le début d'une période bien sombre pour toute la région.

Optimisme

Aujourd'hui, même s'il est encore un peu tôt pour l'affirmer avec certitude, quatre développements permettent d'être plus optimistes.

En premier lieu, et c'est un élément crucial, de nombreux habitants de la région se sont mobilisés pour protester et résister face aux horreurs régulièrement perpétrées par les Résistants.

Deuxième point, l'armée pakistanaise semble, en tout cas pour le moment, avoir repris ses esprits et retrouvé le courage de faire face aux Résistants.

Troisième progrès, les drones américains sont parvenus à localiser et à tuer un chef résistants particulièrement dangereux, Baitullah Mehsud, qui est soupçonné, entre autres choses, d'avoir organisé l'assassinat de Benazir Bhutto.

Enfin, plusieurs sources crédibles indiquent que des luttes intestines divisent les Résistants pakistanais, qui n'arrivent pas à se mettre d'accord sur la nomination du successeur de Mehsud. Aucun de ces points n'était imaginable il y a six mois.

Rien n'est joué, loin de là. Mais ces quatre éléments indispensables sont désormais une réalité. La population rejette la théocratie et son inévitable corollaire, le crime organisé. L'armée nationale se bat pour des motivations qui lui sont propres. Les bombardements américains sont précis et efficaces.

Et les jihadistes commencent à s'entre-déchirer. C'est la conjonction de ces quatre facteurs qui a permis de stabiliser l'Irak, ou du moins de redéfinir le conflit en des termes plus avantageux pour les Américains. Une issue semblable est encore envisageable en Afghanistan.

Le rôle de l'Iran

Défendre, directement ou de plus loin, des régimes susceptibles de devenir des démocraties, même s'ils en sont encore loin, ce n'est pas faire du «baby-sitting», comme le prétendent avec condescendance certains adversaires de notre politique actuelle. C'est raisonner à long terme en prenant en compte deux données importantes. La première est évidente: sans alliés, nous ne pourrons pas gagner notre guerre contre le terrorisme. La seconde, c'est la question de plus en plus pressante du rôle et du poids de l'Iran dans la région.

Lorsqu'elle parle de l'armée américaine, la presse aborde souvent le sujet sous l'angle de l'insuffisance des effectifs ou des troubles dus au stress post-traumatique. S'il y a toute légitimité à évoquer ces problèmes, cela ne doit pas faire oublier le fait que nous disposons désormais d'une génération de soldats qui ont combattu, et souvent vaincu, les adversaires les plus redoutables sur les terrains les plus difficiles de la planète.

Cela signifie que si, par exemple, les Philippines, l'Indonésie ou l'Inde étaient amenés à réclamer notre aide face à un ennemi de ce type, nous pourrions leur fournir une expertise et une force de frappe d'une efficacité inégalable. Quelles que soient les réserves que l'on puisse avoir face à des régimes comme ceux de Karzai ou de Maliki en Irak, les avantages à long terme que nous apportent les sacrifices consentis pour entraîner et endurcir notre armée sont incalculables. Et je ne parle pas seulement de l'expérience concernant le combat proprement dit, mais aussi de notre capacité accrue à isoler, discréditer et diviser les terroristes.

Respecter notre parole

Notre présence en Irak et en Afghanistan signifie également que le récent coup d'État perpétré par les Gardiens de la révolution en Iran aura des conséquences limitées sur la région. Le régime doit désormais compter avec deux importantes garnisons américaines installées de l'autre côté de ses frontières. Considération qui ne pourra prendre que plus d'importance au fur et à mesure que le pouvoir des Mollahs va s'amenuiser. Il y a peu de temps encore, le régime aurait pu sortir de la crise actuelle grâce à une recette éprouvée: attaquer un pays voisin, de préférence gouverné par des Sunnites. Ainsi, les extrémistes de Téhéran commencent à donner de la voix contre le Bahreïn, une petite monarchie dont la population est majoritairement shiite et qui feraient partie des anciennes possessions de la Perse.

Au vu des progrès rapides qu'il a fait vers le nucléaire, et de l'hostilité grandissante de la population, le gouvernement Ahmadinejad pourrait être tenté d'occuper les esprits avec une nouvelle guerre,(…)  en tirant les cordes du patriotisme et de la religion. Prenez la peine d'envisager cette situation sans la présence américaine dans la région et vous constaterez qu'il est important de rester.

Bien sûr, la menace iranienne ne justifie pas à elle seule de maintenir des forces importantes dans deux pays voisins. De même, l'Irak et l'Afghanistan ne sauraient être considérés comme des terrains d'entraînement pour les forces américaines. Mais nous n'avons pas le droit d'oublier pourquoi nous sommes en Afghanistan et en Irak. Nous nous battons là-bas pour réparer les très graves erreurs que nous y avons commises par le passé et pour défendre des démocraties qui, aussi embryonnaires soient-elles, doivent affronter les mêmes ennemis que nous. Des démocraties auxquelles, faut-il le rappeler, nous avons donné notre parole.

23/9

Christopher Hitchens

Traduit par Sylvestre Meininger

http://www.slate.fr/story/10549/pourquoi-les-etats-unis-sont-en-afghanistan-et-en-irak


n°457 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 13-10 - : Fin :- Le Nobel, rationalité monstrueuse et morale de singe.

n°457 -  Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 13-10 - : Fin  :- Le Nobel, rationalité monstrueuse et morale de singe.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme,

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Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak

n°457                            13/10/09

C.De Broeder      &       M.Lemaire



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Sommaire :

2 Annexe

2-1 Hatem Karoui : La politique de la canonnière est dépassée !

2-2 Karel Vereycken : Les « chiens de guerre » de la mondialisation financière.



2 Annexe

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

2-1 Hatem Karoui : La politique de la canonnière est dépassée !

La plupart des internautes a certainement entendu parler de la détérioration des termes de l’échange, mais il semble apparemment utile d’en rappeler la définition à travers un simple exemple : Comment dans les échanges valoriser les produits que l’on vend ?

En les rendant indispensables à l’acheteur jusqu’à ce qu’il les acquiert à n’importe quel prix….

Surtout quand il en détient le monopole de fabrication (ou quand il en partage la fabrication avec quelques états comptés sur les doigts d’une seule main… ou dont le nombre rejoint celui des titulaires d’un siège au conseil de sécurité permanent). Ainsi vous vous en doutez celui des armes. Je vous encourage entre états voisins à vous entretuer et chaque fois qu’une partie faiblit je la supplée avec d’autres armes jusqu’à ce que le combat cesse faute de combattants ! En échange je vous achète votre pétrole, vos céréales et tout ce que vous possédez à bas prix et vous en vendez car vous avez tout le temps besoin de vous défendre contre un agresseur potentiel et le fournisseur d’armes qui vous veut du bien vous les fait payer au prix fort. C’est clair ? Cependant parfois le mécanisme bien huilé grippe : C’est le cas quand le coût de la guerre et du maintien de la sécurité occasionne au marchand de canons des frais faramineux…C’est valable justement lorsqu’il s’agit d’essayer de maintenir les prix des carburants à des niveaux raisonnables..
Ainsi les économies américaine,  et par contrecoup européenne sont robustes mais sont fragilisées par leur dépendance à l’égard du pétrole importé.
S’agissant de carburant acquis à partir de nombreux pays ou de régions  dont ils ont favorisé indirectement  l’instabilité politique (Moyen Orient (Arabie Saoudite, Koweït...), Venezuela, Nigeria, etc. Si un de ces pays cesse, même provisoirement, d'exporter son pétrole, les prix qui flambent immédiatement handicapent terriblement l'économie américaine. Une pénurie de longue durée mettrait carrément leur économie en péril, en arrêtant ou en rationnant de nombreux secteurs d'activité parce qu'ils dépendent des transports. Pour garantir la stabilité politique  et par ricochet la sécurité des approvisionnements des pays producteurs, les Etats-Unis et les autres pays occidentaux doivent faire de gros efforts financiers (aides diverses) et entretenir un peu partout des bases et des contingents militaires. Il faut aussi assurer la sécurité des transports maritimes et par oléoduc.
  Il faut, enfin, consentir des efforts diplomatiques et une promotion mondiale de la démocratie tel qu’ils la conçoivent comprenant des concessions à des régimes  qu’ils considèrent comme peu recommandables comme celui de la Russie. Une partie de l'argent du pétrole des pays producteurs pétroliers alimenterait les réseaux incontrôlés  dit terroriste, quelle que soit la politique de leurs gouvernements. Et dans tout l'avenir prévisible les prix élevés du pétrole garantiraient à la majorité de  ces pays et des hommes riches et corrompus qui les composent d'énormes masses d'argent. Certains de ces pays sont cependant moins corruptibles et c’est là que le bât blesse !
D’un autre côté les coûts des guerres comme celle d'Irak atteignant 1 à 2 milliards de dollars par jour ! Les événements du  11 septembre quel que soit celui qui en a conçu le scénario ont montré que le combat « antiterroriste » coûte extrêmement cher. Donc la surconsommation de pétrole se traduit aussi par un surcoût de la défense contre le terrorisme (1). En outre avec leur développement rapide, la Chine et l'Inde concurrenceront de plus en plus les pays occidentaux pour l'accès au pétrole, dont elles sont encore plus dépendantes. Non seulement cela fera revenir les prix à une plus juste valeur, mais cela permettra aux pays producteurs de se défendre contre les pays consommateurs occidentaux avec plus de virulence. Les pays consommateurs découvrent amèrement à quel point il est important de réduire la consommation de pétrole, bien plus important que d'augmenter les budgets militaires.  
 C’est pour cette raison et devant l’élargissement de facto du Club nucléaire qu’il s’avère impératif de développer vis-à-vis du secteur de l’or noir de nouvelles stratégies en abandonnant la politique de la canonnière.  
 En tout état de cause certains concepts pourtant simples tendent à être parfois mal assimilés notamment par les va-en-guerre qui fondent les guerres sur une supériorité divine. La Terre n'a pas besoin de tes illuminés...
 (1)    S’il se découvre que le terrorisme n’est qu’un concept imaginé par
les états impérialistes pour changer les configurations de l’espace géopolitique mondial ce calcul se serait aussi avéré excessivement erroné !
Hatem Karoui

Ecrivain et journaliste

Vendredi 02 Octobre 2009

http://www.alterinfo.net/La-politique-de-la-canonniere-es...


2-2 Karel Vereycken : Les « chiens de guerre » de la mondialisation financière.

« Si la cupidité est bonne, la guerre est meilleure » Forbes.com commentant les profits financiers de DynCorp en bourse.

Prologue

Le terme « mercenaire » évoque très souvent chez nos concitoyens l’image d’un Bob Denard, des « soldats de fortune » et autres « affreux ». Mais le grand public ignore souvent la nouvelle réalité, bien plus affreuse, celle des Sociétés militaires privées (SMP), les fameuses Private Military Contractors (PMC).

Depuis l’effondrement du système soviétique en 1989, la donne a changé. Si, par le passé, les mercenaires vendaient, moyennant espèces sonnantes et trébuchantes, leur sale besogne à des dictateurs à la dérive, des entreprises en mal de milice patronales ou des services secrets en quête d’hommes de main pour des coups tordus dans l’ombre, aujourd’hui c’est au grand jour que des Etats dits « civilisés » et leurs institutions sont devenus les principaux donneurs d’ordre des SMP : Pentagone, Département d’Etat, ONU, UE, OSCE, OUA et même certaines ONG et la Croix Rouge !

Le scandale de British Aerospace Systems, qui secoue actuellement le Royaume-Uni et les Etats-Unis, révélant une corruption financière et politique autour d’énormes contrats de vente d’armes de la société britannique BAE Systems à l’Arabie saoudite, a levé un coin du voile sur le véritable projet de société que tente d’imposer l’oligarchie financière internationale. Il s’agit d’un modèle d’empire inspiré de la Compagnie britannique des Indes orientales, qui, au XVIIe siècle dominait avec son monopole financier, son commerce et ses armées, les océans d’un « empire où le soleil ne se couche jamais ».

Hier, comme aujourd’hui, il s’agit d’ériger un cartel de financiers, qui, en mariant pouvoir financier, puissance militaire, technologique et informatique imposent leur contrôle sur les ressources de la planète et ses habitants. Comme les pirates de jadis, les Sociétés militaires privées exécutent comme sous-traitants les basses œuvres de l’empire dont elles portent la gloire.

Un bref examen des carrières des dirigeants actuels de BAE Systems, ainsi que leurs carnets d’adresses dans le monde politique, financier et des affaires, confirment sans ambiguïté qu’avec BAE nous n’avons plus affaire à une simple entreprise, mais à un cartel de producteurs d’armes high-tech dans l’informatique et le spatial (BAE Systems, United Defense Industries, Lockheed Martin), de financiers spéculateurs (Lazard, Goldman Sachs, Deutsche Bank), de gestionnaires de matières premières (British Petroleum, Shell Oil) avec sur le terrain, les SMP.

La Société militaire privée DynCorp, qui forme des milliers de soldats et de policiers et dont nous parlerons plus loin, est également une caricature grotesque de ce mariage criminel entre grandes compagnies de mercenaires et grandes compagnies de spéculateurs. Le principal actionnaire de DynCorp a été pendant très longtemps Capricorn Holdings, une société dirigée par un certain Herbert S. Winokur Jr., qui siège à DynCorp tout en présidant le conseil financier de la société Enron, le géant texan de l’énergie connu pour ses malversations retentissantes. Récemment, DynCorp fut racheté par un fonds d’investissement, Veritas Capital, dirigé par Robert B. McKeon, ancien PDG de Wasserstein Perella Management Partners. L’ancien partenaire de McKeon est Bruce Wasserstein qui dirige aujourd’hui la banque synarchiste Lazard Frères...

Si le cartel fascisant BAE a pu s’implanter aussi massivement dans les interstices du pouvoir américain, allant jusqu’à porter atteinte à sa souveraineté, c’est essentiellement à cause de l’anglophilie sans limites du vice-président américain Dick Cheney et de sa femme Lynne, têtes de proue de la secte des néo-conservateurs. Le scandale de la BAE a été un révélateur du vrai projet politique de cette faction. Sous couvert de « révolution dans les affaires militaires (RMA) », une politique systématique de « privatisations » et « d’externalisation » ainsi que de réduction massive des effectifs de l’armée américaine, doublée d’une course aux armements « miracles » (informatique, espace, etc.) confiés à quelques super professionnels opérant dans le plus grand secret, a créé le cadre de l’explosion fulgurante du marché des sociétés militaires privées.

Aussi fou que ceci puisse paraître, cette vaste machine militaire, devenue instrument de chantage, leur permettrait l’instauration d’un « gouvernement mondial » tenant le monde en otage avec des armes positionnées dans l’espace, tout en gérant le chaos des populations avec des entités de mercenaires, une génétique sans éthique, une désinformation constante et des drogues régulatrices. Cette « dictature scientifique », l’utopie dangereuse dont rêvaient George Orwell dans 1984 et Aldous Huxley dans Le retour au meilleur des mondes, popularisée par tant de bandes dessinées, sera la réalité du monde de demain si nous réagissons pas.

Introduction

En 2004 s’est tenue au Middlebury College, dans l’Etat du Vermont aux Etats-Unis, une conférence sous les auspices du Centre Rohatyn pour les affaires internationales, sur le thème de « la privatisation de la défense nationale américaine. »

Félix Rohatyn, ancien ambassadeur américain à Paris et ancien banquier de Lazard Frères, y partageait la tribune avec des géopoliticiens tel que Michaël Ignatief, un professeur d’Harvard qui affirme que l’Amérique devrait abandonner le républicanisme pour le « libéral-impérialisme », William Dobson, l’éditeur de la revue du Conseil des relations étrangères (CFR) Foreign Affairs, et un certain nombre d’anciens militaires habitués à effectuer des allers-retours entre le Pentagone et un secteur militaire privé en pleine croissance grâce au développement très lucratif des sociétés militaires privées.

Mentionnons aussi, par exemple, le général Ed Soyster, annoncé au programme comme un « conseiller spécial auprès du ministère de la Défense ». Si Soyster a été réellement chef du service de contre-espionnage américain, la D.I.A. (Defense Intelligence Agency), il est aujourd’hui vice-président en charge des relations internationales de MPRI (Military Professionals Resources Inc.), une des plus importantes sociétés militaires privées du monde.

Sept ans plus tôt la même D.I.A. avait déjà organisé un colloque à huis clos sur le thème de « la privatisation des fonctions de défense nationale en Afrique sub-saharienne », réunissant des SMP américaines et anglaises. En dehors des responsables de MPRI, il y avait aussi Eeben Barlow, directeur de la fameuse société de mercenaires Executive Outcomes, qui se faisait rémunérer en diamants en Sierra Leone, ainsi que celle de Timothy Spicer dont nous parlerons plus tard.

Un mois après cette conférence, dans le Financial Times, Félix Rohatyn en personne livrait ses pensées sur la question. Depuis une décennie, dit Rohatyn, une révolution tranquille est en marche. Dans la première guerre du Golfe, « la proportion de troupes américaines sur le terrain par rapport au nombre de SMP était de 50 contre 1. Dans la guerre d’Irak en 2003, la proportion était de 10 contre 1, tout comme pendant l’intervention en Bosnie et au Kosovo, sous Clinton. (...) Pour donner un ordre de grandeur de cette évolution, le montant total des contrats d’Halliburton en Irak se chiffre à ce jour autour de 11 à 13 milliards de dollars, soit plus du double du coût payé par les Etats-Unis pour la première guerre du Golfe. (...) Dans l’histoire de la guerre, continue Rohatyn, la sous-traitance et le déploiement de mercenaires n’ont rien de neuf. L’empire anglais a été bâti avec des soldats mercenaires, et une armée de citoyens n’est apparue que dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Mais il y a deux différences structurelles entre l’empire anglais du XIXe et l’américain du XXe. D’abord, ce sont des compagnies cotées en bourse qui mènent des opérations militaires privées. Ensuite, le marché de cette nouvelle force possède aujourd’hui un caractère vraiment mondial, ce qui fait apparaître des nouvelles prérogatives de responsabilité et de régulation. »

Un marché de 100 milliards de dollars

Lors de l’invasion américaine de l’Irak, en mars 2003, des hommes de la Navy pilotaient les bateaux de guerre américains. Mais à leurs côtés, opérait le personnel de quatre sociétés privées, pilotant quelques-unes des armes les plus sophistiquées du monde. Quand les drones prédateurs, les Hawks, et les bombardiers fantômes B2 entraient en action, leurs systèmes étaient également manoeuvrés par des sociétés privées.

Le rôle des SMP a été encore plus important dans la période dite de « l’après-guerre ». En 2003, sur les 87 milliards dépensés par les Etats-Unis en Irak et en Afghanistan, un tiers (30 milliards) l’a été pour les SMP. Rien qu’en Irak le General Accounting Office (GAO, équivalent américain de la Cour des Comptes en France) affichait en 2005 la présence de quelque 60 SMP employant environ 25.000 personnes, chiffre qui est passé en 2006 à 181 sociétés employant un peu plus de 48.000 personnes, soit plus de quatre fois les 11.000 soldats du contingent britannique !

Les officiers de l’armée anglaise se plaignent presque quotidiennement du fait que leurs soldats qualifiés rejoignent le privé pour toucher des salaires généralement entre cinq à vingt fois plus élevés que ce qu’ils gagnent dans l’armée de sa glorieuse majesté. Un ancien commando du SAS britannique, des forces Delta américaines ou d’autres troupes d’élite, peut gagner jusqu’à 1000 dollars par jour en Irak. L’hémorragie est telle que même l’armée américaine a dû se résoudre à verser une prime de 150.000 dollars pour tout sous-officier qui renouvelle son engagement pour six ans de plus.

« Révolution dans les affaires militaires » revue Inflexions N°5, janvier-mai 2007 Si cette « révolution dans les affaires militaires » (RMA), décrite dans le livre The Transformation of War de Martin van Creveld, où les Etats-nations sont remplacés par des « entités guerrières », est en marche depuis longtemps, son ampleur prend désormais une dimension plus qu’inquiétante.

D’abord, en remontant un peu dans le temps, on constate que depuis la fin de la guerre froide, presque six millions de militaires ont été jetés sur le marché du travail avec comme unique qualification leur expérience militaire. Les effectifs considérables de l’Armée Rouge, ceux des armées de l’Allemagne de l’Est ou de l’Afrique du Sud ont été massivement réduits. Les armées des pays européens et des Etats-Unis n’ont pas résisté à la tendance générale. Ainsi, l’armée américaine est passée de 2,1 millions d’hommes sous les armes en 1990 à 1,4 million en 2003, soit un tiers de moins ! C’est cette réduction massive des effectifs de l’armée américaine sous Clinton, un « downsizing » ou rétrécissement accéléré massivement par l’administration Bush-Cheney, qui a fait exploser le marché du privé. Grâce à Donald Rumsfeld, qui arguait qu’on pouvait « externaliser toutes les fonctions militaires sauf les tirs », les contrats gouvernementaux avec les SMP ont conquis un marché pesant plus de 100 milliards de dollars par an, qui a englouti environ le quart des 439,3 milliards de dollars du budget de la défense des Etats-Unis en 2006. Dans la pure tradition du double langage orwellien, les SMP ont formé leur propre lobby pour défendre la profession, l’International Peace Operations Association.

DynCorp, un Etat dans l’Etat

Examinons pour commencer le cas de la Société militaire privée DynCorp. Basée à Church Falls en Virginie, DynCorp (dont l’ancien patron de la CIA James Woolsey fut actionnaire) emploie 26.000 personnes dans des dizaines de pays. Racheté par un fonds d’investissement coté à la bourse de New York, Dyncorp est un véritable Etat dans l’Etat. La société se vante de ses performances en informatique qui lui ont valu les contrats de gestion des données comptables de plus de trente agences et ministères de l’Etat américain, y compris le FBI, le Département d’Etat, le Département de la Justice, le Département de la Défense, l’agence de répression contre les stupéfiants (DEA), le Bureau des Prisons et l’Office national de la politique contre la toxicomanie. C’est une des rares sociétés ayant accès au système PROMIS, qui permet un accès illimité à tous les comptes bancaires de la planète, système qui aurait servi pour « balayer » les comptes en banque de Manuel Noriega et de Ferdinand Marcos ! L’ancien poids lourd du ministère de la Sécurité intérieure américaine, Dwight. M. Williams, vient d’en être nommé vice-président pour les questions de sécurité tandis qu’un ancien haut responsable de BAE a été nommé directeur. Que demande le peuple ?

Derrière cette honnêteté de façade se cache une réalité bien moins reluisante. Un mémorandum diplomatique américain affirme que « quelque 300 officiers de la police haïtienne ont obtenu une formation de gestion des foules ». Les experts de l’ambassade pensent que ce sera la tâche principale de la police haïtienne en 1997, puisque « la stagnation de l’économie engendre un fort sentiment de frustration dans la populace. »

Le site internet CorpWatch souligne que certains contrats semblent formatés explicitement pour contourner la loi américaine. Après les guerres coloniales au Laos et au Cambodge, le Congrès américain a limité à 400 le nombre de soldats que le pays peut déployer à l’étranger et imposé l’autorisation du Congrès pour tout contrat au-dessus de 50 millions de dollars. En multipliant des contrats moindres rebaptisés « missions de la paix » et en faisant appel à des SMP ainsi qu’à des étrangers, le Congrès est mis hors du coup. Janice Shakowsky, une démocrate de l’Illinois, posait publiquement la question : « Est-ce que l’armée américaine privatise ses missions pour éviter toute contestation ou critique en soustrayant les cadavres au regard de l’opinion publique ? »

Comme nous l’avons souligné au début de cet article, DynCorp est presque une caricature de la Compagnie des Indes orientales, mariage criminel entre grandes compagnies de mercenaires et grandes compagnies de spéculateurs. L’actionnaire principal de DynCorp a été pendant très longtemps Capricorn Holdings, une société dirigée par un certain Winokur, qui siège à DynCorp tout en étant président du conseil financier de la société Enron, le géant texan de l’énergie connu pour ses malversations. On pense que ce qui a permis à Winukur d’éviter la prison, ce sont les rapports intimes de DynCorp avec le système judiciaire américain. Au début de l’année 2007, DynCorp fut racheté par un fonds d’investissement, Veritas Capital, dirigé par Robert B. McKeon, ancien PDG de Wasserstein Perella Management Partners. L’ancien partenaire de McKeon est le sulfureux Bruce Wasserstein, qui dirige aujourd’hui la banque synarchiste Lazard Frères. Commentant les récents et fabuleux profits de DynCorp, qui « dépassent tous les espoirs de Wall Street », le site internet Forbes.com commentait que « Si la cupidité est bonne, la guerre est meilleure », affirmant que « puisque les conflits continuent à faire la une, les analystes anticipent de bonnes perspectives pour les sous-traitants militaires ».

SMP et humanitaire

Le déguisement en gardiens de la paix et en co-acteurs dans le domaine humanitaire a permis à certaines SMP d’empocher des contrats auprès de donneurs d’ordres parfaitement respectables : Pentagone, Département d’Etat, ONU, UE, OSCE, OUA, voir certaines ONG et même la Croix Rouge !

Bernard Kouchner, dont l’esprit d’ouverture est désormais légendaire, y fait allusion dans un article récent publié dans une revue de référence, où il affirme que « la question majeure en effet n’est sans doute plus de savoir si l’espace humanitaire doit rester l’exclusivité des ONG (si tant est qu’il l’ait jamais été), mais bien plutôt de savoir comment un nombre croissant d’acteurs agissant aujourd’hui dans le secours aux victimes -ONG, organisations onusiennes, sécurité civile, forces militaires nationales et transnationales, acteurs privés, etc. - peuvent avoir des mandats, démarches et périmètres d’actions qui permettent de répondre le plus efficacement possible, et avec le meilleur rapport coût-efficacité aux besoins des populations touchées par les crises. » [1]

On le voit, pour Kouchner il ne s’agit pas de combattre ce phénomène, mais de le réguler afin de profiter du « meilleur rapport coût-efficacité », c’est-à-dire du marché ! Pour faire passer la pilule amère à une opinion publique française jugée « trente ans en retard sur les Anglo-Saxons », certains plaident pour « adopter le vocable de société d’appui stratégique et opérationnel (SASO), de préférence à celui de société militaire privée (SMP) » Mais le message est clair : « Monsieur, nous ne sommes pas des mercenaires, détrompez-vous ! Nous faisons un travail professionnel, sérieux, quoique pour quelques poignées de dollars. » Comme d’habitude, la révolution des mots est en marche.

La loi française et la Convention de Genève

Mais une opposition réelle aux SMP existe dans notre pays. Le 3 avril 2003, les députés français ont voté - à l’unanimité des différents partis - un nouveau texte de loi sur « la répression de l’activité mercenaire ». A l’occasion, la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie, entre autres, a exprimé toute la réticence que la France ressent instinctivement à l’encontre de ces SMP : « De véritables entreprises de guerre, souvent d’origine anglo-saxonnes, ont, sur ce terreau, pu apparaître et fructifier. Elles fournissent à des Etats à la dérive des produits guerriers "clés en main" et à des oppositions peu soucieuses du respect des procédures légales, les moyens de parvenir à leurs fins. Il est à noter, d’ailleurs, qu’il ne s’agit plus du mercenariat traditionnel, individuel, mais de véritables entreprises commerciales, d’autant plus redoutables qu’elles disposent de moyens importants. »

La loi adoptée est presque identique au protocole I du 8 juin 1977, additionnel aux Conventions de Genève du 12 août 1949, article 47, 2. Ce dernier est plus qu’explicite sur la question : « Le terme "mercenaire" s’entend de toute personne : a) qui est spécialement recrutée dans le pays ou à l’étranger pour combattre dans un conflit armé ; b) qui en fait prend une part directe aux hostilités ; c) qui prend part aux hostilités essentiellement en vue d’obtenir un avantage personnel et à laquelle est effectivement promise, par une Partie au conflit ou en son nom, une rémunération matérielle nettement supérieure à celle qui est promise ou payée à des combattants ayant un rang et une fonction analogues dans les forces armées de cette Partie ; d) qui n’est ni ressortissant d’une Partie au conflit, ni résident du territoire contrôlé par une Partie au conflit ; e) qui n’est pas membre des forces armées d’une Partie au conflit ; et f) qui n’a pas été envoyée par un Etat autre qu’une Partie au conflit en mission officielle en tant que membre des forces armées dudit Etat. »

Il est à noter ici que beaucoup de pays, y compris les Etats-Unis, ne sont pas signataires du Protocole additionnel (APGC77), définissant le statut de mercenaire. Mais, compte tenu du fait que les six critères doivent s’appliquer en même temps, ce texte manque de sévérité. Malheureusement, la nouvelle loi française ne fait qu’intégrer au code pénal français cette qualification juridique de « mercenaire » telle qu’elle se trouve déjà définie par la Convention de Genève. Sur le terrain, la loi s’avère inopérante car elle se limite à des mercenaires individuels et pas à des entreprises. Par exemple, en Côte d’Ivoire, la France a été incapable d’inculper les « mercenaires » slaves ou sud-africains, auteurs du bombardement de Bouaké sur les forces militaires françaises, car juridiquement ils étaient employés par les forces armées du pays. Juridiquement, cette attaque était un acte de guerre de la Côte d’Ivoire contre la France, qui, dès lors, ne pouvait plus s’appuyer sur la Convention de Genève pour poursuivre les mercenaires en question. Plus grave encore, aucune loi n’empêche pour l’instant une société de droit français de « contracter » avec l’armée américaine ou avec des organismes humanitaires en Irak ou en Afghanistan, afin de mettre à leur disposition les compétences d’un vivier d’anciens soldats français dans des missions de protection.

Notons aussi que certains en France veulent se mettre à l’heure anglo-saxonne. Ainsi, l’ancien patron de la direction du renseignement militaire, le général Heinrich, a créé sa propre société Géos qui connaît une forte croissance et dispose déjà de quelque 120 anciens de la DGSE. Elle a décroché le contrat pour la sécurité du pipeline Tchad-Cameroun. Bien qu’elle refuse de traiter « des missions qui reviennent en principe aux pouvoirs publics », elle peut dans l’urgence, intervenir, avec le feu vert du Quai d’Orsay, tout en évitant « toute participation directe ».

De Machiavel à Eisenhower

Comme les généraux romains à la fin de l’empire, qui se faisaient couronner empereur à Rome en achetant les voix de la plèbe avec le butin des conquêtes impériales, l’élection de la dynastie Bush a largement bénéficié des contributions des compagnies mercenaires et des fonds d’investissements qui les contrôlent. Impossible de chiffrer avec précision les millions de dollars versés par les SMP aux candidats sur le devant de la scène politique. Ce qui est connu, c’est que Blackwater USA a versé 2,4 millions à des candidats républicains, tandis que DynCorp, Bechtel et Halliburton leur ont allongé plus de 2,2 millions de dollars, ainsi qu’à la candidature de George W. Bush.

Sommes-nous prêts à vendre notre liberté et nos âmes aux diables de la guerre en acceptant la privatisation des dernières fonctions régaliennes de nos Etats-nations souverains ?

A un étudiant qui lui demandait, lors d’un débat à l’université John Hopkins, s’il envisageait une législation pour ramener les SMP sous le coup de la loi, le président Bush répliqua, en rigolant, qu’il « allait décrocher le téléphone et dire, Monsieur le Ministre, j’ai une question intéressante », déclenchant un éclat de rire général.

Deux voix plus sages du passé nous mettent en garde contre tout pouvoir excessif d’un complexe militaro-industriel, devenu aujourd’hui militaro-financier. D’abord celle de Machiavel, l’homme d’Etat florentin et ami de Léonard de Vinci, s’adressant au duc Sforza dans Le Prince, en 1532. Ensuite, plus proche de nous, celle du grand ami du général de Gaulle, le général et président Dwight Eisenhower, lorsqu’il prononça son allocution de départ en janvier 1961.

Machiavel, qui voyait dans les condottieres et leurs mercenaires la principale cause de la ruine de l’Italie à son époque, écrit : « Le Prince dont le pouvoir n’a pour appui que des troupes mercenaires ne sera jamais aussi assuré ni tranquille ; car de telles troupes sont désunies, ambitieuses, sans discipline, infidèles, hardies envers les amis, lâches contre les ennemis ; et elles n’ont ni crainte de Dieu, ni probité à l’égard des hommes. Le Prince ne tardera d’être ruiné qu’autant qu’on différera de l’attaquer. Pendant la paix, il sera dépouillé par ces mêmes troupes ; pendant la guerre, il le sera par l’ennemi. La raison en est que de pareils soldats servent sans aucune affection, et ne sont engagés à porter les armes que par une légère solde ; motif sans doute incapable de les déterminer à mourir pour celui qui les emploie. Ils veulent bien être soldats tant qu’on ne fait point la guerre ; mais sitôt qu’elle arrive ils ne savent que s’enfuir et déserter. » (...) « Les capitaines mercenaires sont ou ne sont pas de bons guerriers : s’ils le sont, on ne peut s’y fier, car ils ne tendent qu’à leur propre grandeur, en opprimant, soit le prince même qui les emploie, soit d’autres contre sa volonté ; s’ils ne le sont pas, celui qu’ils servent est bientôt ruiné. Si l’on dit que telle sera pareillement la conduite de tout autre chef, mercenaire ou non, je répliquerai que la guerre est faite ou par un prince ou par une république ; que le prince doit aller en personne faire les fonctions de commandant ; et que la république doit y envoyer ses propres citoyens : que si d’abord celui qu’elle a choisi ne se montre point habile, elle doit le changer ; et que s’il a de l’habilité elle doit le contenir par les lois, de telle manière qu’il n’outrepasse point les bornes de sa commission. »

Enfin, le général Dwight Eisenhower, le 17 janvier 1961, trois jours avant la fin de son mandat présidentiel, avertissait contre le danger de ce qu’il appelait le complexe militaro-industriel en ces termes : « Dans les allées du pouvoir, nous devons nous protéger contre l’obtention d’influence injustifiée, délibérément recherchée ou pas, par le complexe militaro-industriel. Le potentiel pour un accroissement désastreux ou déplacé du pouvoir existe et persistera. Nous ne devons jamais laisser le poids de cette combinaison mettre en danger nos libertés ou le processus démocratique... »

Karel Vereycken 

28 juillet 2007

http://www.solidariteetprogres.org/article3141.html



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

15/10/2009

n° 456 - Les Dossiers d'Irak - 13-10 – Début - : L’ambassadeur Crocker reconnaît que «les américains n’avaient aucun plan pour gouverner l’Irak » .


n° 456 - Les Dossiers d'Irak - 13-10 – Début - : L’ambassadeur Crocker reconnaît que «les américains n’avaient aucun plan pour gouverner l’Irak » .



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les Dossiers d'Irak

N° 456                                                             13/10/09

C.De Broeder & M.Lemaire



 Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire :

Tiré à part

L'Otan aux côtés du gouvernement fantoche irakien

Dossier & Point de vue

1-1 Gilles Munier : La résistance naqshbandi.

 1-2 Daoud Al-Farhane : L’ambassadeur Crocker reconnaît que «les américains n’avaient aucun plan pour gouverner l’Irak »  

1-3 Après Bush, la paix ?

– Suite  -

1-4 Laure Marchand : Sur l'or noir de Kirkouk, le terrorisme prospère.

1-5 Jacques Coubard : Guerre et torture rapportent aux USA.

1-6 Sherwood Ross : L’essor des armées de mercenaires : une menace à la sécurité mondiale.

– Fin  -

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Joelle Penochet : A Fallujah, en Iraq, l’uranium appauvri et le phosphore blanc continuent de tuer les enfants.

2-2 al-Zaidi « Je ne suis pas un héros : « Je suis  libre mais mon pays est toujours prisonnier de guerre… »

2-3 L’histoire de ma chaussure.

2-4 Torturé à mort par les soldats britanniques.

2-5 Irak : le test du retrait.



Avant propos

Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants qui osent leur résister...



Tiré à part

L'Otan aux côtés du gouvernement fantoche irakien

 Irak : inauguration du nouveau quartier général de l´OTAN 

En Irak, le nouveau quartier général de l'OTAN a été officiellement dévoilé. De hauts responsables de l'OTAN et du ministère irakien de la Défense assistaient à la cérémonie d'inauguration. L'OTAN fournit des formations et des équipements aux forces irakiennes afin que celles-ci puissent assurer elles-mêmes la sécurité dans le pays. L'Irak espère atteindre cet objectif avant le retrait des troupes américaines en août 2010.

Source: CCTV.com | 10-12-2009



Dossier & Point de vue

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 Gilles Munier : La résistance naqshbandi.

De l’avis du commandement américain, l’Armée des hommes de la Naqshbandiyya - Jaysh Rajal al-Tariqa al-Naqshbandiyya (JRTN) - est aujourd’hui l’organisation de la résistance irakienne qui menace le plus le régime de Bagdad. Officialisée le 30 décembre 2006, dans la nuit de l’exécution du président Saddam Hussein, elle fait partie du Commandement suprême pour le Jihad et la Libération, le front dirigé par Izzat Ibrahim al-Douri, chef du parti Baas clandestin, dont le tête est mise à prix 10 millions de dollars : mort ou vif !

Selon le général James Nixon, commandant des troupes d’occupation dans les régions de Diyala et de Kirkouk, la confrérie soufie Naqshbandiyya est entrée en résistance, dès 2003, sur les hauteurs surplombant le lac Hamrin, au nord-est de Bagdad. La guérilla y était dirigée, dit-il, par Abdurahman Naqshbandi, ancien officier de l’armée irakienne. En Irak, cela n’étonnera personne, cette famille étant connue pour son nationalisme et sa participation au renversement de la monarchie pro britannique en 1958. Le général note que la JRTN n’a rien à voir avec « Al-Qaïda en Mésopotamie », qu’elle est « bien organisée », et d’autant plus dangereuse qu’elle est « en contact avec des éléments de l’ancien régime », c'est-à-dire Izzat Ibrahim. Son logo représente d’ailleurs la carte de la Nation arabe, objectif ultime du baasisme.

Soufisme et résistance

Le soufisme a des racines profondes dans la société irakienne. Les deux principales confréries, la Qadiriyya et la Naqshbandiyya, y ont toujours été très actives. La Qadiriyya – à laquelle les ordres Rifaiyya et Caznazaniyya sont liés - tire son nom d’Abdelkader al-Gilani, théologien mort à Bagdad et enterré en 1166. Cette tariqa - voie soufie –, fut la première fondée dans le monde musulman. Elle demeure la plus importante. L’émir Abdelkader, qui s’opposa à la conquête de l’Algérie par les Français en 1830, était un de ses disciples. En Irak, le nom de Gilani est également lié au coup d’Etat anti-britannique de Rachid Ali al-Gilani et des officiers du Carré d’or, en 1941, dont l’exemple inspira le colonel Nasser et les mouvements anti-coloniaux au Maghreb. Après la prise de Bagdad en 2003, le cheikh Abdul Afif al-Gilani qui prônait l’attentisme, voire le dialogue avec les occupants, sous prétexte d’éviter que l’Irak ne sombre dans la guerre civile, s’enfuit à Kuala Lumpur pour échapper à la colère des qadiris. Un groupe d’auto-défense fut aussitôt créé pour protéger le sanctuaire d’al-Gilani des attaques des milices chiites pro-iraniennes et des salafistes d’Abou Mussab al-Zarqaoui qui traitent les soufis d’hérétiques. En avril 2006, un « Escadron Abdelkader al-Gilani » annonça sa constitution, mais on n’a guère entendu parler de lui depuis.

 

La Naqshbandiyya tire son nom de Baha’uddin Naqshband, théologien né en 1317 près de Boukhara. Elle se distingue des autres ordres soufis qui font remonter leur chaîne initiatique au Prophète Muhammad par Ali, son gendre et 4ème calife, en se prévalant d’enseignements secrets transmis préalablement par Abou Bakr, premier calife. La branche irakienne de la confrérie appartient à la Naqshbandiyya-Khalidiyya, du nom de son fondateur Cheikh Khalid - mort en 1857 -, originaire de Shahrazur, bourgade kurde de Mésopotamie. L’ordre qui s’implanta rapidement dans l’empire Ottoman, en Asie centrale et en Inde, s’opposa dès sa création aux déviations imposées en Perse à l’islam par la dynastie chiite safavide. Il demeure très influent dans le Caucase où l’imam naqshbandi Chamil, chef légendaire de la résistance anti-russe, fonda au 19ème siècle un Etat régi par la charia comprenant la Tchétchénie et le Daghestan.

Foi, ascétisme et guérilla

En Irak, la Naqshbandiyya s’est préparée à résister dès la fin 2002, mais n’a signé ses opérations, pour des raisons d’efficacité, que bien plus tard. C’est pourtant un commando naqshbandi qui créa la première grande panique dans la Zone verte, le 26 octobre 2003 à l’aube, en attaquant au lance- roquettes l’hôtel al-Rashid où dormait Paul Wolfowitz, n°2 du Pentagone, faisant plusieurs victimes dont un général américain. En 2004, ses moudjahidine participèrent à la bataille de Fallujah, puis à celle de Samarra. Aujourd’hui, selon les Américains, il y aurait de 2 à 3000 combattants naqshbandis, rien que dans la région de Kirkouk, qui harassent les bases américaines. Dans la conjoncture actuelle, la multiplicité des organisations de résistance apparaît à la JRTN comme une nécessité. Elle affirme qu’un commandement unique nuirait à leur capacité d’action sur le terrain, faciliterait le travail de sape des occupants. En interdisant clairement les attentats aveugles et l’exécution d’Irakiens - sauf s’il s’agit de collaborateurs - elle marque sa différence de méthode avec al-Qaïda. Mais ce qui fait la force de l’ « Armée Naqshbandi », c’est la foi religieuse, le mode de vie ascétique et le patriotisme de ses membres, son aptitude à transcender les clivages ethniques, et son encadrement composé de militaires de l’ancienne armée irakienne.

La CIA, « Le Pape » de la Casnazaniyya, et les « Rockstars »

La confrérie soufie Casnazaniyya, branche de la Qadiriyya, est connue en Irak pour ses cérémonies mystiques à la fin desquelles des derviches en extase s’entaillent la langue au rasoir, se transpercent avec des pics, ou se plantent un poignard dans le crâne. La foi qui les anime, l’insensibilité à la douleur et l’étonnante rapidité de cicatrisation des plaies, sont la preuve que Dieu - selon la secte - accomplit des miracles par l'entremise de leur cheikh. Muhammad al-Kasnazani, leur maître actuel, était connu pour ses relations avec plusieurs dirigeants irakiens, dont Izzat Ibrahim al-Douri. A la fin des années 70, il avait donné un gage de loyauté en créant une milice qui pourchassait les peshmergas de Jalal Talabani, actuel président de la République. Recruté par la CIA, sous le nom de code « le Pape », il aurait participé en 1995 à une tentative de renversement du président Saddam Hussein. D’après des documents saisis par les Américains, au siège des services secrets irakiens en 2003, Muhammad al-Kasnazani et ses fils Nehru et Gandhi – nom de code « Rockstars » - jouaient double jeu. En 2001, Muhammad, autre fils du cheikh, fut jeté en prison pour s’être alloué du pétrole de contrebande en imitant la signature de Saddam Hussein. Condamné à mort avec ses deux frères impliqués dans l’escroquerie, ils furent libérés grâce à l’intervention d’un ancien dirigeant kurde communiste, devenu soufi. Réfugiés avec leur père à Soulimaniya - sous la protection de Talabani - ils aidèrent les Américains à s’emparer de Bagdad en fournissant des listes de responsables baasistes à arrêter. Déçu de n’avoir pas été nommé ministre du nouveau régime, Nehru s’est transformé en homme d’affaires. Il a créé un quotidien, un parti politique et une société de sécurité. En 2009, il s’est offert les services d’une lobbyiste, ancien agent de liaison entre le commandement américain à Bagdad et l’armée du régime. Elle lui a ouvert les portes du Congrès américain. Depuis, Nehru se verrait bien président de la République irakienne.

Le « bon Naqshbandi » des néo-conservateurs.

Attention ! Ne pas confondre la Naqshdandiyya, dont l’Armée Naqshbandi d’Irak est issue… et l’ordre Naqshbandi qui se prévaut des enseignements de Nazim al-Haqqani, mufti d’origine libanaise. Ce courant soufi groupusculaire, mais très présent sur le Web, est dirigé aux Etats-Unis par Hisham al-Kabbani, son gendre. Véritable coqueluche des « Vulcains » - lobby néo-conservateur comprenant notamment Condoleeza Rice, Paul Wolfowitz et Richard Perle – ce religieux s’est fait un des chantres du renversement de Saddam Hussein, puis de la guerre contre le terrorisme.

En octobre 2003, Kabbani a participé, à Washington, à une réunion du Centre Nixon pour utiliser le soufisme comme soutien des visées américaines au Proche-Orient et en Asie centrale. Y participaient, entre autres, l’orientaliste pro-israélien Bernard Lewis, Dick Cheney, Jebb Bush – frère du président - , Zalmay Khalizad – futur ambassadeur américain en Afghanistan, puis en Irak - et Eliott Abrams, anti-palestinien viscéral chargé par W. Bush… de faire « progresser la démocratie dans le monde ». Affirmant qu’aux Etats-Unis « 80% des mosquées », sont tenues par des extrémistes, Kabbani s’est autoproclamé « guide mondial de l’Ordre Naqshbandi » et a créé un « Conseil islamique suprême d’Amérique» (ISCA) dont il s’est fait élire président. Hedieh Mirahmadi, ancien conseiller de l’ambassade des Etats-Unis à Kaboul, et membre fondateur du « Comité pour le danger présent » créé en juillet 2004 pour sensibiliser l’Administration étasunienne à la « menace islamiste », en est le directeur. Qu’en est-il depuis ?

On ne fera croire à personne que la CIA a abandonné son programme d’instrumentalisation des sectes musulmanes après le discours du Caire de Barack Obama, le 4 juin dernier.

Gilles Munier

n°96

2 octobre 2009

 (Afrique Asie – octobre 2009) 


1-2 Daoud Al-Farhane : L’ambassadeur Crocker reconnaît que «les américains n’avaient aucun plan pour gouverner l’Irak »   
 L’ambassadeur américain Ryan Crocker n’est pas très connu dans le monde arabe bien qu’il soit l’un des rares survivants de l’explosion de l’ambassade américaine à Beyrouth en 1986. Il était aussi sur les lieux lors de l’action contre le World Trade Center le 11 septembre 2001, ainsi que lors de la guerre contre l’Afghanistan en 2002  et contre l’Irak en 2003.  
 Il était toujours dans les coulisses du pouvoir. Il avait pourtant de quoi être célèbre ayant pu s’extraire avec sa femme des décombres de l’ambassade américaine à Beyrouth et échappé à un tir au mortier contre sa résidence dans la zone verte à Bagdad en 2008.
 Comme le gouverneur Bremer auparavant, voici que l’ambassadeur Crocker sort de sa réserve pour reconnaître « l’échec de la politique américaine en Irak, les luttes d’influence entre militaires et civils américains et la guerre sans merci que se livrent les nouveaux hommes politiques irakiens pour la domination, le pouvoir et l’argent.
 Crocker qui est le cinquième ambassadeur américain à Bagdad depuis l’occupation de l’Irak, après Garner, Bremer, Negroponti et Zelman Khalil Zada, reconnaît aujourd’hui que le plus grand défaut des américains en Irak, est qu’ils « n’ont pas ce qu’il appelle « la patience stratégique » et qu’ils ont le souffle court, à l’inverse de ce que font les héros du cinéma américain, quand ils parviennent à accomplir leur mission au cours de quelques heures en détruisant totalement l’ennemi et en sauvant l’Amérique d’une  attaque aérienne nucléaire ou chimique.   
 Dans un long article publié par le magasine News Week,
http://www.newsweek.com/id/214988/, la semaine dernière, l’ambassadeur écrit que « très peu de chefs militaires américains avaient une idée claire du paysage politique irakien le lendemain de la chute de l’ancien régime en avril 2003. Je me souviens avoir rencontré l’un d’entre eux qui m’avait donné l’impression qu’il se foutait absolument de tout en dehors du mouvement de ses troupes : positionnement, défense et tirs sur les objectifs…

J’ai essayé de lui expliquer ce que pourrait être l’idée que se feraient les irakiens des USA et de leurs troupes si nous ne trouvions pas le moyen de régler l’ensemble des problèmes économiques, sociaux et politiques. Sa réponse était celle de nombreux militaires : « ce n’est pas notre mission, ce que vous me dites est digne d’intérêt mais je n’ai rien avoir avec tout cela ».
 A propos des scènes de vol, de pillage et d’incendie qu’a connues l’Irak au cours de la première semaine de l’occupation et qui s’étaient déroulées au nez de l’armée américaine, Crocker explique « que la chute de l’ancien régime a été traduite comme étant la fin de l’ordre public et le règne du désordre. Ce fut la porte largement ouverte aux criminels et aux bandits pour une maîtrise totale de la rue et le pillage des édifices publics et des commerces. Ils ont incendié et détruit le musée national et même le réseau électrique national, récupéré et vendu les câbles de cuivre. Les irakiens ont déduit de ce désordre que les américains n’accordaient aucun intérêt à leur situation, qu’ils étaient incapables de maîtriser le déroulement des événements et n’avaient ni un plan ni les moyens nécessaires au maintien de l’ordre dans le pays ».
 Crocker reconnaît que « les américains n’avaient aucun plan pour gouverner l’Irak et même, plus précisément, un plan pour le lendemain de la chute de Saddam Hussein » et se demande « s’ils avaient ne serait-ce  un plan pour constituer un gouvernement irakien sans pouvoir ». Sa réponse, claire et nette : est non, puisque les forces d’occupation n’ont réussi à constituer le « conseil intérimaire de gouvernement », de triste réputation, qu’avec l’aide des Nations Unies.
 La dernière mission confiée à Crocker par le state department en 2007 était d’aller à Bagdad.

La résistance, dont les premières opérations avaient commencé au cours de la première semaine de l’occupation, « avait atteint son apogée », selon ses termes. Elle était même convaincue de pouvoir nous mettre, à brève échéance, hors d’Irak. Crocker reconnaît que les troupes américaines manquaient autant de patience stratégique que d’unité de commandement. Il dit que les ennemis de l’Amérique en Irak avaient exploité notre arrogance pour infliger davantage de pertes à nos troupes et à celles de nos alliés.
 Mais malgré tout,
Crocker ne formule aucune critique contre le président Bush ou contre aucun des hommes politiques irakiens de connivence ou collaborant avec les troupes d’occupation. En ce domaine, il a la même position que  tous les chefs militaires et hommes politiques américains qui considèrent ces hommes comme des « Karakouz* » ou des pantins, ne méritant ni la critique, ni même l’injure.Tout juste le mépris !
 ‏*Le karakouz est le guignol du théâtre des marionnettes Ottoman(Ndt). 
 Daoud Al-Farhane

 Traduit de l’arabe par Ahmed Manai

28/9
http://rsistancedespeuples.blogspot.com/2009/09/aveux-de-lambassadeur-americain-bagdad.html/
http://www.iraqirabita.org/index.php?do=article&id=21450/

http://www.alterinfo.net/LES-AVEUX-DE-L-AMBASSADEUR-AMERICAIN-A-BAGDAD_a37236.html


1-3 Après Bush, la paix ?

"Aux terroristes qui sont contre nous, mon message est le même : nous vous vaincrons." B. Obama, 27 mars 2009

L'élection de Barack Obama a provoqué en Europe un très grand enthousiasme, engouement et espoir. Le capital de sympathie est incontestable, et on peu difficilement échapper au symbole du premier Noir à la Maison Blanche, dans un pays ou régnait, il y a peu, l'apartheid.

En particulier, l'espoir est immense que la fin de l'administration Bush a réellement éloigné le monde de la guerre, et le sentiment largement répandu dans l'opinion est que Obama oeuvre pour la paix

Il y a eu, de fait, quelques belles paroles et gestes symboliques de Barack Obama, - mais si on y regarde de plus près, les éléments factuels manquent malheureusement pour alimenter l'illusion.

Change we can believe in…

On a beaucoup mis en avant le retrait des troupes US d'Irak, qu'elles avaient envahi il y a 6 ans déjà. Le plan de retrait prévoit en réalité de conserver sur place une force de plusieurs dizaines de milliers de soldats (50.000 hommes d'après certaines estimations), pour continuer à entraîner les forces de sécurité irakiennes, combattre les "terroristes" étrangers, protéger les institutions américaines, et protéger le nouveau 'pouvoir' irakien... à sa demande bien sûr, - comment ne pourraient-ils pas demander ? La recrudescence actuelle des attentats meurtriers absurdes contre la population pourrait bien être l'action des services secrets états-uniens qui ont une longue pratique, et qui ont tout intérêt à rendre leur présence indéfiniment indispensable.

Un indicateur autrement plus parlant que les belles phrases, est le budget de la "défense". Obama a demandé au Congrès de débloquer 83,4 milliards de dollars supplémentaires pour financer les opérations militaires en Irak et en Afghanistan, soit plus que ce que n’avait demandé le va-t-en guerre G.W. Bush.

Les Etats-Unis ont accru leur présence en Afghanistan à 56.000 hommes actuellement, et devraient arriver à près de 70.000 d'ici l'automne. Le modèle suivi pour "pacifier" l'Afghanistan est ouvertement celui du surge irakien, une "déferlante" de force censée briser toute résistance – et permettre un hypothétique retrait ultérieur. Obama a été manifestement impressionné par la politique de "surge" de son prédécesseur au point de le qualifier sur Fox News de succès "au delà des rêves les plus fous" ["beyond our wildest dreams"].

Ce rêve fou est en train de déborder sur le Pakistan, pris dans le bain de sang de la guerre au terrorisme. Les drones US bombardent désormais régulièrement les régions pachtounes, ciblant les "terroristes" désignés, massacrant en passant les civils tout autour : selon certaines sources, 6% de militants sur plus de 700 victimes1. Les taliban se montrent plus sélectifs. Ce sont de biens singulières entrées en matière pour une administration supposée œuvrer pour la paix.

Bref il est assez difficile de voir où se situe vraiment le changement dans lequel on est tenu de "croire", où est la différence concrète entre les politiques guerrières des deux administrations

Par contre et cela est beaucoup plus inquiétant, l'emballement médiatique pour Obama permet de faire beaucoup mieux passer, chez nous, l'engagement européen dans ces guerres, et dans celles qui s'annoncent. Le discours sur la nouvelle attitude de coopération des USA avec les Alliés est en fait un appel à une plus grande implication de l'OTAN dans les guerres impériales. Au moins l'arrogance de Bush et de sa bande de néo-cons nous épargnait cela.

Les effets sont tout à fait réels : Quelque 33.000 soldats supplémentaires sont déployés en Afghanistan venant de l'Otan ou des pays alliés. Les ministres des affaires extérieurs des pays de l'Otan ont avalisé sans broncher le fait que l'Isaf passe sous commandement unifié US, coordonnant la stratégie de l'Isaf et de l'opération "Enduring Freedom". L'illusion de la force de maintien de la paix de l'Otan bien distincte de l'opération de guerre US est bien révolue.

Opération Mossadegh 2.0, j'ai foiré…

Les élections iraniennes ont été comme il fallait s'y attendre l'occasion d'une tentative de changement de régime selon le scénario bien rodé, entamé il y a bientôt 10 ans avec Otpor en Yougoslavie : le candidat choisi par l'Occident déclare sans aucune preuve que c'est lui qui a gagné et des provocateurs commencent à allumer les troubles. Dans la dernière mouture, le scénario s'est enrichi avec le recours aux technologies modernes, FaceBook, You Tube mis à contribution, des messages provocateurs notamment propagés par Twitter pour enflammer les esprits.

En 2006 l'administration états-unienne avait, de manière tout à fait officielle, consacré un budget de 85 millions de $ pour le 'changement de régime' en Iran2. On imagine que cet argent a été bien utilisé. "15 millions de $ seront dévolus au financement d'organisations US qui soutiendront des syndicats iraniens et des activités civiles, et pour financer des groupes iraniens. …5 millions de $ de plus iront pour entrer en contact avec les Iraniens qui ont Internet et utilisent les messageries instantanées...." précisait-on…

On ne peut qu'admirer ici aussi la belle continuité avec l'administration précédente, et, en fait avec beaucoup de celles qui ont précédés. On a aujourd'hui du mal à imaginer par exemple que l'opinion occidentale a pu croire en 1953 que Mossadegh avait été renversé par la rue.

World War III, yes we can ?

Que cette tentative de renversement ait échoué ne doit pas masquer le fait que cela a été aussi une formidable occasion ici de donner un coup d'accélérateur à la propagande de guerre contre l'Iran. Au bruit de fond usuel sur la bombe nucléaire iranienne, s'ajoute maintenant le thème porteur des droits de l'homme et de la démocratie. La vidéo suspecte de la jeune iranienne "massacrée par les Bassidjis" est utilisée pour créer la même émotion irraisonnée que l'histoire du massacre de Racak, Kosovo. Au-delà de ce thème, d'autres "informations" paraissent, telle celle selon laquelle l'Iran serait en train d'armer les insurgés afghans, sapant le bel effort de l'Otan pour aider ce pays. Colombani, l'ancien directeur du Monde, fantasme sur "le pouvoir acculé [qui] pourrait être tenté par une aventure extérieure." « Et dans les mains d'un pouvoir aussi irrationnel …ce n'est pas seulement la région mais une bonne partie du monde qui s'en trouverait mise en danger. Le nucléaire au service d'une forme de fascisme est une menace majeure qu'il ne faut pas perdre de vue. »3 : Tout est en train de se mettre en place pour justifier une "légitime défense" contre ce danger.

Le plus inquiétant est le fait que cette propagande gagne le camp 'progressiste', voire même certaines parties du mouvement de la paix4, à nouveau affolé par le discours sur les droits de l'homme. Cela nous rappelle de bien mauvais souvenirs yougoslaves.

Si un tel scénario se confirmait, l’Otan serait plus que probablement partie prenante. Outre la présence physique des troupes de l’Otan aujourd’hui tout autour de l’Iran, les déclarations successives des Sommets de l’Alliance n’omettent jamais de mentionner la profonde préoccupation de ses membres sur le danger nucléaire que présenterait l’Iran, et leur engagement à faire respecter les accords de non-prolifération et les résolutions de l’ONU par lesquels ils sont liés5 ; enfin la France qui vient de réintégrer l’Otan à part entière a posté une base militaire à Abu Dhabi , à 200km juste en face de l’Iran et signé un accord de défense avec les Émirats arabes unis : « La France au premier rang d'un éventuel conflit avec l'Iran » annonce fièrement Le Figaro, qui précise qu’« une attaque de l'Iran pourrait être considérée comme portant atteinte aux intérêts vitaux de Paris », … et donc entraîner automatiquement les Alliés de l’Otan.

« Le ‘containment’ (l’encerclement) de l'Iran a commencé. Alors que Téhéran n'a pas donné suite aux propositions de négociations faites par Washington, les grandes capitales se préparent désormais à tous les scénarios. … À Paris comme à Tel Aviv et à Washington, on n'exclut pas qu'un échec des négociations ouvertes entre la nouvelle Administration américaine et Téhéran se solde un jour par un bombardement de l'Iran » écrit notamment ce journal.

Nous sommes actuellement soumis à une propagande tous azimuts contre l’Iran : démocratie, danger nucléaire, droit des hommes, droit des femmes, liberté d’expression, burqa, liberté de mœurs, négationnisme, anti-sémitisme… tout y passe, et cela ressemble fort à la préparation psychologique de l’opinion à une guerre nécessaire contre ces affreux. Le charme de Barack Obama, et le beau sourire de sa femme, autrement glamour que Laura Bush, pourraient malheureusement être l’un des éléments de l’adhésion de l’opinion publique à la guerre.

1. Eric Margolis, Winnipeg Sun
2
. Boston Globe, traduit sur Planète non-violence
3
. "Que faut-il faire avec l'Iran", www.slate.fr
4
. cf. Le Mouvement de la Paix
5
. cf. la déclaration finale du Sommet de Bucarest

Pour rappel, extrait de Alerte Otan 34, avril-juin 2009
http://www.csotan.org/ao/article.php?ao_id=34&art_id=457&Mois=juillet&Year=2009 


n° 456 - Les Dossiers d'Irak - 13-10 – Suite - : L’ambassadeur Crocker reconnaît que «les américains n’avaient aucun plan pour gouverner l’Irak »

n° 456 - Les Dossiers d'Irak - 13-10 – Suite  - : L’ambassadeur Crocker reconnaît que «les américains n’avaient aucun plan pour gouverner l’Irak » 



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les Dossiers d'Irak

N° 456                                                             13/10/09

C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire :

Tiré à part

Dossier & Point de vue – Suite  -

1-4 Laure Marchand : Sur l'or noir de Kirkouk, le terrorisme prospère.

1-5 Jacques Coubard : Guerre et torture rapportent aux USA.

1-6 Sherwood Ross : L’essor des armées de mercenaires : une menace à la sécurité mondiale.


1-4 Laure Marchand : Sur l'or noir de Kirkouk, le terrorisme prospère.
Ndlr : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage l'analyse de l'auteur mais doit être vu comme information

Tandis que les autorités kurdes réclament à Bagdad le rattachement de ce centre pétrolier à la région autonome du Kurdistan, les attaques contre les forces de l'ordre irakiennes ou américaines se multiplient.

Le Figaro a passé une journée dans les pas de la police locale.

À huit heures du matin, les blindés bouclent la zone industrielle de Kirkouk, dans le nord de l'Irak.

Des hélicoptères tournent au-dessus des bâtiments. Personne ne pourra en sortir tant que les contrôles d'identité de tous les ouvriers n'auront pas été effectués et les ateliers fouillés. La veille, deux bombes ont explosé lors du passage de convois militaires sur des routes des environs. Bilan : deux policiers tués et sept blessés, dont trois soldats américains.

Sarhad Kadr, le chef de la police chargée de la lutte antiterroriste dans la province, a «reçu des informations». Les auteurs de l'attaque auraient pu se replier ici. Pour «cette opération de routine», ce général kurde a déployé 250 hommes, des policiers, des soldats des armées irakienne et américaine, venues en renfort à sa demande.

Kirkouk et ses gigantesques réserves de pétrole se trouvent au cœur d'une dispute entre le gouvernement central de Bagdad et les autorités kurdes, qui réclament son rattachement à la région autonome du Kurdistan. Selon le général Ray Odierno, commandant des troupes américaines en Irak, «al-Qaida s'engouffre dans le fossé qui s'est creusé entre Arabes et Kurdes», et la province, ainsi que ses deux voisines, Ninive et Diyala, sont devenues les principaux foyers d'instabilité du pays. Rompant avec l'accord de sécurité conclu entre Bagdad et Washington, qui a entraîné le retrait des troupes américaines des villes en juin avant leur départ définitif en 2011, Odierno a proposé en août l'établissement d'une force composée de soldats américains, irakiens et de pechmergas kurdes. Leur mission consisterait essentiellement à sécuriser les villages de ces territoires disputés.

Le général Kadr a envoyé ses troupes inspecter les bâtiments.

Assis sous un ventilateur fatigué, il passe en revue les atouts du plan américain : «Vu l'importance de la superficie, la nettoyer en entier est difficile. En plus, il faut prendre en compte un possible risque de guerre entre les communautés.

Ce projet de force multiethnique est donc positif.» À ses côtés, le lieutenant-colonel Andrew Shoffner estime que «l'opération en cours représente un bon exemple du fonctionnement des futures troupes mixtes. Seuls manquent les pechmergas. Mais les Irakiens sont désormais capables de conduire ce type d'actions. Il y a deux ans, c'était impossible».

«T'es bien nerveux, toi !»

Une usine d'emballage de cannettes de jus de fruits importées d'Arabie saoudite a été réquisitionnée. Dans la cour, des dizaines d'ouvriers patientent en file indienne. Les services de renseignements irakiens, l'armée et la police vérifient si leur nom figure sur leur liste des personnes recherchées. Au bout de deux heures, quinze hommes ont été mis à l'écart et se retrouvent accroupis, le long du grillage. Des garçons d'une vingtaine d'années. Huit n'ont pas de papiers ou une carte d'identité suspecte. Sept sont fichés comme terroristes…

Un GI prend les empreintes digitales, photographie les iris et entre le tout dans la base informatique qui contient les dossiers de terroristes traqués en Irak et à l'étranger par les Américains. «Les Irakiens n'ont pas encore le matériel», explique Joseph Rauchet, un policier new-yorkais à la retraite, qui supervise l'identification. Il tâte le pouls d'un colosse à la chemise trempée de sueur. «T'es bien nerveux toi. Si t'habites à Bagdad, qu'est-ce que tu fais ici ? T'es sûr que tu n'as jamais participé à une petite attaque ?», le questionne-t-il. «Non, je le jure, je ne suis qu'un chauffeur, j'ai jamais tué, pas même un poulet.» Le militaire rigole. Le timbre passé sur ses mains a réagi aux tests chimiques et a viré au rose, révélant des traces d'explosifs. 

L'Armée des adeptes de Naqchabandiya

Une dizaine de groupes, principalement des djihadistes sunnites, sont actifs dans la région. Al-Qaida et l'État islamique d'Irak arrivent en tête. Mais, depuis quelques mois, l'Armée des adeptes de Naqchabandiya multiplie les attentats. Dirigée par d'anciens fidèles de Saddam Hussein, elle recrute des hommes de l'ère baasiste, principalement des Arabes sunnites, mais aussi des Turkmènes et des Kurdes. «Nous nous sommes aperçus que cette fraction réalisait de nombreuses attaques que l'on attribuait à d'autres», explique le général Sarhad Kadr. Elle est notamment spécialisée dans les bombes le long des routes, comme celles qui ont visé les deux convois la veille. Sur les quinze ouvriers arrêtés, trois font partie de l'Armée des adeptes de Naqchabandiya. L'un d'eux, tout juste sorti de l'adolescence, fait nerveusement craquer ses doigts. «On a ton nom, Saïd Ibrahim, tu devrais être en prison. Qu'est-ce que tu fais ici ?», l'interroge le chef de la police. Il avait été arrêté en janvier. Son ordinateur était bourré d'informations sur cette organisation. Mais, à Kirkouk, la lutte antiterroriste doit aussi compter avec la compromission de la justice et des forces de l'ordre. Selon un rapport de la Commission pour l'intégrité publique, il s'agit de la ville d'Irak où la corruption de fonctionnaires est la plus répandue.

À midi, les militaires grimpent dans les pick-up, satisfaits de leur tableau de chasse. La zone industrielle n'hébergeait aucun atelier de fabrication de bombes. L'après-midi, une maison est partie en fumée en plein centre de Kirkouk, tuant huit habitants. Une voiture piégée stationnait dans le garage. À la fin de la semaine dernière, cinq militaires ont péri dans une attaque et la famille d'un policier a été massacrée.

Laure Marchand

15/09

http://www.lefigaro.fr/international/2009/09/15/01003-20090915ARTFIG00310-sur-l-or-noir-de-kirkouk-le-terrorisme-prospere-.php


1-5 Jacques Coubard : Guerre et torture rapportent aux USA.

La privatisation des tâches les plus sordides de l’armée à la société Blackwater n’a pas cessé alors que de nouvelles révélations surgissent sur ses méthodes d’interrogation.
En avant-première, Newsweek publie cette semaine des extraits d’un long document officiel relatant comment la CIA confiait une partie du « sale boulot » de la guerre en Irak et en Afghanistan à une armée de mercenaires. Ils se chargeaient de la torture des détenus, simulant des exécutions, appliquant des électrodes, utilisant ce manuel mode d’emploi à destination des bourreaux dont la révélation avait déjà provoqué un débat sur les méthodes employées au temps de George Bush. Sauf que cette fois, il apparaît, selon d’autres sources, que la sous-traitance d’opérations de « sécurité » se poursuit .

La semaine dernière, le directeur de la CIA, Léon Panetta, avait informé le Congrès que la société Blackwater avait été chargée par la Centrale, en 2004, de mettre en œuvre un programme secret d’exécutions de dirigeants d’Al Qaida.

Les assassins ayant raté leurs cibles le programme fut annulé, mais il reste que jamais le Congrès, sauf quelques « privilégiés », n’avait été informé, alors que cette décision devait avoir son approbation.

Le rapport de Leon Panetta a déclenché une série de révélations sur les activités de cette armée privée prête à fournir assassins, bourreaux ou agents de sécurité.

Deux anciens mercenaires ont confié à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel que leur compagnie avait été chargée de transférer des détenus de Guantanamo dans les prisons secrètes de la CIA au Pakistan, en Afghanistan et en Ouzbekistan.

Des opérations qui se déroulaient alors que l’actuel ministre de la Défense, Robert Gates, était à la tête de la CIA. Leon Panetta n’a-t-il ouvert qu’une partie de la boîte à Pandore ?

Au lendemain de l’invasion de l’Irak, c’est à Blackwater que fut confiée la garde de la plus grande ambassade américaine du monde, celle de la zone verte à Bagdad et la sécurité des oléoducs irakiens. Blackwater est actuellement poursuivie aux États-Unis pour l’implication de ses mercenaires dans une intervention qui a fait 17morts en plein centre de la capitale irakienne. Elle est également accusée par les Irakiens de viols, de vols, de destructions…

Repliée en grande partie en Afghanistan, elle a été chargée récemment d’y remplacer, écrit le New York Times, les spécialistes de la CIA qui chargeaient les bombes et dirigeaient les avions robots en opération au Pakistan depuis des bases secrètes établies dans les deux pays. Jusqu’ici leur guidage, et les bombardements, était opérés sur des écrans d’ordinateurs depuis une base de la CIA située près de Los Angeles à partir des caméras de bords, par des opérateurs photographiés par Times magazine.

Blackwater a participé au conflit en Bosnie (début des années quatre-vingt-dix), à la « révolution des roses » en Géorgie (2003). La compagnie s’est installée dans la foulée du déploiement américain en Asie centrale, en Azerbaïdjan, au Kazakhstan, où elle veille sur l’oléoduc qui va de Bakou à Ceyhan, en Turquie.

Le PDG de cette prospère société, Erik Prince, un fondamentaliste chrétien, emploie des anciens des commandos de l’Apartheid, de l’armée de Pinochet, des ex-contras du Nicaragua, des escadrons de la mort du Honduras ou de Colombie, des anciens détenus…

Tous sous la direction de cadres venus de la CIA qui font l’aller retour entre public et privé, plus rémunérateur. Le coût des opérations traités par Blackwater est bien plus élevé que celles de la CIA. Son compte a été ouvert sur le budget du Département d’État et partiellement du ministère de la defense.

Blackwater domine un marché où les concurrents sont Triple Canopy et Dyn Corp. Les mercenaires représenteraient 27% des quelque 100000employés du renseignement, formant « l’armée privée la plus puissante du monde », selon le titre du livre que lui a consacré le journaliste américain Jérémy Scahill (Acte Sud).

Au temps de George W. Bush, le prix Nobel Joseph Stiglitz avait estimé dans son livre, Une guerre à 3000milliards de dollars (Fayard, 2008), à plus d’un milliard par an le coût de cette sous-traitance pour les contribuables. De quoi enrichir le débat sur les crédits qui devraient être affectés à une « option publique », une sorte de sécurité sociale, pour le système de santé qui fait scandale dans les rangs conservateurs et chez certains élus démocrates, au nom de la liberté d’entreprise des assurances privées et de l’industrie pharmaceutique de rançonner les malades

Jacques Coubard

L'Humanité

Mondialisation.ca,

Le 2 septembre 2009
Articles de Jacques Coubard publiés par Mondialisation.ca

http://www.mondialisation.ca:80/index.php?context=viewArticle&code=COU20090902&articleId=15026 


1-6 Sherwood Ross : L’essor des armées de mercenaires : une menace à la sécurité mondiale.

Nouvel Ordre Mondial

En plus de soumettre les populations ciblées à une guerre sauvage, l’utilisation croissante d’armées privées facilite également la subversion de l’opinion publique nationale et la conduite de la guerre pour la Maison-Blanche.

Les États-uniens sont moins enclins à s’opposer à une guerre menée par des mercenaires étrangers, même lorsque leurs propres impôts sont gaspillés pour la financer.

« L’usage croissant de contractuels, de forces privées, ou, comme diraient certains, de “mercenaires” rend les guerres plus facile à commencer et à mener : on a seulement besoin d’argent, pas des citoyens », affirme Michael Ratner, du Center for Constitutional Rights de New York. « Dans la mesure où une population est appelée à aller en guerre, il y a de la résistance, une résistance nécessaire à la prévention de guerres d’autoglorification, de guerres stupides et, dans le cas des États-Unis, de guerres hégémonistes et impérialistes. »

En effet, le Pentagone a connu les dangers de la conscription lors des manifestations populaires massives qu’elle a provoqué durant la guerre du Vietnam.

Aujourd’hui il préférerait un champ de bataille électronique – et y travaille – où des robots guidés par des systèmes de surveillance sophistiqués mènent le combat, minimisant ainsi les pertes étatsuniennes. Entre-temps, il tolère l’emploi de contractants privés pour l’aider à livrer ses batailles.

L’Irak offre l’exemple crève-coeur d’une guerre dans laquelle des combattants contractuels ont tellement indigné le public qu’ils devaient “libérer” que lorsque le combat a éclaté à Fallujah, la foule enragée a désacralisé les cadavres de quatre mercenaires de Blackwater. Cette scène atroce a été télévisée à travers le monde entier et a incité les États-Unis à lancer une agression militaire de représailles vindicative à Fallujah, provoquant la mort et la destruction sur un vaste territoire.

Tout comme les colons étatsuniens méprisaient les Hessois lors de la guerre d’indépendance, les Irakiens en sont venus à détester davantage Blackwater et ses contractuels sympathisants que les soldats étatsuniens, qui leur témoignaient souvent de la gentillesse, selon un journaliste ayant vécu dans la zone de guerre.

« Il n’était pas inhabituel pour un soldat étatsunien, ou même pour une unité complète, de développer une relation très amicale avec une communauté irakienne. Cela n’arrivait pas tous les jours, mais ce n’était pas inouï », écrit Ahmed Mansour, un reporter égyptien et animateur d’une émission-débat au Qatar pour al-Jazeera, le réseau de télévision du Moyen-Orient.

« Il n’était absolument pas singulier non plus de voir des troupes étatsuniennes faire des top là aux adolescents irakiens, de tenir le bras d’une vielle dame irakienne pour l’aider à traverser la rue ou d’aider quelqu’un à se sortir d’une situation difficile […]

Ce n’était pas le cas avec les mercenaires. Ils savaient qu’ils étaient vus comme des voyous malfaisants et voulaient que cela reste ainsi. »

Dans son livre ‘Inside Fallujah ‘ (Olive Branch Press), Mansour dit que « les mercenaires étaient vus comme des monstres, principalement en raison de leur comportement monstrueux. Ils ne parlaient jamais à personne avec des mots : ils utilisaient uniquement le langage du feu, des balles et de la force létale absolue. Il était assez courant de voir un mercenaire écraser une petite voiture irakienne dans laquelle se trouvaient des passagers, seulement parce que ces mercenaires étaient coincés dans un embouteillage ».

Mansour, mieux connu pour son rôle d’animateur de l’émission-débat Without Limits, affirme que son auditoire était outré à la simple pensée qu’une superpuissance politique comme les États-Unis engage des mercenaires pour faire son travail déplaisant au lieu d’utiliser des soldats qui croient en leur pays et sa mission. Les téléspectateurs étaient de toute évidence également indignés par les épouvantables crimes de guerre que commettaient ces mercenaires.

Blackwater a finalement été critiquée après que ses forces ont fauché 17 civils le 16 septembre 2007 dans ce que les autorités irakiennes ont décrit comme une agression délibérée sur la place Nisour à Bagdad. Ces dernières ont refusé de renouveler leur permis d’exploitation. Le groupe de sécurité, dont le siège social est à Moyock, N.C., a changé son nom pour Xe Services. Selon le magazine The Nation, l’entreprise a tout de même pu renouveler son contrat au montant 20 millions de dollars jusqu’au 3 septembre, pour protéger les fonctionnaires du département d’État. Toutefois, une partie de son travail est assumé par Triple Canopy, de Herndon, Va., une autre firme au passé sombre.

Dans son livre Halliburton’s Army (Nation Books), Pratap Chatterjee prétend que Triple Canopy emploie des « agents de sécurité privés ayant prétendument ciblé des civils irakiens pour le plaisir, tentant de les tuer, alors qu’ils travaillaient pour Halliburton/KBR ». En parlant des mercenaires comme d’un groupe, le brigadier général Karl Hors, conseiller du commandement de la force conjointe des États-Unis, a déjà constaté ceci : « Ces gars sont libres dans ce pays et font des choses stupides. Personne n’a d’autorité sur eux, donc on ne peut pas leur tomber dessus lorsque leur usage de la force dégénère. Ils tirent sur les gens et quelqu’un d’autre doit faire face aux conséquences. Ça se produit partout. »

Une journée avant de quitter Bagdad, le 27 juin 2004, le directeur de l’autorité provisoire de la coalition, le lieutenant Paul Bremer III, a émis la directive 17 interdisant au gouvernement irakien de poursuivre les contractants pour des crimes devant les cours irakiennes. Résultat : lorsque le gouvernement irakien a enquêté sur la place Nisour, ils ont rapporté qu’« à l’exemple de toute autre opération terroriste, le meurtre de sang froid de citoyens par Blackwater est considéré comme un acte terroriste contre des civils. ». Comme le révélait l’Associated Press le 1er avril dernier, « la compagnie ne fait face à aucune accusation. Toutefois l’incident de Bagdad a exacerbé le sentiment qu’ont de nombreux Irakiens que les contractants privés étatsuniens ont opéré depuis 2003 avec peu d’égard pour la loi et la vie irakienne ». Bagdad a également accusé Blackwater d’être impliquée dans un moins six incidents mortels durant l’année qui a précédé celui de la place Nisour, y compris celui ayant causé la mort du journaliste irakien Hana al-Ameedi.

Au printemps 2008, 180 000 mercenaires opéraient en Irak. On ignore combien d’entre eux sont morts : leurs décès ne figurent pas sur les listes des pertes du Pentagone. Comme ils sont nombreux à effectuer des tâches non reliées au combat, il est peu probable qu’ils aient subit autant de pertes et de blessures que les G.I. Selon certaines estimations, 1000 mercenaires auraient peut-être péri en Irak, environ un décès chez les mercenaires pour 4 chez les G.I.

Selon Mansour, un groupe irakien nommé Supporters of Truth (Sympathisants de la vérité) prétend que des hélicoptères étatsuniens volant à basse altitude ont laissé tombé des cadavres de mercenaires dans la rivière Diyala près de la frontière iranienne. Un autre groupe, Islamic Army of Iraq (l’Armée islamique d’Irak), « a découvert une fosse commune pour des mercenaires au service des forces étatsuniennes […] Le groupe affirme que la découverte de charniers pour mercenaires est devenue chose courante en Irak […] » On ne sait pas précisément si ces derniers étaient des mercenaires locaux ou des combattants venus d’ailleurs.

De nombreux soldats de fortune sur la liste de paie de compagnies privées ont auparavant été au service de dictateurs en Afrique du Sud, au Chili et ailleurs. « En Irak, les firmes privées de sécurité, qui forment le deuxième grand élément constitutif de la « coalition des pays disposés » (coalition of the willing), pigent dans des bassins de combattants qualifiés. On estime que presque 70 pour cent d’entre eux proviennent du Salvador », écrit Noam Chomsky dans son livre « Les États manqués » (Fayard). « Les tueurs qualifiés de l’appareil de terrorisme d’État dirigé par Reagan peuvent gagner de meilleurs salaires en perpétuant leur art en Irak qu’en demeurant dans ce qu’il reste de leur société. »

D’autres mercenaires ont été recrutés au sein même de la population irakienne. Dans son livre Rulers and Ruled in the U.S. Empire (Clarity Press), le sociologue James Petras écrit : « L’emploi de mercenaires locaux crée l’illusion que Washington remet graduellement le pouvoir au régime fantoche local. Cela donne l’impression que ce régime fantoche est capable de gouverner et propage le mythe voulant qu’il existe une armée locale stable et fiable. La présence de ces mercenaires locaux crée le mythe selon lequel le conflit interne est une guerre civile au lieu d’une lutte de libération nationale contre un pouvoir colonial.

L’auteur ajoute que « l’échec de la politique étatsunienne préconisant l’utilisation des mercenaires irakiens pour vaincre la résistance se voit dans l’escalade des forces militaires de combat des États-Unis au printemps 2007, 5 ans après une guerre coloniale : de 140 000 à 170 000 troupes, sans compter la présence de quelque 100 000 mercenaires d’entreprises étatsuniennes comme Blackwater ». Il affirme que la force mercenaire irakienne est en proie à de hauts niveaux de désertion.

Dans The Sorrows of the Empire ”(Metropolitan/Owl), Chalmers Johnson écrit : « On assume que le recours à des contractant privés est plus rentable, mais même cela est discutable lorsque les contrats ne vont qu’à des compagnies qui ont de bonnes relations et que l’appel d’offre n’est pas particulièrement compétitif. » Blackwater Security a obtenu un contrat de 27 millions de dollars sans appel d’offre de la part du lieutenant Paul Bremer III, le directeur de l’autorité provisoire de la coalition en 2003. Selon Joseph Stiglitz dans Une guerre à 3000 milliards de dollars (Fayard), le montant a augmenté à 100 millions de dollars un an plus tard et, en 2007, Blackwater détenait un contrat de 1,2 milliards de dollars pour l’Irak, où 845 contractants privés en sécurité étaient embauchés.

Stiglitz note qu’en 2007 les gardiens de sécurité privés travaillant pour des firmes comme Blackwater et Dyncorp gagnaient jusqu’à 1222 dollars par jour ou 445 000 dollars par an. Par comparaison, un sergent de l’armée gagnait entre 140 et 190 dollars par jour en paie et prestations, pour un total de 51 100 à 69 350 dollars par an.

Puisque ce sont les contribuables étatsuniens qui souscrivent les chèques de paie des « soldats privés », où sont les économies ? C’est l’argent provenant des poches des contribuables qui a fait la grandeur de ces armées de l’ombre.

Dans son succès de librairie Blackwater : The Rise of The World’s Most Powerful Mercenary Army (Nation Books), le reporter Jeremy Scahill écrit : « Son installation de sept mille acres à Moyock, N.C., est devenue le centre militaire privé le plus sophistiqué de la planète, car l’entreprise possède l’une des plus grandes réserves privées d’armes lourdes au monde. Il s’agit d’un grand centre d’entraînement à la fois pour les forces militaires et les forces de sécurité locales et fédérales des États-Unis, et les forces étrangères et les particuliers […] On y développe des dirigeables de surveillance ainsi que des bandes d’atterrissage privées pour sa flotte d’aéronefs, laquelle comprend des hélicoptères de combat. » Les représentants de la société affirme avoir entraîné chaque année environ 35 000 militaires et « agents de la force publique ».

L’idée d’externaliser la plupart du travail du Pentagone, des corvées de cuisine au camionnage en zone de guerre, est venue en grande partie du secrétaire à la Défense Dick Cheney au début des années 1990, lorsque le Congrès lui a confié la tâche de réduire les dépenses du Pentagone après l’apaisement de la guerre froide. Puis, après avoir quitté son poste à la Défense pour devenir PDG chez Halliburton, Cheney a aussi géré l’emploi de contractants pour appuyer l’armée engagée en ex-Yougoslavie. Comme le rappelle Pratap Chatterjee dans Halliburton’s Army (Nation Books), « [d]ans l’opération Tempête du désert en 2001 (sic 1991), environ une personne sur cent sur le champ de bataille irakien était contractant, alors qu’aujourd’hui, pour l’opération Liberté immuable, leur nombre est pratiquement égal à celui du personnel militaire ».

Et puisque les mercenaires peuvent travailler en civil, ils sont utiles au Pentagone quand il cherche à instaurer une présence militaire dans un pays sans trop attirer l’attention. Comme l’écrit Scahill, « au lieu d’envoyer des bataillons de l’armée active étatsunienne en Azerbaïdjan, le Pentagone a déployé des « contractants civils » de Blackwater et d’autres firmes pour mettre sur pied une opération servant deux objectifs : protéger la nouvelle exploitation rentable de gaz et de pétrole dans une région historiquement dominée par la Russie et l’Iran et possiblement mettre en place une importante base d’opérations avancée pour une attaque contre l’Iran.

Scahill affirme que « [l]’opposition nationale aux guerres d’agression réduit le nombre de volontaires prêts à servir dans les forces armées, ce qui a toujours calmé l’ardeur guerrière ou entraîné la conscription. Parallèlement, l’opposition internationale a compliqué la tâche qu’avait Washington de persuader les autres gouvernements d’appuyer ses guerres et ses occupations. Mais avec des sociétés privées de mercenaires, cette dynamique change dramatiquement, puisque le bassin de soldats potentiels disponibles pour une administration agressive n’est limité que par le nombre d’hommes sur la surface du globe prêts à tuer pour de l’argent. Grâce à l’aide des mercenaires, on n’a pas besoin de conscription, ni même du soutien de sa propre population pour mener des guerres d’agression, pas plus que d’une coalition de pays « disposés » à vous aider. Si Washington n’a pas suffisamment de personnel dans ses forces nationales pour une invasion ou une occupation, les firmes de mercenaires offrent une alternative privatisée, incluant la base de données de 21 000 contractants de Blackwater […] Si les gouvernements étrangers ne participent pas, on peut toujours acheter des soldats étrangers ».

En janvier 2008, le groupe de travail de l’ONU sur les mercenaires a décelé en Amérique latine une tendance émergente : « Des entreprises privées de sécurité protègent des sociétés extractives transnationales, dont les employés sont souvent impliqués dans la répression de manifestations des communautés, des organisations environnementales ou de protection des droits humains dans les zones où opèrent ces sociétés. » Pour sa part, le ministre sud-africain de la Défense, Mosiuoa Lekota, a qualifié les mercenaires de « fléau des régions pauvres du monde, particulièrement de l’Afrique. Ce sont des tueurs à gage, ils louent leurs compétences au plus offrant. Quiconque a de l’argent peut engager ces être humains et les transformer en machines à tuer ou en chair à canon ».

Sans mâcher ses mots Ratner fait une mise en garde : « Ces sortes de groupes militaires rappellent les chemises brunes du parti Nazi, en fonctionnant comme mécanisme d’application de la loi extrajudiciaire qui peut opérer en dehors de la loi et le fait.

Certes, les représentants des firmes de guerriers contractuels se voient sous un jour plus noble. Lors d’un discours, le vice-président de Blackwater, Cofer Black, a comparé son entreprise aux chevaliers de la Table ronde au service du roi Arthur, en affirmant qu’ils « se concentrent sur la morale, l’éthique et l’intégrité. C’est important. Nous ne sommes pas des escrocs. Nous ne sommes pas des filous. Nous croyons en ces choses là ».

Malgré de telles affirmations, le jugement définitif sur la performance des entreprises militaires à contrat doit venir des populations que ces nobles chevaliers prétendent servir. Et si ceux de Blackwater sont un exemple, ils sont détestés.

Sherwood Ross

Source : Mondialisation.ca, Le 15 septembre 2009

mardi 15 septembre 2009, par Comité Valmy

Article original en anglais : The Rise of Mercenary Armies : A Threat to Global Security, Help White House Thwart Peace Movement, publié le 31 août 2009.

http://www.mondialisation.ca/index.php ?context=va&aid=15223

Traduction : Julie Lévesque pour Mondialisation.ca.

Sherwood Ross a travaillé pour de grands quotidiens et des agences de transmission, et a été directeur du mouvement des droits civiques. Il oeuvre actuellement pour le mouvement antiguerre et dirige une firme de relations publiques dédiée aux bonnes causes.

http://www.michelcollon.info:80/index.php?view=article&catid=6&id=2262&option=com_content&Itemid=11


n° 456 - Les Dossiers d'Irak - 13-10 – Fin - : L’ambassadeur Crocker reconnaît que «les américains n’avaient aucun plan pour gouverner l’Irak »

n° 456 - Les Dossiers d'Irak - 13-10 – Fin  - : L’ambassadeur Crocker reconnaît que «les américains n’avaient aucun plan pour gouverner l’Irak » 



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les Dossiers d'Irak

N° 456                                                             13/10/09

C.De Broeder & M.Lemaire



 Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire :

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Joelle Penochet : A Fallujah, en Iraq, l’uranium appauvri et le phosphore blanc continuent de tuer les enfants.

2-2 al-Zaidi « Je ne suis pas un héros : « Je suis  libre mais mon pays est toujours prisonnier de guerre… »

2-3 L’histoire de ma chaussure.

2-4 Torturé à mort par les soldats britanniques.

2-5 Irak : le test du retrait.



2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

2-1 Joelle Penochet : A Fallujah, en Iraq, l’uranium appauvri et le phosphore blanc continuent de tuer les enfants.

La chaîne britannique SkyNews a révélé le 1er septembre dernier que le nombre de bébés nés avec des malformations ne cessait d’augmenter de façon alarmante dans la région de Fallujah. Ce phénomène est attribué à l’utilisation d’armes de destruction massive, chimiques et radiologiques, interdites selon les conventions internationales, lors de l’attaque terroriste de grande ampleur par les troupes anglo-américaines en novembre 2004.

L’équipe de Skynews qui avait réalisé il y a quinze mois un reportage à Fallujah montrant un accroissement sans précédent du nombre d’enfants et de fétus morts avec des malformations congénitales monstrueuses a constaté lors d’un nouveau reportage que la situation sanitaire ne cessait d’empirer.

Un pédiatre, le Dr Ahmed Uraibi, a indiqué que le nombre de malformations chez les nouveaux-nés avait encore augmenté l’an dernier. Mais l’infrastructure médicale du pays (qui avait les hôpitaux les plus modernes de la région et des médecins de très haut niveau avant l’embargo décrété en 1990) a été entièrement détruite (1), les moyens médicaux en praticiens et en médicaments, déjà presque inexistants pendant l’embargo qui a duré treize ans, ne permettent plus de soigner les enfants iraquiens. Des milliers de médecins ont été mystérieusement assassinés, et beaucoup d’autres ont quitté le pays pour échapper au sort de leurs collègues. Les équipements des hôpitaux qui ont échappé aux bombardements ciblés sont hors d’usage ou obsolètes, et la reconstruction de l’infrastructure médicale est inexistante.

Au cours de la « Guerre du Golfe » de 1991, huit-cents tonnes d’uranium appauvri (UA), un déchet nucléaire hautement toxique, avaient été utilisées lors des bombardements, provoquant des épidémies de cancers, de mutations génétiques et l’atteinte du génome (2). Depuis mars 2003, ce sont des milliers de tonnes de ce poison chimique et radioactif (3) qui ont été répandues sur l’Irak, principalement sur les villes.

Fallujah a été particulièrement touchée par les bombes à l’uranium appauvri, et également par de nouvelles versions de bombes au napalm (MK-77), au plasma, au phosphore, plus sophistiquées et plus meurtrières que les précédentes, testées à grande échelle durant l’opération Phantom Fury. (Fureur fantôme !) de 2004. Les agresseurs avaient dû procéder au nettoyage total de certains quartiers de la ville déclarés zones interdites immédiatement après les bombardements (comme à Bagdad en 2003) ; le sol avait été enlevé sur plusieurs mètres de profondeur.

L’utilisation de napalm et de phosphore a été confirmée par de nombreux témoins à Fallujah, comme ce professeur qui avait déclaré : « J’ai vu des corps se transformer en squelettes et charbon juste après l’explosion de bombes au phosphore » (Cf. Dahr Jamail, 2004). Le Pentagone a dû reconnaître en 2005 avoir utilisé du phosphore blanc lors de l’attaque de la « ville aux cent mosquées ». L’utilisation de cette substance fumigène comme arme chimique est considérée comme crime de guerre selon le protocole III additionnel à la Convention sur certaines armes classiques de l’ONU (1983)

Les habitants de Fallujah sont désespérés de l’omerta mondiale sur leur tragédie. Ils demandent une enquête indépendante sur les conséquences de l’utilisation de toutes les armes utilisées au cours du massacre de Fallujah en 2004.

Joëlle Pénochet
7 septembre 2009

(1) « Il y a 30 ans, le standard de l’approvisionnement dans le domaine de la médecine en Irak était comparable aux pays d’un revenu moyen et élevé : 97% de la population dans les villes et 79% à la campagne avaient accès à un système de santé qui fonctionnait » (Des médecins morts en Irak par Dr. Susanne Lippmann-Rieder http://internationalnews.over-blog.com/article-18722265.html).

(2) La fixation de l‘UA sur le placenta provoque hydrocéphalies, absence de tête, de membres ou d’organes, organes à l’extérieur du corps. « Chez les bébés irakiens nés en 2002, l’incidence d’anophtalmie (absence d’yeux) a été 250.000 fois plus grande que l’occurrence moyenne. Les premières paroles d’une femme irakienne qui vient d’accoucher ne sont pas : « c’est une fille ou un garçon ? », mais « mon bébé est-il normal ? ». En outre, les anomalies génétiques s’aggravant d’une génération à l’autre, il faudra plusieurs décennies avant de mesurer l’atteinte du génome ». La guerre nucléaire silencieuse, Sortir du Nucléaire n° 29

(3) « Selon le droit international, ces armes (à l’UA) sont illégales parce qu’elles infligent "des maux superflus et des souffrances inutiles, qu’elles sont non discriminantes, qu’elles causent des atteintes graves et durables à l’environnement et demeurent meurtrières bien après la fin des conflits." Leur utilisation a été condamnée par une résolution des Nations Unies de 1996. De son côté, le Parlement européen a voté en 2001 un moratoire sur leur utilisation. ». (Ibid.)

Références

Lisa Holland : The Truth Of Iraq’s City Of Deformed Babies 48am UK, September 01, 2009, Sky News Returns To Fallujah : Lisa Holland Revisits The Children ...

Iraq Deformities - Iraq (video, 2008, 8:53)

Birth deformities in Iraq (due to depleted Uranium, chemicals...)

Blind Girl’s Family ’Needs Help’

Iraqis Blame US For Birth Defects

Doctors Save Iraqi Boy From Deadly Tumour - Sky News

Tumour Boy Who Can Smile Again

IRAQ : ’Special Weapons’ Have a Fallout on Babies By Ali al-Fadhily and Dahr Jamail

Depleted Uranium & Phosphorous : Massive Deformities of Fallujah Babies (June 12, 2008)

Guerre totale, radiologique et chimique contre l’Irak par Joëlle Pénochet 19 novembre 2005-15 octobre 2007

Guerre sans fin et dommages collatéraux, Combat-Nature, n° 147, novembre 2004, p. 68,

D’Hiroshima à Bagdad

Opération « Massacre dans le Désert » par F. Arbuthnot Mondialisation.ca Le 8 fevrier 2008

IRAQ : Après 4 ans d’occupation, la Santé est inexistante Solidaire.org Bert De Belder

PETRAS, James : The crushing of Fallujah, CounterPunch, 19 novembre 2004

Joelle PENOCHET

17 septembre 2009

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2-2 al-Zaidi « Je ne suis pas un héros : « Je suis  libre mais mon pays est toujours prisonnier de guerre… »

Ainsi se qualifie simplement Muntadhar al-Zaidi, le journaliste irakien, qui lança sa chaussure à la tête de George Bush, l’an dernier, acte par lequel il a été porté aux nues dans le monde arabe et fait la une des médias internationaux.

 Extraits de sa conférence de presse, tenue le 15 septembre à Bagdad :

« Je suis  libre mais mon pays est toujours prisonnier de guerre…

Je répondrai que ce qui m’a conduit à venir est l’injustice qui frappe mon peuple et la manière dont l’occupation a voulu humilier ma patrie en la foulant aux pieds. Comment elle a voulu aussi écraser les crânes de ses fils sous sa botte, cheikhs, femmes, enfants ou hommes.

Au cours des cinq dernières années, plus d’un million de martyrs sont tombés sous les balles de l’occupation et le pays compte maintenant plus de 5 millions d’orphelins, plus d’un million de veuves et des centaines de milliers d’estropiés. Et, plusieurs millions de sans abri, à cause des déplacements à l’intérieur ou à l’étranger…

Nous étions une nation où les Arabes partageaient avec les Turcomans, les Kurdes, les Assyriens, les Sabéens et les Yézidis leur pain quotidien. Les chiites priaient à côté des sunnites, les musulmans célébraient avec les chrétiens la naissance du Christ… Que la paix soit sur lui ! Il en était ainsi en dépit de la faim et des sanctions qui nous ont été imposées pendant plus de dix ans.

Notre patience et notre solidarité ne nous faisaient pas oublier l’oppression. Jusqu’à ce que nous fussions envahis par l’illusion de la libération que certains entretenaient…..

Je ne suis pas un héros… J’étais humilié de voir mon pays humilié. De voir Bagdad brûler… Des dizaines, non des centaines d’images de massacres qui blanchiraient les cheveux d’un nouveau-né m’amenaient les larmes aux yeux et me blessaient.

Le scandale d’Abou Ghraib, les massacres de Fallujah, de Nadjaf, d’Haditha, de Sadr City, de Bassora, de Diyala, de Mossoul, de Tel Afar, et chaque pouce de mon pays blessé. Ces dernières années, j’ai parcouru mon pays et vu de mes propres yeux la souffrance des victimes et entendu les cris des endeuillés… Je serrais les poings et faisais une promesse à nos victimes, de les venger.

Quand l’occasion survint, je la saisis. (…)

En jetant ma chaussure à la figure du criminel Bush, je voulais exprimer mon refus de ses mensonges, de l’occupation de mon pays, du massacre de mon peuple ; mon refus de voir piller les richesses de mon pays, détruire son infrastructure ; de forcer ses enfants à l’exil en diaspora.

Après six ans d’humiliation, d’indignité, de tueries et de violations de l’intimité (des femmes irakiennes), de profanation des lieux saints, le tueur est venu, se vantant, criant victoire et démocratie. Il était venu dire au revoir et s’attendait à des fleurs.

Ce fut ma fleur, à l’occupant et à tous ceux ligués avec lui… avant et après l’occupation… Comment poser une question à Bush en dehors du cadre de la conférence de presse ? C’était interdit.

Si j’ai fait du tort au journalisme malgré moi, à cause de l’embarras où je l’ai mis, je le regrette sincèrement… L’Histoire regorge d’événements où la profession s’est compromise avec les politiciens américains, par exemple, lors de la tentative d’assassinat de Fidel Castro où des agents de la CIA, se posant en journalistes de la télévision cubaine, avaient piégé la caméra qu’ils emportaient ou encore lorsqu’elle a trompé l’opinion publique sur ce qui se passait réellement pendant la guerre en Irak. Mais je voudrais attirer l’attention sur le fait que les services secrets américains et ceux qui les suivent ne cesseront de me traquer (parce que) je suis un rebelle opposé  à leur occupation. Ils essaieront de me tuer ou de me neutraliser… (physiquement, socialement ou professionnellement).

(Muntadhar al-Zaidi évoque ensuite les tortures odieuses qu’il a subies, juste après son arrestation) …

« la conférence de presse se poursuivait, j’entendais les voix des participants et ils entendaient peut-être mes gémissements et mes cris… Je donnerai plus tard les noms de ceux qui m’ont torturé : certains étaient des personnages de haut rang du gouvernement et de l’armée… Ils (les Américains) se vanteront de la duperie et des moyens qu’ils ont utilisés pour arriver à leur objectif. Cela n’est pas étonnant et ne diffère en rien de ce qui est arrivé aux Indiens des Etats-Unis aux mains des colonialistes. Et, ici, je leur dis (aux occupants) et à ceux qui les suivent et à tous ceux qui les soutiennent et prennent fait et cause pour eux. Jamais plus.

Nous sommes un peuple qui mourra plutôt que de subir l’humiliation.

Pour finir, je préciserai que je suis indépendant, je n’appartiens à aucun parti politique… On a dit, pendant que l’on me torturait, que j’étais d’extrême droite, ou d’extrême gauche… Désormais, je m’efforcerai de secourir les veuves et les orphelins, tous ceux dont les vies ont été détruites par l’occupation… Et, à mon pays bien-aimé, je dis : si la nuit d’injustice se prolonge, elle n’empêchera pas le soleil de se lever et ce sera le soleil de la liberté… ».

Muntadhar al Zaidi en appelle au gouvernement pour examiner le sort de centaines de prisonniers pourrissant dans les prisons depuis des années, sur la dénonciation d’un informateur, comme il le leur a promis.

http://www.mcclatchydc.com/world/v-print/story/75438.html


2-3 L’histoire de ma chaussure.

L’homme révolté.

Les images du geste de Muntadhar al-Zaidi lançant ses chaussures sur George Bush ont fait le tour du monde.

Et sa libération récente a été l’occasion de rappeler la notoriété qu’il a acquise ce jour-là.

Mais il convient, au-delà de l’image d’Epinal d’un geste iconoclaste et sympathique, d’entendre le message d’al-Zaidi, tel qu’il l’a donné dès sa libération.

Celui d’un homme bouleversé et révolté par les horreurs innombrables qui se sont abattues sur son pays, auxquelles son métier de journaliste le confrontait quotidiennement. Ces chaussures désormais célèbres ont une histoire, nous dit-il. « Savez-vous dans combien de foyers brisés par l’occupation étaient entrées ces chaussures que j’ai lancé ? Combien de fois elles avaient marché sur le sang de victimes innocentes ? »

Chaque soir, al-Zaidi, se faisait le serment de venger, à sa façon, toutes les victimes de l’occupation. Et ce jour là, face à Bush, il a tenu parole.

 (extrait)

Me voici libre. Mais mon pays est encore prisonnier de guerre.

Tout d’abord, j’adresse mes remerciements et mes amitiés à tous ceux qui m’ont soutenu, que ce soit dans mon pays, dans le monde islamique ou dans le monde libre. Il y eut de nombreuses discussions autour de cette action et de la personne qui l’a menée, sur le héros et l’acte héroïque, le symbole et l’acte symbolique.

A cela, je réponds simplement : Ce qui m’a imposé de faire face, c’est l’injustice qui s’est abattue sur mon peuple, la façon dont l’occupation a voulu humilier mon pays natal en le plaçant sous sa botte.

Et la façon [dont cette occupation] a voulu écraser le crâne des fils de (la patrie) sous ses bottes, qu’ils s’agissent de cheikhs, de femmes, d’enfants ou d’hommes. Au cours de ces dernières années, plus d’un million de martyrs sont tombés sous les balles de cette occupation et le pays est maintenant empli de plus de 5 millions d’orphelins, d’un million de veuves et de centaines de milliers de mutilés. Et de millions de sans-abri en raison des déplacements [de réfugiés] tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.

Nous étions une nation dans laquelle l’Arabe partageait son pain quotidien avec les Kurdes et les Turkmènes et les Assyriens et les Sabéens et les Yezidis. Et où les chiites priaient ensemble avec les sunnites. Où les musulmans étaient prêts à fêter avec les chrétiens la naissance du Christ, que la paix soit avec lui. Et ce, malgré le fait que nous ayons éprouvé ensemble la faim due aux sanctions [de l’ONU] pendant plus de 10 ans, pendant plus d’une décennie.

Notre patience et notre solidarité ne nous a pas fait oublier l’oppression. Jusqu’à ce que nous soyons envahis par l’illusion de la libération que certains ont entretenu. (L’occupation) a opposé le frère au frère, le voisins au voisin, et le fils à son oncle. Elle a transformé nos maisons en innombrables tentes funéraires. Et nos cimetières se sont étendus dans les parcs et en bordure des routes. C’est un fléau. C’est l’occupation qui nous tue, qui profane les lieux de culte et la sainteté de nos maisons et qui jette quotidiennement des milliers de personnes dans des prisons de fortune.

Je ne suis pas un héros, et je l’admets. Mais j’ai une opinion et je prends position. J’ai été humilié de voir mon pays humilié. Et de voir mon Bagdad brûler. Et mon peuple se faire tuer. Des milliers d’images tragiques sont restées dans ma tête, et cela me pèse chaque jour et me pousse vers le droit chemin, le chemin de la confrontation, la voie du rejet de l’injustice, du mensonge et de la duplicité. Cela m’a privé du sommeil réparateur.

Des dizaines, non, des centaines d’images des massacres, qui feraient blanchir les cheveux d’un nouveau-né, m’ont fait monter les larmes aux yeux et me blessaient. Le scandale d’Abou Ghraib. Le massacre de Fallujah, Najaf, Haditha, Sadr City, Bassora, Diyala, Mossoul, Tal Afar, et chaque parcelle de notre terre meurtrie. Durant les années passées, j’ai voyagé à travers mon pays en feu et j’ai vu de mes propres yeux la douleur des victimes, et entendu de mes propres oreilles les cris des victimes et des orphelins. Et un sentiment de honte me hantait, parce que j’étais impuissant.

Quand j’en avais fini avec mes obligations professionnelles, consistant à rendre compte des drames quotidiens des Irakiens, et tandis que je lavais les restes des débris des maisons irakiennes en ruines ou les traces du sang des victimes qui maculaient mes vêtements, je serrais les dents et faisais une promesse à nos victimes, un serment de vengeance.

L’occasion s’est présentée, et je l’ai saisie.

Je l’ai saisie par loyauté envers chaque goutte de sang innocent qui a été versé par l’occupation ou à cause d’elle, chaque cri d’une mère en deuil, chaque gémissement d’un orphelin, la douleur d’une victime de viol, la larme d’un orphelin.

A ceux qui me font des reproches, je dis : Savez-vous dans combien de foyers brisés par l’occupation ces chaussures que j’ai jeté étaient entrées ? Combien de fois elles avaient marché sur le sang des victimes innocentes ? Et combien de fois elles étaient entrées dans des maisons dans lesquelles avaient été bafouées de libres femmes irakiennes et le respect qu’on leur doit ? Cette chaussure était peut-être la réponse appropriée lorsque toutes les valeurs ont été violées.

Lorsque j’ai lancé ma chaussure sur le visage du criminel Bush, je voulais exprimer mon rejet de ses mensonges, de son occupation de mon pays, mon rejet de la mise à mort de mon peuple. Mon rejet de son pillage des richesses de mon pays, de la destruction de son infrastructure et de la transformation de ses fils en une diaspora.

Après six années d’humiliation, d’indignité, de tueries et de violations des choses sacrées, et de profanation de lieux de culte, le tueur venait se vanter, se vanter de la victoire et de la démocratie. Il était venu dire adieu à ses victimes et attendait des fleurs en réponse.

Pour le dire simplement, ce fut ma fleur offerte à l’occupant, et à tous ceux qui sont en connivence avec lui, soit en diffusant des mensonges soit par leurs actes, avant l’occupation ou après.

J’ai voulu défendre l’honneur de ma profession et du patriotisme qui a été bafoué depuis le jour où le pays a été violé et que son honneur a été perdu.

17 septembre

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2789 


2-4 Torturé à mort par les soldats britanniques.

Le père d’un réceptionniste irakien qui est mort alors qu’il était aux mains des troupes britanniques dans la ville irakienne de Bassorah, a déclaré que les soldats britanniques riaient tandis qu’ils battaient son fils à mort.

Daoud Mousa, âgé de 63 ans, a déclaré à l’audience à Londres mercredi que les personnes détenues avec son fils Baha, alors âgé de 26 ans, lui avait décrit en détail avec quelle violence et quelle cruauté « ils avaient été traités par les soldats britanniques ».

« Mon fils a été torturé à mort devant ses collègues », a déclaré Mousa, un ancien officier supérieur de la police, lors de l’enquête dans une déclaration écrite.

« Il est clair que les soldats responsables ont éprouvé un plaisir sadique en riant constamment pendant que mon fils était victime de mauvais traitements », dit le communiqué.

« Civils victimes de violence »

Baha et six autres Irakiens ont été arrêtés lorsque les soldats britanniques sont entrés dans un hôtel de la ville en Septembre 2003, lorsqu’ils pourchassaient des partisans de Saddam Hussein, le dernier président irakien.

Il est décédé 24 heures plus tard à la suite de ses blessures. Un diagnostic post-mortem a révélé qu’il avait subi 93 blessures, dont une fracture du nez et de plusieurs côtes.

D’autres témoins ont également dit à l’enquête que certains militaires se sont donnés du plaisir à maltraiter les civils prisonniers, les obligeant à danser comme Michael Jackson et coordonnant les cris des autres dans une tentative de créer une sorte de musique.

Une bande vidéo dévoilée à l’enquête a montré l’un des soldats, le caporal Donald Payne, hurlant sur des prisonniers cagoulés.

Mousa a témoigné avec émotion durant l’audience de ce mercredi, pleurant à plusieurs reprises alors qu’il décrivait l’effet de la mort de son fils sur sa famille.

Il a dit souffrir des réminiscences du moment où il a vu les blessures horribles de son fils dans une morgue militaire, disant durant l’enquête que les soldats avaient violé la « dignité et l’honneur anglais ».

Accusations de vols

Interrogé par Michael Topolski, l’avocat de Payne, pour savoir s’il acceptait des excuses de l’ex-soldat, Mousa très ému, a refusé. « Je n’accepterai pas les excuses d’un criminel », a-t-il dit à l’audience.

Le gouvernement britannique a ordonné exceptionnellement une enquête publique sur le meurtre, en demandant au juge William Gage de la Cour d’appel, d’enquêter sur les circonstances de la mort de Daoud Mousa et de formuler des recommandations pour d’éventuelles modifications aux conditions de détention militaire.

Mousa a déclaré à l’audience qu’il avait accusé au cours du raid dans l’hôtel, un soldat britannique d’avoir volé des billets de banque, et que son fils a été pris pour cible par les troupes pour se venger.

La mort de Daoud Mousa a déjà amené la condamnation de Payne comme premier criminel de guerre britannique en Irak.

Il a été chassé de l’armée et condamné, pour traitements inhumains, à un an de prison en 2007.

Le ministère de la Défense de Grande-Bretagne a déjà présenté ses excuses pour les mauvais traitement subis par Daoud Mousa et neuf autres irakiens, leur attribuant un dédommagement collectif de 4,9 millions de livres sterlings.

« Argent dérobé »

Mousa a déclaré que dans la nuit du à l’hôtel, il était arrivé pour ramener son fils du travail. Il a alors vu des véhicules militaires entourer le bâtiment et le personnel à plat ventre sur le sol, y compris Baha.

Il a déclaré avoir vu un soldat britannique prendre des billets de banque du coffre de l’hôtel et les mettre dans sa poche. Il a alors signalé le fait à l’officier sur place, qu’il a identifié seulement comme étant « le lieutenant Mike ».

Mousa a déclaré avoir montrer son fils aux soldats, en espérant qu’ils allaient le libérer en échange du fait qu’il ait signalé le vol à leur attention.

« Je pense qu’ils savaient que celui que je leur montrais était mon fils ; ils ont voulu se venger de moi en s’en prenant à lui », a déclaré Mousa.

A l’extérieur de l’audience, Mousa a déclaré qu’il croyait « sans le moindre doute » que son fils avait été pris à partie en représailles.

Les avocats représentant la famille Mousa demandent que soit déterminé si les militaires sanctionnés en Irak avaient utilisé des techniques d’interrogatoire interdites par la Grande-Bretagne en 1972, alors en pleine controverse sur l’utilisation de ces méthodes en Irlande du Nord.

Ils ont déclaré à l’enquête plus tôt cette semaine que les soldats ont utilisé ce qu’on appelle « les techniques de conditionnement, dont les positions stressantes, la cagoule, la privation de sommeil, la privation de nourriture et l’isolation sensoriel [bruit blanc] ».

 24 septembre 2009 –

Al Jazeera –

Vous pouvez consulter cet article à : http://english.aljazeera.net/news/e...
Traduction : Info-Palestine.net

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=7342


2-5 Irak : le test du retrait.

Qui a vu  cette émission surprenante de France 24 diffusée le mardi 30 juin, rediffusée fin juillet (vue à ce moment là par deux vacanciers français au Maroc qui en sont restés ébahis) : Irak : le test du retrait ?

Dans cette émission, encore visible  actuellement sur le site de France 24, la journaliste de France 24 interroge le président des Républicains (US) en France et un ancien officier de l'armée angloricaine, Jean-François Angevin-Romey, d'origine française, dont la rigueur, la précision dans l'analyse et la dignité devraient être confrontées aux déclarations -aujourd'hui 5 septembre 2009- du député "socialiste" Manuel Valls.

Condensé des propos de Jean-François Angevin-Romey :

 "Nous, occidentaux, infligeons aux autres peuples un traitement que nous n'avons jamais accepté pour nous.

"Nous n'avons aucun droit de rester sur un seul m2 de l'Irak.

"La résistance irakienne est dans son droit face à l'envahisseur  et à ses collabos (il évoque Pétain à plusieurs reprises) comme l'a été la  Résistance française en 40-44.

 " Il est normal que l'Iran aide la résistance irakienne comme les alliés ont aidé la résistance française.

" Les USA, qui ont volé la République à l'Iran (élimination de Mossadegh) doivent lui demander pardon pour tous les maux dont ils sont la cause.

"La guerre civile qui suivra le départ des USA sera, en Irak comme en Afghanistan, l'affaire des Irakiens et de personne d'autre comme cela l'a été en France en 45) et en Algérie au départ des français.

"La solution des problèmes avec le monde musulman est dans l'établissement de relations normales -en respectant leur dignité- avec les deux Etats incontournables de la région : l'Iran et la Russie.

 Il semble que, selon les deux vacanciers cités, certains passages de ses propos ont été coupés, notamment celui dans lequel il déclare que les deux Etats responsables du plus grand nombre de morts sur la planète depuis la fin de la guerre de 39-45 sont les USA et "le régime de Tel Aviv" !

Condensé des propos de Manuel Valls :

Le député PS Manuel Valls a estimé dimanche qu'un départ de l'armée française d'Afghanistan "serait un signe d'abandon", mais a défendu la nécessité de "parler des missions" des soldats français dans ce pays, après la mort de deux d'entre eux dans une explosion survenue vendredi.

"Partir de là-bas serait un signe d'abandon", a déclaré M. Valls sur France 2. "En même temps, il faut sans doute revoir les missions, en discuter avec nos principaux alliés, les Américains, les Anglais, mais ne donnons pas le signe d'un départ, je crois que pour le monde, son équilibre, cela serait un signe très négatif", a-t-il poursuivi... (dépêche AFP)

M. Valls a affirmé qu'il fallait "soutenir les soldats français qui sont un peu partout dans le monde et en particulier en Afghanistan, et qui risquent tous les jours leur vie".

C.G.     

http://www.france24.com/fr/20090630-retrait-forces-americaines-irak



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

14/10/2009

n°455 - Journal d'Irak - 23/09 au 13/10/09 -: Début - - Nicolas Bárdos-Féltoronyi : Obama Nobel ?

 

n°455 -  Journal d'Irak - 23/09 au 13/10/09 -: Début - - Nicolas Bárdos-Féltoronyi : Obama Nobel ?



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!


Journal d'Irak

n°455                 du 23/09                   au 13/10/09

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


 


Sommaire :

Tiré à part :

11 septembre

Barack Obama et le Prix Nobel de la Paix

Nicolas Bárdos-Féltoronyi : Obama Nobel ?

74 451 morts et blessés : total officiel des  pertes américaines en Irak.

Paroles & action du président...

L’Administration Obama intensifie sa présence en Irak.

Lutte pour la libération du territoire

La résistance contre l'agresseur

Résistance :

1 Analyse

Des résistants

2 Occupation de l'Irak

Suite

3 Politique

1) collaborateurs Irakiens

2) occupants 

4 Libération du territoire

Détails.

L'Irak en chiffre. 

Fin

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Vidéos : Jaysh Rajal al-Tariqa al-Naqshbandiyya (JRTN)

5-2 Techniques de manipulation des masses.

5-3 John Pilger : Le jeu du mensonge ou comment se prépare une guerre d'agression.  

5-4 Cybermoine : Le monde tel qu’il est.  

6 Divers Résistance

6 Les brèves

6-1 Résistance (1)

6-3 Mercenaires –

6-4 Les Etats-Unis dépensent 75 milliards au titre de l’espionnage.

6-5 Guerre de l’eau : l’Irak en voie de désertification ?

6-5 Le Parlement irakien a été évacué samedi suite à une alerte à la bombe.



Tiré à part :

11 septembre

Un site Internet étasunien donne la liste des personnalités (officiers, agents de renseignement, familles de victimes, survivants, artistes, journalistes… etc) qui remettent en question la version officielle de l’attaque des tours du World Trade Center :

http://www.patriotsquestion911.com

 

Barack Obama et le Prix Nobel de la Paix

Le 9 octobre, une étonnante annonce a été diffusée : celle de l'octroi du Prix Nobel de la Paix à l'actuel président des Etats-Unis Barack Obama, moins d'un an après son entrée en fonctions et au titre de la politique de son gouvernement.

Certes, le Prix Nobel de la Paix ne s'est jamais caractérisé par une réelle exigence de neutralité politique.

Mais en l'espèce, un pas est franchi par l'octroi du prix à la plus haute autorité d'une super-puissance, théoriquement la plus influente et la mieux armée de la planète, et qui de surcroît se trouve actuellement en guerre.

Quel est le sens d'une telle nomination ?

 

Nicolas Bárdos-Féltoronyi : Obama Nobel ?

En ce qui concerne Obama, le comité Nobel a apprécié sa rhétorique et pas ses actes ou ses non actes.

Certes, ses discours électoraux, ceux du Caire et bien d'autres sont admirables. Mais les discours ne sont pas suivis d'actes ni aux Etats-Unis ni dans le monde ou y sont suivis par peu d'actes. La presse américaine dresse depuis des mois la liste des domaines où Obama échoue! Ce n’est pas le cas de ce côté-ci de l’Atlantique. On peut se demander si les bonnes intentions suffisent pour convaincre ceux qui, en bons atlantistes, sont déjà convaincus par "un autre ton" en Europe. La réponse à cette question est affirmative pour moi. Mais néanmoins que l'on ne me demande pas de devenir naïf!

Nicolas Bárdos-Féltoronyi
Depuis son élection, Obama poursuit la guerre contre l’Afghanistan, la Somalie et ailleurs, en annonçant sans cesse de nouveaux renforts ; le «dégagement» de l’Irak, pays détruit par son prédécesseur George W Bush, se fait toujours attendre; la menace d’attaque militaire contre l’Iran est évoqué malgré l'interdiction formelle de telles menaces par la Charte de l'ONU. « Toutes les options restent sur la table » répètent à l’unisson Obama et ses collaborateurs ! Pourtant, la dictature en Arabie Séoudite est bien plus répressive que celle de l'Iran et Israël comme déjà puissance nucléaire constitue un risque bien plus grand pour le monde.

Depuis qu’il est à la Maison-Blanche, Obama n’a même pas été capable de mettre fin à l’une des réalisations les plus répugnantes de l’administration Bush, à savoir la fermeture du centre de torture de Guantanamo, où des centaines d’hommes et parfois d’enfants croupissent depuis des années, non seulement sans avoir été jugés, mais le plus souvent sans même avoir été mis en examen. Ce dossier était le seul pour lequel le candidat Obama avait pris des engagements fermes, mais il ne les a pas tenus. Par ailleurs, il n'est pas question de fermeture d'autres camps tels qu'à Begram près de Kaboul de très mauvaise réputation, en Roumanie, au Pakistan, en Pologne,... et même en Belgique à Kleine Bogel. Sans contrôle quelconque, les détentions illégales, les conditions carcérales détestable, voire les tortures peuvent continuer dans ces camps.
Et ne parlons évidemment pas de la politique de Washington vis-à-vis de son allié Israël. Sous Obama comme sous Bush, les dirigeants israéliens ont poursuivi la politique d’expansion, leur guerre et répressions criminelles contre le peuple palestinien, l’étranglant chaque jour un peu plus, sans que Washington y trouve à redire avec quelques efficacités. L’armée américaine multiple ses implantations à travers le monde tel que j’ai pu observer en Macédoine, en Géorgie et en Arménie mais aussi en Afrique et en Asie centrale. Cette politique d’expansion est source de conflits futurs.
Selon moi, la palme de l’hypocrisie washingtonienne se trouve probablement dans sa gestion des affaires nucléaires. Chef de la première puissance mondiale dans le nucléaire militaire, et de la seule à avoir utilisé l’arme atomique pour massacrer des populations (à Hiroshima et Nagasaki, au Japon, en août 1945), Obama a intégralement repris l’agenda de ses prédécesseurs : ne pas toucher à son propre arsenal nucléaire et ne surtout rien demander au sujet de l’arsenal israélien. Malgré des engagements formels, pas de désarmement!
Certes, le comité formé par le Parlement de Norvège pour décerner les Prix Nobel de la Paix a déjà fait, au cours de son histoire centenaire, d’autres choix étranges. Une série de bellicistes patentés ont été honorés dans le passé, que ce soit l’Américain Henry Kissinger, ou les Israéliens Menahem Begin, Shimon Peres et Itzakh Rabin. Kissinger s’était distingué dans l’intensification de la guerre contre le peuple vietnamien –qui fit 2 millions de morts- ; Menahem Begin, directement impliqué dans le massacre de Deir Yassin en 1948, dirigeait le gouvernement israélien qui agressa sauvagement le Liban à partir de 1978 ; Shimon Peres et Itzakh Rabin (pour ce dernier, jusqu’à sa mort par assassinat en 1995) eurent aussi de longues et sanglantes carrières. Mais au moins ces hommes, au moment où ils reçurent la récompense, pouvaient-ils sauver la face en exhibant publiquement des traités de paix, ou des semblants de traités de paix : ainsi de Kissinger avec l’arrêt de la guerre du Vietnam (1973), de Begin avec le traité israélo-égyptien (avec l’Egyptien Sadate, 1978) ; et de Peres/Rabin, pour les « accords d’Oslo » (avec Arafat, 1994).

Bien cordialement,

Nicolas Bárdos-Féltoronyi

 

On a souvent eu l'occasion de sursauter depuis Kissiger avec le choix des jurés du Nobel.

Cette fois-ci ils semblent s'être surpassés en attribuant de prix de la Paix président en exercice d'une puissance impérialiste empêtré dans deux guerres d'invasion, président qui a débuté son mandat en intensifiant dramatiquement la guerre en Afghanistan, l'étendant au Pakistan, et qui est peut-être en train d'étudier la possibilité d'une agression directe ou indirecte contre l'Iran, à en juger par la propagande de guerre qui nous bombarde depuis quelques temps - ces 'bombardements'-là en annoncent souvent d'autres.

Extrait de Alerte Otan


74 451 morts et blessés : total officiel des  pertes américaines en Irak.

Dans la semaine du 22 septembre, 16 soldats des forces d’occupation US sont tombés, portant ainsi le nombre de pertes à 74 451 dont 34 983 morts et blessés au cours de ce que le Pentagone classifie comme « engagements hostiles » et plus de 39 468 morts et évacués (depuis le 5 septembre) dans des  « engagements non-hostiles ».

Le total est en fait supérieur à 100 000 victimes car le Pentagone ne compte pas, comme « pertes irakiennes », les 30 000 vétérans dont les blessures – particulièrement, les traumatismes cérébraux subis par les explosions – ont été diagnostiquées après leur départ d’Irak.

Les médias américains détournent l’attention du coût actuel de la guerre en vies humaines en ignorant le nombre de blessés au combat soit 31 510 et les 38 593 autres victimes militaires d’accidents ou de maladies suffisamment graves pour être évacués à des fins médicales.

Compilés par Michael Munk, US Iraq Casualties.



Paroles & action du président...

L’Administration Obama intensifie sa présence en Irak.

Croyez-le ou non, la présence américaine en Irak s’intensifie sous Obama, président opposé à la guerre ! Pour le Washington Post, sous la plume de Walter Pincus, le « retrait » des troupes US va de pair avec leur remplacement par des… mercenaires, les fameux « contractors », engagés avec des contrats pharamineux pour soutenir la formidable présence dans ce pays.

 

Et, ce processus comporte des aspects particulièrement odieux :

1.      Le coût de ces « contractors » est bien plus élevé que la simple solde des soldats à remplacer ce qui veut signifie que le coût de la guerre en Irak va grimper alors que les Etats-Unis  y « réduisent » leur présence ;

2.      « Là où des gardes privés sont substitués à des soldats, beaucoup plus de gardes sont nécessaires ». Ainsi donc le nombre d’individus et le coût de la présence US montent et ne descendent pas ;

3.      Les nouveaux « contractors » sont en majorité des « nationaux de pays tiers » recrutés pas les compagnies américaines  dans le cadre de  contrats avec la Défense US et le Département d’Etat.  Il s’ensuit, qu’avec 60% de chômage en Iraq, les nouveaux emplois créés ne sont pas attribués aux Irakiens sans travail.

4.      Et, pour souligner encore plus, qu’il ne s’agit pas d’un désengagement de la présence US, il est demandé à ces « nationaux de pays tiers » de parler l’anglais, mais pas l’arabe. En conséquence, l’impérialisme culturel américain ne faiblit pas ; aucun effort n’est fait pour fondre la présence américaine dans la société civile irakienne. En fait, cela, ainsi que d’autres actions, révèle les pressions pour que les Irakiens intègrent de force l’économie politique US mondialisée.

 

Une autre manière d’appréhender l’acharnement du gouvernement US à coloniser l’Irak.

Michaël Schwartz

 (Huffington Post, 12 septembre 2009)

Traduction - Texte : http://www.informationclearinghouse.info/article23482.htm



L'Irak en chiffre: du 23-09 au 13-10-09



 

 

 

Tués

Blessés

 

 

 

 

 

Peuple irakien

7+ x

41 + x

 

 

 

 

 

Usboys/Autres boys + miliciens

x

X

 

 

 

 

 

Policiers, armée et collaborateurs & miliciens

42

63

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



La résistance contre l'agresseur

Analyse & déclaration

Troupes d'occupation

Etats-Unis

30-09

Le général Ray Odierno estime que la sécurité s'améliore mais rappelle que les tensions arabo-kurdes et les résistants  continuent de "représenter des menaces à la stabilité du pays".

http://fr.news.yahoo.com/

 

L'aide de l'Iran aux résistants d'Irak persiste mais aurait reculé.

L'Iran continuer de fournir un soutien "important" aux résistants d'Irak mais dans à un nombre de groupes militants moins large qu'auparavant, a déclaré le chef des forces américaines en Irak, le général Ray Odierno.

L'aide iranienne est moins "large" qu'elle ne l'était en 2007 et 2008, lorsque l'insurrection était elle-même plus vaste.

Ces dernières semaines, les forces de sécurité irakiennes ont mis au jour plusieurs grandes caches d'armes où étaient conservées des roquettes de fabrication iranienne et des munitions capables de traverser un blindage, a-t-il ajouté.

"Si vous entraînez des gens (...) en Iran pour qu'ils reviennent en Irak et que vous leur fournissez des roquettes et d'autres choses, j'appelle ça (un soutien) important parce que cela permet à ces gens de lancer des attaques non seulement contre les forces américaines mais contre des civils irakiens", a dit Ray Odierno.

2/10

http://fr.news.yahoo.com/4/20091002/twl-irak-iran-usa-38cfb6d_1.html

 

02-10

Ray Odierno.a dit s'attendre à ce que le contingent américain en Irak soit réduit à 120.000 hommes d'ici fin octobre, puis 110.000 d'ici la fin de l'année.

Quelque 122.000 soldats américains se trouvent actuellement en Irak, dont les troupes de combat doivent se retirer d'ici le 31 août 2010. Seuls devraient rester environ 50.000 hommes chargés de former et d'équiper les forces irakiennes.

2/10

http://fr.news.yahoo.com/4/20091002/twl-irak-iran-usa-38cfb6d_1.html

 

Les Etats-Unis amorcent une réduction plus rapide que prévu de leurs forces en Irak

A la fin octobre, il n'y aura plus "que" 120 000 soldats américains en Irak, a annoncé, mercredi 30 septembre, le commandant en chef du contingent, le général Raymond Odierno. Ils étaient plus de 145 000 il y a encore un an, 124 000 à présent. De plus, a ajouté le général, les effectifs des sous-traitants civils du corps expéditionnaire, le plus souvent américains, sont passés de 149 000 au début de l'année à environ 115 000 hommes et femmes qui travaillent dans les camps, les bases et s'occupent de la logistique de l'armée.

Sans compromettre la sécurité, a indiqué le général Odierno au Congrès à Washington, nous avons commencé à réduire notre présence de façon délibérée. Nous allons un peu plus vite que prévu." L'idée est d'être fin prêt à retirer l'ensemble des "troupes de combat" du pays (autour de 50 000 soldats) d'ici au 31 août 2010, comme l'a ordonné le président américain, Barack Obama, avant d'entamer, conformément aux accords conclus fin 2008 avec Bagdad, le "retrait total et complet" des forces à la fin 2011.

Depuis le redéploiement des troupes de combat hors des villes irakiennes à la fin juin, première étape des accords, des quartiers généraux militaires ont été regroupés tandis qu'environ un tiers des 400 à 500 bases, avant-postes et points d'appui établis un peu partout, étaient fermés.

"La guerre en Irak prend fin", a conclu Ike Skelton, président démocrate de la commission parlementaire des services de l'armée devant laquelle le général Odierno déposait. "Si tout va bien, a ajouté ce dernier, d'ici à mai 2010, je pourrai encore accélérer la réduction de nos forces." Soumis à une certaine pression du Pentagone qui souhaite libérer un maximum de soldats d'Irak pour renforcer le contingent d'Afghanistan, au cas où M. Obama le déciderait, le général Odierno ne souhaite pas aller trop vite. "La sécurité en Irak s'améliore", a-t-il affirmé devant la commission - 203 Irakiens tués dans des violences en septembre contre 456 en août, selon Bagdad. Mais il reste ce que le général appelle des "conducteurs d'instabilité".

Compétition électorale

Premier élément de la liste, les élections générales irakiennes, qui doivent se dérouler le 16 janvier. Le militaire américain ne croit pas à une renaissance de la guerre civile en 2006 et 2007. "Nous ne voyons aucun signe d'un retour à ces violences sectaires, a-t-il dit. L'immense majorité des Irakiens a rejeté l'extrémisme." Pour autant, la compétition électorale "pourrait provoquer un certain degré de violence".

Entre les conceptions centralisatrices du premier ministre irakien, Nouri Al-Maliki, qui vient de former sa propre coalition électorale multiconfessionnelle et celles, nettement plus fédérales et décentralisatrices, défendues avec le soutien américain par ses opposants kurdes et chiites, c'est l'avenir même de l'ancienne Mésopotamie qui se jouera en janvier.

D'ici là, les positions peuvent évoluer, se rapprocher un peu ou s'éloigner beaucoup. Mais pour le généralissime américain, il y a gros à parier que les tensions qui se multiplient entre Arabes et Kurdes à propos des lignes de partage territorial et de la division des ressources vont rester "le conducteur numéro un de l'instabilité en Irak". En 2005, après les élections, il avait fallu plusieurs mois de marchandages entre les partis pour former le gouvernement.

3/10

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2009/10/03/les-et...



2-1 Occupation de l'Irak

Les forces en présence

Etats-Unis

Quatre mille soldats américains quitteront l'Irak en octobre.

Quatre mille soldats américains quitteront l'Irak en octobre, indique leur commandant dans un rapport préparé pour une audience, mercredi devant une commission du Congrès.

Le général Ray Odierno ajoute que Washington est dans les temps pour retirer toutes les troupes de combat américaines d'Irak d'ici septembre 2010.

"Nous avons environ 124.000 hommes et 11 équipes de combat opérant aujourd'hui en Irak.

D'ici la fin octobre, nous serons revenus à 120.000", précise-t-il dans ce rapport dont Reuters a pu obtenir une copie.

Odierno, qui sera entendu par la commission des Forces armées de la Chambre des représentants, précise encore que le nombre de sous-traitants du Pentagone a baissé de 149.000 en janvier à 115.000 aujourd'hui, ce qui représente une économie de 440 millions de dollars. Une centaine de bases américaines ont également été fermées.

Le calendrier de retrait du président Barack Obama fixe au 31 août 2010 la fin de la mission de combat américaine en Irak. Cependant, une force de 30.000 à 50.000 hommes restera dans le pays pour former et équiper les forces irakiennes, et protéger les équipes provinciales de reconstruction, les projets internationaux et le personnel diplomatique.

30/9

http://fr.news.yahoo.com/4/20090930/twl-irak-usa-armee-38...

30-09

Dans un document de huit pages obtenu par avance par l'Associated Press, le général Odierno constate que les attaques d ont baissé depuis deux ans, passant de 4.000 à 600 par mois depuis août 2007.

Odierno doit annoncer cette réduction au comité des forces armées de la Chambre des représentants.

30/9

http://fr.news.yahoo.com/3/20090929/twl-usa-irak-troupes-1def439_2.html

 

n°455 - Journal d'Irak - 23/09 au 13/10/09 -: Suite - - Nicolas Bárdos-Féltoronyi : Obama Nobel ?

 

n°455 -  Journal d'Irak - 23/09 au 13/10/09 -: Suite - - Nicolas Bárdos-Féltoronyi : Obama Nobel ?



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!


Journal d'Irak

n°455                 du 23/09                   au 13/10/09

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


 


Sommaire :

3 Politique

1) collaborateurs Irakiens

2) occupants 

4 Libération du territoire

Détails.

L'Irak en chiffre. 


3) Politique

a) Des collaborateurs Irakiens

Nouri al Maliki crée une nouvelle coalition politique.

Dans la perspective des élections législatives de janvier, le Premier ministre irakien Nouri al Maliki a annoncé jeudi la formation d'une nouvelle coalition politique multiconfessionnelle, concurrente de l'alliance formée cet été autour du Conseil islamique suprême d'Irak (Cisi).

Cette "coalition de l'Etat de droit" du Premier ministre chiite regroupe une quarantaine de formations et courants politiques et se veut plus large et plus ouverte que sa rivale.

"La naissance de cette coalition de l'Etat de droit est une étape historique dans l'établissement d'un Irak moderne fondé sur les principes de la paix et de la nation", a dit Maliki, qui dirige le parti Daoua.

La nouvelle coalition affrontera en janvier l'Alliance nationale irakienne, créée fin août autour du Conseil islamique suprême d'Irak (Cisi) d'Ammar al Hakim.

Tous deux proches de l'Iran, le Cisi et son allié le mouvement de l'imam radical chiite Moktada Sadr, très hostile à la présence américaine, ont contrôlé des pans entiers du territoire irakien depuis l'invasion de 2003 et renforcé l'influence de la majorité chiite dans le pays après la chute du régime de Saddam Hussein.

Mais lors du scrutin du 31 janvier dernier, qui visait à renouveler les conseils régionaux dans 14 des 18 provinces du pays, le parti de Maliki et ses alliés avaient remporté un grand succès aux dépens du Cisi.

La coalition au pouvoir à Bagdad depuis 2005, l'Alliance irakienne unie, s'est peu à peu désagrégée au fil des années.

1/10

http://fr.news.yahoo.com/4/20091001/twl-irak-elections-38cfb6d_1.html


2 Confection d'un gouvernement fantoche

03-10

Nouri al-Maliki a affirmé que le plan de la réconciliation nationale serait le seul à pouvoir conduire son pays à la paix et à la stabilité, a rapporté l'IRNA. Nouri al-Maliki, a ajouté que la réconciliation nationale et le soutien de toutes les tendances politiques à l'action du gouvernement était la seule solution pour faire face aux défis.

IRIB-

http://french.irib.ir/index.php?option=com_content&task=view&id=25892&Itemid=9


Les grandes manœuvres

Kurdistan 

Anschluss –

Les partis kurdes ayant perdu la majorité aux dernières élections régionales dans la province de Ninive, le GRK (Gouvernement régional kurde) a décidé d’annexer à la Région autonome du Kurdistan le district de Makhmour, situé à 115 kilomètres de Mossoul, où les Kurdes sont majoritaires (173 000 habitants).  http://www.azzaman.com/english/index.asp?fname=news2009-09-15kurd.htm

 

Armes françaises pour le Kurdistan ?

Selon le journaliste Georges Malbrunot, des responsables kurdes irakiens ont demandé à la France d’entamer une coopération militaire avec les peshmergas.

http://blog.lefigaro.fr/malbrunot/2009/09/cooperation-militaire-les-kurd.html

 

Marine kurde –

Selon le site du quotidien turc Hürriyet, Massoud Barzani, président de la Région autonome du Kurdistan, envisagerait de créer une flotte kurde. Eftimous Mitopoulos, ancien secrétaire général de l’IMO (organisation de l’ONU chargée du commerce maritime), soutenu par Jack Straw, ancien secrétaire du Foreign Office, lui a conseillé de s’inspirer des expériences acquises par les Iles Féroé au Danemark, Hong Kong et Macao. Le Kurdistan irakien n’ayant pas de façade maritime, Barzani étudierait les possibilités offertes par les ports de Tartous en Syrie et de Mersin en Turquie.

http://www.hurriyetdailynews.com/n.php?n=energy-peace-ii---is-barzani-forming-a-naval-fleet-2009-09-08

 

Corruption –

Ashti Hawrati, ministre des Ressources naturelles du Kurdistan irakien, a décidé de suspendre – avec effet immédiat – les activités de la société pétrolière norvégienne DNO, après l’annonce faite, le 18 septembre, par l’Oslo Stock Exchange (OSE) que cette dernière avait versé 30,04 millions de $ sur un de ses propres comptes bancaires. Le KRG a apporté son soutien au ministre en déclarant que l’OSE avait causé des dégâts « injustifiables et incalculables » à la réputation du gouvernement régional !

http://www.advfn.com/news_2nd-UPDATE-Iraq-Kurdish-Min-Suspends-DNOs-N-Iraq-Operations_39564422.html

 


c) Sur le terrain

24-09

L'aviation US et des patrouilles irakiennes ont lancé jeudi une massive chasse à l'homme après l'évasion de 16 détenus, dont cinq condamnés à mort considérés liés à Al-Qaïda en Irak, d'une prison de Takrit.

Au moins deux hauts responsables irakiens ont été limogés après cette évasion survenue mercredi soir.

Au mois un d'entre eux, un détenu de 19 ans, a été capturé tôt jeudi matin.

24/9

http://fr.news.yahoo.com/3/20090924/twl-irak-evasion-prison-1def439_2.html 

26-09

Un avion de reconnaissance américain sans pilote s'est écrasé samedi aux premières heures sur la permanence de l'un des principaux partis irakiens à Mossoul, dans le nord du pays, annonce l'armée américaine.

On ne signale aucune victime et rien n'indique que l'appareil ait été abattu, a déclaré un porte-parole militaire américain.

Il a ajouté que c'est par coïncidence que le drone est tombé sur les bureaux à Mossoul du Parti islamique irakien, principal parti sunnite d'Irak.

26/9

http://fr.news.yahoo.com/4/20090926/twl-irak-drone-38cfb6d_1.html


Politique intérieure & extérieure

Boycott

La Commission parlementaire brésilienne des Affaires étrangères et de la Défense nationale a recommandé au Parlement de ne pas ratifier l’accord de libre-échange entre le Mercosur et l’État d’Israël – 3ème marché d’exportation pour l’Etat hébreu - jusqu’à ce que «Israël accepte la création d’un État palestinien dans les frontières de 1967».

Rédaction et traduction : Gilles Munier, Xavière Jardez

 

Pas d'amélioration des services publics.

10-10

Quelque 200 personnes ont manifesté samedi à Bagdad pour dénoncer la politique du gouvernement en place, réclamant notamment une amélioration des services publics.

Dans la capitale, les manifestants scandaient "pas d'eau, pas d'électricité dans le pays du pétrole et des deux fleuves". Le gouvernement irakien peine à restaurer les infrastructures irakiennes, victimes des années de négligence, de corruption et d'attaques de l'insurrection.

Une autre manifestation a eu lieu à Bassorah dans le sud du pays, où quelque 500 personnes se sont rassemblées pour soutenir le plus haut dignitaire chiite irakien, qui menace d'appeler à boycotter les élections nationales prévues en janvier si le scrutin se fait par parti plutôt que par candidats individuels. Le grand ayatollah Ali al-Sistani réclame des listes "ouvertes" portant les noms des candidats.

AP

http://fr.news.yahoo.com/3/20091010/twl-irak-manifestation-1def439_2.html


Prisons, exactions & torture

Des membres de l'opposition iranienne libérés de prison.

Trente-six membres de l'opposition iranienne ont été libérés après avoir passé près de trois mois en détention en Irak, a annoncé mercredi un porte-parole du gouvernement irakien.

Selon Ali al-Dabbagh, les hommes ont été ramenés mercredi au Camp Ashraf, dans le nord de l'Irak, où près de 3.500 membres des Moudjahidines du peuple iranien sont confinés depuis l'invasion américaine de 2003.

L'Irak souhaite toutefois expulser les 36 ex-détenus vers n'importe quel pays prêt à les accueillir, a précisé M. Al-Dabbagh. Ils étaient détenus depuis juillet et beaucoup auraient observé une grève de la faim. Les autorités judiciaires irakiennes avaient ordonné leur libération.

L'armée américaine a confié la responsabilité du Camp Ashraf aux Irakiens le 1er janvier.

AP

07-10

http://fr.news.yahoo.com/3/20091007/twl-irak-liberation-detenus-1def439_2.html



b) Les occupants 

1) Usa

Politique intérieure & extérieure 

Ministre du pétrole irakien contre syndicats 

Hussain al-Shahristani a décidé de transférer un certain nombre de leaders syndicalistes du pétrole de la région de Bassora faisant suite à l’organisation d’une manifestation des ouvriers devant la Compagnie de forages pétroliers à Albirjsiya pour leurs droits et indemnités. Il n’en est pas à son premier coup d’essai : en son temps, il avait fait arrêter des syndicalistes protestant contre la nouvelle loi sur le pétrole et le gaz. Mais il n’est pas le seul à manifester son hostilité envers la classe ouvrière : le ministre de l’Industrie a interdit, par décret, toute activité syndicale dans le secteur public. Le gouvernement d’al-Maliki s’efforce de réprimer toute liberté d’association, toute expression de droit de l’homme pour empêcher l’émergence d’un mouvement de protestation ouvrier puissant qui demanderait de meilleures conditions de vie pour tous les Irakiens.

 

Nettoyage confessionnel

Le ministère irakien de l’Immigration estime à 30 000 le nombre de familles ayant quitté la région de Ninive (Mossoul) depuis 2003. Il s’agit principalement d’Assyro-chaldéens.

http://news.xinhuanet.com/english/2009-09/24/content_12107543.htm 


Prisons, exactions & torture

Fermeture du plus grand camp américain de détention en Irak.

L'armée US a fermé son plus grand centre de détention en Irak, installé à Camp Bucca, près de la frontière avec le Koweït.

La décision a été prise dans le cadre du pacte bilatéral de sécurité négocié avec le gouvernement irakien qui prévoit notamment de réduire les programmes américains d'incarcérations et de détentions.

Les cellules improvisées à Camp Bucca ont accueilli jusqu'à 14.000 prisonniers, majoritairement détenus des mois ou des années sans qu'aucune charge ne soit prononcée contre eux et sans qu'ils ne puissent bénéficier d'un avocat. Certains ont été détenus dans des conteneurs de transport maritime équipés de toilettes et d'un système d'air conditionné.

Le camp, a été officiellement fermé à 03h22 (00h22 GMT) lorsqu'un avion transportant les 180 derniers détenus a décollé de Bassorah pour les conduire vers une autre prison militaire, à Bagdad, précise l'armée américaine dans un communiqué.

Le pacte de sécurité conclut par Washington et Bagdad contraint les forces américaines à libérer les détenus qui ne font pas l'objet de poursuites de la justice irakienne.

Depuis janvier, quelque 5.703 Irakiens détenus par les forces américaines ont recouvré la liberté; 1.360 ont été transférés sous garde irakienne.

Avec la fermeture de la prison de Camp Bucca, on compte encore quelque 8.300 détenus sous la garde des forces américaines et répartis dans deux centres proches de Bagdad.

17/9

http://fr.news.yahoo.com/4/20090917/tts-irak-usa-detenus-972e905_1.html

28-09

L'armée américaine a libéré lundi trente-cinq résistants liés à l'enlèvement de cinq ressortissants britanniques au ministère irakien des Finances à Bagdad en 2007, a annoncé un porte-parole du mouvement Asaib Ahl al-Haq.

Au total, ce sont ainsi près de 100 membres qui ont été relâchés par les Américains depuis la semaine dernière.

Au moins un des otages britanniques serait toujours en vie.

28 septembre,

http://fr.news.yahoo.com/

30-09

Un juge de cour martiale a abandonné le chef de meurtre à l'encontre d'un Marine américain accusé d'avoir tué un prisonnier désarmé en Irak

Le chef retenu à l'encontre du sergent Jermaine Nelson a été abandonné mardi au Camp Pendleton en Californie, après que le militaire a accepté de plaider coupable de manquement au devoir.

Son avocat Joseph Low a précisé que l'arrangement conclu ne prévoit pas de peine de prison. Le Marine de 28 ans risquait la prison à vie s'il avait été condamné pour meurtre.

Il faisait partie d'un groupe de trois Marines accusé d'avoir tué des détenus lors de combats de rue pour le contrôle de la ville de Falloujah en 2004. L'un de ses co-équipiers a été acquitté par un jury militaire en avril. Le chef de l'escadron avait été acquitté

30/9
http://fr.news.yahoo.com/3/20090929/twl-usa-irak-justice-prisonnier-fallouja-1def439.html

 05-10

Plus de 150 suspects d’être membres du réseau el-Qaëda, ont été arrêtés lors d'une vaste opération à Mossoul (Nord), ont indiqué des sources au sein des services de sécurité.

Parmi les personnes arrêtées figurent des membres du parti Baas de l'ancien président irakien Saddam Hussein, a affirmé le porte-parole du ministère de la Défense Mohammad al-Askari.

http://www.lorientlejour.com:80/



a)    Les voisins

Turquie

La Turquie fournit à nouveau de l'eau à l'Irak.

Le ministre turc de l'Energie a annoncé vendredi que son pays allait fournir d'avantage d'eau à l'Irak et à la Syrie le mois prochain pour tenter d'aider l'Irak qui fait face à une grave sécheresse.

La Turquie a accepté après une discussion avec des ministres irakiens à Istanbul de déverser en moyenne 550m3 d'eau par seconde dans le Tigre et l'Euphrate jusqu'au 20 octobre, a précisé Taner Yildiz.

La Turquie a l'obligation légale de libérer au moins 500m3 d'eau et avait été jusqu'à lâcher 517m3 par seconde.

La Syrie fournira également plus d'eau à l'Irak.

AP

18/9

http://fr.news.yahoo.com/3/20090918/twl-turquie-irak-syrie-eau-1def439_2.html


b) Les alliés (des Usa)

2 Otan

La  NATO Training Mission-Iraq (NTM-I), qui forme l’armée et la police du régime depuis 2004, n’est pas concernée par le retrait des troupes d’occupation. Un accord à long terme a été récemment ratifié à la demande du gouvernement d’al-Maliki. La mission serait actuellement composée de 270 militaires originaires de 13 pays membres de l’OTAN.

http://www.sundayszaman.com/sunday/detaylar.do?load=detay&link=187612&bolum=109



4 Lutte pour la libération du territoire

Pertes déclarée des occupants.

Les armées répugnent à donner des chiffres officiels

Pertes des forces collaboratrice locales   - Province non précisée

28-09

Six personnes sont mortes lundi dans l'explosion d'une bombe fixée à un autocar dans le sud de l'Irak, selon la police irakienne.

http://fr.news.yahoo.com/



Les combats par provinces

1-1 Bagdad & province

28-09

Dans une attaque, au moins trois soldats irakiens ont été tués dans l'explosion de deux bombes en bordure de route dans le quartier de Ghazaliyah, dans l'ouest de Bagdad, selon un autre représentant de la police. D'après lui, 15 autres personnes, dont onze civils, ont été blessées.

http://fr.news.yahoo.com/

4-10

Un camion citerne a explosé dimanche près d'un poste de contrôle situé à l'extérieur de l'aéroport international de Bagdad, faisant cinq blessés selon la police irakienne, qui parle d'un attentat.

Cing gardes du poste de contrôle ont été blessés, a précisé la police.

AP

 

Khan Beni Saad (40 km au nord de Bagdad),

17-09

Une adolescente a été tuée par l'explosion d'une bombe dans une rue de la ville.

http://qc.news.yahoo.com/

 

Bahbahane

17-09

Un notable du village Mohammed Sultan, a  été tué  alors qu'il quittait son domicile.

17/9

http://qc.news.yahoo.com/


1-2 Province d'Anbar (vaste territoire à l'ouest de Bagdad comprenant les villes de Amiriya, Baghdadi, Diyarah, Falloujah, Habbaniyah, Haditha, Haqlaniyah, Hawija Hit, Houssabayh, Karabilah,  Khaldiyah, Koussaïba, Mahawil, Oubaïdi, Ramadi (capitale de la province d'Al-Anbar,) Kaïm (à la frontière avec la Syrie), Sindjar & Zaidan

Ramadi, à 115km à l'ouest de Bagdad.

28-09

Attaque kamikaze contre un avant-poste des forces de sécurité au nord de Ramadi,

Au moins sept personnes ont été tuées et 16 autres blessées, a rapporté un responsable de la police irakienne sous couvert de l'anonymat.

La déflagration a également projeté des voitures en l'air et renversé des camions.

http://fr.news.yahoo.com/


1-3 Province de Ninive (Mossoul (capitale de la région nord du pays - à 375 km au nord de Bagdad,) Hawijah, Kassak"(70 km au nord-est de Mossoul) & Tall Afar )

Mossoul

23-09

Deux explosions en bordure de route ont coûté la vie à un policier et à un soldat irakiens dans le nord du pays, selon les autorités.

D'après un responsable de police, un policier est mort et un autre a été blessé vers 9h locales dans l'explosion d'une bombe près de sa patrouille dans le secteur ouest de Mossoul (360km au nord-ouest de Bagdad).

Il a ajouté qu'un second engin explosif avait sauté peu après en bordure de route à environ 35km à l'ouest de Mossoul.

L'attaque, qui visait une patrouille militaire, a coûté la vie à un soldat et en a blessé deux autres.

Afp

25-09

Selon ces deux responsables qui ont requis l'anonymat ont précisé que les soldats irakiens ont été tués dans un secteur situé à l'est de la ville de Mossoul, une région où les forces irakiennes neutralisent régulièrement des armes et des explosifs saisis lors d'opérations.

Selon les premiers éléments, il semble que la déflagration se soit produite alors que des soldats s'apprêtaient à neutraliser un engin

http://fr.news.yahoo.com/

26-09

Un avion de reconnaissance américain sans pilote s'est écrasé samedi aux premières heures sur la permanence de l'un des principaux partis irakiens à Mossoul, dans le nord du pays, annonce l'armée américaine.

On ne signale aucune victime et rien n'indique que l'appareil ait été abattu, a déclaré un porte-parole militaire américain.

Il a ajouté que c'est par coïncidence que le drone est tombé sur les bureaux à Mossoul du Parti islamique irakien, principal parti sunnite d'Irak.

26/9

http://fr.news.yahoo.com/4/20090926/twl-irak-drone-38cfb6d_1.html

05-10

Un policier a été abattu ..

http://www.lorientlejour.com:80/

 

Ramadi

11-04

Une série d'explosions dans la ville de Ramadi (province d'Anbar, ouest de l'Irak) a fait au moins 19 morts et 60 blessés, a-t-on appris de sources policières et hospitalières.

La première explosion a eu lieu sur un parking proche du siège de provincial de la police et des bâtiments du conseil provincial, a précisé la police.

Alors que la police et les badauds se précipitaient sur les lieux, une seconde voiture  garée à proximité a explosé, selon un responsable de la police.

Une troisième voiture a ensuite explosé environ une heure plus tard près de l'entrée de l'hôpital de Ramadi.

AP

http://fr.news.yahoo.com/3/20091011/twl-irak-violences-1def439_2.html

 

Tal Afar

17-09

Selon un officier de police, un kamikaze a fait exploser son camion près d'un poste de contrôle de la police à Tal Afar, tuant trois civils et blessant trois policiers.

http://qc.news.yahoo.com/


1-4 Province de Ninevah, 

23-09

Deux explosions en bordure de route ont coûté la vie à un policier et à un soldat irakiens dans le nord du pays, selon les autorités.

 

Afp


1-5 Province de Diyala

Jalula (au nord-est de Bagdad,)

08-10

Une patrouille de police a été visée par une bombe placée en bordure de route mercredi soir a-t-on appris jeudi de source officielle.

Trois officiers ont été tués. Parmi les victimes figure un colonel.

Quatre autres policiers ont été blessés.

L'engin explosif a touché la patrouille près de Jalula, selon un porte-parole de la police, le commandant Ghalib al-Kharki.

AP



L’Irak en chiffres (depuis le début de la guerre de conquête en mars 2003))


Peuple

 

Civils tués (depuis l'occupation)   

1.331.682

Civils blessés (depuis l'occupation) 

71.371( chiffre très très minimum)

Civils violés (par les troupes d'occupations)

2.507     (voir Ibrahim Allousch

Civils/Résistants arrêtes : (une dizaine par jour...)

8.940   (chiffre minimum)

Résistants (décrit tel quel ) tués

4.050 (chiffre minimum)

Résistants (décrit tel quel ) blessés

3.888   (chiffre minimum)

En prison

40.268. (chiffre minimum)

Embargo

750.000 enfants (chiffre minimal)

Embargo

750.000 adultes (chiffre moyen)

 

 

Militaires irakiens tués pendant l'invasion

45.596 (chiffre minimal)

Civils tués pendant l'invasion

120.200 (chiffre minimal)

 

 

Coalition

 

Nombre de Soldats tués (ou morts...) 

34.686

Soldats rapatriés (blessés ou malades)

74.410

(*) dont 10% meurent en cours de route ou à l'hopital)

 

Disparus (dans la nature)

1.014

Désertions

5.501

Mutinerie

2 corps + 25

Aide psychologique

66.108***

Suicides

Mercenaires tues                                                                                 

5.683 (chiffre très minimal)

933

non-combattants accidentés,

27 103

Policiers/soldats/miliciens irakiens  tués

13.061

Policiers /soldats/miliciens irakiens blessés

26.931(chiffre minimal)

Policiers /soldats irakiens disparus (dans la nature)

13.916

 

 

Autres tués (collaborateur)

5.630

Autres blessés (collaborateur)

9.697

 

 

Nombre d'attaques de la résistance de 2003 à 2008:

Oléoducs, les infrastructures pétrolières & d'électricité

 

 164.000,

464 attaques (grand minimum)

Infrastructures du rail

195 attaques (idem)

Hélicoptères

104  ++              (idem)

Avions (& drone)

28 ++


Ces   totaux sont obtenus par le recoupement (si possible) des chiffres des pertes communiqué par la résistance & les médias occidentaux + XINHUANET



74 451 morts et blessés : total officiel des  pertes américaines en Irak.

Dans la semaine du 22 septembre, 16 soldats des forces d’occupation US sont tombés, portant ainsi le nombre de pertes à 74 451 dont 34 983 morts et blessés au cours de ce que le Pentagone classifie comme « engagements hostiles » et plus de 39 468 morts et évacués (depuis le 5 septembre) dans des  « engagements non-hostiles ».

Le total est en fait supérieur à 100 000 victimes car le Pentagone ne compte pas, comme « pertes irakiennes », les 30 000 vétérans dont les blessures – particulièrement, les traumatismes cérébraux subis par les explosions – ont été diagnostiquées après leur départ d’Irak.

Les médias américains détournent l’attention du coût actuel de la guerre en vies humaines en ignorant le nombre de blessés au combat soit 31 510 et les 38 593 autres victimes militaires d’accidents ou de maladies suffisamment graves pour être évacués à des fins médicales.

Compilés par Michael Munk, US Iraq Casualties.


Number Of Iraqis Slaughtered In US War And Occupation Of Iraq "1,331,578"


Cost of U.S. War and Occupation of Iraq      

                                             $690,906,729,285

13-10       13.43

http://www.costofwar.com/

http://www.nationalpriorities.org/costofwar_home
For more details, click here.

 


n°455 - Journal d'Irak - 23/09 au 13/10/09 -: Fin - - Nicolas Bárdos-Féltoronyi : Obama Nobel ?

n°455 -  Journal d'Irak - 23/09 au 13/10/09 -: Fin - - Nicolas Bárdos-Féltoronyi : Obama Nobel ?



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!


Journal d'Irak

n°455                 du 23/09                   au 13/10/09

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


 


Sommaire :

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Vidéos : Jaysh Rajal al-Tariqa al-Naqshbandiyya (JRTN)

5-2 Techniques de manipulation des masses.

5-3 John Pilger : Le jeu du mensonge ou comment se prépare une guerre d'agression.  

5-4 Cybermoine : Le monde tel qu’il est.  

6 Divers Résistance

6 Les brèves

6-1 Résistance (1)

6-3 Mercenaires –

6-4 Les Etats-Unis dépensent 75 milliards au titre de l’espionnage.

6-5 Guerre de l’eau : l’Irak en voie de désertification ?

6-5 Le Parlement irakien a été évacué samedi suite à une alerte à la bombe.



5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

5-1 Vidéos : Jaysh Rajal al-Tariqa al-Naqshbandiyya (JRTN)

http://www.liveleak.com/browse?tag=Jaish%20Al-Nakshabandia

http://www.liveleak.com/browse?tag=alnakshabandia-army


5-2 Techniques de manipulation des masses.

1. Introduction
On appelle "techniques de manipulation des masses", l'ensemble des moyens d'influence permettant la manipulation de l'opinion publique à des fins politiques, économiques ou stratégiques. On peut quelque qu'en soit sa forme, l'assimiler à une arme psychologique absolue, qui peut être dirigée vers son propre groupe (par exemple en y attisant les schismes); ou bien encore vers un autre groupe afin d'en prendre le contrôle ou du moins y semer le désordre. Il existe deux moyens de faire la guerre: le premier est le recours à la force, l'autre beaucoup plus subtil est le recours aux techniques de manipulation. Une des formes courantes de cet art manipulatoire est d'altérer le comportement d'une cible choisie en modifiant sa perception du réel. Le but à atteindre étant toujours de garder une solide emprise sur la cible par une situation de dépendance psychologique et matérielle.
La manipulation des masses est apparue dès que l'homme dans son histoire fut capable de se constituer en groupes hiérarchisés d'intérêts différents (politiques différentes) dont les dirigeants, cherchant à accroîtrent ou maintenir leurs pouvoirs, manipulaient les masses crédules afin de servir leurs intérêts et leurs ambitions. Ainsi il est aisé de supposer que bien avant notre ère, certaines civilisations utilisant les moyens à leur disposition pratiquaient déjà ce type de manipulations.
Le premier document faisant mention de techniques de manipulation, est "l'Art de la Guerre", attribué à Sun Tzu (auteur ou groupe d'auteurs) dont on ne sait rien, si ce n'est qu'il vécu quelques siècles av.J-C. en Chine à peu près à la même époque que Confucius. Toujours est-il que l'on se doit de supposer qu'il s'agissait d'un excellent stratège, vu le contenu de son ouvrage:
"Tout l'art de la guerre est fondé sur la duperie".
"Ceux qui sont experts dans l’art de la guerre soumettent l’armée ennemie sans combat. Ils prennent les villes sans donner l’assaut et renversent un état sans opération prolongées".
"Toute campagne guerrière doit être fondée sur le faux-semblant; feignez le désordre, ne manquez jamais d'offrir un appât à l'ennemi pour le leurrer, simulez l'infériorité pour encourager son arrogance, sachez attiser son courroux pour mieux le plonger dans la confusion: sa convoitise le lancera sur vous pour s'y briser."
"Lorsque l'ennemi est uni, divisez-le; et attaquez là où il n'est point préparé, en surgissant lorsqu'il ne s'y attend point. Telles sont les clefs stratégiques de la victoire, mais prenez garde de ne point les engager par avance." - Extraits de l'Art de la Guerre -
On peut après lecture de l'ouvrage en déduire que pour Sun Tzu les techniques de manipulation consistaient en: une discréditation des meneurs, une désorganisation systématique des principes d'autorité, une ridiculisation de certains aspects culturels, une nécessité de semer doute et discorde au sein du peuple en y répandant immoralité et débauche avec des techniques de propagandes et de rumeurs, ainsi q'une perturbation de l'ordre économique. Ajoutons à cela qu'il préconisait l'utilisation du "dynamisme des contraires" (qui constitue une des armatures de la philosophie chinoise), poussant par exemple les jeunes à se révolter contre les vieux. Ce qui sera d'ailleurs reprit bien plus tard, par certains de ses contemporains du XX e. S.
La manipulation des masses, s'appuie sur cinq types de techniques:
- techniques de planification
- techniques psychologiques
- techniques de propagande
- techniques de désinformation
- techniques d'actions ciblées

http://asthme-reality.com/manipulations/pages/intro.htm


5-3 John Pilger : Le jeu du mensonge ou comment se prépare une guerre d'agression.  

En 2001, l’ Observer de Londres a publié une série de reportages qui témoignaient de la « connexion iraquienne » avec Al-Qaeda, allant jusqu’à décrire les bases en Iraq où s’entraînaient les terroristes ainsi qu’un laboratoire où était produit de l’anthrax comme arme de destruction massive.

Tout était faux.

Fournis par les services secrets US et des exilés iraquiens, ces fables répandues dans les médias Britanniques et US ont aidé Georges Bush et Tony Blair à lancer une invasion illégale qui a fait 1.3 millions de morts selon les dernières estimations.
Quelque chose de comparable est en train de se produire avec l’Iran : les mêmes concordances de révélations gouvernementales et médiatiques aboutissent à la création d’un sentiment de crise identique.
« Menaces rampantes à propos d’installations nucléaires secrètes en Iran » déclare le Guardian du 26 septembre. « Rampant » est le thème. En plein midi. Le bien contre le mal. Ajoutons un aimable nouveau président US «  qui a été élu pour faire oublier les années Bush  ». Un écho immédiat en est la première page du Guardian du 22 mai 2007 : « Le plan secret de l’Iran en vue d’une offensive d’été pour expulser les troupes US hors d’Irak ». En se basant sur des affirmations du Pentagone dénuées de tout fondement, le journaliste Simon Tisdall présentait comme une certitude le plan iranien d’attaquer et de vaincre les forces US en Irak en septembre de cette année. Un mensonge évident pour lequel il ne s’est jamais rétracté.
Le jargon officiel pour ce type de propagande s’appelle le « psy-op » (opérations psychologiques). Au Pentagone et à la Maison Blanche, évoquer la « menace nucléaire » de l'Iran est devenu une pièce-maîtresse de la campagne diplomatique et militaire pour opposer, isoler et affaiblir le pays, ces mots sont utilisés à tout propos par Barack Obama et Gordon Brown puis sont repris en écho par la BBC et d’autres radios comme s’il s’agissait d’informations objectives. Pourtant ce n’est que du pipeau.
Le 16 septembre, Newsweek révélait que les principales agences de renseignement US avaient informé la Maison Blanche que le statut nucléaire de l’Iran n’avait pas changé depuis l’évaluation officielle du National Intelligence Service de novembre 2007 qui affirmait, avec un haut niveau de certitude que l’Iran avait interrompu en 2003 le programme qu’on l’accusait d’avoir développé. L’Agence Internationale de l’Energie Nucléaire a confirmé à plusieurs reprises cette affirmation.
Ces actions de propagande présentées comme de l’information a suivi l’annonce par Obama du retrait de missiles US stationnés le long de la frontière Russe. Cela sert à dissimuler le fait que le nombre de sites de lancement de missiles US est en augmentation en Europe et que les missiles excédentaires sont redéployés sur des navires de guerre. Le but est d’amadouer ainsi la Russie et de la convaincre de contribuer, ou à tout le moins à ne pas faire obstacle, à la campagne US contre l’Iran. Le président BUSH avait raison, déclare Obama, d’affirmer que le programme de missiles balistiques Iranien constitue une menace pour l’Europe et les US. Prétendre que l’Iran puisse envisager une attaque suicide contre les US est grotesque. La menace, si elle existe, est unilatérale et vient de la superpuissance mondiale installée aux frontières de l’Iran.
Le crime de l’Iran est son indépendance. S’étant débarrassé du tyran favori des US, Shah Reza Pahlavi, l’Iran reste le seul état musulman riche en ressources énergétiques à échapper au contrôle US. Comme Israël est seul à avoir droit à l’existence au Moyen Orient ; l’objectif US est de paralyser la République islamique. Cela permettra à Israël de diviser et dominer la région en lieu et place de Washington sans être perturbé par ses voisins. Si un seul pays au monde a de bonnes raisons de développer une force de dissuasion nucléaire, c’est bien l’Iran.
En tant que signataire du traité  fondateur de non-prolifération des armes nucléaires, l’Iran a toujours défendu la notion de l’existence d’une zone dénucléarisée au Moyen Orient. Par contre, Israël n’a jamais accepté d’inspection de l’IAEA et sa base d’armes nucléaires à Dimona reste un secret de polichinelle. Equipé de 200 ogives nucléaires, Israël déplore les résolution des Nations Unies qui l’invitent à signer le traité de non-prolifération, comme il déplore le récent rapport des Nations Unies qui l’accuse de crimes contre l’humanité à Gaza tout en battant le record mondial des violations des lois internationales. Il se sort sans problème de cette situation grâce à l’immunité que lui assure une grande puissance.
La courbe rentrante d’Obama au sujet de l’Iran a un autre agenda. Des deux côtés de l’Atlantique, les médias ont pour mission de préparer l’opinion à une guerre sans fin. Selon la chaîne Américaine NBC,  le général Stanley Mc Chrystal , commandant des forces OTAN / US déclare qu’il faudra engager 500.000 hommes dans les cinq années à venir. L’objectif de cet engagement est de contrôler le prix stratégique du gaz et des champs pétroliers de la mer Caspienne, de l’Asie Centrale, du Golfe et de l’Iran ; en d’autres mots, de l’Eurasie. Mais 69 % du public Britannique, 57 % du public US et presque tous les autres humains sont opposés à cette guerre. Nous persuader que l’Iran est le nouveau démon ne sera pas facile. L’affirmation fallacieuse de Mc Chrystal déclarant que l’Iran est manifestement en train d’entraîner des combattants pour certains groupes talibans est aussi désespérée que la demande pathétique de Brown pour un « nouveau tracé dans le sable ».
Pendant les années Bush, selon le grand dénonciateur Daniel Ellsberg, un coup d’état militaire s’est produit aux Etats-Unis et le Pentagone a pris depuis le pouvoir sur tout ce qui touche à la politique étrangère américaine. La mesure de son pouvoir se prend au nombre de guerres d’agression qui ont été engagées simultanément et à l’adoption d’une doctrine d’attaque préventive qui a abaissé le seuil du recours possible aux armes nucléaires et diminué la distinction entre armes nucléaires et conventionnelles.
Tout cela rend dérisoire la rhétorique d’Obama au sujet d’un monde sans armes nucléaires. En fait, il est devenu la meilleure prise du Pentagone . Avoir accédé à la demande de garder dans son équipe le secrétaire de la défense de BUSH, l’archi-producteur de guerres, Robert Gates, est unique dans l’histoire des Etats-Unis. Il a fait la preuve de sa malfaisance avec l’escalade des conflits du sud de l’Asie à la corne de l’Afrique. Les Etats-Unis de BUSH, comme ceux d'Obama sont dirigés par des gens très dangereux. Nous avons le droit d’en être informés.

Quand donc ceux qui sont payés pour nous informer feront ils correctement leur travail ?
Source: Z Mag

Traduit par Oscar GROSJEAN pour Investig’Action, révisé par Cédric Rutter

http://www.michelcollon.info:80/index.php?option=com_content&view=article&id=2309:le-jeu-du-mensonge-oucomment-se-prepare-une-guerre-dagression&catid=7:attention-medias-&Itemid=12


5-4 Cybermoine : Le monde tel qu’il est.  

 Le monde a changé me dit-on depuis les attentats du 11 septembre 2001.

Une telle assertion me donne envie de rire ou de pleurer devant un tel aveuglément. Pour rappel les USA sont certes le pays où il est aisé de s’enrichir facilement si l’on a du culot, des idées et un zest de chance. Mais c’est aussi le pays où les dirigeants ont menti à plusieurs reprises pour provoquer des guerres, ou le maccarthisme fut appliqué avec fureur telle une nouvelle chasse sorcière, où il a fallu à une frange de la population un combat inouï pour obtenir une partie de ses droits etc etc…

Non le monde n’a pas changé depuis le 11 septembre 2001, seulement cette date est comme celle d’un « bigbang » vers le « temps des révélations » dans lequel nous sommes sans aucun doute rentrés à présent.

De plus en plus clair

Oui les choses sont de plus en plus claires et c’est tant mieux.

Lors de la 1ère guerre du golfe le gouvernement américain via CNN (un article intéressant : http://www.voltairenet.org/article10222.html) contrôlait les images que le reste du monde voyait et aidait donc à façonner une opinion.

On se rappelle aussi de la grossière manipulation où la fille de l’ambassadeur du Koweït aux USA se fit passer pour une infirmière koweïtienne qui avait été soit disant témoin des exactions de soldats irakiens contre des prématurés dans des hôpitaux koweïtiens (http://www.sangonet.com/FichPtsdevuesuite/mensonge-etat-intox_us-irak.html). Cette grossière farce avait ému le peuple américain et sans aucun doute l’avait rendu encore plus favorable à une intervention militaire contre l’Irak. On se rappelle aussi du matraquage médiatique contre l’Irak présenté à l’époque comme le « grand méchant loup ».

Lors de la 2nde guerre du golfe la présence de la chaîne al Jazzera avait permis d’avoir un autre « son de cloche » et d’avoir par conséquent une idée plus réaliste et objective de la situation. Plus le temps passe, plus de nouveaux outils permettent d’avoir des infos de divers points de vue. Les guerres ont souvent été l’œuvre d’habiles manipulateurs qui avaient intérêt à ce que la guerre se fasse. Or la guerre est l’un des pires ennemis de l’humanité, il faut discuter avec des anciens combattants ou avoir vu de ses yeux les conséquences d’une guerre pour comprendre cela. André Malraux : « << Une guerre peut être juste quand elle sert une cause noble. Les armées ne sont animées d’aucune justice parce qu’elles sont des instruments qui préexistent aux causes. Il y a des guerres justes, il n’y a pas d’armées justes. ». En effet les guerres sont l’occasion de toute sorte de dérapages, meurtres de masse d’innocents (odieusement appelés « dommages collatéraux », viols, vols etc… Car la guerre transforme des humains en bêtes féroces qui n’ont plus d’humains que le nom. Les archives historiques nous montrent une bonne partie des manipulations qui ont conduit à la guerre et malgré tout il y a encore des crétins pour suivre comme un seul des politiciens ! Je ne suis pas un homme parfait, je ne suis ni juste ni saint mais je sais que la guerre doit être absolument la dernière option. Les choses ne sont pas aussi claires malheureusement pour beaucoup de personnes qui en dépit d’Internet et en dépit de nouveaux outils qui vous permettent d’avoir des points de vue différents ne s’éveillent pas à certaines vérités. Si les humains refusent d’utiliser ses outils autrement que pour se distraire ils n’auront que ce qu’ils méritent et ce n’est pas moi qui irais verser une larme pour eux.

Le temps des révélations Je disais donc que nous entrions dans le temps des révélations et je vais essayer de dire pourquoi. Quand vous vous intéressez à un thème précis vous pouvez récolter si vous êtes un chercheur méticuleux de nombreux avis dessus et éventuellement communiquer même avec certains « connaisseurs ».

Mais toute chose bien faite demande du temps, car le temps est une ressource et ne doit en aucune manière être ou devenir une contrainte. Mais du temps nous en avons de moins en moins dans un monde où tout doit aller de plus en plus vite. Ainsi les ordis sont plus puissants et rapides, idem pour la connexion Internet. Les voitures sont plus rapides aussi, ainsi que les autres moyens de transport. Tout est fait en outre pour gagner du temps. L’information doit être transmise en temps réel ce qui est une bonne chose même si cela peut servir on s'en doute de mauvais desseins. Ce flot ininterrompu d’informations permet de faire passer tout et n’importe quoi. Le bon grain et l’ivraie sont mélangés au plus grand dam des chercheurs de vérité. Mais ce grand flot d’informations permet par exemple au commun des mortels d’avoir tout un lot d’informations sur certains politiciens ou dirigeants comme sur le passé. Nous savons ainsi le passé quelque peu sordide de la famille Bush et notamment les liens troubles de Prescott Bush avec les nazis ou l’appartenance de 3 générations des Bush à la curieuse confrérie des « Skull and Bones ». Si certains se disent que c’est « trop beau pour être vrai », je leur opposerai cette citation : "Seuls les plus petits secrets ont besoin d'être protégés. Les plus gros sont gardés par l'incrédulité publique." (De l’auteur canadien Marshall McLuhan). La question n’est pas que l’information soit disponible, la question est de savoir combien sont prêts à l’accepter. Mais les gens sont souvent des « champions pour obéir », il faut donc leur dire quoi penser et quoi faire et c’est cela le plus désolant. Ils se disent libres mais on en fait toutes les caractéristiques du parfait troupeau de moutons. Aussi sur les vaccins une information abondante est disponible reste à savoir si les gens croiront ce qu’on leur a toujours dit ou s'ils essaieront de voir ce qu’autres pensent du vaccin (http://expovaccins.over-blog.com/). Et s’ils disent que le point de vue négatif sur les vaccins est minoritaire je leur opposerai ces citations de Gandhi : «L'erreur ne devient pas vérité parce qu'elle se propage et se multiplie ; la vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit. » (Lettres à l'âshram. Paris, Albin Michel, 1971, p. 125) et « La vraie moralité ne consiste pas à suivre les chemins battus, mais à trouver la voie véritable pour nous-mêmes et à la suivre avec intrépidité. » (Lettres à l'âshram. Paris, Albin Michel, 1971, p. 125). La vérité je le pense peut même sortir de la bouche d’un gamin. Et plus on se confronte au monde plus on fait sienne cette citation : "La Vérité est plus étrange que la Fiction, puisque la Fiction est obligée de s'en tenir aux possibilités; pas la Vérité." (Mark Twain, pseudonyme de Samuel Langhorne Clemens). Mais il y a toujours une fenêtre de tir où l’on peut connaître une partie de la vérité et il faut en profiter. Personnellement je n’ai confiance en rien ni en personne dans ce monde. La voix que j’écoute le plus est finalement ma conscience surtout quand je projette de faire quelque chose de maléfique (elle m’en empêche admirablement). Et je me fiche bien du scepticisme de certaines personnes. Personne n’est parfait et si vous attendez la perfection des autres alors que vous-mêmes vous n’êtes pas parfait vous n’apprendrez jamais rien. Ou si vous attendez que le prince charmant vous dise la vérité alors vous n’aurez droit qu’à des Obama après des Bush. Sarkozy finalement ne m’inquiète car il est le « Georges Bush français », il est très facile à voir venir. C’est celui qui vient après qui m’inquiète ! Si nous sommes encore là en 2012 nous en reparlerons.

Le drame de l’humanité

Un des grands drames de l’humain est de croire qu’il est aisé de résoudre certains problèmes. Il croit souvent qu’il y a une pilule ou une baguette magique pour régler les problèmes. Ainsi pour lutter contre la maladie il y a le vaccin, pour lutter contre le « terrorisme » il y a la « guerre contre le terrorisme ». Pour le vaccin contre la grippe A on nous dit même que les techniques pour mettre au point les vaccins ont évolué et que donc on peut élaborer des vaccins plus rapidement, vraiment ? Le point de vue d’une personne comme le Dr Marc Girard m’intéresse fortement (http://www.dailymotion.com/video/xahol1_60000-morts-a-cause-du-vaccin-dr-gi_news). Comme je l’ai sans doute déjà dit l’avis de perroquets ou de crétins sans cervelle et incapables d’avoir une opinion propre ne m’intéresse pas mais alors pas du tout. Je me fiche de comment les médias vous présentent, ce qui m’intéresse c’est l’intelligence et la pertinence de votre raisonnement. La quantité ne m’intéresse pas non plus, je suis préoccupé par la qualité (malheureusement la répétition est pédagogique dit-on). Il n’y a pas de baguette magique pour résoudre les problèmes d’un claquement de doigt, ce genre de choses il faut le laisser à des films comme Harry Potter. Pour essayer de résoudre un problème très rapidement il faut agir violemment et on court le risque de créer d’autres problèmes, c’est évident. Pour résoudre un problème il faut l’analyser et cela prend forcément du temps car le problème peut avoir des racines profondes. Quant à prendre des pilules magiques (comme les médicaments par exemple) pour résoudre les problèmes cela me semble aussi ridicule. On fait croire à l’humain qu’il doit travailler plus gagner plus pour gagner plus et dans le même temps les entreprises licencient à tout va. Ah oui, la crise en est la cause dit-on, elle a beau dos celle-là. Et d’un claquement de baguette magique on nous dit que la crise est en train de finir ! Si c’était facile de résoudre la crise on se demande comment se fait-il qu’on ne l’ait pas vu venir. Si c’était aussi facile de découvrir qui étaient les auteurs des attentats du 11 septembre 2001, il est effarant de voir qu’on ne les ait pas non plus vu venir. Tout ça pue un peu trop le scenario de films et semble être destiné à de grands enfants. Non mes amis nous sommes dans des temps où les choses deviennent de plus en plus claires quand les discours des politiciens le deviennent de moins en moins (clairs). Qui pourrait croire qu’ils ont un quelconque pouvoir quand la city par exemple et les autres banquiers n’en ont rien à faire de leurs vociférations ? Ils sont aussi impuissants et ne sont en fait que des amuseurs publics à l’instar des footballeurs, des acteurs et consort.

Conclusion

La vérité aussi difficile fut-elle à accepter est qu’il n’y a rien de nouveau au soleil et ce depuis des lustres. Ce qui a déjà été, est et sera sans aucun doute jusqu’à la fin des temps. Le mensonge engendre chaos et destruction, car en vérité il y a peu de personnes très agressives et complètement nocives contrairement à ce que l’on veut nous faire croire. Il y a seulement des gens très agressifs et beaucoup de gens passifs. Et ces vermines agressives profitent de la passivité des gens pour agir presqu’en toute impunité. Mais vous savez toute chose a une fin du moins sur la forme ou de façon temporaire, le soleil meurt et renaît en permanence car tout est cyclique. Il fut un temps où il y avait des grands empires tels que l’empire romain, l’empire égyptien, puis « l’empire britannique », « l’empire espagnol », « l’empire français » etc… On se dirige à présent vers le Nouvel âge des empires avec les fameux blocs comme l’Union Nord Américaine, l’Union Européenne, les probables Etats-Unis d’Afrique promus entre autres par Kadhaffi etc… Les empires distrayaient le peuple par le passé (les jeux et le pain romain), ils essaient de faire de même à présent (sport, télé, musique et l’aide alimentaire pour certains). Aux gens de choisir s’ils veulent être aussi naïfs que les romains d’antan ou pouvoir décider de leur sort. Le temps des révélations est juste ce dernier moment de clarté avant la « noirceur » de l’éclipse totale qui sera en ce qui nous concerne un nouvel âge des ténèbres.

cybermoine

Samedi 03 Octobre 2009

http://www.alterinfo.net/Le-monde-tel-qu-il-est_a37482.html



6 Les brèves

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

Résistance (1)

Le tir de roquettes sur la Zone verte pendant la visite du vice-président étatsunien Joe Biden a été revendiqué par l’Armée des Moudjahidine, une organisation membre Commandement suprême pour le Jihad et la Libération, dirigé par Izzat Ibrahim al-Douri.

 

Résistance (2)

Selon Mohammed Bashir Al-Faidhi, porte-parole de l’Association des Oulémas musulmans (AMSI), la résistance compterait environ 100 000 hommes armés. Il estime à un millier le nombre des membres d’Al-Qaïda en Mésopotamie.

http://www.heyetnet.org/eng/articles/4795-iraqi-resistance-according-to-the-iraqis-themselves.html

 

Résistance (3)

Le Front du Jihad et du Changement - qui comprend 8 organisations de résistance -, les Ligues irakiennes du Jihad, les Mourabitines et l'Armée de l'Imam Ahmed Ibn Hanbal, ont désigné le Cheikh Hareth Al- Dhari, secrétaire général de l'Association des Oulémas musulmans, pour les représenter à l’extérieur de l’Irak.

 

Insécurité en hausse

Vagues de meurtres, de vols à main armée et d’enlèvement d’enfants contre rançon: l’insécurité est, avec le manque d’électricité, l’absence de soins médicaux et d’eau potable, la principale source de préoccupation des Irakiens.

http://www.dispatch.com/live/content/national_world/stories/2009/09/22/iraq_crime_0922.ART_ART_09-22-09_A6_T9F5AHD.html?sid=101

 

Réfugiés –

Le nombre de réfugiés irakiens accueillis aux Etats-Unis, dans le cadre du programme d’assistance du Département d’Etat, est passé de 1 600 à près de 14 000 en 2008. Il devrait atteindre 18 000 cette année. L’asile ne serait pas accordé aux membres des Sahwa, milices tribales utilisées comme supplétifs par les troupes d’occupation, dont les membres – estimés à 100 000 -  sont aujourd’hui sans ressource et menacés d’exécution pour collaboration avec l’ennemi.

http://www.aina.org/news/20090922202512.htm

 

 

6-2 Moudjahidine du Peuple

Dans une question écrite adressée le 2 septembre, Jean-Pierre Chevènement a attiré l’attention de Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, « sur la très grave situation faite à des réfugiés iraniens dans le camp d’Achraf en Irak ». Il lui a demandé « quelles interventions compte faire le gouvernement français auprès du gouvernement irakien… afin que la quatrième convention de Genève soit respectée et quelles initiatives il compte prendre, y compris à l’ONU, pour que ces réfugiés ne soient pas expulsés vers la République islamique d’Iran…».

 

6-3 Mercenaires –

Le général Mirza Aslam Beik, ancien chef d'Etat-major de l'armée pakistanaise, a accusé la CIA d’avoir fait appel à la société Blackwater pour commettre des attentats au Pakistan. Il l’accuse de l'assassinat de l'ancienne Premier ministre Benazir Bhutto et de l'ancien premier ministre Rafic Hariri, via des attentats-suicides.  http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=103075&language=fr

 

 

6-4 Les Etats-Unis dépensent 75 milliards au titre de l’espionnage.

Dans un rapport sur les différentes « menaces »  perçues  à travers le monde, le directeur de National Intelligence, Dennis Blair, a révélé une information longtemps tenue secrète, à savoir que le montant des dépenses des Etats-Unis pour des activités d’espionnage s’élève à 75 milliards de dollars par an. Ce  chiffre inclut non seulement les fonds attribués aux 16 catégories d’agences d’espionnage mais aussi ceux dépensés par les militaires pour de semblables opérations. Blair identifie les « menaces » comme celles posées par le programme nucléaire civil iranien, la Corée du Nord, et les différentes rébellions à travers le monde. Il y mentionne la Chine et ses efforts pour avoir accès à des ressources naturelles et les tentatives de la Russie pour étendre son influence dans le monde.

http://news.antiwar.com/2009/09/15/us-spending-75-billion

 

6-5 Guerre de l’eau : l’Irak en voie de désertification ?

L’Irak fait face à la plus grande sécheresse de son histoire. Le sud du pays se transforme en désert. Le rendement des champs de blé a baissé dramatiquement. Les rizières ne sont plus suffisamment irriguées. La région des Marais est en grande partie asséchée. En cause : les barrages construits en Turquie qui, selon un accord conclu en 1987, s’engageait à maintenir un débit de 500 m3 seconde. On en est loin. Le niveau d’eau dans le fleuve a été réduit de moitié. Cela a entraîné la salinisation rapide du Chatt al-Arab avec pour conséquence le reflux des bancs de poissons qui faisait vivre la région de Bassora vers le Koweït, les Emirats ou l’Iran. Résultat : en août 3000 pêcheurs irakiens, 2000 en septembre, ont dû quitter la région. Autre conséquence : les barrages sur l’Euphrate ne fonctionnent qu’à 10% de leur capacité, réduisant la production d’électricité dont l’Irak manque cruellement.

La situation le long du Tigre est un peu moins préoccupante. Mais, que se passera-t-il lorsque l’énorme barrage turc d'Ilisu entrera en activité ? Ceux construits en Iran ont réduit le débit des rivières qui l’alimentent. Au sud, celui bâti sur le fleuve Karoun est une véritable provocation. Ses eaux, qui se déversaient dans le Chatt al-Arab, ont été détournées dans le Bahman Chir, un de ses affluents.

Rédaction et traduction : Gilles Munier, Xavière Jardez

 

6-6 Le Parlement irakien a été évacué samedi suite à une alerte à la bombe.

"Le Parlement a été évacué après la découverte d'une bombe posée par une personne inconnue dans son siège", a déclaré le député Alaa al-Aaraji.

Selon un communiqué publié plus tard par le bureau du président du Parlement sur son site internet, la réunion de samedi a été reporté en raison des "mesures de précaution" prises par les gardiens de sécurité du Parlement qui soupçonnent un odeur étrange(…)  à l'intérieur du bâtiment du Parlement.

Selon une source au sein du Parlement citée par la chaîne de télévision satellitaire irakienne Al-Sharqiya, une véritable bombe a été découverte dans le Parlement et qu'une enquête a été ouverte pour savoir comment la bombe a pu être introduite dans le Parlement.

Cependant, un autre député, qui a requis l'anonymat, a démenti la découverte de bombe dans le Parlement, affirmant que la diffusion d'une telle information était destinée à justifier le report de l'audition du ministre de l'Electricité, qui devait expliquer samedi aux députés les raisons de grave pénurie de l'électricité dans le pays.

04-10

http://french.news.cn/monde/2009-10/04/c_1359066.htm



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

13/10/2009

n° 47 - OTAN - Analyse - Géopolitique et stratégie - Réflexion - 10-10 – Début -: La « responsabilité de protéger » : une façade légale pour légitimer l´ingérence ?

n° 47 - OTAN -  Analyse -  Géopolitique et stratégie - Réflexion - 10-10 – Début -: La « responsabilité de protéger » : une façade légale pour légitimer l´ingérence ?



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'Otan et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Le Dossier'Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan.

n° 47- 15-04

C.De Broeder & M.Lemaire


Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Tiré à part :

CSO : Dix ans, ça suffit ?

Georges Spriet : La stratégie militaire de l’OTAN.

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Jean Bricmont : Un monde plus juste et la « responsabilité de protéger ».

1-2 L'Europe chienne couchée de l'Amérique.

1-3 Le Traité de l'Atlantique Nord.

(Suite)

1-4 L'OTAN tombe les masques.

1-5 Rick Rozoff : L'Iran fait face à la menace grandissante des États-Unis et de l'Otan. +  menace d’une autre conflit entre les États-Unis, la Géorgie, (État client de l’OTAN), et la Russie.

1-6 La France, l’OTAN et l’Occident.

Fin

2  Annexe

2-1 Silvia Cattori : Le combat de Miguel d´Escoto Brockmann à l´ONU
La « responsabilité de protéger » : une façade légale pour légitimer l´ingérence ?

2-2 ABM: un système universel de défense échelonnée au lieu d'un bouclier.

2-3 ABM en Tchéquie: Washington renonce vu la faible efficacité du projet.

2-4 De l'arme nucléaire en Belgique comme gage de paix et de sécurité. (…)

 



Tiré à part :

CSO : Dix ans, ça suffit ?

Le « Comité de Surveillance de l'OTAN » est né en 1999, en réaction à l'agression de l'OTAN contre la Yougoslavie. Nous étions alors une poignée de militants issus de différents courants politiques belges.

Nous n'étions pas les seuls à dénoncer l'imposture de "la guerre humanitaire", mais il nous a semblé indispensable de dépasser la stricte dénonciation d'une guerre pour mettre celle-ci en perspective avec le rôle global que l'OTAN joue, pour certains d'entre nous depuis sa création en 1949, pour nous tous depuis son entrée en guerre directe contre la Yougoslavie.

Ce n'est pas un plaisir, le dixième anniversaire :

Occupation du Kosovo par la KFOR, avec participation de soldats belges

Guerre en Afghanistan avec plus de 500 soldats et 4 chasseurs bombardiers F-16 belges

Invasion de l'Irak, avec le soutien matériel de l'Otan aux troupes lors de l'agression, soutien politique évident au gouvernement installé par l'occupant, programme de formation de l'armée et de la police à charge de l'Otan (notamment des officiers belges)

Envoi de troupes belges aux frontières du Soudan, d'une flotte belge au large de la Somalie dans le cadre de l'OTAN

Participation de navires de guerre belges à la mission conjointe Otan-USA le long des côtes du Vénézuéla et du Brésil

Appui sans faille à Israël ,  même lors de ses agressions les plus évidentes

Menaces de guerre contre l'Iran

Renforcement des moyens militaires autour de la Russie, la pratique d'une politique interventionniste pour faire basculer l'Ukraine dans l'OTAN

Soutien discret de l'Otan à la Géorgie dans sa guerre contre la Russie

Persistance de la participation à la stratégie nucléaire de l'OTAN, avec le stockage des bombes nucléaires à Kleine Brogel

La liste des méfaits de l'OTAN est très longue...

Voilà dix ans que nous dénonçons cette organisation comme une machine de guerre qui tend à la domination du monde par tous les moyens à sa disposition. L'OTAN veut toujours se donner une image d'intervention humanitaire, de gentils soldats. Mais les masques sont tombés. Aujourd'hui, toutes les organisations de paix dénoncent l'OTAN, que ce soit dans ses dérives ou dans sa nature même.

Une organisation internationale existe maintenant : “No to NATO”. A Strasbourg, face au Sommet de l'Otan, s'est tenue pour la première fois, une concentration des mouvements de la Paix d'Europe et d'Amérique ainsi qu'une grande manifestation que le président Sarkosy a essayé de terroriser. Les mouvements de la paix sont de plus en plus convaincus du caractère dangereux de l'OTAN. Mais il y a encore beaucoup de travail pour arriver à la dissolution de l'OTAN.

Nous aurions aimé ne pas avoir à commémorer ces 10 ans, et nous voudrions ne plus avoir d'autres anniversaires. Mais nous devons rester sur la brèche. La "vigilance" à l'égard de l'OTAN est manifestement tout aussi nécessaire aujourd'hui qu'il y a dix ans.

Bulletin trimestriel du Comité de surveillance OTAN,
Numéro 35, juillet - août - septembre 2009

 

Georges Spriet : La stratégie militaire de l’OTAN.

Il a étudié les 60 ans d’existence de l’OTAN et 2 éléments apparaissent :

Aux USA, le keynésianisme militaire fait que la présence de subsides publics dans l’armement militaire apparaît comme un élément de croissance économique.

Les USA veulent rester LE pays dominant, ils veulent rester les plus forts, garder la suprématie du commerce des armes grâce à un libéralisme imposé…. allant même jusqu’à amener les pays à les solliciter comme si ils assurent la paix en contrôlant l’Europe aussi. Pour offrir une protection aux alliés, ils préconisent de rendre rapidement accessible l’arme nucléaire qui remplace et mobilise bien plus vite les troupes ! Donc il en existe dès 1954 en Angleterre, 1957 en Allemagne, 1962 en Europe, 1980 à Kleine Brogel.

La révision du TNP doit aller dans le sens d’un non transfert ! En effet, pour l’OTAN, les armes de l’OTAN entrent dans un processus de solidarité…et permettent une frappe massive au cas où ! Le bouclier anti-missile doit donc exister ….pour attaquer et non se défendre ! Il faut donc demander la disparition de toutes les armes et la suppression de l’OTAN. Mais comment trouver un consensus au sein de tous les pays de l’OTAN avec ou sans hébergement des armes nucléaires ?

Un fait nouveau et important : la confédération internationale des syndicats a appelé l’ONU à agir pour que le TNP remporte un succès, elle demande l’arrêt des essais et de la production et que des zones dénucléarisées soient créées.

Un débat s’ouvre et les intervenants font le lien entre l’économie et la guerre, se demandent comment mobiliser les jeunes ? comment regonfler la population ? comment construire pour agir ? Il est important de motiver les gens et de lutter contre la politique nucléaire de l’OTAN.

Une réflexion se déroule à propos des jeunes qui sont découragés car exclus de la culture politique. Mais on rappelle par ailleurs qu’à Strasbourg, il y avait 40.000 jeunes qui manifestaient contre l’Otan au mois d’avril.

Résumé de Francine Verstraeten

Bulletin trimestriel du Comité de surveillance OTAN,
Numéro 35, juillet - août - septembre 2009
 



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

1-1 Jean Bricmont : Un monde plus juste et la « responsabilité de protéger ».

Alors que le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon, milite pour la mise en œuvre du nouveau concept juridique de « responsabilité de protéger », le président de l’Assemblée générale, Miguel d’Escoto, invitait quatre intellectuels à éclairer les délégations en présentant leurs analyses. La table ronde réunissait Gareth Evans (un des auteurs du concept), Noam Chomsky, Ngugi wa Thiong’o et Jean Bricmont, dont nous reproduisons l’intervention.

"Le but de mon exposé sera de mettre en question les hypothèses sur lesquelles reposent l’idée et la rhétorique de la « responsabilité de protéger ».
En résumé, je voudrais montrer que les principaux obstacles qui empêchent la mise en œuvre d’une véritable responsabilité de protéger sont précisément les politiques et les attitudes des pays qui en sont les plus enthousiastes partisans, à savoir les pays occidentaux et en particulier les États-Unis.

Au cours de la dernière décennie, le monde a assisté, impuissant, au bombardement, par les États-Unis, de civils innocents en Irak, en Afghanistan et au Pakistan. Il est demeuré spectateur lors de l’attaque israélienne meurtrière au Liban et à Gaza. Nous avons précédemment assisté au massacre, sous la puissance de feu états-unienne, de millions de gens au Vietnam, au Cambodge et au Laos ; et bien d’autres sont morts en Amérique Centrale et en Afrique australe lors de guerres appuyées par les États-Unis. Allons-nous crier, au nom de toutes ces victimes : Plus jamais ! Dorénavant, le monde, la communauté internationale, vous protègera !

Notre réponse humanitaire est oui, nous voulons protéger toutes les victimes. Mais comment, et avec quelles forces ? Comment le faible sera-t-il jamais défendu contre le fort ?  La réponse à cette question n’est pas seulement humanitaire ou juridique, mais avant tout politique. La protection des faibles dépend toujours de la limitation du pouvoir des forts. Le règne de la loi permet une telle limitation, pourvu que la loi soit la même pour tous. Tendre vers ce but nécessite une combinaison de principes idéalistes et d’une évaluation réaliste des rapports de force existant dans le monde.
Avant de rentrer dans une discussion politique de la responsabilité de protéger, je voudrais souligner que le problème qui se pose ne porte pas sur les aspects diplomatiques ou préventifs de cette doctrine, mais sur l’aspect militaire de la « réponse rapide et décisive » et sur le défi que cela pose au principe de la souveraineté nationale.

La responsabilité de protéger est une doctrine ambigüe. D’une part, elle est vendue aux Nations Unies comme étant fort différente du « droit d’ingérence humanitaire », notion qui été développée en Occident après la chute des empires coloniaux et la défaite des États-Unis en Indochine. Cette idéologie se fondait sur les tragédies se produisant dans les pays décolonisés, afin de fournir une base morale aux anciennes politiques d’intervention et de contrôle des pays occidentaux sur le reste du monde.

Cela est parfaitement compris dans la majeure partie du monde. Le « droit » d’ingérence humanitaire a été universellement rejeté par le Sud, par exemple lors de son sommet à La Havane en 2000 ou lors de la réunion des pays non alignés à Kuala Lumpur en février 2003, peu avant l’attaque états-unienne contre l’Irak. La responsabilité de protéger tente de faire entrer ce droit dans le cadre de la Charte des Nations Unies, de façon à le rendre acceptable, en insistant sur le fait que l’option militaire doit intervenir en dernier recours et doit être approuvée par le Conseil de Sécurité. Mais alors, il n’y a rien de légalement neuf sous le soleil.

D’autre part, la responsabilité de protéger est présentée au public occidental comme une nouvelle norme dans les relations internationales, norme qui autorise l’usage de la force sur des bases humanitaires. Il y a une grande différence entre la responsabilité de protéger, envisagée purement comme doctrine juridique et sa réception idéologique dans les médias occidentaux.

Lorsque l’on envisage l’histoire états-unienne de l’après-guerre, histoire qui inclut les guerres d’Indochine, les invasions de l’Irak et de l’Afghanistan, du Panama et même de petite Grenade, il est difficile de croire que c’est le droit international ou le respect pour la souveraineté nationale qui empêche les États-Unis d’arrêter des génocides. Si les États-Unis avaient eu les moyens et le désir d’intervenir au Rwanda, ils l’auraient fait, et aucun droit international ne les en auraient empêché. Et si une « nouvelle norme » est introduite, elle ne sauvera personne nulle part, dans le contexte des rapports de force politiques et militaires existants, à moins que les États-Unis ne décident d’intervenir, pour des raisons qui leur sont propres.

De plus, il est assez incroyable de voir que les partisans de la responsabilité de protéger parler d’une obligation de reconstruire (après une intervention militaire). Combien d’argent les États-Unis ont-ils versé comme réparations pour les destructions infligées en Indochine et en Irak, ou à infligées à Gaza et au Liban par un pays qu’ils soutiennent et arment ? Ou au Nicaragua, auquel des réparations pour les destructions des Contras sont toujours impayées, malgré la condamnation des États-Unis par la Cour Internationale de Justice ? Pourquoi espérer que la responsabilité de protéger force à l’avenir les États puissants à payer pour ce qu’ils détruisent, s’ils ne le font pas en vertu du droit existant actuellement ?

Il est vrai que le XXIème siècle a besoin de Nations Unies rénovées, mais pas de Nations Unies qui justifient les interventions unilatérales avec de nouveaux arguments, mais plutôt de Nations Unies qui offrent un support moral à ceux qui cherchent à construire un monde moins dominé par les États-Unis et leurs alliés. Le but original des Nations Unies était de sauver l’humanité du « fléau de la guerre », en référence aux deux guerres mondiales. Cela devait être accompli par un respect strict de la souveraineté nationale, de façon à empêcher les grandes puissances d’intervenir militairement contre les plus faibles, quel qu’en soit le prétexte. Les guerres menées par les États-Unis et l’Otan montrent que, malgré des progrès substantiels, les Nations Unies n’ont pas encore atteint leur but originel. Les Nations Unies doivent continuer leurs efforts en direction de ce but, avant de s’assigner une nouvelle priorité, soi-disant humanitaire, qui en réalité peut être utilisée par les grandes puissances pour justifier leurs guerres futures, en affaiblissant le principe de la souveraineté nationale.

Quand l’Otan a exercé son droit auto-proclamé d’intervention au Kosovo, où les efforts diplomatiques étaient loin d’avoir été épuisés, il a été applaudi dans les médias occidentaux. Quand la Russie a exercé ce qu’elle considérait comme sa responsabilité de protéger en Ossétie du sud, elle a été universellement condamnée par les mêmes médias occidentaux. Quand le Vietnam est intervenu au Cambodge (mettant fin au régime des Khmers Rouges) ou quand l’Inde est intervenue dans ce qui est aujourd’hui le Bangladesh, leurs actions ont été sévèrement condamnées en Occident.

Tout cela indique que les gouvernements, médias et ONG occidentaux, s’autoproclamant « communauté internationale », évalueront la responsabilité de tragédies humaines très différemment, selon qu’elle se produit dans un pays dont le gouvernement est, pour une raison ou une autre, jugé hostile par l’Occident, ou dans un pays ami. En particulier, les États-Unis feront pression sur l’ONU pour faire adopter leur propre vision des évènements. Les États-Unis ne choisiront pas toujours d’intervenir, mais ils utiliseront néanmoins la non-intervention pour dénoncer les Nations Unies et pour suggérer que celles-ci devraient être remplacées par l’Otan comme arbitre international.

La souveraineté nationale est parfois stigmatisée par les promoteurs de la responsabilité de protéger comme étant une « autorisation de tuer ». Il est bon de se rappeler pourquoi la souveraineté nationale doit être défendue contre de telles accusations.

Tout d’abord, la souveraineté nationale est une protection partielle des faibles contre les forts. Personne ne s’attend à ce que le Bangladesh intervienne dans les affaires intérieures des États-Unis pour les forcer à réduire leurs émissions de CO2, en invoquant les conséquences catastrophiques que celles-ci peuvent avoir pour le Bangladesh. L’ingérence est toujours unilatérale.

L’ingérence états-unienne dans les affaires intérieures des autres États prend des formes multiples mais est constante et viole toujours l’esprit et souvent la lettre de la Charte des Nations Unies. Bien qu’ils prétendent agir en fonction de principes tels que la liberté et la démocratie, les interventions des États-Unis ont eu des conséquences désastreuses : non seulement les millions de morts causé directement ou indirectement par les guerres, mais aussi le fait d’avoir « tué l’espoir » de centaines de millions de gens qui auraient pu bénéficier des politiques sociales progressistes initiées par des personnes telles que Arbenz au Guatemala, Goulart au Brésil, Allende au Chili, Lumumba au Congo, Mossadegh en Iran, les Sandinistes au Nicaragua ou le Président Chavez au Venezuela, qui ont tous été systématiquement subvertis, renversés, ou tués avec le soutien plein et entier de l’Occident.

Mais ce n’est pas tout. Chaque action agressive des États-Unis provoque une réaction. Le déploiement d’un bouclier anti-missile produit plus de missiles, pas moins. Bombarder des civils- que ce soit délibérément ou par dommage collatéraux-produit plus de résistance armée, pas moins. Chercher à renverser ou à subvertir des gouvernements produit plus de répression interne, pas moins. Encourager les minorités à faire sécession, en leur donnant l’impression, souvent fausse, que la « seule superpuissance » viendra à leur secours si elles sont réprimées, produit plus de violence et de haine, pas moins. La possession par Israël d’armes nucléaires encourage d’autres États du Proche-Orient à posséder de telles armes. Les tragédies en Somalie et dans l’Est du Congo sont dues en grande partie à des interventions étrangères, pas à leur absence. Pour prendre un exemple extrême, qui est un des exemples préférés d’atrocités citées par les partisans de la responsabilité de protéger, il est très peu probable que les Khmers Rouges auraient pris le pouvoir au Cambodge, sans les bombardements états-uniens massifs et « secrets », suivis par un changement de régime organisé par les États-Unis qui déstabilisa complètement ce malheureux pays.

L’idéologie de l’ingérence humanitaire fait partie d’une longue histoire d’attitudes occidentales par rapport au reste du monde. Quand les colons ont débarqué sur les côtes des Amériques, de l’Afrique ou de l’Asie orientale, ils ont été horrifiés de découvrir ce que nous appellerions des violations des droits de l’homme et qu’ils appelaient des « mœurs barbares » : sacrifices humains, cannibalisme ou femmes aux pieds bandés. Ces indignations, sincères ou calculées, ont, de façon répétée, été utilisées pour couvrir les crimes des pays occidentaux : esclavage, exterminations des populations indigènes et pillage systématique des terres et des ressources. Cette attitude d’indignation vertueuse continue à ce jour et est à la base de l’idée que l’Occident a un « droit d’intervenir » et un « droit de protéger », tout en ignorant les régimes oppressifs considérés comme « amis », la militarisation et les guerres sans fin, ainsi que l’exploitation massive de la force de travail et des matières premières.

L’Occident devrait tirer des leçons de sa propre histoire. Concrètement, qu’est-ce que cela voudrait dire ? D’abord, garantir un respect strict du droit international de la part des puissances occidentales, implémenter les résolutions de l’ONU concernant Israël, démanteler l’empire des bases états-uniennes ainsi que l’Otan, cesser toutes les menaces concernant l’usage unilatéral de la force, lever les sanctions unilatérales, en particulier l’embargo contre Cuba, arrêter toutes les formes d’ingérences dans les affaires intérieures des autres états, en particulier toutes les opérations des « promotions de la démocratie », de « révolutions colorées » ainsi que l’exploitation de la politique des minorités. Ce respect nécessaire pour la souveraineté nationale signifie que le souverain ultime de chaque État-nation est le peuple de cet État, dont le droit à remplacer des gouvernements injustes ne peut pas être usurpé par des puissances étrangères supposées bienveillantes.

Ensuite, nous pourrions utiliser nos budgets militaires disproportionnés (les pays de l’Otan couvrant 70 % des dépenses militaires mondiales) pour mettre en place une forme de keynésianisme global : au lieu de demander des « budgets équilibrés » dans les pays en développement, nous devrions utiliser les ressources gaspillées en dépenses militaires pour financer des investissements massifs dans l’éducation, la santé et le développement. Si cela semble utopique, ce ne l’est pas plus que l’idée selon laquelle un monde stable sera produit par la façon dont la « guerre à la terreur » est poursuivie actuellement.

Les défenseurs de la responsabilité de protéger peuvent répondre que ce que je dis ici est à côté de la question et « politise » inutilement le débat, puisque, d’après eux, c’est la communauté internationale qui interviendra, avec, en plus, l’approbation du Conseil de Sécurité. Mais, en réalité, il n’existe pas de communauté internationale. L’intervention de l’Otan au Kosovo n’a pas été approuvée par la Russie et l’intervention russe en Ossétie du Sud a été condamnée en Occident. Aucune de ces interventions n’aurait été approuvée par le Conseil de Sécurité. Récemment, l’Union africaine a rejeté l’inculpation par la Cour pénale internationale du président du Soudan. Aucun système de justice ou de police internationale, qu’il s’agisse de la responsabilité de protéger ou de la CPI, ne peut fonctionner sans un climat de confiance et d’égalité. Aujourd’hui, il n’y a ni égalité ni confiance entre l’Ouest et l’Est, ou entre le Nord et le Sud, en grande partie à cause des politiques américaines récentes. Si nous voulons qu’une version de la responsabilité de protéger fonctionne dans le futur, nous devons d’abord construire une relation d’égalité et de confiance, et ce que je dis ici aborde le fond du problème. Le monde ne peut devenir plus sûr que s’il devient d’abord plus juste.

Il est important de comprendre que la critique faite ici de la responsabilité de protéger ne se base pas sur une défense « absolutiste » de la souveraineté nationale, mais sur une réflexion à propos des politiques des pays puissants qui forcent les pays faibles à utiliser la souveraineté comme bouclier.

Les promoteurs de la responsabilité de protéger présentent celle-ci comme le début d’une ère nouvelle. Mais, en réalité, elle signale la fin d’une ère ancienne. D’un point de vue interventionniste, la responsabilité de protéger est un recul, au moins en parole, par rapport au droit d’ingérence, et celui-ci était un recul par rapport au colonialisme classique. La principale transformation sociale du 20ème siècle a été la décolonisation. Ce mouvement continue aujourd’hui dans l’élaboration d’un monde réellement démocratique, dans lequel le soleil se sera couché sur l’empire américain, comme il l’a fait sur les empires européens du passé. Il y a quelques indications que le président Obama comprend cette réalité et il faut espérer que ses actions suivent ses paroles.

Je veux terminer par un message pour les représentants et les populations du « Sud ». Les vues exprimées ici sont partagées par des millions de gens en « Occident ». Cela n’est malheureusement pas reflété par nos médias. Des millions de gens, y compris des États-uniens, rejettent la guerre comme moyen de résoudre les conflits internationaux et s’opposent au soutien aveugle de leurs gouvernements à l’apartheid israélien. Ils adhèrent aux principes du mouvement des pays non alignés de coopération internationale, dans le respect strict de la souveraineté de chaque État, et de l ’égalité des peuples. Ils risquent d’être dénoncés par les médias de leurs pays comme anti-occidentaux, anti-américains ou antisémites. Mais, en ouvrant leurs esprits aux inspirations du reste du monde, ce sont eux qui incarnent ce qu’il y a de véritablement valable dans la tradition humaniste occidentale.

Jean Bricmont

 Réseau Voltaire  - http://www.voltairenet.org/...


1-2 L'Europe chienne couchée de l'Amérique.

Faut-il des évènements comme la déclaration du nouveau secrétaire général de l'Otan, le Danois Anders Fogh Rasmussen, en faveur d'un engagement fort de l'Alliance en Afghanistan, pour nous faire mesurer à quel point l'Union Europe est restée la chienne couchée dont l'Amérique se sert pour défendre ses intérêts impérialistes ?
Que l'ancien premier ministre danois, resté 7 ans en fonction, ait été choisi comme secrétaire général de l'Otan, montre bien que son allégeance à l'Amérique n'a gêné personne en Europe. Aussi bien l'affirmation qu'il vient de faire selon tout bon sens que l'Otan doit rester en Afghanistan quoiqu'il arrive n'a pas apparemment suscité de réserves dans les chancelleries européennes. Au moment où 9 soldats de l'Otan viennent d'être tués en 2 jours dans des engagements inutiles, au moment où les opinions, y compris en Grande Bretagne, s'interrogent sur la  validité de cette guerre, le soutien qu'apporte le nouveau  Va-t-en guerre européen  à Barack Obama sera précieux à ce dernier. Celui-ci, devant l'échec attendu de la plupart de ses autres stratégies, se cramponne à l'engagement en Afghanistan pour se faire reconnaître comme le grand homme d'Etat dont le monde a besoin.
Selon Rasmussen, « L'Otan ne se prépare pas à partir. Nous resterons en soutien aussi longtemps que cela sera nécessaire. Mais pour stabiliser l'Afghanistan, l'effort doit être international, militaire et civil, avec une plus grande part de l'effort faite par les Afghans eux-mêmes ». Autrement dit, il sollicite une plus grande participation des armées européennes. Cela fera plaisir à notre grand stratège Bernard Kouchner qui plaide la même cause en ce qui concerne
la France. Espérons pour eux que le résultat des « élections » du 20 août ne démentira pas tous ces grands visionnaires.
Mais Anders Fogh Rasmussen ne compte pas se limiter à sévir sur le front Afghan. Manifestement, il veut aussi relayer les efforts tenaces du Pentagone et plus récemment de Joe Biden pour contribuer à détériorer les relations de l' Europe avec
la Russie.
"
La Russie doit remplir intégralement ses obligations internationales, y compris en respectant l'intégrité territoriale et la liberté politique de ses voisins", a-t-il averti. Selon lui, la guerre entre la Russie et la Georgie d'août 2008 a eu un « impact très négatif sur la relation entre la Russie et l'Otan » . Faut-il s'en étonner, puisque cette guerre, voulue très largement par l'Amérique, avait précisément cet objectif.  "Mais ces différences entre nous ne doivent pas cacher le fait que « l'Otan n'est pas un ennemi de la Russie ». 
Voilà une bonne nouvelle, dont se réjouiront tous ceux qui se croyaient revenus, du fait de l'Amérique et notamment du « Crazy Biden », comparé par certains à Dick Cheyney, au temps de la guerre froide.

http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=332


1-3 Le Traité de l'Atlantique Nord.

Washington DC, le 4 avril 1949

Les Etats parties au présent Traité, réaffirmant leur foi dans les buts et les principes de la Charte des Nations Unies et leur désir de vivre en paix avec tous les peuples et tous les gouvernements.
Déterminés à sauvegarder la liberté de leurs peuples, leur héritage commun et leur civilisation, fondés sur les principes de la démocratie, les libertés individuelles et le règne du droit.
Soucieux de favoriser dans la région de l'Atlantique Nord le bien-être et la stabilité. Résolus à unir leurs efforts pour leur défense collective et pour la préservation de la paix et de la sécurité. Se sont mis d'accord sur le présent Traité de l'Atlantique Nord :

Article 1

Les parties s'engagent, ainsi qu'il est stipulé dans la Charte des Nations Unies, à régler par des moyens pacifiques tous différends internationaux dans lesquels elles pourraient être impliquées, de telle manière que la paix et la sécurité internationales, ainsi que la justice, ne soient pas mises en danger, et à s'abstenir dans leurs relations internationales de recourir à la menace ou à l'emploi de la force de toute manière incompatible avec les buts des Nations Unies.

Article 2

Les parties contribueront au développement de relations internationales pacifiques et amicales en renforçant leurs libres institutions, en assurant une meilleure compréhension des principes sur lesquels ces institutions sont fondées et en développant les conditions propres à assurer la stabilité et le bien-être. Elles s'efforceront d'éliminer toute opposition dans leurs politiques économiques internationales et encourageront la collaboration économique entre chacune d'entre elles ou entre toutes.

Article 3

Afin d'assurer de façon plus efficace la réalisation des buts du présent Traité, les parties, agissant individuellement et conjointement, d'une manière continue et effective, par le développement de leurs propres moyens en se prêtant mutuellement assistance, maintiendront et accroîtront leur capacité individuelle et collective de résistance à une attaque armée.

Article 4

Les parties se consulteront chaque fois que, de l'avis de l'une d'elles, l'intégrité territoriale, l'indépendance politique ou la sécurité de l'une des parties sera menacée.

Article 5

Les parties conviennent qu'une attaque armée contre l'une ou plusieurs d'entre elles survenant en Europe ou en Amérique du Nord sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties, et en conséquence elles conviennent que, si une telle attaque se produit, chacune d'elles, dans l'exercice du droit de légitime défense, individuelle ou collective, reconnu par l'article 51 de la Charte des Nations Unies, assistera la partie ou les parties ainsi attaquées en prenant aussitôt, individuellement et d'accord avec les autres parties, telle action qu'elle jugera nécessaire, y compris l'emploi de la force armée, pour rétablir et assurer la sécurité dans la région de l'Atlantique Nord.

Toute attaque armée de cette nature et toute mesure prise en conséquence seront immédiatement portées à la connaissance du Conseil de Sécurité. Ces mesures prendront fin quand le Conseil de Sécurité aura pris les mesures nécessaires pour rétablir et maintenir la paix et la sécurité internationales.

Article 6 (1)

Pour l'application de l'article 5, est considérée comme une attaque armée contre une ou plusieurs des parties, une attaque armée :

contre le territoire de l'une d'elles en Europe ou en Amérique du Nord, contre les départements français d'Algérie (2), contre le territoire de la Turquie ou contre les îles placées sous la juridiction de l'une des parties dans la région de l'Atlantique Nord au nord du Tropique du Cancer;

contre les forces, navires ou aéronefs de l'une des parties se trouvant sur ces territoires ainsi qu'en toute autre région de l'Europe dans laquelle les forces d'occupation de l'une des parties étaient stationnées à la date à laquelle le Traité est entré en vigueur, ou se trouvant sur la mer Méditerranée ou dans la région de l'Atlantique Nord au nord du Tropique du Cancer, ou au-dessus de ceux-ci.

Article 7

Le présent Traité n'affecte pas et ne sera pas interprété comme affectant en aucune façon les droits et obligations découlant de la Charte pour les parties qui sont membres des Nations Unies ou la responsabilité primordiale du Conseil de Sécurité dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales.

Article 8

Chacune des parties déclare qu'aucun des engagements internationaux actuellement en vigueur entre Etats n'est en contradiction avec les dispositions du présent Traité et assume l'obligation de ne souscrire aucun engagement international en contradiction avec le Traité.

Article 9

Les parties établissent par la présente disposition un Conseil, auquel chacune d'elle sera représentée pour examiner les questions relatives à l'application du Traité. Le Conseil sera organisé de façon à pouvoir se réunir rapidement et à tout moment. Il constituera les organismes subsidiaires qui pourraient être nécessaires; en particulier, il établira immédiatement un comité de défense qui recommandera les mesures à prendre pour l'application des articles 3 et 5.

Article 10

Les parties peuvent, par accord unanime, inviter à accéder au Traité tout autre Etat européen susceptible de favoriser le développement des principes du présent Traité et de contribuer à la sécurité de la région de l'Atlantique Nord. Tout Etat ainsi invité peut devenir partie au Traité en déposant son instrument d'accession auprès du gouvernement des Etats-Unis d'Amérique. Celui-ci informera chacune des parties du dépôt de chaque instrument d'accession.

Article 11

Ce Traité sera ratifié et ses dispositions seront appliquées par les parties conformément à leurs règles constitutionnelles respectives. Les instruments de ratification seront déposés aussitôt que possible auprès du gouvernement des Etats-Unis d'Amérique, qui informera tous les autres signataires du dépôt de chaque instrument de ratification. Le Traité entrera en vigueur entre les Etats qui l'ont ratifié dès que les ratifications de la majorité des signataires, y compris celles de la Belgique, du Canada, des Etats-Unis, de la France, du Luxembourg, des Pays-Bas et du Royaume-Uni, auront été déposées et entrera en application à l'égard des autres signataires le jour du dépôt de leur ratification. (3)

Article 12

Après que le Traité aura été en vigueur pendant dix ans ou à toute date ultérieure, les parties se consulteront à la demande de l'une d'elles, en vue de réviser le Traité, en prenant en considération les facteurs affectant à ce moment la paix et la sécurité dans la région de l'Atlantique Nord, y compris le développement des arrangements tant universels que régionaux conclus conformément à la Charte des Nations Unies pour le maintien de la paix et de la sécurité internationales.

Article 13

Après que le Traité aura été en vigueur pendant vingt ans, toute partie pourra mettre fin au Traité en ce qui la concerne un an après avoir avisé de sa dénonciation le gouvernement des Etats-Unis d'Amérique, qui informera les gouvernements des autres parties du dépôt de chaque instrument de dénonciation.

Article 14

Ce Traité, dont les textes français et anglais font également foi, sera déposé dans les archives du gouvernement des Etats-Unis d'Amérique. Des copies certifiées conformes seront transmises par celui-ci aux gouvernements des autres Etats signataires.


Notes :

La définition des territoires auxquels l'article 5 s'applique a été modifiée par l'article 2 du Protocole d'accession au Traité de l'Atlantique Nord de la Grèce et de la Turquie, signé le 22 octobre 1951.

Le 16 janvier 1963, le Conseil de l'Atlantique Nord a noté que, s'agissant des anciens départements français d'Algérie, les clauses pertinentes du Traité étaient devenues inapplicables à la date du 3 juillet 1962.

Le Traité est entré en vigueur le 24 août 1949, après le dépôt des instruments de ratification de tous les Etats signataires.

http://www.nato.int/docu/fonda/traite.htm


n° 47 - OTAN - Analyse - Géopolitique et stratégie - Réflexion - 10-10 – (Suite) - : La « responsabilité de protéger » : une façade légale pour légitimer l´ingérence ?

n° 47 - OTAN -  Analyse -  Géopolitique et stratégie - Réflexion - 10-10 (Suite) -  : La « responsabilité de protéger » : une façade légale pour légitimer l´ingérence ?




Guerres de l'Otan.

n° 47- 15-04

C.De Broeder & M.Lemaire


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Sommaire.

Tiré à part :

CSO : Dix ans, ça suffit ?

Georges Spriet : La stratégie militaire de l’OTAN.

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion (Suite)

1-4 L'OTAN tombe les masques.

1-5 Rick Rozoff : L'Iran fait face à la menace grandissante des États-Unis et de l'Otan. +  menace d’une autre conflit entre les États-Unis, la Géorgie, (État client de l’OTAN), et la Russie.

1-6 La France, l’OTAN et l’Occident.

 



1-4 L'OTAN tombe les masques.

Fondée en 1949 pour rassembler l'Amérique du Nord etl'Europe de l'Ouest face au bloc soviétique, l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) doit trouver

une nouvelle légitimité, dès 1989, à la chute du bloc soviétique.

L'ennemi est trouvé, bien avant le 11 septembre2001 : c'est déjà le terrorisme arabo-musulman ! L'Otan est donc le bras armé des intérêts américains partout

dans le monde et ne se contente pas de défendre ses territoires.

Afin de restructurer l'OTAN, le couple franco-allemand rappelle que pour l'Europe «... la politique de sécurité doit être définie de manière plus large. Outre les questions

proprement militaires, elle doit prendre en compte la situation financière internationale, les approvisionnements énergétiques ou les questions migratoires ». (1)

L'armée est donc appelée à sauver les banquiers, repousser les immigrés et contrôler les ressources énergétiques!

L'OTAN devient une police mondiale, au service du capitalisme occidental, menacé par le retour en force de la Russie et l'éveil chinois.

Les affrontements

L'affrontementGeorgien de l'été 2008 et la crise gazière ukrainienne de janvier 2009 démontrent bien que la Russie ne supportera plus le grignotage de l'OTAN dans ses zones d'influences : intervention au Kosovo en 2004, « révolution» orange en Ukraine en 2004, etc.

http://mapage.noos.fr/alalsace/TractAlsace13fev-09.pdf 


1-5 Rick Rozoff : L'Iran fait face à la menace grandissante des États-Unis et de l'Otan. +  menace d’une autre conflit entre les États-Unis, la Géorgie, (État client de l’OTAN), et la Russie.

Alors que Washington annonce, en paroles et en gestes, qu’il planifie d’éventuelles frappes militaires contre l’Iran, la tension monte sur la mer Noire avec la menace d’un autre conflit entre les États-Unis, la Géorgie, État client de l’OTAN, et la Russie.

Le 9 septembre on pouvait lire dans le New York Times qu’« un an à peine après qu’ils sont allés en guerre, la tension croissante entre la Russie et la Géorgie concernant des droits de visite dans une région séparatiste de la Géorgie a créé un nouveau théâtre potentiel pour un conflit [1] ».

L’article faisait référence à la récente saisie de plusieurs navires par la Géorgie au large des côtes abkhazes de la mer Noire, apparemment 23 au total cette année. 

Le président de l’Abkhazie Sergei Bagapsh a ordonné à la marine de son pays de confronter et, si cela s’avère nécessaire, de couler les navires de la marine et de la garde côtière de la Géorgie en réaction à la saisie forcée de navires civils en eaux neutres par cette dernière, en appelant ces actions par leur nom – piraterie. La marine et la garde côtière géorgiennes sont entraînées par les États-Unis et l’OTAN.

Le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères a souligné les dangers inhérents aux récentes provocations de la Géorgie en prévenant « [q]u’elles risquent d’aggraver la situation militaire et politique dans la région et pourraient résulter en de sérieux incidents armés [2]. »

Le 15 septembre la Russie annonçait que ses gardes frontaliers détiendront tous les navires violant les frontières maritimes de l’Abkhazie […] [3] »

La Russie aurait non seulement le droit, mais serait dans l’obligation de fournir une telle aide à l’Abkhazie voisine puisque « [s]elon les traités d’assistance mutuelle signés en novembre dernier, la Russie s’est engagée aider l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud à protéger leurs frontières et les signataires se sont accordé le droit d’établir des bases militaires sur leurs territoires respectifs [4] ».

En tentant d’exécuter un blocus maritime contre l’Abkhazie, l’actuel régime géorgien de Mikheil Saakashvili est tout à fait conscient que la Russie est tenue de réagir en raison du traité et de ses intérêts nationaux – la Cour pénale internationale prévoit inclure cette année les blocus des ports et des côtes dans sa liste d’actes de guerre [5]. Ayant subi une cuisante défaite lors de sa dernière escarmouche avec la Russie, la guerre de cinq jours en août l’an dernier, Tbilissi ne risquerait jamais de poser des gestes comme elle le fait actuellement sans le soutien des États-Unis et de l’OTAN.

Des jours après la fin de la guerre de 2008, l’ancien sénateur étatsunien et actuel vice-président Joseph Biden a pris un vol pour la capitale géorgienne afin de promettre 1 milliard de dollars d’aide au pays, faisant de la Géorgie le troisième plus important bénéficiaire de l’aide étrangère étatsunienne après l’Égypte et Israël.

Des navires de guerre des États-Unis et de l’OTAN ont afflué sur la mer Noire en août 2008 et des navires étatsuniens ont visité les villes portuaires géorgiennes de Batoumi et Poti pour livrer ce que Washington a décrit comme étant de l’aide civile. Des sources russes soupçonnaient toutefois que ces navires contenaient de l’équipement militaire destiné à remplacer celui perdu dans le conflit.

Moins d’un mois après la fin de la guerre, l’OTAN a envoyé une délégation en Géorgie pour « évaluer les dommages faits aux infrastructures militaires à la suite d’une guerre de cinq jours entre Moscou et Tbilissi […] [6] ».

Lors d’une rencontre en décembre, les ministres des affaires étrangères de l’OTAN ont convenu d’un Programme national annuel pour la Géorgie et au cours du même mois Washington a annoncé la création de la Charte de partenariat stratégique américano-géorgienne.

Cette semaine, une délégation d’importants experts de l’OTAN en défense et en logistique s’est rendue en Géorgie le 9 septembre « pour promouvoir le développement des Forces armées géorgiennes [7] ».

Le 14 septembre, des représentants officiels de haut rang du George C. Marshall European Center for Security Studies des États-Unis sont arrivés aux quartier général du ministère de la Défense géorgien « afin d’étudier des questions de coordination interdépartementale dans la gestion du secteur de la sécurité et de la révision de la sécurité nationale [8]. »

L’intégration militaire continue par le Pentagone et l’OTAN de la Géorgie et l’Azerbaïdjan voisin, qui a également une frontière avec l’Iran, est intégralement liée aux plans militaires d’ensemble en mer Noire et dans tout le Caucase et, de manière encore plus sinistre, aux projets conjoints de guerre contre l’Iran. Par ailleurs l’Université Georgetown de Washington sera l’hôte d’une conférence le 18 septembre sur le partenariat stratégique entre les États-Unis et l’Azerbaïdjan : Les critères bilatéraux et régionaux.

Déjà en 2007, des reportages à ce sujet ont fait surface dans les réseaux d’information bulgare et roumain. Novinite (Sofia News Agency) rapportait que le Pentagone « pourrait utiliser ses deux bases aériennes en Bulgarie ainsi qu’une base aérienne sur la côte roumaine de la mer Noire pour lancer une attaque contre l’Iran […] [9].

Il s’agit des bases aériennes de Bezmer et de Graf Ignitievo en Bulgarie et de celle de Mihail Kogalniceanu près de la ville roumaine de Constanza sur le mer Noire.

Le Pentagone a en tout sept nouvelles bases en Bulgarie et en Roumanie, et en plus du stationnement d’avions de guerre, F-15, F-16 et A-10 Thunderbolts, il a de 3000 à 5000 troupes déployées dans les deux pays en tout temps. Washington a également établi les quartiers généraux permanents de sa Force opérationnelle interarmées Est (FOIE) à la base aérienne de Mihail Kogalniceanu en Roumanie.

Un site web du gouvernement étatsunien donne les détails suivants à propos de la Force opérationnelle interarmées Est :

« Toutes les opérations d’entraînement de l’Armée et des Forces aériennes des États-Unis en Roumanie et en Bulgarie seront sous le commandement de la FOIE, laquelle est commandée par le USEUCOM [Commandement des forces des États-Unis en Europe]. Située en Roumanie et en Bulgarie, la FOIE comprendra un petit quartier général permanent (en Roumanie) composé d’environ 100 à 300 employés qui superviseront les rotations des unités de l’Armée étatsunienne de la taille d’une brigade, ainsi que les déploiements de troupes dédiées au maniement d'armes des Forces armées étatsuniennes (Weapons Training Deployments, WTD). L’accès aux installations de formation aériennes et terrestres roumaines et bulgares donnera l’opportunité aux forces de la FOIE de s’entraîner et d’interagir avec les forces militaires à travers la zone entière de 92 pays sous la responsabilité de l’USEUCOM. Les Forces terrestres des États-Unis en Europe (USAREUR) et les Forces de l’armée de l’air des États-Unis en Europe (USAFE) sont impliquées activement dans l’établissement de la FOIE [10]. »

Les quatre bases militaires en Roumanie et les trois bases en Bulgarie auxquelles le Pentagone et l’OTAN ont obtenu un accès indéterminé depuis que les deux pays ont été incorporés à l’OTAN en 2004 permettent des opérations d’ensemble : des déploiements d’infanterie dans la zone et en direction des cibles afghane et irakienne, des pistes pour les bombardiers et les avions de combat à réaction, des convenances de carénage pour les navires de guerre des États-Unis et de l’OTAN incluant des croiseurs Aegis équipés de missiles intercepteurs, des terrains d’entraînement pour les forces spéciales occidentales et les forces armées étrangères s’intégrant à l’OTAN.

S’ajoutant aux bases et aux troupes fournies par la Turquie et la Géorgie – et dans le futur par l’Ukraine – les sites bulgares et roumains sont une composante intégrante des projets des États-Unis et de leurs alliés de transformer la mer Noire en territoire de l’OTAN. Seul le littoral russe ne serait pas contrôlé par l’Alliance, ainsi que celui de l’Abkhazie récemment indépendante, ce qui rend le contrôle de ce pays si essentiel.

La semaine dernière le ministre roumain de la Défense a annoncé l’intention de son pays d’acquérir entre 48 et 54 avions de combat à réaction de nouvelle génération – des F-16 et des F-35 étatsunien ont été mentionnés – dans le cadre d’« une nouvelle stratégie d’acquisition d’avions polyvalents, ce qui signifie d’abord l’achat d’avions pour procéder à la transition vers la cinquième génération d’équipement, dans les 10 à 12 prochaines années [11] ».

Avec le récent changement de gouvernement dans l’ancienne république soviétique de Moldavie, dans la foulée de la violente « révolution Twitter » en avril, le nouveau speaker parlementaire Mihai Ghimpu a parlé ouvertement de la fusion du pays avec la Roumanie voisine, c’est-à-dire de son absorption par cette dernière. La Transnistrie [République moldave de Transnistrie] s’est séparée de la Moldavie en 1990 justement en raison du danger d’être intégrée à la Roumanie. Des combats ont suivi, lesquels ont coûté la vie à quelque 1500 personnes.

La Roumanie est maintenant membre de l’OTAN. Si une guerre civile éclatait en Moldavie et/ou que le combat s’intensifiait entre la Moldavie et la Transnistrie, et que la Roumanie envoyait des troupes -- ce qui presque certain – l’OTAN peut invoquer la clause militaire de son Traité, l’Article 5, pour intervenir. La Transnistrie compte1200 Gardiens de la paix russes.

Le voisin de la Transnistrie à l’est est l’Ukraine, liée à la Moldavie par l’alliance GUAM concoctée par les États-Unis (Géorgie, Ukraine, Azerbaïdjan, Moldavie), laquelle collabore à l’exécution d’un blocus contre la Transnistrie. Le président ukrainien Viktor Yushchenko, dont la popularité est actuellement dans les monochiffres, est déterminé à entraîner son pays dans l’OTAN à l’encontre d’une opposition nationale massive et l’on peut compter sur lui pour attaquer la Transnistrie à l’est si un conflit éclatait.

Une source d’information moldave a cité la semaine dernière un leader de l’opposition émettant ce terrible avertissement :  « Les minorités ethniques de Moldavie sont formellement contre une union avec la Roumanie. 

Si nous, qui ne sommes pas d’ethnie moldave, devons défendre le statut d’État de la Moldavie, nous trouverons alors de puissants alliés en dehors de la Moldavie, incluant la Russie. Avec elle, l’Ukraine, la Turquie et la Bulgarie seraient impliquées dans cette bataille. L’année dernière nous avons tous été témoins de la façon dont la Russie a défendu les intérêts de ses ressortissants en Ossétie du Sud et en Abkhazie. Pourquoi croirait-on qu’en cas de guerre civile en Moldavie, la Russie regarderait tout bonnement ses ressortissants mourir? Notre tâche est de prévenir de tels développements [12]. »

En effet, toutes les régions de la mer Noire et du Caucase pourraient s’enflammer si les mandataires occidentaux du GUAM lançaient une attaque sur n’importe quel des soi-disant pays des conflits gelés, soit la Géorgie sur l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, l’Azerbaïdjan sur le Nagorny-Karabagh et la Moldavie et l’Ukraine sur la Transnistrie. Il se pourrait que les quatre pays soient attaqués simultanément et à l’unisson.

Une attaque contre l’Iran, qui possède une frontière commune avec l’Azerbaïdjan et l’Arménie, offrirait cette opportunité. Cette dernière étant la protectrice du Nagorny-Karabagh deviendrait immédiatement belligérante si l’Azerbaïdjan entamait des hostilités militaires contre le Karabagh.

Le 15 septembre les reportages révélaient que le Bipartisan Policy Center à Washington, DC, fondé en 2007 par l’ancien leader de la majorité au Sénat Howard Baker, Tom Daschle, Bob Dole et George Mitchell, a publié un rapport indiquant en partie que « si des sanctions rigoureuses ne poussent pas la République islamique à démontrer de la sincérité dans les négociations et à abandonner ses activités d’enrichissement [d’uranium], la Maison-Blanche devra commencer à envisager sérieusement l’option d’une frappe militaire menée par les États-Unis contre les installations nucléaires iraniennes [13] ».

Les auteurs du rapport sont Charles Robb, ancien sénateur démocrate de Virginie, Daniel Coats, ancien sénateur républicain de l’Indiana et le général à la retraite Charles Wald, ancien commandant adjoint du Commandement des forces des États-Unis en Europe.

L’Iran aurait 60 jours pour essentiellement abandonner son programme électronucléaire civil. S’il ne capitule pas, l’administration Obama devrait « se préparer de façon manifeste à toute option militaire [incluant] le déploiement d’un groupe aéronaval additionnel au large des eaux iraniennes et à la conduite d’exercices conjoints avec les alliés des États-Unis [14] ». 

Le principal réacteur nucléaire iranien est en construction à Bushehr et serait une cible principale de toute attaque de missile ou de tout bombardement de la part des États-Unis et d’Israël. En 2006, 3700 experts et techniciens russes, et leurs familles, vivaient dans les environs de ces installations. 

Depuis les huit dernières années, on présume que les États-Unis lanceraient une attaque militaire contre l’Iran d’un porte-avion stationné dans le golfe Persique et qu’Israël le ferait à l’aide de bombardiers à longue portée en survolant l’Irak et la Turquie.

Durant cette période, les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN ont également gagné l’accès aux bases aériennes en Irak, en Afghanistan et au Pakistan (au Baloutchistan, aux frontières de l’Iran) au Kirghizstan et au Tadjikistan, en plus des bases qu’ils possèdent déjà en Turquie.

Washington et Bruxelles ont aussi étendu leur présence militaire en Bulgarie, en Géorgie et en Roumanie sur la mer Noire, ainsi qu’en Azerbaïdjan sur la mer Caspienne, au long de la frontière nord-est de l’Iran.

Des plans d’agression militaire massive contre l’Iran pourraient alors comprendre des frappes aériennes et des frappes de missiles provenant d’endroits bien plus près du pays que ce que l’on soupçonnait auparavant.

La American Defense Security Cooperation Agency a annoncé la semaine dernières qu’elle prévoyait fournir à la Turquie, le seul pays membre de l’OTAN à avoir une frontière commune avec l’Iran, des missiles intercepteurs de théâtre, à savoir la version améliorée à plus grande portée des PAC-3 (Patriot Advance Capability-3), d’une valeur de près de 8 milliards de dollars. Le projet comprend la livraison de presque 300 missiles Patriot destinés à être déployés dans 12 postes de commande en Turquie.  

En juin, le gouvernement turc a confirmé que les avions AWACS (système aéroporté d'alerte et de contrôle) de l’OTAN seraient déployés dans la province turque de Konya.

 La dernière fois que des missiles Patriot et des AWACS ont été envoyés en Turquie, c’était à la fin de 2002 et au début de 2003, pour la préparation de l’invasion de l’Irak.

Le 15 septembre, le journal des Forces armées étatsuniennes, le Stars and Stripes, a fait paraître un article intitulé « Les forces étatsuniennes et israéliennes testeront la défense antimissiles pendant que l’Iran est dans la tourmente » (U.S., Israeli forces to test missile defense while Iran simmers). L’article comprenait ces détails sur les jeux de guerre biannuels Juniper Cobra :

« Quelque 1000 troupes du Commandement des forces des États-Unis en Europe seront bientôt déployées en Israël pour un exercice de défense antimissiles de grande échelle avec les forces israéliennes.

Cette année, Juniper Cobra se tient en même temps que des préoccupations constantes sur le programme nucléaire iranien, qui fera l’objet de discussions en octobre.

Les troupes étatsuniennes des quatre agences travailleront conjointement avec le même nombre de troupes des forces de la Défense israélienne et participeront à des jeux de guerre simulés par ordinateur […] Pendant l’exercice Juniper Cobra du mois prochain, diverses technologies de défense antimissiles et de défense aérienne seront testées, y compris la bande x contrôlée par les États-Unis [15]. »

Le même article nous informait que cet exercice était l’aboutissement d’une montée en puissance qui avait lieu depuis des mois.

  « En avril une centaine de troupes basées en Europe ont pris part à un exercice de défense antimissiles incorporant pour la première fois le système de radar étatsunien déployé au pays en octobre 2008. La bande x étatsunienne est destinée à donner à Israël une alerte rapide advenant un lancement de missile de l’Iran.

Depuis près d’un an, une alliance de troupes et d’entrepreneurs étatsuniens gèrent une opération quotidienne de la bande x sur la base aérienne de Nevatim dans le désert de Néguev [16]. »

La même publication révélait deux jours auparavant que le Pentagone a mené la semaine dernière en Allemagne un exercice de contre-insurrection à grande échelle avec la 173e brigade aéroportée et le 12e Combat Aviation Brigade, « le plus important exercice de la sorte jamais effectué par les militaires étatsuniens à l’extérieur des États-Unis […] [17] ». Les deux unités doivent être déployées respectivement en Afghanistan et en Irak, mais pourraient être déplacées en Iran, si cela s’avérait nécessaire. 

Le rôle que les États et clients de l’OTAN situés sur les côtes de la mer Noire pourraient jouer dans un assaut multinational et multi-vectoriel sur l’Iran a été démontré dans la foulée de la guerre russo-géorgienne l’an dernier.

Lors d’une conférence de presse aux quartiers généraux de l’OTAN à Bruxelles il y a un an, l’ambassadeur russe à l’OTAN Dmitry Rogozin « a dit que le renseignement russe avait obtenu de l’information indiquant que l’infrastructure militaire géorgienne pourrait être utilisée pour un soutien logistique des troupes étatsuniennes si elles lançaient une attaque contre l’Iran [18] ».

Rogozin aurait également dit qu’« actuellement l’OTAN s’affaire en Géorgie à restituer sa capacité à surveiller son espace aérien, en d’autres mots, à reconstituer tout le système de localisation et de défense antimissiles détruit par l’artillerie russe ». 

« [La restitution des systèmes de surveillance et des bases aériennes en Géorgie] est destinée à un soutien logistique de certaines opérations aériennes de l’Alliance en entier ou des États-Unis en particulier dans cette région. La reconstruction rapide du champ d’aviation et de tous les systèmes prouve qu’une opération aérienne est planifiée contre un autre pays situé non loin de la Géorgie [19]. »

Au début d’octobre l’an dernier, Nikolai Patrushev, secrétaire du Conseil de sécurité russe « a décrit la politique d’augmentation de la présence militaire des États-Unis et de l’OTAN en Europe de l’Est comme une quête de supériorité militaire stratégique sur la Russie.

Le représentant officiel a ajouté que les États-Unis auraient besoin d’alliés dans la région si le pays décidait d’attaquer l’Iran [20] ».  

Patrushev a affirmé : «  S’ils décident d’attaquer l’Iran avec des missiles et des bombes, les États-Unis auront besoin d’alliés loyaux. Et si la Géorgie est impliquée dans cette guerre, cela représentera une menace additionnelle pour la sécurité nationale de la Russie [21]. »

Plus tard en octobre dernier, un site web azerbaïdjanais rapportait que 100 avions à réaction de l’Armée de l’air iranienne faisaient des exercices près de la frontière du pays et que « des sources militaires des États-Unis avaient signalé que des territoires en Azerbaïdjan et en Géorgie pourraient servir à attaquer l’Iran […] [22] ».

 Le journaliste indien Atul Aneja écrivait le même mois dans The Hindu à propos des effets de la guerre russo-géorgienne d’août l’an dernier et donnait cette information :  

« Les assertions militaires de la Russie en Géorgie et une démonstration de puissance dans certaines parties de l’Asie de l’Ouest [Moyen-Orient], combinées aux préoccupations politiques et économiques de Washington, semblent avoir anticipé les chances d’une frappe prochaine contre l’Iran.

À la suite des actions de la Russie en Ossétie du Sud et en Abkhazie, le président russe Dimitri Medvedev a reconnu que Moscou était conscient que de sérieux plans d’attaque contre l’Iran étaient sur la table. "Nous savons que certains joueurs prévoient d’attaquer l’Iran. Mais nous nous opposons à toute étape unilatérale et à [une] solution militaire à la crise nucléaire".

La Russie a pris le contrôle de deux champs aériens en Géorgie d’où étaient prévues des frappes contre l’Iran. Les forces russes ont aussi vraisemblablement récupéré des armes et des drones espions israéliens qui auraient été utiles à la surveillance de cibles iraniennes potentielles [23] ». 

Le même journal, citant Dmitry Rogozin affirmant que le renseignement militaire russe avait saisi des documents prouvant que Washington avait entamé « des préparations militaires actives sur le territoire géorgien » pour des frappes aériennes contre l’Iran, a ajouté des informations concernant l’implication israélienne :

« Israël avait fournit à la Géorgie des drones sophistiqués Hermes 450 UAV, de multiples lance-roquettes et d’autre équipement militaire que la Géorgie a utilisé, avec des chars d’assaut géorgiens modernisés fabriqués par les soviétiques, dans son attaque contre l’Ossétie du Sud. Des instructeurs israéliens ont par ailleurs aidé à entraîner des troupes géorgiennes [24] ».

 Au lieu de voir les guerres de la dernière décennie – contre la Yougoslavie, l’Afghanistan et l’Irak – et l’expansion concomitante de la présence militaire des États-Unis et de l’OTAN dans ces trois pays et dans plusieurs autres dans leur périphérie comme une série d’événements sans liens, on doit voir la tendance pour ce qu’elle est : une stratégie constante et calculée employant chaque zone de guerre successive comme une rampe de lancement pour une nouvelle agression.  

Le Pentagone possède d’importantes bases militaires au Kosovo, en Afghanistan et en Irak qu’il n’a pas l’intention d’abandonner. Les États-Unis et ses alliés de l’OTAN ont des bases en Bulgarie, en Roumanie, au Kirghizstan, au Tadjikistan, en Ouzbékistan, au Koweït, au Bahreïn (où se trouve le quartier général de la 5e flotte de la Marine étatsunienne) et dans d’autre pays à proximité des zones de guerres des dix dernières années qui peuvent servir aux conflits des dix, vingt ou trente prochaines années.

Notes

1) New York Times, 9 septembre 2009

2) Ibid

3) Russian Information Agency Novosti, 15 septembre 2009

4) Ibid

5) Wikipedia

6) Agence France-Presse, 8 septembre 2009

7) Trend News Agency, 9 septembre2009

8)Minist`re de la Défense de la Géorgie, 14 septembre 2009

9) Turkish Daily News, 30 janvier 2007

10) Secrétaire d’État des États-Unis

11) The Financiarul, 9 septembre 2009

12) Infotag, 11 septembre 2009

13) Bloomberg News, 15 septembre 2009

14) Ibid

15) Stars and Stripes, 15 septembre 2009

16) Ibid

17) Stars and Stripes, 13 septembre 2009

18) Russian Information Agency Novosti, 17 septembre 2008

19) Russia Today, 17 septembre 2008

20) Russian Information Agency Novosti, 1er octobre 2008

21) Fars News Agency, 2 octobre 2008

22) Today.AZ, 20 octobre 2008

23) The Hindu, 13 octobre 2008

24) The Hindu, 19 septembre 2008

 Article original en anglais : Black Sea Crisis Deepens As US-NATO Threat To Iran Grows, le 16 septembre 2009.

Traduction : Julie Lévesque pour Mondialisation.ca.

Source : Mondialisation.ca

29 septembre

http://www.mondialisation.ca/...

http://www.palestine-solidarite.org:80/analyses.Rick_Rozoff.160909.htm


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Guerres de l'Otan.

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2  Annexe

2-1 Silvia Cattori : Le combat de Miguel d´Escoto Brockmann à l´ONU
La « responsabilité de protéger » : une façade légale pour légitimer l´ingérence ?

2-2 ABM: un système universel de défense échelonnée au lieu d'un bouclier.

2-3 ABM en Tchéquie: Washington renonce vu la faible efficacité du projet.

2-4 De l'arme nucléaire en Belgique comme gage de paix et de sécurité. (…)

 


2  Annexe

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

2-1 Silvia Cattori : Le combat de Miguel d´Escoto Brockmann à l´ONU
La « responsabilité de protéger » : une façade légale pour légitimer l´ingérence ?

La « communauté internationale » - c´est-à-dire, en pratique, les États occidentaux - ne se sont jamais montrés capables de protéger les populations menacées par des carnages de masse.

Avant la fin de son mandat, le président de l´Assemblée générale des Nations Unies, M. Miguel d´Escoto Brockmann, très préoccupé par la nouvelle doctrine appelée « responsabilité de protéger » -et présentée par les grandes puissances comme un moyen d´éviter que des crimes de masse ne se reproduisent- a invité à en débattre à l´ONU des intellectuels de renoms comme Jean Bricmont et Noam Chomnsky.

En effet, au lieu de protéger les peuples, cette doctrine acceptée avec « enthousiasme » par les pays occidentaux en 2005, risque de contribuer à les exposer à de nouveaux massacres.

Car les idéologues qui l´ont préconisée semblent vouloir s´en servir pour légitimer des interventions militaires.

En clair : faire inscrire le « droit d´ingérence humanitaire » dans le droit international. M. Bricmont a eu la gentillesse de répondre à nos questions sur les implications de ce concept, et de nous rappeler pourquoi il est important que cette « responsabilité de protéger » continue de faire débat.

 

Silvia Cattori : Au travers de votre intervention à l’ONU [1], on prend conscience des dangers que le concept de « responsabilité de protéger » -désigné par l’abréviation R2P (responsibility to protect) –comporte pour les pays faibles. On aimerait mieux comprendre qui est à l’origine de cette doctrine qui suscite votre appréhension ? Qui en sont les véritables inspirateurs ?

Jean Bricmont  [2] : Après la guerre du Kosovo, en 1999, la question de la justification de « l’intervention humanitaire » fut posée. Une commission a été mise sur pied et un groupe d’experts, sous la co-direction de Gareth Evans [3] et de Mohamed Sahnoun [4], a produit un rapport qui mettait en avant le concept de la « responsabilité de protéger ».

Ce concept a été adopté par les chefs d’État au Sommet mondial de l’ONU en 2005 [5]. L’idée de protéger est séduisante. Mais peut-on intervenir n’importe où et n’importe quand ? Et comment cette responsabilité va-t-elle être mise en pratique ?

La déclaration de 2005 commence par affirmer que la responsabilité de protéger les populations du génocide, des crimes de guerre, du nettoyage ethnique et des crimes contre l’humanité incombe avant tout aux États sur le territoire desquels ces crimes se produisent. Et que, là où les États échouent, la communauté internationale doit les aider mais pas nécessairement militairement. Le problème est que, si cette aide non militaire échoue également, alors l’intervention militaire devient justifiée.

De la part des États, on note, en gros, trois positions au sujet de cette proposition.

Il y a la position des États Unis et de l’Union européenne qui sont totalement acquis à ce concept de la responsabilité de protéger, y compris en mettant l’accent sur l’intervention militaire.
Il y a la position du mouvement des non alignés et de la plupart des États du Tiers Monde qui sont favorables en paroles mais qui disent que tout cela doit se faire dans le respect de
la Charte de l’Onuet de la souveraineté nationale. Ils sont très critiques quant au fonctionnement du Conseil de sécurité, et très inquiets quant à cette possibilité d’intervention ; comme la Chine, ils insistent sur la nécessité de protéger la souveraineté et sur le fait qu’il ne faut en aucun cas que cela soit utilisé pour remettre en question la souveraineté nationale.
Il y a la position d’États comme l’Équateur,
la Bolivie, le Venezuela, le Nicaragua, qui sont très critiques quant à cette déclaration, et s’interrogent sur la signification d’une doctrine qui met en avant cette responsabilité de protéger mais qui par ailleurs, met de côté d’autres questions importantes pour la protection des peuples, les problèmes économiques par exemple.

Les défenseurs du concept de la responsabilité de protéger disent aussi qu’il faut éviter qu’un membre permanent puisse poser un veto quand il ne s’agit pas de questions « vitales pour lui ». Il est évident que la Russie aurait mis son veto dans le cas du Kosovo et que les États Unis auraient fait de même dans le cas de l’intervention russe en Ossétie du Sud. Les défenseurs de la responsabilité de protéger voudraient empêcher, au moins moralement, de tels vetos (en tout cas ceux pouvant provenir de la Russie ou de la Chine)

Il y a une grande hypocrisie de la part des partisans de la responsabilité de protéger quand ils affirment qu’ils veulent renforcer la souveraineté nationale en forçant les États à respecter et à protéger leurs populations.

Est-ce qu’Abraham Lincoln protégeait la population du Sud des États-Unis pendant la guerre de sécession ? Non. Quand il y a une guerre civile, un conflit ethnique, un gouvernement ne peut plus protéger la population. Le gouvernement afghan ne protège pas les Afghans qui vivent dans les zones sous contrôle des talibans. Dans ces cas, l’intervention extérieure peut être légitimée par cette notion de responsabilité de protéger (évidemment, en Afghanistan, l’intervention existe déjà et ne protège personne).

Silvia Cattori : Dans son discours d’adieu à l’Assemblée générale [6] M. Miguel d’Escoto Brockmann fait l’éloge du panel qui a contribué à éclairer les implications du concept de « responsabilité de protéger ». En vous invitant, ainsi que Noam Chomsky, à vous exprimer sur ce concept à New York, cherchait-il à rendre les États membres mieux conscients de ses possibles dérives ?

Jean Bricmont : En organisant cette table ronde, M. Miguel d’Escoto Brockmann souhaitait élargir le débat et mettre en exergue les risques inhérents à la responsabilité de protéger. Pour un certain nombre de délégations, entendre des interventions critiques qui vont dans le sens de leurs doutes, cela peut renforcer leurs positions.

Le but de mon intervention a été de dire qu’il est très difficile de promouvoir cette responsabilité de protéger dans un climat international où il n’y a pas d’égalité entre les pays occidentaux et le reste du monde. En effet, à cause de cela, il n’y a pas de relation de confiance entre les pays du nord et du sud et, par conséquent, la responsabilité de protéger ne peut pas être appliquée, car les États visés utiliseront la souveraineté nationale comme bouclier contre l’ingérence, dont ils se méfient à juste titre. Seul un climat de confiance, qui présuppose une égalité entre États, dont nous sommes très éloignés, pourrait rendre cette responsabilité de protéger réellement applicable.

Comme on a pu le voir dans le cas du Soudan, les pays africains s’opposent à des poursuites, comme celles initiées par la Cour Pénale Internationale contre le président Al Bashir, dès lors qu’elles paraissent s’inscrire dans la logique du « deux poids, deux mesures ».
Cette responsabilité de protéger risque fort d’augmenter les tensions idéologiques. Nous avons vu ce qui s’est passé quand
la Russie, en intervenant en Géorgie, a invoqué la responsabilité de protéger les ressortissants russes vivant en Ossétie du Sud. Cette intervention des Russes dans un pays que l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) tente d’inclure dans sa sphère d’influence a été fortement critiquée par les médias en Occident. Par conséquent, la responsabilité de protéger est interprétée très différemment dans différentes parties du monde, ce qui crée évidemment des tensions.

Silvia Cattori : Qu’est-ce qui différencie la « responsabilité de protéger » du « droit d’ingérence humanitaire » ?

Jean Bricmont : C’est un peu une nouvelle version de l’ingérence humanitaire, mais formulée de façon à la rendre compatible avec la charte de l’ONU, c’est-à-dire en laissant en fin de compte le Conseil de Sécurité décider ou non de l’intervention. Des juristes, comme Barbara Delcourt, ont fait des analyses détaillées montrant qu’il n’y a pas de grande différence sur le plan purement légal par rapport à la situation antérieure [7]. Le droit d’ingérence humanitaire est un concept idéologique, introduit par l’Occident, sans aucune base légale. Ce concept a été rejeté par tous les pays du sud. La responsabilité de protéger est formulée de façon à respecter les principes de l’ONU, c’est-à-dire la nécessité d’une autorisation préalable du Conseil de Sécurité avant toute intervention militaire. Mais, formulé ainsi, ce n’est pas réellement neuf, parce qu’avant l’introduction de la responsabilité de protéger, le Conseil de sécurité pouvait déjà autoriser une intervention en cas de génocide, par exemple.

Je ne suis évidemment pas opposé à l’idée de prévenir des catastrophes humanitaires par des efforts diplomatiques. Mais ce qui me parait problématique ce sont les effets idéologiques : on va renforcer encore l’idée du droit d’ingérence, même si, légalement, ce n’est pas ce que dit la responsabilité de protéger. Et d’autre part, comme le font remarquer la Bolivie et le Venezuela, rien n’est dit sur la situation intolérable dans laquelle on a laissé la population de Gaza. C’est d’ailleurs assez extraordinaire de constater que ce sont des pays « chrétiens », éloignés de la région, qui évoquent la situation catastrophique dans laquelle Gaza est laissée ; alors que des pays « frères » comme l’Égypte ne disent presque rien.

Silvia Cattori : Puisque l’ONU était déjà dotée d’outils institutionnels pour protéger les peuples, ne s’agissait-il pas là, tout simplement, d’inscrire le « droit d’ingérence humanitaire », dans le droit international, c’est-à-dire de légitimer le droit de faire la guerre ?

Jean Bricmont : Oui et non. Non, si l’on prend le texte à la lettre ; oui si l’on pense aux effets idéologiques. Par ailleurs, il est significatif que, dans la version en langue anglaise du rapport Evans-Sahnoun, on lit que des organisations régionales peuvent intervenir dans « le cadre de leur compétence », en obtenant l’aval du Conseil de sécurité a posteriori (subsequent en anglais-voir point 3-E-2 du synopsis). Alors que, dans la version française, il est dit qu’il faut l’accord préalable du Conseil de sécurité. La question est de savoir si l’intervention doit obtenir l’aval du Conseil de sécurité a priori ou a posteriori. Il y a là une grande différence.

Silvia Cattori : Aussi longtemps que les membres permanents du Conseil de sécurité ne sont pas capables d’exercer leurs responsabilités en matière de respect du droit international, comme on l’a vu en Palestine occupée où les résolutions de l’ONU ont été impunément violées depuis 61 ans par Israël, on ne voit pas pourquoi les pays faibles devraient leur confier une nouvelle responsabilité ?

Jean Bricmont : C’est précisément ce que j’ai essayé de rappeler dans mon intervention [8]. L’ONU, avant de se charger d’une nouvelle mission, ferait bien de remplir sa mission première qui est le maintien de la paix et le respect du droit international. Il était d’ailleurs assez surréaliste d’écouter les discours sur la responsabilité de protéger de la part des délégués européens ; ils répétaient tous la même chose.

Pourquoi ne s’occupent-ils pas d’abord de réaliser ce qu’ils sont supposés faire depuis 60 ans (c’est-à-dire, faire respecter le droit international par les États puissants), plutôt que de promettre d’accomplir de nouvelles tâches ?

Silvia Cattori : Il y a donc, selon M. d’Escoto Brockmann, un besoin urgent d’informer correctement les gens ; de mobiliser l’opinion mondiale sur le peu de confiance qu’on peut accorder à cette soi-disant « protection » ?

Jean Bricmont : Ce n’est que le début, le débat va continuer. C’était bien l’intention de M. d’Escoto Brockmann : relancer le débat sur cette question problématique de la protection et surtout ne pas laisser croire que c’était une affaire entendue. Le problème, comme je l’ai déjà mentionné, est celui des médias. Ils appuient toujours sans réserve la position des Occidentaux et interprètent la responsabilité de protéger comme étant une légitimation de l’ingérence humanitaire.

Cela dit, je ne pense pas que, dans l’immédiat, il y ait de grands dangers liés à la responsabilité de protéger, hormis l’aspect idéologique. L’ère Bush a été un tel désastre que le Pentagone n’est pas pressé d’ouvrir de nouveaux conflits et de se lancer dans de nouvelles aventures.

Silvia Cattori : Cette collusion entre le Conseil de sécurité, chargé de la paix, avec une instance militaire qui, pour les peuples palestinien, irakien, afghan, incarne la cruauté de l’occupant, ne peut qu’inspirer une large méfiance. Le ministre des Affaires étrangères russe, Serguei Lavrov, n’a-t-il pas eu raison de dénoncer [9] des négociations secrètes entre les secrétaires généraux de l’ONU et de l’OTAN, Ban Ki-Moon et de Jaap de Hoop Scheffer ; ainsi que la signature d’une Déclaration de collaboration, le 23 septembre 2008, sans consulter les États membres de l’ONU ?

Jean Bricmont : Il y a eu, en effet, un accord très discutable entre le Secrétaire général de l’ONU et le secrétaire général de l’OTAN. Il y a cette déclaration de Ban Ki-Moon qui affirme que l’ONU et l’OTAN poursuivent les mêmes objectifs de maintien de la paix. Cela est inadmissible mais ce n’est pas lié directement, je crois, à la responsabilité de protéger. Cela démontre néanmoins la vassalisation de l’ONU par les États-Unis.

Silvia Cattori : N’est-ce pas un facteur supplémentaire qui aggrave les risques de dérive ?

Jean Bricmont : Depuis des décennies, le droit international classique, celui issu de la Deuxième Guerre mondiale et de la décolonisation, est constamment attaqué au nom de la « défense des droits de l’homme », parce que ce droit est fondé sur le principe de non ingérence et du respect de la souveraineté nationale. C’est ce respect qui était l’aspiration fondamentale des pays victimes des invasions dues aux régimes fascistes, ainsi que des pays nouvellement décolonisés.

Depuis les années 80, les tragédies humaines bien réelles qui se sont produites dans les pays ayant obtenu récemment leur indépendance sont utilisées par les pays puissants (et, peut-être plus encore, par nos intellectuels médiatiques) pour plaider en faveur d’un droit d’ingérence, c’est-à-dire d’une destruction des principes même du droit international classique. La « responsabilité de protéger » est une sorte d’astuce juridique qui tente d’insérer ce droit d’ingérence dans le droit international, alors que les principes de ce droit rejettent fermement l’ingérence. On se trouve dans une situation ambigüe, avec deux lectures (au moins) de cette responsabilité, l’une au Nord, qui y voit une sorte de légitimation du droit d’ingérence, l’autre au Sud, qui exige que l’application de cette responsabilité respecte la charte de l’ONU.

Le problème est que tout cela creuse un peu plus le fossé idéologique qui sépare le Nord et le Sud, renforce encore, si c’est possible, la bonne conscience occidentale et crée une image d’Épinal, où la complexité des problèmes du monde est réduite l’action de quelques dirigeants (Mugabe, Ahmadinejad, Al Bashir, Chavez, Castro etc.) qui n’auraient d’autre désir que de se « maintenir au pouvoir », de « violer les droits de l’homme » ou de « commettre un génocide ». Le monde a avant tout besoin de paix, de désarmement et de détente. Et, pour cela, il faut commencer par se débarrasser des simplismes de la pensée occidentale.

Silvia Cattori : Nous vous remercions.


[1] Jean Bricmont fut invité, par le Président de l’Assemblée générale de l’ONU, M. Miguel d’Escoto Brockmann, à s’exprimer au « dialogue interactif informel » organisé à New York le 23 juillet 2009.
 Voir : « 
Un monde plus juste et la ”responsabilité de protéger », par Jean Bricmont, legrandsoir.info, 30 juillet 2009.
 Voir aussi, pour une critique rigoureuse de certaines interprétations occidentales de la responsabilité de protéger ainsi que de
la Cour pénale internationale : « The Responsibility to Protect, the International Criminal Court, and Foreign Policy in Focus : Subverting the UN Charter in the Name of Human Rights », par Edward S. Herman and David Peterson, Monthly Review, 24 août 2009.

[2] Jean Bricmont est professeur de physique théorique à l’Université de Louvain (Belgique). Auteur de Impérialisme humanitaire. Droits de l’homme, droit d’ingérence, droit du plus fort ? (Éditions Aden, 2005 ; nouvelle édition, 2009)

[3] Gareth Evans, ministre des Affaires étrangères d’Australie de 1988 à 1996, était le vice-président de la Commission internationale indépendante sur l’intervention et la souveraineté des États (créée par le gouvernement canadien) qui a rédigé le rapport intitulé La responsabilité de protéger en décembre 2001. Il a été, depuis janvier 2000 jusqu’à récemment, le président de l’International Crisis Group (ICG), un think tank créé par George Soros.

[4] Mohamed Sahnoun est un diplomate algérien qui fut envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour la région africaine des Grands lacs.

[5] Le Document final du Sommet stipule que « lorsqu’un État n’assure manifestement pas la protection de sa population contre les crimes retenus, la communauté internationale est prête à mener, en temps voulu, une action collective résolue par l’entremise du Conseil de sécurité, conformément à la Charte de l’ONU ».

[6] « Statement To the Final Session of the 63rd Session of the General Assembly », by Miguel d’Escoto Brockmann, Voltaire Network, 14 septembre, 2009.

[7] Barbara Delcourt, « La responsabilité de protéger et l’interdiction du recours à la force : Entre normativité et opportunité », in Actes du Colloque de la société française pour le droit international, (juin 2007-Paris X Nanterre), Paris, Pedone, 2008, pp.305-312.

[8] Voir note 1.

[9] Voir : « Ban Ki-Moon : Trouble compromission avec l’Otan », par Roland Marounek, Comité de surveillance OTAN, décembre 2008.]
Voir également : « 
L’accord secret entre l’ONU et l’OTAN ne répond pas aux objectifs de la communauté internationale », par Karl Müller, Réseau Voltaire, 1er décembre 2008.

 

Miguel d’Escoto Brockmann

Prêtre catholique et théologien de la libération. Membre du Front sandiniste de libération nationale, il fut ministre des Affaires étrangères du Nicaragua (1977-90) et président de la 63e session de l’Assemblée générale de l’ONU (2008-09).

 

Silvia Cattori

Journaliste suisse indépendante, de langue maternelle italienne. Les années qu’elle a passées outre-mer, notamment en Asie du Sud-Est et dans l’Océan indien, en contact étroit avec le milieu de la diplomatie et des agences des Nations Unies, lui ont donné une certaine compréhension du monde, de ses mécanismes de pouvoir et de ses injustices. En 2002, elle fut témoin de l’opération « Bouclier de protection », conduite par Tsahal en Cisjordanie. Elle se consacre depuis à attirer l’attention du monde sur le sort subi par le peuple palestinien sous occupation israélienne.
Auteur de Asie du Sud-Est, l’enjeu thaïlandais (éd L’Harmattan, 1979).

http://www.voltairenet.org/article162243.html

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12/10/2009

n° 46 - Journal des Guerres de l'Otan - 19-09-10-10 -: Début - : L’OTAN n’est pas seulement une structure militaire.

n° 46 - Journal des Guerres de l'Otan - 19-09-10-10 -: Début - : L’OTAN n’est pas seulement une structure militaire.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal des Guerres de l'Otan.  n° 46- 19-09 au10-10

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Tiré à part :

La Géorgie responsable du déclenchement du conflit russo-géorgien.

Aymeric Chauprade : La Russie, obstacle majeur sur la route de « l’Amérique-monde ».

1 Au jour le jour

2 Positions

a) Ossétie 

b) des voisins.

Suite

3 Politique 

a) Russe

b) L'Otan & alliés

4 Institutions internationales

Fin

Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

5-1 Vidéo accord-secret-entre-lonu-et-lotan_news

5-2 Vidéo : reportage sur le sac de nœuds de vipères de l'OTAN

5-3 Menacé en Géorgie, un journaliste demande l'asile politique en Russie.

6 Brèves

6-1 Omar, conseille aux forces de l'OTAN de réviser l'histoire de l'Afghanistan.

6-2 Spencer D.: L’OTAN n’est pas seulement une structure militaire.

6-3 Élargissement de la zone d'action de l'OTAN en Mer Noire.

6-4 Réformer l’OTAN : L’organisation doit s’adapter aux défis actuels.

7  Dossiers

7-1 Voilà à quoi sert l'OTAN : massacrer des populations civiles.

7-2 Néstor Núñez : La Russie ne peut pas avoir confiance en une extension de l’OTAN.

7-3 Michael Mainville : L'Ossétie du Sud: une plaie toujours à vif dans la relation russo-Georgienne.

7-4 France/OTAN : la jeune recrue - France - déjà cocufiée !

8 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

8-1 De l'arme nucléaire en Iran comme gage de paix et de sécurité ?.

8-2 Saakachvili : L’avenir de la Georgie ne doit pas s’écrire à Moscou».

 .



 On a souvent eu l'occasion de sursauter depuis Kissiger avec le choix des jurés du Nobel. Cette fois-ci ils semblent s'être surpassés en attribuant de prix de la Paix président en exercice d'une puissance impérialiste empétré dans deux guerres d'invasion, président qui a débuté son mandat en intensifiant dramatiquement la guerre en Afghanistan, l'étendant au Pakistan, et qui est peut-être en train d'étudier la psssibilité d'une agresion directe ou indirecte contre l'Iran, à en juger par la propagande de guerre qui nous bombarde depuis quelques temps - ces 'bombardements'-là en annoncent souvent d'autres.

Pour rappel, extrait de Alerte Otan 34, avril-juin 2009
http://www.csotan.org/ao/article.php?ao_id=34&art_id=457&Mois=juillet&Year=2009 


Tiré à part :

La Géorgie responsable du déclenchement du conflit russo-géorgien.

la Géorgie est responsable du déclenchement du conflit éclair russo-géorgien d'août 2008 mais Moscou a répliqué de façon excessive, selon les conclusions publiées mercredi à Bruxelles d'un rapport d'enquête commandé par l'Union européenne.

Le conflit a duré cinq jours, du 7 au 12 août 2008. Il s'est soldé par la défaite de la Géorgie et l'indépendance autoproclamée de ses deux régions séparatistes, l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud. La Géorgie a déclaré avoir réagi à une "agression" russe sur son territoire, tandis que la Russie dit être intervenue pour défendre la population des territoires séparatistes, détentrice de passeports russes.

Plusieurs milliers de militaires russes, appuyés par des centaines de chars, étaient entrés en Ossétie du Sud, dans le nord de la Géorgie, pour repousser une offensive de l'armée géorgienne contre les séparatistes ossètes pro-russes, dans la nuit du 7 au 8 août 2008. Les troupes de Moscou avaient ensuite pris position en Géorgie, allant jusqu'à s'approcher de la capitale Tbilissi.

"Le bombardement de (la capitale d'Ossétie du Sud) Tskhinvali par les forces armées géorgiennes dans la nuit du 7 au 8 août 2008 a marqué le début du conflit armé en Géorgie", note le rapport de la commission d'enquête présidée par la diplomate suisse Heidi Tagliavini.

Toutefois, note le rapport, le conflit était "le point culminant d'une longue période de tensions croissantes, de provocations et d'incidents". Les "allégations géorgiennes d'une présence à grande échelle de forces armées russes en Ossétie du sud avant l'offensive géorgienne du 7/8 août n'ont pas pu être étayées", poursuit le document.

Quant à l'intervention militaire russe, elle a été "bien au-delà des limites raisonnables" des nécessités de défense invoquées par Moscou, note la commission d'enquête. En outre, "la poursuite des destructions (par la Russie) intervenue après l'accord de cessez-le-feu n'était en aucun cas justifiable".

La commission d'enquête, par ailleurs, fait état de "pillages et destructions systématiques de localités ethniques géorgiennes en Ossétie du Sud. Par conséquent, plusieurs éléments impliquent la conclusion que des nettoyages ethniques ont effectivement été pratiqués". Aucun responsable n'est désigné.

La Russie a réagi à ce rapport en notant que sa principale conclusion était que "l'actuelle direction géorgienne est à l'origine de l'agression". Pour Tbilissi, "il est très important" que le rapport établisse l'existence de "nettoyage ethnique, perpétré par les soi-disant forces d'Ossétie du Sud sur le terrain (...) et toléré par les forces russes".

30/9

http://fr.news.yahoo.com/3/20090930/twl-russie-georgie-conflit-enquete-091cf94_2.html

 

Aymeric Chauprade : La Russie, obstacle majeur sur la route de « l’Amérique-monde ».

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

Alors que les Etats-Unis tentent, depuis le 11 septembre 2001, d’accélérer leur projet de transformation du monde à l’image de la société 'démocratique et libérale' rêvée par leurs pères fondateurs, les civilisations non occidentales se dressent sur leur chemin et affirment leur volonté.
La Russie, en particulier constitue un obstacle géopolitique majeur pour Washington.

Elle entend défendre son espace d’influence et montrer au monde qu’elle est incontournable sur le plan énergétique.
L’un des auteurs classiques de la géopolitique, Halford J. Mackinder (1861-1947), un amiral britannique, qui professa la géographie à Oxford, défendait comme thèse centrale que les grandes dynamiques géopolitiques de la planète s’articulaient autour d’un cœur du monde (heartland), l’Eurasie. Pivot de la politique mondiale que la puissance maritime ne parvenait pas à atteindre, l’Eurasie avait pour cœur intime
la Russie, un Empire qui « occupait dans l’ensemble du monde la position stratégique centrale qu’occupe l’Allemagne en Europe ».

Autour de cet épicentre des secousses géopolitiques mondiales, protégé par une ceinture faite d’obstacles naturels (vide sibérien, Himalaya, désert de Gobi, Tibet) que Mackinder appelle le croissant intérieur, s’étendent les rivages du continent eurasiatique : Europe de l’Ouest, Moyen-Orient, Asie du Sud et de l’Est.

Au-delà de ces rivages, par-delà les obstacles marins, deux systèmes insulaires viennent compléter l’encadrement du heartland : la Grande-Bretagne et le Japon, têtes de pont d’un croissant plus éloigné auquel les États-Unis appartiennent.

Selon cette vision du monde, les puissances maritimes mondiales, les thalassocraties que défend Mackinder, doivent empêcher l’unité continentale eurasiatique.

Elles doivent donc maintenir les divisions est/ouest entre les principales puissances continentales capables de nouer des alliances (France/Allemagne, Allemagne/Russie, Russie/Chine) mais aussi contrôler les rivages du continent eurasiatique.

Cette matrice anglo-saxonne, que l’on peut appliquer au cas de l’Empire britannique au XIXe siècle, comme à celui de la thalassocratie américaine au XXe siècle, reste un outil pertinent pour comprendre la géopolitique d’aujourd’hui.

La théorie de Mackinder nous rappelle deux choses que les thalassocraties anglo-saxonnes n’ont jamais oubliées : il n’y a pas de projet européen de puissance (d’Europe puissance) sans une Allemagne forte et indépendante (or l’Allemagne reste largement sous l’emprise américaine depuis 1945) ; il n’y pas d’équilibre mondial face au mondialisme américain sans une Russie forte.

L’Amérique veut l’Amérique-monde ; le but de sa politique étrangère, bien au-delà de la seule optimisation de ses intérêts stratégiques et économiques du pays, c’est la transformation du monde à l’image de la société américaine.

L’Amérique est messianique et là est le moteur intime de sa projection de puissance. En 1941, en signant la Charte de l’Atlantique, Roosevelt et Churchill donnaient une feuille de route au rêve d’un gouvernement mondial visant à organiser une mondialisation libérale et démocratique. Jusqu’en 1947, l’Amérique aspira à la convergence avec l’URSS dans l’idée de former avec celle-ci un gouvernement mondial, et ce, malgré l’irréductibilité évidente des deux mondialismes américain et soviétique. Deux ans après l’effondrement européen de 1945, les Américains comprirent qu’ils ne parviendraient pas à entraîner les Soviétiques dans leur mondialisme libéral et ils se résignèrent à rétrécir géographiquement leur projet : l’atlantisme remplaça provisoirement le mondialisme.

Puis, en 1989, lorsque l’URSS vacilla, le rêve mondialiste redressa la tête et poussa l’Amérique à accélérer son déploiement mondial. Un nouvel ennemi global, sur le cadavre du communisme, fournissait un nouveau prétexte à la projection globale : le terrorisme islamiste. Durant la Guerre froide, les Américains avaient fait croître cet ennemi, pour qu’il barre la route à des révolutions socialistes qui se seraient tournées vers la Russie soviétique. L’islamisme sunnite avait été l’allié des Américains contre la Russie soviétique en Afghanistan. Ce fut le premier creuset de formation de combattants islamistes sunnites, la matrice d’Al Qaida comme celle des islamistes algériens...

Puis il y eut la révolution fondamentaliste chiite et l’abandon par les Américains du Shah d’Iran en 1979. Le calcul de Washington fut que l’Iran fondamentaliste chiite ne s’allierait pas à l’URSS, contrairement à une révolution marxiste, et qu’il offrirait un contrepoids aux fondamentalistes sunnites. Dans le monde arabe, ce furent les Frères musulmans qui, d’Egypte à la Syrie, furent encouragés. Washington poussa l’Irak contre l’Iran, et inversement, suivant le principe du « let them kill themselves (laissez-les s’entretuer) » déjà appliqué aux peuples russe et allemand, afin de détruire un nationalisme arabe en contradiction avec les intérêts d’Israël. L’alliance perdura après la chute de l’URSS. Elle fut à l’œuvre dans la démolition de l’édifice yougoslave et la création de deux Etats musulmans en Europe, la Bosnie-Herzégovine puis le Kosovo.

L’islamisme a toujours été utile aux Américains, tant dans sa situation d’allié face au communisme durant la Guerre froide, que dans sa nouvelle fonction d’ennemi officiel depuis la fin de la bipolarité. Certes, les islamistes existent réellement ; ils ne sont pas une création imaginaire de l’Amérique ; ils ont une capacité de nuisance et de déstabilisation indéniable. Mais s’ils peuvent prendre des vies, ils ne changeront pas la donne de la puissance dans le monde.

La guerre contre l’islamisme n’est que le paravent officiel d’une guerre beaucoup plus sérieuse : la guerre de l’Amérique contre les puissances eurasiatiques.

Après la disparition de l’URSS, il est apparu clairement aux Américains qu’une puissance continentale, par la combinaison de sa masse démographique et de son potentiel industriel, pouvait briser le projet d’Amérique-monde : la Chine. La formidable ascension industrielle et commerciale de la Chine face à l’Amérique fait penser à la situation de l’Allemagne qui, à la veille de la Première Guerre mondiale, rattrapait et dépassait les thalassocraties anglo-saxonnes. Ce fut la cause première de la Première Guerre mondiale.

Si la Chine se hisse au tout premier rang des puissances pensent les stratèges américains, par la combinaison de sa croissance économique et de son indépendance géopolitique, et tout en conservant son modèle confucéen à l’abri du démocratisme occidental, alors c’en est fini de l’Amérique-monde. Les Américains peuvent renoncer à leur principe de Destinée manifeste (Principle of Manifest Destiny) de 1845 ainsi qu’au messianisme de leurs pères fondateurs, fondamentalistes biblistes ou franc-maçons.

Alors que l’URSS venait à peine de s’effondrer, les stratèges américains orientèrent donc leurs réflexions sur la manière de contenir l’ascension de la Chine.

Sans doute comprirent-ils alors toute l’actualité du raisonnement de Mackinder. Les Anglo-Saxons avaient détruit le projet eurasiatique des Allemands, puis celui des Russes ; il leur fallait abattre celui des Chinois. Une nouvelle fois la Mer voulait faire pièce à la Terre.

La guerre humanitaire et la guerre contre le terrorisme seraient les nouveaux prétextes servant à masquer les buts réels de la nouvelle grande guerre eurasiatique : la Chine comme cible, la Russie comme condition pour emporter la bataille.

La Chine comme cible parce que seule la Chine est une puissance capable de dépasser l’Amérique dans le rang de la puissance matérielle à un horizon de vingt ans.

La Russie comme condition parce que de son orientation stratégique découlera largement l’organisation du monde de demain : unipolaire ou multipolaire.

Face à la Chine, les Américains entreprirent de déployer une nouvelle stratégie globale articulée sur plusieurs volets [1] :

- L’extension d’un bloc transatlantique élargi jusqu’aux frontières de la Russie et à l’ouest de la Chine.
- Le contrôle de la dépendance énergétique de
la Chine.
- L’encerclement de
la Chine par la recherche ou le renforcement d’alliances avec des adversaires séculaires de l’Empire du Milieu (les Indiens, les Vietnamiens,les Coréens, les Japonais, les Taïwanais...).
- L’affaiblissement de l’équilibre entre les grandes puissances nucléaires par le développement du bouclier anti-missiles.
- L’instrumentalisation des séparatismes (en Serbie, en Russie, en Chine, et jusqu’aux confins de l’Indonésie) et le remaniement de la carte des frontières (au Moyen-Orient arabe).

Washington a cru, dès 1990, pouvoir faire basculer la Russie de son côté, pour former un vaste bloc transatlantique de Washington à Moscou avec au milieu la périphérie européenne atlantisée depuis l’effondrement européen de 1945. Ce fut la phrase de George Bush père, lequel en 1989 appelait à la formation d’une alliance « de Vladivostok à Vancouver » ; en somme le monde blanc organisé sous la tutelle de l’Amérique, une nation paradoxalement appelée, par le contenu même de son idéologie, à ne plus être majoritairement blanche à l’horizon 2050.

L’extension du bloc transatlantique est la première dimension du grand jeu eurasiatique. Les Américains ont non seulement conservé l’OTAN après la disparition du Pacte de Varsovie mais ils lui ont redonné de la vigueur : premièrement l’OTAN est passé du droit international classique (intervention uniquement en cas d’agression d’un Etat membre de l’Alliance) au droit d’ingérence. La guerre contre la Serbie, en 1999, a marqué cette transition et ce découplage entre l’OTAN et le droit international. Deuxièmement, l’OTAN a intégré les pays d’Europe centrale et d’Europe orientale. Les espaces baltique et yougoslave (Croatie, Bosnie, Kosovo) ont été intégrés à la sphère d’influence de l’OTAN. Pour étendre encore l’OTAN et resserrer l’étau autour de la Russie, les Américains ont fomenté les révolutions colorées (Georgie en 2003, Ukraine en 2004, Kirghizstan en 2005), ces retournements politiques non violents, financés et soutenus par des fondations et des ONG américaines, lesquelles visaient à installer des gouvernements anti-russes. Une fois au pouvoir, le président ukrainien pro-occidental demanda naturellement le départ de la flotte russe des ports de Crimée et l’entrée de son pays dans l’OTAN. Quant au président Georgien il devait, dès 2003, militer pour l’adhésion de son pays dans l’OTAN et l’éviction des forces de paix russes dédiées depuis 1992 à la protection des populations abkhazes et sud-ossètes.

À la veille du 11 septembre 2001, grâce à l’OTAN, l’Amérique avait déjà étendu fortement son emprise sur l’Europe. Elle avait renforcé l’islam bosniaque et albanais et fait reculer la Russie de l’espace yougoslave.

Durant les dix premières années post-Guerre froide, la Russie n’avait donc cessé de subir les avancées américaines. Des oligarques souvent étrangers à l’intérêt national russe s’étaient partagés ses richesses pétrolières et des conseillers libéraux proaméricains entouraient le président Eltsine. La Russie était empêtrée dans le conflit tchétchène, remué largement par les Américains comme d’ailleurs l’ensemble des abcès islamistes. Le monde semblait s’enfoncer lentement mais sûrement dans l’ordre mondial américain, dans l’unipolarité.

En 2000, un événement considérable, peut-être le plus important depuis la fin de la Guerre froide (plus important encore que le 11 septembre 2001) se produisit pourtant : l’accession au pouvoir de Vladimir Poutine. L’un de ces retournements de l’histoire qui ont pour conséquences de ramener celle-ci à ses fondamentaux, à ses constantes.

Poutine avait un programme très clair : redresser la Russie à partir du levier énergétique. Il fallait reprendre le contrôle des richesses du sous-sol des mains d’oligarques peu soucieux de l’intérêt de l’Empire. Il fallait construire de puissants opérateurs pétrolier (Rosneft) et gazier (Gazprom) russes liés à l’Etat et à sa vision stratégique. Mais Poutine ne dévoilait pas encore ses intentions quant au bras de fer américano-chinois. Il laissait planer le doute. Certains, dont je fais d’ailleurs partie puisque j’analysais à l’époque la convergence russo-américaine comme passagère et opportune (le discours américain de la guerre contre le terrorisme interdisait en effet momentanément la critique américaine à propos de l’action russe en Tchétchénie), avaient compris dès le début que Poutine reconstruirait la politique indépendante de la Russie ; d’autres pensaient au contraire qu’il serait occidentaliste. Il lui fallait en finir avec la Tchétchénie et reprendre le pétrole. La tâche était lourde. Un symptôme évident pourtant montrait que Poutine allait reprendre les fondamentaux de la grande politique russe : le changement favorable à l’Iran et la reprise des ventes d’armes à destination de ce pays ainsi que la relance de la coopération en matière de nucléaire civil.

Pourquoi alors l’accession de Poutine était-elle un événement si considérable ? Sans apparaître à l’époque de manière éclatante, cette arrivée signifiait que l’unipolarité américaine, sans la poursuite de l’intégration de la Russie à l’espace transatlantique, était désormais vouée à l’échec, et avec elle, par conséquent, la grande stratégie visant à briser la Chine et à prévenir l’émergence d’un monde multipolaire.

Au-delà encore, nombre d’Européens ne perçurent pas immédiatement que Poutine portait l’espoir d’une réponse aux défis de la compétition économique mondiale fondée sur l’identité et la civilisation. Sans doute les Américains, eux, le comprirent-ils mieux que les Européens de l’Ouest. George Bush n’en fit-il pas l’aveu lorsqu’il avoua un jour qu’il avait vu en Poutine un homme habité profondément par l’intérêt de son pays ?

Le 11 septembre 2001 offrit pourtant l’occasion aux Américains d’accélérer leur programme d’unipolarité. Au nom de la lutte contre un mal qu’ils avaient eux-mêmes fabriqués, ils purent obtenir une solidarité sans failles des Européens (donc plus d’atlantisme et moins « d’Europe puissance »), un rapprochement conjoncturel avec Moscou (pour écraser le séparatisme tchétchéno-islamiste), un recul de la Chine d’Asie centrale face à l’entente russo-américaine dans les républiques musulmanes ex-soviétiques, un pied en Afghanistan, à l’ouest de la Chine donc et au sud de la Russie, et un retour marqué en Asie du Sud-est.

Mais l’euphorie américaine en Asie centrale ne dura que quatre ans. La peur d’une révolution colorée en Ouzbékistan poussa le pouvoir ouzbek, un moment tenté de devenir la grande puissance d’Asie centrale en faisant contrepoids au grand frère russe, à évincer les Américains et à se rapprocher de Moscou. Washington perdit alors, à partir de 2005, de nombreuses positions en Asie ce