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14/07/2009

n°446 - Les Dossiers d'Irak - 12-07 - :Suite - : L'Occident (démocratique etc.) est-il une internationale de la mort

n°446 - Les Dossiers d'Irak - 12-07 - :Suite - : L'Occident (démocratique etc.) est-il une internationale de la mort



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les Dossiers d'Irak

N° 446                                                         12/07/09

C.De Broeder & M.Lemaire



 Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

Dossier & Point de vue

1-3 Gilles Munier : SOFA – la grande manip…

1-4 Julie Hyland : Grande-Bretagne : Brown : l'enquête sur la guerre en Irak ne doit pas « distribuer les mauvais points ».

1-5 Retrait des troupes d'occupations.

1 Alain Gresh : Retrait des troupes américaines des villes d’Irak

2 Des troupes restent à Mossoul,

3 Jean-pierre Perrin : Retrait des troupes américaines - Al-Qaeda revigoré.

4 L'Irak renoue avec la violence.

5 Interrogations sur l’après-repli américain en Irak. 


1-3 Gilles Munier : SOFA – la grande manip…
Les Irakiens qui croyaient qu’on les consulterait par referendum, fin juillet, pour valider le SOFA - Status of force agreement, le pacte sécuritaire avec les Etats-Unis - voté par les parlementaires le 27 novembre 2008, en sont pour leurs frais : le Premier ministre Nouri al-Maliki en a décidé autrement, en accord avec Barack Obama.

La consultation est reportée à janvier 2010, « faute de temps et d’argent », ce qui ne convainc évidemment personne.
Jusqu’au 31 décembre 2008, l’occupation de l’Irak par les Etats-Unis était entérinée par des résolutions de l’ONU.

Pour éviter de se retrouver dans une situation juridique délicate, Washington se devait de négocier, avec le gouvernement irakien, un accord précisant les formes que prendrait, après cette date, la présence militaire américaine dans le pays.
Double langage
Après des mois de tractations, le texte soumis aux députés comportait des formulations ambiguës permettant des interprétations « flexibles » afin que personne ne perde la face.

Malgré cela, le 27 novembre dernier, 198 sur 275 parlementaires s’étaient fait porter malade ou avaient éprouvé l’impérieux besoin d’effectuer leur pèlerinage à La Mecque ! Le texte était passé par 149 voix pour, et 35 contre. Pour : celles d’al-Dawa, du Conseil suprême islamique d’Abdul Aziz al-Hakim et des deux partis kurdes. Des membres du Front de l’accord irakien, coalition de partis sunnites, avaient négocié leur soutien au gouvernement en obtenant l’organisation d’un referendum national fin juillet 2009. Contre, principalement : les partisans de Moqtada Sadr. L’Ayatollah Sistani, qui exigeait un semblant de consensus national, donna son aval à l’opération.
Depuis ce vote au Parlement, à Bagdad, dans les milieux pro américains, la mode est plus que jamais au double langage : se présenter au peuple en ardent défenseur de la souveraineté nationale, et assurer Washington, discrètement, qu’il faut maintenir dans le pays une présence militaire conséquente.
Ainsi, le 30 juin, comme l’exige le SOFA, les troupes d’occupation se retireront des villes, mais pour se positionner… à leur lisière ! Interrogés sur le nombre de soldats qui seront maintenus, le général Ray Odierno, commandant de l'US Army en Irak, a répondu : « très petit », et Ali al- Dabbagh, porte- parole du gouvernement, que ce sera « fonction des besoins ». En d’autres termes : les GI’s ne quitteront pas vraiment les villes. L’accord de sécurité les autorise, d’ailleurs, à intervenir partout, sous couvert de chasse aux terroristes d’al-Qaïda au Pays des deux fleuves, vocable englobant toute la résistance. La construction de quatorze nouvelles bases est même à l’étude, dont une baptisée « Joint Security Station Comanche » en bordure de Sadr City. Firyad Rawndouzi, membre du Comité sécurité et défense du Parlement, estime nécessaire un « soutien américain » dans le « zones instables », les opérations militaires se déroulant – au moins sur le papier - en coordination avec l’armée et le gouvernement irakiens. Massoud Barzani est le seul à se déclarer pour le maintien des troupes américaines et à proposer, si nécessaire, la construction de bases de repli dans la région kurde qu’il préside.

« Bagdad s’enflammerait »
Le Président Obama a annoncé le retrait des troupes américaines d’Irak pour le 31 août 2010, soit seize mois avant la date fixée par le SOFA. Mais, de 35 et 50 000 soldats y demeureront pour une période indéterminée, comme prévu par Dick Cheney, pour conseiller et former les troupes irakiennes, et mener « si nécessaire » des opérations « limitées » contre les « terroristes ». Lors du vote à l’Assemblée, ces points avaient été cachés, délibérément, à la plupart des députés et à l’opinion publique. Désormais connus de tous, les non-dits du SOFA annonçaient une campagne référendaire explosive. Le non ne faisait aucun doute et ce, d’autant plus, qu’Obama avait décidé de publier les photos des tortures infligées aux Irakiens par la CIA et la soldatesque étasunienne. C’en était trop pour Nouri al-Maliki. En apprenant la nouvelle, selon un officiel américain présent, le Premier ministre irakien était devenu « blanc comme neige » et déclaré que si la décision était maintenue : «Bagdad s’enflammerait ».
Depuis que Barack Obama a interdit la publication des photos - « pour ne pas mettre en danger les troupes américaines » -, Nouri al-Maliki peut jouer à nouveau au nationaliste à poigne. Il lui restait à échapper au rejet du SOFA par le peuple irakien. Dès mars dernier, Sadiq al-Rikabi, son principal conseiller, avait préparé le terrain en déclarant que le referendum n’était plus nécessaire en raison des engagements pris par Obama. Puis, Faraj al-Haidari, président de la Commission électorale a réclamé 90 millions de dollars pour l’organiser. « Trop cher ! » a dit le Premier ministre et le report du scrutin a été annoncé. Son annulation pure et simple était trop risquée : elle aurait nécessité la convocation du Parlement et provoqué des débats houleux susceptibles de déstabiliser le gouvernement.
D’ici le 30 janvier 2010 - date des législatives–referendum - il faut s’attendre à de nouvelles manipulations de l’opinion autour du SOFA.

Nouri al-Maliki se montrera très attentif à la façon dont l’armée américaine respecte l’accord, comme il l’a fait en avril en condamnant un raid US sur Kout et en réclamant – pour la galerie - le passage des militaires impliqués devant un tribunal irakien. Fin manœuvrier, il pourrait, cette fois, demander la négociation d’un nouveau texte. Dans ce cas, son succès électoral est assuré.

Gilles Munier

July 01, 2009

Gilles Munier (Afrique Asie – juillet 09)

http://gmunier.blogspot.com/


1-4 Julie Hyland : Grande-Bretagne : Brown :  l'enquête sur la guerre en Irak ne doit pas « distribuer les mauvais points ».

Si l'annonce d'une nouvelle enquête sur la guerre en Irak par le premier ministre Gordon Brown était censée enterrer toutes les questions sur l'invasion plus que discutable, elle a eu l'effet opposé.

Brown a annoncé cette nouvelle enquête au début de la semaine. Ce sera la cinquième enquête sur l'Irak depuis 2003. Y compris l'enquête d'Hutton sur le prétendu suicide de l'inspecteur en chef des armes irakiennes, David Kelly, et l'enquête de Butler sur les sources d'informations utilisées pour justifier l'invasion.

Toutes ces enquêtes ne portaient que sur des points précis liés à la guerre, elles n'ont servi que d'opération de camouflage.

On prétend que celle-ci sera différente. Elle couvrira la période qui s'étend de 2001 au retrait des troupes anglaises d'Irak au début de cette année. Cependant, Brown a insisté sur le fait que cette enquête « devra  identifier les leçons à tirer. Elle ne se lancera pas dans l'attribution de mauvais points, ni n'envisagera les questions de responsabilité civile ou pénale ».

À cette fin, Brown a déclaré que l'enquête — qui sera menée par un comité de conseillers de son cabinet sous l'autorité de Sir John Chilcot — se déroulerait en secret, les « informations les plus sensibles » n'étant pas divulguées au public pour des raisons de « sécurité nationale », ses conclusions ne seront pas révélées avant les élections générales de mars 2010.

Le fait que Brown ait dû accepter une nouvelle enquête montre que sont gouvernement traverse une crise politique. Non seulement, le Parti travailliste a perdu le soutien populaire, il a également perdu sa crédibilité aux yeux de sections de l'élite dirigeante qui s'impatientent de ce qu'il n'est pas capable de prendre les initiatives qu'elles jugent nécessaires.

Ayant accepté une enquête à laquelle il s'était opposé pendant des années, Brown espérait garder ses discussions secrètes. Mais ses plans ont presque immédiatement tourné court, il aurait été contraint d'accepter qu'une partie de l'enquête soit publique.

Le dirigeant conservateur, David Cameron, entre autres, a critiqué le caractère globalement secret de l'enquête, arguant que « quelques sessions publiques » devraient faire « partie de la stratégie de mise en confiance du public qui est absolument nécessaire ».

Le Parti conservateur a soutenu l'invasion, Cameron a reconnu que « le conflit irakien cause une grande division », mais il a poursuivi, « ce sur quoi l'on peut être d'accord, ce sont le professionnalisme et la bravoure des forces armées, le service qu'elles ont rendu à notre pays, et la dette que nous avons envers tous ceux qui ont perdu la vie ».

Il y a eu des plaintes plus larges sur le caractère très restreint de la proposition de Brown, de la part d'autres partisans de la guerre, y compris au sujet de l'exclusion des militaires de la discussion.

Ce genre de critique des auditions à huis clos du gouvernement n'a rien à voir avec une authentique responsabilité démocratique. Pour les puissances en place, « restaurer » l'image de l'armée et « tirer les leçons » de la guerre d'Irak sont essentiels pour leurs objectifs à plus long terme.

Le quotidien de droite Telegraph est du même avis que Brown, l'enquête ne doit pas « distribuer les mauvais points ». Mais il défend l'idée dans son éditorial qu'un examen de « cette coûteuse intervention étrangère » était nécessaire. Plus important encore, il faut tirer les leçons de ce qu'il décrit avec regret comme l'absence de tout « plan d'après-guerre » qui a condamné l'Angleterre à s'enfoncer dans une occupation de longue durée.

« Les forces britanniques étant déployées en Afghanistan sans que l'on entrevoit la fin, il est plus important que jamais de tirer les leçons des erreurs commises en Irak », avertit le journal.

Dans le Guardian, Jonathan Steel a postulé deux modèles possibles pour une enquête. L'un, « et ce que de nombreuses familles de soldats anglais tombés veulent, chercherait à régler de comptes en donnant les noms de tous ceux qui ont pris les décisions déterminantes, les hauts fonctionnaires comme les ministres. Un autre type d'enquête consisterait à tirer des leçons », explique-t-il.

Steel poursuit, « Mon opinion c'est qu'une enquête qui règle des comptes n'est pas la bonne route à suivre... Cela donnerait un aspect principalement punitif à la procédure et ne donnerait lieu, au mieux, qu'à un passage de patate chaude entre fonctionnaires et ministres, et au pire, à une chasse aux sorcières alimentée par les médias. »

Pour ce commentateur du Guardian, « la question cruciale est que la Grande-Bretagne ne se lance plus dans une telle "guerre par choix" à nouveau ».

Dans le Times, le spécialiste des questions militaires Michaël Evans a exprimé son souhait que l'enquête examine « à quel moment le gouvernement Blair a estimé que la destruction des supposées "armes de destruction massive" de Saddam n'était plus l'unique objectif et que le changement de régime était le véritable but » et qu'est-ce qui « s'est vraiment passé en coulisses lorsque — devant l'opposition de la France et de l'Allemagne — le gouvernement britannique a abandonné sa tentative de faire passer une seconde résolution de l'ONU en faveur de l'invasion ».

« Guerre par choix », « Changement de régime », machinations « en coulisses » ? L'emploi de ces termes indique les vraies questions, le fait que l'invasion de l'Irak constitue un acte d'agression, et que malgré toutes les affirmations selon lesquelles Saddam Hussein représentait une menace pour le monde, le véritable auteur de la violence, de la mort et des destructions est l'impérialisme des États-Unis aidé par son sous-fifre britannique.

Les affirmations selon lesquelles l'Irak possédait des armes de destruction massive ont servi de prétexte aux efforts entrepris par les États-Unis pour contrer leur déclin par rapport à leurs principaux rivaux en utilisant leur puissance militaire supérieure afin de faire prévaloir leurs intérêts dans la région riche en pétrole du Moyen-Orient.

Avec le Royaume-Uni qui se jetait dans l'aventure en espérant récupérer une partie des bénéfices, les représentants politiques de l'oligarchie financière aux États-Unis et en Grande-Bretagne ont mis au point une conspiration contre les peuples du Moyen-Orient et leurs propres populations.

Des preuves dont on dispose déjà, on peut déduire que Tony Blair avait accepté en privé les objectifs de guerre des États-Unis. En public, cependant, son gouvernement produisait et arrangeait des rapports des services de renseignement sur les supposées armes de destruction massive de l'Irak.

Devant les condamnations populaires, Blair a déclaré que le test d'un gouvernement était sa capacité à ignorer la volonté populaire. En cela, il avait le soutien de la quasi-totalité de l'establishment politique et des médias.

Les estimations du nombre de vies iraquiennes perdues à cause de la guerre et de l'occupation se montent à 1 million. L'Irak a été réduit en cendres, ses infrastructures sont détruites en grande partie, et des millions de gens sont devenus des réfugiés, et des millions de plus sont confrontés au chômage et à une pauvreté extrême. 179 personnels militaires britanniques et 4315 Américains ont été tués.

La réalité brute en ce qui concerne la bourgeoisie britannique et le gouvernement travailliste en particulier, c'est que même une enquête visant uniquement à « tirer les leçons » en préparation de futures guerres de conquête ouvre immédiatement la porte à des actions en justice contre les architectes de cette guerre.

Les poursuites engagées contre des nazis de haut rang à la fin de la Seconde Guerre mondiale ont établi que commettre délibérément une guerre d'agression constituait un crime contre les lois internationales.

En fait, c'était le premier chef d'accusation contre les dirigeants nazis. Comme l'a expliqué le tribunal international de Nuremberg : « Lancer une guerre d'agression […] n'est pas seulement un crime international, c'est le crime international suprême, se distinguant des autres crimes internationaux en ce qu'il contient en lui-même les maux cumulés de tous les autres. »

Dans le cas de la guerre d'Irak, ces « maux cumulés » ont consisté en des tueries, de la torture, les « interrogatoires externalisés », les détentions illégales, et des atteintes profondes aux droits démocratiques fondamentaux de la classe ouvrière.

Ce qu'il faut, ce n'est pas une nouvelle enquête du gouvernement sur la guerre en Irak, mais la création d'un tribunal apte à juger les crimes de guerre de Bush, Blair et leurs complices dans ces actions meurtrières.

Ce n'est pas simplement une question de vengeance contre ces individus. Laisser impunis des crimes de cette ampleur aurait des conséquences catastrophiques sur la vie politique, sociale et morale en Grande-Bretagne, aux États-Unis et en fait, dans le monde entier. Cela ne pourrait que faciliter le lancement de nouvelles guerres d'agression encore pires et toutes les atrocités qui en résultent.

Julie Hyland

Mardi 30 Juin 2009

http://www.alterinfo.net/Grande-Bretagne-pour-la-creation-d-un-tribunal-de-guerre-sur-l-invasion-de-l-Irak_a33917.html

http://www.wsws.org/


1-5 Retrait des troupes d'occupations.

1 Alain Gresh : Retrait des troupes américaines des villes d’Irak

Le mardi 30 juin, les troupes américaines se retireront des villes irakiennes, laissant à l’armée nationale le soin de la sécurité. Comme le rappelle LeMonde.fr du 26 juin (« L’Irak se prépare au retrait américain des villes fin juin ») :

« Les 750 000 policiers et militaires irakiens qui prendront en main la sécurité dans les villes après le retrait américain du 30 juin devront gérer une situation encore fragile, six ans après la chute de Saddam Hussein. Conformément à l’accord de sécurité signé en novembre entre Bagdad et Washington, les 130 000 militaires américains se regrouperont dans des bases hors des agglomérations. »

« Parallèlement, 500 000 policiers et 250 000 soldats irakiens, une force née du néant après le chaos de l’invasion conduite par les Etats-Unis en 2003, ont pris progressivement possession des bases américaines et des barrages qu’ils contrôlaient avec les Américains. La nouvelle donne oblige désormais la Force multinationale à demander l’autorisation quand elle veut intervenir hors de ses cantonnements. »

C’est le 27 novembre 2008 que le parlement irakien a ratifié l’accord sur le retrait des troupes américaines d’ici fin 2011 (signé du temps de l’administration Bush). Et il semble que le président Obama soit bien décidé à se conformer à ce calendrier, malgré certaines pressions de ses militaires (lire Gareth Porter, « M. Obama, prisonnier de ses “faucons” en Irak ? », Le Monde diplomatique, janvier 2009).

L’Agence France Presse donne les précisions suivantes : 157 bases américaines dans la villes seront évacuées ; 131 000 soldats américains restent présents en Irak ; 4 313 ont été tués depuis le début de l’invasion, ainsi que, selon le gouvernement irakien, 1844 soldats et policiers irakiens. Toujours selon l’AFP, 100 867 civils irakiens ont été tués durant la même période (selon l’ONG britannique Iraq Body Count). Le bilan des pertes humaines a fait l’objet de nombreuses polémiques.

Ainsi, dans un envoi du 9 avril 2007, je citais le quotidien britannique The Guardian du 28 mars 2007, qui publiait un texte intitulé « A monstrous war crime », signé par Richard Norton, éditeur de la revue médicale The Lancet. Celle-ci avait publié le 11 octobre une étude de l’université Johns Hopkins affirmant que 650 000 Irakiens étaient morts des suites de l’intervention américaine. La BBC, rappelle Richard Norton, a révélé que le comité scientifique auprès du gouvernement britannique avait confirmé la validité de l’étude, ce qui n’avait pas empêché Londres de dénoncer l’étude comme « peu sérieuse ».

Le 10 janvier 2008, je publiais un communiqué de l’Organisation mondiale de la santé qui donnait le chiffre de 151 000 morts irakiens entre mars 2003 et juin 2006. Jugera-t-on un jour les responsables américains et britanniques qui ont pris la décision de se lancer dans cette meurtrière aventure ? C’est plus que douteux...

Alors que l’échéance du retrait des villes se rapproche, on assiste, selon Patrice Claude (LeMonde.fr, 25 juin) à une « nouvelle vague d’attentats contre les chiites ». Un attentat qui a fait plus de 70 morts le 24 juin dans la banlieue de Bagdad est « le huitième attentat visant délibérément des zones d’habitat chiite comptabilisé en quatre jours. Depuis l’explosion d’un camion piégé qui a détruit 80 maisons et tué 73 civils, le 20 juin, sur le marché central de Taza, une petite ville turkmène chiite située près de Kirkouk, ce sont près de 170 personnes qui ont perdu la vie ».

Qu’est-ce qui changera après le 30 juin ? Michael Knights, sur le site du Washington Institute for Near East Policy (partie du lobby pro-israélien), publie le 26 juin une étude intitulée « Iraq Withdrawal Deadline : Subtle Shift in U.S. Mission » :

« Le calendrier de la mise en œuvre de l’accord est respecté. Depuis sa ratification, les forces américaines ont commencé à se soumettre aux dispositions : obtenir l’accord des Irakiens pour tous les raids militaires ; transfert de toutes les personnes nouvellement arrêtées aux autorités irakiennes dans les vingt-quatre heures. La zone internationale et le contrôle de l’essentiel de l’espace aérien sont passés le 1er janvier 2009 sous souveraineté irakienne. » (...)

« Le 30 juin est perçu comme un point crucial vers le retrait total des forces américaines. Bien que l’accord ne le spécifie pas, l’administration Obama a affirmé son intention de réduire sa présence à des forces “résiduelles” de 35 000 soldats d’ici août 2010. » La date du retrait total est fixée au 31 décembre 2011.

« Malgré ces changements, bien des choses resteront en l’état », poursuit Michael Knights. Les forces américaines resteront à la périphérie des villes. Des conseillers américains pourront assister les troupes irakiennes dans leurs opérations dans les villes. Parmi les aspects négatifs du retrait, selon l’auteur, le fait que les troupes américaines servaient à “unifier” les différentes composantes ethnico-religieuses.

Quoi qu’il en soit, il est clair que l’avenir dépendra de la capacité du gouvernement irakien à sortir des logiques ethniques et confessionnelles.

Pour une vision quotidienne de la vie des Irakiens, ainsi que de la manière dont ils perçoivent le retrait des troupes américaines et sa transformation par le gouvernement du premier ministre Nouri Al-Maliki en une grande victoire, on lira les témoignages sur le blog « Inside Iraq » (envois entre le 26 et le 28 juin). L’un explique comment, sur une chaîne publique de télévision, ceux qui expriment des doutes sur les capacités des soldats irakiens à assurer la sécurité sont coupés ; l’autre s’inquiète des pratiques de M. Al-Maliki qui lui rappellent celles de Saddam Hussein...

Pour le conforter, si l’on peut dire, dans ses craintes, on lira l’enquête de Shane Bauer, dans l’hebdomadaire progressiste américain The Nation (22 juin) : « Iraq’sNew Death Squad », où l’on apprend comment les Américains ont formé les forces antiterroristes en Irak, en s’appuyant sur l’expérience de la Colombie ou du Salvador...

Enfin - hasard du calendrier sans doute -, c’est ce week-end que le gouvernement irakien a ouvert l’accès à ses champs de pétrole à des compagnies étrangères (à titre d’opérateur et pas de propriétaire) : « Big Oil Ready for Big Gamble in Iraq » (Gina Chon, The Wall Street Journal, 24 juin). Le pétrole a été depuis plusieurs années au cœur de polémiques américano-irakiennes et Washington n’a jamais été capable d’imposer une loi sur la privatisation des richesses pétrolières irakiennes (lire « Le pétrole et l’Irak »).

Alain Gresh
Le Monde Diplomatique

mercredi 1er juillet

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=6870


2 Des troupes restent à Mossoul,

Certaines troupes non-combattantes américaines demeureront à Mossoul, dans le nord de l'Irak, après le 30 juin. «Le gouvernement irakien a accepté le maintien de certaines troupes non-combattantes» à Mossoul, a déclaré jeudi aux journalistes le général Robert Caslen, plus haut gradé américain dans le nord de l'Irak.

«Ces militaires aideront les forces irakiennes là où elles le souhaiteront, et ils seront dans cinq districts seulement, à travailler avec les Irakiens», a ajouté le général Caslen.

Mossoul, dernier bastion urbain d'Al-Qaïda selon l'armée américaine, est une des dernières villes du pays qui n'a pas encore été entièrement pacifiée.

Bagdad, les localités de la province d'Al-Anbar (ouest) ainsi que celles de Diyala (nord-est de la capitale), Mossoul (nord), Samarra et Kerbala (centre), Kirkouk (nord) et Bassorah (sud) seront contrôlées par des soldats et des policiers.

Il s'agit des villes les plus instables, ou celle d'importance économique (Bassorah) ou religieuse (Kerbala). Les huit autres grandes villes du centre et du sud, réputées plus calmes, dépendront exclusivement du ministère de l'Intérieur.

Le gouvernement met aussi l'accent sur le contrôle des frontières, particulièrement celle avec l'Iran, jugée trop poreuse aux infiltrations de «groupes spéciaux». Ces miliciens seraient armés par l'Iran, selon l'armée américaine. 700 postes d'observation sont érigés le long des 3600 km de frontières.

http://tatun.unblog.fr/2009/06/26/les-soldats-americains-laissent-la-rue-aux-irakiens/


3 Jean-pierre Perrin : Retrait des troupes américaines - Al-Qaeda revigoré.

La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

Le long de la frontière syrienne, la police irakienne ne patrouille que deux semaines par mois.

Les quinze autres jours, elle ne travaille pas. La raison : elle n’a plus d’essence pour ses voitures. Cette frontière est pourtant le point de passage de la quasi-totalité desrésistants qui viennent se battre en Irak.

Mais la corruption se soucie peu d’Al-Qaeda. Même si cette organisation vient de faire un spectaculaire retour en force dans l’ancienne Mésopotamie.

La méthode, attaques kamikaze ou véhicules piégés, comme les cibles, les quartiers chiites ou les commissariats, portent la signature de l’organisation.

«Fragile». La situation n’est pas pour autant comparable avec les années les plus noires de la guerre civile (2006-2007).

Reste que cette vague d’attaques inquiète Washington qui voit la situation sécuritaire se dégrader au pire moment, celui où les troupes américaines quittent les villes.

 «Nous observons un regain de violence, mais, dans l’ensemble, le niveau de violence est comparable à celui de 2003.

C’est toujours fragile», admettait récemment le chef d’état-major interarmes américain, l’amiral Michael Mullen. Cette recrudescence de la violence fait craindre qu’elle s’aggrave encore avant le retrait des forces américaines, prévu pour fin 2011 par l’accord de sécurité entre Washington et Bagdad.

L’année 2008 avait été un tournant dans la lutte contre Al-Qaeda, marquée par une amélioration sensible de la sécurité attribuée au général David Petraeus. Les incidents armés étaient tombés de 180 par jour à 25 ou 30. «Al-Qaeda a été affaiblie mais n’a pas disparu. Des groupes résiduels continuent à opérer», confiait-il lors d’un passage à Paris, en septembre.

Prudent, il avait ajouté que cette amélioration était «fragile et réversible».

Selon l’anthropologue Hosham Dawod, chercheur au CNRS, qui travaille sur ce dossier, l’affaiblissement d’Al-Qaeda doit effectivement beaucoup à la nouvelle stratégie américaine. «Elle a été frontale et fulgurante : elle a notamment consisté à repérer les chefs de l’insurrection et à les éliminer ; les forces spéciales américaines ont tué des centaines de responsable de la résistance mais, habilement, elles ont épargné les petits cadres et les simples combattants.

Et puis, l’armée américaine a su acheter les tribus contre Al-Qaeda.»

Mais Al-Qaeda a aussi su évoluer. Ce n’est plus la même organisation qui opère en Irak. Elle s’est «irakisée». Les officiers baassistes, notamment les membres de la Garde républicaine spéciale (la force d’élite de Saddam Hussein), l’ont intégrée. Dès lors, Al-Qaeda a su s’adapter à la nouvelle donne : renforcement de l’Etat, des forces de sécurité - entre 800 000 et 900 000 hommes -, regain de légitimité du gouvernement…

«Vigilance calculée».

Le paradoxe, c’est aussi qu’Al-Qaeda a tiré profit de la montée en puissance du Premier ministre Nouri al-Maliki, précisément grâce à ses succès contre les groupes armés, sunnites et chiites. «Rares sont les hommes politiques irakiens qui ont accepté que Maliki s’octroie seul les bénéfices de cet acquis.

Une partie de la dégradation de la situation est donc due à une baisse calculée de la vigilance de ses adversaires politiques qui avaient eux-mêmes contribué à l’amélioration de la sécurité. Ils veulent l’affaiblir là où il avait bâti sa fortune politique : la sécurité», indique Dawod. Selon lui, le plan Obama porte aussi sa part de responsabilité : «L’annonce précipitée d’un retrait, sans que les forces irakiennes soient prêtes à prendre la relève, a encouragé les groupes armés et les pays de la région à se disputer à nouveau leurs positions en Irak. Obama ne s’est pas rendu compte de la complexité de ce pays.»

Il y a encore d’autres raisons, dont le retour des jihadistes via la frontière syrienne (au rythme d’une vingtaine par mois), un moyen pour Damas de faire pression sur Washington afin d’obtenir la levée des sanctions.

Un autre chercheur, qui a requis l’anonymat, relève la libération par les Américains de 2 000 détenus de la prison de Bucca (près du Koweït), dont une partie a rejoint les insurgés : «En vertu de l’accord de sécurité, les Américains devaient remettre à Bagdad les prisonniers dangereux, ce qu’ils n’ont pas fait. Cette violation a joué dans le retour de la violence.»

http://www.liberation.fr/monde/0101576943-al-qaeda-revigore-en-plein-retrait-des-troupes-americaines


4 L'Irak renoue avec la violence.

La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

Samedi, 73 Irakiens avaient perdu la vie à Kirkouk, lors de l'explosion d'un camion-piégé devant une mosquée.

Hier, un véhicule de la police a sauté sur une mine, à Falloujah et ses cinq occupants ont été tués. Un peu plus tard, un autre attentat a fait deux morts dans une gare routière de la capitale.

À une semaine de la fin du retrait des unités de combat américaines déployées dans les centres urbains, cette série d'attentats a mis fin à une longue période de calme que démontraient les statistiques des pertes civiles.

Elle a surtout renforcé les doutes sur les capacités des forces irakiennes à préserver les succès enregistrés depuis un an dans la lutte contre la guérilla.

Certaines unités irakiennes ont démontré leur aguerrissement et leur discipline, notamment l'an dernier, lors de l'opération menée contre des activistes, à Bassorah.

Cependant, c'est loin d'être le cas pour toutes les formations de l'armée de terre et de la police. « Les forces irakiennes n'ont pas assez d'expérience, déplore Mustafa Hussain, un épicier de 33 ans, et elles ne contrôlent pas bien les véhicules aux postes de contrôle. »

Outre leurs performances inégales, les forces de sécurité irakiennes sont ethniquement hétérogènes. L'armée est majoritairement chiite et certains de ses éléments ont ouvertement pris partie contre les sunnites dont les éléments extrémistes sont tenus responsables de la majorité des attentats de ces derniers mois. Les attentats viseraient donc à aviver les tensions intercommunautaires.

C'est possible. Mais il faut aussi tenir compte du facteur Al-Qaida : bien qu'affaiblis, ces groupes pourraient profiter du retrait américain pour reprendre leur campagne de terreur.

Jawad Khadim, un chauffeur de taxi de Sadr City, en est convaincu : « Les groupes terroristes veulent faire passer le message qu'après le retrait des troupes américaines des villes, il y aura un vide en matière de sécurité. »

26 juin 2009

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-L-Irak-renoue-avec-la-violence-aveugle-_3637-984399_actu.Htm


5 Interrogations sur l’après-repli américain en Irak.

Les récents événements en Irak suscitent des interrogations sur la manière dont les forces de sécurité irakiennes pourront assurer la sécurité lorsque les troupes de combat américaines se seront retirées des centres urbains. D’ici le 30 juin, la plupart des soldats américains devront avoir quitté les villes et les villages, marquant une étape importante dans la réappropriation par l’Irak de sa souveraineté.(…)

Mais les forces irakiennes sont-elles prêtes à prendre la relève ?
Certaines unités irakiennes ont démontré leurs capacités, notamment l’an dernier lors de l’opération menée contre des activistes à Bassorah.
Cependant ce type d’opération requiert des services de renseignement de premier plan et une grande réactivité.
Michael O’Hanlon, spécialiste de la politique de sécurité américaine au Brookings Institute de Washington, relève qu’en dépit de leur retrait des villes, les Américains resteront à proximité et qu’un petit nombre d’entre eux se maintiendront à l’intérieur des agglomérations.
Cependant, les performances de l’armée irakienne ont paru inégales, et dans des zones ethniquement hétérogènes telles que Kirkouk ou Mossoul, les forces américaines ont souvent été considérées comme la seule partie neutre.
Wayne White, ancien directeur adjoint du bureau des renseignements sur le Proche-Orient du département d’Etat américain, note ainsi que l’armée irakienne est majoritairement chiite et que certains éléments ont ouvertement pris parti contre les sunnites.
Des résistants sunnites, et notamment al Qaïda, sont tenus responsables par le gouvernement de la majorité des attaques de ces derniers mois, le plus souvent dirigés contre des chiites..
Les chiites redoutent dès lors que les résistants tentent d’exploiter le vide laissé par le repli américain.
"On ne peut arrêter chaque poseur de bombe.

Mais des dirigeants forts et avisés devraient être capables de prévenir le cycle de vengeances meurtrières de 2005 qui a culminé en guerre civile", tempère Joost Hiltermann, du Groupe international de crise.
En outre, si la plupart des troupes de combat américaines se retirent, des instructeurs, des conseillers et des unités de surveillance aérienne par drones seront maintenus sur place et devraient être parmi les derniers à quitter le pays.
A l’extérieur des villes, les opérations militaires américaines ne sont pas limitées mais elles doivent se faire en coordination avec les autorités irakiennes, ainsi que c’est le cas depuis le début de l’année.
"La pression sera dès lors maintenue sur al Qaïda", conclut Tim Ripley, du Jane’s Defence Weekly Magazine.
En cas de nouvelle flambée de violence, le gouvernement irakien pourra toujours demander une révision du calendrier de retrait américains, mais il serait pour le moins humiliant d’y recourir après avoir clamé haut et fort que les forces irakiennes sont capables d’assurer la sécurité du pays.
Réclamer le soutien d’un pays voisin, tel que l’Iran chiite, paraîtrait tout aussi inacceptable, estime David Mack, chercheur à l’Institut du Moyen-Orient de Washington et ancien sous-secrétaire d’Etgat ajoint américain pour les affaires du Proche-Orient.
Rien ne dit toutefois que l’Irak ferait à nouveau appel aux Etats-Unis. "Il y a un risque tant pour l’Irak que pour les Etats-Unis que, confronté à un regain d’insurrection sunnite et à des pressions séparatistes kurdes, le gouvernement (de Nouri al) Maliki accepte l’aide iranienne dans les zones de sécurité", estime David Mack.
Le gouvernement américain doit tenir compte de contraintes politiques et financières, mais il ne voudra pas perdre le terrain durement conquis ces deux dernières années sur le plan de la sécurité et il continuera de disposer en Irak de 100.000 hommes et d’une importante puissance aérienne. "Ils pourraient revenir dans l’arène", prédit Paul Rogers, professeur à l’université britannique de Bradford.
"S’ils le font, ce serait avec un profil aussi bas que possible, en se reposant principalement sur la puissance aérienne et bien moins sur une présence sur le terrain, même en courant le risque des dommages collatéraux que cela peut comporter.
De nombreux observateurs jugent que l’étape la plus cruciale pour l’Irak sera les élections législatives de janvier prochain et non le retrait des militaires américains des agglomérations, d’ici la fin du mois.
Ce vote est considéré comme un test de la capacité des factions adverses à vivre ensemble après les années de sanglants affrontements déclenchées par l’invasion américaine de 2003.
"Au sens strict, les gains en matière de sécurité seront de portée limitée si (...) le scrutin n’offre pas la possibilité aux Irakiens de discuter des questions fondamentales de réconciliation nationale dans une atmosphère ouverte", prédit Reidar.

( Jeudi, 25 juin 2009 - Avec les agences de presse )

http://www.aloufok.net/spip.php?article656

n°446 - Les Dossiers d'Irak - 12-07 - :Fin- : L'Occident (démocratique etc.) est-il une internationale de la mort

n°446 - Les Dossiers d'Irak - 12-07 - :Fin- : L'Occident (démocratique etc.) est-il une internationale de la mort



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les Dossiers d'Irak

N° 446                                                         12/07/09

C.De Broeder & M.Lemaire



 Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire : Fin

1-6 L'Occident (démocratique etc.) est-il une internationale de la mort ?

1-8 Le livre des secrets de Kelly.

1-9  Pétrole quand tu nous tiens.

1 Le lobby pétrolier carbure pour sauver son influence.

2 Les champs pétrolifères irakiens éveillent les convoitises.

3 Les pétroliers se préparent pour le grand appel d'offres irakien.

4 Appels d'offres: annonce fin juin des compagnies pétrolières retenues.

5 Irak/pétrole: début de la séance d'octroi des licences d'exploitation.

6  Le gouvernement irakien approuve l’offre de BP sur le gisement de pétrole de Roumaïla.

 


1-6 L'Occident (démocratique etc.) est-il une internationale de la mort ?

Certains dépensent beaucoup d’énergie à combattre les théories dites du complot ou de la conspiration. Tandis que d’autres se contentent de mettre à l’index ceux qui n’adhèrent pas à la version officielle de certains événements.

Pourtant, force est de constater que les dites théories du complet se frayent un chemin vers la lumière simplement parce qu’elles apportent des éléments rationnels d’explication à des faits inexpliqués pour lesquels chacun est sommé de croire.
Je vous en avais parlé ici même à propos des attentats de Londres en juillet 2005. Et voilà que le Daily Express nous parle d’un documentaire étatsunien sur la guerre bactériologique au cours duquel on voit surgir du cimetière où il repose le Dr David Kelly.
David Kelly est ce spécialiste britannique de l’armement qui avait contesté l’argumentation de M. Tony Blair visant à justifier l’entrée en guerre contre l’Irak des troupes de sa Gracieuse Majesté.
Fort heureusement pour Tony Blair, David Kelly avait eu le bon goût de se suicider en temps opportun.
L’article ci-dessous nous apporte deux informations importantes. La première est que David Kelly s’apprêtait, au moment où il a été suicidé par les services secrets britanniques, à publier un livre sur le dossier irakien mais aussi sur des programmes de guerre bactériologique auxquels il avait participé notamment avec le régime d’apartheid sud-africain.
On ne peut lire ce bref article sans penser qu’il existe une internationale de la mort, qui revêt tantôt des habits démocratiques tantôt des habits moins seyants comme le régime d’apartheid (quoique le régime d’apartheid était démocratique pour... les blancs). La caractéristique principale de cette internationale de la mort étant qu’elle correspond peu ou prou à ce qu’on appelle l’Occident.
http://www.alterinfo.net/L-Occident-democratique-etc-est-il-une-internationale-de-la-mort_a34257.html


1-8 Le livre des secrets de Kelly.
L’inspecteur en armement David Kelly était en train d’écrire un livre à haut risque pour le gouvernement avant sa mort mystérieuse.
Il avait de révéler qu’il avait averti le premier ministre Tony Blair qu’il n’y avait aucune arme de destruction massive en Irak plusieurs semaines avant l’invasion américano-britannique.
Il avait eu des discussions avec un éditeur à Oxford et cherchait des conseils sur jusqu’où il pouvait aller sans enfreindre la loi sur les secrets.
Après sa mort, ses ordinateurs avaient été saisis et on ne sait toujours pas si un quelconque brouillon avait été découvert par les enquêteurs et, si oui, ce que ce matériel est devenu.
Le Dr Kelly avait également l’intention de lever le voile sur un scandale potentiellement plus important, sa propre implication secrète dans le programme de guerre bactériologique du régime d’apartheid en Afrique du Sud.
Des journalistes d’investigation d’une télévision étatsunienne ont passé quatre ans à préparer un documentaire de 90 minutes, Anthrax War, qui suggère l’existence d’un marché noir de l’
anthrax et parle des « suicides » mystérieux de cinq savants spécialisés dans la guerre bactériologique pour le compte de leurs gouvernements à travers le monde.
«Il voulait que son histoire sorte»
Le réalisateur Bob Coen déclare : « Plus vous regardez profondément dans le monde trouble des gouvernements et de la guerre bactériologique, plus ça devient inquiétant.»
«Nous avons prouvé qu’il existe un marché noir de l’anthrax. David Kelly avait un intérêt particulier pour nous parce que c’était une sommité mondiale sur l’anthrax et qu’il était impliqué à un certain point dans le programme de guerre bactériologique de l’Afrique du Sud de l’apartheid.»
Le Dr Kelly avait été trouvé mort dans des bois près de son domicile de l’Oxfordshire le 17 juillet 2003. Son suicide apparent était intervenu deux jours après son audition par la Chambre des Communes sur son rôle en coulisses pour exposer les failles et les manipulations (sexed-up dossier) du dossier N°10 qui a justifié l’entrée en guerre de la Grande Bretagne contre l’Irak.
Daily Express (UK)

7 juillet 2009

 Traduit de l’anglais par Djazaïri

http://mounadil.blogspot.com/


1-9  Pétrole quand tu nous tiens.

1 Le lobby pétrolier carbure pour sauver son influence.

Lors des dernières élections présidentielles américaines, les contributeurs du secteur industriel du pétrole et du gaz ont ainsi donné

2,359 millions de dollars au candidat John McCain

et 0,832 million au candidat démocrate Barack Obama.

Des sommes qui sont faibles au regard des dons engrangés par les deux candidats, 1,1 milliard au total. D’autres secteurs économiques, en particulier les banques et autres établissements financiers, ont largement plus contribué au financement de la campagne présidentielle que le secteur du pétrole.
Une influence ancienne

La véritable influence des lobbies de l’énergie ne se situent pas dans leur capacité à financer cette campagne présidentielle mais plutôt à influencer les prises de décision politique.

Pendant longtemps, les principales firmes pétrolières des états occidentaux étaient la propriété ou sous la tutelle de leurs propres états tant l’approvisionnement en pétrole constituait un intérêt stratégique. On retrouve en Russie, avec Gazprom, ou en Chine, avec China Oil, contrôlé par des proches des gouvernements de ces pays, cette même logique.

On se rappelle ainsi l’arrêt des livraisons de gaz russe à l’Ukraine pour des raisons contractuelles mais aussi politiques. Plusieurs projets de gazoduc sont aujourd’hui en projet pour contourner l’Ukraine et s’affranchir de sa centralité géographique pour les livraisons à l’Europe. Depuis sa découverte, le pétrole est au centre des intérêts géopolitiques comme l’indique Eric Laurent, dans son livre « La face cachée du pétrole  ».

De son côté, la Chine cherche à étendre sa zone d’influence politique à l’Afrique pour sécuriser une part de ses approvisionnements en pétrole. 

Quand les compagnies pétrolières étaient sous le contrôle direct de l’état-actionnaire, les relations entre le pouvoir et ces entreprises étaient particulièrement aisées et directes. Aujourd’hui que ce lien s’est distendu, les compagnies pétrolières se sont engagées dans des campagnes de lobbying visant à maintenir leur influence et à rappeler à quel point leur rôle est précieux dans le développement économique d’un pays. En France, c’est l’Union Française des Industries Pétrolières qui est chargée de porter la bonne parole.

Le symbole Halliburton

Ainsi, on peut subodorer les deux guerres d’Irak motivées par des raisons économiques liées à la fourniture d’énergie. Afin de disposer d’un régime politique stable dans ce pays, les Etats-Unis et leurs alliés auraient engagé leurs troupes dans ce pays sous couvert de lutte contre la tentation hégémonique de l’Irak au Koweit en 1991 et de lutte contre le terrorisme en 2003. De là y voir la seule marque du lobby pétrolier il n’y a qu’un pas que nous ne franchirons pas en l’absence de preuves tangibles de leur unique responsabilité. Il reste que des liens forts existent entre la maison blanche, mus par ses faucons, et les intérêts pétroliers. 

Ainsi, Halliburton un conglomérat d’entreprises liées à l’industrie du pétrole, modifie sa politique de lobbying dès que George Bush Junior, et surtout son vice-président Dick Cheney, ancien président d’Halliburton, entrent à la maison blanche à partir de 2001. A croire que l’argent devient inutile quand on dispose directement des manettes du pouvoir. De nombreux cadres dirigeants d’Halliburton font le voyage vers l’administration républicaine ou inversement, témoignage de liens tenus entre les deux organisations. Sarah Palin, la candidate républicaine à la vice-présidence était également liée aux groupes d’influence pétroliers. Elle préconisait notamment, comme l’administration Bush, l’ouverture aux forages de certaines zones de l’arctique.

A la manœuvre sur le protocole de Kyoto

Il reste que le secteur pétrolier est soumis à des variations erratiques que l’extinction progressive des réserves de pétrole, ou plutôt l’extinction progressive des réserves de pétrole en termes d’exploitation bon marché, ne suffit pas à expliquer. Le marché du pétrole est soumis à la loi de l’offre et de la demande. Par là il dépend de l’état de la croissance mondiale, aujourd’hui atone ce qui explique la chute des prix du baril ces derniers mois et ce malgré la volonté affichée des pays producteurs réunis au sein du cartel pétrolier qu’est l’OPEP de réduire leur production. Le niveau de prix dépend également du niveau des réserves de chaque pays et en premier lieu des Etats-Unis. De plus entre le prix du pétrole sur les marchés mondiaux et le prix à la pompe ou à la cuve, d’autres mécanismes fiscaux mais également liées aux capacités de raffinage entrent en ligne de compte. Et ce sans parler, des produits dérivés du pétrole, dont certains plastiques utilisés quotidiennement par la quasi-totalité des habitants de la planète.

Le pic d’Hubbert

Si les soupçons d’influence pèsent sur le lobby pétrolier à l’occasion des guerres en Irak c’est surtout sur l’évolution des réglementations internationales sur l’émission de gaz à effet de serre qu’elle se fait surtout sentir.

A l’occasion de la négociation de Kyoto 1, l’accord mondial de réduction des gaz à effet de serre, le plus grand pays émetteur du monde, les Etats-Unis, ne ratifient pas le traité. De fait, celui devient pratiquement « caduc ». Le protocole de Kyoto a mis en place le marché des droits à polluer librement cessibles sur le marché pour les entreprises les plus vertueuses et rachetables par celles qui polluent plus que leur quota d’émissions.

Les négociations de Kyoto 2 qui doivent se tenir au Danemark en décembre 2009 seront l’occasion pour le lobby pétrolier de jauger son influence, grandement contre-carrée par les groupes d’intérêts du monde de l’assurance, inquiets des conséquences du changement global sur l’espèce humaine et sur leurs comptes de résultats en fonction des catastrophes naturelles que laissent supposer l’élévation du niveau de température et des eaux sur la planète.

Reste que le lobby pétrolier n’est pas mort. L’API, qui regroupe la majeure partie des intérêts du pétrole et du gaz naturel, ne cesse de rappeler à quel point l’or noir est indispensable à la planète. « Oil and natural gas take us down the street and around the world. They warm and cool our homes and businesses. They provide the ingredients for medicines, fertilizers, fabrics, plastics and other products that make life safer, easier and better", indique les animateurs de l’organisation. Et par là de tenter de ralentir l’entrée en application des mesures réglementaires décidées au niveau mondial. A suivre et notamment sur la question du développement des énergies non-fossiles.

A noter que le lobbying des pétroliers inspire l’industrie du divertissement. Canal Plus vient de diffuser la première partie d’une série longue consacrée à l’Arrow Oil, une firme du pétrole, peu soucieuse des contingences environnementales, dont voici le trailer.

         seule marque du lobby pétrolier il n’y a qu’un pas que nous ne franchirons pas en l’absence de preuves tangibles de leur unique responsabilité. Il reste que des liens forts existent entre la maison blanche, mus par ses faucons, et les intérêts pétroliers. »
Vous auriez peur pour votre crédibilité ? Tourné de cette façon, cela revient à nier les motifs qui ont conduit les US en Iraq, au terme d’une propagande officielle que l’on connaît bien désormais. Le système veut que les gens qui sont au pouvoir sont aussi ceux qui ont des intérêts dans le pétrole, dès lors il s’agit beaucoup plus que de simples « liens forts », il s’agit d’un grave conflit d’intérêt pour les pays démocratiques qu’ils représentent. Ce n’est donc pas la « seule marque » mais la principale.
par  RFI

         Le blog de Mikaël Cabon

28/06/

http://www.mikael-cabon.com/

http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/le-lobby-petrolier-carbure-pour-57649


2 Les champs pétrolifères irakiens éveillent les convoitises.

Addax est un spécialiste de la prospection pétrolière dans les zones à risque, c'est-à-dire là où les grandes compagnies occidentales se sentent mal à l'aise. L'Irak, où les contrats d'extraction de Shell et de ses consoeurs ont été déclarés non conformes à la loi, est une de ces zones. Le Nigeria en est une autre. Il a fallu fermer des sites suite à des attaques armées. Mais pour la Chine, qui s'est appliquée à conserver une certaine neutralité sur le plan politique, ce sont des lieux de premier choix pour investir.

L'Irak constitue le gros lot. D'après l'Energy Information Administration, ce pays se place au troisième rang mondial des détenteurs de gisements avérés. Addax est implanté sur un tiers du gisement de Tak Tak, au Kurdistan, où 40 000 barils sont actuellement produits chaque jour ; mais pour certains officiels, le site pourrait se révéler très riche et produire 2 millions de barils.

La plupart des grandes compagnies pétrolières occidentales ont préféré se concentrer sur les champs géants plutôt que de s'occuper des petits gisements du Kurdistan. Ces derniers ont donc été laissés à des acteurs de moindre envergure, comme Addax ou le norvégien DNO. Il est très judicieux pour Sinopec de s'intéresser à ces cibles plus modestes. Alors que les contrats signés pour l'exploitation des plus grands sites sont basés sur un tarif de prestation fixe, Addax et DNO perçoivent entre 10 % et 20 % des bénéfices. Cela signifie pour les propriétaires que leur revenu ne sera pas plafonné et qu'ils peuvent mettre une partie du pétrole en réserve pour leur propre compte....

 17 juin,

http://fr.news.yahoo.com/64/20090617/twl-les-champs-ptrolifres-irakiens-veill-acb1c83_1.html


3 Les pétroliers se préparent pour le grand appel d'offres irakien.

Les grands groupes pétroliers se préparent à soumettre mardi leurs candidatures à l'appel d'offres pour l'exploitation de six des plus vastes champs pétrolifères irakiens, en espérant que le niveau de violences dans le pays ne reviendra pas à son niveau des dernières années.

Il s'agit du premier grand appel d'offres en Irak depuis l'invasion menée par les Etats-Unis en 2003. Trente-deux entreprises doivent participer, dont Total, Exxon Mobil et Royal Dutch Shell.

Les réserves irakiennes sont estimées à 115 milliards de barils, et plusieurs gisements ne sont pas encore exploités. Mais cette situation alléchante pour les pétroliers est contrebalancée par un contexte politique et sécuritaire particulièrement délicat.

Pour de nombreux Irakiens, les entreprises étrangères ne sont là que pour piller les ressources nationales, affirme Hugh McManners, porte-parole d'Erinys, une entreprise de sécurité chargée en 2003 par le gouvernement américain de rebâtir les services de protection des infrastructures pétrolières irakiennes.

"On peut dire que cette façon négative de voir les entreprises pétrolières internationales (...) est exploitée assez durement par les terroristes et les agitateurs nationaux. C'est un signal de ralliement assez efficace."

Le niveau de violences a fortement diminué en Irak depuis deux ans, mais les attentats sanglants restent monnaie courante et ont même connu une recrudescence depuis que l'armée américaine commence à se désengager des villes.

Le risque d'enlèvement est également élevé, que ce soit du fait d'activistes islamistes ou de criminels en quête de rançons.

Les groupes pétroliers ont déjà signé des contrats avec des entreprises de sécurité pour se préparer, et devraient contourner les risques en s'appuyant sur des prestataires de services et des sous-traitants.

Ils éviteront ainsi de circuler dans les rues de Bagdad en construisant des terrains d'aviation près des sites pétroliers reculés, qui permettront de faire venir directement les employés de l'étranger sans passer par la capitale.

La main d'oeuvre locale sera également largement employée, en partie pour gagner l'appui des autorités locales.

"La sécurité représente une lourde dépense pour les groupes pétroliers, mais nous avons l'habitude. Nous travaillons dans des endroits difficiles, comme le Nigeria. J'estime que les dépenses de sécurité ajouteront 10% à 15% au coût du projet", déclare un cadre dirigeant du secteur pétrolier, dont l'entreprise prévoit de soumettre une offre.

Ces frais pourraient être compensés par le faible coût de l'extraction en Irak, où certaines entreprises ont déjà réussi à travailler sans problème en se faisant discrètes.

Mais les difficultés peuvent également être de nature politique.

"L'aspect physique de la sécurité est surmontable", estime un consultant.

Ce n'est pas forcément le cas du fonctionnement politique, administratif et juridique de l'Irak.

Les autorités du Kurdistan semi-autonome, dans le Nord, ont passé des contrats avec des entreprises dont Bagdad avait rejeté les candidatures. Elles ont en retour condamné les contrats passés par le gouvernement central pour les gisements des environs de Kirkouk, ville revendiquée par les Kurdes.

Les tensions entre Arabes et Kurdes ont en outre retardé l'adoption d'une loi sur le pétrole et la légalité des contrats pétroliers est contestée des deux côtés.

"Si (les entreprises étrangères) investissent fortement en Irak, vont-elles en tirer un bénéfice en retour ? C'est la grande question", s'interroge le consultant en sécurité.

( Lundi, 29 juin 2009 - Avec les agences de presse )

http://www.aloufok.net:80/spip.php?article670


4 Appels d'offres: annonce fin juin des compagnies pétrolières retenues.

L'Irak rendra publique les 29 et 30 juin la liste des grandes compagnies pétrolières retenues pour exploiter six grands champs pétroliers et deux champs gaziers, a déclaré mercredi le ministre irakien du Pétrole, Hussein Chahristani.
"Sur 120 compagnies candidates, nous en avions pré-sélectionné 35 pour travailler et investir dans six grands champs pétroliers et deux champs gaziers. Les 29 et 30 juin, nous invitons la presse à venir assister à la publication des résultats", a dit M. Chahristani lors d'une conférence de presse.
En juin 2008, 35 sociétés pétrolières avaient été pré-sélectionnées, dont la totalité des majors occidentales et quelques grosses compagnies d'Etat.
Depuis, le ministère du Pétrole a reporté à plusieurs reprises l'annonce de la liste définitive et M. Chahristani a été accusé par des parlementaires d'avoir par sa "mauvaise gestion" fait perdre 10 milliards de dollars au budget de l'Etat qui en a cruellement besoin.
"Les contrats se feront selon la loi irakienne, le pétrole restera sous le contrôle des Irakiens. Nous donnerons l'opportunité aux Irakiens d'y travailler et ils bénéficieront de programmes de formation. Les compagnies devront payer des impôts sur leurs revenus", a-t-il ajouté.
L'Irak produit actuellement 2,2 millions de barils par jour et peine à augmenter sa production. Il vise un objectif de 6 millions d'ici quelques années.
"L'Irak a besoin des compagnies (internationales, ndlr) et d'importants investissements car nous ne disposons pas de dizaines de milliards de dollars", a souligné le ministre.
"Ce seront des contrats de service, ce qui veut dire que les compagnies ne
prendront pas une part de profit dans la production du pétrole mais elles percevront de l'argent pourles services rendus et la quantité de pétrole produite", a souligné M. Chahristani.
Dans la stratégie de Bagdad, les sociétés étrangères doivent être associées aux Irakiens dans des contrats de service, rémunérant les compagnies pétrolières au baril extrait plutôt que par un partage des bénéfices tirés de l'exploitation des ressources.
A l'inverse, le gouvernement du Kurdistan irakien verse 12% des profits aux
compagnies qui exploitent le pétrole.Concernant les contrats signés par le gouvernement autonome kurde, le porte-parole du gouvernement Ali al-Dabbagh a souligné mercredi que "ces contrats doivent être approuvés par le gouvernement fédéral et qu'ils ne sont pas pour le moment complètement légaux."
Il a cependant noté que les exportations à partir de cette région "étaient un pas dans la bonne direction".
Le Kurdistan irakien a en effet commencé le 1er juin à exporter du pétrole pour la première fois de son histoire et a accepté de reverser les bénéfices au gouvernement fédéral.

Communiqué AFP 10 juin 2009
 http://www.romandie.com/ats/news/090610131846.2vmfht3y.asp


5 Irak/pétrole: début de la séance d'octroi des licences d'exploitation.

Le Premier ministre Nouri al-Maliki a démarré la réunion au cours de laquelle doit être attribuée l'exploitation de six grands champs pétroliers et deux champs gaziers aux compagnies étrangères, une première depuis 37 ans.

"Cette initiative servira à la reconstruction du pays et elle sera au bénéfice de l'Irak et des compagnies", a-t-il affirmé dans un grand hôtel où étaient présents les différents concurrents en lice.

Il a promis d'accorder "toute la sécurité et les facilités aux compagnies pour mener à bien leur travail".

L'Irak choisira parmi 31 sociétés pétrolières, dont les majors occidentales qui participent à ces appels d'offres pour exploiter six champs pétroliers géants, dans le sud et le nord du pays, aux réserves estimées à environ 43 milliards de barils.

Les contrats d'exploitation de deux champs gaziers, à l'ouest et au nord-est de Bagdad, seront également attribués.

Il s'agit d'une initiative inédite depuis la nationalisation de la compagnie pétrolière nationale en 1972.

BP

CNOOC

CONOCOPHILLIPS

EDISON

ENI

GAZPROM

TOTAL

AFP /

30 juin

http://www.romandie.com/ats/news/090630063434.67pxf62l.asp


6  Le gouvernement irakien approuve l’offre de BP sur le gisement de pétrole de Roumaïla.
Pour la première fois depuis plus de 30 ans et malgré l’opposition de nombreux députés, l’Irak avait ouvert des enchères internationales pour l’exploitation de six gisements de pétrole et deux de gaz, mais l’enthousiasme attendu n’a pas été au rendez-vous.

Le gouvernement irakien a approuvé mercredi l’offre du consortium conduit par le Britannique BP pour l’exploitation du gigantesque gisement de pétrole de Roumaïla, dans le sud du pays.

L’Irak, en manque de fonds pour financer la reconstruction, n’a que ce contrat en vue pour l’instant car le gouvernement a refusé de relever la part des compagnies étrangères sur les recettes.
BP et son partenaire chinois CNPC ont obtenu les droits pour le gisement de 17,8 milliards de barils de Roumaïla, mais seulement après avoir revu leurs prétentions à la baisse : ils demandaient 3,99 dollars par baril vendu et ont finalement accepté les 2 dollars proposés par le ministère du Pétrole.
La seule concurrence, un consortium conduit par le géant américain Exxon Mobil, a refusé de transiger sur son offre de 4,80 dollars par baril sur la base d’une production de 3,1 millions de barils par jour.
La promesse d’avoir accès à environ 43 des 115 milliards de barils des réserves de brut de l’Irak n’a semble-t-il pas suffi à apaiser les réticences des groupes étrangers à investir dans un pays encore fragile. Des députés jugent illégal de ne pas demander l’approbation des contrats par le Parlement, et de nombreux Irakiens redoutent, eux, qu’ouvrir la porte à ces grandes compagnies n’aboutisse à une forme d’occupation économique de leur pays.

Al-Oufok

1er juillet

http://www.aloufok.net/spip.php?article678



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

 

13/07/2009

n°445 - Journal d'Irak - 23-06 au13-07 –Début- : Obama prédit des jours difficiles …

n°445 - Journal d'Irak - 23-06 au13-07 –Début- : Obama prédit des jours difficiles …


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!



Journal d'Irak

n°445                   du 23/06                   au 12/07/09

C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire :

Tiré à part :

Le 30 juin,

Les troupes américaines quittent les centres urbains d'Irak.

Une force née du néant.

6 ans après l'invasion l'Irak prend le contrôle total de ses villes.

Attentats en série avant le retrait US.

Paroles & action du président...

Obama prédit des jours difficiles …

Lutte pour la libération du territoire

Abou Omar al-Baghdadi appelle à attaquer les militaires US

Lutte pour la libération du territoire

La résistance contre l'agresseur

Résistance :

1 Analyse

Des résistants

2 Occupation de l'Irak

3 Politique

1) collaborateurs Irakiens

Suite

2) occupants 

4 Libération du territoire

Détails.

L'Irak en chiffre. 

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 AntiWAR / Peace Music Video

5-2 Vidéo : Les guerres du pétrole expliquées aux enfants .

5-3 Vidéo : L'histoire secrète du pétrole - Le temps des grands rapaces.

5-5 Videos: Attack on Iraq’s Turkmens in Taze Hurmatu.

5-6 Liberté de la presse en Irak.

5-7 Livres :

1 Denis Gorteau : La guerre en Irak est-elle finie ?

2 Bradley Graham : By His Own Rule.

5-8 Doug Ireland: Télés américaines : 75 taupes du Pentagone démasquées.

Fin

6 Les brèves

6-1 Intox ? : Obama dirigeant le plus populaire du monde, selon un sondage

6-2 Bruno DRWESKI : Indignations et manifestations monstres suite au discours du Président Barack Hussein Obama sur l'état de l'Union.

6-3 Plus de visites d'écoles sur la tombe de Saddam Hussein à Tikrit.

6-4 L'armée américaine recrute de plus en plus d'immigrants pour combler un déficit de main d'œuvre chronique et les naturalises.

6-5 Les soldats US de plus en plus portés sur l'alcool.

6-6 Les serpents attaquent !

6-7 Brèves d'Irak.

6-8 Nouvelles du Kurdistan irakien.

 



Tiré à part :

Le 30 juin,

Les Etats-Unis annoncent un retrait de leurs troupes des grandes villes d'Irak. Mais pas un retrait de l'Irak. (Celui-là n'aurait lieu qu'en 2011).

Le même jour, en effet, le partage du "butin" pétrolier sera enfin réalisé.

Les grandes compagnies pétrolières internationales se taillent la part du lion (ou plutôt, de l'occupant).

La France, avec les concessions accordées à TOTAL, reçoit sa récompense pour son "retour" au commandement intégré de l'Otan.

750.000 forces armées  irakiennes (500.000 policiers et 250.000 militaires), se déploient, formées et encadrées par les très importantes forces US  restantes (dans leurs bases disséminées dans tout l'Irak) et par l'Académie de l'Otan qui, elle ne s'est pas retirée de Bagdad.

Sans oublier les quelque 180.000 Américains engagés dans les milices privées 

Le peuple irakien, lui, "reçoit" les désastreuses conséquences de l'utilisation de l'uranium appauvri pendant les bombardements de la Coalition .... (C.P.)

 

Les troupes américaines quittent les centres urbains d'Irak

130 000 militaires américains se regrouperont dans des bases hors des agglomérations.

Les unités de combat de l'armée américaine auront quitté mardi à minuit les dernières villes d'Irak où elles étaient stationnées, en cédant leur contrôle aux forces irakiennes.

Les soldats américains se redéployent sur des bases situées en milieu rural aux termes d'un pacte de sécurité bilatéral qui prévoit aussi le retrait d'Irak de toutes les troupes des Etats-Unis d'ici à la fin de l'année 2011.

Les dernières forces combattantes ont quitté lundi le centre de Bagdad pour regagner deux bases proches de l'aéroport de la capitale, et des retraits sont en cours dans d'autres villes. Des militaires auxquels sont assignés des tâches d'instruction et de conseil auprès de l'armée irakienne resteront sur place.

Bryan Whitman, porte-parole du Pentagone, a fait savoir que les Etats-Unis avaient fermé ou remis aux autorités locales 120 bases et installations en divers points d'Irak et devaient en fermer trente autres d'ici mardi soir.

"Ce jour, que nous considérons comme une fête nationale, est à mettre au crédit de tous les Irakiens", a déclaré le Premier ministre Nouri al Maliki dans un discours télévisé.

"Notre souveraineté incomplète et la présence de troupes étrangères sont l'héritage le plus lourd que nous ayons reçu (de Saddam Hussein). Ceux qui croient les Irakiens incapables de défendre leur pays commettent une erreur fatale."

30 juin,

http://fr.news.yahoo.com/4/20090630/tts-irak-usa-972e905_1.html

 

Une force née du néant

500 000 policiers et 250 000 soldats irakiens, une force née du néant après le chaos de l'invasion conduite par les Etats-Unis en 2003, ont pris progressivement possession des bases américaines et des barrages qu'ils contrôlaient avec les Américains.

La nouvelle donne oblige désormais la Force multinationale à demander l'autorisation quand elle veut intervenir hors de ses cantonnements.

Concrètement, un Comité de coordination des opérations militaires conjointes (JMOCC) devra être sollicité pour qu'une unité américaine parte en opération. Ce centre, situé dans le secteur de l'aéroport de Bagdad, à proximité du commandement des forces américaines en Irak, est placé sous l'autorité du ministre de la défense irakien.
Opérationnel depuis le 13 juin, il réunit de hauts responsables américains, des ministères irakiens de la défense et de l'intérieur, des services de renseignement, des gradés des trois armes et du représentant du bureau du premier ministre,
Nouri Al-Maliki.

"Il doit permettre aux autorités irakiennes d'organiser les opérations, de réduire le temps pour lancer une opération et d'éviter de violer la loi", selon le porte-parole du ministère de la défense, le général Mohammed Askari. Depuis plusieurs mois, les Irakiens préparent leur dispositif pour l'après-30 juin.

30-06

 

6 ans après l'invasion l'Irak prend le contrôle total de ses villes.

 Chars, blindés, transports de troupes, véhicules militaires et voitures de police arborant des drapeaux irakiens ont traversé mardi le centre de Bagdad pour marquer la journée historique où l'Irak a repris en main le contrôle total de ses villes et agglomérations.

Le Premier ministre, Nouri al-Maliki, qui a tenu à faire coïncider symboliquement ce départ des forces américaines des centres urbains avec le premier jour de la révolte contre les occupants britanniques le 30 juin 1920, a assisté à une parade militaire après avoir déposé une gerbe devant le monument du soldat inconnu, dans la "zone verte" secteur ultra-protégé de la capitale.

Il a critiqué "l'offense faite aux Irakiens par les sceptiques qui ne croyaient pas en leur capacité de prendre en charge leur sécurité et par ceux qui martelaient que les forces étrangères ne se retireraient pas et garderaient des bases permanentes dans le pays".

"Ces derniers prenaient ces faux prétextes pour justifier leur soi-disant opposition (au processus politique) et ont donné le feu vert aux terroristes pour tuer des civils", a-t-il dit lors d'une intervention télévisée.

Il a réitéré sa "demande à tous les pays arabes et islamiques d'avoir une position commune contre les fatwas (édits religieux) destructrices", dans une claire allusion au cheikh Adel al-Gilbani, mufti de la Mecque, qui avait déclaré début juin à la BBC: "les religieux chiites sont sans aucun doute des renégats".

Désormais, les Américains vont se regrouper dans des bases hors des villes et ce sont les 500.000 policiers et 250.000 militaires irakiens qui ont en charge la sécurité dans les localités.

Mais face au chaos qui s'installait, les forces américaines ont dû reconstruire ce qu'elles avaient détruit et embaucher des officiers qu'elles avaient chassés sous l'accusation d'avoir été membres du parti Baas.

"Je crois que le peuple irakien est bien mieux depuis qu'il s'est débarrassé d'un dictateur comme Saddam Hussein. Il peut maintenant aller de l'avant et avoir son mot à dire sur le gouvernement", a affirmé le chef de la force multinationale, le général Ray Odierno.

Jalal Talabani (le président)  a rendu hommage aux forces US  pour avoir renversé Saddam Hussein.

Le gouvernement a décrété un jour férié pour l'occasion et dans les rues désertes des chars et des véhicules blindés de l'armée et de la police décorés de fleurs et de drapeaux ont pris position. Des hauts-parleurs diffusaient des chants patriotiques.

"Nous sommes heureux de prendre en charge la sécurité de la ville et nous sommes tout à fait capables de le faire", a affirmé un officier de police Ibrahim al-Machhadani. Il a toutefois estimé que les rues sont désertes car les gens ont peur d'attaques.

Ces dernières semaines ont été marquées par des attentats qui ont fait au moins 200 morts et M. al-Maliki a accusé les Takfiri (sunnites extrémistes) et les baassistes d'en être les auteurs.

http://euroberbere.hautetfort.com/irak/

30.06.2009


Attentats en série avant le retrait US.

A moins d'une semaine du retrait annoncé des forces américaines des villes irakiennes, un nouvel attentat à la bombe vient d'ensanglanter le pays. Au moins 55 personnes ont été tuées et 116 blessées mercredi soir sur un marché du quartier chiite de Sadr City, dans le nord de Bagdad. Des femmes et des enfants figurent parmi les victimes.

Selon une source du ministère de l'Intérieur, un tricycle motorisé rempli d'explosifs recouverts de légumes et de fruits s'est arrêté à l'entrée du marché aux oiseaux, à une heure de grande affluence. Le conducteur a laissé son véhicule et s'est enfui avant que l'explosion ne se produise, à 19H00 (16H00 GMT), provoquant des destructions considérables. Dans ce même quartier de Sadr City, le 29 avril dernier, un triple attentat avait fait 51 morts.

«Je faisais mes courses au marché de Mraidi comme tous les deux jours. J'ai vu une boule de feu et entendu une énorme explosion qui a fait trembler le marché. J'ai vu des voitures se soulever tant l'explosion était forte. Je me suis évanoui et me suis retrouvé à l'hôpital général de Sadr City», confiait Najem Ali, un fonctionnaire âgé de 30 ans, qui souffre de blessures aux mains et au pied gauche. «Le chaos règne dans l'hôpital. Il y a des blessés partout, dont des femmes et des femmes», a-t-il ajouté.

C'est le second attentat au bilan particulièrement meurtrier en moins d'une semaine en Irak. Samedi, 72 personnes personnes avaient péri dans la province de Kirkouk, située à 250 km au nord de Bagdad. Un kamikaze avait fait exploser son camion bourré d'une tonne d'explosifs, ravageant le centre de la localité de Taza. Plus de 80 maisons ont été détruites. L'attentat a été attribué par les autorités locales au réseau Al-Qaïda.

La vague de violences a fait plus de 100 morts en trois jours, signe de défi aux autorités irakiennes, qui doivent assurer seules la sécurité des villes après le retrait américain le 30 juin.

24.06.

http://www.leparisien.fr/international/irak-attentats-en-serie-avant-le-retrait-us-24-06-2009-558912.php



Paroles & action du président...

Obama prédit des jours difficiles …

Le président Barack Obama a qualifié, mardi, le retrait des soldats d'occupation américains des villes irakiennes d'"étape importante" vers un désengagement total et un retour de l'Irak à une totale souveraineté.
Obama : "Les Irakiens considèrent à juste titre cette journée comme un jour de fête. C'est un pas important en avant puisqu'un Irak souverain et uni continue à prendre en main les rênes de sa propre destinée",.
Mais il a appelé les Irakiens à ne pas se tromper, "il y aura encore des jours difficiles. Nous savons que la violence va perdurer en Irak, nous l'avons vu dans l'attentat inepte qui s'est produit aujourd'hui à Kirkouk" (nord), a-t-il mis en garde, faisant allusion à l'attentat dans lequel au moins 27 personnes ont péri. Mais, il s'est dit confiant que "ces forces échoueront".
A l'exception d'un petit nombre qui restera dans les villes pour soi-disant "entraîner et conseiller", les soldats américains vont désormais être cantonnés à l'extérieur des villes, jusqu'à fin 2011.
Obama a répété son intention de faire rentrer tous les soldats à cette échéance et, auparavant, toutes les brigades de combat d'ici à septembre 2010.
Environ 133.000 soldats américains sont encore en Irak.
S'agissant de la réconciliation, Obama a une nouvelle fois pressé les dirigeants irakiens de faire "certains choix difficiles" en vue d'une réconciliation politique. Il a promis que les Etats-Unis seraient "un partenaire solide" dans cet effort.  
Entre-temps, son porte-parole Robert Gibbs a répondu à la presse qui lui demandait si Obama avait exclu de proclamer la victoire: "Nous empêcherons les imprimeurs de banderoles de commettre une quelconque folie". 
Il faisait allusion à la bannière "mission accomplie" devant laquelle M. Bush s'était produit en mai 2003, quelques semaines après le début de la guerre, et qui est devenue le symbole des erreurs commises en Irak.

01-07

http://www.alterinfo.net/Obama-salue-une-etape-importante-en-Irak,-et-predit-des-jours-difficiles_a33952.html



Lutte pour la libération du territoire

Abou Omar al-Baghdadi appelle à attaquer les militaires US

Abou Omar al-Baghdadi, chef de l'Etat islamique d'Irak,  exhorte à poursuivre les attaques contre les troupes américaines même après leur retrait des villes et agglomérations du pays, rapporte jeudi le quotidien irakien Al-Zaman.
Un enregistrement sonore de la voix du chef d'Al-Qaïda en Irak dont les autorités irakiennes avaient annoncé la capture il y a plus de deux mois a été diffusé une semaine après le retrait annoncé le 30 juin dernier des troupes américaines des villes et agglomérations du pays.
La voix sur l'enregistrement appelle les groupes armés irakiens qui avaient autrefois aidé les Américains à chasser les commandos d'Al-Qaïda du pays à se rallier de nouveau à la résistance pour lutter contre le gouvernement.
RIA Novosti Agence russe
9 juillet
http://fr.rian.ru/world/20090709/122282149.html



L'Irak en chiffre: du 23-06 au 13-07-09



 

 

 

Tués

Blessés

 

 

 

 

 

Peuple irakien

287+ x

55 + x

 

 

 

 

 

Usboys/Autres boys + miliciens

4

9

 

 

 

 

 

Policiers, armée et collaborateurs & miliciens

23

11

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



La résistance contre l'agresseur

Analyse & déclaration

a) Résistance :

Pétrole : mission accomplie ?

La décision du régime de Bagdad de céder à des compagnies pétrolières étrangères l’exploitation de six des plus grands champs pétroliers irakiens pour une durée de 25 à 30 ans a été dénoncée par la Résistance irakienne et plusieurs personnalités et hauts fonctionnaires.

Fayad al-Nema, directeur de la South Oil Company, a déclaré que ces contrats enchaîneraient l’économie irakienne et porteraient atteinte à la souveraineté du pays pour les vingt prochaines années.

Le parti chiite Fadhilarelativement puissant à Bassora -  y est également opposé.

http://www.independent.co.uk/news/world/middle-east/iraqi-oil-minister-accused-of-mother-of-all-sellouts-1707906.html

04-07

Ils ont manifesté leur hostilité envers les Etats-Unis dans les rues d'un quartier de Bagdad.

Des centaines voire des milliers d'habitants de Sadr City ont défilé aux cris de "A bas les Etats-Unis" et ont brûlé des drapeaux américains. Une manifestation a également eu lieu à Kerbala, dans le sud du pays.

Reuters   



3) Politique

a) des collaborateurs Irakiens

a) Des collaborateurs Irakiens

Maliki

Maliki a fait du retrait une "Fête de la Souveraineté nationale" et un jour férié.

CONFIANCE ICI, APPRÉHENSION LÀ

Au programme des cérémonies prévues figurait un défilé militaire à Bagdad dans le quartier officiel et diplomatique de la Zone verte, que les Irakiens tenaient pour le principal symbole de la présence militaire étrangère jusqu'à ce que les forces locales en prennent le contrôle en janvier.

L'armée du pays a entamé ses propres cérémonies, couvrant ses blindés de fleurs et de drapeaux. Sur divers murs de la capitale, on lisait "Irak : mon pays, ma gloire, mon honneur".

Maliki a comparé le retrait américain aux rébellions de tribus irakiennes contre l'ancien Empire britannique en 1920. Beaucoup d'Irakiens en éprouvent un sentiment de fierté six ans après une invasion muée en occupation étrangère.

"Nos forces sont certainement capables de prendre le contrôle de la situation maintenant", estimait Dawood Dawood, commerçant de 38 ans tenant boutique dans le centre de Bagdad.

En revanche, certains redoutent un regain de violence sans soldats américains pour assurer le travail de police dans les rues, et ce même si leurs bases restent assez proches des villes pour qu'ils puissent au besoin s'y redéployer.

Les activistes ont intensifié leurs attaques durant la semaine écoulée, faisant 150 morts dans deux de leurs plus gros attentats depuis plus d'un an. Lundi encore, une voiture piégée a tué dix personnes près de Mossoul, dans le Nord.

"Ce sont des éléments extrémistes qui cherchent à attirer l'attention sur un mouvement qui est fractionné", a déclaré dimanche à CNN le général Ray Odierno, commandant des forces américaines en Irak. "On se situe encore à un faible niveau global de violence."

Nombre d'Irakiens partagent cet avis. "Ces explosions sont de simples bulles, elles prendront fin un de ces jours", déclare Ahmed Hamid, chômeur de 38 ans.

En tout état de cause, disent les analystes, l'Irak finira par devoir assumer intégralement ses obligations du fait que le président Barack Obama compte mettre fin aux opérations de combat américaines le 31 août 2010.

"Si les Etats-Unis veulent réussir leur stratégie de sortie, il faudra tôt ou tard qu'ils cessent de tenir la main à Maliki", note Tom Ripley, de l'hebdomadaire militaire Jane's.

La situation politique, elle, n'est pas stabilisée. Des tensions se sont aggravées entre Bagdad et la minorité kurde du Nord, et les regards vont se porter sur les élections législatives de janvier prochain, qui mettront à l'épreuve Nouri Maliki et la très fragile démocratie de son pays.

30 juin,

http://fr.news.yahoo.com/4/20090630/tts-irak-usa-972e905_1.html


b) Les grandes manœuvres

Joe Biden en visite
Le vice-président Joe Biden a entamé jeudi une visite non annoncée à Bagdad afin de rencontrer des dirigeants irakiens et les commandants des forces américaines qui viennent de quitter les villes irakiennes.
Sa venue correspond à un moment clé des relations irako-américaines, l’administration Obama accentuant ses pressions sur les ‘sunnites, chiites et kurdes’ pour qu’ils règlent leurs différends sur les revenus pétroliers et les frontières régionales, qui freinent la réconciliation politique.
Joe Biden, qui effectue visite de trois jours, s’est dit "optimiste" quant à l’avenir de l’Irak mais en soulignant qu’il restait beaucoup à y faire.
Selon des responsables de la Maison blanche, Joe Biden rencontrera le président Djalal Talabani et le Premier ministre Nouri al Maliki.
"Avec les dirigeants de l’Irak, il discutera de l’importance qu’il y a à réaliser les progrès politiques nécessaires pour garantir la stabilité du pays à long terme", indique la vice-présidence américaine dans un communiqué.

( Jeudi, 02 juiller 2009 - Avec les agences de presse )

http://www.aloufok.net:80/spip.php?article682


c) Sur le terrain

29-06

Le ‘gouvernement irakien’ assure que les forces de sécurité locales sont prêtes et a prévu des festivités pour la journée de mardi, décrétée "jour de la souveraineté nationale" et fériée.

Les célébrations ont commencé lundi à Bagdad, des chants patriotiques étant diffusés par des hauts-parleurs installés dans les commissariats et les barrages routiers. Des véhicules de l'armée irakienne décorés de fleurs et de drapeaux irakiens patrouillaient dans les rues.

Selon l'accord de sécurité conclu entre les Etats-Unis et l'Irak, les troupes de combat américaines doivent se retirer des villes irakiennes avant le 30 juin et toutes les forces américaines doivent avoir quitter le pays à la fin 2011.

aloufok.net


d) Politique intérieure & extérieure

‘Bavures’ américaines: création d'un comité de dédommagement

Le gouvernement irakien a formé un comité pour dédommager les victimes de bavures que l'armée américaine a pu commettre depuis le début de l'année, conformément à l'accord de sécurité signé entre les deux pays en novembre.

"Le cabinet a constitué un comité chargé de recevoir les plaintes des citoyens qui ont subi des dommages matériels ou corporels de la part des forces de la coalition", indique dimanche un communiqué gouvernemental

Selon l'article 21 de l'accord de sécurité (SOFA) signé en novembre 2008 par Bagdad et Washington et entré en vigueur le 1er janvier 2009, les Etats-Unis sont prêts "à payer des compensations raisonnables" à une partie tierce pour toute action menée par les forces américaines en opération ou pas.

"Toutes ces réclamations seront réglées selon la loi et les règlements des Etats-Unis" mais les Américains prendront en compte les rapports remis par les autorités irakiennes, ajoute le SOFA.

Selon une source au sein du ministère de la Justice, le comité sera dirigé par le directeur exécutif de ce ministère et comprendra des représentants des ministères de la Défense, de l'Intérieur, des Finances et des droits de l'Homm

Il y aura douze centres à Bagdad, sept dans le nord de l'Irak, deux dans l'ouest et deux dans le sud. Ils commenceront à fonctionner après le départ des troupes américaines des villes le 30 juin.

Les plaignants devront présenter des documents soutenant leur requête, qui devra être appuyée par des photos et des certificats délivrés par les autorités irakiennes.

 (AFP)

21 juin

http://qc.news.yahoo.com/indepth/irak/s/afp/090621/monde/irak_usa_retrait_villes_2



b) Les occupants 

1) Usa

Obama

02-07

Le président Barack Obama a chargé Biden de contribuer à coordonner la politique irakienne de Washington..

http://www.aloufok.net:80/spip.php?article682

 

Obama charge Biden d'un nouveau rôle pour l'Irak

Obama a chargé son vice-président Joe Biden de superviser l'effort de réconciliation politique en Irak, c'est ce qu'a indiqué, mardi, le porte-parole d'Obama, Robert Gibbs. Il coopèrera pour cela avec l'ambassadeur des Etats-Unis à Bagdad Christopher Hill et le commandant des forces américaines, le général Ray Odierno, a-t-il dit.
Gibbs n'a guère fourni plus de précision sur l'action qui sera celle de Biden, sinon pour dire qu'il répugnait à employer le mot de "médiateur" entre les différentes communautés irakiennes.
Il a souligné que Biden était "parfaitement" indiqué pour ce nouveau rôle, "étant donné sa connaissance de la région, le nombre de fois où il y est allé". http://www.almanar.com.lb


Extension des guerres ?

Biden : l'Irak a un long chemin à parcourir avant de parvenir à une paix durable.

Joe Biden. : « L'Irak a franchi une grande distance au cours de l'année écoulée, mais la route à venir est ardue qui mènera l'Irak à la paix et à la stabilité; ce n'est pas terminé »,"Il reste des étapes politiques à franchir. Les Irakiens doivent se servir du processus politique pour résoudre leurs différences. Nous sommes prêts - si on nous le demande et si cela peut être utile - à apporter notre contribution à ce processus".

D'après son entourage, Biden a profité de ses rencontres pour souligner que les progrès dépendraient de la recherche par les Irakiens eux-mêmes de leurs propres solutions, alors que Maliki est régulièrement accusé de traîner des pieds sur les questions liées à la réconciliation.

"C'était direct et honnête", a rapporté un responsable américain.

Parmi les sujets abordés figuraient notamment les litiges territoriaux, l'intégration des milices pro-gouvernementales à la vie politique et l'équilibre entre le pouvoir central et les gouvernements régionaux.

"Le Premier ministre a insisté sur l'engagement de son gouvernement en faveur du projet de réconciliation nationale.

Mais le Parti baassiste dissous (ndlr, ex-formation de Saddam Hussein) n'est pas lié à la réconciliation nationale et est interdit parce qu'il est responsable de la destruction que l'Irak a vécue(…) ", a fait savoir Maliki.

Le vice-président est en outre critiqué à titre personnel par de nombreux Irakiens pour avoir rédigé en 2006 un projet de division du pays en trois entités chiite, sunnite et kurde autonomes.

Ce projet a ensuite été mis sous l'éteignoir.

04-07

Reuters  

Version française Grégory Blachier et Henri-Pierre André

http://fr.news.yahoo.com/4/20090704/twl-irak-usa-biden-38cfb6d_1.html

 


Les grandes manœuvres

Le nombre de contractuels, mercenaires et autres, par rapport aux soldats en uniforme, a atteint le ratio de 1 pour 1.

«L'administration Obama n'a pas indiqué ses intentions face à la privatisation de la guerre.

En Irak en 2007, le nombre de contractuels, mercenaires et autres, par rapport aux soldats en uniforme, a atteint le ratio de 1 pour 1.

Du jamais-vu dans l'histoire des guerres.

Et un problème pour la démocratie, puisque les contrats sont souvent opaques et que ces hommes échappent à la fois aux justices nationales et à la justice militaire.

Ce n'est pas seulement la loi du plus fort, c'est la guerre en toute impunité....

"Plus il y a de la guerre, plus il y a du mercenariat, se réjouit "Bob", un mercenaire britannique parlant sous couvert d'anonymat.

La nouveauté est qu'après le 11-Septembre, nos activités sont devenues ultralégales.

On n'a jamais gagné autant d'argent. C'est un âge d'or." Il reconnaît que "l'arrivée des gars d'Irak pose un problème, car, ici, il faut être plus discrets, ne pas mitrailler les civils comme là-bas". "Bob" admet que les intérêts de ses employeurs diffèrent de ceux de l'OTAN : "Les armées américaine et britannique et les autres sont ici pour gagner une guerre. Pour nous, plus la situation sécuritaire se détériore, mieux c'est."»

http://mai68.debithost.net/spip/spip.php?article263


n°445 - Journal d'Irak - 23-06 au13-07 -Suite - : Obama prédit des jours difficiles …


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!



Journal d'Irak

n°445                   du 23/06                   au 12/07/09

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Journal d’Irak  " est visible  sur ...

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

3 Politique

2) occupants 

4 Libération du territoire

Détails.

L'Irak en chiffre. 

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 AntiWAR / Peace Music Video

5-2 Vidéo : Les guerres du pétrole expliquées aux enfants .

5-3 Vidéo : L'histoire secrète du pétrole - Le temps des grands rapaces.

5-5 Videos: Attack on Iraq’s Turkmens in Taze Hurmatu.

5-6 Liberté de la presse en Irak.

5-7 Livres :

1 Denis Gorteau : La guerre en Irak est-elle finie ?

2 Bradley Graham : By His Own Rule.

5-8 Doug Ireland: Télés américaines : 75 taupes du Pentagone démasquées.



Politique intérieure & extérieure 

Biden : Œuvrer à la "réconciliation politique"

L’américain Joe Biden, en déplacement en Irak pour les célébrations du Jour de l'indépendance, la fête nationale, a demandé aux diplomates américains d'œuvrer à la "réconciliation politique" en Irak. S'adressant à des soldats venant d'obtenir la nationalité américaine, le vice-président leur a affirmé "qu'il y a encore un énorme et dur travail à faire mais, grâce à vous, les Irakiens commencent à prendre leur destinée en mains et nous allons commencer à vous accueillir au pays avec l'honneur et la gratitude que vous méritez".

M. Biden avait lancé vendredi une mise en garde sans précédent à Bagdad, lors de ses rencontres avec les dirigeants irakiens, dont le Premier ministre Nouri al-Maliki qui doit se rendre prochainement aux Etats-Unis. "Si la violence reprenait, cela changerait la nature de notre engagement. Il a été très direct sur ce point", a dit un haut responsable américain l'accompagnant.

Ces déclarations ont été accueillies froidement samedi par le gouvernement irakien. "Nous avons bien dit que la réconciliation nationale est une question irakienne et que l'implication d'une partie non-irakienne n'en accroîtra pas le succès", a déclaré le porte-parole du gouvernement.

Pour tenter de résoudre les violences interethniques et politiques, M. Maliki a tenté de se concilier les hommes politiques sunnites en réprimant l'an dernier les milices chiites et avec une loi d'amnistie qui a permis de libérer des milliers de détenus sunnites.

Il a tendu la main à d'anciens membres du parti Baas de Saddam Hussein, mais seulement à ceux qui "n'ont pas de sang sur les mains" et qui renoncent au Baassisme, des conditions qui, aux yeux de certains sunnites, révèlent de l'antagonisme envers les sunnites.

Autre obstacle à la réunification du pays : les relations difficiles entre l'Etat fédéral et la région autonome du Kurdistan (nord). Elles concernent la répartition des richesses pétrolières et la "constitution" kurde qui devrait être ratifiée fin juillet, stipulant que la province multiethnique de Kirkouk

doit être annexée au Kurdistan.

Les autorités du Kurdistan ont annoncé que M. Biden avait annulé un déplacement prévu samedi dans cette région en raison d'une forte tempête de sable(…).

A la manifestation a Sadr City des milliers de personnes ont manifestés, et ont brûlé la bannière étoilée américaine.

04-07

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/07/04/l-irak-decline-l-offre-d-aide-de-joe-biden_1215425_3218.html#ens_id=1144734

 http://www.almanar.com.lb

http://www.romandie.com/infos/News2/090703205142.psbhwbdk.asp


Prisons, exactions & torture

Cinq responsables iraniens relâchés par les forces américaines

09-07

Les forces américaines ont relâché jeudi cinq responsables iraniens soupçonnés d'aider des résistants, qui étaient retenus depuis janvier 2007 dans le nord de l'Irak, selon des représentants iraniens et irakiens. Amir Archadi, porte-parole de l'ambassade d'Iran à Bagdad, a déclaré que les cinq ressortissants iraniens avaient été remis aux autorités irakiennes avant leur transfert à la mission diplomatique. Des déclarations confirmées par Yassine Majid, conseiller en communication du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki.

Les cinq Iraniens étaient retenus dans la ville d'Erbil (nord). Au moment de leur arrestation, les autorités américaines avaient déclaré qu'il s'agissait du chef des opérations et d'autres membres de la Force Al-Quds, unité d'élite iranienne, accusée d'armer et de former des militants iraniens.

AP

http://fr.news.yahoo.com/3/20090709/twl-irak-usa-iran-1def439_1.html



a)    Les alliés (des Usa)

2 Nations unies

Le HCR exhorte le gouvernement irakien à favoriser le retour des réfugiés.

Le gouvernement irakien doit faire des efforts importants pour encourager les Irakiens qui ont fui les violences à regagner leur pays, estime le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

"Ce que nous espérons, c'est que la situation en Irak va suffisamment s'améliorer pour que les réfugiés commencent à rentrer. Ce n'est pas le cas pour le moment", a déclaré jeudi à Reuters Imran Riza, représentant du HCR à Amman, en Jordanie voisine.

"Les gens vont et viennent, ils examinent la situation mais ils ne rentrent pas de manière définitive, certainement pas les réfugiés qui se trouvent en Jordanie en tout cas", a-t-il dit.

Quelque 450.000 Irakiens vivent en Jordanie et environ 1,2 million en Syrie.

Le HCR estime en outre à 2,8 millions le nombre de personnes déplacées en Irak.

L'an dernier, plus de 40.000 Irakiens ont demandé l'asile politique en Occident.

Selon Imran Riza, il manque aujourd'hui en Irak un système pérenne d'assistance aux réfugiés qui souhaitent rentrer dans leur pays et le gouvernement devrait y consacrer davantage de moyens.

Si les réfugiés irakiens citent toujours l'insécurité comme l'une des raisons qui les empêchent de rentrer, ils sont désormais de plus en plus préoccupés par le chômage et la restitution de leurs biens, poursuit-il.

"L'un des dossiers sur lesquels il faut travailler est l'emploi", assure Imra Riza.

Le HCR a demandé aux donateurs 397 millions de dollars pour financer ses opérations en Irak et dans les pays voisins cette année mais n'en a récolté que 164 millions.

"Ma plus grande inquiétude est que tout ce qui a été mis en place pour apporter une meilleure protection à ces Irakiens - par exemple en Syrie, en Jordanie ou au Liban - s'érode faute de moyens", dit le HCR.

Reuters

3 juillet,

http://fr.news.yahoo.com/4/20090703/twl-irak-refugies-38cfb6d_1.html

 

Réfugiés

Sur les 50 000 Irakiens réfugiés au Liban, seuls 10 500 se sont enregistrés au près du Haut commissariat de l’ONU (UNHCR). Plus de 70% y vivent 'illégalement' et risquent l’arrestation et le renvoi dans leur pays d’origine.

 http://www.aina.org/news/20090619211020.htm



3 Dans le monde

France

François Fillon à Bagdad avec une délégation de grands patrons français.
Le premier ministre Fillon est arrivé jeudi 2 juillet à Bagdad pour une visite éclair d'une journée à la tête d'une délégation de chefs d'entreprises

Selon un communiqué de Matignon, "plusieurs accords seront signés" à l'occasion de la visite du premier ministre français en Irak, jeudi 2 juillet. Accompagné d'une délégation de chefs d'entreprises, François Fillon doit se rendre l'après-midi à Souleymanieh, dans le kurdistan irakien où il sera reçu par le président Jalal Talabani.
La délégation qui accompagne François Fillon est composée d'une trentaine de personnes, parmi lesquelles la ministre de l'économie Christine Lagarde, la patronne du Medef Laurence Parisot, Louis Gallois, patron d'EADS, Bruno Lafont, PDG de Lafarge, Henri Lachmann président du conseil de surveillance de Schneider, Christophe de Margerie, directeur général de Total, Henri Proglio, PDG de Veolia, Jean-Louis Chaussade, directeur général Suez environnement.
Cette visite intervient quelques jours après le retrait des troupes américaines des grandes villes irakiennes et alors que Paris négocie avec Bagdad plusieurs contrats d'armement et de coopération dans le domaine civil.

L'Irak compte sur la manne pétrolière.

Sarkozy s'était rendu en Irak le 10 février. Il était le premier chef d'Etat français à se rendre dans ce pays depuis sa création en 1921 et premier dirigeant européen à faire le déplacement depuis le renversement de Saddam Hussein par l'armée américaine, en 2003.
Il avait exhorté les entreprises françaises à investir dans le pays, marquant le retour de la France sur ce territoire dont elle fut l'un des principaux partenaires économiques avant de le déserter pendant près de 20 ans, pour cause d'embargo international et d'insécurité.
L'intensification des relations entre Paris et Bagdad s'est notamment traduite en mars dernier par l'achat de 24 hélicoptères militaires par l'Irak, premier contrat d'armement entre les deux nations depuis 1990.
Le premier ministre irakien Nouri al-Maliki s'est lui aussi rendu à Paris en mai dernier. Il s'était voulu rassurant sur la stabilité de son pays, malgré la poussée de violence enregistrée ces dernières semaines, indiquant que "tous les domaines" étaient "ouverts aux sociétés françaises".
Comptant sur la manne pétrolière pour financer sa reconstruction, l'Irak a ouvert pour la première fois cette semaine l'exploitation de plusieurs de ses champs pétroliers et gaziers à des compagnies internationales.

Mais en répondant aux appels d'offres, la plupart d'entre-elles ont jugé insuffisantes les rémunérations offertes par les autorités irakiennes.
Christophe de Margerie (Total), qui cherche aussi à obtenir un contrat pour exploiter le pétrole irakien, avait rencontré le 10 juin Nouri al-Maliki.
http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2380600&rubId=4077


Gilles Munier autorisé à se rendre à l’étranger.

Mi- juin, après une nouvelle démarche effectuée par Maître Vergès, la juge Xavière Siméoni, qui gère le dossier de l’affaire « Pétrole contre nourriture », a restitué son passeport à Gilles Munier, secrétaire général des Amitiés franco-irakiennes, et a levé l’interdiction qui lui était faite de voyager à l’étranger (y compris dans l’espace Schengen!).

Depuis plus de 4 ans, et bien que l’instruction de cette affaire – instruite par le juge Philippe Courroye – soit terminée depuis deux ans, il lui était en effet interdit - pour des motifs politiques inavoués - de sortir du territoire métropolitain. Deux poids - deux mesures : les personnalités impliquées dans cette affaires avaient, pour la plupart, récupérées leur passeport depuis longtemps, notamment le patron de Total qui s’est rendu en Angola et en Syrie avec Nicolas Sarkozy.

Gilles Munier remercie tous ceux qui lui ont apporté un soutien moral ou financier, lui permettant de poursuivre ses activités. Reste le procès… sa date n’est toujours pas fixée. Le plus tôt sera le mieux. Il devrait permettre de dénoncer la manipulation montée par la CIA contre la politique arabe de la France et de désigner les responsables de l’embargo criminel dont a été victime le peuple irakien.

(Afrique Asie – juillet 09) n°94

 

Gilles Munier autorisé à se rendre à l’étranger pour donner une suite de son dernier livre !
Bonne nouvelle pour le Rennais Gilles Munier, secrétaire général des Amitiés franco-irakiennes : il va pouvoir donner une suite aux « Espions de l’or noir », ouvrage qu’il a publié en avril dernier et qui rencontre un certain succès*. En effet, mi- juin, après un entretien avec son avocat Jacques Vergès, la juge Xavière Siméoni a décidé de lui rendre son passeport et de lever l’interdiction qui lui était faite, depuis 4 ans, de voyager à l’étranger… y compris dans l’espace Schengen.
Mis en examen en 2005 dans l’affaire « Pétrole contre nourriture », astreint au versement d’une caution de 50 000 euros, par le juge Philippe Courroye pour non-respect de la résolution de l’ONU mettant l’Irak sous embargo, il n’avait plus d’autre moyen de subsistance que sa plume, et le salaire de son épouse.

Ses demandes, réitérées, de recouvrer sa liberté de circulation avaient toutes été refusées, l’obligeant à abandonner deux projets de livres sur les questions de Proche-Orient – et les avances sur commissions prévues – et à annuler un reportage en Afrique du Sud pour le magazine Afrique Asie auquel il collabore.

 « Difficile de vivre dans ces conditions », dit Gilles Munier, « et d’autant plus quand on s’aperçoit que les personnes impliquées dans cette affaire voyagent, elles, sans difficulté ». C’est le cas, précise-t-il sans acrimonie, « du patron de Total, qui est allé en Angola et en Syrie avec Sarkozy, et qui a même été reçu à Bagdad par Nouri al-Maliki, Premier ministre irakien ».
Alors, il a adressé au Procureur de la République de Paris son dernier livre ‘Les espions de l’or noir’- qui brosse le portrait d’espions occidentaux envoyés dans le Caucase et au Proche-Orient de l’époque napoléonienne aux lendemains de la Seconde guerre mondiale -, et une demande de restitution de son passeport pour lui permettre d’enquêter sur le jeu des grandes puissances en Méditerranée ces soixante dernières années.

Bien lui en a pris. Cette fois, les arguments avancés par Maître Vergès ont été entendus. A 64 ans, c’est peut être pour Gilles Munier le début d’une nouvelle carrière !
http://fischer02003.over-blog.com/article-33450202.html


Grande-Bretagne

Table Ronde

Gordon Brown, Premier ministre britannique, a annoncé l’ouverture d’une enquête « indépendante » sur la participation de la Grande-Bretagne à l’invasion de l’Irak. Indépendante ? Pas vraiment : la commission comprend Sir Roderick Lyne, ancien ambassadeur à Moscou, lié au cercle impérialiste Chattam House (Royal Institute of International Affairs, ex Round Table), et surtout conseiller spécial de la British Petroleum (BP) et de la Banque JP Morgan.

http://www.telegraph.co.uk/news/majornews/5545521/Gordon-Brown-is-condemned-over-secret-inquiry-into-Iraq-war.html

 

Brown annonce une enquête "indépendante" sur la guerre en Irak.

Le premier ministre britannique Gordon Brown a annoncé, lundi 15 juin, l'ouverture cet été d'une enquête "indépendante" sur la participation des forces britanniques à la guerre en Irak, qui couvrira une période allant de 2001 à nos jours. Cette enquête sera ouverte après le retrait des derniers soldats d'Irak, fin juillet, et durera un an, a précisé M. Brown dans une déclaration prononcée devant les députés. "Elle étudiera la période allant de l'été 2001, avant le début des opérations militaires en mars 2003 et notre implication en Irak, jusqu'à la fin de juillet cette année", a précisé M. Brown. "Cette enquête est essentielle pour qu'en tirant les leçons [de cette guerre], nous renforcions la bonne santé de notre démocratie, de notre diplomatie et de notre armée", a-t-il ajouté.

Le ministre britannique des affaires étrangères, David Miliband, avait annoncé en mars qu'une enquête serait lancée après le retrait quasi total des 4 100 soldats britanniques d'Irak.

L'enquête doit examiner les circonstances qui ont conduit le gouvernement du premier ministre travailliste Tony Blair à faire entrer la Grande-Bretagne en guerre avec l'Irak aux côtés des Etats-Unis en mars 2003 et sur les conséquences de cette décision.

Le gouvernement fait face à une controverse concernant la publication du futur rapport. M. Miliband a indiqué qu'il s'agirait d'un rapport confidentiel alors que l'opposition et des proches des soldats britanniques tués en Irak réclament que les résultats de l'enquête soient rendus publics.

15.06.

http://www.lemonde.fr/international/article/2009/06/15/brown-annonce-une-enquete-independante-sur-la-guerre-en-irak_1207170_3210.html#ens_id=1144734



4 Lutte pour la libération du territoire

Retrait des Troupes occupantes des villes  (au jour le jour)

29-06

La plupart des Irakiens considèrent le retrait US des agglomérations urbaines comme une étape importante sur la voie de la souveraineté nationale six ans après l'intervention militaire et l’occupation.

Mais une série d’explosions ces derniers jours à Bagdad et dans le Nord irakien - dont deux des plus meurtriers depuis plus d'un an - ont ébranlé la confiance placée dans les forces Irakienne.

Reuters

29-06

Le général David Petraeus, s'est dit lundi convaincu que les forces irakiennes étaient prêtes à prendre la relève pour assurer la sécurité, malgré les attentats sanglants des derniers jours.

"S'il y aura certainement des défis à relever -il y a de nombreux sujets politiques difficiles, des questions sociales, des questions de développement gouvernemental- nous sommes confiants dans la capacité des forces de sécurité irakiennes à poursuivre le processus pour assumer les tâches sécuritaires dans leur propre pays", a déclaré le général Petraeus.

aloufok.net

30-06

Les troupes de combat américaines se sont retirées de Mossoul au 30 juin comme elles l’ont fait des autres villes du pays, pour se replier à l’intérieur de leurs bases.

http://www.aloufok.net:80/

30-06

A compter du 30 juin, la majeure partie des 133.000 militaires américains rejoindront des bases à l'extérieur de la capitale et d'autres villes.

aloufok.net

 02-07

Les troupes américaines ont achevé mardi leur retrait des centres urbains irakiens.

L’état-major US a estimé que les forces irakiennes étaient capables d’assurer la sécurité et assuré qu’elles seraient soutenues.

http://www.aloufok.net:80/spip.php?article682

 02-07

Les troupes américaines ont cédé cette semaine le contrôle des centres urbains aux forces de sécurité, étape cruciale dans leur processus de désengagement. "C’est un moment où nous devons veiller à ce que les Irakiens ne perdent pas de vue la récompense finale", a dit le vice-président Biden.

http://www.aloufok.net:80/spip.php?article682

02-07

"Nous félicitons la population irakienne d'avoir tourné pacifiquement et sans obstacle la première page du retrait américain", a déclaré un représentant du ministère de l'Intérieur, rappelant que l'étape suivante était la réduction des effectifs du corps expéditionnaire.

Reuters

02-07

05-07

Mossoul : L'état-major américain avait envisagé de maintenir une présence dans cette zone où un grand nombre de groupes  de résistants, demeurent actifs.

Les autorités irakiennes, désireuses de démontrer leur capacité d’assumer et à restaurer la souveraineté de leur pays après plus de six années d'occupation américaine, ont rejeté cette idée.

Reuters

05-07

Des hommes armés ont blessé la veille(04-017) un policier, depuis le retrait américain des centres urbains.

L'attaque de dimanche, lancée par des résistants, a fait plusieurs blessés parmi des civils.

Les résistants semblent tenter de profiter du retrait des troupes américaines, qui ont quitté les grandes villes irakiennes mardi dernier.

Reuters

06-07

Une explosion a fait dix blessés.

Reuters


Pertes déclarée des occupants.

Les armées répugnent à donner des chiffres officiels

Pertes déclarée des occupants.

22-06

Au moins sept Irakiens ont été tués lundi dans une attaque kamikaze  visant la mairie d'Abou Ghraïb, à l'ouest de Bagdad, ont indiqué des sources aux ministères de l'Intérieur et de la Défense.

Selon ces sources, un kamikaze a fait exploser son véhicule à proximité du bâtiment municipal où des militaires américains se trouvaient. Il n'était pas immédiatement possible de savoir s'il y avait eu des victimes dans leurs rangs.

(AFP /

http://www.romandie.com/ats/news/090622125608.2tblfbew.asp

25-06

 Neuf soldats américains ont été blessés dans deux attaques contre leur convoi dans l’est de Bagdad, a annoncé l’armée américaine.

http://www.aloufok. - AP

30-07

Quatre soldats américains de la Division multinationale Bagdad ont succombé lundi à leurs blessures après une opération.

http://fr.news.yahoo.com/



Les combats par provinces

1-1 Bagdad

22-06

L'explosion d'une bombe en bordure de route a visé une patrouille de police dans une zone commerciale du secteur d'Our (est de Bagdad), fait trois morts et 25 blessés.

Au total, quatre attentats ont été exécutés lundi à Bagdad.

aloufok.net

22-06

Un enfant de cinq ans et deux personnes ont été tuées et trente ont été blessées, dont trois policiers, par une bombe qui visait une patrouille de police à Chaab (nord-est de Bagdad), selon une source hospitalière.

(AFP / 22 juin)

http://www.romandie.com/ats/news/090622100729.5gqmhv2g.asp

02-07

Une bombe a explosé au passage d'une patrouille de l'armée irakienne dans une rue de Bagdad, tuant un soldat et faisant dix blessés, au surlendemain du retrait des troupes de combat américaines des villes d'Irak. Il s'agit de la première explosion à  Bagdad, indique la police, depuis le repli des Américains à l'intérieur de leurs bases d'Irak, mardi. L'explosion s'est produite dans le quartier d'Abou Naouas, dans le centre de Bagdad, à l'heure de pointe du début de matinée.

Reuters


1-2 Province d'Anbar (vaste territoire à l'ouest de Bagdad comprenant les villes de Amiriya, Baghdadi, Diyarah, Falloujah, Habbaniyah, Haditha, Haqlaniyah, Hawija Hit, Houssabayh, Karabilah,  Khaldiyah, Koussaïba, Mahawil, Oubaïdi, Ramadi (capitale de la province d'Al-Anbar,) Kaïm (à la frontière avec la Syrie), Sindjar & Zaidan

Falloujah

25-06
Cinq policiers irakiens ont été tués jeudi par l’explosion d’une bombe au passage de leur véhicule à Falloudja, dans l’Ouest, épicentre de la résistance récemment pacifiée, annoncent les forces de l’ordre.

http://www.aloufok.net/  


1-3 Province de Ninive (Mossoul (capitale de la région nord du pays - à 375 km au nord de Bagdad,) Hawijah, Kassak"(70 km au nord-est de Mossoul) & Tall Afar )

Mossoul.

29-06

L'explosion d'une voiture a tué cinq policiers irakiens et un "peshmerga" autonomiste kurde près de Mossoul, dans le nord de l'Irak, a-t-on rapporté de source policière.

Reuters

05-07

Des hommes armés ont blessé la veille(04-017) un policier, dans un nouvel épisode de violences depuis le retrait américain des centres urbains.

L'attaque de dimanche, lancée par des résistants, a fait plusieurs blessés parmi des civils.

Les résistants semblent tenter de profiter du retrait des troupes américaines, qui ont quitté les grandes villes irakiennes mardi dernier, conformément aux engagements pris dans le pacte de sécurité signé par Bagdad et Washington.

Reuters

 08-07

Mercredi, un soldat irakien a été tué à un barrage militaire dans Mossoul.

Lors d’un incident distinct, la police a tué un civil en ouvrant le feu sur une voiture pour une raison indéterminée.

http://www.aloufok.net:80/


1-4 Diyala, (province au nord-est de Bagdad)

Baqouba

22-06

Dans un village à l'est de Baqouba (60 km au nord-est de Bagdad), trois soldats ont été tués par une bombe qui a explosé au passage de leur patrouille, selon une source militaire.

(AFP / 22 juin)

http://www.romandie.com/ats/news/090622100729.5gqmhv2g.asp


Khalis,

22-06

Un ancien membre d'Al-Qaïda récemment libéré du centre de détention de Camp Bucca (sud) a été tué par des inconnus à Khalis, à 80 km au nord-est de Bagdad, selon la même source.

(AFP / 22 juin)

http://www.romandie.com/ats/news/090622100729.5gqmhv2g.asp

 

Khanakine

23-06

Toujours dans le nord de l'Irak, une bombe a causé la mort de trois soldats près de Khanakine, ville que se disputent Arabes et Kurdes, a fait savoir l'armée irakienne.

 Al-oufok


Province du Ta'mim,

Kirkouk (Capitale de la province du Ta'mim,

23-06

Près de Kirkouk, l'explosion d'une mine a tué un membre d'une milice anti-Al Qaïda, a rapporté la police.

Al-oufok



L’Irak en chiffres (depuis le début de la guerre de conquête en mars 2003)


Peuple

 

Civils tués (depuis l'occupation)   

1.331585

Civils blessés (depuis l'occupation) 

71.140( chiffre très très minimum)

Civils violés (par les troupes d'occupations)

2.507     (voir Ibrahim Allousch

Civils/Résistants arrêtes : (une dizaine par jour...)

8.940   (chiffre minimum)

Résistants (décrit tel quel ) tués

4.044 (chiffre minimum)

Résistants (décrit tel quel ) blessés

3.885   (chiffre minimum)

En prison

40.268. (chiffre minimum)

Embargo

750.000 enfants (chiffre minimal)

Embargo

750.000 adultes (chiffre moyen)

 

 

Militaires irakiens tués pendant l'invasion

45.596 (chiffre minimal)

Civils tués pendant l'invasion

120.200 (chiffre minimal)

 

 

Coalition

 

Nombre de Soldats tués (ou morts...) 

34.671

Soldats rapatriés (blessés ou malades)

224.408

(*) dont 10% meurent en cours de route ou à l'hopital)

 

Disparus (dans la nature)

1.014

Désertions

5.501

Mutinerie

2 corps + 25

Aide psychologique

66.108***

Suicides

Mercenaires tues                                                                                 

5.595 (chiffre très minimal)

933

non-combattants accidentés,

27 103

Policiers/soldats/miliciens irakiens  tués

13.018

Policiers /soldats/miliciens irakiens blessés

26.798 (chiffre minimal)

Policiers /soldats irakiens disparus (dans la nature)

13.916

 

 

Autres tués (collaborateur)

5.597

Autres blessés (collaborateur)

9.657

 

 

Nombre d'attaques de la résistance irakienne de 2003 à 2008:

Oléoducs, les infrastructures pétrolières & d'électricité

 

 164.000,

464 attaques (grand minimum)

Infrastructures du rail

195 attaques (idem)

Hélicoptères

104  ++              (idem)

Avions (& drone)

28 ++


Juin : Forte augmentation du bilan des pertes civiles.

Le bilan des pertes civiles a atteint 373 morts en juin en Irak, soit près de trois fois celui de mai, à la suite d’une multiplication d’attentats à Bagdad et dans le nord du pays, annonce le ministère de la Santé.

02-07

http://www.aloufok.net:80/spip.php?article682


Ces   totaux sont obtenus par le recoupement (si possible) des chiffres des pertes communiqué par la résistance & les médias occidentaux + XINHUANET



Number Of Iraqis Slaughtered In US War And Occupation Of Iraq "1,331,578"


Cost of U.S. War and Occupation of Iraq

                                                               $686,690,502,873

 

13-07 - 08.15

http://www.costofwar.com/

http://www.nationalpriorities.org/costofwar_home
For more details, click here.


n°445 - Journal d'Irak - 23-06 au13-07 -Suite - : Obama prédit des jours difficiles …


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!



Journal d'Irak

n°445                   du 23/06                   au 12/07/09

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Journal d’Irak  " est visible  sur ...

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

3 Politique

2) occupants 

4 Libération du territoire

Détails.

L'Irak en chiffre. 

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 AntiWAR / Peace Music Video

5-2 Vidéo : Les guerres du pétrole expliquées aux enfants .

5-3 Vidéo : L'histoire secrète du pétrole - Le temps des grands rapaces.

5-5 Videos: Attack on Iraq’s Turkmens in Taze Hurmatu.

5-6 Liberté de la presse en Irak.

5-7 Livres :

1 Denis Gorteau : La guerre en Irak est-elle finie ?

2 Bradley Graham : By His Own Rule.

5-8 Doug Ireland: Télés américaines : 75 taupes du Pentagone démasquées.



Politique intérieure & extérieure 

Biden : Œuvrer à la "réconciliation politique"

L’américain Joe Biden, en déplacement en Irak pour les célébrations du Jour de l'indépendance, la fête nationale, a demandé aux diplomates américains d'œuvrer à la "réconciliation politique" en Irak. S'adressant à des soldats venant d'obtenir la nationalité américaine, le vice-président leur a affirmé "qu'il y a encore un énorme et dur travail à faire mais, grâce à vous, les Irakiens commencent à prendre leur destinée en mains et nous allons commencer à vous accueillir au pays avec l'honneur et la gratitude que vous méritez".

M. Biden avait lancé vendredi une mise en garde sans précédent à Bagdad, lors de ses rencontres avec les dirigeants irakiens, dont le Premier ministre Nouri al-Maliki qui doit se rendre prochainement aux Etats-Unis. "Si la violence reprenait, cela changerait la nature de notre engagement. Il a été très direct sur ce point", a dit un haut responsable américain l'accompagnant.

Ces déclarations ont été accueillies froidement samedi par le gouvernement irakien. "Nous avons bien dit que la réconciliation nationale est une question irakienne et que l'implication d'une partie non-irakienne n'en accroîtra pas le succès", a déclaré le porte-parole du gouvernement.

Pour tenter de résoudre les violences interethniques et politiques, M. Maliki a tenté de se concilier les hommes politiques sunnites en réprimant l'an dernier les milices chiites et avec une loi d'amnistie qui a permis de libérer des milliers de détenus sunnites.

Il a tendu la main à d'anciens membres du parti Baas de Saddam Hussein, mais seulement à ceux qui "n'ont pas de sang sur les mains" et qui renoncent au Baassisme, des conditions qui, aux yeux de certains sunnites, révèlent de l'antagonisme envers les sunnites.

Autre obstacle à la réunification du pays : les relations difficiles entre l'Etat fédéral et la région autonome du Kurdistan (nord). Elles concernent la répartition des richesses pétrolières et la "constitution" kurde qui devrait être ratifiée fin juillet, stipulant que la province multiethnique de Kirkouk

doit être annexée au Kurdistan.

Les autorités du Kurdistan ont annoncé que M. Biden avait annulé un déplacement prévu samedi dans cette région en raison d'une forte tempête de sable(…).

A la manifestation a Sadr City des milliers de personnes ont manifestés, et ont brûlé la bannière étoilée américaine.

04-07

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/07/04/l-irak-decline-l-offre-d-aide-de-joe-biden_1215425_3218.html#ens_id=1144734

 http://www.almanar.com.lb

http://www.romandie.com/infos/News2/090703205142.psbhwbdk.asp


Prisons, exactions & torture

Cinq responsables iraniens relâchés par les forces américaines

09-07

Les forces américaines ont relâché jeudi cinq responsables iraniens soupçonnés d'aider des résistants, qui étaient retenus depuis janvier 2007 dans le nord de l'Irak, selon des représentants iraniens et irakiens. Amir Archadi, porte-parole de l'ambassade d'Iran à Bagdad, a déclaré que les cinq ressortissants iraniens avaient été remis aux autorités irakiennes avant leur transfert à la mission diplomatique. Des déclarations confirmées par Yassine Majid, conseiller en communication du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki.

Les cinq Iraniens étaient retenus dans la ville d'Erbil (nord). Au moment de leur arrestation, les autorités américaines avaient déclaré qu'il s'agissait du chef des opérations et d'autres membres de la Force Al-Quds, unité d'élite iranienne, accusée d'armer et de former des militants iraniens.

AP

http://fr.news.yahoo.com/3/20090709/twl-irak-usa-iran-1def439_1.html



a)    Les alliés (des Usa)

2 Nations unies

Le HCR exhorte le gouvernement irakien à favoriser le retour des réfugiés.

Le gouvernement irakien doit faire des efforts importants pour encourager les Irakiens qui ont fui les violences à regagner leur pays, estime le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

"Ce que nous espérons, c'est que la situation en Irak va suffisamment s'améliorer pour que les réfugiés commencent à rentrer. Ce n'est pas le cas pour le moment", a déclaré jeudi à Reuters Imran Riza, représentant du HCR à Amman, en Jordanie voisine.

"Les gens vont et viennent, ils examinent la situation mais ils ne rentrent pas de manière définitive, certainement pas les réfugiés qui se trouvent en Jordanie en tout cas", a-t-il dit.

Quelque 450.000 Irakiens vivent en Jordanie et environ 1,2 million en Syrie.

Le HCR estime en outre à 2,8 millions le nombre de personnes déplacées en Irak.

L'an dernier, plus de 40.000 Irakiens ont demandé l'asile politique en Occident.

Selon Imran Riza, il manque aujourd'hui en Irak un système pérenne d'assistance aux réfugiés qui souhaitent rentrer dans leur pays et le gouvernement devrait y consacrer davantage de moyens.

Si les réfugiés irakiens citent toujours l'insécurité comme l'une des raisons qui les empêchent de rentrer, ils sont désormais de plus en plus préoccupés par le chômage et la restitution de leurs biens, poursuit-il.

"L'un des dossiers sur lesquels il faut travailler est l'emploi", assure Imra Riza.

Le HCR a demandé aux donateurs 397 millions de dollars pour financer ses opérations en Irak et dans les pays voisins cette année mais n'en a récolté que 164 millions.

"Ma plus grande inquiétude est que tout ce qui a été mis en place pour apporter une meilleure protection à ces Irakiens - par exemple en Syrie, en Jordanie ou au Liban - s'érode faute de moyens", dit le HCR.

Reuters

3 juillet,

http://fr.news.yahoo.com/4/20090703/twl-irak-refugies-38cfb6d_1.html

 

Réfugiés

Sur les 50 000 Irakiens réfugiés au Liban, seuls 10 500 se sont enregistrés au près du Haut commissariat de l’ONU (UNHCR). Plus de 70% y vivent 'illégalement' et risquent l’arrestation et le renvoi dans leur pays d’origine.

 http://www.aina.org/news/20090619211020.htm



3 Dans le monde

France

François Fillon à Bagdad avec une délégation de grands patrons français.
Le premier ministre Fillon est arrivé jeudi 2 juillet à Bagdad pour une visite éclair d'une journée à la tête d'une délégation de chefs d'entreprises

Selon un communiqué de Matignon, "plusieurs accords seront signés" à l'occasion de la visite du premier ministre français en Irak, jeudi 2 juillet. Accompagné d'une délégation de chefs d'entreprises, François Fillon doit se rendre l'après-midi à Souleymanieh, dans le kurdistan irakien où il sera reçu par le président Jalal Talabani.
La délégation qui accompagne François Fillon est composée d'une trentaine de personnes, parmi lesquelles la ministre de l'économie Christine Lagarde, la patronne du Medef Laurence Parisot, Louis Gallois, patron d'EADS, Bruno Lafont, PDG de Lafarge, Henri Lachmann président du conseil de surveillance de Schneider, Christophe de Margerie, directeur général de Total, Henri Proglio, PDG de Veolia, Jean-Louis Chaussade, directeur général Suez environnement.
Cette visite intervient quelques jours après le retrait des troupes américaines des grandes villes irakiennes et alors que Paris négocie avec Bagdad plusieurs contrats d'armement et de coopération dans le domaine civil.

L'Irak compte sur la manne pétrolière.

Sarkozy s'était rendu en Irak le 10 février. Il était le premier chef d'Etat français à se rendre dans ce pays depuis sa création en 1921 et premier dirigeant européen à faire le déplacement depuis le renversement de Saddam Hussein par l'armée américaine, en 2003.
Il avait exhorté les entreprises françaises à investir dans le pays, marquant le retour de la France sur ce territoire dont elle fut l'un des principaux partenaires économiques avant de le déserter pendant près de 20 ans, pour cause d'embargo international et d'insécurité.
L'intensification des relations entre Paris et Bagdad s'est notamment traduite en mars dernier par l'achat de 24 hélicoptères militaires par l'Irak, premier contrat d'armement entre les deux nations depuis 1990.
Le premier ministre irakien Nouri al-Maliki s'est lui aussi rendu à Paris en mai dernier. Il s'était voulu rassurant sur la stabilité de son pays, malgré la poussée de violence enregistrée ces dernières semaines, indiquant que "tous les domaines" étaient "ouverts aux sociétés françaises".
Comptant sur la manne pétrolière pour financer sa reconstruction, l'Irak a ouvert pour la première fois cette semaine l'exploitation de plusieurs de ses champs pétroliers et gaziers à des compagnies internationales.

Mais en répondant aux appels d'offres, la plupart d'entre-elles ont jugé insuffisantes les rémunérations offertes par les autorités irakiennes.
Christophe de Margerie (Total), qui cherche aussi à obtenir un contrat pour exploiter le pétrole irakien, avait rencontré le 10 juin Nouri al-Maliki.
http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2380600&rubId=4077


Gilles Munier autorisé à se rendre à l’étranger.

Mi- juin, après une nouvelle démarche effectuée par Maître Vergès, la juge Xavière Siméoni, qui gère le dossier de l’affaire « Pétrole contre nourriture », a restitué son passeport à Gilles Munier, secrétaire général des Amitiés franco-irakiennes, et a levé l’interdiction qui lui était faite de voyager à l’étranger (y compris dans l’espace Schengen!).

Depuis plus de 4 ans, et bien que l’instruction de cette affaire – instruite par le juge Philippe Courroye – soit terminée depuis deux ans, il lui était en effet interdit - pour des motifs politiques inavoués - de sortir du territoire métropolitain. Deux poids - deux mesures : les personnalités impliquées dans cette affaires avaient, pour la plupart, récupérées leur passeport depuis longtemps, notamment le patron de Total qui s’est rendu en Angola et en Syrie avec Nicolas Sarkozy.

Gilles Munier remercie tous ceux qui lui ont apporté un soutien moral ou financier, lui permettant de poursuivre ses activités. Reste le procès… sa date n’est toujours pas fixée. Le plus tôt sera le mieux. Il devrait permettre de dénoncer la manipulation montée par la CIA contre la politique arabe de la France et de désigner les responsables de l’embargo criminel dont a été victime le peuple irakien.

(Afrique Asie – juillet 09) n°94

 

Gilles Munier autorisé à se rendre à l’étranger pour donner une suite de son dernier livre !
Bonne nouvelle pour le Rennais Gilles Munier, secrétaire général des Amitiés franco-irakiennes : il va pouvoir donner une suite aux « Espions de l’or noir », ouvrage qu’il a publié en avril dernier et qui rencontre un certain succès*. En effet, mi- juin, après un entretien avec son avocat Jacques Vergès, la juge Xavière Siméoni a décidé de lui rendre son passeport et de lever l’interdiction qui lui était faite, depuis 4 ans, de voyager à l’étranger… y compris dans l’espace Schengen.
Mis en examen en 2005 dans l’affaire « Pétrole contre nourriture », astreint au versement d’une caution de 50 000 euros, par le juge Philippe Courroye pour non-respect de la résolution de l’ONU mettant l’Irak sous embargo, il n’avait plus d’autre moyen de subsistance que sa plume, et le salaire de son épouse.

Ses demandes, réitérées, de recouvrer sa liberté de circulation avaient toutes été refusées, l’obligeant à abandonner deux projets de livres sur les questions de Proche-Orient – et les avances sur commissions prévues – et à annuler un reportage en Afrique du Sud pour le magazine Afrique Asie auquel il collabore.

 « Difficile de vivre dans ces conditions », dit Gilles Munier, « et d’autant plus quand on s’aperçoit que les personnes impliquées dans cette affaire voyagent, elles, sans difficulté ». C’est le cas, précise-t-il sans acrimonie, « du patron de Total, qui est allé en Angola et en Syrie avec Sarkozy, et qui a même été reçu à Bagdad par Nouri al-Maliki, Premier ministre irakien ».
Alors, il a adressé au Procureur de la République de Paris son dernier livre ‘Les espions de l’or noir’- qui brosse le portrait d’espions occidentaux envoyés dans le Caucase et au Proche-Orient de l’époque napoléonienne aux lendemains de la Seconde guerre mondiale -, et une demande de restitution de son passeport pour lui permettre d’enquêter sur le jeu des grandes puissances en Méditerranée ces soixante dernières années.

Bien lui en a pris. Cette fois, les arguments avancés par Maître Vergès ont été entendus. A 64 ans, c’est peut être pour Gilles Munier le début d’une nouvelle carrière !
http://fischer02003.over-blog.com/article-33450202.html


Grande-Bretagne

Table Ronde

Gordon Brown, Premier ministre britannique, a annoncé l’ouverture d’une enquête « indépendante » sur la participation de la Grande-Bretagne à l’invasion de l’Irak. Indépendante ? Pas vraiment : la commission comprend Sir Roderick Lyne, ancien ambassadeur à Moscou, lié au cercle impérialiste Chattam House (Royal Institute of International Affairs, ex Round Table), et surtout conseiller spécial de la British Petroleum (BP) et de la Banque JP Morgan.

http://www.telegraph.co.uk/news/majornews/5545521/Gordon-Brown-is-condemned-over-secret-inquiry-into-Iraq-war.html

 

Brown annonce une enquête "indépendante" sur la guerre en Irak.

Le premier ministre britannique Gordon Brown a annoncé, lundi 15 juin, l'ouverture cet été d'une enquête "indépendante" sur la participation des forces britanniques à la guerre en Irak, qui couvrira une période allant de 2001 à nos jours. Cette enquête sera ouverte après le retrait des derniers soldats d'Irak, fin juillet, et durera un an, a précisé M. Brown dans une déclaration prononcée devant les députés. "Elle étudiera la période allant de l'été 2001, avant le début des opérations militaires en mars 2003 et notre implication en Irak, jusqu'à la fin de juillet cette année", a précisé M. Brown. "Cette enquête est essentielle pour qu'en tirant les leçons [de cette guerre], nous renforcions la bonne santé de notre démocratie, de notre diplomatie et de notre armée", a-t-il ajouté.

Le ministre britannique des affaires étrangères, David Miliband, avait annoncé en mars qu'une enquête serait lancée après le retrait quasi total des 4 100 soldats britanniques d'Irak.

L'enquête doit examiner les circonstances qui ont conduit le gouvernement du premier ministre travailliste Tony Blair à faire entrer la Grande-Bretagne en guerre avec l'Irak aux côtés des Etats-Unis en mars 2003 et sur les conséquences de cette décision.

Le gouvernement fait face à une controverse concernant la publication du futur rapport. M. Miliband a indiqué qu'il s'agirait d'un rapport confidentiel alors que l'opposition et des proches des soldats britanniques tués en Irak réclament que les résultats de l'enquête soient rendus publics.

15.06.

http://www.lemonde.fr/international/article/2009/06/15/brown-annonce-une-enquete-independante-sur-la-guerre-en-irak_1207170_3210.html#ens_id=1144734



4 Lutte pour la libération du territoire

Retrait des Troupes occupantes des villes  (au jour le jour)

29-06

La plupart des Irakiens considèrent le retrait US des agglomérations urbaines comme une étape importante sur la voie de la souveraineté nationale six ans après l'intervention militaire et l’occupation.

Mais une série d’explosions ces derniers jours à Bagdad et dans le Nord irakien - dont deux des plus meurtriers depuis plus d'un an - ont ébranlé la confiance placée dans les forces Irakienne.

Reuters

29-06

Le général David Petraeus, s'est dit lundi convaincu que les forces irakiennes étaient prêtes à prendre la relève pour assurer la sécurité, malgré les attentats sanglants des derniers jours.

"S'il y aura certainement des défis à relever -il y a de nombreux sujets politiques difficiles, des questions sociales, des questions de développement gouvernemental- nous sommes confiants dans la capacité des forces de sécurité irakiennes à poursuivre le processus pour assumer les tâches sécuritaires dans leur propre pays", a déclaré le général Petraeus.

aloufok.net

30-06

Les troupes de combat américaines se sont retirées de Mossoul au 30 juin comme elles l’ont fait des autres villes du pays, pour se replier à l’intérieur de leurs bases.

http://www.aloufok.net:80/

30-06

A compter du 30 juin, la majeure partie des 133.000 militaires américains rejoindront des bases à l'extérieur de la capitale et d'autres villes.

aloufok.net

 02-07

Les troupes américaines ont achevé mardi leur retrait des centres urbains irakiens.

L’état-major US a estimé que les forces irakiennes étaient capables d’assurer la sécurité et assuré qu’elles seraient soutenues.

http://www.aloufok.net:80/spip.php?article682

 02-07

Les troupes américaines ont cédé cette semaine le contrôle des centres urbains aux forces de sécurité, étape cruciale dans leur processus de désengagement. "C’est un moment où nous devons veiller à ce que les Irakiens ne perdent pas de vue la récompense finale", a dit le vice-président Biden.

http://www.aloufok.net:80/spip.php?article682

02-07

"Nous félicitons la population irakienne d'avoir tourné pacifiquement et sans obstacle la première page du retrait américain", a déclaré un représentant du ministère de l'Intérieur, rappelant que l'étape suivante était la réduction des effectifs du corps expéditionnaire.

Reuters

02-07

05-07

Mossoul : L'état-major américain avait envisagé de maintenir une présence dans cette zone où un grand nombre de groupes  de résistants, demeurent actifs.

Les autorités irakiennes, désireuses de démontrer leur capacité d’assumer et à restaurer la souveraineté de leur pays après plus de six années d'occupation américaine, ont rejeté cette idée.

Reuters

05-07

Des hommes armés ont blessé la veille(04-017) un policier, depuis le retrait américain des centres urbains.

L'attaque de dimanche, lancée par des résistants, a fait plusieurs blessés parmi des civils.

Les résistants semblent tenter de profiter du retrait des troupes américaines, qui ont quitté les grandes villes irakiennes mardi dernier.

Reuters

06-07

Une explosion a fait dix blessés.

Reuters


Pertes déclarée des occupants.

Les armées répugnent à donner des chiffres officiels

Pertes déclarée des occupants.

22-06

Au moins sept Irakiens ont été tués lundi dans une attaque kamikaze  visant la mairie d'Abou Ghraïb, à l'ouest de Bagdad, ont indiqué des sources aux ministères de l'Intérieur et de la Défense.

Selon ces sources, un kamikaze a fait exploser son véhicule à proximité du bâtiment municipal où des militaires américains se trouvaient. Il n'était pas immédiatement possible de savoir s'il y avait eu des victimes dans leurs rangs.

(AFP /

http://www.romandie.com/ats/news/090622125608.2tblfbew.asp

25-06

 Neuf soldats américains ont été blessés dans deux attaques contre leur convoi dans l’est de Bagdad, a annoncé l’armée américaine.

http://www.aloufok. - AP

30-07

Quatre soldats américains de la Division multinationale Bagdad ont succombé lundi à leurs blessures après une opération.

http://fr.news.yahoo.com/



Les combats par provinces

1-1 Bagdad

22-06

L'explosion d'une bombe en bordure de route a visé une patrouille de police dans une zone commerciale du secteur d'Our (est de Bagdad), fait trois morts et 25 blessés.

Au total, quatre attentats ont été exécutés lundi à Bagdad.

aloufok.net

22-06

Un enfant de cinq ans et deux personnes ont été tuées et trente ont été blessées, dont trois policiers, par une bombe qui visait une patrouille de police à Chaab (nord-est de Bagdad), selon une source hospitalière.

(AFP / 22 juin)

http://www.romandie.com/ats/news/090622100729.5gqmhv2g.asp

02-07

Une bombe a explosé au passage d'une patrouille de l'armée irakienne dans une rue de Bagdad, tuant un soldat et faisant dix blessés, au surlendemain du retrait des troupes de combat américaines des villes d'Irak. Il s'agit de la première explosion à  Bagdad, indique la police, depuis le repli des Américains à l'intérieur de leurs bases d'Irak, mardi. L'explosion s'est produite dans le quartier d'Abou Naouas, dans le centre de Bagdad, à l'heure de pointe du début de matinée.

Reuters


1-2 Province d'Anbar (vaste territoire à l'ouest de Bagdad comprenant les villes de Amiriya, Baghdadi, Diyarah, Falloujah, Habbaniyah, Haditha, Haqlaniyah, Hawija Hit, Houssabayh, Karabilah,  Khaldiyah, Koussaïba, Mahawil, Oubaïdi, Ramadi (capitale de la province d'Al-Anbar,) Kaïm (à la frontière avec la Syrie), Sindjar & Zaidan

Falloujah

25-06
Cinq policiers irakiens ont été tués jeudi par l’explosion d’une bombe au passage de leur véhicule à Falloudja, dans l’Ouest, épicentre de la résistance récemment pacifiée, annoncent les forces de l’ordre.

http://www.aloufok.net/  


1-3 Province de Ninive (Mossoul (capitale de la région nord du pays - à 375 km au nord de Bagdad,) Hawijah, Kassak"(70 km au nord-est de Mossoul) & Tall Afar )

Mossoul.

29-06

L'explosion d'une voiture a tué cinq policiers irakiens et un "peshmerga" autonomiste kurde près de Mossoul, dans le nord de l'Irak, a-t-on rapporté de source policière.

Reuters

05-07

Des hommes armés ont blessé la veille(04-017) un policier, dans un nouvel épisode de violences depuis le retrait américain des centres urbains.

L'attaque de dimanche, lancée par des résistants, a fait plusieurs blessés parmi des civils.

Les résistants semblent tenter de profiter du retrait des troupes américaines, qui ont quitté les grandes villes irakiennes mardi dernier, conformément aux engagements pris dans le pacte de sécurité signé par Bagdad et Washington.

Reuters

 08-07

Mercredi, un soldat irakien a été tué à un barrage militaire dans Mossoul.

Lors d’un incident distinct, la police a tué un civil en ouvrant le feu sur une voiture pour une raison indéterminée.

http://www.aloufok.net:80/


1-4 Diyala, (province au nord-est de Bagdad)

Baqouba

22-06

Dans un village à l'est de Baqouba (60 km au nord-est de Bagdad), trois soldats ont été tués par une bombe qui a explosé au passage de leur patrouille, selon une source militaire.

(AFP / 22 juin)

http://www.romandie.com/ats/news/090622100729.5gqmhv2g.asp


Khalis,

22-06

Un ancien membre d'Al-Qaïda récemment libéré du centre de détention de Camp Bucca (sud) a été tué par des inconnus à Khalis, à 80 km au nord-est de Bagdad, selon la même source.

(AFP / 22 juin)

http://www.romandie.com/ats/news/090622100729.5gqmhv2g.asp

 

Khanakine

23-06

Toujours dans le nord de l'Irak, une bombe a causé la mort de trois soldats près de Khanakine, ville que se disputent Arabes et Kurdes, a fait savoir l'armée irakienne.

 Al-oufok


Province du Ta'mim,

Kirkouk (Capitale de la province du Ta'mim,

23-06

Près de Kirkouk, l'explosion d'une mine a tué un membre d'une milice anti-Al Qaïda, a rapporté la police.

Al-oufok



L’Irak en chiffres (depuis le début de la guerre de conquête en mars 2003)


Peuple

 

Civils tués (depuis l'occupation)   

1.331585

Civils blessés (depuis l'occupation) 

71.140( chiffre très très minimum)

Civils violés (par les troupes d'occupations)

2.507     (voir Ibrahim Allousch

Civils/Résistants arrêtes : (une dizaine par jour...)

8.940   (chiffre minimum)

Résistants (décrit tel quel ) tués

4.044 (chiffre minimum)

Résistants (décrit tel quel ) blessés

3.885   (chiffre minimum)

En prison

40.268. (chiffre minimum)

Embargo

750.000 enfants (chiffre minimal)

Embargo

750.000 adultes (chiffre moyen)

 

 

Militaires irakiens tués pendant l'invasion

45.596 (chiffre minimal)

Civils tués pendant l'invasion

120.200 (chiffre minimal)

 

 

Coalition

 

Nombre de Soldats tués (ou morts...) 

34.671

Soldats rapatriés (blessés ou malades)

224.408

(*) dont 10% meurent en cours de route ou à l'hopital)

 

Disparus (dans la nature)

1.014

Désertions

5.501

Mutinerie

2 corps + 25

Aide psychologique

66.108***

Suicides

Mercenaires tues                                                                                 

5.595 (chiffre très minimal)

933

non-combattants accidentés,

27 103

Policiers/soldats/miliciens irakiens  tués

13.018

Policiers /soldats/miliciens irakiens blessés

26.798 (chiffre minimal)

Policiers /soldats irakiens disparus (dans la nature)

13.916

 

 

Autres tués (collaborateur)

5.597

Autres blessés (collaborateur)

9.657

 

 

Nombre d'attaques de la résistance irakienne de 2003 à 2008:

Oléoducs, les infrastructures pétrolières & d'électricité

 

 164.000,

464 attaques (grand minimum)

Infrastructures du rail

195 attaques (idem)

Hélicoptères

104  ++              (idem)

Avions (& drone)

28 ++


Juin : Forte augmentation du bilan des pertes civiles.

Le bilan des pertes civiles a atteint 373 morts en juin en Irak, soit près de trois fois celui de mai, à la suite d’une multiplication d’attentats à Bagdad et dans le nord du pays, annonce le ministère de la Santé.

02-07

http://www.aloufok.net:80/spip.php?article682


Ces   totaux sont obtenus par le recoupement (si possible) des chiffres des pertes communiqué par la résistance & les médias occidentaux + XINHUANET



Number Of Iraqis Slaughtered In US War And Occupation Of Iraq "1,331,578"


Cost of U.S. War and Occupation of Iraq

                                                               $686,690,502,873

 

13-07 - 08.15

http://www.costofwar.com/

http://www.nationalpriorities.org/costofwar_home
For more details, click here.


n°445 - Journal d'Irak - 23-06 au13-07 -Fin - : Obama prédit des jours difficiles …

 



Journal d'Irak

n°445                   du 23/06                   au 12/07/09

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Journal d’Irak  " est visible  sur ...

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

6 Les brèves

6-1 Intox ? : Obama dirigeant le plus populaire du monde, selon un sondage

6-2 Bruno DRWESKI : Indignations et manifestations monstres suite au discours du Président Barack Hussein Obama sur l'état de l'Union.

6-3 Plus de visites d'écoles sur la tombe de Saddam Hussein à Tikrit.

6-4 L'armée américaine recrute de plus en plus d'immigrants pour combler un déficit de main d'œuvre chronique et les naturalises.

6-5 Les soldats US de plus en plus portés sur l'alcool.

6-6 Les serpents attaquent !

6-7 Brèves d'Irak.

6-8 Nouvelles du Kurdistan irakien.

 


 


5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

5-1 AntiWAR / Peace Music Video

http://www.youtube.com:80/watch?v=PEFQXyLucyk


5-2 Vidéo : Les guerres du pétrole expliquées aux enfants ( mais ce n'est pas enfantin)

http://mai68.debithost.net/ag/1439.htm


5-3 Vidéo : L'histoire secrète du pétrole - Le temps des grands rapaces

http://video.google.fr/videoplay?docid=-3626609864920521297&q=source%3A004309600438005547921&hl=frhttp://fr.truveo.com/18-L%E2%80%99histoire-secr%C3%A8te-du-p%C3%A9trole-Le-temps/id/800341896

http://www.dailymotion.com/video/x90uxy_lhistoire-secrete-du-petrole-e48-p3_news?from=rss


5-4 Vidéo :  La stratégie du chaos

http://www.alterinfo.net/La-strategie-du-chaos-premiere-partie_a33812.html


5-5 Videos: Attack on Iraq’s Turkmens in Taze Hurmatu.

This has been the latest in the chain of vicious attacks against Iraq’s Turkmen community in Telafer, Kerkuk, Tuz Hurmatu, Amirli, Yengece, etc…

http://merryabla64.wordpress.com/2009/06/22/bomb-attack-on-the-iraqi-turkmen-town-of-taze-hurmatu-videos/


5-6 Liberté de la presse en Irak.

Le Syndicat des journalistes irakiens a invité, fin mai, une cinquantaine de journalistes étrangers à assister à une conférence sur l’état des médias en Irak. Ils ont été conduits à l’hôtel Rachid, dans la Zone verte, dans un « convoi — six ou sept voitures blindées et cinq camions de l’armée irakienne — roulant à 120 km/h ». Dans son compte-rendu de visite, Réal Barnabé, partenaire du réseau Alternatives, fait état du témoignage – off – d’un journaliste irakien à Baudouin Loos, du quotidien belge Le Soir : « Nous ne sortons pas sans gardes. Entre un et cinq, selon la dangerosité du quartier ou la ville concernée. Et on ne reste jamais plus que 40 minutes dans la même rue, au-delà de cela, "ils" ont le temps de s’organiser pour tenter une prise d’otage». Dans son allocution d’ouverture de la conférence, le Premier ministre Nouri al-Maliki a affirmé : « la liberté de la presse est essentielle à la démocratie », mais elle a ses limites, a-t-il ajouté : « Nous ne voulons pas imposer des contraintes aux journalistes pour autant qu’ils travaillent de manière respectueuse».

Depuis avril 2003, plus de 300 journalistes, dont 30 étrangers, ont été tués en Irak.  http://www.alternatives.ca/article4835.html


5-7 Livres :

1 Denis Gorteau : La guerre en Irak est-elle finie ?

Préface de Gilles Munier

Ebauche de l’histoire d’une guerre qui, selon l’auteur, préfigure le déclin des Etats-Unis comme puissance mondiale.

Le pays le plus avancé des années 1970, la nation la plus cultivée du monde arabe, n’est plus qu’une juxtaposition de plaies vives et de tueries sans répit.

Accuser l’impérialisme américain d’être responsable de cette situation tragique est juste, mais incomplet.

Certes, la politique belliciste de George Bush est directement et indirectement coupable de cette situation abominable, mais comprendre la guerre en Irak c’est aussi comprendre l’histoire, les mentalités et les religions qui sont bien plus significatives que les États ou les partis politiques au sens occidental du terme.

Commande : 23 euros, frais de port compris à : http://www.yvelinedition.fr/spip.php?article309

Interview de Denis Gorteau : http://quefaire.e-monsite.com/rubrique,interview-de-denis-gorteau,283874.html


2 Bradley Graham : By His Own Rule (Selon ses propres règles)

Rumsfeld n'aime pas parler de l'Irak. Du moins pas en public.

C'est ce que révèle une nouvelle biographie de l'ancien secrétaire à la Défense des États-Unis, qui sort en librairie cette semaine.

Rédigé par Bradley Graham, ancien militaire et journaliste au Washington Post, le livre intitulé By His Own Rule (Selon ses propres règles) retrace la longue carrière de celui qui a été l'un des principaux défenseurs de la doctrine des frappes préventives dans l'administration de George W. Bush.

M. Graham raconte que Donald Rumsfeld lui a posé une condition lorsqu'il s'est assis pour lui accorder une série d'entretiens : l'Irak ne ferait pas partie de la discussion.

«Au départ, le sujet de l'Irak était hors limite, écrit-il. Il a finalement accepté de parler de certains aspects de la guerre.»

Ses règles personnelles

Dans son ouvrage, l'auteur rapporte un certain nombre de règles personnelles établies par Rumsfeld lorsque celui-ci travaillait comme chef de cabinet, puis comme secrétaire à la Défense dans l'administration de Gerald Ford, dans les années 70.

Parmi ses règles, on trouve : «Ne dit pas de mal des autres membres de l'administration», «Ne garde pas un emploi trop longtemps», et «Garde tes collègues informés, car sinon les décisions seront mauvaises ou malavisées.»

Force est de constater que M. Rumsfeld n'a pas suivi ses propres règles lorsqu'il a atteint le poste de secrétaire à la Défense sous George W. Bush.

Depuis sa démission, en novembre 2006, plusieurs de ses anciens collègues l'ont décrit comme ayant une personnalité bornée, incapable de tenir compte des opinions divergentes, et sujet à des colères intempestives.

L'ancien vice-président Dick Cheney demeure l'un de ses plus fidèles alliés, et le considère comme «le meilleur secrétaire à la Défense de l'histoire de la nation».

Ces jours-ci, Donald Rumsfeld affirme que ce sont les médias qui sont responsables de son impopularité, de même que celle de l'administration Bush.

«La malhonnêteté intellectuelle de la presse est un problème sérieux, confie-t-il ce mois-ci au magazine Time. Les journalistes veulent être dramatiques, et ça influence leur couverture. Cela fait gagner des Pulitzer, cela fait la première page des journaux, cela est bon pour être reconnu.»

George W. Bush cherche lui aussi à se dissocier de la guerre en Irak ces jours-ci. À titre d'exemple, sa page biographique sur le site de la bibliothèque présidentielle qu'il veut faire construire mentionne abondamment les attaques du 11 septembre, mais ne fait aucune référence à l'Irak.

Nicolas Bérubé 

La Presse

27 juin 2009

http://www.cyberpresse.ca/international/etats-unis/200906/26/01-879323-rumsfeld-refuse-de-sexprimer-sur-lirak.php


5-8 Doug Ireland: Télés américaines : 75 taupes du Pentagone démasquées.

Pendant six longues années, le Pentagone a délibérement intoxiqué et manipulé les médias qui couvraient la guerre en Irak. Objectif : influencer l’opinion publique américaine. Doug Ireland revient dans le détail sur ce scandale encore tabou aux Etats-Unis.

C’est une histoire digne d’un roman de George Orwell. Entre 2002 et la fin avril 2008, le Pentagone a fait infiltrer toutes les grandes chaînes de télévision américaines par 75 gradés de l’armée à la retraite. Tous avaient été embauchés par ces médias comme analystes et c’est l’ancien secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, qui a initié ce vaste programme d’intoxication. Si la Maison Blanche occupée par George W. Bush suivait de près le travail des taupes du Pentagone, Rumsfeld avait explicitement interdit à ses hommes de révéler aux chaînes de télévision qu’ils faisaient partie de cette opération.

C’est finalement le New York Times qui a vendu la mèche le 20 avril 2008 . Hélas, aucune des chaînes dupées par le Pentagone, y compris CNN, NBC, CBS, ABC et Fox News, n’ont pris la peine d’en faire état. Même si leurs téléspectateurs ont copieusement été bernés pendant des années. Beaucoup de ces « analystes militaires » partageaient l’idéologie des néo-conservateurs qui n’étaient autres que les plus proches conseillers de Donald Rumsfeld.

Pour récompenser ceux qui vendaient la soupe du Pentagone dans les médias, l’administration américaine ne lésinait pas sur les moyens, quitte à flatter l’égo de tous ces hommes au travers de traitements de faveur : briefings top secrets par les plus hautes instances militaires sur tous les aspects de la guerre en Irak et notamment sur les sommes d’argent faramineuses dépensées. Selon le New York Times, les taupes avaient aussi droit à des « escortes militaires en tenue de cérémonie jusque dans la salle de conférences privée de Rumsfeld, au meilleur service en porcelaine pour leurs goûters, à la sollicitation des conseillers, aux petites notes de remerciement chaleureuses et personnalisées signées de la main de Rumsfeld et à des rappels constants de leur devoir envers le pays. » Le Pentagone savait pertinemment que les chaînes de télévision rémunéraient ces taupes entre 500 et 1 000 dollars par intervention.

La somme variait en fonction du nombre de minutes passées à l’antenne et il n’était pas rares que ces « analystes » aient droit à plus de temps que les reporters attitrés de ces chaînes, au point de squatter les écrans. Pour faire illusion, ils mettaient en avant des « informations fraîches » qu’ils disaient détenir de « sources hautement placées » mais anonymes du Pentagone. Mais ces « informations » soigneusement préparées par les crânes d’oeufs de Donald Rumsfeld étaient souvent truquées ou fausses. De surcroît, ces salades étaient toujours livrées aux téléspectateurs sur un ton optimiste. Ridicule quand on sait que la guerre en Irak, toujours en cours, a d’ores et déjà duré plus longtemps que la Deuxième Guerre Mondiale

.8000 pages de documents internes

Ce que le New York Times décrit comme des « relations symbiotiques » entre ces anciens militaires et le Pentagone montre qu’en réalité tout ce beau monde était soudé par de juteux contrats. En effet, les taupes travaillaient par ailleurs comme lobbyistes, dirigeants, consultants, membres de conseils d’administration de sociétés privées qui cherchaient à tirer profit de la manne de plusieurs centaines de milliards de dollars dépensées par l’administration Bush dans sa « croisade » contre le « terrorisme » en Irak et en Afghanistan. Le tout, répétons-le, à l’insu des chaînes de télévision et de leurs téléspectateurs.

Dans leur ensemble, les taupes représentaient environ 150 entreprises militaires du secteur privé. Le Pentagone n’avait pas choisi ces messieurs par hasard (Rumsfeld a approuvé chaque nom personnellement) et les tenait bien en laisse. Si ces commentateurs s’aventuraient à émettre à l’antenne la moindre critique à l’encontre de la politique de Bush ou ne suivaient pas à la lettre la ligne de propagande fabriquée sur mesure pour eux, ils étaient illico exclus du cercle des privilégiés. Et dans la course aux contrats d’armement et de sécurité, l’accès à l’information et aux décideurs politiques est fort prisé, voire essentiel. La seule menace d’une hypothétique exclusion suffisait donc à leur faire défendre la guerre en Irak comme le Pentagone l’entendait.

Les 8 000 pages des documents internes de ce même Pentagone qui ont alimenté l’enquête du New York Times sont dorénavant disponibles sur internet. Soit dit en passant, elles révèlent aussi que beaucoup de quotidiens et de magazines ont également été victimes de cette manipulation, à commencer par le Times qui a publié neuf articles prétendument écrits par ces « experts » sans savoir que ceux-ci étaient téléguidés par le Pentagone.

Mais une étude réalisée par le Projet pour l’Excellence dans le Journalisme de la respectée Fondation Pew a révélé que, dans la semaine suivant la parution de l’enquête du Times sur cette vaste duperie, sur les 48 principaux médias passés au crible, seul le journal télévisé de la chaîne publique PBS avait consacré un reportage au scandale. A titre de comparaison, à la même période, on recensait 50 reportages sur une secte polygame au Texas ! Jusqu’à aujourd’hui, aucune des grandes chaînes privées qui se sont fait enfumées par le Pentagone n’ont pipé mot sur l’opération d’intoxication dont elles ont été victimes. NBC peut éventuellement arguer du fait qu’elle appartient au conglomérat General Electric, un important fournisseur militaire. mais quid des autres ?

Eisenhower avait vu venir le scandale

Une semaine après les révélations du New York Times, le Pentagone a annoncé qu’il mettait fin à cette entreprise de manipulation de l’opinion publique, confirmant ainsi la véracité des informations du quotidien. En dépit du fait que ce programme soit totalement illégal (la propagande gouvernementale dissimulée de ce type et qui cible les citoyens américains a été interdite par des lois successive du Congrès depuis 1951), aucune commission du Congrès n’a indiqué qu’une enquête avec des séances publiques était prévue. Il est pourtant nécessaire qu’un procureur indépendant du même acabit que celui que le Congrès, alors contrôlé par le Parti Républicain, avait désigné pour enquêter sur Bill Clinton avec pour résultat « l’impeachment » du Président Clinton en 1998, soit nommé pour appeler les responsables de ce programme secret à la barre. Mais les Démocrates qui ont aujourd’hui la main haute sur le Congrès ont peur de s’attirer les foudres de toutes ces grandes chaînes de télévision embourbées dans ce scandale.

La morale de cette histoire sordide se trouve dans le célèbre discours de fin de mandat du président Eisenhower. C’était en 1961. Eisenhower avait été le commandant suprême des Alliés en Europe pendant la Deuxième Guerre Mondiale et connaissait la musique. Avant de quitter la présidence, il avait alors mis en garde les États-Unis contre les dangers du « complexe militaro-industriel » en ces termes : « cette conjonction entre un immense establishment militaire et une importante industrie privée de l’armement est une nouveauté dans l’histoire américaine. (…) Nous ne pouvons ni ignorer, ni omettre de comprendre la gravité des conséquences d’un tel développement. (…) nous devons nous prémunir contre l’influence illégitime que le complexe militaro-industriel tente d’acquérir, ouvertement ou de manière cachée. La possibilité existe, et elle persistera, que cette influence connaisse un accroissement injustifié, dans des proportions désastreuses et échappant au contrôle des citoyens. » Malheureusement, c’est chose faite aux Etats-Unis. Depuis longtemps.

Doug Ireland

16 mai 2008

http://www.bakchich.info/Teles-americaines-75-taupes-du,03787.html 



6 Les brèves

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

6-1 Intox ? : Obama dirigeant le plus populaire du monde, selon un sondage

Le président américain, Barack Obama, est le dirigeant de la planète inspirant le plus confiance, selon un sondage international.

Selon ce sondage réalisé dans vingt pays (1) représentant les deux tiers de la population mondiale, 62% des personnes interrogées approuvent l'action d'Obama.

Nul autre dirigeant ne jouit d'une cote de confiance excédant les 40%.

"Pour l'heure, Obama occupe une position unique aux yeux du monde. Ses talents en matière de communication et le changement qu'il incarne lui ouvrent un boulevard pour rallier la population du monde entier", commente Stephen Weber, de WorldPublicOpinion.org qui a mené ce sondage.

La chancelière Merkel arrive à une lointaine deuxième place, avec une cote de confiance moyenne de 40%.

Nicolas Sarkozy inspire confiance auprès de 34% des personnes interrogées (+4 par rapport au précédent sondage de 2008) mais le solde reste négatif: 45% des personnes interrogées ne lui font pas confiance.

Le sondage a été mené auprès de 19.224 personnes entre le 4 avril et le 12 juin.

(1) Chine, Inde, Etats-Unis, Indonésie, Nigeria, Pakistan, Russie, Mexique, Allemagne, Grande-Bretagne, France, Pologne, Azerbaïdjan, Ukraine, Kenya, Egypte, Turquie, Irak, territoires palestiniens et Corée du Sud.

Reuters

Lundi 29 juin, 23h37


6-2 Bruno DRWESKI : Indignations et manifestations monstres suite au discours du Président Barack Hussein Obama sur l'état de l'Union.
Mais pendant ce temps là, et ce n'est pas une fiction, les 140 000 prisonniers politiques irakiens restaient dans les prisons de leurs geoliers US-compatibles, les 11 000 prisonniers politiques palestiniens restaient dans celles de leur alliés sionistes, et les forces armées de l'OTAN, y compris de France, continuaient à surveiller les prisons afghanes où l'on ne sait même pas combien il y a de prisonniers politiques puisque Amnesty International et Human right watch n'en ont rien à foutre vu que ça concerne les maris des femmes en burqa ou les femmes en burqa.
Les anciens tortionnaires de l'ère Bush continuaient leur boulot ou profitaient de leur retraite "méritée", la crise économique permettait les concentrations des richesses aux mains de secteurs et entreprises encore plus restreintes qu'auparavant et la masse des chômeurs, sans logis, sans repas, sans avenir, sans espoir augmentait dans tous les pays de la planète qui avaient eu le tort de faire confiance aux banques et au système de vol appelée crédit, et quelques autres drames visant les faibles, les femmes, les enfants, les anciens et même les hommes adultes et bien portant.

Les médias, eux, parlaient de Michael Jackson, des petites phrases des sous-fifres français de l'empire usraélien concernant la burqa, des pitreries de Fadela, des certitudes de koukouch, des problèmes identitaires, des minorités visibles (mais pas des problèmes cachés), on pérorait sur les détails des élections iraniennes (dont personne ne niait globalement les résultats), mais les médias restaient silencieux sur le coup d'état militaire pro-US en Honduras renversant le président élu ...mais pas de leurs causes. ...Et cela malheureusement, ce n'est pas une fiction.
Bref, agiter le chiffon rouge pour détourner le bon peuple des vrais problèmes.

Les USA s'achètent à peu de prix un brevet de liberté en permettant le foulard et la France de son côté, pour un peu plus, un brevet de féminisme hypocrite en parlant de l'interdire (car les vrais problèmes des femmes ...et des hommes resteront sans solution)

Bruno DRWESKI

01-07


6-3 Plus de visites d'écoles sur la tombe de Saddam Hussein à Tikrit

Le gouvernement irakien a ordonné aux autorités de Tikrit, ville natale de Saddam Hussein, d'interdire les visites des écoles sur sa tombe après la diffusion d'une vidéo montrant une classe de filles chantant ses louanges.

Le gouvernement a aussi ordonné lundi la destruction de certains symboles et monuments datant d'avant l'invasion américaine de 2003 parce qu'ils "glorifient l'ancien régime".

De petits groupes d'admirateurs de Saddam Hussein se rendent régulièrement sur sa tombe.

Saddam Hussein a été exécuté en décembre 2006.

07-07

Reuters


6-4 L'armée américaine recrute de plus en plus d'immigrants pour combler un déficit de main d'œuvre chronique et les naturalises.

Joe Biden a célébré ce samedi la fête de l'indépendance américaine avec les troupes américaines à Bagdad. Le vice-président des Etats-Unis Biden a notamment assisté à la cérémonie de naturalisation de 237 soldats étrangers, de 59 nationalités. Victor et Miguel Mendoza sont citoyens américains depuis quelques heures.

Les deux frères, nés au Mexique, ont prononcé leur serment d'allégeance à la bannière étoilée dans un ancien palais de Saddam Hussein à Bagdad, devenu le quartier général de l'armée américaine. Avant cette cérémonie de naturalisation, ils faisaient partie des dizaines de milliers de soldats étrangers servant dans l'armée américaine.

La pratique n'est pas nouvelle, elle a débuté avec le Français Lafayette, pendant la guerre d'indépendance.

Mais ces dernières années, le Pentagone, qui cherche par tous les moyens à gérer la pénurie de vocations (…), pour garnir les fronts irakien et afghan, a largement encouragé la tendance.

On estime aujourd'hui qu'il y a près de 5% de recrues étrangères dans les rangs de l'armée. Ce sont tous, sauf exception, des immigrants en situation régulière, déjà installés sur le sol américain. Les Philippins et les Mexicains sont les plus nombreux.

Servir dans l'armée est un moyen pour les étrangers d'obtenir la citoyenneté par une procédure accélérée. Cinquante mille immigrants ont été naturalisés depuis le 11 septembre 2001, lors de cérémonies organisées sur les bases militaires américaines dans le monde entier, comme celle qui a eu lieu samedi 3 juillet à Bagdad.

 04/07/

http://www.rfi.fr/actufr/articles/115/article_82417.asp


6-5 Les soldats US de plus en plus portés sur l'alcool.

Un militaire sur cinq se soûle "en moyenne plus de deux fois par semaine" selon l'étude, qui dénonce "un risque accru de problèmes médicaux et sociaux" et pour l'aptitude des troupes au combat

Les soldats américains sont de plus en plus portés sur l'alcool et les beuveries, un phénomène attribué par les experts à la fréquence accrue des occupations en Afghanistan et en Irak après des années de guerre, a rapporté vendredi le quotidien USA Today.
Le journal, qui cite des statistiques de l'armée de 2009, rapporte que plus de 11 soldats sur 1.000 ont été diagnostiqués souffrant d'alcoolisme, soit deux fois plus qu'en 2003, année du début de la guerre contre l'Irak.
L'abus d'alcool est devenu un énorme problème pour les forces américaines, même dans des pays musulmans où l'alcool est en principe interdit, ont déclaré le mois dernier des experts réunis à New York.
 Selon une étude de l'Université du Minnesota, 43% des soldats en service actif s'étaient soûlés dans le mois précédant l'étude, soit une moyenne de 30 fois par an.
L'étude définit la soûlerie comme l'absorption d'au moins quatre boissons alcoolisées pour une femme et cinq pour un homme.
20/06/2009

http://www.almanar.com.lb


6-6 Les serpents attaquent !

En Irak, la baisse tragique des eaux du Tigre et de l’Euphrate, causées par les nombreux barrages construits au Kurdistan turc, assèche les terres cultivables et les marais.

Elle ruine paysans et pêcheurs. 40 à 50% des terres cultivables en 1970 sont aujourd’hui désertiques. Les réserves en eau ont baissé des 3/4 en trois ans. L’avancée des déserts provoque des tempêtes de sable qui perturbent le trafic aérien.

Autre calamité : les serpents - vipères à cornes et cobras - qui fuient par centaines leur milieu naturel, attaquent les habitants du sud du pays et déciment leurs troupeaux. Les personnes piquées meurent, faute de vaccins.

http://www.counterpunch.org/patrick06162009.html

http://www.dailystar.com.lb/article.asp?edition_id=10&categ_id=2&article_id=102558


6-7 Brèves d'Irak

La milice d’al-Maliki (Escadrons de la mort – suite) - Le général Talib al-Kenani, chef de l’Agence de contre-terrorisme, est aujourd’hui sous les ordres directs de Nouri al-Maliki, mais l’existence de l’agence n’est toujours pas légalisée par le Parlement. Résultat : le salaire de ses membres – comprenant des femmes et des membres de diverses ethnies et confessions – n’est pas versé en temps voulu !

http://www.middle-east-online.com/english/?id=32865

 

Armes - Les troupes américaines stationnées dans les régions de Diyala et Baquba doivent faire face, de plus en plus souvent, à des attaques à la grenade anti-tank RKG - 3 (Ruchnaya Kumulyativnaya Granata) capable de percer les blindages. Ces grenades, de fabrication russe, sont utilisées principalement par Hamas al-Irak et l’Armée al –Nakshabandiya.

http://video.aol.fr/video-detail/al-nakshabandia-army-rkg3-grenade-attack-2-new/1577883298

http://www.spacewar.com/reports/Analysis_New_terror-group_tactics_in_Iraq_999.html

 

 

Assassinat - Le député Harith al-Obeidi assassiné dans une mosquée de Bagdad, le 12 juin, par un jeune de 15 ans, accusé d’appartenir à d’al-Qaïda, enquêtait sur les crimes et les tortures commis par les Américains en Irak et appelait à une réconciliation nationale. Dans son sermon, il venait d’accuser Nouri al-Maliki de porter atteinte aux droits de l’homme.

http://news.antiwar.com/2009/06/12/top-iraqi-sunni-lawmaker-assassinated-as-he-condemns-maliki

 

Total - Christophe de Margerie, directeur général de Total (mis en examen dans l’affaire Pétrole contre nourriture) a été reçu le 10 juin par Nouri al-Maliki qui l’a invité à assister, les 29 et 30 juin, à l'annonce des résultats des appels d'offre lancés en 2008 pour l’exploitation des gisements pétroliers et gaziers.


6-8 Nouvelles du Kurdistan irakien.

1 Nouvelles de la campagne électorale

Les deux partis au pouvoir (PDK de Massoud Barzani et UPK de Jalal Talabani) comptent bien le garder. Ils n’accordent pas de licence aux groupements politiques qui leur déplaisent ou pourraient les concurrencer.

Liste des partis interdits en 2008:

Turkoman Unity Party (hizb al-wahda al-Turkoman) - 2. Kurdistan Democratic Solution Party (parti charasari dimokrati Kurdistan) - 3. Kurdistan Independent Party (parti serbekhoyi Kurdistan) - 4. Iraqi Turkomans’ Islamic Union (yeketi Islami Turkomani Iraq) - 5. Independent Syriani Group Movement (hereke tajammu’ al-Siryani al-mustaqil) - 6. The Jews Party (parti juleke) - 7. Iraq Truth party (party rasti i’eraq) - 8. Independent Turkoman Gathering (al-tajammu’ al-Turkomani al-mustaqil) - 9. Assyrian National Party (parti nishtimani ashuri) - 10. Islamic Party for Iraq (Al-hizb al-Islami lil-I’raq) - 11. National Accord Movement (hereke al-wifaq al-watani) - 12. Free National Democratic Party (hizb al-watani al-demoqrati al-hur) - 13. Kurdistan Communist Workers’ Party- Iraq- (hizbi komonisti Kurdstani krekari- I’eraq) - 4. Ezidi Democratic Movement (al-hereke al-demoqratiyya al-yezidiyya) - 15. Iraqi National Congress (kongrey nishtimani I’raq) - 16. Kurdistan Progressive Popular Democratic Party (parti peshkewtinxwazi demokrati geli Kurdistan) - 17. Turkoman Elli party (party Turkoman elli) - 18. Red Fire Organisation (rekkhrawi agrasura) - 19. Islamic Group (komaley Islami) - 20. Kurdistan Patriotic Trend (rawti nishtimani Kurdisatan) - 21. South Kurdistan Republican party (parti komari Kurdistani bashur) - 22. Kurdistan Freedom Congress.

http://www.ekurd.net/mismas/articles/misc2008/6/independentstate2227.htm


2 La démocratie au Kurdistan irakien.

Coup de force

Alors que le Parlement kurde irakien avait clos sa législature le  4 juin, il a été réuni le 24 en dépit des protestations de parlementaires considérant la séance comme étant illégale, pour adopter une nouvelle constitution et décréter que l’annexion de la province de Kirkouk et de onze localités de celles de Ninive et de Diyala faisaient désormais partie de la Région autonome.

A un mois des élections, l’opération permet à la Liste Kurdistan (Barzani/Talabani)  d’acquérir les suffrages dans les milieux nationalistes kurdes qui trouvent les deux leaders trop mous.

http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/200906/24/01-878474-irak-le-parlement-kurde-adopte-une-constitution-annexant-kirkouk.php


3 Massacre à Taza Hurmatu –

L’attentat du 20 juin à Taza Hurmatu, ville turcomane située à vingt  kilomètres de Kirkouk, est attribué à l’Asayish, le service secret kurde.

Bilan : plus de 70 morts, des dizaines de blessés, 30 maisons soufflées. Il visait une nouvelle fois une ville – où Moqtada al-Sadr compte de nombreux partisans -  qui refuse d’être rattachée au Kurdistan. Sadettin Ergeç, président du Front Turkmène Irakien, a rappelé les massacres dont les Turcomans ont été victimes, notamment à Tel Afar et Amirli, et demandé au gouvernement d’al-Maliki d’assurer la sécurité dans la province.

Gilles Munier

(Afrique Asie – juillet 09) n°94

Rédaction et traduction : Gilles Munier, Xavière Jardez 


4 Déportation

Les militants des partis autres que le PDK et l’UPK refusent de répondre aux journalistes sous leur vrai nom de peur de perdre leur emploi, d’être déportés.

Six candidats du Mouvement kurde pour la réforme (KRM- 14 candidats), d’Erbil et de Balakayeti, ont été arrêtés par l’Asayish - le service secret kurde - et menacés de déportation s’ils ne faisaient pas voter pour la Liste Kurdistan. Abdulmusawar Barzani, dirigeant du KRMcousin de Massoud Barzani -  a changé de domicile suite à des menaces proférées par le frère de Massoud. Trois membres du clan Barzani – un père et ses deux  fils - en relation avec Abdulmusawar Barzani ont été arrêtés en mai, et sont détenus dans une prison secrète.

 http://www.kurdmedia.com/article.aspx?id=15778 et http://www.kurdmedia.com/article.aspx?id=15716

Gilles Munier

(Afrique Asie – juillet 09) n°94

Rédaction et traduction : Gilles Munier, Xavière Jardez 


5 Elections régionales au Kurdistan irakien

« Cartoons parties »

Trois partis turcomans créés de toutes pièces par Massoud Barzani et Jalal Talababi participeront aux élections régionales.

L’un d’eux, le « Parti  démocratique turkmène du Kurdistan » est dirigé par Karhi Altın Parmak. Il a fait partie d’une délégation kurde invitée par le Parlement flamand bruxellois devant lequel, à la stupéfaction des personnalités présentes, il s’est exprimé en kurde, l’utilisation du turkmène lui ayant été interdit par ses collègues. Les Assyriens, Shabaks et Yézidis du nord de l’Irak ne peuvent pas, non plus, exercer « pleinement et librement leurs droits et activités politiques, ils doivent accepter l’hégémonie kurde » a déclaré Hassan Aydinli, représentant des Turkmènes en Europe.

Sondage –

Selon un sondage effectué par l’Organisation des Etudiants d’Erbil, publié le 4 juin par le quotidien Hawlati, les résultats des élections régionales seraient les suivants : Liste Kurdistan (PDK et UPK) : 32,7% des suffrages - Liste du Changement de Nawshirwan Mustafa : 29,13% - Liste du Parti du Progrès de Halo Ibrahim Ahmed : 14,2% - Liste pour la liberté et la justice sociale (proche du Parti communiste kurde) : 3,1%. 

http://www.kurdmedia.com/article.aspx?id=15771

 

Achat de votes –

Le site Internet Cawder (prononcer chawder), accuse Nawshirwan Mustafa, ancien secrétaire général adjoint de l’UPK qui dirige la Liste du Changement, d’être un « gangster » ! Cawder est dirigé par Mala Bakhtyar, membre du Bureau politique de l’UPK, beau frère du fils de Jalal Talabani et président du Comité Olympique kurde. Il est financé par des fonds publics sans que l’’on sache le montant qui lui est alloué. Il considère comme légitime l’achat de votes, par n’importe quel moyen. http://www.kurdmedia.com/article.aspx?id=15735 et http://www.kurdmedia.com/article.aspx?id=15787




Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

11/07/2009

n° 26 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion & Stratégie' de PAKISTAN. - 08-07 – Début - : La Déstabilisation du Pakistan.

n° 26 - Les  dossiers  'Géopolitique, Réflexion & Stratégie' de PAKISTAN. - 08-07 – Début  - : La Déstabilisation du Pakistan.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Les  dossiers  'Géopolitique, Réflexion & Stratégie' de PAKISTAN.

n° 26 - 08-07

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 




Sommaire : :

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1   Michel Chossudovsky : La Déstabilisation du Pakistan.

1-2 Abdul Khaliq : Le Pakistan sous influences.

1-3 Jean-Luc Racine : Au Pakistan, un président sous influences.

1-4 Sadri Khiari :  Obama : « Je vous ai compris ! »

Fin

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Bushra Khaliq : Pakistan : témoignages de femmes depuis les camps de déplacés.

3 Annexe

3-1 Affaires sous-marines…

3-2 Pakistan: quand la France craignait déjà des bisbilles sur des contrats ultra-sensibles.

3-3 L'enquête de l'ONU sur l'assassinat de Benazir Bhutto débute.

3-4 Les nouvelles « armes » américaines : Les étudiants et les Evangéliques.


Avant propos

·                     Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants ...


1-1 Michel Chossudovsky :  La Déstabilisation du Pakistan

Le Pakistan est-il la nouvelle cible d'une fragmentation et d'une « balkanisation » par les US ?

Une analyse géostratégique, politique et économique détaillée de la situation de ce pays par le Professeur Michel Chossudovsky répond par l’affirmative.

Note éditoriale
Le Pakistan est situé dans la même zone d’interférence américaine que l’Afghanistan.

Quelque soit le nouveau Président US élu avant la fin de l’année, les Etats Unis ont décidé depuis un certain temps déjà de déstabiliser le Pakistan et de le morceler pour assurer leur domination dans cette région. Le Pakistan possède à l’Ouest une frontière commune avec l’Iran et au Nord avec l’Afghanistan où devrait s’intensifier les opérations militaires des US/OTAN dans les mois à venir. Le Professeur Michel Chossudovsky, Directeur du Centre de Recherche sur la Mondialisation au Canada, Global Research www.globalresearch.ca, a publié le 30 décembre 2007 sous l’intitulé « The Destabilisation of Pakistan » une analyse géostratégique politique et économique détaillée, solidement argumentée, des interférences ouvertes et clandestines US au Pakistan et les objectifs visés. Ci dessous la traduction de l’article.
L’assassinat de Benazir Bhutto a créé des conditions qui contribuent à la déstabilisation en cours et à la fragmentation du Pakistan en tant que nation.
Le processus de « changement de régime » sponsorisé par les US, qui normalement consiste en la formation d’un gouvernement de proxy renouvelé avec de nouveaux dirigeants, a été brisé. Le Général Pervez Musharaf, discrédité aux yeux de l’opinion publique pakistanaise, ne peut rester dans le fauteuil du pouvoir politique. Mais, en même temps, les élections truquées soutenues par la « communauté internationale » prévue pour janvier 2008, même si elles ont lieu, ne seront pas acceptées comme légitimes créant par conséquent une impasse politique.
Il existe des indications que l’assassinat de Benazir Bhutto a été anticipé par les responsables US :
« On sait depuis des mois que l’Administration Bush-Cheney et ses alliés ont manœuvré pour renforcer leur contrôle politique du Pakistan pavant le chemin à l’expansion et l’enracinement de la « guerre contre le terrorisme » à travers la région.
Différents plans de déstabilisation US, connus depuis des mois par des responsables et analystes ont proposé le renversement du pouvoir militaire au Pakistan…
L’assassinat de Bhutto semble avoir été anticipé. On a rapporté l’existence de « bavardages » parmi les responsables US sur les possibles assassinats soit de Pervez Musharraf soit de Benazir Bhutto bien avant que les tentatives actuelles n’aient lieu.
( Larry Chin Global Research 29/12/07).
Impasse Politique
Le « changement de régime » visant à assurer la continuité sous contrôle militaire n’est plus à la pointe de la politique étrangère US. Le régime de Pervez Musharraf n’est plus prédominant. La voie choisie par Washington pour sa politique étrangère c’est de promouvoir activement la fragmentation politique et la balkanisation du Pakistan en tant que nation.
On anticipe déjà une nouvelle direction politique mais en tout état de cause, elle aura une forme différente des régimes antérieurement sponsorisés par les US. On peut s’attendre à ce que Washington appuie une direction politique obéissante, n’ayant aucun engagement à défendre les intérêts nationaux, une direction qui servira les intérêts impériaux des US, tout en contribuant simultanément sous le prétexte de « décentralisation » à l’affaiblissement du gouvernement central et à la fracture de la structure fédérale fragile du Pakistan.
L’impasse politique est voulue. Elle fait partie d’un agenda de politique étrangère US qui a évolué et qui favorise la perturbation et la confusion dans les structures de l’état pakistanais. La gouvernance indirecte par l’armée pakistanaise et l’appareil des renseignements va être remplacée par des formes plus directes d’interférence US dont une présence accrue de l’armée US à l’intérieur du Pakistan.
Cette présence militaire accrue est également dictée par la situation géopolitique Moyen Orient-Asie Centrale et les plans en cours de Washington d’étendre la guerre du Moyen Orient à une zone bien plus large.
Les US ont plusieurs bases militaires au Pakistan. Ils contrôlent l’espace aérien du Pakistan. Selon un récent rapport :

 

 

 

 


1  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.


Note éditoriale
Le Pakistan est situé dans la même zone d’interférence américaine que l’Afghanistan.

Quelque soit le nouveau Président US élu avant la fin de l’année, les Etats Unis ont décidé depuis un certain temps déjà de déstabiliser le Pakistan et de le morceler pour assurer leur domination dans cette région. Le Pakistan possède à l’Ouest une frontière commune avec l’Iran et au Nord avec l’Afghanistan où devrait s’intensifier les opérations militaires des US/OTAN dans les mois à venir. Le Professeur Michel Chossudovsky, Directeur du Centre de Recherche sur la Mondialisation au Canada, Global Research www.globalresearch.ca, a publié le 30 décembre 2007 sous l’intitulé « The Destabilisation of Pakistan » une analyse géostratégique politique et économique détaillée, solidement argumentée, des interférences ouvertes et clandestines US au Pakistan et les objectifs visés. Ci dessous la traduction de l’article.
L’assassinat de Benazir Bhutto a créé des conditions qui contribuent à la déstabilisation en cours et à la fragmentation du Pakistan en tant que nation.
Le processus de « changement de régime » sponsorisé par les US, qui normalement consiste en la formation d’un gouvernement de proxy renouvelé avec de nouveaux dirigeants, a été brisé. Le Général Pervez Musharaf, discrédité aux yeux de l’opinion publique pakistanaise, ne peut rester dans le fauteuil du pouvoir politique. Mais, en même temps, les élections truquées soutenues par la « communauté internationale » prévue pour janvier 2008, même si elles ont lieu, ne seront pas acceptées comme légitimes créant par conséquent une impasse politique.
Il existe des indications que l’assassinat de Benazir Bhutto a été anticipé par les responsables US :
« On sait depuis des mois que l’Administration Bush-Cheney et ses alliés ont manœuvré pour renforcer leur contrôle politique du Pakistan pavant le chemin à l’expansion et l’enracinement de la « guerre contre le terrorisme » à travers la région.
Différents plans de déstabilisation US, connus depuis des mois par des responsables et analystes ont proposé le renversement du pouvoir militaire au Pakistan…
L’assassinat de Bhutto semble avoir été anticipé. On a rapporté l’existence de « bavardages » parmi les responsables US sur les possibles assassinats soit de Pervez Musharraf soit de Benazir Bhutto bien avant que les tentatives actuelles n’aient lieu.
( Larry Chin Global Research 29/12/07).
Impasse Politique
Le « changement de régime » visant à assurer la continuité sous contrôle militaire n’est plus à la pointe de la politique étrangère US. Le régime de Pervez Musharraf n’est plus prédominant. La voie choisie par Washington pour sa politique étrangère c’est de promouvoir activement la fragmentation politique et la balkanisation du Pakistan en tant que nation.
On anticipe déjà une nouvelle direction politique mais en tout état de cause, elle aura une forme différente des régimes antérieurement sponsorisés par les US. On peut s’attendre à ce que Washington appuie une direction politique obéissante, n’ayant aucun engagement à défendre les intérêts nationaux, une direction qui servira les intérêts impériaux des US, tout en contribuant simultanément sous le prétexte de « décentralisation » à l’affaiblissement du gouvernement central et à la fracture de la structure fédérale fragile du Pakistan.
L’impasse politique est voulue. Elle fait partie d’un agenda de politique étrangère US qui a évolué et qui favorise la perturbation et la confusion dans les structures de l’état pakistanais. La gouvernance indirecte par l’armée pakistanaise et l’appareil des renseignements va être remplacée par des formes plus directes d’interférence US dont une présence accrue de l’armée US à l’intérieur du Pakistan.
Cette présence militaire accrue est également dictée par la situation géopolitique Moyen Orient-Asie Centrale et les plans en cours de Washington d’étendre la guerre du Moyen Orient à une zone bien plus large.
Les US ont plusieurs bases militaires au Pakistan. Ils contrôlent l’espace aérien du Pakistan. Selon un récent rapport :

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n° 26 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion & Stratégie' de PAKISTAN. - 08-07 – Suite - : La Déstabilisation du Pakistan.

n° 26 - Les  dossiers  'Géopolitique, Réflexion & Stratégie' de PAKISTAN. - 08-07 – Suite  - : La Déstabilisation du Pakistan.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Les  dossiers  'Géopolitique, Réflexion & Stratégie' de PAKISTAN.

n° 26 - 08-07

C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire : :

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion (suite)

1-2 Abdul Khaliq : Le Pakistan sous influences.

1-3 Jean-Luc Racine : Au Pakistan, un président sous influences.

1-4 Sadri Khiari : Obama : « Je vous ai compris ! »


1-2 Abdul Khaliq : Le Pakistan sous influences.

Sur base d’une série de textes écrits par Abdul Khaliq, porte-parole du CADTM-Pakistan, et Bushra Khaliq, secrétaire générale de la Women Workers Help Line (Ligne d’urgence des Travailleuses), nous vous proposons un tour d’horizon de l’actualité au Pakistan, pour mieux saisir la situation politique, économique et sociale de ce pays.

Sur fond de crise économique, le FMI impose ses conditions

Il y a presque un an, en août 2008, le Pakistan était au bord du défaut de paiement. Les analystes financiers expliquaient la situation comme une conséquence naturelle du soutien du Pakistan à la guerre menée par les États-Unis contre le terrorisme. Le Pakistan désespéré a alors frappé à la porte du FMI. En dépit de la forte opposition, le Pakistan a signé en novembre 2008 un accord Stand By pour un montant de 7,6 milliards de dollar. Parallèlement, les États-Unis réfléchissent à un plan économique commun à l’Afghanistan et au Pakistan et impliquent les deux pays dans la formulation d’une nouvelle stratégie de sécurité pour la région. L’administration américaine a cependant averti que la promesse de 7,5 milliards de dollars en aide civile sur les prochaines années ne se concrétiserait que dans la mesure où le Pakistan aurait véritablement démontré sa volonté d’en finir avec les résistants et d’autres extrémistes violents.
Abdul Khaliq commente les récentes promesses « d’aide » des différents bailleurs de fonds et les conditionnalités impopulaires attachées au prêt du FMI. A noter que le seul secteur pour lequel le FMI n’a pas demandé la réduction des dépenses est le budget militaire... Lire
Le Pakistan n’est pas encore tiré d’affaire

Privatisation des terres agricoles au Pakistan

A l’inverse de certains investisseurs occidentaux conventionnels, inquiets du niveau d’instabilité politique et de la situation de la guerre contre le terrorisme au Pakistan, l’Arabie saoudite et les Émirats Arabes Unis (EAU) ne se montrent aucunement frileux pour mener des projets au Pakistan. Les entreprises arabes se ruent sur l’agrobusiness au Pakistan et s’emparent des rares ressources en eau des régions agricoles. Le gouvernement fédéral vient d’offrir un million d’acres (soit près de 405 000 hectares) de terres agricoles aux monarques arabes, ouvrant ainsi la voie à un nouveau système féodal privatisé.
Abdul Khaliq, dans son article
Privatisation des terres agricoles au Pakistan, rend compte des conséquences dramatiques de l’agrobusiness pour le Pakistan et de cette inquiétante « ruée vers l’eau » au Pakistan et à l’échelle mondiale.

Les femmes sont les premières victimes

Avec l’aggravation de la crise dans la vallée de Swat, théâtre de la troisième opération militaire contre les résistants en moins de deux ans, de plus en plus de familles déplacées - plus de 1,5 million de personnes - affluent à Mardan, Swabi, Peshawar et d’autres zones de la Province de la Frontière du Nord-Ouest. Bushra Khaliq a visité trois camps installés dans le district de Mardan pour les populations déplacées de Swat et témoigne des conditions de vie déplorables et éprouvantes, tout particulièrement pour les femmes. Lire Pakistan : témoignages de femmes depuis les camps de déplacés.

Premières victimes des conflits, les femmes subissent également de plein fouet le modèle patriarcal capitalisme. Le 1er mai, elles étaient plus de 500, travaillant principalement dans le secteur informel, la composante de la société la plus exploitée et marginalisée (qui emploie plus de 2 millions de femmes), à manifester à Lahore pour faire valoir leurs droits. Entre autres revendications, elles demandaient la mise en œuvre de lois sur le travail et d’une protection sociale effective dans le secteur informel. Bushra Khaliq, secrétaire générale de la Women Workers Help Line qui menait le cortège, offre un compte-rendu de cette manifestation haute en couleurs. Voir Pakistan : Women workers vow to continue struggle for rights.

Pour le CADTM, le Pakistan doit suspendre immédiatement le remboursement de la dette pour faire face à la crise

Il y a presque un an, en août 2008, le Pakistan était au bord du défaut de paiement. Ses réserves de change, fondant rapidement au rythme de 250 à 330 millions de dollars chaque semaine, atteignaient un plancher de 4 milliards de dollars, soit à peine de quoi couvrir un mois d’importations. La dette et les obligations pakistanaises avaient dépassé le seuil des 45 milliards d’euros, la roupie pakistanaise s’était dépréciée de 23% et le déficit commercial se creusait à un rythme inquiétant. Pour faire face à cette situation, le Pakistan désespéré a frappé à la porte du FMI, et en dépit de la forte opposition, il a signé en novembre 2008 un accord Stand By pour un montant de 7,6 milliards de dollars. Or, recourir au « pompier-pyromane » de l’économie mondiale ne sortira pas le pays du marasme dans lequel il se trouve plongé. Si elle risque de plonger davantage le pays dans la spirale infernale de la dette, cette « solution » contraint en outre le gouvernement du PPP (Parti du Peuple Pakistanais), avec à sa tête Asif Ali Zardari, à appliquer les mêmes recettes frelatées qui ont conduit immanquablement à l’impasse actuelle.

L’accord Stand By demande par exemple la fin des subsides pour le combustible et l’électricité, des exemptions en matière d’impôts sur le revenu et de taxes agricoles, la poursuite des privatisations et des coupes dans les dépenses sociales. Le seul secteur pour lequel le FMI n’a pas demandé la réduction des dépenses est le budget militaire... Le gouvernement pakistanais s’est exécuté : outre la privatisation d’unités industrielles, le Pakistan a mis en vente un million d’hectares de terres arables ; il a supprimé les subsides pour le combustible et augmenté les tarifs de l’électricité, ce qui a provoqué de vives protestations. Pour tenir ses engagements de réduction du déficit budgétaire, le gouvernement a mis fin à environ 125 projets du Programme de développement du secteur public1 et en a postposé 432 autres. Les dépenses dans le secteur de l’éducation supérieure ont été réduites de 73% tandis que l’imposition de charges fiscales supplémentaires dans l’agriculture pourrait bien ruiner ce secteur.

Le recours à l’endettement et l’application des mesures néolibérales, imposées à l’échelle planétaire depuis plus de 30 ans et qui ont largement témoigné de leur échec en terme de développement humain, sont l’exact opposé d’une véritable politique destinée à faire face à la crise en défendant l’intérêt de ceux qui en sont victimes.
Le CADTM appelle le gouvernement pakistanais à cesser de se soumettre aux injonctions pernicieuses du FMI et à prendre des mesures urgentes, telle que la suspension unilatérale du remboursement de la dette, odieuse et largement immorale, afin de donner la priorité aux besoins humains fondamentaux de sa population.

Le CADTM tient à rappeler que l’ancien régime du Général Pérez Musharraf était un allié stratégique des Etats-Unis dans la région, surtout depuis les attentats du 11 septembre 2001. Les principaux bailleurs de fonds n’ont jamais hésité à prêter à la dictature pakistanaise de Musharraf les fonds nécessaires pour mener sa politique. A l’automne 2001, les Etats-Unis avaient demandé l’aide du Pakistan dans la guerre qu’ils avaient déclenchée en Afghanistan. Musharraf avait alors accepté que son pays serve de base arrière aux troupes militaires des Etats-Unis et de leurs alliés, mais il avait négocié en échange une réduction substantielle de sa dette. Dès décembre 2001, les pays riches réunis au sein du Club de Paris2 s’étaient empressés de la lui accorder. Le régime de Musharraf a ensuite continué d’endetter le Pakistan, avec le soutien actif de la Banque mondiale et des grandes puissances. Les prêts accordés n’ont aucune légitimité, ils ont servi à renforcer la tyrannie de Musharraf et n’ont amélioré en rien les conditions de vie des citoyens pakistanais. La dette contractée par ce régime despotique est odieuse. Pour le CADTM, les créanciers qui ont prêté à Musharraf l’ont fait en connaissance de cause et, dans ces conditions, il est inadmissible que le peuple pakistanais soit contraint de rembourser à l’avenir la dette odieuse contractée par Musharraf. Dans ces conditions, son annulation pure et simple est une exigence minimale.

En outre, le combat contre la paupérisation et contre la montée de l’extrémisme religieux ne peuvent l’emporter que si les problèmes fondamentaux des classes ouvrières, paysannes, et des femmes, dans les domaines social, politique et économique sont résolus.

 Le CADTM soutient la revendication d’un programme de réforme agraire radical, la redistribution des terres aux mains des forces armées (les ’Fermes militaires’, l’Army Welfare Trust et la Corporation des Semences du Pendjab) qui contrôlent près de 30.000 hectares de terrains très fertiles que les paysans et leurs familles cultivent depuis plus d’un siècle, et une réduction radicale du budget de l’armée au profit des dépenses sociales.

 Le CADTM appelle le Pakistan - et tous les pays du Sud - à enclencher une autre logique économique, respectueuse des droits humains fondamentaux et de l’environnement, à l’opposé de la logique néolibérale imposée aux forceps par l’intermédiaire d’une dette odieuse dont il faut revendiquer l’abolition immédiate. Le CADTM est en faveur d’un programme de réforme complet, légal et constitutionnel, qui inclut la convocation d’une assemblée pour rédiger une nouvelle constitution laïque, qui respecte les minorités et les femmes.

 Le CADTM demande la fin de l’occupation de l’Afghanistan par les forces étasuniennes et de l’Otan, ainsi que leur retrait des autres parties du monde.

 Le CADTM apporte son soutien aux luttes populaires contre la poursuite des politiques néolibérales et pour le départ des forces militaires étrangères. Le CADTM soutient la lutte des forces sociales et politiques qui s’opposent au fondamentalisme religieux. Le CADTM soutien les luttes des femmes pour leur émancipation.

28 Juin 2009

http://www.alterinfo.net/Le-Pakistan-sous-influences_a33822.html


1-3 Jean-Luc Racine : Au Pakistan, un président sous influences.

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

Alors qu’il sort de près d’une décennie de pouvoir militaire, le Pakistan doit faire face à une série de périls. Chaque jour, on annonce des morts dans les zones tribales, où les civils sont les victimes de la chasse aux résistants afghans autant que pakistanais.

Avec les Etats-Unis, les relations ne sont pas au beau fixe et, sur le plan intérieur, la crise s’étend. Le président Asif Ali Zardari, nouvellement élu, doit naviguer entre les récifs. Toutefois, les discussions sur l’avenir du Cachemire ont repris avec le voisin indien.

Deux avertissements ont marqué l’arrivée au pouvoir, le 9 septembre, du président pakistanais Asif Ali Zardari.

Le 3 septembre, pour la première fois depuis le lancement de la « guerre contre le terrorisme » engagée en Afghanistan en octobre 2001, des commandos américains héliportés ont mené une opération terrestre dans la région du Waziristan sud, une des sept agences des zones tribales sous administration fédérale pakistanaise, les FATA (1).

Le 20 septembre, au cœur d’Islamabad, un attentat-suicide laissait plus de cinquante morts dans les ruines de l’hôtel Marriott, point de rencontre de la haute bourgeoisie pakistanaise et des visiteurs étrangers. Cette action spectaculaire s’inscrit dans la série d’attentats lancée après la prise sanglante de la Mosquée rouge d’Islamabad, en juillet 2007.

Le jour même de l’élection présidentielle, le 6 septembre, l’un d’entre eux avait fait vingt-cinq morts à Peshawar.

Pris entre les pressions américaines, l’insurrection des zones tribales, la vague terroriste et la puissance de l’armée, le nouveau président civil ne dispose que d’une marge de manœuvre très réduite pour faire face aux trois défis majeurs auxquels le pays est confronté : la stabilisation de la démocratie parlementaire, après tant de régimes militaires ; la lutte contre l’extrémisme et le terrorisme, qui impose de repenser le paradigme géopolitique sur lequel le Pakistan a fondé de longue date sa politique vis-à-vis de l’Inde et de l’Afghanistan ; le redressement d’une économie en crise.

Dans les mois qui ont suivi l’assassinat de son épouse Benazir Bhutto, le 27 décembre 2007, M. Zardari a fait preuve d’un remarquable talent de manœuvrier. L’image douteuse de l’ancien joueur de polo, ex-ministre de l’investissement emprisonné pendant dix ans pour corruption sans avoir jamais été formellement condamné, avait poussé le Parti du peuple pakistanais (PPP) à se donner pour président Bilawal, le jeune fils du couple. Toutefois, son père, alors nommé « coprésident », est devenu le vrai patron du PPP, le principal parti du pays après les élections législatives de février 2008  (2).

Une situation incontrôlable

Sans majorité pour autant, M. Zardari a su négocier une alliance avec M. Nawaz Sharif, leader historique de la Ligue musulmane du Pakistan - Nawaz, deuxième force nationale. Il a su agréger à cette coalition le Parti national Awami, vainqueur dans les terres pachtounes de la Province de la frontière du Nord-Ouest, et même le sulfureux mais opportuniste Fazlur Rahman, chef du Jamiat Ulema-e-Islami, connu pour ses liens anciens avec les résistants, mais en rupture avec la coalition islamiste du Muttahidda Majlis-e-Amal « inventée » par les services du général Pervez Moucharraf en 2002.

Ce gouvernement d’union nationale allait-il pouvoir prendre à bras-le-corps les problèmes du pays alors que le président-général décidait de rester en place ? Le réveil de la société civile, marqué par les manifestations répétées contre le limogeage des juges de la Cour suprême en mars 2007, allait-il conforter ce renouveau démocratique ? Jusqu’à présent, une autre ligne a prévalu.

Au sein de son propre camp, M. Zardari a écarté quelques figures de poids pour faire élire M. Youssouf Reza Gilani à la direction du gouvernement et Mme Fehmida Mirza — la première femme à occuper ce poste — à la tête de l’Assemblée nationale. Il a soufflé le chaud et le froid sur le retour des juges limogés, sans rappeler l’ancien président de la Cour suprême Iftikhar Mohammed Chaudhry, connu pour son indépendance d’esprit. Un temps ambigu sur le sort du président Moucharraf, il a finalement joué un double coup. Il s’est allié, de nouveau, à la Ligue musulmane, qui avait quitté le gouvernement pour protester contre l’immobilisme vis-à-vis des juges, afin d’écarter M. Moucharraf ; lequel a préféré démissionner, le 18 août, plutôt que de faire face à une procédure de destitution par le Parlement, voire à une assignation en justice pour violation de la Constitution.

Ensuite, reniant une promesse faite à ses alliés de la Ligue, M. Zardari s’est porté candidat à la présidence, après avoir intelligemment négocié de multiples ralliements : il a été élu par les parlementaires et les assemblées provinciales avec 75 % des suffrages. Reste la question essentielle : fin manœuvrier, M. Zardari peut-il devenir homme d’Etat ?

Pour comprendre les enjeux actuels, il faut se rappeler que, depuis son indépendance et la première guerre du Cachemire en 1947-1948, le Pakistan a toujours cherché à éviter d’être pris en tenaille entre l’Inde et l’Afghanistan, intervenant hors de ses frontières par le biais de francs-tireurs sous contrôle de l’InterServices Intelligence (ISI) — les services secrets. Celui-ci a soutenu les moudjahidins afghans contre les Soviétiques dans les années 1980 (avec l’appui financier des Américains), puis les résistants à compter de 1994, ainsi que les insurgés cachemiris et les djihadistes pakistanais contre la présence indienne au Cachemire dans les années 1990.

Après les ‘attentats’ du 11 septembre 2001, le général Moucharraf comprit qu’il lui fallait rejoindre la « guerre contre le terrorisme » déclarée par M. George W. Bush. Il le fit non sans ambiguïté. Au Cachemire, les groupes djihadistes furent contenus, mais non démantelés. Au Pakistan même, la répression — sans atteindre M. Oussama Ben Laden — toucha plus les cercles d’Al-Qaida que les résistants afghans ayant trouvé refuge dans les zones tribales pakistanaises ou au Baloutchistan.

Ces demi-mesures suffirent néanmoins, dès la fin 2003, à retourner contre le régime une partie des réseaux résistants combattants jusque-là instrumentalisés par le pouvoir. La situation s’aggrava rapidement avec l’entrée inédite de l’armée dans les zones tribales et l’ouverture d’un dialogue avec l’Inde. Ni les opérations militaires ni les négociations visant à séparer les insurgés pakistanais des résistants afghans et des réseaux d’Al-Qaida ne furent couronnées de succès.

Chefs tribaux et représentants de l’islamisme politique se virent bientôt dépassés par les jeunes chefs de milices fortes de milliers d’hommes, et dénonçant aussi bien l’armée pakistanaise que les drones américains qui, à compter de 2006, commencèrent à bombarder des cibles supposées identifiées, au prix de dommages collatéraux croissants (3).

Quand M. Zardari arrive au pouvoir, la situation est devenue incontrôlable. Côté afghan, les résistants regagnent du terrain en dépit de la présence de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) à la tête de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS). Côté pakistanais, les insurgés montent en puissance. Du Waziristan sud à Bajaur, toutes les agences des FATA sont plus ou moins touchées par l’insurrection, qui gagne aussi la vallée de Swat, où les milices du maulana Fazlullah imposent la charia dans les villages. En parallèle, les attentats-suicides dans les villes pakistanaises se développent, faisant près de mille deux cents morts depuis juillet 2007.

Washington, qui n’a lâché M. Moucharraf que tardivement, s’inquiète de voir qu’avec l’appui des Pachtounes du Parti national Awami, au pouvoir à Peshawar, le nouveau gouvernement Gilani cherche à négocier avec les insurgés, sans grand résultat. Les cessez-le-feu semblent favoriser le renforcement de ces derniers. Les commandants américains, qui s’agacent depuis longtemps de l’inefficacité de l’armée pakistanaise, finissent par intervenir le 3 septembre 2008. Un signal de fermeté plutôt risqué. D’autant que la stratégie d’Islamabad s’est déjà infléchie depuis des mois. L’armée marque des points dans la vallée de Swat, et elle est si vigoureusement engagée — aviation comprise — dans l’agence de Bajaur que l’on compte quelque deux cent cinquante mille réfugiés fuyant les combats. En outre, les chefs tribaux fidèles au pouvoir se mettent à lever des milices antirésistants.

En fin de mandat, l’administration Bush a fait sienne, pour partie, la stratégie préconisée par M. Barack Obama, en commençant à retirer des troupes d’Irak pour renforcer les contingents en Afghanistan et en décidant d’opérer au Pakistan si nécessaire. Y a-t-il eu accord secret entre le chef des armées américaines, l’amiral Michael Mullen, et le général Ashfaq Pervez Kayani, à la tête de l’armée pakistanaise ? En tout cas, M. Kayani a protesté contre la violation de la souveraineté nationale, et plusieurs escarmouches opposent, sur la frontière, commandos américains et soldats pakistanais. Devant l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU), le 25 septembre, le président Zardari commente : « Violer notre souveraineté nationale n’aide pas à éliminer la menace terroriste. En fait, cela peut l’aggraver  (4). »

Face à une opinion publique partagée, et perturbée autant par les attentats que par les opérations de l’armée et les frappes des drones, les autorités pakistanaises veulent montrer que la lutte contre le terrorisme est conduite par le Pakistan, pour le Pakistan, et qu’il ne s’agit en rien d’une guerre américaine.

En ce qui concerne les relations avec l’Inde, M. Zardari entend poursuivre les discussions avec New Delhi. Sa première rencontre avec M. Manmohan Singh, le premier ministre indien, le 24 septembre, a donné lieu à un communiqué prometteur, annonçant la reprise du dialogue, la multiplication des points de passage entre les deux parties du Cachemire et l’intensification des relations bilatérales : un nouveau souffle, alors que les tensions entre hindous et musulmans se sont aggravées depuis l’été au Cachemire indien. Les deux dirigeants ont ainsi mis fin au refroidissement lié à l’attentat du 7 juillet 2008 contre l’ambassade indienne à Kaboul, dans lequel, selon des sources américaines, des éléments de l’ISI auraient été compromis. Toutefois, l’incertitude règne. Sur le statut du Cachemire. Sur la mise au pas de l’ISI, dont le chef, le général Nadeem Taj, a été muté le 30 septembre, un an après sa prise de fonction : simple désaveu ou signe d’une nouvelle ligne moins portée à l’ambiguïté ?

Un changement de paradigme, qui verrait la normalisation des relations avec l’Inde et l’Afghanistan prévaloir sur le vieil impératif de « profondeur stratégique » cher aux militaires, reste toutefois incertain. D’autant qu’une longue pratique de la déstabilisation régionale a conforté l’armée dans ses privilèges comme elle a assuré sa place dans l’appareil d’Etat.

Dans le nouveau contexte dessiné par les négociations qu’ont discrètement engagées des émissaires du président afghan Hamid Karzaï avec les résistants, initiative appuyée par Londres et par des médiateurs saoudiens, il faudra que le président Zardari, en accord avec le général Kayani, clarifie la ligne à suivre sur le front des zones tribales.

Extension d’Al-Qaida

En premier lieu, il y a besoin d’identifier et de différencier les acteurs. Or le 1er septembre, M. Rehman Malik, le conseiller du premier ministre pour les affaires de sécurité, rompait avec la posture habituelle en affirmant que résistants pakistanais, résistants afghans et Al-Qaida étaient étroitement liés, le Tehrik-e-Résistant Pakistan étant défini comme une « extension d’Al-Qaida ». Peut-on, dès lors, négocier avec les résistants pakistanais ? La question dépasse les zones tribales.

L’arrivée, le 31 octobre 2008, du général David Petraeus à la tête du commandement central (CentCom) américain, qui, outre l’Irak, couvre l’Afghanistan et le Pakistan, peut également bousculer la donne, notamment s’il tente de dissocier du réseau Al-Qaida une partie des résistants afghans, comme il a retourné certaines milices sunnites en Irak. Une deuxième série de questions se pose : à quel prix payer de tels ralliements, côté pakistanais ? Islamabad peut-il concéder une islamisation accrue des zones tribales, alors même que la stratégie de modernisation de ces territoires sous statut archaïque appelle à les normaliser ? Pour l’heure, les attentats-suicides, dans les zones tribales ou ailleurs, et les combats entre armée et insurgés font chaque jour des dizaines de victimes, tandis que les drones américains continuent leurs frappes.

Autre défi pour M. Zardari : les problèmes socio-économiques du pays en général et des zones tribales en particulier. Les Etats-Unis ont promis un soutien financier accru. Mais, secoué par la hausse du cours du pétrole brut et par la baisse des investissements étrangers, le Pakistan tente de faire face à une crise de liquidités, à une forte chute de sa monnaie et à la trop grande faiblesse de ses réserves (moins de 5 milliards de dollars). En dépit du contexte de crise mondiale, Islamabad cherche des appuis financiers auprès de pays voisins (Arabie saoudite, Iran, Chine) comme auprès des organisations internationales.

Héritant d’une économie fortement libéralisée sous le régime Moucharraf, M. Zardari a annoncé au Parlement des programmes sociaux, énergétiques et agricoles. Mais il est resté discret sur les financements. La croissance, qui était de 7 % en 2007, devrait baisser de moitié cette année. Sur le front économique aussi, la voie est étroite pour le nouveau président.

Jean-Luc Racine.

http://www.monde-diplomatique.fr/2008/11/RACINE/16545


1-4 Sadri Khiari :  Obama : « Je vous ai compris ! »
Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

Extrait

On ne peut nier au nouveau président des Etats-Unis une certaine habileté.

Il sait où nous avons mal. Il sait ce qui nous fait plaisir. Obama n’ignore rien de nous.

Peut-être est-ce parce qu’il est noir et qu’il connaît les ravages de l’esclavage, de la colonisation et des inégalités raciales ; peut-être est-ce parce qu’il est un ancien musulman, que ses ancêtres étaient musulmans, qu’il a lui-même longtemps vécu dans des pays majoritairement musulmans ; peut-être est-ce tout simplement parce qu’il a de bons conseillers.

Quoiqu’il en soit, il connaît les distorsions de notre fierté. Nous sommes fascinés par la modernité occidentale toute puissante ; nous aspirons ardemment à lui ressembler et nous la haïssons parce que nous savons qu’elle s’est construite en nous écrasant.

La Modernité nous a tués et nous espérons qu’elle nous ressuscite. Nous sommes même disposés à nous suicider pour cela. Nous lui demandons seulement qu’elle reconnaisse nos mérites passées et, par conséquent, nos dispositions à avoir encore quelques mérites. Surtout le mérite d’être modernes, d’aller un jour sur la lune et d’avoir nos propres multinationales qui réduiront les peuples à la misère.

Quitte à réjouir nos adversaires, reconnaissons-le : aujourd’hui encore, plus que de libération, nous rêvons d’« intégration ».

Et Obama nous offre l’« intégration ».

A condition, bien sûr, que nous renoncions définitivement à la libération.

Quelle est la différence entre libération et intégration ?

C’est simple.

La libération consiste à libérer le monde des différentes formes d’oppression des peuples qu’a porté en elle et que continue de reproduire la Modernité. L’intégration, c’est boire du champagne hallal et en être fier. Voilà donc ce que nous promet le nouveau président des Etats-Unis si nous acceptons d’être sages. Voilà, au fond, ce que signifient toutes les paroles gentilles qu’il a prononcées en Egypte à l’égard de l’islam et des musulmans.

Est-ce à dire qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil ?

Certainement pas.

Si nous n’avons pas la naïveté de croire que la personnalité d’Obama détermine la politique de Etats-Unis, il est clair que son discours du Caire met en lumière les nouveaux rapports de forces qui se dessinent depuis quelques années déjà. Leur fluidité mais aussi une certaine permanence. Dans le monde et aux Etats-Unis. Les deux étant inextricablement liés. Au Moyen-Orient, en Amérique et à l’échelle de toute la planète. Les trois ne pouvant être séparés. La Maison blanche réévalue ses priorités. Elle appréhende différemment ses propres enjeux. Elle balance ses stratégies. Son ambition ne cesse d’être hégémonique mais il est possible qu’elle en revisite les moyens. En tout état de cause, si Obama fait l’éloge de l’islam, c’est qu’il pense pouvoir aller à l’encontre d’une opinion américaine - et plus largement occidentale -, habituée depuis au moins une décennie à ne pas concevoir le musulman autrement que comme un terroriste potentiel. S’il n’hésite pas à contrarier les dirigeants israéliens, sans rien donner, il est vrai, aux Palestiniens, c’est qu’il pense désormais pouvoir le faire. Ou, au moins, tester les résistances au sein même des institutions américaines à une politique qui n’identifie plus les intérêts américains - ou plus largement encore occidentaux - aux intérêts de l’expansionnisme israélien. Rien n’est encore joué.

Rien n’est stable. Les rapports de forces au sein même des dispositifs complexes de l’Administration américaine ne sont pas encore tranchés. Il n’est même pas sûr qu’Obama sache exactement où il veut aller et où il peut aller. Il semble espérer se détacher du foyer de tensions moyen-oriental pour avoir les mains libres ailleurs (Russie ? Chine ? Crise domestique étatsuniennes ?) mais rien n’indique encore s’il en a les moyens.

Qu’il parle en bien de l’islam ne rompt que partiellement avec l’idéologie propagée par les néo-conservateurs républicains. A la guerre des civilisations prônée par ceux-ci, il substitue l’amour entre les civilisations. Mais le paradigme dans lequel il conçoit le monde est toujours celui d’un rapport conflictuel entre civilisations, prises comme des ensembles culturels immuables et homogènes. Les crises, les affrontements, les guerres ne seraient pas le produit d’enjeux politiques déterminés par des intérêts de puissances bien précis, mais le résultat d’une hostilité ou d’une incompréhension entre l’Occident et l’Islam. Sinon pourquoi ferait-il un discours aux musulmans ? Si l’islam est une composante majeure de l’identité palestinienne comme l’est également l’arabité, le dit conflit israélo-palestinien n’oppose pas musulmans et juifs ou « civilisation judéo-chrétienne », mais bien un Etat colonial et un peuple colonisé qui aspire à sa libération. Sa dimension mondiale, on ne le redira jamais assez, est celle d’une lutte des peuples dominés contre les institutions et les logiques impériales et coloniales.

Sur la question palestinienne, puisque nous y sommes, prenons garde également à ne pas nous bercer d’illusions. Incontestablement, la Maison blanche expérimente une autre voie que celle qui a été suivie par la précédente administration américaine. Cette autre voie a-t-elle trouvé sa cohérence ? A-t-elle des appuis politiques suffisamment puissants ?

Fera-t-elle long feu ?

...

Vigilance, donc. Vigilance mais non pas désespoir. Car, si Obama a été élu, si Obama n’est pas Bush, c’est pour une raison et une seule : la stratégie bushienne a fait faillite. Plus exactement, les Etats-Unis ont perdu une, deux, trois batailles décisives. Et avec les Etats-Unis, Israël. En Afghanistan, en Irak, en Palestine, au Liban, les projets américains se sont écroulés. Tout le monde le reconnaît, aujourd’hui. Mais, ce qu’on oublie généralement de souligner, c’est que si l’Amérique a perdu ces batailles, c’est parce qu’elle s’est heurtée à la résistance des peuples.

Si l’Administration américaine a tant de difficultés à s’unifier autour d’une nouvelle stratégie, c’est parce que la résistance des peuples ne faiblit pas. Si la contre-révolution coloniale mondiale est contrainte de trouver de nouvelles armes politiques, c’est parce que la force des armes ne suffit plus à contrer nos résistances. Nous sommes encore faibles, certes, mais bien moins faibles qu’auparavant.

Obama nous achètera-t-il pour quelques « essalemou aleïkom » ?

Sadri Khiari,

 6 juin 2009

http://www.indigenes-republique.fr:80/une.php3?id_article=583


n° 26 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion & Stratégie' de PAKISTAN. - 08-07 – Fin - : La Déstabilisation du Pakistan.

n° 26 - Les  dossiers  'Géopolitique, Réflexion & Stratégie' de PAKISTAN. - 08-07 – Fin  - : La Déstabilisation du Pakistan.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Les  dossiers  'Géopolitique, Réflexion & Stratégie' de PAKISTAN.

n° 26 - 08-07

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 




Sommaire :

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Bushra Khaliq : Pakistan : témoignages de femmes depuis les camps de déplacés.

3 Annexe

3-1 Affaires sous-marines…

3-2 Pakistan: quand la France craignait déjà des bisbilles sur des contrats ultra-sensibles.

3-3 L'enquête de l'ONU sur l'assassinat de Benazir Bhutto débute.

3-4 Les nouvelles « armes » américaines : Les étudiants et les Evangéliques.

 

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Bushra Khaliq : Pakistan : témoignages de femmes depuis les camps de déplacés.

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

Avec l’aggravation de la crise dans la vallée de Swat, de plus en plus de familles déplacées affluent à Mardan, Swabi, Peshawar et d’autres zones de la Province de la Frontière du Nord-Ouest, encore appelée Pakhtunkhwa |1|.

Les médias indépendants et l’Etat reconnaissent que plus de 1,5 million de personnes ont fui le Swat, théâtre de la troisième opération militaire contre les résistants en moins de deux ans, mais le chiffre serait plutôt de 2 millions de déplacés, puisque des centaines de familles attendent encore d’être enregistrées.

J’ai récemment visité trois de ces camps installés dans le district de Mardan pour les populations déplacées de Swat : les camps de Shaikh Yasin, Shaikh Shahzad et le camp Sarhadi de l’Eglise luthérienne, situés aux alentours de la ville de Mardan. Le camp de Shaikh Yasin accueille 12 638 personnes (1 354 familles), celui de Shaikh Shahzad 8 065 personnes (1 914 familles) et celui de Sarhadi de l’Eglise luthérienne 200 personnes (42 familles). Au total il y a 32 725 personnes déplacées dans quatre camps du district.   La plupart des personnes déplacées appartiennent aux classes populaires, tandis que les riches de Swat ont pu fuir plus tôt et se réfugier soit chez des amis ou proches soit dans les bâtiments des écoles publiques, préférables aux tentes des camps. Selon le nazim (maire) du district de Mardan, 1,23 million de personnes déplacées vivent dans des familles à Mardan, et 361 bâtiments scolaires servent d’abri à des personnes déplacées.   Alors que le nombre de déplacés augmente, la Province de la Frontière du Nord-Ouest a demandé aux autres provinces d’accueillir des déplacés, mais la province du Pendjab (dirigée par le parti de Nawaz Sharif, la Ligue Musulmane du Pakistan, PML-N) et celle du Sind (dirigée par le Parti du Peuple Pakistanais, le PPP de Bhutto, et le Mouvement national Uni, MQM) se montrent réticentes. Des milliers de déplacés qui se dirigeaient vers la province du Sind ont été arrêtés il y a quelques jours à la frontière séparant le Sind du Pendjab, et n’ont pas été autorisés à entrer dans la province du Sind. Cela donnera inévitablement lieu à un nationalisme pachtoune dirigé contre les autres nationalités.   Personne ne sait réellement combien de temps ces déplacés resteront. Selon le Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), les déplacés venant des districts du Bas Dir, de Buner et de Swat resteront dans ces camps un à deux ans, avant d’être réintégrés dans leur région d’origine. Entre-temps, l’aide étrangère pour les déplacés a commencé à arriver. L’assistance comprend 110 millions de dollars des Etats-Unis, 43,5 millions du Japon, 18,54 de la Grande-Bretagne, 16,32 millions de la France, 17,67 millions de l’Allemagne, 9,52 millions de l’UE, 4,32 millions du Canada, 2,75 millions de la Norvège et 1 million de la part du Danemark et de la Chine.

Les résistants, l’armée et les Etats-Unis font partie du problème

En dépit de l’importante aide étrangère, la situation difficile des personnes déplacées dans ces camps en dit long sur le caractère creux de la rhétorique politique et morale des gouvernements provinciaux et fédéral. Un certain nombre de personnes déplacées, des hommes, des femmes et des enfants, ont partagé leur point de vue sur les résistants, l’armée et les Etats-Unis. Une majorité d’entre eux étaient d’avis que les résistants et les Etats-Unis sont tous deux mauvais, qu’ils ont fait de la vie des gens un enfer en les chassant de leurs maisons. Ils ont confié que, si la majorité des habitants de la vallée de Swat avait fui, un certain nombre de personnes y étaient toujours bloquées. L’armée a demandé à ces gens de quitter la zone dès que possible sous peine d’être traités comme des résistants. Les proches de ces personnes vivant dans les camps n’ont aucune information, l’armée ayant coupé tous les moyens de communication. Ils se sont montrés tout aussi critiques à propos de l’opération militaire dans la vallée de Swat et considèrent qu’elle a été lancée sous la pression des Etats-Unis. “L’armée est également de connivence avec certains groupes de résistants et n’a pas sincèrement l’intention de les écraser. Beaucoup de résistants se sont cachés dans des endroits sûrs pendant que des civils se font tuer, ce qu’on appelle « dommages collatéraux », ont déclaré certains hommes des camps. Ils souhaitent rentrer chez eux le plus vite possible et exigent du gouvernement qu’il donne une date de fin de l’opération. Certaines des personnes déplacées pensent que les Etats-Unis ont finalement obtenu ce qu’ils voulaient grâce à la lâcheté des autorités civiles et militaires pakistanaises, en échange de quelques dollars d’aide temporaire. Certains hommes âgés nous entouraient et voulaient que nous enregistrions leur témoignage.

Selon eux, « si l’artillerie lourde, les bombardements aériens et les hélicoptères de combat pouvaient gagner le combat pour l’Etat, les Etats-Unis auraient été victorieux au Vietnam, en Irak et en Afghanistan, et l’Etat pakistanais aurait été vainqueur dans ce qui était à l’époque le Pakistan oriental et au Baloutchistan en 1973 et 2006. Mais l’Histoire nous dit tout autre chose, et malheureusement, les leçons du passé n’ont pas été apprises ».

Positions de la gauche et de la droite

Les principaux partis politiques et groupes de droite, y compris le PLM-N de l’ancien Premier ministre Nawaz Sharif qui s’était opposé aux attaques de drones dirigées contre les résistants, sont revenus sur leurs anciennes positions et soutiennent désormais ouvertement l’opération militaire dans le Swat. On dit que ce revirement est le résultat de la pression exercée par les Etats-Unis sur le PML-N via l’Arabie saoudite.

Seuls les partis d’extrême droite comme Jammat-e-Islami et d’extrême gauche comme le Parti Travailliste Pakistanais (LPP, Labour Party of Pakistan) s’opposent clairement à l’opération militaire et aux attaques par les drones américains. Les forces de gauche pensent que l’action militaire n’est pas une solution au problème. Ils sont contre l’opération militaire et les attaques de drones. Ils suggèrent que la seule issue est d’autonomiser et d’équiper les populations locales à travers des comités de défense pour qu’elles puissent assurer elles-mêmes leur défense contre les résistants.

Le gouvernement provincial de l’Awami National Party, tout comme le gouvernement fédéral du PPP auparavant, a conclu un accord avec les résistants dans la vallée de Swat et a cédé à leur exigence d’imposer la loi islamique. Mais lorsque les résistants n’ont pas rendu les armes conformément à l’accord, l’opinion publique s’est retournée contre les résistants… ce qui a fourni au gouvernement un prétexte pour lancer l’opération militaire au Swat ?

La vie dans les camps de déplacés

Bien que des tentes aient été fournies à chaque famille et que personne ne soit sans abri, les conditions de vie sont lamentables pour ces familles dans la chaleur brûlante des camps, où le thermomètre dépasse les 40°C. Il est difficile de s’imaginer la vie dans ces camps sans électricité, avec de la nourriture de mauvaise qualité, un climat difficile et des installations médiocres. Ils ont été déplacés dans une zone au climat difficile et ils ne sont pas habitués à ces températures.

Il y a peu de pharmacies, sans médicaments de qualité et traitements adaptés. Faute de services médicaux satisfaisants et à cause de la consommation d’une eau non potable, d’installations sanitaires et de nourriture insuffisantes etc., un grand nombre de personnes, et tout particulièrement les personnes âgées et les enfants, souffrent de maladies comme la diarrhée, la dysenterie, de maladies de peau, d’irritations aux yeux, d’infections de la gorge.

L’eau n’est pas suffisamment disponible. Les familles doivent utiliser un même bidon pour la toilette et pour l’eau de boisson. Des tablettes de purification de l’eau sont fournies, mais par manque d’explication, peu de femmes les utilisent. L’état des latrines construites par l’Unicef est très mauvais, elles ne disposent pas de raccord à l’eau, et sentent mauvais. De plus, l’absence de douches et toilettes séparées pour les femmes ajoute aux misères des femmes. La présence de ces toilettes près des lieux de vie est source d’odeurs désagréables en permanence.

En ce qui concerne la nourriture, la municipalité de Mardan a sous-traité la fourniture des repas à des prestataires locaux. Ces prestataires préparent la nourriture dans des grandes casseroles et la distribuent aux personnes faisant la queue. Dans ces queues, on ne voit que des hommes et des enfants qui reçoivent de la nourriture. Les femmes ne sortent pas de leur tente pour avoir leur part. Le petit-déjeuner se compose généralement de thé et de chapatti (avec parfois des restes), le déjeuner de lentilles ou de bœuf avec des chapatti, tandis que le dîner est normalement composé de lentilles et de riz avec du thé. La plupart se plaignent de la qualité de la nourriture, et disent que des repas différents devraient être préparés pour les personnes âgées, les enfants et les femmes enceintes.

Une chose positive à noter est que des activités éducatives sont prévues pour les enfants. L’Unicef fournit des services d’éducation primaire à ces enfants, et leur donne des cartables et des livres. Les écoles publiques étant fermées à Mardan et les professeurs disponibles, ces derniers se sont proposés pour enseigner aux enfants dans des tentes.

Les femmes sont les premières victimes

Les problèmes des femmes sont criants à l’intérieur des camps de déplacés. Une équipe du gouvernement de 25 personnels de santé pour les femmes est présente dans ces camps. Ils nous ont confié que le manque de médicaments, et particulièrement pour les femmes enceintes, est un problème vital. Il y a une centaine de femmes enceintes dans le camp de Sheikh Yasin mais il n’y a pas assez de médicaments pour ces femmes, qui sont par ailleurs très sensibles aux conditions climatiques difficiles et à la chaleur. Elles ne disposent pas non plus d’installations de santé adaptées en cas d’urgence. Ces femmes ont plus que besoin d’un logement de meilleure qualité, de vitamines, de nourriture adaptée avec du lait et des fruits etc. Ces femmes enceintes et leurs familles devraient immédiatement être transférées à des endroits où les conditions climatiques sont meilleures, et qui disposent de meilleures installations de santé et de nourriture.

Dans les camps, on peut voir déambuler des filles jusqu’à 7-8 ans, mais aucune jeune fille ou femme au-delà de cet âge. Elles sont bien sûr là, mais invisibles, cachées dans leurs tentes. Il est encore plus difficile d’être une femme déplacée, puisque les femmes sont confinées dans les tentes fermées. Ils disent que c’est notre culture, que les femmes ne peuvent pas sortir. L’affreuse conjugaison de normes religieuses strictes et de la culture tribale oppressive ajoute encore aux malheurs de ces femmes. Cette souffrance terrible est en soi un ennemi pour ces femmes.

Les orphelines et les veuves subissent des conditions encore plus dures. Pour obtenir de la nourriture et du matériel de secours, il faut faire la queue mais les femmes et les jeunes orphelines ne sortent pas de leurs « fours ». Dans la plupart des cas, on les ignore et elles sont privées de leurs droits. Les femmes ont beaucoup à dire. Tout le monde a quelque chose à dire, mais les histoires que les femmes racontent sont déchirantes.

Jan Sultana, grand-mère d’un enfant de deux ans, nous explique qu’elle s’occupe de l’enfant car sa mère, dont elle est sans nouvelle, n’a pas pu fuir le Swat. Elle a peut-être été tuée. L’enfant en mal de mère souffre de fièvre et d’une infection de la poitrine depuis 15 jours.

Hadia, une veuve du village de Qabaal au Swat, est mère de six enfants. Mais seuls trois sont avec elle, les trois autres étant restés bloqués à Qabaal. Elle nous confie qu’il y a six moi de cela, elle et son mari ont été touchés par un bombardement de l’armée pakistanaise. Son mari est mort sur le coup, et elle a été gravement blessée à la jambe droite. Sa tente est chaude et sent mauvais. Elle crie que les Résistants et l’armée pakistanaise sont tous deux des assassins.

Naheed, du village de Tahiraabd, Mingora nous explique qu’elle est maman d’un nouveau-né de 3 jours. Elle est dans le camp depuis 12 jours. Pour rejoindre le camp depuis Mingora, elle a dû parcourir à pied une longue distance. Cela lui a pris 13 heures. “Après trois jours de couvre-feu, l’armée nous a obligés à quitter la zone, je pleurais de douleur, parcourant à pied les 15km depuis Mingora. Mes pieds étaient enflés et mes jambes me faisaient mal”, nous raconte-t-elle.

Une autre femme, Rajmeena, mère de neuf enfants, originaire de la ville de Mingora explique qu’il lui a fallu 10 heures pour arriver à ce camp avec ses 9 enfants. Elle critique la taille de la tente, la nourriture et les installations de santé. “C’est la troisième guerre en l’espace de deux ans et nous sommes inquiets par rapport à la sécurité de nos foyers. “Nous voulons rentrer chez nous, nous voulons que les résistants, l’armée et les Etats-Unis s’en aillent de notre belle vallée de Swat ».

Notes

|1| Nom donné par les Pachtounes à la Province de la Frontière du Nord-Ouest, qui signifie « terre des Pachtounes » en pashto.

Bushra Khaliq

2 juin

Traduit par Stéphanie Jacquemont

http://www.cadtm.org/spip.php?article4437



3 Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

3-1 Affaires sous-marines…

Ces dernières semaines gazettes et blogs français se sont emparés de la question  des commissions et rétro-commissions dans l’affaire des sous-marins vendus par la France au Pakistan et SARKOZY lui-même a été mis dans l’embarras par un journaliste de l’AFP qui l’a interrogé sur cette affaire remontant à une période où il était Ministre du Budget dans le gouvernement BALLADUR et où il était le principal organisateur de la trahison de CHIRAC par son « ami de trente ans ».

Cette obscure affaire dont on le sait un des effets pourrait bien être, c’est au moins un hypothèse sur laquelle travaillent les juges d’instruction, l’attentat mortel dont furent victimes à Karachi des ouvriers et techniciens français qui travaillaient sur le chantier de construction des sous-marins en cache une autre dont voici quelques éléments accessibles sur divers sites Internet pakistanais :

-          La marine pakistanaise a lancé récemment une consultation pour acheter trois nouveaux sous-marins

-          La France en la personne de la DCNS, entreprise nationalisée qui a construit les trois précédents, s’est portée candidate mais elle s’est trouvée en concurrence avec l’Allemagne qui a été choisie par les militaires pakistanais.

-          Le Président pakistanais ZARDIRI, veuf de BENAZIR BHUTTO était Ministre des investissements dans le gouvernement de son épouse au moment de l’affaire des trois premiers sous-marins. Il est couramment surnommé  au Pakistan « Monsieur 10% ».

-          Le président français actuel était à la même époque Ministre du Budget et donc en capacité de virer des fonds d’Etat à l’étranger et son collègue ZARDIRI était en position de les recevoir

-          Le président ZARDIRI a été reçu par l’actuel Président Français au mois de Mai 2009 et à l’issue de cette rencontre officielle l’Elysée a publié un communiqué surprenant faisant état, dans des termes vagues, d’une future aide de  la France à l’industrie nucléaire pakistanaise

Ces éléments conduisent actuellement des journalistes pakistanais et des militaires de haut rang pakistanais qui s’expriment sur des forums Internet  à analyser ainsi la situation :

1 – La France tente par tous moyens de récupérer le contrat des sous-marins et veut pousser ZARDIRI à remettre en cause le choix de la marine pakistanaise en faveur des sous-marins allemands. Les pots de vin et les rétro-commissions font partie de ces moyens et sur ce terrain les deux présidents pourraient s’entendre comme larrons en foire.

2- Pour obtenir les faveurs  - et la commande des sous-marins - de son visiteur pakistanais, le chef de l’Etat français a joué sur une corde très sensible : la corde nucléaire. En effet, le face à face nucléaire indo-pakistanais est un souci permanent des dirigeants d’Islamabad et ils sont tous très inquiets du nouvel accord de coopération nucléaire entre l’Inde et les Etats-Unis initié par G.W. BUSH qui semble faire pencher la balance en faveur de l’adversaire historique. En soulignant qu’une future coopération nucléaire avec le Pakistan ne viendrait finalement que restaurer l’équilibre entre Inde et Pakistan rompu par les Etats-Unis, le chef de l’Etat français  mettait donc du baume au cœur des dirigeants pakistanais et jetait une pierre dans le jardin de « l’ami américain », concurrence inter-impérialiste oblige !

3- L’industrie nucléaire pakistanaise, qui s’est développée toute seule malgré l’embargo international, a-t-elle vraiment besoin de l’aide technique et scientifique de la France ? Cette question est débattue par les militaires pakistanais. Elle l’est d’autant plus qu’il est question dans les très laconiques communiqués français publiés après la visite de ZARDIRI à Paris de coopération en matière de « sécurité nucléaire ». La formule les inquiète.

En effet, au moment où la campagne de déstabilisation du régime pakistanais orchestrée par Washington et Tel Aviv  fait grand tapage sur le risque de voir les « RÉSISTANTS »  s’emparer des armes ou des combustibles nucléaires pakistanais, les militaires pakistanais  imaginent volontiers, et ils l’écrivent , des experts français visitant les sites nucléaires pakistanais, vérifiant les mesures de sécurité, testant les consignes et revendant, sitôt rentrés au pays, leurs rapports de visite directement au MOSSAD.

Pourquoi au MOSSAD ? Tout simplement parce que les services de renseignement pakistanais sont compétents et n’ignorent rien des rapports particuliers et très étroits qu’entretient l’actuel chef de l’Etat français  avec le gouvernement israélien pas plus qu’ils n’ignorent  la volonté d’Israël de faire disparaitre la « bombe nucléaire islamique » comme les stratèges sionistes appellent la bombe pakistanaise, ni les multiples coopérations indo-israéliennes en matière d’armement et de renseignement.

Voici donc une partie de poker international à haut risque dont les éventuelles retombées sous forme de commissions et de rétro-commissions sont des arbrisseaux cachant une forêt épaisse et pleine de dangers.

Camaguer

Au fil des jours et des lectures... n°49

02.07.2009


3-2 Pakistan: quand la France craignait déjà des bisbilles sur des contrats ultra-sensibles.

No Comment

L’affaire de l’attentat de Karachi de 2002, qui visait des employés de la DCN (direction des constructions navales) en train de participer à la livraison de trois sous-marins français au Pakistan, a rebondi dans l’actualité. Certains enquêteurs et même la DCN, selon les révélations de Libération, ont émis l’hypothèse de représailles pakistanaises après que la France ait stoppé, en 1995-1996, le versements de certains “bakchichs” liés à ce contrat. Dans l’ombre, des règlements de comptes auraient pu s’opérer, pour “punir” la France, via la DCN.

Le Pakistan a déjà été au coeur de bagarre sur des contrats ultra-sensibles signés avec la France. Cela se passait au milieu des années 70.

Sous la houlette du président Giscard d’Estaing, le gouvernement de Jacques Chirac  a signé début 1975, un gros contrat de construction d’une usine de retraitement d’uranium au Pakistan. Un contrat “civil” qui masquait mal les ambitions militaires nucléaires du Pakistan, soucieux de se doter d’un armement atomique, après l’explosion de la première bombe indienne en mai 1974.

D’après les documents de la CIA, de la Maison-Blanche et de l’Elysée que j’ai pu consulter, ce contrat fit l’objet d’une vraie bataille en coulisses. Les Américains, par la voie du secrétaire d’Etat Henry Kissinger, firent pression sur la France pour qu’elle stoppe ce projet d’usine, jugé dangereux, en termes de prolifération. Kissinger en parla longuement au premier ministre pakistanais Ali Bhutto en août 1976 et écrivit à Giscard dans la foulée. “Je ne vois pas de possibilités pour la France de revenir sur ses engagements” répliqua Giscard le 1er septembre 1976. Mais les Américains maintinrent la pression et firent valoir que le Pakistan voulait vraiment se servir de cette usine de retraitement pour son programme militaire. Giscard finit par en convenir et par plier aux injonctions américaines, d’autant qu’il avait besoin de l’appui de Washington sur d’autres dossiers. 

Début août 1977, un mois après la destitution du Premier ministre Ali Bhutto par le général Zia, Giscard arrêta secrètement l’exécution du contrat, sans le dire ouvertement aux Pakistanais. “Il s’agit d’une affaire extrêmement délicate. Tous les transferts sont suspendus, les Pakistanais nous interrogent de temps à autre, expliqua le ministre français des affaires étrangères, Louis de Guiringaud, à son homologue américain Cyrus Vance, fin 1977.

La France redoutait que l’affaire ne s’ébruite. Elle craignait même de s’exposer à des réactions fâcheuses des Pakistanais, lesquels exigaient le respect du contrat signé. “Dans l’instabilité actuelle, toute décision mal préparée et inopportune pourrait les pousser à des solutions extrêmes” confia Giscard en mai 1978 au président Jimmy Carter. 

Deux mois plus tard, les Pakistanais refusèrent les offres alternatives de Français et le contrat fut définitivement rompu en août 1978. Sans représailles sensibles côté pakistanais l’égard de la France. Les Américains firent en sorte de calmer les autorités pakistanaises, en leur promettant davantage d’armements conventionnels. Cela n’empêcha pas le régime d’Islamabad de poursuivre son programme nucléaire souterrain, qui déboucha sur des premiers essais en 1998. 

L’invasion de l’Afghanistan par l’URSS  en décembre 1979 rapprocha les intérêts du Pakistan, de Washington et de Paris. On parla tout de suite de financements militaires, d’aide à la résistance afghane, qui devait passer par les Pakistanais… La CIA et le SDECE se mirent à l’ouvrage.

Plus de détails sur cette histoire dans “Des secrets si bien gardés” p. 438-441

25 juin 2009 

Cet article sur le site lesinfos.com

http://www.lesinfos.com/nouzille/2009/06/25/pakistan-quand-la-france-craignait-deja-des-bisbilles-sur-des-contrats-ultra-sensibles/


3-3 L'enquête de l'ONU sur l'assassinat de Benazir Bhutto débute.

La commission d'enquête de l'ONU sur l'assassinat en 2007 de l'ancienne première ministre pakistanaise Benazir Bhutto a officiellement commencé, mercredi 1er juillet, ses travaux. "Le mandat de six mois de la commission débute aujourd'hui. Elle se rendra au Pakistan, mais les dates ne sont pas encore fixées", a précisé un porte-parole de l'ONU au Pakistan.

La commission, composée de trois personnes, et dirigée par l'ambassadeur du Chili à l'ONU, Herald Munoz, est chargée "d'enquêter sur les faits et circonstances de l'assassinat", non de déterminer "la responsabilité criminelle des auteurs", qui reste du ressort des seules autorités
pakistanaises, selon l'ONU. Elle remettra son rapport au secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, qui à son tour le communiquera à Islamabad et au Conseil de sécurité de l'ONU.

L'enquête de l'ONU répond à une requête du gouvernement pakistanais issu des législatives de février 2008, remportées par le parti de Mme Bhutto. Alors grande figure de l'opposition, Benazir Bhutto se trouvait à Rawalpindi pour un meeting de son parti PPP (Parti du peuple pakistanais) quand elle a été tuée par un kamikaze qui a ouvert le feu sur elle, la manquant de peu, avant de faire exploser la bombe qu'il portait sur lui, le 27 décembre 2007, en pleine campagne électorale pour les législatives.

01.07.09
http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2009/07/01/l-enquete-de-l-onu-sur-l-assassinat-de-benazir-bhutto-debute_1213800_3216.html#ens_id=1162505


3-4 Les nouvelles « armes » américaines : Les étudiants et les Evangéliques.

Sabotages, manifestations, coups d’Etat, guerres ne suffisent plus : L’Empire utilise de nouvelles stratégies pour maintenir et même renforcer son hégémonie....
Mes amis,
L’Empire euro-américano-israélien est aux abois.

Son Système de prédilection, le libéralisme financier cher aux Reagan ou Thatcher, est en faillite.

Les guerres impériales s’embourbent.

Le vrai visage de la "démocratie" que l’Occident moderne tente d’imposer au monde, apparaît au grand jour ; Elle est de plus en plus rejetée par les peuples floués. Les nouvelles puissances nouent des liens entre elles, amicaux, humanitaires, commerciaux, militaires..., et de plus en plus de pays rejoignent ces Etats émergents futurs rivaux des USA qui prétendent, avec leurs alliés, imposer leur domination au monde.
Un Empire même moribond, même déconsidéré partout, même démasqué, ne rend pas les armes facilement. Son agonie est agressive, prête à transformer la planète en champ de ruines pour permettre à l’Oligarchie habituée à tout régenter de continuer à tout contrôler, y compris les paradis fiscaux, et à faire des bénéfices fabuleux sur le dos des peuples. Les profiteurs de guerres sont à l’affût, prêts, comme en Irak, à rafler toutes les mises, des ressources comme de la reconstruction. Et en attendant la guerre mondiale qui est à nouveau dans l’air du temps, toutes les stratégies sont tour à tour utilisées afin de diviser ou de destabiliser les Etats résistants au Désordre militaro-financier imposé, pour les soumettre, pour renverser leur gouvernement pourtant démocratiquement élu (comme en Palestine, en Russie, en Moldavie, au Vénézuela, en Bolivie, etc), pour imposer un pouvoir complaisant, aux ordres, docile - comme en Irak, en Afghanistan, au Pakistan, en Georgie, en Ukraine....
Au Vénézuela, par exemple, sabotages, manifestations, coup d’Etat, se sont succédés, en vain. Que faire pour imposer son poulain formé dans les meilleurs centres américains, comme le Président georgien ou le français, et ensuite organiser le pillage des ressources via des transnationales apatrides ? 
Voici une vingtaine d’années, j’ai connu à Marseille un petit groupe de missionnaires évangéliques financés par leurs Eglises aux USA, il était si charmant, si sincère, que je me suis joint à eux.

Il y avait une vingtaine de membres, et une fois par mois, pour ma plus grande joie, les habitués de la rue étaient conviés à partager le repas froid de ces zélés croyants. Repas que nous poursuivions parfois entre nous, le soir, chaud et beaucoup mieux garni. 

Ce qui m’avait ému, au point de demander que le meilleur repas soit réservé à ceux qui n’avaient rien, plutôt qu’à nous, les gâtés de la vie...
Deux années passèrent. Loin d’augmenter, le nombre de fidèles avait diminué. Au point d’interpeller la Communauté en question. Et dans ma résidence marseillaise, d’ailleurs, un couple s’était aussi installé, toujours pour porter la Bonne parole.

Curieusement, ceux que j’envoyais n’intéressaient pas. Et la Mission piétinait. C’est alors que le missionnaire changea sa stratégie : Désormais, il mettrait en place un Centre sportif, pour atteindre les jeunes, plus réceptifs. Tiens donc...
Et que firent mes chers amis évangéliques ?

Ils changèrent aussi leur fusil d’épaule. Finies les réunions de "maison", de rue, du dimanche. Et en avant l’évangélisation dans les Universités ! Les jeunes, et des jeunes intelligents, cultivés, devinrent leur public. Pour en faire de futurs leaders ? A l’époque, je n’avais pas compris la portée de ces changements.
Plus tard, je réalisai que cela entrait dans une vaste stratégie de conquête du monde, les Eglises évangéliques ayant entrepris de partir à l’assaut de la planète. Armées de leurs Bibles, travaillant de l’intérieur les opinions, les soumettant à un Dieu très américain, pour mieux prendre possession de leur vie, de leur mental, de leur emploi du temps, de leur opinion politique (Eglises soi-disant a-politiques, en réalité zélées pour Reagan), de leurs engagements, au service de l’Ordre Libéral, des croyances américaines, du mode de vie anglo-saxon, de son puritanisme étroit, et au service, aussi, d’un Sionisme intransigeant et conquérant (de façon intéressée, d’ailleurs, pour hâter, soi-disant, le retour de Jésus, et ensuite, bien sûr, imposer par la force aux chers amis israéliens, leurs propres convictions. Délicieux !).
Ainsi, les Evangéliques à la sauce américaine sont partis à la conquête du monde, et pour commencer, des esprits, même en milieu très hostile, musulman par exemple, et au risque de provoquer de violentes allergies comme en Afrique du Nord. Si l’on n’y prend pas garde, nous nous trouverons bientôt en face de cerveaux complètement destructurés, soumis, robotisés, prêts à accepter passivement les conséquences les plus extrêmes du Néo-Libéralisme et à partir en guerre contre des ennemis créés de toutes pièces, parce que vivant sur un territoire riche en ressources, ou stratégique, ou résistant au Nouvel Ordre Mondial programmé sous l’égide de l’Elite blanche, raciste, cupide, richissime, sans scrupules.
Et les proies sont juvéniles, car plus malléables, mais aussi étudiantes, prêtes à devenir les leaders de demain, à la tête d’Etats, d’Institutions soumises, de Grandes Banques, de multinationales avides, prédatrices...
La nouvelle stratégie de l’Occident, en milieu étudiant.
Je viens d’écouter une vidéo, qui rejoint tout ce que j’ai écrit, en dépassant le cadre spécifiquement évangélique que je connais si bien pour l’avoir fréquenté pendant des années. Et que dit cette vidéo ? Que des étudiants sont formés à devenir les relais de nos chères démocraties occidentales, pour faire tomber les gouvernements en place. Et ces choses-là rejoignent ce que j’ai pu écrire, ici ou là, sur mes blogs, notamment concernant la Moldavie. Dans les Médias sous influence, on parle, au mieux, d’éléments roumains attachés à déstabiliser le pouvoir en place, pour l’offrir à des tenants du Libéralisme anglo-saxon. Je me sens bien seule à entrevoir depuis le début des visées spécifiquement occidentales, des menées bien peu démocratiques mettant en scène, à l’arrière plan, des acteurs très liés aux Etats-Unis et à l’allié indéfectible, israélien. La Moldavie est un petit pays, certes, mais fort bien situé, et que ne ferait-on pas pour amputer le crédit des Russes, et même leur influence ? N’étaient-ce pas les organisations charitables juives qui, en Ukraine (et alors que les manifestants endoctrinés au préalable piétinaient devant le Parlement pour le renverser et installer un Gouvernement "démocratique" ayant la faveur de Washington), apportaient, "généreusement", des soupes chaudes aux ventres refroidis ? Ce qui avait si bien réussi en Ukraine pouvait se reproduire en Georgie et, maintenant, en Moldavie. Ou ailleurs. Tant d’ailleurs, si bien situés, ou si riches en ressources susceptibles d’intéresser les multinationales les plus exigeantes, ou les Banques les plus dynamiques !
Bref, les étudiants manifestent contre le Vénézuela de Chavez, présenté comme totalitaire (tiens donc !), exactement comme ceux de Moldavie. Qu’y-a-t-il derrière ces jeunes enflammés pour des causes qui dépassent le cadre de leur Etat ? Et qui d’ailleurs, il faut le dire, sont la plupart du temps issus eux-mêmes de milieux privilégiés, totalement ignorants des souffrances du bon peuple...
Pour résumer, les Universités se voient offrir des "projets", dûment financés de l’Etranger, des accords sont signés avec des Associations pour promouvoir la Démocratie, encore et toujours elle (comme en Irak), des liens sont tissés entre étudiants locaux et agents d’Outre-Atlantique - exactement comme avec mes missionnaires évangéliques. Les créneaux varient, mais ils aboutissent tous au même résultat : Changer les gouvernements pourtant... démocratiquement élus !
A Gaza, les Israéliens ont divisé pour mieux régner, dressant une muraille d’incompréhension entre le Hamas élu et le Fatah rejeté, afin de trouver un prétexte tout trouvé pour ne rien changer et poursuivre la colonisation.

En Georgie ou en Ukraine, la stratégie a réussi : Des marionnettes appliquent avec zèle les consignes américano-israéliennes ! En Moldavie ou dans le Vénézuela de Chavez, ce sont les étudiants qui sont utilisés pour, de l’intérieur, orchestrer le changement si profitable à la City ou à Wall-Street. Diviser pour régner, encore et toujours. Le scénario est identique, les acteurs changent.
Au Vénézuela, quatre groupes se rejoignent pour tenter de renverser le Président démocratiquement élu, et plébiscité par les catégories populaires : L’Eglise Catholique, les milieux d’affaires, les Médias - tentative de coup d’Etat, sabotage, rien n’a marché pour abattre le populaire Chavez ; c’est alors que les étudiants entrent en scène, pour d’une part propager les idées qui leur ont été inculquées de l’extérieur, présentant le Libéralisme sous son meilleur jour (!), et surtout la démocratie comme un idéal à atteindre. Deux canaux principaux : L’USAID, l’Agence américaine d’Aide au développement, et la NED, la Nacional Endowment for Democracy. Et des Instituts de formation, le Centre Albert Einstein et la Flatcher School, sensibilisant les étudiants aux techniques "geene sharp", des actions non-violentes mais néanmoins très efficaces et fort persuasives.
Et puisque les Médias sont de zélés relais des agents de l’Etranger, ils seront bien évidemment là pour saisir l’instant "magique", celui qui accuse le Pouvoir qu’on souhaite abattre, celui qui discrédite la Police de Chavez, ou encore celui qui montre en action les étudiants fidèles au Président, acculés à se défendre. Les partisans de Chavez sont présentés comme violents, alors qu’ils sont provoqués, agressés, comme à l’Université du Travail Social, et cela, on ne le montre pas ! Par contre, les jeunes adeptes du changement sont dépeints comme non-violents, ardents démocrates, moraux, etc... alors qu’ils sont le jouet des grandes Puissances financières qui veulent soumettre le monde à leurs plans, et des provocateurs qui, sur place, les relaient, agents d’étranges ONG ou d’Institutions officiellement à visées humanitaires ou démocratiques.
OTPOR : Des mots que les jeunes serbes connaissent bien. Un mouvement étudiant d’opposition, une invitation à se soulever contre les gouvernements en place, pro-russes par exemple, conduisant aux célèbres Révolutions de couleur qui ont fleuri en Georgie ou en Ukraine, un scénario qui a induit le changement, aussi, en Serbie, avec désormais un gouvernement plus proche de Washington que de Moscou. 
Une stratégie reposant sur des éléments extérieurs pour faire tomber un gouvernement en place, élu, est-ce si démocratique ? Et pourtant, ces changements se font toujours au nom de la démocratie, celle-là même que les peuples rejettent de plus en plus, parce que fallacieuse. 
Ainsi, les étudiants sont désormais instrumentalisés à des fins hégémoniques. C’est la nouvelle stratégie de Washington pour substituer aux gouvernements démocratiquement élus, des pouvoirs à leur solde, servant de relais aux multinationales et leur permettant de piller, tout à loisir, les ressources des pays convoités. Et ces projets "étudiants" sont bien évidemment sinon sponsorisés, du moins encouragés, par les alliés européens dociles, en piorité italiens, ou à Bruxelles, notamment au Parlement. Le Vatican n’est pas en reste, avec un Cardinal très actif et hyper conservateur, Renato Martino. 
Il est temps d’alerter les étudiants, pour qu’ils ne deviennent pas, à leur insu, les plus fidèles agents du Libéralisme militaro-financier anglo-saxon qui ravage la planète. Puisque nous ne pouvons pas compter sur les Médias pour faire leur travail, il convient de les remplacer et d’informer les jeunes pour qu’ils ne soient pas pris au piège du Grand Désastre Planétaire en gestation. S’il en est encore temps !

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-nouvelles-armes-americaines-54759



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

10/07/2009

n°25 -Journal de PAKISTAN - 26-06 au 09-07- :-Début - Le fiasco de Swat - l'armée pakistanaise s'enlise face aux résistants

n°25 -Journal de PAKISTAN - 26-06 au 09-07- :-Début - Le fiasco de Swat - l'armée pakistanaise s'enlise face aux résistants



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



        Journal de PAKISTAN 

                                                                     n° 25- 26-06 au 09-07

                                    C.De Broeder & M.Lemaire                                               



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


Avant propos

·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes



Sommaire.

Tiré à part :

Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

Les déplacés de Swat sont indésirables à Karachi.

Paroles & action du président...

Le Pakistan au cœur des débats.

Ben Laden accuse

Crimes de la CIA.

1 Au jour le jour

2 Positions

Suite

3 Politique

a) locale

b) Usa

4 Institutions internationales

Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Video: antiWAR

5-2 Vidéo : Les guerres du pétrole expliquées aux enfants

5-3 Les 5 règles de la propagande de guerre

6 Brèves

6-1 Un coup américain?

      Baitullah Mehsud travaillerait pour le Mossad et la CIA.

6-2 Les milices collaboratrice sont appuyées par l'armée pakistanaise.

6-3 Les drones US décollent d'une base pakistanaise.

6-4 Du cuit et recuit... Ben Laden serait au Pakistan (CIA).

Fin

7  Dossiers

7-1 Gaël Vaillant : Pakistan: L'excuse Ben Laden.

7-2 Gérard Chaliand : le Pakistan est l'épicentre de la ‘crise’.

7-3 Le Racq : Le Pakistan en quête de repères.

7-4 Tous les Pachtounes ne sont pas résistants, mais tous les résistants sont pachtounes.

7-5 Philippe Grangereau : Le fiasco de Swat l’armée pakistanaise s’enlise face aux résistants.

7-5 Georges Abou : La nouvelle administration d’Obama révise sa stratégie.

7-6 Alain Gresh : Afghanistan-Pakistan, « mission impénétrable ».



Tiré à part :

Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

29-06

Au moins trois civils ont été tués lors d'un échange de tirs d'artillerie entre l'armée et des résistants à Kaloosha, à 17 km à l'ouest de Wana, le chef-lieu du Waziristan du Sud, selon un responsable gouvernemental local, Ghafoor Shah. Ce bilan a été confirmé par des responsables locaux de sécurité. L'origine exacte du tir restait inconnue.

AFP

Les déplacés de Swat sont indésirables à Karachi.

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

Ndlr : Les informations contenues dans cet article peut être totalement faux

C'est un camp de toile, de cailloux et de fournaise, battu par des bourrasques de poussière, en bord d'autoroute, au nord de Karachi. Le souffle chaud du mois de juin fait vaciller les tentes blanches et danser les buissons secs. Assis sous une bâche, des fonctionnaires locaux, badge plastifié pendu au cou, s'ennuient. Les occupants sont rares, il n'y a pas grand-chose à administrer. "On peut héberger 450 familles, mais 16 seulement sont arrivées jusqu'ici", précise l'un de gardiens du lieu.

27.06.

Alors que les camps accueillant les déplacés de Swat, fuyant l'offensive lancée fin avril par l'armée contre les résistants, sont saturés entre Islamabad et Peshawar, provoquant une crise humanitaire sans précédent dans l'histoire du Pakistan contemporain, le camp de Karachi est fantôme.

Qui aurait envie de s'y replier ?

Cette étuve austère, dépourvue d'électricité et de matelas, est inhospitalière.

C'est peu dire que la province méridionale du Sind, dont Karachi est le chef-lieu, rechigne à accueillir les déplacés de la région de Swat.

La population locale y est tout simplement hostile.

A l'appel de partis nationalistes sindis, elle a même manifesté, affronté la police aux cris de "Non aux déplacés".

Le Sind se cabre dans un égoïsme autochtone, sourd aux appels à la solidarité nationale en ce moment critique du combat contre les résistants. "Nous avons de la sympathie pour ces réfugiés, mais leur venue dans le Sind n'a aucun sens, explique Mumtaz Bhutto, dirigeant du Sindh National Front (SNF), un petit parti nationaliste sindi. Karachi est si loin de chez eux. Pourquoi ne restent-ils pas du côté d'Islamabad ? Nous n'avons pas ici les ressources pour les accueillir. Il y a déjà de graves problèmes chez nous de chômage et de déficit en électricité."

M. Bhutto récuse l'accusation de xénophobie. Il rappelle l'"hospitalité historique" du Sind, mais cela a fini en "tragédie", dit-il.

Au lendemain de la partition en 1947 de l'ex-empire britannique des Indes, Karachi et d'autres villes du Sind ont en effet accueilli l'essentiel des 7 millions de musulmans ayant fui l'Inde fraîchement indépendante.

Ces réfugiés d'Inde, appelés "Mohajirs", ont fait de Karachi leur fief, où ils formaient l'élite intellectuelle et économique. Mais la relation s'est envenimée avec les Sindis autochtones, qui contestaient leur position dominante, jusqu'à dégénérer en conflit violent avec l'Etat lui-même. La révolte des Mohajirs, orchestrée par le Mohajir Qaumi Mahaz (MQM), a pris un tour sanglant dans les années 1990. "Après un tel passé, ajoute M. Bhutto, il est bien normal que les Sindis s'inquiètent de l'afflux de nouveaux réfugiés."

L'ironie veut que Sindis et Mohajirs, rivaux historiques, se serrent aujourd'hui les coudes contre une nouvelle génération d'intrus : les déplacés de la région de Malakand (dont Swat fait partie), issus des communautés pachtounes du nord-ouest du Pakistan. "C'est déplorable, s'insurge Shahi Sayed, le président provincial de l'Awami National Party (ANP), le parti défendant les intérêts des Pachtounes. Selon les termes de la Constitution, tout citoyen pakistanais est libre de circuler et de s'installer où il l'entend." Mais Sindis et Mohajirs se moquent de l'argument juridique. A leurs yeux, l'enjeu n'est autre que le fragile équilibre ethnique de la cité.

LE MONDE |

27.06.09

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2009/06/27/a-karachi-les-deplaces-de-swat-sont-indesirables_1212463_3216.html


Paroles & action du président...

Barack : «L’avenir de l’Afghanistan est inextricablement lié à l’avenir de son voisin, le Pakistan.

Les terroristes qui se trouvent à l’intérieur des frontières pakistanaises ne sont pas seulement les ennemis de l’Amérique ou de l’Afghanistan (mais) un cancer qui risque de tuer le Pakistan de l’intérieur.»

Libération,

3/7/09 

Obama : "Nous n'avons aucune intention d'envoyer des troupes au Pakistan".

Irna

22 Juin


Le Pakistan au cœur des débats.

Ben Laden accuse

Oussama ben Laden, accuse les Etats-Unis d'avoir semé "les graines de la haine" chez les musulmans. "Si un musulman devient l'allié des infidèles et soutient ceux-ci contre les musulmans, il perd sa foi et devient un apostat infidèle" "Ne vous alliez pas aux juifs et aux chrétiens, comme c'est le cas de l'armée pakistanaise, qui s'est retranchée dans le même donjon que l'Amérique face à l'islam. Tout vrai musulman doit les combattre", conclu l'introuvable ben Laden qui est d'origine saoudienne.

Ben Laden a présenté le président pakistanais Asif Ali Zardari comme un serviteur des Etats-Unis qui a ordonné à son armée de combattre les musulmans sur ordre de Washington.

Le message prononcé par Barack Obama,  a été qualifié de "criminel" par le numéro deux d'Al Qaïda, Aymane al Zaouahri.

Base : Reuters

Jeudi 4 juin, 16h54

Crimes de la CIA.
Une polémique oppose le Pentagone à la CIA à propos des assassinats ciblés de chefs de la résistance en Afghanistan et au Pakistan, ou l’Agence mène une campagne sur le modèle de l’Opération Phœnix durant la guerre du Vietnam.

On ignore le chiffre exact de ces interventions, mais des responsables de l’Agence ont assuré en privé avoir éliminé plus de 300 « cibles » depuis janvier 2008.

La presse pakistanaise a recensé 60 frappes dans le pays depuis janvier 2008, s’étant soldées par la mort de 14 leaders et de 687 « victimes collatérales ».

Ces exécutions extra-judiciares ont été vivement critiquées au Conseil des droits de l’homme de l’ONU et le rapporteur spécial a sommé les États-Unis d’en préciser la base légale.

Mais là n’est pas le problème aux yeux du général David Petraeus (patron de l’US Central Command) et de ses amis.

Pour réaliser ces opérations, une puce émettrice est installée au domicile de la cible, souvent par un proche corrompu. La cible est alors bombardée par un drone.

En moyenne la CIA tue 50 civils par cible atteinte. Dans ces conditions, l’élimination des chefs insurgés suscite une forte colère parmi la population et la dresse contre les États-Unis.

 http://www.voltairenet.org/article160594.html



1) Au jour le jour

Les zones tribales pakistanaises frontalières de l'Afghanistan sont considérées comme des bases arrière pour les résistants, d'où ils mènent des attaques contre les forces internationales déployées en Afghanistan.

Le front de la rébellion s'étend

L'armée pakistanaise promet depuis deux semaines de déclencher une grande offensive, mais l'assaut terrestre sera probablement très périlleux dans une région accidentée et très difficile à contrôler.

Les soldats continuent de pilonner la zone tribale du Waziristan du Sud, fief du chef résistant Baitullah Mehsud.

Deux avions pakistanais ont bombardé des repaires dans les zones de Makeen et Laddha, deux grands bastions de la rébellion.

Dix résistants auraient été tués, quinze autres - blessés.

Les résistants, eux, multiplient leurs attaques dans de nouvelles régions du pays.

Au Nord, dans la partie du Cachemire administrée par le Pakistan, les résistants y ont réalisé vendredi 26 juin lela preière attaque kamikaze de l'histoire de cette région.

L'attaque, qui a visé un véhicule de l'armée à Muzaffarabad, capitale du Cachemire pakistanais, a tué deux soldats et en a blessé trois autres selon l'armée.

Un porte-parole des résistants a ordonné au gouvernement de cesser ses opérations et bombardements aériens au Waziristan, « faute de quoi, a-t-il dit, nous continuerons à employer telles attaques dans tout le Pakistan »

RFI

 27/06/

http://www.rfi.fr/actufr/articles/114/article_82234.asp

a) Résistance

26/6

Un kamikaze s'est fait exploser près d'un véhicule militaire vendredi dans la région du Cachemire, au Pakistan, tuant au moins deux soldats, a annoncé l'armée.

Trois autres soldats ont été blessés dans cet attaque qui s'est déroulé à Muzaffarad, la capitale régionale, a précisé l'armée dans un communiqué.

Hakimullah Mehsud, un proche du chef résistant Baitullah Mehsud, a déclaré à l'Associated Press que l'attaque était destinée à prouver que les combattants résistants n'avaient pas été affaiblis par l'offensive lancée depuis plus d'une semaine dans la région tribale du nord-ouest du Pakistan.

"Nous sommes en position de répondre aux attaques de l'armée, et le temps prouvera que ces opérations militaires ne nous ont pas affaibli", a-t-il déclaré par téléphone.

AP

26-06

 Une bombe a explosé au passage d'un convoi militaire pakistanais près de Miran Shah, la principale ville du Nord-Waziristan, tuant trois soldats et un passant, selon l'armée. Quinze soldats et deux civils ont également été blessés.

AP

28-06

Dimanche, dans le Waziristan du Nord, des assaillants armés de lance-roquettes et d'armes automatiques ont tendu une embuscade à un convoi militaire, tuant 16 soldats sur le coup, alors que quatre autres ont succombé à à leurs blessures lundi, selon le général Abbas.

AFP.

29-06

Dans le Waziristan du Nord, des combattants pro-résistants ont annoncé lundi avoir mis fin à un accord de cessez-le-feu signé avec le gouvernement en février 2007, et de ne plus y autoriser les mouvements de l'armée, a indiqué l'un de leurs porte-paroles, Ahmedullah Ahmedi.

La décision a été prise en réaction à la mort de civils "innocents tués par des bombardements de drones américains, alliés d'Islamabad dans leur opérations contre les résistants.

AFP

29-06

A Buner, où les résistants avaient progressé il y a deux mois, parvenant à une centaine de km d'Islamabad et suscitant ainsi la forte inquiétude des Occidentaux, une bombe a explosé dans la ville de Swarhi, blessant au moins huit personnes dont trois responsables de sécurité, a indiqué la police.

 (AFP)

 03-07

L’armée pakistanaise a fait état de l’accident d’un hélicoptère de transport avec à bord 26 membres des services de sécurité. Il n’y a pas eu de survivant, précisent les autorités, qui attribuent le crash à des problèmes techniques(…) .

L’accident a eu lieu près de Peshawar, la principale ville du Nord-Ouest du pays.

(AFP)

06-07

Un policier a été tué dans un attentat à la bombe commis par un kamikaze contre un commissariat d'Islamabad, annoncent la police et des responsables municipaux

L'explosion a également blessé trois agents.

http://fr.news.yahoo.com/


b) Assaillants US & collaborateurs.

23-06

"Un missile a été tiré par un drone dans la zone montagneuse reculée de Neej Narai(un district tribal du nord-ouest du Pakistan - le Waziristan du Sud) ", a déclaré à l'AFP un responsable pakistanais de sécurité sous couvert de l'anonymat.

Un autre responsable a confirmé ce bombardement, ajoutant craindre des victimes et ne pas savoir quelle était la cible de l'attaque.

.AFP

27-06

Cinq résistants présumés ont été tués, samedi 27 juin à Karachi, dans le sud du Pakistan, lors d'une fusillade avec la police. "Nous avons effectué une descente dans une maison après avoir été avertis que des activistes préparaient des attaques dans la ville", a déclaré le chef de la police de la ville, Waseem Ahmed.

Selon lui, ces résistants étaient des fidèles de Baitullah Mehsud, qui dirige le Tehrik-e-Résistant Pakistan (TTP), mouvement des résistants pakistanais.

(Reuters.)

29-06

L'armée pakistanaise a intensifié lundi ses bombardements sur les zones tribales, au lendemain d'une embuscade fatale à 16 soldats, selon plusieurs responsables.

L'aviation pakistanaise a continué à pilonner les districts tribaux du Waziristan du Nord et du Sud, fief du chef résistant Baïtullah Mehsud, contre lequel l'armée annonce depuis plusieurs semaines une offensive imminente.

Les autorités pakistanaises ont offert dimanche 615.000 dollars pour toute information menant à la capture, "mort ou vif" de Baïtullah Mehsud.

Selon le porte-parole de l'armée, le général Ahtar Abbas, 18 résistants et 16 soldats, dont un officier, sont morts au cours des dernières 24 heures dans le Waziristan du Nord, un des sept districts tribaux semi-autonomes frontaliers de l'Afghanistan, ainsi que dans le district de Swat (nord-ouest).

Ce bilan était impossible à vérifier de source indépendante.

http://www.romandie.com/infos/

 03-07

Des missiles américains ont visé vendredi des résistants où l'armée combat les résistants ont indiqué des responsables des forces de sécurité. 

Ces sources ont indiqué qu'elles pensaient qu'il y avait des victimes mais sans pouvoir le confirmer.

"Trois missiles se sont abattus sur le repaire du commandant résistant Noor Wali et il y a peut-être des victimes", a confirmé un de ses collègues.

"Les missiles ont été tirés par des drones", a précisé cette source. Seule l'armée américaine et la CIA disposent de tels appareils dans la région.

 Les attaques ont eu lieu dans le district du Waziristan du Sud, une zone tribale du nord-ouest du Pakistan, et frontalier avec l'Afghanistan.

(AFP)

03-07

Des missiles américains contre un camp d'entraînement et un centre de communications ont fait vendredi 17 morts et 27 blessés dans le nord-ouest du Pakistan, selon des responsables des renseignements pakistanais.

AP

http://fr.news.yahoo.com/3/20090703/twl-pakistan-afghanistan-usa-224d7fb_2.html

05.07.

Neuf résistants présumés ont été tués dimanche dans des bombardements aériens des forces pakistanaises dans le nord-ouest du pays, dans le cadre d'une vaste offensive dans les zones tribales, ont indiqué des responsables des forces de sécurité.

AFP

07-07

Un missile américain a probablement fait sept à dix morts en frappant mardi UN QG  des résistants des zones tribales du nord-ouest du Pakistan, ont indiqué des responsables des forces de sécurité.

L'un d'eux a précisé que le tir avait visé un ancien bureau de Baïtullah Mehsud, le chef du Mouvement des Talibans du Pakistan (Tehrik-e-taliban Pakistan, TTP

Les bilans des tirs de missiles américains sont souvent très approximatifs et ne peuvent jamais être vérifiés, y compris par les forces de sécurité, lesquelles n'ont pas accès à ces zones tribales, fiefs des talibans.

 (AFP)

08-07

Des responsables qui ont requis l'anonymat ont expliqué que deux missiles ont totalement détruit un complexe abritant un camp d'entraînement présumé du chef des résistants pakistanais Baitullah Mehsud dans le village de Makeen dans la province pakistanaise du Sud-Waziristan.

Des résistants ont annoncé avoir retiré 12 corps des décombres.

 AP


n°25 -Journal de PAKISTAN - 26-06 au 09-07- :-Suite - Le fiasco de Swat - l'armée pakistanaise s'enlise face aux résistants

n°25 -Journal de PAKISTAN - 26-06 au 09-07- :-Suite - Le fiasco de Swat - l'armée pakistanaise s'enlise face aux résistants



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



        Journal de PAKISTAN 

                                                                     n° 25- 26-06 au 09-07

                                    C.De Broeder & M.Lemaire                                               



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Sommaire.

3 Politique

a) locale

b) Usa

4 Institutions internationales

Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Video: antiWAR

5-2 Vidéo : Les guerres du pétrole expliquées aux enfants

5-3 Les 5 règles de la propagande de guerre

6 Brèves

6-1 Un coup américain?

      Baitullah Mehsud travaillerait pour le Mossad et la CIA.

6-2 Les milices collaboratrice sont appuyées par l'armée pakistanaise.

6-3 Les drones US décollent d'une base pakistanaise.

6-4 Du cuit et recuit... Ben Laden serait au Pakistan (CIA).


3 Politique

a) Locale

Sur le terrain

Les autorités pakistanaises ont offert 615.000 dollars pour la capture d'un chef de la résistance.

Les autorités pakistanaises ont offert dimanche 615.000 dollars pour toute information menant à la capture, mort ou vif, du commandant résistant Baïtullah Mehsud contre lequel l'armée pakistanaise dit préparer une offensive d'ampleur dans le nord-ouest du pays.

Deux quotidiens nationaux en ourdou ainsi que plusieurs journaux locaux dans la grande ville du nord-ouest, Peshawar, ont publié l'annonce gouvernementale promettant 50 millions de roupies (615.000 USD) pour la capture de Baïtullah Mehsud.

Des récompenses sont également offertes pour 10 de ses lieutenants.

"Le gouvernement a annoncé une récompense en liquide pour quiconque fournirait une authentique information conduisant à leurs captures, morts ou vifs", indique l'annonce.

Principal chef résistant du Pakistan, Baïtullah Mehsud reste insaisissable malgré une mise à prix de cinq millions de dollars déjà offerte par les Etats-Unis et il continue à harceler les autorités depuis son fief des zones tribales du nord-ouest.

 (AFP /

 28 juin

http://www.romandie.com/ats/news/090628074821.hn61dwag.asp


Le sol pakistanais ne doit pas être utilisé pour le terrorisme

Le Premier ministre indien Manmohan Singh au président pakistanais Asif Ali Zardari.: "Je suis heureux de vous rencontrer mais mon mandat est de dire que le territoire du Pakistan ne doit pas être utilisé pour le terrorisme", a dit M. Singh

L'entretien a eu lieu en marge du sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS - Russie, Chine, Kazakhstan, Ouzbékistan, Tadjikistan et Kirghizstan), au sein de laquelle l'Inde et le Pakistan ont le statut d'observateurs.

AFP /

16 juin

http://www.romandie.com/ats/news/



b) Usa

Obama

Barack : «L’avenir de l’Afghanistan est inextricablement lié à l’avenir de son voisin, le Pakistan […]. Les terroristes qui se trouvent à l’intérieur des frontières pakistanaises ne sont pas seulement les ennemis de l’Amérique ou de l’Afghanistan (mais) un cancer qui risque de tuer le Pakistan de l’intérieur.»

Libération,

3/7/09

Les Etats-Unis n'ont aucun plan pour s'emparer des armes nucléaires du Pakistan.

Obama : "Nous n'avons aucune intention d'envoyer des troupes au Pakistan".

Obama a déclaré qu'il n'a aucun désir de saisir les armes nucléaires du Pakistan ou d'envoyer des troupes américaines à l'intérieur du pays dans une entrevue avec une chaine de télévision pakistanaise.

Les Etats-Unis savent que le gouvernement pakistanais est capable de préserver son arsenal nucléaire.
M. Obama s'est à ce sujet déclaré "confiant sur le fait que le Pakistan a sécurisé son arsenal nucléaire".
Ma principale préoccupation, a indiqué Obama, c'est de m'assurer que les Résistants et d'autres organismes extrémistes ne s'implantent pas dans le sud de l'Asie, en Afghanistan et au Moyen-Orient.
Le président s'est dit "confiant dans la capacité" du peuple et du gouvernement du Pakistan à "isoler les extrémistes", dans un entretien diffusé dimanche par la télévision pakistanaise Dawn TV.
"J'ai confiance dans la capacité du peuple et du gouvernement pakistanais à résoudre leurs problèmes par la démocratie et à isoler les extrémistes", a déclaré Obama, répétant que son pays avait vocation à être "un partenaire et un ami" du Pakistan et se défendant de toute intervention directe dans le pays.
Obama a déclaré que le gouvernement militaire pakistanais ne restera pas sans rien faire si les extrémistes essayent de mettre à feu et à sang le pays mais c'est au gouvernement pakistanais de prendre les décisions qui s'imposent.
Obama. : "Les Etats-Unis croient fermement qu'ils constituent un allié pour les nations pacifiques qui cherchent à déraciner l'extrémisme et c'est ce genre de rôle que veulent jouer avec le Pakistan"
"Le Pakistan a toujours su dépasser ses problèmes. Et il n'y a aucune raison qu'il n'y arrive pas aujourd'hui.
Irna

22 Juin

http://www2.irna.ir/fr/news/view/line-41/0906223245175919.htm

http://www.alterinfo.net/Barak-Obama-les-Etats-Unis-n-ont-aucun-plan-pour-s-emparer-des-armes-nucleaires-du-Pakistan_a33623.html


Sur le terrain

Jean-Pierre Perrin: Baptême du feu pour la stratégie Obama.

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

Extrait

L’administration Obama a obtenu du Pakistan qu’il déploie, de l’autre côté de la frontière, des unités «pour empêcher tout passage» d’insurgés.(…)

Dans ce but, le nouveau commandant des forces américaines, le général Stanley McChrystal, s’est entretenu à Rawalpindi, avec le chef d’état-major pakistanais, le général Ashfaq Kayani. Derrière cette opération se dessine, dès lors, la nouvelle approche américaine, baptisée d’un acronyme l’Afpak, telle qu’elle a été définie, le 27 mars, par Barack Obama.

Celle-ci consiste d’abord à intensifier les opérations militaires grâce à l’arrivée de renforts : 17 000 hommes supplémentaires ont commencé à être affectés sur le théâtre d’opération, principalement en première ligne, le long de la frontière afghano-pakistanaise.

Elle passe aussi par la formation des forces de sécurité afghanes qui sera assurée par 4 000 conseillers américains - un encadrement d’autant plus nécessaire que l’armée afghane doit passer de 85 000 hommes à 134 000, début 2010, et à 400 000 d’ici à 2014.

L’Afpak se traduit également par une nette augmentation de l’engagement civil au profit du développement économique et social du pays. 

Le second volet de cette stratégie est plus novateur : il consiste à lier les deux théâtres d’opération, l’Afghanistan et le Pakistan.

C’est désormais la nouvelle doctrine de l’administration américaine, remplaçant le concept cher à George Bush de «guerre contre le terrorisme».

Elle renverse aussi les priorités en plaçant le Pakistan au cœur de la lutte contre l’insurrection islamiste.

En la présentant, Barack Obama n’avait pas mâché ses mots : «L’avenir de l’Afghanistan est inextricablement lié à l’avenir de son voisin, le Pakistan […]. Les terroristes qui se trouvent à l’intérieur des frontières pakistanaises ne sont pas seulement les ennemis de l’Amérique ou de l’Afghanistan (mais) un cancer qui risque de tuer le Pakistan de l’intérieur

 [Ca, c'est extrêmement novateur, cela ressemble furieusement à la tentative d'extirper le cancer communiste en pourchassant les ennemis de l'Amérique et du Vietnam dans leur sanctuaires au Laos et au Cambodge - RM]

«Pas de chèque en blanc». Là où la doctrine Obama se différencie vraiment de celle de son prédécesseur, c’est en donnant un caractère strictement conditionnel au renforcement de l’assistance américaine, à cette occasion triplée - 1,5 milliard de dollars (1,06 milliard d’euros) par an pendant une durée de cinq ans.

C’est donc bel et bien une politique de la carotte et du bâton résumée par la formule employée par le chef de l’Etat : «Pas de chèque en blanc.» Les forces pakistanaises se devaient bien d’être à la frontière.

Il (Obama) s'applique donc à recopier ce merveilleux rêve en Afghanistan...

Jean-Pierre Perrin
Libération,

3/7/09

(http://www.cnsnews.com/public/content/article.aspx?RsrcID=35226). http://fr.news.yahoo.com/76/20090703/twl-baptme-du-feu-pour-la-stratgie-obama-1a8f422_1.html

 

L’œil de la CIA : La force nucléaire au Pakistan

Confidence d'un membre de la CIA: "La priorité absolue de l'Agence est de localiser avec exactitude l'emplacement des rampes de lancement de missiles au Pakistan. Nous en connaissons une bonne partie, mais pas toutes. Or les Etats-Unis ont besoin de disposer d'une cartographie parfaite en la matière. Nous devons être prêts à les neutraliser au cas où un régime islamiste prendrait le pouvoir dans ce pays qui dispose de la force nucléaire".(...)

Axel Gyldén, publié le 04/06/

http://www.lexpress.fr/actualite/indiscret/l-oeil-de-la-cia-au-pakistan_764822.html


Occupation du Pakistan

Ben Laden serait toujours au Pakistan, selon le patron de la CIA

Le directeur de la CIA, Leon Panetta, a déclaré jeudi qu'Oussama ben Laden se trouverait encore au Pakistan où il pourrait être capturé à la faveur de l'offensive menée par l'armée pakistanaise dans la zone tribale (nord-ouest).

M. Panetta, qui s'exprimait devant la presse après un discours au Capitole, a réaffirmé que débusquer le chef d'Al-Qaïda restait l'une des priorités de la centrale américaine de renseignement. Selon lui, la possibilité d'une capture de l'homme le plus recherché au monde est plus forte du fait de l'activité conjuguée de la CIA et de l'armée pakistanaise.

"L'un de nos espoirs est que la progression de l'armée pakistanaise, combinée avec nos opérations, nous donne une chance plus grande de l'attraper", a-t-il expliqué.

Dans son discours, M. Panetta a indiqué :"Nous avons un certain nombre de gens sur le terrain au Pakistan, qui nous aident à déterminer les objectifs et nous fournissent les informations dont nous avons besoin pour traquer Al-Qaïda"

AP

http://fr.news.yahoo.com/3/20090611/twl-usa-cia-ben-laden-224d7fb_3.html


1-13 Prisons & tortures - Déclaration et situation dans les geôles pakistanaise.

Javaid Iqbal, Emprisonné 5 mois puis expulsé... car aucune charge n'ait été retenue contre lui.

C'est un Pakistanais, Javaid Iqbal, arrêté pour infraction à la loi sur l'immigration peu après le 11-Septembre, emprisonné 5 mois dans une prison de haute sécurité puis expulsé vers son pays d'origine sans qu'aucune charge n'ait été retenue contre lui, qui avait présenté cette requête devant la Cour suprême.

Javaid Iqbal a été maltraité, enfermé 23 heures sur 24 dans une cellule de confinement où la lumière était allumée en permanence, et avoir été sujet à des fouilles au corps à répétition et à des brimades. Il demandait à neuf sages de reconnaître que l'attitude et les déclarations des responsables de la police et de la justice fédérales après les attentats ouvraient la voie aux arrestations au faciès et aux interrogatoires musclés de musulmans dans le cadre de la politique antiterroriste mise en place par le gouvernement Bush.

http://tf1.lci.fr/infos/monde/ameriques/0,,4416853,00-la-justice-n-inquietera-pas-les-figures-de-l-ere-bush-.html



c) Grande-Bretagne

La Grande-Bretagne a certainement sous-traité la torture de Rangzieb Ahmed au Pakistan

Un député conservateur a provoqué une vive polémique en Grande-Bretagne en accusant le gouvernement et les agences de renseignements d'avoir "sous-traité" au Pakistan la torture d'un Britannique soupçonné de 'terrorisme'

Selon David Davis, le gouvernement se serait sciemment rendu complice d'actes de torture infligés par les services de renseignements militaires pakistanais (Inter-Services Intelligence, ISI) à Rangzieb Ahmed.

"Un cas évident de sous-traitance de la torture, un cas évident de reddition passive", a déclaré mardi soir David Davis devant la Chambre des communes, faisant usage du "privilège parlementaire" qui permet aux députés de jouir d'une protection juridique pour leurs propos prononcés au sein de l'assemblée.

Bien que placé sous la surveillance de la police britannique, qui le soupçonnait d'être impliqué dans des activités terroristes, Rangzieb Ahmed avait été autorisé à se rendre au Pakistan en 2006.

Selon David Davis, les services pakistanais avaient été prévenus de sa présence sur leur sol et l'avaient interpellé.

Rangzieb Ahmed aurait été battu et torturé - se faisant notamment arracher trois ongles - pendant 13 mois.

Des agents britanniques l'auraient interrogé durant cette période.

"Il aurait pu être arrêté par le Royaume-Uni en 2006. Il ne l'a pas été. Les autorités savaient qu'il avait l'intention de se rendre au Pakistan et elles auraient pu l'en empêcher. Au lieu de cela, elles ont recommandé à l'ISI de l'arrêter", a déclaré David Davis.

"Elles savaient qu'il allait être torturé et elles ont élaboré une liste de questions qu'elles ont fournie à l'ISI."

Rangzieb Ahmed a depuis été rapatrié en Grande-Bretagne où, reconnu coupable de diriger une cellule terroriste liée à Al Qaïda, il a été condamné à une peine de prison à perpétuité l'an dernier. Il a fait appel de sa condamnation.

David Davis a déclaré mercredi à la BBC qu'il ne croyait pas les déclarations du secrétaire au Foreign Office, David Miliband, lorsqu'il affirme que Londres ne cherche jamais à obtenir des informations sous la torture.

"J'ai bien peur, à la lumière de ce que j'ai vu dans cette affaire, de ne pas le croire. Et si c'est vrai, alors quelqu'un devrait lui demander pourquoi ils mettent tant d'ardeur" à dissimuler des preuves, a-t-il dit.

Le député conservateur a ajouté avoir connaissance d'une quinzaine de cas similaires à celui de Rangzieb Ahmed.

Reuters

08-07

http://fr.news.yahoo.com/4/20090708/twl-gb-pakistan-torture-bd5ae06_1.html



Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

5-1 Video: antiWAR

http://www.youtube.com:80/watch?v=PEFQXyLucyk


5-2 Vidéo : Les guerres du pétrole expliquées aux enfants

http://mai68.debithost.net/ag/1439.htm


5-3 Les 5 règles de la propagande de guerre

A chaque guerre, coup d’Etat ou agression menée par l’Occident, les grands médias appliquent ces cinq « règles de la propagande de guerre ». Employez vous-même cette grille de lecture lors des prochains conflits, vous serez frappé de les retrouver à chaque fois :
1. Cacher l'Histoire.

2. Cacher les intérêts économiques.

3. Diaboliser l’adversaire.

4. Blanchir nos gouvernements et leurs protégés.

5. Monopoliser l'info, exclure le vrai débat.



6 Brèves

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

6-1 Un coup américain ?

23-06

Les zones tribales du nord-ouest du Pakistan ont à nouveau été bombardées mardi, par un drone présumé américain qui a visé le Waziristan du Sud, fief du commandant Baïtullah Mehsud .

L'attaque du drone a frappé la zone montagneuse reculée de Neej Narai, ont indiqué des responsables pakistanais de sécurité sous couvert de l'anonymat, sans préciser sa cible exacte.

L'un d'eux a ajouté craindre des victimes. Neej Narai se trouve dans les environs de Makeen, un village situé à quelque 60 kilomètres au nord-est de Wana, la principale ville du Waziristan du Sud, l'un des sept districts des zones tribales semi-autonomes frontalières de l'Afghanistan.
Un coup américain?
Déployée de l'autre côté de la frontière, en Afghanistan, l'armée américaine refuse de commenter ces tirs, sans les nier toutefois.

Le TTP est accusé d'avoir perpétré nombre des quelque 345 attentats qui ont ensanglanté le pays depuis deux ans, et qu'il a en partie revendiqués. Qari Zainuddin, tué mardi, était également membre de la tribu des Mehsud. Il avait quitté le TTP avec ses hommes il y a neuf mois en dénonçant les victimes civiles de ses attentats. Ces derniers jours, le jeune chef avait accablé Baïtullah Mehsud dans les médias locaux, appelant la tribu à se soulever contre lui et déclarant même qu'il soutiendrait l'armée contre lui. Il accusait notamment le chef du TTP d'être payé par l'Inde et les Etats-Unis pour déstabiliser le Pakistan et affaiblir, au profit des Américains, le soutien présumé de ses services secrets aux résistants afghans.

(Trust Third- Party) Tiers de confiance ?
(afp)

23/06/09

Baitullah Mehsud travaillerait pour le Mossad et la CIA.

Dans un article publié il y a un peu plus d’un an, Thierry Meyssan présentait Baitullah Mehsud militant pashtoun pakistanais désigné par la CIA comme organisateur de l’assassinat de Benazir Bhutto et d’une série d’attentats manqués sur le sol européen, comme le futur épouvantail public numéro un

d’« al-CIA » servant d’alibi aux frappes aériennes US en territoire pakistanais.

Cela s’est depuis vérifié, celui-ci ayant récemment revendiqué une série d’attaques meurtrières contre des civils, des centres religieux et les forces de sécurité pakistanaises dans la région du Waziristan, suscitant un fort ressentiment contre les Résistants parmi la population.
Considérant que Baitullah Mehsud et ses hommes « travaillent contre l’Islam », Turkistan Bittani et Qari Zainuddin, qui combattaient à ses côtés, viennent de faire défection.

Ces derniers ne mâchent pas leurs mots : ils le qualifient d‘ « agent états-unien » embrigadant de jeunes kamikazes pour le compte de la CIA et du Mossad afin de déstabiliser le seul pays musulman doté de l’arme nucléaire. Ils affirment en outre que les nombreuses frappes US réalisées par des drones ont soigneusement évité de le prendre pour cible. 

http://www.voltairenet.org/article160665.html

http://www.alterinfo.net/Pakistan-Baitullah-Mehsud-travaillerait-pour-le-Mossad-et-la-CIA_a33595.html


6-2 Les milices collaboratrice sont appuyées par l'armée pakistanaise.

L'armée pakistanaise est pour la première fois venue en aide aux milices qui se sont retournés récemment contre les résistants dans le nord-ouest du pays.

L'armée s'était jusqu'ici abstenue de leur venir en aide, craignant de ne pas les distinguer des résistant.

Un demi-millier d'hommes de la région ont constitué une milice, ou "lashkar", pour chasser les résistant et sont passés à l'action ce week-end.

Après avoir encerclé des résistants dans un village du secteur, ces miliciens ont reçu mardi l'aide de deux hélicoptères de combats, a annoncé un officier de police.

"Il doit y avoir des pertes dans les rangs des activistes, mais nous en ignorons le nombre, pour le moment", a-t-il déclaré, ajoutant que les succès militaires des miliciens leur valaient des ralliements de plus en plus nombreux.

L'état-major a fait état lundi de 14 morts dans les rangs résistants.

SATISFECIT DE WASHINGTON

Dennis Blair, directeur des services de renseignements nationaux américains, qui rentre d'une tournée au Pakistan et en Afghanistan, s'en est félicité lundi.

Richard Holbrooke, émissaire des Etats-Unis dans la région, s'est lui-aussi félicité.

 Kamran Haider

9 juin,

Reuters 

http://fr.news.yahoo.com/


6-3 Les drones US décollent d'une base pakistanaise.

Les drones utilisés par les Etats-Unis au Pakistan décollent et atterrissent d'une base dans ce pays, selon Dianne Feinstein, une sénatrice américaine, une révélation inhabituelle alors que Washington ne commente jamais les frappes de ces avions sans pilote visant des résistants et population.

Evoquant l'utilisation de drones Predator dans les zones tribales du nord-ouest pakistanais, la sénatrice Dianne Feinstein, qui préside la commission sénatoriale du Renseignement, a affirmé jeudi: «Si je comprends bien, ils viennent d'une base au Pakistan».

La CIA et le Pentagone ont refusé vendredi de commenter ces propos.

Les forces américaines en Afghanistan ou la CIA multiplient ces derniers mois les tirs de missiles visant des cadres d'Al-Qaeda et les talibans dans les zones tribales du nord-ouest du Pakistan, le long de la frontière afghane, mais ne confirment toutefois jamais mener ce type d'opération.

Ces missiles ont tué de nombreux combattants présumés, dont des cadres d'Al-Qaïda, mais aussi des civils selon les autorités pakistanaises, qui protestent vivement en dénonçant une violation de leur souveraineté.

Les médias américains et pakistanais assurent toutefois qu'un accord secret entre Islamabad et Washington autorise ces frappes.

Mme Feinstein a souligné jeudi qu'Islamabad avait fait part de sa «grande préoccupation au sujet des frappes de Predator dans les régions tribales fédéralement administrées (FATA)» à Richard Holbrooke, l'émissaire américain pour l'Afghanistan et le Pakistan actuellement en tournée dans la région.

Elle s'exprimait dans le cadre de l'audition parlementaire du nouveau directeur du Renseignement américain, l'amiral en retraite Dennis Blair, venu jeudi au Congrès pour présenter son rapport annuel sur la sécurité.

13 février 2009

Agence France-Presse

http://www.cyberpresse.ca/international/asie-oceanie/200902/13/01-827188-pakistan-les-drones-americains-decollent-dune-base-sur-place.php


6-4 Du cuit et recuit... Ben Laden serait au Pakistan (CIA).

Le directeur de la CIA, Leon Panetta, a déclaré aujourd'hui qu'Oussama ben Laden se trouverait encore au Pakistan où il pourrait être capturé à la faveur de l'offensive menée par l'armée pakistanaise dans la zone tribale (nord-ouest).
M. Panetta, qui s'exprimait devant la presse après un discours au Capitole, a réaffirmé que débusquer le chef d'Al-Qaïda restait l'une des priorités de la centrale américaine de renseignement. Selon lui, la possibilité d'une capture de l'homme le plus recherché au monde est plus forte du fait de l'activité conjuguée de la CIA et de l'armée pakistanaise.
"L'un de nos espoirs est que la progression de l'armée pakistanaise, combinée avec nos opérations, nous donne une chance plus grande de l'attraper", a-t-il expliqué.
Dans son discours, M. Panetta a indiqué que son agence avait augmenté le nombre de ses agents et informateurs au Pakistan pour réunir le maximum d'éléments sur le réseau Al-Qaïda et ses forces dans le pays.
"Nous avons un certain nombre de gens sur le terrain au Pakistan, qui nous aident à déterminer les objectifs et nous fournissent les informations dont nous avons besoin pour traquer Al-Qaïda", a précisé le patron de la CIA, ajoutant que l'offensive en cours de la vallée de Swat progressait de manière satisfaisante, l'armée ayant repris aux talibans et à leurs alliés l'essentiel de la région.

Source: AP 

http://tchachadi.com/ben_laden_serait_au_pakistan.aspx


n°25 -Journal de PAKISTAN - 26-06 au 09-07- :-Fin - Le fiasco de Swat - l'armée pakistanaise s'enlise face aux résistants

n°25 -Journal de PAKISTAN - 26-06 au 09-07- :-Fin - Le fiasco de Swat - l'armée pakistanaise s'enlise face aux résistants



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



        Journal de PAKISTAN 

                                                                     n° 25- 26-06 au 09-07

                                    C.De Broeder & M.Lemaire                                               



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

7  Dossiers

7-1 Gaël Vaillant : Pakistan: L'excuse Ben Laden.

7-2 Gérard Chaliand : le Pakistan est l'épicentre de la ‘crise’.

7-3 Le Racq : Le Pakistan en quête de repères.

7-4 Tous les Pachtounes ne sont pas résistants, mais tous les résistants sont pachtounes.

7-5 Philippe Grangereau : Le fiasco de Swat l’armée pakistanaise s’enlise face aux résistants.

7-5 Georges Abou : La nouvelle administration d’Obama révise sa stratégie.

7-6 Alain Gresh : Afghanistan-Pakistan, « mission impénétrable ».

 


7  Dossiers

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

7-1 Gaël Vaillant : Pakistan: L'excuse Ben Laden.
Oussama Ben Laden est "vivant", caché dans les zones tribales entre l'Afghanistan et le Pakistan. C'est Michael Hayden, directeur de la CIA, qui a annoncé jeudi soir la nouvelle, justifiant ainsi les attaques répétées de ses drones sur le sol pakistanais. A Islamabad, le ton monte: Asif Ali Zardari, le président en place depuis huit mois, dénonce les coups de force de l'armée américaine.
Oussama Ben Laden est vivant à en croire les autorités américaines... qui ne semblent pas avoir l'ombre d'une preuve. (Maxppp)

Sur le même sujet

La CIA fait durer le feuilleton Oussama Ben Laden. En rappelant la nécessité de l'action américaine en Afghanistan et aux frontières pakistanaises, le directeur de l'agence de renseignement, Michael Hayden, a affirmé jeudi soir que le leader d'Al-Qaïda "est toujours en vie": "Il consacre énormément d'énergie à sa propre survie, beaucoup d'énergie à sa propre sécurité. En fait, il semble être largement isolé des opérations au jour le jour de l'organisation qu'il dirige nommément." Autrement dit, le terroriste s'est retiré des affaires et tente de vivre clandestinement dans les régions tribales situées dans la zone frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan.
La traque d'Oussama Ben Laden est "vraiment en tête de liste des priorités de la CIA", selon le directeur de l'agence. Pour Michael Hayden, le chef terroriste a réussi "à éviter toute détection": c'est pour cette raison que le renseignement américain n'a jamais pu avoir une preuve de son existence après décembre 2001... Traqué mais toujours introuvable, Oussama Ben Laden, dont la tête est mise à prix pour 50 millions de dollars par les Etats-Unis, a revendiqué la responsabilité des attentats du 11 septembre 2001. Il se trouverait, selon Michael Hayden, dans les zones tribales côté Pakistan: "Laissez-moi être clair: aujourd'hui, virtuellement, chaque menace terroriste majeure dont mon agence a connaissance, remonte aux zones tribales", a affirmé le chef du renseignement américain.
Le Pakistan menace
Une manière de justifier sans doute les nombreux tirs, meurtriers, de drones américains sur des villages pakistanais, qui révoltent les autorités d'Islamabad. Vendredi matin, le dernier raid aérien d'un de ces drones, contrôlés depuis l'Afghanistan par les forces américaines, a fait douze morts dont cinq étrangers. L'attaque visait un village isolé situé à la frontière entre le Nord et le Sud-Waziristan, une région réputée pour être
un foyer de l'insurrection islamiste. Le lieu semblait être le fief du commandant Baitullah Mehsud, un taliban renommé allié à Al-Qaïda.
Le Pakistan dénonce des intrusions illégales des Américains et
met en garde Washington depuis plusieurs semaines: si les GI entrent en territoire pakistanais, ce sera la guerre. Islamabad possédant l'arme nucléaire, la menace est à prendre au sérieux. En face, les Américains se sont empressés de justifier leur stratégie. Selon une source militaire, Baitullah Mehsud, le terroriste visé, était soupçonné d'avoir orchestré l'assassinat de l'ancien Premier ministre Benazir Bhutto, en décembre 2007. Et Michael Hayden d'ajouter que la pression exercée par les Etats-Unis sur Al-Qaïda dans les zones tribales a "déstabilisé" le réseau islamiste.
La fragile position de Zardari
Mais Islamabad ne décolère pas. L'aide des Américains pour combattre les taliban ne justifie pas les violations de son territoire. Le Pakistan fait même valoir que ces interventions transfrontalières gênent ses efforts pour obtenir un soutien de la population dans sa lutte contre les terroristes islamistes: "Cela nuit à notre souveraineté et cela ne nous aide pas à gagner le coeur et l'esprit des gens", a déclaré sur la chaîne américaine CBS le président Asif Ali Zardari.
Le gouvernement civil pakistanais, en place depuis huit mois et
stabilisé depuis l'élection de Zardari en septembre, est toutefois en position de faiblesse. Peut-il critiquer les Etats-Unis, alors que la première puissance mondiale renfloue ses caisses? En effet, Zardari est obligé de compter sur des soutiens financiers extérieurs - américains surtout - pour éviter un effondrement de l'économie de son pays. Mais sous la pression de l'opinion publique, les autorités doivent contraindre les drones américains à rester hors des frontières. A cet effet, le chef de l'état-major, le général Achfaq Kayani, doit se rendre la semaine prochaine à Bruxelles où il abordera avec des représentants de l'Otan la question des frappes aériennes et de leurs répercussions.

leJDD.fr

Vendredi 14 Novembre 2008

http://www.lejdd.fr/cmc/international/200846/pakistan-l-excuse-ben-laden_164963.html


7-2 Gérard Chaliand : le Pakistan est l'épicentre de la ‘crise’.

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

Extrait.

La dimension régionale du conflit a toujours été importante et le Pakistan est l'épicentre de la crise dans laquelle est impliqué l'Afghanistan.

La montée en puissance des résistants pakistanais (pendjabi et pachtounes) est nette depuis deux ans, mais elle a été tolérée par l'armée pakistanaise, qui tient à démontrer l'impotence du pouvoir civil et que l'ordre, en définitive, dépend d'elle.

Forte de plus de 600 000 hommes, l'armée pakistanaise contrôle pour l'essentiel la situation, en utilisant à son profit les divers mouvements résistants combattants.

L'armée, qui est la colonne vertébrale de l'Etat, pratique une politique ambiguë d'alliance avec les Etats-Unis et de soutien aux résistants dont les insurgés afghans, dans une perspective stratégique où l'Inde reste l'ennemi principal.

L'administration Obama va devoir chercher un consensus régional laborieux entre le Pakistan et la perception de ses intérêts vitaux, l'Inde, l'Iran, la Russie, tout en menant la guerre le plus efficacement possible. Il est douteux, par exemple, que le modèle des "Awakening Councils", qui ont servi en Irak à affaiblir les résistants étrangers, soit pertinent en Afghanistan. Au contraire, l'armement de milices locales en milieu pachtoune ne ferait, sans doute, que profiter à l'adversaire.

Il est question, à la phase actuelle, sans négliger la dimension politique qui est essentielle, d'affaiblir militairement les insurgés, qu'il est peut-être possible de diviser, d'ici la fin de l'automne 2010.

Une négociation éventuelle, pour l'Etat, ne peut être entamée qu'en position de force ou du moins dans un équilibre plus favorable.

L'enjeu est double : rétablir autant que possible un équilibre local et régional et, par ailleurs, éviter de paraître avoir essuyé un échec.

L'avenir dira si l'objectif d'une décente non-victoire peut être atteint.

Gérard Chaliand est ‘spécialiste’ en géostratégie et auteur du "Nouvel art de la guerre" (l'Archipel 2008). Il a contribué à créer le Centre d'étude des conflits et de la paix (CAPS) à Kaboul.

LE MONDE |

04.06.

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/06/04/afghanistan-comment-reconquerir-le-terrain-perdu-par-gerard-chaliand_1202332_3232.html


7-3 Le Racq : Le Pakistan en quête de repères.

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

Extrait

Alors que les Etats-Unis viennent de lancer une offensive en Afghanistan et que l'armée pakistanaise accentue ses frappes contre les talibans, les autorités peinent à définir leur politique étrangère.
Entre le besoin du soutien économique américain, la poussée des talibans et les craintes vis-à-vis de l'Inde, le gouvernement est déboussolé.
....

Néanmoins, une majorité de la population reste méfiante à l'égard des Etats-Unis en tant qu'alliés dans la guerre contre le terrorisme en général et maîtres d'œuvre de la guerre en Afghanistan en particulier.
Mais que faisaient les Etats-Unis pour s'attirer tant d'inimitié ? Les deux cas sont différents.
a) La popularité des talibans est née de l'invasion américaine en Afghanistan après les attentats du 11 septembre 2001, car la population n'était pas convaincue de la culpabilité du gouvernement afghan. La haine des Américains est donc profonde, et, de fait, elle n'a pas reculé alors que les talibans sont aujourd'hui désignés comme les ennemis et que les Etats-Unis soutiennent l'économie pakistanaise.
b) Le sentiment antiaméricain est un phénomène complexe, essentiellement lié à la lecture du gouvernement pakistanais sur la situation en Afghanistan. N'oublions pas que l'"ennemi" officiel du Pakistan dans la guerre contre le terrorisme, c'est l'Inde, et qu'Islamabad accuse son voisin indien d'"interférer" au Balouchistan [Etat du sud-ouest agité par un mouvement indépendantiste].
Tandis que la menace des talibans grandissait, il a fallu les présenter comme des ennemis, et donc des complices de l'Etat indien.

Les groupes de réflexion officiels se sont donc intéressés à la politique américaine qui a permis à New Delhi de devenir un acteur majeur en Afghanistan. L'Inde a été autorisée à ouvrir une multitude de "consulats" lui permettant de diriger ses "opérations" au Balouchistan et dans les Zones tribales.
En outre, Islamabad soupçonne Washington de vouloir faire de l'Inde le maître de l'Asie du Sud avec pour mission de tenir son voisin pakistanais en laisse et de le soumettre à sa volonté. Le sentiment antiaméricain se nourrit également de la volonté des Etats-Unis de déposséder le Pakistan de son arme nucléaire.
En définitive, la situation dans laquelle se trouve le pays est tellement complexe qu'il est impossible d'en dresser un tableau clair. L'accumulation de facteurs extérieurs, de difficultés économiques et d'erreurs politiques ont placé Islamabad dans une position particulièrement délicate, voire contradictoire.
Le gouvernement a besoin de l'aide extérieure et celle-ci provient principalement des Etats-Unis. Il est aussi prêt à ouvrir des négociations avec l'Inde, mais il se trouve bloqué par son incapacité structurelle à résoudre ses conflits frontaliers.
Le Pakistan se trouve donc dans un cercle vicieux et il lui faudra redoubler de prudence dans la formulation de sa politique étrangère vis-à-vis de l'Inde et des Etats-Unis.

http://lerouetacoeurouvert.blogspot.com/2009/07/islamabad-en-quete-de-reperes.html


7-4 Tous les Pachtounes ne sont pas résistants, mais tous les résistants sont pachtounes.

Les Pachtounes forment déjà une minorité influente à Karachi : entre 6 millions et 8 millions de personnes, soit entre le quart et le tiers de la population urbaine. Ils sont même plus nombreux à Karachi qu'à Peshawar, leur capitale historique. Ils y contrôlent le marché de la construction et des transports et, surtout, leurs colonies sont situées à des endroits stratégiques de la ville, tels le voisinage du port ou au départ des autoroutes en périphérie. Il n'en fallait pas davantage pour que le MQM, politiquement maître de Karachi, agite l'épouvantail de la "résistantisation" de la ville.

"Tous les Pachtounes ne sont pas résistants, mais tous les résistants sont pachtounes, met en garde Haider Abbas Rizvi, un dirigeant local du MQM. Il est évident que des résistants s'infiltrent dans la ville, déguisés en réfugiés." On évalue à environ 50 000 le nombre de déplacés de Malakand entrés ces dernières semaines à Karachi. Boudant les misérables camps que l'administration locale feint d'installer, ils sont hébergés chez leurs parents dans les quartiers pachtounes.

Sohrab Goth est l'une des plus fameuses de ces colonies. Un aggloméré d'immeubles de type HLM aux façades lépreuses, dressés à la sortie nord de la ville. Dans une venelle, des jeunes jouent au cricket. Ils s'écartent au passage d'une femme drapée dans une burqa bleu pastel, profil vestimentaire plutôt rare dans la ville très laïque qu'est Karachi. Assis sur un muret en ciment, Hakimullah Mehsud tue l'oisiveté en sirotant un thé au lait. Il a le visage glabre. L'a-t-il toujours eu ? Originaire du Sud-Waziristan, il est affilié à la tribu Mehsud dont est issu le fameux Baitullah Mehsud, le chef du Tehrik-e-Résistant Pakistan (TTP), le mouvement résistant pakistanais.

Hakimullah ne cache pas son admiration pour Baitullah. "C'est un bon gars, qui suit la loi islamique", juge-t-il. Les Waziris sont présents en force à Sohrab Goth. "La source de financement des résistants, elle est ici, à Karachi", observe un diplomate occidental. Capitale économique et financière du Pakistan, Karachi "est la base arrière des résistants", confirme Maqbool Ahmed, journaliste au mensuel Herald, qui en tire cette insolite conclusion : "C'est pour cette raison qu'ils ne veulent pas la déstabiliser."

Une analyse des attentats récents au Pakistan montre en effet que Karachi a été préservée du type kamikaze qui a ensanglanté Lahore ou Peshawar. Mais cela n'empêche pas le feu des tensions ethniques entre Pachtounes et Mohajirs de couver. "Tout le monde ici attend la grande explosion", rapporte le diplomate occidental.

Frédéric Bobin

Article du ‘Le Monde’ paru dans l'édition du 28.06.09.


7-5 Philippe Grangereau : Le fiasco de Swat l’armée pakistanaise s’enlise face aux résistants.

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

La victoire proclamée du Pakistan contre les résistants de la vallée de Swat pourrait n’être que de la poudre aux yeux. Sous la pression des Etats-Unis, l’armée pakistanaise a lancé en mai une vaste offensive contre les résistants de cette région située à une centaine de kilomètres au nord de la capitale.

Deux millions de personnes ont été déplacées. Beaucoup s’entassent dans des camps de fortune à la lisière de cette vallée.

Victorieux. L’armée pakistanaise, qui a interdit aux journalistes d’approcher du champ de bataille, a six semaines durant égrené des bilans victorieux, parlant de centaines de résistants tués, d’ennemis retranchés dans des villes comme Mingora que l’aviation pilonnait.

Les agences de presse ont répercuté les communiqués militaires en précisant qu’elles ne pouvaient les vérifier en l’absence d’observateurs indépendants. Les combats ont cessé fin juin car les résistants, fidèles à leur tactique de guérilla, ont évacué la vallée

«Intacte». Ces derniers jours, quelques rares journalistes ont été autorisés par l’armée pakistanaise à se rendre sur place. Jane Perlez du New York Times s’étonne, en survolant la ville déserte de Mingora, de constater qu’elle «paraît intacte».

Elle estime que la campagne militaire «est loin d’avoir été décisive», notant que l’armée ne contrôle que les villes et les routes et qu’aucun chef résistant n’a été capturé ou tué.

Un journaliste de la BBC, qui a suivi les combats à Swat, raconte que l’armée lui a affirmé avoir tué 900 résistants. «Et pourtant, je n’ai pas vu un seul cadavre de résistant», note-t-il.

Même en se basant sur la version officielle, cette «offensive» a tout d’un coup d’épée dans l’eau. Islamabad affirmait que 5 000 résistants avaient investi Mingora : il en resterait donc au moins 4 000 qui peuvent revenir n’importe quand.

Un officiel confie au New York Times. «Ils ont rasé leurs barbes et vivent avec leurs familles
[nb : "Islamabad affirmait que 5 000 résistants avaient investi Mingora : il en resterait donc au moins 4 000 qui peuvent revenir n’importe quand. "

 Quel fiasco : ils ne les ont pas exterminés. C'est quelle race ça, 'Résistant'? RM] 

Et on sait comment ils visent bien : une moyenne de 6 "insurgés"  pour 100 morts selon certaines sources qui ne sont pas militaires

Philippe Grangereau,

3 juillet 2009 

Libération,


7-5 Georges Abou : La nouvelle administration d’Obama révise sa stratégie.

Obama veut sortir de la logique dans laquelle s’était enfermé son prédécesseur.

La nouvelle administration entame une réflexion sur l’engagement militaire occidental en Afghanistan et au Pakistan.

Le budget de guerre est préservé : le président américain a promulgué mercredi un texte de loi essentiellement consacré au financement des deux conflits.

En tout, 106 milliards de dollars sont engagés par le Trésor américain, dont 79,9 milliards pour couvrir les frais de guerre jusqu’au 30 septembre.

Cette décision s’accompagne d’une série de déclarations indiquant la volonté américaine de modifier la qualité de son intervention militaire pour tenter de regagner la confiance des populations.

Pakistan, l’autre front

L’autre volet de l’engagement américain concerne le Pakistan. Comme on le constate, la guerre a débordé les frontières de l’Afghanistan. Il n’est plus possible de soutenir que l’offensive menée par l’armée pakistanaise contre « ses résistants », dans ses zones tribales, est une affaire intérieure, indifférente au conflit qui se déroule de l’autre côté de la frontière, dont la porosité est unanimement reconnue. Comme ce fut le cas dans d’autres conflits de même nature, à d’autres époques, faute d’avoir pu être gagnée dans des délais raisonnables, cette guerre a franchi les limites du cadre et elle est désormais régionale.

C’est pour s’en entretenir avec l’administration pakistanaise et évaluer les conséquences de l’extension du conflit, que le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche s’est rendu jeudi à Islamabad. La visite de James Jones intervient deux jours après des bombardements américains qui ont fait des dizaines de morts dans les zones tribales du nord-ouest, limitrophes avec l’Afghanistan et réputées bases-arrière desrésistants afghans. Officiellement, Washington ne reconnaît pas les interventions de ses avions sans-pilote dans l’espace aérien pakistanais. Régulièrement, Islamabad dénonce ce droit de poursuite exercé par la coalition contre les combattants résistants qui trouvent refuge en territoire pakistanais. C’est encore le cas ce jeudi : le gouvernement pakistanais dénonce une nouvelle « violation de souveraineté ». Mais, en réalité, il semble bien qu’on assiste là une vaste comédie dans laquelle Islamabad fait semblant de s’offusquer d’attaques planifiées et consenties ; les coups de colère simulés d’Islamabad contre Washington n’étant destinés qu’à élever un rideau de fumée devant une opinion publique définitivement incrédule.

Car les autorités pakistanaises ne peuvent pas renoncer à l’alliance stratégique qu’elles entretiennent avec les Etats-Unis sans risquer de compromettre leur stabilité intérieure et leur sécurité régionale. Elles sont engagées depuis plusieurs mois dans une offensive militaire de grande ampleur visant à restaurer leur souveraineté sur les zones tribales du nord-ouest, dont le contrôle leur échappait au profit des réseaux résistants radicaux. Et le soutien militaire, financier et diplomatique de l’Amérique leur est indispensable.

Georges Abou

 25/06/

http://www.rfi.fr/actufr/articles/114/article_82171.asp 


7-6 Alain Gresh : Afghanistan-Pakistan, « mission impénétrable ».

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse des auteurs mais doit être vu comme information.

Dans une libre opinion publiée par le site du International Herald Tribune le 18 février, « Mission impenetrable », William Pfaff s’interroge sur les objectifs de la nouvelle administration américaine dans la région.

« Que pensons-nous que nous faisons en Afghanistan et au Pakistan ?

Sommes-nous là-bas pour libéraliser leurs formes de pratiques religieuses, ou pour mener une guerre au sujet de la théologie, ou pour prendre le contrôle permanent de l’Afghanistan (ou du Pakistan) et établir là-bas des bases permanentes de l’OTAN, comme beaucoup d’Afghans le croient ?

Ou sommes-nous à la recherche d’Oussama Ben Laden et de ses principaux collaborateurs afin de les traduire en justice pour les attaques du 11-Septembre contre les tours du World Trade Center à New York et contre le Pentagone à Washington ?

Il semble que nous faisions tout cela à la fois, mais pourquoi ?

Il est important que la nouvelle administration Obama réponde de manière précise.

Clairement, nous voulons Ben Laden,(...)  mais il est également clair, sur la base de l’expérience sur place comme en Irak, qu’ajouter 40 000 soldats aux 40 000 déjà sur place et aux forces de l’OTAN, ne donne aucune assurance que nous pourrons capturer le chef d’Al-Qaida. (...)

Est-ce que nous voulons écraser les croyances religieuses des talibans et libéraliser l’islam ?

Envoyer des hommes de religion, des réformateurs sociaux et des universitaires féministes pour tenir des séminaires ? Voulons-nous imposer avec les armes une nouvelle Inquisition de facture américaine ? »

Après avoir rappelé un des derniers épisodes au cours duquel l’aviation américaine a tué une quinzaine de civils afghans – des « erreurs » que l’OTAN et les Etats-Unis annoncent régulièrement qu’ils veulent éliminer (lire « Quand la mort vient du ciel) » –, il ajoute : « Comme ceux qui connaissent le mieux la région le reconnaissent en majorité, cette guerre entre les Etats-Unis et les talibans a provoqué, depuis l’invasion américaine de l’Afghanistan, une insurrection de type religieux et nationaliste parmi les Pachtouns, le plus important groupe tribal en Asie centrale. On estime leur nombre à 40 millions de personnes fortement soudées par des liens tribaux.

La dernière question que je voudrais poser est de savoir si c’est sur cette voie que Barack Obama et son administration veulent réellement engager le peuple américain dans les quatre prochaines années. »

Ces inquiétudes sont aussi exprimées par le journaliste britannique Patrick Seale, « Obama and the AFPAK Trap » » (Obama et le piège de l’Afghanistan-Pakistan, 21 février).

« Selon des sources à Washington, l’instinct d’Obama le pousse à déclarer la fin de la guerre globale contre le terrorisme proclamée par Bush.

Il serait prêt à s’engager dans un dialogue avec les ennemis des Etats-Unis – aussi bien en Iran qu’en Afghanistan –, plutôt que d’essayer de les soumettre par la force militaire, ce qui en Afghanistan est un objectif sans espoir. On parle beaucoup à Washington de tracer une ligne de séparation entre les talibans modérés et Al-Qaida. Le mouvement des talibans est sûrement profondément divisé, avec plus d’une douzaine de commandants ayant en charge chacun une région. Mais, comme ils sentent que l’évolution sur le terrain leur est favorable, ils ne sont pas pressés de discuter avec les Etats-Unis.

Le seul sujet sur lequel ils sont prêts à parler est le retrait des Occidentaux.

Peut-être parce qu’il a passé son enfance en Indonésie et parce qu’il est “mélangé racialement”, Obama est mieux à même que ses prédécesseurs de comprendre la manière fervente dont les tribus pachtouns sont attachées à leur indépendance et à leurs traditions.

S’il doit y avoir une réconciliation, sans même parler de paix, cela doit être respecté. Il serait plus sage de mettre l’accent sur la reconstruction et la création d’institutions que sur les opérations de combat.

Certains au moins des conseillers d’Obama lui diront que, pour gagner les coeurs et les esprits, les populations dans les zones de guerre doivent être protégées, pas bombardées et tuées en grand nombre par des tirs de missiles à partir des drones de la CIA – comme cela arrive malheureusement encore.

En un mot, les Etats-Unis et leurs alliés n’auront pas d’autre option que se retirer d’Afghanistan. Ils doivent chercher une stratégie de sortie et le plus tôt sera le mieux. »

Dans ces conditions, quel peut être le rôle de l’Europe et notamment de la France ?

La décision de celle-ci de réintégrer le commandement militaire intégré de l’OTAN, au moment même où des pressions s’exercent pour que les différents pays membres accroissent leurs effectifs en Afghanistan, est inquiétante.

La seule stratégie est une stratégie de sortie, comme l’explique Patrick Seale.

http://blog.mondediplo.net/2009-02-23-Afghanistan-Pakistan-mission-impenetrable



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

09/07/2009

n° 275 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan -03-07 –Début - : Barack Obama a trouvé son bourbier : l’Afghanistan.

                          Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

                              Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  dossiers   'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan

   n°275                                                                                                                             03/07/09

                   C.De Broeder    &   M.Lemaire                       



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Doug Ireland : Barack Obama a trouvé son bourbier : l’Afghanistan.

1-2 Paul Craig Roberts : Obama est en train de se transformer en un Dick Cheney.

1-3 Marie Nassif-Debs : Barak Obama : ou La paix » construite sur l’oppression.

1-4 Patrick Martin : Obama au Caire : le nouveau visage de l’impérialisme U.S.  

Suite 1

1-5 Serge Michailof : La guerre en Afghanistan est-elle perdue ?

2 Annexe

2-1 La stratégie du chaos (première partie)

2-2 George Monbiot : SOA, ou l’école du terrorisme à l’américaine.

Fin

2-3 Jeanne Theoharis : Guantánamo chez nous.

2-4 Que faire de Guantanamo ?

2-5 Michael Hudson : Dé-dollarisation : le démantèlement de l’empire militaire et financier américain.



Avant propos

Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants ...



1  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 Doug Ireland : Barack Obama a trouvé son bourbier : l’Afghanistan.

Embourbés en Afghanistan, les Etats-Unis ont nommé sur place un commandant en chef militaire spécialiste de la torture. Et s’essaient à la contre-insurrection.

John Conyers est l’un des blacks les plus influents de la Chambre des Représentants, un vétéran qui a passé trois décennies au Congrès et qui préside aujourd’hui la commission « Justice » de la Chambre.

La semaine dernière, un membre sur sept de la Chambre a voté contre la rallonge budgétaire de 81,3 milliards de dollars demandée par Barack Obama pour les guerres en Afghanistan et en Irak.

Un groupe de membres dissidents du parti Démocrate dont Conyers appartenait à ce front du non.

Pour expliquer son vote contre le président, Conyers a pointé du doigt l’erreur fondamentale qui se niche dans la politique d’Obama en Afghanistan : « Le Président n’a pas récusé notre prétention démesurée la plus omniprésente et dangereuse : la croyance téméraire que nous pouvons ériger les fondations d’une société civile par l’emploi judicieux de nos instruments de violence high-tech ».

La « contre-insurrection » nouveau concept à la mode

La politique de Barack Obama en Afghanistan repose sur la stratégie de la « counter-insurgency », la contre-insurrection, un concept particulièrement en vogue à Washington. Mais si la rhétorique du président et de son administration met l’accent sur la nécessité de reconstruire un Afghanistan aux infrastructures et institutions civiles détruites par trente années de guerre, la réalité est toute autre : le budget d’Obama prévoit que pour un dollar dépensé pour l’aide humanitaire et la reconstruction du pays, dix dollars reviennent à la chose militaire.

Entre les 68 000 soldats américains bientôt présents sur le sol afghan grâce aux derniers renforts envoyés par Obama auxquels s’ajoutent les 33 000 soldats d’autres pays de l’OTAN (dont la France), on n’est pas loin des 120 000 soldats déployés par feu l’URSS lorsqu’elle occupait ce pays avant d’en être chassée par les moudjahiddin et les seigneurs de guerre locaux. Et c’est au nom de la contre-insurrection qu’Obama vient de changer de commandant en chef en Afghanistan. Le nom de la nouvelle recrue : le général Stanley McChrystal, un ancien « Green Beret ».

Quand le General McChrystal était pour la torture

Or, le choix de ce haut-gradé tourne en dérision la rhétorique d’un Obama qui promet de rompre avec la pratique de la torture prônée et appliquée par l’équipe de George W. Bush et de Dick Cheney. Selon un article du magazine Esquire, le général McChrystal a autorisé la torture sur la base militaire américaine secrète en Irak de Camp Nama (dans l’armée, on disait que le nom « Nama » était l’acronyme de « Nasty Ass Military Area ».)

Les interrogatoires musclés des Irakiens détenus à Camp Nama étaient si violents que l’on déplore au moins deux morts, raison pour laquelle McChrystal a expressément fait fermer l’accès de ce camp à la Croix-Rouge. A l’heure des comptes, McChrystal a donc doublement violé la convention de Genève.

En mars, le légendaire journaliste d’investigation Seymour Hersh a révélé l’existence d’un escadron de la mort obéissant aux ordres du vice-président et appartenant aux « Joint Special Operations Command » de l’armée américaine. Or, entre 2003 et 2008, le commandant de ce Joint Special Operations Command entre 2003 et 2008 n’était autre que le… général McChrystal !

McChrystal, exécutant des basses œuvres criminelles de Dick Cheney

Les meurtres d’individus sont strictement interdits par la loi américaine, mais l’administration Bush a réinterprété la loi pour donner à l’exécutif suprême le pouvoir de mener de telles actions clandestines. Et le General McChrystal en était le bas exécutant, à l’insu du Secrétaire à la Defense de Bush, Bob Gates, qui occupe les mêmes fonctions sous Obama. Seul Cheney était au parfum…

Sur la radio nationale publique (NPR) le 30 mars dernier, Seymour Hersh s’est convaincu que l’idée que McChrystal n’était pas au courant des assassinats perpétrés par ses forces spéciales était « absurde ».

L’ancien chef de la CIA à Kaboul prend la plume

Un article paru dans la Saudi Gazette le 25 mai détaille comment la politique d’Obama est en train d’exacerber les problèmes en Afghanistan et au Pakistan. Il mérite d’être particulièrement lu car son auteur, Graham E. Fuller, est l’ancien chef de la CIA à Kaboul et un ancien vice-président du National Intelligence Council (centre stratégique des dix-neuf agences de renseignement américaines).

Parmi les commentaires de Fuller figure celui-ci particulièrement percutant : « La situation au Pakistan va de mal en pire, comme une conséquence directe de la guerre U.S. qui fait rage sur la frontière avec l’Afghanistan. La politique américaine a importé la guerre qui se déroule en Afghanistan jusqu’au Pakistan avec ses incursions, ses bombardements par drones et ses assassinats – et c’est la réponse classique d’un échec dans un pays. Souvenez-vous de l’invasion du Cambodge pour sauver Vietnam ? »

Fuller rappelle aussi le problème posé par les Pachtounes qui constituent la moitié de la population afghane : « Les Résistants représentent des islamistes zélés et largement incultes. La plupart des Pachtounes voient lesrésistants – qu’on les aime ou non – comme le meilleur vecteur pour restaurer leur pouvoir en Afghanistan, perdu en 2001. Les Pachtounes figurent aussi parmi les peuples les plus férocement nationalistes, tribaux et xénophobes du monde, unis seulement contre l’envahisseur étranger. A la fin, les Résistants sont probablement plus pachtounes qu’islamistes ».

Le problème Pachtoune

Même son de cloche chez Carlo Cristofori, qui travaille sur l’Afghanistan depuis trente ans. Cristofori était le secrétaire du Comité international pour la solidarité avec la résistance afghane, créé par le Parlement européen en 1979 après l’invasion soviétique.

Dans un excellent article pour le journal Counterpunch du 22 mai dernier, il écrit : « Les Pachtounes ne délaisseront pas facilement deux siècles de mémoire et de pouvoir. Sans un rôle majeur pour eux dans l’avenir de l’Afghanistan, il n’y aura pas une paix viable… Jeter de plus en plus de forces militaires dans le chaudron afghan n’est pas la bonne solution, et n’est guère une solution pour établir la liberté et l’autodétermination. Le faire perpétuera et exacerbera la contradiction désastreuse de la politique américaine », de contre-insurrection.

Un autre expert de la région, Selig S. Harrison, ancien correspondent du Washington Post pour l’Asie du Sud pendant des années, souligne dans le Post de 11 Mai que l’offensive pakistanaise anti-Taliban actuellement en cours et demandée par Obama sape aussi la politique de contre-insurrection car l’armée pakistanaise est largement composée de Punjabis, ennemis historiques des Pachtounes.

Voilà Obama prévenu sur les dangers de la « contre-insurrection »

Donc, Harrison écrit qu’« envoyer des soldats punjabis dans les territoires pachtounes pour combattre les djihadistes pousse le pays de plus en plus vers une guerre civile définie par l’ethnicité et renforce les sentiments des Pachtounes pour un « Pachtounistan » indépendant qui comptera une population de 41 millions d’habitants dans des tranches importantes du Pakistan et de l’Afghanistan ».

Et Harrison lance un avertissement supplémentaire à Obama and Co. : « Dans la croyance populaire à Washington, il y aura éventuellement un triomphe soit d’une identité pachtoune, soit d’une identité résistantse. Or il est fort vraisemblable que le résultat pourrait être ce que l’ambassadeur du Pakistan à Washington, Hussain Haqqani, a appelé "un Pachtounistan islamiste". » Son prédécesseur à ce poste, le général Mahmud Ali Durrani, déclarait dans un séminaire à l’ambassade du Pakistan le 1er mars 2007 : « J’espère que lesrésistants et le nationalisme pachtoune ne fusionneront pas car si cela se produit nous sommes cuits et c’est sur le point d’arriver. »

Depuis l’alerte du général pakistanais, la politique militaire de contre-insurrection si chère à Obama n’a fait qu’empirer la situation au Pakistan, comme en Afghanistan, avec des événements comme la mort de 140 civils, dont 93 enfants (selon Reuters), lors du bombardement américain de Bala Boluk le 3 mai dernier. Même Bob Gates, le Secrétaire à la Defense d’Obama, l’a avoué lors de la célèbre émission de télévision de CBS « 60 Minutes » le 17 mai.

Obama a trouvé son Vietnam

Quand la correspondante Katie Couric lui a demandé si les militaires américains seraient tous partis d’Afghanistan à la fin du premier mandat d’Obama, d’ici quatre ans, Gates a répondu : « Tu me demandes d’inventer un conte de fées… mais je ne crois pas dans ces histoires, je suis un trop vieux routier pour ça ! »

Quand un gouvernement comme celui du président afghan Hamid Karzaï — un ancien agent de la CIA qui doit sa présidence à George W. Bush et à une élection truquée sans partis politiques — est si impopulaire qu’il ne peut pas survivre sans plus de 100 000 soldats étrangers sur place, une politique de contre-insurrection comme celle que prône Obama est vouée à l’échec. Surtout quand la présence de ces militaires étrangers ne fait que souder les liens nationalistes entre l’ennemi et la moitié pachtoune d’Afghanistan.

Et le sang qui continue de couler inutilement dans le bourbier afghan teinte maintenant de rouge les mains de Barack Obama. Il a trouvé son Vietnam.

Doug Ireland :

27 mai

http://www.bakchich.info/Barack-Obama-a-trouve-son-bourbier,07825.html


1-2 Paul Craig Roberts : Obama est en train de se transformer en un Dick Cheney.

Au cours de sa visite au Moyen-Orient et avant tout avec son discours à l’Université du Caire, le président Obama a tenté de gagner à sa politique un large public arabe et islamique . De nombreux médias du monde entier l’ont soutenu unanimement, comme s’ils s’étaient concertés. Ceux qui se sont montrés sceptiques et ont demandé que les actes succèdent aux paroles n’ont généralement pas été pris au sérieux. Or ces demandes sont tout à fait justifiées : non seulement l’expérience que l’on a de la politique étrangère américaine au cours des dernières décennies mais également celle des déclarations d’Obama et de ce qu’il a fait jusqu’ici. C’est ce qu’explique Paul Craig Roberts, ex-sous-secrétaire au Trésor des États-Unis.
15 juin

Les États-Unis et leur président ont perdu leur âme. Un pays désespéré a élu un président qui promettait le changement. Des États-uniens étaient venus de tout le pays assister à Washington, par un froid glacial, à la cérémonie de prestation de serment. Aucun autre président n’avait attiré une telle foule. La bonne disposition du peuple à son égard et ses attentes suffisait pour qu’il mette fin aux guerres gratuites et fasse passer des réformes importantes, mais il a trahi le peuple pour favoriser d’autres intérêts. Il se fie à son attitude et à sa rhétorique modérées pour convaincre les gens que le changement est en route.

Or le changement que nous observons est en lui et non dans sa politique. Il est en train de se transformer en un Dick Cheney. Il est en fonctions depuis à peine quatre mois et l’on pourrait déjà écrire un livre entier sur les promesses qu’il n’a pas tenues.

Il avait déclaré qu’il allait fermer Guantanamo, la prison où l’on torturait, et abolir les cours illégales connues sous le nom de tribunaux militaires. Mais maintenant, il dit qu’il va réformer ces tribunaux et poursuivre les procédures, mais sans aveux obtenus sous la torture. Appuyant son adhésion à la politique de Bush/Cheney, les démocrates de la Chambre des représentants lui ont refusé le budget nécessaire à la fermeture de Guantanamo.

On continuera d’enlever des personnes (en général sur la foi de fausses informations fournies par leurs adversaires) et de les interner dans des prisons du tiers-monde pour les y interroger. Une nouvelle fois, Obama a remplacé par une « réforme » sa promesse d’abolir une pratique illégale. Selon lui, la pratique des détentions secrètes (renditions) a été réformée et n’impliquera plus la torture. Comment le savoir ? Obama va-t-il confier à un agent du gouvernement la mission de surveiller les traitements réservés par des brutes du tiers-monde aux personnes enlevées ? Étant donné la propension de la police états-unienne à brutaliser les citoyens états-uniens, rien ne peut garantir que les victimes ne seront pas torturées.

Obama a défendu le programme d’écoutes téléphoniques sans mandat de l’Agence de sécurité nationale (NSA) instauré par l’administration Bush/Cheney et confirmé l’argumentation juridique selon laquelle l’« immunité de juridiction » protège les fonctionnaires gouvernementaux de toutes poursuites pénales et civiles lorsqu’ils violent les lois états-uniennes et les droits constitutionnels des citoyens. Le ministère de la Justice d’Obama a pris la defense de Donald Rumsfeld dans un procès intenté par des détenus dont Rumsfeld avait violé les droits.

Par une « déclaration signée » [1], Obama a renoncé ce mois-ci à protéger les whistleblowers, ceux qui révèlent au Congrès les actions illégales de l’exécutif.

Obama revendique des pouvoirs encore plus étendus que Bush pour l’exécutif. À ce sujet, Bruce Fein écrit : « En principe, le président Obama soutient que les victimes des agissements anticonstitutionnels du gouvernement américain ne pourront pas porter plainte, cela afin d’empêcher les Américains et le monde entier de tirer les leçons des actes illégaux perpétrés au nom de la sécurité nationale et d’exiger des responsables qu’ils répondent de leurs actes politiquement et juridiquement. » En d’autres termes, Obama s’est engagé à couvrir les crimes du régime Bush et à assurer que son propre régime pourra continuer à agir de manière illégale et anticonstitutionnelle.

Obama s’oppose à la publication de la dernière série d’épouvantables photos de tortures qui viennent d’être découvertes. Il prétend que cette publication va susciter la colère desrésistants et les amener à tuer des GI’s. Bien sûr que c’est insensé. Ceux qui résistent à l’occupation de leur pays par les troupes états-uniennes et les mercenaires de l’OTAN ont déjà pour vocation de tuer nos soldats et ils savent que les États-uniens torturent tous ceux qu’ils capturent. Obama s’oppose à cette publication parce qu’il sait que l’image barbare de l’armée US que donnent ces photos va saper l’appui aux guerres qui enrichissent le complexe militaro-sécuritaire, qui calment le lobby pro-Israël et récompensent ceux qui ont financé sa campagne.

Obama est également revenu sur sa promesse de retirer les troupes d’Irak. À la consternation de ses partisans, il laisse là-bas 50 000 GI’s. Les autres sont envoyés en Afghanistan et au Pakistan où, sous les yeux d’Obama, la guerre a éclaté sur une grande échelle et où les bombardements de civils ont déjà fait un million de réfugiés.

Et la guerre contre l’Iran reste une option. Sur l’insistance de Washington, l’OTAN effectue des manœuvres sur un ancien territoire soviétique, préparant la voie à un futur enrichissement du complexe militaro-sécuritaire états-unien. Le chômage états-unien qui monte en flèche fournit les troupes nécessaires aux guerres expansionnistes d’Obama.

Le président peut faire de grands discours sans malmener la langue anglaise. Il sait sourire et amener les gens à croire à sa rhétorique. Le monde, ou du moins une grande partie de celui-ci, semble se satisfaire des paroles modérées qui font passer la politique de suprématie de l’Exécutif et d’hégémonie mondiale qui était celle de Dick Cheney.

[1] Signing statement : acte par lequel le président modifie la signification d’un texte de loi.
Paul Craig Roberts :

Cet article a été publié dans Horizons et débats du 15 juin 2009.

Paul Craig Roberts est l’auteur de la loi Kemp-Roth. Il fut sous-secrétaire au Trésor de l’administration Reagan. Il fut rédacteur en chef adjoint au Wall Street Journal et rédacteur à la National Review.

Version originale publiée par Informationclearinghouse.info.
Version française : Horizons et débats.

http://www.voltairenet.org/article160613.html


1-3 Marie Nassif-Debs : Barak Obama : ou La paix » construite sur l’oppression.

Analyse objective du discours de Barak Obama

Extrait

Nous ne pensons pas aller à l’encontre de la vérité si nous disons que le discours tenu par le président étasunien Barak Obama, le 4 juin à l’université du Caire, n’a pas avancé une nouvelle position dans la politique extérieure des Etats-Unis.

En effet, ce discours, qui fut précédé, quelques jours plus tôt, par un retour à la « Feuille de route », préparée à Oslo il y a plus de seize ans et dont l’exécution n’a jamais dépassé la première clause de « Gaza et Jéricho », a constitué la suite logique de la politique suivie par toutes les administrations étasuniennes depuis Richard Nixon et son ministre des Affaires étrangères, Henry Kissinger.

Indépendamment du langage fleuri et aussi des fréquentes citations du Coran, qui s’étendit longuement sur la nécessité du dialogue entre l’Occident « chrétien » et l’Islam, le discours s’appuya sur le raisonnement sophiste qui, sous couvert de logique, visait réellement à tromper. Voilà pourquoi, nous dirons que le président des Etats-Unis n’a pas « prononcé une parole juste », contrairement au premier verset (ayat) cité par lui. Et voilà pourquoi nous avons décidé de mettre à nu les idées contenues dans son discours, selon la traduction officielle qui nous est parvenue.

Obama, l’Islam et l’Arabité

Dans sa première partie, le discours s’est appuyé sur une toile de fond disant que la guerre menée contre l’Occident vient d’une seule direction, celle des musulmans. C’est pourquoi, prêche le discours, c’est une guerre de religion basée sur d’autres guerres de religions très anciennes dans le temps, mais aussi sur la période du colonialisme qui « priva les musulmans de certains droits et de certaines chances », pour arriver, enfin, à l’incapacité des musulmans à s’habituer « au changement extrême dû à la mondialisation et au modernisme, ce qui poussa certains musulmans à considérer l’Occident comme ennemi des traditions islamiques » !!!

Cette logique renferme deux grandes erreurs. La première consiste à vider les croisades et, plus tard, le colonialisme de leur contenu économique et de leurs deux caractéristiques d’oppression et d’exploitation ; surtout que les Croisés et les colonialistes n’avaient fait aucune différence entre musulmans et chrétiens d’Orient. Nous nous contenterons, à ce propos de parler des événements historiques qui avaient accompagné la chute de Constantinople et le rôle joué par certains Etats chrétiens, dont Gênes, afin de faciliter la prise de cette ville par les Ottomans du Sultan Mohammad V et de supprimer, par là, une concurrence gênante. Quant à la seconde erreur, elle consiste à vouloir dire que la lutte menée par les peuples arabes est une lutte « religieuse » ou, plutôt, une lutte menée par quelques obscurantistes « qui sèment la haine et la préfèrent à la coopération qui pourrait aider nos peuples à réaliser le progrès », comme le dit si bien le discours…

Ajoutons à tout cela que cette théorie à propos de l’Occident et de l’Islam et du dialogue qui doit avoir lieu entre eux nie la présence des nations et des Etats dans la régions ; il bannit le concept de l’arabité et la présence d’un monde arabe que Barak Obama n’a cité l’existence qu’une seule fois, en passant, parce qu’il voulait attribuer à la lutte des peuples arabes contre l’occupation israélienne la cause seconde de la tension dans la région. D’ailleurs, en niant l’arabité des peuples de notre région, le président des Etats-Unis préparait le terrain à ce qu’il allait dire, un peu plus loin, à savoir que nous devons tous « admettre que le désir des juifs d’avoir une patrie à eux est un désir ancré dans une histoire dramatique que personne ne peut nier ». Ainsi, il transformait les juifs en une nation, contrairement à tout ce qui est à ce propos, y compris par des historiens israéliens, et ouvrait la porte toute grande devant ce qu’il avait déjà promis, lors de sa campagne électorale : Israël est l’Etat des juifs dans le monde. Ce qui nous ramène aux enseignements des conservateurs appelés « zionist christiens », amis de Georges W. Bush, et à leur mot d’ordre concernant le « transfert » des Palestiniens, y compris ceux qui n’ont pas quitté leurs terres en 1948.

Les erreurs et les justifications

Mais les erreurs et les justifications ne s’arrêtèrent pas là. Ils atteignirent tous les sujets et les problèmes liés au monde arabe. Le problème des sources énergétiques, en particulier. C’est que les Etats-Unis se trouvent mêlés directement à ces problèmes, depuis les années quarante du XX° siècle et les tentatives visant à marginaliser le rôle de la Grande Bretagne, dans le but de mettre la main sur le pétrole et le gaz de l’Orient arabe. Ils ont eu et continuent à avoir un rôle primordial dans la répression des mouvements populaires dans différents pays arabes. Ils sont aussi responsables du maintien de certains régimes politiques arriérés et répressifs, parce que ces régimes justifient la présence étasunienne militaire et, surtout, économique dans la région arabe.

Nous mettons en avant quelques exemples de ces erreurs contenues dans le discours :

1-En ce qui concerne l’agression étasunienne en Afghanistan, Barak Obama dit : »Nous ne sommes pas allés par libre choix mais par nécessité », mettant ainsi en avant les événements sanglants du 11 septembre 2001 et la responsabilité reconnue par l’organisation Al-Qaëda. Cependant, il a oublié de dire que la présence de son pays en Afghanistan revient à quelques vingt ans plus tôt, aux années quatre-vingts, quand la CIA, avec Oussama Ben Laden et le groupe des Résistants (alors appelés « moudjahiddins »), organisait les campagnes militaires contre la présence armée soviétique. D’ailleurs, la CIA a bien su utiliser ces mêmes groupes afin de propager la culture de l’opium qui lui avait servi à financer ses actions subversives ainsi que celles de ses amis « Contras » et autres en Amérique latine. Enfin, M. Obama a oublié de préciser qu’au moment où une campagne de protestation couvrait le monde contre la répression des femmes, les assassinats des militants et la destruction des statues bouddhistes et autres vestiges des civilisations anciennes en Afghanistan, Washington fut la seule capitale, ou presque, à reconnaître le gouvernement des Résistants et à lui présenter aide et assistance.

Et, si nous n’avons pas développé la tentative d’Obama de se déclarer tuteur des chrétiens arabes, à travers ce qu’il avait dit concernant le respect dû aux Maronites du Liban ou aux Coptes d’Egypte, c’est parce que cette tentative fait déjà partie de toute une littérature visant à instaurer un « Nouveau Moyen Orient », dans lequel Israël serait entouré par de mini Etats confessionnels antagonistes qui auraient, tous, besoin pour survivre de l’aval des Etats-Unis qui pourraient, ainsi, assurer leur mainmise sur les richesses du monde arabe.

En tout cas, et malgré le langage fleuri et les citations du Coran, du Talmud et de l’Evangile, le discours du président Obama n’a réussi qu’à susciter les applaudissements de ceux que le régime égyptien avait choisis pour lui serrer la main. Et, si le gouvernement palestinien de Mahmoud Abbas s’est empressé de le décrire comme un bon point de départ pour atteindre la paix, généralisée et juste, dans la région, il n’en reste pas moins que le refus du droit au retour des Palestiniens, les crimes et le blocus ne peuvent pas assurer une telle paix…

D. Marie NASSIF-DEBS

15/6/2009
(Article paru dans le bimensuel An-Nidaa)

Version arabe : http://www.aloufok.net/spip.php?art...


1-4 Patrick Martin : Obama au Caire : le nouveau visage de l’impérialisme U.S.  

Le discours du président U.S. Barack Obama au Caire le 4 juin dernier était farci de contradictions. Il s’est déclaré opposé a « l’assassinat d’hommes, de femmes et d’enfants innocents », mais a pris la defense des guerres menées en Irak et en Afghanistan, ou de celle conduite indirectement au Pakistan, tout en gardant le silence sur les derniers massacres de Palestiniens à Gaza par Israël.

Le 5 juin 2009

Ces guerres ont fait plus d’un million de morts en Irak, des centaines de milliers en Afghanistan, au Pakistan et dans les territoires palestiniens. Obama a déclaré soutenir la démocratie, les droits de l’Homme et même ceux des femmes, après deux journées d’entrevue avec le roi saoudien Abdullah et le président Hosni Moubarak, deux des tyrans les plus notoires du Proche Orient. Pas un mot dans son discours sur l’absence totale de droits démocratiques en Arabie Saoudite ou sur la répression que mène en ce moment la dictature militaire de Moubarak… Peu avant la visite du président à l’université d’Al-Azhar, la police secrète égyptienne a lancé un raid sur le campus et 200 étudiants étrangers ont été arrêtés. Avant de quitter le Moyen Orient, Obama chanta néanmoins les louanges de Moubarak, notre « allié inconditionnel ».

Se posant en avocat de la paix et de l’entente universelle, Obama se dispensa très diplomatiquement d’évoquer les ordres qu’il a lui-même donnés pour une intensification des hostilités en Afghanistan, avec notamment le déploiement de 17 000 soldats U.S. supplémentaires. Il a en outre tacitement avalisé la politique de son prédécesseur en Irak, en déclarant : « Je pense qu’au bout du compte, les Irakiens se sentent tout de même mieux sans la tyrannie de Saddam Hussein ». Il a aussi préféré éluder la question du retrait des forces U.S. et de sa date butoir signée par l’administration Bush pour décembre 2012, parlant seulement d’une promesse « de retirer toutes nos troupes d’Irak d’ici 2012 ».

Dans son discours, Obama réfute l’idée qu’on puisse taxer l’Amérique « d’empire égocentrique » – ce qu’elle est effectivement – ou que les USA cherchent à obtenir davantage de bases, davantage de territoires ou davantage d’accès aux ressources naturelles du monde musulman. La guerre en Afghanistan est selon lui « une guerre par nécessité », provoquée par les attaques terroristes du 11 septembre. L’administration Bush-Cheney tenait exactement le même argument à l’époque, passant sciemment à la trappe les véritables intérêts matériels en jeu. En réalité, la guerre en Afghanistan participe de la prétention impérialiste des Etats-Unis à contrôler totalement les principales réserves mondiales de gaz et de pétrole : le Golfe Persique et le Bassin de la Caspienne.

Bien sûr, on n’était plus du tout dans le même registre rhétorique. Fini l’artillerie lourde de Bush : « Vous êtes soit avec nous soit contre nous ! », Obama nous dit d’un ton rassurant « Nous sommes tous ensembles dans cette galère ! » Mais, comme l’ont noté pas mal de commentateurs (la New Republic comparait mot à mot ce discours à celui de Bush le 16 septembre 2006 aux Nations Unies), en coupant l’image et le son et en s’en tenant au texte et à la rhétorique générale du discours, on reste toujours dans la même veine que les discours de Bush, de Condolezza Rice ou d’autres représentants de l’administration précédente.

Le propos plus vague, plus fleuri, les références de pure forme à la culture islamique ou à l’égalité des droits des nations, tout ça n’est qu’une variante réajustée du langage dont on drape habituellement les politiques impérialistes américaines ; aucun changement substantiel. Obama n’a pas fait la moindre proposition pour que soient réparés les torts faits aux populations du Proche Orient, pour la bonne et simple raison que, fondamentalement, la source même de cette oppression est le système de pillage et de domination impérialiste du monde, dont l’impérialisme américain reste la pire expression.

Obama a certes fait une petite référence en passant au colonialisme et au rôle des Etats-Unis dans le renversement de gouvernements démocratiquement élus comme celui de Mossadegh en Iran, en 1953. Mais dans sa litanie sur les « sources de tension » dans la région, il s’en est tenu à la même liste que son prédécesseur, avec au premier plan « l’extrémisme violent » – substitut purement rhétorique pour remplacer le « terrorisme » de Bush.

Dans les médias américains, la réaction au discours d’Obama fut unanimement enthousiaste. A gauche, David Corn du magazine Mother Jones claironna que les plus grands atouts d’Obama étaient « sa trajectoire personnelle, son anti-Busherie, sa reconnaissance des erreurs de l’Amérique, enfin sa volonté de dire au moins les choses comme s’il voulait se poser en honnête courtier au Proche Orient ».

Dans le magazine belliciste de gauche New Republic, Michael Crowley écrivait : « Le voir déballer sa biographie, offrir une représentation si inhabituelle du monde, c’est apprécier tous les bénéfices que l’Amérique va pouvoir tirer de ce nouveau visage qu’elle présente d’elle au monde ».

Peut-être plus révélateur encore, ce commentaire de Max Boot, néo-conservateur et fervent defenseur de la guerre en Irak : « Il m’a semblé bien plus efficace pour faire valoir la cause de l’Amérique aux yeux du monde musulman. Pas le moindre doute : c’est un bien meilleur vendeur que son prédécesseur ».

Dans son discours au Caire, Obama jouait tout simplement le rôle pour lequel il a été engagé et promu par une portion décisive des élites américaines de la finance mais aussi de l’appareil militaire et des affaires étrangères, à savoir d’offrir un nouveau visage à l’impérialisme américain. Cela dénote un virage tactique, certes, mais non un changement de stratégie dans l’offensive de Washington pour sa domination du monde.

Il y a environ deux ans, l’ancien conseiller à la sécurité nationale U.S., Zbigniew Brzezinski, offrit publiquement son soutien à la candidature présidentielle de celui qui n’était encore qu’un obscur sénateur de l’Illinois, pariant sur le fait qu’un Afro-Américain héréditairement lié au monde musulman comme Obama, améliorerait certainement l’image des USA sur le plan international.

Brzezinski était le mentor des faucons de l’administration démocrate de Jimmy Carter. Il avait largement contribué à pénétrer les bouleversements politiques survenus en Afghanistan, dans le but de provoquer l’intervention soviétique afin d’attirer la bureaucratie de Moscou dans le piège d’un bourbier identique à celui du Vietnam. Son point de focale a toujours été ce qu’il appelle « le grand échiquier » d’Eurasie, et en particulier les riches champs pétroliers d’Asie Centrale, où la lutte d’influence fait désormais rage entre les USA, la Russie, la Chine et l’Iran.

Brzezinski déclarait dès août 2007 : Obama « reconnaît que le vrai défi c’est un nouveau visage, l’idée d’une nouvelle direction, d’une redéfinition du rôle des Etats-Unis dans le monde… Ici, Obama est incontestablement plus efficace et l’emporte haut la main. Il a le sens de ce qui est historiquement pertinent et de ce qu’on est réellement en droit d’attendre des Etats-Unis dans leur relation avec le reste du monde ».

Defenseur impitoyable des objectifs de l’impérialisme américain, Brzezinski avait averti les élites américaines au pouvoir, du danger de ce qu’il appelle le « réveil politique global ». Dans un commentaire qui a fait couler beaucoup d’encre, il expliqua au magazine allemand Der Spiegel, quelques mois à peine avant de soutenir Obama, que la grande majorité de l’humanité « trouvera bientôt intolérables les disparités béantes de la condition humaine. Cela pourrait bien être le danger collectif auquel nous serons confrontés au cours des prochaines décennies ».

Si l’on veut appeler les choses par leur nom, ce que les représentants les moins obtus de la classe dirigeante américaine redoutent réellement, c’est une révolution mondiale. C’est seulement pour empêcher un tel soulèvement social qu’ils ont jugé crucial d’installer Obama à la Maison Blanche. C’est aussi la raison de son pèlerinage au Caire.

Source: World Socialist Web Site

Vendredi, 12 Juin 2009

Traduit de l’anglais par Dominique Arias pour Investig'Action


n° 275 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan -03-07 –Suite - : Barack Obama a trouvé son bourbier : l’Afghanistan.

n° 275 - Les  dossiers  'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan -03-07 –Suite -  : Barack Obama a trouvé son bourbier : l’Afghanistan.



                          Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

                              Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  dossiers   'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan

   n°275                                                                                                                             03/07/09

                   C.De Broeder    &   M.Lemaire                       



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Sommaire :

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion (fin)

1-5 Serge Michailof : La guerre en Afghanistan est-elle perdue ?

2 Annexe

2-1 La stratégie du chaos (première partie)

2-2 George Monbiot : SOA, ou l’école du terrorisme à l’américaine..


1-5 Serge Michailof : La guerre en Afghanistan est-elle perdue ?

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

Extrait

Nous savons depuis le Vietnam que, même en gagnant toutes les batailles, on ne peut vaincre une guérilla qui dispose de financements et de zones de repli inexpugnables. (ndlr : le Pakistan)

Or les résistants contrôlent une partie des 4 milliards de dollars (2,814 milliards d'euros) annuels de l'argent de la drogue.

L'impasse militaire est évidente : "We are not winning...", a reconnu Obama. Peut-on négocier, et avec qui ?

Les négociations sponsorisées par l'Arabie saoudite ne débouchent sur rien : en position de force, les résistants n'ont aucun intérêt à négocier. On cherche désespérément les résistants modérés.

On a aussi vu ce que donnaient les négociations avec les résistants au Pakistan. Faut-il plier bagage ? Pierre Lellouche, qui était chargé d'une mission de coordination sur l'"AfPak" (Afghanistan-Pakistan), rappelait, lors d'une interview à Kaboul, que, si nous pouvions rentrer chez nous en paix, il ne faudrait pas hésiter.

Il ajoutait aussi fort justement que cette guerre ne nous laissera pas en paix.

Si l'on en croit Ahmed Rashid, le grand spécialiste du mouvementrésistants, ce sont 30 000 jeunes provenant du Moyen-Orient, d'Asie et d'Europe qui ont été endoctrinés et entraînés par Al-Qaida entre 1996 et 2001.

Que nous réserve l'avenir si Al-Qaida sort vainqueur de ce conflit ?

Le centre de gravité du conflit est au Pakistan. L'enjeu principal est en fait le positionnement de l'armée pakistanaise.

Etat dans l'Etat qui dispose de ses propres financements et qui définit sans contrôle la politique de defense, cette armée a joué depuis 2001 un double jeu tout en bénéficiant de la bienveillance de l'administration Bush. Elle a profité d'une considérable aide militaire (11 milliards de dollars), mais a continué à soutenir des groupes extrémistes qu'elle avait créés pour atteindre ses objectifs historiques : contrer l'Inde au Cachemire, contrôler l'Afghanistan, et enfin contrôler la vie politique au Pakistan.

Or cette politique débouche sur une impasse, car ces groupes extrémistes ont acquis leur autonomie et menacent désormais la cohésion du pays.

Cette armée est donc confrontée à un choix difficile entre la poursuite de ses objectifs, qui risquent de conduire le pays à l'implosion, ou la destruction du cancer extrémiste, qui exige une révision déchirante de ses ambitions.

Le dialogue conduit par la nouvelle administration américaine est donc crucial : il s'agit de "convaincre" l'armée de se débarrasser de sa paranoïa vis-à-vis de l'Inde qui justifiait aussi beaucoup de prébendes, et de la persuader que la manipulation de groupes extrémistes pour atteindre ses objectifs n'est plus acceptable.

Le soutien de la Chine et de l'Arabie saoudite, qui sont les deux autres bailleurs de fonds de l'armée pakistanaise, sera certainement indispensable pour faire passer le message. Il faudra en parallèle consolider la chancelante démocratie pakistanaise, et un test crucial devrait être la décision de transférer aux autorités civiles le contrôle de l'aide militaire américaine.

Il est enfin indispensable de monter un très ambitieux programme d'aide au Pakistan, dont l'économie est en chute libre - on cite des besoins de 50 milliards de dollars sur trois ans ! Seule une armée qui aura clairement fait le choix de cesser tout soutien aux groupes extrémistes pourra freiner les djihadistes qui circulent entre Pakistan et Afghanistan. Mais seule une administration pakistanaise assainie pourra aussi apporter les services de base en éducation, santé, justice, qui ne sont actuellement offerts dans le nord-ouest du pays que par les islamistes. L'issue de la guerre en Afghanistan repose ainsi sur la prise de conscience par une armée islamisée et par l'opinion publique pakistanaise que la reprise du contrôle des zones tribales n'est pas une guerre "pour les Américains", mais pour la survie du Pakistan.

L'armée, dont la taille est très insuffisante, doit au plus vite monter en puissance selon le modèle habilement suivi par les Algériens face à leur insurrection islamiste, en 1993. Elle devrait comporter à la fois des unités d'intervention très mobiles et une armée de masse pour tenir le terrain et offrir des perspectives aux jeunes désoeuvrés qui sont attirés par les salaires payés par les résistants.

L'ensemble, ne rêvons pas, devra être financé, équipé et soutenu par les pays de la coalition. Au total, la guerre en Afghanistan, telle qu'elle a été conduite depuis 2002, ne peut qu'être perdue. Seuls le changement de pied de l'armée pakistanaise et la mise en place d'un appareil sécuritaire afghan crédible permettront d'engager avec succès, au niveau local, des négociations avec desrésistants dont les revendications sont souvent locales.

Ceux qui sentiront tourner le vent pourront être "incités", comme en Irak, à se dissocier des extrémistes engagés dans un djihad global. Seule cette approche permettra à la communauté internationale d'éviter une défaite dangereuse pour la paix du monde.

Dans ce contexte, les militaires de la coalition doivent aider à "tenir" cet Etat embryonnaire pendant les trois ans qui sont le minimum nécessaire pour la mise en œuvre de cette stratégie.

Car les délais sont maintenant très courts avant les échéances électorales aux Etats-Unis comme en France, et la nécessité de démontrer que la guerre n'est pas perdue. Très difficile chemin, certes. Sans doute encore praticable avec une administration américaine qui pose enfin le problème. Mais chemin semé de bien nombreuses embûches.

Serge Michailof

Michailof est enseignant à Sciences Po et à Paris-I, spécialiste du développement.

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/06/29/la-guerre-en-afghanistan-est-elle-perdue-par-serge-michailof_1213021_3232.html



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n° 275 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan -03-07 –Fin - : Barack Obama a trouvé son bourbier : l’Afghanistan.

n° 275 - Les  dossiers  'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan -03-07 –Fin -  : Barack Obama a trouvé son bourbier : l’Afghanistan.



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Les  dossiers   'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan

   n°275                                                                                                                             03/07/09

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Sommaire :

2 Annexe      (fin)

2-3 Jeanne Theoharis : Guantánamo chez nous.

2-4 Que faire de Guantanamo ?

2-5 Michael Hudson : Dé-dollarisation : le démantèlement de l’empire militaire et financier américain.

2-3 Jeanne Theoharis : Guantánamo chez nous.

Deux jours après avoir prêté serment, le quarante-quatrième président des USA, Barack Obama a signé trois décrets pour interdire la torture, exiger que la CIA utilise les mêmes méthodes que les militaires pour interroger les suspects de terrorisme, fermer le réseau des prisons secrètes de la CIA et la prison de Guantánamo Bay à Cuba dans un délai d'un an. « Ce que les cyniques ne veulent pas  comprendre, » a proclamé le Président dans son discours inaugural, « est que le sol a bougé sous leurs pieds. » 

Mais où exactement le sol a-t-il bougé ?

Les lieux où sont concentrés tous les regards – et où se concentrent les plus grandes passions contre la politique terroriste de Bush, ces dernières années – se trouvent à l'extérieur des frontières de notre nation, dans des pays éloignés et des prisons lointaines. Le problème de la torture et des autres violations des droits de l'homme dans la « guerre contre le terrorisme » des USA a été présenté comme un problème qui se déroule bien loin de chez nous. La supposition sous-jacente est que si les détenus de Guantánamo étaient jugés sur le sol des USA et dans des cours fédérales (comme le demandent de nombreux groupes), des abus aussi flagrants ne se produiraient pas.

Mais Guantánamo n'est pas juste une absurdité ; sa fermeture ne va pas faire revenir les USA à l'autorité de la loi ou à son ancien rang parmi les autres nations. 

Guantánamo est une manière particulière de voir la constitution, de construire le paysage comme un terrain sombre où les ennemis sont tapis,  où les tribunaux sont devenus des boucliers contre de tels dangers, où les droits ont des limites et où les normes internationales doivent être mises en balance avec la sécurité nationale. C'est une excroissance d'une « guerre contre la terreur » avec des précédents historiques qui a pris racine sous le gouvernement Clinton (dans lois comme l’ Antiterrorism and Effective Death Penalty Act de 1996), qui s'est répandue comme le chiendent sous Bush et a infiltré la structure du système judiciaire. C'est une stratégie préventive où arrêter le terrorisme revient à placer en détention et poursuivre en justice des gens qui n'ont commis aucun acte réel de terrorisme mais dont les croyances religieuses et les associations politiques révèlent une intention ostensible de le faire.

Le jour après que le Président Obama eut signé les trois décrets, j’ai assisté à une audience de tribunal dans l'affaire Syed Fahad Hashmi. Hashmi est un citoyen usaméricain musulman de 29 ans, détenu en isolement cellulaire au Correctional Center (MCC), la prison fédérale, du Bas Manhattan. Il est inculpé de deux chefs d'accusation pour fourniture et conspiration de fourniture de soutien matériel et deux chefs d'accusation pour avoir apporté et comploté pour apporter une contribution de biens et services à Al Qaïda. S'il est jugé coupable, Hashmi risque soixante-dix ans de prison. Il est aussi un de mes anciens étudiants au Brooklyn College qui a obtenu son diplôme en 2003 et a eu une maîtrise en relations internationales à la London Metropolitan University en 2005.

Hashmi a été arrêté en Grande-Bretagne le 6 juin 2006, sur mandat d'arrêt des USA ; son arrestation fut présentée comme la meilleure histoire dans les programmes d'informations de la nuit sur CBS et NBC, qui ont utilisé des graphiques pour exposer la Piste et le Réseau Terroristes. Détenu pendant onze mois sans incident à la prison de Belmarsh, il est devenu le premier citoyen usaméricain à être extradé par la Grande-Bretagne en vertu des nouvelles mesures assouplissant les normes pour les extraditions dans les affaires de terrorisme.

Le Ministère de la Justice affirme que la « pièce maîtresse » de son dossier contre Hashmi est le témoignage de Junaid Babar. Selon le gouvernement, au début 2004, Babar, également citoyen US, a passé  deux semaines avec Hashmi, dans son appartement de Londres. Dans ses bagages, selon le gouvernement, Babar avait des imperméables, des ponchos et des chaussettes  imperméables qu'il a ensuite remis au Numéro Trois d'Al Qaïda, au Waziristan-Sud, au Pakistan. Hashmi aurait permis à Babar d'appeler d'autres conjurés d'un complot terroriste, en utilisant son téléphone portable. Babar qui a été arrêté en 2004 et a plaidé coupable pour cinq chefs d'accusation de soutien matériel à Al Qaïda, risque jusqu'à soixante-dix ans de prison. En attendant sa sentence, il a accepté de travailler au service du gouvernement en tant que témoin dans les procès des terroristes en Grande-Bretagne et au Canada, ainsi qu'au procès de Hashmi. Pour sa coopération, Babar aura droit à une peine réduite.

Les lois sur le soutien matériel sont fondées sur la culpabilité par association. Elles permettent de fabriquer une boite noire dans laquelle toutes sortes d'activités protégées par la constitution peuvent être jetées et classés comme suspectes, voire criminelles. Comme dans cette affaire, il y a peu de preuves qui lient directement Hashmi à un acte criminel, la majeure partie de l’accusation consistera à établir quelle était son intention. Pour ce faire, le gouvernement va probablement s'appuyer sur les déclarations qu'a fait Hashmi au sujet de la politique étrangère des USA, sur le traitement des musulmans ici et à l'étranger et sur d'autres questions politiques. Hashmi qui était membre du groupe politique de New York, Al Muhajiroun (Les Émigrés) lorsqu'il était étudiant au Brooklyn College, défendait des positions bien en marge du courant dominant de l'opinion publique usaméricaine. D'ailleurs, il avait attiré l'attention du Time et de CNN, en mai 2002, pour son activisme étudiant et la menace potentielle pour le pays qu’il était censé représenter ; les deux médias rapportaient ses propos lors d'une réunion du Brooklyn College en 2002 : les USA sont « les plus grands terroristes du monde. » Le gouvernement n'a cependant pas classé Al Muhajiroun sur la liste des  organisations terroristes ni considéré illégale, l'adhésion à cette organisation. Ainsi, ces poursuites judiciaires permettent de criminaliser un discours politique protégé par la constitution.

En attendant son procès, Hashmi est en cellule d'isolement au MCC, depuis mai 2007. Depuis octobre de cette année, il est détenu selon les « Mesures administratives spéciales » (SAM d'après leur sigle en anglais) imposées et renouvelées par le ministre de la Justice. Le pouvoir du gouvernement d'imposer les SAM a été instauré en 1996. Depuis le 11 septembre, les normes pour les imposer, et les conditions pour leur renouvellement, ont été simplifiés de façon significative. Avec les SAM, Hashmi n'a droit à aucun contact, à l'exception de son avocat, et plus récemment avec ses parents – à aucun appel téléphonique,, aucune lettre, interdiction de parler aux autres prisonniers au travers des murs et sa cellule est surveillée électroniquement à l'intérieur et à l'extérieur. Il doit se doucher et aller aux toilettes sous la surveillance permanente de la caméra. Il ne peut écrire qu'une lettre par semaine à un unique membre de sa famille, mais il a droit à trois feuilles de papier maximum. Il n'a pas le droit d'être en contact, directement ou par le biais de son avocat, avec les médias. Il a le droit de lire le journal mais seulement les parties approuvées par ses geôliers et pas avant 30 jours après leur publication. ll a droit à une heure de sortie en dehors de sa cellule, par jour – heure qui est souvent refusée – mais il n'a pas le droit de sortir en plein air, par contre il est obligé de faire de l'exercice en isolement, dans une cage. Les SAM représentent une menace importante pour la santé mentale de Hashmi et pour sa capacité à participer pleinement à sa defense. La sévérité de ces mesures jette une ombre de suspicion sur le détenu, le décrivant en fait, comme coupable avant même qu'il n'entre dans la salle d'audience. Sa « propension à la violence » est citée comme raison à ces mesures, malgré le fait qu'il n'ait jamais été accusé (ou déclaré coupable) d'avoir commis un acte de violence.

De plus, avec la Classified Information Procedures Act (Loi de procédure pour les informations classifiées), édictée en 1981, qui vise à empêcher toute manipulation par des  agents de renseignements US lors de poursuites judiciaires, la plupart des preuves contre Hashmi sont classées confidentielles, ce qui signifie qu'il n'aura pas le droit de voir beaucoup de preuves lors de son procès. Son avocat a du obtenir une habilitation de sécurité de la CIA pour avoir la possibilité d'en prendre connaissance. Cependant, pour préserver la sécurité nationale, l'avocat de Hashmi a l'interdiction de discuter des preuves du gouvernement avec Hashmi, ni avec aucun expert extérieur qui n'ait pas reçu l’habilitation de la CIA.

À l'audience de Hashmi du 23 janvier, la juge fédérale du district Loretta Preska a écouté la defense contester les conditions de son isolement, avant son procès. La defense a présenté la preuve de l'impact dévastateur de l'isolement cellulaire à long terme et de la privation sensorielle sur le mental des prisonniers ainsi que sur leur santé physique et sur leur capacité à participer à leur defense. L'avocat de la defense, Sean Maher a cité le travail de différents experts médicaux et de spécialistes comme le professeur de psychologie, Craig Haney à l'Université de Californie, à Santa Cruz, qui conclut que « il n'y a pas une seule étude publiée sur l'isolement cellulaire ou l'isolement en sécurité maximum .. qui n'ait pas démontré ses effets négatifs psychologiques. »

La defense a demandé quelques modestes changements aux conditions d'isolement de Hashmi : que ses parents âgés et infirmes aient l'autorisation d'aller le voir tous les deux ensemble, qu'il ait l'autorisation de faire de l'exercice sur l’aire de récréation aménagée sur les toits du  MCC et avec d’ autres prisonniers, de participer à un groupe de prière et d'avoir un compagnon de cellule. Le juge a refusé toutes ces demandes, se rangeant du côté de l'argument tautologique du procureur général comme quoi l'imposition première des SAM prescrivant des mesures de haute sécurité démontrait la justesse des considérations de sécurité nationale dans l'affaire Hashimi, rendant ainsi les conditions de son isolement légitimes et nécessaires. Ce n'est donc pas surprenant que, dans des affaires comme celle de Hashmi où les SAM ont été imposées depuis le 11 septembre, presque aucune de ces mesures n'ait été levée. La juge Preska a également soutenu que les restrictions imposées à Hashmi sont « administratives plutôt que punitives » et donc constitutionnelles.

Hashmi a passé presque un an et demi, sous SAM,  dans un centre de détention fédéral à Manhattan sous l'autorité du Tribunal fédéral du District Sud de New York. Les conditions de son isolement avant son procès ne sont pas vraiment plus humaines que celles de beaucoup de prisonniers à Guantánamo, tout comme son droit à un procès juste dans la ville de New York n'est pas explicitement plus protégé que celui des ressortissants étrangers confrontés aux commissions militaires US dans d'autres parties du monde. Que va t-il se passer alors si les détenus de Guantanamo sont transférés et jugés par des tribunaux fédéraux ?

Les conditions inhumaines de l’isolement de Hashmi pendant sa détention préventive ne sont pas isolées. Le citoyen canadien et résident légal aux USA, Mohammed Warsame a été détenu pendant plus de cinq ans à Minneapolis sans procès (dont la majorité en isolement cellulaire en application de SAM) malgré une procédure pour accélérer le procès enclenchée par ses avocats, il y a plus de trois ans. En décembre 2003, Warsame disparut secrètement pendant quatre jours pour interrogatoire "volontaire" dans une base militaire au nord du Minnesota. Les autorités pensaient qu'il détenait des informations sur Zacarias Moussaoui, car les deux hommes allaient à la même mosquée au Minnesota. Détenu en tant que témoin matériel, Warsame connaissait à peine Moussaoui et n'avait aucun témoignage à fournir à son sujet, même lorsqu'il a comparu à son procès. Le gouvernement a alors déposé des accusations de soutien matériel contre Warsame, affirmant qu'il avait enseigné l'anglais à des infirmièresrésistantses, qu'il avait mangé dans la même pièce qu'Ossama Ben Laden et qu'il avait envoyé 2 000 $ à des gens en Afghanistan qui, selon le gouvernement, seraient des Résistants.

Les violations des droits civiques sont également établies dans la politique pénitentiaire. En décembre 2006, le Ministère de la Justice a tranquillement mis en place une infrastructure ségrégationniste, l'Unité de gestion de communication, à la prison fédérale de Terre Haute dans l'Indiana, pour des détenus pour terrorisme de sécurité moyenne. Presque tous les détenus transférés à Terre Haute sont musulmans. Tous les appels et courriers (communication habituellement restreinte par les employés de la prison) sont surveillés et les prisonniers ne sont autorisés à communiquer entre eux qu’en anglais. Les terroristes les plus dangereux sont généralement envoyés dans l'unité pénitentiaire et administrative de sécurité maximum, connue sous le nom de Supermax, à Florence au Colorado. Le Gouverneur du Colorado, Bill Ritter envisage d'ouvrir les portes de la prison aux détenus de Guantanamo ; l'infrastructure, selon le porte-parole de Ritter, est "construite exactement pour ce type de détenus à haut risque" Amnesty International a émis des critiques envers les conditions de vie à Supermax, où les prisonniers n'ont pratiquement aucune possibilité d'interaction humaine, d'exercice physique ou de stimulation mentale – ces mêmes conditions que subissent beaucoup d'hommes à Guantánamo et que subit Hashmi à Manhattan. De fait, un des suspects de terrorisme les plus recherchés des USA, Khalid Al Fawwaz se bat contre son extradition aux USA en plaidant que les conditions dans une prison comme Supermax au Colorado, sont en violation de l'article 3 de la Loi britannique sur les droits de l'homme, qui interdit la torture et autre traitement ou châtiment inhumain ou dégradant.
Le Metropolitan Correction Center de Manhattan

Des six personnes, dont Hashmi , soumises aux SAM en détention préventive aux USA, trois se trouvent sous la juridiction du procureur général pour le District Sud de New York. Proche de Ground Zero, théâtre politique du 11 septembre, ce bureau de Manhattan a pris une grande latitude en imposant des conditions d'emprisonnement extrêmes. Avant 2001, les SAM étaient utilisées contre les prisonniers de haute dangerosité dont le pouvoir et l'influence pouvaient inspirer des actes de violence à l'extérieur de la prison (comme le chef du gang des Latin Kings qui a ordonné un meurtre depuis la prison). Aujourd'hui, ces mesures sont imposées de façon plus abusive, contre les suspects que le gouvernement cherche à étiqueter comme dangereux, sans tenir compte d’ actes qu'ils auraient réellement commis ni de leur influence à l'extérieur de la prison (D'ailleurs, le procureur général n'a pas affirmé publiquement que Hashmi avait une action à l'extérieur de la prison). De plus, le District Sud de New York est un tremplin majeur pour un poste national – et poursuivre des terroristes donne un plus à votre CV.

Sur la scène de la justice usaméricaine contre le terrorisme, les procureurs généraux à travers tout le pays sont désormais devenus les acteurs principaux. Mis en avant aux actualités télévisées du soir, ils parlent avec des tons sinistres de l'importance des derniers actes d'accusation de terrorisme – complots déjoués, cellules dormantes découvertes, terroristes attrapés. La représentation publique de ces actes d'accusation rappelle aux Usaméricains le grave danger auquel fait face la nation et la nécessité de mesures spéciales pour nous protéger, et ceci nous rassure sur la capacité du gouvernement à déjouer le danger. L’absence de preuves dans beaucoup de ces affaires et le traitement inhumain des suspects ont suscité une indifférence notable des juges. Mais de telles dérogations au droit et au principe d’une justice équitable reçoivent rarement une couverture médiatique importante.

À Miami, les procureurs retournent pour la troisième fois au tribunal, cherchant à condamner six hommes pour les chefs d'accusation de soutien matériel et de conspiration dans l'intention de faire sauter la Tour Sears. Les informations du soir de juin 2006 avaient claironné l'arrestation de sept hommes « musulmans » et la mise en échec de leur plan d'attaquer la Tour Sears dans le cadre d'un jihad (le jour suivant cependant, même le FBI a décrit le plan comme « un projet plutôt qu'une réelle opération. » ["aspirational rather than operational."]) Les sept hommes sont en fait des membres du Moorish Science Temple, une secte religieuse qui mélange des éléments du christianisme, du judaïsme, de l'Islam et du nationalisme noir. L'affaire, manquant de preuve concrète, comme des armes ou des plans et utilisant des informateurs douteux (les jurés eurent le sentiment qu'un informateur du FBI influençait les hommes), s'est déjà terminée par deux non-lieux pour vices de procédure. Pourtant le procureur des USA a fait pression pour un troisième procès afin de « protéger la communauté », même si aucune nouvelle preuve n'est apparue.

Les différents médias du pays ont gonflé  l'histoire des « cellules dormantes » découvertes à Detroit en 2002 et à Lodi en Californie en 2005. Deux hommes à Detroit furent reconnus coupables en 2003 mais virent par la suite leurs sentences suspendues (et le procureur général fut inculpé) quand il fut découvert que le procureur général dissimulait une preuve disculpatoire. À Lodi, un autre informateur du FBI qui avait été payé 250 000 $ pour son travail, avait agi en tant qu'agent provocateur avec le père et le fils, Umer et Hamid Hayat. Le gouvernement réussit à obtenir une condamnation du fils en utilisant les confessions contradictoires et mensongères des Hayat – les deux demandèrent à coopérer avec les enquêteurs. (Le père alla jusqu'à affirmer que son fils s'entraînait dans un sous-sol, et y pratiquait des exercices de sauts à la perche. Quand l'interrogateur du FBI remarqua que le plafond du sous-sol devait être très haut, le père fut d'accord…). Un agent du FBI depuis de longues années, allait témoigner pour la defense des Hayat en disant que c'était « l'enquête la plus négligente et juvénile » qu'il ait jamais vu produite par le FBI, mais la cour rejeta son témoignage.

Et puis il y a l'affaire du « chef terroriste » et professeur à l'Université de Floride du Sud, Sami Al-Arian, racontée en détail par Alexander Cockburn dans The Nation. Après plus d'une décennie de surveillance, des années d'isolement cellulaire et un procès qui a duré six mois et a coûté 50 millions de $, les jurés ont acquitté Al-Arian pour huit des chefs d'accusation les plus graves (et classé sans suite le reste des accusations). Le gouvernement a poussé Al-Arian à plaider coupable pour un chef d’inculpation et puis a annulé son accord en l'assignant devant un grand jury. Refusant de se présenter, Al-Arian risque maintenant une condamnation pour outrage à magistrat, portée par l'assistant du procureur général pour le District Oriental de Virginie. La Juge Leonie Brinkema envisage un non-lieu pour cette affaire. Début mars, elle a mis en doute les actions du procureur général dans l’accord avec  Al-Arian : « Je pense qu'il y a quelque chose de plus  important ici, et c'est l'intégrité du ministère de la justice».

Lors de sa confirmation au poste du ministre de la Justice, Eric Holder a déclaré sans équivoque que « Guantánamo sera fermé », tout en promettant simultanément de « combattre le terrorisme avec tous les outils disponibles. » Il est important de fermer une prison renégate dans un coin éloigné de Cuba. Mais c'est tout aussi important, même si c'est plus difficile, de regarder ce qui se passe chez nous. C'est ici, dans le Bas Manhattan, à Minneapolis et à Miami, dans notre ministère de la Justice, que les choses doivent bouger sous nos pieds. C'est ici que des citoyens Usaméricains et des résidents, dans notre système de cours fédérales et sous nos yeux, attendent leurs procès et se trouvent souvent face à des preuves classées secrètes et spécieuses dans des conditions inhumaines qui donnent lieu à des punitions cruelles et inhabituelles. Fermer Guantánamo exige que nous examinions et reconstruisions les systèmes politiques et judiciaires à l'intérieur de nos frontières – réformer le ministère de la Justice, les tribunaux et la politique pénitentiaire. Il serait judicieux que nous prêtions attention à l'avertissement de l'ancien Président de la Cour suprême, Earl Warren, sur les dangers qui guettent nos processus judiciaires : « Ce serait vraiment ironique, » prévenait Warren en 1967, « que, au nom de la defense nationale, nous autorisions la destruction de (…) ces libertés (…) qui font que  la nation vaut la peine d’être défendue. » 

AUTEUR:  Jeanne THEOHARIS

Source : The Nation -
Article original publié le 20/4/2009

Traduit par  Isabelle Rousselot. Édité par Fausto Giudice
Isabelle Rousselot et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteure, la traductrice, le réviseur et la source.
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=7900&lg=fr


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08/07/2009

n°274- dossiers de l'Afghanistan n°253 - du 06-07 – Début - : Le général Petraeus s’inquiète ( ... ) des crimes de la CIA en Afghanistan et au Pakistan.

n°274- dossiers de l'Afghanistan n°253 - du 06-07 – Début - : Le général Petraeus s’inquiète ( ... )  des crimes de la CIA en Afghanistan et au Pakistan.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de l'Afghanistan n°274 du 06-07

        C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 AntiWAR / Peace Music Video

1-2 Interview de l'écrivain Webster G. Tarpley sur B.Obama  

1-3 Vidéo : Les guerres du pétrole expliquées aux adolescents.

1-4 Propagande néo-con sur Arte

2 Les Brèves

2-1 Les soldats US de plus en plus portés sur l'alcool

2-2 Le général Petraeus s’inquiète ( ... )  des crimes de la CIA en Afghanistan et au Pakistan.

2-3 Les Etats-Unis cessent le financement des programmes d'éradication du pavot en Afghanistan.

4-4 Des militaires canadiennes envahissent le village de Salavat.

2-5 Guantanamo : Les Brèves

1 Deux gradés américains plaident coupable de corruption en Afghanistan

3 Dossiers

3-1 L’empreinte américaine en Afghanistan.

3-2 Après Bush, la paix ?

Suite

3-3 Volker Bräutigam: Ils fourbissent leurs armes contre les peuples.

3-4 Guantanamo : Les dossiers

1 Autoriser les auteurs allégués du 11/9 à plaider coupable, puis les condamner à mort sans procès, serait l’obstruction absolue à la justice.

2 Khalid Cheikh Mohammed affirme avoir fait des aveux mensongers sous la torture.

3 Luis Lema : Un europhile pour «vendre» Guantánamo.

Fin

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Simon Piel : Procès de Olivia Zémor la présidente de l’association CAPJPO-Europalestine, jugée pour injure à l’armée française.

4-2 Yvonne  Ridley: Dans les mains des résistants.

4-3 Les nouvelles « armes » américaines : Les étudiants et les Evangéliques.

4-4 Les Etats-Unis sauvent leur base militaire de Manas, au Kirghizstan.


Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information..

1-1 AntiWAR / Peace Music Video

http://www.youtube.com:80/watch?v=PEFQXyLucyk


1-2 Interview de l'écrivain Webster G. Tarpley sur B.Obama. 

1 http://www.dailymotion.com:80/video/k7kDFlcHN6RpHeUWhV

2 http://www.dailymotion.com/relevance/search/Webster+G.+Ta...


1-3 Vidéo : Les guerres du pétrole expliquées aux adolescents.

http://mai68.debithost.net/ag/1439.htm


1-4 Propagande néo-con sur Arte

http://www.dailymotion.com/video/x9k9yf_propagande-neocon-sur-arte-22_webcam?from=rss



2 Les Brèves

Ndlr : PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

2-1 Les soldats US de plus en plus portés sur l'alcool.

Un militaire sur cinq se soûle "en moyenne plus de deux fois par semaine" selon l'étude, qui dénonce "un risque accru de problèmes médicaux et sociaux" et pour l'aptitude des troupes au combat

Les soldats américains sont de plus en plus portés sur l'alcool et les beuveries, un phénomène attribué par les experts à la fréquence accrue des occupations en Afghanistan et en Irak après des années de guerre, a rapporté vendredi le quotidien USA Today.
Le journal, qui cite des statistiques de l'armée de 2009, rapporte que plus de 11 soldats sur 1.000 ont été diagnostiqués souffrant d'alcoolisme, soit deux fois plus qu'en 2003, année du début de la guerre contre l'Irak.
L'abus d'alcool est devenu un énorme problème pour les forces américaines, même dans des pays musulmans où l'alcool est en principe interdit, ont déclaré le mois dernier des experts réunis à New York.
 Selon une étude de l'Université du Minnesota, 43% des soldats en service actif s'étaient soûlés dans le mois précédant l'étude, soit une moyenne de 30 fois par an.
L'étude définit la soûlerie comme l'absorption d'au moins quatre boissons alcoolisées pour une femme et cinq pour un homme.
20/06/2009

http://www.almanar.com.lb


2-2 Le général Petraeus s’inquiète ( ... )  des crimes de la CIA en Afghanistan et au Pakistan.
Une polémique oppose le Pentagone à la CIA à propos des assassinats ciblés de chefs de la résistance en Afghanistan et au Pakistan, ou l’Agence mène une campagne sur le modèle de l’Opération Phœnix durant la guerre du Vietnam.

On ignore le chiffre exact de ces interventions, mais des responsables de l’Agence ont assuré en privé avoir éliminé plus de 300 « cibles » depuis janvier 2008.

La presse pakistanaise a recensé 60 frappes dans le pays depuis janvier 2008, s’étant soldées par la mort de 14 leaders résistants et de 687 « victimes collatérales ».

Ces exécutions extra-judiciares ont été vivement critiquées au Conseil des droits de l’homme de l’ONU et le rapporteur spécial a sommé les États-Unis d’en préciser la base légale.

Mais là n’est pas le problème aux yeux du général David Petraeus (patron de l’US Central Command) et de ses amis.

Pour réaliser ces opérations, une puce émettrice est installée au domicile de la cible, souvent par un proche corrompu. La cible est alors bombardée par un drone.

En moyenne la CIA tue 50 civils par cible atteinte. Dans ces conditions, l’élimination des chefs résistants suscite une forte colère parmi la population et la dresse contre les États-Unis. Tous les efforts des militaires pour « gagner les esprits et les cœurs » s’en trouvent réduits à néant.

http://www.voltairenet.org/article160594.html


2-3 Les Etats-Unis cessent le financement des programmes d'éradication du pavot en Afghanistan.

Les Etats-Unis ont décidé de ne plus financer les programmes d'éradication du pavot en Afghanistan, a déclaré samedi à Trieste (Italie) l'émissaire américain pour l'Afghanistan et le Pakistan, Richard Holbrooke.

L'opium, principal ingrédient de l'héroïne, est obtenu à partir du pavot, et les programmes destinés à en éradiquer la culture ont tous échoué, a expliqué M. Holbrooke à l'Associated Press en marge de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G-8 (Etats-Unis, Canada, France, Italie, Allemagne, Grande-Bretagne, Japon, Russie).

"L'éradication, c'est de l'argent jeté par les fenêtres", a déclaré le représentant américain. "On a peut-être détruit des hectares (de pavot), mais ça n'a fait qu'aider les résistants", a-t-il fait valoir.

Les financements américains serviront désormais à promouvoir d'autres types de cultures et faire respecter les lois en vigueur, selon M. Holbrooke.

Les agriculteurs produisant le pavot "ne sont pas nos ennemis, ils font juste pousser ces cultures pour gagner leur vie. C'est ça, le système de la drogue".

Et les programmes d'éradication jusqu'à présent mis en œuvre par les Etats-Unis "poussait les gens dans les bras des résistants", a-t-il noté.

L'Afghanistan reste le premier producteur mondial d'opium, dont il produit 93%.

Selon le rapport annuel publié cette semaine par l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), la culture du pavot s'est réduite de 19% en 2008, mais reste concentrée dans les provinces du sud de l'Afghanistan, fiefs des résistants.

Le directeur de l'ONUDC, Antonio Maria Costa, souligne que la baisse de production du pavot "est bienvenue, mais sujette à rechute" sans effort concerté de la communauté internationale pour aider les agriculteurs afghans à adopter d'autres cultures. M. Costa préconise également un renforcement des opérations pour perturber les circuits de production (laboratoire, acheminement) et de commercialisation des stupéfiants. C'est bien que ce que comptent faire les Etats-Unis, a souligné M. Holbrooke.

Les programmes de destruction de cultures du pavot (5.480 hectares en 2008 contre 19.047 hectares l'année précédente) se sont révélés inefficaces et trop coûteux, a également estimé M. Costa.

27 juin

The Associated Press

http://qc.news.yahoo.com/s/capress/090627/monde/20090627_italie_g8_usa_afghanist_1


4-4 Des militaires canadiennes envahissent le village de Salavat.

Des militaires canadiens ont envahi le village de Salavat la semaine dernière, dans une tentative visant à déstabiliser une importante zone d'étape des résistants.

L'opération, qui a duré deux jours, a été marquée par le déploiement de plusieurs centaines de soldats, accompagnés d'environ 200 agents de police et militaires afghans.

Selon le major Steve Jourdain, commandant d'infanterie, le but de la mission canadienne était de détruire la composante militaire des résistants autour de Nakhoney, afin de protéger les accès à Kandahar. L'opération visait à priver les résistants de leur liberté de mouvement dans le secteur.

Lors d'une rencontre préparatoire avec ses meneurs de peloton, le major Jourdain - un membre du Royal 22e Régiment de Valcartier - a donné les grandes lignes du plan d'action: bloquer les accès du village de 1500 âmes avant d'y entrer par le nord et de fouiller chaque complexe.

Selon ce qu'a observé l'armée, les résistants seraient actifs dans l'un d'entre eux, où est située une ancienne école. Un peloton a été détaché pour sécuriser l'endroit.

Dès l'aube jeudi, un imposant convoi de véhicules blindés et de chars a quitté une base d'opération en direction d'une zone d'étape située tout juste à l'extérieur de Salavat, transformant, en à peine une heure, un champ en plein air en vaste camp militaire.

Les débuts de la mission n'ont pas été très prometteurs; un engin explosif improvisé a explosé sous un véhicule armé, blessant trois ingénieurs de combat, dont l'un très sérieusement. Ils ont rapidement été évacués du champ de bataille.

Puis, après avoir bloqué l'accès au village, les soldats ont fouillé ce qui devait être un bunker. Ce dernier était cependant vide. Ils ont également fait exploser les grilles d'un complexe résidentiel où des activités d'insurgés avaient été rapportées. Mais les seules traces de vie rencontrées étaient celles de poulets apeurés.

Au cours des deux journées de la mission, les Afghans, supportés par les soldats canadiens, ont passé au peigne fin chacun des complexes ainsi que les champs environnants.

Dans l'un des champs, ils ont découvert une pile de tracts photocopiés exhortant les Afghans à s'unir pour la guerre sainte afin d'expulser les forces étrangères du pays.

Les forces afghanes ont également découvert environ 80 kilogrammes d'explosifs, des douilles de balles, des habits militaires ainsi que des armes. Un homme a été arrêté.

Lors de cette mission, les Canadiens ont réussi, à tout le moins, à forcer les résistants à quitter l'endroit ou du moins, les ont obligés à faire profil bas.

Le major Jourdain a qualifié l'opération de "véritable succès". …

Colin Perkel, La Presse Canadienne

25 juin

http://qc.news.yahoo.com/s/capress/090625/monde/20090625_afghanistan_salavat 


2-5 Guantanamo : Les Brèves

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage certaines analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

1 Deux gradés américains plaident coupable de corruption en Afghanistan.

Deux gradés de l'armée d'occupation américaine ont plaidé coupable dans une affaire de corruption concernant l'octroi de contrats sur la base aérienne américaine de Bagram en Afghanistan, a-t-on appris auprès du ministère américain de la Justice.
Un troisième militaire américain a plaidé coupable de recel dans cette affaire, devant un tribunal fédéral de Chicago (Illinois, nord).

Tous ont accepté de payer des amendes allant jusqu'à 500.000 dollars, selon un communiqué du ministère.
Christopher West, un commandant de l'armée de Terre qui servait sur la base de Bagram en 2004 et 2005, a reconnu avoir accepté 90.000 dollars en liquide de
la part de sous-traitants en échange de contrats avec cette base.
Il a également plaidé coupable de conspiration pour avoir accepté de l'argent liquide en échange de la falsification des certificats de livraison pour des structures de defense en ciment, dont une partie n'a en fait jamais été livrée.
Christopher West a accepté de payer 500.000 dollars de dommages et intérêts au Pentagone pour éviter un procès.
Un de ses amis, Charles Patton, appartenant à la même unité mais qui n'avait pas été déployé en Afghanistan, a plaidé coupable de recel pour avoir caché chez lui les sommes envoyées par West jusqu'à son retour aux Etats-Unis.
Il a accepté de payer 100.000 dollars de dommages et intérêts.
Enfin, Patrick Boyd, un sergent qui servait dans l'armée de l'Air à la même période sur la base de Bagram, a admis avoir reçu au total 115.000 dollars en
échange de l'octroi de contrats. Il a accepté de payer 130.000 dollars pour éviter un procès.
Au total, quatre sous-traitants américains et afghans du Pentagone et quatre de leurs filiales ont été accusés de corruption et de fraude dans le cadre de cette affaire.