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01/07/2009

n°107- Dossiers 'Analyse - Géopolitique et stratégie' du Liban - 28-06 –Suite- : « Au Liban, le problème n’est ni l’Iran… ni le Hezbollah ! ».

n°107- Dossiers 'Analyse -  Géopolitique et stratégie' du Liban - 28-06 –Suite- : « Au Liban, le problème n’est ni l’Iran… ni le Hezbollah ! ».



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Dossiers 'Analyse -  Géopolitique et stratégie' du Liban

n°107 du 28-06

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion (suite)

1-4 Rannie Amiri :  Le Temps Est-Il venu du Changement ?.

1-5 Georges Corm : « Au Liban, le problème n’est ni l’Iran… ni le Hezbollah ! ».

1-6 T. Hocine  : Les pro-occidentaux respectent la majorité.

1-7 Maria Appakova : Législatives libanaises : un échec du Hezbollah ?

 


1-4 Rannie Amiri : Le Temps Est-Il venu du Changement ?.

"...Au Moyen Orient il y a "élections" et élections.

La majorité des élections, quand il y en a effectivement, tombe invariablement dans la première catégorie. Il y en a quelques unes néanmoins, qui se classent dans la seconde - des élections transparentes, légitimes, ayant du sens, qui ont à la fois des implications internes et régionales..."

" C'est dans l'intérêt du Liban et de sa stabilité qu'il y ait un accord et un partenariat entre les Libanais pour gérer les affaires de leur pays". Sayyid Hassan Nasrallah, dirigeant du Hezbollah à propos des prochaines élections parlementaires
"Nous ne voulons pas faire partie du gouvernement si l' Alliance du 8 Mars (menée par le Hezbollah) gagne les élections". Saad Hariri, dirigeant de l'actuelle majorité parlementaire.
Au Moyen Orient il y a " élections" et élections. La majorité des élections, quand il y en a effectivement, tombe invariablement dans la première catégorie. Il y en a quelques unes néanmoins, qui se classent dans la seconde - des élections transparentes, légitimes, ayant du sens, qui ont à la fois des implications internes et régionales.
L'une de ces élections les plus connues est celle qui s'est tenue en Janvier 2006 quand le Hamas a remporté les élections parlementaires palestiniennes, obtenant la majorité au Conseil National de Palestine et la capacité de former un gouvernement.

Surveillée par le Centre Carter, l'ancien Président US, Jimmy Carter a dit d'elles qu'elles avaient été des élections "ouvertes, honnêtes, et justes". Inutile de disserter sur la réaction qu'elles ont provoquée aux US, Israël et en Egypte - et en conséquence la punition subie par l'électorat .
En Juin prochain, deux pays du Moyen Orient vont tenir des élections qui auront des conséquences régionales, à quelque 5 jours d'intervalle; le Liban le 7 Juin et l'Iran le 12 Juin.
On a récemment discuté (http://www.counterpunch.org/amiri04102009.html) de l'affrontement entre le Président iranien Mahmoud Ahmadinejad et les candidats réformistes Mir -Hossein Mousavi et Madhi Karroubi.
Compte tenu du cadre politique libanais complexe basé sur le sectarisme c'est plus compliqué de comprendre les mécanismes et dynamismes derrière le vote parlementaire à venir.
8 Mars 8 versus 14 Mars
Actuellement au Liban il y a deux principales coalitions politiques, dénommées 8 Mars et 14 Mars.
L'Alliance du 8 Mars est ainsi dénommée suite à la manifestation de masse de 2005 à Beyrouth organisée par le Hezbollah pour exprimer son opposition à son désarmement, en soutien à la Syrie et à la résistance à Israël. La coalition comprend principalement le Hezbollah, le parti Amal de Nabih Berri et le Mouvement Free Patriotic (FPM) séculier du général Michel Aoun. Alors que Nasrallah et Berri sont des Musulmans Shi'ites, Aoun est un Chrétien Maronite et par conséquent bénéficie du soutien des Maronites et d'autres groupes chrétiens.
L' Alliance du 14 Mars, a été nommée après l'énorme manifestation du 14 Mars 2005 à Beyrouth, mais elle carrément anti syrienne. Elle a eu lieu exactement un mois après l'assassinat du Premier Ministre Rafiq Hariri et a marqué le début de la " Révolution des Cèdres". Cela a finalement mené au retrait de toutes les troupes syriennes du Liban après 29 ans de présence. le 14 Mars est l'actuelle coalition au pouvoir soutenue par les pays occidentaux et comprend principalement les partis sunnite druze et chrétien. Elle est conduite par Saad Hariri, milliardaire et fils de Rafiq, et son parti, le Future Movement, en constitue le principal bloc.
La tension et les récriminations mutuelles entre les coalitions du 8 Mars et du 14 Mars se ont augmenté dramatiquement après l'attaque israélienne de Juillet 2006 contre le Liban. Cela a mené à une impasse politique de 18 mois au cours de laquelle le pays est resté sans président et les craintes d'un retour de la guerre civile se sont de nouveau répandues.
Cette longue impasse s'est finalement terminée après que des représentants des deux camps se soient rencontrés au Qatar en Mai 2008 et que l' Accord de Doha ait été accepté. Dans l' Accord, l'Alliance du 8 Mars a obtenu un droit de véto sur les décisions du cabinet. Une fois que cet obstacle et d'autres ont été surmontés, le candidat de consensus Michel Suleiman a rapidement été élu Président.
Arithmétique parlementaire
Ensuite, il est important de comprendre comment le parlement libanais est structuré.
La Chambre des Députés, ou Assemblée Nationale, comprend 128 sièges répartis à égalité entre Chrétiens et Musulmans. Ces sièges sont en plus sous divisés entre les 18 groupes religieux reconnus du pays ( les Chrétiens Maronites Disposent de 34 sièges, les Orthodoxes 14, les Sunnites 27 et les Shi'ites 27 etc...) On doit faire remarquer que cette répartition n'est basée sur aucune information démographique récente; le dernier recensement au Liban a eu lieu en 1932 et aucun n'a été réalisé depuis.
A l'Assemblée Nationale, l' Alliance du 14 Mars détient 70 sièges et celle du 8 Mars, 58.
En tenant compte que la plupart des candidats sunnites et shi'ites appartiennent respectivement au 8 Mars et au 14 Mars, les sièges détenus par ces deux communautés ont peu de chance de changer de mains et de faire pencher la balance d'un côté ou de l'autre.
En fait, le facteur décisif dans les élections législatives dépendra en grande partie de la répartition des votes chrétiens; pour le FPM d'Aoun ou pour les autres partis chrétiens affiliés au 14 Mars. Cela vaut aussi pour le vote druze qui a aussi, mais dans une moindre mesure, des partis dans les deux coalitions.
Des analystes croient qu'il y aura seulement 30 sièges en jeu, et le 8 Mars n'a besoin que de remporter 7 sièges supplémentaires pour obtenir une majorité parlementaire.

Libération des généraux.
Cette semaine, un évènement s'est passé qui pourrait les aider à atteindre leur but. 4 généraux détenus sans preuve pendant presque 4 ans après l'assassinat d' Hariri ont été relâché inconditionnellement sur ordre du Tribunal Spécial pour le Liban sous l'égide de l'ONU. Le juge du Tribunal a conclu qu'i n'y avait pas de preuve pour justifier la prolongation de leur détention qui était basée sur le seul témoignage d'un témoin qui s'est depuis rétracté, et a dit que les généraux n'étaient plus considérés comme suspects.
"Notre détention était motivée politiquement et a été exploitée pendant 4 ans par la majorité. Nous avons été emprisonnés à cause d'une décision politique mais avons été libérés par une décision de jusitice" a dit l'un d'eux lors de sa libération.
Les responsables judiciaires libanais qui ont d'abord ordonné leur détention, sont de proches alliés d' Hariri, et ce dernier pourrait effectivement en pâtir politiquement car les demandes appelant à leur démission commencent à se développer.

Le temps est-il venu du changement ?
Compte tenu de l'étroite marge attendue pour la victoire , aucune communauté religieuse, groupe, parti, ou alliance ne peut seul efficacement gouverner le Liban. La nécessité évidente d'une allliance parmi les partis politiques et les courants religieux fait du Liban un cas unique parmi les pays arabes et c'est exactement ce qu' Hassan Nasrallah, dans la citation en introduction, a indiqué. Malheureusement, il semble qu' Hariri ne pense pas comme cela si le 14 Mars ne gagne pas.
La possibilité de remplacer un gouvernement pro US au Liban, enfant adoptif identique au nexus pro américain Egypte Jordanie Arabie Saoudite, a obligé la secrétaire d'état Hillary Clinton a faire une visite imprévue à Beyrouth le weekend dernier. Interférant dans une élection pour laquelle elle a appelé à ne pas interférer, elle a également menacé implicitement d'une réduction de l'aide si le 8 Mars gagnait. Israël prévoit également des exercices militaires de grande ampleur sur la frontière libanaise une semaine avant le vote.
Mis à part l'intimidation et les menaces, les élections du printemps au Liban serve encore d'exemple de l'influence déclinante des dirigeants qui se sont alignés inconditionnellement sur les US et leur politique au Moyen Orient; que ce soit en adoptant une position réflexe anti iranienne, ou en soutenant le siège d'Israël et l'attaque contre Gaza, ou avec comme objectif d'étouffer la capacité de leur propres citoyens à s'exprimer librement dans les médias et dans les urnes.
Dans ce dernier cas de figure, le Liban est certainement l'exception. Et le 7 Juin, il a la capacité de divorcer de l'axe US Israël Egypte Jordanie Arabie Saoudite et d'envoyer un puissant message au reste du Monde Arabe : si le petit Liban peut le faire, vous aussi.
Rannie Amiri - Samedi 02 Mai 2009

R. Amiri est un commentateur indépendant sur le Moyen Orient.

Edition du Weekend www.counterpunch.org.

Traduction Mireille Delamarre

http://www.planetenonviolence.org/Comprendre-Les-Elections-De-Juin-Au-Liban-Le-Temps-Est-Il-Venu-Du-Changement_a1897.html


1-5 Georges Corm : « Au Liban, le problème n’est ni l’Iran… ni le Hezbollah ! ».

Georges Corm, ancien ministre libanais des Finances connu pour son franc-parler et la pertinence de ses analyses sur le Proche-Orient.

Georges Corm estime que telles qu’elles sont posées, les élections législatives libanaises, qui doivent avoir lieu aujourd’hui, se situent loin des véritables enjeux. Pour cet observateur avisé, le problème n’est ni l’Iran ni le Hezbollah, mais le fait que depuis 17 ans, sous prétexte de reconstruction, le pays a été mis en coupe réglée, au profit de groupes restreints de privilégiés soutenus par l’extérieur.
- De vives tensions entourent les élections législatives libanaises.

A ce propos, beaucoup craignent le réveil des vieux démons de la guerre civile. A quoi sont dues ces tensions, selon vous ?
- Il ne faut pas exagérer. Pour le moment, sur le terrain tout est calme.

Cependant, les interférences de certains Etats arabes et occidentaux ont transformé ces élections en confrontation régionale d’envergure, comme si une victoire de la coalition des partis d’opposition incluant le Hezbollah serait une catastrophe pour le pays et pour les intérêts occidentaux et arabes anti-iraniens. C’est absurde.
En 2005, le Hezbollah a gagné les élections avec ses alliés qui incluaient le Courant du futur à cette époque, sans que cela ne suscite aucun émoi.

Bien plus, le Hezbollah a participé à toutes les élections depuis 1992. C’est bien la première fois qu’un tel chahut est fait, non sans arrière-pensées bien sûr, à savoir œuvrer pour un désarmement du Hezbollah qui tranquillise Israël.
- Pensez-vous que ce climat délétère découle, entre autres, de la possibilité de voir le Hezbollah et ses alliés du moment effectuer une percée lors de ces élections ?
- La victoire militaire du Hezbollah en 2006 contre l’armée israélienne a été un événement historique majeur dans l’histoire de la région.
Depuis cette date, il ne s’agit plus que de décrédibiliser cette résistance victorieuse et de lui faire payer le prix d’une telle atteinte de lèse-majesté de l’Etat d’Israël. Il faut aussi porter atteinte au prestige du Courant patriotique libre du général Aoun dont l’alliance avec le Hezbollah, dès avant la guerre de 2006, a assuré la solidité du front interne et conforté la légitimité du Hezbollah, lors de la confrontation avec l’armée israélienne.
- Pour certains observateurs, les tensions dont on parle ne sont pas justifiées dans la mesure où une partie importante des sièges est déjà pourvue et où la place de chacun des acteurs politiques est prévue à l’avance... Quel est votre point de vue sur la question ?
- Dans certains districts électoraux, cela est vrai, mais pas dans d’autres et puis les électeurs peuvent se révolter lorsque les arrangements sont contre nature.
- Que pensez-vous de l’intrusion, dans ces élections, des Etats-Unis qui affichent un soutien franc au parti de Hariri ?
- La campagne électorale du courant Hariri et de ses alliés du 14 Mars a été largement faite par l’étranger. Des accusations contre le Hezbollah en Egypte, en Allemagne, en Azerbaïdjan, aux visites de dirigeants occidentaux dont le vice-président américain et ses menaces à peine voilées, au nombre invraisemblable d’observateurs venus surveiller le scrutin. Sans parler du déchaînement contre le général Aoun et des prises de position du patriarche maronite en faveur du 14 Mars. Il s’agit d’angoisser et d’effrayer les électeurs et de donner l’impression qu’une victoire de l’opposition serait une catastrophe pour le Liban. En arrière-plan, la possibilité d’une répétition d’un scénario des élections palestiniennes de fin 2006 où la victoire du Hamas a entraîné un blocus et un état de quasi-guerre civile entre Palestiniens. Mais les conditions ne sont pas du tout les mêmes au Liban, même si les des Etats arabes et occidentaux ont fait monter les enchères et les tensions de façon tout à fait irresponsable.
- Quel est, d’après vous, le principal enjeu de ces élections législatives ?
- Il est regrettable que les féroces débats électoraux se soient tous centrés sur la question des armes du Hezbollah et de l’Iran au lieu de débattre des vrais problèmes économiques et sociaux des Libanais, dont la dette publique qui ne cesse d’augmenter, la paupérisation croissante de la population – 50% vivent au seuil de pauvreté ou en dessous–, et la corruption massive sont le résultat de 17 ans de règne du Haririsme.
Rappelons ici que la dette libanaise est invraisemblable, plus de 50 milliards de dollars (180% du PIB) et son service absorbe plus de 60% des recettes de l’Etat. Au quotidien, les gens sont encore privés, 19 ans après la fin de la guerre (1975-1990), d’électricité courante : 3 heures par jour de coupure à Beyrouth, mais jusqu’à 12 heures ailleurs.
Il n’y a pas d’eau potable, le chômage est élevé et l’exode des cerveaux est massif.

Alors les malheureux Libanais doivent en plus payer pour boire de l’eau non polluée, payer pour s’acheter des générateurs électriques et les alimenter en fuel…

Le problème est le fait que depuis 17 ans sous prétexte de reconstruction le pays a été mis en coupe réglée au profit de groupes restreints de privilégiés soutenus par l’extérieur.
http://www.elwatan.com/Au-Liban-le-probleme-n-est-ni-l 


1-6 T. Hocine  : Les pro-occidentaux respectent la majorité.

Ndlr : La publication de L'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

Tout a été fait pour que rien ne change et surtout pas que la majorité parlementaire change de camp, quand bien même cela apparaissait véritablement hypothétique en raison du verrouillage imposé par le système politique libanais.

C’est fait depuis dimanche, puisque les électeurs libanais, qui se sont déplacés en grand nombre, ont maintenu en place le paysage politique au travers des élections législatives. Effectivement, la minorité parlementaire menée par le Hezbollah, a conservé ce statut, semblant même s’en accommoder depuis qu’elle a obtenu, en mai 2008, le droit de blocage. Ce courant a été défait au profit de la coalition qui doit désormais relever le défi d’éviter une nouvelle crise dans le pays. En termes de chiffres, la majorité sortante a remporté 71 sièges contre 57 pour l’opposition. « C’est un grand jour pour l’histoire du Liban démocratique », a lancé avant l’aube leur chef de file Saâd Hariri, en annonçant la victoire à ses partisans. Le succès de la majorité parlementaire appuyée par Washington et Ryad était qualifié d’« historique » hier par le quotidien Al Moustaqbal de M. Hariri, selon qui elle a obtenu 71 sièges contre 57 pour l’opposition. Le principal allié chrétien du Hezbollah a reconnu la défaite. Il s’agit d’« une victoire pour la coalition du 14 mars (nom donné à la majorité) mais aussi d’une défaite pour les Libanais qui aspiraient au changement », a déclaré Michel de Chadarevian, un membre du Courant patriotique libre (CPL) dirigé par Michel Aoun. « La majorité de retour », confirmait le quotidien Al Akhbar, proche de la minorité parlementaire menée par le parti chiite, évoquant la « grande défaite » de l’opposition.

« Ils ont été battus (...), victoire du Liban », clamait à l’inverse en une le quotidien à capitaux saoudiens basé à Londres, Asharq al Awsat, en référence à la défaite du Hezbollah et de ses alliés. Et juste après ces cris de victoire, le temps était aux interrogations, et la principale d’entre toutes réside désormais dans la forme que prendra le prochain gouvernement. Dans sa déclaration, M. de Chadarevian a précisé que le mouvement de M. Aoun respecterait les résultats des élections, et ajouté qu’il travaillerait avec la coalition de M. Hariri en vue de former un gouvernement d’union nationale. « Le Liban peut seulement être gouverné par un cabinet d’union », a-t-il dit. Loin des chiffres et des sentiments de satisfaction, « quel gouvernement va être issu de ces élections ? », demandait le quotidien As Safir, proche du camp du Hezbollah. Ce parti veut un gouvernement d’union quel que soit le vainqueur. La majorité, sans écarter ce scénario, refuse que l’opposition dispose d’un droit de blocage dans un tel cabinet comme c’est le cas dans l’actuel gouvernement d’union. « L’opposition va-t-elle insister encore une fois sur une minorité de blocage et la majorité va-t-elle de nouveau refuser de le lui accorder ? », s’interroge encore As Safir. Toute la bataille, et il y en aura une, portera précisément sur ce point, s’interroge encore ce journal, et cela est une réelle préoccupation des Libanais lassés par des années de guerre civile, et le blocage des institutions, « doit-on se préparer dès maintenant à une nouvelle crise politique ? » Et là se demande-t-on, tant cette question de la minorité de blocage divise, « soit l’accord (interlibanais) de Doha est renouvelé, soit (...) on se dirige vers une confrontation que personne ne peut prédire ». L’accord en question signé en mai 2008 avait mis fin à des affrontements intercommunautaires sans précédent depuis la fin de la guerre civile (1975-1990), qui avaient fait une centaine de morts, et permis la tenue de l’élection présidentielle.

Mise en garde du Hezbollah

L’autre réaction du Hezbollah est venue sous la forme d’une mise en garde aux vainqueurs de cette élection, qui a prévenu la majorité parlementaire que son armement était un sujet « non négociable ». « Il faut que la majorité s’engage à ce que la ‘‘Résistance’’ soit un sujet non négociable, (à considérer) que ses armes sont légitimes et qu’Israël est un ennemi », a affirmé le député du Hezbollah, Mohammad Raâd. Il rappelle aussi que cette victoire ne signifie rien d’autre qu’une poursuite du bras de fer qui dure depuis quatre ans entre les deux camps. « Numériquement parlant, les résultats montrent que la crise fait du surplace, sauf si la majorité change de comportement », a-t-il souligné. « Soit la majorité donne des garanties (concernant l’armement du Hezbollah), soit elle accorde la minorité de blocage » dans le futur gouvernement, a-t-il précisé.

Ce sont donc là les principaux et premiers enseignements de ce statu quo annoncé. Il y en aura d’autres inévitablement, mais très certainement les interrogations seront encore plus nombreuses sur l’après-élections.

T. Hocine

http://www.elwatan.com/Les-pro-Occidentaux-respectent-la


1-7 Maria Appakova : Législatives libanaises : un échec du Hezbollah ?

De nombreux observateurs internationaux qui ont suivi attentivement les élections parlementaires au Liban ont poussé un soupir de soulagement : la coalition d'opposition du 8 mars formée autour du Hezbollah s'est avérée incapable de remporter la victoire.

L'alliance du 14 mars dirigée par Saad Hariri a triomphé, tout comme lors des législatives de 2005, en obtenant plus de 70 des 128 sièges du parlement.

Peut-on pour autant considérer ce résultat comme une défaite de l'opposition, compte tenu du fait que les 11 candidats du Hezbollah ont été élus ?

Ce sont ses alliés qui ont joué un mauvais tour au Hezbollah, mais le mouvement, lui, n'a pas perdu la face et il a conservé ses partisans.

Les élections libanaises ont constitué un grand jeu géopolitique, opposant l'Iran à une coalition réunissant les Etats-Unis, la France et l'Arabie saoudite.

La mise était la stabilité régionale.

L'enjeu était si important que certains acteurs internationaux, notamment les Etats-Unis, n'ont pas su garder leur sang-froid, malgré les principes universellement reconnus de la non-ingérence dans les affaires intérieures d'un pays, surtout à la veille d'élections.

La victoire du bloc dirigé par le Hezbollah était parfaitement possible, tout comme le scénario d'un résultat égal entre les deux alliances.

Le vice-président américain Joseph Biden, qui s'était rendu à Beyrouth deux semaines avant les élections, avait annoncé que Washington "reverrait les conditions de l'octroi de l'aide financière au Liban", au cas où le programme du futur cabinet ne conviendrait pas à l'administration américaine. Une allusion qui concernait en premier lieu une victoire du Hezbollah, ce mouvement figurant sur la liste américaine des organisations terroristes.

La perspective de devenir une nouvelle bande de Gaza, laquelle s'est trouvée isolée, au plan international, après le triomphe du mouvement palestinien du Hamas lors d'élections législatives, ne pouvait tenter de nombreux Libanais. Une telle situation aurait été une véritable catastrophe pour un pays dont les revenus proviennent du tourisme et de l'intermédiation financière. Un blocus international en lieu et place de l'aide promise des donateurs serait bien sûr à l'opposé de ce que les Libanais souhaiteraient obtenir.

Il ne serait pourtant pas juste d'affirmer que leur choix a été dicté de l'étranger.

Le Liban est un des pays les plus politisés de la région : il est difficile d'y trouver des citoyens ne sachant pour qui voter, et aucune force extérieure n'est en mesure d'influer sur leur choix.

La bataille électorale a eu lieu pour gagner les voix de la partie de la population déçue par la politique de la coalition du 14 mars et l'instabilité, mais qui se méfiait du Hezbollah. Il était donc important pour l'alliance du 14 mars de persuader ces citoyens de se déplacer pour aller voter.

Et ils ont répondu à cet appel : la participation électorale a été supérieure de près de 10% à celle des législatives de 2005.

Bien que la victoire de l'alliance du 14 mars soit incontestable, les résultats des élections font que l'on doit tenir compte de la voix de l'opposition.

Il convient notamment de prêter attention aux propos du député Hassan Fadlallah, membre du mouvement Hezbollah. Ce dernier estime, a-t-il dit, que le Liban sera fondé sur la diversité et le pluralisme et non sur les principes de la majorité et de la minorité. "Aucune des parties n'est en mesure d'obtenir la majorité dans tous les secteurs", a-t-il déclaré dans une interview à l'agence France-Presse.

Nombreux sont ceux à qui la victoire du bloc du 14 mars facilitera les choses : ainsi, les Occidentaux ne seront pas obligés de tourner le dos au Liban ni, aussi étonnant que ce soit, à la coalition perdante. Cette dernière est du reste toujours prête à coopérer avec ses adversaires politiques (alors que si le résultat avait été inverse, l'alliance du 14 mars serait devenue un groupe d'opposition radical, qui aurait ruiné l'espoir d'une réconciliation politique dans le pays). Il ne faudrait cependant pas verser dans l'euphorie : le Liban demeure un pays profondément divisé, dans lequel la situation politique requiert toujours une grande prudence.

Cela vaut en premier lieu pour ceux qui l'observent de l'étranger. Ce sont eux qui doivent faire en sorte que les hommes politiques libanais poursuivent le dialogue et ne construisent pas de barricades. Le résultat des élections ne facilitera la réconciliation et la recherche d'un compromis que si les Occidentaux, et avant tout les Etats-Unis, ne donnent pas à pas croire aux vainqueurs qu'ils sont invulnérables et parés de toutes les vertus. Bref : les vainqueurs doivent faire preuve de sagesse.

Maria Appakova 

RIA Novosti
10 juin 2009

http://www.palestine-solidarite.org:80/analyses.Maria_Appakova.100609.htm


n°107- Dossiers 'Analyse - Géopolitique et stratégie' du Liban - 28-06 –Fin- : « Au Liban, le problème n’est ni l’Iran… ni le Hezbollah ! ».

n°107- Dossiers 'Analyse -  Géopolitique et stratégie' du Liban - 28-06 –Fin- : « Au Liban, le problème n’est ni l’Iran… ni le Hezbollah ! ».



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Dossiers 'Analyse -  Géopolitique et stratégie' du Liban

n°107 du 28-06

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion (suite)

1-8 Sadri Khiari : Obama aux musulmans : « Je vous ai compris ! »

2 Annexe

2-1 L’évolution des rapports de force internationaux.

2-2 Eva Golinger : L’entrée aux Etats-Unis est refusée à des étrangers qui critiquent les politiques de Washington.

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Le général Michel Aoun préside la première réunion du «Changement et Réformes»... et déclare: «Nous possédons la majorité populaire...

 

1-8 Sadri Khiari : Obama aux musulmans : « Je vous ai compris ! »

On ne peut nier au nouveau président des Etats-Unis une certaine habileté.

Il sait où nous avons mal. Il sait ce qui nous fait plaisir. Obama n’ignore rien de nous.

Peut-être est-ce parce qu’il est noir et qu’il connaît les ravages de l’esclavage, de la colonisation et des inégalités raciales ; peut-être est-ce parce qu’il est un ancien musulman, que ses ancêtres étaient musulmans, qu’il a lui-même longtemps vécu dans des pays majoritairement musulmans ; peut-être est-ce tout simplement parce qu’il a de bons conseillers.

Quoiqu’il en soit, il connaît les distorsions de notre fierté. Nous sommes fascinés par la modernité occidentale toute puissante ; nous aspirons ardemment à lui ressembler et nous la haïssons parce que nous savons qu’elle s’est construite en nous écrasant.

La Modernité nous a tués et nous espérons qu’elle nous ressuscite. Nous sommes même disposés à nous suicider pour cela. Nous lui demandons seulement qu’elle reconnaisse nos mérites passées et, par conséquent, nos dispositions à avoir encore quelques mérites. Surtout le mérite d’être modernes, d’aller un jour sur la lune et d’avoir nos propres multinationales qui réduiront les peuples à la misère.

Quitte à réjouir nos adversaires, reconnaissons-le : aujourd’hui encore, plus que de libération, nous rêvons d’« intégration ».

Et Obama nous offre l’« intégration ».

A condition, bien sûr, que nous renoncions définitivement à la libération.

Quelle est la différence entre libération et intégration ?

C’est simple.

La libération consiste à libérer le monde des différentes formes d’oppression des peuples qu’a porté en elle et que continue de reproduire la Modernité. L’intégration, c’est boire du champagne hallal et en être fier. Voilà donc ce que nous promet le nouveau président des Etats-Unis si nous acceptons d’être sages. Voilà, au fond, ce que signifient toutes les paroles gentilles qu’il a prononcées en Egypte à l’égard de l’islam et des musulmans.

Est-ce à dire qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil ?

Certainement pas.

Si nous n’avons pas la naïveté de croire que la personnalité d’Obama détermine la politique de Etats-Unis, il est clair que son discours du Caire met en lumière les nouveaux rapports de forces qui se dessinent depuis quelques années déjà. Leur fluidité mais aussi une certaine permanence. Dans le monde et aux Etats-Unis. Les deux étant inextricablement liés. Au Moyen-Orient, en Amérique et à l’échelle de toute la planète. Les trois ne pouvant être séparés. La Maison blanche réévalue ses priorités. Elle appréhende différemment ses propres enjeux. Elle balance ses stratégies. Son ambition ne cesse d’être hégémonique mais il est possible qu’elle en revisite les moyens. En tout état de cause, si Obama fait l’éloge de l’islam, c’est qu’il pense pouvoir aller à l’encontre d’une opinion américaine - et plus largement occidentale -, habituée depuis au moins une décennie à ne pas concevoir le musulman autrement que comme un terroriste potentiel. S’il n’hésite pas à contrarier les dirigeants israéliens, sans rien donner, il est vrai, aux Palestiniens, c’est qu’il pense désormais pouvoir le faire. Ou, au moins, tester les résistances au sein même des institutions américaines à une politique qui n’identifie plus les intérêts américains - ou plus largement encore occidentaux - aux intérêts de l’expansionnisme israélien. Rien n’est encore joué. Rien n’est stable. Les rapports de forces au sein même des dispositifs complexes de l’Administration américaine ne sont pas encore tranchés. Il n’est même pas sûr qu’Obama sache exactement où il veut aller et où il peut aller. Il semble espérer se détacher du foyer de tensions moyen-oriental pour avoir les mains libres ailleurs (Russie ? Chine ? Crise domestique étatsuniennes ?) mais rien n’indique encore s’il en a les moyens. Qu’il parle en bien de l’islam ne rompt que partiellement avec l’idéologie propagée par les néo-conservateurs républicains. A la guerre des civilisations prônée par ceux-ci, il substitue l’amour entre les civilisations. Mais le paradigme dans lequel il conçoit le monde est toujours celui d’un rapport conflictuel entre civilisations, prises comme des ensembles culturels immuables et homogènes. Les crises, les affrontements, les guerres ne seraient pas le produit d’enjeux politiques déterminés par des intérêts de puissances bien précis, mais le résultat d’une hostilité ou d’une incompréhension entre l’Occident et l’Islam. Sinon pourquoi ferait-il un discours aux musulmans ? Si l’islam est une composante majeure de l’identité palestinienne comme l’est également l’arabité, le dit conflit israélo-palestinien n’oppose pas musulmans et juifs ou « civilisation judéo-chrétienne », mais bien un Etat colonial et un peuple colonisé qui aspire à sa libération. Sa dimension mondiale, on ne le redira jamais assez, est celle d’une lutte des peuples dominés contre les institutions et les logiques impériales et coloniales.

Sur la question palestinienne, puisque nous y sommes, prenons garde également à ne pas nous bercer d’illusions. Incontestablement, la Maison blanche expérimente une autre voie que celle qui a été suivie par la précédente administration américaine. Cette autre voie a-t-elle trouvé sa cohérence ? A-t-elle des appuis politiques suffisamment puissants ? Fera-t-elle long feu ? Quatre mois après l’accession d’Obama au pouvoir, il est encore difficile de le dire. Surtout, nous savons tous parfaitement que, dans le meilleur des cas, la nouvelle stratégie américaine qui se cherche n’aura d’autres objectifs que d’étouffer la résistance palestinienne.

Les Etats-Unis exercerons peut-être des pressions sur le nouveau gouvernement israélien pour calmer ses ardeurs militaires, mais les pressions seront encore plus grandes sur les Palestiniens (et l’ensemble des pays arabes) pour qu’ils acceptent une nouvelle « offre généreuse », c’est-à-dire un micro-Etat, dépourvu des attributs majeurs de la souveraineté, sinon d’administrer une portion infime de la Palestine, sous la surveillance étroite des soldats israéliens. C’est ce qu’ils appellent la Paix. Contentez-vous de cela, diront-ils, parce qu’avec Netanyahou-Lieberman-Barak au pouvoir en Israël, ce pourrait être pire ! Remerciez Obama parce qu’avec Bush, ce n’est pas la Charte constitutive de l’OLP qui aurait été « caduque » mais la Palestine comme nation.

Effectivement, il y a une différence entre le nouveau président et l’ancien. Bush, semblable en cela à Sharon, avait une stratégie très claire qu’on pourrait résumer en quelques mots bien connus : « Qui veut tuer son chien l’accuse de la rage ». Obama, lui, semble adepte d’une autre politique que l’on peut résumer ainsi : « Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute » (qu’on ne nous parle pas de sa sincérité ou de son humanisme : dans l’Amérique d’aujourd’hui, un humaniste n’accède pas au pouvoir !).

Vigilance, donc. Vigilance mais non pas désespoir. Car, si Obama a été élu, si Obama n’est pas Bush, c’est pour une raison et une seule : la stratégie bushienne a fait faillite. Plus exactement, les Etats-Unis ont perdu une, deux, trois batailles décisives. Et avec les Etats-Unis, Israël. En Afghanistan, en Irak, en Palestine, au Liban, les projets américains se sont écroulés. Tout le monde le reconnaît, aujourd’hui. Mais, ce qu’on oublie généralement de souligner, c’est que si l’Amérique a perdu ces batailles, c’est parce qu’elle s’est heurtée à la résistance des peuples. Si l’Administration américaine a tant de difficultés à s’unifier autour d’une nouvelle stratégie, c’est parce que la résistance des peuples ne faiblit pas. Si la contre-révolution coloniale mondiale est contrainte de trouver de nouvelles armes politiques, c’est parce que la force des armes ne suffit plus à contrer nos résistances. Nous sommes encore faibles, certes, mais bien moins faibles qu’auparavant.

Obama nous achètera-t-il pour quelques « essalemou aleïkom » ?

Sadri Khiari,

 6 juin 2009

http://www.indigenes-republique.fr:80/une.php3?id_article=583



2 Annexe

2-1 L’évolution des rapports de force internationaux.
Entretien avec Thierry Meyssan

Dans un entretien accordé à l’association Égalité et Réconciliation, Thierry Meyssan décrit les composantes et les projets de la nouvelle administration états-unienne. Selon lui, après la parenthèse Bush-Cheney de la guerre en Irak, Washington revient aujourd’hui au consensus post-11-Septembre et à ses contradictions des années 2001-02. Mais l’épuisement militaire en Irak et la crise financière à Wall Street obligent l’Empire à repenser les stratégies et les délais pour poursuivre la globalisation

E&R : Thierry Meyssan, on ne vous voit plus en France, que devenez-vous ?

Thierry Meyssan : Je vis actuellement au Liban. Après l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir, j’ai été directement menacé par de hauts fonctionnaires français. Des amis au ministère de la Défense, m’ont informé que les États-Unis me considèrent comme un danger pour leur sécurité nationale. Dans le cadre de l’OTAN, ils ont demandé aux services alliés de me neutraliser et certains Français semblaient vouloir faire du zèle. J’ai donc pris la décision non seulement de quitter la France, mais la zone OTAN. Après avoir erré de Caracas à Damas en passant par Moscou, je me suis fixé à Beyrouth où je me suis placé au service de la Résistance.

E&R : Vous vivez, on l’a vu, au Liban, quelle est la situation là bas ?

Thierry Meyssan : L’Alliance nationale regroupée autour du Courant patriotique libre de Michel Aoun et du Hezbollah d’Hassan Nasrallah va gagner les prochaines élections, cela ne fait pas de doute, si elles peuvent se tenir librement. La famille Hariri ne survivra que tant que les grandes puissances compteront sur elle pour prélever des impôts et faire payer par le peuple la dette extérieure du Liban, alors même que celle-ci provient pour moitié de l’enrichissement illicite des Hariri. Le criminel de guerre Walid Joumblatt —vice-président de l’Internationale socialiste, excusez du peu—, ou encore les néo-fascistes comme le tueur pathologique Samir Geagea, vont être lâchés par leurs sponsors. Ces exécuteurs de basses œuvres ont perdu leur efficacité et ne sont plus présentables.
Le Tribunal spécial pour le Liban chargée d’instruire l’affaire Hariri et divers assassinats politiques va soit se faire oublier, soit donner lieu à un coup de théâtre. Il a été conçu comme une machine de guerre pour accuser la Syrie, la placer au ban de la communauté internationale et la désigner comme cible militaire. Je sais que des éléments nouveaux lui sont parvenus dans les dernières semaines. Ils disculpent la Syrie et placent l’Arabie Séoudite sur la sellette. C’est à cette aune qu’il faut apprécier la reprise en main de l’Arabie saoudite par le roi Abdallah et le limogeage des ministres qui ont financé la lutte contre le Hezbollah et le Hamas. Pour revenir aux élections législatives libanaises de juin, la question est de savoir si l’on s’oriente vers une victoire de la Résistance à 55 ou à 70 %. Cela dépendra essentiellement de l’apparition ou non d’une nouvelle force chrétienne de division et de diversion autour du président Sleimane. En définitive, les collaborateurs des États-Unis et d’Israël négocieront peut-être un compromis tant qu’ils sont en position de le faire. On se dirigerait alors vers la désignation d’un milliardaire comme Premier ministre (Saad Hariri ou un autre), mais à la tête d’un gouvernement entièrement contrôlé par la Résistance nationale. Ce serait une formule très orientale : les honneurs et la lumière pour les perdants, tandis que le vrai pouvoir resterait dans l’ombre. L’intérêt de cette solution serait de déligitimer toute intervention militaire contre le Liban.

E&R : Vous êtes désormais très connu en Russie, où vous avez rassemblé près de 30 millions de téléspectateurs à l’occasion d’une émission sur le 11 septembre. Comment appréciez-vous la situation de la Russie ?

Thierry Meyssan : Paradoxalement, malgré la victoire militaire et diplomatique en Géorgie, la Russie traverse une passe difficile. Après la guerre du Caucase, les banques anglo-saxonnes ont encouragé les oligarques à punir Moscou en déplaçant leurs capitaux vers l’Ouest. Puis, les Anglo-Saxons ont poussé les dirigeants ukrainiens à trahir leur intérêt national et à couper les gazoducs lors des négociations sur les prix. Le Kremlin, qui croyait être maître du jeu et avoir l’initiative de ces coupures, s’est fait piéger. La perte de deux mois de chiffre d’affaire a dévoré les réserves monétaires. Le tout a provoqué une chute affolante du rouble alors que la crise mondiale fait baisser le prix des matières premières et donc les revenus de la Russie.

Medvedev et Poutine ont évalué cette situation de faiblesse avec beaucoup de sang-froid. Ils connaissent les atouts dont ils disposent, notamment la supériorité technologique de leur industrie d’armement sur celle des États-Unis. Ils sont convaincus que les États-Unis ne se relèveront pas de la crise, mais se disloqueront à moyen terme comme le Pacte de Varsovie et l’URSS dans les années 89-91. Ils espèrent donc inverser les rôles. Malgré la période de vaches maigres, ils équipent leurs armées avec les nouveaux matériels, et ils attendent sans broncher l’effondrement de l’Ouest. Publiquement ou en sous-main selon les cas, ils équipent tous les adversaires des États-Unis des dernières armes disponibles, du Proche-Orient que j’ai évoqué tout à l’heure au Venezuela. Économiquement, ils ont fait le choix de construire des voies commerciales vers la Chine, tout autant que vers l’Europe occidentale, dont ils observent avec regret l’asservissement obstiné aux Anglo-Saxons.

Cette situation peut avoir d’importantes conséquences au plan interne, où s’affrontent l’ancienne et la nouvelle génération. Les anciens ont un fort tropisme américain, quand les jeunes affichent un patriotisme décomplexé. Paradoxalement, les élites issues de Saint-Petersbourg sont historiquement favorables à un arrimage européen de la Russie, au contraire des Moscovites dont la vision est plus eurasiatique. Or Poutine et Medvedev, tous deux de Saint-Petersbourg, partagent cette vision eurasiatique. Ils rêvent la Russie en protecteur de l’Islam et l’ont faite entrer, comme observatrice, à l’Organisation de la conférence islamique. Tout en valorisant le Patriarcat orthodoxe, ils ont placé des musulmans à de nombreux postes à haute responsabilité —le contraste avec la France est flagrant—. Même si le traumatisme du démantèlement de la Yougoslavie et des deux guerres de Tchétchénie reste fort et que la vague de racisme qui s’en est suivie n’est toujours pas maîtrisée, la Russie a fait le choix de la civilisation et pris le chemin de la synthèse entre l’Europe et l’Asie.

Si la Russie parvient à traverser les toutes prochaines années de graves turbulences internationales sans être trop affectée, elle se retrouvera en position d’arbitre dans un monde multipolaire.

http://www.voltairenet.org/article159698.html


2-2 Eva Golinger  : L’entrée aux Etats-Unis est refusée à des étrangers qui critiquent les politiques de Washington.

L’exclusion idéologique est une politique officielle des Etats-Unis.

La Loi McCarren-Walter contient une clause qui interdit l’entrée aux Etats-Unis aux “subversifs potentiels” et qui autorise la déportation d’immigrants ou de citoyens naturalisés impliqués dans des “activités subversives”.

Le 28 Mai 2009

Venu au Venezuela pour participer à une conférence de la droite latino-américaine parrainée par le Centre de Diffusion de la Connaissance Economique [le CEDICE], organisation ultraconservatrice financée par le Département d’Etat des USA à travers l’USAID et la NED, l’écrivain péruvien et politicien de droite Mario Vargas LLosa a déclaré, à son arrivée, que «dans tout pays où règne la liberté existe le droit de penser librement », affirmant en outre qu’il pourrait, lui, « faire librement des déclarations politiques dirigées contre le gouvernement du Venezuela » durant son séjour au Venezuela.

Il en est peut  être bien ainsi au Venezuela, pays où existent une large démocratie participative et une liberté d’expression presque totale dont témoignent, à l’évidence, les agressions permanentes et la manipulation  de l’information opérées par les médias privés et les dirigeants de l’opposition au détriment de l’information authentique. Par contre,  dans ces pays qui, soi disant, représentent la « démocratie véritable » et « l’essence même de la liberté », comme les Etats-Unis, ce droit tellement cher à Monsieur Vargas LLosa n’existe pas.

Aux Etats-Unis, il existe une loi promulguée une première fois en 1952, connue sous le nom de Loi McCarren-Walter ou, aussi, Loi sur l’Immigration et les Nationalités de 1952, codifiée au Titre Huit du Code Pénal des Etats-Unis. Cette loi restreint la migration vers les Etats-Unis et impose une série de restrictions sur la quantité d’immigrants en provenance de certains pays pouvant entrer sur le territoire des Etats-Unis.

La Loi McCarren-Walter a introduit une clause additionnelle qui interdit l’entrée aux Etats-Unis des “subversifs potentiels” et qui autorise la déportation des immigrants ou des citoyens naturalisés impliqués dans des “activités subversives”. On a eu recours à cette loi  durant plus de trente ans pour exclure des membres et d’anciens membres du Parti Communiste des Etats-Unis et aussi pour interdire l’entrée, dans le pays, à toute personne qui exprimait une vision politique alternative au capitalisme nord-américain. Parmi les artistes et intellectuels de premier plan à qui on a refusé l’entrée aux Etats-Unis seulement pour des raisons idéologiques, au cours de toutes ces années, on compte le grand écrivain colombien Gabriel García Márquez, le romancier argentin Julio Cortázar, le poète chilien Pablo Neruda, l’universitaire uruguayen Angel Rama, le philosophe français Michel Foucault, le poète palestinien Mahmoud Darwish, l’écrivain anglais Graham Greene, le Mexicain Carlos Fuentes, les écrivains Doris Lessing, anglaise, Dennis Brutus, sud-africain,  Farley Mowat, canadien, Kobo Abe, japonais, Jan Myrdal, suédois, et Pierre Trudeau, canadien, lequel devint, par la suite, Premier Ministre.

En 1990, lorsque prend fin la Guerre Froide, la section idéologique de la Loi Ley McCarren-Walter fut retirée. Cependant, en 2001, le Congrès des Etats-Unis autorisa à nouveau l’exclusion idéologique en tant que  politique officielle suite à l’adoption du Patriot Act. La section 411(a) (1) (A)(iii) du Patriot Act USA autorise le gouvernement à refuser l’entrée aux Etats-Unis  à toute personne qui « a utilisé sa position prestigieuse dans un quelconque pays pour assumer ou soutenir des activités terroristes, ou pour encourager d’autres personnes  à soutenir des actions ou organisations terroristes de quelque sorte que ce soit si le Secrétaire d’Etat juge que ces actions ou organisations sapent les efforts des Etats-Unis pour réduire ou éliminer  des activités terroristes ». La section 411 a été utilisée depuis lors pour refuser des visas à d’éminents universitaires critiques envers la politique extérieure des Etats-Unis comme l’intellectuel musulman Tariq Ramadan qui avait pourtant été invité par  l’Université Notre Dame pour occuper un poste de professeur durant l’année 2004. Dans ce cas,  le gouvernement  de George W. Bush déclara que Ramadan, universitaire suisse connu, d’origine palestinienne, avait versé de l’argent à une organisation suspecte d’avoir des liens avec le terrorisme. Il faut remarquer que Ramadan avait visité les Etats-Unis à plus de 24 reprises au cours des trois années précédentes et qu’il avait déjà fait des conférences dans les universités d’Harvard, Princeton, Dartmouth et, même, au Département d’Etat.

Parmi les autres intellectuels célèbres, exclus des Etats-Unis pour des raisons idéologiques, ces dernières années, on compte la professeur nicaraguayenne Dora María Téllez à qui la prestigieuse université d’Harvard avait proposé un poste et à qui fut refusé un visa d’entrée dans le pays. Téllez avait été fonctionnaire durant le premier gouvernement sandiniste, au Nicaragua, dans les années 80. Egalement un groupe de 61 universitaires cubains se sont vus  refuser leur entrée sur le sol des Etats-Unis, en octobre 2004, pour participer à une conférence sur des thèmes  latino-américains, à Las Vegas. Et, plus récemment, au début de 2009, l’écrivain colombien Hernando Calvo Ospino, a appris qu’il avait été inscrit sur la fameuse liste "No-Fly" (pas de vol),  des Etats-Unis, parce que se trouvant à bord d’un vol Air-France  Paris/Managua (Nicaragua) son avion dut faire une escale d’urgence et l’aéroport le plus proche se trouvant aux Etats-Unis, le droit de se poser en urgence fut refusé au pilote avec pour seule raison la présence à bord de Calvo Ospino classé [à son insu] en tant que  personne « exclue » des Etats-Unis sous la Section 411 du Patriot Act.  Calvo Ospino, Colombien domicilié  en France, est un critique très connu de la politique  extérieure des Etats-Unis en Amérique latine et il a dénoncé avec force, dans ses livres, les liens qui existent entre Washington et les groupes terroristes des Cubains exilés à Miami.

En vertu de cette loi, ont été arrêtés et traduits en justice deux entrepreneurs de Brooklyn, New York, accusés d’avoir retransmis les programmes d’une chaîne de télévision du groupe libanais Hezbolah à travers leur service de télévision par satellite. Leur crime? La diffusion de matériel « anti Etats-Unis » et contraire aux « valeurs des Etats-Unis ». Or Globovision, chaîne de télévision privée, au Venezuela, occupe le spectre radioélectrique public et retransmet des programmes de diverses chaînes des télévisions d’Amérique Latine comme RCN, de Colombie, et Todo Noticias (Informations en Continu) d’Argentine, ouvertement hostiles au gouvernement  du Venezuela sans aucune retenue. Et la chaîne Globovision elle-même émet quotidiennement des programmes qui incitent à la violence dans le pays, manipulent les faits et prêchent la déstabilisation, en toute liberté. Cependant, lorsque les organismes publics en charge de  faire respecter la loi, intentent une action en justice contre la chaîne de télévision privée suite à ses nombreuses infractions, les patrons et les journalistes de la chaîne hurlent que le gouvernement viole la liberté d’expression. Et ils ont toujours recours aux Etats-Unis comme référence  de cette « liberté » ; alors que s’il existait, aux Etats-Unis, une chaîne de télévision  diffusant une information de la qualité de celle que diffuse Globovision cette chaîne aurait été fermée depuis bien longtemps en application des lois de ce pays.

Plusieurs avocats et associations qui défendent les Droits de l’Homme ont protesté contre cette Loi d’Exclusion Idéologique aux Etats-Unis et ils ont même intenté des actions en justice contre le gouvernement des Etats-Unis à cause de cette loi. Mais les le tribunaux fédéraux ont toujours statué en faveur du gouvernement. En 2009, dans deux procès, les plaignants ont fait appel de la sentence, bien qu’il soit difficile de nourrir un peu d’espoir.

Depuis l’exclusion de militants socialistes et communistes, au début du XXº siècle et peu après l’époque du célèbre "blacklisting" du sénateur Joseph McCarthy, et jusqu’à ce jour, les Etats-Unis ont toujours appliqué une politique  d’exclusion idéologique. L’élite politique et économique ne veut pas que le public en général ait accès à des voix critiques ni à une opinion alternative. C’est aussi pour cette raison qu’ils ont maintenu le blocus contre Cuba durant cinquante ans.

Alors, souhaitons à Monsieur Vargas LLosa et à ses collègues de l‘extrême droite réactionnaire de bien profiter de la liberté dont nous jouissons dans un pays véritablement démocratique comme le Venezuela, car lorsqu’ils retourneront aux Etats-Unis ou lorsqu’ils iront dans d’autres pays semblables, il ne pourront pas exercer si largement ce droit sacré à penser librement. Jamais ils ne pourraient entrer aux Etats-Unis - leur modèle de démocratie  - s’ils n’étaient pas d’accord avec les politiques de Washington et ils pourraient y entrer encore moins pour participer à une conférence avec des organisations impliquées dans des activités subversives comme des coups d’Etat, des sabotages économiques et des actes terroristes.

Source: Rebelión

Traduit par Manuel Colinas pour Investig'Action.

http://www.michelcollon.info/index.php?option=com_content&view=article&id=2094:lexclusion-ideologique-est-une-politique-officielle-des-etats-unis&catid=6:articles&Itemid=11



3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

3-1 Le général Michel Aoun préside la première réunion du «Changement et Réformes»... et déclare: «Nous possédons la majorité populaire...

Ainsi, trois jours après la fin des "élections mondiales au Liban", le "général" a parlé...

Silencieux depuis le dimanche soir, le général Michel Aoun s'est adressé aux journalistes, après la première réunion de son nouveau groupe parlementaire...

Il est ensuite apparu dans une interview télévisée durant la soirée...

Non... Le général ne semblait pas "épuisé", comme le prétendaient les rumeurs...

Ni "faible"...

Mais "fort", faisant confiance en soi, en son bloc, et en son peuple...

Ce peuple qui, en dépit de toutes les campagnes violentes, lui a renouvelé sa confiance, "bien que les résultats soient moins que ses ambitions"...
Le groupe "Changement et Réformes" a perdu certains de ses membres... D'autres s'y sont joints... En tout, il rassemble 27 députés, dont des personnes remarquables de la politique libanaise, notamment le chef du courant « Marada » Sleimane Frangieh, et le président du Parti démocratique libanais Talal Arslane...
Il est vrai que plusieurs personnes ambitionnaient de faire partie de ce bloc parlementaire, comme le vice premier ministre Issam Abou Jamra, les ministres Gebrane Bassil et Mario Aoun...

Une seule chose reste certaine: le général Aoun n'a pas perdu... Le voilà qui s'apprêter pour superviser la "majorité populaire" pour quatre nouvelles années...
Au cours de son premier entretien avec les journalistes, depuis le dimanche dernier, le général Michel Aoun s'est félicité du résultat qu'a pu accomplir l'opposition au cours du scrutin électoral, malgré la rude bataille qu'elle a eue à mener "contre l'argent politique et les parties qui ont ramené des électeurs de l'étranger".

Le général Aoun a avoué que l'opposition espérait une victoire plus large, notant que "les résultats accomplis ralentiront le processus réformiste défendu par l'opposition".
Le chef du Courant Patriotique Libre (CPL) a en outre affirmé que son équipe politique est actuellement dans un état d'attente: "On n'est ni dans l'opposition ni dans le camp loyaliste pour l'instant".
Commentant les résultats des élections, le général Aoun a refusé de reconnaître la défaite du camp de l'opposition, affirmant que "nous avions 70% des votes chrétiens durant l'étape passée et nous n'avions pas de ministres au sein du gouvernement, maintenant que nous avons 27 députés au Parlement, expliquez-nous comment certains considèrent que nous avons perdu". Il a par ailleurs ajouté que son équipe n'est "ni contre le président ni contre Bkerké" et que "si l'une de ces instances a quoique ce soit à nous reprocher, elles n'ont qu'à nous le dire".
Quant au prochain président de l'Assemblée nationale, il s'est demandé: "Y a-t-il un candidat sérieux pour ce poste, autre que Nabih Berri?" Ensuite, et dans une interview accordée à la chaîne télévisée "OTV", il a commencé par les propos suivants: "Je suis convaincu par mes choix politiques et j'estime qu'ils pourraient mener les Libanais et les chrétiens vers un meilleur avenir, j'ai vaincu et mon groupe parlementaire a grandi, et tous ceux qui souhaitent s'y joindre sont les bienvenus", c'est ainsi que le général Aoun a résumé sa position post électorale.
Commentant la défaite de l'opposition, le général Aoun a déclaré regretter un tel résultat, indiquant toutefois que l'opinion publique avait été terrorisée par l'équipe adversaire qui la menaçait à tort et à travers de l'impact des armes du Hezbollah, annonçant "l'instauration de la wilayat al Fakih", et "l'imposition du tchador aux régions chrétiennes". Il a alors ironisé : "ils craignent le tchador, mais que penseraient-ils de la abaya que leur imposerait Chaker al-Absi, et ce genre d'extrémisme?"
Il a par ailleurs dénoncé les sommes faramineuses "investies" par l'équipe opposée dans ce scrutin, et le nombre de Libanais expatriés que cette équipe a ramené au bercail dans le seul but de les faire participer au scrutin au profit de ses candidats.
Le général Aoun a par ailleurs confirmé que son groupe fera appel de la victoire du député Michel Murr dans la circonscription du Metn, ajoutant que pour ce qui est de l'appel concernant la victoire de Sami Gemayel, ce sera au candidat évincé Ghassan Achkar de prendre cette décision.
Sur un autre plan, le général Aoun a déclaré que peu l'importe qui sera désigné au poste de Premier ministre, affirmant d'ores et déjà qu'il aura "des problèmes avec son mode d'action", et ajoutant, ironique, que "s'il suivra la méthode Siniora, le Liban a peu de chances de continuer d'exister".
Interrogé sur sa position par rapport à la reconduite du concept du "tiers de blocage", le général Aoun en a vanté les qualités, rappelant que c'est "grâce au tiers de blocage que l'opposition a pu empêcher de nombreuses infractions, et des nominations qui ne devaient pas passer". Pour ce qui est des portefeuilles qu'il brigue au sein du prochain gouvernement, le général Aoun a affirmé que puisqu'il est à la tête d'un groupe parlementaire de 27 députés, dans un Parlement qui en regroupe 128, son groupe exigera d'être représenté proportionnellement au sein du gouvernement, ce qui équivaudrait à "7 ministres dans un gouvernement serait formé de 30".
Sur le plan régional, le chef du Courant Patriotique Libre a affirmé que "finalement ce sont de grandes puissances mondiales qui décident de tout", ajoutant que "c'est à l'intermédiaire assurant le petrodollar que revient le dernier mot". Le général Aoun a par ailleurs ajouté que "la sécurité démographique d'Israël est primordiale par rapport à la communauté internationale et aujourd'hui, la menace d'une guerre israélienne visant à désarmer le Hezbollah a gagné en importance".
Le général Michel Aoun a finalement indiqué que les Américains le combattent à cause de ses positions refusant l'implantation des Palestiniens et de son entente avec le Hezbollah, faisant
Source : RPL France

Publié le 12 juin 2009 avec l'aimable autorisation du RPL
http://www.rplfrance.org/...
 

http://www.palestine-solidarite.org/dossier.Liban.rpl_france.110609.htm



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


30/06/2009

n°106 - dossiers du liban - 28-06 -Début - : En Iran comme au Liban on a assisté à une immixtion occidentale massive.

n°106 - dossiers du liban - 28-06 -Début - : En Iran comme au Liban on a assisté à une immixtion occidentale massive.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers du liban 

n°106 du 28-06

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 


Sommaire :  

Tiré à part :

Renée de Saissandre : Liban : un scrutin très surveillé

1 Dossiers

1-1 Georges Corm. : En Iran comme au Liban on a assisté à une immixtion occidentale massive.

1-2 La démocratie à géométrie variable selon Joe Biden.

1-3 Robert Fisk : L’Occident attend le retour de ses amis « démocrates » au pouvoir.

1-4 Kharroubi Habib : Quel Liban après les élections législatives ?

Suite

1-5 Nasrallah : nous nous devons d'être réalistes dans notre autocritique et ne pas nous laisser happer par l'autoflagellation.

1-6 Juan Miguel Muñoz : Face à la crise iranienne, le Hezbollah et le Hamas restent prudents.

1-7 Christian Bouchet : Le Mossad tue au Liban.

1-8 René Naba : Israël - Marwane Barghouti : Du calendrier comme fonction traumatique.

2  Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Augustin Scalbert : La guerre des posters touche à sa fin.

2-2 K. Selim : La vie en commun des Libanais.

2-3 Kafr Bada: La vie est dure pour les populations palestiniennes négligées des « regroupements ».

2-4 Info-palestine : Pauvreté et marginalité, le destin des réfugiés palestiniens au Liban.  



Tiré à part :

Renée de Saissandre : Liban : un scrutin très surveillé

Extrait

Au Liban aussi on vote aujourd’hui ! Des élections législatives clefs à l’issue incertaine, surveillées de près par les Etats-Unis et Israël.

Les Libanais retiennent leur souffle. Le spectre d’un nouvel embrasement plane sur les élections législatives pour lesquelles ils votent ce dimanche. Et les dernières semaines de campagne, marquées par un durcissement du discours confessionnel et les attaques personnelles entre les différentes figures des courants de la majorité et de l’opposition, ré-ouvrant les vieilles plaies issues de la guerre civile, n’ont fait que renforcer les craintes d’une telle perspective. Au point que même le déroulement du vote a été placé sous haute surveillance, avec la présence de quelques 30 000 soldats et policiers déployés autour des bureaux de vote et 20 000 autres sur l’ensemble du territoire.

Renée de Saissandre

7 juin

http://www.bakchich.info/Liban-un-scrutin-tres-surveille,07944.html



Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 Georges Corm : En Iran comme au Liban on a assisté à une immixtion occidentale massive.
Georges Corm, ancien ministre libanais, économiste et professeur de sciences politiques à Beyrouth, livre ses réactions face aux événements qui ont suivi les récentes élections libanaises et iraniennes et leur influence sur la région.
Ex-ministre des Finances libanais entre 1999 et 2000, Georges Corm est économiste. Il est aussi professeur à l’institut des sciences politiques à l’université Saint-Joseph de Beyrouth et l’auteur de plusieurs ouvrages. Dernier paru : L’Europe et le mythe de l’Occident, éditions La Découverte, Paris 2009.

17 juin 2009
Peut-on dire que la victoire du Mouvement du 14 mars aux élections législatives va changer la situation libanaise ?
Georges Corm.
Cette victoire, c’est un peu un retour à la case départ, celle des élections de 2005. Nous sommes en face des mêmes problèmes quoique avec des logiques différentes.
Et encore une fois, du fait du système électoral et d’autres facteurs, nous avons
une majorité populaire en faveur de l’opposition et une majorité parlementaire, celle du 14 mars.
Reste que les problèmes sont toujours là.
Pour les pays arabes dits modérés et les pays occidentaux, il s’agit de la question des armes du Hezbollah. Et pour les Libanais dont je suis, le problème économique et social reste le problème numéro un. Ce point a été complètement évacué du débat électoral essentiellement focalisé sur les armes du Hezbollah et sur l’influence iranienne au Liban.
On a vu les médias de la majorité au pouvoir ainsi que les médias arabes et occidentaux créer une atmosphère de panique en laissant entendre qu’on aurait une réédition du scénario de Cisjordanie et de Gaza de 2006, avec à la clé une communauté internationale qui se fâcherait, en prenant des sanctions politiques et financières, dans le cas où l’opposition l’aurait emportée.
D’autant que le Mouvement du 14 mars avait annoncé que si l’opposition remportait les élections, il refuserait de participer à un gouvernement d’union nationale.
On a même vu le patriarche maronite, s’érigeant en censeur spirituel, demandant à voter pour la majorité sortante. Ce qui est du jamais-vu dans l’histoire du Liban et des chrétiens maronites.
Dans ces conditions, est-ce que ce gouvernement d’union nationale est encore d’actualité ?
Georges Corm.
Oui, cette question est d’actualité puisque le courant du 14 mars dit tendre la main à l’opposition.
Mais sa conception d’un gouvernement d’union nationale exclut l’octroi d’une minorité de blocage que réclame l’opposition, de façon que ce gouvernement ne prenne pas de décisions qui pourraient entraîner une déstabilisation du pays comme ça a été le cas fin 2006 à propos du Tribunal international et le 5 mai 2008 à propos du démantèlement du réseau de communication du Hezbollah, ce qui a provoqué trois journées de violence.
Qu’en est-il du désarmement du Hezbollah que réclamait la majorité ?
Georges Corm.
Aujourd’hui, le chef de la majorité, Saad Hariri, ainsi que Walid Djoumblatt considèrent que cette question n’est plus urgente, et pas à l’ordre du jour du dialogue national entre les tendances politiques libanaises présidées par le chef de l’État pour résoudre la question des armes du Hezbollah.
À mon avis, ça peut être une position tactique en attendant une autre conjoncture pour la reposer.
Il faut rappeler qu’en 2005, Saad Hariri et Walid Djoumblatt étant alors alliés au Hezbollah dans un même gouvernement, la déclaration ministérielle considérait que les armes de la résistance étaient tout à fait légitimes. Cela n’a pas empêché, suite aux pressions américaines, que ces mêmes partis demandent le désarmement du Hezbollah.
À propos de ces armes détenues par le Hezbollah, ne pensez-vous pas, au regard des développements de la scène politique moyen-orientale (discours de Netanyahu, tensions internes iraniennes) que le Liban risque d’être entraîné dans un conflit régional ?
Georges Corm.
En réalité, le discours de Netanyahu a eu des échos très négatifs dans tous les pays arabes modérés.
Au Liban, tous les responsables ont dénoncé les propos de Netanyahu. Son discours a eu un effet contraire : il a rapproché toutes les tendances politiques libanaises pour faire face éventuellement à ce qui pourrait se passer à l’échelle régionale, notamment dans le contexte des élections iraniennes…
Précisément, quelle est votre analyse des événements iraniens ?
Georges Corm.
Les élections iraniennes se sont déroulées là encore (comme au Liban) avec des interférences médiatiques massives des pays occidentaux.
Au Liban, ça a commencé par l’Égypte, qui a prétendu avoir démantelé un réseau du Hezbollah, puis il y a eu l’article du Spiegel affirmant, sur la base d’informations glanées auprès du Tribunal international, que le Hezbollah était derrière l’assassinat de Rafik Hariri.
Puis, il y a eu les déclarations américaines, dont celles du vice-président Joe Biden, disant que si l’opposition gagnait au Liban, Washington pourrait revoir sa politique à l’égard du Liban.
On a entendu aussi des propos réduisant la compétition électorale libanaise à une compétition entre des démocrates pro-occidentaux et une opposition derrière laquelle se cacherait autour du Hezbollah une cinquième colonne iranienne.
En Iran, on assiste au même type de pressions.
Mais est-ce que la réélection contestée d’Ahmadinejad, accusé de vouloir se doter de l’arme nucléaire et dont on dit qu’il est proche du Hezbollah, ne va pas attiser les tensions régionales ?
Georges Corm.
Pour moi, ce sont des batailles de médias, de propagande, de systèmes d’informations qui font du lavage de cerveau…
Quand vous voyez qu’Israël a un arsenal atomique impressionnant, je ne vois pas pourquoi on fait tout ce raffut de l’Iran qui essaie de se doter d’une capacité de fabriquer de l’uranium enrichi.
Il y a aussi le Pakistan, un État au bord de la rupture et qui n’est pas particulièrement sympathique, qui dispose d’un arsenal atomique assez impressionnant.
Personnellement, je reste froid devant ces attaques contre l’Iran…
Vous ne redoutez pas que la réélection d’Ahmadinejad ait des conséquences régionales négatives, notamment dans les pays où vivent d’importantes communautés chiites, comme le Liban ?
Georges Corm.
Là aussi, il faut laisser les pays tranquilles. Il faut arrêter avec ces interventions massives dans leurs affaires intérieures.
Dès lors qu’il s’agit de régimes qui ne sont pas alignés sur la politique occidentale, qu’il s’agisse de la Chine, de la Russie, de l’Iran, ils sont harcelés médiatiquement.
Dans mon dernier ouvrage L’Europe et le mythe de l’Occident, je dénonce cela.
Si un pays comme le Liban se mettait à commenter toutes les cinq minutes les élections américaines ou françaises et que ses responsables donnaient des conseils aux électeurs américains ou français sur comment voter, comment l’opinion publique et les responsables occidentaux prendraient-ils une telle attitude ?
On a vu quand même les occidentaux soutenir Mir Moussavi contre Ahmedinejad tout en jouant sur les divisions inter-iraniennes ?
Georges Corm.
Je ne comprends pas d’ailleurs comment un candidat comme Moussavi peut accepter d’être adopté par des puissances extérieures, d’autant qu’il s’agit d’un candidat issu de l’establishment.
Ça rappelle ce qui s’est passé dans l’ex-URSS où des apparatchiks se sont reconvertis en libéraux pour profiter du soutien occidental. Je ne trouve pas cela très glorieux.
Pensez-vous qu’avec Obama, Israël pourrait évoluer dans le bon sens, vers la reconnaissance d’un État palestinien ?
George Corm.
Le discours d’Obama au Caire est un beau discours rhétorique, avec de belles paroles, des citations du Coran, mais sur le fond il ne constitue nullement une rupture avec la politique américaine.
Bien plus, il a été clair, expliquant que l’alliance avec Israël n’était pas une question de lobby pro-israélien américain, mais qu’elle résultait d’une sympathie profonde au niveau populaire unissant les deux peuples.
Il a quand même demandé l’arrêt des colonisations…
Georges Corm.
Soyons sérieux : quand on veut l’arrêt de quelque chose, on prend des sanctions.
La question est pourquoi des sanctions ne sont-elles pas prises contre Israël, alors que des sanctions sont prises contre l’Iran, la Chine…
Pour moi, quelque part, l’élection d’Obama a sauvé les États-Unis en tant que puissance impériale parce que Bush les a amenés au fond de l’abîme.
Une Amérique régénérée, une fois que l’on aura passé le gros de la crise économique, restera l’Amérique que nous connaissons.
Il n’y a aucune raison qu’elle change, d’autant que l’Europe est totalement alignée sur la politique de Washington.
Ne redoutez-vous pas dans ces conditions qu’Israël agresse l’Iran ?
Georges Corm.
Ça peut être des menaces destinées à déstabiliser la société iranienne.
Je ne suis pas sûr que Washington laisserait Israël bombarder les installations nucléaires iraniennes.
Je pense que l’on table plutôt sur des discordes internes qui paralyseraient le régime iranien.
Entretien réalisé par Hassane Zerrouky
Source : L'Humanité
Publié le 19 juin 2009

http://libanresistance.blogspot.com:80/2009/06/en-iran-comme-au-liban.html


1-2 La démocratie à géométrie variable selon Joe Biden.

Joe Biden a tout simplement transmis le message injonction d’une administration américaine qui ne veut pas et n’accepte pas qu’un scrutin démocratique en pays arabe donne des résultats qui ne conforteront pas les desseins et les projets des Etats-Unis.

Le vice-président américain Joe Biden s’est rendu au Liban où il a délivré à son peuple ce que notre confrère K. Selim a justement qualifié de « sommation à bien voter » lors des élections législatives qui vont avoir lieu dans leur pays le 7 juin prochain. Et le « bien-voter » version Joe Biden consiste à barrer la route aux « parties hostiles à la paix », selon les critères de l’Amérique.

Les Libanais auxquels il a ainsi montré le « bon chemin » apprécieront la portée du conseil de l’émissaire américain en ayant présent à l’esprit qu’il s’est gardé de faire la même intervention en direction du peuple israélien, qui a lui aussi eu des élections législatives remportées par des ennemis de la paix.

L’intrusion du vice-président américain dans le débat politique libanais est éclairante de la conception à géométrie variable que l’establishment politique américain a de la démocratie. Pour celui-ci, l’expression démocratique a ses limites dans le monde arabe. Celle de ne pas légitimer les adversaires des intérêts géostratégiques des Etats-Unis dans l’un des pays arabes ou dans la région.

La sommation faite aux Libanais par Joe Biden préfigure que leur pays sera soumis aux mêmes avanies internationales qu’ont eu à subir les Palestiniens après leur vote qui a donné la majorité parlementaire au Hamas, classé par Washington à la même enseigne que les « parties libanaises » dont il leur a « recommandé » de s’éloigner.

Joe Biden traîne la casserole d’être un gaffeur impénitent, mais en la circonstance, son intervention au Liban ne doit rien à son esprit gaffeur. Il a tout simplement transmis le message injonction d’une administration américaine qui ne veut pas et n’accepte pas qu’un scrutin démocratique en pays arabe donne des résultats qui ne conforteront pas les desseins et les projets des Etats-Unis.

La menace que Joe Biden a fait sous-entendre aux Libanais est que si le Hezbollah et ses alliés remportent les élections législatives, le Liban sera mis à l’index par les Etats-Unis et leurs alliés, avec la conséquence quasi certaine que cette situation incitera leurs relais et protégés intérieurs à refuser d’admettre le résultat électoral. Ce qui ouvrirait alors la voie à tous les dérapages dans ce pays qui n’a pas encore fini avec les tentations suicidaires des confrontations communautaro-religieuses.

La sommation américaine au peuple libanais conforte et absout par avance les faucons ultra droitiers qui sont arrivés au pouvoir en Israël et auxquels l’Occident a déroulé le tapis rouge, sans songer un instant qu’il fallait « punir collectivement » le peuple israélite pour avoir fait le vote qui leur a permis d’accéder à ce pouvoir.

Pour l’Amérique en somme, celle de Bush mais celle aussi des Obama et Joe Biden, les Arabes démocrates et de paix sont exclusivement ceux qui

Kharroubi Habib –

Le Quotidien d’Oran

24 mai

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=6658


1-3 Robert Fisk : L’Occident attend le retour de ses amis « démocrates » au pouvoir.

Ndlr : La publication de L'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

Extrait

Je suis allé jeter un oeil sur Madeleine Albright l’autre jour. Elle était en tournée à Beyrouth en tant qu’un des leaders l’Institut Démocratique National, une de ces officines de Washington qui contrôlent la liberté d’élections dans les pays à problèmes.

Toutes sortes de bonnes âmes s’activent au Liban pour cela - le vieux Jimmy Carter est attendu avant le scrutin du 7 juin — et le cirque habituel des attaques, incendies de bureaux de vote et destructions de panneaux d’affichage a déjà commencé.

Mais j’ai voulu voir la femme qui en 1996, alors que CBS News lui demandait si le coût d’un demi-million d’enfants irakiens morts valait les sanctions contre Saddam Hussein, a répondu de façon vraiment infâme : « Nous pensons que le prix en vaut la peine. » Elle était alors ambassadrice des Etats-Unis aux Nations Unies. Pour tout dire je l’avais déjà vu précédemment — elle se trouvait étalée sur le divan d’un hôtel à Londres après des discussions prolongées et désespérées avec un certain Bibi Netanyahu — mais elle s’était endormie, aussi je suppose que cette fois-là ne compte pas

Quoi qu’il arrive, correctement habillée de noir, la petite dame s’est précipitée à Beyrouth, paraissant beaucoup plus vieille, avec moins de cheveux que ce dont je me souvenais, mais aussi décidée que d’habitude quand elle a lu la feuille de son cru à côté de Joe Clark, un des ex-premiers ministres insipides et interchangeables du Canada.

Et parmi les problèmes elle a mis en avant — naturellement - on trouvait que « un des participants en lice maintient une force armée importante qui n’est pas sous le contrôle de l’état ».

Bien, nous avons tous deviné que le Hizbollah devrait finir à la niche pour cette raison, quoiqu’Albright ait été assez fine pour se rendre compte que d’« autres partis possèdent également des forces armées de diverses tailles et capacités ».

Le hic, naturellement, c’est que si le Hizbollah et les candidats qui lui sont proches  remportent une majorité des voix, l’Amérique devra alors parler à un gouvernement libanais « dirigé par le Hizbollah ». Ou peut-être refusera-t-il de le faire.

L’attribution des sièges parlementaires au Liban fonctionne selon des lignes confessionnelles — le système de listes a besoin d’un véritable mode d’emploi pour y comprendre quelque chose — mais les Américains espèrent que les « démocrates » qui ont actuellement une majorité — le mouvement Futur de Saad Hariri, le mouvement sacrément ancien du druze Jumblatt et une poignée de Maronites - l’emporteront.

La plus grande probabilité est que le président et ex-militaire, Michel Sleiman, puisse façonner un bloc centriste à partir des résultats des élections de façon à empêcher les hommes de Hizbollah ou de Hariri de prendre le pouvoir. Dans tous les cas le Liban retrouvera le cirque parlementaire qu’il a toujours eu. À Beyrouth, c’est la démocratie parlementaire à la sauce de la troisième république française.

Cela pourrait être le vrai problème. Après la deuxième guerre mondiale, les démocraties européennes se sont rendues compte qu’elles pourraient plus être dirigées par les parlements. De Gaulle — et les Français eux-mêmes — a avalisé ce fait en 1958, alors qu’Adenauer inventait le principe de la « Demokratur » en Allemagne. En vérité, les parlements votent toujours, mais personne n’imagine que l’assemblée française - pas plus que Nicolas Sarkozy — gouverne réellement la France aujourd’hui, pas plus que l’on imagine que les parlementaires britanniques, avec ou sans douves, ne contrôlent la Grande-Bretagne.

Mais revenons en arrière. Quand les Français ont créé le système politique libanais dans les années 20 et les années 30, l’Europe était toujours dans la « stasis » [crise politique, morale et sociale] de l’entre-deux guerres, ses démocraties tellement corrompues qu’elles ont fait le lit de MM. Mussolini et Hitler. C’était la même Europe qui a construit le Liban - c’est pourquoi ce pays terriblement divisé reste verrouillé dans un système parlementaire que l’Europe a depuis il bien longtemps abandonné. Et compte tenu du fait qu’un président tout-puissant ne pourra jamais diriger un état confessionnel, cela ne changera pas.

Mais la question du Hizbollah ne disparaîtra pas plus que le Hamas à Gaza. Barack Obama ne devrait pas être trop inquiet au cas où il accède au pouvoir, car depuis que ses délégués font de fréquents allers-retours vers Damas, ils pourraient être en meilleure position pour influencer les alliés syriens du Hizbollah.

Mais n’en soyons pas trop sûrs. Une des grandes erreurs de l’ère de Bush a été d’exiger la démocratie pour les Palestiniens et d’approuver des élections non-faussées avant de se rendre compte que le Hamas allait l’emporter. Et une fois que les Palestiniens aient produit ce résultat surprenant, ils ont dû être punis pour cela. (C’était, je le rappelle, le journal « Ottawa Citizen » qui avait annoncé que les Palestiniens « devaient être menacés de nouvelles élections ».)

Mais la plupart de mes collègues libanais, alors qu’ils écoutaient Mme Albright, étaient profondément soupçonneux. Si les élections libanaises placent à nouveau les « démocrates » amis au pouvoir, l’Institut Démocratique National et ses autres « renifleurs de scrutin » annonceront que l’élection a été juste et libre. Mais si le Hizbollah et leurs alliés gagnent la majorité, on découvrira soudainement que le scrutin libanais était « profondément faussé ». Et je suppose alors que nous serons tous « menacés par de nouvelles élections ». Le prix à payer, je suis sûr, en vaudra la peine.

Robert Fisk

2 juin 2009

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=6698


1-4 Kharroubi Habib : Quel Liban après les élections législatives ?

La logique voudrait que pour sauvegarder l’unité et la paix civile au pays du cèdre, ses acteurs politiques parviennent à s’entendre sur un gouvernement d’union nationale.

[Mais] il est à craindre... que l’on assistera à la répétition d’un scénario des élections législatives palestiniennes...

L’enjeu des élections législatives qui ont eu lieu hier au Liban n’est pas dans leur résultat, mais dans ce que les forces politiques libanaises qui y ont pris part décideront de faire.

Avec le système complexe des quotas, marque distinctive de la démocratie libanaise, excluant que se produise une victoire éclatante et écrasante d’un des deux camps en lesquels se divise cette classe politique, la logique voudrait que pour sauvegarder l’unité et la paix civile au pays du cèdre, ses acteurs politiques parviennent à s’entendre sur un gouvernement d’union nationale. Cette solution, qui interpelle le patriotisme des forces en présence, risque malheureusement de ne pas être celle que verra le Liban post élections législatives. Et cela parce qu’il est le théâtre d’interférences étrangères qui oeuvrent à ce qu’elle ne se concrétise pas.

Il faut se souvenir que le vice-président américain, Joe Biden, a par exemple fait savoir, lors d’une visite à Beyrouth le 22 avril, soit deux semaines avant le scrutin, que «  les Etats-Unis détermineront leur programme d’aide au Liban en fonction de la composition et des politiques du prochain gouvernement ». Ce qui voulait dire que Washington n’est pas près d’accepter la présence du Hezbollah dans ce prochain gouvernement.

La mise en garde du vice-président américain est donc susceptible de conforter certaines des forces politiques bénéficiant du soutien des Etats-Unis et d’autres puissances occidentales dans leur refus d’un gouvernement d’union nationale auquel participerait le Hezbollah. Les déclarations faites avant le scrutin par des leaders de ces forces ne sont pas pour entretenir l’optimisme sur ce qui pourra advenir au pays du cèdre après les élections législatives. Il est évident que la stabilité qu’apporterait au Liban un gouvernement d’union nationale, regroupant toutes les forces politiques représentatives du damier communautaire libanais, n’arrange pas les affaires des Etats étrangers qui ont fait de ce pays l’un de leurs terrains de confrontation par acteurs politiques libanais interposés.

Il est à craindre par conséquent, si les politiques libanais persistent à s’inscrire dans la stratégie du suivisme derrière leurs « sponsors » étrangers, que l’on assistera à la répétition d’un scénario des élections législatives palestiniennes, où l’on a vu les factions s’entre-déchirer et ruiner ainsi la capacité de l’Autorité palestinienne à défendre les intérêts nationaux de son peuple.

De n’importe lequel des courants qu’elles se revendiquent, les forces politiques du Liban devraient faire prévaloir d’abord et avant tout leur « libanité ». C’est-à-dire ne pas accepter leur instrumentalisation les unes contre les autres en refusant la logique de confrontation à laquelle elles sont poussées par l’étranger. Et faire donc le choix de compromis interlibanais qui sauvegarderont l’unité et la stabilité du pays.

De K. Habib : http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=6732


n°106 - dossiers du liban - 28-06 –Suite - : En Iran comme au Liban on a assisté à une immixtion occidentale massive

n°106 - dossiers du liban - 28-06 –Suite  - : En Iran comme au Liban on a assisté à une immixtion occidentale massive.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers du liban 

n°106 du 28-06

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

1 Dossiers (suite)

1-5 Nasrallah : nous nous devons d'être réalistes dans notre autocritique et ne pas nous laisser happer par l'autoflagellation.

1-6 Juan Miguel Muñoz : Face à la crise iranienne, le Hezbollah et le Hamas restent prudents.

1-7 Christian Bouchet : Le Mossad tue au Liban.



1-5 Nasrallah : nous nous devons d'être réalistes dans notre autocritique et ne pas nous laisser happer par l'autoflagellation.
Le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah a dit, dans un discours, « certaines vérités qui doivent être dites » car « nous nous devons d'être réalistes dans notre autocritique et ne pas nous laisser happer par l'autoflagellation ». Il a notamment dénoncé avec une très grande fermeté le communiqué de Bkerké publié au soir des élections législatives dans lequel le cardinal maronite, le patriarche Nasrallah Sfeir, avait affirmé que l'« entité libanaise et son visage arabe » sont menacés.
« Je voudrais mettre l'accent sur quelques sujets importants qui ont trait aux élections afin de corriger certaines choses parce que depuis le 7 juin, tout le monde a donné son analyse, tout le monde a dressé son bilan.

Nous sommes aujourd'hui en train de faire notre propre bilan afin de tirer les conséquences adéquates et de déterminer les étapes à venir », a d'emblée affirmé Hassan Nasrallah.
Le secrétaire général du Hezbollah a toutefois voulu préciser que ses propos « ne sont pas de nature à remettre en question l'acceptation des résultats des législatives » ni à « battre en brèche le climat d'apaisement » qui prévaut actuellement.

« Il était clair dès le début que notre objectif n'est pas d'augmenter le nombre de sièges dont nous disposons au Parlement, mais de remporter en tant qu'opposition la majorité des sièges afin que nous puissions mettre en œuvre notre programme de réformes », a indiqué le secrétaire général du Hezbollah, avant de nier en bloc les rumeurs qui ont circulé et qui avaient laissé entendre que « le Hezbollah ne désirait pas remporter la bataille électorale parce qu'il avait peur des conséquences de cette victoire ». « Je ne vous cache pas que nous nous étions préparés à cette victoire parce qu'elle aurait entraîné d'importantes responsabilités », a-t-il souligné sur ce plan.

Le deuxième grand titre de cette intervention, a indiqué le chef du Hezb, s'articule autour du discours « médiatique et politique » parce que « l'autre partie a lancé une campagne comportant d'importantes accusations ».

Pour Hassan Nasrallah, le camp adverse ne s'est pas empêché de « mentir, de tenir des propos diffamatoires, alors que nous n'avons pas agi de la sorte parce que nous sommes tenus par une certaine ligne de conduite du fait de notre engagement religieux et moral ».

Citant certains « mensonges » qui ont circulé durant la campagne électorale, il a cité « le gouvernement des trois tiers et le raccourcissement du mandat du Président de la république.

Hassan Nasrallah a ainsi clairement et fermement indiqué « le communiqué publié par le patriarche maronite Nasrallah Sfeir à la veille des élections qui, paraît-il, a été retiré par la suite, mais qui effectivement a été publié et qui a été axé sur la menace de l'entité et du changement de l'identité du Liban ». « J'avoue ne pas avoir compris en tant que citoyen libanais comment la victoire de l'opposition aurait été susceptible de changer l'identité du Liban et son entité. Je note au passage que SaBéatitude siège au patriarcat depuis les années 80 et je ne l'ai jamais entendu dire que l'entité libanaise était menacée avec tout ce qu'Israël a commis comme méfaits. Les propos de (Premier ministre israélien Benjamin) Netanyahu ne méritent-ils pas que le patriarche se montre inquiet ? »
Et de poursuivre : « Dans son discours, le patriarche aborde l'identité arabe du Liban et affirme qu'elle est menacée. Nous autres, au sein de l'opposition, sommes-nous arabes ou non ? S'il insinuait la Syrie, la Syrie est arabe. Et si le Liban entretient des relations privilégiées avec la Syrie ou avec n'importe quel autre pays, est-ce que cela signifie que cette relation entretient le visage arabe plus qu'une autre ? Peut-être que c'est l'Iran qui était désigné (...) et dans ce cas, le fondateur de la République islamique est arabe. Nous exigeons une explication du patriarche sur la manière dont la victoire de l'opposition menaçait l'identité arabe du Liban, et à ce moment nous ferons un certain nombre de propositions pour renforcer le visage arabe du pays et nous demanderons à Sa Béatitude de les appuyer. »

Le cas de Zahlé
S'attardant d'autre part sur la notion de wilayet el-fakih, Hassan Nasrallah a indiqué qu'il est « permis de parler de la relation du Hezbollah avec la Syrie et l'Iran. Cela en soit ne constitue pas un problème car ces propos sont politiques. Mais je souligne ici les dispositions de la Constitution libanaise qui protège la liberté de croyance. Partant de là, personne n'a le droit d'offenser les croyances religieuses d'autrui, même s'il ne les partage pas. La wilayet el-fakih concerne notre croyance, et le fait de s'y attaquer offense notre religion (...) Je demande en toute politesse à tous les médias de ne plus attaquer notre religion (...) ».
Se prononçant par ailleurs sur les récents événements en Iran, il a « conseillé » aux membres de l'alliance du 14 Mars de « s'abstenir » de les commenter car ils ne sont pas « assez cultivés » pour le faire.
Revenant sur le nombre d'émigrés qui sont venus au Liban pour voter le 7 juin, il a commencé par indiquer que « le vote des émigrés, même ceux qui ne se sont pas rendus au Liban depuis 50 ans, est un droit et nous ne le nions pas (...) mais ce qui est clair, c'est que des dizaines de milliers d'émigrés ont été ramenés au pays, et plus précisément à Zahlé, ce qui a changé l'équation, et sans cela, nous aurions au moins obtenu un 64-64 ».
Citant des informations parues dans la revue américaine Newsweek, il a indiqué que le chiffre publié par cette revue - 750 millions de dollars - pour la campagne de la majorité était un vrai chiffre. « À Zahlé, il y a des témoins qui ont vu le prix d'une voix monter à plus de deux mille dollars au fur et à mesure que l'heure de la fermeture des bureaux de vote approchait. Cela est-il de nature à exprimer la volonté des Libanais ? Au contraire, cela est de nature à changer les résultats sur le plan de la représentativité légale, et nous suivrons cette affaire par le biais de la procédure légale. »
Les chiites et les Arméniens
L'autre point développé par Hassan Nasrallah lors de son intervention fleuve d'hier soir est « l'incitation confessionnelle, religieuse et ethnique qui a commencé avant les élections et qui se poursuit encore aujourd'hui». Cela est « plus grave que l'argent politique et l'inégalité des chances », a-t-il indiqué, car « cela ouvre des plaies historiques ». « Les deux composantes de la société qui ont été la cible de ces incitations sont les chiites et les Arméniens », a-t-il ainsi précisé, avant de relever que les Arméniens ont été libanisés il y a 100 ans de cela et « il est honteux de distinguer entre les différentes origines ethniques » des Libanais. Concernant les chiites, il a nié la victoire du « bloc chiite », rappelant que cette communauté a été marginalisée durant de longues années et qu'elle croit fermement « en la diversité libanaise et en sa spécificité ». « Il n'y a pas de bloc » chiite, a-t-il aussi ajouté, relevant qu'à l'instar de toutes les communautés, les chiites se sont entretués puis ont formé un tronc commun aujourd'hui.
« Il est sympathique pour nous d'entendre que les armes de la Résistance sont hors du débat et uniquement discutables dans le cadre du dialogue national. Nous souhaitons que ce discours rassurant se poursuive (...) À tous ceux qui demandent des garanties à la Résistance, nous leur disons : vous, la base populaire de la Résistance, constituez notre garantie », a noté le secrétaire général du Hezb.
Il est de plus revenu sur les sondages d'opinions sur lesquels l'opposition s'est basée peu avant les élections, affirmant que ces sondages n'ont pas pris en compte les émigrés et que c'est cet élément qui a provoqué la déception de l'opposition.

jun 18, 2009

http://www.lorientlejour.com/


1-6 Juan Miguel Muñoz : Face à la crise iranienne, le Hezbollah et le Hamas restent prudents.

Ndlr : La publication de L'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

Les premières félicitations parviennent au mandataire réélu. « La démocratie a vaincu. »

Ce fut une victoire fulgurante, puisqu’elle a eu lieu dès le premier tour et que le pourcentage qu’il a obtenu démontre que c’est un leader aimé par son peuple », affirma Nawar al Sahili, député du parti-milice chiite libanais du Hezbollah. Fauzi Barhoum, porte-parole du Hamas, soulignait, sans allusions personnelles : nous espérons que l’Iran continuera de soutenir les droits du peuple palestinien, de respecter l’élection démocratique des Palestiniens et qu’il nous aidera à mettre fin au blocus de Gaza ».

Il est clair que les manifestations dans les rues des partisans d’Ahmadinejad et de son opposant Mir Hossein Moussavi, la querelle sur le recomptage électoral et les décisions de la hiérarchie iranienne sur les comices se sont dissipés dans les moyens de communication des deux groupes et c’est à peine s’ils reçoivent l’attention de leurs dirigeants. Durant la nuit de mercredi, le chef Hassan Nasrallah, leader du Hezbollah, réapparut à la télévision. Il parla du discours de dimanche du Premier Ministre israélien, Benyamin Netanyahu ; à propos des élections du Liban (il accusa Saad Hariri de fraude, disant qu’il aurait investi 750 millions de dollars dans l’achat de votes dans les districts où eurent lieu les dépouillages des votes), il évoqua également Barack Obama. Aucun mot sur les élections iraniennes.

On ne comprendrait pas la naissance du Hezbollah sans le soutien financier et humain que reçurent les gardiens de la Révolution iranienne, au début des années 80. Un soutien qui se poursuit, inébranlablement, jusqu’aujourd’hui. Il suffit de visiter la banlieue chiite Haret Hrek de Beyrouth, dévastée par Israël pendant la guerre de l’été 2006, pour se rendre compte que des dizaines de millions d’euros ont été investis dans la reconstruction. Nul n’a de doute quant à l’origine de la majeure partie des fonds.

Le Hamas également compte sur l’aide de l’Iran, bien que plus modeste et plus récente. Les devises et les armes qu’il envoie en Palestine sont beaucoup moins importantes que celles que reçoit le Hezbollah, en grande partie à cause du fait qu’Israël et l’Egypte empêchent que l’arsenal des islamistes palestiniens augmente au rythme auquel peut s’alimenter celui de la milice chiite, qui profite des passages de la frontière syro-libanaise afin de se fournir en armes à faible portée.

L’aide se résume à quelques centaines de millions de dollars annuels, à quelques fusées Katiusha, et à l’entraînement de centaines de miliciens du Hamas dans des camps sur le sol iranien et libanais. Mais l’Iran est l’unique soutien important pour une organisation isolée par la quasi-totalité du monde arabe. Néanmoins, le secret est de rigueur lorsque l’on interroge les chefs du Hamas sur leurs liens avec Téhéran.

Des sources proches du mouvement fondamentaliste consultées hier assurent qu’il n’y a pas d’inquiétude au sein du leadership, même s’ils aimeraient que tout continue comme jusqu’alors. L’ex-premier ministre Moussavi ( qui reconnaît le fait historique de l’Holocauste) n’a jamais été un ami de l’Etat sioniste non plus, il décrit d’ailleurs cet Etat pendant les deux dernières décennies comme « une tumeur cancéreuse ». « La peur n’existe pas », affirme la source, « mais Ahmadinejad est une valeur sûre. Cependant, les Islamistes palestiniens, se taisent. Comme rien n’est sûr, il est préférable de ne pas sortir une parole qui pourrait ne pas plaire à Moussavi.

Le Hamas ne peut se permettre de se fâcher avec ses très rares alliés.

Même si, dans le fond, et étant données les différences entre les rivaux politiques iraniens, ils coïncident avec le président des Etats-Unis : l’accès au pouvoir en Iran du candidat appelé réformiste ne supposerait pas non plus un revirement dans les relations du régime perse avec le reste du monde, ni avec le Hamas.

Juan Miguel Muñoz

28 juin 2009
El Païs


1-7 Christian Bouchet : Le Mossad tue au Liban.

De Tony Frangié à Rafik Hariri, le Mossad tue au Liban
Emprisonné pendant onze années à Beyrouth pour ses crimes durant la guerre civile (dont le meurtre du Premier ministre Rachid Karamé en juin 1987) Samir Geagea reçut alors le soutien inconditionnel d’une fraction de la droite nationale française qui, curieusement, voyait en lui un « Gandhi libanais ».
Un ouvrage récent de Richard Labévière,

La tuerie d’Ehden, ou la malédiction des Arabes chrétiens (Fayard), prouve que notre homme avait encore plus de sang sur les mains qu’on se l’imaginait et que, au lieu d’être le nationaliste libanais dont on nous faisait l’éloge, il n’était qu’un mercenaire agissant sous le contrôle du Mossad israélien pour diviser la communauté libano-chrétienne.

Le 13 juin 1978 dans les montagnes du Liban Nord, des unités de combat du Kataëb, le parti que dirige la famille Gemayel, sont engagée dans l’« opération Cèdre ». Elles assiègent le village chrétien maronite d’Ehden, fief de la famille Frangié dont le patriarche a été président de la république libanaise de 1970 à 1976. A 4 heures, elles montent à l’assaut, vingt-huit villageois sont tués. Le fils de l’ex-président Tony Frangié, par ailleurs député, sa femme Véra et leur fille Jihane, trois ans, capturés sont immédiatement assassinés de sang froid.

S’agit-il d’une opération militaire qui aurait mal tournée comme on l’a prétendue ? Que nenni ! Tout s’est bien déroulé comme prévu.
Alors serait-ce une vendetta entre deux familles féodales libanaise comme on pourrait le penser ?
Nullement, c’est tout au contraire un acte très politique qui a été longuement pensé et préparé… à Tel Aviv ! Telle est la conclusion à laquelle arrive Richard Labévière, qui a recoupé des sources israéliennes de haut niveau, qu’il a rencontré en Suisse, et des sources françaises liées aux services secrets extérieurs.
Avec cette opération, le Mossad, qui débutait ainsi sa politique des « assassinats ciblés », éliminait un dirigeant chrétien de premier plan hostile à Israël et portait à la Présidence de la République

libanaise une famille qui lui était favorable et à travers laquelle Tel-Aviv pourrait signer une paix séparée avec le Liban. De plus, il semait la zizanie dans le camp chrétien afin d’y trouver plus facilement des alliés et il privait de direction politique les chrétiens favorables à une alliance avec la Syrie.

Trente et un ans après l’« opération Cèdre », après une guerre civile et des occupations étrangères qui ont laissé un pays dévasté et faits des milliers de mort, la situation politique libanaise est, volens nolens, géopolitiquement fort semblable malgré les retournements d’alliance.
La même ligne de partage sépare, encore et toujours, la communauté chrétienne : face aux partisans de l’Occident et d’Israël, se dressent ceux qui revendiquent un destin arabe pour le Liban. Parmi les premiers, on retrouve Samir Geagea et le parti Kataëb. Dans le camp des seconds, le général Aoun et Sleimane Frangié, le fils du député assassiné, incarnent l’avenir des Arabes chrétiens et leur combat constitue un démenti au prétendu « choc des civilisations » qui voudrait voir s’affronter l’Occident et l’Orient.
Quand aux « assassinats ciblés » et aux « false-flag operations » ils n’ont pas cessés.
Il n’est pas inutile de se souvenir de l’assassinat, le 21 octobre 1990, de Dany Chamoun, fils de l’ex-président Camille Chamoun et personnalité politique en vue de la communauté chrétienne, de sa femme Ingrid et de ses deux enfants de 5 et 7 ans.
Très hostile à Israël, Dany Chamoun soutenait le général Aoun dont les troupes affrontaient alors la milice des Forces libanaises que dirigeait Samir Geagea… Il va sans dire que ce quadruple meurtre fut porté au crédit du « Gandhi libanais ».
Mais cela est déjà de l’histoire ancienne et un fait quasiment oublié alors que l’assassinat de Rafik Hariri, le 14 février 2005, fait encore la une des journaux.
L’enquête internationale n’a toujours pas aboutie et est l’occasion de manipulations politiques successives : alors qu’il a fallu renoncer à accuser la Syrie, faute de preuves crédibles, les enquêteurs - pour le moins proches des États-Unis et d’Israël - désignent maintenant l’Iran et le Hezbollah libanais…
Mais dans le même temps, le journaliste d’investigation Wayne Madsen a créé l’événement sur la chaîne de télévision Russia Today, en déclarant que l’assassinat de Rafik Hariri avait été commandité par le vice-président des États-Unis de l’époque, Dick Cheney, qui avait activé un escadron de la mort US lié à une structure israélienne équivalente.

La nouvelle n’a cependant impressionnée que ceux qui n’ont pas de mémoire, car dès le 12 mars 2005, le même journaliste se basant sur des sources issues des services d’espionnage libanais, avait affirmé que Rafik Hariri avait été assassiné à l’initiative conjointe de l’administration Bush et du gouvernement israélien, alors dirigé par Ariel Sharon, par les mêmes agents qui avaient éliminé le dirigeant chrétien libanais Elie Hobeika, assassiné alors qu’il s’apprêtait à témoigner contre Sharon devant un tribunal de Bruxelles dans un procès portant sur le rôle joué par le Premier ministre israélien dans les massacres perpétrés, en 1982, dans les camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila.
Hariri, nationaliste tant panarabe que libanais, gênait alors les USA et Israël car il s’opposait de manière inébranlable à l’installation d’une importante base aérienne américaine dans le nord du Liban. Un base qui dans les plans du Pentagone aurait du servir de plate-forme logistique et de transit pour les forces américaines en Irak, ainsi que de centre de loisirs pour les soldats américains engagés dans la région, tout en protégeant les pipelines américains dans la région (Bakou-Tbilissi-Ceyhan et Mossoul-Kirkouk-Ceyhan) et en menaçant la Syrie et l’Iran.
Wayne Madsen, dès mars 2005, avait précisé que les assassinats de dirigeants étrangers tels Hariri et Hobeika (et on ne peut s’empêcher de penser tels ceux de Frangié, Karamé ou Chamoun) relevaient du feu vert de hauts responsables de la Maison Blanche dont le vice conseiller ès sécurité nationale Elliot Abrams, connu pour être l’agent de liaison clé entre la Maison Blanche et le cabinet de Sharon pour les « coups tordus », allant jusqu’à l’assassinat politique.

Christian Bouchet

Nation Arabe : Dimanche, 21 juin

Liban Résistance 


n°106 - dossiers du liban - 28-06 –Fin - : En Iran comme au Liban on a assisté à une immixtion occidentale massive.

n°106 - dossiers du liban - 28-06 –Fin - : En Iran comme au Liban on a assisté à une immixtion occidentale massive.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers du liban 

n°106 du 28-06

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 

 

Sommaire :  

Tiré à part :

Renée de Saissandre : Liban : un scrutin très surveillé

1 Dossiers

Suite & Fin

1-8 René Naba : Israël - Marwane Barghouti : Du calendrier comme fonction traumatique.

2  Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Augustin Scalbert : La guerre des posters touche à sa fin.

2-2 K. Selim : La vie en commun des Libanais.

2-3 Kafr Bada: La vie est dure pour les populations palestiniennes négligées des « regroupements ».

2-4 Info-palestine : Pauvreté et marginalité, le destin des réfugiés palestiniens au Liban.  

 

1-8 René Naba : Israël - Marwane Barghouti : Du calendrier comme fonction traumatique.

Le président américain Barack Hussein Obama a prononcé jeudi 4 juin 2009 au Caire un discours fondateur sur la politique des Etats-Unis à l’égard du monde arabo musulman, assurant que l’Islam faisait partie intégrante de la civilisation des Etats-Unis.

Ce discours en forme de réconciliation a été prononcé à l’occasion du 42 me anniversaire de la 3eme guerre israélo-arabe de juin 1967. Il tranche avec le ton vindicatif du président Nicolas Sarkozy véhiculant les stéréotypes les plus xénophobes en dénonçant durant sa campagne présidentielle de 2007 «les musulmans qui égorgent leurs moutons dans leur baignoire».

Ce discours coïncide aussi avec le 5 ème anniversaire de la condamnation à la prison à vie de Marwane Barghouti, le plus emblématique des prisonniers palestiniens.
renaba.blog.fr revient sur un aspect méconnu de la guerre psychologique menée par Israël contre les Arabes en vue de le contraindre à intérioriser leur infériorité dans un papier intitulé « Du calendrier comme fonction traumatique»

Paris, 5 juin 2009

Cinq peines de prison à vie et une peine de sûreté incompressible de quarante ans de détention, soit, pour une durée de vie moyenne de 60 ans, un total de 340 années de détention, record mondial absolu de tous les temps. Il faudra donc à Marwane Barghouti, le chef de la jeune garde palestinienne, plus de trois siècles de vie pour purger la peine que lui a infligée dimanche 6 juin 2004 la justice israélienne.

Trois siècles pour purger un crime imprescriptible le «crime de patriotisme». La sentence est sans surprise, tant par sa lourdeur que par le choix du jour du verdict. Le patriotisme palestinien est une matière corrosive, le principal obstacle à l’expansionnisme israélien, la peine peut paraître dans ce contexte justifiée dans la logique hégémonique israélienne et de la fonction traumatique du verdict.

Il n’a échappé à personne que la sentence est tombée le jour où la planète entière ce dimanche là avait les yeux rivés sur les plages de Normandie où les anciens alliés de la Deuxième Guerre mondiale -Américains, Anglais, Français et Russes- scellaient leur réconciliation avec leur ancien adversaire allemand. Luxe de raffinement ou de sadisme? Le verdict israélien contre l’un des symboles du combat national palestinien est intervenu le jour anniversaire de Marwane Barghouti. Il singularise ainsi Israël en plaçant ce pays à contre-courant d’une tendance générale au dépassement des conflits hérités de la guerre froide.

Mais ce verdict de guerre n’est pas le fruit d’un hasard fortuit. La bataille dans l’ordre symbolique revêt une importance primordiale dans le contexte de guerre totale que livre Israël, car elle détermine, au delà d’une lecture linéaire de l’actualité, l’issue d’un combat capital, la bataille pour la captation de l’imaginaire arabe et partant la soumission psychologique de ses adversaires. Dans cette guerre psychologique, deux dates ont une fonction traumatique dont Israël en use régulièrement à l’encontre de ses ennemis à la manière d’un coup de butoir répétitif afin d’intérioriser l’infériorité arabe et d’ancrer dans l’opinion l’idée d’une supériorité permanente israélienne et partant d’une infériorité irrémédiable arabe.

La grande date traumatique est celle de la bretelle du 5-6 juin surchargée d’histoires: Sur cette date se concentre en effet la troisième guerre israélo-arabe de juin 1967, la destruction de la centrale nucléaire irakienne de Tammouz, le 5 juin 1981, ordonnée par Menahem Begin pour tester les réactions du nouveau président socialiste français François Mitterrand, le lancement de l’opération «Paix en Galilée» contre le Liban, le 6 juin 1982, visant à déblayer la voie à l’élection à la présidence libanaise du chef phalangiste libanais Bachir Gemayel, enfin le 6 juin 2004 la lourde condamnation de Marwane Barghouti.

La Guerre de juin 1967, première guerre préemptive de l’histoire contemporaine, a permis à Israël, --déjà à l’époque première puissance militaire nucléaire du Moyen-Orient et non «le petit David luttant pour sa survie contre un Goliath arabe»--, de s’emparer de vastes superficies de territoires arabes (le secteur Est de Jérusalem, la Cisjordanie, la Bande de Gaza, le plateau syrien du Golan et le désert égyptien du Sinaï) et de briser l’élan du nationalisme arabe. Mais elle a du même coup accéléré la maturation de la question palestinienne et favorisé l’émergence du combat national palestinien qui demeure encore de nos jours, 42 ans après, le principal défi qui se pose à Israël.

La guerre du Liban de juin 1982, culminant avec un siège de 56 jours de la capitale libanaise, si elle a provoqué la perte du sanctuaire libanais de l’Organisation de Libération de la Palestine et le départ forcé de Yasser Arafat de Beyrouth, elle a dans le même temps donné naissance à une résistance nationale libanaise armée symbolisée par le Hezbollah (le Parti de Dieu) qui forcera dix huit ans plus tard l’invincible armée israélienne à une retraite sans gloire du sud-liban, le 25 mai 2000, premier dégagement militaire israélien d’un territoire arabe non assorti d’un traité de paix. L’allié des Israéliens a bien accédé à la magistrature suprême, mais pour une présidence éphémère toutefois. Bachir Gemayel sera tué dans un attentat à la veille de sa prise de pouvoir et les Israéliens éclaboussés par les massacres des camps palestiniens de Sabra-Chatila qui ont suivi son assassinat.

L’autre date traumatique de la guerre psychologique anti-arabe menée par Israël est celle de la bretelle du 11-13 avril, date d’une triple commémoration: la première, celle du raid israélien contre le centre de Beyrouth, le 11 avril 1973, qui a entraîné l’élimination de trois importants dirigeants de l’OLP Kamal Nasser son porte-parole, Abou Youssef Al-Najjar, son ministre de l’Intérieur ainsi que Kamal Adwane, le responsable des organisations de jeunesse, la deuxième, celle du déclenchement de la guerre civile inter factionnelle libanaise deux ans plus tard, le 13 avril 1975, la troisième, celle du raid aérien américain sur Tripoli (Libye), le 13 avril 1986, puis ultérieurement l’imposition du boycottage de la Libye par les Nations Unies le 13 avril 1992.

La condamnation de Marwane Barghouti, un des rares dirigeants palestiniens bilingues arabo-hébraïque, a éliminé de la vie politique active l’un des plus brillants représentants de la relève palestinienne, l’antithèse des bureaucrates corrompus à la représentativité problématique. Mais elle répond surtout à une fonction traumatique. Par son excès toutefois, le verdict est lourd de conséquences en termes d’images pour les Israéliens, encombrés désormais d’un prisonnier charismatique et galvaniseur. Liant sa libération au triomphe qu’il juge inéluctable de la lutte du peuple palestinien, Marwane Barghouti n’a pas voulu se laisser enfermer dans la logique de ses adversaires. Prenant le contre argument de ses ennemis par une opération de retournement psychologique, il a salué sa condamnation comme une victoire morale des combattants palestiniens sur leurs bourreaux israéliens. En le victimisant, les Israéliens l’ont transformé en symbole et les geôliers israéliens sont devenus ainsi, au regard de ses nombreux sympathisants dans le monde, les propres captifs de leur prisonnier palestinien. Avec en prime un symbole encombrant à gérer.

Le hasard favorise parfois le calendrier, la coïncidence apparaît alors comme un signe du destin. Marwane Barghouti a été condamné à la détention à perpétuité le jour du décès de l’ancien président américain Ronald Reagan, celui-là même qui avait dit «Bye Bye l’OLP», le jour de l’évacuation des Fedayin de la capitale libanaise en septembre 1982. En 25 ans les Fedayin se sont transformés en Moudjahiddine et le fait national palestinien a survécu à Ronald Reagan.
Un clin d’oeil de l’histoire? Un symbole vit de sa propre vie en dehors de son porteur et la lutte des peuples pour leur survie obéit à d’autres paramètres que ceux engrangés dans les ordinateurs sophistiques de la guerre intelligente. Le moteur du combat d’un peuple pour sa survie est la dignité. L’honneur, la sève qui nourrit sa résistance. Ces paramètres là sont par essence non quantifiables. Ils échappent par définition à toute mise en équation. Marwane Barghouti en a fait l’éclatante démonstration lors du verdict traumatique du 6 juin 2004.

En 42 ans, les coups de butoir répétitifs israéliens ont eu donc des résultats mitigés, parfois même en contradiction avec l’objectif visé. Tout au long de ce conflit, Israël a veillé à s’assurer la maîtrise du récit médiatique et le monopole de la compassion universelle pour les persécutions dont les Juifs ont été les victimes au XIX me et XX me siècles en Europe. Mais la destruction de la ligne Bar Lev par les Egyptiens lors de la Guerre d’octobre 1973 a libéré les Arabes de la peur panique que leur inspirait l’Etat Hébreu, et, avec les volontaires de la mort, les bombes humaines qui ont fait 914 morts du côté israélien lors de la deuxième Intifada palestinienne (2000-2003), la peur est désormais équitablement répartie entre les deux camps, alors que, parallèlement, les massacres des Palestiniens de Sabra et Chatila, en 1982, ont brisé le mythe de la «pureté des armes israéliennes» et le dégagement militaire du Sud du Liban, le «mythe de l’invincibilité israélienne».

Le temps historique n’est pas réductible au temps médiatique. Israël, durant le premier demi-siècle de son indépendance (1948-2000), a été victorieux dans toutes les guerres qui l’ont opposé aux armées conventionnelles arabes, mais la tendance s’est inversée depuis le début du XXI me siècle, avec la mise en oeuvre de la stratégie de la guerre asymétrique. Toutes ses confrontations militaires avec ses adversaires arabes se sont depuis lors soldées par des revers militaires, que cela soit au Liban, en 2006, contre le Hezbollah chiite libanais, ou en 2008 à Gaza, en Palestine, contre le Hamas sunnite palestinien.

Longtemps sous la coupe des états arabes, les Palestiniens ont livré dans leur ghetto de Gaza, en décembre 2008, leur première guerre indépendante de toute tutelle. Désastreux sur le plan humain pour les Palestiniens, ce combat solitaire et solidaire de toutes les formations de la guérilla, y compris le Fatah de Mahmoud Abbas, et les formations marxistes, a néanmoins suscité un regain de sympathie internationale envers la revendication nationale palestinienne et placé sur la défensive les gouvernements arabes. Désastreuse pour les Israéliens, sur le plan moral, l’expédition punitive israélienne continuera de produire ses effets corrosifs aussi longtemps que les pays occidentaux feront l’impasse sur les violations israéliennes au prétexte d’assurer «la sécurité d’Israël» et de le ravitailler en armes, sans prendre en compte l’insécurité que son bellicisme débridé génère à son environnement, ni brider la colonisation rampante de la Palestine. Aussi longtemps qu’ils continueront de témoigner de leur mansuétude à l’égard de leur gendarme régional, générateur en chef du Hamas par quarante ans d’occupation illégale et abusive de la bande de Gaza, anciennement sous souveraineté égyptienne.

La sophistication de la guerre psychologique menée depuis près de soixante ans par Israël ne saurait masquer la réalité. Israël vit une situation schizothymique: Un état de Droit, certes, mais exclusivement à l’égard de ses citoyens de confession juive, un état d’apartheid à l’égard de la composante palestinienne de sa population, une zone de non droit et de passe droit dans ses colonies et sur la scène régionale, au point que bon nombre d’observateurs, pas uniquement arabes, pas uniquement musulmans, tendent à le considérer comme l’état voyou N°1 sur la scène internationale.

Pour audacieuse que soit sa vision du monde et novatrice sa démarche, le président Barack Obama se devrait de savoir :
-que le monde arabo musulman n’a pas le monopole de la terreur aveugle, comme en témoigne la vitrification de Hiroshima et Nagasaki (Japon) et de Dresde (Allemagne), cibles urbaines d’innocentes victimes civiles ;
-que la «génération des lanceurs de pierre», véritable déclencheur de la première «Intifada» palestinienne en 1987, puis de la deuxième Intifada en 2000, a surgi dans la foulée de l’invasion israélienne du Liban en 1982 visant à démanteler les structures de l’Organisation de libération de la Palestine ;
-que les «volontaires de la mort» ne sont nullement animés exclusivement d’une «idéologie du mal», selon l’expression du premier ministre britannique Tony Blair, ou d’une «culture de la mort», selon la thématique saoudo américaine, mais aussi et sans doute dans les mêmes proportions d’une aversion profonde à l’égard de la morgue occidentale et que les «bombes humaines» constituent surtout une réponse inhumaine à la non-reconnaissance de l’humanité des interlocuteurs légitimes de la cause palestinienne;
-que les combattants islamiques tant du Hamas que du Hezbollah que les partisans du chef chiite irakien Moqtada Sadr appartiennent à une génération que la promesse la plus alléchante ne saurait dévier de leur trajectoire, tant en Irak qu’au Liban, qu’en Palestine, aussi longtemps que la boulimie annexionniste d’Israël n’aura pas été bridée, aussi longtemps que la dignité du peuple palestinien et des autres peuples arabes sera bafouée.
Aussi longtemps que sera proposé un état croupion palestinien pour solde de tout compte à la spoliation de la Palestine. Aussi longtemps enfin que Mme Hillary Clinton, Secrétaire d’Etat américain, en tournée au Moyen-Orient, de même que son prédécesseur républicain Condoleeza Rice, se précipiteront à Beyrouth pour fleurir la tombe de Rafic Hariri, l’ancien premier ministre libanais assassiné, tout en persistant à négliger à leur passage à Ramallah (Cisjordanie), le mausolée de Yasser Arafat, le symbole de la renaissance du peuple palestinien.

Aussi longtemps que les dirigeants occidentaux autoproclamés «amis du peuple palestinien» s’appliqueront à contourner Ramallah, siège du pouvoir légal palestinien, pour rencontrer Mahmoud Abbas à Jéricho, comme ce fut le cas de Nicolas Sarkozy lors de son voyage en juin 2008, toujours dans le même but d’éviter le Mausolée de Yasser Arafat, comme si un Prix Nobel de la Paix palestinien constituait une monstruosité infamante, comme si le porte étendard de la revendication nationale palestinienne était pestiféré même au delà de la mort. Une génération de combattants qui pense -et avec elle bon nombre d’adultes pas nécessairement uniquement arabes ou musulmans- qu’il existe un lien entre les attentats de Londres, de Madrid et d’ailleurs, --contrairement à la thèse défendue par Tony Blair--, un lien même entre les attentats de Londres et la Palestine, au-delà, un lien par ricochet avec la promesse Balfour, une promesse anglaise à l’origine de la création de l’Etat d’Israël.

Par glissement successif, Israël a été perçu dans un premier temps comme un fait colonial, le «coup de poignard» de l’Europe au coeur du Monde arabe, puis le bras armé de l’Amérique, enfin le «levier stratégique» de l’Occident dans la zone, son croquemitaine. Sauf à vouloir se vivre en forteresse assiégée, une telle image paraît difficilement compatible avec une éventuelle intégration régionale, malgré toutes les barrières de sécurité et les murs de séparation, malgré toutes les rodomontades de tous les militaires ou paramilitaires qui se sont succédés à la tête du gouvernement israélien (Menahem Begin, Itzhak Shamir, Itzhak Rabin, Ehud Barak, Ariel Sharon), malgré le soutien intempestif de leurs relais au sein de la diaspora juive et de la communauté des chrétiens sionistes, de l’ordre de 70 millions de personnes dans le monde, et la servitude résignée de bon nombre de dirigeants arabes.

Le refuge des juifs, des rescapés des camps de la mort et des persécutés, le pays du Kibboutz socialiste et de la fertilisation du désert, des libres penseurs et des anticonformistes est devenu, aussi, au fil des ans, un bastion de la religiosité rigoriste, des illuminés et des faux prophètes, de Meir Kahanna (Ligue de la Défense Juive) à Baruch Goldstein, l’auteur de la tuerie d’Hébron, le 25 février 1994, des gangs mafieux et des repris de justice, des Samuel Flatto-Sharon à Arcadi Gaydamak. Un phénomène amplifié par la décomposition de l’esprit civique, gangrené par l’occupation et la corruption affairiste des cercles dirigeants, matérialisé par le naufrage du parti travailliste, le «parti des pères fondateurs», et la cascade de démission au plus haut niveau de l’état soit pour harcèlement sexuel, soit pour des faits en rapport avec l’argent illicite.

La propulsion d’Avigor Libermann sur le devant de la scène politique israélienne constitue à cet égard une illustration caricaturale du «Droit au retour» dans son extravagance la plus criante, en ce qu’elle confère à un ancien videur de boîtes de nuit de Kiev, du seul fait de sa judéité, et, au détriment des habitants originels du pays, une part du destin du Moyen orient. Elle constitue par là même la marque de l’aberration du projet sioniste dans ses manifestations les plus extrêmes, l’échec patent du projet occidental.

Près de cent ans après sa fondation, le Foyer National Juif apparaît ainsi rétrospectivement comme la première opération de délocalisation de grande envergure opérée sur une base ethnico religieuse en vue de sous traiter au monde arabe l’antisémitisme récurent de la société occidentale.. Et la Palestine, dans ce contexte, est devenue un immense défouloir de toutes les frustrations recuites générées des bas fonds de Kiev (Ukraine) et de Tbilissi (Géorgie) au fin fond de Brooklyn (Etats-Unis), la plus grande prison du monde, le plus grand camp de concentration à ciel ouvert pour les Palestiniens, les propriétaires originels du pays. Le droit à l’existence d’Israël ne saurait impliquer un devoir d’anéantissement du peuple palestinien, ni son droit à la sécurité, l’insécurité permanente des pays arabes.

Curieux cheminement que celui des rescapés des Ghettos de Varsovie et d’ailleurs que de «s’emmurer» (2) en terre d’Orient, comme le signe d’une impasse de la société israélienne soixante ans après la transformation de son «Foyer National» en état indépendant. La mobilisation identitaire constitue la marque d’une crise interne du système politique, la ghettoïsation, la marque d’une régression car elle entraîne une éviction de l’intrus et non la reconnaissance de l’autrui. Une équation à tous égards réversible…………..tant qu’il est encore temps.

Notes:

1. Le 25 février 1994, Baruch Goldstein, un médecin, colon juif d’origine américaine installé à Kyriat Arba, colonie forteresse fief de la colonie orthodoxe implantée à l’entrée d’Hébron, pénètre dans la mosquée bondée d’Abraham, située dans la ville biblique d’Hébron en Cisjordanie. Au cri de "Joyeux Pourim", il vide trois chargeurs de 30 cartouches à l’aide de son fusil d’assaut automatique sur l’assistance constituée de quelque 800 Palestiniens en prière, tuant 29 personnes et en blessant 150 autres avant d’être battu à mort. Fidèle de longue date du groupe fondamentaliste radical juif, le mouvement "Kach", Baruch Goldstein était motivé par un mélange compliqué de ce qui ressemble à des considérations inextricables de nature politique et religieuse, alimentées par le fanatisme et par un sentiment aigu de trahison en constatant que son Premier ministre était en train de "conduire l’État juif hors du patrimoine légué par Dieu et vers un danger mortel". Le Premier ministre israélien, Yitzhak Rabin, s’exprimant au nom de la grande majorité des Israéliens, exprima son dégoût, sa révulsion, ainsi que sa profonde tristesse à l’égard de l’acte commis par un "fanatique dérangé", tandis qu’une grande proportion des colons orthodoxes militants ont qualifié Goldstein d’homme juste et lui ont conféré la dignité de martyr.

2. «Les Emmurés, la société israélienne dans l’impasse» de Sylvain CYPEL, journaliste au quotidien Le Monde. Editions La découverte Février 2005
Ainsi que «Destins croisés, Israéliens, Palestiniens, l’Histoire en partage» de Michel Warshawski, préface d’Avraham Burg- Editions Riveneuve Avril 2009

René Naba |

05/06/

http://renenaba.blog.fr/2009/06/05/israel-marwane-barghouti-du-calendrier-comme-fonction-traumatique-6241519/#more6241519


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29/06/2009

n° 105- - Journal du Liban - 31-05 au 28-06 -Début- : Etat d'alerte militaire sur la frontière entre le Liban et la Palestine occupée

n° 105- - Journal du Liban - 31-05 au 28-06 -Début-  : Etat d'alerte militaire sur la frontière entre le Liban et la Palestine occupée 



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Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.


Journal du Liban

                         n° 105               31-05 au 28-06

       C.De broeder  &  M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Tiré à part

Les États-Unis suspendront leur aide militaire en cas de percée du Hezbollah.

Barak envisage de s'attaquer aux infrastructures civiles libanaises en cas d'arrivée au pouvoir du Hezbollah.

1 Lutte pour la libération du territoire

2  Politique Libanaise  

3 Politique internationale

a) Pays Arabes & voisins

4 Institutions internationales

5 Autres Pays

Fin

6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

6-1 Amérique  - Le lobby pro-israélien 2/3.

6-2 Bernard Langlois : Pour bien comprendre les médias.

6-3 L'affaire Hariri ébranle... les journalistes occidentaux.

7 Les brèves

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

7-1  Très Grandes Manœuvres électorales.

7-2 Rencontre de réconciliation entre le chef du Hezbollah et le leader druze Walid Joumblatt.

7-3 Dix Libanais inculpés d’espionnage au profit d’Israël.

7-4 Un secret commun liait tous les membres des réseaux d’espionnage pour le compte d’Israël.

8 Piece jointe

8-1 Sayed Nasrallah: la résistance saura contrer les défis dangereux qu'elle traverse.

 



Tiré à part :

Les États-Unis suspendront leur aide militaire en cas de percée du Hezbollah.

L’aide militaire de Washington, un enjeu des législatives :

Les États-Unis suspendront leur aide militaire en cas de percée du Hezbollah aux élections législatives du 7 juin, tout en cherchant à garder des relations avec le Liban, selon les experts.
Ces experts s'accordent à dire que les perspectives de percée électorale du Hezbollah représentent un dilemme pour le président américain Barack Obama : d'un côté il ne pourra pas continuer à livrer des armes à un gouvernement contrôlé, même indirectement, par le parti islamiste, opposé à la paix avec Israël, de l'autre, il ne veut pas laisser le champ libre à Téhéran.
 L'administration cherchera donc « un moyen de maintenir une relation avec le Liban », estime Toni Verstandig, une ancienne secrétaire d'État adjointe chargée du Proche-Orient ayant fait partie de l'équipe de transition de M. Obama.
« Le problème est de maintenir la structure de l'État libanais et de continuer à la faire progresser », ajoute Mme Verstandig, aujourd'hui chargée du Proche-Orient à l'Aspen Institute.

06/06/2009

http://www.lorientlejour.com:80/article/620761/Laide_militaire_de_Washington,_un_enjeu_des_lgislatives.html

 

Barak envisage de s'attaquer aux infrastructures civiles libanaises en cas d'arrivée au pouvoir du Hezbollah.

Le Liban risque de payer très cher une victoire du Hezbollah aux élections : tel est l'avertissement qu'Israël veut faire passer. À en croire, Ehoud Barak le ministre de la guerre, si le Hezbollah l'emporte, « l'armée israélienne aura une liberté d'action dont elle n'a pas disposé lors de la guerre de 2006 ». Une allusion très claire au fait que l'État hébreu en cas de nouvelles confrontations militaires avec le Hezbollah n'hésitera pas à attaquer non seulement des cibles liées au Hezbollah, mais aussi les infrastructures civiles libanaises telles que, par exemple, des ponts, des routes, des casernes…

Il y a trois ans, l'armée israélienne avait lancé une vaste opération. Au cours du mois de combats qui a suivi, Israel a massivement pilonné des  quartiers du sud de Beyrouth.

05/06/2009

http://www.lefigaro.fr/international/2009/06/06/01003-20090606ARTFIG00115-israel-menace-d-intervenir-si-le-hezbollah-l-emporte-.php

 

Liban: échanges de tirs à Beyrouth

Des échanges de tirs ont éclaté dimanche dans les rues de Beyrouth entre des partisans du Premier ministre désigné Saad Hariri et d'autres soutenant M.Berri président du Parlement allié du Hezbollah, selon des responsables des services de sécurité.

Ils ont précisé qu'ils ne disposaient d'aucune information concernant d'éventuelles victimes, mais la chaîne de télévision Al-Arabiya a rapporté qu'une femme avait été tuée et que trois autres personnes avaient été blessées.

D'après les responsables des services de sécurité qui ont requis l'anonymat, l'armée libanaise a envoyé des soldats dans le secteur pour tenter de rétablir le calme.

Al Faraby

( Dimanche, 28 juin 2009 )



Résistance

Analyse

J’accuse
J’accuse l’Europe des Sarkozy et des Socio-démocrates au pouvoir d’avoir fidèlement et constamment soutenu le sionisme dans ses actes terroristes, jusqu’à se taire et être complice de ses prêches.
J’accuse l’Europe des Commissaires qui, eux, réellement gouvernent, dans l’unique but de renforcer le capitalisme vacillant et d’asseoir, sans tarder, la main mise de ce dernier sur l’ensemble des pays du Moyen Orient, avec comme gendarme un état artificiellement créé, il y a plus de soixante ans, au détriment de nos peuples.
J’accuse l’Europe qui, en juillet 2006, a soutenu l’agression et les massacres sionistes au Liban.
J’accuse l’Europe qui, à ce jour, contribue au blocus infligé à 1.500.000 âmes.
J’accuse l’Europe qui, sur son territoire, reste sourde et muette face aux atteintes aux Droits de l’Homme, lorsqu’il s’agit de la libération d’un citoyen libanais injustement détenu depuis près de trente ans.
Mais aussi, par solidarité, J’accuse l’Europe Impérialiste dont les fondements et la finalité se résument par son acharnement à conquérir les espaces vitaux qui lui sont indispensables : crise mondial du Grand Capital oblige, ceci au détriment de ses peuples et de leur épanouissement.

J’accuse cette Europe et je m’abstiendrai le 7 juin.
Cette Europe là sera tout simplement abolie par ses peuples….Une Bastille à prendre…

Liban Résistance

 

Etat d'alerte militaire sur la frontière entre le Liban et la Palestine occupée  

Les deux armées libanaise et israélienne étaient ce samedi en état d'alerte de part et d'autre de la frontière entre le Liban et le Palestine occupée, à hauteur de la porte de Fatima.

Selon le correspondant de la chaîne Al-Manar, l'armée libanaise a réagi à l'armée ennemie qui a pris une position de combat face à des ouvriers agricoles libanais qui travaillent à proximité de la frontière.
Les forces internationales opérant dans le sud du Liban dans le cadre de la FINUL se sont tout de suite déployés dans les environs de la région, pour réduire les tensions, alors que les travailleurs sont restés sur place pour poursuivre leurs travaux.

27/06/2009

http://www.alterinfo.net/notes/

 

Déploiement en masse de troupes israéliennes à proximité de la frontière libanaise  

Des troupes de l’armée israélienne sont déployées en masse au niveau de la frontière au Sud Liban. Dans le cadre d’une activité militaire non usuelle, les forces israéliennes ont déployé des tanks de type Merkava ainsi que des transporteurs de troupes et d’autres véhicules militaires armés tout le long de la barrière de fils barbelés séparant les fermes de Chebaa des territoires libanais libérés, selon une dépêche de l’ANI. Des tirs sporadiques sont également entendus à ce niveau.

Des survols en masse des chasseurs israéliens renforcent ce déploiement, constituant une nouvelle violation de l’espace aérien libanais et en même temps de la résolution 1701 du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Les avions israéliens ont survolé les hameaux de Chebaa, les villages d’Al-Arkoub, asbaya, Marjeyoun, la Beqaa Ouest ainsi qu’Iklim el-Touffah.
A la périphérie de la localité d’Al-Abassiyé, les troupes de Tsahal ont érigé des fortifications et des barricardes dans le cadre de leur activité militaire aux alentours du poste d’Al-Douhayra, et des machines lourdes ainsi que des bulldozers et de larges grues sont également employés. Une activité similaire a lieu également près du poste de Jabal el-Cheikh.
Libnanews

27/06/2009

http://www.libnanews.com/

 

Augmentation surprenante des appels téléphoniques israéliens vers le Liban  

Le commandement de l'Armée Libanaise - Direction de l'orientation a révélé que nombre de citoyens et de militaires libanais faisaient l'objet  d'appels téléphoniques provenant de l'entité sioniste, signalant que le rythme de ces appels avait augmenté de façon significative ces deux dernier jours.
Tous ces appels ont en commun de demander des informations sur des soldats ayant disparu au Liban en échange d'argent liquide.
L'armée a invité tous les Libanais à ne pas répondre à ces appels téléphoniques, dont la persistance  constitue " une  violation à la souveraineté du Liban», avertissant que «toute tentative d'établir des liens avec eux  relèvera de la collaboration avec l'ennemi".

27/06/2009

http://www.alterinfo.net/notes/



1 Lutte pour la libération du territoire

Les relents de la guerre

b) Israël

Nouvelle violation israélienne : un poste militaire à 15 mètres au nord de la ligne bleue.
Une nouvelle violation israélienne de la ligne bleue et de la résolution 1701 a été observée hier. L'armée israélienne a ainsi créé un poste-frontière à 15 mètres au nord des fils barbelés marquant la frontière, face au lac Banthaïl et à la portière de Hassan, à l'est du village de Kfarchouba. Le drapeau israélien a été hissé sur le poste.
Le prétexte était tout trouvé : les Israéliens voulaient « rectifier des erreurs techniques commises en 2000, lors de la délimitation de la ligne bleue ».
Dès la création de ce poste, l'armée libanaise s'est déployée face au poste israélien de Sammaqa. Le comité conjoint entre l'armée et la Finul a effectué une opération de vérification sur le terrain à la portière de Hassan et dans les hauteurs de Kfarchouba.
Le drapeau libanais a été hissé sur les barbelés, à quelque cent mètres du nouveau poste israélien.
L'armée a aussitôt publié un communiqué qualifiant l'action israélienne de « violation » et estimant que l'armée israélienne avait « profité de la délimitation d'un tracé virtuel par la Finul pour le considérer comme la ligne marquant le point de son retrait » du Liban. L'armée a déclaré faire circuler des patrouilles dans la région depuis cet « acte de provocation ».
Par ailleurs, une source de sécurité a affirmé à l'agence al-Markaziya que « l'armée compte porter plainte contre Israël auprès de la Finul et du Conseil de sécurité de l'ONU ».
Selon notre correspondant Khalil Fleyhane, la porte-parole de la Finul, Yasmina Bouziane, s'est contentée de souligner que la zone du litige se trouve en dehors du périmètre d'intervention de la force intérimaire des
Nations unies. Selon lui, des sources diplomatiques interrogées ont estimé que l'action israélienne aurait deux explications : soit que Tel-Aviv voudrait détourner l'attention de la pression américaine en vue d'une solution fondée sur les deux États, soit que les Israéliens voudraient sonder la réaction libanaise et une éventuelle mobilisation du Hezbollah.
Par ailleurs, une autre explication des agissements israéliens serait liée aux contacts entre Israéliens et Américains pour régler l'affaire des fermes de Chebaa et mettre ce territoire sous contrôle de la Finul temporairement, jusqu'à ce qu'une solution définitive soit adoptée.
Ces mêmes sources ont assuré que le commandant de la Finul, le général Claudio Graziano, a effectué des contacts avec les Israéliens pour les convaincre de baisser le drapeau israélien, et pour, à terme, démanteler le site
.
20 juin 2009

http://www.lorientlejour.com/article/622341/Nouvelle_violation_isralienne%3A_un_poste_militaire__15_mtres_au_nord_de_la_ligne_bleue.html

25-06

L’armée israélienne intensifie ses violations de l’espace libanais,

ainsi que ses manœuvres militaires à Kfarchouba et à Chebaa et ses environs

FLASH LIBAN


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n° 105- - Journal du Liban - 31-05 au 28-06 –Suite - : Etat d'alerte militaire sur la frontière entre le Liban et la Palestine occupée

n° 105- - Journal du Liban - 31-05 au 28-06 –Suite -  : Etat d'alerte militaire sur la frontière entre le Liban et la Palestine occupée 



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.


Journal du Liban

                         n° 105               31-05 au 28-06

       C.De broeder  &  M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

2  Politique Libanaise  (suite )

3 Politique internationale

a) Pays Arabes & voisins

4 Institutions internationales

5 Autres Pays

 



2-4 Des Canons ... pas du beurre

09-06

l'arsenal du Hezbollah, qui fait l'objet d'un dialogue national, Hassan Nasrallah a indiqué que "ces armes ne visent pas à imposer une réalité politique" et que ce sujet doit être traité dans le cadre du "dialogue et des discussions calmes".

Plus tôt dans la journée, le député du Hezbollah Mohammad Raad a affirmé à l'AFP que le puissant arsenal du parti n'était pas un "sujet négociable".

"Il faut que la majorité s'engage à ce que la +Résistance+ soit un sujet non négociable, (à considérer) que ses armes sont légitimes et qu'Israël est un ennemi", a-t-il indiqué.

Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a dit lundi qu'il "acceptait" les résultats des législatives libanaises donnant la victoire à la coalition soutenue par l'Occident.

AFP  


2-5 Les grandes manœuvres

Hariri exclut toute discussion sur  les négociations de paix avec Israël

Le Liban n'entreprendra pas de négociations de paix avec Israël et pourrait même bouder l'Initiative de paix arabe si celle-ci devenait la base de futures négociations régionales. Telles sont les dernières déclarations de Saad Hariri, l'homme d'affaires milliardaire et actuel favori pour reprendre les rênes du gouvernement libanais, à l'issue des élections législatives du 7 juin dernier.

"Le plan de paix arabe inclut beaucoup de pays dans le processus de paix. Et la participation libanaise sera envisagée quand cela nous semblera raisonnable", a-t-il déclaré devant les caméras de CNN.

Concernant les récentes déclarations controversées de plusieurs analystes libanais, selon lesquels le Liban sera le dernier pays à faire la paix avec Israël, Hariri acquiesce. "Les autres ne disent pas cela, mais, moi, je le dis", ajoute-t-il.

Bon nombre de ses alliés politiques ont affirmé, par ailleurs, qu'Hariri, âgé de 39 ans et leader du bloc parlementaire le plus large de la coalition gagnante, prendra bientôt la place de l'ancien Premier ministre, Fouad Siniora.

AP ET JPOST.FR
10.06.09

http://fr.jpost.com:80/servlet/Satellite?cid=1244371057456&pagename=JFrench%2FJPArticle%2FShowFull

 

Berry met en garde les Libanais contre les déclarations israéliennes
Le président de la Chambre, Nabih Berry, a invité hier les Libanais « à se boucher les oreilles aux déclarations des hommes politiques israéliens », soulignant que « celles-ci vont crescendo du côté israélien et qu'elles ont pour but premier de créer des problèmes entre les Libanais en faisant croire que la victoire d'une partie libanaise sert les intérêts d'Israël ».
« Ces déclarations ont pur but de rassurer les Israéliens qui ont toujours peur de l'unité des Libanais », a ajouté M. Berry, après avoir présidé une réunion du comité présidentiel du mouvement Amal.
Il a ajouté que « tout le monde sait qu'Israël est et restera notre ennemi numéro un ».
De son côté, le député Michel Moussa, qui fait partie du bloc parlementaire de M. Berry,  a invité « la majorité et l'opposition à regarder vers l'avenir, à apprendre des erreurs du passé et à édifier un nouveau Liban ». Il a aussi appelé « à l'instauration d'un dialogue pour réduire les tensions et résoudre les problèmes économiques et sociaux ».

Source : RIA Novosti
http://fr.rian.ru/...

http://www.lorientlejour.com/article/621315/Berry_met_en_garde_les_Libanais__contre_les_dclarations_israliennes.html

 

Le Premier ministre pressenti recherche un compromis avec le Hezbollah

Hariri, pressenti pour devenir le prochain premier ministre libanais, a écarté le problème épineux du désarmement de la milice du Hezbollah, affirmant vendredi qu'il rechercherait un gouvernement d'unité avec ses adversaires pour mener ce pays divisé.

Les propos que le fils de Rafik Hariri a tenu sont le reflet des choix difficiles que devra faire le prochain gouvernement, avec l'appui de l'Arabie Saoudite et des Etats-Unis.

Une victoire électorale du Hezbollah aurait gêné les projets de paix de Barack Obama dans la région.

Mais la milice du Hezbollah, résolument opposée à Israël, est une force qui compte au Liban.

Les précédentes tentatives de contraindre son pouvoir ont presque conduit le pays à la guerre civile. Cette fois, Saad Hariri a indiqué qu'il était disposé à former un gouvernement d'unité nationale avec le Heezbollah.

Hariri a adopté un ton modéré dans l'interview donné vendredi à l'Associated Press, prônant l'union plutôt que la division des factions. "Aujourd'hui, nous avons une majorité, et je tends la main à tout le monde". "Je pense qu'il vaut mieux pour le pays unir nos efforts pour être certain que ce que nous faisons est pour le bien du peuple libanais", a déclaré Saad Hariri.

Malgré la différence entre les camps, "cela ne doit pas nous empêcher de travailler et de réaliser de grands projets et d'atteindre des objectifs importants pour notre peuple".

La question de l'arsenal de la milice Hezbollah fait partie de ce dialogue national, selon lui. Elle sera sur la table au moment de définir la stratégie de défense du Liban.

Hariri s'inscrit donc dans la continuité du gouvernement de Fouad Sinora, qui n'a pas abordé le problème de front, malgré les pressions pour désarmer le Hezbollah de la communauté chrétienne, des Etats-Unis et des Nations unies.

Sam Ghattas  -AP

13/6

http://fr.news.yahoo.com/3/20090613/twl-liban-hariri-hezbollah-2844f0d_2.html


2-6 Sur le terrain

Hariri : Notre décision est de rester attachés à toutes les libertés fondamentales et à la parité islamo-chrétienne

06/06/2009
Élections  « Celui qui nous insulte aurait-il rêvé d'être ici si nos martyrs n'avaient pas sacrifié leur vie ? » a lancé le chef du Courant du futur au cours du dernier meeting électoral hier.

C'est un manifeste en faveur de la liberté qu'a dressé hier le député Saad Hariri en affirmant que « la décision du Courant du futur est de rester attaché aux libertés, à toutes les libertés fondamentales et notamment à la liberté d'opinion, d'expression, de réunion et de culte ». « Nous croyons à la liberté de choix dans toute chose sauf en matière de liberté ainsi qu'à la parité absolue entre musulmans et chrétiens, quelle que soit la situation démographique », a-t-il ajouté.
Dans un discours devant les participants au meeting tenu au BIEL à l'occasion de la clôture de la campagne électorale du Courant du futur, le député Hariri a affirmé que « notre décision est de continuer à travailler, à fournir des efforts, à construire ». « À celui qui nous invective et qui injurie nos martyrs à tout bout de champ, je voudrais demander : Aurais-tu rêvé d'être ici, de dire ce que tu dis, de faire ce que tu fais, si nos martyrs n'avaient pas offert leur sang, si Rafic, Bassel, Samir, Georges, Gebran, Pierre, Walid, Antoine, François, Wissam et tous les autres n'avaient pas sacrifié leur vie pour la patrie ? » a-t-il lancé.
« Notre décision est que l'intérêt suprême du Liban est notre objectif, a-t-il poursuivi. Aussi arrogants, hautains et méprisants que se montrent certains, ils ne pourront jamais nous astreindre à commettre des actes qui menacent la paix civile ou à tenir un discours qui porte atteinte à nos constantes nationales. »
Saad Hariri a également souligné que pour le Courant du futur, « c'est l'État d'abord et la loi d'abord ». « Je voudrais exprimer tout notre respect pour l'ensemble des partis politiques du pays et des candidats aux élections, au nom de notre attachement à la démocratie et à la liberté d'expression pour tous, a-t-il ajouté. Le respect des règles les plus élémentaires de la démocratie suppose l'acceptation des résultats des élections, quels qu'ils soient. Nous respecterons la volonté des électeurs et espérons que nos adversaires en feront de même. »
« Certaines parties pensent pouvoir nous diviser sur base de considérations confessionnelles ou régionales, a aussi déclaré le chef du Courant du futur. Mais ce qui nous rassemble est bien au-delà des confessions et des régions et bien plus noble que les couleurs et les slogans. Il s'agit du Liban et de notre amour pour lui. Certains veulent que notre vote soit dicté par la peur et l'ignorance. Mais nous brandissons notre liberté de choix comme une arme face à ceux qui veulent nous empêcher même de rêver qu'un jour nous pourrions vivre à l'abri des crises, sous l'égide d'un État dirigé par un président-arbitre. »
« Certains veulent que notre vote soit un acte de violence, a-t-il ajouté. Ceux-là n'ont pas compris que si nous pensons que la violence est stérile, nous n'avons pas pour autant abandonné notre liberté de choix. Toute décision que nous prenons sans réfléchir nous mènera vers la perte. Nous forgeons aujourd'hui l'avenir du Liban avec nos propres décisions. Nous nous souviendrons des décisions que nous prendrons aujourd'hui si demain nos enfants et nos petits-enfants nous demandaient : "Comment en sommes-nous arrivés là ?". Alors, il sera inutile de leur répondre que nous avions une démocratie, une liberté de choix que nous avons dilapidées car nous ne nous sommes pas rendu compte de leur importance. »
Pour Saad Hariri, nous sommes arrivés à « l'heure de vérité ». « Il ne reste plus que 36 heures avant l'ouverture des urnes, avant que nous ayons l'occasion de dire au monde entier que nous choisissons l'espoir en un avenir que nous forgeons par nos propres choix et décisions. Il ne reste plus que 36 heures pour convaincre le monde entier que le bonheur de la patrie est ce pour quoi nous œuvrons, pour briser les murs de la peur et proclamer notre espoir dans le Liban tel que nous le voulons et non tel que veulent nous l'imposer les deals étrangers. Il ne reste plus que 36 heures pour empêcher tout putsch contre notre Constitution et notre économie de marché. Trente-six heures pour montrer que les musulmans n'ont pas d'avenir s'ils négligent les droits des chrétiens, et vice versa. Trente-six heures pour défendre la parité islamo-chrétienne.

Trente-six heures pour dire que le Liban est une nécessité pour les Arabes, pour exercer notre liberté et prouver au monde entier que nous sommes un peuple uni qui reste attaché à sa souveraineté », a-t-il conclu.

http://www.lorientlejour.com/article/620748/Hariri%3A_Notre_dcision_est_de_rester_attachs__toutes_les_liberts_fondamentales_et__la_parit_islamo-chrtienne.html 



b) Israélienne

2-2 Des Canons ... pas du beurre.

05-06

Dan Haloutz, le chef d'état-major à l'époque de l'opération au Liban vient de reconnaître pour la première fois publiquement que l'armée israélienne avait tenté, en vain, au moins une fois d'éliminer Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah.

http://www.lefigaro.fr/international/

05-06

Les militaires israéliens redoutent(…)  que les avions, les chars et autres armes que les Américains s'apprêtent à fournir à l'armée libanaise tombent dans les mains du Hezbollah, une fois au pouvoir. Les médias israéliens n'ont pas non plus manqué de mettre en avant les déclarations d'Hassan Nasrallah, qui a affirmé ces derniers jours que son mouvement va œuvrer pour une armée liba­naise « forte »,.
05/06/2009

http://www.lefigaro.fr/international/

08-06

Le ministrede la guerre, Barak, a affirmé hier redouter que des armes fournies par les États-Unis au Liban ne tombent dans les mains du Hezbollah.
Barak  : « Par rapport au Liban, il faut faire preuve de prudence et de sang-froid, nous n'avons pas trop apprécié la fourniture d'armes américaines ces derniers mois. Nous craignons qu'une partie de ce matériel ne tombe dans les mains du Hezbollah »,
Le ministre israélien a toutefois souligné qu'il fallait donner une « occasion politique au prochain gouvernement libanais ». « Le Liban a un potentiel pour devenir un endroit calme, seul l'avenir permettra de dire si cela est possible », a-t-il poursuivi.

http://www.lorientlejour.com/

08-06

Le ministère des Affaires étrangères : "Israël considère le gouvernement libanais responsable de toute activité militaire ou hostile de quelque manière que ce soit émanant de son territoire".
Le ministre israélien des Transports, Israël Katz, un proche du gouvernement Netanyahu, a pour sa part affirmé que l’Hezbollah devait "maintenant être désarmée conformément aux accords conclus dans le passé".

AFP  


 3 Politique internationale

a) Pays Arabes & voisins

11-06

Le président Bachar al-Assad a appelé  a salué l'esprit d'entente qui règne au Liban notamment après les élections et a estimé que cet esprit de concorde est nécessaire pour faire face aux prochaines échéances.

http://www.alterinfo.net/notes/Assad-appelle-a-l-entente-entre-les-dirigeants-libanais_b1424218.html 


b) Usa (le parrain)

Obama

08-06

Obama a félicité lundi les Libanais pour leur "courage" (…) et leur "engagement envers la démocratie".

Obama : "Une fois de plus, le peuple libanais a fait la démonstration au monde de son courage et de la force de son engagement envers la démocratie",

AP


Les grandes manœuvres

12-06

De source autorisée libanaise, on déclarait  vouloir faire part à Mitchell du refus du Liban de naturaliser les quelque 400.000 réfugiés palestiniens que le Liban accueille, afin de ne pas modifier le délicat équilibre confessionnel du pays.

La plupart de ces réfugiés, qui représentent 10% de la population, sont de confession sunnite.

Le Liban est à 40% chrétien, le reste de la population se partageant presque également entre sunnites et chiites.

http://www.aloufok.net:80/


2 Processus de paix

Mitchell exclut une paix aux dépens du Liban

George Mitchell, représentant spécial de Barack Obama au Proche-Orient, dont la mission consiste à favoriser "une prompte reprise et une conclusion rapide" des négociations pour une paix globale au Proche-Orient comportant l'avènement d'un Etat palestinien, a déclaré qu'aucune solution ne saurait être conclue aux dépens du Liban.

"Le Liban a un rôle clé à jouer dans les efforts à long terme pour une paix et une stabilité durables et globales au Moyen-Orient", estimé l'émissaire US

"Il est clair qu'on ne peut obtenir de solution durable aux dépens du Liban et nous sommes impatients de continuer à oeuvrer avec le Liban pour construire cette solution", a-t-il ajouté.

"Ces élections ont marqué un tournant important pour ce pays. Les Etats-Unis restent fermes dans leur soutien à un Liban souverain libre et indépendant", a déclaré Mitchell. Il s'est dit impatient de travailler avec le nouveau gouvernement à la paix et la stabilité du Moyen-Orient.

http://www.aloufok.net:80/spip.php?article610

http://fr.news.yahoo.com/



c) Europe

1 France

23-06

L'émir du Qatar, Hamad ben Khalifa Al-Thani, a rencontré lundi 22 juin dans l'après-midi Sarkozy au cours du premier jour de sa visite d'Etat de trois jours en France, qui vise à renforcer le partenariat stratégique entre les deux pays.
Cheikh Khalifa s'est penché pendant près d'une heure avec Sarkozy sur les principaux dossiers régionaux.

"Arrêtez avec le Liban"

Le cheikh Khalifa, énervé a refusé de répondre à une question sur le Liban. "Arrêtez avec le Liban. Il n'y a rien de nouveau au Liban.

Pourquoi voulez-vous qu'il y ait toujours des histoires au Liban ? Le Liban ça va", a-t-il jugé.
Nicolas Sarkozy a de son côté "rendu hommage au rôle très positif joué par le Qatar dans la région" et souligné "son souhait de renforcer les relations bilatérales entre les deux pays", aussi bien en matière de défense que de coopération culturelle, a indiqué la présidence française.
L'émirat gazier du Qatar est un partenaire politique, économique, financier et militaire privilégié de la France dans la région du Golfe. (Nouvelobs.com)

NOUVELOBS.COM |

23.06.2009  


2 UK

18-06

L'ambassadrice de Grande-Bretagne au Liban, Frances Guy, et le chef du groupe parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad, se sont rencontrés jeudi, a indiqué le député M. Raad à l'AFP.

Il s'agit de la première rencontre au Liban entre un ambassadeur de Grande-Bretagne et des responsables du Hezbollah.

A la question de savoir si d'autres rencontres allaient suivre, M. Raad a indiqué : "Oui, je crois que les portes sont ouvertes", sans plus de précision.

AFP



Union Européenne

Javier Solana rencontre un député du Hezbollah.

En visite au Liban, le Haut représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère Javier Solana a rencontré samedi un parlementaire du Hezbollah, la première rencontre entre un responsable européen de ce niveau et un représentant du Hezbollah.

La rencontre de M. Solana avec le député Hussein Hajj Hassan fait suite à une initiative similaire de la Grande-Bretagne vis-à-vis du parti de Dieu. Hussein Hajj Hassan a dit voir dans cette rencontre un geste de bonne volonté de l'UE.

 13 juin 2009

http://www.aloufok.net:80/


n° 105- - Journal du Liban - 31-05 au 28-06 –Fin- : Etat d'alerte militaire sur la frontière entre le Liban et la Palestine occupée

n° 105- - Journal du Liban - 31-05 au 28-06 –Fin-  : Etat d'alerte militaire sur la frontière entre le Liban et la Palestine occupée 



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.


Journal du Liban

                         n° 105               31-05 au 28-06

       C.De broeder  &  M.Lemaire



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Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

6-1 Amérique  - Le lobby pro-israélien 2/3.

6-2 Bernard Langlois : Pour bien comprendre les médias.

6-3 L'affaire Hariri ébranle... les journalistes occidentaux.

7 Les brèves

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

7-1  Très Grandes Manœuvres électorales.

7-2 Rencontre de réconciliation entre le chef du Hezbollah et le leader druze Walid Joumblatt.

7-3 Dix Libanais inculpés d’espionnage au profit d’Israël.

7-4 Un secret commun liait tous les membres des réseaux d’espionnage pour le compte d’Israël.

8 Piece jointe

8-1 Sayed Nasrallah: la résistance saura contrer les défis dangereux qu'elle traverse.

 


 


Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

6-1 Amérique  - Le lobby pro-israélien 2/3

http://www.dailymotion.com/video/x6lgz5_amerique-le-lobby-proisraelien-23


6-2 Bernard Langlois : Pour bien comprendre les médias.

Voici, en exclusivité, les règles que tout le monde doit avoir à l'esprit lorsqu'il regarde le Journal télévisé le soir, ou quand il lit son journal le matin. Tout deviendra simple. 
Règle numéro 1 : Au Proche-Orient, ce sont toujours les Arabes qui attaquent les premiers, et c'est toujours Israël qui se défend.

Cela s'appelle des représailles.
Règle numéro 2 : Les Arabes, Palestiniens ou Libanais n'ont pas le droit de tuer des civils de l'autre camp.
Cela s'appelle du terrorisme.
Règle numéro 3 : Israël a le droit de tuer les civils arabes.
Cela s'appelle de la légitime défense.
Règle numéro 4 : Quand Israël tue trop de civils, les puissances occidentales l'appellent à la retenue.
Cela s'appelle la réaction de la communauté internationale.
Règle numéro 5 : Les Palestiniens et les Libanais n'ont pas le droit de capturer des militaires israéliens, même si leur nombre est très limité et ne dépasse pas trois soldats.
Règle numéro 6 : Les Israéliens ont le droit d'enlever autant de Palestiniens qu'ils le souhaitent (environ 10 000 prisonniers à ce jour, dont près de 300 enfants). Il n'y a aucune limite et ils n'ont besoin d'apporter aucune preuve de la culpabilité des personnes enlevées. Il suffit juste de dire le mot magique 'terroriste'.
Règle numéro 7 : Quand vous dites 'Hezbollah',
il faut toujours rajouter l'expression 'soutenu par la Syrie et l'Iran'.
Règle numéro 8 : Quand vous dites 'Israël', il ne faut surtout pas rajouter après : 'soutenu par les États-Unis, la France et l'Europe', car on pourrait croire qu'il s'agit d'un conflit déséquilibré.
Règle numéro 9 : Ne jamais parler de 'Territoires occupés', ni de résolutions de l'ONU, ni de violations du droit international, ni des conventions de Genève.
Cela risque de perturber le téléspectateur et l'auditeur de France Info..

Règle numéro 10 : Les Israéliens parlent mieux le français que les Arabes.

C'est ce qui explique qu'on leur donne, ainsi qu'à leurs partisans, aussi souvent que possible la parole. Ainsi, ils peuvent nous expliquer les règles précédentes (de 1 à 9).

Cela s'appelle de la neutralité journalistique...
> A Méditer...
Bernard Langlois


6-3 L'affaire Hariri ébranle... les journalistes occidentaux.

Après une période d'attention extraordinaire, au lendemain du meurtre de Rafik Hariri, avec quotidiennement de nouvelles analyses sur l'implication syrienne, l'affaire a plus ou moins sombré dans l'oubli.

Depuis quelques semaines, une série d'événements relayés par les dépêches d'agences ont atterri dans les rédactions.

Le lecteur occidental n'aura cependant pu suivre ces nouveaux rebondissements que par de courts articles, sans qu'il soit réellement possible de les suivre avec une certaine continuité.

Mais, malgré une succession de rebondissements qui font tourner le machin au bazar le plus complet, depuis quelques jours, c'est un unique article du Spiegel que nos médias ont décidé de relayer.

1er mars 2009, le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) entame ses travaux.

Marwan Hamadé commente:

Ce tribunal est un tournant majeur pour le Liban et un exemple pour toute la région parce qu’il va démontrer que l’impunité a pris fin.

Mais, quatre jours auparavant, une information ne passionne pas les géo-stratèges de nos médias:

La justice libanaise a décidé de relâcher sous caution les frères Mahmoud et Ahmad Abdel Aal et le Syrien Ibrahim Jarjoura, soupçonnés d’avoir passé sous silence des informations et induit les enquêteurs en erreur après l’attentat qui avait coûté la vie à l’ancien premier ministre.

C'est suffisamment énorme pour que nos médias s'en contrefichent. Pourquoi relâcher, juste avant le lancement du tribunal, ceux qui sont accusés d'avoir orienté l'enquête sur la voie syrienne par des faux témoignages, faux témoignages dont beaucoup affirment qu'ils ont été achetés par la «majorité» libanaise?

Malgré le sujet (libération d'hommes accusés d'avoir porté les faux témoignages impliquant les 4 généraux libanais et les autorités syriennes, peut-être soudoyés par des proches de Saad Hariri), l'article de Libé ne développe que les accusations contre les généraux libanais («les quatre généraux ont été mis en examen pour “meurtre par préméditation”, “tentative de meurtre par préméditation”, et “perpétration d’actes terroristes”), et répètent les accusations contre la Syrie («Les deux premiers rapports de la Commission d’enquête de l’ONU, créée deux mois après l’assassinat du richissime homme d’affaires, avaient conclu à des «preuves convergentes» sur l’implication des renseignements syriens et libanais et cité les noms de proches du président syrien Bachar al-Assad.»). Accusations dont, à ce moment, les seuls «preuves» connues sont les faux témoignages des trois hommes qui viennent d'être spectaculairement relâchés juste avant l'établissement du TSL.

Le 2 mars, plein d'assurance, Laurent Joffrin est certain de ses preuves:

Tous ceux qui ont approché un tant soit peu le dossier Rafic Hariri savent que les services secrets syriens sont impliqués, de très près ou d’un peu plus loin, dans l’assassinat du leader libanais. C’est la conviction, en tout cas, des enquêteurs qui se sont succédé pour élucider le crime. C’est la raison d’être du tribunal international qui vient de se mettre en place aux Pays-Bas. Dans cette affaire, comme dans tant d’autres événements criminels au Liban, tous les chemins mènent à Damas.

Suivant ce que Joffrin définit explicitement comme une parfaite «enquête à charge», Jean-Pierre Perrin, lui, nous pond un dossier d'accusation complet dans le même numéro: «Un attentat à la syrienne».

De manière très spectaculaire, non seulement Laurent Joffrin sait après le meurtre que les Syriens en sont les auteurs sans avoir besoin d'un tribunal international, mais Jean-Pierre Perrin explique carrément que tout le monde savait qu'ils étaient les meurtriers avant même que l'attentat ne soit commis.

Et là, patatra, le 29 avril, «Le Tribunal spécial pour le Liban ordonne la libération de quatre généraux».

Les quatre personnes concernées sont les généraux Jamil Mohamad Amin El Sayed, Ali Salah El Dine El Hajj, Raymond Fouad Azar et Mostafa Fehmi Hamdan, a précisé le tribunal dans un communiqué.

Là encore, c'est énorme, et nos médias ont du mal à synthétiser la situation. Il n'y a plus de «piste syrienne» (en tout cas publiquement connue), puisque les quatre uniques inculpés du meurtre viennent d'être relachés. Quant à ceux qui avaient porté les faux témoignages à leur encontre, ils ont été libérés par la justice libanise fin février (on ne s'interrogera donc pas plus avant sur les commanditaires et le motif de ces faux témoignages).

Les médias occidentaux ont du mal à l'écrire: il n'y a plus aucun accusé, inculpé, ou emprisonné,

dans l'affaire Hariri. Peut-on imaginer pire situation?

Laurent Joffrin et Jean-Pierre Perrin se portent candidats au suicide par le ridicule (malheureusement, c'est une forme de suicide particulièrement longue et pénible, qui peut durer toute une carrière).

Au Liban, Hamadé et Saad Hariri prétendent faire confiance à la justice internationale, et ce genre de sornettes. Mais Robert Fisk explicite, le 30 avril, la nouvelle propagande de la «majorité antisyrienne» dans The Independent.

Once more the UN donkey, clip-clopping on to the world stage after the murder of Mr Hariri, has been proved a mule. [...] Barack Obama's new friendship with President Bashar al-Assad of Syria must be going great guns. [...] So who killed Rafiq Hariri? Until yesterday, the Lebanese, whose protests after the massacre forced the Syrian army out of Lebanon, thought they knew. And who was it who wanted, as President of the United States, to open a new door to the Syrians? President Obama. And who was it who stood next to Rafiq Hariri's son, Saad, in Beirut, three days ago, to assure him of US support? Why, Mr Obama's Secretary of State, Hillary Clinton, of course.

On se frotte les yeux. Selon la propagande haririenne, désormais: la Tribunal international est instrumentalisé politiquement par les États-Unis, et les États-Unis ont décidé de vendre le Liban à leurs nouveaux amis syriens. Évidemment, si vous aviez prétendu, quelques semaines plus tôt, que l'enquête internationale était instrumentalisée politiquement par les Américains, vous étiez un affreux propagandiste de l'axe irano-syrien.

Depuis, naturellement, toutes les théories «alternatives» ressurgissent.

La plus spectaculaire, ce sont les déclarations de Wayne Madsen sur Russia Today. Il prétend que c'est un «escadron de la mort» aux ordres de Dick Cheney qui a commis le crime. Il s'appuierait sur des révélations à venir de Seymour Hersh. Ce dernier a démenti, il y a quelques jours, avoir fait les déclarations qui lui sont imputées (ce qui semblait pourtant assez évident: Hersh n'est pas né de la dernière pluie, du genre à raconter ses scoops en «off» avant d'avoir terminé d'écrire un livre ou un article). Mais la vidéo et ces «révélations» ont déjà fait le tour des internautes libanais, par exemple sur ce site belge du mouvement aouniste.

Ignorant encore la décision du tribunal de libérer les généraux libanais, Georges Malbrunot se lance sur la piste d'«exécutants islamistes» venus d'Arabie saoudite et d'Irak (29 avril). Des exécutants qui seraient donc des islamistes sunnites, liés aux groupes déjà connus au Liban. Malgré les références à l'Arabie saoudite, à l'Irak et aux salafistes sunnites, Malbrunot se pose tout de même la question suivante:

Quels peuvent être les commanditaires du crime?

La Syrie?

L'Iran?

Les deux, aidés par le Hezbollah?

Le 15 mai, Syria Comment profite de cette «piste islamiste» pour enfoncer le clou et expliquer que «la théorie la plus simple», c'est que ces groupes islamistes avaient leurs propres motifs pour assassiner Hariri et qu'ils peuvent très bien avoir agi de leur propre chef.

Et pendant ce temps-là, au Liban, on n'arrête plus d'arrêter des espions au service du Mossad. Et «la piste du Mossad» dans l'affaire Hariri est, évidemment, incontournable au Liban (et non, comme se l'imagine Libération, pour cause de paranoïa maladive du Hezbollah).

Richard Labévière est de retour et publie La Tuerie d'Ehden ou la malédiction des Arabes chrétiens, dans lequel il accuse le Mossad d'avoir organisé le massacre du clan Frangié perpétré par Samir Geagea en 1978. Rien à voir avec l'affaire Hariri, mais puisque Geagea est toujours là, que le Mossad aussi...

Bref, c'est la curée: la thèse jusque là soutenue par les occidentaux et leurs alliés au Liban s'est (au moins apparemment) effondrée, et les théories plus ou moins opposées, plus ou moins crédibles, poussent comme des champignons. Avec les élections législatives au mois de juin.

Toutes ces théories «alternatives» ont été soigneusement éloignées des pauvres oreilles des citoyens européens (pourquoi pas à raison). On s'est déjà fait balader une fois, on va peut-être faire attention désormais.

Sauf que. Le Spiegel publie un article en allemand annonçant de nouvelles «preuves», une nouvelle «piste»: l'enquête internationale détiendrait la preuve de la culpabilité directe du Hezbollah, et refuserait de rendre ces preuves publiques pour des raisons inconnues. Le Hezbollah dément, l'AFP en fait une dépêche.

L'article est republié le 23 mai en anglais, et les médias français s'emparent de ces «révélations» (le Journal du monde, ce soir sur LCI, offrait comme chaque jour un spectacle proprement sidérant).

Libération:

La commission d'enquête chargée de faire la lumière sur l'assassinat de l'ancien premier ministre libanais Rafic Hariri s'orienterait désormais vers une piste menant au mouvement chiite Hezbollah, révèle l'hebdomadaire allemand Der Spiegel.

Quand au Figaro, il ne met aucun conditionnel dans son titre: «Assassinat d'Hariri : l'enquête accuse le Hezbollah»

Le principal souci avec cet article du Spiegel, c'est tout de même de présenter comme des preuves nouvelles, un tournant dans l'enquête, le contenu exact d'un article déjà publié par George Malbrunot dans le Figaro... le 19 août 2006, et intitulé «L'ombre du Hezbollah sur l'assassinat de Hariri».

Non seulement la piste est la même (le Hezbollah), mais la façon de résoudre l'affaire et de débusquer les responsables sont exactement identiques. On a un cercle d'utilisateurs de téléphones portables, utilisés pour traquer les déplacements de Rafik Hariri, puis ces téléphones ne sont plus utilisés à partir du jour de l'attentat. Mais l'erreur d'un de ses membres consiste, justement, à passer un unique coup de fil, qui permet aux enquêteurs de remonter tout le réseau.

Ce scénario est strictement identique dans la version de Malbrunot dans le Figaro du 19 août 2006 (qu'il tiendrait notamment d'«un proche de Saad Hariri») et dans la version du Spiegel du 23 mai 2009.

Trois ans d'écart, le même scénario, il suffit d'ajouter les termes «New Evidence», «new and explosive results» et «Intensive investigations in Lebanon are all pointing to a new conclusion»... pour que tous les médias français reprennent, y compris le Figaro, ce que le Figaro avait déjà publié comme des révélations «de source sûre».

Et George Malbrunot, qui continue pourtant d'écrire dans le Figaro, ignorait que sa «piste du Hezbollah» allait être réchauffée par les Allemands quand il évoquait, récemment, la piste des «exécutants islamistes» (sunnites).

Je ne suis pas totalement fâché que les médias d'ici n'évoquent pas toutes les théories «alternatives» quant au meurtre de Rafik Hariri. Un peu de recul et d'enquête avant de publier n'importe quoi ne fait pas de mal.

Malheureusement, l'enthousiasme soudain pour les nouvelles «révélations» du Spiegel prouvent que ça n'était pas un souci de recul et d'enquête qui retenait nos journalistes.

25 mai

Source : Loubnan ya Loubnan
http://tokborni.blogspot.com/... 



7 Les brèves

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

7-1 Très Grandes Manœuvres électorales.

La soi-disant UDMO*, qui est en fait l’UEAVRMHNU**, vient de trouver une manière originale d’intervenir dans les affaires du monde, en d’autres termes de pratiquer l’ingérence dans les campagnes électorales en cours au Liban (élections législatives du 7 juin),

en Iran (élection présidentielle du 12 juin)

et

en Europe (élections du Parlement européen le 7 juin) : la guerre virtuelle.

L’ensemble de la machine de guerre sioniste est engagé toute cette semaine dans des TGM (très grandes manœuvres) visant à entretenir le SSPT (syndrome de stress pré-traumatique***).
Le but déclaré de ces manœuvres est de tester la capacité de riposte israélienne à une attaque aérienne et de missiles.

Ni le Hamas ni le Hezbollah ne disposant d’aviation, ou alors ils l’ont bien cachée, une telle attaque ne pourrait évidemment venir que de l’Iran, selon les fous furieux qui gouvernent l’UDMO.

Bon, d’accord, ce n’est pas une « vraie » guerre, c’est seulement une guerre virtuelle, mais quand même, le but est toujours le même : terroriser à la fois la population israélienne, palestinienne, libanaise, iranienne et européenne, sans oublier les Égyptiens, qui accueillent pour la première fois le néo-élu Obama, qui va tenir son grand discours aux Arabes (au grand dépit du palais royal marocain, qui avait lancé une grande campagne de lobbying à Washington pour que le nouveau président US vienne faire son discours aux Arabes à partir du Maroc, recrutant même pour cela le maire de Washington, qui a une lointaine origine marocaine).
Ces TGM sont donc aussi un message envoyé à Obama, au cas où il serait tenté de prendre quelques distances avec Israël.
À propos de guerre virtuelle : vu qu’Israël, ces derniers temps, n’arrive plus à gagner les vraies guerres qu’il mène, au Liban comme à Gaza, peut-être qu’il devrait transformer Tsahal en entreprise de production de videogames, ce qui lui coûterait moins cher et lui rapporterait bien plus.
* Unique démocratie du Moyen-Orient : c’est ce qu’ils disent
** Unique État-atomique-voyou-raciste-membre hostile des Nations unies : depuis l’assassinat du Comte Folke Bernadotte le 17 septembre 1948 jusqu’au bombardement des écoles et dépôts alimentaires des Nations Unies à Gaza en janvier 2009, en passant par le bombardement de Qanaa (Liban) le 18 avril 1996 (105 civils massacrés), Israël est le seul État membre des Nations Unies à s’être livré à des actes de guerre déclarés contre cette organisation.

Lire à ce sujet Le syndrome de stress pré-traumatique – Un aperçu de la psychose collective israélienne, par Gilad Atzmon

http://kayman-coupsdedent.blogspot.com/


7-2 Rencontre de réconciliation entre le chef du Hezbollah et le leader druze Walid Joumblatt.

Le chef du parti chiite Hezbollah et celui de la communauté druze libanaise se sont engagés à travailler ensemble, à l'occasion d'une réunion rarissime qui pourrait être une étape dans la réconciliation des factions en vue de la formation d'un gouvernement d'union nationale au Liban.

La rencontre, qui s'est déroulée jeudi soir, était la première depuis plus de trois ans entre le chef du parti de Dieu, cheikh Hassan Nasrallah, et le chef druze Walid Joumblatt, président du Parti socialiste progressiste (PSP) et une des principales figures du Mouvement du 14-mars, la coalition pro-occidentale ayant remporté la majorité lors des élections du 7 juin.

Dans un communiqué vendredi, le Hezbollah précise que les deux hommes ont décidé de faire passer le Liban "d'un état de crise à un état de coopération".

Les deux hommes étaient en conflit depuis fin 2005. Joumblatt accusait le Hezbollah de chercher à déstabiliser le Liban pour le compte de ses "parrains" iraniens et syriens.

La réunion devrait aplanir le terrain en vue des consultations sur la constitution d'un nouveau gouvernement dans les semaines à venir. Le sunnite Saad Hariri, dirigeant du Courant du Futur, serait prêt à devenir Premier ministre d'un gouvernement d'union nationale.

La chaîne du Hezbollah Al-Manar a diffusé des images de la réunion, sans dire où elle a eu lieu. Nasrallah est dans la clandestinité, sans doute dans les quartiers sud de Beyrouth, son bastion, depuis la guerre de l'été 2006 avec Israël.

Une réunion de réconciliation similaire avait eu lieu l'année dernière entre Nasrallah et Hariri.

Les tensions entre les partisans de Hariri et Joumblatt et les militants chiites du Hezbollah avaient débouché sur une flambée de guerre urbaine dans Beyrouth en mai 2008, qui avait fait 81 morts.

( Vendredi, 19 juin 2009 - Avec les agences de presse )

http://www.aloufok.net:80/spip.php?article635


7-3 Dix Libanais inculpés d’espionnage au profit d’Israël.

Le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, le magistrat Sakr Sakr, a inculpé hier dix Libanais d'espionnage au profit Israël, portant ainsi à cinquante-cinq le nombre des personnes poursuivies dans ce dossier. Seuls quatre de ces dix inculpés (Youssef Abdouche, Émile Abou Safi, Georges Abou Safi, Ali Mallah) sont en détention. Les six autres (Kaido Berro, Jaafar Halaoui, Wadih Keyrouz, Faouzi el-Alam, Élias Abou Safi, Salah Berro) n'ont toujours pas été arrêtés. Ils sont accusés de « collaboration avec l'ennemi israélien et d'avoir fourni à l'État hébreu des informations sur (des positions) civiles et militaires ». Huit parmi eux ont en outre été inculpés de trafic de drogue.
Par ailleurs, notre correspondante à New York, Sylviane Zehil, a rapporté que le représentant permanent du Liban auprès de l'ONU, Nawaf Salam, a adressé deux lettres identiques datées du 2 juin 2009 et devenues documents officiels le 4 juin, au secrétaire général et au président du Conseil des Nations unies.

Dans ces lettres, M. Salam précise que les 7, 17 et 18 mai dernier, les forces israéliennes ont autorisé des citoyens libanais recherchés pour intelligence avec l'ennemi à « franchir la ligne bleue et la clôture technique à l'intérieur du territoire palestinien occupé ».
« Mon gouvernement considère que cela constitue une atteinte flagrante à la souveraineté de mon pays et une violation des dispositions de la résolution 1701 du Conseil de sécurité, écrit M. Salam. Il exige la condamnation la plus ferme sur base des principes et des dispositions du droit international et les coutumes internationales. »
Signalons en outre que le bureau d'information du ministre des Télécommunications a souligné dans un communiqué que « les équipes techniques relevant des deux compagnies de téléphonie mobile ont détecté un parasitage dans le réseau au Liban-Sud en provenance d'Israël ». M. Gebran Bassil a aussitôt discuté avec le ministre des Affaires étrangères de la possibilité d'intenter un procès contre Israël, « puisqu'il s'agit d'une atteinte à la souveraineté du pays », précise le communiqué

http://www.lorientlejour.com:80/article/620752/Dix_Libanais_inculps_despionnage_au_profit_dIsral.html.

05-06

http://www.aloufok.net:80/spip.php?article581


7-4 Un secret commun liait tous les membres des réseaux d’espionnage pour le compte d’Israël.
Le directeur général des FSI, le général Achraf Rifi, a indiqué hier qu'il « y a un secret commun qui lie tous les membres du réseau d'espionnage au profit d'Israël. C'est grâce à ce secret qu'ils ont pu être suivis et démasqués. Pourtant, les membres de ces réseaux ne se connaissaient pas et n'étaient pas liés entre eux ». « Nous avons réussi à asséner un coup à l'infrastructure des renseignements israéliens au Liban qui a été construite au fil de longues années. Pour reconstruire ces réseaux, Israël aura besoin de beaucoup de temps », a-t-il ajouté.

Il a souligné que « c'est grâce aux FSI que les réseaux d'espionnage  pour le compte d'Israël ont été découverts » et que c'est l'organisme qu'il représente « qui a mis en garde le Hezbollah, l'informant que ces réseaux ont noyauté la Résistance ».

Le général Rifi a assuré que « les cellules du réseau d'espionnage sont en train de tomber les unes après les autres. Des membres de ces cellules ont été arrêtés, certains ont pris la fuite alors que d'autres sont toujours en liberté et seront tôt ou tard arrêtés ».
Évoquant l'enquête et les interrogatoires, le général Rifi a souligné que « les enquêteurs mettent surtout l'accent sur l'assassinat de Ghaleb Awali, membre du Hezbollah, tué à Haret Hreik le 19 juillet 2004.
L'enquête a montré que c'est Nasser Nader, important membre du réseau, arrêté il y a quelques semaines, qui avait exécuté l'opération, et cela même si Nader affirme qu'il avait fait la planque et que c'étaient les Israéliens qui avaient exécuté l'opération », a-t-il dit, qualifiant d'importante l'arrestation de Nasser Nader.
Le général Rifi a souligné que jusqu'à présent, neuf réseaux ont été découverts par les FSI et six autres par l'armée libanaise. En tout, donc, quinze réseaux ont été découverts et leurs membres sont en train d'être arrêtés progressivement.

03-06

http://www.lorientlejour.com/article/620325/Rifi%3A_Un_secret_commun_liait_tous_les_membres_des_rseaux_despionnage_pour_le_compte_dIsral.html



8 Pièce jointe

8-1 Sayed Nasrallah: la résistance saura contrer les défis dangereux qu'elle traverse.

Dans son troisième et dernier discours pour commémorer la neuvième célébration de la victoire de la résistance et de la libération du Liban sud en l'an 2000, le secrétaire général du Hezbollah Sayed Hassan Nasrallah a mis en garde que cette résistance traverse des défis dangereux et énormes.

Le plus important de ces défis étant celui de vouloir le désarmer, par la force ou par le dialogue. Inscrivant ces défis dans le cadre de la stratégie menée par l'entité sioniste contre le Hezbollah, depuis la libération, Sayed Nasrallah estime que les moyens internes et externes déployés pour cette fin n'en sont pas à leur fin. L'une d'entre elle serait celle d'accuser le Hezbollah de terrorisme interne et international, lui imputant plusieurs crimes, dont entre autre celui qui a coûté la vie à l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, comme l'a véhiculé dernièrement l'hebdomadaire allemand Der Spiegel.

Et de promettre au public de cette résistance que celle-ci s'en sortira la tête haute et saura affronter ces défis.

Les idées principales du discours du secrétaire général du Hezbollah Sayed Hassan Nasrallah en ce vendredi 29-05-09 lors d'un festival dans la ville de Baalbek, à l'est du Liban, pour célébrer la neuvième commémoration de la victoire de la résistance contre l'entité sioniste et le retrait israélien du Liban sud en l'an 2000, après 17 années d'occupation israélienne. ((Cette région respectable du Liban a formé avec ses habitants et ses montagnes et vallées une base pour lancer la résistance, et c'est bien ici que se sont formés les premiers combattants de la résistance dans les bras de notre frère et maître Sayed Abbas Moussaoui Dès les premiers jours la Békaa et Baalbek Hermel sont rapidement devenus l'abri de tous ceux qui, au sud du Liban, ont été amenés à quitter leurs régions occupées par l'ennemi sioniste C'est là que s'est ouverte la base de lancement de la résistance, les centres de recrutement, d'entrainement, et d'armement.. Or cette participation n'était pas seulement logistique, mais elle s'est illustrée aussi en envoyant vos fils, de la Békaa, de Rachaya, vers le Liban sud, vers Beyrouth, vers la banlieue, même après le retrait en l'an 2000. Vous avez porté le fardeau de la libération jusqu'à la fin. Même pendant la guerre de Juillet, les fils de la Békaa se trouvaient sur tous les fronts, tandis que cette région était sous le feu des bombardements israéliens, non pas parce qu'elle est l'avant-garde de la résistance, mais parce que la Békaa est le fief de la résistance. Oui la Békaa a été le frère jumeau du sud, de par la guerre dure infligée, de part les destructions qu'elle a subies, et le prix qu'elle a payé… Oui, vous n'avez jamais eu cette mentalité sectaire ou régionale, selon laquelle la Békaa devrait être perçu à l'écart du Sud, qui était lui sous occupation, alors que lui ne l'était pas.. Tout au long de l'histoire, lors de la bataille, il y a eu toujours le front des combattants, et celui qui refusent le combat, pour des prétextes diverses, entre autre des fatwas. Vous auriez pu le faire, mais vous ne l'avez pas fait Vous auriez pu prétendre que votre région était abandonnée, et que vous n'étiez pas impliqués dans ce conflit, mais vous ne l'avez pas fait Vous avez aspiré à toute la patrie Je témoigne devant Dieu et l'histoire que vous aviez une attitude religieuse, pieuse, prophétique, coranique, morale et nationale. Vous avez alors combattu avec persévérance et patience sans attendre qu'on vienne vous porter assistance, qu'on vous pousse à le faire, ou sans attendre un quelconque consensus. Non vous n'avez pas attendu un consensus national Nous aurions voulu un consensus national, bien entendu, c'est certes meilleur, Mais il faut savoir que jamais lors d'un conflit il peut y avoir de consensus. Nombreux sont ceux qui se désistent, face à chaque conflit, nombreux sont ceux qui prennent la fuite Dès le début, la résistance n'a pas fait l'objet d'in consensus national au Liban.. Est-ce qu'il y avait un consensus avant que le Hezbollah ne fasse son entrée dans la vie politique libanaise? Certains partis n'ont jamais adopté de positions qui sympathisent avec la résistance Mais en revanche il y a eu un soutien populaire de la part de tous les nationalistes, de tous ceux qui croient en la dignité du Liban. Comment lancer le crédo " le Liban d'abord" tout en admettant les violations israéliennes incessantes du Liban, tout en admettant que des territoires libanais, les hameaux de Chébaa et les collines de Kfar Chouba soient toujours sous occupation, que le Liban se trouve toujours dans une zone dangereuse, et ce sans rien faire contre, et sans broncher.. Vous étiez parmi les premiers qui ont protégé la résistance et ce malgré la négligence dont vous faites l'objet de la part de l'état, Vous n'avez pas abandonné votre devoir à l'égard de votre patrie pour autant Malgré l'avarice de l'état à votre égard, vous n'étiez pas avare en donnant votre sang Ce jour est votre fête, celle de vos martyrs, de vos blessés et des détenus libérés.. et celle de votre fils Sayed Abbas Moussaoui, d'Oum Yasser et du petit martyr Hussein. Public de la résistance, sachez que la résistance traverse des défis à l'heure actuelle et dans l'avenir, des défis grands dangereux; ce qui nous incombe de grandes responsabilités Après la libération du 25 mai, les sionistes ont adopté une nouvelle stratégie. Elle a été annoncée par la voix de l'ex-ministre israélien des affaires étrangères, Sylvain Shalom. il avait alors dit qu'Israël allait agir en sorte pour que mettre toute la communauté internationale contre le Hezbollah, et de faire décréter des résolutions internationales contre le Hezbollah pour mettre fin au Hezbollah, en le consacrant en tant qu'une organisation terroriste dans la plupart des pays Après l'an 2000, certains pays ont acquiescé la demande, comme la Hollande, d'autre ont refusé comme la France, d'autres ont une formule médiane, comme la Grande Bretagne Shalom avait en personne reconnu que c'est Israël qui a été derrière la résolution 1559. Certain libanais avait donné leur contribution, leur participation, dans cette résolution; peut-être sans être conscients de ses dimensions israéliennes. Peut être qu'il y a eu un recoupement d'intérêts, internes et externes pour confectionner la 1559 et mettre la résistance sous pression. Mais Shalom reconnaît que cette résolution a été faite par Israël. Et puis il y eu plusieurs évènements qui se sont succédés: les attentats du 11 septembre, l'invasion de l'Afghanistan, celle de l'Irak, puis il y a eu l'assassinat du Premier ministre Rafic Hariri, le départ des troupes syriennes du Liban, et l'avènement de cette équipe politique au pouvoir. Dès le début, malgré l'alliance quadripartite, malgré notre grande ouverture, c'est le thème de l'armement de la résistance qui était le plus récurent. Il a été formulé entre le terme du désarmement et celui de déposer les armes. Bien entendu, le terme désarmement insinue le recours à la force D'autres n'ont pas véhiculé cette logique, parce qu'ils savaient qu'ils ne peuvent pas désarmer la résistance par la force; alors ils ont suggéré que cet armement soit livré volontairement par la résistance. On nous a mis face à cette échéance comme s'il n'y avait aucune crise au Liban, aucun problème économique, social, comme si le Liban n'avait pas 40 à 50 milliards de dollars de dettes, comme s'il n'y avait pas d'occupation ou de violations israéliennes comme s'il si ce n'est pas cet armement qui a libéré le Liban de la plus grande invasion israélienne d'un pays arabe. Moi je leur répondais à chaque fois, allez résoudre les problèmes des gens, pour qu'ils sachent que vous êtes réellement responsables; allez renforcer l'armée, après venez nous parler d'armements Or il s'est avéré que le délai qui leur était donné n'était pas long, mais limité. En échange, nous avons proposé le dialogue et avons lancé le débat sur une stratégie défensive nationale, même après l'accord d'entente conclu avec le Courant patriotique libre, nous les avons invités à y participer; pour savoir comment protéger le Liban, libérer les territoires occupés, et les détenus dans les geôles israéliennes, faire face aux menaces et aux violations israéliennes, Nous avons senti que certains n'avaient de souci que de désarmer le Liban et rien d'autre Cette mentalité est responsable de l'impuissance du Liban face à l'ennemi sioniste, cette mentalité qui refuse de répondre à la question de savoir protéger le Liban, et qui n'a eu pour réponse pendant longtemps que de lancer:" la force du Liban réside dans sa faiblesse" Savez-vous qu'en 1967, lorsqu'un général israélien s'était demandé à quelle troupe il fallait s'attendre du Liban, la seule réponse qu'il a eu de son supérieur israélien était " une troupe musicale" . Celui qui a rendu le Liban l'équation la plus difficile face à Israël n'est pas la troupe musicale mais votre résistance, votre force, et votre persévérance. Nous avons fait l'objet de beaucoup de pressions internes et externes, mais nous sommes restés attachés à notre résistance tout de même. Après l'échec des efforts politiques, il y a eu le guerre de juillet qui voulait éradiquer cette résistance et d'écrase l'environnement populaire qui la sauvegarde; là aussi, c'est grâce à votre patience et persévérance et à celle des combattants que cette guerre a été échec cuisant Après la guerre, on est revenu à la même symphonie, celle de l'armement de la résistance.. Regardez, Israël qui a subi la défaite tente de puis trois ans de tirer les leçons de sa défaite, en effectuant des manœuvres, en apportant encore plus d'armements, en plus de l'arsenal immense qu'il détient déjà, Alors qu'ici, cette résistance qui est la seule force capable de défendre le pays se doit de répondre à ceux qui lui exigent de déposer ses armes, et refusent même de mettre au point une forte stratégie. Où est donc la justice? Israël s'apprête et le Liban ne fait rien

 

Vive le Liban, vive la résistance, et Salam alaykoum.

Suite pièce jointe SUR DEMANDE.

30 Mai 2009

http://www.almanar.com.lb
http://www.alterinfo.net/Sayed-Nasrallah-la-resistance-saura-contrer-les-defis-dangereux-qu-elle-traverse_a32904.html



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


28/06/2009

n° 24 - Les dossiers du Pakistan - 26-06 - Début - : Des « conseillers » américains au Pakistan.

n° 24 - Les dossiers du Pakistan - 26-06 - Début - : Des « conseillers » américains au Pakistan.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de PAKISTAN.  

                                                                               n° 24- 26-06

                                                             C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

Tiré à part :

Pour rire dans nos chaumières...

Al-Qaïda envisage une attaque contre l’Amérique.

1 Dossier & Point de vue

1-1 Marie-France Calle Pakistan : y aura-t-il un effet Obama ?

1-2 Eric Schimtt : Des « conseillers » américains au Pakistan.

Suite

2 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

2-1 Continuité entre la politique Obama et celle de son prédécesseur Bush.

2-2 Paul Craig Roberts : Obama est en train de se transformer en un Dick Cheney.

2-3 Patrick Martin : Obama au Caire : le nouveau visage de l’impérialisme U.S.

2-4 Thierry Meyssan : Obama et les arrière-pensées de la main tendue aux musulmans.

2-5 Ahmed Rashid: "Les Etats-Unis ont fait beaucoup d'erreurs".

Fin

3  Annexe

3-1Thierry Meyssan : La guerre du Pakistan devra attendre.

3-2 Général Vinod Saighal : Le pouvoir nucléaire : Les généraux pakistanais sont-ils fous ou font-ils juste semblant ?

3-3 L'enquête sur l'attentat de Karachi s'oriente vers une "affaire d'Etats".

3-4 Après l’affaire Hariri, Peter Fitzgerald enquêtera sur l’affaire Bhutto.


Tiré à part :

Pour rire dans nos chaumières...

Al-Qaïda envisage une attaque contre l'Amérique.

L'un des hauts leaders d'Al-Qaïda en Afghanistan a déclaré que dans le cas où les membres de ce réseau accéderaient aux armes nucléaires pakistanaises, le terrain serait aplani à une attaque contre les Etats-Unis et c'est le scénario qui perturbera le sommeil de l'Occident, selon l'agence de presse estudiantine, ISNA, citant le web site autrichien Die Presse.
Selon cette source, les membrs d'Al-Qaïda s'efforcent d'avoir l'accès aux armes atomiques pakistanaises pour lancer un assaut contre les Etats-Unis.
Le leader local de la nébuleuse Al-Qaïda en Afghanistan, Mustafa Abol-Yazid a explicitement affirmé espérer que son groupe pourrait accéder aux armes nucléaires pakistanaises pour s'en prendre l'Amérique.
Selon ce web site, de telles déclarations font croire à l'Occident qu'Al-Qaïda accéderait tôt ou tard aux arsenaux nucléaires pakistanais pour les utiliser contre l'Occident, les Etats-Unis à la tête.
Dans son interview, Abol-Yazid a proposé un cessez-le-feu de 10 ans aux Etats-Unis, à condition que ces derniers sortent leurs militaires des pays islamiques et qu'ils mettent fin à leurs soutiens à Israël.

Les propos de ce dirigeant d'Al-Qaïda témoigne de ce que les membres d'Al-Qaïda se sentent très faibles dans la situation en cours, car l'armée pakistanaise a ces deux derniers mois ciblé leurs alliés extrémistes dans la vallée de Swat et Boner au nord-ouest du Pakistan.
Les propos du leader d'Al-Qaïda en Afghanistan ont été faits, alors Farokh Salem, membre de l'institut de recherches stratégiques d'Islamabad a qualifié de sans importantes de telles menaces et ajouté:" Les combattants qui ne disposent que les klashinkovs, n'ont guère de chance pour vaincre l'armée pakistanaise, 6ème armée du monde.
Les éléments analphabètes d'Al-Qaïda ne disposent pas assez d'informations sur l'usage des armes atomiques."
Ce chercheur pakistanais croit que les mises en garde consécutives des Etats-Unis contre l'accès éventuel d'Al-Qaïda aux armes atomiques pakistanaises n'étaient qu'un tapage.
Dans une autre partie de ce reportage, l'auteur fait allusion aux attaques de l'armée pakistanaise aux positions des Taliban, ajoutant que l'armée pakistanaise avait organisé jusqu'à présent de vastes attaques contre les postions d'al-Qaïda et des Taliban au Waziristan du sud et que les drones américains avaient bombardé les postions des extrémistes au Waziristan du sud. Et ce de sorte que la prise d'une grande partie des positions d'Al-Qaïda ne semblait pas exclue dans les jours qui viennent.
A la fin du reportage, l'on peut lire:" Il semble que les armes nucléaires pakistanaise se sont transformées en atout dont profitent les Taliban et Al-Qaïda.

Certes, de telles menaces s'avèrent impossibles.

26 Juin 2009



1 Dossier & Point de vue

1-1 Marie-France Calle Pakistan : y aura-t-il un effet Obama ?

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

Extrait

…. 26 avril, date de la première offensive militaire contre les talibans à Lower Dir, petit district de la région de Malakand, non loin de la fameuse Vallée de Swat,

Mythe ou réalité ?  

Bien des dangers guettent, au nombre desquels, l'anti-américanisme, qui ne faiblit pas au Pakistan, loin s'en faut.

Ce n'est pas pour faire plaisir à Washington. "63% des Pakistanais continuent d'être opposés à une coopération avec les Etats-Unis pour mener des opérations anti-terroristes", reconnaissait la semaine dernière le général américain David Petraeus.

Avant même l'offensive de Swat, des avocats, des professeurs, avaient quitté la région, de peur d'être pendus haut et court par les Taliban.

Soit dit en passant, il est urgent de définir le concept d'opinion publique au Pakistan. S'agit-il de l'"élite" intellectuelle ? De la classe politique ? Du peuple dans sa grande majorité ?

Bref, cette "opinion publique" est prise en tenailles entre les militants islamistes et les Américains.

Reste à savoir, aussi, de quels militants islamistes on parle.

Si nombre de réfugiés en veulent aux talibans qui ont envahi leurs villes et leurs villages, ils ne sont guère tendres avec le gouvernement pakistanais, qui ne les aide guère ou trop lentement; pas plus qu'avec les militaires, en raison du nombre élevé de victimes civiles.

En revanche, ils sont reconnaissants aux organisations caritatives islamistes de leur grande efficacité. Sauf qu'en dispensant l'aide, certaines de ces formations prêchent en même temps la "bonne parole". Elles font sans doute des recrues en vue de futurs actes de résistance. Contre l'Inde ? En Afghanistan, contre les forces de l'Otan ?      

Visiblement soucieux de donner, ici aussi, une autre image de l'Amérique, Barack Obama a chargé Richard Holbrooke, son envoyé spécial pour l'Afghanistan et le Pakistan, d'expliquer aux Pakistanais qu'il avait à coeur de panser les plaies des victimes des combats.

A peine arrivé à Islamabad, mercredi, Holbrooke a annoncé qu'Obama allait demander au Congrès de débloquer 200 millions de dollars pour la réhabilitation des quelque 3 millions de réfugiés, et la reconstruction de leurs régions dévastées par les bombardements. Le 19 mai, Washington avait déjà consenti une aide de 110 millions de dollars pour les déplacés.

Aujourd'hui, le représentant américain pour l'"Af-Pak" a appelé Européens et pays musulmans à faire davantage pour aider le Pakistan. "Je voudrais souligner une fois encore que les Etats-Unis ont donné près de la moitié de la totalité de l'aide qui est parvenue au Pakistan jusqu'à présent. Ce n'est pas juste (...)

Où sont les Européens ?

Où est l'OIC (l'Organisation de la Conférence islamique, qui regroupe les pays musulmans)", a lancé Holbrooke. Oubliant peut-être que l'argent, ce n'est pas tout...

A ce sujet, l'analyste Brian Cloughley signe aujourd'hui dans le quotidien de Lahore, Daily Times, une libre opinion intéressante. Elle se termine ainsi : "Pour ce qui est du terrorisme, les problèmes du Pakistan et de l'Amérique sont très différents.

Et l'un des plus grands problèmes est l'arrogante présomption de Washington qu'Islamabad doit faire ce qu'on lui dit". Un petit tour sur son blog ne manque pas d'intérêt non plus. Pour faire court, il y compare la guerre de la coalition contre les résistants  en Afghanistan à celle que menait Don Quichotte contre les moulins à vent...  

blog.lefigaro.fr/


1-2 Eric Schimtt : Des « conseillers » américains au Pakistan.

L’armée américaine vient de reconnaitre qu’il y aurait environ 70 « conseillers » travaillant clandestinement au Pakistan.
Leur mission ?
Entraîner l’armée Pakistanaise à combattre les Taliban et par là même, Al-Qaida dans les zones tribales.

Ils sont pour la plupart Américains, soldats des Forces spéciales, qui sont là pour former l’armée Pakistanaise et les forces paramilitaires, en leur fournissant des renseignements et des conseils sur les tactiques de combat. Ils ne procèdent pas à des opérations de combat, selon l’armée américaine.
Constitué par un groupe de travail secret, supervisé par le Commandement central des États-Unis et de Commandement des opérations spéciales, les "conseillers" ont commencés l’été dernier, avec le soutien du gouvernement du Pakistan et de l’armée, à éradiquer Al-Qaida et les Taliban qui menacent les opérations des troupes américaines entre l’Afghanistan et le Pakistan, notamment en coupant les voies d’acheminement comme la Passe de Khyber.
Une nouvelle unité de commando Pakistanais a utilisé les informations de la Central Intelligence Agency et d’autres sources, ce qui leur a permis de tuer ou de capturer plus de 60 militants dans les sept derniers mois, dont au moins cinq commandants de haut rang, selon un haut responsable militaire Pakistanais.
Il ya quatre semaines, les commandos ont capturé un militant saoudien lié à Al-Qaïda dans une ville de la Khyber Agency, une des zones tribales qui longent la frontière avec l’Afghanistan, ce qui n’a pas empêché un attentat aujourd’hui.
Pourtant, les principaux commandants des taliban Pakistanais, y compris son chef, Baitullah Mehsud, et son chef de file dans la région de Swat, Maulana Fazlullah, sont toujours en fuite.

Les hauts responsables militaires américains restent frustrés d’avoir été incapable de persuader le chef de l’armée pakistanaise, Gen Ashfaq Parvez Kayani, de former l’armée aux techniques de contre-insurrection.

Le général Kayani , qui est en visite à Washington cette semaine à la Maison Blanche pour une réunion sur la politique entre l’Afghanistan et le Pakistan, va certainement demander comment l’armée Pakistanaise peut faire pour éliminer Al-Qaida et les Taliban des zones tribales.
Les responsables américains reconnaissent, suite aux tensions entre le Pakistan et l’Inde après les attentats terroristes perpétrés à Mumbai en novembre dernier, que l’armée Pakistanaise se sente moins disposée à placer son attention sur les menaces d’Al-Qaida et des Taliban.
Les responsables Pakistanais et des États-Unis ont convenu de divulguer certains détails sur les "conseillers militaires américains" ainsi que le partage des renseignements pour aider à dissiper les rancoeurs après les frappes de missiles sur les civils.

Le Pentagone avait déjà organisé une formation avec l’aide d’instructeurs au Pakistan l’année dernière. Plus de la moitié des membres du nouveau groupe de travail sont les conseillers des forces spéciales, les autres sont des médecins, experts en communication et autres spécialistes.
"Le partage des renseignements c’est réellement amélioré au cours des derniers mois", a déclaré Talat Masood, un ancien général de l’armée et d’un analyste militaire. "Les deux parties réalisent qu’il est dans leur intérêt commun."

Par contre, les responsables Pakistanais ont vigoureusement protesté contre les frappes de missiles américains dans les zones tribales, étant pour eux la marque d’une violation de leur souveraineté et ont alors bloqué la principale demande de Washington qui était l’ envoi massif de troupes. Le président Asif Ali Zardari, qui dirige un gouvernement affaibli, tente de faire face à la flambée d’anti-américanisme parmi les Pakistanais qui voient d’un mauvais oeil le rapprochement avec Washington.

Les frappes de missiles américains, qui ont fait des victimes civiles, ont suscité un vif débat parmi les cadres supérieurs du gouvernement Pakistanais et des responsables militaires.

Plus de 30 bombardements ont été menés, par des F-16 vendus par les américains depuis le mois d’août dernier, la plupart d’entre eux après que le président Zardari ait pris ses fonctions en septembre. Un haut responsable militaire américain a déclaré que 9 des 20 hauts commandants-Qaida et les Taliban au Pakistan ont été tués dans ces raids.

"The F-16s are vital to Pakistan’s security as President Musharraf prosecutes the war on terror", pouvait-on lire en 2005.

Mais c’est Asif Ali Zardari, le veuf de l’ex-Premier ministre Benazir Bhutto, qui en fait maintenant usage.
Source Eric SCHMITT NYT.

21/06/2009

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/des-conseillers-americains-au-56350 


1-3 Torture: Jose Padilla autorisé à poursuivre l'avocat du gouvernement Bush.

Jose Padilla, devenu un symbole des excès de la "guerre contre le terrorisme" de l'administration Bush, a été autorisé à poursuivre l'avocat de l'ex-gouvernement américain qu'il accuse d'être responsable de sa torture, rapportent des médias dimanche.

Ancien membre d'un gang de Chicago converti à l'islam, l'Américain Jose Padilla, 37 ans, avait été reconnu coupable en août de liens avec Al-Qaïda et condamné à 17 ans et 4 mois de prison, alors que l'accusation réclamait la perpétuité.

Selon le New York Times et le Wall Street Journal, les avocats de Padilla ont déposé une plainte contre John C. Yoo, avocat de l'administration de l'ancien président George W. Bush, l'accusant d'être responsable de mémos juridiques qui ont selon eux conduit à la détention de leur client et à des interrogatoires musclés.

Padilla, placé à l'isolement comme "combattant ennemi" pendant plus de trois ans dans une prison militaire de Caroline du Sud, affirme avoir été torturé à l'époque.

La plainte, qui réclame que Yoo soit tenu pour responsable des mauvais traitements présumés subis par Padilla, affirme que le détenu a souffert "d'abus physiques et psychologiques flagrants entre les mains des responsables fédéraux dans le cadre d'un programme systématique d'interrogatoires musclés visant à casser la dignité humaine de M. Padilla et sa volonté de vivre".

Yoo, qui faisait partie du Conseil de guerre de l'ancien président Bush et vice-procureur général dans le bureau de conseil juridique de 2001 à 2003, a écrit plusieurs mémos autorisant des traitements musclés.

Yoo a argumenté que la plainte devait être rejetée car il n'a pas été établi que les traitements subis par Padilla étaient inconstitutionnels.

Cependant, le juge de la cour fédérale de San Francisco Jeffrey S. White, nommé par George W. Bush, a souligné dans un jugement écrit publié vendredi soir que cette plainte pouvait être instruite.

Padilla "a apporté des faits suffisants pour soutenir la thèse que Yoo a mis en place un ensemble d'événements qui ont résulté dans la privation de Padilla de ses droits constitutionnels", a déclaré le juge White.

Tahlia Townsend, membre de l'équipe des défenseurs de Padilla, a qualifié cette décision de "victoire significative pour les valeurs américaines, la responsabilité du gouvernement et notre système de contrôle et d'équilibre".

Padilla et sa mère, Estela Lebron, réclament 1 dollar de dommages et intérêts et la déclaration par la justice que les traitements subis étaient inconstitutionnels.

Yoo, représenté par le département de la Justice, s'est refusé jusqu'à présent à tout commentaire.

A la fin des années 1990, M. Padilla est parti étudier en Egypte, où il s'est marié et a eu deux enfants, avant de gagner l'Afghanistan. Il a été arrêté à son retour aux Etats-Unis en mai 2002.

Le gouvernement avait alors affirmé qu'il prévoyait des attentats terriblement meurtriers sur le sol américain, notamment avec une bombe radiologique, et il avait passé trois ans et huit mois comme "combattant ennemi" dans une prison militaire de Caroline du Sud (sud-est).

Sans accès à un juge, il a été maintenu dans un isolement absolu, privé de la lumière du jour, soumis à des températures extrêmes et interrogé sans relâche, jusqu'à ce que le gouvernement renonce à son accusation et renvoie son cas vers une procédure fédérale.

AFP –

le 14 juin

http://www.lematin.ch:80/flash-info/monde/torture-jose-padilla-autorise-poursuivre-avocat-gouvernement-bush


1-4 Noam Chomsky : La torture : cette vieille routine.  

Les mémorandums  sur la torture donnés à connaître par la Maison Blanche ont suscité ahurissement, indignation et surprise. Ahurissement et indignation sont compréhensibles, sentiments provoqués en particulier par  le rapport du Comité sénatorial des Forces Armées sur le Traitement des détenus, récemment publié.

Au printemps 2002, ainsi que le révèle le rapport, les interrogateurs de Guantanamo furent l’objet d’une pression croissante émanant de la hiérarchie afin que soit établi un lien entre l’Irak et al Qaeda. L’application du « sous-marin », entre autres formes de torture, a permis d’obtenir d’un détenu une « preuve» : cette « preuve» fut utilisée pour aider à justifier l’invasion de l’Irak par Bush et Cheney, l’année suivante.

Mais pourquoi cette surprise à propos des mémorandums sur la torture?

Même sans qu’il y ait eu enquête, il était raisonnable de supposer que Guantanamo était une chambre de torture. Quelle autre raison y aurait-il eu d’envoyer les prisonniers dans un endroit où ils seraient hors d’atteinte de la loi ; de plus, un endroit que Washington utilise en violation d’un traité que Cuba se vit déjà obligé de signer sous la menace des armes ?

Le raisonnement selon lequel il s’agissait d’une question de sécurité est difficile à prendre au sérieux.

Une raison plus générale de ne pas être très surpris: la torture a été une pratique routinière dès les premiers jours de la conquête du territoire national par les Etats-Unis.

Et plus tard encore, quand les incursions impériales de l’« empire infant » - ainsi que George Washington appela la nouvelle république – s’étendirent aux Philippines, en Haïti et  d’autres lieux encore.

Par malheur, la torture fut le moindre des nombreux crimes - agression, terreur, subversion et étranglement économique - qui ont obscurci l’histoire des Etats-Unis, comme, en bonne partie, celle des autres grandes puissances. Les révélations actuelles sur la torture mettent une fois de plus l’accent sur l’éternel conflit entre « ce que nous paraissons » et « ce  que nous sommes »

Traduit par Jean-Pierre Plumat et révisé par Magali Urbain pour Investig'Action.

Source: Clarin

http://www.michelcollon.info/index.php?option=com_content&view=article&id=2093:la-torture-cette-vieille-routine&catid=6:articles&Itemid=11



n° 24 - Les dossiers du Pakistan - 26-06 – Suite - : Des « conseillers » américains au Pakistan.

n° 24 - Les dossiers du Pakistan - 26-06 – Suite  - : Des « conseillers » américains au Pakistan.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de PAKISTAN.  

                                                                               n° 24- 26-06

                                                             C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire :  

2 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

2-1 Continuité entre la politique Obama et celle de son prédécesseur Bush.

2-2 Paul Craig Roberts : Obama est en train de se transformer en un Dick Cheney.

2-3 Patrick Martin : Obama au Caire : le nouveau visage de l’impérialisme U.S.

2-4 Thierry Meyssan : Obama et les arrière-pensées de la main tendue aux musulmans.

2-5 Ahmed Rashid: "Les Etats-Unis ont fait beaucoup d'erreurs".

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

2-1 Continuité entre la politique Obama et celle de son prédécesseur Bush.

La presse américaine souligne la continuité entre cette politique et celle de son prédécesseur Bush.

Karen DeYoung écrit un article dans le Washington Post (28 mars), « Obama Outlines Afghan Strategy. He Pushes Stability and Regional Partnerships » :

« Le président Obama a présenté sa nouvelle stratégie pour l’Afghanistan et le Pakistan avec l’évocation de menaces qui rappellent celle formulée par l’administration Bush. “Les terroristes qui ont planifié et organisé les attaques du 11-Septembre”, a-t-il dit, continuent à comploter pour “tuer autant de nos concitoyens que possible”. » (...)

« Mais Obama tente de séparer cette approche du problème de celle des années précédentes, marquées par l’absence de continuité et des échecs politiques alors que le président George W. Bush orientait son attention et les ressources américaines vers l’Irak. Obama s’est engagé à se mobiliser sur le Pakistan et à construire un meilleur “partenariat” avec son gouvernement et ses militaires. » (...)

« Obama a affirmé que ce qui se passait au Pakistan était “indissociablement lié” au succès en Afghanistan.

Le Pakistan, a-t-il dit, “a besoin de notre aide pour poursuivre Al-Qaida”, dont la direction, avec d’autres groupes insurgés, est installée dans les montagnes accidentées à la frontière de l’Afghanistan. “La capacité du gouvernement pakistanais de détruire ces bases sûres est liée à sa propre force et sécurité”, a poursuivi Obama.

Il s’est engagé pour une aide de 7,5 milliards de dollars, pour de nouveaux équipements militaires et une constance dans cette politique et ces efforts. »

« “Mais, a-t-il poursuivi, après des années de résultats incertains, nous n’accorderons pas un chèque en blanc. Le Pakistan doit faire la preuve de sa détermination à éradiquer Al-Qaida et les extrémistes violents qui sont le long de sa frontière. Et nous insisterons pour que des actions soient prises, d’une manière ou d’une autre, quand nous aurons des informations concernant des objectifs terroristes de haut niveau.” »

« Bien que l’administration ait intensifié les attaques de missiles d’avions sans pilote Predator contre des objectifs de l’autre côté de la frontière, il ne semble pas qu’elle ait repris les attaques terrestres par les Forces spéciales et la CIA que l’administration Bush avait autorisées l’été dernier. »

Au même moment, la presse américaine relayait des informations comme quoi des responsables des services secrets pakistanais aidaient les talibans dans leurs opérations contre l’Afghanistan (« Afghan intel chief : Pakistan spies support Taliban », International Herald Tribune, 26 mars.)

Cet effort américain supplémentaire se traduira sur le terrain : à l’issue des nouveaux déploiements, les troupes américaines représenteront deux tiers des effectifs étrangers déployés (contre seulement un tiers pour l’OTAN).

Il est peu probable pourtant que cette nouvelle ligne permette la réussite de cette « mission impénétrable » (voir « Afghanistan-Pakistan, “mission impénétrable” ») que dénonçait William Pfaff.

Nancy A. Youssef et Margaret Talev, du Miami Herald(28 mars), trouvent que le dossier pakistanais a été mal traité par le président (« Obama’s Afghan Plan Does Little To Fix Pakistan ») :

« Obama a formulé un plan bien moins ambitieux pour le Pakistan, bien que ses principaux conseillers militaires et du renseignement pensent que ce pays est au centre du problème. Dans son discours, le président a qualifié la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan de “région la plus dangereuse du monde” pour la sécurité des Etats-Unis. »

(...)

« Des responsables américains officiels affirment que des officiers des services de renseignement maintiennent des liens étroits avec les talibans afghans et pakistanais. Il semble que l’un des éléments de la stratégie d’Obama en direction de l’Afghanistan est de convaincre son armée que les Etats-Unis ne partiront pas de la région comme ils l’ont fait dans les années 1990, mais resteront jusqu’à ce que l’Afghanistan devienne un pays sûr. Un des éléments essentiels dans la recherche par Obama de la stabilité est, selon ce qu’a affirmé un officier du renseignement américain vendredi, “de convaincre les Pakistanais qu’il n’y a aucune bonne raison pour laquelle ils devraient investir dans (s’allier avec) les talibans”. »

L’éditorial du quotidien Le Monde, (28 mars) est consacré à « Obama l’Afghan ».

« Si rupture il y a dans l’approche américaine, c’est surtout dans une évaluation plus réaliste des réalités régionales : les racines du conflit afghan se situent largement au Pakistan, où les chefs d’Al-Qaida et de la mouvance talibane ont établi des sanctuaires. Or l’impunité dont ils jouissent n’existerait pas sans la complicité des services secrets d’Islamabad. La bonne solution est-elle de tripler l’aide au Pakistan, comme l’a annoncé M. Obama, et une telle approche est-elle conciliable avec un accroissement des frappes militaires contre des cibles situées au Pakistan ? »

« Le président américain a récemment reconnu que la situation sécuritaire connaissait une dérive en Afghanistan, tout en soulignant qu’il fallait songer à une stratégie de sortie. “Obama l’Afghan” est en train de mesurer à son tour que la tâche consistant à pacifier un pays qui a tenu en échec plus de 100 000 soldats soviétiques ne sera pas aisée. »

Alain Gresh

29 mars 2009,

http://blog.mondediplo.net/2009-03-29-Obama-et-l-Afghanistan-Pakistan


2-2 Paul Craig Roberts : Obama est en train de se transformer en un Dick Cheney.

Extrait

Au cours de sa visite au Moyen-Orient et avant tout avec son discours à l’Université du Caire, le président Obama a tenté de gagner à sa politique un large public arabe et islamique . De nombreux médias du monde entier l’ont soutenu unanimement, comme s’ils s’étaient concertés. Ceux qui se sont montrés sceptiques et ont demandé que les actes succèdent aux paroles n’ont généralement pas été pris au sérieux. Or ces demandes sont tout à fait justifiées : non seulement l’expérience que l’on a de la politique étrangère américaine au cours des dernières décennies mais également celle des déclarations d’Obama et de ce qu’il a fait jusqu’ici.

C’est ce qu’explique Paul Craig Roberts, ex-sous-secrétaire au Trésor des États-Unis.
Les États-Unis et leur président ont perdu leur âme. Un pays désespéré a élu un président qui promettait le changement. Des États-uniens étaient venus de tout le pays assister à Washington, par un froid glacial, à la cérémonie de prestation de serment. Aucun autre président n’avait attiré une telle foule. La bonne disposition du peuple à son égard et ses attentes suffisait pour qu’il mette fin aux guerres gratuites et fasse passer des réformes importantes, mais il a trahi le peuple pour favoriser d’autres intérêts. Il se fie à son attitude et à sa rhétorique modérée pour convaincre les gens que le changement est en route.

 Or le changement que nous observons est en lui et non dans sa politique. Il est en train de se transformer en un Dick Cheney. Il est en fonctions depuis à peine quatre mois et l’on pourrait déjà écrire un livre entier sur les promesses qu’il n’a pas tenues.

 Il avait déclaré qu’il allait fermer Guantanamo, la prison où l’on torturait, et abolir les cours illégales connues sous le nom de tribunaux militaires. Mais maintenant, il dit qu’il va réformer ces tribunaux et poursuivre les procédures, mais sans aveux obtenus sous la torture. Appuyant son adhésion à la politique de Bush/Cheney, les démocrates de la Chambre des représentants lui ont refusé le budget nécessaire à la fermeture de Guantanamo.

 On continuera d’enlever des personnes (en général sur la foi de fausses informations fournies par leurs adversaires) et de les interner dans des prisons du tiers-monde pour les y interroger. Une nouvelle fois, Obama a remplacé par une « réforme » sa promesse d’abolir une pratique illégale. Selon lui, la pratique des détentions secrètes (renditions) a été réformée et n’impliquera plus la torture. Comment le savoir ?

Obama va-t-il confier à un agent du gouvernement la mission de surveiller les traitements réservés par des brutes du tiers-monde aux personnes enlevées ?

Étant donné la propension de la police états-unienne à brutaliser les citoyens états-uniens, rien ne peut garantir que les victimes ne seront pas torturées.

 Obama a défendu le programme d’écoutes téléphoniques sans mandat de l’Agence de sécurité nationale (NSA) instauré par l’administration Bush/Cheney et confirmé l’argumentation juridique selon laquelle l’« immunité de juridiction » protège les fonctionnaires gouvernementaux de toutes poursuites pénales et civiles lorsqu’ils violent les lois états-uniennes et les droits constitutionnels des citoyens. Le ministère de la Justice d’Obama a pris la défense de Donald Rumsfeld dans un procès intenté par des détenus dont Rumsfeld avait violé les droits.

 Par une « déclaration signée » [1], Obama a renoncé ce mois-ci à protéger les whistleblowers, ceux qui révèlent au Congrès les actions illégales de l’exécutif.

Obama revendique des pouvoirs encore plus étendus que Bush pour l’exécutif.

À ce sujet, Bruce Fein écrit : « En principe, le président Obama soutient que les victimes des agissements anticonstitutionnels du gouvernement américain ne pourront pas porter plainte, cela afin d’empêcher les Américains et le monde entier de tirer les leçons des actes illégaux perpétrés au nom de la sécurité nationale et d’exiger des responsables qu’ils répondent de leurs actes politiquement et juridiquement. »

En d’autres termes, Obama s’est engagé à couvrir les crimes du régime Bush et à assurer que son propre régime pourra continuer à agir de manière illégale et anticonstitutionnelle.

 Obama s’oppose à la publication de la dernière série d’épouvantables photos de tortures qui viennent d’être découvertes. Il prétend que cette publication va susciter la colère des insurgés et les amener à tuer des GI’s. Bien sûr que c’est insensé.

Ceux qui résistent à l’occupation de leur pays par les troupes états-uniennes et les mercenaires de l’OTAN ont déjà pour vocation de tuer nos soldats et ils savent que les États-uniens torturent tous ceux qu’ils capturent. Obama s’oppose à cette publication parce qu’il sait que l’image barbare de l’armée US que donnent ces photos va saper l’appui aux guerres qui enrichissent le complexe militaro-sécuritaire, qui calment le lobby pro-Israël et récompensent ceux qui ont financé sa campagne.

 Obama est également revenu sur sa promesse de retirer les troupes d’Irak. À la consternation de ses partisans, il laisse là-bas 50 000 GI’s.

Les autres sont envoyés en Afghanistan et au Pakistan où, sous les yeux d’Obama, la guerre a éclaté sur une grande échelle et où les bombardements de civils ont déjà fait un million de réfugiés.

 Et la guerre contre l’Iran reste une option. Sur l’insistance de Washington, l’OTAN effectue des manœuvres sur un ancien territoire soviétique, préparant la voie à un futur enrichissement du complexe militaro-sécuritaire états-unien. Le chômage états-unien qui monte en flèche fournit les troupes nécessaires aux guerres expansionnistes d’Obama.

 Le président peut faire de grands discours sans malmener la langue anglaise. Il sait sourire et amener les gens à croire à sa rhétorique. Le monde, ou du moins une grande partie de celui-ci, semble se satisfaire des paroles modérées qui font passer la politique de suprématie de l’Exécutif et d’hégémonie mondiale qui était celle de Dick Cheney.

 Cet article a été publié dans Horizons et débats du 15 juin 2009.

 Paul Craig Roberts  
15 juin 2009 

Paul Craig Roberts est l’auteur de la loi Kemp-Roth. Il fut sous-secrétaire au Trésor de l’administration Reagan. Il fut rédacteur en chef adjoint au Wall Street Journal et rédacteur à la National Review. 

Version originale publiée par Informationclearinghouse.info.
Version française : Horizons et débats.

[1] Signing statement : acte par lequel le président modifie la signification d’un texte de loi.

http://www.voltairenet.org/article160613.html


2-3 Patrick Martin : Obama au Caire : le nouveau visage de l’impérialisme U.S.

Le discours du président U.S. Barack Obama au Caire le 4 juin dernier était farci de contradictions. Il s’est déclaré opposé a « l’assassinat d’hommes, de femmes et d’enfants innocents », mais a pris la défense des guerres menées en Irak et en Afghanistan, ou de celle conduite indirectement au Pakistan, tout en gardant le silence sur les derniers massacres de Palestiniens à Gaza par Israël.

Ces guerres ont fait plus d’un million de morts en Irak, des centaines de milliers en Afghanistan, au Pakistan et dans les territoires palestiniens.

Obama a déclaré soutenir la démocratie, les droits de l’Homme et même ceux des femmes, après deux journées d’entrevue avec le roi saoudien Abdullah et le président Hosni Moubarak, deux des tyrans les plus notoires du Proche Orient.

Pas un mot dans son discours sur l’absence totale de droits démocratiques en Arabie Saoudite ou sur la répression que mène en ce moment la dictature militaire de Moubarak…

Se posant en avocat de la paix et de l’entente universelle, Obama se dispensa très diplomatiquement d’évoquer les ordres qu’il a lui-même donnés pour une intensification des hostilités en Afghanistan, avec notamment le déploiement de 17 000 soldats U.S. supplémentaires.

….

Dans son discours, Obama réfute l’idée qu’on puisse taxer l’Amérique « d’empire égocentrique » – ce qu’elle est effectivement – ou que les USA cherchent à obtenir davantage de bases, davantage de territoires ou davantage d’accès aux ressources naturelles du monde musulman. La guerre en Afghanistan est selon lui « une guerre par nécessité », provoquée par les attaques terroristes du 11 septembre. L’administration Bush-Cheney tenait exactement le même argument à l’époque, passant sciemment à la trappe les véritables intérêts matériels en jeu. En réalité, la guerre en Afghanistan participe de la prétention impérialiste des Etats-Unis à contrôler totalement les principales réserves mondiales de gaz et de pétrole : le Golfe Persique et le Bassin de la Caspienne.

Bien sûr, on n’était plus du tout dans le même registre rhétorique. Fini l’artillerie lourde de Bush : « Vous êtes soit avec nous soit contre nous ! », Obama nous dit d’un ton rassurant « Nous sommes tous ensembles dans cette galère ! » Mais, comme l’ont noté pas mal de commentateurs (la New Republic comparait mot à mot ce discours à celui de Bush le 16 septembre 2006 aux Nations Unies), en coupant l’image et le son et en s’en tenant au texte et à la rhétorique générale du discours, on reste toujours dans la même veine que les discours de Bush, de Condolezza Rice ou d’autres représentants de l’administration précédente.

Le propos plus vague, plus fleuri, les références de pure forme à la culture islamique ou à l’égalité des droits des nations, tout ça n’est qu’une variante réajustée du langage dont on drape habituellement les politiques impérialistes américaines ; aucun changement substantiel. Obama n’a pas fait la moindre proposition pour que soient réparés les torts faits aux populations du Proche Orient, pour la bonne et simple raison que, fondamentalement, la source même de cette oppression est le système de pillage et de domination impérialiste du monde, dont l’impérialisme américain reste la pire expression.

Obama a certes fait une petite référence en passant au colonialisme et au rôle des Etats-Unis dans le renversement de gouvernements démocratiquement élus comme celui de Mossadegh en Iran, en 1953. Mais dans sa litanie sur les « sources de tension » dans la région, il s’en est tenu à la même liste que son prédécesseur, avec au premier plan « l’extrémisme violent » – substitut purement rhétorique pour remplacer le « terrorisme » de Bush.

Dans son discours au Caire, Obama jouait tout simplement le rôle pour lequel il a été engagé et promu par une portion décisive des élites américaines de la finance mais aussi de l’appareil militaire et des affaires étrangères, à savoir d’offrir un nouveau visage à l’impérialisme américain. Cela dénote un virage tactique, certes, mais non un changement de stratégie dans l’offensive de Washington pour sa domination du monde.

Il y a environ deux ans, l’ancien conseiller à la sécurité nationale U.S., Zbigniew Brzezinski, offrit publiquement son soutien à la candidature présidentielle de celui qui n’était encore qu’un obscur sénateur de l’Illinois, pariant sur le fait qu’un Afro-Américain héréditairement lié au monde musulman comme Obama, améliorerait certainement l’image des USA sur le plan international.

Brzezinski était le mentor des faucons de l’administration démocrate de Jimmy Carter. Il avait largement contribué à pénétrer les bouleversements politiques survenus en Afghanistan, dans le but de provoquer l’intervention soviétique afin d’attirer la bureaucratie de Moscou dans le piège d’un bourbier identique à celui du Vietnam. Son point de focale a toujours été ce qu’il appelle « le grand échiquier » d’Eurasie, et en particulier les riches champs pétroliers d’Asie Centrale, où la lutte d’influence fait désormais rage entre les USA, la Russie, la Chine et l’Iran.

Brzezinski déclarait dès août 2007 : Obama « reconnaît que le vrai défi c’est un nouveau visage, l’idée d’une nouvelle direction, d’une redéfinition du rôle des Etats-Unis dans le monde…

Ici, Obama est incontestablement plus efficace et l’emporte haut la main. Il a le sens de ce qui est historiquement pertinent et de ce qu’on est réellement en droit d’attendre des Etats-Unis dans leur relation avec le reste du monde ».

Défenseur impitoyable des objectifs de l’impérialisme américain, Brzezinski avait averti les élites américaines au pouvoir, du danger de ce qu’il appelle le « réveil politique global ». Dans un commentaire qui a fait couler beaucoup d’encre, il expliqua au magazine allemand Der Spiegel, quelques mois à peine avant de soutenir Obama, que la grande majorité de l’humanité « trouvera bientôt intolérables les disparités béantes de la condition humaine. Cela pourrait bien être le danger collectif auquel nous serons confrontés au cours des prochaines décennies ».

Si l’on veut appeler les choses par leur nom, ce que les représentants les moins obtus de la classe dirigeante américaine redoutent réellement, c’est une révolution mondiale. C’est seulement pour empêcher un tel soulèvement social qu’ils ont jugé crucial d’installer Obama à la Maison Blanche. C’est aussi la raison de son pèlerinage au Caire.

Traduit de l’anglais par Dominique Arias pour Investig'Action

Source: World Socialist Web Site

Le 5 juin 2009


2-4 Thierry Meyssan : Obama et les arrières-pensées de la main tendue aux musulmans.

Extraits

Le président des États-Unis a tendu la main aux musulmans lors d´un discours très médiatisé au Caire. Il entendait ainsi tourner la désastreuse page de la « croisade » bushienne au Grand Moyen-Orient. Toutefois, dans cet exercice de relations publiques, les envolées lyriques ont remplacé les clarifications nécessaires, tandis qu´apparaissaient les nouveaux appétits de Washington.

Le discours que le président Obama a prononcé le 4 juin au Caire [1] a été présenté à l´avance par les services de communication de la Maison-Blanche comme « fondateur d´une nouvelle ère ». Il a fait l´objet d´une intense campagne promotionnelle qui s´est conclue par un mail adressé par David Axelrod aux dizaines de millions d´abonnés de la liste de la Maison-Blanche [2]. Le conseiller en image de Barack Obama y invite les États-uniens à visionner la vidéo du discours qui, selon lui, marque un nouveau départ dans les relations de l´Amérique avec le monde musulman [3]. On l´a bien compris, ce discours s´adresse tout autant, sinon plus, aux électeurs US qu´aux musulmans.

Son message principal peut être résumé ainsi : les États-Unis ne considèrent plus l´islam comme l´ennemi et souhaitent établir des relations d´intérêt mutuel avec les États musulmans. Ce message doit être pris pour ce qu´il est : un slogan de relations publiques.

Examinons point par point ce discours.

Préambule : aimez-nous !

Dans une longue introduction, l´orateur a développé son message principal de main tendue.

Barack Hussein Obama a justifié la rupture avec son prédécesseur par sa propre personnalité. Il a offert un moment d´émotion à son auditoire, comme on les aime dans les films hollywoodiens. Il a raconté son père musulman, son adolescence en Indonésie -pays musulman le plus peuplé du monde-, et son travail social à Chicago auprès de populations noires musulmanes.
Ainsi, après nous avoir fait croire que la politique extérieure des États-Unis était fondée sur la couleur de peau de son président, on veut nous convaincre qu´elle reflète son parcours individuel. Pourtant personne ne pense que M. Obama est un autocrate en mesure d´imposer ses états d´âme. Chacun est conscient que la politique de Washington est le fruit d´un difficile consensus entre ses élites. En l´occurrence, le changement de rhétorique est imposé par une succession d´échecs militaires en Palestine, au Liban, en Irak et en Afghanistan. Les États-Unis ne considèrent plus les peuples musulmans comme leur ennemi parce qu´ils ne sont pas parvenus à les écraser.
Ce réalisme avait conduit en 2006 à la révolte des généraux autour de Brent Scowcroft, déplorant la colonisation ratée de l´Irak et mettant en garde contre un désastre militaire face à l´Iran. Il s´était poursuivi avec la Commission Baker-Hamilton appelant à négocier avec la Syrie et l´Iran pour sortir la tête haute du fiasco irakien. Ce réalisme avait contraint le président Bush à limoger Donald Rumsfeld et à le remplacer par Robert Gates, le fils spirituel de Scowcroft et membre de la Commission Baker-Hamilton. Ce réalisme s´était incarné dans la publication du rapport des agences de renseignement attestant l´inexistence d´un programme nucléaire militaire iranien et détruisant ainsi toute justification possible d´une guerre contre l´Iran.

Toujours à propos du grand amour retrouvé, le président Obama s´est présenté comme féru d´histoire et a égrené les apports de la civilisation musulmane au monde. Dans les films hollywoodiens, il y a toujours une séquence sur la diversité culturelle qui nous enrichi. Cependant le scénario misait sur l´affligeante ignorance du public US. M. Obama et son équipe ont réduit l´apport des peuples aujourd´hui musulmans aux inventions postérieures à leur islamisation. N´ont-ils rien créé avant ?
En choisissant de réduire l´histoire des peuples musulmans à leur seule période islamique, Barack Obama a nié quelques millénaires de civilisation et a repris à son compte la rhétorique des islamistes les plus obscurantistes. Nous allons voir qu´il ne s´agit pas là d´une erreur, mais d´un choix stratégique.

Enfin, le président Obama a abattu sa carte principale en appelant ses auditeurs à repenser leur image des États-Unis. « Nous sommes façonnés par chaque culture, issus des quatre coins du monde et acquis à un concept simple : E pluribus unum : « De plusieurs peuples, un seul » », a-t-il déclaré. Cette devise, qui devait exprimer l´unité des colonies nouvellement indépendantes d´Amérique, devient aujourd´hui celle de l´Empire globalisé. Nous seulement les États-Unis ne considèrent plus les peuples musulmans comme des ennemis, mais ils entendent les intégrer dans l´Empire global. C´est d´ailleurs la raison pour laquelle l´establishment washingtonien a soutenu la candidature de Barack Hussein Obama. Le prénom musulman du président, comme sa couleur de peau, sont des arguments pour convaincre les peuples de l´Empire que le pouvoir qui les domine leur ressemble. Lorsqu´elle avait étendu son empire, la Rome antique avait fait de même en choisissant ses empereurs dans des contrées lointaines, tel Philippe l´Arabe [4]. La sauvagerie des légions n´en avait pas été changée.

1- La guerre globale au terrorisme

Après ce sirupeux morceau de violon, le président Obama s´est attaché à recoller son introduction avec la « guerre globale au terrorisme ». Il a donc établi une distinction entre l´islam, qui n´est pas mauvais comme le pensaient Bush et Cheney mais bon, et les extrémistes qui s´en réclament à tort, qui restent eux toujours mauvais. La pensée reste manichéenne, mais le curseur s´est déplacé.
Le problème, c´est que depuis huit ans, Washington s´efforce de construire un adversaire à sa taille. Après l´URSS, c´était l´islam. A contrario, si ni les communistes, ni les musulmans ne sont les ennemis, contre qui les États-Unis sont-ils en guerre ? Réponse : « Al-Qaïda a choisi de les tuer sans merci, de revendiquer les attentats et il réaffirme aujourd´hui encore sa détermination à commettre d´autres meurtres à une échelle massive. Ce réseau a des membres dans de nombreux pays et il essaie d´élargir son rayon d´action. Il ne s´agit pas là d´opinions à débattre - ce sont des faits à combattre ». Et bien non, Monsieur le président, ce ne sont pas là des faits avérés, mais des imputations qui doivent être débattues [5].
Barack Obama continue : « Nous ne demanderions pas mieux que de rapatrier tous nos soldats, jusqu´au dernier, si nous avions l´assurance que l´Afghanistan et maintenant le Pakistan n´abritaient pas d´éléments extrémistes déterminés à tuer le plus grand nombre possible d´Américains. Mais ce n´est pas encore le cas. »
À ce stade, le président apparaît enfermé dans un cercle vicieux. Il explique que les ennemis ne sont pas les musulmans en général, mais une poignée d´individus non représentatifs, puis il affirme que cette poignée d´individu doit être combattue en livrant des guerres contre des peuples musulmans. C´est tout le problème : Washington voudrait être l´ami des musulmans, mais a besoin d´un ennemi pour justifier ses actions militaires, et pour le moment, il n´a pas trouvé de bouc-émissaire de remplacement.

Thierry Meyssan

Analyste politique, fondateur du Réseau Voltaire.

Dernier ouvrage paru : L´Effroyable imposture 2 (le remodelage du Proche-Orient et la guerre israélienne contre le Liban)

Source :

http://www.voltairenet.org/article160476.html


2-5 Ahmed Rashid: "Les Etats-Unis ont fait beaucoup d'erreurs".

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

Le journaliste pakistanais, éminent spécialiste des 'talibans', évoque la stratégie US dans la région...

La bombe pakistanaise peut-elle tomber aux mains des islamistes?

Non, c'est très improbable. Personne ne sait combien il y a d'armes nucléaires au Pakistan.

Même Barack Obama doit l'ignorer. Mais ce qui est sûr, c'est qu'elles sont étroitement contrôlées par l'armée et que des mécanismes sûrs empêchent tout vol.

Quelles erreurs les Américains ont-ils commis dans la région?

Le président Bush avait promis de reconstruire l'Afghanistan après la chute des talibans fin 2001. Mais il s'en est aussitôt détourné pour l'Irak, lui réservant tous les moyens militaires et de renseignements. La traque d'Al-Qaida et la reconstruction en Afghanistan en ont pâti. Sans compter la corruption de certaines compagnies américaines, comme Halliburton. A peine l'argent versé, la moitié s'était déjà envolée ! Ce manque d'intérêt des Américains pour l'Afghanistan n'a pas échappé à la population. Désillusionnés, beaucoup de gens ont rejoint les talibans.

Comment les talibans pakistanais ont-ils accru leur influence?

Ce sont des combattants pachtounes qui s'étaient battus pour les talibans pendant la guerre civile en Afghanistan.

Ils sont devenus importants fin 2001 lorsqu'ils sont venus au secours des talibans afghans dans les zones tribales. Al-Qaida les payait cher pour qu'ils leur offrent leur protection. Pendant quatre ans, personne ne s'est penché sur leur cas, alors même qu'ils se radicalisaient. Devenus riches, ils ont organisé leurs propres milices et se sont fixé comme objectif de talibaniser tout le Pakistan !

Et les talibans afghans?

Leur situation est différente. L'armée de l'ex-président Mucharraf et les renseignements pakistanais leur ont donné un sanctuaire. Ils pensaient en effet que les Etats-Unis quitteraient bientôt l'Afghanistan et ils avaient besoin de garder leur soutien pour que le prochain gouvernement à Kaboul soit propakistanais. Le Pakistan a joué un double jeu envers Washington. Il l'aidait à traquer Al-Qaida, mais ne faisait rien pour attraper les talibans afghans. Et les Américains ne le demandaient même pas, car ils pensaient que les talibans étaient finis ! C'était une grosse erreur de Bush.

Que pensez-vous de la nouvelle stratégie américaine?

En Afghanistan, Barack Obama fait ce qui aurait dû l'être depuis huit ans. Mais l'insurrection a pris de l'ampleur, donc la tâche va être difficile. Au Pakistan, la situation a beaucoup changé depuis 2001. Les Etats-Unis devront renforcer l'aide civile, soutenir le gouvernement, et faire pression sur l'armée pour aller chasser les talibans, comme ils l'ont fait dans la vallée de Swat.

Pourquoi l'armée pakistanaise semble-t-elle échouer dans la lutte contre les talibans?

C'est une question de motivation. Il y a beaucoup d'antiaméricanisme. L'armée se demande : «Je le fais pour mon pays ou pour faire plaisir à l'Amérique?» Elle va devoir y répondre.

Recueilli par Faustine Vincent
20 Minutes.fr
http://www.afghana.org/1015/index.php?option=com_content&task=view&id=425&Itemid=42



n° 24 - Les dossiers du Pakistan - 26-06 – Fin - : Des « conseillers » américains au Pakistan.

n° 24 - Les dossiers du Pakistan - 26-06 – Fin  - : Des « conseillers » américains au Pakistan.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de PAKISTAN.  

                                                                               n° 24- 26-06

                                                             C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

3  Annexe

3-1Thierry Meyssan : La guerre du Pakistan devra attendre.

3-2 Général Vinod Saighal : Le pouvoir nucléaire : Les généraux pakistanais sont-ils fous ou font-ils juste semblant ?

3-3 L'enquête sur l'attentat de Karachi s'oriente vers une "affaire d'Etats".

3-4 Après l’affaire Hariri, Peter Fitzgerald enquêtera sur l’affaire Bhutto.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

3  Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

3-1Thierry Meyssan : La guerre du Pakistan devra attendre.
Comment la DGSE a déjoué une nouvelle vague d’attentats d’Al-CIA en Europe

Une vaste campagne d’attentats islamistes aurait dû terroriser l’Europe entre le 20 et le 28 janvier. Elle a été déjouée in extremis par la DGSE française et son homologue espagnole, le CNI, sous la supervision de José Luis Rodríguez Zapatero.

Mais ces attentats étaient attendus par l’OTAN pour pouvoir intervenir militairement au Pakistan. Thierry Meyssan révèle les dessous de cette machination avortée.

Menaces sur l’Europe

La presse européenne a largement rendu compte du démantèlement d’un réseau terroriste islamiste, le 18 janvier 2008. Sur les instructions de l’émir pakistanais Baitullah Mehsud, six kamikazes et cinq complices s’apprêtaient à commettre trois attentats en 48 h à Barcelone, dans deux wagons de la ligne 3 du métro, dans un centre commercial non-identifié et à la mosquée de Ciutat Vella.

Cette opération aurait marqué le début d’une nouvelle vague d’attentats au Portugal, en France, en Allemagne et au Royaume-Uni. La nouvelle a été annoncée par le ministre de l’Intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba, qui a placé toutes les forces de sécurité de son pays en état d’alerte [1]. L’Espagne a déjà été marquée, le 11 mars 2004, par une série d’attentats dans des trains de banlieue à Madrid, faisant 191 morts et plus de 1 800 blessés.

Le coup de filet [2] a été rendu possible grâce aux informations données par un jeune homme, destiné à se sacrifier au cours d’un attentat, qui a échappé à ses camarades et s’est spontanément présenté à la police. Trois complices se sont enfuis vers la France où ils sont activement recherchés [3]. Des moyens exceptionnels ont été déployés pour trouver une seconde équipe, qui aurait été chargée de fabriquer les explosifs [4].

Le chef de la cellule catalane, Maroof Ahmed Mirza, avait été formé durant quatre années dans une madrasa (école coranique) extrémiste au Pakistan. Il était suivi par plusieurs services de renseignement occidentaux. Les « services » français avaient observé son arrivée sur leur territoire et prévenu leurs homologues espagnols du Centro Nacional de Inteligencia (CNI) de son installation en Catalogne. Ceux-ci avaient retrouvé sa trace dans une banlieue déshéritée, Raval, où il était devenu imam de la mosquée de la rue de l’hôpital. Pour donner le change, il évoluait avec ses hommes au sein d’une petite communauté musulmane non-violente à Barcelone [5]. Ils se réclamaient du Jamaat Al-Tabligh Wal-Dawa (Congrégation pour la propagation et la prédication), une organisation apparue en 1927, en Inde britannique, rattachée au courant théologique deobandi.

Selon le témoignage du jeune repenti (désigné dans les procés-verbaux d’enquête sous le pseudonyme de « F-1 »), il aurait été choisi pour mourir avec deux autres compagnons dans un attentat à Francfort, mais au dernier moment, les plans auraient été modifiés. Il aurait dû participer à l’opération de Barcelone et aurait été remplacé à Francfort par un certain Akeel Abassi. Le juge Ismael Moreno, chargé de l’affaire, a également entendu les autres interpellés. Au total, il s’agit de neuf Pakistanais et d’un Indien (ou peut être huit Pakistanais, un Bengali et un Indien [6]), présentant des profils similaires à ceux des jeunes gens accusés d’être responsables des attentats de Londres, qui firent 52 morts, le 7 juillet 2005 [7].

La presse a abondamment reproduit l’extrait suivant des procès-verbaux.
— Un des jihadistes s’adressant à F-1 : « Pourquoi n’as tu pas achevé ta formation au Pakistan ? »
— F-1 (témoin protégé) : « Parce que j’étais malade et j’ai du revenir ».
— Le jihadiste : « Tu plais beaucoup à l’émir Baitullah Mehsud. Tu lui plais tant que si tu avais terminé ta préparation, il aurait fait de toi un expert en explosifs plutôt qu’un kamikaze ».
— F-1 : « Quelle différence y a-t-il entre un kamikaze et un expert en explosifs ? »
— Le jihadiste : « Il y a trois groupes différents : les planificateurs, ceux qui fabriquent les bombes et les kamikazes » [8].

En réalité, F-1 serait un agent des services de renseignement extérieur français (DGSE), infiltré dans les réseaux jihadistes. Les militaires français auraient tenu une réunion d’urgence avec leurs homologues espagnols, à Noël à Madrid. Le président du gouvernement espagnol, José Luis Rodríguez Zapatero, aurait été personnellement informé du danger, mais l’Élysée n’aurait été tenu au courant qu’en termes vagues pour éviter les interférences [9]. Le coup de filet aurait été décidé au vu de la prière collective des membres du commando et de leur purification rituelle, indicateurs d’un passage à l’acte imminent [10].

Six autres individus, pistés par le Centro Nacional de Coordinación Antiterrorista espagnol, ont été arrêtés le 24 janvier à l’aéroport britannique de Gatwick, tandis que le Centre for the Protection of National Infrastructure du service de contre-espionnage (MI5) lançait un avis d’alerte : cette équipe de planificateurs devait déclencher une autre cellule kamikaze qui aurait commis un attentat dans le tunnel sous la Manche [11].

Tous les services de renseignement européens ont été placés en état d’alerte, d’autant que ces événements coïncidaient avec le périple européen du président pakistanais, Pervez Musharraf (Bruxelles, Paris, Londres, Davos) [12]. Un voyage à hauts risques au cours duquel l’ancien chef d’état-major, entouré d’une nuée de spin doctors états-uniens, devait se construire une image de leader polissé et fréquentable. Malheureusement ses réflexes autoritaires ressurgissaient chaque fois qu’on l’interrogeait sur l’indépendance des juges de son pays ou la possible implication de son parti politique —la PML-Q— dans l’assassinat de Benazir Bhutto.

En outre, les événements de Barcelone prenaient place dans un contexte de nombreuses menaces :
 Le 3 janvier, un certain Murabit Muwaded (c’est-à-dire « le combattant pour l’unité ») a posté en arabe sur le forum du site islamiste al-ekhlaas.net un message promettant de « mettre un terme à la poursuite des ambitions du président Sarkozy dans les pays du Maghreb » et de provoquer « un effondrement de l’économie française au niveau international ».
 Le 5 janvier, un centre états-unien chargé de surveiller les communications du réseau d’Oussama Ben Laden a repéré sur Internet des menaces « contre Paris et contre son maire Bertrand Delanoë » afin d’entraîner « la chute de Nicolas Sarkozy ».
 Le 10 janvier des contrôleurs aériens portugais ont intercepté un message sur les ondes courtes faisant état de menaces terroristes sur Paris [13].
 Le 21 janvier, Le Parisien a oublié en « une » un entretien avec « la veuve noire », une ancienne dirigeante d’Al Qaïda, annonçant que La France serait punie pour son allégeance à l’Amérique [14].
 Le 24 janvier, un message posté sur le forum du site internet al-ekhlaas.net, cette fois signé « Al Qaïda en Grande-Bretagne », exigeait un retrait des troupes britanniques d’Afghanistan et d’Irak, ainsi que la libération des « musulmans captifs » de la prison de haute sécurité de Belmarsh. Il désignait Gordon Brown et Tony Blair comme cibles.

Baitullah Mehsud

Le 5 février, Nigel Inkster, l’ancien directeur adjoint des services secrets extérieurs britanniques (MI6) présentait à Londres le très attendu rapport annuel de l’International Institute for Strategic Studies (IISS). À cette occasion, il a « confirmé » que Baitullah Meshud avait organisé l’assassinat de l’ancien Premier ministre pakistanais Benazir Bhutto, en décembre 2007. M. Inskter a désigné le chef néo-taliban comme le nouvel ennemi public n°1 de l’Occident en remplacement d’Oussama Ben Laden et d’Abou Moussab Al-Zarkaoui [15].

Retenez bien ce nom : Baitullah Mehsud. Il animera vos cauchemars médiatiques durant les prochaines années.

Baitullah Mehsud est connu de longue date comme un chef de guerre pashtoun opérant au Waziristan (zone tribale pakistanaise, frontalière de l’Afghanistan). Il y a deux ans, il avait négocié le cessez-le-feu local et était alors présenté par ses amis états-uniens comme un « artisan de paix » [16]. Changeant d’image, il a fait irruption sur la scène mondiale, le 28 décembre 2007, lorsque le porte-parole du ministre de l’Intérieur pakistanais a déclaré : « Nous avons des rapports de renseignement indiquant que le leader d’Al Qaïda, Baitullah Meshud, est derrière l’assassinat [de Benazir Bhutto]. Nous venons juste de recevoir une interception de renseignement qui a été enregistrée ce matin et dans laquelle Baitullah Meshud félicite ses gens pour avoir réaliser cet acte lâche » [17]. Consécration suprême, le général Michael V. Hayden, directeur de la CIA, déclarait à son tour : « [l’assassinat de Mme Bhutto] a été perpétré par un réseau autour de Baitullah Meshud. Nous n’avons aucune raison d’en douter » [18].

On ne sait pas grand chose de Meshud, sauf la brève biographie que la lui a consacrée le mois dernier la Jamestown Foundation [19]. Si sa période pro-US y est passée sous silence, on y apprend qu’il aurait juré allégeance au mollah Omar, chef historique des talibans, et qu’il serait à la tête d’une armée de 20 000 hommes, pour la plupart issus de son clan, dont on n’avait jusque là jamais soupçonné l’ampleur. Il prohiberait les images, ce qui expliquerait que l’on ne dispose d’aucune photographie de lui. Il a cependant eu la bonne idée d’accorder en janvier une interview à Shahid Nadeem d’Al-Jazeera. D’où l’on sait qu’il aurait commencé ses classes dans l’armée soviétique avant de se rallier aux talibans [20].

L’agence texane Statfor a établi quant à elle un lien entre la secte des suspects de Barcelone et de précédentes affaires de terrorisme [21]. La Jamaat Al-Tabligh Wal-Dawa compterait aujourd’hui 70 à 80 millions de membres ce qui en ferait la plus importante confrérie musulmane dans le monde. Deux dizaines de ses membres seraient impliqués dans les attentats de Londres de juillet 2005 [22], les projets d’attentats à l’explosif liquide d’août 2006 [23], et dans les attentats manqués de Glasgow de juillet 2007.

L’envers du décor

L’affaire de Barcelone est exceptionnelle et l’on imagine que les gouvernements espagnol et britannique ont chaleureusement remercié la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) française —et particulièrement leur audacieux agent F-1— pour avoir déjoué ces complots et sauvé tant de vies innocentes.

Il n’en est rien. Car il y avait un deuxième niveau de manipulation.

Le lecteur attentif est peut-être déjà devenu soupçonneux devant la campagne médiatique alarmiste qui précédait ces projets d’attentat. Il aura remarqué la confusion entre courant wahhabite et déobandi. Il aura peut-être souri devant les menaces de « la veuve noire », prétendûment ancienne dirigeante d’Al-Qaïda, alors que cette mouvance —affirment les mêmes médias— refuse tout rôle politique aux femmes. Il se sera interrogé sur ce Mashud qui passe du jour au lendemain de statut d’« artisan de paix » à celui d’« ennemi public n°1 ». Et s’il a vu son interview sur Al-Jazeera, il se souviendra de ces commentaires du journaliste : « C’est un homme très simple. Il a une garde lourdement armée, mais il ne se comporte pas comme un chef inaccessible. Dans son village, il est chez lui. Contrairement à certains combattants étrangers d’Al-Qaida, il ne se cache pas ». Bref, il semble ignorer son nouveau rôle de méchant planétaire et ne craint pas de faire l’objet d’une attaque des forces spéciales états-uniennes.

Vient le moment où le masque tombe.

Les six terroristes de la cellule de planification arrêtés par Scotland Yard à l’aéroport de Gatwick, le 24 janvier, ont été longuement interrogés par le contre-espionnage britannique (MI5) au centre de haute sécurité de Paddington Green.

Surprise : l’un était le frère cadet, trois autres les neveux, et les deux derniers des collaborateurs directs de Chaudhry Shujaat Hussain, président de la Pakistan Muslim League Quaid-i-Azam (PML-Q), le parti politique du président Pervez Musharraf. Tout ce petit monde rejoignait la suite de Pervez Musharraf, attendu à Londres. Ils n’avaient aucun éclaircissement à apporter sur leur passage à Barcelone. Après les vérifications d’usage, la raison d’État a prévalu. Ils ont été discrétement expulsés vers Islamabad (Pakistan) par le premier vol disponible tandis que Scotland Yard évoquait une méprise (mais alors, pourquoi les expulser ?) [24].

S’il n’avait pas été déjoué le 19 janvier, le scénario de la terreur aurait été le suivant : les deux premiers jours du voyage de Pervez Musharraf en Europe (les 20-21 janvier à Bruxelles et Paris), la première cellule faisait 48 heures de carnage à Barcelone. Le 22 janvier, le président pakistanais étant toujous à Paris, une seconde cellule y opérait. Entre le 23 et le 25, alors que M. Musharraf pérorait au Forum économique de Davos, des bombes explosaient à Francfort. Et lors de son séjour à Londres (du 26 au 28), un attentat dévastait le tunnel sous la Manche.

Du Pakistan, Baitullah Mehsud revendiquait cette campagne de terreur. Accordant des interviews à la presse européenne, Pervez Musharraf dénonçait le tueur de Benazir Bhutto et appelait les forces armées US à l’aide. Déjà secrètement rendu sur place, l’amiral Mike McConell, directeur général du renseignement US, et le général Michael Heyden, directeur de la CIA, dirigeaient une opération contre Meshud. Malheureusement, ils le manquaient de peu, mais tuaient son adjoint, le Libyen Abu Laith al-Libi, le 31 janvier (ce dernier point a été quand même mené à bien à la date prévue, question de rentabiliser le déplacement). Le même jour, George W. Bush battait le tambour en prononçant un discours à Las Vegas sur la guerre globale au terrorisme. Le 1er février, à Paris, Nicolas Sarkozy appelait à un sursaut de l’Occident en recevant le secrétaire général de l’OTAN. Le lendemain à Londres, Gordon Brown et Dick Cheney répondaient à cet appel depuis la résidence des Chequers.

Le 5 février l’International Institute for Strategic Studies publiait un rapport qui venait à point pour évaluer l’ampleur de la menace Meshud. Les ministres de l’OTAN, réunis les 7 et 8 février à Vilnius (Lituanie), décidaient d’étendre les opérations de l’Alliance de l’Afghanistan au Pakistan.

Politique fiction ? Non. Outre que l’agenda des personnalités ci-dessus est exact, souvenez-vous comment, en 1978, le conseiller national de sécurité des États-Unis, Zbignew Brzezinski [25] vint enrôler à Beyrouth un jeune golden boy, Oussama Ben Laden, pour en faire le chef de l’insurrection anti-communiste en Afghanistan [26] ; comment ce dernier recruta des mercenaires dans les milieux sunnites extrémistes pour mener la guerre contre les Soviètiques ; comment il constitua une véritable mouvance autour de lui avec l’aide conjointe des États-uniens, des Britanniques, des Saoudiens, puis des Pakistanais. Souvenez-vous aussi du rôle des services secrets pakistanais (ISI) dans la formation des moujahiddines, puis des talibans, et du personnel d’Al Qaïda [27]. Souvenez-vous du rôle du général Mahmoud Ahmad (directeur de l’ISI) dans l’organisation des attentats du 11 septembre 2001, alors même qu’il était présent à Washington ce jour-là [28].

Notez que l’International Institute for Strategic Studies de Londres avait été le seul organisme non-gouvernemental à rédiger un rapport accréditant la fable des armes de destruction massive en Irak et qu’il est passé maître dans l’art de l’intoxication [29].
Notez que la Fondation Jamestown qui diffuse l’essentiel des informations sur Baitullah Mehsud est dirigée par l’inoxidable Zbignew Brzezinski, par ailleurs conseiller spécial de Barack Obama, le seul candidat à la présidence des États-Unis qui appelle à une intervention militaire au Pakistan.

Ainsi, les services secrets militaires français et espagnols, et José Luis Rodríguez Zapatero, n’ont pas seulement empêché des attentats en Europe, ils ont empêché (ou au moins différé) une opération militaire de l’OTAN au Pakistan à laquelle ils sont viscéralement opposés.

Thierry Meyssan

Analyste politique, fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage paru : L’Effroyable imposture 2 (le remodelage du Proche-Orient et la guerre israélienne contre le Liban).

25 janvier 2008.

[1] « L’Espagne en état d’alerte après un coup de filet antiterroriste », par Harold Hecke, Associated Press, 19 janvier 2008.

[2] Les dix personnes interpellées sont : Hafeez Ahmed, Maroof Ahmed Mirza , Mohammad Ayud Elahi Bibi, Imran Cheema, Shaib Iqbal, Mehmooh Khalib , Roshan Jamal Khan, Qadeer Malik, Mohammed Shoaib et Mohamed Tarik.

[3] Tres de los islamistas dispuestos a atentar en Barcelona han huído y su objetivo no era España, ABC [4] « Sospecha de la presencia en España de un comando proveedor », par Enrique Figuerdo et Eduardo Martin de Pozuello, La Vanguardia, 29 janvier 2008.

[5] « El jefe del grupo se formó cuatro años en una ’madrasa’ paquistaní », El Pais, 3 février 2007.

[6] « Spain terror plot : MEA in dark over arrest of Indians », Times of India, 26 janvier 2008.

[7] « Los detenidos tienen idéntico perfil que los autores del 7-J », El Pais, 27 janvier 2008.

[8] "¿Por qué vamos a atacar en el metro de Barcelona y no en otro lado ?", preguntó..., El Pais, 26 janvier 2008.

[9] « Islamistas.- El servicio secreto francés convocó de urgencia al CNI en Navidad para informarle del plan terrorista », Europa Press, 2 février 2008.

[10] « Terrorisme : le kamikaze infiltré changera d’identité en France », par Joana Viusà, L’Indépendant de Perpignan, 1er février 2008.

[11] « Suicide bomb suspects held at Gatwick after tip-off », par David Leppard, The Sunday Times, 3 février 2007.

[12] « Les services européens redoutent des attentats », par Arnaud De La Grange, Le Figaro, 21 janvier 2008.

[13] « Un appel terroriste visant la tour Eiffel a été intercepté au Portugal », par Yves Bordenave, Le Monde, 12 janvier 2008.

[14] « La « veuve noire » d’Al-Qaïda : « La France sera bientôt punie », propos recueillis par Jean-Marc Ducos, Le Parisien, 21 janvier 2008.

[15] « Abou Moussab al-Zarkaoui, super-héros du Mal », par Vladimir Alexe, Réseau Voltaire, 19 juillet 2005.

[16] « Le chef taliban Mehsud, principal ennemi d’Islamabad », par Nadia Blétry et Pir Zubair Shah, Le Temps, 7 février 2008.

[17] Déclaration en ourdou de Javed Iqbal Cheema sur PTV News, le 28 décembre 2007.

[18] « CIA Places Blame for Bhutto Assassination ; Hayden Cites Al-Qaeda, Pakistani Fighters », par Joby Warrick, The Washington Post, 18 janvier 2008.

[19] « Baitullah Mehsud – The Taliban’s New Leader in Pakistan », par Imtiaz Ali, Terrorism Focus, Volume 5, Issue 1 (January 8, 2008), Jamestown Foundation éd.

[20] « Baitullah Mehsud, nouveau chef taliban, défie l’armée pakistanaise », par Françoise Chipaux, Le Monde du 1er février 2008.

[21] « Tablighi Jamaat : An Indirect Line to Terrorism », Statfor, 23 février 2008.

[22] « Londres renoue avec la stratégie de la tension », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 13 juillet 2005.

[23] « Complot terroriste au Royaume-Uni : que se passe-t-il vraiment ? », par Craig Murray ; « Londres : terrorisme fictif, guerre réelle », par Jürgen Elsässer ; « Fabriquez vous-mêmes votre bombe au TATP », par Thomas C. Greene ; « L’alerte terroriste inquiète les Britanniques, sauf Tony Blair » ; « Les certitudes de Nicolas Sarkozy : “Un faisceau d’éléments permet de penser que la nébuleuse Al Qaïda n’est pas très éloignée de ce qui aurait pu se passer” » ; « Le mensonge des attentats à l’explosif liquide », par James Petras, Réseau Voltaire, 29 août 2006.

[24] « España tomó por terroristas a cargos del partido de Musharraf », El Pais, « El CNI confundió a familiares de un colaborador de Musharraf con islamistas », par Nando Garcia, El Mundo, 6 février 2008.

[25] « La stratégie anti-russe de Zbigniew Brzezinski », par Arthur Lepic, Réseau Voltaire, 22 octobre 2004.

[26] « La Ligue anti-communiste mondiale, une internationale du crime », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 mai 2004.

[27] On trouvera un exposé détaillé de cette affaire dans l’ouvrage que lui a consacré le sous-directeur du renseignement indien qui fut chargé, pendant des années, de l’observer : Fulcrum of Evil : ISI-CIA-Al Qaeda Nexus par Maloy Krihna Dhar, Manas Publication, Delhi, 2006

[28] Lire L’Effroyable imposture 1, par Thierry Meyssan, mars 2002, réédition Demi-lune 2007.

 [29] « Les experts qui ont donné raison à la CIA », Réseau Voltaire, 4 février 2004.

http://www.voltairenet.org/article155002.html


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27/06/2009

n° 23 - Journal de PAKISTAN - 10-06 au 26-06 - Début - : Rumsfeld a aidé « al-Qaïda » à établir un bastion dans le nord-ouest du Pakistan.

n° 23 -  Journal de PAKISTAN -  10-06 au 26-06 - Début - : Rumsfeld a aidé « al-Qaïda » à établir un bastion dans le nord-ouest du Pakistan.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



     Journal de PAKISTAN 

                                                                                  n° 23- 10-06 au 26-06

                    C.De Broeder & M.Lemaire   

 



Avant propos

·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes



Sommaire.

Tiré à part :

 Selon Panetta, Cheney voudrait un nouveau 11-Septembre

Les USA planifient leur réarmement en 2010 pour une guerre en 2012.

Et voici la justification ….

Ben Laden (ndlr : qui semple t’il mort depuis plus de 5ans) serait toujours au Pakistan, selon le patron de la CIA, Leon Panetta.

Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

Javaid Iqbal, emprisonné pendant 5 mois puis expulsé... car aucune

Le Pakistan au cœur des débats.

Baitullah Mehsud travaillerait pour le Mossad et la CIA.

1 Au jour le jour

2 Positions

3 Politiquea) locale

b) Usa

4 Institutions internationales

Suite

Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 AntiWAR / Peace Music Video

5-2 Propagande neo-con sur Arte

5-3 Ahmed Rashid : Le retour des talibans".

6 Brèves

6-1 Iran/Afghanistan/Pakistan : Ensemble contre les talibans.

6-2 Rappel : La guerre secrète contre les villageois du Waziristan.

6-3 Une nouvelle arme états-unienne pour bombarder en toute discrétion.

6-4 Le général Petraeus s’inquiète des crimes de la CIA au Pakistan.

6-5 Baitullah Mehsud travaillerait pour le Mossad et la CIA.

6-6 40.000 réfugiés de plus au Pakistan par crainte d'une offensive.

Fin

7  Dossiers

7-1 Michel Chossudovsky : Rumsfeld a aidé « al-Qaïda » à établir un bastion dans le nord-ouest du Pakistan.

7-2 Mohamed Hassan : Pakistan- Afghanistan : le trou noir de l’Empire.

 



Tiré à part :

 Selon Panetta, Cheney voudrait un nouveau 11-Septembre
Dans un dossier sur l’histoire secrète du conflit entre l’administration Bush sortante et l’administration Obama entrante, le New Yorker (édition datée du 22 juin 2009) cite le nouveau directeur de la CIA, Léon Panetta.

Celui-ci dénonce les critiques virulentes de l’ancien vice-président Cheney qui accuse Barack Obama de négliger la sécurité des États-Unis en envisageant des mesures telles que la fermeture du centre de torture de Guantanamo. Mais Léon Panetta va plus loi, il assure que Dick Cheney « voudrait une nouvelle attaque contre le pays, pour avoir raison ».

http://www.voltairenet.org/article160614.html

 

Les USA planifient leur réarmement en 2010 pour une guerre en 2012.
Alors que Washington diminue son déploiement de troupes à l’étranger et opère des coupes sombres dans les programmes militaires, il anticipe une nouvelle guerre en 2012.

 Les diverses commissions parlementaires qui débattent du budget 2010 de la Défense prévoient d’augmenter les effectifs de l’Armée de terre, non de 40 000 hommes comme annoncé précédemment, mais de 70 000 hommes. Le Congrès souhaite également augmenter le budget du Commandement des opérations spéciales (SOCOM) et celui du Centre de coordination des opérations spéciales de l’OTAN en Belgique. L’ensemble du dispositif permettrait à l’OTAN d’ouvrir un nouveau front avant la fin du mandat du président Obama.

http://www.voltairenet.org/article160593.html

 

Et voici la justification ….

Ben Laden (ndlr : qui semple t’il mort depuis plus de 5ans) serait toujours au Pakistan, selon le patron de la CIA, Leon Panetta.

Le directeur de la CIA, Leon Panetta, a déclaré qu'Oussama ben Laden se trouverait encore au Pakistan où il pourrait être capturé à la faveur de l'offensive menée par l'armée pakistanaise dans la zone tribale (nord-ouest).

M. Panetta, a réaffirmé que débusquer le chef d'Al-Qaïda restait l'une des priorités de la centrale américaine de renseignement.

Selon lui, la possibilité d'une capture de l'homme le plus recherché au monde est plus forte du fait de l'activité conjuguée de la CIA et de l'armée pakistanaise.

"L'un de nos espoirs est que la progression de l'armée pakistanaise, combinée avec nos opérations, nous donne une chance plus grande de l'attraper", a-t-il expliqué.

Dans son discours, M. Panetta a indiqué que son agence avait augmenté le nombre de ses agents et informateurs au Pakistan pour réunir le maximum d'éléments sur le réseau Al-Qaïda et ses forces dans le pays.

"Nous avons un certain nombre de gens sur le terrain au Pakistan, qui nous aident à déterminer les objectifs et nous fournissent les informations dont nous avons besoin pour traquer Al-Qaïda", a précisé le patron de la CIA, ajoutant que l'offensive en cours de la vallée de Swat progressait de manière satisfaisante, l'armée ayant repris aux talibans et à leurs alliés l'essentiel de la région.

 AP

11-06

http://fr.news.yahoo.com/3/20090611/twl-usa-cia-ben-laden-224d7fb_3.html



Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

Javaid Iqbal, emprisonné pendant 5 mois puis expulsé... car aucune charge n'a été retenue contre lui.

C'est un Pakistanais, Javaid Iqbal, arrêté pour infraction à la loi sur l'immigration peu après le 11-Septembre, emprisonné 5 mois dans une prison de haute sécurité puis expulsé vers son pays d'origine sans qu'aucune charge n'ait été retenue contre lui, qui avait présenté cette requête devant la Cour suprême.

Javaid Iqbal a été maltraité, enfermé 23 heures sur 24 dans une cellule de confinement où la lumière était allumée en permanence, et avoir été sujet à des fouilles au corps à répétition et à des brimades. Il demandait à neuf sages de reconnaître que l'attitude et les déclarations des responsables de la police et de la justice fédérales après les attentats ouvraient la voie aux arrestations au faciès et aux interrogatoires musclés de musulmans dans le cadre de la politique antiterroriste mise en place par le gouvernement Bush.

http://tf1.lci.fr/infos/monde/ameriques/0,,4416853,00-la-justice-n-inquietera-pas-les-figures-de-l-ere-bush-.html



Le Pakistan au cœur des débats.

Baitullah Mehsud travaillerait pour le Mossad et la CIA

Dans un article publié il y a un peu plus d’un an, Thierry Meyssan présentait Baitullah, militant pashtoun pakistanais désigné par la CIA comme organisateur de l’assassinat de Benazir Bhutto et d’une série d’attentats manqués sur le sol européen, comme le futur épouvantail public numéro un d’ « al-CIA » servant d’alibi aux frappes aériennes US en territoire pakistanais.

Cela s’est depuis vérifié, celui-ci ayant récemment revendiqué une série d’attaques meurtrières contre des civils, des centres religieux et les forces de sécurité pakistanaises dans la région du Waziristan, suscitant un fort ressentiment contre les Talibans parmi la population.
Considérant que Baitullah Mehsud et ses hommes « travaillent contre l’Islam », Turkistan Bittani et Qari Zainuddin, qui combattaient à ses côtés, viennent de faire défection.

Ces derniers ne mâchent pas leurs mots : ils le qualifient d‘ « agent états-unien » embrigadant de jeunes kamikazes pour le compte de la CIA et du Mossad afin de déstabiliser le seul pays musulman doté de l’arme nucléaire. Ils affirment en outre que les nombreuses frappes US réalisées par des drones ont soigneusement évité de le prendre pour cible.

22 Juin 2009

http://www.alterinfo.net/Pakistan-Baitullah-Mehsud-travaillerait-pour-le-Mossad-et-la-CIA_a33595.html



1) Au jour le jour

Les zones tribales pakistanaises frontalières de l'Afghanistan sont considérées comme des bases arrière pour les résistants, d'où ils mènent des attaques contre les forces internationales déployées en Afghanistan.

Assaillants US & collaborateurs.

09-06

L'état-major pakistanais assure avoir repris l'essentiel de la vallée de Swat, au terme de combats qui aurait fait 1.300 morts dans les rangs des résistants et 105 parmi les militaires.

Elle reconnait toutefois l'existence de quelques poches de résistance.

L'offensive a fait 2,5 millions de déplacés, regroupés dans la région de Mardan, dont les autorités devront prendre soin au risque de perdre le soutien naissant de l'opinion.

Richard Holbrooke, émissaire des Etats-Unis dans la région, s'est lui-aussi félicité lundi de ce soutien, tout réclamant la mobilisation de la communauté internationale en faveur des déplacés.

"Nous avons invité d'autres pays à s'associer à nos efforts. En fin de compte, nous aurons besoin de plusieurs milliards de dollars pour cette petite partie du Pakistan", a ajouté la diplomate.

 9 juin,

Reuters 

Version française Jean-Philippe Lefief

12-06

Un kamikaze a fait sauter sa bombe, faisant deux morts dont Sarfraz Naeemi et six blessés, selon la police. Aux dires de ses proches, Sarfraz Naeemi recevait des menaces de mort depuis qu'il s'opposait ouvertement aux résistants talibans Pakistanais

AP

l'armée poursuivait ses opérations dans la vallée de Swat. Elle a affirmé avoir pris la ville de Chuprial à l'issue d'une violente bataille qui a fait 39 morts côté talibans et huit côté soldats.

AP

12-06

Des hommes ont attaqué la maison du général Masood Aslam à Peshawar (nord-ouest) vendredi. Il n'a pas été blessé mais deux militaires auraient péri.

AP

18-06

Des drones ont tiré des missiles sur des supposés résistants d'un village situé à l'ouest de Wana dans la région tribale pakistanaise du Sud-Waziristan, sur la frontière afghane, faisant au moins cinq morts, rapportent des responsables du renseignement.

Les Etats-Unis font usage d'avions sans pilote pour attaquer dans les enclaves du Nord-Ouest pakistanais, d'où les résistants lancent des attaques en Afghanistan.

"Trois missiles ont touché un camp d'entraînement commandé par un chef local, Malang Wazir", a dit un responsable qui a requis l'anonymat en se référant à l'attaque d'un village situé à l'ouest de Wana, principale ville de la région.

Reuters,

http://www.lexpress.fr/actualites/

21-06

Les combats entre l'armée pakistanaise et les résistants s'intensifiaient lundi dans les instables zones tribales frontalières du nord-ouest, selon des responsables de sécurité, qui affirment qu'au moins 13 insurgés ont été tués.

A la limite entre les deux districts du Waziristan du Nord et du Sud, l'armée a également bombardé la maison d'un commandant taliban local, tuant quatre personnes, deux résistants et deux femmes, et blessant huit autres, a indiqué un officier de la police tribale, Amanullah Wazir.

Tous ces bilans ne pouvaient être vérifiés de source indépendante.

AFP

23-06

"Un missile a été tiré par un drone présumé américain dans la zone montagneuse reculée de Neej Narai", a déclaré à l'AFP un responsable pakistanais de sécurité sous couvert de l'anonymat.

Un autre responsable a confirmé ce bombardement, ajoutant craindre des victimes et ne pas savoir quelle était la cible de l'attaque.

AFP

23-06

Le chef d'une faction opposée aux résistants pakistanais,Qari Zainuddin, a été tué par un inconnu mardi dans le nord-ouest du Pakistan, a annoncé la police.

Cette exécution survient alors que l'armée pilonne chaque jour le bastion de Mehsud, dans le district tribal du Waziristan du Sud, frontalier avec l'Afghanistan, et assure préparer l'assaut terrestre contre ‘Al-Qaïda’.

Qari Zainuddin, était membre de la même tribu des Mehsud mais sont groupe a quitté il y a neuf mois le Mouvement des Talibans du Pakistan (TTP) de Baïtullah qui a fondé le Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP) en décembre 2007, une fédération de groupes de résistants qui ont fait allégeance à Al-Qaïda et soutiennent les talibans afghans dans leur résistance contre les forces internationales présentes en Afghanistan, américaines pour la grande majorité.

http://www.romandie.com/

24-06

Des tirs de drones contre un centre d'entraînement des talibans dans le Sud Waziristan, puis sur une cérémonie funèbre à laquelle assistaient plusieurs hauts responsables talibans, montre une coopération étroite entre services américains et pakistanais, même si le gouvernement d'Islamabad s'en défend.

C'est probablement la plus meurtrière des attaques de drones jamais menées par l'armée d’occupation US sur le sol pakistanais, mais contrairement à l'habitude, le Pakistan n'a pas réagi à cette atteinte à sa souveraineté.

L'attaque ciblée de mardi a tué 70 personnes, d'après les services de renseignement pakistanais, mais elle a raté sa cible principale, le résistant en chef Baitullah Mehsud.

Cinquante-cinq des 70 tués participaient aux funérailles des victimes d'une précédente atttaque américaine. Les résistants reconnaissent 65 tués.

AP - Reuters

24-06

Des drones continuaient à survoler le Sud-Waziristan, territoire pakistanais bordant l'Afghanistan.

Des coups de feu ont également été tirés en direction des drones américains qui poursuivent leur survol de cette région isolée et montagneuse.

Depuis le début 2008, les drones américains ont mené 43 raids, dont le rythme s'est intensifié depuis septembre dernier. Ces attaques ont fait près de 400 morts,

AP - Reuters


Lire la suite

n° 23 - Journal de PAKISTAN - 10-06 au 26-06 -Suite - : Rumsfeld a aidé « al-Qaïda » à établir un bastion dans le nord-ouest du Pakistan.

n° 23 -  Journal de PAKISTAN -  10-06 au 26-06 -Suite - : Rumsfeld a aidé « al-Qaïda » à établir un bastion dans le nord-ouest du Pakistan.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



     Journal de PAKISTAN.  

                                                                                  n° 23- 10-06 au 26-06

  C.De Broeder & M.Lemaire   

 



Avant propos

·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes



Sommaire.

Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 AntiWAR / Peace Music Video

5-2 Propagande neo-con sur Arte

5-3 Ahmed Rashid : Le retour des talibans".

6 Brèves

6-1 Iran/Afghanistan/Pakistan : Ensemble contre les talibans.

6-2 Rappel : La guerre secrète contre les villageois du Waziristan.

6-3 Une nouvelle arme états-unienne pour bombarder en toute discrétion.

6-4 Le général Petraeus s’inquiète des crimes de la CIA au Pakistan.

6-5 Baitullah Mehsud travaillerait pour le Mossad et la CIA.

6-6 40.000 réfugiés de plus au Pakistan par crainte d'une offensive. 


Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

 

5-1 AntiWAR / Peace Music Video

http://www.youtube.com:80/watch?v=PEFQXyLucyk


5-2 Propagande neo-con sur Arte

http://www.alterinfo.net/Propagande-neo-con-sur-Arte_a33253.html


5-3 Ahmed Rashid : Le retour des talibans".

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

Sept ans après le 11 septembre et en dépit des milliards de dollars investis dans la région et des milliers de morts, le chaos règne en Afghanistan et au Pakistan. Le Pakistan, foyer d’instabilité et Etat nucléaire est une usine à terroristes.

En Afghanistan, les Talibans regagnent les territoires perdus.

Ce livre est un cri d’alarme qui émane du meilleur et du plus courageux journaliste Pakistanais pour engager l’Occident à corriger ses erreurs de stratégie.
Rien n’est plus urgent à l’échelle internationale.
Car c’est au Pakistan et en Afghanistan que la guerre post 11 septembre a véritablement commencé. C’est là que va se livrer la bataille décisive entre l’Occident et l’insurrection islamiste.

Dans son livre, Rashid explique comment le Pakistan a fourni aux talibans un sanctuaire, de l’argent et des armes après l’invasion Américaine de l’Afghanistan, tandis que le Pakistan devenait dans le même temps l’allié stratégique des Américains dans la région.

Il raconte comment les services secrets Pakistanais ont utilisé l’argent que la CIA leur remettait pour financer les talibans. Il décrit les incohérences et les faiblesses des Etats- Unis et de l’OTAN, et leur incapacité à installer un Etat et une économie stable qui ont conduit à l’explosion de la production d’opium qui finance aujourd’hui les talibans. Avec un style très vivant, ce livre se nourrit d’anecdotes racontées par quelqu’un qui a côtoyé longtemps et de près tous les acteurs de cette guerre, du président Ahmid Karzai au Mollah Omar. Il se lit comme une épopée, avec ses personnages hauts en couleurs, seigneurs de guerre féodaux et leurs prisons secrètes, talibans, membres des services secrets de la CIA.
Comment et pourquoi une guérilla médiévale donne t-elle du fil à retordre à la première armée du monde ? A quel jeu jouent le Pakistan et ses services secrets ? Pourquoi les Américains ont-ils continué à financer ceux qui protégeaient l’état major d’Al-Qaida? C’est un décryptage très fouillé de cette guerre qui nous concerne au premier plan parce que nous avons des soldats qui meurent sur son front et que cette région est devenue la ligne de cette fracture symbolique entre des mondes qui ne se comprennent plus. Ce livre est l’incroyable roman vrai d’un drame dont la fin n’est pas encore écrite.

 

Biographie de l’auteur : Ahmed Rashid est un journaliste pakistanais. Résidant à Lahore, il est considéré comme le meilleur expert au monde du mouvement taliban. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur l’Asie centrale, dont « L’Ombre des talibans » et « L’Asie centrale, champ de guerres » publiés en France (Editions Autrement). Il écrit pour le Daily Telegraph, le Washington Post, la New York Review of Books et l’hebdomadaire américain The Nation. Son précédent livre sur les talibans, numéro 1 dans la liste des best-sellers du New York Times a été traduit en 22 langues et vendu à plus de 1,5 millions d’exemplaires. Il est consultant de Barack Obama.

Ndlr : QQ commentaires ….et tout sera claire…
« Le Retour des talibans est un livre capital, dont le message tombe à point nommé pour les responsables politiques, les militaires, les stratèges internationaux et surtout le grand public, mal informé. » New York Times.

« Puissant. » Wolf Blitzer, journaliste, CNN.

« Excellent (…) personne ne raconte mieux que Rashid la duplicité de Musharraf. » Time Magazine.

« Les décennies passant, Ahmed Rashid a fini par devenir une sorte de prophète de la région (…) Son livre est un abrégé caustique des erreurs du gouvernement Bush et, par extension, de ses alliés locaux, dans leur façon d’aborder l’islamisme militant. » International Herald Tribune.

« En vérité, la guerre d’Afghanistan a duré à la fois trop et trop peu. C’est l’histoire qu’Ahmed Rashid, le plus remarquable des journalistes indépendants du Pakistan, raconte dans un nouveau livre, tout à la fois décourageant, déprimant et fascinant, Le Retour des talibans. Ce devrait être une lecture obligatoire pour le président des Etats-Unis et tous les dirigeants de l’OTAN qui jouent l’avenir de leur alliance militaire en Afghanistan. » Financial Times.

« Essentiel (…) Ahmed Rashid, un journaliste doué d’un grand talent narratif et analytique (…), raconte cette histoire du point de vue d’un Pakistanais très bien informé qui en connaît personnellement presque tous les acteurs majeurs. » The SundayTimes (Royaume-Uni).

« Une analyse terrible des (…) Etats défaillants qui constituent la plus importante des menaces. » NewYork Post.

« Rashid est excellent (…) Comme dans ses livres précédents, il déterre ces pépites d’informations qui vous illuminent et qui expliquent (…) Ce nouvel ouvrage de Rashid est une contribution majeure à la compréhension de la région. » Observer (Royaume-Uni).

05-06-2009

http://www.afghana.org/1015/index.php?option=com_content&task=view&id=432&Itemid=44



6 Brèves

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

6-1 Iran/Afghanistan/Pakistan : Ensemble contre les talibans.

26-05-2009

Les présidents iranien, afghan et pakistanais se sont réunis pour un sommet consacré en priorité à la ‘sécurité’ dans la région.

La rencontre a permis aux dirigeants d’afficher leurs volontés communes.

Pour le président iranien, cette réunion a donné l’occasion une nouvelle fois d’épingler la présence des forces étrangères.

Dans un premier temps, le sommet organisé par Ahmadinejad visait à coordonner la coopération entre les trois pays pour lutter contre l’insécurité. Mais lors du sommet, le président iranien a exprimé la volonté des trois pays - l’Iran, le Pakistan et l’Afghanistan - de lutter contre l’extrémisme et le trafic de drogue. Mais il en a profité aussi pour dénoncer la présence des troupes américaines et étrangères dans la région.

L'enjeu de la lutte contre les talibans

Malgré la présence de 70 000 soldats étrangers en Afghanistan, les talibans ont multiplié ces derniers mois les actions armées sur le sol afghan, mais aussi au Pakistan où des régions entières sont actuellement contrôlées par les talibans. L’Iran est épargné par ces violences mais ce sommet intervient alors que les Etats-Unis ont demandé l’aide de Téhéran pour lutter contre les talibans, ce qui pourrait permettre également un rapprochement entre Téhéran et Washington.

Avec notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi


6-2 Rappel : La guerre secrète contre les villageois du Waziristan.

C’est dans le plus grand silence de la presse internationale que l’armée pakistanaise, encadrée par ses instructeurs US en contre-insurrection, mène depuis mars « l’Opération Tremblement de terre » (« Zalzada » en ourdou).

L’action est supervisée par le général Michael Hyden, directeur de la CIA, venu spécialement sur place pour l’occasion, en mars.

La 14e division de l’armée pakistanaise a entrepris de « nettoyer » le Waziristan (zone tribale) des éléments soutenant l’insurrection contre l’OTAN en Afghanistan et qualifiés selon les cas de « liés à Al-Qaeda » ou de « pro-talibans ».

Sous le commandement du général Tariq Khan, les soldats encerclent un à un les villages et « réduisent » les poches de résistance. Puis, ils fouillent les maisons à la recherche d’indices du soutien apporté par les villageois aux insurgés. Dans le cas où ils trouvent des facilités particulières (c’est-à-dire des maisons utilisées par les combattants), ils expulsent les habitants et les punissent collectivement : ils rasent le village en brûlant les maisons ou les détruisant à l’explosif.

Plus de 200 000 villageois ont ainsi été punis au cours des quatre derniers mois, en violation des Conventions internationales. La ville de Spinkai, que les habitants ont du fuir en hâte laissant leurs effets personnels est devenue le symbole de ces crimes.

Le président états-unien George W. Bush a félicité le nouveau Premier ministre pakistanais, Yusuf Raza Gilani, pour les excellents résultats de cette opération « anti-terroriste », lors de leur rencontre en marge du Forum économique du Proche-Orient à Sharm el-Sheikh (Égypte).

20-05-08

http://www.voltairenet.org/article157110.html


6-3 Une nouvelle arme états-unienne pour bombarder en toute discrétion.
En janvier 2006, les États-Unis bombardaient le Baloutchistan, une province du Pakistan frontalière de l’Afghanistan, causant la mort de nombreux civils, ce qui engendra d’importantes manifestations et des dissensions parmi les alliés du général Musharraf au pouvoir, sans parler de l’indignation internationale suite à cette violation flagrante de la souveraineté d’un État officiellement allié.

Pour pouvoir continuer à bombarder les régions hostiles au régime du général Musharraf, allié précieux dans la « guerre au terrorisme », sans toutefois s’exposer à l’ire de la population, les forces spéciales de l’US Army expérimentent actuellement une nouvelle arme.

Sorte de croisement entre la roquette et le missile de croisière, le HIMARS (pour High Mobility Artillery Rockets, fusées d’artillerie à haute mobilité) est lancé depuis le côté afghan de la frontière à partir d’un véhicule tout-terrain, indispensable dans cette région montagneuse. Il peut être guidé par GPS jusqu’à sa cible et délivrer plusieurs sortes de charges, notamment des bombes à sous-munitions.
Officiellement, cette arme permet d’atteindre des cibles que les frappes aériennes distinguent mal par mauvais temps, jusqu’à une distance de 300 km. Mais surtout, personne ne peut identifier d’aéronefs états-uniens sur zone.

Ainsi, le mardi 19 juin 2007, une gigantesque explosion causait la mort d’au moins 30 personnes, dont des civils, dans le Nord-Waziristan. Les autorités pakistanaises et états-uniennes affirment qu’elle était due à des munitions présentes sur place. Pourtant les témoins locaux affirment avoir vu 3 missiles en provenance de l’Afghanistan tout proche. Il s’agit de la première utilisation du HIMARS sur un théâtre d’opération.

Michel Chossudovsky

Michel Chossudovsky es un economista canadiense, profesor de la Universidad de Ottawa, Canadá.

http://www.voltairenet.org/article149375.html


6-4 Le général Petraeus s’inquiète des crimes de la CIA au Pakistan.
Une polémique oppose le Pentagone à la CIA à propos des assassinats ciblés de chefs de la résistanceen Afghanistan et au Pakistan, ou l’Agence mène une campagne sur le modèle de l’Opération Phœnix durant la guerre du Vietnam.

On ignore le chiffre exact de ces interventions, mais des responsables de l’Agence ont assuré en privé avoir éliminé plus de 300 « cibles » depuis janvier 2008.

La presse pakistanaise a recensé 60 frappes dans le pays depuis janvier 2008, s’étant soldées par la mort de 14 responsable de la résistance  et de 687 « victimes collatérales ».

Ces exécutions extra-judiciares ont été vivement critiquées au Conseil des droits de l’homme de l’ONU et le rapporteur spécial a sommé les États-Unis d’en préciser la base légale. 

Mais là n’est pas le problème aux yeux du général David Petraeus (patron de l’US Central Command) et de ses amis.

Pour réaliser ces opérations, une puce émettrice est installée au domicile de la cible, souvent par un proche corrompu.

La cible est alors bombardée par un drone.

En moyenne la CIA tue 50 civils par cible atteinte.

Dans ces conditions, l’élimination des commandants suscite une forte colère parmi la population et la dresse contre les États-Unis. Tous les efforts des militaires pour « gagner les esprits et les cœurs » s’en trouvent réduits à néant.

http://www.voltairenet.org/article160594.html


6-5 Baitullah Mehsud travaillerait pour le Mossad et la CIA.
Dans un article publié il y a un peu plus d’un an, Thierry Meyssan présentait Baitullah Mehsud (au centre, de dos sur la photo), militant pashtoun pakistanais désigné par la CIA comme organisateur de l’assassinat de Benazir Bhutto et d’une série d’attentats manqués sur le sol européen, comme le futur épouvantail public numéro un d’ « al-CIA » servant d’alibi aux frappes aériennes US en territoire pakistanais.

Cela s’est depuis vérifié, celui-ci ayant récemment revendiqué une série d’attaques meurtrières contre des civils, des centres religieux et les forces de sécurité pakistanaises dans la région du Waziristan, suscitant un fort ressentiment contre les Talibans parmi la population.
Considérant que Baitullah Mehsud et ses hommes « travaillent contre l’Islam », Turkistan Bittani et Qari Zainuddin, qui combattaient à ses côtés, viennent de faire défection. Ces derniers ne mâchent pas leurs mots : ils le qualifient d‘ « agent états-unien » embrigadant de jeunes kamikazes pour le compte de la CIA et du Mossad afin de déstabiliser le seul pays musulman doté de l’arme nucléaire. Ils affirment en outre que les nombreuses frappes US réalisées par des drones ont soigneusement évité de le prendre pour cible.

http://www.voltairenet.org/article160665.html


6-6 40.000 réfugiés de plus au Pakistan par crainte d'une offensive.

40.000 Pakistanais ont fui leurs maisons dans le nord-ouest du pays redoutant le déclenchement d'une offensive de l'armée dans le fief taliban du Sud-Waziristan, rapportent des responsables de l'Onu.

Ce nouveau flot de réfugiés vient gonfler les quelque deux millions de Pakistanais déjà déplacés par les combats entre l'armée et les taliban pakistanais.

Les Nations unies, qui réclament 543 millions de dollars pour faire face à cette crise humanitaire, en ont récolté le tiers, a déclaré à Reuters l'envoyé spécial de l'Onu chargé du dossier humanitaire, Abdul Aziz Arrukban. Mais le déplacement de la crise vers le Sud-Waziristan menace d'alourdir encore le coût des opérations d'assistance.

D'après Manuel Bessler, qui dirige le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), ils sont 37.000 civils à avoir d'ores et déjà quitté ce territoire.

La crise humanitaire au Pakistan, a-t-il ajouté, présente une particularité unique au monde: 80% des populations déplacées ne vivent pas dans des camps installés par l'Onu ou d'autres agences, mais auprès de membres de leur famille ou d'amis dont "les capacités d'accueil sont débordées".

"C'est très différent de la situation des populations déplacées en Afrique, qui sont pour la plupart dans des camps", a-t-il dit à Reuters.

http://fr.news.yahoo.com/


n° 23 - Journal de PAKISTAN - 10-06 au 26-06 -Fin - : Rumsfeld a aidé « al-Qaïda » à établir un bastion dans le nord-ouest du Pakistan.

n° 23 -  Journal de PAKISTAN -  10-06 au 26-06 -Fin - : Rumsfeld a aidé « al-Qaïda » à établir un bastion dans le nord-ouest du Pakistan.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



     Journal de PAKISTAN.  

                                                                                  n° 23- 10-06 au 26-06

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Avant propos

·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes



Sommaire.

7  Dossiers

7-1 Michel Chossudovsky : Rumsfeld a aidé « al-Qaïda » à établir un bastion dans le nord-ouest du Pakistan.

7-2 Mohamed Hassan : Pakistan- Afghanistan : le trou noir de l’Empire.

 



7  Dossiers

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

7-1 Michel Chossudovsky : Rumsfeld a aidé « al-Qaïda » à établir un bastion dans le nord-ouest du Pakistan.

Les États-Unis dénoncent l’incapacité du Pakistan à éliminer « un bastion d’al-Qaïda » au Waziristan. Cependant, fait remarque le professeur Michel Chossudovsky, ce « bastion d’al-Qaïda » n’est rien d’autre qu’un refuge de combattants afghans créé sur instruction du secrétaire à la défense Donald Rumsfeld.

Ainsi, Washington se fabrique des ennemis pour trouver des prétextes d’ingérence.

Le gouvernement états-unien envisage d’envoyer des troupes au Pakistan afin de neutraliser al-Qaïda dans son refuge du Waziristan, dans le nord du Pakistan. Cette initiative fait partie de sa doctrine de la « guerre préventive ».

Il prétend que le bastion d’al-Qaïda, situé dans une zone montagneuse isolée, constitue une menace pour la sécurité des États-Unis. Selon la direction du Renseignement national, « al-Qaïda demeure la plus grave menace pour les États-Unis […]. Nous estimons que ce groupe a protégé et renouvelé des éléments clés de ses capacités d’attaque contre les États-Unis, notamment un refuge sûr dans les zones tribales administrées au niveau fédéral (FATA), ses lieutenants opérationnels et sa direction. » [1]

Lors de séances à huis clos du Sénat et des commissions des Services armés et du Renseignement, James Clapper, sous-secrétaire à la Défense chargé du Renseignement, a confirmé la détermination du gouvernement de démanteler le « réseau terroriste » à l’intérieur du Pakistan :

« Les États-Unis ne sont pas restés passifs pendant que le réseau militant responsable des attaques du 11-Septembre contre New York et Washington renouvelait ses forces dans le nord du Warizistan. […] Je pense que notre objectif sera non pas d’éliminer ce refuge, mais certainement de le rendre moins sûr et moins attirant pour al-Qaïda, comme nous l’avons fait pour les autres [2].

Cette déclaration a été faite à la suite de la publication, le 11 juillet 2007, du National Intelligence Estimate (Évaluation du Renseignement national) qui fait état d’une attaque possible des États-Unis par al-Qaïda. Le rapport suggère également que le bastion d’où al-Qaïda prépare ses opérations terroristes est situé dans les zones tribales du nord-ouest du Pakistan. Aussi bien Washington qu’Islamabad accusent des membres militants de tribus du Waziristan d’« héberger al-Qaïda et de soutenir les talibans ».

La Maison-Blanche est favorable à une opération militaire américaine au Pakistan

Selon Frances Townsend, conseillère de Bush pour la sécurité intérieure, « la Maison-Blanche n’exclut pas l’utilisation de la force pour attaquer les camps terroristes du Pakistan ». [3]

Tous d’accord

Se fondant sur le consensus qui s’est établi entre les diverses agences de renseignements, le Département d’État a fait des déclarations semblables. Au cours d’auditions séparées devant la Commission des Affaires étrangères du Sénat, le sous-secrétaire d’État Nicholas Burns s’est déclaré largement d’accord avec le Pentagone et la Maison-Blanche : « Dans certaines circonstances, les États-Unis agiront de manière unilatérale contre al-Qaïda au Pakistan. » [4]

La logique de ces déclarations est qu’al-Qaïda prépare sans aucun doute depuis son bastion du Waziristan un second attentat important dirigé contre les États-Unis et que « nous devons les attaquer ».

Selon les commissions du Sénat et de la Chambre des représentants, l’engagement militaire du Pakistan s’est révélé inefficace. Elles demandent une opération militaire états-unienne soigneusement préparée et dirigée contre al-Qaïda : « Al-Qaïda se trouve maintenant dans une zone du Pakistan pratiquement inaccessible aux forces armées et au gouvernement pakistanais. Elle l’a toujours été. Il est très difficile d’opérer dans cette région », a déclaré Edward Gistaro, meilleur expert de la CIA en matière de menaces transnationales.

Procurer un refuge sûr aux combattants d’al-Qaïda ?

L’Administration Bush utilise la présence supposée de forces d’al-Qaïda dans le nord-ouest du Pakistan pour justifier une intervention militaire préventive dans un pays souverain. Une telle opération pourrait être lourde de conséquences. Elle pourrait conduire à une extension de la « guerre contre le terrorisme » des États-Unis au-delà des frontières du Moyen-Orient et de l’Asie centrale.

Le bastion d’al-Qaïda au Waziristan représente-t-il une menace pour les États-Unis ? Comment al-Qaïda a-t-il réussi à établir son quartier-général dans le nord-ouest du Pakistan ? La question est essentielle si l’on veut évaluer la volonté du gouvernement Bush de neutraliser le réseau terroriste. Le bastion d’al-Qaïda a été établi dans les mois qui ont suivi l’invasion de l’Afghanistan par les États-Unis et l’OTAN. La campagne militaire commença au début d’octobre et se termina à la fin novembre 2001. L’invasion était une guerre punitive dirigée contre l’Afghanistan dont on soupçonnait le gouvernement taliban d’avoir appuyé les attaques du 11-Septembre. (Il n’existe actuellement pas de preuve d’implication du gouvernement afghan dans ces attentats.)

À la fin novembre 2001, l’Alliance du Nord, appuyée par les bombardements US, s’empara de la ville de Kunduz, dans le nord du pays. 8 000 hommes ou plus « ont été pris au piège dans la ville les derniers jours du siège, dont la moitié environ étaient des Pakistanais, des Ouzbeks, des Tchétchènes et divers mercenaires arabes. » [5].

Parmi ces combattants se trouvaient plusieurs officiers supérieurs de l’armée et des renseignements pakistanais envoyés sur le théâtre des opérations par l’Armée pakistanaise. Leur présence dans les rangs des forces des talibans et d’al-Qaïda était approuvée par Washington. Les services de renseignements militaires pakistanais, l’ISI, qui ont également joué un rôle direct dans les attentats du 11-Septembre, supervisaient l’opération.

Dans une déclaration faite à la Maison-Blanche le 26 novembre 2001, le président Bush a confirmé la détermination des États-Unis de poursuivre les terroristes : « Il y a longtemps, j’ai dit qu’un de nos objectifs était de les faire sortir de leurs tanières en les enfumant, de les mettre en fuite et de les juger […] J’ai dit aussi que nous utiliserions tous les moyens nécessaires pour atteindre cet objectif, et c’est exactement ce que nous allons faire. »

Curieusement, au lieu d’arrêter les « combattants étrangers » d’al-Qaïda qui se battaient aux côtés des talibans, l’Armée états-unienne a facilité leur évacuation vers le nord-ouest du Pakistan dans des avions militaires.

Un grand nombre de ces « combattants étrangers » n’ont jamais été ni jugés ni mis en détention ni interrogés. Tout au contraire : Comme le confirme Seymour Hersh, ils ont été placés en sécurité sur l’ordre du Secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld :

« L’Administration Bush a ordonné au Commandement central américain de mettre sur pied un couloir aérien spécial pour assurer la sécurité des vols de Kunduz vers le coin nord-est du Pakistan. […]
Moucharraf a obtenu le soutien de l’Amérique pour ce pont aérien en les mettant en garde : L’humiliation causée par la perte de centaines, voire de milliers de soldats et d’agents des services secrets pakistanais compromettrait sa survie politique. Un agent des services secrets américains m’a dit que les Etats-Unis étaient très désireux d’aider Moucharraf. Un analyste de la CIA a déclaré avoir compris que la décision d’autoriser le pont aérien avait été prise par la Maison Blanche et qu’elle était motivée par le désir de protéger le dirigeant pakistanais. A l’époque, ce pont aérien était justifié. Un grand nombre de ceux qu’ils ont fait disparaître comme par enchantement étaient des dirigeants talibans dont le Pakistan espérait qu’ils pourraient jouer un rôle dans un gouvernement afghan après la guerre. Selon cet agent, Moucharraf voulait récupérer ces hommes pour avoir une carte à jouer lors de futures négociations. Nous étions supposés avoir accès à eux, mais ce ne fut pas le cas et les talibans que nous avons sauvés restent inaccessibles aux services secrets américains. »

Selon un ancien haut responsable états-unien de la Défense, le pont aérien a été approuvé parce que les Pakistanais pensaient qu’il y avait des agents des services secrets et des combattants clandestins qui devaient sortir de là. [6]

En d’autres termes, la version semi-officielle était : « On s’est fait avoir par les Pakistanais. »

Parmi 8 000 hommes ou plus, 3 300 se sont rendus à l’Alliance du Nord, ce qui fait qu’il restait entre 4 000 et 5 000 hommes « portés disparus ». Selon des sources émanant des services de renseignements indiens [7], au moins 4 000 hommes, dont deux généraux de l’armée pakistanaise, ont été évacués [8]. L’opération a été qualifiée avec désinvolture de « grosse erreur » ayant entraîné des « conséquences non souhaitées ». Selon des responsables états-uniens, « ce qui devait être une évacuation limitée a apparemment échappé à tout contrôle et, conséquence imprévue, un nombre inconnu de talibans et de combattants d’al-Qaïda ont réussi à se joindre à l’exode. » [9]

Un article de la presse indienne a confirmé que ceux qui ont été évacués, par la grâce de l’Oncle Sam, n’étaient pas des talibans modérés mais plutôt des talibans « purs et durs » et des combattants d’al-Qaïda. [10]

Terroristes ou forces utiles aux services de renseignement ?

L’évacuation des combattants pakistanais et étrangers d’al-Qaïda vers le nord-ouest du Pakistan faisait partie d’une opération de l’armée et des services secrets dirigée par des agents de l’ISI pakistanais en accord avec leurs homologues de la CIA.

Un grand nombre de ces « combattants étrangers » ont été intégrés dans les deux principaux groupes terroristes rebelles cachemiris Lashkar-e-Taiba (« Armée des purs ») et Jaish-e-Muhammad (« Armée de Mahomet »). Ainsi une des principales conséquences de l’évacuation appuyée par les États-uniens fut de renforcer ces organisations terroristes cachemiries.

On sauve des combattants d’al-Qaïda et on enlève des civils

Pourquoi l’Armée états-unienne a-t-elle organisé ce pont aérien destiné à mettre en sécurité plusieurs milliers de « combattants étrangers » ? Pourquoi ne les a-t-elle pas arrêtés et envoyés au Camp Delta de Guantanamo ? Quel est le rapport entre leur évacuation d’une part et l’emprisonnement (sur la base d’accusations inventées de toutes pièces) de « combattants ennemis » dans le camp de concentration de Guantanamo ?

Alors que le Secrétaire à la Défense Rumsfeld prétendait à l’époque que les détenus de Guantanamo étaient des « tueurs brutaux », on a des preuves que la plupart d’entre eux étaient des civils :

« L’Alliance du Nord a reçu des millions de dollars du gouvernement états-unien et a poussé à arrêter des milliers de civils innocents en Afghanistan sous prétexte que c’étaient des terroristes afin d’aider le gouvernement états-unien à justifier la « guerre contre le terrorisme ». Certains futurs prisonniers de Guantanamo ont été arrêtés par des soldats pakistanais patrouillant le long de la frontière et qui recevaient des primes. D’autres ont été capturés par des seigneurs de la guerre afghans et vendus aux États-uniens qui offraient des primes pour la capture de combattants talibans et de ceux d’al-Qaïda. Dans les rapports classifiés des services de renseignements, un grand nombre de prisonniers sont décrits comme étant des paysans, des chauffeurs de taxi, des cordonniers et des ouvriers ». [11]

Alors que les combattants d’al-Qaïda et leurs conseillers pakistanais de haut rang étaient « sauvés » sur ordre de Donald Rumsfeld, des civils innocents, qui n’avaient absolument aucun lien avec les opérations militaires ont été, également sur son ordre, systématiquement qualifiés de « combattants ennemis », enlevés, interrogés, torturés et envoyés à Guantanamo. Pourquoi ?

L’Administration Bush avait-elle besoin de « recruter des prisonniers » dans la population civile et de les faire passer pour des « terroristes » afin de confirmer son engagement dans la « guerre globale contre le terrorisme » ? Avait-elle besoin de « combler le vide » laissé par l’évacuation en secret de plusieurs milliers de combattants d’al-Qaïda ? En d’autres termes, ces détentions faisaient-elles partie de la campagne de propagande du Pentagone ?

Inversement, le gouvernement Bush avait-il besoin de l’existence d’un bastion d’al-Qaïda pour continuer ses opérations dans sa guerre préemptive contre le terrorisme ? Ces « terroristes » étaient-ils nécessaires au sein du groupe de militants islamistes cachemiris dans le contexte d’une opération secrète conjointe de l’ISI et de la CIA ?

Quelle qu’en ait été la raison – nous sommes ici en présence d’une opération diabolique des services secrets.

Plus de 600 hommes provenant de 42 pays différents ont été détenus à Guatánamo. Alors que les États-uniens continuent de prétendre que ce sont des « combattants ennemis », un grand nombre d’entre eux n’avaient jamais mis les pieds en Afghanistan. Ils ont été enlevés dans divers pays comme le Pakistan, la Bosnie, la Gambie, transférés vers la base militaire états-unienne de Bagram, en Afghanistan, puis dirigés sur Guantanamo. Parmi les prisonniers, il y avait quelques adolescents de 13 à 15 ans. Selon des responsables du Pentagone, ces garçons ont été internés à Guantanamo « parce qu’ils étaient considérés comme une menace et qu’ils pouvaient fournir aux autorités américaines des renseignements très précieux » [12]. Selon le journal britannique Muslim News, « on a ignoré tout respect des normes du droit international en enlevant des musulmans partout dans le monde, en les transférant à Guantanamo et en les soumettant à une justice sommaire. »

On a arrêté des adolescents mais aucun des vrais « combattants étrangers » évacués par la grâce de l’Oncle Sam n’a été considéré comme une menace pour la sécurité.

À la poursuite d’al-Qaïda dans le nord-ouest du Pakistan

Dans les mois qui ont suivi l’invasion de l’Irak, le Pentagone a décidé de renforcer ses opérations antiterroristes dans le nord-ouest du Pakistan avec le soutien de l’Armée pakistanaise. Ces opérations ont été déclenchées dans les zones tribales du nord à la suite de la visite à Islamabad du Secrétaire d’État adjoint Richard Armitage et de l’assistante du Secrétaire d’État Christina Rocca en octobre 2003.

L’opération a été diffusée en direct par le réseau de télévision national dans les mois précédant les élections présidentielles de novembre 2004. Les cibles étaient Ben Laden et son bras droit Ayman al-Zawahiri censés se cacher dans le nord du Pakistan.

Le Pentagone qualifia cette stratégie d’approche « marteau et enclume », « les troupes pakistanaises pénétrant dans les zones tribales semi-autonomes de leur côté de la frontière et les forces afghanes et américaines balayant les zones inhospitalières de l’autre côté ». [13].

En mars 2004, le Sunday Express britannique citait une source des services de renseignement états-uniens :

« Ben Laden et environ 50 de ses partisans avaient été coincés dans la chaîne de Toba Kakar au nord de la ville pakistanaise de Quetta et observés par satellite. […] Le Pakistan envoya alors une troupe spéciale de plusieurs milliers de soldats dans la zone tribale du Waziristan-Sud. »

Ironie amère, c’est dans cette région septentrionale du Pakistan que quelque 4000 « combattants étrangers » avaient été évacués sur ordre de Rumsfeld en novembre 2001. Et ces unités d’al-Qaïda étaient ravitaillées par l’ISI. [14]

Ainsi, les unités des services de renseignements militaires du Pakistan (ISI) qui ont coordonné l’évacuation des combattants étrangers en novembre 2001 pour le compte des États-uniens sont maintenant impliquées dans la recherche « marteau et enclume » des membres d’al-Qaïda dans le nord-ouest du Pakistan avec le soutien des forces armées régulières de ce pays.

D’un point de vue militaire, c’est absurde.

Pourquoi les États-uniens n’ont-ils pas arrêté les combattants d’al-Qaïda en novembre 2001 ? Par incompétence ou mauvaise préparation militaire ? Ou était-ce une opération secrète destinée à sauver et à soutenir l’« ennemi numéro un » ? Parce que sans cet ennemi, il n’y aurait pas de « guerre contre le terrorisme ». L’opération a certainement un sens au point de vue de la propagande de guerre : Les terroristes sont bien là-bas, c’est nous qui les y avons transférés. En les poursuivant maintenant, nous montrons au monde que nous sommes déterminés à les éliminer. La campagne de Bush a besoin de quelque chose de plus qu’une « guerre contre le terrorisme » purement rhétorique. Elle a besoin d’une « vraie guerre contre le terrorisme », avec un quartier général d’al-Qaïda dans la zone tribale du Waziristan qui a été choisie.

Où est la menace ?

Depuis peu, l’existence d’un bastion d’al-Qaïda est utilisée pour justifier une intervention militaire états-unienne au Pakistan sous prétexte qu’une « attaque contre le territoire américain » est en train d’être organisée dans ces montagnes inaccessibles qui ont peu d’infrastructures et de réseaux de communication.

Incroyable ?


[1] Inside the Pentagon, 26 juillet 2007.

[2] Cité par Reuters, 26 juillet 2007.

[3] Fox News, 22 juillet 2007.

[4] Reuters, 26 juillet 2007.

[5] Seymour M. Hersh, « The Gateway », The New Yorker, 21 janvier 2002.

[6] Seymour Hersh, op. cit.

[7] Citées par Hersh.

[8] Ibid.

[9] Cité par Hersh.

[10] Times of India, 24 janvier 2002.

[11] Témoignage communiqué par l’avocat de Mohammad Sageer, cité dans America’s War on Terrorism.

[12] Washington Post du 23 août 2003.

[13] The Record, Kitchener, 13 mars 2004.

[14] UPI, 1er novembre 2001.

Michel Chossudovsky

Michel Chossudovsky es un economista canadiense, profesor de la Universidad de Ottawa, Canadá

Source : « Rumsfeld Helped Al Qaeda Establish a Stronghold in Northwestern Pakistan », Mondialisation.ca, 26 juillet 2007.

Traduction : Horizons et débats

http://www.voltairenet.org/article151384.html


7-2 Mohamed Hassan : Pakistan- Afghanistan : le trou noir de l’Empire.

Interview de Mohamed Hassan par Grégoire Lalieu et Michel Collon.

Pourquoi Bush est allé en Afghanistan. Pourquoi Obama y va aussi. Pourquoi le Pakistan voisin risque d’éclater. ? 

Est-il possible de gagner la guerre en Afghanistan? Non, répondent les experts. Pourtant, l’Otan poursuit ses efforts pour venir à bout des Talibans et c’est le Pakistan qui s’embrase. Quelles sont les véritables raisons de cette guerre ? Les visées hégémoniques des Etats-Unis plongeront-elles la région dans le chaos ? Dans ce nouveau chapitre de notre série « Comprendre le monde musulman », Mohamed Hassan répond à ces questions. Et il nous explique pourquoi c’est au peuple du Pakistan de sauver son pays d’une possible disparition…

En 2001, les Etats-Unis lançaient l’opération « Enduring Freedom » en Afghanistan car, selon eux, les Talibans refusaient de céder Oussama Ben Laden. Sept ans plus tard, plus personne ne parle de l’ennemi public numéro un. Quelles sont les raisons de cette guerre aujourd’hui?

 Tout d’abord, vous devez considérer que les Talibans n’ont rien à voir avec Oussama Ben Laden.

En 1996, Ben Laden, renvoyé d’Arabie Saoudite, trouvait refuge au Soudan. Les Saoudiens firent alors pression sur ce pays pour qu’il expulse le célèbre terroriste. C’est à ce moment que Ben Laden est venu en Afghanistan. Mais les attentats du 11 septembre n’avaient aucun rapport avec ce pays. Il y a juste cette réaction des Talibans lorsque Washington réclama Ben Laden : « Si vous voulez que Ben Laden soit jugé, donnez-nous les preuves et laissons-le juger par une cour islamique dans quelque pays musulman que ce soit ». En fait, les néoconservateurs de l’administration Bush ont surtout utilisé cet événement tragique comme un alibi.

 Avec quelles intentions?

 Trois ouvrages majeurs nous permettent de comprendre les racines de la vision des Etats-Unis. D’abord, La fin de l’Histoire de Francis Fukuyama. Il prétendait que l’Histoire de l’humanité était arrivée à son terme avec l’effondrement de l’Union soviétique et la domination de la démocratie libérale. Ensuite, Le choc des civilisations, de Samuel Huntington. Selon qui l’Histoire ne dépendrait pas de la lutte des classes mais plutôt d’un conflit entre civilisations. Huntington a donc divisé le monde entre ces différentes civilisations, décrétant que la plus agressive serait l’islamique. Le dernier ouvrage, Le grand échiquier de Zbigniew Brzezinski, considère que celui qui dominera l’Eurasie sera l’unique puissance du 21ème siècle. En effet, la majorité de l’humanité vit dans cette zone et l’activité économique y devient plus importante.

 A présent, retournons à la fin de l’administration Clinton. L’année 1997 a été marquée par une sérieuse crise économique : avec l’éclatement de la bulle financière en Asie, le NASDAQ s’est effondré. Lorsque les néoconservateurs ont débarqué à la Maison Blanche avec Georges W. Bush en 2001, la situation économique n’était donc pas brillante. Malgré quoi, ils ont exposé leur objectif très clairement : personne ne doit être capable de rivaliser avec les Etats-Unis. Pour y arriver, la nouvelle administration cherchait à contrôler le monde en contrôlant les ressources les plus importantes, essentiellement le gaz et le pétrole.

 Sous l’influence de Brzezinski, Clinton voulait d’abord dominer l’Europe en élargissant l’Otan, et ensuite gagner l’Asie Centrale.

Mais les néoconservateurs ont dit : « Non, nous n’avons pas le temps pour cela. Vu cette crise, nous devons créer et contrôler le Grand Moyen-Orient pour disposer du pétrole ». On sent ce changement dans le discours de Bush après les attentats du 11 septembre lorsqu’il dit : « Vous êtes avec nous ou contre nous ». Avec sa conception de l’Axe du Mal, il voulait élargir la guerre.

 La guerre d’Afghanistan - qui pour la première fois dans l’Histoire a été planifiée par la CIA sans la collaboration du Pentagone - n’était donc qu’un prétexte pour entraîner les troupes US et leur donner l’expérience nécessaire pour ensuite attaquer l’Irak.

Vous devez savoir que le renversement de Saddam Hussein était planifié bien avant les attentats du 11 septembre.

Obama veut incarner le changement. Pourquoi concentre-t-il les efforts militaires en Afghanistan au lieu de l’Irak ?

….

Les Talibans n’ont pas toujours été les ennemis des Etats-Unis. L’ancienne secrétaire d’Etat US Madeleine Albright avait salué leur arrivée au pouvoir en 1996 comme un « pas positif ». Il semble même que ce pas ait été encouragé. Ce que l’ancienne ministre pakistanaise Benazir Bhutto résumait ainsi : « L’idée était anglaise, le financement saoudien, la supervision pakistanaise et l’armement américain ». 

 A la fin des années 70, les Soviétiques vinrent en Afghanistan pour soutenir le gouvernement révolutionnaire menacé par des combats internes. Brzezinski, conseiller du président Carter, entreprit de faire de l’Afghanistan le Vietnam des Soviétiques pour porter ainsi un coup fatal à l’influence du socialisme dans la région. Pour combattre l’Union Soviétique et le gouvernement révolutionnaire d’Afghanistan, les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite soutinrent donc les moudjahidines par l’intermédiaire du Pakistan. Quand l’Armée rouge quitta l’Afghanistan en 1989, les Etats-Unis savaient que les Soviétiques traversaient une sérieuse crise. Ayant atteint leur but, ils se lavèrent les mains et quittèrent la région qui se trouva plongée dans le chaos.

En fait, Washington a utilisé les moudjahidines comme un préservatif : quand ils n’étaient plus d’aucune utilité, ils les ont jetés.

Qui en a souffert ?

Les peuples d’Afghanistan et du Pakistan.

 En effet, lorsque les services secrets pakistanais ont soutenu les moudjahidines pour combattre les communistes, ils n’ont pas unifié ce mouvement, mais ont soutenu chaque seigneur de guerre séparément. Une fois les Etats-Unis partis, une sévère compétition a opposé les seigneurs de guerre afghans. Le pays a été totalement détruit par cette guerre civile. Des millions de réfugiés ont fui vers le Pakistan, alors touché lui-même par une grave crise, son économie déclinant avec l’arrivée de nombreux Afghans et barons de la drogue.

 Dans ce contexte, apparurent les Talibans, des étudiants issus de la plus jeune génération de ces réfugiés. Leur arrivée au pouvoir offrait une opportunité aux Etats-Unis et au Pakistan. Mais en fait, ces trois acteurs avaient chacun des intérêts très différents.

C’est-à-dire ?

Le Pakistan, lorsque les pays d’Asie centrale sont devenus indépendants, a réalisé que son principal ennemi, l’Inde, était fort, alors que lui-même se trouvait en position délicate. La bourgeoisie pakistanaise décida, pour se développer économiquement et concurrencer l’Inde, d’utiliser l’Afghanistan comme porte d’accès aux marchés d’Asie centrale.

Elle favorisa donc l’accès au pouvoir des Talibans en Afghanistan.

 L’intérêt des Etats-Unis était de contrôler et dominer les richesses d’Asie centrale. La compagnie pétrolière US Unocal voulait construire un pipeline dans la région. Mais pour cela, il fallait que l’Afghanistan soit pacifié.

 Enfin, l’intérêt des Talibans était de pacifier le pays et d’instaurer une révolution islamique.

Ce qui rencontrait les intérêts de l’Arabie Saoudite qui souhaitait exporter l’idéologie islamique en Asie centrale, afin d’affaiblir la Russie et de contrôler le gaz dans cette région.

 Appuyés donc par des puissances étrangères, les Talibans ont combattu les seigneurs de guerre et pris le pouvoir.

Fatigué, le peuple d’Afghanistan voulait la paix.

Les Talibans furent bien accueillis.

 Finalement, ce plan n’a pas marché : les Etats-Unis n’ont pas réussi à pacifier la région, le Pakistan n’a pu s’ouvrir un accès au marché de l’Asie centrale et les Talibans ont été renversés. Pourquoi ?

 L’Afghanistan comporte différents groupes ethniques. Le plus représenté est celui des Pachtounes : presque 50% de la population. Ensuite, il y a les Tadjiks, les Hazaras et les Kazakhs autour desquels la rivalité entre les seigneurs de guerre s’articule. Enfin, il y a d’autres minorités. Les Talibans sont Pachtounes. Un trait caractéristique de ce groupe est qu’ils sont très indépendants !

Les Etats-Unis et le Pakistan voulaient les utiliser comme des mercenaires, mais les Talibans avaient leur propre vision des choses. De plus, les Pachtounes ne reconnaissent pas la frontière séparant Afghanistan et Pakistan.

 Pourquoi ?

Retournons au 19ème siècle, quand l’Inde était la précieuse colonie de l’Empire britannique, qu’inquiétait l’expansion des Russes en Asie centrale. Pour protéger leur colonie, les Britanniques souhaitaient utiliser l’Afghanistan. Cela a débouché sur trois guerres anglo-afghanes. Ce qui nous intéresse particulièrement est un résultat de la seconde guerre : en 1893, le gouverneur d’Inde, Sir Durand, traça une ligne dans le territoire pachtoune, afin de protéger sa colonie en créant une zone tampon entre l’Afghanistan et l’Inde britannique. Cette ligne est la frontière actuelle entre l’Afghanistan et le Pakistan. C’est pourquoi beaucoup de Pachtounes ne reconnaissent pas l’existence du Pakistan. Quand ce pays est devenu indépendant, le seul membre à voter contre son entrée aux Nations Unies était l’Afghanistan !

 Il était donc clair que les Talibans, lorsqu’ils auraient pris le pouvoir, ne se soumettraient pas à ces intérêts étrangers. En mai 2001, six mois avant l’attaque du World Trade Center, Washington allouait sans aucun résultat une subvention de 43 millions de dollars au régime taliban dans le cadre du projet de pipeline d’Unocal. Mais avec le 11 septembre, tout le programme tomba à l’eau. 

Les forces de la coalition ont facilement renversé le régime taliban mais n’ont pas réussi à prendre le contrôle du pays. Pourquoi ?

 Tout d’abord, l’actuel gouvernement d’Afghanistan n’est pas reconnu par les Pachtounes.

Quand les Talibans ont été renversés, les Etats-Unis ont placé Hamid Karzai comme président. Karzai, qui a travaillé pour Unocal, est un Pachtoune mais il n’a pas de base sociale en Afghanistan. En fait, les Pachtounes, premier groupe ethnique du pays, ne sont pas vraiment représentés dans ce gouvernement. Il y a juste quelques marionnettes de Washington sans aucune légitimité auprès de la population. Au départ, les Etats-Unis essayèrent bien d’acheter des Pachtounes représentatifs pour participer au gouvernement, mais ceux-ci ont pris l’argent et se sont tirés : comme je l’ai dit, les Pachtounes sont très indépendants !

Deuxièmement, les seigneurs de guerre présents au gouvernement travaillent chacun dans leur propre intérêt. Ils ne paient pas de taxes au gouvernement central, mais s’approprient les richesses. Chaque ministère est le ministère indépendant d’un seigneur de guerre. Une situation chaotique qui paralyse le gouvernement.

Troisièmement, les seigneurs de guerre ne font pas confiance aux Pachtounes. Ils pensent que si ces derniers prennent la majorité au gouvernement, ils imposeront leur vision. Bref, c’est un gouvernement où tout le monde est contre tout le monde. Tous les films que l’Occident s’est faits, ça ne marche absolument pas !

 Enfin, nous pouvons dire également que les forces de l’Otan n’aident pas Hamid Karzai dans son travail en bombardant des paysans dans leurs fermes, dans les mosquées, à des mariages ou à des funérailles… L’actuel gouvernement est perçu par une grosse partie de la population comme un instrument de l’agresseur. Tous ces meurtres ont créé un soulèvement populaire et unifié la résistance des Talibans.

Pourquoi la guerre afghane a-t-elle provoqué une telle crise au Pakistan ? 

Comme je l’ai dit, la ligne de Durand tracée dans le territoire historique des Pachtounes est l’actuelle frontière séparant les deux pays. Ce qui veut dire que vous avez des Pachtounes des deux côtés de la frontière. Au Pakistan, ils sont le deuxième groupe ethnique après les Punjabis. C’est très important. Car l’élite pakistanaise, depuis l’indépendance du pays, a toujours soutenu l’impérialisme US. Vous pouvez travailler en tant qu’agent de votre patron quand vous accomplissez pour lui un boulot au loin, en Amérique du Sud ou en Afrique par exemple. Mais dans le cas de la guerre d’Afghanistan, c’est un suicide car les deux pays sont voisins et se partagent des groupes ethniques.

Il y a des Talibans dans le Nord du Pakistan aussi. Chaque jour, ils attaquent et détruisent les ravitaillements des forces de la coalition supposés passer du Pakistan à l’Afghanistan par un endroit stratégique de la frontière. Pour résoudre ce problème, le gouvernement pakistanais, marionnette de Washington, autorise l’Otan à bombarder les Pachtounes sur son propre territoire. En conséquence, les Talibans pakistanais se sont développés et estiment maintenant que leur ennemi est au Pakistan. Ils ont déclaré vouloir marcher sur Islamabad.

C’est pourquoi la frontière entre les deux pays n’a plus de sens.

Et le peuple pakistanais doit faire face à ce problème : où est la légitimité du gouvernement pakistanais s’il laisse l’OTAN bombarder ses propres civils ?

Le peuple pakistanais a maintenant deux solutions : devenir nationaliste et refuser le diktat US ou continuer sur cette voie qui mène à la disparition de son pays.

Quelles pourraient être les conséquences de cette crise ?

 La clé, c’est la stratégie des Etats-Unis pour bloquer la Chine. Quand le tsunami est survenu, Washington a envoyé une importante aide humanitaire en Indonésie. En profitant pour y construire une base militaire dans la province d’Aceh. Cette base fait face au détroit de Malacca et c’est par ce détroit que passe le pétrole provenant de l’Océan Indien et à destination de la Chine.

Aujourd’hui, les Etats-Unis sont installés à cet endroit stratégique. Au moindre problème avec la Chine, ils seront en mesure de fermer ce détroit et priver Pékin de son pétrole. Tenant compte de cette situation, le géant asiatique - qui a de plus en plus besoin de pétrole pour développer son pays - cherche d’autres voies d’acheminement. Une solution passe par la Birmanie, qui a des ressources et qui pourrait permettre un accès vers le Bangladesh.

Une autre possibilité, c’est le port de Gwandar, construit par la Chine au Baluchistan qui est la plus grande province du Pakistan : environ 48% de la superficie du pays. Mais c’est aussi la province la moins peuplée : 5% de la population totale. Cette province a d’importantes réserves de gaz et de pétrole. Pékin pourrait aussi construire un pipeline partant de l’Iran et passant par le Baluchistan avant de rejoindre la Chine occidentale. Mais les Etats-Unis veulent absolument empêcher cette province de passer dans la sphère d’influence chinoise. D’où leur soutien au mouvement séparatiste du Baluchistan, afin de prendre, eux, le contrôle du port de Gwandar.

Avec, d’un côté, le problème des Pachtounes, et, de l’autre côté, la possible sécession de sa plus grande province, le Pakistan risque une balkanisation : l’éclatement en une série de petits Etats. Aujourd’hui, le peuple pakistanais devient plus attentif.

C’est à lui que revient le devoir de stopper ce désastre et de virer les Etats-Unis du Pakistan. Mais c’est aussi la responsabilité de tous les mouvements démocratiques révolutionnaires de la région. En effet, si le Pakistan connaît le même sort que la Yougoslavie, toute la région devra faire face à des très graves problèmes.
Mohamed Hassan recommande les lectures suivantes :

    *      Ahmed Rashid, Taliban. Militant Islam, Oil and Fundamentalism in Central Asia, Yale University Press, 2001 (existe en français: Ahmed Rashid, L’ombre des Talibans, Autrement, 2001)
    *      Antonio Giustozzi, War, Politics and Society in Afghanistan, 1978-1992, Georgetown University Press, 2000
    *      Alfred W. McCoy, The Politics of Heroin in Southeast Asia.
CIA complicity in the global drug trade, Harper & Row, 1972 (existe en français: Alfred W. McCoy, La politique de l'héroïne l'implication de la CIA dans le trafic de drogues, Ed. du Lézard, 1998)
    *      Michel Collon, Media Lies and the Conquest of Kosovo, Unwritten History, 2007 (existe en français: Michel Collon, Monopoly, L’Otan à la conquête du monde, EPO, 2000)

4 Juin 2009
http://www.michelcollon.info/index.php?option=com_content&view=article&id=2082:afghanistan-pakistan-le-trou-noir-de-lempire&catid=1:articles&Itemid=2



Carte géographique du Pakistan

http://maps.google.fr/maps?hl=fr&q=Pakistan&lr=lang_fr&um=1&ie=UTF-8&split=0&gl=fr&ei=HkhDSqTiOceQjAfQk-W6Dw&sa=X&oi=geocode_result&ct=title&resnum=17



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

26/06/2009

N° 444- Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 24-06 : -Début - Obama est en train de se transformer en un Dick Cheney.


N° 444- Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 24-06 :  -Début - Obama est en train de se transformer en un Dick Cheney.



              Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme,

 L’information est une arme au service de la paix

    Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak

                 n°444                            23-06/09

                C.De Broeder      &       M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire :

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 George Gruenthal : À quoi pouvons-nous nous attendre de la présidence d’Obama ?

1-2 Doug Ireland : Obama en campagne pour la présidentielle de 2012.

1-3 Le nouveau visage de l’impérialisme U.S.

1-4 Paul Craig Roberts : Obama est en train de se transformer en un Dick Cheney.

1-5 L’évolution des rapports de force internationaux.

Suite

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Shane Bauer : les nouveaux escadrons de la mort.

Fin

3 Annexe

3-1 George Gruenthal : À quoi pouvons-nous nous attendre de la présidence d’Obama ?

3-2 Le lobby pétrolier carbure pour sauver son influence.

3-3 Vous serez surveillés jusque dans votre lit.

3-4 « Six Days in Fallujah » : peut-on jouer avec la guerre en Irak ?

Avant propos

Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants qui osent leur résister...



1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 George Gruenthal : À quoi pouvons-nous nous attendre de la présidence d’Obama ?

Obama : Discours du Caire 

Dans un sens, il n’y a aucun doute que l'élection de Barack Hussein Obama comme Président des États-Unis est historique.

Comme le premier président Noir, c'est clair qu’on ne peut plus dire aux Afro-Américains ce qui est réalisable pour eux.

Il y a des décades, Malcolm X a écrit dans son autobiographie que, quand il a dit à son enseignant qu'il voulait être avocat, l'enseignant lui a dit qu'il devrait viser à être quelque chose comme un charpentier, alors que devenir un avocat n'était pas un but "réaliste" pour une personne Noire.

Également, la présidence d’Obama marquera un changement du style de Bush des débridées guerres d'agression unilatérales. Bush a fait du gouvernement américain le plus détesté partout dans le monde, non seulement au Moyen Orient et autres pays dépendants et opprimés, mais aussi parmi le peuple de ses alliés en Europe de l’Ouest. Bush est devenu aussi un des présidents les plus méprisés par une grande section de gens dans les États-Unis.

Dans la ville de New York, Obama a gagné par presque 80% du vote sur McCain, qui correctement était vu comme un continuateur des politiques de Bush, et dans le Bronx, avec son écrasante population Noire et Latine, Obama a gagné avec presque 90% du vote.

Mais Obama n'a pas gagné seulement parce qu'il avait un large soutien populaire.

Il a gagné principalement parce qu'il était le préféré évident des principaux secteurs de la classe dirigeante du monopole capitaliste. Sa campagne a dépassé en dépenses celles de McCain par plus de plusieurs millions. Et ceci n'était pas seulement à cause des petites contributions de millions d’Afro-Américains et autres travailleurs mais à cause des gros monopolistes, des compagnies d’huile, d’auto et d’autres secteurs qui ont donné des millions à sa campagne.

Aussi, la majorité des médias bourgeois ont donné leur soutien à Obama. Dans la ville de New York, non seulement le New York Times, qui représente le secteur libéral du capital financier et est principalement destiné à la petite et moyenne bourgeoisie a soutenu Obama. Aussi l’a fait le Daily News dont la fonction principale est de diriger la démagogie bourgeoise à la classe des travailleurs. Des grands journaux bourgeois, seulement le New York Post le porte-parole des secteurs les plus réactionnaires de la classe gouvernante a soutenu McCain. (Bien sûr, les journaux bourgeois ont totalement ignoré la campagne de Cynthia McKinney, la femme progressive Afro-Américaine qui a conduit une campagne indépendante sur la ligne du Green Party.) Pour voir l'importance de la presse bourgeoise dans les élections, on peut seulement se rappeler l'universelle raillerie dirigée à Howard Dean, le coupant de la course quand il était le principal candidat dans les Primaires Démocrates de 2004, parce qu'il a pris une position contre la guerre en Iraq.

Les élections elles-mêmes ont montré la réjection évidente des politiques de Bush, non seulement sur la guerre mais aussi sur ses cadeaux au riche. Des millions de nouveaux électeurs ont été enregistrés (quelques 300,000 dans la Ville de New York seulement), la grande majorité d’eux a soutenu Obama. Environ 95% des électeurs Afro-Américains ont soutenu Obama, comme l’ont fait presque 70% des électeurs Latino. Les électeurs blancs dans la majorité (55%) ont voté pour McCain, bien que les électeurs de race blanche dans une écrasante majorité d’état de race blanche (tel que 'IOWA ou New Hampshire) furent dans la majorité pour Obama. C'était des blancs dans la nation Afro-Américaine dans le Black Belt South qui ont voté principalement pour McCain.

Qu’est-ce qu’Obama Représente?

Au commencement de la plus sérieuse crise économique aux États-Unis. (et probablement dans le monde) depuis la Grande Dépression, et pendant le plus grand isolement politique du gouvernement des États-Unis au Pays et à l'étranger, la classe dirigeante compte sur un président Afro-Américain qui entre en fonction sous le slogan "Le Changement Nous Pouvons Y Croire." Mais la candidature d’Obama, particulièrement puisque il a gagné la nomination à la Convention du Parti Démocrate en août, montre les limites de son changement proposé.

 Premièrement, Obama a choisi comme Vice-président Joe Biden vieux routier du Parti démocrate. En particulier, Biden a soutenu la guerre en Iraq à son début, et représente des décades d'expérience au service de l’impérialisme américain.

Deuxièmement, Obama a tourné consciemment son dos au mouvement des Afro-Américains. Ceci fut très évident quand il fut forcé par deux fois de nier son ancien pasteur, le Rev. Jeremiah Wright, qui a mis en avant une forme de Théologie de Libération y compris l'utilisation du slogan "Dieu damne l'Amérique" (de la même façon, que durant le mouvement des Droits Civiques le peuple disait "Dieu damne le Mississippi"). Ceci faisait penser à la façon dont John Kerry, pendant sa campagne présidentielle en 2004, a été forcé de nier son verdict exact sur la nature agressive de la Guerre au Vietnam. Pour être un candidat impérialiste "sérieux" dans les élections aux États-Unis, il faut toujours être préparé à nier la vérité.

Troisièmement, Obama a fait marche arrière sur ses précédentes positions anti-guerre. En ce qui concerne l’Iraq, il a déclaré: "nous devons être aussi prudent à sortir de l’Iraq que nous fûmes négligent à y entrer." De plus, il appelle à envoyer plus de troupes en Afghanistan et même pour le besoin de traverser cette frontière du pays avec le Pakistan dans "la chaude poursuite" de militant, poursuivant la pratique de Bush de bombarder les villages pakistanais.

Quatrièmement, comme opposé à prendre une position "équitable" au Moyen-Orient, Obama s’est engagé à continuer le soutien débridé pour le client principal des États-Unis dans la région, l’Apartheid sioniste-Israël.

Cinquièmement, comme partie d'un effort bipartite à secourir le monopole capitaliste, Obama a joint McCain pour amener à bonne fin le $700 milliard de sauvetage des grandes corporations, clamant que c’était nécessaire pour ranimer l'économie. Il n'a manifesté aucune intention pour mettre en place un projet de secours pour les millions de gens qui ont déjà perdu leurs maisons ou qui font actuellement face aux saisies, étant expulsés pour l'incapacité à payer leurs loyers, pour ceux qui n'ont pas d'argent pour payer les soins de santé, ou pour tous les travailleurs qui souffrent de la crise capitaliste.

Finalement, les nominations d’Obama à son gouvernement ont montré son prolongement avec la politique capitaliste traditionnelle. Sa nomination d’Hillary Clinton comme Secrétaire d'État fournit la continuité avec le régime de bill Clinton. Éric Holder, en dépit d'être le premier Africain-Américain à être désigné au poste de Ministre de la Justice, fut un avocat qui a défendu Chiquita Brands qui a fourni $1.7 million aux escadrons de la mort Colombiens qui tuaient les syndiqués et autres civils. . Et Adolfo Carrion, président d’arrondissement Bronx Borough, et possible candidat pour l’HUD, est connu pour supporter des cadeaux de centaines de millions des contribuables aux grandes corporations privées pour «développer» le Bronx.

Ce n’est pas par accident qu’Obama fut mis en fonction maintenant, comme les États-Unis font face à une crise sévère. Obama devra présider aux réductions à grande échelle dans les services sociaux d'une certaine façon que la classe qui gouverne pense sera plus agréable aux gens que si McCain était le président. Obama peut dire: "Nous aimerions pouvoir fournir des soins de santé abordables pour tous, mais nous n'avons tout simplement pas l'argent maintenant." Ou "Nous aimerions couper les impôts pour 95% des gens, mais nous ne pouvons pas le faire alors que nous avons un déficit énorme du budget." Ceux qui pensent qu’Obama pourra implanter un Nouveau programme qui fournira quelque soulagement immédiat aux masses se sont trompé.

Les Tâches des Socialistes Révolutionnaires Aujourd'hui

Dans la période conduisant aux élections, plusieurs Marxistes-Léninistes authentiques et autres progressistes ont soutenu Cynthia McKinney. McKinney était pour un six-terme membre du Congrès Démocratique de Géorgie qui est venu adopter des positions progressistes, non seulement appelant pour le retrait de toutes les troupes d'Iraq et d’Afghanistan, mais pour la fermeture de toutes les bases militaires à l'étranger. Elle a soutenu un projet de programme national de santé. Elle a exigé une investigation authentique de ce qui est arrivée le 11 septembre, 2001, et pour la mise en accusation de George Bush comme Président. Et elle a demandé une Reconstruction de la Nouvelle-Orléans après l'Ouragan Katrina pour le droit au retour de la population à une écrasante majorité Afro-Américaine qui avait habité là. Pour ces positions et autres, elle a fait face à l'écrasante opposition de la direction du Parti Démocratique, qui par deux fois a soutenu son adversaire dans les Primaires Démocrates pour le Congrès. Par la suite elle a quitté le Parti Démocrate pour courir comme candidat indépendant. (Pour une position Marxiste-Léniniste détaillée sur sa campagne, voir "Les Campagnes d’Obama et McKinney pour le Président" par l'Organisation Révolutionnaire du Travail (anciennement Ray O Light Group) à www.mltranslations.org/US/ROL/ROL48.htm.)

Les Marxistes-Léninistes ont soutenu sa candidature en essayant d’éviter d’aliéner le plus grand nombre de gens, particulièrement les Afro-Américains, qui croient en l’appel d’Obama pour le changement. Nous reconnaissons que la plupart des gens doivent apprendre par leur propre expérience ce qu’Obama vraiment représente, et il n’y a aucun doute qu'ils l’apprendront.

Plusieurs progressistes, qu’ils aient ou non, soutenu Obama dans les élections, s’unissent dans leur soutien des besoins du peuple et dans l’espoir d’un changement, et essaient de construire l’unité sur un feuilleton de demandes pour des besoins fondamentaux, tel que les emplois, le logement, la santé, l’éducation, et contre les guerres d'agression, etc. En tant que révolutionnaires et Marxistes-Léninistes, nous devons prendre part à de telles coalitions, tout en aidant à s’éloigner du piège d'appartenir au Parti Démocrate ou d’essayer de "pousser le Parti Démocrate vers la gauche." C'est de plus notre tâche comme socialiste de préciser que la crise et les guerres d'agression font partie de la nature du capitalisme monopoliste.

Ici nous devons nous inspiré des leçons de la Révolution d’Octobre et de la construction du socialisme en Union Soviétique. Un des premiers actes du gouvernement Soviétique en Octobre 1917 a été de se retirer de la Première guerre impérialiste mondiale et de ratifier un Décret sur la Paix à tous les peuples. Et en même temps alors que tout le monde capitaliste était pris au piège dans une Grande Dépression, l’Union Soviétique abolissait le chômage et développait une économie planifiée socialiste avec le premier des grand Plans de Cinq Ans qui servaient les besoins matériels et culturels grandissant des travailleurs

Durant les années 1930, quand le monde faisait face à la menace du fascisme, Georgi Dimitrov a fait appel aux communistes et à tous les progressistes des États-Unis pour construire un Parti d'Ouvriers et de Paysans. Dans les conditions des États-Unis aujourd'hui, nous avons besoin de construire un parti de classe multinationale des travailleurs et des nations et nationalités opprimées.

George Gruenthal
De l’Édition anglaise de NSC, Vol 17#3

Traduction Dr Adélard Paquin

Cliquez ici pour retourner au NSC Édition Française, vol. 6,

http://www.northstarcompass.org/french/nscfr66/obama.htm 


1-2 Doug Ireland : Obama en campagne pour la présidentielle de 2012.

Extrait

Barack Obama a prononcé un discours plein de bondieuseries au Caire mais à l’objectif bien défini : préparer la présidentielle américaine de 2012. Et accessoirement renouer avec le monde musulman.

Le discours à l’attention du monde musulman de Barack Obama au Caire est une gigantesque opération de communication, soigneusement préparée depuis des mois et transmise en direct dans treize langues par la Maison Blanche grâce à internet. Facebook, son semblable pour l’Asie du Sud, Orkut, YouTube, Twitter, MySpace, SMS… Aucun cyber-moyen de communication n’a été négligé, histoire de faire jeune, moderne et branché. Mais sur le milliard et demi de musulmans, combien disposent d’un accès facile à internet ?

L’auteur de ce discours est sa jeune plume pour les affaires étrangères, Ben Rhodes, 31 ans, qui affiche une double casquette : plume présidentielle pour les affaires étrangères et conseiller qui a accès au Bureau ovale quand Obama refait le monde avec ses spécialistes plus expérimentés, comme l’a rapporté dans un portrait détaillé de Rhodes The Politico, le nouveau must de la classe politique washingtonienne. Rhodes est un vétéran de la campagne présidentielle d’Obama et sait garder un œil sur les résonances électorales que les discours du Président à l’étranger provoquent aux Etats-Unis.

Barack Obama a déclaré au Caire : « ne vous y trompez pas : nous ne voulons pas maintenir nos troupes en Afghanistan ». Mais il vient pourtant d’accroître l’effort de guerre dans ce pays en y envoyant des soldats supplémentaires. Le dispositif militaire américain sur place atteindra tout prochainement les 68 000 hommes !

Ces derniers jours, à Washington, la Maison Blanche a également quémandé au Congrès une importante rallonge budgétaire de 11 milliards de dollars pour l’Afghanistan et l’Irak, qui s’ajoutent aux 89 milliards qu’Obama a déjà demandé en avril.

L’heure est aux actes.

Doug Ireland

vendredi 5 juin

http://www.bakchich.info/Discours-du-Caire-Obama-en,07925.html


1-3 Le nouveau visage de l’impérialisme U.S.

Le discours du président U.S. Barack Obama au Caire le 4 juin dernier était farci de contradictions.

Il s’est déclaré opposé a « l’assassinat d’hommes, de femmes et d’enfants innocents », mais a pris la défense des guerres menées en Irak et en Afghanistan, ou de celle conduite indirectement au Pakistan, tout en gardant le silence sur les derniers massacres de Palestiniens à Gaza par Israël.

Le 5 juin 2009

Ces guerres ont fait plus d’un million de morts en Irak, des centaines de milliers en Afghanistan, au Pakistan et dans les territoires palestiniens. Obama a déclaré soutenir la démocratie, les droits de l’Homme et même ceux des femmes, après deux journées d’entrevue avec le roi saoudien Abdullah et le président Hosni Moubarak, deux des tyrans les plus notoires du Proche Orient.

Pas un mot dans son discours sur l’absence totale de droits démocratiques en Arabie Saoudite ou sur la répression que mène en ce moment la dictature militaire de Moubarak…

Peu avant la visite du président à l’université d’Al-Azhar, la police secrète égyptienne a lancé un raid sur le campus et 200 étudiants étrangers ont été arrêtés. Avant de quitter le Moyen Orient, Obama chanta néanmoins les louanges de Moubarak, notre « allié inconditionnel ».

Se posant en avocat de la paix et de l’entente universelle, Obama se dispensa très diplomatiquement d’évoquer les ordres qu’il a lui-même donnés pour une intensification des hostilités en Afghanistan, avec notamment le déploiement de 17 000 soldats U.S. supplémentaires. Il a en outre tacitement avalisé la politique de son prédécesseur en Irak, en déclarant : « Je pense qu’au bout du compte, les Irakiens se sentent tout de même mieux sans la tyrannie de Saddam Hussein ». Il a aussi préféré éluder la question du retrait des forces U.S. et de sa date butoir signée par l’administration Bush pour décembre 2012, parlant seulement d’une promesse « de retirer toutes nos troupes d’Irak d’ici 2012 ».

Dans son discours, Obama réfute l’idée qu’on puisse taxer l’Amérique « d’empire égocentrique » – ce qu’elle est effectivement – ou que les USA cherchent à obtenir davantage de bases, davantage de territoires ou davantage d’accès aux ressources naturelles du monde musulman. La guerre en Afghanistan est selon lui « une guerre par nécessité », provoquée par les attaques terroristes du 11 septembre. L’administration Bush-Cheney tenait exactement le même argument à l’époque, passant sciemment à la trappe les véritables intérêts matériels en jeu. En réalité, la guerre en Afghanistan participe de la prétention impérialiste des Etats-Unis à contrôler totalement les principales réserves mondiales de gaz et de pétrole : le Golfe Persique et le Bassin de la Caspienne.

Bien sûr, on n’était plus du tout dans le même registre rhétorique. Fini l’artillerie lourde de Bush : « Vous êtes soit avec nous soit contre nous ! », Obama nous dit d’un ton rassurant « Nous sommes tous ensembles dans cette galère ! » Mais, comme l’ont noté pas mal de commentateurs (la New Republic comparait mot à mot ce discours à celui de Bush le 16 septembre 2006 aux Nations Unies), en coupant l’image et le son et en s’en tenant au texte et à la rhétorique générale du discours, on reste toujours dans la même veine que les discours de Bush, de Condolezza Rice ou d’autres représentants de l’administration précédente.

Le propos plus vague, plus fleuri, les références de pure forme à la culture islamique ou à l’égalité des droits des nations, tout ça n’est qu’une variante réajustée du langage dont on drape habituellement les politiques impérialistes américaines ; aucun changement substantiel. Obama n’a pas fait la moindre proposition pour que soient réparés les torts faits aux populations du Proche Orient, pour la bonne et simple raison que, fondamentalement, la source même de cette oppression est le système de pillage et de domination impérialiste du monde, dont l’impérialisme américain reste la pire expression.

Obama a certes fait une petite référence en passant au colonialisme et au rôle des Etats-Unis dans le renversement de gouvernements démocratiquement élus comme celui de Mossadegh en Iran, en 1953. Mais dans sa litanie sur les « sources de tension » dans la région, il s’en est tenu à la même liste que son prédécesseur, avec au premier plan « l’extrémisme violent » – substitut purement rhétorique pour remplacer le « terrorisme » de Bush.

Dans les médias américains, la réaction au discours d’Obama fut unanimement enthousiaste. A gauche, David Corn du magazine Mother Jones claironna que les plus grands atouts d’Obama étaient « sa trajectoire personnelle, son anti-Busherie, sa reconnaissance des erreurs de l’Amérique, enfin sa volonté de dire au moins les choses comme s’il voulait se poser en honnête courtier au Proche Orient ».

Dans le magazine belliciste de gauche New Republic, Michael Crowley écrivait : « Le voir déballer sa biographie, offrir une représentation si inhabituelle du monde, c’est apprécier tous les bénéfices que l’Amérique va pouvoir tirer de ce nouveau visage qu’elle présente d’elle au monde ».

Peut-être plus révélateur encore, ce commentaire de Max Boot, néo-conservateur et fervent défenseur de la guerre en Irak : « Il m’a semblé bien plus efficace pour faire valoir la cause de l’Amérique aux yeux du monde musulman. Pas le moindre doute : c’est un bien meilleur vendeur que son prédécesseur ».

Dans son discours au Caire, Obama jouait tout simplement le rôle pour lequel il a été engagé et promu par une portion décisive des élites américaines de la finance mais aussi de l’appareil militaire et des affaires étrangères, à savoir d’offrir un nouveau visage à l’impérialisme américain. Cela dénote un virage tactique, certes, mais non un changement de stratégie dans l’offensive de Washington pour sa domination du monde.

Il y a environ deux ans, l’ancien conseiller à la sécurité nationale U.S., Zbigniew Brzezinski, offrit publiquement son soutien à la candidature présidentielle de celui qui n’était encore qu’un obscur sénateur de l’Illinois, pariant sur le fait qu’un Afro-Américain héréditairement lié au monde musulman comme Obama, améliorerait certainement l’image des USA sur le plan international.

Brzezinski était le mentor des faucons de l’administration démocrate de Jimmy Carter. Il avait largement contribué à pénétrer les bouleversements politiques survenus en Afghanistan, dans le but de provoquer l’intervention soviétique afin d’attirer la bureaucratie de Moscou dans le piège d’un bourbier identique à celui du Vietnam. Son point de focale a toujours été ce qu’il appelle « le grand échiquier » d’Eurasie, et en particulier les riches champs pétroliers d’Asie Centrale, où la lutte d’influence fait désormais rage entre les USA, la Russie, la Chine et l’Iran.

Brzezinski déclarait dès août 2007 : Obama « reconnaît que le vrai défi c’est un nouveau visage, l’idée d’une nouvelle direction, d’une redéfinition du rôle des Etats-Unis dans le monde… Ici, Obama est incontestablement plus efficace et l’emporte haut la main. Il a le sens de ce qui est historiquement pertinent et de ce qu’on est réellement en droit d’attendre des Etats-Unis dans leur relation avec le reste du monde ».

Défenseur impitoyable des objectifs de l’impérialisme américain, Brzezinski avait averti les élites américaines au pouvoir, du danger de ce qu’il appelle le « réveil politique global ». Dans un commentaire qui a fait couler beaucoup d’encre, il expliqua au magazine allemand Der Spiegel, quelques mois à peine avant de soutenir Obama, que la grande majorité de l’humanité « trouvera bientôt intolérables les disparités béantes de la condition humaine. Cela pourrait bien être le danger collectif auquel nous serons confrontés au cours des prochaines décennies ».

Si l’on veut appeler les choses par leur nom, ce que les représentants les moins obtus de la classe dirigeante américaine redoutent réellement, c’est une révolution mondiale. C’est seulement pour empêcher un tel soulèvement social qu’ils ont jugé crucial d’installer Obama à la Maison Blanche. C’est aussi la raison de son pèlerinage au Caire.

Traduit de l’anglais par Dominique Arias pour Investig'Action

Source: World Socialist Web Site

Image: Ben Heine


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N° 444- Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 24-06 : Suite - Obama est en train de se transformer en un Dick Cheney.

N° 444- Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 24-06 : Suite - Obama est en train de se transformer en un Dick Cheney.



              Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme,

 L’information est une arme au service de la paix

    Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak

                 n°444                            23-06/09

                C.De Broeder      &       M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire :

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Shane Bauer : les nouveaux escadrons de la mort.

3 Annexe

3-1 George Gruenthal : À quoi pouvons-nous nous attendre de la présidence d’Obama ?

3-2 Le lobby pétrolier carbure pour sauver son influence.

3-3 Vous serez surveillés jusque dans votre lit.

3-4 « Six Days in Fallujah » : peut-on jouer avec la guerre en Irak ?

 

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Shane Bauer : les nouveaux escadrons de la mort.

Le lumière du jour faiblit dans le ciel chargé de poussière de Bagdad lorsque Hassan Mahsan me rejoue la scène vécue par lui et sa famille l’été dernier.

Nous sommes debout dans la cour d’une maison préfabriquée en béton, ses enfants nous observent en silence et sa femme fait tournoyer de larges galettes de farine et les plaque contre les parois brûlants d’un four. Il s’approche de sa fillette de trois ans et lui attrape la tête comme un melon. Derrière elle, ses bras effectuent des moulinets lorsqu’il fait semblant de lui attacher les mains, puis il pointe un fusil fictif sur sa tête. « Ils m’ont enlevé le bandeau, il ont pointé l’arme sur sa tête, l’ont armée puis ils m’ont dit : ‘dis-nous où est al-Zaydawi ou nous tuons ta fille.’ »

« Ils sont entrés dans la maison et ils ont pris tout ce qu’ils ont voulu, » raconte la mère de Hassan, en jetant un coup d’œil à travers la porte de la cuisine. « Je n’ai jamais vu un tel comportement. »

Hassan raconte.

La nuit était calme ce 10 juin 2008, à Sadr City, la banlieue chiite pauvre de Bagdad de plus de deux millions d’habitants, lorsque l’hélicoptère s’est immobilisé au-dessus de la maison et la porte d’entrée a explosé, ratant de peu de bruler son fils cadet qui dormait. Avant qu’Hassan ne retrouve ses esprits, il était déjà plaqué au sol, les mains attachées et une cagoule sur la tête entouré de huit hommes qui pointaient leurs armes sur lui.

Au début il n’arrivait pas à savoir s’ils étaient Irakiens ou Américains. Il dit qu’il leur a décliné son identité, en se présentant comme sergent de la police et a offert de leur présenter une pièce d’identité. Ils ont juste saisi son arme et l’ont frappé et envoyé au sol. Il n’avait jamais vu des hommes d’une force irakienne se déplacer de la sorte. Ils avaient l’air et ils parlaient comme des irakiens, mais ils portaient des uniformes à l’américaine et des armes américaines équipés de systèmes de visée nocturne. Ils l’ont accusé d’être un commandant de la milice locale, l’Armée de Mahdi, avant de l’emmener, en déclarant à sa femme « c’est fini pour lui ». Mais avant de partir, ils se sont identifiés. « Nous sommes les Forces Spéciales. The Dirty Brigade (la brigade des basses oeuvres - ndt) », se souvient Hassan.

La Iraq Special Operations Forces (ISOF) est probablement la plus grande unité de forces spéciales jamais créée par les Etats-Unis, et elle échappe aux nombreux contrôles que la plupart des gouvernements exercent sur de telles unités. Le projet a démarré dans les déserts de la Jordanie peu après la prise de Bagdad par les Américains en avril 2003. Là, les forces spéciales de l’armée US, les Bérets Verts, ont entrainé des Irakiens dont la plupart avaient 18 ans, sans expérience militaire. Le résultat a dépassé les rêves les plus fous des Bérets Verts : la création d’une unité clandestine, dangereuse, d’élite, parfaitement équipée avec du matériel américain, qui allait opérer pendant des années sous commandement américain et qui n’avait pas de comptes à rendre aux autorités irakiennes.

Selon des rapports du Congrès, l’ISOF est désormais composée de 9 bataillons, répartis sur 4 « bases de commandos » régionales à travers l’Irak. D’ici décembre (2009), chacune sera complétée par une « cellule de renseignement » qui opérera en autonomie par rapport aux autres services de renseignement en Irak. L’ISOF est composée d’au moins 4,564 hommes, soit à peu prés autant que les propres Forces Spéciales de l’armée US en Irak. Les rapports du Congrès indiquent qu’il est prévu de doubler les effectifs dans les « prochaines années ».

Selon le Lt Colonel Roger Carstens, retraité, les Forces Spéciales US « sont en train de créer la force la plus puissante de toute la région. » En 2008, Carstens, avec un collègue du Center for a New American Security, était conseiller auprès de la Force Anti-terroriste Nationale Irakienne, où il a participé à la rédaction des lois antiterroristes irakiennes qui gouvernent l’ISOF.

« Tout ce que ces types veulent faire toute la journée c’est sortir et tuer des méchants » dit il en riant. « C’est types sont vraiment des bons. Ils sont aussi bons que nous. Nous les avons formés. Ils sont comme nous. Ils utilisent les mêmes armes. Ils marchent comme des Américains. »

Lorsque les Forces Spéciales US ont commencé à transférer progressivement le contrôle de l’ISOF aux Irakiens, ils ne l’ont pas donné aux Ministères de la Défense ou de l’Intérieure, qui sont les autorités normalement désignées pour contrôler les forces spéciales et ce partout dans le monde. Ici, les Américains ont fait pression sur le gouvernement irakien pour créer un nouveau ministère appelé le Bureau du Contre-Terrorisme. Fondé par un décret du Premier ministre irakien, Nuri al-Maliki, le BCT lui répond directement et contrôle l’ISOF indépendamment de la police ou de l’armée. Selon les instructions de Maliki, le Parlement irakien n’a aucun contrôle sur l’ISOF et ne connait pas grand-chose de sa mission. Les membres des Forces Spéciales US tels que Carstens ont largement contribué à la création du Bureau. Carstens dit qu’une telle chaîne de commandement indépendante « pourrait se révéler être la structure idéale » pour combattre le terrorisme dans le monde entier.

L’ISOF est officiellement sous le contrôle du gouvernement irakien mais la perception des Irakiens dans la rue est que l’ISOF – la brigade des basses oeuvres – constitue une branche clandestine et exclusivement irakienne de l’armée des Etats-Unis. Cette opinion n’est pas loin de la vérité. Les Forces Spéciales US sont encore étroitement impliquées dans tous les échelons de l’ISOF, de la planification aux opérations sur le terrain en passant par les choix tactiques et leur mise en œuvre. Selon le Brigadier Général Simeon Trombitas, commandant de l’Equipe de Transition de la Force Anti-terroriste Nationale Irakienne, membre du commandement multinational chargé du transfert de contrôle de l’ISOF au gouvernement irakien, les Forces Spéciales US continuent « de maintenir des conseillers à tous les échelons de la hiérarchie »

A partir de janvier 2008, les Forces Spéciales US ont autorisé les commandants de l’ISOF à participer à des missions conjointes avec les troupes de l’ISOF. A partir de l’été 2008 – l’époque où la famille de Hassan a été attaquée – les bataillons de l’ISOF ont commencé à lancer leurs propres missions, sans les conseillers américains, à Sadr City où les accords politiques interdisent l’entrée de la ville aux Américains. Des accusations de violations des droits de l’homme, d’assassinats et d’arrestations politiques ont commencé à circuler. On cite le cas d’une agression contre un président d’université et l’arrestation de politiciens de l’opposition.

Le gouvernement américain s’est consacré à former « autant d’hommes en armes que possible, dans un délai aussi court que possible » dit Peter Harling, analyste du Moyen Orient auprès de International Crisis Group. « Il y a eu très peu de pression pour créer des contrôles qui éviteraient les abus. Ils ont consacré toute leur énergie à créer une force sans prévoir la mise en place d’un contrôle pour éviter que ces unités ne deviennent l’armée privée d’un politicien quelconque. »

A Sadr City, l’opposition au gouvernement irakien et à l’occupation US est forte. Il n’y a plus de présence visible de milices, mais les portraits du religieux anti-américain Muqtada al-Sadr sont encore affichés sur le mur de béton, construit par les Etats-Unis, qui encercle la ville, et les appels à la prière se concluent par un appel au départ rapide de « l’ennemi ». Selon Hassan al-Rubaie, parlementaire sadriste de la Commission de Défense et de Sécurité, l’ISOF applique là-bas une politique de punition collective destinée à intimider les civils, « Ils terrorisent des quartiers entiers juste pour arrêter une personne qu’ils pensent être un terroriste, » dit-il. « Il faut que cela cesse. »

Les conseillers des Forces Spéciales américains n’ont pas fait grand-chose pour répondre à ces accusations. Les plaintes des civils, les manifestations publiques, les protestations des commandants de l’armée irakienne au sujet des actions de l’ISOF et les appels exigeant sa dissolution lancés par des membres du Parlement sont restés lettre morte et le gouvernement américain n’a toujours pas mené d’enquête sur cette force qu’il est lui-même en train de constituer. Au contraire, les conseillers américains balaient ces accusations en les qualifiant de manoeuvres politiques. « L’ennemi tente de les discréditer, » dit Carstens. « Pas parce qu’ils font quelque chose de mal. »

La nuit où la maison de Hassan Mahsan a été attaquée, le jeune Haidar al-Aibi, 26 ans, a été tué d’une balle dans en plein front. Sa famille dit qu’il n’y a pas eu de sommation. Ils me racontent leur histoire autour d’un thé dans leur salle à manger, meublée uniquement avec des coussins épais en mousse et des images pieuses du martyr chiite Hussein. Une femme sanglote dans un coin, l’enfant endormi de son fils disparu pratiquement invisible sous les plis de sa robe noire.

Fathil al-Aibi dit que sa famille a été réveillée vers minuit par une explosion toute proche. Son frère Haidar s’est précipité sur le toit pour voir ce qui se passait et il a été immédiatement abattu d’une balle tirée d’un toit voisin. Lorsque Fathil, son frère Hussein et son père, Abbas ont tenté de récupérer Haidar, ils ont à leur tour essuyé des tirs. Pendant deux heures son corps sans vie est resté sur le toit tandis que sa famille paniquait devant les points de lumière rouge des viseurs lasers des fusils qui dansaient sur leurs fenêtres. « Nous avions un examen le lendemain à l’université, » dit Hussein. « Nous ne pensions pas qu’il partirait ainsi ».

Plus loin sur la route, à peu près au même moment, le commando de la police Ahmed Shibli dit qu’il a lui aussi essuyé des tirs. Avec une lampe à kérosène il éclaire les marques des impacts dans sa maison. Les hommes qui ont défoncé sa porte se sont identifiés comme la Dirty Brigade, dit-il, et ils portaient des armes américaines au lieu des AK-47 ou des PKC de la Police Nationale. Lorsqu’ils sont entrés, ils ont immédiatement ouvert le feu. « Il n’y a pas eu de tir de sommation. Ils m’ont tiré dessus comme s’ils voulaient me tuer alors que je sortais du lit. Comme si nous étions des terroristes de premier plan. » Ils ont ouvert le feu une deuxième fois, dit-il, en blessant mortellement son père malade agé de 63 ans. Tandis que le vieillard saignait abondamment à la hanche, Ahmed raconte qu’ils ont posé un canon sur la tête de son garçon et ont forcé sa femme à fouiller la maison pour trouver son arme réglementaire qu’il avait laissée au bureau.

Ahmed et son frère ont été trainés à l’extérieur de la ville, avec Hassan. Là, on les a fait aligner dans le noir avec d’autres hommes. Hassan insiste pour apporter du crédit à son histoire et me montre la copie d’une plainte officiellement délivrée par un commandant local de l’armée, Mustafa Sabah Yunis, qui déclare qu’un « escadron armé inconnu » est entré dans la zone et l’a arrêté.

Pendant ce temps, des soldats de l’armée irakienne qui s’étaient précipités pour lui porter secours, selon Hussein al-Aibi, ont eux aussi été pris pour cibles. Il me dit que les soldats ont enlevé le corps de son frère du toit et l’ont conduit vers un hôpital. Sur le chemin, raconte Fathil, leur véhicule a été arrêté par un membre de la brigade des basses oeuvres qui a demandé au Major d’armée irakien Abu Rajdi où il allait. Selon Fathil, Rajdi a répondu « c’est un étudiant qui n’a rien à voir avec tout ça, et vous l’avez abattu sans raisons. » L’agent des forces spéciales a frappé Rajdi en disant « faites demi-tour, ou nous lui tirerons dessus et sur vous aussi. »

A l’enterrement de Haidar, Fathil a demandé à Rajdi de témoigner. « Vous êtes un représentant du gouvernement et vous avez vu ce qui s’est passé, » a-t-il dit au Major. « Vous avez vu qu’il était désarmé. » Fathil dit que le Major a refusé. Il se rappelle que Rajdi lui a répondu « Il s’agit de la Dirty Brigade ». « Nous les craignons. Lorsque nous les apercevons, nous rebroussons chemin. Si je témoigne contre yeux, je suis un homme mort. Ils tuent et ils n’ont de comptes à rendre à personne parce qu’ils appartiennent aux Américains. »

Les craintes de Rajdi envers l’ISOF sont partagées par d’autres membres de l’armée régulière irakienne. « Parfois nous sommes surpris lorsque les Forces Spéciales entrent, » dit le Lt Colonel Yahya Rasoul Abdullah, commandant du 3eme Bataillon de la 42eme Brigade de Sadr City. « Il se passe de mauvaises choses. Certains volent, certains violent les femmes. Ils ne connaissent pas les gens du quartier comme nous. Ils ne font que pourchasser une proie. Nous avons souffert de ce problème. »

D’autres histoires sur les opérations de l’ISOF entendues autour de Bagdad laissent penser que les Américains ont délibérément autorisé l’usage de la violence contre les civils. A Adhamiya, qui a longtemps été la place-forte de l’insurrection Sunnite à Bagdad, deux employés d’un hôpital me racontent leur rencontre avec l’ISOF en 2006. Selon les deux témoins, un agent qui s’est présenté comme le « Capitaine Hussam » de l’ISOF a déchargé sa mitraillette dans les couloirs de l’hôpital Al Numan après avoir vu le corps de son supérieur qui est mort durant son hospitalisation. Un Américain à la barbe rousse se tenait à proximité et observait la scène en silence. Selon un témoin, l’agent irakien a exigé le certificat de décès de son chef, en menaçant de « vous torturer, vous tuer et tuer les gens d’Adhamiya » s’ils n’obéissaient pas. Les témoins racontent que les huit agents qui sont entrés dans l’hôpital conduisaient des Humvees, des véhicules utilisées exclusivement par les Américains et l’ISOF. Le lendemain, selon un témoin, le Capitaine Hussam est revenu avec une boite de cartouches comme cadeau, pour se faire pardonner.

Le vrai chef du projet américain ISOF est le Général Trombitas, commandant de l’Equipe de Transition de la Force Anti-terroriste Nationale Irakienne. Grand, avec une moustache grisonnante et un front ridé, Trombitas a passé plus de 30 ans à former des Forces Spéciales, dont sept ans en Colombie, El Salvador et d’autres pays. Le 23 février, il m’a fait visiter Area IV, une base aérienne américano-irakienne prés de l’aéroport international de Bagdad où les Forces Spéciales américaines forment les troupes de l’ISOF. Alors que nous nous éloignons de l’hélicoptère, il affiche un sourire enfantin. Bien qu’il ait travaillé avec des forces spéciales du monde entier, il me dit que celles que nous allons rencontrer sont « les meilleures ».

Trombitas dit qu’il est « très fier de ce qui a été accompli au Salvador » mais omet de mentionner le fait que les forces spéciales entrainées par les Etats-Unis dans les années 80 ont été responsables de la formation des escadrons de la mort qui ont assassiné plus de 50.000 civils accusés de sympathie avec la guérilla de gauche. Au Guatemala, l’histoire est similaire. Certaines forces spéciales guatémaltèques qui avaient été formées aux tactiques contre-terroristes par les Etats-Unis au milieu des années 60 se sont transformées en escadrons de la mort et ont participé à l’assassinat d’environ 140.000 personnes. Au début des années 90, les Forces Spéciales américaines ont entrainé et étroitement collaboré avec une unité d’élite de la police colombienne, fortement soupçonnée d’accomplir les exécutions attribuées à Los Pepes, un escadron de la mort qui allait devenir la colonne vertébrale des organisations paramilitaires colombiennes actuelles. (Trombitas a servi au Salvador entre 1989-1990 et en Colombie entre 2003-2005, après que ces événements aient eu lieu).

« Les principes se relâchent lorsque les Américains ne sont plus (avec les forces spéciales locales), ils se convertissent parfois en escadrons de la mort, comme ce fut le cas, je crois, en Colombie, » dit Mark Bowden, auteur de Black Hawk Down et Killing Pablo, un livre sur la chasse au baron de la drogue colombien Pablo Escobar par la CIA et les Forces Spéciales américaines. « Les tactiques enseignées dans chaque pays sont les mêmes, » dit Bowden. « Ils dispensent le même enseignement. Ils utilisent le même équipement. »

Trombitas a déclaré sur le site officiel du Département de la Défense que les missions de formation en Amérique latine étaient « très adaptables » à l’Irak. Les Forces Spéciales salvadoriennes ont même donné un coup de main à l’ISOF, me dit-il. « C’est un monde de coalitions, » dit-il. « Plus nous travaillons ensemble, plus nous nous ressemblons. Lorsque nous faisons partager les mêmes valeurs et les mêmes expériences à d’autres armées, elles finissent par nous ressembler. »

Trombitas me guide vers un entrepôt de l’ISOF où les hommes, la plupart portant des masques noirs, ont préparé notre visite. Il me montre un étalage d’équipement américain – des mitraillettes, des fusils à lunette, des systèmes de vision nocturne et des tenues bouffantes pour le désert qui transforment un soldat en gros nounours. Il m’entraine sur une passerelle qui surplombe une maison de décor qui contient des posters de femmes plantureuses qui brandissent des pistolets, deux hommes en chair et en os déguisés en « terroristes » avec un Keffieh autour du visage et aussi un garçon de 10 ans qui tiendra le rôle de l’otage.

Pendant que nous regardons depuis notre poste, la porte de la maison explose. Après une minute de tirs nourris, les agents sortent avec les « terroristes », le garçon et le poster d’un méchant des années 80, vêtu d’une veste en jean et tenant une femme en otage. Plus de vingt trous transpercent le front. « Observez la précision des tirs, » dit Trombitas en souriant avec fierté.

Trombitas aborde la question des droits de l’homme avant d’y être invité. Il m’affirme que les Forces Spéciales américaines prennent les accusations de violations très au sérieux – deux irakiens ont été congédiés pour mauvais traitements infligés aux prisonniers depuis qu’il a pris son poste, en août dernier (2008), dit-il, mais il refuse de s’étendre sur des cas précis. Je pose la question des comptes à rendre et je mentionne un cas bien connu qui a provoqué des remous au Parlement irakien : au mois d’aout, l’ISOF a lancé un raid sur le site du gouvernement provincial de Diyala, avec le soutien d’hélicoptères américains Apache. Ils ont arrêté un membre du Parti Islamique Irakien, le principal parti arabe sunnite en Irak. Au cours de l’opération, ils ont aussi arrêté le président de l’université, un sunnite aussi, et tué une secrétaire et blessé quatre gardes du corps.

J’avais à peine prononcé le mot « Diyala » que les Américains autour de moi ont commencé à marmonner nerveusement et un interprète est intervenu : « pour la réputation de l’ISOF, s’il vous plait, parlons d’autre chose. » a-t-il dit.

Abdul-Karim al-Samarrai est membre de l’Alliance Irakienne Unie au pouvoir et député membre du Comité pour la Sécurité et la Défense. Il dit que les événements à Diyala constituaient un des nombreux éléments révélateurs des intentions malveillantes du premier ministre quant au rôle de l’ISOF. « Les politiciens ont peur que cette force puisse être employée à des fins politiques, » dit-il. En réponse au tollé soulevé par les parlementaires après l’arrestation d’hommes politiques par l’ISOF, Maliki, qui doit officiellement approuver chaque mission de l’ISOF, a nié avoir eu connaissance de celle de Diyala. Sa dénégation soulève d’importantes questions. Si la personne qui est censée être à la tête de l’ISOF ignore ses missions, alors qui est réellement en charge de cette force ? Est-ce que Maliki ment pour se couvrir et cacher le fait qu’il a utilisé cette force à des fins politiques ? Ou est-ce quelqu’un d’autre – les Américains – qui tiraient les ficelles ?

Diyala n’est que le premier cas connu d’une opération apparemment politique. En décembre, l’ISOF a arrêté 35 fonctionnaires du Ministère de l’Intérieur, soupçonnés d’être des opposants au parti Islamique Dawa de Maliki. Au mois de mars dernier, l’ISOF a arrêté au moins un dirigeant des Conseils d’Eveil, milices semi-officielles des quartiers sunnites en opposition croissante à Maliki qui avait promis de les intégrer dans l’armée régulière ou de leur donner un autre emploi.

Le gouvernement Maliki a développé une « culture du contrôle directe » dit Michael Knights, membre du Washington Institute et responsable du programme sur l’Irak. Knights se rend régulièrement en Irak et entretient des relations étroites avec les services de sécurité du pays. Il dit que les personnes en charge de l’ISOF au niveau régional sont « des loyalistes ou membres de la famille personnellement choisis par Maliki. Ca me fait penser à Saddam (Hussein) ». Knights dit que Maliki est censé uniquement approuver ou rejeter les missions qui lui sont présentées, mais à l’occasion il lui arrive « d’affirmer son autorité de commandant en chef et de confier des missions à l’ISOF ». Knights envisage la possibilité que l’ISOF devienne l’escadron de la mort privé de Maliki. « Le Premier ministre cherche à se faire réélire, et il n’y a pas tellement d’obstacles qui l’empêchent de s’en prendre à ses adversaires, comme (son gouvernement) a toujours agi, depuis des années maintenant, avec les Sadrists . »

Samarrai, avec d’autres parlementaires, réclame la dissolution de Bureau du Contre-terrorisme. Il dit qu’il n’y a aucun fondement légal à l’existence d’un groupe armé qui échappe au contrôle des Ministères de la Défense et de l’Intérieur. « Les gens ont peur d’une organisation qui possède de tels moyens et qui ne dépend que du Premier ministre », dit-il.

Hassan al-Rubaie, membre du Parlement, est préoccupé par les relations étroites entre l’ISOF et les Américains. « Si les Etats-Unis quittent l’Irak, ce sera la dernière force qu’il laisseront derrière eux » insiste-t-il. Il est préoccupé par l’idée qu’une force si puissante et secrète et si étroitement liée aux Américains puisse se convertir en une « base militaire de la région » qui permettrait aux Américains de poursuivre leurs missions en Irak sous le couvert de l’ISOF. « Ils sont devenus les remplaçants des Américains, » dit-il.

Le Président Obama a dit qu’il prévoyait de renforcer le rôle des Forces Spéciales américaines ; la récente nomination, par le Ministre de la Défense Robert Gates, de Stanley McChrystal comme commandant en Afghanistan semble indiquer qu’il tiendra parole. De 2003 à 2008, McChrystal était chef du Joint Special Operations Command qui supervise les forces les plus secrètes de l’armée et qui est chargée des formations spéciales à l’étranger. McChrystal a aussi été commandant des Forces Spéciales américaines en Irak pendant plus de 5 ans, période pendant laquelle, selon le Wall Street Journal, il commandait « des unités qui sont spécialisées dans la guérilla et la formation des armées locales. »

« Un éventuel retrait de l’Irak ne marquera pas la fin de la mission affectée aux forces spéciales » a dit Gates en mai 2008. Gates n’a rien dit d’autre sur ce sujet depuis la prise de fonctions d’Obama ; mais Obama a dit qu’il allait institutionnaliser les « capacités de guerre irrégulière », et la Maison Blanche a insisté sur la nécessité de « créer des capacités de formation, d’équipement et de conseil auprès des forces de sécurité étrangères, afin que les alliés locaux soient mieux préparés pour confronter les menaces communes ».

Bowden dit que ces « alliés locaux » sont souvent utilisés pour des opérations clandestines. « Le Commandement des Opérations Spéciales des Etats-Unis cultive des relations privilégiées avec les forces spéciales d’autres pays parce que cela donne aux Etats-Unis l’occasion d’intervenir militairement et clandestinement, » dit-il. « L’opération clandestine parfaite est celle qui est menée par les forces locales. »

Tandis que je me tiens sur le tarmac avec Trombits à Area IV, attendant l’hélicoptère qui nous ramènera à la Zone Verte, je lui demande combien de temps les Etats-Unis seront-ils encore impliqués dans l’ISOF. « Les forces spéciales sont spéciales parce que nous maintenons des relations spéciales avec des forces étrangères, » dit-il. « Une partie de notre scénario d’engagement sur les théatres d’opérations consiste à maintenir des relations avec les unités qui sont importantes pour la sécurité de la région et du monde. » Alors que notre hélicoptère apparaît dans le ciel légèrement couvert, il choisit soigneusement ses mots suivants : « Nous allons maintenir une relation de travail pendant un certain temps. »

Shane Bauer

10-06

Traduction VD pour le Grand Soir http://www.legrandsoir.info

 ORIGINAL
http://www.thenation.com/doc/20090622/bauer

http://www.legrandsoir.info/Irak-les-nouveaux-escadrons-de-la-mort-The-Nation.html



N° 444- Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 24-06 : Fin - Obama est en train de se transformer en un Dick Cheney.

N° 444- Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 24-06 : Fin  - Obama est en train de se transformer en un Dick Cheney.



              Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme,

 L’information est une arme au service de la paix

    Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak

                 n°444                            23-06/09

                C.De Broeder      &       M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire :

3 Annexe

3-1 George Gruenthal : À quoi pouvons-nous nous attendre de la présidence d’Obama ?

3-2 Le lobby pétrolier carbure pour sauver son influence.

3-3 Vous serez surveillés jusque dans votre lit.

3-4 « Six Days in Fallujah » : peut-on jouer avec la guerre en Irak ?


3 Annexe

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

3-1 George Gruenthal : À quoi pouvons-nous nous attendre de la présidence d’Obama ?

Dans un sens, il n’y a aucun doute que l'élection de Barack Hussein Obama comme Président des États-Unis est historique. Comme le premier président Noir, c'est clair qu’on ne peut plus dire aux Afro-Américains ce qui est réalisable pour eux. Il y a des décades, Malcolm X a écrit dans son autobiographie que, quand il a dit à son enseignant qu'il voulait être avocat, l'enseignant lui a dit qu'il devrait viser à être quelque chose comme un charpentier, alors que devenir un avocat n'était pas un but "réaliste" pour une personne Noire.

Également, la présidence d’Obama marquera un changement du style de Bush des débridées guerres d'agression unilatérales. Bush a fait du gouvernement américain le plus détesté partout dans le monde, non seulement au Moyen Orient et autres pays dépendants et opprimés, mais aussi parmi le peuple de ses alliés en Europe de l’Ouest. Bush est devenu aussi un des présidents les plus méprisés par une grande section de gens dans les États-Unis. Dans la ville de New York, Obama a gagné par presque 80% du vote sur McCain, qui correctement était vu comme un continuateur des politiques de Bush, et dans le Bronx, avec son écrasante population Noire et Latine, Obama a gagné avec presque 90% du vote.

Mais Obama n'a pas gagné seulement parce qu'il avait un large soutien populaire. Il a gagné principalement parce qu'il était le préféré évident des principaux secteurs de la classe dirigeante du monopole capitaliste. Sa campagne a dépassé en dépenses celles de McCain par plus de plusieurs millions. Et ceci n'était pas seulement à cause des petites contributions de millions d’Afro-Américains et autres travailleurs mais à cause des gros monopolistes, des compagnies d’huile, d’auto et d’autres secteurs qui ont donné des millions à sa campagne.

Aussi, la majorité des médias bourgeois ont donné leur soutien à Obama. Dans la ville de New York, non seulement le New York Times, qui représente le secteur libéral du capital financier et est principalement destiné à la petite et moyenne bourgeoisie a soutenu Obama. Aussi l’a fait le Daily News dont la fonction principale est de diriger la démagogie bourgeoise à la classe des travailleurs. Des grands journaux bourgeois, seulement le New York Post le porte-parole des secteurs les plus réactionnaires de la classe gouvernante a soutenu McCain. (Bien sûr, les journaux bourgeois ont totalement ignoré la campagne de Cynthia McKinney, la femme progressive Afro-Américaine qui a conduit une campagne indépendante sur la ligne du Green Party.) Pour voir l'importance de la presse bourgeoise dans les élections, on peut seulement se rappeler l'universelle raillerie dirigée à Howard Dean, le coupant de la course quand il était le principal candidat dans les Primaires Démocrates de 2004, parce qu'il a pris une position contre la guerre en Iraq.

Les élections elles-mêmes ont montré la réjection évidente des politiques de Bush, non seulement sur la guerre mais aussi sur ses cadeaux au riche. Des millions de nouveaux électeurs ont été enregistrés (quelques 300,000 dans la Ville de New York seulement), la grande majorité d’eux a soutenu Obama. Environ 95% des électeurs Afro-Américains ont soutenu Obama, comme l’ont fait presque 70% des électeurs Latino. Les électeurs blancs dans la majorité (55%) ont voté pour McCain, bien que les électeurs de race blanche dans une écrasante majorité d’état de race blanche (tel que 'IOWA ou New Hampshire) furent dans la majorité pour Obama. C'était des blancs dans la nation Afro-Américaine dans le Black Belt South qui ont voté principalement pour McCain.

Qu’est-ce qu’Obama Représente?

Au commencement de la plus sérieuse crise économique aux États-Unis. (et probablement dans le monde) depuis la Grande Dépression, et pendant le plus grand isolement politique du gouvernement des États-Unis au Pays et à l'étranger, la classe dirigeante compte sur un président Afro-Américain qui entre en fonction sous le slogan "Le Changement Nous Pouvons Y Croire." Mais la candidature d’Obama, particulièrement puisque il a gagné la nomination à la Convention du Parti Démocrate en août, montre les limites de son changement proposé.

 Premièrement, Obama a choisi comme Vice-président Joe Biden vieux routier du Parti démocrate. En particulier, Biden a soutenu la guerre en Iraq à son début, et représente des décades d'expérience au service de l’impérialisme américain.

Deuxièmement, Obama a tourné consciemment son dos au mouvement des Afro-Américains. Ceci fut très évident quand il fut forcé par deux fois de nier son ancien pasteur, le Rev. Jeremiah Wright, qui a mis en avant une forme de Théologie de Libération y compris l'utilisation du slogan "Dieu damne l'Amérique" (de la même façon, que durant le mouvement des Droits Civiques le peuple disait "Dieu damne le Mississippi"). Ceci faisait penser à la façon dont John Kerry, pendant sa campagne présidentielle en 2004, a été forcé de nier son verdict exact sur la nature agressive de la Guerre au Vietnam. Pour être un candidat impérialiste "sérieux" dans les élections aux États-Unis, il faut toujours être préparé à nier la vérité.

Troisièmement, Obama a fait marche arrière sur ses précédentes positions anti-guerre. En ce qui concerne l’Iraq, il a déclaré: "nous devons être aussi prudent à sortir de l’Iraq que nous fûmes négligent à y entrer." De plus, il appelle à envoyer plus de troupes en Afghanistan et même pour le besoin de traverser cette frontière du pays avec le Pakistan dans "la chaude poursuite" de militant, poursuivant la pratique de Bush de bombarder les villages pakistanais.

Quatrièmement, comme opposé à prendre une position "équitable" au Moyen-Orient, Obama s’est engagé à continuer le soutien débridé pour le client principal des États-Unis dans la région, l’Apartheid sioniste-Israël.

Cinquièmement, comme partie d'un effort bipartite à secourir le monopole capitaliste, Obama a joint McCain pour amener à bonne fin le $700 milliard de sauvetage des grandes corporations, clamant que c’était nécessaire pour ranimer l'économie. Il n'a manifesté aucune intention pour mettre en place un projet de secours pour les millions de gens qui ont déjà perdu leurs maisons ou qui font actuellement face aux saisies, étant expulsés pour l'incapacité à payer leurs loyers, pour ceux qui n'ont pas d'argent pour payer les soins de santé, ou pour tous les travailleurs qui souffrent de la crise capitaliste.

Finalement, les nominations d’Obama à son gouvernement ont montré son prolongement avec la politique capitaliste traditionnelle. Sa nomination d’Hillary Clinton comme Secrétaire d'État fournit la continuité avec le régime de bill Clinton. Éric Holder, en dépit d'être le premier Africain-Américain à être désigné au poste de Ministre de la Justice, fut un avocat qui a défendu Chiquita Brands qui a fourni $1.7 million aux escadrons de la mort Colombiens qui tuaient les syndiqués et autres civils. . Et Adolfo Carrion, président d’arrondissement Bronx Borough, et possible candidat pour l’HUD, est connu pour supporter des cadeaux de centaines de millions des contribuables aux grandes corporations privées pour «développer» le Bronx.

Ce n’est pas par accident qu’Obama fut mis en fonction maintenant, comme les États-Unis font face à une crise sévère. Obama devra présider aux réductions à grande échelle dans les services sociaux d'une certaine façon que la classe qui gouverne pense sera plus agréable aux gens que si McCain était le président. Obama peut dire: "Nous aimerions pouvoir fournir des soins de santé abordables pour tous, mais nous n'avons tout simplement pas l'argent maintenant." Ou "Nous aimerions couper les impôts pour 95% des gens, mais nous ne pouvons pas le faire alors que nous avons un déficit énorme du budget." Ceux qui pensent qu’Obama pourra implanter un Nouveau programme qui fournira quelque soulagement immédiat aux masses se sont trompé.

Les Tâches des Socialistes Révolutionnaires Aujourd'hui

Dans la période conduisant aux élections, plusieurs Marxistes-Léninistes authentiques et autres progressistes ont soutenu Cynthia McKinney. McKinney était pour un six-terme membre du Congrès Démocratique de Géorgie qui est venu adopter des positions progressistes, non seulement appelant pour le retrait de toutes les troupes d'Iraq et d’Afghanistan, mais pour la fermeture de toutes les bases militaires à l'étranger. Elle a soutenu un projet de programme national de santé. Elle a exigé une investigation authentique de ce qui est arrivée le 11 septembre, 2001, et pour la mise en accusation de George Bush comme Président. Et elle a demandé une Reconstruction de la Nouvelle-Orléans après l'Ouragan Katrina pour le droit au retour de la population à une écrasante majorité Afro-Américaine qui avait habité là. Pour ces positions et autres, elle a fait face à l'écrasante opposition de la direction du Parti Démocratique, qui par deux fois a soutenu son adversaire dans les Primaires Démocrates pour le Congrès. Par la suite elle a quitté le Parti Démocrate pour courir comme candidat indépendant. (Pour une position Marxiste-Léniniste détaillée sur sa campagne, voir "Les Campagnes d’Obama et McKinney pour le Président" par l'Organisation Révolutionnaire du Travail (anciennement Ray O Light Group) à www.mltranslations.org/US/ROL/ROL48.htm.)

Les Marxistes-Léninistes ont soutenu sa candidature en essayant d’éviter d’aliéner le plus grand nombre de gens, particulièrement les Afro-Américains, qui croient en l’appel d’Obama pour le changement. Nous reconnaissons que la plupart des gens doivent apprendre par leur propre expérience ce qu’Obama vraiment représente, et il n’y a aucun doute qu'ils l’apprendront.

Plusieurs progressistes, qu’ils aient ou non, soutenu Obama dans les élections, s’unissent dans leur soutien des besoins du peuple et dans l’espoir d’un changement, et essaient de construire l’unité sur un feuilleton de demandes pour des besoins fondamentaux, tel que les emplois, le logement, la santé, l’éducation, et contre les guerres d'agression, etc. En tant que révolutionnaires et Marxistes-Léninistes, nous devons prendre part à de telles coalitions, tout en aidant à s’éloigner du piège d'appartenir au Parti Démocrate ou d’essayer de "pousser le Parti Démocrate vers la gauche." C'est de plus notre tâche comme socialiste de préciser que la crise et les guerres d'agression font partie de la nature du capitalisme monopoliste.

Ici nous devons nous inspiré des leçons de la Révolution d’Octobre et de la construction du socialisme en Union Soviétique. Un des premiers actes du gouvernement Soviétique en Octobre 1917 a été de se retirer de la Première guerre impérialiste mondiale et de ratifier un Décret sur la Paix à tous les peuples. Et en même temps alors que tout le monde capitaliste était pris au piège dans une Grande Dépression, l’Union Soviétique abolissait le chômage et développait une économie planifiée socialiste avec le premier des grand Plans de Cinq Ans qui servaient les besoins matériels et culturels grandissant des travailleurs

Durant les années 1930, quand le monde faisait face à la menace du fascisme, Georgi Dimitrov a fait appel aux communistes et à tous les progressistes des États-Unis pour construire un Parti d'Ouvriers et de Paysans. Dans les conditions des États-Unis aujourd'hui, nous avons besoin de construire un parti de classe multinationale des travailleurs et des nations et nationalités opprimées.

George Gruenthal
De l’Édition anglaise de NSC, Vol 17#3

Traduction Dr Adélard Paquin

Cliquez ici pour retourner au NSC Édition Française, vol. 6,

http://www.northstarcompass.org/french/nscfr66/obama.htm


3-2 Le lobby pétrolier carbure pour sauver son influence.

Lors des dernières élections présidentielles américaines, les contributeurs du secteur industriel du pétrole et du gaz ont ainsi donné 2,359 millions de dollars au candidat John McCain et 0,832 million au candidat démocrate Barack Obama.

Des sommes qui sont faibles au regard des dons engrangés par les deux candidats, 1,1 milliard au total. D’autres secteurs économiques, en particulier les banques et autres établissements financiers, ont largement plus contribué au financement de la campagne présidentielle que le secteur du pétrole.

Une influence ancienne

La véritable influence des lobbies de l’énergie ne se situent pas dans leur capacité à financer cette campagne présidentielle mais plutôt à influencer les prises de décision politique.

Pendant longtemps, les principales firmes pétrolières des états occidentaux étaient la propriété ou sous la tutelle de leurs propres états tant l’approvisionnement en pétrole constituait un intérêt stratégique.

On retrouve en Russie, avec Gazprom, ou en Chine, avec China Oil, contrôlé par des proches des gouvernements de ces pays, cette même logique.

On se rappelle ainsi l’arrêt des livraisons de gaz russe à l’Ukraine pour des raisons contractuelles mais aussi politiques.

Plusieurs projets de gazoduc sont aujourd’hui en projet pour contourner l’Ukraine et s’affranchir de sa centralité géographique pour les livraisons à l’Europe. Depuis sa découverte, le pétrole est au centre des intérêts géopolitiques comme l’indique Eric Laurent, dans son livre « La face cachée du pétrole  ».

Quand les compagnies pétrolières étaient sous le contrôle direct de l’état-actionnaire, les relations entre le pouvoir et ces entreprises étaient particulièrement aisées et directes. Aujourd’hui que ce lien s’est distendu, les compagnies pétrolières se sont engagées dans des campagnes de lobbying visant à maintenir leur influence et à rappeler à quel point leur rôle est précieux dans le développement économique d’un pays. En France, c’est l’Union Française des Industries Pétrolières qui est chargée de porter la bonne parole.

Le symbole Halliburton

Ainsi, on peut subodorer les deux guerres d’Irak motivées par des raisons économiques liées à la fourniture d’énergie.

Afin de disposer d’un régime politique stable dans ce pays, les Etats-Unis et leurs alliés auraient engagé leurs troupes dans ce pays sous couvert de lutte contre la tentation hégémonique de l’Irak au Koweit en 1991 et de lutte contre le terrorisme en 2003. De là y voir la seule marque du lobby pétrolier il n’y a qu’un pas que nous ne franchirons pas en l’absence de preuves tangibles de leur unique responsabilité. Il reste que des liens forts existent entre la maison blanche, mus par ses faucons, et les intérêts pétroliers.

Ainsi, Halliburton un conglomérat d’entreprises liées à l’industrie du pétrole, modifie sa politique de lobbying dès que George Bush Junior, et surtout son vice-président Dick Cheney, ancien président d’Halliburton, entrent à la maison blanche à partir de 2001. A croire que l’argent devient inutile quand on dispose directement des manettes du pouvoir. De nombreux cadres dirigeants d’Halliburton font le voyage vers l’administration républicaine ou inversement, témoignage de liens tenus entre les deux organisations. Sarah Palin, la candidate républicaine à la vice-présidence était également liée aux groupes d’influence pétroliers. Elle préconisait notamment, comme l’administration Bush, l’ouverture aux forages de certaines zones de l’arctique.

 

A la manœuvre sur le protocole de Kyoto

Il reste que le secteur pétrolier est soumis à des variations erratiques que l’extinction progressive des réserves de pétrole, ou plutôt l’extinction progressive des réserves de pétrole en termes d’exploitation bon marché, ne suffit pas à expliquer. Le marché du pétrole est soumis à la loi de l’offre et de la demande. Par là il dépend de l’état de la croissance mondiale, aujourd’hui atone ce qui explique la chute des prix du baril ces derniers mois et ce malgré la volonté affichée des pays producteurs réunis au sein du cartel pétrolier qu’est l’OPEP de réduire leur production. Le niveau de prix dépend également du niveau des réserves de chaque pays et en premier lieu des Etats-Unis. De plus entre le prix du pétrole sur les marchés mondiaux et le prix à la pompe ou à la cuve, d’autres mécanismes fiscaux mais également liées aux capacités de raffinage entrent en ligne de compte. Et ce sans parler, des produits dérivés du pétrole, dont certains plastiques utilisés quotidiennement par la quasi-totalité des habitants de la planète.

Le pic d’Hubbert

Si les soupçons d’influence pèsent sur le lobby pétrolier à l’occasion des guerres en Irak c’est surtout sur l’évolution des réglementations internationales sur l’émission de gaz à effet de serre qu’elle se fait surtout sentir.

A l’occasion de la négociation de Kyoto 1, l’accord mondial de réduction des gaz à effet de serre, le plus grand pays émetteur du monde, les Etats-Unis, ne ratifient pas le traité. De fait, celui devient pratiquement « caduc ». Le protocole de Kyoto a mis en place le marché des droits à polluer librement cessibles sur le marché pour les entreprises les plus vertueuses et rachetables par celles qui polluent plus que leur quota d’émissions.

Les négociations de Kyoto 2 qui doivent se tenir au Danemark en décembre 2009 seront l’occasion pour le lobby pétrolier de jauger son influence, grandement contre-carrée par les groupes d’intérêts du monde de l’assurance, inquiets des conséquences du changement global sur l’espèce humaine et sur leurs comptes de résultats en fonction des catastrophes naturelles que laissent supposer l’élévation du niveau de température et des eaux sur la planète.

Reste que le lobby pétrolier n’est pas mort. L’API, qui regroupe la majeure partie des intérêts du pétrole et du gaz naturel, ne cesse de rappeler à quel point l’or noir est indispensable à la planète. « Oil and natural gas take us down the street and around the world. They warm and cool our homes and businesses. They provide the ingredients for medicines, fertilizers, fabrics, plastics and other products that make life safer, easier and better", indique les animateurs de l’organisation. Et par là de tenter de ralentir l’entrée en application des mesures réglementaires décidées au niveau mondial. A suivre et notamment sur la question du développement des énergies non-fossiles.

http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/le-lob...


3-3 Vous serez surveillés jusque dans votre lit.

Parallèlement le gouvernement met en place une surveillance policière intensive ; la « défense contre le terrorisme » reste un prétexte très convaincant. Le Secrétaire d’État à l’Intérieur, August Hanning,( d’après la  taz, « … l’homme fort qui se cache derrière Schäuble ») a annoncé qu’il ne devrait plus y avoir de lieux non surveillés, même pour protéger la vie privée : «  Certes nous pensons que c’est plutôt dans les pièces à vivre qu’on parle de projets criminels. Mais si quelque chose nous indique qu’un couple se retire dans sa chambre à coucher parce qu’il s’y sent plus en sécurité, alors nous pouvons le surveiller là aussi. »5

  Oui, ils le peuvent. Les micro-ondes permettent de traverser les murs sans problèmes et de scanner ou mettre sur écoute les intérieurs et ceux qui s’y trouvent. Des capteurs émettent des radiations micro-ondes, à ondes millimétriques et fréquences térahertziennes, qui, réfléchies par les objets ciblés, peuvent être mesurées et exploitées par les services secrets.6 En outre on met au point des dispositifs d’écoute qui balayent tous les réseaux de communication afin de capter et de

débusquer les membres de groupes en comparant les langages. Les USA mettront en service un dispositif de ce type – le Socio-Cultural Content in Language (SCIL) dès l’été 2009. 7

Les Allemands fabriquent un appareil à micro-ondes de la taille d’une valise qui permet de mettre hors service tous les équipements électroniques d’une maison, en particulier les appareils de télécommunications, depuis le mobile jusqu’à l’ordinateur en passant par la radio et la télé.8

Des armes « non létales »

 En outre les services publics de recherche et l’industrie de l’armement travaillent sur des armes dites « non létales », adaptées à la répression de soulèvements « sans effusion de sang ». On n’a aucune confirmation officielle, mais un nombre croissant d’indices laisse supposer que certaines unités de police disposent déjà de ce type d’armes (Non Lethal Weapons). La police fédérale et les commandos d’intervention spéciale à Berlin ainsi qu’en Saxe et Rhénanie-Nord-Westphalie testeraient depuis six mois des armes électromagnétiques scalaires9 : des armes émettant des radiations micro-ondes pouvant occasionner des lésions importantes. La Grande-Bretagne et la Suisse s’en sont déjà procuré. Les fabricants et distributeurs sont Rheinmetall DE-TEE (Düsseldorf) et Diehl BGT Defence (Nuremberg). Ces firmes, ainsi que Heckler & Koch, HDW, EADS, Krauss-Maffei et d’autres fabricants d’armes contribuent à hisser  notre pays au rang méprisable de troisième marchand d’armes au monde.

L’une des nouvelles armes « non létales » utilise le courant électrique de faible ampérage mais à haut voltage (50 000 volts) : il s’agit du  Taser. Un pistolet qui envoie une aiguille suspendue à un fil très fin. Ce dernier transmet à la cible des décharges électriques provoquant de graves crampes musculaires. Non létales ? L’organisation  Amnesty international fait état de nombreux décès au Canada et aux USA, où le Taser est déjà employé au quotidien par la police.10 Jusqu’ici aucun État n’a fait d’enquêtes approfondies sur les séquelles physiques et psychiques entraînées à long terme par le Taser. Mais que serait l’Allemagne, si elle n’essayait pas de perfectionner aussi cette arme ? Diehl  met au point, avec 180 000 euros de subvention étatique, des Taser où le courant est conduit par un mince jet liquide. 11

Notes

5 Hanning, A., Interview  accordée à Chr. Rath, tageszeitung (taz), Berlin, 14.03.2009. www.taz.de/1/politik/schwerpunkt-ueberwachung/artikel/1/intime-geraeusche-werden-geloescht /

6 voir aussi . www.scinexx.de/dossier-detail-393-7.html

7 voir  aussi www.linguistlist.org/issues/18/18-3875.html

8 voir www.iddd.de/umtsno/total.htm , vgl. http://ichblicksgrad.net/

9 voir aussi www.allmystery.de/themen/gg969 7

10 Spiegel Online du16.12.2008: «Le Taser a fait des centaines de morts», Hambourg, , cf. www.spiegel.de/panorama/justiz/0,1518,596670,00.html

11cfhttp://www.diehl.de/index.php?id=91&tx_cltechnicalstuff_pi1%5BshowUid%5D%5BshowUID%

Volker BRÄUTIGAM 

Traduit par  Michèle Mialane. Édité par Fausto Giudice

Article original publié le 15/6/2009

http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=7905&lg=fr


3-4 « Six Days in Fallujah » : peut-on jouer avec la guerre en Irak ?

A peine annoncé, le prochain jeu de guerre de Konami crée déjà la polémique.

En effet, « Six Days in Fallujah », en cours de développement, proposera de revivre sur console et PC l'une des batailles les plus meurtrières et controversées de la guerre en Irak.

Le projet est né à l'initiative d'anciens marines américains qui ont contacté les studios Atomic Games, spécialisés dans les jeux de guerre, en leur proposant leurs photos, vidéos et récits des combats.

Un responsable de Konami justifie la démarche dans le Los Angeles Times :

« Ces soldats appartiennent à une génération qui a grandi avec les jeux vidéo, cela explique pourquoi ils ont choisi ce média afin de raconter leur histoire. »

Conçu en étroite collaboration avec ces vétérans, le soft promet une approche ultra-réaliste. Peter Tamte, président d'Atomic Studio, explique :

« Le challenge pour nous est de représenter les horreurs de la guerre dans un jeu qui soit également divertissant ; notre but étant de proposer un aperçu de ce que peut ressentir un soldat dans une telle situation. »

« Ces événements horribles ne devraient pas être banalisés »

Des interviews de vétérans devraient également entrecouper les scènes de jeux afin de renforcer le réalisme et ajouter une dose de pédagogie documentaire.

Ce défi assumé de mêler fun et réalisme dans un jeu vidéo à partir d'un conflit contemporain a toutefois suscité bon nombre de réactions négatives dès son annonce.

Le premier assaut médiatique provient du Daily Mail avec une interview d'un père de soldat britannique mort au combat :

« Si l'on considère les pertes énormes en Irak, glorifier cette guerre dans un jeu vidéo est une preuve de mauvais goût. Ces événements horribles ne devraient pas être banalisés et reproduits dans un jeu pour amateurs de sensations fortes virtuelles. »

L'homme s'inquiète également du profil des consommateurs d'un tel jeu :

« Un jeune fanatique islamiste pourrait y voir une forme de vengeance, ce qui pourrait aussi l'inciter à aller plus loin… »

« Six Days in Fallujah » proposera en effet d'incarner des insurgés irakiens, et même des civils !

« Bien trop tôt pour faire de la guerre en Irak un jeu vidéo »

Le colonel Tim Collins, vétéran décoré de la guerre en Irak, estime qu'il est encore « bien trop tôt pour faire un jeu vidéo sur une guerre qui est toujours en cours » et juge cette démarche « particulièrement insensible, compte tenu de ce qui s'est passé à Falloujah ». Il s'opposera lui aussi à la parution du jeu.

Des associations de familles de soldats américains tués en Irak ont également fait part de leur indignation :

« Quand la barre de vie d'un être cher tombe à zéro, il n'a pas la possibilité de “recommencer” la mission. Lorsqu'il reçoit une balle, il ne lui suffit pas de ramasser une trousse de secours pour continuer à “jouer”… Il souffre, il pleure, il meurt. »

L'association pacifiste britannique « Stop the war », quant à elle, s'indigne que l'on puisse enrober un « massacre » de glamour au seul nom du divertissement, Falloujah devant être considéré avant tout comme un « crime de guerre »…

Une meilleure compréhension de la dure condition du soldat ?

Mais l'annonce du prochain jeu de Konami ne suscite pas forcément la colère chez tout le monde, et certains vétérans y voient même une bonne nouvelle.

Interviewé par G4, le sergent John Mundy considère qu'un tel jeu pourrait servir à l'entraînement des soldats, et qu'il n'est pas impossible qu'ils tirent quelques enseignements de cette expérience vidéo-ludique.

Les sergents George et Smith considèrent eux que « Six Days in Fallujah » pourrait être une bonne opportunité de rapprocher les civils des militaires en leur offrant une meilleure compréhension de ce que les soldats endurent sur le terrain :

« Il n'est pas aisé pour les civils de comprendre pourquoi un soldat de retour du front peut paraître si nerveux et alerte tout le temps.

La première fois dans le jeu qu'ils seront tués de s'être approchés trop près d'une voiture piégée, ou bien la première fois qu'ils seront abattus sans savoir ce qu'il se passe vraiment, peut-être comprendront-ils un peu mieux ce que nous vivons et combien la réadaptation des vétérans à la vie civile peut parfois être difficile. »

Et si au lieu d'un jeu vidéo, il s'agissait d'un film ou d'un livre ?

« Six days in Fallujah » est actuellement en cours de développement. Prévu pour 2010, sa sortie promet d'être plus que controversée.

On se souvient du projet de jeu de Sony baptisé « Shock and Awe » (« choc et effroi », du nom de l'opération militaire américaine lancée sur l'Irak en 2003) qui provoqua un tollé général et contraignit la marque japonaise à s'excuser avant d'abandonner l'idée.

Ces exemples de vindictes bien pensantes qui brident la liberté d'expression en poussant les créateurs de jeux à l'autocensure nous amènent ainsi à nous poser la question : accusé de trivialiser la guerre, « Six Days in Fallujah » connaitrait-il la même levée de boucliers s'il était un livre ou un film ?

Le journaliste américain Mike Antonucci voit en ces critiques hâtives un mépris latent pour les jeux vidéo en général, considérés comme « dépourvus de valeur artistique et sociale ».

Jean-Philippe Dutemps et Clément Floc’h | 

Etudiants en école de commerce | 15/04/2009 | 

http://www.rue89.com/jeux-video/2009/04/15/six-days-in-fa...



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

25/06/2009

n°443 - Les Dossiers d'Irak - 23-06 - Début - : Des mercenaires dans la Barack d’Obama.

n°443 - Les Dossiers d'Irak - 23-06 - Début - : Des mercenaires dans la Barack d’Obama.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les Dossiers d'Irak

N° 443                                                           23/06/09

C.De Broeder & M.Lemaire



 Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

1 Médias

1-1 Diane Lisarelli : Irak : Obama fait son sketch.

1-2 Dough Ireland : Télés américaines : 75 taupes du Pentagone démasquées.

1-3 Recueil d’entretiens : La critique de Dissidences.

1-4 Résistances irakiennes contre l’occupation.

2 Les brèves :

2-1 Sam Perlo-Freeman : les dépenses militaires explosent.

2-2 Gordon Brown rouvre le dossier de la guerre en Irak.

Suite

3 Dossier & Point de vue

3-1 Dough Ireland : Des mercenaires dans la Barack d’Obama.

3-2 Stéphane Taillat : Les causes et racines de l’insurrection irakienne. 

3-3 Lyes Menacer : L’Irak d’aujourd’hui risque-t-il de disparaître ?

3-4 Yvonne Ridley Tortures : Pourquoi Obama refuse la publication des photos.

3-5 Les activités du CICR en mai 2009.

Fin

4 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

4-1 Catherine Graciet : Coups tordus et libération d’otages, un mercenaire raconte.

4-2 Appel à l’aide pour nettoyer le pays des mines terrestres.

4-3 LGBT assassinées, tout le monde se tait.


 Avant propos

Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants qui osent leur résister...



1 Médias

1-1 Diane Lisarelli : Irak : Obama fait son sketch.

Le Colbert Report, émission satirique américaine vedette, s'est délocalisée à Bagdad pour la semaine. Avec en guest de poids, le Président himself.

Peut-on rire de la guerre en Irak ?

La réponse à cette question a semble-t-il été donnée l’année dernière, quand la production cinématographique s’engageait enfin à traiter les moments tragiques de l’histoire américaine récente sous l’angle de l’humour (Where in the World Is Osama Bin Laden ?, War, Inc,…).

Début juin 2009, la déconne montait d’un cran avec la délocalisation en Irak d’un des shows vedettes de Comedy Central, le Colbert Report, émission de satire politique de Stephen Colbert tournée pour l’occasion à Bagdad dans l’un des palais de Saddam Hussein.

En guest de marque : Barack Obama, président-lol se prêtant au jeu en interrompant par un message vidéo simulant un dialogue en temps réel la conversation entre l’animateur et le chef des forces en Irak. Apostrophant Colbert sur sa coiffure ou se moquant de lui-même en comparant ses grandes oreilles à un équipement espion satellite de pointe.
Une participation inimaginable il y a quelques mois, de la part d’un président des Etats-Unis, commandant en chef des armées d’un pays en guerre.

A part ça, des blagues sur la moustache des irakiens ou sur les armes de destruction massive (finalement « plus faciles à éliminer que ce qu’on pensait »). Le tout devant un parterre de militaires américains riant à gorge déployée.
A la place de Marylin ou Mariah Carey, c’est donc Stephen Colbert qui a été mandaté pour soutenir le moral des troupes. Un physique moins attrayant mais une personnalité atypique : animateur vedette de Comedy Central, Stephen Colbert, 45 ans, est un gros phénomène dans le milieu télévisuel U.S. Ancien correspondant du Daily Show with Jon Stewart, il a depuis quatre ans sa propre émission quotidienne, le Colbert Report qui s’inspire avec ironie des talk-shows conservateurs, comme on peut par exemple en voir sur Fox News. Un aura qui lui permet donc de débarquer sur un territoire en guerre pour y faire une émission allant jusqu’à moquer le conflit.
Alors même que la guerre en Irak est de moins en moins couverte médiatiquement, Newsweek choisissait pour l’occasion d’y consacrer sa Une en racontant l’Irak d’aujourd’hui et en laissant le soin à Colbert de rédiger une tribune sur le sujet.

L’initiative, toutefois, ne fait pas que des ravis : beaucoup reprochent aujourd’hui aux médias de ne plus couvrir la guerre mais les anecdotes entourant le conflit. Alors même que les intentions d’Obama sur le terrain sont loin de satisfaire ceux qui espéraient un retrait des troupes d’ici 2010.

Diane Lisarelli

12 juin 2009

http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/1244811600/article/irak-obama-fait-son-sketch/


1-2 Dough Ireland : Télés américaines : 75 taupes du Pentagone démasquées.

Pendant six longues années, le Pentagone a délibérément intoxiqué et manipulé les médias qui couvraient la guerre en Irak.

Objectif : influencer l’opinion publique américaine.

Doug Ireland revient dans le détail sur ce scandale encore tabou aux Etats-Unis.

C’est une histoire digne d’un roman de George Orwell. Entre 2002 et la fin avril 2008, le Pentagone a fait infiltrer toutes les grandes chaînes de télévision américaines par 75 gradés de l’armée à la retraite. Tous avaient été embauchés par ces médias comme analystes et c’est l’ancien secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, qui a initié ce vaste programme d’intoxication.

Si la Maison Blanche occupée par George W. Bush suivait de près le travail des taupes du Pentagone, Rumsfeld avait explicitement interdit à ses hommes de révéler aux chaînes de télévision qu’ils faisaient partie de cette opération.

C’est finalement le New York Times qui a vendu la mèche le 20 avril 2008. Hélas, aucune des chaînes dupées par le Pentagone, y compris CNN, NBC, CBS, ABC et Fox News, n’ont pris la peine d’en faire état.

Même si leurs téléspectateurs ont copieusement été bernés pendant des années. Beaucoup de ces « analystes militaires » partageaient l’idéologie des néo-conservateurs qui n’étaient autres que les plus proches conseillers de Donald Rumsfeld.

Pour récompenser ceux qui vendaient la soupe du Pentagone dans les médias, l’administration américaine ne lésinait pas sur les moyens, quitte à flatter l’égo de tous ces hommes au travers de traitements de faveur : briefings top secrets par les plus hautes instances militaires sur tous les aspects de la guerre en Irak et notamment sur les sommes d’argent faramineuses dépensées. Selon le New York Times, les taupes avaient aussi droit à des « escortes militaires en tenue de cérémonie jusque dans la salle de conférences privée de Rumsfeld, au meilleur service en porcelaine pour leurs goûters, à la sollicitation des conseillers, aux petites notes de remerciement chaleureuses et personnalisées signées de la main de Rumsfeld et à des rappels constants de leur devoir envers le pays. »

Le Pentagone savait pertinemment que les chaînes de télévision rémunéraient ces taupes entre 500 et 1 000 dollars par intervention. La somme variait en fonction du nombre de minutes passées à l’antenne et il n’était pas rares que ces « analystes » aient droit à plus de temps que les reporters attitrés de ces chaînes, au point de squatter les écrans. Pour faire illusion, ils mettaient en avant des « informations fraîches » qu’ils disaient détenir de « sources hautement placées » mais anonymes du Pentagone. Mais ces « informations » soigneusement préparées par les crânes d’oeufs de Donald Rumsfeld étaient souvent truquées ou fausses. De surcroît, ces salades étaient toujours livrées aux téléspectateurs sur un ton optimiste. Ridicule quand on sait que la guerre en Irak, toujours en cours, a d’ores et déjà duré plus longtemps que la Deuxième Guerre Mondiale.

8000 pages de documents internes

Ce que le New York Times décrit comme des « relations symbiotiques » entre ces anciens militaires et le Pentagone montre qu’en réalité tout ce beau monde était soudé par de juteux contrats. En effet, les taupes travaillaient par ailleurs comme lobbyistes, dirigeants, consultants, membres de conseils d’administration de sociétés privées qui cherchaient à tirer profit de la manne de plusieurs centaines de milliards de dollars dépensées par l’administration Bush dans sa « croisade » contre le « terrorisme » en Irak et en Afghanistan. Le tout, répétons-le, à l’insu des chaînes de télévision et de leurs téléspectateurs.

Dans leur ensemble, les taupes représentaient environ 150 entreprises militaires du secteur privé. Le Pentagone n’avait pas choisi ces messieurs par hasard (Rumsfeld a approuvé chaque nom personnellement) et les tenait bien en laisse. Si ces commentateurs s’aventuraient à émettre à l’antenne la moindre critique à l’encontre de la politique de Bush ou ne suivaient pas à la lettre la ligne de propagande fabriquée sur mesure pour eux, ils étaient illico exclus du cercle des privilégiés. Et dans la course aux contrats d’armement et de sécurité, l’accès à l’information et aux décideurs politiques est fort prisé, voire essentiel. La seule menace d’une hypothétique exclusion suffisait donc à leur faire défendre la guerre en Irak comme le Pentagone l’entendait.

Les 8 000 pages des documents internes de ce même Pentagone qui ont alimenté l’enquête du New York Times sont dorénavant disponibles sur internet. Soit dit en passant, elles révèlent aussi que beaucoup de quotidiens et de magazines ont également été victimes de cette manipulation, à commencer par le Times qui a publié neuf articles prétendument écrits par ces « experts » sans savoir que ceux-ci étaient téléguidés par le Pentagone.

Mais une étude réalisée par le Projet pour l’Excellence dans le Journalisme de la respectée Fondation Pew a révélé que, dans la semaine suivant la parution de l’enquête du Times sur cette vaste duperie, sur les 48 principaux médias passés au crible, seul le journal télévisé de la chaîne publique PBS avait consacré un reportage au scandale. A titre de comparaison, à la même période, on recensait 50 reportages sur une secte polygame au Texas ! Jusqu’à aujourd’hui, aucune des grandes chaînes privées qui se sont fait enfumées par le Pentagone n’ont pipé mot sur l’opération d’intoxication dont elles ont été victimes. NBC peut éventuellement arguer du fait qu’elle appartient au conglomérat General Electric, un important fournisseur militaire. mais quid des autres ?

Eisenhower avait vu venir le scandale

Une semaine après les révélations du New York Times, le Pentagone a annoncé qu’il mettait fin à cette entreprise de manipulation de l’opinion publique, confirmant ainsi la véracité des informations du quotidien. En dépit du fait que ce programme soit totalement illégal (la propagande gouvernementale dissimulée de ce type et qui cible les citoyens américains a été interdite par des lois successive du Congrès depuis 1951), aucune commission du Congrès n’a indiqué qu’une enquête avec des séances publiques était prévue. Il est pourtant nécessaire qu’un procureur indépendant du même acabit que celui que le Congrès, alors contrôlé par le Parti Républicain, avait désigné pour enquêter sur Bill Clinton avec pour résultat « l’impeachment » du Président Clinton en 1998, soit nommé pour appeler les responsables de ce programme secret à la barre. Mais les Démocrates qui ont aujourd’hui la main haute sur le Congrès ont peur de s’attirer les foudres de toutes ces grandes chaînes de télévision embourbées dans ce scandale.

La morale de cette histoire sordide se trouve dans le célèbre discours de fin de mandat du président Eisenhower. C’était en 1961. Eisenhower avait été le commandant suprême des Alliés en Europe pendant la Deuxième Guerre Mondiale et connaissait la musique. Avant de quitter la présidence, il avait alors mis en garde les États-Unis contre les dangers du « complexe militaro-industriel » en ces termes : « cette conjonction entre un immense establishment militaire et une importante industrie privée de l’armement est une nouveauté dans l’histoire américaine. (…) Nous ne pouvons ni ignorer, ni omettre de comprendre la gravité des conséquences d’un tel développement. (…) nous devons nous prémunir contre l’influence illégitime que le complexe militaro-industriel tente d’acquérir, ouvertement ou de manière cachée. La possibilité existe, et elle persistera, que cette influence connaisse un accroissement injustifié, dans des proportions désastreuses et échappant au contrôle des citoyens. » Malheureusement, c’est chose faite aux Etats-Unis. Depuis longtemps.

Doug Ireland

16 mai 2008

http://www.bakchich.info/Teles-americaines-75-taupes-du,03787.html 


1-3 Recueil d’entretiens  : La critique de Dissidences.

Résistances irakiennes. Contre l’occupation, l’islamisme et le capitalisme , Paris,

L’échappée, collection « Dans la mêlée », 2006, 176 pages, 10 euros. Mai 2007*

Coordonné par Nicolas DESSAUX ,

Avec ce recueil d’entretiens réalisés autour de personnalités appartenant à la résistance irakienne d’extrême gauche, mais majoritairement en exil dans des pays anglo-saxons, Nicolas Dessaux nous permet de découvrir tout un pan de l’activité politique irakienne scandaleusement ignoré par nos grands aussi bien que nos petits médias.

Toutes les figures interrogées ici sont affiliées au courant incarné par le Parti communiste-ouvrier, une organisation qui plonge ses racines dans la révolution iranienne de la fin des années 1970 et affiche une vision assez personnalisée du marxisme, très hostile, en particulier, au nationalisme sous toutes ses formes.

Parmi les éclairages les plus intéressants, à travers les interviews de Muayad Ahmad et, dans une moindre mesure, d’Ali Abbas Khalif, il faut impérativement citer la nature du soulèvement kurde de 1991, avec l’apparition de conseils ouvriers (« shura ») dans les districts et les usines, certes pendant trois semaines seulement, rencontrant l’opposition des nationalistes kurdes et la répression de Saddam Hussein ; on comprend d’autant mieux la passivité des Etats-Unis à l’égard de cette révolte éminemment progressiste.

Avec le témoignage poignant de Surma Hamid, c’est aux difficultés de la lutte féministe que nous sommes confrontés, lutte pour l’égalité et contre les mutilations sexuelles imposées aux filles, contre laquelle se dresse l’union sacrée des islamistes et des nationalistes kurdes de l’UPK et du PDK.

On peut également citer Thikra Faisal, étudiante membre du syndicat des étudiants progressistes, qui a mené la lutte contre les tentatives des islamistes d’imposer leurs règles de vie à l’intérieur de l’université de Bassora. Le trait d’union entre ces deux secteurs de la lutte est incarné par Houzan Mahmoud, une des portes paroles du Congrès des libertés en Irak, une coalition de forces laïques et progressistes qui prend peu à peu de l’importance dans le pays, depuis sa création en mai 2005.

Autre domaine de lutte, le syndicalisme, avec les témoignages de Qasim Hadi et Akram Muhammad Nadir, deux dirigeants du syndicat des chômeurs : si les revendications, dans la situation actuelle de l’Irak, visent bien sûr la satisfaction de besoins de base, elles n’en sont pas moins combattues par les forces d’occupation et le gouvernement fantoche irakien, qui n’hésitent pas à s’appuyer sur le code de travail en vigueur sous Saddam Hussein interdisant les syndicats et les grèves ! Ali Abbas Khalif, également syndicaliste, donne en outre un éclairage sur les luttes de guérillas qui ont existé sous la dictature.

Toutes ces études nous donnent envie de lire une véritable étude sur l’histoire de l’extrême gauche en Irak. Un livre précieux (1), donc, mais trop court, qui en appelle d’autres, beaucoup d’autres, du même genre.

Jean-Guillaume Lanuque

(1)     Nicolas Dessaux et d’autres militants internationalistes animent l’organisation Solidarité Irak (99, rue du Molinel, 59 000 Lille) ainsi que le site www.solidariteirak.org , principale source d’informations en langue française sur les luttes sociales dans ce pays.

(2)     On peut également lire des articles de N.Dessaux dans la presse militante, comme par exemple dans le n° 11-12 de Ni patrie, ni frontières (en ligne) sur le dirigeant communiste Mansoor Hekmat, ou sur http://oclibertaire.free.fr

http://www.solidariteirak.org/


1-4 Résistances irakiennes contre l’occupation. 

Éditions l’échappée, collection Dans la mêlée Format 12 x 18,5 / 124 pages / 10 euros / isbn 2-915830-10-X

Dans un Irak déchiré par l’occupation militaire et la guerre civile, des hommes et des femmes, arabes et kurdes, athées et croyants, sunnites et chiites, chômeurs, ouvriers, syndicalistes et féministes cherchent à sortir du chaos.

Menacés par les islamistes, persécutés par les nationalistes, emprisonnés par les troupes d’occupation, ils tentent de répondre à ces questions : comment combattre l’impérialisme américain sans poser de bombes ?

Quelles stratégies adopter pour empêcher la guerre civile de se propager dans les quartiers ? Comment défendre les droits des femmes alors que les islamistes participent au gouvernement et tiennent la rue ?

Quelles luttes sociales mener pour défendre l’égalité et les droits des salariés ?

Ce livre leur donne la parole.

Ces neuf entretiens nous font découvrir cette autre résistance, résolument laïque, féministe et anticapitaliste qu’Al-Qaeda considère "plus dangereuse que le Mossad".

Nicolas Dessaux, archéologue, est président de l’association Solidarité Irak, qui, depuis 2003 fait connaître et soutient les luttes féministes et sociales en Irak occupé.

Préface : Résister autrement, par Nicolas Dessaux

On a décidé de lancer l’insurrection tout de suite Entretien avec Muayad Ahmad. Membre d’une organisation armée d’extrême gauche, Muayad Ahmad a été l’une des figures de l’insurrection populaire de mars 1991 au Kurdistan d¹Irak, en pleine guerre du Golfe.

Mon coeur brûle pour les femmes du Kurdistan et d’Irak Entretien avec Surma Hamid. Après avoir connu toutes les violences faites aux femmes dans la société kurde, Surma Hamid est devenue une dirigeante féministe célèbre au Kurdistan, avant d’être contrainte à l’exil par les islamistes.

C’est comme ça qu’une société façonne la personnalité Entretien avec Houzan Mahmoud. Née dans une famille de guérilleros, Houzan Mahmoud est l’une des fondatrices de l’Organisation pour la liberté des femmes en Irak et l’une des porte-parole du Congrès des libertés en Irak à l’étranger.

Nous ne disposions que de trois fusils Entretien avec Ali Abbas Khalif. Après cinq ans de détention pour ses liens avec la guérilla, puis douze ans en tant que prisonnier de guerre en Iran, Ali Abbas Khalif est aujourd’hui syndicaliste et président du Congrès des libertés en Irak à Bassora.

Tout le monde pense être la prochaine cible Entretien avec Nadia Mahmoud. Militante clandestine de longue date, vivant aujourd’hui en exil, Nadia Mahmoud est retournée récemment en Irak pour la première fois.

Emprisonné à trois reprises par les forces d’occupation Entretien avec Qasim Hadi et Akram Muhammad Nadir. Syndicaliste clandestin, organisateur de grèves victorieuses sous le régime de Saddam Hussein, Qasim Hadi est aujourd’hui secrétaire général du Syndicat des chômeurs en Irak. Syndicaliste au Kurdistan d’Irak, Akram Mohammed Nadir est responsable du Syndicat des chômeurs à Sulaymania.

Quelles bombes ? La bombe, c’est moi ! Entretien avec Thikra Faisal. Etudiante à Bassora, Thikra Faisal a été l’une des meneuses de la grève des étudiants contre les milices armées islamistes à l’université.

L’humanité est notre drapeau Entretien avec Samir Adil. Arrêté et torturé par la police de Saddam Hussein pour ses activités clandestines, Samir Adil est aujourd’hui président du Congrès des libertés en Irak.

nico

4 janvier 2009

http://www.solidariteirak.org/

dimanche 4 janvier 2009, par nico



2 Les brèves :

2-1 Sam Perlo-Freeman : les dépenses militaires explosent.

L’Institut international de recherche pour la paix de Stockholm (Sipri) révèle dans son rapport annuel une augmentation mondiale des dépenses militaires de l'ordre de 45% en 10 ans. Les Etats-Unis restent les plus gros dépensiers.

Les dépenses militaires mondiales ont atteint un record l’an passé.

Gonflées par la guerre en Irak, le retour de la Russie sur le marché et l’émergence de la Chine, elles ont atteint 1464 milliards de dollars, en hausse de 45% sur dix ans, représentant 2,4% de la richesse mondiale, selon le rapport annuel de l’Institut international de recherche pour la paix de Stockholm (Sipri) publié lundi.
La «guerre contre le terrorisme» a poussé plusieurs pays «à voir leurs problèmes à travers une perspective fortement militarisée», analyse
le responsable des études du Sipri consacrées aux dépenses militaires, Sam Perlo-Freeman. «Dans le même temps, les guerres en Irak et en Afghanistan ont coûté 903 milliards de dollars de dépenses militaires supplémentaires pour les seuls Etats-Unis», relève-t-il.
A eux seuls, les Etats-Unis, de très loin premier pays dans le classement du Sipri, ont représenté en 2008 près de 41% du montant total des dépenses militaires mondiales, soit plus que les 14 autres principaux pays réunis, un héritage des années Bush.

Depuis 1999, les dépenses de défense américaines ont bondi de 67% à prix courants, pour atteindre 607 milliards de dollars l’an passé.

Chine et Russie triplent leur budget militaire

La Chine, qui avec la Russie a quasiment triplé son budget militaire depuis dix ans, est pour la première fois le deuxième pays dans ce classement, avec 6% du total, devant la France (4,5%) et le Royaume-Uni (4,5%).

La Russie, qui comme la Chine a pu servir ses ambitions de grande puissance grâce à une période économique faste, revient à la cinquième place. «La progression de la Chine s’est faite parallèlement à sa croissance économique et est également liée à ses aspirations de grande puissance», relève le Sipri.

Parmi les 15 plus grands dépensiers en termes militaires, seuls l’Allemagne (-11%) et le Japon (-1,7%) ont réduit leurs dépenses depuis 1999.
Bruno Tertrais, maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), voit la nette augmentation des dépenses militaires en Russie et en Chine comme des «tentatives de rattrapage de la puissance militaire américaine. Ils partent d’assez bas, donc ces dépenses ne font pas évoluer le rapport de force entre ces nations».

Concernant le traité portant sur le commerce d’armes, discuté ce lundi aux Nations Unies, le chercheur est très réservé. «Les instruments multilatéraux ont rarement des incidences majeures sur les transferts d’armement. Ils ne servent qu’à moraliser un peu ce commerce.»

15-06

A lire aussi, un entretien avec Christophe Saint-Martin, responsable de la commission Armes à Amnesty International.

http://fr.news.yahoo.com/76/20090615/twl-guerre-en-irak-puissances-mergentes-1a8f422_1.html


2-2 Gordon Brown rouvre le dossier de la guerre en Irak.

Contraint et forcé, Gordon Brown a annoncé, lundi 15 juin, qu'une enquête allait être menée sur le pourquoi et le comment de l'intervention britannique en Irak.

Un petit groupe 'indépendant' de hauts fonctionnaires et d'universitaires y travaillera après le retour, le 31 juillet, des 500 derniers soldats de la Couronne. Il aura accès à toutes les informations disponibles sur le sujet et devra remettre ses conclusions dans un an, a expliqué le premier ministre.

Mais contrairement à ce que souhaitaient les familles des soldats morts en Irak ainsi que de nombreux parlementaires de tous bords, l'enquête ne sera pas publique, pour des raisons de sécurité nationale, a-t-il précisé.

Et seul ce qui sera jugé propre à être divulgué fera ensuite l'objet d'une communication.

Depuis son arrivée à Downing Street où il a remplacé Tony Blair en juin 2007, M. Brown tergiversait sur le sujet. La popularité de son prédécesseur a beaucoup souffert de l'affaire irakienne. Les armes de destruction massive de Sadam Hussein qu'invoquait M. Blair pour justifier sa décision - celles dont il assurait qu'elles pouvaient être déclenchées 'en 45 minutes' - n'ont jamais été découvertes. Et les Britanniques ont très mal vécu ce qu'ils ont jugé être un mensonge à leur endroit et à celui de leurs élus.

Dans ce contexte, celui qui fut le chancelier de l'Echiquier de M. Blair pendant dix ans aurait préféré enterrer le sujet.

Mais affaibli ces dernières semaines par la récession et le scandale des notes de frais à Westminster, M. Brown a dû céder.

Après la débâcle du Labour aux élections européennes du 4 juin et la tentative avortée de putsch de certains députés travaillistes, il a promis de gouverner autrement.

D'être plus transparent, plus démocratique. De jouer plus collectif. Et, notamment, de lancer enfin cette enquête sur l'intervention en Irak, plus de six ans après l'envoi des troupes britanniques.

Mais il semble aujourd'hui peu probable qu'elle réponde aux questions des Britanniques. Sur quelle base la décision politique d'envoyer les troupes en Irak a-t-elle été prise ?

Qui, au sein du gouvernement et de l'armée, y était favorable ?

Défavorable ?

Dans quelle mesure cette intervention était-elle légale au regard du droit international ?

Dans quelle mesure le gouvernement avait-il envisagé que le conflit s'enliserait pendant des années ? Quel était le degré de préparation des militaires ?

INADMISSIBLE"

Quatre rapports ont déjà été publiés sur le sujet en 2003 et 2004 - deux sont l'œuvre de parlementaires, deux ont suivi des enquêtes commandées par le gouvernement à des personnalités extérieures -, aucun n'a permis de préciser les choses.

Ils ont établi que les services secrets avaient fourni des informations "défectueuses" à Downing Street, de deuxième voire de troisième main, et que leurs sources étaient "peu fiables". Mais ils ont tous conclu à la bonne foi du gouvernement, même si des documents internes au Cabinet publiés dans la presse laissaient envisager une autre version des faits.

"Il est inadmissible que le gouvernement puisse fermer l'épisode de la guerre en Irak de la même manière qu'il l'a ouvert, dans le secret", a fustigé Nick Clegg, à la tête du parti libéral-démocrate.

David Cameron, le leader conservateur, a regretté le calendrier de l'enquête, dont le résultat ne sera pas connu avant un an, c'est-à-dire avant les élections législatives prévues d'ici juin 2010. Il s'agit de "tirer les leçons" du passé, "pas de répartir les torts ni d'étudier les responsabilités", a répondu M. Brown.

Virginie Malingre

16 juin

LeMonde.fr

http://fr.news.yahoo.com/64/20090616/twl-gordon-brown-rouvre-le-dossier-de-la-acb1c83_1.html


n°443 - Les Dossiers d'Irak - 23-06 – Suite - : Des mercenaires dans la Barack d’Obama.


n°443 - Les Dossiers d'Irak - 23-06 – Suite  - : Des mercenaires dans la Barack d’Obama.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les Dossiers d'Irak

N° 443                                                           23/06/09

C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire :

3 Dossier & Point de vue

3-1 Dough Ireland : Des mercenaires dans la Barack d’Obama.

3-2 Stéphane Taillat : Les causes et racines de l’insurrection irakienne. 

3-3 Lyes Menacer : L’Irak d’aujourd’hui risque-t-il de disparaître ?

3-4 Yvonne Ridley Tortures : Pourquoi Obama refuse la publication des photos.

3-5 Les activités du CICR en mai 2009.

3 Dossier & Point de vue

3-1 Dough Ireland : Des mercenaires dans la Barack d’Obama.

Un rapport rédigé par des démocrates et des républicains révèle que sous l’administration Obama les Etats-Unis emploient de plus en plus de mercenaires pour faire la guerre en Irak et en Afghanistan.

Quand il était encore sénateur, Barack Obama ne se privait pas de critiquer le rôle des mercenaires dans la guerre en Irak.

Maintenant qu’il est président, il perpétue la politique de George W. Bush qui consiste à confier une grande partie de l’effort de guerre en Afghanistan et en Irak à des sociétés et des multinationales privées qui en tirent de faramineux bénéfices. Cette privatisation des conflits armés est la plus aboutie et la plus radicale que le monde ait jamais connue.

Un rapport très officiel d’une commission bipartite (démocrate et républicaine), publié le 7 juin dernier, révèle qu’aujourd’hui près de 250 000 contractuels privés — en clair des mercenaires — font la guerre en Afghanistan et en Irak. Mais la presse américaine n’en parle presque pas. Cette Commission pour les contrats de guerre dans ces deux pays (Commission on Wartime Contracting in Iraq and Afghanistan) a pourtant été constituée l’année dernière, après des révélations sur des fraudes massives dans les contrats attribués par le Pentagone pour ces deux guerres.

Afghanistan : plus de mercenaires que de soldats américains

Selon son rapport, 132 610 contractuels travaillent en Irak pour le compte du Pentagone, soit à peu près l’équivalent du nombre de soldats américains déployés sur place. Plus inquiétant, en Afghanistan, les mercenaires armés ou non (68 197) sont plus nombreux que les soldats en uniforme ! Et depuis qu’Obama est président, le recours à ces contractuels ne cesse de se développer.

Toujours selon le rapport de la Commission, au cours du second trimestre 2009, le nombre de mercenaires œuvrant pour le Pentagone a grimpé de 29% en Afghanistan et de 23% en Irak. Le sénateur Obama qui pestait contres les méfaits et les fraudes des sociétés privées qui les emploient s’est transformé en un président Obama qui adhère à la nouvelle religion « bushienne » de privatisation des conflits.

Le plus grand bénéficiaire de ces deux guerres est KBR, l’ancienne filiale de la multinationale Halliburton, dont Dick Cheney était le Pdg avant de devenir vice-président des Etats-Unis sous George W. Bush. Depuis 2001, KBR a été payée presque 32 milliards de dollars. Et, le mois dernier, la directrice de la Defense Contract Audit Agency, April Stephenson, a témoigné devant le Congrès pour déclarer que KBR était liée à la très grande majorité des cas de fraude dans les zones de guerre ainsi qu’à une grande partie des 13 milliards de dollars de coûts suspects.

3,2 milliards de bénéfices au premier trimestre 2009 pour KBR

Il faut dire que pour ces multinationales de la guerre, le jeu en vaut la chandelle. Ainsi, KBR affiche pour le premier trimestre 2009 des revenus en hausse de 27%, pour un total de 3,2 milliards de dollars. Selon le Financial Times, KBR dispose de surcroît d’un milliard de dollars en liquide dans son coffre et est en train de chercher à acquérir de nouvelles sociétés.

Si la presse américaine a parlé du rapport de la Commission, c’était pour en relever la conclusion spécifiant que la privatisation des guerres en Afghanistan et en Irak signifiait « des milliards de dollars de perdus en fraudes, gaspillage et abus », à cause du manque de supervision et de contrôle par le Pentagone. Par contre, personne n’a jugé utile de lancer un débat sur les dangers de la privatisation des guerres.

La continuité et même l’accélération du recours aux mercenaires sous l’administration Obama témoigne de la puissance de l’incontournable « complexe militaro-industriel » au sujet duquel le président Eisenhower a tiré la sonnette d’alarme, lors de son célèbre discours prononcé à la fin de son mandat, le 17 janvier 1961. Ancien commandant des Forces alliées en Europe pendant la Seconde Guerre Mondiale, Eisenhower avait averti ses concitoyens en ces termes : « Dans les conseils du gouvernement, nous devons prendre garde à l’acquisition d’une influence illégitime, qu’elle soit recherchée ou non, par le complexe militaro-industriel. Le risque d’un développement désastreux d’un pouvoir usurpé existe et persistera ».

Des mercenaires torturaient dans les prisons secrètes américaines en Afghanistan

L’augmentation du nombre de mercenaires sous Obama souligne l’érosion des responsabilités dans les crimes de guerre comme ceux commis en Irak par la société Blackwater et détaillés par l’excellent journaliste Jeremy Scahill dans son indispensable ouvrage Blackwater : The Rise of the World’s Most Powerful Military Army, publié en France l’année dernière sous le titre de Blackwater : L’ascension de l’armée privée la plus puissante du monde . Les prisons secrètes en Afghanistan exploitées par des mercenaires et où la torture était pratiquée en est un autre exemple car ces tortionnaires n’étaient redevables de leurs actions envers personne.

Qui plus est, l’emploi de mercenaires institutionnalise le divorce entre les actes de guerre et l’autorité constitutionnelle du Congrès quand il déclare une guerre. Il bafoue aussi le contrôle des militaires par les élus civils démocratiquement issus du suffrage universel, un principe très cher aux pères fondateurs des Etats-Unis.

Irak et Afghanistan : 80 % des contractuels ne sont pas américains

Le rapport de la Commission note que la majorité des mercenaires employés par le Pentagone en Afghanistan et Irak — quelque 80% d’entre eux — ne sont pas américains. Quand on ne compte plus sur ses propres citoyens pour livrer une guerre et dire « J’y crois et je suis prêt à mourir pour », le monde entier devient votre terrain de recrutement. Et c’est ainsi que l’on viole la souveraineté d’autres Etats : en recrutant leurs citoyens pour mener une guerre où leur propre pays n’est pas directement engagé. Avec l’emploi des sociétés de mercenaires, la chasse aux profits mène, de plus, immanquablement à l’escalade de la guerre.

La privatisation des conflits armés sabote la démocratie mais Barack Obama ne fait qu’appliquer une politique centriste de consensus bipartite. L’emploi de mercenaires a toujours été le propre des tyrans dans l’histoire du monde ancien. En accélérant leur déploiement en Afghanistan et en Irak, Obama imite l’Empire britannique dans l’un de ses pires travers au moment où l’Amérique faisait sa révolution pour son indépendance.

Doug Ireland

24 juin

 http://www.bakchich.info/Obama-et-les-sites-mercenaires,08056.html


3-2 Stéphane Taillat : Les causes et racines de l’insurrection irakienne.

Historiquement, le discours porté par les Américains, tant militaires que civils, sur les acteurs et les causes de l’insurrection irakienne (ou plus globalement des violences irakiennes) n’a cessé d’évoluer. L’étudier permet ainsi de repérer les stratégies de (dé)légitimation.

C’est d’ailleurs ce que font les opposants à la stratégie contre-insurrectionnelle lorsqu’ils dénoncent celle-ci comme un changement du discours destiné à l’opinion publique américaine comme aux populations locales (ce qu’il est aussi en partie).

Or, c’est oublier un autre élément : ces discours structurent la compréhension de la mission par l’ensemble des militaires, ce qui, dans le contexte d’une décentralisation croissante de l’action, est crucial.

1) Le discours américain sur l’insurrection : une évolution majeure de la campagne en Irak ?

On le sait, dans un premier temps, l’insurrection est niée par Donald Rumsfeld qui y voit l’action de “jusqu’au-boutistes” du régime de Saddam Hussein tandis que la “campagne de guérilla” annoncée par John Abizaid en juillet 2003 insiste surtout sur les réseaux jihadistes internationaux. Cette vision participe à la délégitimation des mouvements insurgés et démontre surtout une méconnaissance parfaite de la situation politique et culturelle de la société irakienne. 

Dans un second temps, l’insurrection est perçue comme la production “d’anticorps” face à la présence et à l’occupation militaire américaine. Il s’agit d’une vision plus élaborée puisque elle sous-entend que, la “fenêtre d’opportunité” étant passée, les libérateurs ont développé un ressentiment croissant contre eux, tout autant qu’ils ont favorisé la fragmentation sociale et l’amplification de la violence civile. Cependant, il serait faux de croire que cette vision préexiste à la formulation de la stratégie de “l’irakisation par le haut” définie par le général Casey.

A compter de juillet 2004, mais surtout en mars 2005, l’objectif de ce dernier est de transférer au plus vite les responsabilités de la sécurité aux forces irakiennes et de légitimer le nouveau gouvernement issu des urnes. Or, la “doctrine de l’anticorps” -formulée par Abizaid en tant que supérieur direct de Casey- sert surtout à légitimer une posture de retrait décidée dès le premier jour de la campagne “Liberté en Irak”. 

Dans un troisième temps, l’insurrection est précisément définie pour ce qu’elle est, c’est à dire en partie un mouvement de résistance, mais surtout une amplification de la compétition politique du fait du vide du pouvoir provoqué par la chute de Saddam Hussein.

Plus précisément, l’insurrection s’inscrit aussi dans l’histoire plus longue des relations entre les différentes composantes de la société irakienne et dans le cadre de l’évolution sociopolitique de cette dernière. L’insurrection est donc enchâssée au coeur d’un “écosystème conflictuel complexe” (D. Killcullen) qui comprend des éléments de résistance à l’occupation, de guerre interconfessionnelle et de conflit politico-social. Dans ce cadre, les militaires américains se perçoivent comme des arbitres de ces violences chargés de les “stabiliser” mais aussi comme des réformateurs capables de règler les causes profondes de l’insurrection, principalement économiques, sociales et identitaires.

2) Permanence du discours et de ses composantes :

Derrière une succession de ruptures dans le discours et les stratégies qui les soutiennent (ou qui en sont issues en retour), il existe en réalité trois facteurs persistents :

-l’insurrection est exogène à la population irakienne.

-il existe un caractère essentiellement belligène dans la société irakienne.

-la posture individuelle et collective des militaires américains a un rôle déterminant pour attiser ou atténuer le conflit.

Toutefois, ces trois éléments qui structurent l’ensemble du champ de la contre-insurrection en Irak depuis 2003 connaissent des proportions variables selon le locuteur et selon l’époque.

Grosso modo, on peut observer les évolutions suivantes :

-T1 : le premier facteur est central. L’insurrection est décrite comme étant causée par des acteurs étrangers à la population, soit qu’ils soutiennent les restes d’une dictature forcément honnie, soit qu’ils soient les agents de Al Qaeda ou de l’Iran. On peut dire que l’incarnation de l’insurrection dans la figure de Al Zarqawi illustre cette prédominance. On observe pourtant que, si ce premier facteur demeure, il connaît des transformations profondes. A compter de 2006-2008, l’insurrection est mieux comprise dans son contexte politique, culturel et social. Les “causes profondes” (root causes) de l’insurrection ne sont pas niées : ressentiment individuel ou collectif, facteurs identitaires, revendications multiples (notamment des Sunnites) à la participation au processus politique. Les insurgés sont donc classés entre “réconciliables” (ceux dont les griefs sont légitimes et qui peuvent être réintégrés au sein du processus politique) et “irrécupérables” (ceux qui manipulent ces griefs pour des agendas différents, comme l’instauration d’un califat).

-T2 : le second facteur prend de l’importance à partir de l’année 2006, point haut des heurts interconfessionnels (dont on peut se demander si ils ne sont pas avant tout des tentatives pour asseoir le pouvoir de certains groupes et de certaines organisations au sein de chaque communauté- bref, si ils ne sont pas des compétitions intra-communautaires tout autant qu’inter-communautaires). Dans cette optique, l’insurrection est analysée avant tout comme le produit d’une société “pré-moderne” dont les ressorts culturels (honneur, vengeance) et politiques (luttes confessionnelles, rôle de la violence, place supposée des “cheiks et des imams”) sont considérés comme profondément belligènes. On reconnaît là la vision “orientaliste” si prégnante dans les discours académiques américains sur les Arabes et les Musulmans et qui irrigue ici la description d’une société prête à se perdre dans le chaos si elle n’est pas disciplinée et occidentalisée. Néanmoins, cette vision ne cesse d’évoluer à son tour dans une nuance subtile mais importante. Il ne s’agit pas seulement du discours sur “l’arbitrage de la guerre civile” par les militaires américains, mais aussi de la prise en compte au niveau interpersonnel de la réalité de la société et de la culture irakienne dans sa diversité et sa modernité.

En ce sens, ce deuxième facteur cède la place au troisième.

-T3 : présente dès les débuts de l’occupation, l’idée selon laquelle les militaires américains agiraient sur l’insurrection est certainement celle qui domine aujourd’hui, et pas seulement à travers les discours sur les changements culturels, conceptuels et institutionnels au sein de l’Army et des Marines. Au départ, l’analyse porte sur la méconnaissance culturelle irakienne et sur l’impératif de ne pas aggraver les relations entre les populations. En juillet 2003 par exemple, le général Sanchez demande à ce que cessent les opérations de bouclage et de ratissage pour la raison qu’elles produiraient davantage de mécontentement que d’assentiment. D’ailleurs, on devrait savoir gré à Ricardo Sanchez d’avoir cherché le premier à unifier la collecte, l’analyse et la distribution du renseignement, même si cela échoue au bout du compte. Néanmoins, cette perception est partagée par de nombreux militaires déployés en Irak ou présents au coeur des organes de réflexion des institutions. En témoigne l’insistance croissante sur la “sensibilité culturelle” qui débouche sur des réformes dès l’hiver 2003-2004, institutionnalisées en 2005-2006. 

Dans un second temps, la “doctrine de l’anticorps” va plus loin puisqu’elle présuppose non seulement que les Américains sont une partie du problème mais qu’ils sont même LE problème. La présence est considérée comme une “fausse bonne idée” (notamment à travers les patrouilles à pied qui sont perçues comme tendant à exacerber le sentiment de rejet de la population) et conduit au retrait progressif des centre-villes. En clair, il s’agit de “mettre un visage irakien” sur la contre-insurrection pour abaisser le soutien populaire aux insurgés. Bien entendu, cette analyse fait l’impasse sur les compétions politiques internes à la société irakienne et sur le rôle négatif des milices chiites, toujours considérées par la majorité des politiques comme des alliées.

Dans un troisième temps, ce facteur devient dominant avec la vision volontariste incarnée en David Petraeus. Désormais, les militaires américains considèrent qu’ils ont l’initiative et qu’ils peuvent agir pour détruire l’insurrection sunnite et chiite. C’est là l’aboutissement d’une évolution complexe qui ajoute à l’analyse plus fine des “causes profondes” de l’insurrection, une vision plus “neutre” du rôle et du positionnement des forces américaines en Irak (notamment vis à vis des Sunnites). Sur le premier point comme sur le second, il y a là la présence des deux facteurs identifiés plus haut (en tenant compte de leurs inflexions), mais aussi l’influence des débats conceptuels et doctrinaux qui animent les institutions militaires depuis 2004. Il est intéressant de voir qu’il s’agit là d’un décalque presque identique des idées de la “guerre révolutionnaire” et des phénomènes sociologiques les ayant accompagné. Ainsi, dépourvus de directives claires de la part du pouvoir politique, les militaires français en Algérie avaient du créer leur propre rôle à travers les analyses intellectuelles faites dans le cadre de leur perception des conflits de décolonisation au coeur de la “guerre froide”. Dans cette optique, quoi de plus exaltant et (auto-)légitimant que de se voir comme des réformateurs souhaitant “couper l’herbe sous le pied” aux “révolutionnaires nationalistes crypto-marxistes”. C’est pourquoi les militaires français s’étaient vus comme les protecteurs de la population civile, comme les éducateurs et les réformateurs des campagnes, comme les véritables “révolutionnaires” face au FLN… Ce phénomène était à l’intersection entre les réflexions intellectuelles de l’année 1957, les pratiques éprouvées de la période coloniale, et les évolutions sociologiques au sein de l’armée “professionnelle” depuis 1945. Plus finement, il était aussi, comme l’est l’expérience collective et individuelle américaine en Irak, une forme particulière de conversion profonde.

Au bilan, cette réflexion sur la perception de la cause de l’insurrection par les militaires américains questionne aussi la formule doctrinale “populo-centrée” : la population est le centre de gravité de l’insurrection, il faut donc la gagner à sa cause, insurrection et contre-insurrection s’affrontent pour leur légitimité auprès des populations locales. Au-delà, elle questionne aussi certains de ses présupposés corollaires, comme par exemple les relations entre la sécurité et le développement socioéconomique. En effet, ces formulations sont performatives et légitimantes. Traduction sans jargon : elles servent surtout à autoriser les nouvelles procédures tactiques et la nouvelle stratégie. Mais, si elles sont un affinement de l’analyse des causes des insurrections (même si c’est à travers les concepts hérités de la “guerre révolutionnaire”), elles ne permettent pas de trancher tout à fait sur la responsabilité initiale (cause ou condition de possibilité) de la présence militaire américaine en Irak dans le déclenchement et la montée en puissance des insurgés (hors le “péché originel” de l’invasion et de la chute de Saddam Hussein bien sûr)… Ce qui renvoie donc à nouveau à notre problème de l’impossible retrait américain d’Irak dans les conditions actuelles.

Stéphane Taillat

10 juin 2009 -

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/les-causes-et-racines-de-l-57361



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n°443 - Les Dossiers d'Irak - 23-06 – Fin - : Des mercenaires dans la Barack d’Obama.

n°443 - Les Dossiers d'Irak - 23-06 – Fin - : Des mercenaires dans la Barack d’Obama.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les Dossiers d'Irak

N° 443                                                           23/06/09

C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire :

4 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

4-1 Catherine Graciet : Coups tordus et libération d’otages, un mercenaire raconte.

4-2 Appel à l’aide pour nettoyer le pays des mines terrestres.

4-3 LGBT assassinées, tout le monde se tait.

4 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

4-1 Catherine Graciet : Coups tordus et libération d’otages, un mercenaire raconte.

Mercenaire en activité en Afghanistan et en Irak, « Franck Hugo » a participé aux guerres secrètes que la France a menées en Afrique.

Il se met à table dans un livre, « Mercenaire de la République ».

La politique de l’ombre menée par la France en Afrique a longtemps justifié l’emploi de mercenaires aguerris.

Sous la plume du journaliste Philippe Lobjois, l’un d’entre eux, qui se fait appeler « Franck Hugo » pour préserver son anonymat — il évolue aujourd’hui entre l’Afghanistan et l’Irak — raconte sa vie dans un ouvrage disponible en librairie le 18 mai, « Mercenaire de la République » (éd. Nouveau Monde).

Après avoir rejoint la Légion à l’âge de vingt ans, « Franck » préfère prendre le large et s’engage aux côtés de la guérilla Karen (où bon nombre de mercenaires tricolores ont parachevé leur formation) qui lutte contre l’armée birmane. Ayant pris goût à la guerre (il a aussi goûté au sang), il rallie une brigade de volontaires étrangers combattant les Serbes en ex-Yougoslavie.

Puis, en 1995, plonge la tête la première dans les « structures parallèles » de la République. Après une expérience amère aux côtés de Bob Denard aux Comores — il a été capturé par l’armée française et condamné — « Franck Hugo » devient un combattant de la Françafrique : le Zaïre qui s’écroule, la guerre civile au Congo, l’arrivée au pouvoir de Robert Guei en Côte d’Ivoire, l’affrontement entre Laurent Gbagbo et les rebelles du nord… Il est de tous les coups durs et les coups tordus.

Et, à la fin des années 90, vit en direct l’émergence des sociétés militaires privées, les fameuses SMP, qui feront des mercenaires à la françaises des « contractors » à l’anglo-saxonne. « Franck Hugo » part alors pour l’Irak en 2003 où, un an plus tard, il participera aux négociations secrètes pour libérer les deux journalistes français pris en otage par l’Armée islamique, Christian Chesnot et Christian Malbrunot.

Une intervention qui l’amènera à être en contact avec un certain Cheikh Hussein, renvoyé de l’Armée islamique pour avoir détourné une rançon versée pour libérer des otages japonais et qui se révèlera être le futur ravisseur de la journaliste Florence Aubenas et de son interprète.

Bonnes feuilles.

→ Mercenaire de la République, Franck Hugo et Philippe Lobjois, éd. Nouveau Monde.

COURSE À L’OTAGE

C’était notre nouveau job : protéger les journalistes.

En l’espace de quelques mois, ces derniers étaient devenus la nouvelle cible.

Une véritable monnaie, un trésor inestimable pour le groupe qui arrivait à mettre la main sur l’un d’entre eux. Les journalistes américains seront les premiers à donner l’exemple en embauchant des gens comme nous pour les protéger pendant leur boulot.

Le 19 août, un Italien du nom de Enzo Baldoni, envoyé spécial de l’hebdomadaire Diario, sera porté disparu. Quelques jours plus tard, on retrouvera son traducteur palestinien, mort assassiné par des membres de l’Armée islamique en Irak.

Ce sera la chaîne Al-Jazeera qui diffusera le 24 août une cassette vidéo dans laquelle l’Armée islamique en Irak annonce détenir en otage Enzo Baldoni, menaçant de le tuer si Rome ne retire pas ses troupes d’Irak dans un délai de 48 heures. Suite à l’expiration de ce délai, la chaîne de télévision recevra une nouvelle cassette montrant le corps de Baldoni après son exécution.

Depuis avril, cela faisait près de 80 personnes qui avaient disparu entre les mains des moudjs de la guérilla.

Depuis son arrivée, Yann (un collègue de Franck Hugo) avait tissé des liens avec l’ambassade de France. Parmi ses contacts privilégiés, il y avait Gaspard. Officier à la DGSE arabisant, Gaspard s’était retrouvé adjoint du chef d’antenne de la « Centrale » à l’ambassade. J’avais rendez-vous avec lui.

Arrivé dans le bureau, j’ai vu à son visage que les news étaient mauvaises.

– On est sans nouvelles de Georges Malbrunot du Figaro et de Christian Chesnot de Radio France International.

J’ai encaissé l’info. J’avais croisé les deux correspondants français plusieurs fois, et nous avions sympathisé.

L’air ennuyé, Gaspard a repris :

– Ils ont quitté hier matin leur hôtel et, depuis, plus de nouvelles.

On a appelé les rédactions qui les ont eus hier avant qu’ils ne prennent la route. Ils partaient sur Nadjaf. Ils ne sont jamais arrivés sur Nadjaf. Ils auraient été arrêtés à Latyfya.

– Leur chauffeur ?

– Disparu aussi !

J’ai hoché la tête.

Nadjaf, c’était la ville sainte chiite. À l’heure où nous parlions, la ville était assiégée par les troupes américaines. J’ai repensé à la route, qui était loin d’être une partie de plaisir.

L’Italien s’était fait enlever deux jours auparavant sur ce même chemin. Au cours des derniers mois, de nombreuses attaques s’étaient produites sur ces 200 kilomètres de bitume.

– Ça tombe mal ! Avec les élections, les groupes terroristes vont faire monter la pression. Même vous, il faut que vous fassiez attention, avait renchéri Gaspard. (…)

Le 28 août, Khais, de retour de Fallouja, m’apprendra que c’est bien l’Armée islamique en Irak qui avait revendiqué l’enlèvement des deux journalistes français.

– Ils réclament l’annulation dans les 48 heures par Paris de la loi sur le foulard islamique. Un texte a été diffusé cet après-midi par Al-Jazeera !

À l’ambassade, Gaspard me confirmera qu’une cellule de crise avait été mise en place à la Piscine, le siège de la DGSE, à Paris.

– On n’a pas grand-chose hormis ces vidéos qui sortent sur Al-Jazeera… C’est maigre.

Deux jours plus tard, le 30 août, Al-Jazeera diffusera une nouvelle vidéo des deux reporters demandant au peuple français de manifester contre la loi contre le foulard islamique. Tout ça sentait la manipulation à plein nez… (…)

Khais (fixeur de Franck Hugo et ancien général de l’armée de l’air irakienne) connaissait tout le monde dans Fallouja. Il pouvait me trouver un contact au sein du comité des moudjahidin de Fallouja.

Eux pourraient me mettre en contact avec les ravisseurs, ou du moins faire passer un message. La ville se préparait à un assaut américain, et la défense des quartiers était en train de s’organiser. Après deux journées d’attente, Khais me prévint que « quelqu’un » viendrait me voir pour discuter avec moi de la situation.

Le lendemain, dans la matinée, sans prévenir, un pick-up bordeaux plein de poussière s’arrêta devant la grille. Yann était en mission dans Bagdad. Khais était sorti pour ouvrir.

Un homme, puis deux, puis trois sont apparus. Khais s’est précipité sur le plus jeune pour le serrer dans ses bras. J’ai senti que l’homme, la trentaine sympathique, était d’un autre calibre.

– Frank, je te présente mon cousin Saker. Il arrive de tu sais où !

Et voici « Said ». Ils ont à te parler. Je lui ai dit qu’ils auraient dû prévenir, que cela aurait été mieux.

– Frank, ces gens-là ne préviennent jamais… C’est comme ça qu’ils restent en vie.

J’ai compris que j’avais devant moi des gens de l’Armée islamique.

Le plus vieux est rentré seul. Avant, les deux autres ont pénétré dans la villa, histoire de voir s’il n’y avait pas des gars embusqués derrière une porte. « Said » s’est assis, et Khais l’a imité. Puis « Said » a sorti un petit talkie, dans lequel il a dit trois mots.

– Il faut qu’il rassure ceux qui sont dehors…

J’avais compris. « Said » appellera ainsi toutes les trois minutes. S’il n’appelait pas, c’est qu’il se passait quelque chose. En le regardant crachoter dans son micro, j’ai pensé aux Américains qui auraient donné cher pour être à ma place. Un responsable de l’Armée islamique pour prendre le thé, ça, c’était du jamais vu !

La discussion s’est amorcée sur « les Américains qui devraient bien partir un jour, sur le sacrifice de nos fedayin », qui se dévouaient courageusement et… sur les otages. Après une demi-heure, ils se sont tous levés, m’ont serré la main et ont disparu.

Nous avons évoqué à demi-mot les possibilités de libération, évoquer la loi sur le voile islamique en France. En fait, je ne savais pas qui « Said » était vraiment. Au cours de la conversation, j’avais compris qu’il était là pour voir s’il y avait moyen de faire quelque chose, si j’étais fiable comme intermédiaire, sans doute…

Une fois parti, Khais m’a dit :

– Il a dit que quelqu’un viendrait te chercher très vite. Sois prêt, c’est tout.

– Quand ? j’ai demandé. Khais a secoué la tête, navré, puis a levé les yeux au ciel.

– Seul le Très Haut le sait… Puis il m’avouera que je venais de rencontrer le numéro 2 de l’Armée islamique.

– Ils sont à l’aise partout. C’est pour cela que les Américains ne pourront pas gagner… L’après-midi même, j’ai rendu compte de ma découverte auprès de Gaspard. (…)

Le soir venu, une grosse voiture Mercedes grise se gara devant la villa. Khais était venu vers moi avant de monter dans la voiture.

– Il faut que tu laisses ton arme, tes papiers, ton téléphone, tout ce que tu as sur toi !

Çà, je n’aimais pas. Au moindre problème, je disparaîtrais dans un trou noir.

À regret, j’ai vidé mes poches sur la table d’entrée. Puis Saker m’a fait monter dans la Mercedes. Khais a traduit.

– On va te bander les yeux, et tu t’accroupiras. Ce ne sera pas long.

Khais avait les genoux pointus. Coincé par terre au niveau de ses genoux, au moindre chaos, je les prenais dans les tempes.

– Excusez-moi, monsieur Frank, excusez-moi.

La voiture roule sur du dur, puis sur du mou. Derrière mon bandeau, j’essaie de suivre. Je me demande s’ils ne vont pas vers Fallouja.

Le chef de Saker s’appelle Cheikh Hussein. D’après Khais, c’est lui que l’on va rencontrer.

– C’est un homme très important. Il peut faire beaucoup pour la libération des deux otages.

Je prendrai connaissance par la bouche de Khais du CV de Cheikh Hussein. Il était issu de la tribu des Zoubaï, tribu importante en Irak, qui avaient tous pris les armes contre les Américains. Cheikh Hussein était devenu un ouléma et, à ce titre, faisait partie des professeurs à l’université islamique de Bagdad. C’était un religieux respecté, jusqu’au jour où il avait rompu avec l’Armée islamique pour des raisons obscures que Khais me promettait de m’expliquer, une fois l’entretien terminé.

Après un coup de frein un peu plus dur, la voiture s’est immobilisée. Des portières ont claqué. J’étais toujours dans le noir. On m’a relevé et enlevé le bandeau.

– Bienvenue à Gazaliah, m’a soufflé Khais avec un clin d’œil.

Gazaliah ! Situé à l’ouest de Bagdad, c’était un « territoire indien » absolu. Une zone moudj sunnite très dure. Personne ne s’y aventurait. Et surtout pas des étrangers ! D’un coup d’œil, j’ai repéré des hommes sur les toits armés de PKM. Il y en avait plusieurs. Des guetteurs qui sécurisaient le rendez-vous, j’ai pensé. Encadré par Khais et son cousin, j’ai suivi mes guides.

Le bâtiment était bas. Une sorte de hangar, avec la porte ouverte. C’était là, autour d’une table, que plusieurs barbus m’attendaient. Ils étaient cinq.

« Said », le numéro 2, n’était pas là. Khais m’a présenté l’homme en face de moi.

– Frank, je te présente Cheikh Hussein.

À l’époque, Cheikh Hussein n’était pas encore connu. J’aurai tout le temps d’apprendre qui il est RÉELLEMENT.

Ancien moukhabarat, c’est un chef religieux qui fait partie du Collège islamique des oulémas, l’instance religieuse sunnite la plus haute.

– C’est courageux à toi d’être venu ! Tu es chrétien ?

J’ai répondu « oui », mais que je n’étais pas très pratiquant. Il a sorti un Coran tandis qu’il m’a désigné une Bible en anglais.

–Tu vas jurer sur la Bible que tu ne diras rien sur cette rencontre. Nous sommes là pour essayer de trouver un arrangement pour la libération des otages, n’est-ce pas ? Moi, je vais faire le serment sur le Coran qu’il ne t’arrivera rien dans cette pièce et que tu pourras repartir indemne pour Bagdad.

Après cette introduction, Cheikh Hussein me parle de politique, de la France vis-à-vis des musulmans, du voile, et du bien que je peux en tirer en me convertissant à l’islam… Tu sais que c’est la seule religion qui t’autorise à prendre une kalachnikov ?

Je ne le savais pas, mais j’étais heureux de l’apprendre pour mes vieux jours. Puis nous sommes rentrés dans le vif du sujet.

– Les deux Français sont aux mains de l’Armée islamique. Je peux faire quelque chose. Ce sont mes anciens frères. Je les récupère, et nous négocions toi et moi leur libération. Qu’est-ce que tu en dis ?

J’ai tiqué sur mes « anciens frères », mais je n’ai rien dit. J’attendais de sortir pour demander des explications à Khais.

– Je suis tout à fait d’accord. C’est trop beau pou