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19/06/2009

n° 465 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine - 15-06 - : Fin-: Gaza, le génocide à l’Uranium Appauvri

 n° 465 - Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine - 15-06 - : Fin-: Gaza, le génocide à l’Uranium Appauvri



   Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine 

      465 15-06                                                       C.De Broeder & M.Lemaire



 

Sommaire

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage (suite)

2-4 Voilà à quoi servent l'UE/OTAN, les députés européens et leur régime égyptien.

2-5 Sherine Sheikh Khalil parle des « horribles » conditions de détention dans les prisons israéliennes.

2-6 L’autre mur des lamentations.

2-7 Marcy Newman : Al-Khalil : colonialisme et le terrorisme sioniste.

2-8 Omar Barghouti: "L'appel palestinien au boycott d'Israël devient de plus en plus populaire".



2-4 Voilà à quoi servent l'UE/OTAN, les députés européens et leur régime égyptien.
 09/06
 
Nouvelles du sit-in à Rafah
 "International Movement to Open Rafah Border"

A 8h du matin le 9 Juin 2009, notre groupe composé de 7 Internationaux (3 Américains, Don Bryant, Paki Wieland, Ellen Granves 3 Français Christian Chantegrel, Jacques Denko et Micheline Garreau, et 1 Italien, David Mattacchioni) du Mouvement International Pour Ouvrir
la Frontière de Rafah s’est rendu au Passage de Rafah et a demandé aux autorités égyptiennes d’ouvrir la frontière.
Comme nous nous y attendions, les soldats égyptiens, nous ont indiqué que la frontière était fermée, au moins jusqu’à 13h, l’heure d’arrivée des soi-disant responsables.
Nous avons donc installé notre campement devant la frontière.
Juste après notre arrivée, deux familles palestiniennes sont arrivées et ont aussi été confrontées au refus des autorités égyptiennes.
La première famille arrivait juste de Suède pour rendre visite à leur famille dans Gaza.
La seconde famille, des Palestiniens vivant aux Etats-Unis, tentait pour le troisième jour de suite d’entrer dans Gaza. M. Abu…. Nous a déclaré : « Ca n’a pas de sens. Pourquoi nous empêcher de rendre visite à notre famille ? Quel est l’intérêt des autorités égyptiennes de maintenir ce blocus ? »
Vers 10h, cinq autres Palestiniens sont arrivés, eux aussi, chargés de valises mais comme nous, les soldats égyptiens leur ont dit : « La frontière est fermée ».
A 11h30, le bus de la compagnie Honest Transport amenant la délégation de députés européens est arrivé mais comme par magie, mais là, les portes de la frontière se sont aussitôt ouvertes et refermées. Les députés ne sont même pas descendus du bus et nous n’avons même pas pu les interpeller et leur demander d’agir pour les familles bloquées ici
Dès le passage de la délégation, un policier est venu nous interroger pour nous demander si nous désirions entrer dans Gaza.
Nous leur avons répondu que oui mais à une condition, que toutes les familles bloquées ici puissent entrer et que le passage de Rafah soit considéré comme une zone de Droit international conforme à l’article 13 de
la Déclaration des Droits de l’Homme*.
A 11h45, 2 véhicules de la police sont arrivées et une dizaine de policiers ont installé leur campement à
10 mètres de nous.
Nous sommes tous déterminés à rester jusqu’à l’ouverture de la frontière et nous espérons que beaucoup d’autres militants des droits de l’homme, de toutes nationalités viendront nous rejoindre ici, à Rafah.
Le Droit international doit être appliqué aussi ici.
In Solidarity  from all  International Movement to Open Rafah Border
 http://www.facebook.com/group.php?gid=9986479902


2-5 Sherine Sheikh Khalil parle des « horribles » conditions de détention dans les prisons israéliennes.

Sherine Sheikh Khalil libérée cette semaine après six ans de détention pour avoir résisté à l’occupation militaire israélienne dénonce des « mauvais traitements horribles » et « des épisodes à faire dresser les cheveux sur la tête » dans les geôles israéliennes.  

« Ils nous frappent, ils nous donnent des coups de pied, ils nous humilient. Ils nous traitent comme des animaux, » a dit Sherine, 24 ans, à IslamOnLine lors d’un entretien exclusif.

« C’est très difficile de vous décrire la bestialité et la sauvagerie de leur conduite, » a ajouté la jeune militante depuis Khan Younis, au centre de la Bande de Gaza. En 2003, alors qu’elle avait juste 17 ans, Sherine a été accusée par un tribunal militaire israélien d’avoir pris part à la tentative d’enlèvement d’un colon juif en Cisjordanie.

Elle a été libérée dimanche, à la fin de son condamnation. Bien que son père, ses frères et ses sœurs habitent Ramallah, la capitale de la Cisjordanie occupée, le régime d’occupation israélienne a décidé de l’expulser dans la Bande de Gaza, apparemment comme punition supplémentaire. « Je suis heureuse d’être libre, mais je voudrais voir ma famille à Ramallah. » Selon les groupes pour les droits de l’homme à Gaza, Israël a expulsé environ 30 Cisjordaniens vers l’enclave côtière depuis le début de l’Intifada Al-Aqsa en septembre 2000.

Sherine décrit les tribunaux israéliens comme « un système de châtiment et de représailles » plutôt que comme un « système de justice ».

« On ne peut pas réellement parler d’un véritable système de justice, » insiste-t-elle.

« Nous parlons d’un pays qui approuve le meurtre des non Juifs, qui vole leurs biens et démolit leurs maisons. C’est un Etat qui utilise toutes les circonstances atténuantes concevables pour exonérer les assassins juifs de Palestiniens pendant qu’il concocte toutes sortes de prétextes pour condamner et incriminer les Palestiniens. » Sherine a dit que les tribunaux n’étaient rien d’autres que des outils aux mains du régime israélien pour nuire au peuple palestinien et donner une fausse légitimité à l’occupation militaire.

Il y a plus de 11 000 détenus palestiniens dans les prisons israéliennes.

Beaucoup d’entre eux sont des militants politiques, des hommes politiques locaux et des leaders communautaires, incarcérés pendant des années sans accusation ni procès. Les groupes pour les droits de l’homme qui œuvrent dans les territoires occupés appellent souvent ces détenus des « otages » ou des « monnaies d’échange » dont se sert Israël pour extorquer des concessions politiques aux groupes de la résistance et à l’Autorité Palestinienne soutenue par l’Ouest.

Sherine, qui a laissé derrière elle des dizaines d’autres prisonnières palestiniennes, a parlé d’un régime total de « provocations et de punitions » qui hante constamment les détenus palestiniens dans les geôles et cachots israéliens. Quelques-unes de ces prisonnières, dit-elle, ont été obligées à accoucher en prison, avec des menottes aux mains et des fers aux pieds.

La militante palestinienne a dit que les dernières représailles furent le transfert de nombreux prisonniers palestiniens avec des criminels israéliens endurcis. « La lie de la lie, » se plaint Sherine.

« Alors, imaginez-vous en train de passer des jours et des nuits avec des assassins, des drogués, des prostitués et toute sorte de délinquants. »

Elle soupçonne que les responsables des prisons israéliennes étaient de connivence avec les criminels pour faire du mal ou du moins pour harceler les prisonniers palestiniens, quelque chose qui se produit dans de nombreuses occasions.

Abdul Nasser Farwana, directeur du Département des Statistiques du Ministère des Prisonniers à Ramallah, a parlé à IOL de persécution des prisonniers allant jusqu’à des simulacres d’étranglement avec des foulards. Il a dit qu’Israël avait pris dernièrement des mesures « draconiennes » contre les détenus au seul motif de « se venger ».

Certaines de ces mesures visent spécifiquement les partisans du Hamas, mais d’autres prisonniers, y compris affiliés au Fatah et au Jihad Islamique, sont touchés. Il y a quelques années, Israël a créé le “commando Nachshon”, dont la tâche principale est de réprimer et de brutaliser les détenus palestiniens.

Le nouveau gouvernement israélien, dirigé par le faucon Benyamin Netanyahu, a reconnu que des mesures plus dures étaient introduites, principalement pour obliger le Hamas à assouplir sa position pour la libération du soldat israélien capturé il y a près de trois ans.

Parmi ces mesures, on trouve la diminution de la qualité et de la quantité de nourriture, la confiscation des transistors, pas de livres, moins de visites familiales et une négligence médicale délibérée, qui a déjà entraîné la mort d’au moins deux détenus.

A la question de ce qu’elle pensait avoir été la période la plus difficile pendant ses six années d’incarcération, Sherine a dit qu’il y avait « des hauts et des bas » dans les niveaux de mauvais traitement.

« Ca dépend de l’humeur des responsables de la prison, quelquefois ils se précipitent dans nos cellules après minuit, pour nous fouiller. Et c’est particulièrement humiliant parce que ça a lieu devant un officier de sexe masculin qui accompagne les gardiennes, » dit-elle. « Le motif réel de ces provocations est juste de nous humilier et de nous meurtrir émotionnellement. Ils voulaient briser notre volonté et détruire notre dignité. Mais, bien sûr, nous sommes plus forts que toutes leurs tactiques virulentes. »

 Khalid Amayreh - Moqawama

4 juin

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=6706


2-6 L’autre mur des lamentations.

La femme prend fermement la main de son petit garçon et tous les deux s’apprêtent à franchir un des points de contrôle du mur de Cisjordanie à Jérusalem-Est.

Il est environ midi et le soleil brille dans le ciel dégagé. Mère et fils passent les postes de contrôle israéliens, avancent rapidement à travers la clôture électrifiée et se retrouvent bientôt de l’autre côté du mur à Bethléem, en territoire palestinien. Il n’y a pas eu de problème cette fois-ci.

Peut-être parce que ce n’est pas l’heure de pointe, spécule la femme. Mais le scénario est différent à l’aube et au crépuscule.

Les enfants palestiniens doivent se lever tôt pour faire d’interminables files d’attente s’ils veulent arriver à l’heure dans leurs collèges situés en territoire annexé de fait par Israël. Au coucher du soleil il n’est pas rare de voir des centaines de Palestiniens attendre plus de trois heures pour franchir la barrière. Parfois, les guérites sont fermées, laissant toutes ces personnes dehors jusqu’au lendemain matin.

Les Palestiniens disent que l’humiliation à laquelle ils sont soumis par les autorités d’Israël est « quotidienne et inhumaine ». Qu’à cause de quelques « terroristes fanatiques » des populations entières sont coupées de tout, et encore plus pauvres. Que le « mur maudit » est en train de les tuer. Une visite de la Cisjordanie aide à mieux comprendre la terrible tragédie vécue dans cette partie de la planète.

De l’autre côté

Le gouvernement israélien l’appelle « barrière de protection ». Les Palestiniens l’ont baptisé « mur de séparation ». Il a une longueur de 650 km (cinq fois plus long que le Mur de Berlin), huit mètres de hauteur et six de largeur. En plus de cela, il est équipé de miradors tous les 300 mètres, de fils électriques, de capteurs, et de fossés de deux mètres de profondeur dans lesquels se trouvent des chiens dangereux. Sa construction a démarré en juin 2002 sous le gouvernement du « faucon » Ariel Sharon, et aujourd’hui il traverse comme un serpent la plupart des territoires palestiniens de Cisjordanie, coupant en deux, ou en trois des villes entières.

Le régime de Sharon a justifié la construction du mur comme une mesure extrême pour protéger les civils israéliens, qu’ils soient Juifs ou Arabes, contre les attentats-suicide de terroristes palestiniens qui avaient augmenté de façon spectaculaire à partir de 2000, après ce qui a été appelé « l’Intifada Al-Aqsa » ou « guerre sainte ». Israël a également fait valoir que la barrière a été construite après avoir essayé d’autres solutions qui n’ont pas réussi à contenir les attaques et après avoir prouvé que l’Autorité nationale palestinienne (ANP) ne respectait pas les accords sur la lutte contre le terrorisme.

Tout cela est se discute, et au cours des dernières années on a réussi à faire baisser le nombre d’attentats-suicide [l’arrêt des attaques-suicide est en réalité le résultat d’une décision prise il y a plusieurs années par les mouvements de la résistance palestinienne qui y avait recours - N.d.T]. Mais le coût pour les populations palestiniennes innocentes a été très élevé.

Des communautés entières, comme les 15 000 personnes qui vivent dans les villages de l’enclave de Bir Nabala, ont été complètement encerclées par la barrière. Les familles ont été divisées. Environ 50% des Palestiniens qui se faisaient suivre dans les hôpitaux spécialisés de Jérusalem n’y vont plus en raison de la difficulté à obtenir les permis et laisser-passer nécessaires. C’est la même chose pour les collégiens, les universitaires et autres étudiants qui sont confrontés quotidiennement aux check points contrôlés par l’armée israélienne pour pouvoir accéder aux écoles qui sont restées de l’autre côté du mur dans ce qui est appelé la « terre promise ».

C’est cela le quotidien en Cisjordanie. Comme conséquence de l’isolement, des villes palestiniennes comme Hébron ont été transformées en ghettos. Les entreprises font faillite et la mal-nutrition se développe. Isaac Zorob, un Palestinien qui a vécu au Pérou pendant 11 ans, a déclaré que les entrées de vivres et de médicaments sont chaque fois plus espacée. Il y a des gens qui meurent de faim. Comme quelques Palestiniens, Zorob (53 ans) est arrivé du Pérou en 1979 et a créé une entreprise de vente de tissus à Abancay Avenue. Ca n’allait pas trop mal pour lui, mais en 1991, il est retourné chez lui, à Beityala, à 10-minutes en voiture de Bethléem. Il a inauguré « El Pollo », dont il dit que c’est le seul « poulet à la broche » du Moyen-Orient, et ça a très bien marché jusqu’à la construction du mur. Ensuite, son commerce comme ceux de ses compatriotes, s’est effondré. Seuls les taxis [...] semblent survivre en Palestine.

Les rues de Bethléem sont terriblement sales. Il y a des ordures accumulées sur la place principale et la célèbre église de la Nativité, construite sur le lieu de la crèche où Jésus serait né, est maintenant un bâtiment avec des trous et des fissures. Un autre détail qui retient l’attention.

Beaucoup de Palestiniens marchent à pied, la tête baissée. Quand quelqu’un les regarde en face le ressentiment de leur regard est frappant. Le mur, par conséquent, a causé plus de haine et de rancoeur contre Israël, qui se reflète clairement dans les graffitis multiples sur le béton. « Mort aux Juifs », dit l’un.

De moins en moins de Palestiniens soutiennent l’ANP, dirigée par Mahmoud Abbas, un politique gris et apathique, et la popularité des organisations islamiques radicales comme le Hamas est en augmentation. Le Hamas contrôle la bande de Gaza qui a été bloquée de façon permanente même avant les bombardements de janvier dernier qui ont tué plus de 1000 Palestiniens.

En juillet 2004, la Cour de justice de La Haye a déclaré le mur de Cisjordanie illégal, en a ordonné la démolition et l’indemnisation des milliers de Palestiniens affectés.

Mais Israël n’a pas respecté la décision et a au contraire, promu une politique agressive pour accroître les « colonies de peuplement juives » dans les territoires palestiniens. Le nombre de colons qui occupent les territoires palestiniens depuis 1967 est montée à plus de 200 000.

Jeudi dernier, Le pape Benoit XVI a traversé Jérusalem et a vivement critiqué la grande barrière. « Dans un monde où les frontières sont de plus en plus ouvertes aux échanges, à la mobilité des personnes et aux échanges culturels c’est tragique de voir que des murs continuent de s’élever », a t-il déclaré lors d’une messe présidée, sur la place de Bethléem.

Les États-Unis, sous le régime de George Bush, ne s’étaient pas prononcé contre le Mur et avaient au contraire appuyé Sharon dans sa monstrueuse offensive dans la bande de Gaza et dans les attaques par hélicoptères de combat contre les populations palestiniennes de Cisjordanie.

Mais Barack Obama n’est pas Bush. Le nouveau président américain a décidé de faire pression sur Tel-Aviv, pour impulser un changement de politique de façon à reprendre les négociations sur le conflit israélo-palestinien et suspendues depuis l’offensive dans la bande de Gaza.

La semaine dernière, Obama a reçu à Washington le Premier ministre israélien Benjamin « Bibi » Netanyahu et lui a dit qu’il soutiendrait la création d’un État palestinien souverain et qu’Israël devait cesser l’expansion de ses colonies de peuplement en Cisjordanie.

« Nous avons vu bloqués les progrès sur ce front, et je suggère au premier ministre de saisir une occasion historique de parvenir à avancer sérieusement sur cette question au cours de son mandat », a déclaré Obama suite à sa rencontre avec Netanyahu.

La réponse du Premier ministre israélien, qui préside une coalition de partis nationalistes ultra-orthodoxes, réticents à renoncer aux territoires occupés, a paru dans la presse dimanche dernier. Netanyahu a rejeté « la tentative des États-Unis d’imposer l’arrêt de toute activité de colonisation » en Cisjordanie et s’est engagé à accepter sans restrictions la construction d’enclaves juives dans les territoires palestiniens.

Un haut fonctionnaire du gouvernement israélien qui a requis l’anonymat a déclaré à Caretas à Jérusalem qu’il espérait qu’Obama, « un homme qui a des racines islamiques », reprendra cette position, mais il a aussi déclaré qu’Israël ne cèderait pas « parce que nous ne savons plus qui contrôle les territoires palestiniens, si c’est l’ANP (Autorité nationale palestinienne), le Hamas ou le Jihad islamique. Et nous n’allons pas nous asseoir pour parler avec les terroristes. »

Pendant ce temps, des Palestiniens ont trouvé un petit trou dans une section du mur près de Ramallah, et ils se faufilent par là pour éviter les contrôles impitoyables des Israéliens. Ils disent que c’est la seule façon de ramener du pain à la maison. Ils pourraient se faire tuer mais ils s’en fichent. Comme eux, des milliers d’innocents en Cisjordanie espèrent ne pas rester pris au piège du Mur et cherchent désespérément une sortie, un tout petit trou peut être, pour survivre.

29 mai

Palestinalibre.org - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.palestinalibre.org/artic...
Traduction de l’espagnol : Charlotte

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=6714

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18/06/2009

n°464 - Dossier de Palestine - 15-06 –Début - :«Le roi est nu»

n°464 - Dossier de Palestine - 15-06 –Début - :«Le roi est nu»



L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 

                                                       



   Dossier de Palestine

          N°464                                                          15-06

             C.De Broeder & M.Lemaire   



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 

Sommaire

1  Médias/Vidéos 

1-1 Amérique Le lobby pro-israélien 1/3.

1-2 Amérique Le lobby pro-israélien 2/3.

1-3 Amérique Le lobby pro-israélien 3/3. 

1-4 antiWAR / Peace Music Video.

1-5 Propagande sur Arte.

1-6 Denis Sieffert : La nouvelle guerre médiatique israélienne.

1-7 Gregor Seither: le journaliste est considéré comme une arme au service du combattant.

1-6 Denis Sieffert : La nouvelle guerre médiatique israélienne.

1-7 Gregor Seither: le journaliste est considéré comme une arme au service du combattant.

2 Les brèves

2-1 Richard Hétu : George Mitchell évoque la création d'un État palestinien «rapidement».

2-2 Obama et l'UE saluent un «important pas en avant» d'Israël.

2-3 Nétanyahou propose la reprise immédiate et sans conditions préalables des négociations de paix.

2-4 Netanyahu "torpille" les efforts de paix, selon la présidence palestinienne.

2-5 Plainte à la CPI contre Israël, pour crime de guerre et crime contre l'humanité.

2-6 Un Rabbin américain appelle à la destruction des Lieux Saints et à la liquidation totale des arabes!

2-7 Israël refuse le gel de la colonisation réclamé par Barack Obama.

2-8 Les faucons du gouvernement Nétanyahou satisfaits du discours sur un Etat palestinien "démilitarisé".

Suite

2-9 Mohamed Al Arabi : Blair utilise les enfants pour résumer l’occupation israélienne à une question religieuse.

2-10 L’Observatoire du sionisme s’inquiète de la montée de l’influence de l’idéologie sioniste sur la vie publique française.

2-11 Roger Waters lance un plaidoyer contre ‘le mur’ en Cisjordanie.

2-12 Accrochage meurtrier à la frontière entre Gaza et Israël.

2-13 Leyla Jad : Les colons mettent le feu aux terres cultivées.

3 Dossier

3-1 Yariv Oppenheimer : «Le roi est nu» -

3-2 Gideon Levy : Etats-Unis - Un ami d’Israël.

3-3 Pierre Barbancey : Les pressions s'accentuent sur Netanyahou.

3-4 Ramat Gan : Netanyahu pour un Etat palestinien démilitarisé qui reconnaitrait Israël.

3-5 Israel Fête Sa Paranoia Collective Pendant 5 Jours et Prépare Sa Prochaine Guerre "Préventive".

Fin

3-6 Gilad Atzmon: Le monstre à trois pattes.

3-7 Leila mazboudi : Turning Point 3: Israël en danger, grands tournants dans sa stratégie militaire.

3-8 Amira Hass  : Tués à bout portant par l’armée israélienne à Gaza - Quelle justification?

3-9 Jean-Marie Gläntsen : Internationalisation de Jérusalem.

 



1  Médias/Vidéos 

1-1 Amérique Le lobby pro-israélien 1/3.

http://www.dailymotion.com/video/x6lhf8_amerique-le-lobby...


1-2 Amérique Le lobby pro-israélien 2/3.

http://www.dailymotion.com/video/x6lgz5_amerique-le-lobby...


1-3 Amérique Le lobby pro-israélien 3/3. 

http://www.dailymotion.com/video/x6lgpz_amerique-le-lobby...


1-4 antiWAR / Peace Music Video.

http://www.youtube.com:80/watch?v=PEFQXyLucyk


1-5 Propagande sur Arte.

http://www.alterinfo.net/Propagande-neo-con-sur-Arte_a332...


1-6 Denis Sieffert : La nouvelle guerre médiatique israélienne.
L’opération de l’armée israélienne à Gaza, fin 2008-début 2009, a causé la mort de plus de 1300 Palestiniens, dont une grande majorité de civils et près de 300 enfants. Quel conditionnement a conduit la société israélienne à accepter de tels massacres ?

Quelle perception du conflit la presse internationale, notamment française, a-t-elle contribué à diffuser, dans un contexte où l’accès à la bande de Gaza fut interdit aux journalistes pendant ces vingt-deux jours de bombardements ?

Denis Sieffert montre qu’un long travail a été accompli sur l’opinion israélienne et internationale pour « déshumaniser » les Palestiniens de Gaza : Les mensonges sur la responsabilité dans la rupture de la trêve, la « dépolitisation » du Hamas, réduit à un mouvement terroriste, et l’occultation délibérée des effets économiques, sanitaires et humains du blocus imposé par Israël à la population de Gaza ont créé les conditions d’une nouvelle guerre médiatique, inséparable de la stratégie politico-militaire d’Israël.

Ce livre reconstitue minutieusement la chronologie des événements, et il rétablit des liens de cause à effet renversés par la propagande. Il décrypte aussi les formes, souvent très subtiles, par lesquelles cette désinformation a circulé - et continue de circuler - dans les médias français.

Table des matières : Introduction - 1. Un climat, une stratégie - Entre peur réelle et propagande - Un sondage édifiant - Une démocratie communautaire - Les conséquences d’une « offre généreuse » imaginaire - 2005-2009 : les deux facettes d’un même plan - Gaza : la colonisation sans colons - L’aveu historique d’un conseiller zélé - Le portrait inquiétant du Palestinien imaginaire - 2. Le Hamas dans les médias - La fausse dualité de « l’islamiste et du modéré » - Le vrai visage d’un désinformateur - Du désinformateur à l’éditorialiste islamophobe - La troisième figure de la désinformation : le lobbyiste - Les électeurs du Hamas : des « illettrés » - Le Hamas à la conquête du monde - 3. Le Hamas : un processus de politisation - La Charte du Hamas ou la répétition de l’Histoire - Les attentats-suicides - Les tirs de roquettes comme mode de résistance - La reconnaissance d’Israël : le dit et le non-dit - Le « coup de force » de juin 2007 - 4. À propos d’une trève - Qui a rompu la trêve ? - Le précédent de janvier 1996 - Deux voix discordantes - Le Hamas impose la trêve aux autres factions - Les conditions du cessez-le-feu - 5. La machine de désinformation israélienne - Le Hamas, jouet de l’Iran - Israël-Hamas : à armes égales ? - La fausse symétrie : Sdérot-Gaza - Le choc des civilisations - Le Hamas et les boucliers humains - Les « pacifistes israéliens » - Les instruments de la désinformation - 6. La contagion - Les images du massacre - La contre-attaque médiatique - L’isolement de l’opinion israélienne - La thèse de l’importation du conflit - L’intolérable chantage - Les fautes des pro-palestiniens - Conclusion

Paru en mai 2009 aux éditions La Découverte, Collection Cahiers libres

Prix : 11,50 €

L’auteur, Denis Sieffert, est directeur de la rédaction de l’hebdomadaire Politis. Il a réalisé plusieurs reportages au Proche-Orient depuis 1986, au Liban, en Palestine et Israël.

Il est notamment l’auteur, à la Découverte, de La Guerre israélienne de l’information. Désinformation et fausses symétries dans le conflit israélo-palestinien avec Joss Dray (2002) et de Israël-Palestine, une passion française (2004).

mardi 9 juin 2009
http://www.indigenes-republique.fr:80/article.php3?id_article=588


1-7 Gregor Seither: le journaliste est considéré comme une arme au service du combattant.

Ralph Peters est un expert militaire fréquemment invité sur les chaînes de télévision U.S comme PBS, Fox et CNN. Dans le dernier numéro de la revue du “Jewish Institute for National Security Affairs”, il théorise une réalité que les journalistes travaillant au Moyen-Orient connaissent bien : le journaliste est considéré comme une arme au service du combattant. S’il ne sert pas la cause des soldats, il est considéré comme un ennemi et traîté en conséquence

“Dans les guerres du futur, nous allons devoir apprendre à gérer des actions concrètes comme la censure de l’information, des interdictions de couverture médiatique et même, dans certains cas, des attaques militaires contre des média partisans.

Les journalistes se prennent pour des êtres supérieurs, occupant une place à part sur le champ de bataille, comme s’ils étaient une espèce protégée. Mais la liberté de la presse s’arrête quand elle met en danger nos soldats et renforce nos ennemis. Le simple fait de vouloir ‘expliquer’ le point de vue de l’ennemi peut l’encourager à tuer nos soldats. En conséquence, certains média sont des alliés objectifs de nos ennemis et doivent être traîtés comme des cibles militaires.

De nos jours, quand on ose dire cela, on se fait incendier, mais les journalistes qui ont perdu tout sens patriotique risquent fort de se retrouver isolés sur le champ de bataille et découvrir que leurs petites vies n’ont pas d’utilité pour nous.”

[Gregor Seither -.

IES News Service –

28/05/2009]

http://libertesinternets.wordpress.com/



2 Les brèves

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

2-1 Richard Hétu : George Mitchell évoque la création d'un État palestinien «rapidement».

L'émissaire spécial des États-Unis au Proche-Orient, George Mitchell, a déclaré lundi à Oslo que son pays déploierait tous les efforts possibles en vue d'arriver «rapidement» à la création d'un État palestinien.

«La première chose, c'est bien sûr l'objet de cette rencontre: apporter un soutien à l'Autorité palestinienne», a déclaré M. Mitchell au début d'une réunion du comité ad hoc (AHLC) des bailleurs de fonds internationaux pour les Palestiniens dans la capitale norvégienne.

«Il est important que l'on construise des institutions et une capacité de gouvernement de sorte que l'on puisse rapidement avoir un État palestinien viable et indépendant», a-t-il dit.

L'ancien sénateur américain, considéré comme l'un des artisans de la paix en Irlande du Nord, va effectuer cette semaine une tournée au Proche-Orient, la quatrième depuis sa prise de fonctions en janvier, pour tenter de relancer le processus de paix aujourd'hui au point mort.

«Le président (Barack Obama) a clairement fait savoir à l'ensemble de son administration, publiquement et en privé, que les États-Unis estiment que la solution des deux États est la seule solution politique viable», a ajouté M. Mitchell.

«C'est en haut de nos priorités et la voie que nous allons suivre aussi vigoureusement que possible», a-t-il précisé.

M. Obama «m'a donné l'instruction de déployer tous les efforts pour tenter de créer les circonstances dans lesquelles les parties puissent commencer immédiatement les discussions» en vue d'une «paix globale» et d'une normalisation entre Israël et les pays arabes, a-t-il dit.

La réunion des donateurs vise à faire le point sur les graves difficultés financières de l'Autorité palestinienne.

Lourdement dépendants de l'aide internationale, les Palestiniens ont obtenu des promesses de dons de près de 12 milliards de dollars lors de deux conférences internationales, à Paris en 2007 et à Charm el-Cheikh (Égypte) en mars dernier.

Ces promesses tardent toutefois à se matérialiser en raison du blocage politique au Proche-Orient.

«Si l'horizon politique s'étiole, la volonté des donateurs de remplir leur partie du contrat s'étiole aussi», a commenté le ministre norvégien des Affaires étrangères, Jonas Gahr Stoere, dont le pays préside l'AHLC.

Richard Hétu

Agence France-Presse

http://www.cyberpresse.ca/international/200906/08/01-863948-george-mitchell-evoque-la-creation-dun-etat-palestinien-rapidement.php?utm_source=bulletinCBP&utm_medium=email&utm_campaign=retention


2-2 Obama et l'UE saluent un «important pas en avant» d'Israël.

La présidence tchèque de L’Union européenne a salué lundi «un pas dans la bonne direction», au lendemain du discours du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a accepté le principe d'un Etat palestinien sous conditions, tandis que le président américain Barack Obama s'était félicité dimanche de «l'important pas en avant».

«Bien sûr, il y a certains autres éléments qui doivent être analysés, mais l'acceptation de l'Etat palestinien est là», a souligné le ministre tchèque des Affaires étrangères Jan Kohout, dont le pays préside actuellement l'UE, à son arrivée à une réunion avec ses homologues européens à Luxembourg.

A Washington, «le président salue l'important pas en avant franchi dans le discours du Premier ministre Netanyahu», selon un communiqué de la Maison Blanche.

Obama «est favorable à une solution à deux Etats, un Etat juif d'Israël et une Palestine indépendante, sur les terres historiques des deux peuples», ajoute le communiqué.

«Il croit que cette solution peut et doit assurer à la fois la sécurité d'Israël et satisfaire les aspirations légitimes des Palestiniens à un Etat viable, et il salue le fait que M. Netanyahu adopte cet objectif», poursuit la Maison Blanche.

Le Premier ministre israélien, soumis à de fortes pressions internationales, a accepté dimanche le principe d'un Etat palestinien tout en posant des conditions immédiatement rejetées par les Palestiniens. Il a notamment exigé la démilitarisation du futur Etat palestinien et la reconnaissance par la direction palestinienne d'Israël comme Etat du peuple juif.

Netanyahu s'est en outre refusé dans son discours à un gel de la colonisation d'annoncer un gel de la colonisation en Cisjordanie, réclamée notamment par les Etats-Unis.

Obama «continuera de travailler avec toutes les parties - Israël, l'Autorité palestinienne et nos partenaires du Quartette - pour s'assurer qu'ils s'acquittent de leurs obligations et responsabilités pour aboutir à une solution à deux Etats au conflit israélo-palestinien et à une paix globale», souligne la Maison Blanche.

Le Quartette pour le Proche-Orient regroupe les Etats-Unis, l'Union européenne, la Russie et l'ONU. Il a mis au point une feuille de route en 2003 qui prévoit la création d'un Etat palestinien dans les territoires occupés par Israël. Elle est restée lettre morte depuis son lancement.

(Source AFP)

http://www.liberation.fr/monde/0101574050-obama-salue-un-important-pas-en-avant-d-israel?xtor=EPR-450206


2-3 Nétanyahou propose la reprise immédiate et sans conditions préalables des négociations de paix.

Le Premier ministre  Nétanyahou a proposé dimanche de reprendre immédiatement et sans condition préalable les négociations de paix avec les Palestiniens, évoquant pour la première fois la création d'un Etat palestinien mais à des conditions difficilement acceptables par l'autre camp.

"Je m'adresse à vous, voisins palestiniens, et à la direction de l'Autorité palestinienne: entamons des négociations de paix immédiatement, sans conditions préalables", a-t-il déclaré dans un grand discours sur ses intentions pour la paix et la sécurité au Proche-Orient. "Israël respecte les accords internationaux et attend de toutes les autres parties qu'elles respectent leurs obligations également", a-t-il affirmé.

Précisant sa vision de l'avenir de la région, M. Nétanyahou a admis pour la première fois l'idée d'un Etat palestinien mais y a posé des conditions strictes.

"En cas d'accord de paix, le territoire sous contrôle palestinien doit être désarmé, et Israël avoir de solides garanties de sécurité", a-t-il dit. "Si nous avons cette garantie de démilitarisation et les arrangements nécessaires de sécurité pour Israël, et si les Palestiniens reconnaissent Israël en tant qu'Etat du peuple juif, nous serons disposés, dans le cadre d'un véritable accord de paix, à trouver une solution pour (la création) d'un Etat palestinien vivant aux côtés de l'Etat juif", a ajouté le Premier ministre.

Il a par ailleurs exclu le retour des réfugiés palestiniens en Israël, condition posée par les Palestiniens qui considèrent que ceux qui ont fui la guerre de 1948-49 après la création de l'Etat hébreu, ainsi que leurs descendants, soit des millions de personnes au total, ont le droit d'exiger la restitution de leurs logements.

M. Nétanyahou a aussi appelé les dirigeants des pays arabes à le rencontrer et à contribuer au développement économique palestinien.

14 juin

http://www.aloufok.net:80/spip.php?article618


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n°464 - Dossier de Palestine - 15-06 –Suite - :«Le roi est nu»

n°464 - Dossier de Palestine - 15-06 –Suite  - :«Le roi est nu»                                                       



   Dossier de Palestine

          N°464                                                          15-06

             C.De Broeder & M.Lemaire   



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Sommaire

2 Les brèves (suite)

2-9 Mohamed Al Arabi : Blair utilise les enfants pour résumer l’occupation israélienne à une question religieuse.

2-10 L’Observatoire du sionisme s’inquiète de la montée de l’influence de l’idéologie sioniste sur la vie publique française.

2-11 Roger Waters lance un plaidoyer contre ‘le mur’ en Cisjordanie.

2-12 Accrochage meurtrier à la frontière entre Gaza et Israël.

2-13 Leyla Jad : Les colons mettent le feu aux terres cultivées.

3 Dossier

3-1 Yariv Oppenheimer : «Le roi est nu» -

3-2 Gideon Levy : Etats-Unis - Un ami d’Israël.

3-3 Pierre Barbancey : Les pressions s'accentuent sur Netanyahou.

3-4 Ramat Gan : Netanyahu pour un Etat palestinien démilitarisé qui reconnaitrait Israël.

3-5 Israel Fête Sa Paranoia Collective Pendant 5 Jours et Prépare Sa Prochaine Guerre "Préventive".

 

 



2-9 Mohamed Al Arabi : Blair utilise les enfants pour résumer l’occupation israélienne à une question religieuse.

L’ancien premier ministre britannique et envoyé du Quartet au Proche Orient travaille actuellement sur la réalisation d’un projet global d’éducation.

Au lieu de se concentrer sur la réalité politique de l’occupation israélienne en Palestine, Blair a déclaré espérer promouvoir la compréhension entre les religions.

Dans ce contexte, Blair affirme que l'objectif de son programme actuel est de favoriser le dialogue entre jeunes de différentes confessions et origines.

Blair a déclaré jeudi qu'il avait fait pression pour obtenir la création d'un nouveau projet éducatif visant à rapprocher les jeunes de différentes religions.

Le nouveau programme, intitulé "le visage de la foi" traite l'occupation israélienne et la situation du Moyen-Orient comme une question religieuse au lieu d'un problème politique.

Blair a estimé qu'il est "très important" pour les jeunes de vivre avec les adeptes des autres religions.

Dans un lien vidéo, Blair a été interrogé sur ce qu’il pense de la Palestine. « Si j’étais président de la Palestine, je travaillerais avec le nouveau président américain qui souhaite la paix entre Israéliens et Palestiniens, et avec la communauté internationale pour réaliser la paix.

Et la deuxième chose que je veux est de montrer au gens en Palestine qu’il est possible d’avoir leur propre État, et de vivre dans la dignité et la justice »

La position de l’émissaire du Quartet résume la position des puissances extérieures sur le conflit. Blair a évoqué les États-Unis, le Canada et la Grande-Bretagne comme les acteurs de ce qu'il pense être une question religieuse.

Mohamed Al Arabi

11 June 2009  

(PNN)


2-10 L’Observatoire du sionisme s’inquiète de la montée de l’influence de l’idéologie sioniste sur la vie publique française.

L’observatoire du sionisme s’inquiète de la montée de l’influence de l’idéologie sioniste sur la vie publique française.

En effet plusieurs organisations sionistes ont manifesté publiquement leur souhait de voir remis en cause les acquis démocratiques à l’occasion de ces élections européennes.

Ainsi, la LICRA et le BNCVA, deux organisations ouvertement sionistes, ont-elles sommé le gouvernement Français d’interdire la Liste Antisioniste de l’humoriste Dieudonné, attentant gravement aux principes républicains les plus élémentaires.

De plus, plusieurs personnalités sionistes, comme le Ministre Roger Karoutchi, le Maire de Paris Bertrand Delanoë ou le rédacteur en chef de l’Express Christophe Barbier, sont intervenues publiquement  pour remettre en cause la liberté d’expression et d’opinion.

C’est ainsi qu’une projection du documentaire « Sans forme de politesse » du réalisateur libertaire Francesco Condemi, candidat sur la Liste Antisioniste, prévue au cinéma l’Entrepôt, a-t-elle été annulée sur pression de la Mairie de Paris. Une vidéo de Christophe Barbier circule également sur le Net dans laquelle il appelle à la non distribution des bulletins de vote de la Liste Antisioniste.

L’Observatoire du sionisme appelle les pouvoirs publics à la plus grande vigilance face à ces graves atteintes aux principes démocratiques menées au nom de cette idéologie nauséabonde qu’est le sionisme et à prendre toute mesure utile à la préservation des droits élémentaires des citoyens.

Yahia Gouasmi

Président de l’Observatoire du sionisme

25 mai 2009 - 04 juin 09.


2-11 Roger Waters lance un plaidoyer contre ‘le mur’ en Cisjordanie.

L'ancien bassiste des Pink Floyd, Roger Waters, a lancé mardi un plaidoyer contre le mur de séparation dressé par Israël en Cisjordanie, alors qu'il visitait le camp palestinien de réfugiés d'Aïda.

Le rocker britannique, co-auteur-compositeur de "The Wall" ("Le Mur") en 1979, a souhaité que "cette chose affreuse soit détruite bientôt".

Agé de 65 ans, Roger Waters a confié que le mur construit en Cisjordanie n'était pas sorti de son esprit depuis qu'il l'avait vu pour la première fois en 2006, après un concert en Israël.

"Les gens qui n'ont pas vu ça, ce qui se passe ici, ne peuvent en vérité imaginer le sentiment que l'on éprouve au plus profond de son coeur quand on voit ça, à quel point c'est déprimant", a-t-il déclaré à l'Associated Press.

Israël a commencé à construire le mur en béton dans les zones urbaines, et à dresser des barrières entourées de barbelés dans les zones rurales à partir de 2002, suite à des attentats et des attaques visant des civils israéliens. L'Etat hébreu affirme qu'il s'agit d'une mesure de sécurité temporaire.(…)

Situé juste au nord de Bethléem, le camp d'Aïda abrite 5.000 Palestiniens, le long du mur.

Roger Waters a estimé que le mur "n'est pas là pour empêcher les Israéliens d'exploser dans les bus". Si c'était la seule raison, a-t-il poursuivi, "qu'est ce qu'il fait dans les territoires occupés, entourant des colonies et coupant les agriculteurs (palestiniens) de leurs oliviers et ainsi de suite ?

C'est un acte de colonialisme", a-t-il jugé.

Pour Roger Waters, l'édification du mur n'est pas défendable. "Quand vous vous tenez face à une construction comme celle-là, que ce soit ici ou dans un bidonville d'Afrique du Sud, ou dans le ghetto de Varsovie durant la Seconde guerre mondiale, ou à Berlin dans les années 1960 et 1970, c'est quelque chose dont vous sentez instinctivement que c'est néfaste. C'est une mauvaise chose", a-t-il expliqué. "Cela ne peut pas exister pour toujours".

Si le mur est abattu, a-t-il ajouté, il viendra faire un concert sur le site, comme il l'avait fait en 1990 à l'endroit où le mur de Berlin était tombé, juste un an auparavant.

Roger Waters a précisé qu'il envisageait de monter sur scène en Cisjordanie, peut-être dans la ville de Ramallah, mais qu'aucun projet ferme n'était arrêté.

Quand il avait joué en Israël en 2006, le membre fondateur des Pink Floyd avait été critiqué par les défenseurs de la cause palestinienne, qui souhaitaient organiser un boycott culturel d'Israël.

Roger Waters a admis qu'il éprouvait désormais un sentiment ambivalent vis-à-vis de ce concert.

Le bassiste, qui a quitté les Pink Floyd en 1985, a joué avec le groupe pour la dernière fois en juillet 2005 à Londres, à l'occasion d'un concert exceptionnel.

http://www.aloufok.net/spip.php?article568

( Mardi, 02 Juin 2009 - Avec les agences de presse )


2-12 Accrochage meurtrier à la frontière entre Gaza et Israël.

08-06

Lundi matin, au moins quatre combattants palestiniens ont été tués et plusieurs autres blessés près du passage frontalier de Karni, alors qu'une dizaine de personnes tentaient visiblement de franchir la frontière. Aucun groupe palestinien n'a encore revendiqué cet accrochage. 

C'est l'un des accrochages les plus meurtriers entre les forces israéliennes et les militants palestiniens depuis la fin de la guerre à Gaza.

C'est une mini-guerre qui a eu lieu ce matin, à l'aube, à la frontière de Gaza. Des hélicoptères de combat et des chars israéliens ont été déployés près du passage de Karni, en soutien à une unité d'infanterie qui affirme avoir dû ouvrir le feu en riposte à des tirs en provenance de la bande de Gaza. Des sources palestiniennes confirment qu'au moins une dizaine d'hommes, des camions et des chevaux ont tenté d'approcher la frontière.

Des tirs de mortiers ont également été tirés depuis Gaza pour permettre aux combattants de se replier.

Cette opération, visiblement planifiée de longue date, n'a toujours pas été revendiquée.

D'après des témoignages palestiniens, repris par les médias israéliens, les chevaux étaient équipés d'explosifs et de mines et les activistes tués portaient des ceintures d'explosifs. Ils faisaient partie d'une cellule de « combattants-suicide ».

Selon le site d'information israélien Ynet, ni le Hamas, ni le Djihad islamique ne sont derrière cette attaque qui aurait été préparée par une cellule proche des salafistes et de la mouvance al-Qaïda.

Ces activistes appartiendraient au groupe, inconnu, des Soldats des compagnons de Dieu, selon un site internet du Hamas. Le chef du gouvernement de Gaza Ismaïl Haniyeh a salué les "martyrs" et jugé que cette violence illustrait "les intentions agressives d'Israël" envers les Palestiniens.

Cet incident grave survient à un moment où le Premier ministre israélien, soumis à une forte pression internationale, notamment américaine, commençait à envisager d'alléger le blocus.

 08/06

http://www.rfi.fr/actufr/articles/114/article_81722.asp

et

AP

http://fr.news.yahoo.com/3/20090608/twl-israel-palestinie...951b410_3.html

 


2-13 Leyla Jad : Les colons mettent le feu aux terres cultivées.

Des colons israéliens sont pénétrés vendredi matin dans le village de Burin, dans le sud de Naplouse, et on mis le feu à 20 hectares de cultures d’orge.

Les terres cultivées appartiennent à des agriculteurs locaux, qui ont indiqué que les colons ont mis le feu aussi aux maisons.
Raja Muhammad, Abou Ammar, a déclaré aujourd'hui que les mêmes colons qui ont brûlé les cultures aujourd’hui ont mis le feu à sa maison il y a trois jours, en la détruisant complètement.
D’après Abou Ammar, l’équipage de défense civile qui a éteint les flammes a vu fuir les colons vers la colonie de Ytzhar, située à proximité.
Les habitants de Burin ont contacté la liaision palestinienne avec l'armée israélienne afin de déposer une plainte officielle.
La région au sud de Naplouse a été une cible fréquente des colons israéliens durant la dernière année.
Les incendies, les attaques et le harcèlement sont devenus la norme, tout comme l'expansion des colonies.

Leyla Jad (PNN)

22-05  

http://french.pnn.ps/index.php?option=com_content&task=view&id=4023



3 Dossier

Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

3-1 Yariv Oppenheimer : «Le roi est nu» -

Ndlr :La publication de l'article et  analyse ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur, mais doit être vu comme information 

Netanyahou l’a fait : il a prononcé les mots magiques « Etat palestinien ». Il a eu du mal, mais en cela, il a surpris. Il a ainsi répondu aux pressions américaines sans, a priori, menacer sa coalition, Obama l’a félicité pour cette avancée et les réactions en Israël sont partagées : critiquer le verre à moitié vide ou saluer le verre à moitié plein (quel que soit le verre) ? Bibi, c’est clair, a gagné du temps. Mais pour combien de temps ? La réaction de Yariv Oppenheimer, secrétaire-général de Shalom Arshav

Au bout d’une semaine de spéculations et d’attente, après le discours de Netanyahou à l’université Bar Ilan, nous pouvons affirmer haut et fort : le roi est nu.

Bibi reste Bibi. Un peu plus sophistiqué, peut-être, mais sans réel message pour l’Etat d’Israël.

Sans vision, sans méthode d’action et sans aucune volonté de conduire Israël à prendre les décisions nécessaires, Netanyahou a tenté un remake de lui-même, mais même les deux mots « Etat palestinien » ne composent pas une formule magique qui puisse cacher le vide politique de Netanyahou et de son gouvernement.

Dans la vision de Netanyahu d’une version améliorée d’une autonomie nommée « Etat palestinien démilitarisé », la vie des Palestiniens sera toujours réglée au gré des caprices du gouvernement israélien.

Eléments inquiétants du discours :

   Netanyahou n’a pas parlé des Palestiniens comme de partenaires égaux, de voisins dont le destin est lié au notre, de partenaires dans un processus long et complexe qui exige des mesures qui renforcent la confiance, de la coopération et une guerre commune contre les extrémistes des deux bords.

   Netanyahou a choisi de parler des Palestiniens en bloc, par généralisations grossières, en usant d’un langage arrogant et condescendant, comme si les Palestiniens étaient une tribu primitive soumise aux bonnes grâces d’Israël.

   Pas un mot d’autocritique sur les erreurs d’Israël pendant toutes ces années, pas un mot sur la nécessité morale de mettre fin à l’occupation, pas un mot sur le droit des Palestiniens à négocier avec Israël en tant que partenaires égaux dans un véritable processus de négociation.

   La liberté de mouvement et une vie normale sont un prix que le gouvernement est prêt à accorder aux Palestiniens en échange d’un comportement loyal à l’égard d’Israël.

   Le gouvernement israélien auraut toute liberté pour agir, bâtir, établir des faits accomplis sur le terrain et développer les colonies.

Cette attitude arrogante adoptée par l’une des parties, qui souhaite dicter ses termes à l’autre, ne mènera jamais à un véritable accord de paix et de réconciliation entre les peuples. Au contraire, elle aura pour effet le rejet par le gouvernement palestinien modéré des miettes qu’Israël est prêt lui jeter. Au lieu de négociations, l’Autorité palestinienne préférera se lier aux éléments extrémistes qui soutiennent encore la résistance contre l’occupation par le moyen de la violence. Si Netanyahou continue à parler et à agir comme il l’a fait à Bar Ilan, la troisième Intifada ne tardera pas.

Le cabinet du premier ministre a été prompt à définir le discours comme représentant un large consensus chez les Israéliens. Il est clair que cela est faux et Shalom Arshav continuera à œuvrer pour révéler le véritable caractère du gouvernement Netanyahou et pousser en direction d’une vraie paix qui mette fin à ce conflit.

Shalom Arshav, 15 juin 2009

Traduction : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant

http://www.lapaixmaintenant.org:80/article1958

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n°464 - Dossier de Palestine - 15-06 –Fin - :«Le roi est nu»

n°464 - Dossier de Palestine - 15-06 –Fin  - :«Le roi est nu»      

                                                 



   Dossier de Palestine

          N°464                                                          15-06

             C.De Broeder & M.Lemaire   



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3 Dossier (suite)

3-6 Gilad Atzmon: Le monstre à trois pattes.

3-7 Leila mazboudi : Turning Point 3: Israël en danger, grands tournants dans sa stratégie militaire.

3-8 Amira Hass  : Tués à bout portant par l’armée israélienne à Gaza - Quelle justification?

3-9 Jean-Marie Gläntsen : Internationalisation de Jérusalem.

 



3-6 Gilad Atzmon: Le monstre à trois pattes.

Contrairement à ses frères et sœurs cosmopolites, qui diffusent le sionisme et le racisme tribal en se revêtant d’oripeaux libéraux et progressistes, Melanie Philips est, quant à elle, très directe.

L’autre jour, elle a défini ce qu’est le sionisme, à ses yeux, d’une manière particulièrement limpide :

« Le sionisme », écrit-elle, « c’est simple : c’est le mouvement d’autodétermination du peuple juif.

Et ce mouvement a plus de sens que n’importe quel autre mouvement de libération nationale, parce que le judaïsme repose sur trois pieds : le peuple, la religion et la terre. Qu’un seul de ces trois pieds vienne à être amputé, parce que sa légitimité aura été niée, et c’est l’ensemble qui s’écroule. C’est la raison pour laquelle l’antisionisme est bien davantage qu’une prise de position politique agaçante : c’est une attaque frontale, contre le judaïsme lui-même. »

Melanie Philips ne laisse que très peu d’espace à la spéculation intellectuelle. Pour elle, non seulement le sionisme est un mouvement national légitime, mais ce mouvement « a plus de sens que n’importe quel autre », parce qu’il « repose sur « trois pieds ».

À y réfléchir ne serait-ce qu’une seconde, c’est en effet, vraiment important, pour quelque chose, de reposer sur trois pieds. Personnellement, je ne repose que sur deux jambes (et des poussières…). D’ailleurs, à l’occasion, quand je me tiens debout, à poil, devant un miroir, j’aimerais vachement être le sionisme…

Comme l’affirme mordicus Melanie Philips, le sionisme est en effet un amalgame de trois ingrédients juifs : le peuple, la terre et la religion. C’est cette mixture même qui fait du sionisme un narratif épique triomphant. C’est cette mixture qui a fait du sionisme, de manière de plus en plus accentuée au cours du vingtième siècle, l’identifiant collectif symbolique du peuple juif. C’est le sionisme qui est parvenu à réinventer le peuple juif en tant que nation dotée d’une aspiration lucide idéologique, spirituelle et géographique. Pourtant, autant le sionisme est quelque chose de parfaitement logique pour de très nombreux juifs de par le monde, il a de moins en moins de sens pour ceux qui n’ont pas l’heur d’être « élus », c’est-à-dire pour tout le reste de l’humanité. La raison est simple : les juifs sont certes libres de célébrer collectivement leurs symptômes, mais ils ne sont pas exactement fondés à le faire, dès lors que c’est au détriment d’autrui.

Le sionisme s’est arrangé pour interpréter le judaïsme comme un permis brutal de piller et de massacrer. Il a transformé un texte spirituel en plan cadastral. Il a essentiellement inventé la nation juive. Il a alors assigné à la nation nouvelle-née sa mission d’aspiration géographique immorale, non sans certaines conséquences coloniales et raciste calamiteuses.

L’on est fondé à se demander comment le sionisme a réussi à avoir un tel succès, comment il a pu s’en tirer à aussi bon compte avec ses crimes, et comment il a réussi à agir de la sorte aussi longtemps. En fin de compte, la mixture empoisonnée composée de « terre », de « religion » et de « peuple » se situe aux antipodes de la narration culturelle et politique occidentale de l’après-deuxième guerre mondiale (faite de cosmopolitisme / multi-culturalité / multi-confessionnalisme / frontières ouvertes).

J’ai tendance à penser que l’équation établie par Melanie Philips : « sionisme = judaïsme » est la plus efficace de toutes les tactiques sionistes. Elle conduit à une paralysie sévère de l’opposition la plus humaniste au sionisme. La raison est évidente : des êtres moraux ordinaires ne savent pas de quelle manière dés-emberlificoter les nœuds générés par cette formule explosive qui les conduit à la critique d’un système religieux.

De fait, une des façons possibles consiste à contester l’équation de Melanie Philips. Non, le sionisme n’est pas l’équivalent du judaïsme : le sionisme n’en est qu’une interprétation bornée et radicale. Il s’empare de la notion morale judaïque de l’élection, et il en fait un vulgaire programme politique de suprématie. Loin d’être le judaïsme, le sionisme est, en réalité, le visage authentique de l’idéologie juive. Le sionisme est raciste, le sionisme est chauvin, le sionisme est avide de puissance ; mais il est différent du judaïsme, car celui-ci est centré autour de la crainte de Dieu, alors que le sionisme n’a absolument peur de rien. Par conséquent, il est correct d’avancer que le fait de s’opposer au sionisme revient à s’opposer à l’idéologie juive ou à ce que j’appelle, pour ma part, la « judéité » [jewishness, par opposition à judaism, NdE].

Il faut rappeler que le sionisme se considère lui-même comme un mouvement rationnel et éclairé. Jusqu’à un certain point, en tant qu’idéologie et que praxis, il tente de se comprendre lui-même, et il recherche des explications ou, à tout lr moins, des justifications en des termes rationnels et historiques (plutôt qu’en termes éthiques). Melanie Philips, il faut le dire, propose une argumentation cohérente. Elle dit : « voilà ce que nous sommes », en suggérant que « leur » enlever ce droit serait leur dénier « leur » droit à l’existence.

Je pense que le cadre de raisonnement de Melanie Philips est correct : c’est sa terminologie qui, en revanche, est légèrement trompeuse. Le sionisme n’est pas égal à la religion, mais, bien plutôt, le sionisme et la judéité sont intrinsèquement connectés. Si nous voulons réellement nous opposer au sionisme, nous allons entrer inévitablement en conflit avec l’idéologie juive. S’opposer au sionisme, c’est reconnaître que nous avons un problème avec les « trucs juifs ». Toutefois, il convient de noter que si des sionistes tels que Melanie Philips sont fondés à suggérer une identité entre le sionisme et le judaïsme, l’opposant au sionisme ne devrait pas hésiter à faire de même, et donc à étendre la critique du sionisme à l’idéologie juive et à ce qu’il y a éventuellement, au-delà.

Je l’ai déjà indiqué, de nombreuses fois, par le passé : comme de juste, ce sont, de fait, des dissidents sionistes et des dissidents israéliens qui semblent promouvoir le discours antisioniste et, cela, pour une raison toute simple : les dissidents israéliens sont loin d’être réticents à dénoncer leur passé collectif, ou à réfléchir sur lui. Contrairement aux activistes de gauche de la diaspora juive, qui sont prompts à rejeter toute complicité dans les crimes israéliens en criant : « pas en mon nom ! », certaines voix israéliennes dissidentes tendent à assumer leur responsabilité directe. Ceux-là comprennent la notion de culpabilité, et ils la transforment en responsabilité. Il y a, de cela, un mois, le quotidien israélien Haaretz a publié un article d’Uri Avnery, dans son édition spéciale du « Jour de l’Indépendance d’Israël ». Cet article, intitulé « Vivre avec la contradiction » [Living With The Contradiction’], était la tentative d’un humaniste israélien de se colleter avec son propre péché originel, dans le cadre d’une perspective historique.

Avnery est un écrivain absolument étonnant. Bien que j’aie tendance à ne pas être d’accord avec lui sur diverses questions, l’homme est, sans nul doute, porteur d’un message rationnel, dans cet État maudit. Contrairement à Melanie Philips, qui soutient le sionisme de loin, Avnery a combattu dans les commandos en 1948. Il fut lui-même impliqué dans la création d’Israël. « Nous savions que si nous remportions la guerre, il allait y avoir un État, et que si nous étions vaincus, il n’y en aurait pas – et que nous ne serions plus là non plus, d’ailleurs ».

À la différence de Melanie Philips, qui ne fait que parler d’ « une terre », Avnery fut l’un de ceux qui envahirent la terre (de Palestine) et en chassèrent les habitants.

« Nous n’avons laissé aucun Arabe derrière notre ligne de front, et les Arabes firent de même ». Et pourtant, Avnery, contrairement à Melanie Philips, là encore, comprend que l’amalgame opéré par les sionistes entre peuple, terre et religion ne peut conduire qu’à la catastrophe.

Le péché originel d’Israël n’est pas exactement ce qu’on pourrait appeler une recette de paix.

« Comment, dès lors », demande Avnery, « pourrions-nous résoudre la contradiction entre nos intentions et nos sentiments de l’époque où nous avons établi l’État et où nous l’avons payé de notre sang, purement et simplement, et l’injustice historique que nous avons infligée à l’autre côté ? »

Avnery poursuit : « La résolution de cette contradiction est nécessaire à notre santé mentale, en tant que nation et en tant qu’êtres humains, et elle est le premier pas vers une réconciliation future. Nous devons avouer et reconnaître les conséquences de nos actes, et réparer ce qui peut l’être, sans en désavouer pour autant notre passé et notre innocence juvénile. » Avnery s’échine à expliquer, plutôt qu’à justifier le péché de 1948, et néanmoins, il est en quête de réconciliation… Il comprend que l’État sioniste ne pourra qu’être voué à la destruction, à moins qu’il ait le courage d’affronter son passé.

J’aimerais que ceux qui apportent leur contribution au discours de la solidarité avec les Palestiniens aient le courage dont font montre Melanie Philips et Avnery.

J’aimerais qu’à l’instar de Melanie Philips, nous ayons le courage de mettre le signe d’égalité entre le sionisme et le judaïsme - mais afin de l’utiliser comme un levier critique.

J’aimerais que nous soyons capables de considérer la Nakba, à l’instar d’Avnery, avec peur et tremblement – mais pour en tirer la conclusion nécessaire, c’est-à-dire en exigeant le droit au retour chez eux des réfugiés palestiniens !

Gilad ATZMON

Source : Palestine Think Tank -  The Three-Legged Monster
Article original publié le 23/5/2009

Traduit par  Marcel Charbonnier.

Édité par Fausto Giudice
Fausto Giudice est membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=7722&lg=fr


3-7 Leila mazboudi : Turning Point 3: Israël en danger, grands tournants dans sa stratégie militaire.

Pour la première fois depuis son implantation dans la région, l'entité sioniste se prépare à l'éventualité d'une guerre globale bien plus longue que les précédentes.
 Pour la première fois, le front intérieur est particulièrement concerné dans tous les scénarios imaginés par les stratèges militaires israéliens.

Dans les manœuvres "Turning Point" en cours, on le voit  bien: toute la société israélienne  est impliquée:"  l'objectif des manœuvres est de faire sentir à tout Israélien qu'il est concerné et de l'amener à prendre les mesures de préventives adéquates", a explique le vice-ministre de la guerre israélien, Mati Felnaï.
À la lumière de ces manœuvres, il est bien clair que l'idéologie militaire israélienne a vraiment opéré un remaniement de taille. Celui-ci a été entamé au  lendemain de la défaite israélienne dans la guerre de juillet 2006, et puis, plus tard,  en fonction des recommandations émises par la Commission Winograd, chargé par l'ancien cabinet israélien d'évaluer les raisons des failles du système militaire israélien.
Fortement dépendante de la supériorité des forces aériennes dans toute la région, cette stratégie baptisée" bras long", après avoir fait ses preuves durant toutes les guerres menées contre les pays arabes, en 1967, et en 1973, s'est avérée incapable de faire de même en 2006, face au Hezbollah. De surcroît, ce dernier est parvenu durant les 33 jours de combat à frapper de ses roquettes sans arrêt, au cœur de l'entité sioniste, obligeant plus d'un million d'Israéliens à rester dans les abris. Cela ne s'était jamais vu auparavant.
Du coup, c'est la stratégie "des bras entrecroisés " qui est mise au point: premier tournant, elle inclut le front intérieur, pendant longtemps épargné. Il faut le consolider, en élevant le niveau d'urgence, et en maximalisant la coordination entre les différents organismes israéliens, en cas de frappe.  
Deuxième tournant, ce sont les missiles à longue et moyenne portée, pouvant provenir de l'Iran ou de la Syrie et les roquettes de courte portée, aux mains du Hezbollah et du Hamas, qui sont considérés comme étant la principale menace, surtout pour le front intérieur.
Présentés comme étant l'antidote à la supériorité aérienne israélienne, leur menace  est d'autant plus importante qu'ils exploitent un point de faiblesse israélien: l'exiguïté géographique de la superficie de l'entité sioniste, qui rend facile le bombardement des positions militaires de par le pays.
Les manœuvres montrent bien que malgré le développement et le déploiement de systèmes anti missile, Patriot et Hitz 2, la menace de ces missiles n'est pas déracinée pour autant.
Or pour des observateurs, les récentes manœuvres ne sont que la partie immergée de l'iceberg. Et c'est là que réside le troisième tournant. Elles couvrent celles qui impliquent les brigades de l'infanterie, notamment la réputée unité Golani, complètement déroutée pendant le conflit de juillet face aux combattants du Hezbollah. La désignation comme chef d'état-major d'un militaire d'infanterie, le  général Gabi Ashkénazi, alors que son prédécesseur Dan Haloutz, était issu des forces militaires aériennes, a été le prélude à des entraînements intensifs organisés régulièrement dans un environnement simulant les régions libanaises et palestiniennes.
D'autres exercices impliquant les bombardiers et les avions de chasse étaient à l'ordre du jour le mois dernier. La distance expérimentée est celle qui sépare l'entité sioniste de l'Iran
Naturellement, en parallèle à ces manœuvres, une question s'impose: celle de savoir si ces exercices s'inscrivent dans un cadre offensif,  défensif, ou alors préventif.
Une première lecture de ces manœuvres, perçoit une volonté belliqueuse chez l'entité sioniste. À la lumière de son sentiment d'être réellement mise en danger existentiel, par une coalition quadripartite: l'Iran, la Syrie, le Hezbollah et le Hamas. Et à la lumière du refus américain de s'adosser cette tâche.
Avec l'avènement au pouvoir du duo israélien Netanyahou-Liebermann particulièrement engagé pour mettre fin à  tout ce qui menace l'entité sioniste, cette lecture prend de plus en plus le devant par rapport à celle qui soutient l'objectif défensif, au motif que les conséquences d'une offensive qui a de forts risques  de dégénérer en un conflit régional, ne sont pas garanties pour  l'entité sioniste. Et bien entendu, elle minimise la lecture  qui entrevoit une dimension préventive à ces exercices, à caractère politique: question d'influer sur le cours des élections législatives au Liban ( 7 juin), sur celui des élections présidentielles en Iran ( 12 Juin), voire sur le cours des pourparlers américano-iraniens prévus après le scrutin.
Selon des observateurs, il ne s'agit plus pour les Israéliens  d'appliquer le sacro-saint crédo militaire: "empêcher la guerre en la préparant". Mais d'aller vraiment vers la guerre, même si celle-ci est hautement riquée.
 A l'instar de toute entité belliqueuse qui, après avoir tout essayé, ne peut plus voir de chemin de salut, que celui du suicide collectif.

Leila mazboudi

http://www.alterinfo.net/Les-scenarios-presumes-des-manoeuvres-israeliennes_a33002.html


3-8 Amira Hass  : Tués à bout portant par l’armée israélienne à Gaza - Quelle justification?

Les soldats israéliens ont tué 93 Palestiniens à bout portant d’après une étude demandée par Ha’aretz.

Parmi les 1 400 Palestiniens tués durant l’opération Plomb durci en décembre et janvier derniers, 1 085 l’ont été par les attaques aériennes selon une étude réalisée par le groupe Mezan, organisation pour les droits de l’homme basée à Gaza. Les soldats israéliens ont tué 93 Palestiniens à bout portant d’après cette étude demandée par Ha’aretz.

Même avec une marge d’erreur possible, Mezan est confiant dans ses chiffres qui montrent que 7% des tués ont été touchés par des tirs à bout portant. Du fait qu’il s’agit de gens tués à bout portant, les journalistes s’y intéressent souvent, à partir de points de vue différents. Les opinions des soldats, par exemple, ont été rendues publiques, après débats internes, par des étudiants des cours préparatoires prémilitaires Yitzhak Rabin.

Les Forces de défense israéliennes ont-elles examiné soigneusement chaque cas des tués à bout portant et estimé qu’ils étaient justifiés ? Les soldats, parfois les seuls témoins du meurtre, partagent-ils tous la position de l’armée ?

Raya Abu Hajaj, 65 ans, et sa fille Majeda, 35 ans, étaient parmi les personnes qui fuyaient la zone agricole de Johor Ad-Dik, à quatre ou cinq kilomètres au sud du passage de Karni en Israël. A 6 h 30 du matin, le 4 janvier, premier dimanche de l’offensive terrestre, un des obus qui sont tombés dans le secteur a percuté la façade nord de la maison familiale d’Abu Hajaj ; une jeune fille a été touchée par un éclat d’obus à une main. Selon Salah Abu Hajaj, le fils de Raya, les soldats israéliens ont interrompu les émissions de radio et ordonné aux habitants de quitter leur maison en brandissant des drapeaux blancs. Abu Hajaj et la famille voisine des Safadi - 29 personnes en tout - ont décidé de partir de Gaza ville.

Les adultes marchaient en tête du groupe, portant les petits enfants ; Majeda et Ahmed Safidi agitaient des chiffons blancs. Ils marchaient vers l’ouest, en direction de la route de Salah Ad-Din. Près d’une maison en construction, de la famille Dughmush, à environ 300 mètres de chez les Safadi, ils ont remarqué un groupe de chars d’assaut à l’arrêt. Les deux familles ont poursuivi leur marche. L’un des chars était dans un champ tourné vers le nord, il a commencé à se mouvoir vers l’ouest, parallèlement à eux.

Soudain, le char s’est mis à tirer, apparemment à la mitrailleuse, tout en se déplaçant, provoquant la panique dans le groupe. Les gens ont fait demi-tour en courant, vers l’est. Salah a vu un soldat émerger à demi de la tourelle du char. Le char était alors à une distance de 50 à 100 mètres d’eux. Salah a entendu les tirs. Il a vu sa mère et sa sœur s’écrouler. Leurs corps ont été enlevés deux semaines plus tard de cet endroit.

Un responsable militaire était-il au courant ?

Ha’aretz a envoyé le questionnaire suivant au bureau du porte-parole des FDI, le 19 mai :

« La décision de tirer depuis un char d’assaut sur un groupe de piétons brandissant des drapeaux blancs émane-t-elle d’un soldat isolé ou de plus haut ? S’agit-il d’un officier du char ou d’ailleurs ? Y a-t-il des renseignements indiquant qu’un combattant armé se serait caché parmi ces civils et sur lesquels on aurait fondé les tirs sur les civils dans le respect des règles des FDI ? Ces gens constituaient-ils une menace pour la vie des soldats dans les chars, et comment se fait-il qu’il n’y ait eu aucun tir des chars qui étaient à l’ouest de la route, près de la maison des Dughmush ? Les noms de Rava et de Majeda Abu Hajaj figurent-ils sur la liste FDI des personnes tuées ? »

Réponse du bureau du porte-parole le 21 mai :

« L’information qui nous a été remise par la journaliste a été vérifiée sur une période de plusieurs jours par les unités des FDI en opération dans le secteur. Après examen, il est apparu clairement que l’armée n’avait aucune connaissance de cet incident. Nous souhaiterions que la journaliste nous adresse des informations complémentaires qui pourraient, avec son autorisation, nous être utiles. Il faut noter que durant l’opération Plomb durci, le Hamas s’est cyniquement servi de la population civile comme "bouclier humain" ».

Le 5 janvier, entre 4 et 5 h du soir, des soldats appartenant apparemment à l’unité d’infanterie Golani ont pénétré par effraction dans la maison de Samir Rashid, dans le quartier Izbet Abed Rabbo, dans l’est de Jabalya. Ils ont défoncé le mur ouest de la maison et ont pénétré dans la cage d’escalier. En face de la maison, il y a une mosquée où trois membres des brigades Iz al-Din al-Qassam du Hamas s’étaient retranchés. L’armée a bombardé cette maison entre le 5 et le 6 janvier. Selon plusieurs interviews par Ha’aretz, durant ces heures, les soldats des FDI ont obligé les civils palestiniens à marcher devant eux pour pénétrer dans les maisons et les fouiller.

Utilisant des grenades offensives, les soldats sont montés jusqu’au deuxième étage de la maison Rashid où toute la famille s’était regroupée. Samir et Munir Rashid ont ouvert la porte aux soldats, mettant aussitôt leurs mains sur la tête. Les soldats ont ordonné à Munir de leur remettre la clé de la porte d’entrée en fer et de les accompagner pour la fouille des pièces de l’étage supérieur. Quelques minutes plus tard, quand Munir est revenu avec la clé, il a vu les soldats emmenant son frère sur une civière.

Samir était vêtu seulement de son pantalon ; du sang coulait de sa poitrine dénudée. Son cadavre est resté devant le bâtiment jusqu’au 14 janvier. Au vu des taches de sang qui furent découvertes par la suite, on peut conclure que Samir Rashid a été abattu sous le porche orienté sud-est de la maison à quatre étages. Deux semaines plus tard, après la fin de l’agression, on ne trouvait aucune trace de tir sur le mur du porche.

« Ils ont riposté à des tirs de terroristes ».

Questions d’Ha’aretz au bureau du porte-parole des FDI : « Samir Rashid travaillait pour l’Agence de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA). Selon sa famille, l’agence et les journalistes ont déjà demandé aux FDI pourquoi Samir Rashid avait été abattu. D’après la famille, les FDI ont répondu que Rashid avait tenté de s’échapper. Peut-on en conclure que Samir Rashid a été tué à bout portant ? Les FDI ont-elles examiné les circonstances entourant la mort de Samir Rashid ? »

Réponse du porte-parole : « Après examen, il est apparu clairement que les soldats des FDI avaient tiré au cours de leur mission dans le secteur en question et qu’ils ont riposté à des tirs de terroristes. Lors de l’échange de coups de feu dans une zone de combat, un homme a été blessé. Les allégations de tirs à bout portant sont totalement dénuées de fondement. »

La date à laquelle Jamila Da’ur, 61 ans, et son fils Mohammed, 32 ans, ont été tués n’est pas connue. Le 18 janvier, leurs corps ont été trouvés à l’entrée de leur maison dans le quartier Atatra. Quelqu’un avait recouvert le corps de la femme avec une couverture, apparemment quelques jours après sa mort car il n’y avait aucune trace de sang sur la couverture. Mohammed a été retrouvé avec ses mains qui avaient commencer à remonter sa chemise.

La nuit du 3 janvier, un samedi, quand les explosions et les bombardements se sont intensifiés, la famille Da’ur a voulu fuir son domicile. Mais fuir était tout aussi dangereux ; des bombes tombaient tout autour, une roquette a blessé l’un d’eux et des morceaux de verre tombaient sur la tête des gens au loin. La famille Da’ur n’a pas été plus loin qu’une centaine de mètre de sa maison, elle a passé la nuit totalement en éveil et effrayée chez un voisin.

Le lendemain, Jamila et Mohammed ont réussi on ne sait comment à revenir dans leur maison, apparemment pour y chercher des documents et quelques objets de valeur. Dans l’après-midi, les FDI ont lancé des obus au phosphore blanc sur le secteur, tuant cinq membres de la famille Abu Halima. La dernière communication téléphonique avec Jamila et Mohammed Da’ur a eu lieu le dimanche soir. Deux matelas et un cendrier rempli de mégots ont été découverts dans un couloir le dernier jour des combats, et la famille en a conclu que tous les deux étaient encore vivants le lundi matin. Leur téléphone portable et leurs cartes d’identité avaient disparu.

Questions d’Ha’aretz au bureau du porte-parole des FDI : « Les deux personnes ont-elles été tués parce qu’elles étaient dans un secteur que l’on avait demandé aux habitants d’évacuer ? Ont-elles été tuées parce qu’elles étaient soupçonnées de porter des armes, ou parce que des gens armés étaient proches d’elles ? »

Réponse du bureau : « Il y a eu enquête et nous n’avons rien trouvé. En surface, il semble que la journaliste est arrivée à des conclusions en se basant sur des suppositions et sur des renseignements. Le porte-parole de l’armé nie toute déclaration selon laquelle des soldats des FDI auraient tiré intentionnellement, sans raison, sur des Palestiniens non impliqués (dans les combats). Les soldats des FDI et leurs officiers sont formés et ont agi en conformité avec les règles du droit international de la guerre, et un gros effort a été accompli pour réduire le nombre de blessés parmi la population civile, en dépit de la scandaleuse utilisation des civils par le Hamas. »

Amira Hass

 1er juin

Voir en ligne : http://www.info-palestine.net

http://www.alterinter.org/article3277.html


3-9 Jean-Marie Gläntsen : Internationalisation de Jérusalem.

« La Ville de Jérusalem sera constituée en corpus separatum sous un régime international spécial et sera administrée par les Nations unies.

Le Conseil de tutelle sera désigné pour assurer, au nom de l’Organisation des Nations unies, les fonctions d’autorité chargée de l’administration » .

On oublie souvent de mentionner le statut international de Jérusalem et des lieux saints « recommandé » par la résolution 181 et sans lequel la délégation sioniste à New-York elle-même reconnaissait explicitement  qu’elle n’obtiendrait pas le vote de pays (sud-américain en particulier ) sous influence catholique.

Mais, comme toujours, les sionistes n’avaient aucune intention de respecter cette clause et ils l’ont immédiatement montré dans les faits.

Jaffa,  l'oubliée des cartes

La demi-commission pro-sioniste de l’UNSCOP, à côté de la demi-commission plutôt pro-arabe  dont les suggestions furent méprisés, qui a, de fait, rédigé l’essentiel du texte de la résolution/recommandation 181 n’était pas tout à fait inconséquente. Et c’est pourquoi le texte  attribuait aux Arabes le port de commerce international de Jaffa (« même ») totalement entouré de terres données « généreusement » aux sionistes. S’iI faut admettre qu’il n’est pas facile de faire figurer ce « détail » sur une carte de petite taille prétendant illustrer le partage territorial – en huit parties de fait ! –de la Palestine,  tout évocateur sérieux dans un livre ou sur un site devrait au moins le préciser en note. Et ce peut justement être un critère de sa maîtrise réelle du sujet, car ça n’a rien d’un détail en soi.

(Extrait ci-joint de la carte officielle de la résolution/recommandation  contraire à la Charte)

Association économique

Même remarque pour ce qui est de l’association économique « recommandée » par la 181. C’était en fait quasi vital pour les deux « états ». Là encore les majoritaires sionistes ont fait semblant d’accepter sans aucune intention de permettre la viabilité économique de ces Arabes « qui ne comprennent que la force ». Eux  qu’on avait l’intention explicite d’expulser par la force au-delà du Jourdain, considérant que « Les vieux mourront et les Jeunes oublieront » comme disait le fanatique affamé de pouvoir despotique Ben Gourion qui s’engagea,  dans sa déclaration d’indépendance ultérieure, entre autres propos fallacieux ou biaisés,  à faire rédiger une constitution qui n’existe toujours pas en 2009.

« Bref » une résolution/recommandation sous influence sioniste dont certains zélés forumeurs  néga-sionistes  vont jusqu’à écrire effrontément qu’elle fut non seulement approuvée, mais signée par le Yichouv (gouvernement provisoire sioniste). Alors que c’était officiellement  pour ces néga-sionistes une « généreuse, conciliante  et douloureuse résignation »   - Sortez vos mouchoirs ! - , tandis qu’en  fait un plan méthodique  d’expulsion forcément meurtrier était déjà, semble-t-il,  préparé par ces fourbes  sûrs d’eux-mêmes et dominateurs.   Tous les lieux d’habitation des personnes influentes de tous les villages arabes qui furent, pour beaucoup,  finalement détruits avaient été répertoriés avec itinéraire pour s’y rendre. C’est dire si les fanatiques et fanatisants  sionistes avaient la moindre intention de respecter cette résolution/recommandation –alibi.  

CONCLUSION

Enormément de vecteurs d’opinons et de décisions dans le monde occidental et proche oriental, pour le moins, témoignent par leurs écrits et dires qu’ils ignorent que, sans consultation par référendum des autochtones concernés,   l’irréaliste   résolution 181 n’était qu’une  recommandation, qui plus est contraire à la Charte de l’ONU, qui s’appuyait  sur six pieds ou comportait, si l’on préfère cette image,  six pierres angulaires  : un état censé abriter éternellement majoritairement – donc anti-démocratiquement - des Juifs ou personnes se croyant de vieille ascendance multimillénaire  telle (pré-établis ou « « importés ») , un état censé abriter   majoritairement des Arabes autochtones, un statut spécial pour Jérusalem  et les lieux saints, un indispensable port méditerranéen pour l’état arabe (Jaffa,  entouré de terres attribuées arbitrairement  à l’état de Juifs)  destiné à la poursuite de l’indispensable  commerce international de l’état arabe,  et , enfin, une entente économique quasi vitale entre les deux états. 

 Un peu plus de six mois et demi après quand les Juifs ou personnes se croyant de vieille ascendance multimillénaire  telle déclarèrent  avec précipitation l’indépendance d’une entité (toujours en 2009) sans constitution et sans frontières et dont  le nom avait été choisi par cinq voix contre quatre  deux jours  auparavant (soit le 12 mai 1948 au soir) aucune de ces bases n’était concrétisée conformément au texte de la résolution/recommandation. Et c’est toujours le cas en 2009.

Quoiqu’il en soit, elles et ceux qui ont fait des découvertes en lisant ce qui précède comprendront peut-être mieux combien on trahit, intentionnellement ou non,  la juste  cause palestinienne  qui n’est évidemment pas  celle des collabos d’une fraction décroissante de  la seule droite du Fatah et des autres profiteurs palestiniens en tous genre quand on écrit

« 29 Novembre 1947 : l’Onu vote le partage de la Palestine en deux états, un arabe et un juif ».

Et c’est, hélas,  très fréquent ; la « moins pire » formulation suivante tout aussi réductrice de la réalité  étant «  … et un statut à part d’internationalisation de Jérusalem et des lieux saints» qui est souvent oubliée. Mais qui, il faut le dire,  le fut également, intentionnellement ou non,  lors de la déclaration d’indépendance du finalement « pas très clair » Yasser  Arafat à Alger le 15 novembre 1988.

Quoiqu’en dise Pérès lui-même,  la résolution/recommandation 181 ne saurait constituer  un texte légitimant l’inacceptable et l’irreconnaissable  meurtrière création de l’entité sioniste qui, après la prise de conscience du drame vécu par une partie – « seulement » ! – des Juifs ou se croyant tels,  ne pouvait  plus être considérée comme l’indispensable et vital refuge pour tous les Juifs de la planète. Alors qu’en fait aucun texte honnête , fruit d’un vote libre,  de la mythique et introuvable « communauté internationale »  n’avalise cette création par des meneurs juifs de Palestine ou se croyant tels,  , majoritairement « socialistes » , plus ou moins fanatiques et  affamés de pouvoir. Alors que leurs objectifs étaient jugés encore  insatisfaisants pour les meneurs  ultra-fanatiques de « droite » du Likoud  des  futurs  premiers ministres  Bégin et Shamir.

On ne saurait bien  sûr imposer, dès qu’on veut parler de la résolution/recommandation 181, d’être aussi long que ci-dessus, mais vu l’importance mondiale que continue d’avoir le drame palestinien, en particulier sur le monde musulman, mais pas seulement, il y a un juste  milieu, c'est-à-dire  un minimum non déformant. Le minimum minimorum étant précisément d’accoler le mot recommandation , (à défaut de recommandation et pas prescription )   à résolution.

Par exemple : « Le 29 novembre 1947, ne respectant pas leur Charte, sous l’influence conjuguée aux objectifs contradictoires de Truman, Staline, celle aussi de «  la France »  et , évidemment sous l’influence  des sionistes de droite et de gauche ( pas seulement futurs Israéliens) partisans d’un état exclusivement habité par des Juifs ou se croyants de vieille ascendance multimillénaire telle, alors que bien plus  de 50 % des Juifs vivaient et vivraient et vivent toujours en 2009  hors de l’entité sioniste toujours sans frontières, ni constitution, trente trois  pays membres de l’ONU  sur cinquante sept (alors que d’autres auraient dû   légitimement  en faire partie)  votèrent la recommandation (seulement et pas la prescription) , d’un plan de partage de la Palestine (sans consultations des autochtones) . Et ce,  en trois  territoires dont celui à statut international des Lieux saints essentiel pour l’obtention  de plusieurs votes. Sachant que la majorité requise était des deux  tiers (mais paradoxalement) des seuls votants pour ou contre,   et que trois voix indispensables furent extorquées par chantage, alors  que  celles de quatre pays étaient,  de fait,  mues  par le grand frère soviétique »

L’éthique élémentaire l’imposant depuis le début,  il est urgent que, pour la Paix pas seulement du monde musulman , mais de toute de la planète, vive au plus vite la Grande Palestine souveraine, laïque, pacifique de la Méditerranée au Jourdain pour le moins, incluant des ex-Israéliens  à cœur humains ou repentis comme nationaux palestiniens et citoyens à part totalement entières ; voire même des résidents ex-Israéliens non racistes et pacifiques avec les droits habituellement donnés à des résidents dans les pays occidentaux.

C’est la seule issue juste et éthiquement admissible de l’extraordinaire et unique en son genre plus que sexagénaire drame palestinien,

http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/1/67/15/03/le-partage-de-la-palestine-du-point-de-vue-juridique.pdf

http://site.voila.fr/amoralite-natale

http://leweb2zero.tv/video/raisonnez_7348b1e35a99b0e

Jean-Marie GLÄNTZLEN

Palestinophile sexagénaire français indépendant



 Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

17/06/2009

n°463- Journal de Palestine - 01-06 au 15-06 -Début-: L’United States Institute of Peace affirme que le Hamas pourrait coexister pacifiquement avec Israël.

n°463- Journal de Palestine - 01-06 au 15-06 -Début-: L’United States Institute of Peace affirme que le Hamas pourrait coexister pacifiquement avec Israël.



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

     Sa diffusion est un acte de résistance.

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal de Palestine 

n°463                             01-06 au 15-06

C.De Broeder         &  M.Lemaire



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 


Sommaire

Tiré a part

L’United States Institute of Peace affirme que le Hamas pourrait coexister pacifiquement avec Israël.

Deuxième anniversaire pour le Hamas à Gaza.

Paroles & actions des bientôt président cette semaine ...

Obama : «Les Etats-Unis, un des plus grands pays musulmans»

1 Résistance

Détails par région:

2 Décompte des pertes humaines

3 Politique

Politique Palestinienne

Suite

Politique Israélienne

Fin

4 Politique internationale des territoires occupés 

 



01-06 au 15-06 : Peuple Palestinien : 23 tués   -  16 blessés

                         Occupants              :  0 tué      -    1 blessé



Tiré a part

L’United States Institute of Peace affirme que le Hamas pourrait coexister pacifiquement avec Israël.
Un nouveau rapport de l’United States Institute of Peace remet en cause la vision états-unienne du Hamas et affirme qu’il n’est pas antisémite et pourrait coexister pacifiquement avec Israël.

Intitulé Hamas : Ideological Rigidity and Political Flexibility (Le Hamas : rigidité idéologique et souplesse politique), il questionne la doctrine du Hamas au regard de son interprétation du Coran. [Voir document téléchargeable au bas de cette page]

Pour opérer ce changement de point de vue, le rapport souligne que les déclarations du Hamas et sa charte de 1988 ne doivent pas être pris comme des barrières infranchissables, malgré leur caractère outrancier.

Alors que les États-uniens ont coutume de classer leurs interlocuteurs entre pragmatiques et idéologues, le Hamas ressortirait d’une troisième catégorie : celle des mouvements intransigeants sur l’énoncé des principes, mais souples quant à leur application.

Encore faut-il comprendre dans sa phraséologie ce que sont ces principes.

Le rapport note que le Hamas n’est pas hostile aux juifs ni à leur présence en Palestine, mais conteste la création d’un État non-musulman sur une terre d’islam, d’autant que la Palestine abrite le troisième lieu saint de cette religion. De même, il établit une distinction entre lui-même, dévoué à l’islam et astreint à diverses obligations, et le peuple palestinien qu’il entend défendre dans sa diversité. En tant que formation musulmane, il ne lui revient donc pas de reconnaître la création d’un État juif en Palestine, mais il ne s’opposerait pas à ce que le peuple palestinien le reconnaisse par référendum et il s’accommoderait du « fait accompli » dans le cadre de la « solution à deux États » (théorie de la « libération séquencée »).

Le rapport note également que le Hamas a pratiqué durant le second semestre 2008 une tahadiya (cessez-le-feu) et s’est montré demandeur d’une hudna durable (trêve) dans l’intérêt du peuple palestinien. Celle-ci suppose
 le retrait inconditionnel des Israéliens de Jérusalem-Est, Gaza et la Cisjordanie ;
 le démantèlement des colonies illégales ;
 des compensations pour les personnes déplacées ;
 des élections générales auxquelles participeraient tous les Palestiniens où qu’ils résident.

Tous ces éléments sont connus depuis longtemps de nos lecteurs [1] et l’on ne peut que se réjouir de voir Washington abandonner son manichéisme et revenir à la réalité.

[1] « Quel est le programme politique du Hamas aujourd’hui ? », entretien de Moshir al-Masri avec Silvia Cattori, Réseau Voltaire, 20 janvier 2006.

Ps : L’United States Institute of Peace est un organisme bipartisan dont le budget dépend du département de la Défense.

Les secrétaires à la Défense et d’État, ainsi que le recteur de l’École de guerre en sont administrateurs de droit.

http://www.voltairenet.org/article160434.html

 

Deuxième anniversaire pour le Hamas à Gaza.

Le Hamas est responsable de la bande de Gaza depuis le 15 juin 2007.

Depuis, le territoire est soumis à un strict blocus de la part d'Israël, qui ne laisse entrer au compte goutte que les denrées humanitaires pour répondre aux besoins de base des quelque 1,5 million de Palestiniens qui y vivent, soit l'une des densités les plus fortes au monde.

La situation a été aggravée par la violente offensive militaire (27 décembre-18 janvier) lancée par Israël contre le territoire palestinien.

Cette opération a fait plus de 1400 morts palestiniens et plus de 5000 blessés, en majorité des civils.

Sur le plan politique, la prise de contrôle de la bande de Gaza par le Hamas a consacré la division entre Palestiniens.

(15 juin 2009 11:54)



Paroles & actions des bientôt président cette semaine ...

04-06

Barack Obama a reçu Abbas il y a une semaine à la Maison blanche et l'a félicité pour les mesures de sécurité prises en Cisjordanie depuis 2003 dans le cadre de la "feuille de route" qui impose de poursuivre les résistants.

Il a en outre relevé que les forces de sécurité palestiniennes travaillaient avec le général américain Keith Dayton, chargé de les aider à se renforcer.

http://www.aloufok.net:80/spip.php?article577

 

Obama : «Les Etats-Unis, un des plus grands pays musulmans»

Si l'on compte le nombre d'Américains musulmans, on voit que les Etats-Unis sont l'un des plus grands pays musulmans de la planète», ose-t-il dans une interview à Canal +, la première accordée à un média français. Avant d'ajouter : «Ce que j'essaye de faire, c'est de créer un meilleur dialogue pour que le monde musulman puisse mieux comprendre comment les Etats-Unis, mais plus généralement le monde occidental, conçoivent certains problèmes difficiles, tels que le terrorisme ou la démocratie».

Son rapport à l'islam. «Quelle que soit leur confession, ce sont ceux qui construisent et non pas ceux qui détruisent qui laissent derrière eux un héritage durable», estime le président américain. «Je pense qu'il y a un véritable conflit actuellement entre ceux qui soutiennent que l'islam est irréconciliable avec la vie moderne et ceux qui pensent qu'au contraire l'islam a toujours su évoluer en même temps que le progrès».

lefigaro.fr
02/06/



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n°463- Journal de Palestine - 01-06 au 15-06 –Suite 1-: L’United States Institute of Peace affirme que le Hamas pourrait coexister pacifiquement avec Israël

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Journal de Palestine 

n°463                             01-06 au 15-06

C.De Broeder         &  M.Lemaire



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 


Sommaire

3 Politique

Politique Palestinienne

Politique Israélienne


1-4 Les grandes manœuvres.

11-06

Mahmoud Abbas, sous la pression conjuguée d'Israël et de la communauté, resserre l'étau sur le Hamas.

La communauté internationale presse Abbas de démontrer sa capacité à assurer la sécurité en Cisjordanie, une étape considérée comme un préalable indispensable avant la création d'un Etat palestinien.

Les critiques palestiniens reprochent à Abbas de vouloir museler ses adversaires politiques sous couvert d'une répression du Hamas.

11 juin 2009 – Al-Oufok avec les agences de presse )

http://www.aloufok.net:80/spip.php?article606

 

Khaled Mechaal : Obama a renouvelé la mission du général Dayton pour renforcer la dictature en Cisjordanie.
Le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Mechaal a dit : "le président américain Obama a renouvelé les missions de l’envoyé de son prédécesseur Bush, au Moyen Orient, le général Keith Dayton pour renforcer la dictature de l’autorité en Cisjordanie", en contestant contre l’instabilité de la politique étrangère du président américain, Barack Obama, en ce qui concerne le Moyen Orient, et surtout vis-à-vis de la question palestinienne légitime.
Lors de ses déclarations de presse, au Caire, le mercredi 10/9, Mechaal s'est pris fortement contre les déclarations d'Obama, en soulignant que le changement de tonalité dans le discours du président américain adressé au monde musulman nécessite également des faits réels sur le terrain, tout en refusant son renouvellement à la mission du général Dayton en Cisjordanie.
En condamnant les crimes d'assassinats contre les résistants palestiniens en Cisjordanie, perpétrés par les forces d'Abbas sous la direction de Dayton, Mechaal a fortement critiqué le discours d'Obama, en le qualifiant d'insuffisant et très confus, en précisant qu'Obama a ignoré totalement l'holocauste perpétré par l'occupation israélienne contre les civils de la Bande Gaza, ainsi que ses crimes horribles en Cisjordanie, notamment la confiscation des terres, la démolition des maisons palestiniennes à Al Qods, l'extension du colonialisme, les vastes campagnes de judaïsation dans la ville sainte d'Al Qods et les violations contre la mosquée sainte d'Al Aqsa.
Mechaal a exprimé sa satisfaction qu'Obama a évité de décrire la résistance et le mouvement du Hamas comme des terroristes, en condamnant en même temps sa comparaison entre la question palestinienne et la situation des noirs en Amérique, ainsi que les noirs, en Afrique du Sud.

"Nous vivons en Palestine sous l'occupation israélienne et qu'on doit combattre par tous les moyens dont les armes, alors que les noirs aux États-Unis se battaient pour avoir des droits civils seulement", a ajouté Mechaal.

Mechaal a souligné que sa visite au Caire est venue selon une invitation officielle du chef des services de renseignements égyptiens, Omar Souleymane, pour sauver les efforts du dialogue  inter-palestinien, en cours, et mettre fin aux agressions continuelles, en Cisjordanie, contre les résistants palestiniens, tout en confirmant l'adoption avec les égyptiens l'idée de la création de deux commissions, l'une en Cisjordanie et l'autre à Gaza pour enquêter sur les derniers événements.

En appelant à la nécessité d'ouvrir le passage de Rafah et la reconstruction de la Bande de Gaza, Mechaal a confirmé les grandes efforts à ce propos, tout en insistant sur l'indépendance de ces deux dossiers des autres questions, et en précisant que le Hamas s'attache fortement au renforcement des agendas patriotiques.
Il a ajouté que le Hamas est totalement satisfait de son expérience politique et de lutte face à l'occupation, en soulignant que son mouvement est complètement prêt pour respecter tout résultat des prochaines élections, en cas de leur déroulement dans des conditions libres, démocratiques et transparentes.

Tout en insistant sur la création d'un état palestinien indépendant et souverain sur les frontières de 1967, dont Al Qods sera sa capitale éternelle, la réalisation du droit au retour des réfugiés palestiniens, la démolition des colonies, Mechaal a refusé totalement la proposition du premier ministre sioniste, Benjamin Netanyahu qui vise à exploiter les atmosphères actuelles pour arriver à de nouvelles concessions.

Caire - CPI


1-5 Négociations.

04-06

Un policier et un membre du Hamas ont été tués jeudi lors d'une opération menée par les forces d’Abbas contre des éléments du Hamas en Cisjordanie.

Ces opérations, a déclaré un représentant du Hamas à Gaza, vouent à l'échec les négociations entre le Hamas et le Fatah qui doivent reprendre en juillet au Caire.

http://fr.news.yahoo.com/

 09-06

George Mitchell doit rencontrer mercredi le président palestinien Mahmoud Abbas. Ce dernier a dit qu'il serait inutile de reprendre des discussions de paix à moins Israël cesse les constructions dans les colonies juives et accepte une solution au conflit basée sur deux Etats.

Pour Reuters- Jeffrey Heller

http://fr.news.yahoo.com/4/20090609/twl-po-usa-mitchell-38cfb6d_2.html


1-7 Des Canons ... pas du beurre.

Israël a mis au point un robot-serpent espion

L'armée israélienne a conçu un robot en forme de serpent équipé d'une caméra et un microphone dans la tête, a rapporté lundi soir la télévision.
La chaîne Channel 2 a montré des images du "serpent" se faufilant dans des grottes, des tunnels, des fissures et des bâtiments, tout en diffusant des images et du son au soldat qui le dirigeait avec son ordinateur portable.
Le "snake", qui semble mesurer deux mètres de long, et recouvert d'un tissu de camouflage, glissait sur le sol et montrait des rochers.

Selon Channel 2, les chercheurs de l'armée ont bien entendus étudié de vrais serpents afin de copier leurs mouvements.
Ce robot est au stade expérimental, et devrait être utilisé par les unités de combat.

Il pourrait être utilisé contre des résistants, une sorte de "robot-suicide", a laissé entendre Channel 2.

09 juin     

http://www.journalmetro.com/monde/article/242486--israel-a-mis-au-point-un-robot-serpent-espion


1-13 Prisons & tortures

04-06

L’armée sioniste et les forces collaborationnistes d’Abbas se déchaînent.

32 palestiniens raflés en 24h, dont 2 femmes et 12 membres du Hamas. 4 morts à Qalqilia, dont 3 résistants du Hamas.

Où sont Musa Muhammad Hussein Abu Reida, Mahmoud Ghaleb Bani Jaber, Abeer Al-Hadiri, Ghoufran Az-Zamil, Younis Hasassneh, Shadi Halaiqa, Yousef Halaiqa, Muhammad Halaiqa, Muhammad Shtewi, Iyad As-Sa’bi, Muhammad Hassan, Ahmad Damiri, Suheil Aref Jalamneh, Ashraf Abu Al-Hayaja, Gofran Al-Zamil, Abeer Al- Khodary ?

Maan News

04-06

Les forces israéliennes ont arrêté 18 palestiniens lors de raids nocturnes en Cisjordanie, a déclaré l’armée jeudi.
4 Palestiniens ont été arrêtés dans la région de Naplouse,

1 dans la région de Ramallah,

3 dans la région de Bethléem et

4 près d’Hébron. Ils sont tous détenus dans des lieux inconnus.
Ma’an a pu identifier 3 des détenus du secteur de Naplouse.

Ils sont des villages d’Aqraba et de Qasra, au sud de Naplouse, et parmi eux un jeune homme qui avait été libéré de prison la veille.
Anwar Odeh, de Qasra, a dit à Ma’an : « Les troupes israéliennes ont arrêté mon frère Akram Dawood Odeh, 36 ans, chez lui, à 1h30 du matin. Il est le père de 5 enfants et il a été détenu pendant 8 heures et a libéré après avoir payé une amende de 8.000 shekels. »
Selon des sources de la sécurité palestinienne, les soldats ont arrêté Musa Muhammad Hussein Abu Reida, 16 ans, de Qasra, et Mahmoud Ghaleb Bani Jaber, 28 ans, d’Aqraba, après avoir donné l’assaut à leurs maisons.

Maan News

03-06

L’Autorité Palestinienne a arrêté 12 membres du mouvement en Cisjordanie
Dans un communiqué reçu par Ma’an, le Hamas déclare que les forces de sécurité de l’AP ont arrêté 12 de ses membres mercredi matin.
A Naplouse : Abeer Al-Hadiri et Ghoufran Az-Zamil.
A Hébron : Younis Hasassneh, correspondant de la chaîne TV Iqra, Shadi Halaiqa, son frère Yousef Halaiqa et leur cousin Muhammad Halaiqa.
A Tulkarem : Muhammad Shtewi, directeur de la chaîne TV Al-Aqsa, Iyad As-Sa’bi et Muhammad Hassan, de Deir Al-Ghusun au nord-est de la ville, et Ahmad Damiri du camp de réfugiés de Tulkarem.
A Jenin : Suheil Aref Jalamneh, chef du Club Islamique, et Ashraf Abu Al-Hayaja.

Ma'an News
Les forces de sécurité d’Abbas arrête deux femmes à Naplouse et à Tulkarem
A Naplouse : Gofran Al-Zamil, du camp de réfugiés Al-Ein. Al-Zamil est la sœur de Saad Al-Zamil, membre des brigades Al-Qassam du Hamas tué par l’armée israélienne, et de Amjad Al-Zamil, qui a été expulsé par Israël et est actuellement emprisonné par les forces de la sécurité Palestinienne.
A Tulkarem : Abeer Al-Khodary, sœur d’Ali et Amer, tous les deux tués par l’armée israélienne.

IMEMC


1-14 Prisons: Déclaration  et situation dans les geôles palestinienne.

Cisjordanie : 36 militants du Hamas interpellés par la police palestinienne

Les forces palestiniennes de sécurité ont arrêté jeudi 36 partisans du Hamas, essentiellement des professeurs et des étudiants, a annoncé le Hamas, soulignant une fracture grandissante avec Mahmoud Abbas.

Selon Damiri, l'Autorité palestinienne détient quelque 300 membres du Hamas.

Le Hamas lui, estime que le nombre de ses militants détenus est plus élevé.

11 juin 2009 - Al-Oufok a vec les agences de presse )

http://www.aloufok.net:80/spip.php?article606


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n°463- Journal de Palestine - 01-06 au 15-06 –Fin -: L’United States Institute of Peace affirme que le Hamas pourrait coexister pacifiquement avec Israël

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Sommaire

4 Politique internationale des territoires occupés 


3 Politique Internationale des térritoires occupés

a) Pays Arabes & voisins

Égypte

L'Egypte reprend ses ‘tentatives’ de médiation entre le Hamas et le Fatah

L'Egypte poursuit ses efforts de médiation pour parvenir à une réconciliation entre les factions palestiniennes rivales du Fatah et du Hamas et relancer les pourparlers de paix israélo-palestiniens.

Le chef du renseignement égyptien Omar Suleiman menait des discussions au Caire avec une délégation de haut niveau du Hamas, dirigé par le chef du mouvement en exil en Syrie Khaled Mechaal, rapporte mardi l'agence égyptienne MENA. Il a également eu des contacts avec les membres d'une délégation du Fatah du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Plusieurs séries de pourparlers interpalestiniens ont été organisées sous l'égide de l'Egypte, jusqu'ici en vain, pour tenter de parvenir à un accord de partage du pouvoir entre les factions rivales. Le Hamas a pris par la force le contrôle de la Bande de Gaza en juin 2007 ne laissant l'Autorité palestinienne diriger de fait que la Cisjordanie.

09 juin

http://www.aloufok.net:80/spip.php?article596


b) Le Monde

1 Usa (le parrain)

 1 Obama 

Face au conflit palestino-israélien, Barack Obama veut agir vite.

Barack Obama veut aller vite en besogne pour obtenir un règlement global du conflit entre Israël et les Arabes, a déclaré son représentant spécial pour le Moyen-Orient, l'ancien sénateur George Mitchell, en route pour une nouvelle mission dans la région.

Lors d'une escale à Oslo pour participer à une conférence de pays qui aident l'Autorité palestinienne, le diplomate d'origine libano-irlandaise a déclaré que le nouveau chef de la Maison blanche lui avait "demandé de ne ménager aucun effort pour que les parties puissent entamer immédiatement des discussions".

Ces discussions auraient pour objectif "une paix globale et une normalisation" entre l'Etat juif et ses voisins arabes qui servira les intérêts supérieurs des Etats-Unis, a déclaré l'ex-sénateur démocrate, réaffirmant que Washington souhaitait l'avènement d'un Etat palestinien.

"Il est important de construire des institutions et un appareil gouvernemental pour que puisse émerger au plus tôt un Etat palestinien viable et indépendant", a souligné George Mitchell.

Le nouveau Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui a soigneusement évité jusqu'à présent de reprendre à son compte cet objectif en dépit de pressions de la nouvelle administration américaine, a annoncé pour bientôt "un important discours diplomatique" sur la voie à suivre pour aboutir à la paix et à la sécurité.

Il s'est dit prêt à rencontrer le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, pour évoquer les questions économiques, sécuritaires et politiques, à l'exclusion des questions purement territoriales comme les colonies et le statut de Jérusalem.

Les Palestiniens, pour leur part, jugent hors de question de reprendre langue avec Israël tant que Netanyahu ne gèle pas toutes les activités de colonisation juive autour de Jérusalem et en Cisjordanie et ne reconnaît pas que l'objectif des négociations est la création d'un Etat palestinien.

Netanyahu a déclaré dimanche qu'il s'efforcerait de parvenir à une "entente

maximum" avec Washington sur les questions relevant de la paix, sans toutefois paraître être prêt à donner un coup d'arrêt aux nouvelles implantations juives, comme l'exigent les Etats-Unis.

"J'aspire à une paix équilibrée, fondée sur les bases solides de la sécurité de l'Etat d'Israël et de ses citoyens", a souligné le chef du Likoud lors du conseil des ministres dominical.

En insistant sur la sécurité, Netanyahu remet en évidence un élément à ses yeux primordial pour aborder la paix avec les Palestiniens - pour lesquels il accepte le principe de l'autonomie politique, mais avec une souveraineté limitée.

Ces propos restent en deçà d'un engagement à régler toutes les divergences de vues avec Washington sur le processus de paix, ce qui peut faire craindre une querelle persistante entre Israël et son principal allié sur des points essentiels dans la perspective d'un accord israélo-palestinien.

Al-Oufok avec les agences de presse

8 juin

http://www.aloufok.net:80/spip.php?article593

 

Obama salue "un pas en avant" après le discours de Netanyahu

Barack Obama s'est félicité que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ait accepté le principe de la création d'un Etat palestinien.

"Le président salue un important pas en avant dans le discours du Premier ministre Netanyahu", a déclaré dimanche Robert Gibbs, porte-parole de la Maison blanche.

"Le président s'est engagé en faveur de deux Etats, un Etat juif d'Israël et une Palestine indépendante dans le berceau historique de chacun des deux peuples.

"Il pense que cette solution peut et doit garantir la sécurité d'Israël et l'accomplissement des aspirations légitimes des Palestiniens à un Etat viable et il salue l'acceptation de ce principe de la part du Premier ministre Netanyahu", a-t-il ajouté.

( Lundi, 15 juin 2009 - Avec les agences de presse )

http://www.aloufok.net:80/spip.php?article622


2 Les grandes manœuvres

Mitchell réitère le soutien américain à un Etat palestinien.

L'émissaire US pour le Proche-Orient Mitchell a réitéré le soutien US à la création d'un Etat palestinien, affirmant que son pays ne "tournera pas le dos" à la quête palestinienne d'indépendance.

"Le président des Etats-Unis et la secrétaire d'Etat ont clairement énoncé notre politique: la seule solution viable à ce conflit passe par la réalisation des aspirations de deux parties dans deux Etats", Israël et la Palestine, a-t-il déclaré à la presse à Ramallah en Cisjordanie.

M. Mitchell : "Israéliens et Palestiniens ont la responsabilité de respecter leurs obligations prévues par la Feuille de route", a-t-il ajouté.

Lancée en 2003, la Feuille de route est un plan de paix soutenu par la communauté internationale qui prévoit à terme la création d'un Etat palestinien au côté d'Israël.

Ce plan, qui exige notamment dans sa première phase le gel de la colonisation juive dans les territoires palestiniens occupés et l'arrêt des violences palestiniennes, est largement resté lettre morte depuis.

"Comme l'a dit le président Obama la semaine dernière, l'Amérique ne tournera pas le dos à l'aspiration légitime des Palestiniens à la dignité et à leur propre Etat", a ajouté M. Mitchell.

Obama avait tenu ces propos le 4 juin dans son discours à l'adresse du monde musulman depuis le Caire.

L'émissaire américain a de nouveau appelé à une reprise et une conclusion rapides des négociations de paix entre Israël et les Palestiniens."Nous partageons tous l'obligation de créer les conditions propices à une reprise et une conclusion rapides des négociations", a-t-il déclaré.

AFP

10 juin

http://www.romandie.com/ats/news/090610111229.m11wc9aw.asp


3 Politique colonialiste israélienne.(vue des USA)

08-06

Le ministre de la Défense Ehud Barak, chef de file du Parti travailliste, n'a pas écarté un assouplissement éventuel de la position israélienne sur la question de l'Etat palestinien en échange d'un allègement des pressions américaines sur les implantations.

Al-Oufok avec les agences de presse

8 juin

L’émissaire au Proche-Orient Mitchell veut une reprise rapide des négociations de paix

Les Etats-Unis souhaitent une "reprise prompte et une conclusion rapide des négociations" de paix entre Israéliens et Palestiniens, a déclaré mercredi l'émissaire américain au Proche-Orient George Mitchell.

"La seule solution viable à ce conflit consiste à répondre aux aspirations des deux parties à travers deux Etats", "Comme le président (Barack) Obama l'a dit la semaine dernière (au Caire), l'Amérique ne tournera pas le dos à l'aspiration palestinienne légitime" d'un Etat indépendant, a ajouté Mitchell.

Lors de cette rencontre  Abbas lui a remis une liste des colonies israéliennes qui ont été élargies et des maisons palestiniennes qui ont été détruites récemment à Jérusalem-Est, la partie de la ville que les Palestiniens revendiquent comme capitale de leur futur Etat, a indiqué Saeb Erekat, principal négociateur palestinien.

10 juin 2009 –

Al-Oufok avec les agences de presse

http://www.aloufok.net:80/spip.php?article602

 

L'envoyé Mitchell en Israël évoque des désaccords "entre amis"

Au premier jour de sa nouvelle mission le représentant ‘spécia’l américain au Moyen-Orient, Mitchell, a réitéré le souhait du président Barack Obama de voir la colonisation juive cesser et Israël accepter l'idée d'un Etat palestinien indépendant.

Reçu par le président Peres, a toutefois déclaré que ces deux exigences, qui ne sont pas reprises à son compte par Netanyahu, n'empêchaient pas les Etats-Unis et l'Etat juif de rester amis et alliés…

"Permettez-moi d'être clair. Ce ne sont pas des désaccords entre adversaires. Les Etats-Unis et Israël sont et resteront des alliés et amis proches", a déclaré Mitchell.

George Mitchell a rencontré Netanyahu, auquel Obama a réitéré la veille au téléphone certains éléments du discours qu'il a prononcé jeudi au Caire sur le gel des colonies et l'avènement d'un Etat palestinien, ainsi que "son engagement à garantir la sécurité d'Israël".

A Shimon Peres, co-artisan des accords d'Oslo de 1993, George Mitchell a confié que sa mission était de favoriser "une reprise prompte et une conclusion rapide" des négociations visant à créer un Etat palestinien coexistant "dans la paix et la sécurité avec l'Etat d'Israël".

George Mitchell a dit espérer que les alliés pourraient travailler ensemble sur les dossiers "nombreux et complexes" pour parvenir à une paix régionale et il a assuré Benjamin Netanyahu de l'attachement "inébranlable" des Etats-Unis à la sécurité d'Israël.

George Mitchell doit rencontrer mercredi le président palestinien Mahmoud Abbas. Ce dernier a dit qu'il serait inutile de reprendre des discussions de paix à moins Israël cesse les constructions dans les colonies juives et accepte une solution au conflit basée sur deux Etats.

Jeffrey Heller

10-06

Reuters

Version française Marc Delteil et Nicole Dupont

http://fr.news.yahoo.com/4/20090609/twl-po-usa-mitchell-38cfb6d_2.html

 

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16/06/2009

n°1 - Obama & le Moyen Orient - 16-06 - : Début - Le message d'Obama aux musulmans: une nouvelle vitrine pour une vieille marchandise.

n°1 - Obama & le Moyen Orient - 16-06 - : Début - Le message d'Obama aux musulmans: une nouvelle vitrine pour une vieille marchandise.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme,

 L’information est une arme au service de la paix

    Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



   Obama & l'islam

 n°1                             16/06/09

 C.De Broeder      &       M.Lemaire



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Sommaire :

1 Le Discours

1-1 Intégralité du discours de Barack Obama à l'université du Caire (Egypte)

2 Les arrière-pensées

2-1 Obama a des attentes "modestes" avant son discours au Caire

2-2 Thierry Meyssan : Obama et les arrières-pensées de la main tendue aux musulmans.

Suite

3 Les Analyses

3-1 Abdul Rahman Mansur : Obama: «Les Etats-Unis ne seront jamais en guerre contre l'islam»

3-2 Chomsky: les omissions éloquentes du discours d'Obama.

3-3 Dmitri Babitch : Le message d'Obama aux musulmans: une nouvelle vitrine pour une vieille marchandise.

3-4 Abd-ul-Bari Atwan : Obama : La moitié d’une excuse ne suffit pas.

3-5 Morsi Attalla : Une question impérative aux Israéliens.

(Fin)

3-6 Doug Ireland : Obama en campagne pour la présidentielle de 2012.

3-7 Sadri Khiari : Obama aux musulmans : « Je vous ai compris ! »

4 Les réactions

4-1 Réaction palestinienne.
4-1-1
1 Hamas

4-1-1-1Aïmane Taha : Le Hamas, n’a noté aucun changement dans l’approche de Washington.

4-1-1-2 Khaled Méchaal salue "le langage nouveau" de Barack Obama.

4-2-1 Fatah

4-2-1-1 Nabil Abou Rdainah : Le discours prononcé par Barack Obama à l’université du Caire est un "bon début".

4-3 Union européenne

4-4 Comment réagissent les organisations juives américaines ?

4-5 Raymond RICHA : Monsieur le Président le pivot central de notre résistance n’est nullement l’Islam.

5 Des actions

5-1 Netanyahu


1 Le Discours

1-1 Intégralité du discours de Barack Obama à l'université du Caire (Egypte)

A l'université du Caire,  devant 3000 personnes, le président a prononcé ce discours.

Le discours était diffusé aux 1,5 milliard de musulmans dans le monde sur des réseaux de socialisation sur internet comme Facebook, Twitter et MySpace, de façon à multiplier son impact tandis que le site internet du département d'Etat propose de recevoir des extraits par sms en arabe, persan, ourdou et anglais.

Intro :

Je vous remercie.

Bonjour à tous.

C’est pour moi un honneur de me trouver dans cette ville intemporelle qu’est le Caire et d’être reçu par deux institutions remarquables. Depuis plus de mille ans, Al-Azhar est un haut lieu de transmission du savoir dans le monde musulman et, depuis plus d’un siècle, l’université du Caire est une source de progrès pour l’Égypte. Ensemble, vous représentez l’harmonie entre la tradition et le progrès. Je vous suis reconnaissant de votre hospitalité et de celle du peuple égyptien. Je suis fier aussi de vous transmettre la bonne volonté du peuple américain et une salutation de paix de la part des communautés musulmanes de mon pays : « Salamm aleïkoum

05-06-2009

Pour connaitre l'intégralité du discours cliquer sur ce lien .http://www.soninkara.com/informations/actualites/integralite-du-discours-de-barack-obama-a-luniversite-du-caire-egypte-le-4-juin-2009.html

ou  La vidéo du discours de Barack Obama (avec Public Sénat) : http://www.dailymotion.com/video/x9hm0z_un-nouveau-depart-entre-les-musulma_news



2 Les arrière-pensées

2-1 Obama a des attentes "modestes" avant son discours au Caire

Barack Obama ne s’attend pas à normaliser par son seul discours du Caire les relations entre les Etats-Unis et le monde musulman, a-t-il reconnu dans un entretien diffusé mardi sur Canal+.
"Certes, il faut bien comprendre qu’un simple discours ne saurait à lui seul résoudre tous les problèmes du Moyen-Orient - nos attentes doivent donc rester modestes", a dit le président américain dans cette brève interview réalisée lundi à la Maison blanche.
Barack Obama prononcera jeudi au Caire un discours très attendu sur les relations entre son pays et le monde musulman.
"Ce que j’essaie de faire, c’est de créer un meilleur dialogue pour que le monde musulman puisse mieux comprendre comment les Etats-Unis, mais plus généralement le monde occidental, conçoivent certains problèmes difficiles tels que le terrorisme ou la démocratie", a dit Barack Obama. "Inversement, les Etats-Unis et le monde occidental doivent apprendre à mieux connaître l’Islam", a-t-il reconnu.
Entre les séquelles de l’aventure irakienne de George Bush, le défi posé par la recrudescence de l’insurrection des taliban en Afghanistan, le bras de fer avec l’Iran sur le dossier du nucléaire et le conflit persistant entre Israéliens et Palestiniens, le président américain aura fort à faire pour redresser la situation héritée de son prédécesseur.
"Mon voyage marque le début de ce qui sera un travail de longue haleine", a-t-il dit.
L’ancien sénateur de l’Illinois encouragera, lors de son voyage en Arabie Saoudite puis en Egypte, l’investissement dans l’éducation de "certains pays musulmans", "la reconstruction de l’extraordinaire savoir scientifique bâti au cours des siècles de culture musulmane".
Abordant le sujet de l’éducation des femmes dans ces pays, Barack Obama a ajouté : "Il ne m’appartient pas de dicter la façon de concilier cela avec les valeurs traditionnelles de l’Islam, mais cette conciliation est possible et je veux tout faire pour l’encourager."
"Je pense qu’il y a un véritable conflit actuellement entre ceux qui soutiennent que l’Islam est irréconciliable avec la vie moderne et ceux qui pensent qu’au contraire l’Islam a toujours su évoluer parallèlement au progrès", a estimé le président américain.

http://www.aloufok.net/spip.php?article568

02-06


2-2 Thierry Meyssan : Obama et les arrière-pensées de la main tendue aux musulmans.

Le Obama Show, à l’université Al-Azhar (le Caire), 4 juin 2009
Le discours du Caire

Le président des États-Unis a tendu la main aux musulmans lors d’un discours très médiatisé au Caire. Il entendait ainsi tourner la désastreuse page de la « croisade » bushienne au Grand Moyen-Orient. Toutefois, dans cet exercice de relations publiques, les envolées lyriques ont remplacé les clarifications nécessaires, tandis qu’apparaissaient les nouveaux appétits de Washington.

Le discours que le président Obama a prononcé le 4 juin au Caire [1] a été présenté à l’avance par les services de communication de la Maison-Blanche comme « fondateur d’une nouvelle ère ». Il a fait l’objet d’une intense campagne promotionnelle qui s’est conclue par un mail adressé par David Axelrod aux dizaines de millions d’abonnés de la liste de la Maison-Blanche [2]. Le conseiller en image de Barack Obama y invite les États-uniens à visionner la vidéo du discours qui, selon lui, marque un nouveau départ dans les relations de l’Amérique avec le monde musulman [3]. On l’a bien compris, ce discours s’adresse tout autant, sinon plus, aux électeurs US qu’aux musulmans.

Son message principal peut être résumé ainsi : les États-Unis ne considèrent plus l’islam comme l’ennemi et souhaitent établir des relations d’intérêt mutuel avec les États musulmans. Ce message doit être pris pour ce qu’il est : un slogan de relations publiques.

Examinons point par point ce discours.

Préambule : aimez-nous !

Dans une longue introduction, l’orateur a développé son message principal de main tendue.

Barack Hussein Obama a justifié la rupture avec son prédécesseur par sa propre personnalité. Il a offert un moment d’émotion à son auditoire, comme on les aime dans les films hollywoodiens. Il a raconté son père musulman, son adolescence en Indonésie —pays musulman le plus peuplé du monde—, et son travail social à Chicago auprès de populations noires musulmanes.
Ainsi, après nous avoir fait croire que la politique extérieure des États-Unis était fondée sur la couleur de peau de son président, on veut nous convaincre qu’elle reflète son parcours individuel. Pourtant personne ne pense que M. Obama est un autocrate en mesure d’imposer ses états d’âme. Chacun est conscient que la politique de Washington est le fruit d’un difficile consensus entre ses élites. En l’occurrence, le changement de rhétorique est imposé par une succession d’échecs militaires en Palestine, au Liban, en Irak et en Afghanistan. Les États-Unis ne considèrent plus les peuples musulmans comme leur ennemi parce qu’ils ne sont pas parvenus à les écraser.
Ce réalisme avait conduit en 2006 à la révolte des généraux autour de Brent Scowcroft, déplorant la colonisation ratée de l’Irak et mettant en garde contre un désastre militaire face à l’Iran. Il s’était poursuivi avec la Commission Baker-Hamilton appelant à négocier avec la Syrie et l’Iran pour sortir la tête haute du fiasco irakien. Ce réalisme avait contraint le président Bush à limoger Donald Rumsfeld et à le remplacer par Robert Gates, le fils spirituel de Scowcroft et membre de la Commission Baker-Hamilton. Ce réalisme s’était incarné dans la publication du rapport des agences de renseignement attestant l’inexistence d’un programme nucléaire militaire iranien et détruisant ainsi toute justification possible d’une guerre contre l’Iran.

Toujours à propos du grand amour retrouvé, le président Obama s’est présenté comme féru d’histoire et a égrené les apports de la civilisation musulmane au monde. Dans les films hollywoodiens, il y a toujours une séquence sur la diversité culturelle qui nous enrichi. Cependant le scénario misait sur l’affligeante ignorance du public US. M. Obama et son équipe ont réduit l’apport des peuples aujourd’hui musulmans aux inventions postérieures à leur islamisation. N’ont-ils rien créé avant ?
En choisissant de réduire l’histoire des peuples musulmans à leur seule période islamique, Barack Obama a nié quelques millénaires de civilisation et a repris à son compte la rhétorique des islamistes les plus obscurantistes. Nous allons voir qu’il ne s’agit pas là d’une erreur, mais d’un choix stratégique.

Enfin, le président Obama a abattu sa carte principale en appelant ses auditeurs à repenser leur image des États-Unis. « Nous sommes façonnés par chaque culture, issus des quatre coins du monde et acquis à un concept simple : E pluribus unum : « De plusieurs peuples, un seul » », a-t-il déclaré. Cette devise, qui devait exprimer l’unité des colonies nouvellement indépendantes d’Amérique, devient aujourd’hui celle de l’Empire globalisé. Nous seulement les États-Unis ne considèrent plus les peuples musulmans comme des ennemis, mais ils entendent les intégrer dans l’Empire global.
C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’establishment washingtonien a soutenu la candidature de Barack Hussein Obama. Le prénom musulman du président, comme sa couleur de peau, sont des arguments pour convaincre les peuples de l’Empire que le pouvoir qui les domine leur ressemble. Lorsqu’elle avait étendu son empire, la Rome antique avait fait de même en choisissant ses empereurs dans des contrées lointaines, tel Philippe l’Arabe [4]. La sauvagerie des légions n’en avait pas été changée.

1- La guerre globale au terrorisme

Après ce sirupeux morceau de violon, le président Obama s’est attaché à recoller son introduction avec la « guerre globale au terrorisme ». Il a donc établi une distinction entre l’islam, qui n’est pas mauvais comme le pensaient Bush et Cheney mais bon, et les extrémistes qui s’en réclament à tort, qui restent eux toujours mauvais. La pensée reste manichéenne, mais le curseur s’est déplacé.
Le problème, c’est que depuis huit ans, Washington s’efforce de construire un adversaire à sa taille. Après l’URSS, c’était l’islam. A contrario, si ni les communistes, ni les musulmans ne sont les ennemis, contre qui les États-Unis sont-ils en guerre ? Réponse : « Al-Qaïda a choisi de les tuer sans merci, de revendiquer les attentats et il réaffirme aujourd’hui encore sa détermination à commettre d’autres meurtres à une échelle massive. Ce réseau a des membres dans de nombreux pays et il essaie d’élargir son rayon d’action. Il ne s’agit pas là d’opinions à débattre - ce sont des faits à combattre ». Et bien non, Monsieur le président, ce ne sont pas là des faits avérés, mais des imputations qui doivent être débattues [5].
Barack Obama continue : « Nous ne demanderions pas mieux que de rapatrier tous nos soldats, jusqu’au dernier, si nous avions l’assurance que l’Afghanistan et maintenant le Pakistan n’abritaient pas d’éléments extrémistes déterminés à tuer le plus grand nombre possible d’Américains. Mais ce n’est pas encore le cas. »
À ce stade, le président apparaît enfermé dans un cercle vicieux. Il explique que les ennemis ne sont pas les musulmans en général, mais une poignée d’individus non représentatifs, puis il affirme que cette poignée d’individu doit être combattue en livrant des guerres contre des peuples musulmans. C’est tout le problème : Washington voudrait être l’ami des musulmans, mais a besoin d’un ennemi pour justifier ses actions militaires, et pour le moment, il n’a pas trouvé de bouc-émissaire de remplacement.

2- Le conflit israélo-arabe

Barack Obama a abordé la question de la Palestine de manière beaucoup plus large que ses prédécesseurs en y reconnaissant non pas seulement un conflit israélo-palestinien, mais israélo-arabe. Mais il n’a pas précisé en quoi, à ses yeux, les États arabes sont concernés. Il a prêché avec autorité pour la « solution à deux États », mais en éludant la fâcheuse question de la nature de ces deux États. S’agit-il de deux États souverains et démocratiques au sens réel du terme, ou d’un État pour les juifs et d’un autre pour les Palestiniens comme le revendique la « gauche » israélienne, ce qui implique un nettoyage ethnique et l’institutionnalisation complète de l’apartheid ? [6]

Plutôt que de lever les incertitudes, le président Obama a préféré offrir à son auditoire une nouvelle « séquence émotion » avec lequel il a partagé sa compassion face aux souffrances des Palestiniens. Ce fut certainement le moment le plus abject de son discours : l’appel aux bons sentiments des victimes pour couvrir les crimes des bourreaux.
Il a déclaré : « Les Palestiniens doivent renoncer à la violence. La résistance sous forme de violence et de massacre n’aboutira pas. Les Noirs en Amérique ont souffert du fouet quand ils étaient esclaves et de l’humiliation de la ségrégation. Mais ce ne fut pas la violence qui leur a finalement permis d’obtenir l’égalité des droits dans son intégrité. Ce fut la persévérance ferme et pacifique pour les idéaux au cœur même de la création de l’Amérique. Cette même histoire peut être racontée par des peuples de l’Afrique du Sud à l’Asie du Sud ; de l’Europe de l’Est à l’Indonésie. C’est une histoire avec une simple vérité : la violence ne mène nulle part. Lancer des roquettes contre des enfants israéliens endormis ou tuer des vieilles femmes dans un autobus, n’est pas un signe de courage ni de force. »
Barack Obama caricature la Résistance palestinienne dans les termes de la propagande sioniste : des roquettes lancées contre des enfants endormis et des vieilles femmes tuées dans un autobus. Il reconnaît que leurs terres et leurs maisons sont occupées, mais il leur interdit de vouloir les reprendre par la force aux civils qui les occupent. Il reproche aux Palestiniens de ne pas utiliser des missiles guidés pour atteindre des cibles militaires et de se contenter de roquettes artisanales qui tombent à l’aveuglette.
Le pire est ailleurs. Le président Obama se mue en donneur de leçons. Il demande aux victimes de renoncer à la violence et leur conseille de prendre exemple sur le mouvement des noirs états-uniens pour les droits civiques. Au demeurant, ce n’est pas en convertissant les blancs que King a obtenu des résultats, mais en prenant l’opinion publique internationale à témoin. Le président Johnson s’est alors trouvé contraint de céder pour faire bonne figure face à l’URSS. Après avoir reçu le Prix Nobel de la paix, Martin Luther King a continué la lutte en affirmant que son but n’était pas de permettre aux noirs de servir à égalité avec les blancs dans l’armée pour tuer les Vietnamiens aspirant à la liberté. C’’est après son sermon de Ryverside que Johnson lui ferma la porte de la Maison-Blanche et que les chefs du FBI décidèrent de le faire assassiner. À n’en pas douter, s’il était encore vivant, il dirait aujourd’hui que son but n’est pas de permettre à un noir d’accéder au Bureau ovale pour tuer des Irakiens ou des Pakistanais aspirant à la liberté.

3- La dénucléarisation

Évoquant les relations difficiles avec l’Iran, le président Obama a choisi de sortir par le haut de la polémique sur l’arme nucléaire. Après avoir reconnu le droit de l’Iran à se doter d’une industrie nucléaire civile, et admis que ni les États-Unis ni aucune autre puissance n’ont l’autorité morale pour autoriser ou interdire un État à posséder la bombe, il s’est prononcé pour un désarmement nucléaire global, impliquant aussi implicitement Israël.

On sait que le Pentagone n’a plus les moyens financiers nécessaire pour entretenir la course aux armements nucléaires et négocie à ce sujet avec la Russie et la Chine. Ceci ne doit pas être interprété comme un élan pacifiste, le Pentagone menant simultanément des recherches sur les armes atomiques miniaturisées (exclues du Traité de non-prolifération) et renforçant ses alliances militaires, dont l’OTAN.

4- La démocratie

Le président Obama a déploré que son prédécesseur ait cru possible d’exporter la démocratie en Irak par la force, puis il s’est livré à un éloge du gouvernement du peuple par le peuple, et de l’État de droit. La chose était plaisante pour ceux qui se souviennent que la Constitution des États-Unis ne reconnaît pas la souveraineté populaire, et qu’en 2000, la Cour suprême a pu proclamer George W. Bush élu avant que le scrutin de Floride ne soit dépouillé. Elle avait l’air d’une farce venant d’un politicien retors qui vient de confirmer la suspension des libertés fondamentales par le Patriot Act, notamment la suspension de l’habeas corpus qu’il décrivait il y a peu comme le socle de la Justice. Elle paraissait cruelle aux Égyptiens qui n’avaient pas eu le privilège de faire partie des 3 000 invités. Lorsque Obama déclara « Il faut conserver le pouvoir par le consentement du peuple et non la coercition », ils pensaient au président Moubarak, inamovible depuis 28 ans. Lorsque Obama poursuivit « Il faut respecter les droits des minorités et participer, dans un esprit de tolérance et de compromis », ils pensaient aux éleveurs coptes dont on vient d’abattre les bêtes.

Pour éviter que ce passage ne soit perturbé par des fous-rires nerveux, une voix anonyme cria dans la salle : « Barack Obama, on vous aime ! ». Il ne manquait qu’une petite fille avec un bouquet de fleurs à la main.

5- La liberté religieuse

Barack Hussein Obama fut particulièrement à l’aise sur le chapitre de la liberté religieuse. C’est qu’il s’agit-là d’un slogan bien rôdé. Depuis deux ans, Madeleine Albright prépare ce moment. Elle a observé que la résistance à l’impérialisme états-unien est souvent structurée par des groupes religieux, comme le Hezbollah au Liban ou le Hamas en Palestine. Elle en a donc conclu que les États-unis ne doivent plus laisser ce champ sans surveillance, et même qu’ils doivent l’investir en totalité. Dans un ouvrage consacré à ce sujet, elle préconise de faire de Washington le protecteur de toutes les religions [7]. C’est dans cette optique que le président Obama a évoqué les minorités chrétiennes, Coptes et Maronites, puis à appelé à la réconciliation au sein de l’islam des sunnites et des chiites. C’est aussi dans cette optique qu’il avait négligé l’histoire pré-islamique des peuples musulmans.

6- Les droits des femmes

Avec délectation, Barack Hussein Obama s’est offert le luxe de rappeler que son pays garantit aux femmes musulmanes le droit de porter le hijab, tandis que Nicolas Sarkozy l’a fait interdire dans les écoles françaises à l’époque où il se voulait plus néo-conservateur que Bush [8]. Et pendant qu’il parlait, le site internet de la Maison-Blanche affichait un article spécial attestant de la jurisprudence américaine.

Avec habileté, il a rappelé que les États musulmans étaient parfois en avance en matière de droits des femmes. « En Turquie, au Pakistan, au Bangladesh et en Indonésie, nous avons vu des pays à majorité musulmane élire une femme à leur tête, tandis que la lutte pour l’égalité des femmes continue dans beaucoup d’aspects de la vie américaine, et dans les pays du monde entier. »

7- Le développement économique

Gardée pour la fin, la question du développement économique était la plus aboutie. Habituellement les grandes puissances échangent une aide immédiate contre des avantages disproportionnés à long terme. L’aide au développement est alors le cheval de Troie du pillage des ressources. Cependant, durant la campagne électorale, un accord bi-partisan a été conclu sur la réorientation de la politique extérieure US. L’idée principale, exprimée par la Commission Armitage-Nye, est de conquérir les cœurs et les esprits en offrant des services qui transforment la vie des gens sans coûter grand chose [9]. Hillary Clinton y a fait explicitement référence lors de l’audition sénatoriale pour sa confirmation au secrétariat d’État.

Arborant le sourire du Père Noël, Barack Obama récita un catalogue de promesses enchanteresses. Il continua : « Nous nommerons de nouveaux émissaires pour les sciences chargés de collaborer à des programmes qui mettront au point de nouvelles sources d’énergie, créeront des emplois verts, numériseront les registres et archives, purifieront l’eau et produiront de nouvelles cultures. Dans le domaine de la santé au niveau mondial, j’annonce aujourd’hui une nouvelle initiative avec l’Organisation de la conférence islamique pour éradiquer la polio et nous intensifierons nos partenariats avec des communautés musulmanes pour améliorer la santé maternelle et infantile. » Cela n’était pas sans rappeler les engagements du Sommet du Millénaire, lorsque le président Bill Clinton annonçait la fin imminente de la pauvreté et de la maladie.

Le président des États-unis conclut ce discours fleuve en citant le Coran, le Talmud et les Évangiles. Leur message se résumerait au fait que « Les habitants du monde peuvent cohabiter en paix. Nous savons que telle est la vision de Dieu. C’est maintenant notre tâche sur cette Terre ». Cette triple référence était peut-être imposée par le lieu, une prestigieuse université islamique. Il se peut aussi qu’elle traduise un certain désarroi. En pleine récession économique, les États-unis n’ont plus les moyens de maintenir leur pression sur les champs pétroliers du Grand Moyen-Orient —à plus forte raison, ils n’ont pas les moyens de réaliser les promesses du jour—. Cependant, ils espèrent reconstituer prochainement leur puissance. Dans la phase actuelle, ils doivent donc geler toute évolution régionale qui ne pourrait être qu’à leur désavantage. Ils craignent notamment l’extension de l’influence turque et iranienne et l’irruption de la Russie et de la Chine dans la région. Définir la paix en termes religieux et non politiques, c’est toujours gagner du temps.

Thierry Meyssan, analyste politique, fondateur du Réseau Voltaire.

Dernier ouvrage paru : L’Effroyable imposture 2 (le remodelage du Proche-Orient et la guerre israélienne contre le Liban).

[1] « Discours de Barack Obama à l’université Al-Azhar du Caire », Réseau Voltaire, 4 juin 2009.

[2] « A New Beginning - Watch the President’s Speech », par David Axelrod, 4 juin 2009.

[3] Vidéo disponible sur le site de la Maison-Blanche.

[4] Philippe l’Arabe était Syrien. Il fut empereur de Rome de 244 à 249.

[5] Le secrétaire d’État Colin Powell s’était engagé à présenter un rapport sur les attentats du 11 septembre 2001 à l’Assemblée générale des Nations-unies établissant qu’ils avaient été victimes d’une agression extérieure. Ce document n’a jamais été produit. Les seules informations connues ont été délivrées par les autorités US lesquelles ont pourtant accusé l’Afghanistan, puis l’Irak et invoqué la légitime défense pour les attaquer. Voir L’Effroyable imposture par Thierry Meyssan, 2002, réédition Demi-lune 2007.

[6] « La "solution à deux États" sera bien celle de l’apartheid », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 13 janvier 2008. Le lecteur trouvera en bas de page la copie du document préparatoire de la conférence d’Annapolis surchargé à la main par Barack Obama. Il y définit « Israël comme patrie du peuple juif et la Palestine comme patrie du peuple palestinien ».

[7] The Mighty and the Almighty : Reflections on Faith, God and World Affairs, par Madeleine Albright, Pan Books, 2007, 324 pp. On appréciera le jeu de mots anglais : "Le puissant et le tout-puissant" désignent le président US et Dieu. Version française : Dieu, l’Amérique et le monde, Salvator, 2008, 369 pp.

[8] « Nicolas Sarkozy agite le voile islamique », Réseau Voltaire, 19 janvier 2004.

[9] « Washington décrète un an de trêve globale », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 3 décembre 2007.

http://www.voltairenet.org/article160476.html

Thierry Meyssan

Analyste politique, fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage paru : L’Effroyable imposture 2 (le remodelage du Proche-Orient et la guerre israélienne contre le Liban)

http://www.voltairenet.org/article160476.html



n°1 - Obama & le Moyen Orient - 16-06 - :Suite - Le message d'Obama aux musulmans: une nouvelle vitrine pour une vieille marchandise.

n°1 - Obama & le Moyen Orient - 16-06 - :Suite - Le message d'Obama aux musulmans: une nouvelle vitrine pour une vieille marchandise.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme,

 L’information est une arme au service de la paix

    Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



   Obama & l'islam

 n°1                             16/06/09

 C.De Broeder      &       M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be

3-2 Chomsky: les omissions éloquentes du discours d'Obama.

Chomsky: ce qu'Obama n'a pas dit dans son discours du Caire en dit très long sur sa politique au Moyen Orient

Sur ce que projetait de dire Obama dans son discours du 4 juin au Caire, en Egypte, CNN titrait: " Obama cherche à atteindre l'âme du monde musulman".
Peut-être cela résume-t-il bien son propos, mais plus significatif est le contenu qui se cache derrière les tournures rhétoriques, ou plus exactement, ce qui a été omis.
Si on ne s'en tient qu'à ce qu'il a dit au sujet d'Israël et de la Palestine (il n'y avait rien d'essentiel sur tout le reste), Obama a appelé les Arabes et les Israéliens, à ne pas se "montrer du doigt" ou "à ne pas considérer ce conflit sous un seul angle". Il y a pourtant un troisième angle, celui des Etats-Unis, qui ont joué un rôle décisif en soutenant le conflit actuel. Obama n'a donné aucune indication que leur rôle devait changer.
Ceux qui connaissent bien cette histoire en concluront rationnellement alors qu'Obama poursuivra sur la voie du réjectionisme unilatéral US.
Une fois de plus, Obama a fait l'éloge de
l'Initiative de Paix arabe, disant seulement que les Arabes devraient la considérer comme "un début significatif, mais pas la fin de leurs responsabilités".
Comment l'administration Obama doit-elle voir cela?
Obama et ses conseillers sont sûrement conscients que cette initiative ne fait que reprendre l'ancien accord international qui appelait à la création de deux états indépendants avec les frontières définies par la communauté internationale (donc d'avant juin 1967), peut-être avec des "modifications mineures et consenties par les deux parties", pour reprendre les termes employés par le gouvernement américain jusqu'à ce qu'il rompe brutalement dans les années 70 avec l'opinion internationale. C'est-à-dire quand les Etats-Unis avaient opposé leur veto à une résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU soutenue par les états arabes "de confrontation" (Egypte, Iran, Syrie) et tacitement par l'OLP, avec le même contenu essentiel que l'Initiative de Paix Arabe, sauf que cette dernière va plus loin en appelant les états arabes à normaliser les relations avec Israël dans le contexte de cet accord politique.
Obama a appelé les états arabes à poursuivre la normalisation, en ignorant soigneusement, cependant, les accords politiques cruciaux qui la conditionnent. Cette initiative ne peut pas être un "point de départ" si les Etats-Unis continuent d'en refuser les principes essentiels, voire de les reconnaître.
Derrière tout cela figure l'objectif du gouvernement Obama, énoncé très clairement par le sénateur démocrate du Massachusetts, John Kerry, président du comité des affaires étrangères du sénat, de créer une alliance entre Israël et les états arabes "modérés" contre l'Iran. Le terme de "modéré" n'a rien à voir avec la spécificité de l'état en question, mais indique son empressement à souscrire aux exigences des Etats-Unis.
Qu'est censé donner Israël en contrepartie des mesures prises par les Arabes pour normaliser leurs relations?
La position la plus ferme jusqu'à présent de l'administration Obama, c'est qu'Israël devait se conformer à la Phase I de la Feuille de Route de 2003
, qui stipule: "Le gouvernement d'Israël gèle toute activité de colonisation (même lorsqu'il s'agit de l'expansion naturelle des colonies)".
Toutes les parties affirment accepter cette feuille de Route en fermant toutefois les yeux sur le fait qu'Israël avait immédiatement fait ajouter 14 réserves qui la rendent caduque.
Ce qui a été négligé dans le débat sur les colonies, c'est que même si Israël devait accepter la Phase I de la Feuille de Route, cela laisserait en place l'ensemble du projet de colonisation qui a déjà été développé, grâce au soutien décisif des Etats-Unis, et qui permet de s'assurer qu'Israël récupèrera bien les terrains précieux qui ont été enclavés par le "mur de séparation" illégal (y compris les ressources en eau de la région), ainsi que la vallée du Jourdain, ce qui engloberait tout le reste, fragmenté en cantons constitués de colonies et d'infrastructures qui s'étendent loin vers l'est.
Ce dont il n'a pas été question non plus, c'est qu'Israël est en train de s'approprier le Grand Jérusalem, site de ses principaux projets de développement actuels, en délogeant de nombreux Arabes de façon à ce que ce qui restera aux Palestiniens sera séparé du centre de leur vie culturelle, sociopolitique et économique.
Ce qui n'a pas été dit non plus, c'est que tout cela se fait en violation des conventions internationales, telles qu'elles avaient été acceptées par le gouvernement d'Israël après la conquête de 1967, et réaffirmées par les résolutions du Conseil de Sécurité et de la Cour Internationale de Justice.
N'ont pas été évoquées non plus, les manoeuvres réussies d'Israël depuis 1991 pour séparer la Cisjordanie de Gaza, devenue depuis une prison où la survie est à peine possible, et qui anéantissent davantage les espoirs de créer un état palestinien viable.
Il est bon de se rappeler qu'il y a eu une seule rupture dans le réjectionisme Etats-Unis - Israël.
Le président Clinton avait reconnu que les conditions qu'il avait offertes lors du sommet de Camp David en 2000, et qui s'était soldé par un échec, n'étaient pas acceptables pour un Palestinien et en décembre, il avait proposé ses "paramètres", vagues, mais plus amènes. Il avait ensuite annoncé que les deux parties acceptaient ces paramètres, alors qu'elles avaient toutes deux émis des réserves.
Les négociateurs israéliens et palestiniens s'étaient rencontrés à Taba, en Egypte, pour aplanir les différences, et avaient considérablement progressé. Une résolution décisive pourrait être adoptée dans quelques jours, annonçaient-ils lors d'une conférence de presse commune. Mais Israël avait annulé les négociations prématurément et elles n'avaient jamais été reprises officiellement.
Cette seule exception indique que si un président américain est prêt à accepter des négociations diplomatiques constructives, un accord peut très certainement être conclu.
Il est également bon de se rappeler que l'administration Bush est allée plus loin que les discours dans ses critiques contre les projets de colonies illégales d'Israël, à savoir, en refusant de leur apporter un soutien financier.
En revanche, selon le New York Times (Helene Cooper, 1 juin), les hauts responsables du gouvernement d'Obama ont déclaré que de telles mesures n"'étaient pas à l'ordre du jour" et que les pressions sur Israël pour qu'il se conforme à la Feuille de Route seront "largement symboliques".
Il y a plus à dire, mais cela n'est pas pour améliorer le tableau sinistre qu'Obama a peint, avec quelques touches supplémentaires, dans le discours, annoncé en fanfare, qu'il a adressé au Monde Musulman le 4 juin.

Discours d'Obama (transcription en français)
Beaucoup de "maquillage" religieux et pas d'avancées. Et toujours les mêmes discours sur le Hamas, l'Iran, le droit d'Israël de se défendre ... Pas un mot sur les massacres de janvier. Les attentats dont il parle sont ceux commis par les Palestiniens. Etc.
Il est très fort.

Ecoutez-le (en anglais):
http://www.washingtonpost.com/wp-dy...

Noam Chomsky,

6 juin

Traduction de l'article: What Obama Didn't Say in His Cairo Address Speaks Volumes About His Mideast Policy De Noam Chomsky par AlterNet,

June 4, 2009

http://blog.emceebeulogue.fr/post/2009/06/06/Chomsky%3A-les-omissions-eloquentes-du-discours-d-Obama-au-Caire


3-3 Dmitri Babitch : Le message d'Obama aux musulmans: une nouvelle vitrine pour une vieille marchandise.

Le discours prononcé par le président américain Barack Obama au Caire a confirmé qu'il était une véritable pop star. Ce discours, dans lequel il s'adressait à un milliard de téléspectateurs de pays musulmans, ne contenait, au fond, rien qui signifie l'abandon des principales orientations de la politique américaine au Proche-Orient et en Afghanistan. Mais la vitrine (une prestigieuse université égyptienne) dans laquelle Obama a présenté cette marchandise assez défraîchie était idéale pour le marketing.

Le président américain a sévèrement montré du doigt Israël pour la poursuite de la colonisation en Cisjordanie: mais cette position avait été celle de toutes les administrations précédentes depuis Bill Clinton. Il a promis de retirer les troupes américaines d'Irak d'ici 2012, et les unités de combat d'ici 2010. Mais l'administration précédente n'avait pas promis de faire de l'Irak une colonie. Elle refusait, simplement, de donner une date exacte pour le retrait. Quant à ses propos, selon lesquels "les Etats-Unis ne prétendent ni à des bases sur le territoire de l'Irak, ni à son sol, ni à ses ressources", personne n'y croira, ni en Irak, ni dans d'autres pays musulmans. Tout le monde sait qu'il y a des bases américaines au Kosovo, en Arabie Saoudite et en Afghanistan, ainsi que dans d'anciennes républiques soviétiques d'Asie centrale. Tous ces exemples illustrent éloquemment le vieux principe suivant: il n'y a rien au monde de plus durable qu'une base militaire américaine temporaire.

Néanmoins, Barack Obama a une qualité qui lui est propre: on veut croire en lui. Lorsqu'il a prononcé son discours, les rues du Caire, cette mégapole de 20 millions d'habitants, étaient vides. Le public était, à la fois, sceptique et très intéressé.

A-t-il été déçu? Le fait est qu'Obama a exposé le problème palestinien avec ses mots. Il a prononcé beaucoup de belles paroles, y compris le mot "Palestine" (les présidents américains avaient préféré employer jusqu'alors les termes "Autorité palestinienne" ou "futur Etat palestinien"). Mais l'on sait bien que le pouvoir réel est détenu à Gaza par les leaders du mouvement islamique radical du Hamas et que les autorités israéliennes essaient, tantôt par un blocus, tantôt par des bombardements, de contraindre les Palestiniens à regretter leur "choix démocratique" de 2007, qui avait donné une majorité de voix au Hamas.

Pour l'instant, Obama se borne à des déclarations symboliques, sermonnant les radicaux des deux parties et appelant le Hamas à renoncer à la violence, à reconnaître les accords antérieurs et le droit d'Israël à l'existence. Mais voilà le hic: le mouvement du Hamas a été créé sur la base des idées de la lutte armée, du refus de reconnaître les accords de paix conclus en 1993 à Oslo et de la non reconnaissance d'Israël. Renoncer à ces trois piliers équivaudrait aujourd'hui, pour le Hamas, à l'abandon du rêve communiste par les bolcheviks dans les années 1920.

Obama est parvenu, pour l'instant, à conserver les faveurs de l'opinion publique américaine, lasse de l'administration Bush et de ses deux guerres, en Irak et en Afghanistan. Mais les voix des mécontents se font entendre de plus en plus fort aux Etats-Unis. Les fondamentalistes chrétiens qui soutiennent Israël et certains éléments conservateurs de la communauté juive accusent Obama de faiblesse, comparant les frontières d'un Israël sans colonies à celles d'Auschwitz. Pour étouffer ces voix, Obama a besoin, aujourd'hui plus que jamais, d'avoir des résultats: une amélioration, même infime, en Irak ou en Afghanistan, un progrès sur la question du programme nucléaire iranien.

Une des clefs pour résoudre ces problèmes est détenue par la Russie, qui a une grande expérience des relations avec ces trois Etats islamiques à problèmes. Son nom sera donc sûrement cité dans le prochain discours qu'Obama adressera au monde islamique.

Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.

Dmitri Babitch,

 RIA Novosti

05-06


3-4 Abd-ul-Bari Atwan : Obama : La moitié d’une excuse ne suffit pas.
Barack Obama a démontré avec son discours qu’il a donné à la grande salle de l’université du Caire qu’il comprenait très bien les Arabes et les musulmans et savait comment leur adresser la parole. C’est pour cela que son discours fut rempli des sagesses, des versets coraniques et des formules sentimentales. Il a abordé tous les sujets (sept axes principaux) sans qu’il apporte quoi que ce soit de nouveau qu’on ne sait pas, ou que même un simple monsieur tout le monde ne sait pas.
Il a parlé de la démocratie, mais sans dire comment il comptait la promouvoir, il a mis l’accent sur la nécessité d’arrêter la colonisation israélienne dans les territoires occupées, mais sans présenter la moindre mesure concrète pour le faire, et il a réaffirmé qu’il tenait à la création d’un état palestinien à côté d’un état israélien, mais sans nous expliquer comment on allait atteindre cet objectif.
Obama, avec son intelligence habituelle et sa rhétorique éloquente, a voulu satisfaire tout le monde : les Irakiens en affirmant son engagement au retrait de toutes les forces de leur pays afin qu’ils soient maîtres chez eux, les Afghans en déclarant qu’il ne voulait pas rester chez eux ou créer des bases militaires permanentes, les démocrates en leur promettant de les aider, les dictateurs en évitant de parler des changement ou des sanctions contre leurs régimes, les juifs en pleurant sur leur souffrance et leur holocauste et les Palestiniens en se montrant compatissant devant leur tragédie. Aussi, il n’a pas oublié les jeunes en leur promettant des bourses d’études aux Etats-Unis et des projets de développement leur garantissant du travail, et enfin il a glissé un mot pour parler de la femme dans le monde musulman et pour lui demander l’égalité dans tous les aspects de la vie.
Ces paroles touchent les sentiments des gens simples qui sympathisent déjà avec le brun Président EU, mais après les avoir triées et vérifiées, on peut leur appliquer le proverbe arabe : « On entend le meule broyer mais on ne voit pas de farine ». (Ou comme le proverbe français « Beaucoup de bruit pour rien », ndt).
La colonne vertébrale du discours du Président EU qu’on avait longuement attendu, s’incarne dans sa tentative de convaincre les Arabes et les musulmans de la nécessité de se joindre à son gouvernement, dans sa guerre contre le « terrorisme » ou contre les mouvements islamiques extrémistes, qui les menacent, comme il dit, avant de menacer les Etats-Unis. Mais il n’a absolument rien dit, explicitement ou implicitement, à propos du terrorisme d’état pratiqué continuellement par Israël contre les Arabes et les musulmans en Palestine et au Liban, et peut-être bientôt en Iran.
Le Président Obama qui a tenu à nous rappeler que les Etats-Unis en tant que grande puissance sont nés grâce à la résistance contre un empire de colonisation (la Grande Bretagne), a condamné le principe de la résistance et a insisté sur son inefficacité en demandant au peuple palestinien d’abandonner toute forme de violence (résistance), car cela ne le mènera nulle part.
Cette volonté de rendre « superficielle » l’arme de la résistance, et l’insistance sur sa « futilité », est une attitude étrange, voire surprenante d’un président EU d’origine africaine, qui se dit fier d’appartenir à une grande famille musulmane qui vit sur la côte est de l’Afrique (au Kenya). Sans la résistance armée, son pays actuel n’aurait pas trouvé la liberté, et il en va de même pour le pays de son père et ses grands parents (le Kenya), pour tout le continent africain et la majorité du continent asiatique.
La critique contre les missiles de la résistance islamique dans la bande de Gaza, qui tombent sur les têtes des innocents endormis dans les colonies au sud d’Israël, aurait pu être compréhensible si elle avait suivi une critique des bombes à phosphore et des missiles de tout type, de toute taille et de tout poids qui ont été tirées par les chars, les avions et les navires israéliens contre un million et demi de Palestiniens sans défense entassés derrière les barres du blocus.
Le Président Obama a déclaré dans une conférence de presse quelques jours avant sa prise de poste, qu’il ferait ce que faisaient les israéliens (le bombardement de la bande) si ses enfants avaient reçu des missiles alors qu’ils étaient dans leurs lits. Nous aurions aimé l’entendre corriger ses déclarations en mettant ses enfants à la place des enfants de Gaza, dont les missiles et les bombes israéliennes en ont fauché pas moins de quatre cents pendant la dernière agression contre la bande de Gaza.
Répéter dans le même discours la nécessité d’oublier l’histoire, et demander aux musulmans qu’ils ne soient pas les prisonniers du passé, est une bonne chose, mais nous ne parlons pas ici des événements qui se sont produits il y a sept milles ans, ni même il y a cent ans, il s’agit de quelques années seulement. Il y a presque un mois, c’était le sixième anniversaire de l’occupation de l’Irak et du martyre de deux millions de ses enfants, dont la moitié à cause d’un embargo injuste, et l’autre moitié dans une guerre illégitime et immorale. Et dans quelques mois on va « fêter » le huitième anniversaire de l’invasion de l’Afghanistan, de son occupation et de sa conversion en un état déchu.
Il se peut que le Président Obama veuille nous montrer l’exemple de sa capacité, à lui et à ses homologues EU des origines africaines, d’oublier les politiques de ségrégation et les lois d’esclavage qu’ils avaient subis jusqu’à il y a quarante ou cinquante ans. C’est certainement une capacité qui mérite le respect, mais la comparaison n’est pas à sa place quand il s’agit de tout un peuple à qui on a volé la terre, qu’on a chassé vers les pays voisins et qu’on a poursuivi par le meurtre, le bombardement et l’encerclement jusque dans ses refuges, que ce soit dans les camps de refugiés à la bande ou en Cisjordanie (Djénine et Gaza), ou bien dans les pays voisins (Sud Liban et Syrie).
Le Président Obama veut ouvrir une nouvelle page avec le monde musulman et tendre une jeune branche d’olivier aux musulmans, ce qui est faisable et souhaitable, à condition qu’il soit accompagné d’une excuse franche des crimes des Etats-Unis à l’endroit des musulmans et de leurs guerres qui continuent toujours contre eux, en plus d’un dédommagement intégral pour tout ce qu’ils ont subi comme préjudices matérielles et humaines.
Les précédents gouvernements EU ont déclenché une guerre illégitime et immorale contre l’Irak, et le Président Obama a reconnu avec courage, ce qui est tout à son honneur, que c’était une guerre par choix et non par contrainte comme celle en Afghanistan, en présentant une demi-excuse. Par conséquent, ce qu’il lui reste à faire, c’est ce que les Allemands ont fait pour les juifs et les Irakiens pour le Koweït, à savoir une excuse totale et un dédommagement public sans détour.
La question qui se pose est de savoir quel prix les Arabes doivent payer au Président EU en échange de sa demande à Israël de geler la colonisation, car Obama a clairement déclaré que « l’initiative arabe n’est pas la fin des responsabilités des Arabes et qu’ils doivent faire plus ». Alors, est ce qu’Obama veut une normalisation complète en échange de cette parole sur la colonisation, et une modification de l’initiative pour en faire tomber le droit de retour ?
Encore une fois, nous demandons à Obama, après l’avoir écouté et applaudi pour ses belles phrases par lesquelles il voulait améliorer l’image de son pays dans le monde musulman, qu’il transforme ce qu’il dit en actes, et le plus rapidement possible, comme on demande aux chefs arabes séduits par ce discours de ne pas avancer des concessions gratuites.
Il n’y a pas de doute que les intentions d’Obama sont bonnes, et que son souhait de réconciliation est sérieuse, mais les intentions ne suffisent pas, et la sympathie qu’il a suscitée, que ce soit à cause de sa couleur, de l’histoire de son succès, ou de son fort discours au Caire, pourrait s’évaporer beaucoup plus rapidement de ce qu’il imagine s’il ne parvient pas à le traduire rapidement en des étapes pratiques .

Abd-ul-Bari Atwan
05/06
Al-Quds al-Arabi

http://www.alquds.co.uk/index.asp?fname=200966-054z50.htm...


3-5 Morsi Attalla : Une question impérative aux Israéliens.

Il est clair que la nouvelle Administration américaine ne veut pas perdre de temps. Elle a entamé immédiatement après la visite d’Obama en Egypte une action politique pour reprendre les consultations relatives au processus de paix au Moyen-Orient.

Le point de départ de cette action américaine doit être une question adressée aux Israéliens pour savoir ce qu’ils veulent exactement à la lumière de la conception américaine de la paix, que les Arabes ont déclaré avoir accepté et qui est basée sur la solution de deux Etats et sur la formule de la terre contre la paix.

La réponse israélienne à cette question déterminera en grande partie l’avenir des efforts américains. En effet, s’il s’avère que les Israéliens insistent toujours sur la célèbre parole du fondateur de l’Etat hébreu, David ben Gourion, concernant la capacité d’Israël d’imposer la paix aux Arabes par la force, tout discours sur les références et les accords préalablement signés deviendra une perte de temps. Ceci signifiera aussi que les ambitions d’Israël, qui n’a pas accepté les frontières de la division, qui n’a pas respecté les lignes de la trêve de 1948 et qui a refusé de revenir aux frontières du 4 juin 1967, sont illimitées. Par conséquent, personne ne peut savoir jusqu’où Israël veut prolonger ses frontières dans les profondeurs des territoires arabes.

Si la réponse des Israéliens est telle, ceci signifie que tout effort international soutenu par des initiatives arabes et par une flexibilité palestinienne ne pourra réussir ni aboutir à des résultats positifs. Ce, à cause de l’incapacité du gouvernement israélien actuel de réagir avec tous ces efforts et l’incapacité des extrémistes aux pouvoirs en Israël de réaliser les nouvelles donnes. En effet, ils sont incapables de réaliser que la paix est un objectif précieux, face auquel toutes les ambitions d’expansion et d’hégémonie doivent être mises de côté. Il est peut-être facile aujourd’hui pour Israël de protéger ces ambitions. Cependant, elles constitueront plus tard le plus grand danger menaçant son existence même. Personne ne doit œuvrer plus qu’Israël à exploiter l’occasion offerte maintenant pour réaliser la paix. En effet, il a vécu de longues années à rêver au jour où la partie arabe et palestinienne abolira tous les appels de conflit et d’hostilité.

Lorsque le rêve s’est réalisé, à la grande surprise de tous, Israël fut incapable d’assimiler cette évolution positive dans la position arabe et palestinienne !

En guise de conclusion, si les Israéliens, les Arabes et les Palestiniens laissent passer cette occasion historique de réaliser une paix durable, le conflit au Moyen-Orient restera sans fin.

Morsi Attalla

Mercredi 10 juin 2009

Al-Ahram Hebdo
Publié le 11 juin 2009 avec l'aimable autorisation de AL-AHRAM Hebdo

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Al-Ahram.100609a.htm

 

Sommaire :

3 Les Analyses

3-1 Abdul Rahman Mansur : Obama: «Les Etats-Unis ne seront jamais en guerre contre l'islam»

3-2 Chomsky: les omissions éloquentes du discours d'Obama.

3-3 Dmitri Babitch : Le message d'Obama aux musulmans: une nouvelle vitrine pour une vieille marchandise.

3-4 Abd-ul-Bari Atwan : Obama : La moitié d’une excuse ne suffit pas.

3-5 Morsi Attalla : Une question impérative aux Israéliens.

3-6 Doug Ireland : Obama en campagne pour la présidentielle de 2012.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



3 Les Analyses

3-1 Abdul Rahman Mansur : Obama: «Les Etats-Unis ne seront jamais en guerre contre l'islam»

Dix rappels préalables au discours du Caire ...

Un nouveau départ entre les musulmans et les Etats-Unis

« Votre choix du Caire comme lieu de votre discours au monde arabe et islamique a choqué de nombreux observateurs au Moyen-Orient », écrit Abdul Rahman Mansur

Dans son adresse au monde arabe et islamique Obama ira-t-il au -delà de simples gesticulations ?

Ou sur le fond ne fera-t-il que confirmer le cours pro-israélien de son administration ?

Alors que l’Egypte souffre d’un système politique qui a recours à une répression systématique pour supprimer toute opposition politique, votre choix a été considéré comme un cadeau venant du président nouvellement élu qui semble avoir oublié son propre avertissement lancés aux leaders mondiaux le 20 janvier au moment de la cérémonie d’intronisation : « Pour ceux qui s’accrochent au pouvoir par la corruption et autres abus, à ceux qui font taire les voix discordantes je dis : vous devriez savoir que vous êtes du mauvais côté de l’Histoire, mais nous sommes disposés à tendre nos mains vers sous si vous êtes disposés à changer. »

Choisir l’Egypte, domicile du plus grand mouvement islamique dans le Moyen-Orient, comme lieu de rendez-vous pour s’adresser au monde arabe et islamique, peut se justifier par l’influence culturelle, politique et religieuse du pays dans la région. Mais il y a des doutes sur le fait que le discours du 4 juin ne soit pas qu’un autre épisode de votre série de discours de propagande depuis votre cérémonie d’investiture comme président des États-Unis.

La décision de votre administration de reconduire les sanctions à l’encontre de la Syrie est contraire à vos promesses faites lors d’entretiens avec des puissances régionales du Moyen-Orient, et la faible réponse de votre gouvernement aux menaces d’Israël d’attaquer l’Iran met encore plus en évidence que les tenants d’une ligne intransigeante ont encore la main haute à Washington. D’ailleurs, la décision prise il y a quelques jours de maintenir les tribunaux militaires à Guantanamo, a justifié les frustrations et les doutes de beaucoup quant aux ambitieuses promesses venant d’un président qui fait face à de grands défis.

Il est juste d’affirmer que votre visite au Caire n’entraînera pas de changement substantiel dans la région, principalement parce que même si l’administration américaine soutient les politiques de réforme et le renforcement de la démocratie, elle continue à empêcher tout progrès significatif en refusant d’use de sanctions et conditions préalables.

Toutefois, pour que votre visite ait des conséquences significatives pour le Moyen-Orient, il serait dans votre intérêt de garder à l’esprit dix points qui autoriseraient une compréhension plus approfondie de la culture arabe et islamique et feraient que votre discours irait au-delà de simples gesticulations diplomatiques.

1 - La bande de Gaza et l’Irak, problèmes certainement les plus difficiles au Moyen-Orient

Le mépris affiché par votre administration pour les crimes de guerre commis par l’armée d’occupation israélienne dans la bande de Gaza est un puissant témoignage de son absence de réelle préoccupation pour les droits de l’homme dans la région ; plus de 1000 civils, la moitié étant des femmes et des enfants, ont été massacrés et plus de 5000 ont été blessés au cours de trois semaines d’un bombardement massif. Nous attendons toujours que vous condamniez ces violations flagrantes des droits de l’homme.

L’occupation de l’Irak par les forces américaines, qui prétendaient sauver le peuple irakien de la dictature, a placé le peuple irakien entre deux enfers : la guerre civile ou l’occupation. Inutile de dire que le monde entier a vu les images des tortures et traitements inhumains infligés aux prisonniers d’Abou Gharib.

2 - La guerre contre l’islam alimentée par les néo-conservateurs

La guerre contre l’Islam lancée par votre prédécesseur, le président George Bush était répugnante à la fois pour les pays arabes et les pays musulmans, qui continuent d’être mal représentés et sont tous des exemples d’une souffrance sur laquelle les États-Unis ont fermé les yeux. Les personnes arrêtées et détenues de force dans la prison de Guantanamo attendent des excuses de la part des États-Unis. Si la compréhension et le respect sont deux choses que vous tenez à exprimer au monde jeudi prochain, parler de l’islamophobie est nécessaire.

3 - Votre soutien des régimes autoritaires annule vos promesses

Avoir choisi le Caire est un généreux cadeau fait au régime de Moubarak, qui n’a pas réussi au cours des 25 dernières années à organiser même une seule fois des élections vraiment justes et démocratiques ; une véritable critique de son régime, alors que vous êtes au Caire, est à portée de la main. Ne pas être capable de critiquer Moubarak et les régimes despotiques arabes aurait pour effet de faire disparaître l’espérance suscitée par les promesses de votre discours d’investiture, principalement celle de soutenir la démocratie et les réformes politiques au Moyen-Orient.

4- Rencontrer les leaders de l’opposition

Une rencontre avec les dirigeants de l’opposition vous donnerait une image fidèle et claire de ce qui se passe en Égypte. Les médias égyptiens, à la fois publics et privés, sont dominés par les voix qui s’activent pour Moubarak et son régime, lequel est hostile à tous les mouvements d’opposition, même ceux sur s’exprimant sur Internet. Les dirigeants de l’opposition, ainsi que les bloggers, représentent la fenêtre permettant de voir quels sont les meilleurs moyens de mettre en œuvre le changement en plaçant les bonnes pressions économiques et diplomatiques sur le régime égyptien pour imposer une réforme politique qui est bloquée depuis le début de l’ère du président Hosni Mubarak.

5- Le peuple attend des actes et déteste les discours de propagande

Les dirigeants arabes ont eu du succès à ce jour dans le marketing en utilisant des discours de propagande, et nous ne sommes pas disposés à écouter d’autres discours qui n’ont rien à voir avec le monde réel. Les axes stratégiques pour changer la politique américaine envers le monde arabe et musulman doivent être au centre de votre intervention. Les actes valent mieux que les mots ! Et la mise en œuvre de vos plans vaudra mieux que de les conserver dans des tiroirs.

6- Les dirigeants islamiques vous aideront

Votre nomination de Dalia Mogahed, au sein du Conseil de la Religion [Council of Religion], à la Maison Blanche, a été en faveur des droits des minorités en Amérique et vous garantie un conseil véritablement modéré pour parler du point de vue musulman. Nommer près de vous des personnes comme Dalia Mogahed, ainsi qu’emmener les Musulmans de la Maison Blanche dans votre équipe lors de votre passage au Caire, donnera à votre visite une bonne influence et ira dans le sens de vos promesses de soutenir l’avènement d’une véritable paix avec le monde islamique. Donner à ces personnes une voix au chapitre lors votre visite au Caire aura un impact significatif sur vos objectifs d’améliorer votre relation avec le monde islamique.

7- Rester à l’écart des pressions israéliennes

Les politiques de réforme et d’appui à la démocratie au Moyen-Orient sont contraires aux intérêts d’Israël dans la région. Le lobby israélien cherche à étendre son autorité à l’intérieur de la communauté politique américaine, et il ne faut pas céder à la pression israélienne.

8 - Les mouvements islamiques sont l’avenir du changement

Le large succès des Frères musulmans en Egypte à l’occasion des élections législatives, M. le Président, vous impose d’ouvrir de véritables canaux de communication avec les mouvements islamiques dans la région, notamment le Hamas qui a remporté les élections en Palestine en 2006. Surmonter les nombreux obstacles pour parvenir à une vision commune avec les mouvements islamiques au Moyen-Orient est le moyen de définir l’avenir de l’Amérique au Moyen-Orient.

9 - Le changement doit venir de l’intérieur et non pas des Etats-Unis !

Mais étant donné les divers messages qui vous ont été envoyés après votre accès à la présidence, et de l’enthousiasme et l’espoir qui ont traversé le monde après le 20 janvier de cette année, nous sommes certains que des changements réels dans les questions du Moyen-Orient ne peuvent venir uniquement des Etats-Unis. Aujourd’hui, une génération de jeunes militants, des réformistes, des mouvements politiques et intellectuels peuvent amener des changements réels dans la région, mais pour cela les États-Unis d’Amérique doivent cesser de soutenir les dictateurs arabes qui en retour de cet appui soutiennent les projets américains et israéliens dans la région.

10 - Apprenez de votre prédécesseur

Les discours de propagande, qui empêchent tout progrès, sont le plus sûr moyen de mener la région vers un abîme politique. Les politiques menées depuis le début de votre présidence et les écarts par rapport aux valeurs sur lesquelles vous avez fondé votre élection, ne feront de vous qu’un nouveau George Bush, peut-être juste plus charismatique. Rappelez-vous que vous faites l’histoire en posant le pied sur le sol d’Égypte. Ne faites pas de gros titres avec vos idées et vos projets, mais mettez-les en oeuvre et prenez les bonnes décisions lors de vos prochaines visites dans le monde arabe.

Vous devez vous attaquer à toutes les questions que les États-Unis ont toujours décrites comme vitales et importantes dans la région.

Abdul Rahman Mansur

* Abdulrahman Mansour est un blogueur égyptien et militant politique, terminant un diplôme en Communication et Médias à l’Université du Caire.

1° juin 2009

Traduction de l’anglais : Claude Zurbach

Palestine Telegraph - Vous pouvez consulter cet article à : http://www.paltelegraph.com/middle-...


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n°1 - Obama & le Moyen Orient - 16-06 - :Fin - Le message d'Obama aux musulmans: une nouvelle vitrine pour une vieille marchandise.

n°1 - Obama & le Moyen Orient - 16-06 - :Fin - Le message d'Obama aux musulmans: une nouvelle vitrine pour une vieille marchandise.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme,

 L’information est une arme au service de la paix

    Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



   Obama & l'islam

 n°1                             16/06/09

 C.De Broeder      &       M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be

Sommaire :

3 Les Analyses (suite)

3-6 Doug Ireland : Obama en campagne pour la présidentielle de 2012.

3-7 Sadri Khiari : Obama aux musulmans : « Je vous ai compris ! »

4 Les réactions

4-1 Réaction palestinienne.
4-1-1
1 Hamas

4-1-1-1Aïmane Taha : Le Hamas, n’a noté aucun changement dans l’approche de Washington.

4-1-1-2 Khaled Méchaal salue "le langage nouveau" de Barack Obama.

4-2-1 Fatah

4-2-1-1 Nabil Abou Rdainah : Le discours prononcé par Barack Obama à l’université du Caire est un "bon début".

4-3 Union européenne

4-4 Comment réagissent les organisations juives américaines ?

4-5 Raymond RICHA : Monsieur le Président le pivot central de notre résistance n’est nullement l’Islam.

5 Des actions

5-1 Netanyahu


3-6 Doug Ireland : Obama en campagne pour la présidentielle de 2012.

 Barack Obama a prononcé un discours plein de bondieuseries au Caire mais à l’objectif bien défini : préparer la présidentielle américaine de 2012. Et accessoirement renouer avec le monde musulman.

Le discours à l’attention du monde musulman de Barack Obama au Caire est une gigantesque opération de communication, soigneusement préparée depuis des mois et transmise en direct dans treize langues par la Maison Blanche grâce à internet. Facebook, son semblable pour l’Asie du Sud, Orkut, YouTube, Twitter, MySpace, SMS… Aucun cyber-moyen de communication n’a été négligé, histoire de faire jeune, moderne et branché. Mais sur le milliard et demi de musulmans, combien disposent d’un accès facile à internet ?

L’auteur de ce discours est sa jeune plume pour les affaires étrangères, Ben Rhodes, 31 ans, qui affiche une double casquette : plume présidentielle pour les affaires étrangères et conseiller qui a accès au Bureau ovale quand Obama refait le monde avec ses spécialistes plus expérimentés, comme l’a rapporté dans un portrait détaillé de Rhodes The Politico, le nouveau must de la classe politique washingtonienne. Rhodes est un vétéran de la campagne présidentielle d’Obama et sait garder un œil sur les résonances électorales que les discours du Président à l’étranger provoquent aux Etats-Unis.

Obama calme le jeu sur Israël

Ainsi, celui du Caire était aussi bien calibré pour une réélection d’Obama en 2012 que pour satisfaire la volonté présidentielle d’un « nouveau commencement » entre l’Amérique et le monde arabo-musulman. Et c’est la raison pour laquelle, au Caire, Obama a mis la pédale douce sur ses critiques envers Israël. Il s’est borné à réitérer son soutien à la création d’un Etat palestinien - même George W. Bush était pour - et son opposition à davantage de colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés.

Les Israéliens doivent comprendre que « le droit de la Palestine à exister ne peut être nié », a déclaré Obama, ajoutant que « les Etats-Unis n’acceptent pas la légitimité de la continuation de la colonisation israélienne (…) il est temps qu’elle s’arrête (…) Israël doit également être à la hauteur de ses obligations pour garantir que les Palestiniens puissent vivre, travailler et se développer. La crise humanitaire continue à Gaza dévaste les familles sans servir la sécurité d’Israël, comme le persistant manque d’opportunités en Cisjordanie. »

La Maison Blanche a sciemment calculé que l’importance des grands donateurs juifs à la trésorerie du Parti démocrate et du vote juif dans des Etats comme la Floride, la Pennsylvanie, New York, la Californie ou le New Jersey est bien trop cruciale pour la campagne de 2012 pour permettre au politicien habile et prudent qu’est Obama d’aller plus loin…

51% des Américains pour la création d’un Etat palestinien

Dans le même temps, le Président savait qu’il ne risquait rien électoralement en réaffirmant son soutien à un Etat palestinien car l’électorat américain d’aujourd’hui y est plus favorable que jamais : selon un sondage Gallup pour le quotidien USA Today publié le 4 juin, 51% des Américains soutiennent « l’établissement d’un Etat palestinien indépendant sur la Cisjordanie et la Bande de Gaza » tandis qu’à peine 29% sont contre.

Obama a eu beau dire au Caire qu’il est venu « chercher » un « nouveau départ entre les musulmans et les Etats-Unis » et que « le cycle de la méfiance et de la discorde devait s’achever », seulement 48 heures plus tard le président était attendu à la base militaire américaine de Landstuhl, en Allemagne. Pour y visiter les soldats hospitalisés et blessés dans les deux guerres où les militaires américains sont toujours en train de tuer des musulmans, en Afghanistan et en Irak. La contradiction ne manquera pas d’être relevée par les musulmans du monde entier, qu’ils aient accès à internet ou pas.

Cette visite aux « boys » blessés relève aussi de mesquins calculs électoraux. Pendant la campagne présidentielle de 2008, Obama a été vivement critiqué par les républicains nationalistes pour ne pas s’être rendu au chevet des soldats hospitalisés lors de son voyage en Allemagne où il a fait un discours ultra-médiatisé à Berlin devant une foule en délire.

Rassurer l’électorat juif américain

La nouvelle visite du président Obama en Allemagne, le 5 juin, a été programmée pour inclure, toujours pour des raisons électorales, la visite du site du camp de concentration nazi de Buchenwald. Objectif : rassurer la partie de l’électorat juif troublé par la volonté d’Obama d’amadouer les musulmans. En vain car le magazine phare de la droite juive américaine, Commentary, a déjà publié sur son site une critique cinglante qualifiant le discours du Caire de « pas sérieux moralement » et ajoutant qu’il « sape la recherche de la paix aussi bien que la campagne pour reformer le monde musulman ».

Barack Obama a déclaré au Caire : « ne vous y trompez pas : nous ne voulons pas maintenir nos troupes en Afghanistan ». Mais il vient pourtant d’accroître l’effort de guerre dans ce pays en y envoyant des soldats supplémentaires. Le dispositif militaire américain sur place atteindra tout prochainement les 68 000 hommes !

Ces derniers jours, à Washington, la Maison Blanche a également quémandé au Congrès une importante rallonge budgétaire de 11 milliards de dollars pour l’Afghanistan et l’Irak, qui s’ajoutent aux 89 milliards qu’Obama a déjà demandé en avril. En comparaison, le milliard et demi qu’Obama promis pour aider le monde musulman apparaît bien dérisoire.

Des bondieuseries tirées du « Saint Coran »

En réalité, le discours du président au Caire, truffé de bondieuseries tirées du « Saint Coran » comme il l’a dit, n’apporte rien de neuf. C’était un exercice de « feeling ». Obama a déjà exprimé les mêmes sentiments lors de son voyage en Turquie, en avril dernier. Le monde arabo-musulman attendait au moins une initiative nouvelle pour forcer Israël à mettre fin à l’expansion constante de ses colonies dans les territoires occupés.

Mais le gouvernement israélien de coalition entre le Likoud et le fasciste et raciste Avigdor Lieberman et son parti Yisrael Beitenu a déjà clairement rejeté la demande d’Obama lors de la visite récente du Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche. Un rejet si catégorique qu’Obama n’a même pas renouvelé sa demande lors de la visite d’Ehud Barak, le ministre de la Défense israélien, à Washington la semaine dernière. Déjà, dans son édition du 5 juin, le quotidien de référence israélien Haaretz rapportait dans un article intitulé « Les Etats-Unis cherchent à apaiser les tensions avec Israël après le discours d’Obama au Caire » que « des sources du cabinet du Premier ministre disent que les tensions avec les Etats-Unis sur la question des colonies ont été aggravées par le discours du Caire. « Il n’y aura pas d’accord sur ce point si les Américains n’adoucissent pas leur position » disait un proche de Netanyahu jeudi ». Soit immédiatement après le discours d’Obama.

L’heure n’est plus aux belles paroles

Le conflit israélo-palestinien est la clé de tout « nouveau départ » avec le monde musulman qu’Obama réclame. Mais pour ramener dans le processus de paix ce gouvernement israélien si revanchard et le plus à droite que l’Etat hébreu ait jamais connu, il va falloir bien plus que les banalités nobles qu’Obama a exprimé au Caire avec son grand talent d’orateur.

L’heure est aux actes.

Doug Ireland

5 juin

http://www.bakchich.info/Discours-du-Caire-Obama-en,07925.html


3-7 Sadri Khiari : Obama aux musulmans : « Je vous ai compris ! »
Ndlr : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

On ne peut nier au nouveau président des Etats-Unis une certaine habileté.

Il sait où nous avons mal. Il sait ce qui nous fait plaisir. Obama n’ignore rien de nous.

Peut-être est-ce parce qu’il est noir et qu’il connaît les ravages de l’esclavage, de la colonisation et des inégalités raciales ; peut-être est-ce parce qu’il est un ancien musulman, que ses ancêtres étaient musulmans, qu’il a lui-même longtemps vécu dans des pays majoritairement musulmans ; peut-être est-ce tout simplement parce qu’il a de bons conseillers.

Quoiqu’il en soit, il connaît les distorsions de notre fierté. Nous sommes fascinés par la modernité occidentale toute puissante ; nous aspirons ardemment à lui ressembler et nous la haïssons parce que nous savons qu’elle s’est construite en nous écrasant.

La Modernité nous a tués et nous espérons qu’elle nous ressuscite. Nous sommes même disposés à nous suicider pour cela. Nous lui demandons seulement qu’elle reconnaisse nos mérites passées et, par conséquent, nos dispositions à avoir encore quelques mérites. Surtout le mérite d’être modernes, d’aller un jour sur la lune et d’avoir nos propres multinationales qui réduiront les peuples à la misère.

Quitte à réjouir nos adversaires, reconnaissons-le : aujourd’hui encore, plus que de libération, nous rêvons d’« intégration ».

Et Obama nous offre l’« intégration ».

A condition, bien sûr, que nous renoncions définitivement à la libération.

Quelle est la différence entre libération et intégration ?

C’est simple.

La libération consiste à libérer le monde des différentes formes d’oppression des peuples qu’a porté en elle et que continue de reproduire la Modernité. L’intégration, c’est boire du champagne hallal et en être fier. Voilà donc ce que nous promet le nouveau président des Etats-Unis si nous acceptons d’être sages. Voilà, au fond, ce que signifient toutes les paroles gentilles qu’il a prononcées en Egypte à l’égard de l’islam et des musulmans.

Est-ce à dire qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil ?

Certainement pas.

Si nous n’avons pas la naïveté de croire que la personnalité d’Obama détermine la politique de Etats-Unis, il est clair que son discours du Caire met en lumière les nouveaux rapports de forces qui se dessinent depuis quelques années déjà. Leur fluidité mais aussi une certaine permanence. Dans le monde et aux Etats-Unis. Les deux étant inextricablement liés. Au Moyen-Orient, en Amérique et à l’échelle de toute la planète. Les trois ne pouvant être séparés. La Maison blanche réévalue ses priorités. Elle appréhende différemment ses propres enjeux. Elle balance ses stratégies. Son ambition ne cesse d’être hégémonique mais il est possible qu’elle en revisite les moyens. En tout état de cause, si Obama fait l’éloge de l’islam, c’est qu’il pense pouvoir aller à l’encontre d’une opinion américaine - et plus largement occidentale -, habituée depuis au moins une décennie à ne pas concevoir le musulman autrement que comme un terroriste potentiel. S’il n’hésite pas à contrarier les dirigeants israéliens, sans rien donner, il est vrai, aux Palestiniens, c’est qu’il pense désormais pouvoir le faire. Ou, au moins, tester les résistances au sein même des institutions américaines à une politique qui n’identifie plus les intérêts américains - ou plus largement encore occidentaux - aux intérêts de l’expansionnisme israélien. Rien n’est encore joué. Rien n’est stable. Les rapports de forces au sein même des dispositifs complexes de l’Administration américaine ne sont pas encore tranchés. Il n’est même pas sûr qu’Obama sache exactement où il veut aller et où il peut aller. Il semble espérer se détacher du foyer de tensions moyen-oriental pour avoir les mains libres ailleurs (Russie ? Chine ? Crise domestique étatsuniennes ?) mais rien n’indique encore s’il en a les moyens. Qu’il parle en bien de l’islam ne rompt que partiellement avec l’idéologie propagée par les néo-conservateurs républicains. A la guerre des civilisations prônée par ceux-ci, il substitue l’amour entre les civilisations. Mais le paradigme dans lequel il conçoit le monde est toujours celui d’un rapport conflictuel entre civilisations, prises comme des ensembles culturels immuables et homogènes. Les crises, les affrontements, les guerres ne seraient pas le produit d’enjeux politiques déterminés par des intérêts de puissances bien précis, mais le résultat d’une hostilité ou d’une incompréhension entre l’Occident et l’Islam. Sinon pourquoi ferait-il un discours aux musulmans ? Si l’islam est une composante majeure de l’identité palestinienne comme l’est également l’arabité, le dit conflit israélo-palestinien n’oppose pas musulmans et juifs ou « civilisation judéo-chrétienne », mais bien un Etat colonial et un peuple colonisé qui aspire à sa libération. Sa dimension mondiale, on ne le redira jamais assez, est celle d’une lutte des peuples dominés contre les institutions et les logiques impériales et coloniales.

Sur la question palestinienne, puisque nous y sommes, prenons garde également à ne pas nous bercer d’illusions. Incontestablement, la Maison blanche expérimente une autre voie que celle qui a été suivie par la précédente administration américaine. Cette autre voie a-t-elle trouvé sa cohérence ? A-t-elle des appuis politiques suffisamment puissants ? Fera-t-elle long feu ? Quatre mois après l’accession d’Obama au pouvoir, il est encore difficile de le dire. Surtout, nous savons tous parfaitement que, dans le meilleur des cas, la nouvelle stratégie américaine qui se cherche n’aura d’autres objectifs que d’étouffer la résistance palestinienne. Les Etats-Unis exercerons peut-être des pressions sur le nouveau gouvernement israélien pour calmer ses ardeurs militaires, mais les pressions seront encore plus grandes sur les Palestiniens (et l’ensemble des pays arabes) pour qu’ils acceptent une nouvelle « offre généreuse », c’est-à-dire un micro-Etat, dépourvu des attributs majeurs de la souveraineté, sinon d’administrer une portion infime de la Palestine, sous la surveillance étroite des soldats israéliens. C’est ce qu’ils appellent la Paix. Contentez-vous de cela, diront-ils, parce qu’avec Netanyahou-Lieberman-Barak au pouvoir en Israël, ce pourrait être pire ! Remerciez Obama parce qu’avec Bush, ce n’est pas la Charte constitutive de l’OLP qui aurait été « caduque » mais la Palestine comme nation.

Effectivement, il y a une différence entre le nouveau président et l’ancien. Bush, semblable en cela à Sharon, avait une stratégie très claire qu’on pourrait résumer en quelques mots bien connus : « Qui veut tuer son chien l’accuse de la rage ». Obama, lui, semble adepte d’une autre politique que l’on peut résumer ainsi : « Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute » (qu’on ne nous parle pas de sa sincérité ou de son humanisme : dans l’Amérique d’aujourd’hui, un humaniste n’accède pas au pouvoir !).

Vigilance, donc. Vigilance mais non pas désespoir. Car, si Obama a été élu, si Obama n’est pas Bush, c’est pour une raison et une seule : la stratégie bushienne a fait faillite. Plus exactement, les Etats-Unis ont perdu une, deux, trois batailles décisives. Et avec les Etats-Unis, Israël. En Afghanistan, en Irak, en Palestine, au Liban, les projets américains se sont écroulés. Tout le monde le reconnaît, aujourd’hui. Mais, ce qu’on oublie généralement de souligner, c’est que si l’Amérique a perdu ces batailles, c’est parce qu’elle s’est heurtée à la résistance des peuples. Si l’Administration américaine a tant de difficultés à s’unifier autour d’une nouvelle stratégie, c’est parce que la résistance des peuples ne faiblit pas. Si la contre-révolution coloniale mondiale est contrainte de trouver de nouvelles armes politiques, c’est parce que la force des armes ne suffit plus à contrer nos résistances. Nous sommes encore faibles, certes, mais bien moins faibles qu’auparavant. Obama nous achètera-t-il pour quelques « essalemou aleïkom » ?

Sadri Khiari,

 6 juin 2009

http://www.indigenes-republique.fr:80/une.php3?id_article=583



4 Les réactions

4-1 Réaction palestinienne.
4-1-1 Hamas

4-1-1-1 Aïmane Taha : Le Hamas, n’a noté aucun changement dans l’approche de Washington.
"Dire qu’il faut poursuivre la guerre contre l’extrémisme et œuvrer en faveur de deux Etats pour les peuples de Palestine ne le démarque pas de la politique de son prédécesseur, George Bush", a commenté Aïmane Taha, représentant du Hamas à Gaza

L’Autorité palestinienne a salué comme un "bon début" ce discours dans lequel il a soutenu la quête des Palestiniens pour leur Etat. "C’est un discours clair et franc. Il constitue un pas politique innovateur et un bon début sur lequel il faudra bâtir", a déclaré Nabil Abou Roudeina, porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas.
Il a estimé que Obama avait rompu dans son discours avec "la précédente politique américaine partiale" en faveur d’Israël. "Ses propos sur la situation palestinienne intolérable sont un message qu’Israël doit bien comprendre", a-t-il ajouté.

Le Hamas, a relevé jeudi "un changement tangible" dans le discours du président américain, mais aussi "des contradictions". "Une des contradictions réside dans le fait qu’il a dit que le Hamas était soutenu par le peuple palestinien mais il n’a pas appelé au respect de la légitimité du Hamas qui a été démocratiquement élu", a déclaré le porte-parole du mouvement islamiste, Fawzi Barhoum.
Dans son discours, le président Obama a reconnu que le Hamas jouissait du soutien d’une partie de la population palestinienne, mais il a affirmé que pour "jouer un rôle dans la réalisation des aspirations palestiniennes" le mouvement devait "mettre fin à la violence, accepter les accords (israélo-palestiniens) passés et reconnaître le droit d’Israël à l’existence".

( Jeudi, 04 juin 2009 - Avec les agences de presse )

Al-oufok avec les agences de presse )

04 juin 2009 -

http://www.aloufok.net:80/spip.php?article576


4-1-1-2 Khaled Méchaal salue "le langage nouveau" de Barack Obama.

Khaled Méchaal, chef du bureau politique du Hamas se félicite du langage nouveau adopté par Barack Obama, tout en l'incitant à renoncer à tout préalable avant l'ouverture d'un dialogue avec le Hamas.

Les Etats-Unis et plusieurs de leurs alliés occidentaux ont posé trois conditions à l'ouverture de discussions avec le Hamas. Ils demandent au mouvement palestinien de reconnaître Israël, de renoncer à la violence et de se conformer aux engagements pris par l'Autorité palestinienne.

"Le discours d'Obama au sujet du Hamas contient un langage nouveau.

Nous espérons (...) qu'il renoncera aux conditions posées pour des relations avec le Hamas", déclare le dirigeant palestinien dans un entretien au quotidien panarabe Achark al Aousat.

"Il a déclaré qu'il ouvrait une nouvelle page avec la région.

Les entretiens avec les Iraniens se feront sans préalable, de même avec les Syriens. Alors, pourquoi pose-t-il des conditions pour le Hamas?", a demandé Khaled Méchaal.

11 juin 2009 –

Al-Oufok a vec les agences de presse )

http://www.aloufok.net:80/spip.php?article606


4-1-2 Fatah

4-1-2-1 Nabil Abou Rdainah :  Le discours prononcé par Barack Obama à l’université du Caire est un "bon début"

Nabil Abou Rdainah : Le discours prononcé par Barack Obama à l’université du Caire est un "bon début" sur la voie de la réforme de la politique américaine au Proche-Orient, a jugé Nabil Abou Rdainah, proche conseiller du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.
"Son appel à l’arrêt de la colonisation et à la création d’un Etat palestinien, ainsi que ses propos sur les souffrances des Palestiniens (...) signifient clairement à Israël qu’un Etat palestinien avec Jérusalem pour capitale est le fondement d’une paix juste", a-t-il déclaré.
"Le discours du président Obama est un bon début et un pas important vers une nouvelle politique américaine", a ajouté Nabil Abou Rdainah.

Al-oufok avec les agences de presse )

04 juin 2009 -

http://www.aloufok.net:80/spip.php?article576


4-3 Union européenne
Le discours du président américain "va ouvrir une nouvelle page dans les relations avec le monde arabo-musulman" et pour le règlement des conflits au Proche-Orient, a estimé le diplomate en chef de l’UE Javier Solana.

La France a salué le discours au Caire, y voyant une déclaration "majeure" tant du point de vue "symbolique" que "politique". "Il montre des Etats-Unis d’Amérique résolument tournés vers le dialogue, la tolérance, le respect mutuel, le refus de toute perspective de tensions entre cultures, entre civilisations", a déclaré le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Eric Chevallier.

Al-oufok avec les agences de presse )

04 juin 2009


4-4 Comment réagissent les organisations juives américaines ?

Même si la judaïcité américaine est loin d’être homogène, il est intéressant de voir comment les principales organisations juives ou faîtières ont réagi au discours du Président américain.

L’impression générale qui ressort des réactions déjà exprimées ou recueillies, est que « Barack Obama a dit certaines vérités importantes, mais que son discours ne présageait rien de très bon pour Israël ».

Parmi les organisations de tendance démocrate, on se dit évidemment « satisfait de l’ouverture, du souci d’équilibre et de la volonté d’aller de l’avant exprimées par le Président ». A « J-Street », organisation ouvertement très à gauche, et qui se veut concurrencer l’AIPAC, le lobby traditionnel pro-israélien, c’est un concert de louanges pour le Président américain. Jeremy Ben-Ami, Président de l’organisation « remercie chaleureusement Barack Obama d’avoir relancé l’initiative en faveur des ‘Deux Etats’, et de se montrer résolu à agir pour que cela se réalise ». Donneur de leçons, Ben-Ami déclarait « qu’il est temps que le gouvernement israélien se fasse à l’idée de la création d’un Etat palestinien, et applique les accords qui exigent de lui l’arrêt total de la construction dans les territoires ».

A droite, par contre, on estime « qu’Obama a eu des propos - ou des silences - inquiétants pour Israël sur plusieurs sujets, notamment, dans le dossier iranien ou sur l’antisémitisme dans le monde arabe».

Après avoir cité les rares points positifs, telle que « l’amitié avec Israël » ou la condamnation du négationnisme », l’Organisation des Communautés Juives Orthodoxes, dans un long communiqué, a relevé plusieurs points négatifs et lourds de sens: sur la question de Jérusalem, notamment, le Président a pris une position faussement neutre, en divisant symboliquement la ville entre les trois religions monothéistes ou « les Enfants d’Abraham », remettant ainsi en cause la souveraineté israélienne sur la ville. Ensuite, sur l’Etat d’Israël lui-même, le Président a parlé d’Israël comme d’un « foyer pour les Juifs » et n’a pas précisé le caractère juif de l’Etat. Dans la même idée, plus tôt, dans son discours, il justifiait l’existence d’Israël uniquement par la Shoah et l’antisémitisme qui a frappé les Juifs durant des siècles, et non par les droits historiques de Juifs sur la terre de leurs ancêtres, comme le reconnaissait George W. Bush, lecteur assidu de la Bible, contrairement à son successeur. Après avoir lié la Shoah et la création d’Israël, le Président américain liait également dans une même phrase le « déracinement des Palestiniens » avec « la création de l’Etat d’Israël », ce qui équivaut à une reconnaissance de la « Nakba » et de l’eau au moulin de ceux qui affirment qu’Israël est un fait colonial!! Enfin, en demandant aux Palestiniens de « renoncer à la violence (et non au terrorisme), comme l’ont fait les noirs américains », il établissait, involontairement peut-être, une comparaison morale douteuse entre le combat des Palestiniens et celui des noirs américains luttant contre l’esclavage.

C’est sur le volet iranien que la déception est la plus grande, et la plus partagée parmi les grandes organisations juives américaines. Jennifer Laslo-Mizrahi, Présidente de l’organisation « Project Israel », qui lutte contre la désinformation contre Israël, regrette « que la menace iranienne n’ait pas assez été soulignée, et qu’au contraire, il s’est dit favorable au développement du nucléaire civil, sachant que les frontière entre le civil et le militaire dans ce domaine est infime. C’est inquiétant ». Pareil pour David Harris, Président du Comité USA-Israël, qui félicite le président américain « pour avoir osé prononcer des phrases importantes devant un public arabo-musulman » mais qui regrette de ne pas avoir assez brandi la menace contre l’Iran et formulé une volonté de créer un mouvement international contre les velléités de Téhéran ».

Au Bnai-Brit, la plus grande organisation existante « on se dit globalement satisfait mais en relevant plusieurs points de déception : le Président Obama a manqué une occasion de dénoncer l’antisémitisme virulent qui est enseigné et développé dans les pays musulmans ». Pour le président du B.B., Moshe Smith, « Barack Obama n’a pas dit un mot non plus sur les innombrables violations des accords de la part des Palestiniens, à commencer par ceux d’Oslo, et qui fait qu’aujourd’hui, c’est à cause d’eux qu’il n’y a pas de partenaire pour la paix avec Israël ».

06/05

http://www.actu.co.il/2009/06/discours-d’obama-comment-reagissent-les-organisations-juives-americaines/


4-5 Raymond RICHA : Monsieur le Président le pivot central de notre résistance n’est nullement l’Islam.

LETTRE OUVERTE A OBAMA.

Votre discours bien affiné sur l’Islam grâce à la touche finale des dirigeants arabes de la Collaboration et de l’abandon de la Cause est hors des temps ; pire, il est déjà refoulé au fin fond de la poubelle de l’Histoire.
Sachez, Monsieur le Président, que le pivot central de notre résistance n’est nullement l’Islam ; en effet, nous revendiquons à travers notre acte de résister, seulement et à la fois la libération de notre terre volée, le droit de notre peuple au retour dans sa patrie, ce droit que l’Occident, aveugle par son repenti au regard des atrocités d’une guerre mondiale que lui-même avait provoquée, nie, ainsi que la reconnaissance d’un droit absolu d’un peuple à l’autodétermination.
C’est notre grande fierté que l’Islam nous permette de décliner une théologie de la Libération, comme d’ailleurs l’avait fait et le fait encore le Christianisme Sud Américain en lutte contre l’impérialisme des États-Unis.
C’est encore notre fierté que l’Islam prêche la résistance, comme d’ailleurs l’avaient fait dans un passé récent les instances religieuses de votre pays prêchant la résistance face à l’intolérance fasciste ou raciste ou encore comme l’avaient fait les mêmes instances en Afrique du Sud contre l’Apartheid.
C’est également notre fierté que, lorsqu’il s’agit de la Justice, de notre Identité et de notre Droit de Vivre dignement, la Lettre Divine s’identifie aux discours de nos philosophes, comme Amine Al RIHANI ou Khalil JOUBRANE.
Mais dites-nous alors et franchement, quelle est l’intention de votre discours ? N’est-ce pas pour nous rabâcher la thèse des deux états, comme si l’Histoire reconnaît la légitimité d’un état autre que la Palestine ? N’est-ce pas également pour asseoir solidement et durablement une entité policière préservant les intérêts, dans notre région, d’un ordre économique déjà vacillant, mais cette fois-ci plus intelligemment que votre prédécesseur ?
Il se pourrait aussi qu’à travers le choix de l’instant de votre intervention en Égypte, vous chercheriez l’ingérence directe dans les législatives du 7 Juin au Liban, car selon vous, il est inadmissible que le peuple du Pays des Cèdres puisse amener au sein de son parlement le moindre souffle de résistance et d’un réel changement démocratique.
Si c’est le cas, Monsieur le Président, je dois vous confirmer avec certitude, que votre discours aura l’effet contraire : celui de renforcer la détermination de nos peuples à résister et leur fermeté quant à leurs exigences pour des lendemains de justice, de paix et de progrès.
Vanité est de croire que nos peuples, par bourrage de crâne, choisiraient le chemin opposé à celui emprunté par le vôtre lors des luttes pour la libération et l’indépendance de son pays.
Il se pourrait également que votre discours ait pour ultime objectif de venir au secours des régimes arabes de la Collaboration et de l’Abandon National, de ces régimes qui ne se sont jamais souciés des souffrances de leurs peuples respectifs, ni des aspirations et revendications légitimes. Mais alors là aussi je peux vous confirmer la stérilité des mots que vous prononcerez, mots maintes fois revus, corrigés, rabâchés et souvent très largement applaudis par ceux qui, hier s’agitant jusqu’à baver, souhaitaient la défaite en 2006 de la Résistance Libanaise et celle de la Résistance du Peuple de Palestine à Gaza, tout récemment.
Bref, nous ne sommes pas dupes et nous pointerons chaque phrase de votre discours en la situant pleinement dans les sillons de l’Histoire qui, à la fois nous enseigne, nous éclaire et surtout nous apprend simultanément la lucidité de l’analyse et la justesse de l’acte.

4 Juin 2009
Raymond RICHA

Liban Résistance



5 Des actions

5-1 Netanyahu

04-06

Netanyahu a réuni ses proches conseillers à Jérusalem pour préparer une réaction au discours un haut responsable gouvernemental. Selon un haut responsable gouvernementa qui a requis l’anonymat, Netanyahu a ordonné à ses ministres de ne pas s’exprimer pour l’instant. La présidence du Conseil doit publier en guise de réaction un communiqué vers 16H00 locales (13H00 GMT).
Les relations entre les Etats-Unis et Israël traversent une phase très délicate en raison du refus du gouvernement de Benjamin Netanyahu de geler la colonisation et du principe de l’Etat palestinien.

En dépit de l’interdit de Netanyahu, le ministre israélien des Sciences Daniel Herschkowitz, du parti Foyer Juif (nationaliste religieux) a déclaré que "nos relations avec les Américains sont fondées sur l’amitié et non sur la soumission. Sur la question de la croissance naturelle dans les implantations, il faut dire aux Américains de ne pas dépasser les bornes".
"Ce discours nous fait craindre une remise en question de l’équilibre entre les Etats-Unis et Israël", a indiqué le chef du parti Foyer Juif Zevoloun Orlev. "J’ai le sentiment douloureux que nous sommes entraînés vers une dégradation des engagements traditionnels américains pour la sécurité, l’avenir et l’indépendance d’Israël", a-t-il dit.

( Jeudi, 04 juin 2009 - Avec les agences de presse )

Al-oufok avec les agences de presse )

04 juin 2009 -

http://www.aloufok.net:80/spip.php?article576



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

14/06/2009

n° 440 - Les Dossiers d'Irak -12-06 – Début - : Le message d'Obama aux musulmans: une nouvelle vitrine pour une vieille marchandise.

n° 440  - Les Dossiers d'Irak -12-06 – Début - : Le message d'Obama aux musulmans: une nouvelle vitrine pour une vieille marchandise.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre


Les Dossiers d'Irak

n° 440                                                          12/06/09

C.De Broeder & M.Lemaire



 Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire :  

Tiré à part

Mona Chollet : The Soldier’s Tale, un film de Penny Allen

Les brèves

1-1 Tortures : les « aveux » d’Al-Libbi et la guerre du Golfe de 2003.

1-2 Appels d'offres: annonce fin juin des compagnies pétrolières retenues.

1-3 Photos de viols en Irak: la Maison Blanche fustige la presse britannique.

1-4 Pétrole: Christophe de Margerie (Total) reçu par Nouri al-Maliki.

Suite

2 Dossier & Point de vue

2-1 Intégralité du discours de Barack Obama à l'université du Caire (Egypte) le 4 juin 2009

2-2 Doug Ireland : Discours du Caire : Obama en campagne pour la présidentielle de 2012.

2-3 Obama : La moitié d’une excuse ne suffit pas.

2-4 Andrew Hughes : La dystopie Obama, le cauchemar étasunien.

2-5 Abdul Rahman Mansur : Un nouveau départ entre les musulmans et les Etats-Unis ?

2-6 Obama accélère les massacres en Irak et en Afghanistan.

2-7 Le 1er ministre désigné Iyad Allawi avait aidé la CIA dans les attentats à la bombe des années 90.

Fin

2-8  Dossier & Point de vue : La torture sous Bush 

1 Pierre Haski : La torture sous Bush : la liste des « treize tortionnaires »

2 Simulation de noyade : Nancy Pelosi n'aurait pas protesté auprès de la CIA.

3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

3-1  1.500 personnes réclament l'arrestation des criminels de guerre Bush et Clinton à Toronto.


Avant propos

Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants qui osent leur résister...



Tiré à part

Mona Chollet : The Soldier’s Tale, un film de Penny Allen

Les deux moitiés de l’Amérique

Américaine exilée à Paris, l’écrivaine Penny Allen se retrouve un jour, dans l’avion qui la ramène aux Etats-Unis, assise à côté d’un compatriote. C’est un soldat en uniforme. Il a une permission de deux semaines ; il était encore en Irak le matin même. La conversation s’engage ; ils découvrent qu’ils sont tous deux originaires du nord-ouest des Etats-Unis.

Le jeune homme, très agité, déverse sa colère. « Le jour, on distribue des bonbons aux gamins, et le soir, on revient pour tuer leur père. On est des bêtes ! Comment ces gens pourraient-ils nous aimer ? Qu’est-ce qu’on fout là ? On tue des gens. C’est ce qu’on fait : on tue des gens ! Tu m’étonnes qu’ils nous haïssent ! Ces types mettent leur femme à l’arrière du camion, avec les moutons… On est des bêtes, tous ! » Il dit son tourment à l’idée que lui, un chrétien, tue des gens ; sa peur de faire du mal à sa femme ou à son fils.

Les deux voyageurs restent en contact, s’appellent, s’écrivent. Lors d’un autre séjour, Penny Allen persuade le sergent d’accepter un entretien filmé. Ils se rencontrent à mi-chemin entre leurs deux lieux de résidence, dans un motel – comme si « les deux moitiés de l’Amérique »se retrouvaient dans une chambre, dit-elle, car elle était opposée à l’invasion de l’Irak. Devant la caméra, le jeune homme apparaît apathique, désemparé, presque hébété. Il hésite à repartir. Pour le moment, il travaille de nuit dans une usine. Il raconte que, lorsqu’il dit autour de lui qu’il rentre d’Irak, cela n’intéresse personne. Il s’attendait à un minimum de reconnaissance, de considération à l’égard de quelqu’un qui a risqué sa vie à chaque minute, et il ne rencontre que l’indifférence : « C’est comme si on rentrait de vacances. » Il faudrait rétablir la conscription, lance-t-il avec amertume. En dehors de cette femme rencontrée dans l’avion, il n’a personne avec qui parler de ce qu’il a vécu là-bas.

De fait, cependant, c’est un peu comme s’il voulait se conformer à l’idée selon laquelle il rentre de vacances. Il exhibe ses souvenirs : photos sur lesquelles les copains sourient largement, prennent la pose – parfois aux côtés d’un prisonnier irakien, ce qui laisse deviner la hideuse banalité des clichés d’Abou Ghraib, clichés dont il n’y avait pas lieu de faire un tel foin, dit-il d’ailleurs, même si c’était « moche », ce qui se passait là-bas. Débris de bombes. Photos macabres de corps brûlés, mutilés, réduits en bouillie. Pourquoi les garde-t-il, ces photos ? Il ne le sait pas très bien lui-même ; il explique que ce sont comme des vignettes (baseball cards) que l’on collectionne et que l’on échange avec les copains. En a-t-il besoin pour se persuader de la réalité de ce qu’il a vu et vécu ? Parfois, il lui semble que l’Irak est « un pays irréel, un lieu de cauchemar ».

Il ne reste rien de la véhémence dont il faisait preuve dans l’avion. Peut-être à cause de la présence de la caméra ? Il s’efforce de souligner les « bons côtés » de ce qui, certains jours, admet-il, est bien « un enfer » : au moins, s’il repart, il pourra transmettre aux nouvelles recrues tous ces petits trucs qui permettent de survivre, et qui ne peuvent s’apprendre que d’expérience – laisser son arme dépasser par la vitre ouverte de son véhicule pour pouvoir répliquer plus rapidement à des tirs, par exemple. Il se raccroche au souvenir de deux petites filles brûlées qu’il a un jour sauvées, pour se persuader que sa mission là-bas est utile. Certes, il est hanté par le souvenir d’un enfant qu’il a tué accidentellement, mais il insiste sur le fait que la commission d’enquête l’a blanchi. Son cri du cœur de l’avion, « On est des bêtes, tous », s’est mué en une distinction plus classique entre « eux », qui sont des bêtes, et « nous », qui sommes des gens bien : les Irakiens s’entretuent, coupent la tête à leurs prisonniers, alors que les soldats américains, affirme-t-il, traitent toujours bien les leurs.

Contrairement à Penny Allen, le sergent n’a pas une « opinion » sur cette guerre. Il donne plutôt le sentiment de se rendre à toutes les raisons qui le poussent à accepter de la faire, d’y retourner. La contrainte économique, d’abord : la solde est élevée, et il a besoin de l’assurance médicale de l’armée pour son fils… Tout compte fait, dit-il, la guerre, « c’est un boulot super cool »– il finira de toute façon par perdre son emploi à l’usine. Il y a l’addiction à l’adrénaline, ensuite, et l’impossibilité de se réadapter à la vie civile : il ne s’anime un peu et ne retrouve son aisance que lorsqu’il parle de sa vie quotidienne en Irak. « Là-bas, au moins, personne ne vous cherche des noises. » L’esprit de corps, le patriotisme, font le reste : s’il désertait, ce serait « la honte » pour lui et sa famille. The Soldier’s Tale donne à voir comment toutes sortes de facteurs implacables se combinent pour faire taire une conscience, et pour rendre la révolte impossible – ou pour la réserver à une petite minorité.

The Soldier’s Tale, un film de Penny Allen, à commander directement auprès de l’auteure.

The Soldier’s Tale a film by Penny Allen (excerpt)
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Mona Chollet

lundi 9 mars 2009, par



1 Les brèves

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

1-1 Tortures : les « aveux » d’Al-Libbi et la guerre du Golfe de 2003.

Ali Abdul Hamid al-Fakheri, 46 ans, a été retrouvé mort dans sa cellule en Libye.

Plus connu sous le nom de guerre djihadiste de Ibn al-Cheikh al-Libbi, il avait dirigé un camp d’entraînement d’al-Qaïda en Afghanistan, et été arrêté par les Pakistanais en décembre 2001.

La CIA qui l’avait acheté à ses geôliers, en même temps qu’une dizaine de détenus de « haute valeur », l’avait incarcéré dans un centre de torture en Egypte.

Là, enfermé - selon Newsweek - dans une boite de 20 pouces de haut (50,8 cm) et après plusieurs séances d’interrogatoires « poussés », ses tortionnaires étasuniens lui avaient fait avouer ce qu’ils voulaient entendre, à savoir que Saddam Hussein soutenait al-Qaïda.
En octobre 2002, George Bush avait pu déclarer avoir appris que l’Irak entraînait  « des membres d’Al Qaïda à la fabrication de bombes, poisons et gaz mortels »  afin d’obtenir du Congrès, trois jours plus tard, l’autorisation d’entrer en guerre contre l’Irak, pour « sauver la civilisation ». Colin Powell était revenu à la charge, le 3 février 2003, devant le Conseil de sécurité, affirmant que l’Irak avait livré des armes biologiques et chimiques à Ben Laden.

Quand Al-Libbi est revenu plus tard sur ses aveux, ses déclarations n’intéressaient plus personne. La CIA l’avait alors vite remis, dans un état de santé lamentable, aux autorités libyennes qui l’avaient condamné à la prison à vie.
La demande faîte aux Libyens, par l’organisation Human Rights Watch, d’ouvrir une enquête « complète et transparente » sur le décès d'al-Libbi, agit comme un contre-feu. Elle fait passer au second plan les révélations gênantes sur les origines de la guerre d’Irak de 2003. On comprend qu’il est difficile de dire aux parents de soldats tués en Irak que leurs enfants sont morts suite à un mensonge fabriqué, sous la torture, pour les besoins de George Bush et de ses partisans néo conservateurs et pro israéliens.
La disparition Ibn al-Cheikh al-Libbi arrange beaucoup de monde à Washington. Il est peut-être mort des suites de sévices subis en Egypte – ou éliminé pour faire disparaître un témoin - mais ce qui est certain, c’est qu’il ne s’est pas suicidé.

Cette pratique est formellement interdite par l’islam.
Source : Gilles Munier, AFI n° 93, Juin 2009


1-2 Appels d'offres: annonce fin juin des compagnies pétrolières retenues.

L'Irak rendra publique les 29 et 30 juin la liste des grandes compagnies pétrolières retenues pour exploiter six grands champs pétroliers et deux champs gaziers, a déclaré mercredi le ministre irakien du Pétrole, Hussein Chahristani.

"Sur 120 compagnies candidates, nous en avions pré-sélectionné 35 pour travailler et investir dans six grands champs pétroliers et deux champs gaziers. Les 29 et 30 juin, nous invitons la presse à venir assister à la publication des résultats", a dit M. Chahristani lors d'une conférence de presse.

En juin 2008, 35 sociétés pétrolières avaient été pré-sélectionnées, dont la totalité des majors occidentales et quelques grosses compagnies d'Etat.

Depuis, le ministère du Pétrole a reporté à plusieurs reprises l'annonce de la liste définitive et M. Chahristani a été accusé par des parlementaires d'avoir par sa "mauvaise gestion" fait perdre 10 milliards de dollars au budget de l'Etat qui en a cruellement besoin.

"Les contrats se feront selon la loi irakienne, le pétrole restera sous le contrôle des Irakiens. Nous donnerons l'opportunité aux Irakiens d'y travailler et ils bénéficieront de programmes de formation. Les compagnies devront payer des impôts sur leurs revenus", a-t-il ajouté.

L'Irak produit actuellement 2,2 millions de barils par jour et peine à augmenter sa production. Il vise un objectif de 6 millions d'ici quelques années.

"L'Irak a besoin des compagnies (internationales, ndlr) et d'importants investissements car nous ne disposons pas de dizaines de milliards de dollars", a souligné le ministre.

"Ce seront des contrats de service, ce qui veut dire que les compagnies ne prendront pas une part de profit dans la production du pétrole mais elles percevront de l'argent pour les services rendus et la quantité de pétrole produite", a souligné M. Chahristani.

Dans la stratégie de Bagdad, les sociétés étrangères doivent être associées aux Irakiens dans des contrats de service, rémunérant les compagnies pétrolières au baril extrait plutôt que par un partage des bénéfices tirés de l'exploitation des ressources.

A l'inverse, le gouvernement du Kurdistan irakien verse 12% des profits aux compagnies qui exploitent le pétrole.

Concernant les contrats signés par le gouvernement autonome kurde, le porte-parole du gouvernement Ali al-Dabbagh a souligné mercredi que "ces contrats doivent être approuvés par le gouvernement fédéral et qu'ils ne sont pas pour le moment complètement légaux."

Il a cependant noté que les exportations à partir de cette région "étaient un pas dans la bonne direction".

Le Kurdistan irakien a en effet commencé le 1er juin à exporter du pétrole pour la première fois de son histoire et a accepté de reverser les bénéfices au gouvernement fédéral.

(AFP

10 juin

 http://www.romandie.com/ats/news/090610131846.2vmfht3y.asp


1-3 Photos de viols en Irak: la Maison Blanche fustige la presse britannique.

Le porte-parole de Barack Obama a vertement critiqué jeudi la presse britannique et démenti comme celle-ci l'affirme que les photos de sévices pratiqués par des soldats américains sur des détenus à la prison d'Abou Ghraïb, en Irak, montrent des scènes de viols.

En mai dernier, Barack Obama avait décidé de ne pas publier ces photos afin d'éviter d'attiser la colère des populations musulmanes et "de mettre en danger les forces américaines" en Irak et en Afghanistan.

Réitérant un démenti apporté par le Pentagone un peu plus tôt, Robert Gibbs a déclaré qu'il faisait confiance aux médias britanniques pour les résultats de football, mais guère plus.

S'appuyant sur les déclarations d'un général américain, le quotidien britannique Daily Telegraph a affirmé jeudi que l'on voyait sur ces clichés un soldat américain qui semble violer une prisonnière et sur d'autres un traducteur violant un détenu dans la prison d'Abou Ghraïb, près de Bagdad.

 "Aucune des photographies en question ne dépeint les scènes décrites dans cet article," a assuré M. Gibbs.

Pour connaître le résultat d'un match de football de la Ligue des champions, "je pourrais éventuellement ouvrir un journal britannique", a-t-il lâché avec sarcasme. Mais pour lire des nouvelles sérieuses "je ne suis pas sûr que ce serait mon premier choix", a-t-il lancé.

Le Pentagone avait déjà démenti que les photos montrent des scènes de viols à la prison d'Abou Ghraïb.

Le Daily Telegraph indique avoir pu confirmer la nature de ces photographies auprès du général Antonio Taguba, qui avait été chargé de l'enquête sur les sévices à Abou Ghraïb par les autorités américaines.

Interrogé par le journal, le général Taguba a déclaré qu'il soutenait la décision du président Obama de ne pas permettre la publication des photos.

"Ces images montrent des tortures, des abus, et toutes sortes d'actes indécents. Je ne suis pas sûr que leur publication servirait à quelque chose, autrement que dans un cadre juridique, et la conséquence serait de mettre en péril nos troupes (...) quand nous en avons le plus besoin, ou les troupes britanniques qui essaient de construire la paix en Afghanistan", a-t-il déclaré.

"La simple description de ces images est assez horrible, croyez-moi", a-t-il ajouté.

La publication en 2004 de photos montrant des soldats humiliant des prisonniers à Abou Ghraib avaient fait le tour du monde, provoquant l'indignation contre les méthodes employées par l'armée américaine.


Publié le 29 mai 2009

http://www.france-amerique.com/articles/2009/05/29/photos-de-viols-en-irak-la-maison-blanche-fustige-la-presse-britannique.html


1-4 Pétrole: Christophe de Margerie (Total) reçu par Nouri al-Maliki.

Le directeur général du groupe pétrolier français Total, Christophe de Margerie, dont la société est en lice pour un contrat en Irak, a rencontré mercredi à Bagdad le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, a indiqué le bureau du chef du gouvernement.

"Nous apprécions les gros efforts de la France pour aider l'Irak, notamment ceux du président (Nicolas) Sarkozy et du Premier ministre (François Fillon) dont nous attendons la visite en Irak avec des patrons et des représentants des entreprises françaises", a déclaré M. Maliki.

Le Premier ministre irakien a par ailleurs invité M. Margerie à assister les 29 et 30 juin à l'annonce des résultats pour les appels d'offres lancés en 2008 pour d'importants gisements pétroliers et gaziers.

L'Irak doit rendre publique la liste des grandes compagnies pétrolières retenues pour exploiter six grands champs pétroliers et deux champs gaziers, a annoncé mercredi le ministre irakien du Pétrole Hussein Chahristani.

De son côté, le directeur général de Total a souligné le souhait de sa société de coopérer plus largement avec le ministère irakien du Pétrole.

En visite en avril à Paris, le vice-président irakien, Adel Abdel Mehdi, avait affirmé que Total avait "une très bonne chance" d'obtenir "un bon contrat en Irak" dans le cadre de ces appels d'offres.

Selon l'ambassadeur d'Irak à Paris, Mowaffak Abboud, les deux champs pétroliers visés par Total ont un potentiel de production cumulée de plus d'un million de barils de brut par jour pendant 14 ans.

Le président Sarkozy s'était rendu le 10 février à Bagdad où il avait exhorté les entreprises françaises à investir en Irak, après une absence de près de 20 ans due à l'embargo international et à l'insécurité.

TOTAL

(AFP

10 juin 2009



n° 440 - Les Dossiers d'Irak -12-06 - Suite - : Le message d'Obama aux musulmans: une nouvelle vitrine pour une vieille marchandise.

2-5 Abdul Rahman Mansur : Un nouveau départ entre les musulmans et les Etats-Unis ?

Dix rappels préalables au discours du Caire ...

 « Votre choix du Caire comme lieu de votre discours au monde arabe et islamique a choqué de nombreux observateurs au Moyen-Orient », écrit Abdul Rahman Mansur

Dans son adresse au monde arabe et islamique Obama ira-t-il au -delà de simples gesticulations ? Ou sur le fond ne fera-t-il que confirmer le cours pro-israélien de son administration ?

Alors que l’Egypte souffre d’un système politique qui a recours à une répression systématique pour supprimer toute opposition politique, votre choix a été considéré comme un cadeau venant du président nouvellement élu qui semble avoir oublié son propre avertissement lancés aux leaders mondiaux le 20 janvier au moment de la cérémonie d’intronisation : « Pour ceux qui s’accrochent au pouvoir par la corruption et autres abus, à ceux qui font taire les voix discordantes je dis : vous devriez savoir que vous êtes du mauvais côté de l’Histoire, mais nous sommes disposés à tendre nos mains vers sous si vous êtes disposés à changer. »

Choisir l’Egypte, domicile du plus grand mouvement islamique dans le Moyen-Orient, comme lieu de rendez-vous pour s’adresser au monde arabe et islamique, peut se justifier par l’influence culturelle, politique et religieuse du pays dans la région. Mais il y a des doutes sur le fait que le discours du 4 juin ne soit pas qu’un autre épisode de votre série de discours de propagande depuis votre cérémonie d’investiture comme président des États-Unis.

La décision de votre administration de reconduire les sanctions à l’encontre de la Syrie est contraire à vos promesses faites lors d’entretiens avec des puissances régionales du Moyen-Orient, et la faible réponse de votre gouvernement aux menaces d’Israël d’attaquer l’Iran met encore plus en évidence que les tenants d’une ligne intransigeante ont encore la main haute à Washington. D’ailleurs, la décision prise il y a quelques jours de maintenir les tribunaux militaires à Guantanamo, a justifié les frustrations et les doutes de beaucoup quant aux ambitieuses promesses venant d’un président qui fait face à de grands défis.

Il est juste d’affirmer que votre visite au Caire n’entraînera pas de changement substantiel dans la région, principalement parce que même si l’administration américaine soutient les politiques de réforme et le renforcement de la démocratie, elle continue à empêcher tout progrès significatif en refusant d’use de sanctions et conditions préalables.

Toutefois, pour que votre visite ait des conséquences significatives pour le Moyen-Orient, il serait dans votre intérêt de garder à l’esprit dix points qui autoriseraient une compréhension plus approfondie de la culture arabe et islamique et feraient que votre discours irait au-delà de simples gesticulations diplomatiques.

1 - La bande de Gaza et l’Irak, problèmes certainement les plus difficiles au Moyen-Orient

Le mépris affiché par votre administration pour les crimes de guerre commis par l’armée d’occupation israélienne dans la bande de Gaza est un puissant témoignage de son absence de réelle préoccupation pour les droits de l’homme dans la région ; plus de 1000 civils, la moitié étant des femmes et des enfants, ont été massacrés et plus de 5000 ont été blessés au cours de trois semaines d’un bombardement massif. Nous attendons toujours que vous condamniez ces violations flagrantes des droits de l’homme.

L’occupation de l’Irak par les forces américaines, qui prétendaient sauver le peuple irakien de la dictature, a placé le peuple irakien entre deux enfers : la guerre civile ou l’occupation. Inutile de dire que le monde entier a vu les images des tortures et traitements inhumains infligés aux prisonniers d’Abou Gharib.

2 - La guerre contre l’islam alimentée par les néo-conservateurs

La guerre contre l’Islam lancée par votre prédécesseur, le président George Bush était répugnante à la fois pour les pays arabes et les pays musulmans, qui continuent d’être mal représentés et sont tous des exemples d’une souffrance sur laquelle les États-Unis ont fermé les yeux. Les personnes arrêtées et détenues de force dans la prison de Guantanamo attendent des excuses de la part des États-Unis. Si la compréhension et le respect sont deux choses que vous tenez à exprimer au monde jeudi prochain, parler de l’islamophobie est nécessaire.

3 - Votre soutien des régimes autoritaires annule vos promesses

Avoir choisi le Caire est un généreux cadeau fait au régime de Moubarak, qui n’a pas réussi au cours des 25 dernières années à organiser même une seule fois des élections vraiment justes et démocratiques ; une véritable critique de son régime, alors que vous êtes au Caire, est à portée de la main. Ne pas être capable de critiquer Moubarak et les régimes despotiques arabes aurait pour effet de faire disparaître l’espérance suscitée par les promesses de votre discours d’investiture, principalement celle de soutenir la démocratie et les réformes politiques au Moyen-Orient.

4- Rencontrer les leaders de l’opposition

Une rencontre avec les dirigeants de l’opposition vous donnerait une image fidèle et claire de ce qui se passe en Égypte. Les médias égyptiens, à la fois publics et privés, sont dominés par les voix qui s’activent pour Moubarak et son régime, lequel est hostile à tous les mouvements d’opposition, même ceux sur s’exprimant sur Internet. Les dirigeants de l’opposition, ainsi que les bloggers, représentent la fenêtre permettant de voir quels sont les meilleurs moyens de mettre en œuvre le changement en plaçant les bonnes pressions économiques et diplomatiques sur le régime égyptien pour imposer une réforme politique qui est bloquée depuis le début de l’ère du président Hosni Mubarak.

5- Le peuple attend des actes et déteste les discours de propagande

Les dirigeants arabes ont eu du succès à ce jour dans le marketing en utilisant des discours de propagande, et nous ne sommes pas disposés à écouter d’autres discours qui n’ont rien à voir avec le monde réel. Les axes stratégiques pour changer la politique américaine envers le monde arabe et musulman doivent être au centre de votre intervention. Les actes valent mieux que les mots ! Et la mise en œuvre de vos plans vaudra mieux que de les conserver dans des tiroirs.

6- Les dirigeants islamiques vous aideront

Votre nomination de Dalia Mogahed, au sein du Conseil de la Religion [Council of Religion], à la Maison Blanche, a été en faveur des droits des minorités en Amérique et vous garantie un conseil véritablement modéré pour parler du point de vue musulman. Nommer près de vous des personnes comme Dalia Mogahed, ainsi qu’emmener les Musulmans de la Maison Blanche dans votre équipe lors de votre passage au Caire, donnera à votre visite une bonne influence et ira dans le sens de vos promesses de soutenir l’avènement d’une véritable paix avec le monde islamique. Donner à ces personnes une voix au chapitre lors votre visite au Caire aura un impact significatif sur vos objectifs d’améliorer votre relation avec le monde islamique.

7- Rester à l’écart des pressions israéliennes

Les politiques de réforme et d’appui à la démocratie au Moyen-Orient sont contraires aux intérêts d’Israël dans la région. Le lobby israélien cherche à étendre son autorité à l’intérieur de la communauté politique américaine, et il ne faut pas céder à la pression israélienne.

8 - Les mouvements islamiques sont l’avenir du changement

Le large succès des Frères musulmans en Egypte à l’occasion des élections législatives, M. le Président, vous impose d’ouvrir de véritables canaux de communication avec les mouvements islamiques dans la région, notamment le Hamas qui a remporté les élections en Palestine en 2006. Surmonter les nombreux obstacles pour parvenir à une vision commune avec les mouvements islamiques au Moyen-Orient est le moyen de définir l’avenir de l’Amérique au Moyen-Orient.

9 - Le changement doit venir de l’intérieur et non pas des Etats-Unis !

Mais étant donné les divers messages qui vous ont été envoyés après votre accès à la présidence, et de l’enthousiasme et l’espoir qui ont traversé le monde après le 20 janvier de cette année, nous sommes certains que des changements réels dans les questions du Moyen-Orient ne peuvent venir uniquement des Etats-Unis. Aujourd’hui, une génération de jeunes militants, des réformistes, des mouvements politiques et intellectuels peuvent amener des changements réels dans la région, mais pour cela les États-Unis d’Amérique doivent cesser de soutenir les dictateurs arabes qui en retour de cet appui soutiennent les projets américains et israéliens dans la région.

10 - Apprenez de votre prédécesseur

Les discours de propagande, qui empêchent tout progrès, sont le plus sûr moyen de mener la région vers un abîme politique. Les politiques menées depuis le début de votre présidence et les écarts par rapport aux valeurs sur lesquelles vous avez fondé votre élection, ne feront de vous qu’un nouveau George Bush, peut-être juste plus charismatique. Rappelez-vous que vous faites l’histoire en posant le pied sur le sol d’Égypte. Ne faites pas de gros titres avec vos idées et vos projets, mais mettez-les en oeuvre et prenez les bonnes décisions lors de vos prochaines visites dans le monde arabe.

Vous devez vous attaquer à toutes les questions que les États-Unis ont toujours décrites comme vitales et importantes dans la région.

Abdul Rahman Mansur

1° juin 2009 –

Abdulrahman Mansour est un blogueur égyptien et militant politique, terminant un diplôme en Communication et Médias à l’Université du Caire.

Palestine Telegraph - Vous pouvez consulter cet article à : http://www.paltelegraph.com/middle-...
Traduction de l’anglais : Claude Zurbach

4 juin

http://www.dailymotion.com/video/x9hm0z_un-nouveau-depart-entre-les-musulma_news

4 juin


2-6 Obama accélère les massacres en Irak et en Afghanistan.

Extrait

Le candidat Obama avait dit à un public états-unien las de guerre que le fait de transférer quelques forces de l’Irak en Afghanistan stabiliserait cette dernière et aiderait enfin à y vaincre les terroristes d’al Qaeda et les seigneurs de guerre talibans. Maintenant qu’il est président, ce sont les besoins des capitalistes les plus puissants des Etats-Unis, plutôt que l’opinion, qui dirigent le déploiement par Obama de la machine de guerre états-unienne.

Et puisque l’Irak est crucial au racket pétrolier riche en bénéfices des dirigeants états-unien, les troupes états-uniennes doivent y rester de manière permanente, en attendant une guerre en règle au Moyen Orient.

Les banquiers et les barons pétroliers des Etats-Unis exigent davantage de soldats états-uniens et la mort de davantage de soldats.

 En vérité, pour les dirigeants des Etats-Unis, les travailleurs et les soldats ne sont que de la chair à canon à bonne à protéger leurs bénéfices.

La possibilité d’une guerre pétrolière en règle au Moyen Orient maintient les Etats-Unis en Irak pour une durée indéfinie.

Biddle, porte-parole pour Exxon, Chase et Citibank, exprime des soucis plus grands à propos de l’Irak. La continuation de la déstabilisation de ce pays « pourrait produire à terme des pressions irrésistibles pour que la Syrie, la Jordanie, l’Arabie saoudite, la Turquie ou encore l’Iran entre dans la guerre...

Le résultat dans la décennie à venir pourrait être une version régionale de la Guerre entre l’Iran et l’Irak, mais certains des combattants (surtout l’Iran) aura alors probablement accès à des armes de destruction massive ».

Un événement qui échappe au contrôle des Etats-Unis pourrait « plonger l’une des régions des plus importantes pour la production de l’énergie dans le chaos ». Par conséquent, dit Biddle, au moins 60 000 troupes états-uniennes doivent rester en Irak dans un avenir prévisible, et peu importe ce que le candidat Obama a promis.

Biddle, ses patrons milliardaires, Obama, et tous les autres hommes politiques des dirigeants connaissent très bien les leçons des guerres du vingtième siècle : la conquête militaire entraînant massivement la perte de vies humaines constitue la seule remède garantie aux bénéfices réduites. Mais l’Histoire enseigne encore autre chose aux travailleurs : notre classe, organisée en partis communistes révolutionnaires, peut vaincre les tueurs-profiteurs.

Pendant la première guerre mondiale et la deuxième guerre mondiale, les travailleurs ont triomphé pendant un certain temps en Russie et en Chine, quoique, à cause d’erreurs politiques sérieuses, le capitalisme et l’impérialisme ont été rétablis dans les deux pays.

Notre but, c’est de construire un parti qui, un jour, éliminera les fauteurs de guerre, une fois pour toutes.

Translated from Challenge, March 11, 2009, page one:"Obama Steps Up Afghan, Iraq Massacres"

http://www.plp.org/fr/edit031109fr.html


2-7 Le 1er ministre désigné Iyad Allawi avait aidé la CIA dans les attentats à la bombe des années 90.

Iyad Allawi, maintenant [en 2004] le premier ministre désigné de l'Irak, avait dirigé une organisation en exil avec l'intention de renverser de Saddam Hussein, organisation qui a envoyé des agents à Bagdad au début des années 1990 pour poser des bombes et saboter des installations gouvernementales, sous la direction de la CIA, selon les dires de plusieurs anciens fonctionnaires de la CIA.

Le groupe du Dr. Allawi le Iraqi National Accord, a utilisé des voitures piégées et autres engins explosifs a déclaré les fonctionnaires. Les évaluations de l'efficacité de la campagne de bombardement ont varié, bien que les anciens fonctionnaires interrogés ont reconnu qu'ils n'ont jamais menacé le pouvoir de Saddam Hussein.

Il n'existe pas de dossiers publics de la campagne d'attentats à la bombe, et les anciens fonctionnaires ont déclaré que leurs souvenirs étaient dans bien des cas incomplets et, dans certains cas contradictoires. Ils ne pouvaient même pas se rappeler du moment exact où ils ont eu lieu, mais les entretiens ont clairement montré que c'était entre 1992 et 1995.

Le gouvernement irakien à l'époque avait affirmé que les bombes, dont l'une avait explosé dans une salle de cinéma, avaient fait de nombreuses victimes parmi les civils. Mais que les attentats aient effectivement tué des civils n'avait pas pu être confirmé, parce que, comme un ancien de la CIA a déclaré, les États-Unis n'avaient pas de sources significatives de renseignement en Irak.

Un ancien agent de la Central Intelligence Agency qui était basé dans la région, Robert Baer, a rappelé qu'un attentat à la bombe au cours de cette période ''a fait sauter un autobus scolaire, les écoliers ont été tués.'' M. Baer, un critique de la guerre en Irak, dit qu'il ne se souvient plus quel groupe de résistance [sic] avait déclenché cette bombe.

D'autres anciens responsables du renseignement ont déclaré que l'organisation du Dr Allaoui avait été le seul groupe de résistance [resic] impliqué dans des attentats à la bombe et des sabotages à l'époque.
[...]
Lorsque M. Allaoui a été choisi comme premier ministre intérimaire de la semaine dernière, il a dit que sa première priorité serait d'améliorer la situation de la sécurité par l'arrêt des attentats à la bombe et autres attaques des insurgés [pas des résistants RM] en Irak - une idée que plusieurs anciens fonctionnaires qui connaissent bien son passé, ont dit trouver 'ironique'
[...]
Un officier du renseignement américain qui avait travaillé avec le Dr. Allawi au début des années 1990 a noté que ''personne n'a jamais aucun problème avec les actes de sabotage à Bagdad à l'époque"[..]

Dr. Allawi a été un favori de la C.I.A. et d'autres agences gouvernementales il y a 10 ans, surtout parce que il a servi comme  contrepoint à Ahmad Chalabi, un chef de l'exil plus influent.

''Il a été très apprécié par ceux qui étaient impliqués dans des opérations irakiennes,'' a déclaré dans une interview Samuel R. Berger, qui fut conseiller à la sécurité nationale de l'administration Clinton. "Contrairement à Chalabi, c'était quelqu'un qui avait la confiance des gouvernements régionaux. Il est moins flamboyant, cherche moins la promotion.''

Le C.I.A. a recruté le Dr. Allawi en 1992, selon d'anciens fonctionnaires.

L'ancien haut responsable du renseignement a déclaré qu'à cette époque ''ce que nous faisions était de traiter avec n'importe qui était dans l'opposition irakienne qu'on pouvait trouver' M. Chalabi a commencé à travailler avec l'agence en 1991, et l'idée, a ajouté le fonctionnaire, était de ''réduire la proportion du rôle de Chalabi dans ce que nous étions en train de faire, en trouvant d'autres personnes avec lesquelles travailler.''

En 1991, le Dr Allaoui a été associé à un ancien officiel iraquien, Salih Omar Ali al-Tikriti, que les États-Unis considéraient comme louche. Lui et le Dr. Allawi ont fondé l'Accord national irakien en 1990. Tous deux étaient des anciens partisans du gouvernement irakien.
[...]
La campagne d'attentats à la bombe et de sabotage, selon l'ancien haut fonctionnaire du renseignement,''étaient plus un test qu'autre chose, afin de démontrer sa capacité.''

Un autre ancien agent de renseignement qui a été impliqué dans les affaires irakiennes a rappelé que les attentats à la bombe étaient une option ''que nous avons considéré et utilisé.''

Le groupe du Dr. Allawi avait été utilisé, a-t-il ajouté,''parce que Chalabi n'a jamais eu aucune sorte d'organisation interne qui pouvait exécuter cela", ajoutant',''Nous ne lui aurions jamais demandé de réaliser des actes de sabotage.''

Les différentes évaluations de la campagne de bombardement de l'efficacité sont compréhensibles, d'après d'ancien haut fonctionnaire du renseignement, parce que ''Je n’aurais attribué alors suffisamment de ressources pour que nous puissions percevoir si une campagne d'attentats à la bombe efficace était en cours" [? 'I would not attribute to the U.S. sufficient intelligence resources then so that we could perceive if an effective bombing campaign was under way.'']

On ne pense pas que le Dr. Allawi ait jamais parlé en public de la campagne d'attentat à la bombe. Mais un agent de l'Accord national irakien l'a fait. En 1996, Amneh al-Khadami, qui se décrit lui-même comme le principal artificier pour le Iraqi National Accord, a enregistré une cassette vidéo dans laquelle il a parlé de la campagne d'attentat à la bombe pour ce plaindre qu'il était à cours d'argent et de fournitures.

Deux anciens officiers de renseignement ont confirmé l'existence de la cassette vidéo.

M. Khadami y dit que ''nous avons fait sauter une voiture, et nous étions censés obtenir 2000 $'', mais il n'en a obtenu que 1000 $, selon un compte rendu du journal britannique The Independent 1997.

Le journal avait obtenu une copie de cette cassette.
(...)

9
juin 2004

http://www.nytimes.com/2004/06/09/world/reach-war-new-pre...


n° 440 - Les Dossiers d'Irak -12-06 - Suite - : Le message d'Obama aux musulmans: une nouvelle vitrine pour une vieille marchandise.

n° 440  - Les Dossiers d'Irak -12-06 - Suite - : Le message d'Obama aux musulmans: une nouvelle vitrine pour une vieille marchandise.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre


Les Dossiers d'Irak

n° 440                                                          12/06/09

C.De Broeder & M.Lemaire



 Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire :  

2 Dossier & Point de vue

2-1 Intégralité du discours de Barack Obama à l'université du Caire (Egypte) le 4 juin 2009

2-2 Doug Ireland : Discours du Caire : Obama en campagne pour la présidentielle de 2012.

2-3 Obama : La moitié d’une excuse ne suffit pas.

2-4 Andrew Hughes : La dystopie Obama, le cauchemar étasunien.

2-5 Abdul Rahman Mansur : Un nouveau départ entre les musulmans et les Etats-Unis ?

2-6 Obama accélère les massacres en Irak et en Afghanistan.

2-7 Le 1er ministre désigné Iyad Allawi avait aidé la CIA dans les attentats à la bombe des années 90.

 



2 Dossier & Point de vue

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

2-1 Intégralité du discours de Barack Obama à l'université du Caire (Egypte) le 4 juin 2009

Je vous remercie. Bonjour à tous. C’est pour moi un honneur de me trouver dans cette ville intemporelle qu’est le Caire et d’être reçu par deux institutions remarquables. Depuis plus de mille ans, Al-Azhar est un haut lieu de transmission du savoir dans le monde musulman et, depuis plus d’un siècle, l’université du Caire est une source de progrès pour l’Égypte. Ensemble, vous représentez l’harmonie entre la tradition et le progrès. Je vous suis reconnaissant de votre hospitalité et de celle du peuple égyptien. Je suis fier aussi de vous transmettre la bonne volonté du peuple américain et une salutation de paix de la part des communautés musulmanes de mon pays : « Salamm aleïkoum

05-06-2009».http://www.soninkara.com/informations/actualites/integralite-du-discours-de-barack-obama-a-luniversite-du-caire-egypte-le-4-juin-2009.html


2-2 Doug Ireland : Discours du Caire : Obama en campagne pour la présidentielle de 2012.

Barack Obama a prononcé un discours plein de bondieuseries au Caire mais à l’objectif bien défini : préparer la présidentielle américaine de 2012. Et accessoirement renouer avec le monde musulman.

Le discours à l’attention du monde musulman de Barack Obama au Caire est une gigantesque opération de communication, soigneusement préparée depuis des mois et transmise en direct dans treize langues par la Maison Blanche grâce à internet. Facebook, son semblable pour l’Asie du Sud, Orkut, YouTube, Twitter, MySpace, SMS… Aucun cyber-moyen de communication n’a été négligé, histoire de faire jeune, moderne et branché. Mais sur le milliard et demi de musulmans, combien disposent d’un accès facile à internet ?

L’auteur de ce discours est sa jeune plume pour les affaires étrangères, Ben Rhodes, 31 ans, qui affiche une double casquette : plume présidentielle pour les affaires étrangères et conseiller qui a accès au Bureau ovale quand Obama refait le monde avec ses spécialistes plus expérimentés, comme l’a rapporté dans un portrait détaillé de Rhodes The Politico, le nouveau must de la classe politique washingtonienne. Rhodes est un vétéran de la campagne présidentielle d’Obama et sait garder un œil sur les résonances électorales que les discours du Président à l’étranger provoquent aux Etats-Unis.

Barack Obama a déclaré au Caire : « ne vous y trompez pas : nous ne voulons pas maintenir nos troupes en Afghanistan ». Mais il vient pourtant d’accroître l’effort de guerre dans ce pays en y envoyant des soldats supplémentaires. Le dispositif militaire américain sur place atteindra tout prochainement les 68 000 hommes !

Ces derniers jours, à Washington, la Maison Blanche a également quémandé au Congrès une importante rallonge budgétaire de 11 milliards de dollars pour l’Afghanistan et l’Irak, qui s’ajoutent aux 89 milliards qu’Obama a déjà demandé en avril. En comparaison, le milliard et demi qu’Obama promis pour aider le monde musulman apparaît bien dérisoire. Il va falloir bien plus que les banalités nobles qu’Obama a exprimé au Caire avec son grand talent d’orateur. L’heure est aux actes.

Doug Ireland

5 juin

http://www.bakchich.info/Discours-du-Caire-Obama-en,07925.html


2-3 Obama : La moitié d’une excuse ne suffit pas.
Extrait

Barack Obama a démontré avec son discours qu’il a donné à la grande salle de l’université du Caire qu’il comprenait très bien les Arabes et les musulmans et savait comment leur adresser la parole. C’est pour cela que son discours fut rempli des sagesses, des versets coraniques et des formules sentimentales. Il a abordé tous les sujets (sept axes principaux) sans qu’il apporte quoi que ce soit de nouveau qu’on ne sait pas, ou que même un simple monsieur tout le monde ne sait pas.
Il a parlé de la démocratie, mais sans dire comment il comptait la promouvoir, il a mis l’accent sur la nécessité d’arrêter la colonisation israélienne dans les territoires occupées, mais sans présenter la moindre mesure concrète pour le faire, et il a réaffirmé qu’il tenait à la création d’un état palestinien à côté d’un état israélien, mais sans nous expliquer comment on allait atteindre cet objectif.
Obama, avec son intelligence habituelle et sa rhétorique éloquente, a voulu satisfaire tout le monde : les Irakiens en affirmant son engagement au retrait de toutes les forces de leur pays afin qu’ils soient maîtres chez eux, les Afghans en déclarant qu’il ne voulait pas rester chez eux ou créer des bases militaires permanentes, les démocrates en leur promettant de les aider, les dictateurs en évitant de parler des changement ou des sanctions contre leurs régimes, les juifs en pleurant sur leur souffrance et leur holocauste et les Palestiniens en se montrant compatissant devant leur tragédie. Aussi, il n’a pas oublié les jeunes en leur promettant des bourses d’études aux Etats-Unis et des projets de développement leur garantissant du travail, et enfin il a glissé un mot pour parler de la femme dans le monde musulman et pour lui demander l’égalité dans tous les aspects de la vie.
Ces paroles touchent les sentiments des gens simples qui sympathisent déjà avec le brun Président EU, mais après les avoir triées et vérifiées, on peut leur appliquer le proverbe arabe : « On entend le meule broyer mais on ne voit pas de farine ». (Ou comme le proverbe français « Beaucoup de bruit pour rien », ndt).
La colonne vertébrale du discours du Président EU qu’on avait longuement attendu, s’incarne dans sa tentative de convaincre les Arabes et les musulmans de la nécessité de se joindre à son gouvernement, dans sa guerre contre le « terrorisme » ou contre les mouvements islamiques extrémistes, qui les menacent, comme il dit, avant de menacer les Etats-Unis. Mais il n’a absolument rien dit, explicitement ou implicitement, à propos du terrorisme d’état pratiqué continuellement par Israël contre les Arabes et les musulmans en Palestine et au Liban, et peut-être bientôt en Iran.
Le Président Obama qui a tenu à nous rappeler que les Etats-Unis en tant que grande puissance sont nés grâce à la résistance contre un empire de colonisation (la Grande Bretagne), a condamné le principe de la résistance et a insisté sur son inefficacité en demandant au peuple palestinien d’abandonner toute forme de violence (résistance), car cela ne le mènera nulle part.
Cette volonté de rendre « superficielle » l’arme de la résistance, et l’insistance sur sa « futilité », est une attitude étrange, voire surprenante d’un président EU d’origine africaine, qui se dit fier d’appartenir à une grande famille musulmane qui vit sur la côte est de l’Afrique (au Kenya). Sans la résistance armée, son pays actuel n’aurait pas trouvé la liberté, et il en va de même pour le pays de son père et ses grands parents (le Kenya), pour tout le continent africain et la majorité du continent asiatique.


Les précédents gouvernements EU ont déclenché une guerre illégitime et immorale contre l’Irak, et le Président Obama a reconnu avec courage, ce qui est tout à son honneur, que c’était une guerre par choix et non par contrainte comme celle en Afghanistan, en présentant une demi-excuse.

Par conséquent, ce qu’il lui reste à faire, c’est ce que les Allemands ont fait pour les juifs et les Irakiens pour le Koweït, à savoir une excuse totale et un dédommagement public sans détour.
Encore une fois, nous demandons à Obama, après l’avoir écouté et applaudi pour ses belles phrases par lesquelles il voulait améliorer l’image de son pays dans le monde musulman, qu’il transforme ce qu’il dit en actes, et le plus rapidement possible, comme on demande aux chefs arabes séduits par ce discours de ne pas avancer des concessions gratuites.
Il n’y a pas de doute que les intentions d’Obama sont bonnes, et que son souhait de réconciliation est sérieuse, mais les intentions ne suffisent pas, et la sympathie qu’il a suscitée, que ce soit à cause de sa couleur, de l’histoire de son succès, ou de son fort discours au Caire, pourrait s’évaporer beaucoup plus rapidement de ce qu’il imagine s’il ne parvient pas à le traduire rapidement en des étapes pratiques .

Abd-ul-Bari Atwan
05/06
Al-Quds al-Arabi

http://www.alquds.co.uk/index.asp?fname=200966-054z50.htm&storytitle=ffنصف%20اعتذار%20لا%20يكفيfff&storytitleb=عبد%20الباري%20عطوان&storytitlec=


2-4 Andrew Hughes : La dystopie Obama, le cauchemar étasunien.

Manipulation, propagande, magie des images et de la communication

Après les huit années du cauchemar Bush-Cheney, durant lequel nous avons vu la destruction arbitraire de l'Afghanistan et de l'Iraq, la négation cynique des principes séculaires visant à protéger les plus élémentaires droits de l'homme, et une politique étrangère digne de Genghis Khan, est arrivé le « Grand Espoir Noir, » en la personne de Barack Obama.

La conscience collective mondiale s'est tournée naïvement vers ce qui était présenté comme une nouvelle ère de paix, de changement et de confiance envers le gouvernement.

Jamais avant nous n’avions vu un recours aussi accompli envers la manipulation, la propagande, la magie de l’image et de la communication, pour vendre au public un homme qui allait prendre le relais de Bush, et participer avec lui à la course à la destruction de l'économie, des droits du peuple, et aider à la naissance d'une nation entièrement contrôlée par ceux qui ont toujours été en embuscade dans l'ombre du pouvoir. Le « changement » a été promis et a été accordé sous la forme de l’aggravation d’une anomalie de développement cauchemardesque.

Sans justification, les promesses ont été rompues. Le même jargon juridique astucieux, qui infestait l'administration Bush, en la personne de John Yoo et d’Alberto Gonzalez, sert de nouveau à refuser la justice aux détenus de Guantanamo. Il a été utilisé pour justifier la torture, détruire davantage la Constitution et surveiller encore illégalement le citoyen étasunien.

Le président, qui a tendu une main pacifique au monde musulman, a massacré des centaines de Pakistanais, hommes, femmes et enfants.

Le président, qui a promis le devoir de rendre compte du gouvernement pour ses actions, a pourvu son personnel de lobbyistes, banksters et bellicistes.

Son ministre de la Justice refuse d’engager des poursuites judiciaires contre ceux qui ont commis les pires crimes de guerre de l'histoire moderne, et couvre toujours juridiquement les criminels qui ont torturé en toute impunité.

 Le pays a été en outre ruiné par le détournement continu de l'argent du contribuable, tandis que, à Wall Street, les donateurs de la campagne présidentielle d’Obama reçoivent leur compensation. Obama reste là à ne rien faire pendant que Bernancke déclare que la Réserve fédérale privée n'a aucun compte à rendre au Congrès ou au public étasunien. Le contribuable étasunien en est désormais pour 14,3 billions de dollars de sa poche, et ça monte. Les saisies et le chômage augmentent sans qu’aucune mesure significative de l'administration ne soulage les symptômes, peu importe les conséquences. La nouvelle image des États-Unis montre des villes de tentes, de longues files devant la soupe populaire, des shérifs expulsant des milliers de jeunes et de moins jeunes de leur maison, des villes autrefois prospères tombant dans un silence étrange, et une population de plus en plus désabusée.

La « guerre contre le terrorisme » s’est transformée en quadrillage de contrôle d’une population de plus en plus lucide. Le germe de ceci avait déjà été mis en place par Bush, avec le Patriot Act, le Patriot Act 2, la loi sur les commissions militaires et les nombreux décrets qui étranglent ce qui reste du Posse Comitatus Act (Le Posse Comitatus Act est un principe politique selon lequel l'Armée n'a pas le droit d'intervenir dans les affaires du gouvernement civil, dans celles de la Justice ou dans une procédure judiciaire.) et de la Constitution.

Le ministère de la Sécurité intérieure définit désormais comme « terroristes » ceux qui croient en la Constitution, aux premiers, deuxièmes et quatrièmes amendements.

Les anciens combattants de retour font la cible d’un déni des droits que leur accorde le deuxième amendement. Une Terrorist Watchlist (liste des terroristes sous surveillance) de plus de un million de noms, et en croissance rapide, sert de base pour refuser aux citoyens le droit de voyager et travailler. 

Obama est aujourd’hui en train de songer à l'idée d’une détention indéfinie, sans jugement, pour le citoyen étasunien. Et cela de la part d'un professeur en Constitution ! Il y a au Congrès des projets de loi pour criminaliser la liberté d'expression sur Internet grâce au Cyberbullying Act, qui pénalisera la pensée criminelle humaine. Exactement comme le Patriot Act, ça se transformera en criminalisation de la liberté d'expression politique et de toute critique contre le gouvernement.

Le « cyberterrorisme » sert de prétexte pour mettre la réglementation gouvernementale dans le dernier bastion de l'information impartiale. Washington, réalisant qu’il est de plus en plus difficile de s’en tirer avec ses ordres fascistes, s’active vers le contrôle de terrain. La population devient de plus en plus consciente du genre de « changement » qu’Obama avait l’intention d’apporter.

Il y a une résistance croissante au niveau national, avec plusieurs invoquant les droits que leur accorde le 9ème et 10ème amendements, dans une démarche courageuse pour que le Vampire fédéral cesse le drainage des dernières gouttes de sang, des derniers vestiges de Liberté et d’Espoir.

C'est dans cette anomalie de développement cauchemardesque que se trouvent les États-Unis aujourd'hui, et chaque jour amène de nouvelles atteintes contre la liberté et la raison. La structure du contrôle total de la population, de l'économie et des médias, est en cours de développement dans le cadre de l’inflation incessante du pouvoir gouvernemental. Obama est assis au sommet de son nouvel Empire, toujours souriant de manière peu sincère à en être écœurant, entouré de ses courtisans aguerris, qui travaillent depuis des décennies à faire entrer les États-Unis dans cette nouvelle ère du nouvel ordre mondial.

Andrew Hughes

Mondialisation.ca, Le 24 mai 2009

Article original : America’s Nightmare : The Obama Dystopia, Manipulation, propaganda, imagery & PR wizardry,  publié le 24 mai 2009.
Traduction : Pétrus Lombard.

Source : Mondialisation.ca,

publié le 24 mai 2009.
Traduction : Pétrus Lombard.

Avis de non-responsabilité : Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que l'auteur et ne reflètent pas nécessairement celles du Centre de recherche sur la mondialisation
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n° 440 - Les Dossiers d'Irak -12-06 - Fin - : Le message d'Obama aux musulmans: une nouvelle vitrine pour une vieille marchandise.

n° 440  - Les Dossiers d'Irak -12-06 - Fin - : Le message d'Obama aux musulmans: une nouvelle vitrine pour une vieille marchandise.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre


Les Dossiers d'Irak

n° 440                                                          12/06/09

C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire :  

2 Dossier & Point de vue

2-8  Dossier & Point de vue : La torture sous Bush 

1 Pierre Haski : La torture sous Bush : la liste des « treize tortionnaires »

2 Simulation de noyade : Nancy Pelosi n'aurait pas protesté auprès de la CIA.

3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

3-1  1.500 personnes réclament l'arrestation des criminels de guerre Bush et Clinton à Toronto.

 


2-8  Dossier & Point de vue : La torture sous Bush 

1 Pierre Haski : La torture sous Bush : la liste des « treize tortionnaires »

Il y avait déjà les « sept mercenaires », les « douze salopards », voici les « treize tortionnaires ». Il ne s'agit pas d'un film, mais de la liste, diffusée par le site américain Salon.com, des treize officiels américains responsables du recours à la torture dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme ». Un élément de plus dans la formidable polémique entourant les dossiers noirs de l'ère Bush qui empoisonnent les débuts de Barack Obama.

A l'image de la France, qui a été hantée pendant des décennies par la question de la torture en Algérie, les Etats-Unis n'en sont qu'au début d'un long calvaire provoqué par cet héritage empoisonné légué par l'administration Bush.

L'échange acrimonieux cette semaine, entre Barack Obama et l'ancien vice-président Dick Cheney, autour des prisonniers de Guantanamo, ainsi que le refus des sénateurs démocrates de voter les fonds nécessaires pour fermer l'indigne camp de prisonniers situé sur l'île cubaine, montre l'ampleur des dégats.

Cette liste est intéressante, car, à côté des noms les plus connus -Bush, Cheney, Rumsfeld, Tenet…-, on trouve les petites mains obscures nécessaires dans toutes dérive totalitaire : celle des juristes qui rédigent les actes nécessaires dans ce qui se veut toujours un Etat de droit, des psychologues qui déterminent quelles tortures sont acceptables et d'autres pas… Sans eux, la façade démocratique ne tiendrait pas.

Voici, dans l'ordre donné par Marcy Wheeler sur Salon.com, ces douze hommes et une femme qui portent cette lourde responsabilité, et qui échappent, pour l'instant, à toute action en justice.

Dick Cheney, vice-président de George W. Bush

Vice-Président des Etats-Unis pendant les deux mandats de George W. Bush (2001-2009).

Avec son conseiller David Addington (lire ci-dessous), il a déterminé au lendemain du 11-Septembre que les lois internationales ne pouvaient pas empêcher les Etats-Unis de pratiquer la torture dans le cadre de leur guerre contre le terrorisme.

Cheney est soupçonné d'avir ordonné lui-même des actes de torture sur des prisonniers.

David Addington, conseiller de Dick Cheney

Conseiller (2001-2005), puis chef de cabinet (2005-2009) du vice-président Dick Cheney. Addington a pris la tête de la croisade pour justifier le fait que le président des Etats-Unis ne pouvait pas être limité par la loi, pas même celle qui interdit la torture.

Il a créé un « Conseil de guerre » avec Jim Haynes, John Yoo, John Rizzo et Alberto Gonzales (lire ci-dessous), chargé de faire le travail légal pour permettre la torture.

Alberto Gonzales, conseiller juridique puis ministre de la Justice

Conseiller juridique de la Maison-Blanche (2001-2005) puis Attorney General (l'équivalent du ministre de la Justice) des Etats-Unis (2005-2008), Gonzales a incarné l'« opinion légale » du Président.

A ce titre, en 2002, il a exempté des prisonniers membres d'Al Qaeda du cadre légal des Conventions de Genève, estimant que la guerre contre le terrorisme était « une autre forme de guerre ».

James Mitchell, psychologue militaire

Psychologue militaire à la retraite, un des artisans du programme Sere (acronyme pour « Survival, Evasion, Resistance and Escape ») de l'armée américaine qui a servi de base à certaines méthodes d'interrogatoire musclé.

Avant même le feu vert légal, Mitchell a personnellement supervisé l'interrogatoire d'un membre d'Al Qaeda avec des méthodes « borderline torture » (à la limite de la torture), et a pratiqué la méthode de la simulation de noyade au-delà de ce qui était légalement prescrit.

George Tenet, directeur de la CIA

Dirceteur de la CIA (1997 à 2004), Tenet a eu la responsabilité suprême pour le programme de capture, de détention et d'interrogatoire des membres présumés d'Al Qaeda, et devait en rendre compte personnellement au sommet de l'Exécutif. C'est sous sa responsabiité que le programme Sere a été inversé pour servir de technique d'interrogatoire.

Condoleeza Rice, conseillère à la Sécurité nationale puis secrétaire d'Etat

Conseillère à la Sécurité nationale (2001-2005), puis secrétaire d'Etat (ministre des Affaires étrangères) de 2005 à 2009, Rice a approuvé (elle dit aujourd'hui qu'elle a « transmis l'approbation ») le premier recours à la torture contre le membre présumé d'Al Qaeda, le Saoudien d'origine palestinienne Abu Zubaydah en 2002. Ce feu vert a conduit à un usage accru de la torture contre ce prisonnier.

John Yoo (justice)

Vice-Attorney General adjoint (2001-2003), Yoo a rédigé les premiers mémorandums établissant les règles de la torture, et déterminant les pouvoirs illimités du Président en temps de guerre. Il a aussi rédigé les textes garantissant l'impunité pour les auteurs de ces actes.

Jay Bybee (justice)

Attorney General adjoint (2001-2003), ByBee a donné son nom à deux mémorandums sur la torture préparés par son adjoint John Yoo (voir ci-dessus). A été promu juge après avoir signé les deux documents désirés ardemment par la Maison Blanche.

William « Jim » Haynes (Pentagone)

Conseiller juridique du département de la Défense (2001-2008), il a supervisé les bases légales des techniques d'interrogatoire des prisonniers détenus par l'armée. Il a en particulier servi d'intermédiaire entre les spécialistes du programme Sere et la CIA, qui, dès la fin 2001, s'est posé la question des interrogatoires de prisonniers d'Al Qaeda.

Haynes a délibérément ignoré les avis provenant de l'intérieur de l'institution militaire, estimant que ces techniques violaient les règles sur la torture et du traitement « humain ».

Donald Rumsfeld, secrétaire à la Défense

Secrétaire à la défense (2001-2006), Rumsfeld a approuvé les méthodes d'interrogatoire des militaires dans les prisons d'Abu Ghraib (Irak), de Bagram (Afghanistan), et de Guantanamo (Cuba). Son feu vert a déplacé le recours à la torture de la CIA à l'armée. Un récent rapport bipartisan du Sénat américain lui attribue la responsabilité directe de l'usage de ces méthodes d'interrogatoire à Guantanamo, y compris le recours à des chiens ou à la nudité.

John Rizzo (CIA)

Vice-Conseiller juridique de la CIA (2002-2004), puis conseiller juridique encore en poste (2004 à aujourd'hui), son nom apparait sur bon nombre de documents controversés relatifs à la torture, et même s'il a qualifié certaines méthodes d'inefficaces, il les a approuvées et a recommandé à la CIA de demander l'autorisation de les utiliser.

Steven Bradbury (justice)

Premier Vice Attorney General adjoint (2004), puis Attorney General Adjoint (2005-2009), il a été chargé en 2005 de contrer un rapport de l'inspecteur général de la CIA estimant que les méthodes d'interrogatoire pourraient violer la Convention internationale contre la torture.

Dans ses mémorandums, il pèse le pour et le contre, mais considère ces methodes comme « nécessaires dans les cas de grave menace ».

George W. Bush, président des Etats-Unis

Last but not least… The President of the United States himself !

George W. BUsh a initialement gardé ses distances avec les questions liées à la torture, et, selon Cheney, s'est contenté de les autoriser… Mais il en est devenu le premier défenseur et avocat, défendant, notamment en 2006 à propos du cas d'Abu Zubaydah, leur efficacité et leur nécessité. Et, selon la logique de ses principaux partisans, s'il ne s'y est pas opposé, c'est que ce n'était pas de la torture. CQFD.

On comprend mieux pourquoi Dick Cheney, cette semaine, est monté au créneau pour s'opposer à Barack Obama, dans un échange de discours assez extraordinaire et assez exemplaires de valeurs opposées : celles de la sécurité nationale par dessus tout pour l'ancien Vice-Président, contre celles d'Obama qui défend l'idée que la sécurité des Etats-Unis n'est pas incompatible avec le maintien de ses valeurs, et en particulier celles des droits de l'homme.

Là où ça se complique, c'est lorsque les démocrates cèdent aux sirènes sécuritaires, et ne trouvent pas grand intérêt à aider Obama à tenir sa première promesse de son mandat : fermer Guantanamo. Ou quand on apprend que Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des Représentant, avait été informée dès 2002-2003 des techiques d'interrogatoire de la CIA, et n'avait rien dit…

Ce débat est passionnant pour le monde entier, car il est évident qu'aucune démocratie n'est à l'abri d'un tel dérapage, surtout après un événement aussi traumatisant que les attentats du 11 septembre.

On lira également avec intérêt, pour alimenter ce débat, la traduction française des mémorandums sur la torture rendus publics en avril par l'administration Obama. Ils viennent d'être publiés sous le titre « Techniques d'interrogatoire à l'usage de la CIA », aux éditions des Equateurs, avec une préface de Jean-Pierre Perrin dont on extraiera la phrase suivante :

« Le combat pour découvrir l'étendue de ce continent de l'ombre ne fait d'ailleurs que commencer. Il ne sera pas facile. La publication des quatre mémorandums a d'ores et déjà suscité une violente polémique au sein de l'administration américaine. De hauts responsables de la CIA craignaient que cette décision ne suscite un dangeureux précédent.

Si Obama est passé outre, il est à craindre que la poursuite de l'enquête, au fur et à mesure qu'elle approchera les hauts responsables ayant permis à cette part d'ombre de prospérer au sein du pouvoir, se heurte à des obstacles de plus en plus élevés. (…)

Que celle-ci puisse aboutir est une nécessité absolue. Pour la démocratie bien sûr. Mais aussi, si l'on opte pour la version cynique des choses, parce que l'exigence de vérité fait partie de la guerre contre les forces obscures. »

Pierre Haski

Rue89 

23/05

http://www.rue89.com:80/2009/05/23/la-torture-sous-bush-la-liste-des-treize-tortionnaires 


2 Simulation de noyade : Nancy Pelosi n'aurait pas protesté auprès de la CIA.

La présidente de la Chambre des représentants américaine, Nancy Pelosi, est au cœur d'une polémique au Congrès quant à son degré de connaissance, dès 2002-2003, des techniques controversées d'interrogatoire utilisées par la CIA sous l'administration Bush. Politico cite mardi une source anonyme proche de Mme Pelosi, selon laquelle celle-ci aurait appris début 2003 que la simulation de noyade était utilisée, mais n'aurait pas protesté directement auprès de la CIA car elle pensait que c'était "déplacé".

"Si elle pensait que c'était mal, elle aurait dû agir", a déclaré, mardi 12 mai, l'ancien candidat républicain à la présidentielle, le sénateur John McCain. "J'ai été informé et j'ai protesté de façon véhémente", a-t-il indiqué à des journalistes.

"TEMPÊTE DANS UN VERRE D'EAU"

"Sur les 40 réunions de la CIA au Congrès récemment rapportés dans la presse, je n'ai assisté qu'à une seule, le 4 septembre 2002", a affirmé Mme Pelosi la semaine dernière.

Or, lors de cette réunion, selon elle, l'existence de notes internes contenant les techniques controversées d'interrogatoire a été mentionnée, mais les membres de la CIA qui ont conduit les réunions  avaient alors indiqué que les méthodes en question n'étaient pas utilisées. La sénatrice démocrate Dianne Feinstein, présidente de la commission du renseignement, a volé mardi au secours de sa collègue : "Je crois que c'est une tempête dans un verre d'eau de dire que Mme Pelosi aurait dû savoir tout cela, qu'elle aurait dû tout arrêter."

Pour le New York Times, depuis que M. Obama a rendu public le mois dernier les mémos concernant les méthodes d'interrogatoires musclés de la CIA, des démocrates ont accusé les anciens avocats du département de la justice de les avoir rédigés et le président américain n'a pas écarté l'idée qu'ils soient poursuivis en justice. Cela expliquerait l'actuelle offensive du camp républicain qui cherche à prouver que des démocrates au Congrès étaient au courant mais n'ont rien dit.

LEMONDE.FR avec AFP

13.05.

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2009/05/13/simulation-de-noyade-nancy-pelosi-n-aurait-pas-proteste-aupres-de-la-cia_1192356_3222.html



3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

3-1  1.500 personnes réclament l'arrestation des criminels de guerre Bush et Clinton à Toronto.

Plus de 1 500 personnes ont manifesté devant le Centre des Congrès du Toronto métropolitain le 29 mai pour dénoncer la présence des présidents Bush et Clinton à une conférence sélecte et pour exiger leur arrestation en tant que criminels de guerre.

Alors que Bush et Clinton s'adressaient aux riches participants à l'événement à l'intérieur, dans la rue les gens scandaient : « George Bush, criminel de guerre ! », « Emprisonnez George Bush », « Bill Clinton, criminel de guerre », « Stephen Harper, criminel de guerre » et « Renvoyez Bush chez lui, laisser les résistants de guerre rester ! » pendant plus de trois heures durant les heures de pointe au centre-ville.

Les nombreuses pancartes condamnant Bush comme criminel de guerre étaient visibles partout et il y avait une grande bannière suspendue portant le portrait de George Bush en uniforme de prisonnier. Avant le départ de la manifestation, les participants ont été invités à lancer des chaussures à la tête de Bush comme l'a fait le journaliste irakien Muntadar al-Zaidi, arrêté et condamné à trois ans de prison pour avoir lancé son soulier à Bush en signe de colère face aux crimes commis contre le peuple irakien.

Les manifestants ont exprimé la demande du peuple canadien que le Canada défende la primauté du droit international et s'acquitte de son devoir en tant que membre de la communauté des nations en traduisant les criminels de guerre en justice, quels qu'ils soient.

Rolf Gerstenberger, président de la section local 1005 du syndicat des Métallos, était un des nombreux intervenants à la manifestation. Il a dit que cette action était très importante parce que la communauté internationale a déclaré que le crime suprême contre l'humanité est celui de la guerre d'agression contre un pays souverain, un crime contre la paix. Il a dit que les travailleurs et le peuple du Canada ne toléreront pas que le gouvernement canadien et les riches laissent des criminels de guerre comme Bush et Clinton se promener librement au Canada et essayer de justifier leurs crimes auprès du public canadien et du public international.

Khaled Mouammar de la Fédération canado-arabe a parlé des millions de personnes qui ont été tuées ou déplacées en Afghanistan et en Iran sous le régime Bush, et des plus d'un million d'Irakiens qui sont morts à cause des sanctions économiques de l'administration Clinton. Il y a là suffisamment de preuve pour inculper Bush et Clinton de crimes contre l'humanité, a-t-il dit. Lui et d'autres intervenants ont condamné le gouvernement Harper pour avoir permis à ces criminels de guerre de venir au Canada alors qu'il a refusé l'entrée à l'activiste anti-guerre George Galloway et qu'il a expulsé des résistants américains qui ont refusé de participer à une guerre immorale en Irak, une guerre justifiée par le mensonge.

L'activiste autochtone Decajeweiah (Splitting the Sky) a raconté sa tentative de faire une arrestation de simple citoyen lorsque Bush était à Calgary en mars dernier. Il avait formellement demandé à la GRC de mettre Bush en état d'arrestation dès son arrivée au Canada aux termes de la loi canadienne sur les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité. Voyant que les autorité n'allaient rien faire, il a décidé d'aller l'arrêter lui-même. Mais au lieu de le laisser exercer son droit de faire une arrestation de citoyen, les policiers l'ont arrêté et c'est lui qui doit maintenant répondre à des accusations. Son procès n'aura pas lieu avant mars 2010. Decajeweiah a fait remarquer que lorsque l'État canadien refuse d'arrêter des criminels de guerre comme Bush et Clinton, c'est le peuple qui doit prendre les choses en main et défendre le droit international.

À la conclusion de la manifestation, la foule a scandé : « Arrêtez Bush », « Arrêtez Clinton » et « Faites votre travail » face aux nombreux policiers déployés derrière les barricades dressées pour protéger les criminels de guerre de la colère du peuple.

05-06

http://www.cpcml.ca/francais/Lmlq2009/Q39106.htm#1

http://fischer02003.over-blog.com:80/article-32297101.html



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


13/06/2009

n°439 - Journal d'Irak - 26/05 au 12-06 – Début - : L’administration Obama prévoit de prolonger 10 ans l’occupation de l’Irak.

n°439 - Journal d'Irak - 26/05 au 12-06 – Début - : L’administration Obama prévoit de prolonger 10 ans l’occupation de l’Irak.



                 Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Vivre sous occupation c'est l'humiliation à chaque instant de sa vie. Résister à l'occupation c'est vivre libre ! :  Yasser Arafat

 



Journal d'Irak

n°439               du 26/05                  au 12/06/09

C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire :

Tiré à part :

Khaled Al-Maîni1 : Le bilan des pertes réelles états-uniennes en Irak.

Importance de l’aveu de Cheney sur le fait que rien n’impliquait l’Irak dans les attentats du 11/9.

L’administration Obama prévoit de prolonger 10 ans l’occupation de l’Irak.

L’administration Obama prévoit de prolonger 10 ans l’occupation de l’Irak.(2)

 Lutte pour la libération du territoire

Suite

La résistance contre l'agresseur

Résistance :

1 Analyse

Des résistants

2 Occupation de l'Irak

3 Politique

1) collaborateurs Irakiens

2) occupants 

Fin

4 Libération du territoire

Détails.

L'Irak en chiffre. 

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Discours du Caire : Obama en campagne

5-2 Noam Chomsky : Quand surgit une nouvelle crise…
5-3 Jeremy Scahille : Le rôle des médias dans les conflits.

5-4 Gregor Seither : Le journaliste est considéré comme une arme au service du combattant.

5-5 Al-Qaida rechercherait kamikazes à plein temps ! (1)

5-6 Al-Qaida rechercherait kamikazes à plein temps ! (2)
5-7 L'histoire secrète du pétrole - Le temps des grands rapaces

5-8 Suite de L'histoire secrète du pétrole E4/8 P3/3

5-9 Les archives oubliées- Le Jeu De L'argent

5-10 Armée de Terre : Tir de l'obus BONUX

5-11 Tir de CAESAR par le 93° RAM de l'armée de Terre

5-12 Compil Tir famas flg

 



Tiré à part :

Khaled Al-Maîni1 : Le bilan des pertes réelles états-uniennes en Irak.

Le volume des pertes matérielles et humaines des troupes d'occupation américaines en Irak a déstabilisé l'économie, principal facteur de la puissance US et de son hégémonie mondiale. Actuellement les responsables se sont résignés à retirer leurs troupes, au constat des pertes justement, mais une grande interrogation demeure quant à leurs chiffres réels.

En effet, nous avons, d'une part, des chiffres de tués et de blessés relativement bas, communiqués par le Pentagone et, d'autre part, des chiffres nettement plus élevés retenus par de nombreuses sources américaines indépendantes ou neutres qui se sont inquiétées très tôt du taux élevé de ces pertes.

Dans ce ‘papier’ qui vise à cerner la situation des pertes réelles américaines, nous allons procéder d'une façon méthodique, selon des critères objectifs et sur la base de rapports émanant de sources américaines fiables ainsi que des procédures de publication des communiqués officiels par les divers services militaires, pour convenir d'une équation permettant de déterminer le volume réel des pertes. Nous tiendrons compte de la différenciation des pertes, humaines et matérielles, et leur ventilation en pertes tangibles et non tangibles, ces dernières désignant des facteurs psychologiques et sociologiques tels que l'atteinte au moral, au prestige et à la position du pays .

La désinformation de l'opinion américaine :

Depuis la guerre du Vietnam, les services d'information militaires américains ont pris l'habitude de minimiser les pertes de leurs troupes au combat.

Au début il s'agissait tout juste de quelques milliers de morts, mais avec le temps elles se sont avérées des dizaines de milliers (plus de trente mille), ce qui a conduit à la chute du Président Johnson à l'époque.

En Irak, avec le déclenchement de la résistance et la recrudescence de ses attaques, l'Etat Major des troupes d'occupation a essayé de minimiser ces attaques et d'occulter les chiffres de leurs pertes, pour éviter, soi- disant, de conforter l'ennemi et de lui donner l'impression qu'il marquait des succès.

L'administration américaine a déployé des efforts impressionnants pour truquer les chiffres des pertes, considérés comme des armes de guerre, et abuser son opinion.

Elle a ainsi opéré à deux niveaux.

Le premier niveau correspond aux chiffres auxquels on peut accéder facilement sur les sites officiels du gouvernement. Ce sont les chiffres publics et officiels.

Le second niveau correspond à ce qui est occulté et auquel on ne peut accéder qu'à travers une loi relative à la liberté d'accès à l'information, appelée loi FOIA*.

Ce niveau renferme des informations sur les pertes réelles, humaines et matérielles dont la publication comporte des risques politiques et économiques importants.

L’administration américaine a usé de divers moyens pour contrôler son opinion publique américaine notamment à travers "l'orientation de l'ensemble de l'arsenal médiatique" du monde à sa disposition, des contraintes et des pressions exercées sur le reste des moyens d'information nationaux et internationaux.

La longue durée du conflit, la croissance du nombre des morts, des blessés et des suicidés et la montée en flèche du coût économique et financier de la guerre ont conduit de nombreux chercheurs et des commissions indépendantes à faire la vérité sur les pertes réelles américaines, loin de toute politisation, de l'occultation et du camouflage du Pentagone.

L'administration s'entête à propager les chiffres du Pentagone selon lesquels il n'y aurait eu que quelques quatre mille et quelques centaines de tués, alors que tout le monde sait que ce chiffre ne tient pas compte des morts des "entreprises de mercenaires", en service dans les troupes américaines dans le cadre de la privatisation de la guerre.

Ces mercenaires s'occupent d'une large palette d'actions allant de la maintenance des systèmes d'armement, aux opérations militaires, à la garde rapprochée des diplomates américains. Leur effectif dépasserait les 160.000 membres.

Le chiffre officiel des tués ne comprend pas non plus celui des soldats contractuels engagés dans le dessein d'obtenir la nationalité américaine, ni ceux des entreprises asiatiques et notamment indiennes qui s'occupent des services de cuisine, de nettoyage et de manutention…

Le critère du nombre de blessés et d'attaques:

Nous avons utilisé plusieurs critères pour affiner notre recherche et parvenir à plus de précision sur les pertes réelles et nous avons fait de nombreux recoupements. Les armées traditionnelles utilisent des formules multiples pour parvenir à obtenir le nombre de tués par rapport à celui des blessés en se basant entre autres sur la durée du conflit, la nature de la guerre et le niveau du développement des moyens d'évacuation des blessés. La guerre en Irak appartient à ce qu'on appelle une guerre asymétrique, c'est-à-dire une guerre de libération ou de partisans.

Pour déterminer le rapport des tués aux blessés, nous avons tenu compte et fondé notre recherche sur les rapports officiels de l'armée américaine donnant le nombre des tués et des blessés depuis 2003 et jusqu'à la fin de 2008.

Le nombre des blessés enregistrés auprès du ministère des anciens combattants pour les motifs les plus divers (couverture sociale, demande de soins et d'indemnités…) est de 224.000.

Sur la base de un tué pour sept blessés, le nombre de tués serait de 32.000.

Ce chiffre est confirmé par de nombreuses sources fiables et de commissions américaines indépendantes.

En tête de ces commissions, il y a la Commission Baker-Hamilton, désignée par le Congrès, qui a été aidée par 183 experts civils et militaires et qui a produit un premier rapport, reconnaissant pour la première fois que "le nombre d'attaques au mois d'octobre 2006, a atteint le chiffre de 180 par jour et celui des tués 102".

Un autre rapport américain qui n'est pas moins important donne une idée sur les pertes réelles américaines. Il émane du GAO (Government Accountability Office) en date du 23 juillet 2008 et qui donne pour la première fois le nombre d'attaques exécutées par la résistance irakienne: 164.000 attaques considérées comme importantes et violentes, ce chiffre ne comprenant pas les attaques effectuées au sud et à l'est du pays.

Ainsi, en ajoutant les 300 militaires tués lors des premières semaines de l'invasion américaine et jusqu'au mois d'avril 2003, les 1315 tués des entreprises de mercenaires, le nombre total des tués américains en Irak serait de 33.615, et ce jusqu'à la fin de 2008.

On ne dispose pas par contre d'informations fiables sur le nombre de tués dans "les missions hors combat", les suicidés ou les blessés morts dans les hôpitaux allemands ou lors de leur évacuation, et qui traditionnellement ne sont pas comptés dans les morts officiels.

Les pertes matérielles

Le coût matériel, financier et économique de la guerre en Irak n'est pas moins important.

Il est même plus important dans le cas des USA, compte- tenu des conditions de son financement.

En 2003, le coût était estimé à 4,4 Milliards $.

En 2008, il monte 12 Milliards $.Selon des sources américaines, notamment la commission économique conjointe du Congrès américain, l'étude Joseph Stiglitz, lauréat 2001 du prix Nobel d’Economie, professeur d’économie à l’Université de Columbia et co-auteur, avec Linda Bilmes, de The Three Trillion Dollar War : The True Costs of the Iraq Conflict. Effectué sur la base de documents officiels et avec le concours de l'organisation des anciens combattants.

C'est une guerre à 3000 milliards $.Ce coût comprend les opérations, y compris les salaires du personnel militaire et des mercenaires, plus le coût du matériel, équipements et armements (blindés, chars, hélicoptères, avions) dont la moitié est devenue obsolète et le restant nécessitant des réparations et des remises en état pendant cinq ans comme le signale le rapport Baker-Hamilton- dans sa recommandation 48.Ce coût comprend aussi les dépenses engagées pour la couverture sociale et médicale des militaires blessés ainsi que des intérêts des emprunts faits pour le financement de la guerre, hors budget officiel.

En résumé:

Nombre de tués de 2003 à 2008: 33.615

Nombre de blessés de 2003 à 2008: 224.000

Nombre d'attaques de la résistance irakienne de 2003 à 2008: 164.000, non comprises celles effectuées dans l'Est et le Sud du pays.

Coût financier  3 Trillions $

Je ne prétends pas être parvenu à des résultats d'une précision absolue mais ces résultats proviennent de sources exclusivement américaines.

Je n'ai pas mentionné les pertes immatérielles en rapport avec l'effondrement du moral des troupes, la montée du niveau de haine contre les USA dans le monde, de son discrédit et celui de son discours sur la démocratie, son influence et sa place dans le monde…en plus de la montée du chômage, de l'endettement.

Il est attendu que juste après la fin de la guerre ou peut-être après le retrait des troupes américaines des villes, on ait un bilan officiel de cette guerre.*Le Freedom of Information Act (FOIA) est une loi américaine signée le 4 juillet 1966 par le président Lyndon B. Johnson, et entrée en application l'année suivante.

Fondée sur le principe de la liberté d'information, elle oblige les agences fédérales à transmettre leurs documents, à quiconque en fait la demande, quelle que soit sa nationalité [1].Contexte du vote de la loi et dispositionsLe FOIA a été voté dans le contexte de la guerre du Vietnam, l'opinion publique exigeant un accès plus aisé aux documents de l'administration américaine. Toutefois, cette liberté d'accès est restreinte par neuf exemptions, pour raison de sécurité nationale, de secret défense, de politique étrangère, de secrets de fabrication, de respect du secret médical et de la vie privée, ainsi que les informations géologiques et géophysiques (y compris les cartes) concernant les puits.

Khaled Al-Maîni1

4 mai

Traduit de l'arabe par Ahmed Manai

www.tunisitri.net/

http://rsistancedespeuples.blogspot.com/

Source:http://www.aljazeera.net/NR/exeres/FDA7820E-DB70-4B9A-BF89-9A17EE7F9348.htm/


Importance de l’aveu de Cheney sur le fait que rien n’impliquait l’Irak dans les attentats du 11/9.

Lors d’une interview sur Fox News, Cheney a dit à l’animateur :

Sur la question de savoir si l'Iraq a participé au 9-11/9, il n'y a jamais eu aucune indice le démontrant. Il y a eu des rapports dès le début ... mais ils n'ont jamais été confirmés ... [Le President] George [Bush] ... a dit et affirmé qu'il y avait un lien entre Al-Qaïda et l'Irak, mais aucune preuve du fait que l'Irak était impliqué dans le 11/9.

Quelle est l'importance de l'aveu de Cheney ?

Eh bien, 5 heures après les attentats du 11/9, Donald Rumsfeld a déclaré « Mon désir est de frapper Saddam. » Il a dit aussi « Allons-y massivement ... Balayons tout ça. Toutes ces créatures liées et non. »

Et à 14h 40 le 11 septembre, dans une note de service sur des palabres entre les fonctionnaires supérieurs de l'administration, plusieurs lignes au-dessous de la mention « Estimer s’il est assez sage de frapper SH [Saddam Hussein] en même temps, » il y a la déclaration « Difficile de constituer un bon dossier. » En d'autres termes, les responsables savaient qu'il n'y aurait pas de dossier solide sur le fait que Saddam Hussein était derrière le 11/9, mais ils voulaient de toutes les façons utiliser les attentats du 11/9 comme excuse pour justifier la guerre en Irak. Et qui plus est, « Dix jours après les attaques terroristes du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center et le Pentagone, le Président Bush a dit, lors d’une réunion d’information hautement confidentielle, que la communauté du renseignement des États-Unis n'avait aucune preuve reliant le régime irakien de Saddam Hussein aux attentats [du 11/9] et qu'il n’y avait guère de signe crédible d’une quelconque collaboration entre l'Irak et Al-Qaïda. »

Et un Defense Intelligence Terrorism Summary publié en février 2002 par la US Defense Intelligence Agency jette de sérieux doutes sur la possibilité d'un complot de Saddam Hussein et al-Qaïda. Et pourtant, Bush, Cheney et les autres hauts fonctionnaires de l'administration ont affirmé, à maintes reprises pendant des années, que Saddam Hussein était derrière le 11/9. Voir cette analyse. En fait, des fonctionnaires de l'administration Bush ont apparemment juré lors d’un procès que Saddam Hussein était à l'origine du 11/9.

De plus, la lettre du Président Bush au Congrès, du 18 mars 2003, autorisant l'usage de la force contre l'Irak, comporte notamment le paragraphe suivant :

      (2) agissant conformément à la Constitution et au Droit Public 107-243, il est logique pour les États-Unis et les autres pays de continuer à prendre des mesures nécessaires contre les terroristes internationaux et les organisations terroristes, dont les nations, organisations ou personnes, qui ont planifié, autorisé, commis, ou aidé les attentats terroristes survenus le 11 septembre, 2001.

Par conséquent, l'administration Bush a expressément justifié la guerre contre l’Irak devant le Congrès en présentant l'Iraq comme ayant planifié, autorisé, commis ou aidé les attentats du 11/9. Voir ceci, ceci, ceci et ceci.

Et, bien que de nombreuses personnes se focalisaient désormais sur les fausses allégations d’armes de destruction massive, il est important de se rappeler que, à l'époque, le lien Saddam-11/9 était au moins aussi importante dans l’esprit de bien des gens en tant que raison d’envahir l'Irak.

En fait, étant donné que Cheney et ses boys ont toujours prétendu ce que tout le monde pensait, que l'Irak possédait des armes de destruction massive, l’aveu de Cheney, selon lequel il n'y a jamais eu de preuve reliant l'Iraq et le 11/9, pourrait être même la preuve qui fait le plus autorité sur le caractère intentionnel des fausses déclarations de Cheney et des autres membres de haut niveau de l'administration Bush.

 Étant donné que les attentats à l’entrax ont aussi été mis sur le dos de l'Iraq par le Pentagone, mais se sont avérés être l’œuvre d'un chercheur étasunien, et, étant donné qu'il est aujourd’hui admis par la Commission sur le 911/9 elle-même, ainsi que par les chefs militaires de haut niveau, les services de renseignement et autres, que la version gouvernementale sur les événements du 11/9 est fausse, des questions supplémentaires se posent également.

Original : www.washingtonsblog.com/2009/06/cheney-admits-that-there-was-never-any.html

03 Juin 2009

Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info

http://www.alterinfo.net/Importance-de-l-aveu-de-Cheney-sur-le-fait-que-rien-n-impliquait-l-Iraq-dans-les-attentats-du-au-11-9_a32994.html


L’administration Obama prévoit de prolonger 10 ans l’occupation de l’Irak.

L’administration Bush avait négocié un accord avec le gouvernement irakien prévoyant un retrait total au plus tard le 31 décembre 2011. Barack Obama s’était engagé durant sa campagne électorale à hâter ce retrait de sorte qu’il soit pour l’essentiel effectif courant 2010.

Lors d’un entretien privé avec une douzaine de journalistes, le 26 mai 2009, le général George Casey, chef d’état-major de l’Armée de terre US, a indiqué que ses troupes pourraient rester encore une décennie en Irak.Le général a fait valoir une évolution négative de la situation sur le terrain qui conduirait probablement à amender le traité irako-US à la demande du gouvernement irakien. Quoi qu’il en soit, le général Ray Odierno mène une étude pour déterminer les modalités du retrait. Il doit présenter des propositions pour retirer le plus grand nombre d’hommes le plus vite possible, tout en maintenant l’ordre sur place

Il y a actuellement 139 000 soldats réguliers états-uniens stationnés en Irak.

http://www.voltairenet.org/article160336.html

 

L’administration Obama prévoit de prolonger 10 ans l’occupation de l’Irak.(2)

L’administration Obama maintiendrait des forces combattantes en Irak et en Afghanistan pendant une décennie, a déclaré le chef de l'armée de terre US George Casey, même si un accord signé exige le retrait de l'ensemble des forces américaines d'Irak d'ici 2012.

Le chef d'état-major de l'armée de terre, le général George Casey, a déclaré mardi que son projet envisage le maintien des troupes américaines dans le cadre de l'engagement des Etats-Unis de lutter contre les ‘extrémismes’ et le ‘terrorisme au Proche-Orient.

"La tendance au niveau mondiale pousse dans la mauvaise direction. Et ces changements vont radicalement changer le mode de fonctionnement de l'Armée", a dit Casey au cours d'un point de presse ouvert sur invitation à une dizaine de journalistes et d'experts de groupes de réflexion basés à Washington.

Casey précisant que le général Ray Odierno présidait un groupe de travail pour déterminer comment réduire les troupes sur ces deux fronts tout en restant efficace.

Casey a souligné que ses commentaires n'entendaient en rien entrer en conflit avec les positions de l'administration Obama.

En tout état de cause, l'accord signé en 2008 devra être amendé pour inclure une présence militaire américaine significative en Irak.

AP



Paroles & action du président...

06-06

Obama, rendu vendredi soir au chevet de soldats américains blessés en Irak ou en Afghanistan et évacués sur Landstuhl, le plus grand hôpital militaire US en Europe.

(AFP

http://www.romandie.com/ats/news/090606110438.jqb60txd.asp


Analyse & déclaration

Ben Laden

Au moment même où Obama prononçait au Caire son discours  Oussama ben Laden, accuse les Etats-Unis d'avoir semé "les graines de la haine" chez les musulmans. "Si un musulman devient l'allié des infidèles et soutient ceux-ci contre les musulmans, il perd sa foi et devient un apostat infidèle" "Ne vous alliez pas aux juifs et aux chrétiens, comme c'est le cas de l'armée pakistanaise, qui s'est retranchée dans le même donjon que l'Amérique face à l'islam. Tout vrai musulman doit les combattre", conclu l'introuvable ben Laden qui est d'origine saoudienne.

Ben Laden a présenté le président pakistanais Asif Ali Zardari comme un serviteur des Etats-Unis qui a ordonné à son armée de combattre les musulmans sur ordre de Washington.

Le message prononcé par Barack Obama,  a été qualifié de "criminel" par le numéro deux d'Al Qaïda, Aymane al Zaouahri.

Reuters : Ce message a été conçu visiblement pour perturber le message prononcé par Barack Obama, qualifié de "criminel" par le numéro deux d'Al Qaïda,Aymane al Zaouahri.

Base : Reuters

Jeudi 4 juin



 L'Irak en chiffre: du 25-05 au 12-06-09



 

 

 

Tués

Blessés

 

 

 

 

 

Peuple irakien

x

x

 

 

 

 

 

Usboys/Autres boys + miliciens

5

X

 

 

 

 

 

Policiers, armée et collaborateurs & miliciens

3

2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


n°439 - Journal d'Irak - 26/05 au 12-06 – Suite - : L’administration Obama prévoit de prolonger 10 ans l’occupation de l’Irak.

n°439 - Journal d'Irak - 26/05 au 12-06 – Suite - : L’administration Obama prévoit de prolonger 10 ans l’occupation de l’Irak.



                 Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Vivre sous occupation c'est l'humiliation à chaque instant de sa vie. Résister à l'occupation c'est vivre libre ! :  Yasser Arafat

 



Journal d'Irak

n°439               du 26/05                  au 12/06/09

C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire :

Lutte pour la libération du territoire

La résistance contre l'agresseur

Résistance :

1 Analyse

Des résistants

2 Occupation de l'Irak

3 Politique

1) collaborateurs Irakiens

2) occupants 

4 Libération du territoire

Détails.

L'Irak en chiffre. 

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Discours du Caire : Obama en campagne

5-2 Noam Chomsky : Quand surgit une nouvelle crise…
5-3 Jeremy Scahille : Le rôle des médias dans les conflits.

5-4 Gregor Seither : Le journaliste est considéré comme une arme au service du combattant.

5-5 Al-Qaida rechercherait kamikazes à plein temps ! (1)

5-6 Al-Qaida rechercherait kamikazes à plein temps ! (2)
5-7 L'histoire secrète du pétrole - Le temps des grands rapaces

5-8 Suite de L'histoire secrète du pétrole E4/8 P3/3

5-9 Les archives oubliées- Le Jeu De L'argent

5-10 Armée de Terre : Tir de l'obus BONUX

5-11 Tir de CAESAR par le 93° RAM de l'armée de Terre

5-12 Compil Tir famas flg

 

 


La résistance contre l'agresseur

Résistance :

Ben Laden

Ben Laden : "Ou bien nous vivons à la lumière de l'islam, ou bien nous mourons dans la dignité. Préparez-vous à une longue guerre contre les infidèles du monde entier et leurs agents",

.Reuters

Version française Marc Delteil

4 juin, 16h54

 Inal Ersan


Analyse & déclaration

Ben Laden critique Obama dans sa politique américaine au Proche-Orient et les guerres menées par les Etats-Unis.

La chaîne de télévision Al-Jazira du Qatar a annoncé, mercredi 3 juin, la diffusion imminente d'un enregistrement sonore d’Oussama Ben Laden, dans lequel "il analyse la politique du président américain à l'égard du monde musulman".

Ben Laden, "Obama suit les pas de son prédécesseur dans sa politique d'hostilité à l'égard des musulmans. Il pose ainsi les fondements de guerres de longue durée",

Oussama Ben Laden a également affirmé que "[Barack] Obama et son gouvernement ont jeté les semences de plus de haine et de volonté de revanche contre l'Amérique".

 Il en a donné comme exemple l'offensive menée par l'armée pakistanaise contre les talibans dans la vallée de Swat.

"Que le peuple américain se prépare à continuer à cueillir les fruits de ce qui a été semé par les dirigeants de la Maison Blanche pendant les années et les décennies à venir", a-t-il dit.

LEMONDE.FR avec AFP

03.06.09  



2-1 Occupation de l'Irak

Les forces en présence

Etats-Unis

27-05

Les Etats-Unis ont 139.000 soldats en Irak.

AP



3) Politique

a) Des collaborateurs Irakiens

Les grandes manœuvres

Le ministre Abdel Falah al-Soudani, accusé de corruption, arrêté alors qu'il fuyait l'Irak

Le ministre idu Commerce, Abdel Falah al-Soudani, limogé lundi après des accusations de corruption, a été arrêté samedi à l'aéroport de Bagdad alors qu'il tentait de fuir le pays, a indiqué à l'AFP le chef de la commission parlementaire anti-corruption. (...)

Le chef de la commission parlementaire pour l'intégrité publique avait affirmé le 19 mai que le ministre était accusé d'avoir importé du sucre avarié dans la cadre de la distribution mensuelle de produits de première nécessité à la population, d'avoir couvert des contrats illégaux d'importation de nourriture et d'avoir laissé prospérer la corruption dans son ministère.

"Le ministre cherchait à se soustraire à la justice et à s'envoler pour les Emirats arabes unis", a déclaré le chef de la commission parlementaire pour l'intégrité publique Sabah Saadi.
Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki avait accepté lundi la démission du ministre du Commerce accusé par les députés de corruption, avant de décider mercredi de reprendre en main son ministère.
"Il y avait un mandat d'arrêt contre le ministre", a rappelé Saadi sans préciser où il avait été conduit.
Le 30 avril, deux de ses frères avaient été arrêtés à Samawa, à 350 km au sud de Bagdad. Auparavant, le porte-parole du ministère avait été interpellé après une fusillade à l'intérieur du bâtiment entre les gardes et des policiers venus l'arrêter avec sept autres responsables qui avaient réussi à s'enfuir.
L'affaire Soudani intervient alors que le ministre du Pétrole, Hussein al-Chahristani, doit prochainement être entendu par le Parlement pour s'expliquer sur son incapacité, selon les députés, à augmenter les exportations de brut.
Cent quarante députés (soit plus de la majorité) ont signé une pétition pour pouvoir interroger Chahristani, ministre du Pétrole depuis mai 2006.

30 Mai


d) Finances

Irak: vers une révision du budget après la hausse des prix du pétrole

Le gouvernement envisage une loi de finances rectificative à la suite de la remontée des cours du pétrole et d'une volonté d'accroître la production, a annoncé lundi le Premier ministre al-Maliki.

Le budget actuel a été établi sur la base d'un baril à 50 dollars et de l'exportation de deux millions de barils par jour.

En 2009, le déficit prévisionnel se monte à 20,3 milliards de dollars.

Or, aujourd'hui, le prix du baril frise les 70 dollars et les revenus tirés du pétrole ont augmenté de 8,1% en avril par rapport au mois précédent, malgré une baisse des exportations.

Les revenus engrangés par l'Etat irakien en avril ont atteint 2,69 milliards de dollars contre 2,49 milliards en mars, selon des chiffres publiés par le ministère sur son site internet.

L'Irak a exporté moins de pétrole en avril (54,7 millions de barils contre 56,3 millions un mois plus tôt) mais a bénéficié de la hausse de 5 dollars du prix du baril, selon le ministère.

AFP / 08 juin

09-06

Cinq Américains ont été interrogés par un juge irakien, dans l'affaire du meurtre à Bagdad d'un autre citoyen américain, a-t-on appris mardi auprès du parquet irakien et de l'ambassade des Etats-Unis.

Le corps de Jim Kitterman a été retrouvé dans sa voiture le mois dernier dans la Zone Verte à Bagdad, où son entreprise de bâtiment était basée.

"Si le juge les inculpe, ils seront transférés à la Cour criminelle centrale d'Irak, où ils seront jugés", a-t-il encore signalé.

Durant le week-end, l'ambassade américaine avait assuré que les cinq Américains interpellés n'étaient ni diplomates ni militaires, mais de "simples citoyens", sans préciser s'il s'agissait de "PSD" (private security detail, salariés des sociétés privées de sécurité).

 (AFP / 09 juin) 


Appels d'offres: annonce fin juin des compagnies pétrolières retenues

L'Irak rendra publique les 29 et 30 juin la liste des grandes compagnies pétrolières retenues pour exploiter six grands champs pétroliers et deux champs gaziers, a déclaré mercredi le ministre irakien du Pétrole, Hussein Chahristani.

"Sur 120 compagnies candidates, nous en avions pré-sélectionné 35 pour travailler et investir dans six grands champs pétroliers et deux champs gaziers. Les 29 et 30 juin, nous invitons la presse à venir assister à la publication des résultats", a dit M. Chahristani lors d'une conférence de presse.

En juin 2008, 35 sociétés pétrolières avaient été pré-sélectionnées, dont la totalité des majors occidentales et quelques grosses compagnies d'Etat.

Depuis, le ministère du Pétrole a reporté à plusieurs reprises l'annonce de la liste définitive et M. Chahristani a été accusé par des parlementaires d'avoir par sa "mauvaise gestion" fait perdre 10 milliards de dollars au budget de l'Etat qui en a cruellement besoin.

"Les contrats se feront selon la loi irakienne, le pétrole restera sous le contrôle des Irakiens. Nous donnerons l'opportunité aux Irakiens d'y travailler et ils bénéficieront de programmes de formation. Les compagnies devront payer des impôts sur leurs revenus", a-t-il ajouté.

L'Irak produit actuellement 2,2 millions de barils par jour et peine à augmenter sa production. Il vise un objectif de 6 millions d'ici quelques années.

"L'Irak a besoin des compagnies (internationales, ndlr) et d'importants investissements car nous ne disposons pas de dizaines de milliards de dollars", a souligné le ministre.

"Ce seront des contrats de service, ce qui veut dire que les compagnies ne prendront pas une part de profit dans la production du pétrole mais elles percevront de l'argent pour les services rendus et la quantité de pétrole produite", a souligné M. Chahristani.

Dans la stratégie de Bagdad, les sociétés étrangères doivent être associées aux Irakiens dans des contrats de service, rémunérant les compagnies pétrolières au baril extrait plutôt que par un partage des bénéfices tirés de l'exploitation des ressources.

A l'inverse, le gouvernement du Kurdistan irakien verse 12% des profits aux compagnies qui exploitent le pétrole.

Concernant les contrats signés par le gouvernement autonome kurde, le porte-parole du gouvernement Ali al-Dabbagh a souligné mercredi que "ces contrats doivent être approuvés par le gouvernement fédéral et qu'ils ne sont pas pour le moment complètement légaux."

Il a cependant noté que les exportations à partir de cette région "étaient un pas dans la bonne direction".

Le Kurdistan irakien a en effet commencé le 1er juin à exporter du pétrole pour la première fois de son histoire et a accepté de reverser les bénéfices au gouvernement fédéral.

AFP

10 juin

http://www.romandie.com/ats/news/090610131846.2vmfht3y.asp

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n°439 - Journal d'Irak - 26/05 au 12-06 – Fin - : L’administration Obama prévoit de prolonger 10 ans l’occupation de l’Irak.

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                 Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

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Journal d'Irak

n°439               du 26/05                  au 12/06/09

C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire :

4 Libération du territoire

Détails.

L'Irak en chiffre. 

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Discours du Caire : Obama en campagne

5-2 Noam Chomsky : Quand surgit une nouvelle crise…
5-3 Jeremy Scahille : Le rôle des médias dans les conflits.

5-4 Gregor Seither : Le journaliste est considéré comme une arme au service du combattant.

5-5 Al-Qaida rechercherait kamikazes à plein temps ! (1)

5-6 Al-Qaida rechercherait kamikazes à plein temps ! (2)
5-7 L'histoire secrète du pétrole - Le temps des grands rapaces

5-8 Suite de L'histoire secrète du pétrole E4/8 P3/3

5-9 Les archives oubliées- Le Jeu De L'argent

5-10 Armée de Terre : Tir de l'obus BONUX

5-11 Tir de CAESAR par le 93° RAM de l'armée de Terre

5-12 Compil Tir famas flg

 

 



4 Lutte pour la libération du territoire

Pertes déclarée des occupants.

Les armées répugnent à donner des chiffres officiels

26-05

Une bombe a explosé au passage d'un convoi transportant des employés civils sous contrat et des responsables américains, dans l'ouest de l'Irak, faisant trois morts et deux blessés, annonce l'armée américaine. L'attaque s'est produite lundi près de Falloudja, à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Bagdad.

(AP),

27-05

Un soldat américain a succombé mercredi à ses blessures après l'explosion d'une bombe au passage d'une patrouille dans l'ouest de Bagdad, a annoncé l'armée américaine.

(AP),

29-05

Un soldat américain a été tué dans l'explosion d'une grenade près d'une patrouille américaine dans la province de Ninevah, dans le nord du pays, a annoncé l'armée.

http://www.aloufok.net/

29/5

Le même jour, un soldat américain a été tué dans l'explosion d'une grenade près d'une patrouille américaine dans la province de Ninevah, dans le nord du pays, a annoncé l'armée.

AP

 

30-05

Un soldat US a succombé mercredi à ses blessures après l'explosion d'une bombe.

AP.

05-06

Un Marine américain est mort vendredi des suites d'un incident survenu alors qu'il ne se trouvait pas en situation de combat, a ajouté l'armée dans un communiqué, sans fournir plus de détails.

A



L’Irak en chiffres (depuis le début de la guerre de conquête en mars 2003)


Peuple

 

Civils tués (depuis l'occupation)

679.687

Civils blessés (depuis l'occupation) 

70.965 ( chiffre très très minimum)

Civils violés (par les troupes d'occupations)

2.507     (voir Ibrahim Allousch

Civils/Résistants arrêtes : (une dizaine par jour...)

8.940   (chiffre minimum)

Résistants (décrit tel quel ) tués

4.043 (chiffre minimum)

Résistants (décrit tel quel ) blessés

3.885   (chiffre minimum)

En prison

40.268. (chiffre minimum)

Embargo

750.000 enfants (chiffre minimal)

Embargo

750.000 adultes (chiffre moyen)

 

 

Militaires irakiens tués pendant l'invasion

45.596 (chiffre minimal)

Civils tués pendant l'invasion

120.200 (chiffre minimal)

 

 

Coalition

 

Nombre de Soldats tués (ou morts...) 

34.667

Soldats rapatriés (blessés ou malades)

224.399

(*) dont 10% meurent en cours de route ou à l'hopital)

 

Disparus (dans la nature)

1.014

Désertions

5.501

Mutinerie

2 corps + 25

Aide psychologique

66.108***

Suicides

Mercenaires tues                                                                                 

5.595 (chiffre très minimal)

933

non-combattants accidentés,

27 103

Policiers/soldats/miliciens irakiens  tués

12.995

Policiers /soldats/miliciens irakiens blessés

26.798 (chiffre minimal)

Policiers /soldats irakiens disparus (dans la nature)

13.916

 

 

Autres tués (collaborateur)

5.590

Autres blessés (collaborateur)

9.643

 

 

Nombre d'attaques de la résistance irakienne de 2003 à 2008:

Oléoducs, les infrastructures pétrolières & d'électricité

 

 164.000,

464 attaques (grand minimum)

Infrastructures du rail

195 attaques (idem)

Hélicoptères

104  ++              (idem)

Avions (& drone)

28 ++



USA/armée: poussée des suicides, activité suspendue dans le Kentucky

Les activités sur une base militaire américaine du Kentucky (centre des Etats-Unis) ont été suspendues pour trois jours en raison d'une inquiétante vague de suicides parmi ses soldats, a annoncé le commandant de la base, le général de brigade Stephen Townsend.

Fort Campbell qui accueille la fameuse 101è division aéroportée a enregistré le plus fort taux de suicide des forces armées américaines, avec au moins 11 cas confirmés ou suspects dont deux la semaine dernière.

"Tout ceci est mauvais pour les soldats, leurs familles, nos unités, cette division, notre armée et notre pays. Les suicides à Fort Campbell doivent cesser", a déclaré le général Townsend.

"Le suicide est une solution permanente à un problème qui n'est que provisoire. Quelle que soit la gravité de votre problème, croyez-moi, ce n'est pas la fin du monde", a-t-il lancé devant les soldats de la base qui sont au repos jusqu'à vendredi inclus.

Le stress lié à la violence des combats en Irak et Afghanistan ainsi que des missions plus fréquentes et plus longues dans ces pays sont considérés comme à l'origine d'une forte progression du nombre de suicides dans l'armée américaine.

L'an passé, 128 soldats ont mis fin à leurs jours après 115 en 2007. Avec déjà 64 suicides confirmés ou suspects cette année, les forces armées sont bien parties pour dépasser le funeste record de 2008.

L'armée s'inquiète de l'état de santé mental de ses troupes. Le 11 mai, le sergent John Russell, a ouvert le feu dans une antenne médicale soignant les traumatismes de guerres sur une base américaine à Bagdad, tuant cinq de ses camarades et en blessant trois autres.

Lors de visites dans différentes bases, le chef d'état-major des armées, l'amiral Mike Mullen, a recommandé aux soldats de signaler d'éventuels troubles chez des camarades et de leur venir en aide.

Mais, selon une enquête de l'Association américaine de psychologie menée en 2008, 61% des hommes et femmes engagés estiment que demander un soutien psychologique aurait un impact négatif sur leur carrière et 53% que cela nuirait à leur image auprès de leurs camarades.

AFP

29 mai

http://www.romandie.com/ats/news/090529082202.sae603vd.asp 


Ces   totaux sont obtenus par le recoupement (si possible) des chiffres des pertes communiqué par la résistance & les médias occidentaux + XINHUANET


The War in Iraq Costs

Le 12/6 à 10H50

677.496785.231dollars

http://www.nationalpriorities.org/costofwar_home

http://www.costofwar.com/



5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

5-1 Discours du Caire : Obama en campagne

Vous trouverez une traduction du texte intégral de cet important (et long !) discours sur notre site : http://www.lapaixmaintenant.org/article1952
Bonne lecture.

http://www.lapaixmaintenant.org/article1952


5-2 Noam Chomsky : Quand surgit une nouvelle crise…
Quand surgit une nouvelle crise, on observe toujours le même comportement dans les médias et l’opinion publique:

Si les crimes sont commis par le camp ennemi,

On filtre soigneusement les témoignages afin d’exclure toute information pouvant contredire la thèse défendue, tout en mettant en avant tout ce qui peut apporter de l’eau au moulin de notre idée.

On fait lourdement appel aux “sources officielles” pour autant qu’elles soient U.S… et pour autant qu’elles fournissent l’image appropriée. Dans le cas contraire, on s’efforcera de les dénigrer ou tout simplement de les ignorer. `

Les détails graphiques abondent, tous plus frappants les uns que les autres. Les incohérences sont allègrement ignorées, tout comme les témoignages d’experts n’allant pas dans notre sens. Si l’expert insiste, on ira jusqu’à le soupçonner de solidarités coupables et on trouvera bien un moyen de lier tout cela à l’antisémitisme, la matraque absolue pour faire taire un géneur.

On ne perd pas une occasion d’insister que ces crimes ont été planifiés au plus haut niveau, même quand aucune preuve crédible ne permet de l’affirmer, etc. etc.
Par contre, quand les crimes ont été commis par “notre camp”, on constate le comportement géométriquement opposé : silence ou apologie.
Les médias et autorités évitent d’entrer des les détails et se gardent bien de faire appel aux témoignages personnels, ou alors en employant le conditionnel et en insistant sur leur inévitable manque de fiabilité.
Les chroniqueurs se découvrent soudain une âme de philosophe, glosant longuement sur la complexité de l’Histoire et les difficultés pour comprendre des cultures lointaines.

La responsabilité est concentrée sur le niveau le plus bas de la chaine de commandement et on s’appitoie sur le stress du lampiste qui, dans des circonstances difficiles, a été amené à commetre des erreurs… tout est bon pour nous absoudre. (…)
Sources
Libertés et Internet

tout le monde pousse des cris outragés, profère des accusations qui se basent sur des preuves infimes, parfois tout simplement inventées, et qui ne seront jamais rectifiées, même quand la preuve de leur fabrication est apportée.

[Noam Chomsky - "Necessary Illusions", p.137 - Pluto Press, 1991 - Trad. Gregor Seither]

http://palestine.over-blog.net:80/article-31710240.html


5-3 Jeremy Scahille : Le rôle des médias dans les conflits.

Un colonel US suggère des « attaques militaires » contre les « médias partisans »

A une époque où les médias se retrouvent « embarqués » avec les militaires dans les zones de conflit, les journalistes indépendants sont devenus les yeux et les oreilles du monde.

Sans ces journalistes non-embarqués qui risquent leurs vies pour rendre compte de ce qui se passe de l’autre coté du fusil ou sous les bombes, l’histoire serait pratiquement entièrement rédigée du point de vue des puissances militaires ou – pour le moins – du point de vue ceux qui tiennent les armes, plutôt que de celui des civils qui sont toujours les principales victimes.

Dans le cas de l’invasion et occupation de l’Irak, les journalistes qui ont pris des risques ont sont souvent été les journalistes locaux irakiens. Quelques 116 journalistes et travailleurs des médias irakiens ont été tués depuis mars 2003. En tout, 189 journalistes ont été tués en Irak.

Au moins 16 parmi eux ont été tués par les militaires US, selon le Comité pour la Protection des Journalistes.

Un média qui a souvent été l’objet d’attaques US est Al Jazeera. Comme je l’ai écrit il y a quelques années dans The Nation :

« Les Etats-Unis ont bombardé les bureaux d’Al Jazeera en Afghanistan en 2001, tiré à l’obus contre l’hôtel Basrah où des journalistes d’Al Jazeera étaient les seuls clients en avril 2003, tué le correspondant irakien Tareq Ayoub quelques jours plus tard à Bagdad et emprisonné plusieurs reporters d’Al Jazeera (y compris à Guantanamo), dont certains affirment avoir été torturés. En plus des attaques militaires, le gouvernement irakien soutenu par les Etats-Unis a banni la chaîne de l’Irak. »

Un nouveau rapport d’un groupe néoconservateur influent, qui défend une ligne politique de « priorité à Israël » comme moyen de conquête du Moyen Orient, suggère que pendant les futures guerres, les Etats-Unis devraient officiellement adopter une politique de censure des médias et suggère « des attaques militaires contres les médias partisans. » (MuzzleWatch)

Le rapport rédigé pour JINSA, l’Institut Juif pour les Affaires de Sécurité Nationale, fut écrit par le colonel à la retraite Ralph Peters. Il est publié dans le « journal officiel » du JINSA, The Journal of International Security Affairs. « Aujourd’hui, les Etats-Unis et leurs alliés ne se retrouveront plus jamais seuls face à leur ennemi sur le théâtre des opérations. Il y aura toujours un tiers qui participe aux combats », écrit Peters, qui qualifie les médias de « tueurs sans armes. »

« Bien sûr, les médias ont influencé le cours des conflits depuis des siècles, depuis les guerres de religion européennes jusqu’au Vietnam. Cependant, plus récemment, les médias sont devenus déterminants quant à l’issue d’un conflit. Alors que les journalistes n’ont pas réussi à battre le gouvernement US en Irak, les caméras vidéos et les reportages partisans ont assuré la survie du Hezbollah dans la guerre de 2006 contre Israel et, au moment où j’écris ces lignes, ils semblent avoir sauvé le Hamas de la destruction à Gaza.

[...]

Bien que cela paraisse encore impensable, les guerres futures pourraient nécessiter la censure, l’imposition d’un black-out et, en dernier recours, des attaques militaires contre les médias partisans. Le journalistes se prennent pour des êtres supérieurs et se considèrent comme des combattants appartenant à une espèce protégée. Mais la liberté de la presse s’arrête là où ses abus tuent nos soldats et renforcent l’ennemi. Une telle idée est traitée aujourd’hui avec dédain, mais l’élite médiatique qui a perdu tout sens du patriotisme pourrait bien découvrir un jour que cette idée est entrée dans le domaine du bon sens.

L’objectif de tout ceci est bien simple : Gagner. Dans une guerre, rien d’autre ne compte. Si on ne peut pas gagner en respectant les règles, alors il faut gagner en les brisant. Mais il faut gagner. Nos victoires sont celles de l’humanité toute entière, tandis que nos échecs engendrent des monstres. »

Evidemment, qu’un tel cri du coeur aussi méprisable appelant au meurtre de journalistes soit publié dans le journal du JINSAIl est tout à fait à-propos.

L’organisation s’est longtemps enorgueillit de compter dans ses rangs des « conseillers » criminels étoilés. Parmi eux, Dick Cheney, Richard Perle, James Woosley, John Bolton, Douglas Faith et d’autres. JINSA, avec le « Projet pour un Nouveau Siècle Américain » (Project for a New American Century - PNAC), fut un des groupes les plus influents sur la politique des Etats-Unis des années Bush et garde une forte influence sur Obama et la Maison Blanche.

En lisant les propos de malade de ce tordu de Colonel Peters, je me suis souvenu d’un rapport sorti fin 2005 qui accusait l’administration Bush de planifier le bombardement du siège international d’Al Jazeera au Qatar, et sur lequel j’écrivais :

« le quotidien britannique Daily Mirror a écrit qu’au cours d’une réunion tenue au mois d’avril 2004 à la Maison Blanche avec le premier ministre britannique Tony Blair, George W. Bush a soulevé l’idée de bombarder le siège international d’Al Jazeera au Qatar. Cette information est tirée des transcriptions « top-secret » du sommet Bush-Blair. Le ministre de la justice britiannique Lord Goldsmith a invoqué la loi Officiel Secrets Act et a menacé toute publication qui publierait une quelconque partie du mémo (il a déjà porté plainte contre un ancien membre du cabinet et un ancien assistant au parlement). Alors, bien que nous ne connaissions pas le contenu du mémo, nous savons que lors de la réunion entre Bush et Blair, l’administration US avait développé une campagne publique trés dure contre Al Jazeera. La réunion s’est déroulé le 16 avril, en plein siège de la ville de Falluja par les Etats-Unis, et Al Jazeera était l’un des rares médias à couvrir les événements de l’intérieur de la ville. Ses reportages exclusifs étaient diffusés par toutes les chaines, de CNN à BBC.

L’offensive de Fallujah, un des assauts les plus meurtriers de l’occupation US, fut un point tournant. En deux semaines de ce mois d’avril, 30 marines furent tués tandis que la guérilla locale résistait aux assuats de l’armée américaine. Quelques 600 irakiens ont été tués, dont de nombreux femmes et enfants. Al Jazeera émettait depuis l’intérieur de la ville des images à travers le monde entier. En direct à la télévision, la chaine démontrait par l’image que les Etats-Unis, malgré toutes les dénégations, étaient bien en train de tuer des civils. Du point de vue des relations publiques, ce fut un désastre pour les Etats-Unis et ils ont riposté en attaquant le messager.

Quelques jours avant la tenue des propos attribués à Bush, le correspondant d’Al Jazeera à Fallujah, Ahmoud Mansour, rapporta en direct à la télévision : « la nuit dernière nous avons été attaqués par quelques tanks, deux fois... mais nous avons réussi à nous échapper. Les Etats-Unis veulent nous faire sortir de Fallujah, mais nous restons. » Le 19 avril, Washington exigeait le départ d’Al Jazeera comme préalable à un cessez-le-feu. La chaine a refusé. Mansour écrivait le lendemain : « des avions de combat américains ont tiré autour de nos nouveaux locaux et ils ont bombardé la maison où nous avions passé la nuit et ils ont tué son propriétaire, M. Hussein Samir. A cause des menaces sérieuses qui planent, nous avons du interrompre nos émissions pendant quelques jours parce que chaque fois que nous tentions d’émettre, les avions nous repéraient et nous tiraient dessus. »

Le 11 avril, un porte-parole de l’armée, Mark Kimmit, déclarait : « les médias qui montrent les Américains en train de délibérément tuer des femmes et des enfants ne sont pas de véritables sources d’information. C’est de la propagande, ce sont des mensonges ». Le 15 avril, Donald Rumsfeld faisait écho à ces propos en des termes trés peu diplomatiques, qualifiant les reportages d’Al Jazeera de « pervers, inexacts et inexcusables... ce dont cette chaine est capable est une honte. » C’est le lendemain même, selon le Daily Mirror, que Bush faisait part de son plan à Blair. « Il a clairement fait comprendre qu’il voulait bombarder le siège international d’Al Jazeera au Qatar et ailleurs, » a déclaré une source au Mirror. « Il ne fait aucun doute que Bush voulait le faire, et aucun doute que Blair ne voulait pas qu’il le fasse. »

Au cas où certains penseraient que le point de vue du Col. Ralph Peters et des neocons du JINSA/PNAC est une relique du passé, rappelons que l’administration Obama compte de nombreux poids lourds qui appartiennent à ce milieu, ainsi que de farouches partisans. Bien qu’ils ne soient plus en train de tirer toutes les ficelles, comme sous l’administration Bush/Cheney, leur influence disproportionnée sur la politique des Etats-Unis demeure.

Jeremy Scahille

Journaliste d’investigation primé, auteur de « Blackwater : The Rise of the World’s Most Powerful Mercenary Army ».

ARTICLE ORIGINAL http://rebelreports.com/post/110980714/us-colonel-advocates-us-military-attacks-on-partisan

traduction VD pour le Grand Soir http://www.legrandsoir.info

http://www.legrandsoir.info/article8615.html


5-4 Gregor Seither : Le journaliste est considéré comme une arme au service du combattant.

POUR L’EXPERT MILITAIRE PETERS, IL FAUT BOMBARDER LES JOURNALISTES QUI NE SONT PAS “PATRIOTIQUES”

Ralph Peters est un expert militaire fréquemment invité sur les chaînes de télévision U.S comme PBS, Fox et CNN. Dans le dernier numéro de la revue du “Jewish Institute for National Security Affairs”, il théorise une réalité que les journalistes travaillant au Moyen-Orient connaissent bien : le journaliste est considéré comme une arme au service du combattant. S’il ne sert pas la cause des soldats, il est considéré comme un ennemi et traîté en conséquence

“Dans les guerres du futur, nous allons devoir apprendre à gérer des actions concrètes comme la censure de l’information, des interdictions de couverture médiatique et même, dans certains cas, des attaques militaires contre des média partisans.

Les journalistes se prennent pour des êtres supérieurs, occupant une place à part sur le champ de bataille, comme s’ils étaient une espèce protégée. Mais la liberté de la presse s’arrête quand elle met en danger nos soldats et renforce nos ennemis. Le simple fait de vouloir ‘expliquer’ le point de vue de l’ennemi peut l’encourager à tuer nos soldats. En conséquence, certains média sont des alliés objectifs de nos ennemis et doivent être traîtés comme des cibles militaires.

De nos jours, quand on ose dire cela, on se fait incendier, mais les journalistes qui ont perdu tout sens patriotique risquent fort de se retrouver isolés sur le champ de bataille et découvrir que leurs petites vies n’ont pas d’utilité pour nous.”

Gregor Seither –

IES News Service –

28/05 - 3 juin 2009

http://libertesinternets.wordpress.com/


5-5 Al-Qaida rechercherait kamikazes à plein temps ! (1)

Et là, franchement, peut-on croire à cette grosse manipulation ?

Est-ce que franchement, si vous êtes terroriste, vous allez demander à un quidam, dont vous ignorez tout sur le net, s'il ne connaîtrait pas une filière pour qu'il joue les kamikases ?

Ils nous prennent vraiment pour des imbéciles. Mais on sait qui sont les vrais terroristes, va.

Et on sait aussi qu'ils sont infiltrés dans tous les pays du monde pour faire chanter et sauter tout ce qui ne va pas dans leur sens. Ils recrutent des musulmans en se faisant passer pour Al Qaïda et le tour est joué. On voit déjà au Liban le nombre de collabos arrêtés pour avoir travaillé avec l'Ennemi. Voir ICI et ICI.

5-6 Al-Qaida rechercherait kamikazes à plein temps ! (2)
Décidément, Ben Laden, s’il est encore en vie, ne manquerait pas d’aplomb.

Et cette fois, ce serait la France qui serait visée si l’on en croit une enquête menée par le parquet antiterroriste de Paris, enquête se déroulant sur une filière d’A-Qaida implantée au Maghreb. Al-Qaida en effet, chercherait à enrôler des kamikazes pour frapper la France selon le Figaro qui reprend des informations diffusées sur RTL, la radio se fiant elle-même à l’émission de TF1 « Sept à Huit »…

 Cela fait quand même beaucoup d’intermédiaires, peut-on à juste titre penser…
Bref… toujours selon le parquet antiterroriste de Paris, une enquête serait ouverte après les divulgations d’un suspect. Les services antiterroristes français auraient démantelé un réseau « les filières afghanes » ayant pour but d’envoyer des candidats en Afghanistan… On peut en effet supposer que les candidats ne sont pas légion…
Ce suspect, dont on ne connaît rien, aurait révélé qu’un responsable d’Al-Qaida au Maghreb islamique, lui aurait demandé par Internet, s’il n’était pas possible qu’il devienne kamikaze pour faire un attentat-suicide en France…

Toujours selon RTL qui se base sur TF1 qui est repris par le Figaro, d’autres personnes aussi auraient reçu cette étrange proposition…
Le secret devient opaque quand le ministère de l’Intérieur, interrogé par Le Figaro, se refuse à tout commentaire.
Etant donné que ce n’est pas la première fois que de telles rumeurs sont diffusées avec un accent alarmiste, même si le risque est réellement présent, on peut légitimement se demander pourquoi tenter d’affoler les gens en ce moment et ce, d’autant plus qu’avec des « si » on ne fait pas des « mais » ?
Cela ferait presque penser à un sketch de Coluche… De sources bien pensantes, il paraîtrait que si…
Sources : Web Libre


5-7 - L'histoire secrète du pétrole - Le temps des grands rapaces

 

http://video.google.fr/videoplay?docid=-3626609864920521297&q=source%3A004309600438005547921&hl=frhttp://fr.truveo.com/18-L%E2%80%99histoire-secr%C3%A8te-du-p%C3%A9trole-Le-temps/id/800341896


5-8 Suite de L'histoire secrète du pétrole E4/8 P3/3

http://www.dailymotion.com/video/x90uxy_lhistoire-secrete-du-petrole-e48-p3_news?from=rss

 

5-9 Les archives oubliées - Le Jeu De L'argent

http://video.google.fr/videoplay?docid=6905682498354316268&ei=S9T9SaW9GJnM2wLu6v2UDQ&q=argent&hl=fr&emb=1

 

5-10 Armée de Terre : Tir de l'obus BONUX

http://www.youtube.com/watch?v=S03uLOZe8zU&eurl=http%3A%2F%2Fwww%2Earmees%2Ecom%2F&feature=player_embedded

http://www.youtube.com/watch?v=S03uLOZe8zU&eurl=http%3A%2F%2Fwww%2Earmees%2Ecom%2F&feature=player_embedded

 

5-11 Tir de CAESAR par le 93° RAM de l'armée de Terre

http://www.youtube.com/watch?v=tVLE1xpcrqA&NR=1

 

5-12 Compil Tir famas flg

http://www.youtube.com/watch?v=chauN53W1tI&NR=1



 

Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

12/06/2009

n° 22- dossiers de PAKISTAN - 10-06 –Début - : Manipulation, propagande : La dystopie Obama, le cauchemar étasunien.

n° 22- dossiers de PAKISTAN - 10-06 –Début - : Manipulation, propagande : La dystopie Obama, le cauchemar étasunien.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de PAKISTAN.  

n° 22- 10-06

 C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

1 Dossiers

1-1 Rachid Zubair : Les USA face aux Talibans : deux poids et deux mesures.

1-2 L’occupation étrangère a pour résultat d’unifier toutes les tribus, toutes les familles, contre les envahisseurs.

1-3 Des « conseillers » américains au Pakistan.

Suite

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Mariam Abou Zahab : "Le dialogue avec les talibans aurait dû être engagé dès 2001".

2-2   1500 personnes réclament l'arrestation des criminels de guerre Bush et Clinton à Toronto.

3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Ron Paul : La politique étrangère américaine continue de correspondre aux vœux des néoconservateurs.

4 Annexe

4-1 Thierry Meyssan : L'Obama Show.

Fin

4-2 Abdulrahman Mansour : Dix rappels préalables au discours du Caire. 4-3 Andrew Hughes : Manipulation, propagande, magie des images et de la communication : La dystopie Obama, le cauchemar étasunien.

4-4 George Monbiot,: SOA, ou l’école du terrorisme à l’américaine. 


Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information 

1-1 Rachid Zubair : Les USA face aux Talibans : deux poids et deux mesures.

Beaucoup de Pakistanais ne comprennent pas le « deux poids, deux mesures » des Usaméricains avec les Talibans. Quand les Usaméricains négocient directement avec eux, c’est légal, mais si le gouvernement pakistanais en fait autant, c’est presque de la trahison.

Hamid Mir, journaliste pakistanais réputé, et collaborateur de GEO, la plus populaire des chaînes privées, a écrit le 23 février 2008 dans le journal Jang :

« Les villas de la famille princière de Swat sont vides et abandonnées, mais Musrat Begum, une veuve appartenant à la famille princière, vit avec son serviteur dans un coin du palais.  Elle héberge des femmes sans abri et dans le besoin. On l’appelle « la mère de Swat. » La charia ne lui fait pas peur. Ma conversation avec elle m’a laissé l’impression qu’elle était favorable aux talibans.  Même chose pour Ghulam Faroog, l’éditeur du journal régional Chamal. Je lui ai demandé pourquoi la population de Swat était en majorité favorable aux Talibans et hostile à l’armée pakistanaise. Les talibans sont issus de la couche opprimée de la population, c’est à dire eux-mêmes. Les riches sont hostiles aux talibans, car ceux-ci font partie de la piétaille. L’étincelle qui a donné naissance à la rébellion contre les riches, qu’on appelle les « khawanines » (les nobles), date des années 70. C’est par crainte des troubles que l’administrateur de l’époque a rattaché Souat au Pakistan.  Cette conversation m’a rappelé le roman, paru en 2003 qu’Ahmed Bachir a écrit sur Swat.  On peut y lire, page 73 : »Les pauvres de Swat sont prêts à combattre jusqu’à la mort. Quand leur lutte commencera, des organisations apparaîtront d’elles-mêmes. »

Ahmed Bachir ignorait que cette organisation aurait pour nom « les talibans ».

J’ai eu l’occasion de voir de mes yeux divers théâtres de combat.  Bien que disposant d’artillerie lourde, de blindés et d’avions de combat, l’armée pakistanaise n’a pu venir à bout des talibans. La seule explication en est que les pauvres du pays étaient derrière les talibans. Les  habitants de Swat en avaient assez d’injustices qui duraient depuis des années, la politique d’agression des Américains a jeté de l’huile sur le feu. Le mélange explosif de colère contre l’injustice et de haine contre les Usaméricains a donné naissance à un mouvement de résistance extrémiste. »
Un exemple de propagande US sur le danger des "Talibans atomiques"

Des agents étrangers camouflés en talibans

Ce qui précède apporte une des réponses possibles à la question des médias US : « Comment se fait-il que 12 000 soldats pakistanais n’ont pu venir à bout de 3000 insurgés ? » On en trouve une autre dans les déclarations du major Athar Abbas, porte-parole de l’armée pakistanaise : « Derrière les troubles dans la vallée de Swat et les zones tribales voisines on trouve des services secrets étrangers qui arment et financent les extrémistes.

Selon le journal Jang, des forces de sécurité pakistanaises ont arrêté dans les zones tribales 200 agents étrangers camouflés en talibans. Beaucoup de Pakistanais se demandent pourquoi on trouve 29 consulats de pays voisins dans la zone frontalière pakistano-afghane. Cela expliquerait aussi le grand nombre d’actes de cruauté imputés aux talibans. Il n’est pas exclu que nombre d’atrocités commises contre les forces de sécurité soient destinées à venger des proches, victimes de l’assaut contre la Mosquée Rouge ou des attaques pakistano-usaméricaines.»

La majorité des Pakistanais ne considèrent pas la prétendue « guerre contre le terrorisme » comme leur guerre, mais comme une guerre usaméricaine par procuration.  Tant que le gouvernement pakistanais sera aux ordres des USA, il n’y aura pas de paix.

Les Usaméricains veulent déstabiliser le Pakistan. Le Pakistan doit être considéré comme un État défaillant, afin de pouvoir réquisitionner son arsenal nucléaire. L’armée US dispose déjà d’une unité spéciale pour cette tâche.

Swat a connu une brève période de paix. Par le passé on a souvent conclu avec les talibans dans différentes zones des accords de paix, anéantis ensuite par des « incidents ».  Maintenant la guerre, là-bas, s’est à nouveau déchaînée. On l’impute aux talibans, mais c’est ce qui se dit dans les cercles gouvernementaux, il n’existe pas de liberté d’information.

En admettant que les talibans soient les coupables, les victimes des opération militaires, elles, restent les membres de la population. L’introduction de la charia était demandée par la population, mais elle souhaitait que ce fût le fait du gouvernement et non des talibans. Le gouvernement  ne voulait pas autoriser les talibans à établir une administration parallèle, mais la simple force des armes  ne suffit pas à l’empêcher. Pour cela il faudrait une stratégie multilatérale et un consensus national, et malheureusement le gouvernement Zardari ne dispose ni de l’un ni de l’autre.

Les médias ont annoncé par exemple que « les talibans étaient aux portes d’Islamabad » ou que  « des armes nucléaires pourraient tomber aux mains des talibans ». C’est une bonne plaisanterie.

Il faut savoir que les talibans ne contrôlent que 3,4% du Pakistan. La population totale des zones tribales ne représente que 2% de la population pakistanaise et tous ne sont pas des talibans. Les  2,5 millions de gens qui peuplent les zones tribales- et ne sont pas tous des talibans- ne peuvent pas contrôler 157 millions de Pakistanais. Les Pakistanais n’accepteraient jamais un Islam tel que le veulent les talibans. Quant aux bombes atomiques, ce ne sont pas des pétards du Jour de l’An qu’on peut emporter dans sa poche. 80 ogives nucléaires nécessitent 70 000 hommes dont quelques milliers de scientifiques.

L’épouvantail taliban n’est qu’un prétexte. Les Usaméricains visent tout autre chose. Une preuve en est que le général Musharaff dans les derniers mois de son gouvernement s’était plaint que l’ISI (services secrets pakistanais, NdT)avait informé les USA des divers lieux où se trouvait Baitullah Mehsud, le chef des talibans, mais que ceux-ci n’avaient entrepris aucune action contre lui.

 Le Ministre de l’Intérieur pakistanais a dit que les extrémistes étaient financés et armés par l’Afghanistan. Mais la question c’est : qui arme et finance les talibans en Afghanistan ?

On ne peut pas être sûr de ce qui les USA trament dans l’ombre. Mais une chose est sûre : c’est toujours la population qui paie l’addition. La force armée ne résoudra jamais les problèmes de cette région.

Rachid Zubair 

Traduit par  Michèle Mialane. Édité par Fausto Giudice

Source : Zeit-Fragen Nr. 21 - US-Regierung will aus Pakistan einen gescheiterten Staat machen
Article original publié le  25/5/2009

Michèle Mialane et Fausto Giudice sont  membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique.

Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, la traductrice, le réviseur et la source.

URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=7733&lg=fr 


1-2 L’occupation étrangère a pour résultat d’unifier toutes les tribus, toutes les familles, contre les envahisseurs, menaçant du même coup la cohésion du Pakistan, et renforçant les tendances les plus extrémistes. Quelle est la solution ? A l’inverse de ce que planifie Obama, c’est le départ des forces étrangères, dont la présence enflamme la région, qui est le préalable à toute amélioration de la situation. Le temps est-il venu - enfin - de comprendre que ce ne seront pas les opérations militaires de contre-insurrection et les bombardements meurtriers sur la population civile qui parviendront à promouvoir les droits de la femme à Kaboul ? Analyse de Graham E. Fuller, ancien responsable de la station Afghane de la CIA.

Par Graham E. Fuller

Malgré tous les discours sur le « smart power », le président Obama suit au Pakistan le même chemin menant à l’échec, qui avait été balisé par George Bush. La réalité impose une révision drastique de la pensée stratégique américaine.

• La force militaire ne permettra pas de prévaloir, que ce soit en Afghanistan ou au Pakistan ; les crises ont empiré avec la présence de l’armée américaine.

• Les talibans sont constitués en grande partie de montagnards islamistes fervents et ignorants. Ce sont également tous des Pachtounes. La plupart des Pachtounes voient les talibans - que cela plaise ou non - comme le principal outil permettant la restauration du pouvoir pachtoune en Afghanistan, perdu en 2001. Les Pachtounes sont aussi l’un des peuples au monde les plus farouchement nationalistes, xénophobes et tribaux, qui ne s’unissent que contre les envahisseurs étrangers. En fin de compte, les talibans sont sans doute plus Pachtounes qu’ils ne sont islamistes.

• Croire possible de sceller de façon étanche la frontière pakistano-afghane relève du fantasme. La « ligne Durand » est une ligne arbitraire tracée par l’empire britannique au coeur des tribus pachtounes des deux côtés de la frontière. Et il y a deux fois plus de Pachtounes au Pakistan qu’il n’y en a en Afghanistan. Le combat des 13 millions de Pachtounes afghans a déjà enflammé les 28 millions de Pachtounes du Pakistan.

• L’Inde est la principale menace géopolitique pour le Pakistan, et non l’Afghanistan. Le Pakistan doit donc toujours faire de l’Afghanistan un État ami. De plus, l’Inde est décidée à prendre pied résolument en Afghanistan - dans les domaines du renseignement, de l’économie et du politique - ce qui donne des frissons à Islamabad.

• Le Pakistan ne rompra donc jamais les liens avec les Pachtounes, ni ne les abandonnera dans les deux pays, qu’il s’agisse de radicaux islamistes ou non. Le Pakistan ne pourra jamais se permettre de voir des Pachtounes hostiles à Islamabad ayant le contrôle à Kaboul, ou sur son territoire.

• Partout, l’occupation crée la haine, comme les États-Unis sont en train de l’apprendre. Pourtant, les Pachtounes sont notablement absent du mouvement jihadiste au niveau international, bien qu’ils soient nombreux à s’être rapidement alliés sur leur territoire avec Al-Qaida pour combattre l’armée américaine.

• Les États-Unis avaient toutes les raisons de frapper en représailles à la présence d’Al-Qaida en Afghanistan, après l’attentat du 11 septembre. Les talibans représentaient un cas d’école de régime brutal et incompétent. Mais les talibans ont abandonné le terrain, plutôt qu’ils n’ont perdu la guerre de 2001, afin de reprendre le combat plus tard. De fait, on peut débattre pour savoir s’il aurait été possible - avec une pression exercée par le Pakistan, l’Iran, l’Arabie saoudite et la quasi-totalité des autres pays musulmans qui considèrent les talibans comme des rustres - de contraindre les talibans d’extrader Al-Qaïda sans recourir à la guerre. Ce débat est en tout cas, maintenant sans objet. Mais les conséquences de cette guerre débilitante sont funestes et elles continuent encore à se propager.

• La situation au Pakistan est passée de mauvaise à pire encore, en conséquence directe de la guerre menée par les États-Unis et qui fait rage sur la frontière afghane. La politique américaine a désormais porté la guerre d’Afghanistan au delà de la frontière avec le Pakistan, par des incursions, des assassinats et des bombardements de drones - c’est une réponse classique lors de l’échec face à une insurrection. Vous souvenez-vous de l’invasion du Cambodge, afin de sauver le Vietnam ?

• Le caractère islamique et tribal profondément enraciné du pouvoir pachtoune dans les Province de la Frontière du Nord-Ouest du Pakistan ne sera pas transformé par l’invasion ou la guerre. C’est une tâche qui requiert probablement plusieurs générations pour que commence à se transformer le caractère social et psychologique qui sont profondément ancrés dans cette région. La guerre provoque une réponse viscérale et atavique.

• Le Pakistan est de fait en train de commencer à se fissurer sous la pression incessante exercée directement par les États-Unis. Les sentiments anti-américains au Pakistan sont très virulents, renforçant le radicalisme islamique et contraignant même les non-islamistes à y adhérer.

Seul le retrait de l’Amérique et de l’OTAN sur le terrain commencera à permettre à ces émotions proche de la frénésie de s’estomper au Pakistan, et à la région de commencer à se refroidir. Le Pakistan est expérimenté en matière de gouvernance et il est très capable de faire face à ses propres islamistes et mouvements tribaux dans des circonstances normales. Jusqu’à récemment, les islamistes pakistanais avaient l’un des plus faibles taux de succès électoral dans le monde musulman.

Mais les politiques américaines ont porté le nationalisme, la xénophobie et l’islamisme à leur paroxysme. Maintenant que Washington exige que le Pakistan se charge de réparer l’échec des politiques américaines en Afghanistan, Islamabad ne parvient plus à gérer sa crise interne.

L’armée pakistanaise est plus que capable de maintenir le pouvoir de l’État contre les milices tribales et de défendre ses propres armes nucléaires. Seule une convulsion nationaliste et révolutionnaire pourrait modifier cette situation - ce dont la plupart des Pakistanais ne veulent pas. Mais Washington peut encore réussir à déstabiliser le Pakistan en poursuivant sa stratégie de ligne dure. Un nouvel épisode de régime militaire - qui n’est pas ce dont le Pakistan a besoin - sera le résultat probable, et même dans ce cas, les politiques fondamentales d’Islamabad ne changeront pas, sauf au niveau cosmétique.

En fin de compte, seuls les islamistes modérés eux-mêmes peuvent l’emporter sur les radicaux dont la principale source de légitimité provient de l’incitation à la résistance populaire contre les envahisseurs extérieurs. Malheureusement, les forces américaines et les islamistes radicaux sont maintenant proches d’un état de co-dépendance.

Il serait encourageant de voir naître une démocratie en Afghanistan. Ou d’assister à une généralisation des droits des femmes et de l’éducation - des domaines où paradoxalement l’occupation soviétique avait plutôt bien réussi. Mais ces changements ne vont pas se produire, même dans une génération, compte tenu de l’histoire de dévastation sociale et économique de ce pays depuis plus de 30 ans.

La menace d’Al-Qaida ne provient plus des grottes de la frontière, mais de ce qu’elle symbolise, et a depuis longtemps diffusé ses métastases à d’autres activistes du monde musulman. Les Pachtounes se battent pour obtenir une plus grande participation au pouvoir en Afghanistan. Mais peu de Pachtounes des deux côtés de la frontière se placeront longtemps dans une perspective radicale de jihadisme international, une fois disparue l’incitation qui naît de la présence américaine. Personne de part et d’autre de la frontière, ne le souhaite réellement.

Ce qui peut être fait doit être en harmonie avec la culture politique. Il faut laisser les non-militaires et les organisations internationales neutres, libre de préoccupations géopolitiques, prendre en charge la guérison des plaies afghanes et la construction des structures de l’État. Si les huit dernières années avaient apporté des succès, peut-être pourrait-on adhérer aux politiques menées par les États-Unis. Mais la situation sur le terrain ne montre qu’une détérioration continuelle, rendant l’issue de plus en sombre. Allons-nous renforcer encore cette même politique ? Ou les États-Unis vont-ils reconnaître que la présence américaine est devenue plus un problème que la solution ? Ce débat n’est pas encore ouvert.

Source : saudigazette.com.sa contreinfo.info 


1-3 Des « conseillers » américains au Pakistan.

L’armée américaine vient de reconnaitre qu’il y aurait environ 70 « conseillers » travaillant clandestinement au Pakistan.
Leur mission ?
Entraîner l’armée Pakistanaise à combattre les Taliban et par là même, Al-Qaida dans les zones tribales.

Ils sont pour la plupart Américains, soldats des Forces spéciales, qui sont là pour former l’armée Pakistanaise et les forces paramilitaires, en leur fournissant des renseignements et des conseils sur les tactiques de combat. Ils ne procèdent pas à des opérations de combat, selon l’armée américaine.
Constitué par un groupe de travail secret, supervisé par le Commandement central des États-Unis et de Commandement des opérations spéciales, les "conseillers" ont commencés l’été dernier, avec le soutien du gouvernement du Pakistan et de l’armée, à éradiquer Al-Qaida et les Taliban qui menacent les opérations des troupes américaines entre l’Afghanistan et le Pakistan, notamment en coupant les voies d’acheminement comme la Passe de Khyber.
Une nouvelle unité de commando Pakistanais a utilisé les informations de la Central Intelligence Agency et d’autres sources, ce qui leur a permis de tuer ou de capturer plus de 60 militants dans les sept derniers mois, dont au moins cinq commandants de haut rang, selon un haut responsable militaire Pakistanais.
Il ya quatre semaines, les commandos ont capturé un militant saoudien lié à Al-Qaïda dans une ville de la Khyber Agency, une des zones tribales qui longent la frontière avec l’Afghanistan, ce qui n’a pas empêché un attentat aujourd’hui.
Pourtant, les principaux commandants des taliban Pakistanais, y compris son chef, Baitullah Mehsud, et son chef de file dans la région de Swat, Maulana Fazlullah, sont toujours en fuite. Les hauts responsables militaires américains restent frustrés d’avoir été incapable de persuader le chef de l’armée pakistanaise, Gen Ashfaq Parvez Kayani, de former l’armée aux techniques de contre-insurrection.

Le général Kayani , qui est en visite à Washington cette semaine à la Maison Blanche pour une réunion sur la politique entre l’Afghanistan et le Pakistan, va certainement demander comment l’armée Pakistanaise peut faire pour éliminer Al-Qaida et les Taliban des zones tribales.
Les responsables américains reconnaissent, suite aux tensions entre le Pakistan et l’Inde après les attentats terroristes perpétrés à Mumbai en novembre dernier, que l’armée Pakistanaise se sente moins disposée à placer son attention sur les menaces d’Al-Qaida et des Taliban.
Les responsables Pakistanais et des États-Unis ont convenu de divulguer certains détails sur les "conseillers militaires américains" ainsi que le partage des renseignements pour aider à dissiper les rancoeurs après les frappes de missiles sur les civils.

Le Pentagone avait déjà organisé une formation avec l’aide d’instructeurs au Pakistan l’année dernière. Plus de la moitié des membres du nouveau groupe de travail sont les conseillers des forces spéciales, les autres sont des médecins, experts en communication et autres spécialistes.
"Le partage des renseignements c’est réellement amélioré au cours des derniers mois", a déclaré Talat Masood, un ancien général de l’armée et d’un analyste militaire. "Les deux parties réalisent qu’il est dans leur intérêt commun."

Par contre, les responsables Pakistanais ont vigoureusement protesté contre les frappes de missiles américains dans les zones tribales, étant pour eux la marque d’une violation de leur souveraineté et ont alors bloqué la principale demande de Washington qui était l’ envoi massif de troupes. Le président Asif Ali Zardari, qui dirige un gouvernement affaibli, tente de faire face à la flambée d’anti-américanisme parmi les Pakistanais qui voient d’un mauvais oeil le rapprochement avec Washington.

Les frappes de missiles américains, qui ont fait des victimes civiles, ont suscité un vif débat parmi les cadres supérieurs du gouvernement Pakistanais et des responsables militaires.

Plus de 30 bombardements ont été menés, par des F-16 vendus par les américains depuis le mois d’août dernier, la plupart d’entre eux après que le président Zardari ait pris ses fonctions en septembre.

"The F-16s are vital to Pakistan’s security as President Musharraf prosecutes the war on terror", pouvait-on lire en 2005.

Mais c’est Asif Ali Zardari, le veuf de l’ex-Premier ministre Benazir Bhutto en fait maintenant usage.
Source Eric SCHMITT NYT.

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/des-conseillers-americains-au-56350


n° 22- dossiers de PAKISTAN - 10-06 Suite- : Manipulation, propagande : La dystopie Obama, le cauchemar étasunien.

n° 22- dossiers de PAKISTAN - 10-06 Suite- : Manipulation, propagande : La dystopie Obama, le cauchemar étasunien.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de PAKISTAN.  

n° 22- 10-06

 C.De Broeder & M.Lemaire



 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 


Sommaire :  

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Mariam Abou Zahab : "Le dialogue avec les talibans aurait dû être engagé dès 2001".

2-2   1500 personnes réclament l'arrestation des criminels de guerre Bush et Clinton à Toronto.

3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Ron Paul : La politique étrangère américaine continue de correspondre aux vœux des néoconservateurs.

4 Annexe

4-1 Thierry Meyssan : L'Obama Show.. 

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Mariam Abou Zahab : "Le dialogue avec les talibans aurait dû être engagé dès 2001".

Dans un chat sur LeMonde.fr, Mariam Abou Zahab, chercheuse associée au CERI-Sciences Po,  fait le point sur la lutte contre les talibans en Afghanistan et au Pakistan.

NB Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

Chat modéré par Antonin Sabot

placedesfetes : Connaît-on l'état des forces talibanes ?

Mariam Abou Zahab : Le terme de taliban recouvre des réalités très diverses. En Afghanistan, les "néotalibans", comme certains les appellent, sont bien différents des talibans historiques. On met sous ce terme des islamo-nationalistes dans le sud de l'Afghanistan, qui ont des objectifs très locaux. Dans l'est de l'Afghanistan, on trouve des groupes très organisés et transnationaux, comme le Hezb-e-Islami d'Hekmatyar, et les réseaux haqqani par exemple.

Au Pakistan aussi, le terme taliban est utilisé pour désigner des groupes dont les objectifs sont très divers. Le mouvement des talibans du Pakistan, dirigé par Baitullah Mehsud, n'est pas homogène ni strictement hiérarchisé. Les groupes qui en font partie sont divisés par des luttes de personnes, de factions. Des bandes de délinquants se livrent à leurs activités en toute impunité en se protégeant derrière le nom de taliban. On ne peut, dans cette région du monde, jamais généraliser.

bob : Les talibans sont-ils plus influents au Pakistan ou en Afghanistan ?

Mariam Abou Zahab : Il est très difficile de répondre à cette question. La réalité est trop diverse. Cela ne se joue pas en termes d'influence plus ou moins grande.

bernard : En cas de victoire au Pakistan, quel est le programme des talibans ?

Mariam Abou Zahab : La question ne se pose même pas, parce que les talibans pakistanais sont un mouvement périphérique, en marge de la société et de l'Etat.

teo : Si les forces pakistanaises reprennent le contrôle du pays, pourront-elles le reconstruire et faire revenir les déplacés ?

Mariam Abou Zahab : C'est vraiment toute la question. L'armée pakistanaise semble cette fois plus motivée et décidée à mener l'opération militaire à son terme. Parce que cette fois, les partis politiques ont presque tous apporté leur soutien à cette opération, ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent. Toutefois, les déplacés sont sceptiques quant à la réussite de l'opération. Ils craignent que, comme cela s'est déjà produit par le passé, les talibans ne se soient réfugiés dans les montagnes – ils connaissent le terrain beaucoup mieux que l'armée – et qu'une fois l'armée retirée les militants reviennent. La situation serait alors pire qu'avant l'opération militaire.

Par ailleurs, la population déplacée en veut beaucoup à l'armée, qu'elle accuse d'avoir détruit les maisons, tué des civils et, de plus, les déplacés de Swat ont dû fuir au moment des récoltes, ce qui va poser de graves problèmes dans les mois à venir. Problèmes en termes de denrées alimentaires et autres.

Pour l'instant, il n'est pas possible d'aller dans la vallée de Swat, donc les seules informations dont on dispose sont celles fournies par l'armée. Et on ne connaît par conséquent pas le nombre de pertes du côté taliban.

Mathieu : Une extension de la mission militaire de l'OTAN est-elle possible au- delà des frontières de l'Afghanistan avec l'aval du Pakistan pour combattre plus efficacement les insurgés ?

Mariam Abou Zahab : C'est totalement hors de question. L'OTAN ne l'envisage même pas. Le Pakistan est un Etat souverain, et ce serait totalement contre-productif et aucun gouvernement pakistanais ne pourrait l'accepter. La population encore moins.

thomas : La stratégie de "séduction" des chefs de village en Afghanistan par les Américains peut-elle aboutir ?

Mariam Abou Zahab : Non. L'Afghanistan n'est pas l'Irak. Le modèle Al-Anbar (province d'Irak) ne peut pas être reproduit en Afghanistan parce que la structure tribale est extrêmement différente, et parce que payer et armer des notables locaux ou des seigneurs de la guerre ne pourrait que relancer une guerre civile en Afghanistan.

domino08 : Quelle est la meilleure méthode pour combattre les talibans ? Le dialogue ou la confrontation armée ?

Mariam Abou Zahab : Un mélange des deux. Le dialogue aurait dû être engagé en Afghanistan dès 2001. On a commis l'erreur de marginaliser tous les Pachtounes en Afghanistan. Il faut réintégrer les Pachtouns dans le jeu politique afghan, et négocier tout en maintenant une pression militaire. Mais tout le monde est maintenant d'accord pour dire que la solution n'est pas militaire. Et cela, les observateurs de l'Afghanistan le savaient dès 2001. Beaucoup de temps et d'occasions ont été perdus, et il est peut-être trop tard.

Nico : Les services secrets pakistanais (ISI), considérés comme un Etat dans l'Etat, sont très militarisés et très puissants. Quels est leur rôle dans ce conflit exactement ?

Mariam Abou Zahab : Les services de renseignement de l'armée pakistanaise sont fortement militarisés, puisqu'ils font partie de l'armée pakistanaise. Ils sont la cible des talibans, comme en témoignent les attentats ciblés récents à Lahore, entre autres. Mais ils ne sont pas un Etat dans l'Etat, ils font partie de l'armée.

Ils ont entretenu des relations ambiguës avec les talibans afghans après 2001, pour des raisons liées à ce que l'armée pakistanaise considère comme les intérêts stratégiques régionaux du Pakistan. Mais il faut dire qu'actuellement, au Pakistan, les groupes militants ont totalement échappé au contrôle tant des services de renseignement, qui les ont parfois soutenus, que de leurs aînés. Ils sont devenus incontrôlables.

cerrumios : Sait-on si le mouvement taliban a des ramifications en Europe ? Quel en est le risque sur le continent ?

Mariam Abou Zahab : Les talibans afghans sont un mouvement purement afghan, avec un agenda très local. Aucun Afghan n'a jamais mené d'opération en Europe ni en Amérique du Nord.

Aurelien : Les populations pakistanaise et afghane ne risquent-elles pas, suite aux diverses opérations militaires, de soutenir un peu plus chaque jour les talibans ?

Mariam Abou Zahab : En Afghanistan, les "bavures" des forces de la coalition renforcent le soutien aux talibans. Et l'envoi de troupes supplémentaires dans le sud de l'Afghanistan ne fera qu'accentuer cette tendance. Au Pakistan, les 2,5 millions de déplacés en veulent autant à l'armée qu'aux talibans. Mais beaucoup disent que les talibans ne s'en prenaient pas aux pauvres, alors que l'armée a tout détruit.

LEMONDE.FR | 29.05.09

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2009/05/29/le-dialogue-avec-les-talibans-aurait-du-etre-engage-des-2001_1199559_3216.html#xtor=RSS-32081


2-2   1500 personnes réclament l'arrestation des criminels de guerre Bush et Clinton à Toronto.

Plus de 1 500 personnes ont manifesté devant le Centre des Congrès du Toronto métropolitain le 29 mai pour dénoncer la présence des présidents Bush et Clinton à une conférence sélecte et pour exiger leur arrestation en tant que criminels de guerre.

Alors que Bush et Clinton s'adressaient aux riches participants à l'événement à l'intérieur, dans la rue les gens scandaient : « George Bush, criminel de guerre ! », « Emprisonnez George Bush », « Bill Clinton, criminel de guerre », « Stephen Harper, criminel de guerre » et « Renvoyez Bush chez lui, laisser les résistants de guerre rester ! » pendant plus de trois heures durant les heures de pointe au centre-ville.

Les nombreuses pancartes condamnant Bush comme criminel de guerre étaient visibles partout et il y avait une grande bannière suspendue portant le portrait de George Bush en uniforme de prisonnier. Avant le départ de la manifestation, les participants ont été invités à lancer des chaussures à la tête de Bush comme l'a fait le journaliste irakien Muntadar al-Zaidi, arrêté et condamné à trois ans de prison pour avoir lancé son soulier à Bush en signe de colère face aux crimes commis contre le peuple irakien.

Les manifestants ont exprimé la demande du peuple canadien que le Canada défende la primauté du droit international et s'acquitte de son devoir en tant que membre de la communauté des nations en traduisant les criminels de guerre en justice, quels qu'ils soient.

Rolf Gerstenberger, président de la section local 1005 du syndicat des Métallos, était un des nombreux intervenants à la manifestation. Il a dit que cette action était très importante parce que la communauté internationale a déclaré que le crime suprême contre l'humanité est celui de la guerre d'agression contre un pays souverain, un crime contre la paix. Il a dit que les travailleurs et le peuple du Canada ne toléreront pas que le gouvernement canadien et les riches laissent des criminels de guerre comme Bush et Clinton se promener librement au Canada et essayer de justifier leurs crimes auprès du public canadien et du public international.

Khaled Mouammar de la Fédération canado-arabe a parlé des millions de personnes qui ont été tuées ou déplacées en Afghanistan et en Iran sous le régime Bush, et des plus d'un million d'Irakiens qui sont morts à cause des sanctions économiques de l'administration Clinton. Il y a là suffisamment de preuve pour inculper Bush et Clinton de crimes contre l'humanité, a-t-il dit. Lui et d'autres intervenants ont condamné le gouvernement Harper pour avoir permis à ces criminels de guerre de venir au Canada alors qu'il a refusé l'entrée à l'activiste anti-guerre George Galloway et qu'il a expulsé des résistants américains qui ont refusé de participer à une guerre immorale en Irak, une guerre justifiée par le mensonge.

L'activiste autochtone Decajeweiah (Splitting the Sky) a raconté sa tentative de faire une arrestation de simple citoyen lorsque Bush était à Calgary en mars dernier. Il avait formellement demandé à la GRC de mettre Bush en état d'arrestation dès son arrivée au Canada aux termes de la loi canadienne sur les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité. Voyant que les autorité n'allaient rien faire, il a décidé d'aller l'arrêter lui-même. Mais au lieu de le laisser exercer son droit de faire une arrestation de citoyen, les policiers l'ont arrêté et c'est lui qui doit maintenant répondre à des accusations. Son procès n'aura pas lieu avant mars 2010. Decajeweiah a fait remarquer que lorsque l'État canadien refuse d'arrêter des criminels de guerre comme Bush et Clinton, c'est le peuple qui doit prendre les choses en main et défendre le droit international.

À la conclusion de la manifestation, la foule a scandé : « Arrêtez Bush », « Arrêtez Clinton » et « Faites votre travail » face aux nombreux policiers déployés derrière les barricades dressées pour protéger les criminels de guerre de la colère du peuple.

http://www.cpcml.ca/francais/Lmlq2009/Q39106.htm#1 



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

3-1 Ron Paul : La politique étrangère américaine continue de correspondre aux vœux des néoconservateurs.

Extraits

Interview du député républicain au Congrès Ron Paul sur la faillite imminente du pays et une guerre probable contre l’Iran par Jihan Hafiz

Press TV: Nous sommes heureux que vous nous accordiez une interview. Que pensez-vous de la situation en Afghanistan?

Que pensez-vous de la situation en Afghanistan?

Ron Paul: Les attaques vont continuer. Cette semaine, il  y a les incursions au Pakistan où des innocents sont tués, mais tout le monde prétend que ce n’est pas une affaire. Or c’est important, cela ne fait que radicaliser les marges.
Je ne crois pas que le gouvernement pa­kistanais soit assez stupide pour dire: faisons la guerre à l’Inde. Mais je crois que peu importe la société ou le pays. Il y a toujours un groupe qui peut être radicalisé s’il est motivé. On tue de plus en plus de monde, des ­innocents, des civils, en prétendant qu’il s’agit de terroristes. Mais comment le sait-on? Les a‑t‑on capturés et jugés?
Je pense que cette évolution est très mauvaise et je la condamne, dans notre propre intérêt. Je pense que c’est mauvais pour l’Amérique. Plus cela continuera, plus ce sera coûteux financièrement et en vies ­sacrifiées et plus nous nous exposerons à une attaque terroriste en Amérique.
Vous savez, là-bas, nous sommes des cibles faciles mais ils sont capables de venir nous attaquer ici. Je ne crois pas que les terroristes n’aient pas de motivations. Nous devrions nous demander davantage quelle est l’origine de leurs motivations.

Pensez-vous qu’il y aura davantage d’attaques aériennes d’un territoire souverain, au Pakistan?

Ron Paul: Je pense qu’Obama continuera. En effet, je crois que la politique étrangère est contrôlée en dehors des partis politiques. Je crois que ces derniers n’ont pas grand-chose à dire à ce sujet. Je crois donc que ces attaques vont se poursuivre...

 La désinformation est très importante et l’on réagit de manière affective. Mais malheureusement, les Américains n’aiment pas les considérations générales. D’une certaine manière, le candidat qui se déclare en faveur de la paix part gagnant.

Ainsi, Obama était un candidat de paix. Il voulait moins d’interventionnisme. Mais à vrai dire, c’était sans importance.
Je pense que nos politiques sont verrouillées. Le salut pourrait provenir du fait que la faillite de notre pays nous obligera à quitter l’Afghanistan, comme les Soviétiques ont dû le faire en raison du manque d’argent et de l’échec du système. Notre système pourrait s’écrouler et ce pourrait être une bénédiction déguisée.

Source: www.presstv.com/detail.aspx?id=79644&sectionid=3510302
(Traduction Horizons et débats)



4 Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

4-1 Thierry Meyssan : L'Obama Show.

Obama et les arrières-pensées de la main tendue aux musulmans.

Le président des États-Unis a tendu la main aux musulmans lors d’un discours très médiatisé à l'Université Al-Azhar (le Caire), le 4 juin 2009 .

Il entendait ainsi tourner la désastreuse page de la « croisade » bushienne au Grand Moyen-Orient. Toutefois, dans cet exercice de relations publiques, les envolées lyriques ont remplacé les clarifications nécessaires, tandis qu’apparaissaient les nouveaux appétits de Washington.

Le discours que le président Obama a prononcé le 4 juin au Caire [1] a été présenté à l’avance par les services de communication de la Maison-Blanche comme « fondateur d’une nouvelle ère ». Il a fait l’objet d’une intense campagne promotionnelle qui s’est conclue par un mail adressé par David Axelrod aux dizaines de millions d’abonnés de la liste de la Maison-Blanche [2]. Le conseiller en image de Barack Obama y invite les États-uniens à visionner la vidéo du discours qui, selon lui, marque un nouveau départ dans les relations de l’Amérique avec le monde musulman [3]. On l’a bien compris, ce discours s’adresse tout autant, sinon plus, aux électeurs US qu’aux musulmans.

Son message principal peut être résumé ainsi : les États-Unis ne considèrent plus l’islam comme l’ennemi et souhaitent établir des relations d’intérêt mutuel avec les États musulmans. Ce message doit être pris pour ce qu’il est : un slogan de relations publiques.

Examinons point par point ce discours.

Préambule : aimez-nous !

Dans une longue introduction, l’orateur a développé son message principal de main tendue.

Barack Hussein Obama a justifié la rupture avec son prédécesseur par sa propre personnalité. Il a offert un moment d’émotion à son auditoire, comme on les aime dans les films hollywoodiens. Il a raconté son père musulman, son adolescence en Indonésie —pays musulman le plus peuplé du monde—, et son travail social à Chicago auprès de populations noires musulmanes.
Ainsi, après nous avoir fait croire que la politique extérieure des États-Unis était fondée sur la couleur de peau de son président, on veut nous convaincre qu’elle reflète son parcours individuel. Pourtant personne ne pense que M. Obama est un autocrate en mesure d’imposer ses états d’âme. Chacun est conscient que la politique de Washington est le fruit d’un difficile consensus entre ses élites. En l’occurrence, le changement de rhétorique est imposé par une succession d’échecs militaires en Palestine, au Liban, en Irak et en Afghanistan. Les États-Unis ne considèrent plus les peuples musulmans comme leur ennemi parce qu’ils ne sont pas parvenus à les écraser.
Ce réalisme avait conduit en 2006 à la révolte des généraux autour de Brent Scowcroft, déplorant la colonisation ratée de l’Irak et mettant en garde contre un désastre militaire face à l’Iran. Il s’était poursuivi avec la Commission Baker-Hamilton appelant à négocier avec la Syrie et l’Iran pour sortir la tête haute du fiasco irakien. Ce réalisme avait contraint le président Bush à limoger Donald Rumsfeld et à le remplacer par Robert Gates, le fils spirituel de Scowcroft et membre de la Commission Baker-Hamilton. Ce réalisme s’était incarné dans la publication du rapport des agences de renseignement attestant l’inexistence d’un programme nucléaire militaire iranien et détruisant ainsi toute justification possible d’une guerre contre l’Iran.

Toujours à propos du grand amour retrouvé, le président Obama s’est présenté comme féru d’histoire et a égrené les apports de la civilisation musulmane au monde. Dans les films hollywoodiens, il y a toujours une séquence sur la diversité culturelle qui nous enrichis. Cependant le scénario misait sur l’affligeante ignorance du public US. M. Obama et son équipe ont réduit l’apport des peuples aujourd’hui musulmans aux inventions postérieures à leur islamisation. N’ont-ils rien créé avant ?
En choisissant de réduire l’histoire des peuples musulmans à leur seule période islamique, Barack Obama a nié quelques millénaires de civilisation et a repris à son compte la rhétorique des islamistes les plus obscurantistes. Nous allons voir qu’il ne s’agit pas là d’une erreur, mais d’un choix stratégique.

Enfin, le président Obama a abattu sa carte principale en appelant ses auditeurs à repenser leur image des États-Unis. « Nous sommes façonnés par chaque culture, issus des quatre coins du monde et acquis à un concept simple : E pluribus unum : « De plusieurs peuples, un seul » », a-t-il déclaré. Cette devise, qui devait exprimer l’unité des colonies nouvellement indépendantes d’Amérique, devient aujourd’hui celle de l’Empire globalisé. Nous seulement les États-unis ne considèrent plus les peuples musulmans comme des ennemis, mais ils entendent les intégrer dans l’Empire global.
C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’establishment washingtonien a soutenu la candidature de Barack Hussein Obama. Le prénom musulman du président, comme sa couleur de peau, sont des arguments pour convaincre les peuples de l’Empire que le pouvoir qui les domine leur ressemble. Lorsqu’elle avait étendu son empire, la Rome antique avait fait de même en choisissant ses empereurs dans des contrées lointaines, tel Philippe l’Arabe [4]. La sauvagerie des légions n’en avait pas été changée.

1- La guerre globale au terrorisme

Après ce sirupeux morceau de violon, le président Obama s’est attaché à recoler son introduction avec la « guerre globale au terrorisme ». Il a donc établi une distinction entre l’islam, qui n’est pas mauvais comme le pensaient Bush et Cheney mais bon, et les extrémistes qui s’en réclament à tort, qui restent eux toujours mauvais. La pensée reste manichéenne, mais le curseur s’est déplacé.
Le problème, c’est que depuis huit ans, Washington s’efforce de construire un adversaire à sa taille. Après l’URSS, c’était l’islam. A contrario, si ni les communistes, ni les musulmans ne sont les ennemis, contre qui les États-Unis sont-ils en guerre ? Réponse : « Al-Qaïda a choisi de les tuer sans merci, de revendiquer les attentats et il réaffirme aujourd’hui encore sa détermination à commettre d’autres meurtres à une échelle massive. Ce réseau a des membres dans de nombreux pays et il essaie d’élargir son rayon d’action. Il ne s’agit pas là d’opinions à débattre - ce sont des faits à combattre ». Et bien non, Monsieur le président, ce ne sont pas là des faits avérés, mais des imputations qui doivent être débattues [5].
Barack Obama continue : « Nous ne demanderions pas mieux que de rapatrier tous nos soldats, jusqu’au dernier, si nous avions l’assurance que l’Afghanistan et maintenant le Pakistan n’abritaient pas d’éléments extrémistes déterminés à tuer le plus grand nombre possible d’Américains. Mais ce n’est pas encore le cas. »
À ce stade, le président apparaît enfermé dans un cercle vicieux. Il explique que les ennemis ne sont pas les musulmans en général, mais une poignée d’individus non représentatifs, puis il affirme que cette poignée d’individu doit être combattue en livrant des guerres contre des peuples musulmans. C’est tout le problème : Washington voudrait être l’ami des musulmans, mais a besoin d’un ennemi pour justifier ses actions miliaires, et pour le moment, il n’a pas trouvé de bouc-émissaire de remplacement.

2- Le conflit israélo-arabe

Barack Obama a abordé la question de la Palestine de manière beaucoup plus large que ses prédécesseurs en y reconnaissant non pas seulement un conflit israélo-palestinien, mais israélo-arabe. Mais il n’a pas précisé en quoi, à ses yeux, les États arabes sont concernés. Il a prêché avec autorité pour la « solution à deux États », mais en éludant la fâcheuse question de la nature de ces deux États. S’agit-il de deux États souverains et démocratiques au sens réel du terme, ou d’un État pour les juifs et d’un autre pour les Palestiniens comme le revendique la « gauche » israélienne, ce qui implique un nettoyage ethnique et l’institutionnalisation complète de l’apartheid ? [6]

Plutôt que de lever les incertitudes, le président Obama a préféré offrir à son auditoire une nouvelle « séquence émotion » avec lequel il a partagé sa compassion face aux souffrances des Palestiniens. Ce fut certainement le moment le plus abject de son discours : l’appel aux bons sentiments des victimes pour couvrir les crimes des bourreaux.
Il a déclaré : « Les Palestiniens doivent renoncer à la violence. La résistance sous forme de violence et de massacre n’aboutira pas. Les Noirs en Amérique ont souffert du fouet quand ils étaient esclaves et de l’humiliation de la ségrégation. Mais ce ne fut pas la violence qui leur a finalement permis d’obtenir l’égalité des droits dans son intégrité. Ce fut la persévérance ferme et pacifique pour les idéaux au cœur même de la création de l’Amérique. Cette même histoire peut être racontée par des peuples de l’Afrique du Sud à l’Asie du Sud ; de l’Europe de l’Est à l’Indonésie. C’est une histoire avec une simple vérité : la violence ne mène nulle part. Lancer des roquettes contre des enfants israéliens endormis ou tuer des vieilles femmes dans un autobus, n’est pas un signe de courage ni de force. » Barack Obama caricature la Résistance palestinienne dans les termes de la propagande sioniste : des roquettes lancées contre des enfants endormis et des vieilles femmes tuées dans un autobus. Il reconnaît que leurs terres et leurs maisons sont occupées, mais il leur interdit de vouloir les reprendre par la force aux civils qui les occupent. Il reproche aux Palestiniens de ne pas utiliser des missiles guidés pour atteindre des cibles militaires et de se contenter de roquettes artisanales qui tombent à l’aveuglette.
Le pire est ailleurs. Le président Obama se mue en donneur de leçons. Il demande aux victimes de renoncer à la violence et leur conseille de prendre exemple sur le mouvement des noirs états-uniens pour les droits civiques. Au demeurant, ce n’est pas en convertissant les blancs que King a obtenu des résultats, mais en prenant l’opinion publique internationale à témoin. Le président Johnson s’est alors trouvé contraint de céder pour faire bonne figure face à l’URSS. Après avoir reçu le Prix Nobel de la paix, Martin Luther King a continué la lutte en affirmant que son but n’était pas de permettre aux noirs de servir à égalité avec les blancs dans l’armée pour tuer les Vietnamiens aspirant à la liberté. C’’est après son sermon de Ryverside que Johnson lui ferma la porte de la Maison-Blanche et que les chefs du FBI décidèrent de le faire assassiner. À n’en pas douter, s’il était encore vivant, il dirait aujourd’hui que son but n’est pas de permettre à un noir d’accéder au Bureau ovale pour tuer des Irakiens ou des Pakistanais aspirant à la liberté.

3- La dénucléarisation

Évoquant les relations difficiles avec l’Iran, le président Obama a choisi de sortir par le haut de la polémique sur l’arme nucléaire. Après avoir reconnu le droit de l’Iran à se doter d’une industrie nucléaire civile, et admis que ni les États-Unis ni aucune autre puissance n’ont l’autorité morale pour autoriser ou interdire un État à posséder la bombe, il s’est prononcé pour un désarmement nucléaire global, impliquant aussi implicitement Israël.

On sait que le Pentagone n’a plus les moyens financiers nécessaire pour entretenir la course aux armements nucléaires et négocie à ce sujet avec la Russie et la Chine. Ceci ne doit pas être interprété comme un élan pacifiste, le Pentagone menant simultanément des recherches sur les armes atomiques miniaturisées (exclues du Traité de non-prolifération) et renforçant ses alliances militaires, dont l’OTAN.

4- La démocratie

Le président Obama a déploré que son prédécesseur ait cru possible d’exporter la démocratie en Irak par la force, puis il s’est livré à un éloge du gouvernement du peuple par le peuple, et de l’état de droit. La chose était plaisante pour ceux qui se souviennent que la Constitution des États-unis ne reconnaît pas la souveraineté populaire, et qu’en 2000, la Cour suprême a pu proclamer George W. Bush élu avant que le scrutin de Floride ne soit dépouillé. Elle avait l’air d’une farce venant d’un politicien retors qui vient de confirmer la suspension des libertés fondamentales par le Patriot Act, notamment la suspension de l’habeas corpus qu’il décrivait il y a peu comme le socle de la Justice. Elle paraissait cruelle aux Égyptiens qui n’avaient pas eu le privilège de faire partie des 3 000 invités. Lorsque Obama déclara « Il faut conserver le pouvoir par le consentement du peuple et non la coercition », il pensaient au président Moubarak, inamovible depuis vingt-huit ans. Lorsque Obama poursuivit « Il faut respecter les droits des minorités et participer, dans un esprit de tolérance et de compromis », ils pensaient aux éleveurs coptes dont on vient d’abattre les bêtes.

Pour éviter que ce passage ne soit perturbé par des fous-rires nerveux, une voix anonyme cria dans la salle : « Barack Obama, on vous aime ! ». Il ne manquait qu’une petite fille avec un bouquet de fleurs à la main.

5- La liberté religieuse

Barack Hussein Obama fut particulièrement à l’aise sur le chapitre de la liberté religieuse. C’est qu’il s’agit-là d’un slogan bien rôdé. Depuis deux ans, Madeleine Albright prépare ce moment. Elle a observé que la résistance à l’impérialisme états-unien est souvent structurée par des groupes religieux, comme le Hezbollah au Liban ou le Hamas en Palestine. Elle en a donc conclu que les États-unis ne doivent plus laisser ce champ sans surveillance, et même qu’ils doivent l’investir en totalité. Dans un ouvrage consacré à ce sujet, elle préconise de faire de Washington le protecteur de toutes les religions [7]. C’est dans cette optique que le président Obama a évoqué les minorités chrétiennes, Coptes et Maronites, puis à appelé à la réconciliation au sein de l’islam des sunnites et des chiites. C’est aussi dans cette optique qu’il avait négligé l’histoire pré-islamique des peuples musulmans.

6- Les droits des femmes

Avec délectation, Barack Hussein Obama s’est offert le luxe de rappeler que son pays garanti aux femmes musulmanes le droit de porter le hijab, tandis que Nicolas Sarkozy l’a fait interdire dans les écoles françaises à l’époque où il se voulait plus néo-conservateur que Bush [8]. Et pendant qu’il parlait, le site internet de la Maison-Blanche affichait un article spécial attestant de la jurisprudence américaine.

Avec habileté, il a rappelé que les États musulmans étaient parfois en avance en matière de droits des femmes. « En Turquie, au Pakistan, au Bangladesh et en Indonésie, nous avons vu des pays à majorité musulmane élire une femme à leur tête, tandis que la lutte pour l’égalité des femmes continue dans beaucoup d’aspects de la vie américaine, et dans les pays du monde entier. »

7- Le développement économique

Gardée pour la fin, la question du développement économique était la plus aboutie. Habituellement les grandes puissances échangent une aide immédiate contre des avantages disproportionnés à long terme. L’aide au développement est alors le cheval de Troie du pillage des ressources. Cependant, durant la campagne électorale, un accord bi-partisan a été conclu sur la réorientation de la politique extérieure US. L’idée principale, exprimée par la Commission Armitage-Nye, est de conquérir les cœurs et les esprits en offrant des services qui transforment la vie des gens sans coûter grand chose [9]. Hillary Clinton y a fait explicitement référence lors de l’audition sénatoriale pour sa confirmation au secrétariat d’État.

Arborant le sourire du Père Noël, Barack Obama récita un catalogue de promesses enchanteresses. Il continua : « Nous nommerons de nouveaux émissaires pour les sciences chargés de collaborer à des programmes qui mettront au point de nouvelles sources d’énergie, créeront des emplois verts, numériseront les registres et archives, purifieront l’eau et produiront de nouvelles cultures. Dans le domaine de la santé au niveau mondial, j’annonce aujourd’hui une nouvelle initiative avec l’Organisation de la conférence islamique pour éradiquer la polio et nous intensifierons nos partenariats avec des communautés musulmanes pour améliorer la santé maternelle et infantile. » Cela n’était pas sans rappeler les engagements du Sommet du Millénaire, lorsque le président Bill Clinton annonçait la fin imminente de la pauvreté et de la maladie.

Le président des États-unis conclu ce discours fleuve en citant le Coran, le Talmud et les Évangiles. Leur message se résumerait au fait que « Les habitants du monde peuvent cohabiter en paix. Nous savons que telle est la vision de Dieu. C’est maintenant notre tâche sur cette Terre ». Cette triple référence était peut-être imposée par le lieu, la plus prestigieuse des universités islamiques. Il se peut aussi qu’elle traduise un certain désarroi. En pleine récession économique, les États-unis n’ont plus les moyens de maintenir leur pression sur les champs pétroliers du Grand Moyen-Orient —à plus forte raison, ils n’ont pas les moyens de réaliser les promesses du jour—. Cependant, ils espèrent se reconstituer prochainement leur puissance. Dans la phase actuelle, ils doivent donc geler toute évolution régionale qui ne pourrait être qu’à leur désavantage. Ils craignent notamment l’extension de l’influence turque et iranienne et l’irruption de la Russie et de la Chine dans la région. Définir la paix en termes religieux et non politiques, c’est toujours gagner du temps.

Thierry Meyssan

 [1] « Discours de Barack Obama à l’université Al-Azhar du Caire », Réseau Voltaire, 4 juin 2009.

[2] « A New Beginning - Watch the President’s Speech », par David Axelrod, 4 juin 2009.

[3] Vidéo disponible sur le site de la Maison-Blanche.

[4] Philippe l’Arabe était Syrien. Il fut empereur de Rome de 244 à 249.

[5] Le secrétaire d’État Colin Powell s’était engagé à présenter un rapport sur les attentats du 11 septembre 2001 à l’Assemblée générale des Nations-unies établissant qu’ils avaient été victimes d’une agression extérieure. Ce document n’a jamais été produit. Les seules informations connues ont été délivrées par les autorités US lesquelles ont pourtant accusé l’Afghanistan, puis l’Irak et invoqué la légitime défense pour les attaquer. Voir L’Effroyable imposture par Thierry Meyssan, 2002, réédition Demi-lune 2007.

[6] « La "solution à deux États" sera bien celle de l’apartheid », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 13 janvier 2008. Le lecteur trouvera en bas de page la copie du document préparatoire de la conférence d’Annapolis surchargé à la main par Barack Obama. Il y définit « Israël comme patrie du peuple juif et la Palestine comme patrie du peuple palestinien ».

[7] The Mighty and the Almighty : Reflections on Faith, God and World Affairs, par Madeleine Albright, Pan Books, 2007, 324 pp. On appréciera le jeu de mots anglais : "Le puissant et le tout-puissant" désignent le président US et Dieu. Version française : Dieu, l’Amérique et le monde, Salvator, 2008, 369 pp.

[8] « Nicolas Sarkozy agite le voile islamique », Réseau Voltaire, 19 janvier 2004.

[9] « Washington décrète un an de trêve globale », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 3 décembre 2007.

Thierry Meyssan, analyste politique, fondateur du Réseau Voltaire.

vendredi 5 juin 2009

Dernier ouvrage paru : L’Effroyable imposture 2 (le remodelage du Proche-Orient et la guerre israélienne contre le Liban).

Source : /font>Réseau Voltaire
http://www.voltairenet.org/...




n° 22- dossiers de PAKISTAN - 10-06- Fin- : Manipulation, propagande : La dystopie Obama, le cauchemar étasunien.

n° 22- dossiers de PAKISTAN - 10-06-  Fin- : Manipulation, propagande : La dystopie Obama, le cauchemar étasunien.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de PAKISTAN.  

n° 22- 10-06

 C.De Broeder & M.Lemaire



 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 


Sommaire :  

4 Annexe (fin)

4-2 Abdulrahman Mansour : Dix rappels préalables au discours du Caire. 4-3 Andrew Hughes : Manipulation, propagande, magie des images et de la communication : La dystopie Obama, le cauchemar étasunien.

4-4 George Monbiot,: SOA, ou l’école du terrorisme à l’américaine. 


4-2 Abdulrahman Mansour : Dix rappels préalables au discours du Caire

Un nouveau départ entre les musulmans et les Etats-Unis

« Votre choix du Caire comme lieu de votre discours au monde arabe et islamique a choqué de nombreux observateurs au Moyen-Orient », écrit Abdul Rahman Mansur

Dans son adresse au monde arabe et islamique Obama ira-t-il au -delà de simples gesticulations ?

Ou sur le fond ne fera-t-il que confirmer le cours pro-israélien de son administration ?

Alors que l’Egypte souffre d’un système politique qui a recours à une répression systématique pour supprimer toute opposition politique, votre choix a été considéré comme un cadeau venant du président nouvellement élu qui semble avoir oublié son propre avertissement lancés aux leaders mondiaux le 20 janvier au moment de la cérémonie d’intronisation : « Pour ceux qui s’accrochent au pouvoir par la corruption et autres abus, à ceux qui font taire les voix discordantes je dis : vous devriez savoir que vous êtes du mauvais côté de l’Histoire, mais nous sommes disposés à tendre nos mains vers sous si vous êtes disposés à changer. »

Choisir l’Egypte, domicile du plus grand mouvement islamique dans le Moyen-Orient, comme lieu de rendez-vous pour s’adresser au monde arabe et islamique, peut se justifier par l’influence culturelle, politique et religieuse du pays dans la région. Mais il y a des doutes sur le fait que le discours du 4 juin ne soit pas qu’un autre épisode de votre série de discours de propagande depuis votre cérémonie d’investiture comme président des États-Unis.

La décision de votre administration de reconduire les sanctions à l’encontre de la Syrie est contraire à vos promesses faites lors d’entretiens avec des puissances régionales du Moyen-Orient, et la faible réponse de votre gouvernement aux menaces d’Israël d’attaquer l’Iran met encore plus en évidence que les tenants d’une ligne intransigeante ont encore la main haute à Washington. D’ailleurs, la décision prise il y a quelques jours de maintenir les tribunaux militaires à Guantanamo, a justifié les frustrations et les doutes de beaucoup quant aux ambitieuses promesses venant d’un président qui fait face à de grands défis.

Il est juste d’affirmer que votre visite au Caire n’entraînera pas de changement substantiel dans la région, principalement parce que même si l’administration américaine soutient les politiques de réforme et le renforcement de la démocratie, elle continue à empêcher tout progrès significatif en refusant d’use de sanctions et conditions préalables.

Toutefois, pour que votre visite ait des conséquences significatives pour le Moyen-Orient, il serait dans votre intérêt de garder à l’esprit dix points qui autoriseraient une compréhension plus approfondie de la culture arabe et islamique et feraient que votre discours irait au-delà de simples gesticulations diplomatiques.

1 - La bande de Gaza et l’Irak, problèmes certainement les plus difficiles au Moyen-Orient

Le mépris affiché par votre administration pour les crimes de guerre commis par l’armée d’occupation israélienne dans la bande de Gaza est un puissant témoignage de son absence de réelle préoccupation pour les droits de l’homme dans la région ; plus de 1000 civils, la moitié étant des femmes et des enfants, ont été massacrés et plus de 5000 ont été blessés au cours de trois semaines d’un bombardement massif. Nous attendons toujours que vous condamniez ces violations flagrantes des droits de l’homme.

L’occupation de l’Irak par les forces américaines, qui prétendaient sauver le peuple irakien de la dictature, a placé le peuple irakien entre deux enfers : la guerre civile ou l’occupation. Inutile de dire que le monde entier a vu les images des tortures et traitements inhumains infligés aux prisonniers d’Abou Gharib.

2 - La guerre contre l’islam alimentée par les néo-conservateurs

La guerre contre l’Islam lancée par votre prédécesseur, le président George Bush était répugnante à la fois pour les pays arabes et les pays musulmans, qui continuent d’être mal représentés et sont tous des exemples d’une souffrance sur laquelle les États-Unis ont fermé les yeux. Les personnes arrêtées et détenues de force dans la prison de Guantanamo attendent des excuses de la part des États-Unis. Si la compréhension et le respect sont deux choses que vous tenez à exprimer au monde jeudi prochain, parler de l’islamophobie est nécessaire.

3 - Votre soutien des régimes autoritaires annule vos promesses

Avoir choisi le Caire est un généreux cadeau fait au régime de Moubarak, qui n’a pas réussi au cours des 25 dernières années à organiser même une seule fois des élections vraiment justes et démocratiques ; une véritable critique de son régime, alors que vous êtes au Caire, est à portée de la main. Ne pas être capable de critiquer Moubarak et les régimes despotiques arabes aurait pour effet de faire disparaître l’espérance suscitée par les promesses de votre discours d’investiture, principalement celle de soutenir la démocratie et les réformes politiques au Moyen-Orient.

4- Rencontrer les leaders de l’opposition

Une rencontre avec les dirigeants de l’opposition vous donnerait une image fidèle et claire de ce qui se passe en Égypte. Les médias égyptiens, à la fois publics et privés, sont dominés par les voix qui s’activent pour Moubarak et son régime, lequel est hostile à tous les mouvements d’opposition, même ceux sur s’exprimant sur Internet. Les dirigeants de l’opposition, ainsi que les bloggers, représentent la fenêtre permettant de voir quels sont les meilleurs moyens de mettre en œuvre le changement en plaçant les bonnes pressions économiques et diplomatiques sur le régime égyptien pour imposer une réforme politique qui est bloquée depuis le début de l’ère du président Hosni Mubarak.

5- Le peuple attend des actes et déteste les discours de propagande

Les dirigeants arabes ont eu du succès à ce jour dans le marketing en utilisant des discours de propagande, et nous ne sommes pas disposés à écouter d’autres discours qui n’ont rien à voir avec le monde réel. Les axes stratégiques pour changer la politique américaine envers le monde arabe et musulman doivent être au centre de votre intervention. Les actes valent mieux que les mots ! Et la mise en œuvre de vos plans vaudra mieux que de les conserver dans des tiroirs.

6- Les dirigeants islamiques vous aideront

Votre nomination de Dalia Mogahed, au sein du Conseil de la Religion [Council of Religion], à la Maison Blanche, a été en faveur des droits des minorités en Amérique et vous garantie un conseil véritablement modéré pour parler du point de vue musulman. Nommer près de vous des personnes comme Dalia Mogahed, ainsi qu’emmener les Musulmans de la Maison Blanche dans votre équipe lors de votre passage au Caire, donnera à votre visite une bonne influence et ira dans le sens de vos promesses de soutenir l’avènement d’une véritable paix avec le monde islamique. Donner à ces personnes une voix au chapitre lors votre visite au Caire aura un impact significatif sur vos objectifs d’améliorer votre relation avec le monde islamique.

7- Rester à l’écart des pressions israéliennes

Les politiques de réforme et d’appui à la démocratie au Moyen-Orient sont contraires aux intérêts d’Israël dans la région. Le lobby israélien cherche à étendre son autorité à l’intérieur de la communauté politique américaine, et il ne faut pas céder à la pression israélienne.

8 - Les mouvements islamiques sont l’avenir du changement

Le large succès des Frères musulmans en Egypte à l’occasion des élections législatives, M. le Président, vous impose d’ouvrir de véritables canaux de communication avec les mouvements islamiques dans la région, notamment le Hamas qui a remporté les élections en Palestine en 2006. Surmonter les nombreux obstacles pour parvenir à une vision commune avec les mouvements islamiques au Moyen-Orient est le moyen de définir l’avenir de l’Amérique au Moyen-Orient.

9 - Le changement doit venir de l’intérieur et non pas des Etats-Unis !

Mais étant donné les divers messages qui vous ont été envoyés après votre accès à la présidence, et de l’enthousiasme et l’espoir qui ont traversé le monde après le 20 janvier de cette année, nous sommes certains que des changements réels dans les questions du Moyen-Orient ne peuvent venir uniquement des Etats-Unis. Aujourd’hui, une génération de jeunes militants, des réformistes, des mouvements politiques et intellectuels peuvent amener des changements réels dans la région, mais pour cela les États-Unis d’Amérique doivent cesser de soutenir les dictateurs arabes qui en retour de cet appui soutiennent les projets américains et israéliens dans la région.

10 - Apprenez de votre prédécesseur

Les discours de propagande, qui empêchent tout progrès, sont le plus sûr moyen de mener la région vers un abîme politique. Les politiques menées depuis le début de votre présidence et les écarts par rapport aux valeurs sur lesquelles vous avez fondé votre élection, ne feront de vous qu’un nouveau George Bush, peut-être juste plus charismatique. Rappelez-vous que vous faites l’histoire en posant le pied sur le sol d’Égypte. Ne faites pas de gros titres avec vos idées et vos projets, mais mettez-les en oeuvre et prenez les bonnes décisions lors de vos prochaines visites dans le monde arabe.

Vous devez vous attaquer à toutes les questions que les États-Unis ont toujours décrites comme vitales et importantes dans la région.

Abdulrahman Mansour


4-3 Andrew Hughes : Manipulation, propagande, magie des images et de la communication : La dystopie Obama, le cauchemar étasunien.

Après les huit années du cauchemar Bush-Cheney, durant lequel nous avons vu la destruction arbitraire de l'Afghanistan et de l'Iraq, la négation cynique des principes séculaires visant à protéger les plus élémentaires droits de l'homme, et une politique étrangère digne de Genghis Khan, est arrivé le « Grand Espoir Noir, » en la personne de Barack Obama. La conscience collective mondiale s'est tournée naïvement vers ce qui était présenté comme une nouvelle ère de paix, de changement et de confiance envers le gouvernement.

Jamais avant nous n’avions vu un recours aussi accompli envers la manipulation, la propagande, la magie de l’image et de la communication, pour vendre au public un homme qui allait prendre le relais de Bush, et participer avec lui à la course à la destruction de l'économie, des droits du peuple, et aider à la naissance d'une nation entièrement contrôlée par ceux qui ont toujours été en embuscade dans l'ombre du pouvoir. Le « changement » a été promis et a été accordé sous la forme de l’aggravation d’une anomalie de développement cauchemardesque.

Sans justification, les promesses ont été rompues. Le même jargon juridique astucieux, qui infestait l'administration Bush, en la personne de John Yoo et d’Alberto Gonzalez, sert de nouveau à refuser la justice aux détenus de Guantanamo. Il a été utilisé pour justifier la torture, détruire davantage la Constitution et surveiller encore illégalement le citoyen étasunien.

Le président, qui a tendu une main pacifique au monde musulman, a massacré des centaines de Pakistanais, hommes, femmes et enfants. Le président, qui a promis le devoir de rendre compte du gouvernement pour ses actions, a pourvu son personnel de lobbyistes, banksters et bellicistes. Son ministre de la Justice refuse d’engager des poursuites judiciaires contre ceux qui ont commis les pires crimes de guerre de l'histoire moderne, et couvre toujours juridiquement les criminels qui ont torturé en toute impunité.

Le pays a été en outre ruiné par le détournement continu de l'argent du contribuable, tandis que, à Wall Street, les donateurs de la campagne présidentielle d’Obama reçoivent leur compensation. Obama reste là à ne rien faire pendant que Bernancke déclare que la Réserve fédérale privée n'a aucun compte à rendre au Congrès ou au public étasunien. Le contribuable étasunien en est désormais pour 14,3 billions de dollars de sa poche, et ça monte.

Les saisies et le chômage augmentent sans qu’aucune mesure significative de l'administration ne soulage les symptômes, peu importe les conséquences.

La nouvelle image des États-Unis montre des villes de tentes, de longues files devant la soupe populaire, des shérifs expulsant des milliers de jeunes et de moins jeunes de leur maison, des villes autrefois prospères tombant dans un silence étrange, et une population de plus en plus désabusée.

 La « guerre contre le terrorisme » s’est transformée en quadrillage de contrôle d’une population de plus en plus lucide. Le germe de ceci avait déjà été mis en place par Bush, avec le Patriot Act, le Patriot Act 2, la loi sur les commissions militaires et les nombreux décrets qui étranglent ce qui reste du Posse Comitatus et de la Constitution.

 Le ministère de la Sécurité intérieure définit désormais comme « terroristes » ceux qui croient en la Constitution, au premier, deuxième et quatrième amendements.

Les anciens combattants de retour font la cible d’un déni des droits que leur accorde le deuxième amendement. Une Terrorist Watchlist (liste des terroristes sous surveillance) de plus de un million de noms, et en croissance rapide, sert de base pour refuser aux citoyens le droit de voyager et travailler.

 Obama est aujourd’hui en train de songer à l'idée d’une détention indéfinie, sans jugement, pour le citoyen étasunien. Et cela de la part d'un professeur en Constitution ! Il y a au Congrès des projets de loi pour criminaliser la liberté d'expression sur Internet grâce au Cyberbullying Act, qui pénalisera la pensée criminelle humaine. Exactement comme le Patriot Act, ça se transformera en criminalisation de la liberté d'expression politique et de toute critique contre le gouvernement.

Le « cyberterrorisme » sert de prétexte pour mettre la réglementation gouvernementale dans le dernier bastion de l'information impartiale. Washington, réalisant qu’il est de plus en plus difficile de s’en tirer avec ses ordres fascistes, s’active vers le contrôle de terrain. La population devient de plus en plus consciente du genre de « changement » qu’Obama avait l’intention d’apporter.

 Il y a une résistance croissante au niveau national, avec plusieurs invoquant les droits que leur accorde le 9ème et 10ème amendements, dans une démarche courageuse pour que le Vampire fédéral cesse le drainage des dernières gouttes de sang, des derniers vestiges de Liberté et d’Espoir.

 C'est dans cette anomalie de développement cauchemardesque que se trouvent les États-Unis aujourd'hui, et chaque jour amène de nouvelles atteintes contre la liberté et la raison. La structure du contrôle total de la population, de l'économie et des médias, est en cours de développement dans le cadre de l’inflation incessante du pouvoir gouvernemental. Obama est assis au sommet de son nouvel Empire, toujours souriant de manière peu sincère à en être écœurant, entouré de ses courtisans aguerris, qui travaillent depuis des décennies à faire entrer les États-Unis dans cette nouvelle ère du nouvel ordre mondial.

Andrew Hughes 

Le 24 mai 2009
Article original : America’s Nightmare : The Obama Dystopia, Manipulation, propaganda, imagery & PR wizardry, publié le 24 mai 2009.

Traduction : Pétrus Lombard.

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4-4 George Monbiot,: SOA, ou l’école du terrorisme à l’américaine. 

George Monbiot, entre autres activités, est journaliste pour le quotidien The Guardian. Choqué comme beaucoup par l’invasion de l’Afghanistan, il n’a pu s’empêcher de sortir quelques fantômes des placards pour nous rappeler que les terroristes ne sont pas toujours ceux que l’on croit. Son article revient sur la création et l’évolution de la SOA, School Of  Americas - l’Ecole des Amériques -  à la réputation sulfureuse. Au point de devoir changer de nom et relisser son image : la SOA est devenue WHISC, The Western Hemisphere Institute For Security Cooperation, mais sa vocation première reste inchangée et l’école recrute toujours.

Les coulisses du terrorisme.

Les États-Unis entraînent depuis des années des terroristes dans un camp en Georgie - ceci est toujours d’actualité

" Si des gouvernements, quels qu’ils  soient, sponsorisent les hors-la-loi et les tueurs d’innocents," a déclaré George Bush le jour où il a commencé à bombarder l’Afghanistan, "ils deviennent eux-mêmes des hors-la-loi et des assassins. Ils prendront cette voie solitaire à leur propre péril." Je suis content qu’il ait dit " des gouvernements quels qu’ils soient", car il y en a un qui, bien qu’il ne soit pas encore identifié comme sponsor du terrorisme, requiert d’urgence son attention.

Depuis 55 ans, il existe un camp d’entraînement dont les victimes dépassent massivement le nombre de personnes tuées par les attentats de New York, les explosions à l’ambassade et autres atrocités attribuées, à tort ou à raison, à al Qaida. Le camp s’appelle The Western Hemisphere Institute for Security Cooperation, ou le WHISC. (NDT : Institut  de l’Hemisphère Occidental pour la Coopération Sécuritaire). Ce camp est basé à Fort Benning, en Georgie; il a été financé par le gouvernement Bush.

Jusqu’au mois de juin de cette année, le Whisc était surnommé  "The School of the Americas" ou SOA. (NDT : "l’Ecole des Amériques" ou SOA). Depuis 1946, la SOA a entraîné plus de 60 000 soldats et policiers latino-américains. Parmi ses gradés se trouvent les tortionnaires, les meurtriers de masse, les dictateurs et les terroristes d’État les plus célèbres du continent. Comme des centaines de pages de documentation compilées par le groupe de pression SOA Watch Now l’attestent, l’Amérique latine a été dépecée par ses anciens élèves.

Au mois de juin de cette année, le colonel Byron Lima Estrada, alors qu’il était étudiant à l’Ecole, a été condamné à Guatemala City pour le meurtre de l’évêque Juan Gerardi en 1998.  Gerardi fut assassiné car il avait apporté son aide à la rédaction d’un rapport sur les atrocités commises par le D-2, l’agence des services secrets militaires dirigée par Lima Estrada avec l’aide de deux gradés de la SOA, de Guatemala City. Le D-2 avait coordonné "la campagne anti-insurrectionnelle" qui avait anéanti 448 villages indiens Mayas, assassinant 10 000 personnes. 14% des ministres du cabinet qui ont travaillé au service des régimes génocidaires de Lucas Garcia, Rios Montt et Mejia Victores, ont fait leurs études à l’Ecole des Amériques.

En 1993, la Commission des Nations Unies pour la vérité sur le Salvador a désigné les officiers de l’armée ayant commis les pires atrocités durant la guerre civile. Les deux tiers d’entre eux avaient été entraînés à L’Ecole des Amériques. Parmi eux se trouvaient Roberto d’Aubuisson, le chef de l’escadron de la mort du Salvador, les hommes qui avaient tué l’archevêque Oscar Romero, ainsi que 19 des 26 soldats qui avaient assassiné les prêtres jésuites en 1989. Au Chili, les gradés de l’Ecole avaient fait partie  à la fois de la police secrète d’Augusto Pinochet et de ses trois principaux camps de concentration. L’un d’entre eux a participé à l’assassinat d’Orlando Letelier et de Ronni Moffit à Washington en 1976.

Les dictateurs de l’Argentine, Roberto Viola et Leopoldo Galtieri, ceux du Pananma, Manuel Noriega et Omar Torrijos, celui du Pérou, Juan Velasco Alvarado et celui de l’Equateur, Guillermo Rodriguez, ont tous bénéficié des enseignements de l’Ecole. De même pour le chef de l’escadron de la mort de "Grupo Colina" (Groupe de la Colline) à Fujimori au Pérou, pour quatre des cinq officiers qui dirigeaient l’infâme Battalion 3-16 au Honduras (qui y contrôlait l’escadron de la mort dans les années 80) et pour le commandant responsable du massacre de Ocosngo à Mexico en 1994.

Tout ceci est de l’histoire ancienne, insistent les défenseurs de l’Ecole. Mais les diplômés de la SOA sont également impliqués dans la sale guerre menée en Colombie avec l’aide des États-Unis. En 1999, le rapport du Département d’État américain concernant les droits de l’homme mentionnaient les noms de deux gradés de la SOA comme étant les assassins d’Alex Lopera, membre de la Commission pour la Paix. L’an dernier, Human Rights Watch révéla que 7 anciens élèves y dirigent des groupes paramilitaires et qu’ils ont commandité des enlèvements, des disparitions, des meurtres et des massacres. Au mois de février de cette année, un gradé de la SOA en Colombie a été déclaré coupable de complicité de torture et du meurtre de 30 paysans par des paramilitaires. L’Ecole attire actuellement la plupart de ses étudiant de Colombie - plus que d’autres pays.

Le FBI définit le terrorisme comme "des actes violents…dans l’intention d’intimider ou d’exercer des pressions sur une population civile, d’influencer la politique d’un gouvernement ou d’affecter la conduite d’un gouvernement", ce qui est la description précise des activités des diplômés de la SOA. Mais comment peut-on s’assurer que leur alma mater (l’école qui a dispensé l’enseignement suivi) a participé à cela ? Eh bien, en 1996, le gouvernement américain a été obligé d’éditer 7 des manuels d’entraînement de l’école. Entre autres conseils pour terroristes, on recommandait le chantage, la torture, l’exécution et l’arrestation des parents de témoins.

L’an dernier, en partie grâce à la campagne dirigée par SOA Watch, plusieurs députés ont tenté de fermer l’Ecole. Ils ont été battus par 10 voix. Au lieu de cela, la Chambre des Représentants a voté pour sa fermeture et l’a immédiatement rouverte sous un autre nom. Donc, tout comme Windscale est devenu Sellafield avec l’espoir de l’effacer de la mémoire du public, l’Ecole des Amériques s’est lavée du passé en se renommant elle-même WHISC.  Tandis que le colonnel Mark Morgan informait le Département de la Défense  juste avant le vote au Congrès : " Certains de vos chefs nous ont dit qu’ils ne peuvent supporter tout ce qui est estampillé "Ecole des Amériques". Nous proposons ceci : elle change de nom." Paul Coverdell, le Sénateur de Géorgie qui s’était battu pour sauver l’Ecole, a dit aux journaux que ce changement était  "purement cosmétique."

Mais visitez le site web WHISC et vous verrez que l’Ecole des Amériques est tout sauf effacée des annales. Même la page "Histoire" oublie de le mentionner. Les cours au WHISC, nous dit-on,  "couvrent un large spectre de domaines en rapport, tels que la planification pour les opérations de paix, les premiers secours, les opérations civiles et militaires, l’organisation tactique et les opérations anti-drogue."

Plusieurs pages décrivent ses initiatives concernant les droits de l’homme. Mais, bien qu’elles rendent compte de la plupart de ses programmes d’entraînement, des techniques de combat et de commando, la contre insurrection et les interrogatoires ne sont pas évoqués. Ni le fait que les options "paix" et "droits de l’homme" de Whisc étaient également présentées par la SOA dans l’espoir  d’apaiser le Congrès pour préserver son budget: mais il est peu probable que les étudiants les choisissent.

On ne peut attendre de ce camp d’entraînement terroriste qu’il change de lui-même : après tout, abandonné à son propre sort pour en tirer une leçon, il refuse de reconnaître qu’il a un passé. Donc, étant donné que la preuve liant l’école à des atrocités continues en Amérique latine est plus forte que la preuve liant  les camps d’entraînement d’al-Qaida  aux attentats de New York, que devrions-nous faire de ces "acteurs maléfiques" à Fort Benning en Georgie ?

Eh bien, nous pourrions pousser nos gouvernements à appliquer toute la pression  diplomatique possible, et demander l’extradition des commandants en vue d’un jugement pour complicité de crimes contre l’humanité.
Alternativement, nous pourrions demander que nos gouvernements attaquent les Etats-Unis, qu’ils bombardent ses installations militaires, ses villes et ses aéroports dans l’espoir de renverser son gouvernement non élu et de le remplacer par une administration supervisée par les Nations Unies. S’il s’avère que cette proposition est impopulaire auprès de la population américaine, nous pourrions gagner son cœur et son esprit en lui parachutant des naans (les pains au Moyen-Orient) et du curry lyophilisé dans des sacs en plastique marqués du drapeau afghan.

Vous pouvez objecter que cette prescription est ridicule, je suis d’accord. Mais même en essayant, je ne peux faire la différence morale entre ce moyen d’action et la guerre lancée maintenant contre l’Afghanistan. 

Par George Monbiot

The Guardian,

le 30 octobre 2001

Published on juin 6, 2009 par apetimedia

George Monbiot, entre autres activités, est journaliste pour le quotidien The Guardian. Choqué comme beaucoup par l’invasion de l’Afghanistan, il n’a pu s’empêcher de sortir quelques fantômes des placards pour nous rappeler que les terroristes ne sont pas toujours ceux que l’on croit. Son article revient sur la création et l’évolution de la SOA, School Of  Americas - l’Ecole des Amériques -  à la réputation sulfureuse. Au point de devoir changer de nom et relisser son image : la SOA est devenue WHISC, The Western Hemisphere Institute For Security Cooperation, mais sa vocation première reste inchangée et l’école recrute toujours.

Traduit par Apetimedia pour ReOpenNews

http://www.reopen911.info/News/2009/06/06/soa-ou-lecole-du-terrorisme-a-lamericaine/



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19