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06/10/2010

n°145 - Dossier du Liban - 04-10 - : Fin - : Liban-Israël : La guerre du pétrole aura-t-elle lieu?

n°145 - Dossier du Liban - 04-10 - : Fin - : Liban-Israël : La guerre du pétrole aura-t-elle lieu?



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers du Liban n°145 du 04-10

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Le " dossiers du liban" est  visible  sur mes blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis   :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

3  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Israël et le Liban se disputent … des hydrocarbures.

3-2 Paul Khalifeh : Liban-Israël : La guerre du pétrole aura-t-elle lieu?

3-3 Anne Ilcinkas Israël-Liban : du gaz dans la Méditerranée relance les tensions.

4 Déclaration - Discours

4-1 Sayed: "Nous sommes plus proches que jamais d'Al Qods".

4-2 Le président de la République Sleiman plaide pour que le Liban soit associé aux négociations sur la question des réfugiés. 



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Israël et le Liban se disputent … des hydrocarbures.

Les espoirs de découverte d'un énorme gisement d'hydrocarbures offshore attisent la tension entre le Liban et Israël.

Un rapport du service géologique américain publié en avril dernier a confirmé ce que laissaient présager les premières découvertes : la présence d'un immense potentiel gazier, et sans doute aussi de pétrole, en Méditerranée orientale.

Reste à savoir à qui appartiennent ces richesses...

 Trois Etats pourraient revendiquer une part au moins de la manne : Israël, le Liban et Chypre.

Deux sites sont actuellement en cours d'exploration, ceux de Tamar, où la première découverte a eu lieu en janvier 2009, et de Léviathan, respectivement situés à 90 et 130 kilomètres à l'ouest de la ville israélienne de Haïfa. Dans les deux cas, l'opérateur est la société américaine Nobel Energy, associée à des partenaires israéliens. Le Liban devrait, de son côté, lancer prochainement les premiers appels pour des contrats de prospection au large de ses côtes, le Parlement de Beyrouth ayant adopté, le 16 août, un texte autorisant les forages. Enfin, des négociations sont en cours entre les Israéliens et les Chypriotes afin de délimiter leurs frontières maritimes.

Négocier une "ligne de démarcation"

C'est en effet le principal problème : le gisement est situé en dehors des eaux territoriales des trois pays. Le droit de la mer permet aux Etats de revendiquer, au-delà de celles-ci, une "zone économique exclusive" dont ils se réservent l'exploitation. Sa largeur peut être en principe de 200 miles. Mais, lorsqu'il y a d'autres pays riverains, ce qui est toujours le cas en Méditerranée, il faut négocier un accord qui, le plus souvent, fixe la ligne de démarcation à égale distance des côtes des deux Etats.

Seulement le Liban et Israël sont toujours, techniquement, en guerre.

Résultat, les Libanais accusent les Israéliens de vouloir les spolier, le ministre israélien des Infrastructures nationales, Uzi Landau, clame que l'Etat hébreu "n'hésitera pas à user de la force". Bref, avant même d'être exploité, le gaz de la Méditerranée constitue déjà une nouvelle pomme de discorde entre Beyrouth et Jérusalem.

09/09

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-orient/israel-et-le-liban-se-disputent-des-hydrocarbures_918134.html

 


3-2 Paul Khalifeh : Liban-Israël : La guerre du pétrole aura-t-elle lieu?  

Le Liban a vivement réagi à l’annonce par Israël de la découverte d’importantes quantités de gaz et de pétrole, à l’Est de la Méditerranée. Il soupçonne l’Etat hébreu de vouloir lui «voler» sa part et promet de revendiquer ses droits par tous les moyens. Un nouveau sujet de discorde qui vient se greffer aux nombreux contentieux qui séparent, déjà, les deux pays.

De notre correspondant à Beyrouth

L’occupation des terres et l’exploitation des eaux ont toujours été une source de conflit entre le Liban et Israël. Ces dernières semaines, un nouveau sujet, bien plus explosif, est apparu : celui des hydrocarbures. Après l’annonce par Nobel Energy, une compagnie basée aux Etats-Unis, de la découverte d’un potentiel de 453 milliards de m3 de gaz au «large d'Israël», le Liban s’est mobilisé pour «revendiquer ses droits.» Les enjeux sont d’autant plus importants que l’Est de la Méditerranée pourrait renfermer d’énormes quantités de pétrole et de gaz dans des eaux non délimitées, où trois pays, le Liban, Israël et Chypre, peuvent faire valoir leurs droits.

Dès 2001, le gouvernement libanais avait ordonné un balayage sismique des fonds marins libanais. Deux compagnies étrangères, Spectrum et Petroleum GeoServices (PGS), avaient alors procédé à des prélèvements, respectivement en 2002 et 2006, et les études sismiques géologiques avaient révélé la présence possible de gaz et de pétrole. 

«Les résultats en 2D combinés avec ceux en 3D précédemment acquis par PGS, ont identifié de nombreux indicateurs associés à la présence d’hydrocarbures. Ceux-ci confirment l’extension d’un système pétrolier actif au large des côtes du Liban», peut-on lire sur le site de PGS. Un rapport de l’USGS (US Geological Survey) estime le potentiel au large des eaux libanaises à près de 608 millions de barils de pétrole, 44 560 milliards de pieds cubiques de gaz et 1 107 millions de barils de gaz naturel liquide. De quoi réveiller toutes les convoitises.

Côté israélien, Tamar -qui se trouve à 90 km au large du port de Haïfa- possède une capacité de 238 milliards de m3 de gaz. Il s'agit du plus important champ gazier découvert au niveau mondial ces trois dernières années. Productive dès 2012, cette nappe répond aux besoins de l’Etat hébreu pour les 35 prochaines années.   

Pour le projet appelé Léviathan, l'estimation est de 16 000 milliards de m3. D'autres sites alentours auraient une capacité totale de 850 milliards de m3. Pour comprendre l’importance des enjeux, il suffit d’écouter les propos du ministre israélien des Infrastructures nationales, Uzi Landau, qui a récemment déclaré lors d’un voyage en Chine qu’«Israël est devenu une superpuissance gazière. Ces découvertes ont le pouvoir de faire d'Israël un acteur principal sur le marché du gaz international».

Echanges de menaces

 Ce même Uzi Landau a affirmé, lors d'une interview accordée, jeudi 24 juin, à Bloomberg News, qu'«Israël n'hésitera pas à user de la force, non pas pour défendre ses droits, mais pour défendre le droit maritime international». Il a également affirmé que le Liban n'a aucun quota dans les champs gaziers récemment découverts qui se situent, selon lui, dans les eaux économiques d'Israël. Il a ajouté que son pays discute avec Chypre du tracé des frontières maritimes, soulignant qu'il n'y a pas de désaccord entre les deux pays sur les travaux de forage. Toutefois, le quotidien Haaretz a révélé qu'une grande quantité du gaz découvert se situe dans les eaux chypriotes, faisant état d'un désaccord sur le tracé des frontières maritimes entre les deux parties.

Pour mieux comprendre, il faut revenir à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982. Aussi appelée Convention de Montego Bay, cet accord autorise un pays à exploiter le sous-sol marin en dehors de ses eaux territoriales, à condition qu’il déclare l’espace d’exploitation pétrolière comme une «Zone économique exclusive» (ZEE). Cette zone peut être d’une largeur maximale de 370 km (200 miles) au-delà de la côte, alors que les eaux territoriales s’étendent à seulement 12 miles de la côte. Dans ce cas, l’Etat côtier dispose de «droits souverains aux fins d’exploration et d’exploitation, de conservation et de gestion des ressources naturelles, des eaux surjacentes aux fonds marins, des fonds marins et de leur sous-sol», comme le stipule le texte de la Convention.

Israël n’a pas déclaré sa ZEE, comme l’assure le quotidien Calcalist, ce qui a incité les autorités chypriotes à envoyer une lettre au ministre israélien des Affaires étrangères afin d’obtenir des précisions sur les découvertes pétrolières aux larges de leurs côtes.

Pour préserver ses droits, le Liban veut suivre l’exemple chypriote. Le premier à réagir a été le président du Parlement, Nabih Berry, qui a mis en garde contre un monopole israélien des réserves énergétiques dans l'Est de la Méditerranée. Il a appelé le gouvernement «à prendre immédiatement des mesures pour défendre les droits non seulement financiers, mais également économiques, politiques et souverains du Liban». «Israël s'est empressé de se présenter comme un émirat pétrolier, ignorant le fait que, d'après les cartes, ce gisement s'étendait jusqu'aux eaux libanaises», a souligné M. Berry.  
Seulement, les Libanais ont, comme d’habitude, présenté un front désuni face à ce problème. Une première réunion des Commissions parlementaires, organisée à l’appel de M. Berry début juin, a été annulée faute de quorum, après le boycott des députés du bloc du Premier ministre, Saad Hariri. La presse a dénoncé «des divisions inacceptables devant une question aussi cruciale pour l’avenir du Liban» et certains journaux ont indiqué que l’exploitation des champs de gaz et de pétrole pourrait éponger la dette publique qui s’élève à 55 milliards de dollars, soit près de 155% du PIB.

Une deuxième réunion a finalement eu lieu lundi 28 juin et un comité ministériel a été chargé de rédiger les projets de loi nécessaires afin que le pays exploite ses ressources en hydrocarbures et revendique sa ZEE. Mais vu le fait que le Liban et Israël n’entretiennent pas de relations diplomatiques et sont pratiquement en guerre depuis plus d’un demi-siècle, l’affaire s’annonce difficile et pourrait se terminer devant les tribunaux internationaux.

Le Hezbollah, lui, n’a pas attendu un verdict qui pourrait traîner des années. Jeudi 1er juillet, l’un de ses principaux dirigeants, Hachem Safieddine, a assuré que «la Résistance estime qu’il est de son devoir de défendre les ressources en hydrocarbures du Liban autant qu’il est de sa responsabilité de restituer les terres occupées par Israël.»

Un avant-goût des tensions que ce dossier peut provoquer entre deux pays dont l’histoire est faite, ces soixante dernières années, de conflits et de guerres.

Paul Khalifeh

vendredi 02 juillet 2010

http://www.rfi.fr/moyen-orient/20100702-liban-israel-guerre-petrole-aura-elle-lieu


3-3 Anne Ilcinkas Israël-Liban : du gaz dans la Méditerranée relance les tensions.
Le Liban et Chypre ont ratifié la Convention de Montego Bay, pas Israël. Malgré tout,il se trouve lié par la plupart des dispositions émanant de la Convention dans la mesure où le texte a repris des règles relevant du droit coutumier et ayant valeur universelle.

L’Est de la Méditerranée renfermerait d’énormes quantités de pétrole et de gaz. Problème : les eaux ne sont pas clairement délimitées, et trois pays, le Liban, Israël et Chypre, revendiquent leur souveraineté sur la totalité des réserves, ou au moins sur une part du gâteau. Que dit le droit international ?

L’annonce faite par la compagnie américaine Nobel Energy sur la présence de 453 milliards m3 de gaz au large d’Israël a suscité de vives craintes et menaces dans la région, chaque partie entendant faire respecter sa souveraineté et ne pas se faire spolier par le voisin. Problèmes de délimitation des eaux territoriales

Le président du Parlement libanais Nabih Berri a mis en garde contre un monopole israélien des réserves dans l’Est de la Méditerranée, en déclarant :

« Le Liban devait immédiatement prendre des mesures pour défendre ses droits non seulement financiers, mais également économiques, politiques et souverains. »

Le Parlement a d’ailleurs adopté le 18 août une loi autorisant l’exploitation off-shore de réserves de pétrole et de gaz.

De son coté, le ministre israélien des Infrastructures nationales, Uzi Landau, a prévenu qu’« Israël n’hésitera pas à user de la force, non pas pour défendre ses droits, mais pour défendre le droit maritime international » en soulignant que les champs gaziers découverts se situent dans les eaux israéliennes.

Chypre pourrait aussi faire valoir ses droits et profiter de la manne pétrolière et gazière.

Mais avant d’exploiter ces ressources naturelles, le problème de délimitation des eaux territoriales doit être résolu. Que nous dit le droit international ?

Les textes applicables

Le droit de la mer est ancien. Il est donc essentiellement coutumier. Il a été codifié par les quatre Conventions de Genève de 1958. Puis redéfini et complété par la Convention de Montego Bay (Jamaïque) signée en 1982. Elle définit les zones de l’espace marin et détermine leurs usages militaires et civils. Elle est une tentative inégalée de réguler l’utilisation des ressources et de l’espace maritime.

Le régime juridique des espaces maritimes varie selon les zones. Plus on s’éloigne des côtes, moins l’influence de l’Etat se fait sentir et plus le principe de liberté reprend ses droits.

Le Liban et Chypre ont ratifié la Convention, pas Israël. Malgré tout, l’Etat hébreu se trouve lié par la plupart des dispositions émanant de la Convention dans la mesure où le texte a repris des règles relevant du droit coutumier et ayant valeur universelle.

En cas de litige, Israël pourrait donc se voir contraint à respecter le droit maritime international.

Ce que prévoit la Convention de Montego Bay

La mer est divisée en zones sur lesquelles différentes souverainetés s’appliquent :

* Les eaux intérieures (du territoire terrestre aux lignes de bases) : il s’agit des eaux incluses entre le rivage et la ligne de base à partir de laquelle est mesurée la largeur de la mer territoriale. La souveraineté de l’Etat y est totale. * La mer territoriale (des lignes de base jusqu’à 12 miles au maximum) : l’Etat exerce sa souveraineté sur les eaux territoriales sur la nappe d’eau, mais aussi sur le fond et le sous-sol ainsi que sur l’espace aérien au dessus. Les navires étrangers, qu’il s’agisse de navires de commerce ou de navires de guerre, ont un droit de passage inoffensif dans la mer territoriale. * La Zone Economique Exclusive (ZEE) : la zone économique exclusive est d’une largeur maximale de 200 miles (370 km) au-delà des lignes de base. L’État côtier dispose de « droits souverains aux fins d’exploration et d’exploitation, de conservation et de gestion des ressources naturelles, des eaux surjacentes aux fonds marins, des fonds marins et de leur sous-sol ». * La Haute mer (espace maritime international). : elle commence au-delà de la limite extérieure de la ZEE et représente 64% de la surface des océans. Le principe de la liberté y prévaut : liberté de navigation, de survol, de la pêche, de la recherche scientifique, de poser des câbles et des pipe-lines, de construire des îles artificielles.

La situation à l’Est de la Méditerranée

Alors que les pays riverains ont généralement porté leur mer territoriale à 12 miles marins (40 km au large des côtes), ils n’ont pas ressenti le besoin de s’attribuer une zone économique exclusive en Méditerranée.

En effet, la mer Méditerranée étant étroite et fermée, les Etats riverains doivent négocier et s’entendre sur la superficie de leurs ZEE. La délimitation de la ZEE doit faire l’objet d’une déclaration unilatérale de l’Etat concerné si la seule limite est avec la haute mer, ou d’un accord entre les pays voisins auprès de l’ONU.

Dans la Méditerranée, les 33 frontières maritimes doivent faire l’objet de négociations. Jusqu’à présent, aucun des trois pays concernés, Israel, le Liban et Chypre, n’a revendiqué de ZEE. Aucun d’entre eux n’est donc légalement autorisé à exploiter le sous sol marin en dehors de ses eaux territoriales (40 km).

Or les réserves découvertes récemment sont situées à 90 km (nappe de pétrole « Tamar ») pour l’une et 130 km (champ gazier « Leviathan ») pour l’autre des côtes israéliennes, donc à l’extérieur des eaux territoriales de l’Etat hébreu.

Des tuyaux d’extraction de gaz près de Montreux, en Suisse, en mai 2010 (Denis Balibouse/Reuters)Parce qu’Israël n’a pas déclaré de ZEE, Chypre a demandé il y a quelques mois au ministre israélien des Affaires étrangères des précisions sur les découvertes pétrolières au large de leurs côtes. Les deux pays ont entamé des négociations sur la délimitation de leurs frontières maritimes.

Aujourd’hui, c’est le Liban qui revendique ses droits. Et comme les deux voisins sont encore techniquement en état de guerre et qu’ils n’entretiennent aucune relation diplomatique, la négociation entre eux sur la délimitation de leur ZEE respective s’avère quasiment impossible.

Le ministre libanais de l’Energie et des Eaux a déjà pris les devants en indiquant que le Liban travaillait de manière unilatérale sur le tracé des frontières maritimes avec Israël, avant d’en soumettre les résultats au Conseil de sécurité de l’ONU pour approbation. Par contre des discussions sont en cours -ou vont être ouvertes prochainement- avec Chypre et la Syrie. Ainsi, une sorte de course est engagée pour établir le premier sa souveraineté sur les eaux méditerranéennes.

L’affaire pourrait se terminer en dernier lieu devant les tribunaux internationaux. En cas de litiges, la Convention de Montego Bay prévoit plusieurs voies différentes, dont le choix est laissé aux Etats : le Tribunal international du droit de la mer, la Cour internationale de Justice, l’arbitrage.

Cette affaire vient nous rappeler qu’en géographie, la frontière est le produit d’un équilibre entre des Etats qui exercent des pressions politiques, et n’a rien de naturel.

Anne Ilcinkas
publié le jeudi 26 août 2010

publié par Iloubnan et Rue 89

http://www.rue89.com/2010/08/25/isr...

http://www.france-palestine.org/article15432.html



4 Déclaration - Discours

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

4-1 Sayed: "Nous sommes plus proches que jamais d'Al Qods".

Le Secrétaire général du Hezbollah Nasrallah a tenu un discours ce vendredi via un grand écran devant des milliers de partisans dans la banlieue Sud de Beyrouth à l’occasion de la Journée mondiale d’Al Qods.

Pendant une heure, Sayed Nasrallah a commenté l’annonce du lancement des négociations dites de paix entre Israéliens et Palestiniens à Washington,

expliqué brièvement les raisons du retrait américain partiel de l’Irak,

s’est félicité de l’échec du projet américain dans la région,

 et

mis en garde les parties libanaises qui cherchent de toutes leurs forces à semer la division confessionnelle parmi les Libanais.

Voici le texte du discours de Sayed Nasrallah :
« Nous commémorons en ce dernier vendredi du mois béni du Ramadan, et en ce meilleur jour du meilleur mois de l‘année, avec toutes ses valeurs religieuses, la journée mondiale d’Al Qods, une journée proclamée par l’Ayatollah l’imam Khomeiny.
L’importance de cette journée grandit d’un an à autre, au milieu de l’accentuation des dangers qui menacent Al Qods, du conflit israélo-palestinien et de la lutte contre le projet sioniste dans la région.
En vérité, nous avons peur pour cette cause, vu les multiples complots externes, le désespoir et la faiblesse qui frappent la nation. Nous avons peur que cette cause soit oubliée avec le temps, parce que d’habitude le temps laisse tout oublier. Mais il n’est pas permis pour la nation arabe et islamique d’oublier Al Qods, parce qu’elle fait partie de notre religion, de notre passé, de notre présent et de notre avenir. Il faut que la cause d’Al Qods soit présente et évoqué à chaque occasion.
En cette journée, nous réitérons notre attachement à nos constantes, en cette journée, nous confirmons devant le monde entier notre attachement à nos droits. Nous disons à ce monde : les souffrances et les maux ne changeront rien de nos constantes. La Palestine, de la mer au fleuve appartient au peuple palestinien et aux Arabes. Personne n’a le droit de renoncer à un pouce de sa terre, ni à une goutte de son eau, ni même à une lettre du mot Palestine. La journée d’al Qods est le jour de la vérité et le reste n’est que mensonges.
Al Qods ne peut en aucun cas être la capitale éternelle d’un Etat appelé Israël. Un simple quartier ou une petite rue d’Al Qods ne pourront l’être, Al Qods est la capitale de la terre et du ciel. Cet Etat d’Israël ne peut jamais acquérir de légitimité, c’est un Etat bâti sur les crimes et la discrimination.
Par ailleurs, la journée d’Al Qods est une occasion mondiale pour mettre la lumière sur les dangers auxquels font face la mosquée d’Al Aqsa, la ville sainte d’Al Qods, et les villes musulmanes et chrétienne à al fois. Cette région souffre de la judaïsation, des expulsions, des confiscations des terres, des tueries, et les négociations futiles ne sauront en aucun cas résoudre ces problèmes compliqués.
Regardons ce qui se passe dans les territoires de 1948 à cause du projet américano-sioniste, et ce qui se
passe dans la bande de Gaza à cause du siège imposé à la population.


Je vais évoquer au début deux évènements importants: L’annonce du soi disant début des négociations de paix aux Etats-Unis et le retrait américain de l’Irak.
1- Ces négociations sont en effet mort-nées. Leur objectif au niveau politique est clair : la réussite des élections américaines, et le dernier à en bénéficier est Al Qods.

Côté palestinien, la majorité des factions politiques ont rejeté ces négociations. Certains refusent le principe de négocier avec Israël, nous faisons partie de ce camp, mais même les autres parties qui acceptent de négocier en principe rejettent les conditions actuelles pour ces pourparlers. Les factions palestiniennes, tout comme le peuple, ont rejeté ces négociations. L’expérience a démontre, même par rapport à ceux qui étaient assis hier ensemble à la même table, l’échec de la voie des négociations qui dure depuis plus de 17 ans. Malheureusement, les négociations avec cet ennemi tyrannique ne font que donner plus de vie et de légitimité à cette entité.

2- Le retrait américain de l’Irak est une annonce de la défaite. Personne, dans l’administration américaine, n’a osé parler de victoire dans son discours, et si quelqu’un a mentionné le mot « exploit », ce terme est apparu banal, vide de sens.
Les Américains sont venus occuper l’Irak non pas pour s’en retirer après quelques années. Mais ils étaient choqués par la résistance farouche qui est née dès les premiers jours de l’occupation, et quand je parle de résistance, je distingue entre la résistance qui a frappé les bases et les intérêts de l’occupation américaine, et les extrémistes terroristes qui attaquent les civils. Ces derniers commettent des crimes contre l’humanité.
Les Américains n’ont pas supporté toutes les pertes infligées par la résistance irakienne, et le budget américain est devenu incapable de financer cette guerre.

Donc la résistance armée irakienne et l’endurance du peuple irakien sont deux facteurs principaux qui ont favorisé le retrait américain.
Depuis des années, de différents services de renseignements ont tenté de semer la division parmi les Irakiens de toutes confessions, mais l’endurance et la ténacité du peuple irakien qui a supporté tous les crimes et qui a refusé de s’entretuer ont saboté les projets de ces services. Ce peuple, grâce à sa conscience et à sa volonté, et grâce à ses directions religieuses, a torpillé tous les projets de division. Les renseignements israéliens sont aussi impliqués dans les attaques anti-irakiennes, ils sont en contact avec les kamikazes qui tuent les civils. Le Mossad recrute des gens en Irak pour tuer les Irakiens. Il veut pousser les Irakiens à s’entretuer pour ensuite diviser leur pays. Mais, quand le projet de division a échoué, il est devenu très couteux de rester dans ce pays. L’occupant n’a plus alors de choix que de quitter le pays. C’est une règle générale, dans n’importe quel pays occupé, les sacrifices du peuple assurent la réalisation de sa victoire.
Ce qui se passe en Irak est un grand exploit et une grande victoire pour le choix de la résistance. Et là toujours je distingue entre la vraie résistance et ceux qui commettent des opérations terroristes pour tuer les innocents, ces derniers n’ont rien à voir avec l’Islam et collaborent étroitement avec les services de renseignements. Voyez la dernière attaque qui a eu lieu au Pakistan ce vendredi. Dans ce pays sinistré par les inondations, les habitants ont manifesté pour le soutien d’Al Qods, voyez comment les terroristes, aveugles, muets, et sourds, les ont attaqués, faisant pour l’instant près de 40 martyrs.
En Palestine, il ya des difficultés, tout comme au Liban, en Irak et dans la région, mais si nous regardons d’un œil plus large, nous trouverons que l’axe de la résistance a pu ces dernières années réaliser un exploit historique au niveau de toute la région, qui aura des effets sur le monde entier.
Après le 11 septembre, les néo-conservateurs aux Etats-Unis ont présenté un nouveau projet pour notre région. Cette grande puissance mondiale a rassemblé ses navires de guerre de par le monde pour les transférer au Proche Orient, au monde arabo-islamique, où se trouvent les plus grandes réserves pétrolières et ressources naturelles. Cette action avait un seul objectif : fixer définitivement l’existence de l’entité sioniste sur le plan politique, à travers le processus de paix globale. En effet, leur projet vise à liquider la résistance palestinienne, qu’elle soit populaire, politique et culturelle. Il fallait également liquider la résistance au Liban pour que ce pays s‘engage définitivement dans le projet américano sioniste, il fallait renverser le régime syrien, mettre fin à la résistance en Irak, et frapper l’Iran afin de renverser aussi son régime islamique. Le but ultime de cette politique est de permettre aux Etats-Unis de prendre le contrôle de la région.
Je prétends que dans les dix années qui se sont écoulées, les Américains avaient une capacité énorme pour réaliser ce projet : ils contrôlaient et dirigeaient le monde entier, l’économie mondiale et les médias. Les plus grandes armées, tout genre de guerres psychologiques et les services de renseignements ont été mis à leur service. Mais lorsque ce projet a été confronté à la résistance en Palestine, au Liban, en Syrie, en l’Iran comme en Irak, le projet a échoué.
Ceci ne signifie pas que le conflit a pris fin, mais nous sommes passés à une nouvelle phase de la bataille, et je vous assure que de nouveaux échecs saboteront ce projet.
Sur le plan économique, toutes les tentatives de régler la crise économique mondiale et notamment américaine ont échoué, et dans l’avenir nous allons assister à des changements radicaux sur ce sujet. Les Etats-Unis ne peuvent plus faire de guerre à cause de leurs multiples crises sociales, économiques et populaires.
Pourquoi ce projet a-t-il échoué ?

Grâce à la ténacité de la résistance en Palestine, à Gaza, au Liban, et grâce à l’endurance de la Syrie, de l’Iran et la décision de la résistance en Irak.
Aujourd’hui nous sommes appelés à continuer sur la voie de la résistance, il y a des difficultés mais nous nous approchons plus que jamais de la victoire, Israël d’aujourd’hui diffère d’Israël à la veille du 12 juillet 2006, du 1982, le grand Israël n’existe plus.
Nous sommes appelés à poursuivre notre résistance, consolider notre unité et à présenter notre aide au peuple palestinien et à sa résistance. Les brigades de la résistance, à l’instar du Hamas qui a effectué sa dernière opération militaire a besoin de toute voix de soutien, de tout argent et de toute arme disponible.
Sur le plan libanais, nous confirmons toujours notre attachement à l’équation en or, ou comme certains l’appellent l’équation en diamants : armée-peuple-résistance.
S’agissant de la résistance, nous avons commémoré ces derniers jours l’anniversaire de l’enlèvement de l’Imam Moussa Sadr et de ses deux compagnons. L’Imam Sadr est l’imam et le fondateur de la résistance.
Il est notre père qui nous a dirigés vers cette route, vers Al Qods, il nous a inculqué comment aimer et tomber en martyre pour l’amour d’Al Qods. Tout le monde sait qu’ils ont été enlevés alors qu’ils étaient en Lybie. A propos de la cause de l’imam Sadr, le Président frère Nabih Berri a parlé en détails il y a deux jours. Moi, je confirme une nouvelle fois chaque mot prononcé par le Président tant sur le plan politique que judiciaire. La justice libanaise doit assumer ses responsabilités face à l’enlèvement de citoyens voire de dirigeants libanais. Nous avons tant attendu et nous ne sommes pas allés au Tribunal international pour revendiquer notre droit. Des milliards de dollars sont offerts à la famille de Sayed Sadr et au Président Berri pour clore cette affaire mais nous ne vendons même pas un enfant par ces milliards de dollars. Nous savons comment opère le Tribunal international, donc, nous avons recouru à la justice libanaise.
Nous soutenons le boycott de tout sommet arabe qui se tient en Libye, l’imam et ses compagnons sont toujours en vie et ils sont détenus en Lybie. Il faut les libérer pour qu’ils retournent à leur patrie et à leurs familles. Nous ne cherchons de conflit avec personne.
Concernant l’affaire de l’enquête internationale, nous avions dit voilà plusieurs semaines que la résistance se sentait prise pour cible, et avions proposé quelques idées et révélé des preuves. Le procureur général s’est enfin exprimé pour dire que nos données sont incomplètes. Nous avons dit que nous ne sommes pas concernés par le TSL. Nous n’allons pas répondre aux questions du TSL. Nous avons fourni aux autorités compétentes libanaises les preuves dont nous disposions, à leur demande. Si elles sont intéressées ou concernées par nos données et par les enquêtes avec les collaborateurs et les faux témoins, nous sommes prêts à coopérer avec elles mais si elles ne sont qu'une boîte aux lettres entre nous et le procureur, nous ne sommes pas prêts à le faire. Peu nous importe si le procureur général est intéressé ou non par nos données, cela revient à lui, mais de toute façon, sa réaction constitue un indice sur son travail.
Passons à l’armée libanaise, nous appelons de nouveau à l’équiper, nous avons demandé au gouvernement de contacter les pays arabes pour nous offrir des armes, mais la réponse du gouvernement était négative. Ce gouvernement ne demandera rien des pays arabes! J’espère que l’équipement de l’armée soit une affaire sincère. Le Liban a levé la tête des arabes et de la nation. Chaque arabe est fier de l’être grâce au Liban. Il est de notre droit de réclamer d’eux des quantités de leurs armes stockées dans les dépôts. Nous avons proposé au gouvernement l’aide iranienne, et les Iraniens ont dit qu’ils sont prêts à offrir des armes sans aucune condition, pourtant les Américains et les Européens conditionnent leurs aides. Mais l’ironie du sort, certains Libanais ont posé des conditions à l’Iran pour accepter ses aides. Certains ont alors demandé de la République Islamique de ne plus fournir des armes à la résistance.
Quant à l’incident de Bourj Abou Haydar, nous avons assuré dans un communiqué conjoint avec les Ahbaches que l’incident est douloureux, et le Hezbollah a considéré avoir perdu trois martyrs. Cet événement constitue une perte sur tous les niveaux. Il n’y a eu aucun exploit humain, sécuritaire, ou politique. C’était un incident isolé. Certains Libanais ont tout fait pour exploiter politiquement les affrontements sur le terrain. Tout le monde sait que le grand projet des Américains a échoué, mais quelques libanais misent toujours sur ce genre d’incidents pour réaliser un quelconque exploit. Ils sont complètement désespérés après avoir perdu tout atout de force : une éventuelle guerre israélienne, une attaque contre la Syrie à travers le TSL, une séparation entre l’Iran et la Syrie, et là je vous assure que l’alliance irano-syrienne est plus meilleure que jamais.
De même, la relation entre la résistance et la Syrie n’a jamais été aussi solide. Donc, à ceux qui cherchent à semer la division qu’ils trouvent d’autres issues.
Cet incident a été beaucoup exploité dans les médias, mais quand nous sommes descendus sur le terrain, nous avons trouvé que les choses ont été exagérées. Ca me rappelle l’assassinat de Rafic Hariri, quelques heures après le crime, d’aucuns ont jugé, condamné et accusé des responsables.
L’incident a été donc exploité au moment où nous avons gardé le silence parce que nous étions en douleur, mais en contrepartie, quelle était la réaction de l’autre partie? Ils ont exagéré et amplifié l’affaire. Au lieu qu’ils cherchent a éteindre le feu, ils ont mis du poudre et exploité d’une façon dangereuse les sensibilités confessionnelles. Ce qui a été fait déchire le pays et ne l’unit pas. A ceux qui se sont mal comportés et qui n’ont pas traité l’affaire sagement, je leur dis : Vous avez enfoncé un couteau dans notre cœur blessé.
Dès le premier instant nous avons dit que l’armée et les services de sécurité assument leurs responsabilités.
On constate qu’il y a une mauvaise politique pour la direction de ce pays, quand un incident a lieu, certains se précipitent pour rouvrir des grands dossiers controversés. Ils ont immédiatement ouvert le dossier de l’arme de la résistance; dans chaque maison il y a des armes, et ça date depuis longtemps, depuis la guerre civile et l’invasion israélienne, ce dossier nécessite du temps et des traitements convenables. La politique actuelle est erronée, comme le traitement des dossiers de l’électricité, des réformes administratives, et des revendications ouvrières.
L’administration politique au Liban est mauvaise, elle est bâtie sur les réactions. J’appelle à l’accalmie, et je vous propose une initiative unilatérale. Cette affaire a été close, les indemnisations vont être payées très prochainement. Revenons alors à la table pour se mettre d’accord sur une politique convenable visant à diriger ce pays calmement.
L’approche des droits palestiniens a besoin de plus de débats. Les droits de réfugiés palestiniens étaient toujours un sujet constant évoqué dans la journée d’Al Qods, cette une affaire qui date de 60 ans. Je propose qu’un parti libanais ou palestinien entame une série de rencontres avec les différentes personnalités libanaises pour s’informer sur leurs craintes, qui sont légitimes, et pour les rassurer en contrepartie. Ceci doit aboutir à un consensus.
Enfin, en cette journée d’Al Qods, nous sentons que la résistance au Liban se trouve dans la bonne position, dans l’axe victorieux. Nous, en cette année de 2010, sentons que nous sommes plus proches que jamais d’Al Qods, après plus de 62 ans. C’est une question de temps entre le projet sioniste et les mouvements de résistance dans la région. Cette entité est destinée à la disparition, grâce à la volonté populaire, de la résistance, de la patience et de la lutte. Ce peuple palestinien a enduré 62 ans, il n’a ni capitulé, ni désespéré, ni renoncé à ses terres, à ses droits et à ses lieux saints. Ce sont les principaux atouts de force qui décideront de la fin du conflit avec ce projet.

03/09/2010

//www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=152823&language=fr0



4-2 Le président de la République Sleiman plaide pour que le Liban soit associé aux négociations sur la question des réfugiés.

Le président de la République, Michel Sleiman, qui a prononcé hier l'allocution du Liban à l'Assemblée générale de l'ONU à New York, a mis l'accent sur la nécessité qu'une solution à la crise régionale ne se fasse pas au détriment du Liban ou sans ce dernier et ne conduise pas à l'implantation des réfugiés palestiniens sur le territoire national.

Il a également souligné l'attachement du Liban à la résolution 1701 et à « libérer ses territoires occupés par Israël par tous les moyens légitimes et disponibles ».
« Malgré le rôle toujours grandissant et important que l'ONU joue sur le plan du développement socio-économique, il reste essentiellement et de loin une organisation politique créée pour maintenir la paix internationale et la sécurité, et préserver l'humanité du fléau des guerres et des conflits qui ont freiné son développement durant des périodes successives de l'histoire », a indiqué le président Sleiman au début de son allocution. « Dans ce contexte, l'ONU n'a pas hésité à œuvrer pour le règlement du conflit israélo-arabe depuis ses débuts, et à émis une série de résolutions visant à restituer leurs droits à leurs propriétaires et à consolider les piliers de la paix et du développement », a-t-il poursuivi.

 « Cependant, ces efforts ont baissé et se sont évanouis face à l'intransigeance israélienne et son penchant fort et évident à adopter une politique d'expansion et de colonisation. En effet, jusqu'à présent, Israël refuse à rejoindre le Traité de non-prolifération nucléaire et à placer ses centrales nucléaires sous le contrôle intégral de l'AEIA. C'est pourquoi, à l'heure où nous voyons aujourd'hui une prise de conscience grandissante sur le plan international en faveur d'un besoin urgent de trouver une solution au problème du Moyen-Orient, dont la question palestinienne est au cœur, dans des délais fixes, et de redonner vie aux efforts visant à aboutir à une telle solution, l'expérience des décennies précédentes prouve qu'il est impossible d'aboutir à une solution actuelle et permanente au Moyen-Orient si cette dernière n'est pas globale et ne traite pas de tous les aspects du conflit sur toutes les pistes, et à moins que la communauté internationale ne fasse preuve de la détermination nécessaire pour passer du stade des déclarations de principe à celui du travail, pour assurer les moyens de pression appropriés afin d'aboutir à une mise en application favorisant les éléments d'une solution basée sur les résolutions internationales, la référence à la Conférence de Madrid et à l'initiative arabe de paix dans toutes ses dispositions, surtout celles qui assurent le rejet de toute implantation des réfugiés palestiniens dans les pays arabes hôtes, dont la situation ne permet pas une telle implantation », a-t-il souligné.
« Le Liban a en effet fréquemment déclaré qu'il n'acceptera aucune forme d'implantation des réfugiés palestiniens sur son territoire. Cela est dû aux raisons et aux considérations sur lesquelles j'ai mis l'accent hier au Conseil de sécurité, surtout dans la mesure où une telle implantation provoquerait des répercussions mettant en danger la sécurité et la stabilité. Il est important de noter que la question des réfugiés palestiniens ne peut être résolue uniquement à travers les négociations israélo-palestiniennes, d'une manière qui ignorerait le Liban ou tout autre pays hôte concerné », a ajouté le chef de l'État.
« Nous ne pouvons que réitérer, à ce stade, que c'est la communauté internationale qui assume la responsabilité d'assurer les conditions de vie et de bien-être aux réfugiés palestiniens, et cela en augmentant sa contribution au budget de l'Unrwa, qui a été créée spécifiquement à ces fins en 1949, ce qui garantirait une vie décente aux réfugiés sous la souveraineté des pays hôtes et avec leur assistance, loin de l'extrémisme et de la violence », a-t-il noté.
Soutien à la 1701 et à la Finul
« Sur un autre plan, le Liban condamne encore une fois le terrorisme international, dont il a souffert à différents niveaux », a poursuivi Michel Sleiman. « Il coopère également avec la communauté internationale pour le combattre et soutient les positions appelant à explorer des moyens de le définir clairement et trouver une solution à ses causes profondes pour qu'il soit distingué clairement entre terrorisme et résistance légitime à l'occupation étrangère, qui est reconnue par la Charte de l'ONU et les résolutions qui en relèvent », a affirmé le chef de l'État.
« Alors que le Liban est attaché à la résolution 1701 du Conseil de sécurité et cherche à contraindre Israël à appliquer toutes ses dispositions, ce dernier maintient ses violations quotidiennes des espaces aérien, territorial et maritime libanais, violations décrites comme provocantes par le secrétaire général de l'ONU dans plusieurs de ses rapports. Plus que cela, les réseaux d'espionnage israéliens et le recrutement d'agents dans l'objectif de semer le trouble et déstabiliser le pays ont atteint un point nécessitant que la communauté internationale prenne une position ferme et contrecarre ces agressions israéliennes, ces menaces persistantes contre le Liban, son peuple et son infrastructure, et contraigne l'État hébreu à se retirer des territoires libanais toujours occupés dans les fermes de Chebaa, les collines de Kfarchouba et la partie nord du village de Ghajar sans retard ou conditions préalables », a-t-il ajouté.
« À ce stade, il est important de noter que nous maintenons notre droit de récupérer ou de libérer nos territoires encore occupés par tous les moyens légitimes et disponibles. De plus, le Liban aspire à recevoir davantage d'aide financière et technique pour poursuivre le démantèlement des mines et des bombes à fragmentation qui ont été anarchiquement plantées par Israël dans les zones résidentielles durant l'attaque de juillet 2006 et son occupation du territoire
libanais », a-t-il poursuivi.
« Dans les cadres appropriés, le Liban n'épargnera aucun effort pour contraindre Israël à compenser toutes les pertes et tous les dommages qu'il a causés au Liban durant ses agressions successives », a souligné le président de la République. Et de poursuivre : « Le Liban voudrait également faire valoir son droit à disposer de ses ressources en eau, pétrole et gaz naturel (...) en conformité avec le droit international, surtout qu'il compte exploiter ses ressources dans les limites de sa zone économique exclusive, dont certaines des frontières ont été délimitées au Sud en concordance avec la carte soumise par le gouvernement libanais au secrétariat de l'ONU le 9 juillet 2010. »
« Si nous louons les efforts et les sacrifices des forces de la Finul opérant au Liban-Sud, que nous tenons à préserver, nous mettons à nouveau l'accent sur l'importance de la coordination et de la coopération entre l'armée libanaise et les forces internationales, en conformité avec les règles d'engagement, dans l'objectif d'assurer une application juste de la mission confiée à ces forces. En retour, nous n'obtenons que des positions israéliennes arrogantes et provocantes qui sont à l'origine des incidents qui se produisent de temps en temps sur la ligne bleue », a-t-il ajouté.
« Durant les dernières années, le Liban s'est efforcé de maintenir sa stabilité interne à travers le dialogue, en complétant l'application de l'accord de Taëf, en ayant recours aux institutions légales pour résoudre toute dispute, et en restant attaché aux résolutions du Conseil de sécurité et à la légitimité internationale. L'État libanais a tenu à respecter toutes les échéances constitutionnelles sans retard, qu'elles soient municipales ou législatives, et ces dernières se sont produites dans un climat de liberté, de transparence et de calme, en conformité avec les exigences de la démocratie et le principe de l'alternance du pouvoir. De plus, le Liban a déployé tous ses efforts pour prévenir toute agression externe en cherchant à contraindre Israël à appliquer la résolution 1701 du Conseil de sécurité et en mobilisant toutes ses capacités dissuasives nationales dans le cadre d'une stratégie nationale de défense », a noté M. Sleiman.
« Alors que nous promettons de préserver cette détermination et cette approche, quels que soient les dangers, avec le soutien de la volonté libre et consciente du peuple libanais et le soutien des pays amis et frères, nous restons confiants dans le fait que le Liban restera toujours ouvert au dialogue et à l'interaction humaine des civilisations, loyal à sa mission, attaché au renforcement de la justice et de la loi malgré tous les défis et à la défense des valeurs de liberté, de démocratie et de convivialité, sur base desquelles il a été édifié », a-t-il conclu.
Avant de prendre la parole au Palais de Verre, le président Sleiman avait reçu en son lieu de résidence new-yorkais la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, en présence du sous-secrétaire d'État au Proche-Orient, Jeffrey Feltman. Mme Clinton a réitéré le soutien de son pays au Liban et à l'armée, et a rendu hommage au président Sleiman pour sa gestion des affaires libanaises. Elle a souhaité qu'un climat de calme continue de régner sur la scène interne, précisant que Washington n'appuierait aucune solution dans la région au détriment du Liban. De son côté, le président Sleiman a repris sa position concernant les violations israéliennes de la 1701.
Le chef de l'État a également rencontré le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, et le président irakien, Jalal Talabani. Il devait rencontrer en soirée le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, mais un changement de programmes a conduit à un report de la réunion à une date ultérieure.

25/09

http://www.lorientlejour.com/category/Liban/article/672709/A_New_York,_Sleiman_plaide_pour_que_le_Liban_soit_associe_aux_negociations_sur_la_question_des_refugies_.html 



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


06/09/2010

n°141 - dossiers du Liban - Haririri & le Tribunal spécial - 06-09 -: Début : -: Le Tribunal spécial pour le Liban : une machine de guerre contre la Résistance.


n°141 - dossiers du Liban - Haririri & le Tribunal spécial - 06-09 -: Début : -: Le Tribunal spécial pour le Liban : une machine de guerre contre la Résistance.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers du Liban - Haririri & le Tribunal spécial

n°141 du 06-09

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Le " dossiers du liban" est  visible  sur mes blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis   :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

Tiré à part :

Qui est Rafic Hariri?

1  Brèves

1-1 Assassinat de Hariri, pas de mise en accusation imminente.

Dossier & Point de vue

2-1 Enquête sur l'assassinat d'Hariri: Daniel Bellemare, dit être "très optimiste".

2-2 Philippe Abi-Akl : Bellemare dégonfle le ballon de baudruche.

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1  Affaire Hariri - Propagande anti-syrienne sur LCP

Fin

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 Rafic Hariri:

1 Gilles Munier : Liban: Assassinat de Rafic Hariri, la piste interdite

4-2 Tribunal spécial pour le Liban

a) Youssef Boussoumah : Le Tribunal spécial pour le Liban : une machine de guerre contre la Résistance.

Pièce jointe

Treizième rapport du Secrétaire général de l’ONU sur le suivi de la cessation des hostilités au Liban.



Tiré à part :

Qui est Rafic Hariri:?

Premier ministre libanais à cinq reprises entre 1992 et 2004, Rafic Hariri, musulman sunnite, a bâti sa fortune en Arabie Saoudite. Son gouvernement est tombé en octobre 2004 à la suite de pressions exercées par la Syrie. Le 14 février 2005, son convoi circulait sur une route en bord de mer à Beyrouth lorsqu'il a été attaqué. Il avait 60 ans.

Son fils, Saad Hariri, est l'actuel premier ministre.

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http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/201009/03/01-4312265-enquete-sur-lassassinat-dhariri-patience-dit-le-procureur-canadien.php



1  Brèves

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le contenu de l’article mais doit être vu comme information.

1-1 Assassinat de Hariri, pas de mise en accusation imminente.

Le procureur chargé de l’enquête internationale sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri a déclaré hier qu’il n’inculperait personne dans la précipitation, écartant ainsi la perspective de mises en accusation imminentes. «Permettez-moi de dire clairement qu’aucun acte d’inculpation n’a été rédigé pour le moment», déclare Daniel Bellemare dans une interview au site internet libanais NOW.

«Je ne procéderai à des inculpations que lorsque j’estimerai avoir réuni suffisamment d’éléments », ajoute-t-il dans cet entretien, l’un des rares qu’il ait accordés depuis qu’il a pris en charge l’enquête. Certains médias avaient rapporté que Daniel Bellemare pourrait inculper dès ce mois-ci certains membres du Hezbollah, organisation chiite pro-syrienne, dans l’enquête sur la mort de Hariri, qui était hostile à la présence syrienne au Liban, et de 22 autres personnes le 14 février 2005 à Beyrouth.

Le leader du Hezbollah, Hassan Nasrallah, nie toute implication de son organisation dans la mort de Rafic Hariri et estime que le tribunal mis sur pied par l’Onu pour juger les responsables de l’attentat participe d’un «projet israélien». Il a intensifié ses critiques contre les enquêteurs, ce qui a accru la tension au sein du gouvernement d’union libanais dirigé par le fils de Rafic Hariri, le Premier ministre Saad Hariri, lequel soutient le tribunal. «Nous opérons dans un contexte politique. Mais la décision qui sera prise ne sera pas une décision politique», assure Daniel Bellemare.

A la question de savoir si des suspects seront inculpés d’ici la fin de l’année, il se dit «très optimiste», ajoutant que l’enquête avance aussi vite que possible. Quant au document vidéo fourni par le Hezbollah, qui selon Nasrallah montre que des drones israéliens avaient surveillé l’itinéraire suivi par le convoi de Hariri avant l’attentat, Daniel Bellemare assure qu’il ne sera «pas pris à la légère».

Le tribunal n’a prononcé aucune inculpation depuis que le Conseil de sécurité des Nations unies l’a mis sur pied en mai 2007. L’an dernier, il a ordonné la remise en liberté de quatre généraux libanais pro-syriens qui avaient été condamnés à des peines de quatre ans prison sans qu’aucune charge n’ait été retenue contre eux.

03 septembre

Source : Le Temps-Agences



Dossier & Point de vue

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

 

2-1 Enquête sur l'assassinat d'Hariri: Daniel Bellemare, dit être "très optimiste".

Le procureur du tribunal spécial sur le Liban, le Québécois Daniel Bellemare, dit être "très optimiste" que des accusations seront déposées avant la fin de l'année dans l'enquête qui a coûté la vie à l'ex-premier ministre Rafic Hariri, en 2005

Plus de cinq ans après l'assassinat de l'ancien premier ministre libanais Rafic Hariri, aucune accusation n'a encore été portée. Cela alimente les rumeurs, au Pays du cèdre, sur la compétence et l'indépendance du Tribunal spécial sur le Liban mis sur pied par l'ONU. Mais son procureur, le Québécois Daniel Bellemare, met les choses au clair: pas question de porter des accusations sans détenir une preuve solide.

Dans une rare entrevue publiée mardi dans Now Lebanon, Daniel Bellemare répond aux rumeurs qui s'attaquent à la crédibilité du Tribunal spécial sur le Liban (TSL). «J'ai lu des articles qui disaient que certaines personnes ont vu l'acte d'accusation. Je veux le dire clairement: l'acte d'accusation n'a pas encore été rédigé. Comme je l'ai déjà dit, je le rédigerai quand je serai certain que les preuves sont suffisantes.»

Combien de temps cela prendra-t-il encore? Daniel Bellemare a bon espoir que des accusations seront déposées avant la fin de l'année. Pour l'heure, dit-il, il doit s'assurer que la preuve recueillie sera admissible en cour. «C'est la clé. Si je rédige un acte d'accusation et qu'il n'y a pas de preuve, toute la structure s'effondre et nous serons dans le pétrin. Je veux m'assurer qu'il y a le plus de preuves convaincantes possible.»

Syrie et Hezbollah

Le premier procureur du TSL avait évoqué dès 2005 la possible implication de la Syrie dans l'assassinat de Hariri, mais les accusations n'ont pas suivi. Daniel Bellemare, ancien sous-procureur général adjoint du Canada, a pris la tête du TSL en 2008. Il travaille aux Pays-Bas, sa sécurité étant trop menacée au Liban.

Il est resté, contrairement à ses prédécesseurs, très discret sur le déroulement de l'enquête. Mais la lenteur du processus suscite de l'impatience et alimente les rumeurs.

Les médias libanais ont notamment faussement annoncé une inculpation imminente de membres du Hezbollah, organisation chiite pro-syrienne. Le leader du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, accuse de son côté Israël d'être responsable de l'attaque et a diffusé des images qui, selon lui, prouvent que des drones israéliens survolaient le lieu de l'attentat. Daniel Bellemare confirme avoir reçu ces images, qu'il ne prend pas à la légère.

Une poudrière

La situation politique du Liban est «tellement fragile» que la publication de l'acte d'accusation pourrait avoir de sérieuses répercussions, observe Henry Habib, spécialiste du Moyen-Orient à l'Université Concordia. «Un crime ne doit pas rester impuni. Mais, en même temps, il faut être conscient des conséquences qui peuvent accentuer les divisions.» Le pays se remet petit à petit de la guerre civile et des affrontements avec Israël, souligne-t-il. «On ne peut vraiment pas se permettre une autre guerre civile.»

En entrevue, Daniel Bellemare se dit conscient des tensions qui habitent les Libanais, mais il ne permet aucune ingérence politique dans son enquête. «Celui qui connaît ce dossier, c'est moi. Les gens doivent s'en souvenir. À moins qu'ils puissent lire dans mes pensées, le reste n'est que pure conjecture.»

03 septembre

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http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/201009/03/01-4312265-enquete-sur-lassassinat-dhariri-patience-dit-le-procureur-canadien.php 


2-2 Philippe Abi-Akl : Bellemare dégonfle le ballon de baudruche.
L’éclairage
Le Canadien Daniel Bellemare, procureur général du TSL qui connaît de l'assassinat du président Rafic Hariri, a bien mis les points sur les i, dans une intervention sur le site Now Lebanon au sujet des assertions du Hezbollah, selon lesquelles l'acte d'accusation serait déjà rédigé, et qu'il ne reste plus qu'à l'étayer de certaines démonstrations. Ainsi qu'à propos des rumeurs que des cadres du 8 Mars propagent sur la politisation d'un tribunal qui serait un instrument utilisé par l'Occident, USA et Israël en tête, contre le parti et son armement. Le magistrat, retournant à ses contempteurs la monnaie de leur pièce, déclare en substance que tout ce qui se rabâche n'est qu'un tissu de politique qui ne le concerne ni de près ni de loin. Il précise même que ces spéculations débridées, il en prend connaissance pour la première fois dans les journaux. Manière d'indiquer qu'elles sont toutes cousues de fil blanc et ne lui ont jamais traversé l'esprit.
Le Hezbollah articule sa campagne autour du dossier des « faux témoins». Bellemare lui répond que, de son côté, il n'utilise pas ce terme. Il demande sans ambages : qui a dit que Houssam Houssam et Mohammadel-Siddick sont de faux témoins ? Le procureur relève que les gens confondent souvent la procédure judiciaire et l'enquête. Évoquant les bruits sur une publication rapprochée de ses conclusions, il précise fermement : « L'acte paraîtra quand je me serai assuré qu'il se fonde bien sur des indices suffisants. » Ajoutant qu'actuellement, il est « en pleine opération de vérification de l'efficience de tout indice. Pour parvenir à la plus dense collection d'éléments probants et crédibles ».
En professionnel averti, il rappelle que tout compte fait « les indices circonstanciels avérés sont encore plus forts que les indices convaincants, parce que croyables ».
Il poursuit en confirmant que ce qu'il a obtenu à ce jour de Hassan Nasrallah l'a été à travers la télévision. Dans un passage, le sayye davance qu'il dispose d'un surcroît d'indices, « ce que nous n'avons pasobtenu et dont nous attendons la transmission », indique le procureur.
But
Puis, il insiste : la mission du tribunal est de découvrir les assassins du président Rafic Hariri et de ses compagnons de destin, d'établir la vérité. La cour opère, c'est indiscutable, par rapport à un domaine bienpolitique. Par contre, son verdict n'aura rien de politique. Et quant à Bellemare lui-même, « personne ne peut me dicter ce que j'ai à faire »,proclame-t-il.
Et la décision du gouvernement libanais de charger le ministre de
la Justice, Ibrahim Najjar, de collecter des données dans l'affaire dite des « faux témoins » ? Bellemare répond qu'il la respecte, mais que c'est lui-même qui reste la haute autorité en ce qui concerne l'enquête sur l'assassinat du président Hariri. Façon de rappeler que tout le monde doit coopérer avec son bureau.
Imperturbable, inébranlable, imperméable à toute perturbation. Par ses déclarations, Bellemare balaie, entre autres, les informations rêvées par des cadres du 8 Mars qui affirment que l'Arabie saoudite a prié
la France et les USA de faire retarder la publication de l'acte d'accusation, qui comporterait la mise en inculpation d'éléments duHezbollah. En prélude à l'abolition du TSL tout entier, « qui constitue une menace pour la paix civile au Liban et pour l'entité libanaise », à en croire le Hezbollah.
Des diplomates et des politiciens retour de Paris confirment que les dirigeants français ne cessent de souligner que le TSL est tout à fait indépendant. Issu de la volonté de cette autorité suprême qu'est le Conseil des Nations unies, ce tribunal est formé des meilleurs juges que compte la planète. Des hommes et des femmes à la carrière irréprochable,
réputés pour être insensibles à toute forme de pression. Personne donc, concluent les autorités françaises, ne peut intervenir dans la
procédure. Sans compter que
la France, pour sa part, respecte le principe de l'indépendance des pouvoirs et l'indépendance parfaite de la justice.
Une précision, toutefois, et qui émane de Bellemare lui-même : « Je ne ferais pas montre de responsabilité si je n'étais sensible, attentif, à ce qui se passe sur la scène... », entendre libanaise. Il ne veut absolument pas agir à l'aveugle, en pur théoricien. Et c'est ce qu'indiquait le communiqué de son bureau, après la demande au parquet libanais concernant l'exposé d'indices de Nasrallah, en soulignant qu'il n'y aurait aucun acte d'accusation « avant que le procureur ne se soit assuré qu'il se fonde sur des indices indiscutables, à la lumière de toutes les circonstances ». Traduit en clair, cela signifie que Bellemare voudra tenir compte, pour le timing, de toutes les circonstances et de toutes les retombées possibles au Liban. C'est pourquoi, il tient à ne rien publier avant de pouvoir avancer des preuves absolument indiscutables. Coupant court, en bonne logique, à toute contestation, à toute réaction de rejet violent. Mais la logique entre-t-elle, ici, en ligne de compte ?

Où peut-on la voir quand un tribunal est traité d'israélien et l'acte d'accusation condamné alors qu'on n'en sait strictement rien ? Où peut-on la toucher du doigt quand le député Mohammad Raad précise que le clash de Bourj Abi Haïdar est une avant-première... Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que si l'acte d'accusation n'est pas bloqué, ou indéfiniment retardé, ou si le TSL n'est pas définitivement neutralisé, l'explosion est au bout.

02 septembre

Philippe Abi-Akl



3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

3-1  Affaire Hariri - Propagande anti-syrienne sur LCP
Le 31 août, ceux qui ont raté « Voiture piégée à Beyrouth : qui a tué Rafic Hariri ? » sur La Chaîne parlementaire (LCP), n’ont rien à regretter.
Alors que des preuves tangibles de l’implication d’Israël dans l’assassinat du Premier ministre libanais ont été transmises par Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah, au Tribunal spécial pour le Liban, la diffusion de ce documentaire n’avait aucune raison d’être, surtout sans avertissement ou débat contradictoire. Amal Hamelin des Essarts, correspondante de presse à Beyrouth, qui l’a réalisé en 2008, n’était pas sans savoir qu’une piste conduisait en Israël, que les soi-disant Gouvernement du Liban libre basé en Israël, et le Comité pour un Liban libre, proche du Likoud, avaient mis Rafic Hariri sur une liste de personnalités libanaises à éliminer (1).
A cette époque, le « faisceau de preuves » accusant
la Syrie de l’assassinat, et le juge Detlev Mehlis qui les avait fabriqués, étaient irrémédiablement discrédités.
La Syrie toujours menacée
Passons sur l’intervention de l'ancien vice-président Abdel Halim Khaddam, opposant réfugié à Paris, qui rêve de prendre le pouvoir en Syrie, ou du chef druze Walid Joumblatt qui s’est excusé, en mars 2010, des propos – « inadmissibles » selon ses propres dires - qu’il avait tenu contre le Président Bachar al-Assad, pour nous attarder sur celle de Marwan Hammadé. Comment se fait-il qu’aujourd’hui, alors que les preuves s’accumulent contre Israël, la rage anti-syrienne – et anti-Hezbollah - de ce dernier demeure intacte ? A Beyrouth, par les temps qui courent, il n’en faut pas plus pour être soupçonné d’espionnage au profit d’Israël, d’autant qu’en 2007, Marwan Hammadé, ministre libanais des Télécommunication, était de ceux qui voulaient interdire à la résistance de disposer de son propre réseau de téléphonique (2).
Depuis, l’arrestation pour espionnage d’employés des services de télécommunication a non seulement donné raison au Hezbollah, mais contraint Marwan Hammadé à démentir « catégoriquement », le mois dernier, la rumeur l’accusant d’être un des « gros poissons » recrutés par le Mossad (3).
Le documentaire venimeux programmé sur LCP – qui sera rediffusé à plusieurs reprises – démontre qu’au-delà de la campagne menée contre le Hezbollah,
la Syrie baasiste est toujours dans la ligne de mire des propagandistes occidentaux et israéliens.
Notes:
(1)
Lire : Assassinat de Rafic Hariri, la piste interdite, par Gilles Munier (16/7/06)
http://www.france-irak-actualite.com/pages/Liban_Assassinat_de_Rafic_Hariri_la_piste_interdite_16706-1982672.html

(2) Lebanese minister slams Hezbollah telephone network
http://www.haaretz.com/news/lebanese-minister-slams-hezbollah-telephone-network-1.228411

(3) 3 state employees arrested on suspicion of spying for Israel
http://www.yalibnan.com/2010/08/07/3-state-employees-arrested-on-suspicion-of-spying-for-israel/