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26/04/2008

N° 70- Journal du Liban – 04 au 25-04 – (fin) - 33 années de calvaire du Liban

N° 70- Journal du Liban – 04 au 25-04 – (fin) - 33 années de calvaire du Liban Journal du Liban   

N° 70                 04-04 au 25-04

Par  M.Lemaire


NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.(fin)

9 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

9-1 Pendant que nous déminons, tu collabores…

9-2 Le billet de Roger AKL : Le jeu trouble de la France dans l'affaire Mohammed As-Siddik.

9-3 Petits battements d’ailes de papillon.

10 Annexe - Géopolitique et stratégie- Analyse

10-1 Thierry Meyssan : Qui veut encore connaître la vérité sur l’assassinat de Rafic Hariri ? »

10-2 Alain Gresh : Al-Zawahiri sur le camp de Nahr El-Bared.



9 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

dlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme informatio,.

9-1 Pendant que nous déminons, tu collabores…

A ce jour, les responsables israéliens n’ont fourni aucun plan et aucune information, à la demande des Nations Unies maintes fois réitérée, permettant de faciliter les recherches et de rendre plus efficace le nettoyage.

Selon le centre de déminage, organisme des Nations Unies, 39.000.000 m2 de la surface du Sud Liban furent pollués par les grappes de la mort (BASM) durant l’agression de juillet - août 2006. A ce jour, 42% de cette superficie polluée furent définitivement nettoyés, avec le déminage d’environ 142 mille bombes à sous munitions. Selon ce centre, le bilan des pertes est comme suit :

   · 245 personnes parmi la population civile atteintes, dont 27 tuées et 218 blessées parmi lesquelles des handicapées à vie

     · 47 personnes atteintes parmi les techniciens de déminage (FINUL, organismes internationaux et Armée Libanaise), dont 13 tuées et 34 blessées

Les catégories de BASM utilisées par l’armée israélienne furent les M42, M77, LBU63 (de fabrication américaine) et M85 (de fabrication israélienne) ; l’utilisation de cette dernière catégorie se caractérisant  par un système d’auto déclenchement est prohibée par les Nations Unies. A ce jour, les responsables israéliens n’ont fourni aucun plan et aucune information, à la demande des Nations Unies maintes fois réitérée, permettant de faciliter les recherches et de rendre plus efficace le nettoyage.

Suite à l’utilisation intensive des BASM par Israël, lors de l’agression de juillet - août 2006, plusieurs organisations humanitaires ont récemment engagé des discussions en vue d’un nouveau traité international concernant ces grappes qui sera soumis à la signature des pays lors d’un prochain congrès qui se tiendra à Dublin, en Irlande.  Quant au maître de notre Sérail, bouche cousue sur ce dossier, il s’atèle, en permanence et dans ses actes, à prouver son attachement à la politique et aux manœuvres américano israéliennes d’ingérence, d’intimidation, d’occupation de territoires, de massacres répétés, d’épurations ethniques et d’éclatement ou de fragmentation de nations sur des bases racistes, tribales ou confessionnelles.

5 avril 2008   Raymond RICHA


9-2 Le billet de Roger AKL : Le jeu trouble de la France dans l'affaire Mohammed As-Siddik. Je reviens au sujet de l’arrestation injuste des quatre généraux libanais accusés d’avoir trempé dans l’assassinat du premier Ministre libanais et sujet du roi d’Arabie saoudite, Rafic Hariri. J’y reviens parce que ces quatre généraux et quatre civils ont été arrêtés sur les accusations de Monsieur Mohammed Zouhair As-Siddik, qui ont été prouvées comme mensongères, par l’enquêteur des Nations Unies Serge Brammertz. Malgré cela, les juges libanais continuent depuis deux ans à emprisonner les accusés, sans aucun acte d’accusation, ni même un début de preuve, de manière injuste et arbitraire, à tel point que le groupe de travail, désigné par la commission des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, UNHCHR, a fait un rapport disant : « La privation de liberté de Jamil El Sayed, Moustapha Hamdane, Raymond Azar et Ali El Haj, Ayman Tarabay, Moustapha Talal Mesto, Ahmad Abdel Aal et Mahmoud Abdel Aal est arbitraire en ce qu’elle contrevient aux dispositions des articles 9 et 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques auquel le Liban est partie »… Il faut savoir que le gouvernement libanais, appuyé et sponsorisé par les Etats-Unis et l’Europe et par tous les gouvernements arabes sunnites, dits « modérés » car obéissants aux désirs américains, n’en est pas à son premier comportement injuste, inconstitutionnel et antidémocratique. Pourtant, les pouvoirs des pays occidentaux et des pays arabes sunnites non démocratiques, comme l’Arabie saoudite et l’Egypte, l’appuient comme étant un parangon de démocratie. Etonnamment, la France gardait Mohammed Zouhair Al Siddik « sous protection policière » sans permettre aux juges libanais, chargés de l’affaire, de l’interroger, même s’ils venaient le faire en France. Aujourd’hui, le ministre français des affaires étrangères, Monsieur Bernard Kouchner affirme que Monsieur Al Siddik « a disparu et la France ne sait pas où il se trouve ». Cela n’a pas manqué de provoquer un scandale dans les pays arabes, notamment en Syrie et au Liban, où les frères du « témoin roi », comme l’enquêteur Detlev Mehlis, avait appelé Siddik, au moment où la propagande mondiale condamnait sans preuves les généraux, de « l’assassinat du siècle », accusent la France rien moins que de vouloir le faire disparaître pour permettre son assassinat (journal Al Hayat du 10/4/200  . En fait, l’enquête avait fini par démontrer que ce « témoin roi » était un menteur invétéré qui aurait été « payé » pour témoigner ainsi et, depuis, il avait disparu « protégé » par la France. Quant au député libanais Hassan Fadlallah, il se demande publiquement si le gouvernement français n’a pas quelque chose à cacher, en ce qui regarde l’enquête concernant l’assassinat de Monsieur Rafic Hariri . « Est-ce qu’il n’y aurait pas, a-t-il demandé, accord, avec un parti local (gouvernement libanais), ayant intérêt à cacher la vérité ? » (journal As Safir du 10/4/2008). Ce qui est encore plus étonnant, c’est que l’opposition et les médias français n’ont même pas posé une toute petite question pour savoir les raisons qui font qu’un personnage « protégé » ait pu disparaître sans laisser de traces. Quant aux Libanais, ce qui les intéresse surtout c’est qu’enfin leur gouvernement, dont la justice, aidée par des enquêteurs internationaux, est incapable de découvrir le plus petit fil conduisant aux assassins qui tuent leurs personnalités par dizaines, leur gouvernement, incapable de démissionner, par peur des « représailles » étrangères, leur gouvernement fasse au moins sortir de prison les innocents qu’il a accusés injustement. En effet, les Libanais savent bien qu’ils ne peuvent pas demander aux puissances mondiales, qui gouvernent le monde et qui les maltraitent pour des intérêts corporatistes et pétroliers très compréhensibles, les Libanais savent très bien qu’ils ne peuvent pas leur demander une vérité, toujours contraire à la civilisation du mensonge, dans laquelle l’univers politique mondial s’est enlisé au point d’étouffer. Heureusement, les médias internationaux ont bien voulu nous montrer comment les sociétés pétrolières sont en train de détruire les forêts équatoriales et l’atmosphère universelle. Si les peuples américains et européens s’en fichent du Liban, de la Palestine et de l’Irak, peut-être feraient-ils un peu plus attention à la destruction de l’avenir de leurs enfants et en demanderont-ils des comptes à leurs gouvernements, aux dirigeants des corporations internationales qui les appuient et aux médias qui en font partie. [Le billet de Roger AKL - Revue Europe & Orient - 10/04/2008]

http://www.spcm.org/Journal/spip.php?article16204
SourcesLibertés et Internet



9-3 Petits battements d’ailes de papillon.

Désormais, ces petits battements d’ailes de papillon, du grand pays entre les deux fleuves à celui des cèdres éternels, en passant par celui du Nil, grandiront dans la résistance jusqu’à la chute de l’oppression et de la collaboration…
Les faces des pyramides, fières de leur géométrie bâtie dans le sang, résonneront avec la voix de cette maman privée de pain et de lait, allaitant son bébé, sur cette terre d’Egypte, comme à Gaza ou ailleurs.
Ces faces là plieront l’espace jusqu’à ce que les quatre points cardinaux de notre grande nation arabe se confondent, dépassant ainsi les mœurs, les croyances, les dialectes et les idéologies et abolissant, par le seul acte de résistance, toutes les formes d’exploitation, d’oppression, d’obscurantisme, d’abandon national et de collaboration avec l’ennemi.
Battements d’ailes
De papillon,
Belles et rebelles
Résistantes,
Je vous épouserai
Partout,
Au Liban
Comme en Palestine,
Du fin fond du Maghreb
Jusqu’au pays de l’Euphrate,
Me niant
Et me reniant,
Jusqu’à atteindre
L’amour des miens,
Vrai et généreux
Juste et infini

20 avril 2008,
Raymond RICHA



10 Annexe - Géopolitique et stratégie - Analyse

Ndlr : Lla publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

10-1 Thierry Meyssan : Qui veut encore connaître la vérité sur l’assassinat de Rafic Hariri ? »

Depuis une dizaine d’années, je poursuis une étude systémique des États-Unis : comment ils ont choisi, à la faveur de la disparition de l’Union soviétique, de se transformer en un empire global.

Article après article, j’ai observé leur conquête du monde et analysé leur mode de fonctionnement. Cela m’a conduit à publier en 2002 L’Effroyable imposture sur les attentats du 11 septembre, l’instauration de l’état d’exception permanent aux États-Unis, et la conquête de l’Afghanistan. L’ouvrage a connu un succès mondial et a été décrié par la presse atlantiste à la hauteur de son succès. Non seulement rien de ce qui s’y trouvait n’a été démenti depuis, mais la prospective qui en découlait s’est malheureusement trouvée vérifiée avec l’invasion de l’Irak. C’est par l’étude de l’Empire états-unien que j’en suis venu à m’intéresser à la guerre israélienne contre le Liban de 2006 et à écrire ce nouvel ouvrage, L’Effroyable imposture 2. Le regard que je porte sur votre pays est donc singulièrement différent de celui que vous pouvez avoir. Je n’y ai aucun intérêt à défendre, je suis étranger aux passions qui le déchirent, et j’observe les événements qui s’y déroulent à partir des influences extérieures qu’il subit et non à partir des forces qu’il produit. En écrivant ces articles, puis ce livre, je n’ai pas cherché à appuyer un parti ou un autre, j’ai juste voulu comprendre et faire partager au public mes interprétations de ces événements. Je suis convaincu que c’est sur cette terre meurtrie que se joue l’avenir —et je pense aujourd’hui la défaite— de ce projet impérial que les États-uniens eux-mêmes appellent « globalisation ». Pourquoi au Liban et pas en Palestine ou en Irak ? Parce que cet impérialisme est issu de la conjonction entre des intérêts économiques et une idéologie, entre le contrôle des hydrocarbures et le sionisme ; parce qu’il passe par la domination des populations du Grand Moyen-Orient, lesquelles sont représentées au Liban comme nulle part ailleurs. Briser la résistance au Liban, c’est la briser dans toute la région. Dans ce livre, je me suis donc attaché à la fois à décrire les événements récents, la longue liste des crimes politiques et l’agression israélienne, et à étudier les superstructures, c’est-à-dire la place du sionisme dans l’empire et les plans militaires de domination des ressources énergétiques. Tout cela semble connu, mais à y regarder de plus près, on n’en a souvent qu’une connaissance très superficielle, voire erronée. Je me suis contraint à vérifier chaque point auprès de la source originale et à la citer en note à la fin de l’ouvrage. Le résultat, vous le lirez, est fort surprenant. Tout auteur qui s’intéresse au Liban rencontre des difficultés méthodologiques tant les sources libanaises sont contradictoires. Le Liban étant selon l’expression consacrée un « État faible », il n’était pas jusqu’en 2006 le maître de son destin. Lorsqu’un événement survenait, chacun le subissait et élaborait une hypothèse pour l’interpréter, selon ses préjugés. Mais lorsque des éléments nouveaux permettaient de confirmer ou d’infirmer une hypothèse, rares étaient les leaders politiques qui en tenaient compte. Au lieu d’ajuster le discours, on changeait de sujet. L’écrivain, lui, a le privilège de revenir en arrière pour reconstituer l’enchainement des faits et faire surgir leur cohérence. C’est ce que j’ai fait. Et il est toujours plus facile de comprendre a posteriori plutôt que lorsque les protagonistes cachent encore leur jeu. J’ai fait le choix méthodologique de départ de privilégier les sources écrites non-libanaises. Ayant l’honneur de présider le Réseau Voltaire, je suis en contact avec de nombreux journalistes, diplomates et militaires dans le monde qui m’ont signalé des documents dispersés que je n’aurais probablement pas trouvé si vite seul. J’ai également eu accès aux confidences de quelques hauts responsables, mais s’ils ont guidé mes recherches, je me suis interdit d’en faire usage pour mon raisonnement et ne me suis fié qu’aux documents vérifiables et aux éléments matériels.

Enfin, je dois dire que je ne suis pas sorti indemne de cette recherche. Je suis arrivé l’esprit vierge, mais je me suis pris de passion pour ce pays où s’expriment le pire et le meilleur de la dimension humaine. J’ai compris la passion que mon grand-père avait éprouvé pour cette terre et pour ce peuple, lui, qui présida, il y a soixante ans, la commission d’armistice Israël-Liban. Au lendemain de la guerre, deux grandes questions se posaient : d’une part pourquoi avait-on tué Rafic Hariri (d’un point de vue non pas judiciaire mais historique, la question du mobile est beaucoup plus importante que celle des assassins et des commanditaires) ? et d’autre part, pourquoi Israël avait attaqué le Liban (étais-ce en riposte à l’action du Hezbollah comme déclaré, ou pour des motifs stratégiques régionaux) ? Si l’on part des documents des thinks tanks états-uniens et du Pentagone, les choses s’éclairent vite : l’agression israélienne était planifiée de longue date et supposait en préalable à la fois le départ de l’armée syrienne pour que le pays soit sans défense et le retrait de Rafic Hariri pour écarter l’influence française. Je m’étonne que des questions de cette importance soient aujourd’hui reléguées au second plan sans avoir été totalement éclaircies. Il y a peu de temps encore, des affiches réclamaient sur les murs de cette ville « la vérité ». Depuis que tous les indices et témoignages susceptibles d’étayer la piste syrienne ont été l’un après l’autre invalidés, plus personne ne semble vouloir connaître « la vérité ». La France , qui avait arrêté —sur requête de la justice libanaise et à l’initiative du chef de mission de l’ONU d’alors, Detlev Mehlis— Mohammad Al-Saddiq, le témoin capital de la piste syrienne, déclare ingénument l’avoir « perdu » depuis le 13 mars. C’est que cet individu, qui accusait les présidents Bachar el-Assad et Émile Lahoud, avait été confondu et que la piste syrienne s’était effondrée avec ses mensonges. Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, qui avait soutenu de manière partisane et acharnée ses accusations, se dit incapable de retrouver « son » témoin. Les quatre généraux libanais qui avaient été arrêtés sur la seule base de ces accusations et qui croupissent en prison depuis, n’ont toujours pas été libérés. Le Conseil des Droits de l’homme de l’ONU a lui même établi que leur détention —voulue par Detlev Mehlis— est exclusivement politique et viole les normes internationales. Mais en les écartant de leurs fonctions de sécurité, ceux qui manient l’assassinat politique conservent les mains libres.
Quoi qu’il en soit, comme je l’indique dans ce livre, nous pouvons affirmer premièrement que ce crime profite à Israël et aux États-Unis et deuxièmement qu’un groupe proche de la CIA, l'US Committee for a free Lebanon , en avait connaissance à l’avance.
De même, il est important de savoir si c’est le Hezbollah qui a provoqué la guerre en livrant une escarmouche à l’armée israélienne ou si nous avons affaire à une guerre de soixante ans qui a été rallumée sous ce prétexte. Or, de nombreux documents attestent de la préparation de cette guerre pour l’automne 2006 et de sa mise en œuvre précipitée, sous le prétexte de cette escarmouche. Ceci est d’ailleurs confirmé depuis par la Commission Winograd. J’explique, dans le livre, que cette précipitation visait à interrompre l’enquête en cours sur un « réseau criminel » libanais installé par le Mossad et qui aurait pu participer à l’assassinat de Rafic Hariri ; une piste vers laquelle s’oriente désormais le juge Bellemare, président de la mission d’enquête de l’ONU, ainsi que l’atteste le rapport qu’il a présenté la semaine dernière au Conseil de sécurité. C’est pour stopper la plainte du Liban à l’ONU sur ce réseau criminel, et non en réaction à une action militaire du Hezbollah, qu’Ehud Olmert a déclenché la guerre. Il s’en suit que la guerre de 2006 n’est pas une guerre d’Israël contre le Hezbollah, même si c’est celui-ci qui lui a opposé une résistance victorieuse, mais une guerre d’Israël contre le Liban. À travers elle, se jouait la guerre des États-Unis contre le monde arabe. Peut-être savez-vous que les deux principaux distributeurs français ont essayé, dans un premier temps, d’empêcher la diffusion de ce livre dans mon pays, et que les grands médias ont longtemps refusé à la fois d’en faire mention dans leurs articles et émissions et ont toujours refusé de vendre des espaces publicitaires pour le faire connaître. Cela n’a pas empêché son succès, mais l’a ralenti. C’est que ce livre comprend un crime de lèse-majesté et une hérésie. En annexe de l’ouvrage, vous trouverez des reproductions de « unes » et d’éditoriaux du quotidien Le Monde, fleuron de l’intelligentsia atlantiste. Vous y trouverez des exemples de propagande outrancière, comme cette « une » qui annonce la prise de Bint Jbeil par Tsahal, alors qu’Israël y vécu une cuisante défaite, ou cette autre qui montre l’armée israélienne sortir victorieuse de la guerre ; une version que même Ehud Olmert ne saurait tenir ! Voilà pour le crime de lèse-atlantisme. L’hérésie, c’est la partie de l’ouvrage qui retrace l’histoire du mouvement sioniste d’Oliver Cromwell à George W. Bush. J’y montre, preuves à l’appui, qu’à l’origine le sionisme n’était pas une idéologie juive, mais une doctrine politico-religieuse puritaine, on dirait aujourd’hui évangélique. Cela a toutes sortes de conséquences. D’abord les relations entre Washington et Tel-Aviv ne doivent pas être analysées en termes d’influences réciproques, mais au regard de l’idéologie qu’ils partagent, tout au moins lorsque les puritains sont au pouvoir à Washington. D’autre part, la nature de l’État d’Israël ne doit pas être envisagée comme une réponse aux persécutions subies par les juifs d’Europe, mais comme un projet colonial religieux impliquant à terme un strict système d’apartheid. Enfin, et pour faire vite vu le temps qui nous est imparti, les clivages religieux dans la région n’opposent pas les chrétiens aux musulmans, mais les chrétiens évangéliques et juifs d’un côté aux catholiques et musulmans de l’autre. Le sionisme anglo-saxon voue aux mêmes gémonies les musulmans et les maronites. Toute alliance entre les maronites et les États-Unis est suicidaire, tout au moins tant que les évangéliques sont au pouvoir à Washington, comme l’ont parfaitement compris Benoît XVI et Mgr Sabbah. Je note qu’à ce jour, alors que ce livre contient des milliers d’informations précises, les lecteurs de la version française n’y ont trouvé que deux erreurs mineures portant sur la composition sociologique de la population libanaise. Elles seront corrigées dans les versions ultérieures et n’affectent au demeurant pas le raisonnement qui j’y développe. De même pour quelques imprécisions de vocabulaire dans la traduction arabe.

En conclusion, je voudrais souligner l’importance de ce qui s’est passé ici à l’été 2006. Alors qu’aucune chancellerie au monde ne doutait de la victoire israélienne et que la diplomatie internationale visait uniquement à limiter vos souffrances, vous avez renversé le cours de l’Histoire. Alors que l’asymétrie des forces —et notamment l’usage de l’arme aérienne— auraient dû vous plonger dans « le choc et la stupeur », vous avez tenu sous les bombardements et vous avez repoussé l’invasion terrestre. Vous avez montré que l’Empire n’est pas invincible et qu’il ne pouvait pas vous asservir. Vous êtes un exemple pour le reste du monde. Je voulais vous dire mon admiration, et j’en suis sûr, celle de tous ceux —où qu’ils soient— qui se battent pour la liberté. Thierry Meyssan

Thierry Meyssan : Analyste politique, fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage paru : L’Effroyable imposture 2 (le remodelage du Proche-Orient et la guerre israélienne contre le Liban).  Sources Ya !basta
Posté par Adriana Evangelizt


10-2 Alain Gresh : Al-Zawahiri sur le camp de Nahr El-Bared.

En décembre 2007, Ayman Al-Zawahiri, le numéro deux d’Al-Qaida a sollicité les internautes. Les réponses ont été publiées le 2 avril sur le site du mouvement Al-Sahab media en arabe et en anglais. Ce texte permet de mieux cerner la pensée d’Al-Qaida et aussi les sujets qui préoccupent ceux qui posaient des questions (au total 1888). Sans prétendre faire le tour de tous les problèmes, je donne ci-dessous la substance des réponses sur les principaux sujets abordés : Dans un autre développement, Zawahiri explique : Sur le camp de Nahr El-Bared

Sur le siège du camp palestinien de Nahr El-Bared au Liban, Zawahiri explique qu’il a eu beaucoup de question pour savoir pourquoi il n’avait pas parlé de ces événements. Il affirme qu’il n’en a parlé qu’indirectement « parce que les frère du Fatah Al-Islam étaient accusés par les agents de l’Amérique d’être une branche d’Al-Qaida, ce qu’ils niaient et j’avais peur que si je les soutenais ouvertement je leur créerai des difficultés à un moment où nous étions incapable de les aider. Maintenant, toutefois, je déclare que les frères du Fatah Al-Islam sont des héros. (...) Et ce qui leur est arrivé à eux et aux musulmans à Nahr Al-Bared est un crime que nous n’oublierons jamais »...

Combating Terrorism Center de West Point (centre qui s’inscrit tout à fait dans l’idéologie de la guerre mondiale contre le terrorisme) publie The Power of Truth ? Questions for Ayman al-Zawahiri, publie une analyse des questions posées par les internautes et des réponses du numéro 2 d’Al-Qaida. L’étude a été faite par Jerret Brachman, Brian Fishman et Joseph Felter.

Certains éléments quantitatifs sont intéressants.

Le Centre a recensé un total de 1188 questions.

93 questions (4,9%) portaient sur le Hamas, seulement 5 questions portaient sur Qaradawi et

23 sur les Frères musulmans (alors qu’Al-Zawahiri a accordé aux deux une grande place dans ses réponses ;

8 questions portaient sur le Fatah Al-Islam,

6% portaient sur l’Irak et sur l’Etat islamique d’Irak ;

78 questions portaient sur l’Iran (4,2%).

Voici les quatre conclusions que les auteurs tirent de cette recherche :

 Zawahiri est inquiet du mécontentement croissant parmi les djihadistes, notamment par les actions qui tuent des civils ;

 Zawahiri a révélé des informations sur la tactique de propagande d’Al-Qaida reconnaissant de facto que le dirigeant de l’Etat islamique d’Irak Abou Omar Al-Baghdadi n’existait sans doute pas ;

 le conflit avec le Hamas va grandissant, de même que l’intérêt d’Al-Qaida pour le Liban ;

 Al-Qaida continue de considérer les Frères musulmans comme un de ses plus importants adversaires

Alain Gresh

Source : Carnets du diplo
http://blog.mondediplo.net/...

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Alain_Gresh.230408.htm