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30/04/2009

n° 31- Les annexes des Guerres de l'Otan - 26-04 :-1 - : Les Etats-Unis sont-ils une menace pour l’Europe ?


n° 31- Les annexes des Guerres de l'Otan - 26-04 :-1 - : Les Etats-Unis sont-ils une menace pour l’Europe ?



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Les annexes des Guerres de l'Otan. n° 31- 26-04

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire.

Tiré à part :

1 Annexe

1-1 OTAN- Quo non extendam ?

Suite & fin

1-2 Les Etats-Unis sont-ils une menace pour l’Europe ?

1-3 L’évolution des rapports de force internationaux.

1-4 L'espionnage «pourrait perturber» la lutte contre le terrorisme.

Pièce jointe

« L’OTAN pourrait déployer un système de defense complémentaire du système antimissile américain »



1 Annexe

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

1-1 OTAN - QUO  NON  EXTENDAM ?

Si la signature du traité de l’Atlantique Nord a bien lieu le 4 Avril 1949 à Washington, il serait erroné d’en déduire que cette signature et la création d’une alliance militaire transatlantique qu’elle fonde marquent le début de la guerre froide.

L’acte officiel de lancement de la guerre froide a eu lieu trois ans plus tôt très exactement le 5 Mars 1946. Il s’agit du discours prononcé ce jour là par WINSTON CHURCHILL à l’Université  de FULTON (Missouri), lui-même inspiré par le diplomate US GEORGE KENNAN qui ambassadeur des Etats-Unis à Moscou théorise la future guerre antisoviétiques dès le  22 Février 1946

Bien que battu aux élections de 1946 et remplacé au pouvoir à Londres par le dirigeant du parti travailliste CLEMENT ATTLEE , CHURCHILL  garde une place internationale éminente puisqu’il est avec STALINE, le seul des dirigeants des puissances victorieuses du fascisme à avoir participé aux conférences qui ont procédé au partage du monde en zones d’influence : Conférence de Téhéran (28 Novembre – 1 décembre 1943 ) conférence de Yalta,(4-11 Février 1945 ) conférence de Potsdam(17 Juillet-2  Aout 1945)  et à savoir ce qui a été décidé au cours de ces trois conférences.

Mais autant il a pu en 1943 reconnaitre le rôle décisif  de l’URSS dans la défaite du fascisme et prononcer un éloge appuyé de ce pays et de son peuple, autant trois ans plus tard son discours est devenu  hostile et il accuse l’URSS d’avoir fait descendre un « rideau de fer » au milieu de l’Europe. L’expression très forte et qui fera le tour du monde laisse penser que l’URSS est la responsable d’une  division du continent qui a en réalité été décidée d’un commun accord.

Le discours de FULTON annonce que l’alliance entre les bourgeoisies occidentales et le socialisme soviétique n’était qu’une alliance de circonstance et qu’à nouveau comme entre 1917 et 1922 lorsque les puissances capitalistes  (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Italie, Japon Allemagne…) envoyaient des troupes combattre l’armée rouge aux côtés des russes blancs , la lutte pour la domination du monde par le capitalisme anglo-saxon et les autres puissances coloniales reprend.

Il fait en même temps comprendre clairement aux peuples d’Europe que quels que soient leurs choix  électoraux ou leurs préférences politiques, chacun doit rester du côté du « rideau de fer » où il se trouve.

Les Etats-Unis sont évidemment au cœur du projet. Leur  territoire est  intact, leurs pertes en hommes sont infimes comparées aux pertes soviétiques, leur industrie a été dopée par l’effort de guerre ils dominent l’économie mondiale (50% du PIB  mondial à eux seuls) et disposent depuis la double expérimentation in vivo des 6 et 9 Aout 1945 (Hiroshima et Nagasaki) de l’avantage militaire décisif : la possession de l’arme atomique. Ils vont donc prendre la place centrale dans cette guerre froide annoncée et y investir d’énormes moyens financiers.

Le Président Truman met tout le poids de son pays dans l’opération et lance le  29 mars  1947, dans un discours prononcé devant le Congrès, le plan Marshall (du nom du général qui est alors secrétaire du Département d’Etat étasunien).

Les pays cibles du plan Marshall sont en priorité ceux situés à l’Ouest du « rideau de fer »  dans lesquels des partis communistes, sortis grandis et armés de leur participation à la résistance populaire contre le nazisme, sont puissants. L’aide Marshall va permettre à des gouvernements bourgeois de s’installer au pouvoir. 

Les PC  français et italiens sont  mis sur la touche, tolérés dans le pays mais interdits de pouvoir. Ils acceptent cette marginalisation qui sera définitive pour le PC italien aujourd’hui disparu. 

Le PC grec, bien qu’il ait eu un rôle décisif dans la résistance l’occupation nazie a été mis sur la touche par la Grande-Bretagne, la bourgeoisie et les fascistes grec, se réveille tardivement et reprend les armes contre le nouveau régime

. La riposte est immédiate : le premier Avril 1947 un général  US débarque sur le sol grec avec 5000 hommes et prend le commandement d’une guerre « civile » qui  bien alimentée en dollars US durera deux ans. Elle   sera  féroce, extrêmement sanglante et conduira  à une quasi liquidation   des communistes  grecs  et à une interdiction du PC qui durera jusqu’en 1974. Les fascistes grecs alors soutenus et conseillés par les Etats-Unis se permettront mettre de faire un coup d’Etat militaire qui saignera à nouveau le pays et  les partis de gauche grecs pendant 7 ans (1967-1974)

La  Grèce étant à l’Ouest du « rideau de fer », l’URSS, affaiblie par la guerre et en situation d’infériorité militaire, n’intervient pas.  Le partage du continent est ainsi respecté par la force. Pour autant les « occidentaux » ne vont pas hésiter à tenter des débaucher des pays situés dans la zone d’influence soviétique. Tel  sera  le cas de la Tchécoslovaquie. Les élections qui suivent la guerre ont  donné une place prépondérante au PC tchèque (43% des voix). Il  va former  un gouvernement de coalition avec des partis bourgeois. Confronté aux graves problèmes matériels de la reconstruction du pays, le gouvernement tchèque envisage de faire appel à l’aide MARSHALL. Pour l’URSS  c’est le signe que le « rideau de fer » peut se déplacer pourvu qu’il se déplace vers l’Est.  L’URSS s’oppose à cette demande d’aide financière aux Etats-Unis et exige du gouvernement tchèque dirigé par les communistes qu’il refuse cette aide. Le PC Tchèque mobilise la population dans ce sens. La crise politique éclate à Prague en Février 1948. Les partis bourgeois quittent le gouvernement et le PC  tchèque reste seul au pouvoir. Pas un coup de feu n’a été tiré mais cette prise de pouvoir des communistes par défaut, sera dénommée « coup de Prague » et  à l’Ouest, elle symbolisera la mainmise soviétique sur l’Europe orientale et permettra de faire passer sous silence l’exclusion du pouvoir des PC français et italien et les horreurs la  guerre civile grecque.

Reste le cas de l’Allemagne. Découpée en quatre zones d’occupation (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France et URSS) au sortir de la guerre le « rideau de fer » n’y a pas été tiré puisqu’en vertu des accords de Potsdam la gestion du pays doit rester quadripartite en attendant un accord entre les puissances occupantes sur l’avenir du pays. En fait les trois occidentaux unifient leurs 3 zones d’occupation et commencent à s’acheminer vers la coupure du pays en deux en créant une nouvelle monnaie pour leur zone commune. Cette décision prise en contradiction avec les accords de Potsdam est un premier pas vers la partition du pays.  Le rideau de fer commence ainsi à s’abaisser au milieu de l’Allemagne. L’URSS, après de vaines protestations, va tenter de s’opposer à la manœuvre par le blocus de Berlin. La tentative échoue.

D’autres évènements marquants marquent cette période charnière entre le discours de FULTON et le traité de l’Atlantique Nord. µ

Après avoir installé à Panama l’Ecole des Amériques qui formera tous les tortionnaires, les militaires putschistes, les organisateurs des escadrons de la mort qui empêcheront pendant plus d’une demi-siècle toute transformation politique démocratique sur le continent,  Les Etats-Unis fondent l’Organisation des Etats américains (Bogota  25 Avril 1948) et s’assurent ainsi pour plus d’un demi-siècle le contrôle politique économique et militaire sur les pays de leur « arrière-cour ». Ceux–ci épargnés par la guerre et déjà décolonisés depuis un siècle aspirent  à un développement national autonome et les Etats-Unis empêcheront l’émergence  de dirigeants porteurs de ces aspirations. Le dirigeant colombien progressiste JORGE GAITAN est assassiné à Bogota le 9 Avril 1948 au moment même où se tient dans la ville la réunion fondatrice de l’OEA. Les services secrets  étasuniens ont commandité le meurtre mais  alimentent  la rumeur d’un assassinat organisé par le PC colombien. L’avertissement aux dirigeants latino-américains est clair : le sous-continent doit rester sous domination étasunienne. L’assassinat de JORGE GAITAN marque le début d’une guerre civile colombienne qui durera quatre ans, fera 200 000 à 300 000 victimes et sera le terreau de la lutte armée qui n’a jamais vraiment cessé en Colombie, toutes les tentatives de règlement négociée de la crise politico-sociale ayant été noyées dans le sang

Après la défaite du japon les Etats-Unis ont tenté de soutenir – y compris militairement – les nationalistes chinois pour éviter la victoire des communistes. Mais Ils n’y parviendront pas et le Parti Communiste Chinois prend seul le pouvoir le 01.10.1949. Sur le continent eurasiatique les positions de l’impérialisme occidental sont donc très affaiblies. Après l’URSS, la Chine va passer aux mains des communistes, ce qui représente un gain  démographique, territorial et politique énorme pour le camp socialiste

L’Amérique soumise et satellisée, l’Afrique encore sous le joug  colonialiste européen, il est urgent  de créer un bastion impérialiste en Europe de l’Ouest  face au danger communiste qui grandit à l’Est du grand continent eurasiatique.

L’OTAN entre alors  en scène et son émergence ne peut être comprise que dans ce cadre géopolitique global. Le traité de l’Atlantique Nord manifeste que la direction de l’impérialisme est désormais installée définitivement à Washington  au détriment de Londres et que les vieux impérialismes européens, qu’ils aient été dans le camp des vainqueurs ou dans celui des vaincus : britannique, français, belge, néerlandais, italien sont passés sous contrôle étasunien. Le cas de l’Allemagne est laissé temporairement de côté, le découpage en deux Etats voulu par l’Occident au mépris des accords de fin de guerre,  n’est pas encore effectif et les réticences des opinions publiques européennes vis-à-vis du pays porteur des horreurs du nazisme encore trop fortes  4 ans après la fin de la guerre.

Dans sa lettre le traité de Washington ne s’affiche pas comme une alliance contre un adversaire désigné nommément et donc sa survie et sa durée exceptionnellement longue pour  une alliance de ce type sont dés l’origine formellement possibles quand l’adversaire concret ou réellement existant disparait quelle que soit la façon variable utilisée pour  le dénommer : « bloc de l’Est », « camp socialiste » sans compter toutes les structures  sociales ou institutions sur lesquelles on peut coller le qualificatif  disqualifiant de « stalinien »

Le préambule du traité et les deux premiers articles  sont ainsi libellés :

(parties en rouge sélectionnées par COMAGUER pour souligner que les violations du texte n’ont pas cessé depuis la disparition de l’URSS)

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n° 31- Les annexes des Guerres de l'Otan - 26-04 :-Fin - : Les Etats-Unis sont-ils une menace pour l’Europe ?

n° 31- Les annexes des Guerres de l'Otan - 26-04 :-Fin - : Les Etats-Unis sont-ils une menace pour l’Europe ?



Les annexes des Guerres de l'Otan. n° 31- 26-04

C.De Broeder & M.Lemaire

 



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Sommaire.

Tiré à part :

1 Annexe

1-2 Les Etats-Unis sont-ils une menace pour l’Europe ?

1-3 L’évolution des rapports de force internationaux.

1-4 L'espionnage «pourrait perturber» la lutte contre le terrorisme.

Pièce jointe

« L’OTAN pourrait déployer un système de defense complémentaire du système antimissile américain »


1-2 Les Etats-Unis sont-ils une menace pour l’Europe ?

Est-ce la perspective du sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), à Bucarest (Roumanie), du 2 au 4 avril, ou les incertitudes existentielles de l’Europe ?

Les rapports et ouvrages sur le lien transatlantique et la relation avec les Etats-Unis se multiplient. Dans son livre, M. Edouard Balladur (1) prône un nouvel équilibre et même une union entre l’Europe et les Etats-Unis pour gérer la sécurité du monde.

Hardi, l’ancien premier ministre assimile Occident et démocratie.

De leur côté, cinq anciens officiers généraux ayant assumé des fonctions à l’OTAN proposent de revitaliser l’alliance en créant une direction commune Etats-Unis - OTAN - Union européenne. Leur rapport (2) décalque, non sans scrupules, des concepts de la pensée militaire américaine, tels que l’emploi du nucléaire préemptif (3)… Une importante « boîte à idées » installée à Bruxelles, Security and Defense Agenda (SDA), envisage pour sa part de « revisiter » la relation transatlantique (4).

Tous ces écrits présentent trois points communs : ils analysent le monde extérieur à l’OTAN comme une menace (du moins lorsqu’ils l’évoquent) (5) ; ils naturalisent l’idée d’un Occident uni par des valeurs communes face à une mondialisation perçue comme chaotique ; enfin, ces textes, constatant l’impuissance des armées occidentales à la lumière des interventions en Afghanistan et en Irak, réclament un élargissement des missions de l’OTAN. Seul l’ancien ministre français des affaires étrangères Hubert Védrine prend des distances avec la bonne conscience qui traverse les autres ouvrages (6).

Un sujet, cependant, n’est pas débattu. Il semble tabou. Les Etats-Unis pourraient-ils constituer un risque grave pour la sécurité internationale dans les vingt prochaines années ? Loin d’être illégitime, l’interrogation dépasse l’équipe actuellement au pouvoir à Washington, responsable d’une des pires catastrophes géopolitiques des quinze dernières années – l’invasion de l’Irak. Elle devrait au moins susciter un débat parmi les Européens. Le terrorisme islamiste et la prolifération des armes de destruction massive constituent des risques bien réels. Mais en rangeant, par accord tacite, les Etats-Unis au nombre des solutions, on exclut d’emblée une source éventuelle de menace pour la sécurité internationale. La réflexion sur une diplomatie propre à l’Europe s’en trouve amputée. Si le risque de l’unilatéralisme américain ne pèse pas directement sur la France, faut-il pour autant l’ignorer ?

La planète connaît une phase de transition. A un système d’unilatéralisme militarisé dominé par une unique hyper-puissance succède progressivement un multilatéralisme marqué par l’émergence de nouvelles puissances (Chine et Inde, Union européenne), par l’existence d’autres Etats dotés de l’arme nucléaire (Israël, Pakistan, Corée du Nord ; Iran demain) et par la nécessité de gérer la raréfaction du pétrole et des matières premières. Au-delà des menaces les plus évidentes (prolifération et terrorisme), certains scénarios de guerre probables se dessinent autour des actions militaires unilatérales (comme celle des Etats-Unis en Irak) et des conflits pour le contrôle des ressources rares. Or, dans ces deux cas, Washington pourrait jouer un rôle déstabilisateur en décidant seul.

Mis en place en 1991, l’unilatéralisme américain possède des caractéristiques uniques, qui se sont soudainement amplifiées avec le traumatisme des attentats du 11-Septembre. Le pouvoir de Washington dépasse les limites habituellement associées à la souveraineté classique et s’étend à l’ensemble de la planète. Cet unilatéralisme est celui d’une puissance inégalée à l’échelle du globe, qui justifie son identité par un « particularisme sacralisé » ou un « messianisme démocratique radical ».

Cela signifie d’abord le pouvoir de refuser les règles de sécurité communes. Dès la présidence de M. William Clinton, les autorités américaines sont allées assez loin en la matière : retrait du traité relatif aux missiles antibalistiques (Anti-Ballistic Missile, ABM), interdisant les missiles antimissiles, pour lancer le programme de defense antimissile ; application très « souple » de la convention interdisant les armes biologiques de 1972 (comme l’a montré, en septembre 2001, la crise de l’anthrax produit par un laboratoire relevant du Pentagone et menant des travaux sur la militarisation de cette substance) ; refus des inspections prévues par la convention sur les armes chimiques de 1993 au motif de la protection des secrets industriels – Washington se retrouvant ainsi avec la Chine et l’Iran pour fragiliser ce traité international.

Glissement stratégique de Washington

A cela s’ajoute le rejet de la convention contre les mines antipersonnel de 1997, aux côtés de la Chine, pour « protéger les troupes américaines de Corée » et le refus de la négociation sur le commerce des armes légères, au motif que le deuxième amendement de la Constitution américaine donne droit aux armes individuelles. Egalement repoussée : la justice collective de la Cour pénale internationale (CPI), pourtant proposée par le président Clinton. Le Congrès alla jusqu’à menacer de couper les subsides aux pays du Sud bénéficiaires d’aides publiques américaines s’ils ne signaient pas un traité bilatéral pour s’interdire d’extrader des citoyens américains poursuivis par la CPI.

L’unilatéralisme, c’est encore le pouvoir de décider qui, à chaque moment, est l’« ennemi » : l’Irak (comme l’a affirmé M. Colin Powell, le 6 février 2003, à l’Organisation des Nations unies [ONU]), l’Iran, Al-Qaida, etc. Ce pouvoir d’énonciation impose à la « communauté internationale » un échéancier, celui de la « guerre globale contre le terrorisme » et contre la prolifération. Le discours de M. George Bush de janvier 2002 dénonçant l’« axe du Mal » en est un exemple. Le président américain passe sans hésitation, et sans cohérence, de la guerre contre le terrorisme islamiste, responsable du 11-Septembre, à la lutte contre la prolifération (ni la Corée du Nord ni l’Iran n’étaient pourtant accusés de rapports troubles avec M. Oussama Ben Laden). En dressant une liste précise de pays dangereux, M. Bush délivrait a contrario des brevets de « proliférateurs acceptables » à Israël, à l’Inde et au Pakistan, reconnaissant ainsi que toutes les proliférations ne sont pas déstabilisantes.

L’unilatéralisme, c’est également le pouvoir d’agir militairement seul : l’effort de defense américain représente la moitié des dépenses mondiales d’armements. La réflexion actuelle sur l’emploi de petites armes nucléaires (« mini-nukes ») et l’affirmation du principe de la guerre préemptive reflètent les grandes composantes de la réflexion stratégique d’un pays qui n’a jamais connu de guerre de destruction totale sur son territoire (7) – mais qui réfléchit placidement aux moyens de la déclencher chez les autres. Enfin, et on le voit avec l’Irak, l’unilatéralisme, c’est le droit que l’on s’accorde de redessiner la carte du globe. En témoigne le projet de « Grand Moyen-Orient ».

Les Etats-Unis sont la dernière démocratie à avoir mené une guerre chimique au cours de la seconde moitié du XXe siècle. Au Vietnam, en larguant, entre 1961 et 1971, quarante millions de litres d’« agent orange », soit trois cent trente-six kilos de dioxine, produit particulièrement toxique que l’Europe a découvert à Seveso (8). Les tribunaux américains ont accepté récemment d’indemniser d’anciens GI victimes de cette arme effroyable, mais ils refusent de reconnaître ce droit aux victimes vietnamiennes.

Les élections américaines peuvent-elles changer la donne ?

Trois éléments communs se sont retrouvés chez Mme Hillary Clinton, MM. Barack Obama et John McCain.

La vision messianique des Etats-Unis subsistera, les alliés étant plus ou moins consultés. Même M. Obama, candidat le plus sensible aux réactions internationales, n’a mené aucune audition en tant que président de la sous-commission Europe de la commission sénatoriale des relations extérieures. L’individualisme, le moralisme et l’exceptionnalisme qui imprègnent les élites aussi bien que l’opinion publique expliquent le sentiment consensuel que nul n’est en droit de remettre en question la pureté de leurs intentions. Ni la justesse de leurs définitions du Bien et du Mal (9).

Le glissement stratégique de Washington, de la dissuasion – une doctrine de préservation de la paix qui a fonctionné pendant toute la guerre froide – à la préemption, qui est une logique de déclenchement de la guerre, trouve son origine dans l’exceptionnalisme américain. Lequel postule que la sécurité du pays ne doit dépendre de personne et qu’elle pourrait justifier à elle seule une attaque préventive. Le 11-Septembre, qui fut une attaque directe et meurtrière sur le territoire américain, a consolidé ce genre de « postulat ». Seul frein psychologique à cette dérive, la mort de quatre mille GI (qui pèse plus dans le débat électoral que celle des centaines de milliers d’Irakiens).

Seconde constante programmatique des aspirants à la Maison Blanche, la solidarité inconditionnelle avec Israël, qui rend plus aléatoire encore une paix durable au Proche-Orient. Favorables au « Grand Israël », les néo-évangélistes revendiquent le soutien de 30 % de la population américaine ; leur influence redouble le rôle traditionnel de la communauté juive organisée (10). S’agissant du monde musulman, la plupart des discours politiques comportent le terme d’islamo-fascisme, comme si l’islam avait l’exclusivité de la violence et du radicalisme (11). Dans la région, la diplomatie américaine a d’ailleurs adopté la règle du « deux poids, deux mesures ». Conseiller de Mme Clinton, M. Richard Holbrooke a déclaré : « La question centrale en Palestine n’était pas la démocratie mais la paix avec Israël. (…) Dans la région, entre la paix et la démocratie, je choisis la paix sans hésiter (12). »

La remarque semble également s’appliquer à l’Iran. Seul pays de la région dont le président est élu avec 55 % des voix, il est plus démocratique et moins islamiste que l’Arabie saoudite, moins nucléaire que le Pakistan ou Israël. Les déclarations provocatrices de M. Mahmoud Ahmadinejad ne peuvent masquer l’origine de sa quête de l’arme nucléaire. Elle remonte à la guerre avec l’Irak (1980-1988), pays agresseur soutenu jusqu’à l’extrême par les Occidentaux. Le conflit a causé entre huit cent mille et un million de morts iraniens, d’où le rôle aujourd’hui encore des anciens combattants (à travers les pasdarans ou la Fondation des martyrs) ; l’emploi des armes chimiques contre ces soldats n’a jamais été condamné par les Occidentaux. Enfin, le pays est entouré par les forces d’une superpuissance qui s’est donné comme ambition de renverser le régime (les troupes américaines stationnent en Irak, en Afghanistan et dans le golfe Arabo-Persique) et d’un nouveau pays proliférant toléré par Washington, le Pakistan. Dans ces conditions, un responsable politique de Téhéran peut-il croire aux garanties de sécurité données par les Etats-Unis ?

Un militarisme humilié

Dernière caractéristique commune à tous les candidats : une prédilection pour le surdimensionnement de l’outil militaire et pour l’usage de la force. Le budget militaire américain pour l’année 2009 dépasse les 600 milliards de dollars. Et le soutien de l’opinion publique à l’emploi de la force ne trouve pas d’équivalent dans d’autres démocraties : 82 % contre 44 % en Europe (13).

Quelle que soit leur appartenance politique, les stratèges de Washington n’envisagent pas autre chose qu’une direction américaine de la sécurité du monde. Ce droit moral s’appuie sur le principe de suprématie militaire : supériorité technologique et puissance de feu conduisent l’adversaire à la défaite. Une voie qui montre ses limites en Irak comme en Afghanistan.

On peut d’ailleurs se demander si la suprématie militaire américaine conventionnelle n’est pas un facteur de prolifération nucléaire. Après la victoire militaire de l’OTAN au Kosovo, le chef d’état-major indien déclarait : « On ne se bat pas contre les Etats-Unis sans arme nucléaire. » Symétriquement, la guerre en Irak, les difficultés russes en Tchétchénie comme l’invasion israélienne du Liban en 2006 ont montré l’efficacité restreinte des outils militaires classiques et des stratégies de destruction dans les conflits d’occupation. Néanmoins, au lieu de susciter une réflexion critique, l’impasse en Irak a débouché sur une stratégie du « prompt global strike » qui permettrait une attaque sur n’importe quel point du globe avec des missiles conventionnels en moins d’une heure, version nouvelle de la supériorité aérienne sans risque au sol.

La fabrication de l’ennemi par les « boîtes à idées » et les stratèges demeure une mécanique très efficace. Dans la « stratégie de sécurité nationale » rédigée pour Mme Clinton par le Center for American Progress (14), la liste des ennemis potentiels est analogue à celle des néo-conservateurs. On y trouve d’abord les rivaux pour le leadership – les peer competitors –, Chine et Russie. Il est intéressant de constater combien le débat sur la sous-évaluation du dollar par rapport à l’euro s’est changé, par la grâce de la dialectique américaine, en un débat sur la sous-évaluation du yuan.

A l’égard de ces puissances, la doctrine adoptée est celle du containment (endiguement), voire du refoulement, comme le montrent les multiples soutiens d’organisations non gouvernementales (ONG) américaines aux pays de la périphérie soviétique (Ukraine, Georgie…). Mais entre ces puissances nucléaires, le risque de guerre est peu élevé : la dissuasion restera longtemps encore la règle.

Viennent ensuite les pays de l’« axe du Mal », parmi lesquels l’Iran occupe une place à part, et enfin les pays nuisibles, comme la Syrie, le Venezuela ou Cuba. Dans leur cas, l’action unilatérale américaine n’est pas exclue, en particulier pour compenser une éventuelle défaite en Irak. Le choix d’une guerre gagnable contre un ennemi secondaire par un militarisme humilié est toujours possible, comme le fut l’invasion de la Grenade par Ronald Reagan, en 1983, après la révolution iranienne de 1979.

Contre l’Iran, il en va tout autrement. Le risque nucléaire existe car Washington ne supporterait pas une résistance durable. Lorsque M. Obama a exclu le recours à l’arme nucléaire pour frapper des cibles liées à Al-Qaida ou aux talibans en Afghanistan et au Pakistan, il a immédiatement été critiqué par Mme Clinton, affirmant qu’un président américain ne pouvait écarter l’option nucléaire.

Autre scénario de conflit probable : la guerre pour le contrôle des ressources. Plus que jamais, les Etats-Unis importent nombre de produits de base et de ressources énergétiques. Leur dépendance va croître : 66 % de la consommation de pétrole et 20 % de la consommation de gaz en 2030 contre 47 % et 18 % aujourd’hui  (15). D’autre part, les besoins énergétiques de l’Inde (90 % de sa consommation) et de la Chine (80 %), qui s’approvisionnent surtout au Proche-Orient, sont immenses. Comment Washington gérerait-il un embargo ou une captation de certaines de ces ressources par une puissance régionale (nouvelle Organisation des pays exportateurs de pétrole) ou globale (Chine en Afrique, Russie sur le marché pétrolier et gazier…) ? Par le libre jeu du marché ou par l’action armée ?

L’apparition (prochaine) dans le golfe Arabo-Persique de navires de guerre chinois ou indiens venus, selon la terminologie usuelle, « sécuriser leurs voies d’approvisionnement » sera-t-elle vue par les Etats-Unis comme une ingérence ou comme une contribution à la stabilisation globale ?

Volonté de modifier l’ordre existant

Aucun de ces scénarios n’est certain. Mais la transition vers un système de multilatéralisme ouvre, comme toutes les phases de mutation, une période instable. Les phases de paix durables sont liées à l’équilibre des puissances et non au développement ou au recul de la démocratie dans le monde. Pour assurer la stabilité durant la guerre froide, les pays occidentaux ont soutenu ou installé des dictatures, comme celle des colonels en Grèce ou des militaires en Amérique latine dans les années 1970. En revanche, les phases d’instabilité internationale naissent de l’affirmation de nouvelles puissances et de leur volonté de modifier l’ordre existant : l’Allemagne contestant le diktat de Versailles après 1918, les peuples colonisés refusant l’ordre colonial, le Pakistan et l’Inde cherchant à redessiner le tracé colonial, y compris par la guerre, etc.

Stratégie classique de puissance, la volonté américaine de prévenir l’émergence d’un compétiteur ne constitue pas un projet de sécurité internationale. Jadis, la puissance britannique avait énoncé le « double standard » : il limitait le droit d’un rival à posséder une flotte qui atteigne la moitié du tonnage de celle de Sa Très Gracieuse Majesté. La réflexion stratégique américaine se situe dans une démarche analogue. Il est fascinant d’entendre le secrétaire à la defense Donald Rumsfeld, en Chine, en novembre 2005, expliquer aux autorités locales combien leur effort de defense est préoccupant, alors que celui-ci n’atteindrait, au mieux, que le sixième du budget du Pentagone.

Non moins étonnantes sont les accusations répétées contre les agents iraniens qui déstabiliseraient l’Irak, comme si les quelque cent cinquante mille GI et les cent cinquante mille mercenaires présents sur place avaient contribué à la paix dans la région.

Bien sûr, les Etats-Unis ne sont pas une menace mais un risque ! La France et l’Europe doivent s’interroger sur le projet diplomatique caché derrière l’appel à un rôle renforcé de l’OTAN. Après l’Afghanistan et surtout l’Irak, quel pays non occidental (au sens où M. Balladur et les cinq officiers généraux définissent la solidarité « occidentale ») percevra les capacités de projection de l’OTAN comme une force destinée à stabiliser une région en crise ?

Où se trouve l’intérêt de l’Europe ? D’abord, dans la construction d’une sécurité internationale multilatérale qui tienne compte des intérêts légitimes de chacun et non pas seulement du droit des « puissances occidentales » à gérer la sécurité de la planète. Les excès de violence et d’illégalité, qu’ils soient étatiques ou non étatiques, sont condamnables dans les mêmes termes. Les morts palestiniens des bombardements israéliens sont aussi inadmissibles que les victimes des attentats terroristes. Si l’antiterrorisme tue plus que le terrorisme, que dénonce-t-on ?

Il en va de même pour l’enlèvement et l’emprisonnement illégaux d’un individu : dans le cas des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), on appelle cela une prise d’otages, dans le cas du centre de détention de Guantánamo, une « détention arbitraire ». Mme Ingrid Betancourt a été enlevée le 23 février 2002. Le Camp Delta de Guantánamo a été créé le 27 février 2002 pour les premiers prisonniers d’Afghanistan, qui ne sont toujours pas jugés…

Pour jouer son rôle, l’Europe devrait se différencier en trois choix essentiels. En premier lieu, son projet diplomatique ne peut être que celui d’une « puissance militaire sans ambition impériale ». Il s’ensuit une modification sensible de son rapport à l’OTAN. L’union des Européens a éclaté à propos de la guerre en Irak. La menace de guerre contre l’Iran présente les mêmes risques.

En deuxième lieu, la stratégie européenne de recours à la force doit se différencier des concepts américains de destruction, et avancer des stratégies de neutralisation. Dans les crises récentes (Yougoslavie, Kosovo, Timor-Leste, Afghanistan…), les Occidentaux ont financé la reconstruction des infrastructures qu’ils avaient détruites. Peut-être vaut-il mieux en démolir le moins possible et éviter de transformer les populations « libérées »en ennemis ?

Enfin, l’Europe pourrait disposer de son propre système d’évaluation des crises et non plus dépendre des renseignements américains. Les mensonges des Etats-Unis et des Britanniques pour justifier la guerre en Irak soulignent l’urgence d’une réflexion sur les moyens européens. Toutes ces propositions accèdent difficilement au débat public ; elles ont pourtant une certaine actualité.

Pierre Conesa.

http://www.monde-diplomatique.fr/2008/04/CONESA/15799

Avril 2008


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29/04/2009

n° 30 - Les dossiers des Guerres de l'Otan - 26-04 -Début - : Opiniâtreté du président Obama à poursuivre dans la voie de son prédécesseur. Que cherche Obama ?

n° 30 - Les dossiers des Guerres de l'Otan - 26-04 -Début - : Opiniâtreté du président Obama à poursuivre dans la voie de son prédécesseur. Que cherche Obama ?



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Les dossiers des Guerres de l'Otan. n° 30- 26-04

                                C.De Broeder & M.Lemaire

 



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

1 Brèves

1-1 Rôle des forces nucléaires.

2 Dossier & Point de vue

2-1 Ilia Kramnik et Dmitri Kossyrev : Exercices en Georgie.

2-2 Danielle Bleitrach : Opiniatreté du président Obama à poursuivre dans la voie de son prédécesseur. Que cherche Obama ?

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Déclaration du Comité International Non à la Guerre - Non à l'Otan.

3-2 Déclaration conjointe des partis communistes et ouvriers à l’occasion du 60e anniversaire de l’OTAN.

Suite

3-3 Pierre Lefranc : Déclaration à l’occasion du sommet de l’OTAN -3 et 4 avril 2009 à Strasbourg.

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion.

4-1 Noam Chomsky : Pourquoi l’OTAN devrait-elle exister ?

4-2 Retour dans l’Otan : tropisme atlantiste et choc des civilisations.

Fin

4-3 Rick Rozoff : L’UE, l’OTAN et les États-Unis : l’Alliance du XXIe siècle pour une domination mondiale.

 



1 Brèves

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

1-1 Rôle des forces nucléaires.
(document du 24 janvier 2008)

L'OTAN doit conserver, et montrer qu'elle conserve, un noyau de capacités militaires avec une combinaison appropriée de forces qui lui assurent la puissance militaire de base nécessaire pour l'autodefense collective. Les forces nucléaires de l'OTAN restent un élément essentiel de cette capacité centrale

Les forces nucléaires qui subsistent ont un rôle essentiellement politique : préserver la paix et prévenir la coercition.

Les forces nucléaires de l'OTAN contribuent à la paix et à la stabilité en Europe en faisant ressortir le caractère irrationnel qu'aurait une guerre de grande ampleur dans la région euro-atlantique. Elles rendent les risques d'une agression contre l'OTAN plus incalculables et inacceptables que ne pourraient le faire les seules forces conventionnelles.

Par ailleurs, jointes à une combinaison appropriée de moyens conventionnels, elles jettent aussi le doute chez tout pays qui pourrait envisager de chercher à s'assurer un avantage politique ou militaire en menaçant d'employer ou en employant des armes de destruction massive contre l'Alliance.

La sécurité collective garantie par le dispositif nucléaire de l'OTAN est partagée par l'ensemble des membres de l'Alliance ; elle rassure les pays qui, autrement, pourraient se sentir vulnérables. La présence de forces nucléaires des États-Unis basées en Europe et destinées à l'OTAN établit un lien politique et militaire essentiel entre les membres européens et nord-américains de l'Alliance. En même temps, la participation au dispositif nucléaire de l'Alliance de pays non dotés d'armes nucléaires montre la solidarité qui existe entre les Alliés, leur engagement commun à préserver leur sécurité, et toute la mesure dans laquelle ils se partagent les fardeaux et les risques.

[...]

http://www.nato.int/issues/nuclear/sec-environment-f.html


2  Dossiers

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

2-1 Ilia Kramnik et Dmitri Kossyrev : Exercices en Georgie.

Selon le représentant de la Russie auprès de l’OTAN, Dmitri Rogozine, si l’Alliance ne renonce pas à ses projets, la Russie ne participera pas à la rencontre des chefs d’Etats-majors généraux Russie-OTAN.

Les exercices sont organisés dans le cadre du programme de Partenariat pour la Paix. Prévus depuis longtemps dans le cadre d’un des programmes les plus « anodins » de l’OTAN, ces exercices ne représentent aucune menace pour Moscou du point de vue militaire. Surtout lorsqu’on sait qu’ils se dérouleront sous forme de jeux virtuels, au moyen d’ordinateurs et de téléphones, sans utiliser de matériels militaires ni d’armements.

Cependant, l’imprévisibilité des dirigeants georgiens actuels étant ce qu’elle est, un certain facteur de risque existe tout de même.

Compte tenu de cette circonstance et de la tension dans les rapports entre la Russie et la Georgie, ces exercices ne pouvaient pas ne pas susciter de réaction de la part de Moscou : l’armée russe, par exemple, prévoit d’effectuer simultanément des exercices dits « préventifs ». Ils doivent prévenir des gestes trop graves de la part de Tbilissi et stabiliser la situation.

Pour Moscou, on le voit, ces exercices ne présentent pas de danger en eux-mêmes. Le problème se situe ailleurs : la machine bureaucratique de l’OTAN et, pour être plus précis, une partie de l’opinion européenne n’ont pas bien compris certaines choses après la crise d’août de l’année dernière. Et si elles ne les ont toujours pas comprises, il serait quelque part absurde de vouloir rétablir les rapports qui existaient entre la Russie et l’OTAN avant août 2008, rapports qui était faux et vides de sens.

Nous sommes en été 2008. La Georgie, dont les dirigeants aspirent ardemment à adhérer à l’OTAN, prépare, d’abord, puis lance, le 8 août, une action militaire massive contre l’Ossétie du Sud, autonomie qui s’est détachée d’elle. La Georgie s’apprête également à faire irruption en Abkhazie, une autre entité autonome, dont les dirigeants et la population souhaitent, eux aussi, depuis plus d’une décennie, ne plus rien avoir en commun avec la Georgie.

Les troupes georgiennes pilonnent et tuent des militaires russes, qui se trouvaient à Tskhinvali en application d’accords internationaux.

Cela ne laisse pas d’autre choix à Moscou que d’intervenir.

Et même si un autre choix avait été possible, le massacre de civils par les soldats georgiens aurait obligé le pays voisin à intervenir d’urgence et à mettre fin à l’effusion de sang.

Examinons tout d’abord la provocation en tant que méthode. Le régime de Tbilissi a placé la Russie et les pays membres de l’OTAN dans une situation très difficile, ce qu’aucune des parties ne souhaitait. Il convient de mentionner à ce propos la déclaration faite il y a deux semaines par le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, devant l’Assemblée du Conseil pour la politique étrangère et de defense de la Russie. Le sens de son intervention peut se résumer à ceci : même si la Georgie avait été déjà membre de l’OTAN, la Russie aurait agi de la même façon (le sens de ces propos est clair). Il y a là matière à réflexion. Mais l’OTAN n’a pas annulé ses exercices en Georgie.

Venons-en au génocide. Les Russes n’ont pas oublié que les opinions publiques européenne et américaine, ainsi que certains gouvernements, n’ont pas voulu croire, pendant presque deux mois, que c’était la Georgie qui avait déclenché la guerre. Ils n’ont pas voulu le croire parce qu’ils sont habitués à accuser la Russie de tout et n’importe quoi. C’est un problème des Européens et des Américains, et pas seulement des Russes.

Mais nous sommes au printemps 2009. Il y a les photos prises par les satellites, d’autres clichés, des cassettes vidéo, des rapports du renseignement militaire des pays de l’OTAN. Des délégations du Parlement européen et d’autres institutions ont effectué des visites en Ossétie du Sud : personne ne peut avoir de doutes sur l’extermination massive par les soldats georgiens de civils à Tskhinvali, ville où des tombes sont apparues en août 2008 presque dans chaque cour. Le nombre de 1.500 à 2.000 tués, selon les évaluations préalables sud-ossètes, n’a pas été confirmé ? Combien faut-il qu’il y ait de morts ?

Les faits du génocide, les noms de ses responsables (ils ont été cités lors de l’enquête parlementaire en Georgie) : tout cela est bien connu depuis longtemps. Ce n’est pas un secret.

Une question se pose : quelles conclusions en a tirées l’OTAN ? D’aucuns jugent-ils possible de revenir aux anciens rapports Russie-OTAN après avoir fait un simple geste désapprobateur envers ce qui est arrivé ? Croient-ils qu’il vaut mieux oublier rapidement ces événements ? Il est impossible de revenir à ces relations et d’oublier ce qui s’est passé. Un crime doit être appelé un crime, au lieu d’employer des formules ambiguës dans les documents du sommet de l’OTAN et autres. Ceux qui ont traîné vers l’OTAN le régime de Saakachvili et obtenu en retour l’assassinat de civils à Tskhinvali en sont responsables. Il faut s’engager avec sérieux à ce qu’il n’y ait plus de provocateurs ni de provocations. Une chose intéressante, pour finir : les exercices prévus il y a trois ans par l’OTAN en Georgie sont préparés d’après le scénario initial, comme s’ils n’étaient pas un soutien apporté aux assassins et aux provocateurs.

Ilia Kramnik et Dmitri Kossyrev,

RIA Novosti

 23 avril

http://www.armees.com/Exercices-en-Georgie-la-Russie.html


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n° 30 - Les dossiers des Guerres de l'Otan - 26-04-Suite - : Opiniâtreté du président Obama à poursuivre dans la voie de son prédécesseur. Que cherche Obama ?

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Sommaire.

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-3 Pierre Lefranc : Déclaration à l’occasion du sommet de l’OTAN -3 et 4 avril 2009 à Strasbourg.

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion.

4-1 Noam Chomsky : Pourquoi l’OTAN devrait-elle exister ?

4-2 Retour dans l’Otan : tropisme atlantiste et choc des civilisations.


3-3 Pierre Lefranc : Déclaration à l’occasion du sommet de l’OTAN -3 et 4 avril 2009 à Strasbourg.

L’OTAN, débordant de sa mission d’origine, devenue la cinquième colonne de l’impérialisme américain, obscurcit le jugement de nos dirigeants civils et militaires.

La subordination de nos moyens de defense à un commandement étranger motivé par des considérations et poursuivant des objectifs qui ne sont pas les nôtres, représente l’abdication de notre indépendance, élément essentiel de toute politique étrangère libre.

Quel rôle mondial de détente, d’entente et de coopération peut, dans ces conditions, jouer notre pays qui ne manquera pas d’être entraîné dans quelque folle aventure.

De surcroît notre force de dissuasion qui nous a coûté tant d’efforts et d’investissements, garantie de notre survie, ainsi enchaînée voit se perdre sa crédibilité.

Consultés, nos concitoyens auraient dit NON à cet abandon que rien ne justifie.

Alerte ! Cette décision inconsidérée voulue au plus haut niveau et acceptée par une majorité aux ordres, constitue un renoncement déshonorant et inacceptable qui porte une profonde atteinte à la liberté historique de la France.

Pierre Lefranc

Pierre Lefranc, ancien chef de Cabinet du Général de Gaulle

mardi 14 avril 2009,

Comité Valmy

Source : Objectif-France Magazine

 

Pierre Lefranc : Déclaration à l’occasion du sommet de l’OTAN -3 et 4 avril 2009 à Strasbourg

En parlant de traîtres, voici des nouvelles d’André Glucksmann, de Nicolas Sarkozy, de Bernard Kouchner, de Bernard-Henri Lévy :

André Glucksmann décoré par Nicolas Sarkozy.

André Glucksmann, "l’intellectuel de gauche" qui a ouvertement soutenu Nicolas Sarkozy pendant sa campagne, s’est vu remettre par le président de la République les insignes d’officier de la légion d’honneur, mercredi 15 avril.

"Je vais te créer de nouveaux ennuis", a commencé le président. Leur "amitié", "franchement, c’était pas écrit", a-t-il dit.

Lui qui a fait de la "rupture" son slogan s’est trouvé un point commun avec l’ancien "nouveau philosophe", le militant maoïste changé en anti-totalitariste à la lecture de Soljenitsyne dans un milieu dominé par la culture marxiste.

Le chef de l’Etat l’a remercié de son "monumental article" paru dans Le Monde avant l’élection et intitulé : "Pourquoi je choisis Nicolas Sarkozy". "Ca m’a bien aidé", a dit M. Sarkozy.

Le décoré, militant des droits de l’homme, atlantiste et anti-Poutine, a remercié le président pour sa "volonté d’agir" : "Peut-être que la seule chose qui restera de l’Europe sous présidence française est que tu aies réussi à arrêter le déferlement des chars russes."

Son ancien compagnon de route auprès des "Boat people", Bernard Kouchner, et l’ancien "nouveau philosophe", Bernard-Henri Lévy, l’ont embrassé.

Pierre Lefranc :

Voir en ligne : http://www.lemonde.fr/politique/art...


3-4 René HAMM : protestation anti-OTAN

Mesdames, Messieurs,

Je partage l’opinion de celles et ceux qui, à l’instar d’Axelle Sonet et de Joël Coulomb (DNA du 7 avril), estiment que les autorités, en laissant le champ libre aux «casseurs», ne visaient qu’à déconsidérer la protestation anti-OTAN, à rendre inaudible l’argumentaire des opposant(-e)s. Mission accomplie: l’immense majorité de la population hexagonale, qui a suivi les événements via la presse écrite et audiovisuelle, ne retiendra vraisemblablement que le spectacle de désolation au Port du Rhin.

Peu lui importe sans doute que l’an dernier, les vingt-cinq membres (depuis le 4 avril, l’Albanie et la Croatie ont adhéré à l’Alliance atlantique) qui entretiennent une armée et ses équipements (l’Islande fait exception) aient englouti pour la « defense » quelque 574,15 milliards d’euros et qu’en 2007, les dépenses militaires globales aient atteint le niveau record de 857 milliards d’euros. En revanche, à la même période, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (56 États), sise à Vienne (Autriche), ne disposait que de 168,2 millions d’euros, soit cinq mille quatre-vingt quatorze fois moins pour la prévention des conflits que pour des opérations guerrières.                                            

Aussi, le club, qui a célébré en grandes pompes ses soixante ans d’existence, n’accentue-t-il pas la militarisation de la diplomatie, tout en favorisant la relance de la course aux armements, deux causes capitales de l'aggravation des tensions à l’échelle planétaire ?...

René HAMM  

Bischoffsheim

Le 7 avril 2009                                                                                       


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n° 30 - Les dossiers des Guerres de l'Otan - 26-04 -Fin - : Opiniâtreté du président Obama à poursuivre dans la voie de son prédécesseur. Que cherche Obama ?

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Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.



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Sommaire.

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion. .

4-3 Rick Rozoff : L’UE, l’OTAN et les États-Unis : l’Alliance du XXIe siècle pour une domination mondiale.

 

4-3 Rick Rozoff : L’UE, l’OTAN et les États-Unis : l’Alliance du XXIe siècle pour une domination mondiale.

L’OTAN évolue

D’une alliance face à l’URSS, elle est devenue un élément du bloc occidental, au même titre que l’Union européenne et les États-Unis (bien que ceux-ci en soient eux-mêmes le principal membre). Au-delà de la rhétorique lénifiante, le fait est que ce bloc est constitué par les anciennes puissances coloniales et qu’il déploie aujourd’hui ses troupes dans ses anciennes colonies. Rick Rozoff décrit ici la mise en œuvre progressive de cette domination globale

Le sommet de l’OTAN (Srasbourg-Kehl) fut l’occasion d’officialiser le retour de la France au sein du commandement militaire intégré de l’Alliance Atlantique, instance dont elle s’était retirée il y a 43 ans. Il y fut également question de la modernisation du Concept stratégique de 1999 afin de mettre l’accent sur l’intégration militaire OTAN-UE-USA. Enfin, l’Union Européenne a annoncé sa volonté de créer une force opérationnelle de 60 000 hommes constituée notamment de contingents provenant des pays du Nord et capable d’être projetée rapidement à n’importe quel endroit du globe. Intéressons-nous donc aux conséquences qu’auront ces décisions sur les relations entre les principaux centres du pouvoir économique, politique et militaire de l’Occident : l’Union Européenne, l’OTAN et les États-Unis.

Jusqu’à présent, l’opinion prévalant au sein des milieux autorisés repose sur quatre oppositions erronées :
 Le développement de capacités de defense toujours plus ambitieuses de la part de l’Union Européenne fait concurrence, voire pose un réel défi, à l’OTAN et à la stratégie d’alliance transatlantique.
 L’OTAN constitue un contrepoids multilatéral à l’unilatéralisme américain.
 L’Union Européenne est un ardent partisan de solutions diplomatiques et pacifiques quand Washington et l’OTAN se montrent souvent trop prompts à recourir à la force.
 L’UE est l’un des concurrents des États-Unis, si ce n’est le principal, en Europe et de plus en plus à travers le monde.

Si chacun est libre de croire à ces idées reçues, celles-ci se voient contredites constamment par les propos et les actes des décideurs et responsables politiques en Europe et au sein de l’OTAN ainsi que par les stratèges de Washington.

Sur les 27 États-membres de l’UE, 21 ont également ratifié le Traité de l’Atlantique Nord. Les 6 autres, à l’exception de Chypre pour le moment, à savoir l’Autriche, la Finlande, l’Irlande, Malte et la Suède, sont membres du Partenariat pour la Paix de l’OTAN. Parmi ceux-ci, seul le minuscule État de Malte ne dispose pas d’un contingent déployé sous l’égide de l’OTAN en Afghanistan, dans les Balkans ou ailleurs dans le monde.
L’Alliance Atlantique est constituée pour une grande majorité d’États membres de l’Union Européenne, à l’exception de
la Norvège, de l’Islande, du Canada et des USA, ces deux derniers n’appartenant pas au continent européen.
S’il arrive que ces trois acteurs majeurs se trouvent en désaccord sur des questions secondaires d’ordre tactique, technique ou de calendrier, ils n’en demeurent pas moins unis sur les principaux enjeux stratégiques.
L’UE et l’OTAN sont officiellement partenaires depuis 1992 et la signature de l’accord Berlin Plus sur la mise en commun des moyens de defense et de renseignement.

Les États membres de l’UE qui n’ont pas encore intégré l’OTAN se trouvent eux aussi affectés par la subordination de l’Europe à l’Organisation puisque la Charte Stratégique de l’Alliance, datant de 1999 et toujours en vigueur actuellement, stipule que les arsenaux nucléaires des USA en particulier, mais également du Royaume-Uni et de la France sont « essentiels au maintien de la paix » et constituent « un lien politique et militaire fondamental entre les membres de l’Alliance en Europe et en Amérique du Nord ».

Suite aux années 1989-1991 qui virent la fin de l’ordre instauré après la Seconde Guerre mondiale en Europe et dans le monde, la dissolution du Pacte de Varsovie et du CAEM (le Conseil d’Assistance Économique Mutuelle), l’effondrement de l’Union soviétique et la partition violente de la Yougoslavie, les principales puissances occidentales s’attelèrent à nouveau à leurs projets de domination mondiale interrompus par deux conflits mondiaux. En ayant tiré les enseignements, elles formèrent un condominium en vue de se partager les ressources du globe, non seulement celles des anciennes colonies, des protectorats et autres territoires sous mandat, mais aussi de régions qui leur étaient restées jusqu’alors inaccessibles, comme l’ancienne URSS.

Pour preuve de cette affirmation, une déclaration du Secrétaire général de l’OTAN Jaap de Hoop Scheffer, il a quatre ans : « L’OTAN et l’UE effectuent de constants progrès dans la coordination du développement de capacités militaires modernes. Je suis convaincu que nous pouvons étendre cette coopération à de nouvelles zones représentant un intérêt pour notre sécurité commune où nous pouvons mettre en valeur notre complémentarité et unir nos efforts. Je veux ici parler de zones clés … telles que le Caucase et l’Asie Centrale. » [1]

Deux mois plus tard, Nicholas Burns, le sous-secrétaire d’État US d’alors, nommé à ce poste après avoir servi comme ambassadeur de Washington auprès de l’OTAN, abonda dans ce sens en se félicitant « de l’appel lancé par le Secrétaire général de l’OTAN Jaap de Hoop Scheffer, à intensifier la coopération entre l’Alliance atlantique et l’UE en vue de garantir la sécurité au-delà des frontières de l’OTAN en Europe, en Afrique et en Asie Centrale. » [2]

Burns a ensuite expliqué la répartition des tâches, telle que conçue à Washington du moins : « Soyons clairs. L’OTAN assure le gros des opérations militaires mais l’Union Européenne se charge du maintien de la paix … » [3]

Au cours d’une conférence sur la sécurité européenne qui se tenait le mois suivant à Berlin, le ministre de la Defense allemand de l’époque Peter Struck enfonça le clou, déclarant qu’il serait « illusoire de concevoir le développement des capacités de defense européennes indépendamment du cadre de l’OTAN » et ajoutant : « l’OTAN et l’UE travaillent actuellement dans le but d’être mieux à même de mener des missions hors de leurs frontières pour s’adapter à des enjeux de sécurité en constante mutation. » [4]

En d’autres termes, l’Union Européenne et l’OTAN considèrent le reste du monde, à l’exception du continent américain traditionnellement vu comme la chasse gardée des USA (encore que certains membres de l’OTAN y interviennent individuellement ou conjointement) comme un théâtre d’opérations légitime.
Cette nouvelle évolution significative par rapport à la situation d’avant 1991 constitue une forme de régression, une résurgence des ambitions coloniales des puissances européennes, le retour de la diplomatie du canon et des baïonnettes destinées à civiliser les « sauvages ».

Le tournant de l’après-Guerre froide a ainsi transformé l’Europe en substance, la ramenant, ainsi que l’Occident en général et toute la sphère d’influence de l’OTAN, à la situation d’avant 1939 voire au XIXe siècle qui connut l’apogée des empires coloniaux européens.

Officieusement, les grandes puissances occidentales ont en effet créé un ordre comparable à celui instauré par les congrès de Vienne en 1815 et de Berlin en 1878.

Le premier eut lieu à la fin des guerres napoléoniennes, peu avant la défaite de Waterloo, et ouvrit la voie à la création de la Sainte Alliance qui devait garantir que jamais plus les idéaux républicains ne feraient vaciller les trônes d’Europe.

Le tournant de 1991 a relancé la lutte contre l’idéologie républicaine, visant cette fois le communisme, les différentes variantes du socialisme ainsi que tout mouvement ou parti politique revendiquant la defense des intérêts des populations, à l’intérieur comme en dehors des frontières de l’Europe, contre les élites internationales dites « euro-atlantistes ».

Le second modèle, celui défini par la Congrès de Berlin, initia le processus de redécoupage des États de la péninsule balkanique et de partition de l’Afrique qui devaient débuter véritablement six ans plus tard à la Conférence de Berlin.

Il est inutile de s’attarder sur les similitudes entre cette époque et les événements récents tant celles-ci semblent évidentes.

La Conférence de Berlin, qui réunit des représentants d’Autriche-Hongrie, de Belgique, de Grande-Bretagne, du Danemark, de France, d’Italie, des Pays-Bas, du Portugal, de Prusse, d’Espagne et de Suède-Norvège, organisa avec le plus absolu cynisme le pillage et le sac du continent africain, notamment le bassin du Congo et la région des Grands Lacs.

Elle dessina également les modèles d’offensives militaires et économiques menées conjointement par les puissances occidentales contre des populations quasiment sans defense, schéma qui devait se répéter en Asie en 1900, lorsque des troupes austro-hongroises, belges, françaises, allemandes, italiennes, japonaises, russes et états-uniennes envahirent la Chine pour mettre un terme à la révolte des Boxers et protéger les intérêts économiques occidentaux.

Pour démontrer la pertinence de ce parallèle, voici ce qu’écrivirent George Robertson et Paddy Ashdown dans les colonnes du Times de Londres en juin dernier « la collaboration multilatérale au niveau européen doit … mettre davantage l’accent sur les questions de defense si elle veut être réellement crédible. Il faut accélérer la constitution d’unités de combat au sein de l’UE, compatibles avec les forces de l’OTAN, et formant la base d’une force anti-insurrectionnelle européenne capable d’intervenir dans des États en proie à la guerre civile ou dans un contexte post-conflictuel. » [5]

Point culminant de cette plaidoirie, cette analyse aussi abrupte qu’édifiante : « Pour la première fois depuis plus de 200 ans, le monde qui se dessine n’est plus intégralement dominé par l’Occident. Si nous voulons influer sur cet environnement plutôt que nous retrouver à sa merci, si nous voulons nous attaquer à certaines menaces liées à la mondialisation, alors un multilatéralisme concret s’impose … »

Que l’on considère ou non comme une nécessité cette volonté des principales puissances occidentales et de leur classe dominante de conserver, reconquérir ou étendre la domination mondiale, leur plan n’en constitue pas moins une véritable stratégie.

Contrairement aux élucubrations d’obscurs universitaires s’évertuant à redessiner le monde depuis le silence feutré de leur bibliothèque, ces déclarations ont eu les honneurs du Times car leurs auteurs ne sont en aucun cas des théoriciens, historiens ou penseurs politiques de second ordre.

Ils sont au contraire les principaux architectes et les exécutants sans pitié de l’ordre qu’ils défendent. Ils ont fait leurs preuves dans l’après-Guerre froide, ou, selon ce qui pourrait être leurs propres termes, dans ce laboratoire postmoderne que furent les Balkans aux cours des années 1990.

Lord George Robertson, ancien ministre britannique de la Defense, membre à vie de la Chambre des Lords et Baron de Port Ellen, fut Secrétaire général de l’OTAN de 1999 à 2004, succédant à Javier Solana, lequel fut par la suite nommé Haut Représentant pour la Politique Étrangère de Sécurité Commune et Secrétaire général du Conseil de l’Union Européenne et de l’Union de l’Europe Occidentale, ce qui équivaut au poste de ministre des Affaires étrangères de l’UE.

Paddy Ashdown fut Haut Représentant international pour la Bosnie-Herzégovine de septembre 2002 à mai 2006 où il se distingua par des méthodes arbitraires, despotiques et impitoyables qui lui valurent le surnom de « vice-roi », justifié en partie parce qu’il était le fils d’un ancien officier de l’Armée des Indes et parce que lui-même incarnait par son style le colonialisme passé et sa résurgence moderne.

Il y a près de quatre ans, la Commission internationale pour les Balkans, créée à l’initiative notamment du German Marshall Fund émit une critique virulente de la politique de l’Union Européenne et des Nations Unies dans les Balkans.

« La commission estime que la démocratie a été bafouée en Bosnie « par l’autorité coercitive » de Paddy Ashdown, le Haut Représentant de l’UE ».

Selon la commission, « les représentants internationaux se mêlent d’ingénierie sociale mais ne rendent aucun compte en cas d’échec de leur politique. Si les usages néocoloniaux des Européens se poursuivent, cela engendrera un mécontentement économique … » [6]

L’an dernier, comme pour le récompenser des faits évoqués, Ashdown se vit confier la succession des anciens maîtres de son père sur le sous-continent indien, un rôle que la presse qualifia à l’époque de « super-émissaire » en Afghanistan et qu’un quotidien britannique décrivit avec une certaine admiration : « Lord Ashdown serait chargé d’unifier les efforts de l’OTAN et des Nations Unis en Afghanistan. Pour cette mission de la plus haute importance, sa candidature devrait recevoir l’appui des responsables de l’OTAN. » [7]

Le gouvernement afghan témoigna moins d’enthousiasme que les partisans d’Ashdown et celui-ci vit finalement sa candidature rejetée, une preuve de l’esprit très « prémoderne » du peuple afghan (pour une définition du terme, voir plus bas).

Car, que le gouvernement de Kaboul ait été ou non informé des antécédents d’Ashdown, aux yeux des Afghans, celui-ci incarnait une version « postmoderne » de l’ancien diplomate britannique et éminence grise de Tony Blair en matière de politique étrangère Robert Cooper.

L’éminence grise en question est l’auteur de deux ouvrages, The Post-Modern State and the World Order (2000) et The Breaking of Nations : Order and Chaos in the Twenty-First Century (2003) et a contribué au premier ouvrage de la collection « Re-Ordering the World » The Long-Term Implications of September 11 (2002).

Cooper est considéré comme le père du « nouvel impérialisme libéral » et fut brièvement le représentant spécial de Tony Blair en Afghanistan suite à l’invasion de 2001.

Tout comme Robertson et Ashdown, il a joué un rôle dans l’élaboration et la mise en œuvre de stratégies et de politiques impérialistes.

Dans son premier livre, The Post-Modern State and the World Order, il classait les pays du monde en trois catégories : les prémodernes, les modernes et les postmodernes, une distinction qui, malgré une formulation légèrement différente, renvoie à la tendance des ses prédécesseurs à diviser le monde entre populations civilisées et sauvages.

Des variantes de cette conception du monde sont réapparues en Occident après la fin la Guerre froide et le nouvel ordre international qui s’est imposé par la suite a permis aux grandes puissances occidentales de se contenter de vagues engagements quant au respect de la majorité nouvellement émancipée de la population mondiale et de ses cultures, souvent plus anciennes et précieuses que celles des anciens colonisateurs et de leurs alliés nord-américains.

Après s’être vu refuser la possibilité de perpétrer la tradition familiale en Afghanistan, Ashdown devint le bras droit de Javier Solana en acceptant la charge de directeur général des affaires politiques et militaires auprès du Secrétariat général du Conseil de l’Union Européenne, position qu’il occupe encore à ce jour.

Cooper est également connu pour son rôle essentiel dans la création de la Politique Européenne de Sécurité et de Defense (PESD), présentée initialement comme Identité Européenne de Sécurité et de Defense lors du sommet des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN à Berlin, en 1996, où il fut convenu que l’Union de l’Europe Occidentale (UEO) superviserait sa création au sein des structures de l’OTAN.

La PESD est aujourd’hui dirigée par le Haut Représentant de l’Union Européenne pour la Politique Étrangère et de Sécurité Commune, Javier Solana, dont le principal collaborateur n’est autre que Robert Cooper. La PESD fut mise à l’épreuve pour la première fois en Macédoine en 2003 quand elle prit la succession de l’OTAN et demeure le principal outil de defense de l’UE.

Seconde victime de la campagne de Yougoslavie de l’OTAN en 1999, la Macédoine fut une première en matière de prise de relai par l’UE des missions d’occupation et de répression de l’OTAN, la force EUFOR Concordia succédant à l’Opération Allied Harmony.

En 2004, l’OTAN céda un nouveau protectorat à l’UE : la Bosnie, où la force de stabilisation SFOR fut remplacée par l’opération EUFOR Althea.

En 2008, l’Alliance Atlantique débuta le transfert du commandement de la KFOR (Kosovo Force), conformément à la résolution 1244 de l’ONU, à la mission EULEX de l’UE, entraînant une vive condamnation de la part de la Serbie et de la Russie.

En novembre de la même année, l’OTAN transmit les rênes de l’opération navale de grande ampleur EUNAVFOR Atalanta dans le Golfe d’Aden et au large de la corne de l’Afrique à l’Union Européenne, ce qui fut décrit comme « une grande première pour l’UE car elle se déroule loin du continent européen … L’opération Atalanta est un projet ambitieux. La zone maritime à contrôler est énorme… » [8]

Ces « missions de civilisation » menées conjointement par l’UE et l’OTAN dans des « zones de non droit » sont en constante expansion dans le monde prémoderne et moderne.

En février de cette année, le président du Comité militaire de l’OTAN Giampaolo Di Paola développa l’idée d’une mission trilatérale UE-OTAN-USA en arguant de « la nécessité d’une nouvelle forme de gouvernance au sein de laquelle l’OTAN, l’UE et d’autres grandes organisations internationales auront un rôle à jouer ». [9]

Quel type de gouvernance mondiale ? Qui sont censés en être les gardiens autoproclamés ? Voilà qui justifie une étude approfondie. Les dirigeants de Bruxelles et de Washington évoquent fréquemment une « communauté internationale » quand l’expression cadre avec leurs discours, et ignorent aussi régulièrement les demandes de la véritable communauté des nations dans le cas contraire.

La population totale des 27 États membres de l’Union Européenne n’excède pas 500 millions d’habitants, soit moins du douzième de la population mondiale.

Si l’on y ajoute la population des États membres de l’OTAN hors UE, les USA, dont les 300 millions d’habitants représentent l’équivalent de 40 % de la population intra-communautaire, le Canada, la Norvège et l’Islande, le total dépasse à peine 800 millions d’âmes, soit moins du septième de la population mondiale.

Les principaux membres de l’UE et de l’OTAN sont les anciennes puissances coloniales : la Grande-Bretagne, la France, l’Espagne, le Portugal, les Pays-Bas et le Danemark ; au nombre des nations s’étant également taillé une « place au soleil » figurent la Belgique, l’Italie et l’Allemagne.

À partir de missions commerciales qui consistèrent rapidement en l’instauration de monopoles avant d’impliquer une occupation militaire pour aboutir à une complète domination économique, politique et militaire, les grandes puissances occidentales s’attribuèrent d’immenses territoires en Asie, en Afrique, en Amérique et en Océanie dont elles firent leurs prés carrés et leurs zones d’influence respectives.

Vestiges de cette époque, de nombreux États membres de l’OTAN et de l’UE conservent des possessions territoriales, principalement des îles et des terres volées aux indigènes.

Parmi ceux-ci, citons la Grande-Bretagne, la France, les Pays-Bas, l’Espagne, le Portugal, le Danemark et les USA.

Ce sont justement ces États qui dénient à tout autre, y compris en Europe, le droit d’exercer une influence sur des régions n’ayant pas fait partie intégrante de leur territoire depuis plusieurs siècles, c’est par exemple le cas de la Serbie avec le Kosovo ou de la Russie avec l’Ukraine.

Les grandes puissances occidentales sont également coupables d’avoir organisé la traite négrière, le plus vaste déplacement forcé de population de toute l’histoire avec entre 10 et 30 millions d’individus déportés de l’autre côté de l’Atlantique entre le XVIe et le XIXe siècle.

Parmi les pays coupables de ce commerce triangulaire figurent la Grande-Bretagne, la France, l’Espagne, le Portugal, les Pays-Bas, le Danemark et, plus tard, les États-Unis.

C’est l’un des fondements obscurs de la communauté transatlantique.

Si des termes et concepts obsolètes et discrédités tels que le « Fardeau de l’homme blanc, » la « Destinée manifeste », une « place au soleil », l’« espace vital » ou un « empire sur lequel le soleil ne se couche jamais » ne sont plus d’usage aujourd’hui, la conception du monde et les objectifs géopolitique qui les sous-tendaient ont bel et bien survécu, ils ont simplement été dépoussiérés et rebaptisés.

Les forces militaires occidentales sont à nouveau présentes sur les territoires qu’elles occupaient jadis et où on ne pensait plus jamais les revoir : les Britanniques présents en Afghanistan, en Irak et en Sierra Leone, les Français intervenant en Haïti, alors que le pays fêtait le bicentenaire de son indépendance, et en Côte d’Ivoire et les États-uniens aux Philippines.

Mais il ne s’agit pas d’une série d’actions isolées menées par les puissances occidentales alliées, ce qui apparaît c’est un réseau international et systématique de déploiements militaires planifiés et coordonnés au service d’objectifs géostratégiques aussi vastes que précis.

Malgré la désapprobation très largement médiatisée que suscita la seconde guerre du Golfe en 2003, les 26 États membres de l’Alliance atlantique ont tous dépêché des personnels en Irak et au Koweït voisin dans le cadre d’une mission d’entraînement de l’OTAN (NTM-I).

Moins de deux ans après le début de l’invasion, l’Alliance annonçait que « le but de l’OTAN est de former cette année un millier d’officiers et d’officiers supérieurs » et que « l’Union Européenne a consenti à former 700 juges, procureurs et gardiens de prison irakiens ». [10]

Plus tard en 2005, Victoria Nuland, l’ambassadrice des Éta ts-Unis auprès de l’OTAN d’alors, ancienne conseillère de Dick Cheney pour les questions de sécurité, déclara : « Nous devons mettre un terme définitif aux rivalités, certaines réelles, d’autres imaginaires, pouvant exister entre l’UE et l’OTAN ».

Selon un site militaire, elle aurait insisté sur la nécessité que « l’OTAN et l’Union Européenne établissent une collaboration plus étroite que par le passé pour faire face à l’ensemble des défis militaires, politiques, d’équipement et de financement auxquels est confronté la communauté de defense transatlantique… » [11]

Le premier ambassadeur US nommé en Afghanistan suite à l’invasion de 2001, James Dobbins, qui dirigeait jusqu’alors l’International Security and Defense Policy Center (ISDP) à la Rand Corporation (un think tank US), exprima une opinion similaire en indiquant : « Il est donc grand temps de cesser de se demander ce que l’OTAN peut faire pour l’UE et de commencer à s’interroger sur ce que l’UE peut apporter à l’OTAN. Et l’Afghanistan est l’endroit tout désigné pour commencer. Les meilleurs résultats ne pourront être obtenus que dans une discussion tripartite impliquant l’OTAN, l’UE et les États-Unis. » [12]

Preuve supplémentaire du fait que l’influence du triumvirat UE-OTAN-USA s’étend bien au-delà des frontières de l’Europe, un mois après les déclarations de Dobbins, Julianne Smith, directrice adjointe des programmes de sécurité internationale au sein du think tank Center for Strategic and International Studies, exprima les regrets suivants lors d’une conférence organisée par le CSIS : « Oui, ils traitent de la situation dans les Balkans mais ça n’est pas encore assez. L’OTAN et l’UE devraient travailler sur la non-prolifération, sur le Caucase, l’Ukraine, la Moldavie – sur le problème dans son ensemble. » [13]

Au cours de la même conférence, Klaus Naumann, ancien directeur du Comité militaire de l’OTAN, en dit peut-être plus qu’il ne l’aurait souhaité en déplorant que « l’Europe soit à nouveau en proie à ses vieilles tentations souverainistes », signifiant ainsi que l’attachement à son pays et à son peuple constitue un obstacle à la consolidation de la domination de l’OTAN et de l’UE en Europe et au-delà. [14]

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28/04/2009

n° 29 - Journal des Guerres de l'Otan - 15-04 - 27-04 - 1- : Otan-Occident, la diabolique géostratégie d’hécatombe des É.U.


n° 29 - Journal des Guerres de l'Otan - 15-04 - 27-04 - 1- : Otan-Occident, la diabolique géostratégie d’hécatombe des É.U.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal des Guerres de l'Otan.

n° 29- 15-04 - 27-04

C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire.

Tiré à part :

Fogh Rasmussen

Un «super atlantiste» en chef.

Un atlantiste fervent à la tête de l'Alliance
Déclaration du Sommet de Strasbourg-Kehl concernant
la Georgie.

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1 Au jour le jour

2 Politique 

a) Russe

b) L'Otan & alliés

Suite

Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

5-1 Video: Game Over

5-2 Strasbourg Demonstration:  'No to NATO'.

5-3 Vidéos : Thierry Meyssan à propos du G20 et du sommet de l'OTAN.



Tiré à part :

Fogh Rasmussen

Un «super atlantiste» en chef.

Le pro-américain Rasmussen devient secrétaire général de l’Otan.

Sa gestion de la crise des caricatures de Mahomet a bien failli lui coûter le poste.

Mais le Premier ministre danois a fini par l’emporter et deviendra secrétaire général de l’Otan.

Après huit ans à la tête du gouvernement danois, c’est une consécration pour ce libéral proeuropéen de 56 ans, qui n’a pas hésité à engager son pays aux côtés des Etats-Unis en Afghanistan et, surtout, en Irak.

Cette décision restera d’ailleurs sans aucun doute la plus controversée de ses trois mandats.

Elle a «brisé le consensus qui prévalait au Danemark depuis l’après-guerre», estime le rédacteur en chef du quotidien Politiken, Toger Seidenfaden.

«Fogh», comme on a pris l’habitude de l’appeler pour le distinguer de tous les autres Rasmussen, a toujours été un allié fidèle des Etats-Unis. Il s’en expliquait dans une tribune, publiée dans le journal Berlingske Tidende, en mars 2003, où il affirmait que son pays avait «une dette à l’égard des Etats-Unis» depuis la Seconde Guerre mondiale. Il était temps de la régler et de rompre avec la ligne consistant «à laisser les autres se battre pour la liberté et la paix».

Le Danemark a toujours été atlantiste, mais «il est devenu super atlantiste avec Fogh», affirme Hans Mouritzen, professeur à l’Institut danois des études internationales.

Une position renforcée par son amitié nouée avec l’ancien président George Bush. «C’était pour lui comme un frère spirituel, avec lequel il partage des valeurs et une façon de considérer le bien et le mal», évoque Henrik Qvortrup, son ancien conseiller.

En 2005, l’épisode des caricatures a été pour lui l’occasion de se présenter en chantre de la liberté d’expression et des valeurs démocratiques. Mais au Danemark, certains lui reprochent toujours d’avoir laissé la crise se radicaliser, en refusant de rencontrer les ambassadeurs des pays musulmans. Toger Seidenfaden y voit la preuve d’une «rigidité idéologique» qui l’a conduit par ailleurs à mener «une politique des valeurs, contribuant à l’atmosphère de xénophobie et de confrontation qui règne au Danemark», avec le soutien de l’extrême droite au parlement.

Intelligent et toujours très bien préparé, ceux qui le connaissent dressent de lui le portrait d’un stratège exceptionnel. Y compris ses adversaires. Le gel des augmentations d’impôts et une politique de l’immigration ultra-restrictive ont contribué à sa popularité au Danemark.

Admirateur de Tony Blair, il a longtemps défendu des positions très libérales, avant d’adopter les principes de la troisième voie. Le commentateur politique Thomas Larsen observait : «Il a réalisé que s’il voulait prendre le pouvoir, il ne pouvait pas le faire en attaquant l’Etat providence

 Fogh est un pragmatique.

ANNE-FRANCOISE HIVERT

http://www.liberation.fr/monde/0101560385-un-super-atlantiste-en-chef

 

Un atlantiste fervent à la tête de l'Alliance
Fidèle allié des États-Unis, le premier ministre danois sortant passe pour «un tacticien émérite».

Aucun fait d'armes particulier dans sa brillante carrière. Mais une solide expérience politique acquise notamment en dirigeant pendant plus de sept ans une coalition de centre droit, soutenue par le Parti du peuple danois, une formation d'extrême droite. «Anders Fogh Rasmussen est un bon organisateur, un tacticien émérite, qui a une grande maîtrise de lui-même», affirme Hans Engell, ancien ministre de la Defense.

Son pragmatisme et son art du compromis lui seront bien utiles à la tête de l'Otan.

Concernant l'élargissement de l'Alliance, Rasmussen semble privilégier une approche plus restreinte, qui ne heurterait pas trop les susceptibilités russes. Fidèle allié des États-Unis, le Danois est en même temps partisan d'une meilleure coopération entre l'Otan et l'Union européenne, souhaitée notamment par la France.

Au Danemark, il fut un temps où sa politique étrangère était sévèrement critiquée par l'opposition. Celle-ci ne lui a jamais pardonné d'avoir engagé son pays dans le bourbier irakien. Ni de s'être présenté pendant des années en «ami personnel» de George W. Bush. N'avait-il pas d'ailleurs lui aussi proclamé, avant d'envoyer les troupes danoises en Irak : «Nous savons que Saddam Hussein possède des armes de destruction massives» ?… Ce qui lui valut, à l'instar de l'ex-premier ministre britannique Tony Blair, d'être taxé de «caniche» des Américains. Avec sa décision, en mars 2003, d'envoyer des soldats aux côtés des Américains en Irak, il gagne la confiance de Washington et de Londres. Parmi les premiers à s'engager en Afghanistan, le Danemark a également envoyé 700 hommes dans la province du Helmand.

Stéphane Kovacs
Le Figaro

06/04

www.lefigaro.fr/international/2009/04/06/01003-20090406ARTFIG00342-rasmussen-un-atlantiste-fervent-a-la-tete-de-l-alliance-.php


Déclaration du Sommet de Strasbourg-Kehl concernant la Georgie.

Extraits

La Georgie n'est pas membre de l'Otan. A leur sommet de Bucarest en avril 2008, les dirigeants alliés ont repoussé l'attribution du statut de candidat officiel à la Georgie et à l'Ukraine, deux ex-républiques soviétiques, tout en leur promettant l'entrée à terme dans l'Otan malgré la farouche hostilité de Moscou à cette idée. 

Au moins 5 articles de la déclaration du dernier Sommet de l'Otan font nomément référence à la Georgie. Et réaffirmé deux fois le soutien à "l'intégrité territoriale, l'indépendance et la souveraineté de la Georgie".  Pas à celle de la Serbie apparemment.

29. La stabilité et le succès des réformes politiques et économiques en Ukraine et en Georgie sont importants pour la sécurité euro-atlantique. À Bucarest, nous avons décidé que l'Ukraine et la Georgie deviendraient membres de l'OTAN, et nous réaffirmons tous les éléments de cette décision ainsi que les décisions prises par les ministres des Affaires étrangères en décembre dernier. Nous nous employons à fournir, pour les efforts de réforme de ces pays, un maximum d'avis, d'aide et de soutien dans le cadre de la Commission OTAN-Ukraine et de la Commission OTAN-Georgie, qui jouent un rôle central dans la supervision du processus engagé au sommet de Bucarest. Nous nous félicitons en particulier du renforcement prévu des bureaux d'information et de liaison de l'OTAN à Kiev et à Tbilissi. Sans préjudice des décisions ultérieures devant être prises à propos du MAP, l'établissement de programmes nationaux annuels aidera la Georgie et l'Ukraine à faire avancer leurs réformes. L'examen annuel de ces programmes nous permettra de continuer à suivre de près les progrès réalisés par la Georgie et l'Ukraine dans les réformes liées à leur aspiration à devenir membres de l'OTAN. Nous saluons en outre les précieuses contributions de ces deux pays aux opérations de l'OTAN.

31. La relation entre l'OTAN et la Georgie s'est considérablement approfondie au cours de l'année écoulée. Nous restons déterminés à promouvoir le dialogue politique avec la Georgie et à lui fournir une aide. Nous encourageons fortement ce pays à poursuivre la mise en oeuvre de toutes les réformes nécessaires, en particulier les réformes démocratiques, électorales et judiciaires, en vue de réaliser ses aspirations euro-atlantiques. Nous réaffirmons que nous continuons de soutenir l'intégrité territoriale et la souveraineté de la Georgie à l'intérieur de ses frontières reconnues au niveau international.

32. Nous encourageons tous les participants aux pourparlers de Genève à jouer un rôle constructif et à poursuivre leur étroite collaboration avec l'OSCE, l'ONU et l'UE à la recherche d'un règlement pacifique du conflit sur le territoire de la Georgie. (...). Nous appelons de nos voeux l'établissement d'un nouveau mandat pour la Mission de l'OSCE en Georgie ainsi qu'un accès sans entrave pour les observateurs de l'ONU, de l'UE et de l'OSCE à l'ensemble du territoire de la Georgie, y compris les régions d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie. Nous sommes préoccupés par les tensions et les violences qui persistent le long des limites administratives, et nous appelons toutes les parties à faire preuve de retenue.

34. Nous invitons instamment la Russie à remplir les engagements qu'elle a pris s'agissant de la Georgie dans le cadre de la médiation de l'Union européenne le 12 août 2 et le 8 septembre 2008. Dans ce contexte, nous considérons comme essentiel le retrait des forces russes des régions que la Russie s'est engagée à quitter. Nous nous sommes félicités des mesures prises en ce sens, mais ce retrait reste partiel. L'Alliance a condamné la reconnaissance par la Russie des régions georgiennes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie en tant qu'États indépendants, et elle continue de lui demander de revenir sur cette reconnaissance, qui est contraire aux valeurs et aux principes sur lesquels se fonde le Conseil OTAN-Russie, aux principes de l'OSCE sur lesquels repose la sécurité de l'Europe, ainsi qu'aux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU concernant l'intégrité territoriale de la Georgie, que la Russie a entérinées. En outre, le renforcement de la présence militaire de la Russie dans les régions georgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud sans le consentement du gouvernement georgien est particulièrement préoccupant.

57.(...) les actions menées par la Russie en Georgie ont remis en question l'attachement de la Russie aux principes fondamentaux de l'OSCE sur lesquels reposent la stabilité et la sécurité en Europe, principes dont s'inspire le Traité sur les forces conventionnelles en Europe (FCE). Ces actions vont à l'encontre de notre objectif commun consistant à préserver la viabilité à long terme du régime FCE (...)

AFP, 16 avril 2009

http://www.csotan.org/textes/doc.php?art_id=444&type=documents


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n° 29 - Journal des Guerres de l'Otan - 15-04 - 27-04 – Fin- : Otan-Occident, la diabolique géostratégie d’hécatombe des É.U.

n° 29 - Journal des Guerres de l'Otan - 15-04 - 27-04 – Fin- : Otan-Occident, la diabolique géostratégie d’hécatombe des É.U.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

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Journal des Guerres de l'Otan.

n° 29- 15-04 - 27-04

C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire.

6  Dossiers

6 Camille Loty Malebranche : Otan-Occident, la diabolique géostratégie d’hécatombe des É.U. !

6-2 Rick Rozoff : L’UE, l’OTAN et les États-Unis : l’Alliance du XXIe siècle pour une domination mondiale.

6-3 John Lloyds : L’Otan abat ses cartes et joue la provocation aux portes de Moscou.

 

 


6  Dossiers

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

6 Camille Loty Malebranche : Otan-Occident, la diabolique géostratégie d’hécatombe des É.U. !

Folie furieuse et obsession belliciste de l’OTAN.

La crise ossète et ses retombées guerrières entre la Georgie et la Russie, nous a, on ne saurait ne pas y penser, montré combien le délire de puissance qui fait saliver les autorités étasuniennes et qui nourrit la bave des politicards de la Maison Blanche, est extrême et impassible. Lesquels politicards croient que le monde peut être, au nom de leur hégémonie, réduit à une affaire de bagarres militaires comme les rixes des voyous de gangs armés des bas quartiers des villes étasuniennes réglant leur compte à coups de couteau et révolver.

L’obsession occidentale d’imposer l’OTAN dans la sphère d’influence géostratégique naturelle des russes, est devenue si compulsive et si crapuleuse sur le plan diplomatique, que la horde à la fois simpliste, belliciste et expansionniste de l’actuel Département d’État, obnubilée par la domination planétaire de leur système quoiqu’en grave crise, et justement pour masquer leur crise interne sur le point d’éclater bruyamment à la face du monde, est prête même à faire voler la planète en éclats en se préparant à inciter à divers affrontements d’envergures insoupçonnées et aux conséquences désastreuses pour la planète. En effet, après l’épisode georgien, on peut imaginer aisément que les É.U. envisagent une guerre entre la Russie et l’Ukraine afin d’embraser l’Europe de l’est, et, dans la confusion, de provoquer l’Iran par Israël, et ainsi déclencher une guerre dont les conséquences sont imprévisibles...

La mentalité primitivement mégalomane de l’establishment étasunien, il suffit pour s’en convaincre de regarder le classement des médailles aux jeux olympiques pékinois, où les É.U. sont le seul pays à réinventer ce que le CIO (Comité International Olympique) lui-même a établi comme hiérarchie des pays médaillés - à savoir que c’est d’après le nombre de médailles d’or que l’on acquiert son rang - pour s’autoproclamer le premier des derniers jeux avec leur 36 médailles d’or contre 51 pour la Chine. Ce genre d’attitude est un indice que la puérilité narcissique du système étasunien est mauvais perdant à un point tel que la haine et la guerre planétaire font partie des recours envisageables de l’état, d’ailleurs, le plus bellicistes belliqueux du 20ème siècle écoulé avec ses centaines d’interventions militaires ne serait-ce que sur le continent américain, sans parler de sa participation dans à peu près tous les conflits mondiaux. Devant une psychologie de la bêtise mégalo-agressive des Etats-Unis, le monde doit être en alerte vu les bruits de guerre que l’on entend de la part des idéologues étasuniens et de leurs alliés.

Que les nations et les sociétés civiles nationales prennent garde et se mobilisent !

L’antisocialité belliqueuse d’un W. Bush et des tenants de l’establishment étasunien à l’égard du monde, eux pour qui seule la domination étasunienne compte, s’est à ce point métastasée dans la politique étasunienne actuelle qu’il faille vraiment que le monde entier se mobilise contre cette tératogénie (*) expansionniste agressive. Toutes les nations et sociétés civiles du monde doivent se mobiliser et faire pression sur leurs dirigeants. Il ne faut reculer devant rien, quitte à renverser certains gouvernements européens et nord-américains grivois, irresponsables, appuyant bêtement au dédain des conséquences pour la paix et la sécurité mondiale, les intentions bellicistes otano-étasuniennes intolérables pour les russes, à l’égard des ex républiques soviétiques que l’OTAN veut intégrer (phagocyter serait le vrai mot) à tout prix dans son giron. La géopolitique a des prérogatives géostratégiques et économiques qu’aucune puissance ne saurait accepter de perdre en aliénant des espaces de son influence. Alors, nous comprenons que tenter d’imposer à la Russie, ce que tente l’OTAN, équivaut à un grave et imminent risque de guerre longue et grave dans la région du Caucase mais aussi pour tout le Moyen-Orient et toute la planète, vu le statut d’un grand pays limitrophe comme l’Ukraine et les visées haineuses étasuniennes sur l’Iran.

Il y va de la sécurité et de la survie de la paix planétaire que les nations du monde écartent du pouvoir de leurs pays, tout président ou premier-ministre larbin et flagorneur des Etats-Unis, qui accepterait à suivre le courant de l’Achéron de la quatrième guerre mondiale proposé en mode de direction planétaire par les Charon de l’OTAN, je cite les maîtres de la politique des Etats-Unis d’Amérique d’aujourd’hui. Maîtres de mort et de terreur climatérique (*) ! Fous furieux, hyènes enragées prêtes à la destruction massive pour assouvir leur orgueil criminel, ô combien illusoire de souverains planétaires avec tous les bas instincts de violence et de terrorisme autorisé dont ils font montre actuellement ! Car il faudrait être totalement dupe pour penser que la guerre froide réhabilitée par les É.U., si elle dure, restera sans changer d’intensité. Le monde et la paix doivent survivre à l’empire étasunien.

Nous avons besoin de dirigeants libres, capables de faire établir et respecter une fois établies à l’échelle de l’ONU. Il faut définir des limites géostratégiques naturelles selon une géographie des espaces de prépondérance militaire des superpuissances pour éviter des conflagrations mondiales à risque nucléaire au 21ème siècle. Cela doit se faire par l’établissement de zones tampon sous surveillance impartiale d’un organisme onusien neutre créé à cet effet. Une géopolitique de la paix doit être le souci des leaders responsables des états, et non une domesticité vis-à-vis des É.U. via l’OTAN dans l’espoir d’une curée jetée par le maître aux chiens alliés sans dignité. Le monde n’a pas à disparaître ou à connaître le risque de bombardements nucléaires par la barbarie de l’empire étasunien cherchant à accoutrer ses déchéances et affubler ses irrémédiables contradictions et faiblesses, par des combines meurtrières pour la terre ! Les nations et les sociétés civiles doivent exiger à l’ONU par le biais de leurs dirigeants, la création de l’organisme susdit.

Entéléchie (*) politique des Etats-Unis et mobilisation urgente des nations.

Peuples et nations, évitons, par l’action civile, la mise à mort de la paix et de la sécurité mondiales. Ce qu’il convient d’appeler l’entéléchie (*) politique étasunienne, est devenue « diplomatie » belliciste à l’échelle de l’OTAN qui, doit-on le rappeler, n’a rien de diplomatique en tant qu’organe d’expansion militaire étasunienne pouvant se passer du vote onusien, le cas échéant, pour bombarder et faire la guerre là où bon lui semble. L’on sait depuis toujours, par l’histoire, que les crapules despotiques ont souvent eu pour méthode de faire payer les innocents pour leur chute pressentie ! Mais le drame, c’est lorsque nous avons un cas de despotisme qui n’est plus une affaire d’homme mais de système, et que ce système a les moyens militaires de faire descendre sur terre l’hécatombe nucléaire ultime… Auquel cas, le monde, l’humanité doit se soulever et neutraliser l’importun despotique d’une manière ou d’une autre. Jamais, auparavant dans l’histoire, un état, odieusement belliciste et immoral, n’a eu le pouvoir militaire de détruire la planète avec son règne déclinant. Aujourd’hui les Etats-Unis en déclin amorcé, en ont le triste et lugubre privilège ! Aux peuples, nations et citoyens des pays alliés des Etats-Unis, de se transformer en société civile militante, de se ranger du côté du bon sens, c’est-à-dire de renverser des dirigeants voyous de leur propre pays qui - pour de livides intérêts obscurs, personnels ou claniques, toujours, d’ailleurs, ploutocratiques - sont prêts à faire l’insidieux saut dans l’abîme de la chute de l’empire aigri et mortifère qui a la rage de savoir que la vie peut exister sans sa suprématie planétaire sans partage !

Les cerbères de la politique et leurs chiens de propagande, leurs orateurs de rhétorique cadavériques dits journalistes et spécialistes de la grande presse officielle, auront beau dire et débiter toutes sortes de matoiseries (*) savantes plus ou moins incohérentes, les faits et les manigances actuelles de l’empire étasunien en crise, véritable bête blessée, augurent d’une ère d’agressivité politique de cécité et de violence sans précédent des Etats-Unis contre les peuples rivaux tels la Russie et la Chine, afin de faire diversion et de donner l’impression à ce pauvre et miséreux peuple désinformé qu’est l’étasunien, malgré ses moyens pécuniaires, que les Etats-Unis contrôlent sans partage la planète, à l’image des bandits de western, qui règnent et détruisent les indigènes amérindiens « ennemis et barbares » afin d’assouvir l’hystérie collective des spectateurs. Ici, dans l’occurrence que nous évoquons, le spectacle macabre, patibulaire de l’empire valétudinaire (*), mobilise cyniquement comme spectateurs, les masses aliénées qui, elles, donnent puérilement dans le voyeurisme sinistre des réactions au premier degré de leurs politicards dirigeants face aux « ennemis rivaux », comprenant à peine les enjeux réels de diversion pour leur dissimuler la crise économique et de gouvernance de la superpuissance mondiale en déclin. Cela est facile avec le peuple étasunien si dénué de la moindre connaissance de ce qui se passe chez lui et dans le monde, n’ayant d’informateurs que les histrions des talk show !

Une menace à écarter en écartant la canaille politicienne

Dans ces circonstances, le monde ne peut être que menacé sans que de l’intérieur des gens avisés puissent mobiliser le peuple étasunien pour mettre fin au parcours des mufles qui accaparent aux É.U. le pouvoir.

En souhaitant (rien n’est sûr de la démarche du futur président étasunien en ce sens) que le nouvel élu étasunien aura le courage de faire cesser l’ère de menace que font peser les dirigeants étasuniens actuels sur l’avenir planétaire par leur action contre la Russie, en espérant que l’aile dure de l’idéologie belliciste sera écartée du Département d’État, et que le nouveau président ne sera assassiné si jamais il veut agir avec modération et intelligence, les peuples de tous les pays de l’OTAN doivent se tenir prêts à sévir contre leurs propres dirigeants si ces dirigeants par suivisme otanien, préfèrent la mort massive proposée par les Etats-Unis dans leur politique agressive. Trop de pays de l’Otan sont aujourd’hui inféodés par les Etats-Unis en ombres mouvantes tels des perroquets de la propagande officielle étasunienne à cause de leurs dirigeants… Tous les citoyens des pays de l’OTAN et tous les peuples d’Europe doivent devenir des vigies contre la démentielle droite ploutocratique mondiale gouvernée par les extrémistes de la politique étasunienne. Droite démentielle qui produit de vils et simiesques dirigeants au timon des états alliés, lesquels dirigeants asservis, inconditionnels sans réserve de la bêtise criminelle d’une extrême-droite étasunienne, sont prêts à collaborer à l’hécatombe planétaire derrière le Charon étasunien.

Que la Raison ait ici gain de cause sur les ratiocinations (*) du délire de puissance et les bêtises de nos dirigeants larbins !

Camille Loty Malebranche.


6-2 Rick Rozoff : L’UE, l’OTAN et les États-Unis : l’Alliance du XXIe siècle pour une domination mondiale.

L’OTAN évolue. D’une alliance face à l’URSS, elle est devenue un élément du bloc occidental, au même titre que l’Union européenne et les États-Unis (bien que ceux-ci en soient eux-mêmes le principal membre). Au-delà de la rhétorique lénifiante, le fait est que ce bloc est constitué par les anciennes puissances coloniales et qu’il déploie aujourd’hui ses troupes dans ses anciennes colonies. Rick Rozoff décrit ici la mise en œuvre progressive de cette domination globale inavouée

Le sommet de l’OTAN (Srasbourg-Kehl) fut l’occasion d’officialiser le retour de la France au sein du commandement militaire intégré de l’Alliance Atlantique, instance dont elle s’était retirée il y a 43 ans. Il y fut également question de la modernisation du Concept stratégique de 1999 afin de mettre l’accent sur l’intégration militaire OTAN-UE-USA. Enfin, l’Union Européenne a annoncé sa volonté de créer une force opérationnelle de 60 000 hommes constituée notamment de contingents provenant des pays du Nord et capable d’être projetée rapidement à n’importe quel endroit du globe. Intéressons-nous donc aux conséquences qu’auront ces décisions sur les relations entre les principaux centres du pouvoir économique, politique et militaire de l’Occident : l’Union Européenne, l’OTAN et les États-Unis.

Jusqu’à présent, l’opinion prévalant au sein des milieux autorisés repose sur quatre oppositions erronées :
 Le développement de capacités de defense toujours plus ambitieuses de la part de l’Union Européenne fait concurrence, voire pose un réel défi, à l’OTAN et à la stratégie d’alliance transatlantique.
 L’OTAN constitue un contrepoids multilatéral à l’unilatéralisme américain.
 L’Union Européenne est un ardent partisan de solutions diplomatiques et pacifiques quand Washington et l’OTAN se montrent souvent trop prompts à recourir à la force.
 L’UE est l’un des concurrents des États-Unis, si ce n’est le principal, en Europe et de plus en plus à travers le monde.

Si chacun est libre de croire à ces idées reçues, celles-ci se voient contredites constamment par les propos et les actes des décideurs et responsables politiques en Europe et au sein de l’OTAN ainsi que par les stratèges de Washington.

Sur les 27 États-membres de l’UE, 21 ont également ratifié le Traité de l’Atlantique Nord. Les 6 autres, à l’exception de Chypre pour le moment, à savoir l’Autriche, la Finlande, l’Irlande, Malte et la Suède, sont membres du Partenariat pour la Paix de l’OTAN. Parmi ceux-ci, seul le minuscule État de Malte ne dispose pas d’un contingent déployé sous l’égide de l’OTAN en Afghanistan, dans les Balkans ou ailleurs dans le monde.
L’Alliance Atlantique est constituée pour une grande majorité d’États membres de l’Union Européenne, à l’exception de la Norvège, de l’Islande, du Canada et des USA, ces deux derniers n’appartenant pas au continent européen.
S’il arrive que ces trois acteurs majeurs se trouvent en désaccord sur des questions secondaires d’ordre tactique, technique ou de calendrier, ils n’en demeurent pas moins unis sur les principaux enjeux stratégiques.
L’UE et l’OTAN sont officiellement partenaires depuis 1992 et la signature de l’accord Berlin Plus sur la mise en commun des moyens de defense et de renseignement.

Les États membres de l’UE qui n’ont pas encore intégré l’OTAN se trouvent eux aussi affectés par la subordination de l’Europe à l’Organisation puisque la Charte Stratégique de l’Alliance, datant de 1999 et toujours en vigueur actuellement, stipule que les arsenaux nucléaires des USA en particulier, mais également du Royaume-Uni et de la France sont « essentiels au maintien de la paix » et constituent « un lien politique et militaire fondamental entre les membres de l’Alliance en Europe et en Amérique du Nord ».

Suite aux années 1989-1991 qui virent la fin de l’ordre instauré après la Seconde Guerre mondiale en Europe et dans le monde, la dissolution du Pacte de Varsovie et du CAEM (le Conseil d’Assistance Économique Mutuelle), l’effondrement de l’Union soviétique et la partition violente de la Yougoslavie, les principales puissances occidentales s’attelèrent à nouveau à leurs projets de domination mondiale interrompus par deux conflits mondiaux. En ayant tiré les enseignements, elles formèrent un condominium en vue de se partager les ressources du globe, non seulement celles des anciennes colonies, des protectorats et autres territoires sous mandat, mais aussi de régions qui leur étaient restées jusqu’alors inaccessibles, comme l’ancienne URSS.

Pour preuve de cette affirmation, une déclaration du Secrétaire général de l’OTAN Jaap de Hoop Scheffer, il a quatre ans : « L’OTAN et l’UE effectuent de constants progrès dans la coordination du développement de capacités militaires modernes. Je suis convaincu que nous pouvons étendre cette coopération à de nouvelles zones représentant un intérêt pour notre sécurité commune où nous pouvons mettre en valeur notre complémentarité et unir nos efforts. Je veux ici parler de zones clés … telles que le Caucase et l’Asie Centrale. » [1]

Deux mois plus tard, Nicholas Burns, le sous-secrétaire d’État US d’alors, nommé à ce poste après avoir servi comme ambassadeur de Washington auprès de l’OTAN, abonda dans ce sens en se félicitant « de l’appel lancé par le Secrétaire général de l’OTAN Jaap de Hoop Scheffer, à intensifier la coopération entre l’Alliance atlantique et l’UE en vue de garantir la sécurité au-delà des frontières de l’OTAN en Europe, en Afrique et en Asie Centrale. » [2]

Burns a ensuite expliqué la répartition des tâches, telle que conçue à Washington du moins : « Soyons clairs. L’OTAN assure le gros des opérations militaires mais l’Union Européenne se charge du maintien de la paix … » [3]

Au cours d’une conférence sur la sécurité européenne qui se tenait le mois suivant à Berlin, le ministre de la Defense allemand de l’époque Peter Struck enfonça le clou, déclarant qu’il serait « illusoire de concevoir le développement des capacités de defense européennes indépendamment du cadre de l’OTAN » et ajoutant : « l’OTAN et l’UE travaillent actuellement dans le but d’être mieux à même de mener des missions hors de leurs frontières pour s’adapter à des enjeux de sécurité en constante mutation. » [4]

En d’autres termes, l’Union Européenne et l’OTAN considèrent le reste du monde, à l’exception du continent américain traditionnellement vu comme la chasse gardée des USA (encore que certains membres de l’OTAN y

interviennent individuellement ou conjointement) comme un théâtre d’opérations légitime.
Cette nouvelle évolution significative par rapport à la situation d’avant 1991 constitue une forme de régression, une résurgence des ambitions coloniales des puissances européennes, le retour de la diplomatie du canon et des baïonnettes destinées à civiliser les « sauvages ».

Le tournant de l’après-Guerre froide a ainsi transformé l’Europe en substance, la ramenant, ainsi que l’Occident en général et toute la sphère d’influence de l’OTAN, à la situation d’avant 1939 voire au XIXe siècle qui connut l’apogée des empires coloniaux européens.

Officieusement, les grandes puissances occidentales ont en effet créé un ordre comparable à celui instauré par les congrès de Vienne en 1815 et de Berlin en 1878.

Le premier eut lieu à la fin des guerres napoléoniennes, peu avant la défaite de Waterloo, et ouvrit la voie à la création de la Sainte Alliance qui devait garantir que jamais plus les idéaux républicains ne feraient vaciller les trônes d’Europe.

Le tournant de 1991 a relancé la lutte contre l’idéologie républicaine, visant cette fois le communisme, les différentes variantes du socialisme ainsi que tout mouvement ou parti politique revendiquant la defense des intérêts des populations, à l’intérieur comme en dehors des frontières de l’Europe, contre les élites internationales dites « euro-atlantistes ».

Le second modèle, celui défini par la Congrès de Berlin, initia le processus de redécoupage des États de la péninsule balkanique et de partition de l’Afrique qui devaient débuter véritablement six ans plus tard à la Conférence de Berlin.

Il est inutile de s’attarder sur les similitudes entre cette époque et les événements récents tant celles-ci semblent évidentes.

La Conférence de Berlin, qui réunit des représentants d’Autriche-Hongrie, de Belgique, de Grande-Bretagne, du Danemark, de France, d’Italie, des Pays-Bas, du Portugal, de Prusse, d’Espagne et de Suède-Norvège, organisa avec le plus absolu cynisme le pillage et le sac du continent africain, notamment le bassin du Congo et la région des Grands Lacs.

Elle dessina également les modèles d’offensives militaires et économiques menées conjointement par les puissances occidentales contre des populations quasiment sans defense, schéma qui devait se répéter en Asie en 1900, lorsque des troupes austro-hongroises, belges, françaises, allemandes, italiennes, japonaises, russes et états-uniennes envahirent la Chine pour mettre un terme à la révolte des Boxers et protéger les intérêts économiques occidentaux.

Pour démontrer la pertinence de ce parallèle, voici ce qu’écrivirent George Robertson et Paddy Ashdown dans les colonnes du Times de Londres en juin dernier « la collaboration multilatérale au niveau européen doit … mettre davantage l’accent sur les questions de defense si elle veut être réellement crédible. Il faut accélérer la constitution d’unités de combat au sein de l’UE, compatibles avec les forces de l’OTAN, et formant la base d’une force anti-insurrectionnelle européenne capable d’intervenir dans des États en proie à la guerre civile ou dans un contexte post-conflictuel. » [5]

Point culminant de cette plaidoirie, cette analyse aussi abrupte qu’édifiante : « Pour la première fois depuis plus de 200 ans, le monde qui se dessine n’est plus intégralement dominé par l’Occident. Si nous voulons influer sur cet environnement plutôt que nous retrouver à sa merci, si nous voulons nous attaquer à certaines menaces liées à la mondialisation, alors un multilatéralisme concret s’impose … »

Que l’on considère ou non comme une nécessité cette volonté des principales puissances occidentales et de leur classe dominante de conserver, reconquérir ou étendre la domination mondiale, leur plan n’en constitue pas moins une véritable stratégie.

Contrairement aux élucubrations d’obscurs universitaires s’évertuant à redessiner le monde depuis le silence feutré de leur bibliothèque, ces déclarations ont eu les honneurs du Times car leurs auteurs ne sont en aucun cas des théoriciens, historiens ou penseurs politiques de second ordre.

Ils sont au contraire les principaux architectes et les exécutants sans pitié de l’ordre qu’ils défendent. Ils ont fait leurs preuves dans l’après-Guerre froide, ou, selon ce qui pourrait être leurs propres termes, dans ce laboratoire postmoderne que furent les Balkans aux cours des années 1990.

Lord George Robertson, ancien ministre britannique de la Defense, membre à vie de la Chambre des Lords et Baron de Port Ellen, fut Secrétaire général de l’OTAN de 1999 à 2004, succédant à Javier Solana, lequel fut par la suite nommé Haut Représentant pour la Politique Étrangère de Sécurité Commune et Secrétaire général du Conseil de l’Union Européenne et de l’Union de l’Europe Occidentale, ce qui équivaut au poste de ministre des Affaires étrangères de l’UE.

Paddy Ashdown fut Haut Représentant international pour la Bosnie-Herzégovine de septembre 2002 à mai 2006 où il se distingua par des méthodes arbitraires, despotiques et impitoyables qui lui valurent le surnom de « vice-roi », justifié en partie parce qu’il était le fils d’un ancien officier de l’Armée des Indes et parce que lui-même incarnait par son style le colonialisme passé et sa résurgence moderne.

Il y a près de quatre ans, la Commission internationale pour les Balkans, créée à l’initiative notamment du German Marshall Fund émit une critique virulente de la politique de l’Union Européenne et des Nations Unies dans les Balkans.

« La commission estime que la démocratie a été bafouée en Bosnie « par l’autorité coercitive » de Paddy Ashdown, le Haut Représentant de l’UE ».

Selon la commission, « les représentants internationaux se mêlent d’ingénierie sociale mais ne rendent aucun compte en cas d’échec de leur politique. Si les usages néocoloniaux des Européens se poursuivent, cela engendrera un mécontentement économique … » [6]

L’an dernier, comme pour le récompenser des faits évoqués, Ashdown se vit confier la succession des anciens maîtres de son père sur le sous-continent indien, un rôle que la presse qualifia à l’époque de « super-émissaire » en Afghanistan et qu’un quotidien britannique décrivit avec une certaine admiration : « Lord Ashdown serait chargé d’unifier les efforts de l’OTAN et des Nations Unis en Afghanistan. Pour cette mission de la plus haute importance, sa candidature devrait recevoir l’appui des responsables de l’OTAN. » [7]

Le gouvernement afghan témoigna moins d’enthousiasme que les partisans d’Ashdown et celui-ci vit finalement sa candidature rejetée, une preuve de l’esprit très « prémoderne » du peuple afghan (pour une définition du terme, voir plus bas).

Car, que le gouvernement de Kaboul ait été ou non informé des antécédents d’Ashdown, aux yeux des Afghans, celui-ci incarnait une version « postmoderne » de l’ancien diplomate britannique et éminence grise de Tony Blair en matière de politique étrangère Robert Cooper.

L’éminence grise en question est l’auteur de deux ouvrages, The Post-Modern State and the World Order (2000) et The Breaking of Nations : Order and

Chaos in the Twenty-First Century (2003) et a contribué au premier ouvrage de la collection « Re-Ordering the World » The Long-Term Implications of September 11 (2002).

Cooper est considéré comme le père du « nouvel impérialisme libéral » et fut brièvement le représentant spécial de Tony Blair en Afghanistan suite à l’invasion de 2001.

Tout comme Robertson et Ashdown, il a joué un rôle dans l’élaboration et la mise en œuvre de stratégies et de politiques impérialistes.

Dans son premier livre, The Post-Modern State and the World Order, il classait les pays du monde en trois catégories : les prémodernes, les modernes et les postmodernes, une distinction qui, malgré une formulation légèrement différente, renvoie à la tendance des ses prédécesseurs à diviser le monde entre populations civilisées et sauvages.

Des variantes de cette conception du monde sont réapparues en Occident après la fin la Guerre froide et le nouvel ordre international qui s’est imposé par la suite a permis aux grandes puissances occidentales de se contenter de vagues engagements quant au respect de la majorité nouvellement émancipée de la population mondiale et de ses cultures, souvent plus anciennes et précieuses que celles des anciens colonisateurs et de leurs alliés nord-américains.

Après s’être vu refuser la possibilité de perpétrer la tradition familiale en Afghanistan, Ashdown devint le bras droit de Javier Solana en acceptant la charge de directeur général des affaires politiques et militaires auprès du Secrétariat général du Conseil de l’Union Européenne, position qu’il occupe encore à ce jour.

Cooper est également connu pour son rôle essentiel dans la création de la Politique Européenne de Sécurité et de Defense (PESD), présentée initialement comme Identité Européenne de Sécurité et de Defense lors du sommet des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN à Berlin, en 1996, où il fut convenu que l’Union de l’Europe Occidentale (UEO) superviserait sa création au sein des structures de l’OTAN.

La PESD est aujourd’hui dirigée par le Haut Représentant de l’Union Européenne pour la Politique Étrangère et de Sécurité Commune, Javier Solana, dont le principal collaborateur n’est autre que Robert Cooper. La PESD fut mise à l’épreuve pour la première fois en Macédoine en 2003 quand elle prit la succession de l’OTAN et demeure le principal outil de defense de l’UE.

Seconde victime de la campagne de Yougoslavie de l’OTAN en 1999, la Macédoine fut une première en matière de prise de relai par l’UE des missions d’occupation et de répression de l’OTAN, la force EUFOR Concordia succédant à l’Opération Allied Harmony.

En 2004, l’OTAN céda un nouveau protectorat à l’UE : la Bosnie, où la force de stabilisation SFOR fut remplacée par l’opération EUFOR Althea.

En 2008, l’Alliance Atlantique débuta le transfert du commandement de la KFOR (Kosovo Force), conformément à la résolution 1244 de l’ONU, à la mission EULEX de l’UE, entraînant une vive condamnation de la part de la Serbie et de la Russie.

En novembre de la même année, l’OTAN transmit les rênes de l’opération navale de grande ampleur EUNAVFOR Atalanta dans le Golfe d’Aden et au large de la corne de l’Afrique à l’Union Européenne, ce qui fut décrit comme « une grande première pour l’UE car elle se déroule loin du continent européen … L’opération Atalanta est un projet ambitieux. La zone maritime à contrôler est énorme… » [8]

Ces « missions de civilisation » menées conjointement par l’UE et l’OTAN dans des « zones de non droit » sont en constante expansion dans le monde prémoderne et moderne.

En février de cette année, le président du Comité militaire de l’OTAN Giampaolo Di Paola développa l’idée d’une mission trilatérale UE-OTAN-USA en arguant de « la nécessité d’une nouvelle forme de gouvernance au sein de laquelle l’OTAN, l’UE et d’autres grandes organisations internationales auront un rôle à jouer ». [9]

Quel type de gouvernance mondiale ? Qui sont censés en être les gardiens autoproclamés ? Voilà qui justifie une étude approfondie. Les dirigeants de Bruxelles et de Washington évoquent fréquemment une « communauté internationale » quand l’expression cadre avec leurs discours, et ignorent aussi régulièrement les demandes de la véritable communauté des nations dans le cas contraire.

La population totale des 27 États membres de l’Union Européenne n’excède pas 500 millions d’habitants, soit moins du douzième de la population mondiale.

Si l’on y ajoute la population des États membres de l’OTAN hors UE, les USA, dont les 300 millions d’habitants représentent l’équivalent de 40 % de la population intra-communautaire, le Canada, la Norvège et l’Islande, le total dépasse à peine 800 millions d’âmes, soit moins du septième de la population mondiale.

Les principaux membres de l’UE et de l’OTAN sont les anciennes puissances coloniales : la Grande-Bretagne, la France, l’Espagne, le Portugal, les Pays-Bas et le Danemark ; au nombre des nations s’étant également taillé une « place au soleil » figurent la Belgique, l’Italie et l’Allemagne.

À partir de missions commerciales qui consistèrent rapidement en l’instauration de monopoles avant d’impliquer une occupation militaire pour aboutir à une complète domination économique, politique et militaire, les grandes puissances occidentales s’attribuèrent d’immenses territoires en Asie, en Afrique, en Amérique et en Océanie dont elles firent leurs prés carrés et leurs zones d’influence respectives.

Vestiges de cette époque, de nombreux États membres de l’OTAN et de l’UE conservent des possessions territoriales, principalement des îles et des terres volées aux indigènes.

Parmi ceux-ci, citons la Grande-Bretagne, la France, les Pays-Bas, l’Espagne, le Portugal, le Danemark et les USA.

Ce sont justement ces États qui dénient à tout autre, y compris en Europe, le droit d’exercer une influence sur des régions n’ayant pas fait partie intégrante de leur territoire depuis plusieurs siècles, c’est par exemple le cas de la Serbie avec le Kosovo ou de la Russie avec l’Ukraine.

Les grandes puissances occidentales sont également coupables d’avoir organisé la traite négrière, le plus vaste déplacement forcé de population de toute l’histoire avec entre 10 et 30 millions d’individus déportés de l’autre côté de l’Atlantique entre le XVIe et le XIXe siècle.

Parmi les pays coupables de ce commerce triangulaire figurent la Grande-Bretagne, la France, l’Espagne, le Portugal, les Pays-Bas, le Danemark et, plus tard, les États-Unis.

C’est l’un des fondements obscurs de la communauté transatlantique.

Si des termes et concepts obsolètes et discrédités tels que le « Fardeau de

l’homme blanc, » la « Destinée manifeste », une « place au soleil », l’« espace vital » ou un « empire sur lequel le soleil ne se couche jamais » ne sont plus d’usage aujourd’hui, la conception du monde et les objectifs géopolitique qui les sous-tendaient ont bel et bien survécu, ils ont simplement été dépoussiérés et rebaptisés.

Les forces militaires occidentales sont à nouveau présentes sur les territoires qu’elles occupaient jadis et où on ne pensait plus jamais les revoir : les Britanniques présents en Afghanistan, en Irak et en Sierra Leone, les Français intervenant en Haïti, alors que le pays fêtait le bicentenaire de son indépendance, et en Côte d’Ivoire et les États-uniens aux Philippines.

Mais il ne s’agit pas d’une série d’actions isolées menées par les puissances occidentales alliées, ce qui apparaît c’est un réseau international et systématique de déploiements militaires planifiés et coordonnés au service d’objectifs géostratégiques aussi vastes que précis.

Malgré la désapprobation très largement médiatisée que suscita la seconde guerre du Golfe en 2003, les 26 États membres de l’Alliance atlantique ont tous dépêché des personnels en Irak et au Koweït voisin dans le cadre d’une mission d’entraînement de l’OTAN (NTM-I).

Moins de deux ans après le début de l’invasion, l’Alliance annonçait que « le but de l’OTAN est de former cette année un millier d’officiers et d’officiers supérieurs » et que « l’Union Européenne a consenti à former 700 juges, procureurs et gardiens de prison irakiens ». [10]

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18/04/2009

n° 28 - Le Dossier 'Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan - 16-04 -- Début : La stratégie de l'OTAN : La mer Noire, passerelle du Pentagone vers trois continents et le Moyen-Orient

n° 28 - Le Dossier 'Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan - 16-04 -- Début : La stratégie de l'OTAN : La mer Noire, passerelle du Pentagone vers trois continents et le Moyen-Orient.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'Otan et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Le Dossier'Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan.

n° 28- 16-04

C.De Broeder & M.Lemaire


Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Tiré à part

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1          Rick Rozoff : La stratégie de l’OTAN : La mer Noire, passerelle du Pentagone vers trois continents et le Moyen-Orient.

Fin

1-2          Diana JOHNSTONE : Le cycle vicieux de violence de l’Otan.

2 Annexe

2-1 René HAMM Bischoffsheim : Assassinat" par les armes et...la faim!

2-2 Ernst BLOCH : Pourquoi quitter l’OTAN ?

2-3 Rôle des forces nucléaires conservées par l'OTAN.

 



Tiré à part

La Géorgie n'est pas membre de l'Otan. A leur sommet de Bucarest en avril 2008, les dirigeants alliés ont repoussé l'attribution du statut de candidat officiel à la Géorgie et à l'Ukraine, deux ex-républiques soviétiques, tout en leur promettant l'entrée à terme dans l'Otan malgré la farouche hostilité de Moscou à cette idée.

AFP, 16 avril 2009

 

Extraits de la Déclaration du Sommet de Strasbourg-Kehl concernant la Géorgie

Au moins 5 articles de la déclaration du dernier Sommet de l'Otan font nomément référence à la Géorgie. Et réaffirmé deux fois le soutien à "l'intégrité territoriale, l'indépendance et la souveraineté de la Géorgie".

Pas à celle de la Serbie apparemment.

29. La stabilité et le succès des réformes politiques et économiques en Ukraine et en Géorgie sont importants pour la sécurité euro-atlantique. À Bucarest, nous avons décidé que l'Ukraine et la Géorgie deviendraient membres de l'OTAN, et nous réaffirmons tous les éléments de cette décision ainsi que les décisions prises par les ministres des Affaires étrangères en décembre dernier. Nous nous employons à fournir, pour les efforts de réforme de ces pays, un maximum d'avis, d'aide et de soutien dans le cadre de la Commission OTAN-Ukraine et de la Commission OTAN-Géorgie, qui jouent un rôle central dans la supervision du processus engagé au sommet de Bucarest. Nous nous félicitons en particulier du renforcement prévu des bureaux d'information et de liaison de l'OTAN à Kiev et à Tbilissi. Sans préjudice des décisions ultérieures devant être prises à propos du MAP, l'établissement de programmes nationaux annuels aidera la Géorgie et l'Ukraine à faire avancer leurs réformes. L'examen annuel de ces programmes nous permettra de continuer à suivre de près les progrès réalisés par la Géorgie et l'Ukraine dans les réformes liées à leur aspiration à devenir membres de l'OTAN. Nous saluons en outre les précieuses contributions de ces deux pays aux opérations de l'OTAN.

 

31. La relation entre l'OTAN et la Géorgie s'est considérablement approfondie au cours de l'année écoulée. Nous restons déterminés à promouvoir le dialogue politique avec la Géorgie et à lui fournir une aide. Nous encourageons fortement ce pays à poursuivre la mise en oeuvre de toutes les réformes nécessaires, en particulier les réformes démocratiques, électorales et judiciaires, en vue de réaliser ses aspirations euro-atlantiques. Nous réaffirmons que nous continuons de soutenir l'intégrité territoriale et la souveraineté de la Géorgie à l'intérieur de ses frontières reconnues au niveau international.

 

32. Nous encourageons tous les participants aux pourparlers de Genève à jouer un rôle constructif et à poursuivre leur étroite collaboration avec l'OSCE, l'ONU et l'UE à la recherche d'un règlement pacifique du conflit sur le territoire de la Géorgie. (...). Nous appelons de nos voeux l'établissement d'un nouveau mandat pour la Mission de l'OSCE en Géorgie ainsi qu'un accès sans entrave pour les observateurs de l'ONU, de l'UE et de l'OSCE à l'ensemble du territoire de la Géorgie, y compris les régions d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie. Nous sommes préoccupés par les tensions et les violences qui persistent le long des limites administratives, et nous appelons toutes les parties à faire preuve de retenue.

 

34. Nous invitons instamment la Russie à remplir les engagements qu'elle a pris s'agissant de la Géorgie dans le cadre de la médiation de l'Union européenne le 12 août 2 et le 8 septembre 2008. Dans ce contexte, nous considérons comme essentiel le retrait des forces russes des régions que la Russie s'est engagée à quitter. Nous nous sommes félicités des mesures prises en ce sens, mais ce retrait reste partiel. L'Alliance a condamné la reconnaissance par la Russie des régions géorgiennes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie en tant qu'États indépendants, et elle continue de lui demander de revenir sur cette reconnaissance, qui est contraire aux valeurs et aux principes sur lesquels se fonde le Conseil OTAN-Russie, aux principes de l'OSCE sur lesquels repose la sécurité de l'Europe, ainsi qu'aux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU concernant l'intégrité territoriale de la Géorgie, que la Russie a entérinées. En outre, le renforcement de la présence militaire de la Russie dans les régions géorgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud sans le consentement du gouvernement géorgien est particulièrement préoccupant.

 

57.(...) les actions menées par la Russie en Géorgie ont remis en question l'attachement de la Russie aux principes fondamentaux de l'OSCE sur lesquels reposent la stabilité et la sécurité en Europe, principes dont s'inspire le Traité sur les forces conventionnelles en Europe (FCE). Ces actions vont à l'encontre de notre objectif commun consistant à préserver la viabilité à long terme du régime FCE (...)

http://www.csotan.org/textes/doc.php?art_id=444&type=documents

 

La Russie menace, l’Otan résiste
“Une provocation absurde”, c’est ainsi que la Russie a qualifié les exercices militaires de l’Otan prévus le mois prochain en Géorgie. Moscou a exigé l’annulation de ces manoeuvres estimant qu’elles ne serviraient pas la stabilité régionale. Réponse de l’Otan: ces manoeuvres ne présentent aucun risque et se dérouleront comme prévu.

“Ces exercices ont été planifiés depuis longtemps pour se dérouler en Géorgie. La Géorgie a les mêmes droits et responsabilités que n’importe quel participant à ce programme” a expliqué le porte-parole de l’Otan, Robert Pszczel. “La Russie aurait pu et peut toujours se joindre à cette opération, même si ces exercices débutent bientôt, le 6 mai prochain. Mais nous sommes prêts à accepter des pays partenaires” a-t-il ajouté.

Ces exercices, qui devraient mobiliser 1300 soldats de 19 pays à 20 km à l’est de Tbilissi, interviennent au moment où l’Otan cherche à retisser des liens avec la Russie.

http://fr.euronews.net/2009/04/16/la-russie-menace-lotan-resiste/

 

Exercices Géorgie-OTAN: Lavrov pointe les risques d'un sentiment d'impunité à Tbilissi

La Russie espère que l'OTAN s'abstiendra de mesures susceptibles de pousser Tbilissi à croire que tout lui est permis, a déclaré jeudi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, commentant les prochains exercices de l'Alliance en Géorgie.

"J'espère que les pays de l'OTAN, en planifiant des manoeuvres conjointes avec la Géorgie dans le cadre de son programme Partenariat pour la paix, éviteront les démarches qui pourraient pousser le régime géorgien à croire que tout lui est permis et à faire naître un sentiment d'impunité", a indiqué le ministre russe.

Les exercices multinationaux sous l'égide de l'OTAN Cooperative Longbow 09/Cooperative Lancer 09 se dérouleront en Géorgie du 6 mai au 1er juin. Selon un porte-parole de l'Alliance contacté par RIA Novosti, il s'agit d'exercices d'état-major qui se dérouleront sans armes et ni matériel de guerre.
16 avril - RIA Novosti

 

Lavrov: les exercices de l'OTAN en Géorgie ne favoriseront pas la stabilité au Caucase

 Les prochains exercices de l'OTAN en Géorgie ne favoriseront pas la stabilité au Caucase, a indiqué jeudi en Arménie le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, cité par l'agence Interfax.

"La démonstration du soutien de l'OTAN au régime géorgien va difficilement transmettre un message correct à ceux qui espèrent sincèrement la stablisation au Caucase'", a-t-il déclaré.

Par ailleurs, l'envoyé de la Russie près l'OTAN a exhorté jeudi la direction de l'Alliance à ne pas organiser les exercices en mai en Géorgie.

"Nous présentons un message officiel au secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, proposant que les manoeuvres militaires de l'OTAN en Géorgie, prévues dans un avenir proche, sont reportées ou annulées", a rapporté Interfax, citant le représentant permanent de la Russie à l'OTAN, Dmitri Rogozin.

Le ministère russe de la Défense a répondu jeudi à l'OTAN à propos de ses exercices, disant qu'ils pourraient encourager le régime de Saakashvili à procéder à davantage d'aventures militaires, selon l'agence Itar-Tass.

16 avril (Xinhua) --

 

Le porte-parole de l'Alliance Robert Pszczel : Exercices de l'OTAN en Géorgie: armes et techniques militaires bannies 
 Les exercices multinationaux sous l'égide de l'OTAN Cooperative Longbow 09/Cooperative Lancer 09 prévus entre le 6 mai et le 1er juin en Géorgie seront exempts d'armes et de techniques militaires, a annoncé jeudi à RIA Novosti un porte-parole de l'Alliance Robert Pszczel.

"Personne n'utilisera ni les armes, ni les chars", a déclaré M.Pszczel.

"Il ne s'agit pas d'exercices de l'OTAN au sens classique du terme, ce sont des manoeuvres de partenaires dans le cadre du programme Partenariat pour la paix. Elles sont ouvertes à tous les pays partenaires de l'Alliance, y compris la Russie", a-t-il poursuivi.

"Il s'agit d'exercices de coordination (de la coopération entre l'OTAN et les pays partenaires)", a expliqué Robert Pszczel, rappelant qu'en 2008 des exercices de ce type avaient eu lieu en Arménie.

Les exercices multinationaux Cooperative Lancer/Cooperative Longbow doivent se dérouler sur le territoire de la base militaire géorgienne de Vaziani. Composés d'exercices d'états-majors et de manoeuvres sur le terrain, ils réuniront environ 1.300 militaires de 19 pays membres et partenaires de l'Alliance. C'est la première fois que la Géorgie accueille des exercices de cette ampleur.

16 avril - RIA Novosti


1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

1-2 Rick Rozoff : La stratégie de l’OTAN : La mer Noire, passerelle du Pentagone vers trois continents et le Moyen-Orient.

En janvier, la Georgie et l’Ukraine ont signé des chartes de partenariat avec l’OTAN. Le 1er avril, l’Albanie et la Croatie ont adhéré à l’Alliance. Le 3-4 avril, à l’occasion du sommet du soixantenaire, la France rejoindra le commandement intégré, c’est-à-dire placera ses troupes sous commandement US. En quelques mois, le Protectorat impérial s’est largement étendu en Europe. Rick Rozoff explique ici la stratégie du Pentagone qui place le contrôle de la mer Noire en priorité de son agenda géopolitique.

La région de la mer Noire relie l’Europe à l’Asie, et l’Eurasie à la masse terrestre du Moyen-Orient par la Turquie, sur sa rive sud, en bordure de la Syrie, de l’Irak et de l’Iran.

Sur sa rive occidentale se trouvent le nord des Balkans et, à son extrémité orientale, le Caucase, un pont terrestre vers la mer Caspienne et l’Asie centrale.

L’Ukraine, la Russie et la stratégique mer d’Azov sont sur ses rives nord.

Compte tenu de sa situation centrale, la mer Noire a été convoitée pendant des millénaires par les grandes puissances : les empires perse et romain, les Grecs et les Hittites, les Byzantins et les Huns, la Turquie ottomane et la Russie tsariste, même la France de Napoléon et l’Allemagne de Hitler dans leurs guerres pour l’unification de l’Europe à l’Asie et au Moyen-Orient.

La fameuse guerre de Troie a été menée pour le contrôle de (Troie/Dardania/Ilium) l’entrée de la mer de Marmara, qui relie la Méditerranée à la mer Noire. Le détroit reliant les deux est encore appelé le détroit des Dardanelles d’après l’ancienne Dardania.

Dans l’Antiquité, un troisième continent fut également impliqué : l’Afrique ; l’historien grec Hérodote a fait valoir que la ville de Colchide, sise sur la mer Noire (et maintenant en Georgie), fut fondée par les Égyptiens et le récit de Virgile, sinon celui d’Homère, du siège de Troie, raconte que Memnon, le roi d’Abyssinie (actuelle Éthiopie), fut tué par Achille lors de la defense de la ville.

Une source d’information roumaine a récemment rappelé l’importance actuelle de la région :

« La mer Noire relie de manière stratégique l’espace européen à l’Asie centrale, le Caucase et le Moyen-Orient, zones de production et de transit des hydrocarbures. » [1]

Les allusions à l’importance de la mer Noire, non seulement pour l’énergie et son transit, mais à des fins militaires globales sont fréquentes dans les citations qui suivent.

Avant la fin du Pacte de Varsovie en 1989 et celle de l’Union soviétique deux ans plus tard, la mer Noire se trouvait hors de portée de l’Occident en général et du Pentagone et de l’OTAN en particulier. Jusqu’en 1991, seuls quatre États bordaient la mer : la Bulgarie, la Roumanie, la Turquie et l’Union soviétique.

La Turquie, élément clé des États membres de l’OTAN, était la seule tête de pont occidentale dans la région, la Bulgarie et la Roumanie, (la seconde de manière plus formelle que réelle), étant membres du bloc de l’Est et du Pacte de Varsovie.

Depuis 18 ans, la situation dans cette région, comme dans beaucoup d’autres, a été transformée et une nouvelle bataille pour son contrôle a vu le jour.

Deux nouveaux États, la Georgie et l’Ukraine, se sont créés sur le littoral, l’Abkhazie s’y ajoutant en août dernier, et tous les anciens pays du Pacte de Varsovie qui n’appartenaient pas à l’ex-Union soviétique sont actuellement membres à part entière aussi bien de l’OTAN que de l’Union européenne – la Bulgarie, la République tchèque, l’ancienne République démocratique d’Allemagne, la Hongrie, la Pologne, la Roumanie et la Slovaquie – les trois anciennes Républiques soviétiques de la mer Baltique (l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie) étant également membres des deux institutions.

Comme Premen Addy, un commentateur indien, l’écrivait l’été dernier :
« Le nœud de l’OTAN se resserre autour du cou de
la Russie. Des bases militaires états-uniennes et leurs missiles sont déjà installées en Roumanie et en Bulgarie - deux États à partir desquels le Troisième Reich d’Adolf Hitler lança l’invasion nazie de l’URSS - dans une tentative d’étouffer la possible émergence d’un rival dans la région de la mer Noire… » [2]

Un an auparavant, dans une analyse intitulée « La Bulgarie, les bases états-uniennes et la géopolitique de la mer Noire », le site de renseignement en ligne The Power & Interest News Report résumait la situation en ce qui concerne l’un des États clés de la mer Noire, dans les termes suivants : « Géographiquement, la Bulgarie procure aux États-Unis (et à l’OTAN) une plus grande présence dans la région de la mer Noire, à travers laquelle il est prévu de construire des oléoducs et des gazoducs. »
De même, elle est proche de l’ex-Yougoslavie, une zone de tensions constantes, en particulier au cours de la dernière décennie. « Les nouvelles bases [du Pentagone] permettent aux États-Unis de conserver et d’augmenter leur contrôle du pays et au-delà celui du grand Moyen-Orient, puisque Washington dispose maintenant d’une présence militaire dans le sud (
la Vème flotte US est basée à Bahreïn) et d’une présence dans le nord par le biais de la Bulgarie. » [
3]

La Georgie

Depuis 1991, mais surtout depuis la « Révolution des roses » de décembre 2003 [4], les États-Unis ont transformé la Georgie, la frontière orientale de la mer Noire, en une base militaire avancée avec l’envoi en premier lieu des Bérets Verts, puis celui des Marines pour former et équiper les forces armées de ce pays à mener des guerres sur leur territoire et hors de leurs frontières.

La nouvelle armée Georgienne [5]a été testée une première fois en Irak, où un contingent de 2 000 soldats constituait la troisième plus importante force étrangère en Irak jusqu’au mois d’août dernier, quand les GI’s ont rapatrié par les airs ces soldats de leur création pour mener la guerre contre la Russie.

Avant que ne se dissipe l’écho des armes et de l’artillerie en août dernier, les États-Unis avaient envoyé le navire de guerre USS McFaul dans la ville portuaire Georgienne de Batoumi et le fleuron de la VIème flotte, l’USS Mount Whitney, à Poti, avec la mission annoncée à tous les crédules invétérés d’aller livrer « des jus de fruit, du lait en poudre et des produits d’hygiène ».

Batumi est la capitale de l’Adjarie, une ancienne région autonome subjuguée par le nouveau régime « Rose » en avril 2004 après que l’armée de celui-ci, formée par les États-Unis, ait conduit les plus importants exercices militaires jamais menés en Georgie, dans les environs de Poti et l’ait menacé d’invasion. Batumi se trouve juste au sud de la capitale abkhaze de Soukhoumi, où des navires russes étaient alors stationnés. Les navires de guerre des deux grandes puissances nucléaires se sont confrontés au large des côtes de la mer Noire à seulement 75 km de distance.

Dans le même temps, l’OTAN a déployé une force de frappe navale sur la mer Noire, composé de trois navires de guerre US, d’une frégate polonaise, d’une frégate allemande et d’une frégate espagnole équipée de missiles guidés ainsi que de quatre navires turcs, huit autres navires de guerre devant se joindre à la flottille.

Les navires de guerre de l’OTAN se trouvaient à seulement 150 km de leurs homologues russes alors amarrés en Abkhazie.

L’Ukraine

À l’extrémité nord de la mer Noire, les États-Unis conduisirent Sea Breeze, des exercices annuels de l’OTAN, en Crimée ukrainienne, soulevant une indignation massive et les vives protestations de la population, dont le Parlement avait voté, trois jours auparavant, contre la mise en place d’un projet de bureau de représentation des États-Unis lequel, à n’en pas douter, aurait veillé à la fois à faire taire les exigences d’une autonomie accrue, comme les actions anti-OTAN en Crimée et à préparer le terrain pour l’expulsion de la flotte russe de la mer Noire, basée à Sébastopol.

En ce qui concerne le deuxième point, un site d’actualité russe a offert cette analyse :
« Les analystes parlent de plans ukrainiens pour s’affranchir de
la Russie et offrir les bases (militaires) de Crimée à l’OTAN et aux États-Unis, qui salivent tous les deux à l’idée d’une présence militaire dans le bassin de la mer Noire. » [6]

« Une des conditions pour l’adhésion à l’OTAN est l’absence de bases étrangères sur le territoire du pays… [Les autorités « oranges » de l’Ukraine] font ce qu’elles peuvent pour chasser de Crimée la Flotte russe de la mer Noire. Kiev signifie de cette manière à Bruxelles qu’elle est en train de préparer une base pour les navires de guerre de l’OTAN en mer Noire. » [7]

La phase d’intégration de la Georgie et celle prochaine de l’Ukraine, comme des avant-postes militaires du Pentagone furent annoncées en décembre et janvier, respectivement, lorsque Washington signa des chartes de partenariat stratégique avec Kiev d’abord, puis Tbilissi. Quelques mois auparavant, et quelques jours seulement après que la Georgie eut lancé son attaque sur l’Ossétie du Sud et les forces russes de maintien de la paix présentes là-bas, déclenchant la guerre en août dernier, les 26 membres de l’OTAN ont envoyé dans la capitale Georgienne des représentants dans le cadre d’une délégation, pour établir une nouvelle Commission OTAN-Georgie.

Dans le même temps, en Ukraine, le régime de Victor Iouchtchenko, qui est parvenu au pouvoir grâce à la « révolution orange » de décembre 2004 financée et dirigée par les États-Unis [8], et dont l’épouse Kathy née et élevée à Chicago est une ancienne fonctionnaire du Département d’État sous Reagan et du Département du Trésor (ministère des Finances US, NdT) de George H.W. Bush, qui a été décrite par un de ses admirateurs zélés comme « une Reaganienne parmi les Reaganiens », a utilisé le déploiement des navires russes de la mer Noire pendant la guerre avec la Georgie pour faire pression sur cette flotte, allant jusqu’à dire que les navires pourraient ne pas être autorisés à revenir à Sébastopol.

Plusieurs semaines après la fin des hostilités dans le Caucase, Washington a envoyé un navire de collecte de renseignement, l’USS Pathfinder, dans le port de Sébastopol.

La junte Iouchtchenko a renouvelé ses accusations contre la flotte russe à la fin du mois dernier à une autre occasion, un peu plus d’un mois après la signature de la Charte de coopération stratégique avec Washington.

La mer Noire est reliée à la mer d’Azov, presque entièrement entourée par la Russie, par le détroit de Kertch, qui fut le théâtre d’une confrontation entre la Russie et l’Ukraine en 2003.

Un journal russe a expliqué à l’époque ce qui était en jeu dans le conflit :
« Le détroit de Kertch au centre du différend de
la Russie avec l’Ukraine contrôle l’accès à la mer d’Azov, qui est réputée avoir des réserves d’hydrocarbures largement inexploitées. » Aucun accord sur les droits de propriété des éventuelles ressources en pétrole et en gaz n’a été décidé entre les deux pays, malgré des années de négociations pour délimiter le fond marin. « Bien qu’il y ait peu de chances que ce soit une deuxième mer Caspienne, les géologues pensent que la mer d’Azov fait probablement partie de la même veine de gisements d’hydrocarbures qui s’étend, par la mer Noire, du sud de l’Ukraine et de la Russie jusqu’à la Caspienne et au-delà. » [9]

L’agence états-unienne Stratfor compléta le propos avec cette brève analyse :
« Le détroit de Kertch est un canal d’une quarantaine de kilomètres de long, d’une largeur ne dépassant pas 15 kms, reliant la mer Noire, d’une importance capitale, à la mer d’Azov au large de la frontière russe du Caucase du Nord. Il a servi comme un emplacement stratégique pour certaines batailles dans le passé, de la guerre de Crimée à l’affrontement naval germano-soviétique lors de
la Seconde Guerre mondiale. Pour la Russie, le détroit de Kertch est un prolongement du Caucase du Nord vers la région criméenne de l’Ukraine, qui est l’une des régions les plus pro-russes de ce pays et où se trouve le port d’attache de la flotte russe de la mer Noire située à Sébastopol. » [10]

Plus concise et plus directe encore, il y a quelques semaines, cette citation figure dans une dépêche de presse ukrainienne :
« Les aspirations euro-atlantistes de l’Ukraine exigent qu’elle résolve tous ses problèmes, y compris ses différends frontaliers. Ils ont besoin d’une frontière [dans le détroit de Kertch] pour une seule et unique raison : afin d’être en mesure d’adhérer à l’OTAN dès que possible. » [
11]

La Bulgarie et la Roumanie

Les États-Unis ont signé des Chartes de partenariat stratégique avec la Georgie et l’Ukraine au cours des deux derniers mois et les deux nations sont les éléments centraux de Washington pour sa mainmise sur la mer Noire et même sur l’ex-Union soviétique dans son ensemble.

Elles sont les principaux fulcra (soutiens, points d’appui, NdT) pour la création par les États-Unis du bloc du GUAM (Georgie, Ukraine, Azerbaïdjan, Moldavie) initialement créé en 1997 comme principale voie de transit pour les guerres énergétiques eurasiennes du XXIe siècle et aussi pour saper et détruire la Communauté des États indépendants post-soviétique. Elles sont également les pierres angulaires du partenariat oriental de l’Union européenne.

Mais à ce jour, l’accent principal de la campagne du Pentagone pour sa conquête de la région de la mer Noire, et sans doute le principal point focal pour son déplacement vers l’est et le sud, sont la Bulgarie et la Roumanie [12].

Les deux nations ont été officiellement admises au sein de l’OTAN lors du sommet de l’Alliance à Istanbul en 2004 et sont depuis devenues les derniers membres de l’Union européenne - peut-être dans les deux sens du terme : plus récentes et finales.

La Bulgarie et la Roumanie avaient toutes les deux refusé que la Russie utilise leur espace aérien pour le transport d’approvisionnements pour les troupes que cette dernière avait déployées Kosovo en juin 1999.

La Russie agissait pourtant dans le cadre de ses droits aux termes de la résolution 1244 des Nations unies afin de protéger les communautés de minorités ethniques dans la province serbe, mais il est clair que la Bulgarie et la Roumanie suivaient les ordres des États-Unis et de l’OTAN dans le blocage de ces vols.

Savoir, si les deux nations auraient intercepté les appareils russes, ou même ouvert le feu sur eux dans le cas où la Russie aurait persisté dans son intention première, reste une question de conjectures…

Plus tard, en 2002, la Roumanie autorisa les États-Unis à utiliser sa base aérienne de Mikhail Kogalniceanu pour préparer l’invasion de l’Irak en mars de l’année suivante.

En décembre 2005, la secrétaire d’État états-unienne Condoleezza Rice se rendit dans la capitale roumaine pour signer un accord d’utilisation - de prise de contrôle - de quatre bases militaires, la base aérienne susmentionnée de Mihail Kogalniceanu et celles de Babadag, Cincu et Smardan.

Les États-Unis expliquèrent à l’époque, qu’ils utiliseraient les quatre bases pour la formation, y compris les exercices conjoints et multilatéraux, l’acheminement de soldats et d’approvisionnements pour les guerres menées en Afghanistan et en Irak.

Et le territoire de la Roumanie a rempli cette mission depuis lors.

En avril de l’année suivante, en 2006, les États-Unis signèrent un accord similaire avec la Bulgarie voisine et l’utilisation de trois de ses principales bases militaires - la base aérienne de Bezmer, Novo Selo et l’aérodrome de Graf Ignatievo.

Les deux pactes ont été signés pour une durée initiale de 10 ans.

Les États-Unis obtinrent l’autorisation de maintenir des troupes - les estimations varient de 5 000 à 10 000 – de façon permanente ou en rotation dans les deux pays.

Dans le cas de la Bulgarie, ce sera la première fois que des troupes étrangères ont pris position sur son sol depuis que les forces nazies de la Wehrmacht furent chassées en 1944, et, pour la Roumanie depuis le retrait des troupes soviétiques en 1958.

Les sept sites dans les deux pays sont les premières bases militaires US sur le territoire du défunt Pacte de Varsovie.

La base aérienne de Bezmer en Bulgarie est une très grande installation, comparable en taille à celle de Mihail Kogalniceanu en Roumanie ; son échelle et l’objectif des campagnes, actuelles et futures, dans l’est et le sud, sont indiqués par cette description bulgare :
« … Selon l’accord américano-bulgare, la base aérienne... va acquérir le statut d’installation militaire stratégique dans deux ans, comme la base aérienne d’Incirlik en Turquie et celle d’Aviano en Italie. » [
13]

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n° 28 - Le Dossier 'Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan - 16-04 -- Fin : La stratégie de l'OTAN : La mer Noire, passerelle du Pentagone vers trois continents et le Moyen-Orient.

n° 28 - Le Dossier 'Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan - 16-04 – Fin - : La stratégie de l'OTAN : La mer Noire, passerelle du Pentagone vers trois continents et le Moyen-Orient.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Le Dossier'Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan.

n° 28- 16-04

C.De Broeder & M.Lemaire



Sommaire.

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 La stratégie de l’OTAN : La mer Noire, passerelle du Pentagone vers trois continents et le Moyen-Orient.

1-1          Diana JOHNSTONE : Le cycle vicieux de violence de l’Otan.

2 Annexe

2-1 Assassinat" par les armes et...la faim!

2-2 Ernst BLOCH : Pourquoi quitter l’OTAN ?

2-3 Rôle des forces nucléaires conservées par l'OTAN.

 

 

1-1 Diana JOHNSTONE : Le cycle vicieux de violence de l’Otan.

Où qu’elle aille, l’Otan crée des menaces.

C’est son fond de commerce.

Que ce soit en Afghanistan ou à Strasbourg, la présence militaire étrangère provoque la rébellion violente, surtout de la part de jeunes gens qui veulent relever le défi. Leur rébellion sert à justifier une augmentation de violence répressive.

Et ainsi de suite… Ce cycle était visible samedi le 4 avril à Strasbourg, où plusieurs milliers de policiers et un petit nombre de casseurs du Black Block ont volé la vedette à ce qui aurait dû être le début d’un nouveau mouvement de masse européen contre l’Otan. La manifestation pacifiste fut écrasée et désintégrée par la police en armes, pendant que des jeunes aux capuchons noirs jetaient des pierres, cassaient des vitres et mettaient le feu aux bâtiments.

Provocateurs contre provocateurs

Dans ce cycle de provocation, il n’y a aucun doute que c’est l’Otan qui a commencé. La célébration ostentatoire du 60ème anniversaire de l’Alliance tenue dans trois villes du Rhin, Strasbourg, Kehl et Baden Baden ce jour-là, constituait une insulte aux citoyens. Après tout, si les dirigeants de "l’Occident démocratique" sont tellement appréciés, pourquoi faut-il transformer les villes qui les reçoivent en forteresses assiégées pour les accueillir ? Si les Européens bénéficient de la protection de l’Otan, pourquoi les tenir à distance de leur bienfaiteurs ? Mais bien sûr l’Otan n’est pas une force de défense. Depuis l’agression contre la Serbie il y dix ans jusqu’au bourbier afghan aujourd’hui, l’Otan se transforme progressivement en force expéditionnaire destinée aux interventions lointaines. Les mesures de sécurité draconiennes appliquées à trois villes européennes plutôt conservatrices, enfermant les habitants dans leurs domiciles, ressemblaient à une occupation étrangère. Malgré la grande – mais peut-être passagère – popularité d’Obama, le sommet de l’Otan a illustré l’écart qui se creuse entre les peuples et leurs dirigeants politiques. Grand « communicateur », le Président des Etats-Unis s’est efforcé de persuader les Européens qu’ils sont encore plus menacés par Osama bin Laden et Al Qaeda que les Américains, et doivent donc payer leur tribut en impôts et en soldats pour éliminer cette menace quelque part en Afghanistan, si ce n’est au Pakistan ou ailleurs. Les médias européens ont pu distraire le public de cette notion saugrenue en dirigeant l’attention vers la tenue vestimentaire de Michelle Obama. Mais, entre temps, des dizaines de milliers de citoyens européens se dirigeaient vers Strasbourg dans l’espoir de manifester leur désaccord. Ils avaient des arguments à faire entendre. Ils ont fini étouffés par des nuages de gaz lacrimogènes, et ont été traités comme des bêtes.

La responsabilité du fiasco

La responsabilité de ce fiasco est partagée. De loin les plus responsables sont les forces de l’ordre qui ne cessent de durcir leurs modes de répression partout en Europe. Sous le regard des hélicoptères, les divers policiers, gendarmes et CRS pratiquent la technique d’origine anglaise de « kettling » qui consiste à diviser et à enfermer les manifestants à l’intérieur de petits espaces séparés, parfois entourés de barrières métalliques. Il s’agit de traiter les êtres humains comme du bétail. Plus de dix mille policiers ont employé un arsenal d’armes anti-personnelles contre un nombre comparable de manifestants sans défense. Des gaz lacrimogènes, des balles en caouchouc et des armes à « son et lumière » ont d’abord mis fin aux discours avant d’égarer les manifestant dispersés et désorientés. Tout cela a fini dans un chaos total.

Ce fut le résultat recherché. Mais une part de responsabilité incombe aux organisateurs, si on peut utiliser ce mot pour un événement où l’organisation faisait à ce point défaut. La manifestation anti-Otan du 4 avril était organisée par un collectif de groupes de militants français dont aucun n’avait l’autorité pour imposer un plan cohérent. Ainsi, le doyen de ces groupes, le Mouvement de la Paix, a fini par exercer la plus grande influence sur les décisions, notamment celle d’accepter le choix du site pour le rassemblement offert par la Préfecture. Au lieu de pouvoir se rassembler sur une place publique et de défiler dans les rues de Strasbourg sous les fenêtres des habitants, avec leurs banderolles, leurs slogans et leur théâtre de rue, les manifestants furent exilés sur une île périphérique entre le Rhin et un grand canal dans une zone industrielle. Les deux seuls ponts permettant l’accès du côté français étaient faciles à bloquer pour les forces d’ordre. Il suffit de regarder un plan pour voir qu’il s’agissaitt d’un piège, et, sur le terrain, le dénivellement rendait celui-ci pire encore. Situé à quelques huit kilomètres de la gare, un jour où tout transport public était supprimé, le site était difficile à atteindre. De plus, le point de rassemblement et le parcours imposé était quasi invisible au public. Bref, les manifestants étaient coupés de toute communication avec le public. Et la souricière donnait l’avantage à la police pour exercer ses méthodes de répression. Pourtant les organisateurs ont accepté ce site inacceptable – sans même fournir un service d’ordre pour guider et essayer de protéger les manifestants.

Il est vrai qu’en échange, la Préfecture avait fait certaines promesses – non tenues. Les ponts et les rues qui devaient rester ouverts pour permettre aux manifestants de joindre le rassemblement sur l’île se trouvaient bloqués de façon imprévisible par la police, provoquant les premières échauffourées. Curieusement, plusieurs milliers de manifestant pacifistes furent bloqués sur la rive allemande du Rhin, sans jamais pouvoir rejoindre le rassemblement, tandis que des Black Block allemands y parvenaient. En général, la police a traité les pacifistes comme l’ennemi dans une guerre civile, sans protéger les personnes ou les biens de la minorité violente.

Le rassemblement, tenu dans un creux sur l’île, était perturbé par le spectacle d’un hôtel voisin consumé par les flammes. Les haut-parleurs cédaient au bruit des hélicoptères. Le défilé programmé n’a jamais pu se faire. Des manifestants désorientés étaient abandonnés à eux-mêmes lorsqu’ils tentaient d’échapper aux gaz lacrimogènes à travers un labyrinthe de contrôles policiers. Le Black Block

Les pacifistes ne pouvaient concurrencer les casseurs du Black Block, pourtant beaucoup moins nombreux. Contrairement aux pacifistes, ils paraissent, sur les vidéos, comme étant maîtres de leur propre jeu, en combat avec la police. Il est probable qu’ils en éprouvent fierté et satisfaction.

Après le désastre de Strasbourg, il est clair que, pour survivre et se développer, le mouvement anti-Otan doit faire face à trois problèmes : ses propres faiblesses organisationnelles, la répression policière et le Black Block.

Question fréquente : les casseurs du Black Block sont-ils des provocateurs travaillant pour la police ? Incapable d’enquêter sérieusement sur cette question, ma propre réponse intuitive est : subjectivement non, mais objectivement oui. Ils ne peuvent pas tous être des policiers en capuchon noir. La plupart croient sans doute qu’ils sont en train de « combattre le capitalisme », comme ils le proclament. Mais objectivement ils arrivent à justifier cette même répression policière qu’ils combattent avec tant d’élan.

Errare humanum est. Les mauvaises intentions fleurissent, mais les erreurs sont encore plus courantes. Un mouvement intelligent contre l’Otan doit essayer d’appliquer l’alternative à la guerre – l’argumentation rationnelle – en toutes circonstances. Nous devons débattre avec les gens qui se trompent sur l’Otan, pour expliquer sa nocivité. Et nous devons débattre avec ceux du Black Block, pour signaler ce qui ne va pas dans leur forme de protestation.

Comment entamer un tel dialogue n’est pas évident. En faisant l’hypothèse que les participants aux actions du Black Block ne sont pas tous des policiers déguisés, j’inviterais, si j’en avais les moyens, ceux qui sont sincères à prendre en considération plusieurs idées.

— Les combattants du Black Block devraient mettre en question leurs propres motivations. Tout au long de l’histoire, de jeunes gens s’amusent à se mettre en bandes pour combattre un ennemi. La testosterone et l’adrénaline ne sont pas des arguments politiques. Mais ce sont des stimulants très efficaces quand il s’agit de lancer des projectiles contre l’adversaire. Les combattants de rue se sentent facilement victorieux et supérieurs face aux phalanges de flics casqués qui paraissent bien lâches dans ce contexte. Les casseurs sont victorieux dans le match du machisme, mais à quoi bon, si ce n’est à flatter leur orgueil ?

— Les combattants du Black Block devraient surtout penser à l’effet de leurs actions sur la masse des citoyens, qui peuvent être indécis politiquement. L’Otan et les forces de l’ordre profitent du sentiment d’insécurité des citoyens. Les actions du Black Block attisent ce sentiment.

— Les combattants du Black Block devraient évaluer l’impact désastreux de leurs activités sur d’autres formes de protestation publique. Avec la police, ils vident les rues des manifestations de masse.

— Les combattants du Black Block devraient réfléchir sur la facilité avec laquelle ils sont exploités par leur ennemi. D’une part, quoi qu’ils en pensent, ils sont certainement infiltrés par des agents. Et ils doivent se demander pourquoi certains d’entre eux ont pu casser les vitres de l’Hôtel Ibis sur l’île du Rhin à Strasbourg, puis y mettre le feu de façon méthodique, sans la moindre intervention policière. De plus, cet incendie impressionnant dévora l’hôtel pendant plus d’une heure avant l’arrivée des pompiers. Ce spectacle servit parfaitement à faire peur aux manifestants et à hâter leur dispersion, mais surtout à remplir les écrans de télévision avec la preuve que « les manifestants sèment la destruction ». Les autorités ont cité l’incendie comme justifiant leurs mesures policières (pourtant parfaitement inutile dans ce cas précis). Et pourquoi mettre le feu à un hôtel Ibis, alors qu’il y en a huit à Strasbourg, celui-ci étant probablement le moins rentable ?

Et quels moyens semi-professionnels étaient nécessaires pour cette action de pyromane ? Et pourquoi mettre également le feu à une pharmacie qui servait les résidents plutôt modestes de ce quartier déshérité ? Quel message politique exprime-t-on ainsi ?

— Bref, les militants du Black Block, quel que soit leur âge, doivent quitter l’adolescence attardée et se rendre compte que le combat contre les pouvoirs injustes commence par la pensée, la raison, les faits et les arguments. Jouer avec la violence c’est jouer sur le seul terrain où ils sont les plus forts, c’est jouer leur jeu. L’action du style d’Intifada peut être le seul recours pour des Palestiniens désespérés, mais, en Europe, il existe encore d’autres moyens d’opposition politique. Il faut les inventer, les explorer, les développer.

Que faire ?

L’année 2008 fut un vrai tournant, avec deux événements de très grande portée qui changent, petit à petit, la vision du monde que peuvent avoir la plupart des gens : l’effondrement financier, et l’attaque israélienne contre Gaza. Les répercussions s’en feront de plus en plus sentir. Elles préparent le terrain pour l’opposition massive des peuples aux puissances financières et militaires qui dirigent l’Occident et qui s’efforcent toujours, à travers l’Otan en particulier, d’imposer leur domination au monde entier. Il y a des indices que le pouvoir reconnaît le danger et prépare des technologies de répression pour contrer les révoltes à venir. Il est urgent de fournir des alternatives politiques en termes de programmes et d’organisation. Si les manifestations de masse sont vulnérables à la répression policière et aux casseurs, il faut inventer d’autres moyens plus variés et plus flexibles pour communiquer les uns avec les autres afin d’élargir un mouvement cohérent capable de combattre la militarisation de la société et de construire une économie centrée sur les véritables besoins des êtres humains. En tout cas, toute manifestion future contre l’Otan doit se doter de son propre service d’ordre. On ne peut pas mélanger des manifestants pacifiques avec les casseurs qui cherchent ce que cherche la police : les combats violents.

Diana Johnstone

04-04

Diana Johnstone est l’auteur de « La Croisade des fous : Yougoslavie, première guerre de la mondialisation », Le Temps des cerises, 2003.

 


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17/04/2009

n°27 - Les dossiers des Guerres de l'Otan- 16-04 - Début- :L'OTAN : Une arme de destruction massive

n°27 - Les dossiers des Guerres de l'Otan- 16-04 - Début- :L'OTAN : Une arme de destruction massive


Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Les dossiers des Guerres de l'Otan. n° 27- 16-04

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Tiré à part 

L'Otan prépare des manœuvres en ...Géorgie

La Russie demande le report des exercices de l'Otan en Géorgie.

1 Dossiers

1-1 Piotr Moszynski : OTAN / Russie : Entre espoir et méfiance.

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

2-1 Réflexions du compañero Fidel : Les contradictions de la politique extérieure des États-Unis.

2-2 Le CICR concentre son action sur les besoins des plus vulnérables  d'Ossétie du Sud.

Suite 1

2-3 Camille Loty Malebranche : Otan-Occident, la diabolique géostratégie d’hécatombe des É.U. !

Fin

3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Pepe Escobar : Guerre liquide : Bienvenue au Pipelineistan.

3-2 Sergueï Karaganov : Moscou-Washington : aller au-delà d’un « redémarrage »

3-4 Michael Averko : Au carrefour des corridors de pipelines stratégiques : le conflit du Haut-Karabagh.

 



Tiré à part 

L'Otan prépare des manœuvres en ...Géorgie

L'Otan procèdera le mois prochain à des exercices militaires en Géorgie, a annoncé l'organisation mercredi.

Les manœuvres, qui mobiliseront 1300 soldats de 19 pays à 20 km à l'est de Tbilissi, sont annoncées à un moment où l'Alliance atlantique cherche à reconstituer ses liens avec la Russie.

Un porte-parole de l'Otan, Robert Pszczel, a souligné que les exercices prévus n'étaient "en aucun cas une surprise", puisqu'ils font partie des exercices réguliers planifiés dans le cadre du partenariat et qu'ils étaient en préparation depuis le printemps 2008.

Il a ajouté que c'était des exercices essentiellement de coordination, n'impliquant "aucun équipement militaire lourd".

"Il n'y a aucune controverse, aucune surprise, et aucun lien avec la situation en Géorgie ou dans la région", a-t-il ajouté

(avec AFP) .

15-04

La Russie demande le report des exercices de l'Otan en Géorgie.

La Russie demande le report des exercices que l'Otan a prévu d'organiser en mai en Géorgie, a-t-on indiqué jeudi auprès de la mission russe auprès de l'Otan.

Moscou estime que ces exercices "ne peuvent que compliquer une situation déjà pas simple dans la région", a indiqué un porte-parole de la mission, citant les tensions avec l'Ossétie du sud et l'Abkhazie et les manifestations de l'opposition contre le président géorgien Mikheïl Saakachvili.

"Nous allons envoyer une lettre à l'Otan pour demander qu'ils n'aient pas lieu pour l'instant", a-t-il ajouté.

Un porte-parole de l'Otan, Robert Pszczel, a indiqué pour sa part que le secrétaire général de l'Alliance, Jaap de Hoop Scheffer, n'avait encore reçu aucune demande de report de Moscou.

Les relations entre la Russie et l'alliance, déjà tendues depuis que l'Otan avait promis en avril 2008 d'intégrer un jour en son sein la Géorgie et l'Ukraine, avaient pris un sérieux coup de froid avec l’invasion georgienne (soutenu par l’Otan) de l'Ossétie du sud et l'Abkhazie en août 2008.

(avec AFP

16-04)


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n°27 - Les dossiers des Guerres de l'Otan- 16-04 - Suite- :L'OTAN : Une arme de destruction massive


n°27 - Les dossiers des Guerres de l'Otan- 16-04 - Suite- :L'OTAN : Une arme de destruction massive


Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Les dossiers des Guerres de l'Otan. n° 27- 16-04

C.De Broeder & M.Lemaire



Sommaire.

2-3 Camille Loty Malebranche : Otan-Occident, la diabolique géostratégie d’hécatombe des É.U. !

 


2-2 Camille Loty Malebranche : Otan-Occident, la diabolique géostratégie d’hécatombe des É.U. !

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

Folie furieuse et obsession belliciste de l’OTAN.

 La crise ossète et ses retombées guerrières entre la Géorgie et la Russie, nous a, on ne saurait ne pas y penser, montré combien le délire de puissance qui fait saliver les autorités étasuniennes et qui nourrit la bave des politicards de la Maison Blanche, est extrême et impassible.

Lesquels politicards croient que le monde peut être, au nom de leur hégémonie, réduit à une affaire de bagarres militaires comme les rixes des voyous de gangs armés des bas quartiers des villes étasuniennes réglant leur compte à coups de couteau et révolver.

L’obsession occidentale d’imposer l’OTAN dans la sphère d’influence géostratégique naturelle des russes, est devenue si compulsive et si crapuleuse sur le plan diplomatique, que la horde à la fois simpliste, belliciste et expansionniste de l’actuel Département d’État, obnubilée par la domination planétaire de leur système quoiqu’en grave crise, et justement pour masquer leur crise interne sur le point d’éclater bruyamment à la face du monde, est prête même à faire voler la planète en éclats en se préparant à inciter à divers affrontements d’envergures insoupçonnées et aux conséquences désastreuses pour la planète. En effet, après l’épisode géorgien, on peut imaginer aisément que les É.U. envisagent une guerre entre la Russie et l’Ukraine afin d’embraser l’Europe de l’est, et, dans la confusion, de provoquer l’Iran par Israël, et ainsi déclencher une guerre dont les conséquences sont imprévisibles...

La mentalité primitivement mégalomane de l’establishment étasunien, il suffit pour s’en convaincre de regarder le classement des médailles aux jeux olympiques pékinois, où les É.U. sont le seul pays à réinventer ce que le CIO (Comité International Olympique) lui-même a établi comme hiérarchie des pays médaillés - à savoir que c’est d’après le nombre de médailles d’or que l’on acquiert son rang - pour s’autoproclamer le premier des derniers jeux avec leur 36 médailles d’or contre 51 pour la Chine. Ce genre d’attitude est un indice que la puérilité narcissique du système étasunien est mauvais perdant à un point tel que la haine et la guerre planétaire font partie des recours envisageables de l’état, d’ailleurs, le plus bellicistes belliqueux du 20ème siècle écoulé avec ses centaines d’interventions militaires ne serait-ce que sur le continent américain, sans parler de sa participation dans à peu près tous les conflits mondiaux. Devant une psychologie de la bêtise mégalo-agressive des Etats-Unis, le monde doit être en alerte vu les bruits de guerre que l’on entend de la part des idéologues étasuniens et de leurs alliés.

Que les nations et les sociétés civiles nationales prennent garde et se mobilisent !

L’antisocialité belliqueuse d’un W. Bush et des tenants de l’establishment étasunien à l’égard du monde, eux pour qui seule la domination étasunienne compte, s’est à ce point métastasée dans la politique étasunienne actuelle qu’il faille vraiment que le monde entier se mobilise contre cette tératogénie (*) expansionniste agressive. Toutes les nations et sociétés civiles du monde doivent se mobiliser et faire pression sur leurs dirigeants. Il ne faut reculer devant rien, quitte à renverser certains gouvernements européens et nord-américains grivois, irresponsables, appuyant bêtement au dédain des conséquences pour la paix et la sécurité mondiale, les intentions bellicistes otano-étasuniennes intolérables pour les russes, à l’égard des ex républiques soviétiques que l’OTAN veut intégrer (phagocyter serait le vrai mot) à tout prix dans son giron.

La géopolitique a des prérogatives géostratégiques et économiques qu’aucune puissance ne saurait accepter de perdre en aliénant des espaces de son influence. Alors, nous comprenons que tenter d’imposer à la Russie, ce que tente l’OTAN, équivaut à un grave et imminent risque de guerre longue et grave dans la région du Caucase mais aussi pour tout le Moyen-Orient et toute la planète, vu le statut d’un grand pays limitrophe comme l’Ukraine et les visées haineuses étasuniennes sur l’Iran.

Il y va de la sécurité et de la survie de la paix planétaire que les nations du monde écartent du pouvoir de leurs pays, tout président ou premier-ministre larbin et flagorneur des Etats-Unis, qui accepterait à suivre le courant de l’Achéron de la quatrième guerre mondiale proposé en mode de direction planétaire par les Charon de l’OTAN, je cite les maîtres de la politique des Etats-Unis d’Amérique d’aujourd’hui. Maîtres de mort et de terreur climatérique (*) ! Fous furieux, hyènes enragées prêtes à la destruction massive pour assouvir leur orgueil criminel, ô combien illusoire de souverains planétaires avec tous les bas instincts de violence et de terrorisme autorisé dont ils font montre actuellement ! Car il faudrait être totalement dupe pour penser que la guerre froide réhabilitée par les É.U., si elle dure, restera sans changer d’intensité. Le monde et la paix doivent survivre à l’empire étasunien.

Nous avons besoin de dirigeants libres, capables de faire établir et respecter une fois établies à l’échelle de l’ONU. Il faut définir des limites géostratégiques naturelles selon une géographie des espaces de prépondérance militaire des superpuissances pour éviter des conflagrations mondiales à risque nucléaire au 21ème siècle. Cela doit se faire par l’établissement de zones tampon sous surveillance impartiale d’un organisme onusien neutre créé à cet effet. Une géopolitique de la paix doit être le souci des leaders responsables des états, et non une domesticité vis-à-vis des É.U. via l’OTAN dans l’espoir d’une curée jetée par le maître aux chiens alliés sans dignité. Le monde n’a pas à disparaître ou à connaître le risque de bombardements nucléaires par la barbarie de l’empire étasunien cherchant à accoutrer ses déchéances et affubler ses irrémédiables contradictions et faiblesses, par des combines meurtrières pour la terre ! Les nations et les sociétés civiles doivent exiger à l’ONU par le biais de leurs dirigeants, la création de l’organisme susdit.

Entéléchie (*) politique des Etats-Unis et mobilisation urgente des nations.

Peuples et nations, évitons, par l’action civile, la mise à mort de la paix et de la sécurité mondiales.

Ce qu’il convient d’appeler l’entéléchie (*) politique étasunienne, est devenue « diplomatie » belliciste à l’échelle de l’OTAN qui, doit-on le rappeler, n’a rien de diplomatique en tant qu’organe d’expansion militaire étasunienne pouvant se passer du vote onusien, le cas échéant, pour bombarder et faire la guerre là où bon lui semble. L’on sait depuis toujours, par l’histoire, que les crapules despotiques ont souvent eu pour méthode de faire payer les innocents pour leur chute pressentie ! Mais le drame, c’est lorsque nous avons un cas de despotisme qui n’est plus une affaire d’homme mais de système, et que ce système a les moyens militaires de faire descendre sur terre l’hécatombe nucléaire ultime… Auquel cas, le monde, l’humanité doit se soulever et neutraliser l’importun despotique d’une manière ou d’une autre. Jamais, auparavant dans l’histoire, un état, odieusement belliciste et immoral, n’a eu le pouvoir militaire de détruire la planète avec son règne déclinant. Aujourd’hui les Etats-Unis en déclin amorcé, en ont le triste et lugubre privilège ! Aux peuples, nations et citoyens des pays alliés des Etats-Unis, de se transformer en société civile militante, de se ranger du côté du bon sens, c’est-à-dire de renverser des dirigeants voyous de leur propre pays qui - pour de livides intérêts obscurs, personnels ou claniques, toujours, d’ailleurs, ploutocratiques - sont prêts à faire l’insidieux saut dans l’abîme de la chute de l’empire aigri et mortifère qui a la rage de savoir que la vie peut exister sans sa suprématie planétaire sans partage !

Les cerbères de la politique et leurs chiens de propagande, leurs orateurs de rhétorique cadavériques dits journalistes et spécialistes de la grande presse officielle, auront beau dire et débiter toutes sortes de matoiseries (*) savantes plus ou moins incohérentes, les faits et les manigances actuelles de l’empire étasunien en crise, véritable bête blessée, augurent d’une ère d’agressivité politique de cécité et de violence sans précédent des Etats-Unis contre les peuples rivaux tels la Russie et la Chine, afin de faire diversion et de donner l’impression à ce pauvre et miséreux peuple désinformé qu’est l’étasunien, malgré ses moyens pécuniaires, que les Etats-Unis contrôlent sans partage la planète, à l’image des bandits de western, qui règnent et détruisent les indigènes amérindiens « ennemis et barbares » afin d’assouvir l’hystérie collective des spectateurs. Ici, dans l’occurrence que nous évoquons, le spectacle macabre, patibulaire de l’empire valétudinaire (*), mobilise cyniquement comme spectateurs, les masses aliénées qui, elles, donnent puérilement dans le voyeurisme sinistre des réactions au premier degré de leurs politicards dirigeants face aux « ennemis rivaux », comprenant à peine les enjeux réels de diversion pour leur dissimuler la crise économique et de gouvernance de la superpuissance mondiale en déclin. Cela est facile avec le peuple étasunien si dénué de la moindre connaissance de ce qui se passe chez lui et dans le monde, n’ayant d’informateurs que les histrions des talk show !

Une menace à écarter en écartant la canaille politicienne

Dans ces circonstances, le monde ne peut être que menacé sans que de l’intérieur des gens avisés puissent mobiliser le peuple étasunien pour mettre fin au parcours des mufles qui accaparent aux É.U. le pouvoir.

En souhaitant (rien n’est sûr de la démarche du futur président étasunien en ce sens) que le nouvel élu étasunien aura le courage de faire cesser l’ère de menace que font peser les dirigeants étasuniens actuels sur l’avenir planétaire par leur action contre la Russie, en espérant que l’aile dure de l’idéologie belliciste sera écartée du Département d’État, et que le nouveau président ne sera assassiné si jamais il veut agir avec modération et intelligence, les peuples de tous les pays de l’OTAN doivent se tenir prêts à sévir contre leurs propres dirigeants si ces dirigeants par suivisme otanien, préfèrent la mort massive proposée par les Etats-Unis dans leur politique agressive. Trop de pays de l’Otan sont aujourd’hui inféodés par les Etats-Unis en ombres mouvantes tels des perroquets de la propagande officielle étasunienne à cause de leurs dirigeants… Tous les citoyens des pays de l’OTAN et tous les peuples d’Europe doivent devenir des vigies contre la démentielle droite ploutocratique mondiale gouvernée par les extrémistes de la politique étasunienne. Droite démentielle qui produit de vils et simiesques dirigeants au timon des états alliés, lesquels dirigeants asservis, inconditionnels sans réserve de la bêtise criminelle d’une extrême-droite étasunienne, sont prêts à collaborer à l’hécatombe planétaire derrière le Charon étasunien.

Que la Raison ait ici gain de cause sur les ratiocinations (*) du délire de puissance et les bêtises de nos dirigeants larbins !

Camille Loty Malebranche 



n°27 - Les dossiers des Guerres de l'Otan- 16-04 -Fin- :L'OTAN : Une arme de destruction massive


n°27 - Les dossiers des Guerres de l'Otan- 16-04 -Fin- :L'OTAN : Une arme de destruction massive


Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

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Les dossiers des Guerres de l'Otan. n° 27- 16-04

C.De Broeder & M.Lemaire



Sommaire.

3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Pepe Escobar : Guerre liquide : Bienvenue au Pipelineistan.

3-2 Sergueï Karaganov : Moscou-Washington : aller au-delà d’un « redémarrage »

3-4 Michael Averko : Au carrefour des corridors de pipelines stratégiques : le conflit du Haut-Karabagh.

 



 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

3-1 Pepe Escobar : Guerre liquide : Bienvenue au Pipelineistan.

Ce qui se passe sur l’immense champ de bataille pour le contrôle de l’Eurasie permettra de comprendre l’intrigue qui se déroule dans la ruée tumultueuse vers un nouvel ordre mondial polycentrique, connue également sous le nom de « Nouvelle Partie Formidable » [New Great Game]

Comme toujours à la remorque de l’impérialisme américain, la France envoie ses soldats en Afghanistan servir de supplétifs et de chair à canon pour les beaux yeux de l’oncle Sam ...

Notre bonne vieille amie, l’absurde « guerre mondiale contre la terreur » que le Pentagone a malicieusement rebaptisée « la Longue Guerre », porte en elle une jumelle beaucoup plus importante, même si cette dernière est à moitié cachée - la guerre mondiale pour l’énergie. J’aime la désigner sous le nom de Guerre Liquide, parce que son circuit sanguin est constitué des pipelines qui s’entrecroisent sur les champs de bataille impériaux potentiels de la planète. Pour le dire autrement, si sa lisière essentielle, assaillie ces temps-ci, est le Bassin de la Caspienne, l’ensemble de l’Eurasie est son échiquier. Au plan géographique, pensez-y comme du Pipelineistan.

Tous les junkies géopolitiques ont besoin de leur dose. Moi, depuis la seconde moitié des années 90, c’est aux pipelines que je suis devenu accro. J’ai traversé la Caspienne dans un bateau-cargo azéri juste pour suivre le pipeline Bakou/Tbilissi/Ceyhan à 4 milliards de dollars, mieux connu dans cette partie d’échec sous son acronyme « BTC », qui traverse le Caucase. (Au fait, soit dit en passant, la carte du Pipelineistan est gribouillée de sigles, alors mieux vaut vous y habituer !)

J’ai également sillonné diverses Routes de la Soie modernes qui se chevauchent - ou, peut-être, des Pipelines de la Soie -, de possibles futurs flux d’énergie depuis Shanghai jusqu’à Istanbul, annotant mes propres itinéraires bricolés pour le GNL (gaz naturel liquéfié). J’avais l’habitude de suivre avec ferveur les aventures de ce Roi-Soleil d’Asie Centrale, ce président à vie sans avenir, le Turkmenbachi aujourd’hui décédé, « le dirigeant des Turkmènes », Saparmourat Niazov, à la tête de la République du Turkménistan, immensément riche en gaz, comme s’il avait été un héros à la Conrad.

A Almaty, l’ancienne capitale du Kazakhstan (avant que celle-ci ne soit déplacée à Astana, au milieu de nulle part), les habitants étaient perplexes lorsque j’exprimais l’envie irrésistible de me rendre en voiture dans cette ville pétrolière en plein essor, Aktau. (« Pourquoi ? Il n’y a rien là-bas ».) Entrer dans la salle de commandement, façon Odyssée de l’Espace, du siège moscovite du géant russe de l’énergie Gazprom - qui détaille par affichage numérique le moindre pipeline d’Eurasie - ou au siège de la Compagnie Nationale du Pétrole Iranien à Téhéran, avec ses rangs bien alignés d’expertes en tchador des pieds à la tête, équivalait pour moi à entrer dans la caverne d’Ali Baba. Et ne jamais lire les mots « Afghanistan » et « pétrole » dans la même phrase est toujours pour moi une source d’amusement.

L’année dernière, le pétrole valait l’équivalent d’une rançon de roi. Cette année, il est relativement bon marché. Mais ne vous méprenez pas ! Le prix n’est pas la question ici. Que vous le vouliez ou non, l’énergie est toujours ce sur quoi tout le monde veut mettre la main. Alors, considérez ce reportage comme étant juste le premier épisode d’une très longue histoire de quelques-uns des coups qui ont été portés - ou seront portés - dans cette Nouvelle Partie Formidable d’une complexité exaspérante, qui a cours de façon incessante, peu importe quoi d’autre s’immisce cette semaine dans les gros titres.

Oubliez l’obsession des médias du courant dominant avec al-Qaïda, Oussama ben Laden « mort ou vif », les Taliban - néo, modérés ou classiques - ou cette « guerre contre la terreur », quel que soit le nom qu’on lui donne. Ce sont des diversions comparées aux enjeux élevés de cette partie pure et dure de géopolitique qui se déroule le long des pipelines de la planète.

Qui a dit que le Pipelineistan ne pouvait pas être amusant ?

Dr Zbig entre en scène

Dans son œuvre maîtresse de 1997 The Grand Chessboard [Le Grand Echiquier], Zbigniew Brzezinski - extraordinaire praticien de la real-politique et ancien conseiller à la sécurité nationale de Jimmy Carter, le président qui a lancé les Etats-Unis dans ces guerres modernes pour l’énergie - a exposé avec quelques détails juste la façon de s’accrocher à la « suprématie mondiale » américaine. Plus tard, son plan d’ensemble allait dûment être copié par cette bande redoutable de Docteurs No, rassemblés au Project for a New American Century de Bill Kristoll. (Le PNAC, au cas où vous auriez oublié ce sigle depuis que son site internet a fermé et que ses partisans sont tombés)[1].

Pour Dr Zbig, qui, comme moi, se shoote à l’Eurasie - c’est-à-dire, en pensant grand - tout se réduit à encourager l’émergence du bon groupe de « partenaires stratégiquement compatibles » pour Washington, dans les endroits où les flux énergétiques sont les plus forts. Cela, comme il l’a si délicatement formulé à l’époque, devrait être accompli pour façonner « un système de sécurité trans-eurasien plus coopératif ».

A présent, Dr Zbig - dont parmi les fans se trouve évidemment le Président Barack Obama - a dû remarquer que le train eurasien qui devait livrer les biens énergétiques a légèrement déraillé. La partie asiatique de l’Eurasie semble voir les choses différemment.

Crise financière ou non, le pétrole et le gaz naturel sont les clés à long terme du transfert inexorable du pouvoir économique de l’Ouest vers l’Asie. Ceux qui contrôlent le Pipelineistan - et malgré tous les rêves et les projets qui sont faits là-bas, il est improbable que ce sera Washington - auront le dessus sur tout ce qui arrivera et il n’y a pas un terroriste au monde ou même une « longue guerre » qui puisse changer cela.

L’expert en énergie Michael Klare a contribué à identifier les vecteurs clés de la course sauvage qui se déroule actuellement pour prendre le pouvoir sur le Pipelineistan. Ceux-ci vont de la pénurie croissante des ressources énergétiques primaires (et de la difficulté d’y accéder) aux « développements douloureusement lents d’alternatives énergétiques ». Bien qu’on ne l’ait peut-être pas remarqué, les premières escarmouches dans la Guerre Liquide du Pipelineistan ont déjà commencé et, même dans la pire période économique, le risque monte constamment, étant donné la concurrence acharnée que se livrent l’Ouest et l’Asie, tant au Moyen-Orient que sur le théâtre de la Caspienne ou dans les Etats pétroliers d’Afrique, comme l’Angola, le Nigeria et le Soudan.

Dans ces premières escarmouches du 21ème siècle, la Chine a vraiment réagi très rapidement. Avant même les attaques du 11 septembre 2001, les dirigeants chinois ont élaboré une riposte à ce qu’ils voyaient comme une intrusion reptilienne de l’Occident sur les terres pétrolières et gazières d’Asie Centrale, en particulier dans la région de la Mer Caspienne. Pour être précis, en juin 2001, les Chinois se sont joints aux Russes pour former l’Organisation de la Coopération de Shanghai. Son sigle, OCS, doit être mémorisé. On n’a pas fini d’en parler.

A l’époque, fait révélateur, les membres juniors de l’OCS étaient les « Stans », ces anciennes républiques de l’URSS riches en pétrole - le Kirghizstan, l’Ouzbékistan, le Kazakhstan et le Tadjikistan - que l’administration Clinton et, après elle, l’administration de George W. Bush, dirigée par d’anciens barons de l’industrie pétrolière, zyeutaient avec convoitise. L’OCS devait être une association de coopération économique et militaire régionale à plusieurs niveaux, laquelle, ainsi que les Chinois et les Russes la voyait, fonctionnerait comme une sorte de couverture de sécurité autour de la bordure septentrionale de l’Afghanistan.

L’Iran est évidemment un nœud énergétique crucial de l’Asie Occidentale et les dirigeants de ce pays, eux non plus, n’allaient pas rester à la traîne dans cette Nouvelle Partie Formidable. L’Iran a besoin d’au moins 200 milliards de dollars d’investissements étrangers pour moderniser véritablement ses fabuleuses réserves pétrolières et gazières - et il vend donc beaucoup plus [de pétrole] à l’Occident que ne le permettent actuellement les sanctions imposées par les Etats-Unis.

Il ne faut pas s’étonner que l’Iran soit rapidement devenu la cible de Washington. Il n’est pas étonnant non plus que tous les likoudniks, de même que l’ancien vice-président Dick Cheney (« le pêcheur ») et ses chambellans et compagnons d’armes néoconservateurs, se masturbent à l’idée d’une attaque aérienne contre ce pays. Comme le voient les élites, de Téhéran à Delhi et de Pékin à Moscou, une telle attaque de la part des Etats-Unis, à présent improbable au moins jusqu’en 2012, serait une guerre non seulement contre la Russie et la Chine, mais contre l’ensemble du projet d’intégration asiatique que l’OCS entend représenter.

Le BRIC-à-brac mondial

Pendant ce temps, alors que l’administration Obama essaye de réparer sa politique iranienne, afghane et centre-asiatique, Pékin continue de rêver d’une version énergétique sûre et coulant à flot depuis l’ancienne Route de la Soie, qui s’étend du Bassin de la Caspienne (les Stans riches en hydrocarbures, plus l’Iran et la Russie) jusqu’à la province du Xinjiang, à l’extrême ouest de la Chine.

Depuis 2001, l’OCS a élargi ses objectifs et ses compétences. Aujourd’hui, l’Iran, l’Inde et le Pakistan bénéficient du « statut d’observateurs » dans une organisation dont l’objectif consiste de plus en plus à contrôler et à protéger non seulement les approvisionnements énergétiques régionaux, mais le Pipelineistan dans toutes les directions. C’est évidemment le rôle que les élites de Washington aimeraient que l’OTAN joue dans toute l’Eurasie. Etant donné que la Russie et la Chine espèrent de leur côté que l’OCS jouera un rôle similaire à travers l’Asie, diverses sortes de confrontations sont inévitables.

Demandez à n’importe quel expert en rapport avec le sujet de l’Académie Chinoise de Sciences Sociales à Pékin et il vous dira que l’OCS devrait être comprise comme une alliance historiquement unique de cinq civilisations non occidentales - russe, chinoise, musulmane, hindou et bouddhiste - et, à cause de cela, capable d’évoluer en un cadre pour un système collectif de sécurité en Eurasie. Il est certain que cette façon de voir mettra mal à l’aise les stratèges globaux classiques de l’establishment à Washington, comme le Dr Zbig et le conseiller à la sécurité nationale du Président George H W Bush, Brent Scowcroft.

Selon le point de vue de Pékin, l’ordre mondial du 21ème siècle en train de s’installer sera significativement déterminé par un quadrilatère de pays, le BRIC - pour ceux d’entre vous qui collectionnez à présent les sigles de la Nouvelle Partie Formidable, cela veut dire : Brésil, Russie, Inde et Chine -, plus le futur triangle islamique constitué de l’Iran, de l’Arabie Saoudite et de la Turquie. Ajoutez-y une Amérique du Sud unifiée, qui n’est plus sous l’emprise de Washington, et vous aurez une OCS-plus mondiale. En théorie, du moins, c’est un rêve à indice d’octane élevé.

La clé pour que cela se produise est la poursuite de l’entente cordiale sino-russe.

Déjà en 1999, observant l’OTAN et les Etats-Unis qui s’étendaient agressivement dans les lointains Balkans, Pékin a identifié cette nouvelle partie pour ce qu’elle était : une guerre en développement pour l’énergie. Et, en jeu, étaient les réserves de pétrole et de gaz naturel de ce que les Américains allaient bientôt appeler « l’arc d’instabilité », une vaste bande de terre s’étendant de l’Afrique du Nord jusqu’à la frontière chinoise.

Non moins importants allaient être les itinéraires que les pipelines emprunteraient pour acheminer vers l’Ouest l’énergie enfouie dans ces terres. Là où ces pipelines seraient construits et les pays qu’ils traverseraient détermineraient une grande partie du monde à venir. Et c’est là où les bases militaires de l’empire américain (comme le Camp Bondsteel au Kosovo) rencontraient le Pipelineistan (représenté, loin en arrière, en 1999, par le pipeline AMBO).

AMBO, raccourci pour Albanian Macedonian Bulgarian Oil Corporation, une entité enregistrée aux Etats-Unis, construit un pipeline à 1,1 milliard de dollars, alias « le trans-Balkan », qui pourrait être achevé en 2011. Il fera venir le pétrole de la Caspienne vers l’Ouest, sans le faire passer ni par la Russie ni par l’Iran. En tant que pipeline, AMBO s’insère bien dans une stratégie géopolitique consistant à créer un quadrillage de sécurité énergétique contrôlée par les Etats-Unis. Ce quadrillage a d’abord été développé par le secrétaire à l’énergie de Bill Clinton, Bill Richardson, et plus tard par Dick Cheney.

Derrière l’idée de ce « quadrillage » repose le va-tout de la militarisation d’un couloir énergétique qui s’étirerait de la Mer Caspienne en Asie Centrale jusqu’à la Turquie, en passant par une série d’anciennes républiques soviétiques désormais indépendantes, et, de là, rejoindrait les Balkans (puis l’Europe). Ce quadrillage était destinée à saboter les plans énergétiques plus vastes, à la fois de la Russie et de l’Iran. AMBO lui-même acheminerait le pétrole depuis le bassin de la Caspienne vers un terminal situé dans l’ancienne république soviétique de Georgie dans le Caucase, le transportant ensuite par bateau citerne à travers la Mer Noire jusqu’au port bulgare de Burgas, où un autre pipeline assurerait la connexion jusqu’en Macédoine et ensuite jusqu’au port albanais de Vlora.

Quant au Camp Bondsteel, c’est la base militaire « durable » que Washington a gagnée des guerres pour les restes de la Yougoslavie. Ce serait la plus grande base à l’étranger que les Etats-Unis auraient construite depuis la guerre du Vietnam. La filiale d’Halliburton Kellogg Brown & Root l’aurait montée avec le Corps des Ingénieurs de l’Armée sur 400 hectares de terres agricoles près de la frontière macédonienne au sud du Kosovo.

Pensez-y comme d’une version conviviale cinq étoiles de Guantanamo avec des avantages pour ceux qui y sont stationnés, incluant massage thaïlandais et des tonnes de nourriture industrielle. Bondsteel est l’équivalent dans les Balkans d’un porte-avions géant immobile, capable d’exercer une surveillance non seulement sur les Balkans, mais également sur la Turquie et la région de la Mer Noire (considérée en langage néocon des années Bush comme « la nouvelle interface » entre la « communauté euro-atlantique » et le « grand Moyen-Orient »).

Comment la Russie, la Chine et l’Iran ne pouvaient-ils pas interpréter la guerre au Kosovo, puis l’invasion de l’Afghanistan (où Washington avait auparavant essayé de faire équipe avec les Taliban et encouragé la construction d’un autre de ces pipelines qui évitent l’Iran et la Russie), suivie par l’invasion de l’Irak (ce pays aux vastes réserves pétrolières) et, finalement, le conflit récent en Georgie (cette jonction cruciale pour le transport de l’énergie) comme des guerres directes pour le Pipelineistan ?

Bien que nos médias du courant dominant l’aient rarement imaginé de cette manière, les dirigeants russes et chinois y ont vu une « continuité » saisissante de la politique de l’impérialisme de Bill Clinton s’étendant à la « guerre mondiale contre la terreur » de Bush. Un retour de bâton, comme a prevenu publiquement le président russe d’alors Vladimir Poutine, était inévitable - mais c’est une autre histoire de tapis volant, une autre caverne dans laquelle nous entrerons une autre fois.

Nuit pluvieuse en Georgie

Si l’on veut comprendre la version washingtonienne du Pipelineistan, on doit commencer avec la Georgie, où règne la mafia. Bien que son armée ait été ratatinée dans sa récente guerre avec la Russie, la Georgie reste cruciale pour la politique énergétique de Washington, dans ce qui est désormais devenu un véritable arc d’instabilité - à cause de l’obsession continuelle [des Américains] de couper l’Iran des flux énergétiques.

C’est autour du pipeline BTC (Bakou-Tbilissi-Ceyhan), ainsi que je le faisais remarquer en 2007 dans mon livre Globalistan, que la politique américaine s’est figée. Zbig Brzezinski en personne s’est envolé pour Bakou en 1995, en tant que « conseiller à l’énergie », moins de quatre ans après l’indépendance de l’Azerbaïdjan, pour vendre cette idée aux élites azéries. Le BTC devait partir du terminal de Dangachal, à une demi-heure de Bakou, et traverser la Georgie voisine jusqu’au terminal naval situé dans le port turc de Ceyhan, sur la Méditerranée.

A présent opérationnel, ce serpent de métal de 1.767 kilomètres de long et de 44 mètres de large passe à proximité de pas moins de six zones de guerre, en cours ou potentielles : Nagorno-Karabakh (une enclave arménienne en Azerbaïdjan), la Tchétchènie et le Daguestan (deux régions russes assiégées), l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie (où s’est déroulée en 2008 la guerre entre la Russie et la Georgie) et le Kurdistan turc.

D’un point de vue purement économique, le BTC n’avait aucun sens. Un pipeline « BTK », partant de Bakou et passant par Téhéran pour rejoindre l’Ile de Kharg en Iran, aurait pu être construit pour, toutes proportions gardées, presque rien - et il aurait eu l’avantage de contourner à la fois la Georgie corrompue par la mafia et l’Anatolie orientale instable peuplée de Kurdes. Cela aurait été le moyen réellement bon marché d’acheminer vers l’Europe le pétrole et le gaz de la Caspienne.

Cette Nouvelle Partie Formidable a fait en sorte que ce ne soit pas le cas et beaucoup de choses ont fait suite à cette décision. Même si Moscou n’a jamais prévu d’occuper la Georgie à long terme dans sa guerre de 2008 ou de prendre le contrôle du pipeline BTC qui traverse désormais son territoire, l’analyste pétrolier d’Alfa Bank, Konstantin Batounine, a fait remarquer l’évidence : en coupant brièvement le flux pétrolier du BTC, les soldats russes ont fait comprendre très clairement aux investisseurs mondiaux que la Georgie n’était pas un pays fiable pour le transit énergétique. Autrement dit, les Russes ont tourné en dérision le monde selon Zbig.

Pour sa part, l’Azerbaïdjan représentait jusqu’à récemment la véritable réussite dans la version étasunienne du Pipelineistan. Conseillé par Zbig, Bill Clinton a littéralement « volé » Bakou du « voisinage proche » de la Russie, en encourageant le BTC et les richesses qui en couleraient. Cependant, à présent, avec le message de la guerre russo-Georgienne qui s’est immiscé, Bakou s’autorise à nouveau à se laisser séduire par la Russie. Pour compléter le tableau, le président de l’Azerbaïdjan, Ilham Aliyev, ne peut pas piffer le président bravache de la Georgie, Mikhaïl Saakachvili. Ce n’est guère surprenant. Après tout, les manœuvres militaires irréfléchies de Saakachvili ont causé à l’Azerbaïdjan la perte d’au moins 500 millions de dollars lorsque le BTC a été fermé durant la guerre.

Le blitzkrieg de séduction russe pour l’énergie est également concentré comme un laser sur l’Asie Centrale. (Nous en parlerons plus en détail dans le prochain épisode du Pipelineistan.) Cette séduction tourne autour de l’offre d’acheter le gaz kazakh, ouzbek et turkmène aux prix européens, au lieu des prix précédents russes beaucoup plus bas. Les Russes, en fait, ont fait la même proposition aux Azéris : donc, à présent, Bakou négocie un accord impliquant plus de capacité pour le pipeline Bakou-Novorossisk, qui se dirige vers les frontières russes de la Mer Noire, tout en envisageant de pomper moins de pétrole pour le BTC.

Obama a besoin de comprendre les graves implications de tout ceci. Moins de pétrole azéri pour le BTC - sa pleine capacité est d’un million de barils par jour, essentiellement acheminés vers l’Europe - signifie que ce pipeline pourrait faire faillite, ce qui est exactement ce que veut la Russie.

En Asie Centrale, quelques-uns des plus gros enjeux tournent autour du champ pétrolier monstre de Kashagan situé dans le « léopard des neiges » d’Asie Centrale, le Kazakhstan, le joyaux absolu de la couronne de la Caspienne, avec des réserves atteignant 9 milliards de barils. Comme d’habitude au Pipelineistan, tout se résume à savoir quels itinéraires livreront le pétrole de Kashagan au monde après le démarrage de la production en 2013. Cela est bien sûr annonciateur de la Guerre Liquide. Le Président Kazakh Nursultan Nazarbayev, rusé comme un renard, aimerait utiliser le Consortium du Pipeline de la Caspienne (CPC) contrôlé par les Russes pour déverser le brut de Kashagan vers la Mer Noire.

Dans ce cas, les Kazakhs détiendraient tous les atouts. La façon dont le pétrole s’écoulera depuis Kashagan décidera de la vie ou de la mort du BTC - autrefois vanté par Washington comme l’échappatoire occidentale ultime de la dépendance sur le pétrole du Golfe Persique.

Alors, bienvenue au Pipelineistan ! Que nous l’aimions ou pas, en période faste comme en période difficile, nous pouvons raisonnablement parier que nous allons tous devenir des touristes de Pipeline. Donc, suivez le flux ! Apprenez les acronymes cruciaux, gardez un œil sur ce qui va arriver à toutes ces bases étasuniennes dans tous les fiefs pétroliers de la planète, observez là où les pipelines seront construits et faîtes de votre mieux pour garder l’œil sur la prochaine série d’accords énergétiques monstres chinois et des coups fabuleux du Russe Gazprom.

Et, pendant que vous y êtes, considérez ceci comme juste la première carte postale envoyée de notre tournée au Pipelineistan. Nous reviendrons (comme disait Terminator). Pensez à cela comme à une porte s’ouvrant sur un futur dans lequel où et vers qui ce qui s’écoulera pourrait s’avérer être la question la plus importante sur la planète.

* Pepe Escobar est le correspondant itinerant de l’Asia Times Online et analyste pour Real News. Cet article est tiré de son nouveau livre, Obama does Globalistan.
Il est également l’auteur de Globalistan : How the Globalized World is Dissolving into Liquid War [Globalistan : Comment le Monde Globalisé se Dissout dans
la Guerre Liquide] (Nimble Books, 2007) et de Red Zone Blues : a snapshot of Baghdad during the surge [Le Blues de la Zone Rouge : un instantané de Bagdad durant le Surge - la montée en puissance de l’armée américaine].

Notes :

[1] Voir PNAC, le programme pour un nouveau siècle américain (fichier PDF)

Pepe Escobar

6 avril 2009 -

Asia Times Online

Traduction : J.F Goulon - Questions Critiques

Vous pouvez consulter cet article à : http://www.atimes.com/atimes/Centra...
Traduction : J.F Goulon - Questions Critiques

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=6405


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16/04/2009

n° 26- Journal des Guerres de l'Otan- 28-03 au 15-04 - Début - : L’OTAN, pourquoi faire !


n° 26- Journal des Guerres de l'Otan- 28-03 au 15-04 - Début - : L’OTAN, pourquoi faire !



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



  Journal des Guerres de l'Otan.  n° 26- 28-03 au 15-04

                        C.De Broeder & M.Lemaire                                                                      



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

1 Au jour le jour

2 Positions

a) Ossétie 

b) des voisins.

3 Politique 

a) Russe

Suite

b) L'Otan & alliés

4 Institutions internationales

6 Brèves

6-1 Obama et Medvedev veulent progresser sur le désarmement.

6-2 Saakachvili croit dans le rétablissement de l'intégrité du pays.

Fin

7 Dossier & Point de vue

7-1 Jacques Le Dauphin : L’OTAN, pourquoi faire ? 

7-2 18 ans après la fin du «péril rouge», Pourquoi encore l'Otan ?

7-3 La mission mondiale nauséabonde de l’OTAN



1 Au jour le jour

a) Ossétie du Sud:

La Georgie prépare des provocations.
De jeunes gens résidant dans les enclaves Georgiennes sur le territoire de l'Ossétie du Sud suivent des stages de renseignement et de subversion en Georgie, a déclaré mardi à RIA Novosti le président du Comité de sécurité d'Etat (KGB) sud-ossète Boris Atoïev.
Boris Atoïev. : "Je peux dire que des provocations seront organisées par les services spéciaux Georgiens, notamment dans la zone frontalière. Nous avons toutes les raisons d'émettre de telles suppositions.

Nous disposons de suffisamment d'informations indiquant que de jeunes gens résidant dans des enclaves sont dirigés vers des camps d'entraînement pour être formés au renseignement et à la subversion. Il se peut que les autorités Georgiennes essaient de les enrôler dans des actes terroristes et des provocations, y compris lors de rassemblements près de la frontière", a indiqué le président du KGB sud-ossète.
Quoi qu'il en soit, M.Atoïev ne pense pas que
la Georgie essaie de lancer une nouvelle opération d'envergure contre l'Ossétie du Sud.
Atoïev : "Je n'ignore pas que de telles rumeurs courent, et que le peuple s'en inquiète. Je tiens à rassurer tout le monde. Je ne pense pas que de nouvelles opérations d'envergure soient à craindre ", a-t-il poursuivi."La situation politique en Georgie est telle à présent que ses services spéciaux font circuler toute sorte de bruits. Cela se fait sans doute pour détourner l'attention de la population des problèmes intérieurs du pays. En outre, cela vise à déstabiliser la situation dans notre république", a ajouté le président du KGB.

Mardi 7 avril 2009

RIA Novosti Agence russe
http://fr.rian.ru/world/20090407/120961175.html


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n° 26- Journal des Guerres de l'Otan- 28-03 au 15-04 -Suite - : L’OTAN, pourquoi faire !


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Sommaire.

b) L'Otan & alliés

4 Institutions internationales

6 Brèves

6-1 Obama et Medvedev veulent progresser sur le désarmement.

6-2 Saakachvili croit dans le rétablissement de l'intégrité du pays.



Dans les coulisses 

Un «super atlantiste» en chef : Rasmussen devient secrétaire général de l’Otan.

Sa gestion de la crise des caricatures de Mahomet a bien failli lui coûter le poste. Mais le Premier ministre danois a fini par l’emporter et deviendra secrétaire général de l’Otan. Après huit ans à la tête du gouvernement danois, c’est une consécration pour ce libéral proeuropéen de 56 ans, qui n’a pas hésité à engager son pays aux côtés des Etats-Unis en Afghanistan et, surtout, en Irak. Cette décision restera d’ailleurs sans aucun doute la plus controversée de ses trois mandats. Elle a «brisé le consensus qui prévalait au Danemark depuis l’après-guerre», estime le rédacteur en chef du quotidien Politiken, Toger Seidenfaden.

«Fogh», comme on a pris l’habitude de l’appeler pour le distinguer de tous les autres Rasmussen, a toujours été un allié fidèle des Etats-Unis. Il s’en expliquait dans une tribune, publiée dans le journal Berlingske Tidende, en mars 2003, où il affirmait que son pays avait «une dette à l’égard des Etats-Unis» depuis la Seconde Guerre mondiale. Il était temps de la régler et de rompre avec la ligne consistant «à laisser les autres se battre pour la liberté et la paix». Le Danemark a toujours été atlantiste, mais «il est devenu super atlantiste avec Fogh», affirme Hans Mouritzen, professeur à l’Institut danois des études internationales. Une position renforcée par son amitié nouée avec l’ancien président George Bush. «C’était pour lui comme un frère spirituel, avec lequel il partage des valeurs et une façon de considérer le bien et le mal», évoque Henrik Qvortrup, son ancien conseiller.

En 2005, l’épisode des caricatures a été pour lui l’occasion de se présenter en chantre de la liberté d’expression et des valeurs démocratiques. Mais au Danemark, certains lui reprochent toujours d’avoir laissé la crise se radicaliser, en refusant de rencontrer les ambassadeurs des pays musulmans. Toger Seidenfaden y voit la preuve d’une «rigidité idéologique» qui l’a conduit par ailleurs à mener «une politique des valeurs, contribuant à l’atmosphère de xénophobie et de confrontation qui règne au Danemark», avec le soutien de l’extrême droite au parlement.

Intelligent et toujours très bien préparé, ceux qui le connaissent dressent de lui le portrait d’un stratège exceptionnel. Y compris ses adversaires. Le gel des augmentations d’impôts et une politique de l’immigration ultra-restrictive ont contribué à sa popularité au Danemark. Admirateur de Tony Blair, il a longtemps défendu des positions très libérales, avant d’adopter les principes de la troisième voie. Le commentateur politique Thomas Larsen observait : «Il a réalisé que s’il voulait prendre le pouvoir, il ne pouvait pas le faire en attaquant l’Etat providence Fogh est un pragmatique.

ANNE-FRANCOISE HIVERT

http://www.liberation.fr/monde/0101560385-un-super-atlantiste-en-chef


Rasmussen, un atlantiste fervent à la tête de l'Alliance

Fidèle allié des États-Unis, le premier ministre danois sortant passe pour «un tacticien émérite».

Aucun fait d'armes particulier dans sa brillante carrière. Mais une solide expérience politique acquise notamment en dirigeant pendant plus de sept ans une coalition de centre droit, soutenue par le Parti du peuple danois, une formation d'extrême droite. «Anders Fogh Rasmussen est un bon organisateur, un tacticien émérite, qui a une grande maîtrise de lui-même», affirme Hans Engell, ancien ministre de la Defense. Son pragmatisme et son art du compromis lui seront bien utiles à la tête de l'Otan.

Concernant l'élargissement de l'Alliance, Rasmussen semble privilégier une approche plus restreinte, qui ne heurterait pas trop les susceptibilités russes. Fidèle allié des États-Unis, le Danois est en même temps partisan d'une meilleure coopération entre l'Otan et l'Union européenne, souhaitée notamment par la France.

Au Danemark, il fut un temps où sa politique étrangère était sévèrement critiquée par l'opposition. Celle-ci ne lui a jamais pardonné d'avoir engagé son pays dans le bourbier irakien. Ni de s'être présenté pendant des années en «ami personnel» de George W. Bush. N'avait-il pas d'ailleurs lui aussi proclamé, avant d'envoyer les troupes danoises en Irak : «Nous savons que Saddam Hussein possède des armes de destruction massives» ?… Ce qui lui valut, à l'instar de l'ex-premier ministre britannique Tony Blair, d'être taxé de «caniche» des Américains. Avec sa décision, en mars 2003, d'envoyer des soldats aux côtés des Américains en Irak, il gagne la confiance de Washington et de Londres. Parmi les premiers à s'engager en Afghanistan, le Danemark a également envoyé 700 hommes dans la province du Helmand.

[...] Sa gestion de la crise des caricatures de Mahomet, début 2006, lui vaudra le respect de ses homologues européens.

Stéphane Kovacs
Le Figaro 06/04/2009

www.lefigaro.fr/international/2009/04/06/01003-20090406ARTFIG00342-rasmussen-un-atlantiste-fervent-a-la-tete-de-l-alliance-.php


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n° 26- Journal des Guerres de l'Otan- 28-03 au 15-04 - Fin - : L’OTAN, pourquoi faire !

n° 26- Journal des Guerres de l'Otan- 28-03 au 15-04 - Fin - : L’OTAN, pourquoi faire !



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

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  Journal des Guerres de l'Otan.  n° 26- 28-03 au 15-04

                        C.De Broeder & M.Lemaire                                                                      



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

7 Dossier & Point de vue

7-1 Jacques Le Dauphin : L’OTAN, pourquoi faire ? 

7-2 18 ans après la fin du «péril rouge», Pourquoi encore l'Otan ?

7-3 La mission mondiale nauséabonde de l’OTAN


7  Dossiers

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

7-1 Jacques Le Dauphin : L’OTAN, pourquoi faire ? 

Dans quelques jours à Strasbourg-Kehl-Baden-Baden se tiendra le sommet du soixantième anniversaire de l’OTAN.
Une telle commémoration représente en elle-même un véritable défi.
En effet qu’une organisation militaire typique de la guerre froide perdure encore, alors que les motivations qui ont présidé à son avènement ont disparu depuis vingt ans, pose question sur son identité réelle.

Alors que les interrogations se multiplient sur cette identité, le président français Nicolas Sarkozy, bien que personne ne lui demandât, décide d’engager la France dans la totalité des structures militaires intégrées de l’OTAN et même d’y exercer en leurs seins des postes de commandement. Une décision qui met fin à l’exception française décrétée par le Général De Gaulle en 1966 et suscite comme on a pu le mesurer ces derniers jours, réserves et réactions hostiles dans de larges couches de l’opinion française et questionnements dans les autres pays européens. C’est un défi qui s’ajoute au premier.

Alors pourquoi ces défis lancés ? Pourquoi le maintien et le développement amorcé de l’OTAN ? Qu’est ce qui pousse le gouvernement français à prendre une telle décision aliénant l’indépendance nationale, à laquelle il se dit pourtant attaché, et que l’on sait l’OTAN placée sous leadership américain ?

Une nouvelle OTAN ?

Parmi les arguments avancés, on trouve l’idée que l’OTAN n’est plus la même que par le passé et que sa nouvelle raison d’être se situe dans le contexte international actuel.

Si dit-on la menace soviétique a disparu, de nouvelles menaces sont apparues comme le chaos, le terrorisme, l’insécurité mondiale due au « non droit » et à la haine.
Ainsi l’OTAN se maintiendrait et exercerait plus de responsabilités face à ces menaces diffuses.
Elle se transformerait en une « Alliance contre X », contre tout ce qu’on ne peut nommer précisément. Ce qui constitue à l’évidence un vaste champ d’ennemis potentiels.
Dans cet esprit, dès le lendemain de
la Guerre froide, sous l’impulsion des Etats-Unis, l’OTAN s’est évertuée à rechercher des adaptations pour tenter de justifier sa pérennité.
Une mutation a été entreprise, l’Organisation a intégré de nouveaux membres, issus de l’ex-URSS, de l’ex-Traité de Varsovie, des Balkans.
Un nouveau concept stratégique a été adopté en 1999, tendant à l’élargissement des prérogatives et de la sphère d’influence, bien au-delà du cadre initial, l’OTAN partout et pour tout.
Ce cap défini a été maintenu, tendant à transformer l’OTAN en bras armé de la mondialisation libérale, porteur de valeurs occidentales, dites universelles.
Il s’agit d’une volonté de moins en moins camouflée de substituer l’OTAN à l’Organisation des Nations Unies (ONU).
L’OTAN deviendrait ainsi le lieu où se décide la sécurité du monde et imposerait sa loi par sa puissance militaire (70 % des capacités militaires mondiales). _ Il ne s’agit pas d’une vue de l’esprit c’est le sens du « Global Nato » pour la promotion duquel milite son secrétaire général actuel, Jaap De Hoop Scheffer. Déjà les troupes de l’Otan interviennent déjà hors de leur zone en Afghanistan en attendant demain d’autres aventures sur d’autres continents ? À ce sujet l’OTAN se propose d’inviter à participer à ses structures des pays comme le Japon, l’Australie,
la Nouvelle-Zélande....

La crise du relationnel transatlantique

Si la ligne semble tracée, elle rencontre cependant de vives résistances au sein même de l’Organisation. Elles sont à rattacher à la crise du relationnel transatlantique ouverte à la fin de la guerre froide. Ce qui rend parfois ces contradictions difficiles à cerner, c’est qu’au fil des événements, compte tenu de la variété des pays européens, la relation transatlantique est marquée par des tendances centrifuges et centripètes, d’autant que les Etats-Unis ne restent pas les deux pieds dans le même sabot. Ils tentent de rassurer leurs alliés tout en maintenant la pression.

Cependant les contradictions demeurent. La crise irakienne fut un point d’orgue, mais également les divergences apparues lors du sommet de Bucarest concernant l’entrée de l’Ukraine et de la Georgie dans l’Organisation, ou encore les réticences de plusieurs pays à envoyer de nouvelles troupes en Afghanistan. La crainte de plusieurs pays de se voir entraînés de facto dans des opérations militaires américaines, aventuristes et dangereuses est vive.

Qu’en sera-t-il à Strasbourg , où Barak Obama sera présent ? La nouvelle administration américaine infléchira-t-elle quelque peu la tendance hégémonique des Etats-Unis ? De récentes déclarations semblent marquer certains infléchissements sur l’Iran, le bouclier anti-missile, dans le relationnel avec la Russie, la Chine … Les déclarations de Joé Briden, lors de la récente conférence de Munich sur la sécurité s’écartent, il est vrai, de la tonalité des discours de George Bush. _ Mais la tonalité ne suffit pas à changer la réalité. Et il semble assez illusoire de penser que les Etats-Unis seraient susceptibles de remettre en cause spontanément leur leadership qui est une permanence de la politique américaine.
Lors de son discours d’investiture Barack Obama a été clair à ce sujet. _ Tout porte à croire que les Américains entendent redynamiser l’Alliance Atlantique et redéfinir avec leurs alliés ses missions stratégiques. Le nouveau concept stratégique projeté semble bien s’inscrire dans ce sens. _ Il apparaît donc peu probable comme le décrit Nicolas Sarkozy, au nom d’une ligne dite « bruxelliste », que les Etats-Unis envisagent aussi simplement de partager véritablement une direction sur l’Organisation qu’ils assument depuis l’origine. D’autant que c’est loin d’être une revendication majoritaire des pays européens, lesquels ne souhaitent pas non plus une defense européenne autonome.
Qu’attendre du Sommet de Strasbourg dont Nicolas Sarkozy et Angela Merkel participent à la présidence ? Nous le saurons dans quelques jours.

L’OTAN à la croisée des chemins

Ce qui est certain c’est que l’OTAN se trouve placée à la croisée des chemins  : le statu quo n’est pas envisageable, pas plus que le retour à la case départ, souhaité pourtant par plusieurs pays, mais qui remettrait en cause l’existence même de l’Organisation.
Reste la fuite en avant déjà entreprise. Cependant aucun de ces chemins ne conduit à crédibiliser l’identité de l’Otan et sa légitimité actuelle. _

Alors que penser d’une organisation dont les membres ne s’accordent qu’à minima sur son rôle actuel et futur ? A-t-elle toujours raison d’être ? Ne peut-on pas émettre l’idée de sa dissolution ? On peut la penser possible, mais elle ne résultera pas par des incantations.
En effet pour le présent, en dépit des divergences évoquées, aucun des gouvernements des pays membres ne désire remettre en cause l’existence de l’OTAN, ni même s’en retirer, d’autant que d’autres pays frappent à la porte pour y entrer.
En cela pèse le lien privilégié avec les Etats-Unis et surtout l’absence d’une alternative claire et crédible. Rien ne sera donc spontané du côté des Etats.
Mais un courant monte dans les opinions pour remettre en cause l’existence de l’OTAN.
Le contre sommet qui aura lieu à Strasbourg-Kehl, à l’initiative d’organisations représentatives, en parallèle avec le sommet officiel en témoigne. Se retrouveront, Français, Allemands, Belges, Britanniques, Grecs, Américains, Autrichiens… Outre les débats projetés ce contre sommet aboutira à une grande manifestation.
On aurait le plus grand tort de penser qu’il s’agit là d’une vaine démonstration. L’inquiétude des autorités témoigne du contraire. C’est pourquoi la pression de l’opinion devra continuer à s’exercer.

Une nouvelle architecture européenne de sécurité
Face à ce qui peut sembler une impasse ne peut-on envisager d’établir une nouvelle architecture de sécurité pour le continent dans un profil paneuropéen, un projet qui tendrait à se dégager d’une conception purement militaire de la sécurité ?
Une telle ambition pourrait être portée par les Etats européens avec, comme ce fut le cas lors de
la Conférence pour la sécurité et la coopération en Europe à Helsinki, en 1975, la participation de la Russie et des Etats-Unis. Dans un autre contexte une sorte « d’Helsinki II ».
Il apparaît évident qu’un tel projet ne pourrait être porté par des organisations marquées par
la Guerre froide, comme l’OTAN, structure militaire, ni même l’OSCE visiblement dépassée par l’Histoire.
Dans cet esprit, si l’on évite de faire un point de fixation sur de possibles arrières pensées russes, la proposition formulée par le président russe, Dmitri Medvedev, d’un concept paneuropéen de sécurité mérite sans aucun doute l’attention.
Dans une nouvelle architecture de sécurité européenne on peut trouver le moyen de dépasser graduellement l’OTAN, en offrant aux pays européens de réelles perspectives. La construction européenne y trouverait une dynamique d’autonomisation lui permettant d’apporter une riche contribution dans les rapports internationaux.

Jacques Le Dauphin

Directeur de l’Institut de documentation et de recherche sur la paix (IDRP), collaborateur de la revue Recherches Internationales.

4 avril 

http://www.gabrielperi.fr/L-OTAN-pourquoi-faire

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30/03/2009

n°25 - La 'Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan -28-03 - Début - : OTAN - Pendant longtemps encore, la stratégie de la peur ?


n°25 - La 'Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan  -28-03 - Début - : OTAN - Pendant longtemps encore, la stratégie de la peur ?


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'OTAN et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



La 'Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan 

                         n° 25- 28-03

                                                 C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire.

Tiré à part :

La ville de Strasbourg transformée en bunker pour le sommet de l'OTAN.

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Abkazie-Ossetie du Sud : Pourquoi la Russie a raison.

1-2 Pendant longtemps encore, la stratégie de la peur ?

1-3 Otan : Concepts stratégiques.

1-5 OTAN : Une arme de destruction massive…

Suite

1-6 Hélène Nouaille : OTAN : le grand malentendu.

1-7 18 ans après la fin du «péril rouge», pourquoi encore l'Otan ?

Fin

1-8 OTAN : quel nouveau concept stratégique ?

2 Annexe

2-1 Derrière le G20, c’est toujours le G8 qui est à la parade !

2-2 Le 11 septembre 2001: une provocation mondiale.

 



Tiré à part :

La ville de Strasbourg transformée en bunker pour le sommet de l'OTAN.

Ndlr : La publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue des auteurs mais doit être vu comme information.
Les barrières Vauban ont disparu de Paris, et pris le chemin de Strasbourg. Cinq mille barrières métalliques, soit 50 % du stock, ont été prêtées par la préfecture de police pour la protection du Sommet de l'OTAN prévu les 3 et 4 avril, dans la capitale alsacienne. Vingt-huit chefs de l'Etat y sont attendus, dont le président des Etats-Unis Barack Obama. Mais aussi 40 000 à 60 000 manifestants associatifs, politiques et radicaux.

Jamais, pour l'organisation d'un grand événement, le dispositif de sécurité n'avait atteint ces proportions. Depuis le 20 mars, et jusqu'au 5 avril, la France, pour ce 60e anniversaire de l'Alliance atlantique, est sortie de l'espace Schengen et le contrôle aux frontières a été réintroduit.

Au total, 11 000 policiers et gendarmes vont être déployés à Strasbourg, dont 85 unités mobiles de maintien de l'ordre - 45 compagnies de CRS sur la soixantaine que compte la métropole et 40 unités de gendarmes, dont certaines rappelées de Guadeloupe -, des effectifs du renseignement, de la police judiciaire, des brigades fluviales, des laboratoires de police scientifique ambulants. Batteries anti-aériennes, murs anti-émeutes, blindés sont prévus. Il y aura même la Garde républicaine avec 75 chevaux ! Trois PC de sécurité seront mis en place.

Le dispositif devrait être confirmé par la ministre de l'intérieur, Michèle Alliot-Marie, sur place, lundi 30 mars. Par comparaison, le 60e anniversaire du débarquement en Normandie en 2004, en présence de nombreux chefs d'Etat et de la reine d'Angleterre, avait mobilisé 65 unités mobiles. Le G8 d'Evian en 2003, 60. "La venue d'Obama fait flipper tout le monde", remarque un responsable policier. Les Allemands, co-organisateurs du sommet à Kehl et Baden-Baden, ne sont pas en reste : ils ont annoncé une mobilisation de 14 000 policiers. Certains, d'ailleurs, travailleront sur le territoire français dans le cadre des accords de coopération.

Strasbourg est déjà sur le pied de guerre. Aucun accord n'a encore été trouvé pour le trajet de la manifestation des anti-OTAN. Le village, lieu de rendez-vous traditionnel des altermondialistes où sont attendues 6 000 personnes, a eu toutes les peines à trouver sa place, au sud de la ville. La préfecture avait demandé 20 000 euros de caution aux organisateurs...

Deux zones, rouge et orange, ont été délimitées dans le centre-ville où la circulation sera très réduite. Chaque résident, ou commerçant, devra se munir d'un badge. La police a prévu d'en distribuer 44 000. Les autoroutes A350 et A35 seront bloquées. Treize établissements scolaires vont être fermés, ainsi que 25 terrains sportifs. La collecte des déchets sera modifiée, les marchés annulés, les plaques d'égout scellées !

Un climat de guérilla s'est installé. Déjà, les drapeaux de "l'ennemi" ont été arrachés : les étendards arc-en-ciel des anti-OTAN ont été retirés par la police des balcons. "Je trouve inacceptable que l'on cherche à brider la libre expression des habitants", proteste le maire (PS), Rolan Ries, relayé sur ce point du PCF au MoDem.

Sans parcours officiel encore, la manifestation organisée côté français, avec tout ce que la gauche compte d'associations et de partis politiques, devrait partir du jardin des Deux-Rives. Le cortège allemand, lui, projetait de la rejoindre sur le pont de l'Europe. Voilà pour la partie "officielle". Pour l'officieux, une coordination anti-OTAN, rassemblant la mouvance anarchiste, libertaire et autonome (Fédération anarchiste, Confédération nationale du travail, Alternative libertaire, No Pasaran, Scalp...) se concerte depuis des mois : organisation de stages de désobéissance civile, répétition grandeur nature "d'actions directes non violentes". Une équipe médicale et un bataillon d'avocats (la "legal team") sont déjà mobilisés. Et des conseils fusent : "Apprends à reconnaître les différents types de flics... Ecris-toi sur le bras le numéro de la legal team... Evite de prendre ton téléphone plein de contacts - merci pour les camarades..." La consigne finale est passée sur Internet : "risque légal faible (...) risque de garde à vue haut."

"On a bien compris que le gouvernement voulait jouer la confrontation physique, on utilisera d'autres armes", dit un militant. Dix à vingt actions de blocage sont envisagées avec l'espoir de pénétrer dans les zones interdites. "Ça va être beaucoup improvisé par des petits groupes selon la théorie du chaos", annonce Xavier Renou, du mouvement des Désobéissants. La police s'attend à tout. Certains responsables ont même évoqué de folles actions telles que la coloration symbolique du Rhin...

Isabelle Mandraud et Sylvia Zappi

LE MONDE | 27.03.09


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n°25 - La 'Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan -28-03 – Suite - : OTAN - Pendant longtemps encore, la stratégie de la peur ?


n°25 - La 'Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan  -28-03 – Suite - : OTAN - Pendant longtemps encore, la stratégie de la peur ?


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.



La 'Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan 

                         n° 25- 28-03

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1-6 Hélène Nouaille : OTAN : le grand malentendu.

1-7 18 ans après la fin du «péril rouge», pourquoi encore l'Otan ?


1-6 Hélène Nouaille : OTAN : le grand malentendu.

“ Après tout, l’OTAN est une alliance militaire ” rappelait Geoff Morrell, porte parole du Pentagone, le 5 mars dernier, lors d’un point de presse. Une alliance militaire dont le commandement est américain. “ A la suite de la signature du Traité de l’Atlantique Nord le 4 avril 1949, les alliés de l’OTAN ont demandé au président des Etats-Unis de désigner un officier qui deviendrait SACEUR (Supreme Allied Commander Europe) et installerait un commandement militaire intégré pour la défense des nations membres de l’OTAN en Europe ” (1). Ce qui fut fait, continûment depuis 1953 (2).

On le sait, la pertinence de cette alliance militaire sous commandement américain a fait long feu avec la disparition de la menace soviétique (1991) et du Pacte de Varsovie, laissant l’Europe désemparée et les Etats-Unis soucieux de lui donner un nouveau rôle. “ A la différence de l’Union européenne, l’OTAN est un corps transatlantique (...). Les institutions politiques et militaires sont transatlantiquement intégrées, une situation qui sera plus vraie encore lorsque la France aura rejoint le commandement militaire (...).

Par contraste, les Etats-Unis regardent l’Union européenne de l’extérieur ” analyse James Joyner pour l’influent think tank Atlantic Council of the United States (3), fondé en 1961 par Dean Acheson et quatre autres Secrétaires d’Etat américains.

Son propos n’est pas la réintégration de la France dans le commandement militaire intégré de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, qui ne le passionne d’ailleurs pas plus que la presse américaine, mais de réfléchir au meilleur moyen de préserver les intérêts américains dans le futur. “ Obama doit-il abandonner l’OTAN pour l’UE ? ” demande-t-il en titre. Parce qu’il y a débat : il y a ceux, comme Paul Hockenos (4), qui pensent que “ l’OTAN aurait dû proclamer sa victoire et fermer boutique ”. Parce que l’Organisation reste “ une alliance dominée par les Américains dans un esprit de Guerre froide. Non seulement l’OTAN est mal équipée pour affronter la pluralité des nouveaux défis de l’ordre mondial de l’après Guerre froide (et aujourd’hui de l’ère post américaine), mais elle est devenue contre productive quant à la tâche pour laquelle elle a été créée – à savoir de garantir la sécurité en Europe ”.

Donc, tout en reconnaissant en l’OTAN une organisation “ qui a aidé à gagner la guerre froide sans tirer un coup de feu ”, Paul Hockenos plaide pour que la nouvelle administration américaine s’en détourne. Elle “ serait mieux servie en repensant les relations américaines avec l’Europe (...) qu’en transformant l’alliance en une agence destinée à répondre à des crises internationales de toutes sortes ”. En effet, ajoute-t-il, “ les avocats de l’OTAN ont seulement attiré l’attention sur son inadéquation pour le 21ème siècle ” outre que, “ en provoquant la Russie par son omniprésence, l’OTAN pourrait mettre à mal la première et la plus élémentaire de ses missions ” (sa raison d’être, en français dans le texte, la sécurité européenne).

Pourquoi alors les Américains ont-ils poussé, de réunions en conférences à l’élargissement de l’alliance ? Eh bien, explique Paul Hockenos, parce que “ en dépit de sa structure multilatérale, l’OTAN est devenue une chambre de compensation pour des “ coalitions de volontaires ” dirigées par les Etats-Unis que les membres de l’alliance – et des non membres - peuvent rejoindre au cas par cas ”. Il n’est donc que logique de solliciter l’Australie, le Japon ou Israël – autant d’opportunités pour des coalitions ad hoc. Pendant ce temps, “ les Européens ne portent aucun des rôles et des responsabilités – même comme partenaires juniors – comme ils l’ont fait par le passé, mais servent plutôt d’assistants occasionnels, comme cela a été le cas dans l’invasion et la pacification de l’Afghanistan ”.

Ajoutons à cela que les menaces actuelles sur l’UE, qui “ incluent les conflits ethniques sur les frontières européennes, les migrations de masse et les flots de réfugiés, les crises de l’énergie, la prolifération nucléaire et le terrorisme transnational (...) le réchauffement climatique, le trafic international, la raréfaction des ressources et les Etats en faillite ” ne peuvent être prévenues ni traitées par l’Organisation. “ Ni les instruments ni le cadre de l’OTAN ne sont adéquats pour ce type de problèmes ”. James Joyner reconnaît la force de ces arguments – et le dit. Mais puisqu’il est dans l’intérêt des Etats-Unis de travailler de façon étroite avec l’UE, être ce qu’ils sont dans l’OTAN leur offre “ un solide mécanisme pour gérer leurs relations avec Bruxelles, qui sans quoi n’existeraient pas ”.

Le propos et l’intention sont clairs. Mais James Joyner précise encore sa pensée : de sécurité européenne il n’est guère question. Mais d’intérêts économiques, oui : “ Peut-être un jour fusionnerons-nous l’OTAN et l’UE, créant une Union Nord Atlantique ou quelque chose comme ça. Lever les barrières pour commercer et voyager dans leur zone n’apporte que du sens pour les deux plus grandes économies (du monde) (...). Bien sûr, cela n’aurait du sens que si l’UE décidait de revenir sur son ambition d’être les Etats-Unis d’Europe (...) ”. En attendant, conclut James Joyner, il faut donc aux Etats-Unis continuer de travailler dans le cadre d’une l’OTAN qu’ils dominent dans une relation hiérarchique et qui offre, si nous comprenons bien, les instruments adéquats de la présence américaine en Europe et dans les affaires européennes.

C’est précisément à cela que le général de Gaulle a voulu soustraire la France en proposant, dans un mémorandum adressé le 17 septembre 1958 au président Dwight Eisenhower et à Harold Macmillan, premier ministre britannique, le projet d’une nouvelle organisation qui “ aurait, d’une part, à prendre les décisions communes dans les questions politiques touchant à la sécurité mondiale, d’autre part à établir et, le cas échéant, à mettre en application les plans d’action stratégique, notamment en ce qui concerne l’emploi des armes nucléaires ” (5).

Nouvelle organisation dont il savait qu’elle était irrecevable pour les Américains – il le confiera plus tard à Alain Peyreffite : “ Ce mémorandum n’était qu’un procédé de pression diplomatique. Je cherchais alors à trouver un moyen de sortir de l’OTAN et de reprendre ma liberté, que la IVe République avait aliénée. Alors, j’ai demandé la lune. J’étais sûr qu’on ne me l’accorderait pas. Les Anglo-Américains voudraient pouvoir employer leur force à leur guise, et ils ne veulent pas de nous pour ça. Ce qu’ils veulent, c’est nous dominer ” (5).

“ En fait, c’est ce que nous avons fait pas à pas depuis 1958 : nous n’y sommes plus vraiment, nous y sommes présents sans y être réellement intégrés ”. Tout est dit, et clairement : “ A la solidarité dans les risques encourus, ne correspond pas la coopération indispensable quant aux décisions prises et aux responsabilités (...). Il est vrai qu’on avait d’abord admis que l’armement atomique, évidemment capital, resterait pour longtemps le monopole des Etats-Unis, ce qui pouvait paraître justifier qu’à l’échelle mondiale des décisions concernant la défense fussent pratiquement déléguées au gouvernement de Washington. Mais, sur ce point également, on doit reconnaître qu’un pareil fait admis au préalable ne vaut plus désormais dans la réalité ”. Devenu puissance nucléaire, il retire la France du commandement militaire intégré en 1966, sans, bien sûr, s’affranchir de l’alliance (6).

Depuis, avec des ajustements progressifs dans les années 1990 (7), la France participe librement, et régulièrement, aux opérations de l’organisation de l’Organisation – dans un contexte remarquable de consensus politique gauche-droite et d’accord global de la population, sa position finalement acceptée par ses alliés, respectée par le reste du monde parce qu’elle offre une vision alternative à l’imperium américain. Mais le concept de défense européenne autonome, qui supposerait un rôle mondial assumé d’une Union devenue adulte peine à faire l’unanimité. L’avenir de l’OTAN après la menace soviétique se réfléchit donc à Washington, dans la perspective et la vision américaine de l’ordre mondial.

 

Lorsque Nicolas Sarkozy, qui avait été un candidat très discret sur les questions de défense, accorde un entretien au New York Times en septembre 2007, sa contribution se limite à poser des préalables (8) à une réintégration de la France au commandement militaire intégré de l’Organisation existante. Curieusement, il ne livre pas sa conception du futur de l’OTAN, ne se situe pas au niveau de la réflexion, du débat stratégique américain, n’apporte pas de réflexion personnelle à ce qui est essentiel, la redéfinition du rôle, des attributs, des missions de l’OTAN demain, dans un monde dont il ne précise pas le dessein - sauf à penser qu’il s’est rallié à la vision unilatéraliste de l’époque, celle de George Bush, ce qui est incertain.

Le 11 mars 2009, en conclusion d’un colloque de la Fondation pour la recherche stratégique (La France, la défense européenne et l’OTAN au XXIème), il confirme le retour de la France évoqué en 2007 dans un discours (9) touffu et très défensif, sans préciser davantage sa pensée sauf à plaider que ce retour n’implique pas une “guerre des civilisations”, qu’il n’est “ qu’une pierre dans un processus plus vaste qui vise à conforter et à développer l’indépendance de la nation ” ( ?) et nous assure que la France garde sa souveraineté sur ses armes, force nucléaire comprise, tout en réfutant la “polémique” qu’il a soulevée au coeur du pays, les préalables évoqués en 2007 passant au second plan. Les incertitudes de 2007 demeurent. Dommage.

Parce que sous sa forme actuelle, l’Organisation de l’Atlantique Nord est en voie de disparition – au moins de complète mutation. Ainsi le réfléchit le principal contributeur, le chef militaire, qui n’y trouve plus son intérêt et reste réservé sur la constitution d’une Europe de la défense ardemment invoquée par un président français incantatoire, observé sans indulgence dans l’Union et avec recul outre Atlantique : “ Ceux qui craignent que la réintégration de Sarkozy dans l’OTAN marque la fin du gaullisme en France devraient prendre courage et regarder au-delà. Les buts stratégiques gaullistes et les principes de politique étrangère sont encore largement sacro-saints dans le débat politique français, comme le montre la controverse autour de la dernière décision de Sarkozy. Même dans un monde très différent du sien, Charles de Gaulle jette encore une ombre très longue sur la stratégie française et continuera de le faire dans les années à venir ”. Ainsi parle Jeff Lightfoot, directeur assistant de l’International Security Program de l’Atlantic Council of the United States, avec un peu d’agacement (10).

Les vrais changements, ceux qui exigeront décision, engagement, courage et hauteur de vue, sont à venir dans un monde en déstructuration rapide. Il serait sage de les préparer.

Alors seront levés les malentendus.

En accès libre :

n° 95/2005, L’OTAN, grand malade en phase terminale http://www.leosthene.com/spip.php ?article411

n° 298/2007 France : une boîte noire dans la campagne, la défense http://www.leosthene.com/spip.php ?article617

Notes :

(1) Site de l’OTAN en anglais, Supreme Headquarters Allied Powers Europe (SHAPE), Overview, http://www.nato.int/shape/about/overview.htm “ Le SACEUR est nommé par le Président des États Unis, sa nomination est confirmée par le Sénat des États-Unis et approuvée par le Conseil de l’Atlantique Nord ”. “ Le SACEUR, qui est d’ordinaire un amiral ou un officier général américain, exerce une double fonction, étant aussi chargé du Commandement des forces des États-Unis en Europe. Il assure son commandement à l’OTAN depuis le Grand Quartier général des puissances alliées en Europe (SHAPE) à Casteau, Mons (Belgique). L’actuel commandant suprême des Forces alliées en Europe est le général John Craddock ”. http://www.nato.int/issues/saceur/index-fr.html

(2) La liste des SACEUR depuis 1953 : http://www.nato.int/shape/bios/saceur/saceur.htm

(3) Atlantic Council of the United States, James Joyner, le 11 mars 2009, Should Obama Abandon Nato for the EU ? http://www.acus.org/new_atlanticist/should-obama-abandon-nato-eu

(4) Paul Hockenos, editor of Internationale Politik-Global Edition, asks "Is the EU Better for Obama than NATO ?", 9 mars 2009. http://www.spiegel.de/international/europe/0,1518,612105,00.html

(5) Nous donnons, sur le site de Léosthène, les Lettres et mémorandum du général de Gaulle au président Eisenhower et à Harold Macmillan, premier ministre britannique (17 septembre 1958), ainsi que l’extrait de C’était de Gaulle, Alain Peyrefitte, Tome I : La France redevient la France. Paris : Fayard, 1994, p. 352. http://www.leosthene.com/spip.php ?article553

(6) La France se retire du commandement intégré de l’OTAN, 21 février 1966, Conférence de presse du général de Gaulle, transcript et vidéo : http://www.leosthene.com/spip.php ?article821

(7) Le Monde, le 11 mars 2009 : “ La situation de la France. Elle assiste au comité militaire depuis 1992, et le chef d’état-major des armées y siège depuis 1996. En 2004, des militaires français ont été insérés dans la structure militaire intégrée. Paris n’a pas de représentant au Comité des plans de défense (DPC), ni au groupe des plans nucléaires (NPG). La France est le quatrième contributeur financier et militaire de l’Alliance atlantique ”. http://www.lemonde.fr/international/article/2009/03/12/otan-les-justifications-de-m-sarkozy_1166809_3210.html

(8) The New York Times, Excerpts From Interview With Nicolas Sarkozy (entretien du 21 septembre publié le 23 septembre 2007) http://www.nytimes.com/2007/09/23/world/europe/24excerpts.html ?_r=2&ref=europe On trouvera une traduction en français à l’adresse : http://hiram7.wordpress.com/2007/09/24/interview-de-nicolas-sarkozy-au-new-york-times/ Nicolas Sarkozy présente une réintégration de la France dans l’OTAN assortie de deux préalables : “ C’est une éventualité qui, pour être positivement envisagée, passe par deux préalables qui doivent être levés. Le premier c’est que je veux me battre pour l’Europe de la défense, quelle que soit l’importance de l’OTAN, là l’Europe doit se défendre de façon efficace et indépendante. L’Europe ne peut pas être une puissance économique sans assurer sa propre sécurité, donc je conditionnerai un mouvement dans les structures intégrées par une avancée sur l’Europe de la défense ”. Ensuite ? “ il va de soi que si nous devions envisager un tel mouvement, il ne pourrait avoir lieu que dans la mesure où une place serait faite dans les instances de direction, au plus niveau, pour des représentants de la France ”.

(9) Discours lors du colloque de la Fondation pour la recherche stratégique (La France, la défense européenne et l’OTAN au XXIème), le 11 mars 2009. http://www.elysee.fr/documents/index.php ?mode=cview&cat_id=7&press_id=2415&lang=fr

(10) Atlantic Coucil of the United States, le 13 mars 2009, Jeff Lightfoot, Does De Gaulle Still Matter ? http://www.acus.org/new_atlanticist/does-de-gaulle-still-matter

Hélène Nouaille

Collaboration Alain Rohou

14 mars 

par Comité Valmy 

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n°25 - La 'Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan -28-03 – Fin - : OTAN - Pendant longtemps encore, la stratégie de la peur ?


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Sommaire. Fin

1-8 OTAN : quel nouveau concept stratégique ?

2 Annexe

2-1 Derrière le G20, c’est toujours le G8 qui est à la parade !

2-2 Le 11 septembre 2001: une provocation mondiale.

 


1-8 OTAN : quel nouveau concept stratégique ?

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

Depuis la chute du Mur de Berlin, un malaise existentiel habite l’Otan. L’organisation peine à trouver un sens à son action, et même une justification à son existence.

Les chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de l’Otan se réuniront en sommet, les 3 et 4 avril 2009, à Strasbourg et à Kehl (Allemagne), pour les 60 ans de l’Alliance atlantique.

Une "Déclaration sur la sécurité de l’Alliance" y sera adoptée, premier acte de la révision du "Concept stratégique" de l’Otan, qui devrait être finalisé pour le sommet de Lisbonne, fin 2010.

Le but est de redonner un nouveau souffle à une organisation qui peine à trouver un sens à son action, et même une justification à son existence.

Le malaise n’est pas nouveau. L’Alliance atlantique, qui avait été créée en 1949 pour faire face à la "menace communiste" de l’URSS, a perdu sa raison d’être originelle, avec la chute du Mur de Berlin en 1989. Bien qu’un nouveau concept stratégique ait été adopté en avril 1999, le malaise existentiel persistera, notamment après l’entrée en guerre des Etats-Unis en mars 2003 en Irak.

Quels seront les points à l’ordre du jour des discussions sur le nouveau concept stratégique ?

La première question sera de s’entendre sur la conception du monde que les Etats membres veulent défendre.

Après les années Bush, il semble que l’administration Obama s’engagera à promouvoir la recherche d’une sécurité commune et collective avec le reste du monde, en privilégiant dialogue et coopération, les Etats-Unis devenant "Smart Power" et l’Europe "Soft Power".

La deuxième question majeure sera celle de l’usage de la force. La décennie 2000 sera considérée comme celle où les illusions sur les bienfaits des guerres se seront envolées. L’Irak et l’Afghanistan ont été qualifiés de bourbier et d’impasse. A tel point que début janvier 2009, le chef d’état-major des forces armées américaines, l’amiral Michael Mullen, a estimé qu’il faut empêcher la militarisation de la politique extérieure des Etats-Unis et privilégier la recherche de solutions non militaires.

La sortie du "bourbier irakien", entamée en 2006 avec la mise en place d’une nouvelle stratégie, a été élaborée par le général Petraeus, qui prépare un changement analogue pour l’Afghanistan.

Le président Obama, reconnaissant que les Etats-Unis n’étaient pas en train de gagner en Afghanistan, a confirmé ce changement de stratégie le 8 mars dernier, annonçant des négociations avec certains opposants armés et l’accroissement de l’aide au développement.

Une des conséquences du constat de "l’impuissance de la puissance militaire" serait que les responsables de l’Otan cessent de plaider pour l’augmentation des budgets militaires, d’autant plus que la crise économique fait apparaître d’autres besoins plus fondamentaux (relance économique, aide sociale, aide au développement...).

Le troisième point sera dès lors de privilégier les moyens non militaires de gestion des crises. Lors de la Conférence de Munich sur la politique de sécurité, début février 2009, la chancelière allemande Angela Merkel a insisté sur une "approche globale de la sécurité caractérisée par une combinaison de moyens civils et militaires" , insistant sur l’importance de la prévention des conflits et estimant que "l’Otan doit être une enceinte de débats politiques" . Egalement à Munich, le secrétaire général de l’Otan, Jaap De Hoop Scheffer, a indiqué que "le nouveau concept devrait ajouter la sécurité collective à la défense collective" et permettre la prise en compte de "la dimension humaine de la sécurité" .

Si de telles évolutions dans les préoccupations paraissent logiques en soi, on peut se demander si c’est bien le rôle de l’Otan d’assumer ces nouvelles missions. D’autres organisations plus adéquates et davantage spécialisées existent, comme les institutions régionales (OSCE) et surtout les Nations unies.

Le quatrième point sera la création d’un véritable partenariat stratégique avec la Russie.

Cela passera par une relance du "conseil Otan-Russie", créé en mai 2002, mais qui ne fonctionne plus depuis plusieurs années.

Américains et Européens devraient davantage comprendre la position de la Russie qui s’est sentie progressivement encerclée depuis la fin des années 90, avec les élargissements de l’Otan en 1999 et 2004, accueillant dix pays anciennement alliés ou membres de l’URSS, la multiplication de bases américaines dans les pays limitrophes de la Russie, et les guerres menées par les Etats-Unis aux portes de la Russie, en Irak et en Afghanistan.

Si les Occidentaux veulent avoir une influence positive sur le comportement de la Russie (démocratie interne, droits de l’homme, politique énergétique), il serait important de renouer un dialogue régulier dans le cadre d’un nouveau partenariat. L’arrêt de l’élargissement de l’Otan (Ukraine et Géorgie) tout comme l’abandon du bouclier antimissile semblent inéluctables.

La coopération avec la Russie est essentielle pour relancer les accords de désarmement (forces conventionnelles en Europe, suppression des armes nucléaires de courte portée, réduction des armes nucléaires stratégiques...), et afin de faciliter les négociations avec l’Iran, pour permettre à ce dernier d’avoir de nouvelles relations avec les pays occidentaux, ce qui ouvrirait par ailleurs de nouvelles perspectives bénéfiques au règlement du conflit israélo-palestinien.

Enfin, le dernier point à l’ordre du jour de la révision du concept stratégique sera le rééquilibrage du rôle des Américains et des Européens au sein de l’Alliance atlantique. Un véritable partenariat doit succéder à l’éternel leadership des Etats-Unis.

Mais, il faudra que les Européens puissent dégager ensemble un consensus suffisant sur le rôle qu’ils souhaitent jouer dans le contexte de la nouvelle politique extérieure des Etats-Unis, notamment entre les pays de la "nouvelle Europe", peu disposés à améliorer les relations avec la Russie, et ceux de la "vieille Europe", qui sont rassurés en voyant leurs positions approuvées par le président Obama.

Le rapprochement entre l’Union européenne et l’Otan ne se fera sans doute pas aisément après les relations difficiles avec les Etats-Unis de l’administration Bush, d’autant plus que les oppositions entre "atlantistes" et "européistes" sont tenaces en Europe. Le dernier exemple est la résolution du Parlement européen sur le rapprochement entre l’Otan et l’Union européenne, adoptée le 19 février 2009 par une très courte majorité de 293 voix contre 283.

Ici aussi, en Europe, le président Obama devra convaincre les réticents de se rallier à un nouveau partenariat euroatlantique, si l’Amérique tourne véritablement la page du militarisme et de l’unilatéralisme de la période Bush, au profit d’une nouvelle politique fondée sur la diplomatie et le multilatéralisme en acceptant la réalité d’un monde multipolaire. L’Europe, comme le monde, a bien besoin de réinventer de nouvelles relations avec cette Amérique d’un nouveau type.

Bernard ADAM

Directeur du GRIP (Groupe de recherche et d'information sur la paix et la sécurité)

Mis en ligne le 27/03/2009

http://www.lalibre.be/debats/opinions/article/491569/otan-quel-nouveau-concept-strategique.html


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29/03/2009

n°24 - Journal des Guerres de l'Otan - 14-03 -28-03 - Début - : L'OTAN : une organisation sans frontières dangereuse pour l'humanité.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.


n°24 - Journal des Guerres de l'Otan - 14-03 -28-03 - Début - : L'OTAN : une organisation sans frontières dangereuse pour l'humanité.


Journal des Guerres de l'Otan.

n° 24- 14-03/28-03

C.De Broeder & M.Lemaire



 Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire..

Tiré à part :

OTAN = Organisation du Traité de l’Atlantique Nord.

Enfer social : G20, OMC et OTAN et "paradis fiscaux".

1 Au jour le jour

2 Positions

a) Ossétie 

b) des voisins.

3 Politique 

a) Russe

b) L'Otan & alliés

4 Institutions internationales

Suite

6 Brèves

6-1 Course au réarmement : au premier rang USA et OTAN.

6-2 Course au réarmement : la dépense militaire italienne a dépassé en 2008 les 30 milliards de dollars.

6-3 Les forces armées russe ne sont pas de taille face à un adversaire plus puissant que la Georgie.

6-4 Abkhazie, Ossétie: Lavrov appelle l'UE à ne pas "brutaliser" la Bélarus.

7  Dossiers

7-1 L’OTAN : une organisation illégitime et hors-la-loi.

7-2 La mission mondiale nauséabonde de l’OTAN.

7-3 L’OTAN : une organisation sans frontières dangereuse pour l’humanité.

(suite)

7-4 L'OTAN : nouveau "concept stratégique".

7-5 Nicolas Sarkozy triomphe aux CIA Award 2009.

8 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

8-1 Dehors les nouveaux croisés !

8-2 L’OTAN fête son 60ème anniversaire !

8-3 Le 4 avril 2009, l'OTAN fêtera son soixantième anniversaire.

8-4 Les Strasbourgeois priés de retirer leurs drapeaux anti-Otan.

8-5 Le monde se diriger vers une période de troubles.

8-6 « Frontière, vos papiers s’il vous plaît ! ».

 Pièce jointe : (a demander)

Un enjeu géopolitique au cœur de l’Eurasie, le retour de Zbigniew Brzezinski ?



Tiré à part :

OTAN = Organisation du Traité de l’Atlantique Nord.

Voici 60 ans, le 4 avril 1949 le traité de l’Atlantique Nord était signé à Washington

Traité de l'Atlantique Nord :

Les Etats parties au présent Traité, réaffirmant leur foi dans les buts et les principes de la Charte des Nations unies et leur désir de vivre en paix avec tous les peuples et tous les gouvernements.
Déterminés à sauvegarder la liberté de leurs peuples, leur héritage commun et leur civilisation, fondés sur les principes de la démocratie, les libertés individuelles et le règne du droit.Soucieux de favoriser dans la région de l'Atlantique Nord le bien-être et la stabilité. Résolus à unir leurs efforts pour leur défense collective et pour la préservation de la paix et de la sécurité. Se sont mis d'accord sur le présent Traité de l'Atlantique Nord :

Article premier

Les parties s'engagent, ainsi qu'il est stipulé dans la charte des Nations unies, à régler par des moyens pacifiques tous différends internationaux dans lesquels elles pourraient être impliquées, de telle manière que la paix et la sécurité internationales, ainsi que la justice, ne soient pas mises en danger, et à s'abstenir dans leurs relations internationales de recourir à la menace ou à l'emploi de la force de toute manière incompatible avec les buts des Nations unies.

Le  langage pacifique de ce Traité toujours en vigueur  ne pouvait guère cacher que l’OTAN était en réalité l’instrument militaire de la guerre froide qui avait été déclarée dès 1946 par Winston Churchill ( discours de Fulton le 5 mars) et confirmée en 1947  par Harry Truman ( discours au Congrès US le 12 mars ). L’OTAN était destinée à garantir la protection militaire des Etats-Unis aux pays européens signataires du Traité face à une « menace » soviétique réelle ou supposée.

Ni la détente, ni les accords d’Helsinki, ni in fine la disparition de l’URSS n’ont conduit les signataires du traité de l’Atlantique Nord à envisager de dissoudre l’OTAN.

Au contraire, la menace soviétique disparue, l’OTAN a continué, a accueilli de  nouveaux membres en Europe,  a signé des accords de partenariat en Afrique, au Moyen-Orient et en Océanie  a mené deux guerres l’une en Yougoslavie (1999) l’autre en Afghanistan (Octobre 2001 à ......) qui constituent une violation claire  du préambule et de l’article Premier du Traité et en prépare d’autres (Géorgie ? Pakistan ? Somalie ? ..)

Aujourd’hui l’intense activité politico militaire de l’OTAN constitue une menace pour la paix du monde. Les membres de l’OTAN, Etats-Unis en tête,  représentent 70% des dépenses militaires mondiales alors qu’ils ne regroupent qu’un peu plus de 10% de la population mondiale.

L’OTAN  est devenue l’  ORGANISATION TOTALE AGRESSIVE NEOCOLONIALE         le bras armé des puissances capitalistes blanches développées qui veulent imposer leur loi au reste d’une humanité qui revendique le droit de décider librement de son avenir.

Comaguer

 

Enfer social : G20 , OMC et OTAN et "paradis fiscaux".

1) Les trois grands directoires du monde

Le G20, l’OMC, et l’OTAN forment les trois types de dictature qui se confortent pour la reproduction du système capitaliste et impérialiste. G20, OMC, OTAN, ces trois entités supranationales sont en effet composés de membres non élus . Ces oligarchies prennent des décisions qui chacune dans leur domaine a des répercussions fortes et même dramatiques contre les différents peuples-classe de la planète, y compris d’ailleurs contre la plus grande fraction du peuple des USA . Les répercussions nuisibles à l’environnement sont aussi avérées.

Pour l’altermondialisme elles symbolisent une triple domination de ces peuples-classes.
 Le G20 représente le directoire politique,
 l’OMC représente la domination marchande
 l’OTAN la domination militaire sous l’égide du commandement des USA. Une minorité seulement dans chaque pays en profite au nord comme au sud.

Au delà du partage des tâches on observe chez ces trois directoires G20, OMC, OTAN un même mode oligarchique de gouvernance qui permet ensemble d’assurer la domination des couches sociales supérieures des principaux pays de la planète à commencer par celle les USA. D’autres Etats - sous l’acronyme BRIC (1) - disputent le leader-ship aux USA mais là-encore c’est la couche sociale dominante qui profite de l’avancée en surexploitant son salariat.

Gustave Massiah, militant altermondialiste,

mars 2009

http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article610

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n°24 - Journal des Guerres de l'Otan - 14-03 -28-03 – Suite 1 - : L'OTAN : une organisation sans frontières dangereuse pour l'humanité.


n°24 - Journal des Guerres de l'Otan - 14-03 -28-03 – Suite 1 - : L'OTAN : une organisation sans frontières dangereuse pour l'humanité.


Journal des Guerres de l'Otan.

n° 24- 14-03/28-03

C.De Broeder & M.Lemaire



Sommaire.

6 Brèves

6-1 Course au réarmement : au premier rang USA et OTAN.

6-2 Course au réarmement : la dépense militaire italienne a dépassé en 2008 les 30 milliards de dollars.

6-3 Les forces armées russe ne sont pas de taille face à un adversaire plus puissant que la Georgie.

6-4 Abkhazie, Ossétie: Lavrov appelle l'UE à ne pas "brutaliser" la Bélarus.

7  Dossiers

7-1 L’OTAN : une organisation illégitime et hors-la-loi.

7-2 La mission mondiale nauséabonde de l’OTAN.

7-3 L’OTAN : une organisation sans frontières dangereuse pour l’humanité.

 


 


6 Brèves

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

6-1 Course au réarmement : au premier rang USA et OTAN.

"L’annonce, faite hier (17 mars 2009, NdT) par le Président Medvedev, que la Russie entreprendra un « réarmement massif » à partir de 2011, en réponse surtout aux « incessantes tentatives de l’OTAN de s’étendre jusqu’aux frontières de la Fédération de Russie » confirme que la course aux armements est en train de revenir aux niveaux de la guerre froide. Outre les graves conséquences stratégiques et politiques, ceci implique une augmentation ultérieure de la dépense militaire mondiale : après avoir chuté avec la fin de la guerre froide, elle a grimpé en 2007 (selon l’estimation du Sipri) à 1.340 milliards de dollars, soit 45% de plus par rapport à 1998. Cela signifie aussi que cette année  la dépense militaire mondiale est en train d’atteindre 1.500 milliards de dollars.

La locomotive est l’OTAN, dont la dépense est en augmentation continue du fait de la montée en puissance de la machine de guerre et de l’envoi des forces armées dans des théâtres d’opérations lointains, comme l’Afghanistan.

Selon les dernières données officielles (19 février 2009), cette dépense a dépassé en 2008 les 895 milliards de dollars, équivalents aux deux tiers de la dépense militaire mondiale. En réalité, elle est encore plus haute.

La dépense militaire étasunienne, que l’OTAN quantifie à environ 575 milliards de dollars en 2008, ne comprend pas le coût des guerres en Irak et Afghanistan.

Si l’on inclut celui-ci (comme on le fait dans le budget officiel Usa publié en février 2009), la dépense militaire des Etats-Unis se monte en 2008 à 666 milliards de dollars. Ce qui veut dire que la dépense de l’OTAN dépasse les 985 milliards de dollars, équivalents à presque trois quarts de la dépense militaire mondiale. Sur la base de ces données officielles, la dépense militaire OTAN a augmenté, même si on fait un calcul net d’inflation, à valeur constante du dollar 2000 : de 474 milliards de dollars en 2000, à 623 en 2008.

Manlio Dinucci : journaliste et géographe


6-2 Course au réarmement : la dépense militaire italienne a dépassé en 2008 les 30 milliards de dollars.
Selon l’OTAN, la dépense militaire italienne a dépassé en 2008 les 30 milliards de dollars, se plaçant ainsi à la cinquième place après les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne. A l’échelle mondiale (selon le Sipri), elle est au neuvième rang, derrière la Chine, le Japon, la Russie (7ème rang) et l’Arabie Saoudite. Comme dépense militaire par tête, elle se place, par contre, au 5ème rang mondial. Malgré l’article 11 de la Constitutioni, notre pays est donc parmi les plus grands responsables de l’augmentation de la dépense militaire mondiale, qui a désormais dépassé les 2,5 millions de dollars à la minute (souligné par traductrice).

C’est une immense quantité d’argent public (provenant des impôts payés par les citoyens), qui est ainsi dépensée en armées, armes et guerres. Il suffirait de la réduire de peu et attribuer l’argent épargné à l’amélioration des conditions de vie des populations les plus pauvres, pour apporter des solutions aux plus graves problèmes mondiaux. Un exemple : pour faire face à la crise alimentaire mondiale, qui a porté à environ un milliard les personnes victimes de la faim, il faudrait 30 milliards de dollars par an, qu’on ne trouve pourtant pas, a dénoncé le directeur général de la Fao.

Or pour obtenir une telle somme, il suffirait d’épargner ce qu’on dépense en armes et armées dans le monde pendant à peine plus d’une semaine (souligné par traductrice).

Utopie ? Beaucoup le pensent sûrement.

Comme le confirme le fait qu’en Italie, que ce soit à gauche (communistes compris), comme dans les syndicats, personne pratiquement ne mène une campagne cohérente pour la réduction de la dépense militaire.

Et pourtant aujourd’hui, au plein de la crise, cette bataille est encore plus valide et nécessaire : quand on nous dit qu’il faut réduire les fonds pour la santé et l’école « parce que l’argent manque », nous devons répondre que l’argent est là. C’est l’argent public, dépensé dans le secteur militaire à hauteur d’un gros budget annuel, qui pourrait et devrait au contraire être utilisé pour améliorer les conditions de vie de notre pays.

Manlio Dinucci

Article reçu de l’auteur et traduit par Marie-Ange Patrizio
Publié dans l’édition de mercredi 18 mars 2009 de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/il-manifesto/in-edicola/numero/20090318/pagina/10/pezzo/245009


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