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28/05/2012

n° 72- Journal de PAKISTAN. du 03-04 au 28-05 - Etats-Unis: des sénateurs en colère veulent frapper le Pakistan au porte-monnaie.

n° 72- Journal de PAKISTAN. du 03-04 au 28-05  - Etats-Unis: des sénateurs en colère veulent frapper le Pakistan au porte-monnaie.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal de PAKISTAN.  

                                                                    n° 72- 03-04 au 28-05    

  C.De Broeder & M.Lemaire                                                                                    

 



 Le "Journal de PAKISTAN" est visible sur les blogs :

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Avant propos

·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes



Sommaire.

Tiré à part :

Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

Paroles & action du président...

l'Afghanistan au cœur des débats.

Tiré à part 

Une nouvelle crise diplomatique met à mal les relations américano-pakistanaises.

1 Paroles & action

1-1 Dan Israel : Karachi : Jospin averti dès 1997.

2 Le Pakistan au cœur des débats.

2-1 La Sarkozie en examen médiatique

 2/3 - De Karachi à Takieddine.

3 Au jour le jour

4  Politique

USA

1 Dans de prison pour avoir aidé la CIA à débusquer Ben Laden.

2 Le Sénat américain réduit l'aide au Pakistan.

3 Otan-Isaf

3-1 Occupation du pakistan.

Lepoint.fr : Les discussions avec le Pakistan sur les convois de l'Otan piétinent..

4 Les voisins

4-1 Turquie

Xinhua : La Turquie respecte la décision du Pakistan sur les voies d'approvisionnement de l'OTAN.

5 Dans le monde

1 Chine

Le PM Wen Jiabao s'engage à renforcer les échanges militaires avec le Pakistan.

6  Dossiers

6-1 Etats-Unis: des sénateurs en colère veulent frapper le Pakistan au porte-monnaie.

Pakistan.

Généralités.



Tiré à part 

Une nouvelle crise diplomatique met à mal les relations américano-pakistanaises.

Nous avons besoin du Pakistan. Le Pakistan a besoin de nous. Mais nous n'avons que faire d'un Pakistan qui joue double jeu", s’est indigné, jeudi 24 mai, Lindsey Graham, sénateur républicain, devant la commission chargée de répartir les fonds de l'aide américaine à l'étranger. Sa déclaration donne le ton et témoigne du regain de tensions actuel entre Washington et Islamabad.

Comme Lindsey Graham, nombre de sénateurs américains ont exprimé leur colère envers Islamabad qu’ils accusent de ne pas s’impliquer suffisamment dans la lutte contre les Taliban afghans. Comme mesure de rétorsion, ils ont décidé de réduire de façon significative, soit de 58 %, le montant de l’aide militaire américaine. Le sénateur Graham a ainsi proposé à la commission un amendement, qui a été approuvé à l’unanimité, pour diminuer de 33 millions de dollars l'aide au Pakistan. Le chiffre n’est pas anodin, il s’agit d’un million par année de prison auxquelles a été condamné la personne qui a aidé Washington à mettre la main sur Ben Laden.

Washington scandalisé

L'ire des sénateurs proveint effectivement de la condamnation mercredi 23 mai du docteur Shakeek Afridi à 33 ans de prison par un tribunal tribal pour avoir aider à débusquer Oussama Ben Laden et à le tuer lors du raid d’un commando américain à Abbottabad le 2 mai 2011. La réaction américaine ne s’est pas faite attendre. Pour la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton, la condamnation est "injuste et infondée". "Les États-Unis estiment qu'il n'y a aucune raison de détenir le docteur Afridi", a-t-elle poursuivi, ajoutant que Washington continuerait à agir en sa faveur auprès des autorités pakistanaises. "Nous sommes tous scandalisés" par la décision de la justice pakistanaise, a renchérit devant la presse le républicain John McCain.

Islamabad avait auparavant invité les États-Unis à respecter la justice pakistanaise. "Je pense que dans le cas de Shakeek Afridi, tout s'est fait conformément aux lois et aux procédures pakistanaises et il faut que chaque pays respecte les décisions de justice de l'autre", a déclaré le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères.

Alain Rodier, directeur de recherche au Centre français de recherche sur le renseignement (CFRR), ne manque pas de s’étonner de l’indignation des Etats-Unis. "Ils ont tout de même laissé derrière eux, à son sort, ce médecin que la CIA avait recruté et qui a été une pièce maîtresse dans l’opération d’Abbottabad", estime-t-il. Avant de poursuivre : "Cela entache à coup sûr leur image et leur crédibilité au Pakistan".

Des relations au plus froid depuis plus d’un an

Les tensions entre les deux pays ne sont pas nouvelles. "Elles ont atteint un summum il y a un an, lors de l’opération à Abbottabad que les Pakistanais n’ont jamais digéré", explique Alain Rodier. Mais les tensions entre Washington et Islamabad ont toujours été en dents de scie. "Historiquement, Islamabad, qui considère l’Afghanistan comme son pré carré, a toujours soutenu les Taliban, rappelle Alain Rodier. C’est pourquoi le Pakistan s’est retrouvé gêné quand, en 2001, les États-Unis ont sollicité son aide pour lutter contre les terroristes qu’ils assimilaient aux Taliban." Le chercheur poursuit: "Ils ont donc continué à apporter leur soutien aux Taliban, mais discrètement". Ce qui précisément provoque l’ire de Washington.

De son côté, le Pakistan reproche de longue date à son allié américain les incursions de drones sur son territoire et n’a eu de cesse de demander l’arrêt des bombardements. Pour Alain Rodier, c’est "compréhensible également", puisque "cela s’apparente à de l’ingérence et qu’à chaque fois ce sont des Pakistanais qui sont tués". En novembre 2011, 24 soldats pakistanais avait été tués dans des bombardements américains menés à la frontière avec l’Afghanistan. Le Pakistan avait alors décidé de fermer les routes pakistanaises vers l’Afghanistan aux convois militaires non seulement américains mais plus généralement de l'Otan.

Une occasion d’apaisement manquée

Cette nouvelle crise diplomatique survient alors qu’une occasion de dégel des relations vient d’être manquée. Le président pakistanais Asif Ali Zardari était à Chicago où se tenait le G8 afin d’aborder précisément la question de la réouverture des axes routiers fermés aux convois de l'Otan, cruciale pour la stratégie américaine. Or, selon des responsables américains, il aurait, lors d’une rencontre avec Hillary Clinton, exigé une contrepartie financière très élevée. Les négociations n’ont donc pas abouti et le président Barack Obama a refusé de le rencontrer comme il était initialement prévu.

Difficile de prédire si les rapports entre les deux pays vont se réchauffer. Toujours est-il que les États-Unis et l’Otan se seraient bien passés de cette crise diplomatique avec l’allié pakistanais, à l’heure où le désengagement d’Afghanistan de l'Otan est bien amorcé.

http://www.france24.com/fr/20120525-usa-pakistan-afghanistan-taliban-drones-ben-laden-cia-aide-militaire-shakeek-afridi-zardari



1 Paroles & action

1-1 Dan Israel : Karachi : Jospin averti dès 1997.
Dès 1997, ils savaient, et ils n'ont rien dit. Mediapart publie aujourd'hui une note qui ne laisse aucun doute sur le degré de connaissance du gouvernement Jospin sur les malversations financières ayant eu probablement lieu dans le cadre des contrats d'armement signés en 1994 par le gouvernement Balladur, notamment avec le Pakistan.

La note, rédigée en avril 1998 par le conseiller défense de Lionel Jospin, Louis Gautier, et le chef du cabinet militaire, le général Louis Le Mière, indique noir sur blanc : "À la mi-septembre 1997, à la suite d’interrogations sur les paiements associés au contrat d’armement français vers le Pakistan, les exportations de matériel de guerre à destination de ce pays ont été gelées sur instruction de votre cabinet." 

Juste après son arrivée à Matignon, Jospin avait donc des doutes sur les commissions versées aux autorités pakistanaises, sur lesquelles enquêtent actuellement les juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire. "Saisis de faits d’abus de biens sociaux, blanchiment d’argent aggravé et recel, les juges ont chiffré à 20,3 millions d’euros les fonds versés aux intermédiaires Abdulrahman El-Assir et Ziad Takieddine, avant le premier tour de l’élection présidentielle de 1995", rappelle Mediapart. Les deux hommes, imposés à la dernière minute par le gouvernement comme intermédiaires dans le contrat pakistanais, sont soupçonnés d’avoir participé au financement illicite de la campagne électorale d’Édouard Balladur, via des rétrocommissions.

En 1998, les conseillers de Jospin suspectaient la même chose, évoquant un système de commissions qui "fait courir le risque de retours au profit de bénéficiaires français". Retours "illicites et condamnables, souvent organisés pour le financement des partis politiques". Malgré les doutes, Jospin autorisera la poursuite de la livraison des armes, et notamment de la construction des sous-marins (c'est sur ce chantier, à Karachi, qu'un attentat tuera 14 personnes, dont 11 Français en 2002). Il est vrai que les commissions suspectes avaient déjà été versées. Jospin n'aurait donc rien pu faire.

 

En revanche, selon l'article 40 du Code de procédure pénale, tout détenteur d'une autorité publique doit dénoncer à la justice les comportements illégaux dont il a connaissance. Ce qu'il s'est bien gardé de faire. Et l'ex-Premier ministre n'était pas le seul au courant de cette situation, puisque par une note manuscrite sur le document, il a indiqué qu’il allait consulter ses ministres Alain Richard (défense), Dominique Strauss-Kahn (économie) et Hubert Védrine (affaires étrangères).

 La preuve par l'écrit, Jospin signait "L.J."


Aujourd'hui, Jospin ne souhaite "pas entrer dans la discussion"

"En faisant silence sur ce grave secret du financement de la droite, le gouvernement socialiste a payé le prix fort de la cohabitation", résume Mediapart. Interrogés par le site, Olivier Schramek, directeur de cabinet de Jospin à l'époque, et l'ex-conseiller Louis Gautier, n'ont pas donné suite. Quant à Jospin, "manifestement embarrassé", il a indiqué mercredi à Mediapart "qu’il ne souhaitait «pas entrer dans la discussion», ni «donner une réaction» à la presse".

Comment la note embarrassante est-elle arrivée aux mains de la justice ? Elle "a été déclassifiée le 4 mai par la commission consultative du secret de la défense nationale, puis communiquée aux juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire", indique Mediapart. Sans préciser explicitement que la décision finale de déclassification revient au gouvernement.

Faut-il y voir là un cadeau de bienvenue piégé de François Fillon envers François Hollande ? Interrogé par @si, Fabrice Arfi, coauteur de l'article, ne le pense pas : "Nous savons que les juges ont demandé une série très spécifique de documents, dont les titres au moins avaient été lus par les enquêteurs dans les archives de Matignon il y a plusieurs semaines, indique-t-il. Et le document est arrivé chez les juges dans les tous derniers jours, après l'élection de Hollande." En revanche, il n'est manifestement pas sûr que tous les documents intéressants aient été transmis : la note des socialistes évoque en effet un autre document, rédigé "par le directeur des relations internationales de la Délégation générale pour l’armement". "Ces éléments, manifestement très précis, ne font pas partie des documents communiqués aux juges", indique l'article. Parce qu'ils étaient trop accusateurs contre le gouvernement Balladur ?

L'affaire Karachi, c'est quoi ?

Toutes les réponses dans notre bilan de ce dossier qui plombe la Sarkozie

ParDan Israelle 17/05/2012



2 Le Pakistan au cœur des débats.

2-1 La Sarkozie en examen médiatique 2/3 - De Karachi à Takieddine.

Comment le financement illicite de la campagne 1995 de Balladur a été révélé

Et l'enquête sur un attentat lointain déboucha sur des soupçons gravissimes de financement illégal de campagnes présidentielles. Après l'affaire Bettencourt, et avant les mystères de l'affaire Tapie, deuxième volet de notre rétrospective des affaires visant Nicolas Sarkozy: la galaxie médiatique Karachi-Takieddine.

C'est grâce à l'opiniâtreté d'une poignée de journalistes qu'ont été mis au jour les dessous du financement politique des balladuriens, ancêtres de sarkozystes. Jusqu'à amener l'ancien président du Conseil constitutionnel à reconnaître qu'en 1995, il aurait fallu invalider les comptes de campagne de Jacques Chirac et Edouard Balladur. Et jusqu'à la mise en examen d'un sulfureux intermédiaire, l'homme d'affaires Ziad Takieddine, entraînant avec lui plusieurs figures de la Sarkozie.

Cet épineux dossier est divisé en trois chapitres : la genèse de l'affaire ; l'état actuel de l'enquête judiciaire ; le degré d'implication de Nicolas Sarkozy.

http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4827



3 Au jour le jour

3-1 Usa

1-1 Une attaque de drone US fait 10 morts.
Au moins 10 activistes présumés ont été tués jeudi dans une attaque de drone américain au nord-ouest du Pakistan, rapportent les médias internationaux.
L'attaque visait un immeuble dans le village de de Mir Ali, dans la zone tribale du Nord-Waziristan. Selon l'agence Chine Nouvelle, citant les témoins oculaires, des blessés pourraient se trouver sous les décombres de l'immeuble.
Le Pakistan a à plusieurs reprises exprimé son mécontentement concernant les attaques de drones et d'hélicoptères de l'Otan dans le nord-ouest du pays, qui fait régulièrement des victimes parmi la population civile.
Fin 2011, Islamabad a fermé les routes d'approvisionnement des forces de l'Otan en Afghanistan suite à une attaque meurtrière d'hélicoptères de l'Alliance qui avait fait 24 morts parmi les militaires pakistanais, dans le nord-ouest du pays.
Selon les médias internationaux, le 18 mai, le Pakistan a pour la première fois depuis six mois permis à un convoi de l'Otan de traverser la frontière afghano-pakistanaise.
Islamabad et Washington mènent actuellement des négociations afin de déterminer les conditions pour la réouverture des routes d'approvisionnement pakistanaises. Le Pakistan insiste sur la cessation des bombardements américains sur son territoire. Les Etats-Unis refusent de stopper leurs raids mais en ont réduit l'intensité.

MOSCOU, 24 /5

http://fr.rian.ru/world/20120524/194819135.html


 3-2 4 résistants tués par un drone américain dans le nord-ouest.

 Au moins quatre résistants ont été tués samedi à l'aube dans une attaque de drone américain dans une zone tribale du nord-ouest du Pakistan bordant l'Afghanistan, ont indiqué des responsables pakistanais.
L'attaque a eu lieu sur une maison près de Miranshah, la principale ville du Nord Waziristan, connu pour être un bastion des talibans et des militants liés à Al-Qaïd, ont précisé ces responsables.
Un drone américain a tiré deux missiles sur une maison et au moins quatre irésistants ont été tués, a déclaré à l'AFP un responsable de la sécurité, précisant que les victimes n'avaient pas été immédiatement identifiées.
Deux autres responsables ont confirmé l'attaque.
Des villageois ont indiqué avoir été réveillés par le survol de l'appareil et les tirs de missiles.
La maison a pris feu et des irésistants ont immédiatement interdit la zone d'accès, a expliqué un habitant à l'AFP.
Les Pakistanais estiment que les attaques de drones américains sont contre-productives et minent les efforts gouvernementaux pour séparer les tribus des militants, violent la souveraineté pakistanaise, tuent des civils, et alimentent les sentiments anti-américains.
La fréquence des attaques américaines a diminué ces derniers mois, mais les responsables américains les estimeraient trop utiles pour les arrêter complètement.
26 mai

AFP



4  Politique

a) USA

1 Dans les coulisses et au sénat

Dans de prison pour avoir aidé la CIA à débusquer Ben Laden.

Un médecin pakistanais accusé dans son pays d'avoir aidé la CIA à débusquer Oussama Ben Laden, tué il y a plus d'un an par un commando américain dans le nord du Pakistan, a été condamné mercredi à 33 ans de prison par un tribunal tribal, a indiqué l'administration.

Shakeel Afridi, un chirurgien accusé d'avoir mené une fausse campagne de vaccination à Abbottabad, la ville où se terrait le chef d'Al-Qaïda avec ses quatre femmes et ses enfants, pour prélever leur ADN, a été condamné en première instance par un tribunal tribal du district semi-autonome de Khyber, dans le nord-ouest du Pakistan, d'où il est originaire.

Les tribunaux tribaux sont compétents dans les zones tribales semi-autonomes du Pakistan mais tout appel est ensuite jugé par les juridictions de droit commun, avec l'aide d'un avocat. L'accusé n'était pas présent à son procès et les tribunaux tribaux interdisent qu'il prenne un avocat pour se défendre.

Certains juristes estiment cependant que pour de telles accusations, il ne peut être jugé par les tribunaux tribaux. Qui plus est, ils assurent que les faits reprochés ayant été commis dans un autre district que celui de Khyber, non tribal celui-là, la juridiction qui l'a jugé mercredi n'est pas compétente.

"Il a été condamné à 33 ans de prison" notamment pour trahison et complot contre l'Etat, et conduit à la prison centrale de Peshawar, la grande ville du nord-ouest, a déclaré à l'AFP Mohammad Siddiq, porte-parole de l'administration du district de Khyber.

Oussama ben Laden a été tué le 2 mai 2011 par un commando de Navy Seals, des soldats d'élite américains, héliportés de nuit à Abbottabad, officiellement au nez et à la barbe des autorités pakistanaises selon Washington et Islamabad, qui avait protesté.

Cette "violation de la souveraineté du Pakistan" selon Islamabad, est l'une des principales pierres d'achoppement au réchauffement des relations entre les Etats-Unis et le Pakistan, pourtant leur allié-clé dans leur "guerre contre le terrorisme" depuis fin 2001.

Mais Washington soupçonne certains membres de l'armée ou du renseignement pakistanais d'avoir eu connaissance de la présence de Ben Laden à Abbottabad, une ville-garnison à deux heures de route d'Islamabad, voire de l'avoir aidé à s'y terrer au moins cinq années, ce que les autorités pakistanaises démentent avec fermeté.

Le Dr Shakeel Afridi, un médecin du gouvernement, avait été licencié il y a deux mois. En plus de la peine de prison, le tribunal de Khyber lui a infligé une amende de 320.000 roupies (environ 2.700 euros). Son avocat n'a pas pu être contacté mais il est fort probable qu'il fasse appel.

En tout état de cause, le sort du Dr Afridi demeure un mystère: il a été arrêté par les tout puissants services de renseignement pakistanais peu après le raid fatal à Ben Laden et personne n'a de nouvelle de lui depuis.

En janvier dernier, le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta avait confirmé que le Dr Afridi travaillait pour le renseignement américain pour tenter de prélever de l'ADN des nombreux enfants présents dans une maison d'Abbottabad où la CIA soupçonnait Ben Laden de se cacher. Washington avait alors exprimé son inquiétude sur le sort du médecin et réclamé sa remise en liberté.

"Il n'a commis aucun acte de trahison à l'égard du Pakistan", avait estimé M. Panetta sur la chaîne de télévision américaine CBS.

"Je considère comme une réelle erreur de leur part d'agir ainsi à son égard alors qu'il aidait à lutter contre le terrorisme", avait ajouté le chef du Pentagone.

23 mai.

http://www.liberation.fr/depeches/2012/05/23/pakistan-33-ans-de-prison-pour-avoir-aide-la-cia-a-debusquer-ben-laden_820792



2 Le Sénat américain réduit l'aide au Pakistan.

 - Les sénateurs américains, scandalisés par la condamnation pour trahison du chirurgien pakistanais qui a mis la CIA sur la piste d'Oussama ben Laden, ont amputé l'aide que les Etats-Unis accordent à Islamabad de 33 milliards de dollars, soit un milliard par année de prison.

"C'est arbitraire, mais nous espérons que le Pakistan comprendra que nous sommes sérieux", a déclaré Richard Durbin, après le vote unanime de la commission budgétaire du Sénat.

"Il est scandaleux de dire qu'un homme qui nous a aidé à trouver Oussama ben Laden est un traître", a-t-il poursuivi.

L'amendement a été proposé par le républicain Lindsey Graham et le démocrate Patrick Leahy. Quelques jours plus tôt, une sous-commission sénatoriale avait déjà réduit l'aide bilatérale en menaçant de le faire à nouveau faute d'une réouverture des voies d'approvisionnement de l'Otan en Afghanistan, qui traversent le Pakistan.

Le docteur Shakil Afridi, qui a donc été condamné mercredi à 33 ans de prison, a été reconnu coupable d'avoir mené une fausse campagne de vaccination pour permettre aux services secrets américains de localiser Ben Laden à Abbottabad, 60 km au nord d'Islamabad, où il a été tué par un commando des Navy Seals le 2 mai 2011.

La secrétaire d'Etat Hillary Clinton s'est elle aussi indignée jeudi de sa condamnation, qu'elle juge "injuste et inadaptée".

"Les Etats-Unis estiment qu'il n'y a aucune raison de détenir le Dr. Afridi", a-t-elle poursuivi, ajoutant que Washington continuerait à agir en sa faveur auprès des autorités pakistanaises.

Islamabad avait auparavant invité les Etats-Unis à respecter la justice pakistanaise. "Je pense que dans le cas de M. Afridi, tout s'est fait conforme aux lois et aux procédures pakistanaises et il faut que chaque pays respecte les décisions de justice de l'autre", a déclaré Moazzam Al Khan, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Créé le 24-05-

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20120524.REU7063/le-senat-americain-reduit-l-aide-au-pakistan.html

 



3 Otan-Isaf

3-1 Occupation du pakistan.

Lepoint.fr : Les discussions avec le Pakistan sur les convois de l'Otan piétinent..

La question de la réouverture des routes pakistanaises aux convois de l'Otan, stratégique pour le désengagement graduel de l'Alliance atlantique d'Afghanistan, piétinait samedi sur la question du péage exigé par le Pakistan, jugé "inacceptable" par les États-Unis. Le droit de passage en territoire pakistanais, interdit depuis six mois par Islamabad en représailles à la mort de 24 de ses soldats tués par erreur dans des frappes aériennes américaines, est crucial pour l'Otan qui se prépare à une longue et coûteuse opération logistique pour retirer ses 130 000 hommes et leur matériel d'Afghanistan d'ici à la fin 2014.

En début de semaine, les perspectives d'une réouverture rapide de ces routes semblaient s'éclaircir, après six mois de blocage. Le Pakistan a même autorisé vendredi un premier convoi destiné à l'ambassade américaine à Kaboul à entrer en Afghanistan depuis son territoire. Mais le ciel s'est assombri samedi, à la veille de l'ouverture du sommet de l'Otan : une rencontre prévue à Chicago entre le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, et le président pakistanais, Asif Ali Zardari, a été annulée à la dernière minute, officiellement en raison de l'arrivée tardive de ce dernier. Si une rencontre entre les deux hommes n'est pas exclue, elle "sera organisée plus tard, si possible", selon le porte-parole du président pakistanais, Farhatullah Babar.

Le Pakistan accusé de double j

Selon un haut responsable américain, l'accord "pourrait ne pas intervenir ce week-end. L'un des points d'accrochage est le prix du droit de passage exigé par conteneur sur les routes de ravitaillement". De "plusieurs milliers de dollars par conteneur", le prix est "en un mot inacceptable", selon ce haut responsable s'exprimant sous le couvert de l'anonymat. Plusieurs médias américains ont avancé le chiffre de 5 000 dollars par conteneur, soit 30 fois plus qu'avant la fermeture des routes de ravitaillement. Dans un entretien au Los Angeles Times samedi, le chef du Pentagone a lui aussi évoqué le prix exorbitant réclamé par Islamabad. "Étant donné les problèmes budgétaires auxquels nous sommes confrontés, ça ne me paraît pas envisageable", a-t-il déclaré.

L'impasse serait due à une certaine confusion au sein des autorités pakistanaises, fréquemment tiraillées entre le gouvernement civil et les puissants responsables de l'armée. "Le gouvernement pakistanais doit trouver une proposition cohérente à mettre sur la table", a plaidé le haut responsable américain. En 2011, avant la fermeture des routes de ravitaillement, les États-Unis avaient convoyé 35 000 conteneurs en Afghanistan. L'Otan dispose également d'un autre réseau logistique pour acheminer son matériel en Afghanistan via la Russie et les pays d'Asie centrale, mais les coûts sont 2,5 fois plus importants qu'ils ne l'étaient par la voie pakistanaise. La réouverture des routes pakistanaises reste donc essentielle pour l'Otan alors que 23 000 soldats des 90 000 militaires américains doivent avoir quitté l'Afghanistan à la fin de l'été, sans compter l'intégralité des troupes combattantes françaises d'ici à la fin de l'année.

"J'espère que les négociations se concluront de manière positive afin de pouvoir rouvrir les routes de ravitaillement très prochainement", a déclaré dimanche à la presse Anders Fogh Rasmussen avant le début du sommet de l'Otan. Pour le Pakistan, fréquemment accusé de double jeu en Afghanistan par les Occidentaux, les droits de passage perçus sur les convois de l'Otan constituent une ressource d'autant plus importante qu'après 2014 l'attention de la communauté internationale risque de se détourner de la région. Les États-Unis versent plus de 2 milliards d'aide militaire chaque année à Islamabad, dont 300 millions destinés à financer la mobilisation de plus de 100 000 soldats pakistanais le long de la frontière avec l'Afghanistan.

http://www.lepoint.fr/monde/les-discussions-avec-le-pakistan-sur-les-convois-de-l-otan-pietinent-20-05-2012-1463353_24.php



4 Les voisins

4-1 Turquie

Xinhua : La Turquie respecte la décision du Pakistan sur les voies d'approvisionnement de l'OTAN.

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré mardi que son pays respecte la décision du Pakistan sur les voies d' approvisionnement de l'OTAN et a défendu la demande d'Islamabad pour des excuses de la part des États-Unis sur la mort de 24 soldats pakistanais.

Le Pakistan a fermé la ligne d’approvisionnement pour les forces de l'OTAN en Afghanistan, pour protester contre une frappe aérienne menée par les États-Unis et l'OTAN sur deux postes pakistanais en novembre 2011.

"C' est à la discrétion du Pakistan à prendre toute décision sur les routes d'approvisionnement de l'OTAN. Cependant, en tant que membre de l'OTAN, la Turquie estime que ces questions devraient être résolues par le dialogue mutuel", a déclaré M. Erdogan lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue pakistanais, Yusuf Raza Gilani.

Concernant la question sur la présence de l'OTAN en Afghanistan, il a dit que la Turquie ne va pas quitter l'Afghanistan seul, sauf si les Afghans demandent aux troupes turques de quitter le pays.

Pour sa part, M. Gilani a fait savoir que la décision finale d'ouvrir des lignes de la communication pour les approvisionnements de l'OTAN serait faite en conformité avec les recommandations de la commission parlementaire. Cependant, il a dit que "le Pakistan souhaite marcher avec le reste du monde".

Il a également apprécié le soutien apporté par le président turc Abdullah Gul au Pakistan lors du Sommet de l'OTAN tenu le 20 mai à Chicago, qui a vu la participation du président Asif Ali Zardari.

"Le monde doit reconnaitre les services rendus par le Pakistan dans sa lutte contre le terrorisme", a déclaré M. Gilani.

Xinhua :



5 Dans le monde

1 Chine

Le PM Wen Jiabao s'engage à renforcer les échanges militaires avec le Pakistan.  
Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a rencontré jeudi à Beijing le chef d'état-major de l'armée pakistanaise, le général Ashfaq Parvez Kayani, et s'est engagé à renforcer les échanges militaires entre la Chine et le Pakistan.
"La Chine soutiendra sans relâche les efforts du Pakistan pour sauvegarder la souveraineté et l'intégrité territoriale, soutenir la croissance économique et améliorer le niveau de vie du peuple pakistanais", a déclaré M. Wen.
Le Premier ministre chinois a exprimé sa conviction que le gouvernement, les forces armées et le peuple du Pakistan travailleront ensemble pour surmonter les difficultés et réaliser un développement nouveau.
Face à la complexité de la situation régionale et internationale, il est dans l'intérêt commun des deux parties de renforcer leur coordination et de relever conjointement les défis, a ajouté M. Wen.
Concernant les relations militaires, M. Wen a fait remarquer que les forces armées pakistanaises avaient réalisé d'importantes contributions au maintien de l'amitié bilatérale et à la promotion du partenariat stratégique et de coopération entre la Chine et le Pakistan. Il a appelé à renforcer les échanges militaires et la coopération entre les deux pays.
M. Kayani, qui effectue une visite de cinq jours en Chine, a pour sa part remercié la Chine pour son aide sincère au développement économique et à la stabilité sociale de son pays, ainsi que pour son soutien aux efforts du Pakistan pour maintenir la souveraineté et l'intégrité territoriale.
Développer le partenariat stratégique et de coopération avec la Chine est un consensus auquel sont parvenus les divers milieux du Pakistan, et constitue la base des stratégies diplomatiques du pays, a déclaré M. Kayani. Les forces armées pakistanaises renforceront indéfectiblement l'amitié et la coopération avec la Chine et soutiendront fermement les efforts de la Chine pour préserver ses intérêts fondamentaux.
M. Kayani a entamé mercredi sa visite officielle en Chine.
http://french.china.org.cn/foreign/txt/2012-01/06/content_24336629.htm



6  Dossiers

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

 

6-1Etats-Unis: des sénateurs en colère veulent frapper le Pakistan au porte-monnaie.

 Des sénateurs américains, furieux de la mauvaise volonté supposée d'Islamabad face au conflit afghan, ont décidé jeudi de frapper le Pakistan au porte-monnaie en approuvant une forte diminution de l'aide militaire américaine.

Des sénateurs américains, furieux de la mauvaise volonté supposée d'Islamabad face au conflit afghan, ont décidé jeudi de frapper le Pakistan au porte-monnaie en approuvant une forte diminution de l'aide militaire américaine.

"Nous avons besoin du Pakistan. Le Pakistan a besoin de nous. Mais nous n'avons que faire d'un Pakistan qui joue double-jeu", a dit le sénateur républicain Lindsey Graham devant la commission chargée de répartir les fonds de l'aide américaine à l'étranger.

La condamnation mercredi au Pakistan à 33 ans de prison du docteur Shakeel Afridi pour avoir aidé la CIA à débusquer Oussama ben Laden --tué en mai 2011 par un commando américain au Pakistan-- est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase au Sénat.

Le sénateur Graham a proposé jeudi un amendement pour diminuer de 33 millions de dollars l'aide au Pakistan, soit un million par année de détention du docteur Afridi. Ses collègues des deux partis ont approuvé la mesure comme un seul homme au sein de la commission par un vote de 30 voix pour et zéro contre.

La sénatrice démocrate Dianne Feinstein, présidente de la commission du Renseignement a déclaré, en évoquant le reste des aides accordées à Islamabad: "si c'est comme ça que le Pakistan traite un ami et un héros, je ne suis pas sûre de l'attribution de ces fonds".

De son côté, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a qualifié jeudi "d'injuste et infondée" la condamnation de M. Afridi.

Le Pakistan est la troisième destination de l'aide extérieure américaine après Israël et l'Afghanistan, mais Washington soupçonne les autorités pakistanaises d'avoir été au courant de la planque d'Oussama ben Laden et de soutenir en sous-main le réseau islamiste Haqqani, un des principaux mouvements rebelles en Afghanistan.

Fiasco à l'Otan

L'action des élus intervient quelques jours après un rendez-vous raté entre les Etats-Unis et le Pakistan. Le sommet de l'Otan dimanche et lundi dernier à Chicago, qui était censé symboliser un dégel entre les deux alliés aux relations compliquées, s'est traduit par un nouveau fiasco.

Le président pakistanais Asif Ali Zardari était à Chicago en vue d'un accord pour la réouverture des axes de ravitaillement vers les troupes alliées en Afghanistan. Mais selon des responsables américains, les exigences financières des Pakistanais pour l'utilisation de ces routes a fait échouer les négociations.

Le Pakistan avait fermé ces axes routiers après la mort de 24 de ses soldats tués dans des bombardements américains en novembre.

Outre le vote symbolique de jeudi, les élus ont approuvé une diminution de 58% de l'aide au Pakistan. Au total, ils ont approuvé 184 millions de dollars pour les activités du département d'Etat au Pakistan et 800,3 millions d'aide à Islamabad, mais le président Barack Obama demandait une enveloppe de 2,2 milliards.

Les coupes envisagées visent l'aide militaire uniquement et non l'aide économique. Et seuls 50 millions sont attribués à la lutte contre les talibans. Mais cette aide a été conditionnée à la réouverture des axes d'approvisonnement.

Ces mesures doivent encore être examinées par le Sénat dans son ensemble puis à la Chambre des représentants.

Pour alimenter davantage la querelle avec Islamabad, les sénateurs de la commission de la Défense ont adopté jeudi aussi un projet de loi finances qui menace de suspendre des aides au Pakistan jusqu'à ce que les routes soient de nouveau ouvertes et que M. Afridi soit libéré.

"Nous sommes tous scandalisés" par la décision de la justice pakistanaise, a dit à la presse le républicain John McCain jeudi.

http://www.lepoint.fr/monde/etats-unis-des-senateurs-en-colere-veulent-frapper-le-pakistan-au-porte-monnaie-25-05-2012-1465049_24.php

 



Pakistan.

Généralités.

Nom officiel du pays : République islamique du Pakistan.

Création : fondé le 14 août 1947, le Pakistan entretient des relations très tendues avec l'Inde depuis sa création en raison, notamment, du partage entre ces deux pays du territoire du Cachemire.

Pays limitrophes : Chine, Inde, Iran, Afghanistan.

Superficie : 803 000 km2.

Nombre d'habitants : 163 902 000 (estimation pour 2007).

Démographie

Population (estimation INED, en millions)

157,9

 

Composition de la population (en %)

Pendjabis (50 %), Sindis (15 %), Pathans (Pachtounes, 15 %), Mohajirs (immigrés d''''Inde au moment de la partition et leurs descendants, 8 %), Baloutches (5 %), autres (7 %).

 

Population urbaine

34 %. Principales villes : Karachi (9,2 millions d''''habitants), Lahore (5 millions), Faisalabad (1,9 million), aggl. Islamabad-Rawalpindi (1,4 million).

 

Densité (hab./km²)

198,4

 

Espérance de vie (années)

62,9

 

Fécondité (nombre moyen d'enfants/femme)

4,27

 

Taux d'alphabétisation (%)

44

 

Croissance démographique annuelle (%)

2,0

Nom des habitants : Pakistanais.

Religions : musulmans 97 % (dont sunnites 74 %, chiites [dont 2 millions d'ismaéliens] 26 %), autres (chrétiens, hindous, ahmadis, parsis [zoroastriens], 3 %).

Capitale : Islamabad.

Langues : ourdou et anglais.

Monnaie : roupie pakistanaise.

Religions : musulmans 97 % (dont sunnites 74 %, chiites [dont 2 millions d'ismaéliens] 26 %), autres (chrétiens, hindous, ahmadis, parsis [zoroastriens], 3 %).

Capitale : Islamabad.

Arme de destruction massive : le Pakistan dispose de l'arme nucléaire, à l’instar de l’Inde (puissances nucléaires de fait [les cinq autres puissances nucléaires officielles étant la Chine, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et la Russie]). 

 

Nature de l'État : république à régime parlementaire.

Chef d’État : Asif Ali Zardari (né le 21 juillet 1956 à Nawabshah, Pakistan), élu président du Pakistan le 6 septembre 2008. Veuf de l'ancienne Premier ministre Benazir Bhutto (1953-2007).

Chef du gouvernement : Yousaf Raza Gilani (né en 1952 à Karachi, Pakistan).

Constitution : adoptée en 1973. Révisée en avril 1997 et en décembre 2003. La Constitution, suspendue le 15 octobre 1999 suite au coup d''''Etat du général Pervez Musharraf, le 12 octobre 1999. Chef de l''''état-major, Musharraf s''''est proclamé chef de l''''exécutif. Il a créé un Conseil de sécurité nationale (8 personnes), organe exécutif suprême.

En 1998, la charia et la sunna deviennent lois suprêmes ; il existe une Cour fédérale islamique chargée de veiller au respect de la charia. En mai 2000, la Cour suprême a validé le coup d''''Etat du 12 octobre 1999 en permettant au général Musharraf de rester au pouvoir pendant 3 ans.

Le Parlement islamique (Assemblée nationale, 237 membres élus pour 5 ans au suffrage universel, 20 sièges réservés à des femmes et 10 à des non-musulmans ; et Sénat, 87 membres élus pour 6 ans par les assemblées provinciales) a été dissolu par Musharraf le 15 octobre 1999. Cependant, les partis politiques ont été maintenus

Partis au pouvoir : Ligue musulmane du Pakistan (Pakistan Muslim League, PML-Q), Parti du peuple pakistanais (PPP, social-démocrate).Autres partis : Jamaat-i-Islami (JI, Alliance démocratique islamique, fondamentaliste sunnite).
Muttahida Majlis-e-Amal (MMA, alliance de six partis religieux islamiques, dont le principal parti est le Jamaat-i-Islami).
Muttahida Qaumi Movement (MQM, ex-Mohajir Qaumi Movement, parti des musulmans venus d'Inde lors de la partition, en 1947 ; formation dirigée depuis Londres).

Adhésions supranationales : OMC (Organisation mondiale du commerce), OCI (Organistion de la conférence islamique), IDB (Banque interaméricaine de développement), ADB (Banque pour le développement de l’Asie). . Le pays est composé de 4 Provinces : Pendjab, Sind, Province-de-la-Frontière-du-Nord-Ouest (NWFP) et Baloutchistan, chacune dotée d''''une Assemblée. Il existe également 2 Territoires : les Zones tribales (FATA, autonomes, situées dans la NWFP, mais en relation directe avec Islamabad) et le Territoire de la capitale. Le Pakistan administre également une partie du Cachemire, l''''Azad Kashmir, le "Cachemire libre", et les Territoires du Nord. Le Pakistan revendique la région du Cachemire de l''''Etat indien du Jammu-et-Cachemire. En 1998, la charia et la sunna deviennent lois suprêmes ; il existe une Cour fédérale islamique chargée de veiller au respect de la charia. En mai 2000, la Cour suprême a validé le coup d''''Etat du 12 octobre 1999 en permettant au général Musharraf de rester au pouvoir pendant 3 ans.

Le Pakistan a été réintégré dans le Commonwealth en mai 2004 après cinq ans d'exclusion..

http://www.courrierinternational.com/fiche-pays/pakistan

http://www.larousse.fr/encyclopedie/article/Le%20Pakistan%20:%20un%20pays%20en%20guerre%20et%20en%20faillite./11010250



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

03/04/2012

n° 71 - Journal de PAKISTAN - - 03-03 - : Les USA proposent la partition du Pakistan!


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal de PAKISTAN.  

                                                                                      n° 71  au 03-12

     C.De Broeder & M.Lemaire                                                                                    

 



 Le "Journal de PAKISTAN" est visible sur les blogs :

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis  : no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire.

Tiré à part :

Les USA proposent la partition du Pakistan!  

Des Républicains américains veulent faire éclater le Pakistan

1 Au jour le jour

Plus de 100.000 manifestants contre les attaques de drones

Almanar : Des milliers de manifestants crient "Mort à l’Amérique !"

3 Politique Pakistanaise

Le Pakistan décide d'interdire les frappes des drones américains. 

4 Politique des Usa

Sur le terrain

Nouvel Observateur avec AFP : Washington tente de renouer avec Islamabad.

Dans les coulisses et au sénat 

Coopérations gazières Iran/Pakistan : Clinton menace Islamabad!

5 Otan-Isaf  

Sur le terrain

 L’OTAN, à bout de souffle  

6 Les voisins

Chine

La Chine soutient toutes les forces politiques du Pakistan dans leurs efforts pour maintenir la stabilité nationale.  

Iran

Islamabad persévère dans son projet de pipeline avec l'Iran.

7  Dossiers

7-1 Le Nouvel Observateur avec AFP : Les militaires- français -, drogués comme des cyclistes ? 8 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

8-1 Joseph Kishore : La ‘Meurtre S.A.’ de Barak Obama opère dans le monde entier. v

 



Tiré à part :

Les USA proposent la partition du Pakistan!  

Les tensions croissantes entre Islamabad et Washington ont donné de nouvelles idées aux stratèges américains! Dana Rohrabacher, représentant républicain du Congrès propose, désormais, la partition du Pakistan et l'octroi de l'autonomie à la province du Baloutchistan."Les baloutches répartis entre le Pakistan, l'Afghanistan et l'Iran devront avoir le droit de décider de leur statut eux mêmes", a affirmé ce représentant. Le Congrès reste, visiblement, réticent face à cette proposition, qui ne fera qu'approfondir les ressentiments de la population pakistanaise, à l'encontre des Etats Unis .

IRIB

 

Hier les membres de la sous-commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants des Etats-Unis sous la présidence du député républicain de Californie Dana Rohrabacher organisait une séance d'auditions d'une heure sur le thème des violations des droits de l'homme au Baloutchistan. Le Baloutchistan est une région largement désertique et pauvre qui couvre une partie de l'Iran, de l'Afghanistan et surtout du Pakistan face face auquel elle a organisé plusieurs rébellions depusi 60 ans.

Dans le cadre de cette audience, qui a provoqué la colère du gouvernement pakistanais, se sont explimés une universitaire, Christine Fair (plutôt pro-pakistanaise et méfiante à l'égard de l'initiative des Républicains), un responsable d'Amnesty International, T. Kumar, Ali Dayan Asan, directeur de Human Rights Watch au Pakistan, et Ralph Peter. Aucun représentant baloutche n'était convié mais on peut trouver sur le blog du journaliste Malik Siraj Akbar un historique du lobbying baloutche en Occident depuis 2006.

Dana Rohrabacher, un libertarien atypique (qui a parfois des positions provocantes comme sa dénonciation du rôle de la Géorgie dans le déclenchement de la guerre de 2008, ou sa demande à l'Irak de rembourser les frais de l'occupation militaire en 2011) est très impliqué sur le dossier pakistanais. Le 3 février, il avait déposé une proposition de loi pour attribuer la nationalité étatsunienne au docteur Shakil Afridi, le médecin qui a organisé une campagne de vaccination à Abbottabad pour permettre des prélèvements d'ADN qui ont permis aux Américains de vérifier que Ben Laden s'y trouvait et l'arrêter et qui, aujourd'hui, est menacé de procès pour haute trahison à Islamabad.Rohrabacher était portant un fervent partisan des Résistants à l'époque de Bill Clinton...

Le projet de favoriser la sécession du Baloutchistan est dans les cartons des stratèges du Pentagone depuis l'époque de George W. Bush : il avait été présenté en 2006 par le lieutenant-colonel Ralph Peter (présent à l'audition d'hier). Il a été ressorti à demi-mot le mois dernier par le représentant républicain du Texas Louie Gohmert qui a cosigné un article proposant un soutien aux Baloutches pour bloquer les fournitures d'armes aux résistants.

La porte parole du Département d'Etat (démocrate) Victoria Nuland a pris ses distances à l'égard de cette réunion et a précisé que les Etats-Unis ne souhaitaient pas l'indépendance du Baloutchistan. Mais déjà le mois dernier ce même Département d'Etat avait appelé le gouvernement pakistanais à dialoguer avec les militants balouches pour faire avancer cette question ("take the Balochistan issue forward"). Pour beaucoup le Baloutchistan est à tout le moins en train de devenir un Kosovo entre les mains des Américains  pour faire pression sur Islamabad.

Après que l'OTAN ait tué 24 militaires pakistanais dans des frappes aériennes en novembre dernier, le gouvernement pakistanais avait rompu les discussions avec l'alliance militaire occidentale et bloqué son approvisionnement militaire en Afghanistan. Parallèlement Islamabad s'était engagé sur la voie de la coopération énergétique et monétaire  avec l'Iran malgré la loi adoptée par le Congrès américain en décembre imposant des sanctions à toute institution financière travaillant avec l'Iran.

Les discussions avec l'OTAN ont repris hier, alors que l'administration Obama envisage de dialoguer avec les résistants qui ont ouvert un bureau au Qatar.

Une vingtaine de personnes ont été tuées cette semaine par des drones américains au Waziristan Nord (territoire pakistanais). Les victimes sont régulièrement présentées par les militaires américains comme des militants de la guérilla talibane mais aucune preuve n'est fournie.

http://atlasalternatif.over-blog.com:80/article-des-republicains-americains-veulent-faire-eclater-le-pakistan-98933810.html



1 Au jour le jour

Les zones tribales pakistanaises frontalières de l'Afghanistan sont considérées comme des bases arrière pour les résistants, d'où ils mènent des attaques contre les forces internationales déployées en Afghanistan ainsi que contre l'armée pakistanaise.

Résistance

19-11

Les attaques devenues quasi-quotidiens depuis les quelques jours qui ont précédé le lancement de l'offensive du Waziristan, le 17 octobre, les résistants  empêchant ainsi de dissuader l'armée d'y engager quelque 30.000 soldats au sol.

(Source AFP)

http://www.liberation.fr/monde/


Cinq résistants tués par un drone américain.

Nb / Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

Au moins cinq résistants ont été tués mardi par les missiles d'un drone américain dans les zones tribales du nord-ouest du Pakistan, bastion des résistants et principal sanctuaire d'Al-Qaïda dans le monde, selon des militaires pakistanais.
Les attaques de ces avions sans pilotes de la CIA, stationnés en Afghanistan voisin, ont débuté en 2004 mais elles se sont considérablement intensifiées ces dernières années. Elles ont permis de tuer d'importants cadres d'Al-Qaïda et des résistans pakistanais et afghans, mais elles n'épargnent pas les civils, selon les pakistanais.
Cette fois, la salve visait un véhicule  près du village de Drey Nishtar, dans la zone de Shawal, au Waziristan du Sud, un district tribal bastion des résistants pakistanais alliés à Al-Qaïda et responsables d'une vague d'attentats qui a tué près de 5.000 personnes dans tout le pays en quatre ans et demi.
Un drone américain a tiré deux missiles sur le véhicule, cinq résistants ont été tués, a déclaré par téléphone à l'AFP un haut responsable militaire, sous couvert de l'anonymat. L'attaque et le bilan ont été confirmés à l'AFP par des officiers du renseignement pakistanais.
Les bilans de ces attaques livrés par les militaires pakistanais sont impossibles à vérifier de sources indépendantes et l'identité, voire la nationalité, des cibles sont rarement rendues publiques, sauf quand il s'agit de chefs d'Al-Qaïda ou des résistants pakistanais et afghans.
Les zones tribales, frontalières avec l'Afghaistan, en particulier les Waziristans du Sud et du Nord, sont également la base arrière des résistants afghans, notamment du réseau Haqqani, la bête noire des soldats américains de la force de l'Otan de l'autre côté de la frontière.
Quelque 540 attentats --suicide pour la plupart-- des résistants pakistanais et autres groupes alliés à Al-Qaïda ont tué près de 5.000 personnes au pakistan depuis l'été 2007, quand ces résistants, au diapason d'Oussama ben Laden en personne, ont décrété le jihad à Islamabad pour son soutien dès fin 2001 à Washington dans sa guerre contre le terrorisme.
13 mars 2012

AFP /


2 Au jour le jour

Civil

 

Almanar : Plus de 100.000 manifestants contre les attaques de drones

Les attaques d'avions sans pilote américains dans le nord ouest du Pakistan ont fait descendre plus de 100.000 partisans du Jamiat-e-Ulema Islam (JUI), le plus important parti musulman du pays,

Les manifestants ont également exigé que le gouvernement pakistanais maintienne la fermeture des voies de ravitaillement des forces de l'Otan en Afghanistan bloquées par Islamabad depuis la "bavure" de l'Otan au cours de laquelle 24 soldats pakistanais ont été tués près de la frontière afghane le 26 novembre dernier.

Cet incident a fortement tendu les relations déjà difficiles entre les Occidentaux et le Pakistan.

Les tirs de missiles par les drones américains, qui visent des régions considérées comme des bastions des résistants et de leurs alliés d'Al-Qaïda, ont cessé après cet épisode, mais ont ensuite repris.

"Nous ne sommes pas les ennemis des peuples de l'Occident et des Etats-Unis, mais nous rejetons l'attitude des Américains qui attendent toujours de nous une obéissance servile", a déclaré aux manifestants le dirigeant du JUI Maulana Fazlur Rehman.

Déclenchée en 2004, la campagne de tirs américains sur les zones tribales pakistanaises visant les résistants et leurs alliés d'Al-Qaïda, s'est intensifiée ces trois dernières années, avec plus de 220 attaques depuis août 2008 et de très nombreux civils tués.

Almanar

28-01-http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=47829&frid=20&cid=20&fromval=1&seccatid=24

 


Almanar : Des milliers de manifestants crient "Mort à l’Amérique !"

 

Des milliers de personnes ont manifesté lundi à Islamabad au cri de "Mort à l'Amérique !", protestant  notamment contre les tirs des drones de la CIA visant le nord-ouest du Pakistan.

La manifestation, se tenait à l'appel d'un collectif d'une quarantaine de partis et organisations musulmanes.

"Mort à l'Amérique !" scandaient lundi les manifestants, qui appelaient également au "jihad", la "guerre sainte", contre les Etats-Unis, non loin du quartier des ministères et de l'"enclave diplomatique", une gigantesque "zone rouge" ultra-protégée, qui abrite notamment la plupart des ambassades occidentales.

L'accès à cette zone était barré par des centaines de policiers en tenue anti-émeute ayant revêtu des gilets pare-balles.

Les organisateurs disaient attendre "au moins 20.000" manifestants. "Nous avons installé 10.000 chaises", a ajouté un responsable du Conseil de Défense du Pakistan (DPC pour le sigle en anglais), le collectif ayant appelé à manifester.

Outre les attaques parfois quasi-quotidiennes des drones américains, les manifestants protestaient contre la réouverture prévue prochainement de la route pour les convois de ravitaillement de la force de l'Otan en Afghanistan, composée aux deux tiers de soldats américains.

Après que des appareils américains de l'Otan eurent bombardé par erreur un poste militaire pakistanais près de la frontière afghane en novembre, tuant 24 soldats, Islamabad, pourtant l'allié-clé de Washington, avait fermé la route aux convois logistiques de l'Otan.

Almanar

20-02-2012

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=20&frid=20&eid=51129



3 Politique Pakistanaise

Le Pakistan décide d'interdire les frappes des drones américains.  

 Dans le cadre du nouveau format des relations avec les Etats-Unis, la commission parlementaire du Pakistan a proposé comme l’une des conditions l’interdiction des frappes des drones, qui sont pratiquées régulièrement ces dernières années par les forces armées américaines.
Les parlementaires ont commencé à discuter les revendications de la commission à partir de 20 mars. Certains d’entre eux ont supposé que la restriction sur l'utilisation des drones pourrait compliquer davantage les relations du Pakistan avec les États-Unis.

Néanmoins, le président du parlement a ajouté à la déclaration de la commission qu’Islamabad devrait demander à Washington des «excuses inconditionnelles» pour le meurtre de 24 soldats pakistanais en novembre 2011.

20/03/2012

 http://french.ruvr.ru/2012_03_20/69055691/



4 Politique des Usa

Sur le terrain

Nouvel Observateur avec AFP : Washington tente de renouer avec Islamabad.

C'est la première visite officielle américaine au Pakistan depuis le bombardement de l'Otan fatal à 24 soldats pakistanais.

Deux hauts responsables militaires américains ont rencontré mercredi 28 mars leurs homologues pakistanais à Islamabad, dans le cadre de la première visite officielle américaine au Pakistan depuis le bombardement de l'Otan fatal à 24 soldats pakistanais fin novembre, selon l'armée pakistanaise. Les généraux américains James Mattis, chef du commandement central de l'armée américaine, et John Allen, commandant la force de l'Otan en Afghanistan (Isaf), ont évoqué avec le numéro un de l'armée pakistanaise, le général Ashfaq Kayani, ce bombardement qui avait déclenché une nouvelle crise entre Washington et son allié pakistanais.

"Ils ont parlé en détail de leurs positions respectives sur les frappes aériennes de novembre dernier et de leurs conséquences et ont discuté des moyens d'améliorer les procédures de coordination à la frontière" pakistanaise avec l'Afghanistan, a indiqué à l'AFP un haut responsable des services de sécurité pakistanais.

L'enquête sur le bombardement meurtrier de l'Otan a également été évoquée, a-t-il ajouté sans donner de détails sur ce point.

Allié indispensable

Les deux officiers supérieurs américains ont rencontré séparément le chef d'état-major interarmes, le général Khalid Shameen Wynne, avec qui ils "ont parlé de sujets d'intérêt professionnel et bilatéral ainsi que de la situation géostratégique", a indiqué l'armée pakistanaise dans un communiqué.

Le Pakistan est considéré par Washington comme un allié indispensable pour stabiliser la région, notamment l'Afghanistan voisin où 90.000 soldats américains sont déployés au sein de l'Otan pour soutenir le fragile gouvernement de Kaboul face aux rebelles résistants.

Aucun haut responsable civil ou militaire américain ne s'était rendu au Pakistan depuis les frappes aériennes de novembre, et cette rencontre entre hauts responsables militaires est le signe d'un certain apaisement, a indiqué à l'AFP un responsable militaire pakistanais sous couvert d'anonymat.

Double discours d'Islamabad

A la suite du bombardement de novembre, Islamabad avait interrompu en représailles le ravitaillement de l'Isaf transitant sur son territoire, toujours bloqué aujourd'hui, et ordonné aux Américains d'évacuer une base militaire qu'ils occupaient dans le sud-ouest du Pakistan.

Cette visite constitue par ailleurs le plus haut niveau d'échange de vues entre chefs militaire des deux pays depuis mai 2011 et le raid unilatéral américain qui avait tué le chef d'Al-Qaïda, Oussama Ben Laden, dans le nord du Pakistan, provoquant une autre grave crise diplomatique entre les deux pays.

L'opération avait à la fois humilié l'armée pakistanaise, accusée d'être incapable de protéger le territoire national, et renforcé les soupçons occidentaux de collusion entre des responsables de l'armée pakistanaise ou de ses services de renseignement et les réseaux islamistes tels qu'Al-Qaïda, Ben Laden ayant vécu cinq ans dans le pays sans être inquiété avant d'être tué.

Relations apaisées ?

Les tensions entre Washington et Islamabad ont toutefois semblé s'apaiser récemment, les deux pays paraissant prêts à reprendre leurs relations sur d'autres bases, plus pragmatiques.

Mardi, le président américain Barack Obama avait rencontré le Premier ministre pakistanais Yousuf Raza Gilani lors d'un sommet consacré au nucléaire à Séoul, où ils avaient souhaité rétablir des relations apaisées.

Cette visite intervient alors que le parlement pakistanais doit justement adopter ces jours-ci une révision de la politique de coopération avec les Etats-Unis, qui pourrait ouvrir la porte à une reprise du trafic des convois de l'Otan.

Le Nouvel Observateur avec AFP

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20120329.OBS4921/washington-tente-de-renouer-avec-islamabad.html


Dans les coulisses et au sénat 

Coopérations gazières Iran/Pakistan : Clinton menace Islamabad!

Face à la volonté inébranlable du Pakistan d'importer du gaz iranien, la secrétaire d'état US recours à son arme préférée la sanction. "Si le Pakistan insiste pour accomplir son projet de gazoduc avec l'Iran, il sera sanctionné. la situation du Pakistan est mauvaise et elle sera pire en cas de sanction!, a-t-elle menacé. "Le Pakistan ne saura pas résisté à nos sanctions, a-t-elle ajouté, un brin ironique.

 01/03/2012

IRIB



5 Otan-Isaf  

Sur le terrain

 L’OTAN, à bout de souffle  

Le principal conseiller militaire de l'OTAN a refusé, jeudi, de confirmer les rapports que le Pakistan allait rouvrir la voie d'approvisionnement aux forces de l'OTAN, en Afghanistan, mais qu'il espérait qu'une solution appropriée pourrait être trouvée prochainement.
Le général Bartels Knud, le nouveau Président du Comité militaire de l'OTAN, a reconnu que l'alliance a, «définitivement», besoin d'accéder à la voie d'approvisionnement, à travers le Pakistan, qui a été bloquée, après une attaque aérienne transfrontalière de l'OTAN qui a tué 24 soldats pakistanais, en novembre 2011.

IRIB



6 Les voisins

Chine

La Chine soutient toutes les forces politiques du Pakistan dans leurs efforts pour maintenir la stabilité nationale.  

La Chine soutient toutes les forces politiques pakistanaises dans leurs efforts pour maintenir la stabilité et le développement national, a déclaré lundi Liu Weimin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.
M. Liu a fait cette remarque lors d'une conférence de presse régulière, commentant la récente instabilité politique au Pakistan.
"En tant que pays voisin et ami du Pakistan, la Chine soutient toutes les forces politiques pakistanaises dans leurs efforts pour maintenir l'unité et l'harmonie en tenant compte de la situation générale de la stabilité sociale et du développement économique", a annoncé le porte-parole chinois.
La Chine a toujours adhéré au principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des autres pays, a-t-il ajouté.
Récemment, les relations entre le gouvernement civil et les dirigeants militaires du Pakistan se sont détériorées suite à un présumé mémorandum demandant le soutien des Etats-Unis pour prévenir un potentiel coup d'Etat militaire.

16/01/2012 
http://french.cri.cn/621/2012/01/16/442s267570.htm


Le Premier ministre chinois Wen Jiabao s'engage à renforcer les échanges militaires avec le Pakistan.  

Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a rencontré jeudi à Beijing le chef d'état-major de l'armée pakistanaise, le général Ashfaq Parvez Kayani, et s'est engagé à renforcer les échanges militaires entre la Chine et le Pakistan.
"La Chine soutiendra sans relâche les efforts du Pakistan pour sauvegarder la souveraineté et l'intégrité territoriale, soutenir la croissance économique et améliorer le niveau de vie du peuple pakistanais", a déclaré M. Wen.
Le Premier ministre chinois a exprimé sa conviction que le gouvernement, les forces armées et le peuple du Pakistan travailleront ensemble pour surmonter les difficultés et réaliser un développement nouveau.
Face à la complexité de la situation régionale et internationale, il est dans l'intérêt commun des deux parties de renforcer leur coordination et de relever conjointement les défis, a ajouté M. Wen.
Concernant les relations militaires, M. Wen a fait remarquer que les forces armées pakistanaises avaient réalisé d'importantes contributions au maintien de l'amitié bilatérale et à la promotion du partenariat stratégique et de coopération entre la Chine et le Pakistan. Il a appelé à renforcer les échanges militaires et la coopération entre les deux pays.
M. Kayani, qui effectue une visite de cinq jours en Chine, a pour sa part remercié la Chine pour son aide sincère au développement économique et à la stabilité sociale de son pays, ainsi que pour son soutien aux efforts du Pakistan pour maintenir la souveraineté et l'intégrité territoriale.
Développer le partenariat stratégique et de coopération avec la Chine est un consensus auquel sont parvenus les divers milieux du Pakistan, et constitue la base des stratégies diplomatiques du pays, a déclaré M. Kayani. Les forces armées pakistanaises renforceront indéfectiblement l'amitié et la coopération avec la Chine et soutiendront fermement les efforts de la Chine pour préserver ses intérêts fondamentaux.
M. Kayani a entamé mercredi sa visite officielle en Chine.

http://french.china.org.cn/foreign/txt/2012-01/06/content_24336629.htm

 

Iran

Islamabad persévère dans son projet de pipeline avec l'Iran.

Le Pakistan et l'Iran ont réaffirmé, le dimanche 1er avril, leur volonté de construire un pipeline entre les deux pays, et ce malgré les pressions "énormes", au dire d'un ministre pakistanais, que les Etats-Unis et l'Union européenne exercent sur Islamabad pour qu'il renonce à son projet. C'est le Premier ministre du Pakistan Youssouf Raza Gilani qui a renouvelé l'engagement de son pays à terminer sa partie du pipeline, lors d'une rencontre avec le vice-président d'Iran Mohammad Javad Mohammadizadeh.

http://www.courrierinternational.com/breve/2012/04/02/islamabad-persevere-dans-son-projet-de-pipeline-avec-l-iran

 



7  Dossiers

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

7-1 Le Nouvel Observateur avec AFP : Les militaires- français -, drogués comme des cyclistes ?

Les armées s'inquiètent de pratiques dopantes non seulement de la part des soldats eux-mêmes, mais aussi du commandement.

Les militaires seraient-ils plus dopés que les vainqueurs du Tour de France ? Se bourreraient-ils les narines avec ardeur, protégés par une forme de non-dit ? C'est que... Avec mille précautions de langage et en maniant avec insistance le sous-entendu, la revue de recherche de l'armée de terre Inflexions aborde ce sujet tabou dans sa dernière livraison (*), sous le titre "Dopage et conduites dopantes". Les auteurs expliquent curieusement que ce n'est pas vraiment l'institution qui se pose des questions, mais que "beaucoup d'observateurs extérieurs à la défense considèrent comme fréquente l'utilisation de substances dopantes au sein des armées".

Sauf que si les militaires se dopaient, assure l'article, ce ne serait pas pour améliorer des performances sportives, mais pour une meilleure cause : "Les objectifs seraient similaires [à ceux des sportifs] - être plus performant que l'adversaire -, mais à atteindre dans un contexte bien différent, celui de la guerre et du combat." Et de développer cette idée d'une forme de dopage sans doute pas nécessaire, mais pas vraiment inutile non plus : "En temps de conflit, ou dans le contexte de déploiement sur des théâtres d'opérations de haute dangerosité, les questions posées sont plus complexes. L'automédication et l'utilisation de substances dopantes ayant pour but d'améliorer les performances physiques, en particulier musculaires, mentales, ou de maintenir l'éveil et un état de parfaite vigilance, permettent, si le dopage est adapté, de rendre le militaire plus efficace à son poste de combat."

Drogués pour la bonne cause ?

De fait, les militaires peuvent se doper illégalement en se procurant eux-mêmes de l'herbe qui fait rire ou des substances qui font rêver. Pour ne citer que l'exemple du Liban, on sait que l'herbe y est fameuse. Et en Afghanistan, premier producteur d'opium au monde, le commerce n'est pas impossible avec les plus de 100 000 militaires étrangers... Mais les armées elles-mêmes administrent aux combattants diverses médications susceptibles de mieux voir la nuit, de leur faire perdre le besoin de sommeil, ou au contraire de les endormir sur commande, aux heures choisies. Cette réalité est d'ailleurs reconnue, à tel point qu'un texte officiel, l'instruction N° 744/DEF/DCSSA/AST/TEC relative à l'utilisation de substances modifiant la vigilance en opérations, en définit le cadre !

Justifier la prise de substances dopantes

Les militaires édictent dans ce texte leurs ascensions des Alpes et on voit ici que cette définition est très large. "Les types d'opérations militaires pouvant justifier la prise éventuelle de substances qui agissent sur le niveau de vigilance des combattants sont les opérations dites soutenues et les opérations dites continues. Les premières se traduisent par une activité militaire quasi ininterrompue ne permettant aucun sommeil réparateur ; les secondes concernent une activité militaire de plus longue durée n'autorisant qu'une récupération partielle (par exemple : un sommeil diurne, de courte durée et fractionné). À titre d'exemples, on peut citer le fonctionnement 24 heures sur 24 des centres opérationnels pour l'armée de terre, la continuité entre le poste de veille et le poste de combat pour la marine, la mission nucléaire ou le travail au sol en ambiance nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique (NRBC) avec des tenues de protection pour l'armée de l'air". Mais attention, ce n'est pas du dopage. C'est de l'"aide de type pharmaceutique modifiant la vigilance". Nuance...

Gavés de protéines hormonées

Les trois auteurs de l'article -

- lancent par ailleurs un véritable cri d'alarme sur l'automédication de certains militaires qui se gaveraient de compléments alimentaires (protéines hormonées) utilisés par les culturistes. Ils soulignent par ailleurs l'intérêt de la démarche lancée par les armées pour rationaliser les programmes de préparation physique au combat afin de "rendre inutile la consommation de produits et de substances supposés dopants". Voilà une bonne idée. Car par les temps qui courent, que diront les armées si un militaire dopé sur ordre et dont la santé se serait dégradée les poursuivait devant la justice ?

(*) "Le sport et la guerre", Inflexions n° 19, La documentation française, 12,00 €, ISSN : 1772-3760

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/jean-guisnel/les-militaires-drogues-comme-des-cyclistes-29-02-2012-1436200_53.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20120229



8 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

8-1 Joseph Kishore : La ‘Meurtre S.A.’ de Barak Obama opère dans le monde entier.

L’administration Obama a construit un vaste appareil ayant pour but l’exécution d’assassinats et comprenant des engins volants sans pilote (drones), opérés par la CIA et l’armée.

Ce réseau de « machines à tuer » est géré dans le secret, derrière le dos du peuple américain et virtuellement en dehors de tout contrôle de la part du Congrès américain.

Le programme dans le cadre duquel opèrent ces « drones » a fait l’objet d’un article publié par le Washington Post le 28 décembre et intitulé « Sous Obama, l’émergence d’un appareil mondial du meurtre par drone ». Si l’article est de présentation plutôt discrète, ce qu’il montre n’en est pas moins effrayant : un gouvernement s’est arrogé le droit de tuer n’importe qui dans le monde sans même se soucier d’une apparence de légalité. On a déjà tué de cette façon des milliers de personnes.

Selon le Washington Post, ce ‘programme drones’, « comprend des dizaines de sites secrets dont deux sites principaux opérationnels sur la côte Est, des cockpits virtuels de l’US Air Force dans le Sud-est et des bases clandestines dans six pays sur deux continents. »

Selon les conclusions d’une étude du Bureau du Budget du Congrès américain, les Etats-Unis ont 775 drones ‘Predator’ et autres, plus un nombre inconnu de drones opérés par la CIA et faisant partie d’opérations secrètes. Les assassinats ont jusqu’à présent eu lieu dans au moins trois pays, en dehors des guerres en Irak et en Afghanistan. Le drone abattu récemment au dessus de l’Iran indique cependant des opérations bien plus étendues.

Un des premiers actes d’Obama en tant que président a été d’ordonner une attaque de drone Predator au Pakistan. 240 attaques ont été effectuées depuis contre ce pays, entraînant la mort de milliers de personnes, pour la plupart des civils. Quelque quinze attaques ont été effectuées au Yémen et d’autres encore en Somalie.

Le quotidien donne une description des « listes de sujets à assassiner » compilées par la CIA et le Joint Special Operation Command (JSOC) de l’armée américaine, sans que les critères utilisés pour la sélection des personnes ciblées soient rendus publics. La liste de la CIA est apparemment plus courte que celle de l’armée, ce que certains de ceux qui sont impliqués dans le programme de drones attribuent au fait qu’elle a eu moins de temps pour la dresser. Selon certains responsables, « L’Agence finira par rattraper le temps perdu. »

Parmi les gens assassinés, se trouvent trois citoyens américains, dont Anwar Al-Awlaki qui fut tué le 30 septembre et son fils de 16 ans, tué lui, par le JSOC quelques semaines plus tard. Tous deux furent tués au Yémen. Le Washinton Post affirme que le jeune Awlaki n’était pas la cible prévue. Ce « citoyen américain sans implication passée avec Al-Quaida » était au contraire une « victime non intentionnée. »

Pour expliquer l’augmentation des assassinats par drone, le journal mentionne la fermeture officielle de programmes de détention et la fin des transferts à Guantanamo Bay. Cela laissait «  peu d’options mis à part les attaques par drones… » En d’autres mots, au lieu d’enfermer des ‘terroristes’ présumés dans des camps et des centres de torture, l’administration Obama s’est dit qu’il serait simplement plus efficace de les tuer en secret.

Ces deux programmes différents sont soi-disant contrôlés par diverses commissions du Congrès. Mais, précise le Post, « aucune de ces commissions n’est en mesure de comparer les listes de sujets à abattre de la CIA et de la JSOC ou même de parvenir à une compréhension générale des règles selon lesquelles chacune de ces listes est fabriquée. »

Les dirigeants des deux fractions parlementaires sont tout à fait complices car les responsables des commissions sur les services de renseignement et l’armée acceptent de limiter ce qui peut être discuté publiquement. « Le fait qu’un président de leur parti ait monté une machine aussi efficace dans le but d’éliminer de façon ciblée des gens suspectés de terrorisme ne trouble pas outre mesure les dirigeants démocrates. »

Le président Lyndon Johnson, arrivé au pouvoir à la suite de l’assassinat de John F. Kennedy, avait en son temps admis que la CIA avait monté une entreprise qu’il appela, dans une remarque restée fameuse, une « damnée ‘Meurtre S.A.’ dans les Caraïbes ». Celle-ci avait plusieurs fois tenté d’assassiner le dirigeant cubain Fidel Castro. Le gouvernement Nixon fut lui, impliqué dans de nombreux complots d’assassinat. Cela avait contribué aux enquêtes à des fins de destitution qui conduisirent finalement à sa démission. Des enquêtes menées par la Commission Church du Sénat américain dans les années 1970 ont finalement conduit à un ordre exécutif interdisant officiellement la pratique de l’assassinat.

Les actes de l’administration Obama et la vaste augmentation des pouvoirs secrets de la CIA et de l’Armée dépassent de loin les crimes commis à cette époque.

Les assassinats extra-judicaires sanctionnés par l’Etat sont une métastase de la « guerre à la terreur » menée sur tout le globe, un élargissement d’une criminalité internationale qui comprend le lancement de guerres d’agression, l’emprisonnement indéfini et la torture. Ils sont devenus une importante composante de la politique militaire américaine. Celle-ci comprend aussi la guerre en Libye qui s’est conclue par l’assassinat, soutenu par les Etats-Unis, de Mouammar Kadhafi. Obama a fait du meurtre extra judicaire de Osama ben laden un des hauts faits et un des événements charnière de son administration.

La violence sans frein et l’abolition de la démocratie sont deux aspects d’un même processus. Les révélations du Washington Post suivent de deux semaines à peine le passage du National Defense Authorization Act. Cette loi donne, pour la première fois explicitement, un sceau d’approbation parlementaire à la détention militaire indéfinie de citoyens, américains ou non, selon le bon vouloir du président. La loi abolit dans les faits le recours d’habeas corpus et les garanties constitutionnelles d’application régulière de la loi.

L’administration qui préside à cette affirmation de pouvoirs quasi dictatoriaux, dirigée par Obama, est pour l’essentiel une alliance entre de puissants intérêts financiers et l’appareil militaire et des services de renseignements.

Ce gouvernement de la réaction extrême jouit du soutien déterminant d’une partie de la classe moyenne argentée qui, sur la base de la politique identitaire, s’est réconciliée avec une politique qui va au-delà même de celle de l’administration Bush. Tout est bon et même « progressiste » du moment que c’est un président afro-américain qui le fait.

La conduite d’un réseau destiné à exécuter des gens n’a rencontré qu’une objection de pure forme de la part de journaux comme La Nation et d’autres gens et partis ‘de « gauche’ qui soutiennent le Parti démocrate. Un commentateur libéral, Ta-Nehisi Coates, un des principaux rédacteurs en chef du magazine Atlantic, fit en réponse à l’article du Washington Post, ce commentaire réjoui: « Les drones sont l’arme parfaite de la démocratie. On obtient tout le mérite d’avoir tué les ennemis du pays et on ne porte pas le blâme de pertes militaires. Le massacre occasionnel d’un garçon de 16 ans est certes regrettable, mais pratiquement sans conséquence du point de vue politique. »

La défense des droits démocratiques, la défaite de l’impérialisme américain, la lutte contre l’inégalité sociale dépendent de la formation d’un mouvement politique de masse de la classe ouvrière sur la base d’un programme socialiste. Ce mouvement entrera directement en conflit avec l’administration Obama, le Parti démocrate et ses apologues ‘de gauche’.

Joseph Kishore
4 janvier 2012

http://www.wsws.org/francais/News/2012/jan2012/obam-j04.shtml



9 Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

Almanar : Un faux sénateur se rend à Kandahar et rencontre les services secrets.

Un homme se faisant passer pour un sénateur de Kaboul s'est rendu à Kandahar, bastion des résistants, où il a rencontré toutes les personnalités locales de plus haut rang, dont les services secrets, ont indiqué dimanche des sources concordantes.

Asif Sarhadi, un nom ne correspondant à aucun sénateur afghan, s'est pourtant présenté comme l'un d'entre eux, venant de Kaboul à Kandahar afin d'y "construire un musée", a expliqué à l'AFP Zalmai Ayubi, un porte-parole du gouvernement de la province de Kandahar.

"Il a rencontré le chef de la police, le directeur des services secrets et le gouverneur" de Kandahar, a précisé M. Ayubi, ajoutant que l'imposteur n'avait "pas visité d'endroits secrets" et qu'il n'avait eu "que des discussions informelles" avec les autorités.

Selon le site internet de Radio free Europe, citant Bismallah Afghanmal, un représentant de Kandahar à la chambre haute du parlement afghan, le faux sénateur s'est au contraire vu transporter dans plusieurs districts de la province, où "la moindre information" relative à la sécurité de la zone lui a été confiée, notamment par le chef des services de renseignement.
L'homme a ensuite disparu, a indiqué une autre source, ajoutant que son téléphone ne répondait plus.

Intrigués, le pseudo-sénateur ne faisant pas partie de leurs rangs, selon leurs dires, les résistants se sont aussi renseignés sur lui.

"Le mois dernier, environ 40 résistants ont choisi le camp de la paix, mais ne savons pas qui ils étaient. Nous n'avons pas les moyens de contrôler leurs origines", a remarqué Atta Mohammad Ahmadi, qui dirige le haut conseil de la paix à Kandahar, sorte d'instance de conciliation pour ex-rebelles.

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=20&frid=20&eid=51029

 



Pakistan.

Généralités.

Nom officiel du pays : République islamique du Pakistan.

Création : fondé le 14 août 1947, le Pakistan entretient des relations très tendues avec l'Inde depuis sa création en raison, notamment, du partage entre ces deux pays du territoire du Cachemire.

Pays limitrophes : Chine, Inde, Iran, Afghanistan.

Superficie : 803 000 km2.

Nombre d'habitants : 163 902 000 (estimation pour 2007).

Démographie

Population (estimation INED, en millions)

157,9

 

Composition de la population (en %)

Pendjabis (50 %), Sindis (15 %), Pathans (Pachtounes, 15 %), Mohajirs (immigrés d''''Inde au moment de la partition et leurs descendants, 8 %), Baloutches (5 %), autres (7 %).

 

Population urbaine

34 %. Principales villes : Karachi (9,2 millions d''''habitants), Lahore (5 millions), Faisalabad (1,9 million), aggl. Islamabad-Rawalpindi (1,4 million).

 

Densité (hab./km²)

198,4

 

Espérance de vie (années)

62,9

 

Fécondité (nombre moyen d'enfants/femme)

4,27

 

Taux d'alphabétisation (%)

44

 

Croissance démographique annuelle (%)

2,0

Nom des habitants : Pakistanais.

Religions : musulmans 97 % (dont sunnites 74 %, chiites [dont 2 millions d'ismaéliens] 26 %), autres (chrétiens, hindous, ahmadis, parsis [zoroastriens], 3 %).

Capitale : Islamabad.

Langues : ourdou et anglais.

Monnaie : roupie pakistanaise.

Religions : musulmans 97 % (dont sunnites 74 %, chiites [dont 2 millions d'ismaéliens] 26 %), autres (chrétiens, hindous, ahmadis, parsis [zoroastriens], 3 %).

Capitale : Islamabad.

Arme de destruction massive : le Pakistan dispose de l'arme nucléaire, à l’instar de l’Inde (puissances nucléaires de fait [les cinq autres puissances nucléaires officielles étant la Chine, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et la Russie]). 

 

Nature de l'État : république à régime parlementaire.

Chef d’État : Asif Ali Zardari (né le 21 juillet 1956 à Nawabshah, Pakistan), élu président du Pakistan le 6 septembre 2008. Veuf de l'ancienne Premier ministre Benazir Bhutto (1953-2007).

Chef du gouvernement : Yousaf Raza Gilani (né en 1952 à Karachi, Pakistan).

Constitution : adoptée en 1973. Révisée en avril 1997 et en décembre 2003. La Constitution, suspendue le 15 octobre 1999 suite au coup d''''Etat du général Pervez Musharraf, le 12 octobre 1999. Chef de l''''état-major, Musharraf s''''est proclamé chef de l''''exécutif. Il a créé un Conseil de sécurité nationale (8 personnes), organe exécutif suprême.

En 1998, la charia et la sunna deviennent lois suprêmes ; il existe une Cour fédérale islamique chargée de veiller au respect de la charia. En mai 2000, la Cour suprême a validé le coup d''''Etat du 12 octobre 1999 en permettant au général Musharraf de rester au pouvoir pendant 3 ans.

Le Parlement islamique (Assemblée nationale, 237 membres élus pour 5 ans au suffrage universel, 20 sièges réservés à des femmes et 10 à des non-musulmans ; et Sénat, 87 membres élus pour 6 ans par les assemblées provinciales) a été dissolu par Musharraf le 15 octobre 1999. Cependant, les partis politiques ont été maintenus

Partis au pouvoir : Ligue musulmane du Pakistan (Pakistan Muslim League, PML-Q), Parti du peuple pakistanais (PPP, social-démocrate).Autres partis : Jamaat-i-Islami (JI, Alliance démocratique islamique, fondamentaliste sunnite).
Muttahida Majlis-e-Amal (MMA, alliance de six partis religieux islamiques, dont le principal parti est le Jamaat-i-Islami).
Muttahida Qaumi Movement (MQM, ex-Mohajir Qaumi Movement, parti des musulmans venus d'Inde lors de la partition, en 1947 ; formation dirigée depuis Londres).

Adhésions supranationales : OMC (Organisation mondiale du commerce), OCI (Organistion de la conférence islamique), IDB (Banque interaméricaine de développement), ADB (Banque pour le développement de l’Asie). . Le pays est composé de 4 Provinces : Pendjab, Sind, Province-de-la-Frontière-du-Nord-Ouest (NWFP) et Baloutchistan, chacune dotée d''''une Assemblée. Il existe également 2 Territoires : les Zones tribales (FATA, autonomes, situées dans la NWFP, mais en relation directe avec Islamabad) et le Territoire de la capitale. Le Pakistan administre également une partie du Cachemire, l''''Azad Kashmir, le "Cachemire libre", et les Territoires du Nord. Le Pakistan revendique la région du Cachemire de l''''Etat indien du Jammu-et-Cachemire. En 1998, la charia et la sunna deviennent lois suprêmes ; il existe une Cour fédérale islamique chargée de veiller au respect de la charia. En mai 2000, la Cour suprême a validé le coup d''''Etat du 12 octobre 1999 en permettant au général Musharraf de rester au pouvoir pendant 3 ans.

Le Pakistan a été réintégré dans le Commonwealth en mai 2004 après cinq ans d'exclusion..

http://www.courrierinternational.com/fiche-pays/pakistan

http://www.larousse.fr/encyclopedie/article/Le%20Pakistan%20:%20un%20pays%20en%20guerre%20et%20en%20faillite./11010250



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

16/10/2011

n°70 - Les dossier du Pakistan - 16-10-11 - Début - Le Pakistan sera t-il ajouté sur la liste des pays constituant « l’axe du mal » ?


n°70   - Les dossier du Pakistan - 16-10-11  - Début - Le Pakistan sera t-il ajouté sur la liste des pays constituant « l’axe du mal » ?


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal de PAKISTAN.  

                                                         n° 70  16-10-11 

                                              C.De Broeder & M.Lemaire     

 



 Le "Journal de PAKISTAN" est visible sur les blogs :

a) sur nos  blogs : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                             http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

c) sur le site de Eva Resis  : no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Avant propos

·                     ·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes



Sommaire.

1 Dossiers

1-1 Normand Lester : Les élucubrations de Frum : Le Pakistan sera t-il ajouté sur la liste des pays constituant « l’axe du mal » ?

1-2 Shahid Javed Burki : Les relations entre les Etats-Unis et le Pakistan...

1-3Paul Craig Roberts : Pakistan et le réseau Haqqani: la dernière menace orchestrée par l’Amérique et la fin de l’Histoire.

1-4 M. K. Bhadrakumar : Un sommet à Téhéran pour contrer les Etats-Unis ?

1-5 Michelle Obama, Joe Biden,  Barack Obama et les Predators drone. 

1-6 Farid Merrad : France: l’affaire Karachi s'est étendu à l’Arabie saoudite.  

Fin

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 William Blum : Que Dieu bénisse l’Amérique, et ses bombes.

3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

 3-1 A qui profite ces crimes... pensez- vous ? 

3-2 M. K. Bhadrakumar : Les perdants et les gagnants dans l’Afghanistan d’Obama.

3-3 Dana Priest et William M. Arkin : "Top secret america": aux Etats-Unis, un monde caché hors de tout contrôle.

4 Annexe

4-1 Guerres américaines au P-O en dix ans : 225 000 morts et 3700 milliards de $.

:



1 Dossiers

1-1 Normand Lester : Les élucubrations de Frum : Le Pakistan sera t-il ajouté sur la liste des pays constituant « l’axe du mal » ?

David Frum est un juif sioniste néoconservateur, très proche des juifs sionistes extrémistes, rédacteur des discours de G.W.Bush et il fut très favorable à une attaque de l’Irak.

Dans sa chronique sur le site de CNN, David Frum suggère  que les Etats-Unis cessent de faire la guerre en Afghanistan pour s’en prendre plutôt au Pakistan à l’origine, selon lui, du mal terroriste. Frum est un Canadien qui est parvenu à se faire accepter dans le cénacle des « penseurs » néoconservateurs américains. Il collabore aussi au quotidien likoudnik de Toronto, National Post, où, lorsque l’occasion se présente, il se joint à la charge contre l’affirmation nationale du Québec.

En tant que rédacteur de discours de l’ignare George W. Bush, c’est lui qui a inventé l’expression absurde d’« axe du mal » pour réunir l’Irak, l’Iran et la Corée du Nord.

Mais la vérité et la réalité n’ont souvent rien à voir avec les élucubrations de Frum, un partisan inconditionnel de la domination américaine de la planète comme façon d’assurer la sécurité et la pérennité d’Israël.
Frum se demande donc sur CNN si l’exécution de ben Laden par des commandos américains ne rend pas l’intervention américaine en Afghanistan obsolète.

L’homme, qui a été l’un de ceux qui ont poussé Bush dans les guerres où il s’est enlisé, reproche maintenant au président Obama d’avoir aggravé le problème en augmentant les effectifs américains dans le pays!
Il déplore que les Etats-Unis ne puissent prendre des mesures énergiques contre le Pakistan parce que pratiquement tout le ravitaillement des armées américaines en Afghanistan arrive par convois à travers ce pays.

Frum affirme que la guerre d’Afghanistan ne peut pas être gagnée du fait que le Pakistan soutient en sous-main les « résistants », qu’il les finance, les approvisionne et donne sanctuaire à leurs chefs de son côté de la frontière. Il se trompe.

[On découvre combien cet analyste prétendument chevronné étouffe bien des vérités dérangeantes comme le comportement des services secrets américains en Afghanistan et même au Pakistan. Combien y a t-il d'attentats au Pakistan sous "fausse bannière" ?  Cela existe M. Frum !]

Frum pose des questions insidieuses pour inciter à une intervention militaire au Pakistan.[Il consolide le scénario farfelu qui nous fut servi à propos de la mort de Ben Laden.]

David Frum interroge: les généraux qui ont protégé ben Laden sont-ils les même qui contrôlent la force nucléaire du Pakistan? Pourquoi la doctrine formulée par l’administration de George W. Bush et entérinée par Obama, « Ceux qui abritent des terroristes seront traités comme des terroristes eux-mêmes », ne s’applique-t-elle pas au Pakistan?

Le porte-voix de l’extrême droite américaine devrait savoir que la situation catastrophique des finances publiques des Etats-Unis leur enlève une grande partie de leur liberté d’action géostratégique.

Ce n’est vraiment pas le moment pour les Etats-Unis de s’engager dans une nouvelle guerre dans un pays de 175 millions d’habitants, qui possède l’arme nucléaire. Faire du Pakistan un ennemi ou même simplement le traiter de façon antipathique serait une erreur monumentale pour Washington. Islamabad se rapprocherait de Pékin [c'est déjà fait] dont il est l’allié depuis des décennies contre l’Inde. Toute interruption de l’aide américaine au Pakistan serait rapidement remplacée par des subsides chinois. Les Chinois, contrairement aux Américains, ont les moyens financiers de mener une politique étrangère de grande puissance.
Les Etats-Unis n’ont plus de tels moyens, en grande partie à cause des guerres déclenchées à l’instigation des néo-conservateurs comme Frum et des politiques financières toxiques défendues par les mêmes idéologues au profit de leurs amis de Wall Street.

Normand Lester 

(Source: La chronique de Normand Lester)

14 mai

http://sos-crise.over-blog.com/ext/http://liesidotorg.wordpress.com/2011/05/14/le-pakistan-sera-t-il-ajoute-sur-la-liste-des-pays-constituant-laxe-du-mal/


1-2 Shahid Javed Burki : Les relations entre les Etats-Unis et le Pakistan...

 Les relations entre les Etats-Unis et le Pakistan ont continué à se dégrader depuis l’exécution d’Oussama ben Laden par les services spéciaux américains, dans une villa confortable proche d’une des principales académies militaires du pays. Mais les représailles au coup par coup qui ont suivi le raid reflètent une méfiance et une suspicion plus profondément ancrées.

 Le dernier épisode a porté sur les activités supposées du puissant service de renseignements de l’armée pakistanaise, l’Inter-Services Intelligence (ISI), sur le territoire des Etats-Unis. L’ISI est accusé de surveiller la diaspora pakistanaise et de financer des lobbyistes chargés d’influer sur les membres du Congrès américain.

À vrai dire, ce n’est pas la première fois que les relations entre les deux pays sont sur une pente glissante. En 1965, après avoir aidé le Pakistan à développer son économie et sa puissance militaire, les Etats-Unis ont lâché le Pakistan après que celui-ci ait provoqué une guerre avec l’Inde en envoyant des « combattants pour la liberté » au Cachemire.

En 1989, à la suite du retrait de l’Union soviétique d’Afghanistan, les Etats-Unis perdirent tout intérêt pour ce qu’ils qualifient aujourd’hui d’ « Afpak » – l’Afghanistan-Pakistan. Les Américains commencèrent à revenir au Pakistan jusqu’à ce qu’en 1998, le gouvernement pakistanais décide d’emboîter le pas à l’Inde en effectuant ses premiers tests nucléaires, une décision qui entraîna des sanctions de la part des Etats-Unis – et leur troisième retrait du Pakistan.

La situation était inchangée lors des attentats perpétrés par al-Qaïda, basé en Afghanistan, le 11 septembre 2001 sur le territoire américain. Après l’avertissement lancé par l’administration du président George W. Bush, « vous êtes avec nous ou contre nous », le chef d’État et général pakistanais Pervez Musharraf décida de se rallier du côté des Américains. Il rompit les relations avec le régime des résistants en Afghanistan, qu’il avait pourtant contribué à installer au pouvoir cinq ans plus tôt, et autorisa les Etats-Unis à lancer des frappes aériennes contre l’Afghanistan à partir du sol pakistanais.

Pendant plus d’une décennie, le Pakistan et les Etats-Unis furent des alliés proches. Le Pakistan laissa les Etats-Unis se servir de leurs bases aériennes pour lancer des attaques de drones sur les résistants en Afghanistan et dans le nord-ouest du Pakistan ; permit aux convois de passer par son territoire pour approvisionner les forces de l’Otan en Afghanistan, sans débouché sur la mer ; et avec moins d’enthousiasme que ne l’auraient souhaité les Etats-Unis, a lancé des opérations militaires contres les havres résistants sur les zones pakistanaises le long de la frontière poreuse avec l’Afghanistan.

En échange de cette aide, le Pakistan reçut une assistance économique et militaire généreuse. Selon le Congrès américain, le Pakistan bénéficia d’une aide s’élevant à 20 milliards de dollars entre 2001 et 2011. Le Congrès a en outre approuvé la loi Kerry-Lugar, qui prévoit d’accorder au Pakistan une aide économique à hauteur de 7,5 milliards de dollars entre 2009 et 2014. Les Etats-Unis ont également poussé le Fonds monétaire international à apporter une assistance financière d’urgence au Pakistan pour un montant de 11 milliards de dollars, dont les premiers versements ont commencé fin 2008.

Cette relation étroite a créé un « aléa moral » au Pakistan, où l’afflux intarissable de l’aide américaine a empêché le gouvernement et l’armée de s’attaquer avec urgence aux réformes économiques nécessaires ; un allié viendrait toujours à la rescousse pour pallier à la pénurie chronique de liquidités du pays. Jusqu’à présent, cet allié était les Etats-Unis, qui pourraient toutefois à nouveau se retirer du Pakistan pour la quatrième fois de l’histoire de cette relation mouvementée – une menace brandie pour plusieurs personnalités influentes du Congrès américain.

La dynamique qui a mené les relations entre les Etats-Unis et le Pakistan à ce point pourrait bien remonter au 1er décembre 2009 lorsque le président Barack Obama, tout en annonçant l’envoi de forces armées supplémentaires en Afghanistan, a également précisé son intention d’entamer un retrait des troupes américaines de ce pays à partir de juillet 2011 – une volonté réitérée il y a deux mois. Cette évolution a alerté les Pakistanais au fait qu’avec le retrait imminent des troupes américaines, ils seraient seuls à combattre les résistants des deux côtés de la frontière avec l’Afghanistan. Le Pakistan aurait besoin pour cela de pouvoir compter sur l’aide de certaines des tribus pachtounes afghanes avec lesquelles il avait noué des liens étroits à l’époque de la guerre contre l’Union soviétique.

Le groupe de Jalaluddin Haqqani, qui a trouvé refuge dans la zone tribale pakistanaise du Nord-Waziristan, était l’un des groupes d’résistants sur lequel le gouvernement pensait pouvoir compter pour promouvoir ses intérêts en Afghanistan. Mais le groupe Haqqani est également l’un des plus farouches opposants des Etats-Unis, qui ont demandé au Pakistan de le combattre. Le Pakistan a refusé. Et au plus fort de cette querelle, les Etats-Unis ont envoyé leurs forces spéciales abattre Ben Laden dans sa cachette au cour du Pakistan, n’informant le gouvernement pakistanais qu’après les faits.

Embarrassée, l’armée pakistanaise a fait pression sur le gouvernement pour qu’il commence à se distancer des Etats-Unis. Après que l’identité du chef de l’antenne de la CIA au Pakistan ait été révélée (probablement par la hiérarchie militaire pakistanaise), les Etats-Unis ont fait savoir qu’ils disposaient de preuves solides concernant l’assassinat d’un journaliste pakistanais influent par l’ISI.

Il est possible que cette fois-ci, la dissension entre les deux pays ne soit pas si facilement surmontée. Le Pakistan s’est tourné vers la Chine pour obtenir une aide économique et militaire, espérant sans doute avoir avec ce pays une relation moins volatile qu’avec les Etats-Unis. D’un côté, le Pakistan a proposé à la Chine d’investir dans l’amélioration des infrastructures et dans l’exploitation des vastes ressources minérales du pays. De l’autre, les Chinois ont été invités à développer le port de Gwadar sur la côte du Baloutchistan et de l’utiliser comme base pour leurs forces maritimes en pleine expansion.

Bien que la Chine n’ait pas répondu à ces ouvertures avec le même degré d’enthousiasme qu’elles ont été formulées, elle est sans doute tout à fait prête à combler le vide stratégique créé par le départ accéléré des Etats-Unis de l’Afpak. Un réalignement important des forces régionales est imminent, ou une nouvelle partie de l’ancien Grand Jeu en Asie.

Shahid Javed Burki

Copyright: Project Syndicate, 2011.
Traduit de l’anglais par Julia Gallin

http://lecercle.lesechos.fr/node/36771


1-3Paul Craig Roberts : Pakistan et le réseau Haqqani: la dernière menace orchestrée par l’Amérique et la fin de l’Histoire.

Avez-vous déjà entendu parler des Haqqanis ? Non, je ne le pense pas. Tout comme Al Qaïda dont personne n’avait entendu parler avant le 11 Septembre, le “réseau Haqqani” sort de sa boîte juste au bon moment pour justifier de la prochaine guerre des Etats-Unis: au Pakistan.

La déclaration d’Obama qui a affirmé qu’il avait ordonné l’extermination du chef d’Al Qaïda Ben Laden a considérablement réduit la menace venant de cet homme de paille ayant si bien servi et pendant si longtemps. Une organisation terroriste qui laisse son chef désarmé et sans défense, comme un canard au milieu de l’étang, prêt pour l’assassinat en règle, n’est plus une organisation si formidable que cela. Il est temps de sortir du chapeau quelque chose de plus menaçant, quelque chose qui continuera de manière sûre la “guerre contre la terreur”.

Maintenant, le pire ennemi de l’Amérique sont les Haqqanis. De plus, à l’encontre d’un Al Qaïda qui ne fut jamais lié à un pays à proprement parler, le réseau Haqqani, d’après l’amiral Mike Mullen, chef d’état-major des armées états-unien, est un véritable “bras armé” du gouvernement pakistanais et de ses services de renseignement, l’ISI. Washington affirme que l’ISI a ordonné a son réseau Haqqani d’attaquer l’ambassade américaine à Kaboul en Afghanistan ce 13 Septembre dernier ainsi que la base militaire américaine de la province du Wadak.

Le sénateur Lindsey Graham, membre du comité des forces armées et un des principaux va t’en guerre républicain a déclaré que “toutes les options étaient sur la table” et a assuré le Pentagone qu’il y avait un fort soutien bipartisan au congrès en faveur d’une attaque militaire américaine sur le Pakistan.

Alors que Washington a tué beaucoup de civils pakistanais avec ses drones et a forcé l’armée pakistanaise à chasser Al Qaïda a travers presque tout le Pakistan, ce qui a produit quelques dizaines de milliers de Pakistanais qui ont dû quitter les zones de recherche, le sénateur Graham dit avoir quelque chose de plus conséquent en vue.

Ainsi pense également le gouvernement pakistanais. Le premier ministre pakistanais Yousouf Raza Gilani a rappelé son ministre des affaires étrangères qui était en visite à Washington, pour une réunion d’urgence du gouvernement dont le sujet était l’évaluation d’une invasion américaine du Pakistan.

De son côté, Washington rassemble des raisons supplémentaires à ajouter à la nouvelle menace venant des Haqqanis et pour justifier d’une guerre au Pakistan: le Pakistan a un arsenal nucléaire et est politiquement instable, ainsi les armes nucléaires pourraient tomber en de mauvaises mains, de plus les Etats-Unis ne peuvent pas gagner en Afghanistan tant qu’ils n’ont pas éliminé les sanctuaires terroristes au Pakistan, bla, bla, bla, bla…

Washington a essayé de forcer le Pakistan à lancer une opération contre son propre peuple dans la province du nord du Waziristan. Le Pakistan a de très bonnes raisons de résister à cette demande. L’utilisation par Washington de la “nouvelle menace Haqqanis” comme un prétexte à l’invasion pourrait être la façon qu’à Washington de contrer la résistance du Pakistan à attaquer sa propre province du Waziristan, ou cela pourrait être, comme le disent quelques leaders pakistanais, et ce dont craint le gouvernement, un “drame” créé par Washington pour justifier d’un assaut sur un autre pays musulman.

A travers toutes ces années de servitude comme marionnette américaine, le gouvernement pakistanais n’a fait qu’amener cette situation sur lui-même.Les Pakistanais ont laissé les Américains acheter le gouvernement pakistanais, entraîner et equiper son armée et laisser établir une vitrine de la CIA avec leur service de renseignement. Un gouvernement si dépendant de Washington ne peut pas dire grand chose lorsque Washington commence à violer sa souveraineté, à envoyer ses drones et ses forces spéciales pour tuer de soi-disant Al Qaïda, mais de manière générale, des femmes, des enfants et des fermiers. Incapable de maîtriser aprés une décennie un petit groupe de combattants Talibans en Afghanistan, Washington a transféré la responsabilité de son échec militaire sur le Pakistan, tout comme elle blâme la longue guerre d’Irak sur le soi-disant soutien de l’Iran à la résistance irakienne à l’occupation américaine.

Quelques analystes très efficaces, que vous n’entendrez jamais dans les médias de masse, disent que le complexe militaro-industriel et de sécurité américain et leurs prostitués néoconservateurs sont en train d’orchestrer la 3ème guerre mondiale avant que la Russie et la Chine ne soient totalement préparés. Comme résultante de l’oppression communiste, un pourcentage non négligeble de la population russe se trouve dans l’orbite américaine. Les Russes font plus confiance à Washington qu’ils ne le font en Poutine; les Chinois sont trop occupés à gérer les périls de leur croissance économique très rapide pour préparer la guerre et ils sont loin derrière la menace.

La guerre quoi qu’il en soit, est l’essence même des profits du complexe militaro-industriel et de sécurité et la guerre est la méthode choisie par les néoconservateurs pour arriver à leur but de l’hégémonie mondiale américaine.

Le Pakistan a des frontières avec la Chine et des parties de l’ancien empire soviétique, dans lesquelles les Etats-Unis ont maintenant des bases militaires, sur les frontières russes. Une guerre états-unienne contre le Pakistan et son occupation a de grandes chances de réveiller les somnolents russes et chinois. Comme tous deux possèdent des missiles nucléaires intercontinentaux (ICBM), le résultat de la veûlerie du complexe militaro-industriel pour le profit pourrait bien être l’extinction de toute vie sur la planète.

Les patriotes et les super-patriotes qui tombent toujours dans les pièges de des agendas du complexe militaro-industriel et de ses néoconservateurs agitant leurs drapeaux sont en train de surenchérir sur la possibilité de la “fin des temps”, qui est tant désirée par le ravissement évangéliste, leur permettant de flotter vers le paradis tandis que le reste d’entre nous mourra sur Terre.

Ce n’est pas ce que le président Reagan avait espéré en œuvrant pour la fin de la guerre froide.

Article original en anglais : Pakistan and "The Haqqani Network" : The Latest Orchestrated Threat to America and The End of History
Traduction : Résistance 71


Paul Craig Roberts est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  

 

1-4 M. K. Bhadrakumar : Un sommet à Téhéran pour contrer les Etats-Unis ?
Quasi-proportionnellement à l’effondrement des liens entre Washington et ses alliés à Kaboul et Islamabad, l'Iran a intensifié ses activités politiques et diplomatiques autour du problème afghan et de la situation régionale.

Téhéran estime que les relations entre les États-Unis et les gouvernements afghan et pakistanais ont subi un sérieux revers et qu’un prompt rétablissement est peu probable.

Ainsi, une fenêtre d'opportunité s'est ouverte à Téhéran pour faire reculer l'emprise des Etats-Unis pendant dix ans sur la géopolitique de la région. Téhéran est déterminé à ne pas manquer l'occasion.

L'objectif immédiat est en quelque sorte de torpiller les plans des Etats-Unis visant à établir des bases militaires en Afghanistan et à s’étendre dans la région stratégiquement vitale d'Asie centrale, tout en débordant l'Iran à l'Est. La poussée politique et diplomatique iranienne arrive à un moment où les divergences américano-afghanes sont apparues au cours des négociations qui ont récemment été dévoilées au public.

Mais Téhéran considère également que cette partie comporte des enjeux élevés, avec des ramifications beaucoup plus large que la simple question de contrarier les plans américains d’établir des bases militaires [en Afghanistan]. Téhéran aura pour objectif de disperser le cordon de l'alliance américano-saoudo-israélienne dans le sillage des bouleversements au Proche-Orient.

Après tout, l’Afghanistan devient partie intégrante du « Grand Moyen-Orient », le Pakistan est un allié de longue date des États-Unis et de l'Arabie Saoudite et l'ensemble de ces trois pays – l'Iran, le Pakistan et l'Afghanistan – devient une plaque tournante stratégique d'une importance immense pour la géopolitique d’une vaste région s'étendant du Levant à la vallée de Ferghana.

Pour s’en assurer, l'objectif de Téhéran consistera à forger l'unité régionale avec Kaboul et Islamabad sur la base de leurs préoccupations et intérêts communs vis-à-vis de la politique américaine régionale.

Cette semaine, les efforts iraniens recevront un encouragement avec la visite à Téhéran du président pakistanais Asif Ali Zardari et du président [afghan] Hamid Karzaï, qui participeront à la conférence internationale sur le terrorisme à l'invitation du président iranien Mahmoud Ahmadinejad. Cette conférence est programmée les 25 et 26 juin, mais Zardari arrive ce jeudi pour une visite de deux jours.

Le fait que Zardari et Karzaï assistent à une conférence sur le terrorisme organisée par l'Iran, à ce moment précis, est en soi un indicateur significatif de la manière dont le vent souffle actuellement sur la politique régionale. Le gouvernement saoudien aurait effectué une démarche diplomatique auprès du Pakistan, suggérant qu'il doive ignorer la conférence de Téhéran et, à la place, participer à un conclave similaire sur le terrorisme qu'il propose de convoquer prochainement à Riyad.

Les Etats-Unis seront aussi très mécontents de la décision de Karzaï d’être aux côtés de l'Iran, en ce moment, sur la « guerre contre le terrorisme ». Cela démolit l'allégation des Etats-Unis selon laquelle l'Iran fomente le terrorisme. Zardari emmène avec lui une délégation de ministres, qui comprend le ministre de l'Intérieur Rehman Malik, le ministre du Pétrole et des Ressources naturelles Asim Hussain et le ministre de l'Eau et de l’Energie Syed Naveed Qamar.

Les médias iraniens ont indiqué que Zardari s’exprimera sur le projet de gazoduc irano-pakistanais, auquel s’opposent fortement les Etats-Unis, et qu'une « étape décisive pour l'exécution de ce projet qui a déjà été retardé » peut être espérée lors de sa visite. L'Iran a déjà achevé la construction de 1.000 kilomètres de ce gazoduc sur les 1.100 km prévus sur le sol iranien.

L'Iran a également proposé qu'un réseau de transport d'électricité soit construit à côté du gazoduc, reliant le réseau d'électricité de l'Iran avec celui du Pakistan. Par ailleurs, l'Iran a proposé de vendre 1.000 mégawatts/heures d'électricité au Pakistan à un taux subventionné.

 

« Tentatives de contournement »

Téhéran fait une tentative acharnée pour donner une nouvelle dynamique à ses relations bilatérales avec le Pakistan. Téhéran a traditionnellement nourri un sentiment de frustration envers l'alliance américano-pakistanaise. Ahmadinejad a récemment déclaré que Téhéran est en possession de « preuves spécifiques » pour dire que les USA projettent de saisir les armes nucléaires du Pakistan.

En effet, compte tenu de la présence militaire américaine et du soutien américain au groupe terroriste Djundallah, qui fomente la violence dans la région du Sistan-Baloutchistan en Iran oriental bordant le Pakistan, les services de renseignements iraniens sont très actifs en Afghanistan et au Pakistan. Téhéran a un mécanisme de partage du renseignement au niveau bilatéral avec le Pakistan et il est pratiquement certain que Malik discutera des voies et des moyens pour renforcer cet arrangement. Le Pakistan peut aider l'Iran à contrer le Djundallah, tandis que l'Iran peut partager des renseignements concernant les activités secrètes des Etats-Unis sur le sol pakistanais.

L'Iran semble partager l'estimation de la Russie et de la Chine, selon laquelle la politique étrangère pakistanaise est en cours de correction pour réduire la dépendance politique, économique et militaire d'Islamabad sur les Etats-Unis.

De même, Téhéran prend en compte que les USA tiennent à la fois Islamabad et Kaboul à distance dans leurs négociations avec les résistants et adopte une méthode de partage des informations avec pour principe de ne les divulguer qu’à ces partenaires clés.

Samedi dernier, Karzaï s’est servi d’un discours à la nation pour fustiger les Etats-Unis et est allé jusqu’à exposer que les Etats-Unis sont déjà en pourparlers directs avec les Résistants. Fait révélateur, le Pakistan a rapidement fait comme Karzaï et a entrepris, lundi, une forte démarche à ce même égard auprès des Américains.

De hauts responsables pakistanais auraient fait part de leurs préoccupations au Représentant spécial adjoint Frank Ruggiero, en visite, à propos des « tentatives de Washington de contourner » Islamabad et de maintenir délibérément le Pakistan à distance dans ses efforts pour rechercher un accord de paix avec les Résistants avant le retrait progressif d'Afghanistan.

Le communiqué publié par le ministère pakistanais des Affaires étrangères, après les discussions entre le ministre d'Etat des Affaires étrangères Hina Rabbani Khar et Ruggiero, qui se sont tenues à Islamabad lundi, disait : « Le ministre a souligné l'importance de la clarté et de la cohérence stratégique, de même que la transparence, afin de favoriser le peuple afghan et le gouvernement afghan dans le processus de paix et de réconciliation. »

Le journal pakistanais Tribune a cité un diplomate pakistanais, en poste à Kaboul, alléguant qu’Islamabad est maintenu dans l'obscurité par les Etats-Unis sur ses récents contacts avec les Résistants. « Nous savons bien que certaines réunions ont eu lieu entre les responsables américains et les Résistants afghans, en Allemagne et au Qatar. Il semble que le Pakistan soit délibérément maintenu à l’écart par les Etats-Unis afin de minimiser notre rôle dans la future donne politique en Afghanistan", a-t-il insisté.

Une fois encore, le journal Dawn a cité sans le nommer l’un des responsables pakistanais qui aurait dit, « D'un côté, ils [les Américains] parlent de l'aide du Mollah Omar, mais de l'autre, ce dirigeant Taliban est sur la liste des cinq hommes qu'ils [les Américains] veulent éliminer », demandant sur un ton acerbe s'il pouvait y avoir également un espace dans le dialogue politique des Etats-Unis pour le réseau Haqqani.

Cependant, ce serait un jugement hâtif que de conclure qu’Islamabad et Kaboul sont en train de coordonner leur opposition aux États-Unis. La relation afghano-pakistanaise reste très problématique, le déficit de confiance est important et une amélioration radicale dans le climat de leurs relations s’est avérée hors d’atteinte.

En fait, les escarmouches aux frontières ont augmenté en fréquence. Dans quelle mesure les Etats-Unis et l’OTAN alimentent ces tensions, dans le cadre de l'effort concerté à « mettre la pression » sur le Pakistan, n’est pas clair. Manifestement, une rencontre authentique des esprits entre Karzaï et Islamabad ne peut se concrétiser tant que ces tensions souterraines continuent d’éclater sur la région frontalière afghane, impliquant l'armée pakistanaise et les forces afghanes.

Peut-être Téhéran peut-il donner un coup de main pour régler ces tensions. Pour s’en assurer, l'Iran a un grand intérêt à ce stade à amener l’Afghanistan et le Pakistan à se rapprocher dans une relation téléologique de travail.

Le ministre iranien de la Défense, Ahmed Vahidi, qui s’est rendu à Kaboul la semaine dernière, a eu une réunion de fond avec l'ancien homme fort de l’Alliance du Nord et actuel vice-président, Mohammed Fahim. Vahidi a dit à Fahim, « La grande et courageuse nation d’Afghanistan est capable d'établir sa sécurité de la meilleure façon possible sans l'interférence des forces trans-régionales [comprendre : les USA et l'OTAN]. »

Vahidi a dit à son homologue iranien, Abdulrahim Wardak, « Leur présence [les Etats-Unis] fait obstacle à la matérialisation de la volonté de la grande nation afghane, résolue et qui travaille dur, et provoquera la discorde, la tension et l'insécurité et gaspillera le capital du pays. »

Wardak et Vahidi ont signé un document relatif à la coopération bilatérale en matière de sécurité. Fait intéressant, lors de la cérémonie de signature, Wardak a réagi ainsi : « Etant donné les menaces et les défis auxquels la région est confrontée, nous croyons qu’une défense commune et une coopération en matière de sécurité entre l'Iran et l'Afghanistan sont très importantes pour établir la paix et la sécurité dans la région. » Wardak a également dit, d’un air sous-entendu, que l'Afghanistan essayera, à ce stade, d'accroître ses liens en matière de défense et de sécurité avec l'Iran, afin de « remplir nos objectifs de sécurité communs dans la région. Nous croyons que l'expansion de la coopération en matière de défense commune et de sécurité avec l'Iran est dans nos intérêts. »

 

La ligne de faille pachtoune

À son retour à Téhéran dimanche, Vahidi a déclaré que les efforts américains pour établir des bases en Afghanistan font partie de leur plan visant à imposer un « système hégémonique » sur la région, « mais tous les pays et tous les peuples de la région sont opposés à ce complot. La présence des forces étrangères dans la région, en particulier les troupes américaines, est très nocif et représente une violation flagrante de la souveraineté nationale des pays de la région et compromet leur sécurité. »

Fait intéressant, il a ajouté, « Autant que nous le savons, la grande nation afghane n'est pas d'accord avec l'installation de bases militaires américaines, et il est naturel que les responsables du pays, qui suivent leur peuple, n’approuvent pas de tels plans. » Dans une allusion voilée au Pakistan, Vahidi a déclaré que les pays de la région sont également opposés à la présence de troupes étrangères dans un pays voisin, car « les pays extra-régionaux cherchent effectivement à entraver les progrès des pays islamiques ».

Téhéran prendrait en compte l'impression qui prévaut dans la région que les États-Unis et la Grande-Bretagne travaillent sur ce que l’on appelle le « plan Blackwill » - qui tire son nom de Robert Blackwill, un responsable américain qui a servi dans le Conseil à la Sécurité Nationale de George W. Bush - qui a d'abord soutenu que la meilleure solution afghane est de réaliser une partition de ce pays, le long de la principale ligne de faille ethnique pachtoune.

Ce plan laissait entendre que les Etats-Unis devraient quitter les provinces du sud et du sud-est de l'Afghanistan et laisser la loi des Résistants être rétablie dans ces provinces, et, à la place, transférer leurs troupes vers le havre sûr de la région nord, habitée par les tribus non-pachtounes qui sont amicales, d'où ils pourraient poursuivre efficacement leurs opérations de contre-insurrection au moyen de leurs forces spéciales et/ou de l'utilisation de leur puissance aérienne.

Les manœuvres entreprises par les Etats-Unis et leurs alliés d’engager des pourparlers directs avec les Résistants (sans impliquer ni l'Afghanistan ni le Pakistan), de même que la décision de supprimer progressivement les sanctions contre ces chefs Résistants sélectionnés qui sont prêts à faire des compromis, concorde avec les objectifs du plan Blackwill.

Les États-Unis ont pour objectif de persuader les Résistants à renoncer à leur opposition tranchante à la présence militaire à long terme US-OTAN dans l'Hindou-Kouch.

Les Résistants espèrent récupérer leurs bastions perdus dans les régions à domination pachtoune du sud et du sud-est de l'Afghanistan. Gardant cela à l'esprit, au cours des deux dernières années, les Etats-Unis ont dépensé des sommes énormes pour rénover ou reconstruire des bases dans les régions non pachtounes de l'Afghanistan, afin de les aligner sur les normes et les conditions de vie occidentales.

Le retrait des Etats-Unis qui débute en juillet concerne essentiellement les 30.000 soldats qui ont été incorporés l'année dernière pour le « surge » [la montée en puissance]. Les responsables américains et de l'OTAN ont récemment commencé à laisser entendre qu’il ne faut pas s’attendre, dans l’immédiat, au départ des troupes occidentales de la région.

Ce qui est particulièrement remarquable dans ce contexte est le rôle joué par l'Allemagne dans la mise en place des pourparlers de paix entre les Etats-Unis et les Résistants. Der Spiegel a rapporté en premier que plusieurs réunions ont eu lieu en Allemagne entre un assistant clé du Mollah Omar et des officiels américains. Dimanche dernier, dans une interview télévisée aux Etats-Unis, Robert Gates, le Secrétaire à la Défense a confirmé que de telles réunions avaient eu lieu.

Les forces allemandes occupent la région de l’Amou-Daria, qui chevauche le refuge sûr dont Blackwill a donné un aperçu pour le transfert des troupes américaines sur une base à long terme. Les forces allemandes ont lancé une vigoureuse campagne anti-insurrectionnelle dans la région Nord, ces derniers mois, en vue de l'assainir, et cette campagne, à son tour, a donné lieu à des attaques de représailles par les résistants. Les opérations allemandes semblent répondre au plan Blackwill.

Les Allemands ont travaillé dur pour développer de bonnes relations de travail avec le gouvernement ouzbek à Tachkent et utilisent abondamment la base militaire de Termez, qui était autrefois la plus grande base soviétique en Asie centrale, comme base d'approvisionnement pour les opérations dans la région Nord. De nouvelles lignes ferroviaires sont en construction pour relier Mazar-i-Sharif à Termez dans l'Amou-Daria, qui permettra de relier l'Afghanistan avec le réseau ferroviaire de l'ère soviétique qui va jusqu’à Berlin.

Les Allemands ont aussi puisé dans leurs liens stratégiques en expansion avec la Russie pour développer systématiquement une route de transit passant par le territoire russe, qui leur permet d'acheminer des fournitures en Afghanistan via Termez. La route russe menant à Termez permet aux forces de l'OTAN de réduire radicalement leur dépendance sur les deux routes pakistanaises. La Russie a récemment permis que même des armes et des munitions soient transportées par cet itinéraire. (Ces liens de communication pourront finir par devenir la nouvelle Route de la soie.)

Le plan Blackwill détient le potentiel dangereux de faire voler en éclat la nation afghane. L'Afghanistan a été historiquement maintenu uni par les liens ténus de l’appartenance à une même nation. Le régionalisme et le caractère ethnique continuent de poser des défis à l'unité nationale.

Si l'unité afghane devient sérieusement menacée, les conséquences seront extrêmement graves pour le Pakistan. Ce ne sera qu’une question de temps avant que ce qui restera des Pachtounes ne se déverse sur la Ligne Durand [1] et ne déstabilise le Pakistan. Toute accentuation des lignes de faille ethniques ou renforcement des identités ethniques dans l'Afghanistan voisin et, à son tour, au Pakistan aurait de graves répercussions négatives pour l'Iran (et les pays d'Asie centrale).

Bien évidemment, les États-Unis surestiment leur capacité à réaliser leur « grande stratégie ». Le chef de l'armée pakistanaise, Parvez Kiani, a déclaré de façon plutôt abrupte à une délégation allemande en visite à Rawalpindi, lundi, que la stabilité du Pakistan sera sa première priorité.

En somme, l'Afghanistan, le Pakistan et l'Iran ont un intérêt existentiel à contrecarrer le plan de paix anglo-américain consistant à négocier directement avec les Résistants dans leur dos. C'est précisément pourquoi ces trois pays penchent fortement pour un véritable processus de paix autochtone « menés par les Afghans ». Autrement dit, un réalignement de la relation à trois entre l'Afghanistan, le Pakistan et l'Iran sera dans l'intérêt de la stabilité régionale.

Les récentes visites des dirigeants pakistanais à Moscou et à Pékin ont été suivies par les propos que Zardari a tenus cette semaine à Téhéran. L'Iran a basculé dans un mode proactif vis-à-vis de la situation afghane, remisant son approche sobre et réservée. Pour sa part, Hamid Karzaï défie également les Etats-Unis sur le plan stratégique en renforçant ses liens avec Téhéran.

La façon dont ces tendances naissantes se déroulent vaut la peine d’être examinée attentivement. Elles sont à replacer dans le contexte régional plus large qui révèle plusieurs courants : le « dégel » des relations russo-pakistanaises ; le « retour » de la Russie en Afghanistan ; les aspirations de l’Organisation de la Coopération de Shanghai (OCS) à jouer un rôle formateur en Afghanistan dans le scénario post-2014 ; le processus de dialogue indo-pakistanais ; la poursuite par l'Inde d'une politique indépendante afghane avec un accent sur les rapports avec le gouvernement de Karzaï ; l'intérêt croissant de la Chine pour contribuer à un règlement en Afghanistan ; et, enfin, le commencement d'un processus qui pourrait conduire l'Inde et le Pakistan à adhérer à l’OCS.

Quelques heures après l'annonce d'Obama, mercredi, sur le retrait des troupes en Afghanistan, Zardari se rendra à Téhéran pour converser avec Ahmadinejad ; deux jours plus tard, Karzaï arrivera aussi dans la capitale iranienne. Rien ne fait ressortir plus vivement l'inclinaison extraordinaire dans la politique régionale.

Note :

[1] La ligne Durand est le nom donné à la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan, établie le 12 novembre 1893 par un accord entre l'émir Abdur Rahman Khan et sir Mortimer Durand pour l'Empire britannique. Elle divise artificiellement des tribus pachtounes qui partagent la même langue et la même organisation sociale.

Par M. K. Bhadrakumar
Asia Times Online,

le 23 juin 2011
article original : "A summit in Tehran trumps the US "

M K Bhadrakumar a servi en tant que diplomate de carrière dans les services extérieurs indiens pendant plus de 29 ans.

Ses affectations incluent l'Union Soviétique, la Corée du Sud, le Sri Lanka, l'Allemagne, l'Afghanistan, le Pakistan, l'Ouzbékistan, le Koweït et la Turquie.
Copyright 2011 - Asia Times Online /

 Traduction [JFG-QuestionsCritiques].

ilmanifesto.it

Mondialisation.ca,

Le 19 juillet 2011

http://questionscritiques.free.fr/edito/AsiaTimesOnline/M_K_Bhadrakumar/Iran_conference_internationale_sur_le_terrorisme_Afghanistan_Karzai_Pakistan_220611.htm


1-5 Michelle Obama, Joe Biden,  Barack Obama et les Predators drone. 

« I robot killer [1][1][1] dell'impero »

De menaçants rapaces high-tech volent jour et nuit au-dessus de l’Afghanistan, du Pakistan, Irak, Yémen, Somalie, Libye et d’autres pays. L’espèce la plus répandue est celle des Prédateurs, drones dotés de vidéo caméras et senseurs à infrarouge, ces yeux par lesquels les opérateurs les télécommandent depuis une base aux Etats-Unis, à plus de 10.000 Kms de distance. Une fois la proie repérée, elle est attaquée  avec des missiles « Feu de l’enfer ». Le Prédateur de dernière génération, dénommé Broyeur (de vies humaines évidemment), peut en transporter 14. Ces drones et quelques autres sont en train de proliférer rapidement : le Pentagone, qui en avait une cinquantaine il y a dix ans,  en possède aujourd’hui plus de 7.000. La U.S. Air Force est en train d’entraîner davantage de « pilotes à distance » pour ses drones que de pilotes de chasseurs bombardiers. Et, sur les drones de guerre, misent non seulement les Etats-Unis mais toutes les plus grandes puissances. L’Italie aussi utilise en Afghanistan (et peut-être même en Libye) des drones prédateurs, télécommandés depuis la base d’Amendola dans les Pouilles. Grâce aux milliards de dollars destinés à la recherche et au développement, l’espèce évolue rapidement. On expérimente à présent des drones spatiaux, comme l’X-37B de la U.S. Air Force : complètement robotisé, il est en mesure de rentrer à la base après sa mission. Il peut  détruire des satellites adversaires (pour aveugler l’ennemi avant l’attaque) ; il peut lancer depuis l’espace les « dards de Dieu », qui ont l’impact cinétique d’un météorite ; il peut, aussi, lancer depuis l’espace des ogives nucléaires. Dans la base aérienne de Wright-Patterson (Ohio) on est en train d’expérimenter des drones miniaturisés, qui reproduisent le vol d’oiseaux et d’insectes, battements d’ailes compris. Dans les futurs scénarios guerriers sont prévus des essaims de drones-insectes qui, diffusés sur un territoire, espionnent partout et sont capables aussi de tuer. On expérimente aussi, en même temps, en particulier à Fort Benning aux Usa, des robots terrestres de combat. Parmi ceux-ci le « Gladiateur », un véhicule à chenille de plus d’une tonne doté de mitrailleuses et autres armes, qui tirent sur des objectifs repérés par les télé-caméras. Pour les combats en zone urbaine surtout, est désormais prêt à l’emploi un petit robot à chenille armé de mitrailleuses, qui tirent quand ses cinq télé-caméras (capables aussi de vision nocturne) repèrent une silhouette humaine. Il a déjà été expérimenté avec succès en Irak, tandis qu’un modèle analogue est utilisé en Israël le long de la frontière avec Gaza. Dans le cadre du programme « Futur système de combat » (coût 200 milliards de dollars), le Pentagone prévoit de remplacer d’ici 2015 un tiers des véhicules blindés avec équipage, en leur substituant des robots de combat.
La façon de faire la guerre est donc en train de changer : les Etats-Unis et les autres grandes puissances utilisent leur supériorité technologique pour imposer leur domination avec une armée de drones et robots de combat, qui réduisent les risques pour les militaires. Mais la guerre robotisée facilite l’extension des opérations militaires et accroît le nombre de victimes civiles. On peut se demander alors qui sont vraiment les robots. Non pas les machines, mais ceux qui suivent la voie de la guerre (en faisant sa promotion, en la justifiant ou en l’acceptant sans discussion). Ils marchent comme des automates, vers le précipice.

Michelle Obama, Joe Biden,  Barack Obama et les Predators drone. 
source : http://sadhillnews.com/2011/05/20/happy-60th-day-of-kinetic-military-action-in-libya-r-i-p-war-powers-act/obama-biden-predator-drone-missile-libya-barack-joe-michelle-sad-hill-news-6

Edition de mardi 19 juillet 2011 de il manifesto : « I robot killer [1][1][1] dell'impero »

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Manlio Dinucci est géographe et journaliste au quotidien italien il manifesto.

[1][1][1] Tueurs, NdT.

Manlio Dinucci est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Manlio Dinucci publiés par Mondialisation.ca

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20110719/manip2pg/14/manip2pz/306979/


1-6 Farid Merrad : France: l’affaire Karachi s'est étendu à l’Arabie saoudite.  
On détiendrait, en effet, un document permettant de "faire le lien entre la signature d'un contrat d'armement avec l'Arabie saoudite, en 1994, et le financement de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur", selon la radio. Il s'agit d'un échéancier de paiement concernant le contrat "Sawari II", dans lequel, la France s'engageait à livrer des frégates aux Saoudiens, dans un délai de deux ans.

Le prix: 18 milliards de francs (2,7 milliards d'euros).

Or, le ministère de la Défense aurait, d'abord, réclamé un acompte de 10 millions de francs (1,5 millions d'euros), à verser, impérativement, avant le 31 mars 1995 – soit, peu avant le premier tour de l'élection présidentielle. Acompte, effectivement, versé, le 26 avril, par l'Arabie saoudite, selon France Info, qui affirme que le juge a vérifié cette information.

Or, à cette même date, la même somme, peu ou prou, a été versée en espèces au "Crédit du Nord", sur le compte de l'Aficeb, l'Association pour le financement de la campagne d'Edouard Balladur.
Farid Merrad

http://french.irib.ir/info/international/item/144681-france-laffaire-karachi-sest-etendu-a-larabie-saoudite


n°70 - Les dossier du Pakistan - 16-10-11 - Fin - Le Pakistan sera t-il ajouté sur la liste des pays constituant « l’axe du mal »


n°70   - Les dossier du Pakistan - 16-10-11  - Fin - Le Pakistan sera t-il ajouté sur la liste des pays constituant « l’axe du mal » ?


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal de PAKISTAN.  

                                                         n° 70  16-10-11 

                                              C.De Broeder & M.Lemaire     

 



 Le "Journal de PAKISTAN" est visible sur les blogs :

a) sur nos  blogs : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                             http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

c) sur le site de Eva Resis  : no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Avant propos

·                     ·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes



Sommaire.

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 William Blum : Que Dieu bénisse l’Amérique, et ses bombes.

3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

 3-1 A qui profite ces crimes... pensez- vous ? 

3-2 M. K. Bhadrakumar : Les perdants et les gagnants dans l’Afghanistan d’Obama.

3-3 Dana Priest et William M. Arkin : "Top secret america": aux Etats-Unis, un monde caché hors de tout contrôle.

4 Annexe

4-1 Guerres américaines au P-O en dix ans : 225 000 morts et 3700 milliards de $.

:




2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 William Blum : Que Dieu bénisse l’Amérique, et ses bombes.

Lorsqu’ils ont bombardé la Corée, le Vietnam, le Laos, le Cambodge, El Salvador et le Nicaragua, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste.

Lorsqu’ils ont bombardé la Chine, le Guatemala, l’Indonésie, Cuba et le Congo, je n’ai rien dit, je n’étais pas au courant.

Lorsqu’ils ont bombardé le Liban et la Grenade, je n’ai rien dit, je n’y comprenais rien.

Lorsqu’ils ont bombardé le Panama, je n’ai rien dit, je n’étais pas un trafiquant de drogue.

Lorsqu’ils ont bombardé l’Irak, l’Afghanistan, le Pakistan, la Somalie et le Yémen, je n’ai rien dit, je n’étais pas un terroriste. 

Lorsqu’ils ont bombardé la Yougoslavie et la Libye pour des raisons « humanitaires » je n’ai rien dit, cela avait l’air d’être une bonne raison. 

Quand ils sont venus me bombarder, il n’y avait plus personne pour me défendre. Aucune importance, puisque j’étais mort. (1)

Les Cibles

C’est devenu un cliché que d’accuser les Etats-Unis de choisir comme cibles les gens de couleur, ceux du tiers-monde ou les musulmans. Mais il ne faut pas oublier qu’une des plus longues campagnes de bombardement américaines féroces des temps modernes – pendant 78 jours consécutifs – fut menée contre les habitants de l’ex-Yougoslavie : blancs, européens et chrétiens. Les Etats-Unis sont pour l’égalité des chances, lorsqu’il s’agit de bombarder. Les seules conditions requises pour devenir une cible sont :

a) constituer un obstacle - n’importe lequel – à la volonté de l’Empire Américain ;

b) être virtuellement sans défense contre les bombardements aériens.

Les Survivants

« Nous ne voyons jamais le feu et la fumée, nous ne sentons jamais l’odeur du sang, nous ne croisons jamais les regards terrorisés des enfants dont les cauchemars seront désormais hantés par des missiles hurlants tirés par les terroristes invisibles, connus sous le nom d’Américains » (2) 

La NASA a annoncé une nouvelle mission spectaculaire, le lancement d’une fusée qui voyagera pendant 4 ans pour se poser sur une astéroïde où elle prélèvera un peu de poussière de la surface et ramènera sa précieuse cargaison sur la Terre, où des scientifiques l’examineront pour trouver des indices sur les origines de la vie. Une véritable histoire de science-fiction. Cela dit, à titre personnel je considérerais comme une prouesse bien plus grande pour l’humanité la possibilité de mettre fin à tous les bombardement américains et à toutes leurs guerres, et inculquer un peu d’humilité à la Sainte Trinité – les Etats-Unis, l’Union Européenne et l’OTAN – qui ne reconnaissent aucun pouvoir supérieur et qui croient qu’ils ont littéralement le droit de faire partout dans le monde ce qu’ils veulent, à qui ils veulent, aussi longtemps qu’ils le veulent, et de qualifier leur action d’un nom choisi au hasard, « humanitaire » par exemple.

La chute de l’Empire Américain offrirait un nouveau départ pour le peuple américain et le monde qui souffrent depuis si longtemps.

Notes :

(1) Full list of US bombings since World War 2

(2) Martin Kelly, publisher of a nonviolence website

Traduction "fermez les yeux et répétez après moi : le blocus n’existe pas, c’est juste une excuse... le blocus n’existe pas, c’est juste une excuse..." par VD pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles.

5 juin 2011

Source : Le Grand Soir



3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

 3-1 A qui profite ces crimes... pensez- vous ? 

?19/8

Au moins 50 personnes ont été tuées et 75 autres blessées dans un attentat contre une mosquée de la ceinture tribale du Pakistan, où quelque 300 fidèles étaient réunis, pour la prière du vendredi, a annoncé le responsable local, Iqbal Khan. Cet attentat est le premier attentat de cette importance au Pakistan depuis le début du mois sacré de ramadan. Il a frappé le village de Ghundi, dans la région tribale de Khyber proche de la frontière afghane, longtemps bastion des résistants et où l'armée a mené de nombreuses opérations mais avec un succès limité. La région de Khyber est également un secteur important pour les forces américaines et l'OTAN, car c'est par là que transite une bonne partie des matériels à destination des forces étrangères en Afghanistan.

IRIB
http://french.irib.ir/info/international/item/137140-pakistan-50-personnes-tuees-dans-une-explosion


3-2 M. K. Bhadrakumar : Les perdants et les gagnants dans l’Afghanistan d’Obama.

Article original : "Losers and winners in Obama’s Afghanistan"

Le président des Etats-Unis Barack Obama ne rate jamais une occasion de se montrer à la hauteur des circonstances à chaque fois qu’elles nécessitent une rhétorique théâtrale.

A cette aune, le discours de réduction des effectifs qu’il a prononcé mercredi à Washington et qu’il a intelligemment intitulé « Sur la solution en Afghanistan », a été plus un discours programmatique qu’une intention d’éveiller l’esprit.

Son jugement est correct sur le fait que ce n’est pas l’occasion d’une célébration, mais celle d’une justification pour ce qu’il y a à faire à propos de quelque chose qui a horriblement mal tourné.

Dans le discours d’Obama, il y a des gagnants et des perdants.

D’abord, les perdants. Ce sont le Pentagone, le Président afghan Hamid Karzaï, le Pakistan et l’Asie du Sud, ainsi que la créature amorphe sous le nom d’al-Qaïda.

Les gagnants sont les Résistants et, encore une fois, le Pakistan.

Le glissement du « combat au soutien » et de la voie militaire à la voie politique est le reflet d’un scepticisme croissant quant à la finalité du « surge ». Obama a remercié les soldats pour leur travail bien fait, mais c’était plus pour la forme. Il a affirmé que le « surge » avait été un succès et, ensuite, il est passé à un autre point. Il n’a pas fait l’éloge du « surge » - les 33.000 soldats qu’il a envoyés en Afghanistan fin 2009 - comme étant un succès exceptionnel. Il était sombre. Il a remercié les soldats de l’infanterie qui avaient donné leur vie en sacrifice suprême, mais il a omis de mentionner le héros du « surge » - le général David Petraeus, le commandant des Etats-Unis en Afghanistan, qu’Obama vient de choisir pour devenir le nouveau directeur de la CIA.

Aux dires de tous, ce n’est pas le genre de retrait que le Pentagone aurait voulu - 10.000 soldats d’ici fin 2011, 33.000 d’ici la mi-2012 et le retrait des 70.000 soldats restants, à un « rythme soutenu », tout au long de 2013, afin que d’ici à la fin 2014 « ce processus de transition soit terminé ». Obama a laissé ouverte la question de savoir si l’ensemble des 70.000 soldats seraient retirés d’ici à fin 2014 ou s’il restera des troupes américaines à long terme dans les montagnes de l’Hindou-Kouch, à l’instar de l’Irak, où 10.000 soldats pourront rester, même après le retrait complet promis d’ici à fin 2011.

Il est concevable qu’Obama soit resté vague, puisque la décision ne relève pas intégralement de lui. Il devrait savoir que le temps est révolu depuis longtemps pour les États-Unis de dicter la suite de cette sanglante guerre de 10 ans. Lorsque l’on n’arrive pas à gagner une guerre, l’après-guerre doit se décider par consensus. Donc, avant tout, les Résistants auront leur mot à dire, ensuite le gouvernement de Karzaï et, petit à petit, les puissances de la région également.

D’ailleurs, Obama admet que l’Amérique a des restrictions. L’argent peut être mieux dépensé au pays, pour réparer les routes, pour créer de nouveaux emplois et de nouvelles industries « à un moment où notre dette augmente et où [nous connaissons] une conjoncture économique difficile ». L’Amérique ne va pas se retirer dans un état d’esprit isolationniste, mais elle n’aura pas d’enthousiasme pour des interventions à l’étranger, sauf si elle est menacée. Et même si elle est menacée, elle choisira de ne pas déployer de grandes armées à l’étranger (plutôt des armes de haute technologie) et de rallier l’action internationale.

Obama a affirmé qu’al-Qaïda était une force épuisée et qu’il n’y avait plus aucune raison de faire la guerre. La vigilance est ce qui est demandé, de telle sorte que le serpent ne relève pas à nouveau la tête. Mais il a averti le Pakistan qu’il avait toujours l’intention de « s’occuper des refuges des terroristes » dans ce pays. Il a ajouté qu’il « continuerait à faire pression sur le Pakistan pour qu’il étende sa participation [...] travaillerait avec le gouvernement pakistanais [...] et insisterait pour qu’il [le Pakistan] respecte ses engagements ».

Obama n’a pas pris la peine d’offrir une branche d’olivier à Islamabad, de créer une forme d’ouverture pour réparer les fractures des relations américano-pakistanaises, à plus forte raison de prendre note ne serait-ce que momentanément des revendications du Pakistan sur les énormes sacrifices qu’il a faits – plus que tout autre allié des Etats-Unis.

En clair, il passe au point suivant sans une note de « remerciement ». Cela sera noté par le commandement militaire pakistanais à Rawalpindi et par les dirigeants civils à Islamabad. On verra avec le temps quelles en seront les conséquences. Curieusement, le choix d’Obama offre aussi une fenêtre d’opportunité aux Pakistanais pour s’élever.

D’un autre côté, le Pakistan est également un grand gagnant. Le discours d’Obama est, par excellence, une justification de tout ce que l’armée pakistanaise a exigé ces deux dernières années - que la guerre en Afghanistan est vaine, qu’il est temps de réconcilier les résistants, que la voie militaire ne mène nulle part, que la paix et une stabilité durables ne peuvent être atteintes que grâce à un règlement de paix.

A présent, du sommet du pouvoir aux Etats-Unis, arrive le mot, certes de façon indirecte, que « oui, le Pakistan avait raison tout du long ». Comme prévu, Obama reconnaît dans son discours que « le cours de la guerre est en recul » en Afghanistan. Obama parle avec optimisme de la perspective d’un règlement politique, même si « des jours sombres restent à venir ».

Les nuances de la route vers la paix dans le discours d’Obama mériteront une attention maximale car c’est là que réside l’essentiel pour les jours à venir. Il parle des Résistants comme d’un tout, sans exclure le réseau Haqqani. Tant que les conditions préalables de la réconciliation peuvent être respectées, à peu près tous sont invités à entrer dans la tente de la paix. L’humeur est à « l’oubli et au pardon ». Il a été noté que les Résistants font partie du « peuple afghan ».

Deuxièmement, Obama admet que la réconciliation doit être « conduite par les Afghans ». Il reprend la position standard américaine, mais ne dit rien de plus sur la façon de répondre aux craintes palpables à Kaboul et Islamabad, qui considèrent qu’il dit cela juste pour la forme, tandis que les Etats-Unis insistent pour être la locomotive et pour maintenir son allié afghan et régional dans l’obscurité. Peut-être est-ce un détail mineur.

Ou, peut-être, il n’y a rien qu’Obama puisse faire par rapport à cette situation, parce que quand le chameau pénètre dans la tente, il reste invariablement peu d’espace dans la tente pour les autres. Mais il est sûr que Kaboul et Islamabad continueront à se poser des questions jusqu’à ce que les émissaires américains viennent dans la région pour annoter le discours d’Obama et dire si quelque chose a changé dans la stratégie diplomatique américaine du Ranger solitaire quant au processus de paix.

Le point le plus intéressant dans l’ensemble du discours d’Obama est son optimisme qui se dégage à propos de la réconciliation des Résistants. Il dit qu’il a « des raisons de croire que des progrès peuvent être faits [...] l’objectif que nous recherchons est réalisable ». Mais ensuite, de façon énigmatique, il n’en dit pas plus. On doit en tirer la conclusion que Barack Obama est modérément satisfait de la réaction qu’il a obtenue jusqu’à présent des conciliabules secrets des responsables américains et il a raison de croire que les Résistants sont sensibles aux convictions et qu’ils seront disposés à passer un accord.

Obama oublie de mentionner Karzaï dans ce contexte du processus de paix, ce qui constitue un silence assourdissant. Certes, il prend note du rôle clé du gouvernement afghan pour stabiliser la situation sur le terrain, mais il insistance incontestablement sur le rendez-vous de l’Amérique avec le peuple afghan au sens large.

De même, Obama ne dit rien sur la conférence que les Allemands prévoient ambitieusement d’organiser en décembre à Berlin, sur le modèle d’un congrès de Vienne, où les résistants seraient apparemment assis autour de la table sous les lustres avec des diplomates portant des costumes à rayures fines et sirotant du champagne. Mais Obama parle en fait d’une autre conférence internationale, laquelle sera restreinte aux Etats-Unis et à leurs alliés et qui se tiendra en mai dans sa Chicago « natale », « pour façonner la prochaine phase de cette transition [afghane]. »

Obama est un politicien très doué et il peut visualiser l’immense potentiel qu’il pourrait tirer en exposant au public américain, juste avant l’élection présidentielle, avec quel brio il a sauvé la guerre en Afghanistan, que le gouvernement républicain précédent avait laissé dans une situation chaotique.

Obama peut compter sur le maire nouvellement élu de Chicago, son vieux copain Emmanuel Rahm, pour réaliser un travail splendide en faisant de la conférence de mai un moment décisif de la campagne électorale.

En fait, Obama n’omet pas dans son discours de parler des folies de la précédente administration de George W. Bush, qui n’a pas prêté assez attention à la guerre en Afghanistan et qui a lancé de façon irréfléchie l’invasion en Irak en 2003.

Sans doute, Obama a-t-il le droit de tirer un bénéfice politique intérieur de la conclusion de la guerre en Afghanistan. (Le pic de la réduction des effectifs - mi-2012 - coïncide également avec le pic de la campagne électorale.) Après tout, il faut un courage surhumain pour un commandant en chef de réaliser qu’une guerre ne peut être gagnée. Il est encore plus difficile de s’assurer que la retraite ne ressemble pas à une défaite ou qu’elle doive s’effectuer depuis le toit de l’immeuble de l’ambassade américaine à Kaboul à bord d’hélicoptères. Obama a réussi à accomplir les deux.

Les Résistants ont gagné la guerre. Inutile d’ergoter sur cette pure vérité. Les maintenir hors du calcul du pouvoir afghan n’est plus l’objectif américain. Les États-Unis reconnaissent que les Résistants font partie intégrante de la nation afghane. Aucune section des résistants ne sera exclue de la vie afghane traditionnelle par la fierté américaine ou les préjugés. Tous sont les bienvenus pour monter à bord du train de la paix à Kaboul.

La région entourant l’Afghanistan sera horrifiée, se demandant à quoi toute cette guerre a bien pu servir. Il y a beaucoup de décombres, grâce à la destruction que les États-Unis ont causée. Obama plaide que les Américains n’ont pas d’argent pour la reconstruction. « Amérique, il est temps de te concentrer sur la construction nationale, chez nous ». Ces douze mots résonneront en écho, non seulement dans les vallées et les sommets des montagnes de l’Afghanistan, mais à travers toutes les steppes d’Asie centrale et de l’ancienne vallée de l’Indus.

La dure réalité est que le discours d’Obama fera frémir les non-Pachtounes en Afghanistan. Il n’y a rien de pire que d’offrir une protection et un soutien à quelqu’un et ensuite de s’en aller dans le feu de l’action. Les habitants de l’Asie centrale verront avec inquiétude comment le retour triomphal des Résistants se déroulera parmi les forces islamiques de leurs pays, lesquels se préparent déjà à l’arrivée du printemps arabe.

L’Inde se sentira salement lâchée. L’Iran sera aux anges. Peut-être aussi la Russie dans la mesure où l’histoire retiendra qu’elle ne fut pas la seule superpuissance à échouer à remporter une guerre dans l’Hindou-Kouch. La dépendance de la Chine sur le Pakistan augmente à pas de géant pour s’assurer que les Résistants tiennent leur parole, selon laquelle ils n’ont pas de programme au-delà des frontières de l’Afghanistan.

La façon dont cette vérité inconfortable fera son chemin sera le formidable défi du Pakistan.

Comme les sorcières le dirent à Banquo, dans la pièce de William Shakespeare Macbeth, c’est un bienfait relatif. Il est peut-être sur le point de perdre sa propre vie, mais ses descendants vivront dans la splendeur royale - "Thou shalt get kings, though thou be none." [« Tu engendreras des rois, quoique tu ne le sois pas »]. Peut-il y avoir une plus grande satisfaction ?

M K Bhadrakumar a servi en tant que diplomate de carrière dans les services extérieurs indiens pendant plus de 29 ans. Ses affectations incluent l’Union Sovétique, la Corée du Sud, le Sri Lanka, l’Allemagne, l’Afghanistan, le Pakistan, l’Ouzbékistan, le Koweït et la Turquie.

M. K. Bhadrakumar

Article original : "Losers and winners in Obama’s Afghanistan"

 

Traduction [JFG-QuestionsCritiques].

http://www.comite-valmy.org:80/spip.php?article1589


3-3 Dana Priest et William M. Arkin : "Top secret america": aux Etats-Unis, un monde caché hors de tout contrôle.

L’éventuelle prolongation de la présence des troupes US  en Irak, l’envergure de l’ambassade américaine en Irak, qui ne comportera pas moins de 16 000 personnes (!) au statut flou, l’immense pouvoir occulte délégué à une organisation telle que le JSOC (Joint Special Operations Command), comme exposé ci-dessous dans un article paru dans le Washington Post, laissent planer des doutes sur la capacité de l’Irak à assurer sa souveraineté et son indépendance.

   Les drones militaires et les forces paramilitaires de la CIA ont tué des dizaines de chefs d’Al-Qaïda et des milliers de ses soldats. Mais, il existe une autre organisation mystérieuse qui, elle aussi, a éliminé encore plus d’ennemis des Etats-Unis au cours de la décade qui a suivi le 11 septembre.

   Les agents de la CIA ont emprisonné et interrogé près d’une centaine de terroristes présumés dans leurs prisons secrètes éparpillées dans le monde mais les hommes de cette autre organisation en ont interrogé dix fois plus dans des prisons qu’elle seule contrôle en Irak et en Afghanistan.

   Depuis les attaques du 11 septembre, ce groupe d’hommes (et quelques femmes), a été multiplié par dix tout en maintenant un degré de clandestinité sans aucune mesure avec celle de la CIA. « Nous sommes la matière noire, nous sommes la force qui ordonne l’univers mais on ne peut nous voir ». C’est en ces termes qu’un homme de SEAL Marine (initiales pour mer, air et terre) décrit son unité sous couvert d’anonymat.

Choisir les individus à mettre sur sa liste de cibles et les tuer plutôt que de les capturer

   Les SEALs font partie du Commandement des Opérations Spéciales de l’armée américaine connu sous l’acronyme de JSOC (Joint Special Operations Command), qui, d’une petite équipe de sauvetage d’otages est devenue une armée secrète. Quand des membres de cette force d’élite a tué Ossama ben Laden, en mai dernier, au Pakistan, les chefs  ont célébré non seulement le succès de l’opération, mais le fait que peu de gens connaissaient leur commandement, basé à Fayetteville, NC. Peu d’informations ont circulé, jusqu’à présent, dans le public sur cette organisation.

   Deux présidents et trois secrétaires d’Etat ont assez souvent demandé au JSOC de monter des missions de contre espionnage et des raids mortels en Irak et en Afghanistan mais aussi dans des pays avec lesquels les Etats-Unis n’étaient pas en guerre, notamment, le Yémen, le Pakistan, la Somalie, les Philippines, le Nigeria et la Syrie. « La CIA n’a ni la taille ni l’autorité pour faire ce que nous pouvons faire » dit-on chez les JSOC.

   Le président a, aussi, conféré au JSOC le pouvoir de choisir les individus à  mettre sur sa liste de cibles – et de les  tuer plutôt que de les capturer. Des critiques ont dénoncé cette chasse à l’homme individuelle, la considérant comme un assassinat, une méthode interdite par la loi américaine. Cette liste n’est en rien rattachée à une  liste similaire de la CIA, mais qui comporte moins de noms.

   Créée en 1980, mais réinventée ces dernières années, le JSOC est passé de 1800 personnes avant le 11 septembre à 25000, nombre qui fluctue en fonction des missions. Elle a son propre service de renseignement, ses propres drones, et avions de  reconnaissance, même ses propres satellites. Elle a aussi ses propres cyber-guerriers, qui, en septembre 2008, ont fermé tous les sites des djihadistes qu’ils connaissaient. Le secret est la marque de fabrique de cette unité ; quand ses membres travaillent au sein d’agences ou ambassades US, à l’étranger, ils se dispensent de porter l’uniforme, ou tout autre nom ou grade, au combat… Le JSOC prend ses ordres directement du Président ou du Secrétaire à la Défense et est  dirigé et sous le contrôle d’un commandement strictement militaire.

   Sous le Président Bush, les opérations du JSOC étaient rarement soumises au regard du Congrès, ni avant ni après d’ailleurs car les conseillers du gouvernement considéraient leurs activités comme « des activités militaires traditionnelles ». Obama a adopté exactement la même position  mais il a insisté pour que les opérations sensibles du JSOC soient présentées à un comité du Congrès spécialement sélectionné.

Force létale

   La première mission du JSOC en 1980, l’Opération Griffe de l’Aigle (Eagle Claw) consistait en une mission de sauvetage des diplomates retenus en otages par les étudiants iraniens à l’ambassade US à Téhéran et s’est terminée par une collision dans le désert et la mort de huit des membres de l’équipe. L’extrême  « discrétion » de l’unité engendrait la méfiance des chefs militaires traditionnels et on n’y eut plus recours.

   Le Secrétaire à la Défense, Ronald Rumsfeld, se gaussant de ce que la CIA avait pénétré la première en Afghanistan et frustré de la lenteur de l’armée, a insufflé une nouvelle vie à l’organisation. Le noyau du JSOC regroupe la Force Delta, le SEAL de la marine, le 24ème Special Tactics Squadront de l’armée de l’air, le 160th Special Operations Aviation Regiment de l’armée et le 75 Ranger Regiment.

   Le caractère dangereux de la JSOC s’est manifesté en décembre 2001, dans les montages de Tora Bora où, dans les nuits du 13 et  14 décembre, JSOC a tué tant de forces ennemies qu’il a fallu enlever les cadavres des combattants d’Al-Qaïda par camions le lendemain. Mais elle a aussi commis des fautes : le 1er juillet 2002, dans ce que la Rand Corporation a qualifié « la pire attaque dévoyée de toute la guerre » une équipe de reconnaissance de la JSCO  à la poursuite de Résistants est tombée dans une embuscade. Un AC 130 a tiré sur six sites dans le village de Kakarak ; tuant des centaines de civils. « L’incident du mariage » du nom qui lui a été donné parce que ceux qui assistaient à ce mariage ont été pris pour cible a convaincu les Afghans que les forces américaines n’avaient aucun respect pour la vie des civils.

   Il n’empêche que, le 16 septembre 2003, Rumsfeld a signé un ordre renforçant la position du JSOC comme centre mondial du contre-terrorisme, et établissant une liste de 15 pays et les activités permises selon certains scénarii avec les approbations préétablies pour les appliquer. En Irak et en Afghanistan, il n’y avait pas besoin d’autre accord pour toute action contre Al-Qaïda. Dans d’autres pays, comme l’Algérie, l’Iran, la Malaisie, le Mali, le Nigeria, le Pakistan, les Philippines, la Somalie et la Syrie-  les forces du JSOC devaient requérir l’accord tacite du pays concerné ou au moins un blanc seing des hauts échelons de la chaîne de commandement. Aux Philippines, par exemple, le JSOC pouvait entreprendre une action psychologique pour confondre ou piéger les agents d’Al-Qaïda, mais avait besoin d’une approbation de la Maison Blanche pour toute action mortelle…

   A l’automne 2003, le JSOC eut un nouveau commandant qui désirait en faire l’arme la plus efficace de l’arsenal du contre-terrorisme des Etats-Unis. De son perchoir de vice-directeur des opérations de l’Etat-Major, Mc Chrystal en était venu à croire qu’au plus niveau du gouvernement, on détestait prendre des décisions. Personne ne voulait avoir tort, aussi posait- on plus de questions ou ajoutait-on des procédures au processus.

   Mc Chrystal se devait donc de « se glisser hors du trou » de l’administration suffocante de Washington. Il déménagea son quartier général dans la base de Balad à 60 kms de Bagdad et s’installa dans un vieil hangar avec trois centraux de communications : un pour combattre les affiliés à Al-Qaïda,  un autre pour les extrémistes chiites dans le pays et un troisième pour lui-même pour contrôler toutes les opérations. (…)

Aucune guerre moderne n’est gagnée  simplement par l’élimination mathématique de l’ennemi

   Tuer l’ennemi était le morceau le plus facile, grâce aux immenses moyens technologiques, mais le trouver ne l’était pas. Mais grâce à Roy Apseloff, directeur du Centre National pour l’Exploitation des Médias, l’agence gouvernementale US pour l’analyse des documents saisis par la communauté du renseignement et les militaires, JSOC put recueillir un nombre considérable d’informations….

   L’autre défi était d’origine humaine : les interrogateurs étaient mal formés et ignoraient tout de leurs détenus, ne sachant quelle question poser, comment les poser efficacement… Avant même que les photos sur Abu Ghraib n’apparaissent en 2004, un rapport confidentiel avertissait que des éléments du JSOC battaient les prisonniers et les détenaient dans des endroits secrets. Lorsqu’ils ne trouvaient pas les hommes dans les maisons fouillées, ils emmenaient les femmes, les mères et les filles. Le rapport concluait au caractère contreproductif de ces méthodes pour obtenir le soutien des Irakiens.

   Une autre enquête sur le JSOC, en 2004, réalisée sur une période de quatre mois montra que les interrogateurs ne fournissaient aux prisonniers que de l’eau et du pain ; d’autres prisonniers étaient entassés dans des cellules si peuplées qu’ils ne pouvaient ni se tenir debout ni se coucher tandis que leurs gardiens jouaient de la musique à haut volume pour les priver de sommeil. D’autres encore étaient déshabillés, trempés dans de l’eau froide et ensuite interrogés dans des pièces à air conditionné ou dehors dans le froid. …

   Le caractère dangereux du JSOC ressort du nombre de morts qu’il fit. En 2008, en Afghanistan seul, ses commandos ont frappé 550 cibles et fait  à peu près un millier de morts. En 2009, ils ont exécuté 464 opérations et tué de 400 à 500 personnes. Lors de la descente de l’Irak dans le chaos, à l’été 2005, JSOC  conduisait 300 raids par mois….Mais si tuer signifie gagner la guerre, le livre sur le JSOC pourrait être écrit. Or, aucune guerre moderne n’est gagnée simplement par l’élimination mathématique de l’ennemi. Même à une époque d’armes « intelligentes » les accidents surviennent qui peuvent entraîner des reculs politiques majeurs.

   Chaque raid du JSOC qui a blessé ou tué des civils, détruit leur maison ou leur source de revenus est devenu source de plaintes si lourdes que leurs effets contreproductifs, jusqu’à ce jour, sont difficiles à évaluer. Le taux de précision dans la cible visée (individu, maison, business) est pour le JSOC de seulement 50%, ce qu’il considère comme un bon score…

   Lors des raids les plus durs, Mc Chrystal s’est souvenu de la description de Lawrence d’Arabie des « cercles de chagrin »  ou le choc émotionnel ressenti par des petits groupes de combattants devant les morts. Fortement influencé par la vie de Lawrence, Mc Chrystal a vu dans ses troupes, des forces tribales des temps modernes : dépendantes les unes des autres pour la survie et l’attachement…

   … Le Département à la Défense a assigné au JSOC un plus grand rôle dans un domaine non militaire, dont celui de suivre le flux de fonds des banques internationales vers les réseaux terroristes. Il l’a aussi engagé dans des « opérations psychologiques » rebaptisées « opérations militaires d’information » et a envoyé des petites équipes de JSOC en habits civils dans les ambassades US pour les aider dans leurs campagnes en direction des médias.

   Lors de son arrivée à la Maison Blanche, Obama a chouchouté l’organisation et s’en est servi plus que son prédécesseur. En 2010, il a secrètement dirigé des troupes du JSOC au Yémen pour éliminer les chefs d’Al-Qaïda dans la péninsule arabe. Le Printemps arabe a obligé la Maison Blanche à différer certaines opérations du JSOC.

   Mais en dehors de réseaux terroristes, l’ennemi de longue date du JSOC reste en fait la bureaucratie à Washington…

Dana Priest et William M. Arkin (Washington Post - 2/9/11) -

Version intérale : « Top Secret America : The Rise of the New American Security State » par Dana Priest et William M.Arkin

Traduction (extraits) : Xavière Jardez

http://www.washingtonpost.com/world/national-security/top-secret-america-a-look-at-the-militarys-joint-special-operations-command/2011/08/30/gIQAvYuAxJ_story.html

Livre:

http://www.amazon.fr/Top-Secret-America-American-Security/dp/0316182214/ref=sr_1_1?s=english-books&ie=UTF8&qid=1316365642&sr=1-1

http://www.france-irak-actualite.com/ 


4 Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

4-1 Guerres américaines au P-O en dix ans : 225 000 morts et 3700 milliards de $.  

Les guerres que les Etats-Unis ont provoqué depuis le 11-Septembre ont causé la mort d'au moins 225 000 personnes et entraîné un coût d'au moins 3700 milliards de dollars, selon une étude américaine publiée cette semaine par l'université Brown.
Les chercheurs, dirigés par les Pr Neta Crawford et Catherine Lutz, se sont penchés sur les guerres en Irak, en Afghanistan ainsi que sur la campagne ‘anti-terroriste’ menée au Pakistan.
Selon eux, "une estimation extrêmement prudente du bilan des victimes directes de ces guerres s'élève à ce stade à 225 000 morts et environ 365 000 blessés".
Le nombre de soldats tués est ainsi de 31 741 selon ce rapport, dont environ 6000 Américains, 1200 soldats alliés, 9900 Irakiens, 8800 Afghans, 3500 soldats pakistanais ainsi que 2300 membres de sociétés militaires privées
Une majorité de victimes civiles
Les civils paient le plus lourd tribut: 172 000 morts (125 000 Irakiens, 35 000 Pakistanais et 12 000 Afghans).
Les chercheurs n'évaluent en revanche qu'entre 20 000 et 51 000 le nombre total d'résistants éliminés.
Quelque 168 journalistes et 266 travailleurs humanitaires ont par ailleurs été tués depuis que les Etats-Unis se sont engagés dans ces pays dans la "guerre contre le terrorisme".
Ces conflits ont engendré un flot massif de réfugiés et de personnes déplacées de plus de 7,8 millions de personnes, surtout en Irak et en Afghanistan.
Le coût cumulé de ces guerres est faramineux si l'on en croit cette étude: au minimum 3700 milliards de dollars, ce qui représente le quart de la dette américaine.

02/07/2011 http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=21686&cid=13&fromval=1&frid=13&seccatid=15&s1=1


4-2 Maurizio Matteuzzi : Guerres étasuniennes : le coût

"Première question : les Etats-Unis d’Amérique pourraient-ils vivre sans que quelque guerre n’alimentât, surtout en temps de crise économique, leur puissant système militaro-industriel ?

Seconde question (ingénument rhétorique) : que pourraient faire les Etats-Unis d’Amérique s’ils destinaient les colossales ressources économiques utilisées pour les guerres à leurs problèmes sociaux ?

   Questions qui surgissent à la lecture de l’étude produite par l’Université Brown de Providence, dans le Rhode Island, de la prestigieuse chaîne universitaire Ivy-league. On peut se reporter pour ce faire au site de l’université : « Cost of war, 250.000 lives and up to £4 trillion »[i] et sur le site du quotidien londonien The Independant, qui y a consacré hier un article, synthétisé ainsi : « La guerre au terrorisme s’apprête à dépasser le coût de la seconde guerre mondiale ».

   Le coût total pour l’Amérique ( !? pour les Etats-Unis d’Amérique, NdT), des guerres post-11 septembre contre l’Irak et l’Afghanistan, et des opérations militaires corrélées au Pakistan (genre l’Opération Jeronimo contre -le présumé, NdT- Ben Laden), est en voie, étant donné qu’elles ne sont pas encore finies, de dépasser les 4 trillions de dollars (4 mille milliards)".

Suite en pièce jointe ; j'ai traduit cet article surtout pour les chiffres rapportés, dont on peut penser qu'ils sont loin d'exagérer le coût réel (surtout dans l'estimation du nombre de victimes civiles) de ces guerres.

Maurizio Matteuzzi 

  http://www.legrandsoir.info/guerres-de-merde-rebelion.html 

Voir aussi un très bel article dans Le Grand Soir :Guerres de merde (Rebelion)par Collectif « Luciano Romero Molina ».

"Dans ce qui est appelé « missions internationales », ceux qui meurent ce sont ceux d’en bas, les pauvres types, les moins que rien.

Deux soldats colombiens sont morts en Afghanistan cette semaine, l’un sous l’uniforme de l’armée espagnole et l’autre sous l’uniforme de l’armée impériale des Etats-Unis ».

 [i] NdT : voir exactement : http://news.brown.edu/pressreleases/2011/06/warcosts et, ne serait-ce que pour quelques photos, qu’on ne voit jamais, de dévastations de la guerre à Bagdad :

http://costsofwar.org/


4-3 Paul Craig Roberts : Comment l’empire va survivre : Washington va t’il fomenter une guerre entre la Chine et l’Inde ?Quelle est la solution de Washington à la montée en puissance de la Chine ?

La réponse pourrait bien être d’impliquer la Chine dans une guerre nucléaire avec l’Inde.

La mise en scène de la fausse mort de Ben Laden dans un raid commando qui a violée au passage la souveraineté du Pakistan a été vendue au président Obama par le complexe militaro-industriel comme étant un moyen de le faire remonter dans les sondages.

Le raid fut couronné de succès à redorer le blason d’Obama. Mais son véritable objectif était de cibler le Pakistan et de lui montrer que les Etats-Unis contemplaient de l’envahir afin de faire rendre gorge à ce pays d’avoir soi-disant caché Ben Laden en voisin de l’académie militaire pakistanaise.

La position des néo-conservateurs ainsi que celle grandissante de l’armée américaine, est que les Résistants ne peuvent être vaincus et conquis que si l’OTAN élargit le théâtre des opérations militaires au Pakistan, où ces Résistants auraient de soi-disant sanctuaires protégés par le gouvernement pakistanais, qui prend l’argent américain mais ne fait pas ce que les américains lui disent de faire.

Le Pakistan a reçu la menace 5 sur 5 et s’est dépêché de courir au pied de la Chine.

Le 17 Mai, le premier ministre pakistanais Yousaf Raza Gilani, alors qu’il était en partance pour la Chine, déclara que “la Chine était le meilleur ami du Pakistan et celui en qui il avait le plus confiance”. La Chine a bâti un port au Pakistan dans la ville de Gwadar, qui est proche de l’entrée du détroit d’Hormouz. Ce port pourrait devenir une base navale chinoise sur la Mer d’Arabie.

Raza Rumi écrivit le 4 Juin dans dans le “Pakistan Tribune” que lors d’une récente allocution à l’université nationale de la défense du Pakistan, l’ambassadeur pakistanais aux Etats-Unis, Hussein Haqqani, demanda aux officiers militaires s’ils pensaient que la plus grande menace pour le Pakistan venait de l’intérieur, de l’Inde ou des Etats-Unis. Une majorité des officiers répondirent que les Etats-Unis étaient la plus grande menace pour le pays.

La Chine, préoccuppée avec l’Inde, l’autre géant asiatique qui monte en puissance, a manifesté la volonté de s’allier avec le Pakistan. De plus, la Chine ne veut pas des américains sur ses frontières, ce qui serait là précisément où les troupes américaines seraient en cas d’un conflit américain ouvert au Pakistan.

Ainsi, la Chine a montré son mécontentement avec la menace des Etats-Unis sur la Pakistan et a conseillé à Washington de respecter la souveraineté nationale du Pakistan, ajoutant même que toute attaque contre le Pakistan serait une attaque contre la Chine.

Je ne pense pas que l’ultimatum chinois fut rapporté et commenté dans la presse états-unienne, mais cela fut largement diffusé dans la presse indienne. L’inde est préoccupée par la Chine qui défend le Pakistan.

L’ultimatun chinois est important, car il représente un ultimatum du même niveau que ceux qui furent émis avant la première et la seconde guerre mondiale. Avec ce niveau d’implication de la Chine envers le Pakistan, Washington va maintenant essayer de se sortir de cette confrontation en y substituant l’Inde.

Les Etats-Unis ont été serviles à l’Inde, l’encensant de la manière la plus éhontée, incluant le sacrifice de nombreux emplois américains. Récemment, les Etats-Unis ont fait une vente massive d’armement à l’Inde, une recrudescence de la coopération militaire américano-indienne ainsi que des exercices militaires conjoints.

Washington imagine que les Indiens, qui furent si naïfs pendant des siècles vis à vis des britanniques, seront également naïfs à propos de la “cité dorée sur la colline” qui amène “la liberté et la démocratie au monde” en écrasant, massacrant et en détruisant. Tout comme les britanniques et la France de Sarkozy, les politiciens indiens vont se retrouver à faire les quatre volontés de Washington. Le temps que l’Inde et la Chine réalisent qu’elles ont été manipulées vers une destruction mutuelle par les américains, il sera alors trop tard pour l’une ou l’autre d’abandonner.

Avec la Chine et l’Inde éliminées, il ne reste plus que la Russie qui est déjà encerclée par un anneau de bases de missiles américaines et isolée de l’Europe par l’OTAN, qui inclut maintenant d’anciens membres de l’ex-empire soviétique. Un grand pourcentage de la jeunesse russe admire les Etats-Unis pour sa “liberté” (ils savent si peu) et détestent l’état “autoritaire” russe, qu’ils voient comme une continuation de l’ancien état soviétique. Ces “Russes internationalisés” se rangeront du côté de Washington, forçant plus ou mois Moscou à capituler.

Comme le reste du monde, à l’exception de quelques parties de l’Amérique du Sud,fait déjà partie de l’empire américain, la capitulation de la Russie provoquera un glissement de la puissance américaine sur l’Amérique du Sud. Chavez sera renversé et si les autrtes ne suivent pas le mouvement, plus serviront d’exemples.

Le seul moyen se stopper l’empire américain est pour la Chine et la Russie de réaliser ce danger et de former une alliance indestructible qui rassure l’Inde, d’arriver à faire sortir l’Allemagne de l’OTAN et de défendre l’Iran.

Autrement, l’empire américain prévaudra sur l’ensemble du monde. Le dollar US deviendra la seule monnaie globale et donc les Etats-Unis s’épargneront la dépréciation par le change de la monétarisation de leur dette.

L’or et l’argent deviendront des propriétés interdites, comme le deviendront les armes personnelles et un grand nombre de publications, livres, incluant la constitution des Etats-Unis d’Amérique.

Paul Craig Roberts

Dr. Paul Craig Roberts était l’assistant secrétaire au trésor de l’administration Reagan (secrétaire d’état aux finances chez nous), éditeur associé au Wall Street Journal, Senior Research Fellow de la Hoover Institution, Stanford University, il tînt la chaire William E. Simon Chair de Politique Economique, Center for Strategic and International Studies, Georgetown University.

Il est l’auteur et le co-auteur de neuf livres et a témoigné devant des commissions d’enquête du congrès américain en trente différentes occasions.

12 juin 2011,

Comité Valmy

Article original en anglais : How the Empire will Prevail : Will Washington Foment War Between China and India ?

Traduction : Résistance 71

 



Pakistan.

Généralités.

Nom officiel du pays : République islamique du Pakistan.

Création : fondé le 14 août 1947, le Pakistan entretient des relations très tendues avec l'Inde depuis sa création en raison, notamment, du partage entre ces deux pays du territoire du Cachemire.

Pays limitrophes : Chine, Inde, Iran, Afghanistan.

Superficie : 803 000 km2.

Nombre d'habitants : 163 902 000 (estimation pour 2007).

Démographie

Population (estimation INED, en millions)

157,9

 

Composition de la population (en %)

Pendjabis (50 %), Sindis (15 %), Pathans (Pachtounes, 15 %), Mohajirs (immigrés d''''Inde au moment de la partition et leurs descendants, 8 %), Baloutches (5 %), autres (7 %).

 

Population urbaine

34 %. Principales villes : Karachi (9,2 millions d''''habitants), Lahore (5 millions), Faisalabad (1,9 million), aggl. Islamabad-Rawalpindi (1,4 million).

 

Densité (hab./km²)

198,4

 

Espérance de vie (années)

62,9

 

Fécondité (nombre moyen d'enfants/femme)

4,27

 

Taux d'alphabétisation (%)

44

 

Croissance démographique annuelle (%)

2,0

Nom des habitants : Pakistanais.

Religions : musulmans 97 % (dont sunnites 74 %, chiites [dont 2 millions d'ismaéliens] 26 %), autres (chrétiens, hindous, ahmadis, parsis [zoroastriens], 3 %).

Capitale : Islamabad.

Langues : ourdou et anglais.

Monnaie : roupie pakistanaise.

Religions : musulmans 97 % (dont sunnites 74 %, chiites [dont 2 millions d'ismaéliens] 26 %), autres (chrétiens, hindous, ahmadis, parsis [zoroastriens], 3 %).

Capitale : Islamabad.

Arme de destruction massive : le Pakistan dispose de l'arme nucléaire, à l’instar de l’Inde (puissances nucléaires de fait [les cinq autres puissances nucléaires officielles étant la Chine, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et la Russie]).  

Nature de l'État : république à régime parlementaire.

Chef d’État : Asif Ali Zardari (né le 21 juillet 1956 à Nawabshah, Pakistan), élu président du Pakistan le 6 septembre 2008. Veuf de l'ancienne Premier ministre Benazir Bhutto (1953-2007).

Chef du gouvernement : Yousaf Raza Gilani (né en 1952 à Karachi, Pakistan).

Constitution : adoptée en 1973. Révisée en avril 1997 et en décembre 2003. La Constitution, suspendue le 15 octobre 1999 suite au coup d''''Etat du général Pervez Musharraf, le 12 octobre 1999. Chef de l''''état-major, Musharraf s''''est proclamé chef de l''''exécutif. Il a créé un Conseil de sécurité nationale (8 personnes), organe exécutif suprême.

En 1998, la charia et la sunna deviennent lois suprêmes ; il existe une Cour fédérale islamique chargée de veiller au respect de la charia. En mai 2000, la Cour suprême a validé le coup d''''Etat du 12 octobre 1999 en permettant au général Musharraf de rester au pouvoir pendant 3 ans.

Le Parlement islamique (Assemblée nationale, 237 membres élus pour 5 ans au suffrage universel, 20 sièges réservés à des femmes et 10 à des non-musulmans ; et Sénat, 87 membres élus pour 6 ans par les assemblées provinciales) a été dissolu par Musharraf le 15 octobre 1999. Cependant, les partis politiques ont été maintenus

Partis au pouvoir : Ligue musulmane du Pakistan (Pakistan Muslim League, PML-Q), Parti du peuple pakistanais (PPP, social-démocrate).Autres partis : Jamaat-i-Islami (JI, Alliance démocratique islamique, fondamentaliste sunnite).
Muttahida Majlis-e-Amal (MMA, alliance de six partis religieux islamiques, dont le principal parti est le Jamaat-i-Islami).
Muttahida Qaumi Movement (MQM, ex-Mohajir Qaumi Movement, parti des musulmans venus d'Inde lors de la partition, en 1947 ; formation dirigée depuis Londres).

Adhésions supranationales : OMC (Organisation mondiale du commerce), OCI (Organistion de la conférence islamique), IDB (Banque interaméricaine de développement), ADB (Banque pour le développement de l’Asie). . Le pays est composé de 4 Provinces : Pendjab, Sind, Province-de-la-Frontière-du-Nord-Ouest (NWFP) et Baloutchistan, chacune dotée d''''une Assemblée. Il existe également 2 Territoires : les Zones tribales (FATA, autonomes, situées dans la NWFP, mais en relation directe avec Islamabad) et le Territoire de la capitale. Le Pakistan administre également une partie du Cachemire, l''''Azad Kashmir, le "Cachemire libre", et les Territoires du Nord. Le Pakistan revendique la région du Cachemire de l''''Etat indien du Jammu-et-Cachemire. En 1998, la charia et la sunna deviennent lois suprêmes ; il existe une Cour fédérale islamique chargée de veiller au respect de la charia. En mai 2000, la Cour suprême a validé le coup d''''Etat du 12 octobre 1999 en permettant au général Musharraf de rester au pouvoir pendant 3 ans.

Le Pakistan a été réintégré dans le Commonwealth en mai 2004 après cinq ans d'exclusion..

http://www.courrierinternational.com/fiche-pays/pakistan

http://www.larousse.fr/encyclopedie/article/Le%20Pakistan...



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

15/10/2011

n° 69 - Journal de PAKISTAN - 20-06 au 14-10 - 1ap : - Escalade de la guerre étatsunienne au Pakistan .

 

n° 69 - Journal de PAKISTAN - 20-06 au 14-10 - 1ap : -  Escalade de la guerre étatsunienne au Pakistan .


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal de PAKISTAN.  

                 n° 69 - 20-06 au 14-10                                          

                                               C.De Broeder & M.Lemaire



 Le "Journal de PAKISTAN" est visible sur les blogs :

a) sur nos  blogs : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                             http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

c) sur le site de Eva Resis  : no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Avant propos

·                     ·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes



Sommaire.

Tiré à part

Lindsey GERMAN ; Et maintenant, que diriez-vous d’une minute de silence pour les morts en Afghanistan, Irak, Pakistan.... ?

Farid Merrad : De vastes manifestations anti-américaines.  

Atlas alternatif : Escalade de la guerre étatsunienne au Pakistan…

Le Pakistan au cœur des débats.

Jules Dufour : Le Pakistan : un territoire stratégique pour les guerres de l'Occident en Asie Centrale

Paroles & action du président...

Le premier ministre rappelle son ministre des A.E. de New York. 

1 Au jour le jour

a) Action de la Résistance

Attaque de chefs collaborateurs.

b) Action des Usa

Attaques de drones américains..

Tués par un bombardement de drone américain.

Analyse

c) Action de l’armée Pakistanaise

2 Politique

a) Pakistan

Dans les coulisses et au sénat

b) Usa

Occupation du Pakistan.

Washington suspend une partie de son aide militaire au Pakistan

c) Les voisins

Iran

L'Iran et le Pakistan renforcent leurs relations bilatérales.

c) Dans le monde

Grande Bretagne

Départ des formateurs militaires britanniques ?

2 Brèves

2-1 yess : Les soldats américains qui auraient tués Ben Laden sont morts. (...)



Tiré à part

Lindsey GERMAN ; Et maintenant, que diriez-vous d’une minute de silence pour les morts en Afghanistan, Irak, Pakistan.... ?

 Les commémorations du 11/9 ont donc eu lieu, mais n’attendez pas une couverture non-stop de la guerre en Afghanistan, avec son cortège d’histoires poignantes de parents, de conjoints et d’enfants tués.

A mes yeux, nous avons touché le fond avec l’omniprésence de Tony Blair dans les médias. Longuement interviewé pour l’émission Today et cité par de nombreux journaux nationaux, il a profité de cet anniversaire pour justifier sa guerre illégale contre l’Irak et encourager de futures attaques contre l’Iran en particulier.

Ce fût particulièrement scandaleux de le voir profiter de la sympathie naturelle ressentie envers ceux qui ont perdu des proches pour promouvoir de nouvelles guerres, tel un prêcheur démentiel. Et tous les va-t-en guerre l’ont rejoint dans sa mission en ignorant les morts et les destructions bien plus grandes provoquées par ces guerres présentées comme des représailles contre un acte original.

J’attends toujours des commémorations pour ceux qui sont morts dans la guerre en Afghanistan. Cette guerre, déclenchée il y a dix ans, a tué 20.000 Afghans aux cours des deux premiers mois, selon une estimation d’un rapport de l’ONU. Des dizaines de milliers sont morts depuis, ainsi qu’un million d’Irakiens.

Mais je ne vois pas les présidents passés et présent des Etats-Unis en train d’observer une minute de silence solennelle. Je suppose que nous n’avons pas d’histoires poignantes à raconter sur des parents, des conjoints et des enfants tués au cours de ces attaques. Je suis certaine que nous n’aurons pas droit à une couverture non-stop de deux semaines sur les moindres détails de la guerre en Afghanistan.

Le 11/9 est donc présenté comme une terrible tragédie vécue par le peuple américain dans son ensemble – tragédie provoquée par des « fanatiques », des « extrémistes », par « des gens qui haïssent notre mode de vie » (et qui se trouvent être tous des musulmans, évidemment). Mais il n’y a pas d’équivalent pour les Afghans ou les Irakiens qui subissent des guerres toujours provoquées par des méchants issus de leurs rangs et jamais par « l’appareil militaire des Etats-Unis » dont « les objectifs impériaux » les amènent à « haïr les musulmans ».

Pire encore, ces guerres sanglantes qui provoquent des morts, des blessés, des réfugiés déplacés pendant des années, des niveaux de violence et d’insécurité accrus, la peur, la corruption, des chefs de guerre, des tortures, des emprisonnements, ne sont pour la plupart du temps jamais mentionnées.

Les médias font passer leurs messages soit par ce qu’ils racontent que par ce qu’ils taisent. En ignorant ces guerres tout en insistant sur le 11/9, le clou est enfoncé. Le fait de ne pas parler de ces guerres fait croire aux gens qu’elles n’ont pas vraiment lieu ou qu’elles vont bientôt se terminer.

Je suppose que les attaques à Kaboul aujourd’hui par les Résistants sont destinées à contrer cette vision des choses et que c’est pour cela qu’elles ont eu lieu deux jours après le 11/9. Les attaques contre le quartier général de l’OTAN et l’ambassade des Etats-Unis envoient un message très simple : la guerre continue et les envahisseurs ne sont pas en train de la gagner. Ces derniers n’arrivent même pas à effectuer le transfert de pouvoir à leurs alliés afghans.

Un témoin oculaire à Kaboul à raconté à la BBC : « Il n’y a aucune sécurité à Kaboul. Ceci est la zone la plus sûre et si nous ne sommes pas en sécurité ici alors nous ne sommes en sécurité nulle part en Afghanistan. »

La véritable histoire de ces dix dernières années, celle qui devrait être criée sur tous les toits, c’est celle de l’échec de la guerre contre le terrorisme.

La couverture médiatique du 11/9 était censée le cacher et non le révéler. Mais la réalité finit toujours par s’imposer.

(Stop the War)

Lindsey German

15 septembre 2011

http://www.stopwar.org.uk/index.php/usa-war-on-terror/789-no...

Traduction par VD pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles.

URL de cet article 14640 
http://www.legrandsoir.info/et-maintenant-que-diriez-vous-d-une-minute-de-silence-pour-les-morts-en-afghanistan-irak-pakistan-stop-the-war.html

 

Farid Merrad : De vastes manifestations anti-américaines.  

Aujourd’hui, le Pakistan a été témoin de vastes manifestations anti-américaines.
Des milliers de Pakistanais en colère, en organisant des manifestations et en scandant des slogans tels que «Mort à l’Amérique», «Mort à Israël», ont condamné les politiques hostiles et menaçantes des Etats-Unis. Les manifestants ont brûlé, dans différentes villes pakistanaises, dont Lahore et Pishavar, la bannière étoilée. Ils ont affirmé qu’ils transformeront les zones tribales pakistanaises dont le Waziristan du Nord et du Sud en cimetière des occupants. Les manifestants en furie ont sommé les Américains de quitter au plus vite le Pakistan. Hier, des centaines d’habitants de la ville de Jirabad, en organisant des manifestations anti-américaines ont incendié la photo d’Obama en qualifiant de criminel le gouvernement américain. La police pakistanaise a annoncé que le nombre des policiers, tués, lors de l’explosion dans le Nord-ouest s’élève à 8.

Farid Merrad

01/10/2011 
http://french.irib.ir/info/international/item/145002-pakistan-de-vastes-manifestations-anti-am%C3%A9ricaines

 

Atlas alternatif : Escalade de la guerre étatsunienne au Pakistan…

Vers une invasion étatsunienne du Pakistan ?

C'est un grand classique depuis la guerre du Vietnam : les pays qui servent de base arrière aux résistants deviennent rapidement des cibles et font les frais du conflit qui se déroule chez le voisin.

Tel est le cas du Pakistan aujourd'hui.

Depuis début septembre les autorités pakistanaises ont recensé 24 frappes de drones sur leur territoire qui ont causé plus de 140 morts (90 % de civils selon les médias pakistanais).  

Selon le journaliste Eric Margolis, les récentes alertes sur un risque d'attentat en Europe auraient précisément pour but de justifier la stratégie du Pentagone de plus en plus axée sur l'attaque du Pakistan.
La semaine dernière, le Pakistan a temporairement fermé l'itinéraire d'approvisionnement principal des Etats-Unis et de l'OTAN qui va de Karachi à la frontière afghane à Torkham après le massacre de trois soldats pakistanais depuis des hélicoptères militaires étatsuniens. Trois convois de fourniture en combustible étatsuniens ont été brûlés par des activistes pakistanais.

Les Etats-Unis dépensent beaucoup d'argent le long de cette route pour acheter les fonctionnaires, les chefs de guerre pachtounes, et certains résistants afin que l'approvisionnement des troupes en Afghanistan ne soit pas coupé, et ce, en plus de l'aide annuelle officielle de 2 milliards de dollars au gouvernement de Karachi.

Les forces spéciales sont infiltrées sur place.

Mais le sentiment anti-étatsunien dans la région est à son comble - ce qui d'ailleurs a favorisé un rapprochement entre le Pakistan et l'Iran.  

L'ancien chef d'Etat major pakistanais, le général Mirza Aslam Beg, a récemment suggéré à son gouvernement de tirer sur les drones américains qui survolent illégalement le territoire.  

Toujours selon Margolis, Washington ne ferait plus confiance au gouvernement civil d'Asif Ali Zardari et compterait surtout sur le pouvoir militaire du général Ashfaq Kayani, un général d'infanterie qui a été autrefois propulsé dans la hiérarchie par Benazir Bhutto (qu'un livre écrit par sa nièce qui vient de paraître chez Penguin Books India démystifie sérieusement).  

Cette politique pourrait encore se durcir en cas de victoire des Républicains aux élections du Congrès. Les néo-conservateurs étatsuniens continuent de suggérer l'élimination de l'arsenal nucléaire pakistanais par les forces spéciales et la division non seulement de l'Afghanistan mais aussi du Pakistan en entités ethniques qu'ils pourraient contrôler plus facilement, comme ils ont aussi voulu le faire en Irak.

Le 8 octobre 2010

Mondialisation.ca,



Le Pakistan au cœur des débats.

4 juillet

L'armée américaine effectue, à présent, simultanément, des opérations aériennes, dans 6 pays du monde. Selon Press TV, le site anti-guerre, "met fin au rêve américain", a publié un article, selon lequel, l'armée américaine mène des opérations aériennes, actuellement, en Afghanistan, en Irak, en Libye, au Yémen, au Pakistan et en Somalie. Ledit site ajoute que les dettes du peuple américain s'élevaient à moins de 6 trillions de dollars, avant les guerres, mais qu'à présent, elles ont été décuplées.

En fait, un tiers des dettes du monde entier appartient aux Etats-Unis. Ce site poursuit en révélant que les frais militaires américains s'élève à 46,5 % des frais militaires de tous les pays du monde.

PressTV

 

Jules Dufour : Le Pakistan : un territoire stratégique pour les guerres de l'Occident en Asie Centrale.

 « La mort de Baitullah Mehsud, chef des résistants pakistanais, serait un succès de taille pour Washington et Islamabad .» Cette dépêche qui, encore une fois, annonce la mort d'un être humain causée par la guerre, est sensée réjouir les stratèges des pays occidentaux qui occupent illégalement un pays souverain de l’Asie centrale depuis 2001. Cette nouvelle permet aux tenants de cette guerre de conquête de manifester, pendant quelques instants, leur joie et de démontrer  l'efficacité de leurs interventions meurtrières sur le terrain. Mais, il y a lieu d’ajouter une autre interprétation à cet évènement.

 

La disparition du chef des résistants pakistanais viendrait se joindre aux éléments qui justifient l'extension au Pakistan voisin de la guerre d'occupation qui sévit en Afghanistan. Elle contribuerait à rendre légitimes, une fois de plus, dans l'opinion publique mondiale les actes de guerre perpétrés par Washington et l'armée nationale pakistanaise sur le territoire pakistanais proprement-dit, même si   convaincre du bien-fondé de la guerre contre les résistants est devenu pour Washington une tâche bien facile après tant d’années de fabrication de ces ennemis que constituent maintenant les résistants aux yeux de la population mondiale.

 

Dans ce contexte, il importe d'être conscient que le véritable motif de ces guerres n'est pas l'éradication des résistants mais plutôt la mise en place des infrastructures et des institutions nécessaires à une occupation permanente de Washington et des autres puissances occidentales dans cette région. Ces guerres prendront fin seulement au moment où le régime de Kaboul sera en mesure d'assurer un contrôle militaire total du territoire afghan et cela ne sera possible qu’avec l’aide soutenue de l’armée nationale pakistanaise, pour la maîtrise des zones tribales frontalières avec l’Afghanistan telles que le Waziristan, la province de la Frontière-du-Nord-Ouest y compris le district de Swat (figure 1).

 

Figure 1. Les provinces pakistaises frontalières avec l’Aghanistan

source :  http://argoul.blog.lemonde.fr/category/fugues-au-pakistan/

Les actions guerrières pakistanaises sont présentées comme faisant partie de la « guerre contre le terrorisme » décrétée par l'ex-administration de G.W. Bush, et liées à la guerre de l’Afghanistan. La vallée de Swat est tombée sous la domination des résistants en décembre 2008, et fait depuis l'objet d'opérations militaires afin de les déloger ou de les faire «disparaître» tout simplement.

Cette guerre conduite par l’armée nationale pakistanaise avec le concours des forces armées étatsuniennes n’a pas été officiellement déclarée. Elle se déroule dans le cadre de la guerre «dite préventive» contre la terreur et permet aux puissances occidentales d’accroître leur contrôle dans toutes les régions du Pakistan, ce qu’elles n’avaient pas réussi à faire durant la présidence de Pervez Musharraf entre juin 2001 et août 2008.

  

Le bilan de cette guerre en 2009

Plusieurs rapports récents ont fait état des attaques répétées dans cette région contre les résistants et les résistants provenant de l’Afghanistan, ce qui a entraîné par le fait même un exode massif des populations vers l’intérieur du pays. L’utilisation de drones par les États-Unis pour l’élimination des foyers soupçonnés d’abriter des terroristes présumés a causé un nombre considérable de victimes. Selon des données récentes ces attaques et autres interventions auraient fait plus de 1 500 morts chez les résistants Pour l’ensemble des régions affectées par la guerre on a observé le déplacement de deux millions de personnes: « Jusqu’à maintenant, les coûts ont été très élevés; des milliers de morts, plus de deux millions de personnes déplacées à cause des combats dans la vallée de Swat et ailleurs».

 

Selon le Pakistan Body Count, en date du mois d’août 2009, près de 10 000 victimes ont été causées soit par des bombes ou par des attaques par des drones; parmi ces victimes on compterait plus de 3 300 morts. Le site prend la peine de noter que « même s’il s’agit d’un attentat à la bombe ou d’une attaque par un drone, c’est la même résultat, un pakistanais est tué».

 

Le site fournit ainsi l’histoire complète et la chronologie des attentats à la bombe et des attaques par des drones. Les données proviennent des rapports de médias, d’hôpitaux et de sites internet. Toutes les données sont disponibles pour le grand public et aucune donnée n’est gardée secrète. Ce qui permet de donner une idée de l’intensité des attentats à la bombe et des attaques perpétrées par les drones.

 

Selon Bill Van Auken, Il importe de nous rappeler qu’en mai dernier «le gouvernement d'Obama considérait de plus en plus son intervention croissante au Pakistan comme une guerre contre-insurrectionnelle spécifique, pour laquelle il demandait le même type de pouvoirs militaires extraordinaires déjà obtenus par le gouvernement Bush en Afghanistan et en Irak.» Ces pouvoirs pourraient ainsi permettre, entre autres choses, au Pentagone de fournir au Pakistan une aide militaire de l’ordre de 400 millions de dollars.

 

Références

 

AFP et AP. 2009. La mort du chef des résistants pakistanais semble se confirmer. Journal Le Devoir, les 8 et 9 août 2009. En ligne: http://www.ledevoir.com/2009/08/08/262081.html

 

CTV.CA News Staff. 2009. As deaths rise, Pakistan struggles against Résistants. Le 28 juin 2009.

En ligne: http://www.ctv.ca/servlet/ArticleNews/story/CTVNews/20090628/Résistants_Pakistan_090628/20090628?hub=TopStories

 

DUFOUR, Jules. 2008. Les guerres d'occupation de l'Afghanistan et de l'Irak: un bilan horrifiant de portée mondiale. Le 22 juillet 2008. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM).

En ligne:

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=9645

 

LIND, William S. et L. Rockwell. 2008. PAKISTAN. Une victime collatérale des guerres américaines. alternatives internationale. Le 17 janvier 2008.

En ligne: http://www.alterinter.org/article1623.html

 

Opérations militaires contre les résistants au Pakistan: http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_au_Waziristan

Pakistan Body Count: http://www.pakistanbodycount.org/ 
Pervez Musharraf: http://fr.wikipedia.org/wiki/Pervez_Musharraf

 

TISDALL and Saeed Shah. 2008. Reported US attack pushes Afghanistan war into Pakistan. Up to 20 die in attack by commandoes on village near known Résistants and al-Qaida stronghold guardian.co.uk, le 3 septembre 2008.

En ligne: http://www.guardian.co.uk/world/2008/sep/03/pakistan.afghanistan1

 

VAN AUKEN, Bill. 2009.Le gouvernement d'Obama cherche à obtenir des pouvoirs militaires extraordinaires au Pakistan. Le 7 mai 2009. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). En ligne: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=13528

 

Waziristan: http://fr.wikipedia.org/wiki/Waziristan

 Jules Dufour
Jules Dufour, Ph.D., est président de l'Association canadienne pour les Nations Unies (ACNU) /Section Saguenay-Lac-Saint-Jean, professeur émérite à l'Université du Québec à Chicoutimi,   membre du cercle universel des Ambassadeurs de la Paix, membre chevalier de l'Ordre national du Québec. 

Jules Dufour est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Jules Dufour publiés par Mondialisation.ca

 

Le 10 aout 2009



 Paroles & action du président...

Le premier ministre rappelle son ministre des A.E. de New York. 

Les États -Unis et le Pakistan sont au bord de la rupture et les signes  se multiplient : après de nouvelles accusations de Washington contre Islamabad, le premier ministre Guilani a rappelé sa ministre des A. E. de New York. Washington vient d’accuser les services du renseignement pakistanais de complicité avec le groupe Haghanni, aile la plus dur de la nébuleuse Al-Qaïda.

Ce groupe est accusé d’avoir récemment attaqué l’ambassade américaine à Kaboul.

La ministre pakistanaise des A.E se trouve à New York où elle prend part à la soixante sixième réunion de l’Assemblée générale de l’Onu.

26/09/2011

 Irib

Islamabad expulse 250 américains.  

27/08/2011

Le journal pakistanais, "La Nation", a révélé, citant des sources de sécurité pakistanaises, que le gouvernement a demandé à l'administration américaine de rapatrier 250 américains travaillant dans l'ambassade des États-Unis, les sections consulaires, et dans certaines organisations américaines, dans un délai de 40 jours. 
Le journal fait remarquer que la raison en est que les autorités pakistanaises voudraient protester contre les opérations de sécurité que les Américains effectuent à l'intérieur du territoire pakistanais, en l’occurrence, celle qui a couté la vie au fondateur d’Al-Qaïda, Oussama ben Laden. Il est, également, reproché à ces employés "d’exercer des tâches liées à la lutte contre le terrorisme".

IRIB



Le Pakistan en chiffre 


    «Qu'il s'agisse d'une attaque ou d'une attaque par drone,
Pour moi c'est la même chose, un Pakistanais a été tué "

Suicide Bombing Victims
Dead = 5,067 , Injured = 13,335 , Total = 18,402 and Counting...

Drone Attacks Victims
Dead = 2,626 , Injured = 1,052 , Total = 3,678 and Counting

 

Les données sont recueillies à partir des rapports des médias, les hôpitaux, et internet.

Toutes les données sont accessibles au public et il n'y a pas de données classées ici. Il s'agit d'un effort pour montrer au monde l'intensité de suicide et les attaques Drone au Pakistan ".

Pakistan Body Count: http://www.pakistanbodycount.org/

 



1 Au jour le jour

a) Action de la Résistance

Attaque de chefs collaborateurs.

Des dizaines de résistants ont attaqué tôt lundi les maisons de deux chefs tribaux collaborateurs dans la zone tribale de Mohamand, faisant quatre morts et six blessés, selon Zabit Khan, un responsable local. Un des chefs tribaux a été grièvement blessé.

L'explosion d'une voiture piégée a également fait trois morts, dont un chef de milice, dans les faubourgs de Peshawar (nord-ouest), a déclaré le chef de la police de Peshawar, Liaquat Ali Khan. Cinq personnes ont été blessées dans la déflagration.

23/6

 http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20110620.FAP9883/pakistan-12-morts-dans-des-attaques-de-drones.html

 

27-06

Dix policiers ont été tués  près de Peshawar dans l'attaque de leur poste en bordure d'une zone tribale du Nord-Ouest du Pakistan par des résistants Les résistants ont revendiqué l'attaque, affirmant qu'elle avait été commise pour venger la mort d'Oussama Ben Laden.
"La police a pris le contrôle du poste de police et dix de nos policiers ont été tués lors de l'attaque ainsi que six assaillants" , a déclaré Mian Iftikhar Hussain, ministre de l'Information de la province de Khyber Pakhtunkhwa (Nord-Ouest).

AP


27-06

Des résistants, certains dissimulés sous des burqas et d'autres portant des ceintures d'explosifs, ont attaqué le poste de police à Kolachi, en bordure du district tribal du Waziristan du Sud, et pris un groupe de policiers en otage. Selon M. Hussain, les résistants dissimulés sous les burqas s'étaient préparés à "un siège et une prise d'otages afin d'obtenir la libération d'autres résistants" .
"Lorsque nos véhicules blindés sont entrés dans le poste de police, deux candidats aux attentats suicide se sont fait sauter et un troisième kamikaze a été tué par une roquette" , a-t-il raconté.

La police a découvert les corps de trois résistants et les têtes de trois kamikazes, a indiqué M. Hussain. Il a précisé que onze policiers avaient été blessés et la moitié du bâtiment de la police détruit.
Le chef de la police régionale Imtiaz Shah a déclaré qu'il y avait une femme parmi les kamikazes. L'attaque a d'abord été menée à l'entrée principale du poste par des résistants cachés sous des burqas, qui ont ouvert le feu avec leurs fusils, tuant les policiers de garde. Puis les résistants ont attaqué un mur avec des grenades pour avoir accès au bâtiment.

Les résistants ont pris en otage les 17 policiers de permanence après s'être trouvés à court de munitions, a expliqué le chef de la police.
27/6

2eme versionµ

26/6

Les résistants pakistanais ont revendiqué une attaque contre un poste de police de l'ouest du pays qui a fait 12 morts.

Armés de fusils d'assaut et de grenades, un résistant et sa femme ont pris en otage une douzaine de policiers durant plusieurs heures dans une localité proche du Sud-Waziristan, un fief des résistants à la frontière afghane.

Ils ont tué cinq policiers puis se sont fait exploser au moment où les commandos sont entrés dans le poste, causant la mort de sept autres membres des forces de l'ordre.

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/06/26/001-kamikazes-policiers-pakistan.shtml

09 juillet

Au moins cinq personnes ont été tuées samedi dans l'attaque par des résistants de deux véhicules dans le nord-ouest du Pakistan, tandis que le conducteur d'un camion-citerne de l'Otan a été abattu dans le sud-ouest, ont annoncé les autorités.

Cinq personnes ont été tuées et 11 blessées dans le mitraillage par des résistants de leurs deux véhicules dans la zone tribale du Jawakai (nord-ouest), à environ 50 kilomètres à l'est de Peshawar, a indiqué à l'AFP Sahibzada Mohammad Anis, un haut responsable du gouvernement.

Le chef local de la police Mohammad Masood Khan Afridi a confirmé la fusillade et les morts, et a estimé que c'était «l'œuvre de résistants». L'attaque n'a pas été revendiquée, dans une région en proie à une insurrection.

AP

09-07

Dans la province du Baloutchistan (sud-ouest), des hommes armés à moto ont abattu le conducteur d'un camion-citerne transportant du carburant pour les forces de l'Otan dans l'Afghanistan voisin, a indiqué à l'AFP Zafarullah Baloch, ministre de l'Intérieur de la province.

AP

09/07

Au moins 24 personnes ont été tuées dans un double attaque kamikaze visant un général de l'armée à Quetta, dans le sud-ouest du Pakistan, que les résistants ont revendiqué en représailles à l'arrestation récente d'un haut responsable de la résistance dans cette ville.

Un homme a d'abord fait exploser sa voiture piégée pour ouvrir une brèche dans le mur d'enceinte de la résidence du général de brigade Farrukh Shahzad, commandant adjoint des Frontier Corps (FC), une unité paramilitaire rattachée à l'armée, a expliqué à l'AFP Hamid Shakil, un officier de la police de Quetta, la capitale de la province du Baloutchistan.

Puis un kamikaze à pied a lancé deux grenades avant de faire exploser sa bombe dans l'enceinte de la résidence, endommageant considérablement la maison.

«Vingt-quatre personnes ont péri», dont l'épouse du général Shahzad, deux enfants et 11 soldats membres des FC chargés de la sécurité d'un convoi qui attendaient leur supérieur devant sa maison, a indiqué Hamid Shakil. Au moins 82 autres personnes, dont le général Shahzad et un de ses enfants, ont été blessées, a-t-il poursuivi.

http://www.cyberpresse.ca/international/asie-oceanie/201109/07/01-4432149-24-morts-dans-un-double-attentat-visant-un-general-pakistanais.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_asie-oceanie_290_section_POS1

 

09-07

Il y a une dizaine de jours, les ‘Frontier Corps’ du Baloutchistan ont participé à l'arrestation de Younis al-Mauritani, le principal chef des «opérations extérieures» d'Al-Qaïda, menée par les services de renseignements de l'armée pakistanaise, l'ISI.

Ehsanullah Ehsan, le porte-parole du Mouvement des résistants du Pakistan (TTP), a revendiqué la double attaque kamikaze de mercredi dans un entretien téléphonique avec l'AFP, en représailles à l'arrestation d'Al-Mauritani et de deux complices.

L'armée a rendu cette arrestation publique lundi et insisté sur le fait qu'elle a été réalisée avec «l'assistance technique des services de renseignements américains».

Al-Mauritani est «un cadre important et membre de l'état-major d'Al-Qaïda, lié aux menaces récemment mises au jour visant l'Europe», a indiqué à l'AFP un responsable de services de renseignement occidentaux, sous couvert de l'anonymat.

Al-Mauritani avait été chargé «personnellement» par ben Laden «de cibler les intérêts économiques des États unis, dont des gazoducs et des oléoducs, des centrales électriques, mais aussi des pétroliers, à l'aide de bateaux rapides bourrés d'explosifs dans les eaux internationales», précisait lundi l'armée.

L'arrestation d'Al-Mauritani constitue aussi un net réchauffement des relations entre Islamabad et Washington. La Maison-Blanche avait d'ailleurs aussitôt chaudement félicité les forces de sécurité pakistanaises.

Depuis le raid d'Abbottabad, les relations entre les États-Unis et le Pakistan, leur allié-clé dans leur «guerre contre le terrorisme» depuis fin 2001, s'étaient sérieusement dégradées, en particulier entre l'ISI et la CIA, qui avaient quasiment cessé de collaborer.

De hauts responsables à Washington accusaient Islamabad -et notamment l'ISI et l'armée- de complicité pour expliquer que ben Laden ait pu se terrer plusieurs années dans une ville-garnison non loin de la capitale. Et Islamabad reprochait à Washington de ne pas l'avoir averti de ce raid héliporté nocturne, que l'armée pakistanaise et l'ISI ont vécu comme une humiliation et une brimade.

IRNA

http://www.cyberpresse.ca/international/asie-oceanie/201109/07/01-4432149-24-morts-dans-un-double-attentat-visant-un-general-pakistanais.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_asie-oceanie_290_section_POS1

07/08/

Au moins 16 camions-citernes transportant des carburants pour les troupes de l'OTAN en Afghanistan ont été détruits dans l'explosion d'une bombe, samedi, dans le Nord-Ouest du Pakistan a annoncé la police locale.
28 camions-citernes qui étaient garés dans un terminal à proximité de Peshawar, la principale ville du Nord-Ouest du Pakistan, ont été visés par une bombe qui, en explosant a déclenché un incendie. 16 des véhicules ont été détruits, précise la même source. Aucune victime n'a été enregistrée, a-t-il ajouté. Aucun groupe n'a encore revendiqué la responsabilité de l'attentat. Des attentats similaires ont déjà, été commis par les Résistants dans le but de perturber la logistique de plus de 130. 000 militaires étrangers sous le commandement américain, en Afghanistan.

IRIB- 
http://french.irib.ir/info/international/item/134045-pakistan--16-camions-citernes-de-lotan-d%C3%A9truits-dans-une-explosion



b) Action des Usa

Attaques de drones américains..

Des responsables pakistanais rapportent que des attaques présumées de drones américains ont fait 12 morts dans le nord-ouest du Pakistan, une zone abritant des résistants.

Une première attaque a visé un véhicule dans la zone tribale de Kurram, faisant cinq morts, selon Noor Alam, un responsable local. Alors que des membres d'une tribu accouraient sur les lieux, le véhicule a été à nouveau frappé, faisant deux autres morts.

Quelques minutes plus tard, un drone américain présumé a attaqué une maison voisine, tuant cinq personnes, a précisé M. Alam. Sept des 12 tués sont des résistants afghans dont les corps ont été emmenés de l'autre côté de la frontière pour être enterrés,( ???) a-t-il ajouté.

Les tirs de missiles ont été confirmés par deux responsables du renseignement pakistanais ayant requis l'anonymat.

23/6

 http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20110620.FAP9883/pakistan-12-morts-dans-des-attaques-de-drones.html

06-07

Six personnes ont été tuées, lors de l'attaque de drones américains, dans une zone tribale du Nord-Ouest du Pakistan
Le drone US a tiré deux missiles sur une pension, à Mir Ali, à, environ, 25 kilomètres, à l'Est de Miranshah, la principale ville de la zone tribale du Nord Waziristan. "La pension a été complètement détruite. Au moins, six personnes ou résistants, ont été tuées, par cette frappe de drone américain," a précisé le responsable des forces de sécurité de Mir Ali. "Cinq autres résistants ou personnes ont été blessés". La maison se trouvait, à, environ, 200 mètres du principal bazar de Mir Ali, a ajouté le responsable.

IRIB


Tués par un bombardement de drone américain.

- Quatre résistants présumés ont été tués par un bombardement de drone américain dans une des zones tribales du Nord-Ouest du Pakistan, ont annoncé des responsables locaux.
Cette attaque de drone, la seconde en deux jours, a eu lieu dans le Waziristan du Nord, un district frontalier de l'Afghanistan et bastion des résistants résistants alliés à Al-Qaïda.
Deux missiles tirés par un drone ont frappé un véhicule transportant des résistants à Qutab Khel, un village situé à environ 5 km à l'est de Miranshah, principale ville du Waziristan du Nord, a déclaré à l'AFP un responsable local des services de sécurité sous couvert d'anonymat.
Quatre résistants ont été tués, a-t-il ajouté. Ce bilan a été confirmé par un autre responsable local des services de sécurité.
Les bilans des combats ou des attaques de drones livrés par les responsables pakistanais de la sécurité sont impossibles à vérifier, ces zones étant interdites d'accès et souvent aux mains des résistants islamistes.

02-08
02-08

Lundi, les drones américains avaient bombardé un véhicule près de Wana, principale ville du district voisin du Waziristan du sud, tuant quatre résistants selon des responsables locaux de la sécurité. Il s'agissait de la première attaque de drone américain depuis le 12 juillet.
Ces bombardements interviennent durant une période de tensions entre le Pakistan et les Etats-Unis, qui ont annoncé en juillet la suspension d'une partie de leur aide militaire à Islamabad en représailles de récentes mesures pakistanaises limitant l'activité militaire américaine dans le pays.
Les relations entre les deux pays, alliés depuis que le Pakistan s'est rallié fin 2001 à la guerre contre le terrorisme américaine dans la région, sont au plus bas depuis le raid unilatéral américain qui a tué Oussama Ben Laden le 2 mai dernier à Abbottabad (nord du Pakistan).

 

Analyse


02-08

Symboles de la relation ambiguë qui lie le Pakistan et les Etats-Unis depuis la fin 2001, ces frappes non confirmées par Washington (mais seule la CIA possède de tels appareils dans la région) sont officiellement dénoncées par Islamabad. Mais la plupart des observateurs estiment qu'elles font l'objet d'un accord tacite entre Islamabad et les Etats-Unis, qui versent chaque année au Pakistan, en déficit chronique, plus de 2 milliards de dollars d'aide.
Les Etats-Unis considèrent les zones tribales pakistanaises comme l'endroit le plus dangereux du monde,.
Mais c'est le Pakistan qui, avec l'Afghanistan, paye le plus lourd tribut. Quelque 5.000 personnes, des civils pour la grande majorité, ont péri dans tout le pays depuis quatre ans dans près de 500 attentats attribués aux résistants et à leurs alliés.

http://www.romandie.com/news/n/_Pakistan_4_morts_dans_un_bombardement_de_drone_americain_020820111808.asp

10.08.

Un drone (avion sans pilote) américain a tiré deux missiles. Il a détruit un véhicule et un campement près de Miranshah, la principale ville du Waziristan du Nord, un district frontalier de l'Afghanistan et bastion des résistants résistants alliés à Al-Qaïda. Un responsable à Peshawar a confirmé l'attaque.

Un bilan précédent avait fait état de 7 morts. "Des nouveaux corps ont été découverts sous les débris. Vingt-et-un résistants du groupe Haqqani ont été tués et trois blessés",

AP

05/09/

Les drones américains ont tiré des dizaines de missiles contre la région du Waziristân du sud, où ils ont tué sept civils et ont blessé des dizaines d’autres. L’information ne contient pas de détails supplémentaires. Le gouvernement et la population ont à maintes reprises, protesté contre les raids US qui font quotidiennement des dizaines de victimes.

Irib



c) Action de l’armée Pakistanaise

08/07

Des officiers ont affirmé aujourd'hui que l'armée avait tué 42 ( ?) résistants et perdu huit soldats en quatre jours d'offensive dans un fief des résistants alliés à Al-Qaïda dans le nord-ouest du Pakistan.
L'armée avait annoncé le lancement d'une opération visant le Mouvement des Résistants du Pakistan (TTP), et ses alliés dans le district tribal de Kurram, frontalier avec l'Afghanistan.

 AFP



2 Politique

a) Pakistan

Dans les coulisses et au sénat

17.06.

Le Pakistan a accusé  l'Otan d'avoir bombardé l'un de ses postes militaires dans le nord-ouest de son territoire, près de la frontière avec l'Afghanistan.
Les autorités pakistanaises ont exprimé leur vive préoccupation auprès de l'ambassade des Etats-Unis à Islamabad.

AP

AP

 Rapprochement

Nucléaire: Rapprochement entre l'Inde et le Pakistan.

Le Pakistan et l'Inde sont convenus ce vendredi de mettre au point de nouvelles mesures susceptibles de favoriser un climat de confiance entre eux dans le domaine nucléaire.

Ces deux pays voisins, rivaux et détenteurs de l'arme atomique, ont aussi décidé de favoriser la circulation des personnes et des biens des deux côtés de la Ligne de contrôle séparant le Cachemire, principal litige territorial entre eux.

Ces décisions ont été prises lors d'une rencontre entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays, l'Indienne Nirupama Rao et son homologue pakistanais Salman Bashir. Ces entretiens ont débouché sur des progrès plus importants que prévu.

http://www.20minutes.fr/ledirect/747471/nucleaire-rapprochement-entre-inde-pakistan

 

Le gouvernement n'a jamais autorisé l'armée américaine d'utiliser les bases pakistanaises pour lances des frappes aériennes sur les résistants dans les régions tribales. 

Le Premier ministre pakistanais Syed Yusuf Raza Gilani a déclaré que son gouvernement n'avait jamais autorisé l'armée américaine à utiliser les bases pakistanaises pour lances des frappes aériennes sur les résistants dans les régions tribales.
M. Gilani a tenu ces propos en réponse à des informations selon lesquelles des drones américains utilisent la base aérienne de Shamsi, dans le sud-ouest du Pakistan, pour attaquer les repaires des terroristes dans les régions tribales du Pakistan.
Le ministre pakistanais de la Défense Ahmed Mukhtar avait déclaré la semaine dernière que le Pakistan avait demandé aux Etats-Unis de quitter la base de Shamsi.
Le chef de l'armée de l'Air pakistanaise a déclaré en mai devant le Parlement que la base de Shamsi a été louée aux Emirats arabes unis.
Selon la presse pakistanaise, les Emirats arabes unis ont autorité les drones américains à utiliser cette base pour lancer des attaques de drone dans la région à la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan, le bastion des résistants.
"Mon gouvernement n'a jamais autorisé les Etats-Unis à utiliser les bases pakistanaises pour mener des attaques de drone", a affirmé M. Gilani. "L'ancien gouvernement du président Pervez Musharraf avait autorisé les avions américains à utiliser les bases pakistanais pour des missions de reconnaissance", a reconnu Gilani.
Les drones américains attaquent souvent les objectifs dans les régions tribales du Pakistan, à la frontière avec l'Afghanistan, où sont retranchés les résistants, malgré l'opposition des autorisés du Pakistan.

04-07

 http://french.news.cn/monde/2011-07/04/c_13963557.htm

 

L’armée assure pouvoir fonctionner sans l'aide américaine.

Islamabad a réagi, lundi 11 juillet, à l'annonce américaine de suspendre une partie de son aide militaire au Pakistan, estimant que l'armée pouvait fonctionner sans apport financier extérieur.

Son porte-parole, le général Athar Abbas, a ajouté qu'il n'avait, pour l'heure, reçu aucune notification officielle de la décision américaine.

L'annonce faite dimanche par le secrétaire général de la Maison Blanche, William Daley, reflète les tiraillements croissants de l'administration Obama sur la façon d'améliorer la coopération du Pakistan, allié sur lequel Washington s'appuie pour réprimer le djihadisme, notamment en Afghanistan, mais avec lequel les relations se sont sévèrement dégradées.

Le bras droit du président américain a confirmé que la décision portait sur environ 800 millions de dollars d'aide militaire, soit plus d'un tiers du budget de plus de 2 milliards de dollars que les Etats-Unis versent chaque année au pays. Un chiffre publié auparavant par le New York Times.

Une partie de cette somme sert à financer le déploiement de plus de 100 000 soldats pakistanais le long de la frontière avec l'Afghanistan. Les ventes d'armes au Pakistan, comme les avions de combat F-16, et l'aide non militaire à ce pays éprouvé par les ravages des inondations de 2010, ne sont pas concernées, selon des responsables cités par le New York Times.

18 MILLIARDS DE DOLLARS VERSÉS DEPUIS 2001

Le Pakistan a reçu 18 milliards de dollars des Etats-Unis depuis les attentats du 11-Septembre, lorsqu'Islamabad a officiellement mis fin à son soutien aux résistants afghans et décidé de coopérer avec Washington. Les relations entre les deux pays sont cependant restées délicates et le raid américain du 2 mai en territoire pakistanais au cours duquel Oussama Ben Laden a été tué a cristallisé la suspicion mutuelle.

Côté américain, la présence du chef d'Al-Qaida dans une ville-garnison du nord du Pakistan a relancé les doutes sur la compétence des services de sécurité pakistanais, et alimenté les soupçons sur des complicités avec la nébuleuse islamiste. Les Etats-Unis considèrent que les principaux cadres d'Al-Qaida se cachent au Pakistan et entraînent leurs kamikazes dans les camps des résistants pakistanais, dans les zones tribales du Nord-Ouest, qui servent également de bases aux résistants afghans.

Côté pakistanais, le raid été vécu comme une humiliation par l'armée, institution clé de ce grand pays musulman de 170 millions d'habitants à l'opinion publique majoritairement anti-américaine.

LA TENSION SUSCITÉE PAR LE RAID D'ABBOTTABAD N'EST PAS RETOMBÉE

Dès le 25 mai, plus de 100 conseillers militaires américains ont dû quitter le pays. Parallèlement, aux Etats-Unis, de nombreux parlementaires ont accentué la pression pour couper toute assistance au Pakistan, troisième bénéficiaire de l'aide américaine après l'Afghanistan et Israël.

L'assassinat fin mai du journaliste Syed Saleem Shahzad, auteur d'articles sur les liens présumés entre Al-Qaida et l'armée pakistanaise, a ajouté aux crispations.

Le plus haut gradé américain, l'amiral Mike Mullen, s'est ouvertement inquiété que les autorités pakistanaises puissent y avoir trempé.

Manifestement, a fait observer dimanche William Daley, la tension politique suscitée par le raid d'Abbottabad au Pakistan n'est pas retombée. "Tant que nous ne serons pas sortis de ces difficultés, nous suspendrons une partie de l'argent que les contribuables américains se sont engagés à verser", a-t-il prévenu. "Nous faisons de notre mieux pour jouer ensemble la partition mais nous disons à ceux qui sont en grande partie responsables des difficultés internes au Pakistan qu'ils ne peuvent pas continuer comme ça", avait de son côté prévenu le 23 juin la secrétaire d'Etat, Hillary Clinton.

Pour en savoir plus :

Lire "The double game" (le double jeu), un article de Lawrence Wright publié dans le New Yorker sur les relations diplomatiques américano-pakistanaises

 

Voir les articles de Courrier International et Pakistaniat.com sur la mort du journaliste Syed Saleem Shahzad

LEMONDE.FR avec AFP

11.07.11
http://www.lemonde.fr/international/article/2011/07/11/pakistan-l-armee-assure-pouvoir-fonctionner-sans-l-aide-americaine_1547229_3210.html


b) Usa

Occupation du Pakistan.

Washington suspend une partie de son aide militaire au Pakistan
Diplomatie Les États-Unis ont décidé de suspendre une partie de leur importante aide militaire au Pakistan, allié sur lequel Washington s’appuie pour réprimer les groupes islamistes armés, notamment en Afghanistan, mais avec lequel les relations se sont sévèrement dégradées. La décision annoncée dimanche par la Maison-Blanche a été saluée hier par l’Inde, estimant que ce soutien à son pays rival perturbait l’équilibre de l’Asie du Sud. La décision porte sur environ 800 millions de dollars d’aide militaire, soit plus d’un tiers de l’assistance supérieure à 2 milliards de dollars que les États-Unis versent par an au Pakistan. Cette aide va notamment au maintien de plus de 100 000 soldats pakistanais le long de la frontière avec l’Afghanistan. Les ventes d’armes au Pakistan, comme les avions de combat F-16, et l’aide non militaire à ce pays éprouvé par les ravages des inondations de 2010 ne sont pas concernées, selon des responsables cités par le New York Times.

Islamabad « a pris des mesures qui nous ont amenés à suspendre certaines aides que nous donnons à l’armée » pakistanaise, a expliqué le secrétaire général de la Maison-Blanche, William Daley. « La vérité, c’est que notre relation avec le Pakistan est très compliquée. »
« Nous n’avons reçu aucune notification officielle ou communication sur le sujet », a réagi hier le général Athar Abbas, porte-parole de l’armée pakistanaise. « Au-delà de cela, l’armée, aujourd’hui comme hier, a mené avec succès des offensives en utilisant ses propres ressources sans quelque soutien extérieur que ce soit », a-t-il ajouté.
Le Pakistan a reçu 18 milliards de dollars des États-Unis depuis les attentats du 11-Septembre 2001, lorsque Islamabad a officiellement mis fin à son soutien aux résistants afghans et décidé de coopérer avec Washington. Les relations entre les deux pays sont cependant restées délicates et le raid américain du 2 mai en territoire pakistanais, au cours duquel Oussama Ben Laden a été tué, a cristallisé la suspicion mutuelle.
Côté américain, la présence du chef d’el-Qaëda dans une ville de garnison du nord du Pakistan a relancé les doutes sur la compétence des services de sécurité pakistanais, voire des complicités avec la nébuleuse islamiste. Les États-Unis considèrent que les principaux cadres d’el-Qaëda se cachent au Pakistan(…)  et y entraînent leurs kamikazes dans les zones tribales du Nord-Ouest, qui servent également de base aux résistants afghans.
Côté pakistanais, le raid a été vécu comme une humiliation pour l’armée pakistanaise, institution-clé de ce pays musulman de 170 millions d’habitants à l’opinion publique majoritairement antiaméricaine. Dès le 25 mai, plus de cent conseillers militaires américains ont dû partir.
(Source : AFP)

http://www.lorientlejour.com/category/Moyen+Orient+et+Monde/article/712596/_Washington_suspend_une_partie__de_son_aide_militaire_au_Pakistan.html

 

Les Etats-Unis accusent le Pakistan de soutenir le réseau Haqqani.  

La Maison Blanche a réitéré son appel mardi au Pakistan pour qu'il rompe tout lien avec le réseau résistants Haqqani, sujet qui provoque une tension très vive entre Washington et Islamabad.

"Nous avons exprimé très clairement nos opinions là-dessus. Le réseau Haqqani est responsable d'attaques contre l'ambassade américaine à Kaboul et contre l'Isaf", a affirmé le porte-parole du président Barack Obama, Jay Carney, ajoutant que "le gouvernement pakistanais doit prendre des mesures pour s'occuper des liens qui existent" entre lui et le réseau.

Plusieurs responsables américains ont accusé publiquement ces derniers jours le Pakistan de soutenir clandestinement le réseau résistants Haqqani, l'un des ‘pires’ ennemis de l'Otan en Afghanistan, en lui demandant de rompre tout lien avec lui.

Le Premier ministre pakistanais Yousuf Raza Gilani a de son côté accusé Washington de faire du Pakistan le bouc-émissaire de son échec en Afghanistan.

29/09/2011

Irib



c) Les voisins

Iran

L'Iran et le Pakistan renforcent leurs relations bilatérales.  

Téhéran-Islamabad en dépit des efforts américains pour endommager les liens amicaux entre les deux nations voisines musulmanes ont choisi de renforcer leurs relations bilatérales.
En plus d'être des pays voisins et de disposer d'une frontière commune de plus de 900 km avec le Pakistan, l'Iran est le seul pays avec lequel le Pakistan partagent des relations séculaires, basées sur des liens culturels, ethniques et spirituels.
L'Iran a offert une plus étroite coopération au Pakistan pour résoudre sa crise énergétique, mais plusieurs hauts responsables américains se sont opposés au projet de gazoduc irano-pakistanais.
Le Pakistan a annoncé qu'il refuserait toute pression sur la construction du gazoduc et mettrait en œuvre ce projet pour résoudre sa pénurie énergétique.
Les médias pakistanais ainsi que tous les cercles politiques et sociaux soutiennent l'achèvement rapide du projet soulignant qu' aucune pression étrangère ne doit être acceptée.
L'Iran a également fait don de 100 millions de dollars pour les victimes des inondations au Pakistan.
L'Iran a été le premier pays à envoyer son ministre de l'Intérieur qui a remis personnellement les premiers secours aux personnes touchées par les inondations dans le sud du Pakistan, témoignant ainsi également des relations entre les deux pays.

12/10/2011

Irna



c) Dans le monde

Grande Bretagne

Départ des formateurs militaires britanniques ?

Le Pakistan a demandé le départ de formateurs militaires britanniques, a indiqué le ministère de la Défense après une information du quotidien The Guardian évoquant leur "expulsion" liée aux tensions consécutives au raid américain contre Oussama Ben Laden.
"Le gouvernement pakistanais a demandé au Royaume-Uni de retirer certaines de ses équipes de soutien de manière temporaire pour des raisons de sécurité", a indiqué un porte-parole du ministère de la Défense à Londres. "Nous apportons une aide à la formation, à l'invitation du gouvernement pakistanais, et nous accueillons favorablement leurs conseils dans ce domaine. Les équipes de formateurs vont poursuivre leur propre formation et seront prêts à être à nouveau déployées à la première occasion", a-t-il précisé, sans vouloir faire plus de commentaires.
Le quotidien britannique The Guardian évoque "l'expulsion" d'une vingtaine de formateurs reliée aux récentes tensions entre le Pakistan et ses alliés occidentaux, en premier lieu les Etats-Unis, à la suite de l'opération militaire américaine, le 2 mai, dans laquelle le chef d'Al-Qaïda, Oussama Ben Laden, a été tué.
L'opération a été menée
sans l'autorisation préalable du Pakistan. La présence de Ben Laden dans ce pays depuis longtemps a par ailleurs fait naître des accusations de complicité à l'encontre de l'armée pakistanaise.

Les Etats-Unis ont récemment annoncé le retrait de formateurs militaires, demandé par Islamabad. Leur nombre devrait passer de 130 à moins de 40.

AFP

27/06



2 Brèves

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

2-1 yess : Les soldats américains qui auraient tués Ben Laden sont morts. (...)

Sur la mort d’Oussama Ben Laden, il n’y avait ni corps ni photographie. Depuis vendredi soir, il n’y aura plus aucun témoin direct non plus, puisque les membres du « Navy SEAL Team 6 » (unité d’élite sous commandement de la CIA) qui avaient participé à l’opération anti-Ben Laden, sont morts dans le crash de l’hélicoptère.

Un hélicoptère Chinook de l’armée US s’est écrasé vendredi soir vers 23h, dans une province du centre de l’Afghanistan, après avoir été touché par deux grenades RPG-7 tirées par les résistants afghans. L’attaque a fait 38 morts, dont 30 membres du « Navy SEAL Team 6 » (1) qui avaient participé à l’ « Opération Neptune’s Spear » (2).

La boucle est… bouclée.

1. Le Navy SEAL Team 6 est «l’élite de l’élite» de l’armée américaine. Une unité chargée exclusivement de l’antiterrorisme, sous le commandement de la CIA.
2. Selon les officiels US, l’opération avait été menée par « deux douzaines d’hommes ».
Source : mecanopolis

Écrit par Ilyess

Vendredi, 12 Août 2011 05:06   

http://www.uam93.com:80/news/les-soldats-americains-qui-auraient-tues-ben-laden-sont-morts.html



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

07/12/2008

n°222- dossiers de l'Afghanistan - 6-12 : -Début - : Obama prend parti pour la suprématie militaire US.

n°222- dossiers de l'Afghanistan - 6-12 : -Début - : Obama prend parti pour la suprématie militaire US.


dossiers de l'Afghanistan               222 au 06-12                 


Sommaire : 

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1 1 Vidéo : On ne gagnera pas la guerre en Afghanistan»

1 2 "Les guerres scélérates . Impérialisme, hégémonie et terrorisme d’Etat",

2 Les brèves

2 1 Confusions européennes révélatrices.

3 Dossier & Point de vue.

3 1 Lakhdar Brahimi : Guerre en Afghanistan : pour une solution politique.

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1  Dream Team” et désordre.

4-2 Paul Craig Roberts : Obama a trompé ses électeurs en choisissant ses conseillers.

-fin-

4 3 Daphné BENOIT : Obama prend parti pour la suprématie militaire US.

4 4 Le Rapport Anti-empire : Obama, Mumbai.

4 5 Il faut savoir tenir les promesses que l’on n’a pas faites.



1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1 1 Vidéo : On ne gagnera pas la guerre en Afghanistan»

Jean-Dominique Merchet, journaliste à Libération et auteur de «Mourir en Afganistan», estime que la France doit préparer les conditions de son départ.Propos recueillis par Ophélie Wallaert
http://www.lefigaro.fr/international/2008/12/05/01003-20081205ARTFIG00410-on-ne-gagnera-pas-la-guerre-en-afghanistan-.php
05/12/2008 |.


1 2 "Les guerres scélérates. Impérialisme, hégémonie et terrorisme d’Etat",

 "Pour William Blum, ancien fonctionnaire du Département d’Etat, la guerre froide, sous couvert d’anticommunisme, ne fut en réalité qu’un incessant combat pour la domination du monde par les Etats-Unis. L’auteur de L’Etat voyou dresse un réquisitoire contre les guerres scélérates menées par les gouvernements américains successifs, de la Chine dans les années 40, à l’invasion de l’Irak en 2003".(4ème de couverture).

Ecrit de façon magistrale, ce livre est indispensable pour comprendre la politique étasunienne contemporaine.

En plus il se lit comme un (excellent, et terrifiant) polar !

Nécessaire, à chaque nouvelle agression des Usa, dans n’importe quelle partie du monde, pour reprendre l’histoire (et la géographie) si ce n’est du début, au moins depuis les 60 dernières années. De façon argumentée, drôle et radicale.

 Les lecteurs qui ne l’auraient pas encore fait peuvent se précipiter sur " Les guerres scélérates . Impérialisme, hégémonie et terrorisme d’Etat", du même auteur (Editions Parangon).

Indispensable pour forger ses propres clés d’analyse sur la politique impérialiste Usraélienne.

m-a patrizio



2 Les brèves

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

2 1 Confusions européennes révélatrices.

Les services secrets allemands (BND) ont espionné pendant des années au moins deux organisations caritatives en Afghanistan pour mieux juger de la situation sécuritaire dans ce pays, rapporte le magazine Spiegel à paraître lundi.
Le BND aurait notamment surveillé les communications de la Deutsche Welthungerhilfe, une association de lutte contre la faim, et celles du Bureau de sécurité des ONG en Afghanistan (ANSO), qui coordonne les renseignements sécuritaires pour les organisations non-gouvernementales occidentales à Kaboul.
Le BND aurait eu connaissance d'au moins 2.000 courriels, fax, et conversations téléphoniques provenant de ces deux organisations entre octobre 2005 et avril 2008 dans le but de mieux appréhender les attaques terroristes dans le pays.
L'article du Spiegel relève un détail jugé croustillant: le fait que l'ONG Welthungerhilfe était dirigée à l'époque par Ingeborg Schäuble, l'épouse du ministre allemand de l'Intérieur. Cette organisation a refusé pour le moment de s'exprimer sur cette affaire.

04/12/2008

(belga/CB)http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/533483/2008/12/06/Les-services-secrets-allemands-ont-espionne-des-ONG-en-Afghanistan.dhtml



3  Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3 1 Lakhdar Brahimi : Guerre en Afghanistan : pour une solution politique.

L’ancien chef de la diplomatie algérienne Lakhdar Brahimi a pris samedi dernier à contre-pied de nombreux pays engagés dans la guerre en Afghanistan.

Celui qui fut le grand ordonnateur des accords de Bonn qui avaient permis de tourner la page du régime des talibans, conclus peu de temps après l’invasion américaine en novembre 2001, mais aussi connaisseur des arcanes de l’ONU pour avoir été en charge de nombreux dossiers chauds, sait de quoi il parle même si cela va à contre-sens des plans américains de poursuivre la guerre dans ce pays où les résistants reprennent plus ou moins du terrain. On se rappelle que le secrétaire américain à la Défense a demandé l’envoi de renforts. C’est dans ce contexte qu’intervient la sortie de celui qui fut aussi secrétaire général adjoint de l’ONU et représentant spécial, entre autres pour l’Afghanistan et l’Irak. Pour Lakhdar Brahimi, seule une solution politique peut permettre le règlement de la situation en Afghanistan.

« C’est une solution fondée sur une réconciliation nationale, sur une main tendue, sur un marchandage politique entre toutes les parties disposées à participer à ce marchandage. Même le Secrétaire général de l’OTAN ne prend jamais la parole sans dire qu’il n’y a pas de solution militaire », a expliqué M. Brahimi, dans un entretien diffusé samedi dernier par la chaîne de télévision française. C’est aussi le point de vue du président afghan Hamid Karzai partisan de négociations que l’on dit déjà engagées par l’intermédiaire de l’Arabie Saoudite et sur son territoire.

Le diplomate a souligné la nécessité de « tendre la main aux talibans », comme le préconise justement le chef de l’Etat afghan Hamid Kerzai, et contre l’avis des Américains. « Je crois que nous avons tous fait une erreur considérable après les Accords de Bonn, car c’est là que nous aurions dû tendre la main aux talibans, au moment où ils étaient démoralisés. Ils avaient été dispersés à travers le pays. C’est là qu’il aurait fallu leur tendre la main. Malheureusement, nous ne l’avons pas fait », a-t-il indiqué, précisant que « maintenant, les talibans sont beaucoup plus forts qu’ils ne l’étaient à l’époque. Ils considèrent qu’ils peuvent gagner cette guerre et ce sera donc très difficile de leur parler ». Lakhdar Brahimi a plaidé pour une « solution afghane du problème ». « Nous sommes en Afghanistan en 2008 et la solution qu’il faut trouver est celle qui convient aux Afghans de 2008. La solution n’est pas à trouver à Paris, à Washington, à Londres ou n’importe où ailleurs. Il faut regarder la société afghane et voir ce qu’elle veut et ce qu’elle peut faire », a-t-il indiqué.

Concernant la situation en Irak, l’ex-représentant spécial du SG de l’ONU a indiqué qu’il partageait le jugement de la très grande majorité des Américains, « jugement extrêmement sévère sur ce qu’il s’est passé en Irak. On a détruit un pays pour absolument rien, apparemment ». Pour lui, « la politique américaine a été jusqu’à présent un échec total. Les Irakiens et beaucoup de personnes, y compris des Américains, disent qu’il y a eu un million de morts ». Le changement opéré dans l’Exécutif américain, après l’élection du démocrate Barack Obama, le 4 novembre dernier, semble porteur de changements dans la politique étrangère américaine. « Il y a des signes qui justifient un optimisme relatif, très mesuré. Obama a été un des premiers à dire que faire la guerre était une erreur et il n’a pas cessé de dire que la politique américaine n’a pas été comme elle aurait dû l’être en Irak, ni avant, ni pendant, ni après la guerre », a déclaré M. Brahimi.

Sur ce sujet précis uniquement, M. Obama qui prendra ses fonctions le 20 janvier prochain a déjà dit ce qu’il pense et ce qu’il fera, étant partisan du retrait des troupes US d’Irak, un processus au demeurant que négocie déjà l’administration sortante. Et dans ce cas de figure, c’est pour renforcer la guerre en Afghanistan, espérant ainsi une victoire devenue de plus en plus improbable.

Par T. H.

http://www.elwatan.com/Guerre-en-Afghanistan-Lakhdar



4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

4-1  Dream Team” et désordre.

Sorti de quelques pensées “bling bling” (“Dream Team”, “The Best and the Brightest”) qui rassurent les chroniqueurs européens qui ne demandent qu’à être rassurés, il est vrai qu’il y a beaucoup à dire sur la façon dont Obama constitue son administration. On s’est beaucoup attardé à l’équipe économique mais nous préférons nous attarder à l’équipe de sécurité nationale. Et nous notons d’abord:

• L’équipe de sécurité nationale (Clinton au département d’Etat, Gates à la défense, James Jones au NSC) sera présentée la semaine prochaine. L’équipe économique a été présentée lundi dernier. Cette préséance n’est pas indifférente. L’équipe économique est la plus sollicitée, la plus importante, la plus nécessaire. La priorité est totalement intérieure. La crise gronde.

• Cette façon de procéder, en mettant en place l’administration par “équipes”, est très inhabituelle. D’habitude, on opère par individualités, sans ordre de préséance particulière sinon celle de la coutume, sans qu’il faille voir une indication dans la façon de procéder. Cette fois, au contraire, cette présentation a un sens, ou, disons, elle crée un sens, aidée en cela par les événements. Ce sens nous confirme ou nous dit : 1) que les affaires économiques et financières priment tout, et 2) que l’administration semble se décomposer en plusieurs “équipes”, ou “modules” comme l’on dirait aujourd’hui, qui prennent l’allure après tout de plusieurs petits gouvernements dans un gouvernement; il y a principalement le gouvernement économique et le gouvernement de sécurité nationale, auquel pourrait s’adjoindre par exemple un gouvernement des domaines nationaux (infrastructures, sécurité intérieure, justice, etc.).

On a compris qu’au départ Obama sera plutôt et très fortement préoccupé par son “gouvernement économique”. En raison de l'autorité indéniable du nouveau président, la composition et le fonctionnement “naturel” de ce “gouvernement”-là sont moins importants que ceux du “gouvernement de sécurité nationale”, qui devrait être plus laissé à lui-même. C’est à celui-là que nous nous attachons. Effectivement, l’équipe de sécurité nationale sera présentée la semaine prochaine, avec Hillary Clinton au département d’Etat, Gates restant au Pentagone, le général des Marines à la retraite et ancien SACEUR, James Jones, comme directeur du National Security Council (NSC). Antiwar.com donne, le 25 novembre, quelques détails et références sur la chose.

Plus intéressant pour notre propos est le commentaire de Steve Clemons du 25 novembre également, sur son site The Washington Note. Il parle d'abord de la nomination de Gates (son maintien au Pentagone), qui est considérée comme quasiment acquise. Puis il enchaîne, – c’est ce qui nous intéresse surtout, – sur les relations dans l’équipe de sécurité nationale ainsi formée.

«I had moved close to the view that Gates should go. My thinking at the time was that Gates played a vital role “Out-Cheneying Cheney” in the last couple of years of G.W. Bush's term, but that his skill at crunching out the ambiguity in the national security decision making process that Cheney and Rumsfeld exploited would not be necessary in the Obama White House ecosystem. In other words, one needed Gates to be a constraint on Bush, but why would Obama want to run the risk that Gates would constrain his team?

»After speaking to some other national security policy experts very close to Bob Gates and General Brent Scowcroft, I changed course and began to see the value of Gates staying at DoD. My hunch is that Gates wants a chance to make the kind of leaps in the Middle East I have been writing about for some time. He wants to try and push Iran-US relations into a constructive direction. He wants to change the game in Afghanistan – and the answer will not be a military-dominant strategy. He wants to try and stabilize Iraq in a negotiated, confidence building process that includes Saudi Arabia, Iran, Turkey and other regional forces. And he wants to support a big push on Israel-Palestine peace and reconfigure relations between much of the Arab League and Israel.

»This is a big order. And he wants to lurk in the shadows, behind the scenes and away from cameras and let other of Obama's team get the spotlight and credit. National Security Advisor-to-be Jim Jones is on the same page as Gates – and the two of them will constitute a considerably strong axis of power inside the Obama White House. My hunch is that Hillary Clinton and her State Department Deputy James Steinberg will work collaboratively to achieve this vision.

»It's a big gamble. There is a large chance of paralysis between big foreign policy/national security guns that don't like yielding to power rivals in an administration. But the gamble could be a very big payoff for Obama and the country – and would actually deliver the “change” that so many are expecting.…»

Clemons est habituellement vu comme un modéré et un réaliste, son public est plutôt du même calibre. Il faut pourtant lire les commentaires de cet article qui, en général, ne sont pas tendres. D’une façon générale, c’est une levée de boucliers, sur le thème: “Obama avait promis du changement et tout ce qu’il fait, c’est de recycler de vieilles têtes archi-connues, qui ont déjà bien servi et bien montré ce qu’elles pouvaient donner…”. Le seul “changement” que semble attendre Clemons de la formule, c’est, justement, que la formule marche, – que la synergie entre quelques vieux briscards produise quelque chose de nouveau. L’idée est intéressante mais la part faite à la “magie” d’Obama peut-être un peu excessive.

Affrontement d’ambitions et d’autorités

Sans trop s’engager sur des perspectives qui sont difficiles à distinguer, on peut tout de même faire quelques remarques. Elles s’enchaînent, se complètent, pour décrire une situation qui caractérise non pas quelques personnalités, non pas une possible “formule” mais bien cette sorte de “gouvernement de la sécurité nationale” de l’administration Obama qui se mettrait en place et dans lequel Obama n’aurait un départ qu’un intérêt secondaire, étant complètement accaparé par la crise intérieure aux USA.

D’abord, il y a la remarque que le “considerably strong axis of power” que vont former Jones et Gates concerne deux personnalités qui ont effectivement des affinités politiques, professionnelles et conceptuelles, deux personnalités qui se sont opposées chacune à leur façon à la politique extrémiste de GW Bush mais qui ont une forte culture liée au complexe militaro-industriel. Nous parlons moins, ici, d’orientation politique que d’autorité et de contrôle bureaucratique. A eux deux, Jones et Gates, ils peuvent prétendre contrôler la bureaucratie du CMI dans le sens qui leur importe, même si les rapports d’un Gates avec sa propre bureaucratie du Pentagone ne sont pas excellents; nous parlons ici d’un regroupement face à une concurrence possible de pouvoir, face à “l’extérieur”.

… L’“extérieur”, en l’occurrence c’est le département d’Etat, le concurrent naturel de la bureaucratie militaro-industrielle dans la formulation et la conduite de la politique de sécurité nationale. C’est-à-dire, Hillary Clinton.

Clinton, au contraire, est d’une autre culture. Son monde est la politique pure, avec ses réseaux d’influence, à Washington et au-delà. Elle a et elle aura à ses côtés (on le lui rapproche assez), son mari Bill avec ses multiples réseaux internationaux; certains sont parfois embarrassants parce que Bill, qui est une personnalité fantasque et entreprenante, ne s’embarrasse pas de précautions lorsqu’il s’agit de récolter de l’argent, mais cet ensemble lui donne une incontestable puissance. C’est “la maison Clinton”, dite “Billary”, qui est une puissance politique en soi, qui s’installe au département d’Etat. A première vue et sachant ce que l’on sait, il paraît improbable, sinon complètement vain, d’attendre de la “maison Clinton” une quelconque retenue au nom d’une sorte de solidarité gouvernementale. Les Clinton ne contrôlent pas la bureaucratie de sécurité nationale mais ils possèdent une formidable capacité d’influence et une ambition continuelle, non pour un but quelconque mais pour affirmer leur propre puissance. C’est ainsi que fonctionne Washington, c’est ainsi qu’ils fonctionnent.

Ce sont les situations respectives en place, telles qu’elles apparaissent. Elles forment une situation générale dont il est difficile de ne pas croire qu’il s’agit d’une situation idéale pour une concurrence d’ambitions et un affrontement comme Washington en a le secret, sinon l’habitude. La tension très grande de la situation internationale autant que la position nécessairement en retrait d’Obama sont des facteurs idéaux pour alimenter cette concurrence et cet affrontement. Les uns et les autres ont assuré leur position auprès d’Obama, notamment leur situation d’accès et d’influence auprès du président. Pour Jones, directeur du NSC, c’est une chose normale; pour Gates, qui a le poids du Pentagone affirmé durant la présidence Bush, c’est également normal. Hillary, elle, a bien montré ses intentions, en réclamant et, semble-t-il, en obtenant des conditions précises pour accepter la fonction.

Leonard Doyle, dans The Independent, du 23 novembre, précise ces conditions, – mentionnant d’ailleurs sans le relever précisément un autre facteur qui accentuera l’affrontement avec le NSC, qui est le probable transfert vers cet organisme des principaux conseillers de politique étrangère d’Obama adversaires d’Hillary: «Before Hillary Clinton has been formally offered the job as Secretary of State, a purge of Barack Obama's top foreign policy team has begun. The advisers who helped trash the former First Lady's foreign policy credentials on the campaign trail are being brutally shunted aside, as the price of her accepting the job of being the public face of America to the world. In negotiations with Mr Obama this week before agreeing to take the job, she demanded and received assurances that she alone should appoint staff to the State Department. She also got assurances that she will have direct access to the President and will not have to go through his foreign policy advisers on the National Security Council, which is where many of her critics in the Obama team are expected to end up.»

En un sens, on pourrait rapprocher la situation de l’équipe de sécurité nationale qui s’esquisse de celle qui exista avec Jimmy Carter de 1977 à 1980, avec la concurrence ouverte et constante entre Zbigniew Brzezinski (NSC) et Cyrus Vance (département d’Etat), mais avec le secrétaire à la défense Harold Brown restant relativement neutre. Encore cette situation reposait-elle sur une réalité, c’est-à-dire la dualité de Carter hésitant entre une politique ferme contre l’URSS (prônée par Brzezinski) et la recherche d’un réel compromis (défendu par Vance); et la démission de Vance, en avril 1980, entérina une évolution décisive de Carter, devenu fortement anti-soviétique avec l’invasion de l’Afghanistan par les Soviétiques en décembre 1979. (L’invasion avait été en partie suscitée par des mesures de soutien aux islamistes afghans, de Brzezinski, dès l’été 1979, et c’est là qu’on peut dire que Brzezinski l’emporta contre Vance.)

Mais la comparaison s’arrête là. La concurrence Brzezinski-Vance avait un objet compréhensible et, dirions-nous, “constructif”: l’orientation de la politique. Il n’en sera rien avec le “gouvernement de sécurité nationale” d’Obama, où les uns et les autres sont assez d’accord pour une poursuite à peine modérée de la politique extérieure actuelle. De même ne peut-on comparer cette situation avec celle de l’administration Bush, pourtant avec un président infiniment effacé; dans ce cas, il n’y eut ni affrontement, ni concurrence, Rumsfeld prenant très vite l’autorité centrale de la politique post-9/11, avec le soutien actif de Cheney et celui, bien entendu, de GW perdu dans ses rêves de grandeur. Powell fut complètement isolé au département d’Etat et Rice (directrice du NSC) alla vers où poussaient les vents dominants. (Le deuxième terme de GW n’a pas d’intérêt exemplaire: c’est un chaos qui enchaîne sur le premier terme et est déterminé par lui, donc sans valeur de référence propre.)

Le “gouvernement de sécurité nationale” d’Obama semble un cas exceptionnel parce qu’il devrait avoir une certaine autorité, par la seule volonté de ce président de s’attacher d’abord et essentiellement à la crise intérieure et déléguant de facto une partie de sa propre autorité pour les affaires extérieures. Les prétendants à la direction de ce “gouvernement” n’auront nulle part le moindre frein d’un éventuel sentiment d’illégitimité. La politique suivie n’étant pas vraiment en cause, il s’agira surtout d’une concurrence d’autorité, d’un affrontement de puissance, auxquels la propre dynamique des intérêts des uns et des autres pousseront évidemment et fortement. (La possibilité d’un rôle du vice-président Biden, spécialiste en politique extérieure, devrait renforcer plutôt qu’apaiser cette confrontation en rendant encore plus nécessaire l’affirmation des positions d’autorité des uns et des autres.) On pourrait alors se trouver devant un paradoxe. Alors qu’au départ, la politique extérieure semblerait fixée sur une continuité avec quelques aménagements de forme, les inévitables concurrences et affrontements pourraient justement conduire à des interférences graves dans cette politique, d’autant plus fortes qu’elles se feraient sans intention dans ce sens, donc sans véritable souci de leurs conséquences. C’est-à-dire que le désordre, la situation qui semblerait la plus improbable dans les conditions d’autorité d’Obama qui nous sont décrites actuellement, pourrait en être le résultat.

Le vœu de Clemons nous paraît singulièrement pieux, et son “intuition” («My hunch is that Hillary Clinton and her State Department Deputy James Steinberg will work collaboratively to achieve this vision») dépendre plutôt d’un désir idéalisé qu’enfin les USA se sortent du cloaque laissé par GW. D’ailleurs, il le sent bien, le brave Clemons, et nous dirions que c’est là sa bonne intuition lorsqu’il tempere son hypothèse: «It's a big gamble. There is a large chance of paralysis between big foreign policy/national security guns that don't like yielding to power rivals in an administration.» Ainsi Obama pourrait-il se réveiller, un triste matin, avec une politique de sécurité nationale en crise, en plus de sa crise intérieure.

Notons en post scriptum qu’il peut aussi y avoir l’inattendu, par exemple qu’en dernière minute l’accord avec Hillary ne se concrétise pas (l’annonce officielle est pour la semaine prochaine). Dans ce cas, comme le note aujourd’hui Adrian Hamilton dans The Independent…the appointment of Hillary Clinton, generally expected within the next week (it would be a huge blow to Obama's prestige now if it did not go through)»), ce serait un formidable revers pour Obama. D’ores et déjà et d’une façon ou l’autre, Hillary Clinton doit imprimer sa marque dans l’administration Obama, et avec une probabilité bien plus grande que ce soit vers le pire plutôt que vers le meilleur.

27 novembre 2008

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4-2 Paul Craig Roberts : Obama a trompé ses électeurs en choisissant ses conseillers.

Si le changement promis par Obama implique l’abandon par l’Amérique de ses guerres d’agression et la fin de l’exploitation des contri­buables au profit de puissants intérêts financiers, comment expliquer le choix par le nouveau président de ses conseillers en politique étrangère et économique? Le choix de Rahm Israel Emanuel comme Secrétaire général de la Maison Blanche indique que le changement a pris fin avec l’élection d’Obama. La seule chose différente, ce sont les visages.

Un faucon au poste de Secrétaire général

Rahm Israel Emanuel a soutenu l’invasion de l’Irak par le président Bush. Il s’est fait un nom au sein du Parti démocrate en levant des fonds pour la campagne présidentielle grâce à ses contacts avec l’AIPAC (American Israeli Affairs Committee). Il est issu d’une famille de terroristes. Son père était membre de l’Irgun, organisation terroriste juive qui usa de la force pour chasser les Britanniques et les Palestiniens de Palestine afin de créer un Etat juif. Durant la première guerre du Golfe, Emanuel s’engagea comme volontaire dans l’Armée israélienne. Il était membre du Conseil d’administration de Freddie Mac et a perçu un salaire de 231 655 dollars en 2001. Selon Wikipedia, «pendant qu’Emanuel siégeait au Conseil, Freddie Mac «était impliqué dans des scandales concernant des irrégularités comptables et ses dons en faveur de campagnes électorales».
Dans son article de Counterpunch intitulé «Hail to the Chief of Staff», Alexander Cock­burn décrit Emanuel comme «un faucon et un super-likudnik» qui, en sa qualité de président du Comité de la campagne du Parti démocrate pour les élections législatives de 2006, «s’est évertué à écarter les candidats démocrates opposés à la guerre».
Mes amis pacifistes israéliens, découragés, demandent: «Que fait cet homme dans le gouvernement d’Obama?»

L’obamania, une tentative de sauver l’image d’un empire en déclin

L’élection d’Obama était nécessaire. C’était le seul moyen que les Américains avaient de demander aux Républicains des comptes sur leurs crimes contre la Constitution et les droits de l’homme, pour leurs violations des lois américaines et internationales, pour leurs mensonges et leurs arnaques financières. Comme l’a écrit la Pravda: «Seul le Diable aurait été pire que le régime Bush. Par consé­quent, on pourrait soutenir que le nouveau gouvernement des Etats-Unis ne pourrait pas être pire que celui qui a séparé les cœurs et les esprits des Américains de ceux de leurs frères de la communauté internationale, qui a consterné le reste du monde avec des tactiques de terreur telles que les camps de concentration, la torture, les assassinats de masse et le mépris total du droit international.»

Les conseillers d’Obama, des criminels de guerre «démocrates»

Les conseillers d’Obama appartiennent à la même bande de gangsters de Washington et de banksters de Wall Street que ceux de Bush. Richard Holbroooke, fils de juifs russes et allemands a été adjoint au Secrétaire d’Etat et ambassadeur dans le gouvernement Clinton. Il a appliqué la politique visant à élargir l’OTAN et à installer l’Alliance aux frontières de la Russie contrairement à la promesse faite par Reagan à Gorbatchev. Holbrooke est également impliqué dans le bombardement illégal de la Serbie sous Clinton, crime de guerre qui a tué des civils et des diplomates chinois. Bien qu’il ne soit pas un néo­conservateur, il est très proche d’eux.
Selon Wikipedia, Madeleine Albright est née Marie Jana Korbelova à Prague de parents juifs convertis au catholicisme afin d’échapper aux persécutions. C’est la Secrétaire d’Etat de l’ère Clinton qui a déclaré à Leslie Stahl lors d’une interview du magazine de CBS Sixty minutes que la politique américaine de sanctions à l’encontre de l’Irak, qui a causé la mort de centaines de milliers d’enfants irakiens, visait des objectifs suffisamment importants pour justifier la mort d’enfants (Ses paroles infâmes étaient: «Je pense que c’est un choix difficile mais c’en est le prix.»). Selon Wikipedia, cette femme immorale faisait partie du conseil d’administration de la Bourse de New York à l’époque du scandale des rémunérations de son patron Dick Grasso (187,5 millions de dollars).
Dennis Ross a été longtemps associé aux «négociations de paix» entre Israël et Palestiniens. Un membre de cette équipe de l’ère Clinton, Aaron David Miller, a écrit qu’en 1990–2000, l’équipe américaine de négociateurs dirigée par Ross se sont faits les avocats d’Israël. «Nous devions présenter toutes nos propositions en premier à Israël.» Cela a vidé de sa substance notre politique d’indépendance et de souplesse nécessaire à des négociations de paix sérieuses. Comment la médiation pouvait-elle fonctionner quand nous ne pouvions pas mettre de propositions sur la table sans les soumettre préalablement aux Israéliens et que nous devions céder quand ils s’y opposaient? Selon Wikipedia, Ross est le «président d’un think tank basé à Jérusalem, le Jewish People Policy Planning Institute, créé et financé par l’Agence juive».
Il est évident qu’il ne s’agit pas là de personnes qui empêcheront des guerres américaines contre les ennemis d’Israël et forceront le gouvernement israélien à accepter les conditions nécessaires à une véritable paix au Moyen-Orient.

Obama «a battu tous les records de servilité et de basse flatterie»

Ralph Nader avait annoncé cela. Dans sa «Lettre ouverte à Barack Obama» du 3 novembre, il écrit au futur président que la transformation qui a fait du «défenseur affirmé des droits des Palestiniens […] un acolyte du pur et dur lobby AIPAC» va le brouiller avec «une majorité de juifs américains et 64% des Israéliens». Nader cite l’écrivain pacifiste Uri Avnery pour qui l’attitude d’Obama à l’égard de l’AIPAC «a battu tous les records de servilité et de basse flatterie». Nader critique Obama pour «avoir manqué totalement de courage politique en cédant aux demandes des partisans d’une ligne dure visant à interdire à l’ex-président Jimmy Carter de parler à la Convention nationale démocrate». Carter, qui fut le seul à parvenir à un accord de paix sérieux entre Israël et les Arabes, a été diabolisé par le puissant lobby AIPAC parce qu’il avait critiqué la politique d’apartheid et d’occupation d’Israël envers les Palestiniens.

Quand le remède est pire que le mal

L’équipe d’économistes d’Obama est tout aussi mauvaise. Sa vedette est Robert Rubin, bankster qui fut le ministre des Finances du gouvernement Clinton. Il porte la responsabilité de l’abrogation de la Loi Glass-Steagall1 et, par conséquent, de la crise financière actuelle. Dans sa lettre à Obama, Ralph Nader indique qu’Obama a reçu des milieux industriels et de Wall Street un soutien financier à sa campagne sans précédent. «Jamais auparavant un candidat démocrate à la présidence n’avait bénéficié d’un soutien financier plus important que son adversaire républicain.»

Qui décide de la composition du gouvernement?

Le discours d’Obama après sa victoire a été magnifique. Les caméras de télévision permettaient de lire sur les visages de ses auditeurs les espoirs qui l’avaient propulsé à la présidence. Mais Obama ne peut pas apporter de changement à Washington. Il n’y a personne dans la clique de Washington qu’il pourrait nommer pour apporter un changement. Et s’il choisissait en dehors de cette clique quelqu’un qui soit susceptible d’apporter un changement, cette personnne ne serait pas acceptée par le Sénat. De puissants groupes de pression – l’AIPAC, le complexe militaro-sécuritaire et Wall Street – utilisent leur influence politique pour s’opposer à toute nomination qu’ils jugent inacceptable.

Le projet de guerre contre l’Iran n’est pas abandonné

Dans sa rubrique, Alexander Cockburn qualifie Obama de «républicain de premier ordre» et écrit: «Jamais le poids du passé n’a autant serré dans son étau un candidat ‹réformateur›». Obama a confirmé ce verdict lors de sa première conférence de presse après son élection. Ne tenant compte ni de l’US National Intelligence Estimate,2 qui parvient à la conclusion que l’Iran a cessé de travailler à la mise au point d’armes nucléaires il y a 5 ans, ni de l’Agence internationale de l’énergie atomique pour laquelle aucun matériel nucléaire destiné au réacteur civil iranien n’a été détourné à des fins militaires, Obama a embouché les trompettes de la propagande du lobby israélien en accusant l’Iran de «développer l’arme nucléaire» et il a juré de «l’empêcher».3

Endettement et récession

Le changement qui va se produire aux Etats-Unis n’a rien à voir avec Obama. Il viendra de la crise financière provoquée par l’avidité et l’irresponsabilité de Wall Street, de l’érosion du rôle du dollar en tant que monnaie de réserve, des innombrables saisies immobi­lières, de la délocalisation de millions parmi les meilleurs emplois d’Amérique, d’une aggravation de la récession, des piliers de l’industrie – Ford et General Motors – qui tendent la main pour que le gouvernement leur donne de l’argent des contribuables afin de survivre et des déficits budgétaire et commercial qui sont trop importants pour être apurés avec les instruments classiques.
Traditionnellement, le gouvernement compte sur la politique monétaire et fiscale pour sauver l’économie de la récession. Mais la solution de l’argent facile ne marche pas. Les taux d’intérêt sont déjà bas et la croissance monétaire élevée. Pourtant, le chômage augmente. Le déficit budgétaire est déjà énorme – record mondial – et ce n’est pas cela qui stimule l’économie. Des taux d’intérêt encore plus faibles et des déficits budgétaires encore plus élevés peuvent-ils redresser une économie qui s’est délocalisée, laissant derrière elle des consommateurs sans emploi couverts de dettes?

Le monde en a assez des dettes des Etats-Unis …

Les créanciers étrangers de l’Amérique se demandent ce que le gouvernement pourrait emprunter de plus? Un organe officiel du parti gouvernemental chinois a récemment appelé les pays d’Asie et d’Europe à «bannir le dollar de leur relations commerciales directes et de ne faire confiance qu’à leurs propres monnaies». «Pourquoi, s’interroge-t-on dans un autre article chinois, la Chine devrait-elle aider les Etats-Unis à s’endetter indéfiniment dans l’idée que le crédit national américain peut augmenter sans limite?»

… de leur arrogance, de leur mépris du droit, de leur hypocrisie

Le monde en a assez de l’hégémonie et de l’arrogance américaines. La réputation des Etats-Unis est ruinée: débâcle financière, déficits sans fin, Abu Ghraib, Guantanamo, prisons secrètes, torture, guerres illégales fondées sur des mensonges, violations de la souveraineté d’autres pays, du droit international et des Conventions de Genève, atteintes portées à l’habeas corpus et à la séparation des pouvoirs, Etat policier, ingérences constantes dans les affaires intérieures d’autres pays, hypocrisie sans bornes.
Le changement qui s’amorce sonne le glas de l’empire américain. L’Amérique n’a plus ni argent ni influence. Obama, «premier président noir des Etats-Unis», fera naître des espoirs et permettra à la comédie de continuer un certain temps, mais le «Nouveau siècle américain» a vécu.    •
(Traduction Horizons et débats)

1     La loi Glass-Steagall de 1933 établissait une
incompatibilité rigoureuse entre les métiers de
banque de dépôts et de banque d’affaires. Elle
interdisait à toute banque de dépôts de posséder une banque d’affaires ou d’acheter, de vendre ou de souscrire des titres financiers, domaine réservé aux banques d’affaires. A l’inverse, il était interdit aux banques d’affaires d’accepter les dépôts de simples clients, ce qui relève exclusivement des banques de dépôts. (ndt., d’après Richard Freeman)
2     Rapport de la Communauté du Renseignement (ndt.)
3     http://news.antiwar.com/2008/11/07/obama-hits-out-at-iran-closemouthed-on-tactics/

*    Paul Craig Roberts, ancien ministre adjoint des Finances du gouvernement Reagan, est économiste et journaliste (Wall Street Journal, National Review). Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont le dernier paru est intitulé The Tyranny of Good Intentions: How Prosecutors and Bureauocrats Are Trampling the Constitution in the Name of Justice (2000). Il publie régulièrement des articles sur les sites
www.antiwar.com et www.counterpunch.org.

http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=1282


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n°222- dossiers de l'Afghanistan - 6-12 : -fin- : Obama prend parti pour la suprématie militaire US.

n°222- dossiers de l'Afghanistan - 6-12 : -fin- : Obama prend parti pour la suprématie militaire US.


dossiers de l'Afghanistan               222 au 06-12                 


Sommaire : 

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion -fin-

4 3 Daphné BENOIT : Obama prend parti pour la suprématie militaire US.

4 4 Le Rapport Anti-empire : Obama, Mumbai.

4 5 Il faut savoir tenir les promesses que l’on n’a pas faites.


4 3 Daphné BENOIT : Obama prend parti pour la suprématie militaire US.

Le président élu Barack Obama s'est engagé lundi à investir et faire grandir les forces armées américaines pour qu'elles restent "les plus fortes sur la planète", un message ferme

Malgré son opposition au conflit en Irak, et au risque d'irriter les anti-guerre ayant soutenu sa candidature, le futur occupant de la Maison Blanche s'est montré déterminé à maintenir la suprématie militaire US, au cours d'une conférence de presse durant laquelle il a annoncé la reconduction de l'actuel secrétaire à la Défense, Robert Gates.

"Nous partageons tous la conviction qu'il faut que nous continuions à détenir les forces armées les plus fortes de la planète", et "nous continuerons à réaliser les investissements nécessaires pour renforcer nos forces armées et augmenter nos forces terrestres", a-t-il martelé, en ajoutant que son administration s'assurerait d'"avoir les moyens et la stratégie nécessaires pour vaincre Al-Qaïda et les talibans" en Afghanistan.

M. Obama compte ainsi poursuivre le projet de l'administration Bush d'augmenter les effectifs militaires américains de 100.000 hommes lors de la prochaine décennie, face à l'épuisement des forces armées - 1,4 million de militaires d'active - qui, mobilisées depuis sept ans en Afghanistan et en Irak, sont près d'atteindre les limites de leurs capacités.

Tout en réaffirmant sa volonté de retirer toutes les troupes de combat américaines d'Irak en 16 mois, le président élu semble avoir cherché à contrecarrer la réputation de "mous" des démocrates en matière de défense, selon les experts.

"Certains craignaient qu'Obama n'agisse en idéologue de gauche, c'est le portrait que tentait d'en dresser l'équipe de campagne de John McCain", son rival républicain lors de la présidentielle, a expliqué à l'AFP Steve Biddle, du Conseil en Affaires étrangères, un centre de réflexion indépendant.

Or, "en ces temps de guerre en Irak et en Afghanistan et de crise financière, la future administration cherche à montrer qu'elle va être pragmatique et s'appuyer sur l'expertise au détriment de l'idéologie" face aux innombrables défis sur la scène internationale, a-t-il commenté.

"Je crois que c'est le ton juste. Il doit gérer le fait que, comme l'évoquait le vice-président élu Joe Biden, certains pourraient vouloir le tester" dès le début de son mandat, "comme la Russie, la Corée du Nord ou les Iraniens", estime Michael O'Hanlon, expert en défense à la Brookings Institution.

Mais la hausse prévue des effectifs de l'armée américaine, couplée à la modernisation des équipements, "va coûter cher, au moins 50 milliards de dollars", prévient Lawrence Korb, expert militaire au Centre pour le progrès américain, un groupe de réflexion proche de l'équipe Obama.

En pleine crise économique, la prochaine administration va devoir procéder à des arbitrages, pronostique cet ancien sous-secrétaire à la Défense de l'ère Reagan, alors que la hausse du budget de défense, continue depuis sept ans -- avec plus de 10 milliards de dollars dépensés chaque mois en Irak -- est inéluctablement appelée à ralentir.

Dans ces conditions, juge-t-il, des projets onéreux pourraient en faire les frais, comme le bouclier antimissile américain, regardé avec scepticisme par l'équipe Obama, ou encore l'avion de combat F-22, conçu pendant les dernières années de guerre froide et qui a perdu de sa pertinence alors que le Pentagone fait face à des ‘insurrections’, et pas des conflits conventionnels, en Afghanistan et en Irak.

AFP


4 4 Le Rapport Anti-empire : Obama, Mumbai,

D’abord les élections, ensuite les questions.

Bon, commençons par le plus évident. Oui, ce fut un moment historique. J’ai moi-même retenu mes larmes plus d’une fois, même si je n’avais pas voté pour lui. J’ai voté pour Ralph Nader, pour la quatrième fois consécutive.

Au cours des huit dernières années, lorsque j’écoutais la radio, je m’arrangeais toujours pour me trouver à proximité de l’appareil pour pouvoir changer de station dés que l’autre énergumène ou un des ses disciples prenait la parole. Je ne suis pas un masochiste, je ne supporte pas les imbéciles et je m’impatiente facilement.

C’est triste à dire, mais je suis déjà en train d’éteindre la radio lorsque Obama s’exprime. Il ne dit rien ou alors pas assez, ou pas assez souvent. Rien que des platitudes, des clichés, des promesses sans consistance, « espoir et changement », pratiquement tout sans la moindre consistance, « changement et espoir », sans autre précision, taillés pour ne froisser personne. Quels sont les principes de cet homme ? Il ne remet jamais en question les fondements de l’empire. Il ne remet jamais en question les fondements de la « guerre contre le terrorisme ».

Je suis content qu’il ait gagné, pour deux raisons : John McCain et Sarah Palin. Et je n’aime pas du tout le fait que le système américain m’oblige à chercher un semblant de réconfort dans la victoire de quelqu’un qui est si éloigné de toutes les valeurs que je défends. Obama a été élu autant par ceux qui n’en pouvaient plus d’étouffer sous les néoconservateurs que par ceux qui croient vraiment en lui. C’est une forme de chantage – votez Obama sinon vous allez en reprendre encore pour un certain temps, il n’y a pas d’autre choix. Mais si vous vous réjouissez à l’idée d’être bientôt débarrassés de l’insupportable bigot George W. Bush, écoutez ceci : « Je crois que le Christ est mort pour mes pêchés et qu’Il est ma rédemption. C’est une source de soutien et d’inspiration quotidienne ». Ce sont là les paroles d’un certain Barack Obama. (1) Décidemment, les Etats-Unis produisent des fanatiques religieux comme le Japon fabrique des voitures. Prions pour que cela cesse.

Comme je l’ai déjà dit, si vous êtes de ceux qui aiment à penser qu’Obama professe une politique de centre-droite juste pour être élu et, une fois installé à la Maison Blanche, il oubliera tous ses mensonges et qu’on verrait alors émerger un Obama authentiquement progressiste, pacifique, respectueux du Droit international et des droits de l’homme… rappelez-vous qu’en tant que candidat au Sénat en 2004 il avait menacé de lancer des missiles contre l’Iran (2) et que le fait d’être finalement élu n’a réveillé aucun pacifiste qui aurait sommeillé en lui. Depuis, il n’a pas cessé de menacer l’Iran.

Le monde est dans un sale état. Inutile de s’étendre là-dessus.

Imaginez comme ce serait merveilleux, divinement merveilleux, d’avoir un président des Etats-Unis qui serait porteur de valeurs progressistes et de courage politique. Imaginez tout ce qu’il pourrait faire. Comme un retrait rapide et total de l’Irak, par exemple. Vous pouvez l’imaginer aussi bien que moi. Avec la popularité dont il bénéficie, Obama pourrait se permettre pratiquement n’importe quoi, mais le plus probable est qu’il ne prendra pas de risques. Ou, pour être plus précis, il continuera à être lui-même, à savoir un centriste convaincu.

Il n’est pas vraiment contre la guerre. Pas comme vous et moi le sommes. Au cours de ses quatre premières quatre années à la Maison Blanche, les Etats-Unis ne quitteront pas l’Irak. Je doute même qu’il l’autorise au cours d’un second mandat. A-t-il jamais clairement qualifié la guerre d’illégale ou d’immorale, de crime contre l’humanité ?

Pourquoi est-il si proche de Colin Powell ? Ignore-t-il le rôle méprisable joué par Powell dans cette guerre ? Nommer le Secrétaire à la Défense de George W. Bush, Robert Gates, un homme qu’on pourrait facilement poursuivre pour crimes de guerre ? Trouvera-t-il aussi une petite place pour Rumsfeld ? Et nommer un gouverneur de la Géorgie, Janet Napolitano, partisane de la guerre, pour diriger le département du « Homeland Security » ? Que dire du général James Jones, un commandant de l’OTAN, qui veut « gagner » la guerre in Irak et Afghanistan, qui a soutenu John McCain, et qui est nommé Conseiller à la Sécurité Nationale ? Jones siège aux conseils d’administration de Boeing Corporation et de Chevron Oil. Par quelle partie obscure de son âme Obama a-t-il été conseillé ?

Comme l’a récemment fait remarquer Chomsky, l’élection d’un indigène (Evo Morales) en Bolivie ou d’un progressiste (Jean-Bertrand Aristide) en Haïti ont été des événements d’une portée historique bien plus importante que l’élection de Barack Obama.

Obama n’est pas vraiment contre la torture non plus. Pas comme vous et moi le sommes. Personne ne sera puni pour avoir pratiqué ou ordonné la torture. Personne ne sera démis de ses fonctions pour motif de torture. Michael Ratner, président du Centre pour les Droits Constitutionnels, déclare que la mise en accusation des officiels de l’administration Bush sera nécessaire pour imposer des limites aux politiques futures. « La seule façon d’empêcher que cela ne se reproduise est de faire en sorte que les responsables des programmes de torture en paient le prix. Je ne vois pas comment nous pourrions retrouver notre statut moral si nous permettons à ceux qui sont directement impliqués dans les programmes de torture de s’en tirer à bon compte et d’aller couler des jours heureux. (3) »

Une fois président, Obama ne pourra plus se taire et devra agir s’il ne veut pas devenir complice des crimes de guerre de Bush et Cheney et devenir ainsi lui-même un criminel de guerre. Fermer Guantanamo ne signifiera rien si les prisonniers sont simplement transférés vers d’autres salles de torture. Si Obama s’oppose réellement à la torture, pourquoi ne déclare-t-il pas qu’après la fermeture de Guantanamo, les prisonniers seront jugés par des tribunaux civils aux Etats-Unis ou renvoyés vers des pays où ils ne risquent pas la torture ? Et d’affirmer tout simplement que son administration respectera scrupuleusement la Convention de 1984 contre la Torture et autres Traitements Cruelles, Inhumaines et Dégradantes, que les Etats-Unis ont signé, et qui stipule : « le terme « torture » désigne tout acte, douleur ou souffrance, physique ou mentale, exercé intentionnellement sur une personne dans le but d’extorquer des informations ou des aveux… infligé par, ou a l’instigation de, ou avec le consentement, ou l’accord d’un officiel ou de toute personne agissant dans un cadre officiel. » La Convention affirme que «  En aucun cas ne pourront être invoqués la guerre ou l’imminence d’une guerre, la stabilité politique interne ou tout autre urgence publique, pour justifier la torture. »

Mais au lieu de cela, Obama a désigné un ancien dirigeant de la CIA, John O. Brennan, comme conseiller dans les affaires du Renseignement et codirigeant de son équipe de transition. Brennan a qualifié la politique de « rendition » - le programme d’enlèvement et de torture mené sous les administrations Bush et Clinton – d’ « outil indispensable », et chanta les louanges des techniques d’interrogation de la CIA qui permettent d’obtenir des informations qui peuvent « sauver des vies ». (4)

Obama pourrait se révéler aussi décevant que Nelson Mandela, qui n’a pas vraiment fait grand-chose pour les masses en Afrique du Sud - tout en faisant cadeau de son pays aux forces multinationales de la globalisation. Je fais cette comparaison non pas parce que les deux hommes sont noirs, mais parce qu’ils ont tous les deux soulevé de grands espoirs dans leur pays et dans le monde.

Mandela fut libéré de prison parce que les dirigeants de l’Apartheid pensaient qu’il pouvait devenir président et pacifier la population noire qui s’agitait, tout en appliquant une politique centriste modérée et économiquement libérale qui ne remettrait pas en cause les privilèges des blancs. Ce n’est peut-être pas pour rien que, dans son autobiographie, il élude l’implication de la CIA dans sa capture en 1962 malgré un faisceau d’éléments convaincants. (5)

Il semblerait que Barack Obama ait fait la même impression sur l’élite blanche. Celle-ci l’a souvent choisi et aidé à récolter des fonds et lui a ouvert un véritable boulevard qui l’a mené - dans un espace de temps étonnamment court de quatre ans - d’un poste obscur de sénateur local à celui de président des Etats-Unis. Le soutien financier du monde des affaires pour nous vendre la « marque Obama » fut extraordinaire.

On pourrait peut-être faire aussi une comparaison avec Tony Blair. Les Conservateurs n’auraient jamais pu imposer la fin de la gratuité des études universitaires ni les guerres sans fin, mais le New Labour l’a fait. Les Républicains auraient eu beaucoup de mal à réinstaurer le service militaire (les US ont actuellement une armée composée de professionnels et non d’appelés – NDT), mais je vois bien Obama le faire, le tout accompagné d’un slogan très approprié, une variation de « Oui, nous pouvons ! ».

J’espère me tromper, sur son passé et sur son mandat de président. J’espère me tromper de beaucoup.

De nombreuses personnes appellent tous les progressistes à faire pression sur l’administration d’Obama pour faire sortir « le bon Obama », l’obliger à s’engager, à rendre des comptes. Les réformes audacieuses du New Deal de Roosevelt furent provoquées par de grandes grèves ouvrières et autres actions militantes peu de temps après la fin de l’état de grâce. C’est tout ce que je peux vous offrir. Que Dieu nous aide.

LE FUTUR TEL QUE L’AVONS CONNU N’EXISTE PLUS ET AUTRES PENSEES JOYEUSES.

La lecture des informations en provenance de Mumbai m’ont rendu aussi pessimiste qu’un dinosaure préoccupé par l’avenir de ses enfants.

Comment ont-ils pu faire ça ? Détruire toutes ces vies, de tous ces inconnus, des vacanciers qui prenaient du bon temps… Quelles peuvent-bien être leurs motivations ? Eh bien, ils connaissaient quelques unes de leurs victimes ; ils savaient qu’elles étaient indiennes, américaines ou britanniques, ou sionistes, ou tout autre genre d’infidèle ; ils n’ont donc pas tiré complètement au hasard. Cela nous aide-t-il à comprendre ? Cela peut-il soulager le Weltschmerz ?

Vous pouvez même vous en server : la prochaine fois que vous rencontrez quelqu’un qui défend la politique étrangère des Etats-Unis, quelqu’un qui insiste pour dire que Mumbai justifie les attaques rhétoriques et militaires de Washington contre l’Islam, vous pourriez lui rappeler que les Etats-Unis font régulièrement la même chose. Depuis sept ans en Afghanistan, et pratiquement six en Irak, et pour ne donner que les exemples les plus évidents : ils défoncent les portes et abattent des étrangers, des infidèles, ils traumatisent à vie des enfants, tirent des missiles sur des maisons habitées, bombardent des mariages, les uns derrière les autres, tuant 20, 30 ou 70 personnes, toutes des terroristes bien sûr, et souvent même de hauts dirigeants d’Al Qaeda, le numéro un ou le numéro deux, selon les jours. Autant d’actions qui ne relèvent donc pas du hasard. Les survivants disent que c’était un mariage, que leur frère ou leur neveu ou leur ami, la plupart des femmes et des enfants, sont morts. Les soldats US paient des gens pour savoir où se trouve le méchant untel ou untel. Et les soldats US croient ce qu’on leur dit alors ils larguent les bombes ! Cela vous trouble-t-il autant que Mumbai ?

Parfois, pour changer, les Etats-Unis bombardent la Syrie ou tuent des gens en Iran ou en Somalie, tous des méchants… « Selon les autorités syriennes, des troupes US héliportées ont effectué une mission à l’intérieur de la Syrie le long de la frontière Irakienne, tuant huit personnes, dont une femme. » nous informe la BBC (6). … « Selon de hauts officiels étatsuniens, depuis 2004 les militaires US ont eu carte blanche des plus hautes autorités pour mener pratiquement une douzaine d’attaques secrètes contre Al Qaeda et d’autres militants en Syrie, Pakistan et ailleurs… l’ordre secret accorde aux militaires le droit d’attaquer Al Qaeda n’importe où dans le monde, et aussi de mener des opérations dans des pays qui ne sont pas en guerre contre les Etats-Unis, » nous informe le New York Times. (7)

Ouf, tout ceci est donc juste et légale - puisque autorisé - et non l’œuvre d’une bande de malades mentaux en liberté. Mais peut-être que les terroristes à Mumbai avaient eux-aussi une autorisation signée par je ne sais quelle autorité, disant que leur action était juste et légale ? Ah, je me sens déjà mieux.(...)

Willam Blum

The Anti-Empire Report : www.killinghope.org

Willam Blum : Auteur de Les guerres scélérates : interventions de l’armée US et de la CIA depuis 1945

http://www.legrandsoir.info/spip.php?article7538#forum50931

5 décembre 2008

 

Traduction VD pour Le Grand Soir
http://www.legrandsoir.info

Notes

1. Washington Post, August 17, 2008

2. Chicago Tribune, September 25, 2004

3. Associated Press, November 17, 2008

4. New York Times, October 3, 2008

5. Nelson Mandela, Long Walk to Freedom (1994) p.278 ; William Blum, Rogue State, chapter 23, "How the CIA sent Nelson Mandela to prison for 28 years"

6. BBC, October 26, 2008

7. New York Times, November 9, 2008

 

COMMENTAIRES :


4 5 Il faut savoir tenir les promesses que l’on n’a pas faites.

La controverse générale est déjà bien engagée autour du président Obama, – alors que, comme chacun sait, il se trouve encore à sept semaines de son entrée en fonction, qu’il n’est encore que “the President-elect”. Il est vrai qu’Obama agit comme président d’ores et déjà, avec une promptitude extraordinaire, ce qui est à la fois célébré comme une des vertus extraordinaires de cet homme aux multiples vertus extraordinaires, – à la fois utilisé pour lancer contre lui des attaques déjà furieuses et presque venimeuses, et contre la tournure que prend sa présidence qui n’est-même-pas-encore-installée.

On a déjà signalé cette tendance mais elle ne fait que se confirmer et s’amplifier. Le paradoxe est double:

• D’une part, cette tendance grandit à mesure qu’Obama s’affirme, c’est-à-dire qu’elle est effectivement liée à l’affirmation de ses capacités, de ses qualités évidentes. Obama agit comme s’il était déjà président, débarrassant la scène politicienne washingtonienne de cet avorton-président qu’était (le passé est de rigueur) GW Bush. Soupir de soulagement général, montée de l’adrénaline admirative sans condition, – aussitôt bloquée par le constat: tout cet activisme puissant pour ça? — c’est-à-dire le retour au premier plan des ténors des années 1990, qui nous avaient préparés aux petits oignons la présidence Bush, en machinant une globalisation catastrophique, en lançant le “capitalisme sauvage” à travers le monde (rappelez-vous la Russie ravagée), en lançant Wall Street dans les étoiles, avec les bulles sans nombre, les patrons surpayés, les bonus douteux, l’argent qui n’existe pas, les oxyd assets, etc. Drôle de dilemme pour “the President-elect”. «Fifty days before President George W Bush packs his bags for Texas, Obama has already usurped much of his predecessor’s authority, écrivait le Sunday Times hier, 30 novembre. Yet in doing so he has exposed himself to early controversy that may seriously shorten the presidential honeymoon that most new incumbents enjoy. There are already stirrings of confusion and dismay among Democratic faithful perturbed by some of Obama’s early appointments.»

Plus loin, le même: «While Obama’s bold moves have been broadly welcomed, they have also posed headaches for Democratic activists who have been surprised by the caution and moderation reflected in some of Obama’s cabinet picks. “It’s very hard for even leaders of the left to poke holes, because many of their followers will say ‘give the guy a break - 29he hasn’t even been in the White house yet’,” said Steven Clemons, a liberal analyst at the New America Foundation. Clemons added: “We are in an Obama bubble now. And it’s tough to step out and be the first to deflate the bubble.”

»Trade union leaders who spent millions of dollars campaigning for Obama have nonetheless been shocked that nobody overtly sympathetic to the union movement has been appointed to the incoming economic team. Obama has not yet named a secretary of labour, which some activists interpreted as a worrying sign that bankers and employers have become higher priorities. “If we believe this election was about rebuilding the middle class and reclaiming the American Dream, the next secretary of labour should be somebody who is passionate about workers,” warned Anna Burger, who as secretary-treasurer of a big services union was a key Obama supporter during the election campaign.

»Obama’s eye-catching national security appointments have stunned many antiwar protesters who were convinced that Obama would stick to his pledges to close Guantanamo Bay and bring an early end to the war in Iraq. The Nation, a liberal Washington weekly, complained that the candidates for Obama’s national security team had been “drawn exclusively from conservative, centrist and pro-military circles without even a single one chosen to represent the antiwar wing of the Democratic party”. A coalition of liberal groups is planning to set up tents in January near Obama’s home in Hyde Park, Chicago, in the hope that their presence will “remind” the president-elect of his promises.

»While many Democrats hope that Obama will reassure them once he gets into office, Jodie Evans, a well-known activist, told the Politico website last week that the president-elect was already “violating the people’s mandate”. Nor have Democrats been encouraged by Republican applause for the president-elect’s appointments. Max Boot, a foreign policy adviser to Senator John McCain, said last week he had previously been sceptical of Obama’s “moderate posturing”, but had been “gob-smacked” by an Obama team that was “stunning in its moderation”. Boot added: “Most of these appointments could just as easily have come from a President McCain.”»

• En portant aussitôt son action contre la crise économique et sur la situation intérieure qui l’accompagne et qu’elle aggrave de plus en plus nettement, ce qui est parfaitement comprendre le sens de son élection et la pression de ses électeurs qui demandent que l’action intérieure prenne le pas sur l’accent mis jusqu’ici sur une folle politique extérieure, Obama s’expose exactement d’un même mouvement aux plus cruelles critiques. Il se trouve, ce qu’on savait depuis longtemps mais qui prend à la lumière de son activisme une tournure bien misérable, que l’essentiel de son équipe a une tournure Wall Street, souvent une tournure Goldman Sachs, dans tous les cas une tournure toute entière marquée par la patte et l’influence du maître d’œuvre de la politique financière de l’administration Clinton, qui prépara (bis retetitat) dans les années 1990, les catastrophiques années 2000 jusqu’à la catastrophe de 2008. On parle de Robert Rubin, âgé de 70 ans mais toujours actif, – devinez où? A la tête de Citigroup, nouveau symbole, avec le record battu de l’aide promise de Washington à une banque ($305 milliards), et donc le record de l’obscène entourloupette ainsi établi. D’où les exclamations feutrées mais sévères de l’Observer, hier

«As Barack Obama prepares to announce the appointment of Hillary Clinton as Secretary of State this week, the first notes of dissent over the President-elect's choices are being heard across America. The loudest complaints concern his economic team's ties to Citigroup, the banking behemoth that all but collapsed last weekend. In particular, criticisms are mounting over the role to be played by Robert Rubin, a director at Citigroup and President Clinton's former treasury secretary.

»Obama, who last week called for a massive stimulus package to prevent the US economy from 'falling into a deflationary spiral', has taken several protégés of 70-year-old Rubin as advisers, among them Timothy Geithner as treasury secretary, Lawrence Summers as senior White House economics adviser and Peter Orszag as budget director, even as Rubin himself has been defending his key role in deregulating the financial markets and steering Citigroup towards taking greater trading risks to expand its business and reap higher profits. […]

»But with criticism of Rubin and loyal 'Rubinistas' threatening Obama's Washington debut, there is increasing concern that the President-elect's emphasis on appointing Clinton-era officials - a shadow Clinton term, as it has been called – could backfire as the very people who undertook financial deregulation in the Nineties are now directed to re-regulate a decade later. “Where's the diversity on the economic team? It's not only all from the same small club, but from the club that brought us the deregulation that has a lot to do with the economic collapse,” said Robert Kuttner, the co-founder of the liberal-leaning American Prospect magazine.»

L’attaque la plus sévère, la plus lumineuse par l’analogie ainsi proposée, précisément sur cette équipe de lutte contre la crise économique, vient de Michael Hudson, dans CounterPunch le 26 novembre, sous le titre incendiaire de “The Neo-Yeltsin Administration?”… Alors que tout le monde attend un nouveau Gorbatchev, écrit Hudson, voilà que nous avons un nouvel Eltsine. Le rappel du rôle que joua dans la mise à sac de la Russie sous la présidence Eltsine la direction financière et économique des années Clinton, qu’on retrouve presque entièrement reconstituée dans l'équipe Obama, est particulièrement frappant.

«Instead, after resembling President Carter by running a brilliant presidential primary campaign to win the nomination (will a similarly disappointing administration be about to come?), Obama is looking more like Boris Yeltsin – a political umbrella for the kleptocrats to whom the public domain and decades of public wealth were given with no quid pro quo.

»Obama’s ties with the Yeltsin administration are as direct as could be. He has appointed as his economic advisors the same anti-labor, pro-financial team that brought the kleptocrats to power in Russia in the mid-1990s. His advisor Robert Rubin has managed to put his protégés in key Obama administration posts: Larry Summers, who as head of the World Bank forced privatization at give-away prices to kleptocrats; Geithner of the New York Fed; and a monetarist economist from Berkeley, as right-wing a university as Chicago. These are the protective guard-dogs of America’s vested interests.»

Tout le monde trompe tout le monde

Le cas est éclairant. Obama a déroulé au long d’une campagne septembre-octobre 2008 ennuyeuse à périr un programme modéré, tout en assurant les piliers financiers et économiques du capitalisme américaniste qu’il ferait tout ce qui serait en son pouvoir pour les renforcer. Le 25 septembre 2008, au “sommet” de la Maison-Blanche qui, à notre sens, vit sous la pression de la crise le véritable transmission du pouvoir entre un Bush aux abois et le futur président (McCain ou Obama, – mais déjà Obama presque assuré), Obama soutint à fond le “plan Paulson”. Ce “plan” était présenté comme une urgence pour, paraît-il, éviter le pire du fond de l’abîme, mais il n’en était pas moins un scandale obscène de plus en couvrant d’or les copains et les coquins de Wall Street. Obama le prit complètement à son compte, se faisant bien plus républicain que les républicains. Dans les jours qui suivirent, ce sont les démocrates, sous la pression impérative d’Obama, qui firent adopter le plan par le Congrès. Obama n’a pas caché son jeu. Pour le reste, la tactique d’Obama fut de constamment tenter de montrer qu’il avait la capacité de gouverner, qu’il avait plus d’expérience qu’on ne croyait, etc., c’est-à-dire promettre implicitement un gouvernement qui s’inscrirait absolument dans la continuité de l’habituel gouvernement de Washington, – GW excepté. (Ce qu’on lui reproche aujourd’hui vient d’une activité qui, depuis le 4 novembre, prouve qu’il agit aussi bien, sinon mieux qu’un homme d’expérience. Il tient donc cette promesse électorale-là, jugée si essentielle. C’est l’occasion de lui reprocher de ne pas tenir ses autres promesses électorales, celles qu'il n'a pas faites...)

“[U]ne campagne septembre-octobre 2008 ennuyeuse à périr”, écrivons-nous. Ce n’est pas une coquille. La campagne elle-même fut exactement cela. La tension extraordinaire monta autour de la campagne à cause de la crise catastrophique qu’on sait, qui engendrait angoisse profonde et panique; la “campagne ennuyeuse” et la tension de la crise semblèrent évoluer parallèlement, comme dans deux univers parallèles qui, selon Euclide lui-même, ne se rencontrent jamais; enfin, tant pis pour Euclide, la rencontre se fit; assez naturellement, sur la fin de la période, cette tension envahit la campagne “par l’extérieur”, un peu comme Gorbatchev avait fait vis-à-vis du système soviétique, enfin pour se substituer à la campagne pour sa signification, comme on fait un kidnapping.

La pression de la crise était telle qu’on ignora absolument les promesses réelles du candidat Obama, pour le charger de promesses supposées et en réalité fictives. Il fut proclamé “l’homme du changement” en référence aux vagues slogans des primaires (“Change we can believe in”, “Yes, we can”, – tout cela qui ne mange pas de pain mais qui fixa le climat des primaires). Cette exigence sémantique, sinon de pure communication dans l’interprétation qu’on eut d’Obama, pouvait, devait même signifier en l’occurrence: l’homme d’un changement peut-être révolutionnaire. Obama ne démentit pas cette ambiance extraordinaire, qui n’avait rien à voir avec ce qu’il disait sur le fond, qui le servait grandement dans les sondages, sauf sur la fin où il devint vraiment inquiet de toutes les obligations dont ces promesses qu’il ne faisait pas le chargeaient. Peut-être est-ce à ce moment, fin octobre, juste avant l’élection, qu’Obama s’aperçut du danger: on allait élire un homme, – lui, en l’occurrence, – au nom de promesses d'un changement considérable qu’il ne faisait pas. Ce fut sans doute fugitif car l’ivresse du 4 novembre balaya tout cela.

Depuis, la disparition de GW Bush de la vie politique et la pression de la crise ont conduit Obama à se manifester comme quasi-président, mais sans le pouvoir d’imposer les mesures nécessaires. Toute l’attention est orientée vers la constitution de son cabinet, avec la conséquence de commentaires de plus en plus négatifs dus aux personnalités dont la caractéristique n’est certes pas le “changement”. Pour le “changement”, s’il y a “changement”, il faudrait attendre l’entrée en fonction d’Obama et sa prise de pouvoir effective. Mais on n’attend pas.

En attendant, les questions des journalistes le pressent de se justifier de ne pas manifester le grand changement qu’il a promis et il se juge obligé de répondre, et il répond sur la défensive en créant des concepts paradoxaux (il explique qu’il fait appel à des hommes d’expérience éprouvée et chenue pour pouvoir mieux accoucher de “pensées nouvelles”, – “fresh thinking”). Curieusement, les questions des journalistes, autant que les réponses d’Obama sont déplacées puisqu’elles s’appuient sur l’idée qu’Obama a promis un changement révolutionnaire pendant la campagne, alors qu’il ne l’a pas fait.

…Mais la tension est tellement grande, la tension de la crise si forte, la tension au niveau du gouvernement après la période catastrophique qui se termine, que l’idée du “changement promis” (non-promis) devient une exigence inévitable, quelque chose que tout le monde tient pour acquis, – Obama a promis la changement, l’apportera-t-il? Lui-même s’interroge là-dessus, pour s’excuser que le changement ne soit pas an rendez-vous aussitôt, pour garantir qu’il sera là bientôt, dans la pensée autant que dans l’action politiques, et ainsi de suite. Lui-même accrédite la version des faits qui permet sa mise en accusation.

Obama est prisonnier d’une image de réformiste quasi-révolutionnaire qu’il a contribuée largement à forger à ses débuts, avant de l’abandonner prestement; qu’il n’a certainement pas combattue quand elle est ressortie comme le fait une génération spontanée, à cause de la crise financière, autour de la campagne électorale bien plus que dans cette campagne. (Le fait qu’il soit Africain-Américain, évidemment, a accentué cette image de l’“homme du changement” dans le monde de la communication où nous vivons, sans doute d’une façon très puissante. Le tableau est complet.) On dira qu’une image, on peut s’en débarrasser, ou bien s’en accommoder c’est selon. Ce n’est pas faux en temps normal. Mais nous ne sommes pas dans des temps normaux, comme Obama lui-même ne cesse de le dire; nous sommes dans des temps d’une crise extraordinairement grave, qui ne cesse de s’aggraver, surtout aux Etats-Unis même. L'inquiétude et bientôt la rancoeur de l’aile libérale du parti démocrate, qui a pesé de tout son poids pour le faire élire, sont déjà très fortes et ne cesseront de s’exacerber à mesure que la crise transformera l’enthousiasme éphémère du 4 novembre en une revendication amère et bientôt furieuse. La satisfaction visible des républicains devant les nominations du gouvernement Obama rajoute de l’huile sur le feu.

Le très brillant President-elect est déjà sur la défensive avant d’être président. On avait coutume de mettre en doute ses capacités de réforme parce qu’on le jugeait prisonnier de l’establishment. Mais il apparaît d’ores et déjà comme complice de l’establishment, sinon partie prenante. Qu’il le soit ou pas n’a qu’une importance minime en l’occurrence puisqu’on peut aisément comprendre qu’un président élu, dans le système tel qu’il l’est, l’est toujours plus ou moins. L’important est bien qu’il le paraisse d’une façon si visible, on dirait presque provocatrice, alors qu’il assoit plus que jamais sa popularité sur son image d’“homme de changement”. Cette situation fait qu’au contraire de s’en débarrasser, Obama, pour se défendre contre les risques de l’impopularité, va devoir de plus en plus protéger et renforcer cette image qui devient de plus en plus sa sauvegarde, – mais qui est aussi l’image de sa trahison supposée. La pression de la crise et les nouvelles malheureuses de la population US ne lui laisseront aucun répit à cet égard et vont aggraver la contradiction. La tension entre la réalité apparente de son pouvoir et les nécessités de son gouvernement face à la crise a toutes les chances de pendre, dès les débuts de sa présidence, des allures de crise personnelle.

Comment Obama dénouera-t-il cette crise?

La dénouera-t-il seulement?

Est-il prisonnier de l’establishment ou bien est-il prisonnier de la crise qu’il est en train de créer en paraissant complice de l’establishment?

Est-il habité de pensées secrètes qui pourraient le pousser à dénouer cette crise personnelle, en référence à la crise générale du pays, d’une façon radicale (“hypothèse Gorbatchev”)?

Quelle vitesse!

Nous voilà en train de parler de crise de la présidence Obama alors qu’il n’est pas encore en fonction. C’est qu’en vérité la crise de la présidence Obama a commencé le 15 septembre, lorsqu’a éclaté la crise financière.

01/12/2008 - Faits et commentaires



Résistance,taliban,karzai,Otan,Fias,Etats-Unis,Karzai,Bush,Obama,Afghanistan, Pakistan 


 

06/12/2008

n° 221 - journal de l'Afghanistan - du 27-11 au 06-12- Début - Afghanistan: la mauvaise guerre, aujourd’hui comme hier.

n° 221 - journal de l'Afghanistan - du 27-11 au 06-12- Début - Afghanistan: la mauvaise guerre, aujourd’hui comme hier.


journal de l'Afghanistan n° 221 - du 27-11 au 06-12

  Par M.Lemaire                                                                                 



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Paroles & action des bientôt présidents...

Obama nomme Hillary Clinton secrétaire d'Etat, reconduit Gates au Pentagone

Lachlan CARMICHAEL : Obama nomme une équipe aussi ferme que pragmatique avec Clinton et Gates.

1 La résistance contre l'agresseur

Résistance :

Analyse & déclaration

Occupation de l'Afghanistan 

Analyse & déclaration

2-1 Sur le terrain

2 Occupation de l'Afghanistan 

Suite

3 Politique

1) collaborateurs afghans

2) occupants 

4 Lutte pour la libération du territoire

5L'Afghanistan en chiffre

Détails.

6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

6 1 Vidéo d'al-Zawahiri,

7 Brèves

7-1 De sommet en sommet, de Londres (G20) à Strasbourg (OTAN)

8 Dossiers

8-1 Robert Fisk : Débâcle afghane.

8-2 G. Dunkel : Afghanistan: la mauvaise guerre, aujourd’hui comme hier.

8-3 Guantanamo : Les dossiers

1 José Maria Aznar a été informé des vols secrets de la CIA dès 2002.

2 François Musseau : Les vols secrets de la CIA étaient connus autant par Zapatero que par Aznar.

Fin

7 Brèves

7-1 De sommet en sommet, de Londres (G20) à Strasbourg (OTAN)

8 Dossiers

8-1 Robert Fisk : Débâcle afghane.

8-2 G. Dunkel : Afghanistan: la mauvaise guerre, aujourd’hui comme hier.

8-3 Guantanamo : Les dossiers

1 José Maria Aznar a été informé des vols secrets de la CIA dès 2002.

2 François Musseau : Les vols secrets de la CIA étaient connus autant par Zapatero que par Aznar.



L'Afghanistan en chiffre du 27-11  au 06/12/08  

 

 

 

tués

blessés

 

 

 

Usboys / Autres boys

 5

 2

 

 

 

Policiers, armée et collaborateurs

 46

 37

 

 

 

Peuple Afghan

 41

 6 + x

 



 

Paroles & action des bientôt présidents...

Obama nomme Hillary Clinton secrétaire d'Etat, reconduit Gates au Pentagone

Le président élu Barack Obama a confirmé lundi avoir choisi Hillary Clinton pour diriger la diplomatie de son administration et reconduit Robert Gates à la tête du Pentagone.

"La nomination d'Hillary est un signe aux amis et ennemis du sérieux de mon engagement à renouveler la diplomatie américaine et restaurer nos alliances", a déclaré M. Obama lors d'une conférence de presse à Chicago (Illinois, nord).

"Elle possède une intelligence extraordinaire et une fermeté, et une remarquable éthique de travail. Je suis fier qu'elle soit notre prochaine secrétaire d'Etat", a-t-il ajouté.

Après avoir été désignée secrétaire d'Etat, Mme Clinton a tout de suite affirmé souhaiter rétablir le rang des Etats-Unis comme "force positive de changement" dans le monde.

Son mari, l'ancien président américain Bill Clinton, a accepté de révéler les noms des donateurs de son organisation caritative et s'est engagé à la transparence sur ses futurs engagements et revenus afin d'éviter tout conflit d'intérêt.

M. Obama a reconduit à la tête du Pentagone l'actuel titulaire du poste Robert Gates alors que les troupes américaines sont engagées sur deux fronts, en Irak et Afghanistan. L'ancien directeur de la CIA, réputé pragmatique, est apprécié des deux camps politiques américains.

C'est la première fois qu'un secrétaire à la Défense est reconduit à son poste dans une administration d'un autre bord que la sienne.

M. Obama confiera à Robert Gates la mission de "finir la guerre en Irak de façon responsable" en transférant progressivement le contrôle aux Irakiens, a-t-il dit lundi.

En outre, le président élu s'est déclaré convaincu que les forces armées américaines doivent rester "les plus fortes sur la planète".

Par ailleurs, le futur occupant de la Maison Blanche a également annoncé la désignation de la gouverneur de l'Arizona (sud-ouest), Janet Napolitano, à la tête du département de la Sécurité intérieure.

Le général James Jones, un ancien commandant de l'Otan, sera nommé au poste de conseiller à la sécurité nationale.

Susan Rice, une proche conseillère de M. Obama en matière de politique étrangère, va être nommée ambassadrice à l'ONU.

Le poste de ministre de la Justice revient à Eric Holder, le premier noir a occuper cette fonction.

Des défis d'une ampleur inédite attendent la nouvelle administration Obama, le 20 janvier: crise économique, retrait des troupes américaines d'Irak, révision de la stratégie en Afghanistan, menace nucléaire iranienne, sans compter les tensions entre Pakistan et Inde, ravivées par les récents attentats meurtriers à Bombay.

M. Obama a affirmé lundi qu'il avait été tenu au courant de la situation en Inde pendant le week-end et que le FBI avait été envoyé dans la région.

"Moi-même et mon équipe derrière moi sommes absolument déterminés à éliminer la menace du terrorisme", a-t-il affirmé lundi en ajoutant que la diplomatie, et la politique devaient être utilisées en plus de la force militaire pour faire face au défi.

En déplacement en Grande-Bretagne, l'actuel secrétaire d'Etat Condoleezza Rice a estimé lundi, avant même l'officialisation de la nomination d'Hillary Clinton, que celle-ci "apportera(it) énormément d'énergie, d'intelligence et de savoir-faire" à ce poste.

L'ancien président américain Bill Clinton s'est déclaré "fier" lundi de la nomination de son épouse Hillary, dans un communiqué.

La présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi a pour sa part, jugé "remarquable" l'équipe choisie par M. Obama. "Tous les membres de cette équipe ont une expérience immense, une grande intelligence, une forte capacité à diriger, et sont engagés pour un changement", écrit-elle dans un communiqué lundi.

01 12

 

Lachlan CARMICHAEL : Obama nomme une équipe aussi ferme que pragmatique avec Clinton et Gates.

Composée de membres prestigieux et déterminés, l'équipe en charge de la sécurité nationale présentée lundi par le président américain élu Barack Obama affiche un mélange de fermeté et de pragmatisme, selon les analystes.

M. Obama a pris un bon départ, estiment-ils, en nommant Hillary Clinton secrétaire d'Etat, le général James Jones conseiller à la sécurité nationale, Susan Rice ambassadrice à l'ONU et en conservant Robert Gates à son poste de secrétaire à la Défense.

Reste à savoir s'ils réussiront à former une véritable équipe et jusqu'à quel point ils se conformeront à la ligne fixée par Barack Obama en matière de politique étrangère, nuancent-ils.

"Sur le papier, ils ont toutes les qualités nécessaires: le pragmatisme, l'expérience, l'intelligence", estime Aaron David Miller, un ex-conseiller de plusieurs secrétaires d'Etat, tant républicains que démocrates.

On aura "un équilibre intelligent entre les limites de la puissance américaine et les avantages qu'elle procure", a-t-il expliqué à l'AFP.

Pour M. Miller, l'équipe Obama devrait abandonner l'idée du président George W. Bush de renverser les dictatures mais conserver la notion d'éventuelles actions militaires "préventives" pour défendre les intérêts américains.

Le nouveau gouvernement privilégiera, selon lui, une approche "soft" (douce) en utilisant l'économie, la diplomatie et la culture pour influencer le reste du monde en lieu et place de la force militaire. En outre, l'administration Obama sera, selon l'expert, disposée à engager avec les ennemis de Washington des "négociations fermes et pragmatiques".

Pendant sa campagne M. Obama a évoqué la possibilité d'un dialogue avec l'Iran, la Corée du Nord et Cuba.

Mais il a souligné lundi que son opposition connue à la guerre en Irak ne signifiait pas qu'il hésiterait à faire usage de la force si les intérêts américains étaient menacés.

"Pour garantir la prospérité aux Etats-Unis et la paix à l'étranger, nous partageons tous la conviction que nous devons conserver la plus puissante armée au monde", a-t-il dit.

M. Obama "n'est pas naïf et a compris qu'il faut exercer le pouvoir pour garder le monde en paix ou le stabiliser", a estimé George Perkovich, analyste de la Fondation Carnegie pour la paix internationale.

Les alliés européens des Etats-Unis, selon cet analyste, comptent sur Washington pour rester la puissance militaire dominante, tant qu'elle est utilisée intelligemment. "C'est une équipe impressionnante et ses membres sont des choix judicieux", a poursuivi M. Perkovich.

Tout comme M. Miller, il a particulièrement apprécié la décision de M. Obama de nommer le général Jones et de conserver au Pentagone Robert Gates, nommé en novembre 2006 par M. Bush pour remplacer Donald Rumsfeld, concepteur de l'impopulaire guerre en Irak.

Les analystes ont vangé le mélange d'expérience diplomatique et militaire du général Jones et l'approche novatrice de M. Gates en Irak et en Afghanistan.

Pour Michael O'Hanlon, analyste à la Brookings Institution, "c'est une équipe centriste" avec Gates et Jones penchant plus à droite, Clinton et Rice plus à gauche.

M. Miller a salué l'intelligence et la fermeté d'Hillary Clinton, tout en jugeant indispensable que l'ex-rivale de M. Obama aux primaires démocrates mène la politique décidée par la Maison Blanche et non la sienne, au risque sinon que des divergences soient exploitées par d'autres pays.

Joseph Cirincione, président du Ploughshares Fund, qui milite contre la prolifération nucléaire, a qualifié la future équipe Obama de "crédible, intelligente et expérimentée". Selon lui, elle s'entendra pour retirer les troupes américaines d'Irak, recentrer l'effort militaire sur l'Afghanistan, rétablir l'autorité morale des Etats-Unis et abandonner certains programmes d'armemement de haute technologie. Mais l'expert craint que M. Gates ne résiste au projet de Barack Obama de réduction des têtes nucléaires.

AFP Lachlan CARMICHAEL

02 12



2 Les forces en présence

Troupes d'occupation

Otan- Isaf

L'Otan veut des renforts en Afghanistan pour éviter l'impasse

L'Otan a besoin de plus de troupes en Afghanistan pour pouvoir tenir ses positions sur le terrain et éviter l'impasse dans son combat contre les rebelles taliban, déclare le secrétaire général de l'Alliance atlantique, Jaap de Hoop Scheffer

"Il est très clair que nous avons besoin de plus de forces en Afghanistan", a-t-il dit lors d'une conférence de presse en réponse à la question d'un journaliste lui demandant s'il s'attendait à des offres européennes de renforts après l'entrée en fonction du président élu américain Barack Obama le 20 janvier.

"La tactique de lutte contre l'insurrection classique (...) nécessite plus de forces en Afghanistan, tout simplement pour pouvoir tenir des positions territoriales et poursuivre la mission de développement et de reconstruction", a-t-il dit en marge d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Alliance à Bruxelles.

"Nous ne disposons pas de forces suffisantes pour faire que cela se matérialise aujourd'hui. Pour empêcher une situation d'impasse, où sans perdre nous ne gagnons pas, il nous faut plus de forces."

Barack Obama s'est engagé à dépêcher plus de troupes américaines en Afghanistan, où les Etats-Unis disposent déjà de plus de 30.000 soldats.

La décision d'envoyer plus de 20.000 soldats US en renfort devrait être l'une des premières décisions à prendre pour le futur commandant en chef.

Les Britanniques, qui ont environ 8.500 soldats dans ce pays, pressent également les autres pays à augmenter leur contribution.

REUTERS

03 12


Danemark

04 12

Le Danemark compte en Afghanistan quelque 700 soldats, stationnés pour la plupart dans la province méridionale d'Helmand en proie aux troubles.

AP


Japon

Le Japon met fin à son engagement militaire en Irak

Le Japon a annoncé le rapatriement de ses éléments aériens d'Irak, mettant ainsi fin à son engagement militaire dans ce pays.

"Le gouvernement a décidé de mettre fin à la mission de transport des forces aériennes d'auto-défense en Irak cette année, compte tenu du fait qu'elle a rempli son objectif", a déclaré dans un communiqué le Premier ministre Taro Aso.

L'engagement militaire japonais en Irak, qui avait débuté en 2004, a suscité des critiques dans les milieux pacifistes du pays.

L'attention se porte désormais sur la réponse qu'apportera le gouvernement japonais aux demandes insistantes venant, selon la presse de Tokyo, de Washington pour une implication japonaise plus importante en Afghanistan.

Selon les médias, les Etats-Unis ont demandé au Japon de fournir une aide dans le transport aérien en Afghanistan.

27 11

Reuters



Déclaration

Usa

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

Le Pentagone veut améliorer ses compétences dans la guerre contre la résistance…

Le Pentagone a officialisé dans une directive l'importance stratégique qu'il donne à la "guerre irrégulière" l'opposant à des insurgés et des terroristes, au même plan que la "guerre conventionnelle" entre Etats.

Ce document, signé lundi par le vice-secrétaire à la Défense Gordon England, déclare que "la guerre irrégulière est stratégiquement aussi importante que la guerre traditionnelle", et affirme la nécessité d'"améliorer les compétences (du Pentagone) en matière de guerre irrégulière".

Ce type de conflit recouvre les activités de contre-terrorisme, de contre-insurrection ainsi que les "opérations de stabilité" dans des "pays fragiles", désormais définies comme une "mission-clé".

La directive préconise de "maintenir des capacités permettant au département de la Défense d'être aussi efficace en matière de guerre irrégulière qu'en matière de guerre conventionnelle".

Parmi les missions assignées dans cette directive de 12 pages, Washington doit notamment s'efforcer de renforcer les capacités militaires des pays partenaires, soutenir les nations menacées par des adversaires "irréguliers" ou encore "créer un environnement stable et sûr dans les Etats fragiles" afin d'empêcher la formation de sanctuaires extrémistes.

Cette directive formalise un changement déjà largement amorcé sur le terrain, à la lumière des leçons tirées depuis 2001 des conflits en Irak et en Afghanistan.

"Cela codifie les rôles et les responsabilités", a commenté un porte-parole du Pentagone, Bryan Whitman.

Cette réorientation avait déjà été formulée à l'été 2008 dans un document officiel intitulé "Stratégie de la défense nationale".

"A l'avenir, gagner la guerre irrégulière contre les mouvements extrémistes et violents sera l'objectif central des Etats-Unis", soulignaient les auteurs de ce rapport.

Dans la revue Affaires Etrangères datée de janvier/février, M. Gates défend cette nouvelle stratégie, désapprouvée par certains militaires, qui s'inquiétent d'un déclin potentiel de la suprématie conventionnelle de l'armée américaine à l'heure de la montée en puissance militaire de pays comme la Chine ou la Russie.

"Nous ne devons pas nous focaliser sur la préparation à de futurs conflits conventionnels au point de négliger de fournir toutes les capacités nécessaires pour gagner le type de guerre mené actuellement par les Etats-Unis", écrit-il, en recommandant d'y consacrer un budget suffisant.

Un rapport du Commandement inter-forces américain sur les défis militaires des 25 prochaines années, publié jeudi, avertit également que les Etats-Unis devront sans doute faire face à un vaste spectre de conflits.

"D'ici les années 2030, les forces armées américaines se retrouveront presque certainement engagées au combat, soit dans un conflit régulier ou dans une série de guerres de contre-insurrection", estime ce rapport, qui suggère de se tenir prêt à combattre sur les deux fronts.

"Les difficultés d'entraînement à des menaces de type conventionnel et nucléaire ne doivent pas mettre au second plan la nécessaire préparation pour mener une guerre irrégulière, comme cela s'est produit après la guerre du Vietnam", période à laquelle les Etats-Unis ont arrêté de se préparer à la contre-insurrection pour privilégier une approche traditionnelle.

AFP

02 12

05 décembre
http://www.edicom.ch/fr/news/international/le-pentagone-officialise-l-importance-de-la-guerre-irreguliere_1188-5859989


Canada

Le NPD ne s'opposera pas à la guerre en Afghanistan pendant quelque temps

Le chef adjoint du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, a affirmé mercredi que la formation cesserait de s'opposer à la guerre menée par le Canada en Afghanistan tant qu'elle fera équipe avec les libéraux.

Il s'agit d'une concession significative pour un parti qui a été le porte-étendard du mouvement pour la paix au pays.

M. Mulcair, unique député néo-démocrate au Québec, a indiqué que "le NPD met de côté les divergences d'opinion qui ont toujours existé avec les libéraux au sujet de questions telles que l'Afghanistan".

"Parce que nous comprenons, dans l'intérêt de la population canadienne, le principe partagé par tout le monde d'agir au niveau économique et dans l'intérêt des familles canadiennes", a-t-il ajouté.

Afin de signer l'accord de coalition avec les libéraux, lundi, le leader du NPD, Jack Layton, a renoncé à la demande de son parti en faveur de l'annulation d'un projet de réduction de l'impôt sur les sociétés. Il n'a cependant pas fait mention de la guerre.

Questionnés quant à savoir si leur position sur l'Afghanistan avait changé, plusieurs députés néo-démocrates ont ri nerveusement et évité de se prononcer.

Des observateurs de la scène politique ont affirmé que le NPD, en quatrième place à l'échelle nationale, devait faire d'importants compromis pour maintenir la coalition en vie.

M. Mulcair a refusé de dire si le parti mettait également sur la glace sa promesse électorale d'un moratoire sur les projets d'exploitation des sables bitumineux en Alberta.

mercredi 3 déc,

Par Murray Brewster, La Presse Canadienne

 


France

26 11

Afghanistan: Paris n'est pas favorable à un calendrier de retrait

La France a indiqué mercredi qu'elle n'était pas favorable à la définition d'un "calendrier" pour les troupes étrangères d'Afghanistan demandée par le président Hamid Karzaï, lui préférant une stratégie de transfert progressif de la sécurité aux forces afghanes.

"Le sens de notre engagement est de rendre le plus tôt possible à l'Afghanistan la maîtrise de son destin en l'aidant notamment à recouvrer les moyens d'exercer pleinement ses responsabilités en matière de sécurité", a déclaré à la presse le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Eric Chevallier.

"Il nous paraît plus important aujourd'hui de veiller à maintenir cette dynamique que de définir à ce stade un calendrier global de retrait", a-t-il ajouté, interrogé sur les déclarations du président Karzaï.

Ces troupes n'ont toutefois "pas vocation à rester indéfiniment en Afghanistan", a poursuivi le porte-parole, en soulignant que la solution dans ce pays "n'est pas uniquement militaire".

Le président afghan a demandé mardi à la communauté internationale un "calendrier" précis "sur la durée" de son intervention militaire dans son pays, faute de quoi il serait contraint de négocier avec les talibans.

Sur ce dernier point, M. Chevallier a déclaré que "le dialogue de paix inter-afghan et les efforts menés en vue d'une réconciliation nationale relevaient de la responsabilité des autorités afghanes".

"Comme les autorités afghanes, nous considérons que les groupes ou individus susceptibles de rallier le cadre légal doivent reconnaître la Constitution afghane, déposer les armes et renoncer à tout lien avec le terrorisme international", a-t-il déclaré, écartant implicitement l'idée d'un dialogue avec les éléments les plus extrémistes.

Environ 70.000 soldats étrangers, dont quelque 2.800 Français, sont présents en Afghanistan au sein de deux forces multinationales, l'une de l'Otan, l'autre sous commandement américain.



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n° 221 - journal de l'Afghanistan - du 27-11 au 06-12- Suite - Afghanistan: la mauvaise guerre, aujourd’hui comme hier.

n° 221 - journal de l'Afghanistan - du 27-11 au 06-12- Suite - Afghanistan: la mauvaise guerre, aujourd’hui comme hier.


journal de l'Afghanistan n° 221 - du 27-11 au 06-12

  Par M.Lemaire                                                                                 




Sommaire.

3 Politique

1) collaborateurs afghans

2) occupants 

4 Lutte pour la libération du territoire

5L'Afghanistan en chiffre

Détails.

6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

6 1 Vidéo d'al-Zawahiri,


3) Politique

a) Les collaborateurs afghans

Les grandes manœuvres

Kandahar sans gouverneur

Le nouveau gouverneur de la province de Kandahar, Rahmatullah Raufi, affirme avoir été démis de ses fonctions moins de quatre mois après avoir été nommé à ce poste par le gouvernement du président Hamid Karzaï.

Dans une entrevue accordée à l'AFP, il a directement mis en cause le frère du président, Ahmad Wali Karzaï, qui dirige le conseil de la province de Kandahar. « Ahmad Wali Karzaï n'a cessé d'interférer dans les affaires de la province et, comme je me suis opposé à lui, j'ai été viré », a déclaré l'ancien général de l'armée afghane. M. Raufi dit avoir été prévenu par un coup de téléphone de Ghulam Jailani Popal, responsable des nominations des gouverneurs.

L'information n'a été confirmée ni par le bureau du président Karzaï, qui effectue en ce moment une visite en Turquie, ni par Ahmad Wali Karzaï. Rejoint par le Globe and Mail, ce dernier a dit ne rien savoir des rumeurs selon lesquelles M. Raufi a été congédié. « Honnêtement, je ne sais pas ce qui se passe », a-t-il déclaré.

Le gouverneur de la province de Kandahar est un allié important des 2500 soldats canadiens actuellement déployés sur le territoire pour combattre les talibans. Le printemps dernier, l'ancien ministre des Affaires étrangères Maxime Bernier, s'était d'ailleurs plaint publiquement de l'inefficacité du prédécesseur de M. Raufi, Asadullah Khalid.

L'affaire avait créé un incident diplomatique, M. Bernier ayant été accusé de s'être immiscé dans les affaires intérieures afghanes. Asadullah Khalid a éventuellement été limogé en août. Il a été remplacé par M. Raufi, qui commandait jusque-là les troupes afghanes dans la province de Kandahar.

Les responsables canadiens semblent avoir retenu la leçon. Rejoint par la Presse canadienne, un porte-parole du brigadier général Denis Thompson, qui commande les Forces armées canadiennes en Afghanistan, a refusé de commenter le congédiement du gouverneur Raufi.

L'ambassadeur canadien en Afghanistan, Ron Hoffman, a pour sa part publié une déclaration dans laquelle il se borne à dire que les nominations relèvent du gouvernement afghan et que le Canada continuera de travailler avec quiconque est mis en place par le gouvernement Karzaï.

AFP

jeudi 4 déc,



b) USA

02 12

Le sénateur républicain Saxby Chambliss a été réélu mardi dans l'Etat américain de Géorgie, a annoncé la chaîne d'information CNN.

Cette victoire prive le Parti démocrate d'une chance d'obtenir une "super majorité" de 60 sièges au Sénat, qui lui aurait permis de voter des lois sans craindre de manoeuvres dilatoires des républicains.

Chambliss, élu pour la première fois à ce poste en 2002, a battu le candidat démocrate Jim Martin. Le scrutin avait pris une dimension nationale, les démocrates et leurs alliés indépendants détenant 58 des 100 sièges au Sénat depuis l'élection du 4 novembre.

Le sénateur sortant avait ce jour-là remporté le plus grand nombre de voix, mais n'avait pas atteint le seuil de 50% requis par la loi de Géorgie.

Des personnalités politiques de niveau national avaient mené campagne pour le second tour. L'ancien président Bill Clinton était venu soutenir Martin, tandis que Chambliss avait reçu l'appui de Sarah Palin, ex-colistière du candidat républicain à la présidentielle John McCain.

Un siège de sénateur doit encore être attribué dans le Minnesota, où le résultat très serré le 4 novembre a rendu nécessaire un nouveau décompte.

Reuters



4 Lutte pour la libération du territoire

 

Pertes déclarée des occupants.

04 12

Deux soldats danois ont été tués jeudi dans une attaque dans le sud de l'Afghanistan, selon le commandement opérationnel de l'armée danoise.

Le commandement a précisé qu'une patrouille composée de militaires danois et britanniques avait été la cible d'une attaque dans le district méridional de Gereshk.

Un soldat danois a été mortellement blessé quand son véhicule a été touché par une bombe, a expliqué l'armée en ajoutant que la patrouille avait essuyé des coups de feu peu après.

D'après l'armée, un deuxième soldat a été tué dans une autre explosion lorsque les militaires danois et britanniques se sont portés au secours de leur collègue blessé.

Dix-huit soldats danois ont officiellement été tués en Afghanistan depuis que leur pays a rejoint la coalition emmenée par les Etats-Unis en 2002.

AP

05 12

Trois soldats canadiens sont morts vendredi en Afghanistan, ce qui porte le bilan total à 100 morts depuis le début du déploiement dans ce pays, en 2002.

Les soldats patrouillaient le district d'Arghandab, à l'ouest de la ville de Kandahar, à bord d'un véhicule blindé lorsqu'ils ont touché un dispositif explosif artisanal.

Le caporal Mark Robert McLaren, le soldat Demetrios Diplaros et l'adjudant Robert John Wilson ont été tués dans l'explosion.

Les trois étaient membres du Premier Bataillon du Régiment royal canadien, basé à Petawawa, en Ontario et faisaient parti de l'Équipe de liaison et de mentorat opérationnel à Kandahar, a affirmé le Brigadier-général et commandant du contingent canadien en Afghanistan, Denis Thompson.

La Presse Canadienne

05 12

Dans un incident séparé, deux autres soldats canadiens ont été blessés, dont un sérieusement, dans une explosion survenue alors qu'ils effectuaient une patrouille à pied dans le dangereux quartier de Zhari, également à l'ouest de Kandahar, environ une heure avant l'attaque contre le blindé.

La Presse Canadienne


Pertes armée  locale

27 11

Les résistants ont tendu une embuscade à des soldats afghans dans le nord-ouest de l'Afghanistan, tuant 13 militaires et en capturant 16 autres, a annoncé vendredi Abdul Ghani Sabri, vice-gouverneur de la province de Bala Murghab.

Il a précisé qu'un groupe de résistants avait attaqué un convoi de la police et de l'armée afghanes dans le village d'Akazai, déclenchant des combats qui ont duré plusieurs heures.

AP

27 11

Des soldats britanniques de la force de l'Otan ont annoncé qu'ils avaient tiré samedi en état de légitime défense sur un véhicule qui s'approchait trop près d'un convoi, tuant un policier afghan.

AFP



Détails

Kaboul

27 11

Explosion devant l'ambassade des Etats-Unis, qui a tué quatre collaborateurs civils et fait une vingtaine de blessés.

AFP

30 11

Une attaque kamikaze a tué trois civils et en a blessé six, selon un bilan fourni par la présidence afghane.

Le kamikaze, à pied, s'est fait exploser au passage d'un véhicule de l'ambassade d'Allemagne.

A Berlin, le ministère des Affaires étrangères a confirmé que l'attaque visait une voiture de son ambassade. "Le seul occupant du véhicule, un employé afghan de l'ambassade, a été blessé" dans l'attentat, a déclaré un porte-parole du ministère.

AFP

02 12

"Un piéton s'est approché d'un véhicule de police et s'est fait exploser.

Deux policiers ont été tués.On dénombre parmi les blessés 2 policiers", a-t-il indiqué.

AFP


Province de Badghis (nord-ouest),

28 11

14 soldats ou policiers afghans sont portés disparus depuis jeudi dans la province de Badghis (nord-ouest), après l'attaque d'un convoi de 70 camions transportant de la logistique, selon l'armée afghane.

Douze policiers et soldats ont été tués dans cette embuscade, a-t-elle ajouté. "Ils sont prisonniers des résistants", a précisé à l'AFP un commandant de l'armée dans la région, le général Fazal Ahmad Saïar.

AFP


Province de Helmand dans le sud de l'Afghanistan,

29 11

33 résistants ont été tués dans des combats contre la coalition internationale et l'armée afghane dans la province de Helmand, assure la coalition dans un communiqué.

Selon cette dernière, une patrouille conjointe de soldats étrangers et afghans, tombée dans une embuscade à environ 150 km à l'ouest de Kandahar, a riposté, d'abord avec des armes légères puis à l'aide d'un soutien aérien,

Les bilans livrés par les forces étrangères ou afghanes d'un côté, les talibans de l'autre, ne peuvent jamais être vérifiés de sources indépendantes.

AFP


Province de Herat

04 12

Hafizulla un ancien commandant, proche du gouvernement, a été grièvement blessé dans une embuscade tendue mercredi à Herat, la grande ville de l'ouest de l'Afghanistan, au cours de laquelle deux de ses gardes du corps ont été tués, a annoncé le porte-parole de la police pour l'ouest du pays, Abdul Rauf Ahmadi.

AFP


Province de Kandahar

27 11

Un employé afghan de la compagnie de sécurité USPI a été tué par l'explosion d'une bombe télécommandée, selon le porte-parole du gouvernement provincial, Zalmay Ayoubi.

AFP


Province de Kost

04 12

Au moins cinq policiers ont été tués jeudi dans une double attaque kamikaze contre deux bâtiments de la police anti-drogue et du renseignement, dans l'est de l'Afghanistan, a-t-on appris de source officielle.

La première attaque a pris pour cible les locaux de la brigade anti-drogue dans la ville de Khost, capitale de la province du même nom, près de la frontière avec le Pakistan, a déclaré à l'AFP le vice-gouverneur de la province, Tahir Khan Sabari.

"Une voiture conduite par un homme en uniforme de l'armée afghane a tenté de forcer le passage et les policiers en faction devant le bâtiment ont ouvert le feu, provoquant l'explosion du véhicule, qui a tué trois policiers et a blessé sept personnes, dont trois passants", a-t-il raconté.

Une autre attaque a visé, au même moment, les locaux tout proches du Département national de la sécurité (NDS), les services de renseignement afghans.

"Deux employés du NDS ont péri dans l'explosion et trois autres ont été blessés. Trois à quatre résistants revêtus d'uniformes de l'armée afghane ont pénétré dans le bâtiment qui a été encerclé par les forces de sécurité", a déclaré le vice-gouverneur.

Selon Reuters, au moins deux policiers sont morts dans l'attaque, mais l'AFP parle plutôt de 5 morts, dont 2 policiers et 3 employés des services de renseignements, et 10  collaborateurs civils blessés.

"La situation reste confuse", a-t-il ajouté.

 

Un porte-parole de la résistance a précisé que 3 kamikazes y avaient été impliqués, et que le directeur adjoint des services de renseignements était spécifiquement visé.

AFP


Province orientale de Nangarhar.

27 11

Selon la mission des Nations Unies, un de ses employés travaillant pour son programme de réfugiés a été tué par des inconnus mercredi dans la province.

AFP


Province de Paktia (est),

27 11

Un résistant présumé a été tué et dix arrêtés dans la province de Paktia (est), a ajouté la coalition, dont les informations n'ont pas été confirmées de source indépendante.

AFP



5-1 L'Afghanistan en chiffre 

Guerre appelée "Enduring Freedom déclenchée en octobre 2001 devenue en mai 2007 :  "Force combinée 82 "


 

Civils tués                                                             :   12.558 (Voir Dufour-n°196)

Civils blessés                                                     : ? +  2.480 (chiffres trop bas) 


Résistants  tués :                                               : ?  +  7.202

Résistant blessés                                               :?  +  1.647  (chiffres trop bas)

Résistances arrêtés :                                           : 23.000 prisonniers


Militaires occupants et milice privés occupante tués : 1.435

Militaires et milice privés occupante blessés    : ?   + 13.545

Suicides                                                           : ?  plus de 1500 tentatives   150.000 souffrent de troubles psychologiques ou de dépression majeure

 

CIA tués :                                                         :          4


Soldats /policiers gouvernementaux tués             : ? + 4.862

Soldats gouvernementaux blessés                     : ?  + 4.541 (chiffre trop bas)


Collabo   tués                                                      :   1.352

Collabo   blessés                                               :?  +904  (chiffre trop bas)

Collaborateurs disparus                                       : ?  +   3 



Les chiffres indiqués sont  vérifiés par le recoupement des chiffres des pertes communiqués par la résistance & les médias occidentaux & Bassirat.net. 


6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

6 1 Vidéo d'al-Zawahiri,

Le numéro deux d’Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, s'en prend au gouvernement d'Afghanistan, dans une vidéo obtenue par SITE, (un centre US) .

Il y affirme que les Etats-Unis sont "condamnés à l'échec en Afghanistan et dans les régions tribales du Pakistan".

"Zawahiri perçoit la tentative du président afghan Hamid Karzaï de négocier avec les talibans comme un signe de la faiblesse du gouvernement", écrit SITE dans un communiqué.

"Les chiens d'Afghanistan doivent maintenant se rassasier de la chair des Américains", selon la retranscription en anglais de propos de Zawahiri réalisée par SITE.

A propos du Pakistan, Zawahiri estime que le gouvernement a été affaibli mais reste une marionnette des Américains.".

 (AFP / 28 novembre 2008)

 

29 11

Deux journalistes afghans qui avaient été kidnappés il y a trois jours ont été libérés samedi soir par leurs ravisseurs, a-t-on appris dimanche de sources officielles.

Il s'agit de Dawa Khan Menapal, de Radio Free Europe/Radio Liberty, et d'Aziz Popal, qui travaillait pour une chaîne de télévision locales à Kandahar, selon le gouverneur adjoint de la province de Zabul, Gulab Shah Alikheil.

Le haut conseil des résistants a ordonné leur libération sans conditions en raison de leur qualité de journalistes, a déclaré un porte-parole de la milice islamiste Qari Yousef Ahmadi.

AP



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n° 221 - journal de l'Afghanistan - du 27-11 au 06-12- Fin - Afghanistan: la mauvaise guerre, aujourd’hui comme hier.

n° 221 - journal de l'Afghanistan - du 27-11 au 06-12- Fin - Afghanistan: la mauvaise guerre, aujourd’hui comme hier.


journal de l'Afghanistan n° 221 - du 27-11 au 06-12

  Par M.Lemaire                                                                                 




Sommaire.

7 Brèves

7-1 De sommet en sommet, de Londres (G20) à Strasbourg (OTAN)

8 Dossiers

8-1 Robert Fisk : Débâcle afghane.

8-2 G. Dunkel : Afghanistan: la mauvaise guerre, aujourd’hui comme hier.

8-3 Guantanamo : Les dossiers

1 José Maria Aznar a été informé des vols secrets de la CIA dès 2002.

2 François Musseau : Les vols secrets de la CIA étaient connus autant par Zapatero que par Aznar.

 



7 Les Brèves

Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

7-1 De sommet en sommet, de Londres (G20) à Strasbourg (OTAN)

Il se chuchote avec de plus en plus d’insistance que la date du 2 avril 2009 serait retenue pour le prochain sommet du G20 de crise à Londres, dont le principe a été décidé au premier sommet de crise du G20 à Washington le 15 novembre. Stupeur et inquiétude dans ce cas, dans les milieux atlantistes et de la défense, notamment à Bruxelles où se trouve le siège de l’OTAN: le 3 avril 2009 se tient le sommet de Strasbourg des chefs d’Etat et de gouvernement de l’OTAN, pour le soixantième anniversaire de l’Alliance. «Si c’est le cas, observe une source dans ces milieux de défense à Bruxelles, c’est une catastrophe médiatique pour Strasbourg, toute l’attention sera retenue par Londres. Mais ce n'est pas tout...»

Plus encore que l’aspect médiatique, il y a l’interprétation politique de l’adoption d’une telle date pour Londres. L’argument pour ce choix concernerait surtout les Américains (Obama & compagnie), et il serait pratique, mais déjà avec une signification politique: on ferait ainsi un seul déplacement et, semble-t-il, le plus rapide possible, – crise économique aux USA oblige. Une telle coïncidence de date, dans de telles conditions où l’on “groupe” les grandes occasions avec l’OTAN en queue de liste, indiquerait combien on tient le sommet de l’OTAN en assez piètre estime, comme d’une importance assez moyenne; combien, par conséquent, on tiendrait le sort de l’OTAN comme une question assez accessoire…

Le “sort de l’OTAN”? En effet, les mêmes sources observent que ce sommet de Strasbourg devait être à l’origine une grande fiesta médiatique destinée à redonner des couleurs à l’Alliance. Si l'événement essentiel tourne à l’événement accessoire, les couleurs en seront d’autant moins rehaussées. Pourtant, l’OTAN en a bien besoin, de couleurs rehaussées. Le climat au sein de l’Alliance est absolument délétère, avec ces questions empoisonnées du système anti-missiles (BMDE) et de l’élargissement actuellement en suspens, déjà largement compromises par la nouvelle attitude de la Russie et le regroupement de plus en plus général pour accepter cette attitude; avec l’attitude à venir de l’administration Obama, qu’on devine, de plus en plus, surtout pressée d’accentuer une “détente” avec la Russie, ce qui se ferait au détriment de l’OTAN, imprudemment montée aux extrêmes dans ces affaires, – comme si les copains et les coquins de l’administration Bush et consort étaient là pour l’éternité. (Avec, comme amère cerise sur la gâteau, la situation en Afghanistan, où les Américains se passeraient bien de l'OTAN.)

Si toutes ces choses (la date du 2 avril pour le G20 et les effets politiques envisagés) se confirment, comment doit-on envisager le retour de la France dans une telle OTAN dévaluée, voire menacée? L’affaire prend une tout autre tournure. Certains voient alors dans ce retour une évolution pour placer la France en meilleure posture au sein d’une Organisation aux abois, qui pourrait voir en son sein se développer des discussions pour des restructurations radicales, ressemblant à quelque chose qui s’apparenterait à une liquidation en douceur. La France serait là, littéralement, pour avoir son mot à dire et sa part dans le processus de restructuration et les restes de l’OTAN dont il faudrait déterminer quoi faire. Effectivement, à Bruxelles, aujourd’hui, c’est cette sorte de réflexion qu’on entend sur l’évolution de cette grande organisation dont on nous a si longtemps et souvent dit qu'elle pérennisait les “valeurs” occidentales et transatlantiques. Les temps changent.

26/11/2008 - Bloc-Notes



8 Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

8-1 Robert Fisk : Débâcle afghane.

Fisk, de retour d’Afghanistan, décrit la réalité d’un pays bien loin de l’image qu’en donnent les gouvernements occidentaux, qui continuent d’affirmer contre toute vraisemblance - et contre toute raison - que la « victoire » est proche. Les talibans sont à 20 Km de Kaboul et règnent en maître à Kandahar, nous dit l’envoyé spécial de The Independent. « La communauté internationale doit cesser de se mentir et se livrer à une réflexion fondamentale qui aurait dû être menée voilà quatre ou cinq ans, » avertit l’un des témoins qu’il a rencontré. Quand donc les politiques se mettront-ils à faire leur métier, c’est à dire se préoccuper du destin de la nation ? Faudra-t-il que les talibans viennent porter la guerre sur le sol français pour que cette désastreuse entreprise néocoloniale sans issue soit enfin remise en cause ?

L’effondrement de l’Afghanistan est plus proche qu’on ne le pense. Kandahar est aux mains des talibans - à l’exception d’un kilomètre carré au coeur de la ville - et les premiers postes de contrôle des Talibans sont à peine à 20 kilomètres de Kaboul. Le gouvernement profondément corrompu d’Hamid Karzai est presque aussi impuissant que n’est l’est le gouvernement irakien de la « zone verte » de Bagdad. Désormais les chauffeurs de camion afghans détiennent des permis de circuler délivrés par les Taliban, qui ont également leurs propres tribunaux dans des zones reculées du pays.

La Croix-Rouge a déjà averti que les opérations humanitaires sont considérablement réduites dans des régions de plus en plus vastes de l’Afghanistan, et plus de 4000 personnes, dont au moins un tiers de civils, ont été tués au cours des 11 derniers mois, ainsi que des dizaines de soldats de l’OTAN et de 30 travailleurs humanitaires. Les Talibans, tout comme le gouvernement de M. Karzai, exécutent leurs prisonniers en nombre toujours plus grand. Les autorités afghanes ont pendu ce mois-ci cinq hommes pour meurtre, enlèvement ou viol - un prisonnier, qui est un parent éloigné de M. Karzai a vu sa peine commuée, comme c’était prévisible - et plus de 100 autres sont actuellement à Kaboul dans le couloir de la mort.

Cela n’est pas l’Afghanistan démocratique, pacifique, reconstruit, soucieux d’ « égalité entre les sexes » que le monde avait promis de créer après la chute des Talibans en 2001. En dehors de la capitale et de l’extrême nord du pays, presque chaque femme est couverte d’une burkha, tandis que des combattants viennent maintenant rejoindre les rangs des Talibans depuis le Cachemire, l’Ouzbékistan, la Tchétchénie et même la Turquie. On estime que plus de 300 combattants turcs sont désormais présent en Afghanistan, beaucoup d’entre eux détenant un passeport européen.

« Je ne connais personne qui veuille voir le retour des talibans au pouvoir, » déclare un homme d’affaires de Kaboul - qui a conservé un anonymat aujourd’hui plus souvent demandé que ce n’était le cas avant 2001 - « mais les gens détestent le gouvernement et le parlement qui ne se soucient pas de leur sécurité. Le gouvernement est inutile. Compte tenu du nombre de personnes déplacées et réfugiées qui se déversent à Kaboul en provenance de la campagne, il existe un chômage de masse - mais bien sûr, il n’existe pas de statistiques. »

« Le ‘marché libre’ a mené beaucoup d’entre nous à la catastrophe financière. L’Afghanistan est un champ de bataille pour l’idéologie, l’opium et la corruption politique. Maintenant on a toutes sortes d’entreprises qui ont des contrats avec des organisations comme l’USAID. Tout d’abord, elles prélèvent 30 à 50% pour leurs propre compte, puis sous-traitent et sous sous-traitent à d’autres entreprises et il ne reste seulement que 10% du montant initial pour les Afghans eux-mêmes. »

Les Afghans travaillant pour des associations caritatives et l’ONU confient à leurs employeurs qu’ils sont soumis à une pression croissante pour donner des informations aux Talibans et pour leur offrir l’hébergement. Dans les campagnes, les agriculteurs vivent dans la peur des deux côtés dans cette guerre. Un très haut fonctionnaire des ONG à Kaboul - encore une fois, l’anonymat a été demandé - déclare qu’à la fois les Talibans et la police menacent régulièrement les villageois. « Un groupe de 15 ou 16 Talibans frappe la nuit à la porte d’un chef de village, disant qu’ils ont besoin de nourriture et de logement. Et le chef dit aux villageois de leur donner de la nourriture et de les laisser s’installer dans la mosquée. Ensuite, la police ou l’armée arrivent dans la journée et accusent les villageois de collusion avec les Talibans, arrêtent des innocents et menacent de suspendre l’aide humanitaire. Ensuite, il y a le danger que le village soit pris sous un raid aérien Américain. »

Dans la ville de Ghazni, les Talibans ont ordonné que tous les téléphones portables soient éteints de 17 heures jusqu’à 6 heures du matin de peur que des espions puissent les utiliser pour informer sur les positions de la guérilla. La guerre du téléphone mobile pourrait être gagnée par le gouvernement. Avec l’aide des américains, le ministère de l’Intérieur peut désormais suivre et localiser les appels. Une fois de plus, les Américains parlent de former des « milices tribales » pour lutter contre les Talibans, tout comme ils l’ont fait en Irak et comme les autorités pakistanaises ont essayé de le faire dans les provinces de la Frontière du Nord-Ouest. Mais ces force tribales ont été corrompues dans les années quatre-vingt par les Russes et lorsque ce système été remis sur pied il y a deux ans de cela, sous l’appellation de Force de police auxiliaire, cela a été un fiasco. Les policiers auxiliaires nouvellement formés ont cessé de se présenter sur leur lieu de travail, volé des armes et se sont transformés en milices privées.

« Maintenant, à chaque fois qu’un nouvel ambassadeur occidental arrive à Kaboul, il agite à nouveau ces idées », déclare un autre responsable d’ONG, proche du désespoir. « Ah, disent-ils essayons ces milices locales, quelle excellente idée. » Mais cela ne résoudra pas le problème. Le pays est en proie au brigandage, ainsi qu’à la cruauté des Taliban et des raids aériens, que les Afghans jugent tellement scandaleux. La communauté internationale doit cesser de se mentir et se livrer à une réflexion fondamentale qui aurait dû être menée voilà quatre ou cinq ans. »

Ce que cela signifie, pour les Occidentaux qui ont passé des années à Kaboul, est simple. Est-ce vraiment l’ardente ambition des Afghans que d’installer la « démocratie » ? Un État fédéral fort est-il possible en Afghanistan ? La communauté internationale est-elle prête à s’en prendre aux seigneurs de la guerre et aux barons de la drogue qui occupent des postes dans le gouvernement de M.Karzai ? Et, plus important encore, la reconstruction permet-elle vraiment de « sécuriser le pays » ? Le vieil adage usé des américains qui dit que « lorsque s’arrête la route, débute le pouvoir des Talibans » est faux. Les Talibans tiennent des postes de contrôle sur ces routes nouvellement construites.

Le ministre afghan de la Défense a 65000 soldats sous son improbable commandement mais il en aurait besoin de 500 000 pour contrôler l’Afghanistan. Les Soviétiques n’ont pas réussi à maîtriser le pays, même lorsqu’ils avaient 100 000 hommes sur le terrain, et 150 000 soldats afghans à l’appui. Et au moment où Barack Obama se prépare à envoyer un autre contingent de 7000 soldats américains dans la fosse Afghane, les Espagnols et les Italiens parlent de se retirer, tandis que les Norvégiens pourraient désengager leurs 500 hommes. Les dirigeants occidentaux évoquent sans relâche l’élément « clé » que constituerait l’entraînement de plus en plus d’Afghans à combattre dans l’armée. Mais c’est cette même « clé » qu’avaient essayé les Russes - et elle ne cadrait pas avec la serrure.

« Nous » n’allons pas gagner en Afghanistan. Discuter d’une victoire militaire sur les Talibans semble plus irréaliste que jamais. De fait, lorsque le Président Afghan tente d’engager le dialogue avec le mollah Omar - qui est l’un des principaux objectifs visé par les américains dans cette déplorable guerre - on se rend compte de la situation. Mais même le mollah Omar ne veut pas parler avec M. Karzai.

La partition du pays est une option que personne ne veut évoquer : donner la partie sud de l’Afghanistan aux Talibans et conserver le reste. Elle ne ferait qu’ouvrir une nouvelle crise avec le Pakistan car les Pachtounes, qui sont la majorité dans les rangs Talibans, réclameraient alors l’ensemble de ce que qu’ils considèrent comme le « Pashtounistan », incluant la plus grande partie des zones tribales du Pakistan. Ce serait également un retour au « grand jeu » et la redéfinition des frontières dans le sud-ouest de l’Asie, ce qui - l’histoire le montre - a toujours été accompagné de grandes effusions de sang.

28 novembre 2008


8-2  G. Dunkel : Afghanistan: la mauvaise guerre, aujourd’hui comme hier.

Depuis des mois, l’Afghanistan est plus meurtrier que l’Irak pour les troupes américaines, qui y sont pourtant cinq fois moins nombreuses (32 000 contre 160 000).
Au total, 1004 soldats étrangers ont été tués en Afghanistan depuis 2001, dont 40% au cours des deux dernières années; 625 étaient Américains (icasualties.org).

De concert avec des seigneurs de la guerre du nord du pays, les forces spéciales US ont renversé le gouvernement taliban en 2001. L’Association Révolutionnaire des Femmes en Afghanistan résume l’épisode en ces termes : « La guerre contre le terrorisme menée par les Etats-Unis a mis fin au régime taliban, mais elle n’a pas mis fin au fondamentalisme religieux, qui est la principale cause de nos malheurs. A la vérité, en réinstallant les seigneurs de la guerre au pouvoir en Afghanistan, l’administration américaine remplace un régime intégriste par un autre. » (rawa.org)
L’OTAN fournit des troupes à la Force internationale d’assistance et de sécurité mandatée par l’ONU (ISAF), qui compte environ 18 000 soldats américains.
En Afghanistan, la plupart des victimes mortelles de la violence sont des civils. Dans un décompte brut et incomplet établi en janvier 2008, la Commission indépendante des droits de l'homme en Afghanistan (AIHRC) dénombrait 900 civils tués, notamment lors de mariages, d’enterrements ou dans des endroits de loisirs pour les enfants. Selon les estimations de l’Agence Chine nouvelle (Xinhua), le nombre des victimes civiles se monterait à 1415 (28 septembre).
Créée sur mandat de l’Assemblée générale des Nations Unies et financée par des donations via l’ONU, l’AIHRC assure que 98% des victimes civiles tuées par les forces de la coalition en Afghanistan ont été visées intentionnellement.
Dans un rapport daté du 2 septembre, Lal Gul, directeur de l’AIHRC, souligne que « les actions des forces de coalition, en particulier des forces américaines, ne sont pas seulement contraires aux droits de l’homme; elles constituent des crimes de guerre ».
Aux violences meurtrières qui font rage dans le pays vient s’ajouter la menace d’une famine cet hiver, conséquence de trois années de mauvaises récoltes. Le Ministère afghan de l’agriculture, de l’irrigation et de l’élevage estime que dans les six prochains mois, le pays aurait besoin de deux millions de tonnes d’aliments de base – blé, farine et riz – pour nourrir les populations des régions isolées.
Bien que les organismes tels que l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) peuvent acheminer des tonnes de nourriture vers les principales villes afghanes, il leur sera bien difficile d’atteindre les communautés isolées, qui composent la majeure partie de la population pauvre du pays.
D’une part, le réseau routier a été anéanti par 40 ans de guerre, et d’autre part, la résistance afghane lance des attaques sur les lignes d’approvisionnement pour empêcher le matériel d’atteindre les avant-postes des troupes US ou de l’OTAN éloignés de la capitale. Le prix du transport des vivres par camion de Kaboul à Khandahar, les deux principales villes d’Afghanistan, s’en est trouvé décuplé depuis le printemps, où il était de 1800 dollars. Cette augmentation du prix traduit l’augmentation des risques encourus par les camionneurs (Der Spiegel, 17 octobre).
Syed Saleem Shahzad, directeur du bureau de l’Asia Times au Pakistan, explique que les talibans disposent d’informations si précises sur les ravitaillements des troupes US ou de l’OTAN via le port pakistanais de Karachi que l’ISAF a conclu avec la Russie un accord autorisant le transit de matériel non militaire à travers son territoire (Le Monde Diplomatique, octobre 2008).
Bien que des donateurs étrangers – principalement les Etats-Unis et leurs alliés impérialistes européens tels que la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la France – aient fourni à l’Afghanistan une « aide » d’un montant de 35 milliards de dollars depuis 2001, la statistique officielle indique qu’environ 20 millions de personnes sur une population de 26 millions vivent en dessous du seuil de pauvreté (BBC, 17 octobre).
La FAO fixe le seuil de pauvreté à deux dollars par jour. Le taux d’alphabétisation des adultes est de 29%. Dans certaines régions, moins de 1% de la population sait lire et écrire. Un enfant sur cinq meurt avant d’atteindre l’âge de cinq ans.
Alors que le niveau de vie des Afghans baisse rapidement à mesure que la guerre s’intensifie entre le gouvernement client d’Hamid Karzai, soutenu par l’ISAF et les Etats-Unis, et l’opposition, emmenée par les talibans, le gouvernement de Kaboul dégrade également les conditions des femmes.
« Nous avons les mêmes idées que les talibans », remarque le parlementaire Qazi Naseer Ahmad. « Nous voulons appliquer la charia dans notre pays. Les femmes doivent demander la permission de leur mari avant de sortir de la maison et elles ne doivent pas porter de vêtements contraires à l’islam. » (Christian Science Monitor, 21 avril)
Dans ce même journal, on a pu lire qu’en avril dernier, certains membres du parlement ont proposé une législation qui bannirait notamment les t-shirts, la musique amplifiée, la mixité dans les lieux publics, le billard, les jeux vidéo, les activités impliquant des pigeons ou les cerfs-volants, ce qui reviendrait à restaurer les règles appliquées à l’ère des talibans et brandies par les groupes de média américains pour justifier l’invasion menée en 2001 dans le but de les renverser.
Le 31 octobre dernier, le général David Petraeus a pris la tête du Commandement central, devenant ainsi le responsable des opérations militaires américaines en Irak et en Afghanistan. En Irak, il a été l’architecte du « surge », une stratégie basée sur l’envoi massif de renforts qu’il devrait également appliquer à l’Afghanistan. A un détail près toutefois, qui souligne la faiblesse de la position des US dans ce pays : reconnaissant que les Etats-Unis et leurs alliés ne peuvent s’imposer militairement, Petraeus est disposé à entamer des négociations avec les talibans « modérés ».
Pour la population afghane, l’occupation coloniale de l’Afghanistan par les Etats-Unis et leurs alliés est un véritable désastre. Hors de l’Afghanistan, les progressistes doivent demander qu’un terme absolu soit mis à l’occupation et empêcher une augmentation des troupes US et de l’OTAN, même s’il est prévu qu’une telle décision s’accompagne de négociations.
Traduit par Chloé Meier pour Investigaction
Source: http://www.workers.org/2008/world/afghanistan_1113

 http://www.blogs.dhnet.be/


8-3 Guantanamo : Les dossiers

1 José Maria Aznar a été informé des vols secrets de la CIA dès 2002.

Le quotidien espagnol El Pais, qui s'est procuré un document officiel classé "très secret", affirme que le gouvernement espagnol alors mené par le conservateur José Maria Aznar était au courant dès 2002 des vols secrets américains transportant des prisonniers talibans de l'Afghanistan vers la base de Guantanamo. Le document, daté du 10 janvier 2002 soit quatre mois après les attaques du 11-Septembre, a été rédigé par Miguel Aguirre de Carcer, directeur général des affaires étrangères pour l'Amérique du Nord, après un entretien effectué avec un "conseiller politico-militaire de l'ambassade des Etats-Unis à Madrid", selon El Pais.

"Les Etats-Unis vont commencer très prochainement des vols pour transférer des prisonniers talibans et d'Al-Qaida depuis l'Afghanistan vers la base de Guantanamo à Cuba", écrit M. Aguirre de Carcer dans cette missive adressée au chef de la diplomatie de l'époque, Josep Piqué. Washington aurait demandé "l'autorisation du gouvernement espagnol" pour que des avions puissent effectuer "des atterrissages d'urgences" en Espagne, de préférence dans des aéroports militaires.

AUCUN RESPONSABLE N'A RECONNU ÊTRE AU COURANT

L'administration de George Bush étaient également en train de faire des démarches similaires auprès de "différents pays", note le fonctionnaires espagnol dans sa lettre. Le responsable américain n'a pas précisé la quantité des vols ni leur calendrier, se contentant de prévenir son interlocuteur que les voyages commenceraient "très vite" et que Madrid devrait répondre à cette demande "le plus vite possible". M. Aguirre de Carcer s'est ensuite engagé à obtenir une réponse "dès vendredi à la mi-journée", soit "moins de vingt-quatre heures après l'entretien", note El Pais.

Pour le quotidien, ce document prouve "que le gouvernement de José Maria Aznar savait que des avions américains qui survolaient ou faisaient escale en Espagne, transportaient à bord des personnes détenues dans des conditions légales plus que douteuses". Depuis que l'affaire des vols secrets de la CIA a été révélée en novembre 2005, ni les responsables du Parti populaire (conservateurs), ni le gouvernement socialiste du PSOE au pouvoir par la suite "n'ont reconnu jusqu'à présent être au courant de ces transfèrements" alors que l'Audience nationale, plus haute instance pénale espagnole, enquête sur cette affaire.

LEMONDE.FR avec AFP

| 30.11.08 |
http://www.lemonde.fr/europe/article/2008/11/30/madrid-aurait-ete-informe-des-vols-secrets-de-la-cia-des-2002_1125157_3214.html#ens_id=1125159


2 François Musseau :  Les vols secrets de la CIA étaient connus autant par Zapatero que par Aznar.
"El Pais" révèle que le dirigeant socialiste connaissait les activités US acceptées par son prédécesseur.
Bien sûr que je ne savais rien ." Il fut impossible, lundi, d’arracher tout autre commentaire à José Luis Zapatero. Le chef du gouvernement socialiste a difficilement masqué son embarras, après les révélations d’"El Pais", dans son édition dominicale, d’après lesquelles Madrid avait donné son feu vert aux vols "illégaux" affrétés par la CIA vers Guantanamo.
Sous gouvernement PSOE
D’après le journal, documents officiels à l’appui, le gouvernement espagnol avait, en janvier2002, autorisé des avions militaires américains, qui transportaient des prisonniers "talibans ou d’al Qaeda",
à faire escale dans des aéroports situés en territoire national.
A l’époque, José Luis Zapatero n’était certes pas aux affaires, mais sur les 11 vols certifiés, 9 se sont produits au cours de 2005, lorsque les socialistes étaient au pouvoir.
Aznar, au pouvoir entre1996 et2004, aujourd’hui en retraite politique, mais toujours actif dans l’ombre.
D’après "El Pais", les conservateurs du parti Populaire (PP), qui, en mars 2003, allaient pleinement appuyer l’offensive guerrière de George W.Bush en Irak, auraient agi "en complices actifs" en janvier 2002, A cette date,
le gouvernement Aznar, voulant "à tout prix éviter que l’opinion publique espagnole soit mise au courant de ces vols", recommande à l’administration US l’utilisation d’"aéroports discrets",
notamment ceux des bases américaines de Moron et de Rota, en Andalousie.
Lundi, les dirigeants du PP ont éludé le sujet, tout en accusant les socialistes au pouvoir d’avoir "filtré à la presse des documents secrets".

Le leader communiste Gaspar Llamazares s’en est donné à cœur joie contre la droite: "Ces documents publiés indiquent qu’Aznar a pleinement contribué à ces vols de la honte, emmenant des détenus vers une zone de non-droit".
Les révélations d’"El Pais" ravivent un "scandale" médiatique datant de novembre2005, lorsque la presse révèle que de nombreux vols de la CIA ont fait escale en Espagne, entre2002 et2005 - et dans d’autres pays de l’UE.

Commission d’enquête?
Pendant cette période, estime Amnesty International, deux cents prisonniers ont survolé le sol espagnol. Depuis deux ans, le juge de l’Audience nationale, Ismael Moreno, à Madrid, enquête sur la
légalité de ces vols.
Lundi, la gêne et le silence des deux principaux partis contrastaient avec les attaques mordantes des formations catalanes et de gauche. "Il est désormais établi qu’Aznar a commis un délit grave, en autorisant le passage et l’escale de vols illégaux", ont fustigé les écologistes catalans d’ICV . "Mais le gouvernement Zapatero, via ses propres services secrets, était forcément au courant de la nature de ces vols. Or, il a tu publiquement leur existence."
Avec les communistes d’IU, ICV a exigé lundi la création d’une commission d’enquête parlementaire sur ce dossier ultrasensible.

Mis en ligne le 02/12/2008
http://www.lalibre.be/actu/europe/article/464282/les-vols-secrets-de-la-cia-embarrassent-autant-zapatero-qu-aznar.html


Résistance,taliban,karzai,Otan,Fias,Etats-Unis,Karzai,Bush,Obama,Afghanistan, Pakistan 


29/11/2008

n° 220 - journal de l'Afghanistan - du 24-11 au 28-11- Début - Emeute à Kaboul après la mort d'un civil, tué par les militaires occupants.

n° 220 - journal de l'Afghanistan - du 24-11 au 28-11- Début - Emeute à Kaboul après la mort d'un civil, tué par les militaires occupants.


 journal de l'Afghanistan n° 220 - du 24-11 au 28-11

                                              M.Lemaire                                                                                 


Sommaire.

 Tiré à part :

Ali Gharib : les enquêtes et les poursuites de haut niveau contre des hauts fonctionnaires de l'administration Bush pour des actes de torture et pour des crimes de guerre sont peu probables

Dommages Collateraux... le Pentagone prolonge

Extrait du Rapport de Hilde F. Johnson, directeur exécutif-adjoint de l'Unicef

Bavure …

Emeute à Kaboul après la mort d'un civil, tué par les militaires

Paroles & action des bientôt présidents...

Obama promet de faire de la lutte contre le terrorisme (…)  en Afghanistan une priorité

1 La résistance contre l'agresseur

Résistance :

Analyse & déclaration

Occupation de l'Afghanistan 

Analyse & déclaration

2-1 Sur le terrain

2 Occupation de l'Afghanistan 

3 Politique

4 Lutte pour la libération du territoire

L'Afghanistan en chiffre

Détails.

Suite

7 Brèves

7-1 S'il le pouvait, Karzaï abattrait les avions US.

7-2 Guantanamo : Les Brèves

1 L'ancien chauffeur de Ben Laden transféré au Yémen.

8 Dossiers

8-1 En Afghanistan, la victoire sera “made in USA” ou ne sera pas.

8-2 Obama Est Un Faucon, Dans La Grande Tradition Américaine.

Commentaire de la traductrice Mireille Delamarre sous forme de citations

8-3 Ali Gharib : amnistie pour Cheney et acolytes ?

8-4 Guantanamo : Les dossiers

1 La Suisse a refusé l'asile à trois anciens détenus de Guantanamo.

10 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

10-1 Obama et Lincoln (…et Lyautey

11 Annexe

11-1 "Dream Team” et désordre.



L'Afghanistan en chiffre du 24-11  au 28/11/08  

 

 

 

tués

blessés

 

 

 

Usboys / Autres boys

 4

 4

 

 

 

Policiers, armée et collaborateurs

 17

18

 

 

 

Peuple Afghan

 26

4 + x

 


 

Tiré à part :

Ali Gharib : les enquêtes et les poursuites de haut niveau contre des hauts fonctionnaires de l'administration Bush pour des actes de torture et pour des crimes de guerre sont peu probables.

À en juger par les rares fuites survenues depuis l'arrivée de l'équipe de transition du président élu des États-Unis, Barack Obama, les enquêtes et les poursuites de haut niveau contre des hauts fonctionnaires de l'administration George W. Bush pour des actes de torture et pour des crimes de guerre sont peu probables.  Mais le fait qu'elles soient ou non possibles ne s'empêche pas les experts de débattre de la question de savoir si les personnes responsables doivent ou non rendre des comptes.

(...) Si Obama ne prend pas des responsabilités au sujet des actes de torture qui se sont produits, au lieu de simplement mettre fin à cette pratique, la porte peut être laissée ouverte pour qu'à l'avenir les gouvernements des États-Unise ressuscitent les plus dures techniques d'interrogatoire, a déclaré Ratner lors d'un récent forum à la Faculté de droit de l'Université de Georgetown.
«Si Obama veut vraiment garantir que nous (N. du T. : les États-Unis) n'allons plus torturer, il doit lancer une enquête criminelle», a déclaré Ratner, l'auteur de «The Trial of Donald Rumsfeld: A Prosecution in Book» (Le procès de Donald Rumsfeld - Une accusation sous forme de livre). (...)
Traduction Google révisée

Ali Gharib - IPS News

25 novembre 08 (IPS)

 Antonio Artuso - pueblo@sympatico.ca - Montréal, jeudi 27 nov. 08


Dommages Collateraux... le Pentagone prolonge

22 11

Extraitdu Rapport de Hilde F. Johnson, directeur exécutif-adjoint de l'Unicef

L'Unicef note que les opérations militaires occidentales frappent souvent les enfants et donne l'exemple d'un bombardement aérien en juillet dernier dans lequel 30 des 47 personnes tuées étaient des enfants.

 version française Pascal Liétout

Reuters


Bavure …

Emeute à Kaboul après la mort d'un civil, tué par les militaires

28 11

Des dizaines d'habitants de Kaboul s'en sont pris à la police après la mort d'un civil, tué par des soldats britanniques à la suite d'un "malentendu", a déclaré le chef de la police de la ville.

Quatre autres personnes ont été blessées dans cette fusilade;

 Selon des témoins, le convoi transportant les Britanniques a ouvert le feu sur un minibus. Les habitants ont ensuite jeté des pierres sur les forces de l'ordre.

Reuters



Paroles & action des bientôt présidents...

Obama promet de faire de la lutte contre le terrorisme (…)  en Afghanistan une priorité

Le président-élu américain Barack Obama a assuré au président Karzaï que la lutte contre le terrorisme et l'insurrection "en Afghanistan, et dans la région -une référence, apparemment, au Pakistan- serait une de ses premières priorités lorsqu'il sera en fonction, ont annoncé dimanche les services de la présidence afghane.

Le gouvernement afghan a fait pression pendant longtemps sur les Etats-Unis pour s'attaquer à ce qu'il appelle les bases du terrorisme au Pakistan. Karzaï a accusé les services de renseignement pakistanais de soutenir les talibans dans la préparation d'attaques en Afghanistan - des affirmations que le Pakistan, allié des Américains, nie catégoriquement.

Durant la campagne pour l'élection présidentielle, il a affirmé que "si le Pakistan ne peut pas ou ne veut pas agir, nous viseront des cibles terroristes de haut niveau, comme Ben Laden, si nous les avons en ligne de mire".

Obama s'est engagé à augmenter l'aide américaine en Afghanistan, selon le communiqué de la présidence afghane.

Un proche de Karzaï a précisé que cette promesse s'applique à l'aide économique et militaire.

Les Etats-Unis disposent de 32.000 soldats en Afghanistan, un chiffre qui augmentera de plusieurs milliers l'an prochain.

AP

22 11

"...Comprendre Obama comme président des Etats Unis, n'est pas possible sans comprendre les exigences d'un système de pouvoir toujours le même : c'est en fait un grand jeu médiatique..."



1 L'agresseur - Analyse & déclaration

 Troupes d'occupation

De sommet en sommet, de Londres (G20) à Strasbourg (OTAN)

Il se chuchote avec de plus en plus d’insistance que la date du 2 avril 2009 serait retenue pour le prochain sommet du G20 de crise à Londres, dont le principe a été décidé au premier sommet de crise du G20 à Washington le 15 novembre. Stupeur et inquiétude dans ce cas, dans les milieux atlantistes et de la défense, notamment à Bruxelles où se trouve le siège de l’OTAN: le 3 avril 2009 se tient le sommet de Strasbourg des chefs d’Etat et de gouvernement de l’OTAN, pour le soixantième anniversaire de l’Alliance. «Si c’est le cas, observe une source dans ces milieux de défense à Bruxelles, c’est une catastrophe médiatique pour Strasbourg, toute l’attention sera retenue par Londres. Mais ce n'est pas tout...»

Plus encore que l’aspect médiatique, il y a l’interprétation politique de l’adoption d’une telle date pour Londres. L’argument pour ce choix concernerait surtout les Américains (Obama & compagnie), et il serait pratique, mais déjà avec une signification politique: on ferait ainsi un seul déplacement et, semble-t-il, le plus rapide possible, – crise économique aux USA oblige.

Une telle coïncidence de date, dans de telles conditions où l’on “groupe” les grandes occasions avec l’OTAN en queue de liste, indiquerait combien on tient le sommet de l’OTAN en assez piètre estime, comme d’une importance assez moyenne; combien, par conséquent, on tiendrait le sort de l’OTAN comme une question assez accessoire…

Le “sort de l’OTAN”?

En effet, les mêmes sources observent que ce sommet de Strasbourg devait être à l’origine une grande fiesta médiatique destinée à redonner des couleurs à l’Alliance. Si l'événement essentiel tourne à l’événement accessoire, les couleurs en seront d’autant moins rehaussées.

Pourtant, l’OTAN en a bien besoin, de couleurs rehaussées. Le climat au sein de l’Alliance est absolument délétère, avec ces questions empoisonnées du système anti-missiles (BMDE) et de l’élargissement actuellement en suspens, déjà largement compromises par la nouvelle attitude de la Russie et le regroupement de plus en plus général pour accepter cette attitude; avec l’attitude à venir de l’administration Obama, qu’on devine, de plus en plus, surtout pressée d’accentuer une “détente” avec la Russie, ce qui se ferait au détriment de l’OTAN, imprudemment montée aux extrêmes dans ces affaires, – comme si les copains et les coquins de l’administration Bush et consort étaient là pour l’éternité. (Avec, comme amère cerise sur la gâteau, la situation en Afghanistan, où les Américains se passeraient bien de l'OTAN.)

Si toutes ces choses (la date du 2 avril pour le G20 et les effets politiques envisagés) se confirment, comment doit-on envisager le retour de la France dans une telle OTAN dévaluée, voire menacée? L’affaire prend une tout autre tournure. Certains voient alors dans ce retour une évolution pour placer la France en meilleure posture au sein d’une Organisation aux abois, qui pourrait voir en son sein se développer des discussions pour des restructurations radicales, ressemblant à quelque chose qui s’apparenterait à une liquidation en douceur. La France serait là, littéralement, pour avoir son mot à dire et sa part dans le processus de restructuration et les restes de l’OTAN dont il faudrait déterminer quoi faire. Effectivement, à Bruxelles, aujourd’hui, c’est cette sorte de réflexion qu’on entend sur l’évolution de cette grande organisation dont on nous a si longtemps et souvent dit qu'elle pérennisait les “valeurs” occidentales et transatlantiques. Les temps changent.

26/11/2008 - Bloc-Notes

 

Mis en ligne le 26 novembre 2008 à 14H54



2 Les forces en présence

Résistance

Troupes d'occupation

22 11

Une brigade américaine de 3 500 à 4 400 hommes va être envoyée en renfort en janvier 2009 en Afghanistan et déployée dans l’est du pays, afin d’aider à lutter contre les infiltrations  depuis le Pakistan, a annoncé un porte-parole de l’armée US.

Cette brigade fait partie des renforts réclamés par les responsables militaires américains, qui pourraient se monter au total à 20 000 soldats, a poursuivi le colonel Greg Julian lors d’une conférence de presse à Kaboul. Quelque 165 postes-frontières doivent être bâtis pour aider à lutter contre les infiltrations ddepuis le Pakistan, a ajouté le colonel Julian.

L’Afghanistan partage avec le Pakistan une frontière de 2 430 km.
AP


UK

27 11

La Grande-Bretagne compte 8.300 hommes déployés en Afghanistan, pour la plupart dans la province de Helmand, vaste région ou les résistants demeurent actifs et forts.

Reuters


France

26 11

La France n'est pas favorable à un calendrier de retrait.

La France a indiqué mercredi qu'elle n'était pas favorable à la définition d'un "calendrier" pour les troupes étrangères d'Afghanistan demandée par Karzaï, lui préférant une stratégie de transfert progressif de la sécurité aux forces afghanes.

"Le sens de notre engagement est de rendre le plus tôt possible à l'Afghanistan la maîtrise de son destin en l'aidant notamment à recouvrer les moyens d'exercer pleinement ses responsabilités en matière de sécurité", "Il nous paraît plus important aujourd'hui de veiller à maintenir cette dynamique que de définir à ce stade un calendrier global de retrait", a-t-il ajouté, interrogé sur les déclarations du président Karzaï.

Ces troupes n'ont toutefois "pas vocation à rester indéfiniment en Afghanistan", a déclaré à la presse le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Eric Chevallier, en soulignant que la solution dans ce pays "n'est pas uniquement militaire".

Sur ce dernier point, M. Chevallier a déclaré que "le dialogue de paix inter-afghan et les efforts menés en vue d'une réconciliation nationale relevaient de la responsabilité des autorités afghanes".

"Comme les autorités afghanes, nous considérons que les groupes ou individus susceptibles de rallier le cadre légal doivent reconnaître la Constitution afghane, déposer les armes et renoncer à tout lien avec le terrorisme international", a-t-il déclaré, écartant implicitement l'idée d'un dialogue avec les éléments les plus radicaux.

Environ 70.000 soldats étrangers, dont quelque 2.800 Français, sont présents en Afghanistan au sein de deux forces multinationales, l'une de l'Otan, l'autre sous commandement US.

AFP



3) Politique

a) Les collaborateurs afghans

Karzai

25 11

Le président Karzaï a demandé mardi à la communauté internationale un "calendrier" précis "sur la durée" de son intervention militaire dans son pays, faute de quoi il serait contraint de négocier avec les résistants.

AFP

Karzai veut la paix à tout prix

Rencontrant la presse à Kaboul, en compagnie du secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, M. Karzai a lancé un ultimatum à la communauté internationale.

Il réclame un calendrier précis de son intervention dans le pays, à défaut de quoi il sera obligé de négocier avec les talibans. Il a répété qu'il était prêt à fournir sa protection au mollah Mohammad Omar, si ce dernier acceptait un accord assurant la paix en Afghanistan, quitte à s'attirer des reproches.

Que cela plaise ou pas à la communauté internationale, je [lui] fournirai ma protection.

Le 16 novembre, il avait proposé une offre semblable au mollah Omar, mais les talibans avaient exigé le départ des troupes étrangères avant de négocier.

En plus de cette demande, le président afghan voudrait que cessentles frappes aériennes des troupes internationales et les fouilles de maisons afghanes. Il a même déclaré que s'il le pouvait, il abattrait les avions américains qui bombardent les villages afghans.

J'aimerais pouvoir intercepter les avions sur le point de bombarder les villages afghans, mais je n'en ai pas les moyens.

On prête au chef d'État afghan l'intention de briguer un nouveau mandat l'an prochain, et depuis quelques semaines, il dénonce régulièrement les raids qui ont tué des dizaines de civils.

Plutôt que de survoler l'Afghanistan, le président Karzai préférerait que la coalition s'attaque aux poches de résistants.

Enfin, M. Karzaï s'en est pris aux équipes militaires et civiles de reconstruction et de développement qui, dit-il, minent l'autorité des provinces. Sans développer davantage, il a déclaré que ces équipes constituaient ni plus ni moins que des structures de pouvoir parallèles.

Bien que 65 000 soldats étrangers appuient les 130 000 membres des forces de sécurité afghanes, les résistants ont renforcé leurs positions dans leur bastion traditionnel du sud et de l'est du pays. Ils ont aussi étendu leur influence aux alentours de la capitale, Kaboul.

27 11

(AFP



e) Les voisins

L’Arabie saoudite

22 11

L’Arabie saoudite dément avoir offert l’asile à Omar
Le gouvernement saoudien a démenti des informations de presse du magazine allemand Der Spiegel selon lesquelles le roi Abdallah avait offert l’asile politique au chef des talibans Omar.

Le roi a fait sa proposition sur médiation et pression du président Karzaï, et du président sortant, Bush, d’après ces sources.

M. Karzaï espère ainsi pouvoir engager un processus de réconciliation avec les résistants. Il a garanti au mollah Omar toute liberté de mouvement, s’il voulait revenir en Afghanistan.
AP


4 Lutte pour la libération du territoire

Pertes déclarée des occupants.

24 11

Un soldat d'élite des Royal Marines britanniques a été tué dans l'explosion d'une mine au passage de son véhicule près de Kajaki, dans la province d'Helmand, dans le sud de l'Afghanistan, annonce le ministère de la Défense à Londres.

Reuters

27 11

L’explosion d'une bombe a tué jeudi un soldat des forces sous commandement de l'Otan et en a blessé plusieurs autres dans la province d'Uruzgan, dans le sud du pays, a déclaré un responsable de l'Alliance à Kaboul. Il n'a donné aucun détail sur la nationalité des victimes.

Reuters

27 11

Deux soldats britanniques ont été tués dans une attaque  jeudi dans la province de Helmand, (sud de l'Afghanistan,)  annonce le ministère de la Défense à Londres.

Ces deux éléments des Royal Marines patrouillaient à pied...

Reuters


Pertes des résistants

26 11

Les forces de la coalition sous commandement américain auraient  tué 25 résistants dans trois opérations distinctes menées en Afghanistan, déclare l'armée américaine.

Reuters


Pertes armée Afghane

27 11

Des résistants ont tendu une embuscade à des soldats afghans dans le nord-ouest de l'Afghanistan, tuant 13 militaires et en capturant 16 autres, a annoncé vendredi un responsable afghan

Selon Abdul Ghani Sabri, vice-gouverneur de la province de Bala Murghab les affrontements qui se sont produits jeudi soir.

Il a précisé qu'un groupe de 300 talibans avait attaqué un convoi de la police et de l'armée afghanes dans le village d'Akazai, déclenchant des combats qui ont duré plusieurs heures.

AP

 



Détails

Kaboul

27 11

Une voiture a explosé à environ 200 mètres de l'entrée principale de l'ambassade des Etats-Unis à Kaboul alors que des civils américains s'apprêtaient à pénétrer dans le complexe à l'occasion de la fête de Thanksgiving.

Au moins quatre personnes ont été tuées et 18 autres blessées au cours de cet ateaque qui s'est produite vers 8h30 locales, a précisé le ministère de la Santé.

L'ambassade accueillait une course à pied à l'occasion de Thanksgiving, et des Américains et d'autres Occidentaux entraient dans l'ambassade au moment de l'explosion.

AP

 



4-1 L'Afghanistan en chiffre 

Guerre appelée "Enduring Freedom déclenchée en octobre 2001 devenue en mai 2007 :  "Force combinée 82 "


 

Civils tués                                                             :   12.555 (Voir Dufour-n°196)

Civils blessés                                                     : ? +  2.474 (chiffres trop bas) 


Résistants  tués :                                               : ?  +  7.163

Résistant blessés                                               :?  +  1.647  (chiffres trop bas)

Résistances arrêtés :                                           : 23.000 prisonniers


Militaires occupants et milice privés occupante tués : 1.430

Militaires et milice privés occupante blessés    : ?   + 13.543

Suicides                                                           : ?  plus de 1500 tentatives   150.000 souffrent de troubles psychologiques ou de dépression majeure

 

CIA tués :                                                         :          4


Soldats /policiers gouvernementaux tués             : ? + 4.827

Soldats gouvernementaux blessés                     : ?  + 4.539 (chiffre trop bas)


Collabo   tués                                                      :   1..341

Collabo   blessés                                               :?  + 871  (chiffre trop bas)

Collaborateurs disparus                                       : ?  +   3 


 


Les chiffres indiqués sont  vérifiés par le recoupement des chiffres des pertes communiqués par la résistance & les médias occidentaux & Bassirat.net. 



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n° 220 - journal de l'Afghanistan - du 24-11 au 28-11- Suite1 - Emeute à Kaboul après la mort d'un civil, tué par les militaires occupants.

n° 220 - journal de l'Afghanistan - du 24-11 au 28-11- Suite1 - Emeute à Kaboul après la mort d'un civil, tué par les militaires occupants.


 journal de l'Afghanistan n° 220 - du 24-11 au 28-11

                                              M.Lemaire                                                                                 


Sommaire.

7 Brèves

7-1 S'il le pouvait, Karzaï abattrait les avions US.

7-2 Guantanamo : Les Brèves

1 L'ancien chauffeur de Ben Laden transféré au Yémen.

8 Dossiers

8-1 En Afghanistan, la victoire sera “made in USA” ou ne sera pas.

8-2 Obama Est Un Faucon, Dans La Grande Tradition Américaine.

Commentaire de la traductrice Mireille Delamarre sous forme de citations

8-3 Ali Gharib : amnistie pour Cheney et acolytes ?


7 Les Brèves

Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

7-1 S'il le pouvait, Karzaï abattrait les avions US.

Tension croissante entre les ’dirigeants’ afghans et les puissances occidentales occupantes.

Karzaï a déclaré que s'il le pouvait, il abattrait les avions qui bombardent les villages afghans.

Ces propos dénotent la tension croissante entre l'Afghanistan et les puissances occidentales qui le soutiennent face à une insurrection taliban de plus en plus confiante.

Alors que les Occidentaux dénoncent la corruption et l'inefficacité du gouvernement afghan, le chef de l'Etat, qui briguera sans doute un nouveau mandat l'an prochain, réplique en dénonçant les raids alliés qui ont fait des dcentaines de morts parmi les civils.

Ces dernières semaines, Hamid Karzaï a imputé aux Occidentaux l'aggravation de la situation dans le pays, en jugeant l'Otan incapable de s'attaquer aux sanctuaires des résistants au Pakistan et en réclamant que la coalition cesse de frapper les localités du pays.

"Nous n'avons pas d'autre choix, nous n'avons pas les moyens d'arrêter ces avions. Si nous pouvions, si je pouvais (...), nous les arrêterions, nous les abattrions", a déclaré Hamid Karzaï au cours d'une conférence de presse.

"Si nous avions un chelak (une sorte de lance-pierres), nous le jetterions pour arrêter les avions américains.

Nous n'avons pas de radars pour les arrêter, nous n'avons pas d'avions. J'aimerais pouvoir intercepter les avions sur le point de bombarder les villages afghans, mais je n'en ai pas les moyens."

Malgré la présence de 65.000 soldats étrangers épaulant les 130.000 hommes des forces de sécurité afghanes, les résistants ont consolidé cette année leur assise dans leur bastion traditionnel du sud et de l'est du pays et ont aussi étendu leur influence aux alentours de la capitale, Kaboul.

POURPARLERS

Hamid Karzaï a déploré trente ans de conflits et de misère, depuis 1979.

"Nous n'avons pas eu l'occasion de nous préserver du Mal, nous faisons donc de notre mieux pour chercher une solution à travers des pourparlers de paix", a-t-il ajouté en tendant à nouveau la main au chef  Mohammad Omar.

Karzaï a proposé à nouveau de garantir personnellement la sécurité du mollah s'il acceptait de se rendre et de respecter la constitution afghane.

Des responsables afghans ont pris contact en septembre avec d'anciens dirigeants taliban, sous l'égide de l'Arabie saoudite, mais les spécialistes jugent peu probable que la direction des taliban s'engage dans un dialogue sérieux alors qu'ils perçoivent le désarroi de leurs ennemis et sentent que le conflit pourrait basculer en leur faveur.

En visite à Kaboul, le secrétaire général de l'Otan, Jaap de Hoop Scheffer a estimé que c'était au gouvernement afghan de décider ou non d'engager des pourparlers de réconciliation.

Karzaï "J'ai demandé un calendrier pour l'élimination du terrorisme dans cette campagne militaire. Je n'ai pas demandé un calendrier de retrait des troupes étrangères",."Nous demandons à la communauté internationale de venir en Afghanistan pour améliorer la situation, pas pour l'aggraver. Nous ne voulons plus la guerre, nous voulons un bel avenir." a-t-il précisé

Reuters

26 11


7-2 Guantanamo : Les Brèves

Ndlr : La publication des articles  ne signifie nullement que la rédaction partage certaines analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

1 L'ancien chauffeur de Ben Laden transféré au Yémen.
Le gouvernement américain a transféré l'ancien chauffeur d'Oussama ben Laden, condamné en août par un tribunal militaire pour soutien au terrorisme, de la base de Guantanamo à une prison au Yémen. L'homme y purgera les dernières semaines de sa peine, a annoncé mardi le Pentagone.
Le Yéménite Salim Hamdane avait été condamné à cinq ans et demi de prison à l'issue du premier procès pour crimes de guerre organisé par les Etats-Unis depuis le second conflit mondial.

En raison des 61 mois passés en préventive, Hamdan devrait être remis en liberté à la fin de
l'année.
Au moment du verdict, le Pentagone avait fait savoir qu'Hamdan resterait détenu à l'expiration de sa peine en tant qu'"ennemi combattant", ce qui permet au gouvernement de le maintenir en détention sans limitation de durée. Le Pentagone ne mentionne plus cet aspect de la question dans son
communiqué mardi.
Hamdan était le premier détenu de Guantanamo jugé en vertu des procédures d'exception controversées mises en place par l'administration Bush pour des prisonniers non américains accusés de terrorisme et dont les aveux, ont été extorqués par la violence et la torture.
Le Yéménite, âgé d'une quarantaine d'années, avait été capturé en novembre 2001 en Afghanistan, puis envoyé à Guantanamo en mai 2002.
Le tribunal de Guantanamo l'avait jugé coupable de soutien au terrorisme parce qu'il avait notamment servi de chauffeur et de garde du corps à Ben Laden entre 1996 et novembre 2001 en Afghanistan. En revanche, le jury l'avait innocenté du chef d'inculpation de complot avec Al Qaïda en vue de commettre des crimes de guerre.
26 novembre 2008

Edicom
http://www.edicom.ch/fr/news/international/l-ancien-chauffeur-de-ben-laden-transfere-au-yemen_1188-5854632



8 Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

8-1 En Afghanistan, la victoire sera “made in USA” ou ne sera pas.

Des indications venues de sources dans les milieux de la défense à Bruxelles et un éditorial du New York Times qui recoupent ces indications en fixant leur “esprit” permettent de reconstituer les projets US pour l’Afghanistan avec la nouvelle présidence.

Sont-ce ceux d’Obama ou non?

C’est une autre affaire et il est encore trop tôt pour y répondre, – nous verrons plus loin nos spéculations à cet égard.

D’une part, nos “sources dans les milieux de la défense à Bruxelles”, à partir de constats très récents sur place, à un niveau significatif des consultations, permettent d’observer une forte poussée pour l’“américanisation“ des structures de cette guerre. L’appréciation générale est qu’il existe un processus de marginalisation accélérée de l’OTAN en tant que telle.

L’actuel chef de l’ISAF, l’Américain David McKiernan, ne suit plus la chaîne de commandement de l’OTAN. Il rend compte directement au nouveau commandant de Central Command, le général Petraeus.

Cerise sur le gâteau: comme les relations entre Petraeus et le SACEUR (commandant en chef suprême de l’OTAN, – le général Bantz J. Craddock, de l’U.S. Army comme Petraeus, on est en famille) sont exécrables, – «Ils se détestent», constatent nos sources, – le rôle de l’OTAN est ainsi complètement marginalisé au niveau du contrôle des opérations.

La tâche vitale de l’information (médias) est en train d’être prise en main par les Américains et, elle aussi, “américanisée”, c’est-à-dire complètement soumise au contrôle de la propagande militaire US, comme ce fut le cas en Irak. Il n’y aura donc plus de mauvaises nouvelles de la guerre, comme on lit dans les journaux européens, et l’on pourra songer à remporter la victoire. Il s’agit d’un processus complet d’“américanisation” de la guerre.

On trouve dans l’éditorial du New York Times, du 21 novembre la confirmation “conceptuelle” et selon “la ligne du Parti” suivi pas à pas par la Pravda locale (circa Brejnev), – comme dirait John R. MacArthur. En gros, nous dit l’article:

• Cessez vos gamineries de vouloir parler sérieusement aux talibans (une idée britt, ça, avec toutes les poules mouillées de l’OTAN prêtes à se jeter dessus). Bien sûr, on peut offrir le thé à l’un ou l’autre après exament hygiénique réglementaire mais, en général, ces gens ne sont pas fréquentables, point final. Extraits (le “(as well as us)” vaut son pesant de “Pravda locale”).

«At the same time, we are deeply skeptical that there is any deal to be cut with Taliban leaders who gave sanctuary to Al Qaeda before 9/11 and would undoubtedly insist on re-imposing their repressive, medieval ways, including denying education and medical care to women.

»We fear that some NATO members may be so eager to withdraw their troops that they would be willing to trade away the Afghans' future. Or that the Afghan president, Hamid Karzai, may be far too eager to compromise in hopes of increasing his re-election chances. He made aides to Obama (as well as us) nervous this week with an offer, since rejected, to draw the Taliban leader Mullah Mohammad Omar into negotiations.»

• Nous n’avons jamais fauté dans cette affaire afghane, y compris du temps (NDLR: maudit, semble-t-il désormais) de l’affreux G.W. Bush. Au contraire, les cloches sonnèrent et l’on cria “Noël, Noël” lorsqu’arrivèrent les armadas américanistes... «There was real joy in Afghanistan - and around the world - when America and its Afghan allies defeated the Taliban and Al Qaeda. Seven years later, both are back with a vengeance.»

• Si Bush est un crétin, et il l’est fort réglementairement en vérité, c’est pour n’avoir pas cogné assez fort en Afghanistan, à cause de sa “disastrous war” en Irak (que le Congrès, démocrates compris, soutint, que nous-même, de la “Pravda locale”, soutînmes avec tant de zèle, tant d’amour et tant de “real joy in [Iraq] – and around the world”)... «President Bush shortchanged the Afghan war in favor of his disastrous Iraq war. Karzai is also culpable. His government's venality and ineptitude has driven his people back to the extremists. Bush has belatedly woken up to the mess he created and sent more – although still not enough – troops to Afghanistan.»

• Mais, comme le savent les humanistes, «Force alone will not defeat the militants». Alors, la meilleure chance de l’Afghanistan, c’est un engagement massif des USA. Avec tout le tralala, – la démocratie, l’aide économique toujours si judicieuse, le rétablissement des bonnes moeurs avec la fin de la corruption dont on sait combien les USA sont prompts et habiles à l’éradiquer, et ainsi de suite.

«Afghanistan's only chance is a long-term U.S. commitment that also includes far more economic assistance and support for political development. Washington also must come up with a better mixture of incentives and pressures to persuade Pakistan to shut down havens of the Taliban and Al Qaeda. Karzai must cut all ties with corrupt officials and clean up and strengthen his national police.»

• ...Et surtout, surtout, nous allions oublier, – vite, vite, des soldats en plus, sans attendre par pitié... «Instead of leaving it to Obama, Bush should quickly authorize the extra 20,000 U.S. troops that his commanders have requested...»

Ainsi, le programme de Washington new age semble-t-il tracé, à l’intention d’Obama et de tous les amis.

Chouette... refaire l'Irak en Afghanistan

Nos sources citées plus haut résumaient l’esprit et l’organisation de la chose en observant: «En Afghanistan, les Américains ne veulent plus entendre parler de l’OTAN, ils détestent l’OTAN...»; puis, poursuivant jusqu’à la conclusion: «Ils sont en train de se préparer pour refaire ce qu’ils ont fait en Irak.»

Dans tous les cas, on doit remarquer avec quel zèle et quelle précocité on est en train de “préparer le terrain” pour les ambitions supposées du président Obama vis-à-vis de l’Afghanistan. Ses déclarations de campagne ont été interprétées au mot près, et au-delà, et le Pentagone prépare à sa façon la transition. La hache de guerre entre Petraeus et la direction du Pentagone (Gates-Mullen), si vivement maniée du temps de l’amiral Fallon à la tête de Central Command, est aujourd’hui enterrée opportunément. Petraeus s’avère maniable et adaptable selon la fortune politique du temps, ce qui ne peut étonner. Il a été confirmé à la tête de Central Command à la fin octobre par le Congrès, cela aussi pour marquer le début de la transition si l’on veut. (Ce curieux délai entre sa nomination en avril et sa confirmation fin octobre laisse également à penser; profitons-en pour constater qu’il n’est pas interdit de penser que l’explication pourrait en être un accord entre l’équipe Gates-Mullen et Petraeus conditionnant l’accès effectif de ce dernier à ce poste à une date de prise de commandement où l’influence des fous type Cheney n’est plus à craindre.) L’attitude de Petraeus vis-à-vis de l’Irak et de la région alentour a complètement changé et il recherche désormais des arrangements conformément à la stratégie Gates-Mullen (Fallon), évidente depuis 2007, qui est d’abandonner le “front” irakien pour le “front” Afghanistan-Pakistan. (On a vu cela en septembre, lorsque Petraeus a voulu rencontrer le président syrien Assad; cela lui a été refusé par Bush et il devra attendre l’entrée en fonction d’Obama.)

De ce point de vue, la pièce est en place et les personnages réalignés selon les nouvelles tendances dominantes.

La méthode, elle, n’a pas changé. Si l’Afghanistan devient le “théâtre” n°1 du Pentagone, cela se jouera conformément à la partition US habituelle: concentration totale des pouvoirs chez les généraux US, mise au pas des alliés, communication sous contrôle, extension de la tactique déjà connue (frappes aériennes, “surges” divers ici ou là, le tout saupoudré d’un peu de “winning hearts and minds”). On peut même s’attendre à une accentuation des aspects les plus gênants pour le Pentagone, qui serait dans ce cas la liquidation de Karzaï, pas assez docile. (Il importe de ne pas recommencer l’expérience Maliki de l’Irak, ce Premier ministre élu “démocratiquement” qui menace de priver le Pentagone de la grosse poignée de bases géantes qu’il veut conserver dans ce pays.)

Où trouve-t-on Obama dans ce schéma? Dans ce cas, contrairement à celui du système BMDE ou dans celui, plus ambigü, de l’Irak, il est totalement prisonnier de ses promesses électorales. C’est lui-même qui, aiguillonné par des conseillers qui répercutaient la pensée Gates-Mullen du Pentagone, a lancé l’idée d’une concentration sur le front Afghanistan-Pakistan. Considérée (déjà) rétrospectivement, la chose ne manque pas de piquant; Obama n’a fait que suivre une tendance d’ores et déjà évidente, comme on l’a vu, chez des gens comme Fallon dès 2007 et qui est aujourd’hui imposée par les événements (Gates réclame depuis plusieurs mois le transfert de plusieurs brigades d’Irak en Afghanistan, ce qui résume en termes militaires, selon le Pentagone, le programme “politique” d’Obama vis-à-vis des guerres extérieures: “retrait” d’Irak, renforcement de la guerre en Afghanistan). Obama peut difficilement aller contre cette tendance, qui implique un retour à, ou plutôt un maintien de la formule “maximaliste” du Pentagone, notamment du point de vue budgétaire et des embouteillages logistiques, mise au point avec un succès si convaincant en Irak. (Il faut avoir le coeur bien accroché pour voir dans l’Irak d’aujourd’hui, dans ses ruines, dans ses divisions, dans sa nouvelle proximité de l’Iran, un “succès” américaniste et occidental. C’est une spécialité américaniste et occidentale, le coeur bien accroché.)

On retrouve dans ce cas des points de blocage sévères de l’exécutif et du gouvernement des USA, notamment au niveau du budget et de la situation financière et comptable de ce même gouvernement. Le Pentagone continuera son escapade hors de tout contrôle. La puissance US continuera sa pente d’auto-dévastation, sous le regard intéressé des Russes avec lesquels il faudra s’arranger sur le “front” européen pour qu’ils permettent les voies d’accès du ravitaillement vers l’Afghanistan par la Russie. Obama rencontre effectivement une de ces occurrences où il se trouvera tragiquement pris en sandwich entre les réalités exigées par le système et ses promesses électorales, mais des promesses qu’il est très difficile d’oublier comme c’est l’habitude parce que la crise économique et sociale ne souffre pas d’attendre.

Que fait l’OTAN “dans ce schéma”? Elle est critiquée, détestée, vilipendée, méprisée, mais elle sera mise à contribution, cette fois sans concession au niveau de l’apparence du commandement, de l’apparence du contrôle des forces, de toutes les apparences qui font qu’elle semble encore exister. Les pays membres de l’OTAN, eux, seront invités à rester à leur place, qui leur sera aménagée en fonction du nouveau commandement US, avec des renforts si possible, sinon proclamés nécessaires, – par exemple, comme le leur avait demandé le candidat Barack Obama. La formule irakienne, qui a si bien marché, pourrait être reconduite, type “coalition of the willing“ à-la-Rumsfeld”, tout le monde étant convié “à vouloir” avec le petit doigt sur la couture du pantalon. On a déjà commencé dans ce sens, avec l’invitation pressante faite aux Britanniques d’interrompre leur retrait d’Irak vers leur métropole, pour le transformer en transfert d’Irak vers l’Afghanistan. Contents? C’est pourtant déjà du Obama, bien plus que du Bush, – et c’est toujours pour défendre la civilisation contre ces moeurs médiévaux (ceux des talibans et assimilés divers)...

Bien, on ne fait ici qu’évoquer un des scénarios possibles. Mais on le fait en notant combien il est logique qu’il soit développé, combien il est déjà en train d’être développé, notamment grâce à l’opportun général Petraeus. On le fait en remarquant également qu’à chaque perspective risquée, même involontaire, d’Obama, on retrouve le Pentagone avec le CMI en sautoir, ou l’inverse, et déjà au travail pour préparer la présidence Obama. C’est le noeud gordien de cette présidence éventuellement “révolutionnaire”, qui va commencer évidemment par être une présidence verrouillé... Ne perdez jamais espoir, camarades: plus elle sera verrouillée, plus la crise fera pression sur elle, plus il sera peut-être nécessaire qu’elle devienne “révolutionnaire” pour espérer s’en sortir (voir notre très sympathique “American Gorbatchev”).

 22 novembre 2008 —
http://www.dedefensa.org/article-en_afghanistan_la_victoire_sera_made_in_usa_ou_ne_sera_pas_22_11_2008.html

22/11/2008 - Faits et commentaires


8-