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08/08/2012

Subject: n°31- Libye : Dossiers Analyse, Géopolitique et stratégie - A - 08-08 - : La Libye après l'intervention impérialiste.


Subject: n°31- Libye : Dossiers Analyse, Géopolitique et stratégie - A - 08-08 - : La Libye après l'intervention impérialiste.


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Libye : Dossiers  Analyse, Géopolitique et stratégie 

 

n°31 du 08-08

C.De Broeder & M.Lemaire



Sommaire

 

Mohamed Belaali : La Libye après l’intervention impérialiste.

Dans « l'impérialisme est l'ennemi des peuples : le cas de la Libye », nous avons écrit : « Profitant de la révolte du peuple libyen contre le régime de Kadhafi devenu despotique et anachronique, l’impérialisme américain et son caniche européen tentent par tous les moyens d’intervenir en Libye pour installer un régime qui servira leurs intérêts (…) Le peuple libyen serait alors privé de sa révolution, de sa richesse et connaîtrait une situation aussi tragique que celle que subit actuellement le peuple irakien ou afghan par exemple » (1).

 Aujourd'hui cette tragédie est de plus en plus évidente. Règlements de comptes, torture, violence ethnique, corruption généralisée, milices surarmées formées d'anciens « rebelles » se retournant les unes contre les autres, tribus réclamant leur autonomie, pouvoir central impuissant et compagnies pétrolières étrangères pompant allègrement le pétrole du peuple libyen, voilà à quoi ressemble la Libye après l'intervention impérialiste.

Du 27 juin au 1er juillet 2012, des affrontements entre tribus rivales ont fait 47 morts et plus d'une centaine de blessés dans le sud-est libyen

(2). Dans le sud-ouest et plus précisément dans les villes de Mizdah et Al-Chakika des combats entre les tribus de Zentan et d’Al-Machachiya ont fait 105 victimes et des centaines de blessés. En avril 2012, des groupes armés s'affrontaient près de Zouara à 80 km de Tripoli (3). Les différentes milices (plus de 100 rien qu'à Tripoli !) non contentes de s'entretuer, font régner une véritable terreur sur l'ensemble du territoire libyen. Leurs trafics notamment d'armes et d'alcool dégénèrent en règlements de comptes violents : « Chaque milice a son quartier et une véritable économie de la violence s’est mise en place. Il y a de l’alcool, des armes, des trafics des luttes d’influence. Tout cela dégénère très vite en règlements de comptes ; on a tous les ingrédients d’une guerre civile larvée... »disait Patrick Haimzadeh ancien diplomate français (4). Dans son dernier rapport sur la Libye, Amnesty International constate que « un an après le soulèvement, des milices au comportement "anarchique" commettent des violations massives ». Les milices de Misratah et de Zintan « ont ainsi chassé de chez eux tous les habitants de Tawargha, soit environ 30 000 personnes, et ont pillé et incendié leurs logements en représailles contre des crimes que des Tawarghas sont accusés d’avoir commis pendant le conflit. Des milliers de membres de la tribu des Mashashyas ont eux aussi été forcés à quitter leur village par des miliciens de Zintan » (5). Il ne s'agit là que de quelques exemples de ces crimes, de ces affrontements entre tribus, milices et autres seigneurs de guerre. Malgré cette « guerre de tous contre tous », la production de pétrole assurée par des compagnies étrangères, quant à elle, coule à flots. Elle a même retrouvé son niveau d'avant l'intervention impérialiste !

La violence, l'arbitraire et l'anarchie, au mauvais sens du terme, font partie intégrante du quotidien des libyens auxquels l'OTAN avait pourtant promis démocratie, liberté, respect des droits de l'Homme et tutti quanti. Non seulement le Conseil National de Transition (CNT) tolère ces crimes, mais il les encourage. Ainsi le 2 mai 2012, le CNT a voté une loi(loi 38) protégeant les responsables de ces exactions si elles ont pour but de « promouvoir ou protéger la révolution » (6).

L'intervention impérialiste a brisé également l'unité du peuple libyen. En mars 2012, la Cyrénaïque, un tiers du territoire, où se trouve l'essentiel des ressources pétrolières et gazières a proclamé son autonomie. Son Conseil intérimaire est dirigé par le prince Ahmed Al Zoubaïr al Senoussi petit neveu du roi Idriss Al Sanoussi.

A quelques jours des élections de l'assemblée constituante du 7 juillet 2012, des incidents violents se sont produits dans cette région de l'est libyen.

Le 1er juillet 2012, des hommes armés ont saccagé les bureaux de la commission électorale de Benghazi pour protester contre la répartition des sièges dans la future assemblée constituante qui devrait être élue le 7 juillet. Ils réclament pour la Cyrénaïque un nombre de sièges égal à celui des des deux autres régions, la Tripolitaine (ouest) et le Fezzane (sud). Le 5 juillet, c'est le dépôt contenant le matériel électoral qui a été incendié à Ajdabiya. Le 6 juillet, un fonctionnaire de la commission électorale a été abattu. Son hélicoptère, qui transportait des urnes, a été la cible des tirs d'armes légères (7). Le 7 juillet, un homme hostile aux élections a été tué dans un échange de tirs à Ajdabiya.

La Cyrénaïque comme d'ailleurs les Toubous (ethnie du sud d'origine africaine) appellent au boycott du scrutin du 7 juillet 2012.

Berbères, Toubous et autres Touaregs revendiquent, eux, leur spécificité culturelle et linguistique (8) et les tensions avec les tribus arabes dominantes se règlent souvent les armes à la main faisant plusieurs dizaines de morts. L'éclatement de la nation libyenne, construction récente et fragile, en entités plus ou moins indépendantes du pouvoir central et dominées par des tribus s'entretuant mutuellement est un risque réel, conséquence directe de l'intervention impérialiste.

L'autre conséquence directe de l'intervention militaire occidentale en Libye est le morcellement du Mali. Car si l'OTAN n'avait pas envahi la Libye et imposé un CNT à sa solde, jamais le Nord du Mali n'aurait pu être occupé par le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) et ses alliés islamistes. L'occupation de vastes territoires maliens est rendu possible grâce à la complicité des États-Unis, de la France et de leurs serviteurs locaux regroupés dans la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Les armes qui ont permis aux assaillants de s'emparer des deux tiers du territoire malien provenaient des arsenaux libyens. Le Qatar qui a participé à la guerre en Libye et qui finance avec l'Arabie Saoudite l'opposition syrienne, apporte son soutien financier, sous couvert d'aide humanitaire, aux mouvements armés qui agissent au nord du Mali. « Le gouvernement français sait qui soutient les terroristes. Il y a le Qatar par exemple qui envoie soi-disant des aides, des vivres tous les jours sur les aéroports de Gao, Tombouctou etc. » disait Sadou Diallo maire de Gao (9). Mais ce que le maire n'a pas compris, c'est que la France dont il demande l'intervention militaire, travaille main dans la main avec le Qatar sous la houlette des États-Unis qui, eux, agissent bien sûr à travers l'OTAN mais aussi à travers l'AFRICOM (Commandement militaire des États-Unis pour l'Afrique ). Ce commandement leur permet non seulement de contrer la présence chinoise en Afrique, mais aussi et surtout de s'approprier les immenses richesses minières et pétrolières du continent. C'est dans ce cadre général qu'il convient de situer l'intervention impérialiste en Libye et ses prolongements au Mali.

L'intervention impérialiste en Libye a fait des dizaines de milliers de victimes innocentes. Elle a détruit l'essentiel de l'infrastructure économique du pays. Elle a brisé l'unité de la nation libyenne. L'impérialisme américain et son supplétif européen ont imposé au peuple libyen par la violence un pouvoir sans légitimité aucune, mais qui leur est totalement soumis. Les bourgeoisies occidentales, à travers leurs compagnies, peuvent désormais pomper, tels des vampires, le pétrole libyen en toute quiétude. Mais ces rapaces sont insatiables. Leurs visées impérialistes portent maintenant sur le sous sol de tout le Sahel africain en exploitant les mécontentements des populations marginalisées par les régimes en place. La destruction de la Libye rappelle étrangement la destruction de l'ex-Yougoslavie, de l'Irak, de l'Afghanistan, de la Côte d'Ivoire et bien d'autres États encore. Aujourd'hui, l'impérialisme américain et européen avec l'aide de leurs alliés locaux (Arabie Saoudite, Qatar, Turquie etc.) sont en train de détruire la Syrie pour imposer, là encore, un pouvoir à leurs bottes. Toutes les nations qui n'ont pas les moyens militaires pour se défendre sont des cibles potentielles de l'impérialisme. Cette violence exercée sur des peuples sans défense est intimement liée aux fondements même du système capitaliste dont le seul et unique but est la maximisation du profit par tous les moyens. Rien n'arrêtera cette minorité d'exploiteurs d'exercer sur l'immense majorité d'exploités, à travers le monde, une répression et une cruauté sans limite pour atteindre leur objectif. La résistance et le combat pour la destruction du capitalisme doivent être planétaires.

Mohamed Belaali

http://www.belaali.com/

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(1) http://www.belaali.com/article-l-imperialisme-est-l-ennemi-des-peuples-le-cas-de-la-libye-68565735.html

(2) http://www.jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20120701101410/

(3)http://www.rfi.fr/afrique/20120404-libye-reprise-affrontements-entre-groupes-armes-zouara-ouest-tripoli

(4)http://www.bbc.co.uk/afrique/nos_emissions/2012/02/120215_invite.shtml

(5) http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Crises/Afrique-du-Nord-Moyen-Orient/Actualites/Libye-un-apres-le-soulevement-des-milices-commettent-des-violations-massives-4673

(6) http://allafrica.com/stories/201205110309.html

(7) http://www.humanite.fr/monde/libye-premieres-elections-sous-tension-500391

(8) http://www.irinnews.org/fr/Report/95542/LIBYE-Les-minorit%C3%A9s-libyennes-revendiquent-leurs-droits

(9) http://www.rtl.fr/actualites/culture-loisirs/international/article/sadou-diallo-maire-de-gao-au-mali-le-gouvernement-francais-sait-qui-soutient-les-terroristes-il-y-a-le-qatar-775034

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/la-libye-apres-l-intervention-120029



Derek Ford : L’intervention "humanitaire" a provoqué une catastrophe humanitaire.

Des milices armées, employées par le CNT pour combattre les partisans de Kadhafi, continuent de sillonner le pays, pillant les villages et se livrant à des assassinats, enlèvements et tortures.

"La situation des Droits humains est bien pire aujourd’hui que sous le Colonel Kadhafi" selon l’Observatoire Libyen des droits de l’homme

Neuf mois après le renversement par l’OTAN et les Etats-Unis de Mouammar Kadhafi en Libye, le pays est toujours la proie de la violence et du désordre, et les violations des droits humains y sont monnaie courante.

En fait, selon Nasser al-Hawary de l’Observatoire Libyen des droits de l’homme : "La situation des Droits humains est bien pire aujourd’hui que sous le Colonel Kadhafi." (Inter Press Service, 14 juillet). Cette déclaration est d’autant plus significative qu’elle provient d’un opposant politique de l’ancien gouvernement.

Le Conseil National de Transition, l’organe pro-impérialiste qui gouverne la Libye, s’est révélé incapable de faire respecter son autorité dans le pays. Des milices armées employées auparavant par le CNT pour combattre les supporters de Kadhafi continuent de parcourir le pays, pillant les villages et torturant, tuant et enlevant des gens sur leur passage.

Les Libyens à la peau noire et les immigrants africains sont les premières victimes de la terreur que les milices font régner. Les violences racistes ont été un élément central de la "révolution" libyenne qui s’est déclenchée le 17 février 2011.

Avant le soulèvement, la Libye accueillait environ 1 million de travailleurs immigrés. La propagande que les rebelles produisaient avec un talent particulier, a diaboliquement ciblé les immigrés noirs présentés comme des "mercenaires" du gouvernement Kadhafi de sorte que les Africains noirs ont été lynchés, torturés et emprisonnés parce qu’ils étaient noirs. Ce racisme dure toujours. En mars dernier, on a diffusé une vidéo qui montrait des Africains noirs détenus dans un zoo de Benghazi par des rebelles qui les torturaient et les forçaient à manger le drapeau de l’ancien pouvoir.

Le CNT retient encore en prison plus de 6000 personnes dans le pays. Dans le désert autour de Sabha, au sud-ouest de la Libye, plus de 1300 immigrés, la plupart d’Afrique sub-saharienne, sont détenus dans des prisons à ciel ouvert. Les détenus dorment à même le sol sans abri et sans matériel de couchage et l’eau et la nourriture manquent.

La situation des droits humains en Libye aujourd’hui n’est pas seulement pire que sous Kadhafi, comme dit al-Hawary ; c’est le jour et la nuit.

De fait, un rapport du 4 janvier 2011 du Conseil des droits humains de l’ONU de l’Assemblée Générale a donné une appréciation globalement positive de la situation des droits humains sous le gouvernement de la Jamahiriya et de Kadhafi. On lit dans la conclusion de ce rapport : "Plusieurs délégations ont aussi noté avec plaisir la détermination du pays à faire respecter les droits humains sur le terrain." La grande majorité des 46 délégations qui ont participé à l’étude ont félicité le gouvernement de la Jamahiriya de sa détermination à faire respecter les droits humains et de ses progrès dans ce domaine.

La répression politique dans la Libye "libre"

Les médias impérialistes ont applaudi les élections du 7 juillet comme le signe de la naissance d’un nouvel état démocratique. Ils n’ont quasiment pas signalé toutefois que, comme l’a reconnu lui-même le CNT, presque 40% des électeurs ont boycotté l’élection. De plus, les membres de l’ancien gouvernement qui n’avaient pas rallié le camp impérialiste n’ont pas été autorisés à se présenter aux élections. Et des dizaines de milliers* de Libyens ont été exclus des listes électorales à cause de leur soutien au gouvernement de la Jamahiriya.

Sans surprise, Mahmoud Elwarfally Jibril, l’ancien premier ministre du CNT, a été déclaré vainqueur.

Plus tôt dans l’année, le CNT avait mis en place une loi dite "loi de glorification" qui permettait de mettre en prison les gens qui disaient du bien du gouvernement de Kadhafi ou critiquaient le soulèvement contre Kadhafi. Bien que la loi ait été abrogée en juin, elle a toujours de l’effet. Les enseignants en Libye hésitent à parler de l’histoire des 42 dernières années de leur pays par crainte des représailles et il semblerait que des livres d’histoire aient été censurés en vertu de cette loi.

Ce qui se passe aujourd’hui en Libye est un autre exemple de la "liberté" et de la "démocratie" que les bombes de l’OTAN et des Etats-Unis procurent.

Derek Ford

Liberation News

Pour consulter l’original : http://www.pslweb.org/liberationnews/news/human-rights-disas...

Traduction : Dominique Muselet

URL de cet article 17277 

http://www.legrandsoir.info/libye-l-intervention-humanitaire-a-provoque-une-catastrophe-humanitaire-liberation-news.html

* cet article oublie de signaler que plus d'un million de Libyens (sur 5 millions !) se sont réfugiés dans les pays voisins et n'ont donc pu (l'auraient-ils voulu ???) voter, car le "gouvernement" CNT leur refuse désormais le statut de citoyen "Libyen" au titre qu'ils seraient de nationalité ..."kadhafiste".


 Dans un entretien accordé au journal français "Le Parisien", le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, évoque la situation, au Sahel, et ses répercussions sur la stabilité dans la sous-région.
Le ministre estime que «l'adoption, jeudi, à l'initiative de la France, de la résolution 2.056 du Conseil de sécurité de l'ONU, sur le Mali, est, déjà, un pas important qui en appelle d'autres».
Le ministre a estimé que le Sahel «risque d'apparaître, demain, comme un sanctuaire du terrorisme,, un nouvel Afghanistan, miné par l'islamisme, au cœur de l'Afrique. On a sous-estimé ,politiquement, la fragilité du Mali et les conséquences de la chute de Kadhafi, dont une partie des milices soutenant le régime sont passées au Mali». Le ministre français de la Défense a souhaité un engagement européen, au cas où l'option d'une intervention armée soit fixée pour le Nord du Mali.
«Il faut maintenant que l'Union africaine trouve les voies et les moyens de la mise en œuvre d'un tel dispositif qui sera soumis à une nouvelle résolution, mais ce n'est pas la vocation des forces françaises. Si cette initiative appelle un soutien d'autres acteurs, il serait souhaitable que celui-ci soit européen», dira Jean-Yves Le Drian, à propos de la résolution onusienne qu'il a citée. Les organisations terroristes, notamment, l'Aqmi et le Mujao, tirent profit d'importants lots d'armes libyennes volées de casernes de l'armée libyenne, au cours du conflit armé, qui a abouti à la chute de Mouammar el-Kadhafi.

09/07/2012
http://french.irib.ir/info/afrique2/item/199337-france-%C2%ABon-a-sous-estim%C3%A9-les-cons%C3%A9quences-de-la-chute-de-kadhafi%C2%BB

 


 
www Romandie: CH/Regain d'intérêt des entreprises suisses pour le marché libyen. …

 Même si les sanctions économiques ont cessé, le commerce entre la Libye et la Suisse peine à redémarrer. Les grandes sociétés estiment la situation politique encore trop incertaine. Toutefois, l'or noir libyen se déverse à nouveau en abondance en Suisse.

Les exportations helvétiques en Libye n'ont jamais été particulièrement importantes. Ce pays nord-africain achetait avant tout des machines et des produits pharmaceutiques.

En 2007, bien avant la crise diplomatique entre Tripoli et Berne, elles s'élevaient à 278,6 millions de francs, indiquent les statistiques de l'Administration fédérale des douanes. Cela correspondait à peine 0,14% des exportations suisses. L'an passé, ce taux était symptomatiquement encore plus faible: 0,04%.

La Suisse de son côté s'intéresse surtout au pétrole brut libyen. Avant la guerre civile de 2011, les importations d'or noir ont pu représenter de 0,86 à 1,68% des importations helvétiques selon les années. Elles ont reculé en 2009 suite à l'arrestation en été 2008 à Genève d'Hannibal Kadhafi, le fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. Elles ont même chuté à 0,07% l'an passé.

TENSIONS APAISÉES

Aujourd'hui, les tensions entre les deux pays se sont apaisées. Une crise avait éclaté en juillet 2008 lorsque deux hommes d'affaires suisses -Max Göldi et Rachid Hamdani- avaient été emprisonnés en représailles peu après l'arrestation d'Hannibal Kadhafi.

Les deux Suisses ont été libérés après 53 jours mais avec l'interdiction de sortir du territoire libyen durant de nombreux mois. L'affaire a pris fin en été 2010.

Les sanctions économiques réciproques ont été levées depuis janvier et les importations de pétrole brut libyen ont retrouvé leur niveau d'avant la crise. Toutefois, environ 100 millions de francs d'avoirs libyens restent bloqués en Suisse.

"TRANSITION DÉMOCRATIQUE"

Les premières élections législatives libres après plus de 40 ans de dictature sous Mouammar Kadhafi se sont déroulées début juillet. Elles ont vu la victoire de l'Alliance des forces nationales (libérale) conduite par l'ancien Premier ministre du Conseil national de transition Mahmoud Jibril.

Maints pays occidentaux, dont la Suisse, ont salué le bon déroulement de ce scrutin. Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a évoqué "une étape importante" et appelé les Libyens "à poursuivre sur la voie de la transition démocratique".

SÉCURITÉ JURIDIQUE

"Il est maintenant important que le gouvernement soit constitué", souligne Stefan vonBelow, porte-parole du DFAE contacté par l'ats. "Ce nouveau gouvernement doit disposer de la légitimité pour prendre des décisions importantes dans le domaine commercial et économique."

Par ailleurs, la législation libyenne devrait être actualisée afin de contribuer au développement des activités commerciales et des investissements étrangers. La sécurité juridique est un facteur déterminant pour rendre la Libye à nouveau attrayante aux entreprises helvétiques, analyse M. vonBelow.

Pour l'instant, aucun investissement n'a été répertorié cette année provenant de sociétés suisses jusqu'à présent absentes du marché libyen. Cependant, cela pourrait changer. Le DFAE signale que plusieurs fois des entreprises ont consulté l'ambassadeur helvétique à Tripoli Michel Gottret pour d'éventuels projets.

INFRASTRUCTURES À DÉVELOPPER

L'Office suisse d'expansion commerciale (Osec) reste plus prudent. Aucune nouvelle demande d'information d'entreprises ne lui est parvenue cette année, indique à l'ats son porte-parole Patrick Djizmedjian. Elles doivent estimer qu'il y a encore trop d'incertitudes même si leurs responsables observent sans doute la situation de près.

"Lorsque la Libye sera stabilisée politiquement et socialement, ce pays deviendra certainement intéressant pour des investissements", avance M. Djizmedjian. "Il y a là-bas un besoin considérable de développer les infrastructures."

Les bureaux d'ingénieurs sont particulièrement demandés, mentionne Stefan vonBelow, porte-parole du DFAE. Outre les domaines traditionnellement demandés comme les produits pharmaceutiques et les instruments médicaux, les perspectives pour le secteur de l'énergie sont prometteuses.

http://www.romandie.com/news/n/CHRegain_d_interet_des_entreprises_suisses_pour_le_marche_libyen66300720120623.asp


 

Au jour le jour

Une attaque frappe le bâtiment de l'intelligence militaire de Benghazi.  

Une attaque à la bombe a endommagé le bâtiment de l'intelligence militaire de Benghazi, deuxième plus grande ville de Libye, tôt mercredi matin, a indiqué un responsable de la sécurité à Xinhua.
L'attaque n'a fait aucune victime, mais la surface de la structure de deux étages a été sérieusement endommagée dans l'explosion, selon le Lieutenant Colonel Khalid Hydar, officiel responsable de la sécurité de la ville. Plusieurs bâtiments environnants ont également été touchés.
L'identité des assaillants demeure inconnue, a-t-il mentionné.
Une vague de violence contre des installations de sécurité à Benghazi fait rage depuis le 20 juillet, début du Ramadan. Plusieurs attaques ciblaient des officiels de l'ancien régime de Kadhafi, a ajouté M. Hydar.
Lundi, des responsables de la sécurité ont démantelé une bombe à retardement dans un hôtel de luxe de Benghazi.
Le niveau de sécurité général s'est détérioré en Lybie, avec un nombre grandissant d'enlèvements, de pillages et autres formes de violence, tandis qu'une grande quantité d'armes réparties entre les mains des citoyens est devenue le plus grand défi relié à la sécurité.

01/08/2012

http://french.cri.cn/621/2012/08/01/483s290400.htm

L’armée libyenne confirme le survol de l’espace aérien de Benghazi par un drone - L’état-major général des armées libyennes a reconnu qu’un avion de surveillance sans pilote a survolé l’espace aérien de la ville de Benghazi au cours des deux derniers jours, pour mettre un terme à la rumeur et aux commentaires les plus invraisemblables sur cet événement.
L’armée a indiqué, dans un communiqué, que cette surveillance s’inscrit dans le cadre d’un accord signé après la libération entre la Libye et les pays amis,  pour le contrôle et la protection de l'espace aérien libyen. 
Le communiqué explique que le drone est entré l'espace aérien libyen, avec l’autorisation préalable des autorités compétentes et était sous la surveillance des forces de défense aérienne.
Le document précise que l'avion a survolé l’espace aérien à une altitude de 13 mille pieds, pour éviter que sa marque ou son pavillon ne soit perceptible

09/07/2012

http://www.afriquejet.com/un-drone-survol-lespace-aerien-de-benghazi-2012080542770.html


RIA Novosti : Le chef du Comité olympique national enlevé.

Le président du Comité olympique libyen Nabil Elalem a été enlevé par des inconnus dimanche à Tripoli, rapportent les médias occidentaux citant des collègues du responsable.
Selon les informations dont on dispose pour le moment, M.Elalem se déplaçait dans sa voiture avec un collaborateur quand deux véhicules transportant des hommes armés vêtus d'uniformes militaires se sont interposés.
"Ils ont dit qu'on avait besoin de lui et qu'il devait les suivre. Il ademandé à ces gens s'il pouvait prendre son ordinateur portable et son téléphone, et puis les deux voitures sont parties avec lui", a fait savoir le fonctionnaire du Comité olympique libyen Arafat Jwan.Ensuite, le porte-parole du Comité a annoncé aux journalistes que les ravisseurs avaient prétendu faire partie de l'armée.
Une révolte dirigée contre le régime de Mouammar Kadhafi a éclaté en Libye à la mi-février 2011. Le leader libyen a violemment réprimé les manifestations des opposants, qui ont ensuite dégénéré en guerre civile.
Les hostilités ont duré de février à octobre 2011 et se sont soldées par la victoire de l'opposition libyenne soutenue par l'Otan, dont l'organe directeur, le Conseil national de transition (CNT), a pris le pouvoir dans le pays. Le 20 octobre 2011, le colonel Kadhafi a été tué par des rebelles. Le conflit a fait des milliers de morts et causé un préjudice énorme à l'économie libyenne. En dépit de l'arrêt des hostilités, la situation dans le pays reste tendue, plusieurs groupes armés d'anciens rebelles se livrant à des activités illégales.

 

RIA Novosti

16 juillet -
http://fr.rian.ru/world/20120716/195365387.html



Sur le terrain - Des Canons ... pas du beurre

Abdeljalil révèle : "Le plan de libération de Tripoli a été préparé au Qatar"

Mustapha Abdeljalil, président du conseil national de transition libyen, a déclaré que le Qatar a dépensé plus de deux milliards de dollars pour la révolution de son pays, révélant pour la première fois que le plan de libération de la capitale Tripoli a été préparé dans cette monarchie pétrolière du Golfe.
Abdeljalil a minimisé de la portée de l’intervention qatarie en Libye, estimant qu’elle a été beaucoup amplifiée, rapporte le site du journal libyen quryna.
Le chef du CNT a ajouté en marge des séances culturelles ramadanesques organisées par la faculté des études islamiques dans la ville d’Al-Bayda, que le Qatar appuie les courants islamistes et sa vision penche vers la construction d’un système arabe fondé sur la Charia comme mode de gouvernance.
Il a encore dit qu’aucun Libyen n’est allé au Qatar, sans qu'il ne lui octroie une somme d’argent, certains l’ont livré à l’Etat, et d’autres l’ont gardé pour eux-mêmes.
"Je dis toujours que celui qui nie le rôle du Qatar est réellement un ingrat", a-t-il encore souligné.

 02/08/2012

http://www.gnet.tn/revue-de-presse-internationale/abdeljalil-revele-le-plan-de-liberation-de-tripoli-a-ete-prepare-au-qatar/id-menu-957.html




 

3  Politique des Usa

Almanar : William Burns en Libye pour parler de "coopération" en matière de sécurité.

Le secrétaire d'état adjoint américain William Burns a rencontré samedi des responsables libyens pour discuter de la « coopération bilatérale », notamment en matière de sécurité.

"Un avenir stable et prospère en Libye repose sur la réalisation de progrès en matière de sécurité, (c'est-à-dire sur) la capacité de la Libye à sécuriser ses frontières, à contrôler les armes et à empêcher tout groupe de saper les progrès accomplis à ce jour", a déclaré Burns après une rencontre avec le Premier ministre libyen Abdelrahim al-Kib.

"Il est vraiment dans l'intérêt de la Libye et des Etats-Unis de coopérer afin de répondre aux menaces contre la sécurité de la Libye", selon ses propres termes.

Les discussions ont également porté sur la coopération dans les domaines de la santé et l'éducation, selon Burns.

Aucun contrat n'a été signé, mais le responsable américain a déclaré que les Etats-Unis avait exprimé le souhait de coopérer avec les futurs dirigeants du pays, notamment dans le domaine militaire.

 Burns a qualifié par ailleurs les élections législatives du 7 juillet d'"étape décisive" dans l'instauration d'institutions démocratiques.

 Burns a également rencontré samedi des membres du Parti pour la justice et la construction (PJC), un parti issu des Frères musulmans, et des représentants de l'Alliance des forces nationales (AFN, libérale) qui semble bien partie pour remporter les élections dont les résultats partiels sont annoncés au compte-gouttes.

http://www1.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=21&frid=21&eid=71649



Les grandes manœuvres

french.ruvr : Résultats définitifs des élections en Libye  

En Libye, les résutlats définitifs des élections législatives ont été annoncés. La majorité a été remportée par l'Alliance des forces nationales (libérale) conduite par l'ex-premier ministre du Conseil national de transition Mahmoud Jibril : 39 sièges sur 80 réservés aux partis.

Le parti islamiste des Frères musulmans a obtenu 17 sièges.

120 sièges au parlement libyen, Congrès national général, seront attribués par scrutin uninominal.
Plus de 100 partis dont beaucoup avaient été organisés au cours des derniers mois avant le scrutin ont participé aux élections.

18/07/2012

french.ruvr.ru

 

 
Jean Shaoul et Chris Marsden :La véritable signification des élections libyennes.

Les élections en vue d'un nouveau Congrès national général en Libye sont une tentative visant à fournir une façade « démocratique » à un gouvernement autoritaire et non démocratique, servile envers les intérêts des grandes puissances occidentales, des entreprises et des banques.
Le Conseil national de transition (CNT), mis en place par l'OTAN, a tout fait pour que les candidatures ne soient réservées qu'à une couche relativement petite et approuvée par la Commission électorale.
Il semble que l'Alliance des forces nationales de Mahmoud Jibril ait obtenu le plus grand nombre de voix pour le nouveau Congrès de 200 sièges avec un taux de participation tout juste supérieur à 60 pour cent des 80 pour cent de Libyens inscrits sur les listes électorales. On ne saura comment ceci se reflètera réellement en nombre de sièges que lorsque les résultats seront officiellement annoncés. Jibril va essayer de former une coalition pour remplacer le CNT qui avait été mis en place par la sanglante offensive militaire impérialiste conduite par l'OTAN pour renverser le régime de Mouammar Kadhafi. Mais ce n'est sûr qu'il réussisse étant donné les divisions politiques profondes qui dévastent le pays.
Un concert d'hypocrisie officielle a salué l'élection, avec l'expression d'une satisfaction toute particulière devant la victoire du soi-disant « libéral » Jibril. Le président américain Barack Obama a salué « la première élection libre de Libye » comme étant « l'aube d'une ère nouvelle. »
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon a déclaré, « L'année dernière, des milliers de Libyens ont sacrifié leur vie ou souffert des blessures durables afin de gagner le droit du peuple libyen à bâtir un nouvel Etat sur la dignité humaine et l'Etat de droit, » comme si c'était maintenant devenu la réalité.
Les médias dociles ont applaudi les résultats et dissimulé leur portée réelle. « Les transitions démocratiques sont toujours longues et problématiques, » a écrit le New York Times. Néanmoins, «Cette élection est un pas énorme qui nous éloigne du cauchemar Kadhafi. »
Après avoir déclaré sans la moindre ironie que pour surmonter « les griefs de cette période » « il va falloir des leaders politiques éclairés, attachés à la tolérance, à l'Etat de droit et à la juste représentation de tous les Libyens, » le Times affirme que la proposition de Jibril de former une grande coalition est « un signe potentiellement encourageant d'intégration. »
Tous les reportages et commentaires de ce type, invariablement enveloppés dans des références au « Printemps arabe »ont pour objectif de dissimuler le fait que le changement de régime en Libye était la réponse politico-militaire des puissances américaines et européennes aux soulèvements révolutionnaires de la Tunisie et de l'Egypte, toutes deux voisines de la Libye.
Loin de rechercher la libération et la démocratie, les puissances de l'OTAN se sont engagées à installer un régime plus directement docile à leurs exigences. Leur but était soit de placer sous leur contrôle soit de réprimer activement tous les mouvements d'opposition à l'encontre des innombrables régimes corrompus de la région et de sauvegarder l'accès aux réserves de pétrole de la Libye, la plus importante d'Afrique, et de celles du reste du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord.
Il voulaient faire de la Méditerranée un lac contrôlé par l'OTAN, après avoir garanti un changement de régime en Syrie et au Liban, tandis que la Libye fournirait une tête de pont pour d'autres interventions à venir en Afrique. Jibril est l'incarnation même de cette politique. Formé aux USA, c'était un protégé de Saif al-Islam Kadhafi, fils du leader libyen. Il s'était recommandé aux puissances occidentales du fait de son rôle d'ancien dirigeant du Conseil national de développement économique, responsable de la privatisation des entreprises publiques, et du fait de son empressement à abandonner ses anciens alliés. Avec un cynisme sans limite, le quotidien britannique Guardian a même dit de Jibril qu'il a « l'avantage de l'expérience. »
Lorsque le CNT a formé un gouvernement d'intérim en mars dernier, au début de la guerre de l'OTAN contre la Libye, Jibril a été nommé à sa tête. Il a été installé au poste de premier ministre en août après une guerre qui a tué au moins 50 000 personnes et en a blessé tout autant. Les éléments constituant le CNT, à savoir des personnalités du régime de Kadhafi, des islamistes, des personnes travaillant pour la CIA et des leaders tribaux, constitueront encore une partie significative de tout nouveau régime.
La Libye est déchirée par des conflits ethniques, des confrontations tribales et des combats entre milices qui ont fait des centaines sinon des milliers de tués depuis la fin de l'intervention de l'OTAN. Il existe une réelle possibilité de voir le pays se désagréger.
Benghazi, centre de la production pétrolière de la Libye et soi-disant berceau de la révolution, a exigé l'autonomie de la Cyrénaïque et un contrôle plus grand sur la richesse pétrolière. Les élections ont été marquées par la violence et le gouvernement d'intérim a déployé entre 30 000 et 40 000 forces de sécurité. A Benghazi la production de pétrole a été stoppée pendant 48 heures et il y a eu de nombreuses attaques contre des officiels de l'élection pour protester contre la distribution des sièges au nouveau Congrès, qui est perçu comme accordant trop de pouvoir à Tripoli.
Une kyrielle de partis soi-disant de gauche, d'intellectuels et d'universitaires tel le professeur Juan Cole ont complètement soutenu le prétexte de la défense des droits de l'Homme avancé par les grandes puissances pour intervenir en Libye et ont ainsi donné leur appui à une guerre de conquête coloniale.
Il ne s'agit pas là de naïveté politique, mais d'un alignement déterminé et conscient derrière l'impérialisme. Ils ont soutenu l'OTAN du fait d'un objectif partagé consistant à empêcher le développement d'un mouvement révolutionnaire authentiquement prolétarien au Moyen-Orient, possibilité qu'ils ont décrite, avec un mépris non dissimulé, comme un rêve impossible. Au vu de preuves irréfutables que le mouvement de Benghazi avait été co-opté par l'impérialisme américain depuis le début, ces éléments petits-bourgeois se sont manifestés en faveur d'un mouvement bourgeois favorable au capitalisme, le CNT, dont la victoire, du fait d'une guerre rapide de l'OTAN, subordonnerait inévitablement davantage la région aux dictats des grandes puissances et des grandes entreprises.
Cole s'est surpassé dans ses apologies post-électorales, disant que les reportages des médias étaient « teintés par ce qui est de mon point de vue une combinaison d'un pessimisme et d'un sensationnalisme extrêmes. » L' « élection s'est très, très bien passée, » a-t-il insisté, parce que « parmi cette génération de Libyens, la démocratie est vraiment très populaire. »
Aujourd'hui ces couches utilisent les mêmes justifications politiques par rapport à l'opposition syrienne pour soutenir la campagne en cours en faveur d'un changement de régime ayant pour but d'isoler l'Iran, d'évincer de la région la Russie et la Chine et d'établir l'hégémonie de Washington.
La leçon cruciale à tirer de la Libye est qu'on ne peut se permettre de céder la tâche du renouveau démocratique et social à une quelconque faction de la bourgeoisie régionale. Le faire revient à désarmer la classe ouvrière et les classes opprimées et permet aux impérialistes de dicter les événements au moyen de forces qui agissent inévitablement comme leurs intermédiaires locaux.
C'est à la classe ouvrière elle-même qu'il revient de renverser les régimes corrompus de la région et de les remplacer par des gouvernements socialistes, anti-impérialistes et authentiquement démocratiques, dirigés par la classe ouvrière elle-même au sein des Etats socialistes unis du Moyen-Orient.
Les travailleurs des Etats-Unis, d'Europe et du reste du monde doivent voir dans la Libye l'augure sanglante des conséquences désastreuses de la nouvelle tentative des puissances impérialistes à prendre le contrôle du monde et de ses ressources et marchés stratégiques. Un nouveau mouvement contre la guerre est nécessaire, qui soit fermement ancré dans la classe ouvrière et parmi les jeunes et qui soit libéré de l'influence politique des partisans petits-bourgeois de la guerre humanitaire, afin de remettre en cause et de s'opposer aux desseins prédateurs de leurs élites dirigeantes sur le Moyen-Orient et l'Afrique.

Jean Shaoul et Chris Marsden

Jeudi 12 Juillet 2012 

WSWS

 


Des Canons ... pas du beurre

"Pougala :ILS CROYAIENT QU'EN TUANT LE GUIDE LIBYEN ILS METTAIENT L'AFRIQUE A GENOUX. ERREUR !!!
C'est depuis la mort du Guide Libyen que les Européens se frottent les mains, tous contents d'avoir stopper les projets phares de la fédération africaine. Ce qu'ils ne savent pas, c'est que nous sommes déjà passés au plan B. Et rien n'arrêtera l'Afrique dans son douloureux chemin vers la liberté. L'Algérie avait à peine refusé de
prêter au FMI pour aider l'Union Européen. La même semaine, elle
annule la dette de 10 pays africains. Il n'y a que les sourds qui ne veulent pas entendre.

Le message est clair : c'est fini quand on venait donner l'os aux africains pour ronger et on en repartait avec la patente des généreux et des plus bons de la terre. Maintenant, la bonté a changé de camp.
L’Algérie annule la dette de 10 pays africains,
- sans avoir besoin de vouloir changer les hommes qui sont au pouvoir dans ces pays,

- sans avoir besoin de vouloir installer des Algériens
à la tête des entreprises étatiques de ces pays,
- sans vouloir obliger ces pays à recruter des entraineurs algériens
pour les équipes de football de ces pays,
- sans avoir besoin de déferler sur ces pays ses chômeurs rebaptisés
en ONG des thèmes les plus bidons etc... suivez mon regard.
Les médias-mensonge vont qualifier cela de colonisation algérienne de l'Afrique, mais je préfère de loin une colonisation qui viendrait d'un autre pays africain, car lorsque la Californie ou le Massachusetts investit dans le Mississippi ou dans l'Arkansas, personne ne parle de colonisation. et dans tous les cas, préparez-vous à recevoir Hillary Clinton dans les prochains mois, comme pour la Chine, faire le tour d'Afrique pour vous expliquer de comment l'Algérie est dangereuse et qu'il faut s'en méfier. Le ridicule vient du fait qu'il n'y a plus en Afrique même les enfants de la maternelle pour croire à de telles légendes.
JPP 8/8/2012



Les institutions

Human Rights Watch

Mahmud Turkia : Des milliers de personnes toujours aux mains des milices

Human Rights Watch a lancé un appel aux autorités libyennes à prendre des mesures pour prendre sous leurs responsabilités les quelque 5000 personnes détenues arbitrairement par des groupes armés.  

Un appel à l'aide pour la Libye. Human Rights Watch (HRW) a appelé ce samedi les autorités libyennes à prendre les mesures nécessaires pour prendre sous leurs responsabilités les milliers de personnes encore détenues par des milices.  

Le Conseil national de transition (CNT, au pouvoir) "n'est pas parvenu à reprendre sous sa responsabilité les quelque 5000 personnes détenues arbitrairement par des groupes armés et dont certaines font l'objet de tortures sévères après l'expiration du délai" en ce sens, indique HRW dans un communiqué. 

L'ONG basée à New York se réfère à une loi adoptée en mai qui stipule que les ministères de l'Intérieur et de la Défense doivent, d'ici le 12 juillet, "transférer tous les partisans de l'ancien régime devant la justice si leur culpabilité est prouvée". 

"Ces détenus (aux mains d'anciens rebelles) ainsi que 4000 autres dans des prisons sous le contrôle de l'Etat doivent tous avoir la garantie que leur droit soit respecté", ajoute le communiqué. 

La plupart des détenus sont des membres des forces de sécurité du régime déchu du colonel Mouammar kadhafi, d'anciens responsables gouvernementaux, des présumés mercenaires étrangers ou des migrants sub-sahariens, selon HRW. 

Les nouvelles autorités libyennes ont montré "peu de volonté politique" pour s'atteler au phénomène des groupes armés qui avaient combattu les forces de Mouammar Kadhafi, regrette HRW. 

Les milices font la loi

L'armée et la police n'étant toujours pas entièrement opérationnelles en Libye, ces milices en profitent souvent pour faire la loi dans le pays depuis la chute du régime de Kadhafi en octobre 2011. 

L'ONU s'était inquiétée en mai que de milliers de personnes demeuraient emprisonnées en Libye, dont certaines dans des centres de détention secrets, et que la torture continuait d'y être pratiquée. 

"Toute détention en dehors de la loi, y compris celle opérée par des miliciens, doit être considérée comme un acte criminel", affirme HRW, pressant le Congrès national général, qui doit émaner des récentes élections législatives, de mettre fin à ces pratiques et d'établir un réel système judiciaire. 

Mahmud Turkia

LEXPRESS.fr, 

14/07

/afp.com/Mahmud Turkia



Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

VIDEO BHL : Un Sayan en Libye, en Syrie, et ailleurs..
http://www.youtube.com/watch?v=DNgwNgAqoho&feature=share 

 


6 Les brèves.

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

AP : Le fils de Kadhafi veut être jugé à La Haye.  

Le fils du président  libyen exécuté  Mouammar Kadhafi, Seif al-Islam, veut être jugé par la Cour pénale internationale (CPI) et non en Libye.

La déclaration que ses avocats ont remise à la Cour de La Haye dit que pour Seif al-Islam le procès en Libye signifiera la mort.

Précédemment l'avocat de la CPI Melinda Taylor a déclaré que la Libye ne pouvait pas garantir un procès équitable et impartial au fils de Kadhafi.

Seif al-Islam est accusé de ‘meurtres’ et de ‘violation des Droits de l'Homme’. Il a été arrêté en novembre dernier lors de sa tentative de franchir la frontière du Niger.
Il est actuellement emprisonné à Zenten, dans l'ouest de la Libye.

01/08/2012

AP - ml

 


 


7  Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

LIBYE : ELECTIONS, TORTURES ET BUSINESS

Au lendemain des élections législatives en Libye, les grands médias occidentaux soucieux de cautionner le nouveau régime politique imposé par l'OTAN ont annoncé la victoire des libéraux de l'Alliance des forces nationales, sous la houlette de Mahmoud Jibril, face aux Frères Musulmans du Parti pour la justice et le développement de Mohamed Sawan dans les grandes villes, et l'échec des autonomistes de Benghazi, mécontents de la répartition des sièges à l'assemblée constituante à faire échouer la tenue du scrutin (ils avaient détruit le bureau de la commission électorale à Adjdabia et ordonné la fermeture des entreprises de raffinage de pétrole de Syrte).

Les Frères musulmans paieraient ainsi le prix de leur proximité avec Seif-el-Islam Kadhafi (actuellement détenu à Zeitan) après qu'il eût fait libérer 150 d'entre eux en 2003 (ils avaient boycotté la conférence de l'opposition à Londres en 2005 appelant au renversement du régime) ainsi que leurs liens trop visibles avec le Qatar. Toutefois l'avance de Jibril, candidat des Occidentaux, président du Conseil national de transition et ancien patron des réformes économiques sous Kadhafi, est toute relative. En outre 80 des 200 sièges de l'assemblée constituante seulement sont  attribués aux partis politiques, les autres des "indépendants". Ce montage a été suggéré par les "spin doctors" américains logés à l'hôtel Rixos en vue de marginaliser les Frères musulmans et les salafistes comme Abdelhakim Belhadj, et devrait conduire de toute façon à un gouvernement d'union nationale entre islamistes et libéraux en vue de l'élaboration d'une constitution qui débouchera seulement en 2013 sur l'élection d'une assemblée législative définitive.

 

Important : Ce que les médias occidentaux oublient de dire, c'est que, comme en Irak en 2004, ou en Haïti sous l'occupation de l'ONU, les élections sous le nouveau régime ne sont pas démocratiques puisque tous les courants d'expression ne sont pas libres de concourir au scrutin (notamment les partisans de l'ancien régime) et que le règne des milices compromet la liberté d'expression et de pensée.

Début juillet Amnesty International a publié un rapport d'enquête sur des faits des mois de mai et juin dernier intitulé « Libya: rule of law or rule of militias ? » (Libye règne de la loi ou règne des milices ?).

Le rapport cite notamment le cas de Hasna Shaeeb (Chahib, en retranscription française), une femme de 31 ans, enlevée à son domicile de Tripoli en octobre dernier par des hommes en tenue militaire et transférée à l'ancien Bureau du fonds de dotation islamique dans la capitale. Elle a été accusée d'avoir été une loyaliste pro-Kadhafi et un sniper. On l'a faite s'asseoir sur une chaise avec ses mains menottées dans le dos et elle a reçu des décharges électriques à sa jambe droite, aux parties intimes et la tête. Les gardes a menacé d'introduire sa mère dans la cellule et de la violer, et ont versé de l'urine sur elle.

Après qu'elle a été libérée de sa chaise, ses tortionnaires n'ont pas pu ouvrir ses menottes avec une clé, et ont donc tiré dessus avec un pistolet, des débris de balle se sont incrustés dans sa chair. Libérée après trois jours, Mme Shaeeb a fait constater par un médecin ses blessures et s'est plainte aux autorités. Celles-ci n'ont rien fait, mais Mme Shaeeb a reçu un appel téléphonique menaçant du milicien qui l'avait arrêtée et la façade de sa maison a été mitraillée.

Ce qui fait la singularité de l'histoire de Mme Shaeeb, c'est seulement le fait qu'elle a déposé une plainte officielle, beaucoup d'autres ont trop peur de le faire.  Le gouvernement estime qu'il détient 3 000 détenus dans ses prisons et les milices 4 000 autres. Les tortures à mort sont fréquentes.

Bien loin des préoccupations d'Amnesty international, les milieux d'affaire internationaux eux sont satisfaits de la transition politique actuelle en Libye.  Ainsi Mario Zotelle,  directeur de la Joint Libyan Construction Company (JLCC), un consortium de sociétés dépendant de Asamer Holdings (basée en Autriche) intervenait à Doubaï le 27 juin à l'invitation de la chambre de commerce et d'industrie de ce pays la semaine dernière dans le cadre d'une conférence "Forum sur le développement à venir de la Libye 2012 : infrastructure et reconstruction" devant les 150 représentants de 60 compagnies d'Europe, des pays du Golfe et d'Afrique. « Nous fondons des attentes importantes sur ces élections, a-t-il déclaré, et sur le nouveau climat politique qui devrait fonctionner pour créer un cadre institutionnel et commercial plus fort ». « La  Libye a besoin de réforme de l'éducation, a-t-il ajouté, afin de répondre à la demande pour les professionnels.Il faut également une réforme du secteur bancaire et la sécurité garantie dans tout le pays. Les transport et la fourniture d'électricité et de gaz doivent être améliorés. Mais le potentiel pour les entreprises et la participation de l'investissement dans la reconstruction de la Libye est important. »

Asamer possède et gère trois cimenteries en Libye. Pendant la "révolution", Asamer a soutenu ses travailleurs et les insurgés de Benghazi, la livraison de l'aide humanitaire. La compagnie a payé 2011 salaires à ses travailleurs malgré l'arrêt de la production pendant la crise.

Asamer a investi plus de 100 millions dans les usines afin d'accroître l'efficacité énergétique, production, qualité et les normes du travail et d'installer un système de protection de l'environnement.

La conférence de Doubaï était introduite par Charles Gurdon, directeur de l'agence anglaise de consulting Menas qui avait entre autre fait du lobbying pour le Conseil national de transition dans le New York Times en août 2011. Charles Gurdon sera aussi présent les 6-8 novembre 2012 au sommet du pétrole et du gaz de Vienne aux côtés des responsables de Total, de Repsol, de Haliburton etc, soit des représentants de 27 pays (notamment 30 % des compagnies pétrolières nationales du monde). Une conférence qu'il sera sans doute intéressant de suivre pour comprendre les stratégies pétrolières internationales dans la région...

http://atlasalternatif.over-blog.com/article-libye-electi...

 


8 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

8-1 L’imposture libyenne
6 août Rabeh Sebaa - Le Quotidien d’Oran « Et je savais pour quoi désormais le décor était planté. » Julien Gracq, Le rivage des Syrtes
Jusqu’à la mise à prix de la tête du fugitif en dollars, et non en monnaie locale, et la photo du même fugitif frappée d’un wanted diagonal, tous les ingrédients d’un feuilleton yankee sont réunis. Le reste de la série qui se déroule en permanence, en Iraq, en Afghanistan, au Pakistan et bientôt en Syrie est déjà devenu d’une saisissante banalité. Mais le cas libyen permet d’observer, de façon frappante, et effrontément cynique, la voracité empressée des puissances occidentales, en l’occurrence les Etats-Unis et l’Union Européenne, à l’endroit des territoires à conquérir, aux fins d’une mainmise sur leurs ressources stratégiques. Cette voracité non déguisée, baptisée par l’euphémisme burlesque de printemps arabe, et curieusement relayé par l’ensemble des médias de la « bien pensance », a eu pour théâtre originel la Tunisie, l’Egypte puis le Yémen et ensuite la Libye et la Syrie, devient ouvertement insatiable. Elle compte bien s’étendre à d’autres pays dont le travail de fragilisation ou de déstabilisation à déjà commencé. Et tous les prétextes sont bons pour déclencher la sale besogne. C’est dans ce but, et seulement dans ce but, que les États-Unis et l’Union européenne introduisirent, soudainement dans leur vocabulaire idéologique la nouvelle panacée, comme variante droithommienne : la sacro-sainte Protection des Populations Civiles (PPC). Une protection à coups de bombes, dont ces mêmes populations sont, tout naturellement, les premières victimes. Etrange conception de la protection.
L’agression brutale contre la Libye, s’est basée, comme on le sait, sur une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, ou siègent les membres de l’OTAN, résolus, avant même l’adoption de la résolution, à bombarder les cibles définies par eux et/ou par leur services présents sur le sol libyen. Services ayant pour mission « d’encadrer efficacement » les insurgés, reconnus comme étant non expérimentés. Comme le souligne Eric Dénécé, directeur du Centre français de Recherche sur le Renseignement. « Les insurgés étaient totalement incapables de faire quoi que ce soit militairement. L’instruction et l’encadrement des insurgés aussi bien à l’Est qu’à l’Ouest les a amenés à être un peu moins mauvais en matière militaire. » Citant, un conseiller à la Défense français, assurant, déjà en avril, au Nouvel Observateur : « Il ne faut pas se leurrer, le but est quand même de professionnaliser les combattants libyens pour qu’ils puissent conquérir du terrain et certaines villes. Et pour cela il faut les aider sur les armements et sur des planifications opérationnelles pour leur apprendre à mieux résister.
Enfin, « Je peux vous dire, selon mes sources, qu’il y avait déjà en Libye, avant le déclenchement des frappes aériennes, des agents infiltrés français, britanniques, américains, égyptiens, émiratis et italiens », assure encore Eric Dénécé.
De quelle victoire, alors, ces insurgés préfabriqués, qui se transformèrent, en quelques jours et par les miracles d’un glissement sémantique, en rebelles puis subitement en révolutionnaires, peuvent-il se targuer ? Et quel type de « révolutionnaires » sont-ils ? Il y a quelque amusement, d’ailleurs, à se demander depuis quand les USA et l’UE sont-ils aux petits soins avec les révolutionnaires ? Ces révolutionnaires tant glorifiés dans les pays arabes et si détestés en Amérique latine… Loin de tout idéal révolutionnaire, et en toute constance, les États-Unis et l’UE n’entretiennent, de toute évidence, que des rapports d’intérêts et de domination avec l’ensemble des pays arabes voire de la planète. Quand ils prétendent y faire autre chose, ils mentent effrontément. Et c’est ainsi que les « bombes humanitaires » larguées, de façon diluvienne sur des quartiers civils de Libye, PPC oblige, n’avaient d’autre objectif, contrairement aux mensonges de l’Otan et des USA, que de faciliter l’avancée des « révolutionnaires » de pacotille, vers le but ultime, Tripoli, symbole du pouvoir à éradiquer. Pouvoir, faut-il le souligner, détenu par un psychopathe délirant, durant quatre décennies et dont la disparation est, bien entendu plus que bienvenue. Mais cette disparition, souhaitée par toute personne sensée, ne doit pas voiler la vérité. Encore moins absoudre les crimes contre l’Humanité perpétrés par l’Union Européenne et les Etats-Unis.
Selon le Commandement conjoint allié de Naples, « l’OTAN a effectué, en moins de cinq mois, plus de 20 mille raids aériens, dont 8 mille attaques par bombes et missiles ». Cette action, aux chasseurs-bombardiers qui larguent des bombes à guidage laser d’une tonne, dont les têtes pénétrantes à l’uranium appauvri et tungstène peuvent détruire des édifices renforcés, se sont joints les hélicoptères de combat, dotés des systèmes d’armements les plus modernes. Parmi eux, le missile à guidage laser Hellfire, qui est lancé à 8 km de l’objectif, utilisé par les avions télécommandés Predator/Reaper. Les objectifs sont repérés non seulement par les avions radar Awacs, qui décollent de Trapani (côte sud-ouest de la Sicile), et par les Predator italiens qui décollent d’Amendola (Foggia, province des Pouilles), en survolant la Libye 24h/24. Ils sont aussi signalés - par les rebelles. Ceux-ci, tout en étant « mal entraînés et mal organisés », sont en mesure, grâce des technologies fournies par des pays de l’OTAN, de transmettre d’importantes informations au team OTAN en Italie, qui choisit les objectifs à frapper » indiquent, sans rougir, au New York Times les responsables de l’OTAN et des forces US.
De toute évidence, si ces insurgés sont arrivés à Tripoli, c’est dû non pas à leur capacité de combat, mais au fait que les chasseurs-bombardiers, les hélicoptères et les Predator de l’OTAN le leur ont permis. Ainsi la mort de plus d’un millier de civils libyens et la destruction des infrastructures socioéconomiques, sanitaires et culturelles est une opération de protection et de défense bien originale de ces mêmes civils. Un remake de la prise de Baghdâd mais à partir du ciel. Un remake car pour Baghdâd aussi, la guerre psychologique et la propagande avaient commencé par des accusations de possession d’armes de destruction massive, de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité commis par le « Dictateur » sanguinaire et son régime barbare. Toujours selon le même scenario. Des sanctions économiques qui précédent systématiquement l’appel impérieux au départ du dirigeant pestiféré d’abord par les USA, auxquels emboitent le pas la France, l’Italie, l’Allemagne et le Royaume uni. S’ensuit, comme dans tous les cas, la réactivation d’une « opposition démocratique » ou d’un Conseil de Transition ou de Coordination, reconnu illico presto par les puissances occidentales et gratifié de toutes les vertus démocratiques. On retrouve immanquablement dans ces oppositions et ces conseils, des figures connues pour manger goulûment dans le râtelier occidental ou encore des frustrés instrumentalisés de la dernière heure auxquels on fait miroiter un avenir politique mirobolant qui a été contrarié par le régime maudit. Il suffit d’observer la composante humaine du CNT libyen pour comprendre toute l’ignominieuse régularité de ce scenario à répétition. Ce conseil composé d’une quarante de membres mais qui n’a dévoilé que les noms d’a peine la moitié, non pas pour une prétendue raison sécuritaire mais tout simplement parce qu’il s’agit de pourris du régime, d’opportunistes affairistes et d’activistes islamistes notoires, connus et fichés par ces mêmes services occidentaux, qui sont allés les former et les encadrer à Benghazi avant de les lâcher en hordes hagardes sur les chemins dévastés par les bombardements intensifs et répétés. Des pantins dont on se met à vanter, sans la moindre retenue ; à l’instar de ce rentier de la pensée français, philosophe de service attitré, la bravoure et le courage, devant une armée de professionnels et des armements lourds qu’ils affrontent à mains nus. Mais quand on a l’OTAN et l’ONU de son côté n’est-on pas capables de tous les miracles ? Y compris celui de défaire un Etat en quelques semaines sans avoir la moindre idée de ce que peuvent proposer ces Protecteurs mondiaux pour le remplacer, hormis les mots creux de Liberté et de Démocratie, comme ce fut le cas dans les pays, déjà désarticulés.
Et c’est précisément pour cela que la reconnaissance officielle du Conseil national de transition (CNT) libyen comme étant la nouvelle autorité légitime de la Libye, s’est opérée hâtivement hors du cadre onusien et avant même l’organisation de la moindre élection « démocratique » dont ces protecteurs bien intentionnés sont si friands. Reconnaissance en boule de neige d’un CNT fantoche au moment ou la simple évocation du projet d’annonce de l’Etat palestinien devant cette même ONU, septembre, a provoqué une levée de boucliers. Mais les intérêts stratégiques, c’est bien connu, autorisent toutes les entorses au droit international. Celui que ces organisations mondiales s’évertuent à bafouer, sans vergogne, précisément au nom de son observance et de son respect. Tout doit être sacrifié aux rapports de force à l’échelle planétaire c’est-à-dire à la redéfinition du nouvel ordre expansionniste et de prédation au nom de la Sacro-sainte Protection des Populations Civiles et de sa Majesté La Sérénissime Démocratie. Un nouvel ordre impérialiste qui affiche manifestement sa préférence monarchique. Et ce n’est pas un hasard si l’étendard du roi Senoussi a supplanté le tissu vert de Kadhafi en Libye.
Ce qui s’y passe incite à se demander, au-delà du satisfecit distribué tapageusement à la Tunisie et à l’Egypte par le nouvel Ordre de la Prédation, ce qui a vraiment changé dans ces pays, depuis la survenue de ce prétendu « printemps arabe », aux promesses déjà piteusement fanées ? Une fois ce CNT libyen installé, sous contrôle, aux commandes politiques du pays, que va-t-il réellement apporter ? Une quarantaine de personnes encadrées par les services de sécurité occidentaux est-elle en mesure de concevoir et de concrétiser un projet de société conforme aux aspirations d’un peuple, longtemps opprimé ? Et, enfin, quel impact attendre sur l’équilibre régional maghrébin, quand on sait qu’un pays comme le Maroc s’est déjà empressé de dépêcher son ministre des Affaires étrangères muni d’une lettre de son roi, auprès de ce même CNT, avec pour objectif déclaré d’instrumentaliser la question du Sahara occidental et surtout le dessein avoué, et cyniquement jubilatoire, d’isoler l’Algérie. Il s’agit, indubitablement, d’une imposture aux relents pestilentiels. 


8-2 Juan Sarkofrance : En Syrie comme en Libye, Big Brother est un peu français

 

Quand la France était en guerre contre la Libye, on a « découvert » qu'une entreprise française avait vendu un puissant système d'espionnage au régime Kadhafi.

De surcroît, elle avait été aidé par Nicolas Sarkozy quand il était ministre de l'intérieur.
Depuis que la Syrie est à feu et à sang, voici qu'une autre entreprise française est à nouveau sous les projecteurs pour l'exportation de technologie de Web-surveillance.
La première s'appelait Amesys, devenue filiale de Bull. Son patron de l'époque avait été décoré de la légion d'honneur par Nicolas Sarkozy devenu président. Ce commerce était absolument légal.
Amesys fit le ménage comme il put. Nicolas Sarkozy s'était appuyé sur Claude Guéant, Brice Hortefeux et ... ZiadTakkiedine pour cette conclusion commerciale. Le site Mediapart a largement relayé les soupçons de financement politique qui a accompagné cet étrange commerce. Quand il était directeur de cabinet de Sarkozy à l'Intérieur, Claude Guéant avait directement négocié la vente d'équipements de sécurité auprès du colonel Kadhafi entre 2005 et 2007. Ces équipements comprenaient notamment un logiciel d'espionnage baptisé Eagle
En France, la Fédération internationale des droits de l'homme avait porté plainte
en mai dernier à l'encontre d'Amesys pour « complicité d'actes de tortures en Libye ».  
La seconde entreprise s'appelle QOSMOS. Son affaire est moins bien partie. Mercredi 25 juillet 2012, le site d'information
Owni révélait que la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) et la Ligue des droits de l’homme (LDH) devaient déposer une dénonciation contre « des sociétés françaises, dont QOSMOS, pour leurs activités en Syrie. » Motif: « Dans ce document qu’Owni a consulté, les deux organisations ciblent la participation de QOSMOS “aux opérations de répression réalisées par le régime de Bachar El Assad à l’encontre du peuple syrien”. La société a été “mise en cause pour avoir contribué à fournir au régime syrien le matériel de surveillance électronique nécessaire à la répression de la contestation”. Ce qui fait penser à la FIDH et à la LDH que QOSMOS, à l’instar d’autres sociétés françaises, “[pourrait] être impliqu[é] dans la commission d’actes de tortures et de crimes contre l’Humanité.” » .  
QOSMOS avait également vendu au régime Kadhafi. Le site
Reflets s'était fait l'écho de l'exportation de ces technologies en Syrie, (les DeepPacket Inspections - DPI), qui permettent de « fouiller dans les mails et de reconstituer tout ce qui se passe sur l’ordinateur d’un internaute », pour reprendre une expression d'un directeur marketing de QOSMOS citée par Reflets et Owni. Interrogé le 6 juillet dernier, Olivier Laurelli, co-fondateur de Reflets, avait regretté la différence de traitement entre les Etats-Unis et l'Europe : « le congrès américain a diligenté une enquête et l'entreprise Bluecoat a été condamnée un mois plus tard, alors qu'en France, un an après, il n'y a qu'un début d'enquête, et encore, parce que la FIDH a porté plainte. »  
L'entreprise se présente   d'ailleurs ainsi: «Qosmos fournit une technologie d’Intelligence Réseau qui identifie et analyse en temps réel les données qui transitent sur les réseaux. Au-delà d’une simple classification du trafic, la technologie de Qosmos permet également d’extraire du contenu et des attributs protocolaires à des débits de plusieurs dizaines de Gbps – ce qui rend possible une analyse précise et exhaustive de l’activité des réseaux en temps-réel.»  
En Syrie comme en Libye,
Big Brother est un peu français.   
et il fallut
18 mois de boucherie, des massacres quotidiens de civils, une guerre éponyme, un attentat, et la menace d'utilisation d'armes chimiques pour que ces funestes exportations soient placées au grand jour. 

Juan Sarkofrance 

Rédigé par le Mercredi 25 Juillet 2012

http://www.marianne2.fr/sarkofrance/En-Syrie-comme-en-Libye-Big-Brother-est-un-peu-francais_a915.html

 


 


Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

 

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

9-1 Les armes abandonnées, une menace sérieuse pour les civils.

Des armes abandonnées ayant fait partie de l'arsenal de l'ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, représentent une menace sérieuse pour les populations civiles, prévient un rapport publié jeudi par l'université Harvard. “Si ces armes ont été abandonnées, leur capacité de nuisance sur les civils reste intacte”, souligne Bonnie Docherty, à la tête d'une équipe de recherche de la Harvard Law School et son partenaire l'ONG CIVIC qui s'est rendue en Libye. Parmi ces armes abandonnées après le conflit de l'an dernier figurent des balles et des obus de mortier ainsi que des torpilles et des missiles sol-air, précise le rapport. Pour NicoletteBoehland, co-auteur du rapport, “la gamme d'armes est choquante” et cet arsenal crée une “situation explosive” dans un pays où le gouvernement central est encore faible. “Des armes sont dispersées en dehors de centaines de bunkers mal sécurisés. D'autres sont dispersées à travers le pays, parmi les stocks des milices dans les centres urbains, les musées, les champs et même les foyers”, a-t-elle précisé à l'AFP en Libye. Le risque d'explosion de stocks d'armes près des zones peuplées, la curiosité de la population et l'accès aux sites pollués et aux munitions ou encore la collecte d'armes pour les vendre et les utiliser, sont autant de menaces pour la population civile.
Le rapport souligne également les dangers auxquels s'exposent les civils quand certains groupes non entraînés s'emploient à nettoyer des zones de munitions ou exposent leurs armes comme souvenir de guerre.
Il donne comme exemple une explosion qui s'est produite à Dafniya (Ouest), où une milice conservait des armes dans 22 conteneurs, propageant une quantité importante de matières dangereuses et mettant en péril la population. Steve Joubert de l'ONG JMACT (Joint Mine Action Coordination Team) souligne de son côté qu'il y a “plus d'armes que de personnes à Misrata”, en référence à la troisième ville de Libye, qui avait connu des semaines d'un siège implacable en 2011.
Le rapport note que le service de l'action anti-mines des Nations unies  (UNMAS) et des organisations internationales ont assumé le gros du travail, nettoyant des zones polluées et conseillant les populations sur la gestion des stocks d'armes. Citant UNMAS, Mme Boehland a fait état d'au moins 208 victimes, dont 54 décès causés par des armes abandonnées.
Ce bilan inclut 72 enfants tués ou blessés. “Les enfants sont particulièrement attirés par les armes car elles portent des couleurs vives ou ressemblent à des jouets”, relève-t-elle.  Le rapport appelle les autorités récemment élues en Libye à développer une stratégie nationale pour sécuriser les équipements militaires abandonnés et les stocks.  Il exhorte les organisations internationales, notamment l'Otan, à aider à cette tâche. Les bombardements par l'Otan de bunkers de munitions durant le conflit l'an dernier ont “propagé les armes à travers les champs, créant un problème encore plus dangereux et difficile”, note-t-il.
Le rapport a été publié par l’International humanrightsclinic(HRC) de la Harvard Law School, en partenariat avec l'ONG (CIVIC) campaign for innocent victims in conflict et le (CAP) Center for American Progress.

http://www.liberte-algerie.com/international/les-armes-abandonnees-une-menace-serieuse-pour-les-civils-libye-183122

 



10 Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

Centpapiers : Comment Seif al-Islam a piégé le CNT et les anti-Kadhafi.

Les renégats libyens du Conseil national de transition (CNT) se préparent à céder le pouvoir à la nouvelle Assemblée libyenne, le 8 août prochain.

C’est par la voix de Othmane Ben Sassi, un des responsables de ces criminels avérés qu’est arrivée la déclaration: « Le 8 août est la date qui a été prévue pour le transfert de pouvoir entre le Conseil national de transition et le Congrès général national ». Mais, en Libye, rien de nouveau sous le soleil, que le chaos. 

Dans le même temps, à Benghazi, hier matin,mercredi, une attaque à la bombe a endommagé un bâtiment de l’armée. Lundi déjà, des responsables de la sécurité avaient démantelé une bombe à retardement dans un hôtel de luxe. C’est quand même le comble, quand ça se passe dans la ville-bastion des traîtres à leur Nation. Alors qu’elle voulait le changement, la ville connaît une recrudescence du terrorisme, depuis le début du Ramadan. Juger un homme dans un pays aussi instable, c’est se moquer de la gueule du monde, d’où mon profond mépris du premier-ministre tunisien, Hamadi Jebali, qui a livré l’ancien Premier ministre libyen à des meurtriers. Un acte criminel, dont seuls les extrémistes musulmans ont le secret, une violation flagrante des droits de l’homme.  Seif al-Islam a raison de vouloir être jugé par la CPI.

Pourquoi dès le 1er mai dernier, les “autorités” libyennes ont-elles déposé une requête contestant la compétence de la CPI pour poursuivre Seif al-Islam, le seul fils emprisonné du frère Guide Mouammar Kadhafi, assassiné en toute impunité par les ennemis de l’Afrique ?  Pourquoi ces criminels protégés par l’Occident veulent-ils par tous les moyens imaginables et inimaginables juger  Seif Al-Islam alors qu’ils n’ont aucun grief contre lui, à part son nom ?

Sans être devin, vous verrez comme le « deux poids deux mesures » fonctionne, avec le cas Saif Al-Islam. En effet, il est reproché au fils du frère Guide Mouammar Kadhafi, d’avoir recruté des…mercenaires qui auraient commis des crimes contre l’humanité. On se demande bien en Libye, durant cette agression, les “qui” ont commis des crimes contre l’humanité, en dehors de l’OTAN.  

Une accusation, bien sûr, qui se base sur un vide juridique abyssal et par conséquent, sachant que le dossier est vide en l’espèce,  Seif al-Islam a donc piégé, non seulement le défunt CNT mais aussi la soi-disant « communauté internationale ». Ces requins qui se cachent derrière le tout humanitaire, pour perpétrer des crimes à travers le monde, sont au pied du mur. On verra bien comment les ONG, qui sont promptes à condamner les dirigeants africains qui ne plaisent pas à Paris, notamment, feront avec le cas Seif al-Islam.

L’équipe de défense de Seif al-Islam, composée de Melinda Taylor, 36 ans, et de l’avocat désigné par la CPI, Xavier-Jean Keïta, estime que “les évènements récents ont complètement démontré qu’il sera impossible pour M. Kadhafi d’être jugé de manière impartiale et indépendante dans les tribunaux libyens”. Il s’agit, vous l’avez deviné, de leur incarcération arbitraire par le CNT. Aucun cri d’orfraie n’était venu troubler la quiétude des criminels. Croyez-vous que Seif al-Islam pourra s’en sortir, avec tous les secrets qu’il a en sa possession ? C’est moins sûr, ils vont le condamner à mort, dans une parodie de procès.

1 août 2012

http://www.centpapiers.com/libye-comment-seif-al-islam-a-...

 



Le "Journal deLibye" est  visible   

 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

 

Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19



 

09/01/2012

n° 42 - Analyse de Lybie : 01-12 - : de - Joëlle Pénochet : La Libye: un pays condamné à la recolonisation.


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources



           Analyse de Lybie

                         n°42                               01-12

                   C.De broeder & M.Lemaire



Le " Dossier " est  visible  sur: 

a) sur nos blogs : 

b) http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

c) http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

d) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

Le sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


 

 

 

 Joëlle Pénochet :La Libye: un pays condamné à la recolonisation.

« La communauté internationale n’est pas un super-état qui pourrait à sa guise chasser des gouvernements.

Surtout au nom de principes qu’elle met en avant et, pour son propre compte, ne respecte pas.

Et en distinguant soigneusement les coupables en fonction de leurs ressources pétrolières et non de leurs crimes, réels ou supposés. »

Rapport de la mission du Centre de Recherche et d'Etudes sur le Terrorisme (CIRET) dirigée par Yves Bonnet, ancien chef de la DST (1)

 La résolution 1973 votée le 17 mars par le Conseil de sécurité de l’ONU avait pour objectif affiché de protéger les civils. Mais son but réel, "l’effet final recherché", était l'élimination du colonel Kadhafi, et la reconquête d'un pays rebelle au Nouvel Ordre Mondial, qui avait entrepris de s'affranchir de l'Occident et risquait d'entraîner d'autres pays du continent africain dans son sillage. Cela, à un moment de « crise » économique sans précédent dans les pays du Nord aux mains des banksters, et de course effrénée entre les USA et la Chine pour le contrôle des ressources énergétiques mondiales. 

 

Protection ou massacre de la population libyenne par l'OTAN ? 

« La réalité est sans dessus dessous. Une intervention humanitaire est lancée par des criminels de guerre en haut lieu, lesquels sont les gardiens incontestés de la théorie de la guerre juste. » PR Michel Chossudovsky (2)

Depuis le 19 mars 2011, les forces de l'OTAN engagées dans l'opération Aube de l’Odyssée (sic), n'ont cessé de violer la résolution de l'ONU, grâce à une campagne de propagande éhontée. A ce jour, on estime qu'entre 50.000 et 80 000 Libyens - la plupart des civils désarmés, et aussi les militaires loyalistes et les simples citoyens patriotes qui défendaient leur pays contre l'agression étrangère - ont été massacrés par les bombardements de l'OTAN, les mercenaires islamistes, des forces étrangères et autres voyous à sa solde. L'agression aurait fait plusieurs centaines de milliers de blessés. 

Le prétexte initial, « le bombardement par Kadhafi de son propre peuple » (un classique du genre), qui a tant ému l'opinion publique occidentale, toujours aussi crédule, est rapidement tombé, grâce aux observations satellitaires militaires (3) et des rapports de journalistes et d'experts indépendants  (comme celui du CIRET). C'est cependant ce mensonge initial qui a permis la destruction du pays, le massacre de sa population, et l'assassinat de son dirigeant.

 

L'invention judicieuse des « rebelles » par les services américains 

La création officielle du « CNT » le 5 mars dernier à Benghazi résulte d'une opération de marketing rondement menée. Au-delà, on peut penser que le « printemps arabe » lui-même était une opération américaine, une nouvelle « révolution de couleur », comme le pense Eric Dénecé, un ancien du renseignement français, et directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement: « Le processus est le même que celui qui a précédé le démantèlement de l'URSS, la Révolution serbe, la Révolution orange en Ukraine ou encore celle des Roses en Géorgie » (La Tribune, 1er juin 2011). 

Les « rebelles » libyens n'ont jamais « existé » que sur les écrans de télévision et les photos de  presse: il s'agissait pour la plupart de combattants professionnels, armés par les USA de matériels lourds et sophistiqués. Protégés par les bombardements aériens de l'OTAN, ils formaient les troupes officieuses au sol (interdites par la résolution de l'ONU). 

La plupart de ces combattants ont été importés: cinq mille membres des forces spéciales du Qatar (4), mille cinq cents militants islamistes venus d'Afghanistan (parfois libérés récemment des prisons américaines), d'Ouzbékistan, et d'autres mercenaires, même d'anciens membres de commandos de la mort en Colombie et quelques jeunes chômeurs tunisiens... tous déguisés en révolutionnaires pour les besoins des prises de vue! Les Etats-Unis ont l'habitude d'utiliser des terroristes islamistes pour démanteler les nations socialistes dans leur ligne de mire: les Talibans en Afghanistan, qui leur ont permis de faire chuter l'Empire soviétique, ou l'Armée de libération du Kosovo (UCK) qui a permis de démanteler la fédération yougoslave. 

Les metteurs en scène de cette « rébellion » sont allés au mois d'août jusqu'à tourner une pseudo-prise de Tripoli dans des studios de cinéma du Qatar, ainsi que l'a reconnu plus tard sans vergogne Mahmoud Jibril, insistant sur le fait que cette opération avait permis de déstabiliser les forces loyalistes (dont certains bataillons ont alors rejoint l'opposition), de redonner le moral à ses troupes et de rallier l'opinion mondiale à leur cause... 

 

Benghazi, un fief islamiste, un repaire de mafieux, de sociétés militaires privées et de trafiquants en tous genres 

Le « terrorisme islamique » s'est installé facilement en Cyrénaïque en raison de l'implantation ancienne des Sénoussi, une secte très conservatrice anti-occidentale fondée en 1842, liée à la monarchie (le roi Idriss en fut le chef).  

Benghazi est le repaire des milices du Groupe islamique de combat libyen (GICL), fondé en Afghanistan au début des années 90' et inscrit sur la liste noire des organisations terroristes par le Conseil de sécurité de l'ONU. En lien avec l’AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique), le GICL s’est déclaré filiale officielle d'Al-Qaïda en 2007. A partir de 1995, dans le but de substituer au régime laïque de Tripoli un Etat islamique radical, il s'est lancé dans le djihad en commettant des attentats et des tentatives d'assassinat du colonel Kadhafi. Cette menace sur la sécurité du pays avait amené la Libye à coopérer avec les services de renseignement occidentaux dans le cadre de la lutte anti-terroriste. Elle n'en avait pas mesuré les risques... 

Dans ce fief islamiste, cher au coeur de BHL, les femmes sont toutes voilées, souvent intégralement, n'ont pas le droit de conduire, et leur vie sociale est restreinte. Les hommes portent la barbe et la marque de la piété. 

Par ailleurs, Benghazi était la plaque tournante d'une gigantesque organisation mafieuse de trafic humain de travailleurs africains vers l'Italie:  

« Benghazi est devenue, au cours des quinze dernières années, l’épicentre de la migration africaine vers l’Europe. Ce trafic humain s’est transformé en une véritable industrie, brassant des milliards de dollars. Un monde parallèle mafieux s’est développé dans la ville où le trafic est profondément implanté et emploie des milliers de personnes dans tous les domaines, non sans corrompre la police et les fonctionnaires. Ce n’est que depuis un an que le gouvernement libyen, avec l’aide de l’Italie, a réussi contrôler ce cancer. 

Avec la disparition de son fonds de commerce et l’arrestation de nombre de ses chefs, la mafia locale a été en pointe dans le financement et le soutien à la rébellion libyenne. De nombreux gangs et membres de la pègre issus des bas-fonds de la ville sont connus pour avoir mené des expéditions punitives contre les travailleurs immigrés africains à Benghazi même et dans les banlieues. Depuis le début de la rébellion, plusieurs centaines de travailleurs immigrés, Soudanais, Somaliens, Éthiopiens et Érythréens, ont été détroussés ou assassinés par les milices rebelles. Ce fait est soigneusement caché par les médias internationaux.» (Rapport du CIRET, p. 15, c'est nous qui soulignons).

Cette « mafia », qui a participé activement à la « rébellion », est coresponsable avec les islamistes du massacre raciste de milliers travailleurs émigrés de l'Afrique Sub-Saharienne et de Libyens noirs, dans des conditions atroces. Les "rebelles" se considèraient comme des "brigades dont la mission est  de purger le pays des esclaves à la peau noire » (5). 

Enfin, comme l'indique Gilles Munier, la Cyrénaïque était « le paradis des sociétés militaires privées (SMP) occidentales » (6). Après l'assassinat à Benghazi du directeur d’une SMP française, l’OTAN a du reconnaître «que des forces spéciales occidentales, et arabes – jordaniennes, émiraties et quataries -, épaulaient les rebelles». 

Comme l'a souligné Yves Bonnet, il est très suspect que le CNT ait refusé de rendre public tous les noms de ses  dirigeants : treize seulement sur quarante ont été révélés: ceux des membres les plus « présentables » (avocats, universitaires ayant longtemps séjourné aux Etats-Unis...) - et en même temps les moins représentatifs de cette « organisation ». 

 

Le rôle crucial des services secrets              

Les services secrets occidentaux avaient préparé l'insurrection de longue date et guidé les « rebelles » pour accompagner les attaques de l'OTAN. 

Une « insurrection » mise au point à Paris 

Selon Franco Bechis, Directeur adjoint du quotidien italien Libero, qui s'appuie sur des documents confidentiels de la DGSE révélés dans la lettre confidentielle, Maghreb Confidentia, la révolte de Benghazi aurait été préparée à l'automne 2010 par les services secrets français, avec l'aide d'anciens dignitaires du régime Kadhafi qui l'avaient trahi.  

En premier lieu Nouri El-Mesmari, chef de son protocole, qui était venu à Paris le 21 Octobre 2011 pour rencontrer des responsables de la DGSE et des proches collaborateurs de Sarkozy, sous le prétexte officiel d'un séjour à l'hôpital (7). Mesmari leur aurait livré tous les secrets de la défense militaire du colonel, des informations sur les positions des forces loyalistes et les rapport de forces sur le terrain, les dissensions au sein du régime, les rivalités tribales, les alliances diplomatiques et financières du régime... 

Dans sa suite de l’hôtel Concorde Lafayette se serait tenue le 16 novembre une réunion de préparation du voyage (officiellement commercial) à Benghazi d'une délégation de fonctionnaires du ministère de l’Agriculture, de dirigeants des grosses sociétés agroalimentaires, qui comportait également des militaires camouflés en hommes d'affaire. Ils y rencontrèrent notamment le colonel  Abdallah Gehani, chef des services secrets de Cyrénaïque,, qui accepta de devenir référant secret des Français. Quand Gehani fut arrêté le 22 janvier à Tripoli, accusé d'avoir monté en Cyrénaïque un réseau social qui incitait la population à se rebeller en prenant l'exemple du «printemps» tunisien, l'insurrection était déjà préparée.  

Par ailleurs, un autre proche du colonel Kadhafi, Moussa Koussa, chef des services de renseignement  de 1994 à 2009, avant de devenir ministre des Affaires étrangères, fit à son tour défection et se réfugia à Londres le 30 mars. Celui qui avait négocié avec la CIA le programme commun de contre-terrorisme en 2009 pourrait avoir été un agent double du MI-6. 

En complément des bombardements de l’OTAN, des services de renseignement occidentaux, déjà présents dans le pays depuis des années, renforcèrent considérablement leur présence au fil des mois. Aussitôt la résolution votée à l'ONU, le président américain envoya sur place des équipes de la CIA pour conseiller les « rebelles » qui devaient accompagner les attaques de la coalition et bien remplir leur rôle de figuration. En mars, il signa un ordre secret autorisant la CIA à mener des opérations pour renverser Kadhafi. A la requête de Barack H. Obama, le Royaume Uni dépêcha des membres des forces spéciales britanniques et des officiers du Secret Intelligence Service (SIS), et la France des officiers de liaison de la DGSE et des instructeurs. (8) 

 

La propagande de guerre des médias « mainstream »

Cette nouvelle farce humanitaire n'a été rendue possible que grâce à une gigantesque campagne de propagande, orchestrée par les grands media occidentaux et arabes. Les chaines Al-Jazeera et Al-Arabia étant beaucoup plus regardées dans les pays arabes que les chaînes nationales, qui pratiquent toutes la langue de bois.  

Al-Jazeera, crée en 1996 par un émir milliardaire du Qatar et aujourd'hui présente dans le monde entier, s’exprime au nom de la démocratie à partir de l'Arabie Saoudite, fief de la plus grande théocratie arabe. Ce sont ces deux chaînes qui ont lancé la fausse information selon laquelle le régime libyen faisait bombarder les habitants de Tripoli et tirer contre sa propre population (9).  

La résolution de l'ONU fut votée grâce à ce mensonge initial amplifié par tous les media occidentaux, sans qu'aucune commission d'enquête soit envoyée sur place. 

L'opinion publique occidentale a donc appuyé le vote de la résolution 1973, puis, au fil des mois, sa violation répétée par les bombardements, et a finalement applaudi au lynchage de son dirigeant et de sa famille.  

Les «journalistes» occidentaux, qui pouvaient librement circuler dans le pays pour faire leur travail, se sont contentés de reprendre purement et simplement les communiqués la CIA. Parmi les équipes présentes à l'hôtel Rixos, beaucoup étaient en réalité membres des services secrets occidentaux. Le lieutenant-général Charles Bouchard lui-même, chef de l’Opération Unified Protector, a reconnu le 31 octobre dernier que des journalistes étrangers présents en Libye étaient des agents de l’OTAN. 

Les rares journalistes indépendants qui faisaient un réel travail d'investigation (les Français Thierry Meyssan – hostile à la politique de Mouammar Kadhafi - et Julien Teil, le Canadien Darius Nezaroya, l'anglaise Leezy Phelan...) ont vu leur vie menacée et se sont échappés de justesse du traquenard de l'hôtel Rixos, qui grouillait d'espions (10) 

Pour que le scénario soit crédible, il fallait que l'opération dure un peu, et que la prise du pays ne soit réalisée qu'à la suite de combats «farouches» entre les «rebelles» et les troupes loyalistes. Or, la Libye, pays de six millions d'habitants, avait une petite armée, une force aérienne antique, et son système de défense antiaérienne avait été détruit après quelques semaines de bombardements de l'OTAN, ainsi que nombre de ses véhicules blindés.  

Les média mainstream ont même relayé des informations grotesques, comme l'affaire du viagra distribué aux troupes loyalistes afin qu'elles violent les femmes dans les régions « insurgées », une idée tout droit sortie d'une réunion bien arrosée de marketing de Pentagone-Hollywood (jamais en panne d'imagination)... comme, parmi bien d'autres, celle de l'invention de la blogueuse syrienne homosexuelle persécutée par le régime de Bachar El-Assad (qui n'était en réalité qu'un étudiant américain «émettant» d'Ecosse) (11) 

 

Une agression programmée depuis 2001 

Si, après l'élection de Sarkozy « l'Américain », la France a rejoint en 2009 le commandement intégré de l'OTAN, dont nous étions redevables au général de Gaulle de nous en avoir fait sortir en 1966, c'était en prévision des nouvelles guerres prévues par les Etats-Unis dont nous sommes redevenus les vassaux en 2007. Les Etats-Unis sont en faillite et n'ont plus les moyens de financer leurs guerres.  

Par ailleurs, l'opinion publique américaine est défavorable aux opérations extérieures (c'était le sens du vote à la présidentielle de 2008), et il est maintenant nécessaire pour Washington de se servir de paravents pour les nouvelles interventions à son ordre du jour... La France de Sarkozy était le gogo idéal, d'autant que Mouammar Kadhafi avait fait l'affront au président français d'oser lui refuser d'acheter des centrales nucléaires et des avions Rafales après sa visite de 2007 (des contrats qui auraient du rapporter dix milliards d'euros, et beaucoup de commissions...)! Récemment concurrente des Etats-Unis en Afrique, la France voulait reconquérir sa zone traditionnelle d'influence en Afrique, mais devait s'allier avec eux pour lutter contre l'implantation chinoise grandissante. 

Il n'est que de relire des écrits des néoconservateurs américains pour se rappeler que les Etats-Unis considèrent l'Europe comme une simple armée supplétive des basses oeuvres accomplies par leur pays. Et, entre les néoconservateurs républicains et les stratèges du parti Démocrate, la seule différence est le style utilisé pour appliquer la même politique impérialiste. On se rappellera par exemple les crimes commis par le tandem Clinton-Gore en ex-Yougoslavie et en Iraq (opération « Renard du Désert » en 1998, et bombardements incessants de civils dans les zone d'exclusion aériennes - déjà!). Mais les dirigeants démocrates ont toujours bonne presse en Occident.  

Ainsi, comme l'avait annoncé en 2007 confirmé l'ancien commandant en chef de l’OTAN Wesley Clark, la reconquête de la Libye avait été prévue dès 2001, en même temps que les agressions contre l'Iraq et la Syrie. (12) La mise au point du plan définitif fut effectuée en novembre 2010 avec les services secrets français. 

Ainsi, l'intervention militaire en Libye n'a donc absolument aucun rapport, de près ou de loin, avec un quelconque « Printemps arabe ». 

 

Un assassinat politique dans la grande tradition de la démocratie étasunienne 

«... dans une structure comme celle de la Libye dirigée par les tribus, un leader est accepté s’il connaît les besoins de la population et arrive à les satisfaire. »

PR Al Ghariani, faculté d’Economie et de sciences politiques de l’université Al Fateh (13) 

L'assassinat inqualifiable du Guide de la Révolution libyenne a été applaudi par le bon peuple français - quelque soit son niveau culturel -, décervelé par la propagande de la presse mainstream aux mains des banquiers et des multinationales.  

Après avoir localisé le colonel Kadhafi par satellite grâce aux systèmes de communication sophistiqués américains, le commando spécial US l'a tiré comme un lapin avant de le livrer à ses mercenaires ide l'OTAN pour que, symboliquement, l’estocade finale soit donnée par des « rebelles » (« Nous annonçons que Kadhafi est mort aux mains des révolutionnaires », communiqué du CNT). PentaHollywood a imaginé la fin la plus abjecte qui soit pour le guide libyen: moqué, torturé, lynché et sodomisé avant d'être achevé par la chienlit enrôlée par l'OTAN , puis exposé dévêtu sur une couverture sale dans une chambre froide d'une boucherie de Misrata. 

Son fils Moutassim a été également assassiné de sang froid à Sirte après avoir été capturé vivant et torturé le même jour alors qu'il dirigeait des troupes gouvernementales. Des exactions d'une barbarie répugnante, ignoble - à l'instar de la pendaison de Saddam Hussein -, destinées à dégrader le plus possible dans tous les esprits l'image du « guide » libyen: moqué, torturé, lynché et sodomisé avant d'être achevé par la chienlit enrôlée par l'OTAN, puis dans tous les esprits l'image du personnage honni. 

Souvenons-nous de la mise en scène grotesque similaire de la « capture de Saddam Hussein »:  le président irakien, depuis plusieurs semaines aux mains des envahisseurs, apparemment drogué, avait été lui aussi placé dans un trou où il était censé s'être terré dont on l'a sorti hagard et méconnaissable. Lui aussi avait refusé de quitter son pays pour résister jusqu'au bout avec son peuple. 

Le Guide rejoint ainsi les présidents Allende, Sankara, Lumumba et bien d'autres, sans compter les autres président élus démocratiquement, mais gênants pour les puissances impérialistes, qui furent chassés par un coup d'état comme Manuel Zelaya au Honduras en 2009, ou ceux qui furent l'objet de coups d'Etat ratés, comme Hugo Chavez en 2002. 

Les Etats-Unis, qui se prétendent le parangon de la Démocratie, ont toujours été un pays sanguinaire et au-dessus des loi depuis le génocide de millions d'Indiens qui peuplaient le territoire jusqu'à aujourd'hui (Cf. Les livres de William Blum). Et connaîtra-t-on un jour officiellement les noms des commanditaires des assassinats de John Kennedy, de ses frères, de Martin Luther King ou de David Kelly ? Le gendarme du monde auto-proclamé peut enfin donner libre cours à son appétit insatiable de destruction et de pillage depuis la chute du mur de Berlin en 1989. 

Déjà symbole de la lutte anti-impérialiste en Afrique, Mouammar Kadhafi est devenu depuis son lynchage un martyr pour les Libyens et pour tous les peuples du Sud, particulièrement en Afrique. Lui que la presse mainstream avait voulu faire passer pour un lâche, en diffusant à plusieurs reprises de fausses informations sur sa soi-disant fuite à l'étranger, a agi comme il l'avait annoncé au début de l'agression de l'OTAN: il s'est battu pour son pays et son peuple « jusqu'à la dernière goutte de son sang». Cet assassinat d'un président en exercice constitue  un crime de guerre selon les lois internationales. 

Son élimination physique avait été programmée de longue date. Il fallait éviter un procès gênant, fût-il aussi truqué que ceux de Milosevic (liquidé en prison par manque de soins), de Saddam Hussein et de son premier ministre Tarek Aziz (récemment condamné à mort dans l'indifférence générale par un tribunal islamiste grotesque, dite « Haute Cour irakienne »). Sans oublier l'exécution sommaire de Ceaucescu et sa femme en 1989. Car tout est permis au Yankees depuis la chute de l'Union soviétique, qui avait au moins le mérite de maintenir « l'équilibre de la terreur ». 

 

Les réalisations du régime de Mouammar Khadhafi 

Pour l'Occident, un bon pays du Sud est un pays pauvre, dont la population est illettrée et affamée, sans infrastructures de base, très endetté et dépendant du FMI, de la Banque mondiale et autres organisations internationales destinées à l'organisation du pillage du Tiers Monde au profit des élites du Nord. Avec des dirigeants à sa botte. Un dirigeant du Sud  qui ne se plie pas à ses règles est un dirigeant mort... Tant il est vrai qu'aucun pays du Sud ne peut résister à la puissance de feu des forcesde l'OTAN.

La politique sociale: la redistribution des revenus de la manne pétrolière au peuple libyen 

Le vieux roi Idriss (ancien cheik d'origine algérienne proclamé roi en 1951), marionnette mis en place par les anglo-saxons, avait été déposé, sans effusion de sang, le 1er septembre 1969 par un groupe de militaires dirigé par le colonel Mouammar Kadhafi. La Libye était alors un pays sous-développé, ses richesses naturelles étant pillées par des puissances étrangères. 

Les troupes coloniales furent mises à la porte et l’industrie pétrolière nationalisée, ce qui permit au peuple libyen de devenir maître de ses ressources et de mener une politique indépendante de modernisation du pays pour le sortir du sous développement. L'une des populations les plus pauvres du monde (avec un revenu annuel par habitant de moins de 60 dollars) put ainsi devenir, au fil des ans, la plus riche d’Afrique, et afficher un indice de développement humain (IDH) au 53e rang sur 169 pays, devant la Russie et le Brésil. 

Les prix du pétrole échappèrent au contrôle américain alors que jusque-là, la fixation des prix de l’OPEP était contrôlée par les Etats-Unis par le biais de leurs fidèles amis saoudiens. 

La redistribution des revenus du pétrole libyen a bénéficié à toute la population, et non à une poignée d'oligarques comme dans les pays du Golfe et les autres pays africains producteurs de pétrole (comme le Nigéria), dont les populations analphabètes à près de 80% vivent dans la misère (sans eau courante, sans électricité, sans système de santé ni protection sociale...).  

Le taux d'illettrisme était passé de 90% à 7%, et aujourd'hui un quart des Libyens possèdent un diplôme universitaire (alors qu'il n'y avait aucune université et peu d'écoles du temps de la monarchie). Les étudiants pouvaient obtenir des bourses pour suivre à l'étranger les formations spécialisées que la Libye ne pouvait leur offrir. Un Libyen ne trouvant pas de travail à la sortie de ses études recevait le salaire moyen qu'il aurait normalement reçu dans sa profession, jusqu'à ce qu'il trouve un emploi correspondant à sa formation. Grâce aux prêts d'Etat, la presque totalité des Libyens était propriétaire de son logement et chaque famille possédait une voiture. 

Tous les prêts étaient accordés sans intérêt, en accord avec les lois anti-usure de l’islam. 

Les soins médicaux étaient gratuits et les hôpitaux avaient des équipements aussi modernes que ceux de l'Europe. Grâce aux revenus du pétrole, tous les citoyens recevaient une allocation de vie, et on trouvait dans les magasins d'Etat les denrées alimentaires de base subventionnées. 

Une partie des revenus de la vente du pétrole libyen était créditée directement sur le compte de chaque citoyen libyen. Tous les nouveaux mariés recevaient recevaient un prêt d'Etat de 60.000 Dinars (environ 50.000 $US) sans date limite de remboursement, et chaque femme 5.000 $US à la naissance de son enfant. L'achat d'une voiture était subventionné à hauteur de 50%. Les agriculteurs bénéficiaient d'une aide à l'installation et ne payaient pas de taxes. Le taux de chômage était nul, et le pays comptait trois millions de travailleurs africains émigrés pour lequel la Libye était un véritable Eldorado. 

 

La situation des femmes  

« J'avais promis à ma mère d'améliorer la situation des femmes » Mouammar Kadhafi

Le statut des femmes avait été notablement amélioré, dans une société où elles sont généralement peu considérées. L'équipe de gardes du corps du « Guide », uniquement composé de femmes en était un symbole flamboyant. Elles étaient encouragées à participer à la vie politique et pouvaient s'engager dans l'armée.  

Dès 1970, des lois passèrent en vue de l'égalité de salaire égal à travail égal. Le taux d'emploi des femmes atteignit 27% en 2006. Les femmes étaient encouragées à continuer de travailler après la naissance de leur enfant et pouvaient prendre leur retraite à 55 ans. De 1966 à 1996, le pourcentage de femmes poursuivant des études supérieures passa de 8 à 43% atteignant le même niveau que les hommes. Les mariages forcés et les mariages d'enfant furent interdits, et l'âge minimum du mariage fut élevé à 18 ans. Depuis 1973, les femmes pouvaient demander le divorce. La restriction de leur mobilité fut interdite. Les femmes conduisaient et pouvaient voyager librement avec leur passeport. 

Une politique extérieure généreuse orientée vers le développement du continent africain et du Tiers Monde en général, et la libération des peuples opprimés 

Sur le plan extérieur, Mouammar Kadhafi a toujours soutenu les peuples opprimés, notamment les Touaregs persécutés au Mali, les catholiques irlandais, les Sarahouis du Sahara occidental, le mouvement anti-Apartheid en Afrique du Sud et les Palestiniens.  

Il a recueilli les réfugiés politiques et financé le développement du Tiers-monde, offrant une aide plus importante que celle de tous les États du G20 réunis. La perspective de la fin de l’exploitation coloniale de l’Afrique ne pouvait que provoquer l’ire des puissances impérialistes habituée à se servir dans le Sud «comme dans un supermarché». 

 

Des réalisations technologiques au service de la Libye et de tout le continent africain 


Un ouvrage unique au monde: Le «Grand fleuve artificiel» (Great Man-Made River Projet)  

Grâce à la Banque centrale libyenne, les revenus du pétrole ont pu être investis dans des grands projets de développement du pays, comme la plus grande installation d'irrigation au monde. Qualifiée parfois de 8ème merveille au monde, le « Grand Fleuve Artificiel »a permis d'implanter des exploitations agricoles florissantes en plein désert du Sahara (la Libye est un pays désertique à 90%, où la pluviométrie est de 200 mm d’eau par an) dans le but de conduire le pays à l'autosuffisance alimentaire. Cette réalisation ne pourra fonctionner que pendant une cinquantaine d'année, cette ressource d'origine fossile n'étant pas renouvelable.

Ce projet audacieux et inédit, d'un coût situé entre 35 à 80 milliards de dollars, fut lancé en 1983 sur vingt cinq ans, est en grande partie réalisé aujourd'hui. Il fut financé sans aucun emprunt aux banques étrangères. Insupportable pour les institutions internationales! Il a naturellement été une cible militaire pour l’OTAN: il ne faut laisser aucune trace des réalisations de l'ancien régime, et aussi rendre le pays de nouveau dépendant des multinationales et des institutions internationales pour reconstruire le pays ravagé par l'OTAN.

 

Le satellite africain RASCOM: la révolution technologique africaine

En finançant à hauteur de 300 millions de dollars le premier satellite africain de communications, la Libye a permis à l'Afrique de s'affranchir du diktat des compagnies étrangères qui lui faisaient payer les communications téléphoniques à des prix exorbitants - les plus chers au monde car ils transitaient par les satellites européens. L'Organisation régionale africaine de communications par satellite - RASCOM avait été créée en 1992 par 45 pays africains, qui avaient tenté en vain pendant quatorze ans d'obtenir un prêt de la Banque mondiale et du FMI...

Mis en orbite le 26 décembre 2007, le satellite a permis en outre « d’assurer la diffusion des programmes de télévision et de radiodiffusion, ainsi que plusieurs autres applications technologiques comme la télémédecine et l'enseignement à distance. Grâce aux transmissions radio WMAX, une connexion à faible coût a été mise à disposition à travers le continent, y compris dans les zones rurales. » (rapport du CIRET, p. 10). Un second satellite de communication africain a été lancé en 2010.

 

Un pays sans dette extérieure !

La Banque Centrale libyenne, institution de la Jamahiriya (14), propriété de l'Etat, fut le principal instrument de cette politique d’indépendance nationale, un antidote à la politique de paupérisation des états et des peuples sur lequel les européens pourraient prendre exemple...

Les banques privées dépouillent les emprunteurs (Etats comme particuliers) en pratiquant des taux d'intérêt exorbitants. (Et, en tant de « crise », elles se font renflouer sans vergogne par les contribuables, sans aucune contrepartie...). Les institutions financières internationales consentent des « prêts » aux pays en difficulté en leur imposant des plans d'ajustement structurel qui les appauvrissent encore plus, et leur font réduire les budgets des secteurs de la santé, de l'éducation, de la protection sociale et de l'équipement. L'accroissement sans fin de la « dette » des pays (du Nord comme du Sud) provient du fait que l'Etat, ne pouvant plus battre monnaie,  devient l'otage des banques privées.

La Banque Centrale libyenne possédait était « une institution monétaire solide, crédible et indépendante des grandes institutions financières internationales telles que la Bank of International Settlements (BIS), le FMI, le Foreign Direct Investment (FDI). » (Le Figaro, 2 mars 2011). Ses principales prérogatives  étaient « d’imprimer, de frapper et de réguler les billets et pièces de monnaies du Dinar libyen, de gérer et accorder des prêts». Contrôlant sa monnaie, la Libye était un état réellement indépendant dans ses choix politiques, économiques et militaires, sans besoin « d'aide » extérieure.

 

La création du « Dinar-Or » par la Libye menaçait dangereusement le dollar

Le Dinar-Or, basé sur les réserves réelles d'or du pays (qui en possédait des sommes colossales: environ 144 tonnes), allait permettre à la Libye et à de nombreux pays du continent africain de se passer du dollar, ce qui était absolument insupportable pour les Etats-Unis. (15)  Rappelons-nous que la chute de Saddam Hussein a été précipitée par son projet de faire payer le pétrole iraqien en euros...

Les autres projets et réformes en cours qui ont motivé l'agression otanienne 

Kadhafi voulait créer des institutions financières panafricaines indépendantes, avec pour moteur l'Autorité libyenne d’investissements et la Banque étrangère de Libye. La création programmée d'une Organisation du Traité de l’Atlantique Sud et  des États-Unis d’Afrique aurait également protégé l’Afrique et l’Amérique latine de l'influence américaine.

Par ailleurs, dans le cadre des réformes institutionnelles, il avait le projet d'élargir le pouvoir du peuple libyen et le faire profiter de la richesse nationale de façon plus égalitaire (notamment entre l'Est et l'Ouest du pays), en éradiquant la corruption enracinée au fil des décennies au sein de son gouvernement et de l'administration. Mais l'évolution du système politique était vue d'un très mauvais oeil par certains de ses proches (ceux qui allaient bientôt le trahir), qui avaient peur d'y perdre leur pouvoir. Ils ont été attirés par les propositions alléchantes des Occidentaux. C'était le cas de Mahmoud Jibril, qui aurait rencontré à plusieurs reprises en 2010 Bernard-Henry Lévy (l'agent de la CIA et du Mossad, devenu le ministre de la Guerre occulte français) pour mettre au point le plan pour éliminer Kadhafi et livrer le pays aux puissances étrangères.

En bref, le « Guide » n'a pas saisi que ses projets en cours étaient en complète contradiction avec son désir de revenir en grâce dans les puissances occidentales, qui ne pourraient en aucun cas supporter leur mise en application. Il fallait un complet aveuglement pour ne pas le comprendre.

 

Main basse sur les avoirs libyens à l'étranger: « le hold-up du siècle «décomplexé», et «certifié» par le Conseil de sécurité »

Le pillage par les puissances impérialistes des réserves d’or et de devises de la Libye a commencé dès le début de l'agression de l'OTAN, avec le gel des avoirs à l'étranger. L'ancien ambassadeur français en Libye, Christian Graeff, a fait observer que « Les mesures de sanctions économiques contre le régime du Colonel Kadhafi ont été mises en œuvre par la France et ses alliés bien avant la résolution 1973 du Conseil de sécurité. C’est ainsi que les USA ont bloqué les avoirs libyens dans les banques étasuniennes. » (16)  La Libye dispose d’environ 200 milliards de dépôts de réserves de pétrodollars libyens dans les pays occidentaux.

Curieux hasard: près des deux tiers des investissements libyens à l’étranger sont détenus dans des pays constituant les forces envahisseuses de l’OTAN: 34 milliards aux États-Unis, 19,2 milliards  en Grande-Bretagne, 10,56 milliards en France, 19 milliards en Belgique,  9,73 milliards en Italie, 4,17 milliards aux Pays-Bas, et 2,4 milliards au Canada.

En bloquant ces fonds, les puissances impérialistes ont ainsi opéré le hold-up du siècle «décomplexé » et « certifié » par le Conseil de sécurité. Les Trésors des puissances impérialistes jubilent d’avoir bloqué les dépôts de la Libye sur leurs territoires respectifs. » PR Michel Chossudovsky (Ibid., C'est nous qui soulignons).

Fait curieux, relevé par un économiste: les « insurgés » ont crée leur banque centrale dès le mois de mars:

«Je n’ai jamais entendu parler auparavant d’une banque centrale créée juste après quelques semaines d’un soulèvement populaire. Ceci veut dire que nous avons à faire à autre chose qu’un groupe de rebelles déguenillés courant partout et qu’il y a derrière des influences plutôt subtiles ». Robert Wenzel Economic Policy Journal

 

Main basse sur les ressources naturelles du pays 

La Libye est le premier pays africain producteur du pétrole, devant le Nigéria et l’Algérie. S'il ne représente que 3,5 % des réserves mondiales (pour une valeur de 3.900 milliards de dollars aux cours actuels du brut), le brut libyen est d’excellente qualité (il demande peu de raffinage), d'extraction facile, et son acheminement est aisé.

Les profits sont donc extrêmement importants pour les compagnies pétrolières: « Alors que la valeur marchande du pétrole brut est actuellement bien au-delà des 100 dollars le baril, le coût du pétrole libyen est extrêmement bas, aussi bas que 1 dollar le baril (selon une estimation).» a souligné le Pr Chossudovsky, qui poursuivait en citant un expert du marché pétrolier: « À 110 dollars [le baril] sur le marché mondial, un simple calcul mathématique donne à la Libye une marge de profit de 109 $ [le baril]. » (17) 

Les réserves prouvées sont de 46,5 milliards de barils (US Energy Information Administration, février 2011, Oil and Gas Journal), soit plus du double de celles des Etats-Unis (20,6 milliards de barils selon l’Energy Information Administration). Près de 80 % des réserves pétrolières du pays se trouvent dans le bassin du golfe de Syrte, la région martyr qui a résisté pendant plus d'un moins aux bombardement intensifs de l'OTAN et aux exactions de ses sbires.

La Libye dispose également de d’importantes réserves de gaz naturel (1.500 milliards de m3), et de l'uranium.

Après la prise de possession des installations pétrolières du pays, les néo-colons reprivatiseront l'industrie. Quand ils auront fait remonter la production pétrolière à son niveau antérieur (1,6 million de barils/jour), les revenus annuels devraient s’élever à 50 milliards de dollars.  

 

L'AFRICOM et la guerre USA-Chine pour l'accès aux ressources énergétiques

« Washington veut renverser Kadhafi parce qu’il souhaite clairement bouter la Chine hors de Libye. »  Rapport du CIRET-AVT, p. 35

Un récent rapport du FMI confirme que l'économie américaine va être supplantée par celle de la Chine dans les cinq ans à venir. Les deux grandes puissances, qui doivent sécuriser leur accès aux ressources, sont en concurrence pour contrôler les champs pétroliers les plus importants connus. Or, le tiers des 2,6 millions de barils de pétrole brut importés par jour par la Chine provient du continent africain.  

C'est pourquoi les Etats-Unis n'ont pas pardonné à Kadhafi d'avoir refusé, en 2008, de rejoindre l'Africom (US Africa Command), commandement régional créé par le Pentagone sous l'administration Bush, essentiellement pour lutter contre la pénétration croissante de la Chine en Afrique. Le guide libyen avait alors déclaré s’opposer à une « démarche impérialiste qui essaie d'acheter tout le continent ».   

De son côté, « la Russie a développé d'importants accords pétroliers avec la Libye, des ventes d'armes s'élevant à des milliards de dollars et un projet de voie ferrée pour relier Syrte à Benghazi. Il y avait aussi eu des discussions sur l'ouverture à la flotte russe d'un port méditerranéen près de Benghazi. » (18). En outre, les multinationales occidentales trouvaient de plus en plus intolérables certaines des clauses des contrats imposées par le gouvernement Kadhafi, et redoutaient de voir la société russe Gazprom se voir accorder une part importante de l'exploitation des réserves du pays. On comprend d'autant plus mal, dans ces conditions, l'abstention de de la Chine et de la Russie lors du vote de la résolution 1973 au Conseil de sécurité...

Par ailleurs, le pays est un passage stratégique vers l'Afrique centrale, le Tchad et le Soudan, pays stratégiques riches en pétrole où la Chine et les Etats-Unis (avec Exxon Mobil et Chevron) sont également en concurrence.

Enfin, la guerre contre la Libye permet de stopper le développement du continent noir,  dont lé régime de Mouammar Kadhafi était le moteur.

 

Les graves fautes politiques du Guide et de son fils Saïf Al Islam ont été fatales au pays 

Trop sûr de lui, le colonel Kadhafi a malheureusement cru, au cours de ces dernières années, pouvoir revenir en grâce en Occident dans le but de faire lever les sanctions et retirer la Libye de la liste noire des pays à détruire, concoctée en septembre 2001 (en réalité bien avant: dès Reagan, et par le PNAC!) (19), toujours d'actualité. Dans les années 2000, il a fait le tour des capitales des puissances impérialistes pour normaliser ses relations avec les pays occidentaux. 

Comme jadis Saddam Hussein, il a eu tort de croire qu'il pourrait réintégrer la «communauté internationale» en faisant moult concessions, notamment en acceptant de payer chèrement pour des crimes qu'il n'avait pas commis, tout en continuant de clamer son innocence (20). Ainsi il a du verser 2,7 milliards d'indemnités de compensations aux familles des victimes de l'attentat de Lockerbie (21 décembre 1988, 270 morts), alors qu'il a été prouvé qu'il n'en était pas responsable, pas plus que de celui contre le DC-10 d’UTA, ni de celui qui a détruit une discothèque à Berlin en avril 1986 - utilisé comme prétexte par l’administration Reagan pour effectuer dix jours plus tard un raid aérien sur sa résidence de Tripoli - tuant sa fille adoptive et une dizaine d'autres innocents.  

Grâce à ces énormes concessions, les sanctions internationales qui pénalisaient sévèrement le pays furent levées par l'ONU en septembre 2003. La Libye fut même nommée à la tête de la commission des Droits de l'Homme à l'ONU la même année. 

Après la levée totale de l’embargo en 2004, Kadhafi avait du laisser revenir dans le pays des compagnies pétrolières américaines, et des dizaines de banques et sociétés financières étasuniennes et européennes, qui ont alors afflué en Libye, dont Goldman Sachs, qui escroqua la banque libyenne de 90% de ses dépôts (21). 

En 2007, il aurait même financé les campagnes de Nicolas Sarkozy Nagy Bocsa et de Ségolène Royal dans le but de faire abandonner toute poursuite à son encontre, quel que soit le vainqueur de la présidentielle. 

En outre, jusqu’à la bataille de Tripoli, il a négocié avec des émissaires israéliens, espérant naïvement à parvenir à acheter la protection d'Israël, l'un des premiers pays à souhaiter son élimination...

Grâce à toutes ces compromissions, il pensait avoir regagné les faveurs des grandes puissances occidentales. Mais « l'impérialisme américain et ses homologues en Europe continuaient de considérer son régime comme un obstacle à leurs objectifs dans la région. » Bill Van Auken (op. cit.)

 

Le rôle calamiteux de Saïf Al Islam 

Souvent cité pour prendre la succession du Guide, son fils Saïf Al Islam, optimiste quant au rapprochement avec les puissances impérialistes, et piètre géostratège, fut l'artisan très maladroit de ce rapprochement avec l'Occident, et des vains efforts pour effacer l'image d'état-voyou de la Libye, avec les résultats désastreux que l'on connait aujourd'hui...  

Saïf Al Islam a également commis une énorme faute en amnistiant et en libérant en 2009 un millier de terroristes islamistes du GICL  (peut-être sous des pressions occidentales) au lieu de les laisser croupir en prison pour les laisser hors d'état de nuire. Ces membres d'Al-Qaida se sont empressés de renier leur promesse écrite de renoncer à la violence pour rejoindre les mercenaires de l'OTAN. Après la prise de Tripoli, les derniers terroristes furent libérés par le CNT pour qu'ils les assistent dans leurs sales besognes. 

Dès sa nomination en tant que numéro deux du régime par son père, le jeune homme très ambitieux, récemment diplomé en Relations internationales de la London School of Economics (LSE) de Londres, a continué de cultiver une image de réformateur audacieux. Il avait travaillé à la rédaction de la nouvelle constitution. Fait très curieux, il avait choisi parmi ses conseilllers des néo-conservateurs américains comme Francis Fukuyama, Benjamin Barber, ou Samuel Hunttington, inventeur du « Choc des civilisations », décédé depuis), membre de sa Fondation. 

 

Détruire la Jamahiriya, la démocratie directe libyenne, pour installer la Charia...  

Washington, suivi par Londres et Paris, a décidé d'organiser un coup d'Etat international pour en mettre en place un nouveau régime fantoche de type colonial pour faire retourner la Libye quarante-deux ans en arrière, du temps de la monarchie. Et même bien en-deçà... 

Avant la prise de Tripoli par l'OTAN, des manifestations monstres de soutien au régime avaient lieu tous les vendredi sur la place verte de Tripoli, haut lieu de la symbolique révolutionnaire libyenne, et dans d'autres villes du pays. Celle du 17 juin avait rassemblé un million de personnes, soit 1/6 de la population totale du pays. 

Désormais, leur pays est détruit et ils sont gouvernés par des puissances étrangères via les fantoches du « CNT. », dont le dirigeant, l'islamiste radical Mustapha Abdel Jalil, a déclaré le 22 octobre à Tripoli que la charia serait désormais la base de la Constitution libyenne, que la polygamie (interdite par Kadhafi), serait rétablie et que le divorce, autorisé sous l’ancien régime, était désormais illégal...  

C'est le régime choisi par les USA et leurs vassaux pour aligner la Libye sur leurs amis des monarchies absolues théocratiques du Golfe où, dans beaucoup d'entre eux, on coupe la main droite des voleurs, pratique la lapidation des femmes adultères, les coups de fouets, la crucifixion des condamnés à mort en place publique, les mariages forcés d'enfants, la répudiation de la femme (seule forme du divorce), et où les travailleurs émigrés africains sont traités comme des esclaves. 

Comme l'Iraq, la Libye, pays moderne, est retournée à l'âge de pierre. Les grandes villes et les infrastructures vitales du pays ont été détruites volontairement par les bombardements de l'OTAN: stations d'épuration et système de distribution d'eau, centrales électriques, centres de communication, hôpitaux, écoles, universités...

La ville de Syrte (ville native du colonel Kadhafi), le dernier bastion de résistance des loyalistes, est totalement en ruines, à l'image de Dresde en 1945 ou de Fallujah (Iraq) en 2004. Elle a été assiégée par les troupes au sol (les «rebelles», lourdement armés) et sous le feu des bombardements permanents de l'OTAN. Après sa chute, les milices islamistes se sont chargées de punir les habitants de leur résistance en continuant à les massacrer. Elles ont torturé les habitants, violé en masse les femmes et les fillettes, saccagé, volé, pillé les maisons, les hôpitaux et les commerces. Les survivants, qui mouraient de faim et de soif, en ont été réduits à boire leur propre urine pour s'hydrater. (Pendant la « bataille » de Tripoli, les « rebelles », qui avaient pris le contrôle des usines de la Grande rivère artificielle, avaient déjà coupé l'eau d'approvisionnement de la capitale) Le sol était jonché de milliers de cadavres en décomposition. La tombe de la famille Kadhafi a été profanée, et le corps de sa mère brûlé. Toutes ces atrocités ont été commises sous le regard indifférent de la « communauté internationale ».

 

Prochain arrêt: Damas 

Contrairement à la Syrie, l'Iran, le Venezuela et Cuba (parmi d'autres: consultez le programme!) la Libye n'était pas citée explicitement sur la liste noire des pays à « libérer » de leurs dictateurs dans le programme présidentiel de Barack Hussein Obama de 2008.  

Maintenant, c'est au tour de la Syrie, dont on fait passer le président Bachar Al Assad pour un nouveau tyran sanguinaire, le nouvel Hitler. La Syrie est également un pays moderne, laïque, indépendant, et ennemi d'Israël. Il est donc lui aussi condamné être détruit, en vue du remodelage complet du Moyen Orient prévu depuis des décennies par l'axe atlanto-sioniste.  

Cette fois la Russie et la Chine ont opposé leur veto à cette nouvelle opération impérialiste alors qu'ils ne l'ont pas fait pour la Libye, se contentant de s'abstenir, pour d'obscures raisons de marchandages. Mais pour combien de temps ? Déjà la position de la Chine semble vaciller. Si tant est que c'est toujours la Reapolitik qui l'emporte... Et, s'il le faut, les puissances impérialistes se passeront de l'avis du Conseil de Sécurité, comme elles l'ont fait pour attaquer la Fédération de Yougoslavie en 1999, et l'Iraq en 2003. 

Double réussite pour Barack Obama - la créature de Zbiegniew Brzezinski (le génial créateur des Talibans, ancien conseiller pour la sécurité nationale de Jimmy Carter qui n'a jamais cessé de sévir en catimini) -: en pleine  campagne en vue de sa réélection en 2012, le reliquat de sa clientèle (en pleine déliquescence) n'y voit que du feu, et ses nouvelles guerres sont payées en grande partie par ses laquais français et autres, au moment où les Etats-Unis sont en cessation de paiement, où le chômage et le taux de pauvreté atteignent des niveaux records... Mais rares sont ceux - et c'est là que le choix du président par les élites occultes était particulièrement judicieux -, qui osent encore s'attaquer au nègre blanc de peur de se faire taxer de racistes...  

 

L'avenir très sombre de la Libye 

Les requins occidentaux ont remis sur la table les projets rejetés par l'ancienne Libye, et se bousculent pour s'arracher les contrats juteux sur sa dépouille. Aussitôt le pays reconquis, des troupes de responsables politiques et d'hommes d'affaires se sont précipitées dans la capitale libyenne pour commencer de se partager le gâteau. Les multinationales américaines et européennes, notamment les géants du pétrole et du bâtiment (BP, Total, Exxon, Bouygues...), vont pouvoir maintenant se distribuer des contrats juteux - comme elles l'ont fait en Iraq -, au grand dam des compagnies russes, chinoises et indiennes. Et l'on peut d'ores et déjà pressentir l'installation prochaine du géant de l'agroalimentaire Monsanto qui imposera ses semences transgéniques aux agriculteurs libyens, comme en Iraq et en Afghanistan. (22) 

Le président du Parlement européen, Jerzy Uzbek, a dit espérer maintenant une "pleine implication" de la Libye dans l'Union pour la Méditerranée (UPM), un projet rejeté en 2008 par Mouammar Kadhafi car il visait à torpiller son projet d'Etats-Unis d'Afrique et à diviser le Maghreb et l’Afrique subsaharienne. 

Une « réconciliation nationale » est impossible. Comme l'Iraq, le pays est promis à une guerre civile de longue durée, et sans doute à la partition. Les Libyens, ne pouvant supporter le retour à l'asservissement aux colons occidentaux et la détérioration de leurs conditions de vie, continueront à lutter contre un régime fantoche similaire à ceux qui ont été installés par les Etats-Unis en Iraq et en Afghanistan. 

La troupe disparate des mercenaires terroristes de l'OTAN, n’a cessé de commettre, depuis le début, des crimes de guerre atroces, quand ils ne s'entretuent pas (exemple du général Abdel Fatah Younis, ministre de l'intérieur de Kadhafi, jusqu'au 22 février 2011, un agent français qui aurait été liquidé par les Frères musulmans...). Les actes barbares commis par les milices islamistes, sont tout à fait semblables à ceux qui ont été commis par le GIA en Algérie dans les années 90': victimes égorgées, décapitées, brûlés, torturées, aux yeux crevés, dont les bras et les jambes ont été sectionnés, violées, pillages, lynchages racistes contre les noirs... (Cf. le Rapport du 13 octobre  2011 d'Amnesty International) (23). Il s'agit de crimes contre l'Humanité, qui ne seront jamais punis. Ces atrocités ont été largement rapportées par des témoins directs crédibles, et les nombreuses vidéos, dont le visionnage est insoutenable, qui circulent sur l'Internet.

Le bilan est très lourd: des dizaines de milliers de morts (80.000, 100.000?), des centaines de milliers de blessés, parmi lesquels de nombreux handicapés à vie, des enfants malformés ou mort-nés pour des décennies en raison de l'utilisation d'armes à l'uranium appauvri par l'OTAN (24), des centaines de milliers de réfugiés, une population traumatisée. Un pays moderne qui avait été construit pendant quarante ans, totalement détruit, avec ses infrastructures vitales: stations d'épuration, centrales électriques, hôpitaux, écoles, universités, équipements culturels....  

La prochaine étape est une guerre civile de longue durée, entre les partisans de l'ancien régime - qui viennent de créer au Sahel un Front de Libération de la Libye (FFL) - et les différentes factions du CNT, où les islamistes semblent majoritaires, qui ont en leur possession les armes lourdes distribuées par la coalition et le matériel dérobé dans les arsenaux libyens (plus de 20.000 missiles sol-air Sam-7, de milliers de bazookas et de kalachnikovs se sont volatilisés, ainsi que l'a reconnu l'OTAN).   

L'Occident est tombé dans un niveau de dépravation, de corruption et de barbarie inimaginable il y a encore quelques décennies. Il est désormais inutile d'invoquer les lois internationales (Charte des Nations Unies, Conventions de Genève...) qui sont constamment bafouées et dont les violations ne sont jamais sanctionnées par les instances juridiques concernées (CPI, TPI),  dès lors  qu'il s'agit de couvrir les crimes commis par les grandes puissances occidentales...  

Joëlle Pénochet,

Notes 

(1) Libye : Un avenir incertain, Compte-rendu de mission d’évaluation auprès des belligérants libyens CIRET-AVT, mai 2011, 44 p.  http://www.ciret-avt.com/2 http://www.cf2r.org. Cette mission, qui a passé trois semaines en Libye (à Tripoli et à Benghazi) en avril dernier, dénonce dans son rapport «l’aventurisme coupable, voire le machiavélisme cynique» des puissances occidentales qui soutiennent une insurrection aux faux airs de «révolution». ECOUTER L'INTERVIEW d'YVES BONNET, fondateur du Centre International de Recherches et d’Études sur le Terrorisme (CIRET-AVT) et ancien chef de la DST. (Direction de la surveillance du territoire). 

(2) CHOSSUDOVSKY Michel : L’« Opération Libye » et la bataille du pétrole : Redessiner la carte de l’Afrique, Mondialisation.ca, 22 mars 2011  

(3) Kadhafi n'a jamais bombardé son peuple/Airstrikes in Libya did not take place - Russian military (+vidéo) Internationalnews 28 Mars 2011. 

(4) Cf. Les articles: 5 000 Forces spéciales du Qatar avaient été déployées en Libye Georges Malbrunot Le Figaro, 6 novembre 2011 et « CIA recruits 1,500 from Mazar-e-Sharif to fight in Libya », par Azhar Masood, The Nation (Pakistan), 31 août 2011. 

(5) BECHIS Franco : Les "Rebelles" pratiquent le nettoyage ethnique des Libyens noirs Le Grand Soir Black Star News 28 juin 201, Réseau Voltaire 24 mars 2011. 

(6) MUNIER Gilles : Libye:"Le spectre de l’Afghanistan"  Afrique Asie – novembre 2011 

(7) Cf. BECHIS Franco :  La France préparait depuis novembre le renversement de Kadhafi, Réseau Voltaire 24 mars 2011 

(8) Cf. C.I.A. Agents in Libya Aid Airstrikes and Meet Rebels MAZZETTI  Mark and SCHMITT Eric New York Times March 30, 2011. 

(9) Pour appuyer ces allégations, toutes les grandes chaînes ont fait tourner en boucle des vidéos attribuées à des amateurs montrant des exactions censées avoir été commises par le "dictateur" (manifestants torturés, blessés, etc...). Ces vidéos auraient été placées sur des comptes Youtube liés à Twitter et Facebook. Des centaines de milliers de comptes en anglais sont apparus brusquement en Libye à partir du 17 février ! Or, les Libyens n'avaient pas la possibilité de publier des vidéos sur l'Internet depuis un an, et le nombre de membres des réseaux sociaux était infinitésimal. En outre, ces vidéos possédaient le même logo... 

(10) TRIPOLI: les journalistes "non alignés" menacés de mort Le Grand Soir 22/8/11 

(11) Propagande anti-syrienne grossière!!! : La blogueuse syrienne "enlevée" était... un étudiant américain 

(12)  Il rapporte dans Winning Modern Wars qu'un officier d’état-major de haut rang lui avait confié en novembre 2001 qu'une campagne militaire de cinq ans était programmée, pour des motifs inconnus, pour attaquer sept pays, en commençant par l’Irak, ensuite la Syrie, le Liban, le Libye l’Iran, la Somalie et le Soudan. (p.130). Voir son interview sur Youtube. Testimony former NATO Chief General Wesley Clarke March 2, 2007 

(13) Cité par Marinella Correggia: Pluie de bombes sur les civils libyens, qui espèrent encore, Il Manifesto, 7 mai 2011. 

(14) Littéralement « Etat des masses », forme de démocratie où le peuple gouvernait par le biais de comités populaires où toutes les tribus étaient représentées. 

(15) Libye - le principal motif de l'agression: le Dinar Or (VOSTF), 10 avril 2011 
http://www.internationalnews.fr/article-libye-le-principal-motif-de-l-agression-contre-la-libye-lle-dinar-or-vostf-82307466.html
 

(16) Journal de France culture du 20 octobre 2011. GRAEFF Christian : Le rôle des Occidentaux dans la chute du régime Kadhafi Entrevue avec l’ancien ambassadeur de France Mondialisation.ca, 20 octobre 2011 
Retranscription intégrale: 
http://www.silviacattori.net/article2213.html  

(17) L’«Opération Libye» et la bataille du pétrole : Redessiner la carte de l’Afrique, Mondialisation.ca, 22 mars 2011.

(18) Bill Van AUKEN : Mouammar Kadhafi assassiné par les Etats-Unis et l'OTAN WSWS 24 octobre 2011 

(19)  Le Project for the New American Century intitulé (PNAC) « Rebuilding Americas' Defenses » (« Projet pour un nouveau siècle américain », 2000) annonçait une longue guerre de conquête sur plusieurs théâtres d'opération simultanés. 

(20) Cf. Ó CATHAIL Maidhc : Deception over Lockerbie, Dissident Voice, 24 septembre 2009, Libya did not plead guilty for Lockerbie, Labour & Trade Union Review ,March 2004 ; PÉAN Pierre: "Kaddafi n'est pas responsable de l'attentat de Lockerbie" (IN) Arte - fausses pièces à convictions pour l'attentat de Lockerbie 28/08/2007  et  Pierre Péan, Manipulations africaines, Qui sont les vrais coupables de l'attentat du vol UTA 772 ? Plon, Paris, 2001. 

(21) Cf. CYPEL Sylvain : Goldman Sachs et les millions libyens, Le Monde, 7 juin 2011. Cité par René Naba Libye: le drapeau vert ne flottera plus sur Tripoli Mondialisation.ca, Le 2 septembre 2011 « De janvier à juin 2008, il lui versa donc 1,3 milliard de dollars. En février 2010, il n’en restait que 25,1 millions. De la somme initialement apportée, 98 % avaient disparu. Certes, on connaît des entreprises – AIG, General Motors, Lehman Brothers, Fannie Mae et Freddie Mac, dont l’action, durant la crise financière, a chuté dans des proportions similaires. Mais, pour des placements d’un investissement souverain, il doit s’agir d’un record du monde toutes catégories. » (Ibid.). 

(22) Cf. Joëlle Pénochet: Monsanto à Babylone  Mondialisation.ca 13 février 2008, Journée Internationale des Semences dédiée aux Irakiens et aux Afghans www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=13245  18 avril 2009   

(23) Amnesty International : La nouvelle Libye est “entachée” par les atteintes aux droits humains dont sont victimes les prisonniers »  

(24) Cf. DINUCCI Manlio  : Uranium Appauvri: LIBYE, le Fukushima de la guerre + vidéo Mondialisation.ca, 30 mars 2011 et PENOCHET Joëlle : Armes À l'uranium appauvri : 20 ans après, où en est-on ?. Internationalnews 7 janvier 2011 

 

Autres références 

Van AUKEN Bill : Washington cherche à agir sous couvert de l’OTAN pour une longue guerre contre la Libye WSWS  29 mars 2011.

BARROUHI Abdelaziz : Seif el-Islam Kaddafi fait sa révolution Jeune Afrique 28/12/2009

Bye Bye Kadhafi, bienvenue Al Qaida? Internationalnews 30 aout 2011

BOURDOKAN Georges  : The Libya I Once Knew. A Meeting with Muammar Gadaffi, Global Research, November 4, 2011

CHOSSUDOVSKY Michel : La destruction du niveau de vie d'un pays: Ce que la Libye avait accompli, ce qui a été détruit, Mondialisation.ca, le 23 septembre 2011 www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=26747  

CHOSSUDOVSKY Michel : Manipulating Video Images: Sloppy Journalism or War Propaganda? The BBC's Fake Images from Tripoli Global Research, le 5 septembre 2011.

CHOSSUDOVSKY Michel : «Notre homme à Tripoli»: Des terroristes islamistes, soutenus par l'OTAN, intègrent la rébellion en Libye, Mondialisation, 9 avril 2011

CHOSSUDOVSKY Michel :Insurrection et intervention militaire: Tentative de coup d'État des États-Unis et de l'OTAN en Libye? Mondialisation, 10 mars 2011

CHOSSUDOVSKY Michel :La « diabolisation » des musulmans et la bataille pour le pétrole, Mondialisation.ca, 7 janvier 2007.

COHEN, Philippe: Libye: comment et pourquoi Moussa Koussa a été exfiltré à Londres Marianne, 2 Mai 2011

COLLON Michel : Comment l’Otan va dissimuler ses atrocités en Libye; Investig'Action

COLLON Michel : Libye, OTAN et médiamensonges www.legrandsoir.info/libye-otan-et-mediamensonges.html

DENÉCÉ, Eric: "Les révolutions arabes ne sont que des coups d'Etat militaires masqués", La Tribune.fr, 01/06/2011.

DINUCCI Manlio : Rapine à main armée à Tripoli - Mondialisation.ca, 5 juillet 2011

DINUCCI Manlio : La nouvelle conquête coloniale de la Libye - Mondialisation.ca, 10 juin 2011

DINUCCI Manlio :Libye, la guerre secrète de la CIA , Mondialisation.ca, 1er avril 2011

DINUCCI Manlio : Opération Libye en préparation, Le Pentagone « repositionne » les forces navales et terrestres, Mondialisation.ca, le 2 mars 2011

DUFOUR Jules : L'Occident et sa « compassion » soudaine pour les peuples opprimés 23 aout 2011

ENGDAHL F. William : La guerre de l'OTAN contre la Libye est dirigée contre la Chine Mondialisation.ca, Le 27 septembre 2011 

ENGDAH F. William L : Creative Destruction: Libya in Washington’s Greater Middle East Project–Part II, March 26, 2011,http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=23961  

ESCOBAR, Pepe: Comment Al-Quaeda est arrivé à régner sur Tripoli, Le Grand Soir (Asian Times), 31 août 2011

HASHASH Sara : Pillage d’antiquités en Libye, Mondialisation.ca, Le 17 novembre 2011

How Gaddafi improved the situation of the Libyan women Mathaba  2011/11/07

Human Rights Watch, « Le CNT doit mettre fin aux arrestations arbitraires et aux mauvais traitements de détenus », Rapport du 30 septembre 2011.

Irak, Kosovo, Afghanistan, Libye, Syrie: la même propagande de guerre efficace (dossier) Internationalnews 

KADHAFI Seif el-Islam : «La Libye sera un pays heureux» Le Figaro 07/12/2007 

KIMYONGU Bahar: Verts/Rouges européens et la Libye : Vert treillis militaire mais pas rouges de honte  MichelCollon.Info 24 mars 2011  
La guerre en Libye a coûté 320 millions d'euros à la France 
http://www.internationalnews.fr/article-la-guerre-en-libye-a-coute-320-millions-d-euros-a-la-france-84474258.html

Le Tripoli merveilleux de l'OTAN (+vidéo) – internationalnews 15 sept. 2011

La guerre contre la Libye: une catastrophe économique pour l'Afrique et l'Europe Voltairenet.org 2011-07-03

La Libye, un modèle pour la redivision du Moyen-Orient, WSWS 24 août 2011, 
http://www.wsws.org/articles/2011/aug2011/zeli-a24.shtml

Le conflit armé libyen se prolongera selon l'ancien patron de la DST, M. Yves BONNET Tamurt Info

Le silence et la peur reviennent dans les rues de Tripoli (Russia Today) 
http://www.legrandsoir.info/le-silence-et-la-peur-reviennent-dans-les-rues-de-tripoli-russia-today.html  16 septembre 2011

Les ailes brisées de Seif el-Islam Jeuneafrique.com 26 mai 2009

Les Crimes contre l'Humanité de l'OTAN en Libye/NATO war crimes Internationalnews

Les entreprises italiennes et françaises se préparent pour la relève,  La Tribune 23/08/2011

Les "Rebelles" pratiquent le nettoyage ethnique des Libyens noirs Le Grand Soir , 28 juin 2011

Les États-Unis et leurs alliés se préparent à une guerre longue en Libye WSWS 6 avril 2011 
http://www.internationalnews.fr/article-les-etats-unis-et-leurs-allies-se-preparent-a-une-guerre-longue-en-libye-71163821.html

Libya: Country Profile of Human Development Indicators by United Nations Development Programme (UNDP)  Global Research, le 5 avril 5, 2011 http://globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=24152

Libye: Les va t-en-guerre français piétinent le droit et la Constitution (...)     26 mars 2011 

Libye : Exécution apparente de 53 partisans de Mouammar Kadhafi  Human Right Watch www.hrw.org 24 oct. 2011  

LOSURDO Domenico : Sept vérités sur la Libye Le Grand Soir, 27 aout 2011 

L'objectif, en Libye, est-ce le pétrole ou plutôt le système bancaire ? pyepimanla 

L'OTAN commet un massacre à Syrte et rase la ville  Internationalnews

Manipulations grossières pour orchestrer le renversement de Kaddafi/US orchestrates regime change in Libya, using social media Internationalnews 22 avril 2011 (+ vidéo)

MARSDEN Chris : Sirte's fall to usher in mass repression by Libya’s National Transitional CouncilWSWS 15 October 2011.

MOUNTAIN Thomas C.: 30.000 bombes, 60.000 morts : une sacrée mission humanitaire ... Le Grand Soir (Counterpunch) 4 septembre 2001

Moussa KOUSSA, un informateur-clé pour la coalition ,LEMONDE avec AFP, 31.03.11

METRO Gael: The Libya Media Hoax: Fabricated Scenes of Jubilation and Euphoria on Green Square,  Global Research, 2011-08-23

MEYSSAN Thierry : Le lynchage de Mouamar Kadhafi Internationalnews Réseau Voltaire, 21 octobre 2011 

MEYSSAN Thierry : Comment les hommes d'Al Quaeda sont arrivés au pouvoir en Libye, Voltaire, 5 septembre 2011 

MORELLI Anne : La Libye et la propagande de guerre occidentale  silviacattori.net  26 août 2011

MUNIER, Gilles: Retour de Libye - Interview 7 Jours, 4 juin 2011 

MUNIER, Gilles:Libye: les djihadistes du Conseil national de transition (CNT), France-Irak-Actualité, mars 2011

NAZEMROAYA Mahdi Darius:TRIPOLI: les journalistes "non alignés" menacés de mort Russia Today 22 août 2011.

NAZEMROAYA Mahdi Darius:: Who Was Muammar Qaddafi? Libya's Wealth Redistribution Project With an Introduction by Cynthia McKinney Global Research- 2011-10-27

NAZEMROAYA Mahdi Darius: Libya and the Big Lie: Using Human Rights Organizations to Launch Wars GlobalResearch 2011-09-29

NAZEMROAYA Mahdi Darius: America's Conquest of Africa: The Roles of France and Israel Introduction by Cynthia McKinney Global Research, October 6, 2011

NATO commander admits journalists in Libya were NATO informants Voltaire.netwww.mathaba.net 11 juin 2011.

Nightmare in Libya: Thousands of Surface-to-Air Missiles Unaccounted For 
http://abcnews.go.com/Blotter/nightmare-libya-20000-surface-air-missiles-missing/story?id=14610199

PENOCHET Joëlle : Barack Obama : Une victoire programmée par le Nouvel Ordre Mondial, Mondialisation, 9 novembre 2008   

ROZOFF Rick : Un assassinat brutal et gratuit en Libye ou le Nouvel Ordre Mondial dans toute la transparence de sa barbarie  Mondialisation.ca, 26 octobre 2011 

ROBERTS Paul Craig : The End of History: Now that the CIA’s proxy army has murdered Gadhafi, what next for Libya? 

ROBERTS Paul Craig : L'Occident et sa « compassion » soudaine pour les peuples opprimés , 23 aout 2011 Mondialisation.ca, 4 novembre 2011.

SCOTT, Peter Dale: La Bosnie, le Kosovo et à présent la Libye : les coûts humains de la collusion perpétuelle entre Washington et les terroristes. Mondialisation.ca, Le 17 octobre 2011 (Dale Scott est un ancien diplomate canadien et professeur émérite à l’université de Berkeley)

SCOTT, Peter Dale: La guerre en Libye, le pouvoir américain et le déclin du système des pétrodollars Mondialiation 

SCOTT, Peter Dale: Viol en Libye : Les récentes guerres majeures des États-Unis ont toutes été accompagnées par des mensonges mémorables   Voltaire, 22 juin 2011

TARPLEY DR Webster G.: The CIA's Libya Rebels: 2007 West Point Study Shows Benghazi-Darnah-Tobruk Area was a World Leader in Al Qaeda Suicide Bomber Recruitment, Washington D.C., 3/24/11

TARPLEY DR Webster G.: Le recyclage des hommes de Ben lden Reseau Voltaire, 21 Mai 2011

TARPLEY DR Webster G.: The Libya Rebels: A CIA Secret Army of al Qaeda Terrorists, Anti-Black Racists, and Monarchists TARPLEY.net March 30, 2011 (vidéos) 

TARPLEY DR Webster G.: « Ennemis de l’OTAN en Irak et en Afghanistan, alliés en Libye », par Webster G. Tarpley, Réseau Voltaire, 21 mai 2011. 

TEIL Julian, ZANON Mathieu, NAZEMROAYA Mahdi Darius : VIDEO: Make No Mistake. NATO is Committing War Crimes and Crimes against Humanity in Libya – Global Research, 2011-08-28

Timisoara bis : le faux charnier d’Abu Salim (Libye) 
http://www.internationalnews.fr/article-timisoara-bis-le-faux-charnier-d-abu-salim-libye-85697809.html  

DI VITO Yvonne: ‘Before NATO Intrusion, Libya was Africa's Switzerland’ Global Research, August 26, 2011
Documents vidéos:

Libye- Les Travailleurs Africains "L'OTAN est la source de notre Malheur Investig'Action 4 septembre 2011 (vidéo)

 Me CECCALDI: La vérité sur la guerre contre la Libye (video) 
http://www.internationalnews.fr/article-me-ceccalidi-la-verite-sur-la-guerre-contre-la-libye-video-82514127.html

COLLON Michel: la différence entre un bon et un mauvais arabe (vidéo) Internationalnews 1er avril 2011

Cynthia MCKINNEY: Libya is Being Destroyed (video) IN, 9 juin 2011 
http://www.internationalnews.fr/article-cynthia-mckinney-libya-is-being-destroyed-video-76270461.html

Eva Joly, nouvel imposteur écologiste, pour l'intervention au sol en Libye (vidéo) 
http://www.internationalnews.fr/article-eva-joly-nouvel-imposteur-ecologiste-pour-l-intervention-au-sol-en-libye-video-79959678.html

Hollywood Theatre Employed To Sell The Libyan War (video) 
http://www.internationalnews.fr/article-ideo-70475767.html

La France et L'OTAN massacrent des enfants en Libye (photos/vidéos) Internationalnews

Libye: manipulation odieuse de l'information (VOSTF) Internationalnews 24 aout 2011

Libye, interview d'Aïcha KADHAFI (IN) http://www.internationalnews.fr/article-libye-interview-d-aicha-kadhafi-video--82426928.html

Lybia: No celebration in Tripoli! (RT) http://www.internationalnews.fr/article-lybia-no-celebration-in-tripoli-rt-video-82215073.html

Les bombardements de la Paix de l'OTAN en Libye (vidéo), 2 juin 2011 Internationalnews 2 juin 2011

Libya Rebels had NATO Weapons from Day 1/ Les "rebelles" Libyens armés par l'OTAN depuis le premier jour!!!  (video)

Libya: UN arm-trafficking expert: 'Seems we're effectively arming Al Qaeda' (video) WSWS 6 avril 2011

PHELAN Lizzie: « La guerre contre la Libye est une guerre contre l'Afrique" (VOSTF)

Plus d'un million de manifestants à Tripoli pour soutenir Kadhafi le 17 juin 2011 Internationalnews 20 juin 2011 (vidéo)

Libya, NATO and terrorism: Shocking images of "rebel" atrocities IN June 7 2011 
http://www.internationalnews.fr/article-libya-nato-and-terrorism-shocking-images-of-rebel-atrocities-76044071.html

Libye- Les Travailleurs Africains "L'OTAN est la source de notre Malheur Internationalnews 4 septembre 2011 Investig'Action (vidéo)

The real story of rebels in LIBYA (video) – internationalnews 3 juin 2011

Mouammar al KADHAFI ou le paradoxe libyen (documentaire d'Arte) 
http://www.internationalnews.fr/article-libye-7-mouammar-al-kadhafi-ou-le-paradoxe-libyen-video-arte-2008-75858052.html

MEYSSAN Thierry Analyse sur la Libye (video) 
http://www.internationalnews.fr/article-analyse-dethierry-meyssan-sur-la-libye-video--79194228.html

MOUNTAIN Thomas C. : 30,000 Bombs Over Libya ‪http://www.youtube.com/108morris108

Témoignage d'un Libyen vivant en France (vidéo) 
http://www.internationalnews.fr/article-temoignage-d-un-libyen-vivant-en-france-video-84461098.html Le Grand Soir 22/8/2011.

 Joëlle Pénochet,

le 19 novembre 2011

Mondialisation.ca,

 Le 23 novembre 2011http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=P%C3%A9N20111123&articleId=27829

 



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


21/12/2011

n°165 - Analyse, Géopolitique et stratégie du Liban - 20-12 - 1a- : Walid Joumblatt, Requiem pour un saltimbanque.

n°165 - Analyse, Géopolitique et stratégie du Liban - 20-12 - 1a- : Walid Joumblatt, Requiem pour un saltimbanque.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Analyse, Géopolitique et stratégie du Liban 

n°165 du 20-12

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Le " dossiersdu liban" est  visible  sur mes blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) Sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

c) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) Sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm 

 

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Sommaire :  

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

 1-1 Pierre Khalaf : Des illusions parties très vite en fumée. 

1-2 Hilal Salman : la découverte des agents de la CIA pose une question sur leur rôle dans les assassinats. 

1-3 Pierre Khalaf : Bruit de bottes en Turquie et subversion des pro-US au Liban.

1-4 René Naba : Liban: Walid Joumblatt, Requiem pour un saltimbanque.

 


1 Analyse -Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Pierre Khalaf : Des illusions parties très vite en fumée. 

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toute l'analyse d l'auteur mais doit être vu comme information.

Extrait

La Résistance protège les ressources nationales 
Le secrétaire général du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, a inclus les ressources gazières et pétrolières du Liban dans l’équation dissuasive contre Israël. Il a affirmé que si l’État hébreu tentait de s’emparer de ces richesses, la Résistance riposterait pour protéger la souveraineté et les droits du Liban. Cette menace préventive vise à établir un équilibre de la terreur à vocation dissuasive. 
La coalition pro-occidentale du 14-Mars a rapidement réagi, accusant Sayyed Nasrallah de mettre la main sur les ressources pétrolières pour justifier le maintien de ses armes. Mais le Hezbollah, lui, ne fait que remplir sa mission qui est de protéger le pays face aux convoitises maintes fois expérimentées d’Israël. 
Sayyed Hassan Nasrallah a replacé la Résistance dans son contexte de défense de la patrie, laissant à l’État la mission du tracé des frontières maritimes et de décider où commence et où se termine la Zone d’exclusivité économique (ZEE) du Liban. Cohérente avec elle-même, la Résistance ne cherche nullement à se substituer à l’État, qui reste la seule autorité susceptible d’identifier les droits nationaux. 
Le chef du Hezbollah a insisté sur l’importance des ressources libanaises en hydrocarbure, qui sont une richesse nationale qui aura des conséquences positives sur l’ensemble du pays et des citoyens. 
La nouvelle équation dissuasive permettra aux autorités libanaises de mener leur campagne diplomatique pour le tracé des frontières maritimes et l’exploitation des ressources pétrolières. Contrairement à la récente thèse du président israélien Shimon Peres, selon laquelle la guerre de 2006 aurait affaibli le Hezbollah au point de l’empêcher d’entreprendre la moindre attaque contre Israël, le Hezbollah considère que c’est le renforcement de son arsenal militaire et les menaces de bombarder la profondeur israélienne -un aéroport contre un aéroport, un immeuble contre un autre et, dernièrement, des installations pétrolières contre des installations pétrolières- qui assurent une protection au Liban. 
Lorsque Sayyed Nasrallah affirme que la Résistance est plus puissante qu’elle ne l’a jamais été sur les plans de sa cohésion, de son moral et de ses équipements, il sous-entend qu’elle possède encore plus de missiles qu’auparavant. Et en menaçant de bombarder les installations pétrolières israéliennes, il ne lance pas des paroles en l’air, les experts du Hezbollah ayant déjà localisé les plateformes installées au large de Haïfa, d’Ashdod et d’Ashkelon. 
Les nouvelles réalités imposées par Sayyed Nasrallah sur le terrain ont immédiatement inquiété Israël. L’ambassadeur des États-Unis au Liban est accouru chez le président de la Chambre Nabih Berry pour s’informer de ces derniers développements. Par ailleurs, l’émissaire spécial US Frédéric Hoff est attendu prochainement à Beyrouth dans le même but. 
Le chef du Hezbollah assure qu’Israël est incapable de lancer une nouvelle guerre contre le Liban, car il n’a pas encore réglé toutes les faiblesses apparues lors de la guerre de juillet 2006. Et toute fuite en avant pour tenter de redistribuer les cartes dans la région, qui ne sont pas actuellement en sa faveur, se solderait par une véritable catastrophe stratégique. En élargissant à la mer l’équation de dissuasion, il éloigne le spectre de la guerre et rétrécit la marge de manœuvre de l’État hébreu, qui, en plus de tous ses soucis géopolitiques régionaux, commence à être agité par une vague de contestation sociale.

Déclarations et prises de positions

Sayyed Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah 
« L’un des facteurs primordiaux de la victoire de 2006 a été la détermination et la foi de la Résistance dans la justesse de ses choix. C’est à cause de cette foi que les combattants sont restés dans leurs positions pendant 33 jours dans une Résistance qui est devenue légendaire. En face, les Israéliens ont commencé la guerre avec arrogance, sûrs de leur supériorité, et ils l’ont terminée dans une crise de confiance entre le peuple, l’armée et le gouvernement. Au cours des cinq dernières années, les Israéliens ont tenté de reconstruire la confiance perdue ou ébranlée. Tous les entraînements et les manœuvres organisés ces dernières années visent à atteindre cet objectif. Mais en même temps, en organisant des manœuvres sur le front interne, les Israéliens montrent qu’ils sont désormais incapables de le protéger de la chute des missiles, tout comme ils montrent leur incapacité à détruire les rampes de missiles de la Résistance et à trouver une solution militaire à la question des roquettes lancées sur l’intérieur israélien. S’ils tentent de nouveau une aventure militaire, ils verraient cette fois des missiles pleuvoir sur eux bien loin au-delà de Haïfa. 
Les derniers propos de Shimon Peres qui a déclaré que la guerre de juillet a permis deux grandes réalisations : pousser Nasrallah dans un sous-sol et assurer le calme à la frontière nord, sont une plaisanterie. Me mettre dans un sous-sol n’a jamais été un des objectifs de la guerre, qui visait plutôt à détruire le Hezbollah et à libérer les détenus. Quant au calme au nord, il régnait depuis le 25 mai 2000, lorsque la terre a été libérée, car la Résistance n’est pas un projet de guerre, mais vise à défendre le pays, son peuple et sa dignité. 
La Résistance est plus forte que jamais, sur le plan de sa cohésion, de son entraînement, de son moral et de sa confiance en elle et en Dieu ; aux Israéliens, nous disons : Au Liban, vous ne connaîtrez que le goût de la défaite. Renoncez donc à vos rêves pour toujours. 
Concernant le dossier des ressources pétrolières, le Liban considère avoir une superficie de 22 500 km2 qui regorgerait de gisements pétrolifères. Dans cette superficie, il y a une zone de 850 km2 qui se situe à la frontière la Palestine occupée, et qui est réclamée par les Israéliens. Israël a ainsi procédé seul à son propre tracé dans lequel il a inclus cette zone. Le Hezbollah considère que le tracé des frontières relève de la responsabilité de l’État. Si celui-ci considère qu’il y a encore une zone qui lui appartient et qui est revendiquée par d’autres, c’est à ce moment-là que la Résistance intervient. Nous avons pleine confiance dans le gouvernement pour réclamer les droits du Liban. Nous l’invitons à accélérer le processus et à entamer au plus tôt les travaux d’extraction et de forage, Et nous mettons Israël en garde de toucher à nos installations pétrolières, car les siennes le seront aussi. Si Israël tente une nouvelle aventure au Liban, la victoire sera au rendez-vous pour la Résistance et toutes les menaces et les manœuvres militaires ne servent qu’à reconstruire la confiance perdue des Israéliens dans leur gouvernement et leur armée. De même, s’il touche aux ressources pétrolières du Liban, même dans la zone de 850 km2 que le Liban revendique, la Résistance considérera qu’il s’agit d’une agression et elle est en mesure de défendre les eaux territoriales comme elle l’a fait avec la terre. Nous invitons tous les Libanais à appuyer le gouvernement dans le traitement de ce dossier qui sera bénéfique pour tout le pays et appelons les Libanais à préserver leurs éléments de force, en particulier l’équation armée-peuple-Résistance
. »

Samir Geagea, leader chrétien allié de Saad Hariri 
« (S’adressant à Sayyed Hassan Nasrallah, ndlr) Qui vous a chargé de défendre les intérêts du Liban dans son pétrole et son gaz ? Qui a confié à Sayyed Nasrallah la mise en place d’une stratégie du Liban de ses droits dans le dossier du pétrole en Méditerranée ? Sayyed Nasrallah se considère comme le tuteur du Liban. Nous refusons ce fait car les institutions constitutionnelles sont les seules garantes. La responsabilité des propos de Sayyed Hassan incombe aux responsables qui le laissent agir de cette façon en se substituant à l’autorité de l’État. Pour quelles raisons Sayyed Nasrallah hausse le ton ? Le secrétaire général du Hezbollah a défini sa stratégie indépendamment de toutes les institutions. C’est une grave erreur. Il ne faut plus fragiliser le rôle de l’Armée. L’équation armée-peuple-Résistance signifie que la Résistance avance et que l’armée et le peuple la suivent car l’institution militaire, aux yeux du Hezbollah, est une force de soutien à la Résistance. Les dernières déclarations de Sayyed Nasrallah reflètent des intérêts économique qui sont l’un des sujet du conflit entre l’Iran d’un côté, les arabes et la communauté internationale de l’autre. Le Hezbollah est l’un des outils de la force iranienne et son extension au Moyen-Orient. »

Nawaf Moussaoui, député du Hezbollah 
« La Résistance n’a besoin du certificat de personne pour confirmer sa légitimité ou celle de ses armes. C’est elle qui accorde des certificats à ceux qui n’ont pas suivi la voie de la résistance. Celui qui a besoin d’un certificat pour sa légitimité est celui qui a plié l’échine devant l’Israélien et qui a choisi d’être un informateur auprès de l’ambassade des États-Unis. Ce ne sont ni les résolutions internationales, ni le soutien de l’administration états-unienne, ni l’aide des gouvernements occidentaux qui ont libéré notre pays. La terre a été libérée par la Résistance. Israël a commencé à édifier des aéroports de substitution à Eilat en prévision de la guerre. Ces aéroports ou les bases de substitution seront des cibles faciles à la portée des roquettes de la Résistance. Cinq ans après l’agression de juillet, l’ennemi n’est toujours pas capable de préparer une nouvelle confrontation. Cinq ans après la guerre, la Résistance a encore des longueurs d’avance sur l’ennemi. »

Michel Aoun, principal leader chrétien libanais, allié du Hezbollah 
« Je félicite les Libanais pour la victoire enregistrée il y a cinq ans par la Résistance contre Israël. Le Courant patriotique libre et le peuple libanais sont toujours au rendez-vous, malgré les voix dissonantes qui ne réalisent pas l’importance de la victoire et son impact sur les Libanais et leur avenir. L’avenir du Liban dépend de la pérennité de la Résistance. L’État d’Israël est un pays ennemi qui souhaite étendre son hégémonie et son contrôle sur la région. En tant que nation, nous ne pouvons pas exister sans appuyer la Résistance. C’est ce qui explique l’importance de l’équation principale qui est celle du Peuple, de l’Armée et de la Résistance, tous unis face à l’ennemi. Nous assistons actuellement au début de l’effondrement de l’État d’Israël, et cet effondrement ne s’arrêtera pas en cours de route, parce qu’il est difficile de remonter le moral des Israéliens du fait qu’ils ne font que parler de la paix sans parvenir à la réaliser. »

Général Jean Kahwaji, commandant en chef de l’Armée libanaise 
« Soixante six ans se sont écoulés depuis la fondation de l’Armée, et votre mission reste fixe, sans aucune modification : défendre le Liban, son unité, sa souveraineté et la dignité de ses fils. Aujourd’hui, et avec la formation du nouveau gouvernement, je vous appelle à être le bras ferme de l’État sur la voie du redressement et du développement, et à réprimer les germes de la discorde, ainsi que toute personne portant atteinte à la paix civile, qu’il s’agit de terroristes, d’espions ou de saboteurs, quelles que soient leurs appartenances. 
Sachez que votre disponibilité permanente sur les frontières du Sud, afin de faire face aux intentions agressives cachées de l’ennemi israélien contre la patrie, constitue votre tâche principale qui mérite tout effort et sacrifice. Cette mission ne s’accomplit qu’à travers votre coopération étroite avec la FINUL en vue de préserver la stabilité de cette région, et déjouer les complots criminels de l’ennemi et ses violations continues de la souveraineté libanaise, et de la résolution 1701 promulguée par le Conseil de Sécurité. Cette tâche ne s’accomplit aussi qu’à travers l’engagement à offrir le soutien à votre peuple résistant, tout en s’attachant au droit légitime du Liban de bénéficier de son potentiel national qui réside en son armée, son peuple et sa Résistance, tant que cet ennemi persiste à occuper une partie de notre sol national, et refuse d’accepter les conditions de la paix juste et globale confirmées par les accords et les chartes internationaux.
 »

Mikhaïl Bogdanov, vice-ministre russe des Affaires étrangères 
« La Russie rejette toute ingérence étrangère dans les affaires intérieures de la Syrie. Elle estime que le moyen le plus efficace pour régler les problèmes intérieurs est le dialogue national via les réformes dans les différents domaines. La Russie soutient les efforts déployés par la Syrie pour poursuivre le dialogue national. Nous espérons que ce dialogue aboutira, d’autant que la direction syrienne avait adopté nombre de programmes et de plans de réforme qui doivent être exécutés d’une manière active et rapide. »

Presse

As Safir (Quotidien libanais proche de la nouvelle majorité, 29 juillet 2011) 
Imad Marmal 
Le dernier communiqué publié par le bloc parlementaire du Courant du futur constitue une escalade dans le conflit intérieur et une dégradation de la relation entre ce courant et le Hezbollah. Comment se comportera le Hezbollah face à cette flambée de l’offensive contre lui ? Les préoccupations stratégiques du secrétaire général du parti, Sayyed Hassan Nasrallah, sont la priorité pour lui : renforcement du potentiel de la Résistance, lutte contre les tentatives de fomenter une discorde sectaire, réussite de l’action gouvernementale…De plus, les hauts dirigeants du Hezbollah estiment qu’il est de leur devoir de supporter les offensives politiques ou verbales pour défendre ceux qui ont consenti de très grands sacrifices afin de libérer la terre occupée. Enfin, ils sont convaincus que la campagne contre la Résistance ne date pas d’aujourd’hui et qu’il y en a qui attendent la Résistance au tournant en invoquant différents prétextes qui changent au gré des circonstances.

As Safir (26 juillet 2011) 
Imad Marmal 
C’est étrange, voire politiquement absurde qu’une polémique fasse rage au sujet des armes de la Résistance au moment où Israël tente d’imposer un fait accompli maritime au Liban pour mettre la main sur une partie de ses ressources pétrolières et gazières. Face à un tel défi, si les armes de la Résistance n’existaient pas, il faudrait les inventer afin de protéger ces ressources. Il est donc paradoxal que certains refusent tout dialogue qui ne garantisse pas le désarmement de la Résistance. 
Ce dossier a été dernièrement à l’ordre du jour d’un entretien entre le président de la Chambre des députés Nabih Berry et le représentant du secrétaire général de l’Onu au Liban Michaël Williams. La discussion a notamment porté sur la compétence des Nations unies en matière de délimitation des frontières maritimes entre le Liban et la Palestine occupée. Selon Michaël Williams, la résolution 1701 ne prévoit pas une telle démarche et la Finul n’est donc pas compétente en la matière. Mais le président Berry a fait valoir que ces propos manquaient de précision, dans la mesure où la Finul comporte une composante navale, ce qui permet de supposer que les Nations unies peuvent aider au tracé des frontières. Son interlocuteur ayant campé sur sa position, Berry a haussé le ton en affirmant que lorsqu’il s’agit de défendre nos ressources pétrolières, nous ne lésinerons pas sur les moyens pour contrer toute violation ou agression.

As Safir (28 juillet 2011) 
Daoud Rammal 
Une source officielle relève des points communs aux attentats terroristes commis sur le sol libanais, ce qui prouve qu’une seule partie en est responsable : L’attentat –contre les Français de la Finul- a lieu dans une zone inhabitée où les déplacements sont faciles sans provoquer de suspicions ; de nombreux facteurs politiques parfois contradictoires entrent en jeu dans le secteur de la ville de Saïda et de ses alentours, d’où la difficulté d’attribuer la responsabilité politique de l’attentat à une partie déterminée ; la charge explosive rappelle celles utilisées dans les attentats précédents. 
Selon la même source, il est fort probable que l’attentat ne visait pas le contingent français en tant que tel, mais plutôt n’importe quel contingent qu’il s’avère possible de prendre pour cible sur le terrain. Il est donc peu probable que cet attentat terroriste ait des visées en rapport avec un certain rôle français au Liban-Sud ou une politique française déterminée au Liban ou dans la région. Cet attentat prenait pour cible la FINUL dans son ensemble et non un contingent déterminé. 
La même source appelle les responsables libanais à ne pas instrumentaliser ces incidents dangereux dans le cadre de leurs tiraillements politiques intérieurs pour ne pas assurer aux terroristes un environnement politique favorable à leurs noirs desseins, ce qui mettrait encore plus en danger la Finul et les Libanais dans leur ensemble et entraverait la recherche de la vérité.

As Safir (27 juillet 2011) 
L’Armée libanaise a arrêté près de 25 personnes aux fins de l’enquête dans l’attentat contre une patrouille française de la Finul, parce qu’elles se trouvaient sur les lieux au moment de l’explosion. Des enquêteurs français et italiens contribuent aux recherches aux côtés des enquêteurs de l’armée. La charge explosive pèse entre 6 et 8 Kg de TNT, elle était reliée à un fil électrique, technique très ancienne, pour court-circuiter les radars de détection d’explosifs. Le groupe responsable de l’attentat avait donc suffisamment de temps pour préparer le scénario. Selon Associated Press, le commandant en chef de la Finul, le général Asarta n’a pas accusé de partie déterminée : « Al-Qaëda et le Jihad Islamique, pourquoi pas ? Les Palestiniens, pourquoi pas ? Les Syriens, pourquoi pas ? Israël, pourquoi pas ? Peut-être s’agit-il d’individus. Regardez ce qui s’est passé à Oslo il y a quelques jours ». 
Le député Walid Joumblatt craint que le but ne soit de créer un vide au Liban-Sud, sans que cela ne signifie le retrait total de la Finul, mais cela conduira à la présence d’une écorce de Finul uniquement. Conséquence : possibles infiltrations pour mettre en danger Liban-Sud et l’ensemble du pays au profit d’Israël.

As Safir (27 juillet 2011) 
Le commandant en chef de l’armée, le général Jean Kahwaji, effectue prochainement une visite aux États-Unis après sa visite en France qui avait généralement les mêmes objectifs : discuter de la coopération militaire entre les deux armées surtout après les rumeurs sur la possible suspension des aides militaires françaises et états-uniennes au Liban. La visite-éclair du général US Vincent Brooks à Beyrouth et les déclarations de l’ambassadeur de France au Liban Denis Pietton ont vite démenti ces rumeurs et confirmé la poursuite du soutien français et états-unien à l’Armée libanaise. 
Des sources diplomatiques affirment que les responsables français ont insisté devant le général Kahwaji sur le rôle de l’Armée libanaise dans la préservation de la paix civile et la stabilité et l’application de la résolution 1701. La France, qui participe à la Finul, pourrait s’intéresser davantage au renforcement de l’armée pour garantir la stabilité et l’application de la 1701. 
Les mêmes sources expliquent que la visite de Kahwaji à Washington a globalement le même objectif, à savoir : discuter de la poursuite et du possible développement du programme de coopération militaire. Quant aux appels à suspendre les aides à l’Armée libanaise, ils s’inscrivent dans le cadre du débat politique interne américain et de la pratique démocratique où chaque député a le droit d’exprimer son opinion.

As Safir (26 juillet 2011) 
Wassef Awada 
L’attitude des ambassadeurs étrangers au Liban qui multiplient les apparitions médiatiques et s’expriment au sujet des affaires intérieures libanaises à tout propos et hors de propos est inacceptable. Aucun ministre des Affaires étrangères dans l’histoire du Liban n’a pu brider l’élan de ces diplomates et les obliger à respecter les lois et les protocoles diplomatiques. Conséquence : une hégémonie de ces diplomates sur les écrans de télévision et les médias dans un pays pourtant souverain. La responsabilité n’en incombe pas seulement à ces ambassadeurs. Le laisser-aller diplomatique qui règne au Liban est également de la faute des hauts responsables et des journalistes libanais, qui assument une large part de responsabilité. Le ministre des Affaires étrangères et le gouvernement doivent faire appliquer les règles diplomatiques internationales ainsi que le principe de réciprocité parce que les ambassadeurs ne doivent pas franchir certaines lignes rouges.

An Nahar (Quotidien libanais proche du 14-Mars, édition du 29 juillet 2011) 
Rosette Daher 
L’attentat contre le véhicule français de la Finul, à Saida, a affecté le mouvement des Casques bleus qui ont réduit le nombre de leurs patrouilles à l’intérieur des villages et près de la ligne bleue, tout en maintenant les postes fixes, surtout près de la barrière technique frontalière. Cependant, la force internationale n’a pas appliqué de mesures renforcées. Le contingent français a considérablement réduit le nombre de ses patrouilles en attendant les résultats de l’enquête sur le dernier attentat, et il semblerait que les autres contingents aient décidé d’en faire de même.

An Nahar (29 juillet 2011) 
Rosanna Bou Mounsef 
La Turquie s’éloigne-t-elle vraiment du dossier syrien ? Des sources diplomatiques arabes signalent que les pays du G8 ont effectivement mandaté la Turquie pour traiter avec le régime syrien. Elles ajoutent que l’Iran a mis en garde la Turquie contre le risque d’intervenir en Syrie. Même des responsables proches de la Syrie au Liban affirment que l’Iran accorde des aides matérielles et logistiques importantes au régime syrien. Quoi qu’il en soit, il semblerait qu’il existe des divergences autour du dossier syrien au sein du leadership turc, entre le commandement politique et le commandement militaire.

An Nahar (28 juillet 2011) 
Des sources proches du président du Parlement Nabih Berry ont déclaré qu’il s’est informé auprès de l’ambassadrice des États-Unis, Maura Connelly, lors de leur réunion, de la date de la visite de l’émissaire US au Moyen-Orient Frédéric Hoff à Beyrouth. Elle lui a répondu qu’elle ne possédait aucune information à ce sujet. Elle a ajouté que la position des États-Unis concernant la question pétrolière est d’y remédier via les Nations unies. 
Selon les sources de M. Berry, Connelly lui a demandé pourquoi le Liban ne prend pas l’initiative de travailler dans les limites de ses eaux territoriales, et n’invite pas les entreprises à commencer l’extraction comme l’a fait Israël dans des zones qui ne sont pas contestés à l’intérieur de ses frontières. La réponse de Berry a été : « En ce qui nous concerne, nous disons que dans les zones contestées ou autres, il est important de tracer la frontière maritime entre les deux parties, et si quelqu’un tente ou cherche à signer un accord de paix entre le Liban et Israël pour régler la question du pétrole, cela n’aura pas lieu, ni maintenant ni jamais . 
En réponse à une question, M. Berry a répondu, qu’« il est possible que les deux parties –Le Liban et Israël- travaillent comme ils l’ont fait depuis l’Accord d’avril 1996 jusqu’à aujourd’hui, c’est-à-dire à travers des réunions organisées entre des officiers libanais et israéliens sous la supervision des Nations unies pour discuter de cette question.

An Nahar (28 juillet 2011) 
Khalil Fleihane 
Les attentats perpétrés contre la Finul ne semblent pas viser la force internationale en tant que telle, mais certains pays en particulier. Les soldats espagnols ont été visés en 2007, le contingent italien en mai dernier et le dernier attentat a ciblé le contingent français. L’Espagne, l’Italie et la France sont trois pays européens qui jouent un rôle essentiel dans la Finul et qui ont tous les trois assuré le commandement de la force internationale à un moment donné. 
Les enquêtes n’ont pu établir les responsabilités dans aucun des trois attentats. C’est ce qui encourage sans doute les criminels à repasser à l’attaque. Les enquêtes partent généralement de l’idée qu’un groupe palestinien basé dans le camp d’Aïn el-Helwé est responsable de l’agression, même si cette responsabilité n’a jamais été établie. 
Des sources diplomatiques rapportent qu’elles ont informé les responsables libanais de leur souhait de voir le déploiement et les prérogatives de l’Armée libanaise élargis. Elles souhaitent également l’établissement de « points de rassemblement » pour la Finul, afin d’éviter d’une part les problèmes avec les habitants des villages, et afin de protéger d’autre part les Casques bleus en cas d’agression israélienne de grande envergure. À en croire les rumeurs, cette agression éventuelle pourrait avoir lieu en septembre prochain.

An Nahar (26 juillet 2011) 
Ali Hamadé 
Le Hezbollah compte un député bavard qui considère comme des saints les meurtriers de Rafic Hariri. Le Hezbollah considère que ses adhérents sont au-dessus des humains. Mais voilà que l’acte d’accusation vient dévoiler la vérité d’une organisation qui n’hésite pas à tuer de grands hommes dans le cadre de ses tentatives de contrôler le pays du Cèdre. La logique de ceux qui sanctifient les assassins est la logique de la guerre civile par excellence. Aux yeux des indépendantistes, les assassins restent des assassins même s’ils sont sanctifiés par un député bavard. Le dialogue est bon en principe mais comment peut-il être utile si un revolver est placé sur la table ? Ce dialogue ne doit démarrer qu’après avoir proclamé Tripoli et Beyrouth villes sans armes.

L’Orient-Le Jour (Quotidien libanais francophone proche du 14-Mars. édition du 28 juillet 2011) 
L’ambassadeur de France à Beyrouth, Denis Pietton, a souhaité que « les autorités libanaises renforcent le contrôle de la sécurité, notamment dans les régions qui ne font pas partie du cadre de la Finul ». L’ambassadeur français a affirmé que « ce qui s’est passé est un acte de lâcheté contre des soldats qui œuvrent pour la stabilité du Liban et de la région ». Déclarant que le moral des soldats victimes de l’attentat est « fort », il a tenu à rappeler que leur mission s’inscrit dans le cadre de la résolution 1701. D’ailleurs, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a insisté sur le fait que la présence du contingent français répond à la mise en application de cette résolution, qui implique en outre « une coopération avec l’armée libanaise ».

Al Akhbar (Quotidien libanais proche de la nouvelle majorité, 27 juillet 2011) 
Jean Aziz 
Dans le village de Lassa (Jbeil), des gens qui prétendent être proche du Hezbollah ont profité de la force du parti pour enfreindre à la loi et faire main basse sur des terrains qui appartiennent au patriarcat maronite. Ce genre d’abus est plus dangereux pour la Résistance que le Tribunal Spécial pour le Liban (TSL) ou qu’une frappe israélienne. Le problème reste cependant limité à des gens proches du parti, ou qui font partie de la base populaire du parti. Dans le cas du Courant du futur, par contre, le problème se trouve à la tête de la pyramide : Saad Hariri occupe une maison qu’il s’est approprié par des voies illégales, tout comme Solidere s’est approprié tout le centre de Beyrouth par la voie de la fraude et de l’usurpation.

Al Akhbar (26 juillet 2011) 
Abdel Kafi Samad 
L’évolution des tendances politiques à dans la ville Tripoli, chef-lieu du Liban-Nord, au cours des dernières années, mérite que l’on s’y attarde. Les évènements de mai 2008 ont instauré un climat d’hostilité envers la Résistance, qui a été exploité par le Courant du futur dans les élections de 2009. Avec la chute du gouvernement Hariri et l’accession de Najib Mikati à la tête d’un gouvernement dans lequel la ville est largement représentée, la popularité de Saad Hariri a commencé à reculer dans la ville. La remise de l’acte d’accusation du TSL et l’apparition télévisée de Hariri qui a suivi ont été froidement accueillis. Des observateurs s’attendent déjà à la formation d’un troisième courant dans les rangs des sunnites de Tripoli : Sans être l’allié du Hezbollah, ce courant ne serait pas hostile à la Résistance.

Al Akhbar (25 juillet 2011) 
Ibrahim al-Amine 
La nouvelle opposition (le 14-Mars, ndlr) n’a pas de programme et se contente de réagir à la réalité sans prendre d’initiatives concrètes. Habituée à attendre l’aide extérieure, elle trouve aujourd’hui les pays étrangers occupés par leurs propres affaires. L’Arabie saoudite est le théâtre d’une lutte pour le pouvoir au sein de la famille royale. Bahreïn est encore plongé dans ses problèmes. L’Europe a confié le dossier à la France, ce vieux pays qui s’imagine de temps en temps qu’il retrouve sa jeunesse, tantôt au Liban, tantôt en Syrie, et qui semble en passe de se transformer en bouc-émissaire après les scandales liés aux révoltes arabes, surtout en Tunisie et en Égypte, et la désillusion de l’Otan en Libye. Quant aux États-Unis, ils ne s’intéressent qu’à la sécurité d’Israël. Lassés des plaintes interminables des représentants du 14-Mars, Washington leur demande des actions concrètes. Ces derniers n’ont plus qu’une carte à jouer : l’acte d’accusation du TSL. Les voilà qui s’emploient de toutes leurs forces à obtenir la publication de l’acte d’accusation pour le présenter comme une vérité absolue.

Al Hayat (Quotidien saoudien-27 juillet 2011) 
Paris, Randa Takieddine 
L’entretien Juppé-Hague à Londres a notamment porté sur les dossiers syrien et libyen. Les choses semblent claires en ce qui concerne le dossier libyen, parce qu’il y a une stratégie claire et parce que l’opposition qui s’est formée peut constituer un substitut au régime Kadhafi. La situation en Syrie est plus compliquée. Pourquoi aucun leader occidental n’a encore dit qu’Assad doit partir ? Les responsables occidentaux s’interrogent d’abord sur l’alternative en cas de chute du régime syrien. Qui forme l’opposition ? Comment s’organisera-t-elle ? L’inquiétude est liée également à l’impact possible sur les pays voisins : Liban, Irak, Jordanie, Israël, Turquie…

Gulf News (Quotidien anglophone émirati, 25 juillet 2011) 
Lorsque qu’a été annoncée la formation du nouveau gouvernement au Liban, un vent nouveau s’est levé. Le pays qui s’est perdu entre la guerre civile et l’ère Hariri ouvre, cette fois pour de vrai, une nouvelle page de son histoire récente, bousculée depuis le retrait des troupes syriennes. Sont apparus les appels émis par le peuple, sommant leurs leaders de faire abstraction de l’extérieur et ainsi de libérer le pays de l’emprise du sectarisme. 
L’ère Mikati qui s’ouvre est pleine de promesses et d’espérances qui reflètent le sentiment de la rue. Cependant, le danger d’un pouvoir concentré dans les mains d’une seule partie persiste, comme à l’époque Hariri. Un tel dispositif amène la corruption, l’ingérence étrangère en échange d’avantages bon marché, sacrifiant ainsi la souveraineté du Liban et celle de son peuple. Il a mis en péril l’héritage historique de ce pays, fructifié par des artistes et des penseurs de haute renommée. Il a détruit les derniers bastions de la démocratie et de la Constitution.

Pierre Khalaf

Source 
New Orient News (Liban)



1-2 Hilal Salman : Le député Sukarieh à Alintiqad: la découverte des agents de la CIA pose une question sur leur rôle dans les assassinats.  

Le député Walid Sukarieh, membre du bloc parlementaire de la « Fidélité à la Résistance » a affirmé lors d’une interview accordée à Alintiqad que le fait de « dévoiler les réseaux d’espionnage  du service de renseignement américain « CIA » opérant au Liban,  par le service de contre-espionnage de la Résistance, représente un grand exploit qui révèle au grand jour le rôle de sabotage que pratiquent les américains sur la scène libanaise, dans le cadre du projet visant la résistance.
Interview: Hilal Salman
Traduction : Dina Chamseddine
Q-Comment commentez-vous les révélations des Etats Unis sur la capacité du Hezbollah à dévoiler les réseaux d’espionnage  de la « CIA », opérant à Beyrouth ?
R-Les Etats Unis traitaient le Liban, la Syrie et L’Iran (les pays où ont été récemment démasqués les réseaux d’espionnage américains), comme étant des pays sous développés du tiers monde où les activités de la CIA n’étaient pas susceptibles d’être interceptées.
La CIA confrontait dans la passé l’Union soviétique et les pays communistes qui lui étaient alliés sur la scène internationale, et il était rare qu’un agent à la solde des Etats Unis ait été dévoilé dans le cadre du conflit des services de renseignement, durant la guerre froide. Mais des indices ont démontré que la Résistance au Liban ne jouit pas uniquement de capacités et d’expertises militaires qui lui permettent d’infliger la défaite aux "Israéliens", mais qu’elle excelle de même dans les activités de contre- espionnage qui complètent ses aptitudes militaires, visant à protéger la scène intérieure des violations du « Mossad » et de la « CIA » et des services arabes ou occidentaux qui les assistent.
La Résistance a donc prouvé qu’elle est capable de démanteler ces réseaux d’espionnage et de s’infiltrer dans la scène de l’ennemi. Cet important aveu américain, sur le développement de l’activité de la Résistance dans les domaines militaires, sécuritaires et de contre-espionnage, et sur le dynamisme qui parraine son projet politique, confirme le fait que l’ambassade des Etats Unis ne pratique pas la diplomatie, mais qu’elle est un siège pour les espions, la conspiration et le sabotage sur la scène libanaise, en vue de servir le projet américain dans la région.
Dans ce contexte, nous posons la question suivante : quel est le rôle de l’ambassade des Etats Unis dans le sabotage sur la scène libanaise et dans les anciens assassinats, à partir de l’assassinat du président Rafik Hariri, arrivant à tous les attentats contre les leaders du 14 Mars, ces attentats qui ont surtout servi le projet américano-sioniste qui est parvenu à expulser la Syrie du Liban, à former le Tribunal spécial pour le Liban par une résolution du Conseil de sécurité, sous le chapitre VII de la Charte de l’ONU. Cette arme a tantôt été utilisée pour menacer la Syrie afin qu’elle coopère avec les Etats Unis en Irak, et tantôt pour menacer la Résistance en vue de provoquer une discorde au Liban. C’est notamment cette arme qu’a obtenue l’Amérique et son ambassade qui renferme un bureau d’espionnage. Quelle est donc la nature de l’activité de ce bureau ? Il convient de rappeler les propos de l’adjoint  de la Secrétaire d’état américaine pour les AE, Jeffrey Feltman qui avait déclaré devant le Congrès, qu’une somme de 500 millions de dollars a été payée dans le but de saccager l’image de la Résistance et du Hezbollah. Comment ces sommes ont elles été dépensées ? Et dans quel but ? Ont-elles été payées aux médias ou dépensées dans des opérations suspectes visant à porter atteinte à la sécurité et la stabilité du Liban ? C’est la nature du travail des services de renseignement et des forces américaines spéciales, dont les missions renferment la coopération avec les institutions militaires, l'entraînement des éléments terroristes en vue de renverser un régime ennemi, la provocation d'un soulèvement contre un régime, ou l'application des opérations desquelles découlent des profits politiques, ayant une dimension stratégique, à l’instar notamment de l’assassinat du président Rafik Hariri. Cet attentat à l’engin explosif, contre un nombre déterminé de personnes, est un acte limité, doté d’une dimension stratégique, dans la mesure où il a modifié la situation au Liban, a renversé les équations locales, a provoqué le retrait de la Syrie du Liban et a sapé l’alliance libano-syrienne. Ces missions sont au cœur des tâches des forces américaines spéciales. Et je m’interroge à ce propos sur le rôle que jouent les Etats Unis sur la scène libanaise. Les réseaux qui ont été démasqués, ont confirmé le rôle qu’assument les américains au Liban, dans le but de cibler la Résistance. Et nous devons nous interroger, sur leur rôle dans les événements qui ont eu lieu au Liban, et sur les auteurs des assassinats et des attentats qui visent  à semer la confusion et la discorde.

Q-Un responsable américain a démenti dans un entretien accordé au quotidien Assafir, la suspension des activités d’espionnage des Etats Unis au Liban. Ce fait ne porte-t-il pas atteinte à la souveraineté du Liban ?
R-Les services de renseignement américains ont peut être gelé l’activité de leurs réseaux afin de déterminer les données et les méthodes qui ont abouti à les démasquer,  pour  modifier leur méthode de travail et cerner leurs points faibles. Mais ils ne suspendront pas définitivement leurs  activités car le Liban est une scène essentielle pour faire avancer le projet américain et une base pour agir  contre la résistance non seulement libanaise, mais aussi contre la résistance palestinienne, la Syrie et l’Iran. Le Liban est une base à partir de laquelle sont visées toutes ces scènes et c’est pour ces raisons que la CIA pourrait geler certains aspects de son travail, pour qu’elle se lance de nouveau, par de nouvelles méthodes d’espionnage.

Q-Comment les autorités libanaises devraient elles agir  face à cette violation américaine de la souveraineté libanaise ?
R-Si nous étions dans un pays puissant et qu’un espion opérant pour le compte d’un autre pays ait été démasqué, l’affaire aurait causé l’expulsion de l’ambassadeur du pays et la fermeture de son ambassade. Mais au Liban, ce pays qui craint les Etats Unis et qui en reçoit quelques aides visant à le lier aux politiques américaines, je constate que l’Etat Libanais observe un mutisme face aux violations américaines. L’Etat libanais est appelé à demander des comptes aux Etats Unis et à leur ambassade, à surveiller ses activités et même le mécanisme de la dépense de l’argent qu’elle distribue sur les associations civiles qui reçoivent ses dons, afin d’empêcher ces associations d’être au service d’un pays étranger. Nous nous demandons dans ce contexte, comment les 500 millions de Dollars ont été dépensés sur des associations civiles. L’Etat devrait au moins surveiller les organismes non-gouvernementaux actifs au Liban et qui reçoivent des aides d’un pays étranger.

Q-Quel est l’objectif de l’aveu  américain sur la réalisation du Hezbollah en face de la CIA ?
R-Il se peut que des fuites d’informations aient eu lieu, à l’insu de l’administration américaine, puisque les médias s’empressent de publier de telles informations censées être importantes pour l’opinion publique. Il se peut en outre que l’administration américaine et la CIA aient intentionnellement publié ces informations car ils savent que le Hezbollah a démasqué ces espions, afin qu’ils suscitent chez le parti un sentiment de vanité qui le pousserait à commettre des erreurs ou  à réduire sa vigilance, au moment où ils formeront de nouveaux réseaux  qui opèrent différemment.  
Donc la publication des données peut être une fuite d’informations préméditée ou accidentelle, afin de rassurer le  Hezbollah.

Q-Comment expliquez-vous la chute de deux avions de reconnaissance israéliens récemment au Liban sud, sans que leur fuselage ne soit retrouvé ?
R-L’avion de reconnaissance MK est fabriqué de plastique et de métal. Et il pourrait être muni d’un engin explosif pour qu’il explose après sa chute, afin de prévenir qu’un ennemi découvre ses techniques. Mais il est étrange que les restes de l’avion aient disparu. Il se peut que le fuselage a été secrètement retrouvé pour qu’il soit examiné afin de découvrir ses secrets, ou que l’avion a chuté ailleurs, dans la mer ou dans les territoires occupés et que l’ennemi l’a récupéré.

Q-A l’ombre de la conjoncture locale et régionale actuelle, estimez-vous qu’une agression sioniste contre le Liban est probable ?
R-A l’ombre des événements en cours en Syrie, j’exclus la possibilité d’une offensive israélienne en ce moment, car l’ennemi est faible en face de la Resistance, capable de lui infliger une défaite. Au second plan, une guerre régionale pourrait représenter une issue pour le régime syrien. Israël tend à exploiter les résultats du complot fomenté contre la Syrie, afin qu’il parvienne à faire chuter le régime syrien comme étant un Etat résistant et le pousser vers la guerre civile qui l’effritera. C’est alors qu’Israël interviendrait en vue de détruire l’armée syrienne loyaliste et afin de paver la voie à l’opposition syrienne pour  gouverner la Syrie, l’éloigner de l’Iran et de la Resistance libanaise. C’est pour ces raisons qu’Israël est à l’affût, qu’il suit de près la situation en Syrie avant de décider d’avoir recours à la guerre. Mais cette interprétation des faits n’exclut pas la nécessité de la vigilance.


Q-Quel est le meilleur choix à adopter face à l’échéance du financement du TSL, qui sera soumis au Conseil des ministres a la fin de ce mois ?
R- Nous sommes contre ce Tribunal et bien conscients de sa politisation. Le TSL est un outil qu’utilisent les Etats Unis pour renforcer le projet américain et combattre les forces de la résistance. Le Tribunal pourrait développer dans l’avenir son acte d’accusation et prétendre que le sayed Khaminei a lui-même émis la fatwa et incité à l’assassinat et il serait alors requis pour le procès. Nous ne pouvons traiter le tribunal comme si nous admettions cette situation. Nous refusons par conséquent le tribunal, son financement et le gouvernement ne devrait pas l’avaliser. Et puisque nous sommes en état de guerre avec les Etats Unis et Israël, nous nous attendons à ce qu’ils exercent des pressions sur le Liban, non uniquement sur le plan économique mais aussi militaire et nous devons être prêts à faire face aux deux éventualités.

Q-Comment commentez-vous l’appel des forces du 14 Mars au Premier ministre pour démissionner au cas où le financement du TSL est avorté au gouvernement ?
R- Je ne crois pas que l’intérêt du Premier ministre Mikati  réside dans la démission, car il se serait placé dans une situation encore plus compliquée que celle causée par la campagne menée contre lui par le courant Futur. S’il démissionne,  il aurait entrepris un suicide politique.

Q-Comment voyez-vous les répercussions de la situation en Syrie sur le Liban, notamment à l’ombre de l’appel du 14 Mars à installer des camps pour les refugiés syriens ?
R- La mise en place  de camps suppose en premier lieu l’existence de refugiés syriens au Liban. Mais il s’est avéré que le nombre des refugiés est très limité et ceux qui se trouvent au Liban sont hébergés dans quelques maisons et écoles. Les informations qui me sont parvenues des citoyens du Nord affirment que la majorité des syriens déplacés ont loué des maisons et ont entamé des travaux. Leur situation ressemble à celle des libanais qui ont émigré durant la guerre civile vers d’autres pays et qui n’avaient pas le statut de refugiés. Et puis établir des camps sur les territoires syriens est impossible, vue la présence et le contrôle  de l’armée syrienne qui appellera les citoyens syriens à regagner leurs maisons. Alors que ceux qui ont commis des actes terroristes et tué des civils et des militaires, ils devraient assumer la responsabilité de leurs actes. Par conséquent, les appels des forces du 14 Mars revêtent un aspect purement médiatique et visent à prétendre que des catastrophes sociales ont lieu en Syrie et que des réfugiés syriens affluent vers le Liban. 

Q-Estimez-vous que ces forces (14 Mars) sont impliquées dans le trafic des armes vers la Syrie ?
R- Le trafic d’armes vers la Syrie a eu lieu, mais principalement par des commerçants d’armes à l’instigation de responsables locaux à Wadi Khaled,  à Ersal et en d’autres régions. Mais l’armée syrienne et en coopération avec l’armée libanaise, dont les moyens sont limités, est parvenue à contrôler les frontières, par les postes de surveillance plantés sur les zones frontalières. Mais l’armée libanaise ne peut contrôler toutes les zones frontalières,  que si elle déploie la moitié du nombre de ses militaires, ce qui affectera la situation délicate aux  frontières du Sud et à l’intérieur du pays.

Q-Quels sont les objectifs de la campagne lancée par les forces du 14 Mars contre l’armée libanaise ?
R-Les forces du 14 Mars veulent que l’armée ferme les yeux sur les frontières afin qu’elles demeurent ouvertes aux terroristes et aux trafiquants, et pour que le Liban devienne une base pour les opérations terroristes en Syrie et  un refuge aux terroristes. Mais l’armée ne tolère pas ce fait, d’où les critiques qui lui ont été adressées.

Q-Comment interprétez-vous le retrait des députés du 14 Mars de la commission parlementaire des Finances et du Budget ?
R-Ils tentent de camoufler les scandales financiers commis par le camp du 14 Mars et les gouvernements qu’il a formés. La commission des Finances œuvre peut être pour mettre un terme à des transgressions qui s’ajoutent au gaspillage au sein du ministère des Finances. Pour ces raisons, les députés du 14 Mars tentent par leur boycottage de bloquer les réunions, et  le travail de la commission des Finances, présidée par le député du Courant patriotique libre Ibrahim Kenaan. Ce ne sont que des pressions visant à suspendre le rôle assumé par la commission des Finances, dans la révélation des scandales  de cette équipe, au sein des gouvernements précédents.

Q-Estimez-vous que la loi électorale serait avalisée prochainement ?
R-Nous souhaitons de parvenir à un consensus sur une loi électorale qui soit satisfaisante pour les Libanais et qui soit un prélude à l’élection d’un Parlement qui représente le peuple libanais, qui réponde à ses aspirations et qui ancre l’union nationale.

Q-Comment évaluez-vous la performance du gouvernement en place ?
R- Le gouvernement œuvre en de difficiles conditions et son parcours est semé de pièges. Depuis sa formation, il a été refusé par les Etats Unis, alliés du 14 Mars. Et lors de l’explosion des événements en Syrie, le gouvernement a adopté la neutralité et le Liban n’a plus été une scène pour promouvoir le projet américain dans la région, mais plutôt la Syrie. Pour ces raisons, les Etats Unis n’exercent plus des pressions directes sur le gouvernement, mais en lui traçant par contre des lignes rouges à ne pas dépasser dont, l’interdiction de tout changement au sein des services de sécurité, de la modification de la politique de l’armée, de son équipement en armes pour qu’elle combatte "Israël", et l’interdiction de l’élimination du  TSL. Ces restrictions sur le travail du gouvernement le place dans un champ de mines où son activité est lente et prudente.

Q-Qu’aimeriez vous ajouter au terme cet entretien ?
R-J’affirme en conclusion que les Etats Unis, "Israël" et toux ceux qui leur sont affiliés, ont toujours combattu les forces de la Résistance. Ce n’est guère la première bataille, qui date depuis la fondation de l’entité sioniste. Ils ont lancé des séries d’offensives contre les pays arabes, et ont confronté dernièrement la Résistance, et la Syrie, et y ont imposé un embargo afin de la soumettre, mais elle a demeuré un Etat résistant, soutenant la Résistance. Ils ont de même combattu la Résistance Libanaise, ont fomenté des complots à son encontre et lancé la guerre de juillet 2006 pour l’abattre et y ont échoué. Leur guerre se poursuit par les tentatives visant à semer la discorde et la zizanie sur la scène libanaise, mais j’affirme à ce propos que la croyance en notre droit est ferme et que les forces de la résistance remporteront la victoire. L’agression américano-sioniste contre notre pays sera surement vouée à l’échec.

Publié par NASR

06 décembre 2011


1-3 Pierre Khalaf :Bruit de bottes en Turquie et subversion des pro-US au Liban.

Extrait

Michel Sleiman, président de la République libanaise  :
« Je salue l’accord auquel est parvenu la Ligue arabe sur la Syrie. Cette initiative permet à la Ligue de récupérer son rôle dans le règlement des causes arabes sans ingérence étrangère. »

Najib Mikati, Premier ministre du Liban
« Si le Liban dans son ensemble soutenait le régime syrien ou bien s’y opposait, nous ne pouvons rien faire. Nous avons adopté la neutralité, comment peut-on dire que cela n’est pas positif ?

Je veux éviter à mon pays de boire quelque coupe amère que ce soit et nous devons nous protéger de tout ce qui peut porter atteinte à l’intérêt du Liban, à sa paix civile.

Les rapts d’opposants syriens au Liban se sont produits il y a plusieurs mois, avant la formation de mon gouvernement (…) Il existe, certes, des cas individuels, mais nous ne pouvons pas généraliser et dire que toute la situation est instable. Il y a eu des incidents, mais isolés. La justice fait son devoir et nous la soutenons. L’opposition a le droit de dire ce que bon lui semble, mais moi, je ne veux pas comparer la réalité du cabinet que je préside avec les gouvernements précédents, leur nature ou comment leurs membres allaient en Syrie, même si je suis convaincu que cela n’a rien de honteux. Mon souci est de préserver l’unité nationale. Ceux qui nous demandent d’adopter une autre position et ceux qui oublient que notre société est divisée, que les Libanais sont divisés sont irresponsables. Je ne m’attends pas que le Hezbollah soutienne le TSL après avoir été pointé du doigt par son acte d’accusation. Ce dont je suis certain, en revanche, c’est que l’intérêt du Liban est important pour le Hezbollah et son chef. Ma position est ferme. Je m’engage totalement à l’application des résolutions onusiennes, dont la 1757 sur le Tribunal international et son financement. J’aspire à la préservation de la stabilité du Liban et je n’envisage pas de démissionner pour le moment. »

Michel Aoun, principal leader chrétien libanais
« Les armes de la Résistance n’ont pas besoin de permis dans tous les pays. Nous soutenons le dialogue à condition de déterminer les sujets de discussion. Que les personnes concernées se penchent sur la vision que j’avais présentée pour élaborer une stratégie de défense. La décision de guerre et de paix n’est pas entre les mains du Hezbollah mais entre celles d’Israël et des États-Unis (…) J’ai surmonté toutes les tentatives d’isolement visant à m’écarter de la vie politique. Un milliard de dollars ont été versés durant les élections en 2009 pour me faire sortir du champ politique. Nos détracteurs sont prêts à verser de nouveau 3 milliards de dollars cette fois-ci pour financer les législatives en 2013. »

Mohammad Raad, chef du bloc parlementaire du Hezbollah
« L’ennemi israélien traverse actuellement la pire période de son existence. Par conséquent, il est incapable de mener une guerre contre le Liban. Les évènements régionaux visent les mouvements résistants qui ont pu mettre un terme à l’hégémonie de l’Occident. La Résistance au Liban a porté un coup à l’ennemi qui est désormais incapable de garantir le succès de ses objectifs politiques à travers une guerre. L’ennemi se débat dans ses propres problèmes, incapable d’affronter toute crise et se suffit de lancer des menaces. »

Jeffrey Feltman, secrétaire d’État adjoint états-unien pour le Proche-Orient
« Nous nous attendons à ce que le Liban honore la totalité de ses engagements internationaux car le tribunal a été créé sur demande du gouvernement libanais et des Libanais surtout que le Liban est membre du Conseil de sécurité. Le cas échéant, nous prendrons les mesures punitives contre lui liées à ses relations avec les États-Unis et d’autres pays. »

Revue de presse

As Safir (Quotidien libanais proche de la majorité, 05 novembre 2011)
Nabil Haitham
La visite à Moscou d’une délégation du Hezbollah a donné lieu à une campagne menée par les parties lésées afin d’en minimiser l’importance et de déformer les prises de position russes exprimées à cette occasion. Cette campagne a même fait état d’une prétendue menace russe relative à des sanctions contre le Liban s’il n’honore pas ses engagements vis-à-vis du TSL, arrivant même au point d’appeler le président du Conseil des ministres Najib Mikati à démissionner dans un tel cas de figure. La Russie, surprise par ces rumeurs, a décrété une mobilisation diplomatique pour faire parvenir une riposte sévère aux parties concernées, sous forme d’un démenti qui remet les pendules à l’heure. Elle a donné des instructions à son ambassadeur au Liban pour établir des contacts directs avec le Hezbollah et couper l’herbe sous les pieds de ceux qui sont visiblement agacés par l’ouverture de Moscou envers la Résistance. Une rencontre élargie a donc eu lieu il y a quelques jours entre une délégation du Hezbollah et des responsables de l’ambassade de Russie, dans le prolongement des discussions déjà entamées à Moscou. Les tentatives de semer la zizanie entre les deux parties auront donc eu l’effet inverse : elles ont renforcé le rapprochement et la confiance réciproque.

As Safir (05 novembre 2011)
Sateh Noureddine

As Safir (1er novembre 2011)
Le président de la Chambre Nabih Berry a affirmé qu’il n’y a pas de raison de traiter la question du financement du Tribunal spécial pour le Liban (TSL) avec précipitation. L’une des issues possibles est justement de prendre le temps nécessaire pour bien traiter le dossier loin de la pression des délais. Il n’y a pas de délai fixe et définitif à respecter, même le gouvernement Hariri ne s’est pas tenu à un délai précis pour le financement. Berry a estimé que le gouvernement a jusqu’à mars prochain pour se prononcer, et pas jusqu’à la fin du mois comme certains l’affirment. Il rappelle que tout ce que le Liban a reçu de la part de l’Onu à ce sujet, c’est une lettre demandant au Liban de formuler ses remarques sur l’augmentation du montant de la contribution libanaise au financement du TSL, en raison du changement du cours de l’euro. Nabih Berry et Najib Mikati laissent entendre qu’il y a encore un espoir et semblent miser sur le facteur temps pour trouver la solution miracle.

An Nahar (Quotidien libanais proche du 14-Mars. édition du 05 novembre 2011)
Sarkis Naoum
Le régime syrien a transmis à l’administration française à travers un intermédiaire officiel libanais un message oral qui explique sa position sur le mouvement de contestation. Selon des sources européennes et libanaises dignes de foi, le message provient du commandement syrien et peut-être du président Bachar al-Assad en personne. Le message indique que le président Assad ne quittera pas le pouvoir, quelles que soient les pressions internes ou externes qu’il subit. Cela ne veut pas dire qu’il n’est pas ouvert aux réformes, et au dialogue comme moyen pour y parvenir.
Le départ du président Assad signifie la fin d’un régime qui a assuré la stabilité en Syrie pendant plus de quatre décennies. Ce départ ouvrirait la voie au chaos, à la violence et peut-être à la division du pays.
An Nahar(04 novembre 2011)
Paris, Samir Tuéni
Des sources occidentales se demandent pourquoi les organisations palestiniennes pro-syriennes sont réapparues dans les camps de réfugiés palestiniens au Liban. L’influence de l’organisation palestinienne la Saïka avait baissé après le retrait de l’armée syrienne du Liban en 2005. Des éléments de la Saïka sont cependant retournés au Liban à travers les frontières communes avec la Syrie. Ils se sont déployés dans différents camps de réfugiés, notamment Beddaoui au Nord, Bourj Al-Barajneh au Sud de Beyrouth et Aïn el-Heloué près de Saïda. La Saïka s’est restructurée au niveau du commandement : une nouvelle génération de jeunes a pris les rênes de l’organisation, considérée comme une formation palestinienne à la solde du régime syrien.
Des sources sécuritaires craignent d’éventuelles frictions entre ces éléments et les combattants d’autres organisations palestiniennes présentes dans les camps, comme le Fatah, ou les groupes qui soutiennent la révolte syrienne. On craint en outre un retour des assassinats politiques au Liban si la situation sécuritaire en Syrie se dégrade.
La situation au Liban-Sud demeure incertaine. Des sources européennes de pays participant à la Finul affirment détenir depuis quelques mois des informations sur la préparation d’une offensive israélienne contre le Liban visant à détruire les capacités militaires du Hezbollah. Ces données coïncident avec des informations médiatiques évoquant une polémique au sein du gouvernement israélien autour d’une potentielle offensive israélienne contre les installations nucléaires iraniennes

An Nahar (31 octobre 2011)
Selon des sources de sécurité, le radar du contingent français de la Finul à Deir Kifa a repéré un objet étrange dans la région entre Froun-Kossaybé, Kfarsir et Srifa. Alertée, l’Armée libanaise a ratissé la région. Des rumeurs ont circulé sur le crash d’un drone israélien aux alentours de la localité de Froun. Les services de sécurité, l’armée et des unités de la Finul se sont mobilisés et une vaste campagne de ratissage a été organisée, mais rien n’a été découvert. Le lendemain, le contingent français a réaffirmé que ses radars ont capté les mêmes ondes dans le même secteur. Des sources de sécurité à Nabatiyé estiment possible que l’objet suspect soit un robot-espion israélien, télécommandé par satellite. Les Israéliens sont capables de le faire exploser à la fin de sa mission.

Al Akhbar (Quotidien libanais proche de la majorité, 04 novembre 2011)
Nicolas Nassif
La diplomatie russe insiste sur le soutien et la coopération avec le Tribunal spécial pour le Liban (TSL), y compris au niveau du financement. Moscou établit cependant une distinction claire entre le soutien au TSL et l’imposition de sanctions sur le Liban s’il ne verse pas sa contribution.
La résolution 1757 ne prévoit pas de sanctions si le Liban n’honore pas ses engagements. Il en va de même pour la résolution 1559 : les clauses qui concernent le désarmement du Hezbollah n’ont toujours pas été appliquées, mais personne n’a brandi des sanctions internationales contre le Liban.
Des ambassadeurs accrédités à Beyrouth doutent que le Conseil de sécurité impose des sanctions contre le Liban, mais n’écartent pas la possibilité que des mesures indépendantes soient prises par des gouvernements européens ou par Washington et Paris qui tiennent le discours le plus intransigeant sur le financement du TSL.

Al Akhbar (03 novembre 2011)
Jean Aziz
Le Liban, confronté à la crise syrienne, s’est scindé en deux camps, qui ont toutefois un point commun : l’attentisme. Le premier camp est celui de Saad Hariri, dont le pari est clairement affiché. C’est un camp qui a décidé depuis des mois de démissionner de la vie politique intérieure et d’opter pour la politique de l’attentisme, qui prend pour point de départ les événements en Syrie. Ce faisant, il a renoncé au rôle fondamental d’opposition constructive, et s’est contenté de suivre de près l’évolution de l’actualité en Syrie, étant résolument convaincu que le dénouement de cette crise servira de levier pour son retour au pouvoir.
Le second camp suit la même approche attentiste. Il attend que la Syrie triomphe de sa crise et en sorte plus puissante qu’auparavant, pour se livrer à un règlement de comptes avec le camp adverse.
Que se passera-t-il s’il s’avère impossible que la Syrie redevienne ce qu’elle était avant le 17 mars dernier, et impossible, aussi, que le régime s’effondre comme ce fut le cas en Tunisie, en Égypte ou en Libye ? Qu’adviendra-t-il si le statu quo actuel perdure indéfiniment ? Que fera alors le Liban ?

Al Moustaqbal (Quotidien appartenant à la famille Hariri, 03 novembre 2011)
Rouba Kabbara
Le gouvernement de Najib Mikati appuie ouvertement ou implicitement, depuis les plus hautes tribunes arabes et internationales, le régime du président syrien Bachar el-Assad . Plus encore, les prises de position de ce gouvernement vis-à-vis de la crise syrienne ramènent le Liban à l’ère de la tutelle de Damas, même s’il n’y a plus aucun soldat syrien sur le sol libanais. Il est nécessaire d’intensifier l’appui au printemps arabe, notamment en Syrie, et d’organiser un congrès à l’échelle nationale pour traduire en actes les discours de soutien aux révoltes populaires arabes.

Conflict Forum (Centre de recherche états-unien anti-impérialiste)
Amal Saad-Ghorayyeb
Il faut comprendre la défense acharnée, par le Hezbollah, du régime d’Assad comme faisant partie du bras de fer régional entre le « projet nationaliste de résistance » que mène l’Iran, la Syrie, le Hezbollah et le Hamas et le « projet US » que mène les alliés arabes des Etats-Unis. Pour le Hezbollah, la Syrie n’est pas qu’une plate-forme de trafic d’armes, mais comme le dirait Hassan Nasrallah, « le seul régime de résistance dans la région ». Dans la balance, il faut également inclure le fait que le régime de Damas est un soutien indéfectible de la cause palestinienne.
C’est dans cette perspective globale que les « résistants » craignent la collusion d’acteurs étrangers en Syrie qui rêveraient de remplacer le régime d’Assad par un pouvoir qui ressemblerait aux États modérés de la région, « prêts à signer la paix avec Israël ». Et puis, il faut voir dans ce soutien une considération philosophique. Le Hezbollah a une compréhension particulière de la liberté, concept que l’Occident lie intimement à l’auto-détermination des peuples. Pour les parangons de la Résistance, celui qui est libre doit lutter pour la justice, contre les inégalités que créent les États-Unis. La méfiance du Hezbollah à l’égard du soulèvement syrien est inhérente à son mode de pensée.

The Independent (Quotidien britannique, 28 octobre 2011)
Robert Fisk



Pierre Khalaf

9 novembre 2011

Source
New Orient News (Liban)


1-4 René Naba :Liban: Walid Joumblatt, Requiem pour un saltimbanque.

Sans surprise, Walid Joumblatt le chef druze du parti socialiste progressiste (PSP), a été reconduit, fin octobre 2011, à la tête de sa formation qu’il préside depuis 34 ans, sans concurrent pour lui disputer le leadership, selon les pires règles de la féodalité clanique en plein printemps arabe, sur fond d’un nouveau repositionnement à l’égard de la Syrie, ultime pirouette d’une girouette.
Retour sur ce parcours erratique d’un homme qui était en mesure d’accéder à la stature d’homme d’état, qui s’est laissé happer par les sirènes de la dolce vita et de la combinazione.

1-Une décennie prodigieuse

La décennie avait été prodigieuse. Comme larrons en foire, sous la houlette de la Syrie, ils avaient mis en coupe réglée la République, Rafic Hariri, à la tête du gouvernement, en 1992, dans la foulée de l’avènement du nouvel ordre mondial américain consécutif à l’effondrement du bloc soviétique, Walid Joumblatt à la tête d’un important ministère chargé de la réinsertion sociale des 135.000 familles déplacées du fait des hostilités.
Dans la griserie de l’époque, le laxisme ambiant, la veulerie des uns, la couardise des autres, la gloutonnerie des uns et des autres, la Syrie commettra une faute majeure qui conditionnera largement la suite des évènements, dont elle pâtira durement le long de la décennie, faute d’avoir bridé la complaisance des gestionnaires syriens du dossier libanais, -le militaire Ghazi Cannaan et le politique Abdel Halim Khaddam-, face à la mainmise du milliardaire saoudo libanais sur le parc immobilier du centre de Beyrouth, le socle désormais indéboulonnable de son leadership sunnite.

L’alliance contre nature entre un pur représentant du pan capitalisme pétro monarchique et le chef d’un des rares partis politiques arabes se réclamant du socialisme pouvait surprendre en termes de cohérence idéologique, mais non en termes de drainage financier. Ceux qui seront par la suite les plus sévères censeurs de la tutelle syrienne sur le Liban avaient été pendant douze ans, de 1992 à 2004, les meilleurs gestionnaires de la mainmise syrienne sur leur pays, déléguant à la Syrie, le pouvoir régalien sur le plan diplomatique et militaire, en contrepartie de leur mainmise sur le Liban.

Un acte de haute forfaiture commis, néanmoins, en toute impunité, avec les encouragements de leurs tuteurs internationaux, particulièrement la France, si prompte par ailleurs à se draper dans la dignité bafouée dès lors que ses intérêts patrimoniaux sont en jeu.

2- Le pro consul syrien le Général Ghazi Canaan, le troisième larron de cette foire d’empoigne.

Partenaires dans le projet Elissar, la rénovation du littoral du sud Liban, et dans les projets fonciers de Kreyha Sibline, ayant vocation à servir de point de chute aux réfugiés palestiniens extirpés des camps de Beyrouth, ils feront du ministère des personnes déplacées le centre opérationnel de prébendes électorales. Le quotidien libanais «An Nahar», du temps où il exerçait une fonction critique avant d’être racheté par Hariri, estimait le 10 juillet 1998, à près de 800 millions de dollars les fonds ayant transité par ce ministère pour des opérations sans rapport avec la réhabilitation familiale.

De réinsertion il y en eut peu, mais de prébendes plus que de besoin notamment pour le financement déguisé des campagnes législatives et municipales des partisans du tandem, pour le maintien du niveau de vie de la clientèle politique ou la gratification des grands électeurs et des gros propriétaires terriens. Le dévoiement était tel que la cupidité finira par gangrener tous les contre pouvoirs, au point même que leur contremaître absolu, le Général Ghazi Canaan, pro consul de Syrie au Liban, se comportera de moins en moins en maître, contrant de moins en moins de choses, pour finir par constituer le troisième larron de cette foire d’empoigne.

Au mépris du délicat équilibre confessionnel de l’échiquier libanais et des intérêts stratégiques de la Syrie, mais au bénéfice de son propre compte bancaire, le proconsul syrien modifiera la loi électorale au bénéfice du leadership haririen, favorisant la naturalisation en masse de sunnites afin de contrebalancer l’influence grandissante des chiites libanais et leur fer de lance le Hezbollah, entré dans l‘arène politique, en 1992, la même année que le binational libano saoudien.
La triplice aura fonctionné à merveille dans une harmonieuse répartition des rôles, le chef progressiste libanais apportant sa caution patriotique au milliardaire libano saoudien gros pourvoyeur en pétro dollars, sous la férule du militaire syrien aveuglé par l’avidité.

3- Abdel Halim Khaddam, le bien nommé.

L’invasion américaine de l’Irak fera voler en éclat ce bel échafaudage, noyant dans le sang cette idylle si lucrative. Saddam Hussein l’irakien destitué, Yasser Arafat, le chef palestinien confiné dans sa résidence de Ramallah, Marwane Barghouti, son successeur potentiel, emprisonné, la voie était dégagée à l’émergence d’un nouveau chef sunnite sur le flanc Nord d’Israël. Hariri et Joumblatt, en stratèges en chambre, portent leur choix sur le vice président syrien Abdel Halim Khaddam, l’ancien prédateur du Liban, mais dont l’immense qualité résidait à leurs yeux d’être non seulement un syrien sunnite, mais aussi et surtout leur partenaire en affaires, pour prendre la relève du leadership sunnite et palier la perte de Bagdad, l’ancienne capitale de l’empire abbasside.

Rafic Hariri se démettra le 20 octobre 2004 pour prendre la tête de l’opposition anti-syrienne, mais le magistère de cet ancien féal de Damas sera bref. Quatre mois. Il sera assassiné, le 14 février 2005, sur le lieu même du seul objectif qui échappera à sa boulimie immobilière, le prestigieux Hôtel Saint Georges, déclenchant un cataclysme ravageur. La Syrie se retirera du Liban, son ancien proconsul Ghazi Canaan, sera suicidé au titre de victime sacrificielle de son laxisme et de sa vénalité. Le troisième larron, unique survivant du trio, Walid Joumblatt, sera emporté par un tourbillon qui le laissera exsangue au terme de cinq ans de griserie.

Détail piquant, l’homme en charge du dossier libanais en Syrie pendant trente ans, celui-la même qui était craint par les diverses factions libanaises et redouté par les chancelleries arabes et occidentales qui tonnait la foudre et ordonnait les accalmies, à ce titre responsable au premier chef des dérives syriennes au Liban, le vice-président de la République Abdel Halim Khaddam, promu comme sauveur suprême de la Syrie et du Liban, avant d’être relégué aux oubliettes de l’histoire se raccrochera, telle une bouée de sauvetage, à l’organisation des «Frères musulmans», celle là même qui s’était lancée à l’assaut du pouvoir, en février 1982, en vue de faire trébucher le régime baasiste dont il était un des piliers, à quatre mois de l’invasion israélienne du Liban.

Le bien nommé Khaddam, dont le patronyme en arabe signifie littéralement «le serviteur», reniera singulièrement son militantisme après avoir abusivement ponctionné le Liban, opérant par cupidité la plus retentissante reconversion de l’histoire politique récente, finissant sa vie en factotum de son coreligionnaire sunnite libanais Rafic Hariri.

Amplement gratifié de sa forfaiture d’un somptueux cadeau, -la résidence du nabab pétrolier grec, Aristote Onassis, sur la plus célèbre artère de la capitale française, l’Avenue Foch—le renégat devra livrer bataille devant la justice française afin de se maintenir dans les lieux, alors que son pendant français, l’ancien président Jacques Chirac avait droit à un appartement avec vue sur Seine Quai Voltaire à Paris. Judas a trahi son Seigneur pour trente deniers. D’autres trahisons valent certes leur pesant d’or mais accablent le renégat d’un discrédit pour l’éternité.
Dans la griserie de l’époque, le laxisme ambiant, la veulerie des uns, la couardise des autres, la Syrie commettra deux fautes majeures qui conditionneront largement, dont elle pâtira durement le long de la décennie: le choix des gestionnaires du dossier libanais, .

4 – La deuxième mort de Kamal Joumblatt.

Dans ce qui apparaît comme un rare cas de rémission dans les annales de l’Alzheimer politique, Walid Joumblatt se souviendra, alors, que son père, Kamal Joumblatt, le chef de la coalition palestino progressiste du temps de la guerre civile libanaise, avait été assassiné auparavant à proximité d’un barrage syrien.
L’ancien commensal assidu de la Syrie, époux en deuxième noces de la fille d’un ancien ministre syrien de la défense, le général Charabati, auréolé du titre de «fils de martyr», se met alors en tête de réclamer vengeance, vingt huit ans après l’assassinat de son père.

L’appel du sang a ses raisons qui échappent à l’entendement. Tardif, mais opportunément bienvenu, il a permis à l’ancien orphelin de s’autoproclamer chef de l’opposition anti-syrienne. Catapulté «faiseur de Rois» par les médias occidentaux dont il était devenu la coqueluche, sa promotion signe par les reniements qu’elle impliquait, la deuxième mort de son père.

Kamal Joumblatt, pour les observateurs avisés de la scène arabe, aura en effet été assassiné deux fois, la première fois, physiquement, le 17 mars 1977, la deuxième fois, moralement, par les virevoltes incessants de son fils Walid, au point d’y glaner le qualificatif peu reluisant de «derviche tourneur» de la politique libanaise, ridiculisant le glorieux parti fondé par son père, le Parti Socialiste Progressiste (PSP), pour en faire le «parti du saltimbanque permanent», à la grande désolation des compagnons de route de son père, qui avait conféré à sa communauté druze une surface politique sans rapport avec son importance numérique (1).

D’une sobriété ascétique, ce Prix Lénine de la Paix vivait au quotidien ses convictions, avec pour interlocuteurs habituels des êtres d’un grand dépouillement, Nehru et Gandhi (Inde), Tito (Yougoslavie) et Nasser (Egypte), des figures de légende du mouvement des non alignés. Le fils, Walid, dont la jeunesse tumultueuse a, par moments, été fascinée par les pas cadencés des soldats de plomb, sera un habitué de la bonne chair et de la bonne chère, des stupéfiantes soirées arrosées des palaces parisiens, de la dive bouteille et de la Dolce Vita italienne.
Un des rares chefs d’un parti socialiste du monde arabe, Walid, aura été le principal partenaire du milliardaire libano saoudien Rafic Hariri, le principal bénéficiaire de sa manne, la caution affairiste du clientélisme syro haririen, un visiteur assidu des dirigeants syriens, leur homme lige au Liban, au-delà des nécessités de la realpolitik, au même titre d’ailleurs que l’ancien premier ministre assassiné.

L’homme qui avait souhaité publiquement que l’Irak soit le cimetière de ses envahisseurs américains, un nouveau Vietnam, se ravisera brusquement dans ce qui apparaîtra rétrospectivement comme la plus grande bévue stratégique de sa carrière, dont il en pâtira désastreusement en termes de crédit moral. Pariant sur le triomphe des Américains, il se placera d’emblée dans leur sillage, à la pointe du combat anti-syrien, réservant quotidiennement ses philippiques à Damas, son lieu de pèlerinage hebdomadaire pendant près de vingt ans.

Rompant avec ses anciens alliés de la guerre, secondé par des transfuges de la gauche mutante néo conservatrice, l’ancien trotskiste mondain Samir Frangieh et le mollasson communiste Elias Atallah, il prendra la tête d’une coalition hétéroclite regroupant ses plus farouches ennemis d’hier, notamment Samir Geagea, le chef des milices chrétiennes, l’ancien compagnon de route d’Israël et l’un des grands saigneurs de la guerre intestine libanaise et leur principal bailleur de fonds, Rafic Hariri pour constituer le «Club Welch», du nom du sous secrétaire d’état américain David Welch qui téléguidait leurs activités.

A l’instigation de leur tuteur américain, le trio avait parié implicitement sur une défaite du Hezbollah durant la guerre de destruction israélienne du Liban, en juillet 2006. Au-delà de toute décence, il se lancera, dès la fin des hostilités, dans le procès de la milice chiite aux cris «Al-Haqiqa» (la vérité), plutôt que de rechercher la condamnation d’Israël pour sa violation des lois de la guerre et la destruction des infrastructures libanaises. Enfant chéri de l’Internationale Socialiste, la courroie diplomatique sur le plan international du parti travailliste israélien, Walid Joumblatt interrompra brutalement sa lévitation à la suite de deux revers qui retentiront comme un camouflet, le faisant douter de la pertinence de sa démarche.

Le retour sur terre sera douloureux: la capitulation en rase campagne devant le Hezbollah lors de l’épreuve de force que son adjoint mal avisé, Marwane Hamadé, son âme damné, avait engagée en Mai 2008 contre l’organisation chiite, ainsi que la libération par ce même Hezbollah un mois plus tard du druze pro palestinien Samir Kantar, le doyen des prisonniers arabes en Israël. Ces deux faits résonneront comme une trahison de ses idéaux antérieurs au point d’en faire la risée de l’opinion militante du tiers monde.

5- Le rétropédalage

Prenant acte de cet état des choses, il amorcera alors un lent processus de rétropédalage. A coups de réajustements successifs et de valses hésitations, il cherchera à se recentrer, c’est à dire à se démarquer de ses nouveaux amis, pour reprendre ses marques auprès de ses anciens amis, en un mot d’opérer une nouvelle trahison en douceur.

Sa plus récente saillie constitue, dans sa formulation tortueuse, ses dits et ses non dits, un modèle du genre. Elle se fera, sans surprise, contre ses plus récents alliés, les chrétiens maronites et ce nouveau retournement figurera dans les annales politiques libanaises comme un cas d’école des alliances rotatives propres au système Joumblatt. Elle achèvera néanmoins de désorienter ses plus fidèles thuriféraires occidentaux, notamment la presse française.

Se parant de la qualité de novice qu’il n’est plus depuis belle lurette, celui qui passe pour être l’un des plus coriaces crocodiles du marigot politique libanais a accusé sans crainte du ridicule ses nouveaux alliés maronites, qu’il avait farouchement combattu pendant vingt ans, d’appartenir à «un genre vicié» et d’avoir cherché à l’entraîner dans un conflit avec la communauté chiite, par allusion à «l’affaire du réseau des transmissions autonome» du Hezbollah. Dans la satisfaction de ses objectifs, l’homme, il est vrai, ne s’embarrasse guère de rigueur. L’accusation, lancée au cours d’un meeting électoral tenu dans son fief de la montagne druze du Chouf, a été portée à la connaissance de l’opinion publique, d’une manière oblique, par une fuite opportune, dans une bande vidéo diffusée par une chaîne satellitaire le 20 avril 2009.

Dans le cas d’espèce, M. Joumblatt n’hésitera pas à prendre quelques libertés avec la vérité historique dès lors que son récit sert la cause de son rapprochement avec le Hezbollah et constitue une justification a posteriori de son retournement. Son humiliante déroute militaire face à la milice chiite avait dejà donné le coup de grâce à sa flamboyance.

6- Rare cas de sabordage politique en direct pour le sauvetage de la chefferie familiale

L’Histoire retiendra de sa carrière mouvementée un parfait exemple de sabordage politique en direct à l’annonce, le 2 Août 2009, de sa répudiation de son alliance avec ses anciens partenaires de la coalition occidentale, et son retournement spectaculaire en faveur de la Syrie, qu’il s’était juré de faire traduire son président, Bachar al Assad, en justice devant une Cour pénale internationale.

S’adressant au congrès général du parti socialiste progressiste, celui qui passe pour avoir été pendant cinq ans l’homme clé de la coalition anti-syrienne au Liban, a crée la surprise se livrant à une autocritique en règle de sa politique antérieure, confessant que son voyage à Washington en 2006 précédant de peu la mise sur pied d’un Tribunal Pénal Spécial sur le Liban (Tribunal Hariri) avait constitué un «point noir» de son parcours politique, de même que sa convergence avec les néoconservateurs américains, qui ont «semé le désordre dans la région et détruit l’Irak et la Palestine».

Réaffirmant son ancrage à gauche, le chef druze a avoué avoir traversé une «période d’égarement» se laissant emporter par des considérations contraires aux usages du combat politique mais qu’il lui incombait d’établir «de nouvelles relations avec la Syrie qui servent d’axe à sa nouvelle politique arabe». Il déplorera sa «participation à la célébration de la fête du parti phalangiste et accepter sans broncher la projection d’un film insultant sur Nasser», le président égyptien Gamal Abdel Nasser, chef du nationalisme arabe de la décennie 1950-1960, artisan de la première nationalisation réussie du tiers monde, la nationalisation du Canal de Suez.

M. Joumblatt, dont le leadership repose sur le communautarisme, a indiqué avoir fait alliance avec les forces de droite en raison des circonstances qui avaient prévalu à la suite de l’assassinat de l’ancien premier ministre Rafic Hariri, mais que cette alliance de circonstance n’avait plus sa raison d’être.

Son nouveau retournement, s’il a replacé Walid Joumblatt dans le giron traditionnel de sa dynastie familiale, le camp progressiste et anti-impérialiste, pourrait avoir signé le glas de sa carrière politique, un acte de sabordage volontaire au bénéfice de son fils Taymour, pour la pérennité de sa communauté, les Druzes, sanction inéluctable d‘un parcours erratique qui a failli discréditer à jamais le legs politique dont il est l’héritier, de même que la communauté dont il est le chef, sur laquelle pèse déjà la suspicion récurrente de connivence avec Israël, en raison de la participation des druzes dans le corps des gardes frontières israéliens.

Comptant près d’un million d’individus, répartis principalement à l’intersection de quatre pays (Liban, Syrie, principalement sur le plateau du Golan occupé par les Israéliens, Israël, dans la région du Mont Carmel, et Jordanie), Walid Joumblatt devra faire appel au mouvement chiite libanais pour renouer le lien avec les diverses composantes de sa communauté et préserver le rôle du Liban en tant que la référence historique et religieuse des Druzes.

«Les sunnites ont pour grand protecteur l’Arabie saoudite, les chiites, l’Iran, les druzes n’ont le choix qu’entre Israël ou la mer ou alors la Syrie, qui nous garantira, elle, l’arrimage arabe des Druzes», dira-t-il en guise de justification. Une vérité d’évidence qu’il a eu pourtant tendance à négliger au risque de se carboniser et de caraméliser sa communauté.

Celui qui a longtemps fait figure de parrain des forces socialistes du Monde arabe a dû payer un lourd tribut au rétablissement de sa crédibilité, afin de s’assurer de l’ancrage durable de sa succession filiale, se plaçant sous la tutelle de fait du Hezbollah, son garant sur son chemin de Damas, signe indiscutable de la fin d’une invraisemblable période de lévitation surréaliste, qui aura coûté la vie à deux de ses anciens compagnons de route, Gébrane Tuéni et son collègue transfuge Samir Kassir.

L’homme dont les jongleries comblaient d’aise ses thuriféraires empressés est désormais prévisible. Définitivement. Brebis égarée dans le marécage politique libanais, Walid Joumblatt est revenu au bercail sur le chemin de Damas, sous les auspices du Chef du Hezbollah, son garant auprès du pouvoir syrien.
Preuve irréfutable de son ancrage irréversible dans son giron naturel, le conseil que cet ancien artisan de la révolte anti syrienne au Liban, a donné, le 24 juillet 2010, à son ancien compagnon de route, Saad Hariri, de lever le pied sur le Tribunal Spécial international sur le Liban, qu’il considère comme un élément de division du pays, incitateur d‘une nouvelle guerre civile. Le chef druze du parti socialiste progressiste libanais, a cité en exemple son propre cas, arguant que l’assassinat de son propre père, Kamal Joumblatt, en 1977, n’avait pas donné lieu à la mise sur pied d’une juridiction pénale internationale.

Conscient sans doute de la lourde responsabilité dans la mise en route du Tribunal Spécial sur le Liban, au mépris de la légalité libanaise, et de l’orientation de son enquête par ses propres accusations, Joumblatt avouera avoir été abusé par la déposition de faux témoins, en lançant ses accusations contre la Syrie. Il soutiendra publiquement que le vote de la résolution du Conseil de sécurité N°1559, en 2004, enjoignant à la Syrie de retirer ses troupes du Liban, a été une «résolution maléfique en ce qu’elle sous tendait le désenclavement du Liban de son environnement arabe».

7- Le tournis de la tourmente arabe.

L’ancien feu follet de la vie politique libanaise est désormais «Under control». En quarante ans de carrière politique, Walid Joumblatt a considérablement grossi son capital financier et dilapidé d’autant son crédit moral. L’ancien chef de file de la coalition palestino progressiste de dimension internationale est désormais perçu comme un roitelet druze à l’envergure d’un politicien local, réduit au rôle peu glorieux du chef féodal d’une communauté ultra minoritaire, l’ancien volant régulateur d’une coalition occidentale à bout de souffle, recyclé dans un rôle d’appoint au Hezbollah.

La tourmente arabe a donné le tournis à la girouette, suscitant une nouvelle envie incompressible de repositionnement et non une moins irrépressible envie de dégagement. Empêtre dans ses contradictions, l’homme a opté pour la fuite en avant. Fidèle en lui-même, tel qu’en lui-même l’éternité ne le changera pas, le lieu de repli qu’il s’est choisi a été, non l’île d’Elbe ou Sainte Hélène, mais l’île Saint Louis, sur les bords de la Seine à Paris, confirmation d’un goût irrésistible pour le luxe, la marque de fabrique de ce chef féodal, qui se déclare néanmoins socialiste et progressiste.

Son dernier exercice contorsionniste sur la chaine de télévision «Al Manar», le 14 octobre 2011, une ode aux monarchies arabes, la Jordanie et le Maroc, les alliés souterrains d’Israël, l’Arabie saoudite, le foyer de l’intégrisme mondial et de la régression sociale, et non à la Tunisie et à l’Egypte, les tombeurs de dictature, aura constitué l’ultime pirouette d’une vie de girouette, une singulière façon de tirer sa révérence au regard de l’Histoire.

L’homme qui dénonçait régulièrement la patrimonialisation du pouvoir d’état par les dirigeants arabes feint d’ignorer qu’il a lui-même reçu en héritage, à 28 ans, la succession familiale, le leadership de la communauté druze, qu’il s’apprête d’ailleurs à léguer en toute incohérence à son fils Taymour.

Celui qui fut longtemps l’homme central du jeu politique libanais est désormais un homme décentré, dont les dérives idéologiques et l’opportunisme indécent en ont fait un personnage excentrique. En son for intérieur, l’homme, d’une intelligence certaine, a dû certainement regretter, à n’en pas douter, ce parcours curviligne, qui pèsera lourd dans le jugement que l’histoire portera sur son bilan.

Maigre consolation à ce gâchis serait que le sabordage de Walid Joumblatt serve d’exemple à tous ses compères qui ont pollué la vie politique libanaise et sinistré le pays depuis son indépendance, en 1943. Tel est du moins le vœu formulé par le Patriarche maronite Béchara Ar Rai, d’un renouvellement de l’engagement politique, en écho au vœu secret des larges couches de la population libanaise qui souhaite le dégagement d’un personnel politique dont il en a lourdement pâti de ses frasques, au-delà de toute décence.

Notes :

1- La communauté druze compte aujourd’hui près d’un million d’individus, répartis principalement à l’intersection de quatre pays: Le Liban (350.000), la Syrie (450.000 personnes, principalement sur le plateau du Golan occupé par les Israéliens et au Jabal al Arab), Israël (75.000, dans la région du Mont Carmel) et la Jordanie (20.000). Née de la croyance en la nature divine du Sixième Calife fatimide, Al Hakim bi Amri-Illah (996-1021), le Liban constitue la référence historique et religieuse de la communauté. Le haut lieu de la spiritualité druze est situé au sud du Liban dans la ville de Hasbaya, dans la région frontalière syro-libano-israélienne.

Avec en rappel
HARIRI DE PÈRE EN FILS : Hommes d’affaires et premiers ministres
René Naba

Dix ans après le raid apocalyptique contre les symboles de l’hyper puissance américaine, les principaux vecteurs d’influence occidentale en terre d’Orient ont été pulvérisés, du commandant Massoud Shah à Benazir Bhutto en passant par Rafic Hariri. Chef du clan américano-saoudien au Liban, l’ancien Premier ministre a été un exécutant majeur de la pantomime du Moyen-Orient et, à ce titre, victime majeure du discours disjonctif occidental. Pur produit de la financiarisation de la vie politique nationale, Rafic Hariri aura, à l’instar d’une bulle financière, implosé. http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=33521

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 René Naba | 04.11.2011 | Paris

Posté par René Naba le nov 4 2011. inséré dans Liban, News.

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20/12/2011

n° 164 - Journal du Liban - 13-08 au 19-12 : a1 - : Le général Wesley Clark dévoile un secret d’État.


n° 164 - Journal du Liban - 13-08 au 19-12 : a1 - : Le général Wesley Clark dévoile un secret d’État.



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal duLiban

           n° 164                                        13-08 au19-12          

C.De broeder & M.Lemaire



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NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 


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Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Tiré à part 

Vidéo: Le général Wesley Clark dévoile un secret d’État.

Le Liban ne votera pas pour des sanctions contre la Syrie.

Le Hezbollah tire à boulets rouges sur le tribunal et dément les informations du « Time ».

Les relents de la guerre

Israël a(urait) fait exploser un de ses dispositifs de surveillance au Liban-Sud.

c) Finul

Opex : Une patrouille française cible d’une nouvelle attaque au Liban.

1-1     Politique Libanaise.

Tribunal international de l'ONU

1 ‘Le Monde’ : Le tribunal spécial pour le Liban publie la totalité de l'acte d'accusation sur le meurtre d'Hariri.

2-2  Politique Israélienne

Israël appelle la Russie à revoir sa diplomatie !

 3 Politique internationale

L'ambassadeur de l'Iran au Liban: l'Iran est prêt à équiper l'armée libanaise  4 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

4-1 Le Hezbollah accuse le TSL d’avoir occulté la violation par Israël du secteur des télécoms.

5 Dossier .

5-1 Pierre Khalaf : Liban : Les énièmes faux calculs de la coalition pro-occidentale.

5-2 Hassan Illeik : Le Hezbollah à la CIA : « Nous vous surveillons ! ».

6 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

6-1 « The Guardian » se penche sur les femmes qui débarrassent le Liban des bombes à fragmentation.



Tiré à part 

Vidéo: Le général Wesley Clark dévoile un secret d’État.
Les États-Unis avaient programmé d’intervenir en Irak, Syrie, Libye, Somalie, Soudan, Iran, dès septembre 2001

Le général Wesley Clark affirme, dans un enregistrement daté de 2007, que le Pentagone avait programmé d’intervenir militairement en Irak et en Libye, -ainsi qu’au Liban, en Syrie, en Somalie, au Soudan, en Iran- dix jours après les attentats du 11 septembre 2001.

1er septembre 2011

http://www.youtube.com/watch?v=g76qW4kDfkY&feature=player_embedded


Le Liban ne votera pas pour des sanctions contre la Syrie.

 

Le Liban ne votera pas en faveur de sanctions contre la Syrie lors de la réunion de la Ligue arabe jeudi au Caire, a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Adnane Mansour.
"Le Liban n'approuvera aucune sanction de la Ligue arabe contre la Syrie", a déclaré M. Mansour à une radio locale avant de se rendre dans la capitale égyptienne.
"Nous déciderons si nous votons contre ou si nous nous abstenons en fonction des discussions du Caire", a-t-il dit.
Face à la répression par Damas d'un mouvement de contestation sans précédent, les ministres arabes des Affaires étrangères tiennent jeudi au Caire une nouvelle réunion sur la situation en Syrie.
L'ultimatum de la Ligue pressant Damas de cesser la répression a pris fin samedi à minuit, exposant désormais la Syrie à des sanctions économiques arabes.


Le Hezbollah tire à boulets rouges sur le tribunal et dément les informations du « Time ».
Le Hezbollah a poursuivi hier ses attaques contre le TSL et la teneur de l’acte d’accusation, démentant les informations parues dans le magazine Time.
« Ils essayent, par tous les moyens, de nous entraîner loin de nos priorités, vers l’arène qu’ils ont fixée pour y mener leur bataille.
Mais nous ne nous laisserons pas faire. » C’est ce qu’a déclaré hier le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad, lors d’un iftar.
Rappelant que l’ennemi premier du Hezbollah est « l’entité sioniste » et « tous ceux qui la soutiennent, à leur tête les États-Unis », le député a affirmé que « ni le Tribunal (spécial pour le Liban) ni la tentative de court-circuiter les mouvements populaires pourront nous dissuader de soutenir les vrais résistants qui connaissent le chemin de la réforme et du changement », entendre les quatre accusés notamment.
Et de poursuivre dans une allusion à Israël et aux États-Unis : « Ils cherchent à nous berner avec les détails de ce qui se passe autour de nous, afin qu’ils puissent faire passer leur complot (...). Seuls les résistants connaissent le danger que représentent l’ennemi sioniste et le complot américain qui se faufile à travers ce qu’on a appelé le chaos constructif visant à remodeler la région sous l’appellation du nouveau Proche-Orient. »
Selon lui, les pressions exercées sur la Syrie « visent précisément à cibler la résistance au Liban ».
De son côté, le secrétaire général adjoint du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem, a indiqué que le TSL « est utilisé comme outil pour faire front à la résistance et lui nuire ». Le dignitaire chiite, qui s’exprimait samedi lors d’un iftar, a affirmé que le tribunal a été créé « afin de porter atteinte à l’axe de la résistance et de la moumanaa ».
« Celui qui examine de près l’acte d’accusation de Bellemare (Daniel) peut constater qu’il s’est fondé sur des preuves circonstancielles qui, selon la théorie que le procureur soutient, sont plus importantes que les preuves concrètes. Or, on ne trouve aucune preuve tangible dans ce document », a encore précisé cheikh Kassem, qui a ajouté que le procureur du TSL n’a fait qu’avancer des « analyses hypothétiques ».
Le dignitaire chiite a ainsi appelé l’ancien Premier ministre, Saad Hariri, à couper les liens avec une instance internationale « trompeuse et injuste », l’invitant à se joindre au parti « afin que l’on puisse chercher ensemble la vérité au lieu de les laisser se jouer de notre pays et des sentiments de notre peuple ».
« Ce tribunal-là n’a pas été mis en place pour découvrir les auteurs de l’assassinat de votre père, mais pour faire tort au Liban et pour y semer la discorde », a-t-il insisté, montrant du doigt « le projet israélo-américain » dans la région.
« Ne voyez-vous donc pas qu’ils ont clairement annoncé, en juillet 2006, qu’ils veulent faire du Liban la porte du nouveau Proche-Orient? » s’est encore demandé le dignitaire chiite.
Le député du Hezbollah, Hassan Fadlallah, a également insisté sur le caractère « circonstanciel » des preuves, démentant au passage ce qui a été publié par le Time.
« Cette interview n’a pas eu lieu, et ce qui a été publié est mensonger », a-t-il dit dans un entretien accordé à la New TV. Le député a plaidé en faveur des accusés, « des résistants honnêtes et innocents, qui subissent une injustice monstre ». Et de lancer un appel à l’État pour ouvrir une enquête sur l’enquête et les enquêteurs.
« Il y va de la responsabilité de l’État d’enquêter sur la partie qui a monté ce roman policier. Nous avions d’ailleurs demandé que ce dossier (l’acte d’accusation) soit joint à celui des faux témoins », a-t-il ajouté.
Pour le ministre d’État pour la Réforme administrative, Mohammad Fneich, la situation reste « inchangée » avant et après l’acte d’accusation. «
La bataille se poursuivra en vue de mettre un terme aux atteintes faites à la résistance et pour démonter la non-crédibilité du tribunal », a-t-il dit.
« D’ailleurs, a ajouté le ministre, le tribunal s’est lui-même décrédibilisé, en s’abstenant de rechercher les véritables assassins et de faire justice. »

http://www.lorientlejour.com/numero/4630/article/718693/Le_Hezbollah_tire_a_boulets_rouges_sur_le_tribunal_et_dement_les_informations_du_%3C%3C+Time+%3E%3E.html



Les relents de la guerre

a)  Israël

Israël a(urait) fait exploser un de ses dispositifs de surveillance au Liban-Sud.
Une énorme explosion est survenue au Liban-Sud entre les villages de Deir Kifa et Srifa. Elle a été entendue à des kilomètres à la ronde.
Alors que l’origine de l’explosion restait indéterminée, le Hezbollah a annoncé, dans un communiqué, que la « résistance islamique a fait échec à une opération d’espionnage israélienne ».

Le communiqué ajoute que la résistance « a découvert un dispositif israélien sur le réseau fixe des télécommunications dans la vallée entre les deux villages de Srifa et de Deir Kifa, et ce avant que l’ennemi israélien ne le fasse exploser par le biais d’un avion d’observation ». Le communiqué assure qu’aucun des membres de la résistance n’a été blessé.
Selon le site Nowlebanon, des membres du Hezbollah ont aussitôt créé un cordon sécuritaire dans la région. Il a précisé qu’une patrouille des FSI basée à Jouaya, au Sud, s’est dirigée vers le lieu de l’explosion pour mener l’enquête, alors que des  avions israéliens survolaient la région.
Multiplication des patrouilles
Parallèlement, le service d’orientation de l’armée a indiqué hier dans un communiqué qu’un avion israélien d’observation a survolé l’espace aérien libanais au-dessus de Naqoura, avant-hier soir à 19h15.
Par ailleurs et selon l’ANI, l’armée israélienne a effectué plusieurs patrouilles le long de la ligne de Ghajar et jusqu’aux hauteurs de Kfarchouba. Entre-temps, des avions et des hélicoptères israéliens survolaient la région des hameaux de Chebaa et du Arkoub.
L’ANI précise que trois chars israéliens et environ 20 soldats ont pris part aux patrouilles. L’agence ajoute que des patrouilles israéliennes ont également longé la clôture métallique de la ligne bleue depuis Mtollé jusqu’au point Himari.

http://www.lorientlejour.com/category/Liban/article/734594/Israel_aurait_fait_exploser_un_de_ses_dispositifs_de_surveillance_au_Liban-Sud%2C_selon_le_Hezbollah.html


c) Finul

Opex : Une patrouille française cible d’une nouvelle attaque au Liban.

La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

Cinq militaires français appartenant à la Force intérimaire des Nations unies (FINUL) et un civil ont été blessés, ce 9 décembre, lors d’une attaque ayant visé leur patrouille dans la région de Bourj Chemali, au sud de la ville côtière de Tyr, au Liban-Sud. A priori, un engin explosif improvisé (IED) a été déclenché lors du passage de leur véhicule.
Deux soldats français ont été admis dans un hôpital pendant que les trois autres – une femme et deux hommes – ont été soignés sur place. L’explosion a été relativement puissante étant donné qu’elle a creusé un cratère d’un mètre de profondeur.
Cette attaque est la troisième ayant visé la FINUL cette année. En mai dernier, des militaires italiens avaient été blessés par l’explosion d’un engin explosif improvisé. Elle fait également suite à celle qui avait également visé un convoi français de la Finul le 26 juillet dernier, et au cours de laquelle, 6 militaires appartenant au 515ème Régiment du Train et au 1er Régiment de Chasseurs furent touchés. Trois d’entre eux avaient été transportés à l’hôpital civil de Saïda.
Suite à cet attentat, le président Sarkozy avait menacé de revoir la participation française à la Finul dans un courrier adressé à Michel Sleiman, son homologue libanais. « L’attaque du 26 juillet 2011, si elle devait se renouveler, ne pourrait que poser la question de la justification pour la France de maintenir ses soldats face à des risques qui ne seraient pas traités comme ils devraient l’être par le pays d’accueil. Il est en conséquence essentiel que des actions rapides de sécurisation soient prises, notamment sur l’axe de communication nord-sud » avait-il écrit.
En novembre, des menaces sur la FINUL avaient été évoquées par des sources diplomatiques occidentales. Des mouvements palestiniens, chargés de surveiller les mouvements des casques bleus autour du camp de Rachidiyeh, avaient également été rapportés par l’agence al-Markaziya.
Reste à déterminer les commanditaires de ces attaques. Il n’est pas exclu que des éléments du Hezbollah, soient impliqués, en raison de la position de la France à l’égard du régime syrien de Bachar el-Assad, soutenu par la milice chiite libanaise.
Environ 1.300 militaires français sont déployés actuellement déployés au Liban, dans le cadre la résolution 1701 des Nations unies, adoptée après le conflit ayant opposé Israël au Liban. Plus de 350 d’entre eux sont affectés dans les états-majors de la FINUL et environ 850 arment la Force Commander Reserce (FCR), commandée depuis octobre par le colonel Cédric du Gardin, chef de corps du 1er Régiment de Tirailleurs d’Epinal.
Au cours de son audition par la commission Défense de l’Assemblée nationale, le chef d’état-major des armées (CEMA), l’amiral Edouard Guillaud, avait estimé que l’engagement des militaires français au Liban était « le plus difficile ».
« La FINUL (Force intérimaire des Nations unies au Liban, ndlr) regroupe au sud Liban 12.000 hommes dans un espace réduit et dont la liberté d’action est difficile à garantir. La composition du gouvernement libanais et la présence du Hezbollah au sud Liban ne facilitent pas le maintien de cette liberté d’action de la force. Il arrive aujourd’hui qu’un maire décide que l’on ne peut plus traverser son village. Nos soldats (…) sont régulièrement menacés d’humiliation » avait-il affirmé l’amiral Guillaud.
 09/12/2011

http://www.opex360.com/2011/12/09/une-patrouille-francaise-cible-dune-nouvelle-attaque-au-liban/



1-1 Politique Libanaise  

Sleiman à Abbas : Le Liban mettra ses moyens diplomatiques à votre disposition.
Palestiniens C’est avec (presque) tous les honneurs dus à un chef d’État que le Liban officiel a accueilli hier le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas en visite de deux jours au Liban.
Officiellement, il s’agit pour Abbas d’inaugurer le bâtiment qui servira de siège à l’ambassade palestinienne à Beyrouth. En fait, Abbas souhaiterait sonder le Liban au sujet du recours des Palestiniens à la proclamation de leur État en demandant à l’Assemblée générale des Nations unies de voter en sa faveur, d’autant que le Liban présidera au mois de septembre le Conseil de sécurité de l’ONU. Après un entretien avec le président Sleiman à Baabda, Abbas a notamment déclaré que les Palestiniens « n’avaient plus besoin des armes dans les camps ».
À l’aéroport, Mahmoud Abbas a été accueilli par le ministre des Affaires étrangères libanais Adnane Mansour ainsi que par l’équipe de l’ambassade palestinienne et à sa tête l’ambassadeur Abdallah Abdallah. Mahmoud
Abbas est accompagné d’une importante délégation comprenant Azzam el-Ahmad, Saëb Oreykat, Nabil Abou Roudayna, son conseiller diplomatique Majdi el-Khalidi et le chef de son service de renseignements le général Majed Faraj. Abbas et Mansour ont tenu une première réunion au salon d’honneur à l’aéroport, mais aucune déclaration n’a été faite. Le président de l’Autorité palestinienne s’est ensuite rendu au palais de Baabda pour participer à l’iftar donné en son honneur par le président Sleiman. L’iftar a été précédé d’une réunion entre le président Sleiman et son hôte palestinien au cours de laquelle le chef de l’État a réitéré son appui à la démarche palestinienne en vue de la proclamation d’un État dans les frontières de juin 67, tout en insistant sur le droit au retour des Palestiniens chez eux et sur le refus du Liban de toute implantation des réfugiés sur son territoire. De son côté, Mahmoud Abbas a évoqué la situation des camps palestiniens et les conditions de vie des réfugiés palestiniens.
Au cours du dîner, les discours prononcés étaient plus officiels.
S’adressant au président de l’Autorité palestinienne, le chef de l’État a ainsi déclaré : « Vous allez accomplir un pas historique à l’Assemblée générale des Nations unies et le Liban confirme son engagement envers votre cause juste et il confirme aussi sa détermination à mettre ses moyens diplomatiques au service de votre cause. » Le président Sleiman a encore affirmé que les discussions se poursuivent au sujet de l’application des décisions prises au cours de la conférence de dialogue, concernant notamment les armes palestiniennes à l’intérieur des camps, souhaitant la coopération permanente de l’Autorité pour la réalisation de cet objectif. Sleiman a aussi insisté sur le rôle de l’Unrwa, appelant au renforcement de son rôle pour assurer une vie décente aux réfugiés palestiniens. Il a invité toutes les parties présentes à mettre en échec les tentatives de mettre un terme à son action ou de la faire échouer. Il a estimé que sa mission doit rester provisoire jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée pour le problème des réfugiés palestiniens.
Plus besoin des armes dans les camps
À son tour, Mahmoud Abbas a pris la parole, assurant son refus de l’implantation des Palestiniens et ajoutant : « Les Palestiniens sont des hôtes provisoires soumis à la loi libanaise. Il a ajouté que les Palestiniens ne croient pas que leurs armes peuvent les protéger. » «
Nous sommes sous la protection du Liban et nous n’avons pas besoin de ces armes pour nous protéger », a-t-il déclaré.
Signalons encore que c’est aujourd’hui que le président de l’Autorité palestinienne inaugurera le bâtiment officiel qui servira de siège à l’ambassade palestinienne au Liban, en présence du Premier ministre Nagib Mikati. Selon notre chroniqueur diplomatique Khalil Fleyhane, le Liban est ainsi le dernier pays à établir des relations diplomatiques avec l’Autorité palestinienne. La décision avait pourtant été prise le 27 novembre 2008. Et si elle a mis trois ans avant d’être appliquée, c’est, toujours selon Fleyhane, parce que le Liban attendait que la Syrie ouvre une ambassade palestinienne sur son sol. C’est désormais chose faite. L’ouverture d’une ambassade au Liban précède donc de peu la reconnaissance de l’État palestinien par l’Assemblée générale des

Nations unies, qui devrait sans doute lui donner le statut d’observateur, celui de membre à part entière exigeant une décision du Conseil de sécurité qui est à son tour tributaire du veto des États-Unis.

Ce qui est sûr, c’est que cette visite de Mahmoud Abbas au Liban marque l’ouverture d’une nouvelle page dans les relations libano-palestiniennes, même si de nombreux dossiers sont encore en suspens.

http://www.lorientlejour.com/category/Liban/article/717847/Sleiman_a_Abbas+%3A_Le_Liban_mettra_ses_moyens_diplomatiques_a_votre_disposition.html


Des Canons ... pas du beurre

Rare apparition publique de Hassan Nasrallah, qui promet d’armer plus lourdement la résistance.
extrait

Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah a prévenu mardi à Beyrouth ceux qui "misent sur un changement" dans le monde arabe que les combattants du mouvement libanais seraient armés encore plus lourdement, après une brève apparition en public, la première depuis trois ans.
  "Voici un message à tous ceux qui conspirent contre la résistance et misent sur un changement dans le monde arabe. Nous n’envisagerons jamais d’abandonner nos armes", a-t-il lancé en allusion à la révolte contre le régime syrien, l’un des appuis du Hezbollah.
  Avant de prononcer son discours, retransmis sur écrans géants, cheikh Nasrallah a fait une brève apparition devant ses partisans réunis dans la banlieue sud de la capitale libanaise pour commémorer le deuil chiite de l’Achoura.
  "Jour après jour, la résistance recrute plus de combattants, forme de meilleurs combattants et les arme de plus en plus lourdement", a-t-il ajouté, précisant que chaque arme rouillée était remplacée.
  Selon des experts, la crise en Syrie, qui menace le pouvoir du président Bachar al-Assad, a pourtant porté un coup sévère au Hezbollah dont Damas est avec Téhéran le principal soutien.
  Cheikh Nasrallah a également accusé les Etats-Unis de chercher à détruire la Syrie pour "compenser leur défaite en Irak".
  "Les Etats-Unis ont essayé de se faire passer comme des défenseurs des droits de l’Homme et de la démocratie dans le monde arabe", a-t-il déclaré.
  "Ces (...) hypocrites sont connus pour avoir soutenu toutes les dictatures (...) et les avoir reniées immédiatement après leur chute", a-t-il poursuivi.
  "Ça, c’est la marque de Satan", a-t-il estimé....

  Cheikh Nasrallah a par ailleurs réitéré son soutien au président Assad et critiqué l’opposition syrienne, estimant qu’elle était soumise aux Etats-Unis et à Israël.
  "Depuis le tout début, nous avons dit clairement que nous nous tenons
au côté du régime syrien, un régime de résistance" contre Israël, a-t-il
indiqué.
  Il a critiqué le Conseil national syrien (CNS), l’accusant de vouloir "détruire la Syrie".
  "Le soi-disant Conseil national syrien, formé à Istanbul, et son leader Burhan Ghalioun (...) tentent de présenter leurs lettres de créance aux Etats-Unis et à Israël", a-t-il estimé.
  Ces commentaires interviennent après des déclarations de M. Ghalioun au Wall Street Journal selon lequel si la Syrie était dirigée par le CNS, les liens militaires avec l’Iran, le Hezbollah et le Hamas seraient coupés.

http://www.aloufok.net/spip.php?article6045


Les grandes manœuvres

Le Hezbollah révèle de «nouvelles informations» sur la CIA

Le Hezbollah a révélé hier des informations présumées sur les activités de la CIA dans ce pays, après avoir récemment affirmé qu’il a démasqué des agents américains sur place, rapporte l’AFP. 

Citant le nom du présumé «chef de la CIA au Liban» et celui de son prédécesseur, le Hezbollah ajoute que l’agence siège dans un bâtiment de l’ambassade des Etats-Unis à Awkar, au nord de Beyrouth, dans une émission diffusée vendredi soir sur sa chaîne Al Manar et postée hier son site internet. «Il s’agit d’un centre d’opération permanent qui gère de larges réseaux d’informateurs sur le territoire libanais dans les secteurs politique, social, éducatif, médical, sécuritaire et militaire», affirme le puissant parti, qui est soutenu par l’Iran et la Syrie.

Selon le Hezbollah, une équipe de 10 officiers — hommes et femmes, qui viennent pour des périodes de trois ans — gère ces réseaux sous couvert du titre  de diplomates.

Les informateurs sont souvent des fonctionnaires, des militaires ou des journalistes. «Les recrutements se font à l’intérieur de l’ambassade et les rencontres ont lieu des restaurants ou des cafés comme McDonald’s, Pizza Hut et Starbucks», poursuit le parti, ajoutant que les officiers de la CIA «empochent une grande partie de l’argent destiné aux agents». Intervenant dans l’émission, un député du Hezbollah, Hassan Fadlallah, affirme que ces détails représentent «une partie infime» des informations collectées par le parti.

http://www.elwatan.com/international/liban-le-hezbollah-revele-de-nouvelles-informations-sur-la-cia-11-12-2011-150571_112.php



Tribunal international de l'ONU

1 ‘Le Monde’ : Le tribunal spécial pour le Liban publie la totalité de l'acte d'accusation sur le meurtre d'Hariri.

Le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) a confirmé et rendu publique, mercredi 17 août, la totalité de l'acte d'accusation contre les quatre membres du Hezbollah inculpés dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat, en 2005, de l'ex-premier ministre Rafic Hariri.

"Le juge de la mise en état a ordonné que sa décision confirmant l'acte d'accusation relatif à l'attentat du 14 février 2005, ainsi que l'acte d'accusation lui-même, soient rendus publics", a indiqué le Tribunal dans un communiqué. Selon le TSL, "le juge de la mise en état a estimé que le procureur avait présenté des éléments de preuve suffisants, de prime abord, pour que soit engagée la phase du procès".

Dans un communiqué séparé publié mercredi, le procureur du TSL, Daniel Bellemare, a dit accueillir "avec satisfaction" la décision du Tribunal. "Cette ordonnance va enfin permettre au public et aux victimes de prendre connaissance des faits allégués figurant dans l'acte d'accusation et des crimes pour lesquels des poursuites ont été engagées contre les quatre accusés", a assuré M. Bellemare.

QUATRE MANDATS D'ARRÊT ÉMIS

Salim Ayyash, 47 ans, Moustafa Badreddine, 50 ans, Hussein Anaissi, 37 ans, et Assad Sabra, 34 ans, tous membres du Hezbollah, sont soupçonnés d'être responsables de l'attentat à la camionnette piégée qui a provoqué la mort de Rafic Hariri et de 22 autres personnes à Beyrouth le 14 février 2005.

Visés dans l'acte d'accusation déposé le 17 janvier par le procureur Bellemare et qui avait été partiellement confirmé en juin, les quatre hommes font l'objet de mandats d'arrêt émis par le TSL et d'une "notice rouge" émise par Interpol. Le 11 août, le président du TSL, Antonio Cassese, les avait invités dans une lettre ouverte à comparaître devant le Tribunal, indiquant que "leur participation active [à la procédure] demeure la meilleure garantie d'un procès juste et équitable".

L'ex-premier ministre libanais Saad Hariri a appelé mercredi le Hezbollah chiite à livrer ces quatre membres. "Ce qui est demandé au Hezbollah, c'est tout simplement d'annoncer qu'il rompt tout lien avec les accusés. C'est une position qui sera saluée par l'histoire, les Arabes et tous les Libanais, sauf si le parti en décide autrement en allant plus loin dans la défense ostentatoire des accusés", livre-t-il.

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/08/17/le-tribunal-special-pour-le-liban-publie-la-totalite-de-l-acte-d-accusation-sur-le-meurtre-d-hariri_1560386_3218.html


2 Kamel Boudjemil : : R. Labevière : "C’était une enquête orientée, qui a discrédité la justice internationale. "

Le Tribunal spécial des Nations unies pour le Liban (TSL) a publié mercredi l’acte d’accusation complet visant des membres du Hezbollah dans l’attentat qui a tué l’ancien président libanais, Rafic Hariri, en 2005.

Richard Labevière, ancien journaliste à RF et écrivain : « C’était une enquête orientée, qui a discrédité la justice internationale. »

- Quelles sont vos observations générales sur le déroulement de l’enquête menée par le TSL et la publication complète de l’acte d’inculpation ?

On peut supposer beaucoup de questions sur la façon dont la commission internationale a travaillé avant la création du TSL en 2006. Trois procureurs se sont succédé à sa tête, dont l’actuel est le Canadien Daniel Bellemare. Il y a eu ces trois phases, dont la première a été un scandale absolu, qui a démarré en juin 2005 avec le juge allemand, Detlev Mehlis, qui avait alors dressé une enquête à charge contre la Syrie, sur la base de témoins achetés qui se sont ensuite rétractés. Le juge allemand, qui était à la tête de la commission internationale, avait travaillé avec la CIA et le Mossad, qui sont des acteurs régionaux importants, non partiaux, juges et partie prenante. C’était une enquête politiquement et idéologiquement orientée, qui a discrédité le TSL et la justice internationale. Le juge Detlev Mehlis est parti avant le terme de son mandat sans rendre de compte, en rasant les murs.

C’est un passif important qu’il ne faut pas oublier. A la suite de cela, le secrétaire général de l’ONU a nommé un autre juge, le Belge George Bremer, qui, lui, a travaillé le plus sérieusement possible. Il a complètement tourné la page pour reprendre l’enquête à zéro tout en n’écartant aucune piste. Il s’est écarté de la thèse syrienne pour se pencher sur la thèse salafiste avec des exécutants du camp palestinien de Aïn El Hilweh au sud du Liban. Le juge actuel a fait une synthèse de ses prédécesseurs, sur la base d’informations très partielles et partiales. Il a exploité des écoutes téléphoniques pour accuser les membres du Hezbollah qu’on connaît maintenant nominativement.

- Quel impact peut avoir l’implication de membres du Hezbollah ?

Comme l’a dit Hassan Nasrallah, on peut s’interroger sur la partialité de l’enquête, partielle. L’acte d’accusation ne révèle pas la fabrication du crime, ses motivations et ses causes profondes. On est un peu gêné par cet acte d’accusation, qui paraît politisé, dans un contexte de « révolutions arabes », et dans une région où le Hezbollah et l’Iran occupent une certaine place. Il y a six mois, Nasarallah avait montré, preuve à l’appui, que des drones Hawak israéliens avaient survolé les lieux de l’attentat. On peut se demander pourquoi plus en amont, les services israéliens n’ont pas été inquiétés par les différentes enquêtes. Le juge Danièle Bellemare avait dit qu’il retournerait « toutes les pierres du chemin » mais cela n’a pas été fait. Les éléments israéliens dans l’enquête méritaient d’être examinés de manière aussi précise.

Cela pose la question de la manière avec laquelle a travaillé le TSL, à base de preuves indirectes et d’interprétations très orientées de faits très anciens que tout le monde connaît. Si la publication de cet acte intervient cette semaine, on peut se poser des questions en termes de calendrier. Celle-ci intervient après la nomination de Najib Mikati au gouvernement qui comporte des éléments du Hezbollah et qui est en phase avec le gouvernement syrien. Le calendrier n’est pas innocent. Il tombe en pleine crise syrienne et dans une configuration des mal nommées « résolution arabes ». Alors même que cet acte d’accusation est connu et finalisé depuis plusieurs mois. C’est une façon d’affaiblir ce que les néoconservateurs américains ont appelé « l’axe du mal », dont font partie le Hezbollah, la Syrie et l’Iran. Ce qui arrive est un discrédit de la justice internationale. Quand on voit qu’elle travaille aussi mal, comment peut-on évoquer l’avenir des tribunaux ad hoc ?
De Richard Labevière :

19 août 2011

Kamel Boudjemil –

 El Watan


3 Nasrallah s’oppose au financement du TSL et défend le régime syrien
Interview

Pour le Hezbollah, un financement libanais du Tribunal spécial pour le Liban (TSL) reste absolument hors de question.
  Au cours d’une interview accordée à la chaîne télévisée de son parti, la première depuis plusieurs années, le secrétaire général du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, a abordé divers sujets locaux et régionaux.
Au plan local, il a réaffirmé l’opposition de son parti au financement du Tribunal spécial pour le Liban (TSL), en insistant sur le point selon lequel ce sujet fera l’objet d’un long débat en Conseil des ministres et de contacts bilatéraux en dehors ducadre du gouvernement, dans l’espoir d’aboutir à une décision unanime.
Il a d’emblée accusé l’opposition de chercher à embarrasser le Premier ministre, Nagib Mikati, avec ce dossier, en l’obligeant à répéter son engagement à verser au TSL la part du Liban. Un engagement dont le chef du Hezbollah a minimisé l’importance, en rappelant que ce dernier avait refusé de s’engager à suspendre le financement du TSL, à en retirer les quatre juges et à abroger le protocole conclu avec le tribunal, lors des pourparlers qui avaient débouché sur sa nomination à la tête du gouvernement.
Si le parti de Dieu garde également le silence « face aux provocations répétées de l’opposition, c’est pour éviter de tomber dans le piège de la polémique vers laquelle celle-ci essaie de nous entraîner ». « Chacun a le droit de dire ce qu’il pense de ce dossier, mais nous avons fait exprès de nous taire, parce qu’il était évident que le courant opposé voulait entraîner le gouvernement vers une polémique que nous rejetons.
Nous ne nous exprimerons que lorsque le dossier sera à l’ordre du jour du Conseil des ministres », a affirmé Nasrallah.
« Le Hezbollah est catégoriquement opposé au financement du tribunal, à cause de ses lacunes, de son comportement et de ses objectifs. Si quelqu’un veut payer de sa poche, il sera bienvenu, mais s’il faut que le Trésor soit sollicité, il appartiendra au Conseil des ministres et au

Parlement de se prononcer. En Conseil des ministres, nous expliquerons les motifs de notre opposition. D’autres aussi ont beaucoup de choses à dire. L’important est de parvenir à une unanimité, à travers ce débat et le dialogue bilatéral en dehors du Conseil des ministres », a-t-il ajouté, rappelant que la décision de soumettre la question au vote appartient au chef du gouvernement.
Le chef du Hezbollah a aussi assuré qu’il n’est pas question de livrer au TSL les quatre accusés dans l’affaire de l’assassinat de l’ancien Premier ministre, Rafic Hariri, et demandé au tribunal de les juger par contumace. « De toute façon, le verdict est connu d’avance », a-t-il ironisé
« Aucun risque d’implosion gouvernementale »
Hassan Nasrallah a rejeté le label collé par l’opposition au gouvernement qu’elle considère comme étant celui du Hezbollah, tout comme il a démenti les risques d’implosion de l’équipe Mikati, qu’il a présentée comme étant « homogène », avant d’énumérer ce qu’il considère être ses « réalisations ».
Il a qualifié de bonnes les relations de son parti avec M. Mikati, ainsi qu’avec tous ses alliés, et a affirmé « ne pas regretter » d’avoir soutenu l’élection du général Michel Sleiman à la tête de l’État. « Nos alliés ont tous fait montre de solidarité et de loyauté », a-t-il dit, avant d’insister sur « la dimension stratégique » de ses relations avec eux et de démentir les informations sur une tiédeur des rapports avec le CPL.
Le leader du Hezbollah a en outre démenti la présence d’un conflit avec le chef du PSP, Walid Joumblatt, faisant état de divergences de vues « seulement ». « Il faut comprendre que la nouvelle majorité n’est pas composée d’un seul parti. Les divergences de vues existent, mais nous avons aussi de nombreux points communs », a-t-il dit.Sayyed Nasrallah a par ailleurs critiqué le courant du Futur pour son unilatéralisme au sein de sa communauté, estimant que « c’est parce qu’il rejette toute diversité qu’il a accusé le Hezbollah d’armer ses partisans au Liban-Nord ».
Il a ensuite jugé que le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a été « injustement attaqué » à cause de ses positions et a entrepris d’expliquer les propos pour lesquels le prélat avait été critiqué à Paris. « Il ne faut interpréter les propos du patriarche mais les placer dans leur contexte précis », a-t-il ajouté.
Soutien à Assad
Au niveau régional, le leader du Hezbollah a réaffirmé que les manifestations populaires en Tunisie, au Yémen, en Égypte, en Libye et à Bahreïn étaient spontanées, « parce que leurs régimes respectifs étaient soumis aux Américains, contrairement à la Syrie ».
Il a accusé Washington de vouloir exploiter ces révolutions au service de ses objectifs qu’il a énumérés comme suit : redorer son image face aux peuples arabe et américain, essayer de trouver des régimes complices de substitut.
Sayyed Nasrallah, qui a rejeté le principe de l’alliance des minorités, a mis l’accent sur le fait que « le véritable danger qui menace le Moyen-Orient provient d’Israël, des États-Unis qui cherchent à établir un nouvel ordre régional qui prévoit une division de la région sur une base technique et confessionnelle, ainsi que de courants salafistes ».
Pour ce qui est de la Syrie, il a réaffirmé que son cas diffère substantiellement des autres États arabes secoués par des mouvements de contestation populaire, parce que son régime est fondé sur la lutte contre Israël, parce que sa volonté de réaliser des réformes est sérieuse, parce qu’il s’oppose farouchement aux projets américains pour la région et parce qu’il soutient la Résistance au Liban et en Irak. «

Par voie de conséquence, nous ne pouvons que le soutenir », a-t-il affirmé.
« En Syrie, ce ne sont pas la démocratie et les réformes qui sont escomptées, mais la chute du régime qui se pose en obstacle devant les projets américain et israélien », a estimé Nasrallah, indiquant que certains pôles de l’opposition syrienne ont des rapports avec les Américains.
Selon lui, la majorité du peuple syrien est favorable au régime. Le responsable du Hezbollah a fondé son point de vue sur « les manifestations importantes organisées dans les deux plus grandes villes syriennes, Damas et Alep, en faveur du régime Assad ». Il s’en est pris ensuite à la Ligue arabe, l’accusant d’œuvrer en vue de la chute du régime et de provoquer des dissensions confessionnelles.
Si son parti maintient son appui à la Syrie, « c’est parce que la volonté de réforme est sérieuse, parce qu’il faut éviter la mise en place d’un régime qui se jettera dans le giron américain et pour éviter une guerre civile ou une division de ce pays ».Nasrallah a également accusé les médias de gonfler les nouvelles sur la révolte syrienne et a catégoriquement démenti les informations relatives à l’envoi de combattants du Hezbollah pour aider le régime Assad à réprimer les manifestations.
Tout en excluant une éventuelle répercussion des événements en Syrie sur le Liban, il a vivement critiqué la position du 14 Mars par rapport aux incursions syriennes en territoire libanais, accusant l’opposition d’être « en revanche bienveillante » par rapport à Israël. Après avoir rappelé que la Syrie est « officiellement » un pays ami, il a jugé que « si les incursions se confirment, l’État doit les régler sur cette base

http://www.lorientlejour.com/category/Liban/article/728701/Nasrallah_s'oppose_au_financement__du_TSL_et_defend_le_regime_syrien.html


4 L’opposition au financement du TSL gagne de l’ampleur au sein du 8 Mars
La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

Liban-ONU 

Pour Layoun, les propos de Mikati ne reflètent que son « point de vue personnel ».
Les diverses composantes du 8 Mars continuent d’exprimer, sur un ton ascendant, leur hostilité à entériner la contribution libanaise au financement du Tribunal spécial pour le Liban, en dépit des assurances données par le chef de l’État et le Premier ministre à ce sujet lors de leur passage aux Nations unies.
Un ministre CPL du gouvernement Mikati, Gaby Layoun, a estimé hier que les propos tenus par Nagib Mikati sur ce plan ne reflétaient que « son point de vue personnel ».
« Nous partons d’une position de principe », a déclaré M. Layoun à la NTV. « Ce tribunal a été institué sur une base contraire à la Constitution et à la loi et nous n’acceptons pas que le montant que nous sommes censés verser soit comme un racket, car il est illégal. »
Un cran moins affirmatif, le député Nagi Gharios (Baabda), également du camp aouniste, s’est déclaré surpris de voir « le secrétaire général de l’ONU, les États-Unis et l’Occident en général réclamer du Liban qu’il respecte ses engagements à l’égard des résolutions internationales, alors qu’ils ferment les yeux devant la non-application par Israël des textes onusiens ».
« Le mécanisme d’institution du tribunal n’est pas constitutionnel et devrait être rectifié et le TSL devrait prouver qu’il ne travaille pas à partir de considérations politiques », a pour sa part souligné son collègue du Metn Salim Salhab, tout en évitant de se prononcer directement sur la question du financement.
De son côté, l’ancien ministre Youssef Saadé, proche du chef des Marada, Sleimane Frangié, a exprimé dans une interview à l’hebdomadaire Magazine le « désaccord » de sa formation pour ce qui est du financement du TSL.

« Le tribunal est politisé et a commis de multiples erreurs », a-t-il répété.
Quant au Rassemblement des partis nationaux, qui regroupe le tandem Amal-Hezbollah et les formations proches du régime baassiste, il a clairement exprimé dans un communiqué non seulement son « refus du financement du TSL », mais aussi « des tentatives visant à trouver des issues (hors du Conseil des ministres) conduisant à maintenir la contribution financière du Liban ».
De l’autre côté de l’échiquier politique, la pression est mise sur le Premier ministre pour qu’il dise comment il compte traduire ses paroles en actes.
« M. Mikati ouvre des lettres de crédit à droite et à gauche mais sans succès, car ses partenaires au sein du gouvernement sont opposés au financement » du TSL, a ainsi souligné le député Mouïn Meraabi, du bloc du Futur.
Pour son collègue Nidal Tohmé, M. Mikati devrait « expliquer à l’opinion publique comment il compte s’y prendre avec ses alliés lorsque l’un lui demande de financer le tribunal de sa poche, l’autre parle de l’illégalité du TSL et le troisième, celui qui a le bras long au gouvernement, affirme que le simple fait d’accuser des individus qui relèvent de lui est un complot international et israélien ».
« Les engagements oraux, mêmes publics, ne suffisent pas », a renchéri Jamal Jarrah, également du bloc du Futur. « Le Premier ministre a déjà exprimé à plusieurs reprises son respect des résolutions internationales et donc du TSL. Mais tout ce que nous entendons jusqu’ici ce sont des déclarations et rien de concret. Nous attendons l’application », a-t-il dit.

http://www.lorientlejour.com/category/Liban/article/724819/L'opposition_au_financement_du_TSL_gagne_de_l'ampleur_au_sein_du_8_Mars.html


5 Le TSL enquêtera sur trois autres attentats…

Le Tribunal spécial pour le Liban (TSL), chargé de faire la lumière sur l'assassinat de l'ancien premier ministre Rafic Hariri en février 2005, s'est déclaré compétent vendredi pour enquêter sur trois autres attentats perpétrés en 2004 et 2005 et qui seraient liés au premier.

« Le juge de la mise en état Daniel Fransen a statué que le procureur avait présenté des éléments de preuve suffisants, de prime abord, laissant présumer que les trois affaires sont connexes et relèvent de la compétence du tribunal », a indiqué le TSL dans un communiqué.

Le juge Fransen a ordonné aux autorités judiciaires libanaises de se dessaisir de ces trois affaires et de lui transmettre les dossiers y afférents.

Les attentats en question avaient visé :

  • l'ancien ministre des Télécommunications Marwan Hamadeh, blessé dans un attentat à la voiture piégée le 1er octobre 2004;
  • l'ancien dirigeant du Parti communiste libanais George Hawi, tué lors d'une attaque le 21 juin 2005;
  • l'ancien ministre de la Défense Elias El-Murr, blessé lors d'un attentat le 12 juillet 2005.

Cette décision d'élargir l'enquête fait suite à une requête déposée le 30 juin par le procureur du TSL, le Canadien Daniel Bellemare, demandant au juge Fransen de se prononcer sur un lien éventuel entre les trois attaques et l'assassinat de M. Hariri.

Le TSL a lancé récemment quatre mandats d'arrêt à l'encontre de membres du Hezbollah libanais dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat de Rafic Hariri. Aucun d'entre eux n'a été interpellé et le mouvement chiite, rejetant les accusations contre eux, a promis de les défendre.

Créé en 2007 en vertu d'une résolution de l'ONU, le TSL a pour mission de juger les auteurs présumés de l'attentat contre M. Hariri. Le tribunal enquête aussi sur une série d'attentats commis au Liban entre le 1er octobre 2004 et le 12 décembre 2005. Ces attaques ont ciblé notamment des hommes politiques ou des journalistes connus pour leurs positions hostiles à la Syrie.

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse et Reuters

Mise à jour le vendredi 19 août 2011
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/08/19/007-liban-tsl-enquete-trois-attentats.shtml 



2-2  Politique Israélienne

Les grandes manœuvres

Israël appelle la Russie à revoir sa diplomatie !

Le ministre israélien des A.E. a appelé la Russie à œuvrer pour "la paix" dans la région, un impératif qui demande une "révision de fond en comble de la politique étrangère" de la Russie! Liberman a conseillé à Moscou de renoncer à son soutien à l'Iran, à la Syrie, au Hezbollah sans quoi il ne pourrait aider à l'établissement de la paix.

Liberman dont le pays est l'un des principaux client des armes américains a demandé que la Russie cesse de vendre des armes à la Syrie…
http://french.irib.ir/info/...



3 Politique internationale

a) Pays Arabes & voisins

Iran

L'ambassadeur de l'Iran au Liban: l'Iran est prêt à équiper l'armée libanaise  

L'ambassadeur de l'Iran au Liban Ghazanfar Roknabadi a déclaré lundi à Beyrouth que son pays était prêt à équiper l'armée libanaise et à renforcer la coopération bilatérale dans le domaine de la défense.
Ghadanfar Rokenabadi a affirmé, à la suite d'une visite chez le ministre de la Défense Fayez Ghosn, que « l'Iran est prêt à appuyer le Liban sur tous les plans, notamment sur le plan de l'équipement de l'armée libanaise ».
M. Rokenabadi a de nouveau invité le ministre Ghosn se rendre en Iran et à tenir des discussions, liées aux aides octroyées à l'armée libanaise, avec les responsables.
« L'Iran n'impose pas de conditions quant à l'appui de l'armée libanaise », a-t-il dit encore.
Le ministre Ghosn a, pour sa part, souligné l'importance de renforcer et d'activer les relations entre le Liban et l'Iran.
Le ministre a d'autre part reçu l'ambassadeur danois Jan Top Christensen, avec lequel il a évoqué les relations bilatérales et les moyens de les développer, ainsi que le rôle joué par la FINUL, notamment le contingent danois.
M. Ghosn a souligné l'importance de la coopération entre la FINUL et l'armée libanaise, coopération qui assure la stabilité et le calme au sud.
Il a en outre appelé la communauté internationale à exercer des pressions sur Israël afin de l'obliger à respecter les résolutions internationales, dont la 1701.
Le ministre iranien de la Défense Ahmad Vahidi avait indiqué que l'Iran voulait fournir des armes au Liban, si ce dernier pose la demande.

12/10/2011

 Irna



4 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

4-1 Le Hezbollah accuse le TSL d’avoir occulté la violation par Israël du secteur des télécoms.
Polémique Le chef de la commission parlementaire des Télécommunications, le hezbollahi Hassan Fadallah, a mis l’accent hier sur l’ampleur de l’infiltration du réseau des télécoms par Israël, et ce « de l’aveu même de la Fédération internationale des télécommunications relevant des Nations unies ».
Lors d’une conférence de presse qui s’est voulue « technique », organisée en présence du ministre des Télécoms, Nicolas Sehnaoui, et de plusieurs experts du secteur en question, le député du Hezbollah Hassan Fadlallah a exprimé son « étonnement » de l’occultation par le Tribunal spécial pour le Liban – « qui prétend œuvrer sur la base des standards de la justice pénale internationale » – des constats faits par la Fédération internationale des télécommunications.
L’un après l’autre, les experts présents à la conférence se sont succédé devant un grand écran pour démontrer la manière dont le réseau libanais a été infiltré et les manipulations à distances effectuées au niveau du service de messagerie SMS.

Des films documentaires ont également été projetés pour attester des violations, sujet du débat.
Prenant la parole, M. Fadlallah a indiqué que cette conférence de presse conjointe a été organisée pour démontrer notamment comment le secteur de télécoms subit « une agression israélienne continue et dont certains aspects ont été découverts par les services de l’État libanais. Il s’agit notamment du système d’espionnage direct du réseau, du contrôle de ses capacités par l’intermédiaire d’espions placés à l’intérieur des sociétés (de téléphonie mobile) ou à l’aide de moyens techniques sophistiqués ». Autant de violations qui ont recueilli des condamnations de la part de la Fédération internationale des télécommunications, a insisté le député.
Le Liban divisé
« Le secteur des télécoms, a poursuivi M. Fadlallah, est aujourd’hui au centre de notre intérêt ». « La raison en est le fait que la tribunal international et ses décisions ont provoqué une division dangereuse au Liban, que personne ne saurait nier, à cause du processus de l’enquête et ce qu’elle a produit comme accusations qui risquent aujourd’hui de semer le chaos dans notre pays. »
Et le député de critiquer l’élément dit de « positionnement mutuel » sur lequel « s’est fondé l’acte d’accusation », ironisant par ailleurs sur « la multiplicité des couleurs attribuée aux groupes de téléphones », mentionnés dans l’acte d’accusation « et dont le décodage nécessite des experts en couleurs et non des magistrats et des avocats », a-t-il dit.
« Peut-on concrètement se fonder sur de telles preuves en vue de porter des accusations de ce niveau ? Peut-on prendre en compte les données des télécoms au Liban et les considérer comme étant sûres et qu’elles n’ont pas été manipulées, à la lumière de l’infiltration dont elles ont fait l’objet? » s’est demandé le député.
« D’ailleurs, a-t-il ajouté, comment peut-on réellement prouver l’hypothèse de la présence des personnes visées (par l’acte) aux endroits mentionnés ? »
Critiquant également l’expression utilisée par le procureur du TSL, qui, à plusieurs reprises, affirme « nous pouvons raisonnablement en déduire », le député s’est encore demandé pourquoi Daniel Bellemare n’a pas adressé une seule question aux Israéliens au cours de l’enquête, soulignant que dans le cadre des réseaux d’espionnage mis en place par Israël et démantelés par les services libanais, « il n’existe aucune mention du principe de “positionnement mutuel” utilisé par le procureur ».
Et d’ajouter que lorsque les agents israéliens ont été repérés, les données des télécoms sur lesquelles ont compté les services de sécurité libanais n’ont pas été utilisées comme des preuves mais comme de simples indices, sachant que d’autres preuves tangibles étaient avancées ainsi que des aveux.
À la question de savoir pourquoi le dossier du secteur des télécoms n’a pas été soumis au TSL, le député a répondu : « Nous considérons ce tribunal comme étant non crédible et nous n’avons pas confiance en lui.
Nous lui avions préalablement donné une chance en définissant un ensemble de critères de justice, tel que le contrôle des fuites médiatiques, et le fait de ne pas recourir aux hypothèses. »
http://www.lorientlejour.com/category/Liban/article/719363/Le_Hezbollah_accuse_le_TSL_d'avoir_occulte_la_violation_par_Israel_du_secteur_des_telecoms.html 



5 Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

5-1 Pierre Khalaf :Liban : Les énièmes faux calculs de la coalition pro-occidentale.

Une fois de plus, la coalition pro-occidentale du 14-Mars a fait de mauvais calculs.

Elle a cru pouvoir pousser le gouvernement de Najib Mikati à la démission, en exerçant une pression populaire à travers le rassemblement du dimanche 27 novembre à Tripoli, et en appelant de ses vœux des pressions diplomatiques étrangères, dans le cadre de l’affaire du financement du Tribunal spécial pour le Liban (TSL).

Cette coalition s’est même crue à deux doigts de concrétiser son rêve lorsque le Premier ministre a menacé de démissionner si le financement du TSL était rejeté. Mais comme d’habitude, les paris du « 14-Mars » se sont avérés perdants. Le « grand rassemblement » de Tripoli était en réalité une « petite réunion », qui n’a rassemblé que quelques milliers de personnes, en dépit des moyens colossaux déployés sur les plans financiers et médiatiques.

Pendant dix jours, les responsables du « 14-Mars » ont occupé toutes les chaînes de télévision pour mobiliser les masses dans le chef-lieu du Liban-Nord, le fief de Najib Mikati. Cependant, les foules n’étaient pas au rendez vous. A la dernière minute, le « Courant du futur » de Saad Hariri a dû se rabattre sur le Akkar, à coups de bus spécialement affrétés. Pour leur part, les partisans annoncés des Forces libanaises et des Kataëb étaient totalement absents, n’osant pas faire le déplacement. Les campagnes médiatiques annonçant la présence physique de Saad Hariri et de Samir Geagea au meeting n’auront pas réussi à déplacer les foules.

Le « Courant du futur » a une fois de plus fait preuve d’une méconnaissance totale de la dignité et de l’état d’esprit des citoyens de Tripoli. Pour eux, Geagea reste l’assassin d’une figure historique de la région, Rachid Karamé, tué en juin 1987 dans l’explosion d’une bombe placée par des partisans de Geagea à bord de son hélicoptère. Pour sa part, Amine Gemayel était président de la République à cette époque et pour les Tripolitains, il reste responsable de l’impunité des assassins de Rachid Karamé. Arrivé à quelques kilomètres de Tripoli, il a dû rebrousser chemin après avoir reçu un appel téléphonique lui déconseillant de poursuivre son chemin en raison de la faible mobilisation et de l’ambiance hostile à sa présence dans la ville.

La majorité des habitants de Tripoli a donc montré qu’elle ne veut pas être utilisée pour attiser les conflits internes et comme tremplin pour pousser le fils de la ville, Najib Mikati, à la démission et faire entrer ainsi le Liban dans une zone de turbulences destinée en principe à nuire au régime syrien, mais touchant en fait le Liban.

Concernant le financement du TSL, Najib Mikati a trouvé une formule qui concilie son souci de ne pas placer le Liban en porte-à-faux avec la « communauté internationale », et le refus catégorique du Hezbollah et du général Michel Aoun de financer ce tribunal, jugé « politisé et anticonstitutionnel ». Quelle que soit l’opinion que l’on peut avoir de la décision de M. Mikati, force est de reconnaitre qu’elle brise le rêve du « 14-Mars » d’utiliser cette question pour mobiliser l’Occident contre le Liban et le convaincre d’imposer des sanctions ou de prendre des mesures de rétorsion.

A cet égard, le Hezbollah et le général Aoun ont fait preuve d’un sens patriotique aigu et d’une grande flexibilité. Tout en réaffirmant leur refus de principe de financer le TSL, ils n’ont pas mis les bâtons dans les roues du Premier ministre, du moment que la question du financement n’a pas été débattue en Conseil des ministres.

Résultat de ce nouvel épisode du bras de fer : le gouvernement sort renforcé ; Najib Mikati voit sa popularité grandir chez les sunnites au détriment de Saad Hariri ; le Hezbollah peut se réjouir d’avoir préservé la stabilité du Liban à un moment ou l’Occident souhaite l’utiliser comme base arrière dans sa bataille contre la Syrie ; Michel Aoun voit son exigence de se pencher sur les dossiers socio-économiques satisfaite.

Le grand perdant est le « 14-Mars », incapable de mobiliser des foules et encore moins de déstabiliser le gouvernement de Najib Mikati.

New Orient News (Liban)
Rédacteur en chef : Pierre Khalaf (*)
Tendances de l’Orient No 60, 5 décembre 2011.

Pierre Khalaf

Chercheur au Centre d’Etudes Stratégiques Arabes et Internationales de Beyrouth.

Articles de Pierre Khalaf publiés par Mondialisation.ca

Mondialisation.ca,

Le 6 décembre 2011

neworientnews.com


5-2 Hassan Illeik : Le Hezbollah à la CIA : « Nous vous surveillons ! ».

La CIA au Liban en est à évaluer les dommages subis après que le Hezbollah ait récemment exposé de nouveaux détails sur les activités supposées de la CIA au Liban. Mais nombreux sont ceux qui se demandent pourquoi le Hezbollah a livré au public des informations si sensibles.

Le chef présumé de la CIA au Liban, Daniel Patrick McFeely, a appelé un certain nombre de ses « amis » la semaine dernière. De toute évidence son objectif était d’essayer de limiter l’impact de la dernière série de révélations faites par le Hezbollah sur l’activité de renseignement des Etats-Unis au Liban.

Selon les détails qui sont sortis de ces réunions, McFeely a maintenu que tout ce qui a été publié à propos de l’affaire est sans fondement - et pas seulement les révélations formulées par le Hezbollah et son secrétaire général, mais aussi les rapports dans la presse américaine citant des sources officielles à Washington.

Il a souligné que la CIA n’a pas pour habitude de confirmer ou d’infirmer les informations dans la presse sur ses activités clandestines. Mais ses interlocuteurs ne lui ont pas rappelé que des sources officielles dans son propre pays ont confirmé les informations en provenance du Liban et de l’Iran selon lesquelles des réseaux de la CIA avaient été découverts par le Hezbollah et les services iraniens de renseignement.

McFeely aurait également prétendu que la station de Beyrouth, dont il est à la tête, n’a pas pour fonction de recruter et de piloter des réseaux d’agents au Liban, mais qu’elle limite ses activités à la liaison et à l’échange de renseignements avec des organismes de sécurité libanais.

Mis à part la nécessité pour le chef de la station de la CIA de contrôler les dégâts, la question clé dans cette affaire concerne le Hezbollah. Pourquoi a-t-il choisi de rendre public les informations recueillies par son appareil de renseignement sur les activités d’espionnage des Etats-Unis au Liban ?

La chaîne de télévision al-Manar, du Hezbollah, a diffusé un documentaire qui présentait vendredi dernier des détails sur l’identité des officiers américains du renseignement opérant au Liban, leur modus operandi et quelques-uns des endroits où ces responsables rencontrent leurs agents.

La chaîne a également affirmé que les informations recueillies par les agents de la CIA au Liban sont systématiquement transmises aux services de renseignements israéliens et que les agents américains délègue le contrôle de certains de leurs réseaux libanais aux Israéliens.

Des sources familiarisées avec le Hezbollah interprètent ces révélations comme étant destinées à envoyer un certain nombre de messages.

Le premier message et le plus évident qu’ils détectent, est que l’appareil de renseignement du Hezbollah connait les activités de la CIA au Liba, et a ses dirigeants et ses agents sous sa surveillance et son contrôle.

Deuxièmement, il s’agit de révéler que l’administration américaine est partenaire d’Israël dans les crimes commis sur le sol libanais - provoquer des guerres, réaliser des attentats et des assassinats.

Le troisième signal que le Hezbollah essaie peut-être d’envoyer aux États-Unis est que leur activité diplomatique au Liban est inséparable des activités de renseignement et que cela impose à l’État libanais de prendre les mesures appropriées.

Le quatrième et peut-être le plus fort des messages serait qu’il n’est plus permis à la CIA d’agir comme une filiale des services secrets israéliens au Liban, comme cela a été le cas depuis les années 1980.

Selon ces mêmes sources, cela vaut aussi pour les autres agences de renseignement occidentales qui font de l’information et du soutien « logistique » au profit des Israéliens - comme faciliter les déplacements des agents secrets israéliens du Liban vers l’Europe pour rencontrer leurs responsables.

Cet appui a été fourni par certaines ambassades occidentales à Beyrouth, comme cela a été révélé dans les enquêtes judiciaires libanaises dans de nombreux cas, après que des personnes aient été arrêtées parce que soupçonnées d’espionnage au profit d’Israël.

Une autre explication possible, avancée par ces sources, est que la résistance veut forcer les Américains à repenser les fondements et les objectifs de leur complet système de renseignement au Liban - les tenant occupés pendant une longue période pour évaluer les dommages qu’ils ont subis, re-filtrer leurs agents, revoir leurs procédures, et essayer de trouver la brèche que la résistance à exploitée pour découvrir certaines de leurs actions.

Ces sources ont encore souligné que les moyens réels employés par la résistance resteront un secret bien gardé.

Le député du Hezbollah Nawwaf al-Moussaoui, lors de son apparition à la LBC (Libanese Broadcasting Corporation) ce lundi semblait très en phase avec ce qui précède. Fournissant de plus amples détails sur l’affaire, Moussaoui a révélé que les agents de la CIA au Liban avaient été équipés de dispositifs de haute technologie qui peuvent être dissimulés dans des montres ou des téléphones et utilisés pour le repérage de certaines positions.

Il a souligné que ce n’était pas seulement pour recueillir des informations, mais pour la préparation d’actes de terrorisme et d’agression, que ce soit des assassinats, des attentats, ou de futures attaques militaires israéliennes.

Mousaoui a également révélé que des agents de renseignement américains rencontraient fréquemment leurs agents dans les restaurants et les discothèques à Dbayeh et Jounieh, au nord de Beyrouth, après avoir tenté de couvrir leurs traces dans la région de Byblos.

Il envoya un message direct aux Américains et à leurs agents : « Nous savons ce qu’ils font, et nous pouvons aller plus loin. Aux agents qui sont sous surveillance, nous leur disons qu’ils ont encore une chance de se livrer à l’appareil de sécurité de la résistance ou aux agences de sécurité libanaises. »

 Hassan Illeik - Al Akhbar

16 décembre 2011 -

Traduction : Khalid

13 décembre 2011 - Al Akhbar - Vous pouvez consulter cet article à : http://english.al-akhbar.com/conten...



6 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

6-1 « The Guardian » se penche sur les femmes qui débarrassent le Liban des bombes à fragmentation.
Reportage

Sous la plume de Rachel Stevenson, le quotidien britannique « The Guardian » a consacré quelques colonnes dans une de ses récentes éditions aux femmes qui participent aux opérations de déminage au Liban.
Une vidéo publiée par « The Guardian » montre une équipe entièrement féminine exécutant le travail hasardeux et minutieux de retirer le matériel israélien non explosé de la guerre de 2006
« Ce n’est qu’en regardant attentivement qu’il devient évident que certaines des personnes corpulentes, dans des vestes blindées, qui fouillent les champs du Liban-Sud pour détecter des bombes à fragmentation, portent un hijab sous leur casque protecteur », a écrit Rachel Stevenson, dont nous reproduisons le reportage.
Autrefois enseignantes, infirmières, femmes au foyer, ce groupe de femmes est à présent entièrement formé pour chercher des mines et constitue la seule équipe de déblaiement uniquement composée de femmes au Liban, ratissant le sous-sol pouce par pouce pour retrouver les restes d’une des armes les plus insidieuses de la guerre moderne.
C’est Lamis Zein, 33 ans, une mère de deux enfants, divorcée, qui dirige les femmes dans le champ et qui supervise l’équipe. Elle a été une des premières recrues de l’équipe, mise sur pied par l’ONG de déminage norvégienne Norwegian People’s Aid (NPA).
« Quand j’ai appris qu’ils recrutaient, j’ai présenté immédiatement ma candidature, a dit Zein.

Au début, les hommes ont été surpris de nous voir dans les champs, portant le même équipement de protection qu’eux, détruisant des bombes comme eux.

Mais nous travaillons ensemble en tant qu’équipe de femmes. Nous partageons des choses que nous ne partagerions pas avec des collègues masculins.

Nous faisons bien ce que nous faisons et nous montrons que les femmes peuvent effectuer n’importe quelle sorte de travail. »
Leur travail minutieux est devenu une nécessité, il y a cinq ans, après qu’Israël eut arrosé de bombes à fragmentation le Sud-Liban avec une telle envergure que l’ONU a condamné cet acte comme une « violation flagrante du droit international ».
Le combat a commencé en juillet 2006 quand le Hezbollah, le groupe armé islamique qui avait terrorisé Israël avec des attaques de missiles, a franchi un pas de plus et dressé une embûche contre une patrouille israélienne, tuant deux soldats et kidnappant deux autres. À la mi-août, des discussions de cessez-le-feu étaient en cours. Mais l’assaut final d’Israël, 72 heures avant la paix le 14 août, a consisté à lancer pas moins de quatre millions de petites bombes à fragmentation sur le Sud-Liban. Les bombes à fragmentation éclatent à mi-air et dégagent de petites bombes qu’un impact est censé faire exploser. Mais beaucoup de celles qui ont été lancées sur le Liban n’ont pas explosé, restant au sol comme des mines terrestres pouvant exploser à tout moment. L’équipe de femmes travaille en tandem avec d’autres équipes de chercheurs, le tout coordonné par l’armée libanaise, pour nettoyer le matériel non explosé qui jonche encore la campagne.
« Les femmes sont plus patientes que les hommes, a dit Zein. C’est pourquoi nous faisons bien ce travail. Nous travaillons plus lentement – et nous sommes peut-être un peu plus effrayées que les hommes. »
Quel que soit le sexe de ceux qui cherchent dans les broussailles, le risque est toujours le même – un mouvement inconsidéré et ils peuvent perdre une jambe. Le jour précédent, un chercheur d’une autre équipe de déminage a été blessé, ce qui a rappelé à tous et à toutes le danger de ce boulot.

C’est pour de bonnes raisons que chacun(e) a son groupe sanguin brodé sur sa veste.
« Mes gosses s’inquiètent toujours pour moi, surtout hier quand ils ont entendu parler de l’accident, dit Abeer Asaad, une membre de l’équipe, mère de cinq filles. Elles m’ont demandé hier de quitter le boulot. Elles ont eu si peur. »
« J’étais sans emploi quand j’ai appris que le NPA recrutait des femmes pour une équipe de déminage et j’ai posé ma candidature sans le dire à personne, pas même à mon mari. Quand il l’a découvert, il ne voulait pas que je le fasse. J’avais peur aussi. Rien que d’entendre le mot “bombe”, on a déjà peur. Mais quand j’ai commencé à travailler, cela a été différent, surtout si on est prudent tout le temps et qu’on suit les règles. On doit être attentif(ve) et se concentrer quand on est dans un champ, et on doit examiner le sol lentement », explique-t-elle.
Zein aussi a dit que sa famille n’a commencé à accepter son boulot qu’après qu’elle eut été quatre ans dans les champs. « J’ai été professeure d’anglais pendant huit ans. J’avais envie d’un changement, et ceci ne pouvait pas être plus différent que d’enseigner. Ma famille, bien sûr, était inquiète, mais maintenant elle me demande chaque jour combien de bombes à fragmentation j’ai trouvé et combien j’en ai détruit. »
Elle est la seule femme à avoir reçu une formation pour détruire des explosifs et, à la fin de la journée, elle fait exploser les petites bombes qu’elles ont trouvées. « Je suis si heureuse quand on les trouve et que je peux exécuter ce pour quoi j’ai été formée », a-t-elle souligné.
Elles ont trouvé 38 petites bombes dans le champ dans lequel elles travaillent depuis mai, et deux sur la route allant au site, que des véhicules utilisent tous les jours. D’autres personnes, qui se sont trouvées aussi près de petites bombes, n’ont pas eu autant de chance. Il y a eu environ 400 victimes, dont 50 morts, depuis 2006.
C’est un an après la guerre que Rasha Zayyoun s’est retrouvée sur la liste des victimes.

La vie était redevenue normale pour la jeune fille, alors âgée de 17 ans, et sa famille, après la dévastation de l’été précédent. Son père avait ramené à la maison, pour qu’elle le nettoie, un boisseau de thym qu’il avait récolté, mais aucun des deux n’avait remarqué une petite bombe cachée dans les feuilles. En commençant à travailler, ses doigts ont touché l’engin, et pensant que c’était une saleté, elle l’a jeté de côté. En atteignant le sol, il a explosé. Rasha a perdu la jambe gauche en dessous du genou. « C’était si douloureux, c’était de la torture, a-t-elle dit dans la maison familiale du village de Maarakeh où elle essaie de se faire une vie comme couturière.
Maintenant, j’ai une prothèse, mais je ne peux marcher avec que quelques minutes. »
Des histoires comme celle de Rasha sont ce qui fait chanter et danser Assaad quand elle trouve une petite bombe. « J’ai le sentiment d’avoir sauvé une vie, dit-elle, rayonnante. Quand je trouve une bombe à fragmentation et que je l’enlève, elle ne fera plus de victimes. Ce sentiment est indescriptible. »
« Nous sentons que nous faisons quelque chose pour le Liban, dit Zein.

Nous permettons aux enfants de jouer en sécurité dans les champs et aux paysans de retourner dans leurs champs afin de gagner de l’argent pour leurs familles. »
Le Liban essaie de convaincre plus de pays de signer un traité international pour interdire les bombes à fragmentation, et, le mois prochain, il accueille une convention internationale pour promouvoir la cause.

Mais pendant que le débat sur l’usage de bombes à fragmentation se poursuit, pour les femmes de l’équipe 4 du NPA, une autre journée se termine. À 15h, avec une température supérieure à 40°, les femmes emballent leur matériel, le placent dans une camionnette et retournent dans leur famille.
Zein compte leurs réalisations de la journée : 330 mètres carrés nettoyés, une petite bombe à fragmentation trouvée et détruite, toute l’équipe rentrée indemne. Cela a été une bonne journée, mais il reste 18 mètres carrés encore à nettoyer, il y en a encore beaucoup plus à trouver avant que leur boulot ne soit terminé.

http://www.lorientlejour.com/category/Liban/article/719866/%3C%3C+The_Guardian+%3E%3E_se_penche_sur_les_femmes_qui_debarrassent_le_Liban_des_bombes_a_fragmentation.html



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