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23/09/2009

n°484 - Analyse de Palestine - 19-09 - : Fin :- : Gaza l'assiégée par les grands de ce monde, Gaza la résistante, avait mis sa plus belle robe verte...

n°484 - Analyse de Palestine - 19-09 - : Fin :- : Gaza l'assiégée par les grands de ce monde, Gaza la résistante, avait mis sa plus belle robe verte...



Analyse de Palestine

   N°484                                                     19-09

                                                                             C.De Broeder & M.Lemaire   

 



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 

Sommaire

3 Annexe

3-1 Pat WALSH : Pour que l’arbre ne cache pas la forêt : L’Irlande et la Dernière Croisade britannique pour reconquérir la Palestine.

3-2 Hesham Tillawi : L’occupation israélienne de l’Amérique.

 


3 Annexe

3-1 Pat WALSH : Pour que l’arbre ne cache pas la forêt : L’Irlande et la Dernière Croisade britannique pour reconquérir la Palestine.
L’article ci-dessous est un rappel historique intéressant permettant de garder une vision globale sur la question du sionisme en Palestine, pour que l’arbre, aussi grand soit-il, ne cache pas la forêt.
C’est un rappel qu’il fut une époque, il y a moins d’un siècle, où les juifs sionistes ne pesaient pas très lourd, mais furent plutôt des pions dans les plans de l’Empire britannique en concurrence avec d’autres empires européens pour la domination du monde, et que la situation de la planète n’était pas alors bien meilleure que de nos jours, en prenant en compte l’évolution des moyens de destruction des plus puissants.
Aujourd’hui les USA ont repris le relais del’Empire britannique, et la nouvelle administration US donne des signes qu’elle veut rétablir « la paix » en Palestine et dans le monde, notamment dans les ex-colonies de cet empire britannique qui sont aujourd’hui le terrain de grandes opérations de tuerie, de déplacement, et de destruction.

Cependant ceux qui croient à cette volonté « pacifique », s’inquiètent du poids du lobby sioniste et ses alliés aux USA, et se rappellent une déclaration attribuée à Ariel Sharon en octobre 2001, où il aurait dit à Shimon Pérès : « À chaque fois que nous faisons quelque chose, vous me dites que l’Amérique fera ceci ou fera cela... Je veux vous dire une chose très claire: ne vous inquiétez pas des pressions américaines sur Israël. Nous, le peuple juif, contrôlons l’Amérique, et les Américains le savent. »
L’a-t-il dit ou pas ? Et si oui, croyait-il à ce qu’il disait ou est-ce n’était-ce qu’une déclaration arrogante de conditionnement ? Cela n’a pas vraiment d’importance. Car le résultat est là, qui est de renforcer le sentiment que les juifs sionistes sont des gens à part, presque des extraterrestres surpuissants contre qui personne ne peut résister, un « peuple élu » soutenu par une « puissance divine » !
Ne soyons pas naïfs ! Les juifs sionistes existent parce que les puissances impérialistes occidentales, qu’elles portent une soutane ou costume-cravate, veulent bien d’eux. Ces sionistes ont certes pris du poids et sont plus forts et plus nombreux aujourd’hui, mais ce sont toujours ces puissances impérialistes qui les irriguent et les dopent. La seule chose qui a peut-être changé, c’est qu’ils participent désormais comme partenaires égaux à l’élaboration et à la mise en œuvre de leurs plans communs.
"Palestine-Irlande: une seule lutte": le mouvement républicain irlandais s'identifie naturellement à la résistance palestinienne depuis les années 1960
De Bush et sa « Croisade » et son ami Blair, à Obama et son ami Sarkozy, nous avons entendu tous ces chefs s’adresser aux mondes arabe et musulman, pour nous affirmer que toutes ces grandes opérations de désolation sont destinées à combattre le « terrorisme », à réaliser la « paix », et à promouvoir la « démocratie », qu’ils ont du respect profond pour l’islam et qu’ils sont les amis des musulmans, que ces musulmans soient des Afghans, des Pakistanais, des Irakiens, des Palestiniens, des Somaliens etc., voire même de simples habitants de HLM...
N’applaudissons pas, car ces nouveaux chefs n’ont rien inventé, et ils doivent cette stratégie de beaux discours aux anciens maîtres en l’art. Ainsi nous pouvons lire la notice privée et confidentielle que le gouvernement britannique adressait à la presse le 15 novembre 1917, notice citée dans un article du « Journal of Contemporary History » en janvier 2001 :
« Nous attirons l’attention de la presse sur le caractère indésirable de la publication du moindre article, paragraphe ou image qui pourraient suggérer que les opérations militaires contre la Turquie aient un quelconque sens de Guerre Sainte, de Croisade moderne, ou ayant quoi que ce soit à faire avec les questions religieuses. L’Empire britannique est supposé contenir cent millions de Mahométans, sujets du Roi, et il est manifestement nuisible de faire allusion au fait que notre conflit avec la Turquie soit un conflit entre la Chrétienté et l’Islam ».
Un peu plus haut, nous lisons que quelques semaines plus tard, quand Jérusalem fut tombée entre les mains des Britanniques, la gazette londonienne « Punch » publia une illustration mémorable sous-titrée « La Dernière Croisade » montrant Richard Cœur de Lion regardant Jérusalem et exprimant sa joie en disant : « Mon rêve se réalise » !
IAY, 26 juillet 2009
L’Irlande et la Dernière Croisade britannique
Le 9 décembre 1917, il y a quatre-vingt dix ans ce mois ci, Jérusalem fut reprise par la Grande-Bretagne pour le compte de la chrétienté. Ceci fut considéré en Angleterre comme l'événement majeur de la guerre. Lloyd George imposa un embargo sur les informations pour reporters de presse, jusqu'à ce qu'il ait pu annoncer la nouvelle à la Chambre des Communes (à l'époque, le parlement était encore important). Pour fêter la « libération » de la ville sainte des Musulmans, après 730 ans [Salâh-uddîne, Saladin, avait libéré Jérusalem des Croisés en 1187, NdT], les cloches de l'Abbaye de Westminster sonnèrent pour la première fois depuis trois ans et elles furent suivies par des milliers d'autres dans toute l'Angleterre.
Le Général Allenby, le libérateur (l’occupant, NdT) de Jérusalem, et un descendant de Cromwell, déclara à Jérusalem que les croisades étaient terminées. Après l’avoir entendu, les Arabes, qui avaient été encouragés à combattre pour la Grande-Bretagne (en déclenchant la Révolution Arabe de juin 1916 contre les Turcs, NdT) et qui avaient vu les Britanniques comme des libérateurs, commencèrent à fuir. Et depuis ils ne cessent de fuir.
Le grand élan de triomphalisme chrétien produit par la prise de Jérusalem ne se limita pas à l'Angleterre. Voici comment The Irish News à Belfast présentait l’apothéose de la dernière Croisade, dans son éditorial du 11 Décembre 1917 :
« ‘Ton trône est tombé, ô Israël !’* Le pouvoir des Musulmans sur la « Terre Promise » est enfin tombé : nous pouvons supposer qu’avec l'entrée des troupes du Général Allenby à Jérusalem, on a pratiquement mis un terme au règne des Turcs sur la Palestine ... Quand la Terre Sainte aura été entièrement sauvée de la domination turque, qui la possèdera et l'administrera ?
Des déclarations officielles concernant la recolonisation du pays par la race juive (sic !) dispersée ont été faites. Les observateurs peuvent constater l’absence de traces d'enthousiasme pour le projet parmi les Hébreux eux-mêmes. En tant qu’idée, rien ne pourrait être plus attrayant sentimentalement ; comme une proposition concrète, nous croyons que tout enfant d'Abraham donnerait sa bénédiction à son frère qui migrerait de la terre des Gentils sur les rives du lac de Galilée, et les pentes du mont des Oliviers. Ainsi, ce petit territoire chargé d’histoire pourrait devenir de nouveau « une terre où coulent le lait et le miel » - essentiellement pour le bonheur de la descendance d'Abraham, d'Isaac et de Jacob qui sont restés là où ils étaient.
Mais un État juif ne peut pas être établi tout de suite, même si tous les Rothschild mènent l'ensemble de leurs compatriotes [resic, il voulait dire coreligionnaires, NdT] vers Jérusalem. Le pays doit être « protégé » - en clair, annexé : un synonyme utile dans le traitement des affaires orientales pourrait être « égyptianisé ». Et les vainqueurs sont, bien entendu, les « protecteurs » naturels du territoire gagné par la force des armes. Telle a été la règle et la pratique depuis avant l'époque de Moïse et de Josué. Nous en savons tous quelque chose en Irlande. Quand les objectifs de la campagne en Palestine et en Mésopotamie auront été entièrement atteints, il y aura un « bloc » solide de territoires asiatiques entre les Allemands et l'Océan Indien. Les Turcs ont donné aux gens du Kaiser un libre passage de Constantinople au Golfe Persique. Les nouveaux occupants de la Palestine et de la Mésopotamie ne seront pas tout
 aussi accommodants.
Personne n'a encore pensé au sort à réserver au Constantinople elle-même : elle aurait dû être la propriété du Tsar, mais le pauvre Nicolas se contenterait de beaucoup moins par les temps qui courent. Il s’avère que l’Angleterre est en train de construire soigneusement un mur contre l'« agression » allemande le long d'une ligne que les Allemands ont convoitée avec cupidité il y a de nombreuses années... Il y a vraiment des arguments contre une divulgation précipitée des « objectifs de guerre » des Alliés : une excellente raison pour se taire, est que les Alliés ne connaissent pas l’ampleur des objectifs qu’ils ils peuvent viser avec la perspective de pouvoir les atteindre. »
Il semble qu’à l’époque l'Irlande fut totalement en phase avec les ambitions impérialistes britanniques dans le monde, et tout à fait en harmonie avec le fondamentalisme chrétien paroissial qui les accompagnait.
L'une des principales raisons pour lesquelles la Grande-Bretagne est entrée dans la guerre européenne en août 1914 fut de profiter de la possibilité de prendre la Mésopotamie et la Palestine aux Turcs. Bien sûr, il y avait un problème - la Turquie n'était pas partie prenante à cette guerre à ce moment-là. Il fallut deux mois à la Grande-Bretagne pour trouver un casus belli. Ve qui arriva le 5 novembre avec un obscur incident dans la mer Noire, et la conquête des territoires de l'Empire Ottoman fut enclenchée.
Avec la conquête des territoires de l'Empire Ottoman il y avait un autre projet, qui tenait au cœur de l'Angleterre libérale. C’était le projet de planter une colonie juive en Palestine pour des fins impérialistes britanniques. Il y avait bien entendu un mouvement sioniste qui avait le même objectif de création d'un État national. Mais les nationalistes juifs n'avaient pas le pouvoir de le réaliser eux-mêmes dans la région.
Au cours du dix-neuvième siècle, un courant chrétien sioniste se développa au sein de la branche non-conformiste du protestantisme en Angleterre [ceux qui refusaient la doctrine de l’Eglise anglicane, comme les Presbytériens et les Puritains qui furent à l’origine des Chrétiens sionistes, NdT]. Leur lecture de la Bible engendra une familiarité, et induira un fort intérêt, avec et pour l’idée d’une renaissance de la Terre Sainte et la création d'une nouvelle Jérusalem. Il y avait une croyance encouragée par la lecture de l'Ancien Testament selon laquelle le retour du Christ dépendait du retour des Juifs dispersés à la terre de leurs ancêtres. Aussi, ce qui arrivait à la Terre Sainte était important pour l'Angleterre chrétienne fondamentaliste, car beaucoup de promesses messianiques et de prédictions millénaristes en dépendaient.
Il n'y avait rien de ridicule dans la croyance et le désir que la puissance impériale pourrait être utilisée pour provoquer la fin de l'histoire et le Retour du Christ. D’ailleurs, des catholiques irlandais comme Tom Kettle et Francis Ledwidge, commencèrent à voir les choses de la même façon alors qu'ils se sacrifiaient pour la cause [irlandaise, NdE].
Il y avait un autre facteur qui exerçait une attraction gravitationnelle sur l'Angleterre depuis la Terre Sainte. Depuis la rupture avec Rome, l’Eglise de l’Angleterre manquait d’un foyer spirituel. L'Eglise catholique avait rebâti le foyer spirituel de la chrétienté à Rome, mais lorsque Henry VIII se proclama Pape des Anglais, il dut se contenter de Canterbury [ville au sud-est de l’Angleterre qui est depuis le XVIe siècle le siège du chef spirituel de l’Eglise d’Angleterre et de la Communion anglicane, NdT].
Plus les Protestants anglais lisaient leurs bibles, plus ils aspiraient à leur propre foyer spirituel – dans les Lieux Saints originels en Judée et Samarie. Et quelle meilleure riposte à Rome que de démontrer son inauthenticité spirituelle en s’emparant de son atout principal [Jérusalem, NdT)].
Le sionisme chrétien fit son chemin dans les classes politiques de l’État britannique quand les Non-conformistes arrivèrent au pouvoir politique, et il devint une partie de la culture politique de l’Angleterre libérale malgré le fait que le darwinisme semblait saper l’impulsion religieuse vers la fin du siècle.
Sous l’influence d’Herbert Sidebotham, un éminent journaliste libéral, et de Charles Prestwich Scott, l’influent rédacteur en chef du Manchester Guardian, on créa une école de Manchester du sionisme chrétien. Les chefs du nationalisme juif en Angleterre, le Dr. Weizmann et Harry Sacher, étaient eux-mêmes originaires de Manchester, et la ville devint le centre d’un projet sioniste impérial.
La colonie juive proposée en Palestine était une construction britannique conçue comme une fondation de l’hégémonie impériale, et comme un État tampon de plus entre l’Inde et les ennemis potentiels de lAngleterre. Cette colonie mettrait un terme, à tout jamais, à l’idée d’une ligne ferroviaire de Berlin à Bagdad, et freinerait toute ambition que le nouveau rival potentiel, la France, pourrait avoir dans la région.
La déclaration Balfour fut publiée en 1917 alors que Jérusalem était sur le point de tomber aux mains de l’Empire. Lloyd George, le Premier Ministre qui l’autorisa, avait été élevé par un oncle, un prédicateur laïc dans l’Eglise baptiste millénariste, et « fut éduqué dans une école où l’on enseigna beaucoup plus l’histoire des Juifs que l’histoire de ma propre patrie ».
En 1903, alors qu’il était un simple député du Parlement, il avait conçu un plan de colonisation juive (« Jewish Colonisation Scheme ») pour Théodore Herzl, le fondateur du mouvement sioniste. La colonie prévue devait se situer en Afrique orientale britannique, mais en 1917, le vrai projet devint possible.
Le Premier ministre n'était pas seul. Sur les dix hommes qui faisaient partie de son cabinet de guerre à un moment ou à un autre, il y en avait sept qui venaient des familles Non-conformistes. Trois étaient les fils ou petits-fils des prédicateurs évangélistes. Ils avaient tous une connaissance intime de l'Ancien Testament et des gens du livre.
Les mémoires du Commandant Vivian Gilbert furent publiées en 1923 sous le titre de « La Romance de la Dernière Croisade - Avec Allenby à Jérusalem » (« The Romance of the Last Crusade - With Allenby to Jerusalem »). Elles commençaient par un passage sur le roi Richard Cœur de Lion et Sir Brian de Gurnay s’éloignant à cheval de Jérusalem, après leur échec à s’emparer de la ville :
«  Dans le cœur de Sir Brian de Gurnay, il y avait l’idée d’une autre et une dernière Croisade qui arracherait pour toujours les Lieux Saints aux mains des infidèles » (page 1)
Le titre du chapitre XII du livre du Commandant Gilbert est « Quand les prophéties se réalisent » et il est consacré à la prise de la Ville Sainte :
«  Enfin, Jérusalem était entre nos mains ! Dans les dix Croisades organisées et équipées pour libérer la Ville Sainte, deux seulement furent vraiment un succès, - la première menée par Godefroy de Bouillon, et la dernière par Edmund Allenby... puis voilà, nous nous sommes retrouvés à l'intérieur des murs eux-mêmes - les premières troupes britanniques à marcher dans la Ville Sainte !... Je me suis rappelé un vieil hymne que j'ai lu il y a plusieurs années. Il fut écrit par Saint Augustin, ou à partir de ses paroles, et fut transmis de bouche à oreille au Moyen âge afin d’encourager le recrutement pour les Croisades... Alors que je parcourais Jérusalem, ses mots étaient sur mes lèvres ... Nous étions fiers que Jérusalem, après avoir langui pendant plus de quatre cents ans sous le joug turc, allait enfin être libre... Mais par-dessus tout, nous avions une grande foi inébranlable en Dieu, dont la miséricorde nous a
 accordé cette victoire... pour libérer la Terre Sainte pour toujours, pour ramener la paix et le bonheur à un peuple longtemps opprimé ! » (pages 171-177)
Avec la progression des Britanniques vers Jérusalem, beaucoup d'entre eux commencèrent à se voir comme des participants à la dernière Croisade. Tout le fondamentalisme chrétien absorbé par les gentlemen anglais dans leur éducation biblique dans les écoles publiques jaillit à grands jets. Ils venaient de reconquérir la Terre Sainte pour la chrétienté, après 700 ans d'occupation musulmane. Et que serait la Ville Sainte, lla Nouvelle Jérusalem sans les Juifs ?
Le nationalisme irlandais établit une alliance politique avec les Non-conformistes dans le mouvement libéral pour le Home Rule [un régime politique créant un parlement irlandais et accordant une autonomie à l’Irlande au sein du Royaume-Uni, NdT], et les Irlandais entrèrent en alliance militaire avec eux en 1914. En 1917, les Redmondites [les fidèles de John Edward Redmond qui fut député irlandais et chef du Parti Irlandais Parlementaire, couramment appelé Home Rule Party,  de 1900 à 1918, NdT] devinrent des simples porte-paroles des intérêts impériaux britanniques, et ne formulèrent aucune critique sur ce qui leur arrivait à eux-mêmes. Et, bien sûr, John Dillon était un ami personnel et un confident du chef sioniste libéral Charles Prestwich Scott [1846-1932, patron du Manchester Guardian pendant 57 ans, NdE]. Ainsi, l'Irish News de Joseph Devlin ne voyait rien de mal dans la colonisation, le nettoyage ethnique et la partition qui
 fut planifiée pour la Palestine, malgré le fait « d’en savoir quelque chose en Irlande ».
* Premier vers d’un poème du poète irlandais  Thomas Moore (1780-1852).

 Lire le poème ici (Note de Tlaxcala)
La Palestine a sa place sur le Mur International de Belfast, en Irlande du Nord

Pat WALSH
Source : Irish Political Review - Ireland and the Last British Crusade to Recapture Palestine
Article original publié en décembre 2007

AUTEUR:  Pat WALSH

Traduit par  IAY. Édité par Fausto Giudice
Sur l’auteur
IAY est un auteur et traducteur associé àTlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique, dont Fausto Giudice est membre. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.

28 août 2009

URL de cet article sur Tlaxcala :
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http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=article&sid=4614


3-2 Hesham Tillawi : L’occupation israélienne de l’Amérique.

Le message fut clair pour tous sur la Colline du Capitole, clair à entendre et à comprendre : «  Ne vous mettez pas sur notre chemin pour nous empêcher d’influencer l’opinion publique, la politique et les lois. »

Sharon : « ...Nous, peuple juif, contrôlons l’Amérique. »

« Israël n’a pas besoin de s’excuser pour l’assassinat ou la destruction de ceux qui cherchent à le détruire. Le devoir premier de tout pays est de protéger son peuple.  »

J’ai quitté un pays occupé militairement par Israël pour celui de « la liberté et du courage », pour découvrir que lui aussi était occupé par Israël, politiquement.

Le peuple palestinien, qui s’accroche à tout lambeau d’espoir, compte sur les Américains d’aujourd’hui pour qu’ils s’aperçoivent de la fausseté de leurs méthodes, changent d’opinion sur la situation globale au Moyen-Orient et la comprennent telle qu’elle est vraiment : celle d’un peuple dominé, opprimé, qui vit une existence d’enfer sous une puissance occupante démente, un peuple qui va contacter leurs élus au Congrès et mettra sur eux la pression pour qu’Israël applique totalement les accords qu’il a conclus il y a des années avec l’OLP (organisation de libération de la Palestine) tels qu’Oslo, Taba, Camp David, Wye River, la Feuille de route, ou même Annapolis.

La triste réalité cependant, c’est que les Américains - pour autant qu’ils prennent fait et cause eux-mêmes en tant que « peuple libre » - ne sont pas mieux lotis que les Palestiniens. Au contraire, la situation états-unienne est pire que celle des Palestiniens. Les Palestiniens peuvent identifier l’ennemi - c’est celui avec un fusil qui abat leurs êtres chers. Ils se savent occupés et opprimés. Ils savent comment Israël a occupé la Palestine, tué ses habitants et obligé la majorité de ceux qui ont survécu au carnage à quitter leurs maisons et leurs terres pour aller vivre comme des étrangers dans des camps de réfugiés.

Mais les Américains n’en ont aucune idée. Tel un toxicomane qui croit se sentir en pleine forme après s’être shooté, l’Américain ne réalise pas qu’il est un esclave, de sa came et de son revendeur. L’histoire ne fait pas de mystère sur la façon dont l’Angleterre a été contrôlée par les sionistes. Grâce au contrôle juif sur le gouvernement britannique, celui-ci publia la Déclaration Balfour qui a « donné » la terre de Palestine aux juifs après la Deuxième Guerre mondiale, une terre qu’il ne possédait pas et dont il ne pouvait disposer.

Mais comment diable ont-ils pu occuper politiquement les Etats-Unis ? Il n’existe pas de véritable « Déclaration Balfour » que l’on pourrait présenter comme preuve.

Ou le pouvons-nous ?

L’influence juive sur la politique américaine - même si elle existe depuis les premiers jours et certainement durant les administrations Wilson, Roosevelt et Truman - n’a pas eu le poids qu’elle a aujourd’hui jusqu’à l’ère Kennedy ou, plutôt, après l’ère Kennedy.

Comme nous le savons tous, en 1961 John Kennedy est devenu le 35è Président des Etats-Unis, une présidence qui fut interrompue par son assassinat à Dallas, le 22 novembre 1963. Robert Kennedy, le plus jeune frère du Président, était Attorney General (ministre de la Justice) des Etats-Unis et par conséquent, il dirigeait le Département de la Justice.

Ce que l’on sait moins, c’est que les Kennedy s’étaient très vite rendus compte que le pays avait en réalité une difficulté et qu’il fallait faire quelque chose. La difficulté en l’occurrence était l’influence qui s’insinuait dans la vie politique américaine depuis un Etat lointain qui existait seulement depuis environ 12 ans sous le nom d’Israël. Les deux frères Kennedy, qui ont appris la politique sur les genoux de leur père Joseph, ont compris la dynamique de ce que l’on appelait « les intérêts juifs », comment ils se développeraient et quelles en seraient les répercussions pour l’Amérique.

De toutes les questions qui tournaient autour d’Israël et du sionisme, les deux plus importantes en tant que dépendantes de l’Etat juif étaient (A) le programme nucléaire d’Israël et (B), une organisation connue sous le nom de Conseil sioniste américain.

Selon le lauréat du Prix Pulitzer, Hersh Seymour, le Président Kennedy s’était profondément engagé pour la non prolifération du nucléaire et catégoriquement opposé aux armes nucléaires au Moyen-Orient, ce qui signifiait une opposition au programme nucléaire d’Israël. Hersh affirme que JFK a exercé des pressions fortes sur Israël pour l’arrêt de son programme et qu’il était ferme à ce propos. A l’époque, Kennedy se trouvait en pleine gestion de crise avec les Russes, essayant de conclure un traité de non prolifération avec eux et dès lors, le programme nucléaire d’Israël était particulièrement embarrassant. En plus d’être un embarras, ce programme ouvrait la possibilité d’un conflit nucléaire avec la Russie par les alliances de celle-ci au Moyen-Orient, de façon d’autant plus crédible à la suite de la crise des missiles de Cuba qui avait failli déclencher une guerre nucléaire entre les deux géants. John Kennedy faisait des cauchemars de la perspective de la prolifération nucléaire, « Je suis hanté par le sentiment que, à moins que nous ne réussissions, d’ici 1970, il pourrait y avoir dix puissances nucléaires au lieu de quatre, et d’ici 1975, quinze à vingt... Je vois la possibilité, pour le Président des Etats-Unis dans les années 70, d’être confronté à un monde où quinze ou vingt nations posséderaient ces armes. Je considère cela comme le plus grand danger possible. »

Des lettres secrètes et des rencontres secrètes entre Kennedy et Ben Gourion donnent une image claire de la difficulté à laquelle s’est trouvé confronté Kennedy lors des négociations avec le Premier ministre israélien, lequel avait déclaré maintes fois que rien ne pouvait sauver Israël si ce n’est la force nucléaire. Selon Michael Collins Piper, dans son livre, Le Jugement final, Ben Gourion a écrit à Kennedy en lui disant ceci : « Monsieur le Président, mon peuple a le droit d’exister, et cette existence est en danger. »

Pas besoin d’un traducteur qualifié pour comprendre ce que Ben Gourion voulait dire, à savoir que l’opposition de Kennedy aux armes nucléaires au Moyen-Orient était considérée comme une menace existentielle pour le peuple juif et son Etat nouvellement formé. Allant plus loin, Kennedy avait insisté pour des inspections du programme d’Israël, comme en témoigne une lettre secrète adressée au Premier ministre israélien d’alors, Levy Eshkol, disant que le soutien américain à Israël « pourrait être compromis » si les Américains n’étaient pas autorisés à inspecter les installations nucléaires israéliennes.

Comme si ce qui précède ne suffisait pas, il y eut un autre front dans cette guerre privée entre Kennedy et l’ « Etat juif », tout aussi important par sa portée si nous comprenons quelles sortes de forces y étaient en jeu, qui a conduit à un changement de politique de l’Amérique à l’égard d’Israël. Il porte sur les questions de l’espionnage, de la corruption et du contrôle direct de personnalités politiques américaines par une puissance étrangère ; et au centre de tout cela, il y avait le Conseil sioniste américain et l’exigence de Kennedy pour enregistrer celui-ci comme agent de l’étranger dans les conditions prévues par la FARA, la loi sur l’enregistrement des agents étrangers, adoptée par le Congrès en 1938 pour empêcher les agents allemands aux Etats-Unis d’infiltrer le système gouvernemental américain et l’opinion publique. L’objectif de la FARA était « de s’assurer que l’opinion américaine et ses législateurs connaissaient la source de la propagande/information qui visait à influencer l’opinion, la politique et les lois. »

En d’autres termes, les Kennedy avaient compris le danger du mouvement sioniste pour les Etats-Unis d’Amérique et le traitaient comme l’Allemagne l’avait été durant les années Hitler. Les Kennedy avaient compris la réalité de la situation telle qu’elle était à l’époque où ils gouvernaient, que le Conseil sioniste américain (CSA) était l’agent d’un gouvernement étranger, Israël, et qu’ils devaient l’empêcher d’acheter des politiciens américains et d’exercer toute sorte d’influence sur l’opinion publique, ce qui est, aujourd’hui, quasiment un fait accompli.

Les négociations ont fait la navette entre le Département de la Justice dirigée par Robert, le frère du Président, et le Conseil sioniste américain. Le Conseil refusait d’être enregistré et le Département de la Justice essayait de faire pression sur lui, allant un moment jusqu’à lui donner 72 heures pour s’enregistrer, mais en vain. L’examen de documents récemment déclassifiés contenant les comptes rendus de ces réunions entre le DJ et le CSA nous montre qu’on y a utilisé un langage de gangster. Dans l’un de ces documents, daté du 2 mai 1963, le responsable du service juridique du CSA, Simon H. Rifkind, explique aux représentants du Département de la Justice quelle est la nature du CSA, disant, « Le Conseil est composé de représentants des différentes organisations sionistes aux Etats-Unis » et de ce fait, il représente au fond « la grande majorité des juifs organisés dans ce pays. » Le message était clair : au regard de ces organisations, le Conseil est grand et puissant. Le juge Rifkind cherchait évidemment à s’assurer que les Kennedy savaient qu’ils cherchaient la bagarre avec un gorille, et non avec une quelconque petite souris.

Il ne s’en tint pas là, allant jusqu’à déclarer que le grand nombre de juifs qui avaient adhéré aux principes du sionisme ne comprendraient pas comment «  notre Administration » pourrait « faire tant de mal au mouvement sioniste et compromettre l’efficacité du Conseil par son insistance pour son enregistrement. »

Ici, le juge Rifkind a veillé à utiliser l’expression « notre Administration » et non « notre gouvernement » pour faire remarquer précisément qu’il s’adressait à Kennedy en personne, que c’était les juifs qui pouvaient lui obtenir d’être élu et que s’il continuait dans son agenda, il entrait en fait en guerre avec la communauté juive organisée.

Une autre réunion très importante qu’il est intéressant de noter s’est tenue le 17 octobre 1963 entre le Département de la Justice et le Conseil sioniste américain. Lors de cette rencontre, le juge Rifkind a exigé le non enregistrement, invoquant le fait que « l’opinion de la plupart des personnes affiliées au Conseil était qu’un tel enregistrement... finirait par anéantir le mouvement sioniste », ajoutant qu’il ne croyait pas que ses clients puissent faire « la moindre demande de document ou signer le moindre papier qui porteraient l’indication que l’organisation était l’agent d’un mandant étranger  ». Autrement dit, « Allez vous faire voir, les Américains, vous et vos lois, nous ferons ce que nous voulons », et il s’agissait tout autant d’une menace à l’Administration, indiquant qui, en réalité, gouvernait le pays, non pas les frères Kennedy mais les personnes « affiliées » au CSA. Une fois traduite de son langage de gangster en langage politique compréhensible, cette déclaration était effectivement un avertissement, une menace directe, à l’Administration que la guerre était commencée. Il fallait en tenir compte ou non, les Kennedy ont compris cela comme une véritable menace mais néanmoins, l’Administration décida de maintenir sa position.

Le 22 novembre 1963, le Président John Kennedy était assassiné à Dallas. Comme le CSA en était à son crépuscule, l’AIPAC arriva au galop, créé et dirigé par les mêmes personnes qui avaient fondé et géré le CSA, avec le même objectif. Cette fois pourtant, le message fut clair pour tous sur la Colline du Capitole, clair à entendre et à comprendre : «  Ne vous mettez pas sur notre chemin pour nous empêcher d’influencer l’opinion publique, la politique et les lois. »

Manifestement, le message a été efficace pour tous les dirigeants états-uniens, sauf quelques-uns comme James Traficant qui a agi selon les instructions. Selon l’ancien membre du Congrès, Israël reçoit 15 milliards de dollars d’aides, sur l’argent des contribuables états-uniens, sans le moindre débat ou une simple discussion au niveau de la Chambre des Représentants ou du Sénat. Pourquoi ? Parce que personne n’ose poser de questions. Pourquoi la plupart de nos hommes politiques vont-ils faire un pèlerinage à Tel-Aviv et sur le « Mur des lamentations » à Jérusalem pour avoir la bénédiction d’Israël avant même d’être acceptés par leur propre parti politique, ici, aux Etats-Unis ? Pourquoi notre Congrès est-il toujours partagé sur toutes les autres questions qu’il a à débattre, sauf quand il s’agit d’Israël ? Nous nous souvenons tous du commentaire de l’ancien Premier ministre israélien, Ariel Sharon, à son ministre des Affaires étrangères, Shimon Peres, en octobre 2001 : «  Ne t’inquiète pas à propos de la pression américaine, nous le peuple juif, nous contrôlons l’Amérique. » Quand ceux qui veulent voir font le constat de cette situation, ils sont traités d’antisémites, bien que ce qu’ils disent ne soit que la vérité.

Le « contrôle » dont Sharon parlait existait depuis longtemps déjà. Pensez à ce que le défunt sénateur Fulbright (qui présidait la Commission des relations étrangères du Sénat et qui a tenu des audiences en 1963 à propos du Conseil sioniste américain pour qu’il soit enregistré comme agent étranger), ce sénateur Fulbright a déclaré sur la chaîne de télévision CBS, à l’émission Face à la Nation, « Je me rends compte à quel point il est presque impossible dans ce pays de conduire une politique étrangère qui ne soit pas approuvée par les juifs... Un contrôle épouvantable que les juifs possèdent sur les médias d’informations et le barrage qu’ils ont construit au Congrès... L’influence juive ici domine totalement la scène et fait qu’il est presque impossible d’obtenir du Congrès quelque chose qu’ils n’approuvent pas. » Ces mots n’ont pas été prononcés par un chercheur ou un journaliste, mais par un héros américain courageux qui a vraiment vécu et expérimenté l’influence juive sur notre système politique et nos médias.

Cette occupation politique israélienne des Etats-Unis ne devrait pas se poursuivre sans être remise en cause, et la communauté juive américaine devrait comprendre que les secrets ne peuvent être cachés au peuple indéfiniment. Il faut au moins une révolution pour corriger cette situation. Cette action correctrice doit être décidée dans les urnes, en élisant des gens qui ne craignent pas de défier l’AIPAC et consorts et de faire une politique étrangère américaine, vraiment américaine, et non israélienne.

Comme première étape dans ce processus, gardons les mots de notre cher Président martyr, John F. Kennedy, à l’esprit : « Ceux qui rendent la révolution pacifique impossible rendent la révolution violente inévitable. »

 

Hesham Tillawi
mardi 15 septembre 2009 -

 

Hesham Tillawi, docteur en relations internationales, est journaliste palestino-américain, analyste politique et animateur radio et télé. Il a rédigé cet article pour PalestineChronicle.com.

Voir le site : http://www.currentissues.tv
Il peut être contacté à l’adresse : tillawi@currentissues.tv.

NDT : S’agissant d’une dénonciation de la politique sioniste, d’Israël, du Conseil sioniste américain puis de l’AIPAC, il est clair que le terme « juifs » est utilisé dans l’article pour « sionistes ».

Sur le même sujet :

14 septembre 2009 - Source : Palestine Chronicle et Current Issues TV- traduction : JPP

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=7296



 Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

17/04/2008

n°341 - Journal de Palestine (bis)

Journal de la Palestine                                   

N°341 (bis)                           16-04

Par M.Lemaire



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

Sommaire

Dossier

7-1 Point de vue de Abdallah Al-Chaal : Où va l'unité palestinienne ?

8 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

8-1 De jolis jouets pour les grands enfants.

8-2 Christophe Cornenvin : Une sentinelle du troisième type à l'essai dans le ciel...

9 Annexe - Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

9-1 Uri Avnery : Israël et sa « Destinée Manifeste »



7 Dossier

Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

7-1 Point de vue de Abdallah Al-Chaal : Où va l'unité palestinienne ?
Israël parie sur la division du rang palestinien et a contraint Abou-Mazen à choisir entre lui et le Hamas. C’est une réalité évidente qui ne fait pas l’objet de divergence ou de doute. En effet, le plan de Tel-Aviv a abouti et a obtenu les résultats escomptés. La cause palestinienne s’est trouvée confrontée à des obscurs règlements de compte, la résistance est mise à nu et les frères palestiniens s’entre-tuent au lieu de s’unir contre l’ennemi qui a hâte de les voir périr. Les appels à la réunification palestinienne ont de tout temps été lancés à voix basse pour une seule et unique raison. C’est pourquoi Washington et Tel-Aviv ont toujours parié sur la dernière carte de la question palestinienne qui mettrait fin au conflit arabo-israélien, le conflit du siècle. Cependant, les scènes d’extermination ont ravivé les consciences et les cœurs arabes, accordant ainsi la priorité à la réunification des rangs palestiniens. Il est absolument nécessaire dans ce contexte de saluer à titre particulier l’Arabie saoudite, l’Egypte et le Yémen qui ont déployé tous leurs efforts pour réconcilier les frères ennemis. Une fois que l’espoir s’est renouvelé et que la division palestinienne a été pratiquement dépassée après les événements de Gaza et les jeux de mots israéliens (sur la paix), l’Autorité palestinienne a accepté le principe du dialogue sans condition. Israël, de son côté, s’est empressé de dévoiler clairement et solennellement sa position. Dorénavant, il n’est plus admissible que nos écrivains et gouvernements restent impuissants face à une profonde attente d’une éventuelle union palestinienne. Qu’Israël soit la cause ou pas de la division entre les différentes factions palestiniennes, il est impératif de bouger. Nous devons prendre conscience que notre principal défi doit être les plans israéliens. Raison pour laquelle les écrivains se sont divisés en deux camps. L’un d’eux estime qu’il y a un rapprochement entre le président de l’Autorité palestinienne et Israël depuis qu’Abou-Mazen a annoncé qu’il n’était pas entièrement convaincu de la résistance et a mis l’accent sur l’utilité des négociations. Abou-Mazen n’a pas caché à maintes reprises qu’il souhaitait toujours maintenir des relations cordiales avec Israël, tant que ce dernier reste le plus fort. L’autre camp estime que le Hamas avec ses comportements inflexibles a fait perdre au président de l’Autorité toutes ses cartes et a contribué à son affaiblissement. En réalité, la faiblesse a atteint tout le monde et l’extermination est le destin qui les attend tous. Dans de telles conditions, l’unique enjeu qui s’impose à tous les acteurs de la scène palestinienne est la réunification, et que leurs calculs soient basés sur le principe du « gagnant-gagnant ». Nous sommes tous conscients que le différend entre le Hamas et le président de l’Autorité palestinienne est d’ordre méthodologique et qu’il est loin d’être politique. Mais le fait de s’arrêter si longtemps face à ce constat approfondira davantage le désespoir et les fissures palestiniennes. D’autant plus qu’il est évident que la priorité d’Israël consiste à maintenir le déchirement palestinien avec en parallèle une poursuite des négociations. Ainsi aura-t-il créé le climat idéal pour l’extermination pour mener à bien son plan de colonisation et pour clore le dossier palestinien. Si Abou-Mazen opte pour le choix israélien et refuse l’union nationale, il sera banni par son peuple, et le Fatah sera voué à l’échec et disparaîtra. Abou-Mazen ne pourra pas non plus contraindre le Hamas à accepter une union nationale conformément à un plan israélien. D’autre part, s’il insiste à faire aboutir la réconciliation et à devenir le président de toute une nation unifiée, il s’attirera alors la colère d’Israël. Le président de l’Autorité doit bien choisir l’intérêt de son peuple. Si nous disons que l’intérêt de son peuple est l’union nationale, quel que soit le prix à payer, alors un besoin urgent de soutien arabe et international s’impose avec force. Si Abou-Mazen se retrouve tout seul, il choisira Israël, la plaie deviendra plus profonde et plus dangereuse. Un état de fait qui accélérera la fin de la cause palestinienne et augurera une guerre civile à la suite de laquelle Israël annoncera l’annexion de toute la Palestine , puisque les Palestiniens ne seront plus qualifiés pour se gouverner eux-mêmes. Surtout que l’occasion leur a été offerte, même si ce n’est que partiellement et de manière    Abdallah Al-Chaal    Mercredi 9 avril 2008  Source : Al-Ahram hebdo
http://hebdo.ahram.org.eg/...



Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

8-1 De jolis jouets pour les grands enfants. Par Raphaël  pour Agoravox -

La technologie et la connaissance du corps humain atteignent un point qui ouvre la porte, actuellement, à tout un arsenal d'armes nouvelles. Une profusion d'armes non létales apparaissent et vont apparaître dans le domaine du maintien de l'ordre, tandis qu'à l'échelon militaire les armes à énergie-dirigée et les lasers solides permettent des exploits encore inédits dans l'art de tuer et de découper en morceaux les êtres humains. Les armes à énergie dirigée et autres outils de coercition ou de surveillance sont l'aboutissement de recherches menées depuis des décennies, en grande majorité par l'armée américaine. Les connaissances qui sous-tendent ces nouvelles armes sont largement dues aux progrès scientifiques dans la compréhension des phénomènes ondulatoires et électromagnétiques ; et à la connaissance des mécanismes cérébraux. Voici un petit résumé non exhaustif des nouvelles réjouissances qui attendent les manifestants, les dissidents ou les délinquants de demain (et d'aujourd'hui). Vous trouverez ici une liste plus complète, plus détaillée et tenue à jour.

Le caillou qui voit Un certain nombre de ces gadgets est présenté chaque année au salon international Milpol. C'est à l'occasion de l'opus 2007 qui s'est tenu à Paris (le pays change chaque année) que des reporters de France Inter (là-bas si j'y suis) ont découvert l'existence d'un pavé motorisé équipé d'une caméra sans fil assez bien dissimulée pour être indétectable. Cet outil digne de James Bond est en fait utilisé depuis plusieurs années par la police, notamment lors des émeutes de 2005 dans les banlieues françaises. Sa portée varie de 2 à 5 km selon le terrain.

Le Taser Impossible de poursuivre cet exposé sans évoquer le désormais célèbre pistolet Taser. Ce charmant jouet lance des électrodes sur sa cible à une vitesse de 50 m/s et à une distance maximale de 7 mètres, puis électrise sa victime en envoyant une série de décharges à 50 000 V / 2 mA pendant au moins 5 secondes. La personne s'effondre au sol, momentanément paralysée dans une intense douleur musculaire. Le signal électrique envoyé par le Taser interférerait avec l'onde T du système nerveux, qui correspond notamment à la repolarisation des ventricules cardiaques, moment de vulnérabilité dans le cycle des battements. L'arme est présentée comme un gadget, mais elle a déjà fait plus de 200 morts aux Etats-Unis. Ici une liste des victimes recensées en 2006. Amnesty International, le Raidh, le Comité pour la prévention de la torture (ONU), la Ligue des droits de l'homme protestent et appellent à un moratoire sur ce type d'arme, dans l'attente d'une étude sérieuse et indépendante, qui aujourd'hui fait défaut. Las, plus de 4 000 pistolets ont d'ores et déjà été distribués aux policiers et gendarmes français, et d'autres commandes sont prévues. En août 2006, une mobilisation de parlementaires alertés pas les associations de défense des droits de l'homme a obtenu le classement du Taser en arme de 4e catégorie, au même titre que les 357 Magnum, par exemple. Pendant ce temps, la société Taser est très active. D'un côté, elle a attaqué Amnesty International et le Raidh en justice. Elle a perdu son procès contre Amnesty ; le second est en cours. D'un autre côté, elle développe de nouvelles armes et décline l'offre de ses tasers. Il existe une version militaire plus puissante (50 000 V / 2,7 mA), et récemment une version grand public est apparue : le Stoper-C2 (sur la photo). Il est moins puissant que son grand frère le X-26, mais tout aussi efficace selon Taser. En effet, les spécifications du C2, trouvées sur le site internet de Taser indiquent une puissance exactement identique à celle du X-26. C'est seulement le nombre d'impulsions envoyées par seconde qui est un peu plus bas. La portée (4,5 m au lieu de 6 ou 7 m), ainsi que son poids léger et sa compacité (en plus de sa coque rose ou léopard) différencient également ce Taser. Très proche de son grand frère, le Taser X-26, arme de 4e catégorie, celle-ci est en vente libre en France. Cette information nous a semblé tellement incroyable que nous avons téléphoné au revendeur parisien, SMP Technologies, situé dans le 16e arrondissement pour en savoir plus. Pas de problème, nous pouvons sans difficulté acheter un Stoper-C2, cela nous coûtera 499 € plus une formation gratuite obligatoire d'une heure et demie. Nous pourrons repartir immédiatement avec l'arme en poche. Voilà qui va plaire à tous les braqueurs... en plus le pistolet fait même lecteur MP3. Taser développe, entre autres, deux autres types de matériels : un robot télécommandé ou autonome armé d'un taser d'une part, et un système de vidéosurveillance, le Trad : Taser Remote Area Denial, capable de taser les intrus. Ce système peut aussi fonctionner de façon autonome ou télécommandée. Là où l'on va bien rigoler, c'est quand les gens vont commencer à se faire taser en rentrant chez eux ou au bureau, parce qu'ils auront oublié de couper l'alarme ! Vous pouvez voir d'abord le robot, ensuite le système de vidéosurveillance armé. Encore plus fort, la version militaire pour protéger les sites sensibles d'une intrusion, le Taser Shockwave.

Le Quadri-France Le ministère de l'Intérieur français est séduit par un nouvel engin baptisé Quadri-France, développé par Antoine Di Zazzo, ingénieur des arts et métiers et directeur général de Taser France. Il s'agit d'un nouveau drone doté de quatre moteurs, télécommandé et guidé par GPS, équipé d'une caméra infrarouge capable de tout observer à 360° et éventuellement d'un Taser (probablement sur le mode XREP, comme le système de vidéosurveillance), de façon à pouvoir électrocuter un délinquant, un manifestant, un intrus... à partir du ciel. L'engin a déjà été testé à Reims. Il peut voler de 0 (géostationnaire) à 80 km/h, monter jusqu'à 9 000 pieds et repérer des différences thermiques au sol d'une précision de 5 degrés. Il sait zoomer automatiquement lorsqu'il repère un suspect (individu ou départ de feu), et transmettre à la police sa position GPS et l'image enregistrée.

Lire : Une sentinelle du troisième type à l'essai dans le ciel Un article dans Le Figaro

L'ADS D'autres idées germent dans les cerveaux prolifiques des militaires, et nombreux sont les élus qui partagent leur hobby... L'une de leurs dernières inventions nommée Active Denial System, consiste à employer des micro-ondes à 95 Ghz et à les projeter sur une zone donnée. La portée de l'antenne que vous pouvez observer sur la photo, en l'occurrence montée sur un véhicule, est de 650 mètres environ, l'onde pénétrerait le corps de seulement 0,3 mm. En deux secondes, la surface de la peau atteint 55 °C, ce qui déclenche un réflexe de fuite. Il faudrait, selon les concepteurs du système, environ 4 minutes pour que la peau commence à brûler. Les individus qui reçoivent ces ondes ressentent une intense sensation de brûlure et doivent reculer et se disperser. On ne constate aucun effet secondaire, mais on ne sait rien sur ce que cette arme pourrait provoquer à long terme, d'autant que les seuls tests disponibles sont ceux des constructeurs. Il apparaît dans ces expérimentations que la cornée est beaucoup plus vulnérable que la peau et qu'elle risquerait d'être endommagée par ce type d'arme. Source : global security.org. Voyez cette présentation officielle du procédé.

Le AHD Le système AHD (Acoustic Haling Device), qui utilise la technologie LRAD, permet aux forces armées de projeter un message sonore à environ 2 kilomètres en étant certain qu'il sera parfaitement intelligible et qu'il n'atteindra que la zone visée, contrairement aux sons naturels qui se propagent de façon sphérique autour de la source. Cette technologie, qui couple un générateur de son électrique avec des ondes électromagnétiques permet soit d'avertir en diffusant un message soit de nuire en émettant des sons dont le volume est douloureux. Des systèmes de sécurité combinant écoute à distance, caméras vidéos infrarouges et AHD sont en vente. Il existe plusieurs entreprises sur ce créneau.

Les lasers Les seuls systèmes laser connus sont du type THEL : Tactical High Energy Laser. Elaboré conjointement par Israël et les Etats-Unis depuis plusieurs décennies, et de façon beaucoup plus intense depuis 1995 dans l'objectif de créer un système antimissile capable de protéger l'Etat hébreu des missiles envoyés par le Hezbollah, ce système, dont le diamètre n'est que de quelques centimètres, peut chauffer intensément l'acier à plus de 200 mètres de distance. Il se compose d'un centre de commande, d'un radar, d'un pointeur infrarouge et du laser lui-même. Une version mobile nommée M-THEL a été développée pour offrir la couverture d'une zone plus large, en l'occurrence la frontière Israël/Liban. Plus d'infos. Mais ce type d'arme cache peut-être une autre utilisation du laser, beaucoup moins propre. Les modèles militaires de type offensif sont développés à partir d'une technologie de laser à solide, qui permettent d'atteindre des puissances et des niveaux de miniaturisation jusqu'alors inimaginables, avec les technologies de laser à liquide ou à gaz. Ainsi la société Northrop Grumman Corporation a été choisie par l'armée américaine pour développer la phase 3 de son projet de laser solide haute puissance. Disposant un budget de 56,68 millions de dollars sur 36 mois, l'objectif visé est d'équiper les navires, les véhicules et les avions américains de dispositifs lasers antimissiles pour fin 2010. Après la mise au point d'un laser de 67kW, record absolu, il s'agit d'atteindre les 100 kW. Le dernier modèle est déjà capable de perforer 2,5 cm d'acier en 10 secondes (voir la photo). Comme dit Randy Buff, chargé du programme laser à état solide pour le US Army's Space and Missile Defense Command : « Nous avons franchi une étape considérable (...) Nous avons hâte d'aller dans le terrain et de faire quelque chose. » Dont acte ? Telle est la question que l'on peut se poser en visionnant ce documentaire de 26 minutes, qui commence par décrire des situations ressemblant fort à des essais grandeur nature de l'arme laser. Les armes en cours de développement produisent des rayons lasers invisibles, ce qui correspond bien à ce qu'ont vécu ces Irakiens...

Conclusion  :C'est un changement total de paradigme qui est en train de s'opérer avec ce type d'armement. Les armes laser agissent à la vitesse de la lumière, ce qui leur permet d'abattre un nombre considérable de cibles en très peu de temps. Les systèmes déjà opérationnels sont entièrement automatisés, et il est à craindre que cette option demeure une possibilité pour les applications futures, embarquées dans un avion ou sur un véhicule de terrain. Les armes à énergie dirigée se développent et elles inaugurent une nouvelle ère. Le saut est du même ordre que celui qui a suivi l'apparition de la poudre et la généralisation des armes à feu. Cette fois-ci nous allons vivre dans un monde où le vecteur de l'agression sera invisible, posté à des kilomètres, potentiellement automatisé (pas d'intervention humaine), et agissant à la vitesse de la lumière. Il y aura évidemment des parades : pour les lasers, la fumée, la poussière, la brume ; pour les micro-ondes une combinaison protectrice. Il existe vraiment deux niveaux de développement de ces nouvelles armes : celles, non létales, qui sont réservées aux populations des pays en paix, notamment des pays occidentaux et celles, mortelles, que les Etats-Unis utilisent sur leurs théâtres d'opérations, au premier rang desquels se trouve l'Irak. Il n'est pas question pour le Pentagone d'utiliser des armes à micro-ondes en Irak, malgré les vies humaines qui pourraient être épargnées (cette fois-ci, véritablement ; à l'inverse de la propagande de Taser auprès des polices). Le risque le plus élevé serait son détournement pour en faire un instrument de torture - mais les GI's ont prouvé qu'ils ne manquaient pas d'idées en la matière. Il existe comme une culture militaire qui consisterait à vouloir tuer absolument, et à ne pas faire confiance à des armes intermédiaires, non mortelles. La guerre, dans son aspect traditionnel a toujours consisté à "tuer ou être tué", ce qui explique peut-être cet atavisme. Cependant les conflits d'un genre nouveau, comme l'occupation américaine en Irak, marquent un nouveau type de confrontation qui ressemble beaucoup aux dynamiques de répression ou de maintien de l'ordre. Les militaires ignorent sans cesse s'ils sont confrontés à des civils inoffensifs ou à des terroristes, et cela les amène à commettre d'innombrables bavures. Dans ce cas de figure, des armes non létales seraient d'une aide considérable. Mais elles ne sont pas employées. Elles le sont par les polices occidentales contre leurs populations, là où cette utilisation marque une dégradation des rapports police/population, en augmentant les abus et les violences. Raphaël Agoravox –  Lundi 14 avril, 14h30

http://fr.news.yahoo.com/agoravox/20080414/tot-de-jolis-jouets-pour-les-grands-enfa-89f340e.html

Plus d'infos sur ce sujet. : www.ramassi.net/index.php/2008/04/09/84-de-jolis-jouets-pour-les-grands-enfants


8-2 Christophe Cornenvin : Une sentinelle du troisième type à l'essai dans le ciel...

Le petit aéronef en carbone composite, équipé de caméras thermiques, peut atteindre la vitesse de 80 km/h et voler jusqu'à une altitude de 9 000 pieds Crédits photo : François Bouchon/Le Figaro

AVEC ses courbes de soucoupe volante, l'aéronef semble tout droit sortir d'un roman de H.G. Wells. Pourtant, loin de toute science-fiction, cette sentinelle du troisième type est bel et bien à l'essai dans le ciel de France. En toute discrétion. Susceptible de devenir un précieux atout pour les services de sécurité, l'engin, encombré d'électronique, est capable de détecter depuis le ciel un départ d'incendie, de scruter une bande de casseurs dans une manifestation ou de rechercher un enfant perdu en forêt. Associant la matière grise d'un réseau de 240 ingénieurs et chercheurs, cet appareil 100 % français a été imaginé par Antoine Di Zazzo. À l'inverse d'un fantaisiste Geo-Trouvetout, cet ingénieur des arts et métiers est directeur général de Taser France, la société qui a équipé policiers et gendarmes de pistolets électriques. « Les tentatives de surveillances menées depuis des drones ou des hélicoptères se sont avérées inadaptées et disproportionnées, considère cet ancien élève de Stanford. Seul un appareil géostationnaire sophistiqué, petit et silencieux, peut combler les défaillances des systèmes de recherches. ».
Fuselé en carbone composite, propulsé par quatre moteurs alimentés au lithium, ce « gendarme du ciel » d'un genre nouveau vole à 80 km/heure, jusqu'à 9 000 pieds d'altitude. Un microprocesseur traitant 16 millions d'informations à la seconde en stabilise l'assiette, même en période venteuse. Une batterie de tests en soufflerie, puis dans le Vaucluse par des rafales de 40 km/h, ont été concluants. Commandé depuis le plancher des vaches, l'appareil, parfaitement silencieux, balaie ses puissantes caméras thermiques à 360° pour repérer une variation de température de 5 degrés à 235 mètres de hauteur. « L'engin fournit aussitôt sa position GPS, zoome sur la source suspecte et transmet les images au central, explique Antoine Di Zazzo. En cas d'incendie, chaque minute gagnée épargne un nombre considérable d'hectares boisés... »
Un redoutable mouchard
Baptisé « Quadri France », l'appareil a été dévoilé début mars dans une caserne d'Arcueil (Val-de-Marne) à des gendarmes. Outre la recherche de disparus en rase campagne comme en haute mer, il a la capacité de lire les plaques d'immatriculation pour optimiser la traque des chauffards. Ce redoutable mouchard, sensible à la moindre fumée, pourrait aussi survoler les cités en cas de violences urbaines. Selon nos informations, les concepteurs se rendront le 20 mai prochain dans le désert du Nevada, afin de mener des tests avec le Pentagone. Objectif : embarquer des poudres ou des gaz hilarants qui seraient largués sur des émeutiers... Cinq prototypes, de 80 centimètres à 2 mètres, sont gardés dans un hangar secret d'Ile-de-France. Deux modèles seront offerts aux pompiers du Vaucluse où s'installerait une usine de montage accueillant 200 salariés hautement qualifiés. Coût de l'investissement : 25 millions d'euros. Si l'entreprise fleurit, le ciel de France sera colonisé par la première flotte d'ovnis volant aux couleurs de l'État.

CHRISTOPHE CORNEVIN
15/10/2007 | Mise à jour : 01:12 |


9 Annexe - Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

9-1 Uri Avnery : Israël et sa « Destinée Manifeste »

Si on croit que le gouvernement n’a pas de programme et que l’Etat d’Israël n’a pas de programme, on se trompe complètement. Il y a certainement un programme, mais il est caché. plus précisément : il est inconscient. LE MOIS PROCHAIN, Israël célèbrera son soixantième anniversaire. Le gouvernement travaille fébrilement pour faire de ce jour une occasion de joie et de jubilation. Alors que l’argent manque pour résoudre de graves problèmes, quelque quarante millions de dollars ont été alloués à cette commémoration. Mais la nation n’a pas l’esprit aux célébrations. Elle est morose.

De partout le gouvernement est tenu pour responsable de cette morosité."Ils n’ont pas de programme [agenda en anglais ndt]", entend-on en refrain, "leur seule préoccupation est leur propre survie." (Le mot "agenda", dans sa prononciation anglaise, est aujourd’hui à la mode dans les cercles politiques israéliens, alors qu’il existe un mot hébreu parfaitement adéquat.) Il est difficile de ne pas accuser le gouvernement. Ehoud Olmert n’arrête pas de faire de beaux discours, au moins un par jour - aujourd’hui à une réunion avec des industriels, demain à un jardin d’enfants - qui ne disent absolument rien.Il n’y a aucun programme national, aucun programme économique, aucun programme culturel. Rien.

Quand il est arrivé au pouvoir, il a présenté quelque chose qui pouvait ressembler à un programme : "Hitkansut", un mot intraduisible dont le sens pourrait être rendu par "contractant", "convergeant", "rassembleur". C’était supposé être une opération historique : Israël abandonnerait une grande partie des territoires occupés, démantèlerait les colonies à l’est du Mur de "séparation" et annexerait les colonies entre le ligne verte et le Mur. Aujourd’hui, deux ans et une guerre plus tard, il n’en reste rien ; même le mot a été oublié. La seule chose qui compte, ce sont les "négociations" avec l’Autorité palestinienne, qui, dès le début, ont été une farce. Comme des acteurs sur scène buvant dans des verres vides, toutes les parties prétendent que les négociations continuent. Ils se rencontrent, s’embrassent, sourient, posent pour les photographes, convoquent des groupes de discussion, tiennent des conférences de presse, font des déclarations - et rien, absolument rien, n’en sort réellement. Pourquoi cette farce ? Chacun des participants a ses propres raisons : Olmert a besoin d’un agenda pour remplir le vide. George Bush, en fin de mandat, qui ne laisse derrière lui que des ruines dans tous les domaines, veut présenter au moins un résultat, quelque fictif qu’il soit. Le pauvre Mahmoud Abbas, dont la survie politique dépend de sa capacité d’apporter un résultat politique quelconque à son peuple, s’accroche à cette illusion de toute la force qui lui reste. Et ainsi la farce continue. MAIS SI ON croit que le gouvernement n’a pas de programme et que l’Etat d’Israël n’a pas de programme, on se trompe complètement. Il y a certainement un programme, mais il est caché. plus précisément : il est inconscient. Les gens disent que l’idéologie est morte. Cela aussi est une erreur. Il n’y a pas de société sans idéologie, et il n’y a pas d’être humain sans idéologie. Quand il n’y a pas d’idéologie nouvelle, l’ancienne idéologie continue d’opérer. Quand il n’y a pas d’idéologie consciente, il y en a une inconsciente, qui peut être plus puissante - et beaucoup plus dangereuse. Pourquoi ? Une idéologie consciente peut être analysée, critiquée, on peut s’y opposer. Il est beaucoup plus difficile de combattre une idéologie inconsciente, qui dirige le programme sans le dire. C’est pourquoi il est si important de la localiser, de la mettre en lumière et de l’analyser. SI VOUS interrogez Olmert, il niera farouchement qu’il n’a pas de programme. Il a un programme parfait : faire la paix (ce que désormais on appelle "statut permanent"). Et pas n’importe quelle paix, mais une paix basée sur "deux Etats pour deux peuples". Sans une telle paix, a-t-il déclaré, "l’Etat est fini". Dans ce cas, pourquoi n’y a-t-il pas de négociations, mais seulement un semblant burlesque de négociation ? Pourquoi l’énorme activité de construction continue-t-elle, même dans les colonies à l’est du mur, bien à l’intérieur de la zone que les porte-parole du gouvernement proposent pour l’Etat palestinien ? Pourquoi le gouvernement mène-t-il des dizaines d’actions civiles et militaires qui, en tous cas, éloignent encore plus la paix ? Selon le gouvernement lui-même, et contrairement à ce qui a été dit au début, il n’a aucune intention de parvenir à la paix en 2008. Au plus, il se peut, peut-être, qu’il y ait un "accord étagère". C’est une invention israélienne originale, qui signifie une accord qui resterait sur l’étagère jusqu’à ce que "la situation soit mûre". En d’autres termes, des négociations bidon pour un accord bidon. Aujourd’hui, ils disent qu’il n’y a aucune chance même pour cela, ni en 2008, dans dans un avenir prévisible. On ne peut échapper à la conclusion qui s’impose : le gouvernement ne travaille pas pour la paix. Il ne veut pas la paix. Et, de plus il n’existe aucune opposition parlementaire efficace qui fasse pression pour la paix, ni aucune pression de la part des médias. Que signifie tout cela ? Qu’il n’y a pas de programme ? Non, cela signifie que derrière le programme fictif, celui qui apparaît dans les médias, se cache un autre programme qui ne se voit pas.

LE PROGRAMME caché s’oppose à la paix. Pourquoi ?

L’opinion courante est que le gouvernement ne recherche pas la paix parce qu’il a peur des colons et de ceux qui les soutiennent. La paix dont on parle - la paix de deux Etats pour deux peuples - exige le démantèlement de dizaines de colonies, y compris celles qui abritent la direction politique et idéologique de l’ensemble du mouvement. Cela signifierait une déclaration de guerre aux 250.000 colons, sauf ceux qui quitteraient volontairement les colonies contre une compensation confortable. L’argument commun est que le gouvernement est trop faible pour une telle confrontation. Selon la formule à la mode, "les deux gouvernements, l’israélien et le palestinien, sont trop faibles pour faire la paix. Tout doit être reporté jusqu’à ce qu’une direction forte émerge de part et d’autre." Certaines personnes ajoutent à cela l’administration Bush - un président en fin de mandat ne peut pas imposer la paix. Mais les colonies ne sont qu’un symptôme, pas le coeur du problème. Autrement, pourquoi le gouvernement ne les gèlent-il pas, au moins, comme il le promet souvent ? Si les colonies sont le principal obstacle à la paix, pourquoi continue-t-il de les développer encore et pourquoi de nouvelles colonies sont-elles construites sous couvert de nouveaux "quartiers" de colonies existantes" ? Il est clair que les colonies, elles aussi, ne sont en réalité qu’un prétexte. Quelque chose de plus profond pousse le gouvernement - et tout le système politique - à rejeter la paix. C’est le programme caché.

QUEL EST le cœur de la paix ? Une frontière. Quand deux peuples voisins font la paix, ils fixent avant toute autre chose, la frontière entre eux. Et c’est ce que précisément ce à quoi l’establishment israélien s’oppose, parce que cela est contraire à la philosophie de base de l’entreprise sioniste.

Certes, à différentes époques, le mouvement sioniste a tracé des cartes. Après la Première guerre mondiale, il a soumis à la conférence de paix la carte d’un Etat juif s’étendant du fleuve Litani au Liban jusqu’à El-Arish dans le désert du Sinaï. La carte de Vladimir Ze’ev Jabotinsky, qui est devenue l’emblème de l’Irgoun, copiait les frontières du mandat britannique originel des deux côtés du Jourdain. Israël Eldad, un des dirigeants du groupe Stern, a distribué pendant de nombreuses années une carte de l’empire israélien qui allait de la Méditerranée à l’Euphrate et comprenait toute la Jordanie et le Liban, avec de grande parties de la Syrie et de l’Egypte. Son fils, le député d’extrême droite, Arieh Eldad, n’a pas abandonné cette carte. Et, après la guerre des Six-Jours, la carte préférée de la droite, couvrait toutes les conquêtes, y compris les hauteurs du Golan et toute la péninsule du Sinaï. Mais toutes ces cartes n’étaient que des jeux. La véritable conception sioniste ne reconnaît aucune carte. C’est la conception d’un Etat sans frontières - un Etat qui s’agrandit sans cesse selon son pouvoir démographique, militaire et politique. La stratégie sioniste ressemble aux eaux d’un fleuve coulant vers la mer. Le fleuve serpente à travers le paysage, contourne les obstacles, tourne à gauche et à droite, coulant parfois en surface, parfois sous terre, et sur sa route s’enrichit de l’eau de nombreuses sources. A la fin il arrive à destination. Voilà le programme réel, inchangé, caché, conscient et inconscient. Il n’a pas besoin de décisions, de formulations ou de cartes, car il est inscrit dans les gènes du mouvement. Ceci explique, entre autres choses, le phénomène décrit dans le rapport de la procureure générale, Talia Sasson, sur les colonies : que tous les organes de l’establishment, du gouvernements et de l’armée, sans aucune coordination officielle mais avec une coopération miraculeusement efficace, ont fait en sorte d’installer les colonies "illégales". Les milliers de fonctionnaires et d’officiers qui, pendant des décennies, ont travaillé à cette entreprise, savaient exactement quoi faire, même sans recevoir la moindre instruction.

C’est la raison du refus de David Ben Gourion d’inclure dans la Déclaration d’indépendance de l’Etat d’Israël la moindre mention de frontières. Pas une minute, il n’a pas eu l’intention de se contenter des frontières fixées par la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies du 29 novembre 1947. Tous ses successeurs ont eu la même approche. Même les accords d’Oslo délimitent des "zones" mais ne fixent pas de frontières. Le Président Bush a accepté cette démarche quand il a proposé "un Etat palestinien avec des frontières provisoires" - une nouveauté en droit international. De ce point de vue aussi, Israël ressemble aux Etats-Unis, qui furent fondés le long de la côte orientale et ne se sont pas arrêtés tant qu’il n’ont pas atteint la côte occidentale, de l’autre côté du continent. Le courant incessant d’immigration de masse venant de l’Europe a coulé vers l’ouest, brisant toutes les frontières et violant tous les accords, exterminant les indigènes américains, déclenchant une guerre contre le Mexique, conquérant le Texas, envahissant l’Amérique centrale et Cuba. Le slogan qui a fait agir ces colons et a justifié toutes leurs actions fut inventé en 1845 par John O’Sullivan : "Destinée manifeste". La version israélienne de la "destinée manifeste" est le slogan de Moshe Dayan "Nous sommes marqués par le destin". Dayan, représentant typique de la seconde génération, a prononcé deux discours importants dans sa vie. Le premier et le plus connu fut prononcé en 1956 sur la tombe de Roy Rutenberg de Nahal Oz, kibboutz en face de Gaza : "Devant leurs yeux mêmes (des Palestiniens de Gaza) nous avons fait de la terre et des villages dans lesquels eux et leurs ancêtres avaient vécu notre patrie ... C’est le destin de notre génération, le choix de notre vie - être préparés et armés, forts et résistants - ou sinon, l’épée glissera de nos mains et il sera mis fin à notre vie."

Il ne voulait pas parler uniquement de sa propre génération. Le second discours, moins connu, est plus important. Il fut prononcé en août 1968, après l’occupation des hauteurs du Golan, devant un rassemblement de jeunes kibboutzniks. Quand je l’ai interrogé sur ce discours à la Knesset , il a fait insérer l’ensemble du discours dans le compte-rendu de la Knesset , procédure totalement inhabituelle dans notre parlement. Voici ce qu’il a dit à la jeunesse : "Nous sommes destinés à vivre dans un état de lutte permanente contre les Arabes... Pour les cent ans du retour à Sion nous travaillons à deux choses : la construction du pays et la construction du peuple... C’est un processus d’expansion - plus de juifs, et plus de colonies... C’est un processus qui n’est pas terminé. Nous sommes nés ici et y avons trouvé nos parents qui étaient venus ici avant nous... Vous n’avez pas pour devoir d’arriver au résultat final. Votre tâche à vous est d’apporter votre pierre... pour étendre les colonies au mieux de vos capacités, pendant toute votre vie... (and) non de dire : c’est la fin, terminus, nous avons fini." Dayan, qui était très versé dans les textes anciens, avait probablement en tête la phrase du chapitre des Pères (une partie de la Mishnah , qui fut terminée il y a 1.800 ans et a formé la base du Talmud) : "Ce n’est pas à vous de finir le travail, et vous n’êtes pas libre de l’arrêter." C’est cela le programme caché. Nous devons le faire remonter des profondeurs de notre inconscient jusqu’au domaine de la conscience afin de pouvoir y faire face, laisser voir le terrible danger qu’il recèle, danger d’une guerre éternelle qui peut, avec le temps, conduire cet Etat au désastre.

A l’approche du soixantième anniversaire de l’Etat, nous devons tirer un trait sur ce chapitre de notre histoire, exorciser le démon et dire clairement : oui, nous avons terminé le chapitre de l’expansion et de la colonisation. Ceci nous permettra de changer le cours du fleuve. De mettre un point final à l’occupation. De démanteler les colonies. De faire la paix. D’effectuer une réconciliation avec les peuples voisins. De transformer Israël en un Etat pacifique, démocratique, laïque et libéral, qui peut consacrer toutes ses ressources à la création d’une société florissante et moderne. Et avant tout : se mettre d’accord sur une frontière.

Note du Traducteur : Au XIXe siècle, les Américains estimaient que les Etats-Unis avaient pour "destinée manifeste", voulue par Dieu, d’étendre leur territoire et leur influence à travers le continent nord-américain. Ce principe a servi à justifier l’avance des colons vers le Mexique ainsi que la guerre hispano américaine de 1898 à l’issue de laquelle les Etats-Unis ont annexé Porto-Rico et les Philippines.

 Uri Avnery, 12 avril 2008

 

Publication originale Gush Shalom, traduction SW pour l’Association France Palestine