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11/07/2012

n°30- 2eme et dernière partie - Journal de Libye - 12-06 au 10-07-a : - Les grandes manœuvres. 1 -


n°30- 2eme et dernière partie - Journal de Libye - 12-06 au 10-07-a  : -  Les grandes manœuvres. 1 -


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre




Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

1 Les grandes manœuvres

1-1 elwatan : Le droit de Seïf Al Islam à un procès équitable «compromis»

2 CPI

2-1 French.ruvr : La Cour pénale internationale (CPI) est préoccupée par le sort du fils de Mouammar Kadhafi, Seif al-Islam.

3 Communiqué - Amnesty International

3-1 Libye « La mainmise des milices est corrosive pour l'état de droit ».

4 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

4-1 Guillaume de Rouville : Crimes médiatiques ou les conséquences meurtrières de la désinformation.

5 Dossier

5-1 Benghazi en proie à une série d'attentats anti-occidentaux.

6  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

6-1 Guillaume DE ROUVILLE : La démocratie contre la paix.

7 Annexe

7-1 Pepe Escobar : BHL : L'art de la guerre, avec un verre de vin.

 



1 Les grandes manœuvres

1-1 elwatan : Le droit de Seïf Al Islam à un procès équitable «compromis»
Le droit de Seïf Al Islam à un procès équitable a été «irrémédiablement compromis», a déclaré, hier vendredi, son avocate, l’Australienne Melinda Taylor, qui a été libérée le 2 juillet dernier après avoir été détenue pendant près d’un mois en Libye.
«Indépendamment de toutes les questions concernant ma propre conduite personnelle, les droits de mon client, M. Seif Al Islam, ont été irrévocablement compromis pendant ma visite à Zenten», a déclaré Mme Taylor, lors d’une conférence de presse dans la banlieue de La Haye, à Voorburg.  L’équipe de défense de Seïf Al Islam, composée de Melinda Taylor, 36 ans, et de l’avocat désigné par la CPI, Xavier-Jean Keïta, estime que «les évènements récents ont complètement démontré qu’il sera impossible pour M. El Giueddafi d’être jugé de manière impartiale et indépendante dans les tribunaux libyens», a ajouté Mme Taylor.
Celle-ci avait été arrêtée le 7 juin en Libye avec la délégation de la
Cour pénale internationale (CPI) dont elle faisait partie, après avoir rendu visite au fils du défunt Mouammar El Gueddafi, Seïf Al Islam, emprisonné à Zenten, à 170 km au sud-ouest de Tripoli, depuis son arrestation. Seïf Al Islam, 40 ans, fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la CPI pour des crimes contre l’humanité commis pendant la révolte qui a provoqué la chute puis la mort de Mouammar El Gueddafi en 2011.
Les autorités libyennes ont accusé la délégation d’atteinte à la «sécurité nationale». Mme Taylor, 36 ans, est en effet accusée d’avoir apporté un stylo-caméra lors de sa visite et d’avoir essayé de transmettre à Seïf Al Islam une lettre codée de son ancien bras droit, Mohammed Ismaïl, l’un des hommes les plus recherchés par la justice libyenne. «Les autorités libyennes ont délibérément trompé la défense au sujet de la surveillance de la rencontre avec M. El Gueddafi et elles ont saisi des documents qui étaient protégés par le secret professionnel et les consignes de la CPI», a ajouté Mme Taylor.

Outre l’avocate australienne, son interprète libanaise, Helen Assaf, et deux membres du greffe, le Russe Alexander Khodakov, 60 ans, et le chef de la section d’aide aux conseils, l’Espagnol EstebanPeraltaLosilla, 48 ans, sont également détenus, selon la CPI.
Les ex-rebelles de Zenten, qui détiennent Seïf Al Islam, ont traité les quatre employés de la CPI «avec respect et dignité», selon Mme Taylor, qui a précisé avoir pu parler avec sa famille une fois pendant ses 26 jours de détention. «Parler avec ma fille de deux ans dans de telles circonstances a été à la fois vital et déchirant», a assuré Mme Taylor.
Les autorités libyennes, qui souhaitent juger elles-mêmes Seïf Al Islam, ont déposé le 1er mai dernier une requête contestant la compétence de la CPI pour poursuivre le seul fils de l’ancien dirigeant à être détenu en Libye.

le 07.07..2012
http://www.elwatan.com/international/le-droit-de-seif-al-islam-a-un-proces-equitable-compromis-07-07-2012-177545_112.php



2 CPI

2-1 French.ruvr : La Cour pénale internationale (CPI) est préoccupée par le sort du fils de Mouammar Kadhafi, Seif al-Islam.

Les représentants de la Cour pénale internationale (CPI) sont préoccupés par le sort du fils de Mouammar Kadhafi, Seif al-Islam. C'est ce qu'a déclaré les employés de la CPI, qui ont essayé de lui rendre visite en prison à Zintan en juin, mais finalement ils ont été arrêtés à ce moment-là et libérés cette semaine. 

Actuellement, ils donnent leurs premières entrevues, qui montrent clairement que les jours du fils de Kadhafi sont comptés. Un tribunal indépendant et impartial en Libye n'est pas possible pour lui, a déclaré l'avocat de la CPI Melinda Taylor.

Les nouvelles autorités libyennes vont juger Seif al-Islam pour les crimes contre l'humanité. La CPI exige son extradition à La Haye, craignant qu'il fasse face à la vengeance chez lui.

07/07/2012

french.ruvr.ru



3 Communiqué - Amnesty International

3-1 Libye « La mainmise des milices est corrosive pour l'état de droit ».

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

La Libye risque d’être le théâtre de ces mêmes violations des droits humains qui ont conduit à la « Révolution du 17 février », à moins que les vainqueurs des élections prévues le 7 juillet ne placent au premier rang de leurs priorités le rétablissement de l’état de droit et le respect des droits fondamentaux, écrit Amnesty International jeudi 5 juillet dans un nouveau rapport.

Dans ce document intitulé Libya: rule of law or rule of militais?l’organisation affirme que près d’un an après la chute de Tripoli aux mains des révolutionnaires (thuwwar), les violations des droits humains – notamment les arrestations et détentions arbitraires, les actes de torture (y compris lorsqu'ils entraînent la mort), l’impunité pour les homicides illégaux et les déplacements forcés – mettent en péril les premières élections nationales du pays depuis le renversement du régime de Mouammar Kadhafi.

Lors d’une visite en Libye en mai et en juin, Amnesty International a constaté que des centaines de milices armées continuent d’agir au mépris de la loi, refusant d’être désarmées ou de rejoindre l’armée ou la police nationale. Le ministère de l’Intérieur a indiqué qu’il a pu démanteler quatre milices à Tripoli, ce qui représente une part infime de l’ensemble.

« Il est plus que décourageant de constater qu’après tant de mois, les autorités ont échoué de manière flagrante à briser la mainmise des milices sur la sécurité en Libye, qui se traduit par des conséquences dramatiques pour la population, touchée de plein fouet par leurs agissements, a déploré Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International.

« La " Révolution du 17 février " est née de la volonté d’en finir avec la répression et l’injustice. Si rien n’est fait pour stopper les violences et l’anarchie, le danger est bien réel que la Libye se mette à reproduire et consolider les différentes formes de violations des droits humains qui prévalaient depuis 40 ans. »

Violences contre les détenus et morts en détention

Les milices continuent d’arrêter des citoyens et de les placer en détention, dans des centres non officiels tenus secrets. Malgré certaines initiatives visant à placer les centres de détention sous le contrôle des autorités centrales, on estime qu’environ 4 000 prisonniers sont toujours détenus, pour certains parfois depuis un an sans inculpation, dans des lieux hors de contrôle de ces autorités.

Les violences infligées aux prisonniers, particulièrement s’ils ont été arrêtés récemment, se poursuivent. Une mission d’enquête menée par Amnesty International a mis au jour des éléments prouvant que des passages à tabac et autres violences – s’apparentant parfois à de la torture – ont été infligés dans 12 des 15 centres de détention où elle a pu s’entretenir en privé avec des prisonniers, lors de sa dernière visite.

Parmi les méthodes de torture couramment signalées figurent la suspension dans des positions contorsionnées, les décharges électriques et les passages à tabac des heures durant à l’aide de divers objets, notamment des chaînes et des barres métalliques, des câbles électriques, des bâtons, des tuyaux en plastique, des tuyaux d’arrosage et des crosses de fusil.

Amnesty International dispose d’informations détaillées sur au moins 20 cas de prisonniers morts en détention des suites de tortures infligées par les milices depuis fin août 2011.

Affrontements armés et déplacements forcés

Les affrontements entre les milices armées qui utilisent à tort et à travers des mitrailleuses, des grenades propulsées par roquettes et d’autres armes dans des zones d’habitation continuent de faire des ravages en Libye, causant des victimes parmi des personnes qui se trouvent sur les lieux ou ne prennent pas part au conflit.

La ville de Koufra, dans le sud du pays, qui abrite des membres de la minorité tabou, a été le théâtre de trois périodes de combats entre février et juin. Selon Amnesty International, ces affrontements, qui s’accompagnent toujours de détentions arbitraires et d’actes de torture imputables à toutes les parties, creusent davantage encore les lignes de fracture au niveau régional, tribal et ethnique.

Par ailleurs, Amnesty International a vivement critiqué les autorités pour leur incapacité à résoudre la situation de communautés entières, qui ont été déplacées de force lors du conflit en 2011 et ne peuvent toujours pas rentrer dans leurs foyers, pillés et incendiés par les milices armées. Les habitants de la ville de Tawargha, à savoir 30 000 personnes, ne peuvent toujours pas rentrer chez eux.

Les étrangers en danger

D’après le rapport d’Amnesty International, les ressortissants subsahariens en Libye – particulièrement les migrants sans papiers – sont soumis à des arrestations arbitraires et placés en détention à durée illimitée, victimes de passages à tabac s’apparentant parfois à de la torture et exploités par les milices armées. Ceux qui embarquent les étrangers ne font généralement pas de distinction entre les migrants et ceux qui fuient la guerre et les persécutions dans leur pays.

La situation désespérée des migrants en Libye est exacerbée par le fait que les autorités ne combattent pas le racisme ni la xénophobie dont font l’objet les Libyens à la peau foncée et les Africains subsahariens.

Pas de justice pour les victimes

Les autorités libyennes continuent de minimiser l’ampleur et la gravité des violations des droits humains commises par les milices, les qualifiant d’actes isolés qu’il convient de considérer dans le contexte des violences subies sous le régime de Mouammar Kadhafi.

Au mois de mai, les autorités de transition ont adopté une loi qui accorde l’immunité contre toute poursuite aux thuwwar(révolutionnaires) pour les actes militaires et civils commis « dans le but d’assurer le succès de la Révolution du 17 février ou de la protéger ».

Lors d’une rencontre avec Amnesty International en juin, le procureur général libyen n’a pu donner aucune information concernant des thuwwartraduits en justice pour avoir torturé des détenus ou commis d’autres atteintes aux droits humains.

Hasna Shaeeb, 31 ans, accusée d’être fidèle à Kadhafi, a été placée en détention pendant trois jours en octobre 2011. Elle a reçu des décharges électriques, a été frappée et fouettée jusqu’à perdre connaissance et on lui a versé de l’urine dessus. Ses gardiens ont menacé de violer sa mère si elle ne passait pas aux « aveux ».

Hasna Shaeeb a été libérée sans inculpation trois jours plus tard et, depuis, a porté plainte via divers canaux. Le médecin légiste qui l’a examinée a rendu un rapport corroborant son témoignage.

À la connaissance d’Amnesty International, rien n’a été fait pour donner suite à sa plainte. Au contraire, elle a reçu une série d’appels anonymes, lourds de menaces, ainsi qu’un appel en juin de la personne qui l’avait arrêtée. En mars, en plein milieu de la nuit, des assaillants non identifiés ont ouvert le feu sur son appartement.

Demandes aux autorités libyennes pour la période post-électorale

Après l’élection, en vue de tourner la page, le Congrès national général et le gouvernement qu’il nommera doivent reconnaître publiquement l’ampleur et la gravité des atteintes aux droits humains, les condamner sans équivoque et faire savoir qu'elles ne seront plus tolérées.

« Afin de rendre hommage aux sacrifices et aux souffrances du peuple libyen, ceux qui auront la responsabilité de gouverner la nouvelle Libye doivent dire haut et fort qu’ils traduiront en justice et demanderont des comptes aux auteurs présumés de violations des droits humains, quel que soit leur grade ou leurs affiliations », a assuré Hassiba Hadj Sahraoui.

Jeudi 5 juillet 2012

Source : Service presse Amnesty International



Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

4-1 Guillaume de Rouville :Crimes médiatiques ou les conséquences meurtrières de la désinformation.

Depuis la chute du mur de Berlin, l’emprise des médias atlantistes sur les opinions publiques occidentales, au lieu de décliner en raison de la disparition de la menace communiste, s’est développée au point de supprimer quasiment toutes les voix dissidentes des canaux d’information non marginaux ou alternatifs. En France, pays un peu plus rétif que ses voisins à la mainmise atlantiste, ce travaille de nettoyage médiatique a été achevé par Nicolas Sarkozy avec l’aide de personnalités néoconservatrices comme Christine Ockrent ou Philippe Val (legs sur lequel le nouveau Président très atlantiste ne reviendra évidemment pas).

Il en résulte un unanimisme de l’information dont on pourrait s’accommoder en invoquant l’imperfection des Homo Sapiens s’il n’avait pour objectif principal de cacher des crimes de masses dont les élites dirigeantes des démocraties occidentales se rendent coupables avec une impunité déconcertante.

Les crimes médiatiques sont une composante à part entière des crimes politiques plus généraux qui ensanglantent la scène internationale où nos dirigeants déchaînent leur volonté de puissance. Sans une complicité active des médias atlantistes avec les élites occidentales les guerres en Irak et en Afghanistan, le dépeçage de la Libye et la descente aux enfers de la Syrie, n’auraient pas pu être réalisés aussi facilement.

Ainsi, il y a eu crime médiatique quand l’Otan a décidé d’attaquer l’Afghanistan dans la foulée des attentats du 11-Septembre parce que les médias ont refusé sciemment d’interroger les motivations de l’administration Bush dans cette guerre et de questionner la responsabilité directe des néoconservateurs dans ces attentats.

Il y a eu crime médiatique quand les États-Unis et leurs alliés ont envahi l’Irak en 2003 parce que les médias ont relayé volontairement de fausses informations sur la présence d’armes de destruction massive.

Il y a eu crime médiatique quand les médias ont inventé la fable du bombardement de Benghazi par Kadhafi pour envahir la Libye, quand ils ont laissé, sans broncher, les dirigeants occidentaux, avec la caution morale de quelques intellectuels atlantistes (dont J.B. Botul), donner le pouvoir à des milices wahhabites proches d’Al-Qaeda et créer une guerre civile afin d’accomplir des objectifs géostratégiques dont les peuples d’Occident et d’Orient ne verront jamais les bénéfices (moraux ou matériels).

Il y a crime médiatique quand les médias attribuent de manière opportune la paternité des massacres en Syrie (Houla) au clan au pouvoir pour faire tomber un régime qui ne répond plus à leurs objectifs dans la région ; il y a crime médiatique quand l’Occident peut, sans que les médias ne s’en émeuvent, armer des groupes terroristes, organiser des massacres de civils et apporter la guerre civile et religieuse dans un pays en paix.

Il y a eu crime médiatique quand les médias ont choisi de taire le soutien des États-Unis à un coup d’État au Honduras en 2009 et que ce silence couvre les cris des torturés et des suppliciés.

Il y a un crime médiatique quand les médias passent sous silence les implications pour les libertés fondamentales de la loi NDAA votée par l’administration Obama en décembre 2011 qui autorise les détentions arbitraires (des citoyens américains ou étrangers) comme au temps de l’absolutisme royal en France.

Il y a crime médiatique quand aucun grand média ne cherche à expliquer les raisons et les dessous de la guerre contre le terrorisme ni l’alliance des Occidentaux avec les défenseurs du terrorisme islamique (Arabie Saoudite et Qatar).

Il y a eu crime médiatique dans tous ces exemples parce que les médias mainstream ont délibérément choisi de se faire les porte-parole d’une élite à la quelle ils appartiennent ou à laquelle ils s’identifient, élite qui commet, de manière répétée, des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité contraires aux valeurs des Lumières.

L’incompétence n’est pas une excuse suffisante pour écarter la responsabilité directe des médias dans les crimes que nous avons mentionnés (d’autant que les médias alternatifs ont offert ou offrent des analyses précises et pertinentes sur l’ensemble de ces événements). L’incompétence ne peut pas être, en effet, à ce point partagée, voire unanime, tandis que la soumission volontaire à la parole officielle peut l’être en raison du commun dénominateur qui caractérise l’ensemble des médias qui comptent pour forger l’opinion des bourgeois cultivés : l’idéologie atlantiste. En effet, sans une idéologie commune et puissante capable de souder ensemble les intelligences humaines les plus diverses, autant d’erreurs et d’approximations dans l’information ne pourraient pas être commises de manière répétée et à propos de la plupart des événements cruciaux.

Nul besoin ici de mentionner tous les crimes médiatiques commis par les médias atlantistes tant la liste est longue et presque sans fin. Nous voulions juste rappeler l’évidence suivante au moment où le traitement médiatique du drame syrien semble atteindre en Occident un degré d’abjection rarement égalé : la désinformation tue des innocents.

Aux citoyens de rendre leurs journalistes comptables de celle-ci lorsque cette désinformation est manifestement volontaire, à défaut d’en accepter la part d’ombre pour soi-même et de démobiliser sa conscience face à la brutalité du monde. Aux citoyens de s’organiser pour faire tomber les tyrannies médiatiques qui dominent les opinions publiques occidentales. Pour que cessent les crimes des mass media.

Guillaume de Rouville

http://lidiotduvillage.org/2012/06/13/crimes-mediatiques-ou-...

URL de cet article 16970
http://www.legrandsoir.info/crimes-mediatiques-ou-les-consequences-meurtrieres-de-la-desinformation.html



5 Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

5-1 Benghazi en proie à une série d'attentats anti-occidentaux.

Le Monde.fr | 15.06.

Benjamin Barthe

Benghazi est secouée depuis un mois par une série d'attentats qui prennent pour cibles des symboles de la présence ou du style de vie occidentaux en Libye. Revendiquées par d'obscures groupuscules islamistes, ces attaques qui n'ont pas fait de morts mais que les autorités semblent pour l'instant impuissantes à endiguer, suscitent une inquiétude croissante. Mardi 12 juin, le quotidien panarabe Al-Quds Al-Arabi, basé à Londres, se demandait en titre de son éditorial : "Al-Qaida s'attaque-t-il à Benghazi ?".

La préoccupation est d'autant plus grande que cette vague de violences survient à trois semaines d'une échéance cruciale pour l'avenir de la Libye post-révolutionnaire : l'élection d'une assemblée constituante, le 7 juillet, censée remplacer le Conseil national de transition (CNT), le bras politique de la rébellion anti-Kadhafi, qui pilotait jusqu'à ce jour la transition.

 

MULTIPLES ATTENTATS 

Le dernier attentat en date a visé un salon de beauté, mercredi 13 juin, dont la devanture a été mitraillée par des individus circulant en voiture. Personne n'a été blessé dans les tirs. Selon le Libya Herald, un site d'informations libyen, la propriétaire, GhazalehBahja, avait auparavant reçu des menaces d'un groupe d'hommes inconnus qui lui avait intimé de fermer sa boutique. Deux jours plus tôt, le convoi transportant l'ambassadeur britannique en Libye faisait l'objet d'une attaque à la roquette.

 

Deux de ses gardes du corps ont été blessés dans l'embuscade, qui aurait été conduite, selon une vidéo envoyée aux autorités locales, par des extrémistes se réclamant d'Al-Qaida.

 

Mardi 5 juin, c'est la mission diplomatique américaine à Benghazi, qui était victime d'un attentat à la bombe. L'explosion, qui n'a fait que de faibles dégâts, a été revendiquée par "Les brigades du cheikh emprisonné Omar Abdul Rahman", selon l'agence américaine SITE, spécialisée dans la surveillance des sites jihadistes, qui ajoute qu'elle visait à venger la mort du numéro deux d'Al-Qaida, le libyen Abou Yahya Al-Libi, tué le 4 juin par un drone américain au Pakistan.

 

Surnommé "le cheikh aveugle", âgé de 73 ans, l'égyptien Omar Abdel Rahman a été condamné en 1995 à la prison à vie par la justice américaine, pour son implication dans des projets visant à attaquer des cibles new-yorkaises.

 

Les mêmes brigades se sont attribuées la paternité de l'attaque, perpétrée le 22 mai, contre des locaux à Benghazi du Comité international de la croix rouge (CICR), accusé de se livrer à la propagation du christianisme. L'organisation humanitaire helvétique a été visée par une seconde explosion, le 12 juin, devant ses bureaux de Misrata, une ville portuaire, 150 km à l'est de Tripoli.

 

Les responsables sécuritaires de Benghazi s'efforcent de minimiser l'importance de ces attentats, qu'ils tendent à interpréter comme une manœuvre de déstabilisation, conduite par d'anciens Kadhafistes.

 

"Nos renseignements sur les groupes islamistes libyens nous incitent à penser qu'ils ne veulent pas basculer dans le terrorisme, dit Moustafa Seguesli, une figure de la révolution, nommé chef de la commission des combattants, en charge de la reconversion des ex-rebelles. Nous penchons plutôt pour la thèse du complot, fomenté par des éléments de l'ancien régime, pour discréditer les nouvelles autorités libyennes, en montrant qu'elles ne contrôlent pas le situation".

 

Selon lui, ces attaques ne justifient pas de repousser une nouvelle fois les élections, qui ont déjà été déplacées du 20 juin au 7 juillet pour des raisons techniques. "A Benghazi, la vie est normale, nos enfants vont à l'école, les restaurants sont ouverts et les affaires reprennent doucement".

 

Un journaliste local qui préfère rester anonyme critique cette approche : "Les autorités nous servent l'argument de la cinquième colonne à chaque fois qu'il y a un problème, dit-il. Elle ne veulent pas admettre qu'il y a un problème d'intégrisme car elles n'ont ni la volonté ni la capacité de trouver la solution".

 

"LA FORCE DES MILICES ARMÉES NE CESSE DE CROÎTRE"

 

De fait, le gouvernement du premier ministre Abderrahim Al-Kib, désigné à l'automne par le CNT, paraît démuni face à la masse d'armes en circulation. Le programme de démobilisation des anciens "thuwar" (rebelles) et d'intégration dans les structures du ministère de la défense ou de l'intérieur, traîne en longueur.

 

"Le pouvoir central est quasi absent, faible et incapable de contrôler la plupart des zones de Libye alors que la force des milices armées ne cesse de croître", s'inquiétait l'éditorial d'Al-Quds Al-Arabi.

 

Faute de réponse des autorités, la société civile de Benghazi n'hésite pas à prendre l'initiative. Jeudi 7 juin, plusieurs centaines d'islamistes armés, débarqués de Derna, bastion de l'extrémisme religieux libyen, à l'est de Benghazi, mais aussi d'autres villes de la côte, ont organisé une démonstration de force, en investissant la Place de la libération, là même où la révolution a commencé en février 2011.

 

La kalachnikov en bandoulière, juchés sur des batteries anti-aériennes installées sur des pick-up, ils agitaient des drapeaux noirs et brandissaient des bannières portant des slogans hostiles aux élections : "La démocratie est un système occidental et non islamique", "La démocratie est athée".

 

Choqué par l'irruption de ces fanatiques dans un lieu aussi emblématique, des habitants de Benghazi ont rapidement afflué sur la place. Aux cris de "La Libye est unie", "La Libye n'est pas l'Afghanistan", ils ont réussi à refouler peu à peu les intrus. Le lendemain soir, pour bien marquer leur victoire sur les intégristes, des jeunes de Benghazi organisaient un concert de rap dans un jardin du centre ville.

Benjamin Barthelemy Tchepnang 

Source :  Le Monde.fr | 15.06.

http://www.lemonde.fr/libye/article/2012/06/15/benghazi-en-proie-a-une-serie-d-attentats-anti-occidentaux_1719481_1496980.html

 



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

6-1 Guillaume DE ROUVILLE :La démocratie contre la paix.

Les preuves de l’instrumentalisation par l’Occident du terrorisme islamique à des fins géopolitiques, notamment dans les conflits libyen et syrien, s’amoncellent, et pourtant l’opinion publique occidentale continue à soutenir l’idée que nos dirigeants défendent la démocratie contre la tyrannie dans ces régions du monde.

L’Occident peut ainsi s’allier ouvertement avec l’Arabie Saoudite et le Qatar, principaux pourvoyeurs de fonds aux mouvements terroristes islamistes dans le monde, leur fournir des armes, un appui logistique, des images satellites, des informations stratégiques et un soutien diplomatique sans faille, les opinions publiques refusent de voir la réalité en face et préfèrent penser que ces actions sont motivées par les valeurs démocratiques qui fondent nos sociétés.

Pour ces opinions publiques, mettre en avant le jeu pervers des Occidentaux en Orient ce n’est pas dire la vérité, c’est soutenir Assad ou Kadhafi et faire le jeu des dictatures. Ce n’est pas expliquer le monde tel qu’il fonctionne devant nos yeux avec ses complexités et ses manipulations, ses enjeux géopolitiques et les calculs cyniques de ses principaux acteurs, c’est prendre parti contre des mouvements démocratiques.

Quand les démocraties occidentales soutiennent et répandent la guerre et la terreur, comme en Libye ou en Syrie, avec les pires alliés que l’on puisse imaginer pour aller planter le drapeau de la démocratie en terres étrangères, ne faut-il pas être du côté de la paix et lutter contre les dérives de la démocratie occidentale au nom même des valeurs qu’elle est sensée représenter ? La paix n’est-elle pas un bien commun tout aussi important que cet autre bien commun qu’est la démocratie ? Quand la démocratie n’est qu’un prétexte pour des appétits prédateurs sans limite (Irak, Afghanistan, Libye, Syrie), appétits qui se traduisent par des massacres de masse de populations civiles innocentes, quand la démocratie sert d’appât pour attraper un peuple à la gorge et le jeter dans un cycle de violences dont ne sortiront que la misère, le chaos et l’asservissement généralisés, ne faut-il pas prendre la défense de la paix contre la démocratie, quoiqu’il en coûte pour sa propre réputation ?

Car il ne s’agit évidemment pas de défendre des dictateurs (comme d’habiles rhéteurs aiment à le répéter), nos dirigeants le font très bien à notre place, aussi longtemps d’ailleurs que ces dictateurs financent leurs actions ou hochent de la tête au pillage des ressources naturelles de leur pays. Il s’agit de répondre au bourgeois cultivé (celui qui lit Le Monde, le Guardian ou le New York Times et croit y trouver une description de la réalité) vivant dans les beaux quartiers de Paris, de Londres ou de New York, qui ne comprend pas que l’on puisse s’horrifier des stratégies employées pour faire tomber un dictateur. Il n’a jamais eu à se battre pour la démocratie, il l’a reçue en héritage et on l’a gavé depuis sa plus jeune enfance avec des valeurs démocratiques qui sont pour lui plus une jouissance qu’un devoir ou une obligation. Pour se sentir un citoyen méritant il n’a qu’à se soumettre avec nonchalance à la société de consommation et du spectacle et à aller voter de temps à autre pour le bonimenteur le plus présentable. Il n’y a pas de mal à cela ; c’est ainsi que vont les choses en démocratie et nous ne revendiquons pas d’autre régime politique pour gouverner le troupeau de consommateurs que nous sommes.

Ce que nous souhaitons simplement souligner, c’est que les rentiers de la démocratie (dont nous faisons partie) n’ont aucun mérite particulier dans l’essor ni dans l’existence de la démocratie occidentale et de ses valeurs. Alors, quand sans aucune nuance, tel ou tel d’entre eux approuve des guerres qui apportent la ruine, la terreur et le chaos dans des pays non démocratiques, on a envie de lui dire, “va là-bas, va t’engager aux côtés des rebelles salafistes et va admirer les massacres, les haines ethno-religieuses s’élever sur le cadavre de la laïcité, va contempler les enfants se faire trancher la tête et dis-moi s’il faut nécessairement en passer par là pour mériter la démocratie” ? Car, apparemment, pour ces rentiers, pour ces enfants gâtés de la démocratie, il s’agit juste de la mériter, pas de l’avoir, ni d’en profiter.

Si seulement cette démocratie était la promesse du sang versé et des souffrances endurées, on pourrait, en effet, comprendre l’envie du bourgeois cultivé de clouer le bec aux diseurs de mauvaise fortune et autres trouble-fête ou rabat-joie qui prennent la démocratie trop au sérieux pour jouer avec elle. Mais elle n’est, comme on l’a dit, que le prétexte d’un jeu géopolitique où l’Occident s’est allié avec des islamistes radicaux financés par l’Arabie Saoudite et le Qatar pour détruire des États-nations laïques sur des bases ethno-religieuses afin, notamment, de contrer l’influence chinoise et russe et de s’assurer l’accès à un certain nombre de ressources naturelles. On ne bâtit pas la démocratie sur le sectarisme religieux, sur le démembrement des États-nations, en envahissant un pays, en ruinant son infrastructure, en y apportant le libéralisme le plus pur (comme en Irak et en Libye), en donnant le pouvoir aux légions wahhabites qui défendent un islam intolérant et moyenâgeux. C’est mensonger et criminel de le prétendre ou de feindre de l’ignorer. À la place de la démocratie nous avons installé des fosses communes dans lesquelles nous avons jeté pêle-mêle des civils innocents et le cadavre de la paix.

Créer des guerres civiles dans des pays en paix : voila en un mot la responsabilité morale du bourgeois cultivé, rentier de la démocratie qui, dans le confort de ses certitudes sans conséquences pour lui, soutient l’impérialisme humanitaire de nos grands commis. Il y a beaucoup d’irresponsabilité et de morgue dans cette attitude qui consiste à soutenir la terreur wahhabite au nom des valeurs des Lumières et à faire de la démocratie occidentale un instrument de jouissance pour soi et de malheur pour les autres.

Comment expliquer l’aveuglement volontaire des bourgeois cultivés qui forment la masse inerte de nos opinions publiques, celle dont l’élite se joue pour fabriquer le consentement général ?

Peut-être que l’explication se trouve dans ce que nous appelons “l’ambiguïté démocratique” ou le “paradoxe démocratique” : la démocratie est à la fois le meilleur régime et celui qui permet le mieux de faire la guerre au nom de la paix, de tuer au nom des droits de l’homme, de persécuter au nom de la liberté individuelle, de conquérir des pays au nom des peuples à disposer d’eux-mêmes. Il semble qu’il y ait un caractère orwellien inhérent à la démocratie, en raison de l’image de vertu qui lui colle à la peau et qui permet, sans forcer les gens, de leur faire accepter l’inacceptable. La domination d’une élite y est discrète, invisible, sans violence excessive. On peut limiter la répression à quelques individus, torturer essentiellement ceux qui n’ont pas la qualité de citoyens (10 000 Musulmans étrangers torturés pour un Bradley Manning). L’élite démocratique ne dépend pas d’un tyran identifiable dont il suffirait de couper la tête pour remettre en cause l’ordre établi. En démocratie, la domination d’une minorité semble être le résultat d’un consentement général que l’on appelle souveraineté du peuple. L’oligarchie parvient à vendre à l’opinion publique son credo libéral, la financiarisation de son économie qui tue ses emplois, des guerres d’agression qui ne profitent qu’à une minorité, des explications du monde qui ne résistent pas à l’examen critique (11-Septembre, guerre contre le terrorisme), etc. La démocratie semble ainsi être, entre les mains de nos élites, l’instrument le plus efficace qui leur permet de se maintenir au pouvoir et d’accomplir des politiques contraires à l’intérêt général au nom même de cet intérêt général. Comme nous l’exposons dans La Démocratie ambiguë (1) : le sentiment commun est que la démocratie est infaillible, que les dirigeants ne nous trompent pas, que les médias ne nous manipulent pas. Nous évacuons toute pensée contraire comme ‘théorie du complot’, absurde paranoïa d’illuminés du Web. Le simple questionnement de la version officielle est synonyme de folie.

Il est quasiment impossible de démontrer aux citoyens d’un régime démocratique que leur pays peut, dans telle ou telle situation, incarner le mal. Les citoyens vivant en démocratie ne parviennent pas à être soupçonneux de leurs dirigeants ; ils sont de candides consommateurs qui ne peuvent pas admettre que la démocratie puissent faire le mal, car, si elle le faisait, ils ne vivraient plus dans cette démocratie immaculée qu’on leur vend, ils devraient, par conséquent, douter de la nature du régime dans lequel ils vivent, et cela, ils en sont psychologiquement et moralement incapables. À force de leur répéter qu’ils vivent en démocratie on leur a ôté l’appareil critique qui leur permettrait de voir les limites de cette affirmation.

L’esprit critique semble impuissant à renverser cette image trop flatteuse que nous avons de nos propres démocraties. Il faut avoir un esprit dissident, et pas seulement critique, pour ne pas se satisfaire de l’apparence démocratique et pour exiger que la chose corresponde au mot.

Ainsi, pour revenir sur le cas syrien, il est difficile pour la Russie ou la Chine de soutenir Bachar el-Assad car on assimile leur soutien à celui d’un régime dictatorial qui commet des crimes contre l’humanité. En revanche, et c’est là que le paradoxe apparaît, il est semble naturel et moral pour les États-Unis et leurs alliés occidentaux de soutenir les légions wahhabites (qui commettent également des crimes contre l’humanité - 2), car étant des démocraties, les États-Unis et leurs alliés ne pourraient pas vouloir le mal. Qu’importe que l’Occident utilise la guerre comme moyen de domination (en Afrique et au Moyen-orient par exemple) et que la Russie et la Chine aient principalement recours au développement économique, la morale semble toujours du côté de la ‘démocratie’.

Souligner la complexité d’une situation et expliquer l’instrumentalisation de l’idéal démocratique par les élites occidentales, plutôt que de proposer une vision monolithique d’un conflit, c’est faire honneur aux valeurs démocratiques de discussions et de libre réflexion. Que ceux qui se posent des questions se fassent insulter et traiter d’auxiliaires des dictateurs par les bourgeois cultivés est certainement triste, mais ne doit pas les décourager de continuer à faire des efforts de compréhension et d’explication et à défendre la paix contre les fausses promesses des apprentis sorciers de la démocratie qui promeuvent, sur le mode orwellien, la paix éternelle par des guerres perpétuelles et les vertus démocratiques par des crimes de masse.

Guillaume de Rouville

http://lidiotduvillage.org/2012/06/26/la-democratie-contre-l...

(1) La Démocratie ambiguë, Guillaume de Rouville, Éditions Cheap, juin 2012.

(2) Et sans doute de manière plus systématique.

URL de cet article 17088

27 juin 2012

http://www.legrandsoir.info/la-democratie-contre-la-paix.html



7 Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

7-1 Pepe Escobar : BHL : L'art de la guerre, avec un verre de vin.

PARIS- Elle se trouvait là, dans un coin discret, jamais repérée par les hordes de touristes : ma petite table favorite depuis les années 80 au Café de Flore à Saint-Germain.

J'en ai pris possession, j'ai commandé un croque-monsieur et un verre de Chablis, et j'ai repris mes activités, en lisant et en regardant le monde passer devant moi pour la première fois depuis la chute du Roi Sarko.

Première impression : où diable mon bouquiniste peut-il bien se trouver ?

La vénérable librairie La Hune, juste au milieu de mon angle de vision, semblait avoir été frappée par le feu de l'enfer. Zeus merci, elle avait déménagé pas loin. Deuxième impression plus prometteuse : BHL ne se trouvait pas au Flore. En fait, le philosophe français Bernard-Henri Lévy, alias BHL, était occupé ailleurs à assurer la promotion de sa prochaine guerre.
BHL n'est pas simplement un philosophe/écrivain/cinéaste, il est avant tout le patron exécutif d'une gigantesque opération de relations publiques montée à la gloire perpétuelle de lui-même. Il dirige pratiquement l'arène culturelle française, de la même manière que Christopher Hitchens pensait faire la pluie et le beau temps aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.

Pouvons-nous vivre dans la médiocrité ? Si seulement Sartre était encore vivant pour renvoyer BHL d'un coup de pied dans le derrière vers son jardin d'enfants intellectuel ! BHL s'est rendu dernièrement au Festival du film de Cannes en emportant dans ses bagages quelques rebelles otanesques libyens en guise d'animaux de compagnie - des compagnons de son aventure de « libération », comme Moustafa El-Zagizli, de Bengazi, fièrement présenté comme le « prince des chabab », et le général Ramadan Zarmouth, de Misurata.

Le colonel Kadhafi avait l'habitude de planter ses tentes à Rome et de faire embrasser ses magnifiques robes par les potentats occidentaux. Les rebelles otanesques libyens, pour leur part, étaient abasourdis et troublés par leur expérience explosive des tapis rouges de Cannes.

Fait décisif, en compagnie de ses Libyens favoris, qui maugréaient contre « l'unité de la révolution », BHL avait également emmené avec lui - qui d'autre ? - ses Syriens favoris, deux Kurdes, des personnages louches en lunettes noires, dont les têtes étaient enveloppées dans des drapeaux syriens. Ils étaient décrits comme « des combattants qui avaient fui la Syrie en cachette, il y a seulement quelques heures, pour découvrir Le Serment de Tobrouk ».  

Nous avons donc là le sioniste certifié BHL, emmenant avec lui ses Arabes de service pour visionner la première mondiale de son nouveau film. Oui, toute cette affaire devait faire partie d'un autre exercice de glorification de BHL. Après avoir gagné pratiquement à lui tout seul la guerre de Libye - selon son propre « récit » - BHL a maintenant insisté sur le fait que « ce qui a été fait à Bengazi ne fut pas plus facile que ce qui devrait être fait à Homs ». Garçon ! Apportez-moi un changement de régime avec mon Chablis !

 

La guerre, c'est moi

Quant au film, diffusé sur les écrans en France et déjà vendu au marché nord-américain, il pourrait aspirer à se qualifier comme pièce surréaliste digne d'Alfred Jarry. Mais en tant que paon hyperactif, BHL n'a pas la moindre faculté d'autocritique, et ce qui reste est un BHL cinéaste se filmant lui-même en tant que réalisateur de l'Histoire en marche. Voilà comment une tradition littéraire et philosophique française vieille de plusieurs siècles se termine : L'Intellectuel est devenu un va-t-en guerre.

En voix off - quelle autre ? - celle de BHL non-stop : un monologue néo-proustien débité qui flirte avec Sun Tzu. BHL parcourt les rues de Bengazi à la recherche d'un héro rebelle postmoderne, et il le trouve en la personne d'Abdul OTAN Jalil.

La scène est à présent installée pour que BHL d'Arabie joue son épopée libératoire, constamment vêtu d'une veste noire, d'une chemise blanche Charvet méticuleusement ouverte pour montrer sa peau blanche, et un téléphone satellitaire collé sur son oreille, depuis les déserts et les montagnes jusqu'aux salons du Palais de l'Elysée et - bien sûr - le Café de Flore qui se révèle à une délégation libyenne éblouie.

Tous, du Roi Sarko à la Reine Hillary « Nous sommes venus, nous avons vu, et il mourut » Clinton et à David Cameron d'Arabie, sont manipulés pour servir d'extras dans une guerre de libération concoctée par BHL. Qui a réellement envie de savoir ce qu'il s'est réellement passé en Libye, comme l'Asia Times Online l'a rapporté pendant des mois ?

BHL rejoue inévitablement le coup de fil tristement célèbre qui aurait converti le Roi Sarko au changement de régime. Sarko lui-même a nourri ce mythe, en déclarant à la télé française en mars 2011 comment cet appel téléphonique l'avait conduit à rencontrer les rebelles de l'OTAN et à démarrer l'offensive franco-britannique. Foutaise ! Le changement de régime avait déjà été décidé à Paris depuis octobre 2010, lorsque le chef du protocole de Kadhafi s'était enfui de Libye pour se réfugier en France.

Maintenant, BHL est très occupé à rappeler au nouveau président français François Hollande « la France fera-t-elle pour Houla et Homs ce qu'elle a fait pour Bengazi et Misurata ? ». Eh bien, la coalition des volontaires est déjà en place : la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, la Turquie et la Ligue Arabe contrôlée par le Conseil de Coopération du Golfe ! Ils se nomment eux-mêmes « les Amis de la Syrie » et décideront des prochaines étapes du changement de régime, à Paris début juillet.

BHL concède que « sauver l'euro est une obligation impérieuse », mais le drame grec pourrait ne pas empêcher Hollande de passer un coup de fil, exactement comme BHL l'a fait averc son prédécesseur le Roi Sarko, pour convaincre la Russie et la Chine que l'Etat terroriste syrien relève du passé. Evidemment, BHL ne reconnaîtra jamais la nature terroriste de l'Etat israélien envers les Palestiniens, même s'il était sur le point de se faire écraser par un char de Tsahal. De toute façon, si Hollande cale, BHL se tournera vers David Cameron d'Arabie.

BHL insiste pour dire qu'il a réalisé Le Serment de Tobrouk pour la Syrie. En Libye, dit-il, il y avait « une réelle coalition avec les pays arabes, qui impliquait les forces émiraties et qataries ».

Pour l'Emir du Qatar, le Serment de Tobrouk devrait être perçu comme une comédie musicale façon « The Sound of Music ». Après tout, le Qatar a déjà acheté la moitié de la Place Vendôme, une bonne partie des Champs-Élysées et presque tout entre Madeleine et Opéra.

BHL pourrait faire pire que passer lui-même un coup de fil à l'Emir francophile pour lui demander de financer sa prochaine guerre. Mais dites donc, le Qatar arme déjà les rebelles syriens ! Prochaine étape pour BHL? L'Iran

Merci à Questions critiques
Source: http://atimes.com/atimes/Middle_East/NF14Ak02.html
Date de parution de l'article original: 14/06/2012
URL de cette page:
http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=7575http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=

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Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19



27/05/2012

n°28 - Dossier de Libye - 10-4 au 26-05 .a1 - ’histoire ne repasse pas les plats


n°28 -  Dossier de Libye  - 10-4 au 26-05   .a1 -  ’histoire ne repasse pas les plats



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



      Dossier deLibye

                       n°28                                    10-4 au26-05

        C.De broeder & M.Lemaire



Le "Journal deLibye" est  visible  sur les blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Editorial

Gilles Munier : Libye : l’histoire ne repasse pas les plats.

Abdel Bari Atwan : Chaos en Libye.

Tiré à part :

 fr.rian.ru : Moscou appelle la CPI à enquêter sur les raids de l'Otan.  

Tunis a décidé d'extrader l'ex Premier ministre libyen.

 

IRIB : Droits de l'homme: levée prématurée du contrôle de l'ONU.  

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Les crimes de Charles Bouchard

2 Les brèves

.Algerie1 : Libye : Tentative d’assassinat de deux membres du CNT .

IRIB :  Un candidat aux élections assassiné dans le sud

3  Dossier

3-1 Total déstabilisé en Libye : Les Américains passent ils à l’offensive ?

3-2 almanar.com : Nicolas Sarkozy a pris 100 millions de dollars à l'ex-leader libyen.

3-3 Devenu orphelin, le CNT Libyen rend hommage à Sarkozy .

3-4 Sarkozy-Kadhafi: la preuve du financement.

3-5 Jacques.tourtaux : L'ex-patron du contre-espionnage français: Sarkozy est responsable du chaos en Libye et au Mali.

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 L’avocat de Baghdadi réplique : l’extradition de Baghdadi est un scandale et un comportement illégal 

5  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Ex-rebelles libyens et insurgés syriens sur le tapis rouge aux côtés de BHL .

 



Editorial

Gilles Munier : Libye : l’histoire ne repasse pas les plats.

Mohamed Albichari, fils d’un ancien ministre des Affaires étrangères du colonel Kadhafi mort en 1997 dans un curieux « accident de la route », n’est pas de ces opportunistes qui ont quitté le navire quand il devint évident que le régime allait s’effondrer sous les coups de boutoir de l’Otan et des milices. Dès le début de la révolte, il a apporté, sont soutien aux insurgés de Benghazi, mais crié « danger » si l’intervention occidentale dépassait les limites de la ville. Pour lui, Mohamed al-Senoussi, réfugié à Londres, petit-fils du roi Idris 1er renversé par l’organisation des Officiers libres le 1er septembre 1969, aurait dû s’envoler immédiatement pour la Cyrénaïque pour refonder le mouvement Senoussi, « seul, parmi les tribus libyennes, à disposer d’une véritable légitimité », et à dépasser « les clivages claniques et tribaux ». Après l’évacuation des forces loyalistes de Misrata, Mouamar Kadhafi était affaibli. La crise libyenne aurait alors pu se régler par la négociation – avec ou sans lui - et éviter une guerre civile dont personne ne peut prédire la fin. Le prince héritier est resté prudemment à Londres, probablement parce que l’Otan avait un autre agenda. L’histoire, comme on dit, ne repasse pas les plats.

 « Le cauchemar libyen » *, seul témoignage de l’intérieur du régime, écrit par Mohamed Albichari, n’est pas tendre pour le système Kadhafi, « assemblage hétéroclite d’institutions disparates ». Il dénonce la main mise de la famille du Guide et de son clan sur les « postes susceptibles de rapporter des sommes importantes », la création d’un Etat informel composés d’un réseau de sociétés et d’institutions administré par ses fils et parents proches. Après les « révolutions arabes » de Tunisie et d’Egypte, l’auteur redoutait une explosion incontrôlable en Libye, du fait de la complexité des rapports entre les composantes de la société. La suite des événements lui a donné raison. 

Où va la Libye ?

Selon Albichari, interviewé par Al Qarra TV (1), la décision d’en finir une fois pour toutes avec Kadhafi a été prise « en juillet »  après la chute de Misrata, alors que tout le monde savait que les milices ne s’entendaient pas entre elles, qu’il n’y avait pas de « personnage central capable de gérer la situation », qu’il s’agissait d’un règlement de compte interne entre des opposants ayant résidé pendant des décennies en Occident et Kadhafi, aucune alternative crédible au pouvoir n’avait été constituée.

 Mohamed Albichari regrette que le Conseil national de transition (CNT) n’ait pas choisi la voix du dialogue avec le régime affaibli. Pour lui, « On a remplacé le mauvais par le pire ! Pourquoi susciter une guerre civile quand on peut l’éviter ? ». Mais, le CNT le pouvait-il ? Création de l’Otan, sans légitimité nationale, il était coupé des réalités des jeunes combattants thowars (révolutionnaires) ou djihadistes. Pessimiste, Albichari pense que le chaos actuel va durer longtemps parce qu’il est entretenu par « certains intérêts pétroliers, certaines milices et certains pays étrangers ». Ce ne sont pas les élections prévues en juin, si elles ont lieu, qui apaiseront les esprits : une grande partie de la population, accusée de collusion avec l’ancien régime, en sera exclue. 

* Le cauchemar libyen, par Mohamed Albichari (Ed. Favre – Lausanne, 2011- 13 euros)

(1) Où va la Libye ? Débat avec Mohamed Albichari, Majed Nehmé, Hélène Bravin (28/2/12)

Gilles Munier (Afrique Asie – Mai 2012)

http://www.alqarra.tv/2012/en-quesn/ou-va-la-libye/

http://www.france-irak-actualite.com/article-libye-l-histoire-ne-repasse-pas-les-plats-104667386.html

 


Abdel Bari Atwan : Chaos en Libye.

Trop peu de bonnes nouvelles nous parviennent de Libye ces jours-ci. Même les stations satellitaires arabes qui ont soutenu l’intervention de l’OTAN visant à renverser le régime corrompu et dictatorial, évitent à présent de parler des développements sur le terrain. Et quand ils le font, c’est avec beaucoup de discrétion.

Hier, un groupe de miliciens armés a pris d’assaut le siège du gouvernement à Tripoli exigeant le paiement de leurs salaires. Ce groupe était équipé d’armes légères et moyennes. Il s’est engagé dans une bataille avec les gardes, ce qui ne manque pas de susciter d’autres préoccupations en Libye.

Il y a plus de 135 conseils militaires dans la capitale libyenne, où des milices armées délimitent leurs zones d’influence et se battent entre elles, tandis qu’il n’y a ni autorité centrale, ni gouvernement digne de ce nom, en plus de l’absence de sécurité et de la propagation de la corruption à une grande échelle.

La Libye a rejoint le club de la corruption

Les pays occidentaux sont intervenus pour renverser le régime et ont prétendu empêcher un massacre par Kadhafi dans Benghazi. Cependant, la question est de savoir pourquoi l’Occident se distancie aujourd’hui de la Libye, alors qu’il aurait pu mettre en place une armée nationale, des forces de sécurité, des hôpitaux, de nouvelles institutions et un système judiciaire indépendant ?

Ce qui préoccupe en priorité l’Occident, c’est de laisser les taux de production de pétrole en Libye (1,3 million de barils) retrouver les niveaux de production d’avant la chute de Kadhafi, et d’assurer un flux continu de pétrole vers les raffineries de l’Ouest. Leur volonté de rester à l’écart de la Libye l’atteste.

Les accusations selon lesquelles l’Occident et les États-Unis d’Amérique, en particulier, ont remplacé la dictature par le chaos, sont fondées. Nous l’avons constaté en Libye comme en Irak. Ces deux régimes ont été renversés par l’Occident par une intervention militaire.

Pourquoi 20 000 Libyens doivent-ils aller suivre un traitement médical à l’étranger ? Pourquoi y a-t-il des centaines de médecins libyens qui travaillent dans les plus grands hôpitaux d’Europe occidentale, d’Amérique et du Canada ? La Libye a de l’argent et reçoit 60 milliards de dollars US par an pour ses revenus pétroliers. Alors, pourquoi l’Occident n’installe-t-il pas un hôpital pour le traitement des Libyens dans leur pays ?

La Libye, ces jours-ci, a rejoint le club de la corruption financière et politique, exactement comme l’Irak, et il détient peut-être un rang plus élevé que l’Irak à cet égard. Le ministre libyen des Finances a démissionné de son poste en signe de protestation contre le pillage des fonds publics. Il avait demandé que les avoirs libyens à l’étranger soient débloqués, plutôt que de les voir transférés de la Libye vers des comptes bancaires européens.

Garder le silence à propos de cette situation est un crime. Le peuple libyen qui a renversé le régime de Kadhafi doit se révolter contre cette situation désastreuse et contre ceux qui ont corrompu leur pays et ont effacé le rêve de la sécurité, de stabilité, de la prospérité et d’une gouvernance démocratique.

Les Libyens sont censés se rendre aux urnes d’ici un mois afin de voter pour un parlement. Cependant, il n’y a aucune indication que les élections auront lieu à la date prévue. Cela est dû à la faiblesse du Conseil national qui représente un trop faible pouvoir exécutif et législatif et qui échoue lamentablement à gérer les affaires du pays.

Le Conseil national reste toujours aussi confidentiel et n’intègre aucune nouvelle personnalité. Son président et ses membres ont essayé à deux reprises de renverser le gouvernement el-Keeb et la troisième est en cours. Le chaos est la seule certitude qui reste au pays.

La Libye fonctionne actuellement sur deux modèles : celui des milices armées et celui des groupes islamistes militants. Il n’y a aucune vision claire de la situation du pays, que ce soit après un an, à deux ou même à cinq ans. Par ailleurs, il n’y a pas non plus de dirigeants compétents qui puissent prendre en charge la direction des affaires.

Les Libyens se sont révolté pour l’amour de la justice

Nous avions l’habitude de nous moquer des lois étranges de Mouammar Kadhafi, comme l’abolition de l’armée, l’interdiction de la formation de partis politiques ou de tribunaux d’appel. Cependant, il semble que la philosophie de Kadhafi et ses lois soient toujours en cours, appliquées d’une manière illégale, offensante pour l’Islam et les musulmans.

Mustafa Abdul Jalil, le Président du Conseil national a émis des lois accordant l’immunité aux révolutionnaires pour les crimes commis pendant la révolution, criminalisant aussi toute critique contre la révolution et les révolutionnaires. Ces lois ont suscité des protestations de tous les organismes de défense des droits de l’homme dans le monde entier.

Abdul Jalil dirige un conseil provisoire qui n’a pas le droit de décréter de telles immunités. Celui qui commet un crime de viol, un meurtre ou des actes de torture est un criminel et doit être jugé en tant que tel devant la justice et recevoir un châtiment mérité, qu’il soit un partisan de la révolution ou de l’ancien régime.

Les libyens se sont révoltés pour l’amour de la justice, pour la démocratie et pour disposer d’un vrai gouvernement, et non pas pour un duplicata ou une version encore pire de ce qu’ils ont connu.

En Libye, il y a des centres de détention mis en place par les milices qui arrêtent, torturent, tuent, violent des milliers de personnes accusées de soutenir l’ancien régime. Les rapports des organisations des droits de l’homme, dont Médecins Sans Frontières, Amnesty International et Human Rights Watch mentionnent de telles pratiques dans les détails. Par ailleurs, Médecins Sans Frontières s’est retiré de Misrata et a interrompu toutes ses activités en signe de protestation contre le viol et les actes de torture commis par les milices et leurs partisans dans une absence totale de droits.

Les révolutionnaires ne sont pas au-delà de la critique et ils n’ont pas droit d’être au-dessus de la loi, parce que ceux qui sont torturés sont aussi des Libyens et des compatriotes. Si le régime actuel ne parvient pas à assurer la coexistence entre les personnes d’un même pays et à maintenir la loi et l’ordre, alors à quoi sert une révolution ?

La haine de Sarkozy envers les Arabes et les musulmans

L’Occident qui a organisé le changement de régime en Libye tient la majeure responsabilité de cette catastrophe. En l’ignorant, l’Occident prouve que sa principale préoccupation est le pétrole et le pillage des richesses du pays, tout en encourageant la corruption et en semant le chaos, allant même jusqu’à démanteler l’unité géographique et démographique du pays.

La Libye est confrontée à un sort incertain et les mouvements séparatistes se renforcent en raison de la faiblesse du Conseil de transition et l’absence d’un gouvernement central fort capable de faire face à cette situation désespérée.

Nous espérons entendre maintenant ceux qui ont critiqué les avertissements selon lesquels la Libye sera entraînée dans une situation similaire à celle de la Somalie - je parle de ceux qui nous ont dit que le nouvelle Libye sera différente et une sorte de modèle. Pourquoi sont-ils silencieux maintenant ?

Cette dégringolade concerne directement Sarkozy qui a prétendu être loyal envers la Libye, bien que sa haine envers les Arabes et les musulmans soient connue, comme sa volonté de piller la richesse pétrolière du pays sous couvert d’apporter la démocratie et les droits de l’homme.

Cette démocratie et ces droits de l’homme ont été mis de côté lors de sa campagne présidentielle qui s’est concentrée sur le racisme anti-immigrés - dont beaucoup sont originaires du Maghreb - et l’interdiction de leur venue en France, .

Il n’y a pas de regret à avoir face à la chute de Khadafi, mais le peuple libyen mérite un autre présent et un meilleur avenir que ce à quoi nous assistons aujourd’hui.

Abdel Bari Atwan est palestinien et rédacteur en chef du quotidien al-Quds al-Arabi, grand quotidien en langue arabe édité à Londres. Abdel Bari Atwan est considéré comme l’un des analystes les plus pertinents de toute la presse arabe.

 (revue de presse : Al-Qods al-Arabi - 22/05/12

Source : http://www.afrique-asie.fr/actualite/2925-chaos-en-libye.html

G. Munier/X. Jardez
Publié le 22 mai 2012 avec l'aimable autorisation de Gilles Munier



Tiré à part :

 fr.rian.ru : Moscou appelle la CPI à enquêter sur les raids de l'Otan.  

 La Russie espère que la Cour pénale internationale (CPI) enquêtera sur l'ensemble des bombardements de l'Otan en Libye, qui ont causé de nombreuses victimes parmi la population civile, a déclaré vendredi Konstantin Dolgov, chargé des droits de l'homme au ministère russe des Affaires étrangères.
"Nous saluons la décision de Luis Moreno-Ocampo, procureur de la Cour pénale internationale, d'examiner l'ensemble des violations présumées du droit international humanitaire. Nous espérons que la CPI enquêtera sur l'ensemble des bombardements otaniens ayant causé de nombreuses victimes parmi la population civile libyenne", lit-on dans un communiqué de M.Dolgov mis en ligne sur le site Internet de la diplomatie russe.
"Une enquête internationale impartiale sur les raids de l'Otan dans le cadre de l'opération Protecteur unifié en Libye est une condition sine qua non pour empêcher une réédition de telles tragédies", a insisté le responsable.

18/05/2012

 http://fr.rian.ru/world/20120518/194754204.html

 


Tunis a décidé d'extrader l'ex Premier ministre libyen.  
La Tunisie a décidé d'extrader vers la Libye l'ancien Premier ministre de Kadhafi, Al-Baghdadi Al-Mahmoudi, détenu depuis fin septembre sur son sol, a-t-on appris mardi auprès du ministère de la Justice.
La décision d'extradition est prise. Il ne reste que les procédures à compléter avec les autorités libyennes, a déclaré à l'AFP un responsable du ministère de la Justice, tandis que le parti islamiste Ennahda indiquait que Tunis et Tripoli se concertaient pour déterminer la date et régler les procédures.

22/05/2012
http://www.romandie.com/news/n/_ALERTE___Tunis_a_decide_d_extrader_l_ex_Premier_ministre_libyen_37220520121633.asp


IRIB : Droits de l'homme: levée prématurée du contrôle de l'ONU.  

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a cessé de contrôler la situation en Libye de façon prématurée, a estimé vendredi le vice-ministre russe des Affaires étrangères par intérim Guennadi Gatilov sur son Twitter.

"Selon un rapport de l'ONU, la Libye compte 4.000 détenus victimes de tortures. Il s'agit d'une violation flagrante des droits de l'homme. Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU ne s'est-il pas trop empressé de lever le contrôle, à la demande de certains pays occidentaux?", a indiqué M.Gatilov. S'exprimant jeudi devant le Conseil de sécurité de l'ONU, le représentant spécial du secrétaire général pour la Libye, Ian Martin, a noté que près de 4.000 partisans de Mouammar Kadhafi se trouvaient toujours dans les centres de détention du pays et que la torture continuait d'y être pratiquée. Selon lui, le gouvernement libyen doit enquêter sur tous les cas de tortures et de traitement cruels dans les prisons.  La Libye a été réadmise au sein du Conseil des droits de l'homme de l'ONU en novembre 2011, huit mois après que ce pays d'Afrique du nord a été suspendu à cause de la répression violente du mouvement de protestation populaire par le régime Kadhafi. En mars dernier, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est déclaré préoccupé par les informations faisant état de répressions, de détentions arbitraires, de tortures, de mauvais traitements et d'exécutions extrajudiciaires en Libye et a prolongé d'un an la Mission de soutien de l'ONU en Libye (MANUL), appelant les nouvelles autorités à respecter les droits de l'homme.

12/05/2012  

IRIB :



1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

 

1-1 Les crimes de Charles Bouchard

Chers tous, 

je sais que la plupart d'entre nous n'ont pas beaucoup de temps libre pour s'informer, mais il me semble très important de lire ce  long et très intéressant article qui rappelle de nombreuses vérités sur la Libye, ce qui peut aider ceux qui ont des doutes à comprendre ce qui se passe en Syrie.

fraternellement

Chris

publié sur la voix de la libye.com

Le début s'étend sur les crimes de Charles Bouchard (ce qui peut intéresser particulièrement les gens du Quebec)

Mais ensuite, c'est encore plus important,

http://www.vigile.net/Les-crimes-de-guerre-de-Charles

 



2 Les brèves

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

Algerie1 : Libye : Tentative d’assassinat de deux membres du CNT . 

L’Observatoire libyen des droits de l’Homme a condamné lundi dernier la tentative d’assassinat de deux membres du Conseil national de transition (CNT) et souligné la nécessité de rejeter toutes les formes de violence et de respecter la légalité. Dans un communiqué publié à Benghazi, l’Observatoire a appelé tous les Bataillons armés à renoncer à la violence et se placer sous la bannière du ministère de la Défense pour construire une armée nationale libyenne.

Le journal ‘ Barniq’, paraissant à Benghazi, a révélé dans son édition hebdomadaire que deux membres du CNT, Fathi Al-Baaja et Khaled Al-Saeh ont été victimes à la veille du week-end dernier d’une tentative d’assassinat à l’aéroport de Benghazi perpétrée par un groupe armé qui les attendait. Le journal ajoute que cette tentative est survenue un jour après les coups de feu tirés contre la voiture du directeur de l’hôpital de Benghazi, Fathi Al-Jehani.

L’Observatoire libyen des droits de l’Homme a fait assumer aux ministères de l’Intérieur et de la Défense la responsabilité de fournir la protection nécessaire aux personnalités politiques de l’Etat. Les observateurs à Tripoli ont noté le début d’un grand déploiement des éléments de la sécurité nationale du ministère de l’Intérieur dans plusieurs points stratégiques dans les environs de la capitale Tripoli, avec l’approche de la date des premières élections démocratiques dans le pays qui se tiendront le 19 juin pour élire un Congrès national de 200 membres.

L’Observatoire estime que de telles opérations et l’escalade de la violence pourraient menacer le processus de transition démocratique et a appelé à la poursuite des auteurs de ces incidents et à leur demander de rendre compte. Des éléments armés non identifiés ont assassiné la semaine dernière Khaled Abu Khatoua, candidat de la ville Murzouk (sud) au Congrès national, quelques heures seulement après avoir déposé sa candidature à la circonscription d’inscription des électeurs de la ville, rappelle-t-on.

23/05/2012

http://www.algerie1.com/flash-dactu/libye-tentative-d%E2%80%99assassinat-de-deux-membres-du-cnt/


IRIB :  Un candidat aux élections assassiné dans le sud. 

Un candidat aux élections d'une constituante prévues en juin en Libye a été assassiné dimanche peu après avoir enregistré sa candidature auprès de la Commission électorale à Oubary (sud), a-t-on appris d'une source au sein des services de sécurité. "Khaled Abou Salah a été assassiné à 30 km d'Oubary, après avoir déposé sa candidature" dans cette ville, a indiqué Mohamed Salah, vice-président de la Haute commission de sécurité, Mohamed Salah.
Selon M. Salah, le candidat, un médecin d'une quarantaine d'années, "a été poursuivi par cinq voitures d'une bande armée à sa sortie du bureau de la Commission électorale. Ils l'ont encerclé à 30 km de la ville et l'ont tué".
"Deux personnes qui accompagnaient Khaled Abou Salah dans la voiture ont pu fuir", a-t-il dit, ajoutant qu'une enquête a été ouverte sur ce meurtre dont le mobile n'était pas connu.

14/05/2012

IRIB

 



3  Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

3-1 Total déstabilisé en Libye : Les Américains passent ils à l’offensive ?

Les américains passent-ils à l’offensive pour placer leurs multinationales pétrolières en pôle position en Libye. Les enquêtes déclenchées, récemment, par les autorités libyennes, en étroite collaboration avec la Securities and Exchange Commission (SEC) et la Foreign Corrupt Practices Act (FCPA), loi américaine anti corruption, .nous amène à nous interroger sur les raisons profondes de ces investigations ainsi qu’à l’utilisation par les États Unis de ces dispositifs juridiques.

MF

 2 

C’est en parcourant le quatrième rapport stratégique sur les exportations américaines (The national export strategy (trade promotion coordinating committee), Washington DC, Octobre 1997), que nous trouverons en partie la réponse à nos interrogations. En effet, celui-ci nous indique clairement que « la corruption était un frein au développement du commerce américain, et un obstacle à l’obtention de contrats publics par les entreprises américaines dans des situations de concurrence. »
Il s’agit bien de concurrence en Libye et celle-ci est à son paroxysme. A la fin de la guerre et la chute du régime de Kadhafi, les analystes et spécialistes du secteur pétrolier estimaient que les entreprises Total et Eni émergeraient comme les grands gagnants de la redistribution des cartes en Libye, du fait du fort soutien dont ont fait preuve Paris et Rome à l’égard des rebelles. Mais la fin du régime de Kadhafi a fait renaître des factions tribales rivales dont les intérêts divergents relèvent de la territorialité. Pour Total, Eni, Marathon Oil, Exxon, .présentes dans le pays, il ne s’agit plus seulement d’une guerre économique mais d’une concurrence territoriale.
En sachant qu’avant la guerre, la Libye, exportait 80% de son pétrole vers l’Europe 11% vers la Chine et seulement 3% vers les Etats-Unis, on comprend le souci des américains à se redéployer sur ces territoires. A cet effet, le FCPA serait il un facteur de déstabilisation des entreprises pétrolières concurrentes aux multinationales américaines. ? Cotées au NYSE (New York Stock Exchange) depuis 1991 l’entreprise Total, à l’instar d’Alcatel Lucent en 2010, serait il la cible des autorités américaines A regarder de plus près, le Foreign Corrupt Practices Act (FCPA), exclut de son champs d’application, les filiales étrangères des sociétés américaines. Ce qui donne toute la latitude à ces entreprises de contourner cette mesure anti corruption. Par ailleurs, le prolongement de cette loi au travers de la convention de l’OCDE (1999), «perçue par le grand public comme une avancée dans la lutte contre la corruption», incite à penser, que celle-ci résulte essentiellement d’une instrumentalisation du droit international par les Etats-Unis en vue de procurer à leurs entreprises nationales un important avantage concurrentiel. Situation corroborée par le constat d’échecs à répétition d’acteurs européens, et notamment d’industriels français, sur des contrats internationaux. Dans une interview donnée au Herald Tribune, James Woolsey, ancien Directeur de la CIA, a admis que le dispositif de renseignement américain surveille les entreprises étrangères, et notamment européennes. Son explication : “Espionner l’Europe est justifié, car ses entreprises ont la fâcheuse tendance à corrompre ». La mise en place d’un système d’alerte aux fraudes pour les entreprises cotées aux Etats-Unis ainsi que pour toutes leurs filiales, quelle que soit leur nationalité a permis le développement de systèmes organisés de délation professionnelle (whisteblowing) dont la maîtrise en terme d’investigation revient essentiellement à des cabinets privés anglo saxon opérant en étroite collaboration avec les organes de répression de la corruption, tant aux Etas unis qu’en Europe.
Pierre angulaire du secteur pétrolier en Libye, l’ancien ministre du pétrole de Kadhafi, exilé à Vienne, a été retrouvé mort noyé dans le Danube, le 30 avril dernier. Il serait logique de penser que celui-ci, en tant que témoin, pouvait infirmer ou confirmer les accusations portées sur Total dans le cadre des enquêtes déclenchées par les autorités libyennes et la Securities and Exchange Commission (SEC). La deuxième phase du plan américain de redéploiement en Libye et dans les pays subsahariens sonnerait t’elle le glas des compagnies pétrolière européennes au travers d’une politique de répression de la corruption n’ayant pour finalité que de servir les intérêts nationaux américains ?

24 Mai

http://www.knowckers.org/2012/05/total-destabilise-en-libye-les-americains-passent-ils-a-l%E2%80%99offensive/

 


3-2 almanar.com : Nicolas Sarkozy a pris 100 millions de dollars à l'ex-leader libyen.

SELON LE PRESIDENT BIELORUSSE LOUKACHENKO, SARKOZY A EMPOCHE 100 MILLIONS DE DOLLARS REMIS PAR KADHAFI POUR FINANCER SA CAMPAGNE ET NOUS PLUMER ENSUITE

Le président sortant français Nicolas Sarkozy a pris 100 millions de dollars à l'ex-leader libyen Mouamsmar Kadhafi pour le financement de sa campagne présidentielle de 2007, a déclaré mardi à Minsk le président biélorusse Alexandre Loukachenko.

"D'après ce que M.Kadhafi m'a dit lui-même lors de sa visite (à Minsk), M.Sarkozy a bénéficié d'un financement à hauteur de 100 millions de dollars, et non de 50 millions de dollars, pour sa campagne électorale de 2007", a indiqué M.Loukachenko dans un message adressé au peuple et au parlement du pays.

Nicolas Sarkozy, qui a perdu l'élection présidentielle 2012 face au socialiste François Hollande, quittera son poste à la mi-mai. Selon le bilan officiel de l'élection, il a recueilli 48,38% des voix contre 51,62% pour Hollande.

Les documents qui prouveraient que les autorités libyennes avaient financé la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 sont au centre d'attention des médias français depuis un mois. M.Sarkozy a démenti ces allégations.

Mercredi 9 mai 2012

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=63229&cid=19&fromval=1&frid=19&seccatid=26&s1=1


publié sur La Voix de la Libye.com

Nous, anti-colonialistes , amis des la Jamarihiya et soutiens des Etats-Unis d'Afrique avons contribué à donner un grand coup de pied à celui qui avec son compère sioniste BHL, a détruit la Libye et déstabilisé tout le Sahel.  Ce qui ne veut surtout pas dire que nous allons donner un chèque en blanc à Hollande. N'oublions pas que Martine Aubry secrétaire nationale du PS avait félicité Sarkozy pour son action meurtrière contre le peuple libyen. Je ne crois pas que Hollande soit différent de Sarkozy. Mais nous pouvons toujours lui promettre que nous pourrons recommencer, s'il continue la politique coloniale et néfaste de cette "France-Afrique" (France à fric) de son prédécesseur.

Ginette

3-3 Devenu orphelin, le CNT Libyen rend hommage à Sarkozy . 

Le Conseil national de transition (CNT) au pouvoir en Libye, qui a cru jusqu’au bout en la victoire de Sarkozy, est devenu le 6 mai au soir orphelin, tout comme l’armée syrienne libre (ASL). Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, le CNT a rendu hommage aujourd’hui au rôle de la France de Nicolas Sarkozy en Libye.

« Au moment où nous louons le rôle de la France représentée en la personne de Nicolas Sarkozy, dans son soutien moral et matériel à la révolution libyenne (…), nous présentons nos félicitations au président élu François Hollande », a indiqué à l’AFP le porte-parole du CNT, Mohamed Harizi lisant un communiqué.

Pour rappel, La France, avec Nicolas Sarkozy et Bernard Henry Lévy, a été le fer de lance du coup d’état international mené par l’Alliance atlantique pour porter au pouvoir les islamistes libyens, en lançant une campagne médiatique mensongère sans précédent, usant et abusant de contrevérités et d’autres artifices de propagande, en détruisant le pays par des bombardements massifs, en tuant des milliers de personnes, en faisant fuir de Libye des centaines de milliers de travailleurs étrangers, en aidant à l’assassinat et au lynchage à mort du défunt Mouammar Kadhafi et enfin en déstabilisant toute la région.

Des accusations sur un financement libyen de la campagne de M. Sarkozy en 2007, lancées en 2011 par le fils du colonel Kadhafi, Seïf Al-Islam, ont par ailleurs resurgi au cours de la campagne électorale Française.

07/05/2012

 http://www.algerie1.com/actualite/devenu-orphelin-le-cnt-libyen-rend-hommage-a-sarkozy/ 


3-4 Sarkozy-Kadhafi: la preuve du financement.

Comment peut-on accepter ça ?

Comment peut-on faire assassiner celui qui vous a reçu à sa table ?

Comment peut-on faire assassiner quelqu’un qui a financé votre campagne électorale ? A gerber. Cet article était à la base payant, et c’est grâce au site WikiStrike, que Médiapart a jugé bon de laisser l’accès libre. Bonne idée ! (Allain Jules)

Le régime de Mouammar Kadhafi a bien décidé de financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Mediapart a retrouvé un document officiel libyen qui le prouve. Cette note issue des archives des services secrets a été rédigée il y a plus de cinq ans. L’en-tête et le blason vert de la Jamahiriya préimprimés s’effacent d’ailleurs légèrement. Ce document, avec d’autres, a échappé aux destructions de l’offensive militaire occidentale. D’anciens hauts responsables du pays, aujourd’hui dans la clandestinité, ont accepté de le communiquer à Mediapart ces tout derniers jours.

Dès 2006, le régime libyen avait choisi « d’appuyer la campagne électorale» de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007, et ce pour un « montant de cinquante millions d’euros » : c’est ce qu’indique en toutes lettres cette note datée du 10 décembre 2006, signée par Moussa Koussa, l’ancien chef des services de renseignements extérieurs de la Libye.

Un accord « sur le montant et les modes de versement » aurait été validé quelques mois plus tôt par Brice Hortefeux, alors ministre délégué aux collectivités locales, en présence de l’homme d’affaires Ziad Takieddine, qui a introduit dès 2005 en Libye les proches du ministre de l’intérieur, notamment Claude Guéant, et Nicolas Sarkozy lui-même. Le directeur de cabinet de Mouammar Kadhafi, Bachir Saleh, alors à la tête du Libyan African Portfolio (LAP, soit l’un des fonds d’investissement financier du régime libyen), aurait de son côté été chargé de superviser les paiements.

« Mon client n’était pas présent à la réunion indiquée dans le document, nous a indiqué Me Samia Maktouf, l’avocate de M. Takieddine. En revanche, il pense que ce document est crédible, vu la date et les personnes qui apparaissent dans ce document outre lui-même. »

« Ce document prouve qu’on est en présence d’une affaire d’Etat, que ces 50 millions d’euros aient été versés ou non, a lui-même commenté M. Takieddine, rencontré par Mediapart vendredi 27 avril. L’enquête sera difficile parce que beaucoup d’intervenants sont morts pendant la guerre en Libye, mais c’est déjà important de rendre public ce document ». Cette réponse de Ziad Takieddine – malgré son hostilité exprimée de multiples fois à notre égard – est celle d’un acteur clé de la lune de miel franco-libyenne, qui a secrètement conseillé Claude Guéant jusqu’à la veille de la guerre, comme en attestent de nombreuses notes publiées par Mediapart.

L’une d’entre elles, rédigée le 6 septembre 2005 par Ziad Takieddine et adressée à Claude Guéant, affirmait ainsi que certains pourparlers franco-libyens devaient« revêtir un caractère secret ». « L’autre avantage : plus d’aise pour évoquer l’autre sujet important, de la manière la plus directe…», précisait le document, mystérieusement.

L’élément nouveau que nous publions aujourd’hui vient désormais confirmer les accusations portées par les principaux dirigeants libyens eux-mêmes peu avant le déclenchement de la guerre sous l’impulsion de la France, en mars 2011. Mouammar Kadhafi, son fils Saïf al-Islam et un ancien chef des services secrets, Abdallah Senoussi, avaient en effet tous trois affirmé publiquement détenir des preuves d’un financement occulte du président français. La découverte de la note de M. Koussa exige désormais que s’engagent des investigations officielles – qu’elles soient judiciaires, policières ou parlementaires – sur cet épisode sombre et occulte des relations franco-libyennes.

La face cachée de l’arrivée de Nicolas Sarkozy sur la scène libyenne, en 2005, puis en 2007, apparaissait déjà en filigrane dans le dossier des ventes d’armes à l’Arabie Saoudite et au Pakistan instruit par les juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire, en particulier à travers l’activité de lobbying déployée par M. Takieddine en faveur de l’ancien ministre de l’intérieur auprès de Tripoli. Or l’enquête entre leurs mains vient d’être élargie par un réquisitoire supplétif, le 5 avril dernier, à tous les faits de blanchiment présumés apparus jusqu’à ce jour.

Les investigations visent l’intermédiaire, mais aussi plusieurs proches du chef de l’Etat, Thierry Gaubert, Brice Hortefeux, Nicolas Bazire ou encore plus indirectement Jean-François Copé. Echappée des secrets de la dictature déchue, la note décisive que nous reproduisons ci-dessus –  et dont la traduction intégrale est sous l’onglet Prolonger — vient en outre confirmer les propos de l’ancien médecin de M. Takieddine, qui avait suivi alors les déplacements de l’homme d’affaires, notamment en Libye, et avait rapporté des projets de financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy par la Libye.

Selon des connaisseurs du régime libyen à qui nous l’avons soumis, ce document, dont le signataire et le destinataire appartenaient au premier cercle de Kadhafi, est conforme, jusque dans son style, aux habitudes bureaucratiques du régime. Outre celle du calendrier grégorien, la deuxième date qui y figure conforte son authenticité: elle n’est pas celle du calendrier musulman habituel, mais de celui imposé par le dictateur, qui part de l’année du décès du prophète Mahomet, l’an 632.

Un document authentique, selon Ziad Takieddine

Depuis plusieurs mois, nous avons entrepris des recherches pour retrouver des dépositaires d’archives du régime déchu, en rencontrant à Paris et à l’étranger plusieurs représentants de factions libyennes, dont certaines avaient conservé des documents et d’autres s’en étaient emparé, en marge des affrontements armés. Ainsi, Mediapart a publié ici, dès le 10 avril dernier, des documents des services spéciaux libyens demandant des mesures de surveillance d’opposants toubous domiciliés en France.

Le document décisif que nous publions aujourd’hui, sous la signature de Moussa Koussa, a été adressé, le 10 décembre 2006, à un ancien homme clé du régime libyen, Bachir Saleh, surnommé le « caissier de Kadhafi ». Directeur de cabinet du “guide” déchu, M. Saleh était aussi le responsable du Libyan African Portfolio (LAP), le puissant fonds souverain libyen crédité de plus de 40 milliards de dollars. Sous l’ère Kadhafi, le LAP a servi à d’innombrables opérations d’investissement. Certaines avouables (tourisme, pétrole, agriculture, télécommunications…). Et d’autres moins, comme l’ont confirmé plusieurs sources libyennes concordantes. Contacté sur son numéro de téléphone portable français, M. Saleh n’a pas donné suite à nos sollicitations.

Connu pour avoir été l’un des plus proches collaborateurs de Mouammar Kadhafi et le mentor de deux de ses fils (Motassem et Saïf al-Islam), Moussa Koussa a quant à lui été le patron pendant plus de quinze ans, entre 1994-2011, des services secrets extérieurs libyens (l’équivalent de la DGSE française), avant de devenir le ministre des affaires étrangères de la Libye.

Notons que l’auteur de cette note et son destinataire ont vécu, à l’heure de la chute du régime Kadhafi, des destins similaires. Moussa Koussa vit actuellement au Qatar, sous protection, après avoir fui la Libye en guerre, en mars 2011, ralliant d’abord Londres, puis quelques semaines plus tard Doha. Bachir Saleh, emprisonné brièvement par les rebelles du Conseil national de transition (CNT) avant d’être relâché en août dernier, a été exfiltré et accueilli par les Français. Comme l’a rapporté Le Canard enchaîné, lui et sa famille bénéficient toujours de la protection des autorités françaises qui leur ont accordé un titre de séjour provisoire.

Les deux paragraphes écrits par Moussa Koussa sont sans équivoque sur le sujet explosif abordé. «En référence aux instructions émises par le bureau de liaison du comité populaire général concernant l’approbation d’appuyer la campagne électorale du candidat aux élections présidentielles, Monsieur Nicolas Sarkozy, pour un montant d’une valeur de cinquante millions d’euros », peut-on d’abord y lire. Puis M. Koussa affirme transmettre et confirmer « l’accord de principe sur le sujet cité ci-dessus ». Le montant pharaonique promis par les Libyens est à rapprocher des 20 millions d’euros officiellement dépensés par Nicolas Sarkozy lors de sa campagne présidentielle de 2007.

L’ancien chef des services secrets extérieurs de Mouammar Kadhafi ajoute dans sa note que l’accord évoqué est formulé « après avoir pris connaissance du procès-verbal de la réunion tenue le 6. 10. 2006, à laquelle ont participé de notre côté le directeur des services de renseignements libyens (Abdallah Senoussi, ndlr) et le président du Fonds Libyen des investissements africains (Bachir Saleh, ndlr), et du côté français Monsieur Brice Hortefeux et Monsieur Ziad Takieddine ». Ce serait « au cours » de cette entrevue qu’« un accord a été conclu pour déterminer le montant et le mode de paiement ». Le document ne précise cependant pas le lieu de cette réunion, qui s’est tenue un an jour pour jour après une visite de Nicolas Sarkozy en Libye.

Ziad Takieddine, rencontré par Mediapart en présence de ses avocats, vendredi 27 avril, n’a pas contesté l’authenticité du document que nous lui avons présenté, tout en précisant comme Me Samia Maktouf, son avocate, qu’il n’avait pas été présent, le jour indiqué, à cette réunion.

« Je n’ai pas assisté à cette réunion, mais elle a certainement pu avoir lieu, nous a indiqué M. Takieddine. Votre document reflète un accord signé par Moussa Koussa pour soutenir la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, et Brice Hortefeux a été effectivement là-bas à cette date ainsi qu’à d’autres dates, ça, c’est sûr. M. Moussa Koussa et les autres personnes citées étaient effectivement des relais avec la France ».

Selon M. Takieddine, Claude Guéant, l’ancien directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, et « son correspondant en matière de renseignement d’Etat », Bernard Squarcini, étaient parallèlement en lien étroit avec M. Koussa. « Cela se passait nécessairement en secret, vu la sensibilité des relations entre les services de renseignement », précise-t-il, tout en confirmant l’implication, côté libyen, de Béchir Saleh, comme représentant du LAP, et Abdallah Senoussi lui-même « dans les relations de la Libye avec la France ».

« J’ai les éléments et je n’hésiterai pas à les sortir »

Les relevés des voyages de M. Takieddine, dont la justice française détient la copie depuis plusieurs mois, montrent toutefois que l’homme d’affaires était à Tripoli le 9 décembre 2006, soit la veille de la rédaction de la note de Moussa Koussa. Il était également en Libye quelques jours plus tôt, les 20 et 21 novembre.

Dans une entretien accordé le 25 avril à l’hebdomadaire Jeune Afrique, M. Takieddine déclare avoir été informé en mars 2011 par Saif al-Islam Kadhafi de l’existence d’un « versement d’argent » pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

« Lors de ma dernière rencontre avec Seif al-Islam que j’ai interrogé, il m’avait bien dit: “J’ai les éléments et je n’hésiterai pas à les sortir”, explique M. Takieddine à Mediapart. En réalité, il ne pensait pas que Nicolas Sarkozy irait jusqu’au bout. On peut penser que c’est pour cette raison que le système a protégé Bachir Saleh (exfiltration et production d’un passeport diplomatique) et qu’ils ont essayé par tous les moyens de tuer Saif al-Islam qui a été à l’origine de ces révélations. Par ailleurs, cela explique l’accueil que Monsieur Claude Guéant m’a réservé dès mon retour de Libye, en m’arrêtant à l’aéroport (ndlr, le 5 mars 2011), car il pouvait penser que j’étais moi-même en possession de ces documents, pour pouvoir les subtiliser. »

Ce n’est pas la première fois que le nom de Brice Hortefeux est associé à l’arrière-plan financier des relations franco-libyennes. Mais le haut responsable de l’UMP, intime de Nicolas Sarkozy, a toujours démenti. « Je n’ai jamais rencontré Moussa Koussa et Bachir Saleh, a déclaré M. Hortefeux à Mediapart, le 27 avril. J’ai déjà rencontré Abdallah Senoussi, qui connaissait beaucoup de monde, mais nous n’avons jamais de discussion sur un financement électoral. Je suis allé en Libye une seule fois dans ma vie, en 2005. J’oppose donc un démenti catégorique et vérifiable ».

Comme Mediapart l’avait rapporté, les confessions de l’ancien médecin de M. Takieddine, couchées sur papier le 20 décembre 2006 par le directeur d’une société de renseignements privés suisse, Jean-Charles Brisard, évoquaient déjà le nom de M. Hortefeux dans un schéma de financement de la campagne de Nicolas Sarkozy par la Libye en 2007. En des termes plus télégraphiques : « MODALITES FIN CAMPAGNE NS », « FIN LIB 50 ME », « MONTAGE INCLUT SOC BH PAN + BANQUE SUISSE (ND) » et « FIN CAMPAGNE TOTALEMENT REGLE ». Le mémo Brisard avançait aussi le chiffre de 50 millions d’euros affectés à la campagne de M. Sarkozy.

« C’est grotesque », avait réagi Nicolas Sarkozy sur le plateau de TF1, le 12 mars dernier. « S’il (Kadhafi, ndlr) l’avait financée (la campagne, ndlr), je n’aurais pas été très reconnaissant », avait ironisé le président-candidat, en référence à l’intervention militaire française en Libye. Contacté vendredi 27 avril, l’Elysée n’a pas souhaité faire de nouveaux commentaires.

L’actuel ministre de l’intérieur français, Claude Guéant, directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy place Beauvau, en 2006, a lui même admis ses contacts répétés avec Moussa Koussa, début 2007, devant la commission d’enquête parlementaire sur la libération des infirmières bulgares. La sollicitude de la France vis-à-vis de Bachir Saleh pourrait aujourd’hui trouver son explication par sa connaissance des lourds secrets franco-libyens. Et des circuits financiers qu’il a lui même supervisés.

Quant à Abdallah Senoussi, également cité dans la note de décembre 2006, comme ayant participé aux réunions préparatoires avec Brice Hortefeux, au sujet du financement de la campagne électorale de 2007, il aurait été arrêté il y a quelques semaines en Mauritanie, mais aucune image n’est venue confirmer une telle affirmation. Il est réclamé par la Libye, mais également par la Cour pénale internationale (CPI), et la France, ayant été condamné par contumace à Paris dans l’affaire de l’attentat contre le DC-10 d’UTA.

Une chose est en revanche certaine : les forces de l’Otan ont bombardé le 19 août 2011, à 5 heures du matin, la maison d’Abdallah Senoussi, située dans le quartier résidentiel de Gharghour, à Tripoli. Un cuisinier indien avait trouvé la mort dans le raid et une école avait été détruite. « C’est un quartier résidentiel. Pourquoi l’Otan bombarde ce site ? Il n’y a pas de militaires ici », avait alors dénoncé un voisin, Faouzia Ali, cité par l’Agence France Presse.

La réponse se trouve peut-être dans les secrets qui lient M. Senoussi à la France. « C’est le principal témoin de la corruption financière et des accords qui ont impliqué de nombreux dirigeants et pays, dont la France », a affirmé en mars dernier à l’agence Reuters une source « haut placée dans le renseignement arabe ».

Depuis près de dix mois, Mediapart enquête sur les secrets libyens de Nicolas Sarkozy, de son élection en 2007 comme de sa présidence depuis. Cet article s’inscrit dans ces investigations au long cours, confirmant leur légimité et leur gravité (lire nos autres explications ici).

Nous avons compris l’ampleur de ces secrets libyens au seuil de l’été 2011 avec les documents Takieddine, découverts au cours de nos investigations sur l’affaire Karachi. Cette affaire met en cause les financements illégaux de la campagne présidentielle menée en 1995 par Edouard Balladur avec pour bras droit Nicolas Sarkozy. Or ce dossier a révélé le rôle central dans le premier cercle de Nicolas Sarkozy, depuis ces années-là jusqu’aux lendemains de son élection en 2007, de Ziad Takieddine, intermédiaire financier jusqu’alors pratiquement inconnu, ayant fait fortune dans les ventes d’armes.

Issus des archives personnelles de M. Takieddine, les documents dont nous avons commencé la publication en juillet 2011 ont prouvé que, dans les années qui ont précédé son élection en 2007, Nicolas Sarkozy et son entourage avaient tissé des liens de proximité et entretenu des relations suivies avec le régime libyen de Mouammar Kadhafi. Les enjeux financiers de ces fréquentations sont explicites dans les documents que nous avons révélés et la reconnaissance officielle accordée, fin 2007, en grande pompe par le nouveau président français au dictateur libyen y apparaît comme un remerciement pour services rendus.

Tel est le contexte de l’enquête qui, aujourd’hui, aboutit avec la découverte par Mediapart d’un exceptionnel document libyen dont Ziad Takieddine lui-même, auquel nous l’avons soumis vendredi 27 avril, affirme qu’il est authentique. La révélation de ce document exige que toute la lumière soit faite sur son contenu, tant il conforte le soupçon d’une immense affaire d’Etat: le financement, pour des montants faramineux, de la campagne électorale de l’actuel président de la République française par un Etat étranger, qui plus est dictatorial. Que la France soit, depuis, militairement intervenue pour renverser cette dictature ne fait qu’alourdir ce soupçon.

Note signée Moussa Koussa:

Traduction de la note.

Jamahirya arabe libyenne populaire glorieuse « Pas de démocratie sans conférence populaire » 

Date : 10. 12. 2006 

Correspondant à : 10. 12. 1375 

N° 1917 68 P 

Service de la sécurité extérieure 

Frère / Président du Fonds libyen des investissements africains 

Que la paix soit sur vous… 

En référence aux instructions émises par le bureau de liaison du comité populaire général concernant l’approbation d’appuyer la campagne électorale du candidat aux élections présidentielles, Monsieur /Nicolas Sarkozy, pour un montant d’une valeur de cinquante millions d’euros. 

Nous vous confirmons l’accord de principe quant au sujet cité ci-dessus, et ce après avoir pris connaissance du procès-verbal de la réunion tenue le 6. 10. 2006, à laquelle ont participé de notre côté le directeur des services de renseignements libyens, et le président du Fonds libyen des investissements africains, et du côté français, Monsieur /Brice Hortefeux, et Monsieur /Ziad Takieddine, et au cours de laquelle un accord a été conclu pour déterminer le montant et le mode de paiement.

Que la paix soit sur vous et la miséricorde de Dieu et ses bénédictions… 

Moussa Imuhamad  Koussa 

Chef du service de la sécurité extérieure

Source: Médiapart

Publié le28 avril 2012


3-5 Jacques.tourtaux : L'ex-patron du contre-espionnage français: Sarkozy est responsable du chaos en Libye et au Mali.

Ex-directeur de la DST : Sarkozy est responsable du chaos en Libye et au Mali

L’ancien directeur de la Direction de la surveillance du territoire (DST), un service de renseignements du ministère de l'Intérieur, Yves Bonnet, a accusé  le président Nicolas Sarkozy d’être responsable «  du chaos en Libye, au Mali », soulignant que " le manque de confiance entre l'Algérie et la France a aggravé la situation dans la région de la côte de l'Afrique ".
> Dans  une interview accordée au quotidien  algérien alAkhbar, Bonnet a jugé que "l’Afrique fait l’objet de perturbations sécuritaires de plus en plus dangereuses en raison du chaos provoqué en Libye, et dont  les parties responsables sont bien connues à savoir  l'OTAN et la France. Or, ces derniers n’ont pas tenu compte de quelque chose de grave, celui de  réfléchir sur les résultats d’une intervention dans les affaires d'un Etat quel que soit la nature de son régime".
> Il a souligné qu’ "en politique, il est impératif de s'assurer que le règlement que nous cherchons dans une quelconque situation esera de loin meilleur que la situation elle-même, autrement dit  dans le cas de la Libye, je pense que la situation d’avant était bien meilleure que celle d’aujourd'hui."
> Directeur du DST entre 1982 et 1985, Yves Bonnet connaît bien la Libye et les Libyens, c’est pour cela il affirme que "la Libye était un pays bien géré et a réalisé des progrès sociaux importants, voire que  les Libyens étaient parmi les peuples les plus riches du Maghreb et maîtrisaient l’art de bien traiter avec autrui, sans compter qu’ils baignaient dans la paix et la sécurité, et donc  la situation qui leur a été imposée est tout à fait différente de ce qu’elle était auparavant".
> Et de poursuivre :"qu’au cours de sa visite l’an dernier à Benghazi et à Tripoli, durant laquelle il était accompagné par les membres d’un centre qui s’intéresse aux questions sécuritaires, nous avons exprimé de sérieuses préoccupations envers l'extrémisme islamique croissant et mis en garde contre la fragmentation de l'Etat ".
> Yves Bonnet a accusé "le gouvernement du président Nicolas Sarkozy et l'OTAN d’avoir entraîné la Libye dans un chaos et une perturbation sans précédent ", soulignant que "ces deux parties savaient parfaitement la taille des conflits tribaux là-bas et ses conséquences dans le cas où le pays sortait de sa stabilité".
> Pour ce qui est du Mali, l’ancien DST a mis en garde contre la présence d’Al-Qaïda en Lybie: "Nul doute que certaines parties en Libye sont contrôlées par Al-Qaïda, or cette dernière a implanté un homme dans une région vitale, ce qui est dangereux non seulement pour la Libye, mais pour tous les pays dans la région" !  
> Interrogé sur la nécessité d’une intervention militaire étrangère au Mali pour résoudre la crise, Bonnet n’a pas exclu cette option mais ne l’a point encouragée en raison de la gravité de ses conséquences, surtout que « les pays dans la région du Sahel sont confrontées à des situations  de plus en plus difficiles,  et que cette région est une zone de confluence des civilisations, ainsi la civilisation bédouine et celle des nomades autochtone n'ont pas réussi à trouver un état d'harmonie ».
> Enfin, l’ex-DST a mis en garde contre une marginalisation du rôle de l’Algérie : « La plus grande erreur qu’a commis la France, c’est qu’elle a oublié que  Algérie est aussi un Etat du désert du Sud, et donc un partenaire incontournable ».
> "On peut trouver des solutions aux problèmes de la région sous influence française, en créant une entente ou un accord entre l'Algérie et la France, sans que cela n’évolue en un problème plus complexe, surtout si les deux pays n’ont pas confiance l’un dans l’autre. Malheureusement, la France n’a pas confiance en l'Algérie, et non l’Algérie", a ajouté Yves Bonnet .
http://jacques.tourtaux.over-blog.com.over-blog.com/



4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

4-1 L’avocat de Baghdadi réplique : l’extradition de Baghdadi est un scandale et un comportement illégal 
L’avocat du dernier Premier ministre libyen sous le régime de Kadhafi, a critiqué hier la décision du gouvernement tunisien d’extrader son client vers la Libye.
Contacté par nos soins, Al Bachir Al Sayed a manifesté son regret après les déclarations faites par le ministre tunisien de la Justice, Noureddine Bhiri, à Reuters, selon lesquelles, son client, Baghdadi Mahmoudi, sera extradé vers la Libye, dont la date n’est pas encore fixée.
Il est à noter que le ministre tunisien de la Justice insiste sur le fait que l’extradition du dernier Premier ministre libyen ne se fait sauf si la Libye fournit les garanties d'un procès équitable.
L’avocat tunisien de Mahoudi, Me Béchir Essid, a qualifié la décision d'extradition de son client d’ « injuste et d’illogique ». « De nombreux défenseurs des droits de l’Homme, d’avocats en Tunisie et ailleurs et moi dénonçons et refusons fermement l’extradition de Baghdadi Mahmoudi ». « Si jamais la Tunisie extrade effectivement en Libye mon client, elle transgressera une règle d’or selon laquelle aucun pays du Maghreb n’a, jusqu’ici, osé extrader un réfugié politique originaire de la région », a-t-il commenté.
Il a cité, à ce sujet, le cas du père youssefiste de l’actuel président provisoire de la république Mohamed Moncef Marzouki qui s’était réfugié au Maroc et que le roi HASSAN II avait refusé l’extradition, le cas du défunt Mohamed M’zali, ancien premier ministre de Bourguiba qui avait demandé refuge en Algérie, pays qui a refusé à son tour de l’extrader et le cas du commandant Mehichi (libye) qui s’était réfugié en Tunisie et dont l’extradition a été rejetée. Me Béchir a en outre salué le geste de l’Algérie d’avoir préservé cette règle d’or du Maghreb en refusant d’extrader la famille de Mouammar Kadhafi qui s’est réfugiée dans ses territoires.
Me Béchir Essid a affirmé que les raisons n’autorisant pas l’extradition de son client son disponibles. Selon lui, « la Constitution et la loi tunisiens interdisent l’extradition des personnes politiques ou des personnes à des fins politiques, tout comme les conventions judiciaires conclues entre Tunis et Tripoli ainsi que le droit international, notamment si l’extradition s’effectuera vers un pays qui ne fournit pas des garanties d’un procès équitable.
L'avocat de Mahmoudi a aussi appelé l’opinion publique tunisienne, les organisations humanitaires, les défenseurs des droits de l’Homme ainsi que les syndicats à agir afin d’empêcher ce qu’il qualifie de « scandale » de se produire.
« Comment a-t-on pris une telle décision alors que l’ex-président par intérim tunisien Fouad Mebazaa avait refusé de signer le décret d’extradition de Mahmoudi? Comment le pouvoir actuel a-t-il rouvert le dossier déjà classé par Mebazaa ? », s’est-il interrogé.
Il convient de rappeler également, à ce sujet, que le ministre tunisien de la Justice, Noureddine Bhiri avait annoncé mardi que Mahmoudi Baghdadi sera extradé à la Libye, laquelle s’engage à respecter son intégrité morale et physique et lui garantissant un procès équitable.

24/05/2012  

 http://www.echoroukonline.com/ara/articles/130068.html



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

5-1 Ex-rebelles libyens et insurgés syriens sur le tapis rouge aux côtés de BHL . 

Pour symboliser le passage du flambeau de la Liberté entre ex-rebelles libyens et insurgés syriens en guerre, Bernard-Henri Lévy est venu accompagné, vendredi à Cannes, par des vétérans libyens et deux opposants clandestins au régime de Damas.
L'écrivain-philosophe avait prévu et annoncé que des invités libyens, rencontrés l'an dernier pendant les combats, fouleraient à ses côtés le tapis rouge pour la projection de son documentaire présenté en sélection officielle (séance spéciale), Le serment de Tobrouk.
Outre ces ex-rebelles, aujourd'hui membres de la nouvelle élite libyenne, deux Syriens sont clandestinement sortis de leur pays, via des pays limitrophes pour monter les marches vendredi soir aux côtés de l'équipe du film.
Par crainte de représailles contre leurs familles, ils ont demandé à conserver l'anonymat et sont apparus masqués vendredi en conférence de presse à Cannes, visage et tête dissimulés sous d'épaisses lunettes noires et des drapeaux de la Syrie libre.
Ils étaient en Syrie il y a encore quelques heures, ils sont sortis clandestinement (...) et ont pris des risques insensés pour être avec nous ce soir, a déclaré BHL.
L'écrivain a appelé les spectateurs à regarder Le serment de Tobrouk, documentaire personnel, donc subjectif comme un film de cinéma doit l'être. Mais je vous demande aussi de le voir avec un regard à double foyer: le regard d'une guerre gagnée et le regard d'une tragédie en cours, a-t-il ajouté.
Jeudi après-midi, c'est derrière les rideaux tirés d'un bureau parisien, au rez-de-chaussée d'un immeuble d'un quartier chic, que Libyens et Syriens avaient fait connaissance, en présence d'un reporter de l'AFP.
En arabe, Suliman Fortia, l'un des héros du bastion rebelle libyen de Misrata, a expliqué aux deux Syriens que Bernard-Henri Levy a été le premier à être venu en Libye. Ce qui s'est passé l'a été grâce à lui, car il connaissait Sarkozy.
Je vous souhaite la même chose. Bachar est un tyran comme Assad, il faut le faire tomber... Ma famille a lutté pendant trente-six ans, il faut avoir du courage.
En anglais, langue que certains d'entre eux comprennent, BHL a lancé: Aux Jeux Olympiques, il y a quelque chose qui s'appelle le passage du flambeau. J'aimerais que demain, à Cannes, vous passiez le flambeau de ce que vous avez fait à nos amis syriens. C'est le sens de notre rencontre. Vous avez la flamme de la liberté, vous la passerez à nos frères syriens.

L'un des deux Syriens, désormais officier dans l'un des groupes rebelles, ému aux larmes, est alors sorti de la pièce. Avant de revenir pour que, sur un écran de télévision, tout le monde visionne le Serment de Tobrouk.

25/05/2012

http://www.lorientlejour.com/category/Derni%C3%A8res+Infos/article/760706/Ex-rebelles_libyens_et_insurges_syriens_sur_le_tapis_rouge_aux_cotes_de_BHL.html

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Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


Ouvrir carte de Libye ? cliquer surhttp://maps.google.be/maps?hl=fr&xhr=t&q=carte+de+libye&cp=12&bav=on.2,or.r_gc.r_pw.&biw=1016&bih=559&wrapid=tljp1314001217203022&um=1&ie=UTF-8&hq=&hnear=0x13a892d98ece010d:0xfa076041c7f9c22a,Libye&gl=be&ei=ihFSTrDpNqP24QSK-ICvDQ&sa=X&oi=geocode_result&ct=image&resnum=1&sqi=2&ved=0CCYQ8gEwAA




 

 

 

 

 

 

 

25/05/2012

Syrie : Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion - Les observateurs reconnaissent la présence de terroristes


Syrie : Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion  -  Les observateurs reconnaissent la présence de terroristes.

 



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Syrie : Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

n°53                             24-05

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier Syrie :Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage1" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.


Sommaire : 

Les observateurs reconnaissent la présence de terroristes.

Elwatan : Alors que les violences se poursuivent dans plusieurs villes ... Washington coordonne les livraisons d’armes aux rebelles syriens.

Aoun: Tous ceux qui avaient soutenu Israël lors de son agression contre le Liban appuient à présent l'offensive contre la Syrie.

Soraya Hélou ; Les masques sont tombés...

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Capitaine Martin : Gregorios III : « une dictature de la presse sur la crise syrienne ».

2 Les brèves

2-1Bahar Kimyongur : Acte de censure de l’AKP dans le dossier syrien.

2-2 Cameron s'est déclaré prêt à envoyer des forces militaires, en Syrie.

2-3 french.ruvr : La France rejette les propositions de conciliation d’Assad.

3  Politique

3-1 Bill Van Auken : Les bombardements terroristes de Damas: du 'Made in USA'.

3-2  IRIB : Guerre nucléaire : Medvedev met en garde.  

3-3 Mondialisation.ca : Le plan des Etats-Unis et de l’Arabie Saoudite pour détruire la Syrie.

3-4 Moscou : Après leur échec en Syrie, certaines puissances s'orientent vers le Liban.

3-5 La Russie dénonce des tentatives de faire dérailler le plan de Kofi Annan en Syrie.  

4 Dossier  

4-1 Assad invite la France à renoncer "aux incitations au chaos".

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

5-1 Ria Novosti :  L’Otan exclut toute intervention. 

5-2 Raid routinier contre Grup Yorum à la veille d’un concert.

6 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

6-1 Un fin observateur de ce qui se passe dans son pays, raconte les atrocités sont perpétrées par l’« armée syrienne libre »

6-2 Giulietto Chiesa : Exercices militaires US à la frontière jordano-syrienne : Mais quel curieux hasard…

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 



Tiré à part :

 



Tiré à part :

Les observateurs reconnaissent la présence de terroristes.

Les observateurs des Nations unies en Syrie reconnaissent la présence de groupes terroristes dans le pays qui empêchent le rétablissement de la paix, a déclaré le secrétaire général adjoint de l'Onu pour les opérations de paix Hervé Ladsous cité mardi par l'agence Xinhua.
"Nous savons qu'il y a des groupes terroristes qui cherchent à obtenir des avantages pour eux-mêmes (…) mais nous devons voir cela comme une question interne à la Syrie, qui doit être traitée entre Syriens ", a annoncé M.Ladsous lors d'un point presse à Damas.
Le président syrien Bachar el-Assad a auparavant déclaré que les groupes extrémistes opérant en Syrie recrutaient des mercenaires étrangers, dont certains appartenaient à la nébuleuse terroriste Al-Qaïda.
Selon M.Ladsous, les observateurs de l'Onu se trouvent actuellement dans six villes syriennes et se rendront prochainement dans quatre autres localités.
Depuis la mi-mars 2011, la Syrie est secouée par un mouvement de contestation du régime en place. Selon l'Onu, la confrontation armée y aurait déjà fait plus de 9.000 morts et quelque 230.000 réfugiés.
L'Occident prône le départ du président el-Assad. Par ailleurs, de nombreux attentats dans le pays démontrent la présence sur le territoire syrien de groupes terroristes organisés.

http://fr.rian.ru/world/20120522/194794156.html


Elwatan : Alors que les violences se poursuivent dans plusieurs villes ... Washington coordonne les livraisons d’armes aux rebelles syriens.

 

...Alors que la révolte syrienne est entrée dans son 15e mois, les combats entre soldats et rebelles se multiplient malgré la présence de plus de 200 observateurs de l’ONU chargés de surveiller un cessez-le-feu proclamé il y a plus d’un mois mais systématiquement violé tous les jours.
De leur côté, les Etats-Unis ont décidé d’aider à coordonner l’arrivée d’armes en Syrie à destination des rebelles. Le Washington Post, citant des responsables américains et étrangers, rapporte que Washington a accru ses liens avec la rébellion et notamment joué un rôle dans la coordination de l’aide étrangère à destination des opposants. «Nous augmentons notre assistance non létale à l’opposition syrienne et continuons à coordonner les efforts avec nos amis et alliés de la région et au-delà pour que ce que nous entreprenons de façon collective ait le plus d’impact possible», selon un haut responsable du département d’Etat. Sur le terrain, au moins 26 personnes ont été tuées hier dans le pays, dont 15 civils   «sommairement exécutées» dans la nuit de mardi à mercredi par les forces du régime syrien lors de l’assaut du quartier Chammas à Homs, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
Parmi ces victimes, l’imam sunnite de la mosquée Abou Horeira, cheikh Merai Zakrit, qui, selon l’ONG, «était aimé de tous, des sunnites et des alaouites et même des chrétiens, il appelait à l’unité nationale». En outre, au moins 11 personnes ont été tuées dans d’autres violences en Syrie : cinq dans la province de Deraa (sud), un civil tué dans le pilonnage de la ville rebelle de Rastane et cinq civils tués par les tirs de l’armée à Khan Cheikhoune, dans la région d’Idleb, selon l’OSDH.
Hier, six observateurs, du Yémen, du Brésil, du Bangladesh, du Danemark, du Maroc et des Pays-Bas, ont été évacués de la ville après y avoir passé la nuit, leur véhicule ayant été «endommagé par l’explosion», selon Abou Hammam.
L’opposition syrienne avait accusé le régime de l’attaque. Il s’agit du deuxième incident grave impliquant des observateurs de l’ONU chargés notamment de surveiller l’application d’un cessez-le-feu. Une mission à laquelle l’armée allemande est prête à envoyer jusqu’à 10 soldats, a annoncé Berlin. La France a condamné de son côté «avec la plus grande vigueur les nouveaux assassinats perpétrés par les forces du régime syrien contre leur propre peuple». Téhéran, principal allié de Damas, a en revanche estimé hier qu’il fallait «donner du temps» au régime pour appliquer le plan de l’émissaire international. Ce dernier avait sommé le gouvernement syrien d’autoriser sans plus tarder l’ONU à porter secours à plus d’un million de Syriens qui en ont besoin.
Par ailleurs, quatre personnes, dont un soldat, ont été blessées hier à Tripoli, la principale ville du nord du Liban, dans de nouveaux affrontements entre partisans et opposants au président syrien, selon un responsable au sein des services de sécurité. Ces affrontements ont fait neuf morts et des dizaines de blessés entre samedi et lundi.

le 17.05.12 | 10h0
http://www.elwatan.com/international/washington-coordonne-les-livraisons-d-armes-aux-rebelles-syriens-17-05-2012-171002_112.php


Aoun: Tous ceux qui avaient soutenu Israël lors de son agression contre le Liban appuient à présent l'offensive contre la Syrie.  

 

 Le chef du blocus de changement et de réforme, Michel Aoun, a affirmé que tous ceux qui avaient soutenu Israël lors de son agression contre la Liban appuient actuellement l'offensive contre la Syrie.
Lors d'une rencontre organisée par le comité des médecins du courant national libre, Aoun a qualifié de "dangereuse" l'étape actuelle du fait des différentes interventions, notamment en Syrie.
Il a affirmé que la dernière visite du sous-secrétaire d'État américain, Jeffrey Feltman, accompagné du membre du Congrès, Joseph Lieberman, à la région de Wadi Khaled et de Akar au Liban, a pour but de préluder à la transformer en passage pour l'agression contre la Syrie.

20/05/2012

 http://www.sana.sy/fra/55/2012/05/19/420015.htm


Soraya Hélou ; Les masques sont tombés...
Mardi 22 mai 2012

 

Ce qui avait été annoncé depuis des mois est en train de se produire. Toutes les mises en garde contre le danger d’entraîner le Liban dans la tourmente syrienne n’ont servi à rien ainsi que les déclarations répétées sur la nécessité de préserver la stabilité du pays. Hélas, certaines parties libanaises n’ont rien compris à 15 ans de guerre civile, ni au jeu des nations. Elles continuent à placer le Liban dans l’œil du cyclone en insistant pour l’entraîner vers la guerre en exploitant à fond la fibre confessionnelle et les événements en Syrie. Si on met ainsi bout à bout les derniers développements sur la scène libanaise, il apparaît clairement que deux objectifs sont ainsi recherchés : vider le Nord des forces légales pour laisser le champ libre à l’opposition syrienne et aux formations extrémistes et entraîner la résistance dans un affrontement interne entre sunnites et chiites pour la discréditer et l’affaiblir. Ce n’est donc pas un hasard si le plan a commencé par prendre Tripoli et le Akkar comme bastion de l’opposition syrienne. Comme l’armée libanaise n’a pas compris le message en continuant à arrêter les convois d’armes et plus récemment le bateau Loutfallah 2 et sa cargaison, il fallait la discréditer aux yeux de la population en la présentant comme une force communautaire et non nationale. Même chose pour la Sûreté générale coupable d’avoir démantelé un réseau présumé d’Al Qaëda et soudainement accusée d’être à la solde du Hezbollah. Mais tout cela ne suffisait pas, d’autant que le Hezbollah n’a pas réagi aux provocations, refusant de se laisser entraîner vers un affrontement sur le terrain. Les instruments du complot ont alors tenté de fermer les routes principales, notamment celles de la Békaa et du Sud vitales pour la résistance. Le Hezbollah n’a toujours pas réagi et la situation reste plus ou moins contrôlée. Mais la confessionnalisation de la sécurité est une arme dangereuse à double tranchant. Si le Courant du Futur et ses alliés extrémistes continuent à attaquer l’armée et la Sûreté générale, cela signifiera que ces deux forces nationales ne pourront plus intervenir sur le terrain dans certaines régions, réduisant ainsi le prestige de l’Etat à une peau de chagrin. Il ne s’agit plus désormais d’une bataille politique pour pousser le Premier ministre à la démission, mais bien d’un complot pour utiliser le Liban comme moyen de pression sur le régime syrien et pour affaiblir l’axe de la résistance. C’est ainsi, que profitant de la tension actuelle, des pays du Golfe se sont empressés d’appeler leurs ressortissants à quitter le Liban ou à ne plus s’y rendre, sachant que cette carte est de la plus haute importance pour le Premier ministre et pour el Liban en général, à la veille de la saison estivale.

Un malheur ne venant jamais seul, les combats de dimanche soir à Tarik jdidé ont montré aux Libanais que le spectre de la guerre civile est de plus en plus présent dans leur quotidien et les armes sont apparues au grand jour entre toutes les mains. Quelque part, c’est aussi la preuve que tous ceux qui menaient campagne contre les armes de la résistance possédaient chez eux des arsenaux non négligeables et étaient prêts à les utiliser contre leurs compatriotes. Le fameux argument de « la menace des armes » brandi depuis des années par le 14 mars est bel et bien tombé, dévoilant le gros mensonge qui a pu tromper les gens tout au long des années précédentes, sur l’existence d’une partie civile victime de la violence des armes du Hezbollah. Un autre mensonge se dévoile aussi celui de la lutte pour l’indépendance et la souveraineté, puisque grâce aux agissements du courant du Futur et de ses alliés, le Liban est plus que jamais à la merci des développements régionaux, entraîné dans la crise syrienne et poussé à s’aligner sur le camp américano-israélien…Les masques sont ainsi tombés et la partie se joue désormais cartes sur tables, mais il n’est pas dit que le plan de la discorde atteindra ses objectifs d’autant que la résistance reste stable et fidèle à ses principes et à la voie qu’elle s’est tracée.

Les masques sont tombés...
Soraya Hélou

Mardi 22 mai 2012

Ce qui avait été annoncé depuis des mois est en train de se produire. Toutes les mises en garde contre le danger d’entraîner le Liban dans la tourmente syrienne n’ont servi à rien ainsi que les déclarations répétées sur la nécessité de préserver la stabilité du pays. Hélas, certaines parties libanaises n’ont rien compris à 15 ans de guerre civile, ni au jeu des nations. Elles continuent à placer le Liban dans l’œil du cyclone en insistant pour l’entraîner vers la guerre en exploitant à fond la fibre confessionnelle et les événements en Syrie. Si on met ainsi bout à bout les derniers développements sur la scène libanaise, il apparaît clairement que deux objectifs sont ainsi recherchés : vider le Nord des forces légales pour laisser le champ libre à l’opposition syrienne et aux formations extrémistes et entraîner la résistance dans un affrontement interne entre sunnites et chiites pour la discréditer et l’affaiblir. Ce n’est donc pas un hasard si le plan a commencé par prendre Tripoli et le Akkar comme bastion de l’opposition syrienne. Comme l’armée libanaise n’a pas compris le message en continuant à arrêter les convois d’armes et plus récemment le bateau Loutfallah 2 et sa cargaison, il fallait la discréditer aux yeux de la population en la présentant comme une force communautaire et non nationale. Même chose pour la Sûreté générale coupable d’avoir démantelé un réseau présumé d’Al Qaëda et soudainement accusée d’être à la solde du Hezbollah. Mais tout cela ne suffisait pas, d’autant que le Hezbollah n’a pas réagi aux provocations, refusant de se laisser entraîner vers un affrontement sur le terrain. Les instruments du complot ont alors tenté de fermer les routes principales, notamment celles de la Békaa et du Sud vitales pour la résistance. Le Hezbollah n’a toujours pas réagi et la situation reste plus ou moins contrôlée. Mais la confessionnalisation de la sécurité est une arme dangereuse à double tranchant. Si le Courant du Futur et ses alliés extrémistes continuent à attaquer l’armée et la Sûreté générale, cela signifiera que ces deux forces nationales ne pourront plus intervenir sur le terrain dans certaines régions, réduisant ainsi le prestige de l’Etat à une peau de chagrin. Il ne s’agit plus désormais d’une bataille politique pour pousser le Premier ministre à la démission, mais bien d’un complot pour utiliser le Liban comme moyen de pression sur le régime syrien et pour affaiblir l’axe de la résistance. C’est ainsi, que profitant de la tension actuelle, des pays du Golfe se sont empressés d’appeler leurs ressortissants à quitter le Liban ou à ne plus s’y rendre, sachant que cette carte est de la plus haute importance pour le Premier ministre et pour el Liban en général, à la veille de la saison estivale.

Un malheur ne venant jamais seul, les combats de dimanche soir à Tarik jdidé ont montré aux Libanais que le spectre de la guerre civile est de plus en plus présent dans leur quotidien et les armes sont apparues au grand jour entre toutes les mains. Quelque part, c’est aussi la preuve que tous ceux qui menaient campagne contre les armes de la résistance possédaient chez eux des arsenaux non négligeables et étaient prêts à les utiliser contre leurs compatriotes. Le fameux argument de « la menace des armes » brandi depuis des années par le 14 mars est bel et bien tombé, dévoilant le gros mensonge qui a pu tromper les gens tout au long des années précédentes, sur l’existence d’une partie civile victime de la violence des armes du Hezbollah. Un autre mensonge se dévoile aussi celui de la lutte pour l’indépendance et la souveraineté, puisque grâce aux agissements du courant du Futur et de ses alliés, le Liban est plus que jamais à la merci des développements régionaux, entraîné dans la crise syrienne et poussé à s’aligner sur le camp américano-israélien…Les masques sont ainsi tombés et la partie se joue désormais cartes sur tables, mais il n’est pas dit que le plan de la discorde atteindra ses objectifs d’autant que la résistance reste stable et fidèle à ses principes et à la voie qu’elle s’est tracée.


 

Source : La Résistance islamique au Liban
http://www.french.moqawama.org/...



1 Médias et

Manipulation de l’opinion / Vidéos

 

1-1 Capitaine Martin :

Gregorios III : « une dictature de la presse sur la crise syrienne ».

 « Il n’y a plus de Révolution, il n’y a plus de manifestations. Il y a seulement du banditisme et le monde entier refuse de le reconnaître ». Ces paroles ne sont pas celles du président syrien Bachar el-Assad, ni celles d’un de ses ministres, ou celles d’un membre d’un quelconque gouvernement arabe soutien du régime, mais celles du patriarche de l’Église grecque-catholique melkite, dont la résidence est à Damas.

Le prélat n’a pas fait usage de termes vagues pour décrire l’actuel état de crise dans lequel se trouve plongé la Syrie : « des éléments étrangers sont entrés dans le pays et ont même commencé à frapper les chrétiens, qui ont dû quitter Homs étant donné la dangerosité de la situation », a expliqué le patriarche qui n’a pas caché une certaine insatisfaction vis-à-vis de la situation jugée trop souple du Vatican à son égard. Grégoire III s’en est pris ensuite à la presse européenne avec laquelle il a eu affaire lors de récentes visites sur le Vieux Continent pour raconter ce qui était justement en train de se passer en Syrie. « Je n’excuse pas le régime comme j’ai pu l’entendre en France, mais je soutiens une réalité. Les journaux sont stéréotypés, ont des sources uniques et ne sont prêts à écouter personne, pas même moi », a avancé le prélat qui n’ pas hésité à parler d’une vraie « dictature de la presse au service des États-Unis ». Le patriarche a même raconté une anecdote arrivée au neveu d’un évêque travaillant à Dubaï (Émirats arabes unis), qui, alors qu’il se rendait un jour à son travail, a entendu derrière lui un homme annoncer au téléphone qu’il se trouvait à Homs, pendant que les troupes gouvernementales faisaient l’assaut de la ville, en tuant femmes et enfants.

« On a parlé de complot, mais c’est bien plus grave que cela : il y a une volonté internationale de nuire à la Syrie », a encore affirmé Grégoire III tout en se demandant comment certains États pouvaient changer en peu de mois « le régime qui a tant fait pour sa population », alors que ces mêmes Etats ne réussissent pas à mettre fin au conflit israélo-palestinien.  « Aucune sanction n’a été approuvée contre les colonies israéliennes, a-t-il ajouté, alors qu’elles sont illégales. Tout le monde en est persuadé mais personne ne fait rien ».

Enfin, répondant à une question des journalistes relative aux actions de l’armée syrienne vis-à-vis de la population, le patriarche n’a pas hésité à affirmer que l’intervention des forces armées a été « tardive et trop légère » pour espérer mettre fin aux violences des bandes rebelles.

Un témoignage important sur la situation réelle de la Syrie qui tranche singulièrement avec ce qu’on peut trouver dans les principaux media, lesquels ne se préoccupent décidément pas d’informations claires et objectives.

Capitaine Martin

11 mai 2012

LVO

source : resistance-politique.fr 

Source: http://stcom.net (http://s.tt/1btHy)

 

2 Les brèves

2-1 Bahar Kimyongur : Acte de censure de l’AKP dans le dossier syrien.
Le Parti de la justice et du développement (AKP) du premier ministre turc Erdogan ne se contente pas d’héberger et de financer le terrorisme anti-syrien, il s’acharne également sur toutes les forces qui manifestent leur sympathie envers la Syrie souveraine et insoumise.

Ce dimanche 13 mai, le célèbre collectif musical turc Grup Yorum donnera à Antioche un concert de solidarité avec la Syrie souveraine et insoumise.

Hier matin, la police turque a arrêté plusieurs organisateurs de ce concert dans le but de saboter la solidarité internationale avec la Syrie. Malgré la répression, plusieurs dizaines de milliers de personnes sont attendues à ce concert.

A propos de la violence policière visant ce groupe de musique, voici un article éloquent publié hier sur le site de la CNN Türk

13 mai 2012

http://www.cnnturk.com/2012/kultur.sanat/muzik/05/08/grup.yoruma.konser.oncesi.baskini/660333.0/index.html


2-2 Cameron s'est déclaré prêt à envoyer des forces militaires, en Syrie.  

 

Lors de la réunion du G-8, le Premier ministre britannique s'est déclaré prêt à envoyer des forces militaires, en Syrie.
"La Grande-Bretagne a les moyens d'envoyer ses militaires, en Syrie, afin d'accentuer la pression sur le régime d'Assad", a indiqué le quotidien britannique, "Daily Telegraph", citant Cameron. "Il faut prendre des mesures supplémentaires, pour arrêter Bachar al-Assad", a-t-il affirmé, hier soir, devant un certain nombre de dirigeants du monde. Actuellement, suivant le plan Annan, plus de 200 observateurs internationaux sont déployés, en Syrie

 19/05/2012

http://french.irib.ir/info/international/item/189295-cameron-s-est-d%C3%A9clar%C3%A9-pr%C3%AAt-%C3%A0-envoyer-des-forces-militaires-en-syrie

 

 

 



2-3 french.ruvr : La France rejette les propositions de conciliation d’Assad.

Le ministère français des Affaires étrangères a rejeté vendredi les propositions du président de la Syrie Bachar al-Assad de changer sa politique envers Damas. L'appel à le faire a été formulé par Bachar al-Assad au nouveau président français François Hollande.

« De telles déclarations de Bachar al-Assad ne nous forceront pas à oublier que ses forces de sécurité continuent à détruire son propre peuple, et le fait qu'il n'a pas encore commencé à exécuter les décisions prises dans le cadre de la résolution du représentant spécial des Nations-Unies et de la Ligue arabe sur le conflit syrien Kofi Annan », a déclaré le directeur de la communication du ministre des Affaires étrangères de la France Bernard Valero.

http://french.ruvr.ru:80/2012_05_18/Syrie-France-Bachar-al-Assad-Francois-Hollande/



3  Politique

 

3-1 Bill Van Auken : Les bombardements terroristes de Damas: du 'Made in USA'.

 « Notre politique et d’essayer d’accélérer l’arrivée à un point de basculement » où le régime syrien de Bachar al-Assad est renversé, avait expliqué en mars dernier le sous-secrétaire d’Etat américain pour les Affaires du Proche-Orient, Jeffrey Feltman.

On a pu voir jeudi la dernière incarnation de cette politique. Les bombes dévastatrices placées dans des voitures et qui ont tué 55 personnes et fait près de 400 blessés à Damas marquent une nouvelle étape de la campagne impérialiste criminelle pour un changement de régime en Syrie.

Washington, après avoir détourné le mouvement de protestation, qui avait débuté en Syrie en mars de l’année dernière, en une tentative pour en faire un appareil pour l’installation d’un régime client à Damas, a ensuite soutenu la formation des « Amis de la Syrie », inspirée d’un groupe international similaire à celui utilisé lors de la préparation de la guerre en Libye.

Washington a déclaré que le Conseil national syrien (CNS), assortiment de politiciens islamistes issus des Frères musulmans et d’agents vieillissants en exil, originaires de diverses agences de renseignement occidentales, était le « représentant légitime » du peuple syrien. Washington a aussi soutenu la formation de la soi-disant Armée syrienne libre (ASL) pour perpétrer des attaques armées contre les forces de sécurité syriennes.

Les alliés les plus proches de Washington dans le monde arabe, en l’occurrence les monarchies féodales dictatoriales de l’Arabie saoudite et du Qatar, ont mis en place un fonds de 100 millions de dollars dans le but de faire figurer directement sur leur registre de personnel à rémunérer les membres de l’ASL tandis que les Etats-Unis annonçaient l’envoi d’une assistance « non létale » à ces mêmes forces, comprenant de l’équipement de communication sophistiqué, des lunettes de vision nocturne et du renseignement américain.

Rien de tout cela n’a eu le résultat souhaité. Dans la plupart des régions, l’ASL a à peine opposé un semblant de résistance à l’armée syrienne et il n’existe pas le moindre signe d’un soutien populaire de masse pour le Conseil national syrien.

Alors maintenant on en vient aux bombardements terroristes. Les explosions de jeudi à Damas ne sont que les dernières en date et les plus mortelles d’une série d’attaques à la bombe de ces quelques dernières semaines. Vendredi, le gouvernement syrien a rapporté avoir déjoué un autre attentat suicide, cette fois-ci dans la capitale commerciale d’Alep, et qui impliquait un véhicule chargé d’une tonne et demi d’explosifs.

L’objectif de cette campagne est de terroriser le peuple syrien et, avec en plus des sanctions unilatérales des Etats-Unis et de l’Union européenne, de paralyser l’économie du pays afin de créer les conditions d’une implosion sociale et politique. Dans le même temps, ceci est conçu pour prouver que l’accord de cessez-le-feu des Nations unies, négocié par l’ancien secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, ne peut pas marcher.

Deux jours seulement avant les attaques de Damas, Susan Rice, ambassadrice américaine aux Nations unies, avait rejeté comme étant une « diversion » les avertissements syriens concernant des terroristes étrangers arrivant en Syrie. Elle soulignait dans le même temps que Washington restait concentré sur un changement de régime et augmenterait son assistance « non létale » à cette fin.

Comme l’a dit Rice en se référant au plan d’Annan, Washington ne « met pas tous ses oeufs dans le même panier. » Il semble à présent que certains de ces «oeufs » aient été en fait des voitures piégées.

Après le bombardement de Damas, les médias avaient initialement accordé une certaine crédibilité aux déclarations absurdes du Conseil national syrien selon lequel le régime d’Assad avait organisé l’attaque lui-même en tuant un nombre considérable de ses propres forces de sécurité.

Le Département d’Etat s’est trouvé obligé de publier une condamnation de pure forme du terrorisme, reconnaissant que des « saboteurs » avaient pu être impliqués dans l’attaque et en insistant pour dire que « la responsabilité [du bombardement] incombait fermement » à sa cible, le régime syrien.

Le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a confirmé jeudi la « présence d’al Qaïda en Syrie » tout en réitérant que le Pentagone est chargé « de faire toutes sortes de plans en ce qui concerne d’éventuelles approches en Syrie. Et, si le président des Etats-Unis nous demande de réagir de manières particulières, nous sommes prêts à le faire. »

Selon le Washington Post, ses plans comprennent « une protection militaire des couloirs humanitaires pour aider les civils syriens ou bien une ‘zone de sécurité’ où l’opposition pourrait s’organiser, ainsi qu’une frappe aérienne contre la Syrie. »

Si des éléments d’al Qaïda sont en train de collaborer avec l’impérialisme américain pour mener une campagne terroriste en Syrie, ce ne serait pas la première fois. Abdel Hakim Belhadj, haut commandant des milices qui furent soutenues par les Etats-Unis et l’OTAN durant la guerre pour le changement de régime en Libye, avait auparavant été enlevé, restitué (« renditioned ») et torturé par la CIA en raison de son rôle joué dans le groupe terroriste islamiste.

Ces mêmes éléments libyens jouent à présent un rôle majeur dans l’armement et la formation de l’« opposition » armée soutenue par les Etats-Unis en Syrie tout comme dans l’envoi direct de combattants dans le pays.

Le cliché cynique de la guerre froide selon lequel «un terroriste pour l’un est un combattant de la liberté pour l’autre » est loin de faire le tour du rôle des Etats-Unis en Syrie, où ces éléments remplissent les deux rôles à la fois. D’un côté, dans une campagne en vue de renverser le régime d’Assad, Washington soutient des forces liées à al Qaïda tandis que de l’autre, il planifie de recourir à leur présence dans le pays comme prétexte pour une intervention militaire américaine.

Ceci a été exprimé le plus clairement par Anne-Marie Slaughter, ancienne directrice de la prospective du département d’Etat des Etats-Unis et proche conseillère d’Obama, et qui est une ardente partisane des interventions « humanitaires » impérialistes. La radio National Public Radio l’a citée pour avoir dit que « la présence de groupes jihadistes en Syrie ne devrait pas dissuader les Etats-Unis et leurs alliés d’intervenir, » au contraire, « elle devrait les réveiller aux dangers que pourrait engendrer un conflit prolongé en Syrie. » Elle a poursuivi en avertissant qu’une « menace grave » pesait sur la Syrie, à savoir que des armes chimiques puissent tomber entre les mains d’al Qaïda.

Et donc, les prétextes qui avaient servi pour une invasion américaine en Irak sont repris sous une nouvelle forme perverse. La présence d’al Qaïda, soutenue par Washington, et l’existence supposée d’« armes de destruction massive » en Syrie doivent avoir pour riposte une intervention militaire américaine.

La campagne pour le renversement d’Assad, principal allié de Téhéran dans la région, signifie l’isolement de l’Iran qui est considérée par Washington comme le principal obstacle à sa revendication d'hégémonie dans les régions riches en pétrole et stratégiquement vitales du Golfe persique et de l’Asie centrale. Derrière tous ces prétextes concernant al Qaïda, les armes chimiques, la « démocratie » et l’humanitarisme, l’impérialisme américain est en train de planifier de nouvelles guerres d’agression qui risquent d’avoir des conséquences atroces dans tout le Moyen-Orient et au-delà.

Bill Van Auken

15 mai 2012 

(Article original paru le 12 mai 2012)

http://www.wsws.org/francais/News/2012/mai2012/dama-m15.shtml

 


3-2  IRIB : Guerre nucléaire : Medvedev met en garde.  

 

 Les déclarations de jeudi de Medvedev, le Premier ministre russe, faites, à la deuxième Conférence des droits internationaux, à Saint-Pétersbourg,  sont, en fait, une réponse à la menace de l'Occident.

Dimitri Medvedev a critiqué, à cette conférence,  les négligences envers le droit à la souveraineté des pays, sur les scènes internationales, avant d'ajouter que  l'intervention militaire pourrait avoir comme conséquence  des guerres régionales et mêmes nucléaires. Le Premier ministre russe faisait allusion, en fait, à l'attitude de l'Occident, au Moyen-Orient, et, notamment, en  Syrie. Les pays occidentaux cherchent à  trouver  un prétexte, pour  leur intervention militaire, en Syrie, et le renversement du gouvernement de Bachar al-Assad. Les efforts des Occidentaux, pour obtenir une autorisation du Conseil de sécurité, pour une attaque militaire contre la Syrie, se sont heurtés  à la résistance de la Russie et de la Chine, et Moscou espère le retour du calme, en Syrie, avec l'application réussie du plan de Kofi Annan. Il est attendu que l'application  des parties de ce plan, dont le cessez-le-feu, prépare le terrain à la réconciliation nationale, en Syrie, et prive l'Occident de ses prétextes, pour une nouvelle intervention militaire, au Moyen-Orient. Les puissances occidentales ne voient pas dans leur intérêt l'application du plan de Kofi Annan. De ce fait, elles  tentent  de perturber le cessez-le-feu, en orchestrant et en armant les groupes terroristes de l'opposition. Ensuite, elles entravent l'établissement d'un dialogue entre Bachar al-Assad et l'opposition. Or, ce qui se passe, en Syrie, n'est pas, en fait, un affrontement entre un régime et ses opposants, mais les rivalités internationales, à l'intérieur des frontières syriennes. La Russie n'a pas l'intention de permettre à l'Occident de répéter le scénario libyen, en Syrie, et de remodeler, à sa façon, et selon ses propres visées, l'atlas du Moyen-Orient.  A la Conférence sur les droits internationaux, à Saint-Pétersbourg, le Premier ministre  Dimitri Medvedev a mis en garde l'Occident contre un tel aventurisme, avec, dans son sillage, des impacts irréparables, pour le Moyen-Orient, mais aussi, pour le monde entier.

 IRIB


3-3 Mondialisation.ca : Le plan des Etats-Unis et de l’Arabie Saoudite pour détruire la Syrie.

 

Les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite ont manigancé un nouveau plan pour détruire la Syrie après qu’ils n’aient pas pu atteindre leurs objectifs en créant des troubles dans le pays depuis plus d’un an, Press TV rend compte.

D’après le rapport, après l’échec de tous les efforts pour renverser le régime syrien, Washington et Riyadh sont en train de concocter un nouveau plan.

Le plan a deux buts principaux: d’abord, montrer que la paix ne pourra se faire en Syrie sans le consentement des Etats-Unis et deuxièmement, de fatiguer les supporteurs du gouvernement syrien pour qu’ils cessent de soutenir l’administration.

Les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite sont arrivés à la conclusion que l’armée syrienne ne peut pas être divisée et que le président Bachar Al-Assad est en contrôle total de l’armée. Ils savent également que la sécurité syrienne possède un bon contrôle du pays, même dans les zones d’influence de l’opposition.

De plus ajouta le rapport, bien que l’économie syrienne se soit affaiblie à cause du conflit, elle récupère rapidement.

Les Etats-Unis ont organisé plusieurs comités afin d’implémenter un nouveau complot en Syrie, qui incluent des comités politique, militaire et de sécurité.

Le comité politique comprend la ministre des affaires étrangères Hillary Clinton comme superviseur, Derek Chollet comme gérant exécutif, l’ancien ambassadeur américain en Syrie Robert Ford, Frederick Hoff comme membre et Jeffrey Feltman comme coordinateur.

Feltman, d’après le rapport, contrôle également un autre groupe politique dont les membres incluent le ministre des affaires étrangères saoudien le prince Saud al-Faisal et le ministre des affaires étrangères qatari Sheikh Hamad bin Jassim.

Feltman aussi supervise un bureau spécial de coordination de la sécurité pour la Syrie, basé à Doha. Ses membres incluent des agences de renseignement de pays tels que les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite, le Qatar, la Turquie, l’OTAN et la Libye.

L’ancien ambassadeur d’Arabie Saoudite aux Etats-Unis le prince Bandar bin Sultan partage ses expériences en Syrie avec le groupe et Feltman révise les informations engrangées.

Le comité militaire inclut le chef d’état-major des armées américaines le général Martin Dempsey, à sa tête, ainsi que le Major-General Charles Cleveland et le général Frank Gibb.

Ce groupe travaille avec les autres groupes, mais a la décision finale sur la logistique des rebelles syriens, incluant le volume d’aide logistique et le type de renseignement qui doivent être fournis aux groupes d’opposition syriens.

Le comité pour la sécurité inclut les représentants de 7 à 10 agences de renseignement américaines ainsi que le conseiller national à la sécurité américain Tom Donilon, le directeur du renseignement James Clapper, et le directeur de la CIA le général David Petraeus.

Il y a plusieurs branches dans le comité de sécurité dont la mission est de fabriquer des complots de sécurité et de rapporter sur la situation en Syrie à la tête du comité en plus de préparer des rapports sur la stratégie de sécurité américaine sur la situation en Syrie.

Les objectifs principaux de la stratégie incluent de forcer la submission de la Syrie à la politique des Etats-Unis et d’empêcher les Russes de sécuriser un pied à terre permanent dans le pays.

D’autres buts incluent la rupture de l’alliance irano-syrienne en faisant prendre partie le gouvernement syrien aux côtés des Etats-Unis au lieu de l’Iran et de la Russie, d’intensifier la propagande de guerre et la guerre psychologique aussi bien par les Etats-Unis que par ses alliés régionaux et internationaux, transférer la démocratie en Syrie sans confrontation avec le pays ou sans prendre de risques avec la sécurité nationale d’Israël, ainsi que de couper les liens de Téhéran avec la Syrie et le Hezbollah libanais.

Le plan sera mis en action par des opérations militaires directes de bataillons de volontaires qui opèrent au travers des frontières de la Syrie avec les pays voisins comme le Liban, la Turquie, la Jordanie, le Golan, l’Irak et le Kurdistan, aussi bien que des régions nomades de l’Irak.

D’autres étapes de la phase d’exécution de ce plan incluent: le lancement de la guérilla dans les villes syriennes, des opérations spéciales dans des zones sous contrôle du gouvernement syrien (incluant des attentats à la bombe), des activités populaires combinées avec des opérations paramilitaires, une guerre psychologique contre l’armée et les forces de renseignement syriens.

Le rapport a noté que le renseignement saoudien a fait un accord avec les entreprises de sécurité américaines et israéliennes basées à Genève afin d’augmenter le conflit armé en Syrie sans engager d’autres pays. Les conflits seront menés par des militaires en retraite et des experts du renseignement qui sont en accord théorique avec Al Qaïda.

Pendant ce temps, les Américains vont créer de petites zones protégées au Liban et vont les utiliser comme camps d’entrainement militaires. Ces camps seront établis par les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite, le Qatar, et la Turquie et seront utilisés par Al Qaïda et l’opposition syrienne. Quelques zones de l’Irak, notemment dans la province d’Anbar et la région du Kurdistan, gouvernée par Massoud Barzani, ont été choisies pour ce but parce que Barzani travaille en relation très étroite avec le renseignement israélien, le Mossad.

L’Arabie Saoudite travaillera de concert avec les grandes tribus nomades syriennes dont la plupart vivent autour de la ville de Deir Ez-Zor et dans le désert syrien qui s’étend jusqu’à la ville de Homs.

Le gouvernement libanais est également sous pression de la part de l’assistante de Feltman, Elizabeth Dale, afin qu’il relâche 238 militants Wahabbites qui furent membres de groupes rebelles tels Fathul al Islam et Jund al-Sham.

La Syrie est sous le coup de graves troubles depuis la mi-Mars 2011 et plus de 6000 policiers, soldats, membres des forces de sécurité et de personnes pro-gouvernement, ont été tués dans cette guerre de basse intensité.
Press TV

Article original en anglais :
http://www.presstv.ir/detail/2012/05/15/241358/us-saudi-arabia-mull-destroying-syria/
Traduction par
Résistance 71


 

3-4 Moscou : Après leur échec en Syrie, certaines puissances s'orientent vers le Liban.  

 Le ministère russe des AE a affirmé que les puissances qui avaient échoué à réaliser leurs plans de déstabilisation de la Syrie se sont orientées vers le Liban dont la politique du gouvernement ne s'aligne pas aux intérêts de ces puissances.
"Ces puissances cherchent par tous les moyens à attiser les contradictions entre les différentes parties religieuses et politiques au Liban", indique un communiqué du ministère publié aujourd'hui.
Le communiqué souligne la vive inquiétude de la Russie vis-à-vis de la tension accrue à l'intérieur du Liban. "La Russie appelle tous les politiciens libanais à la retenue et à manifester un haut sens de responsabilité dans la circonstance actuelle'', ajoute-t-on dans ce communiqué.

23/05/2012

  http://www.sana.sy/fra/55/2012/05/21/420568.htm

 


3-5 La Russie dénonce des tentatives de faire dérailler le plan de Kofi Annan en Syrie.  

 

La Russie a accusé vendredi "certains éléments" en Syrie de tenter de faire dérailler le plan de paix de l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe, Kofi Annan.
"Certains éléments provoquent les autorités du pays[...] pour nuire au plan de l'émissaire spécial de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, Kofi Annan, et lancer la spirale de violence une fois de plus", a déclaré le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Alexander Loukachevitch.
Il a reconnu que la situation en Syrie restait "très compliquée", malgré le déploiement des observateurs de l'ONU.
"Les affrontements armés directs entre l'armée et les groupes armés illégaux ont été remplacés par des activités terroristes croissantes", a mis en garde M. Loukachevitch.
Il a indiqué que des représentants de l'opposition syrienne n'allaient pas appliquer le plan de M. Annan, demandant à tous les pays qui soutiennent ce plan de le respecter à la lettre.
"Le but ultime de ce plan est de mettre fin aux affrontements et de lancer un processus politique mené par les Syriens eux-mêmes", a-t-il indiqué.
Par ailleurs, M. Loukachevitch n'a pas écarté l'idée que la mission de l'ONU en Syrie puisse être prolongée.
Néanmoins, il a rejeté l'idée d'armer les observateurs de l'ONU.

18/05/2012  

 http://french.cri.cn/621/2012/05/18/442s281678.htm



4 Dossier

 

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les 

 

4-1 Assad invite la France à renoncer "aux incitations au chaos".

Le président syrien Bachar al Assad met la France en garde contre de "nouvelles incitations au chaos" et souhaite que l'arrivée de François Hollande à l'Elysée la fasse changer d'attitude, dans un entretien diffusé mercredi par la chaîne russe Rossia-24.

"La question est de savoir ce que la France a gagné ces dernières années avec ses positions sur la Syrie et la Libye, notamment", dit-il évoquant la politique de l'ex-président Nicolas Sarkozy, l'un de ses plus fervents détracteurs.

"Puisque nous parlons de la France, vous savez qu'elle a participé à des offensives militaires et qu'elle est responsable de la mort de centaines de milliers de Libyens.

"J'espère que le nouveau président pensera à l'intérêt de la France. Je suis certain qu'il ne réside pas dans de nouvelles incitations au chaos et à la crise au Proche-Orient et dans le monde arabe", poursuit Assad, laissant entendre que le soulèvement populaire entamé à la mi-mars 2011 est encouragé par les puissances occidentales.

"Ce qui se passe au Moyen-Orient, le chaos qu'on y créé - le terrorisme - aura un effet négatif en Europe aussi, parce que ce n'est pas loin de notre région", avertit le chef de l'Etat, selon la traduction en russe des propos qu'il a tenus en anglais dans le cadre de cet entretien accordé mardi en Syrie.

"NOUS POUVONS TROUVER DES ALTERNATIVES"

"Pour les dirigeants de ces pays, il devient clair que ce n'est pas le 'printemps' mais le chaos et, comme je l'ai dit, si vous semez le chaos en Syrie vous pourriez être touché vous-même, ce qu'ils comprennent parfaitement", souligne-t-il, évoquant les soulèvements populaires du "printemps arabe".

Bachar al Assad reconnaît par ailleurs que les sanctions occidentales affectent l'économie syrienne, mais assure que Damas garde "d'excellentes relations" avec d'autres pays.

"Nous pouvons trouver des alternatives qui nous permettront de surmonter ces difficultés. L'Europe et les Etats-Unis ne sont pas le monde entier", ironise-t-il.

Comme le régime baassiste, dont elle est l'un des rares alliés, la Russie a imputé aux rebelles l'essentiel des violences commises depuis le cessez-le-feu du 12 avril négocié par Kofi Annan, émissaire de l'Onu et de la Ligue arabe. Moscou a en outre opposé son veto à deux résolutions de l'Onu condamnant la répression du soulèvement antigouvernemental.

Damas impute depuis des mois ce soulèvement à des "terroristes" soutenus par des pays étrangers, visant notamment l'Arabie saoudite et le Qatar, favorables à des livraisons d'armes à destination des insurgés.

Les attentats commis récemment à Damas et à Alep ont relancé cette théorie du complot étranger, mais l'opposition accuse les autorités de les avoir elles-mêmes ordonnés pour discréditer les rebelles.

Reuters

 

 

 



5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

 

5-1 Ria Novosti :  L’Otan exclut toute intervention.  

 L'Otan n'envisage pas de s'ingérer dans la situation en Syrie comme elle a pu le faire en Libye l'année dernière, a annoncé dimanche lors d'un point de presse le secrétaire général de l'Alliance Anders Fogh Rasmussen.
"Nous sommes très préoccupés par la situation en Syrie, mais l'Otan n'envisage aucune intervention", a déclaré M.Rasmussen.
Le secrétaire général a critiqué les autorités syriennes pour le non-respect de leurs engagements dans le cadre du plan de règlement de la crise, proposé par l'émissaire spécial de l'Onu et de la Ligue arabe pour la Syrie, Kofi Annan. Il n'a pas cependant évoqué les actes de l'opposition armée  en lutte contre le régime de Bachar el-Assad.
Depuis la mi-mars 2011, la Syrie est secouée par un mouvement de contestation du régime en place. Selon l'Onu, la confrontation armée y aurait déjà fait plus de 9.000 morts et quelque 230.000 réfugiés. L'Occident prône le départ du président el-Assad. Par ailleurs, de nombreux attentats dans le pays démontrent la présence sur le territoire syrien de groupes terroristes organisés.
Craignant une réédition du scénario libyen, la Russie et la Chine, pays détenteurs du droit de véto au Conseil de sécurité de l'Onu, ont bloqué deux résolutions sur la Syrie. Se basant sur une résolution adoptée par les Nations unies, l'aviation otanienne a bombardé l'année dernière des positions des troupes gouvernementales libyennes, ce qui a aidé l'opposition à renverser le régime de Mouammar Kadhafi.

21/05/2012

Ria Novosti


5-2 Raid routinier contre Grup Yorum à la veille d’un concert.

 

C’est devenu un classique. A quelques jours d’un grand concert du Grup Yorum, les organisateurs sont victimes d’une opération de police.

Plusieurs perquisitions ont ainsi été menées hier au domicile des membres de l’Association pour les droits du Hatay (Hatay Haklar Dernegi) à Antakya (Antioche).

Le concert visé est celui que le collectif musical s’apprête à donner le 13 mai devant les écoles Dogus en soutien au peuple syrien.

Dans son communiqué, Grup Yorum fustige « les collabos des États-Unis qui ne connaissent aucune limite. » Et d’ajouter : « Mais leur répression, preuve de leur impuissance, ne les mènera nulle part. »

Le concert d’Antakya, nous l’organisons pour exprimer notre soutien à ceux qui résistent à l’impérialisme et à ses complices. Il s’intitule « Les USA et leurs collabos, dégagez de la Syrie ».

« Aucune force ne pourra nous empêcher d’exprimer notre solidarité avec le peuple syrien. » concluent les membres du groupe.

***

Notes sur le Grup Yorum :

Malgré la répression (plus de 400 procès, des dizaines de gardes à vue, la torture, l’emprisonnement, la mort pour trois de leurs membres ou collaborateurs, la censure audiovisuelle, les interdictions de concert, la destruction de leurs instruments de musiques et de leurs albums y compris à l’arme lourde…), Grup Yorum remplit les salles et a même vendu plus de 4 millions d’albums.

Les plus grandes salles de concert de Turquie étant devenues trop exiguës, le groupe s’est tourné vers les stades de football.

Les plus grands stades de football étant devenus trop exigus, le groupe remplit désormais de vastes places de marché qui peuvent accueillir des centaines de milliers de personnes. Le tout sans le moindre sponsor commercial.

L’an dernier, Grup Yorum a rassemblé 155.000 spectateurs qui ont chanté leur répertoire en chœur.

Dimanche 15 avril, ce sont pas moins de 350.000 choristes qui ont accompagné Grup Yorum dans ces hymnes d’espoir pour « les lendemains qui chantent » comme disait le député communiste Gabriel Péri avant d’être fusillé par les Nazis.

Influencé par la Nueva Cancion latino-américaine, par la musique de l’antifasciste grec Mikis Theodorakis, par les poèmes des bardes anatoliens antiféodaux, par les artistes communistes tels que Ruhi Su et Nazim Hikmet, Grup Yorum est l’héritier de toutes les résistances à l’exploitation, l’injustice et à l’oppression.

 

Sa posture militante lui vaut d’être inlassablement persécuté par la police politique turque.

 

Ainsi, le guitariste Muharrem Cengiz est à peine sorti de prison que Seçkin Aydogan, un joueur de saz du groupe, a été arrêté tandis qu’Ali Papur, lui aussi « Yorumcu » est accusé d’avoir participé à des rassemblements illégaux contre la tenue d’un sommet du FMI à Istanbul

 

L’an dernier, une syndicaliste dénommée Berivan Dogan a été condamnée à 10 mois de prison pour avoir été en possession des paroles de chansons de Grup Yorum. Ces paroles retrouvées sur son ordinateur ont été considérées par la 9e Cour pénale de Besiktas comme de la « propagande en faveur d’une organisation terroriste » (art. 220/8 du Code pénal turc) !

 

Quasi tous les membres du groupe sont actuellement poursuivis pour leurs liens présumés avec un mouvement marxiste clandestin. (Voir pour cela le site de Freemuse : http://www.freemuse.org/sw47158.asp )

Grup Yorum chante en turc mais aussi en kurde, en arabe, en tcherkesse ou encore en espagnol (Hasta Siempre de Carlos Puebla, El Aparecido de Victor Jara).

Grup Yorum prône « l’art organisé », la « créativité collective » et un « mode de vie humble » égal à celui des gens pour lesquels ses membres résistent.

Pour Grup Yorum, l’art se fait pour et avec le peuple.

Son répertoire est patriotique, anti-impérialiste et socialiste.

Cihan Keskek, l’un des musiciens du groupe, était en Irak durant l’invasion américano-britannique en 2003.

Il faisait partie des « boucliers humains ».

Fervent défenseur de la cause arabe et palestinienne, Grup Yorum chante le Nachid At Tahrir syrien, Weyn Al Malayeen de Julia Boutros, Ya Tayr Al Janoubi de Marcel Khalifé, Qalbu Falastini en hommage à Izzaddine Al Qassam, une élégie à la martyre irakienne Abeer Qassim Hamza Al Janabi victime de la barbarie étasunienne (Abir'e Agit) etc.

Voici quelques unes de leurs chansons :

http://www.youtube.com/watch?v=QXi47yrl-nw

http://www.youtube.com/watch?v=rRHl...

http://www.youtube.com/watch?v=PKiqn_t5FF4

http://www.youtube.com/watch?v=Bn7QMjfqZi8

http://www.youtube.com/watch?v=a0wDGioKdW0

 



6 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

6-1 Un fin observateur de ce qui se passe dans son pays, raconte les atrocités sont perpétrées par l’« armée syrienne libre »

Silvia Cattori 

La désinformation à propos des évènements en Syrie atteint de tels sommets que nul ne peut se fier à ce que les journalistes en disent. Les « grand reporters de guerre » – Sofia Amara, Martine Laroche-Joubert, Christophe Kenck, Marc de Chalvron, Romaric Moins, Manon Loizeau, Paul Moreira, Edith Bouvier - entrés clandestinement en Syrie, pour aller séjourner à Baba Amr, en compagnie des combattants d’une prétendue « armée syrienne libre » (ASL), comment ont-ils pu présenter comme de sympathiques combattants pour la démocratie des hommes qui se livraient, selon nos témoins (*), à des atrocités contre la population de Homs ?

15 mai 2012 |

Thèmes (S.Cattori) : Rôle des médiasSyrie

 

Silvia Cattori : Deux attentats d’une ampleur jamais connue en Syrie ont secoué Damas, hier, 10 mai. Un carnage destiné à inciter les gens à ne plus soutenir Bachar El-Assad ?

Réponse : C’est terrible ! Monstrueux ! Mais des attentats pareils ne sont pas organisés par des Syriens ! Un Syrien ne fait pas cela ! Ce sont des attentats commis par des gens manipulés, encadrés par des puissances étrangères. Tous les jours nos forces de sécurité saisissent des cargaisons d’armes et des millions de livres (monnaie syrienne) en provenance du Liban.

Silvia Cattori : Ce sont des attentats commandités de l’extérieur selon vous ?

Réponse : C’est exactement le même type d’attentat-suicide utilisé depuis l’intervention US en Irak. Faire un maximum de victimes. C’est le même procédé. Ils le mettent à exécution maintenant en Syrie. Ils ont pris pour cible une route à grand trafic à 8 heures du matin. C’est l’heure où les gens se rendent au travail et conduisent les enfants à l’école. Ils ont fait sauter une première voiture chargée d’explosifs. Ils ont attendu que les gens sortent des maisons, accourent de tous côtés vers le lieu de l’explosion, avant de faire sauter, la seconde bombe. Un camion portant des tonnes de ciment a été renversé par le souffle. Plus de quatre cent personnes ont été fauchées ; 55 sont mortes et parmi les blessés il y a de nombreux mutilés. 55 voitures pleines de citoyens ordinaires ont été carbonisées, 108 complètement détruites, 60 autres endommagées. Derrière ces attentats il y a la main d’Israël. Il y a la main d’autres services secrets étrangers. Ils veulent pousser la Syrie dans une guerre continue. Ces attentats ce sont des éléments étrangers à la Syrie qui les ont pilotés. Tout le monde ici pense la même chose. La Syrie est menacée depuis l’extérieur. Ces attentats ont été planifiés depuis longtemps et n’ont pu être exécutés sans qu’il y ait des complices à Damas. Comment deux voitures chargées d’explosifs auraient-elles pu entrer à Damas par la route sans se faire repérer aux nombreux barrages par les forces de sécurité ?

Silvia Cattori : Vous n’êtes pas sans savoir qu’à l’extérieur, les journalistes tout comme les hommes politiques, continuent d’assimiler l’opposition syrienne à une « révolte populaire ». Massacre après massacre, ils répercutent les dires de Syriens qui attribuent les attentats à Bachar El Assad. Par exemple, Valérie Crova, envoyée par Radio France en Syrie a interrogé un Syrien qui lui affirme que « c’est la sécurité et le président qui sont derrière ces attentats ». [1] N’est-ce pas un encouragement adressé aux tueurs ?

Réponse : Cette journaliste est folle ! Ou alors elle ment totalement ! N’a-t-elle pas vu les millions de Syriens qui sont descendus dans les rues depuis avril 2011 pour dire «  Nous voulons Assad ? » Les Syriens, ici en Syrie, sauf une infime minorité d’extrémistes, sont unis derrière leur gouvernement. Moi-même, je vous l’ai dit, j’étais critique vis-à-vis du gouvernement. Mais je soutiens El-Assad. Les Syriens qui ont manifesté pour demander des réformes ont été entendus par le gouvernement. Nous avons voté pour une Constitution pluraliste. Nous avons un nouveau Parlement. Nous sommes libres de critiquer le gouvernement. Pourquoi cette journaliste ne fait pas parler les Syriens qui, en leur grande majorité, soutiennent le gouvernement ? Tous les Syriens sont opposés à ces bandes qui lancent des bombes contre les policiers, enlèvent des professeurs, des médecins des ingénieurs, des officiers de police. Nous sommes ici tous convaincu que si le gouvernement d’El-Assad s’en allait, notre situation serait encore plus terrible ; le sang coulerait encore plus, et la Syrie serait complètement détruite.

Silvia Cattori : Mais l’opposition syrienne, invitée sur les ondes et les plateaux télévisés, a toute latitude pour donner un tout autre son de cloche et donner raison à ceux qui mentent et veulent votre perte ! Les porte-paroles du Conseil national syrien, donnent eux toujours raison à ces journalistes qui vous sont hostiles. L’opposante Randa Kassir affirmait le 10 mai « que celui qui profite de ces attentats c’est le régime syrien » [2] ?

Réponse : Dieu et le diable savent que, ces atrocités, ce ne sont pas les Syriens qui les commettent. Des Syriens honnêtes ne diraient jamais cela. Les Syriens qui, à l’extérieur, affirment de pareilles choses et coopèrent avec les puissances étrangères qui veulent pousser notre pays à la guerre, sont des gens très sales, très corrompus. Comment peuvent-ils dire que c’est le gouvernement, dont les forces de sécurités sont tuées, enlevées, égorgées, lynchées, qui est derrière ces attentats ? Outre les nombreuses victimes, ces attentats -qui visent toujours les forces de sécurité, des bâtiments des services spéciaux syriens ou de la gendarmerie- causent de grands dégâts matériels, rendant la tâche du gouvernement encore plus difficile.

Silvia Cattori : Votre gouvernement n’est-il pas en mesure d’empêcher ces attentats ?

Réponse : Ces attentats sont imprévisibles. Ceux qui les préparent se dissimulent dans la population. Il y a de nombreux mercenaires étrangers fanatiques ; ils viennent de Libye, de Jordanie, du Liban. La télévision syrienne a diffusé les confessions de 26 hommes - la plupart Tunisiens et Libyens - affiliés à Al-Qaïda. Cela explique tout. L’ambassadeur syrien auprès de l’ONU, Bachar Jaafari, a indiqué que douze étrangers figuraient parmi des combattants tués. Dont un Français, un Britannique, un Belge. Des forces étrangères à notre pays essayent de semer entre nous des haines confessionnelles. Cela nous ne pouvons pas le tolérer. Nous avons voté tous ensemble pour élire le Parlement. Nous sommes unis et attachés à notre gouvernement. Pourquoi, à l’extérieur, ne veut-on pas le voir ?

Silvia Cattori : Les habitants de Homs qui avaient fuit sont-ils revenus ? Sont-ils aujourd’hui en sécurité ?

Réponse : Oui et non. Si, à Baba Amr, il n’y a plus de bandes armées, dans certains quartiers de Homs les gangs continuent de tirer sur les forces de sécurité qui veulent défendre les habitants. Les chrétiens, les alaouites et nombre de musulmans sunnites ont fui en masse depuis l’an passé sans rien emporter. Quand ils reviennent, ils trouvent leurs maisons détruites ou occupées par les familles de sunnites proches des gangs. Mon beau fils, qui a quitté Homs il y a un an, est retourné l’autre jour voir sa maison dans le quartier de Baba Seeba. Il n’a pas vu de policiers dans les rues mais il a appris que les tueurs tirent toute la nuit ; une manière de dire : nous sommes toujours là.

Depuis un mois, des centaines d’hommes, jeunes pour la plupart, parfois accompagnés de leurs familles, se rendent aux autorités. Dans un village sunnite à 13 kilomètres de Homs, quatre officiers déserteurs qui avaient collaboré avec les mercenaires de Baba Amr, se sont rendus quand le gouvernement a déclaré que les déserteurs ne seraient pas punis s’ils rendaient leurs armes. Au bout de quatre jours au maximum, ils sont libérés.

Silvia Cattori : Ceux qui commettent ces atrocités n’en sont pas moins considérés par nos médias comme étant les bons « combattants de l’Armée syrienne libre » [3] !

Réponse : Il n’y a pas d’« Armée syrienne libre » (ASL). Il n’existe pas en Syrie quelque chose que l’on peut qualifier d’«  armée de libération ». C’est une invention pour désigner des groupes, financés par le Qatar et l’Arabie Saoudite, rejoints par quelques déserteurs dont les chefs sont basés en Turquie. Comme preuve que l’ASL n’est nullement une armée d’honnêtes syriens qui veulent « libérer notre pays » mais des mercenaires, voici encore un exemple. L’autre jour, à Qusseir, Abdel Ghani Jawhar, un islamiste Libanais expert en explosif, [chef du groupuscule djihadiste Fatah Al-Islam] qui a rejoint la pseudo «  armée de libération », a été tué en maniant la bombe qui devait être lancée contre nos forces de sécurité.

Nous ne sommes à l’abri d’aucune vilaine surprise. Avant-hier (9 mai), j’ai vu un convoi de la Croix Rouge au barrage à la sortie de notre village. Je connais les policiers, j’ai un petit fils que j’accompagne à l’école, et qui aime les saluer. J’ai discuté avec eux et demandé aux conducteurs du convoi s’ils avaient besoin que je serve de traducteur. C’est ainsi que j’ai été heureux d’apprendre que ce convoi - quatre cars jeeps, deux doubles tracs, et un trac ordinaire - allait livrer des vivres à la population de Qusseir. Aujourd’hui, j’ai été très surpris d’apprendre par une personne venue de Qusseir, que le convoi de la Croix Rouge était allé livrer sa cargaison directement là où il y a ces bandes qui tournent leurs armes contre nous. En apprenant que la Croix Rouge est allée apporter les vivres à ces bandes de tueurs qui enlèvent, torturent, égorgent, j’étais très fâché. Des atrocités difficiles à imaginer sont commises. Nos terres sont en friche à cause d’eux.

Depuis une année les villageois n’osent plus aller les cultiver car ils ont peur des mercenaires qui se cachent dans leurs vergers pour se déplacer et transporter des armes. À cause de cela et des sanctions internationales contre notre pays, les prix ont triplé. Un kilo de tomates qui coûtait auparavant 15 livres en coûte aujourd’hui 80 [6 livres = 1 dollar US]. Au village, chacun cultive maintenant des tomates, des laitues, des aubergines dans son petit jardin. Les jeunes ne veulent plus aller travailler la terre. Ils peuvent toucher chaque jour 500, 800, 1’000 livres pour aller tuer des policiers. Un homme de Qusseir, qui s’est rendu l’autre jour aux autorités, a avoué avoir touché 150’000 livres pour avoir enlevé et égorgé six soldats. Des soldats ont dit avoir reçu jusqu’à 180‘000 livres pour avoir déserté, ce qui est une fortune ici en Syrie.

Silvia Cattori : Vous parlez bien du CICR ?

Réponse : Oui Madame. Je parle du CICR, de la Croix rouge internationale de Genève. Le convoi du CICR est allé à Qusseir apporter de l’aide à ceux qui dirigent leurs armes contre nos forces de sécurité, qui ont massacré de nombreuses familles et contraint beaucoup de gens à fuir ! Pour cette raison Madame, nous Syriens, nous sommes devenus méfiants et avons souvent exprimé notre crainte à l’égard des organisations humanitaires qui demandent à venir chez nous. Nous avons constaté qu’une fois ici, leur personnel prend le parti de nos adversaires, font des rapports mensongers, renforçant la propagande des pays qui veulent détruire notre pays.

Silvia Cattori : Votre armée a perdu des milliers d’hommes. Va-t-elle pouvoir résister ?

Réponse : Notre armée restera très forte. Elle ne s’immisce pas dans les affaires politiques. Elle accomplit son devoir de sauvegarder nos frontières, défendre notre pays. Elle vient en aide aux forces de police quand il le faut. Elle entoure Homs et, si c’est nécessaire, elle intervient pour combattre les mercenaires, comme elle l’a fait à Baba Amr.

Silvia Cattori : Lors de notre dernière conversation, vous étiez optimiste. Après tout ce qui vient de frapper la Syrie, l’êtes-vous encore ?

Réponse : Je serai toujours optimiste : je ne changerais pas, même s’ils venaient détruire ma maison. Je suis confiant comme tous les Syriens. La Syrie est très belle en ce moment. La Syrie et ses amandiers sont en fleurs. S’il n’y avait pas eu ces bandes, étrangères à la Syrie, qui agissent en-dehors de la loi, nous vivrions ici comme avant, en paix. Nous avons toujours vécu ensemble comme des frères. Nous ne savions pas si celui-ci était chrétien, celui-là alaouite ou sunnite. Savez-vous qu’un prêtre a récité la prière de l’islam ; et qu’un imam a récité le « Notre père » ? Nous sommes très unis. Ni la France, ni les États-Unis, ni l’Arabie Saoudite -qui est depuis sa création le diable des pays arabes- ni l’Émir du Qatar, qui après avoir assassiné son père veut être le leader de tous les Arabes, ne parviendront à réaliser leurs sinistres projets.

Les gens honnêtes savent que la Syrie a raison. Et à tout ce monde qui nous est hostile nous disons : ne la blessez pas. Laissez-nous vivre dans la dignité.

Propos recueillis le 11 mai 2012.

Le Syrien cultivé et posé qui s’exprime ici est âgé de 75 ans. Il vit dans la province de Homs. Pour des raisons évidente nous ne livrons pas son nom.

URL de cet article :
http://www.silviacattori.net/article3224.html

Silvia Cattori


(*) Voir les précédents témoignages que nous avons recueillis :
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http://www.silviacattori.net/article3094.html
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http://www.silviacattori.net/article3018.html
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http://www.silviacattori.net/article3000.html
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http://www.silviacattori.net/article2966.html
- 
http://www.silviacattori.net/article2787.html

 

[1] Valérie Crova, journaliste de Radio France commente : « Il nous faut sortir de Damas (…) pour rencontrer un Syrien qui ne croit pas à la version donnée par le régime ». Comprenez, pour trouver la personne qui dirait à l’envoyée spéciale ce que ses supérieurs du groupe de Radio France veulent entendre : « C’est la sécurité et le président qui sont derrière ces attentats »

[2] Invitée sur le plateau de la télévision suisse romande, TSR, le 10 mai 2012, à la question orientée du journaliste Darius Rochebin au sujet du double attentat de Damas « Il y a plusieurs hypothèses, islamistes manipulés et infiltrés par le pouvoir … », Randa Kassis, membre du conseil national syrien, a répondu que cet attentat « profite au régime » question de dire que c’est lui qui est derrière.

[3] L’ASL a le soutien financier et logistique de l’Arabie saoudite et du Qatar, le soutien politique de puissances membres de l’OTAN. Selon le Canard enchaîné du 23 novembre 2011, des membres du Service action de la DGSE et le Commandement des opérations spéciales ont été envoyés au Liban et en Turquie avec « pour mission de constituer les premiers contingents de l’Armée syrienne libre » et de former les déserteurs syriens à la guérilla urbaine. Deux rebelles libyens associés aux forces de l’OTAN en Libye, Abdelhakim Belhadj et Mahdi al-Harati, ont été photographiés avec les rebelles en Syrie.


6-2 Giulietto Chiesa

 :Exercices militaires US à la frontière jordano-syrienne : Mais quel curieux hasard…

 

Le plus vaste exercice militaire américain de tous les temps dans cette région se déroule à partir d’aujourd’hui à la frontière jordano-syrienne, mettant en jeu 12 000 soldats issus de 17 pays dont la France. L’ex-député européen Giulietto Chiesa – et auteur du film "Zéro – Enquête sur le 11-Septembre" – y voit plus qu’une coïncidence, surtout lorsqu’il fait également remarquer que les troupes irrégulières formées notamment par les ex-membres d’al-Qaïda en Libye s’amassent pour leur part du côté de la frontière turque. Une étape de plus dans la pression mise sur le gouvernement de Bachar el-Assad ? Dans tous les cas, un signe clair de la domination militaire américaine dans cette région du Proche-Orient.

Ce n’est certainement qu’une coïncidence, mais il me semble utile de faire remarquer qu’à partir du 15 mai (aujourd’hui), près de la frontière entre la Jordanie et la Syrie, se déroulera l’un des plus vastes exercices militaires jamais effectués au Proche-Orient.

Y participeront pendant environ un mois, près de 12 000 soldats et officiers, provenant de 17 pays. L’Italie y prendra part aussi, avec un contingent réduit de 47 unités. Mais nous ne serons pas les vrais protagonistes. Le commandement de la Task Force internationale est confié, voyez-vous ça, au général Ken Tovo, du Centre de commandement des opérations spéciales US, qui sera secondé par le général Mohammed Jeridad, en charge des opérations et de la formation des troupes jordaniennes (ci-contre).

L’exercice prévoit l’implication de troupes au sol, de forces aériennes de différents types et de moyens de la marine militaire. Tout cela évidemment sans la participation de la Syrie, même si, toujours par pure coïncidence, la Syrie se trouve à quelques pas de l’endroit où ces 12 000 militaires expérimenteront leurs capacités offensives.

Le thème de l’exercice, d’après nos sources, porte sur l’entrainement à la « guerre irrégulière », aux « opérations spéciales » et à la « contre-insurrection ». Cette dernière expression semble indiquer des opérations gouvernementales destinées à se débarrasser de formations de combattants non réguliers. Dit un peu plus brutalement : « écraser une rébellion ».

Quelque esprit mal tourné a vu une relation entre cet exercice militaire tombant à un moment plutôt très opportun, et la guerre civile qui sévit depuis plusieurs mois en Syrie. Mais les soupçons ont été promptement démentis par des sources américaines qui ont donné des nouvelles de cet événement ce vendredi. Le but serait simplement d’intégrer les troupes jordaniennes dans le dispositif général de sécurité de la zone mis en place par les États-Unis avec la collaboration du commandement de l’OTAN en Méditerranée. Que viennent y faire les 15 autres pays, dont l’Italie, ce n’est pas très clair. Et on ne connait toujours pas, à cet instant, la liste précise des pays qui y participeront.

L’exercice s’appelle « Eager Lion 2012 ». Il constitue un geste cordial d’amitié qu’Amman [capitale de la Jordanie – NdT] s’est senti en devoir de faire vis-à-vis du bailleur de fonds états-unien, qui a déboursé au moins 2,4 milliards de dollars ces 5 dernières années en « aide », dont la majeure partie est d’ailleurs allée à l’acquisition d’armements produits par les USA.

À la frontière turque, sont en train de s’amasser des contingents complets de troupes irrégulières de la très libre armée insurrectionnelle syrienne, guidée par les ex-membres de ce qu’on a appelé l’« al-Qaïda libyenne ». Ceux-ci seraient en train de faire exactement ce que, de l’autre côté, à la frontière jordanienne, les militaires US, jordaniens et de l’OTAN s’entrainent à désamorcer. Sauf que dans ce cas précis, les uns et les autres font partie de la même tenaille, dont le but est bien d’abattre le régime syrien.

Mais, que ce soit clair, tout cela n’est que pure coïncidence.

Giulietto Chiesa - 21 mai 2012

Traduction GVpour ReOpenNews http://www.reopen911.info/News/2012/05/15/giulietto-chiesa-v...

Giulietto Chiesa est un journaliste et homme politique italien. Il fut correspondant de presse d’El Manifesto et d’Avvenimenti, et collaborateur de nombreuses radios et télévisions en Italie, en Suisse, au Royaume-Uni, en Russie et au Vatican.

Auteur du film "Zéro – Enquête sur le 11-Septembre" et de divers ouvrages, il a notamment écrit sur la dissolution de l’URSS et sur l’impérialisme états-unien. Ancien député au Parlement européen (Alliance des démocrates et libéraux, 2004-2008), il est membre du Bureau exécutif du World Political Forum. Il vient également d’écrire l’ouvrage "Barack Obush" et d’éditer une 2e version du livre Zero à l’occasion du 10e anniversaire des attentats du 11/9 (Zero 2 – Le Pistole Fumanti dell’11 settembre) et a fondé une organisation politique "Alternativa" qu’il promeut au travers notamment de la télévision Internet PandoraTV.

URL de cet article 16745
http://www.legrandsoir.info/exercices-militaires-us-a-la-...

http://www.centpapiers.com/%c2%ab-printemps-arabe-%c2%bb-tunisie-l%e2%80%99art-d%e2%80%99avancer-en-arriere/85836 



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