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30/11/2011

n°26 : Dossier : Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage - 29-11 - : 1ap - : Syrie face au chaos.



n°26 : Dossier  : Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage -  29-11 - :  1ap - : Syrie face au chaos.


Déclaration, courrier des lecteurs & témoignagedeSyrie 

n°26                              29-11

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier deSyrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :  

1  Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

1-1 Pierre Khalaf : Syrie, Liban face au chaos l’unité.

1-2 Marie-Ange PATRIZIO : Chemins de Damas.

1-3 Julie Lévesque : SYRIE : Mensonges médiatiques ou le prétexte à une autre «guerre humanitaire»

Annexe

2-3. L'intervention radio du matin de Françoise Wallemacq.



1 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

1-1  Pierre Khalaf :Syrie, Liban face au chaos l’unité..

Dans une série d’entretiens accordés aux TV US, le 18 novembre 2011, Hillary Clinton a renoncé à présenter les événements en Syrie comme un soulèvement populaire contre le président Assadet a choisi de les qualifier désormais de « guerre civile ».

Cette rhétorique peut également être utilisée pour justifier une intervention militaire conventionnelle, mais il devient de plus en plus difficile de masquer que Washington livre déjà une guerre non conventionnelle avec des commandos infiltrés.

La tendance en Syrie et au Liban

Face au chaos, l’unité et la détermination 
Le déclin du mouvement de contestation populaire en Syrie est désormais une réalité que plus personne ne peut nier. Vendredi 18 novembre, la population a répondu absent aux appels à manifester lancés par une opposition dont les attaches étrangères sont maintenant bien connues des Syriens. Les rares rassemblements enregistrés ont eu lieu dans des villages reculés des régions de Hama, Homs et Daraa. Et la surexploitation des quelques images, passées en boucle par les télévisions tendancieuses, telles Al-Jazeera et Al-Arabiya, n’ont pas réussi à créer un effet amplificateur. 
Pour compenser ce recul décisif de la mobilisation, les groupes extrémistes armés d’obédience islamiste ont multiplié les actions dirigées contre les civils et les militaires, dans le but quasi avoué de provoquer une guerre civile, contre laquelle le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, à mis en garde, et que la secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, et son homologue turc Ahmet Davutoglu, ont bien été obligés d’évoquer. Les enlèvements massifs de civils sur des bases confessionnelles et sectaires se se comptent par centaines, notamment dans la région de Homs. Les personnes enlevés sont soit assassinées, soit rendus contre versement de rançons… après avoir subies les pires tortures, bien entendu.

Les extrémistes à l’œuvre au Liban 
La multiplication des propos sur la guerre civile devrait faire taire les va-t-en guerre libanais qui prônent, au nom d’une démocratie qu’ils n’ont jamais eux-mêmes pratiqué, le changement de régime en Syrie, comme s’il s’agissait d’une paisible promenade sans grande conséquence sur l’ensemble du Moyen-Orient. Les avocats de la thèse du changement font croire à leurs partisans que le départ du régime de Bachar al-Assad sera dans l’intérêt des Arabes et de la région en général, occultant les actes de violence commis par les opposants syriens, que même l’administration Obama ne peut s’empêcher de reconnaitre, ainsi que les attaques annoncées par leurs médias de groupes extrémistes, présentés comme des déserteurs, contre des positions de l’armée arabe syrienne. 
Ils occultent aussi les appels Frères musulmans lancés à partir de la Turquie à une action militaire étrangère contre la Syrie. Leur conception de la souveraineté, de l’indépendance et de la démocratie, ces valeurs qu’ils prétendent défendre depuis des années, est certainement bizarre. 
Pourtant, les répercussions sur le Liban d’une guerre civile en Syrie seront de l’ordre d’un véritable désastre. Ainsi, les groupuscules islamistes au Nord, à Tripoli, au Akkar et à Wadi Khaled, des zones limitrophes de la frontière syrienne, ne cachent pas qu’ils se préparent activement à prendre le pouvoir dans les régions sous leur contrôle et à attaquer enfin ces mécréants que sont les chiites et en particulier la Résistance. Les agressions contre un hôtel et un débit de boissons à Tyr, il y a quelques jours, sont l’indice que certains groupes préparent déjà des incidents pour monter les communautés les unes contre les autres et notamment les chrétiens contre les chiites, pour semer le chaos au Liban, en parallèle au chaos en Syrie.

Tentatives de discorde confessionnelle 
Les faits sont là, les préparatifs aussi, notamment dans certains camps palestiniens, et les dirigeants du Courant du Futur de Saad Hariri continuent de clamer haut et fort, inconsciemment, qu’il n’y a rien à craindre et que toutes ces théories visent à faire peur aux Libanais, pour maintenir en place le régime syrien. 
La coalition pro-US du 14-Mars fait semblant de ne pas voir combien la tension est en train de monter dans certaines régions du pays et comment le clivage politique ne cesse d’augmenter. Ce qu’elle fait surtout semblant de ne pas voir c’est qu’en cas de chaos en Syrie, ils seront les premiers à être balayés au Liban par les groupes islamistes extrémistes incontrôlables et tous les groupuscules qui se préparent à semer le désordre sur fond de tensions confessionnelles. 
En dépit de ce scénario alarmiste, il y a encore de grandes possibilités pour qu’il ne se produise pas. D’abord, parce que le régime syrien reste solide et uni, et qu’il n’est pas du tout acculé, comme l’espère l’Occident, et encore moins sur le point de s’effondrer pour céder la place au désordre ou à la guerre civile. Comme la réaffirmé le président Bachar al-Assad au Sunday Times, « la Syrie ne pliera jamais face aux pressions. » (Voir ci-dessous). Et aussi parce qu’au Liban, il existe des forces positives, conscientes des dangers et soucieuses de l’intérêt général. Ces forces-là feront tout pour éviter que le pays ne sombre dans la guerre civile et le chaos et pour qu’il ne soit pas détourné de sa lutte initiale contre l’ennemi israélien. Le Liban et la Syrie sortiront grandis et renforcés de cette épreuve, et ceux qui ne cherchent que des vengeances personnelles ou ne font qu’exécuter les plans ourdis à l’étranger et qui ne servent que les intérêts d’Israël, essuieront un nouvel échec… sans doute le dernier avant la fin de leur carrière politique.

Déclarations et prises de positions

Bachar al-Assad, président de la République arabe syrienne 
Extraits d’une interview accordée le 18 novembre auSunday Times britannique 
« Je peux vous assurer que la Syrie ne cédera pas et qu’elle continuera à résister à la pression dont elle fait l’objet. L’injonction de la Ligue arabe a été lancée pour fournir aux pays occidentaux un prétexte pour mener une intervention militaire contre la Syrie. Je suis tout à fait prêt à combattre et à mourir si je devais affronter des forces étrangères. Cela va sans dire et c’est indéniable. Je ressens du chagrin à chaque goutte de sang versée dans son pays, mais que l’Etat doit faire respecter la loi face à des bandes armées. »

Walid Moallem, ministre syrien des Affaires étrangères 
« En Syrie, nous ne considérons pas que l’ultimatum de la Ligue arabe est une question importante. Le contenu est ce qui est important, et parvenir à un accord avec la Ligue arabe est ce qui compte. La proposition de la Ligue arabe comporte des articles reflétant les positions non équilibrées adoptées par certains Etats membres depuis le début de la crise. Ce protocole accorde aux émissaires de la Ligue arabe de très amples prérogatives, voire impossibles, pouvant aller jusqu’à la violation de la souveraineté nationale. Cela est sans précédent dans l’histoire des organisations régionales, qu’une organisation travaille contre l’intérêt d’un de ses membres. Si le combat nous est imposé, nous combattrons. Nous espérons que cela ne nous sera pas imposé. Le problème en Syrie ne peut être résolu que pas les Syriens eux-mêmes (…) Le dialogue est une nécessité pour dessiner l’image de l’avenir de la Syrie dans un esprit de partenariat. J’exclue une guerre civile, bien qu’ils fassent tout pour la fabriquer. Le dialogue national sert de base pour construire la Syrie. Toute personne de l’opposition nationale souhaitant y participer sera la bienvenue. »

Ali Larijani, président du Parlement iranien 
« L’envoi d’armes en Syrie et la dramatisation des événements afin de compliquer la situation interne nuiront à la réputation des pays orientaux et des Etats-Unis. 
La politique des deux poids deux mesures, adoptée à l’égard des événements dans certains pays, confortent notre conviction que les parties qui se précipitent pour exécuter les plans occidentaux contre la Syrie subiront un triste sort
. »

Revue de presse

As Safir (Quotidien libanais proche de la majorité, 18 novembre 2011) 
Imad Marmal
 
La bipolarisation marquée de la scène politique libanaise autour de la crise syrienne a atteint un tel degré que l’avenir politique de chacun des deux camps semble désormais dépendre de l’issue de cette crise. 
Un député du 8-Mars met en garde ses adversaires politiques de l’opposition : « Si le régime syrien reste en place, vous paierez un prix politique très élevé. S’il tombe, vous paierez le même prix et n’aurez pas le temps de vous en réjouir, surtout si le pays sombre une guerre civile ».Un député du 14-Mars refuse ces « intimidations » et affirme que le 14-Mars ne se laissera jamais entraîner vers une guerre civile. Selon lui, c’est le maintien du régime syrien qui menace la stabilité interne du Liban. 
Des sources de l’opposition estiment par ailleurs que les incidents sécuritaires qui ont eu lieu dernièrement sont des messages pour dire qu’on peut semer le chaos au Liban et menacer la Finul et Israël si les pressions contre Bachar al-Assad se poursuivent. Le fait que ces incidents aient eu lieu dans des régions chrétiennes vise à dire que le régime syrien est le seul garant de la sécurité des chrétiens.

As Safir (16 novembre 2011) 
Sateh Noureddine
 
La bataille pour défendre ou renverser le régime syrien sera tranchée à Beyrouth avant Damas. Il existe une décision arabo-internationale pour activer le front libanais, qui est le front le plus efficace et le moins coûteux dans la guerre contre le régime syrien. La décision extérieure ne sera pas individuelle mais prise à l’unanimité par l’ensemble des acteurs concernés. Et les instruments libanais sont prêts.

As Safir (15 novembre 2011) 
Le financement du Tribunal spécial pour le Liban fait l’objet de toutes sortes de pronostics, l’un des scénarios avancé évoquant la possibilité de voir certains pays se porter volontaires pour contribuer au paiement de la part due par le Liban. Mais il ne sera possible d’en savoir plus que lorsqu’on aura obtenu des réponses aux questions soulevées par certaines sources diplomatiques 

: Est-ce vrai que l’ancien Premier ministre Saad Hariri avait demandé à son homologue britannique David Cameron, pendant sa visite en Grande-Bretagne début novembre 2010, de s’acquitter d’une part de la somme due par le Liban, en raison de la conjoncture financière difficile au pays du Cèdre ?

Est-ce vrai que Cameron a accédé à cette requête et que la Grande-Bretagne a augmenté d’un million de dollars sa contribution annuelle, faisant la même chose par la suite en 2011 ?

Est-ce vrai que Cameron lui-même l’a rappelé en recevant son homologue libanais Najib Mikati pendant sa dernière visite à Londres ?

An Nahar (Quotidien libanais proche du 14-Mars, édition du 18 novembre 2011) 
Rosanna Bou Mounsef 

Le vote libanais au Conseil ministériel de la Ligue arabe contre la suspension de la Syrie soulève de sérieuses interrogations sur la capacité du Liban à honorer ses engagements relatifs au financement du tribunal international. La dernière visite de Najib Mikati en Grande-Bretagne a été accueillie par des réserves américano-françaises, les deux pays souhaitant attendre que le Premier ministre libanais concrétise au moins ses engagements au sujet du Tribunal spécial pour le Liban (TSL). La confiance extérieure quant à la possibilité pour le gouvernement de s’acquitter de la somme due au budget de ce tribunal semble donc avoir été ébranlée, d’autant plus que des positions contradictoires sont exprimées dans ce dossier. Le président du Conseil des ministres aurait déclaré à des diplomates qu’il entend mettre la question du financement du TSL à l’ordre du jour du cabinet dans une dizaine de jours. En revanche, d’aucuns excluent un tel scénario et avancent que Mikati connaît déjà la réponse et qu’il cherchera donc à repousser davantage l’examen de ce sujet controversé.

Al Akhbar (Quotidien libanais proche de la majorité, 16 novembre 2011) 
Ibrahim Al-Amine 
La crise syrienne a atteint son apogée et aucun traitement sérieux ne semble en vue. En attendant qu’une partie courageuse et puissante décide d’ouvrir la voie à un dialogue qui mène vers un véritable changement, pour le bien du peuple syrien et pas des intérêts étrangers, les parties extérieures s’impatientent. Elles ne veulent donner aucune chance au dialogue et ne s’intéressent qu’à leurs intérêts qui se résument en une seule idée : la chute ou l’affaiblissement du régime syrien constitue un acquis supplémentaire pour le projet israélo-américain dans la région du Moyen-Orient.

Al Hayat (Quotidien saoudien, 16 novembre 2011) 
Paris, Randa Takieddine
 
Paris considère le Liban comme soumis à la politique du Hezbollah, affirme une source française qui ajoute que les relations avec Michel Sleiman et Najib Mikati sont gelées. Ces sources affirment que tout ce que le gouvernement libanais fait, à l’intérieur comme à l’extérieur, reflète la mainmise du Hezbollah sur la politique libanaise. Sur le plan intérieur, les sources notent la stagnation au niveau de l’action du gouvernement, parce que la politique du Hezbollah est de geler toute action gouvernementale. Elles rappellent que le Liban est passé par plusieurs périodes où ses gouvernements ne gouvernaient pas. De même, toutes les positions du Liban sur le plan extérieur et international, sur le TSL, la Syrie, la Ligue arabe et la Palestine, montrent l’hégémonie du Hezbollah sur le gouvernement libanais. 
Les sources estiment que le premier ministre Najib Mikati est incapable d’imposer sa position, qu’il avait communiquée au ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé et au Premier ministre britannique David Cameron. M. Mikati avait également informé la partie américaine qu’il allait présenter sa démission s’il s’avère incapable d’assurer le financement libanais du TSL, mais toutes les informations qui parviennent à la France, y compris des cercles proches de M. Mikati, montrent qu’il ne démissionnera pas. 
Le vote du Liban à la Ligue arabe n’a pas surpris Paris qui se demande sur l’orientation que prend le Liban tant que le régime syrien n’est pas tombé. Cette chute est pourtant inévitable, estime la France, surtout après la décision de la Ligue arabe. 
Les sources signalent que si l’Iran est attaqué, il est certain que le Hezbollah entrera dans la bataille, ce qui risque d’entraîner une guerre régionale de grande envergure. Les cercles de prise de décisions à Paris estiment que le Hezbollah ne s’exposera pas à des risques pour aider la Syrie comme il le ferait pour l’Iran, d’autant plus que le parti Baas n’est pas proche idéologiquement du Hezbollah comme l’Iran. 
La France a adressé des messages au président Sleiman soulignant la nécessité de ne pas livrer des opposants et des réfugiés syriens, et d’empêcher qu’ils soient enlevés sur le sol libanais. La réponse a été qu’il y a une convention sécuritaire et un traité entre le Liban et la Syrie qui interdisent à chacun des deux pays de permettre à l’opposition de l’autre pays d’agir contre lui. 
Paris considère que les relations politiques au niveau du président de la République et du président du Conseil des ministres libanais sont gelées jusqu’à nouvel ordre. La priorité pour le moment est de suivre l’évolution du dossier syrien qui a un impact sur la situation au Liban. Certains à Paris doutent que la chute du régime syrien assouplisse la position du Hezbollah, d’autant plus que le parti renforce sa position sur la scène intérieure pendant les développements en Syrie.

Ad Diyar (Quotidien libanais proche de la nouvelle majorité, 18 novembre 2011) 
Ibrahim Jbeily
 
Comment expliquer l’enthousiasme sans précédent de la France vis-à-vis du printemps arabe.

La réponse est claire, la France ayant laissé ses empreintes partout et s’empressant de transférer son matériel d’un pays à l’autre dès la fin du mouvement de contestation dans le premier pays. Après la Tunisie, l’Egypte et la Libye, c’est aujourd’hui Damas qui est dans le collimateur français. L’apparition d’un homme mystérieux : Bernard-Henri Lévy, qui s’active aujourd’hui sur le front de l’opposition au régime en Syrie. Dans le dossier syrien, il se serait mis à la tâche dès que l’Odéon à Paris a ouvert ses portes à l’opposition syrienne. On peut voir les empreintes de Bernard-Henri Lévy dans les dernières déclarations anti-régime faites à la presse par l’ancien vice-président syrien Abdel Halim Khaddam. Pour l’intellectuel français, la frontière syro-turque constitue aujourd’hui le point de départ idéal. Il a réussi à convaincre Paris et les autres grandes puissances d’introduire clandestinement en Syrie, via la frontière turque, des missiles Stinger destinés aux insurgés. Et c’est la compagnie aérienne française Corse Air qui transporte ces armes vers la région de Cilicie afin qu’elles soient passées en contrebande à bord de petites voitures à destination des insurgés. 
Bernard-Henri Lévy attend impatiemment d’avoir mené jusqu’au bout ses noirs desseins en Syrie pour passer au Soudan. L’Algérie a elle aussi sa place sur son agenda.

L’Orient-Le Jour (Quotidien francophone libanais proche du 14-Mars, édition du 18 novembre 2011) 
Le porte-parole de la Finul, Andrea Tenenti, a déclaré que dans son dernier rapport sur l’application de la 1701, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, a relevé qu’après cinq années d’opérations au cours desquelles la Finul a élargi la panoplie de ses activités, il est désormais temps d’effectuer une révision de la stratégie de la mission onusienne. « Dans ses remarques, le secrétaire général a également mis l’accent sur la tenue d’un dialogue stratégique qui est un élément important en vue d’aider les forces armées libanaises à renforcer leurs capacités de manière à faciliter le transfert graduel des responsabilités des Casques bleus vers la troupe libanaise », a affirmé Tenenti qui a relevé que la décision d’effectuer une révision stratégique n’est pas nouvelle, puisqu’elle avait été soulevée en août 2011, à l’occasion du renouvellement du mandat de la Finul. 
Par ailleurs, et en vue de l’arrivée de la frégate militaire brésilienne qui viendra rejoindre les forces onusiennes chargées de surveiller les eaux territoriales libanaises, plusieurs personnalités brésiliennes d’origine libanaise sont arrivées au Liban. La frégate sera accueillie par le président de la République, Michel Sleiman, des responsables libanais ainsi que par le vice-président de la République brésilienne d’origine libanaise, Michel Tamer, déjà arrivé à Beyrouth.

L’Orient-Le Jour (18 novembre 2011) 
Philippe Abi Akl
 
Un diplomate occidental accrédité à Beyrouth reconnaît que les pays occidentaux, notamment ceux de l’Union européenne, accordent au gouvernement Mikati un délai allant jusqu’au début 2012 pour s’acquitter de son dû dans le financement du Tribunal spécial pour le Liban (TSL), sachant que le délai fixé par la direction du TSL se termine fin novembre. Sauf que de grandes capitales ont repoussé cette date jusqu’au début de l’an prochain et là, en cas de non-respect par Beyrouth de ses engagements, des sanctions seront prises contre lui. 
Contrairement aux personnalités influentes du monde de l’économie et des finances, les milieux du 8-Mars écartent pourtant cette hypothèse et ne pensent pas que l’UE irait jusque-là, assurant que les grandes puissances savent pertinemment quel impact négatif d’éventuelles sanctions auront sur le Liban. La majorité au pouvoir évoque des « informations » qu’elle aurait recueillies auprès de « parties européennes » qui affirment que « rien n’est sûr » à ce niveau, que c’est juste un bâton que les grandes puissances brandissent pour pousser le Liban à payer sa part et qu’il y a mille et une façons d’assurer le financement du TSL si le Liban fait défaut. Dans tous les cas, toujours selon les mêmes milieux diplomatiques, la nature de ces sanctions n’a pas encore été définie et tout reste matière à débat en fonction de la position du gouvernement libanais. Le dossier est entre les mains de la France et c’est à elle d’appeler à une réunion où les décisions européennes seraient prises. On dit et on répète que Paris tend à imposer des sanctions contre Beyrouth en cas de non-paiement ; une tendance communiquée au Premier ministre Najib Mikati au cours d’une récente réunion avec les ambassadeurs européens. 
Les milieux diplomatiques assurent que le PM a officiellement promis à David Cameron et Catherine Ashton que Beyrouth allait respecter ses engagements, parce qu’il tient à sa crédibilité et à garder la confiance placée en lui. Il a également promis que Beyrouth allait rester neutre dans le dossier syrien pour éviter toute répercussion négative de la situation en Syrie sur le Liban. 
Quoi qu’il en soit, Najib Mikati a tout récemment indiqué à l’un des diplomates européens reçus au Sérail qu’il démissionnerait s’il ne parvenait pas à assurer la quote-part du Liban dans le financement du TSL. Mais son entourage a vite précisé que cette démission n’était pas nécessairement chose acquise. Quant au 8-Mars, il ne prend pas cette menace au sérieux, jugeant que c’est une façon pour Najib Mikati de faire pression sur Damas et le Hezbollah afin qu’ils l’aident à assurer le financement du TSL.

L’Orient-Le Jour (18 novembre 2011) 
Le Hezbollah a commenté dans un communiqué le nouveau rapport sur la 1701 du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, qu’il accuse de « parti pris en faveur de l’administration occidentale ». Selon le parti, le secrétaire général aurait mieux fait de « s’aligner sur la volonté de consolidation de la paix et de la sécurité dans le monde, un objectif que poursuit en principe l’organisation internationale ». 
Au lieu de cela, poursuit le texte, le secrétaire général « n’a fait que réitérer les déclarations occidentales et les arguments qui émanent de leur adversité à la résistance et du manque respect des sentiments du peuple libanais ». 
Ce rapport, poursuit le communiqué, « est truffé d’erreurs, et laisse filtrer une gêne certaine du choix fait par les Libanais en vue de renforcer leur position face à l’occupation sioniste et à aux agressions continues de l’État hébreu ». 
Le communiqué souligne en outre que le rapport est contraire à la réalité du terrain qui montre clairement que « la stabilité prévaut dans les localités du Liban-Sud », un fait qui avait été relevé par bon nombre de responsables internationaux, à leur tête le commandant en chef de la Finul, note le Hezbollah. 
Le Hezbollah a estimé que le fait que les institutions de l’organisation internationale se trouvent sous l’emprise des puissances occidentales, à leur tête les États-Unis, « constitue un réel danger qui menace la sécurité et la paix internationales et pousse les puissances hégémoniques à violer les droits des peuples. »

The Globe (Quotidien canadien, 14 novembre 2011) 
Patrick Martin 
« À votre avis, monsieur, pensez-vous qu’il y ait encore un espoir ? » J’étais presque gêné par la nature dramatique de la question que me pose cette vendeuse de chaussures de l’est de Beyrouth. Je sais exactement ce qu’elle entend par là. Dans toute la région, les chrétiens se sentent menacés. Les événements s’enchaînent, les régimes tombent, l’ordre ancien n’est plus. Et pour les chrétiens -en Egypte, en Irak, en Syrie et au Liban– c’est une source de préoccupation. 
Je lui ai répondu que toute la région était en plein bouleversement et que beaucoup de bonnes choses pourraient en sortir. Je lui ai expliqué que les chrétiens de Syrie avaient peur de ce qui pourrait leur arriver si les islamistes sunnites prenaient le pouvoir à Damas. Jusqu’à présent, les chrétiens de Syrie se sentaient raisonnablement protégés sous le régime de Bachar al-Assad. 
Un homme se tient debout avec ses trois enfants à l’extérieur de l’église grecque-orthodoxe magnifiquement reconstruite dans le centre-ville. L’homme, d’environ 50 ans, me dit qu’ils étaient des parents de la mariée. Il parle avec appréhension de l’avenir de ses enfants au Liban. Au vu des événements récents, il se demandait « s’il ne serait pas mieux pour les enfants si nous allions au Canada ».

Pierre Khalaf

Source : New Orient News (Liban)

23 NOVEMBRE 2011

http://www.voltairenet.org/Syrie-Liban-face-au-chaos-l-unite


Un témoignage de Syrie

1-2 Marie-Ange PATRIZIO : Chemins de Damas.

Chers amis,

Je reviens (samedi 19 novembre 2011) d’un voyage de 6 jours en Syrie, à l’invitation des Eglises d’Orient [1], autorisé par le gouvernement syrien, et, pour ma part, à la demande de Mère Agnes-Mariam de la Croix, dont j’ai fait la connaissance à la fin du mois d’avril 2011 après qu’elle a lu, sur le site du Réseau Voltaire, ma traduction du texte de D. Losurdo ‘Que se passe-t-il en Syrie ?’ [2].

La logistique a été assurée en coordination avec Thierry Meyssan et le Réseau Voltaire.

Prévu pour une 50aine de personnes au départ, et destiné prioritairement à des journalistes de la presse catholique, ce voyage n’a en définitive regroupé que 15 personnes arrivant de l’étranger : aucun français parmi les journalistes professionnels de la presse écrite ou radio-télévisée, mais : 5 belges, une journaliste venant de Madrid et un journaliste étasunien. Aucun membre de la presse française contactée n’a donc répondu favorablement et saisi l’occasion d’aller voir sur le terrain ce qui s’y passe. Paradoxe surprenant, alors que nos media ne manquent aucune occasion d’accuser la décision du « dictateur » Assad et de « son » régime d’empêcher les journalistes indépendants d’aller en Syrie. Nous pouvons donc témoigner aujourd’hui non seulement que des journalistes et contributeurs divers peuvent entrer officiellement dans ce pays, mais que certains de ceux qui se plaignent de la censure de ce régime sont aussi ceux qui refusent cette occasion extraordinaire quand elle leur est offerte : sous prétexte d’indépendance de la presse, ne pouvant pas entrer s’ils sont invités ?( !) La liberté ne serait-elle garantie que par la clandestinité dans un pays qu’on se hâte maintenant de déclarer en « guerre civile » ?

Les autres membres du groupe étions des représentants d’associations catholiques (Italie) ou des militants actifs sur Internet, pas (très) catholiques pour la plupart et avec - le moins qu’on puisse dire- des positions politiques hétérogènes.

Ce que je vous adresse aujourd’hui, taraudée par une urgence à rendre compte de ce séjour, n’est pas un reportage de journaliste, puisque je ne suis pas journaliste mais psychologue et traductrice, mais une lettre à des amis et camarades. Un témoignage, pour le moment partiel et non chronologique, de ce qui m’a frappée dès les premières heures passées dans ce très beau pays : l’ampleur incroyable, révoltante du mensonge que les media nous assènent ici sur la situation en Syrie. Mensonge en action et en omission, comme on dit. Ces notes seront suivies, ultérieurement, de récits détaillés de plusieurs séquences du voyage, représentatives de la situation actuelle, démontant et démentant l’intoxication époustouflante en cours depuis 8 mois sur les événements qui tentent de déstabiliser ce pays.

Avant tout, j’indique que les organisateurs nous avaient certes préparé un agenda chargé (et annoncé) mais pas obligatoire, bien sûr : chacun des membres de ce groupe a eu la possibilité d’assister ou pas - à visage découvert !- à tout ce qui était prévu, ou/et de quitter le groupe pour aller où il espérait aller, sans forcément avoir à dire où. Je dirai aussi que je ne connaissais pas la composition du groupe avant d’être sur place. Je n’ai constaté aucune entrave (à part des embouteillages monstres, même en Syrie, oui, même ces jours-ci) à une liberté de déplacement, ni aucune surveillance : je dirai même qu’à certains moments, je l’aurais presque appréciée, cette surveillance tant décrite et décriée ici.

Ne parlant pas arabe je me suis contentée (sans être jamais déçue) de rester dans le programme annoncé (et sans cesse bouleversé sous la pression des événements), y compris deux demi-journées pour faire un peu de tourisme. J’ai profité de ces moments d’inoccupation dans un programme dense et éprouvant, intellectuellement, moralement et physiquement, pour promener dans la ville de Damas, qui est superbe. Nous n’avons pas eu le temps de faire davantage d’escapades. A Saint Jacques le Mutilé (Qâra), nous n’avons eu que quelques heures (diurnes) pour promener dans et autour du monastère : j’y ai modestement participé à la fin de la récolte des olives (2 tonnes 4).

Je dirai donc en introduction : liberté, oui, de se déplacer et, en dehors de mon expérience du poste de frontière sur la route Beyrouth-Damas (que je relaterai plus tard sur le thème « que fait la police ? »), personne ne nous a jamais interrogés, ce qui s’appelle interroger, pas bavarder, sur notre présence et nos intentions. Les esprits supérieurs se gausseront : bien sûr, nous étions embedded… Je précise aussi à ce sujet que j’ai payé mon voyage [3], mais que je n’ai quasiment rien dépensé là-bas [4] : une amie syrienne, ici, m’avait dit qu’il était de toutes façons impensable de payer quoi que ce soit dans l’hospitalité syrienne. Chrétienne ou autre.

La liberté de déplacement, pour la plupart d’entre nous y compris les journalistes professionnels, pouvait par contre se trouver limitée plutôt par un élément central et banal dans toute région du monde : parler ou pas la langue du pays, en l’occurrence l’arabe. Je pratique un anglais précaire, et les Syriens parlent parfois le français. Pour tous les déplacements et rencontres, spontanés ou organisés, je n’ai donc, de façon très intéressée, quasiment pas quitté une documentariste algérienne (résidant en France) qui a eu la générosité de (se) faire notre interprète, en plus de son travail (filmer et enregistrer). L’autre interprète inlassable était Agnes-Mariam de la Croix. Le lecteur inlassablement critique pourra dire qu’elles traduisaient ce qu’elles voulaient : évidemment. Les enregistrements (par les journalistes et documentaristes du groupe) faits en arabe avec traduction simultanée permettront de vérifier la fiabilité des traductions. Je dirai ici ma surprise que les rédactions qui ont envoyé leurs journalistes ne leur aient pas aussi adjoint les services d’un interprète, élément essentiel d’un travail annoncé comme indépendant (étant, nous, aliénés dans nos idéologies) dès l’arrivée sur le terrain.

Au monastère et dans certains déplacements, les Sœurs Carmel et Claire-Marie, et deux frères de la communauté, tous quatre francophones, ont rendu notre séjour beaucoup plus confortable y compris matériellement, logistiquement, et moralement. Merci à vous tous de votre présence chaleureuse, constante et courageuse qui a transformé notre séjour. Et à notre patient chauffeur, depuis Qâra, dans la province de Homs et à Banyas.

La vie, quotidienne, banale, qu’on perçoit dans la rue c’est la vie d’une population qui supporte un embargo et des sanctions : rien moins quand même qu’un « génocide lent » pour reprendre l’expression de Webster Tarpley. Sanctions qui, par des mécanismes bancaires dont je n’expliquerai pas ici la complexité des rouages, entraînent, entre autres choses, l’augmentation des prix des carburants nécessaires au confort domestique : pour se chauffer, notamment, et il fait très déjà froid, et humide, en Syrie ces jours-ci. Sans parler du reste des effets des sanctions, sur quoi nos interlocuteurs ne se sont pas attardés. Les gens continuent à vaquer à leurs occupations avec suffisamment de tranquillité (je parle de la rue, des souks, des marchés etc. à Damas mais aussi sur les routes, dans les campagnes) pour qu’on se sente à l’aise aussi bien dans des ruelles désertes à la nuit tombée, qu’aux souks, ou dans les fabuleux monuments désertés par les touristes, ou au restaurant. Restaurants sans aucun doute beaucoup moins fréquentés qu’en période touristique ou dans le train-train damascène traditionnel (mondain ou non). Il n’y a pas de visiteurs étrangers actuellement en Syrie et le commerce doit s’en ressentir considérablement. En dehors d’un déplacement dans Damas, en cortège de 5 limousines noires qui se voulait sans doute une courtoisie de la part du gouvernement (seule intervention logistique des services du régime), nous n’avons jamais été escortés, sécurisés, surveillés etc. Je l’affirme ici malgré les allusions que j’ai déjà lues dans d’autres commentaires, sans que leurs auteurs ne donnent de détails.

Je reviendrai plus tard sur ce convoi protocolaire pittoresque et cocasse dans le paragraphe « Que fait la police ? ».

On s’est même perdu plusieurs fois… Comme surveillance (et protection), j’imaginais (et aurais -bêtement ?!- espéré à quelques reprises) autre chose.

L’atmosphère de guerre civile que nous décrivent lourdement nos media, stipendiés par les nôtres de régimes, je ne l’ai pas trouvée (tant mieux) ; et je peux dire que certains membres de notre groupe l’ont vraiment cherchée, librement. Librement pouvant inclure le service recommandé par leurs directions éditoriales. Dire et écrire autre chose que cette simple phrase : « il n’y a pas de guerre civile en Syrie », relève du mensonge. Dire qu’il s’agit d’un début de guerre civile impliquerait que nous eussions assisté (de près ou de loin, ou par des témoignages) à des affrontements armés et significativement massifs entre des factions de la population, entre elles ou/et avec les forces de sécurité (armée, police etc.) ; la guerre civile n’oppose pas des groupes armés venus de l’extérieur à des soldats de l’intérieur. Dans ce cas cela s’appelle une agression militaire.

Nous aurons l’occasion de revenir sur l’équipement des « insurgés ». Les collègues journalistes qui ont déjà documenté ce voyage ont eux-mêmes reconnus la réalité, terrorisante, atroce dans ses méthodes, de ces incursions depuis l’étranger de bandes de tueurs. Et c’est après chaque témoignage sur cette terreur que j’aurais, pour ma part, bien aimée être parfois plus escortée et surveillée. Et protégée. Le fait que j’écrive aujourd’hui alors que notre voyage était évidemment connu et surveillé par les donneurs d’ordre, étrangers, des escadrons de la mort, est la preuve que, justement, pour le moment au moins, nous pouvions encore circuler en sécurité et sans escorte.

Les Syriens que j’ai rencontrés sont d’une extrême hospitalité : et c’est un pays où il est agréable de se promener même en ce moment, du moins dans Damas. Ailleurs, l’atmosphère que nous avons vécue n’était pas celle d’une tension palpable, mais c’est nous, de là où nous venions, qui étions parfois très tendus (à Homs, à Banyas) : sous l’effet soit de ce que nous venions d’entendre de la part de certains interlocuteurs, victimes des escadrons de la mort, soit sous l’effet de la propagande à laquelle il est difficile d’échapper en France, Italie, Espagne, USA, Belgique ; même quand on est critique par rapport à ces media. Et dans les villes de Homs et Banyas, où nous avons vu et entendu ces victimes et/ou leurs proches, civils ou militaires tués, il est évident qu’il valait mieux être prudent. Le groupe de quelques uns des envoyés spéciaux qui est retourné une deuxième fois à Homs, avec Agnes-Mariam, est même tombé en panne à la sortie (« 10 Kms ») de la ville, à la nuit tombée, et nous a raconté ça le soir, sans drame. Ils sortaient pourtant d’une visite à la famille d’un homme qui avait été enlevé et massacré par les terroristes.

Dans nos déplacements, il était facile de se faire repérer comme étrangers, que les passants soient ou non de ces agents des services de sécurité dont on nous parle tant ici, et qui doivent être très discrets et parfaitement formés car, s’il y en avait, on ne les a jamais vus, ni entendus. Ou bien sommes-nous, nous, de gros benêts endoctrinés (au sabre et au goupillon, n’est-ce pas) et aveugles.

Nous n’avons vu aucun touriste étranger de tout notre séjour. Donc, ma foi, nous avons eu quelque succès … D’autant plus qu’on se baladait avec appareils photos, caméras, carnets de notes etc. Les gosses demandaient (plus ou moins discrètement !) qu’on les prenne en photo ; et ceux qui n’étaient plus des gosses assumaient qu’on les enregistre, à l’improviste, et à visage découvert (eux et nous), donnant (et nous aussi) les noms, adresses etc. A l’opposé exactement de ce que nous a par exemple montré le reportage, diffusé par Arte, de Madame Sofia Amara (dont je vous recommande, pour avoir une idée de sa fiabilité, d’aller voir sur Internet quelles frasques elle a faites avant de se reconvertir avec un grand sens de l’opportunisme dans le prétendu reportage de vraie guerre humanitaire) [5].

Nous avons été le premier groupe de presse entré officiellement en Syrie depuis le début de l’ « insurrection » : je dis officiellement pour signifier que les autres journalistes, ou prétendus tels, sont entrés (si on les croit, car on n’a quand même pas trop de preuves avérées de leur séjour dans le pays) clandestinement [6] : on est en droit, donc, de se demander quelle indépendance ils ont par rapport aux escadrons de la mort qui sévissent dans certaines villes et régions proches des frontières - c’est plus facile pour le moment - où sont établies leurs bases arrières.

Les véritables opposants au régime se déclarent, afin de faire connaître leurs revendications : parmi lesquelles l’ouverture, officielle, assumée, à la presse étrangère.

Depuis qu’a commencé la tentative de déstabilisation du pays, il me semble évident que le « régime » a intérêt à contrôler ceux qui entrent : il y a assez de bandes de tueurs qui s’infiltrent sans, en plus, avoir la stupidité de laisser venir n’importe qui, sous prétexte de prouver - à des gens qui ne veulent de toutes façons rien en savoir - qu’on ne serait pas un régime dictatorial.

Le mot qui revient toujours quand les gens vous abordent c’est « Welcome » ; il paraît que c’est une tradition en Syrie. Mais cette tradition a en ce moment une tonalité particulière pour le visiteur, avec tout ce que les Syriens entendent venant de nos pays : car, eux, ils ne regardent pas que les chaînes de nos media dominant la désinformation. Ils regardent et savent ce que nous on entend mais ils regardent aussi d’autres chaînes, indépendantes : celles n’appartenant pas aux monarchies (libres…) du Golfe. Et ils ont des moyens d’information pour se faire leur propre idée ; d’autant plus, évidemment, que eux sont sur place, à la différence des journalistes ici qui répètent, sans se déranger sur le terrain, ce que leurs rédactions leur commandent.

Dans la rue donc, après vous avoir dit Welcome les passants vous disent souvent We love Assad et, si vous vous présentez comme français, Sarkozy (et parfois Joupé) bad, bad en faisant le geste (sans équivoque), de celui qui écrase quelque chose sous son talon : et ils appuient bien fort, bien franchement. Propagande ? Alors ils sont une majorité, chez les jeunes surtout, à être complètement intoxiqués et aveuglés par le régime : à ce degré de masse, ça deviendrait une dictature populaire… Question à propos du niveau d’information des passants dans les rues de la « dictature » syrienne et chez nous où règne la liberté de la presse et d’opinion etc. : qui, ici, pas dans la rue mais même chez les gens informés, connaît le nom du ministre syrien des affaires étrangères ?

Pour le lecteur perplexe, je précise que je parle ici non pas seulement des gens rencontrés dans les rendez-vous organisés (embedded, n’est-ce pas) mais dans la limite de 6 journées : dans les rues de Damas, avec des passants qui faisaient leurs courses ; sur les routes, lors des haltes imprévues ; dans les rues de Homs, où nous avons débarqué après avoir été reçus par le gouverneur avec des représentants des hiérarchies chrétiennes et deux membres de l’opposition présente dans le pays. Tous donnant leurs noms et téléphones et acceptant d’être filmés et enregistrés : pour eux, tous, aussi, mise en scène du régime ? C’est possible mais alors la comédie était déjà assez critique contre le régime : digne de passer chez nous dans certaines émissions un peu plus indépendantes que la majorité des autres.

Et dans tous les cas, et même pour les deux personnes de l’opposition rencontrées à Homs, il y avait une distinction entre la critique du régime, dont ils pensent qu’il doit être largement et profondément réformé - avec leur participation - et celle du président Bachar al Assad : tous les gens que nous avons rencontrés, spontanément, pseudo-spontanément si la Syrie est totalement contrôlée par les services de sécurité, ou de façon partisane (par exemple certains membres du Parti Baas, dont il était inutile qu’ils nous disent qu’ils étaient membres du parti : c’était évident), tous ont fait cette distinction : apparemment, dans tous les avis que j’ai entendus (y compris avec ma voisine syrienne dans l’avion, installée à Paris depuis plusieurs années, à qui j’envoie ce texte), le président Bachar Al Assad est à l’écart, personnellement, de la masse des critiques. Exceptionnalité d’un régime dictatorial qui serait assez soudé et généreux pour laisser le chef à l’abri et prendrait sur lui toutes les critiques ? Ceci est une des composantes les plus surprenantes pour moi du mensonge époustouflant et grossier des media ici, qui désignent Bachar Al Assad comme un dictateur haï par la population.

Dans ce que j’ai entendu - toujours dans les deux sortes de rencontres : programmées et imprévues - de la critique contre le régime, ce qui revient le plus souvent et avec force est : la bureaucratie, la corruption, l’absence de liberté de parole : critiques, toutes, que nos interlocuteurs attribuent au régime instauré par le père de Bachar mais qu’ils sont prêts à ajourner face à la seule urgence : défendre leur pays, la nation, contre l’agression étrangère. Défendre leur société, leur civilisation, dont ils ne cessent de dire avec fierté qu’elle est plurielle depuis longtemps et que c’est ce qui fait sa solidité. Nous avons rencontré (de façon organisée, oui, annoncée et assumée comme telle) pas mal de chrétiens, mais pas seulement : tout le monde est d’accord sur ce point : ils parlent avant tout en tant que citoyens syriens, pas comme membres de telle ou telle religion, ou association ou parti : même s’ils ont l’honnêteté d’annoncer la couleur -et dans le clergé des églises orientales, souvent éclatante, la couleur !

Ce qui revient toujours aussi c’est la désignation précise de leurs agresseurs véritables, hors du pays : monarchies du Golfe, Qatar, fondamentalistes et capitalistes au service des USA et Israël. Désignés nommément et dans une analyse politique sans faille. Tous témoignages et déclarations (à quelques rares exceptions près) à visage découvert. Nous y reviendrons.

Le dimanche matin (13 novembre 2011) nous avons assisté à la fin d’une manifestation gigantesque : déclenchée par la décision, samedi 12 novembre [7], de la Ligue Arabe (disons plus clairement : Ligue des Arabes du Golfe [8]) de suspendre la Syrie de sa qualité de membre : les citoyens syriens que nous avons rencontrés étaient partagés entre la consternation et la révolte.

Nous arrivons dans une des grandes artères de la ville quand la manifestation est terminée ou presque : nous allons rester sur le terre-plein séparant les deux voies environ deux heures durant, pendant qu’une partie des manifestants quitte le cortège (par une des trois voies d’évacuation possible) : pendant ces deux heures de retour de manif, nous voyons passer des gens souvent souriants, en famille majoritairement, ou par groupes de jeunes qui viennent parler avec nous : toujours les mêmes mots (voir plus haut) et slogans scandés ici gaiement (voire en dansant). Les filles qui se donnent le bras en léchant leurs chupa chups : allures de kermesse, parfois.

Même sans comprendre l’arabe, on identifie assez rapidement un phonème : repérable car il revient sans cesse marteler les interventions des passants ou des orateurs encore au micro, dans ou hors des restes de cortège : Syria (prononcer : Souria). Et je suis frappée aussi par la gravité des jeunes quand ils s’immobilisent pour chanter l’hymne national. Pas parce qu’ils ont gagné un match de foot ; pour défendre leur nation. Embrigadés ? Mais alors, quelle est la proportion dans la population globale, de ces gens qui descendent dans la rue, pas pour écouter en rangs un discours de propagande bien formaté, mais vivants : dansant, chantant, riant, posant pour la photo ? Sous la contrainte ?

Ce dimanche-là, à Damas, alors que la Syrie venait d’être mise au ban de la Ligue Arabe, j’ai reçu une leçon sur les termes : patrie, patriotes. Qu’ils revendiquent (très majoritairement apparemment) ou pas leur admiration pour Bachar Al Assad, tous ceux qui sont là, dans les rues de Damas (et ce sera constant dans toutes nos rencontres spontanées ou organisées) sont avant tout des patriotes, c’est leur nation qu’ils défendent.

Ces salves de slogans (dont ceux « pro Assad »), quelle que soit la réalité de ce pouvoir que je ne connais pas (encore), ont été un des moments impressionnants de ce voyage. Elles avaient une force et une beauté qu’on n’entend pas (plus ?) dans nos pays gavés de libertés d’expression, de droits de parole etc. : celles de l’unité d’un peuple qui est debout, conscient de ce qu’il risque de perdre.

Ces premières impressions seront complétées par des comptes-rendus plus circonstanciés et précis, sur ce que j’ai vu et entendu : impressions, observations non impartiales ? Qui prétend l’être ? Le ministre français des Affaires étrangères qui veut « sauver par des couloirs humanitaires des populations civiles », ingérences qui le conduiront peut-être un jour devant la CPI, avec ses chefs de bande de l’Elysée et Matignon, pour complicité de crime de guerre (assassinat de prisonniers de guerre : Kadhafi, entre autres) et crime contre l’humanité (embargo génocidaire) ? Bernard-Henri Lévy ? Je me limite dans cette lettre à la dénonciation du mensonge, pas à celle de l’obscénité.

« Nous [Syriens, de tous bords] sommes dans un ghetto médiatique, blocus médiatique et nous supplions ceux qui ont la justice, l’équité [au cœur] et qui oeuvrent dans les media de montrer la vérité. Nous ne voulons rien d’autre que montrer la vérité », nous a dit un des représentants de l’opposition à Homs [9].

J’ai lu, vu et entendu depuis mon retour, quelques reportages de nos collègues envoyés spéciaux, présents avec nous en Syrie. « Une part de vérité » [10] annonce l’un d’eux, ménageant l’éventualité de ne pas avoir « tout » vu dans ce « voyage bien balisé par le régime en place mais malgré tout utile ». Ne peut-on entendre aussi dans ces quatre mots un effet du retour d’autres parts de vérité, perçues mais refoulées ? Les auteurs auront leurs raisons, multiples. Mais, fut-ce dans l’équivoque d’un titre, cette autre part peut resurgir, et, à l’insu de l’auteur, produire des effets. On a des précédents fameux dans la région : tel ce fonctionnaire de police zélé au service des occupants impérialistes de l’époque, terrassé (par quoi ?) sur le chemin de Damas. Avec vingt siècles d’effets, en tous genres.

Pendant qu’il en est encore temps, nos directeurs de rédaction occidentaux - européens, étasuniens, israéliens, impérialistes, détenteurs d’armes de distraction de masse [11] - ne perdraient rien à faire un peu d’histoire : la Syrie est un livre rare, à cet égard, et je crois que ses habitants défendent davantage cette richesse là que leurs puits de pétrole.

m-a patrizio
Damas 19 novembre - Marseille, 24 novembre 2011
marie-ange.patrizio@wanadoo.fr

Post scriptum : site du monastère de Saint Jacques l’Intercis : http://www.maryakub.org/medias.html

et deirmaryakub@gmail.com

Voir aussi la revue de presse transmise le 22 novembre par le Réseau Voltaire :

Cette revue de presse ne comprend pas les émissions sur les télé libanaises (OTV, Al-Manar, NBN) et syriennes.

LA LIBRE BELGIQUE (Christophe Lamfalussy )

« Nous apportons une part de vérité »
http://www.lalibre.be/actu/international/article/701436/envoye-special-en-syrie-nous-apportons-une-part-de-verite.html

« Des corps mutilés à Homs »
http://www.lalibre.be/actu/international/article/700974/reportage-des-corps-mutiles-a-homs.html
21 novembre

« Même les éboueurs sont liquidés »
http://www.lalibre.be/actu/international/article/701555/syrie-meme-les-eboueurs-sont-liquides.html
22 novembre
RTBF
http://www.rtbf.be/info/media/video_jt-19h30?id=1412873&mediaset=rtbfinfo--les-derniers-jts&type=video

Journal de 20h de la RTBF, 21 novembre

FRANCE INTER
http://www.franceinter.fr/emission-journal-de-8h-journal-08h00-221111

Journal de 8h France Inter 22 novembre

Reportage de la correspondante RTBF à partir 7mn55s.

IRIB (service français)

Entretiens TM

http://french.irib.ir/analyses/interview/item/154346-thierry-meyssan-journaliste-fran%C3%A7ais

http://french.irib.ir/analyses/interview/item/154416-thierry-meyssan-journaliste-fran%C3%A7ais

Table ronde : « Syrie vers la guerre civile ? »

http://french.irib.ir/programmes/table-ronde/item/154577-table-ronde-syrie-vers-la-guerre-civile ?

RUSSIA TODAY

« Mossad vs Assad ? ’CIA death squads behind Syria bloodbath’ » with Webster Tarpley
http://www.youtube.com/watch?v=5L49L6iZSSg&feature=channel_video_title

[1] Lettre d’invitation fournie sur demande.

[2] Pour ceux qui ne les auraient pas encore lus voir : http://www.voltairenet.org/Que-se-passe-t-il-en-Syrie et

http://www.voltairenet.org/Au-crible-des-informations

[3] 389 euros avec Syrian airlines, plus 150 dollars de taxi privé et non collectif, de la banlieue éloignée de Beyrouth à la porte de l’aéroport de Damas, minuit-5 h du matin. Pas une vraie ballade.

[4] En dehors des achats de souvenirs et quelques taxis pris à l’improviste, et de mes visas : arrivée en Syrie puis retour du Liban = 23 euros puis 12 dollars, cash : avec l’embargo les cartes de crédit ne fonctionnent plus.

[5] http://www.20minutes.fr/medias/803532-sofia-amara-ils-tirent-tout-filme et

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=27111

[6] Je ne parle pas ici du voyage de Pierre Piccinin http://www.pierrepiccinin.eu/article-syrie-mensonges-et-manipulations-80384964.html

[7] Voir http://www.20minutes.fr/monde/iran/826190-suspension-ligue-arabe-syrie-erreur-historique-selon-officiel-iranien et http://www.babnet.net/rttdetail-41213.asp , par exemple

[8] Tous grands démocrates et champions de la liberté pour tout ce que vous voulez : la presse, la pluralité des partis, les femmes bien sûr -au volant et ailleurs-, contre la corruption etc.

[9] Ecrivain et poète, aaalnaem@gmail.com

[10] http://www.lalibre.be/actu/international/article/701436/envoye-special-en-syrie-nous-apportons-une-part-de-verite.html

[11] http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=27233

URL de cet article 15228
http://www.legrandsoir.info/chemins-de-damas.html

 


 

1-3 Julie Lévesque : SYRIE : Mensonges médiatiques ou le prétexte à une autre «guerre humanitaire»

Manifestations en Syrie: Qui compte les morts?

Selon de nombreux reportages provenant des organisations humanitaires, des médias occidentaux et de l’ONU, un grand nombre de manifestants pacifiques ont été tués par les forces syriennes depuis le début des troubles dans le pays à la mi-mars. Mais d’où viennent les chiffres?

 

Bon nombre de reportages sur la présumée répression meurtrière par le gouvernement syrien ne mentionnent pas la source de leurs informations et font souvent uniquement référence à des « groupes de défense des droits humains » ou « activistes » :

 

« Des groupes de défense des droits humains ont affirmé dimanche que des troupes ont réprimé des manifestants pacifiques tuant huit personnes dans le nord de la province d’Idlib et quatre autres dans des zones centrales, près de Hama. (Syrian Forces Kill 12 as ICRC Head Visits Damascus, Voice of America, 4 septembre 2011.)

 

Ces manifestations représentent une contestation sans précédent du président Bachar Al-Assad et de sa famille qui dirige le pays depuis plus de 40 ans. Les coûts sont élevés : de nombreux cyberactivistes ont été emprisonnés et, selon des groupes de défenses des droits humains, au moins 200 personnes sont mortes. (Deborah Amos, Syrian Activist In Hiding Presses Mission From Abroad, NPR, 22 avril 2011.)

 

Des activistes pour la défense des droits humains ont informé Amnistie internationale qu’au moins 75 personnes on été tuées aujourd’hui en Syrie durant d’importantes manifestations […]

 

Trente personnes ont été tuées dans le sud de la ville d’Izzra, 22 à Damas, 18 dans la région de  Homs et le reste dans d’autres villes et villages ont affirmé les activistes […] (Scores killed in Syria as 'Great Friday' protests are attacked, Amnesty International, 22 avril 2011.)

 

Dans certaines circonstances, on peut comprendre la nécessité de demeurer « anonyme » là où l’on dit que la dissidence constitue un danger de mort. Toutefois, cette attitude sème systématiquement le doute : les « chiffres » peuvent être utilisés pour diaboliser le gouvernement dans le cadre d’opérations clandestines par des États ou des organisations souhaitant un changement de régime à Damas. Il est clair que plusieurs puissances étrangères, dont les États-Unis et Israël, cherchent depuis longtemps à renverser le régime syrien.

La confiance que les médias accordent à des informations émanant de groupes anonymes transmet une compréhension biaisée des manifestations en Syrie, lesquelles appuient l’objectif plus vaste de déstabilisation du régime syrien.

 

Lorsque des informations relatives au bilan des morts et provenant de sources anonymes sont publiées par un média dominant ou un organisme de défense des droits humains reconnu, ces informations sont relayées comme étant des « preuves factuelles » par d’autres sources d’information ou des boîtes de réflexion, cela sans davantage de vérifications.

De plus, en cours de route, l’information est l’objet de déformation.

Voici un exemple de ce phénomène :

 

Le groupe de défense des droits humains Amnistie internationale a affirmé vendredi avoir enregistré les noms de 171 personnes tuées depuis que les premiers manifestants sont morts à Daraa le 18 mars.

 

Le groupe s’est basé sur des informations fournies par des activistes des droits humains, des avocats et d’autres sources et a déclaré que la plupart des personnes semblaient avoir été tuées par balles par les forces de sécurité. (Protesters killed in southern Syria, Al Jazeera, 9 avril 2011.)

 

L’article précédent est basé sur le communiqué suivant:

 

À la suite du décès d’au moins huit autres personnes durant les manifestations, Amnistie internationale a signalé aujourd’hui qu’au moins 171 personnes auraient été tuées au cours de trois semaines troubles sociaux en Syrie.

 

Le nombre de victimes des confrontations aujourd’hui pourrait s’accroître dramatiquement selon des rapports d’activistes des droits humains du pays.

 

Amnistie internationale a enregistré les noms de 171 personnes tuées. Les informations proviennent de sources incluant des activistes des droits humains et des avocats. (Death toll rises amid fresh Syrian protests, Amnesty International, 8 avril 2011.)

 

L’information initiale d’Amnistie internationale (AI) indique que « 171 personnes auraient été tuées », une déclaration démontrant que bien qu’elle ait « enregistré les noms de 171 personnes tuées », l’organisation n’a pas pu confirmer cette information. Al Jazeera, omet cette « incertitude » et décrit ainsi comme un fait la supposition que 171 personnes ont été tuées.

 

Voici un autre exemple de ce genre de déformation :

 

Bien qu’elles aient promis de mettre fin à la répression, les forces de sécurité syriennes ont continué à supprimer des manifestants antirégime, tuant au moins 18 personnes jeudi dans la ville de Homs (al-Jazeera) (sic). (Jonathan Masters, Assad's Broken Promises, Council on Foreign Relations, 3 novembre 2011.)

 

Cette analyse vient du Council on Foreign Relations (CFR), la fameuse et très puissante boîte de réflexion sur la politique étrangère des États-Unis. Il est fondé sur l’article suivant d’Al Jazeera où l’information concernant la tuerie est nettement différente.

 

Des dizaines de personnes auraient été tuées jeudi dans la ville de Homs, un point chaud des affrontements, alors que les forces de sécurité syriennes ont bombardé des zones résidentielles avec des chars d’assaut.

 

Les Comités de coordination locaux de la Syrie, un groupe d’activistes qui surveille le soulèvement du pays, ont déclaré que les décès signalés ont eu lieu jeudi dans le district de Bab Amro à Homs. (Syria “violence defies peace deal”, Al Jazeera, 4 novembre 2011.)

 

La formulation d’Al Jazeera, « auraient été tuées » et « décès signalés » révèle que ces décès ne sont pas confirmés. Le média qatari mentionne aussi que ces affirmations proviennent d’une seule source, à savoir un groupe d’activistes nommé Local Coordination Committees of Syria (Comités de coordination locaux, CCL). L’article du CFR a transformé les allégations d’Al Jazeera en faits concrets.

 

Lorsqu’il est temps de compter les morts, le CCL est très souvent cité dans les médias mainstream comme source d’information dans les reportages sur des tueries commises par les autorités syriennes, comme on peut le voir dans les exemples suivants :

 

Un autre groupe d’opposition, les Comités de coordination locaux, ont déclaré qu’ils ne pouvaient pas corroborer le bilan du Syrian Observatory [Observatoire syrien] concernant les pertes militaires, même s’ils ont également qualifié la journée de lundi comme l’une des plus sanglantes du soulèvement, avec la mort d’au moins 51 civils. « Nous n’avons aucune confirmation de ce qu’ils avancent » a affirmé Omar Idlibi, un porte-parole des Comités de coordination locaux. (Nada Bakri and Rick Gladstone, Syria Faces New Threats as Opposition Seeks Allies, The New York Times, 15 novembre 2011.)

 

Selon le réseau de l’opposition, les Comités de coordination locaux, au moins cinq personnes ont été tuées pendant l’offensive militaire : trois dans la province centrale de Homs, une à Tall Kalakh, une ville frontière de l’est, et une autre à Idleb, le long de la frontière avec la Turquie. (Roula Hajjar, Syria: Activists report manhunt for defectors and protesters, Los Angeles Times, 5 septembre 2011.)

 

Un activiste de la Syrian Revolution Coordinators Union (SRCU) [Union des coordonateurs de la révolution syrienne] a déclaré à Al Jazeera que la police secrète a ouvert le feu et a lancé des gaz lacrymogènes afin de disperser plus de 10 000 manifestants à Deir Ezzor, dans l’est tribal de la Syrie. Dix manifestants ont été blessés et environ 40 arrêtés, a-t-il affirmé.

 

La SRCU est le nom donné cette semaine à l’un des réseaux populaires d’opposition en Syrie. La SRCU travaille en collaboration avec les Comités de coordination locaux (CCL), un autre réseau d’opposition populaire. (Al Jazeera Live Blog – Syria, 3 juin 2011.)

 

Au moins 2 200 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début des troubles sociaux selon le bilan des Nations Unies. Un groupe d’activistes, [la SRCU], a affirmé mardi que, uniquement durant le Ramadan, 551 personnes avaient été tuées. Le groupe a déclaré que 130 autres personnes ont été tuées le 31 juillet, la veille du Ramadan, dans une attaque contre la ville de Hama, laquelle a par ailleurs été la scène d’une répression féroce en 1982.

 

Quatre personnes ont été tuées mardi à Hara et deux autres à Inkil, deux villes de la province de Dara, selon les Comités de coordination locaux, un autre groupe d’activistes qui documente les manifestations. (Nada Bakri, Syrian Security Forces Fire on Worshipers as Ramadan Ends, The New York Times, 30 août 2011.)

 

Le dernier article cite un bilan des Nations Unies (ONU) comme s’il s’agissait d’une source indépendante d’information. Toutefois, selon l’un de ses rapports, l’ONU se fie elle aussi à la même source d’information, le CCL, et indique dans une note être incapable de confirmer si les informations fournies par ce groupe sont vraies :

 

Au moment de la rédaction de ce rapport, la mission avait reçu plus de 1900 noms et informations de personnes tuées dans la République arabe syrienne depuis la mi-mars 2011. Tous seraient des civils [26].

 

26. Ces informations sont compilées par des comités de coordination locaux actifs dans la République arabe syrienne, où ils documentent les noms des victimes et les détails à leur sujet. La mission n’est pas en mesure de vérifier ces informations de manière indépendante. (Nations Unies, Report of the United Nations High Commissioner for Human Rights on the situation of human rights in the Syrian Arab Republic - A/HRC/18/53, 15 septembre 2011.)

 

Que sont les Comités de coordination locaux (CCL)?

 

Selon un article du Christian Science Monitor, le groupe CCL fait partie du Conseil national syrien (CNS), une entité non élue. Même si la plupart de ses membres vivent en exil et que ses membres en Syrie demeurent inconnus, le CNS est présenté comme l’autorité légitime de la Syrie et a été reconnu par le Conseil national de transition de la Libye, un autre organisme non élu, reconnu par les puissances occidentales comme représentant « démocratique » du peuple libyen.

 

Les leaders de l’opposition syrienne ont formellement créé le Conseil national syrien [CNS] lors d’une rencontre dimanche en Turquie, réunissant ainsi les groupes les plus disparates cherchant à déloger le président syrien Bachar Al-Assad.

 

Associated Press rapporte que le conseil comprend entre autres les Comités de coordination locaux, qui ont organisé la plupart des manifestations au pays, les Frères musulmans syriens et des groupes kurdes. Presque la moitié des membres [du CNS] sont actuellement en Syrie selon le Washington Post, répondant ainsi à la forte crainte que le conseil compterait trop sur des exilés. (Ariel Zirulnick, Syrian oppositon groups formally unify overcoming key hurdle, 3 octobre 2011.)

 

Le CCL est plutôt anonyme. Le groupe a refusé une entrevue par téléphone mais a accepté de répondre à quelques questions par courriel. On affirme que par mesure de sécurité, le nombre de membres au sein de l’organisation ne peut être divulgué, mais on indique que 13 d’entre eux sont membres du CNS. « Nous avons suffisamment de membres pour organiser une manifestation sur le terrain, pour les médias et les opérations de secours. »

Les membres seraient issus de divers milieux et de tous les groupes d’âge; certains œuvreraient en Syrie, d’autres à l’extérieur du pays. Le CCL signale que, en Syrie et ailleurs, ses membres ont été menacés, arrêtés et torturés par les autorités syriennes.

Comment sont-ils devenus une source d’information pour les médias étrangers?

Parce qu’ils fournissent des faits crédibles, affirme le porte-parole.

Quel est le but ultime du CCL? « Notre but est de changer le régime en Syrie et comme première étape, nous voulons mettre fin au mandat de l’actuel président, lequel est politiquement et légalement responsable de crimes commis par son régime contre le peuple syrien. Ensuite nous souhaitons transférer le pouvoir de manière sécuritaire. »

En somme, le CCL désire un changement de régime en Syrie et il semble constituer la source principale d’informations pour les médias occidentaux et les organisations humanitaires. Si ce groupe d’opposition affirme fournir des « faits crédibles », il n’existe aucun moyen de vérifier ces faits. Les faits présumés pourraient très bien constituer de la propagande visant à discréditer le régime actuel et à galvaniser l’opinion publique en faveur du changement de régime que le groupe souhaite mettre en œuvre.

Même si le porte-parole du CCL a refusé de divulguer les noms des membres du groupe, certains sont parus dans les médias dominants. L’un des membres ou collaborateurs, est Rami Nakhle, un cyberactiviste vivant en exil à Beyrouth au Liban.

 

« Aujourd’hui, après 98 jours de protestations, il vit dans le déni », déclare Rami Nakhle, un Syrien travaillant à Beyrouth avec les Comités de coordination locaux, un centre d’échange pour les manifestations et les activités l’opposition syrienne. « Il est maintenant évident pour tout le monde que Bachar Al-Assad ne peut pas changer. Il ne réalise pas que la Syrie a changé pour toujours, mais il demeure le même président, celui que nous avons entendu la dernière fois en avril. » (Nicholas Blanford, Assad's speech may buy time, but not survival, The Christian Science Monitor, 20 juin 2011.)

Selon NPR, l’activiste a une relation privilégiée avec Al Jazeera :

Lorsque la chaîne arabe Al-Jazeera diffuse les dernières nouvelles, les images proviennent du réseau de Nakhle. (Deborah Amos, Syrian Activist In Hiding Presses Mission From Abroad, 22 avril 2011.)

 

Il convient de signaler ici qu’Al Jazeera a joué un rôle clé dans la promotion du changement de régime en Libye.

 

La cyberdissidence

 

CyberDissidents.org, un site web présenté par le Bush Center comme une « Voix de la liberté en ligne » brosse un portrait de Nakhle, qui n’est pas sans rappeler les autres portraits parus dans la presse mainstream, lesquels le décrivent uniquement comme un cyberdissident, comme s’il n’avait jamais eu d’autres occupations :

 

Rami Nakhle est un cyberdissident de 27 ans. Son utilisation des médias sociaux pour diffuser des informations sur la révolution syrienne a capté l’attention des autorités syriennes, ce qui l’a amené à fuir au Liban en janvier 2011. Depuis les trois dernières années, il travaille sous le pseudonyme de Malath Aumran. Même si la police secrète syrienne a découvert sa véritable identité, il continue à utiliser ce pseudonyme afin de conserver la reconnaissance de ses adeptes en ligne.

 

Malgré ces menaces du gouvernement syrien, Nakhle continue à travailler dans la clandestinité et poursuit sa campagne pour la liberté par Facebook, Twitter et en donnant des entrevues sans restrictions avec de grands médias comme la BBC et le New York Times. (CyberDissident Database)



Portrait de  Rami Nakhle sur
CyberDissident.org. « [Ils m’ont dit] tu retires ton appui à la révolution syrienne ou nous allons t’anéantir. » - Rami Nakhle, blogueur syrien en fuite à Beyrouth

 

Le gouvernement étasunien et des organisations non gouvernementales comme Freedom House, faisant le travail de la CIA, sont d’importants promoteurs de la cyberdissidence :

 

Des dissidents politiques de la Chine, de l’Iran, de la Russie, de l’Égypte, de la Syrie, du Venezuela et de Cuba se rendront à Dallas pour se joindre aux fellows de l’Institut George W. Bush, aux experts de Freedom House, aux représentants du Berkman Center for Internet and Society de Harvard, aux membres du gouvernement des États-Unis ainsi qu’à d’autres leaders de ce domaine pour discuter des succès et des défis des mouvements mondiaux de dissidence politique sur Internet.

 

L’Institut George W. Bush a annoncé aujourd’hui [30 mars 2010] qu’il serait l’hôte le 19 avril 2010 d’une conférence sur les cyberdissidents, en collaboration avec l’organisation des droits humains Freedom House. (George W. Bush Institute and Freedom House to Convene Freedom Activists, Human Rights and Internet Experts to Assess Global Cyber Dissident Movement, Business Wire, 30 mars 2011)

 

Rami Nakhle ne cache pas ses intérêts pour les organisations étasuniennes. Sur sa page Facebook, il dresse la liste d’« intérêts » suivants : National Democratic Institute (NDI), présidé par Madeleine Albright, Human Rights Watch et l’ambassade des États-Unis à Damas.

 

L’intérêt du cyberactiviste pour ces organisations démontre clairement dans quel camp il se trouve, tout comme le membre du CNS, Radwan Ziadeh, ancien fellow du National Endowment for Democracy, une autre organisation reconnue pour ses liens avec la CIA

 

Dans une entrevue avec le Guardian, le cyberdissident affirme avoir été harcelé par la police secrète syrienne sur sa page Facebook. C’est possible, cependant, il s’agirait là d’une tactique inhabituelle pour la police secrète, laquelle habituellement, comme l’indique son nom, agit secrètement. Un tel harcèlement ressemble davantage à de la propagande noire : des gens opposés au régime tentant de faire mal paraître les autorités syriennes. Une sorte de « cyberopération sous faux pavillon », conçue pour être vue de tous.

Le « soulèvement syrien » semble être une copie des événements de Libye, lesquels ont favorisé une intervention de l’OTAN et mené à un changement de régime. La presse dominante a encore une fois une source principale d’information, soit le groupe d’opposition. Les médias ignorent les pertes miliaires et omettent de rapporter que l’on trouve parmi les manifestants des hommes armés, au nombre de 17 000 selon un rapport de l'International Institute for Strategic Studies. Un groupe non élu, le CNS est présenté paradoxalement comme un mouvement démocratique et on lui accorde davantage de crédibilité et une importante couverture médiatique.
Julie Lévesque :

Mondialisation.ca,

Le 25 novembre 2011

Articles de Julie Lévesque publiés par Mondialisation.ca



Annexe

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

2-1.L'intervention radio du matin de Françoise Wallemacq.

 ( http://www.rtbf.be/radio/player/lapremiere/journal?r=%7BREGION%7D&s=%7BSPORT%7D&d=1&t=0800 )

Je retranscris ci-dessous cette émission passée à 7h15 (lundi 21).

Manifestement, les journalistes même 'honnêtes' comme je suis sûr que F.W. l'est, n'osent pas aller à contre-courant, et contredire frontalement la propagande : il faut absolument 'se protéger' en affirmant d'abord que 'bien sûr la visite était très encadrée' , et reprenant une partie de "ce qu'il faut dire" - on arrive à lui faire quasiment dire que "le régime syrien fait régner la terreur" ...

Malgré cela, son intervention est une ouverture extrêmement rare dans le front de la propagande, à souligner et encourager

http://www.rtbf.be/radio/player/lapremiere/podcasts?c=lp-map-exp&e=411
Interviewer : On va s'intéresser à la Syrie ce matin, où les manifestations d'opposants se poursuivent, manifestation mais répression aussi... bonjour Françoise Wallemacq.[...]. D'abord sur l'état d'esprit des Syriens. Vous avez rencontré là-bas des gens convaincus, résolus? Quel est l'état d'esprit des opposants? 

FW : Les opposants, je ne les ai pas rencontrés parce que c'était un voyage assez surveillé...

J'ai rencontré des opposants qui manifestaient un soir dans un petit village de manière extrêmement joyeuse et bonne enfant, il n'y avait pas de trace d'armée Ce que j'ai rencontré c'est plutôt la population syrienne, un peu au hasard de mes rencontres, que ce soit des chrétiens ou des musulmans, et dans l'ensemble, j'ai le sentiment que la grande majorité des Syriens soutient encore le président Bachar El Assad, que les Syriens ont très peur d'une déstabilisation de leur pays, il fait savoir que 40 confessions différentes coexistent harmonieusement depuis 7 siècles dans ce pays, et qu'ils ont très peur d'une déstabilisation, d'une guerre civile et peut-être plus tard d'une guerre de religion.

 

Alors dans quelles conditions avez-vous réalisé ce reportage, vous l'avez dit c'était un reportage surveillé, est-ce que vous avez pu vous déplacer librement, choisir les endroits ou vous alliez, rencontrer les gens que vous désiriez rencontrer?

On était invité par des religieuses catholiques [...] ces religieuses en nous invitant faisaient un petit peu le jeu du pouvoir, puisque c'est vrai que le pouvoir a toujours protégé les minorités religieuses, c'est pour ça qu'ils nous ont je pense laissé rentrer, il y a extrêmement peu de journalistes qui rentrent ouvertement en Syrie. Alors : le ministère de l'information était au courant des endroits où nous allions ["mh mh", appuie l'interviouveur], nous avons pu aller à Homs, dans des viles qui sont soumises à l'insurrection, je vous le disais on n'a pas pu rencontrer les insurgés, c'était trop dangereux, et puis on était encadrés, mais on a pu, je trouve, circuler assez librement et le dernier jour à Damas on a pu parler avec à peu près tout le monde dans la rue et je pense que ce n'était pas entièrement organisé puisque les gens qu'on croisait dans la rue euh nous disaient leur attachement au régime et disaient qu'on mentait et que les télévisions étrangères dont Al-Jazira manipulaient la réalité et que ce n'était pas ce qui se passait dans le pays.
J'ai eu l'impression moi aussi que ce qu'on lit dans les dépêches chez nous n'est pas du tout ce qui se passe sur le terrain. Il faut savoir que la seule source d'information de toutes les Agences de Presse est un homme basé à Londres, Monsieur Abdel Rahmane, qui dirige l'Observatoire des Droits de l'Homme, et que personne n'a jamais rencontré. [remarque qui n'empêchera nullement les jours suivants le journaliste de faction de reprendre sans sourcilier les chiffres des civils tués donnés par cet Observatoire au nom qui a l'air si officiel]

 

Ouais... C'est important ce que vous nous dites. Est-ce que ça veut dire que la Syrie n'est pas le pays en proie aux manifestations d'opposition dont on parle quasi quotidiennement chez nous?

Il y a des manifestations d'opposition sans doute quotidiennes, il y a aussi des manifestations pro Bachar El Assad qui ont réuni mercredi passé 1 million de personne par exemple à Damas, et je ne peux pas croire que ces gens soient payé pour descendre dans la rue et manifester leur soutient à leur président avec le sourire. Il me semble que c'est difficile de manipuler une telle ferveur populaire, un tel soutient de la population…

 

Ce ne sont pas des manifestations organisées, il n'y a pas des cars qui amènent les manifestants? [on sent son désarroi]

 l y a des consignes qui circulent sur Facebook,  on a rencontré des jeunes Druzes qui venaient manifester en faveur du président, et qui s'étaient donné le mot par Facebook, mais cela ne m'a pas l'air organisé par le pouvoir et je vois difficilement comment il pourrait le faire.

 

Alors de notre point de vue, on sait qu'au début c'était des manifestations pacifistes (sic), de plus en plus on parle d'une opposition armée en Syrie avec un risque de basculement dans une guerre civile, est-ce qu'on en est là ou pas? 

Tout à fait. J'ai vu des blessés, dans les hôpitaux de Homs, qui étaient blessés par des armes lourdes, c'était des militaires, des soldats des forces de l'ordre, qui étaient blessé par des éclats de shrapnels, d'armes lourdes. Apparemment les opposants sont armés et bien armés, avec beaucoup de munitions et bien sûr tout le monde se demande qui les arme et qui les finance. L'opposition se trouve à l'extérieur du pays, au Liban et en Turquie et reçoivent apparemment des financements de pays étrangers
 [...] Les reportages d'aujourd'hui sont consacrés à la vile de Homs, qui contrairement à ce qu'on imagine n'est pas une ville en état de siège, c'est une ville qui fonctionne normallement, avec un petit quartier qui est en proie à l'insurrection surtout la nuit. On va entendre que les gens sont terrorisés et qu'il y a des actes de barbarie, euh dans les 2 camps je pense [pq? Pour se racheter d'avoir osé contredire la propagande?], que des vidéos circulent d'hommes dépecés, coupés en morceaux, et le pouvoir a tout avantage à terroriser la population par ces vidéos pour les empêcher de descendre dans la rue
[ouais, souligne l'interviouvant], mais aussi assurer une sorte de cohésion grâce à la peur autour du pouvoir. Donc je vous disais, le sentiment qui règne en Syrie c'est la peur, et un sentiment d'injustice et d'incompréhension de la part du monde extérieur.

 

Mmh. Donc un climat de terreur quand même[ouf], quand vous dites que des vidéos qui circulent avec des corps dépecé, c'est pas rien... 

Alors je peux vous dire que c'est assez effrayant, je n'y croyais pas moi mm, j'ai demandé à les voir à la morgue, et je l'ai vu, j'ai vu des corps atrocement mutilés



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


29/11/2011

n°25 - Dossier - : Syrie : Médias et Manipulation de l'opinion - 29-11 - : L’agression de la Syrie par l’OTAN pourrait déraper en un conflit de grande ampleur.



n°25 - Dossier - : Syrie : Médias et Manipulation de l'opinion  - 29-11 - : L’agression de la Syrie par l’OTAN pourrait déraper en un conflit de grande ampleur.




Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Dossier Syrie : Médias et Manipulation de l’opinion.

n°25                              29-11

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier deSyrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.


Sommaire :  

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

1-1 Claude Beaulieu : La Syrie calomniée par les médias du système : conditionnement des esprits pour une nouvelle guerre impérialiste

1-2 Thierry Meyssan : Guerre médiatique.

2 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

2-1 Gilles Munier : L’agression de la Syrie par l’OTAN pourrait déraper en un conflit de grande ampleur.

2-2 Pierre Khalaf : Moyen-Orient : Une logique de Guerre froide.

2-3 Roland Marounek  : Ban-Ki-Moon : TROUBLE COMPROMISSION avec l’OTAN.

3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

3-1 Les Etats-Unis d’Amérique ont ouvert la boîte de Pandore.

3-2 Pierre Khalaf : Syrie, Liban face au chaos l’unité.



1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

1-1 Claude Beaulieu : La Syrie calomniée par les médias du système : conditionnement des esprits pour une nouvelle guerre impérialiste
Voir en ligne : Ban-Ki-Moon : TROUBLE COMPROMISSION avec l’OTAN. Roland Marounek

Manifestation de soutien à Bachar al-Assad, à Damas dimanche 13 novembre - nous y étions et avons apprécié la jeunesse des manifestants

Je suis rentré de Syrie depuis une semaine. J’ai accompagné dans ce pays la première équipe de journalistes occidentaux invitée à venir apprécier sur place la réalité de la situation. Celle-ci, chaque citoyen peut le voir, est quasi-unaniment présentée en France, par les médias aux ordres, comme la généralisation d’une répression massive et sanglante d’un soulèvement populaire, l’armée et la police tirant sans retenue sur des populations civiles désarmées et en révolte.

3500 morts depuis huit mois. "La répression du gouvernement syrien contre l’opposition a jusqu’à présent fait plus de 3500 morts dans le pays", a précisé mardi une porte-parole de l’ONU... http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-orient/homs-epicentre-de-la-repression-syrienne_1049965.html.

Cette référence de l’Express à l’ONU, organisation internationale que Charles de Gaulle appela le MACHIN et qui a démontré son impartialité et sa neutralité dans la récente agression impérialiste contre la Libye - qu’elle a prétendument légitimée - Une fois encore, elle est particulièrement délétère et perverse quand elle prétend authentifier une affirmation qui ne relève pourtant que de la propagande de guerre. Il convient de se souvenir ici que depuis septembre 2008 l’ONU est pratiquement passée sous le contrôle de l’OTAN, sous prétexte de collaboration entre leurs secrétariats respectifs. (voir ci-dessus le texte de Roland Marounek)

Pourtant, il n’est pas inutile de souligner que même l’agence de presse russe RIA Novosti, reprend systématiquement à son compte cette référence trompeuse des 3500 morts de l’ONU, en oubliant avec une légèreté certaine que la Russie est elle aussi dans la ligne de mire des forces de guerre occidentalistes.

Des morts, dans l’agression à laquelle fait face la Syrie, il y en a effectivement de très nombreux. Dans une conférence de presse donnée au Centre Catholique d’Information à Beyrouth et où nous étions présents, Mère Agnès-Mariam de la Croix a annoncé disposer d’une liste de 500 martyrs appartenant aux forces de l’ordre, auxquels s’ajoutaient les 372 personnes tombéés durant le mois d’octobre.

L’OSDH (le prétendu Observatoire Syrien des Droits de l’Homme) basé à Londres, donne quotidiennemnt un nombre de morts sans préciser le noms de ces victimes présumées, et n’indique jamais non plus s’il s’agit de forces de l’ordre. Alaa Ibrahim, ex-correspondant d’Al Jazzeera et actuel journaliste de la TV syrienne d’information continue, est parvenu à se procurer la liste d’une centaine de noms, liste dont il a entrepris la vérification auprès des familles et qui s’est avérée fausse (abandon des recherches après la quarantième personne).

La propagande médiatique contre le régime laïque de la Syrie n’est pas récente. Le Monde en date du 8 avril 2011 titrait par exemple : " En Syrie la répression s’amplifie contre le mouvement de contestation" - " Des heurts entre manifestants et forces de sécurité auraient fait au moins 12 morts et 150 blessés".

A Baniyas, où nous nous sommes rendus, il nous a été donné d’acquérir une autre vision des choses que celle véhiculée par le quotidien "de référence" et journal officiel de la pensée unique.

Nous y avons appris que six camions de l’armée ont été attirés dans une embuscade sur un pont, auprès duquel des personnes dont des femmes et des enfants avaient été rassemblées, tandis que l’imam de l’une des mosquées de la ville appelait au jihad. Quatre de ces camions ont été détruits et les soldats qu’ils transportaient furent transformés en cibles de tireurs camouflés.

Les militaires appliquèrent strictement l’ordre du gouvernement de ne pas riposter afin de ne pas risquer de toucher des civils innocents, en particulier des femmes et des enfants. Pour protéger ses hommes, le sergent responsable du détachement s’est jeté sur une bombe artisanale et a eu les deux jambes arrachées. Ce héros d’une grande modestie, nous a reçu chez lui avec sa famille, certains de ses soldats bléssés ainsi que quelques personnalités régionales. A cette occasion, nos interlocuteurs nous ont informé de leur conviction que les armes utilisées par les escadrons de la mort provenaient du Liban, dont la frontière est proche.

Ils ont accusé l’ancien premier ministre libanais Saad Hariri ainsi que le Syrien Halim Khaddam, d’être parmi les instigateurs des assassins.

A Baniyas, l’armée n’a donc pas tiré sur les civils. L’embuscade y a fait 51 victimes dont 9 morts, des militaires (peut-être aussi des ambulanciers qui étaient également pris pour cible lorsqu’ils voulaient porter secours aux blessés).

Ce dont je suis convaincu à mon retour de Syrie, c’est que les médias de notre pays pratiquent vis-à-vis de ce pays une propagande belliciste basée sur le mensonge à l’état pur, délibéré et méthodique. Comme le souligne Domenico Losurdo, les disciples de Goebbels sont à l’oeuvre contre la Syrie.

De façon claire, nous avons pu voir qu’il n’y a pas actuellement de guerre civile dans ce pays, même si celle-ci est l’objectif évident que souhaitent promouvoir les Obama, Juppé, Sarkozy et Camerone en mobilisant leurs alliés stipendiés, recrutés dans la pègre locale, le lumpenprolétariat et chez les islamistes radicaux.

Il n’y a pas en Syrie de manifestations de masse autres que celles de ceux qui, précisément, refusent la perspective d’une guerre civile sur la base de contradictions confessionnelles, attisées pour l’essentiel de l’extérieur. En conséquence, il n’existe pas non plus de répression de masse.

Le peuple syrien connaît aujourd’hui l’une des périodes les plus difficiles de sa longue histoire. Les occidentalistes sous hégémonie états-unienne entendent remodeler la région pour réaliser leur objectif de Grand Moyen Orient, remis à l’ordre du jour par Barrak Obama, ce fameux prix Nobel de la Paix. Ils pratiquent contre le peuple syrien une criminelle stratégie de la tension et animent des escadrons de la mort qui sèment la terreur en cherchant à dresser les différentes communautés religieuses les une contre les autres, à susciter la haine. Ils souhaitent diviser pour régner en prenant le peuple syrien en otage.

J’ai ressenti chez les Syriens que nous avons rencontrés, en particulier chez les jeunes manifestants, un esprit de résistance très fort ainsi qu’un sentiment patriotique manifeste, une volonté d’unité nationale puissante. Les Syriens inspirent la confiance.

Le peuple syrien et le peuple de France ont des ennemis communs. Mais les Syriens sont en première ligne d’un combat qui concerne tous les peuples. Pour nous Français, la solidarité envers le peuple syrien est certes un devoir internationaliste, elle correspond aussi directement à notre intérêt national.

Claude Beaulieu -

dimanche 27 novembre 2011, par Comité Valmy

A titre d’information

Communiqué de Husein Nemer

Premier secrétaire du Parti communiste syrien (unifié)

Les communistes Syriens soutiennent le mouvement pour des réformes démocratiques mais mettent en garde sur l’ingérence impérialiste croissante et les risques d’un ’scénario Libyen’

http://www.comite-valmy.org:80/spip.php?article2057



1-2 Thierry Meyssan : Guerre médiatique.

Depuis huit mois, les dirigeants occidentaux et certains médias publics font campagne pour une guerre en Syrie. Les accusations d’une extrême gravité qu’ils portent contre Bachar el-Assad intimident ceux qui s’interrogent sur le bien-fondé d’une nouvelle intervention militaire. Tous ? non, car —avec l’appui du Réseau Voltaire— certains sont venus vérifier sur place et ont pu mesurer l’ampleur de la propagande de l’OTAN. Thierry Meyssan fait le point sur l’état de la guerre médiatique.

Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 27 novembre 2011Formé à Paris sous l’égide de la France, le Conseil national syrien entend renverser le régime du président Bachar el-Assad. Il est présidé par Burhan Ghalioun, professeur de sociologie à l’université de la Sorbonne (ici avec Alain Juppé, le 23 novembre 2011).

En 1999, lors de la guerre du Kosovo, le Réseau Voltaire s’indigna de ce que la France puisse entrer dans le conflit aux côtés de l’OTAN sans vote de l’Assemblée nationale avec la complicité passive des présidents de groupes parlementaires. Nous considérâmes que le refus du président de la République et du Premier ministre d’organiser un authentique débat augurait de l’opacité avec laquelle cette guerre serait conduite. Aussi, nous prîmes l’initiative de publier un bulletin quotidien sur le conflit. Les sites internet du gouvernement serbe ayant été immédiatement détruits par l’Alliance atlantique, nous ne pouvions avoir accès à la version serbe des événements. À défaut, nous avons souscrit des abonnements aux agences de presse de la région (croate, bosniaque, grecque, chypriote, turc, hongroise etc. ). Tout au long du conflit, nous avons présenté chaque jour un résumé de la conférence de presse de l’OTAN à Bruxelles et un résumé du témoignage des journalistes des pays riverains ; des pays ayant parfois de lourds contentieux avec la Serbie, mais dont les gouvernements partageaient entre eux une même narration des événements. Au fur et à mesure du temps qui passait, la version de l’OTAN et celle des journalistes locaux s’écartèrent jusqu’à ne plus avoir aucun point commun. À la fin, il s’agissait de deux histoires radicalement différentes. Nous n’avions aucun moyen de savoir qui mentait et si l’une des deux sources disait vrai. Nos lecteurs avaient l’impression de devenir schizophrènes, d’autant que les médias ouest-européens ne relayaient que la version de l’OTAN et que, par conséquent, nos lecteurs n’étaient confrontés aux deux versions parallèles qu’en nous lisant. Nous avons continué cet exercice de style durant les trois mois de combats. Lorsque les armes se sont tues et que des confrères et des amis ont pu se rendre sur place, ils ont constaté avec stupeur qu’il n’y avait pas eu « de la propagande des deux côtés ». Non : la version de l’OTAN était entièrement fausse, tandis que celle des journalistes locaux était entièrement vraie. Dans les mois qui suivirent, des rapports parlementaires dans plusieurs États membres de l’Alliance établirent les faits. Plusieurs ouvrages parurent sur la méthode mise au point par le conseiller en communication de Tony Blair qui permit à l’OTAN de manipuler la totalité de la presse occidentale : le « story telling ». Il est possible d’intoxiquer la totalité des journalistes occidentaux et de leur masquer les faits, si on leur raconte un conte pour enfants, à la condition de ne jamais interrompre la narration, de la charger de références réveillant de lointaines émotions, et de lui conserver sa cohérence.

Je n’avais pas eu le réflexe de courir en Serbie avant la guerre et je n’ai pas pu le faire lorsque les armes parlèrent. Par contre, ami lecteur, je suis aujourd’hui en Syrie où j’ai pris le temps d’enquêter et où j’écris cet article. C’est en pleine connaissance de cause que je peux affirmer que la propagande de l’OTAN est aujourd’hui en action à propos de la Syrie comme elle le fut à propos de la Serbie.

L’Alliance a commencé à raconter une histoire déconnectée de la réalité, dont le but est de justifier une « intervention militaire humanitaire », selon l’oxymore blairien. Le parallèle s’arrête là : Slobodan Milosevic était un criminel de guerre que l’on cherchait à présenter comme un criminel contre l’humanité pour pouvoir dépecer son pays ; Bachar el-Assad est un résistant à l’impérialisme et au sionisme qui a soutenu le Hezbollah lorsque le Liban était attaqué et soutient le Hamas et le Jihad islamique dans leur quête pour la libération de la patrie palestinienne.

Quatre mensonges de l’OTAN

 1. Selon l’OTAN et ses alliés du Golfe, des manifestations de masse auraient lieu depuis huit mois en Syrie pour réclamer plus de libertés et le départ du président Bachar el-Assad.

C’est faux. Il y a bien eu, dans quelques villes des manifestations contre le président Bachar el-Assad à l’appel de prédicateurs saoudiens et égyptiens s’exprimant sur Al-Jazeera, mais elles n’ont rassemblé au total, au grand maximum, que 100 000 personnes. Elles ne réclamaient pas plus de libertés, mais l’instauration d’un régime islamique. Elles exigeaient le départ du président el-Assad, non pas à cause de sa politique, mais parce que ces manifestants se réclament d’un courant sectaire du sunnisme, le takfirisme, et accusent Bachar el-Assad d’être un hérétique (il est alaouite) usurpant le pouvoir dans un pays musulman qui, selon eux, ne peut être gouverné légitimement que par un sunnite de leur école théologique.

 2. Selon l’OTAN et ses alliés du Golfe, le « régime » aurait répondu en dispersant les foules par des tirs à balles réelles, faisant au moins 3 500 morts depuis le début de l’année.

C’est faux. D’abord, il ne peut pas y avoir de répression de manifestations qui n’ont pas existé. Ensuite, dès le début des événements, les autorités ont compris que l’on cherchait à provoquer des affrontements confessionnels dans un pays où la laïcité est la colonne vertébrale de l’État depuis le VIIIe siècle. Le président Bachar el-Assad a donc interdit aux forces de sécurité, polices et armée, de faire usage d’armes à feu dans toute circonstance où des civils pourraient être blessés. Il s’agit d’empêcher que des blessés, voire des morts, de telle ou telle confession, soient instrumentés pour justifier une guerre de religion. Cette interdiction est respectée par les forces de sécurité au péril de leur vie, comme nous le verrons plus loin. Quant aux morts, ils sont moitié moins nombreux. La plupart ne sont pas des civils, mais des soldats et des policiers, ainsi que j’ai pu le constater en visitant des hôpitaux et morgues civils et militaires.

 3. Après que nous ayons réussi à briser le mur du silence et à obtenir que de grands médias occidentaux rapportent la présence en Syrie d’escadrons de la mort venus de l’étranger, tendant des embuscades contre l’armée, et assassinant des civils au cœur des villes, l’OTAN et ses alliés du Golfe ont communiqué sur la présence d’une armée de déserteurs. Selon eux, des militaires (mais pas de policiers) qui auraient reçu l’ordre de tirer sur la foule se seraient rebellés. Ils auraient pris le maquis et constitué l’Armée syrienne libre, déjà forte de 1 500 hommes.

C’est faux. Les déserteurs ne sont que quelques dizaines, ayant fui en Turquie où ils sont encadrés par un officier du clan Rifaat el-Assad/Abdel Hakim Khaddam publiquement lié à la CIA. Il y a par contre de plus en plus d’insoumis, de jeunes gens qui refusent de faire leur service militaire, souvent plus sous la pression de leur famille que par décision personnelle. En effet, les militaires qui se trouvent pris dans une embuscade n’ont pas le droit de faire usage de leurs armes à feu pour se défendre si des civils se trouvent sur les lieux. Ils doivent donc faire le sacrifice de leur vie s’ils ne parviennent pas à fuir.

 4. Selon l’OTAN et ses alliés du Golfe, le cycle révolution/répression aurait laissé la place à un début de « guerre civile ». 1,5 million de Syriens, pris au piège, souffriraient de la faim. Il conviendrait donc d’organiser des « couloirs humanitaires » pour acheminer une aide alimentaire et permettre aux civils qui le souhaitent de fuir les zones de combat.

C’est faux. Au regard du nombre et de la cruauté des attaques par les escadrons de la mort venus de l’étranger, les déplacements de population sont peu nombreux. La Syrie est autosuffisante en matière agricole et la production n’a pas baissé de manière significative. Par contre, la plupart des embuscades ayant lieu sur les grands axes routiers, ceux-ci sont fréquemment interrompus. En outre, lorsque des attaques ont lieu au centre des villes, les commerçants ferment immédiatement leurs boutiques. Il en résulte de graves problèmes de distribution, y compris en matière d’alimentation. Le fond du problème est ailleurs : les sanctions économiques ont provoqué un désastre. Alors que la Syrie avait au cours de la décennie une croissance de l’ordre de 5 % par an, elle ne peut plus vendre ses hydrocarbures en Europe occidentale tandis que son industrie touristique est sinistrée. Beaucoup de gens ont perdu leur emploi et leurs revenus. Ils font des économies sur tout. Le gouvernement les prend en charge et procède à des distributions gratuites de mazout (pour le chauffage) et de nourriture. Dans ces conditions, il conviendrait plutôt de dire que si le gouvernement el-Assad n’intervenait pas, 1,5 million de Syriens souffriraient de malnutrition du fait des sanctions occidentales.

En définitive, alors que nous n’en sommes au stade que de la guerre non conventionnelle, avec l’envoi de mercenaires et de forces spéciales pour déstabiliser le pays, la narration par l’OTAN et ses alliés du Golfe s’est déjà considérablement éloignée de la réalité. Ce fossé va se creuser de plus en plus.

Pour ce qui vous concerne, ami lecteur, vous n’avez aucune raison de me croire plus que l’OTAN, n’étant pas vous-même sur place. Vous avez cependant plusieurs éléments qui devraient vous mettre la puce à l’oreille.

Bernard-Henry Lévy, qui se flatte d’avoir embarqué la France dans la guerre de Libye dans l’intérêt d’Israël, annonce dans « Le Parisien » qu’il a une liste de cibles.

Quatre évidences soigneusement cachées par l’OTAN

 1. On pourrait croire que les imputations sur la prétendue répression et sur le nombre de victimes ont été soigneusement vérifiées. Pas du tout. Elles ne proviennent que d’une seule et même source : l’Observatoire syrien des Droits de l’homme, basé à Londres, dont les responsables requièrent l’anonymat. Que valent des accusations de cette gravité si elles ne sont pas recoupées et pourquoi des institutions comme le Haut-Commissariat des Droits de l’homme de l’ONU les reprennent-elles sans les vérifier ?

 2. La Russie et la Chine ont opposé leur veto à un projet de résolution du Conseil de sécurité ouvrant la voie à une intervention militaire internationale. Les responsables politiques de l’OTAN nous expliquent, désolés, que les Russes protègent leur base navale militaire de Tartous et que les Chinois feraient n’importe quoi pour racler quelques barils de pétrole. Devons-nous accepter l’idée manichéenne que Washington, Londres et Paris sont guidés par de bons sentiments tandis que Moscou et Pékin seraient essentiellement égoïstes et insensibles au martyre d’un peuple ? Comment ne pas remarquer que la Russie et la Chine ont bien moins d’intérêt à défendre la Syrie que les Occidentaux n’en ont à la détruire ?

 3. Il y a une certaine étrangeté à observer la coalition des États soi-disant bien intentionnés. Comment ne pas remarquer que les deux principaux contributeurs de la Ligue arabe et promoteurs de la « démocratisation » de la Syrie, l’Arabie saoudite et le Qatar, sont des dictatures vassales des États-Unis et du Royaume-Uni ? Comment ne pas se demander si les Occidentaux —qui viennent de détruire successivement l’Afghanistan, l’Irak et la Libye, tuant plus de 1,2 million de personnes en dix ans et montrant le peu de cas qu’ils font de la vie humaine— sont bien crédibles en brandissant l’étendard humanitaire ?

 4. Surtout, pour ne pas se laisser manipuler à propos des événements en Syrie, il convient de les replacer dans leur contexte. Pour l’OTAN et ses alliés du Golfe —dont les armées ont envahi le Yémen et le Bahrein pour y écraser les manifestations dans le sang—, la « révolution syrienne » est le prolongement du « printemps arabe » : les peuples de la région aspirent à la démocratie de marché et au confort de l’American Way of Life. Au contraire, pour les Russes et les Chinois, comme pour les Vénézuéliens ou les Sud-Africains, les événements de Syrie sont la continuation du « remodelage du Moyen-Orient élargi » annoncé par Washington qui a déjà fait 1,2 million de morts et que toute personne soucieuse de la vie humaine se doit d’arrêter. Ils se souviennent que le 15 septembre 2001, le président George W. Bush programma sept guerres. La préparation de l’attaque de la Syrie débuta officiellement le 12 décembre 2003 avec le vote du Syrian Accountability Act dans la foulée de la chute de Bagdad. Depuis ce jour, le président des États-Unis —aujourd’hui Barack Obama— a pour ordre du Congrès d’attaquer la Syrie et est dispensé de venir devant les assemblées pour ouvrir le feu. Dès lors, la question n’est pas de savoir si l’OTAN a trouvé une divine justification pour entrer en guerre, mais si la Syrie trouvera un moyen de se sortir de cette situation comme elle est parvenue à échapper à toutes les accusations diffamatoires et à tous les pièges précédents, tel que l’assassinat de Rafik Hariri ou le raid israélien contre une imaginaire centrale nucléaire militaire.

Des médias mainstream occidentaux témoignent

Au terme de cet article, je voudrais vous indiquer, ami lecteur, que le Réseau Voltaire a facilité un voyage de presse organisé à l’initiative du Centre catholique d’information des chrétiens d’Orient, dans le cadre de l’ouverture aux médias occidentaux annoncée par le président el-Assad à la Ligue arabe. Nous avons aidé des journalistes mainstream à voyager dans les zones de combat. Nos collègues ont d’abord mal vécu notre présence à leurs côtés, à la fois parce qu’ils avaient un a priori négatif à notre égard et parce qu’ils pensaient que nous cherchions à leur bourrer le crâne. Par la suite, ils ont pu constater que nous sommes des gens normaux et que le fait de choisir notre camp ne nous a pas fait renoncer à notre esprit critique. En définitive, bien qu’ils soient intimement persuadés de la bienveillance de l’OTAN et ne partagent pas notre engagement anti-impérialiste, ils ont vu et entendu la réalité. Avec honnêteté, ils ont restitué dans leurs reportages l’action des bandes armées qui terrorisent le pays. Certes, ils se sont abstenus de contredire ouvertement la version atlantique et ont essayé de concilier ce qu’ils avaient vu et entendu avec elle, ce qui les a parfois conduits à des contorsions autour du concept de « guerre civile » opposant l’armée syrienne à des mercenaires étrangers. Quoi qu’il en soit, les reportages de la Radio Télévision Belge (RTBF) ou de La Libre Belgique, pour ne citer qu’eux, montrent que, depuis huit mois, l’OTAN masque l’action des escadrons de la mort et impute mensongèrement leurs crimes aux autorités syriennes.



2 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

2-1 Gilles Munier : L’agression de la Syrie par l’OTAN pourrait déraper en un conflit de grande ampleur.
La presse israélienne s’est inquiétée de la présence en Méditerranée de plusieurs navires de guerre russes (1), mais ce n’est rien à côté de ceux qui se profilent à l’horizon (2). Le porte-avions Maréchal Kouznetsov a quitté Mourmansk le 13 novembre. A bord, une trentaine d’avions de chasse et des d’hélicoptères, des missiles à capacité nucléaire d’une portée de 550 km. Le destroyer anti-sous-marin Amiral Chabanenko fait partie de l’escadre qui l’accompagne. Après des exercices en mer de Barentz, le Kouznetsov a pris la direction de la Méditerranée orientale via l’Atlantique nord. Il devrait mouiller à Tartous mi-janvier, où il sera sans doute rejoint par des éléments de la flotte russe de la mer Noire, comme cela a été le cas en 2008. L’attaque de la Syrie par l’OTAN – France et Turquie en tête - a pour objectif le renversement du président Bachar al-Assad et la mise hors-la-loi du parti Baas syrien. Abdelhalim Khaddam, ancien vice-président syrien réfugié à Paris, ou Rifaat al-Assad, autre ancien vice-président, réfugié en Espagne, qui complotent concurremment pour s’emparer de la direction du parti, se bercent d’illusions s’ils croient que les Frères Musulmans laisseraient l’un d’entre eux accéder au pouvoir.

Vladimir Poutine :

Que la France s’occupe de ses oignons !

Nicolas Sarkozy n’a tiré aucun d’enseignement des conséquences catastrophiques provoquées par l’effondrement du régime libyen. Il s’apprête à reconnaître officiellement le CNS (Conseil National Syrien) qui devraitemménager dans les locaux de l’ambassade, rue Vanneau. Le Canard enchaîné a révélé que des instructeurs du Service action de la DGSE, du COS (Commandement des opérations spéciales) et du MI6 britannique forment les extrémistes armés de l’Armée syrienne libre (ASL) à la guérilla urbaine, au Liban et en Turquie (3). Des livraisons d’armes sont effectuées clandestinement. Si la Ligue Arabe le demande – Alain Juppé fait tout pour cela - la France s’associera aux sanctions imposées au peuple syrien, notamment en suspendant ses transactions financières et commerciales, et les vols vers Damas et Alep. Les Syriens résidant en France, pro-Assad ou simplement opposés à l’agression de leur pays, seront inquiétés, expulsés ou assignés à résidence. La diabolisation du régime baasiste et ses déficiences en matière de communication médiatique sont telles qu’il ne faut pas s’attendre à ce que le mouvement anti-guerre mobilise de grandes foules, sauf si la guerre dérape en conflit de grande ampleur.

 

A Moscou, le 18 novembre dernier, Vladimir Poutine a dit clairement à François Fillon qu’en Syrie la France ferait mieux « de s’occuper de ses oignons » (4). Sergueï Lavrov, son ministre des Affaires étrangères, a qualifié de « provocations politiques à l’échelle internationale » (5), les pressions exercées par les Occidentaux sur l’opposition syrienne pour qu’elle dénigre les réformes démocratiques initiées par le président Bachar al-Assad et ses offres de dialogue. Espérons que la présence de la flotte russe en Méditerranée sera suffisante pour calmer les ardeurs guerrières de Nicolas Sarkozy et des faucons de l’OTAN.

 

(1) Report : Russia warships to enter Syria waters in bid to stem foreign intervention (Haaretz – 18/11/11)

http://www.haaretz.com/news/middle-east/report-russia-warships-to-enter-syria-waters-in-bid-to-stem-foreign-intervention-1.396359

(2) Le porte-avions Maréchal Kouznetsov se prépare à croiser dans les eaux chaudes.

http://www.rusnavyintelligence.com/article-le-porte-avions-russe-amiral-kouznetsov-se-prepare-a-croiser-dans-les-eaux-chaudes-85433995.html

(3) Une intervention « limitée » préparée par l’OTAN en Syrie, par Claude Angeli (Le Canard Enchaîné - 23 /11/11)

(4) Syrie : Moscou invite la France à s’occuper de ses « oignons ».

http://www.rtl.fr/actualites/international/article/syrie-moscou-invite-la-france-a-s-occuper-de-ses-oignons-7736233227

(5) Syrie : Moscou dénonce des « provocations » occidentales

http://fr.rian.ru/world/20111121/192063188.html

Gilles Munier

samedi 26 novembre 2011, par Comité Valmy

http://www.france-irak-actualite.com/

http://www.comite-valmy.org:80/spip.php?article2053


2-2 Pierre Khalaf : Moyen-Orient : Une logique de Guerre froide.

L’internationalisation de la crise syrienne replonge le Moyen-Orient dans la logique de la guerre froide, qui, pendant plusieurs décennies, a permis à la Syrie de jouer les équilibres dans la cour des grands.

Damas renoue avec la politique des alliances et tente de tirer les dividendes d’une crise qui menace d’embraser militairement la région, d’Israël à l’Afghanistan, en passant par le Liban, la Syrie, l’Irak, l’Iran et les pétromonarchies du Golfe.

28 novembre 2011

Le risque de conflagration a jusqu’à présent dissuadé l’Otan, la Turquie et Israël d’intervenir militairement contre l’axe Damas-Téhéran allié au Hezbollah et au Hamas. La Russie et la Chine ont pour leur part, réussi à neutraliser les démarches occidentales visant la Syrie et l’Iran au Conseil de sécurité.

Le régime syrien semble loin d’être isolé. Bien au contraire, le retrait américain de l’Irak, perçu comme une défaite à Washington, risque de renforcer le front anti-américain, dans la région. Face à cette perspective alarmante, les pays occidentaux et leurs alliés arabes espèrent renverser le régime syrien, perçu comme le « maillon faible » de cette coalition hostile. C’est ce qu’affirme le néoconservateur américain Elliott Abrams. « La fin du régime d’Assad représentera un grand gain pour les États-Unis », affirme-t-il dans la publication du Council on Foreign Relations d’octobre.

C’est dans cette optique que les pays arabes dirigés par le Qatar se lancent dans une course contre la montre en imposant des délais, des exigences et des sanctions, qu’aucune partie ne semble vouloir respecter, à commencer par la Ligue elle-même et l’opposition syrienne radicale, liée à l’Occident.

L’initiative arabe, qui prévoyait l’arrêt des violences et l’ouverture d’un dialogue entre le régime et l’opposition, est restée sans lendemain.

L’armée syrienne multiplie les succès contre les enclaves rebelles, alimentées par un flot d’armes et d’argent en provenance des pays voisins.

Le Conseil national syrien (CNS), par la voie de Borhane Ghalioun et ses alliés islamistes, ont rejeté le dialogue proposé par la Ligue, contrairement au pouvoir syrien.

Plusieurs membres du Comité national pour le changement démocratique (CNCD, opposition de l’intérieur) ont, en revanche, accepté de dialoguer. En visite au siège de la Ligue arabe au Caire, une délégation syrienne regroupant des membres du CNCD et des opposants respectés dont Michel Kilo, Haitham Manaa et Fayez Sara a été violemment agressée par des partisans du CNS, qui appellent l’armée turque à envahir le nord de la Syrie afin de démocratiser le pays. C’est dans cet esprit que les partisans des Frères musulmans syriens ont agressé, le 20 novembre, une délégation d’acteurs et comédiens arabes en visite au Caire pour protester contre la suspension de la Syrie à la Ligue arabe.

Le secrétaire général des Frères musulmans syrien Riad Chakfi a appelé le 18 novembre l’armée turque à envahir le nord de la Syrie pour y établir une zone tampon, se basant sur l’identité sunnite de la Turquie, à laquelle s’identifie la confrérie.

Exorciser les illusions

L’Iran apparait comme le grand vainqueur en Irak et se prépare à combler le vide laissé par les Américains. L’axe Damas-Téhéran, lié par des intérêts convergents avec la Russie et la Chine, fait front commun pour briser le monopole militaire et pétrolier américain dans le Golfe et dans la mer Caspienne, autour duquel Washington a établi des bases militaires.

S’ajoute également aux yeux de la Russie, la menace turque, qui, depuis l’effondrement du bloc de l’Est en 1991, étend son influence politico-économique dans le Caucase russe, dans les États turcophones et islamiques de l’ex-Union Soviétique, en Asie centrale, ainsi qu’au Moyen-Orient et en Afrique du nord, sur les traces de l’empire ottomans, comme le rappelle Erdogan. Cette perspective inquiète également la Chine, qui fait face à un mouvement islamiste sécessionniste à l’est. Depuis le début de la crise en Syrie, Damas et Moscou sont ouvertement opposés au gouvernement islamiste de Recep Tayyep Erdogan, qui espère reproduire son modèle de gouvernement islamique pro-occidental à Damas.

Dans son édition du 18 novembre, le journal gouvernemental turc Sabah révèle des plans militaires turcs pour l’établissement d’une zone d’exclusion aérienne au nord de la Syrie, puis d’une zone tampon d’une profondeur de 5 km, allant jusqu’à la ville d’Alep à l’ouest, pour favoriser le déclenchement d’une guerre civile contre le pouvoir damascène.

La Syrie a immédiatement répliqué et lancé une opération militaire pour « exorciser les illusions », en établissant une zone militaire d’une profondeur de 20 km le long de la frontière turque. Damas joue également la carte kurde, susceptible de remettre en cause l’intégrité territoriale de la Turquie en cas de guerre.

A cela, s’ajoutent les déclarations des dirigeants iraniens, qui menacent d’allumer tous les fronts en cas d’attaque contre ses installations nucléaires et contre la Syrie. Téhéran et Moscou ont haussé le ton en expédiant des navires de guerre russes et iraniens aux larges des côtes syriennes, au moment où le président Assad se déclarait prêt à combattre.

Face à ce tableau tendu, les pays occidentaux et leurs alliés musulmans ne disposent d’aucun moyen pour renverser le pouvoir, à l’exception des sanctions politiques et économiques qui semblent loin de menacer la pérennité du régime.

Et même si la Ligue arabe maintient ses pressions sur le régime et transmet le dossier syrien au Conseil de sécurité, on retournera à la case de départ avec un double veto russo-chinois.

Ligne de fracture au Liban

La situation en Syrie est devenue la ligne de fracture entre les deux camps rivaux au Liban, et quoi qu’ils en disent, tous deux attendent avec impatience l’issue du bras de fer qui se joue dans ce pays pour définir leur nouveau plan de campagne.

Selon des sources de la majorité parlementaire libanaise, la nouvelle échéance pour la Syrie est le début de l’année 2012. Le régime aura passé le cap le plus dur et les pressions internationales devraient alors baisser en intensité pour de multiples raisons.

La plus importante consiste dans l’achèvement du retrait américain d’Irak, un départ qui ressemble de plus en plus à une défaite stratégique et qui permettra à l’Iran de se retrouver à la frontière de la Syrie via l’Irak, où la République islamique ne cesse d’augmenter son influence.

D’autres raisons sont liées à l’entrée des États-Unis dans une période préélectorale qui les empêche de prendre des décisions importantes à l’étranger. A partir du premier trimestre 2012, le monde devrait avoir d’autres priorités que la Syrie, notamment avec la crise économique grandissante dans la zone euro et dans le reste du monde.

Au cours des prochaines semaines, le régime syrien va donc subir le maximum de pressions. Mais de l’avis de nombreux observateurs, il y a très peu de risques que ce régime saute pour les raisons suivantes : le double veto russe et chinois le protège d’une résolution au Conseil de sécurité adoptant de nouvelles sanctions contre lui ou autorisant une action militaire, et l’équation établie par le secrétaire général du Hezbollah dans son dernier discours, qui annonce une guerre régionale en cas d’attaque contre la Syrie, le protège d’une action militaire de la Turquie.

Déclarations et prises de positions

Béchara Raï, patriarche maronite d’Antioche et de tout l’Orient

« La présence chrétienne en Orient se comprend en termes de communion et témoignage. Ceci signifie que nous ne pouvons pas penser notre avenir en dehors, en marge, ou contre les sociétés où nous vivons. En politique, cette communion se traduit en termes d’identité nationale commune, de citoyenneté et de participation. Nous confrontons l’enjeu des changements en cours dans certains pays arabes.

Tout en étant l’expression d’un éveil et d’un engagement pour une identité nationale commune, nous craignons que ces changements ne conduisent vers des conflits interconfessionnels, une transition vers des régimes plus durs encore et une partition de la région sur une base confessionnelle. Les chrétiens doivent faire face à toutes les tentatives de définir nos sociétés ou nos pays en termes d’identité religieuse. Nous devons nous opposer clairement à l’islamité exclusive de l’identité de nos pays ainsi qu’à la judaïté d’Israël.

Nous saluons l’heureuse déclaration d’al-Azhar du mois de juin dernier, qui confirme que l’islam ne stipule aucune identité religieuse pour l’État, lequel ne doit être ni religieux ni théocratique, mais civil respectant les valeurs religieuses fondamentales.

Nous invitons à un dialogue sincère entre les divers partenaires, politiques et religieux, libéraux, modérés ou conservateurs, islamistes et laïcs, locaux et internationaux, autour du concept de l’État civil. Les trois défis de la communauté chrétienne sont : la sécurité, les libertés fondamentales et la reconnaissance de la diversité.

Nous voulons affirmer que la sécurité est un droit à tout citoyen et que l’État se doit d’assurer. Il ne s’agit donc en aucune manière d’une protection d’une minorité par une majorité, mais d’un droit fondamental et commun à tous, sans distinction et sans discrimination aucune. Quant aux libertés fondamentales, nous souffrons dans quelques pays de la région de certaines formes de régime sécuritaire étatique ou social qui oppriment les libertés fondamentales de conscience, de culte et d’expression.

Nous ne craignons pas pour la présence chrétienne en Orient. Nous croyons que cela dépend davantage de la volonté de Dieu que de notre choix. Nous savons aussi que le scénario d’un monde arabe sans les chrétiens serait un scénario catastrophique pour l’Orient et pour l’Occident. Car ceci sera la fin de l’arabité en tant que culture plurielle et elle sera engloutie par la culture religieuse de l’islam. Ni l’islam ni l’Europe ne pourront supporter une telle situation. »

Najib Mikati, Premier ministre du Liban

« Le 5 septembre dernier, je m’étais entretenu avec le greffier du tribunal et je lui avais demandé quel était le délai ultime que l’on pouvait consentir pour le Liban. Il m’avait répondu : début décembre 2011. Je me suis alors engagé à ce que le Liban verse sa quote-part et j’ai informé Nabih Berry de ce délai. Aujourd’hui, nous y sommes. J’ai considéré que la meilleure façon de procéder était de soumettre la question à la table du Conseil des ministres à la fin du mois. J’en ai notifié les ministres et, à présent, que chacun assume ses responsabilités.

C’est une question très sensible qui a trait à la crédibilité du Liban. Quelqu’un peut-il croire qu’un Premier ministre est en mesure de dénier la justice après le meurtre d’un ancien chef de gouvernement. Si le Liban accepte de verser sa quote-part, il aura honoré ses engagements et préservé les résolutions internationales, y compris la 1701, ainsi que son droit à s’en remettre aux Nations unies pour défendre ses frontières maritimes.

Il aura aussi respecté son engagement à l’égard de la justice, préservé ses relations extérieures, aidé à maintenir la stabilité et empêché la discorde sunnito-chiite. Nous aurons aussi de cette manière sauvegardé la Résistance, car celle-ci ne peut être forte que si le Liban est fort. Lorsque le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, avait dit qu’il fallait trancher par le vote, j’avais estimé qu’il avait laissé la porte ouverte. J’attends toujours des ministres qu’ils aient le sens patriotique pour protéger le pays. Mais s’ils ne me rejoignent pas sur ce point, j’en conclurais en effet qu’ils n’ont pas de sens patriotique.

Je sais que le Hezbollah ne va pas changer de position. Mais nous sommes aujourd’hui 12 pour le financement et on parle de la possibilité que trois ou quatre autres ministres nous rejoignent. L’affaire serait alors conclue. Je compte sur la sagesse de M. Berry. Le critère devrait être l’intérêt du Liban. Il ne fait pas de doute que je n’accepterai pas que, sous mon mandat, le Liban s’abstienne d’honorer ses engagements et sorte de la communauté internationale.

Que personne ne me comprenne mal ; en présentant ma démission, je protège le Liban, car si le gouvernement décide avec mon approbation le rejet du financement et si je reste au pouvoir, il y aura des sanctions contre le Liban. Je le redis à tous les ministres : l’affaire est sérieuse. Considérez le financement du TSL comme une police d’assurance face aux tempêtes de la région. Mon souci est de mettre le Liban à l’abri. Après une éventuelle démission, je n’accepterais pas d’être reconduit dans mes fonctions aux mêmes conditions. »

Alain Juppé, ministre français des Affaires étrangères

« Je fais confiance au Premier ministre libanais, Najib Mikati. Il tiendra parole au sujet du financement du TSL. Nous nous sommes rencontrés en septembre, et il m’avait assuré alors que toutes les dispositions seraient prises pour que le financement soit assuré, au bon moment. J’ai confiance dans sa parole, et je suis prêt à le recevoir. Nous avons déployé de grands efforts pour garantir la stabilité du Liban, mais tous ses efforts sont aujourd’hui menacés, et la chose nous inquiète. Il est impossible de sauver le Liban sans la participation de tous. Les Libanais doivent placer leur pays à l’écart des tensions régionales. Tout le monde sait le genre de relations qui existent entre la Syrie et le Liban. Une déstabilisation ou une guerre civile entre les diverses composantes de la société syrienne aura des conséquences sur le Liban. C’est ce que je veux dire quand je parle de déstabilisation régionale. »

Une analyse de Pierre Khalaf

New Orient News (Liban)
Rédacteur en chef :Pierre Khalaf (*)
Tendances de l’Orient No 59, 28 novembre 2011.


(*) Chercheur au Centre d’Etudes Stratégiques Arabes et Internationales de Beyrouth

Source :
http://www.neworientnews.com/news/fullnews.php ?news_id=49133

http://www.silviacattori.net/article2429.html



2-3 Roland Marounek  : Ban-Ki-Moon : TROUBLE COMPROMISSION avec l’OTAN.

VERS UN CONTRÔLE PLUS DIRECT DE L’ONU PAR L’OTAN

vendredi 25 novembre 2011, par Comité Valmy

Voir en ligne : Lire la déclaration allant dans le sens de la soumission de l’ONU à l’OTAN

 

Le 23 septembre dernier, Le Secrétaire Général de l’ONU Ban Ki-Moon et le Secrétaire Général de l’Otan Jaap de Hoop Scheffer ont signé en toute discrétion une « Déclaration commune sur la collaboration des Secrétariats des Nations Unies et de l’OTAN ». Ahurissant, non seulement pour le contenu de la déclaration, suffisamment vague pour rendre cette coopération extensible à loisir, mais surtout parce que l’existence même d’un tel accord de collaboration vise à octroyer à l’Otan un statut officiel de co-responsabilité dans le maintien de la paix mondiale.

Accord « secret » ?

L’existence de cette Déclaration de coopération a été révélé une première fois 2 semaines après sa signature, par le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, qui s’indignait justement qu’un tel accord puisse être signé à l’insu de la partie russe : « Avant de signer une telle déclaration, il est nécessaire d’en soumettre le projet à l’examen des pays membres. Dans le cas présent, cette procédure n’a pas eu lieu, l’accord entre les secrétariats a été signé en catimini. ». Le 3 décembre la Transnational Foundation for Peace and Future Research en publiait une version obtenue, précise-t-elle, sur simple demande auprès de l’Otan1.

Si l’accord n’est donc pas à proprement parler ’secret’, force est de constater qu’un maximum de discrétion l’entoure. Il n’est toujours pas publié ni sur le site de l’Otan, ni sur celui de l’ONU. Une telle discrétion devrait à elle seule alerter l’attention : Comment le représentant des Nations Unies peut-il s’octroyer le droit de passer dans l’ombre des accords avec une alliance militaire agressive, en court-circuitant les autres membres du Conseil de Sécurité ?

L’Otan, garante de la paix et du respect de la Charte des Nations-Unies...

« Une coopération [entre l’Otan et l’ONU] plus poussée contribuera de manière significative à faire face aux menaces et aux défis auxquels la communauté internationale est appelée à répondre » lit-on dans la Déclaration.

L’Otan est une alliance militaire d’une poignée de pays, qui défend par la menace ou l’agression, les intérêts économiques de l’Occident au détriment du reste du monde. Le concept Stratégique de l’Otan réaffirmait en 1999 que « la présence de forces nucléaires en Europe reste essentielle pour la sécurité de ce continent (...) [Les armes nucléaires] restent indispensables au maintien de la paix »2 De plus en plus ouvertement, l’Otan défend le principe d’intervention militaire hors-zone « pour défendre » les intérêts vitaux des pays membres tels que leur approvisionnement en ressources3.

Accepterait-on de tels concepts stratégiques de la part de la Chine par exemple ? Ou de l’Iran ? Du Venezuela ? Leurs droits à défendre leurs intérêts vitaux seraient-ils de moindre importance ? Ne feraient-ils pas partie de la même « Communauté Internationale » que les pays de l’Alliance Atlantique ?

Comment enfin le Secrétaire Général de l’ONU, censé être le gardien de la Charte des Nations Unies ose-t’il accorder officiellement le label de garant de la paix et de la sécurité internationales à une organisation qui a elle même directement violé la Charte des Nations Unies, en 1999, et en apporte jusqu’aujourd’hui son concours à l’agression de l’Irak ? Dont l’ancien Secrétaire Général Solana déclarait benoîtement que l’Otan avait la légitimité d’agir seule, en dehors de l’autorisation des Nations-Unies ?

Les relations ambiguës entre l’Otan et l’ONU

Bien sûr une telle collusion de fait entre le SG des Nations Unies avec les intérêts occidentaux n’est pas une chose tout à fait nouvelle. On peut rappeler comment Richard Holbrooke s’amuse à rapporter que Koffi Annan a gagné son poste en autorisant le bombardement de la Yougoslavie par les USA, en l’absence de son patron Boutros-Ghali. La caution a posteriori des agression de l’Otan en Yougoslavie, ou le silence devant la dérive de l’ISAF, théorique force de maintien de la paix, en force supplétive de l’invasion US en sont d’autres exemples. Par ailleurs, les rencontres informelles entre Otan et le secrétaire générale de l’ONU sont courantes depuis plusieurs années, et le site officiel de l’Otan étale avec complaisance les visites de haut niveau et les réunions de travail entre l’ONU et l’Otan.

Mais ce qui est réellement en jeu dans cette Déclaration de collaboration, c’est le cachet officiel que l’on espère donner à cette collusion. Car contrairement à une idée répandue jusqu’au sein du mouvement pour la paix, il n’existe à ce jour aucun accord clair et officiel de collaboration liant l’ONU à l’Otan.

En particulier, le commandement de l’ISAF n’a jamais été "confié" à l’Otan, malgré ce qu’une confusion entretenue à dessein tente de faire croire. La création d’une force de maintien de la paix (limitée aux environs de Kaboul dans un premier temps) a bien été votée par la résolution 1386 (décembre 2001), mais la direction de cette force était laissée à la bonne volonté des pays volontaires :

[Le Conseil de sécurité] demande aux États Membres de fournir du personnel, du matériel et des ressources à la Force internationale d’assistance à la sécurité, et invite les États Membres intéressés à se faire connaître auprès du commandement de la Force et du Secrétaire général

En août 2003 l’Otan a pris ’de fait’ la direction de l’ISAF, et cela n’est même pas officialisé dans une résolution ultérieure. La résolution 1510 d’octobre 2003 souvent citée, ne mentionne l’Otan que pour « prendre note » de sa demande d’élargir le mandant de l’ISAF à l’ensemble du territoire afghan :

[Le Conseil de sécurité] prenant note de la lettre datée du 6 octobre 2003 que le Secrétaire général de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) a adressée au Secrétaire général concernant un élargissement possible de la mission de la Force internationale d’assistance à la sécurité...

Les résolutions ultérieures telle la 1833 de septembre 2008 peuvent bien « saluer le rôle de premier plan joué par l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et la contribution apportée par de nombreux pays à l’ISAF », ou « prier le commandement de l’ISAF [soit l’Otan, de fait] de le tenir régulièrement informé, par l’intermédiaire du Secrétaire général, de l’exécution du mandat de la Force », en aucune manière cela ne permet de prétendre que « le commandement de l’ISAF a été donné par les Nations Unies à l’OTAN » comme il est trop souvent admis.

Même la scandaleuse résolution 1244 (juin 1999) qui entérinait l’agression contre la Yougoslavie, n’accorde en fait aucun mandat officiel à l’Otan :

La présence internationale de sécurité, avec une participation substantielle de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, doit être déployée sous commandement et contrôle unifiés et autorisée à établir un environnement sûr pour l’ensemble de la population du Kosovo et à faciliter le retour en toute sécurité de toutes les personnes déplacées et de tous les réfugiés.

L’Otan n’est pas le représentant de la (véritable) « Communauté Internationale »

La création des Nations-Unies et l’adoption de sa Charte ont représenté une avancée majeure de l’humanité : pour la première fois le droit international était au moins formellement opposé au droit du plus fort.

Bien évidemment ce n’est pas du tout un combat gagné d’avance, et en particulier depuis l’effondrement de l’URSS, les États-Unis et l’Otan tentent de toutes les manières, avec les meilleurs habillages possibles (droit d’ingérence humanitaire, imposition de la démocratie, lutte contre le terrorisme... ) de remettre en cause ce droit international, pour un ’droit’ où ces immenses puissances militaires sont gagnantes à coup sûr – le droit du plus fort. Le concept médiatique de Communauté Internationale sert à masquer cette tentative de décrédibilisation des Nations Unies.

Cette scandaleuse signature de Ban Ki-Moon est un pas de plus dans la même direction. Nous ne devrions pas accueillir ce texte avec indifférence, comme l’a fait l’ensemble de nos médias. L’ambassadeur russe auprès de l’OTAN Dmitri Rogozine ne s’y est pas trompé : "Ban Ki-moon a reconnu l’alliance non pas comme une organisation militaire régionale, mais comme un remplaçant de l’ONU dans toutes les affaires liées à la sécurité internationale. Le secrétaire général de l’ONU risque de subir une destitution. Ses actions sont honteuses".

Roland Marounek

Mise en ligne CV le 8 janvier 2009

vendredi 25 novembre 2011, par Comité Valmy

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article139



3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

3-1 Les Etats-Unis d’Amérique ont ouvert la boîte de Pandore.

Parti Communiste Bolchévique de toute l’Union Soviétique

DECLARATION DU COMITÉ CENTRAL

Parti Communiste Bolchévique de toute l’Union Soviétique 

À propos des évènements de Libye des 20 et 21 octobre 2011

« Les Etats-Unis d’Amérique ont ouvert la boîte de Pandore »

L’impérialisme Etats-Unis-Israël-OTAN a montré encore une fois sa gueule bestiale de vautour-cannibale ensanglantée dans l’immolation de milliers de vies humaines (50000 Libyens massacrés, plus de 200000 blessés, 2 millions, sur les 6 millions d’habitants de la Libye, sont devenus des réfugiés qui se sont involontairement trouvés sur la route de la domination mondiale, si passionnément désirée, des Etats-Unis d’Amérique. vers les gisements de ressources pétrolières et gazières mondiales. Il est universellement connu que la « faute » du dirigeant irakien Saddam Hussein était d’être assis sur le gisement de pétrole le plus riche du Proche-Orient et que c’est la raison pour laquelle il a été renversé par la campagne militaire des Etats-Unis d’Amérique contre l’Irak et sauvagement mis à mort par de maniaques sous-hommes américains qui ont fait la démonstration au monde entier de leur monstrueuse moquerie outrageante à l’égard de Saddam Hussein.

Les Etats-Unis d’Amérique ont accusé Saddam Hussein de posséder des armes de destruction massive, mais cette accusation n’a pas été confirmée, étant donné que Saddam Hussein n’avait pas de telles armes (1)

Aujourd’hui, les vautours impérialistes chantent leur victoire sur Muammar Kadhafi qu’ils ont tué le 20 octobre 2011. Sa « faute » à lui, pour les Etats-Unis, était la même que celle de Hussein mais « en plus », il était le dirigeant reconnu de la lutte de libération nationale des peuples de l’ensemble du continent africain, il avait prévu de créer une devise africaine, ce qui aurait porté un coup sérieux au statut du dollar américain. Muammar Kadhafi savait beaucoup de choses et aurait pu en dire beaucoup sur Sarkozy, Berlusconi, Cameron et consorts pour avoir été personnellement en rapport avec eux. De là les appels hystériques du ministre des Affaires étrangères des Etats Unis Hillary Clinton de tuer Kadhafi (pour effacer les traces). Sa récente visite à Tripoli - en compagnie (pour assurer sa garde) de militaires des 3e et 6e détachements du SEAL (Sea-Air-Land) (2) d’affectation spéciale américaine placé sous les ordres opérationnels du Commandement des opérations spéciales des Forces aériennes des Etats-Unis, où elle est arrivée en avion séparé, disloqué ensuite sur l’aéroport, et repartie dans la nuit du 20 au 21 octobre - fonde à considérer que l’opération d’extermination de M. Kadhafi a été réalisée sous le contrôle de Hillary Clinton en personne.

D’après les sources du ministère des Affaires étrangères des Etats-Unis, nous avons appris que le groupe composé des 3e et 6e détachements du SEAL, après la fin de la visite de H. Clinton à Tripoli, a pris place le 20 octobre avec des guides locaux dans leurs véhicules pour se diriger vers Syrte.

« Le groupe était composé de spécialistes de la lutte radio-électronique et de pointeurs azimutaux. Les premiers se sent occupés de l’opération de désinformation pour attirer Kadhafi hors de la ville les seconds ont pointé avec précision les bombardiers (anglais) sur la colonne de trois jeeps à bord desquelles se déplaçait le dirigeant de la Jamahiriya avec sa garde et des vanilliers. Quelques autres groupes ont bloqué les autres voies de départ de la ville, de sorte que l’on connaissait la seule direction probable du déplacement de la colonne où se trouvait M. Kadhafi. Après qu’il eut été constaté que les blessures du dirigeant de la Jamahiriya, du fait de l’attaque aérienne, étaient mortelles, son corps a été remis aux militaires du C.N.T. », a conclu l’informateur du ministère des Affaires Etrangères des É.-U.A. Ces derniers ont fait justice sommaire de M. Kadhafi. L’ex-chef du Service de sécurité du dirigeant libyen Manür Daw’ a dit que Muammar Kadhafi s’est conduit avec ’courage jusqu’à la dernière heure de sa vie et a seulement éprouvé de l’inquiétude pour le sort de son pays et de ses citoyens.

Muammar Kadhafi était une personnalité remarquable, un révolutionnaire-patriote de sa Patrie, sous lequel la Libye était devenue le pays le plus prospère de, l’Afrique, sous lequel chaque citoyen libyen, grâce aux 40 ans de gouvernement de M. Kadhafi, avait droit à l’instruction et à la protection médicale gratuites, à une subvention désintéressée de 50000 dollars aux jeunes ménages, au logement, à une allocation mensuelle de 730 dollars à chaque chômeur et autres avantages sociaux. L’Amérique impérialiste ou tout autre pays de l’OTAN peuvent-ils se venter de cela, eux qui, en violation de la nature de l’O.N.U. et au mépris de sa Résolution n° 1973 (du 24-03-2011), ont perpétré leurs bombardements barbares de la population civile des villes de Libye en essayant d’exterminer Muammar Kadhafi ? Barack Obama, lauréat prématuré du prix Nobel « de la paix », a poursuivi la mission sanglante de chef-terroriste -international commencée par son prédécesseur G.W.Bush.

Toutes les pseudo-« révolutions » qui se sont produites récemment et qui continuent de se produire aujourd’hui en Afrique et au Moyen-Orient’ ont été approuvées et financées par les Etats-Unis elles sont réalisées avec la participation directe des combattants d’affectation spéciale et des conseillers militaires, en utilisant les désœuvrés e et aigrefins locaux, les bobos avides d’argent, le tout grassement rémunéré par les commanditaires des « révolutions » en dollars américains, véritables papillotes de papier sans valeur que les presses de la Réserve Fédérale Etats-Unis impriment sans discontinuer.

Le Conseil de sécurité de l’O.N.U. a encore une nouvelle fois fait montre de son impuissance et de son inaptitude à assumer la fonction qui lui a été confiée par l’O.N.U. d’être tenu de défendre tout pays victime d’une agression arbitraire, de défendre le peuple de ce pays de son anéantissement par les fascistes contemporains. Dans les conditions du monde unipolaire, par suite de la destruction violente de l’U.R.S.S., le Conseil de sécurité de l’O.N.U. a perdu sa signification initiale, il s’est transformé en un fidèle servant des f.-U.A. et c’est pourquoi il doit être remplacé par un autre organe. L’OTAN, en qualité d’arme de réalisation de la politique militaire de conquête et de pillage des Etats-Unis doit être dissous puisque le but pour lequel il a été créé n’existe plus aujourd’hui : s’opposer au bloc des pays du Pacte de Varsovie. Ce sont ceux qui ont détruit l’U.R.S.S. qui sont pour beaucoup coupables du discrédit de Conseil de sécurité de l’O.N.U. comme garant de la paix et de la stabilité. Nous accusons nos « démocrates » leurs acolytes et leurs bailleurs de fonds qui ont effectué la contre-révolution en U.R.S.S., ce qui a eu des conséquences tragiques pour le monde entier.

Les moyens d’information de masse pro-occidentaux ont organisé à Tripoli un spectacle de pacotille bon marché dans le style d’Hollywood présentant aux caméras des correspondants occidentaux la « joie immense du peuple enfin libéré du tyran Muammar Kadhafi » avec même présentation de petites filles aux visages barbouillés aux couleurs de la « révolution ». On se demande si les femmes d’Orient, dans leur petite enfance, étaient aussi révolutionnaires et si politiquement au fait pour, déjà, comprendre CE QUI SE PASSAIT dans leur pays ? Sont-ils sûrs aujourd’hui, ces enfants et leurs parents, que le nouveau pouvoir banditoïde de mercenaires" et de parasites vénaux- pardon de « révolutionnaires »-insurgés - offrira à la jeunesse la possibilité de recevoir une instruction supérieure gratuite (aux frais de l ’Etat) en Europe comme du temps de Muammar Kadhafi : Les avantages sociaux, si importants pour le peuple seront-ils maintenus ? La Libye demeurera-t-elle l’État le plus heureux de l’Afrique ayant le niveau de vie le plus élevé sous le pouvoir des « Insurgés » ? C’est fort douteux.

Le plus probable est que les « vainqueurs » vont s’entre-égorger les uns les autres dans leur lutte pour le pouvoir, tandis que le peuple libyen n’aura plus qu’à s’enfoncer dans le tourbillon de la misère, de la faim et du banditisme effréné des « insurgés ».Un exemple vivant : l’Irak d’aujourd’hui.

À présent, pour remercier ses « amis » occidentaux pour leurs armes, au moyen desquelles les Insurgés ont anéanti le peuple de Libye, et pour les frappes aériennes des forces de l’OTAN sur les villes libyennes réduites en cendres, le Conseil national de transition (le C.N.T.) a déjà cédé à la France pratiquement gratuitement un tiers des ressources pétrolières (ce dont il avait déjà été convenu dès mars de l’année en cours). On se souvient que N. Sarkozy a, en s’abaissant on ne peut plus humblement, demandé de l’argent à Muammar Kadhafi pour sa campagne électorale présidentielle, argent qu’il a reçu et dont il s’est acquitté par la participation la plus active de la France à l’anéantissement de la Libye : et de son dirigeant. L’Angleterre n’a pas non plus été oubliée par le nouveau gouvernement de la Libye (le C.N.T.) : elle a reçu une grosse part d u gâteau pétrolier presque pour rien. Quant aux Etats-Unis il ne vaut même pas la peine d’en parler. A présent, après l’extermination de Muammar Kadhafi, Barack Obama se vante devant la communauté internationale du fait que « la mission de l’OTAN a été réalisée de la manière extrêmement efficace …Il ne fait aucun doute que nous avons accompli exactement ce que nous avions promis de faire en Libye. » c’est-à-dire dans le déroulement de l’opération militaire internationale pour l’assassinat de la population civile de la Libye. « Les Etats-Unis d’Amérique se réservent toujours le droit et l’obligation de se défendre, de défendre leurs alliés et leurs propres intérêts » On se demande bien, mais QUI a menacé et menace à présent les Etats-Unis et leurs acolytes de l’OTAN ? Comme on le sait, évidemment PERSONNE. Le 20 octobre, le président de la Russie D. Medvedev a déclaré que l’annonce de la capture de Kadhafi était une « excellente nouvelle » (ITARTASS) .La Douma d’Etat n’a pas repris cette déclaration en raison de la situation en Libye et de l’assassinat de Kadhafi.

Il y a 10 ans, les Etats-Unis ont rassemblé la communauté impérialiste dans la lutte pour les ressources énergétiques mondiales sous le drapeau de la prétendue « lutte contre le terrorisme » grâce à l’explosion, organisée parles services spéciaux des Etats-Unis des deux tours du World Trade Center à Manhattan le 11 septembre 2001 et à une série d’autres actes de terrorisme organisés par les mêmes services spéciaux. Aujourd’hui, les services spéciaux Etats-Unis ont élaboré une nouvelle technique pour s’ingérer dans les affaires de n’importe quel pays et pour renverser son dirigeant en organisant de prétendues « guerres et révolutions de libération nationale de renversement des - tyrans ».

Dans leur lutte pour les ressources énergétiques mondiale les Etats-Unis ont ouvert la boîte de Pandore en Afrique et au Proche-Orient par leurs « révolutions pour l’instauration de la démocratie à la mode américaine » et pour « la liberté de l’individu »

.Cela faisant, ils ont placé le monde devant le fait de l’élargissement de l’approfondissement de la guerre globale pour les ressources mondiales. Le tour de la Russie aussi approche de tomber victime des maniaques impérialistes Etats-Unis-Israël-OTAN.

Ayant ouvert la boîte de Pandore, Etats-Unis ne seront pas à même de la refermer. Ils ont eux-mêmes fixé la limite de leur possibilité de maîtriser les processus imprévisibles en plein développement qui conduisent à l’apocalypse générale. Les évènements qui se produisent dans le monde par la faute de l’empire du mal, les É.-U.A. exigent que soit créé un monde multipolaire et un nouveau système pour le gérer à la place du Conseil de sécurité de l’O.N.U. et à la place de l’O.N.U. elle-même qui se sont transformés en un instrument inféodé aux É.-U.A. pour la violence et le brigandage à l’échelle internationale.

Les auteurs de l’assassinat bestial de Muammar Kadhafi tentent d’une manière ou d’une autre de justifier (ce qui est impossible) ou d’amoindrir aux yeux de l’opinion publique le crime qu’ils ont perpétré.

Barack Obama et ses acolytes vont très rapidement se convaincre dans la pratique que la violence et les assassinats auxquels ils se sont livrés en Libye seront vengés. La lutte des peuples d’Afrique et du Proche-Orient, des peuples du monde entier, contre le banditisme-terrorisme international des É.-U.A. et de l’Europe impérialiste du bloc agressif Etats-Unis-Israël-OTAN, ne fait que commencer. Et la Libye n’est pas brisée.

Muammar Kadhafi a été et restera aux yeux des honnêtes gens de la planète un patriote de son pays, un héros, intrépide et honnête, qui ne s’est pas caché et ne s’est pas enfui de son pays pour sauver sa peau. Muammar Kadhafi restera pour toujours, dans l’histoire de la lutte pour la liberté et l’indépendance des pays du continent africain, comme un remarquable homme politique et homme d’État gui a commencé les transformations socialistes en Libye qui a osé s’opposer ouvertement à la dictature Etats-Unis. Il est déjà entré dans l’histoire comme guerrier, héros et fils fidèle de son peuple qu’il a aimé et auprès duquel il est toujours resté

Le Comité Central du Parti Communiste Bolchévique de toute l’Union Soviétique

LENINGRAD, le 22-10-2011.

http://comaguer.over-blog.com

1. Les armes de destruction massive, ce sont Etats-Unis qui les possèdent et qui les ont déjà utilisées de nombreuses fois et les utiliseront probablement encore. (NDT)

2- SEAL, sigle américain de « Sea-Air-Land » qui désigne un groupe mixte de débarquement-diversion (petites unités de bâtiments de combat de l’aéronavale ou de l’infanterie de marine). (N.D.T.)

URL de cet article 15240

« Nouvelles d’U.R.S.S. », n° 112, novembre-décembre 2011
http://www.legrandsoir.info/les-etats-unis-d-amerique-ont-ouvert-la-boite



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19



 

25/11/2011

n°23 - Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion de Syrie (2) - 24-11 - 1ap - : Bill Van Auken : Les Etats-Unis planifient un renforcement militaire dans le Golfe persique pour compenser le retrait de l’Irak

n°23 - Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion de Syrie (2) - 24-11 - 1ap - :   Bill Van Auken : Les Etats-Unis planifient un renforcement militaire dans le Golfe persique pour compenser le retrait de l’Irak




Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Analyse -  Géopolitique et stratégie Réflexion

deSyrie (2)

n°23                             24-11

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier Syrie :Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage1" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.


Sommaire :  

Tiré à part

Louis Denghien : Condamnation de la Syrie : un succès euro-américain sans doute sans lendemain.

Domenico Losurdo : Les disciples de Goebbels à l’œuvre contre la Syrie.

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion 

1-1 Fisk :La Syrie glisse vers la guerre confessionnelle.

1-2 Bill Van Auken : Les Etats-Unis planifient un renforcement militaire dans le Golfe persique pour compenser le retrait de l’Irak.

1-3 Akil Cheikh Hussein : Les menaces contre l'Iran et la Syrie...

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Jacques Borde : Syrie – Après Tripoli, Damas.

2-2 Pierre Khalaf : Syrie et Liban dans la tourmente des alliances contre nature.

2-3 Seyed Abdollah Hoseini : Occident/Libye : la récompense néocolonialiste.

2-4 Communiqué Amal-Hezbollah: Le Liban restera aux côtés de l’Iran et de la Syrie



Tiré à part

Louis Denghien : Condamnation de la Syrie : un succès euro-américain sans doute sans lendemain.

Comme pas mal de choses touchant à l’espèce de « diffamation internationale » dont est victime l’Etat syrien, la condamnation de Damas par l’Assemblée générale de l’ONU, mardi 22 novembre, ne constitue pas une surprise : la pression de l’axe euro-américain, accrue par la « caution morale et politique » de la Ligue arabe, et certainement les arguments diplomatiques et économiques dont dispose cette coalition contre des Etats mineurs pour ne pas dire symboliques, tout cela aboutit « naturellement » à une majorité de 122 contre 13 – et 41 abstentions. Les abstentions équivalant, dans le contexte de cette affaire, à des refus de condamnation, on peut dire sans solliciter les résultats qu’un gros quart des nations composant l’ONU ont refusé de se plier à l’oukase occidental. Parmi celles-ci, bien sûr, la Russie et même la Chine que nos médias voyaient « évoluer » sur le dossier syrien.

Rappelons tout de même que ce texte répercute les simplifications et falsifications véhiculées depuis des mois par la diplomatie américaine « and co » : il condamne « les exécutions arbitraires et l’usage excessif de la force« , enjoint au gouvernement syrien de « cesser immédiatement toutes les violations des droits de l’homme » ainsi que la « persécution » contre les manifestants de l’opposition, « condamne sévèrement les violations des droits de l’homme graves et systématiques« , etc, etc. Et donc il ne dit rien de la réalité, qui est que la violence du pouvoir ne fait que répondre quotidiennement à celle, particulièrement « grave » et cruelle dans bien des cas, de l’opposition radicale armée. Mais, au fait, on n’est pas ici dans le domaine de l’objectivité et de l’équité, mais plutôt dans la confrontation géostratégique.

Un vote symbolique, mais aussi un outil diplomatique

Le représentant syrien aux Nations-Unies, Bachar Jaafari, ne pouvait faire moins, à l’issue de ce vote, que d’accuser les initiateurs de cet énième texte anti-syrien, à savoir la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne, d’ »incitation à la guerre civile » dans son pays, encourageant la sédition armée et donc d’être responsables au premier chef de l’ »escalade de la violence » en Syrie.

On sait que pareil texte, adopté par l’Assemblée générale de l’ONU, n’a pas de valeur contraignante pour celle-ci, et a d’abord une portée diplomatique symbolique. Mais le représentant allemand, Peter Wittig, n’a pas fait mystère qu’il s’agissait là d’une première étape pour revenir au Conseil de sécurité avec une « légitimité » renforcée et y obtenir enfin une condamnation, cette fois « opératoire », de la Syrie. La « suspension » de la Syrie par la Ligue arabe n’a pas d’autre but (à peine) caché. Mais le correspondant de Reuters cite les confidences de diplomates onusiens constatant que ce processus de retour au conseil de sécurité « risque de prendre des semaines, sans garantie de succès, avant que la Russie et la Chine ne soient convaincues de changer de position. »

Oui, ça risque de prendre d’autant plus de temps que tant Moscou que Pékin sont bien conscients qu’ils sont engagés dans un bras de fer de longue haleine et de grande ampleur contre un « Occident » – « Empire atlantiste » conviendrait mieux, eut égard à la civilisation que l’Occident a représenté – aussi arrogant que cynique et irresponsable. Ce n’est évidemment pas une question de morale, laquelle n’a rien à faire dans les confrontations internationales, mais d’intérêts géostratégiques et économiques bien compris pour ces deux puissances continentales alliées, engagées de fait dans une guerre froide – ou tiède – contre l’axe euro-américain, une guerre dont le front traverse, pour leur malheur, la Syrie et tout le monde arabe.

Louis Denghien,

http://www.infosyrie


Domenico Losurdo : Les disciples de Goebbels à l’œuvre contre la Syrie.

Quelle est la nature du conflit qui investit la Syrie depuis quelques mois ? Je voudrais avec cet article inviter tous ceux qui ont à cœur la cause de la paix et de la démocratie dans les rapports internationaux à se poser quelques questions élémentaires, auxquelles, de mon côté, j’essaierai de répondre en laissant la parole à des organes de presse et journalistes qu’on ne peut suspecter de complicité avec les dirigeants de Damas.

1. Il convient en premier lieu de se demander quelle était la condition du pays moyen-oriental avant l’arrivée au pouvoir, en 1970, des Assad (père puis fils) et du régime actuel. Eh bien avant cette date, « la république syrienne était un Etat faible et instable, une arène pour les rivalités régionales et internationales » ; les événements des derniers mois signifient le retour à la « situation précédant 1970 ». En ces termes s’exprime Itamar Rabinovitch, ancien ambassadeur d’Israël à Washington, dans The International Herald Tribune du 19-20 novembre 2011. Nous pouvons tirer une première conclusion : la révolte appuyée en premier lieu par les USA et l’Union européenne risque de ramener la Syrie dans une condition semi-coloniale.

2. Les condamnations et les sanctions de l’Occident et son aspiration au changement de régime en Syrie sont-elles inspirées par l’indignation pour la « brutale répression » de manifestations pacifiques dont le pouvoir  se serait rendu responsable? En réalité, en 2005 déjà, « George W. Bush désirait renverser Bachar al Assad, alors premier ministre »[1]. C’est ce que rapporte encore l’ex-ambassadeur israélien à Washington, lequel ajoute que la politique de regime change en Syrie est maintenant celle que poursuit aussi le gouvernement de Tel Aviv : il convient d’en finir avec un groupe dirigeant qui appuie depuis Damas « le Hezbollah au Liban et le Hamas en Syrie » et qui a des liens étroits avec Téhéran. Oui, « profondément préoccupé par la menace iranienne, Israël pense qu’enlever la brique syrienne du mur iranien pourrait déboucher sur une nouvelle phase de la politique régionale. Il est clair que soit le Hezbollah soit le Hamas avancent à présent avec davantage de prudence ». Donc, la cible de la révolte et des manœuvres qui lui sont connexes n’est pas seulement la Syrie, mais aussi la Palestine, le Liban et l’Iran : il s’agit d’asséner un coup décisif à la cause du peuple palestinien et de consolider la domination néo-coloniale d’Israël et de l’Occident dans une aire d’importance géopolitique et géo-économique décisive.

3. Comment poursuivre cet objectif ? Guido Olimpio nous l’explique dans le Corriere della Sera du 29 octobre : à Antakya (Antioche), dans une région turque frontalière de la Syrie, est déjà à l’œuvre « l’Armée syrienne libre, une organisation qui mène la lutte armée contre le régime d’Assad ». C’est une armée qui a l’usufruit des armes et de l’assistance militaire de la Turquie. De plus -ajoute Olimpio- (dans le Corriere della Sera du 13 novembre) Ankara « a exercé des menaces contre la création d’une zone tampon de trente kilomètres en terre syrienne ». Donc, le gouvernement de Damas non seulement doit faire face à une révolte armée, mais une révolte armée appuyée par un pays qui dispose d’un dispositif militaire de première importance, qui est membre de l'OTAN et qui menace d’envahir la Syrie. Quelles qu’aient été les erreurs et les fautes de ses dirigeants, ce petit pays est à présent l’objet d’une agression militaire. Depuis des années en forte croissance économique, la Turquie depuis quelques temps montrait des signes d’impatience à l’égard de la domination exercée au Moyen-Orient par Israël et les USA. Obama répond à cette impatience en poussant les dirigeants d’Ankara à un sous-impérialisme néo-ottoman, contrôlé évidemment par Washington.

4. Comme il résulte des analyses et témoignages que j’ai rapportés, la Syrie est contrainte à lutter dans des conditions assez difficiles pour garder son indépendance, elle doit dores et déjà affronter une formidable puissance économique, politique et militaire. De plus, l’OTAN menace, directement ou indirectement, les dirigeants de Damas de leur infliger le lynchage et l’assassinat qui ont scellé la mort de Kadhafi. L’infamie de l’agression devrait être claire pour tous ceux qui sont disposés à accomplir un ne serait-ce que modeste effort intellectuel. Si ce n’est que, se prévalant de sa terrible puissance de feu multimédiatique et des nouvelles technologies de manipulations rendues possibles par Internet, l’Occident présente la crise syrienne en cours comme l’exercice d’une violence brutale et gratuite contre les manifestants pacifiques et non-violents. Il ne fait aucun doute que Goebbels, le maléfique et brillant ministre du Troisième Reich, a fait école ; il convient même de reconnaître que ses disciples à Washington et Bruxelles ont même à présent dépassé leur maître jamais oublié.

Publié lundi 21 novembre 2011 sur le blog de l’auteur

http://domenicolosurdo.blogspot.com/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio


[1] Erreur dans la déclaration de l’ambassadeur israélien : Bachar al Assad n’a jamais été premier ministre, mais directement président de la République, à la mort de son père. NdT.

Domenico Losurdo

Le 22 novembre 2011

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Avis de non-responsabilité : Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que l'auteur et ne reflètent pas nécessairement celles du Centre de recherche sur la mondialisation.


1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion 

1-1 Fisk :La Syrie glisse vers la guerre confessionnelle.

Nb la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

 

 « La guerre inter-confessionnelle devient une réalité en Syrie

(Manifestants pro-Bachar : pour Fisk, ils sont là de leur plein gré.

.Il y avait le journaliste de la télévision syrienne qui m’a demandé ce que je pensais de la situation en Syrie, et moi qui disais que vous ne pouvez plus infantiliser les Arabes, que les soulèvements/révoltes/révolutions/troubles dans le monde arabe étaient tous différents, mais que la dictature ne marche pas, que s’il y avait – si – une constitution nouvelle et sérieuse, pluraliste avec de vrais partis politiques et de véritables élections libres, la Syrie pourrait simplement sortir de cette tragédie, mais que le gouvernement n’avait plus beaucoup de temps… plus que très peu de temps.

Nous verrons si cela sera diffusé ce samedi (les lecteurs seront tenus informés) mais à l’extérieur dans la rue, une autre manifestation pro-Assad vient de commencer. Ils sont 10 000 puis bientôt 50 000 – ils pourraient se retrouver 200 000 en milieu de journée – et il n’y avait pas de transports de gens en camions dans le style de ce que faisait Saddam, sur la Place des Omeyyades. Il n’y a aucune présence des services de la Mukhabarat [renseignements] et les soldats sont ici avec leurs familles.

Où donc a-t-on vu une manifestation pro-gouvernementale lors du « réveil arabe » ? Il y avait des femmes voilées, des vieillards, des milliers d’enfants avec « Syrie », écrit sur leurs visages. La plupart portent des drapeaux syriens, certaines brandissant même des drapeaux de la Russie et de la Chine.

Ont-ils été contraints de venir ? Je ne le pense pas – pas par le gouvernement Assad, en tout cas. Certains jouent au football dans les parcs autour de la place. D’autres ont marqué leurs noms – musulmans et chrétiens – sur une bannière décorée avec des branches d’un arbre massif représentant la Syrie. Mais si ces personnes étaient sous une contrainte, c’est celle des récits venant du nord.

J’ai parlé à 12 hommes et femmes. Cinq m’ont parlé de parents dans l’armée et qui ont été tués à Homs. Et les nouvelles de Homs sont très mauvaises. J’ai dîné mardi soir avec un vieil ami. Un de ses cousins, âgé de 62 ans, un ingénieur à la retraite, avait donné de l’eau à des soldats à Homs. Le lendemain matin, des hommes armés ont frappé à sa porte et l’ont abattu. Il était chrétien.

Bien sûr, le gouvernement Assad avait mis en garde contre le risque d’une guerre sectaire. Bien sûr, le gouvernement Assad s’est donné le rôle du seul protecteur des minorités. Bien sûr, le gouvernement Assad avait affirmé que des islamistes et des « terroristes » étaient derrière l’opposition au régime qui est dans la rue. Il est également clair que la brutalité des forces de sécurité syriennes à Deraa et Homs et dans d’autres villes contre des manifestants désarmés a été un scandale, que ceux qui sont au gouvernement reconnaissent en privé.

Mais il est aussi transparent que la lutte en Syrie passe maintenant à travers le centre du pays et que de nombreux hommes armés s’opposent à l’armée. En effet, il m’a été rapporté que la ville de Homs – parfois pendant plusieurs heures d’affilé – tombe hors du contrôle du gouvernement. Les damascènes qui voyagent jusqu’à la ville d’Alep au nord pouvaient prendre le bus. Mais aujourd’hui plus que jamais, ils prennent l’avion pour éviter la route dangereuse entre Hama et Alep. Ce sont les raisons, je pense, qui font que tant de milliers se sont déplacés pour manifester hier à Damas. Ils ont peur.

Les journalistes étrangers ne sont pas autorisés à voyager à Homs – une grave erreur de la part du régime – où les sunnites, alaouites et chrétiens vivent proches les uns des autres, au milieu d’Arméniens, de Circassiens et d’autres groupes. Une guerre sectaire pourrait bien être dans l’intérêt cynique de tout régime luttant pour sa survie. Mais à moins que tous ceux que j’ai rencontrés seraient en train de mentir (ce que je ne crois pas), c’est maintenant une réalité de plus en plus pesante dans le centre de la Syrie. Face à cela, aucun veto russe ou chinois aux Nations Unies ne sera d’une quelconque utilité.

Une délégation de la Ligue arabe – la plus pathétique et la plus inutile des institutions arabes – devait arriver à Damas hier après-midi. Dans quel but ? Sont-ils censés envoyer une force de « paix » ? Il y a deux jours, Mohamed Kadour, le doyen de la Faculté de pétrochimie à l’université d’Homs, a été kidnappé en échange de la libération de détenus. Il a été libéré un jour plus tard. Si les hommes emprisonnés ont été libérés, nous ne le savons pas. Mais c’est déjà arrivé. Dans la ville d’Idlib, dit-on, tout le monde est armé. Et les armes – c’est toujours ce qui se dit – viennent du Liban.

Demandez qui sont ces hommes armés dans la région du centre de la Syrie et vous obtiendrez une foule de réponses : des Bédouins qui font de la contrebande de drogues avec l’Arabie Saoudite, des transfuges de l’armée, des « islamistes » venus d’Irak, « des gens qui pensent juste que il n’y a pas d’autre moyen de se débarrasser du régime ». Damas est une ville encore épargnée, avec ses lumières en fin de soirée dans les magasins et les restaurants et les milliers de personnes déambulant dans les rues. Mais Damas n’est pas toute la Syrie. Cette ville est dans une sorte de bulle.

Je me suis levé, hier, après seulement une heure et demie de sommeil – car à l’extérieur de mon hôtel, les employés du gouvernement étaient en train de tester le système sonore assourdissant pour la manifestation. Toute la nuit il y a eu des rafales d’acclamations pré-enregistrées, des tambours, des applaudissements et des trompettes. Mais ces foules d’hier avaient-elles vraiment besoin de ces applaudissements fictifs et de tous ces ajouts trompeurs à leur propre manifestation ?

Officiellement, les choses vont mieux en Syrie. J’en doute.

Si le chiffre publié par les Nations unies de plus de 3 000 morts civils est correct, et si les chiffres côté syrien de 1 150 morts militaires sont corrects, et si le chiffres des morts de ces trois derniers jours – peut-être encore une cinquantaine – sont exacts, alors 4200 Syriens ont été tués en l’espace de sept mois. Et cela suffit pour susciter les craintes de tout un chacun. »

Robert Fisk –

The Independent

Samedi 29 octobre 2011


1-2 Bill Van Auken : Les Etats-Unis planifient un renforcement militaire dans le Golfe persique pour compenser le retrait de l’Irak.

Le gouvernement Obama et le Pentagone planifient un renforcement considérable des moyens militaires dans le Golfe persique pour compenser le retrait des troupes de l'Irak et se préparer à de nouvelles guerres dans la région.

Les responsables, les diplomates et les commandants américains cités dans un article publié dimanche par le New York Times ont indiqué que de nouveaux déploiements pourraient inclure le stationnement de brigades de combat au Koweït, de l'autre côté de la frontière de l'Irak à une distance permettant facilement de frapper l'Iran et d'« envoyer dans la région davantage de bâtiments de guerre par les eaux internationales. »

L'existence de ces projets a émergé après l'annonce faite par le président Barack Obama le 21 octobre que toutes les forces américaines occupant l'Irak seront retirées du pays avant la fin de cette année.

Alors que le gouvernement Obama et ses apologistes présentent ce projet de retrait comme la réalisation des promesses de campagne du président démocrate concernant la fin de la guerre en Irak, et même comme un tournant vers la paix dans la région, en fait il n'en est rien.

En fait, la date d'échéance du retrait en décembre 2011 avait été fixée par le gouvernement Bush dans un Status of Forces Agreement (un accord sur le statut des forces, SOFA) négocié en 2008 avec le régime de Bagdad soutenu par les Etats-Unis. Les deux gouvernements de Bush et d'Obama, aux côtés de leur gouvernement clientéliste de Bagdad ont cherché à négocier un nouvel accord qui aurait permis que jusque 20.000 forces américaines demeurent dans le pays, enregistrés comme « formateurs » et « conseillers. »

Ces négociations ont toutefois échoué en raison de l'incapacité du régime irakien à obtenir une approbation parlementaire pour l'immunité juridique des troupes américaines exigées par le Pentagone. Compte tenu de la colère profonde ressentie par le peuple irakien contre les crimes de guerres atroces commis par les forces américaines et la perte de plus d'un million de vies irakiennes depuis l'invasion de 2003, aucun parti irakien majeur n'est prêt à associer son nom à un soutien à l'impunité de l'armée américaine.

Dans les coulisses, les négociations se poursuivent entre Washington et le gouvernement irakien au sujet du maintien de troupes américaines pour les forces de sécurité irakiennes.

Tom Donilon, conseiller à la Sécurité nationale des Etats-Unis, a rencontré samedi à Washington son homologue irakien Falah al-Fayyath pour discuter de la façon dont ces liens vont être maintenus après le retrait planifié. Selon une déclaration de la Maison Blanche, les deux responsables « ont réaffirmé la vision commune d'un profond partenariat élargi entre les Etats-Unis et l'Irak comme prévu dans le Strategic Framework Agreement (accord cadre stratégique). »

Le porte-parole de la Maison Blanche a ajouté que les deux responsables « étaient déterminés à développer des mécanismes supplémentaires pour l'établissement d'un dialogue stratégique continu entre les Etats-Unis et l'Irak. »

Washington n'abandonne en aucun cas sa tentative de dominer l'Irak. Ils projettent de laisser là-bas une force de quelque 5.500 employés de sécurité privés en tant qu'armée de mercenaires contrôlée par le Département d'Etat américain, ainsi que quelque 16.000 civils employés par le gouvernement américain et basés dans la plus grande ambassade américaine du monde.

Un rapport publié dimanche par l'Inspecteur général spécial américain pour la reconstruction de l'Irak (Special Inspector General for Iraq Reconstruction, SIGIR) cite le chef d'état-major de l'armée irakienne, le lieutenant général Babaker Zebari, disant que les forces de sécurité irakiennes n'auront pas la capacité « sans l'aide de partenaires internationaux » de défendre l'espace aérien et les frontières du pays jusqu'à l'horizon 2020 à 2024. Manifestement, l'implication est que les Etats-Unis resteront la force militaire dominante en Irak bien après la date limite du retrait, et ce au moyen essentiellement d'une puissance aérienne.

Néanmoins, les plans d'urgence révélés dimanche par le Times indiquent que Washington se prépare à une guerre bien plus vaste dans la région après le retrait des troupes d'Irak.

De nouveaux objectifs pour une agression américaine comprennent à la fois la Syrie et l'Iran. La déclaration faite par le président Barack Obama après le meurtre sordide le 20 octobre du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi contenait une menace à peine voilée que la Syrie se trouvait dans la ligne de mire des Etats-Unis et de l'OTAN pour une opération de changement de régime identique à celle menée en Libye.

Le sérieux accordé à ces menaces par le régime syrien a été reflété dans une interview de Bashar al-Assad publiée dimanche par le journal britannique Telegraph. Le président syrien a averti qu'une intervention occidentale en Syrie provoquerait un « séisme » qui ébranlerait la région et menacerait de déclencher des « dizaines d'Afghanistan. »

Les Nations unies ont estimé que jusqu'à 3.000 Syriens sont morts dans les troubles qui ont balayé une grande partie du pays depuis mars dernier. Le gouvernement syrien a affirmé que 1.100 soldats et policiers ont été tués lors des affrontements avec les tireurs antigouvernementaux.

Prendre la Syrie pour cible d'agression représenterait le prélude à une guerre encore plus vaste contre l'Iran que Washington considère comme l'un de ses principaux rivaux dans les deux régions stratégiques riches en énergie du Golfe persique et de l'Asie centrale. Après avoir échoué dans deux guerres extrêmement sanglantes et coûteuses au cours de cette dernière décennie – en Afghanistan et en Irak – pour préserver sa domination dans ces régions, l'impérialisme américain n'abandonnera en aucun cas ses objectifs prédateurs. L'échec de ces deux guerres ne fait que créer une impulsion plus forte encore pour une troisième guerre, contre l'Iran cette fois.

Washington est en train de poursuivre une stratégie d'escalade de provocations contre le régime iranien et qui s'est exprimée tout dernièrement dans sa tentative de faire croire à un « complot terroriste » extrêmement improbable qui impliquerait Téhéran dans une conspiration visant à passer un contrat avec un gang de trafiquants de drogue mexicain pour le meurtre de l'ambassadeur saoudien aux Etats-Unis. Dans le même temps, des diplomates américains parcouraient l'Europe en vue d'obtenir du soutien pour l'imposition de sanctions contre la banque centrale de l'Iran, soit embargo économique hâtif qui constituerait un acte de guerre.

« Gardant l'oeil sur la menace d'un Iran belligérant, le gouvernement cherche aussi à élargir ses liens militaires avec les six pays du Conseil de coopération du Golfe (Gulf Cooperation Council, GCC) – l'Arabie saoudite, le Koweït, Bahreïn, le Qatar, les Emirats arabes unis et Oman, » rapporte le Times. Il ajoute que la Maison Blanche et le Pentagone « essaient de développer une nouvelle 'architecture sécuritaire' pour le Golfe persique qui intègrerait des patrouilles aériennes et navales et une défense antimissiles. »

En d'autres termes, Washington tente de rabibocher une alliance anti iranienne et contre-révolutionnaire militaire fondée sur une coopération américaine avec les régimes monarchiques les plus réactionnaires de la région. Un tel pacte militaire viserait à éliminer tout nouveau soulèvement des masses arabes, comme l'avaient faits eux-mêmes les émirats du GCC à l'encontre des masses au Bahreïn, et à fournir une base à l'agression militaire des Etats-Unis contre l'Iran.

Selon l'article du Times, ces préparatifs sont déjà bien avancés et les résultats des négociations concernant l'effectif des forces de combat américaines qui seront déployées au Koweït « seront disponibles dans les jours à venir. »

Il ne fait pas de doute qu'une préoccupation majeure de Washington est la stabilité de ces Etats alliés du Golfe même. L'Arabie saoudite, clé de voûte de la stratégie contrerévolutionnaire américaine dans la région, a elle aussi été ébranlée par des troubles survenus à l'Est du pays, dans sa province productrice de pétrole et à forte prédominance chiite. Un rapport inhabituellement franc de la monarchie située dans le désert a été affiché dernièrement sur Al Jazeera, indiquant que « la lignée de successeurs octogénaires » de la monarchie corrompue « rappelait les dernières années de l'Union soviétique, lorsqu'un dirigeant infirme succédait au précédent pour une brève période de règne inerte. »

Des aspects de politique interne aux Etats-Unis contribuent aussi au renforcement d'une nouvelle guerre. Obama a subi les feux de la critique des Républicains au sujet de l'annonce du retrait de l'Irak, les sénateurs républicains exigeant des audiences quant à ses implications. Et la menace d'une action militaire contre l'Irak est, à n'en pas douter, considérée au sein de l'aile droite du Parti démocrate comme un moyen efficace de contrer de telles critiques.

Mais ce qui est plus décisif toutefois, ce sont les inquiétudes au sujet des troubles sociaux grandissants aux Etats-Unis qui ont trouvé leur expression initiale dans les protestations Occupons Wall Street qui se sont déclenchées partout dans le pays. L'élite dirigeante américaine considère une nouvelle aventure militaire comme un moyen de détourner les conflits de classes qui s'intensifient au sein de l'Amérique même.

Bill Van Auken

Mondialisation.ca,

Le 4 novembre 2011

wsws.org
Article original, WSWS, paru le 31 octobre 2011

Articles de Bill Van Auken publiés par Mondialisation.cahttp://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=27474


1-3 Akil Cheikh Hussein : Les menaces contre l'Iran et la Syrie...
Gesticulations pour dissimuler l'impuissance !

Ce qui explique la campagne actuelle menée par l'axe du mal américain contre la Syrie et l'Iran ne sont pas la violence dont on accuse la Syrie d'exercer contre ses citoyens, la bombe nucléaire dont on soupçonne l'Iran de vouloir fabriquer et la nature dictatoriale dont on taxe les deux régimes au pouvoir dans ces deux pays.

L'axe du mal américain est en fait le dernier à donner des leçons en la matière. Il suffit parmi d'interminables exemples de signaler les dizaines de millions de Peaux rouges exterminés par les pères fondateurs des Etats-Unis… La traite des Noirs africains par les puissances coloniales qui forment de nos jours ce qu'on appelle l'Union européenne… Les bombes atomiques larguées sur les villes japonaises par la puissance qui se targue de la défense des libertés et des droits dans le monde… La spoliation de la Palestine par les Sionistes… La destruction des économies du Tiers-monde par les restructurations du FMI et de la Banque mondiale, puis celles des pays dits avancés par les dogmes néolibérales du capitalisme féroce.

Ne sont pas moins hypocrites et fourbes les accusations qu'on adresse au programme nucléaire pacifique de l'Iran par des puissances qui, de Washington à Tel Aviv, en passant par Paris et Londres, possèdent des milliers de têtes nucléaires dont une partie infime suffit pour détruire cent ou mille planètes comme la nôtre.

Ou cette dictature dénigrée maintenant par des monarques, émirs, sultans et scheiks qui gouvernent leurs pays en l'absence de toute constitution et par la seule légitimité qui leur est fournie par leurs protecteurs occidentaux.

La campagne doublée de menaces d'interventions guerrières contre la Syrie et l'Iran n'a donc rien à voir avec la défense des civils syriens ou la protection du monde face à une prétendue menace nucléaire iranienne.

Elle n'est qu'expression de la volonté de domination et n'a d'autre but que de servir les traditionnelles visées expansionnistes et hégémoniques d'un Occident qui se laisse conduire par des oligarchies financières et militaires plus que jamais fascisantes.

Mais la différence est maintenant plus que sensible entre l'époque où l'on pouvait profiter de la surpuissance militaire et de la misère des peuples pour construire aisément d'immenses empires, et notre époque dont le trait caractéristique est dorénavant l'effondrement spectaculaire de cet Occident agonisant sous les poids de ses défaites militaires dans la région et de ses crises économiques internes. Après les défaites encaissées par l'armée israélienne prétendument invincible au Liban et à Gaza, nous sommes actuellement à l'ère du fiasco des Américains et de leurs alliés en Afghanistan et en Iraq.

Qui pouvait imaginer que, seulement une dizaine d'années après l'effondrement de son concurrent et adversaire soviétique, à un moment où Washington préparait les conditions de la mise en place de son nouvel ordre mondial, les Etats-Unis et ses alliés pouvaient, suite à l'invasion de l'Afghanistan et de l'Iraq, se trouver dans la situation reconnue catastrophique par d'innombrables stratèges américains et occidentaux ?

Au lieu de mettre en place un régime soi-disant "démocratique" dans un Iraq pacifié par les Américains, l'armée d'occupation américaine, restée seule après la défection de tous ses alliés, n'a que quelques jours pour plier bagage et partir laissant derrière elle un pays, certes martyrisé, mais qui possède un énorme potentiel démographique et stratégique qui commence à être mis au service des causes de la Nation. L'Iraq rejoint le camp de la résistance et, du même coup, relie géographiquement l'Iran à la Syrie et au Liban formant ainsi un front unique en contact direct avec les frontières de la Palestine occupée, et renversant l'équilibre des forces dans une région allant de part et d'autre de la région du Golfe, de la mer noire jusqu'à la mer d'Oman et la mer rouge.

Avec ces nouvelles donnes, le catastrophique se mute en affolant pour les Américains qui savent que les troupes qu'ils retirent d'Iraq et les déploient dans les pays du Golfe ne serviront que comme chair à canon dans la moindre confrontation avec les Iraniens… Sans parler du détroit d'Ormuz qui constitue le passage obligé d'au moins 40 pour cent des approvisionnements mondiaux en hydrocarbures.

Au moment où Téhéran ne donne que des réponses négatives aux implorations américaines lui sollicitant, dans l'espoir de sauver la face, des discussions directes ou un téléphone rouge, il ne reste aux Américains et leurs alliés que multiplier les menaces d'une frappe contre l'Iran ou d'une intervention militaire en Syrie.

En même temps, ils dissimulent leur impuissance et se donnent des airs triomphalistes en s'attardant à relater des semblants d'exploits militaires comme les opérations louches couronnées par la capture de Saddam Hussein, le meurtre de Ben Laden, l'assassinat de Kadhafi ou l'arrestation toute fraiche de son fils Saïf al-Islam.

Des interventions militaires, s'il y en aurait, en Iran ou en Syrie auront pour conséquences non seulement un nouveau Moyen-Orient, mais aussi un nouvel ordre mondial situé aux antipodes des hallucinations américaines.

Source : La résistance islamique au Liban

Mardi 22 novembre 2011

http://www.french.moqawama.org/index.php



2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

2-1 Jacques Borde : Syrie – Après Tripoli, Damas.

Q – Des observateurs et non des moindres, estiment qu’après la Libye, c’est le régime syrien qui va subir les foudres de l’Occident ?

Jacques Borde – De toute évidence, oui. Et plus vite que beaucoup s’y attendaient. Moi le premier.

Q – Et pourquoi donc ?

Jacques Borde – Oh ! Une seule et unique raison à cet emballement belligène : la volte-face russe. Moscou vient de se tirer une balle dans le pied en forgeant, par elle-même – et sans que personne (à moins que…) ne lui demande rien – l’arme diplomatique qui va servir au camp occidental pour mettre Damas au ban des nations…

Q – Comment ?

Jacques Borde – En se proposant pour pondre une résolution douce, destinée à prendre la place de celle à peine refusée par Moscou et Beijing. Étonnamment, l’a-diplomatie russe aurait pu attendre que les Occidentaux mettent quelques semaines à s’échiner à trouver la trame d’un nouveau texte de nature à trouve grâce aux yeux de la Russie et de la Chine. Mais, pourquoi attendre ? Autant faire le sale boulot soi-même, non ?

Or, en l’espèce, proposer une nouvelle mouture de résolution au Conseil de sécurité des Nations-unies portant sur une réforme du système politique syrien avec l’adoption de normes « démocratiques » (sic) curieusement toutes écrites à l’Ouest va immanquablement déboucher sur une agression de la Syrie par l’Axe atlantique.

Q – Pour quelles raisons ?

Jacques Borde – Pour celles-ci :

1.Nos sources nous indiquent clairement que les Russes travaillent sur un projet de résolution « modérée ». Ce que confirme, à sa manière le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, lorsqu’il déclare à l’hebdomadaire Profil, « Nous proposons d’adopter une résolution équilibrée qui condamnera les violences des deux côtés », celles du régime du président Bachar el-Assad et celles de l’opposition, « Dans le même temps, il faut que nous demandions à Assad de poursuivre les réformes qu’il a déjà engagées ». Notez que ce projet, d’une imbécillité sans bornes, a, toujours selon nos sources russes, l’aval du Premier ministre, Vladimir Vladimirovitch Poutine, ce qui en dit long sur sa courte vue en matière géopolitique. Même Gorbatchev, qui a vendu à l’Ouest tout ce qui était monnayable dans son pays, avait plus de jugeote.
2.Les Occidentaux – qui, sans doute, n’en attendaient pas tant – vont se précipiter pour accepter la résolution des Kremlin’s boys. Une fois adoptée, elle aura, nécessairement, une valeur contraignante pour la Syrie.
3.L’Occident et le bras armé qu’il choisira – l’Otan, peut fort bien (dans un premier temps ou même durablement) faire semblant de se tenir en retrait, afin de ne pas vexer les pigeons moscovites et ne prêter qu’un concours indirect, mais décisif, aux opérations – se chargera de l’application, par la force si nécessaire, de la dite résolution non seulement votée, mais, comble de la turpitude diplomatique, forgée par Moscou.
4.Comme pour la Libye, l’Occident n’aura qu’à outrepasser son mandat pour arriver à ses fins. Et, comme à l’accoutumée, les Russes – qui auront tiré, bis repetita…, les marrons du feu pour Washington, Londres et Paris – seront les dindons d’une farce levantine dont, comble de l’ironie, ils auront écrit, motu proprio, le premier acte…

Q – Vous qui aimez les comparaisons historiques, à qui compareriez-vous les Russes, à Judas ?

Jacques Borde – Non, toujours pas. Judas Iscariote avait reçu ses TRENTE deniers du Sanhédrin[1] pour livrer le Christ. Là, c’est Moscou qui, par ses forgeries, va livrer son dernier allié au Proche-Orient au camp adverse ! Comme je crois vous l’avoir déjà dit, le Janus bifrons russe – par là, je veux dire Medvedev ET Poutine, jouant la même partition pro-occidentale, c’est évident – c’est Judas allant plaider devant le Préfet-Procurateur[2] de Judée Ponce Pilate pour lui réclamer l’arrestation de Jésus, à la place de Caïphe ! Avec des amis de cet acabit, à l’évidence, le président syrien, le Dr. Bachar el-Assad, n’a plus vraiment besoin d’ennemis et devrait se consoler en relisant la formule de Cicéron : « Ab amicis honesta petamus » (À un ami, on ne doit demander que ce dont il est capable)[3].

Q – Mais pourquoi les Russes agissent-il s de la sorte ?

Jacques Borde – Deux raisons principales. Première raison. Oubliez tout ce que vous avez pu lire sur l’Union Soviétique, ses dirigeants d’airain, les odieux kagébistes mangeurs de petits enfants, les terrifiants Soviet Military Balance opportunément édités juste avant les votes décisifs des chambres US pour les budgets alloués au Pentagone, etc., la nomenklatura actuellement en place à Moscou n’est jamais qu’une génération de petits fonctionnaires de province – Dimitri Medvedev et Vladimir Poutine, les premiers – montés à Moscou, la capitale, pour y réussir. Ce sont des apparatchiks de sous-préfecture issus d’un système sclérosé, que les hasards de l’histoire ont propulsé à des postes qui dépassent leurs compétences. Nicolas Sarkozy, à côté d’eux, c’est le prince de Bismarck-Schönhausen ! Ceci bien que l’actuel locataire de l’Élysée ne passe pas pour un fin géopolitique. Mais comme aurait dit Saint Thomas d’Aquin, « Timeo hominem unius libri » (Je crains l’homme d’un seul livre). Et Sarkozy – a contrario de beaucoup de ses pairs, qui vaticinent à l’envie – a prouvé qu’il savait agir dans l’urgence. Quitte à mettre la charrue avant les bœufs.

La seule réussite, qui ne doit rien ni à Medvedev ni à Poutine, qu’a connu la Russie, ces dix dernières années, est Gazprom qui est une multinationale comme les autres. Une Exxon made in Russia, rien de plus. Ce qui est déjà appréciable. Mais, convenez-en, n’entre guère dans les visions fantasmagoriques de tous ceux qui voient en Moscou la nouvelle Rome d’un Imperium eurasiste…

Manquant de ce qui fait la colonne vertébrale des hommes d’États, nos deux derniers locataires du Kremlin (comme leurs prédécesseurs, d’ailleurs) multiplient les calculs d’apothicaire pour ne pas perdre leur mise. Ce sont des gestionnaires de faillite maladroits. Cela ne serait pas trop grave – après tout combien de temps a perduré l’Empire ottoman dirigé, lui aussi, par des incapables – s’ils n’avaient en face d’eux les dépeceurs d’empire professionnels que sont les think tanks états-uniens. Du coup, depuis l’Affaire des missiles de Cuba, avec une accélération avec la 1ère Guerre d’Afghanistan, la sphère d’influence de la Russie se réduit comme une peau de chagrin. Là, lorsque la Syrie sera tombée, la Russie n’aura plus de point d’ancrage, passés les Détroits, en Méditerranée. À se demander si quelqu’un sait encore lire une carte au Kremlin…

Q – Et la seconde ?

Jacques Borde – Amos Lerah, sur le site israélien JSSNews, a fort bien résumé les arrières pensées des nos petits princes de la Moskova. Que dit-il ? Que « Poutine sait que Bachar el-Assad est condamné. Mais il veut s’assurer que la Russie a son mot à dire dans le choix de son successeur ».

Grossière erreur de calcul. Comme pour, l’Égypte, la Tunisie et, plus violemment, la Libye, pourquoi l’Occident irait-il demander l’avis de la Russie – désormais poids-plume des relations internationales et qui ne représente plus rien dans la région du Levant – avant de passer son coup de balai ? Prenez l’Égypte – ex-carte majeure de l’implantation russe dans la région – , 98% des officiers de ses forces armées passent, à un moment donné ou à un autre de leur cursus, par les académies militaires US. On voit ce que cela donne quant à l’adoption de l’agenda géopolitique US dans la région et du recadrage ad usum Americani de la « révolution arabe » du Caire ! Au niveau des rentrées d’argent, les comptables du Kremlin seront heureux d’apprendre que la dernière vente – bien que réalisée par le biais des Foreign Military Sales, au cheminement financier parfois complexe – de 125 chars de combat M-1A1 Abrams, par General Dynamics, rapportera 1,329 Md$US aux États-Unis !

Mais Amas Lerah pointe un autre facteur : « le bail russe sur le port de Sébastopol en Crimée » qui « expire en 2017 et ne peut être prolongé sans l’accord de l’Ukraine. Sébastopol est la plus grande base navale Russe et sa bouée de sauvetage pour le maintien d’un accès direct sur la Mer Noire, puis sur les Dardanelles et la Méditerranée. Perdre cette base serait comme devenir enclavée pour la Russie. Kaliningrad ne pourra jamais être transformée en un atout naval majeur tandis que les côtes sibériennes et extrême-orientales ne permettront pas un ravitaillement facile ».

Q – Mais pourquoi aller si vite en (basse) besogne ?

Jacques Borde – Parce que, vu de Moscou, le temps presse. Comme le rappelle encore Amos Lerah, « En 2017, l’Ukraine pourrait bien être un membre de l’Union européenne et il est fort à parier que l’Otan ne voudrait pas de cette base navale russe en Ukraine. Alors Moscou est à la recherche d’une alternative à Sébastopol. Les stratèges russes estiment qu’ils ont trouvé la solution sur la côte méditerranéenne de la Syrie. Là même où ils stationnent actuellement plusieurs sous-marins et destroyers ».

Q – Parce que, selon-vous, les Russes lâcheront Sébastopol ?

Jacques Borde – Dans leur tête, c’est déjà fait. J’en suis persuadé. Là encore, ça n’est qu’une question de temps et de procrastinations sans queue ni tête. Vous verrez, les événements me donneront raison. Hélas !

Q – Mais, dans ce cas-là, ne devraient-ils pas se cramponner à la Syrie ?

Jacques Borde – Mais c’est ce qu’ils font. Mais, à leur manière de petits joueurs. Ils biaisent, louvoient, gémissent. Leur calcul – d’une inconséquence rarement atteinte – est de se dire : Offrons aux Occidentaux la tête de Bachar el-Assad, ils nous laisseront notre accès aux côtes…

Q – Mais c’est absurde ?

Jacques Borde – Oui. Mais, c ‘est comme ça que fonctionnent nos apparatchiks de sous-préfecture, à la recherche de (petits) bénéfices acquis sans prise de risque. « Avaritia facit bardus » (La cupidité rend stupide), dit l’adage latin. Rappelez-vous, c’est exactement de cette manière qu’ils ont agi avec Milosevic. C’est simple, citez-moi UN allié que Moscou n’a pas abandonné dans la tourmente ? Barré, Nasser, Milosevic, Seselj, Kadhadi, etc., tous ont vu les Russes se coucher dès que le vent a commencé à souffler et que Washington, abattant ses cartes, a haussé le ton. Au bluff, le joueur d’échec (russe) – qui pense toujours au coup du surlendemain (qui ne se jouera, évidemment pas, comme il l’imagine) – se couche toujours devant le joueur de poker US. Et, in fine, se fait rouler dans la farine !..

Q – C’est à ce point-là ?

Jacques Borde – Oui. À meilleure preuve : que nous dit encore notre confrère de JSSNews ? Qu’« Il y a quelques semaines, un haut fonctionnaire russe m’a assuré que son gouvernement ne s’opposerait pas à « une résolution forte » de soutien à l’insurrection en Syrie ».

Q – Cela vous semble crédible ?

Jacques Borde – Attendez un peu et vous verrez que, peu ou prou, ces prévisions se réaliseront. D’autant que le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, « a invité l’opposition syrienne à Moscou, ce qui implique que le président Bachar el-Assad n’est plus l’interlocuteur exclusif de la Russie… Et seulement 48 heures après le veto, le président russe Dimitri Medvedev a appelé Assad à réformer le pays ! »

En résumé, pour reprendre l’analyse d’Amos Lerah, « La Russie sait qu’Assad va devoir bientôt partir. C’est pourquoi Poutine recherche une solution médiane : un nouveau régime syrien dans lequel les amis de Moscou (donc des proches actuels d’Assad) auraient une place assez forte pour offrir à la marine russe tout ce dont elle désire ».

Le problème, c’est qu’avec les États-Unis, il y a JAMAIS de « solution médiane ». Parlez-en, pour voir, aux Irakiens ! L’embargo onusien, concocté dans les cénacles washingtoniens, leur a coûté UN MILLION ET DEMI de morts. Et ne comptez pas sur les Américains pour avoir des remords. Je vous rappelle, une fois encore, les paroles de l’ancienne chef de la diplomatie états-unienne, Madeleine K. Albright, à qui Larry King avait posé la question suivante: « Is it worthwhile to kill Iraqi children ? » (Est-ce que ça vaut le coup de tuer des enfants irakiens ?)… Ce à quoi elle avait répondu : « Yes, it is worthwhile! » (Oui, cela vaut le coup).

Q – Oui, mais les Russes arment bel et bien,la Syrie ?

Jacques Borde – Oui. Mais, même là, il y aurait beaucoup à redire…

Q – Dans quels sens ?

Jacques Borde – Outre que souvent, voir leur litige avec l’Iran sur les S-300, les Russes ne tiennent pas leurs engagements – quitte à y laisser, budgétairement parlant, leur chemise –, les armes n’arrivent pas toujours à destination !

Q – Vous pouvez préciser ?

Jacques Borde – Apparemment, un des premiers lots de missiles antichars AT-14 Kornet II, commandé par Damas, bien que payé, semble-t-il, n’aurait jamais été livré à la Syrie ! L’ex-Premier ministre israélien, Ariel Arik Sharon, affirme JSSNews, « s’était même envolé de nuit pour ne pas alerter toute la presse qui le collait à chaque instant. Il réussit après des heures de longues discussions, à convaincre Poutine de ne pas livrer même s’ils étaient payés, ces fameux missiles ».

Vint ensuite, nous rappelle encore JSSNews, « l’histoire d’un cargo qui disparut au large de la Manche, le fameux Artic Sea. Il y aurait eu à bord des S300 qui devaient transiter en Algérie pour être ensuite dirigés vers l’Iran ».

Q – Mais, concernant la livraison des S-300, Moscou n’a fait que suivre les sanctions prononcées contre l’Iran ?

Jacques Borde – Vous voulez rire ! Ça serait la première fois depuis longtemps qu’une grande puissance suit à la lettre les recommandations onusiennes. De plus, si la société Almaz-Anteï qui produit les S-300 avait, vraiment, voulu honorer sa commande, passée bien avant la résolution de l’Onu, rien ne l’en empêchait. Si Moscou a gelé la vente, le 11 juin, c’est bien après avoir, délibérément, joué la montre pour ne pas avoir à tenir parole…

Q – Sur notre site, Charlotte Sawyer et John Q. Neel ont dépeint l’avenir de la puissance navale russe de manière apocalyptique. Or, désolé, il y a bien des domaines où les Russes restent performants ?

Jacques Borde – Oui. Et à quoi faites-vous référence ?

Q – Aux projets 20380 et 20385, selon la nomenclature russe ?

Jacques Borde – Effectivement, le Projet 20380 – la corvette Steregushy donne l’impression du renouveau. Mais, mis en chantier en décembre 2001, le projet, qui devait comprendre entre vingt et trente unités, se limitera, en fait, à cinq bâtiments. Pas de quoi pavoiser. D’autant que ce type de corvette, un temps présentée comme une La Fayette en plus petit, offre une autonomie somme toute réduite – 5.000 nautiques au lieu de 9.000 –, ce qui confirme bien le manque d’ambition des Russes dans le domaine naval. Elles ne seront en mesure d’opérer que sur des théâtres d’opérations proches (Baltique, Barents, Caspienne, Mer Noire). Et de couvrir les péninsules de Primorye et du Kamchatka. Calculez : QUATRE mers, DEUX péninsules et CINQ navires ! Où est la projection ? Où est l’ambition ? Où est le renouveau ?

C’est sans doute ce qui a poussé Moscou, nous apprenait Kommersant, a lancer un appel d’offres pour une nouvelle corvette polyvalente, similaire au Littoral Combat Ship (LCS) US. Ce qui devrait déboucher sur une version optimisée des Steregushy : le Projet 20385. Soit ONZE corvettes à livrer avant 2020. Un projet, en théorie, nettement plus ambitieux. Les Projet 20385 seraient des navires furtifs et leur armement comprendrait, dixit le patron de la marine russe l’amiral Vladimir Sergueïevtich Vysotskiy, des missiles nucléaires tactiques. Pour l’instant, on n’en sait guère plus. Sauf que le Projet 20385 s’inscrit dans le Programme naval décennal 2011-2020. Pour conclure, avec la marine russe, le projet de catamaran LCS proposé par OSK resterait d’actualité. Tout cela semblerait convaincant. Sur le papier, du moins. Car, à ce jour, de la classe Steregushy, seul le Steregushy est en service (depuis le 14 octobre 2007). Le Soobrazitelnyy en étant, tout juste, aux essais à la mer.

Donc, l’un dans l’autre, désolé, je ne peux que partager l’analyse de Sawyer et Neel.

Q – Pour finir, que penser des opposants syriens ?

Jacques Borde – Cela dépend de qui l’on parle. Si vous pensez au Conseil national syrien (CNS), créé il y a peu : rien de bon. Quant à leur environnement immédiat, principalement des traîtres passibles de la peine capitale. Ni plus, ni moins !

Q – Vous n’y allez pas un peu fort ?

Jacques Borde – Pas du tout. Vos « opposants » (sic) ont publié sur leur site internet la carte des systèmes antiaériens protégeant le front avec Israël. Quatre cartes détaillées montrent clairement le positionnement des défenses antiaériennes en question. Des S-25 Berkut (Code Otan, SA-1 Guild), S-75 Dvina (code Otan, SA-2 Guideline), S-125 Neva (code Otan, SA-3 Goa), et des S-200 Angara (code Otan, SA-5 Gamon) ou encore 2K12 Kub (code Otan, SA-6 Gainful). Des engins sol/air qu’il faudra bien détruire avant d’envisager toute Zone d’exclusion aérienne. Or, l’instauration d’une telle zone, est, par elle-même, un acte de guerre avéré.

La République arabe syrienne étant, à ce jour, en état de guerre (non ouverte) avec son voisin israélien, la simple révélation de ces éléments-clés de sa défense constitue clairement pour ses auteurs un acte de haute trahison. Passible des tribunaux, quelque soit le pays du monde, lorsqu’ils se produisent. Donc, Damas sera légitimement fondé, le moment venu, de passer les auteurs de telles forfaitures par les armes…

Q – Un dernier mot sur la Libye, peut-être ?

Jacques Borde – Court, alors. À l’évidence, la Guerre de Libye, est loin d’être terminée. À peine finis dans une ville, les combats reprennent dans une autre. Normal, les insurgés pro-occidentaux n’ont même pas les effectifs nécessaires à une force de police lambda pour assurer le maintien de l’ordre en temps de paix. Alors, juguler une guerre civile !

Ah, si ! Un dernier signe. Comme l’a indiqué le site meretmarine.com, la frégate Montcalm a rejoint la zone d’opérations au large de la Libye. « Le bâtiment a été intégré à la TF 473, déployée dans le cadre d’Harmattan. L’arrivée du bâtiment permet de compenser, au sein de la force navale française, le départ de la frégate La Fayette, rentrée à Toulon le week-end dernier »[4].

Pourquoi donc ainsi compenser le retrait d’un navire de guerre de l’importance du La Fayette ? Si ce n’est parce rien n’est encore joué.

Or, jugez-donc du dispositif que la France doit encore consacrer à sa via factis sur les villes libyennes: « la TF473 », dixit meretmarine.com, « se compose aussi de la frégate de défense aérienne Chevalier Paul, qui a remplacé le Cassard (également rentré à Toulon), ainsi que du bâtiment de projection et de commandement Tonnerre, qui embarque un groupe aéromobile fort d’une vingtaine d’hélicoptères Tigre, Gazelle, Puma et Caracal. De plus, un bâtiment de ravitaillement assure le soutien des unités de combat depuis Toulon ». Et, « En parallèle, la Marine nationale participe également à la force maritime déployés au large de la Libye par l’Otan dans le cadre de l’opération Unified Protector. Ainsi, l’aviso Commandant Birot a remplacé au sein de l’OUP son sistership, le Lieutenant de Vaisseau Lavallée, qui a regagné lundi sa base de Brest »[5].

Q – Mais Londres a bien allégé son dispositif, non ?

Jacques Borde – Oui et non. Après quelques 3.000 heures de vola u-dessus de la Libye, les Typhoon de la RAF ont quitté le théâtre d’opérations libyen, le 23 septembre 2011. Mais, il reste SEIZE Tornado GR4 britanniques dans la boucle opérationnelle otanienne. Or, ces appareils ont de meilleures capacités de frappe au sol que les Typhoon. Ils viennent d’ailleurs de passer le cap des 7.000 heures de vol sur zone. Mais, naturellement, rien de toute cette litanie de Guernica frappant les villes libyenne ne serait possible sans les Américains qui assurent, à eux seuls, 80% des opérations de ravitaillement en vol des flottes aériennes de l’Axe atlantique.

Quant à la part française à ces gesticulations guerrières – première devant la Commission de défense de l’Assemblée nationale, le 4 octobre 2011 – le ministre de la Défense, Gérard Longuet, a révélé le nombre et le type de munitions larguées par la France. Chiffres que, jusqu’alors, l’état-major des armées se refusait purement et simplement à diffuser. Donc, dixit Longuet, « les avions ont largué 950 bombes et tiré 240 missiles air-sol »[6]. Sur ces engins, précise Air & Cosmos, « figurent 15 missiles Scalp-EG, qui ont été tirés par les Rafale et les Mirage 2000D, ainsi que 225 AASM mis en oeuvre par les Rafale »[7]. De leur côté, les hélicoptères du groupe aéromobile français « ont lancé 431 missiles Hot »[8}. Quant aux bâtiments de surface de la Marine nationale, ils ont, pour leur part, délivré quelque « 3.000 obus de 100 et 78 mm »[9].

Quelle débauche de moyens et de personnels pour une guerre, qui, prétendument gagnée par le CNT et ses djihâdistes de marché, dure encore ? Ses vainqueurs – si vainqueur,il y a un jour – et-au-delà, ceux qui les ont inspiré et escomptent tirer profit de cette guerre, seraient bien inspirés de relire Virgile qui écrivit: « Romane, memento : hae tibi erunt artes ; pacisque imponere morem, parcere subiectis, et debellare superbos » (Romain, souviens-toi : ce seront tes arts à toi ; de gouverner les nations sous ta loi, d’imposer des règles à la paix, de ménager les vaincus et d’abaisser les superbes)[10]. On est loin du compte !

Notes

[1] Le Sanhédrin est l’assemblée législative traditionnelle du peuple juif ainsi que son tribunal suprême qui siégeait à Jérusalem. À savoir que le nom n’est pas d’origine hébraïque mais dérive du grec Sunedrion qui signifie Assemblée siégeante.

[2] Les textes, en effet, diffèrent légèrement quant à la titulature exacte de Pilate. Dans ses Antiquités Judaïques, Flavius Josèphe, fait de Ponce Pilate le Préfet de Judée. Cf. « [l'empereur Tibère] envoya comme préfet de Judée (ουδαίοις παρχος) Valerius Gratus, [...] Gratus, après avoir fait cela, rentra à Rome ; il avait passé onze ans en Judée. Ponce Pilate lui succéda ». Mais, de leur côté les Évangiles de Matthieu et Luc, ainsi que Philon d’Alexandrie dans Légation à Caïus, une courte phrase chez Tacite, ainsi que Flavius Josèphe, lui-même, dans sa remarquable Guerre des Juifs, privilégient le titre de Procurateur de Judée (ουδαίοις πίτροπος / Ioudaíois epítropos) pour qualifier Pilate.

[3] De Amicitia, 13, 44.

[4] Mer & Marine (14 octobre 2011).

[5] Mer & Marine (14 octobre 2011).

[6] Air & Cosmos, n°2283 (14 octobre 2011).

[7] Air & Cosmos, n°2283 (14 octobre 2011).

[8] Air & Cosmos, n°2283 (14 octobre 2011).

[9] Air & Cosmos, n°2283 (14 octobre 2011).

[10] L’Énéide, 6, 851-852.

http://www.geostrategie.com/4216/syrie-%e2%80%93-apres-tripoli-damas%c2%a0/.


2-2 Pierre Khalaf : Syrie et Liban dans la tourmente des alliances contre nature.

Puisque le journal "Le Point" a rejoint le cortège d’un faiseur de guerre, l’inlassable BHL, contribuant à convaincre les citoyens français de la soi-disant « humanité » de ses projets criminels et infamants ; voici la traduction d’un article qui pourrait permettre à sa Direction et à ses rédacteurs de mesurer leur degré d’irresponsabilité lorsqu’ils prétendent voir fleurir le « printemps » là où cet homme travaille à semer la tempête et le malheur.

Si besoin est, une vidéo de 34 secondes devrait leur permettre de faire le point.

20 novembre 2011

Ils ne peuvent nier leur participation active à une attaque « ordonnée » contre la Syrie dont le peuple a su préserver l’héritage de toutes les civilisations, sans jamais tomber dans le communautarisme guerrier. Des siècles sont là pour en témoigner ! Est-il illusoire de penser qu’ils puissent écouter des voix venues d’ailleurs, des voix de journalistes tout aussi légitimes que les leurs, sinon plus ? Il ne leur est pas interdit de vérifier, d’enquêter, et de libérer leur esprit de la "doxa" d’un microcosme égocentrique qui n’a que faire, ni de l’humanité, ni de l’humanisme.

Mouna Alno-Nakhal - Biologiste

Le Président Sarkozy au Patriarche maronite, Monseigneur Raï : « Que les chrétiens de Syrie et du Liban émigrent pour l’Europe, ils n’ont plus leur place au Proche Orient »

Lors de l’entrevue du Patriarche maronite, Mgr. Bechara Boutros Raï avec le Président français Nicolas Sarkozy (5 septembre 2011) ce dernier lui aurait demandé : « Puisque les chrétiens ne sont plus que 1,3 million au Liban et 1,5 million en Syrie, pourquoi ne viendraient-ils pas vivre en Europe, sachant que 2 millions de chrétiens irakiens y sont d’ores et déjà réfugiés ? ».

D’après le quotidien « Al-Dyar » citant un membre de la délégation qui accompagnait Mgr. Raï à Paris, le Président Sarkozy lui aurait expliqué que, dans le contexte du choc des civilisations, notamment entre l’Islam et la Chrétienté, il n’y a plus de place pour les chrétiens dans le Machrek Arabe. Il serait donc préférable qu’ils émigrent vers l’Union Européenne composée de 27 États.

Frappé de stupeur, le Patriarche aurait demandé comment une telle chose pouvait être envisagée. Le Président Sarkozy aurait alors produit un document précisant que plus de 3 millions de chrétiens avaient quitté le Liban les 20 dernières années, et que la région du Moyen-Orient est à la veille de rencontrer de nombreux problèmes.

De retour au Liban, le Patriarche a tenu des propos contraires à la position de la France. Il a affirmé qu’il avait le devoir d’entreprendre une action à l’échelle du monde arabe tout entier pour la sauvegarde des chrétiens. C’est ainsi qu’il a rencontré le Patriarche Grec Orthodoxe Hazim qui, de son côté, s’était rendu à Moscou pour rencontrer le Patriarche Orthodoxe de Russie. À la suite d’un entretien entre ce dernier et le premier ministre Poutine, le Patriarche Hazim a rencontré le ministre adjoint des Affaires étrangères, qui lui a assuré que la Russie soutiendra le Président Bachar el-Assad jusqu’au bout, qu’elle protégera la communauté des Grecs Orthodoxes et que, de concert avec l’Iran, la Turquie, l’Arabie Saoudite, et la Syrie, elle fera en sorte qu’on ne porte pas atteinte aux chrétiens de Syrie.

En conséquence, le Patriarche El-Raï, maronite, et le Patriarche orthodoxe se sont mis d’accord pour poursuivre ensemble une politique arabe qui assurerait la protection des chrétiens du Machrek.

Dans la même veine, le Président Sarkozy aurait expliqué au Patriarche maronite que les Frères Musulmans allaient bientôt prendre le pouvoir en Syrie, qu’ils signeront la paix avec Israël, suivis en cela par le Liban. Et qu’ainsi sera réglée la question du Proche-Orient.

Le Patriarche lui a alors demandé : «  Qu’en sera-t-il des réfugiés palestiniens au Liban et ailleurs ? ». Le Président Sarkozy lui aurait répondu quelque chose comme : « ils resteront là où ils sont ! ».

À ces propos, le Patriarche Raï n’a pas pu réprimer son mécontentement, au point que Sarkozy a failli mettre fin à la rencontre. Mais il se serait ravisé en réalisant les conséquences d’un tel comportement sur les relations historiques entre les deux pays.

C’est donc cette rencontre qui éclaire les propos tenus à Paris par Mgr Raï au sujet des liens étroits entre le désarmement du Hezbollah, la solution du problème au Moyen-Orient et le droit des réfugiés au retour dans leur pays d’origine. Mais aussi le rôle du régime syrien dans la protection des minorités religieuses en général, et des minorités chrétiennes en particulier.

Et c’est dans ce contexte qu’il faut situer les propos de Denis Pietton, Ambassadeur de France à Beyrouth, quant à la déception suscitée en France par la position du Patriarche, en contradiction avec celle de la France. C’est alors que le Patriarche Raï a exigé des excuses, à défaut de quoi, l’ambassadeur ne serait pas reçu au patriarcat. Des excuses ont probablement été présentées, puisque l’Ambassadeur s’est effectivement rendu à Bkerké (siège du patriarcat) où il a exprimé sa compréhension pour les propos tenus par le patriarche et réaffirmé les relations historiques entre la France et le Patriarcat maronite qui demeurent une importante référence nationale au Liban.

Pierre Khalaf :

Traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal

Date de l’article : 23/9/2011
Sources (en langue arabe) :
 Le fil des événements d’après le quotidien libanais Al -Dyar
http://www.lebanondebate.com/details.aspx ?id=55649
 Coordination Générale des Institutions Libano-Canadiennes pas d’auteur nommé.
http://www.10452lccc.com/aaaaanews11a/arabic.sept24.11.htm

http://www.silviacattori.net/article2394.html

 



2-3 Seyed Abdollah Hoseini : Occident/Libye : la récompense néocolonialiste .

 (Un point de vue iranien : Mail and Guardian – 4/11/11)*

Il n’a pas fallu longtemps : un jour à peine après que les images sanglantes de Mouammar Kadhafi traîné, battu et poignardé eurent fait le tour de Syrte et du monde, une annonce fut faite que, semble-t-il, tout le monde attendait et que certains journaux ont appelé « le coup de feu du départ ».

Le nouveau secrétaire à la Défense britannique, Philip Hammon, annonçait que les compagnies britanniques devaient faire leur valise et se rendre en Libye pour arracher les fabuleux contrats de reconstruction. Cela résonnait de façon étrangement familière. Pensons aux Américains défilant en Irak, après l’invasion, pour aider à « l’effort de reconstruction ». Il ne fait aucun doute que ce modus operandi définira très vite ce qui semble n’être rien de moins qu’une nouvelle forme de néo-colonialisme au Moyen-Orient : les militaires américains, ou de l’Otan (ou ensemble) détruiront votre pays sous prétexte d’y introduire la démocratie et ensuite, les compagnies occidentales se partageront la part du lion pour le reconstruire. 

Et, comme le Conseil National de Transition a déjà annoncé la couleur, dit qu’il « récompenserait » les pays qui étaient à ses côtés pendant la « révolution », ce n’est un secret pour personne qui sera le plus grand profiteur de guerre.

Moralité sélective

Alors que par le passé, la Libye de Kadhafi traitait avec la Chine, la Russie et l’Italie, le terrain a maintenant  été, pour ainsi dire, aplani. Même si les Etats-Unis prétendent n’avoir eu qu’un rôle « en coulisse » dans le renversement de Kadhafi, il est certain qu’ils veulent devenir l’acheteur numéro un du pétrole en Libye pour compenser les années de frustration qu’ils ont connues. Mais, ils voudront, en temps voulu, une plus grosse part du pétrole libyen qu’ils ne le laissent croire aujourd’hui.

On dira bientôt que la fin justifie les moyens, à savoir : le renversement d’un dictateur qui a terrorisé  son peuple pendant quarante ans et, certes,  personne de bonne foi ne peut endosser ce que le colonel a fait à la Libye. Mais, la moralité sélective à l’œuvre ici entraîne quelques questions.

L’Otan s’est battu la coulpe pour « protéger les civils libyens » (et, à la fin, a dépassé  son propre  mandat pour commettre des assassinats ciblés et bombarder les civils) mais ne semble pas s’être soucié du peuple bahraini, opprimé sous le joug des gouvernants al-Khalifa. Les deux pays avaient un dictateur, à leur tête,  mais un est resté au pouvoir. Les deux peuples se sont levés pour défendre leurs droits et sont descendus dans la rue. Un seul a été autorisé à massacrer son peuple dans la rue, aidé en cela par le bastion de la démocratie, qu’est son voisin, l’Arabie saoudite. L’autre fut renversé.

Des vérités embarrassantes

La vérité est que les superpuissances n’ont pas éliminé Kadhafi parce que c’est cela qu’il fallait faire, mais parce qu’il ne leur servait plus à rien. Après tout quelle menace la Libye de  Kadhafi représentait-elle pour le monde ? Kadhafi avait déjà renoncé à son programme d’armement nucléaire, indemnisé les victimes de l’attentat de Lockerbie, dénoncé le « terrorisme » et, en fait, comme le démontrent les documents, maintenant, avait activement coopéré avec les services d’intelligence de l’Occident pour neutraliser al-Qaïda en Afrique du nord et en Libye, en particulier.

En outre, il était plus judicieux, par ailleurs, de laisser les « révolutionnaires » lyncher Kadhafi que de le passer en jugement. Des vérités embarrassantes auraient pu être révélées comme elles l’auraient été si le procès de Saddam Hussein avait duré plus de cinq minutes. Ce sont des vérités qui soulignent la complicité de l’Occident dans la répression de la démocratie dans les pays que l’Otan prétend maintenant défendre.

Le fiasco libyen, dans lequel toutes les lois du droit international ont été violées, a été une diversion opportune. Alors que les pays occidentaux étaient aux prises avec des manifestations dans leurs grandes villes  contre le traitement honteux de l’économie par leurs gouvernements  et  les sauvetages financiers massifs de Wall Street, voici que se projette une nouvelle histoire à la télé. Loin de se soucier de leurs propres problèmes domestiques, les Berlusconi, Obama, Cameron et le reste de la Coalition des Volontaires se précipitent dans une guerre et le soutien à des « révolutionnaires » assoiffés de sang, au large de leurs frontières.

Résurgence de l’Irandans le jeu moyen-oriental

L’administration US a au moins retenu une chose de ses erreurs passées. Dans le cas de la Libye, elle ne s’est pas mise en avant, même si elle a fait  le vrai travail. Elle a laissé aux  rebelles le crédit de la déstabilisation du pays qu’elle avait engendrée. La Libye doit aussi être analysée dans le contexte des événements récents au Moyen-Orient et la nécessité pour certains pays comme les Etats-Unis de réaffirmer leur domination là où leur étoile faiblit.

Les Etats-Unis sont en train de perdre en Afghanistan et en Irak. Le Printemps arabe les a privés de deux de leurs vieux alliés, la Tunisie et l’Egypte. En Syrie, toutes les tentatives faites pour mettre à bas le régime de Bachar al-Assad ont échoué parce que l’Iran est un allié puissant du gouvernement syrien. Dernièrement, le président afghan, Hamid Karzai, a déclaré que, si une guerre éclatait entre les Etats-Unis et le Pakistan, les Afghans soutiendraient leurs frères. L’Irak a dit à peu près la même chose s’agissant de l’Iran et de toute attaque menée à partir de son sol.

L’alliance occidentale, s’appuyant sur la force américaine, perd peu à peu du terrain sur les terres stratégiques du Moyen-Orient. Ses amis en haut lieu s’éclipsent et la résurgence de l’Iran dans le jeu moyen-oriental rend les choses encore plus précaires. Maintenant, elle a un nouvel ami « les révolutionnaires libyens ». 

Question: quand on a de tels amis, dans les rangs desquels interviennent d’anciens opérationnels d’Al-Qaïda, a-t-on besoin d’ennemis ?

Seyed Hoseini est le fondateur du Centre Islamique pour l’Afrique et le président de South Africa/Iran Friendship Association

Samedi 19 novembre 2011

Traduction : Xavière Jardez

* http://mg.co.za/article/2011-11-04-west-rushes-to-grab-its-libya-reward/

© G. Munier/X.Jardez

Publié le 19 novembre 2011 avec l'aimable autorisation de Gilles Munier


 

Source : France Irak
http://www.france-irak-actualite.com/...

 


2-4 Communiqué Amal-Hezbollah: Le Liban restera aux côtés de l’Iran et de la Syrie.

Le Hezbollah et le mouvement Amal ont affirmé lundi , dans un comuniqué que le Liban continuerait à soutenir l'Iran et la Syrie contre les "conspirations internationales" et les "menaces".
Le texte souligne que "Les événements en Syrie sont clairement une conspiration internationale contre le soutien de la Syrie aux mouvements de résistance arabes et islamiques dans la région".

Et d'ajouter: "Le Liban ne sera jamais une voie de passage pour une conspiration contre un Etat frère", ajoute le mouvement armé, soutenu par l'Iran et la Syrie, et qui domine avec ses alliés le gouvernement libanais.

Le Hezbollah et le mouvement Amal ont également réaffirmé leur soutien à
l'Iran: "Nous soutenons fermement la République islamique d'Iran contre toutes les menaces américaines et israéliennes".

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=18&frid=18&eid=38806

 



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


24/11/2011

n°22 - Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion - 23-11 : mm1n La vérité sur les visées inquiétantes du Qatar et des puissances occidentales.



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion deSyrie.

n°22                             23-11

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier Syrie :Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage1" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.


Sommaire :  

Tiré à part 

Jeremy Salt : Vérité et mensonge en Syrie.

1  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Moustafa: Les USA cherchent à attiser la crise en Syrie et à l'exploiter politiquement.

1-2 Jacques Borde :Syrie – Après Tripoli, Damas !

1-3 Tony Cartalucci : La vérité sur la position occidentale envers la Syrie: affaiblir l’Iran.

1-4 Sami Kleib : La vérité sur les visées inquiétantes du Qatar et des puissances occidentales.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


Tiré à part 

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

Jeremy Salt : Vérité et mensonge en Syrie

23 raisons pour lesquelles nous devrions être prudents avant d’accepter aveuglément les vues occidentale de l’insurrection syrienne.


17 novembre 2011

Avec une insurrection qui fonce vers la guerre civile en Syrie, il convient de mettre un frein à la propagande déversée par les grands médias occidentaux et acceptée sans réserves par beaucoup de gens qui devraient être mieux informés. Voici donc une série de positions à partir desquelles on peut discuter de ce qui se passe dans ce pays très important du Moyen Orient..

1. La Syrie est un Etat des mukhabarat (services de renseignements) depuis que le redouté Abd al Hamid ai Serraj a dirigé les services de renseignements, le deuxième bureau, dans les années 1950. Le régime autoritaire qui s’est mis en place à partir de la prise du pouvoir par Hafez el Assad en 1970 a écrasé impitoyablement toute dissidence. Selon les occasions, ce fut telle ou telle dissidence. L’omniprésence des mukhabarat est une des réalités déplaisantes de la vie en Syrie mais dans la mesure où ce pays est une cible privilégiée des assassinats ou de la subversion pratiqués par Israël et des services secrets occidentaux, et qu’il a aussi été attaqué militairement à plusieurs reprises, et qu’une grande portion de son territoire est occupée et que ses ennemis cherchent constamment des possibilités de l’abattre, on peut difficilement soutenir qu’il peut se passer de mukhabarrat.

2. Il est indubitable que la majorité des personnes qui manifestent en Syrie veulent une transition pacifique vers une forme démocratique de gouvernement. Il est également indubitable que des organisations armées qui agissent à l’ombre des manifestations ne sont pas intéressées par des réformes. Elles veulent la destruction du régime.

3. Il y a eu de très grandes manifestations de soutien au gouvernement. Il y a de la colère contre la violence des bandes armées et contre l’interférence de l’étranger et l’exploitation de la situation par des gouvernements et la presse à l’étranger. Aux yeux de nombreux Syriens, leur pays est à nouveau la cible d’un complot international.

4. Quelle que soit la véracité des accusations portées contre les forces de sécurité ; les groups armés ont tué des centaines de policiers, de soldats et de civils, un total qui doit approcher le millier maintenant. Parmi les civils tués, se trouvent des professeurs d’université, des médecins et même, très récemment, le fils du Grand Mufti de la République. Les bandes armées ont massacré, pris en embuscade, assassiné, attaqué des édifices publics et saboté des voies ferrées.

5. Bachar al-Assad a une forte popularité personnelle. Même s’il siège au sommet du système, il est erroné de le qualifier de dictateur. C’est le système lui-même qui est le vrai dictateur. Ce pouvoir profondément enraciné en Syrie – retranché depuis cinquante ans – se situe dans l’establishment militaire et des services secrets et, à un moindre degré, dans les structures du parti. Ce sont les vraies sources de la résistance au changement. Les manifestations étaient une opportunité offerte que Bachar a saisie pour faire passer le message que le système devait changer.

6. Devant les manifestations à grande échelle du début d’année, le gouvernement a finalement élaboré un programme de réformes. Il a été rejeté d’un revers de main par l’opposition. A aucun moment, il n’a été question de tester la bonne foi du gouvernement.

7. L’affirmation selon laquelle l’opposition armée au gouvernement n’a commencé que récemment est un complet mensonge. Les assassinats de policiers, de soldats et de civils, souvent de manière très brutale, ont commencé pratiquement dès le début [des troubles].

8. Les bandes armées sont bien équipées et bien organisées. D’importants chargements d’armes ont été introduits clandestinement depuis la Turquie et le Liban. Ils comprennent des fusils à pompe, des mitrailleuses, des Kalashnikovs, des lance roquettes, des grenades à main fabriquées en Israël et beaucoup d’autres explosifs. On n’a pas de certitude sur qui fournit ces armes, mais quelqu’un le fait et quelqu’un les paye. L’interrogatoire des membres des bandes armées capturés pointe dans le direction du mouvement Futur de Saad Hariri. Hariri est l’homme de paille des Etats Unis et de l’Arabie Saoudite et son influence dépasse de beaucoup les frontières du Liban.

9. L’opposition armée au régime semble être largement parrainée par l’organisation interdite des Frères Musulmans. En 1982, le gouvernement avait impitoyablement écrasé un soulèvement déclenché par les Frères Musulmans à Hama. Des milliers de personnes avaient péri et une partie de la ville avait été détruite. Les Frères Musulmans ont deux objectifs principaux : la destruction du régime baathiste et la destruction de l’Etat séculier pour le remplacer par un système islamique. La soif de vengeance de la confrérie est quasi palpable.

10. Les groupes armés ont un fort soutien de l’extérieur en plus de ceux que nous avons déjà évoqués. L’ancien vice premier ministre et ministre syrien des affaires étrangères, Abdelhalim Khaddam qui vit à Paris, fait campagne depuis des années pour faire chuter le gouvernement d’Assad. Il est financé à la fois par l’Union Européenne et par les Etats Unis. Parmi d’autres opposants exilés, Borhan Ghalioune, soutenu par le Qatar à la tête du ‘Conseil National’ créé à Istanbul, vit comme Abdelhalim Khaddam à Paris et comme ce dernier également, fait du lobbying contre le régime Assad en Europe et à Washington. Tout comme Muhammad Riyad al Shaqfa, le leader des Frères Musulmans en Syrie, il est ouvert à une ‘intervention humanitaire’ étrangère en Syrie sur le modèle libyen (d’autres sont contre). La promotion des exilés pour former un gouvernement alternatif rappelle la manière dont les Etats Unis se sont servis des exilés Irakiens (le pseudo Congrès National Irakien) en prélude à l’invasion de l’Irak.

11. La couverture de la situation en Libye et en Syrie par les médias occidentaux a été consternante. L’intervention de l’OTAN en Libye a été la cause d’énormes destructions et de milliers de morts. Cette guerre, après l’invasion de l’Irak, est encore un autre grave crime devant le droit international commis par les gouvernements de la France, de la Grande Bretagne et des Etats Unis. La ville de Syrte a été bombardée jour et nuit pendant deux semaines sans que les médias occidentaux s’intéressent le moins du monde aux lourdes pertes humaines et matérielles qui en ont forcément résulté. La presse occidentale n’a rien fait pour vérifier les informations en provenance de Syrte relatives au bombardement de bâtiments civils et à la mort de centaines de personnes. La seule raison est que l’horrible vérité pourrait bien faire capoter toute l’intervention de l’OTAN.

12. En Syrie, les mêmes medias ont adopté le même style d’information biaisée et de désinformation. Ils ont ignoré ou sont passés par-dessus les preuves sur les nombreux assassinats perpétrés par les bandes armées. Ils ont invité l’opinion à ne pas croire les déclarations du gouvernement et à croire celles des rebelles, souvent faites par la voix d’organisations des droits de l’homme sises aux Etats Unis et en Europe. De nombreux mensonges purs et simples ont été dits, comme on en a dit pour la Libye et comme on en avait dit avant l’agression contre l’Irak. Certains d’entre eux au moins ont été mis à nu. Des gens dont on disait qu’ils avaient été tués par les forces de sécurité étaient en fait bien vivants. Les frères de Zeineb al Husni affirmaient qu’elle avait été enlevée par les services de sécurité, assassinée et son corps démembré. Cette histoire épouvantable, diffusée par les chaînes Al Arabiyya et Al jazeera, entre autres organes d’informations, était complètement fausse. Elle est toujours vivante même si la tactique de la propagande est maintenant de prétendre que ce n’est pas vraiment elle mais un sosie. Al Jazeera, la BBC et le Guardian se sont distingués par leur appui aveugle à tout ce qui peut discréditer le gouvernement syrien. La même ligne a été adoptée par les médias grand public des Etats Unis. Al Jazeera, en particulier, a perdu toute crédibilité en tant que source d’informations indépendante sur le monde arabe.

13. En cherchant à détruire le régime syrien, l’organisation des Frères Musulmans a un objectif commun avec les Etats Unis, Israël et l’Arabie Saoudite dont la paranoïa à propos de l’Islam chiite a atteint son paroxysme avec la contestation à Bahreïn. Wikileaks avait révélé à quel point l’Arabie Saoudite était impatiente de voir les USA attaquer l’Iran. Un objectif de rechange est la destruction de la relation stratégique ente l’Iran, le Hezbollah et la Syrie. Les Etats Unis et l’Arabie Saoudite peuvent avoir des raisons légèrement différentes de vouloir la destruction du régime baathiste dominé par les Alaouites à Damas… mais ce qui importe est qu’ils veulent le détruire.

14. Les Etats Unis font tout ce qu’ils peuvent pour acculer la Syrie. Ils apportent un soutien financier aux dirigeants de l’opposition en exil. Ils on essayé (et pour l’instant échoué grâce à l’opposition de la Chine et de la Russie) d’introduire un vaste programme de sanctions via le Conseil de Sécurité de l’ONU. Il est hors de doute qu’ils essayeront encore et, en fonction de l’évolution de la situation, ils pourraient avec l’appui britannique et français présenter une résolution sur une zone d’exclusion aérienne ouvrant la voie à une attaque étrangère. La situation est fluide et il est certain que toutes sortes de plans d’urgence sont élaborés. La Maison Blanche et le Département d’Etat font des déclarations d’intimidation quotidiennement. Provoquant ouvertement le gouvernement syrien, l’ambassadeur des Etats Unis, accompagné de l’ambassadeur de France, se sont rendus à Hama avant les prières du vendredi. Compte tenu de tout ce que nous savons de leurs nombreuses immixtions passées dans les affaires des pays du Moyen Orient, il est inimaginable que les Etats Unis et Israël, avec la Grande Bretagne et la France, puissent ne pas être impliquées dans cette contestation au delà-de ce que nous savons déjà de cette ingérence.

15. Alors qu’ils se concentrent sur la violence du régime syrien, les gouvernements des Etats Unis et d’Europe (particulièrement la Grande Bretagne) ont totalement ignoré la violence exercée contre le régime. Ne parlons bien sûr même pas de leur propre violence bien plus grande exercée en Libye, en Irak, en Afghanistan et ailleurs. La Turquie a rejoint bien volontiers leur campagne, allant même plus loin qu’eux dans la confrontation avec le régime syrien. La politique régionale turque du ‘zéro problème’ s’est retournée dans la confusion. La Turquie a finalement apporté son appui à l’agression de l’OTAN contre la Libye après avoir d’abord freiné des quatre fers. Elle s’est mise à dos l’Iran par sa politique sur la Syrie et en acceptant, en dépit d’une forte opposition interne, d’accueillir sur son sol un système radar anti-missiles américain qui vise clairement l’Iran. Les Américains disent que les données collectées par le système seront partagées avec Israël qui a refusé de s’excuser pour l’attaque contre le Mavi Marmara, causant une crise des relations israélo-turques. La politique régionale turque est donc passée de « zéro problème » à une quantité de problèmes avec Israël, la Syrie et l’Iran.

16. Alors que certains membres de l’opposition syrienne ont pris position contre une intervention étrangère, “l’Armée de la Syrie Libre” a déclaré que son objectif était la proclamation d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus du nord de la Syrie. Nous avons vu que l’application d’une zone d’exclusion aérienne en Libye s’est soldée par des destructions massives d’infrastructures, la mort de milliers de personnes et la porte ouverte à une nouvelle période de domination par l’Occident.

17. Si le régime syrien est abattu, les baathistes et les Alaouites seront pourchassés jusqu’au dernier. Dans un gouvernement dominé par les Frères Musulmans, le statut de la femme et celui des minorités pourraient connaître une forte régression.

18. A travers le Syria Accountability Act, et avec les sanctions que l’Union Européenne a imposées, les Etats Unis tentent depuis 20 ans de détruire le régime syrien. Le démantèlement des Etats arabes unitaires selon des lignes de fracture ethno-religieuses est un objectif qu’Israël cherche à atteindre depuis des dizaines d’années. Là où va Israël, les Etats Unis suivent tout naturellement. On peut voir les fruits de cette politique en Irak où un Etat indépendant de facto a été créé pour les Kurdes et où la constitution, rédigée par les Etats Unis, distingue les Irakiens en Kurdes, Sunnites, Chiites et Chrétiens, détruisant la logique intégratrice du nationalisme arabe. L’Irak n’a pas connu un moment de paix depuis l’entrée des Britanniques à Bagdad en 1917. En Syrie, les divisions ethno-religieuses (musulmans sunnites Arabes, musulmans sunnites Kurdes, Druzes, Alaouites, les diverses sectes chrétiennes) rendent de la même manière ce pays vulnérable à l’excitation de la discorde sectaire et à la désintégration finale de l’Etat arabe unifié dont les Français avaient essayé d’empêcher l’avènement dans les années 1920.

19. La destruction du pouvoir baathiste serait une victoire stratégique inestimable pour les Etats Unis et Israël. La clef de voûte de la relation stratégique ente l’Iran, la Syrie et le Hezbollah aura été détruite, laissant le Hezbollah isolé géographiquement, avec un gouvernement musulman sunnite hostile à sa porte. L’Iran et le Hezbollah se trouveraient plus exposés à une agression militaire par les Etats Unis et Israël. Hasard ou pas, le ‘printemps arabe’ tel qu’il s’est développé en Syrie a placé entre leurs mains un levier qui peut leur permettre d’atteindre leur objectif.

20. Il n’est pas forcément certain qu’un gouvernement dominé par les Frères musulmans en Egypte ou en Syrie serait hostile aux intérêts des Etas Unis. Voulant être perçu comme un membre respectable de la communauté internationale et un autre exemple d’Islam ‘modéré’, il est envisageable et certainement possible qu’un gouvernement égyptien dominé par la confrérie accepterait de respecter le traité de paix avec Israël aussi longtemps qu’elle le pourrait (c’est-à-dire jusqu’à ce qu’une nouvelle attaque israélienne à grande échelle contre Gaza ou le Liban le rende absolument intenable).

21. Un gouvernement syrien dominé par les Frères Musulmans serait proche de l’Arabie Saoudite et hostile à l’Iran, au Hezbollah et aux Chiites Irakiens, particulièrement ceux qui sont liés à Moqtada al Sadr. Il soutiendrait verbalement la cause palestinienne et la libération du plateau du Golan, mais en pratique sa politique ne diffèrerait guère du régime qu’ils cherchent à renverser.

22. Le peuple syrien a le doit d’exiger la démocratie et de l’obtenir, mais de cette manière et à ce prix ? [et même à ce prix, il ne l’obtiendra pas, note de Djazaïri]. Même maintenant, un arrêt des tueries et la négociation sur une réforme politique sont certainement la voie à suivre, pas la violence qui risque de déchirer le pays. Malheureusement, c’est la violence et non un règlement négocié qui a la préférence de beaucoup trop de personnes en Syrie et ce que trop de gouvernements étrangers, qui observent et attendent, veulent aussi. Aucun Syrien n’y gagnera en fin de compte, quoiqu’ils en pensent pour le moment. Leur pays est entraîné vers une guerre civile, peut-être une intervention étrangère et certainement le chaos ou une poursuite à plus grande échelle de ce que nous voyons en ce moment. Il n’y aura pas de rétablissement rapide si l’Etat s’effondre ou peut être abattu. Comme l’Irak, et probablement comme en Libye, si on considère la situation actuelle, la Syrie entrerait dans une période d’agitation sanglante qui pourrait durer des années. Comme l’Irak encore, elle serait exclue du jeu des Etats capables de se mobiliser pour les intérêts arabes, ce qui signifie bien sûr, tenir tête à Israël et aux Etats Unis.

23. En fin de compte, les intérêts de qui en sortiraient-ils gagnants ?

Jeremy Salt
PalestineChronicle.com, 5 octobre 2011.


Jeremy Salt est professeur associé d’histoire politique du Moyen orient à l’université Bikent d’Ankara. Il a enseigné auparavant à l’université du Bosphore d’Istanbul et à l’université de Melbourne dans les facultés d’étude du Moyen Oriens et de science politique. Le professeur Salt a écrit de nombreux articles sur les problèmes du Moyen orient et a été journaliste pour le quotidien australien The Aga lorsqu’il résidait à Melbourne.

Traduit de l’anglais par Djazaïri (11.10.2011) :
http://mounadil.wordpress.com/2011/10/11/verite-et-mensonge-en-syrie/

Texte original en anglais (05.10.2011) :
http://palestinechronicle.com/view_article_details.php ?id=17159

http://www.silviacattori.net:80/article2372.html



Leila Mazboudi : Pourquoi la turquie a vendu la Syrie (Blog cattori )

On est certes bien loin de cette photographie historique qui avait réuni le président turc Abdallah Gull au président syrien Bachar ElAssad et au président iranien Mahmoud Ahmadinejad. Pourtant, elle ne date pas de très longtemps. 2010.

On avait rêvé alors qu’Ankara s’approchait de l’axe Téhéran-Damas, celui de la résistance et de la confrontation au projet américano sioniste. Surtout que des visites similaires, bilatérales ou trilatérales avaient eu lieu, et qu’elles avaient succédé aux déclarations grondantes du Premier ministre turc Recep Tayyeb Erdogan contre le président israélien Shimon Perez, à Davos, suite à l’offensive meurtrière Plomb durci contre la bande de Gaza. Et puis, il ne faut jamais oublier la position de la Turquie qui a refusé l’invasion de l’Irak !

Mais depuis, il y a eu les soulèvements arabes, et surtout la rébellion en Syrie, orchestrée et soutenue par les Occidentaux et leur alliés arabes.

Coup de théâtre : alors qu’on s’attendait à une position équilibrée et réconciliante de la part de la direction turque, qui puisse trouver un terrain d’entente entre les différents antagonistes, c’est tout à fait le contraire qui a eu lieu.

Ankara prend parti à plein et adhère totalement aux thèses de l’opposition syrienne pro occidentale. Bannissant le régime syrien, le présentant comme étant en train de tuer son peuple, refusant de voir les manifestations de soutien au président syrien, dénigrant la dimension armée de la contestation, et allant même jusqu’à refuser aux opposants de l’intérieur le statut de représentants du peuple syrien, le réservant à ceux du Conseil national syrien (à en croire les propos de son chef de la diplomatie) !

Du côté des principes, il est difficile de croire les allégations des dirigeants turcs, se disant soucieux des revendications des peuples de la région, et désireux d’instaurer les démocraties dans la région. Avec le peuple bahreïni, Ankara n’adopte pas du tout la même politique.

Elle n’affiche pas non plus de revendications de liberté chez ses alliés arabes, le Qatar, l’ Arabie, les Emirats, le Maroc et la Jordanie, où des dynasties caduques perdurent depuis des dizaines de décennies et des milliards de pétrodollars ont été distribués pour taire toute contestation.

Certains analystes évoquent des relations historiques entre le parti turc au pouvoir « Développement et Justice », d’obédience islamique, avec les Frères musulmans, principale force de l’opposition syrienne de l’exil. D’autant plus que tous les deux appartiennent à la même confession islamique !
Cette thèse comprend nécessairement une part de vérité, même si le chef de la diplomatie turc Ahmad Davutoğlu s’est défendu, avant de se rendre à Ankara, « de mener une politique à caractère confessionnel ».

Mais ce principe, car il s’agit bien d’un principe, ne peut expliquer à lui seul l’acharnement de la Turquie contre le régime syrien. Davutoğlu a en personne lancé à la même occasion précitée que « la Turquie suit une politique d’équilibre entre les principes et les intérêts ».
Justement c’est du côté des intérêts que les choses paraissent plus claires.

Deux évènements ayant eu lieu ces derniers jours l’illustrent.

Le premier, militaire fait état que 4 drones américains de type « Predator » ayant été déplacés de l’Irak en Turquie. Leur mission consiste à soutenir la Turquie contre les rebelles kurdes du PKK qui mènent une lutte acharnée depuis une quarantaine d’années contre le gouvernement central pour obtenir l’indépendance de leurs régions.

Ankara qui s’efforce par tous les moyens pour s’acquérir ces appareils en avait dans un premier temps acheté à Israël. Mais elle a dû les restituer lorsqu’elle s’est rendue compte qu’ils sont défectueux. C’est l’une des raisons de la dégradation de ses relations avec Tel Aviv. Elle a tenté de se les acquérir de la France et de l’Italie. Là aussi, les israéliens sont parvenus à entraver l’accord.

On sait depuis le mois de septembre dernier qu’elle les a demandés à Washington, et que les membres du Congrès tentent de bloquer leur vente à cause de Tel Aviv aussi.
Maintenant qu’elle les a dans sa base aérienne d’Incirlik, il faut deviner qu’un marchandage a eu lieu, vu que ce genre de transaction se fait donnant donnant.

La Turquie ne peut désormais plus que tourner dans l’orbite de Washington. Il ne faut donc plus s’étonner qu’Erdogan s’offusque à pleine bouche contre ElAssad.

Autre information, relevant du domaine économique : Ankara s’attend à davantage d’investissements qataris chez elle, en l’occurrence la création d’une station de gaz liquéfié destiné à l’Europe, dans le cadre d’une gazoline reliant la région du Golfe aux pays de l’Union européenne. Des investissements bancaires sont également convenus, rapporte le ministre des finances turc, Mohammad Chimchek, lors d’un forum des investissements organisé à Doha.

Une générosité pareille de la part des autres États pétroliers du Golfe devrait avoir eu lieu.
Au lendemain des ententes turco-syrienne et turco-iranienne, rois et émirs du Golfe se sont empressés de convier Gull, Erdogan et compagnie. Question de contrer avec les ambitions iraniennes et syriennes. Avec un acharnement que l’on ne trouve guère lorsqu’il s’agit par exemple de faire adhérer la Palestine à l’ONU, et que les Américains et les Israéliens entravent...

Leila Mazboudi
Al-Manar, 17 novembre 2011.

November 21, 2011


Leila Mazboudi est rédactrice en chef de la chaîne de télévision libanaise Al Manar.

Source :
http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php ?eid=38246&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=37&s1=1
 

http://www.silviacattori.net/article2381.html



1  Analyse -  

Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 Moustafa: Les USA cherchent à attiser la crise en Syrie et à l'exploiter politiquement.

L'Ambassadeur de Syrie à Washington, Imad Moustafa, a affirmé que les USA cherchaient toujours à accentuer la crise actuelle en Syrie en déployant tous leurs efforts pour l'attiser, la prolonger et l'exploiter sur le plan politique. Il a estimé que les récentes déclarations du département d'Etat américain au sujet de la Syrie n'étaient qu'un maillon d'une série d'autres qui confirment la détermination des USA à n'épargner aucun effort pour porter préjudice à la Syrie.

Dans une interview accordée, ce soir, à la télévision syrienne, Moustafa a fait noter que les relations entre la Syrie et les Etats-Unis étaient tendues depuis les années 50 en raison du conflit arabo-israélien et de la soumission sans faille de la politique étrangère américaine aux diktats et aux caprices d'Israél.

Il a indiqué que Washington était disposé à faire n'importe quoi pour entraver le dialogue en Syrie et empêcher ce dialogue d'aboutir et de réaliser ses objectifs.

"La réalisation faite par la Syrie sur les plans politique et sécuritaire suscite le mécontentement des USA. C'est pourquoi, la campagne médiatique contre la Syrie monte d'un cran à chaque fois qu'une démarche aurait été faite par la Syrie sur la voie de la réforme", a ajouté l'Ambassadeur Moustafa.

Concernant l'action de l'Ambassade de Syrie à Washington, Moustafa a affirmé que l'Ambassade menait des contacts avec la communauté syrienne aux USA, toutes composantes confondues y compris l'opposition. "Les participants aux manifestations, que ce soit d'opposition ou de loyauté, ont été appelés à entrer à l'Ambassade pour écouter leurs points de vue", a-t-il précisé.

Au sujet de la décision de son rapatriement, l'Ambassadeur Moustafa s'est dit favorable à cette décision. Il a par ailleurs qualifié d'aveugle et de flagrant, l'alignement médiatique américain sur la version hostile à la Syrie. "La majorité des médias américains sont livrés à la désinformation mais ils ne sont pas, pour autant, enlisés vers l'incitation criminelle et sanguinaire exercée par certaines chaînes satellitaires arabes", a-t-il estimé.

05 Nov 2011

http://www.sana.sy/fra/51/2011/11/05/380167.htm


 

 

1-2 Jacques Borde :Syrie – Après Tripoli, Damas !

Q – Des observateurs et non des moindres, estiment qu’après la Libye, c’est le régime syrien qui va subir les foudres de l’Occident ?

Jacques Borde – De toute évidence, oui. Et plus vite que beaucoup s’y attendaient. Moi le premier.

Q – Et pourquoi donc ?

Jacques Borde – Oh ! Une seule et unique raison à cet emballement belligène : la volte-face russe. Moscou vient de se tirer une balle dans le pied en forgeant, par elle-même – et sans que personne (à moins que…) ne lui demande rien – l’arme diplomatique qui va servir au camp occidental pour mettre Damas au ban des nations…

Q – Comment ?

Jacques Borde – En se proposant pour pondre une résolution douce, destinée à prendre la place de celle à peine refusée par Moscou et Beijing. Étonnamment, l’a-diplomatie russe aurait pu attendre que les Occidentaux mettent quelques semaines à s’échiner à trouver la trame d’un nouveau texte de nature à trouve grâce aux yeux de la Russie et de la Chine. Mais, pourquoi attendre ? Autant faire le sale boulot soi-même, non ?

Or, en l’espèce, proposer une nouvelle mouture de résolution au Conseil de sécurité des Nations-unies portant sur une réforme du système politique syrien avec l’adoption de normes « démocratiques » (sic) curieusement toutes écrites à l’Ouest va immanquablement déboucher sur une agression de la Syrie par l’Axe atlantique.

Q – Pour quelles raisons ?

Jacques Borde – Pour celles-ci :

1.Nos sources nous indiquent clairement que les Russes travaillent sur un projet de résolution « modérée ». Ce que confirme, à sa manière le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, lorsqu’il déclare à l’hebdomadaire Profil, « Nous proposons d’adopter une résolution équilibrée qui condamnera les violences des deux côtés », celles du régime du président Bachar el-Assad et celles de l’opposition, « Dans le même temps, il faut que nous demandions à Assad de poursuivre les réformes qu’il a déjà engagées ». Notez que ce projet, d’une imbécillité sans bornes, a, toujours selon nos sources russes, l’aval du Premier ministre, Vladimir Vladimirovitch Poutine, ce qui en dit long sur sa courte vue en matière géopolitique. Même Gorbatchev, qui a vendu à l’Ouest tout ce qui était monnayable dans son pays, avait plus de jugeote.
2.Les Occidentaux – qui, sans doute, n’en attendaient pas tant – vont se précipiter pour accepter la résolution des Kremlin’s boys. Une fois adoptée, elle aura, nécessairement, une valeur contraignante pour la Syrie.
3.L’Occident et le bras armé qu’il choisira – l’Otan, peut fort bien (dans un premier temps ou même durablement) faire semblant de se tenir en retrait, afin de ne pas vexer les pigeons moscovites et ne prêter qu’un concours indirect, mais décisif, aux opérations – se chargera de l’application, par la force si nécessaire, de la dite résolution non seulement votée, mais, comble de la turpitude diplomatique, forgée par Moscou.
4.Comme pour la Libye, l’Occident n’aura qu’à outrepasser son mandat pour arriver à ses fins. Et, comme à l’accoutumée, les Russes – qui auront tiré, bis repetita…, les marrons du feu pour Washington, Londres et Paris – seront les dindons d’une farce levantine dont, comble de l’ironie, ils auront écrit, motu proprio, le premier acte…

Q – Vous qui aimez les comparaisons historiques, à qui compareriez-vous les Russes, à Judas ?

Jacques Borde – Non, toujours pas. Judas Iscariote avait reçu ses TRENTE deniers du Sanhédrin[1] pour livrer le Christ. Là, c’est Moscou qui, par ses forgeries, va livrer son dernier allié au Proche-Orient au camp adverse ! Comme je crois vous l’avoir déjà dit, le Janus bifrons russe – par là, je veux dire Medvedev ET Poutine, jouant la même partition pro-occidentale, c’est évident – c’est Judas allant plaider devant le Préfet-Procurateur[2] de Judée Ponce Pilate pour lui réclamer l’arrestation de Jésus, à la place de Caïphe ! Avec des amis de cet acabit, à l’évidence, le président syrien, le Dr. Bachar el-Assad, n’a plus vraiment besoin d’ennemis et devrait se consoler en relisant la formule de Cicéron : « Ab amicis honesta petamus » (À un ami, on ne doit demander que ce dont il est capable)[3].

Q – Mais pourquoi les Russes agissent-il s de la sorte ?

Jacques Borde – Deux raisons principales. Première raison. Oubliez tout ce que vous avez pu lire sur l’Union Soviétique, ses dirigeants d’airain, les odieux kagébistes mangeurs de petits enfants, les terrifiants Soviet Military Balance opportunément édités juste avant les votes décisifs des chambres US pour les budgets alloués au Pentagone, etc., la nomenklatura actuellement en place à Moscou n’est jamais qu’une génération de petits fonctionnaires de province – Dimitri Medvedev et Vladimir Poutine, les premiers – montés à Moscou, la capitale, pour y réussir. Ce sont des apparatchiks de sous-préfecture issus d’un système sclérosé, que les hasards de l’histoire ont propulsé à des postes qui dépassent leurs compétences. Nicolas Sarkozy, à côté d’eux, c’est le prince de Bismarck-Schönhausen ! Ceci bien que l’actuel locataire de l’Élysée ne passe pas pour un fin géopolitique. Mais comme aurait dit Saint Thomas d’Aquin, « Timeo hominem unius libri » (Je crains l’homme d’un seul livre). Et Sarkozy – a contrario de beaucoup de ses pairs, qui vaticinent à l’envie – a prouvé qu’il savait agir dans l’urgence. Quitte à mettre la charrue avant les bœufs.

La seule réussite, qui ne doit rien ni à Medvedev ni à Poutine, qu’a connu la Russie, ces dix dernières années, est Gazprom qui est une multinationale comme les autres. Une Exxon made in Russia, rien de plus. Ce qui est déjà appréciable. Mais, convenez-en, n’entre guère dans les visions fantasmagoriques de tous ceux qui voient en Moscou la nouvelle Rome d’un Imperium eurasiste…

Manquant de ce qui fait la colonne vertébrale des hommes d’États, nos deux derniers locataires du Kremlin (comme leurs prédécesseurs, d’ailleurs) multiplient les calculs d’apothicaire pour ne pas perdre leur mise. Ce sont des gestionnaires de faillite maladroits. Cela ne serait pas trop grave – après tout combien de temps a perduré l’Empire ottoman dirigé, lui aussi, par des incapables – s’ils n’avaient en face d’eux les dépeceurs d’empire professionnels que sont les think tanks états-uniens. Du coup, depuis l’Affaire des missiles de Cuba, avec une accélération avec la 1ère Guerre d’Afghanistan, la sphère d’influence de la Russie se réduit comme une peau de chagrin. Là, lorsque la Syrie sera tombée, la Russie n’aura plus de point d’ancrage, passés les Détroits, en Méditerranée. À se demander si quelqu’un sait encore lire une carte au Kremlin…

Q – Et la seconde ?

Jacques Borde – Amos Lerah, sur le site israélien JSSNews, a fort bien résumé les arrières pensées des nos petits princes de la Moskova. Que dit-il ? Que « Poutine sait que Bachar el-Assad est condamné. Mais il veut s’assurer que la Russie a son mot à dire dans le choix de son successeur ».

Grossière erreur de calcul. Comme pour, l’Égypte, la Tunisie et, plus violemment, la Libye, pourquoi l’Occident irait-il demander l’avis de la Russie – désormais poids-plume des relations internationales et qui ne représente plus rien dans la région du Levant – avant de passer son coup de balai ? Prenez l’Égypte – ex-carte majeure de l’implantation russe dans la région – , 98% des officiers de ses forces armées passent, à un moment donné ou à un autre de leur cursus, par les académies militaires US. On voit ce que cela donne quant à l’adoption de l’agenda géopolitique US dans la région et du recadrage ad usum Americani de la « révolution arabe » du Caire ! Au niveau des rentrées d’argent, les comptables du Kremlin seront heureux d’apprendre que la dernière vente – bien que réalisée par le biais des Foreign Military Sales, au cheminement financier parfois complexe – de 125 chars de combat M-1A1 Abrams, par General Dynamics, rapportera 1,329 Md$US aux États-Unis !

Mais Amas Lerah pointe un autre facteur : « le bail russe sur le port de Sébastopol en Crimée » qui « expire en 2017 et ne peut être prolongé sans l’accord de l’Ukraine. Sébastopol est la plus grande base navale Russe et sa bouée de sauvetage pour le maintien d’un accès direct sur la Mer Noire, puis sur les Dardanelles et la Méditerranée. Perdre cette base serait comme devenir enclavée pour la Russie. Kaliningrad ne pourra jamais être transformée en un atout naval majeur tandis que les côtes sibériennes et extrême-orientales ne permettront pas un ravitaillement facile ».

Q – Mais pourquoi aller si vite en (basse) besogne ?

Jacques Borde – Parce que, vu de Moscou, le temps presse. Comme le rappelle encore Amos Lerah, « En 2017, l’Ukraine pourrait bien être un membre de l’Union européenne et il est fort à parier que l’Otan ne voudrait pas de cette base navale russe en Ukraine. Alors Moscou est à la recherche d’une alternative à Sébastopol. Les stratèges russes estiment qu’ils ont trouvé la solution sur la côte méditerranéenne de la Syrie. Là même où ils stationnent actuellement plusieurs sous-marins et destroyers ».

Q – Parce que, selon-vous, les Russes lâcheront Sébastopol ?

Jacques Borde – Dans leur tête, c’est déjà fait. J’en suis persuadé. Là encore, ça n’est qu’une question de temps et de procrastinations sans queue ni tête. Vous verrez, les événements me donneront raison. Hélas !

Q – Mais, dans ce cas-là, ne devraient-ils pas se cramponner à la Syrie ?

Jacques Borde – Mais c’est ce qu’ils font. Mais, à leur manière de petits joueurs. Ils biaisent, louvoient, gémissent. Leur calcul – d’une inconséquence rarement atteinte – est de se dire : Offrons aux Occidentaux la tête de Bachar el-Assad, ils nous laisseront notre accès aux côtes…

Q – Mais c’est absurde ?

Jacques Borde – Oui. Mais, c ‘est comme ça que fonctionnent nos apparatchiks de sous-préfecture, à la recherche de (petits) bénéfices acquis sans prise de risque. « Avaritia facit bardus » (La cupidité rend stupide), dit l’adage latin. Rappelez-vous, c’est exactement de cette manière qu’ils ont agi avec Milosevic. C’est simple, citez-moi UN allié que Moscou n’a pas abandonné dans la tourmente ? Barré, Nasser, Milosevic, Seselj, Kadhadi, etc., tous ont vu les Russes se coucher dès que le vent a commencé à souffler et que Washington, abattant ses cartes, a haussé le ton. Au bluff, le joueur d’échec (russe) – qui pense toujours au coup du surlendemain (qui ne se jouera, évidemment pas, comme il l’imagine) – se couche toujours devant le joueur de poker US. Et, in fine, se fait rouler dans la farine !..

Q – C’est à ce point-là ?

Jacques Borde – Oui. À meilleure preuve : que nous dit encore notre confrère de JSSNews ? Qu’« Il y a quelques semaines, un haut fonctionnaire russe m’a assuré que son gouvernement ne s’opposerait pas à « une résolution forte » de soutien à l’insurrection en Syrie ».

Q – Cela vous semble crédible ?

Jacques Borde – Attendez un peu et vous verrez que, peu ou prou, ces prévisions se réaliseront. D’autant que le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, « a invité l’opposition syrienne à Moscou, ce qui implique que le président Bachar el-Assad n’est plus l’interlocuteur exclusif de la Russie… Et seulement 48 heures après le veto, le président russe Dimitri Medvedev a appelé Assad à réformer le pays ! »

En résumé, pour reprendre l’analyse d’Amos Lerah, « La Russie sait qu’Assad va devoir bientôt partir. C’est pourquoi Poutine recherche une solution médiane : un nouveau régime syrien dans lequel les amis de Moscou (donc des proches actuels d’Assad) auraient une place assez forte pour offrir à la marine russe tout ce dont elle désire ».

Le problème, c’est qu’avec les États-Unis, il y a JAMAIS de « solution médiane ». Parlez-en, pour voir, aux Irakiens ! L’embargo onusien, concocté dans les cénacles washingtoniens, leur a coûté UN MILLION ET DEMI de morts. Et ne comptez pas sur les Américains pour avoir des remords. Je vous rappelle, une fois encore, les paroles de l’ancienne chef de la diplomatie états-unienne, Madeleine K. Albright, à qui Larry King avait posé la question suivante: « Is it worthwhile to kill Iraqi children ? » (Est-ce que ça vaut le coup de tuer des enfants irakiens ?)… Ce à quoi elle avait répondu : « Yes, it is worthwhile! » (Oui, cela vaut le coup).

Q – Oui, mais les Russes arment bel et bien,la Syrie ?

Jacques Borde – Oui. Mais, même là, il y aurait beaucoup à redire…

Q – Dans quels sens ?

Jacques Borde – Outre que souvent, voir leur litige avec l’Iran sur les S-300, les Russes ne tiennent pas leurs engagements – quitte à y laisser, budgétairement parlant, leur chemise –, les armes n’arrivent pas toujours à destination !

Q – Vous pouvez préciser ?

Jacques Borde – Apparemment, un des premiers lots de missiles antichars AT-14 Kornet II, commandé par Damas, bien que payé, semble-t-il, n’aurait jamais été livré à la Syrie ! L’ex-Premier ministre israélien, Ariel Arik Sharon, affirme JSSNews, « s’était même envolé de nuit pour ne pas alerter toute la presse qui le collait à chaque instant. Il réussit après des heures de longues discussions, à convaincre Poutine de ne pas livrer même s’ils étaient payés, ces fameux missiles ».

Vint ensuite, nous rappelle encore JSSNews, « l’histoire d’un cargo qui disparut au large de la Manche, le fameux Artic Sea. Il y aurait eu à bord des S300 qui devaient transiter en Algérie pour être ensuite dirigés vers l’Iran ».

Q – Mais, concernant la livraison des S-300, Moscou n’a fait que suivre les sanctions prononcées contre l’Iran ?

Jacques Borde – Vous voulez rire ! Ça serait la première fois depuis longtemps qu’une grande puissance suit à la lettre les recommandations onusiennes. De plus, si la société Almaz-Anteï qui produit les S-300 avait, vraiment, voulu honorer sa commande, passée bien avant la résolution de l’Onu, rien ne l’en empêchait. Si Moscou a gelé la vente, le 11 juin, c’est bien après avoir, délibérément, joué la montre pour ne pas avoir à tenir parole…

Q – Sur notre site, Charlotte Sawyer et John Q. Neel ont dépeint l’avenir de la puissance navale russe de manière apocalyptique. Or, désolé, il y a bien des domaines où les Russes restent performants ?

Jacques Borde – Oui. Et à quoi faites-vous référence ?

Q – Aux projets 20380 et 20385, selon la nomenclature russe ?

Jacques Borde – Effectivement, le Projet 20380 – la corvette Steregushy donne l’impression du renouveau. Mais, mis en chantier en décembre 2001, le projet, qui devait comprendre entre vingt et trente unités, se limitera, en fait, à cinq bâtiments. Pas de quoi pavoiser. D’autant que ce type de corvette, un temps présentée comme une La Fayette en plus petit, offre une autonomie somme toute réduite – 5.000 nautiques au lieu de 9.000 –, ce qui confirme bien le manque d’ambition des Russes dans le domaine naval. Elles ne seront en mesure d’opérer que sur des théâtres d’opérations proches (Baltique, Barents, Caspienne, Mer Noire). Et de couvrir les péninsules de Primorye et du Kamchatka. Calculez : QUATRE mers, DEUX péninsules et CINQ navires ! Où est la projection ? Où est l’ambition ? Où est le renouveau ?

C’est sans doute ce qui a poussé Moscou, nous apprenait Kommersant, a lancer un appel d’offres pour une nouvelle corvette polyvalente, similaire au Littoral Combat Ship (LCS) US. Ce qui devrait déboucher sur une version optimisée des Steregushy : le Projet 20385. Soit ONZE corvettes à livrer avant 2020. Un projet, en théorie, nettement plus ambitieux. Les Projet 20385 seraient des navires furtifs et leur armement comprendrait, dixit le patron de la marine russe l’amiral Vladimir Sergueïevtich Vysotskiy, des missiles nucléaires tactiques. Pour l’instant, on n’en sait guère plus. Sauf que le Projet 20385 s’inscrit dans le Programme naval décennal 2011-2020. Pour conclure, avec la marine russe, le projet de catamaran LCS proposé par OSK resterait d’actualité. Tout cela semblerait convaincant. Sur le papier, du moins. Car, à ce jour, de la classe Steregushy, seul le Steregushy est en service (depuis le 14 octobre 2007). Le Soobrazitelnyy en étant, tout juste, aux essais à la mer.

Donc, l’un dans l’autre, désolé, je ne peux que partager l’analyse de Sawyer et Neel.

Q – Pour finir, que penser des opposants syriens ?

Jacques Borde – Cela dépend de qui l’on parle. Si vous pensez au Conseil national syrien (CNS), créé il y a peu : rien de bon. Quant à leur environnement immédiat, principalement des traîtres passibles de la peine capitale. Ni plus, ni moins !

Q – Vous n’y allez pas un peu fort ?

Jacques Borde – Pas du tout. Vos « opposants » (sic) ont publié sur leur site internet la carte des systèmes antiaériens protégeant le front avec Israël. Quatre cartes détaillées montrent clairement le positionnement des défenses antiaériennes en question. Des S-25 Berkut (Code Otan, SA-1 Guild), S-75 Dvina (code Otan, SA-2 Guideline), S-125 Neva (code Otan, SA-3 Goa), et des S-200 Angara (code Otan, SA-5 Gamon) ou encore 2K12 Kub (code Otan, SA-6 Gainful). Des engins sol/air qu’il faudra bien détruire avant d’envisager toute Zone d’exclusion aérienne. Or, l’instauration d’une telle zone, est, par elle-même, un acte de guerre avéré.

La République arabe syrienne étant, à ce jour, en état de guerre (non ouverte) avec son voisin israélien, la simple révélation de ces éléments-clés de sa défense constitue clairement pour ses auteurs un acte de haute trahison. Passible des tribunaux, quelque soit le pays du monde, lorsqu’ils se produisent. Donc, Damas sera légitimement fondé, le moment venu, de passer les auteurs de telles forfaitures par les armes…

Q – Un dernier mot sur la Libye, peut-être ?

Jacques Borde – Court, alors. À l’évidence, la Guerre de Libye, est loin d’être terminée. À peine finis dans une ville, les combats reprennent dans une autre. Normal, les insurgés pro-occidentaux n’ont même pas les effectifs nécessaires à une force de police lambda pour assurer le maintien de l’ordre en temps de paix. Alors, juguler une guerre civile !

Ah, si ! Un dernier signe. Comme l’a indiqué le site meretmarine.com, la frégate Montcalm a rejoint la zone d’opérations au large de la Libye. « Le bâtiment a été intégré à la TF 473, déployée dans le cadre d’Harmattan. L’arrivée du bâtiment permet de compenser, au sein de la force navale française, le départ de la frégate La Fayette, rentrée à Toulon le week-end dernier »[4].

Pourquoi donc ainsi compenser le retrait d’un navire de guerre de l’importance du La Fayette ? Si ce n’est parce rien n’est encore joué.

Or, jugez-donc du dispositif que la France doit encore consacrer à sa via factis sur les villes libyennes: « la TF473 », dixit meretmarine.com, « se compose aussi de la frégate de défense aérienne Chevalier Paul, qui a remplacé le Cassard (également rentré à Toulon), ainsi que du bâtiment de projection et de commandement Tonnerre, qui embarque un groupe aéromobile fort d’une vingtaine d’hélicoptères Tigre, Gazelle, Puma et Caracal. De plus, un bâtiment de ravitaillement assure le soutien des unités de combat depuis Toulon ». Et, « En parallèle, la Marine nationale participe également à la force maritime déployés au large de la Libye par l’Otan dans le cadre de l’opération Unified Protector. Ainsi, l’aviso Commandant Birot a remplacé au sein de l’OUP son sistership, le Lieutenant de Vaisseau Lavallée, qui a regagné lundi sa base de Brest »[5].

Q – Mais Londres a bien allégé son dispositif, non ?

Jacques Borde – Oui et non. Après quelques 3.000 heures de vola u-dessus de la Libye, les Typhoon de la RAF ont quitté le théâtre d’opérations libyen, le 23 septembre 2011. Mais, il reste SEIZE Tornado GR4 britanniques dans la boucle opérationnelle otanienne. Or, ces appareils ont de meilleures capacités de frappe au sol que les Typhoon. Ils viennent d’ailleurs de passer le cap des 7.000 heures de vol sur zone. Mais, naturellement, rien de toute cette litanie de Guernica frappant les villes libyenne ne serait possible sans les Américains qui assurent, à eux seuls, 80% des opérations de ravitaillement en vol des flottes aériennes de l’Axe atlantique.

Quant à la part française à ces gesticulations guerrières – première devant la Commission de défense de l’Assemblée nationale, le 4 octobre 2011 – le ministre de la Défense, Gérard Longuet, a révélé le nombre et le type de munitions larguées par la France. Chiffres que, jusqu’alors, l’état-major des armées se refusait purement et simplement à diffuser. Donc, dixit Longuet, « les avions ont largué 950 bombes et tiré 240 missiles air-sol »[6]. Sur ces engins, précise Air & Cosmos, « figurent 15 missiles Scalp-EG, qui ont été tirés par les Rafale et les Mirage 2000D, ainsi que 225 AASM mis en oeuvre par les Rafale »[7]. De leur côté, les hélicoptères du groupe aéromobile français « ont lancé 431 missiles Hot »[8}. Quant aux bâtiments de surface de la Marine nationale, ils ont, pour leur part, délivré quelque « 3.000 obus de 100 et 78 mm »[9].

Quelle débauche de moyens et de personnels pour une guerre, qui, prétendument gagnée par le CNT et ses djihâdistes de marché, dure encore ? Ses vainqueurs – si vainqueur,il y a un jour – et-au-delà, ceux qui les ont inspiré et escomptent tirer profit de cette guerre, seraient bien inspirés de relire Virgile qui écrivit: « Romane, memento : hae tibi erunt artes ; pacisque imponere morem, parcere subiectis, et debellare superbos » (Romain, souviens-toi : ce seront tes arts à toi ; de gouverner les nations sous ta loi, d’imposer des règles à la paix, de ménager les vaincus et d’abaisser les superbes)[10]. On est loin du compte !

Notes

[1] Le Sanhédrin est l’assemblée législative traditionnelle du peuple juif ainsi que son tribunal suprême qui siégeait à Jérusalem. À savoir que le nom n’est pas d’origine hébraïque mais dérive du grec Sunedrion qui signifie Assemblée siégeante.

[2] Les textes, en effet, diffèrent légèrement quant à la titulature exacte de Pilate. Dans ses Antiquités Judaïques, Flavius Josèphe, fait de Ponce Pilate le Préfet de Judée. Cf. « [l'empereur Tibère] envoya comme préfet de Judée (ουδαίοις παρχος) Valerius Gratus, [...] Gratus, après avoir fait cela, rentra à Rome ; il avait passé onze ans en Judée. Ponce Pilate lui succéda ». Mais, de leur côté les Évangiles de Matthieu et Luc, ainsi que Philon d’Alexandrie dans Légation à Caïus, une courte phrase chez Tacite, ainsi que Flavius Josèphe, lui-même, dans sa remarquable Guerre des Juifs, privilégient le titre de Procurateur de Judée (ουδαίοις πίτροπος / Ioudaíois epítropos) pour qualifier Pilate.

[3] De Amicitia, 13, 44.

[4] Mer & Marine (14 octobre 2011).

[5] Mer & Marine (14 octobre 2011).

[6] Air & Cosmos, n°2283 (14 octobre 2011).

[7] Air & Cosmos, n°2283 (14 octobre 2011).

[8] Air & Cosmos, n°2283 (14 octobre 2011).

[9] Air & Cosmos, n°2283 (14 octobre 2011).

[10] L’Énéide, 6, 851-852.

http://www.geostrategie.com/4216/syrie-%e2%80%93-apres-tripoli-damas%c2%a0/


1-3 Tony Cartalucci :

La vérité sur la position occidentale envers la Syrie: affaiblir l’Iran.

L’affaire humanitaire n’est que la façade rhétorique d’un plan régional de démantèlement de l’influence iranienne.

Comme il a été dit en Février 2011 dans “Le Moyen-Orient et ensuite le monde”, le “printemps arabe”, financé, soutenu et armé par les Etats-Unis, était loin d’être “spontané” ou “organique”, mais bien plutôt une déstabilisation régionale préméditée pour consolider l’Hégémonie de Wall Street et de la City de Londres à travers le Moyen-Orient et ce dans un effort d’isoler à la fois Moscou et Pékin par une tactique faite pour établir un “ordre international” industrio-fasciste incontesté.

Le sénateur américain John McCain, le président de l’International Republican Institute (IRI), une organisation dédiée à ourdir des troubles séditieux extra-territoriaux et des révolutions de par le monde, a dit ouvertement des troubles que son IRI a aidé à financer en Egypte, qui ont ravagés la Libye et maintenant consumme la Syrie, “Je ferai un peu moins le malin si j’étais aujourd’hui Vladimir Poutine au Kremlin avec ses sbires du KGB. Je me sentirai un  peu mois en sécurité dans la station balnéaire du président Hu et des quelques hommes qui gouvernent et décident sur la destinée de 1,3 milliards de gens.” McCain qui a ouvertement sympathisé avec Al Qaïda en Libye et a mené une délégation des corporations fascistes pour une visite d’un Caire maintenant déstabilisé de manière irrémédiable, alors qu’ils se préparent à glâner les bénéfices de leur sédition financée de l’étranger, a laissé transparaître la véritable nature de la tactique globale qui se joue au travers des révolutions colorées financées par les Etats-Unis et que finalement, leur destination finale se situe dans les capitales de Moscou et Pékin.

Maintenant, le “Jerusalem Post” a rapporté qu’une “attaque sur la Syrie pourrait être un moyen moins coûteux pour affaiblir l’Iran, révélant pas là-même que  la quête de toujours plus de pouvoir et non pas la cause humanitaire se situait au cœur des intentions occidentales envers la Syrie et que la sédition clairement financée et maintenant armée depuis l’étranger, qui s’établit dans les villes frontalières syriennes, cible de fait un affaiblissement de la sphère d’influence de l’Iran, alors que les préoccupations pour la “démocratie” ne sont que du verbiage réthorique qu’on éparpille à la cantonade pour tous ceux qui demeurent suffisamment ignorants pour continuer à gober ce qu’on leur dit. Le Post a rapporté que Gabriel Ben-Dor, le directeur des études sur la sécurité nationale de l’université de Haïfa, s’est félicité de la récente décision de la Ligue Arabe de suspendre la Syrie, mais a indiqué que de futures actions seront nécessaires avant de garantir cet état de fait, révélant ainsi que la Ligue Arabe n’agit en fait que par proxy, comme paravent, des intérêts de Wall Street, de la City de Londres et d’Israël.

Ben-Dor confirmerait que “ils espèrent démanteler l’axe Iran, Syrie, Hezbollah et ainsi affaiblir cette coalition, ce qui est un intérêt commun pour toutes les puissances majeures de monde arabe”, révélant ainsi de manière sûre que les rapports des médias de masse de ces derniers six mois, citant l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme basé à Londres, l’association financée par Georges Soros Human Rights Watch et Amnesty International, n’ont rien été de plus que de la propagande éhontée afin de justifier ce qui est essentielleemnt une guerre par proxy combattue non pas avec des troupes américaines mais avec des groupes de jeunes formés par les Etats-Unis en Egypte, les voyous d’Al Qaïda en Libye et les militants des Frères Musulmans en Syrie.

L’article intitulé “La Syrie exhorte la Ligue Arabe de reconsidérer sa suspension”, écrit par Oren Kessler du Jerusalem Post et de l’agence Reuters, qui illustre parfaitement la nature totalement compromise et incestueuse des média de masse servant le fascisme global, dégénère même en une complainte et une pseudo-motivation pour des préoccupations humanitaires, citant la maintenant complètement discréditée ONU et des “activistes”. Cette démonstration haletante de propagande financée par la machine corporatiste pour pousser son agenda, expose l’illégitimité des protestations et des troubles fomentés par l’occident en Syrie, celle des “activismes” financés depuis l’étranger à travers le monde et les menteurs invétérés qui sont payés pour diffuser cete propagande à travers les médias.

A la lumière de tout cela, il serait peut-être bon de relire “Le Moyen-Orient et ensuite le monde”, comme étant une mégalomanie de Wall Street et de la City de Londres et de leurs légions de traîtres qui consument le monde et nous rapproche de plus en plus d’une troisième guerre mondiale, le tout sous le déguisement de considérations “humanitaires”, de “démocratie”, de droits de l’Homme et de “liberté”.

Tony Cartalucci

Tony Cartalucci est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Tony Cartalucci publiés par Mondialisation.ca

Mondialisation.ca,

Le 14 novembre 2011
Article original en anglais .
Traduction : Résistance 71

http://landdestroyer.blogspot.com/2011/11/jp-blabs-truth-about-western-stance.html


1-4 Sami Kleib

 : La vérité sur les visées inquiétantes du Qatar et des puissances occidentales.
Ce qui se passe en Syrie n’a rien à voir, ni avec la défense des droits de l’homme, ni avec ce qu’en rapportent les médias traditionnels depuis huit mois.

Comme le montre très bien l’article de Sami Kleib, journaliste arabe fort bien informé, les manœuvres contre la Syrie s’inscrivent dans le cadre d’une déstabilisation régionale préméditée et fait partie d’un plan visant à démanteler la Syrie, le Liban, et l’Iran.

19 novembre 2011

Est-il nécessaire de préciser que ces trois États qualifiés hypocritement d’« axe chiite » sont en réalité le seul « axe de résistance régionale » aux visées hégémoniques américano-sionistes dont les bras armés sont l’OTAN qui frappe sans discernement, le Qatar qui achète les consciences, et les opposants irresponsables d’un Conseil National Syrien ? Ces derniers, acquis à la cause des ennemis de leur patrie, ne sont-ils pas prêts à engranger les bénéfices de leur sédition financée par l’étranger ? Comment les considérer autrement alors qu’ils usent de prétextes fallacieux et appellent toutes sortes d’interventions étrangères pour la soi-disant protection des populations civiles syriennes qu’ils ont eux-mêmes placées dans l’œil du cyclone ? Il est attristant de constater que notre Ministre des Affaires Étrangères, Alain Juppé, après leur avoir accordé une poignée de main généreuse, persiste à les soutenir tout en sachant qui ils sont. Non Monsieur Juppé, vous faites erreur, non seulement ces opposants syriens de l’extérieur portent atteinte aux intérêts de leur patrie, mais ils mettent aussi en péril nos propres intérêts dans la région. (Mouna Alno-Nakhal)

 

Un diplomate arabe au Caire a rapporté que lors de la réception de la délégation de la Ligue Arabe à Damas le 26 Octobre dernier, le Président Syrien Bachar el-Assad aurait accusé le Premier Ministre du Qatar, le Sheikh Hamad bin Jaber Al Thani, d’être l’exécuteur de « diktats américains » et lui aurait dit : « Moi, je protège mon peuple avec l’aide de mon armée, mais toi tu protèges le tien par les bases américaines implantées sur ton sol… Si vous venez ici en tant que délégation de la Ligue Arabe, vous êtes les bienvenus. En revanche, si vous êtes les délégués des Américains, il vaudrait mieux que nous cessions toute discussion ».

Dans cette ambiance tendue, le responsable Qatari aurait répondu : « Si j’étais un Américain, je garderais le silence ». Ce à quoi Bachar el-Assad aurait rétorqué : « Tu es un Qatari, mais tu exécutes les diktats américains ». Le Sheikh Hamad n’aurait rien trouvé à dire. Par la suite, l’ambiance s’est apaisée, et la rencontre s’est soldée par le « Plan Arabe » de règlement de la crise syrienne.

En réalité, la Syrie avait pressenti dès le début que le Qatar jouait un rôle « suspect », selon l’expression d’un responsable syrien. La Syrie a cherché à le contourner en acceptant l’ « Initiative Arabe » malgré le fait que certains Articles de cette Initiative constituent une « violation de la souveraineté syrienne ». En effet, il est à remarquer que malgré le refus exprimé publiquement contre cette Initiative par Youssef Ahmad, ambassadeur syrien au Caire, Damas a ouvert ses portes à la délégation de la Ligue Arabe et a même accepté que le Sheikh Hamad en soit le chef.

Au cours de cette même réception, le ministre syrien des Affaires Etrangères Walid Mouallem aurait « lutté » pour amender certains articles de ce texte, mais le responsable Qatari persistait à faire croire à ses hôtes qu’il ne pouvait accepter aucun amendement concernant le retrait total de l’armée, qu’il refusait toute utilisation du terme « terrorisme », et a même failli récuser l’évocation de bandes armées dans les villes.

Et ce diplomate cairote de poursuivre que la première rencontre entre la délégation de la Ligue Arabe et El-Assad a été ponctuée de scènes hilarantes qui ont fait rire aux éclats le Président et ses invités, comme celle du secrétaire général adjoint de la Ligue Ahmed Bin Houli lisant son texte devant son auditoire, qui se fait rabrouer par le Sheikh Hamad criant : « Ce n’est pas cette Initiative que nous voulons entendre, c’est l’autre ! ». Bin Houli a eu beau chercher le deuxième texte dans ses poches, il ne l’a jamais trouvé !

C’est ainsi que plusieurs textes ont dû être discutés pour finalement adopter celui d’une Initiative appelant au retrait de « toutes les troupes armées des villes » ; ce qui signifie que les membres de la délégation ont fini par reconnaître l’existence de troupes armées autres que celles de l’armée régulière. Dès lors, il a été décidé, par accord tacite, que la première séance de dialogue entre des représentants des autorités syriennes et de l’opposition se tiendrait au siège de la Ligue Arabe au Caire.

Les Syriens ont reconnu que malgré le « piège qui leur était tendu », ils se devaient de prendre en considération leur relation solide avec Moscou. C’est la raison pour laquelle ils ont accepté des exigences que Damas n’aurait jamais approuvées en d’autres circonstances. Les dirigeants syriens, se devaient d’envoyer un message clair à Moscou lui signifiant qu’ils étaient ouverts au dialogue et à toutes les initiatives venant des États arabes, garantie suffisante pour renforcer la position russe devant le Conseil de Sécurité, pour que la Russie puisse continuer à se démarquer des positions intransigeantes américaines, françaises et européennes, et de leurs tentatives en faveur d’une intervention étrangère internationale.

Ceci dit, l’article concernant le « retrait de l’Armée syrienne » était considéré comme le plus dangereux par les autorités syriennes. En effet, comment pouvait-on envisager de retirer l’armée de régions désormais devenues le théâtre d’une guerre civile comme à Homs ? Pour le Sheikh Hamad : « Il est impératif de retirer l’armée et de cesser de tuer les manifestants ! ». Ce à quoi El-Assad a répondu : « L’armée ne tue pas des manifestants, elle poursuit plutôt des terroristes armés. Si jamais tu avais une solution pour en finir avec ces derniers, elle serait bienvenue ! ».

Depuis cette rencontre, les Syriens ont eu la confirmation que le Qatar poursuivait ses attaques contre la Syrie. Elles avaient commencé sur la chaîne qatarie Al-Jazeera, puis elles se sont poursuivies par des manipulations de la part d’opposants et de Frères Musulmans, pour finir par une étroite collaboration avec les dirigeants des capitales occidentales. Ceci est devenu très clair lorsque, par exemple, le ministre soudanais, sous pression du ministre qatari, en est arrivé à déclarer en présence du Président syrien : « Négocier avec les Occidentaux est le moyen le plus sûr pour sortir de cette crise », ce qui a fait dire à l’un des participants : «  Vos négociations avec les Occidentaux ont abouti à la partition du Soudan, et à un Sud-Soudan où flottent désormais les drapeaux israéliens ! ».

Toujours selon ce même diplomate cairote, Damas s’est rendu compte que le Secrétaire Général de la Ligue était lui-même soumis aux pressions qataries. Ainsi, lorsque Nabil Arabi s’est adressé au Président syrien pour préciser « Arrêt des violences de toutes les parties », le regard de mise en garde et d’avertissement du Sheikh Hamad a bien failli le faire reculer. Il a fallu que Walid Mouallem l’interpelle par un « Est-ce possible que tu recules si vite !? », pour qu’il se ravise et confirme sa propre proposition.

Suite à cet accord et durant les dix jours qui ont suivi la publication du « Plan Arabe » [le 2 novembre 2011] Walid Mouallem n’a cessé d’adresser des missives à la Ligue Arabe pour l’informer de la mise en application effective de ses différentes directives : retrait de l’Armée de plusieurs régions et son remplacement par des policiers et des agents de la Sécurité Interne, visas d’entrée pour des journalistes arabes et occidentaux, libération d’un groupe de détenus, annonce d’une amnistie générale pour ceux qui rendent les armes et qui n’ont pas commis d’assassinats.

Ce faisant, la direction syrienne a cru pouvoir calmer le jeu mais est restée très vigilante face aux manœuvres des Qataris. Pendant ce temps, certains partis de l’opposition, et particulièrement son Organe de Coordination, ont bien reçu ces signaux et ont transmis en retour des suggestions positives en faveur du dialogue et d’une participation future au pouvoir. Moscou, informée de la situation, s’est révélée favorable à la démarche syrienne et a tenu à encourager l’Initiative Arabe. En effet, il a été rapporté que Moscou avait adressé un courrier à la Ligue Arabe lui conseillant de ne pas se hâter à prendre des dispositions intempestives contre la direction syrienne, mais plutôt à encourager le Président syrien dans sa volonté de réformer et d’aller de l’avant.

PRESSIONS AMÉRICAINES ET POSITION ARABE

Quelque chose s’est passé au cours de ces 10 jours. Personne ne s’attendait à ce que la Ligue Arabe prenne aussi précipitamment une telle mesure de suspension de la Syrie de toutes ses instances [le 12 Novembre]. Les opposants appartenant à l’Organe de Coordination n’ont rien vu venir lorsqu’ils sont allés à la rencontre de Nabil Arabi au Caire [3 Novembre]. En revanche, la direction syrienne s’attendait à « quelque chose de négatif » depuis que le ministre saoudien des Affaires Etrangères, Séoud el-Fayçal, avait rejoint la réunion du Comité ministériel de la Ligue Arabe. Des sources syriennes bien informées ont déclaré que, dans les dernières minutes avant la prise de cette mesure, les États Unis avaient exercé d’énormes pressions pour que la Ligue Arabe hausse le ton contre la Syrie, précédé en cela par le ministre des Affaires Étrangères français, Alain Juppé, qui a déclaré « L’Initiative Arabe est morte ! », sans oublier qu’entretemps Washington déconseillait aux personnes armées de se rendre aux autorités.

Pour les Syriens, cette sanction, quoique inattendue, n’avait rien de surprenant en elle-même. En revanche, ils admettent avoir été surpris qu’elle survienne avant même que n’expire le délai de 15 jours accordé à la direction syrienne pour mettre en œuvre le Plan Arabe, et tout aussi surpris par l’invitation incongrue de l’opposant Burhan Ghalioun à la table des Ministres des Affaires Étrangères de la Ligue Arabe dans les salons de l’hôtel Four Seasons.

La conspiration n’était désormais plus un secret pour quiconque ! De là, leur certitude d’une ingérence américaine de la dernière heure. Ce qui se traduit dans les déclarations d’un responsable qui connaît parfaitement les arcanes de cette Ligue : « Nous savons comment sont conçues les décisions de la Ligue Arabe et comment certains de nos frères se plient malheureusement devant les diktats américains, comme nous savons que le Qatar joue le rôle le plus malfaisant en ce domaine ».

COMMENT LA SYRIE A-T-ELLE ÉTÉ SUSPENDUE DES INSTANCES DE LA LIGUE ARABE ?

Le Sheikh Al Hamad a convoqué une réunion du Comité des Ministres de la Ligue Arabe dont le ministre saoudien Séoud el-Fayçal, dans les salons de l’hôtel cairote cité plus haut. Il avait préparé un projet de résolution en 6 articles :

1. Suspendre la Syrie de toutes les instances.

2. Demander à l’Armée syrienne de ne pas intervenir dans des opérations d’assassinats.

3. Inviter l’opposition à une réunion au siège de la Ligue Arabe dans les 3 jours.

4. Inviter les organisations internationales à se rendre en Syrie.

5. Rappeler tous les Ambassadeurs des pays de la Ligue Arabe basés en Syrie.

6. Inviter le Conseil des Ministres des Affaires Étrangères à se réunir avec l’opposition unifiée.

L’Égypte et l’Algérie ont exprimé leur opposition, le Sultanat d’Oman a exprimé son mécontentement, le Liban a déclaré un refus catégorique. Il faut dire que le délégué algérien a essayé de faire capoter le projet. Une altercation a eu lieu entre lui et le Sheikh Hamad. Le premier aurait déclaré : « Le Qatar est le fer de lance de tous les problèmes que rencontre la nation arabe » ; le second lui aurait répondu : « Votre tour viendra ! ».

RÉCIT DE L’AFFRONTEMENT SYRO-QATARI AU CAIRE

Suite à cette réunion, s’est tenue une séance fermée inaugurée par le Secrétaire Général de la Ligue Arabe qui a présenté son projet et a exprimé toutes sortes de récriminations à l’encontre de la Syrie depuis le 13 juillet 2011 jusqu’à la rencontre à Damas avec El- Assad le 26 Octobre 2011. Il s’est plaint de ne pas avoir pu joindre Walid Mouallem malgré plusieurs courriers et messages adressés à son secrétariat et a même déclaré : « Nous n’avons malheureusement pas réussi à former une délégation qui serait arrivée au bon moment pour enquêter sur ce qui se passe réellement sur le terrain. Elle aurait pu être composée de personnalités appartenant à des organisations internationales, comme le Conseil des Droits de l’Homme ou autre… ».

S’adressant au Sheikh Hamad, le délégué syrien a immédiatement répondu : « C’est dans cette même salle que tu t’étais élevé contre l’idée selon laquelle il existait une intention manifeste de conduire la Syrie vers le chaos. Tu avais même ajouté que c’était pure imagination. J’avais souhaité qu’il en soit ainsi. Mais aujourd’hui, après lecture de ce papier…il est très clair que vous avez non seulement saboté votre plan mais vous avez fait en sorte qu’il soit mort-né. Vous êtes tellement pressés d’arriver à vos fins que vous n’avez même pas pris le temps de constituer une délégation pour enquêter… ceci parce que vous ne voulez pas connaître ce qui se passe en vérité ».

Après avoir précisé que la décision de suspendre la Syrie était illégale et pourquoi elle l’était, le ministre syrien a ajouté : « Faites attention à ne pas laisser attiser le feu, car ce ne serait profitable à personne. Faites attention à ne pas accorder votre indéfectible soutien à des complots scandaleux contre la Syrie, à des provocations tendancieuses, à des campagnes médiatiques féroces et sans limites, à des interventions étrangères appelant ostensiblement à la chute du régime… Dès notre première réunion, nous avions senti que vous cherchiez à suspendre notre adhésion à la Ligue Arabe. Nous espérions nous tromper. Vous venez de nous donner la preuve irréfutable que nous avions vu juste. Le 2ème article de ce projet constitue un dangereux préalable à une intervention étrangère dans les affaires internes d’un État membre de la Ligue… ce qui sape les fondements de la paix et de la stabilité dans la région ».

A son tour le délégué irakien a exprimé ses réserves quant au 2ème article disant : « Je pense que pour certains, il pourrait constituer prétexte à intervention étrangère, ce qui compliquerait la donne, non seulement pour la Syrie mais aussi pour des pays voisins tel que l’Irak. De plus, selon la charte de la Ligue la suspension ou le gel d’un État membre sont censés être prononcés à l’unanimité. Enfin, puisque nous disposons d’une Initiative Arabe sur laquelle nous nous sommes tous mis d’accord, y compris la Syrie, pourquoi ne pas la soumettre pour adoption à des organismes internationaux tels que le Conseil de Sécurité ou le Conseil des Droits de l’Homme ? »

[…. À ce moment, il y a eu un très court débat sur la légitimité ou non de la suspension de la Syrie entre un Nabil Arabi, indécis, et les délégués algérien et syrien (non retranscrit ici)].

Le Sheikh Hamad a brusquement mis fin à la séance sans permettre à la délégation algérienne d’exprimer son point de vue en se contentant de déclarer que les délégations libanaise et yéménite s’étaient prononcées contre le projet, mais que la délégation irakienne s’était abstenue. Ceci a provoqué l’indignation du délégué syrien qui lui a répondu en ces termes : « Tout ceci est le résultat de tes multiples conspirations qui ignorent les lois et les chartes. Tu es l’instigateur en chef de toutes ces trahisons et de toutes ces opérations destructrices, non seulement en Syrie mais dans tous les États Arabes. Avec le Secrétaire Général vous commettez un crime envers la Syrie et envers toutes les nations arabes. Vous êtes des agents exécuteurs d’agendas occidentaux. Un jour, les peuples du monde arabe vous demanderont des comptes et vous devrez répondre de vos crimes ».

OÙ VA LA SYRIE ? VERS UNE INTERVENTION INTERNATIONALE ?

La grande majorité des Syriens craint que cette manœuvre de la Ligue Arabe ne soit le préambule du pire. D’une part, Damas a bien compris que certains pays arabes, et le Qatar en particulier, œuvrent pour une internationalisation de la crise pour arriver à légitimer une intervention étrangère ; d’autre part, elle est persuadée qu’une intervention militaire est impossible. Par la voix de son Ministre des Affaires Etrangères elle a officiellement refusé la décision de sa suspension par la Ligue… Elle soupçonne que la Turquie cherche à agiter les eaux dormantes, que le Qatar va continuer à travailler à l’escalade des violences et aussi, que les États Unis et la France vont continuer à acculer la Syrie et tenter d’exploiter à nouveau la carte onusienne et son Conseil de Sécurité en exerçant toutes les pressions possibles sur la Russie et la Chine.

Malgré tout cela, Damas persiste à user d’un langage diplomatique serein. Dans les prochains jours elle pourrait adopter des positions qui démontreraient qu’elle ne se considère pas en état de faiblesse… Les Syriens savent qu’ils ne manquent pas d’atouts. Les mesures de sécurité se sont révélées efficaces. Homs est sauvée avec le minimum de pertes possibles et les bandes armées, qui y sévissaient, sont en passe d’être neutralisées…« Nous resterons calmes et sereins, et prochainement nous adresserons les signaux qui témoigneront de la force du peuple syrien et de sa solidarité militaire et politique ». La Russie n’a pas cédé, des millions de Syriens continuent à manifester dans toutes les régions du pays adressant au monde entier le message très clair de leur assentiment à leur président et de leur refus catégorique de toute intervention étrangère, et les opposants patriotes ont opté pour le dialogue.

Malheureusement, les manigances perdurent et la désinformation partisane des médias arabes et internationaux prêche toujours. En ce moment même, ces États, et particulièrement le Qatar, tentent de fabriquer «  une opposition unifiée » pour arriver à la faire reconnaître, et réussir, par ce subterfuge, à déclarer l’illégitimité du Président syrien comme un fait établi.

Certains pensent que la crise syrienne ira vers encore plus de complications ; d’autres avancent qu’elle touche à sa fin. Quoiqu’il en soit, cette année américaine pré-électorale promet de nombreuses surprises, d’autant plus que le prochain retrait des forces américaines de l’Irak est susceptible d’ajouter d’énormes pressions sur l’Iran, la Syrie, et le Hezbollah. Le Qatar et d’autres États arabes ont, jusqu’ici, réussi à priver la Syrie du soutien des pays frères. Il n’empêche que des liens solides demeurent intacts entre Bachar el-Assad et certains leaders, y compris le nouveau leader saoudien, le Prince Naëf Ibn Abdel Aziz…

Est-ce là un autre message destiné à Sheikh Hamad considéré par les Syriens comme « le plus remarquable des instigateurs et comploteurs », lequel continue à affirmer que «  El-Assad est proche de sa fin » ?

Sami Kleib
14 /11/2011

Sami Kleib, journaliste libanais de nationalité française, est diplômé en Communication, Philosophie du Langage et du Discours Politique. Il a été Directeur du Bureau du journal AS-Safir libanais, à Paris, et Rédacteur en chef du Journal de RMC-Moyen Orient. Responsable de l’émission « Visite spéciale » sur Al-Jazeera, il a démissionné en protestation contre la nouvelle orientation politique de cette chaîne.

http://www.silviacattori.net/article2381.html

Traduit de l’arabe par Mme Mouna Alno-Nakhal, le 18 novembre 2011

Source :
http://www.assafir.com/Article.aspx ?EditionID=2002&ChannelID=47411&ArticleID=1261


Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19



 

 

 

23/11/2011

n°21 - Journal de Syrie - 2-11 au 22-11 : f - La Syrie est en danger…

n°21 - Journal de Syrie  - 2-11 au 22-11 : f -  La Syrie est en danger…



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal deSyrie

             n°21                                                2-11 au22-11

        C.De broeder & M.Lemaire



Le "Journal deSyrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Tiré à part

L'ancien vice-président réclame une intervention militaire internationale.

La Syrie est en danger… Des drones américains déployés en Turquie.

Les grandes manœuvres pour renverser le président Assad.

La Guerre Humanitaire de la NED et de la FIDH en Syrie.

Scénarios de guerre contre la Syrie ??.

Paroles & action du président.

Bachar al-Assad se dit prêt à combattre et à mourir s’il devait affronter des forces étrangères.

Assad dit qu'il ne "s'inclinera pas" et s'en prend à la Ligue arabe.

Résistance

Analyse

Delphine Jaen : La Russie va-t-elle lâcher Bachar el-Assad ?

1 Lutte pour la libération du territoire

a) Politique Syrienne  

Sur le terrain

La Syrie a rempli la plupart des conditions du plan de la Ligue arabe

Des Canons ... pas du beurre

Les grandes manœuvres

Des bases pour entrainement de mercenaires contre la Syrie...  

b)  Politique des USA

Des Canons ... pas du beurre

Pierre Khalaf : Bruit de bottes en Turquie et subversion des pro-américains au Liban et en Syrie.

c) Pays Arabes & voisins

2 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

2-1 Vidéo : Le chef des rebelles syriens avoue être financé par la CIA .

2-2 Vidéo : comite-valmy :  Alerte Syrie

2-3 Vidéo : rencontre Sarkozy-Bechara Raï,

2-4 Gilles Munier, répond à Barbier de L’Express.

3 Brèves

3-1 Le chercheur russe Youri Zinine : «La décision de la Ligue arabe sur la Syrie sert les objectifs des forces extrémistes.»

3-2 Moscou freine pour l’explosion du Proche-Orient.

4 Dossier

4-1 Des navires russes en direction de la Syrie ?  

5 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net

5-1 Louis Denghien : Un regard anglo-saxon, autorisé et honnête sur le drame syrien.

5-2 T. Slimani : Al-Mouallem : « Le projet du protocole de la ligue comprend des clauses qui violent la souveraineté nationale ».

5-3Ahmad Badreddine Hassoune - Mufti de Syrie  - : « L’opposition a tenté de me séduire ».  

5-4 Comite-valmy : SAUVER LA PAIX EN RÉTABLISSANT LA VÉRITÉ



Tiré à part

L'ancien vice-président réclame une intervention militaire internationale.

Abdel Halim Khaddam, en exil à Paris depuis 2005, affirme vouloir rassembler toute l'opposition syrienne au sein de son propre mouvement, le Comité national pour le soutien à la révolution syrienne (CNSRS).

Dans un entretien au Figaro, l'ancien deuxième personnage de l'État syrien accuse le Conseil national syrien, la principale formation de l'opposition, "de ne pas être représentatif."
L'ancien vice-président demande explicitement une intervention militaire internationale en Syrie et prédit à Bachar el-Assad le destin de Kadhafi : "Il est devenu fou comme lui et il mourra comme lui."

 

La Syrie est en danger… Des drones américains déployés en Turquie.

L’Impérialisme américain retire ses drones d’Iraq pour les affecter en Turquie sous prétexte d’aider ce dernier dans son combat contre le PKK ; en réalité ces engins de la mort, sans pilote, pourraient intervenir dans une offensive militaire contre la Syrie.

Un rapport des services de renseignement européens délivre des informations sur l’existence de bases d’entraînement

Par ailleurs, des bases d’entraînement ont été mises en place il y a plus d’un an en Turquie, en Arabie saoudite et au Qatar ; il s’agit d’entraîner des groupes terroristes de différentes nationalités de pays arabes et islamiques en vue de s’infiltrer sur le sol syrien et de semer la terreur, d’anéantir les infrastructures et les équipements d’État ainsi que de liquider les cadres et les personnalités importantes du pays.

Ces entraînements sont assurés par des personnels américains et israéliens.

Ces bases sont relayées par des organismes non officiels implantés entre autre au Liban et dont la mission est d’organiser le trafic d’armes de fabrications américaines et israéliennes à destination de la Syrie. Ces organismes sont supervisés par une société nommée « Dark Water » basée à Abou Zabi. Quant au financement de l’armement, il est assuré par Ryad et Al Daouha.

Ces informations ont été livrées par des sources de renseignement européennes dans un de leurs rapports qui mentionne également des manœuvres dans les régions turques limitrophes à la Syrie et à partir desquelles la dénommée « Armée de la Syrie Libre » supervise l’infiltration des groupes armées sur le sol syrien ainsi que la livraison des armes.

Le ministre français des affaires étrangères s’active

Parallèlement, il est à noter la prochaine visite en Turquie du ministre français des affaires étrangères en vue d’examiner avec les responsables turcs l’évolution de la situation dans cette région ; ce même ministre avait auparavant indiqué la possibilité d’étudier une intervention militaire.

La Grande Bretagne n’exclut pas une intervention militaire en Syrie…

Par ailleurs, selon des informations provenant des Etats-Unis, les américains auraient étudié une opération visant à assassiner le Président de la République Syrienne, cette opération conçue et supervisée par eux devant être exécutée par un commando franco britannique

Publié par Liban Résistance


Les grandes manœuvres pour renverser le président Assad.

La Syrie serait en butte à des manœuvres de la part de puissances extérieures s’appuyant sur les Frères Musulmans pour parvenir à renverser le président Assad et mettre en place un régime répondant à leurs visées stratégiques, si l’on en croit divers analystes. Voir l’article d’Alastair Crooke. (*)

7 NOVEMBRE 2011

Nidal Hamadé : Fuites dans des médias arabes au sujet d’un plan secret 
Suite à l’acceptation par Damas du plan proposé par la Ligue Arabe, le 2 novembre 2011, les Frères Musulmans, écartés du jeu politique, metteraient en application un projet de dislocation de l’espace public syrien.

Plusieurs journaux en langue arabe ont publié un rapport révélant un plan convenu entre les Frères Musulmans de l’étranger et leurs alliés objectifs présents en Turquie, dans l’Administration des Etats Unis et en Israël.

Ce plan prévoit que soit intensifiée la prolifération des bandes armées déjà présentes sur le terrain syrien, en particulier à Homs, et aussi de faciliter l’intrusion de groupes armés supplémentaires acquis aux Frères Musulmans et incités à commettre des massacres quotidiens dans les tous prochains jours.

Le tout devant être accompagné de la poursuite des campagnes de déstabilisation menées par les médias arabes et internationaux, orientés eux-mêmes par certains des signataires de ce plan, de telle sorte que ces canaux puissent, comme d’habitude, imputer la responsabilité de ces crimes aux forces de sécurité syrienne, ce qui conduirait inévitablement au sabotage du prétendu dialogue chapeauté par la Ligue Arabe et, par conséquent, à l’internationalisation du problème.

Ce plan, rapporté par plusieurs journaux, a été révélé par des milieux de l’opposition syrienne à Paris citant leurs dirigeants à Istanbul et à Doha, après qu’ils aient décidé de prendre leur distance avec les Frères Musulmans. Ces milieux, largement déployés en Europe, s’accordent à dire et à répéter à l’envi que ce plan est une réalité. Certains, appartenant à différentes tendances, ajoutent que les Frères Musulmans du Conseil d’Istanbul représentent le fer de lance de ce plan, l’approuvent, et sont le plus largement représentés au sein de ce Conseil.

Le plan consiste donc en la poursuite d’actions terroristes à Homs et dans toute sa province, et à monter des opérations meurtrières, à l’aveuglette, pour ensuite en imputer la responsabilité aux forces de sécurité. Et, ces sources de l’opposition syrienne de poursuivre, que la position syrienne consistant à accepter le dialogue a surpris ceux, arabes ou internationaux, qui sont en charge de la campagne contre la Syrie, en plus de créer un état de découragement chez les membres du Conseil d’Istanbul et ses alliés qui sollicitent une intervention militaire de l’OTAN en Syrie. C’est ce qui les pousse à travailler à l’échec de l’accord syro-arabe pour réussir à internationaliser la crise syrienne de telle sorte qu’elle conduise à une solution, si possible, similaire à ce qui est arrivé en Libye, même si la campagne devait durer plus longtemps.

Il faut dire que ce rapport pointe d’importantes divisions dans les rangs des opposants syriens œuvrant de l’étranger. Leur division résulterait, elle-même, de désaccords importants entre les différents états qui ont ciblé la Syrie tout au long des derniers mois où l’on a constaté d’une part, un axe turco-américain représenté par le Conseil d’Istanbul majoritairement composé de Frères Musulmans ; d’autre part, un axe France-Qatar représenté par des opposants tels que Haïssam el-Manah, Samir el-Aïta, et d’autres.

(...)

C’est ainsi que, suite à l’accord entre les pays arabes (et Damas - NDT), les Frères Musulmans se retrouvent hors jeu ; et que ceux qui les manipulent, Obama et Erdogan, sont amenés à les pousser à agir rapidement et de manière irrationnelle pour aboutir à une escalade des actes de terrorisme contre les civils syriens, l’armée syrienne, et les forces de sécurité, en particulier à Homs.

Article, proposé, et traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal.

Source : 
http://www.alintiqad.com/essaydetails.php ?eid=48757&cid=76

Nidal Hamadé 

(*) Voir l’article d’Alastair Crooke. Il affirme que des puissances extérieures se livrent à un « grand jeu » oeuvrant à la perte de la Syrie. Il en donne les grandes lignes : « mettre précipitamment en place un Conseil de Transition comme seul représentant du peuple Syrien, qu’il bénéficie ou non d’un soutien populaire ; introduire des groupes armés issus d’états voisins, qui joueront le rôle des insurgés ; imposer des sanctions qui nuiraient aux classes moyennes ; mener une campagne de dénigrement pour faire échouer toute tentative syrienne de réforme ; provoquer des divisions au sein de l’armée et des élites ; pour finalement aboutir à la chute du Président Assad. » 

Nidal Hamadé :
4 novembre 2011.

http://www.silviacattori.net/article2299.html


La Guerre Humanitaire de la NED et de la FIDH en Syrie.

La National Endowment for Democracy, ou la NED, est une organisation qui se présente comme une ONG officiellement dédiée “à la croissance et au renforcement des institutions démocratiques dans le monde”. 

Mais en réalité il s’agit d’un organisme financé à hauteur de 95% par le congres des États-Unis. C’est sous l’administration Reagan que sa création fut officialisée en 1982.

http://laguerrehumanitaire-lefilm.tumblr.com/                    

La nature de la NED a conduit de nombreux intellectuels et chercheurs contemporains à la décrire comme une officine permettant aux services secrets américains de renverser les régimes qui ne conviennent pas au Département d’État.
Cette critique fut notamment étayée par les propos d’Olivier Guilmain, chercheur au CECE (Centre d’Etudes Comparatives des Elections), lors d’
une session d’information au Sénat français  portant sur l’encadrement financier du processus électoral. En effet, la NED finance des partis d’opposition dans de nombreux pays et prête une assistance particulière aux exilés et opposants des régimes visés par le département d’État US. 
En Syrie, Le Damascus Center for Human Right Studies est l’organisation principale de la NED. Elle est également partenaire de la FIDH (Fédération internationale des droits de l’homme). Cette dernière a reçu 140 000$ U.S de la part de la NED suite à une réunion entre Carl Gershman et de prétendues organisations de droits de l’homme françaises. L’interlocuteur français de la NED fut François Zimeray, l’ex-Ambassadeur pour les droits de l’homme de l’ex-Ministre des Affaires Etrangères Bernard Kouchner. Lors de cette réunion qui s’est tenue en Décembre 2009, étaient présents : le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD) ; la section africaine de l’AEDH (Agir Ensemble pour les Droits de l’Homme) ; Reporters Sans Frontières ; SOS Racisme et la FIDH.

La Fédération Internationale des droits de l’Homme est donc un partenaire officiel de la NED comme le montre par ailleurs son soutien aux allégation de l’ex-secrétaire général de la Ligue Libyenne des Droits de l’Homme - elle aussi rattachée à la FIDH- à l’encontre du gouvernement de Mouammar Kadhafi. Cette dernière, également appuyée par l’ONG U.N Watch, est à l’origine des procédures diplomatiques à l’encontre de la Jamahiriya Arabe Libyenne.

En Syrie, le Dr Radwan Ziadeh est le directeur du Damascus Center for Human Rights Studies. Sa biographie, plus qu’impressionnante démontre son engagement en faveur de la politique étrangère des États-Unis au Moyen Orient. Il est en effet notamment membre de la Middle East Studies Association (MESA) et est le directeur du Syrian Center for Political and Strategic Studies à Washington. Il était également présent aux côtés d’Aly Abuzakuuk - un des responsables de la NED en Libye - lors de la Table Ronde des Democracy Awards, la récompense remise aux “militants des droits de l’homme” par la NED.

Il existe par ailleurs de fortes similitudes entre le processus de la Guerre Humanitaire en Libye et celui qui est en cours d’élaboration à l’encontre de la Syrie. En effet, U.N Watch, organisation qui coordonne les pratiques de la NED et de la FIDH à Genève, a déjà lancé plusieurs pétitions à l’encontre du régime de Bachar Al-Assad. Pour ce faire les mêmes allégations de massacres que celles promues par l’ex-secrétaire de la Ligue Libyenne des Droits de l’Homme Sliman Bouchuiguir au Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, sont dors et déjà mises en avant à l’encontre de la Syrie.

Il est donc urgent de dénoncer ces procédures, d’autant plus que l’histoire récente nous montre que ces allégations n’ont pas été vérifiées dans le cas libyen mais également qu’elles ne reposent sur aucune preuve solide contrairement à ce qu’avance la Cour Pénale Internationale.

Julien Teil

http://www.geostrategie.com/4216/syrie-%e2%80%93-apres-tripoli-damas%c2%a0/

 


Scénarios de guerre contre la Syrie ??.

La guerre s’approche de la Syrie. Certains chroniqueurs et analystes arabes le pensent sérieusement depuis que la Ligue arabe a décidé de suspendre la participation de ce pays, en guise de sanction contre le régime syrien sous prétexte qu’il réprime la révolution syrienne.
« C’est la guerre qui rampe et très vite » a titré le quotidien arabophone londonien AlQuds AlArabi, dans la chronique de son rédacteur en chef Abdel Bari Atouane.
Atouane estime que les conditions actuelles rassemblement for à celles d’il y a 20 ans, lorsque la Ligue arabe a fait de même avec l’Irak suite à l’invasion contre le Koweït.
Selon lui, cette position n’est qu’une couverture pour une agression étrangère contre la Syrie. La Ligue arabe ayant fait de même avec l’Irak et dernièrement la Libye. Il pense que ce scénario a été mis au point depuis de mois, ou des années, mais s’interroge sur les parties qui vont l’exécuter, arabes, américaines occidentales, voire même islamiques, en allusion au nouveau rôle turc.
Évoquant des sources de l’opposition syrienne pro occidentale du Conseil nationale syrien, il sera question de créer des zones d’exclusion, à la frontière jordanienne ou turque, indique-t-il.
Atouane s’attend à un conflit particulièrement féroce, parce que les sbires du régime syrien ont devant les yeux scénario libyen. Ils combattront donc jusqu’au dernier souffle.
Mais à la différence avec la Libye, il pense que le régime jouit toujours « d’un certain soutien interne», de la part de certaines catégories de la population syrienne, pour des raisons communautaires et économiques, de l’extérieur, de la part de l’Iran et du Hezbollah, et de la Russie et de la Chine.
Il s’attend à ce que le tour de l’Iran ne tarde pas non plus et ne serait pas étonné qu’il ait lieu simultanément sinon avant.
Atouane perçoit des tentatives ardues pour éviter que la crise syrienne ne dégénère en guerre civile, vu qu'elle risque de s'étendre vers les pays du Golfe.
A son avis, l’administration américaine a beaucoup appris des leçons afghanes et irakiennes. «  La leçon la plus importante est de laisser les Arabes combattre les Arabes et les Musulmans tuer les Musulmans. Alors que son rôle et celui des pays occidentaux devraient se limiter à les soutenir des fronts arrière, ou à travers le ciel. Comme cela s’est très bien passé en Libye », constate-t-il.

5/11/2011

Al Manar



Paroles & action du président.

Bachar al-Assad se dit prêt à combattre et à mourir s’il devait affronter des forces étrangères.

Le président syrien Bachar al-Assad s’est dit prêt à combattre et à mourir s’il devait affronter des forces étrangères.

Dans un entretien publié dimanche par l’hebdomadaire britannique The Sunday Times, le président syrien, au pouvoir depuis 2000, affirme qu’il ressent du chagrin à chaque goutte de sang versée, mais que son régime doit faire respecter la loi face à des bandes armées.

20 novembre 2011

 

« Mon rôle de président est dans l’action, pas dans des discours ou du chagrin, » a-t-il déclaré. « La seule solution est (...) de chasser les bandes armées, d’empêcher l’entrée d’armes et de munitions depuis des pays voisins, d’empêcher le sabotage et de faire respecter la loi et l’ordre. » Le président Assad a accusé l’organisation panarabe de créer un « prétexte » à une intervention militaire occidentale qui provoquerait un « séisme » dans la région.
Il a souligné que « la Syrie ne s’inclinera pas » en dépit des pressions croissantes de l’Occident et des Arabes et la multiplication des appels à son départ. Il s’est dit aussi « tout à fait » prêt à combattre et à mourir s’il devait affronter des forces étrangères - « cela va sans dire et c’est indéniable ».

Ces propos interviennent au moment où prend fin l’ultimatum de 3 jours lancé par la Ligue arabe concernant la décision d’envoyer quelques 500 observateurs. Sachant que la Ligue a déclaré ce dimanche avoir refusé les amendements réclamées par le gouvernement syrien, au motif qu’elles « changeraient radicalement la nature de la mission, qui consiste à superviser la mise en œuvre du plan arabe pour mettre fin à la crise en Syrie et protéger les civils syriens ».

20 novembre 2011.

The Sunday Times :

 

Assad dit qu'il ne "s'inclinera pas" et s'en prend à la Ligue arabe.

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

Le président syrien Bachar al-Assad, confronté à un mouvement de contestation sans précédent, s'est dit prêt à combattre et à mourir en cas d'intervention étrangère, dénonçant l'attitude de certains pays de la Ligue arabe.
     Ces déclarations sont intervenues alors que l'ultimatum de la Ligue pressant Damas de cesser la répression a pris fin samedi à minuit, exposant désormais la Syrie à des sanctions économiques arabes.
      Neuf mois après le déclenchement d'une contestation populaire dont la répression a fait plus de 3.500 morts, selon l'ONU, le régime reste inflexible en dépit de son isolement international croissant.
      Dans un entretien publié dimanche par l'hebdomadaire britannique The Sunday Times, le président Assad, au pouvoir depuis 2000, affirme que son régime -- qui ne reconnaît pas l'ampleur de la contestation et impute les violences à des groupes armés -- doit faire respecter la loi.
      "Mon rôle de président est dans l'action (...) La seule solution est (...) de chasser les bandes armées, d'empêcher l'entrée d'armes et de munitions depuis des pays voisins (...) et de faire respecter la loi et l'ordre", a-t-il dit.
      Le président syrien a accusé la Ligue arabe de créer un "prétexte" à une intervention militaire occidentale qui provoquerait un "séisme" dans la région.
      Il a souligné que " la Syrie ne s'inclinera pas", se disant aussi "tout à fait" prêt à combattre et à mourir s'il devait affronter des forces étrangères.
      "Si le combat nous est imposé, nous combattrons", a affirmé de son côté son ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem au cours d'une conférence de presse à Damas, rejetant en outre les craintes de guerre civile exprimées par ses homologues américain Hillary Clinton et turc Ahmet Davutoglu.
      "Quand Mme Clinton dit que l'opposition est bien armée, (...) c'est comme on dit en anglais +wishful thinking+ (prendre ses désirs pour des réalités, ndlr)", a affirmé le ministre.
      Vendredi, Mme Clinton avait dit "penser qu'il pourrait y avoir une guerre civile, avec une opposition très déterminée, bien armée et finalement bien financée", tandis que M. Davutoglu avait déclaré à l'AFP que des déserteurs "se manifest(aient) ces derniers temps, et de ce fait, il y a un risque d'évolution vers la guerre civile".
      D'autre part, M. Mouallem a minimisé l'importance de l'ultimatum de la Ligue arabe, affirmant qu'un accord était encore possible sur la proposition arabe de sortie de crise.
      Le ministre a accusé certains membres de la Ligue d'utiliser l'organisation "comme un outil pour parvenir au Conseil de sécurité" de l'ONU.
      La France , l'Allemagne et la Grande-Bretagne comptent présenter une résolution à l'Assemblée générale de l'ONU condamnant la répression en Syrie, assurant avoir le soutien clé des pays arabes.
      Le succès d'une telle démarche pourrait augmenter la pression sur le Conseil de sécurité, où la Russie et la Chine avaient le mois dernier opposé leur veto à une résolution condamnant Damas.
      Dimanche, la Ligue arabe, qui a suspendu mercredi la Syrie de ses travaux, a par ailleurs rejeté une demande de Damas d'amender une proposition d'envoyer une délégation de 500 observateurs, estimant que les modifications "changeraient radicalement le nature de la mission" qui consiste notamment à "protéger les civils".
      M. Mouallem a dénoncé cette attitude, soulignant que le "protocole accorde aux émissaires de la Ligue arabe des prérogatives très amples, voire impossibles, pouvant aller jusqu'à la violation de la souveraineté nationale".
      Une nouvelle réunion de la Ligue arabe sur la Syrie a été annoncée pour jeudi.
      Sur le terrain, au mois sept civils ont été tués dimanche par des tirs des forces de sécurité dans différentes localités du pays, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), basé au Royaume-Uni. Samedi, le bilan des violences s'était élevé à 17 morts.
      Le président turc Abdullah Gül, dans un entretien au Sunday Telegraph, a assuré qu'il n'y avait "plus place pour des régimes autoritaires" tels que le régime syrien.
     Après avoir tenté de raisonner la Syrie , la Turquie a durci le ton et soutient désormais l'opposition.
     Celle-ci, par la voix du Conseil national syrien (CNS), a annoncé dimanche un projet de programme politique ayant pour objectifs la chute du régime et la tenue d'élections d'une assemblée constituante à l'issue d'une période transitoire d'un an.
     Selon ce projet diffusé sur son site internet, une fois le chute du régime réalisée, le conseil "dirigera le pays avec l'institution militaire". "Un gouvernement temporaire sera formé et il sera chargé d'organiser des élections libres au bout d'un an sous une supervision arabe et internationale pour désigner une assemblée constituante avec pour mission d'élaborer une nouvelle Constitution", ajoute le texte.
      La nouvelle Constitution sera soumise à un référendum et, une fois adoptée, des législatives seront convoquées dans un délai de six mois.
      Le CNS, lancé officiellement le 2 octobre à Istanbul, n'a été reconnu jusqu'à présent que par les nouvelles autorités libyennes.

DAMAS, 20 nov 2011

AFP

 



Résistance

Analyse

Delphine Jaen  : La Russie va-t-elle lâcher Bachar el-Assad ?

Un analyste qui se définit comme un "gaulliste de gauche" mais qui était en 1998 rédacteur en chef d'une revue dirigée par un sympathisant de l'extrême-droite (selon Wikipedia), estimait récemment dans une interview pour un site de géopolitique que la Russie, qui perdrait selon lui en 2017 sa base ukrainienne de Sébastopol, garde un intérêt vital à pouvoir faire mouiller sa marine dans les ports syriens, mais que, pour garder cette possibilité, elle serait prête à sacrifier Bachar-el-Assad en préparant d'elle-même, sans que les Occidentaux ne le lui aient demandé, une nouvelle résolution à l'ONU imposant sur un mode plus modéré que celle repoussée par Moscou et Pékin le 4 octobre dernier (avec le soutien de l'ensemble des BRICS - Brésil, Inde, Afrique du Sud) une démocratisation du régime syrien - résolution que les Occidentaux pourraient utiliser et "surinterpréter" comme ils l'ont fait en Libye.

L'auteur rappelle d'ailleurs que la Russie s'est depuis quinze ans toujours prêtée aux compromis qui ont abouti à la chute de ses alliés, de la Yougoslavie à la Libye
L'analyse géostratégique qui sous-tend cette interview est controversée ne serait-ce que parce que le bail sur Sébastopol a été prolongé en avril dernier jusqu'en 2042, mais l'existence d'un projet de résolution plus modéré est avéré : le ministre des affaires étrangères russe M. Lavrov a confirmé publiquement le 10 octobre dans le magazine Profil que Moscou travaillait sur un projet de résolution "plus équilibré" et la question de l'effectivité du soutien russe à Bachar El-Assad est effectivement posée.
La Russie a présenté son vote du 5 octobre comme un encouragement au dialogue entre le régime baassiste et l'opposition "intérieure", tandis que l'autre opposition, soutenue par les Occidentaux, est considérée comme fabriquée de toute pièce.
Une des figures de cette opposition intérieure est Qadri Jamil du Parti communiste syrien (PCS) qui a rencontré il y a un mois à Moscou le chef adjoint de la diplomatie russe Mikhaïl Bogdanov et le président de la Commission pour les Affaires internationales du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe), Mikhaïl Marguelov. Le PCS, fondé en 1943, a connu de longues périodes d’interdiction et de répression, y compris dans les premières années du régime bassiste. En 1970, Hafez al-Assad l'a réintroduit dans le jeu politique syrien, en en faisant une composante du Front national progressiste. A la fin des années 70, l’hostilité du PCS à la politique libanaise d’Hafez al-Assad l'a contraint à renouer avec la clandestinité, puis il a pu siéger à nouveau au parlement dans les années 1990.Qadri Jamil est le responsable d'une "Commission nationale d'unification des communistes syriens" chargée de réconcilier les factions du PCS. Il dénonce aussi bien le soutien étranger à l'insurrection que la gestion purement policière des manifestations par le gouvernement.
L'ancien diplomate Ignace Leverrier favorable à l'insurrection syrienne estime toutefois que Qadri Jamil n'a pas de légitimité pour incarner une opposition au régime et la possibilitéd'exclure du jeu les "oppositions modérées" ont déjà été souvent exploitées par les Occidentaux.

En tout cas le 7 octobre dernier le président Medvedev a demandé à Assad de démissionner s'il ne se sentait pas capable de réformer son régime, ce qui est le signe des limites du soutien russe au gouvernement syrien dorénavant.

Indépendamment de sa relation avec la Russie, Bachar el-Assad a sans doute obtenu un ballon d'oxygène en acceptant à Doha le 1er novembre un plan de la Ligue arabe prévoyant le retrait des chars de toutes les villes syriennes et le lancement de négociations entre le gouvernement et l’opposition.

Mais des manifestants ont été à nouveau tués les fiefs islamistes de Hama et de Homs.Le gouvernement de Damas lui souligne que 22 soldats et policiers sont morts ce weekend dans des combats (leurs noms sont cités par l'agence Sana) soit 72 depuis le 29 octobre, principalement à Homs, met en cause des éléments liés à Al-Qaida et aux Frères musulmans et dénonce des trafics d'armes aux frontières de la Turquie, du Liban et de la Jordanie.

Le gouvernement baassiste garde des appuis importants dans la population. Le 12 octobre des dizaines de milliers de personnes selon les agences de presse occidentales, un million selon les partisans du régime (les mêmes querelles de chiffres ont existé en juillet autour des manifestations de l'opposition), sont descendues dans les rues de Damas pour remercier la Russie et la Chine d'avoir opposé leur veto, le 4 octobre dernier, à une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU qui condamnait la répression (une manifestation qui rappelait celle organisée par Kadhafi à Tripoli quand il contrôlait encore la moitié Ouest de son pays). Selon l'agence syrienne Sana (photos à l'appui) ils étaient à nouveau un million à Damas le 26 octobre à rejeter l'ingérence occidentale. Les tensions entre pro- et anti-Assad se récpercutent jusque dans la communauté syrienne de Paris (voir le recit de l'occupation violente du centre culturel par des opposants à l'occasion d'une conférence le 27 octobre dernier).

Les pressions et ingérences occidentales restent constantes. Le 4 novembre la porte-parole du Département d'Etat Victoria Nuland a dissuadé les opposants d'accepter les mesures d'amnistie offertes par le gouvernement syrien. Le sénateur américain néo-conservateur républicain McCain a appelé le 27 octobre Washington à lancer une attaque militaire contre la Syrie. Le ministre des affaires étrangères français rallié à l'ingérence impériale Alain Juppé (sous les ordres d'un président de la république qui a menacé l'Iran de frappes militaires préventives dès le mois d'août dernier) avait pour sa part exprimé quinze jours plus tôt de son intention de prendre contact avec le Conseil national de transition syrien, un organe créé sur le modèle libyen. Créé à Istanbul fin août sous les hospices des Frères musulmans turcs de l'AKP, dirigé par le sociologue Burhan Ghalioun, il comprend parmi ses pères fondateurs Moulhem Droubi, haut membre des Frères musulmans syriens, Cheikh Muteih al Butain, responsable du mouvement de contestation dans la ville de Deraa (sud), l'ancien prisonnier politique Khaled al Haj Saleh et l'écrivain Hazem Nahar.

Le 31 octobre le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rassmussen a jugé utile de préciser qu'une intervention militaire de l'Otan en Syrie était totalement exclue... mais ce genre de déclaration n'a généralement qu'une valeur provisoire.

Delphine Jaen

Dimanche 6 novembre 2011
( http://atlasalternatif.over-blog.com/article-la-russie-va-t-elle-lacher-la-syrie-88148008.html )


Lavrov: les appels occidentaux à l'opposition syrienne à refuser le dialogue sont une provocation politique. 

Le ministre russe des affaires étrangères, M. Serguei Lavrov, a qualifié de "provocation politique au niveau international" les appels lancés par les capitales occidentales à l'opposition syrienne à refuser le dialogue avec la direction syrienne.

Dans une conférence de presse tenue aujourd'hui à Moscou, M. Lavrov a mis l'accent sur la nécessité d'arrêter la violence et de le demander aussi des groupes armés qui se sont infiltrés dans l'opposition syrienne.

Il a fait noter qu'au moment où la Ligue arabe appelle à l'arrêt de la violence et à la tenue du dialogue, des capitales occidentales et d'autres pays de la région lançaient des appels tout à fait contraires à l'opposition à ne pas entrer dans un dialogue avec la direction syrienne, ce qui pourrait aboutir à la déstabilisation d'autres pays arabes.

M. Lavrov a mentionné que les nouvelles vagues de tension en Egypte, au Bahreïn et au Koweït pourraient être liées à la situation en Syrie.

En ce qui concerne le projet de résolution, présentée par l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne à l'Assemblée Générale de l'ONU, M. Lavrov a indiqué que les événements qui avaient précédé la tragédie en Libye sont vifs encore dans notre mentalité, où les résolutions du conseil de sécurité ont été mal employées.

21 Nov 2011

http://www.sana.sy/fra/55/2011/11/21/382998.htm


Lavrov: Efforts de certains pays étrangers pour intensifier les troubles.  

Le ministre russe des affaires étrangère, Serguei Lavrov, a fait part, jeudi, à Moscou des efforts déployés de certains pays étrangers pour intensifier les troubles, en Syrie, afin de s’en servir comme  prétexte pour s’ingérer dans ses affaires intérieurs. Lors de la réunion du conseil de coopération permanent russe avec l’Union Européenne, Lavrov, en condamnant la pression sur le gouvernement syrien exercée par certain députés de ce pqys soutenus par les pays étrangers, a mis l’accent sur la résolution des troubles via le dialogue. Les troubles syrien se poursuivent depuis, mi-mars et les terroristes armés en profitent pour sévir contre le gouvernement.

18/11/2011

 


Sabronova : La position de la Russie à l'égard de la Syrie est invariable

Mme Marina Sabronova, professeur à l'institut des relations internationales de Moscou, a indiqué que la position russe à l'égard de la situation en Syrie est invariable et que Moscou ne voulait pas que le scénario libyen se répète sur le territoire syrien.

Dans un entretien accordé à la chaîne "Russie aujourd'hui", Mme Sabronova a souligné que son pays est prêt à rechercher des moyens pour régler la crise en Syrie à condition qu'il n'y ait pas d'ultimatum à n'importe quelle partie.

Mme Sabronova a fait noter que l'opposition refusait de mener des négociations avec la direction syrienne qui avait, elle, réalisé beaucoup des demandes de l'opposition.

Elle a également indiqué que la Ligue arabe, pour jouer le rôle de médiateur, devrait discuter avec les deux parties et non pas imposer un ultimatum à l'une des deux.

http://www.sana.sy/fra/55/2011/11/21/382998.htm

 

Lavrov: les appels occidentaux à l'opposition syrienne à refuser le dialogue sont une provocation politique. 

Le ministre russe des affaires étrangères, M. Serguei Lavrov, a qualifié de "provocation politique au niveau international" les appels lancés par les capitales occidentales à l'opposition syrienne à refuser le dialogue avec la direction syrienne.

Dans une conférence de presse tenue aujourd'hui à Moscou, M. Lavrov a mis l'accent sur la nécessité d'arrêter la violence et de le demander aussi des groupes armés qui se sont infiltrés dans l'opposition syrienne.

Il a fait noter qu'au moment où la Ligue arabe appelle à l'arrêt de la violence et à la tenue du dialogue, des capitales occidentales et d'autres pays de la région lançaient des appels tout à fait contraires à l'opposition à ne pas entrer dans un dialogue avec la direction syrienne, ce qui pourrait aboutir à la déstabilisation d'autres pays arabes.

M. Lavrov a mentionné que les nouvelles vagues de tension en Egypte, au Bahreïn et au Koweït pourraient être liées à la situation en Syrie.

En ce qui concerne le projet de résolution, présentée par l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne à l'Assemblée Générale de l'ONU, M. Lavrov a indiqué que les événements qui avaient précédé la tragédie en Libye sont vifs encore dans notre mentalité, où les résolutions du conseil de sécurité ont été mal employées.

21 Nov 2011

http://www.sana.sy/fra/55/2011/11/21/382998.http

 



1 Lutte pour la libération du territoire

a) Politique Syrienne  

Sur le terrain

La Syrie a rempli la plupart des conditions du plan de la Ligue arabe
Contrairement aux affirmations de "certains médias hostiles", la Syrie a rempli "la plupart des conditions" du plan de sortie de crise mis au point par la Ligue arabe, selon un message du chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem envoyé jeudi au secrétaire général de la Ligue Nabil al-Arabi.
"Le représentant permanent de Syrie à la Ligue arabe informera ses membres sur les mesures qui ont été prises", lit-on dans le message, publié par l'agence d'information SANA.
La situation en Syrie et la mise en œuvre du plan de sortie de crise seront évoquées samedi 12 novembre, lors de la conférence des ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe qui se tiendra au Caire.
Le plan, qui a été accepté par les autorités syriennes le 2 novembre, prévoit plusieurs mesures destinées à "arrêter la violence dans le pays ainsi qu'à prévenir une ingérence étrangère dans les affaires intérieures de la Syrie".
Les opposants syriens continuent toutefois d'affirmer que les autorités continuent de réprimer les manifestations "pacifiques", faisant "de nombreuses victimes".
RIA Novosti
DAMAS, 10 novembre -

http://fr.rian.ru/world/20111110/191918653.html 


Des Canons ... pas du beurre

Mouallaem : des États arabes ne veulent pas voir les bandes armées.

Lors d’une conférence de presse tenue à Damas suite à l’annonce de la l’institution pan arabe, le ministre syrien des affaires étrangères Walid Mouallem a révélé que Damas avait exigé comme modification le fait d’être tenu préalablement au courant des régions que les observateurs voudraient visiter pour leur assurer leur sécurité.

Indiquant avoir été informé la veille de la décision de la Ligue arabe, Mouallem a accusé certains pays arabes de vouloir utiliser la Ligue arabe pour saisir le Conseil de sécurité. Il a reproché à certains États arabes d’entendre parler de l’existence de groupes armés. Et d’ajouter : « s’ils nous imposent de combattre, nous combattrons, quoique nous essayons d’éviter ce choix ». Écartant que l’a Syrie est au stade de la guerre civile, il a déclaré qu’elle n’aura pas lieu en Syrie.

Interrogé par une journaliste syrienne sur les assassinats de civils qui ont lieu dans la ville de Homs, Mouallem a révélé pour la première fois que des groupes armés tuent les gens à la carte d’identité, c’est-à-dire en fonction de leur appartenance religieuse. Laissant entendre que des alaouites et des chrétiens en seraient les principales victimes.

20 novembre 2011.

Al-Manar


Mère Agnès : 164 Chrétiens tués à Homs par les bandes armées

Ces révélations concordent avec les informations annoncées lors d’une conférence sur les Chrétiens d’Orient organisée ce week-end à Beyrouth, dans le Centre catholique de l’information.

Selon Mère Agnès Mariam de la Croix qui a accompagné une délégation de correspondants occidentaux qui se sont rendus dans les différentes régions syriennes, « il y a pas moins de 164 Chrétiens tués à Homs seulement durant ces trois derniers mois ».

« Il y a une grande désinformation sur ce qui se passe en Syrie, comme massacres et atteintes contre les citoyens. En tant que bonnes-sœurs, nous sommes au courant de la situation des Chrétiens autour de nous et nous assurons que 164 ont été tués parmi les Chrétiens, durant ces trois derniers mois, dans la région de Homs seulement. Ce qui veut dire que la situation est dangereuse, non seulement pour les Chrétiens, mais pour tout le monde. Mais les Chrétiens sont les plus menacés, parce qu’ils sont le maillon le plus faible », a-t-elle signalé, selon le site en ligne du Courant partiotique Libre (CPL), tayyar.org.

Mère Agnès a assuré que les groupes armés s’efforcent de défier et d’affronter les forces de sécurité parce qu’il veulent briser le prestige de l’état, et pour semer le chaos dans le pays.
« Je me suis rendu à Homs, à la localité de Karra, en passant par Al Kassir , Nahda’ et Bab Amr, et j’ai vu des cadavres déformés abandonnés par les hommes armés, à droite et à gauche », a ajouté mère Agnès, selon laquelle « tout le peuple syrien est désormais l’otage, et cette région est le berceau d’homme armés inconnus qui ont des armes super-sophistiquées et de grandes quantités de munitions ».

Elle a affirmé que « le Centre catholique de l’information a entre les mains le nom de 500 personnes qui ont été tuées et égorgées et dont les corps ont été découpés dans les rues, puis leurs photos ont été utilisés pour dire que ce sont les forces de l’ordre qui les ont tués ».

« 372 d’entre eux ont été liquidés durant le mois d’octobre, et 800 membres des forces de l’ordre ont été tués aussi jusqu’à cette date », a-t-elle ajouté.

Mère Agnès a fustigé l’Observatoire syrien des droits de l’homme, (OSDH) dont le siège se trouve à Londres et sur lequel se basent les agences de presse internationales dans leurs informations sur le nombre des tués en Syrie. « Le Centre (catholique de l’information, ndlr) lui a demandé la liste des noms, et jusqu’à présent il n’a pas du tout répondu », a-t-elle souligné.

Étaient présents à la conférence plusieurs correspondants d’agence de presse italienne, espagnole, belge, française et américaine. Ils s’étaient rendu en compagnie de mère Agnès dans les régions syriennes les plus chaudes comprenant Damas, Rif de Damas, Maarat anNaamane, Homs, Hamas, AlKassir, et Banias, pour s’enquérir de la situation en général et des conditions des chrétiens en particulier.

Parmi ceux qui ont pris la parole, le journaliste d’investigation américain à l’Institut Craig à Washington, Webster Griven Tarley : « Je voudrais dire à la BBC, à la CNN, et à AlJazeera de cesser leurs mensonges. Nous avons visité les villes de Homs, Banias, Tartous et autres et nous n’avons pas vu une armée en train de tuer son peuple. Mais nous avons vu des bandes d’hommes armés et encagoulés tuer les soldats de l’armée, et nous avons vu des snipers », a-t-il signalé.

A son tour, l’émissaire du journal français Le Libre, Marc Georges a déclaré : « Nous avons visité les villes de homs et de Banias et nous avons parlé aux soldats blessés, et nous avons vu les soldats tués. ce qui se passe sur le terrain n’a rien à voir avec ce qu’on dit dans les médias. Les seules manifestations que nous avons vues sont celles qui soutiennent le régime et non celles de l’opposition. Et les seuls martyrs que nous avons vus sont ceux des soldats de l’armee syrienne et non des civils ». Selon lui, les chaines d’AlJazeera, AlArabiyya et la BBC relatent les évènements comme si elles récitent une leçon qui n’a rien à voir avec les faits.

Manifestation monstre de soutien à Bachar

Justement, et dans la capitale syrienne, une foule immense formée de dizaines de milliers de syriens s’est rassemblée une énième fois ce dimanche. Les manifestants scandaient des solgans qui condamnent la décision de la Ligue arabe et refusent toute ingérence extérieure.

Le CNS propose son programme

Le Conseil national syrien (CNS), qui se déclare l’unique représentant de la révolution syrienne, a annoncé dimanche un projet de programme politique ayant pour objectifs la chute du régime et la tenue d’élections d’une assemblée constituante à l’issue d’une période transitoire d’un an.

Selon ce projet diffusé sur son site internet, le CNS proclame que « la chute du régime syrien et de tous ses symboles est l’objectif de ce conseil qui représente la majeure partie des forces politiques, des groupes de l’opposition et des mouvements dirigeant la contestation ».

Une fois cet objectif atteint, le conseil « dirigera le pays avec l’institution militaire pendant la période transitoire afin de préserver l’unité et la sécurité du pays. »
« Un gouvernement temporaire sera formé et il sera chargé d’organiser des élections libres au bout d’un an sous une supervision arabe et internationale pour désigner une assemblée constituante avec pour mission d’élaborer une nouvelle Constitution », ajoute le texte.

La nouvelle Constitution sera soumise à un référendum et, une fois adoptée, des élections législatives seront convoquées dans un délai de six mois.

Le CNS, lancé officiellement le 2 octobre à Istanbul, n’a été reconnu jusqu’à présent que par les nouvelles autorités libyennes. Ses dirigeants ont toutefois été accueillis par le président français et par le Premier ministre britannique.

20 novembre 2011.

Al-Manar



Les grandes manœuvres

Des bases pour entrainement de mercenaires contre la Syrie...  

Des bases militaires ont été édifiées depuis un an en Arabie saoudite, au Qatar et en Turquie pour entrainer des mercenaires arabes et musulmans et les envoyer en Syrie.
C’est l’agence arabophone irakienne Nakheel News qui a publié cette information, à la foi d’un rapport du département du Proche Orient affilié à un service de renseignements d’un pays européen dont elle n’a pas précisé la nationalité.
Ces mercenaires sont entrainés par des militaires israéliens, américains et turcs, et perçoivent des salaires astronomiques.
Le rapport cite qu’il existe aussi des stations conçues pour transférer des armes en Syrie, via des trafiquants d’armes travaillant entre autre pour la société de sécurité américaine Black Water et dont le siège se trouve à Abu Dhabi et les dirigeants jouissent d’immunité judiciaire. L’une de ces stations se trouve au Liban et en particulier dans les régions qui sont sous le contrôle du chef du courant du Futur Saad Hariri et des Forces libanaises Samir Geagea.
Parmi les armements infiltrés des lance-roquettes d’épaule fabriqués aux États-Unis pour bombarder des sites sensibles.
Ce sont Doha et Riad qui financent l’achat des armements dont la plupart proviennent de dépôts américains, israéliens et turcs.
Mais ce sont les services de renseignements américains qui supervisent et commanditent ces opérations.
Celles-ci consistent à perpétrer des attentats terroristes contre les établissements officiels, et à liquider des personnalités universitaires et scientifiques syriennes.
Le rapport n’exclut pas l’éventualité de perpétrer des attaques contre des diplomates syriens à l’étranger, ou d’incendier des ambassades étrangères en Syrie, pour en incomber la responsabilité à la direction syrienne.
Selon le rapport, les mercenaires ont reçu l’ordre d’intensifier leurs attentats contre l’armée et les forces de l’ordre et contre les civils aussi pour les dissuader de participer aux manifestations de soutien au président syrien.

16/11/2011

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=38086&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=37&s1=1 



Politique des USA

Lles déclarations de Nuland apportent la preuve de la politique américaine soutenant la tuerie.

Une source responsable du ministère des affaires étrangères et des émigrés a condamné vivement les déclarations faites hier par la porte-parole du département d'Etat américain, Victoria Nuland, qui avait "déconseillé" toute personne armée de se rendre aux autorités.

La source a qualifié d' "irresponsables et inexplicables" les déclarations de Nuland, "qui visent, estime-t-elle, à provoquer l'émeute et à soutenir la tuerie et le terrorisme exercé par les groupes armés à l'encontre des citoyens syriens".

La source a précisé que par ces déclarations, l'administration américaine avait démontré une fois de plus son ingérence flagrante dans les affaires intérieures de la Syrie et sa politique soutenant la tuerie et finançant les groupes terroristes en Syrie.

Elle a appelé la communauté internationale à faire face à ces politiques qui se contredisent avec les clauses de la loi internationale et les résolutions du conseil de sécurité relatives à la lutte et au financement du terrorisme.

Notons, que le ministère de l'intérieur a octroyé hier une Amnistie aux détenteurs d'armes et à ceux qui sont impliqués dans l'achat, le port et la distribution d''armes s'ils se rendent dans une semaine.

05 Nov 2011

http://www.sana.sy/fra/51/2011/11/05/380000.htm


Des Canons ... pas du beurre

Pierre Khalaf : Bruit de bottes en Turquie et subversion des pro-américains au Liban et en Syrie.

Une analyse de Pierre Khalaf

Après avoir observé un silence d’un mois au sujet de la Syrie, la Turquie commence de nouveau à hausser le ton contre Damas, preuve d’un projet occidental dont les grandes lignes commencent à se préciser. Selon des informations dignes de foi, la Turquie a commencé à fournir une assistance financière, militaire et logistique à l’opposition syrienne, à la demande des Etats-Unis et avec le concours de certains pays du Golfe, qui jouent le rôle de bailleurs de fonds.

9 novembre 2011

Par ailleurs, la Turquie aurait établi sur son sol des camps d’entraînement pour l’opposition syrienne, à proximité des frontières sud du pays, en prélude à l’établissement d’une zone tampon sur le sol syrien. Le projet prévoit une incursion des forces turques de l’autre côté des frontières afin d’entraîner une décision syrienne d’envoyer sur place des unités de l’armée pour contrer cette agression contre le territoire national. La Turquie pourra alors, conformément à la convention de l’Otan, appeler l’Alliance atlantique à la rescousse. Parallèlement, l’opposition syrienne s’en prendra à des postes de l’armée et des services de renseignement, et les manifestants réclameront l’intervention de l’Otan.

Les États-Unis espèrent aussi mettre le Liban à contribution dans ce complot. Si le gouvernement et la majorité de la classe politique et de la population refusent catégoriquement de se laisser entrainer dans ce sale jeu, une partie des Libanais n’y voient pas d’inconvénients. Il s’agit notamment du Courant du Futur de Saad Hariri, allié pour la circonstance aux mouvements salafistes et extrémistes. Tout ce beau monde a transformé les zones frontalières allant de l’Akkar, au Nord du Liban, à Kaa, à l’Est, en passant par Wadi Khaled, en une base-arrière pour les opposants syriens. Ceux-ci reçoivent armes et argent, mais aussi assistance logistique. Les extrémistes blessés lors des attaques contre l’armée syrienne sont transportés dans des hôpitaux du Liban-Nord pour y être soignés. Toutes ces opérations coûteuses sont financées par de l’argent provenant des pétromonarchies.

Mais il existe au Liban un fort mouvement politique et populaire qui s’oppose à ce que le Liban serve de rampe et de plateforme pour déstabiliser la Syrie.

Aussi bien le projet d’une intervention turque que celui d’une subversion menée à partir du Liban seront voués à l’échec. Car ceux qui ont imaginé ces plans n’ont pas pris en compte la réaction de l’armée syrienne et des alliés de Damas qui ont la capacité de se défendre –et même d’attaquer- sur un front long de plusieurs milliers de kilomètres.

En Syrie, l’Amérique et ses amis torpillent le plan de paix de la Ligue arabe

La crise en Syrie a permis de faire tomber la dernière feuille de vigne qui cachait encore le peu de virilité dont peut se vanter la Ligue arabe, qui était naguère incontournable dans le paysage politique international. Cette institution, ou ce qu’il en reste, n’est plus qu’un instrument que les États-Unis manipulent pour servir leurs propres intérêts.

C’est ainsi que l’initiative arabe a été concoctée par le Qatar dans l’espoir qu’elle soit rejetée par le leadership syrien. De la sorte, le dossier de la crise syrienne serait renvoyé au Conseil de sécurité avec une couverture arabe, selon le même processus observé dans le dossier libyen.

Consciente de la nature du complot dont elle est victime, la Syrie n’est pas tombée dans le piège et a accepté le plan arabe, son principal souci étant de trouver une issue pacifique à la crise et de ne pas embarrasser ses amis des brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud).

Lorsque le Qatar a senti que Damas allait accepter l’initiative, son ministre des Affaires étrangères, Hamad Ben Jassem, a tenu des propos peu diplomatiques, frôlant l’insolence, à l’adresse de la direction syrienne, dans le but de la provoquer et de la pousser à rejeter le plan. Mais c’était mal connaître les dirigeants syriens qui savent garder leur sang froid en période de crise. Aussi, ont-ils accepté le plan et annoncé qu’ils en appliqueraient toutes les clauses. Ils ont libéré quelque 700 détenu et annoncé le retrait imminent de l’armée des villes.

La réaction de Washington, des pays européens et de la Turquie, illustre parfaitement leurs intentions. Au lieu d’encourager toutes les parties à faire preuve de bonne volonté et de sagesse, ils ont mis en doute les intentions de Damas, comme pour encourager l’opposition syrienne à ne pas coopérer. Les États-Unis sont allés beaucoup plus loin en conseillant aux groupes armés en Syrie de ne pas remettre les armes et de ne pas accepter l’offre d’amnistie immédiate présentée par les autorités syriennes. Ensuite, le président du Conseil national syrien (CNS), Burhane Ghalioun, a annoncé du Caire le refus de tout dialogue avec le régime de Bachar el-Assad. Cela signifie, en clair, que l’opposition, appuyée par Washington, torpillait l’initiative arabe.

Au lieu de faire pression sur le CNS, le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Al-Arabi, a multiplié les critiques à l’adresse de Damas. Et avant même que le délai de deux semaines accordée à la Syrie pour mettre en œuvre les clauses du plan ne soit écoulé, la Ligue a accusé la Syrie de ne pas honorer ses engagements et à décidé de convoquer une réunion ministérielle urgente pour débattre de la situation dans le pays.

La collusion entre certains pays membres de la Ligue et les groupes armés en Syrie ne fait plus aucun doute. La convocation de la réunion est intervenue après la défaite cuisante des extrémistes armés qui ont perdu leur bastion de Baba Amr, à Homs, d’où ils terrorisaient la population et harcelaient les troupes régulières.

Selon des sources bien informées, l’Armée syrienne a découvert dans ce quartier un hôpital de campagne souterrain, des dépôts d’armes de tous calibres et une infrastructure insurrectionnelle sophistiquée. Une centaine d’extrémistes armés se sont rendus ou ont été capturés dans les opérations militaires qui ont duré une semaine.

Situé à l’ouest de Homs, Baba Amr avait une profondeur géographique qui le reliait directement au Liban, loin de 22 kilomètres seulement. Armes, argent, matériels et renforts en hommes étaient acheminés via le Liban aux insurgés à travers le village syrien de Kousseir. Sa chute constitue un coup dur aux extrémistes et à leurs soutiens occidentaux. C’est ce qui explique la réaction hystérique de la Ligue arabe.

New Orient News (Liban)
Rédacteur en chef : Pierre Khalaf (*)
(*) Chercheur au Centre d’Etudes Stratégiques Arabes et Internationales de Beyrouth.

Source :

Tendances de l’Orient No 56, 9 novembre 2011.
http://www.neworientnews.com/news/fullnews.php ?news_id=47324

http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2011/nov/04/syria-iran-great-game



c) Pays Arabes & voisins

Irak

L’Irak hostile à des sanctions.  

L'Irak est hostile à l'adoption de sanctions économiques contre Damas et à l'internationalisation de la crise syrienne, a déclaré mardi le gouvernement irakien cité par le site internet arabe Ilaf.
Le gouvernement irakien exprime ses craintes face à une éventuelle ingérence étrangère dans la crise intérieure syrienne. Il se prononce contre l'internationalisation de la crise et l'adoption de sanctions économiques contre la Syrie, selon la déclaration du porte-parole du Conseil des ministres irakien Ali al-Dabbagh.
L'Irak soutient l'initiative arabe pour le règlement de la crise syrienne et reconnaît le droit du peuple syrien à créer un régime démocratique tout en indiquant que "les mécanismes de réalisation de l'initiative approuvés par la Ligue arabe ne permettent pas d'atteindre ces objectifs".
Le ministre irakien des Affaires étrangères Hoshiyar Zebari a qualifié lundi de "violentes" les sanctions économiques que la Ligue arabe entend imposer à la Syrie.
Le 12 novembre, la Ligue arabe a suspendu la Syrie de ses rangs pour avoir violé le plan arabe de sortie de crise. Ce plan prévoyait plusieurs mesures destinées à "arrêter la violence dans le pays, ainsi qu'à prévenir une ingérence étrangère dans les affaires intérieures de la Syrie". La Ligue arabe a également appelé ses membres à rappeler leurs ambassadeurs de Damas, et a menacé le régime syrien de sanctions politiques et économiques.

15/11/2011

http://fr.rian.ru/world/20111115/191988005.html



2 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

2-1 Vidéo : Le chef des rebelles syriens avoue être financé par la CIA .

14-mai-2011

Pour télécharger la vidéo, voici le lien :

http://mai68.org/spip/IMG/flv/Syrie_chef_rebelles_avoue_finance_CIA_14-mai-2011.flv  (Faire un clic droit sur le lien, puis "Enregistrer sous".)


2-2 Vidéo : comite-valmy :  Alerte Syrie !(4’36)

*Communiqué de Presse*

LE PRÉSIDENT DU COMITE VALMY À DAMAS POUR SAUVER LA PAIX EN RÉTABLISSANT LA VÉRITÉ

  Tout n'est que mensonges 

La vérité doit triompher ! 

Témoignage de C. Beaulieu du COMITE VALMY 

vendredi 18 novembre 2011,

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article2037


2-3 Vidéo : rencontre Sarkozy-Bechara Raï,

voir également :
« 
Liban/Syrie : L’Église maronite inquiète des intentions de l’Occident »,

 par Pierre Khalaf,New Orient News, 12 septembre 2011.

http://www.silviacattori.net/article2394.html



2-4 Gilles Munier, répond à Barbier de L’Express.

Dans un encadré titré : « Un site pro-syrien en français », non-signé, paru dans L’Express du 6 octobre 2011, je suis présenté comme une des « cautions morales » du site Internet Info-Syrie et un « fan » du président Bachar al-Assad… Par ailleurs, l’auteur de l’article écrit qu’« ancien secrétaire général des Amitiés franco-irakiennes », je suis « suspecté d’avoir bénéficié de barils de pétrole de Saddam Hussein en récompense de son soutien au régime baasiste ».
Ces informations étant inexactes, voire malveillantes, je vous demande de bien vouloir publier la mise au point suivante, comme le veut la loi de juillet 1881 Je ne suis pas une des « cautions morales » d’Info-Syrie. Fort bien fait, il n’en a pas besoin. Ce site n’a fait que reprendre – comme une dizaine d’autres sites Internet qui font écho à mes écrits – deux articles et une interview donnée à « Algerie-network », site de la diaspora algérienne, parus sur mon blog « France-Irak- Actualité.com » et sur le site d’Afrique-Asie, magazine auquel je collabore depuis quelques années.
Ces articles et cette interview faisaient suite à un voyage que j’ai effectué à Damas et à Hama fin août dernier, en compagnie d’une centaine de personnalités et de journalistes d’horizons divers. Pas plus que les autres participants à ce déplacement, je ne suis un « fan », autrement dit un fanatique, de Bachar al-Assad. Au-delà du mouvement de contestation qui touche plusieurs pays arabes, la Syrie est victime de troubles sanglants manipulés par des membres de l’OTAN dont l’objectif est de perpétuer, avec des partenaires dociles, l’influence occidentale au Proche-Orient et la colonisation de la Palestine par des colons juifs sionistes.
Je suis toujours secrétaire général Amitiés franco-irakiennes (AFI). Le blog « France-Irak-Actualité.com », ainsi qu’ « AFI-Flash », une lettre électronique d’information parvenue à son 120ème numéro, en sont les preuves. Quant aux « barils de pétrole de Saddam Hussein » mentionnés, l’auteur de l’article peut vérifier, sur Internet, que les charges retenues contre moi – dans le cadre de l’affaire Pétrole contre Nourriture – sont : « Trafic d’influence passif commis par un particulier » et « Corruption d’agent public étranger »… Aucune mention n’est faite de détournement de fonds à des fins personnelles. L’aide dont j’ai bénéficié n’était pas versée « en récompense de mon soutien au régime baasiste », mais pour financer des activités programmées par la Conférence de Bagdad que présidait M .Tarek Aziz. La société pétrolière qui soutenait certaines activités des Amitiés franco-irakiennes le faisait sur ses bénéfices, pas sur les fonds irakiens bloqués.
Depuis six ans j’attends le procès de cette affaire avec impatience. En octobre 2005, le juge Courroye m’a condamné à verser, en trois mois, une caution de 80 000 euros, somme réduite en appel à 50 000 euros. Il m’a retiré mon passeport et m’a été interdit de voyager hors du territoire français métropolitain. Cela a duré cinq ans. Imaginez la campagne qu’auraient lancés les médias occidentaux, si au lieu d’être Français, j’avais été un intellectuel syrien, libyen ou chinois, bloqué dans son pays pour l’empêcher de développer ses activités politiques.
Je m’honore d’avoir violé l’embargo criminel imposé par l’ONU qui a causé la mort de plus d’un million d’Irakiens. J’ai dit aux policiers qui m’interrogeaient que si c’était à refaire : je le referai. Pour moi, ce qui se passe en Syrie, par des moyens différents de ceux employés en Irak, n’a rien à voir avec la démocratie et les droits de l’homme. Sinon, expliquez-moi pourquoi l’Occident arme des opposants et leur interdit – pour l’instant – tout dialogue avec Bachar al-Assad et le gouvernement syrien. La tragédie qui se joue en Syrie ne me semble pas avoir d’autre but, dans un premier temps, que de faire entrer ce pays dans la « zone de responsabilité » de l’OTAN et de tenter de renverser le régime.
Dans l’attente de la publication de cette mise au point, je vous prie de croire, Monsieur le Directeur de la publication, à l’expression de mes salutations distinguées,
Addenda : Ce n’est pas la première fois que L’Express publie de fausses informations me concernant. En 2005, Vincent Hugeux, «journaliste d’investigation », m’avait présenté comme « l’animateur » d’un Cercle d’Etude sur le Proche-Orient créé par le « négationniste François Duprat », dirigeant du Front National. S’il s’était rendu au bureau des associations de la Préfecture de police de Paris – le minimum quand on est journaliste – il aurait pu consulter le dossier, lire la déclaration du comité et s’apercevoir de son erreur. Me connaissant – j’étais intervenu pour qu’il puisse se rendre en Irak – il aurait pu me téléphoner pour entendre ma version des faits.
Le problème, c’est que les journalistes d’investigation – à quelques exceptions près – ne quittent leur bureau que pour justifier des notes de frais en France ou à l’étranger, pondent des papiers qui plaisent à leur directeur ou aux actionnaires de leur groupe de presse – généralement des marchands d’armes ou des banquiers -, recopient les informations qu’ils trouvent, ici et là, sans les vérifier sérieusement. Sinon, il y a longtemps qu’ils seraient chômeurs.
J’ai rencontré François Duprat – et ne le regrette pas – dans le cadre d’un article que j’écrivais sur «l’immigration sauvage », thème de campagne du FN dans les années 70, pour la revue France-Pays Arabes. A l’époque, j’étais permanent de l’Association de Solidarité franco-arabe (ASFA) que présidait Louis Terrenoire, ancien ministre du général de Gaulle. Hugeux avait, une nouvelle fois, « tout faux ».
J’ai attaqué L’Express en diffamation. Le magazine avait choisi pour avocat celui de la LICRA… J’ai perdu mon procès. En fait, débouté de ma plainte. J’avais, m’a-t-on dit, mal interprété ce qui était écrit…
François Duprat a été assassiné en 1978, dans des conditions pour le moins mystérieuses. Son Cercle d’Etude sur le Proche-Orient n’a jamais eu d’activités.
Gilles Munier *

Secrétaire général des Amitiés franco-irakiennes,
http://www.france-irak-actualite.com/article-info-syrie-mise-au-point-adressee-a-christophe-barbier-directeur-de-l-express-87981430.html



3 Brèves

3-1 Le chercheur russe Youri Zinine : «La décision de la Ligue arabe sur la Syrie sert les objectifs des forces extrémistes.»

Youri Zinine, chercheur à l'Institut des relations internationales relevant du ministère russe des Affaires étrangères, trouve que la décision de la Ligue arabe concernant la Syrie est susceptible d'escalader la situation dans ce pays et qu'elle sert les objectifs des forces les plus extrémistes qui ne voulaient ni concorde, ni entente.

Dans un entretien accordé au correspondant de Sana à Moscou, M. Zinine a dit que la prise de cette décision par la Ligue arabe contrairement à sa charte suscite l'indignation, indiquant qu'elle apporte une grave préjudice à la région tout entière.

Il a ajouté que la Russie, consciente de la gravité de la répétition du scénario libyen, tient à sa politique de principe en ce qui concerne les événements en Syrie.

Il a de même appelé la Turquie à se rendre compte des impacts de toute mesure qu'elle prendrait, rappelant que les conventions internationales prohibent les interventions dans les affaires intérieures des pays.

20 Nov 2011

 http://www.sana.sy/fra/55/2011/11/20/382896.htm


3-2 Moscou freine pour l’explosion du Proche-Orient.

Hier, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a déclaré qu’une guerre civile en Syrie était possible si l’opposition dans le pays devenait plus forte.

Qu’est-ce à dire exactement ?

L’opposition, déjà très armée et financée par l’extérieur, pourrait-elle prendre le pouvoir dans le sang ? Mme Clinton, bien plus élevée dans la hiérarchie des sociétés secrètes que ne l’est son mari, affirme que ses amis de Washington sont en faveur de manifestations pacifiques et d’une opposition non-violente.

Selon elle, la conclusion est évidente : c’est le président syrien Bachar al-Assad qui a incité l’opposition à « prendre les armes ».

Liesi

La Ligue arabe commence à craquer et face aux pressions occidentales abandonne progressivement le pouvoir syrien. Elle vient de donner trois jours au président Assad pour mettre en œuvre un plan de paix négocié par la ligue, dont on sait pertinemment qu’il sera saboté par des groupuscules financés de l’extérieur et tout particulièrement de la Turquie.Interrogée sur le parallèle que l’on pourrait faire avec la Libye, Hillary Clinton répond : « Personne ne souhaite ce genre d’action vis-à-vis de la Syrie. La Libye était un cas unique. » « Mais ce n’est pas applicable à la Syrie. La Syrie a son propre rythme, et ce qu’a fait la Ligue arabe est un signal clair à Assad lui signifiant que c’en est fini pour lui », a-t-elle renchéri. Dans le même temps, l’agent britannique Catherine Ashton, qui est aussi chef de la diplomatie européenne, s’est rendu à Moscou pour tenter d’infléchir les Russes. Réponse du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov : il s’est déclaré persuadé que des forces extérieures cherchaient à aggraver la situation en Syrie, afin de justifier leur ingérence dans les affaires politiques internes du pays. Ce n’est pas nous qui dirons le contraire.
Rappelons ce que nous écrivions dans notre dernier numéro du 15 novembre. Cela servira de complément à cet article.
L’opération de destruction de la Libye de M. Kadhafi met aussi en évidence un scénario déjà évoqué par LIESI à plusieurs reprises : la balkanisation des Etats du Moyen-Orient. En 2007, le Général Clark mentionnait un plan du Pentagone visant à déstabiliser l’Irak, la Libye, le Soudan et l’Egypte, puis la Syrie, le Yémen, la totalité du Maghreb et l’Iran. Le Pentagone n’inventait rien puisque dès 1982, la revue de stratégie sioniste Kivounim publiait ce programme en hébreu ! Le drame du Liban et de l’Irak y étaient évoqués, puis la « dislocation de l’Egypte », enfin : « Une fois l’Egypte ainsi disloquée et privée de pouvoir central, des pays comme la Libye et le Soudan, et d’autres plus éloignés, connaîtront la même dissolution ». C’est bien la preuve que les événements actuels sont l’exécution d’un plan…
NB. Le plan explicité en 1982 sur le partage de l’Egypte prévoit « une partition du pays avec la création d’un état copte (au sud), et une mosaïque d’entités confessionnelles musulmanes diverses en Basse Egypte. Les affrontements religieux actuels sont tout à fait de nature à conforter ce processus ».
Le folle attitude des Occidentaux à appliquer un plan développé par les sionistes est des plus inquiétants. Non seulement cela confirme le drame économique qui nous menace désormais avec des faillites bancaires retentissantes et des financiers qui se réjouissent déjà d’acheter « pas cher », mais aussi que les complicités entre la Haute finance et les politiciens sont bien réelles.

Liesi

Samedi 19 Novembre 2011

 

http://www.alterinfo.net/Moscou-freine-pour-l-explosion-du-Proche-Orient_a66769.html



4 Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

4-1 Des navires russes en direction de la Syrie ?   

Des navires de guerre russes s'apprêtent à entrer dans les eaux territoriales syriennes, rapporte vendredi le Haaretz citant une agence de presse syrienne. Selon cette dernière, cette action représente un "message clair à l'Occident : Moscou s'opposera à toute intervention étrangère en Syrie", théâtre, depuis mars, d'un soulèvement populaire contre le régime de Bachar el-Assad.

La Russie, alliée de longue date de Damas, refuse que le régime de Assad soit condamné par l'ONU pour la répression sanglante de la contestation populaire, qui a fait quelque 3.500 morts selon les Nations unies.

Depuis le début de la crise, la position de Moscou, soutenant le régime syrien, n'a pas changé d'un iota.

Son Premier ministre, Vladimir Poutine, a appelé vendredi à faire preuve "de retenue et de précaution". "C'est notre position" sur la Syrie, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Moscou avec son homologue français François Fillon.

Le différend entre la Russie et l'Europe sur le dossier syrien s'était encore creusé, jeudi, Moscou accusant l'opposition syrienne de conduire le pays vers "la guerre civile", au moment où l'Union européenne réclamait une fois de plus le départ de Bachar el-Assad. "Bien sûr que si l'opposition a recours à de telles méthodes, cela mènera (...) à une véritable guerre civile", a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à l'issue de sa rencontre à Moscou avec le chef de la diplomatie de l'Union européenne, Catherine Ashton.

M. Lavrov répondait à une question d'un journaliste sur l'attaque, mercredi, d'un centre des services secrets syriens à l'entrée de Damas par "l'Armée syrienne libre", une première depuis le début du soulèvement.

Plus tôt dans la journée, lors d'une autre rencontre devant la presse, le ministre russe avait déjà estimé que cette offensive témoignait de l'aggravation de la situation en Syrie.

Sergueï Lavrov a en outre dénoncé le rôle dévastateur de pays étrangers en Syrie, sans les nommer, estimant qu'ils cherchaient à aggraver les violences dans le but de s'ingérer dans les affaires intérieures. "Nous voyons avec quel empressement des acteurs étrangers essayent d'attiser la confrontation en Syrie, sans doute pour dramatiser la situation dans l'espace médiatique et ainsi obtenir des arguments pour s'ingérer dans les affaires syriennes", a-t-il affirmé dans une référence à peine voilée aux pays occidentaux.

Jeudi dans la matinée, le ministre russe avait par ailleurs réclamé que la communauté internationale appelle enfin aussi l'opposition à déposer les armes. "Nous proposons que tous les Etats qui souhaitent une issue pacifique aux événements en Syrie appellent non seulement les autorités syriennes à cesser la violence mais aussi tous les groupes d'opposition", avait souligné M. Lavrov.

Il avait aussi critiqué, mardi dernier, le plan de sortie de crise adopté lors de la réunion ministérielle de la Ligue arabe le 2 novembre au Caire, ne le jugeant pas assez précis dans son appel à cesser les violences. "La violence en Syrie ne vient pas seulement des structures gouvernementales", avait-t-il déclaré, "la position de la Ligue arabe exige d'être détaillée et concrétisée" sur ce point.

18/11/2011 

INFO REPRISE SUR LE BLOG DE JACQUES TOURTAUX 

http://www.lorientlejour.com/



5 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net

5-1 Louis Denghien : Un regard anglo-saxon, autorisé et honnête sur le drame syrien.

Nous empruntons au site info-palestine.net cet article de Robert Fisk relatif à la situation prévalant en Syrie. Agé de 65 ans, cet Anglais est notamment grand reporter et correspondant à Beyrouth du quotidien britannique The Independant, et considéré comme un spécialiste éminent du Proche-Orient. Quarante et quelques années d’activité lui ont valu une impressionnante liste de prix couronnant son travail. Il est par ailleurs des rares journalistes occidentaux à avoir rencontré – trois fois – Oussama ben Laden. Le quotidien américain de référence The New York Times l’a récemment défini comme « probablement le plus grand reporter britannique à l’étranger« .

C’est dire si son regard sur la crise syrienne est à prendre en compte : assez nettement hostile au départ à Bachar al-Assad et à son régime, son  regard a évolué au fur et à mesure que perdurait la crise. Il a notamment publié récemment pour The Independant des articles sur les victimes militaires et sur la conseillère diplomatique de Bachar – Boutheina Chaabane – qui détonnent parmi le flot de manichéisme et de parti-pris de ses  collègues de Reuters, de l’A.P. ou de l’A.F.P. Nous mettons en ligne ici un de ses articles relatifs à une manifestation de partisans du régime, et en date du 29 octobre : Fisk reconnait le nombre important des participants, et le caractère volontaire de leur présence dans ce rassemblement.

Et il leur donne la parole : les gens qu’il a interrogés parlent donc de la violence quotidienne, qui a déjà frappé certains d’entre eux dans leur entourage ou voisinage. Fisk fait du coup allusion à la situation à Homs, « très mauvaise » , où le simple fait d’avoir offert de l’eau aux soldats peut vous valoir la mort.

Fisk interroge ses interlocuteurs sur l’identité de ces terroristes, ces « hommes armés » dont il ne nie pas, lui, la réalité : on verra que les Syriens ne sont pas en peine d’hypothèses.

Ce qui fait l’intérêt de ce regard de Fisk, c’est sa neutralité, son objectivité pour reprendre un terme fort galvaudé – et peu pratiqué dans les faits – par sa profession : il dit que la violence utilisée par les militaires contre des manifestants désarmés à Deraa, Homs ou ailleurs est – ou a été – un scandale. Il souligne qu’en n’autorisant pas les journalistes étrangers à se rendre dans les points chauds – Homs en ce moment – le régime a commis une « grave erreur » – une erreur qui peut s’expliquer selon nous, sinon se justifier, par la malhonnêteté intellectuelle et le parti-pris idéologique de nombre de journalistes occidentaux ou arabes occidentalisés

Pour autant, Robert Fisk est équitable dans la distribution de ses blâmes : ne qualifie-t-il pas la Ligue arabe comme étant « la plus pathétique et la plus inutile des institutions arabes » ?

Louis Denghien,

http://www.infosyrie.fr/re-information/un-regard-anglo-saxon-autorise-et-honnete-sur-le-drame-syrien/


5-2 T. Slimani : Al-Mouallem : « Le projet du protocole de la ligue comprend des clauses qui violent la souveraineté nationale ».

Damas / Le ministre des AE et des Emigrés, Walid al-Mouallem, a indiqué que le projet du protocole envoyé par la Ligue arabe (L.A.) à la Syrie comprend des clauses reflétant des positions déséquilibrées prises par des Etats membres de la L.A. et du comité ministériel depuis le début de la crise en Syrie, ajoutant que "malgré cela, la Syrie a positivement traité avec la question parce qu'elle tient à la poursuite de l'action au sein de la L.A.".

Dans une conférence de presse tenue aujourd'hui à Damas, M. al-Mouallem a fait savoir que le protocole doit, selon les normes internationales, être le résultat d'un dialogue et de négociations entre deux parties, et non pas un diktat par une partie sur une autre.

Dans ce contexte il a indiqué que "le projet du protocole présenté à la Syrie accorde au comité de la L.A. de larges prérogatives dont certaines atteignent un degré impossible à accepter de violation de la souveraineté nationale".

"Il s'agit d'un antécédent dans le travail des organisations régionales qu'une organisation œuvre contre les intérêts de l'un de ses membres", a-t-il fustigé.

Il a totalement exclu qu'une guerre civile puisse avoir lieu en Syrie, quoi qu'ils fassent, "parce que la maturité du peuple syrien est susceptible d'avorter la zizanie". "Le peuple syrien est capable de défendre son pays et il est le seul pari gagnant de la direction syrienne", a dit le chef de la diplomatie syrienne.

Il a affirmé que ce qui se passe en Syrie est une agression menée par des groupes terroristes armés contre les citoyens, l'armée et les forces de sécurité, précisant que ces groupes sont encouragés par des pays occidentaux.

"La Syrie a reçu une réponse du secrétaire général de la L.A. au message qui lui avait été adressé le 17 de ce mois, lequel comprend des modifications relatives au projet du protocole que le secrétariat de la L.A. nous avait envoyé le 16 courant", a-t-dit.

"La Syrie avait accepté le plan arabe qu'avait approuvé le conseil de la L.A. le 2 de ce mois, mais avant la fin de la période définie par la réunion susmentionnée, un appel a été lancé d'une manière surprenante à tenir une réunion extraordinaire du conseil de la L.A. Au cours de laquelle, une décision a été prise, en violation de la charte de la L.A., de suspendre la participation d'un Etat arabe membre et fondateur. Cette décision a, en outre, prôné des mesures inédites dans l'action arabe commune, dont l'imposition de sanctions économiques au peuple syrien en répondant favorablement aux demandes faites par les Etats-Unis et quelques pays occidentaux deux jours avant la réunion", a ajouté M. al-Mouallem.

Selon al-Mouallem, cette décision a constitué une renonciation totale du plan arabe et une tendance à prendre une décision qui prélude à une intervention étrangère dans les affaires syriennes.

"Le 16 novembre 2011, une réunion a été tenue à Rabat par le conseil de la L.A. au niveau ministériel afin de reprendre l'examen de la situation en Syrie, avec exclusion préméditée de cette dernière, malgré qu'elle ait reçu le 14 de ce mois une note officielle de la part de la L.A. insistant sur la nécessité de sa participation à la réunion, simultanément avec des contacts effectués par des pays arabes incitant, eux aussi, à la participation syrienne pour discuter de la légalité de la décision prise le 12 du mois en cours", a-t-il expliqué.

Et al-Mouallem de poursuivre : "Lors de la réunion de Rabat, une décision a été prise par le conseil de la L.A. avec un projet de protocole concernant la nature juridique et les missions du comité d'observateurs de la L.A. La Syrie, elle, a étudié le projet, puis elle a adressé un message écrit au secrétaire général le 17 de ce mois, annonçant sa disposition à signer le protocole après l'introduction de modifications et d'ajouts préventifs et d'autres objectifs qui n'influent aucunement sur la nature du travail de la mission ni entravent sa liberté d'accomplir sa mission, mais qui visent contrairement à faciliter son travail".

M. al-Mouallem a révélé que la Syrie avait reçu hier soir un message du secrétaire général dont le contenu s'oppose aux déclarations du S.G de la L.A. le 17 novembre 2011, selon lequel, il a indiqué que les modifications syriennes étaient à l'examen, parce que dans le nouveau message, le secrétariat général souligne qu'il n'était pas habilité à répondre aux modifications syriennes et que la mission du secrétaire général, après des consultations avec la présidence du comité ministériel et d'autres pays arabes, consiste seulement à recevoir les interrogations syriennes et non pas à mener des négociations sur la formule du projet de protocole.

"Même si l'image est claire pour nous, je vais répondre au message du secrétaire général de la L.A. en adressant une kyrielle de questions basées sur notre souci de souveraineté nationale et du rôle de l'Etat dans la protection de la sécurité de ses citoyens, et sur notre volonté de clarifier la réalité du travail du comité et de garantir la sécurité de ses membres, puisque le protocole ignore la coordination avec la partie syrienne".

"Je veux que les choses soient claires afin de prendre la décision adéquate, parce que la situation n'accepte ni une hâte ni des réactions, au contraire, elle nécessite une étude rationnelle et attentive", a dit M. al-Mouallem, ajoutant que d'après une analyse logique on trouve que des parties arabes cherchent à utiliser la L.A. comme outil pour parvenir au Conseil de sécurité.

Répondant à une question sur la réponse syrienne à l'escalade diplomatique et politique aux niveaux, arabe, régional et islamique, le chef de la diplomatie syrienne a indiqué que ces pressions se poursuivent depuis le début de la crise de la part des Etats-Unis, de l'Union européenne et, aujourd'hui, des pays

arabes, estimant que cela reflète la valeur réelle de l'ampleur de la résistance du peuple syrien.

"Si la guerre nous était imposée, nous allons combattre; mais nous espérons et nous travaillons de telle sorte que la guerre ne nous serait pas imposée", a dit al-Mouallem, soulignant que la Syrie "n'est pas dans le besoin d'un soutien logistique de la part des pays arabes", et que Damas poursuit la coordination avec les amis russes à chaque étape.

Concernant la coïncidence de la position de L.A. et l'annonce par l'opposition de son projet pour la période prochaine, al-Mouallem a répondu : "J'espère que la position de la L.A. n'est pas ainsi corrélée. En tout cas, nous allons répondre au message du secrétaire général par nombre de questions en toute responsabilité, or, ce que fait le conseil d'Istanbul, c'est son affaire".

A propos des points du protocole qui touchent à la souveraineté de la Syrie, al-Mouallem a indiqué qu'il y en a beaucoup du fait que ce protocole qui est composé de trois pages néglige totalement d'une part le rôle de l'Etat syrien dans la protection de la sécurité des observateurs, et d'autre part la coordination entre les deux parties, se demandant comment cette commission pourrait aller où elle veut sans cette coordination.

"Nous n'allons pas restreindre le déplacement de la commission partout où elle veut aller en Syrie. Ce que nous avons demandé, c'est d'informer la partie syrienne de chaque lieu où cette commission va se rendre afin d'assurer sa protection. La commission sera libre et nous n'avons rien à cacher", a martelé al-Mouallem.

"La commission doit voir les meurtres, les décapitations et les crimes commis contre les citoyens, les soldats et les forces de sécurité syriens, c'est le minimum que puisse faire la L.A.", a-t-il fait noter.

Le ministre a poursuivi en disant que "Ce qui se passe en Syrie, ce sont des groupes armés qui attaquent les citoyens, les forces de l'ordre et les forces armées", soulignant que le peuple syrien est en mesure de défendre sa patrie.

Interrogé sur une éventuelle guerre civile en Syrie, al-Mouallem a déclaré "Si vous lisiez les déclarations proférées par la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, et son homologue turc, Ahmet Davutoglu, vous sentirez qu'ils poussent vers la guerre civile"

"Il n'y aura pas de guerre civile; notre peuple peut mater cette sédition. J'ai une grande confiance en la maturité, la cohésion et l'unité nationale de notre peuple, c'est pourquoi il n'y a pas lieu de s'inquiéter", a affirmé al-Mouallem.

Répondant à une question sur les efforts arabes et si la crise en Syrie pourrait être internationalisée, al-Mouallem a signalé : "Nous allons utiliser toutes les issues disponibles dans l'action arabe commune, et nous allons répéter ceci jusqu'à ce que les Arabes disent : Nous ne voulons pas de vous au sein de la ligue", précisant qu'il adresse ses paroles à la L.A. et non pas aux peuples arabes.

Le ministre al-Mouallem a déclaré que le dialogue national est le fondement principal pour l'édification de la Syrie.

Il a ajouté que le dialogue ne doit pas être tenu seulement entre le pouvoir et l'opposition, car il y a une tierce partie qui est beaucoup plus importante, à savoir le peuple syrien qui devrait être représenté dans ce dialogue. "C'est pourquoi le dialogue doit être tenue à Damas", a souligné al-Mouallem. Il a dit que tout membre de l'opposition nationale qui veut participer à ce dialogue sera le bienvenu.

En réponse à une question sur les assassinats et les enlèvements de citoyens à Homs, al-Mouallem a déclaré que les positions de certains pays occidentaux encouragent et poussent à de tels crimes, faisant noter

que ces pays et la Ligue arabe ignorent la présence de tels groupes armés qui tuent selon l'appartenance identitaire.

En ce qui concerne les nouvelles de l'arrestation de plusieurs dizaines d'hommes armés dans des villes syriennes, al-Mouallem a confirmé ces nouvelles qui montrent le grand nombre des terroristes armés et leur armement, soulignant l'importance de préserver la sécurité des citoyens.

Sur le soutien de la Russie à la Syrie, le ministre des Affaires étrangères a déclaré qu'il y a un ancien traité entre les deux pays signé en 1980, faisant noter qu'en ce moment, il n'y a pas d'état de guerre, mais plutôt la Syrie est pratiquement face à des groupes armés qui agressent les gens.

Quant aux propos de certains médias turcs sur des plans turcs pour imposer une zone d'exclusion aérienne ou d'une zone "No man's land" et pourquoi la diplomatie syrienne adopte une position calme, al-Mouallem a noté que le monde entier a vu le prétexte d'imposer une zone d'exclusion aérienne sur la Libye pour protéger les civils et combien de victimes sont tombées à cause de cela ?, ajoutant : "J'accepte la critique de la diplomatie syrienne avec calme…le rôle de la diplomatie existe depuis la nuit des temps, et j'espère que la langue de la diplomatie reste répandue".

En ce qui concerne les déclarations de guerre lancées par le ministre de guerre israélien Ehud Barak, M. al-Mouallem a indiqué qu'Israël est un ennemi qui a usurpé les territoires syriens et donc nous ne lui adressons pas de message, ajoutant que ces déclarations rendent les gens plus déterminés à s'attacher à leur direction politique.

En ce qui concerne les positions des pays voisins, dont certains, comme la Jordanie, ayant reçu des opposants, al-Mouallem a dit qu'il n'est personnellement pas satisfait de leurs positions, ajoutant qu'il ne peut pas confirmer ou nier ces informations et que ce sont les Jordaniens eux-mêmes qui doivent les confirmer ou les infirmer.

Il a souligné qu'il y a divers groupes de l'opposition, "certains d'entre eux veulent le dialogue tandis que d'autres le rejettent", ajoutant que "ce qui s'est passé au Caire avec la délégation syrienne qui a été agressée montre que cette opposition ne veut pas de dialogue". 

A.A. / T. Slimani

20 Nov 2011

http://www.sana.sy/fra/51/2011/11/20/382843.htm


5-3Ahmad Badreddine Hassoune - Mufti de Syrie  - : « L’opposition a tenté de me séduire».  

Le mufti syrien Ahmad Badreddine Hassoune a révélé avoir été sollicité par des parties de l’opposition syrienne pour se démarquer du président syrien Bachar El Assad et rallier leurs rangs. Ce qu’il a refusé catégoriquement
Dans un entretien accordé à la télévision iranienne arabophone AlAlam, cheikh Badreddine souligne que des représentants de ces parties l’ont rencontré pendant trois heures durant lesquelles ils lui ont suggéré de quitter la Syrie, ce à quoi il s’est refusé, leur demandant de lui donner l’alternative. Alors qu’ils lui affirmaient qu’il fallait coute que coute renverser le régime syrien, et par la suite choisir la voie de la reconstruction.
Le mufti syrien souligne avoir fait l’objet de menaces, du moment qu’il leur a dit qu’il n’est pas question qu’il quitte le pays dans des conditions pareilles : «  ils ont mis a exécution leurs menaces en tuant mon fils Sariya. Ils voulaient de la sorte casser ma décision », explique-t-il. Réaffirmant que le président syrien n’est pas attaché au pouvoir et qu’il est même indifférent du pourvoir, il a signalé avoir à plusieurs reprises suggéré aux dirigeants de l’opposition de venir en Syrie le rencontrer.
Selon lui, la Syrie est punie aujourd’hui  parce qu’elle a empêché la division du Liban, lutte contre les projets de dissension dans la région, soutient le peuple palestinien et la résistance et parce qu’elle est proche de l’Iran.
Cheikh Hassoune a nié les allégations selon lesquelles l’Iran tente de convertir la Syrie au chiisme, en appelant à visiter ce pays pour prendre connaissance de la condition de la communauté sunnite, de ses écoles religieuses, qui diplôme des milliers d’étudiants dans les différentes régions sunnites.
S’adressant à l’opposition syrienne et en particulier à la confrérie des Frères musulmans, il les a invités à rentrer en Syrie, et à présenter leurs programmes pour voir s’ils servent les intérêts du pays.
Il a mis en garde contre toute velléité de porter atteinte à la Syrie, «  car cette terre enflammera tous les ennemis ».
«  L’agression contre la Syrie est grande et les complots occidentaux se poursuivent pour diviser la Syrie », avait-il commencé son entretien, rappelant le rôle endémique des Français et des Anglais, et dont le complot englobe tous les aspects culturels, économiques, politiques, sociaux et autres...
Il rappelle que le comportement des arabes d’aujourd’hui à l’encontre de la Syrie rappelle celui des Arabes, la veille de l’éclatement de la guerre imposée contre l’Iran par l’Irak en 1979. 
Et d’affirmer que la Syrie soutient et soutiendra tout état ou groupe qui lutte contre les politiques colonialistes.

15/11/2011

Al Manar


5-4 Comite-valmy : SAUVER LA PAIX EN RÉTABLISSANT LA VÉRITÉ

Depuis une semaine, accompagné de personnalités françaises et francophones, Claude Beaulieu, ---Président du Comité Valmy, est présent en Syrie, à l’invitation du Patriarche des Chrétiens d’Orient.

Il a eu l’occasion d’observer la réalité de la situation et il a pu faire de nombreuses rencontres, notamment avec le Patriarche orthodoxe russe Cyrille, quand celui-ci est venu exprimer la solidarité du peuple russe avec le peuple syrien.

Aujourd’hui, Claude Beaulieu tient à témoigner de ce qu’il a constaté sur place.

 

1) Le scandale de la propagande guerrièrevéhiculée par les médias occidentaux

A écouter les médias occidentaux, l’armée et la police syrienne seraient devenues des hordes sanguinaires qui massacreraient le peuple. La réalité ridiculise ce grossier mensonge, dont le seul but est de justifier une invasion guerrière.

Sur le terrain, nous constatons que les meurtres et les attentats, mensongèrement attribués par les médias français aux forces syriennes, sont en réalité le seul fait de groupes armés étrangers ou de salafistes syriens extrêmement minoritaires, qui tirent sur la foule et sur les militaires pour créer le chaos et pour fabriquer des images trompeuses, à destination des médias complices des va-t-en-guerre occidentaux.

Les policiers et les militaires syriens doivent à la fois déjouer ces pièges, protéger les populations et mettre hors d’état de nuire ces criminels fauteurs de guerre.

Cette mission est d’autant plus difficile que les groupes en question sont soutenus, armés et financés par les USA et l’Union européenne, comme l’a avoué leur chef, Khaddam 

:

Le chef des rebelles syriens avoue être financé par la CIA 14-mai-2011

2) La force de l’union nationale syriennecontre l’éventualité d’une agression occidentale

Il ne se passe pas un jour sans manifestations de masse, au cours desquelles les Syriens se retrouvent dans les rues pour exprimer leur volonté unitaire patriotique et pour soutenir le gouvernement légitime.

Cette vigueur à défendre la souveraineté de la nation syrienne transcende les clivages politiques et confessionnels ; elle soude le peuple, fermement décidé à résoudre par lui-même ses difficultés en restant maître de son destin et en respectant la légalité.

Malgré les crimes et les exactions commis par les terroristes, la manipulation visant à exacerber les clivages confessionnels échoue : dans une clairvoyance exemplaire, le peuple syrien se rassemble et démontre encore une fois l’invincibilité et la cohérence de l’attachement à la souveraineté populaire, de la laïcité et de la prééminence du Droit.

Les opposants syriens préfèrent majoritairement éviter à leur pays une intervention étrangère plutôt que rallier le Conseil national syrien, dans lequel ne se regroupent en définitive que des aventuriers instrumentalisés par les ennemis de la Syrie et des extrémistes salafistes qui envisagent de transformer le pays en place forte d’Al Qaïda.  

Dans ces conditions, le Président du Comité Valmy appelle les Français à la plus grande vigilance sur les informations et reportages diffusés par les médias français, déjà coupables d’avoir travesti la réalité pour rendre possible les agressions sur la Côte d’Ivoire et la Libye.

Il souhaite, sans illusion, que la diplomatie française prenne conscience que son asservissement aux Etats-Unis - qui construisent une manipulation de plus pour justifier une agression guerrière de plus - n’est pas une erreur, mais une faute.

De par l’Histoire, la France a une responsabilité particulière envers les peuples syriens et libanais. Tout gouvernement qui l’oublierait ne serait pas un authentique gouvernement français mais un pitoyable exécutant états-unien.

Que la faute libyenne ne soit pas répétée en Syrie !

Claude Beaulieu   

Pour voir la vidéo et lire l'article, cliquer ici :  http://mai68.org/spip/spip.php?article3455



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


04/11/2011

n°20 - Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion - 03-11 - 1ap - : « Syrie : Puisque la vérité n’est pas donnée !

 



n°20  - Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion - 03-11 - 1ap - : « Syrie : Puisque la vérité n’est pas donnée !


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Analyse -  Géopolitique et stratégie – RéflexiondeSyrie

n°20                             03-11

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier Syrie : Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion  est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm


NB : Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire :  

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Robert Bibeau : LE « PRINTEMPS ARABE » – L’AGRESSION CONTRE LA SYRIE.

1-2 René Naba : Des dangers d’une lecture occidentaliste des soulèvements dans le Monde arabe.

1-3 Louis Denghien : Manifs & manips.

1-4 Fida DAKROUB : Remarques sur la guerre impérialiste contre la Syrie.

1-5 Thierry Meyssan : Les Chrétiens d’Orient s’érigent en remparts face au nouveau colonialisme occidental.

2-1 Mouna Alno-Nakhal : « Syrie : Puisque la vérité n’est pas donnée ! »

2-2 Roland Dumas et Jacques Vergès : « Sarkozy sous BHL », une grenade dégoupillée dans la cour de l’Elysée.

2-3 Gearóid Ó Colmáin « Une culture de violence, de mort et de drogues ».

3 Annexe

 « 3-1 Robert Bibeau : "PRINTEMPS ARABE " TUNISIE – L’ART D’AVANCER EN ARRIÈRE !



1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Robert Bibeau : LE « PRINTEMPS ARABE » – L’AGRESSION CONTRE LA SYRIE.

LE « PRINTEMPS ARABE »,  UN SOULÈVEMENT APOLITIQUE ?

Le « Printemps arabe » est-il un mouvement de libération néo-coloniale  spontané,  anarchique et apolitique, issu de la rue et visant à hisser cette civilisation séculaire au diapason de la modernité contemporaine (« démocratie » bourgeoise, laïcité hypocrite, « liberté » d’expression factice, désintégration familiale, narcissisme social, criminalité effrénée, décadence morale, chômage chronique, pauvreté endémique, guerre de rapine et génocide, etc.) ? Ou plutôt, n’est-ce qu’une vaste conspiration pilotée depuis Washington et exécutée dans chacune des capitales arabes concernées selon une projection machiavélique concoctée par les maîtres du monde ? 

 

Tariq Ramadan, analyste politique reconnu, tout en se défendant d’être suspicieux, suggère que Washington sait tout et manipule tout en coulisse.

L’auteur pense même, à l’instar du général américain David Petraeus, que les jeunes « Twitters » du Caire et de Tunis – qui auraient provoqué la débâcle arabe (!) – ont été formés en Serbie et exfiltrés vers les pays arabes, notamment par la firme américaine Google, pour y soulever les populations en vue d’un réalignement des politiques états-uniennes dans cette région du monde convoitée par l’impérialisme chinois (1).

Monsieur Ramadan a aussi découvert dans la foulée de la rédaction de son opuscule sur « L’Islam et les soulèvements arabes » (à paraître) que, pour comprendre un phénomène politique de cette envergure, il faut également considérer les facteurs économiques et historiques dans lesquels s’inscrivent ces événements. Conclusion juste et pertinente, dirons-nous. L’économie est l’assise du politique et le politique soutient le développement des rapports de production sociaux. Nous le savions depuis Marx, il est toujours rassurant de l’entendre confirmer (2).

 

Selon le docteur Ramadan, la force et la  faiblesse du « Printemps arabe » résideraient dans son « apolitisme ». Aucune idéologie n’orienterait ses protagonistes qui seraient ainsi « libres » de leurs mouvements – toutefois dirigés en sous main par David Petraeus, de son propre aveu – ! Tout cela est fallacieux comme nous allons le démontrer.

 

L’idéologie qui oriente et dirige les divers mouvements du « Printemps arabe » (car chaque soulèvement national a sa propre historicité), c’est l’idéologie petite-bourgeoise (classe moyenne) réformiste – opportuniste – qui souhaite conserver le capitalisme mais sans les tares du capitalisme, une sorte de capitalisme humanitaire et débonnaire, à l’image des slogans que l’on retrouve ces temps-ci sur les affiches des « indignés » de Wall  Street soutenus par Jim Flaherty (ministre conservateur des finances du Canada) et par le multimilliardaire George Soros (3). Un capitalisme réformé sans néo-colonies exploitées, sans dictateurs imposés, sans inégalités sociales, sans injustices, sans guerres de rapines, sans supers riches, sans ultras pauvres, sans chômage, sans spéculations boursières, sans crise économique et sans guerres de repartage des régions d’exploitation. Un capitalisme où la grande bourgeoisie milliardaire (1 % de la population, selon les indignés), ainsi que les petits-bourgeois – courroies de transmission du système social – conserveraient la propriété des moyens de production et leurs biens – mal acquis.    

Cette « nouvelle » idéologie apolitique, altermondialiste, post-néolibéraliste, écologiste, verte, social-démocrate en fait, est aussi vieille que le monde ouvrier lui-même. Proudhon, Saint-Simon et Kautsky professaient cette religion préscientifique bien avant les internautes, les Twitters des réseaux sociaux – formés à Belgrade – ou encore les conférenciers indignés formés à Paris.

 

LE CAS SYRIEN – LES CHRÉTIENS SYRIENS SACRIFIÉS

Afin de mieux comprendre le « Printemps arabe » et de mieux connaître les orientations idéologiques et politiques promues par ses protagonistes « apolitiques », nous allons examiner le soulèvement syrien.

Les impérialistes français ciblent la communauté chrétienne d’Orient en ce moment, pourquoi ? Comparons la position politique impérialiste envers la communauté religieuse juive et envers la communauté chrétienne au Proche-Orient. Chaque fois que l’on fait allusion à la désintégration de l’État sioniste israélien, les diacres et les sous-diacres des lobbys israéliens implantés en sol occidental crient au génocide contre les millions de  descendants d’Abraham, qui seraient retournés candidement, leur Exode millénaire terminé, sur la « terre de leurs ancêtres, laquelle leur aurait été donnée » par leur dieu Yahvé – en contradiction avec Jésus-Christ, Allah et tous les autres dieux imaginés par l’homme… Vous avez donc le choix, vous êtes pour ou contre Yahvé, selon eux.

 

Évidemment, le fait que ces centaines de milliers de descendants de la « race religieuse juive » soient pour la plupart athées ou agnostiques et aucunement de descendance araméenne, phénicienne, cananéenne, ou de l’un quelconque des peuples du Proche-Orient pré chrétien, ne fait pas sourciller le moins du monde les monastiques du retour « d’exode » des douze tribus d’Israël pourtant jamais déportées, selon l’historien Shlomo Sand (4).

 

Récemment, le petit empereur des Français réglait prestement le sort de quelques millions de chrétiens d’Orient, d’authentiques autochtones convertis depuis plusieurs siècles à la religion du Christ (un ex-juif en cavale). Voici le morceau d’ignominie proféré par Sarkozy, tel que nous le rapporte un observateur de la scène politique :

« Reçu à l’Élysée le 5 septembre 2011, S. B. Bechara Boutros Rai, Patriarche Maronite d’Antioche et de Tout l’Orient (c’est-à-dire chef de la principale Église de rite oriental rattachée à Rome) s’est entendu dire que la France et ses alliés interviendraient prochainement militairement en Syrie pour y porter au pouvoir les Frères musulmans. Les chrétiens d’Orient, qui n’auraient alors plus leur place au Levant, devraient se préparer à l’exode et pourraient trouver refuge en Europe. » (5) 

C’est aussi machiavélique que cela. Des syriens nés de mères et de pères syriens  sur ce sol qui leur appartient depuis des générations et des millénaires, devraient simplement se préparer à l’exode – c’est-à-dire au même sort que les réfugiés palestiniens – et abandonner leur terre généreuse et leurs frères arabes, et s’expatrier hors de leur continent pour la raison que les agressives puissances occidentales en déclin veulent renverser le gouvernement de Bachar el-Assad qui refuse de se plier à leurs ordonnances et poursuit sa politique indépendante d’alliance avec l’Iran et de rapprochement avec le groupe de Shanghai (impérialisme chinois). 

 

Ceux-là  (maronites, melkites, orthodoxes, arméniens, etc.) peuvent bien être déracinés pour toujours de leur terre millénaire mais pas les ashkénazes occidentaux importés récemment (moins de soixante ans) d’Europe, ni les pseudos religieux juifs – athées –, transplantés de Russie et des États-Unis, car, nous dit-on, on ne déracine pas un « peuple » de sa terre, encore faudrait-il que ce soit « sa » terre (6) !

 

LE DÉROULEMENT DU « SOULÈVEMENT » SYRIEN

Malheureusement, le petit Gengis Khan de notre temps a pris les devants inconsidérément et l’agression impérialiste occidentale (États-Unis, France, Royaume-Uni et Israël) contre la petite Syrie « démunie » (croient-ils) a dû être retardée car l’écrasement de la petite Libye esseulée ne s’est pas déroulé comme prévu par les services secrets français et américains. On peut penser, d’une certaine façon, que le peuple libyen par sa résistance a protégé, pour un temps du moins, le peuple syrien de la mainmise occidentale. Maintenant que la Libye semble rapatriée dans le giron des puissances impérialistes atlantiques (OTAN) et sortie de la besace impérialiste chinoise… – « La guerre (libyenne) a désespéré nos partenaires. Les Chinois ont ici 20 milliards de dollars de contrats, les Turcs 12 milliards. Viennent ensuite les Italiens, les Russes, puis les Français. Ce n’était pas leur intérêt de laisser faire cette agression, encore moins d’y participer. Probablement certains ont–ils reçu des compensations en dessous de table (…) » – Depuis l’exécution extra judiciaire du chef d’État Mouammar Kadhafi, l’OTAN peut maintenant porter toute son agression sur sa proie syrienne, un autre pays qu’elle veut ravir à l’alliance de Shanghai concurrente (7). 

Cependant l’agression occidentale contre la Syrie marque le pas et ne parvient pas à atteindre ses objectifs stratégiques, ni même à provoquer la guerre civile généralisée promise par les potentats occidentaux. Cela est dû en partie aux minorités religieuses arabes syriennes qui n’ont pas suivi le mot d’ordre des mercenaires et des agents des services secrets étrangers (notamment du Mossad) infiltrés à partir de la frontière du Golan Syrien – occupé – tout proche (8).   

Même que ces minorités religieuses, qui se considèrent comme des syriens de langue et de culture arabe et de confession chrétienne (sentiment d’appartenance nationale forgé par les rapports de production capitalistes bourgeois), s’érigent en rempart face au néo-colonialisme occidental. Les syriens arabes chrétiens ont bien compris que les puissances impérialistes en déclin les sacrifieront sans pitié sur l’hôtel de leur cupidité et de leur guerre inter impérialiste (OTAN contre Alliance de Shanghai).

 

Mère Agnès Mariam de la Croix ne disait pas autrement devant Thierry Meyssan :

 « La survie des chrétiens en Orient ne pourra plus être débitrice d’un quelconque protectorat ou Sublime Porte ; notre avenir dépend du mariage convaincu des chrétiens avec leurs frères qui cohabitent avec eux en Orient, en qui ils reconnaissent des frères de sang par delà les divergences confessionnelles qui sont moins grandes qu’elles ne paraissent. » (9).

 

LES OBJECTIFS DE L’AGRESSION IMPÉRIALISTE EN SYRIE

En Syrie l’objectif des puissances impérialistes en déclin (OTAN) n’est pas de mettre la main ni de contrôler une production quelconque de pétrole ou de gaz naturel (comme en Libye). La Syrie, territoire découpé dans l’empire Ottoman déclinant (1916, accords secrets Sykes-Picot), par les deux plus grandes puissances impérialistes de l’époque – France et Grande-Bretagne – est située sur un vaste plateau calcaire et métamorphique (Hamada) peu propice aux hydrocarbures (10). 

En Syrie, l’objectif de l’agression impérialiste occidentale – stoppée momentanément au Conseil de sécurité par le veto russe et chinois – est de briser le maillon faible de l’Alliance de Shanghai dans cette région ; d’affaiblir les forces de la résistance au Liban en leur coupant leur base arrière et leur voie de ravitaillement  (en prévision d’une prochaine agression contre le Liban) ; de chasser les organisations de la résistance palestinienne qui trouvent refuge à Damas ; d’affaiblir l’Iran, allié de la Syrie et de la Chine ; de faire pression sur la Turquie (via la communauté Kurde syrienne) pour qu’elle cesse le déploiement de sa politique étrangère indépendante en direction de l’Orient ainsi que son rapprochement avec la Chine. Voilà les raisons pour lesquelles les chrétiens d’Orient devraient périr sur le mausolée de la cupidité de leurs ex-suzerains.

 

Afin de parvenir à ces objectifs et renverser le gouvernement Baas légalement au pouvoir en Syrie, les puissances occidentales, trop faibles pour mener seules l’offensive, comme elles l’ont démontré en Libye, ont imaginé soutenir les Frères musulmans – des intégristes islamistes réactionnaires que le maelström médiatique occidental a tant décriés un certain temps – et qui deviennent soudainement la solution de rechange « démocratique » au gouvernement laïque légalement élu en Syrie.

 

Quelle hypocrisie que de se camoufler derrière l’obscurantisme religieux pour proclamer et imposer les valeurs impérialistes occidentales à des peuples qui n’en veulent pas. Comme le clame un syrien de la rue, « Qui a décidé que les valeurs décadentes de l’Occident et sa farce « démocratique » étaient des valeurs et des dogmes universels, valables pour toute l’humanité ? ». Les colonialistes des siècles passés ne disaient pas différemment pour justifier le massacre des noirs africains, des indiens d’Amérique, celui des chinois pendant la guerre de l’Opium.

 

« Malheureusement l’Occident a balayé le concept d’appartenance à la terre, à la famille, à l’ethnie, et somme toute celui d’identité ontologique. Son modèle est basé, non pas sur la reconnaissance de l’individu, mais sur des intérêts périphériques (…) des multinationales… ».  Mère Agnès Mariam de la Croix (11).

 

Voilà les propos d’une soeur qui vit dans une société où le tsunami de l’industrialisation capitaliste n’a pas encore tout ravagé. Malheureusement, cela viendra et les rapports de production industriels capitalistes saccageront tous ces concepts et toutes ces valeurs d’altérité qui lui tiennent tant à cœur.

 

Ainsi va la vie du développement impérialiste qui balaie toute autre modèle de développement économique et social sur son passage, ne tolérant aucun concurrent. Les enragés de Tunis, du Caire, de Tripoli, d’Alger, de Damas et de Sanaa devront  confronter ce système d’exploitation le jour où ils souhaiteront le renverser afin d’éradiquer totalement ses méfaits et ses calamités.

 

L’impérialisme, qu’il soit de source américaine ou d’origine chinoise, c’est l’anarchie de la production développée non pas pour le bien-être des peuples et des travailleurs mais essentiellement pour l’accumulation des profits dans les mains d’immenses oligopoles multi milliardaires; et la Syrie devra y passer, elle aussi, mais la Syrie choisira elle-même la voie de son intégration au camp impérialiste. Il semble que la bourgeoisie syrienne ait choisi l’Alliance de Shanghai en ascension plutôt que l’OTAN déclinant et elle paie présentement le prix de ses choix. C’est son droit.

 

Le droit et le devoir des travailleurs syriens consistent à renverser ce régime et cette oligarchie Baasiste, non pas pour les remplacer par les Frères musulmans obscurantistes à la solde de l’Occident, mais pour s’emparer de tout le pouvoir d’État à leurs propres fins (c’est la conscience politique de classe pour soi, écrivait Marx).

 

 (1) Nick Fielding et Ian Cobain, 18.03,2011. Déclaration de David Petraeus. http://www.centpapiers.com/l%e2%80%99operation-d%e2%80%99espionnage-des-etats-unis-pour-manipuler-les-reseaux-sociaux-sur-internet/84293

 (2) Tariq Ramadan  7.09.2011  Montréal. Conférence de la CAM.  Sur Youtube.

(3) Les « indignés » http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/canada/201110/13/01-4457015-occupons-wall-street-jim-flaherty-appuie-les-manifestants.php et http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/canada/201110/13/01-4457015-occupons-wall-street-jim-flaherty-appuie-les-manifestants.php 

(4) Shlomo Sand.  Sur Dailymotion.   http.com/video/x7okoe_peuple-juif-invent-shlomo-sand_news

(5) Thierry Meyssan. 7.10.2011. http://www.voltairenet.org/Les-chretiens-d-Orient-s-erigent  

(6) http://www.slate.fr/story/32509/la-mosaique-des-chretiens-dorient

(7) http://www.voltairenet.org/La-guerre-contre-la-Libye-est-une
(8)
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/09/01/syrie-nouvelles-perquisitions-a-hama-demission-du-procureur_1566048_3218.html

(9) http://www.voltairenet.org/Les-chretiens-d-Orient-s-erigent  

(10) http://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_Sykes-Picot   et http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9ographie_de_la_Syrie    

(11) http://www.voltairenet.org/Les-chretiens-d-Orient-s-erigent

Robert Bibeau

26.10.2011

http://www.centpapiers.com/le-%c2%ab-printemps-arabe-%c2%bb-%e2%80%93-l%e2%80%99attaque-contre-la-syrie/85260


1-2 René Naba : Des dangers d’une lecture occidentaliste des soulèvements dans le Monde arabe.

Loin de moi toute polémique, mais gardons nous d’une lecture occidentaliste des soulèvements populaires dans le Monde arabe.

Si la critique est nécessaire pour le bon fonctionnement de la démocratie, une pédagogie politique des peuples commande que la critique porte sur tous les aspects du problème, dont une lecture fractale pointera immanquablement les tortuosités du discours dominant occidental.

Primo : Au delà des vives critiques fondées sur les tares du pouvoir syrien, la déstabilisation de la Syrie vise à compenser le basculement de l’Egypte dans le camp de la contestation arabe et à rompre la continuité stratégique entre les diverses composantes de l’axe de la résistance à l’hégémonie israélo-américaine en coupant les voies de ravitaillement du Hezbollah au sud Liban.

L’effet secondaire est de détourner l’attention sur la phagocytose de la Palestine par Israël avec la complicité des états occidentaux. Israël et la Syrie ne partagent pas le même intérêt. L’Etat hébreu cherche à constituer une ceinture d’états vassaux sur son pourtour, la Syrie à se dégager du nœud coulant glissé autour de son cou pour la forcer à la reddition.

Deuxio : La Syrie et l’Irak constituaient les deux seuls états du Monde arabe animés d’une idéologie laïque. L’Irak a été démantelé par les Américains avec pour conséquence la constitution ‘une enclave autonome pro israélienne dans le Kurdistan irakien, le schéma qui a préludé au démembrement du Soudan avec la constitution d’une enclave pro israélienne au sud soudan, sur le parcours du Nil. Il sera par la suite plus aisé de dénoncer l’intolérance des pays arabes du fait de leur intégrisme présumé.

Tertio : La libre détermination des peuples est un droit sacré inaliénable. Cela doit s’appliquer en Syrie, comme en Palestine. Cautionner, en juillet à Paris, avec Bernard Henri Lévy, le fer de lance de la campagne médiatique pro israélienne en Europe, une conférence de l’opposition syrienne, discrédite les participants et jette un voile de suspicion sur leurs objectifs, au même titre que l’alliance du parti islamiste « Al-Tharir » au nord Liban avec le chef de file des milices chrétiennes libanaises Samir Geagea, le plus solide allié des Israéliens au Liban .

Quarto : La succession dynastique doit être prohibée. Mais ce principe doit s’appliquer sans exception à Bachar Al-Assad, certes, mais aussi à Saad Hariri, qui a succédé à son père Rafic Hariri, sans la moindre préparation, à la tête d’un pays situé à l’épicentre du Moyen orient. A Ali Bongo dont la France a truqué les élections pou favoriser a propulsion à la tête de l’état gabonais. A Amine Gemayel, élu à l’ombre des blindés israéliens en remplacement de son frère assassiné Bachir, lui même élu à l’ombre des blindés israéliens. A Nicolas Sarkozy qui a veillé à propulser son fils Jean à la tête de l’EPAD (Hauts de Seine). A Hosni Moubarak qui se préparait à passer la main à son fils Jamal, avec la bénédiction des occidentaux dont Sarkozy saluera le courage de son départ, sans le moindre mot pour la courageuse lutte du peuple palestinien.

Cinquo : Faire le procès de la perte du Golan au régime syrien est un argument d’une indigence pitoyable, un procès de mauvaise foi. La disproportion des forces est patente entre Israël, première puissance nucléaire du tiers monde, de surcroît inconditionnellement soutenue par les Etats-Unis, la première puissance militaire de l’époque contemporaine, face à un pays, la Syrie, qui fait l’objet de tentatives répétitives de déstabilisation particulièrement de la part de ses frères arabes (le coup d’état du colonel Salim Hatoum, en Syrie, financé par l’Arabie saoudite, est intervenu en 1966, en pleine phase de détournement des eaux du Jourdain par Israël et la révolte de Hamas en 1982 est intervenue en 1982, à cinq mois de l’invasion israélienne du Liban, une opération destinée à propulser les frères Gemayel à la magistrature suprême libanaise.

Sexto : Se placer sous l’égide la Turquie relève d’une tragique méconnaissance des réalités régionales lorsque l’on sait que la Turquie a été le principal allié stratégique d’Israël pendant un demi siècle, tétanisant le monde arabe par une alliance de revers avec l’état hébreu.

In fine, le dignitaire religieux syrien qui s’étonne des infiltrations d’armes devrait lire un plus assidument la presse libanaise pour recenser le démantèlement, en deux mois, de quatre réseaux de contrebande d’armes du Liban via la Syrie, par mer ou par terre, par des réseaux des milice chrétiennes, ou des partisans du parti Al Mostaqbal, le parti de Saad Hariri.

Gageons que si la Syrie souscrivait à un règlement de paix avec Israël, dans des conditions avilissantes pour elle, elle retrouverait grâce aux yeux des occidentaux, particulièrement de Nicolas Sarkozy en voie de carbonisation et de Barack Obama, en voie de pantinisation.

René Naba :

 4 octobre,

Comité Valmy


1-3 LouisDenghien : Manifs & manips.

EDITO Par Louis Denghien,

À en croire la grande majorité des médias, de CBS à Al-Jazeera, la Syrie est à feu et à sang, selon le schéma désormais classique (et même hollywoodien) du peuple luttant à mains nues pour la démocratie à l’occidentale, contre un pouvoir isolé ne s’appuyant plus que sur ses hommes de main.

La « révolution arabe » est tendance en Occident, cet Occident qui a pourtant soutenu jusqu’à l’ultime minute les autocrates tunisien, égyptien, yéménite, et qui soutient encore ceux d’Algérie ou d’Arabie Saoudite (ou du Koweit, ou du Bahrein, ou de la Jordanie, etc).

Oui, c’est vrai, le sang coule en Syrie.

Mais tous les manifestants ne sont pas désarmés et pacifiques ou en recherche de pluralisme.

Mais toutes les victimes ne sont pas civiles. Et toutes ces manifestations ne sont pas spontanées.

On sait, depuis l’Ukraine, la Georgie, la Libye que les « révolutions », oranges, vertes ou roses, peuvent être programmées, encadrées, entretenues par les professionnels de la déstabilisation.

On sait, ou devrait savoir, que du côté de Washington – et de Londres, voire de Tel Aviv – on rêve d’un monde arabo-musulman « domestiqué » et morcelé en bantoustans ethnico-religieux valets et clients de l’empire américain. Et que trop de médias, trop de journalistes, par intérêt, paresse ou conformisme, recyclent quotidiennement la thèse officielle concoctée dans les chancelleries sous influence anglo-saxonne.

Contrairement à pas mal d’alliés arabes de Washington, la Syrie est un pays où les minorités sont protégées, où les femmes sont actrices à part entière de la vie sociale, un pays d’ailleurs ouvert au tourisme et au monde. Un pays qui avance, à son rythme. C’est aussi, bien sûr, un pays où subsistent des problèmes. Mais dont les habitants, dans leur immense majorité, ne veulent pas suivre les fauteurs de guerre civile et religieuse.

Que se passe-t-il vraiment en Syrie, et pourquoi ?

Le site Info-Syrie.com va tenter de l’expliquer, face à toutes les désinformations. En rassemblant les opinions indépendantes, les informations inédites ou minorées par les médias sous influence. En effectuant donc, en continu, un travail de « ré-information ». Pour distinguer le vrai du faux. Et le montage politico-médiatique de la réalité socio-politique. Pour faire mieux connaître, par la même occasion, un pays important, par sa dimension et ses réalisations, au sein de ce Proche-Orient plus stratégique et fragile que jamais.

Ami de la Syrie, de son peuple, de sa culture, ce site n’est ni systématiquement hostile ni servilement affilié à l’actuel gouvernement : les contributions et analyses que vous y lirez vous prouveront assez son indépendance, son souci d’objectivité. Une objectivité qui pousse à constater que la désinformation et le mensonge sont d’abord le fait des médias sous influence américaine. Et qui servent, plus ou moins consciemment, le projet américain de « reformatage » du monde arabo-musulman. Alors, avec Infosyrie.com, réinformez-vous !

Louis Denghien,

http://www.infosyrie.fr/edito/manifs-manips/#more-60


1-4 Fida DAKROUB : Remarques sur la guerre impérialiste contre la Syrie.

Dans ces huit ou dix derniers mois, les médias de l’Empire américain et des subordonnés s’arrêtent de plus en plus fréquemment à l’expression du Printemps arabe ; et cela dans le but de caractériser les protestations qui font trembler plusieurs pays au monde arabe.

Avant toute chose, nous apprécions favorablement le succès du peuple tunisien à renverser un président absolu, Bin Ali, et la réussite des Égyptiens à détrôner un pharaon, Moubarak fils de Ramsès II. Ici, il faut noter à ce propos que le règne du premier dura vingt-quatre ans, tandis que la dynastie du second dépassa les quatre décennies et quelques, sans que les médias de l’Empire ni ceux des provinces européennes, donc impérialistes, eussent fait la moindre allusion à l’atrocité de leur imperium.

En plus, selon les médias de l’Empire, ces deux événements marquent le commencement d’une nouvelle saison, celle du Printemps aux pays des Arabes, où la chaleur arrive, normalement, à des degrés insupportable. Toutefois malheureusement, ce Printemps qui eut commencé Ode à la joie, en Tunisie et en Égypte, devint, précipitamment, un Automne funèbre en Syrie et au Yémen, et un Hiver mortuaire en Libye.

En premier lieu, nous attirons l’attention du lecteur sur le fait suivant : pour cacher son rôle monstrueux dans les bouleversements qui frappent des régions se trouvant au-delà des frontières géographiques de l’Empire américain et de ses provinciis Europaeis, c’est-à-dire dans des régions où habitent des « Barbares », la machine médiatique de l’Empire se sert d’un « bouquet » d’expressions romantiques, accueillies des jardins parfumés et des oasis paradisiaques à la Baudelaire.

En outre, une première remarque s’impose sur l’usage récent de l’expression Printemps arabe. N’est-il par vrai que cette expression est bricolée par la machine médiatique de l’Empire et de ses subordonnées arabes, telles que les chaînes al-jazeera et al-arabiya ? Rappelons ici que la première est une propriété de l’émir de Qatar, et la deuxième celle de la famille royale saoudite ! Pater de caelis, Deus, Miserere nobis !

De plus, la deuxième remarque que nous tirons, c’est que l’expression du Printemps arabe, qui constitue une nouvelle innovation dans le « parler politique », ne manque pas de couleurs orientalistes. Ici, on parle d’un Printemps, mais qui ne ressemble pas vraiment à celui que nous vîmes en Europe de l’Est, à la période soviétique ; car celui-ci est arabe, donc exotique. D’un côté ce Printemps éveille en nous des moments « Madeleine de Proust », surtout pour ceux qui eurent la chance de lire Les Voyages de Sindbad le marin et Aladin et la lampe merveilleuse ; de l’autre côté, la chaleur étouffante de ce Printemps nous fait remonter loin dans la mémoire, pour arriver à des époques plus froides de l’Histoire du XXe siècle, celles de la Guerre froide.

Bien plus, la troisième remarque se précipite sous nos yeux, une fois qu’un parallèle est établit avec d’autres bouleversements politiques, là où les empreints digitaux de l’Empire furent déjà identifiés. Il n’est que de constater le calepin de l’Empire qui ne manque pas de belles expressions telles que : Printemps de Prague (1968) ; Printemps de Pékin (1989) ; Révolution des Roses (Géorgie, 2003), Révolution orange (Ukraine, 2004) ; Révolution de Jasmin(Tunisie, 2010 – 2011).

Du reste, la quatrième remarque porte sur les événements historiques. Nous ne doutons pas que les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce, comme l’exprime bien Karl Marx dans son célèbre Brumaire. [1] Il en va de même que dans la version syrienne du Printemps arabe, la farce se présente dans le fait que ces présumés « soldats de liberté », que créent l’imagination artistique des médias de l’Empire, ne croient ni à la liberté, ni à la démocratie ni même aux droits de l’Homme.

Pour en finir avec la cinquième remarque, nous sommes persuadés que la Syrie est en pleine guerre contre des groupes armés, soutenus de l’extérieur par les puissances impérialistes. Les attentats des groupes armés contre les institutions de l’État, les assassinats systématiques qui frappent les cadres académiques et scientifiques du pays, ainsi que les actes de violences contre les groupes minoritaires en font preuves.

Parallèlement à ces remarques mentionnées ci-dessus, moult points d’interrogation se posent sur le rôle que jouent les puissances impérialistes dans l’accroissement des violences en Syrie, et sur la nature de leur discours « philanthrope » contradictoire. Nous limitons ces questions à trois rubriques : 1) le despotisme dans les pays arabes dociles aux Américains ; 2) la question kurde ; 3) les droits du peuple palestinien. Les questions suivantes en font l’illustration :

1. Comment pourrions-nous « avaler » que les émirs et sultans arabes, donc des figures absolutum dominium, appellent à la fin de la « dictature » en Syrie et à l’établissement de la démocratie, tandis qu’ils refusent de libérer leurs propres serfs ? Tel est le cas au Yémen, au Bahreïn et en Arabie saoudite, où l’Empire et ses provinces européennes ne bougent pas donc ; silence on tue.

2. Comment expliquer le fait que le vent khamsin souffle du Sahara vers Damas, sans passer par le Quart vide ? Autrement dit, Comment expliquer le fait que les émirats et sultanats arabes dociles à l’Empire américain survécurent, par hasard, la chaleur étouffante de ce Printemps. Ainsi qu’en témoigne le cas du Bahreïn, où le Roi-Soleil, Hamad II, fit appel à l’armée saoudite pour écraser les protestations pacifiques, qui remplissaient les rues du royaume. Ce qui résulta à l’emprisonnement des milliers de manifestants pacifiques, la mort des centaines, l’exécution des dizaines, et la persécution continue. Quant aux événements du Yémen, voyons le Montesquieu de Sanaa et défenseur de l’Esprit des lois, Ali Abdullah Saleh, s’enorgueillit dans son Palais présidentiel, malgré la guerre civile, les bains de sangs et les tueries tribales qui frappent sa République depuis l’épanouissement des fleurs d’Acacia et de Gardénia, aux premières lueurs du Printemps arabe.

3. Comment expliquer le fait que le sultan ottoman, Erdogan Pacha, chevauche « au secours de l’humanité » en Syrie, tandis que ses janissaires rejettent à pied ferme la question kurde.

4. Comment expliquer le fait que l’Empire américain et ses provinces européennes exigent le droit du peuple syrien à la « liberté », à la « dignité » et à la « démocratie », tandis qu’ils le nient au peuple palestinien ? un droit que l’Empire l’approche aliis si licet, tibi non licet.

5. Comment expliquer le fait que l’Empire américain se précipite au Conseil de sécurité pour en tirer une résolution condamnant le régime syrien pour des « crimes contre l’Humanité », tandis qu’il impose un veto sur la moindre allusion aux crimes, à l’injustice et à l’oppression que subit le peuple palestinien, depuis des décennies ?

A fortiori, la machine médiatique de l’Empire ne fait la moindre remarque concernant la tyrannie ni le despotisme dans les royaumes arabes du Golf ; comme si ces émirats et sultanats constituaient une étape suprême d’utopies saint-simoniennes, et comme si l’égalité parfaite et l’association entre les Hommes y règnent depuis des siècles.

Ici, les convergences se font jour entre ce qui vient d’être dit ci-dessus et le rapport d’Amnesty International, décrivant la violation des droits de l’Homme en Arabie saoudite : « L’ampleur et la gravité des violations des droits humains en Arabie saoudite sont inacceptables tant sur le plan moral que légal. Le gouvernement n’est toutefois pas le seul responsable de la situation des droits humains dans le royaume. Une part de responsabilité incombe aussi à la communauté internationale, qui s’abstient de demander des comptes à l’Arabie saoudite ». [2]

En plus, le rapport met neuf recommandations sur la violation des droits de l’Homme dans le Royaume, dont cinq sont adressées au gouvernement saoudien et quatre à la communauté internationale. Les recommandations relevées au gouvernement saoudien sont : 1) Abroger les lois et les pratiques discriminatoires ; 2) Mettre un terme à l’arrestation et à la détention arbitraires ; 3) Mettre un terme à la torture ; 4) Mettre un terme aux exécutions ; 5) Ratifier les traités internationaux relatifs aux droits humains ; tandis que celles à la communauté internationale sont : 6) Condamner les violations des droits humains perpétrées en Arabie saoudite ; 7) Exhorter le gouvernement saoudien à mettre en œuvre les recommandations émises dans le présent rapport ; 8) Appeler les autorités saoudiennes à autoriser les ONG internationales de défense des droits humains à se rendre dans le pays ; 9) Demander aux autorités saoudiennes de coopérer avec les mécanismes thématiques de la Commission des droits de l’homme des Nations unies, notamment le rapporteur spécial sur l’indépendance des juges et des avocats, et de les inviter à visiter le royaume. [3]

Par contre, la machine médiatique de l’Empire met en relief l’octroi aux femmes du droit de vote, annoncé par le roi Abdallah d’Arabie saoudite, il y a quelques semaines . [4]

Ironiquement, grâce à l’octroi de sa Majesté, les Saoudiennes, qui vivent, pour ainsi dire, noblement au Royaume-Soleil, peuvent d’ores et déjà se présenter aux conseils municipaux, et voter dans le cadre des principes de l’islam.Gaudeamus igitur !

Tristement, ce que cette machine ne révèle pas c’est que les autorités de ce royaume subordonné à l’Empire américain ont les mains rouges et le cœur asséché par les actes de violences exercés sur le territoire du royaume, à l’égard de femmes, qui font l’objet d’une discrimination instituée et traditionnelle.

En guise de conclusion, il s’avère que la conjuration contre la Syrie présente un besoin urgent de démasquer ces loups qui se prennent et qu’on prend pour des moutons ; de montrer que leurs bêlements ne font que répéter, dans un langage de « démocratie » et de « droits de l’Homme », le discours idéologique des puissances impérialistes ; et de montrer que les fanfaronnades des hâbleurs de l’Intelligentsia arabe, réduite en une bande de « fonctionnaires » aux salons des ambassadeurs et des praesides provinciae, ne font que refléter, en effet, des actes dérisoires des échecs continus de la guerre impérialiste contre la Syrie.

Fida DAKROUB, (Ph.D) Études françaises

[1http://www.marxists.org/francais/marx/works/1851/12/brum3.ht...

[2http://amnesty-alpes.pagesperso-orange.fr/campagne/arabie/ar...

[3http://amnesty-alpes.pagesperso-orange.fr/campagne/arabie/ar...

[4http://www.droitpublic.net/spip.php?article3613

http://www.legrandsoir.info/remarques-sur-la-guerre-imperialiste-contre-la-syrie.html

Ces articles mettent en évidence l'importance de la manipulation de l'opinion publique mondiale pour atteindre l'objectif d'intervention de l'Otan en Syrie .

L'Otan a absolument besoin de l'appui (ou au moins de l'indifférence) de l'opinion publique mondiale et, d'abord, de l'opinion publique des pays de l'Otan pour aller bombarder la Syrie, pour détruire la Syrie et sa population  (comme elle a fait et continue à faire en Libye) .

L'Opinion publique mondiale est donc un contrepoids  à la guerre par l'Otan de première importance.

Les medias officiels sont la 1ère arme de destruction massive...de la Vérité, de la Justice, de la Paix dans le monde...de la vie humaine ...ailleurs et ici.

Nous, peuples des pays de l'Otan, payons au prix fort  (nos retraites, notre sécu, notre école...) pour semer la mort alors que c'est la vie, l'amitié entre les peuples qui nous intéressent.

Reste à affirmer notre rejet du mensonge et notre respect de la Vie humaine ailleurs et ici.

Réveillons-nous, on nous tue.


1-5 Thierry Meyssan : Les Chrétiens d’Orient s’érigent en remparts face au nouveau colonialisme occidental.

La guerre contre la Syrie, planifiée par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni pour la mi-novembre 2011, a été stoppée in extremis par les veto russe et chinois au Conseil de sécurité. Selon Nicolas Sarkozy, qui en avait informé le patriarche maronite lors d’une entrevue houleuse à l’Élysée le 5 septembre, le plan prévoit l’expulsion par les Occidentaux des chrétiens d’Orient. Dans ce contexte, une campagne de presse est conduite en Europe pour accuser les chrétiens d’Orient de collusion avec les dictatures. Mère Agnès-Mariam de la Croix, higoumène du monastère de Saint Jacques le Mutilé à Qâra (Syrie) répond à cette propagande de guerre.

Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 7 octobre 2011

Thierry Meyssan : Le synode spécial pour le Proche-Orient a affirmé le caractère arabe des Chrétiens de cette région, ce qui introduit une rupture par rapport au XXe siècle où le christianisme, bien que né dans cette région, apparaissait comme la religion du colonisateur. Ce virage idéologique a conduit le Saint-Siège et les Églises d’Orient à soutenir la cause palestinienne et les forces de la Résistance anti-sioniste, Syrie incluse. Cette évolution avait été anticipée au Liban par le général Michel Aoun et son alliance avec le Hezbollah. Les Chrétiens d’Orient sont-ils devenus les ennemis des Occidentaux ?

Mère Agnès-Mariam de la Croix : Oui, le synode a affirmé avec force le caractère arabe des chrétiens d’Orient par immersion et symbiose avec leur environnement historique et culturel.

N’oublions pas que les chrétiens d’Orient ont été les pionniers de la Renaissance arabe appelée Nahda, face au colonisateur ottoman. C’est eux, avec certaines éminentes figures musulmanes, qui ont redonné vie à la langue arabe et à son extension universelle à travers les traductions entreprises, vers ou depuis l’arabe, par de grands intellectuels notamment à Alep, Damas et au Mont-Liban. Les premières imprimeries du monde arabe sont le fait de chrétiens tel qu’Abdallah Zakher. Cependant, avec les mouvements panarabes du début du XXe siècle et certaines tensions à la veille des indépendances, des factions chrétiennes ont été conduites à se démarquer idéologiquement de leurs frères arabes d’autres confessions. Ceci a été très éloquent durant la guerre du Liban lorsque certains chrétiens libanais récusaient haut et fort leur appartenance au monde arabe pour se réclamer d’hypothétiques racines phéniciennes, cananéennes ou autres. La déconfiture chrétienne de la guerre du Liban a ramené les cœurs vers une juste mesure concernant l’histoire et l’identité. Les chrétiens se sont reconnus envoyés en mission sur la terre de leurs ancêtres, depuis la Mésopotamie jusqu’à la Méditerranée, en passant par les rives du Nil, pour témoigner de leur espérance face à leurs frères musulmans qu’ils avaient accueillis parfois en libérateurs face au colonisateur byzantin lors des guerres islamiques. Il faut garder en mémoire l’œuvre de feu le père Corbon, auteur d’un ouvrage qui a beaucoup influencé les pasteurs des Eglises chrétiennes dans le sens de l’adoption de la cause arabe et de l’identification arabe. Ce livre, dont je récuse le titre, est L’Église des arabes

Depuis toujours, le Vatican a pris position pour la cause palestinienne, non par alignement politique, mais par souci de la Justice. Aujourd’hui cette position est admise par tous les chrétiens d’Orient, y compris les anciens militants anti-arabes. Cependant, l’ingérence injustifiée de l’Occident —États-Unis et France en tête— dans les affaires régionales déjà suffisamment et amèrement expérimentée durant la guerre du Liban et non encore effacée de la réalité du terrain en Irak trouve les chrétiens, prélats en tête, extrêmement précautionneux. Il ne s’agit pas de devenir des ennemis des Occidentaux, mais de se rendre compte une fois pour toutes que la survie des chrétiens en Orient ne pourra plus être débitrice d’un quelconque protectorat ou Sublime Porte ; notre avenir dépend du mariage convaincu des chrétiens avec leurs frères qui cohabitent avec eux en Orient, en qui ils reconnaissent des frères de sang par delà les divergences confessionnelles qui sont moins grandes qu’elles ne paraissent.

Les chrétiens ont toujours servi de paravents culturels à l’Occident. Lorsque les Ottomans, l’homme malade de l’Europe, n’avaient d’autre alternative que d’accueillir les divers consuls occidentaux qui venaient avec leurs missionnaires à Alep (Français, Italiens, Vénitiens, Génois, Hollandais, Autrichiens, Anglais, etc…), les chrétiens étaient l’interface qui leur permettaient de s’adapter à l’Orient mystérieux. En définitive les chrétiens ne sont les ennemis de personne. Ils ont aussi bien accueillis les Occidentaux que les musulmans. Quoi qu’il en soit, ils se réservent le droit après tant de revers de critiquer les bévues, la courte vue, ou l’emportement intempestif des uns et des autres en Occident qui promeuvent leurs propres intérêts au détriment de la présence multiséculaire des chrétiens et autres composantes ethnico-culturelle du tissu socio-démographique oriental. Ou bien on accepte les principes démocratiques et on prend en compte notre point de vue, ou bien admettez que nous faisons face une fois de plus à un système impérialiste qui exige que nous nous taisions et veut nous contraindre à obéir.

Thierry Meyssan : On assiste dans la presse catholique occidentale à une offensive en règle contre le nouveau patriarche maronite et ses déclarations hostiles à une intervention internationale pour changer le régime en Syrie. Ses détracteurs l’accusent de collaboration avec « la dictature des Assad ». Est-il vrai que la minorité chrétienne d’Orient a peur de la démocratie ?

Mère Agnès-Mariam de la Croix : Je suis déçue par la presse catholique qui suit aveuglément la tendance dictée par les maîtres du monde et qui ne fait que répéter comme un perroquet ce que les médias mainstream propagent à satiété. Dommage que nous ayons, en ces jours difficiles, à nous expliquer d’abord avec nos coreligionnaires qui sont totalement dans la méprise, le malentendu et la désinformation ; à part quelques exceptions dont je salue le courage.

Les Occidentaux se sont habitués à être les juges, les maîtres à penser, les commanditaires, et disons les tuteurs des chrétiens d’Orient. Cela est dû à la trop grande complaisance de certains d’entre nous envers une culture alternative qu’ils ont adoptée. De surcroît, une chose est d’être francophone, une autre est de permettre aux Français —ou à d’autres occidentaux— de s’ériger en pédagogues et tuteurs des chrétiens d’Orient. Le patriarche maronite a dit ce qu’il pensait, de concert avec ses collègues les autres patriarches d’Orient. Il ne l’a pas fait en connivence avec une dictature, mais en harmonie avec ce qu’il croit être la Justice, le Droit et l’intérêt des communautés chrétiennes. Bien sûr, les propos du patriarche contre carrent d’une manière très autorisée les manigances de la communauté internationale visant à instaurer à n’importe quel prix un régime alternatif fantoche en Syrie comme en Libye. Le fait de s’intéresser tellement aux affaires syriennes — oh ! que ne l’eut-on fait lors de la guerre du Liban lorsque nous étions massacrés dans l’indifférence !— au point d’en faire la « une » quotidienne des médias du Nouveau Totalitarisme devrait éveiller l’attention de toute personne libre et critique.

Prétendre que les chrétiens d’Orient et leurs pasteurs sont réticents à accompagner les révolutions arabes par crainte de la démocratie, est une calomnie malveillante. Les chrétiens ont été partout des pionniers de la liberté d’expression, de l’égalité entre citoyens, et de la dignité du peuple. Il est faux de dire que nous ignorons culturellement la démocratie, que nos familles sont autoritaires et qu’en général, il n’y a pas de démocratie dans l’Église. Il s’agit d’une lecture réductrice, superficielle, Pourquoi ne pas parler de l’amour qui règne dans nos familles ? Cette concorde fait que nous n’avons pas besoin de majorité pour diriger puisque le consensus est la réalité quotidienne qui soude les divers membres de cet édifice. Quand à l’Église, c’est la communion qui préside à la relation entre ces membres. Traiter la famille et l’Église sous l’angle de la démocratie, c’est politiser ces réalités qui sont infiniment plus profondes que les intérêts de la Polis. Je suis étonnée que des prêtres qui lancent des séminaires de prière et de jeûne soient en réalité axés sur une vision unilatérale politicienne de la famille, de l’Église, de la société, au point de devenir des consultants bénévoles qui dictent, comme faisaient jadis les colonisateurs, leurs avis assénés comme des oracles du haut d’une estime surabondante de soi à la pauvre plèbe du peuple syrien considéré comme mineur, inculte, aveugle et impuissant.

Les Occidentaux sont gonflés d’orgueil à tel point qu’ils ne peuvent pas penser à d’autres schèmes civils que les leurs, bien que leur monde soit confronté à une crise sociale, économique, morale, insoluble. Dans les sociétés traditionnelles fidèles au système ancestral hérité des temps bibliques, il existe d’autres moyens, d’autres paramètres qui peuvent régir d’une manière autrement réussie la vie quotidienne de la société. Je pense au système patriarcal. Je pense au système des alliances entre familles, entre tribus, entre villes, entre régions et entre États ; un système fédératif basé sur les libertés et les intérêts particuliers de la famille, de la tribu, liés à la terre des ancêtres. Malheureusement l’Occident a balayé le concept d’appartenance à la terre, à la famille, à l’ethnie, et somme toute celui d’identité ontologique. Son modèle est basé, non pas sur la reconnaissance de l’individu, mais sur des intérêts périphériques. C’est au nom de l’économiquement utile que l’on sacrifie —au profit des multinationales— les principes de la patrie, de la famille, de l’identité personnelle. On ne se rend pas compte que nous sommes embarqués dans un totalitarisme ô combien plus effréné et maléfique que ces petits régimes autoritaires que l’on cherche à renverser. Eux ont eu le mérite de profiter du tissu social, identitaire, familial, tribal et clanique de notre mystérieux Orient. Je suis consciente que notre vie heureuse est, à distance, totalement incompréhensible pour l’Occident.

Thierry Meyssan : Le Conseil national syrien de transition (CNS), qui s’est constitué en Turquie, est dominé par les Frères musulmans. Cette confrérie a été longuement et sévèrement réprimée par Damas. Les villes où elle est historiquement présente sont désormais au cœur de la contestation. Les Frères musulmans sont avant tout partisans d’une application moderne de la Charia. Leur préoccupation ne rejoint-elle pas celle de nombreux mouvements chrétiens en faveur d’une restauration de la moralité ?

Mère Agnès-Mariam de la Croix : Je déplore que de soi-disant opposants n’aient pas pris au mot le président Bachar el Assad pour débattre avec lui la série de réformes qu’il est en train de conduire. Au lieu de cela, cette opposition a fermé les portes à toute négociation, non seulement par ses déclarations, mais par la force des armes, des attentats, et autres violences. Le CNS ne se présente pas comme une émanation naturelle d’une aspiration réelle du peuple syrien à ses droits légitimes, mais comme l’accouchement forcé d’une collaboration occulte avec des intérêts étrangers à la Syrie.

L’Alliance entre les Frères musulmans et l’Occident est un scandale pour les chrétiens et pour les musulmans qui ne veulent pas que le religieux empiète dans leurs vies sur le civil. Dans les régimes laïques, instaurés après le colonialisme dans la foulée panarabe, le soulagement pour tous était une certaine distance entre la religion et le civil. Or, les Occidentaux qui rejettent chez eux avec raison l’amalgame civil-religieux cherchent à le favoriser ici pour renverser des régimes laïques ! C’est ce qui fait peur à la majorité du peuple syrien. La Charia appliquée dans sa totalité telle que cherchent à l’instaurer les Frères musulmans, fonde des régimes théocratiques surannés, obscurantistes, tel celui d’Arabie saoudite. Comment accepter une telle régression au XXIe siècle et quel modernisme les Frères musulmans peuvent-ils apporter à la Charia qui étant de nature divine ne saurait être tempérée ou rectifiée par aucun pouvoir humain ?

Je soupçonne une connivence cachée entre les intérêts néocoloniaux de l’Occident et la coercition mentale effectuée au moyen de la Charia. Les puissances occidentales ont malheureusement besoin, pour démocratiques qu’elles se présentent, d’un système qui les aide à subjuguer les masses sous couvert de piété et de fidélité à la religion. En somme, les puissances occidentales ont peur des chrétiens qui d’après l’enseignement de l’Évangile sont libres de choisir le Bien ou le Mal et sont rendus à leur dignité de créatures raisonnables, responsables de leur pensées, de leurs paroles et de leurs actions, ce qui n’est pas le cas du fondamentalisme musulman.

Thierry Meyssan : Des clercs occidentaux vivant dans le monde arabe se sont résolument engagés dans le « Printemps arabe ». Ils soulignent que les Européens ne doivent pas être des privilégiés, mais que tous les peuples ont le droit de vivre avec les standards occidentaux et de bénéficier de la démocratie. Pourtant, le patriarche comme vous même semblez inquiets de la révolution syrienne. En définitive, les chrétiens ont-ils une position communautaire sur ce sujet ou sont-ils politiquement divisés ?

Mère Agnès-Mariam de la Croix : Je crois vraiment que les clercs occidentaux qui vivent dans le monde arabe ne sont engagés que mentalement dans le printemps arabe, ce sont des révolutionnaires de papier. Qui plus est, ils n’ont pas pris la peine —parce que étrangers au tissu social et à la synthèse identitaire orientale— d’ausculter la tendance réelle de l’immense majorité silencieuse, chrétienne et musulmane. Ces clercs occidentaux sont les premiers à être induits en erreur et à démontrer qu’ils méprisent les valeurs orientales pour lesquelles ils disent s’être engagés puisqu’ils cherchent à importer par la force d’une conviction hors de propos le standard occidental comme étant la norme universelle, uniquement viable, du bien être et de la dignité. Malheureusement, regardons en face ce standard, avec des yeux orientaux : où est l’importance donnée à la famille qui s’effrite au point que l’identité du genre est devenue un débat à l’ONU ? qu’en est-il des mœurs totalement révulsives pour un oriental et pourquoi ne pas le dire puisque nous sommes libres de nous exprimer, jamais en Orient nous n’accepterons la banalisation des avortements ou l’isolement des personnes âgées en dehors de leurs familles. Il est certain que le standard occidental n’est une référence que pour les orientaux qui sont déracinés de leur propre identité et qui vivent dans un monde virtuel pour se laisser façonner à l’image de leurs idoles. Ce n’est pas la révolution qui fait peur au patriarche et aux Chrétiens, mais c’est l’ingérence de l’Occident qui laisse à penser qu’il s’agit d’une conspiration ou d’un mouvement détourné plutôt que d’un événement entièrement spontané. Les chrétiens peuvent être divisés politiquement, c’est leur droit. Ils ont toujours été pluralistes et c’est leur honneur. Il n’en demeure pas moins qu’à cause de la liberté inhérente à leur formation religieuse, ils sont les artisans et je dirai une référence pour toute révolution digne de ce nom.

Thierry Meyssan

 Intellectuel français, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Il publie des analyses de politique étrangère dans la presse arabe, latino-américaine et russe. Dernier ouvrage en français : L’Effroyable imposture : Tome 2, Manipulations et désinformations (éd. JP Bertand, 2007).

http://www.voltairenet.org/Les-chretiens-d-Orient-s-erigent 



2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Mouna Alno-Nakhal : « Syrie : Puisque la vérité n’est pas donnée ! »

Courrier d’une lectrice

 
 

 « Tout ce que je peux ajouter à tout ce que tu sais déjà, c’est que ces opposants soit disant pacifiques et qui étaient armés depuis le début sont passés aux actes terroristes : tous les jours, des gens sont assassinés à cause de leur confession ou de leur relation avec le pouvoir, des écoliers terrorisés pour les empêcher d’aller à l’école, les trains visés par des explosions et ça va crescendo » .

Tel est le message que j’ai reçu d’un ami d’Alep (le 3 octobre à 00.04 minutes). Je crois ce qu’il me dit ! Comme je crois qu’un nombre non négligeable de prétendus défenseurs des « droits de l’Homme », ou de journalistes et autres ONG, sont, consciemment ou à leur insu, complices de ce drame qui semble devoir être mené à son paroxysme, pour que l’OTAN puisse enfin jouir d’une « zone de responsabilité », une de plus !

Pour chacune de ces zones massacrées ou conquises - c’est selon - le même scénario cauchemardesque ! Nul besoin pour le commun des mortels d’être dans le secret des dieux ; il suffit de lire, de regarder et d’écouter.

Des preuves de ce que je me permets de mettre en doute ? Voici ma revue de presse. Elle est loin d’être exhaustive et ne fait que s’attarder sur deux articles récents.

« Syrie : la révolution s’arme et a besoin de l’OTAN », par Bernard Schalscha, La Règle du Jeu, 30 septembre 2011.

Le blog de Bernard Henri-Levy (BHL) « La règle du jeu » en appelle directement à l’OTAN. Mais cette fois-ci, Monsieur BHL s’est choisi un paratonnerre nommé « Bernard Schalscha ».

Allez à l’essentiel de ce qu’il vous dit : « Soyons clairs : en Syrie les jours de la révolution pacifique sont passés… Puisque les Nations unies ne peuvent donc pas se porter au secours du peuple syrien, la seule puissance capable de le faire est l’OTAN. L’idée a fait son chemin en Syrie. Nous la faisons nôtre. Et tant pis si elle est sacrilège pour les hérauts syriens de la fierté nationaliste arabe, que l’on entend d’ailleurs surtout depuis leur exil en Occident. Ceux-là sont prêts à se battre depuis l’étranger jusqu’au dernier révolutionnaire sur le terrain… Refuser l’ingérence étrangère, c’est délivrer un permis de massacrer. »

Et si, par malheur, vous n’étiez pas convaincus de son empathie pour cette entité qu’est censé être «  le peuple syrien », il vous invite à visionner une vidéo d’une tristesse infinie, que vous soyez neutre ou que vous ayez pris parti.

Qui est donc ce preux chevalier qui s’engage pour les hérauts de l’Occident contre ceux de l’Orient (ou l’inverse, je n’ai pas bien compris) reconnaissant que « sa » révolution est armée ? Oui, « sa » révolution ! Je ne me permettrais pas de vous le présenter autrement qu’il ne se décrit lui-même.
 « SHALSHA BERNARD profite bien de la vie et de temps en temps écrit des articles »
 « Interview de Bernard Schalscha du collectif urgence Darfour  »

Quant à son commanditaire, les vidéos ne manquent pas ! Certains y verront l’indécence ; d’autres, la provocation calculée de celui qui se trouve être du côté des plus forts.

Invité Elkrief : Bernard-Henri Levy, 4 juillet 2011.

Invité Ruth Elkrief : Bernard-Henri Levy, 20 avril 2011.

VIDEO A CONSULTER SUR CE LIEN http://www.youtube.com/watch?v=8jre2VAfE3s&feature=player_embedded

Ai- je le droit de dire tout haut ce que je pense tout bas ?

Citoyenne française, je crois en mon âme et conscience que je dois le dire.

 Le texte évoqué montre le «  rôle militaire » dévolu à certains «  médias sociaux ».

 Il montre aussi que les amis de BHL, si « désintéressés » dans le cas du Darfour, sont maintenant aux avant postes des sauveurs de la Syrie et s’impatientent, puisque « la couverture » de l’ONU n’est toujours pas tissée et le dialogue entre les syriens non encore définitivement exclu.

 Ces images édifiantes, d’où qu’elles viennent, sont utilisées pour convaincre ceux qui ne veulent pas d’intervention de l’OTAN, et ils sont nombreux à l’intérieur comme à l’extérieur de la Syrie !

        Après le Président Obama (prix Nobel de la paix) qui s’est passé du Congrès américain pour s’appuyer sur l’ONU, Monsieur BHL et ses amis comptent se passer de l’ONU pour s’appuyer sur l’OTAN.

       

Programme Télé / Arte/  - Théma « Syrie : Permis de tuer »
Résumé du programme TV en direct.
Bravant les interdits, une journaliste a filmé la révolte syrienne et sa sanglante répression, qui aurait causé 2 200 morts. Un document exceptionnel suivi d’une excellente enquête sur la mainmise de la famille Assad sur le pays.
Exclusif / « 
Une journaliste a filmé la répression en Syrie », par Marianne Dardard, lavie.fr, 27 septembre 2011.
« Sofia Amara, 43 ans, est la première journaliste indépendante à avoir pu filmer - en août 2011 - la révolte du peuple syrien et sa sanglante répression. Son documentaire "Syrie, dans l’enfer de la répression", sera diffusé le 11 octobre à 20h40 sur Arte.

Pour lavie.fr elle nous raconte son périple à haut risque. »

Madame Amara nous offre ici en avant-première les détails de son odyssée et une séquence vidéo, à laquelle une personne qui vit la réalité du terrain a déjà répondu. Il s’agit de Mère Agnès de la Croix qui n’a cessé depuis le début des « événements » en Syrie de mettre en garde contre les manipulations et la désinformation.

Voici sa réponse : « Schizophrénie médiatique, l’interview de Sofia Amara », 1er octobre 2011.

Qui est donc cette journaliste qui a bravé tous les dangers ?

On apprend sur Google que c’est une femme qui sait se défendre, qui a déjà un titre de gloire, et un livre à paraître en novembre 2011 intitulé : « La révolution en kit » !

Sur Facebook, parmi la multitude de ses amis figure, depuis peu, une armée qui regrouperait des officiers syriens libres. Le lien est là, en tout cas à l’heure où je vous écris : كتيبة ضباط خالد بن الوليد (brigade Khaled Ben Al-Walid). Il suffit de le suivre. Il n’est pas nécessaire de comprendre l’Arabe pour consulter le mur photos où trône celle d’un certain Sheikh Adnan Aroor الفاضل عدنان العرعور « majestueusement salué et ardemment remercié pour l’éloge qu’il a daigné prodiguer à cette armée » entre autres ! Ce Sheikh déjà évoqué par Mère Agnès-Mariam de la Croix, vous parle.
Ecoutez-le :VIDEO A CONSULTER SUR CE LIEN http://www.youtube.com/watch?v=h3lhyT3602Y&feature=player_embedded

Lisez aussi « LeMonde.fr » qui s’est décidé à ne plus rien nous cacher de ce qui fut « longtemps confiné à l’état de rumeur » ! (sic)
« 
L’armée libre de Syrie veut armer la rébellion », blog.lemonde.fr, 27 septembre 2011.
« La ville de Homs abrite la célèbre brigade Khaled Ben Al-Walid du bataillon des Officiers libres. "Nous sommes des officiers libres rejetant l’oppression du peuple et nous protégeons les innocents" … Ces déserteurs assurent pour le moment la protection des manifestants contre les opérations des forces de sécurité et des milices du régime. Ils ne disposent pas encore des capacités nécessaires pour mener de larges opérations. Toutefois, ils ont déjà quelques faits d’armes à leur actif. La première opération remonte au 20 juin...

En protégeant une manifestation, ils ont tué au moins six membres des forces de sécurité. "Cela nous touche quand ils sont tués. Ils ne savent pas pourquoi ils se battent", confie Abou Omar. » (Paragraphe : HOMS, FOYER DE LA RÉVOLTE ARMÉE)

Je vous laisse lire et découvrir le dilemme auquel est confronté le peuple syrien et je m’arrête sur « la première opération remonte au 20 juin ». Qui a répondu à cet appel, encore présent sur sept sites web différents ?
« 
Ce qui se passe en Syrie… - Témoignage d’un médecin syrien »

J’admets que l’on ne trouve que ce que l’on cherche, mais tous ces journalistes de la toile bénéficient, en principe, d’un service de veille d’autant plus précieux qu’on nous disait que les journalistes étaient interdits de séjour en Syrie ! Non ? Ce texte était clair et d’autres témoignages l’ont suivi, non moins crédibles que celui de Monsieur BHL et ses amis. On y apprenait qu’il y avait d’une part aspirations légitimes et manifestations pacifiques, d’autre part sédition et brigades armées. Et c’est maintenant qu’on commence à l’admettre. Pourquoi ? Parce que le mal est fait ? Parce qu’on ne pourrait plus trouver une solution politique, ni engager un dialogue vu le sang versé ? Je suis obligée d’arriver à cette conclusion pour la bonne raison que j’ai moi-même transféré ce lien à trois personnalités politiques. L’ont-elles reçu ?

Maintenant que les langues se délient, peut-on espérer voir les appels répétés des «  innocents » de toutes confessions, de Homs et d’ailleurs, portés par d’aussi gros titres que les appels à la honte du Journal «  Le Monde ».
« Syrie : La situation des chrétiens à Homs - Le curé de Bab Sbah, à Homs, témoigne », 24 septembre 2011.
Je souligne une phrase inaugurale de ce texte : « Je peux vous dire que l’épreuve renforce notre foi, nous unit entre chrétiens, et entre chrétiens et musulmans et nous détache des choses de ce monde… ».

Je dis « Le Monde » parce que ce journal de référence, qui par le passé a éveillé et nourri mon intérêt à la politique, a préféré traiter cette tragédie sous un angle religieux et moyenâgeux comme si la guerre des religions (traduisez la guerre civile) tardait à venir et par conséquent, la « guerre humanitaire » qu’il nous faut absolument cautionner sans avoir à nous poser de problèmes de conscience, individuellement d’abord, collectivement ensuite. Ne s’est-il pas permis de publier « un brulot communautariste totalement halluciné » (ce n’est pas de moi, mais les mots me paraissent justes) :
« 
Honte aux chrétiens syriens ! », par Marie Mamarbachi-Seurat, Le Monde, 17 septembre 2011.

Je ne pouvais que répondre et je l’ai fait :
« 
Droit de réponse à Marie Mammarbachi-Seurat qui jette l’opprobre sur ses coreligionnaires et patriarches les invitant à se taire ! », par Mouna Alno-Nakhal, 24 septembre 2011.
(
http://abonnes.lemonde.fr/idees/chronique/2011/09/25/droit-de-reponse-a-marie-mammarbachi-seurat-qui-jette-l-opprobre-sur-ses-coreligionnaires-et-patriarches-les-invitant-a-se-taire_1575474_3232.html)

Mais peu importe ma réponse, comparée à celles qui viennent de ceux qui vivent l’horreur, et qui l’ont vu venir, qu’ils soient chrétiens ou musulmans.
 « Syrie : Les Chrétiens d’Orient redoutent la guerre civile - Mère Agnès-Mariam de la Croix répond à Madame Marie Mamarbachi Seurat », 25 septembre 2011.
 « Lors des funérailles du fils du Grand Mufti de Syrie : “Pas de concessions ni de capitulations” », par Louis Denghien, InfoSyrie, 4 octobre 2011.

A votre avis, qui dit la vérité ?

J’entends déjà les « nous ne savions pas ! » de toutes les « personnes » qui regretteront sincèrement d’avoir ressenti de la fierté là où ils ont laissé semer la désolation, désinformés, manipulés, pris par le temps et les priorités de leur propre survie.

 Articles de Mouna Alno-Nakhal publiés par Mondialisation.ca

Mouna Alno-Nakhal

Mondialisation.ca,

Le 7 octobre 2011

silviacattori.net

 

2-2 Roland Dumas et Jacques Vergès : « Sarkozy sous BHL », une grenade dégoupillée dans la cour de l’Elysée.

Après la Libye, Sarkozy menace la Syrie et l’Iran. Où s’arrêtera-t-il ?

Interview de Roland Dumas et Jacques Vergès –

Propos recueillis par Gilles Munier (Octobre 2011)

Il y a quelque chose de pourri au royaume de France !

On attendait les révélations de Saif al-islam sur le financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy par la Libye…

À la place, on a eu droit, sur le même sujet, à la relance de l’affaire Bettencourt, le scandale politico-fiscal de la principale actionnaire de la société L’Oréal, puis à un déluge de révélations sur la remise de valises de billets en provenance de présidents africains, par l’entremise de l’avocat de la Françafrique Robert Bourgi (l’un des dénonciateurs, qui reconnaît avoir porté des valises) à des hommes politiques français, toutes tendances confondues. Dans cette atmosphère de fin de règne, on lira avec délectation le pamphlet de Jacques Vergès et Roland Dumas qui connaissent bien les dessous crapuleux du renversement du colonel Kadhafi. Un pamphlet à lire d’une traite*.

Afrique Asie : « Sarkozy sous BHL », le pamphlet que vous venez de publier, est une volée de bois vert contre le pouvoir de l’argent en politique. Pouvoir et argent ont toujours cohabité, sauf peut-être dans certains pays socialistes. Qu’apporte de nouveau la présidence Sarkozy dans ce domaine ?

Roland Dumas : Le pouvoir de l’argent a toujours existé. Au travers des siècles. Dans tous les régimes. Il est triste de voir une grande démocratie ou « prétendue telle » comme la République française, être en proie à un phénomène aujourd’hui décuplé.

Les révélations qui sortent chaque jour sont édifiantes à ce sujet mais la « France Afrique » n’est pas simplement un problème d’argent et de valises de billets. C’est aussi une méthode qui nous ramène des siècles en arrière et qui repose sur des actions militaires, en bref, sur le colonialisme : « Un régime vous déplaît, on le change, on en installe un autre ». Peut-on dire que c’est là le progrès ?

Jacques Vergès : Ce que la présidence Sarkozy apporte de nouveau dans les relations entre pouvoir et argent est l’hypertrophie du rôle de l’argent sale et de la corruption qui s’ensuit, faisant de la République française une République bananière. Ses relations avec les pays africains et arabes ne se font plus à travers des diplomates mais à travers des affairistes douteux.

BHL, la « mouche du coche »

Afrique Asie : Vous vous en prenez à « Lévy d’Arabie »… BHL. Est-ce la première fois, sous la République, qu’un intellectuel détient publiquement un tel pouvoir? Peut-on comparer son influence à celle de Jacques Attali sur François Mitterrand ou de Marie-France Garaud sur Georges Pompidou puis Jacques Chirac ?

Jacques Vergès : On ne peut comparer les rôles discrets de M. Attali auprès du président Mitterrand ou de Madame Garaud auprès de Georges Pompidou avec le rôle de M. Lévy auprès de Sarkozy qui est un rôle de décideur. Le président Sarkozy entérine les conciliabules de M. Lévy avec des émissaires libyens dans les hôtels parisiens.

Roland Dumas : C’est sans doute la première fois qu’un intellectuel aussi médiocre que M. Bernard-Henry Lévy joue un rôle aussi important dans la République. On ne peut le comparer ni à Jacques Attali qui était une institution dans la République ou à Marie-France Garaud qui disposait d’une relation personnelle avec Georges Pompidou. La situation insolite de M. BHL ne relève ni d’un cas ni d’un autre. Il n’est rien dans la République. Il s’impose. Il virevolte. Il joue les « mouches du coche ».

Afrique Asie : En Libye, le CNT occupe Tripoli. Qu’en est-il de la plainte que vous comptiez déposer accusant Nicolas Sarkozy de crime de guerre ?

Jacques Vergès : Cette plainte attend que M. Sarkozy ne soit plus à même d’empêcher cette plainte de suivre son cours.

Afrique Asie : Après la Libye, Sarkozy menace la Syrie et l’Iran. Où s’arrêtera-t-il ?

Jacques Vergès : M. Sarkozy est irresponsable, il est capable désormais de toutes les folies à moins que le peuple français ne lui passe une camisole de force auparavant.

Roland Dumas : C’est cela qui nous inquiète. Les menaces contre la Syrie sont précises. Elles sont sérieuses. Les menaces contre l’Iran existent. On a l’impression que tout est fait pour embraser le Proche-Orient. A quoi cela correspond-il ? On peut se le demander. Je ne peux séparer la situation actuelle de ce qui se passe à l’ONU au sujet des Palestiniens.

L’humanité se déshonore en laissant tomber le peuple palestinien qui est raisonnable, paisible et ne demande pour lui que ce que les israéliens ont obtenu pour eux-mêmes.

Retour du colonialisme

Afrique Asie : Après le renversement de Saddam Hussein, de Laurent Gbagbo et du colonel Kadhafi, ne sommes-nous pas en définitive en train d’assister à un retour accéléré du colonialisme ?

Roland Dumas : Tout à fait. Nous assistons à un retour, non seulement accéléré mais amplifié, démultiplié du colonialisme avec des moyens énormes. Saura-t-on un jour le coût des campagnes de l’Afghanistan et de la Libye ? Le peuple français a le droit de savoir. Au moment où tout le monde s’agite autour de la crise, n’est-il pas raisonnable de poser la question du coût de guerres inutiles et monstrueuses ?

Jacques Vergès : C’est évident que la politique de M. Sarkozy marque un retour du colonialisme à un moment où la France et l’Occident en général n’en ont plus les moyens. Il peut renverser les gouvernements mais ne peut assurer l’ordre ensuite.

Afrique Asie : Pensez-vous que l’Algérie soit sur la liste des « pays à casser » ?

Roland Dumas : Pourquoi pas. Le contentieux entre la France et l’Algérie est durable. Quand vous imaginez que les Français n’ont pas encore souscrit à la proposition de négociations avec l’Algérie sur un contrat d’amitié, parce que trop de blessures sont encore saignantes… Tout est à craindre pour l’Algérie, mais ce sera pour M. Sarkozy un autre « morceau »…

* Lire « Bonnes feuilles » dans Afrique Asie d’octobre 2011

Mercredi 5 octobre 2011

http://www.afrique-asie.fr/index.php/category/accueil/actualite/article/sarkozy-sous-bhl-interview-de-jacques-verges-et-roland-dumas


2-3 Gearóid Ó Colmáin « Une culture de violence, de mort et de drogues ».

La délégation de l’ALBA à Damas condamne l’impérialisme américain

La décision historique de la Chine et de la Russie du 5 octobre 2011 d’opposer leur veto à la résolution des puissances Euro-Alantiques qui voulaient imposer des sanctions au gouvernement syrien a porté un grand coup à l’impérialisme occidental.

Le veto chino-russe a ravivé les espoirs de paix et de sécurité des pays développés qui assistent, horrifiés et indignés, à l’orgie de violence à laquelle se livre l’OTAN en bombardant la Libye depuis 8 mois.

Les forces de sécurité de la république arabe syrienne combattent des gangs armés soutenus par les services secrets occidentaux depuis février. Des milliers de civils innocents et des milliers de personnes travaillant à la sécurité ont été tués. Le Blitzkrieg de l’OTAN contre le peuple de Libye et la guerre secrète contre le peuple de Syrie révèlent la panique qui a saisi le capitalisme occidental ainsi que la profonde division qui règne entre les pays progressistes qui tentent de créer un monde multipolaire et les ploutocraties malades qui se livrent aujourd’hui au pillage, au vol et au meurtre de masse dans un effort désespéré pour maintenir leur hégémonie.

Les pays de l’ALBA (Alliance bolivarienne d’Amérique), comme le Venezuela, la Bolivie, le Nicaragua et Cuba, n’ont pas cessé de soutenir le grand peuple de la Libye socialiste arabe Jamahirya et la république arabe de Syrie dans leur longue lutte contre les terroristes soutenus par l’OTAN.

Le 9 octobre une délégation d’officiels de l’ALBA s’est rendue à Damas, la capitale de la Syrie, pour exprimer sa solidarité avec le pays terrorisé. La délégation incluait le ministre des communications de Bolivie, Eban Canelas, le ministre des affaires étrangères du Venezuela, Nicolas Maduro Moros, le ministre des affaires étrangères de Cuba, Bruno Eduardo Rodriquez, le ministre des affaires étrangères de l’Equateur, Pablo Villa Gomez, et le ministre des affaires étrangères du Nicaragua, Maria Rubiales.

Nicolas Madura, le ministre des affaires étrangères du Venezuela a dit à la TV syrienne le 10 octobre : "La puissance mondiale qui domine les médias a recours au terrorisme médiatique et à la guerre politique et psychologique pour imposer sa vision du monde."

Madura a ajouté que pendant les 30 dernières années : "Cette puissance a imposé sa propre culture au monde entier, une culture de violence, de mort et de drogues et a constitué un réseau de chaînes de télévisions et de presse pour asservir le monde entier."

Le ministre bolivien des communications, Ivan Canelas, a dit à la même chaîne de TV : "Ce que nous avons vu en Syrie est très différent de ce que la presse étrangère nous a montrés. La paix et la sécurité y règnent. Les gens vont à leur travail et vivent normalement. C’est la preuve que les organes médiatiques sont au service des puissances impériales qui veulent attenter à la souveraineté et à la dignité non seulement de la Syrie mais aussi d’autres peuples de la planète comme la Bolivie, le Venezuela, le Nicaragua et l’Equateur, Cuba et le Pérou.

M. Canales a aussi insisté sur la nécessité d’une réforme radicale de l’ONU afin de soustraire cette organisation au contrôle des USA.

Maria Rubiales, vice-ministre des affaires étrangères du Nicaragua a dit : "Quand une crise épouvantable éclate en Occident, spécialement aux USA, la façon la plus facile de s’en sortir pour eux est de détruire d’autres pays."

A propos des groupes terroristes armés par l’Occident qui sévissent en Syrie, Rubiales a dit : "Si cela arrivait aux USA, ils enverraient l’armée écraser les terroristes armés."

L’arrivée de la délégation d’Amérique Latine à Damas est une nouvel exemple révélateur de l’isolement grandissant du culte de l’impérialiste américain. Au fur et à mesure que de plus en plus de gens s’informent auprès des médias alternatifs dans le monde, les mensonges et la propagande du complexe impérialiste atlantiste se trouvent régulièrement démasqués.

Les pays de l’ALBA, et notamment le Venezuela, ont des relations étroites avec la république arabe syrienne. En novembre 2010, le ministre des affaires étrangères du Venezuela, Nicolas Maduro, s’est rendu à Damas pour finaliser 10 projets conjoints entre la Syrie, le Belarus et le Venezuela.

Il a dit aux reporters : "Le but de ce périple est de consolider des projets élaborés avec ces pays frères pour construire un nouveau monde que nous avons décrit en termes concrets."

Le Belarus est un partenaire important du Venezuela depuis longtemps. Minsk est parvenu à réduire sa dépendance pétrolière à la Russie grâce à un accord avec Caracas sur l’importation de pétrole dans des quantités qui peuvent aller jusqu’à 10 millions de tonnes.

Caracas, quant à lui, a aussi tiré profit de sa relation étroite avec l’ancienne république soviétique. Belarus a aidé le Venezuela à réaliser son ambitieux projet, Mision Casa Vivienda, Mission logement pour tous, qui a pour but de résoudre le problème du logement dans le pays.

Le Belarus a aussi subi les attaques du Nouvel Ordre Mondial ; les USA y ont orchestré les "révolutions de couleur" pour tenter de renverser le régime à plusieurs reprises.

Le président du Belarus, Alexander Lukashenko, a dit aux reporters russes le 7 octobre : "Ils ont essayé de fomenter une révolution au Belarus au moyen des réseaux sociaux. La personne qui gérait ces réseaux sociaux est en Pologne, protégée par les services spéciaux et financée par qui nous savons."

Les liens commerciaux bilatéraux entre la Syrie et le Belarus se sont intensifiés depuis 2007. Comme les pays de l’Alliance Bolivarienne, la Syrie et le Belarus luttent pour leur indépendance, leur souveraineté nationale et leur autonomie. L’accord commercial spécial entre le Venezuela, le Belarus et la Syrie, montre clairement que les pays en voie de développement veulent instaurer un monde multipolaire.

La visite en Syrie de la délégation de l’ALBA a été, bien évidemment, ignorée des médias occidentaux. Mais cette visite a une grande importance. La Syrie se bat, depuis février, contre un soulèvement secrètement fomenté par les services secrets occidentaux par l’intermédiaire de terroristes islamiques que les médias dominants aux mains des multinationales présentent au monde comme des "manifestants pacifiques".

De nombreux pays de l’ALBA ont souffert, dans le passé, de cette forme de terrorisme fomenté par les USA.

Les terroristes entraînés par les USA, connus sons le nom de “contras”, ont été utilisés contre le gouvernement sandiniste du Nicaragua, dans les années 1980, et ont coûté la vie à 30 000 Nicaraguayens. Les terroristes nicaraguayens étaient décrits par la presse occidentale comme des ’combattants de la liberté’ exactement comme les terroristes syriens d’aujourd’hui sont décrits comme des "pro-démocrates", victimes d’un ’état terroriste’. La campagne terroriste soutenue par les USA a si bien marché au Nicaragua que Washington a décidé d’envoyer son principal organisateur, Michael Kozak, au Belarus comme ambassadeur des USA. Kozak a dit au journal le Times, le 3 septembre 2001 que "l’objectif et, dans une certaine mesure, les méthodes employées sont les mêmes au Belarus qu’au Nicaragua."

La récente visite en Syrie de la délégation de l’ALBA a montré que la véritable communauté internationale est consciente des "objectifs" et des méthodes" de l’impérialisme étasunien au Moyen Orient et dans le monde ainsi que du rôle méprisable des médias dominants dans la désinformation du public en ce qui concerne la Syrie. Mais surtout, la visite de la délégation de l’ALBA a envoyé aux élites euro-atlantistes dégénérées le signal que leur effort pour dominer la planète et y imposer leur "culture de violence, de mort et de drogues" est vouée à l’échec.

Gearóid Ó Colmáin

Gearóid Ó Colmáin est né à Cork, Irlande, et habite à Paris.

Il a écrit pour Metro Eireann. Il s’intéresse à la géopolitique, la globalisation, la philosophie et les arts. Il est membre du SISA, le syndicat italien pour l’écologie et l’éducation.

Pour consulter l’original : http://dissidentvoice.org/2011/10/%e2%80%9ca-culture-of-viol...

Traduction : Dominique Muselet

URL de cet article 14851
http://www.legrandsoir.info/une-culture-de-violence-de-mort-et-de-drogues-dissident-voice.html



3 Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

« 3-1 Robert Bibeau : "PRINTEMPS ARABE " TUNISIE – L’ART D’AVANCER EN ARRIÈRE !

 

UN NOUVEAU « PRISME À L’ANALYSE » ?

 

Elles s’activent et elles s’agitent comme si le sol se dérobait sous leurs pas ces féministes dilettantes outragées. Madame Hillary Clinton, leur maître à penser, ayant décrété que le « Printemps arabe » avait pour objectif de « remettre en marche le cours de l’histoire vers la justice, la démocratie, la modernité et la laïcité », elles ne savent plus à quel saint se vouer, mais surtout, elles s’excitent, les amazones occidentales, depuis ce qu’elles décrivent pudiquement comme : « les événements récents en Tunisie et en Libye qui apportent un autre prisme à l’analyse » (1) ! 

Le pilonnage des populations civiles par plus de 14 000 sorties meurtrières d’avions de combat de l’OTAN, le massacre de milliers de femmes, d’hommes, d’enfants et de vieillards dans leur sommeil ou dans leur fuite des villes libyennes assiégées et bombardées apportent quel « autre prisme d’analyse », dites nous mesdames, sur la laïcité, le voile, la justice et la démocratie bourgeoise ?

À entendre ces élucubrations ubuesques, on croirait rêver, comme dans un cauchemar d’une nuit d’automne – loin du « Printemps arabe » justement – qui ressemble de moins en moins à un jardin de jasmins et de plus en plus à un cimetière de coquelicots sanglants.

Les événements évoqués par ces conférencières outrancières ont trait au massacre de populations civiles libyennes (plus de 50 000 victimes, 17 fois plus qu’au WTC) et à l’exécution sommaire – extra-judiciaire – du chef d’État libyen Mouammar Kadhafi par des mercenaires commandités par l’OTAN (une facture de 478 milliards de dollars sera refilée au CNT) ; ainsi qu’au vote de la population tunisienne qui vient de porter au pouvoir un parti islamiste, un parti qui n’a surtout pas participé au soulèvement populaire spontané et pseudo « apolitique », serait selon elles la résultante de la remise en marche de l’histoire arabe (2) ! Tiens donc, l’histoire arabe s’était immobilisée ? Quelle fadaise ridicule !

 

LES ISLAMISTES ACCRÉDITÉS – NON RÉSISTANTS

Le quotidien le Monde qui nous avait précédemment gratifié de ses écrits hystériques à propos des « islamo-fascistes » et sur le danger de reconnaître la résistance du  Hamas comme gouvernement légitimement et démocratiquement élu en Palestine occupée (2006), ou encore, de reconnaître la résistance du Hezbollah dont les candidats ont également été élus démocratiquement au Liban (2009) ; Le journal Le Monde, disions-nous, y va lui aussi de son mièvre laïus et s’interroge hébété : « Et si, en Tunisie la démocratie passait par l’Islam ? » !

 

Il y aurait donc de bons islamistes – nous savons déjà qu’une fraction des Talibans négocie avec les troupes d’invasion en Afghanistan et que pour cela ils sont devenus de bons Talibans – et il y aurait de mauvais islamistes (résistant à l’OTAN) selon le quotidien Le Monde, suivant en cela les directives de Washington et de Paris.

Le quotidien va plus loin et décrète tout bonnement que « la Tunisie, a été également le premier à affronter l'épreuve des urnes. Avec succès si on en juge la participation que les premières élections vraiment libres du monde arabe (…). » (3). La participation populaire fut de moins de 49 % à l’élection tunisienne bidon. De plus, impasse sur les élections palestiniennes démocratiques de 2006 et silence sur les élections libanaises démocratiques de 2009, parce que Hamas et Hezbollah ne sont pas des islamistes accrédités par Washington car ceux-la résistent, alors que ceux de Tunisie, et bientôt ceux d’Égypte, de Libye et de Syrie ne résistent pas à l’OTAN, ils collaborent, voilà ce qui leur vaut la palme d’or de l’intégrité non « intégriste ».

Pendant ce temps, jeudi, à Sidi Bouzid (Tunisie), d’où serait partie le 17 décembre 2010 la « résurrection » de la civilisation arabe (!) le peuple en colère, plutôt que de perdre son temps à voter, mais toujours au chômage et amère, ne pouvant digérer les coupons de votes qu’on leur offrait à consommer, a été réprimée dans le sang, par le fer et par le feu (4). Voilà la véritable réponse du peuple tunisien à l’encontre de la frauduleuse mystique démocratique. La même répression a aussi cours en ce moment en Égypte sous la junte militaire « démocratique » moubarakienne, sans Moubarak, ce tyran planqué, mis à la retraite dans sa datcha de Charm el-Cheikh « par la direction de la plus grande révolution » !?

 

ÉLECTIONS AVEC LES DOLLARS DU QATAR !

Quelle flagornerie petite bourgeoise, quel mépris pour les peuples arabes, cette grande civilisation millénaire qui n’attendait surtout pas le string, la pornographie juvénile, les génocides, les bombes à fragmentation, les munitions à l’uranium appauvri et les bombes au phosphore blanc pour s’émanciper et se « moderniser » ! 

 

Voila que les forbans de l'impérialisme américain, français et canadien - les chantres de la pseudo démocratie, le choeur des pleureuses de la « libératrice » Hillary, sont pris au piège de leur cynisme. Les féministes des pays riches dansent sur les cadavres des femmes arabes enfin « libérées » de leur voile, – elles qui n'avaient rien  demandé aux féministes ni aux « démocrates » des salons de Paris, de Montréal ou de Washington – voilà, disions-nous, que les femmes tunisiennes (moins de la moitié d’entre elles du moins) ont voté majoritairement – et c'est leur droit – pour un parti islamiste maintenant chargé d'assurer la continuité de Ben Ali sans Ben Ali, mais pour le bénéfice de la classe capitaliste que servait Ben Ali.

 

Que pouvait-on attendre de mieux quand un soulèvement populaire est, non pas « apolitique » mais extrêmement politisé, en direction de la social-démocratie opportuniste et réformiste et de l’électoralisme petit-bourgeois qui laisse espérer que l’on peut renverser un système social décadent à coup de coupons de votation. Le parti politique qui possède le plus de ressources financières et qui contrôle les moyens de propagande est assuré de l’emporter, nous l’avions écrit il y a dix mois.


« Voilà qu’entre en scène une nouvelle fraction d’intellectuels arabes, des occidentalisés mieux avisés. Maintenant que le premier groupe de compromis s’est cassé le nez, eux s’avancent et proposent une tactique différente; ils souhaitent détourner le mouvement ; d’une lutte sur le front économique, idéologique et politique, ces intellectuels arabes suggèrent de faire une lutte pour la « démocratie ». La « démocratie » qui nourrit comme aux États-Unis, mais pas les gagne-petits, elle nourrit la petite-bourgeoise (…) c’est le prix qu’elle fixe pour gagner son pari et engranger son profit, la petite-bourgeoise, le pari de diriger le conflit en Tunisie vers la « démocratie » du désespoir, de la faim et du mépris. » (5).

 

Les millions de dollars du Qatar et de l’Arabie Saoudite auront tout simplement fait la différence dans l’élection tunisienne comme ils le feront plus tard  en Égypte post Moubarak, dans la Libye post Kadhafi et éventuellement en Syrie laïque post Bachar el-Assad (6).

 

LA SOLUTION ARABE

Démocratisme bourgeois pour les riches, laïcité hypocrite, pseudo justice et modernité capitaliste, voilà l'art d'avancer en arrière aux pays du Maghreb et du Makresh sous domination impérialiste. Et maintenant, à Montréal, elles pleurent en chœur, nos soeurs en peur, devant ce qu’elles appellent un « détournement démocratique » (7). Quelle outrecuidance arrogante ces féministes occidentales ! Il n’y a là aucun détournement de la démocratie bourgeoise, le résultat de l’élection en Tunisie est le fruit de la démocratie bourgeoise manipulée par les riches tunisiens et leurs suppôts occidentaux, soutenus en sous main par les capitaux de l’intégriste Arabie Saoudite Wahhabite qu’aucune de ces donneuses de leçons n’ose dénoncer ouvertement, devinez pourquoi (8).  

 

Pourtant, la solution arabe et africaine aux maux de ces peuples est si simple et si évidente : que les puissances occidentales se retirent d'Afrique et qu’elles laissent l’Afrique aux Africains et les pays arabes et berbères aux arabes et aux berbères. Ils ne pourront jamais faire pire que l’Occident. Voilà la vraie solution pour ce continent et pour le Moyen-Orient. Mais il faudra les chassés ces puissances occupantes. De grâce, ne les aidez surtout pas, ils vivent assez de calamités sans subir Obama, Sarkozy, Cameron, Harper et Berlusconi, ils ont assez souffert sous les bottes de ces criminels de guerre (9).

______________________________
(1)  http://laicitequebec.wordpress.com/table-ronde-femmes-arabes-laicite-egalite-des-sexes/
(2) 
http://laicitequebec.wordpress.com/table-ronde-femmes-arabes-laicite-egalite-des-sexes/
(3) 
http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/10/26/et-si-en-tunisie-la-democratie-passait-par-l-islam_1593940_3232.html
(4) 
http://www.lemonde.fr/tunisie/article/2011/10/29/retour-au-calme-a-sidi-bouzid-apres-plusieurs-jours-de-violence_1596118_1466522.html
(5) 
http://www.ism-france.org/analyses/Le-printemps-de-Tunis--article-14916 

(6)  http://www.centpapiers.com/le-%c2%ab-printemps-arabe-%c2%bb-%e2%80%93-l%e2%80%99attaque-contre-la-syrie/85260 et http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=23260
(7) 
http://sisyphe.org/spip.php?article4023
(8) 
http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/334891/vers-l-obscurantisme-islamiste?utm_source=infolettre-2011-10-31&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne
(9) 
http://www.centpapiers.com/le-plan-americain-de-%c2%abgrand-moyen-orient%c2%bb-bat-de-l%e2%80%99aile/84557 

robertbibeau
Robert Bibeau :

2.11.2011

http://www.centpapiers.com/%c2%ab-printemps-arabe-%c2%bb-tunisie-l%e2%80%99art-d%e2%80%99avancer-en-arriere/85836


03/11/2011

n°19 - Dossier Syrie - 02-11- 1ap - Bachar al-Assad «PO: toute ingéren