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09/07/2009

n° 275 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan -03-07 –Fin - : Barack Obama a trouvé son bourbier : l’Afghanistan.

n° 275 - Les  dossiers  'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan -03-07 –Fin -  : Barack Obama a trouvé son bourbier : l’Afghanistan.



                          Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

                              Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  dossiers   'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan

   n°275                                                                                                                             03/07/09

                   C.De Broeder    &   M.Lemaire                       



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

2 Annexe      (fin)

2-3 Jeanne Theoharis : Guantánamo chez nous.

2-4 Que faire de Guantanamo ?

2-5 Michael Hudson : Dé-dollarisation : le démantèlement de l’empire militaire et financier américain.

2-3 Jeanne Theoharis : Guantánamo chez nous.

Deux jours après avoir prêté serment, le quarante-quatrième président des USA, Barack Obama a signé trois décrets pour interdire la torture, exiger que la CIA utilise les mêmes méthodes que les militaires pour interroger les suspects de terrorisme, fermer le réseau des prisons secrètes de la CIA et la prison de Guantánamo Bay à Cuba dans un délai d'un an. « Ce que les cyniques ne veulent pas  comprendre, » a proclamé le Président dans son discours inaugural, « est que le sol a bougé sous leurs pieds. » 

Mais où exactement le sol a-t-il bougé ?

Les lieux où sont concentrés tous les regards – et où se concentrent les plus grandes passions contre la politique terroriste de Bush, ces dernières années – se trouvent à l'extérieur des frontières de notre nation, dans des pays éloignés et des prisons lointaines. Le problème de la torture et des autres violations des droits de l'homme dans la « guerre contre le terrorisme » des USA a été présenté comme un problème qui se déroule bien loin de chez nous. La supposition sous-jacente est que si les détenus de Guantánamo étaient jugés sur le sol des USA et dans des cours fédérales (comme le demandent de nombreux groupes), des abus aussi flagrants ne se produiraient pas.

Mais Guantánamo n'est pas juste une absurdité ; sa fermeture ne va pas faire revenir les USA à l'autorité de la loi ou à son ancien rang parmi les autres nations. 

Guantánamo est une manière particulière de voir la constitution, de construire le paysage comme un terrain sombre où les ennemis sont tapis,  où les tribunaux sont devenus des boucliers contre de tels dangers, où les droits ont des limites et où les normes internationales doivent être mises en balance avec la sécurité nationale. C'est une excroissance d'une « guerre contre la terreur » avec des précédents historiques qui a pris racine sous le gouvernement Clinton (dans lois comme l’ Antiterrorism and Effective Death Penalty Act de 1996), qui s'est répandue comme le chiendent sous Bush et a infiltré la structure du système judiciaire. C'est une stratégie préventive où arrêter le terrorisme revient à placer en détention et poursuivre en justice des gens qui n'ont commis aucun acte réel de terrorisme mais dont les croyances religieuses et les associations politiques révèlent une intention ostensible de le faire.

Le jour après que le Président Obama eut signé les trois décrets, j’ai assisté à une audience de tribunal dans l'affaire Syed Fahad Hashmi. Hashmi est un citoyen usaméricain musulman de 29 ans, détenu en isolement cellulaire au Correctional Center (MCC), la prison fédérale, du Bas Manhattan. Il est inculpé de deux chefs d'accusation pour fourniture et conspiration de fourniture de soutien matériel et deux chefs d'accusation pour avoir apporté et comploté pour apporter une contribution de biens et services à Al Qaïda. S'il est jugé coupable, Hashmi risque soixante-dix ans de prison. Il est aussi un de mes anciens étudiants au Brooklyn College qui a obtenu son diplôme en 2003 et a eu une maîtrise en relations internationales à la London Metropolitan University en 2005.

Hashmi a été arrêté en Grande-Bretagne le 6 juin 2006, sur mandat d'arrêt des USA ; son arrestation fut présentée comme la meilleure histoire dans les programmes d'informations de la nuit sur CBS et NBC, qui ont utilisé des graphiques pour exposer la Piste et le Réseau Terroristes. Détenu pendant onze mois sans incident à la prison de Belmarsh, il est devenu le premier citoyen usaméricain à être extradé par la Grande-Bretagne en vertu des nouvelles mesures assouplissant les normes pour les extraditions dans les affaires de terrorisme.

Le Ministère de la Justice affirme que la « pièce maîtresse » de son dossier contre Hashmi est le témoignage de Junaid Babar. Selon le gouvernement, au début 2004, Babar, également citoyen US, a passé  deux semaines avec Hashmi, dans son appartement de Londres. Dans ses bagages, selon le gouvernement, Babar avait des imperméables, des ponchos et des chaussettes  imperméables qu'il a ensuite remis au Numéro Trois d'Al Qaïda, au Waziristan-Sud, au Pakistan. Hashmi aurait permis à Babar d'appeler d'autres conjurés d'un complot terroriste, en utilisant son téléphone portable. Babar qui a été arrêté en 2004 et a plaidé coupable pour cinq chefs d'accusation de soutien matériel à Al Qaïda, risque jusqu'à soixante-dix ans de prison. En attendant sa sentence, il a accepté de travailler au service du gouvernement en tant que témoin dans les procès des terroristes en Grande-Bretagne et au Canada, ainsi qu'au procès de Hashmi. Pour sa coopération, Babar aura droit à une peine réduite.

Les lois sur le soutien matériel sont fondées sur la culpabilité par association. Elles permettent de fabriquer une boite noire dans laquelle toutes sortes d'activités protégées par la constitution peuvent être jetées et classés comme suspectes, voire criminelles. Comme dans cette affaire, il y a peu de preuves qui lient directement Hashmi à un acte criminel, la majeure partie de l’accusation consistera à établir quelle était son intention. Pour ce faire, le gouvernement va probablement s'appuyer sur les déclarations qu'a fait Hashmi au sujet de la politique étrangère des USA, sur le traitement des musulmans ici et à l'étranger et sur d'autres questions politiques. Hashmi qui était membre du groupe politique de New York, Al Muhajiroun (Les Émigrés) lorsqu'il était étudiant au Brooklyn College, défendait des positions bien en marge du courant dominant de l'opinion publique usaméricaine. D'ailleurs, il avait attiré l'attention du Time et de CNN, en mai 2002, pour son activisme étudiant et la menace potentielle pour le pays qu’il était censé représenter ; les deux médias rapportaient ses propos lors d'une réunion du Brooklyn College en 2002 : les USA sont « les plus grands terroristes du monde. » Le gouvernement n'a cependant pas classé Al Muhajiroun sur la liste des  organisations terroristes ni considéré illégale, l'adhésion à cette organisation. Ainsi, ces poursuites judiciaires permettent de criminaliser un discours politique protégé par la constitution.

En attendant son procès, Hashmi est en cellule d'isolement au MCC, depuis mai 2007. Depuis octobre de cette année, il est détenu selon les « Mesures administratives spéciales » (SAM d'après leur sigle en anglais) imposées et renouvelées par le ministre de la Justice. Le pouvoir du gouvernement d'imposer les SAM a été instauré en 1996. Depuis le 11 septembre, les normes pour les imposer, et les conditions pour leur renouvellement, ont été simplifiés de façon significative. Avec les SAM, Hashmi n'a droit à aucun contact, à l'exception de son avocat, et plus récemment avec ses parents – à aucun appel téléphonique,, aucune lettre, interdiction de parler aux autres prisonniers au travers des murs et sa cellule est surveillée électroniquement à l'intérieur et à l'extérieur. Il doit se doucher et aller aux toilettes sous la surveillance permanente de la caméra. Il ne peut écrire qu'une lettre par semaine à un unique membre de sa famille, mais il a droit à trois feuilles de papier maximum. Il n'a pas le droit d'être en contact, directement ou par le biais de son avocat, avec les médias. Il a le droit de lire le journal mais seulement les parties approuvées par ses geôliers et pas avant 30 jours après leur publication. ll a droit à une heure de sortie en dehors de sa cellule, par jour – heure qui est souvent refusée – mais il n'a pas le droit de sortir en plein air, par contre il est obligé de faire de l'exercice en isolement, dans une cage. Les SAM représentent une menace importante pour la santé mentale de Hashmi et pour sa capacité à participer pleinement à sa defense. La sévérité de ces mesures jette une ombre de suspicion sur le détenu, le décrivant en fait, comme coupable avant même qu'il n'entre dans la salle d'audience. Sa « propension à la violence » est citée comme raison à ces mesures, malgré le fait qu'il n'ait jamais été accusé (ou déclaré coupable) d'avoir commis un acte de violence.

De plus, avec la Classified Information Procedures Act (Loi de procédure pour les informations classifiées), édictée en 1981, qui vise à empêcher toute manipulation par des  agents de renseignements US lors de poursuites judiciaires, la plupart des preuves contre Hashmi sont classées confidentielles, ce qui signifie qu'il n'aura pas le droit de voir beaucoup de preuves lors de son procès. Son avocat a du obtenir une habilitation de sécurité de la CIA pour avoir la possibilité d'en prendre connaissance. Cependant, pour préserver la sécurité nationale, l'avocat de Hashmi a l'interdiction de discuter des preuves du gouvernement avec Hashmi, ni avec aucun expert extérieur qui n'ait pas reçu l’habilitation de la CIA.

À l'audience de Hashmi du 23 janvier, la juge fédérale du district Loretta Preska a écouté la defense contester les conditions de son isolement, avant son procès. La defense a présenté la preuve de l'impact dévastateur de l'isolement cellulaire à long terme et de la privation sensorielle sur le mental des prisonniers ainsi que sur leur santé physique et sur leur capacité à participer à leur defense. L'avocat de la defense, Sean Maher a cité le travail de différents experts médicaux et de spécialistes comme le professeur de psychologie, Craig Haney à l'Université de Californie, à Santa Cruz, qui conclut que « il n'y a pas une seule étude publiée sur l'isolement cellulaire ou l'isolement en sécurité maximum .. qui n'ait pas démontré ses effets négatifs psychologiques. »

La defense a demandé quelques modestes changements aux conditions d'isolement de Hashmi : que ses parents âgés et infirmes aient l'autorisation d'aller le voir tous les deux ensemble, qu'il ait l'autorisation de faire de l'exercice sur l’aire de récréation aménagée sur les toits du  MCC et avec d’ autres prisonniers, de participer à un groupe de prière et d'avoir un compagnon de cellule. Le juge a refusé toutes ces demandes, se rangeant du côté de l'argument tautologique du procureur général comme quoi l'imposition première des SAM prescrivant des mesures de haute sécurité démontrait la justesse des considérations de sécurité nationale dans l'affaire Hashimi, rendant ainsi les conditions de son isolement légitimes et nécessaires. Ce n'est donc pas surprenant que, dans des affaires comme celle de Hashmi où les SAM ont été imposées depuis le 11 septembre, presque aucune de ces mesures n'ait été levée. La juge Preska a également soutenu que les restrictions imposées à Hashmi sont « administratives plutôt que punitives » et donc constitutionnelles.

Hashmi a passé presque un an et demi, sous SAM,  dans un centre de détention fédéral à Manhattan sous l'autorité du Tribunal fédéral du District Sud de New York. Les conditions de son isolement avant son procès ne sont pas vraiment plus humaines que celles de beaucoup de prisonniers à Guantánamo, tout comme son droit à un procès juste dans la ville de New York n'est pas explicitement plus protégé que celui des ressortissants étrangers confrontés aux commissions militaires US dans d'autres parties du monde. Que va t-il se passer alors si les détenus de Guantanamo sont transférés et jugés par des tribunaux fédéraux ?

Les conditions inhumaines de l’isolement de Hashmi pendant sa détention préventive ne sont pas isolées. Le citoyen canadien et résident légal aux USA, Mohammed Warsame a été détenu pendant plus de cinq ans à Minneapolis sans procès (dont la majorité en isolement cellulaire en application de SAM) malgré une procédure pour accélérer le procès enclenchée par ses avocats, il y a plus de trois ans. En décembre 2003, Warsame disparut secrètement pendant quatre jours pour interrogatoire "volontaire" dans une base militaire au nord du Minnesota. Les autorités pensaient qu'il détenait des informations sur Zacarias Moussaoui, car les deux hommes allaient à la même mosquée au Minnesota. Détenu en tant que témoin matériel, Warsame connaissait à peine Moussaoui et n'avait aucun témoignage à fournir à son sujet, même lorsqu'il a comparu à son procès. Le gouvernement a alors déposé des accusations de soutien matériel contre Warsame, affirmant qu'il avait enseigné l'anglais à des infirmièresrésistantses, qu'il avait mangé dans la même pièce qu'Ossama Ben Laden et qu'il avait envoyé 2 000 $ à des gens en Afghanistan qui, selon le gouvernement, seraient des Résistants.

Les violations des droits civiques sont également établies dans la politique pénitentiaire. En décembre 2006, le Ministère de la Justice a tranquillement mis en place une infrastructure ségrégationniste, l'Unité de gestion de communication, à la prison fédérale de Terre Haute dans l'Indiana, pour des détenus pour terrorisme de sécurité moyenne. Presque tous les détenus transférés à Terre Haute sont musulmans. Tous les appels et courriers (communication habituellement restreinte par les employés de la prison) sont surveillés et les prisonniers ne sont autorisés à communiquer entre eux qu’en anglais. Les terroristes les plus dangereux sont généralement envoyés dans l'unité pénitentiaire et administrative de sécurité maximum, connue sous le nom de Supermax, à Florence au Colorado. Le Gouverneur du Colorado, Bill Ritter envisage d'ouvrir les portes de la prison aux détenus de Guantanamo ; l'infrastructure, selon le porte-parole de Ritter, est "construite exactement pour ce type de détenus à haut risque" Amnesty International a émis des critiques envers les conditions de vie à Supermax, où les prisonniers n'ont pratiquement aucune possibilité d'interaction humaine, d'exercice physique ou de stimulation mentale – ces mêmes conditions que subissent beaucoup d'hommes à Guantánamo et que subit Hashmi à Manhattan. De fait, un des suspects de terrorisme les plus recherchés des USA, Khalid Al Fawwaz se bat contre son extradition aux USA en plaidant que les conditions dans une prison comme Supermax au Colorado, sont en violation de l'article 3 de la Loi britannique sur les droits de l'homme, qui interdit la torture et autre traitement ou châtiment inhumain ou dégradant.
Le Metropolitan Correction Center de Manhattan

Des six personnes, dont Hashmi , soumises aux SAM en détention préventive aux USA, trois se trouvent sous la juridiction du procureur général pour le District Sud de New York. Proche de Ground Zero, théâtre politique du 11 septembre, ce bureau de Manhattan a pris une grande latitude en imposant des conditions d'emprisonnement extrêmes. Avant 2001, les SAM étaient utilisées contre les prisonniers de haute dangerosité dont le pouvoir et l'influence pouvaient inspirer des actes de violence à l'extérieur de la prison (comme le chef du gang des Latin Kings qui a ordonné un meurtre depuis la prison). Aujourd'hui, ces mesures sont imposées de façon plus abusive, contre les suspects que le gouvernement cherche à étiqueter comme dangereux, sans tenir compte d’ actes qu'ils auraient réellement commis ni de leur influence à l'extérieur de la prison (D'ailleurs, le procureur général n'a pas affirmé publiquement que Hashmi avait une action à l'extérieur de la prison). De plus, le District Sud de New York est un tremplin majeur pour un poste national – et poursuivre des terroristes donne un plus à votre CV.

Sur la scène de la justice usaméricaine contre le terrorisme, les procureurs généraux à travers tout le pays sont désormais devenus les acteurs principaux. Mis en avant aux actualités télévisées du soir, ils parlent avec des tons sinistres de l'importance des derniers actes d'accusation de terrorisme – complots déjoués, cellules dormantes découvertes, terroristes attrapés. La représentation publique de ces actes d'accusation rappelle aux Usaméricains le grave danger auquel fait face la nation et la nécessité de mesures spéciales pour nous protéger, et ceci nous rassure sur la capacité du gouvernement à déjouer le danger. L’absence de preuves dans beaucoup de ces affaires et le traitement inhumain des suspects ont suscité une indifférence notable des juges. Mais de telles dérogations au droit et au principe d’une justice équitable reçoivent rarement une couverture médiatique importante.

À Miami, les procureurs retournent pour la troisième fois au tribunal, cherchant à condamner six hommes pour les chefs d'accusation de soutien matériel et de conspiration dans l'intention de faire sauter la Tour Sears. Les informations du soir de juin 2006 avaient claironné l'arrestation de sept hommes « musulmans » et la mise en échec de leur plan d'attaquer la Tour Sears dans le cadre d'un jihad (le jour suivant cependant, même le FBI a décrit le plan comme « un projet plutôt qu'une réelle opération. » ["aspirational rather than operational."]) Les sept hommes sont en fait des membres du Moorish Science Temple, une secte religieuse qui mélange des éléments du christianisme, du judaïsme, de l'Islam et du nationalisme noir. L'affaire, manquant de preuve concrète, comme des armes ou des plans et utilisant des informateurs douteux (les jurés eurent le sentiment qu'un informateur du FBI influençait les hommes), s'est déjà terminée par deux non-lieux pour vices de procédure. Pourtant le procureur des USA a fait pression pour un troisième procès afin de « protéger la communauté », même si aucune nouvelle preuve n'est apparue.

Les différents médias du pays ont gonflé  l'histoire des « cellules dormantes » découvertes à Detroit en 2002 et à Lodi en Californie en 2005. Deux hommes à Detroit furent reconnus coupables en 2003 mais virent par la suite leurs sentences suspendues (et le procureur général fut inculpé) quand il fut découvert que le procureur général dissimulait une preuve disculpatoire. À Lodi, un autre informateur du FBI qui avait été payé 250 000 $ pour son travail, avait agi en tant qu'agent provocateur avec le père et le fils, Umer et Hamid Hayat. Le gouvernement réussit à obtenir une condamnation du fils en utilisant les confessions contradictoires et mensongères des Hayat – les deux demandèrent à coopérer avec les enquêteurs. (Le père alla jusqu'à affirmer que son fils s'entraînait dans un sous-sol, et y pratiquait des exercices de sauts à la perche. Quand l'interrogateur du FBI remarqua que le plafond du sous-sol devait être très haut, le père fut d'accord…). Un agent du FBI depuis de longues années, allait témoigner pour la defense des Hayat en disant que c'était « l'enquête la plus négligente et juvénile » qu'il ait jamais vu produite par le FBI, mais la cour rejeta son témoignage.

Et puis il y a l'affaire du « chef terroriste » et professeur à l'Université de Floride du Sud, Sami Al-Arian, racontée en détail par Alexander Cockburn dans The Nation. Après plus d'une décennie de surveillance, des années d'isolement cellulaire et un procès qui a duré six mois et a coûté 50 millions de $, les jurés ont acquitté Al-Arian pour huit des chefs d'accusation les plus graves (et classé sans suite le reste des accusations). Le gouvernement a poussé Al-Arian à plaider coupable pour un chef d’inculpation et puis a annulé son accord en l'assignant devant un grand jury. Refusant de se présenter, Al-Arian risque maintenant une condamnation pour outrage à magistrat, portée par l'assistant du procureur général pour le District Oriental de Virginie. La Juge Leonie Brinkema envisage un non-lieu pour cette affaire. Début mars, elle a mis en doute les actions du procureur général dans l’accord avec  Al-Arian : « Je pense qu'il y a quelque chose de plus  important ici, et c'est l'intégrité du ministère de la justice».

Lors de sa confirmation au poste du ministre de la Justice, Eric Holder a déclaré sans équivoque que « Guantánamo sera fermé », tout en promettant simultanément de « combattre le terrorisme avec tous les outils disponibles. » Il est important de fermer une prison renégate dans un coin éloigné de Cuba. Mais c'est tout aussi important, même si c'est plus difficile, de regarder ce qui se passe chez nous. C'est ici, dans le Bas Manhattan, à Minneapolis et à Miami, dans notre ministère de la Justice, que les choses doivent bouger sous nos pieds. C'est ici que des citoyens Usaméricains et des résidents, dans notre système de cours fédérales et sous nos yeux, attendent leurs procès et se trouvent souvent face à des preuves classées secrètes et spécieuses dans des conditions inhumaines qui donnent lieu à des punitions cruelles et inhabituelles. Fermer Guantánamo exige que nous examinions et reconstruisions les systèmes politiques et judiciaires à l'intérieur de nos frontières – réformer le ministère de la Justice, les tribunaux et la politique pénitentiaire. Il serait judicieux que nous prêtions attention à l'avertissement de l'ancien Président de la Cour suprême, Earl Warren, sur les dangers qui guettent nos processus judiciaires : « Ce serait vraiment ironique, » prévenait Warren en 1967, « que, au nom de la defense nationale, nous autorisions la destruction de (…) ces libertés (…) qui font que  la nation vaut la peine d’être défendue. » 

AUTEUR:  Jeanne THEOHARIS

Source : The Nation -
Article original publié le 20/4/2009

Traduit par  Isabelle Rousselot. Édité par Fausto Giudice
Isabelle Rousselot et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteure, la traductrice, le réviseur et la source.
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=7900&lg=fr


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21/06/2009

n°271 - dossiers de l'Afghanistan - 19-06 - Suite - : A Tampa (Floride), les guerres d'Irak et d'Afghanistan sont en temps réel


n°271 - dossiers de l'Afghanistan  - 19-06 - Suite - : A Tampa (Floride), les guerres d'Irak et d'Afghanistan sont en temps réel


dossiers de l'Afghanistan n°271 du 20-06

                        C.De Broeder & M.Lemaire

 



 NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 


 Sommaire :  

1 Les Brèves

1-7 Guantanamo : Les Brèves

1 Arrivée du premier détenu de Guantanamo transféré sur le sol US.

2 Néstor Núñez : “Combattant ennemi”, oui, mais…

3 Torture: Jose Padilla autorisé à poursuivre l'avocat du gouvernement Bush.

4 Guantanamo: Ahmed Khalfan Ghailani a été transféré à New York.

5 Les Ouïgours reçus aux îles Palaos.

2 Dossiers

2-1 Obama accélère les massacres en Irak et en Afghanistan.

2-2 Bill Van Auken : Le nouveau commandant US en Afghanistan rassemble une équipe d'assassins.

2-3 Michel Moutot : A Tampa (Floride), les guerres d'Irak et d'Afghanistan sont en temps réel.

 


1-7 Guantanamo : Les Brèves

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage certaines analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

1 Arrivée du premier détenu de Guantanamo transféré sur le sol US.

Le premier détenu de Guantanamo transféré aux Etats-Unis est arrivé mardi sur le sol américain pour être jugé devant un tribunal fédéral de New York pour les attentats de 1998 contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie.

Le département américain de la Justice a annoncé mardi qu'Ahmed Ghailani était arrivé à l'aube sur le sol américain. L'armée américaine l'a confié aux US Marshals, qui l'ont escorté au centre correctionnel métropolitain de New York, avant sa présentation devant le tribunal fédéral.

"Avec cette présentation devant la cour fédérale, aujourd'hui, Ahmeid Ghailani doit répondre de son rôle présumé dans les attentats à la bombe contre les ambassades américaines en Tanzanie et au Kenya et le meurtre de 224 personnes", a déclaré le ministre de la Justice Eric Holder dans un communiqué, qui souligne que le Département de la Justice possède une "longue expérience" de la détention et des poursuites contre les suspects de terrorisme par le système judiciaire pénal.

Mais son transfert a aussitôt suscité des critiques des républicains, le chef de la minorité républicaine à la Chambre des représentants John Beoner dénonçant "une première étape dans le plan des démocrates pour importer des terroristes en Amérique". Certains parlementaires s'opposent à tout transfert d'anciens détenus de Guantanamo aux Etats-Unis, même incarcérés sous haute sécurité.

Le procès d'Ahmeid Ghailani fait figure de test pour l'administration Obama qui souhaite fermer le centre de détention de Guantanamo sur la base américaine à Cuba d'ici janvier 2010 et juger certains terroristes présumés sur le sol américain.

Il est accusé d'avoir organisé pour Al-Qaïda les attentats de 1998 contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie, qui avaient causé la mort de plus de 224 personnes.

Les autorités américaines estiment que Ghailani a débuté ses activités terroristes en livrant en vélo des éléments de bombes, avant de progresser dans la hiérarchie d'Al-Qaïda et devenir le garde du corps d'Oussama ben Laden.

Ce Tanzanien âgé d'une vingtaine d'années aurait aidé les terroristes à fabriquer une des bombes qui a détruit les ambassades américaines, ce qu'il a toujours nié. Il avait quitté l'Afrique avant les attentats, selon les enquêteurs.

Par la suite, il a continué à travailler pour Al-Qaïda avant d'être arrêté au Pakistan en 2004, et transféré à Guantanamo en 2006.

AP

Mardi 9 juin,

http://fr.news.yahoo.com/3/20090609/twl-usa-guantanamo-prisonnier-224d7fb_2.html

12-06

Deux détenus de la base américaine de Guantanamo, à Cuba, ont été libérés et renvoyés chez eux en Irak et au Tchad, a annoncé jeudi le ministère américain de la Justice.

Jawad Jabber Sadkhan est rentré en Irak dans la nuit de mercredi à jeudi. Mohammed el-Gharani, le plus jeune prisonnier de Guantanamo, est arrivé jeudi au Tchad.

Il restait jeudi 232 détenus à Guantanamo.

AP


2 Néstor Núñez : “Combattant ennemi”, oui, mais…

L’union Européenne a décidé de se raccrocher au train de l’actuel président nord-américain en acceptant la possibilité de recevoir sur le vieux continent certains des « combattants ennemis » actuellement retenus dans l’illégale prison de la tout aussi arbitraire base de Guantanamo.

       Est-ce parce qu’ils se sentent fautifs ?

Pourquoi pas.

En fin de compte, le secret était assez mal gardé, et l’opinion publique a finalement appris qu’ils ont déjà autorisé l’escale sur leurs territoires d’avions militaires nord-américains chargés de prisonniers qualifiés de « terroristes » par leurs geôliers.

       On a ensuite tout su des tortures légalisées par l’administration de George W. Bush. On a vu les incroyables photos des prisons clandestines où les détenus étaient placés dans les situations les plus aberrantes et, après le scandale qui s’en est suivi, c’est à la Maison Blanche que les principaux responsables doivent d’avoir été finalement absous.

       Obama, qui avait pourtant promis d’effacer la tache honteuse de la prison de Guantanamo, hésite actuellement sur la conduite à tenir, d’autant plus que ses projets n’ont pas reçu l’appui qu’il aurait pu attendre d’une bonne partie des législateurs nord-américains, opposés à ce que des prisonniers qu’ils considèrent comme des « terroristes » soient placés dans les prisons de leurs États ou simplement libérés dans leur immense pays, s’ils ne sont pas déclarés coupables.

       La situation est assez semblable en Europe, car l’approbation définitive de l’envoi de « combattants ennemis » à ces pays est encore sujette à consultations au sein de chacun des pays membres. Ce n’est pas une résolution de caractère obligatoire et en fait, certains pays comme l’Allemagne n’admettront pas de prisonniers. L’Italie et l’Autriche ne se montrent pas non plus enthousiasmés par l’idée.

       Les autorités allemandes considèrent peu logique que soient envoyés de probables « terroristes » sur le sol européen après que les États-Unis aient refusé de les accepter dans leur propre pays. Ils considèrent donc normal qu’ils n’aient pas à en supporter les conséquences.

       C’est la raison pour laquelle Washington, qui voudrait pourtant améliorer la figure publique de son pays, a bien du mal à mettre fin à l’illégale situation de la prison de Guantanamo et à la pratique des tortures.

       Même s’il porte l’uniforme et toutes les insignes de capitaine du navire, l’occupant du Bureau Ovale est obligé de suivre la route imposée par les propriétaires du bateau.

 Néstor Núñez

ACN Agence Cubaine D´Information

Título en español

Combatiente enemigo” si, pero…        


3 Torture: Jose Padilla autorisé à poursuivre l'avocat du gouvernement Bush.

Jose Padilla, devenu un symbole des excès de la "guerre contre le terrorisme" de l'administration Bush, a été autorisé à poursuivre l'avocat de l'ex-gouvernement américain qu'il accuse d'être responsable de sa torture, rapportent des médias dimanche.

Ancien membre d'un gang de Chicago converti à l'islam, l'Américain Jose Padilla, 37 ans, avait été reconnu coupable en août de liens avec Al-Qaïda et condamné à 17 ans et 4 mois de prison, alors que l'accusation réclamait la perpétuité.

Selon le New York Times et le Wall Street Journal, les avocats de Padilla ont déposé une plainte contre John C. Yoo, avocat de l'administration de l'ancien président George W. Bush, l'accusant d'être responsable de mémos juridiques qui ont selon eux conduit à la détention de leur client et à des interrogatoires musclés.

Padilla, placé à l'isolement comme "combattant ennemi" pendant plus de trois ans dans une prison militaire de Caroline du Sud, affirme avoir été torturé à l'époque.

La plainte, qui réclame que Yoo soit tenu pour responsable des mauvais traitements présumés subis par Padilla, affirme que le détenu a souffert "d'abus physiques et psychologiques flagrants entre les mains des responsables fédéraux dans le cadre d'un programme systématique d'interrogatoires musclés visant à casser la dignité humaine de M. Padilla et sa volonté de vivre".

Yoo, qui faisait partie du Conseil de guerre de l'ancien président Bush et vice-procureur général dans le bureau de conseil juridique de 2001 à 2003, a écrit plusieurs mémos autorisant des traitements musclés.

Yoo a argumenté que la plainte devait être rejetée car il n'a pas été établi que les traitements subis par Padilla étaient inconstitutionnels.

Cependant, le juge de la cour fédérale de San Francisco Jeffrey S. White, nommé par George W. Bush, a souligné dans un jugement écrit publié vendredi soir que cette plainte pouvait être instruite.

Padilla "a apporté des faits suffisants pour soutenir la thèse que Yoo a mis en place un ensemble d'événements qui ont résulté dans la privation de Padilla de ses droits constitutionnels", a déclaré le juge White.

Tahlia Townsend, membre de l'équipe des défenseurs de Padilla, a qualifié cette décision de "victoire significative pour les valeurs américaines, la responsabilité du gouvernement et notre système de contrôle et d'équilibre".

Padilla et sa mère, Estela Lebron, réclament 1 dollar de dommages et intérêts et la déclaration par la justice que les traitements subis étaient inconstitutionnels.

Yoo, représenté par le département de la Justice, s'est refusé jusqu'à présent à tout commentaire.

A la fin des années 1990, M. Padilla est parti étudier en Egypte, où il s'est marié et a eu deux enfants, avant de gagner l'Afghanistan. Il a été arrêté à son retour aux Etats-Unis en mai 2002.

Le gouvernement avait alors affirmé qu'il prévoyait des attentats terriblement meurtriers sur le sol américain, notamment avec une bombe radiologique, et il avait passé trois ans et huit mois comme "combattant ennemi" dans une prison militaire de Caroline du Sud (sud-est).

Sans accès à un juge, il a été maintenu dans un isolement absolu, privé de la lumière du jour, soumis à des températures extrêmes et interrogé sans relâche, jusqu'à ce que le gouvernement renonce à son accusation et renvoie son cas vers une procédure fédérale.

AFP

14 juin 2009

http://www.lematin.ch:80/flash-info/monde/torture-jose-padilla-autorise-poursuivre-avocat-gouvernement-bush


4 Guantanamo: Ahmed Khalfan Ghailani a été transféré à New York.

09-06

Ghailani est le premier détenu de Guantanamo à être traduit devant la justice civile. Cette comparution découle de la décision du président Barack Obama de fermer d'ici un an le centre de détention créé par l'administration Bush sur la base navale américaine située à la pointe est de Cuba.

Ghailani transférés à Guantanamo en septembre 2006 à partir de prisons secrètes de la CIA est arrivé à New York  pour y répondre de son implication présumée dans les attentats qui ont visé en 1998 les ambassades américaines à Dar es Salaam et Nairobi, a indiqué le ministre de la Justice Eric Holder dans un communiqué.

Le détenu devait être déféré devant un tribunal fédéral dès ce mardi, précise le communiqué.

(AFP)

http://www.romandie.com/ats/news/090609105814.8artwej6.asp

(ats http://www.romandie.com/infos/ats/display.asp?page=20090609132256369172194810700_brf029.xml&associate=phf0975


5 Les Ouïgours reçus aux îles Palaos.

Les 17 Chinois ouïgours de confession musulmane détenus à Guantanamo ont enfin trouvé une terre d'accueil. Les îles Palaos, archipel du Pacifique, ont annoncé mercredi qu'elles avaient accepté de les accueillir à titre temporaire.

En octobre dernier, un juge fédéral américain a statué que la détention prolongée des Ouïgours à Guantanamo était illégale et a ordonné leur libération aux États-Unis.

Mais l'application de ce jugement a été suspendue à la suite de l'appel de l'ancienne administration Bush. En avril, la cour d'appel a jugé que le juge fédéral n'était pas habilité à prendre une telle décision.

Depuis, les détenus ouïgours sont dans une zone grise juridique et restent bloqués à Guantanamo.

En 2001, les 17 Ouïgours avaient fui la Chine et s'étaient réfugiés en Afghanistan. Craignant les bombardements, ils étaient repartis en direction de la frontière pakistanaise. C'est là qu'ils ont été arrêtés par des chasseurs de prime, qui les ont ensuite vendus aux Américains.

Le gouvernement de la République des Palaos, un des rares pays à ne pas avoir de relations diplomatiques avec la Chine, a décidé de recevoir les Ouïgours à titre humanitaire et pour aider le président Barack Obama à tenir sa promesse de fermer la controversée prison..

Selon des responsables américains s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, Washington est prêt à fournir jusqu'à 200 millions de dollars d'aide au développement et autres formes d'assistance aux Palaus en échange de la prise en charge des Ouïgours.

Cet échange s'inscrirait dans le cadre de l'accord de coopération et de défense qui doit être renégocié cette année entre les deux pays.

Ancien territoire sous contrôle américain du Pacifique, les îles Palaus, qui comptent 20 000 habitants, a gardé des liens étroits avec Washington depuis son indépendance en 1994.

L'archipel de Palau, qui compte huit îles principales et plus de 250 îlots, situé 800 km à l'est des Philippines, est une destination de plongée et de tourisme.

10 juin 2009,

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/acces/suite.asp?lien=http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2009/06/10/006-guantanamo-ouigours-palaos.shtml



2 Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

2-1 Obama accélère les massacres en Irak et en Afghanistan.

Le 5 mai, le chef de la police de la province de Farah, dans le sud de l’Afghanistan, affirmait qu’une frappe de chasseurs de l’US Air Force sur le village de Bala Buluk, pour dégager des éléments des forces afghanes pris à partie par des maquisards, avait fait lundi plus de 140 de victimes civils.

Comme à l’accoutumée, des enquêtes ont été ouvertes, par les autorités américaine et afghane, ainsi que par la représentation de l’ONU.

, et l’escalade voulue par Obama en Afghanistan ne fait que commencer, avec les premières troupes – au nombre de 17 000 – en route.

Inévitablement le nombre de morts parmi les non combattants, déjà en augmentation de 40 % par rapport à l’année dernière, va monter en flèche à mesure qu’Obama ajoute les 30 000 troupes supplémentaires promises, et puis des troupes en sus.

Le candidat Obama avait dit à un public états-unien las de guerre que le fait de transférer quelques forces de l’Irak en Afghanistan stabiliserait cette dernière et aiderait enfin à y vaincre les ‘terroristes d’al Qaeda’ et les seigneurs de guerre. Maintenant qu’il est président, ce sont les besoins des capitalistes les plus puissants des Etats-Unis, plutôt que l’opinion, qui dirigent le déploiement par Obama de la machine de guerre états-unienne.

Afin de contrer le renforcement du sphère d’influence russe, les dirigeants des Etats-Unis exigent une augmentation beaucoup plus importante du nombre de troupes en Afghanistan.

Et puisque l’Irak est crucial au racket pétrolier riche en bénéfices des dirigeants états-unien, les troupes états-uniennes doivent y rester de manière permanente, en attendant une guerre en règle au Moyen Orient.

Les banquiers et les barons pétroliers des Etats-Unis exigent davantage de soldats états-uniens et la mort de davantage de soldats et d’Afghans.

Le 12 février, Stephen Biddle, membre supérieur de l’influent groupe de réflexion Council on Foreign Relations a témoigné devant le Congrès au sujet des besoins accrus des dirigeants états-uniens dans les zones de guerre. Biddle a dit au députés de la House of Representatives que le combat en Afghanistan contre les talibans et al Qaeda nécessite une campagne longue et massive, comme autrefois au Vietnam, menée par « quelques 300 000 contre insurgés ».

Biddle prévenait que le régime corrompu de Karzai n’était pas à la hauteur de la besogne. Ainsi, des centaines de milliers de soldats états-uniens y seraient pour un bon bout de temps. « Il y a toute raison de douter que le gouvernement afghan ait jamais la capacité de fournir le nombre de troupes nécessaire. Si une fraction quelque peu importante de ce nombre doit être des troupes américaines, les ressources dont on aura besoin seront très grandes. Et l’engagement pourrait être très long : d’habitude, les campagnes anti-insurrection durent dix à quinze ans avant de réussir. »

Et ça, c’est dans le « meilleur » des cas. Des conséquences non voulues, comme en Irak, pourrait aboutir à une guerre sans fin qui ferait paraître le débâcle au Vietnam comme une escarmouche.

Biddle a calculé froidement le nombre de morts « acceptable ». Parmi les soldats états-uniens "des taux de mortalité de peut-être 50 à 100 par mois pourrait perdurer pendant de nombreux mois, sinon des années ». Quant aux Afghans, Biddle a assuré aux législateurs que le massacre des innocents perpétré par les Etats-Unis n’a pas encore atteint le point de basculement qui ferait paraître les Etats-Unis comme l’ennemi principal. « En des termes objectives, le niveau de violence en Afghanistan, bien qu’il soit en train d’augmenter, est encore très bas à l’échelle de la plupart des conflits de ce genre, dit Biddle. Le taux de mortalité en 2008 était moins de six pour cent mille ».

Il a rappelé que les impérialistes britanniques avaient tué à un rythme deux fois plus soutenu pendant leur répression « réussie » en Malaisie dans les années 1950. Peu importe les massacres comme celui de Herat, laisse entendre Biddle. En vérité, pour les dirigeants des Etats-Unis, les travailleurs et les soldats ne sont que de la chair à canon à bonne à protéger leurs bénéfices.

La possibilité d’une guerre pétrolière en règle au Moyen Orient maintient les Etats-Unis en Irak pour une durée indéfinie.

Biddle, porte-parole pour Exxon, Chase et Citibank, exprime des soucis plus grands à propos de l’Irak. La continuation de la déstabilisation de ce pays « pourrait produire à terme des pressions irrésistibles pour que la Syrie, la Jordanie, l’Arabie saoudite, la Turquie ou encore l’Iran entre dans la guerre... Le résultat dans la décennie à venir pourrait être une version régionale de la Guerre entre l’Iran et l’Irak, mais certains des combattants (surtout l’Iran) aura alors probablement accès à des armes de destruction massive ».

Un événement qui échappe au contrôle des Etats-Unis pourrait « plonger l’une des régions des plus importantes pour la production de l’énergie dans le chaos ». Par conséquent, dit Biddle, au moins 60 000 troupes états-uniennes doivent rester en Irak dans un avenir prévisible, et peu importe ce que le candidat Obama a promis.

Biddle, ses patrons milliardaires, Obama, et tous les autres hommes politiques des dirigeants connaissent très bien les leçons des guerres du vingtième siècle : la conquête militaire entraînant massivement la perte de vies humaines constitue la seule remède garantie aux bénéfices réduites. Mais l’Histoire enseigne encore autre chose aux travailleurs : notre classe, organisée en partis communistes révolutionnaires, peut vaincre les tueurs-profiteurs. Pendant la première guerre mondiale et la deuxième guerre mondiale, les travailleurs ont triomphé pendant un certain temps en Russie et en Chine, quoique, à cause d’erreurs politiques sérieuses, le capitalisme et l’impérialisme ont été rétablis dans les deux pays. Notre but, c’est de construire un parti qui, un jour, éliminera les fauteurs de guerre, une fois pour toutes.

Translated from Challenge, March 11, 2009, page one:
"Obama Steps Up Afghan, Iraq Massacres"

http://www.plp.org/fr/edit031109fr.html


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06/06/2009

n° 267 - journal de l'Afghanistan - 21-05 au 05-06 - Début : Avec le nouvel activisme de Cheney, l’empire Bush contre-attaque.

n° 267 -  journal de l'Afghanistan - 21-05 au 05-06 - Début : Avec le nouvel activisme de Cheney, l’empire Bush contre-attaque.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



journal de l'Afghanistan n° 267 - du 21-05 au 05-06

                                                                      C.De Broeder & M.Lemaire     



Avant propos

La guerre menée par le terrorisme contre ses adversaires déclarés est tout à fait invraisemblable.

Pour être crédible, cette histoire exigerait triplement et simultanément une excessive stupidité des terroristes, une incompétence extravagante des services policiers, et une folle irresponsabilité des médias.

Cette invraisemblance est telle qu'il est impossible d'admettre que le terrorisme soit réellement ce qu'il prétend être’.

(MICHEL BOUNAN)

 

Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes

Ps : Avant de vous lancer dans la lecture du journal, noter ceci: 'Al Qaïda'  & Al-Zarqaoui, Ben Laden Mollah Omar  = concept réducteur inventé par les Usa, pour désigner la résistance. idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes



 Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire.

Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

Les USA tentent d'accuser les Afghans de leurs crimes de guerre.

Blackwater comme toujours au cœur d’une polémique (...)

Philippe Leymarie : De bavure en bavure en Afghanistan…

Paroles & action du président...

Obama contre une commission indépendante sur l'ère Bush.

Obama évoque la possibilité d'une détention indéfinie...

L’Afghanistan au cœur des débats.

Cheney affirme qu'il reprendrait les mêmes décisions.

Avec le nouvel activisme de Cheney, l’empire Bush contre-attaque.

1 Analyse & déclaration :

Résistance

Occupants:

2 Occupation de l'Afghanistan 

Les forces en présence

Suite

3 Politique

1) collaborateurs afghans

2) occupants 

Fin

4 Lutte pour la libération du territoire

Détails.

L'Afghanistan en chiffre. 



L'Afghanistan en chiffre du 21-05 au 05/06/09

 

 

 

tués

blessés

 

 

 

Usboys / Autres boys

 13

 4

 

 

 

Policiers, armée et collaborateurs

 38

 17

 

 

 

Peuple Afghan

 30

 20 + x

 

 



Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

24-05

Un civil est mort de ses blessures suite à un raid aérien mené mercredi par l'Otan dans la province de Paktya, dans l'est de l'Afghanistan, a indiqué l'Otan dans un communiqué.
"Une enquête a déterminé que la personne n'était pas en train de poser une bombe artisanale, contrairement à ce qui était initialement soupçonné", ajoute le communiqué de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf), qui dirige les troupes de l'Otan en Afghanistan.

AFP

Les USA tentent d'accuser les Afghans de leurs crimes de guerre.

L'armée US ont essaie de lancer des versions alternatives du dernier massacre, le classique "bouclier humain" et une intenable version de massacre préalable par les taliban à la grenade :

«"Un grand nombre de talibans, dont des combattants étrangers, s'étaient installés dans les villages de Ganj Abad et de Grani, où ils rackettaient les habitants" (...) "Les talibans ont délibérément obligé les habitants à se regrouper dans des maisons depuis lesquelles ils ont attaqué les forces afghanes et de la coalition", selon le rapport qui dénonce "la brutalité" des talibans envers les civils qu'ils "utilisent comme boucliers humains".»

Comparer cette version avec le témoignage rapporté par AP le jour même : "Des villageois ont expliqué avoir mis les femmes et enfants à l'abri des affrontements dans plusieurs maisons du village de Gerani, qui a ensuite été bombardé par des avions de chasse".

Quant à l'autre version, au vu des images des maisons complètement rasées après la visite US, les taliban doivent posséder de très puissantes grenades....

 

Blackwater comme toujours au cœur d’une polémique (...)

Un civil afghan tué, un autre dans le coma  et un troisième légèrement blessé : voilà le bilan d'une fusillade provoquée par des employés de Xe, la compagnie américaine de sécurité privée plus connue sous le nom de Blackwater.

Trois des quatre mercenaires sont rentrés aux Etats-Unis..

Romal, 28 ans, n'a pas survécu à ses blessures. Touché au dos par une balle d'AK-47, il est mort peu après son arrivée à l'hôpital.

Farid a eu plus de chance. Légèrement blessé, il a pu rentrer chez lui.

Raheb Doste, 25 ans, est toujours dans le coma. « Il est soigné à l'hôpital militaire afghan de Kaboul. Au début, il respirait grâce à un tuyau dans le nez. Les médecins lui ont ensuite fait passer un autre tuyau dans la gorge. Ils nous ont dit qu'il fallait beaucoup prier pour lui », explique sa grand-mère, Raheb Doste est l'une des trois victimes d'une bavure d'employés américains de Paravant, filiale de la société privée de sécurité Blackwater

L'affaire remonte au 5 mai dernier. Ce jour-là, vers 21 heures, deux 4x4 Land Rover blancs de Blackwater roulent à grande vitesse sur la route de Jalalabad.

Arrivé à proximité de Kaboul, le chauffeur du premier 4x4 perd le contrôle de son véhicule et percute violemment un poteau sur le bas-côté. Le deuxième Land Rover s'arrête.

Arrive alors la Corolla conduite par Farid.

Les agents de Blackwater ouvrent le feu.

Touché à la main, Farid accélère et s'engage sur la petite route qui mène à Yuketoute. A ses côtés, Romal reçoit une balle dans le bas du dos.

Raheb, lui, rentrait à pied chez lui avec son ami Ramin Sediqui. Ils étaient à plus de 150 mètres du lieu de l'accident lorsqu'a éclaté la fusillade. « Nous avons entendu une voiture qui accélérait et ensuite des coups de feu. J'ai eu peur, je me suis enfui. Quand je suis revenu quelques minutes plus tard, Raheb était allongé par terre, inconscient, la tête ensanglantée », raconte Ramin Sediqui, un lycéen de 18 ans.

Selon Daniel Callahan, l'avocat des quatre employés de Balckwater, ceux-ci ont tiré … pour se protéger !.

« Le premier 4x4 a été percuté par la Corolla. Les passagers du deuxième 4x4 sont sortis pour voir s'il y avait des blessés. A ce moment-là, la Corolla a fait demi-tour et a foncé vers eux. Les employés de Blackwater n'ont fait que se défendre contre une attaque d'insurgés. »

Une version démentie par la police afghane. « Farid est un commerçant qui travaille à Kaboul. Il n'a rien à voir avec les talibans ou un groupe d'insurgés. Selon les témoignages que nous avons recueillis, les Américains étaient ivres », assure Rohulla, le chef de la police criminelle du commissariat du 9e district de Kaboul. « 

Aucun doute, ils ont bien utilisé des fusils-mitrailleurs AK-47 alors qu'ils n'en avaient pas le droit. « Ces armes leur ont été fournies par des responsables de Blackwater en Afghanistan », rétorque Daniel Callahan.

L'affaire a une pris une tournure invraisemblable en fin de semaine dernière. Les quatre agents de Blackwater appellent alors Daniel Callahan et lui expliquent qu'ils sont retenus contre leur gré à Kaboul par leur employeur. « Ils m'ont dit être enfermés dans une mosquée », explique l'avocat américain. « Nous ne les avons jamais retenus de force. Nous leur avons demandé d'attendre l'autorisation du département de la Défense américain de quitter le pays », répond Anne Tyrrell, porte-parole de la compagnie de sécurité.

Selon un ex-employé de Blackwater en Afghanistan, l'entreprise a bien différentes adresses à Kaboul mais aucune ne correspond à une mosquée. « Ce sont de maisons afghanes classiques », assure-t-il.

Trois des quatre employés impliqués dans la bavure sont rentrés en début de semaine aux Etats-Unis pour échapper à de possibles poursuites de la justice afghane.

Le quatrième serait encore à Kaboul. Tous ont été licenciés par Blackwater. L'armée américaine a lancé une enquête.

23/05/2009 

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