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13/07/2010

n°488- Journal d'Irak - 20/06 au 11/07 - : Fin -:- La charge de la brigade médiatique.


n°488- Journal d'Irak -  20/06  au 11/07 - : Fin  -:- La charge de la brigade médiatique.



Journal d'Irak

n°488                 du 20/06                  au 11/07/10

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Journal d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

 

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

2 Lutte pour la libération du territoire.

3 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

3-1 Vidéo  : Irak : en attendant la reconstruction

3-2 Un soldat US inculpé après avoir divulguer une vidéo montrant un hélicoptère mitraillant des civils.

3-3 Stephen LENDMAN : Révéler les méfaits des autorités peut s’avérer dangereux : les « lanceurs d’alerte » en ligne de mire.

3-4 John Pilger : La charge de la brigade médiatique .

 


2 Lutte pour la libération du territoire

Les combats par provinces

1-1 Bagdad

22-06

Les attaques ont débuté lorsqu'un engin explosif, qui visait apparemment un convoi transportant un responsable du ministère des Transports, a manqué sa cible, tuant deux passants. L'attaque s'est produite dans le secteur de Dora, dans le sud de la capitale.

Abdullah Loaebi, directeur général du service de transports privés du ministère, n'a pas été touché. Des sources policières et hospitalières ont confirmé que deux personnes avaient été tuées et huit autres blessées.

AP

22-06

Une bombe a visé le bureau d'un parti religieux dans la capitale, blessant dix personnes, dont huit gardes, selon des sources policières et hospitalières.

AP

24-06

L’explosion d'une bombe dans l'est de Bagdad a tué deux policiers et en a blessé quatre autres, selon un policier. Quatre passants ont également été blessés.

AP

29/6

Un civil et un policier ont été tués et neuf personnes blessées par l'explosion d'une bombe dans le centre de Bagdad

29/6

Un général de l'armée a été tué dans l'explosion d'une bombe qui avait été attachée à son véhicule à Kazimiyah, un quartier dans le nord de Bagdad, selon des sources policières et hospitalières.

Ap

29-06

Un responsable du conseil provincial de Bagdad, Qahtan Abdul-Hussein, est mort dans l'explosion d'une bombe fixée à son véhicule alors qu'il passait un contrôle de sécurité dans le quartier dans le nord de la capitale, selon un communiqué diffusé par le conseil.

AP

01-07

Jeudi, un membre de la milice collaboratrice Sahwa est mort dans l'explosion d'une bombe placée en bordure de route, près de sa patrouille dans le sud-ouest de Bagdad.

Cinq personnes, dont trois civils, ont été blessés dans cette attaque.

AP

01-07

Dans l'ouest de la capitale, un soldat a été tué, par une bombe en bordure de route qui a visé sa patrouille. Sept personnes, dont trois civils ont été blessés.

AP


1-2 Province d'Anbar (vaste territoire à l'ouest de Bagdad comprenant les villes de Amiriya, Baghdadi, Diyarah, Falloujah, Habbaniyah, Haditha, Haqlaniyah, Hawija Hit, Houssabayh, Karabilah,  Khaldiyah, Koussaïba, Mahawil, Oubaïdi, Ramadi (capitale de la province d'Al-Anbar,) Kaïm (à la frontière avec la Syrie), Sindjar & Zaidan

Ramadi (capitale de la province d'Al-Anbar

4/7-

Une kamikaze a tué trois personnes en actionnant sa charge explosive au sein du gouvernorat de la province d'Anbar, dans l'ouest de l'Irak, annoncent les autorités.

Parmi les 39 blessés, dit-on de source proche des hôpitaux, figurent 13 policiers. La kamikaze a frappé dans la salle de réception du gouvernorat à Ramadi, à une centaine de km à l'ouest de Bagdad.

AP

  

Falloudja, à 50 km à l'ouest de Bagdad,

02-01

Un policier a été tué et deux autres ont été blessés vendredi par l'explosion d'une voiture.

http://fr.news.yahoo.com/


1-5 Province de Diyala

Bakouba

22-06

Une moto piégée visant une patrouille de l'armée irakienne a explosé dans la capitale de la province, Bakouba, blessant huit civils.

AP

Buhriz

22-06

Une bombe dissimulée dans une voiture transportant le chef d'un groupe de collaborateurs a ensuite explosé à Buhriz, ancien fief de Saddam Hussein à 60km au nord de Bagdad, dans la province de Diyala.

Le commandant Ghalib al-Karkhi, porte-parole de la police, a précisé que la déflagration avait tué Raad al-Mujamai, chef d'une milice Sahwa.

AP

 

 


1-4 Province de Ninive (Mossoul (capitale de la région nord du pays - à 375 km au nord de Bagdad,) Hawijah, Kassak"(70 km au nord-est de Mossoul) & Tall Afar )

Mossoul

24-06

Un kamikaze portant des explosifs s'est fait sauter à un barrage de la police, tuant quatre policiers et en blessant quatre autres. Saad Abdul-Moneim, un responsable de la morgue de Mossoul, a confirmé le bilan des tués.

AP


1-6 Province du Ta'mim

Kirkouk (Capitale de la province)

01-07

Un militaire a été tué par des tirs provenant d'un véhicule alors qu'il marchait dans la rue en tenue de civil tard mercredi.

AP


1-7 provincede Salaheddine

Baïdji, ville située à 180 km au nord de Bagdad

29/6

Quatre policiers ont été tuées et treize autres blessées mardi par l'explosion d'une bombe au passage d'une patrouille de police dans le nord de l'Irak, rapporte la police. L'explosion s'est produite dans le centre de Baïdji, ville située à 180 km au nord de Bagdad. Parmi les tués, figure le lieutenant-colonel Hussein Ahmed Hussein, chef des services de renseignement de la police de Baïdji et chef de tribu, a-t-on précisé de source policière locale.

AFP



L’Irak en chiffres (depuis le début de la guerre de conquête en mars 2003)



Peuple

 

Civils tués (depuis l'occupation)   

1 366 705 ( chiffre  minimum)

Civils blessés (depuis l'occupation) 

 1.148.250( chiffre très très minimum)

Civils violés (par les troupes d'occupations)

2.507     (voir Ibrahim Allousch

Civils/Résistants arrêtes : (une dizaine par jour...)

8.945   (chiffre minimum)

Résistants (décrit tel quel ) tués

4.121 ( chiffre minimum)

Résistants (décrit tel quel ) blessés

3.888   (chiffre minimum)

En prison

1.900 (chiffre minimum)

Embargo

750.000 enfants (chiffre minimal)

Embargo

750.000 adultes (chiffre moyen)

 

 

Militaires irakiens tués pendant l'invasion

45.596 (chiffre minimal)

Civils tués pendant l'invasion

120.200 (chiffre minimal)

 

 

Coalition

 

Nombre de Soldats tués (ou morts...) 

34.7057

Soldats rapatriés (blessés ou malades)

74.4102

(*) dont 10% meurent en cours de route ou à l'hopital)

 

Disparus (dans la nature)

1.014

Désertions

5.501

Mutinerie

2 corps + 25

Aide psychologique

66.108***

Suicides

Mercenaires tues                                                                                 

5.683 (chiffre très minimal)

933

non-combattants accidentés,

27 103

Policiers/soldats/miliciens irakiens  tués

13.449

Policiers /soldats/miliciens irakiens blessés

27210 (chiffre minimal)

Policiers /soldats irakiens disparus (dans la nature)

13.916

 

 

Autres tués (collaborateur)

5747

Autres blessés (collaborateur)

9.771

 

 

Nombre d'attaques de la résistance de 2003 à 2008:

Oléoducs, les infrastructures pétrolières & d'électricité

164.001,

464 attaques (grand minimum)

Infrastructures du rail

195 attaques (idem)

Hélicoptères

104  ++              (idem)

Avions (& drone)

28 ++



Ces  totaux sont obtenus par le recoupement (si possible) des chiffres des pertes communiqué par la résistance & les médias occidentaux + XINHUANET


 


Number Of Iraqis Slaughtered In US War And Occupation Of Iraq "1,331,578"


Cost of U.S. War and Occupation of Iraq

                                              732.927.995.841

 

12H21

http://www.costofwar.com/

http://www.nationalpriorities.org/costofwar_home
For more details, click here.

 



3 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

3-1 Vidéo  : Irak : en attendant la reconstruction

http://videos.arte.tv/fr/videos/irak_en_attendant_la_reconstruction-3300862.html


3-2 Un soldat US inculpé après avoir divulguer une vidéo montrant un hélicoptère mitraillant des civils.

Un soldat américain soupçonné d'avoir divulgué une vidéo d'une bavure (…) de l'armée américaine à Bagdad qui a coûté la vie à des civiles et à deux employés irakiens de l'agence Reuters en 2007, a été inculpé, c'est ce qu'a annoncé mardi l'armée d'occupation américaine.
 Au total, 12 chefs d'inculpation ont été retenus lundi contre Bradley Manning, actuellement dans un centre de détention de l'armée américaine au Koweït, selon un communiqué militaire.
 Ce soldat de 22 ans est à la fois poursuivi pour "des violations au Code de justice militaire et des infractions au Code pénal des Etats-Unis, et pourrait à terme être renvoyé devant une cour martiale", selon le texte.
  L'armée précise que le soldat Manning est notamment accusé d'avoir été "sans autorisation en possession d'une vidéo classée d'une opération militaire filmée à, ou près de, Bagdad le, ou autour du, 12 juillet 2007 et d'avoir volontairement (...) transmis la vidéo, ou fait en sorte que la vidéo (...) soit transmise à une personne non autorisée à la recevoir". 

Le communiqué ne donne aucune précision sur la nature de l'opération.  
Mais en avril, le site américain WikiLeaks, qui s'est donné pour mission de diffuser des informations très sensibles en maintenant l'anonymat de ses sources, avait diffusé une vidéo choc montrant des images, prises par un hélicoptère Apache mitraillant des civils à Bagdad le 12 juillet 2007.
 Plusieurs personnes avaient péri, dont le photographe Namir Hussein, 22 ans, et son chauffeur Saïd Chmagh, 44 ans.
  Vue par plusieurs millions d'internautes sur YouTube et les téléspectateurs du monde entier, la vidéo de 17 minutes est accompagnée de commentaires crus de l'équipage de l'Apache.
 Dans la vidéo, les pilotes de l'Apache, qui prétendent prendre la caméra d'un des employés de Reuters pour un lance-grenade RPG, affirment avoir repéré "cinq ou six individus avec des AK-47" et demandent la permission "d'ouvrir le feu", ce qu'ils obtiennent presque instantanément.
 Après la fusillade, l'un des pilotes relève qu'il y a désormais "un tas de cadavres" sur place. "Regarde moi ces pourritures crevées", dit l'un. Un autre réplique: "chouette".
 Dans un message sur Twitter, Wikileaks réagit à l'inculpation du militaire en dénonçant l'impunité dont jouit "l'équipage de l'Apache à la gâchette facile".
 Le porte-parole du Pentagone, Bryan Whitman, avait alors indiqué que l'enquête portait sur la divulgation d'une vidéo classée secret défense et de quelque 260.000 câbles diplomatiques confidentiels au site WikiLeaks.
 WikiLeaks avait indiqué dans un message sur Twitter que les informations selon lesquelles il aurait reçu ces câbles diplomatiques étaient "fausses".  

07/07/2010
 http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=145299&language=fr


3-3 Stephen LENDMAN : Révéler les méfaits des autorités peut s’avérer dangereux : les « lanceurs d’alerte » en ligne de mire.

Les « Whistleblowers » ("lanceurs d’alerte" ou ceux qui dénoncent les abus en tous genres ou organisent des fuites à la presse) sont-ils désormais une espèce menacée ?

L’administration Obama leur livre une guerre qu’aucune autre administration n’a osé livrer.

Où il apparaît que les lanceurs d’alerte sont poursuivis avec plus de célérité que les criminels qu’ils dénoncent. Où il apparaît que les gouvernements, celui des Etats-Unis en tête, comptent de plus en plus sur le secret de leurs activités et supportent de moins en moins la transparence.

Où il apparaît que le Pentagon a lancé une chasse à l’homme contre le fondateur de Wikileaks, le site qui a publié, entre autres, la vidéo de l’hélicoptère américain à Baghdad. Jusqu’où nous entraîneront-ils vers le côté obscur de la gouvernance ? - Le Grand Soir

Le 16 avril, le journaliste John Cole écrivait : « Le message est clair – si vous torturez des gens et détruisez les preuves, vous vous en tirez sans même une remontrance. Mais si vous dénoncez une activité criminelle du gouvernement, vous êtes poursuivis. »

En fait, c’est encore pire que ça. Sous l’administration Bush, la torture était une politique officielle.

Elle l’est toujours sous Obama qui a absout les tortionnaires de la CIA, malgré les preuves incontestables de leur culpabilité. Mais en révélant cette information vous risquez d’être poursuivis pour diffusion de secrets d’état et mise en danger de la sécurité nationale.

Le 7 juin, Elisabeth Bumiller écrivait dans le New York Times, en titre, « Un ex-hacker (pirate informatique – NdT) dénonce celui qui a livré des données de l’Armée à la presse », en expliquant que l’analyste des services de renseignement de l’armée, Bradley Manning, a raconté à Adrian Lamo qu’il avait transmis les informations suivantes à Wikileaks (site spécialisé dans la publication de documents « dérangeants » - NdT) :

- 260.000 télégrammes diplomatiques US classifiés et la vidéo d’une frappe aérienne (US) en Afghanistan qui a tué 97 civils l’année dernière, » et

- une « vidéo explosive (39 minutes) sur l’attaque par un hélicoptère américain à Bagdad qui a tué 12 personnes, dont deux employés de l’agence de presse Reuters ». Manning l’a qualifié de « meurtre collatéral », un crime qu’il s’est senti obligé de révéler.

Lamo a déclaré aux autorités militaires, « j’ai dénoncé Brad Manning parce qu’il a révélé des documents. Je n’aurais jamais (et je n’ai jamais) dénoncé un Criminel Ordinaire Honorable. Ce n’est pas la même chose. » Il n’a pas expliqué en quoi un criminel pouvait être honorable.

Le 7 juin, le commandement militaire en Irak a arrêté Manning, en déclarant dans la langue de bois du Pentagone : « Le Département de la Défense prend la gestion des documents classifiés très au sérieux parce que cela touche à notre sécurité nationale, à la vie de nos soldats, et à nos opérations à l’étranger. »

A ce jour, Manning n’a pas encore été inculpé et se trouve en détention au Koweit en attendant qu’il soit décidé de son sort.

Le 6 juin, sur le site wired.com, Kevin Poulson et Kim Zetter ont publié un article intitulé « Un analyste du renseignement militaire US arrêté dans le cadre de l’enquête sur la fuite d’une vidéo à Wikileaks », en expliquant : « la division d’enquête criminelle de l’armée a arrêté Manning après que Lamo l’ait dénoncé.

Le Département d’Etat a déclaré ne pas être au courant de l’arrestation. Le FBI n’a pas fait de commentaire. Plus tard, le Département de la Défense a confirmé son arrestation pour avoir livré des informations classifiées. Selon un porte-parole de l’armée, Gary Tallman : « Si vous avez une habilitation en matière de sécurité et que vous fournissez volontairement ou involontairement des informations classifiées à quelqu’un qui n’a pas d’habilitation ou qui n’a pas besoin de connaître ces informations, vous violez les règles de sécurité et éventuellement la loi. »

Manning a déclaré : « Partout où il y a un site états-unien, il y a un scandale diplomatique qui éclate. C’est de la diplomatie à l’air libre. Une anarchie mondiale sous format CSV (format de stockage de données des programmes d’analyste/présentation tels que Excel – NdT) . C’est un Climategate à l’échelle de la planète, et époustouflant par son ampleur. C’est à la fois magnifique et terrifiant. (Les documents décrivent) des activités politiques clandestines quasi-criminelles. (Ils appartiennent) au domaine public et ne sont pas stockés quelque part sur un serveur casé dans un coin obscur à Washington, DC. (Notre gouvernement est impliqué dans) des choses incroyables, des choses horribles. »

Manning a révélé le meurtre de sang froid de civils innocents et de journalistes, tandis que les auteurs riaient sur la vidéo comme s’il s’agissait d’un jeu – le public ignore que les règles d’engagement au combat du Pentagone appliqués en Irak et en Afghanistan visent aussi bien les civils que ceux soupçonnés d’être des combattants.

Le 11 juin, Scott Shane, dans le New York Times, titrait : « Obama Choisit la répression contre ceux qui livrent des informations à la presse. » et écrivait : « Au cours de ses 17 mois de mandat, le Président Obama a déjà dépassé tous ses prédécesseurs en matière de poursuites engagées contre les auteurs de fuites à la presse, » et citait des poursuites lancées contre Thomas A. Drake (voir ci-dessous), et contre James Risen, du Times, qui a reçu un assignation (délivrée par Bush et Obama) pour l’obliger à révéler les sources de son livre « State of War : The Secret History of the CIA and the Bush Administration » (Etat de Guerre : l’histoire secrète de la CIA et de l’administration Bush – NdT)

Lucy Dalglish, directeur exécutif de Reporters Committee for Freedom, explique : « le message envoyé est clair, si vous êtes l’auteur de fuites à la presse, nous vous attraperons. Selon moi, il n’y a absolument aucune différence (entre Bush et Obama) et (il) semble y accorder plus d’attention. Tout ça n’annonce rien de bon. »

Le procureur général Eric Holder a signé l’assignation et son porte-parole au Ministère de la Justice, Mattew Miller, a dit : « D’une manière générale, nous avons toujours dit que nous prenions très au sérieux la fuite d’informations classifiées »

L’avocat de Risen, Joel Kurtzberg, a expliqué que l’assignation était en rapport avec un article sur les mesures clandestines entreprises par la CIA pour subvertir le supposé programme iranien de développement d’armes nucléaires. « Nous allons nous battre pour la repousser, » a-t-il dit. « Jim est un journaliste chevronné et adhère aux plus hauts principes de la profession. Et il a l’intention de tenir parole quant à la confidentialité de sa ou ses sources. »

La maison d’édition de Risen, Simon et Schuster, s’occupe de l’affaire mais selon une déclaration de Time : « Cependant, notre opinion est que la confidentialité des sources est vitale pour livrer l’information au public, et une assignation émise plus de quatre ans après la publication du livre ne parait pas faire le poids devant la nécessité de protéger un auteur. »

Une session de « grand jury » convoquée une première fois en 2006 par le ministre de la justice de Bush, Michael Mukasey, n’avait pas pris de décision dans les délais. Holder va convoquer une nouvelle commission. Risen risque un procès et une peine de prison pour refus de révéler ses sources, chose qu’aucun journaliste ne devrait faire.

Wikileaks : qu’est-ce que c’est ?

Wikileaks se qualifie de « service de renseignement du peuple » et se décrit comme « un service public pluri juridictionnel ayant pour objectif de protéger les « lanceurs d’alerte », les journalistes et les militants qui auraient des informations sensibles à communiquer au public », un public qui a le droit de savoir.

Ce n’est que lorsqu’ils connaissent « les véritables plans et comportements de leurs gouvernements » qu’ils peuvent décider s’ils leur accordent ou non leur confiance, ou comme l’a déclaré Jack Kennedy le 27 avril 1961 : « Le terme même de secret est répugnant dans une société libre et ouverte ; et en tant que peuple nous sommes intrinsèquement et historiquement opposés aux sociétés secrètes, aux serments secrets et aux actions secrètes. Il y a longtemps, nous avons décidé que les dangers d’une dissimulation excessive et injustifiée de faits importants sont nettement plus grands que les dangers avancés pour les justifier. »

Wikileaks croit que « les fuites fondées sur des principes ont favorablement influencé le cours de l’histoire ; elles peuvent changer le cours de l’histoire présente, elles peuvent nous mener vers un avenir meilleur. » Elles peuvent révéler les abus de pouvoir en « comptant sur le pouvoir de l’information ouverte qui permet aux citoyens de traîner en justice des gouvernements et des entreprises répressifs et corrompus, » et aider à transformer des démocraties formelles en véritables démocraties.

Le Secret et la répression des lanceurs d’alerte et des journalistes sous Obama

Sous Obama, plus que jamais, nous vivons dans une société secrète, où les lanceurs d’alerte et les journalistes sont visés pour avoir fait leur travail – Helen Thomas (doyenne des journalistes accrédités à la Maison Blanche qui a récemment pris sa retraite après avoir fait des commentaires sur le lobby sioniste aux Etats-Unis – NdT), injustement pilonnée par le lobby pro israélien, a déclaré au mois de juillet dernier, au cours d’une conférence de presse de Robert Gibbs à la Maison Blanche, que l’administration « contrôlait la presse, », puis a ajouté « C’est choquant, vraiment choquant... Pour qui nous prennent-ils, des marionnettes ? Ils sont censés ne pas se mêler de nos affaires. Ce sont des fonctionnaires. C’est nous qui les payons. »

Dans une interview à CNCNews.com du 1er juillet 2009, elle a dit que même Nixon n’avait jamais exercé un tel contrôle sur la presse. Elle a dit : « Nixon n’a pas essayé. Ils ne pouvaient pas contrôler (les médias). Ils n’essayaient pas... Je ne dis pas qu’il n’y a jamais eu d’informations contrôlées, mais cela atteint des niveaux jamais vus. Ils ne s’en cachent même plus. Ils s’en fichent que vous en soyez conscients ou pas. Ils devraient avoir honte. »

Au mois de février 2009, une loi Free Flow of Information Act (loi sur la liberté de circulation de l’information) a été présentée devant la chambre des Représentants et le Sénat. Au mois de mars, la chambre des Représentants l’a voté à une écrasante majorité. Depuis, elle est bloquée dans une commission du Sénat.

A l’époque, l’administration Obama a réduit la portée du texte malgré un fort soutien du congrès – sous prétexte que la sécurité nationale primait sur le droit du public de savoir, que les procureurs devaient pouvoir obliger les journalistes et les lanceurs d’alerte à révéler leurs sources. La loi n’a jamais été définitivement adoptée mais l’administration actuelle l’invoque pour tenter d’empêcher la divulgation d’informations qu’elle veut censurer, et avec plus d’agressivité qu’aucune autre administration précédente. Encore une mesure de l’homme qui avait promis le changement.

Thomas Drake fait partie des cibles de l’administration Obama, ancien « cadre supérieur » de l’ancienne Agence de Sécurité Nationale, inculpé le 15 avril 2010, sous plusieurs accusations de « détention volontaire d’information classifiée, obstruction de justice et fausses déclarations, » selon le Procureur Lanny A. Breuer, de la Division Criminelle.

Selon l’inculpation en dix points, il aurait fourni à un journaliste du Baltimore Sun, Sibohan Gorman, des documents classifiés de la NSA relatifs à l’agence. En fait, elle a écrit sur le gâchis et les erreurs de gestions du projet « Trailblazer » (un programme déstiné à analyser les données sur les réseaux informatiques), et sur des activités d’espionnage illégales. Le 18 mai 2006, elle a écrit un article intitulé « la NSA abandonne un système légal de récupération de données sur les communications téléphoniques » où elle a écrit : « Une fois le feu vert donné par le Président Bush à la NSA pour recueillir secrètement et analyser les données téléphonique locales – une autorisation qui ne faisait aucune mention de la protection des identités – les agents officiels ont considéré que le cryptage des données était inutile et l’a abandonné ».

Cela dit, son article parlait surtout de Trailblazer, un projet de 1,2 milliards de dollars qu’un participant a qualifié de « plus gros gâchis actuellement en cours dans le monde du renseignement, » chose que le public avait le droit de savoir.

Les fuites de Drake ont révélé des activités d’espionnage illégales de la part de la NSA, une énorme quantité de gâchis et de fraudes, ainsi que la formation d’un état de sécurité/surveillance nationale public/privé, ce qui avait pour résultat d’inciter les profiteurs à entretenir la peur pour le plus grand bien de leur chiffre d’affaires.

En tant que candidat, Obama avait promis la transparence, la responsabilité et la réforme des politiques extrémistes de Bush. En tant que président, il a usurpé de pouvoirs de surveillance non contrôlés, dont les écoutes téléphoniques sans mandat, l’accès aux données personnelles, le suivi des transactions financières, le suivi des courriers électroniques, l’usage de l’Internet et des téléphones portables pour recueillir des données secrètes pour d’éventuelles inculpations.

Il réclame aussi l’immunité du Ministère de la Justice pour les procès intentés pour espionnage illégal, une exigence qu’aucun membre du Congrès ou de l’administration n’avait formulée, pas même Bush et ses alliés Républicains.

Le résultat est que son état de sécurité nationale s’en prend désormais aux militants, aux dissidents politiques, aux manifestants anti-guerre, aux musulmans, aux immigrés latinos, aux avocats qui les défendent, aux lanceurs d’alerte, aux journalistes qui révèlent les crimes fédéraux, la corruption, ceux qui refusent de dévoiler leurs sources, et Wikileaks, cité dans un rapport du Pentagone de 2008 comme une menace majeure pour la sécurité des Etats-Unis qu’il serait important de fermer en identifiant ses sources, en les décourageant et en les poursuivant. Nous allons y revenir.

A une époque ou le gouvernement agit de plus en plus en s’entourant de secret, en versant dans l’illégalité et en trahissant la confiance du public, les révélations et le débat ouvert sont indispensables. Sans les lanceurs d’alerte, Wikileaks et les journalistes courageux, c’est la transparence de la société qui est mise en cause.

WIKILEAKS, 15 mars 2010, a publié : « les services secrets US veulent détruire Wikileaks »

Le fondateur du groupe, Julian Assange, a décrit un rapport de 32 pages de février 2008 des services de contre-espionnage « pour marginaliser définitivement l’organisation. » Deux ans plus tard, l’objectif n’as pas (encore) été atteint.

Le rapport qualifie Wikileaks de « menace potentielle à la protection des forces, au contre-espionnage, à la sécurité opérationnelle (OPSEC), à la sécurité de l’information (INFOSEC), une menace pour l’Armée des Etats-Unis, (mettant en danger) le personnel du Ministère de la Défense, les sites et les installations. De telles informations (pourraient aider) les services de renseignement et de sécurité étrangers, des forces militaires étrangères, des insurgés étrangers, et des groupes terroristes étrangers (en leur fournissant) de l’information (qu’ils pourraient utiliser pour attaquer) les forces US, à la fois à l’intérieur des Etats-Unis qu’à l’extérieur » - une langue de bois typique du Pentagone pour exagérer les menaces et décourager les lanceurs d’alerte qui révèlent les crimes et des méfaits du gouvernement, choses que le public a le droit de connaître.

En réponse, Wikileaks a dit que la protection des sources était une haute priorité. Il agit « pour dénoncer les pratiques douteuses, les comportements illégaux et les méfaits des agences gouvernementales, des entreprises ainsi que des régimes répressifs » à l’étranger, dont certains agissent ainsi avec la complicité de Washington.

Ces objectifs – dénonciation des méfaits, exigence de responsabilité, soutien aux principes démocratiques d’une société libre et ouverte – sont autant de choses pour lesquelles les gouvernements sont censés oeuvrer. Mais lorsque ce n’est pas le cas, ce sont des organisations comme WikiLeaks qui représentent le plus haut degré de patriotisme et méritent nos louanges au lieu d’être espionnées, attaquées et détruites.

Parmi ses nombreuses accusations du Département de la Défense contre Wikileaks :

- Wikileaks a peut-être des taupes au sein du Département de la Défense qui fourniraient des données sensibles ou classifiées

- utilise son site pour fabriquer et manipuler l’information

- possède 2000 pages de documents de l’armée sur les forces US et les forces de la Coalition en Irak et Afghanistan

- possède des informations sur le type et la quantité d’équipements affectés à la Commande Centrale US

- Julian Assange a rédigé et co-signé des articles, basés sur des fuites, « pour faciliter les initiatives au Congrès US qui visent à retirer les troupes US en coupant les financements de(s) la guerre(s) »

- des fuites qui « pourraient aider les forces ennemies à planifier des attaques terroristes, (choisir) le type et l’emplacement le plus efficace pour placer des bombes » et employer d’autres méthodes pour attaquer les troupes et convois US, ainsi que les bases militaires.

- les données publiées sont des données mal interprétées, manipulées qui constituent de la désinformation et de la propagande.

- le 9 novembre 2007, un rapport a indiqué que les forces US « avaient très probablement violé la Convention sur les Armes Chimiques, » et possède 2.386 armes chimiques de première catégorie en Irak et Afghanistan.

- le même rapport accuse le Département de la Défense d’avoir illégalement employé du phosphore blanc lors de l’attaque en 2004 de la ville (irakienne) de Falloujah

- l’administration Bush a été accusée de tortures et d’avoir refusé à la Croix Rouge internationale l’accès aux détenus de Guantanamo.

- des détails ont été fournis sur le recours par l’armée aux tactiques de guerre asymétrique, techniques et procédures lors de l’assaut d’avril 2004 contre Falloujah et

- de nombreuses autres accusations et préoccupations mentionnées dont la crainte que « des organisations étrangères... des services militaires étrangers, des insurgés étrangers ou des groupes terroristes financent ou soutiennent matériellement WikiLeaks.org »

Le Département de la Défense conclut que réussir à identifier, poursuivre, et mettre fin aux activités des lanceurs d’alerte « porterait un coup et pourrait détruire » les opérations de Wikileaks et décourager d’autres à fournir des informations. Il a aussi insisté sur « la nécessité d’un gros programme auprès du contre-espionnage, de l’antiterrorisme, de la protection des forces, de la collecte d’informations, d’INFOSEC, et d’OPSEC pour former le personnel militaire » sur comment éviter les fuites et dénoncer les « activités suspectes ».

Julian Assange se sent investi d’une mission : la transparence totale. Wikileaks est une ressource vitale pour fournir des informations importantes sur comment les gouvernements et les entreprises trahissent les intérêts du public. Eu égard à la tradition américaine de crimes de guerre, de corruption et autres abus de pouvoir, il n’est pas étonnant que le Département de la Défense s’en préoccupe, heureusement sans succès jusqu’à présent. Selon WikiLeaks : ses activités sont « le meilleur moyen à notre disposition pour générer une véritable démocratie et une bonne gouvernance auxquelles aspire toute l’humanité » et pourraient réussir, avec d’autres et avec force et détermination, à faire passer l’idée que le changement vient toujours du bas vers le haut, jamais du haut vers le bas. Une leçon qu’il faut assimiler pour agir en conséquence.

Une dernière remarque

Le 10 juin, Philip Shenon, de Daily Beast, écrivait en titre « La chasse à l’homme du Pentagone ». Il écrivait : « Préoccupés par le fait que Wikileaks serait sur le point de publier un lot de télégrammes secrets du Département d’Etat, les enquêteurs recherchent désespéramment son fondateur, Julian Assange. »

Au début du mois de juin, Julian Assange devait prendre la parole à un forum organisé à New York (New York’s Personal Democracy Forum), mais on lui a conseillé de ne pas s’y rendre pour raisons de sécurité. A la place, il est intervenu via Internet (Skype) depuis l’Australie.

Interviewé par Ellsberg (*) au sujet d’Assange, le célèbre lanceur d’alerte Daniel croit que ce dernier pourrait être en danger : « j’ai moi-même été la cible d’un escadron de la Maison Blanche. Le 3 mai 1972, une dizaine d’agents de la CIA, des anciens de la Baie des Cochons, des émigrés cubains, ont été acheminés de Miami avec l’ordre de « m’infliger une incapacité totale ». Ellsberg a demandé si cela voulait dire le tuer. La réponse fut « Cela signifie vous infliger une incapacité totale. Il faut comprendre que ce types n’emploient jamais le mot « tuer » ». Assange est-il en danger ? « Absolument. Pour les mêmes raisons que je l’ai été... Obama prétend à présent avoir un droit de vie et de mort, d’être le juge, le jury et le bourreau des citoyens américains, sans procès » qu’ils soient résidents ou à l’étranger, sans parler des non-américains, n’importe où dans le monde. L’état de droit peut aller se faire voir. « Aucun président n’a jamais eu de telles prétentions et peut-être personne depuis Jean 1er. »

Le conseil d’Ellsberg à Assange : « Restez hors des Etats-Unis. Pour le reste, continuez de faire ce que vous faites. Ce que vous faites est important. Assange oeuvre pour la démocratie et l’état de droit précisément en défiant les régulations sur le secret de l’information, des régulations qui ne sont pas des lois, dans la plupart des cas. Il fait du très bon boulot pour notre démocratie, » chose qu’Obama, comme ses prédécesseurs, tente de corrompre tous les jours.

Stephen Lendman
http://www.sjlendman.blogspot.com/

Traduction VD pour le Grand Soir

(*) Note du Grand Soir : Daniel Ellsberg est à l’origine de la fuite en 1971 des célèbres "Pentagon Papers" qui dénonçaient les mensonges du Pentagon pendant la guerre du Vietnam. Dans un article (en anglais) publié par http://www.consortiumnews.com/2010/061510.html, Robert Parry souligne la différence de traitement par la "grande" presse de l’époque - qui s’est montrée solidaire d’Ellsberg en publiant à tour de rôle les "papiers" - et la presse d’aujourd’hui qui dénigre Manning pour avoir diffusé la vidéo de l’hélicoptère américain à Bagdad.

Stephen LENDMAN
7 juin 2010

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Reveler-les-mefaits-des-autorites-peut-s-averer-dangereux-les-lanceurs-d-alerte-en-ligne-de-mire.html


3-4 John Pilger : La charge de la brigade médiatique .

Dans sa dernière colonne pour New Statesman, John Pilger décrit comment l’omniprésence de la culture du système médiatique en Zunie ouvre la voie à un état de guerre endémique. Et malgré toutes les colonnes de journaux et les heures d’émission qui en sont pleines, le lavage de cerveau ne prend pas. Il suggère qu’il s’agit de « la plus grande vertu de la Zunie. »

La présentatrice de la télévision a fait une interview partagée sur l’écran avec un journaliste qui s'était porté volontaire pour être témoin à l'exécution d'un homme condamné à mort depuis 25 ans dans l'Utah. « Il avait le choix, » a dit le journaliste, « l'injection létale ou le peloton d'exécution. « Oh là là, » s’est emballée la présentatrice. Top d’un déferlement de publicités pour la restauration rapide, un blanchissant de dents, l’agrafage de l'estomac*, la nouvelle Cadillac. Suite à cela, la guerre en Afghanistan a été présentée par un correspondant en sueur dans un gilet pare-balles. « Holà, il fait chaud, a-t-il henni sur sa moitié d'écran. « Faites attention à vous, a répliqué la présentatrice. « Coming up » était une émission de téléréalité dans laquelle la caméra observait un homme en train de purger sa peine d’emprisonnement dans un réduit de prison.
[* Ndt : C’est dommage qu’on n’ait pas encore ça chez nous, à moins que j’ai mal vu. Imaginez un peu le truc : vous regardez négligemment le JT tout en grignotant les queues de radis laissées par la gente politique, et voilà qu'un charcutier en blouse verte vous propose de vous ligaturer le gésier pour vous empêcher de vous empiffrer.]

 

      Le lendemain matin, je suis arrivée au Pentagone pour une entrevue avec l'un des hauts fonctionnaires du président Obama, un décideur en matière de guerre. Il y a eu une longue ballade le long de corridors brillant ornés de tableaux de généraux et d’amiraux festonnés de rubans. La pièce réservée aux entretiens avait été agencée à cet effet. Elle était bleue et d’un froid glacial, dépourvue de fenêtre et de caractère, à l’exception d’un drapeau et de deux chaises, des accessoires destinés à créer l'illusion d'un lieu de pouvoir. La dernière fois que je suis allé dans une salle comme celle du Pentagone, un colonel nommé Hum a interrompu mon entrevue avec un autre décisionnaire de guerre, au moment où j'ai demandé pourquoi tant de civils innocents sont tués en Irak et en Afghanistan. Ils étaient des milliers à l’époque, ils sont plus d'un million à présent. « Arrêtez la bande ! » avait-il beuglé.

 

      Il n'y avait pas de colonel Hum cette fois-ci, juste l’attestation polie des militaires rejetant qu’il s’agirait d’un « fait banal » pour la soldatesque de recevoir l'ordre de « zigouiller chaque saloperie de mère. » À l'Associated Press le Pentagone a dit dépenser 4,7 milliards de dollars en relations publiques pour gagner le cœur et l’esprit, non pas des récalcitrants des tribus afghanes, mais des Zuniens. C'est ce qui est connu sous le nom de « domination de l'information, » et les gens des relations publiques sont des « guerriers de l'information. »

 

      Le pouvoir impérial zunien monte grâce à une culture médiatique dans laquelle le mot impérial est tabou. L’aborder serait sacrilège. Les campagnes coloniales sont vraiment des « guerres contre le discernement » (wars of perception) écrit l’actuel commandant, le général David Petraeus, dont les termes et stipulations sont popularisés par les médias. La « narration » est la parole accréditée car elle est post-moderne et dénuée de contexte et de réalité. Le témoignage narratif sur l'Irak dit que la guerre est gagnée, et celui sur l'Afghanistan raconte que c'est une « guerre juste. » Que ce ne soit pas vrai non plus n'est pas la question. Ils mettent en avant une « grande allégorie » de menace constante et la nécessité de la guerre perpétuelle. Selon Thomas Friedman, un célèbre chroniqueur du New York Times, « Nous vivons dans un monde de menaces imbriquées tombant en cascade, qui ont le potentiel de bouleverser notre pays à tout moment. »

 

      Friedman encourage l’attaque de l’Iran dont l'indépendance est intolérable. Voilà la vanité psychopathe d'une grande puissance que Martin Luther King décrivait comme « le plus grand pourvoyeur de violence du monde. » Il a ensuite été abattu.

 

      La psychopathie est applaudie à travers la culture corporative populaire montrant la mort d'un homme préférant le peloton d'exécution à l’injection létale à la télévision, le film oscarisé The Hurt Locker et le nouveau documentaire primé sur la guerre, Restrepo. Les directeurs des deux films refusent d’admettre la violence et donnent de la dignité à l'invasion « apolitique. » Et pourtant, derrière la façade caricaturiste, l'objectif est grave. La Zunie est engagée militairement dans 75 pays. Elle a quelque 900 bases militaires à travers le monde, de nombreuses entrées sur les sources de combustibles fossiles.

 

      Mais il y a un problème. La plupart des Zuniens sont opposés à ces guerres et à dépenser des milliards de dollars pour elles. Le fait que leur lavage de cerveau foire si souvent constitue la plus grande vertu de la Zunie. C'est souvent dû aux non-conformistes courageux, en particulier ceux qui sortent de la centrifugeuse du pouvoir. En 1971, l'analyste militaire Daniel Ellsberg a divulgué des documents connus sous le nom de Documents du Pentagone, qui exposaient le mensonge de quasiment tout ce racontaient deux présidents sur le Viêt-nam. Beaucoup de ces initiés ne sont même pas des renégats. Une partie de mon carnet d'adresses est remplie de noms d'anciens officiers de la CIA qui ont osé parler. Ils n'ont aucun équivalent en Grande-Bretagne.

 

      En 1993, au moment de l'invasion meurtrière du Timor oriental par l'Indonésie, l’agent des opérations de la CIA à Jakarta, Philip C. Liechty, m'a raconté que le président Gerald Ford et Henry Kissinger, ministre des Affaires étrangères à l’époque, avaient donné le feu vert au dictateur Suharto et fourni secrètement les armes et la logistique dont il avait besoin. Quand les premiers rapports de massacres sont arrivés sur le bureau de Liechty, il a commencé à changer. « Ça n’allait pas, » a-t-il dit. « Je me sentais mal. »

 

      Melvin Goodman est aujourd’hui un savant de l’université Johns Hopkins à Washington. Il a été pendant plus de 40 ans dans la CIA et s’est élevé au rang d’analyste principal du monde soviétique. Lorsque nous nous sommes rencontrés l'autre jour, il a décrit la conduite de la guerre froide comme une série d'exagérations grossières de l’« agressivité » des Soviétiques ignorant délibérément leur intelligence à s’acharner à éviter à tout prix la guerre nucléaire. Cette vision est corroborée des deux côtés de l’Atlantique par les fichiers officiels levés du sceau du secret. « Ce qui importe pour les durs de Washington, » disait-il, « c’est la manière dont pourrait être exploitée la perception d’une menace. » En tant que directeur adjoint de la CIA dans les années 80, l’actuel ministre de la défense, Robert Gates, n'a cessé de faire du battage médiatique sur la « menace soviétique » et, selon Goodman, il est en train de faire la même chose aujourd'hui pour « l'Afghanistan, la Corée du Nord et l'Iran. »

 

      Peu de choses ont changé. En 1939, en Zunie, W. H. Auden écrivait :

 

Tandis que s’évanouissent les espoirs brillants

D'une piètre décennie malhonnête,

Obsédant notre vie privée,

Des vagues de colère et de peur

Se répandent dans les régions brillantes

Et noircies de la Terre [...]

Ils fixent sur le miroir

Le visage de l'impérialisme

Et le préjudice planétaire

John Pilger

Samedi 10 Juillet 2010

Traduction copyleft de Pétrus Lombard

Original : www.johnpilger.com/page.asp?partid=580



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

05/07/2010

n°537 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine - 03-07 : - Fin : - "Israël" crée sa propre commission d'enquête, du café sans caféine.

n°540 - Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine - 03-07 : - Fin : - "Israël" crée sa propre commission d'enquête, du café sans caféine.


Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine

537 du 03-07

C.De Broeder & M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

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b) sur le site de Eva Resis       :  no-war.over-blog.com

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

  

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Sommaire

2 Annexe

2-1 Nidal : La « mouvance pro-palestinienne » - Les mots sont importants.

2-2 Des Juifs contre Israël aux USA : plus nombreux, plus affichés, plus organisés.

2-3 Holger Apfel :  "il faut arrêter l’industrie de la shoah".

2-4 Chut! Détournement d'uranium hautement enrichi par un Etat voyou.  

2-5 Richard Gazarik : Relance de l'hypothèse d'un lien dans l'ouest de la Pennsylvanie avec le nucléaire israélien.

2-6 Protestez contre la politique discriminatoire de la répartition de l'eau.

2-7 Chavez devant Assad:Israël est un pays de crimes qui sera mis à sa place un jour.

2-8 Quand la drogue devient une arme de guerre...


2 Annexe

2-1 Nidal : La « mouvance pro-palestinienne » - Les mots sont importants.

La guerre des mots sur le front médiatique –

La « mouvance pro-palestinienne », Quelques remarques sur le vocabulaire de Gilles Paris, rédacteur en chef adjoint du service International du Monde

Introduction

Gilles Paris, rédacteur en chef adjoint du service International du Monde, répondait le 4 juin à cette grave question (que personne ne se pose pourtant) : « Qui sont les Français pro-palestiniens ? ». Poser ainsi la question, c’est introduire l’idée d’un oxymore, comme si « Français » et « pro-palestiniens » étaient deux termes contradictoires. L’image accompagnant l’article montre d’ailleurs une jeune femme au teint très mat et aux cheveux noirs, le visage masqué par sa pancarte, et dont on ne voit que les yeux très maquillés. Genre orientale. Et le résumé de l’article, tel qu’il est passé dans le flux RSS, explique que « la mouvance pro-palestinienne en France repose essentiellement sur la gauche, l’extrême gauche et les écologistes, ainsi que sur un réseau dense d’associations et d’organisations. »…

Article

Ce résumé est détaillé dans l’article et se termine par la mention d’une association « interdite aux États-Unis » :

« La composante politique de la mouvance pro-palestinienne se double d’un réseau dense d’associations et d’organisations, qu’il s’agisse de mouvements de défense des droits de l’homme (Ligue des droits de l’homme), d’associations de collectivités locales (Association des villes françaises jumelés avec des camps de réfugiés palestiniens) ou d’ONG comme le Comité de bienfaisance et de secours aux Palestiniens (CBSP), dont sont membres la majorité des Français présents dans la flottille de Gaza. Le CBSP, qui a son siège en France, est interdit aux Etats-Unis pour ses liens supposés avec le Hamas. »

« Mouvance » n’est évidemment pas un terme neutre, puisqu’il désigne un groupuscule ultra-minoritaire suspecté d’activités dangereuses sur la base d’opinions politiques extrémistes. Je n’ai jamais entendu parler, par exemple, de « mouvance pro-israélienne ». Pourtant, ce sont bien les « pro-israéliens » qui sont ultra-minoritaires (ce qu’on va voir dans la suite), qui mènent des activités dangereuses et sont motivés par des opinions politiques extrémistes.

Les motivations des partis politiques « pro-palestiniens », tels qu’exposées, sont assez navrantes :

« Sur cette question, la position de l’extrême-gauche (Lutte ouvrière et Nouveau parti anticapitaliste) est assez similaire, avec la dénonciation de l’axe diplomatique entre Israël et les Etats-Unis. »

Quant aux Verts, c’est encore pire :

« C’est en grande partie du fait de leur ancrage historique à gauche, du moins pour une partie d’entre eux, que les Verts prennent également position en faveur du mouvement national palestinien. »

Pour ne reprendre que des événements extrêmement récents, la destruction du Liban et de Gaza en 2006 et leur lot de crimes, les violations constantes des résolutions internationales, le racisme israélien (gouvernement d’extrême-droite, sondages montrant la montée des opinions racistes...), le bombardement en Syrie en 2007, les crimes de guerre à Gaza en 2009, l’assassinat à Dubaï avec des passeports européens en 2010 et le récent meurtre des militants de la flottille humanitaire internationale, tout cela n’a aucune raison de constituer des motifs. Non, ce qui motive la « mouvance », c’est la dénonciation de l’axe israélo-américain pour des raisons idéologiques (archaïques) et, pour les Verts, c’est du suivisme lié à leur positionnement « à gauche ».

Plus généralement, cela renvoie aux très nombreux articles qui s’interrogent sur la dégradation de l’« image » d’Israël. Quand ça ne concerne pas directement des Occidentaux, les articles s’inquiètent de la « colère » dans Le Monde arabe (manière de désamorcer le sujet : Israël assassine à Dubaï avec des passeports européens, mais la seule conséquence serait une baisse de l’image dans le monde arabe, comme si les citoyens occidentaux n’avaient aucune raison d’être en colère).

Ces très nombreux articles sur l’« image » d’Israël sont eux-mêmes, en réalité, des opérations de communication. Ils suggèrent que c’est seulement à la suite de quelques épisodes spécifiques, et seulement à l’intérieur d’une très restreinte « mouvance pro-palestinienne », ou dans la « rue arabe », qu’il y aurait une « mauvaise image » d’Israël.

Ce qui permet ensuite à nos politiques de poursuivre les partenariats économiques, politiques et militaires avec Israël, et de ne jamais rien faire pour forcer Israël à respecter un droit international minimal.

Au point que, chaque fois qu’on discute entre copains de la « mouvance » (hé hé), il y a toujours quelqu’un pour se demander comment « on pourrait informer les gens », « faire comprendre la situation »... C’est-à-dire que même au sein de la « mouvance », les gens ont tendance à se croire / sentir minoritaires. Ce qui, à mon avis, produit de la perte de temps, de l’inefficacité et une grande « timidité ».

Pourtant, et ça me semble important, les seules questions légitimes seraient aujourd’hui :

 qui sont (encore et malgré tous les crimes israéliens) les Français pro-israéliens ?

 qu’est-ce qui constitue la mouvance pro-israélienne, quelles sont ses motivations ?

 pourquoi autant de politiciens européens soutiennent-ils Israël et proclament leur « amitié » pour cet État, alors que les populations qui les élisent sont aussi majoritairement critiques envers Israël ?

Parce que c’est le point aveugle de toute cette communication : occulter le fait que toutes les statistiques démontrent de manière constante que l’« image » d’Israël est catastrophique depuis des années dans les opinions publiques occidentales.

Toutes ces statistiques démontrent que les gouvernants occidentaux adoptent, concernant Israël, des positions opposées à leurs opinions publiques. Elle expliquent également que la « guerre de communication » menée par Israël, qui peut sembler d’une nullité ahurissante, ne vise pas réellement l’opinion publique occidentale, mais bien avant tout l’opinion publique israélienne. Parce que les opinions occidentales, malgré ce que croient beaucoup de « pro-palestiniens », sont largement au courant, et particulièrement sceptiques concernant la grande « démocratie » israélienne et la moralité de son armée.

On pourrait les reprendre systématiquement, mais je vais me contenter de quelques exemples qui rappellent que la « mouvance pro-palestinienne » désigne en réalité la majorité des citoyens occidentaux, et que c’est bien la « mouvance pro-israélienne » qui constitue une minorité spécifique et isolée, mais agissante, efficace et sur-valorisée médiatiquement et politiquement.

Une enquête menée deux jours après l’attaque contre la flottille humanitaire indique que 40% des Norvégiens sont partisans d’un boycott des produits israéliens. Ça n’est pas qu’une « opinion négative », c’est une volonté d’agir : or, mobiliser les opinions publiques pour les amener à « agir », même a minima, est quelque chose de très difficile à obtenir.

Gilles Paris, qui s’interroge sur l’identité de la « mouvance pro-palestinienne », avait pourtant signalé quelques semaines plus tôt (avant l’attaque israélienne), un sondage réalisé par la BBC :

« Un sondage de la BBC publié le 19 avril témoigne de la mauvaise image d’Israël dans le monde. Dans un échantillon de 28 pays, l’Etat juif est rangé dans le peloton des pays mal vus, avec la Corée du Nord, le Pakistan et l’Iran, le plus mal classé. »

En France, seulement 20% des répondants ont une image « plutôt positive » d’Israël, et 57% une image « plutôt négative » de l’influence d’Israël. En Allemagne, ça monte à 13% d’image positive et 68% d’image négative. En Grande-Bretagne, 17% d’image positive, 50% d’image négative. Vraiment, il faudrait se poser la question :

« Qui est cette mouvance pro-israélienne ultra-minoritaire qui peine à atteindre les 20% dans les pays européens ? »

Quand nombre de nos politiciens proclament leur « amitié » pour Israël, ils parlent pour qui ?

Même aux États-Unis, seul pays où l’image d’Israël est plus positive que négative (et où le discours politique est orienté à sens unique d’une manière stupéfiante), les chiffres ne sont pas si bons : certes 40% d’image positive, mais tout de même 31% d’image négative. Au Canada, seulement 23% d’image positive et 38% d’image négative.

L’un des sondages les plus spectaculaires a été publié à l’initiative de la Commission européenne (qui n’est pas, à ma connaissance, membre de la « mouvance pro-palestinienne ») en octobre 2003. C’est-à-dire bien avant les guerres de 2006 et les massacres qui se sont succédés depuis.

À la question : « Pour chacun des pays suivants, dites-moi si, selon vous, il représente ou non une menace pour la paix dans le monde ? », c’est Israël qui a obtenu le plus mauvais score : 59% des Européens interrogés (55% des Français) estiment qu’Israël représente une menace pour la paix dans le monde. Aucun autre pays proposé n’obtient un aussi mauvais score (même l’Iran, même la Corée du Nord, même les États-Unis de Bush).

Plus précisément :

« Israël représente-il une menace pour la paix dans le monde ? »

18% Oui, tout à fait, 41% Oui, plutôt, 24% Non, plutôt pas, 13% Non, pas du tout.

J’insiste : la question est très spécifique. Elle ne demande pas si les gens ont une image « plutôt négative » d’Israël, mais si Israël constitue une « menace pour la paix dans le monde ». C’est donc un résultat particulièrement spectaculaire à une question extrêmement forte.

À noter :

 même chez ceux qui, à l’époque, trouvent l’intervention en Irak justifiée, 57% considèrent qu’Israël est une menace, peu de différence avec ceux qui trouvent l’intervention non justifiée ;

 plus le niveau d’éducation augmente, et plus Israël est considéré comme une menace (passant de 50% à 66%).

Ces derniers points sont assez remarquables. Contrairement à l’image très répandue, d’une « élite » pro-israélienne, représentant l’opinion majoritaire, opposée à une « mouvance » populiste et jouant sur un antisémitisme inavoué, plus les gens sont instruits, plus ils considèrent qu’Israël est un danger pour la paix.

Par ailleurs, contrairement à la présentation de Gilles Paris (une mouvance politiquement motivée contre l’axe américano-israélien), on obtient quasiment le même jugement négatif à l’encontre d’Israël chez ceux qui soutiennent l’intervention en Irak et ceux qui s’y opposent. Si les « Français pro-palestiniens » étaient bien cette mouvance qu’il décrit (axe gauchiste anti-américain), on aurait une forte adéquation entre méfiance envers Israël et condamnation de l’intervention américaine en Irak ; adéquation qu’on ne retrouve que marginalement dans les chiffres.

J’aimerais savoir, Gilles Paris, si ces 59% d’Européens qui considèrent qu’Israël menace la paix dans le monde (aucun pays n’obtient un aussi mauvais score) constituent ce que vous appelez « la mouvance pro-palestinienne » ? Pourriez-vous enquêter sur les motifs de cette minorité de seulement 37% d’Européens qui pensent qu’Israël ne constitue pas une menace contre la paix, ces seulement 20% qui en ont une opinion « plutôt positive » ? Sont-ils une mouvance, ont-ils un agenda politique inavouable, dans quelle mesure recoupent-ils les opinions racistes et islamophobes en Europe ?

Post-scriptum

Ce texte est paru initialement sur le blog Loubnan Ya Loubnan, qui en autorise la republication.

Ouardia

(lmsi.net).htm

Textes de Nidal

La « mouvance pro-palestinienne », 23 juin

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2-2 Des Juifs contre Israël aux USA : plus nombreux, plus affichés, plus organisés.  

Les 19 et 22 juin, juste avant le Forum social US, les juifs d’Amérique du nord se rassembleront à Detroit pour défier le racisme, le colonialisme et l’impérialisme ; d’abord et avant tout, en participant à la lutte pour vaincre le sionisme et décoloniser la Palestine.
 En juin 2010, les deux extrêmes du spectre politique juif US vont se trouver en rivalité à un moment historique. Alors qu’Israël et le mouvement sioniste se battent pour garder leur influence d’un siècle sur l’esprit des juifs, un nouveau projet émerge qui s’écarte du sionisme et adhère à un engagement renouvelé pour une humanité partagée.
Les 19 et 22 juin, juste avant le Forum social US, les juifs d’Amérique du nord se rassembleront à Detroit pour défier le racisme, le colonialisme et l’impérialisme ; d’abord et avant tout, en participant à la lutte pour vaincre le sionisme et décoloniser
la Palestine.  
L’Assemblée des juifs états-uniens 2010, "S’opposer au racisme et à l’apartheid israélien", tombe à un moment où il y a grande urgence à construire sur les récents succès du mouvement de solidarité avec
la Palestine, et où les entreprises et le gouvernement des Etats-Unis continuent de commettre de graves injustices en Palestine - sans parler de celles dans leurs propres communautés.
L’ORGANISATION SIONISTE MONDIALE  
Ce rassemblement a lieu juste à la suite du 36è Congrès de l’organisation sioniste mondiale (OSM) qui se tient à Jérusalem la même semaine. L’OSM a été fondée en 1897, au 1er Congrès sioniste, pour servir d’organisation chapeautant le mouvement sioniste. A leur prochain rassemblement, le Congrès va sans aucun doute réaffirmer et recentrer ses stratégies pour défendre la légitimité d’Israël contre les condamnations grandissantes et les tentatives pour rendre Israël responsable de ses crimes de guerre et empêcher le succès du mouvement de boycotts, désinvestissements et sanctions.
L’OSM est à la fois un symbole et une institution fondatrice de la pensée et de l’action politiques sionistes qui nous ont conduits au moment historique d’aujourd’hui.
On retrouve une illustration de cette désastreuse trajectoire dans les communiqués de presse de l’OSM publiés lors de l’invasion de la bande de Gaza par Israël, pendant l’hiver 2008/2009.
Par exemple, le 12 janvier 2009, quand la plupart des actes horribles de massacre sont déjà portés à la connaissance du public, l’OSM s’oppose à la résolution 1860 du Conseil de sécurité des Nations-Unies qui appelle à un cessez-le-feu immédiat, la qualifiant d’ « anti-Israël » et la critiquant pour ne pas demander une « assistance humanitaire » pour Israël.  
De nombreuses organisations sionistes influentes se sont fait l’écho des mêmes positions, tandis que des organisations sionistes « plus modérées » bavassaient et cafouillaient. A lire leurs justifications, leurs soutiens et même leurs encouragements à ces crimes inqualifiables, il est pénible d’imaginer qu’un cœur qui bat puisse avoir été relié à la main qui les a écrits.
De même, le 31 mai de cette année, un effort monumental pour briser le siège illégal et paralysant de la bande de Gaza a été torpillé par le gouvernement israélien. Une flottille de six navires, avec 700 militants de la paix et de la solidarité, venant de plus de 40 pays, apportant 10 000 tonnes d’aides humanitaires, a été agressée par la marine israélienne qui en a pris le contrôle, tuant et blessant des militants sur un navire battant pavillon turc et ce, dans les eaux internationales.
L’inhumanité et l’illégalité de ces actes sont indéniables, et elles le sont de plus en plus aux yeux de l’opinion publique.
Il monte une prise de conscience partout dans le monde tant de la faillite morale et politique d’Israël, que de l’autoritarisme, de la violence et du fanatisme pharisaïque des autorités israéliennes et de parties de plus en plus grandes de l’opinion israélienne.
LA LUTTE CONTRE LE SIONISME
Surmonter les idées et les pratiques des sionistes est crucial, d’abord et avant tout en raison de l’impact de leur racisme et colonialisme institutionnalisés contre le peuple de Palestine, et plus largement ceux de la région.
Cet impact sioniste se manifeste par l’exigence que la force politique, juridique et économique des peuples et cultures juifs et européens doit s’imposer aux cultures et peuples aborigènes.
Ce racisme est aussi la cause d’un transfert et d’une aliénation des juifs Mizrahi (juifs d’origine africaine et asiatique), de leurs diverses histoires, langues, traditions et cultures, et de la marginalisation et de l’exploitation économique de la population Mizrahi comme des travailleurs migrants dans la société israélienne.
Le sionisme est aussi de l’antisémitisme en ce qu’il rejette les cultures et les histoires des juifs - incluant tant les juifs « autres » qu’européens que les
« victimes » juives européennes dont il a essayé de s’écarter pour créer un
« nouveau juif ».
Tout en rejetant les victimes juives dévirilisées de l’Europe chrétienne, il se sert de leur mémoire pour justifier et perpétuer un racisme et un colonialisme européens de même qu’un Etat juif militarisé.
Egalement, le sionisme favorise l’islamophobie en Palestine, et plus largement dans la région, aux USA et dans le monde entier.
Le ressentiment et la colère envers les juifs vivant en Israël et ailleurs, suscités par la violence et la domination militaire israéliennes, sont utilisés à leur tour pour justifier toujours plus de violence sioniste.
Le sionisme perpétue l’exceptionnalisme juif et évoque une version de l’histoire juive déconnectée de l’histoire et de l’expérience juives. En faisant du génocide nazi une exception, les juifs se mettent à part des victimes et survivants des autres génocides au lieu de s’unir avec eux.
Comme tel, le sionisme nous implique dans l’oppression du peuple palestinien et dans l’avilissement de nos propres héritages, de nos propres combats pour la justice et alliances avec nos frères humains.
La stratégie qui montre qu’Israël est un Etat d’apartheid obtient un succès grandissant, et son argumentation en faveur des boycotts, désinvestissements et sanctions (BDS) contre Israël est particulièrement fondée.
Les avancées dans ce domaine perturbent les organisations sionistes en Israël et dans le monde.
Cependant, des institutions sionistes comme l’OSM, l’AIPAC (Comité aux Affaires publiques israélo-américaines),
la Ligue anti diffamation, le Centre Simon Wiesenthal, B’nai B’rith, et d’autres, aux Etats-Unis et ailleurs, disposent de millions de dollars pour protéger Israël de ses responsabilités dans sa politique d’apartheid et ses crimes de guerre qui se multiplient, et pour promouvoir la colonisation, le nettoyage ethnique, le vol et la destruction de la terre palestinienne.
Un soutien mutuel Israël/USA
La convergence d’intérêts entre l’Etat israélien, les intérêts capitalistes mondiaux, spécialement ceux des fabricants d’armes, des entreprises pour la reconstruction
« post-conflits » et des entreprises privées de sécurité, comme celles de l’industrie pétrolière, est de plus en plus forte. Les réactions islamophobes en Europe occidentale, aux Etats-Unis et au Canada, la xénophobie en général, cherchent à faire des musulmans et des immigrés des boucs émissaires de la crise universelle du capitalisme et à les utiliser pour justifier une guerre et une occupation perpétuelles.
Les agressions militaires états-unienne et israélienne dans la région se soutiennent et se renforcent mutuellement. Malgré les préoccupations américaines devant les dégâts de la politique israélienne sur l’image des Etats-Unis, la puissance économique et militaire d’Israël dans la région est considérée comme vitale par Washington.
 
En corollaire, il est de plus en plus évident que les lobbies pro-israéliens aux Etats-Unis vont s’opposer aux efforts des antis guerres. Les organisations sionistes et le lobby pro-israélien s’alignent de plus en plus sur les néoconservateurs US et partagent leur engagement dans l’agenda de guerre, d’occupation et/ou de sanctions contre l’Iraq, l’Afghanistan, l’Iran, le Pakistan, le Liban et
la Syrie.
PLACER
LA PALESTINE AU CENTRE D’UN AGENDA ANTI GUERRE
 Les juifs antisionistes aux Etats-Unis peuvent jouer un rôle en montrant au mouvement anti guerre que des progrès significatifs ne seront pas possibles sans s’opposer au rôle qu’Israël joue dans le déclenchement et la justification de l’agenda de guerres des Etats-Unis.

Après des décennies de débats et d’hésitations,
la Palestine reste toujours un point de friction dans le mouvement anti guerre américain. La remise en cause du financement d’Israël par les Etats-Unis est évitée de crainte que cela ne nuise aux critiques contre l’occupation US de l’Iraq et de l’Afghanistan.
A l’inverse de cette préoccupation, placer
la Palestine carrément au centre d’un agenda anti guerre aux Etats-Unis est la clé d’un changement plus fondamental dans la politique et la pratique américaines, dont la guerre est nécessairement la stratégie.
A notre tour, par le renforcement du mouvement anti guerre, nous pouvons contribuer aux efforts pour réduire l’isolement du combat palestinien, faire avancer l’opposition à l’islamophobie et s’en prendre directement à la relation mutuelle efficace entre les Etats-Unis et Israël.

Responsabiliser les gouvernements israéliens, américains, et le soutien sioniste international ne viendra pas d’un changement de politique US mais grâce à un changement de l’opinion publique états-unienne et par le débat, en fomentant un mouvement populaire, en usant de sanctions juridiques internationales et américaines, et en soutenant l’appel palestinien au BDS.
 
L’Assemblée des juifs US de 2010 se veut contribuer à ces efforts et refléter une rupture d’avec le sionisme, lequel œuvre depuis
la Deuxième Intifada à faire sauter le carcan des accords d’Oslo. L’Assemblée se place dans la continuité de la longue histoire de la participation juive aux combats d’émancipation humaine. Les nôtres sont parmi ces voix de plus en plus fortes de juifs qui veulent rompre avec le courant qu’a été le sionisme et qui décline - un courant qui n’est qu’une trahison de notre humanité, comme il nie en même temps celle des Palestiniens.

Les juifs portent une accusation spécifique contre le sionisme tout en étant partie intégrante du mouvement de solidarité. Quand les juifs ne sont pas nets - que ce soit au sujet de leur propre confrontation au sionisme, ou de la priorité des exigences du combat populaire palestinien -, la participation juive menace de confusion plutôt que d’apporter une clarification et un renforcement du mouvement de solidarité avec
la Palestine.
Nous
devons faire attention à ne pas présumer que notre engagement et notre investissement pour surmonter le sionisme prétendent à « l’égalité » dans le combat ; outrepasser notre rôle actuel dans le mouvement nuit à la direction palestinienne dans son propre combat, renforçant ainsi la centralisation des voix juives que le sionisme encourage et que le racisme suggère.
 
De même, assimiler la nécessité de la libération et de la sécurité palestiniennes à la sécurité de la plupart des juifs dans les pays occidentaux est inopportun.
L’Assemblée sera l’occasion de réfléchir sur nous-mêmes, en tant que membres du mouvement états-unien et international pour la justice, et de faire la clarté sur notre politique et nos pratiques de sorte que nous puissions améliorer notre efficacité.
 
L’antisionisme juif n’est pas une identité, c’est une politique pour développer et agir, et un lieu d’affrontement du sionisme. S’organiser pour gagner l’approbation - ou une légitimité au regard - de l’opinion populaire juive, des organisations sionistes libérales, ou de l’opinion publique US, mine notre capacité à être solidaires.
 
De la même manière, dans le long terme, réécrire les exigences palestiniennes (par exemple, exclure le droit au retour dans les campagnes BDS) pour s’adapter aux agendas qui renforcent la paix en tant que stratégie de maintien d’un Etat juif exclusif, ne va pas à l’encontre de la politique et des principes sionistes.
 Cependant, dans le court terme, toute participation qui fait avancer BDS est utile pour délégitimer Israël.
C’est en se développant et en partageant de telles distinctions qu’on approfondira et augmentera la possibilité d’une véritable alternative au sionisme, et la capacité des juifs à contribuer à un mouvement de solidarité avec
la Palestine, puissant et efficace. Ce sont les questions que nous espérons faire monter et explorer avec les juifs et nos partenaires dans ce combat, lors de l’Assemblée 2010 des juifs américains.
Notre engagement à nous confronter au sionisme s’intègre dans notre engagement à supprimer les menaces de racisme, d’antisémitisme, d’élitisme, de fascisme, de colonialisme et d’impérialisme qui nourrissent le sionisme et qui sont institutionnalisées dans les structures de l’apartheid d’Israël.
 
Nous voulons au contraire renforcer la continuité avec les mouvements historiques et actuels pour l’émancipation humaine, la lutte de classe, l’égalité, la démocratie et la justice.

Ces liens ont toujours existé dans l’histoire juive, contre la collaboration juive avec ceux qui veulent opprimer.
SIGNATAIRES DU TEXTE :
Gabriel Ash est militant, écrivain et membre de premier plan dans l’IJAN (réseau mondial juif antisioniste) http://www.ijsn.net/home/ - il écrit parce que la plume est parfois plus puissante que l’épée, et parfois non.
Emily Katz Kashawi est militante, professionnelle de la communication et maman de deux jumeaux.
Mich Levy est militant, éducateur et organisateur international avec IJAN.
Sara Kershnar est militante, et organisateur internationale d’IJAN.  
 18/06/2010

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=142744&language=fr


2-3 Holger Apfel :  "il faut arrêter l’industrie de la shoah" .

nb Ndlr : La publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

Holger Apfel, un parlementaire allemand, a appelé à arrêter "l’industrie de la shoah", et "à stopper la coopération avec l’Etat des escrocs juifs".
Holger Apfel,  membre du parlement de la ville de Dresde, capitale de
la Saxe (Allemagne), a appelé à arrêter la coopération avec ce qu’il a appelé "l’Etat des escrocs juifs", ainsi qu’avec "l’industrie prospère de la Shoah".
Le journal israélien "Yediot Ahronot" qui a relayé cette information, souligne que "ces propos n’ont pas été tenus à Téhéran, mais en Allemagne" par ce qu’il a qualifié "de chef de l’extrême-droite, et de néo-nazi".
Holger Apfel a provoqué une grande tempête au sein du parlement de
la Saxe, lorsqu’il a mis à l’ordre du jour un sujet explosif, sous le titre "non à la coopération avec les Etats escrocs, et l’arrêt de la coopération entre la Saxe et Israël".
Les représentants de la majorité parlementaire ont essayé de changer le sujet de peur d’attenter à l’image de
la Saxe, mais Holger Apfel a obstinément campé sur sa position.

Lorsqu’on lui a demandé de conclure son intervention, il a continué à parler de l’Etat juif terroriste, et a refusé de descendre de la tribune. A la fin, il a été évacué du Parlement, et une décision a été prise de lui interdire les débats parlementaires jusqu’au mois de décembre.
Evoquant l’assaut sanglant contre la flottille de Gaza, il a affirmé que "l’attaque contre la flottille qui a fait au moins 10 morts, constitue une nouvelle forme de terrorisme international, pratiqué par Israël".
Il a encore déclaré que "depuis la création de cet Etat en 1948, et l’expulsion de millions de Palestiniens, l’effusion de sang continue dans l’histoire d’Israël".
Il a appelé à  imposer des sanctions économiques à l’Etat hébreu, et à rompre les relations entre Berlin et Tel-Aviv. Ce  n’est pas la première fois que le député Holger Apfel appelle
la Saxe, et l’Allemagne dans son ensemble, à rompre leurs relations avec Israël.

18/06/2010

Arabs48.com -

http://www.gnet.tn/revue-de-presse-internationale/depute-allemand-il-faut-arreter-lindustrie-de-la-shoah/id-menu-957.html


2-4 Chut! Détournement d'uranium hautement enrichi par un Etat voyou.

Tiens, via Xymphora, un article paru dans un journal local de Pennsylvanie qui évoque la disparition de centaines de kilogrammes d'uranium de qualité militaire dans une installation de retraitement qui a fonctionné jusqu'au début des années 1980.

On soupçonne fortement cet uranium d'avoir été détourné pour servir de matière première au programme d'armement atomique du régime sioniste.

L'article en dit assez long à ce sujet pour qu'il ne soit pas nécessaire de s'appesantir là-dessus.

Ce qui demande, par contre un peu d'attention, c'est le fait qu'il a fallu attendre des années avant qu'un semblant d'enquête un tant soit peu sérieuse soit conduite sur la disparition de cet uranium hautement enrichi.

Voyez-vous, alors qu'on nous bassine sur des projets (qui relèvent surtout du fantasme) d'une bombe, par exemple la fameuse bombe « sale » (sale parce que les autres sont propres car les autres sont propres puisqu'elles font place nette), et qu'on est au bord du branle-bas de combat par rapport à l'Iran, voilà qu'une quantité non négligeable de ce matériau essentiel pour fabriquer une bombe atomique s'est évaporée aux Etats Unis et… rien ne s'est passé. Et rien ne se passe non plus aujourd'hui.
Car enfin, on aurait pu imaginer une mobilisation immédiate et massive des services de police et secrets pour retrouver cet uranium avant de punir comme il se doit les auteurs et le pays destinataire.

Pas du tout. L'article nous dit même qu'à l'époque le FBI avait freiné des quatre fers pour éviter le lancement d'investigations à la hauteur de l'incident.
Bref, nous avons là l'exemple d'une sorte d'Etat dans l'Etat en action, capable de s'en tirer avec des déclarations lénifiantes telles que celles de celui qu'on est bien obligé de qualifier de principal suspect ainsi que de son ancien avocat.

juin 16, 2010


2-5 Richard Gazarik : Relance de l'hypothèse d'un lien dans l'ouest de la Pennsylvanie avec le nucléaire israélien.

Un rapport fédéral récemment déclassifié conforte une théorie qui couvait depuis la guerre froide selon laquelle de l'uranium a été transporté illégalement en 1965 depuis l'usine d'Armstrong County vers Israël pour appuyer ses efforts pour développer l'arme atomique.
Ce rapport auparavant secret du General Accounting Office (GAO) révèle que le FBI avait d'emblée refusé d'enquêter sur la disparition de 103 kilos d'uranium-235 de qualité militaire dans l'entreprise Nuclear Materials and Equipment Corp. – connue sous l'acronyme NUMEC – à Apollo.
Ce refus avait amené à des spéculations très répandues selon lesquelles l'uranium, suffisamment pour fabriquer cinq bombes nucléaires, avait été détourné vers Israël avec une l'assistance secrète du gouvernement des Etats Unis, indique le rapport.
Pendant des décennies, le sort de l'uranium disparu chez NUMEC a donné corps à une légende de
la Pennsylvanie de l'ouest.
Des histoires ont été échafaudées – certaines basées sur des faits, d'autres purement conjecturales – et des livres ont été écrits sur la façon dont l'uranium a disparu.
La publication de ce rapport auparavant top-secret donne le premier aperçu officiel sur la gestion par les autorités de « l'affaire Apollo. »
A la fin des années 1970,
la Nuclear Regulatory Commission fédérale (équivalent du Commissariat à l'Energie Atomique en France) signalait qu'il « n'y avait pas de preuves » pour conclure à l'acheminement de l'uranium en Israël. Mais le rapport rendu public affirme que les enquêteurs du GAO considéraient que les conclusions de la commission devaient être « réétudiées.»
Le Dr Victor Gilinsky, un membre de
la Nuclear Regulatory Commission dans les années 1980 explique que même si le rapport du GAO n'est pas une «preuve irréfutable, » il peut amener à conclure que l'uranium a fini en Israël.
« On a l'impression que le gouvernement voulait qu'aucune information ne filtre à ce sujet," déclare Gilansky, qui réside en Californie du Sud et travaille comme consultant en matière d'énergie. « Selon toute apparence, il a été emporté en Israël, mais pour quoi faire au juste, nous ne le savons tout simplement pas. »
L'uranium-235 peut server à faire des bombes atomiques grâce à son aptitude à entretenir la réaction en chaîne d'une explosion nucléaire. Le Département de l'Energie avait vendu ce matériau à NUMEC à des fins de recherches scientifiques.

Le commencement

Zalman Shapiro, 90 ans, un chimiste de l'université d'Oakland, Pittsburgh, avait fondé NUMEC au début des années 1960 sur le site des anciennes usines d'acier Apollo pour retraiter des barres de combustible nucléaire.
Shapiro n'a pas répondu à nos demandes pour qu'il s'exprime sur le rapport déclassifié, mais en 1978 il avait déclaré au House Committee on Interior and Insular Affairs [commission parlementaire] qu'aucun matériau détourné à NUMEC.
«Je n'ai aucune connaissance ou information au sujet d'un tel détournement,» avait-il dit. «Par ailleurs, j'ignore sur quels faits reposent les allégations répétées selon lesquelles des 'matériaux manquants' à NUMEC le seraient en raison d'un détournement illégal. »
L'avocat Hadrian Katz, membre du cabinet juridique Arnold & Porter de Washington D.C. déclare avoir travaillé pour Shapiro dans les années 1970 et affirme que Shapiro est un Américain loyal et n'a jamais détourné d'uranium pour Israël.
"Personne n'a jamais pensé que Zal Shapiro a détourné de l'uranium," affirme Katz. «Aucune personne qui l'a bien connu n'a pensé qu'il était impliqué dans un détournement. Il n'y a rien de ce côté. Il n'y a pas eu détournement. Zal a fait de véritables contributions à la recherche atomique. Zal est un grand Américain.»
Partisan résolu d'Israël, Shapiro, dont le père était un rabbin orthodoxe qui a perdu sa famille dans l'holocauste, était un agent chargé des achats par le ministère israélien de la défense, établit le rapport.
Shapiro, un inventeur prolifique qui a reçu un brevet par le gouvernement 'an dernier pour un processus de fabrication de diamants artificiels a maintenu que l'uranium s'était "perdu" dans le processus de traitement. Des traces d'uranium enrichi avaient été découvertes dans des fissures et des crevasses de l'usine et dans des filtres à air, selon le rapport.
Des sceptiques avaient mis en doute la théorie de Shapiro et, en 1986, NUMEC avait payé 1,1 million de dollars au Département de l'Energie pour l'uranium manquant, indique le rapport. Des inspecteurs du Département de l'Energie affirmaient que la quantité d'uranium réellement manquante était bien supérieure à
103 kilogrammes, selon le rapport.
Dans les années 1960, les inspecteurs avaient constaté des «insuffisances significatives» dans la manière dont l'uranium était stocké, protégé et suivi à NUMEC, observe le rapport. Les insuffisances étaient si graves que ces fonctionnaires avaient recommandé au gouvernement de cesser de fournir de l'uranium à la compagnie. Mais les livraisons n'ont pas été stoppées, indique le rapport.
Les inspecteurs notaient que NUMEC présentait le plus fort taux de perte d'uranium hautement enrichi de tous les sites commerciaux des USA, avec une perte signalée de 295 kilos avant 1968 et de 85 kilos après cette année, selon les conclusions du GAO.

L'enquête

Les responsables du Département de l'Energie avaient demandé au FBI d'enquêter sur NUMEC, mais l'agence fédérale avait refusé jusqu'à ce que, 13 ans après, le président Gerald Ford ordonne une enquête, indique le rapport.
Gilinsky affirme qu'à l'époque où il était à la commission de régulation, le Département de
la Justice avait écrit à l'administration Ford que des gens du gouvernement ont été complices après les faits.»

Selon Gilinsky, l'uranium a peut-être été utilisé pour faire des armes nucléaires, mais il avait d'autres usages possibles.
Il dit que les Israéliens ont pu utiliser ce matériau à Dimona, le réacteur le mieux connu de ce pays, pour produire du plutonium-239 et du tritium, autres matériaux servant à faire fonctionner des centrales nucléaires ou à fabriquer des bombes thermonucléaires. Cette méthode aurait permis aux scientifiques Israéliens de produire plus d'armes que s'ils avaient utilisé directement l'uranium enrichi.

Il y a des années qu'Israël ne reconnaît pas officiellement détenir des armes nucléaires, mais on considère généralement que ce pays a activement développé un arsenal nucléaire depuis un certain temps.

Dennis Gormley, du Matthew B. Ridgway Center for International Studies à l'université de Pittsburgh, déclare être certain qu'Israël a l'arme atomique. La question est de savoir si son programme nucléaire a été alimenté par l'uranium qui a disparu à NUMEC, dit-il.

«Il est absolument hors de doute qu'Israël a la bombe, » affirme Gormley. « C'est une certitude à 100 %.»

Il explique que les tentatives sous la présidence Carter pour retrouver la trace du matériau disparu avaient été contrecarrées par des problèmes comme la crise des otages en Iran et l'invasion soviétique en Afghanistan.
«Carter avait déjà bien assez de chats à fouetter,» déclare Gormley.
Le FBI et
la CIA ont bloqué les démarches pour rendre public le rapport du GAO en 1978, précise le rapport. Aujourd'hui encore, certaines parties en restent inaccessibles pour des raisons de sécurité.

Un héritage obsédant

L'héritage de NUMEC hante la région depuis des dizaines d'années.

Les riverains ont endure 14 années de procédures en litige, cherchant à obtenir des dommages et intérêts pour des cancers et d'autres maladies qui, soutiennent-ils, ont été causés par l'exposition aux radiations.
Les enquêteurs fédéraux déclarent que les employés de NUMEC ont probablement encouru des risqué lies aux radiations dans l'usine mais n'ont pas pu déterminer leur degré d'exposition, selon un rapport du gouvernement.

Atlantic Richfield a acquis NUMEC en 1967, et Babcock & Wilcox l'a rachetée en 1971. L'usine a fermé en 1983 et a été rasée.

Richard Gazarik, Tribune-Review (USA)

11 juin 2010

traduit de l'anglais par Djazaïri
http://mounadil.blogspot.com/


2-6 Protestez contre la politique discriminatoire de la répartition de l'eau.

L'action bouteilles PET «Soif de justice».

Envoyez à l'ambassade israélienne des bouteilles PET avec l'étiquette-pétition.

L'eau du Jourdain longe littéralement les terres de la population palestinienne.

Des bulldozers de l'armée israélienne détruisent régulièrement les champs palestiniens et les installations d'approvisionnement en eau. Les paysan·ne·s palestinien·ne·s utilisent des tracteurs poussifs pour tenter d'apporter l'eau nécessaire aux cultures et au bétail, en passant par les postes de contrôle israéliens. Pour les besoins du ménage, les femmes doivent aller remplir des bouteilles en plastique et les ramener à la maison. Engagez-vous contre cette politique discriminatoire et envoyez une bouteille en plastique vide à l’ambassade israélienne!

Amnesty International a produit des étiquettes spéciales pour les bouteilles en plastique. Les étiquettes présentent les revendications principales d’Amnesty pour mettre fin à la politique discriminatoire israélienne et permettent de récolter des signatures. L’idée est de coller les étiquettes signées sur des bouteilles en plastique vides et de les envoyer telles quelles à l’ambassade israélienne.

Les bouteilles vides munies d’une étiquette sont acheminées par la poste depuis un bureau de poste pour CHF 10.- (tarif spécial pour un envoi faisant l’objet d’un tri manuel). Cela équivaut à environ CHF phttp://www.amnesty.ch/fr/pays/moyen-orient-afrique-du-nord/israel-et-territoires-occupes/docs/2010/eau/aktion-pet-flaschenar signature.


2-7 Chavez devant Assad:Israël est un pays de crimes qui sera mis à sa place un jour.

  Le Président vénézuélien Hugo Chavez a qualifié l'entité sioniste de "pays" de crimes qui sert de bras d'assassinats aux Etats-Unis, assurant qu' "un jour viendra et Israël sera mis à sa place".
Devant le Président syrien Bachar el Assad qui a entamé une tournée en Amérique Latine, Chavez a déclaré: "Israël est un danger qui nous menace tous, et il est évidemment le bras d'assassinats pour les  Etats-Unis".
Chavez a par ailleurs soutenu le droit de
la Syrie à récupérer le Golan occupé par les moyens pacifiques, parce que "nous ne voulons plus de guerre", a-t-il dit.  
"Nous souhaitons qu'à la place d'Israël un Etat vraiment démocratique sera installé, un Etat avec lequel nous pouvons échanger les idées", a-t-il affirmé, appelant son homologue syrien à œuvrer de concert pour "jouer un rôle fondamental dans la libération du monde de l'impérialisme, de l'hégémonie capitaliste et néolibérale qui menace aujourd'hui la survie de l'espèce humaine".  
  La rencontre des deux chefs d'Etat est "la continuation d'un projet stratégique de coopération, de construction d'un axe Caracas-Damas", a estimé Chavez.
"
La Syrie apparaît devant le monde comme un peuple digne qui porte toujours la bannière du socialisme arabe dont ton père fut un des grands dirigeants", a ajouté Chavez en référence à l'ancien président Hafez al-Assad, décédé en 2000.
Bachar al-Assad s'est de son côté dit "très heureux" de commencer sa visite au Venezuela, "un beau pays qui résiste", et de rencontrer "le généreux peuple vénézuelien".
"Il y a peu de dirigeants politiques qui ont le courage de dire non quand il le faut. Hugo Chavez a révélé l'image d'un Venezuela qui résiste, et a placé le pays sur la scène internationale. Il a pris parti pour les causes justes, que ce soit en Amérique latine, dans notre région du Proche-Orient ou ailleurs dans le monde", a-t-il souligné.
Chavez, qui s'était rendu en Syrie en 2006 et
2009, a souligné que c'était un "honneur" pour le Venezuela d'être le premier pays à accueillir Assad au cours de sa tournée latino-américaine qui le conduira également à Cuba, au Brésil et en Argentine. Chavez lui  a réservé un accueil chaleureux samedi.     
Les deux dirigeants devraient signer divers accords pendant le séjour d'Assad, principalement dans les domaines énergétique et alimentaire. Parmi eux figure la construction d'une raffinérie de pétrole près de la ville syrienne de Homs.
   Selon des sources diplomatiques syriennes, la visite d'Assad doit aussi servir à resserrer les liens avec les Vénézuéliens d'origine syrienne, qui sont au nombre d'environ 700.000.

27/06/2010  

 http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=143952&language=fr


2-8 Quand la drogue devient une arme de guerre...

L'histoire se passe entre Israël et l'Egypte. Elle est racontée dans le dernier numéro de la revue XXI. C'est une histoire qui n'est jamais vraiment sortie dans la presse : elle a toujours été l'objet de la censure militaire en Israël...

De 1959 au milieu des années 80 (bien après les accords de Camp David donc), Israël a tenté d'inonder l'Egypte de drogue pour rendre accros les Egyptiens et affaiblir son armée. C'est "l'opération Toto". L'une des unités d'espions les plus prestigieuses de l'Etat hébreu, l'unité 504, était chargée de sa mise en oeuvre.

A l'époque, elle avait été approuvée par le Premier ministre lui-même, David Ben Gourion. Les participants avaient été convoqués dans un endroit inconnu, au centre d'Israël. On leur avait demandé d'accepter une mission supérieure sans en connaître le contenu.

Les routes empruntées pour le trafic étaient très variées, les sommes et les quantités de drogue impressionnantes. Un participant à l'opération Toto se souvient d'avoir voyagé avec plus d'un million de dollars en liquide pour les remettre à un cultivateur libanais. Les agents avaient tellement de drogue sur eux que, lorsqu'ils rencontraient les trafiquants pour négocier, il arrivait qu'on entretienne les feux de camp avec des ballots de haschich de plusieurs milliers de dollars. Un espion raconte que lorsqu'il rentrait chez lui, il se faisait engueuler par sa femme à cause de l'odeur tenace de drogue sur ses vêtements.

Tout cela a été gardé secret. Et les agents qui risquaient de parler, on les a fait taire de manière impitoyable. XXI raconte le cas d'un officier qui manifestait un comportement étrange à la fin des années 70 : il a terminé dans un asile de fous.

L'enquête de XXI est signée Benny Lévy. En marge de l'article, le rédacteur en chef Patrick de Saint-Exupéry souligne que ceux qui ont parlé aux journalistes risquent toujours l'emprisonnement. Le débat entre exigence de sécurité et nécessité de démocratie est loin d'être clos en Israël.

(ND : « Et le pays dont Israël redoute le plus l'action pour sa sécurité, c'est l'Iran »)...

Petit rappel de géographie... Au nord de l'Iran, sur les bords de la mer Caspienne, il y a l'Azerbaïdjan. Et si le terrain de guerre entre Israël et l'Iran, il était là ? C'est un article plein de bruits de bottes sur le site Slate.fr : "Américains, Israéliens et Iraniens se font face à la frontière de l'Azerbaïdjan".

C'est la conséquence du coup de froid entre Turquie et Israël. Le gouvernement de Tel Aviv a cherché un autre allié dans la région. Et il s'est rapproché de l'Azerbaïdjan. La frontière avec l'Iran s'étend sur 560 km.

Des avions militaires de l'Etat juif s'entraînent dans l'espace aérien. Des conseillers techniques militaires sont dans la zone. Plus encore, cet ancien satellite de l'Union Soviétique est désormais sous influence occidentale : des bases de l'OTAN y ont été installées, des troupes spéciales américaines également.

Côté iranien, des chars, de l'artillerie, des unités anti-aériennes et d'infanterie ont été vus se dirigeant vers le nord.

Sur Slate.fr, Jacques Benillouche se dit qu'il est possible que cette démonstration militaire préfigure de véritables discussions, maintenant que chacun a montré ses muscles. Et il conclut : "Ce serait la meilleure hypothèse".

http://sites.radiofrance.fr:80/franceinter/chro/larevuedepresse/index.php?id=93079



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19